Source: http://thalasolidaire.over-blog.com/page/7
Timestamp: 2017-02-21 00:44:22+00:00

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L'opposition demande un gouvernement de salut national L'opposition égyptienne a menacé samedi de boycotter les élections législatives prévues dans les prochains mois si le pouvoir islamiste n'appliquait pas une "solution globale" à la crise que vit le pays, notamment en créant un gouvernement "de salut national", alors que des violences ce samedi et vendredi ont fait une trentaine de morts. Le Front, principale coalition de l'opposition aux islamistes, a déploré dans un communiqué les décès à Port Saïd ce samedi et ailleurs en Egypte vendredi, à l'occasion du deuxième anniversaire de la révolution qui a renversé Hosni Moubarak. Le FSN qualifie ces événements de "nouvelle vague révolutionnaire" et appelle les Egyptiens à manifester "pacifiquement". "Solution globale" Il exige surtout la formation en Egypte d'un gouvernement de salut national, d'une commission de juristes pour amender la Constitutionqu'il qualifie d'"illégale" et le limogeage du Procureur général nommé par le président islamiste Mohamed Morsi. Si ces conditions, que le FSN qualifie de "solution globale" à la crise politique, ne sont pas remplies "dans les prochains jours", l'opposition "invitera le peuple égyptien à manifester pacifiquement vendredi prochain pour faire tomber la Constitution" et réclamer "l'organisation d'une élection présidentielle anticipée". Morsi responsable "Le Front a aussi décidé de ne participer aux prochaines élections législatives que dans le cadre de cette solution nationale globale", selon le texte. Des élections pour la chambre des députés, dissoute en juin de l'an dernier, doivent avoir lieu en principe en mars ou avril, à une date non encore connue. L'opposition fait aussi porter au président Morsi "l'entière responsabilité de la force excessive utilisée par les services de sécurité contre les manifestants". humanite _____________________________________________________________________________________________________ L’Égypte entre le « Black Bloc » et la milice des frères musulmans مصر ما بين البلاك بلوك وكتائب مسلمون ________________________________________________________________________ Les Frères musulmans soutenus par des inconnus Un groupe auparavant inconnu en Egypte qui s’appelle Qa'ida al-Jihada menacé de répondre par la force à toute « agression » de la part des « forces laïques et les croisés » contre le président égyptien Mohamed Morsi et le mouvement des Frères musulmans. Les représentants de l'organisation ont appelé Morsi « calife » et vice-roi de Dieu en Egypte. Cette déclaration de l’organisation a été citée ce jeudi par le journal Al-Quds al-Arabi. Vendredi, des manifestations de masse devraient avoir lieu dans de nombreuses villes d’Egypte à l’appel de l’opposition contre la politique de Morsi. french.ruvr _____________________________________________________________________________________ 30 morts et 300 blessés à Port-Saïd après des condamnations à mort Quatorze personnes ont été tuées et des dizaines blessées samedi dans des heurts à Port-Saïd après la condamnation à mort de 21 Egyptiens pour leur implication dans des violences après un match de football l'an dernier dans cette ville du nord-est de l'Egypte. (c) Afp Au moins 30 personnes ont été tuées et plus de 300 blessées samedi lors de violents heurts dans la ville égyptienne de Port-Saïd, après la condamnation à mort de 21 personnes pour leur implication dans des violences ayant suivi un match de football l'an dernier. Ces affrontements interviennent au lendemain du deuxième anniversaire du début du soulèvement ayant conduit au départ de Hosni Moubarak, lui-même marqué par des violences entre manifestants et policiers qui ont fait neuf morts et plus de 530 blessés à travers le pays, selon des sources médicales. A Port-Saïd (nord-est), les violences ont débuté quelques minutes après la condamnation à la peine capitale de 21 supporteurs du club local d'Al-Masry pour leur implication dans la mort de 74 personnes après un match en février 2012. Des proches des personnes condamnées ont tenté d'envahir la prison dans laquelle se trouvaient ces dernières, tandis que des assaillants inconnus ont fait usage d'armes automatiques en direction de la police qui a riposté avec du gaz lacrymogène, d'après des témoins. Deux postes de police ont été pris d'assaut et des tirs nourris se faisaient entendre à travers la ville, où les magasins avaient baissé leurs rideaux, selon un correspondant de l'AFP. Au moins 30 personnes ont été tuées et 312 blessées, selon des sources médicales, qui ont précisé que les décès avaient été provoqués par des balles réelles. Deux policiers figurent parmi les tués, d'après le ministère de l'Intérieur. Un général de l'armée a annoncé le déploiement des militaires pour "rétablir le calme" et protéger les installations publiques. Port-Saïd est située à l'entrée nord du canal de Suez, mais l'organisme de gestion de cette voie stratégique pour le commerce mondial a indiqué que le trafic n'était "pas affecté". L'armée a toutefois annoncé le renforcement de la sécurité du canal pour "faire face à tout acte qui pourrait menacer la navigation", a rapporté