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Timestamp: 2016-10-24 05:16:00+00:00

Document:
5A_398/2010 (31.08.2010)
5A_398/2010
Arr�t du 31 ao�t 2010
tous deux repr�sent�s par Me Reynald P. Bruttin, avocat,
repr�sent�e par Me Philippe Cottier, avocat,
poursuite en r�alisation de gage, mainlev�e d'opposition, action en lib�ration de dette,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 16 avril 2010.
A.a B.________ SA est issue de la reprise par la SI B.________, en juillet 2007, des actifs et des passifs de F.________ SA. Elle est propri�taire de la parcelle n� 1152 de la commune de E.________; la soci�t� y exploite un h�tel, auparavant g�r� par F.________ SA.
L'immeuble de B.________ SA est administr� depuis 1983 par la r�gie immobili�re C.________ SA, dont les administrateurs sont notamment G.________ et H.________.
G.________ a �t� radi� le 14 f�vrier 2006 du Registre du commerce de la fonction d'administrateur de B.________ SA qu'il occupait avec A.________. Celui-ci en est actuellement l'actionnaire et l'administrateur unique.
A.b C.________ SA, d'une part, et la SI B.________ (� savoir pour elle A.________ et G.________), F.________ SA et A.________, d'autre part, ont sign� le 31 ao�t 2005 une "convention de cr�dit hypoth�caire".
Aux termes de son pr�ambule, C.________ SA avait, dans le cadre de son mandat de gestion de l'immeuble de la SI B.________, fait des avances de tr�sorerie � cette derni�re pour lui permettre de payer les charges d'exploitation et des travaux dans l'immeuble command�s par A.________, le compte de la SI B.________ aupr�s de C.________ SA pr�sentant ainsi un solde d�biteur de 286'099 fr. 45 au 31 ao�t 2005.
Les parties sont convenues que C.________ SA acceptait que les comptes de la SI B.________ et/ou de A.________ pr�sentent un d�couvert maximum de 300'000 fr., la SI B.________, A.________ et F.________ SA reconnaissant solidairement, sans exceptions ni r�serve �tre d�biteurs de C.________ SA de ce d�couvert.
En garantie de cette facilit� de cr�dit, la SI B.________, A.________ et F.________ SA remettaient � C.________ SA en pleine propri�t� une c�dule hypoth�caire au porteur nouvellement cr��e d'un montant de 300'000 fr. grevant en troisi�me rang la parcelle n� 1152 de la commune de E.________.
Le d�couvert, calcul� sur la base du solde moyen semestriel, portait des int�r�ts au taux hypoth�caire de 1er rang de la Banque cantonale de Gen�ve, soit 3% au jour de la signature de la convention, major� de 2%, leur �ch�ance �tant fix�e les 30 juin et 31 d�cembre. Ce taux �tait modifiable en tout temps selon les variations de taux annonc�es par la BCGe. Le pr�t devait �tre amorti � raison de 60'000 fr. par an, payables aux m�mes �ch�ances que les int�r�ts. Un acompte sur les charges courantes d'exploitation de 17'000 fr. par mois devait �tre pay� d'avance � compter du 1er septembre 2005.
La SI B.________, A.________ et F.________ SA s'engageaient en outre � ne pas r�silier le mandat de g�rance de C.________ SA avant l'extinction totale de leur dette en capital et int�r�ts. En cas de mauvaise ex�cution ou d'inex�cution de la convention, le solde du pr�t devenait imm�diatement exigible.
B.a Par courriers des 23 septembre et 14 octobre 2005, C.________ SA a invit� A.________ � payer l'int�gralit� des acomptes de charges des mois de septembre et d'octobre 2005. Le 26 janvier 2006, la r�gie a exig� le paiement de l'acompte du mois de janvier et les int�r�ts dus au 31 d�cembre 2005. Par r�ponse du 2 f�vrier 2006, A.________ a indiqu� que l'acompte du mois de janvier avait �t� pay�. Il a en revanche contest� devoir les int�r�ts r�clam�s. Le 15 f�vrier 2006, C.________ SA a fait parvenir � A.________ un d�compte d�taillant les int�r�ts calcul�s sur le solde moyen du compte ouvert dans ses livres conform�ment � la convention sign�e en ao�t 2005.
