Source: http://pcf-1939-1941.blogspot.com/2013/09/reponse-aux-chefs-communistes-710.html
Timestamp: 2019-02-19 19:56:03+00:00

Document:
Le Parti Communiste Français 1939-1941: Brochure "Réponse aux chefs communistes" 7/10 - Discours de Daladier du 18 juillet 1946 - Annexes 1 à 3
Brochure "Réponse aux chefs communistes" 7/10 - Discours de Daladier du 18 juillet 1946 - Annexes 1 à 3
LE PREMIER PACTE GERMANO-SOVIETIQUE
DU 23 AOUT l939
TEXTE PUBLIÉ DANS « L'HUMANITÉ »
DU 25 AOUT 1939
Moscou 24 août. - Le 23 août à quinze heures trente eut lieu un premier entretien entre Molotov, président du Conseil des Commissaires du Peuple et Commissaire du Peuple aux Affaires étrangères de l'URSS, et Von Ribbentrop, au sujet de la conclusion du pacte de non-agression.
L'entretien eut lieu en présence de Staline et de l'Ambassadeur d'Allemagne Schlulenburg, et dura près de trois heures. Après une pause, l'entretien fut repris à vingt-deux heures et fut terminé par la signature du pacte de non-agression.
Voici, d'après l'agence Tass, le texte du pacte de non-agression germano-soviétique :
LES CLAUSES PUBLIQUES DU PACTE
Le Gouvernement de l'U.R.S.S. et le Gouvernement d'Allemagne, en se basant sur les stipulations principales du traité de neutralité conclu entre l'URSS et l'Allemagne en avril 1926, sont convenus des dispositions suivantes :
Article premier. - Les deux parties contractantes s'engagent à s'abstenir de toute violence, de toute action agressive et de toute attaque l'une contre l'autre, soit individuellement, soit conjointement avec d'autres puissances.
Art. 2. - Si l'une des puissances contractantes est l'objet d'une action militaire de la part d'une tierce puissance, l'autre partie contractante n'assistera, sous aucune forme, cette puissance.
Art. 3. - Les Gouvernements des deux parties contractantes resteront dans l'avenir en contact mutuel pour consultation afin de s'informer réciproquement sur les questions touchant leurs intérêts communs.
Art. 4. - Aucune des parties contractantes ne participera à un groupement quelconque de puissance dirigé directement ou indirectement contre l'autre partie.
Art. 5. - En cas de litiges ou de conflits qui pourront surgir entre les parties contractantes au sujet de questions, quelle que soit leur nature ou leur origine, les deux parties règleront ces litiges ou conflits exclusivement par des moyens pacifiques, échange amical d'opinions ou, au cas où ce serait nécessaire, par la création de commissions chargées du règlement du conflit.
Art. 6. - Le présent pacte est conclu pour une période de dix ans et si l'une des parties contractantes ne le dénonce pas une année avant l'expiration de ce délai, le pacte sera considéré comme automatiquement prolongé pour la période des cinq années suivantes.
Art. 7. - Le présent pacte est passible de ratification dans le délai le plus bref. L'échange des instruments de ratification doit avoir lieu à Berlin. Le pacte entre immédiatement en vigueur après sa signature.
Fait en double expédition en langue allemande et russe.
Signé : Pour le gouvernement de l'URSS : M. MOLOTOV.
Pour le gouvernement d'Allemagne : M. VON RIBBENTROP.
LES CLAUSES SECRÈTES DU PACTE
Aux clauses officielles du traité connu, qui provoqua la stupeur du public français, était joint un protocole additionnel secret dont voici la teneur :
« - A l'occasion de la signature d'un pacte de non-agression entre le Reich allemand et l'URSS, les plénipotentiaires soussignés de l'une et l`autre parties, au cours d'un échange de vues strictement confidentiel, ont soulevé la question de la délimitation mutuelle des zones d'intérêts des deux parties. Cet échange de vues a amené aux résultats suivants :
1. Dans le cas d'une transformation territoriale et politique des territoires appartenant aux Etats baltes, Finlande, Esthonie, Lettonie, Lithuanie, la frontière nord de la Lithuanie constitue automatiquement la frontière entre les zones d'intérêt allemande et russe, l'une et l'autre puissance reconnaissant la revendication de la Lithuanie relative au territoire de Vilno.