l'agence officielle Mena. Selon le ministère grec des Affaires étrangères, un ferry grec, ancré à Port-Saïd, a essuyé des tirs qui n'ont pas fait de blessé. Il a depuis repris la mer. A Suez, où huit personnes sont mortes vendredi lors de manifestations hostiles au président islamiste Mohamed Morsi, de nouveaux heurts se sont produits samedi. Un poste de police a été attaqué, ont indiqué les services de sécurité. Des armes ont été dérobées et 25 prisonniers libérés par les assaillants. Parallèlement, au Caire, des accrochages qui avaient débuté jeudi entre manifestants hostiles au président et policiers, près de la place Tahrir, ont repris de manière sporadique. Drame le plus meurtrier du football égyptien Toujours dans la capitale, les condamnations à mort ont été en revanche accueillies dans la salle d'audience par les cris de joie et les youyous des membres des familles des victimes. Le président du tribunal a fixé au 9 mars le verdict pour le reste des accusés, dont 9 policiers. En février 2012, 74 personnes étaient mortes à Port-Saïd après un match entre le grand club cairote d'Al-Ahly et Al-Masry. Ce drame, le plus meurtrier du football égyptien, s'est produit après la victoire d'Al-Masry, dont des centaines de supporteurs avaient envahi le terrain et lancé des projectiles vers ceux d'Al-Ahly. Les "Ultras" d'Al-Ahly avaient menacé les autorités de "chaos" si le verdict n'était pas assez sévère. Alors que la tension est extrêmement vive dans le pays, l'opposition aux islamistes, regroupée au sein du Front du salut national (FSN), a réclamé une "solution globale" à la crise politique incluant notamment un "gouvernement de salut national". Faute de quoi, a-t-elle prévenu, elle boycotterait les législatives prévues en principe en mars ou avril, et réclamerait une présidentielle anticipée. L'opposition laïque et le pouvoir sont à couteaux tirés depuis novembre, date à laquelle M. Morsi s'est doté temporairement de pouvoirs exceptionnels afin d'accélérer un projet de Constitution rédigé par une commission dominée par les islamistes. Des manifestations, dégénérant parfois en violences, avaient déjà eu lieu à l'époque contre cette Constitution, adoptée par référendum en décembre. Les opposants accusent M. Morsi et les Frères musulmans dont il est issu de trahir la "révolution" qui leur a permis d'accéder au pouvoir grâce à une élection présidentielle pour la première fois démocratique. M. Morsi a participé samedi à une réunion du Conseil national de défense, qui a appelé au calme et au dialogue national pour sortir de la crise. tempsreel.nouvelobs __________________________________________________________________________ Avec l’autorisation du ministère de l’intérieur, des snipers tuent à Port Saïd ! Le bilan pourrait dépasser les 40 morts… Repost
________________________________________________________________________________________________ ____________________________________________________________________________________________________ Sept morts pour le «Jour de la Révolution» Sept personnes ont été tuées vendredi dans des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir islamiste et forces de l'ordre en Égypte, alors que le pays marquait le deuxième anniversaire du début du soulèvement -le «Jour de la Révolution»- qui a renversé Hosni Moubarak. Le président Mohamed Morsi a appelé ses compatriotes à «rejeter la violence dans les paroles et dans les actes» et a promis que les responsables de ces heurts meurtriers seraient «traduits en justice», dans des messages postés dans la nuit sur ses comptes Twitter et Facebook. Sept personnes sont mortes -six à Suez et une à Ismaïliya (nord-est)- et plus de 450 autres blessées au total dans douze gouvernorats, selon le ministère de la Santé, qui n'a pas donné de décompte entre manifestants et policiers. Toutefois M. Morsi a assuré que des policiers figuraient parmi les morts, et le ministère de l'Intérieur a revendiqué 95 blessés. L'armée a déployé dans la soirée des hommes et des blindés légers pour protéger les bâtiments de la police et du gouvernorat local à Suez, à l'entrée sud du canal du même nom et théâtre des plus fortes violences, ont indiqué des témoins et des sources de sécurité. La journée de samedi s'annonce également à haut risque avec un verdict attendu dans le procès d'un drame du football - plus de 70 morts l'an dernier à Port-Saïd - qui soulève des passions. Ce regain de tension dans la crise opposant le président islamiste Mohamed Morsi qui se prévaut d'avoir été démocratiquement élu en juin dernier, et l'opposition qui l'accuse de dérive autoritaire, est aggravé par les lourdes difficultés économiques que traverse le pays. Des accrochages sporadiques entre groupes de jeunes et forces de l'ordre ont eu lieu toute la journée aux abords de la place Tahrir où des milliers de personnes se sont massées. Une énorme pancarte était déployée sur la place avec l'inscription «Le peuple veut faire tomber le régime», tandis que la foule scandait «dégage, dégage!» à l'encontre de M. Morsi, comme pour M. Moubarak il y a deux ans. «Pain, liberté, justice sociale» «On n'a pas fait la révolution pour qu'un groupe corrompu en remplace un autre», lançait une manifestante, Maha Kamal, 40 ans, voile turquoise et drapeau égyptien