Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/espagne-madrid.htm
Timestamp: 2017-11-21 17:32:06+00:00

Document:
Madrid (Communauté de )
Population: 6,2 million (2008)
Groupe majoritaire: castillan (environ 85 %)
Groupes minoritaires: portugais, roumain, tagalog, arabe, tsigane ou romani, anglais, français, italien, allemand, etc.
Articles constitutionnels (langue): art. 3 de la Constitution espagnole de 1978; aucune disposition dans le Statut d'autonomie de 1983.
Lois linguistiques: Décret 16/2000 du 3 février autorisant le ministre de l'Éducation à créer la Fondation du chemin de la langue castillane; Décret 47/2002 du 21 mars instaurant le programme d'études du baccalauréat pour la Communauté de Madrid; Loi 4/2002 du 27 juin sur la création du Bureau pour l'intégration et la promotion du peuple gitan dans la Communauté de Madrid; Décret 22/2007 du 10 mai du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid le programme d'études de l'enseignement primaire; Décret 23/2007 du 10 mai du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid le programme d'études de l'enseignement secondaire obligatoire; Décret 31/2007 du 14 juin du Conseil du gouvernement instaurant un programme d'études pour les niveaux élémentaire et intermédiaire de l'enseignement dans les écoles officielles de langues de la Communauté de Madrid; Décret 17/2008 du 6 mars du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid l'enseignement dans l'éducation à la maternelle.
La Communauté de Madrid (Comunidad de Madrid) constitue l'une des 17 Communautés autonomes de l'Espagne. Le territoire de 8021 km² (La Rioja: 5045 km²; Cantabrie: 5221 km²; Catalogne: 32 114 km²; Belgique: 32 545 km²) est limité au nord par la Castille-et-Léon, à l'est et au sud par la Castille-La Manche; c'est l'une des plus petites communautés autonomes d'Espagne par sa superficie.
La Communauté de Madrid est territorialement organisée en 179 municipalités réparties en plus de 800 localités. Sa capitale est la ville de Madrid, aussi capitale de l'Espagne.
Dans le passé, la province de Madrid étant l'une des cinq provinces de la région historique de la Nouvelle-Castille (l'actuelle Castille-La Manche). La Communauté de Madrid fut instituée en communauté autonome «monoprovinciale» le 1er mars 1983 au moment de l'adoption de son statut d'autonome.
Le drapeau de la Communauté de Madrid est rouge cramoisi, avec sept étoiles d'argent à cinq branches en deux bandes de quatre et de trois au centre. Les sept étoiles symbolisent la constellation de la Grande Ourse (Osa Mayo).
La population de la Communauté de Madrid était estimée à 6,2 millions d'habitants en 2008, dont 3,2 millions pour la seule ville de Madrid, d'après l'Instituto Nacional de Estatistica (Institut national de la statistique). Depuis les années cinquante et soixante, la ville de Madrid s'est transformée en un pôle industriel de première importance, ce qui a attiré un nombre très important d'immigrants venus, d'une part, des régions moins développées du pays, d'autre part, des autres pays (depuis le début des années quatre-vingt-dix). Selon le recensement de l'Institut national de la statistique, la Communauté autonome de Madrid compterait 13,09 % d'étrangers, ce qui correspond à cinq points de pourcentage au-dessus de la moyenne espagnole (8,47 %). La très grande majorité des Madrilènes parle le castillan, mais les populations immigrantes parlent, outre l'espagnol (pour les Latinos-Américains: Équateur, Pérou, Colombie, etc.), le portugais (Portugal et Brésil), le roumain (Roumanie), le tagalog (Philippines), l'arabe (Maroc), l'anglais (Royaume-Uni), le français (France), l'italien (Italie), l'allemand (Allemagne et Autriche), etc.
La Communauté de Madrid compte sur son territoire un grand nombre de Tsiganes, appelés plus souvent «Gitans» ("Gitanos") en Espagne. On emploie aussi les expressions Pueblo Gitano («peuple gitan») et comunidad gitana («communauté gitane») pour désigner les Tsiganes espagnols. La langue parlée ("el idioma gitano") par les Tsiganes est appelée le romaní en espagnol («tsigane» ou «rom» en français). On compte environ 600 000 Tsiganes ou Gitans dans toute l'Espagne, dont 60 000 à Madrid, ce qui représente 10 % de la population gitane du pays.
