Source: http://docplayer.fr/2763172-Veuve-clicquot-ponsardin-maison-fondee-en-1772-appellant-boutiques-cliquot-ltee-mademoiselle-charmante-inc-et-3017320-canada-inc.html
Timestamp: 2017-03-24 20:28:47+00:00

Document:
Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772 Appellant. Boutiques Cliquot Ltée, Mademoiselle Charmante Inc. et Canada Inc. - PDF
Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772 Appellant. Boutiques Cliquot Ltée, Mademoiselle Charmante Inc. et Canada Inc.
Download "Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772 Appellant. Boutiques Cliquot Ltée, Mademoiselle Charmante Inc. et 3017320 Canada Inc."
1 824 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée [2006] 1 S.C.R. Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772 Appellant v. Boutiques Cliquot Ltée, Mademoiselle Charmante Inc. and Canada Inc. Respondents and International Trademark Association Intervener Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772 Appelante c. Boutiques Cliquot Ltée, Mademoiselle Charmante Inc. et Canada Inc. Intimées et International Trademark Association Intervenante Indexed as: Veuve Clicquot Ponsardin v. Boutiques Cliquot Ltée Neutral citation: 2006 SCC 23. File No.: : October 18; 2006: June 2. Present: McLachlin C.J. and Major, * Bastarache, Binnie, LeBel, Deschamps, Fish, Abella and Charron JJ. 1 Répertorié : Veuve Clicquot Ponsardin c. Boutiques Cliquot Ltée Référence neutre : 2006 CSC 23. N o du greffe : : 18 octobre; 2006 : 2 juin. Présents : La juge en chef McLachlin et les juges Major *, Bastarache, Binnie, LeBel, Deschamps, Fish, Abella et Charron. 1 on appeal from the federal court of appeal Intellectual property Trade-marks Confusion Depreciation of goodwill Owner of well-known VEUVE CLICQUOT trade-mark for wine and champagne seeking to stop small group of women s wear shops from using registered trade-mark CLIQUOT Whether use of CLIQUOT name in relation to women s clothing store likely to create confusion in marketplace with VEUVE CLICQUOT trade-mark Whether such use likely to depreciate value of goodwill attaching to VEUVE CLICQUOT trade-mark Trade-marks Act, R.S.C. 1985, c. T 13, ss. 6, 20, 22. Among those with champagne tastes, the brand of Veuve Clicquot Ponsardin is considered among the very best. It has been building its fine reputation with the drinking classes since before the French Revolution. The VEUVE CLICQUOT trade-mark has also appeared * 1 Major J. took no part in the judgment. en appel de la cour d appel fédérale Propriété intellectuelle Marques de commerce Confusion Dépréciation de l achalandage Propriétaire de la marque de commerce VEUVE CLICQUOT bien connue pour le vin et le champagne voulant empêcher un petit groupe de boutiques de vêtements pour dames d utiliser la marque déposée CLIQUOT L utilisation du nom CLIQUOT en liaison avec une boutique de vêtements pour dames est-elle susceptible de créer de la confusion sur le marché avec la marque de commerce VEUVE CLICQUOT? Pareille utilisation est-elle susceptible de faire diminuer la valeur de l achalandage attaché à la marque de commerce VEUVE CLICQUOT? Loi sur les marques de commerce, L.R.C. 1985, ch. T 13, art. 6, 20, 22. Pour ceux qui apprécient le champagne, la marque Veuve Clicquot Ponsardin est l une des meilleures qui soit. Déjà, avant la Révolution française, elle avait commencé à se tailler l excellente réputation dont elle jouit aujourd hui dans le domaine des boissons alcoolisées. *1 Le juge Major n a pas pris part au jugement.2 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée 825 on a range of promotional items, not offered for sale in Canada, including fashion wares for women and men. It is undoubtedly a famous trade-mark that deserves wide protection not only from free-riders but from those who, without any intention of free-riding, nevertheless use in their own business distinguishing marks that create confusion or depreciate the value of the goodwill attaching to those of the appellant. The appellant seeks to stop the respondents group of six women s wear shops in Quebec and eastern Ontario from using the trade-name Cliquot and the respondents own registered trade-marks Cliquot and Cliquot Un monde à part, and to have these trade-marks expunged from the Register. The appellant claims that consumers will likely be confused to the point of thinking that the women s clothing and the champagne originate with the same source, thereby infringing the appellant s registered trade-marks contrary to s. 20 of the Trade-marks Act. It further claims that even if the respondents use is not confusing, that use nevertheless depreciates the value of the goodwill attaching to its mark, contrary to s. 22 of the Act. The Federal Court concluded that the appellant was not entitled to expungement. Taking all the surrounding circumstances into account, the trial judge found there was little, if any, risk of confusion as to source. She also found that the use by the respondents of their registered trade-marks did not reduce the value of the goodwill attaching to the appellant s VEUVE CLICQUOT mark. The Federal Court of Appeal upheld the decision. Held: The appeal should be dismissed. The question whether there exists a likelihood of confusion is largely one of fact. Since this is an infringement claim rather than an opposition proceeding, the onus was on the appellant to prove such likelihood on a balance of probabilities. Under s. 6(2) of the Trade-marks Act, confusion occurs if the use of both trade-marks in the same area would be likely to lead to the inference that the wares or services associated with those trade-marks are manufactured, sold, leased, hired or performed by the same person, whether or not the wares or services are of the same general class. In every case, the factors to be considered when making a determination as to whether a trade-mark is confusing to the somewhat-hurried consumer in all the surrounding circumstances include, but are not limited La marque de commerce VEUVE CLICQUOT a aussi figuré sur une gamme d articles promotionnels qui ne sont pas offerts en vente au Canada, comprenant des articles pour hommes et femmes. Il s agit indéniablement d une marque célèbre qui mérite une protection étendue, non seulement contre les profiteurs, mais également contre ceux qui, sans vouloir en bénéficier sans droit, emploient néanmoins dans leur propre entreprise des marques distinctives qui créent de la confusion ou déprécient l achalandage attaché à celles de l appelante. L appelante cherche à empêcher les intimées, un groupe de six boutiques de vêtements pour dames situées au Québec et dans l est ontarien, d utiliser le nom commercial Cliquot et les marques de commerce déposées des intimées Cliquot et Cliquot «Un monde à part», et à faire radier l inscription de ces marques. L appelante prétend qu une certaine confusion est susceptible de se produire et d amener les consommateurs à croire que les vêtements pour dames et le champagne proviennent de la même source, ce qui constituerait une usurpation des marques déposées de l appelante en contravention de l art. 20 de la Loi sur les marques de commerce. Elle soutient en outre que, si l emploi des marques par les intimées ne crée pas de confusion, il déprécie néanmoins l achalandage attaché à ses marques en contravention de l art. 22 de la Loi. La Cour fédérale a conclu que l appelante n avait pas droit à la radiation de l inscription des marques. En tenant compte de toutes les circonstances de l espèce, la juge de première instance a conclu que le risque de confusion quant à la source était faible, voire inexistant. Elle a aussi conclu que l emploi par les intimées de leurs marques de commerce déposées ne dépréciait pas l achalandage attaché à la marque VEUVE CLICQUOT de l appelante. La Cour d appel fédérale a confirmé cette décision. Arrêt : Le pourvoi est rejeté. La question de savoir s il existe une probabilité de confusion est principalement une question de fait. Puisqu il s agit d une action pour usurpation et non d une procédure d opposition, c est à l appelante qu il incombait de prouver, selon la prépondérance des probabilités, que la confusion était susceptible de survenir. Selon le par. 6(2) de la Loi sur les marques de commerce, il y a confusion «lorsque l emploi des deux marques de commerce dans la même région serait susceptible de faire conclure que les marchandises liées à ces marques de commerce sont fabriquées, vendues, données à bail ou louées, ou que les services liés à ces marques sont loués ou exécutés, par la même personne, que ces marchandises ou ces services soient ou non de la même catégorie générale.» Dans chaque cas, pour3 826 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée [2006] 1 S.C.R. to, those enumerated in s. 6(5) of the Act. The fame of the mark is not, as such, an enumerated circumstance (although it is implicit in three of the enumerated factors, namely inherent distinctiveness, the extent to which a mark has become known, and the length of time that it has been used). The trial judge s finding that VEUVE CLICQUOT is a famous mark is of importance in considering all the surrounding circumstances because fame presupposes that the mark transcends at least to some extent the wares with which it is normally associated. However, the fact of being famous or well known does not by itself provide absolute protection for a trade-mark. It is one factor which must be assessed together with all the others. [14] [19] [21] [26-27] Here, having regard to all the surrounding circumstances and the evidence before the trial judge, there is no basis to interfere with her conclusion that there was no likelihood of confusion between the two marks in the relevant markets. The VEUVE CLICQUOT trademark, registered in 1899, is distinctive. The respondents women s wear boutiques are also known in the area in which both trade-marks are used. Their marks, which were introduced in 1995, are not famous. However, the difference between the appellant s luxury champagne and the respondents mid-priced women s wear is significant. While some trade-marks transcend the wares, services and businesses with which they were originally associated, no witness in this case suggested that the VEUVE CLICQUOT mark would be associated by ordinary consumers with mid-priced women s clothing. The respondents goods and those of the appellant also move in different channels of trade and distribution. While it was unnecessary to lead evidence of actual confusion, it is nevertheless relevant to note that no such evidence was adduced. The appellant s expert witness did little to suggest a likelihood of confusion; at most, she speculated about possibilities. Having considered all of the surrounding circumstances the trial judge held that ordinary consumers would be unlikely to make any mental link between the marks and the respective wares and services of the parties saying that in her view... it is not likely that a consumer would think the plaintiff was affiliated with the defendants or that the plaintiff had granted a third party a licence to allow it to use the distinctive part of its mark in association with a women s clothing store. The appellant thus décider si une marque de commerce crée ou non de la confusion dans l esprit du consommateur plutôt pressé en tenant compte «de toutes les circonstances de l espèce», il faut considérer notamment les facteurs énumérés au par. 6(5) de la Loi. La célébrité d une marque n est pas, comme telle, l une des circonstances énumérées (même si elle est implicite dans trois d entre elles, à savoir le caractère distinctif inhérent, la mesure dans laquelle une marque est devenue connue et la période pendant laquelle elle a été en usage). La conclusion de la juge de première instance portant que VEUVE CLICQUOT est une marque «célèbre» est importante pour l examen de «toutes les circonstances de l espèce» parce que la célébrité présuppose que la marque transcende, dans une certaine mesure du moins, les marchandises auxquelles elle est normalement associée. Toutefois, à lui seul, le fait qu une marque de commerce soit célèbre ou bien connue ne la protège pas de façon absolue. Il s agit d un facteur qui doit être apprécié en liaison avec tous les autres. [14] [19] [21] [26-27] En l occurrence, compte tenu de toutes les circonstances de l espèce et de la preuve soumise à la juge de première instance, rien ne permet de modifier sa conclusion qu il n existait pas de probabilité de confusion entre les deux marques sur les marchés en cause. La marque de commerce VEUVE CLICQUOT, enregistrée en 1899, est distinctive. Les boutiques de vêtements pour dames des intimées sont également connues dans la région où les deux marques de commerce sont employées. Leurs marques, qui ont vu le jour en 1995, ne sont pas célèbres. Toutefois, la différence entre le champagne de luxe de l appelante et les vêtements de gamme intermédiaire pour dames des intimées est considérable. Bien que certaines marques de commerce transcendent les marchandises, services et entreprises auxquels elles étaient associées à l origine, aucun témoin en l espèce n a laissé entendre que les consommateurs ordinaires associeraient la marque VEUVE CLICQUOT à des vêtements de gamme intermédiaire pour dames. Les marchandises des intimées et celles de l appelante empruntent aussi des voies de commercialisation et de distribution différentes. Même si la preuve de confusion réelle n était pas nécessaire, il convient de signaler qu aucune preuve à cet égard n a été produite. Le témoignage de l experte de l appelante ne permet guère de penser qu il existe une probabilité de confusion; elle a tout au plus avancé des hypothèses. En tenant compte de toutes les circonstances de l espèce, la juge de première instance a conclu que les consommateurs ordinaires n étaient pas susceptibles d établir mentalement un lien entre les marques et les marchandises et services respectifs des parties et que, d après elle, «[i]l n est4 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée 827 failed to discharge its onus of proving a likelihood of confusion. [6] [29] [31-37] With respect to the s. 22 depreciation claim, the appellant says that the fame of the VEUVE CLICQUOT mark for upmarket luxury goods is such that associating the name CLICQUOT (albeit misspelled as Cliquot) with a mid-range women s clothing store robs the appellant s mark of some of its lustre, blurring its powerful association with top quality luxury goods, and thereby dilutes the distinctive qualities that attract high-end business. If the champagne mark becomes associated in the public mind with a group of mid-price women s clothing shops, the brand