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Timestamp: 2016-10-23 14:18:19+00:00

Document:
2C_1060/2015 {T�0/2} � � Arr�t du 1er septembre 2016
tous les deux repr�sent�s par Me Michel De Palma, avocat,
Refus de d�livrer une autorisation de s�jour en Suisse,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, du 23 octobre 2015.
Le 7 mars 2014, B.________, ressortissant s�n�galais n� en 1974 et domicili� � Dakar (S�n�gal), a d�pos� aupr�s de l'Ambassade de Suisse � Dakar (ci-apr�s: l'Ambassade) une autorisation d'entr�e en Suisse pour vivre aupr�s de A.________, ressortissante suisse n�e en 1980, qu'il avait �pous�e � Dakar le 1er mars 2014.
A la demande du Service de la population et des migrations du canton du Valais (ci-apr�s: le Service cantonal), l'Ambassade a entendu B.________ le 16 juillet 2014, tandis que la police municipale de X.________ (VS) a auditionn� A.________ le 28 juillet 2014 au sujet du couple et des circonstances du mariage. Il ressort, notamment, de ces d�clarations que A.________ et B.________ s'�taient rencontr�s sur l'�le espagnole de Y.________ le 11 juillet 2011, o� l'int�ress�e et sa soeur faisaient des vacances, tandis que l'int�ress�, r�sidant clandestin, vendait des lunettes et des montres dans les restaurants.
Par d�cision du 14 novembre 2014, le Service cantonal a rejet� la demande d'autorisation d'entr�e et de s�jour en Suisse pr�sent�e par B.________, au motif que des indices portaient � croire que le mariage �tait fictif et visait en r�alit� � obtenir pour l'�poux une autorisation de s�jour en Suisse. Saisi d'un recours des �poux contre cette d�cision, le Conseil d'Etat du canton du Valais l'a rejet� par d�cision du 17 juin 2015. Les �poux ont form� recours contre cette d�cision aupr�s de la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais (ci-apr�s: le Tribunal cantonal), qui l'a rejet� par arr�t du 23 octobre 2015.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public devant le Tribunal f�d�ral, A.________ et B.________ concluent, sous suite de frais et d�pens, principalement, � l'annulation de l'arr�t du 23 octobre 2015 et � l'octroi d'une autorisation d'entr�e et de s�jour en Suisse en faveur de B.________; subsidiairement, au renvoi de la cause au Tribunal cantonal pour que celui-ci auditionne l'�poux et rende un nouvel arr�t.
Le Tribunal cantonal et le Service cantonal renoncent � pr�senter des observations. Faisant siens les consid�rants de l'arr�t attaqu�, le Conseil d'Etat conclut au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�. Le Secr�tariat d'Etat aux migrations propose le rejet du recours. Dans sa r�plique du 5 avril 2016, les recourants ont maintenu les conclusions de leur recours.
D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF (RS 173.110), le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions dans le domaine du droit des �trangers qui concernent une autorisation � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Selon la jurisprudence, il suffit, sous l'angle de la recevabilit�, qu'il existe un droit potentiel � l'autorisation, �tay� par une motivation soutenable, pour que cette clause d'exclusion ne s'applique pas et que, partant, la voie du recours en mati�re de droit public soit ouverte (cf. ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179). A.________ (ci-apr�s: la recourante) et B.________ (ci-apr�s: le recourant) fondent le droit du second � une autorisation sur l'art. 42 al. 1 LEtr (RS 142.20), du fait du mariage du recourant avec une Suissesse. Ils invoquent en outre le droit au respect de la vie familiale (art. 8 CEDH [RS 0.101] et art. 13 Cst. [RS 101]), en demandant � pouvoir mener une relation de couple effective en Suisse. Ces circonstances sont potentiellement de nature � conf�rer un droit � une autorisation de s�jour en faveur du recourant. Il s'ensuit que le recours est recevable sous l'angle de l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, �tant pr�cis� que le point de savoir si le recourant dispose effectivement d'un tel droit rel�ve du fond et non de la recevabilit� (cf. ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179; arr�t 2C_555/2015 du 21 d�cembre 2015 consid. 1.1). Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (cf. art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un Tribunal sup�rieur (cf. art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile (cf. art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes requises (cf. art. 42 LTF) par les destinataires de l'arr�t attaqu� qui ont qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit f�d�ral (art. 106 al. 1 LTF), qui comprend les droits de nature constitutionnelle (cf. art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Toutefois, � moins que la d�cision entreprise ne contienne des vices juridiques manifestes, le Tribunal f�d�ral s'en tient aux arguments juridiques soulev�s dans le recours (cf. art. 42 al. 1 et 2 LTF; ATF 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; arr�t 2C_91/2015 du 31 mai 2016 consid. 2.1, non destin� � la publication).