2. Dans le cas d”une transformation territoriale et politique des territoires appartenant à l'Etat polonais, les zones d'intérêt de l'Allemagne et de l'URSS seront délimitées approximativement par la ligne Narev-Vistule-San. La question de savoir si, dans l'intérêt de l'une et de l'autre puissance, le maintien d'un Etat polonais indépendant est jugé désirable sera décidée d'une façon définitive, uniquement au cours du déroulement ultérieur des événements politiques. En tout cas, les deux gouvernements résoudront cette question dans un esprit d'entente amicale.
3. Quant au Sud-Est européen, la Russie souligne son intérêt en Bessarabie; l'Allemagne proclame qu'elle se désintéresse complètement de ce territoire.
LE SECOND PACTE GERMANO-SOVIETIQUE
DU 28 AOUT l939
Après l'invasion et le partage de la Pologne
« Le gouvernement du Reich et le gouvernement de l'Union Soviétique, ayant réglé définitivement par l'arrangement signé aujourd'hui les questions qui découlent de la dissolution de l'Etat polonais, ayant ainsi créé une base sûre pour une paix durable en Europe orientale, expriment en commun l'opinion qu'il correspondrait aux véritables intérêts de toutes les nations de mettre fin à l'état de guerre qui existe entre l'Allemagne d'une part, la France et l'Angleterre d'autre part.
Si, toutefois, les efforts des deux gouvernements restaient sans succès, le fait serait alors constaté que l'Angleterre et la France sont responsables de la continuation de la guerre.
Dans le cas de cette continuation, les gouvernements d'Allemagne et de l'Union soviétique se consulteraient réciproquement sur les mesures nécessaires. »
[NdB : Ce document correspond en fait à la Déclaration germano-soviétique du 28 septembre 1939. Elle est adoptée le même jour que le second pacte germano-soviétique qui est un Traité de frontières et d'amitié.]
L'ATTITUDE ANTI-NATIONALE DU PARTI COMMUNISTE PENDANT LA GUERRE ET APRÈS JUlN 1940
« LUTTE CONTRE LA GUERRE »
« Par la suite, de lourdes fautes furent commises. Les travailleurs ne furent pas appelés à une action vigoureuse pour la défense du parti et de sa presse. Le groupe parlementaire n'utilisa point l'unique séance de la Chambre pour protester contre la politique de réaction et de guerre de Daladier et des chefs socialistes. Il vota les crédits de guerre. L'orientation erronée persista durant le mois de septembre. Les municipalités communistes dissoutes furent dépossédées de leurs pouvoirs sans qu'on eut tenté d'organiser la résistance des masses populaires. Tout cela ne pouvait que semer la confusion et le trouble; ne pouvait qu'affaiblir la lutte du parti et des travailleurs révolutionnaires contre la guerre impérialiste, contre la besogne de trahison et de provocation des chefs socialistes et des quelques renégats passés à l'ennemi.
A quelle cause politique attribuer ces fautes alors que le parti et son comité central avaient su mener jusqu'alors une politique juste et même obtenir dans l'application de cette politique des succès appréciables ? Le comité central ne comprit pas à temps la signification des changements qui se précipitaient à la fin du mois d'août et au début de la guerre. Sur le plan international Hitler ayant renoncé bon gré mal gré à la guerre contre l'Union soviétique, les provocateurs impérialistes de Paris et de Londres s'engagèrent dans la voie du conflit armé avec l'Allemagne. Donc il ne pouvait plus être question ni de Front de la Paix, ni de sécurité collective, ni d'assistance mutuelle. La réaction était passée ouvertement à l'attaque contre l'Union soviétique...
La seule tactique juste, c'est l'union de tous les exploités, des ouvriers, des paysans, des intellectuels, pour la lutte contre la réaction et la guerre en dénonçant impitoyablement les chefs traîtres du parti socialiste, de la CGT et du parti radical.