equity the appellant has been building in France since the 18th century, and in this country since the 19th century, would be devalued and whittled away. Again, however, the onus of proof to establish the likelihood of such depreciation rested on the appellant. Despite the undoubted fame of its mark, the likelihood of depreciation was for the appellant to prove, not for the respondents to disprove, or for the court to presume. [15] Section 22 of the Trade-marks Act has received surprisingly little judicial attention in the more than half century since its enactment. It seems that where marks are used in a confusing manner the preferred remedy is under s. 20. Equally, where there is no confusion, claimants may have felt it difficult to establish the likelihood of depreciation of goodwill. The two statutory causes of action are conceptually quite different. Under s. 22, a claimant must establish (1) that its registered trade-mark was used by the defendant in connection with wares or services; (2) that its mark is sufficiently well known to have significant goodwill attached to it; (3) that its mark was used in a manner likely to have an effect on that goodwill (linkage); and (4) that the likely effect would be to depreciate the value of its goodwill (damage). Nothing in s. 22 requires a demonstration that use of both marks in the same geographic area would likely lead to confusion. The appellant need only show that the respondents have made use of marks sufficiently similar to VEUVE CLICQUOT to evoke in a relevant universe of consumers a mental association of the two marks that is likely to depreciate the value of the goodwill attaching to the appellant s mark. Without such a link, connection or mental association in the pas plausible [...] qu un consommateur croirait que la demanderesse était affiliée avec les défenderesses, ou que la demanderesse a octroyé à un tiers une licence pour lui permettre d employer la partie distinctive de sa marque en association avec l exploitation d une boutique de vêtements pour dames.» L appelante ne s est donc pas acquittée de son fardeau de prouver la probabilité de confusion. [6] [29] [31-37] En ce qui concerne l action pour dépréciation fondée sur l art. 22, l appelante affirme que la célébrité de la marque VEUVE CLICQUOT sur le marché haut de gamme des biens de luxe est telle que l association du nom CLICQUOT (bien qu orthographié Cliquot) à une boutique de vêtements de gamme intermédiaire pour dames lui fait perdre un peu de son lustre, affaiblit son lien puissant avec les marchandises de luxe et réduit par le fait même les qualités distinctives qui attirent la clientèle haut de gamme. Si, dans l esprit du public, la marque de champagne devenait associée à un groupe de boutiques de vêtements de gamme intermédiaire pour dames, le «capital-marque» que l appelante s est constitué en France depuis le 18 e siècle, et au Canada depuis le 19 e siècle, s en trouverait déprécié et érodé. Cependant, le fardeau de démontrer l existence d une telle probabilité de dépréciation incombait lui aussi à l appelante. Malgré l indubitable renommée de sa marque, il appartenait à l appelante de prouver la probabilité de dépréciation, et non aux intimées de la réfuter ni au tribunal de la présumer. [15] Étonnamment, l art. 22 de la Loi sur les marques de commerce n a guère retenu l attention des tribunaux judiciaires depuis son adoption, il y a une cinquantaine d années. Apparemment, lorsque l emploi de plusieurs marques crée de la confusion, le recours privilégié est celui fondé sur l art. 20. Par ailleurs, en l absence de confusion, les demandeurs estiment peut-être difficile d établir que l achalandage est susceptible de se déprécier. Les deux causes d action prévues par la Loi sont très différentes sur le plan conceptuel. Sous le régime de l art. 22, la demanderesse doit établir que (1) sa marque de commerce déposée a été employée par la défenderesse en liaison avec des marchandises ou services; (2) sa marque est suffisamment connue pour que l achalandage qui y est attaché soit appréciable; (3) sa marque a été employée d une manière susceptible d avoir une incidence sur cet achalandage (c.-à-d. de faire surgir un lien); (4) cette incidence sera probablement la diminution de la valeur de l achalandage (c.-à-d. un préjudice). Rien dans l art. 22 n oblige à démontrer que l emploi des deux marques dans la même région est susceptible de créer de la confusion. L appelante n a qu à prouver que les intimées ont employé des marques dont la ressemblance avec VEUVE CLICQUOT suffit pour établir, dans5 828 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée [2006] 1 S.C.R. consumer s mind between the respondents display and the VEUVE CLICQUOT mark, there can be no depreciation of the latter. [38] [46] [49] Goodwill is not defined in the Act. In ordinary commercial use, it connotes the positive association that attracts customers towards its owner s wares or services rather than those of its competitors. A court required to determine the existence of goodwill capable of depreciation by a non-confusing use (as here) will want to consider, amongst other circumstances, the degree of recognition of the mark within the relevant universe of consumers, the volume of sales and the depth of market penetration of products associated with the claimant s mark, the extent and duration of advertising and publicity accorded the claimant s mark, the geographic reach of the claimant s mark, its degree of inherent or acquired distinctiveness, whether products associated with the claimant s mark are confined to a narrow or specialized channel of trade or move in multiple channels, and the extent to which the mark is identified with a particular quality. [50] [54] In the instant case, the trial judge was correct to reject the s. 22 claim. The appellant did not establish that the respondents had made use of marks sufficiently similar to VEUVE CLICQUOT to evoke in a relevant universe of consumers a mental association of the two marks that is likely to depreciate the value of the goodwill attaching to the appellant s mark. First, the respondents never used the appellant s registered trade-mark as such. Although the use of a misspelled Cliquot would suffice if the casual observer would associate the mark used by the respondents with the mark of the appellant, the trial judge found that a consumer who saw the word Cliquot used in the respondents stores would not make any link or connection to the appellant s mark. The appellant s s. 22 claim thus fails at the first hurdle. Second, while there is clearly considerable goodwill attaching to the VEUVE CLICQUOT mark that extends beyond wine and champagne, if the casual consumer does not associate the marks displayed in the respondents store with the mark of the venerable champagne maker, there can be no impact on the goodwill attached to VEUVE CLICQUOT. The appellant s mark is famous, but a court cannot assume the issue of linkage or mental association in the appellant s favour or reverse the onus onto the respondents to disprove such linkage. Likelihood l esprit des consommateurs de la population de référence, un lien entre les deux marques qui est susceptible de déprécier l achalandage attaché à sa marque. Sans un tel lien, connexion ou association dans l esprit du consommateur entre la marque affichée par les intimées et la marque VEUVE CLICQUOT, il ne peut y avoir dépréciation de cette dernière. [38] [46] [49] La Loi ne définit pas l achalandage. Dans son sens commercial ordinaire, ce terme s entend de l association positive qui attire les consommateurs vers les marchandises ou services du propriétaire de la marque plutôt que vers ceux de ses concurrents. Le tribunal appelé à déterminer s il existe un achalandage susceptible d être déprécié par un emploi qui ne crée pas de confusion (comme en l espèce) tiendra compte notamment du degré de reconnaissance de la marque par les consommateurs de la population de référence, du volume des ventes et du degré de pénétration du marché des produits associés à la marque de la demanderesse, de l étendue et de la durée de la publicité accordée à la marque de la demanderesse, de sa portée géographique, de l importance de son caractère distinctif inhérent ou acquis, du fait que les produits associés à la marque de la demanderesse soient confinés à une voie de commercialisation restreinte ou spécialisée ou qu ils empruntent des voies multiples, ainsi que de la mesure dans laquelle les marques sont perçues comme un gage de qualité. [50] [54] En l espèce, c est à bon droit que la juge de première instance a rejeté la demande fondée sur l art. 22. L appelante n a pas établi que les intimées ont employé des marques dont la ressemblance avec VEUVE CLICQUOT suffit pour établir, dans l esprit des consommateurs de la population de référence, un lien entre les deux marques qui est susceptible de déprécier l achalandage attaché à sa marque. Premièrement, les intimées n ont jamais employé les marques de commerce déposées de l appelante comme telles. L emploi du mot Cliquot mal orthographié serait suffisant si le simple observateur pouvait associer la marque employée par les intimées à celle de l appelante, mais la juge de première instance a conclu qu un consommateur, ayant vu le mot Cliquot utilisé dans les boutiques des intimées, ne fera aucun lien ou connexion avec la marque de l appelante. La demande de l appelante fondée sur l art. 22 ne satisfait donc pas à la première exigence. Deuxièmement, bien qu un achalandage considérable soit de toute évidence attaché à la marque VEUVE CLICQUOT, qui va au-delà du vin et du champagne, si le consommateur occasionnel n associe pas les marques affichées dans les boutiques des intimées avec la marque du vénérable producteur de champagne, il ne peut y avoir d incidence sur l achalandage attaché à VEUVE CLICQUOT. La6 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée 829 is a matter of evidence, not speculation, and the appellant s expert witness did not provide much assistance on this point. Accordingly, the appellant failed to establish the third element of the s. 22 test as well. Lastly, there is no evidence of depreciation. While the parties agreed to an order under Rule 153 of the Federal Court Rules relieving them of any need to call evidence as to damages flowing from any infringement alleged in this case (i.e. the s. 20 claim), the essence of liability under s. 22 is precisely the likelihood of depreciating the value of the goodwill attaching to the claimant s trade-marks. The extent of any actual depreciation might be left to a reference, but likelihood of depreciation is one of the elements of the cause of action. The reference was designed to deal with the subsequent quantification of s. 20 loss or entitlement, not the necessary conditions precedent to s. 22 liability. [38] [48-49] [55-61] [68-70] The respondents argued that the 1997 registration of their trade-mark Cliquot and Cliquot Un monde à part is a complete answer to the appellant s claim. However, the appellant put the validity of the registrations in issue and sought their expungement. Had the appellant succeeded in obtaining expungement, no doubt the respondents could have argued that they ought not to be liable to pay compensation attributable to the period during which their own registrations were in effect. However, as the appellants have not succeeded on this appeal, the scope of compensation is not an issue that arises for determination in this case. [16] Cases Cited Followed: Mattel, Inc. v Canada Inc., [2006] 1 S.C.R. 772, 2006 SCC 22; referred to: Pink Panther Beauty Corp. v. United Artists Corp., [1998] 3 F.C. 534; Toyota Jidosha Kabushiki Kaisha v. Lexus Foods Inc., [2001] 2 F.C. 15; Canadian Council of Blue Cross Plans v. Blue Cross Beauty Products Inc., [1971] F.C. 543; Benson & Hedges (Canada) Ltd. v. St. Regis Tobacco Corp., [1969] S.C.R. 192; Moseley v. V Secret Catalogue, Inc., 537 U.S. 418 (2003); Mastercard International Inc. v. Hitachi Credit (UK) Plc, [2004] EWHC 1623; Pebble Beach Co. v. Lombard Brands Ltd., [2002] S.L.T. 1312, [2002] ScotCS 265; marque de l appelante est célèbre, mais une cour ne peut présumer, en faveur de l appelante, l établissement d un lien ou une association mentale, ni faire porter aux intimées le fardeau de prouver l absence de lien. La «probabilité» est une question de preuve, non de spéculation, et le témoignage de l experte de l appelante n a pas été très utile sur ce point. L appelante n a donc pas non plus réussi à établir le troisième élément du critère d application de l art. 22. Enfin, la «dépréciation» n a pas été prouvée. Certes, les parties ont consenti à une ordonnance fondée sur l art. 153 des Règles de la Cour fédérale, les dispensant de présenter des éléments de preuve relativement au recouvrement de dommagesintérêts découlant de toute usurpation alléguée dans la présente affaire (sous le régime de l art. 20), mais l essence de la responsabilité découlant de l art. 22 est précisément la probabilité d entraîner «la diminution de la valeur de l achalandage attaché» aux marques de commerce de l appelante. La mesure de toute dépréciation réelle pourrait faire l objet d un renvoi, mais la probabilité de dépréciation est l un des éléments de la cause d action. Le renvoi visait l évaluation de la perte subie ou de la réparation à accorder en application de l art. 20, et non l examen des conditions essentielles à une conclusion de responsabilité sous le régime de l art. 22. [38] [48-49] [55-61] [68-70] Les intimées soutiennent qu il leur suffit d invoquer l enregistrement, en 1997, de leurs marques de commerce Cliquot et Cliquot «Un monde à part» pour répondre entièrement à la demande de l appelante. Or, l appelante a contesté la validité de ces enregistrements et en demande la radiation. Si l appelante en avait obtenu la radiation, les intimées auraient assurément pu plaider qu elles ne devraient pas être tenues de verser une indemnité pour la période pendant laquelle leurs propres inscriptions étaient en vigueur. Toutefois, comme l appelante n a pas eu gain de cause dans le pourvoi, il n y a pas lieu de trancher la question de la portée de l indemnisation. [16] Jurisprudence Arrêt suivi : Mattel, Inc. c Canada Inc., [2006] 1 R.C.S. 772, 2006 CSC 22; arrêts mentionnés : Pink Panther Beauty Corp. c. United Artists Corp., [1998] 3 C.F. 534; Toyota Jidosha Kabushiki Kaisha c. Lexus Foods Inc., [2001] 2 C.F. 15; Canadian Council of Blue Cross Plans c. Blue Cross Beauty Products Inc., [1971] C.F. 543; Benson & Hedges (Canada) Ltd. c. St. Regis Tobacco Corp., [1969] R.C.S. 192; Moseley c. V Secret Catalogue, Inc., 537 U.S. 418 (2003); Mastercard