3.1.�Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent d'une violation de leur droit d'�tre entendus. Ils font valoir que le proc�s-verbal de l'audition du recourant du 16 juillet 2014 par l'Ambassade, dont le Tribunal cantonal a d�duit certains indices de l'existence d'un mariage de complaisance, n'avait pas �t� relu ni sign� par l'int�ress�, alors m�me que l'audition s'�tait d�roul�e dans sa langue maternelle, le wolof, mais avait �t� verbalis�e en fran�ais; ce n'�tait que tardivement que le recourant s'�tait aper�u d'une traduction incorrecte de ses d�clarations. Le proc�s-verbal n'arborait de plus aucune r�f�rence � l'Ambassade, de sorte qu'on pouvait douter de son caract�re officiel. Le Tribunal cantonal n'aurait partant pas d� tenir compte de ce proc�s-verbal vici� et il fallait renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour qu'il proc�de � une (nouvelle) audition du recourant.
Dans l'arr�t entrepris, le Tribunal cantonal a jug� que le proc�s-verbal du 16 juillet 2014 contenait la d�position compl�te du recourant et �tait donc valable sous cet angle. De plus, aucune base l�gale applicable n'imposait la signature de ce document par l'int�ress�. Par ailleurs, le recourant ma�trisait la langue fran�aise dans laquelle le proc�s-verbal avait �t� traduit. M�me � supposer que ce document f�t frapp� d'une irr�gularit� formelle, le recourant avait pu valablement recourir, en exposant son point de vue, et n'avait donc subi aucun pr�judice.
3.2.�Compris comme l'un des aspects de la notion g�n�rale de proc�s �quitable au sens de l'art. 29 Cst., le droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) garantit notamment le droit pour l'int�ress� de prendre connaissance du dossier, de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision ne soit prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; arr�ts 5A_750/2015 du 4 mars 2016 consid. 2.1; 2C_782/2015 du 19 janvier 2016 consid. 3.1).
Le droit d'�tre entendu impose �galement aux autorit�s un devoir g�n�ral de tenue des dossiers, qui conf�re aux parties le droit d'obtenir que leurs d�clarations, celles de t�moins ou d'experts ou d'autres actes d'instruction importants pour l'issue du litige soient consign�s dans un proc�s-verbal, tout au moins dans leur teneur essentielle (cf. ATF 142 I 86 consid. 2.2 et 2.3 p. 89 ss; 130 II 473 consid. 4.1 s p. 477; 126 I 15 consid. 2a p. 16 s.; arr�ts 5A_945/2015 du 7 juillet 2016 consid. 3.5, non destin� � la publication). Ces principes, d�gag�s dans le cadre des proc�dures judiciaires, sont transposables aux proc�dures administratives de premi�re instance concernant l'octroi ou le renouvellement d'une autorisation de s�jour (cf. MICHELE ALBERTINI, Der verfassungsm�ssige Anspruch auf rechtliches Geh�r im Verwaltungsverfahren des modernen Staates, th�se Berne, 2000, p. 257 s.). En revanche, � moins qu'une norme topique ne pr�voie une telle exigence sp�cifique, le d�faut de signature d'un proc�s-verbal ne fait pas de celui-ci un moyen de preuve inexploitable (cf., en droit des assurances sociales, arr�t de l'ancien Tribunal f�d�ral des assurances U 61/06 du 19 septembre 2006 consid. 1.3.4).
3.3.�C'est � tort que les recourants mettent en doute l'authenticit� du proc�s-verbal dress� par l'Ambassade: tel qu'il ressort du dossier cantonal (art. 105 al. 2 LTF), l'audition du recourant a en effet eu lieu sur requ�te du Service cantonal � l'Ambassade (cf. courrier du 8 juillet 2014, en p. 25 du dossier cantonal) et les r�ponses fournies par l'int�ress� dans le cadre de son audition du 16 juillet 2014 ont �t� accompagn�es d'une fiche officielle et sign�e de l'Ambassade du 30 juillet 2014 (cf. p. 38 du dossier cantonal).