Par ailleurs, certains Madrilènes parlent aussi le dialecte madrilénien, appelé le madrileño. Le madrileño est le dialecte le plus répandu en Espagne et il est considéré comme un «dialecte de transition» reliant les accents du Sud, notamment l'andalou, et ceux du Nord, le castillan. Une description précise des caractéristiques sociales du "madrilénien" semble quelque peu difficile en raison de la grande taille de la ville et du fait qu'une bonne partie des habitants sont immigrants du reste de l'Espagne, de l'Amérique latine et du reste du monde, sans oublier la grande mobilité entre les habitants des divers quartiers, et entre Madrid et les provinces espagnoles avoisinantes. Quoi qu'il en soit, les Madrilènes «de souche» connaissent cette variante particulière du castillan. On ignore le nombre des locuteurs du madrilénien, mais il doit être assez important, c'est-à-dire au moins deux millions.
Le territoire actuel de la Communauté de Madrid fut habité dès le paléolithique inférieur, principalement en ce qui concerne les vallées des rivières Manzanares, Jarama et Henares, où l'on trouve des gisements archéologiques abondants et riches. Dès l'Antiquité, de nombreux peuples ont habité la région et y ont laissé leurs traces, dont les Ibères et les Celtibères (IVe siècle avant notre ère).
Puis la région devint une province romaine à partir de 27 avant notre ère. Les Romains pacifièrent la région la divisèrent en provinces : la Gallaecia, la Tarraconensis, la Lusitania, la Baetica et la Carthagenensis. Le territoire de l'actuelle Communauté de Madrid était située dans la province de Carthagenensis, mais la partie la plus à l'ouest appartenait à la Lusitania. La présence de Rome en Espagne dura sept siècles. Les Romains fondèrent des villes dans l'actuel territoire de la Communauté de Madrid (ville inexistante à l'époque), dont Complutum (aujourd'hui Alcala de Henares), Titulcia et Miaccum. Les Romains n'ont pas seulement transmis une administration territoriale, mais ils ont aussi laissé un ensemble de coutumes sociales et culturelles, dont la langue latine qui allait devenir le castillan.
Après plus d'un siècle sans présence étrangère, les Wisigoths s'installèrent dans la région au VIe siècle. Dès lors, la région actuelle de Madrid perdit toute son importance.
La population des villes s'est dispersée dans de petits villages et la ville de Complutum est entrée en décadence. Sur l'ordre d'Asturio, archevêque de Tolède, la ville de Cumplutum devenue Alcala de Henares fut désignée comme siège épiscopal, mais ce ne fut guère suffisant pour restituer la splendeur perdue à la ville.
Le royaume wisigoth fut menacé au début du VIIIe siècle par l'invasion arabe. Les guerriers musulmans s'approprièrent presque toute la Péninsule en moins de sept années, sauf pour les îles Baléares. Le Sud était acquis dès 711, puis la Catalogne en 712, le royaume de Valence en 714, les Baléares seulement en 903. Le califat de Cordoue (viiie-xe siècle), fondé en 756, connut son apogée sous Abd al-Rahmān III (912-961). Les chrétiens d’Espagne se réfugièrent dans les royaumes restés indépendants au nord (les Asturies, le Léon, l'Aragon et les Pyrénées), tandis que la religion et la civilisation musulmanes s’implantaient rapidement dans le reste de la Péninsule.
La ville de Madrid, appelée alors du nom arabe Mayrit /Magerit («lieu qui reçoit de l'eau en abondance»), fut fondée par l'émir cordouan Muhammad Ier vers la fin du IXe siècle, qui la transforma en forteresse érigée entre les années 860 et 880, constituant ainsi le noyau principal de la ville. Cette forteresse fut bâtie sur le site de l'actuel Palacio Real (Palais royal), choisi alors pour sa position stratégique. Les Arabes transformèrent la ville de Tolède en une énorme forteresse militaire afin de se défendre contre l'avancée des royaumes chrétiens. Bref, Tolède et Mayrit (Madrid) ainsi que d'autres villes environnantes, devinrent des enclaves militaires pour le système de défense des Arabes.
En 1083, le roi Alphonse VI prit la ville de Mayrit, qui devint alors Madrid et, deux ans plus tard, il occupait Tolède. Ensuite, Alcala de Henares ne put résister et fut annexée en 1118 au Royaume de Castille.