International Inc. c. Hitachi Credit (UK) Plc, [2004] EWHC 1623; Pebble Beach Co. c. Lombard Brands Ltd., [2002] S.L.T. 1312, [2002] ScotCS 265;7 830 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée [2006] 1 S.C.R. DaimlerChrysler AG v. Alavi, [2001] R.P.C. 42, [2000] EWHC Ch 37; Baywatch Production Co. v. Home Video Channel, [1997] F.S.R. 22; Manitoba Fisheries Ltd. v. The Queen, [1979] 1 S.C.R. 101; Clairol International Corp. v. Thomas Supply & Equipment Co., [1968] 2 Ex. C.R. 552; Playboy Enterprises, Inc. v. Welles, 279 F.3d 796 (2002); Tiffany & Co. v. Boston Club, Inc., 231 F.Supp. 836 (1964); Polaroid Corp. v. Polaraid, Inc., 319 F.2d 830 (1963); Exxon Corp. v. Exxene Corp., 696 F.2d 544 (1982); Dallas Cowboys Cheerleaders, Inc. v. Pussycat Cinema, Ltd., 604 F.2d 200 (1979); Edgar Rice Burroughs, Inc. v. Manns Theatres, 195 U.S.P.Q. 159 (1976); Mattel Inc. v. Jcom Inc., 48 U.S.P.Q.2d 1467 (1998); Toys R Us Inc. v. Akkaoui, 40 U.S.P.Q.2d 1836 (1996); Anheuser-Busch Inc. v. Andy s Sportswear Inc., 40 U.S.P.Q.2d 1542 (1996). Statutes and Regulations Cited Federal Court Rules, 1998, SOR/98-106, rule 153. Federal Trademark Dilution Act of 1995, H.R. Rep. No (1995), reprinted in 1995 U.S.C.C.A.N Lanham Trade-Mark Act, 15 U.S.C.A et seq. Trade-marks Act, R.S.C. 1985, c. T-13, ss. 2 confusing, 4(1), (2), 6(1), (2), (5), 7, 18, 19, 20, 22, Trade Marks Act 1994 (U.K.), 1994, c. 26, arts. 5, 10. Trademark Dilution Revision Act of 2006, H.R. 683, 109th Cong. (2006). Authors Cited American Law Institute. Restatement (Third) of Unfair Competition 25, cmts. b, e. St. Paul, Minn.: American Law Institute Publishers, Canada. Report of the Trade Mark Law Revision Committee, by Harold G. Fox, Chairman. Ottawa: Queen s Printer, Fox, Harold George. The Canadian Law of Trade Marks and Unfair Competition, vol. 1, 2nd ed. Toronto: Carswell, Fox, Harold George. The Canadian Law of Trade Marks and Unfair Competition, 3rd ed. Toronto: Carswell, Gervais, Daniel, and Elizabeth F. Judge. Intellectual Property: The Law in Canada. Toronto: Thomson/ Carswell, Gill, Kelly, and R. Scott Jolliffe. Fox on Canadian Law of Trade-marks and Unfair Competition, 4th ed. Toronto: Carswell, 2002 (loose-leaf updated 2005, release 2). International Trademark Association. The Protection of Well-Known Marks In the European Union, Canada DaimlerChrysler AG c. Alavi, [2001] R.P.C. 42, [2000] EWHC Ch 37; Baywatch Production Co. c. Home Video Channel, [1997] F.S.R. 22; Manitoba Fisheries Ltd. c. La Reine, [1979] 1 R.C.S. 101; Clairol International Corp. c. Thomas Supply & Equipment Co., [1968] 2 R.C. de l É. 552; Playboy Enterprises, Inc. c. Welles, 279 F.3d 796 (2002); Tiffany & Co. c. Boston Club, Inc., 231 F.Supp. 836 (1964); Polaroid Corp. c. Polaraid, Inc., 319 F.2d 830 (1963); Exxon Corp. c. Exxene Corp., 696 F.2d 544 (1982); Dallas Cowboys Cheerleaders, Inc. c. Pussycat Cinema, Ltd., 604 F.2d 200 (1979); Edgar Rice Burroughs, Inc. c. Manns Theatres, 195 U.S.P.Q. 159 (1976); Mattel Inc. c. Jcom Inc., 48 U.S.P.Q.2d 1467 (1998); Toys R Us Inc. c. Akkaoui, 40 U.S.P.Q.2d 1836 (1996); Anheuser-Busch Inc. c. Andy s Sportswear Inc., 40 U.S.P.Q.2d 1542 (1996). Lois et règlements cités Federal Trademark Dilution Act of 1995, H.R. Rep. No (1995), reproduite dans 1995 U.S.C.C.A.N Lanham Trade-Mark Act, 15 U.S.C.A et suiv. Loi sur les marques de commerce, L.R.C. 1985, ch. T 13, art. 2 «créant de la confusion», 4(1), (2), 6(1), (2), (5), 7, 18, 19, 20, 22, Règles de la Cour fédérale (1998), DORS/98-106, règle 153. Trade Marks Act 1994 (R.-U.), 1994, ch. 26, art. 5, 10. Trademark Dilution Revision Act of 2006, H.R. 683, 109th Cong. (2006). Doctrine citée American Law Institute. Restatement (Third) of Unfair Competition 25, cmts. b, e. St. Paul, Minn. : American Law Institute Publishers, Canada. Rapport de la Commission de révision de la loi sur les marques de commerce, par Harold G. Fox, président. Ottawa : Imprimeur de la Reine, Fox, Harold George. The Canadian Law of Trade Marks and Unfair Competition, vol. 1, 2nd ed. Toronto : Carswell, Fox, Harold George. The Canadian Law of Trade Marks and Unfair Competition, 3rd ed. Toronto : Carswell, Gervais, Daniel, and Elizabeth F. Judge. Intellectual Property : The Law in Canada. Toronto : Thomson/ Carswell, Gill, Kelly, and R. Scott Jolliffe. Fox on Canadian Law of Trade-marks and Unfair Competition, 4th ed. Toronto : Carswell, 2002 (loose-leaf updated 2005, release 2). International Trademark Association. The Protection of Well-Known Marks In the European Union, Canada8 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 831 and the Middle East: A Country and Regional Analysis. New York: INTA, October Lindley & Banks on Partnership, 18th ed., by R.C. I Anson Banks. London: Sweet & Maxwell, McCarthy, J. Thomas. McCarthy on Trademarks and Unfair Competition, vol. 4, 4th ed. Deerfield, Ill.: Thomson/West, 1996 (loose-leaf updated December 2005, release 36). Mostert, Frederick W. Famous and Well-Known Marks: An International Analysis. London: Butterworths, New Shorter Oxford English Dictionary, 5th ed. Oxford: Oxford University Press, 2002, depreciate. Robinson, Christopher. The Canadian Trade Marks Act of 1954 A Review of Some of Its Features (1959), 32 C.P.R. 45. International Documents European Communities. Council Regulation (EC) No. 40/94 of 20 December 1993 on the Community Trade Mark, [1994] O.J. L. 11/1. European Communities. First Directive 89/104/EEC of the Council, of 21 December 1988, to Approximate the Laws of the Member States Relating to Trade Marks, [1989] O.J. L. 40/1, arts. 4, 5. APPEAL from a judgment of the Federal Court of Appeal (Desjardins, Noël and Nadon JJ.A.) (2004), 35 C.P.R. (4th) 1, [2004] F.C.J. No. 733 (QL), 2004 FCA 164, affirming a decision of Tremblay- Lamer J. (2003), 232 F.T.R. 11, 28 C.P.R. (4th) 520, [2003] F.C.J. No. 148 (QL), 2003 FCT 103. Appeal dismissed. Jacques A. Léger, Q.C., Barry Gamache and Marie-France Major, for the appellant. Louis Coallier and Alexandre Ajami, for the respondents. Scott Jolliffe and Kevin Sartorio, for the intervener. and the Middle East : A Country and Regional Analysis. New York : INTA, October Lindley & Banks on Partnership, 18th ed., by R.C. I Anson Banks. London : Sweet & Maxwell, McCarthy, J. Thomas. McCarthy on Trademarks and Unfair Competition, vol. 4, 4th ed. Deerfield, Ill. : Thomson/West, 1996 (loose-leaf updated December 2005, release 36). Mostert, Frederick W. Famous and Well-Known Marks : An International Analysis. London : Butterworths, Nouveau Petit Robert. Paris : Dictionnaires Le Robert, 2004, «déprécier». Robinson, Christopher. «The Canadian Trade Marks Act of 1954 A Review of Some of Its Features» (1959), 32 C.P.R. 45. Documents internationaux Communautés européennes. Première directive 89/104/ CEE du Conseil, du 21 décembre 1988, rapprochant les législations des États membres sur les marques, [1989] J.O. L. 40/1, art. 4, 5. Communautés européennes. Règlement (CE) n o 40/94 du Conseil, du 20 décembre 1993, sur la marque communautaire, [1994] J.O. L. 11/1. POURVOI contre un arrêt de la Cour d appel fédérale (les juges Desjardins, Noël et Nadon) (2004), 35 C.P.R. (4th) 1, [2004] A.C.F. n o 733 (QL), 2004 CAF 164, qui a confirmé une décision de la juge Tremblay-Lamer (2003), 232 F.T.R. 11, 28 C.P.R. (4th) 520, [2003] A.C.F. n o 148 (QL), 2003 CFPI 103. Pourvoi rejeté. Jacques A. Léger, c.r., Barry Gamache et Marie- France Major, pour l appelante. Louis Coallier et Alexandre Ajami, pour les intimées. Scott Jolliffe et Kevin Sartorio, pour l intervenante. The judgment of the Court was delivered by Binnie J. Among those with champagne tastes, the brand of Veuve Clicquot Ponsardin is considered among the very best. It has been building its fine reputation with the drinking classes Version française du jugement de la Cour rendu par Le juge Binnie Pour ceux qui apprécient le champagne, la marque Veuve Clicquot Ponsardin est l une des meilleures qui soit. Déjà, avant la Révolution française, elle avait commencé 19 832 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R. 2 since before the French Revolution. Much credit is given to the efforts of the redoubtable Nicole Ponsardin Clicquot, widowed at the age of 27, who defied the convention of the day by taking the helm of her late husband s small Champagne house in 1805 and has ever since been celebrated as La Veuve (the widow) and La Grande Dame de la Champagne (the grande dame of champagne). She lived almost 90 years and died in The venerable house of champagne has registered numerous marks in Canada on the Veuve Clicquot theme, including La Grande Dame. The appellant now seeks to stop the respondents small group of six women s wear shops in the Québec, Sherbrooke, Montréal and Ottawa regions from using the trade-name Cliquot and the respondents own registered trade-marks Cliquot and Cliquot Un monde à part and to have these trade-marks expunged from the Register. The trade-marks of the appellant and respondents have co-existed in Quebec and eastern Ontario for about 10 years. The appellant claims that consumers will likely be confused that the women s clothing and the champagne originate with the same source, thereby infringing the registered trade-marks of the appellant contrary to s. 20 of the Trade-marks Act, R.S.C. 1985, c. T 13. The appellant further claims that even if the use by the respondents is not confusing, it nevertheless depreciates the value of the goodwill attached to the appellant s marks, contrary to s. 22 of the Act. Within its wide circle of admirers, VEUVE CLICQUOT is undoubtedly famous and its trademark deserves wide protection not only from freeriders but from those who, without any intention of free-riding, nevertheless use in their own business distinguishing marks which create confusion or depreciate the value of the goodwill attaching to those of the appellant. In this case, however, the trial judge found that taking into account all the surrounding circumstances, there was little (if any) risk of confusion as to source. As to the alleged depreciation of the value of the goodwill, there was no evidence of any likelihood that as a à se tailler l excellente réputation dont elle jouit aujourd hui dans le domaine des boissons alcoolisées et qu on attribue en grande partie aux efforts de la redoutable Nicole Ponsardin Clicquot. Devenue veuve à l âge de 27 ans, en 1805, Madame Clicquot a osé défier les conventions de l époque en prenant les commandes de la petite maison de champagne de son défunt mari, ce qui l a fait connaître comme La Veuve et La Grande Dame de la Champagne. Elle avait presque 90 ans lorsqu elle est décédée en Cette vénérable maison de champagne a enregistré de nombreuses marques au Canada sur le thème de la Veuve Clicquot, dont La Grande Dame. L appelante cherche maintenant à empêcher les intimées, un petit groupe de six boutiques de vêtements pour dames réparties dans les régions de Québec, Sherbrooke, Montréal et Ottawa, d utiliser le nom commercial Cliquot et leurs propres marques de commerce déposées, Cliquot et Cliquot «Un monde à part» et à faire radier l inscription de ces marques. Les marques de commerce de l appelante et des intimées coexistent au Québec et dans l est de l Ontario depuis environ 10 ans. L appelante prétend que les consommateurs sont susceptibles de croire à tort que les vêtements pour dames et le champagne proviennent de la même source, ce qui constituerait une usurpation des marques de l appelante en contravention de l art. 20 de la Loi sur les marques de commerce, L.R.C. 1985, ch. T 13. L appelante soutient en outre que, si l emploi des marques fait par les intimées ne crée pas de confusion, il déprécie néanmoins l achalandage attaché à ses marques en contravention de l art. 22 de la Loi. Pour ses nombreux admirateurs, la VEUVE CLICQUOT est indéniablement célèbre et mérite que sa marque de commerce bénéficie d une protection étendue, non seulement contre les profiteurs, mais également contre ceux qui, sans vouloir en bénéficier sans droit, emploient néanmoins dans leur propre entreprise des marques distinctives qui créent de la confusion ou font diminuer la valeur de l achalandage attaché à celles de l appelante. Or, la juge de première instance a conclu que, compte tenu de toutes les circonstances de l espèce, le risque de confusion quant à la source était faible, voire inexistant. En ce qui concerne10 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 833 result of the respondents use of Cliquot or Cliquot Un monde à part, the power of the VEUVE CLICQUOT mark to identify and distinguish the appellant s products was lessened, or that its brand image was tarnished, or that the goodwill attaching to its brand was otherwise devalued or diluted. In the result, the trial judge was not persuaded that use by the respondents of its marks violated s. 22 of the Act. The Federal Court of Appeal agreed. Accordingly, the courts below concluded that the appellant had not, on the evidence, established either claim. I agree with that conclusion. Accordingly, the appeal should be dismissed. la dépréciation alléguée de l achalandage, aucune preuve n a établi que l emploi par les intimées des marques Cliquot ou Cliquot «Un monde à part» était le moindrement susceptible de réduire la capacité de la marque VEUVE CLICQUOT d identifier et de distinguer les produits de l appelante, terni son image de marque ni dilué ou déprécié l achalandage attaché à la marque de l appelante. En somme, la juge de première instance n était pas convaincue que l emploi de ses marques par les intimées contrevenait à l art. 22 de la Loi. La Cour d appel fédérale a confirmé cette conclusion. Par conséquent, les juridictions inférieures ont conclu, au vu de la preuve, que l appelante n avait démontré le bien-fondé d aucune de ses demandes. Je partage leur avis. Il y a donc lieu de rejeter le pourvoi. I. Facts The appellant, Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772, operates under its own name and under associated trade-names, the business of making, distributing and selling wines and alcoholic beverages, notably champagne, across Canada and in many countries of the world. Its Canadian trade-mark registrations include VEUVE CLICQUOT, VEUVE CLICQUOT PONSARDIN, PRIX VEUVE CLICQUOT and LA GRANDE DAME and distinctive designs utilizing those words (all of which I will refer to collectively as the VEUVE CLICQUOT mark) for wines and champagne. The trade-marks, or variants thereof, have been used in connection with these products in Canada since at least More recently, VEUVE CLICQUOT has appeared on a range of promotional items (not offered for sale in Canada) including fashion wares