Par courrier du 15 mars 2006, la SI B.________ et A.________ ont indiqu� � C.________ SA vouloir rembourser la dette dont ils �taient tenus selon la convention du 31 ao�t 2005. Ils ont en outre r�sili� le contrat de g�rance avec effet imm�diat et ont sollicit� la transmission des comptes de gestion du 1er janvier 2005 au bouclement d�finitif. Par r�ponse du 22 mars 2006, la r�gie a r�clam� le paiement de 313'286 fr. 35, en joignant le d�compte relatif au calcul des int�r�ts sur le solde du d�couvert, indiquant qu'elle serait en mesure de boucler les comptes et de les communiquer d�s r�ception dudit montant.
La SI B.________ et A.________ ont demand� le 27 mars 2006 � la r�gie les pi�ces justificatives et les factures concernant les comptes 2005 et 2006 afin de v�rifier le d�compte y relatif. Ils ont �galement sollicit� la transmission des contrats d'entretien et des baux. Par r�ponse du 30 mars 2006, C._______ SA a fait savoir que les pi�ces justificatives des comptes 2005 �taient chez le r�viseur et a joint � son courrier les pi�ces relatives � l'exercice 2006. Le 27 avril 2006, la SI B.________ et A.________ ont demand� � la r�gie les comptes de gestion au 31 d�cembre 2005, ainsi que les contrats d'entretien et les baux.
Le 3 avril 2006, la r�gie a fait parvenir � la SI B.________ et A.________ un d�compte d'int�r�ts calcul�s sur le d�couvert, qui s'�levait au total � 314'896 fr. 65. Le 12 avril 2006, C.________ SA a mis en demeure la SI B.________ et A.________ de lui payer un montant de 314'060 fr. 15 au 20 avril 2006 et joint le d�compte d'int�r�ts y relatif.
Par courrier du 25 avril 2006, la SI B.________ et A.________ ont reconnu devoir � la r�gie la somme de 289'099 fr. 45 (sic) "conform�ment � la convention de cr�dit hypoth�caire sign�e en ao�t 2005", en pr�cisant qu'il n'�tait pas question de discuter des �v�nements qui s'�taient d�roul�s en 2003 et 2004, mais uniquement de v�rifier ce qui �tait �ventuellement d� en sus du montant susvis�.
B.b Par courrier du 30 octobre 2006 adress� � la SI B.________ et A.________, C.________ SA a d�nonc� la convention de cr�dit hypoth�caire et la c�dule hypoth�caire remise en garantie du cr�dit avec effet au 1er mai 2007.
B.c Sur r�quisition de C.________ SA, un commandement de payer la somme de 322'279 fr. 45 avec int�r�ts � 5% d�s le 4 mai 2007 solidairement avec la SI B.________ (poursuite en r�alisation de gage immobilier), a �t� notifi� le 22 ao�t 2007 � A.________, qui y a fait opposition. Ce commandement de payer indiquait que la cause de l'obligation �tait la convention du 31 ao�t 2005 et la c�dule hypoth�caire au porteur du 1er septembre 2005, le tiers propri�taire de l'immeuble �tant la SI B.________, qui, � ce titre, s'est vu notifier un commandement de payer la m�me somme.
Sur r�quisition de C.________ SA, un commandement de payer la m�me somme a �t� notifi� le 6 juillet 2007 � la SI B.________ en qualit� de cod�bitrice solidaire de A.________; elle y a form� opposition.
B.d Les proc�dures en mainlev�e provisoire des oppositions pr�cit�es engag�es par C.________ SA ont trouv� leur terme par arr�ts du 25 septembre 2008 de la Cour de justice du canton de Gen�ve, qui a prononc� la mainlev�e provisoire desdites oppositions � concurrence de 300'000 fr.