La Reconquête eut pour résultat de transformer le pays en de multiples petits territoires féodaux avec tous les conflits qu'on peut imaginer entre les seigneurs de la guerre, sans compter les ecclésiastiques qui se sont mis de la partie. Au XIIe siècle, Madrid demeurait la seule ville de la région à être parvenue à conserver une personnalité juridique propre, car le roi Alphonse VIII lui avait accordé en 1202 des privilèges (le Fuerro viejo). En 1262, Alphonse X ratifia ce statut, puis Alphonse XI en 1339.
En 1230, le royaume de Léon fut intégré à la Castille avec Ferdinand III, roi de Castille de 1217 à 1230, puis roi de Castille-et-Léon de 1230 à 1252. Dans les faits, le Léon bénéficia de son indépendance jusqu’en 1301. Mais la région prit le nom de «royaume de Castille» au fur et à mesure que les rois de Castille étendirent leurs possessions.
En 1469, Ferdinand II d’Aragon épousa Isabelle de Castille et les royaumes d'Aragon et de Castille s’unirent. L’Espagne alors unifiée commença à imposer la castillanisation du royaume.
En 1492, la prise de Grenade par Ferdinand II d’Aragon chassa définitivement les Arabes de la Péninsule. La chute de Grenade constitua la fin de l'occupation musulmane en Espagne et en même temps que celle de la Reconquista. En 1561, Philippe II, le fils de l'empereur Charles Quint, décida de faire de Madrid la capitale de l'Espagne. Madrid devint aussitôt le centre intellectuel et artistique de l'Espagne, ce qui eut pour effet de reléguer Tolède aux oubliettes de l'Histoire.
Mais l'usage généralisé du castillan dans toute l'Espagne débuta avec l'avènement de la dynastie des Bourbons. Après la guerre de Succession d’Espagne (1705-1715), le règne de Philippe V (1700-1746), petit-fils de Louis XIV, fut marqué par une politique de centralisation, inspirée du modèle absolutiste français. Philippe V occupa Barcelone, fit appliquer les lois castillanes et abolit toutes les institutions gouvernementales qui existaient en Catalogne (dont la Generalitat). En juillet 1808, Napoléon Ier proclama son frère Joseph roi d'Espagne. La guerre d'Indépendance ("Guerra de la Independencia") dura six longues années, au terme de laquelle les Français furent finalement chassés en 1814. La couronne d'Espagne fut alors restituée au Bourbon Ferdinand VII. Le castillan devint la seule langue officielle de l’Administration publique dans toute l'Espagne, même si les habitants continuaient de parler, selon les régions, le catalan, le basque, l'aragonais, l'asturien, le léonais, l'andalou, etc.
La promulgation de la Constitution espagnole de 1978 et la création des 17 Communautés autonomes constituèrent le point de départ pour une nouvelle ère d'organisation politique. C'est ainsi que la Castille fut fragmentée en diverses entités, dont la Castille-et-Léon (la Vieille-Castille), la Communauté de Madrid et la Castille-La Manche (la Nouvelle-Castille). C'est en 1983 que le Statut d'autonomie fut accordée à à l'ancienne province de Madrid avec la dénomination de «Communauté de Madrid». Rien dans le Statut d'autonomie de 1983 (Ley Orgánica 3/1983, del 25 de febrero) ne fut prévu pour quelque langue que ce soit, y compris le castillan. Il n'existait aucune disposition ni au sujet de la langue officielle ni d'une langue co-officielle. Le castillan devint donc, en vertu de l'art. 3 de la Constitution espagnole de 1978, la seule langue officielle de cette Communauté autonome.
La dénomination officielle pour désigner le gouvernement autonome est Gobierno de la Comunidad de Madrid (en français: gouvernement de la Communauté de Madrid), ce qui correspondrait à un «Exécutif gouvernemental». Le gouvernement est composé du président ("Presidente"), d'un vice-président ("Vicepresidente") et de «conseillers» ("Consejeros») équivalant à la fonction de «ministres». Le président est élu par le parlement de Madrid ("Asamblea de Madrid"), mais nommé par le roi d'Espagne. Il ne faut pas confondre l'Assemblée de Madrid et les Cortes de Madrid, le premier étant le parlement de la Communauté de Madrid, le second, celui de l'Espagne (gouvernement central).