such as vests, scarves and women s dresses and, for men, ties, bow ties and waistcoats. The appellant called evidence that its marketing strategy was to some extent aimed at women, and there was evidence of different events in Canada held to associate its brand with I. Les faits L appelante, Veuve Clicquot Ponsardin, Maison fondée en 1772, exploite sous son propre nom et sous divers noms commerciaux liés, une entreprise de fabrication, de distribution et de vente de vins et de boissons alcoolisées, en particulier de champagne, au Canada et dans de nombreux pays du monde. On compte parmi ses marques de commerce canadiennes enregistrées VEUVE CLICQUOT, VEUVE CLICQUOT PONSARDIN, PRIX VEUVE CLICQUOT et LA GRANDE DAME, ainsi que les dessins distinctifs utilisant ces mots (que j appellerai collectivement la marque VEUVE CLICQUOT), le tout en liaison avec du vin et du champagne. Les marques de commerce, ou leurs variantes, sont employées au Canada en liaison avec ces produits depuis au moins Plus récemment, la marque VEUVE CLICQUOT a figuré sur une gamme d articles promotionnels (qui ne sont pas offerts en vente au Canada), comprenant des articles de mode comme des vestes, des écharpes et des robes, pour les femmes, et des cravates, des nœuds papillons et des gilets, pour les hommes. L appelante a présenté une preuve établissant que sa stratégie de commercialisation ciblait les femmes, dans une certaine mesure, et que différents événements avaient eu lieu au Canada en vue d associer 3 411 834 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R. women of achievement (including a prize for the Business Woman of the Year in the 1980s). The appellant called an expert to discuss the importance of trade-marks in relation to luxury goods like champagne. The expert noted the potential expansion of trade-marks (or brands ) like VEUVE CLICQUOT into other luxury markets. According to this witness, If a mark in the luxury field is associated with products of a quality lower than the quality of its original sector, such a mark is likely to lose its prestige as a luxury mark. The Court heard evidence that the VEUVE CLICQUOT trade-mark lends itself to an expansion beyond the products with which it was originally associated because it exhibits the four relevant fundamental characteristics of elasticity and mark extension, namely credibility, relevance, differentiation and elasticity. The issue was whether use by the respondents of the trade-mark Cliquot for their women s clothing stores could lead a purchaser having an imperfect recollection of the appellant s mark to confuse the one mark with the other. If so, the mistaken inference would thereby diminish the capacity of the appellant s mark to identify and distinguish the appellant s goods. sa marque à des femmes remarquables (comme la remise du prix de la femme d affaires de l année au cours des années 80). L appelante a fait entendre une experte afin d expliquer l importance des marques de commerce dans le domaine des produits de luxe comme le champagne. L experte a signalé le potentiel d expansion des marques de commerce (ou «marques») comme VEUVE CLICQUOT vers d autres marchés de produits de luxe. Aux dires de ce témoin, «[s]i une marque dans le domaine du luxe est associée à des produits d une qualité inférieure à la qualité de son secteur d origine, une telle marque risque de perdre son prestige en tant que marque de luxe.» La cour a entendu un témoignage selon lequel la marque VEUVE CLICQUOT se prête au phénomène d expansion des marques au-delà des produits auxquels elle a été associée à l origine parce qu elle présente les quatre caractéristiques fondamentales à cet égard, soit la crédibilité, la pertinence, la différenciation et l élasticité de la marque. Il s agissait de savoir si l emploi par les intimées de la marque Cliquot en liaison avec leurs boutiques de vêtements pour dames pourrait amener l acheteur n ayant qu un souvenir imparfait de la marque de l appelante à confondre la marque des unes avec celle de l autre. Le cas échéant, cette conclusion erronée réduirait par le fait même la capacité de la marque de l appelante d identifier et de distinguer les marchandises de l appelante. 5 The respondents operate stores under the names Les Boutiques Cliquot and Cliquot at six locations in Quebec and Ottawa retailing women s clothing in the mid-priced range targeted largely at career women. The second respondent, Mademoiselle Charmante Inc., is the registered owner of the trade-mark Cliquot and Cliquot Un monde à part which it has used since These marks were registered on August 1, The word Cliquot appears on the exterior sign at each of these locations, on bags and wrapping as well as on business cards and invoices, but not on the clothing itself. Under s. 19 of the Act, the respondents marks are presumptively valid, and entitles them to use the marks as described above. Les intimées exploitent sous les noms de Les Boutiques Cliquot et Cliquot six boutiques réparties au Québec et à Ottawa dans lesquelles elles vendent des vêtements de gamme intermédiaire essentiellement destinés aux femmes de carrière. La deuxième intimée, Mademoiselle Charmante Inc., est la propriétaire enregistrée des marques de commerce Cliquot et Cliquot «Un monde à part», qu elle emploie depuis Ces marques ont été enregistrées le 1 er août Le mot «Cliquot» figure sur l enseigne extérieure de chacune de ces boutiques, sur les sacs et les emballages, ainsi que sur les cartes d affaires et les factures, mais il n apparaît pas sur les vêtements. Selon l art. 19 de la Loi, l enregistrement des marques des intimées est présumé valide et leur donne le droit de les employer de la façon susmentionnée.12 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 835 The appellant s expert, Ms. Monique Abitbol, testified that she had visited one of the respondents stores and felt that [TRANSLATION] this shop seems to put on airs of luxury without actually being a luxury shop. (That was the substance of her commentary on the respondents. She did not venture an opinion on the impact of their use of trade-marks. Another witness, Yves Simard, purported to do so, but his evidence on this point was ruled unexpert and inadmissible.) While it was unnecessary to lead evidence of actual confusion, it is nevertheless relevant to note that no such evidence was adduced by the appellant in this case, leaving proof of the likelihood of both confusion and depreciation in the hands of the expert witnesses. Apart from Ms. Abitbol and Mr. Simard, none of the appellant s witnesses addressed these issues. Both the owner and the buyer of the respondents testified. The latter testified that she had seen an advertisement for the appellant s products in a magazine and that the word CLICQUOT had attracted her attention because it reminded her of the expression ça clique ( this is great ) (hence the different spelling). The former said he liked the idea and contacted his lawyer before commencing use of the trade-mark Cliquot and that he had been advised that such use presented no legal difficulties. As stated, the Registrar subsequently approved the marks for registration. A witness for the appellant testified that the respondents application had not come to its attention prior to registration. L expert de l appelante, M me Monique Abitbol, a déclaré s être rendue dans l une des boutiques des intimées et, selon elle, «cette boutique semble se donner des apparences de luxe sans être par ailleurs une boutique de luxe». (Cela constitue l essentiel de ses commentaires au sujet des intimées. Elle ne s est pas aventurée à se prononcer sur l incidence de l emploi que celles-ci font des marques de commerce. Un autre témoin, M. Yves Simard, a voulu le faire, mais son témoignage sur ce point n a pas été considéré comme un témoignage d expert et a été jugé inadmissible.) Même si l appelante n était pas tenue de présenter une preuve de confusion réelle, il convient de signaler qu elle n a produit aucune preuve à cet égard en l espèce, laissant aux témoins experts le soin d établir la probabilité de confusion et de dépréciation. Hormis M me Abitbol et M. Simard, aucun des témoins de l appelante n a abordé ces questions. Les témoignages du propriétaire et de l acheteuse des intimées ont été entendus. Cette dernière a déclaré qu elle avait vu dans une revue une publicité annonçant les produits de l appelante et que le mot CLICQUOT avait attiré son attention parce qu il lui rappelait l expression «ça clique» (ce qui explique l orthographe différente). Quant au premier, il a dit que l idée lui avait plu, et qu avant de commencer à employer la marque de commerce Cliquot, il avait demandé l avis de son avocat, qui lui avait dit que cet emploi ne posait aucun problème sur le plan juridique. Comme il a été mentionné, le registraire a subséquemment accueilli la demande d enregistrement des marques. Un témoin de l appelante a affirmé qu elle n avait pas eu connaissance de la demande des intimées avant l enregistrement de leurs marques. 6 7 II. Relevant Statutory Provisions See Appendix. II. Dispositions législatives pertinentes Voir l annexe. 8 III. History of the Proceedings III. Historique des procédures A. Relevant Interlocutory Proceedings The appellant instituted these proceedings on November 5, Eventually, the parties consented to an order permitting them to proceed to trial without adducing evidence upon any question as to the damages and accounting of profits A. Demande interlocutoire pertinente L appelante a introduit l instance le 5 novembre Par la suite, les parties ont consenti à une ordonnance les autorisant [TRADUCTION] «à procéder à l instruction sans présenter de preuve relativement au recouvrement de dommages- 913 836 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R flowing from any infringement alleged in this case (emphasis added). No such order was sought or granted in relation to the s. 22 depreciation claim. B. Federal Court (2003), 28 C.P.R. (4th) 520, 2003 FCT 103 On the basis of the evidence before the court, Tremblay-Lamer J. concluded that (i) the advertisement seen by the respondents buyer could not have been any other than the appellant s; (ii) the distinctive aspect of the appellant s trade-marks is the word CLICQUOT; (iii) the appellant s promotional wares covered a nondescript group of items only some of which could be regarded as for women (scarves and nightgowns). These articles were only offered for promotional purposes and the evidence did not establish that the plaintiff developed any strategy by which its mark was the subject of an extension into the fashion field or that it contemplated extending it into women s clothing in the future; (iv) women constitute a market targeted by the appellant; (v) the appellant had not altered its trade-marks since their origin so as to extend them to other goods; (vi) the appellant s evidence had not established any connection with the fashion world. The trial judge acknowledged that, for confusion to occur, it was not at all necessary that the wares belong to the same general category. The appellant s trade-marks are inherently distinct and are entitled to a broad measure of protection. Moreover, the word CLICQUOT being the key element of the trade-mark, I feel that there is a great degree of resemblance between the marks of the plaintiff and those of the defendants (para. 66). However, she noted there is no connection between the plaintiff s activities and those of the defendants (para. 74). She noted, as well, that the role of the court was to take each of the factors in s. 6(5) into account appropriately and that [t]he fact of being well known does not by itself provide absolute protection for a trade-mark. It is one factor which must be assessed together with all the others (para. 75). On that basis, she found, it is not likely that a consumer would think the plaintiff was affiliated with intérêts ou de profits découlant de toute usurpation alléguée dans la présente affaire» (je souligne). Aucune ordonnance de ce genre n a été demandée ou accordée quant à l action pour dépréciation fondée sur l art. 22. B. Cour fédérale, [2003] A.C.F. n o 148 (QL), 2003 CFPI 103 Compte tenu des éléments de preuve dont elle était saisie, la juge Tremblay-Lamer a conclu que (i) la publicité vue par l acheteuse des intimées ne pouvait être que celle de l appelante; (ii) l élément distinctif des marques de l appelante est le mot CLICQUOT; (iii) les marchandises promotionnelles de l appelante regroupaient des objets hétéroclites dont seuls quelques-uns pouvaient être associés à l univers féminin (foulard, peignoir). Ces marchandises n étaient offertes qu à titre promotionnel et la preuve n a pas établi que la demanderesse avait mis au point une stratégie visant à étendre sa marque au domaine de la mode ou qu elle envisageait l étendre dans l avenir aux vêtements féminins; (iv) les femmes forment un marché visé par l appelante; (v) l appelante n avait pas modifié ses marques de commerce depuis leur existence pour les étendre à d autres marchandises; (vi) la preuve soumise par l appelante n avait pas permis d établir l existence d un lien avec le domaine de la mode. La juge de première instance a reconnu qu il n était pas nécessaire que les marchandises soient de la même catégorie générale pour qu il y ait confusion. Selon elle, les marques de commerce de l appelante possèdent un caractère distinctif inhérent et méritent une protection étendue. De plus, le mot CLICQUOT étant l élément principal de la marque de commerce, elle s est dite «d avis qu il existe un grand degré de similarité entre les marques de la demanderesse et celles des défenderesses» (par. 66). Elle a cependant signalé «qu il n y a aucune connexion entre les activités de la demanderesse et celles des défenderesses» (par. 74). Elle a également fait remarquer que le tribunal doit tenir compte «de façon appropriée» de tous les facteurs énumérés au par. 6(5) et que «[l]a célébrité à elle seule ne protège pas une marque de commerce de façon absolue. Il s agit d un facteur qui doit être apprécié en liaison avec tous les autres» (par. 75). Pour ces motifs,14 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 837 the defendants or that the plaintiff had granted a third party a licence to allow it to use the distinctive part of its mark in association with a women s clothing store (para. 76 (emphasis added)). She referred in this respect to the decisions of the Federal Court of Appeal in Pink Panther Beauty Corp. v. United Artists Corp., [1998] 3 F.C. 534, and Toyota Jidosha Kabushiki Kaisha v. Lexus Foods Inc., [2001] 2 F.C. 15 ( Lexus ). elle a conclu : «Il n est pas plausible [...] qu