à la main. «L'Égypte a besoin d'une nouvelle révolution pour les jeunes et pour une vraie démocratie», affirmait un autre manifestant, Chawki Ahmed, 65 ans. En fin de soirée la place était toutefois largement désertée en raison de la densité des tirs de lacrymogènes. Des manifestants se sont aussi rendus près du palais présidentiel, où la police a tenté de les disperser avec du gaz lacrymogène. À Ismaïliya (nord-est), des manifestants ont mis le feu au siège local du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères musulmans, et envahi le siège du gouvernorat. Des bâtiments publics ont également été la cible des contestataires à Damiette (nord) et Kafr el-Cheikh (delta du Nil), et des incidents ont aussi eu lieu à Alexandrie, deuxième ville du pays. L'opposition, composée de mouvements en majorité de gauche et libéraux et qui affiche une unité encore précaire, avait appelé à défiler en reprenant les mêmes mots d'ordre qu'il y a deux ans: «Pain, liberté, justice sociale». Le climat s'est fortement envenimé depuis fin novembre, date à laquelle M. Morsi s'est doté provisoirement de pouvoirs exceptionnels, puis a poussé les feux pour faire passer une Constitution rédigée par une commission à dominante islamiste. Le texte, adopté par référendum en décembre, continue d'être vivement critiqué par l'opposition qui estime qu'il ouvre la voie à une islamisation accrue de l'Égypte et porte atteinte à certaines libertés. Les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, n'avaient pas officiellement appelé à manifester vendredi, préférant commémorer le «Jour de la Révolution» par des initiatives sociales et caritatives. Outre la crise politique, l'Égypte affronte une grave crise économique, avec l'effondrement des investissements étrangers, la chute du tourisme et un déficit budgétaire en hausse notamment. lapresse ______________________________________________________________________________________________ الجيش ينشر وحدات في السويس بعد سقوط قتلى وجرحى في أعمال عنف في أنحاء مصر نشر الجيش المصري قوات على الارض في مدينة السويس المطلة على البحر الاحمر في ساعة مبكرة من صباح السبت بعد مقتل سبعة محتجين وجندي بالرصاص. وقال عادل رفعت مدير امن السويس للتلفزيون الرسمي "طلبت دعما من قوات الجيش لغاية ما نعدي الفترة والمرحلة الصعبة والتي تستهدف امن مصر كلها وأفادت وسائل الإعلام الرسمية في مصر بمقتل سبعة أشخاص وإصابة المئات في اشتباكات اندلعت في العاصمة القاهرة ومدن عدة في الذكرى الثانية لثورة 25 يناير. وأفادت التقارير أن أحد القتلى مجند. ونقل التلفزيون الرسمي عن وزارة الصحة قولها إن ستة قتلى سقطوا في مواجهات دارت بين متظاهرين وقوات الامن في مدينة السويس إضافة إلى قتيل واحد في مدينة الاسماعيلية شمال شرقي البلاد. وأعلنت الوزارة ارتفاع عدد الاصابات إلى 456 مصابا في تسع محافظات. وقالت الوزارة إن القتلى سقطوا جراء تعرضهم لطلقات نارية. في هذه الأثناء دعا الرئيس محمد مرسي المصريين إلى نبذ العنف وقال في رسالة على حسابه على موقعي تويتر وفيسبوك "أدعو جميع المواطنين الى التمسك بالمبادىء النبيلة للثورة المصرية في التعبير عن الرأي بحرية وسلمية ونبذ العنف قولا وفعلا". السويس والاسماعيلية وكان متظاهرون حاولوا اقتحام مقر المحافظة في السويس لكن الشرطة تصدت لهم بإطلاق قنابل مسيلة للدموع. وفي الاسماعيلية، هاجم متظاهرون مقر حزب الحرية والعدالة "الذراع السياسي لجماعة الاخوان المسلمين" وقاموا بإتلاف كل محتوياته من أجهزة كمبيوتر وأثاث، وإلقائها في الشارع. ودمر المتظاهرون مدخل الحزب بالكامل، وألقت قوات الأمن القنابل المسيلة للدموع على المتظاهرين المتجمعين أمام المقر وداخله. القاهرة وفي القاهرة، اندلعت مواجهات عنيفة بالقرب من ميدان التحرير بين المتظاهرين وقوات الامن المتمركزة خلف حاجز خرساني يغلق شارع القصر العيني الذي يضم مؤسسات عدة بينها مقر مجلس الوزراء ومقرا مجلس الوزراء ومجلس الشورى. كما وقعت مواجهات في شارع الشيخ ريحان المجاور استخدم فيها المتظاهرون الحجارة وردت قوات الامن بإطلاق بالغاز المسيل للدموع. وأعلنت وزارة الداخلية إصابة ضابط من قوة رئاسة قوات الأمن المركزى بحروق في يده أثناء تأمينه مقر وزارة الداخلية بشارع الشيخ ريحان. وقام مئات المتظاهرين بمهاجمة مقر الموقع الالكتروني لجماعة الاخوان المسلمين "اخوان اون لاين" الواقع في منطقة التوفيقية بوسط القاهرة بالحجارة ووقعت صدامات بينهم وبين اهالي المنطقة. الاسكندرية وفي الأسكندرية وقع تراشق بالحجارة بين المتظاهرين وقوات الأمن المركزي أمام مبنى المجلس المحلي بحي كوم الدكة. وكان المئات من المتظاهرين قد تجمعوا في محيط مسجد القائد ابراهيم بالاسكندرية عقب صلاة الجمعة لاحياء الذكرى الثانية لثورة يناير. وردد المتظاهرون شعارات مناوئة للرئيس محمد مرسي وجماعة الاخوان التي وصفوها بالدكتاتورية واتهموها بالرغبة في القفز على الثورة والهيمنة على مفاصل الدولة. وقطع المتظاهرون طريق الكورنيش بانتظار وصول اربع مسيرات قادمة من انحاء متفرقة من المدينة للمشاركة في المظاهرات امام مسجد القائد ابراهيم. وكانت وزارة الداخلية أعلنت في وقت سابق إصابة العميد توفيق أبوالخير بطلقات خرطوش بالرقبة إثر تعدي بعض الأشخاص الذين حاولوا اقتحام المجلس المحلى بمدينة الاسكندرية عليه. مسيرات وكان آلاف المحتجين من القوى الليبرالية قد توجهوا خلف زعيمي المعارضة محمد البرادعي وحمدين صباحي إلى ميدان التحرير. وردد المحتجون شعار "الشعب يريد إسقاط النظام"، و شعار"إرحل، إرحل". وهذه هي الشعارات نفسها التي رفعها المتظاهرون قبل عامين ضد الرئيس السابق حسني مبارك. وضمت المسيرات أعضاء من حركة 6 أبريل، وبعض مشجعي كرة القدم المعروفين بالألتراس. ويطالب المتظاهرون بتعديل أو إسقاط الدستور، وإقالة الحكومة وتعيين أخرى جديدة تشرف على إجراء الانتخابات النيابية، وإقالة النائب العام المستشار طلعت عبدالله، والقصاص لشهداء