C.a Par actes des 21 et 22 octobre 2008 adress�s au Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, B.________ SA et A.________ ont demand� leur lib�ration du paiement du montant qui leur �tait r�clam� par C.________ SA dans le cadre de ces poursuites. La d�fenderesse a sollicit� reconventionnellement la condamnation des demandeurs � lui payer solidairement la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts d�s le 15 mars 2006 et la mainlev�e d�finitive des oppositions pr�cit�es.
C.b Par jugement du 7 septembre 2009, le tribunal a condamn� B.________ SA et A.________ � payer � C.________ SA la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 15 mars 2006, prononc� la mainlev�e d�finitive � due concurrence des oppositions form�es par B.________ SA et A.________ et condamn� ceux-ci en tous les d�pens, y compris une indemnit� de proc�dure de 10'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de C.________ SA.
C.c Statuant sur appels de B.________ SA et A._________, la Cour de justice du canton de Gen�ve a, par arr�t du 16 avril 2010, annul� ce jugement, constat� que A.________ est d�biteur de C.________ SA de la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2007, prononc� � due concurrence la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par A.________, constat� que B.________ SA n'est pas d�bitrice envers C.________ SA de la somme objet de la poursuite en r�alisation de gage immobilier dirig�e contre elle, et condamn� B.________ SA et A.________ solidairement aux deux tiers des d�pens des deux instances, qui comprennent, dans leur int�gralit�, une indemnit� de proc�dure de 24'000 fr. valant participation aux honoraires d'avocat de C.________ SA.
A.________ et B.________ SA interjettent le 25 mai 2010 un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant principalement � sa r�forme, en ce sens que A.________ n'est pas d�biteur de C.________ SA de la somme de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2007 et que, en cons�quence, il est lib�r� des fins de la poursuite en r�alisation de gage dirig�e contre lui, C.________ SA �tant condamn�e � tous les d�pens; subsidiairement, ils concluent � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Ils se plaignent d'une violation des art. 82 al. 1 LP, 91 CO, 9 et 29 Cst., ainsi que d'une application arbitraire des art. 192 et 197 de la Loi de proc�dure civile genevoise du 10 avril 1987 (RSG E 3 05; LPC/GE).
Par ordonnance du 9 juin 2010, l'effet suspensif a �t� octroy� au recours.
L'intim�e n'a pas �t� invit�e � se d�terminer sur le fond.
Le Tribunal f�d�ral examine d'office la recevabilit� des recours qui lui sont soumis (ATF 134 III 115 consid. 1 p. 117 et les arr�ts cit�s).
Le jugement entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) contre des consorts simples par une juridiction cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF). En tant qu'il porte sur la constatation que A.________ est d�biteur de l'intim�e de la somme de 300'000 fr., la valeur litigieuse atteint 30'000 fr., de sorte que le recours en mati�re civile de celui-ci est en principe recevable (art. 74 al. 1 let. b LTF). Dans la mesure o� B.________ SA s'en prend, pour sa part, uniquement � la mise � sa charge d'une partie des d�pens, cette valeur litigieuse n'est pas atteinte et son recours en mati�re civile n'est pas ouvert. L'intitul� erron� d'un recours ne nuit pas � son auteur, pour autant que les conditions de recevabilit� du recours qui aurait d� �tre interjet� soient r�unies et qu'il soit possible de convertir le recours dans son ensemble (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382). En l'esp�ce, une conversion du recours est possible, d�s lors que la recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application du droit cantonal, � savoir de la violation d'un droit constitutionnel (art. 116 LTF).
Les recourants ont qualit� pour recourir, car ils ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t juridique � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 et 115 LTF). Enfin, le recours a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 45, 100 al. 1 et 117 LTF) et la forme pr�vus par la loi (art. 42 LTF).
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de l'autorit� pr�c�dente, ni par les moyens des parties. Compte tenu des exigences de motivation pos�es, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), � l'art. 42 al. 2 LTF, le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une juridiction de premi�re instance, toutes les questions juridiques pouvant se poser lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 152).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation. Le Tribunal f�d�ral n'examine en effet la violation de l'interdiction de l'arbitraire que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de fa�on claire et d�taill�e (principe d'all�gation; ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287).