Par ailleurs, il n'appara�t pas que le droit de proc�dure cantonal offre aux recourants une protection plus �tendue que l'art. 29 al. 2 Cst. (cf., sur cette hypoth�se, ATF 135 I 91 consid. 2.4.2.1 p. 96; arr�t 2C_1073/2014 du 28 juillet 2015 consid. 3.3.4), en ce sens que la validit� ou r�gularit� des proc�s-verbaux �tablis par l'autorit� administrative d�pendrait de la signature de la personne auditionn�e. Le renvoi que l'art. 18a al. 4 de la loi valaisanne sur la proc�dure et la juridiction administratives du 6 octobre 1976 (LPJA/VS; RS/VS 172.6) op�re aux dispositions du CPC (RS 272), dont l'art. 176 al. 1, invoqu� par les recourants, impose certes la lecture et la signature du proc�s-verbal par les t�moins, se limite express�ment � la proc�dure devant le Tribunal cantonal, l'audition par l'autorit� administrative �tant r�glement�e de fa�on plus vague � l'al. 1 de l'art. 18a LPJA. A supposer que la PA (RS 172.021; cf. notamment art. 27 al. 3 PA) r�gisse l'audition du recourant accomplie par l'Ambassade � la demande du Service cantonal, en conformit� avec l'art. 44 al. 2 Cst. (cf., pour l'entraide administrative, art. 39 al. 2 PCF [RS 273]�
cum�art. 19 PA et art. 35 de l'ordonnance sur l'entr�e et l'octroi de visas du 22 octobre 2008 [OEV; RS 142.204]; voir aussi PATRICIA EGLI, Die Bundestreue, th�se St-Gall, 2010, n. 951 ss p. 587 s. et n. 983 p. 606 s.; RAINER J. SCHWEIZER, ad art. 44 Cst., in Die schweizerische Bundesverfassung - St. Galler Kommentar, 3e �d., 2014, n. 25 ss p. 967 ss; WALDMANN/ KRAEMER, ad art. 44 Cst., in Bundesverfassung - Basler Kommentar, 2015, n. 26 p. 866), elle n'exigerait pas non plus la signature des proc�s-verbaux; le renvoi effectu� par l'art. 19 PA � certaines dispositions de la PCF n'englobe en effet pas l'art. 7 al. 2 de cette loi imposant la contre-signature des proc�s-verbaux.
Finalement, en tant que le recourant reproche au Tribunal cantonal d'avoir fond� son arr�t sur une traduction erron�e de certaines de ses d�clarations aupr�s de l'Ambassade, dont il a du reste contest� en d�tail plusieurs points dans ses recours successifs devant le Conseil d'Etat et le Tribunal cantonal, son grief se confond avec celui de l'appr�ciation arbitraire des preuves par la pr�c�dente instance, qu'il soul�ve �galement.
3.4.�Par cons�quent, le grief tir� de la violation du droit d'�tre entendu doit �tre �cart�.
Se pr�valant du principe de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.), les recourants reprochent aux juges cantonaux d'avoir mal appr�ci� les faits et les preuves, en particulier la d�claration faite par le recourant aupr�s de l'Ambassade.
4.1.�S'agissant de l'appr�ciation des preuves et des constatations de fait, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; arr�t 2D_73/2015 du 30 juin 2016 consid. 3.1). L'appr�ciation des preuves doit �tre arbitraire non seulement en ce qui concerne les motifs invoqu�s par la juridiction cantonale pour �carter un moyen de preuve, mais �galement dans son r�sultat (ATF 141 I 172 consid. 4.3 et 4.3.1 p. 176 s.; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; arr�t 2C_682/2012 du 7 f�vrier 2013 consid. 3.1).
4.2.�Dans l'arr�t attaqu�, le Tribunal cantonal a souscrit, en examinant chaque �l�ment, � l'analyse effectu�e par le Conseil d'Etat, qui a retenu l'existence d'un mariage de complaisance sur la base des indices suivants: la discordance de certaines d�clarations des conjoints, le manque de photographies ou de relev�s t�l�phoniques d�montrant l'existence de contacts r�guliers, la clandestinit� dans laquelle avait v�cu l'�poux en Espagne, l'inactivit� de ce dernier au S�n�gal, l'absence de vie commune des �poux avant le mariage et de points communs entre eux, le fait que, le jour de la c�r�monie de mariage au S�n�gal, aucun membre de la famille de l'�pouse ne se soit d�plac�, pas plus que la m�re du mari, qui pourtant habitait � Dakar, ainsi que la rapidit� avec laquelle �tait survenu le projet de mariage.