الثورة، وإعادة المحاكمات في قضايا قتل المتظاهرين. ويطالب البعض منهم بإسقاط نظام الرئيس محمد مرسى، وما يسمونه "حكم المرشد"، في إشارة إلى زعم تدخل bbbcمرشد جماعة الإخوان المسلمين محمد بديع في الحكم. ____________________________________________________________________________ Cinq morts à Suez après des manifestations contre Morsi Deux ans après la révolution qui renversa Hosni Moubarak, les opposants au président en place sont dans la rue. Un siège des Frères Musulmans a été incendié. Cinq personnes ont été tuées par balle vendredi 25 janvier à Suez, dans le nord-est de l'Egypte, lors d'affrontements entre policiers et manifestants, ont indiqué des médecins à l'hôpital de Suez. Il n'était pas encore clair si les victimes étaient des manifestants ou des policiers. Une autre personne dans le même hôpital est dans un état grave, ont dit les médecins. Partout ailleurs dans le pays, 110 personnes ont été blessées dans les manifestations contre le pouvoir du président islamiste Mohamed Morsi. Ces événements se sont déroulés en marge du deuxième anniversaire du soulèvement qui fit chuter le président Hosni Moubarak, lors du printemps arabe. Une journée sous haute tension, puisque le siège des Frères Musulmans à Ismaïlia, au nord-est du Caire, a également été incendié. "Les Egyptiens en ont marre" Au Caire, des milliers de manifestants ont protesté place Tahrir au Caire contre le président en place et pour réclamer une "nouvelle révolution". "Ca va être une grosse journée (...) parce que les Egyptiens en ont marre", prédisait un manifestant, Mohammed Abdallah, en référence à la profonde crise politique et économique que traverse le pays. Dans une rue menant à l'emblématique place Tahrir, de jeunes Egyptiens lançaient des pierres vers un mur de blocs de béton renforcé par les forces de l'ordre la veille. La police a notamment tiré des gaz lacrymogènes en fin d'après-midi pour tenter des disperser des manifestants aux abords du palais présidentiel à Héliopolis, dans la banlieue du Caire, a indiqué la télévision d'Etat. tempsreel.nouvelobs ___________________________________________________________________________ Deux ans de révolution selon l'humoriste Bassem Yousef trainé devant la Justice par les avocats de sa «majesté» le président islamiste Morsi باسم يوسف يحتفل بذكري الثانية للثورة ع طريقته الخاصه ______________________________________________________________________________________________________ Égypte : deux ans après, les responsables de meurtres restent impunis Deux ans après le début du soulèvement, l’Égypte doit veiller à ce que les centaines d’homicides de manifestants recensés depuis début 2011 donnent lieu à de véritables enquêtes indépendantes, si le pays entend rompre avec les violations qui ont défini l’ère Moubarak. La nouvelle synthèse, intitulée Rampant impunity: Still no justice for protesters killed in the “25 January Revolution”, décrit en détail les failles des enquêtes et poursuites ouvertes contre les responsables présumés de la mort de quelque 840 personnes pendant les manifestations ayant mis fin au régime répressif d’Hosni Moubarak – qui fut au pouvoir pendant plus de 30 ans – et débouché sur la première élection d’un président civil en Égypte. Au moins 6 600 personnes ont par ailleurs été blessées pendant ces manifestations, qui furent brutalement réprimées par les forces de sécurité. Une douzaine de personnes ont péri lors des violences ayant accompagné des actions de protestation depuis l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Morsi. Selon des informations recueillies par Amnesty International en Égypte, durant le soulèvement, les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène, des canons à eau, des fusils de chasse, des balles en caoutchouc et des balles réelles contre les manifestants, alors que ces derniers ne représentaient dans de nombreux cas aucune menace pour elles. Pas un seul haut responsable ou membre des forces de sécurité n’a été reconnu coupable par la justice d’avoir tué ou blessé des manifestants, ni fait l’objet de sanctions appropriées. « Le président Morsi a rendu hommage à maintes reprises aux personnes mortes pendant la " révolution du 25 janvier ", et pourtant, peu de mesures concrètes ont été prises afin que les responsables présumés répondent de leurs actes devant la justice. Dans les faits, deux ans après le soulèvement, les homicides imputés aux forces de sécurité restent impunis » Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. En ne faisant pas le nécessaire pour que les responsables soient punis, le président Morsi n’opère aucune rupture avec ces décennies de violations. Les responsables régulièrement acquittés Des tribunaux égyptiens continuent à acquitter des membres des forces de sécurité, qu’il s’agisse de hauts responsables ou non. Dans certains cas, l'acquittement a été prononcé faute de preuves ou parce que le tribunal a estimé que l'accusé avait exercé son droit à la légitime défense, bien qu'il existe de nombreux éléments attestant que des policiers ont employé une force excessive et meurtrière quand cela n'était pas strictement nécessaire. En outre, la déclaration de culpabilité du président Hosni Moubarak et d’Habib El Adly, son ministre de l’Intérieur, pour complicité dans l’homicide de