3.1 La cour cantonale a consid�r� que la r�elle et commune intention des parties �tait de laisser subsister la cr�ance d�coulant de la convention de cr�dit hypoth�caire du 31 ao�t 2005 aux c�t�s de la c�dule hypoth�caire. Celle-ci a �t� transf�r�e � l'intim�e en propri�t� � titre fiduciaire, c'est-�-dire aux fins de garantie et les parties ont exclu la novation. En cas de transfert fiduciaire aux fins de garantie, seule la cr�ance abstraite incorpor�e dans la c�dule hypoth�caire et garantie par gage immobilier doit faire l'objet d'une poursuite en r�alisation de gage immobilier, tandis que la cr�ance causale peut faire l'objet d'une poursuite ordinaire. Ainsi, le cr�ancier qui introduit la poursuite en r�alisation de gage immobilier poursuit la cr�ance incorpor�e dans la c�dule.
La c�dule hypoth�caire est une reconnaissance de dette au sens de l'art. 82 al. 1 LP pour la cr�ance incorpor�e � l'encontre du d�biteur figurant dans ce titre, mais seulement dans la mesure o� il est inscrit. Or, depuis l'entr�e en vigueur le 1er janvier 1997 du nouvel art. 53 ORF, la d�signation obligatoire dans la c�dule du nom du d�biteur a �t� abandonn�e. Si la c�dule hypoth�caire ne comporte pas d'indication du d�biteur, le cr�ancier ne pourra obtenir la mainlev�e provisoire que s'il produit une copie l�galis�e de l'acte constitutif dans lequel la dette a �t� reconnue. En l'esp�ce, la c�dule hypoth�caire produite ne contient pas l'indication du d�biteur; le conseil des appelants a n�anmoins admis que A.________ �tait le d�biteur de cette c�dule. S'agissant de la soci�t� appelante, ni l'acte de constitution de la c�dule, ni une �ventuelle r�quisition �crite de la soci�t� appelante au Conservateur du Registre foncier n'a �t� vers� � la proc�dure; la cause �tant soumise � la maxime des d�bats et l'intim�e supportant le fardeau de l'administration de la preuve sur ce point, il appartenait � cette derni�re de produire les pi�ces n�cessaires selon les formes prescrites et en temps utile. Pour le surplus, la convention du 28 ao�t 2005 n'indique pas que la soci�t� appelante est �galement d�bitrice de la c�dule, ind�pendamment du fait que ladite convention ne rev�t pas la forme authentique (art. 799 al. 2 CC). La soci�t� appelante ne s'y reconna�t en effet que comme la d�bitrice de la cr�ance de base; ainsi l'intim�e n'�tablit pas qu'elle est cr�anci�re de la soci�t� appelante.
3.2 Toujours selon l'arr�t attaqu�, le cr�ancier n'est fond� � recouvrer la cr�ance c�dulaire que si le d�biteur ne s'acquitte pas de la cr�ance (garantie) exigible. Par cons�quent, le recouvrement de la cr�ance incorpor�e dans la c�dule suppose tant l'exigibilit� de la cr�ance causale que celle de la cr�ance c�dulaire. En l'esp�ce, la convention du 31 ao�t 2005 pr�voyait que le solde du pr�t devenait exigible en cas d'inex�cution ou de mauvaise ex�cution de la convention. Supportant le fardeau de la preuve de l'inexigibilit� de la cr�ance d�duite en poursuite, il appartenait ainsi aux appelants d'�tablir qu'ils avaient ex�cut� leurs obligations, ce � quoi ils ont failli. Il s'ensuit que la cr�ance garantie est exigible. Par ailleurs, selon la c�dule hypoth�caire, celle-ci �tait d�non�able en tout temps moyennant un pr�avis de six mois. Par courrier du 30 octobre 2006 adress� aux appelants, l'intim�e a d�nonc� au remboursement la convention de cr�dit hypoth�caire et la c�dule avec effet au 1er mai 2007. Il est manifeste que ce d�lai de six mois �tait �coul� au moment o� la poursuite a �t� requise, � savoir le 4 mai 2007, de sorte que la c�dule a �t� valablement d�nonc�e.
