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Timestamp: 2017-11-24 07:21:11+00:00

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Hyper-Spinoza - Chapitre 02 - Le droit naturel
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Traité politique, II, §24 - Décembre 2004
Quant à la louange et au blâme, nous l’avons expliqué dans notre Éthique, ce sont des sentiments de joie ou de tristesse qu’accompagne comme cause l’idée de la vertu ou au contraire de l’impuissance de l’homme [1].
Pour ce qui est de la louange et du blâme, nous avons expliqué dans notre Éthique que ce sont des affections de joie et de tristesse, accompagnées de l’idée de la vertu ou de l’impuissance humaine à titre de cause. (...)
Traité politique, II, §23 - Décembre 2004
De même donc que le péché et l’obéissance (au sens strict) ne peuvent se concevoir que dans un État, de même la justice et l’injustice. Il n’y a rien en effet dans la nature que l’on puisse dire appartenir de droit à l’un et non à l’autre, mais tout est à tous, c’est-à-dire que chacun a droit dans la mesure où il a pouvoir. Dans un État au contraire, où la loi commune décide ce qui est à l’un et ce qui est à l’autre, celui-là est appelé juste, qui a une volonté constante d’attribuer à chacun le sien, injuste au (...)
Traité politique, II, §22 - Décembre 2004
Pour ce qui touche à la religion, il est certain que l’homme est d’autant plus libre et d’autant plus d’accord avec lui-même, qu’il aime Dieu davantage et l’honore d’une âme plus entière. Toutefois en tant que nous avons égard non à l’ordre de la nature que nous ignorons, mais aux seules injonctions de la raison concernant la religion, et que nous considérons en même temps que ces injonctions sont en nous comme une révélation par laquelle en nous-mêmes Dieu ferait entendre sa parole, ou encore ont été (...)
Traité politique, II, §21 - Décembre 2004
Toutefois comme la raison enseigne à pratiquer la moralité, à vivre dans la tranquillité et la paix intérieure, ce qui n’est possible que s’il y a un pouvoir public, comme en outre il ne peut se faire que la multitude soit conduite comme par une seule pensée, ainsi qu’il est requis dans l’État, s’il n’existe pas des lois établies conformément aux prescriptions de la raison, on n’use pas d’un langage tellement impropre en appelant péché ce qui est contraire à l’injonction de la raison, puisque les lois de (...)
Traité politique, II, §20 - Décembre 2004
Nous avons coutume cependant d’appeler aussi péché ce qui se fait contrairement à l’injonction de la saine raison, et obéissance une volonté constante de régler ses appétits suivant les prescriptions de la raison. Je pourrais accepter cela si la liberté humaine consistait dans la licence donnée aux appétits et la servitude dans le gouvernement de la raison. Mais puisque la liberté humaine est d’autant plus grande que l’homme vit davantage sous la conduite de la raison et peut mieux régler ses appétits, (...)
Traité politique, II, §19 - Décembre 2004
Le péché donc ne peut se concevoir que dans un État, c’est-à-dire s’il a été décidé en vertu du droit de commander qui appartient à la communauté quelle chose est bonne, quelle mauvaise, et si nul (par le § 16 de ce chapitre) n’a le droit de faire quoi que ce soit sinon en vertu d’un décret ou d’un consentement communs. Le péché en effet (comme nous l’avons dit dans le paragraphe précédent) consiste à faire ce qui d’après la loi ne peut être fait, ou est défendu par elle. Le consentement à la loi, en revanche, (...)
Traité politique, II, §18 - Décembre 2004
On voit clairement par ce que nous venons de montrer dans ce chapitre, que dans l’état de nature il n’y a point de péché, ou bien, si quelqu’un pèche, c’est envers lui-même et non envers autrui : personne en effet n’est tenu de complaire à un autre par droit de nature à moins qu’il ne le veuille, et aucune chose n’est bonne ou mauvaise pour lui, sinon ce qu’en vertu de sa propre complexion il décide qui est un bien ou un mal. Et le droit de nature n’interdit absolument rien, sinon ce qui n’est au pouvoir (...)
Traité politique, II, §17 - Décembre 2004
Ce droit que définit la puissance du nombre, on a coutume de l’appeler pouvoir public, et celui-là possède absolument ce pouvoir, qui, par la volonté générale, a le soin de la chose publique, c’est-à-dire le soin d’établir, d’interpréter, et d’abroger les lois, de défendre les villes, de décider de la guerre et de la paix, etc. Si ce soin appartient à une assemblée composée de toute la masse, le pouvoir public est appelé démocratie. Si l’Assemblée se compose de quelques personnes choisies, on a (...)