4.3.�Dans l'optique de contester cette analyse, les recourants critiquent l'appr�ciation de diff�rentes preuves effectu�e par le Tribunal cantonal.
4.3.1.�Les recourants remettent en cause le constat selon lequel l'�pouse avait d� consulter son certificat de mariage pour �peler les nom et pr�nom de son �poux, au motif que l'on ne verrait pas "en quoi cela pose probl�me dans la mesure o� le Tribunal [cantonal] lui-m�me a indiqu� que chaque recourant conna�t la situation personnelle de l'autre" (recours, p. 17). Un tel argument fr�le la t�m�rit� et n'est en tout �tat pas propre � retenir l'arbitraire. Si la pr�c�dente juridiction a effectivement �tabli que chaque recourant connaissait la situation personnelle de l'autre, les recourants omettent de pr�ciser qu'elle avait relativis� la port�e de ce point en constatant "leur ignorance sur certains d�tails importants", notamment sur la fa�on d'�crire les nom et pr�nom du conjoint.
4.3.2.�Selon les recourants, l'�poux se serait manifestement tromp� dans sa d�claration quant � la dur�e du s�jour de son �pouse au S�n�gal. La r�ponse de deux semaines qu'il avait fournie correspondait, en raison d'un malentendu, � la dur�e totale des vacances prises par son �pouse et non uniquement au s�jour de quelques jours � Dakar en vue de la c�l�bration du mariage (recours, p. 17). Or, � la question de l'Ambassade de savoir "pour quelle dur�e son �pouse est (...) d�j� all�e au S�n�gal pour le rencontrer", le recourant avait univoquement r�pondu "�
2 semaines � partir du 28.02.2014 pour le mariage "; il s'�tait de plus r�tract� seulement apr�s avoir �t� confront� � la r�ponse donn�e par son �pouse. Quoi qu'il en soit, il ne suffit pas qu'une interpr�tation diff�rente des d�clarations du recourant soit concevable pour pouvoir qualifier d'arbitraire l'appr�ciation de celles-ci par les pr�c�dents juges.
4.3.3.�La m�me conclusion s'impose lorsque les recourants r�interpr�tent librement leurs perceptions et d�clarations divergentes, respectivement seulement partiellement concordantes au sujet des pr�sents qu'ils se sont offerts en vue du mariage, du nombre de convives - invit�s ou pr�sents - � leur r�ception de mariage � Dakar, du nombre et qualit� des photographies ou encore de relev�s t�l�phoniques cens�s d�montrer des contacts r�guliers entre les �poux (recours, p. 17 ss). M�me dans l'hypoth�se o� certains des clich�s vers�s au dossier cantonal illustreraient, contrairement aux constats du Tribunal cantonal, diverses �tapes au jour du mariage des �poux � Dakar ou leur s�jour commun en Espagne, ce que les recourants n'ont cependant pas d�montr�, on ne voit pas qu'une telle erreur permette de retenir de l'arbitraire, voire de la "mauvaise foi" (recours, p. 18) dans l'appr�ciation globale des faits � laquelle a proc�d� le Tribunal cantonal. On pr�cisera, en outre, que les juges cantonaux avaient relativis� le caract�re probant des photographies du fait que celles-ci n'�taient pas dat�es et qu'elles ont �t� prises avec des personnes "dont rien n'indique qu'elles soient parentes du recourant" (arr�t, p. 10), ce qu'il aurait d'embl�e appartenu aux recourants de prouver.
4.3.4.�S'agissant des conversations t�l�phoniques et autres �changes des �poux, qui sont cens�s �tablir la dur�e et l'effectivit� de leurs liens, le Tribunal cantonal a d�ment tenu compte des copies "d'une dizaine de SMS �chang�s entre eux de septembre � novembre 2014 et en juillet 2015", ainsi que des deux cartes de No�l et d'anniversaire et des deux "attestations sur l'honneur" envoy�es par le recourant (arr�t, p. 10). Sans arbitraire, la pr�c�dente instance a n�anmoins jug� que ces quelques �l�ments, survenus durant des p�riodes de temps pr�cises, ne suffisaient pas � �tayer le caract�re quotidien et intense des communications sur plusieurs ann�es.