4.1 Le recourant soutient que la cour cantonale a admis � tort qu'il est d�biteur de la c�dule hypoth�caire, alors que sa situation est identique � celle de B.________ SA, � l'�gard de laquelle les juges pr�c�dents ont consid�r� � juste titre que l'intim�e n'avait pas d�montr�, bien qu'il lui appartenait de le faire, qu'elle �tait d�bitrice de la c�dule.
Cette critique tombe � faux. En effet, l'arr�t attaqu� retient que le conseil des recourants a admis que A.________ �tait le d�biteur de cette c�dule. Or, le recourant ne s'en prend pas � cette constatation de fait, de sorte que celui-ci doit �tre tenu pour �tabli (cf. supra, consid. 2.2). Le grief du recourant est ainsi infond�.
4.2 A titre subsidiaire, "pour le cas o� le Tribunal f�d�ral devait consid�rer que l'intim�e est titulaire d'une cr�ance de 300'000 fr. envers A.________", le recourant fait valoir que cette cr�ance ne serait pas fond�e. La cour cantonale aurait err� en retenant que les recourants s'�taient d�clar�s solidairement d�biteurs du d�couvert de 286'099 fr. 45 sans exceptions ni r�serve, de sorte que cela emportait reconnaissance dudit solde. Il ressortirait des pi�ces produites que ce solde n'a jamais pu �tre v�rifi� pr�alablement faute pour les recourants d'avoir pu obtenir les pi�ces sollicit�es � de nombreuses reprises. Qui plus est, il serait prouv� que les montants de 69'950 fr. vers�s de janvier � septembre 2004 n'auraient pas �t� d�duits.
Par cette critique, le recourant s'en prend aux constatations de fait de la cour cantonale, sans d�montrer - ni tenter d'ailleurs de le faire - en quoi ces faits auraient �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte. De nature purement appellatoire, et en l'absence de toute d�monstration de l'arbitraire, son grief est irrecevable (cf. supra, consid. 2.2).
4.3 Le recourant soutient �galement que la dette n'�tait pas exigible et que le contrat du 31 ao�t 2005 ainsi que la c�dule hypoth�caire n'auraient pas �t� d�nonc�s valablement par l'intim�e le 30 octobre 2006 pour le 1er mai 2007. Les juges pr�c�dents auraient retenu � tort que les recourants n'avaient pas �tabli avoir ex�cut� leurs obligations, violant ainsi l'art. 91 CO, qui pr�voit que le cr�ancier est en demeure lorsqu'il refuse notamment d'accomplir les actes pr�paratoires qui lui incombent et sans lesquels le d�biteur ne peut ex�cuter son obligation. En l'esp�ce, l'intim�e n'aurait pas fait parvenir � la SI B.________ les divers documents n�cessaires � la v�rification des montants qu'elle r�clamait. La SI B.________ n'aurait eu d'autre choix, dans ces circonstances, que de r�silier le contrat de g�rance, ce qui constituerait une r�siliation pour justes motifs; selon les recourants, "� la lumi�re de ce qui pr�c�de, la clause pr�voyant que la d�nonciation du mandat de g�rance entra�ne l'exigibilit� imm�diate du solde du pr�t est nulle". Ainsi, faute de demeure du d�biteur, la d�nonciation ne serait pas valable et le contrat conclu par les parties toujours en vigueur.
Ce grief tombe � faux. Il ressort en effet de l'arr�t attaqu� que la r�siliation du contrat de g�rance - que les recourants s'�taient engag�s � ne pas r�silier avant le remboursement de la dette et des int�r�ts - est ant�rieure � leur demande tendant � la transmission de diff�rents documents n�cessaires � la v�rification des montants r�clam�s par l'intim�e. L'argumentation du recourant, pour autant qu'elle soit compr�hensible, est ainsi d�nu�e de fondement.