manifestants, a été infirmée par la Cour de cassation le 13 janvier, ce qui ouvre la voie à un nouveau procès. Envoyez un message au chef du Conseil Suprême des forces armées SIGNEZ D’après les parents de victimes et avocats rencontrés par Amnesty International, un grand nombre d’acquittements et le fait que certaines affaires ne parviennent jamais à se frayer un chemin jusqu’aux tribunaux sont dus à des défaillances dans le processus de recueil des preuves – notamment : les documents vidéo ; les rapports médicaux et médicolégaux ; et les éléments balistiques, qui dans de nombreux cas n’ont pas été examinés ni même produits devant la justice. D’autres informations cruciales, comme les relevés de communications téléphoniques entre membres des forces de sécurité, les registres indiquant quels fonctionnaires ont été déployés et les registres des armes et munitions mises à la disposition des forces de sécurité, n’ont pas été obtenues auprès du ministère de l’Intérieur. Les griefs exprimés concernaient également la participation de policiers aux enquêtes, suscitant la crainte que ceux-ci puissent altérer des éléments de preuve ou passer certaines informations sous silence afin d’exonérer leurs collègues ou les institutions. Un pas en avant ? Peu après son arrivée au pouvoir en juin 2012, le président Morsi a mis en place un comité d’établissement des faits qu’il a chargé d’examiner les circonstances dans lesquelles des manifestants ont été tués ou blessés avant son investiture. Il a par ailleurs nommé un nouveau procureur, qui a promis de diligenter de nouvelles enquêtes et d’intenter de nouveaux procès si des éléments à charge contre les personnes acquittées de l’accusation de meurtre de manifestants devaient émerger. Des proches de personnes tuées ont déclaré à Amnesty International qu’on leur avait demandé de soumettre de nouveaux éléments de preuve et que plusieurs témoins avaient été victimes de manœuvres d’intimidation. «La création du comité d'établissement des faits a été une première mesure encourageante mais il faut, pour que l’évolution soit véritablement positive, que les constatations du comité soient rendues publiques, et que les lacunes et défaillances relevées dans les enquêtes soient corrigées. Les victimes et la société dans son ensemble ont droit à toute la vérité.» Hassiba Hadj Sahraoui Dix personnes sont mortes lors d’affrontements entre sympathisants du président Morsi et opposants dans la nuit du 5 au 6 décembre 2012, tandis que les forces de sécurité ne sont pas intervenues pour protéger les manifestants des violences et des agressions. Le président Morsi doit traduire ses paroles en actes et faire preuve d'une volonté politique forte afin que justice soit rendue pour les violations des droits fondamentaux commises contre les manifestants, en veillant à ce que l'ensemble des responsables présumés, à tous les niveaux hiérarchiques, et quels que soient leur rang ou leurs affiliations politiques, soient amenés à rendre des comptes. C’est seulement ainsi qu'il pourra rompre avec les abus du passé et empêcher que d’autres manifestants ne perdent la vie. amnesty.fr ___________________________________________________ Egypte : justice pour Azza Hilal Ahmad Suleiman Envoyez un message au chef du Conseil Suprême des forces armées SIGNEZ Repost
Mali : raids aériens français au sud de Gao, des islamistes pour la paix L'aviation française a mené des raids aériens au sud de Gao dans le nord-est du Mali, près de la frontière nigérienne, au moment où des islamistes touareg issus du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) créaient un nouveau mouvement prônant une solution "pacifique" au conflit. Les avions français ont frappé dans la nuit de mercredi à jeudi des positions des groupes islamistes armés à Ansongo, située à 80 km au sud de Gao et à une distance équivalente de la frontière nigérienne, selon des sources de sécurité du Mali et du Niger. Plus de 2.000 soldats tchadiens et 500 nigériens sont en cours de déploiement au Niger. Ils seraient chargés d'ouvrir une nouvelle voie pour aller chasser les groupes islamistes armés au Mali, dans le cadre de la force d'intervention africaine, sous mandat de l'ONU, chargée de relayer à terme l'armée française au Mali, selon des sources militaires. Ces nouveaux raids français ont lieu alors que l'un des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, Ansar Dine, s'est scindé en deux, une partie de ses membres appelant jeudi à une "solution pacifique", au quatorzième jour de l'intervention militaire française au Mali. Le nouveau groupe s'intitule Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), l'Azawad étant le nom que les Touareg donnent au Nord du Mali, en proie à des tensions indépendantistes depuis des années. "Le MIA affirme de la manière la plus solennelle qu'il se démarque totalement de tout groupe terroriste, condamne et rejette toute forme d'extrémisme et de terrorisme et s'engage à les combattre", affirme-t-il dans un communiqué reçu par l'AFP. Il affirme "sa volonté d'aller vers une solution pacifique" à la crise au MaliLe MIA demande à Bamako et à Paris un "arrêt des hostilités" pour entamer le dialogue après le début le 11 janvier de l'intervention militaire française au Mali pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord du pays, devenu en 2012 un sanctuaire pour les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda et où ils ont commis de nombreuses exactions au nom de la charia (loi islamique). Le secrétaire général du MIA qui dit "occuper" la région de Kidal, à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako, près la frontière nigérienne, est Alghabasse Ag Intalla, issu d'une des grandes familles touareg de Kidal.Tombouctou, "ville fantôme" Depuis des mois, des médiateurs ouest-africains et algériens tentaient de dissocier Ansar Dine, dirigé par un ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, des deux autres groupes islamistes armés présents dans le nord du Mali, en grande partie composés d'étrangers: Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). A 900 km au nord-est de Bamako, Tombouctou est privée d'eau et d'électricité depuis trois jours, après le départ des islamistes qui l'occupaient, selon des habitants de cette ville-phare de la culture musulmane en Afrique, bombardée ces derniers jours par l'aviation française."Il n'y a vraiment plus d'eau. Les populations ont fui. Les islamistes aussi. C'est une ville fantôme", a indiqué Moctar Ould Kery, un conseiller municipal de la région de Tombouctou. Une source sécuritaire régionale a confirmé l'information, ajoutant que les principaux chefs des groupes islamistes armés étaient dorénavant "retranchés dans la région de Kidal" (extrême nord-est du Mali). Des organisations de défense des droits de l'homme ont de leur côté demandé l'ouverture d'une enquête sur des accusations d'exactions commises par les troupes maliennes, particulièrement à l'encontre des communautés arabe et touareg, majoritaires au sein des groupes islamistes armés. Selon la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), qui accuse des soldats maliens d'avoir perpétré "une série d'exécutions sommaires", au moins 11 personnes ont été tuées à Sévaré (650 km au nord-est de Bamako). "L'armée doit être irréprochable et il ne saurait être question pour nous de cautionner des actes que nous reprochons aux terroristes", a réagi le gouvernement malien.Plus de 2.400 soldats français de l'opération Serval sont déjà au Mali. Des soldats de la force africaine, dont le déploiement a été approuvé par l'ONU, ont commencé mercredi à se diriger vers le centre du pays. Quelque 150 soldats du Burkina Faso sont arrivés à Markala (270 km au nord de Bamako), pour prendre la relève des Français qui tenaient un pont stratégique sur le Niger.Enfin, à Bamako, le temps du match de la Coupe d'Afrique des nations entre le Ghana et le Mali (1-0), la capitale a un peu cessé de "parler de la guerre", selon des habitants. elwatan ________________________________________Une analyse parmi plusieurs autres Les origines d’Al-Qaïda au Maghreb islamique: Qui est derrière les terroristes? Qui est derrière le groupe terroriste qui a attaqué le complexe gazier d’In Amenas exploité par BP, Statoil et Sonatrach, situé sur la frontière libyenne au sud-est de l’Algérie? (Voir la carte ci-dessous) L’opération a été coordonnée par Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade islamiste des Moulathamine (brigade masquée) ou « Ceux qui signent avec du sang », affiliée à Al-Qaïda L’organisation de Belmokhtar a été impliquée dans le trafic de drogue, la contrebande ainsi que des opérations d’enlèvement d’étrangers en Afrique du Nord. Alors que ses allées et venues sont connues, le renseignement français a surnommé Belmokhtar l’« insaisissable ». Belmokhtar a revendiqué au nom d’Al-Qaïda l’enlèvement de 41 otages occidentaux, dont 7 Étatsuniens, au complexe gazier de BP à In Amenas. Belmokhtar n’était toutefois pas impliqué directement dans l’attaque. Le commandant de l’opération sur le terrain était Abdul Rahman al-Nigeri, un vétéran djihadiste du Niger qui s’est joint en 2005 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie. (Albawaba, 17 janvier 2013) L’opération d’enlèvement d’In Amenas a été menée cinq jours après les frappes aériennes françaises contre des militants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Nord-Mali. Les forces spéciales françaises et les troupes maliennes ont repris le contrôle de Diabali et Konna, deux petites villes au nord de Mopti. La ville de Diabali avait apparemment été prise quelques jours auparavant par les combattants menés par l’un des principaux commandants d’AQMI, Abdelhamid Abou Zeid. Bien que l‘attaque terroriste et le rapt à la raffinerie d’In Amenas aient été décrits comme des actes de vengeance, cette opération n’était aucunement improvisée. Des analystes ont confirmé que, selon toute probabilité, l’opération avait été planifiée longtemps à l’avance: Les représentants européens et étasuniens affirment que le raid était presque certainement trop élaboré pour avoir été planifié dans un laps de temps si court, quoique la campagne de bombardement française ait pu être un élément déclencheur amenant les combattants à lancer un assaut qu’ils avaient déjà préparé. Selon les récents reportages (20 janvier 2012), il y a environ 80 morts, dont des otages et des combattants djihadistes. Il y avait plusieurs centaines de travailleurs à la raffinerie de gaz dont la plupart étaient algériens. « Parmi