À l'instar des autres Communautés autonomes, la Communauté de Madrid utilise les termes Consejerías (ancien français: «conseillerie»), ainsi que consejero / consejera (fr. «conseiller / conseillère»), qui servent à désigner les ministères et les ministres du gouvernement de la Communauté. On peut, en français, employer l'expression «ministre-conseiller» (ou «ministre-conseillère»), voire simplement «ministre», pour rendre compte adéquatement du terme consejero / consejera ; le terme français «conseiller» correspond mal à la fonction dévolue aux conselleiros / conselleiras en Espagne, car ces postes n'ont rien à voir avec une «personne qui donne des conseils» — conseiller juridique, conseiller d'orientation, etc. — ou qui fait partie, par exemple, d'un conseil municipal. De plus, le mot ﻿vicepresident (fr. «vice-président») sert d'équivalent à «premier ministre». En Espagne, les termes ministerio (fr. «ministère») et ministro / ministra (fr. «ministre») désignent les ministères et les ministres du gouvernement central, et non ceux des Communautés autonomes; le premier ministre du gouvernement espagnol est désigné par l'expression Primer ministro (fr. «premier ministre»). Néanmoins, dans les traductions de ce site, le terme «ministère» sera utilisé de préférence à «conseiller», dont le sens premier en français ne convient pas.
La plus grande partie de la politique linguistique du gouvernement de la Communauté de Madrid est définie dans les lois scolaires, ce qui signifie qu'il n'y a pas de politique globale, mais uniquement sectorielle puisque les lois sont limitées au domaine de l'éducation.
Le Statut d'autonomie accordé à la Communauté de Madrid en 1983 n'accordait, rappelons-le, aucune reconnaissance officielle ni au castillan ni à aucune autre langue. En conséquence, seul l'article 3 (trois paragraphes) de la Constitution espagnole s'appliquait dans la Communauté autonome de Madrid, car le castillan est la langue espagnole officielle de l'État, donc de celle de ses États constitutifs :
De toute façon, il n'existe aucune loi particulière adoptée par l'Assemblée de la Communauté de Madrid proclamant le castillan comme langue officielle. Le castillan est par conséquent la «langue officielle par défaut». Ce fait témoigne aussi de l'absence de «problèmes» en matière de langue dans cette Communauté autonome.
Rappelons que, si tous les Espagnols ont le devoir de connaître le castillan, cette obligation ne s'applique pas au catalan, au basque et au galicien, encore moins aux autres langues comme le léonais ou l'estrémadurien, voire le dialecte madrilénien. L'utilisation de certaines langues comme le catalan, le galicien et le basque ne constitue pas une obligation en Espagne, mais simplement un droit. Les langues ne sont donc pas officielles au même degré: la langue officielle de toute l'Espagne demeure le castillan, ce qui lui assure une préséance certaine. Il faut bien comprendre que, en termes de droits linguistiques, la Constitution espagnole reconnaît deux catégories de citoyens et deux catégories de territoires.
Ainsi, la Constitution prévoit un État espagnol unilingue composé de territoires officiellement unilingues (les castillanophones) et de territoires officiellement bilingues (pour les Catalan, les Basques et les Galiciens). Comme la Constitution espagnole est muette, par exemple, sur certaines langues (aragon, asturien, etc.) ou toute autre variété dialectale (léonais, estrémadurien, madrilénien, etc.), et que le Statut d'autonomie n'en fait pas davantage mention, seul le castillan bénéficie du statut d'officialité. Dans le meilleur des cas, certaines langues du territoire d'une communauté autonome bénéficient d'une reconnaissance en tant que «patrimoine culturel» ou «bien d'intérêt culturel».
4.2 La langue de la Communauté autonome
Aucun autre texte juridique ne fait allusion à la langue officielle de la Communauté de Madrid, ni à d'autres langues, sauf dans le domaine de l'éducation en ce qui a trait à l'enseignement des langues étrangères. Il existe aussi une loi de 2002 sur la création du Bureau pour l'intégration et la promotion du peuple gitan, mais l'aspect linguistique est lilliputien. La Communauté de Madrid est massivement castillane, ce qui ne surprend guère, car ce territoire est à la source de l'expansion de cette langue dans toute l'Espagne.