4.4 Le recourant invoque que, m�me si on devait admettre par impossible l'exigibilit� de la cr�ance causale, le montant de cette cr�ance est inf�rieur (286'099 fr.45) � la cr�ance c�dulaire (300'000 fr.), de sorte que la poursuite ne devrait �tre admise que pour ce premier montant.
Si le cr�ancier poursuit pour le montant de la cr�ance incorpor�e dans le titre alors que la cr�ance garantie est d'un montant inf�rieur, le d�biteur poursuivi peut opposer les exceptions personnelles dont il dispose contre le poursuivant (propri�taire fiduciaire), en particulier l'exception tir�e de la convention de fiducie, et exiger la limitation de la somme r�clam�e au montant de la cr�ance garantie (ou causale; art. 855 al. 2 et 872 CC; cf. arr�t 4A_451/2009 du 25 f�vrier 2010 consid. 5.1 in fine; 5A_122/2009 du 2 f�vrier 2010 consid. 3.2 destin� � la publication; 5A_226/2007 du 20 novembre 2007 consid. 5.1. et les r�f�rences).
En l'esp�ce, le recourant oublie que la cr�ance causale de l'intim�e s'�l�ve � 322'279 fr. 45 selon le commandement de payer notifi� le 22 ao�t 2007 � A.________ et qu'il lui appartenait de prouver qu'elle �tait inf�rieure � la cr�ance c�dulaire, ce qu'il n'a pas d�montr�. Le fait que le recourant se soit reconnu d�biteur de la somme de 286'099 fr. 45 ne suffit pas � d�montrer que la cr�ance causale s'�l�ve � ce montant.
4.5 Le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir rejet� l'exception de compensation qu'il avait soulev�e, relative � une pr�tendue cr�ance en dommages-int�r�ts du fait de la violation du contrat de g�rance par l'intim�e et, notamment, par son organe G.________. Il reproche aux juges pr�c�dents d'avoir fait fi du conflit d'int�r�ts existant en la personne de celui-ci, agissant � la fois comme organe de la SI B.________ et de C.________ SA, et de l'absence de reddition des comptes pourtant r�clam�e � plusieurs reprises, de l'absence d'information et de la violation du devoir de fid�lit�. Les recourants avaient sollicit� que des mesures probatoires soient ordonn�es de mani�re � leur permettre de prouver ce qu'ils all�guaient, notamment l'audition de G.________. En refusant d'ordonner ces mesures probatoires ou de renvoyer le dossier au premier juge, la cour cantonale aurait viol� le droit d'�tre entendu des int�ress�s, respectivement aurait appliqu� de mani�re arbitraire les art. 192 et 197 LPC.
La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., en particulier le droit pour le justiciable de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, celui de fournir des preuves quant au fait de nature � influer sur le sort de la d�cision, celui d'avoir acc�s au dossier, de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 135 I 187 consid. 2.2 p. 190; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.).
Que le droit � la preuve soit fond� sur l'art. 29 al. 2 Cst. ou sur l'art. 8 CC, qui s'applique si les moyens de preuve sont invoqu�s en relation avec un droit subjectif priv� d�coulant d'une norme de droit mat�riel f�d�ral (arr�t 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1), ses conditions n'en sont pas diff�rentes. Le droit � la preuve n'existe que s'il s'agit d'�tablir un fait pertinent, qui n'est pas d�j� prouv�, par une mesure probatoire ad�quate, laquelle a �t� r�guli�rement offerte selon les r�gles de la loi de proc�dure applicable (ATF 133 III 189 consid. 5.2.2 p. 195, 295 consid. 7. 1 p. 299; 129 III 18 consid. 2.6 p. 24 et les r�f�rences cit�es). Une mesure probatoire peut �tre refus�e � la suite d'une appr�ciation anticip�e des preuves, c'est-�-dire lorsque l'autorit� parvient � la conclusion que l'administration de la preuve sollicit�e ne pourrait plus modifier sa conviction (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 129 III 18 consid. 2.6 p. 25). Si le juge a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, celle-ci ne peut �tre contest�e qu'en invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.).