4.3.5.�Les recourants contestent en outre que le Tribunal cantonal ait retenu, comme indice corroborant un mariage de complaisance, la circonstance que le recourant avait, avant de conna�tre la recourante, "v�cu et travaill� clandestinement plusieurs ann�es en Espagne, qu'il se trouve actuellement sans emploi au S�n�gal et que, selon la recourante, qui lui a envoy� 3'000 fr. depuis leur rencontre et avait pay� son billet d'avion pour venir au S�n�gal depuis l'Espagne, sa m�re subviendrait � ses besoins" (arr�t, p. 10). Sans nier ces circonstances, les recourants les estiment d�pourvues de pertinence, d�s lors que l'int�ress� n'avait plus adopt� un tel comportement r�pr�hensible depuis qu'il avait fait la connaissance de la recourante (recours, p. 19). A tort. Les �l�ments litigieux n'ont pas pour but, notamment, d'�valuer la menace que le recourant repr�senterait pour l'ordre public suisse s'il �tait autoris� � s'installer aupr�s de son �pouse en Valais; ils sont pertinents pour juger si le mariage des �poux peut �tre ou non consid�r� comme fictif. Or, sous l'angle de l'interdiction de l'arbitraire, on ne voit pas que les circonstances �conomiques ou relatives au statut d'�tranger ayant pr�c�d� la conclusion du mariage avec une Suissesse ne puissent servir comme indices pour un mariage de complaisance, notamment en vue de saisir l'�ventuelle motivation de l'�tranger � la base du mariage.
4.3.6.�D'apr�s les recourants, le Tribunal cantonal a eu tort de retenir que la m�re de l'int�ress� ne s'�tait pas rendue � leur mariage � la mairie de Dakar en raison du co�t excessif du taxi pour se d�placer � l'autre bout de la ville; l'emp�chement r�sulterait davantage de probl�mes de sant� de sa m�re, qui avait du reste particip� au mariage musulman pr�alable, toutefois c�l�br� en l'absence des parties. Une nouvelle fois, les recourants perdent de vue que leur argumentation donne une explication possible parmi d'autres en vue d'�clairer un �l�ment du dossier, soit l'absence de la m�re du recourant � leur mariage, qui a �t� consid�r�e comme un indice pour le mariage de complaisance des �poux. Or, en l'absence de preuves contraires, on ne voit pas en quoi l'appr�ciation par le Tribunal cantonal e�t �t� arbitraire, d'autant moins, comme l'ont fait remarquer les pr�c�dents juges, qu'il aurait dans une telle situation �t� loisible � l'�pouse de rencontrer sa belle-m�re � son domicile � Dakar le jour du mariage civil. Le fait que la recourante aurait ult�rieurement rencontr� la m�re et divers autres membres de la famille de son mari ou que ce dernier ait entretenu des contacts t�l�phoniques avec sa belle-famille en Suisse ne change rien au constat que la m�re de l'�poux n'�tait pas pr�sente au mariage qui s'est tenu � Dakar.
4.3.7.�Sont pareillement appellatoires, et donc inadmissibles au regard de l'art. 106 al. 2 LTF, les arguments des recourants tendant � r�interpr�ter en leur faveur, notamment en mentionnant l'intol�rance de la recourante au "climat s�n�galais en raison de ses probl�mes de sant�" et ses obligations professionnelles, la circonstance qu'aucun membre de la famille de l'�pouse n'avait assist� au mariage � Dakar et que les �poux n'avaient jamais v�cu en commun (cf. recours, p. 20).
4.3.8.�On peut certes s'interroger sur le poids attribu� par le Tribunal cantonal aux d�clarations de la recourante du 28 juillet 2014, selon lesquelles la volont� du recourant de rejoindre son �pouse en Suisse serait motiv�e par son intol�rance � la chaleur, l'absence de travail au S�n�gal et le souhait d'am�liorer ses conditions de vie, d�s lors que la recourante avait en m�me temps soulign� que le principal motif de son mariage �tait d'ordre sentimental (art. 105 al. 2 LTF; proc�s-verbal du 28 juillet 2014, p. 4). En revanche, l'on ne saurait, sous l'angle de l'arbitraire, reprocher aux pr�c�dents juges de s'�tre �tonn�s du fait que l'�pouse, pri�e par la police de d�crire les circonstances avant et pendant le mariage, n'avait pas mentionn� la c�l�bration de son mariage coutumier avec le recourant; elle avait en outre d�clar� qu'il n'y avait pas eu de fian�ailles avant le mariage. La version de la recourante, qui a justifi� son oubli par l'origine musulmane de la c�r�monie coutumi�re, qu'elle n'assimilait pas � un v�ritable mariage, n'est pas apte � �tablir le caract�re choquant des d�ductions tir�es par le Tribunal cantonal.