les rescapés, seuls 107 des 792 travailleurs étaient étrangers », selon le ministère algérien de l’Intérieur. Les gouvernements britannique et français ont blâmé les djihadistes. Selon les termes du premier ministre britannique David Cameron : « Les gens vont certainement poser des questions à propos de la réaction algérienne à ces événements, toutefois je dirai seulement que ces morts sont directement imputables aux terroristes qui ont perpétré cette attaque lâche et violente. (Reuters, 20 juin 2013.) Les reportages confirment cependant qu’un grand nombre de décès chez les otages et les combattants islamiques ont été causés par les bombardements des forces algériennes. Les négociations avec les ravisseurs, qui auraient pu sauver des vies, n’ont pas été envisagées sérieusement par les gouvernements algérien et occidentaux. Les militants avaient demandé l’arrêt des attaques françaises au Nord-Mali en échange de la sécurité des otages. Le dirigeant d’Al-Qaïda Belmokhtar avait déclaré : « Nous sommes prêts à négocier avec l’Occident et le gouvernement algérien à condition qu’ils cessent de bombarder les musulmans du Mali » (Reuters, 20 janvier 2013.) Au sein des rangs djihadistes se trouvaient des mercenaires provenant de nombreux pays musulmans, dont la Libye (cela reste à confirmer), ainsi que des combattants de pays occidentaux. Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI): De qui s’agit-il? De nombreux groupes affiliés sont activement impliqués au Nord-Mali -Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dirigé par Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI -Ansar Dine dirigé par Iyad Ag Ghaly -Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) -Le Groupe islamique armé (GIA), très en vue dans les années 1990, est pratiquement disparu. Ses membres se sont joints à AQMI - Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement touareg laïc, nationaliste et indépendantiste Historique En septembre 2006, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a uni ses forces à Al-Qaïda. Le GSPC a été créé par Hassan Hattab, un ancien commandant du GIA. En janvier 2007, le groupe a officiellement changé son nom pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Donc au début septembre 2007, l’AQMI récemment formé a établi une relation étroite avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL). Les commandants du GSPC avaient été inspirés par les enseignements religieux salafistes en Arabie Saoudite, ayant autrefois joué un rôle important dans la formation des moudjahidines en Afghanistan. L’histoire des commandants djihadistes d’AQMI est significative dans le contexte plus vaste de cette question Qui est derrière les diverses factions affiliées à Al-Qaïda? Qui appuie les terroristes? Quels intérêts économiques et politiques sont servis? Le Council on Foreign Relations (Conseil des relations internationales, CFR) situé à Washington retrace les origines d’AQMI à la guerre soviéto-afghane : La plupart des hauts dirigeants d’AQMI auraient été formés en Afghanistan durant la guerre contre les Soviétiques de 1979 à 1989. Ils auraient fait partie d’un groupe de volontaires nord-africains connus sous le nom d’« Arabes afghans » revenu dans la région après la guerre et qui radicalisait les mouvements islamistes. Le groupe est divisé en « katibas » ou brigades formant diverses cellules le plus souvent indépendantes. Depuis 2004, le chef du groupe, ou l’émir, est Abdelmalek Droukdel, également connu sous le nom d’Abou Mossab Abdelwadoud, un ingénieur de formation et expert en explosifs qui s’est battu en Afghanistan et est issu du GIA algérien. C’est sous son leadership qu’AQMI a déclaré que la France était sa cible principale. L’un des dirigeants d’AQMI les « plus radicaux et les plus violents » est Abdelhamid Abou Zeid selon les experts en contre-terrorisme. Abou Zeid est lié à plusieurs enlèvements et exécutions d’Européens dans la région. (Council on Foreign Relations, Al Qaeda in the Islamic Maghreb, cfr.org, non daté.) L’article du CFR omet de mentionner que le djihad islamique en Afghanistan était une initiative de la CIA, lancée en 1979 à l’époque de l’administration Carter et fortement appuyée par Ronald Reagan au cours des années 1980. En 1979 la plus vaste opération clandestine de l’histoire de la CIA a été lancée en Afghanistan. Des missionnaires wahhabites d’Arabie Saoudite ont mis sur pied les écoles coraniques (madrasas) au Pakistan et en Afghanistan. Les manuels scolaires utilisés dans les madrasas ont été imprimés et publiés au Nebraska. Le financement clandestin a été acheminé aux moudjahidines avec l’appui de la CIA. « Fortement encouragés par la CIA et l’ISI du Pakistan, qui désiraient transformer le djihad afghan en guerre mondiale menée par tous les États musulmans contre l’Union soviétique, 35 000 musulmans radicaux provenant de 40 pays islamiques se sont joints à la lutte afghane entre 1982 et 1992. Des dizaines de milliers d’autres sont allés étudier dans les madrasas pakistanaises. Avec le temps, plus de 100 000 musulmans radicaux ont été directement influencés par le djihad afghan. (Ahmed Rashid, “The Taliban: Exporting Extremism”, Foreign Affairs, novembre-décembre 1999.) La Central Intelligence Agency (CIA) a joué un