Devant la cour cantonale, les recourants avaient soutenu que l'intim�e aurait viol� ses obligations de mandataire en omettant de les informer que les charges d'exploitation n'�taient plus couvertes et en s'abstenant de formuler des demandes de paiement pour celles-ci. Ils faisaient valoir que si l'intim�e n'avait pas laiss� s'accumuler et avanc� les sommes n�cessaires au paiement des diverses charges de la sorte, celles-ci auraient pu �tre r�gl�es au fur et � mesure; l'intim�e les aurait ainsi contraints de signer la convention de cr�dit hypoth�caire du 31 ao�t 2005 lui causant de cette mani�re un dommage de 286'099 fr. 45. A cet �gard, les juges pr�c�dents ont estim� que les appelants n'avaient pas �t� contraints de signer cette convention et qu'ils ont reconnu devoir la somme de 286'099 fr. 45, en renon�ant � en contester le fondement. Il s'ensuit que si la soci�t� appelante avait pay� au fur et � mesure les charges, elle aurait diminu� ses actifs d'un montant de 286'099 fr. 45; par cons�quent, elle n'avait pas subi de pr�judice.
Le recourant se borne � affirmer qu'il s'est vu refuser les mesures probatoires sollicit�es, � savoir l'interrogatoire des parties et l'audition de t�moins, sans pr�ciser l'identit� de ceux-ci, ni en quoi chacune de ces auditions pourrait �tre pertinente pour l'issue du litige. Dans ces conditions, sa critique n'est pas suffisamment motiv�e; partant, elle est irrecevable.
II. Sur le recours de B.________ SA
5.1 B.________ SA soutient que la cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire en la condamnant conjointement et solidairement avec A.________ au paiement des deux tiers des d�pens. Conform�ment � l'art. 176 LPC, tout jugement, m�me incident, doit condamner aux d�pens la partie qui succombe. Or, la derni�re instance cantonale a retenu que B.________ SA n'�tait pas d�bitrice du montant r�clam� dans le cadre de la poursuite en r�alisation de gage immobilier dirig�e contre elle. L'intim�e a ainsi �t� d�bout�e de toutes ses conclusions � l'�gard de B.________ SA; c'est donc elle qui aurait d� �tre condamn�e aux d�pens.
5.2 Par sa critique, la recourante ne s'en prend pas � la motivation de la cour cantonale. Celle-ci a en effet tenu compte du fait que l'intim�e, dont les conclusions tendaient � la reconnaissance de sa qualit� de cr�anci�re des deux parties appelantes, n'obtenait gain de cause qu'� l'endroit de l'une d'elles; elle a toutefois jug� que, bien qu'elle ne soit pas d�bitrice de l'intim�e, la soci�t� appelante ne s'�tait pas lib�r�e du gage grevant sa parcelle en garantie de la dette de son administrateur; il se justifiait ainsi, selon les juges pr�c�dents, de condamner les appelants solidairement aux deux tiers des d�pens des deux instances. Faute de diriger son grief contre les consid�rants topiques de la cour cantonale, la critique de la recourante est irrecevable (cf. supra, consid. 2.1).
Vu ce qui pr�c�de, le recours de B.________ SA, trait� comme recours constitutionnel subsidiaire, est irrecevable. Le recours en mati�re civile de A.________ est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les recourants, qui succombent, supporteront les frais judiciaires, � raison d'un septi�me pour la recourante et de six septi�mes pour le recourant (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � se d�terminer.
Le recours de B.________ SA, trait� comme recours constitutionnel subsidiaire, est irrecevable.
Le recours en mati�re civile de A._________ est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 7'000 fr., sont mis � la charge de B.________ SA � hauteur de 1'000 fr. et � la charge de A.________ � hauteur de 6'000 fr.
Lausanne, le 31 ao�t 2010

References: art. 82
 art. 192
 art. 95
 ATF 
 art. 53
 art. 855
in fine
 art. 192