4.3.9.�Quant aux autres faits qu'a retenus et appr�ci�s le Tribunal cantonal, notamment ceux en lien avec la r�alisation rapide du projet de mariage et la d�cision de la recourante de rendre visite � sa famille en Italie, et non � son �poux, durant ses vacances du 14 au 27 juillet 2014, alors que les �poux disaient souffrir au plus haut point de leur s�paration, les contestations appellatoires qui figurent en particulier dans les parties "faits" et en droit du m�moire de recours ne permettent pas de les qualifier d'arbitraires.
4.4.�Au vu des �l�ments qui pr�c�dent, le grief tir� de l'�tablissement arbitraire des faits doit �tre �cart�. La Cour de c�ans se fondera donc exclusivement sur les faits �tablis par le Tribunal cantonal (art. 105 al. 1 LTF).
Les recourants se pr�valent d'une violation des r�gles sur le regroupement familial, au sens des art. 42 ss LEtr, ainsi que de leur droit au respect de la vie priv�e et familiale garanti aux art. 13 Cst. et 8 CEDH. En refusant d'octroyer une autorisation de s�jour au recourant, alors qu'aucun �l�ment ne permettait de croire que son union avec la recourante �tait fictive, et en niant l'application de l'art. 8 CEDH � leur situation, au motif que la relation du couple n'�tait pas �troite et effective et en d�pit de contacts r�guliers des �poux depuis pr�s de quatre ans, le Tribunal cantonal aurait viol� les dispositions pr�cit�es.
5.1.�Selon l'art. 42 LEtr, le conjoint d'un ressortissant suisse a droit � l'octroi d'une autorisation de s�jour et � la prolongation de sa dur�e de validit� � condition de vivre en m�nage commun avec lui. L'art. 51 al. 1 let. a LEtr dispose toutefois que les droits pr�vus � l'art. 42 s'�teignent s'ils sont invoqu�s abusivement, notamment pour �luder les dispositions de la pr�sente loi sur l'admission et le s�jour ou ses dispositions d'ex�cution.
Les art. 13 Cst. et 8 CEDH garantissent, entre autres, le droit au respect de la vie priv�e et familiale. N�anmoins, le mot "famille" englobe la relation n�e d'un mariage l�gal et non fictif (arr�ts de la Cour EDH�
Abdulaziz, Cabales et Balkandali c. Royaume-Uni [pl�num], du 28 mai 1985, req. 9214/80, 9473/81 et 9474/81, s�rie A94, par. 62;�
Pini et al. c. Roumanie, du 22 juin 2004, req. 78028/01 et 78030/01, Rec. 2004-IV, par. 143); il suppose donc l'existence d'une relation qui soit �troite et effective avec une personne de la famille ayant le droit de r�sider durablement en Suisse (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.3 p. 287; 122 II 5 consid. 1e p. 5; arr�ts 2C_1075/2015 du 28 avril 2016 consid. 1.2; 2A.19/1998 du 20 novembre 1998 consid. 5, in RDAT 1999 I 194; PETER UEBERSAX, Der Rechtsmissbrauch im Ausl�nderrecht, unter Ber�cksichtigung der Rechtsprechung des Bundesgerichts, in Annuaire du droit de la migration 2005/2006 [Achermann et al. (�d.)], 2006, p. 3 ss, 13).
Il suit de ces dispositions que l'examen des griefs tir�s des art. 42 ss LEtr, 13 Cst. et 8 CEDH se confond avec le point de savoir si c'est � bon droit que le Tribunal cantonal a qualifi� de mariage de complaisance l'union des recourants.