un consommateur croirait que la demanderesse était affiliée avec les défenderesses, ou que la demanderesse a octroyé à un tiers une licence pour lui permettre d employer la partie distinctive de sa marque en association avec l exploitation d une boutique de vêtements pour dames» (par. 76 (je souligne)). Elle a mentionné à cet égard les décisions rendues par la Cour d appel fédérale dans Pink Panther Beauty Corp. c. United Artists Corp., [1998] 3 C.F. 534, et Toyota Jidosha Kabushiki Kaisha c. Lexus Foods Inc., [2001] 2 C.F. 15 («Lexus»). The trial judge then turned to the arguments of the appellant that the use by the respondents of the trade-mark Cliquot depreciates the value of the goodwill attached to the appellant s VEUVE CLICQUOT marks. She noted that the clothing sold by the respondents did not carry the label Cliquot. The respondents products as such were therefore not associated with the appellant s trade-mark. Referring to her finding that confusion was not at all likely, the trial judge stated that [a]lthough confusion is not the test laid down in s. 22, I consider that it [confusion] is still necessary for there to be an association between the two marks. In other words, a consumer has to be able to make a connection between the parties in order for there to be depreciation of the goodwill attaching to the trademark (para. 94). In support of this conclusion, she cited Canadian Council of Blue Cross Plans v. Blue Cross Beauty Products Inc., [1971] F.C. 543 (T.D.). In the absence of any connection between the two trade-marks, however, the trial judge concluded that the defendants trade-marks do not depreciate the value of the goodwill attaching to the trade-mark CLICQUOT, and that there has been no breach of s. 22 of the Act (para. 97). The appellant was not entitled to expungement. La juge de première instance a ensuite examiné les arguments de l appelante selon lesquels l emploi de la marque de commerce Cliquot par les intimées a déprécié l achalandage attaché à ses marques VEUVE CLICQUOT. Elle a noté que les vêtements vendus par les intimées ne portaient pas l étiquette Cliquot. Les produits des intimées n étaient donc pas associés comme tels à la marque de commerce de l appelante. Rappelant qu elle avait conclu que la confusion n était absolument pas plausible, la juge a déclaré que «[b]ien que la confusion ne soit pas le test prescrit par l article 22, je suis d avis qu elle est quand même nécessaire pour qu il y ait une association entre les deux marques. Autrement dit, il faut qu un consommateur soit capable de faire une association entre les parties pour que la diminution de la valeur de l achalandage attaché à la marque de commerce ait lieu» (par. 94). Pour étayer cette conclusion, elle a cité Canadian Council of Blue Cross Plans c. Blue Cross Beauty Products Inc., [1971] C.F. 543 (1 re inst.). Vu cependant l absence de lien entre les deux marques, la juge de première instance a conclu que «les marques de commerce des défenderesses ne diminuent pas la valeur de l achalandage attaché à la marque de commerce CLICQUOT, et qu il n y a aucune infraction à l article 22 de la Loi» (par. 97). L appelante n avait pas droit à la radiation de l inscription des marques. 12 C. Federal Court of Appeal (Desjardins, Noël and Nadon JJ.A.) (2004), 35 C.P.R. (4th) 1, 2004 FCA 164 C. Cour d appel fédérale (les juges Desjardins, Noël et Nadon), [2004] A.C.F. n o 733 (QL), 2004 CAF 164 Noël J.A., writing for a unanimous court, concluded that the findings of the trial judge were Selon le juge Noël, qui a rédigé la décision unanime de la cour, les conclusions de la juge de 1315 838 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R. supported by the evidence, and she had properly applied the law relating to confusion as laid down in Pink Panther and other cases. With respect to the claim under s. 22, he noted it was not established before the trial judge that the use by the respondents of their marks was likely to diminish the value associated with the appellant s marks (para. 10). For these reasons, the appeal was dismissed. IV. Analysis première instance étaient étayées par la preuve et la juge avait correctement appliqué les règles de droit relatives à la confusion établies dans Pink Panther et dans d autres décisions. Quant à la demande fondée sur l art. 22, il a fait remarquer qu il n avait pas été établi devant la juge de première instance que l emploi fait par les intimées de leurs marques était susceptible d entraîner la diminution de la valeur associée aux marques de l appelante (par. 10). Pour ces motifs, l appel a été rejeté. IV. Analyse 14 This case is all about famous trade-marks. While less-than-famous trade-marks largely operate in their circumscribed field of wares, services and businesses, it is argued that famous marks transcend such limitations, and that broad effect must be given to the owner s remedies in respect of likely confusion in the marketplace (s. 20) and likely depreciation of the value of the goodwill (s. 22) with that transcendence in mind. With respect to the s. 20 infringement claim, the fame of VEUVE CLICQUOT is such, the appellant says, that consumers who walk into the respondents women s clothing shops will likely be confused into believing the dresses and fashion apparel come from the same source as the champagne, even though the type of product is very different, the products flow in different channels of trade and the registered trade-marks do not appear on the respondents garments. Regardless of these differences, fame conquers all, and the appellant seeks expungement of the respondents marks and an injunction. Whether or not there exists a likelihood of confusion is largely a question of fact. As this is an infringement claim (rather than an opposition proceeding before the Trade-marks Opposition Board), the onus was on the appellant to prove such likelihood on a balance of probabilities. Le pourvoi porte exclusivement sur les marques de commerce «célèbres». Alors que l aura des marques de commerce qui ne sont pas célèbres se limite principalement au champ limité des marchandises, services et entreprises auxquels elles se rattachent, l appelante soutient que les marques «célèbres» transcendent ces limites et qu il faut, au regard de cette transcendance, interpréter largement les mesures de réparation que peut obtenir leur propriétaire lorsqu une confusion sur le marché (art. 20) et une dépréciation de l achalandage (art. 22) sont susceptibles de se produire. En ce qui a trait à l action pour usurpation fondée sur l art. 20, la célébrité de VEUVE CLICQUOT est telle, affirme l appelante, que les consommateurs qui entrent dans les boutiques de vêtements pour dames appartenant aux intimées sont susceptibles de croire à tort que les robes et accessoires de mode proviennent de la même source que le champagne, même si ces produits sont très différents, s ils empruntent des voies commerciales différentes et si les marques déposées ne figurent pas sur les vêtements des intimées. Malgré ces différences, la célébrité l emporterait sur tout, et l appelante cherche à faire radier l inscription des marques des intimées et à obtenir une injonction. La question de savoir s il existe ou non une probabilité de confusion est principalement une question de fait. Puisqu il s agit d une action pour usurpation (et non d une procédure d opposition devant la Commission des oppositions des marques de commerce), c est à l appelante qu il incombait de prouver, selon la prépondérance des probabilités, que la confusion était susceptible de survenir.16 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 839 With respect to the s. 22 depreciation claim, the appellant says that the fame of the VEUVE CLICQUOT mark for upmarket luxury goods is such that associating the name CLICQUOT (albeit misspelled as Cliquot) with a mid-range women s clothing store robs the appellant s mark of some of its lustre, blurring its powerful association with top quality luxury goods, and thereby diluting the distinctive qualities that attract high-end business. If the champagne mark becomes associated in the public mind with a group of mid-priced women s clothing shops, the brand equity the appellant has been building in France since the 18th century, and in this country since the 19th century, would be devalued and whittled away. Again, however, the onus of proof to establish the likelihood of such depreciation rested on the appellant. Despite the undoubted fame of the mark, the likelihood of depreciation was for the appellant to prove, not for the respondents to disprove, or for the court to presume. En ce qui concerne l action pour dépréciation fondée sur l art. 22, l appelante affirme que la célébrité de la marque VEUVE CLICQUOT sur le marché haut de gamme des biens de luxe est telle que l association du nom CLICQUOT (bien qu orthographié Cliquot) à une boutique de vêtements de gamme intermédiaire pour dames lui fait perdre un peu de son lustre, affaiblit son lien puissant avec les marchandises de luxe et réduit par le fait même les qualités distinctives qui attirent la clientèle haut de gamme. Si, dans l esprit du public, la marque de champagne devenait associée à un groupe de boutiques de vêtements de gamme intermédiaire pour dames, le «capital-marque» que l appelante s est constitué en France depuis le 18 e siècle, et au Canada depuis le 19 e siècle, s en trouverait déprécié et érodé. Cependant, le fardeau de démontrer l existence d une telle probabilité de dépréciation incombait lui aussi à l appelante. Malgré l indubitable renommée de la marque, il appartenait à l appelante de prouver la probabilité de dépréciation, et non aux intimées de la réfuter ni au tribunal de la présumer. 15 The respondents say that the 1997 registration of their trade-mark Cliquot and Cliquot Un monde à part is a complete answer to the appellant s claim. I do not agree. The appellant has put the validity of the registrations in issue and seeks expungement. Were the appellant to succeed in obtaining expungement, no doubt the respondents could argue that they ought not to be liable to pay compensation attributable to the period during which their own registrations were in effect. However, as the appellant has not succeeded on this appeal, the scope of compensation is not an issue that arises for determination in this case. Les intimées soutiennent qu il leur suffit d invoquer l enregistrement, en 1997, de leurs marques de commerce Cliquot et Cliquot «Un monde à part» pour répondre entièrement à la demande de l appelante. Je ne suis pas d accord. L appelante a contesté la validité de l enregistrement et en demande la radiation. Si l appelante avait gain de cause et obtenait la radiation de l inscription, les intimées pourraient assurément plaider qu elles ne devraient pas être tenues de verser une indemnité pour la période pendant laquelle leurs propres inscriptions étaient en vigueur. Toutefois, comme l appelante n a pas eu gain de cause dans le pourvoi, il n y a pas lieu de trancher la question de la portée de l indemnisation. 16 I will deal with each of the appellant s claims in turn. J examinerai successivement chacune des demandes de l appelante. 17 A. Infringement: The Creation of Confusion in the Marketplace A. Usurpation : la création d une confusion sur le marché As discussed in the companion case of Mattel, Inc. v Canada Inc., [2006] 1 S.C.R. 772, Comme je l ai expliqué dans le pourvoi connexe Mattel, Inc. c Canada Inc., [2006] 1 1817 840 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R SCC 22, released concurrently, the purpose of trade-marks is to function as a symbol of the source and quality of wares and services, to distinguish those of the merchant from those of another, and thereby to prevent confusion in the marketplace. Confusion is to be understood, however, in a special sense. Parliament states in s. 6(1) that confusion occurs if the use of the [appellant s] trade-mark or trade-name would cause confusion with the [respondents ] trademark or trade-name in the manner and circumstances described in this section. Such confusion occurs, we learn in s. 6(2) R.C.S. 772, 2006 CSC 22, rendu simultanément, l objet des marques de commerce est de symboliser la source et la qualité des marchandises et des services, de distinguer les marchandises ou les services du commerçant de ceux d un autre commerçant et d éviter ainsi la «confusion» sur le marché. Le terme confusion revêt cependant un sens particulier. Le législateur précise au par. 6(1) qu il y a confusion si l emploi de la marque de commerce ou du nom commercial [de l appelante] cause de la confusion avec la marque de commerce ou le nom commercial [des intimées], de la manière et dans les circonstances décrites au présent article. Le paragraphe 6(2) nous apprend qu une telle confusion survient 20 if the use of both trade-marks in the same area would be likely to lead to the inference that the wares or services associated with those trade-marks are manufactured, sold, leased, hired or performed by the same person, whether or not the wares or services are of the same general class. The test to be applied is a matter of first impression in the mind of a casual consumer somewhat in a hurry who sees the name Cliquot on the respondents storefront or invoice, at a time when he or she has no more than an imperfect recollection of the VEUVE CLICQUOT trade-marks, and does not pause to give the matter any detailed consideration or scrutiny, nor to examine closely the similarities and differences between the marks. As stated by Pigeon J. in Benson & Hedges (Canada) Ltd. v. St. Regis Tobacco Corp., [1969] S.C.R. 192, at p. 202: lorsque l emploi des deux marques de commerce dans la même région serait susceptible de faire conclure que les marchandises liées à ces marques de commerce sont fabriquées, vendues, données à bail ou louées, ou que les services liés à ces marques sont loués ou exécutés, par la même personne, que ces marchandises ou ces services soient ou non de la même catégorie générale. Le critère applicable est celui de la première impression que laisse dans l esprit du consommateur ordinaire plutôt pressé la vue du nom Cliquot sur la devanture des boutiques des intimées ou sur une de leurs factures, alors qu il n a qu un vague souvenir des marques de commerce VEUVE CLICQUOT et qu il ne s arrête pas pour réfléchir à la question en profondeur, pas plus que pour examiner de près les ressemblances et les différences entre les marques. Pour reprendre les termes utilisés par le juge Pigeon dans Benson & Hedges (Canada) Ltd. c. St. Regis Tobacco Corp., [1969] R.C.S. 192, p. 202 : It is no doubt true that if one examines both