Traité politique, II, §16 - Décembre 2004
Quand des hommes ont des droits communs et que tous sont conduits comme par une seule pensée, il est certain (par le § 13 de ce chapitre) que chacun a d’autant moins de droit que tous les autres réunis l’emportent sur lui en puissance, c’est-à-dire que chacun n’a en réalité de droit sur la nature, qu’autant que lui en confère la loi commune. Tout ce, d’autre part, qui lui est commandé par une volonté commune, il est tenu de le faire ou encore (par le § 4 de ce chapitre) on a le droit de l’y obliger. (...)
Traité politique, II, §15 - Décembre 2004
Comme (suivant le § 9 de ce chapitre) à l’état naturel chacun est son propre maître aussi longtemps qu’il peut se garder de façon à ne pas subir l’oppression d’un autre, et que seul on s’efforce en vain de se garder de tous, aussi longtemps que le droit naturel humain est déterminé par la puissance de chacun, ce droit sera en réalité inexistant ou du moins n’aura qu’une existence purement théorique puisqu’on n’a aucun moyen assuré de le conserver. Il est certain aussi que chacun a d’autant moins de pouvoir (...)
Traité politique, II, §14 - Décembre 2004
En tant que les hommes sont en proie à la colère, à l’envie, ou à quelque sentiment de haine, ils sont entraînés à l’opposé les uns des autres et contraires les uns aux autres, et d’autant plus redoutables qu’ils ont plus de pouvoir et sont plus habiles et rusés que les autres animaux. Comme maintenant les hommes (ainsi que nous l’avons vu au § 5 de ce chapitre) sont très sujets par nature à ces sentiments, ils sont aussi par nature ennemis les uns des autres : celui-là en effet est mon plus grand ennemi, (...)
Traité politique, II, §13 - Décembre 2004
Traité politique, II, §12
Si deux personnes s’accordent entre elles et unissent leurs forces, elles auront plus de pouvoir ensemble et conséquemment un droit supérieur sur la nature que chacune des deux n’en avait à elle seule, et, plus nombreux seront les hommes qui auront mis leurs forces en commun, plus aussi ils auront de droit à eux tous [1].
Si deux individus s’unissent ensemble et associent leurs forces, ils augmentent ainsi leur puissance (...)
Traité politique, II, §12 - Décembre 2004
L’engagement pris en parole envers quelqu’un de faire ou au contraire de ne pas faire telle ou telle chose quand on a le pouvoir d’agir contrairement à la parole donnée, reste en vigueur aussi longtemps que la volonté de celui qui a promis ne change pas. Qui, en effet, a le pouvoir de rompre l’engagement qu’il a pris, ne s’est point dessaisi de son droit, mais a seulement donné des paroles. Si donc celui qui est par droit de nature son propre juge, a jugé droitement ou faussement (il est d’un homme (...)
Traité politique, II, §11 - Décembre 2004
La faculté de juger peut être soumise à la volonté d’un autre dans la mesure où l’âme peut être trompée par cet autre ; d’où suit que l’âme s’appartient à elle-même dans la mesure où elle peut user droitement de la raison. Bien plus, comme il faut mesurer la puissance de l’homme moins à la vigueur du corps qu’à la force de l’âme, ceux-là s’appartiennent à eux-mêmes au plus haut point qui l’emportent par la raison et vivent le plus sous sa conduite. Et ainsi j’appelle libre un homme dans la mesure où il vit sous la (...)
Traité politique, II, §10 - Décembre 2004
Celui-là tient un autre en son pouvoir, qui le tient enchaîné, ou à qui il a pris toutes ses armes, tout moyen de se défendre et d’échapper, ou à qui il a su inspirer de la crainte, ou qu’il s’est attaché par des bienfaits, de telle sorte que cet autre veuille lui complaire plus qu’à soi-même, et vivre selon le désir de son maître plutôt que suivant son propre désir. Mais le premier et le deuxième moyen de tenir un homme en son pouvoir ne concernent que le corps et non l’âme, tandis que par le troisième (...)
Traité politique, II, §09 - Novembre 2004
Il suit encore de ce qui précède, que chacun est dans la dépendance d’un autre aussi longtemps qu’il est soumis au pouvoir de cet autre, et qu’il relève de lui-même dans la mesure où il peut repousser toute violence, punir comme il le juge bon le dommage qui lui est causé, et d’une manière générale vivre selon sa propre complexion.
Il suit encore de là que tout homme appartient de droit à autrui aussi longtemps qu’il tombe sous (...)