5.2.�Il y a mariage fictif ou de complaisance lorsque celui-ci est contract� dans le seul but d'�luder les dispositions de la loi f�d�rale sur les �trangers, en ce sens que les �poux (voire seulement l'un d'eux) n'ont jamais eu la volont� de former une v�ritable communaut� conjugale. L'intention r�elle des �poux est un �l�ment intime qui, par la nature des choses, ne peut gu�re �tre �tablie par une preuve directe, mais seulement gr�ce � un faisceau d'indices (cf. ATF 127 II 49 consid. 4a p. 55 et 5a p. 57; arr�t 2C_177/2013 du 6 juin 2013 consid. 3.2). Constituent notamment les indices d'un mariage fictif ou d'un abus de droit les �l�ments suivants: une grande diff�rence d'�ge entre les fianc�s, une impossibilit� ou de grandes difficult�s � communiquer entre eux, une m�connaissance r�ciproque de leur cadre de vie et de leurs conditions d'existence (famille, amis, profession, hobbies, habitudes, etc.), un arrangement financier en vue du mariage, un projet de mariage �labor� peu de temps apr�s la rencontre des fianc�s, une proc�dure de renvoi en cours contre le fianc� dont le droit de r�sider en Suisse d�pend de la conclusion du mariage, une absence de vie commune des fianc�s avant le mariage, l'appartenance de la personne admise � r�sider en Suisse � un groupe social marginal, etc. (cf. ATF 122 II 289 consid. 2b p. 295; arr�ts 2C_566/2013 du 2 d�cembre 2013 consid. 3.3; 2C_177/2013 du 6 juin 2013 consid. 3.3; 2C_587/2008 du 4 d�cembre 2008 consid. 4.1). L'autorit� se fonde en principe sur un faisceau d'indices autonomes, aucun des crit�res n'�tant souvent � lui seul d�terminant pour juger du caract�re fictif du mariage (cf. arr�ts 2C_566/2013 du 2 d�cembre 2013 consid. 3.3; 2C_441/2007 du 9 janvier 2007 consid. 4.1). La preuve d'un mariage fictif doit �tre apport�e par l'autorit�, sous r�serve de l'obligation des parties de collaborer � l'�tablissement des faits (cf. art. 90 LEtr). Cette obligation des parties est d'autant plus grande que les circonstances objectives du cas permettent de douter de la r�elle et commune volont� des �poux de former une communaut� de vie (arr�ts 2C_177/2013 du 6 juin 2013 consid. 3.4; 2C_587/2008 du 4 d�cembre 2008 consid. 4.1). En pr�sence d'indices s�rieux d'un mariage fictif, il appartient aux parties de d�montrer, par une argumentation circonstanci�e, l'existence d'une relation conjugale r�ellement v�cue et voulue (cf. arr�ts 2C_177/2013 du 6 juin 2013 consid. 3.4; 2C_222/2008 du 31 octobre 2008 consid. 3.2; critiquant cette exigence: SYLVAIN F�LIX, Pr�somptions et relations familiales en droit des �trangers, in Actualit�s du droit des �trangers [Corbaz/Amor/Nguyen (�d.)], vol. II, 2014, p. 1 ss, 9). En l'absence d'indices concrets suffisants, le mariage ne saurait cependant �tre qualifi� de fictif. En cas de doute, il faut consid�rer que les �poux voulaient fonder une v�ritable communaut� conjugale (arr�ts 2C_587/2008 du 4 d�cembre 2008 consid. 4.1; 2C_473/2008 du 17 novembre 2008 consid. 2.1, in Pra 2009 n� 63 p. 413).