De telles conclusions ne furent pas immédiatement tirées du changement de situation par la direction du parti communiste qui, dans l'élan de sa politique antérieure, se maintint sur les anciens rails et répéta les formules d'autrefois. Telle est la cause principale des fautes commises au début de la guerre et immédiatement avant. »
Cahiers du Bolchévisme, Octobre 1939.
[NdB : Cet extrait est tiré du texte "Le Parti Communiste Français (SFIC) en lutte contre la guerre impérialiste" publié en janvier 1940 dans les Cahiers du Bolchévisme du 2e semestre 1939.]
POUR LA PAIX IMMÉDIATE AVEC HITLER
... « Parmi les journaux les plus abjects se trouve naturellement celui de M. Léon Blum, qui reçut si chaleureusement, le Dr Schacht lorsqu'il était Président du Conseil et rêvait d'un bloc anti-soviétique avec l'Allemagne. Dans son journal, Dormoy, qui, ministre de l'Intérieur, laissa tranquillement les cagoulards poursuivre leur œuvre de trahison et de guerre civile, Dormoy, qui a sur les mains le sang des ouvriers assassinés à Clichy, donne l'exemple de la perfidie et du mensonge.
... « Le journal du traître Jouhaux suit 1'exemple.
... « Les communistes ne se laisseront pas détourner de leur tâche par les diversions des ennemis du peuple. Ils combattent chez nous les ennemis de la paix, les fauteurs de guerre capitalistes, et les social-chauvins qui poussent au massacre pour des intérêts sordides.
« Ils continueront d'appeler à l'union contre les gouvernements réactionnaires, instruments des marchands de canons, et pour un gouvernement ouvrier et paysan, seul capable de faire une paix durable. »
Humanité du 1er décembre 1939.
« FRATERNITÉ FRANCO-ALLEMANDE »
... « Les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se multiplient :
Nous en sommes heureux. Apprenons à nous connaître, et quand on dit aux soldats allemands que les députés communistes ont été jetés en prison pour avoir défendu la paix, quand on leur dit qu'en 1923 les communistes se dressèrent contre l'occupation de la Ruhr, on travaille pour la fraternité franco-allemande. »
Humanité clandestine du 13 juillet 1940, n° 61.
POUR LA REPRISE DU TRAVAIL AVEC LES ALLEMANDS
... « Ouvriers qui voulez travailler et qui vous heurtez souvent à la mauvaise volonté des patrons, qui veulent saboter la reprise économique, organisez vous-mêmes la réouverture des usines. Rassemblez-vous à la porte de l'entreprise dans laquelle vous travailliez. Organisez dans chaque entreprise un comité populaire. Ouvrez les entreprises et faites les fonctionner en désignant dans chacune d'elles un Comité de Direction parmi le personnel. »
Humanité du 27 juillet 1940, n° 65.
« UNE CONVERSATION AVEC UN SOLDAT ALLEMAND »
... « Nous avons eu l'occasion d'entendre une conversation entre un travailleur parisien et un soldat allemand. L'ouvrier parisien disait : « Nous sommes les ennemis des capitalistes français et les amis de tous les peuples, allemand, italien, anglais, etc... ainsi que des peuples coloniaux. Quand les impérialistes français occupèrent la Ruhr, les travailleurs français, derrière le parti communiste, combattirent l'occupation, car nous savions qu'un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre. Les impérialistes français ont voulu la guerre, mais des milliers d'ouvriers ont lutté pour la paix et sont emprisonnés. Ça, c'est la vraie France. »
« NOUS AURIONS SIGNÉ LA PAIX »
... « Nous proclamons sans réticence que, si nous avions dirigé les destinées de la France en juin 1940, nous aurions mis fin à la guerre, nous aurions signé la paix comme les bolcheviks en 1918. »
Jeunesse de France, Septembre 1940.
[Ndb : La brochure "Jeunesse de France" a été diffusée par les Jeunesses Communistes en janvier 1941]

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7