Quoi qu'il en soit, aucune autre langue n'est utilisée à l'Assemblée de Madrid, ni dans les tribunaux, ni dans l'Administration. Comme le castillan est la langue officielle et que tous les citoyens connaissent cette langue, c'est cette langue qui est employée. Les seuls documents écrits et déposés dans un tribunal doivent être rédigés en castillan. Il n'est même pas nécessaire de prévoir des lois en ce sens. N'oublions pas que Madrid est aussi la capitale de l'Espagne et qu'à ce titre la ville est en quelque sorte le siège de la langue castillane au pays.
Compte tenu de la législation en vigueur, les écoles publiques dans la Communauté autonome de Madrid sont dans l'obligation de dispenser un enseignement en castillan.
- La législation nationale
C'est pourquoi la Communauté de Madrid répond aux dispositions de la Loi organique espagnole 2/2006 du 3 mai sur l'éducation (Ley Orgánica 2/2006, de 3 de mayo, de Educación). Dans l'enseignement primaire, c'est l'article 17 de cette loi nationale qui s'applique:
Objectifs de l'éducation primaire
L'éducation primaire doit contribue à développer chez les files et les garçons des habiletés qui leur permettent :
Quant à l'enseignement secondaire, c'est l'article 23 de la même loi organique espagnole:
Étant donné que la Communauté autonome de Madrid n'a pas de «langue co-officielle», la seule langue d'enseignement demeure le castillan. De plus, dans toutes les écoles, on n'enseigne que la langue et l'histoire de la Castille, en ignorant généralement l'histoire et la culture spécifiques de la Communauté spécifique de Madrid.
- La législation communautaire
Pour ce qui est de la Communauté de Madrid, des mesures sont prévues pour l'enseignement à la maternelle, au primaire, au secondaire et au baccalauréat. Ainsi, l'article 4 du Décret 17/2008 du 6 mars du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid l'enseignement dans l'éducation à la maternelle prévoit les dispositions suivantes pour l'enseignement du castillan (sans le nommer) et d'une langue étrangère:
Au primaire, l'article 4 du Décret 22/2007 du 10 mai du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid le programme d'études de l'enseignement primaire décrit des mesures similaires pour l'enseignement au primaire, c'est-à-dire pour le castillan et une langue étrangère:
L'enseignement primaire doit contribuer à développer chez les élèves des aptitudes qui leur permettent :
Le décret Décret 23/2007 du 10 mai du Conseil du gouvernement instaurant pour la Communauté de Madrid le programme d'études de l'enseignement secondaire obligatoire précise un peu plus les objectifs de l'enseignement secondaire en matière de langue en décrivant les trois premiers cours:
Quant au baccalauréat, le décret Décret 47/2002 du 21 mars instaurant le programme d'études du baccalauréat pour la Communauté de Madrid donne aussi comme objectif la maîtrise du castillan et d'une langue étrangère:
- Les écoles officielles de langues
Il existe dans la Communauté de Madrid, comme ailleurs, des écoles officielles de langues: Escuela Oficial de Idiomas (EOI). C'est un réseau d'écoles spécialisées dans l'étude des langues étrangères et de l'espagnol langue seconde (pour les étrangers). Le Décret 31/2007 du 14 juin fixe les caractéristiques et l'organisation de l'enseignement des langues ainsi que les programmes d'études de 'allemand, l'arabe, le chinois, le danois, le finnois, le français, le grec, l'anglais, l'irlandais, l'italien, le japonais, le néerlandais, le portugais, le roumain, le russe, le suédois, puis les langues co-oficielles des communautés autonomes et l'espagnol comme langue étrangère. L'article 5 décrit le niveau élémentaire de la formation dans ces écoles officielles de langues:
- La Fondation du chemin de la langue castillane
Enfin, mentionnons aussi le Décret 16/2000 du 3 février autorisant le ministre de l'Éducation à créer la Fondation du chemin de la langue castillane à créer la Fondation du chemin de la langue castillane (Fundación Camino de la Lengua Castellana). Il s'agit d'un itinéraire culturel créé en 1997 et témoignant de l'évolution de la langue castillane. Cet itinéraire commence aux monastères de San Millán de la Cogolla, dans La Rioja, et se poursuit dans cinq autres endroits qui ont une relation spéciale avec l'histoire de la langue castillane et de ses origines : le monastère de Santo Domingo de Silos, dans la province de Burgos, et les villes de Valladolid, de Salamanque, de Ávila et d'Alcala de Henares. La ville où se termine cet itinéraire culturel est Alcalá de Henares, la ville natale de Miguel de Cervantes, l'auteur le plus universel de la langue castillane. Le décret no 16 de 2000 ne compte qu'un seul article:
Décret 16/2000 du 3 février autorisant le ministre de l'Éducation à créer la Fondation du chemin de la langue castillane
En somme, tous ces textes juridiques démontrent l'importance accordée à l'enseignement du castillan dans les écoles ainsi que celui des langues étrangères.