5.3.�En l'esp�ce, les �l�ments de fait, que le Tribunal cantonal a �tablis et appr�ci�s sans verser dans l'arbitraire (consid. 4 supra) et sur la base desquels il a consid�r� que le mariage des recourants �tait uniquement destin� � procurer une autorisation de s�jour � l'int�ress�, se laissent r�sumer de la mani�re suivante: l'ignorance de certains d�tails importants sur l'autre �poux, notamment sur la fa�on d'�crire les nom et pr�nom du conjoint; les d�clarations divergentes des �poux quant aux cadeaux de mariage �chang�s, � la dur�e du s�jour de l'int�ress�e au S�n�gal en vue du mariage, au mariage religieux c�l�br� en l'absence des �poux, et aux convives peu nombreux ayant particip� � la r�ception tenue apr�s le mariage � Dakar; l'absence de photographies (suffisamment) probantes relatives au mariage et � la rencontre des int�ress�s en Espagne. En sus de ces �l�ments qui, � eux seuls, ne sont certes pas susceptibles de retenir un mariage fictif, les juges cantonaux ont encore consid�r� que les �poux n'avaient pas �tabli qu'ils entretenaient des contacts r�guliers par t�l�phone ou d'autres moyens informatiques, les copies de SMS et les cartes produites n'attestant de tels �changes que durant un laps de temps limit�. S'y ajoute la circonstance que la m�re du recourant, vivant pourtant � Dakar, n'avait pas assist� au mariage de son fils, et qu'aucun membre de la famille de la recourante n'avait �t� pr�sent. Les juges cantonaux ont �galement relev� que le recourant avait travaill� clandestinement plusieurs ann�es en Europe, que son �pouse lui avait envoy� de l'argent pour subvenir � ses besoins au S�n�gal, pays o� il �tait actuellement sans travail et qu'il souhaitait quitter pour avoir de meilleures conditions de vie en Suisse. Le projet de mariage �tait de plus survenu relativement t�t, soit en octobre 2013, alors que les �poux s'�taient rencontr�s en janvier 2012 et qu'ils ne s'�taient plus revus pendant pr�s de deux ans; sur trois ans, les �poux ont physiquement �t� ensemble moins d'un mois; si, comme les �poux l'affirmaient, leur s�paration les faisait autant souffrir, l'on ne comprenait pas pour quelle raison la recourante avait pr�f�r� rendre visite � sa famille en Italie durant ses vacances de juillet 2014, plut�t que de rejoindre son mari.
Contrairement � ce que pr�tendent les recourants, les nombreux �l�ments retenus par le Tribunal cantonal sont pertinents au regard des conditions que la jurisprudence pr�cit�e a admises pour pouvoir pr�sumer de l'inexistence d'une relation conjugale r�ellement v�cue et voulue entre les �poux. Premi�rement, certains de ces indices �tablissent une certaine m�connaissance r�ciproque des �poux au sujet de leur propre mariage. Deuxi�mement, les pr�paratifs du mariage des �poux pouvaient �tre qualifi�s de h�tifs au vu du peu de jours que les int�ress�s disent avoir pass�s ensemble avant de se rendre au S�n�gal; l'absence de la m�re du recourant et des membres de la famille de la recourante durant le mariage � Dakar corrobore �galement un mariage fictif. Troisi�mement, la situation clandestine du recourant en Espagne et ses finances pr�caires, de m�me que son souhait, en soi compr�hensible, d'am�liorer ses conditions de vie en Suisse, constituent autant d'indices forts plaidant pour un mariage de complaisance. Quatri�mement, et tel que les recourants le conc�dent eux-m�mes, ceux-ci n'ont jamais v�cu ensemble avant leur mariage, pas plus qu'ils ont maintenu des contacts physiques apr�s la c�l�bration de celui-ci, m�me lorsque l'�pouse aurait pu rejoindre son �poux durant ses vacances.
5.4.�Au vu de ce qui pr�c�de, il existe partant un faisceau d'indices suffisants et s�rieux qui permet de pr�sumer de l'absence d'une union conjugale r�ellement voulue et effective. A d�faut de contre-preuves convaincantes de la part des recourants, qui se sont content� de rediscuter les faits constat�s (consid. 4 supra), leur mariage est donc r�put� avoir �t� contract� dans le but d'�luder les dispositions en vigueur en mati�re de s�jour et d'�tablissement des �trangers. Il s'ensuit qu'en d�niant au recourant l'autorisation de s�journer en Suisse, l'arr�t querell� n'a viol� ni le droit f�d�ral, ni les art. 13 Cst. et 8 CEDH. Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent ainsi au rejet du recours.
Succombant, les recourants doivent supporter les frais judiciaires, solidairement entre eux (art. 65 et 66 al. 1 et 5 LTF). Il ne sera pas allou� de d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire des recourants, au Service de la population et des migrations, au Conseil d'Etat et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, ainsi qu'au Secr�tariat d'Etat aux migrations.

References: ATF 
 art. 13
 ATF 
 art. 90
 art. 86
 art. 100
 art. 42
 art. 95
 art. 42
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 27
 art. 39
 art. 35
 art. 44
 art. 44
 art. 42
 art. 13
 art. 13
 ATF 
 art. 42
 ATF 
 ATF 
 art. 90
 art. 13