Source: https://www.icrc.org/fr/document/niger-traitement-et-liberation-des-detenus
Timestamp: 2020-07-14 04:03:27+00:00

Document:
Niger : traitement et libération des détenus | Comité international de la Croix-Rouge
Note : les principaux faits décrits et analysés au regard du DIH dans ce cas d'étude datent de 2007.
Durant le conflit de 2007 à 2009, le groupe armé non étatique Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) a autorisé le CICR à apporter les premiers secours aux soldats capturés des Forces Armées du Niger (FAN) et a libéré les soldats dont l’état nécessitait une assistance médicale. Le CICR a également été autorisé à rendre visite aux détenus durant leur incarcération. Le MNJ a par la suite libéré les soldats restants.
Ce cas pratique a été élaboré par Percy Carter, Natasha Divina Renzetti et Britta Sandmann, étudiants en droit (LL.M) à l’université de Rome III, sous la supervision de Giulio Bartolini (professeur de DIH) et Laura Di Gianfrancesco (étudiante en doctorat), de la clinique de DIH de l’université de Rome III.
A. UNE AIDE HUMANITAIRE APPORTÉE AUX DÉTENUS
[Source : BBC, « Aid for captured Niger soldiers », 26 juin 2007, [traduction CICR] disponible sur : http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/6240846.stm]
Des travailleurs humanitaires se sont rendus dans une base rebelle isolée, dans laquelle 72 soldats sont détenus, afin d’apporter des médicaments et une aide humanitaire. Vendredi dernier, lorsque les rebelles touaregs ont attaqué leur base militaire, certains des détenus étaient blessés.
L’équipe du Comité international de la Croix-Rouge s’est rendue à Tizerzet, dans le désert du Sahara, à environ 400 km au nord du village le plus proche, Agadez. Un journaliste de la BBC a indiqué que les locaux étaient stupéfaits de constater que les rebelles aient capturé autant de soldats. Idy Baraou, reporter de la BBC, a dit avoir vu quatre cargaisons destinées à l’aide humanitaire, bien que d’après les délégués du CICR, le nombre de cargaisons mobilisées était plus élevé. […]
Notre reporter a également déclaré qu’il s’agissait de la plus grosse attaque rebelle au Niger depuis le début de la rébellion, en 1991. Ce soulèvement s’est terminé en 1995 avec un accord de paix, mais plus tôt cette année, le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice) a repris les armes, en déclarant que les termes de l’accord n’avaient pas été mis en œuvre.
En avril, les rebelles, qui estiment que les Touaregs sont marginalisés par le gouvernement, ont attaqué une mine d’uranium au nord du Niger. Le nord du Niger est riche en uranium et le pays est l’un des cinq plus gros producteurs d’uranium au monde.
B. TRAITEMENT ET LIBÉRATION D’AUTRES DÉTENUS BLESSÉS
[Source : CICR, « Niger : Le CICR évacue 30 blessés à la suite d’affrontements armés au nord du Niger », 2 juillet 2007, disponible sur : https://www.icrc.org/fr/doc/resources/documents/news-release/2009-and-earlier/niger-news-020707.htm]
Genève (CICR) – Ce lundi, 2 juillet 2007, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a achevé l'évacuation de 30 soldats des Forces Armées du Niger (FAN), blessés lors d'affrontements armés dans le nord du pays.
Le CICR est intervenu en sa qualité d'intermédiaire neutre, à la demande du Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) et des FAN. Tous les blessés évacués ont pu atteindre l'Hôpital de référence d'Arlit, à environ 2 000 km au nord-est de la capitale. Une équipe chirurgicale du CICR a été envoyée à Arlit pour prodiguer des soins à ces blessés.
Le 22 juin, le CICR a été informé que des accrochages entre les FAN et le MNJ dans l'extrême nord-est du Niger avaient entraîné la capture de 72 militaires des FAN, dont beaucoup étaient blessés et avaient besoin d'une aide médicale et chirurgicale. Aujourd'hui 30 d'entre eux ont pu être évacués et ont reçu des soins médicaux, puis ont été remis aux autorités locales à Arlit. [C]e dénouement est heureux pour les 30 blessés qui vont bientôt retrouver les leurs [...].
Le CICR a pu mener à bien cette opération grâce au soutien matériel, logistique et en personnel de la Croix-Rouge du Niger, de la Croix-Rouge française, de la Croix-Rouge irlandaise, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que de Médecins sans Frontières Suisse et France.
C. DE NOUVELLES LIBÉRATION DE SOLDATS PRIVÉS DE LEUR LIBERTÉ PAR LE MNJ EN 2007
[Source : International Crisis Group, « Tracking conflict worldwide », juillet — septembre 2007, [traduction CICR] disponible ici]
[...] Le MNJ a libéré 6 nouveaux soldats détenus depuis le mois de juin.