marks carefully, he will readily distinguish them. However, this is not the basis on which one should decide whether there is any likelihood of confusion. [TRADUCTION] Nul doute que si une personne examinait les deux marques attentivement, elle les distinguerait facilement. Ce n est toutefois pas sur cette constatation qu il faut se fonder pour déterminer s il existe une probabilité de confusion.... the marks will not normally be seen side by side and [the Court must] guard against the danger that a person seeing the new mark may think that it is the same as one he has seen before, or even that it... les marques ne paraîtront pas côte à côte et [la Cour doit] essayer d empêcher qu une personne qui voit la nouvelle marque puisse croire qu il s agit de la même marque que celle qu elle a vue auparavant,18 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 841 is a new or associated mark of the proprietor of the former mark. ou même qu il s agit d une nouvelle marque ou d une marque liée appartenant au propriétaire de l ancienne marque. (Citing in part Halsbury s Laws of England, 3rd ed., vol. 38, para. 989, at p. 590.) In every case, the factors to be considered when making a determination as to whether or not a trade-mark is confusing to the somewhat-hurried consumer in all the surrounding circumstances include, but are not limited to, those enumerated in s. 6(5) of the Act. These are: (a) the inherent distinctiveness of the trade-marks or trade-names and the extent to which they have become known; (b) the length of time the trade-marks or trade-names have been in use; (c) the nature of the wares, services or business; (d) the nature of the trade; and (e) the degree of resemblance between the trade-marks or trade-names in appearance or sound or in the ideas suggested by them. The list of circumstances is not exhaustive and different circumstances will be given different weight in a context-specific assessment, as discussed in Mattel. (Citant Halsbury s Laws of England, 3 e éd., vol. 38, par. 989, p. 590.) Dans chaque cas, pour décider si une marque de commerce crée ou non de la confusion dans l esprit du consommateur plutôt pressé en tenant compte «de toutes les circonstances de l espèce», il faut considérer notamment les facteurs énumérés au par. 6(5) de la Loi. Ce sont : «a) le caractère distinctif inhérent des marques de commerce ou noms commerciaux, et la mesure dans laquelle ils sont devenus connus; b) la période pendant laquelle les marques de commerce ou noms commerciaux ont été en usage; c) le genre de marchandises, services ou entreprises; d) la nature du commerce; e) le degré de ressemblance entre les marques de commerce ou les noms commerciaux dans la présentation ou le son, ou dans les idées qu ils suggèrent». Cette liste n est pas exhaustive et un poids différent sera accordé à différents facteurs selon le contexte, ainsi qu il est mentionné dans Mattel. 21 The appellant is now part of the Louis Vuitton luxury goods group. As one of its witnesses put it, [TRANSLATION] We are craftspeople of luxury goods. The appellant exports 85 percent of its production worldwide to 100 or so countries and, making the most of its roots in France s ancien régime, the marketing of the appellant s champagne evokes aristocratic associations tinged with postrevolutionary romanticism. It is proudly said, for example, that in 1814 La Veuve was able to smuggle a shipment of her champagne to Russia, breaking a European blockade and ensuring that her champagne would be the first to reach the Imperial Court of Alexander I at Saint Petersburg. The appellant led evidence that people associated with the appellant commonly refer to the company as CLICQUOT and the champagne itself is sometimes called simply CLICQUOT. L appelante fait maintenant partie du groupe Louis Vuitton, spécialisé dans les articles de luxe. Un de ses témoins a déclaré : «Nous sommes des artisans du luxe.» De nos jours, l appelante exporte 85 p. 100 de sa production dans une centaine de pays de toutes les régions du globe. Elle tire le maximum de ses origines qui remontent à l Ancien Régime français, en évoquant ses relations aristocratiques empreintes de romantisme post-révolutionnaire pour commercialiser son champagne. Elle affirme fièrement, par exemple, qu en 1814 «La Veuve» a réussi à forcer le blocus continental pour faire parvenir clandestinement une cargaison de son champagne en Russie et s assurer qu il soit le premier à atteindre la Cour impériale d Alexandre I er à Saint- Pétersbourg. L appelante a produit des éléments de preuve démontrant que les gens avec qui elle est associée désignent couramment la société par l appellation CLICQUOT et que le champagne est luimême parfois appelé tout simplement CLICQUOT. 22 The appellant called Ms. Abitbol, an expert in luxury brands, who affirmed the fame of the L appelante a fait témoigner M me Abitbol, experte en marques de luxe, qui a confirmé la renommée 2319 842 veuve clicquot ponsardin v. boutiques cliquot ltée Binnie J. [2006] 1 S.C.R. appellant s marks but also acknowledged that she was unaware of the mark being utilized by the appellant for anything other than champagne. She felt it had the potential for broader exploitation in the luxury goods market. She cited the definition of luxe (luxury) in Le Petit Robert as a [TRANSLATION] [l]ifestyle characterized by lavish spending to purchase non-essential goods out of a taste for ostentation and greater well-being but in her view, the concept of luxe had lost some of its narrow somewhat snobbish connotation in recent years. des marques de l appelante tout en reconnaissant qu elle ignorait que la marque était employée par l appelante en liaison avec d autres produits que le champagne. Selon elle, la marque avait le potentiel nécessaire à une exploitation accrue sur le marché des marchandises de luxe. Elle a cité la définition de «luxe» contenue dans Le Petit Robert, à savoir qu il s agit d un «[m]ode de vie caractérisé par de grandes dépenses consacrées à l acquisition de biens superflus, par goût de l ostentation et du plus grand bien-être», ajoutant que, selon elle, le concept de «luxe» avait perdu de sa connotation étroite péjorative un peu snob au cours des dernières années. 24 The respondents stores, on the other hand, sell clothing that is marketed as good value rather than ostentatious, appealing to the career woman rather than grandes dames. Mr. Harvey Kom testified that the target customers of the respondents boutiques are A.... young missy woman from twenty-five (25) to sixty (60) or fifty (50) years old, and with nice clothes with brand names. Q. Brand names such as...? A. Well, at that particular time we had Jones, we have Conrad C, we have Spanner, we have Luta, we have Simon Chang, we have Steelman Q.... Do you sell fur coats in... A. No, we don t. Q. Does the word Clicquot appear on any of the clothing in any of your Cliquot Boutiques? A. It does not appear in any of the clothing. Q. What is on the label of the clothing? A. Either the manufacturer or the importer or their trade name. Pour leur part, les boutiques des intimées vendent des vêtements présentés comme répondant à un souci de qualité, plutôt qu au goût de l ostentation, et susceptibles de plaire à la femme de carrière plutôt qu à la grande dame. M. Harvey Kom a témoigné que la [TRADUCTION] «clientèle cible» des boutiques des intimées est [TRADUCTION] R.... la jeune femme de vingt-cinq (25) à soixante (60) ou cinquante (50) ans, qui porte de beaux vêtements griffés. Q. Des marques telles que...? R. Bien, à ce moment, nous avions du Jones, du Conrad C, nous avons du Spanner, nous avons du Luta, nous avons du Simon Chang, nous avons du Steelman Q.... Vendez-vous des manteaux de fourrure dans... R. Non, nous n en vendons pas. Q. Le mot «Clicquot» figure-t-il sur les vêtements vendus dans l une ou l autre de vos boutiques Cliquot? R. Il ne figure sur aucun des vêtements. Q. Que trouve-t-on sur l étiquette des vêtements? R. Le nom du manufacturier, celui de l importateur, ou bien leur nom commercial.20 [2006] 1 R.C.S. veuve clicquot ponsardin c. boutiques cliquot ltée Le juge Binnie 843 The respondents stores sell dresses, coats, sweaters, blouses, pants, jackets, belts, scarves and pins. Its wares do not intermingle with those of the appellant: Q. And had you ever offered for sale in your boutiques any Champagne, Sparkling Wines, Beer or any other type of alcoholic drink? A. Not at all. Q. Have you ever seen women s clothing offered for sale in any of the liquor stores in Canada that you have visited? Les boutiques des intimées vendent des robes, des manteaux, des chandails, des chemisiers, des pantalons, des blousons, des ceintures, des écharpes et des épinglettes. Leurs marchandises ne chevauchent pas celles de l appelante : [TRADUCTION] Q. Avez-vous déjà vendu du champagne, des vins mousseux, de la bière ou tout autre type de boisson alcoolisée dans vos boutiques? R. Absolument pas. Q. Êtes-vous déjà entré dans un magasin d alcools au Canada où l on offrait en vente des vêtements pour dames? 25 Q. Not at all. The finding that VEUVE CLICQUOT is a famous mark is of importance in considering all the surrounding circumstances because fame presupposes that the mark transcends at least to some extent the wares with which it is normally associated. The evidence is clear that VEUVE CLICQUOT carries an aura of luxury which may extend outside the wine and champagne business, and may (as the appellant s expert stated) evoke a broad association with luxury goods. However, the same appellant s expert testified that the respondents stores were not in the luxury class, and the question before the trial judge was whether potential shoppers in that mid-priced market, perhaps imperfectly recalling the famed VEUVE CLICQUOT mark, would be likely to infer (mistakenly) that the clothing is associated in some way with the source of the champagne. Whether the VEUVE CLICQUOT aura extends to the facts of a particular infringement case is a matter not of assertion, but of evidence. On the point of infringement, the trial judge ruled inadmissible the evidence of the appellant s witness Yves Simard because, in this respect, the opinion went beyond Mr. Simard s area of expertise. She said: R. Absolument pas. La conclusion portant que VEUVE CLICQUOT est une «marque célèbre» est importante pour l examen de «toutes les circonstances de l espèce» parce que la célébrité présuppose que la marque transcende, dans une certaine mesure du moins, les marchandises auxquelles elle est normalement associée. La preuve indique clairement que la marque VEUVE CLICQUOT dégage une aura de luxe, qui pourrait dépasser le domaine du vin et du champagne et (comme l a dit l expert témoignant pour le compte de l appelante) évoquer une association générale avec les produits de luxe. Cependant, le même témoin a déclaré que les boutiques des intimées n entraient pas dans la catégorie de luxe, et la question dont était saisie la juge de première instance était de savoir si, dans ce marché de gamme intermédiaire, les acheteurs éventuels n ayant peut-être qu un souvenir imparfait de la célèbre marque VEUVE CLICQUOT, sont susceptibles de conclure (à tort) que les vêtements sont associés d une certaine façon à la source du champagne. La question de savoir si l aura de la marque VEUVE CLICQUOT s étend aux faits d un cas particulier d usurpation ne tient pas à une affirmation, mais à la preuve. En ce qui concerne l usurpation, la juge de première instance a jugé inadmissible les déclarations du témoin de l appelante, M. Yves Simard, parce que l opinion de M. Simard sur ce point excédait son domaine d expertise. La juge a dit : 26 His expertise in branding did not qualify him to assess the consumer s reaction and the possibility of confusion with the defendants stores. [para. 35] Son expertise en «branding» ne le qualifie pas à évaluer la réaction du consommateur et la possibilité de confusion avec les magasins des défenderesses. [par. 35] Montrer encore
RULE 5 - SERVICE OF DOCUMENTS General Rules for Manner of Service Notices of Application and Other Documents 5.01 (1) A notice of application or other document may be served personally, or by an alternative Plus en détail Postal Imports Remission Order. Décret de remise visant les importations par la poste CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Postal Imports Remission Order Décret de remise visant les importations par la poste SI/85-181 TR/85-181 Current to September 27, 2015 À jour au 27 septembre 2015 Published Plus en détail APPENDIX 6 BONUS RING FORMAT
#4 EN FRANÇAIS CI-DESSOUS Preamble and Justification This motion is being presented to the membership as an alternative format for clubs to use to encourage increased entries, both in areas where the exhibitor Plus en détail Calculation of Interest Regulations. Règlement sur le calcul des intérêts CONSOLIDATION CODIFICATION. Current to August 4, 2015 À jour au 4 août 2015
NEW BRUNSWICK REGULATION 2003-39 under the SMALL BUSINESS INVESTOR TAX CREDIT ACT (O.C. 2003-220) Regulation Outline Filed July 29, 2003 Citation........................................... 1 Definition Plus en détail Règlement relatif à l examen fait conformément à la Déclaration canadienne des droits. Canadian Bill of Rights Examination Regulations CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Form of Deeds Relating to Certain Successions of Cree and Naskapi Beneficiaries Regulations Règlement sur la forme des actes relatifs à certaines successions de bénéficiaires Plus en détail Import Allocation Regulations. Règlement sur les autorisations d importation CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Import Allocation Regulations Règlement sur les autorisations d importation SOR/95-36 DORS/95-36 Current to May 17, 2011 À jour au 1 er 17 mai 2011 Published by the Minister Plus en détail COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION. Brussels, 18 September 2008 (19.09) (OR. fr) 13156/08 LIMITE PI 53
COUNCIL OF THE EUROPEAN UNION Brussels, 18 September 2008 (19.09) (OR. fr) 13156/08 LIMITE PI 53 WORKING DOCUMENT from : Presidency to : delegations No prev. doc.: 12621/08 PI 44 Subject : Revised draft Plus en détail Règlement sur les baux visés à la Loi no 1 de 1977 portant affectation de crédits. Appropriation Act No. 1, 1977, Leasing Regulations CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Appropriation Act No. 1, 1977, Leasing Regulations Règlement sur les baux visés à la Loi no 1 de 1977 portant affectation de crédits C.R.C., c. 320 C.R.C., ch. 320 Current Plus en détail conception des messages commerciaux afin qu ils puissent ainsi accroître la portée de leur message.