4.4 La pseudo-protection d'une langue minoritaire
La Communauté de Madrid a adopté en 2002 une loi portant sur la création du Bureau pour l'intégration et la promotion du peuple gitan: Loi 4/2002 du 27 juin sur la création du Bureau pour l'intégration et la promotion du peuple gitan dans la Communauté de Madrid. Ce n'est pas véritablement une loi linguistique destinée à protéger la langue des Gitans ou des Tsiganes, car il s'agit d'une loi portant surtout sur l'organisation administrative dudit bureau. La loi reconnaît dans le Préambule que les Gitans forment une population profondément enracinée dans la région, qu'ils possèdent une langue propre ainsi que des valeurs de nature culturelle et sociale, qui font partie intégrante de leur spécificité collective et de leurs coutumes et modes de vie. L'article 4 de la loi 4/2002 énonce que le Plan d'action doit prévoir des mesures concernant la culture et le développement de la langue gitane, le romani:
Les informations faisant l'objet de traitement de la part du Bureau et susceptibles de s'incorporer dans le Plan d'action visé par l'article 3.1 de la présente loi, traiteront des matières suivantes :
a) Logement : promouvoir, le cas échéant, des critères et des propositions sur la politique de logement social, de relogement de la population dans des centres d'habitation et d'intégration.
b) Culture : en ce qui concerne le développement de la langue gitane, le romani, promouvoir le potentiel créatif de cette population et faciliter son accès aux moyens de communication à caractère public.
Toutefois, il ne faut pas se faire trop d'illusion, il n'est prévu aucune mesure spécifique pour la protection de la langue tsigane (gitane). La protection est davantage symbolique que réelle.
Par ailleurs, la loi 4/1993 du 21 avril sur les archives et le patrimoine documentaire de la Communauté de Madrid (Ley 4/1993, de 21 de abril, de Archivos y Patrimonio Documental de la Comunidad de Madrid) ne traite aucunement de la langue. Celle-ci ne fait pas partie du patrimoine des Madrilènes.
Affiches à Madrid (Michel Leclerc)
Dans le territoire de la Communauté autonome de Madrid, la totalité des journaux et magazines est en castillan, sauf pour les journaux étrangers disponibles en kiosque. Les médias électroniques sont également en castillan, tant à la radio qu'à la télévision.
L'affichage est exclusivement en castillan, sauf pour les lieux de haute fréquentation touristique. Les noms des rues (odonymes) et des édifices publics sont tous dans cette langue. Il en est ainsi des enseignes commerciales, à l'exception de certaines raisons sociales qui peuvent être en anglais, en français ou en de rares autres langues.
La politique de la Communauté de Madrid est caractérisée par la non-intervention en matière de langue, officielle ou non. Il paraît en effet, dans la capitale même de l'Espagne, tout à fait inutile de protéger le castillan, une langue parlée par la très grande majorité de la population, à l'exception des immigrants arrivés plus récemment. Quant à la variété castillane, le dialecte madrilénien ("madrileño"), il n'est même pas déclaré «bien d'intérêt culturel», ni ne fait partie du patrimoine historique de la Communauté autonome. Or, cette variété locale ne saurait constituer une menace pour la toute-puissante langue castillane. Mais la tradition en Espagne est de n'accorder des droits qu'aux langues co-officielles (galicien, catalan et basque) reconnues par la Constitution et les statuts d'autonomie. Dans cette perspective, la Communauté de Madrid ne fait pas exception. C'est pourquoi la langue tsigane, parlée par 60 000 locuteurs, n'a pas à être reconnue de quelque façon que ce soit. Bref, la Communauté de Madrid, du fait qu'elle comprend la capitale de l'Espagne, demeure l'une des communautés autonomes les plus castillanophones du pays.

References: art. 3
 l'article 3
 l'article 17
 l'article 23
 l'article 4
 l'article 4
 L'article 5
 L'article 4
 l'article 3