[...] Le 17 septembre, les rebelles touaregs ont remis 14 soldats du gouvernement aux autorités libyennes, un geste en faveur de la paix qui est visiblement lié au début du Ramadan [...].
D. AIDE HUMANITAIRE SUPPLÉMENTAIRE ET LIBÉRATIONS DURANT LE CONFLIT TOUAREG
Source : CICR, « Niger : deux détenus libérés sous les auspices du CICR », 4 février 2008, disponible sur : https://www.icrc.org/fr/doc/resources/documents/news-release/2009-and-earlier/niger-news-040208.htm]
Dakar/Genève (CICR) – Dans le cadre de ses activités humanitaires en République du Niger, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a effectué une mission dans l'Aïr du 26 janvier au 1er février.
Au cours de cette mission, il a pu visiter 33 personnes, pour la plupart membre des Forces armées nigériennes, détenues par le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ).
Sous les auspices du CICR, deux détenus dont l'état nécessitait des soins médicaux urgents ont été libérés et transférés à Arlit, où ils ont été remis aux autorités.
Durant la visite, les délégués du CICR se sont entretenus avec les personnes détenues et leur ont fourni une assistance médicale ainsi que des couvertures, des habits, des articles d'hygiène, du thé et du sucre. Les détenus ont également pu contacter leurs proches au moyen d'un téléphone satellite mis à disposition par le CICR et ont eu la possibilité de leur écrire des messages Croix-Rouge.
Cette mision du CICR fait suite à celles qui ont eu lieu en juin et juillet 2007, au cours desquelles le CICR avait déjà eu accès aux personnes détenues par le MNJ et avait pu faciliter la libération de 34 d'entre elles [...].
F. LES MEMBRES DU MNJ PRÊTENT SERMENT DE NE PAS DE NUIRE SUR LE CORAN
[Source : Revue Migration Forcées, « Établir un dialogue avec les groupes armés », mars 2011, disponible sur : https://www.fmreview.org/fr/non-etatiques/bangerter.htm]
L'approche la plus commune pour prévenir les violations est de demander que tous les combattants respectent un code de conduite fixant les règles que le commandement considère comme essentielles.
Le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) en est un autre exemple. Au cours du conflit au Niger de 2007-2009, toFutes les recrues du MNJ devaient prêter serment sur le Coran selon lequel elles s'engageaient à ne pas maltraiter les civils ou endommager leurs biens. Les humanitaires disposent de réelles opportunités pour avoir un impact positif sur de telles mesures en persuadant les groupes armés d'adopter des politiques compatibles avec les normes internationales reconnues.
1. Comment qualifieriez-vous la situation au Niger en 2007 ? S’agissait-il d’un conflit armé ? Si oui, quelles étaient les parties au conflit ? De quelles informations supplémentaires auriez-vous besoin pour procéder à une telle qualification ? (CG I-IV, art. 3 ; PA II, art. 1)
2. Quelles règles du DIH s’appliquent à la situation impliquant le Niger et le groupe armé non étatique touareg ? Les groupes armés non étatiques sont-ils tenus de respecter le DIH ? (CG I-IV, art. 3 ; PA II, art. 2)
II. Aide humanitaire et libération des détenus
3. Que dit le DIH au sujet du traitement des prsonnes détenues dans le contexte d’un conflit armé non international ? (CG I-IV, art. 3 ; PA II, art. 5 ; DIHC, règle 87)
4. Les parties à un conflit armé non international devraient-elles autoriser le CICR à rendre visite aux personnes détenues ? À fournir des soins médicaux aux blessés ? À rétablir les liens entre les détenus et leur famille ? (CG I-IV, art. 3 ; PA II, art 5, 18 ; DIHC, règles 124-126)
5. Quand les personnes détenues dans le cadre d’un conflit armé non international doivent-elles être libérées ? (DIHC, règle 128)
6. L’intervention d’un intermédiaire neutre tel que le CICR peut-elle contribuer favoriser le respect du DIH par les belligérants ? Dans quelle mesure avoir un tel intermédiaire peut-il être utile s’agissant de la libération des détenus ?
7. Les groupes armés non étatique peuvent-ils trouver un intérêt militaire à ce que leurs membres aient un code de conduite et soient tenus de le respecter ? La discipline peut-elle améliorer l’efficacité et les capacités militaires d’une partie au conflit ?
8. (Document F) En quoi le fait que les membres du MNJ aient prêté serment sur le Coran de respecter les règles applicables aux conflits armés est-il intéressant ? Quel rôle peuvent jouer la religion et les valeurs éthiques pour encourager le respect du DIH ?
9. (Document C) La volonté de favoriser une solution pacifique à un conflit peut-elle encourager le respect du droit ? Ces « gestes en faveur de la paix » peuvent-ils renforcer le soutien politique que la population locale apporte à une partie au conflit ? Qu’en est-il du soutien de la communauté internationale ?

References: art. 3
 art. 1
 art. 3
 art. 2
 art. 3
 art. 5
 art. 3