RÉSUMÉ Au cours des dernières années, l une des stratégies de communication marketing les plus populaires auprès des gestionnaires pour promouvoir des produits est sans contredit l utilisation du marketing Plus en détail that the child(ren) was/were in need of protection under Part III of the Child and Family Services Act, and the court made an order on
ONTARIO Court File Number at (Name of court) Court office address Applicant(s) (In most cases, the applicant will be a children s aid society.) Full legal name & address for service street & number, municipality, Plus en détail General Export Permit No. Ex. 18 Portable Personal Computers and Associated Software
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION General Export Permit No. Ex. 18 Portable Personal Computers and Associated Software Licence générale d exportation n o Ex. 18 Ordinateurs personnels portatifs et logiciels Plus en détail Compliance Sheet. Super Range 71. Product Description
Super Range 71 Model SR71-15 SR71-A SR71-C SR71-E SR71-X SR71-USB Product Description 802.11a/n, Mini PCI, 2x2 MIMO 802.11a/b/g/n, Mini PCI, 3x3 MIMO 802.11a/b/g/n, CardBus, 2x2 MIMO 802.11a/b/g/n, PCI Plus en détail Bill 70 Projet de loi 70
1ST SESSION, 41ST LEGISLATURE, ONTARIO 64 ELIZABETH II, 2015 1 re SESSION, 41 e LÉGISLATURE, ONTARIO 64 ELIZABETH II, 2015 Bill 70 Projet de loi 70 An Act respecting protection for registered retirement Plus en détail Practice Direction. Class Proceedings
Effective Date: 2010/07/01 Number: PD - 5 Title: Practice Direction Class Proceedings Summary: This Practice Direction describes the procedure for requesting the assignment of a judge in a proceeding under Plus en détail Credit Note and Debit Note Information (GST/ HST) Regulations
CLAUSES TYPES en génie-conseil 1. LIMITATION DE RESPONSABILITE... 2 2. PROPRIÉTÉ ET UTILISATION DES DOCUMENTS, BREVETS ET MARQUES DE COMMERCE... 3 2.1 OWNERSHIP AND USE OF DOCUMENTS, PATENTS AND TRADEMARKS... Plus en détail Cheque Holding Policy Disclosure (Banks) Regulations. Règlement sur la communication de la politique de retenue de chèques (banques) CONSOLIDATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Cheque Holding Policy Disclosure (Banks) Regulations Règlement sur la communication de la politique de retenue de chèques (banques) SOR/2002-39 DORS/2002-39 Current to Plus en détail ONTARIO Court File Number. Form 17E: Trial Management Conference Brief. Date of trial management conference. Name of party filing this brief
ONTARIO Court File Number at (Name of court) Court office address Form 17E: Trial Management Conference Brief Name of party filing this brief Date of trial management conference Applicant(s) Full legal Plus en détail Most-Favoured-Nation Tariff Rules of Origin Regulations. Règlement sur les règles d origine (tarif de la nation la plus favorisée) CONSOLIDATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Most-Favoured-Nation Tariff Rules of Origin Regulations Règlement sur les règles d origine (tarif de la nation la plus favorisée) SOR/98-33 DORS/98-33 Current to September Plus en détail First Nations Assessment Inspection Regulations. Règlement sur l inspection aux fins d évaluation foncière des premières nations CONSOLIDATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION First Nations Assessment Inspection Regulations Règlement sur l inspection aux fins d évaluation foncière des premières nations SOR/2007-242 DORS/2007-242 Current to September Plus en détail C. L histoire de procédure D. L impartialité et l indépendance du comité E. Présence au Canada : L éligibilité du Plaignant
CONCERNANT UNE PLAINTE EN VERTU DE LA POLITIQUE ET DES RÈGLES DE L AUTORITÉ CANADIENNE POUR LES ENREGISTREMENTS INTERNET EN MATIÈRE DE RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS RELATIFS AUX NOMS DE DOMAINE DEVANT RÉSOLUTION Plus en détail Small Businesses support Senator Ringuette s bill to limit credit card acceptance fees
For Immediate Release October 10, 2014 Small Businesses support Senator Ringuette s bill to limit credit card acceptance fees The Senate Standing Committee on Banking, Trade, and Commerce resumed hearings Plus en détail Défendre sa marque de commerce à l ère des média sociaux : une nouvelle approche. M e Giovanna Spataro, associée
Défendre sa marque de commerce à l ère des média sociaux : une nouvelle approche M e Giovanna Spataro, associée 4 avril 2014 LES RÉSEAUX SOCIAUX 2 DÉFINITION Marque de commerce Article 2 de la Loi sur Plus en détail Improving the breakdown of the Central Credit Register data by category of enterprises
Improving the breakdown of the Central Credit Register data by category of enterprises Workshop on Integrated management of micro-databases Deepening business intelligence within central banks statistical Plus en détail C est quoi, Facebook?
C est quoi, Facebook? aujourd hui l un des sites Internet les plus visités au monde. Si tu as plus de 13 ans, tu fais peut-être partie des 750 millions de personnes dans le monde qui ont une page Facebook? Plus en détail An Act to Amend the Tobacco Sales Act. Loi modifiant la Loi sur les ventes de tabac CHAPTER 46 CHAPITRE 46
2015 CHAPTER 46 CHAPITRE 46 An Act to Amend the Tobacco Sales Act Loi modifiant la Loi sur les ventes de tabac Assented to June 5, 2015 Sanctionnée le 5 juin 2015 Her Majesty, by and with the advice and Plus en détail APPENDIX 2. Provisions to be included in the contract between the Provider and the. Holder
European Commission DG MARKT Unit 02 Rue de Spa, 2 1049 Brussels Belgium markt-consultation-shadow-banking@ec.europa.eu 14 th June 2012 Natixis Asset Management Response to the European Commission Green Plus en détail Please find attached a revised amendment letter, extending the contract until 31 st December 2011.
Sent: 11 May 2011 10:53 Subject: Please find attached a revised amendment letter, extending the contract until 31 st December 2011. I look forward to receiving two signed copies of this letter. Sent: 10 Plus en détail Notices of Uninsured Deposits Regulations (Trust and Loan Companies)
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Notices of Uninsured Deposits Regulations (Trust and Loan Companies) Règlement sur les avis relatifs aux dépôts non assurés (sociétés de fiducie et de prêt) SOR/2008-64 Plus en détail Filed December 22, 2000
NEW BRUNSWICK REGULATION 2000-64 under the SPECIAL PAYMENT TO CERTAIN DEPENDENT SPOUSES OF DECEASED WORKERS ACT (O.C. 2000-604) Regulation Outline Filed December 22, 2000 Citation.......................................... Plus en détail Ordonnance sur le paiement à un enfant ou à une personne qui n est pas saine d esprit. Infant or Person of Unsound Mind Payment Order CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Infant or Person of Unsound Mind Payment Order Ordonnance sur le paiement à un enfant ou à une personne qui n est pas saine d esprit C.R.C., c. 1600 C.R.C., ch. 1600 Current Plus en détail PART I / PARTIE I REQUEST FOR DISCLOSURE / DEMANDE DE DIVULGATION DE LA PREUVE
MAT 2377 Solutions to the Mi-term Tuesday June 16 15 Time: 70 minutes Student Number: Name: Professor M. Alvo This is an open book exam. Standard calculators are permitted. Answer all questions. Place Plus en détail Bill 12 Projet de loi 12
1ST SESSION, 41ST LEGISLATURE, ONTARIO 63 ELIZABETH II, 2014 1 re SESSION, 41 e LÉGISLATURE, ONTARIO 63 ELIZABETH II, 2014 Bill 12 Projet de loi 12 An Act to amend the Employment Standards Act, 2000 with Plus en détail Présentation des états financiers 2014 Presentation of the 2014 Financial Statements
Présentation des états financiers 2014 Presentation of the 2014 Financial Statements Les faits saillants Highlights L état financier du MAMROT est très complexe et fournit de nombreuses informations. Cette Plus en détail Paxton. ins-20605. Net2 desktop reader USB
Paxton ins-20605 Net2 desktop reader USB 1 3 2 4 1 2 Desktop Reader The desktop reader is designed to sit next to the PC. It is used for adding tokens to a Net2 system and also for identifying lost cards. Plus en détail Règles sur les dividendes déterminés
Comité mixte sur la fiscalité de l Association du Barreau canadien et de l Institut Canadien des Comptables Agréés L Institut Canadien des Comptables Agréés, 277, rue Wellington Ouest, Toronto (Ontario) Plus en détail Règlement sur les certificats d importation. Import Certificate Regulations CODIFICATION CONSOLIDATION. C.R.C., c. 603 C.R.C., ch.
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Import Certificate Regulations Règlement sur les certificats d importation C.R.C., c. 603 C.R.C., ch. 603 Current to September 27, 2015 À jour au 27 septembre 2015 Published Plus en détail Interest Rate for Customs Purposes Regulations. Règlement sur le taux d intérêt aux fins des douanes CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Interest Rate for Customs Purposes Regulations Règlement sur le taux d intérêt aux fins des douanes SOR/86-1121 DORS/86-1121 Current to August 4, 2015 À jour au 4 août Plus en détail Export Permit (Steel Monitoring) Regulations. Règlement sur les licences d exportation (surveillance de l acier) CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Export Permit (Steel Monitoring) Regulations Règlement sur les licences d exportation (surveillance de l acier) SOR/87-321 DORS/87-321 Current to August 4, 2015 À jour Plus en détail C. L histoire de procédure D. L impartialité et l indépendance du comité E. L effet de n avoir pas soumis de réponse
CONCERNANT UNE PLAINTE EN VERTU DE LA POLITIQUE ET DES RÈGLES DE L AUTHORITÉ CANADIENNE POUR LES ENREGISTREMENTS INTERNET EN MATIÈRE DE RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS RELATIFS AUX NOMS DE DOMAINE DEVANT RÉSOLUTION Plus en détail Life Companies Borrowing Regulations. Règlement sur les emprunts des sociétés d assurance-vie CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Life Companies Borrowing Regulations Règlement sur les emprunts des sociétés d assurance-vie SOR/92-277 DORS/92-277 Current to August 4, 2015 À jour au 4 août 2015 Published Plus en détail C H A P T E R 28 C H A P I T R E 28. (Assented to June 12, 2014) (Date de sanction : 12 juin 2014)
C H A P T E R 28 C H A P I T R E 28 THE CONSUMER PROTECTION AMENDMENT ACT (CONTRACTS FOR DISTANCE COMMUNICATION SERVICES) LOI MODIFIANT LA LOI SUR LA PROTECTION DU CONSOMMATEUR (CONTRATS DE SERVICES DE Plus en détail Air Transportation Tax Order, 1995. Décret de 1995 sur la taxe de transport aérien CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Air Transportation Tax Order, 1995 Décret de 1995 sur la taxe de transport aérien SOR/95-206 DORS/95-206 Current to August 30, 2015 À jour au 30 août 2015 Published by Plus en détail LOI SUR L AMÉNAGEMENT RÉGIONAL AREA DEVELOPMENT ACT DÉCRET 1980/257 LOI SUR L'AMÉNAGEMENT RÉGIONAL O.I.C. 1980/257 AREA DEVELOPMENT ACT
Pursuant to the provisions of the Area Development Act, the Commissioner in Executive Council is pleased to and doth hereby order as follows: 1. The annexed regulations for the orderly development of part Plus en détail Initiative d excellence de l université de Bordeaux. Réunion du Comité stratégique 17-19 décembre 2014. Recommandations
STORE IN BEETON, RFP# 2014-110 BEETON retailers in Beeton. The Liquor Control Board of Ontario () is seeking a responsible, customer-focused retailer to operate an Agency store in Beeton. To qualify, the Plus en détail Name Use (Affiliates of Banks or Bank Holding Companies) Regulations
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Name Use (Affiliates of Banks or Bank Holding Companies) Regulations Règlement sur l utilisation de la dénomination sociale (entités du même groupe qu une banque ou société Plus en détail General Import Permit No. 13 Beef and Veal for Personal Use. Licence générale d importation n O 13 bœuf et veau pour usage personnel CONSOLIDATION
CONDITIONS DEFINITIVES POUR LES BONS D'OPTION SUR ACTION EN DATE DU 18 NOVEMBRE 2011 Bons d'option émis par SOCIETE GENERALE (en qualité d'emetteur) Les modalités applicables aux Bons d'option figurent Plus en détail PRACTICE DIRECTION ON THE LENGTH OF BRIEFS AND MOTIONS ON APPEAL
Tribunal pénal international pour le Rwanda International Criminal Tribunal for Rwanda PRACTICE DIRECTION ON THE LENGTH OF BRIEFS AND MOTIONS ON APPEAL INTRODUCTION In accordance with Rule 107bis of the Plus en détail de stabilisation financière
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Canadian Commercial Bank Financial Assistance Act Loi sur l aide financière à la Banque Commerciale du Canada S.C. 1985, c. 9 S.C. 1985, ch. 9 Current to September 10, Plus en détail Loi sur la remise de certaines dettes liées à l aide publique au développement. Forgiveness of Certain Official Development Assistance Debts Act
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Forgiveness of Certain Official Development Assistance Debts Act Loi sur la remise de certaines dettes liées à l aide publique au développement S.C. 1987, c. 27 L.C. 1987, Plus en détail Bill 204 Projet de loi 204
3RD SESSION, 37TH LEGISLATURE, ONTARIO 51 ELIZABETH II, 2002 3 e SESSION, 37 e LÉGISLATURE, ONTARIO 51 ELIZABETH II, 2002 Bill 204 Projet de loi 204 An Act to amend the Ontario Energy Board Act, 1998 to Plus en détail Loi sur la Semaine nationale du don de sang. National Blood Donor Week Act CODIFICATION CONSOLIDATION. S.C. 2008, c. 4 L.C. 2008, ch.