Traité politique, II, §08 - Novembre 2004
Nous concluons donc qu’il n’est pas au pouvoir de chaque homme d’user toujours de la raison et de se maintenir au faîte de la liberté humaine ; et cependant chacun, toujours, s’efforce de conserver son être autant qu’il est en lui et, puisque le droit de chacun a pour mesure sa puissance, tout ce à quoi il s’efforce et tout ce qu’il fait, qu’il soit sage ou insensé, il le fait par un droit souverain de nature. D’où suit que le droit et la règle de nature sous lesquels naissent tous les hommes et sous (...)
Traité politique, II, §07 - Novembre 2004
Personne ne peut nier que l’homme, comme les autres individus, s’efforce à conserver son être. Si l’on pouvait concevoir quelques différences, elles devraient provenir de ce que l’homme aurait une volonté libre. Mais plus l’homme est conçu par nous comme libre, plus nous sommes obligés de juger qu’il doit nécessairement conserver son être et se posséder lui-même ; quiconque ne confond pas la liberté avec la contingence, m’accordera cela sans difficulté. La liberté en effet est une vertu, c’est-à-dire une (...)
Traité politique, II, §06 - Novembre 2004
La plupart cependant croient que les insensés troublent l’ordre de la nature plutôt qu’ils ne le suivent, et la plupart aussi conçoivent les hommes dans la nature comme un empire dans un empire. Ils jugent en effet que l’âme humaine, loin d’être produite par des causes naturelles, est immédiatement créée par Dieu, et indépendante du reste du monde à ce point qu’elle a un pouvoir absolu de se déterminer elle-même et d’user droitement de la raison. Mais l’expérience enseigne plus que suffisamment qu’il n’est (...)
Traité politique, II, §05 - Septembre 2004
Si donc la nature humaine était disposée de telle sorte que les hommes vécussent suivant les seules prescriptions de la raison, et si tout leur effort tendait à cela seulement, le droit de nature, aussi longtemps que l’on considérerait ce qui est propre au genre humain, serait déterminé par la seule puissance de la raison. Mais les hommes sont conduits plutôt par le désir aveugle que par la raison, et par suite la puissance naturelle des hommes, c’est-à-dire leur droit naturel, doit être défini non (...)
Traité politique, II, §04 - Septembre 2004
Par droit de nature, donc, j’entends les lois mêmes ou règles de la Nature suivant lesquelles tout arrive, c’est-à-dire la puissance même de la nature. Par suite le droit naturel de la Nature entière et conséquemment de chaque individu s’étend jusqu’où va sa puissance, et donc tout ce que fait un homme suivant les lois de sa propre nature, il le fait en vertu d’un droit de nature souverain, et il a sur la nature autant de droit qu’il a de puissance.
Par droit naturel j’entends (...)
Traité politique, II, §03 - Septembre 2004
Puisqu’en effet, Dieu a droit sur toutes choses et que le droit de Dieu n’est rien d’autre que la puissance même de Dieu en tant qu’elle est considérée dans sa liberté absolue, tout être dans la nature tient de la nature autant de droit qu’il a de puissance pour exister et agir : la puissance par laquelle existe et agit un être (...)
Traité politique, II, §02 - Septembre 2004
Toute chose naturelle peut être conçue adéquatement, qu’elle existe ou n’existe pas. Toutefois le principe en vertu duquel les choses naturelles existent et persévèrent dans leur existence, ne peut se conclure de leur définition, car leur essence idéale reste après qu’elles ont commencé d’exister , la même qu’avant qu’elles existassent. Puis donc que le principe par lequel elles existent ne peut suivre de leur essence, le maintien de leur existence n’en découle pas non plus ; elles ont besoin pour (...)
Traité politique, II, §01 - Septembre 2004
Nous avons traité dans notre Traité Théologico-Politique du droit naturel et du droit civil, et dans notre Éthique nous avons expliqué ce qu’est le péché, le mérite, la justice, l’injustice, et enfin la liberté humaine . Pour ne pas obliger toutefois les lecteurs du présent traité à chercher dans d’autres ouvrages les principes qui sont les plus nécessaires dans celui-ci, j’ai résolu de donner à nouveau ces explications et d’y joindre une démonstration en forme.
Dans notre Traité (...)

References: §24
 §23
 §22
 §21
 §20
 §19
 § 16
 §18
 §17
 §16
 § 13
 § 4
 §15
 § 9
 §14
 § 5
 §13
 §12
 §12
 §11
 §10
 §09
 §08
 §07
 §06
 §05
 §04
 §03
 §02
 §01