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION National Blood Donor Week Act Loi sur la Semaine nationale du don de sang S.C. 2008, c. 4 L.C. 2008, ch. 4 Current to June 9, 2015 À jour au 9 juin 2015 Published by the Plus en détail DOCUMENTATION MODULE BLOCKCATEGORIESCUSTOM Module crée par Prestacrea - Version : 2.0
DOCUMENTATION MODULE BLOCKCATEGORIESCUSTOM Module crée par Prestacrea - Version : 2.0 INDEX : DOCUMENTATION - FRANCAIS... 2 1. INSTALLATION... 2 2. CONFIGURATION... 2 3. LICENCE ET COPYRIGHT... 3 4. MISES Plus en détail If the corporation is or intends to become a registered charity as defined in the Income Tax Act, a copy of these documents must be sent to:
2012-08-23 Corporations Canada 9th floor, Jean Edmonds Towers South 365 Laurier Avenue West Ottawa, Ontario K1A 0C8 Corporations Canada 9e étage, Tour Jean Edmonds sud 365, avenue Laurier ouest Ottawa Plus en détail RFP 1000162739 and 1000163364 QUESTIONS AND ANSWERS
RFP 1000162739 and 1000163364 QUESTIONS AND ANSWERS Question 10: The following mandatory and point rated criteria require evidence of work experience within the Canadian Public Sector: M3.1.1.C / M3.1.2.C Plus en détail Borrowing (Property and Casualty Companies and Marine Companies) Regulations
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Borrowing (Property and Casualty Companies and Marine Companies) Regulations Règlement sur les emprunts des sociétés d assurances multirisques et des sociétés d assurance Plus en détail Bill 69 Projet de loi 69
1ST SESSION, 41ST LEGISLATURE, ONTARIO 64 ELIZABETH II, 2015 1 re SESSION, 41 e LÉGISLATURE, ONTARIO 64 ELIZABETH II, 2015 Bill 69 Projet de loi 69 An Act to amend the Business Corporations Act and the Plus en détail No. 48900 * Argentina and Uruguay
No. 48900 * Argentina and Uruguay Agreement signed by the Presidents of the Argentine Republic and of the Eastern Republic of Uruguay for the joint monitoring of the BOTNIA UPM PULL plant and all the industrial Plus en détail Disclosure on Account Opening by Telephone Request (Trust and Loan Companies) Regulations
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Disclosure on Account Opening by Telephone Request (Trust and Loan Companies) Regulations Règlement sur la communication en cas de demande téléphonique d ouverture de Plus en détail Certificate of Incorporation Certificat de constitution
Request ID: 017562932 Province of Ontario Date Report Produced: 2015/04/27 Demande n o : Province de l Ontario Document produit le: Transaction ID: 057430690 Ministry of Government Services Time Report Plus en détail Fiche d Inscription / Entry Form
Fiche d Inscription / Entry Form (A renvoyer avant le 15 octobre 2014 Deadline octobrer 15th 2014) Film Institutionnel / Corporate Film Film Marketing Produit / Marketing Product film Film Communication Plus en détail Guide pour déposer une demande de certificat d autorisation pour établir une société professionnelle de la santé
Guide pour déposer une demande de certificat d autorisation pour établir une société professionnelle de la santé Il est conseillé aux membres de l OHDO de consulter des professionnels financiers et juridiques Plus en détail PROJET DE LOI. An Act to Amend the Employment Standards Act. Loi modifiant la Loi sur les normes d emploi
2nd Session, 57th Legislature New Brunswick 60-61 Elizabeth II, 2011-2012 2 e session, 57 e législature Nouveau-Brunswick 60-61 Elizabeth II, 2011-2012 BILL PROJET DE LOI 7 7 An Act to Amend the Employment Plus en détail Comprendre l impact de l utilisation des réseaux sociaux en entreprise SYNTHESE DES RESULTATS : EUROPE ET FRANCE
Comprendre l impact de l utilisation des réseaux sociaux en entreprise SYNTHESE DES RESULTATS : EUROPE ET FRANCE 1 Objectifs de l étude Comprendre l impact des réseaux sociaux externes ( Facebook, LinkedIn, Plus en détail INDIVIDUALS AND LEGAL ENTITIES: If the dividends have not been paid yet, you may be eligible for the simplified procedure.
2014-02-05 Corporations Canada 9th floor, Jean Edmonds Towers South 365 Laurier Avenue West Ottawa, Ontario K1A 0C8 Corporations Canada 9e étage, Tour Jean-Edmonds sud 365, avenue Laurier ouest Ottawa Plus en détail Crédit Agricole CIB. Les 5èmes Rencontres des Professionnels des Marchés de la Dette et du Change. Paris, Jeudi 6 Février 2014. www.ca-cib.
Crédit Agricole CIB Les 5èmes Rencontres des Professionnels des Marchés de la Dette et du Change Paris, Jeudi 6 Février 2014 www.ca-cib.com Le marché Euro PP Le développement du marché Euro PP Volumes Plus en détail Bill 201 Projet de loi 201
1ST SESSION, 39TH LEGISLATURE, ONTARIO 58 ELIZABETH II, 2009 1 re SESSION, 39 e LÉGISLATURE, ONTARIO 58 ELIZABETH II, 2009 Bill 201 Projet de loi 201 (Chapter 20 Statutes of Ontario, 2009) (Chapitre 20 Plus en détail CODIFICATION CONSOLIDATION. Current to September 27, 2015. À jour au 27 septembre 2015. Last amended on July 1, 2010
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Mortgage Insurance Business (Banks, Authorized Foreign Banks, Trust and Loan Companies, Retail Associations, Canadian Insurance Companies and Canadian Societies) Regulations Plus en détail Application Form/ Formulaire de demande
Application Form/ Formulaire de demande Ecosystem Approaches to Health: Summer Workshop and Field school Approches écosystémiques de la santé: Atelier intensif et stage d été Please submit your application Plus en détail P R E T S P R E F E R E N T I E L S E T S U B V E N T I O N S D I N T E R Ê T S
P R E T S P R E F E R E N T I E L S E T S U B V E N T I O N S D I N T E R Ê T S Il est courant pour les employeurs d octroyer à leurs employés des prêts préférentiels ou des subventions d intérêts. L économie Plus en détail Minority Investment (Trust and Loan Companies) Regulations. Règlement sur les placements minoritaires (sociétés de fiducie et de prêt) CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Minority Investment (Trust and Loan Companies) Regulations Règlement sur les placements minoritaires (sociétés de fiducie et de prêt) SOR/2001-406 DORS/2001-406 Current Plus en détail Exemption from Approval for Certain Investments in Intragroup Service Entities (Trust and Loan Companies) Regulations
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Exemption from Approval for Certain Investments in Intragroup Service Entities (Trust and Loan Companies) Regulations Règlement sur la dispense d agrément pour certains Plus en détail CANADA / ASSOCIATION CANADIENNE DE. L'HÉLICOPTÈRE. Please ensure that these documents are kept with the corporate records.
2014-06-26 Corporations Canada 9th Floor, Jean Edmonds Towers South 365 Laurier Avenue West Ottawa, Ontario K1A 0C8 Corporations Canada 9e étage, Tour Jean-Edmonds sud 365 avenue Laurier ouest Ottawa (Ontario) Plus en détail LOI SUR LE RÉGIME D ASSURANCE COLLECTIVE DE LA FONCTION PUBLIQUE PUBLIC SERVICE GROUP INSURANCE BENEFIT PLAN ACT
PUBLIC SERVICE GROUP INSURANCE BENEFIT PLAN ACT LOI SUR LE RÉGIME D ASSURANCE COLLECTIVE DE LA FONCTION PUBLIQUE Application of this Act 1(1) This Act applies to the following (a) persons employed by the Plus en détail Material Banking Group Percentage Regulations. Règlement fixant le pourcentage (groupe bancaire important) CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Material Banking Group Percentage Regulations Règlement fixant le pourcentage (groupe bancaire important) SOR/2008-163 DORS/2008-163 Current to August 30, 2015 À jour Plus en détail Stress and Difficulties at School / College
Stress and Difficulties at School / College This article will deal with the pressures and problems that students face at school and college. It will also discuss the opposite - the positive aspects of Plus en détail DOCUMENTATION - FRANCAIS... 2
DOCUMENTATION MODULE CATEGORIESTOPMENU MODULE CREE PAR PRESTACREA INDEX : DOCUMENTATION - FRANCAIS... 2 INSTALLATION... 2 CONFIGURATION... 2 LICENCE ET COPYRIGHT... 3 SUPPORT TECHNIQUE ET MISES A JOUR... Plus en détail Resident Canadian (Insurance Companies) Regulations. Règlement sur les résidents canadiens (sociétés d assurances) CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Appointment or Deployment of Alternates Regulations Règlement sur la nomination ou la mutation de remplaçants SOR/2012-83 DORS/2012-83 Current to August 30, 2015 À jour Plus en détail Disclosure on Account Opening by Telephone Request (Retail Associations) Regulations
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Disclosure on Account Opening by Telephone Request (Retail Associations) Regulations Règlement sur la communication en cas de demande téléphonique d ouverture de compte Plus en détail If the corporation is or intends to become a registered charity as defined in the Income Tax Act, a copy of these documents must be sent to:
2014-10-07 Corporations Canada 9th Floor, Jean Edmonds Towers South 365 Laurier Avenue West Ottawa, Ontario K1A 0C8 Corporations Canada 9e étage, Tour Jean-Edmonds sud 365 avenue Laurier ouest Ottawa (Ontario) Plus en détail Formulaire d inscription (form also available in English) Mission commerciale en Floride. Coordonnées
Formulaire d inscription (form also available in English) Mission commerciale en Floride Mission commerciale Du 29 septembre au 2 octobre 2015 Veuillez remplir un formulaire par participant Coordonnées Plus en détail THE LAW SOCIETY OF UPPER CANADA BY-LAW 19 [HANDLING OF MONEY AND OTHER PROPERTY] MOTION TO BE MOVED AT THE MEETING OF CONVOCATION ON JANUARY 24, 2002
2-aes THE LAW SOCIETY OF UPPER CANADA BY-LAW 19 [HANDLING OF MONEY AND OTHER PROPERTY] MOTION TO BE MOVED AT THE MEETING OF CONVOCATION ON JANUARY 24, 2002 MOVED BY SECONDED BY THAT By-Law 19 [Handling Plus en détail INVESTMENT REGULATIONS R-090-2001 In force October 1, 2001. RÈGLEMENT SUR LES INVESTISSEMENTS R-090-2001 En vigueur le 1 er octobre 2001
FINANCIAL ADMINISTRATION ACT INVESTMENT REGULATIONS R-090-2001 In force October 1, 2001 LOI SUR LA GESTION DES FINANCES PUBLIQUES RÈGLEMENT SUR LES INVESTISSEMENTS R-090-2001 En vigueur le 1 er octobre Plus en détail 13+ SCHOLARSHIP EXAMINATION IN FRENCH READING AND WRITING
ST GEORGE S COLLEGE LANGUAGES DEPARTMENT 13+ SCHOLARSHIP EXAMINATION IN FRENCH READING AND WRITING The examination is separated into two sections. You have this answer booklet with the questions for the Plus en détail Nordion Europe S.A. Incorporation Authorization Order. Décret autorisant la constitution de Nordion Europe S.A. CONSOLIDATION CODIFICATION
CANADA CONSOLIDATION CODIFICATION Nordion Europe S.A. Incorporation Authorization Order Décret autorisant la constitution de Nordion Europe S.A. SOR/90-162 DORS/90-162 Current to June 9, 2015 À jour au Plus en détail BILL C-452 PROJET DE LOI C-452 C-452 C-452 HOUSE OF COMMONS OF CANADA CHAMBRE DES COMMUNES DU CANADA
C-452 C-452 First Session, Forty-first Parliament, Première session, quarante et unième législature, HOUSE OF COMMONS OF CANADA CHAMBRE DES COMMUNES DU CANADA BILL C-452 PROJET DE LOI C-452 An Act to amend Plus en détail Consultation Report / Rapport de consultation REGDOC-2.3.3, Periodic Safety Reviews / Bilans périodiques de la sûreté
Consultation Report / Rapport de consultation REGDOC-2.3.3, Periodic Safety Reviews / Bilans périodiques de la sûreté Introduction Regulatory document REGDOC-2.3.3, Periodic Safety Reviews, sets out the Plus en détail AMENDMENT TO BILL 32 AMENDEMENT AU PROJET DE LOI 32
THAT the proposed clause 6(1), as set out in Clause 6(1) of the Bill, be replaced with the following: Trustee to respond promptly 6(1) A trustee shall respond to a request as promptly as required in the Plus en détail ORDONNANCE XG-C568-09-2011. RELATIVEMENT À la Loi sur l Office national de l énergie (Loi sur l ONÉ) et à ses règlements d application;

References: CSC 
 art. 6
 art. 20
 art. 22
 art. 22
 art. 22
 art. 20
 art. 22
 art. 22
 art. 22
 art. 22
 art. 22
 art. 153
 art. 20
 art. 22
 art. 20
 art. 22
 CSC 
 art. 2
 art. 5
 art. 4
 art. 20
 art. 22
 art. 22
 art. 19
 art. 22
 art. 22
 art. 20
 art. 22
 CSC