rôle clé dans la formation des moudjahidines en utilisant l’Inter-Services Intelligence (Direction pour le renseignement inter-services) pakistanais. La formation des guérilleros parrainée par la CIA était intégrée aux enseignements de l’islam. « En mars 1985, le président Reagan a signé la directive nationale de sécurité 166 [laquelle] autorisait un appui militaire clandestin supplémentaire et signalait clairement que la guerre secrète afghane avait un nouvel objectif : vaincre les troupes soviétiques en Afghanistan par des actions clandestines et encourager le retrait soviétique. La nouvelle aide secrète étasunienne a débuté par une augmentation spectaculaire des livraisons d’armes, une progression constante atteignant 65 000 tonnes annuellement en 1987 […] ainsi qu’un « flot incessant » de spécialistes de la CIA et du Pentagone se rendant au quartier général secret de l’ISI au Pakistan, situé sur la route principale près de Rawalpindi. Les spécialistes de la CIA y rencontraient des officiers du renseignement pakistanais afin d’aider à planifier des opérations pour les rebelles afghans ». (Steve Coll, Washington Post, 19 juillet 1992) Mokhtar Belmokhtar, le cerveau des attaques terroristes perpétrées par la brigade islamiste des Moulathamine (masquée) au complexe gazier d’In Amenas est l’un des membres fondateurs d’AQMI. Il a été formé et recruté par la CIA en Afghanistan. Belmokhtar était un volontaire nord-africain, un « Arabe afghan » enrôlé à 19 ans comme moudjahidine pour se battre dans les rangs d’Al-Qaïda en Afghanistan à une époque où la CIA et sa filiale pakistanaise, l’ISI, appuyaient activement le recrutement et la formation des djihadistes. Mokhtar Belmokhtar a fait la « guerre civile » en Afghanistan. Il est retourné en Algérie en 1993 et s’est joint au GSPC. Le passé et l’implication de Belmokhtar en Afghanistan suggèrent qu’il était un « agent de renseignement » appuyé par les États-Unis. Le rôle des alliés des États-Unis, l’Arabie Saoudite et le Qatar Dès le début en 2007, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a établi des liens étroits avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), dont les dirigeants avaient également été formés et recrutés en Afghanistan par la CIA. La CIA et le MI6 britannique appuient clandestinement le GICL. Le GICL a été directement appuyé par l’OTAN durant la guerre de 2011 contre la Libye « fournissant des armes, de la formation des forces spéciales et même des avions pour appuyer le renversement du gouvernement libyen ». (Tony Cartalucci, The Geopolitical Reordering of Africa: US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, Global Research, janvier 2013.) Les Forces spéciales britanniques SAS avaient été envoyées en Libye avant l’insurrection, agissant à titre de conseillers militaires du GICL. Plus récemment, des reportages ont confirmé qu’AQMI a reçu des armes du GICL, dont les mercenaires ont intégré les rangs des brigades d’AQMI. Le commandant Mokhtar Belmokhtar, qui a coordonné l’opération d’enlèvement d’In Amenas, a déclaré : « Nous avons été l’un des principaux bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe. En ce qui concerne le fait que nous bénéficions des armes [libyennes], cela est normal dans ce genre de circonstances. » http://www.hanford.gov/c.cfm/oci/ci_terrorist.cfm?dossier=174 La raffinerie de BP à In Amenas est située en plein sur la frontière libyenne. On peut soupçonner l’implication d’un contingent de combattants du GICL dans l’opération. AQMI a également des liens avec le Front Al-Nosra en Syrie, appuyé clandestinement par l’Arabie Saoudite et le Qatar. AQMI est lié de manière indélébile à un programme de renseignement occidental. On le décrit comme « l’un des groupes militants les plus riches et mieux armés de la région », financé secrètement par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Le journal français Le Canard enchaîné a révélé (juin 2012) que le Qatar (un fidèle allié des États-Unis) finance diverses entités terroristes au Mali, incluant le groupe salafiste Ansar Dine : Et les rebelles touareg du MNLA (indépendance et laïcité), d’Ansar Dine, d’AQMI et de Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu de l’argent du Qatar selon un reportage (The Examiner). L’information du journal satirique Canard enchaîné, qui rapportait (juin 2012) que le Qatar financerait des groupes armés au Nord-Mali, a été relayée par les médias d’Algérie et d’Afrique de l’Ouest. Depuis plusieurs mois au Mali on soupçonne Ansar Dine, le principal groupe armé pro-charia de la région, de recevoir du financement du Qatar. Au début du conflit par exemple, des reportages (non confirmés) indiquaient qu’un avion qatari rempli d’armes, d’argent et de drogue était atterri à Gao. Le reportage original cite un rapport du renseignement français indiquant que le Qatar a fourni de l’aide financière à trois des principaux groupes armés du Nord-Mali : Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali, AQMI et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Le montant du financement donné à chaque groupe n’est pas révélé mais on signale que de nombreux rapports de la DGSE française remis au ministère de la Défense ont mentionné l’appui du Qatar au terrorisme au Nord-Mali. (C’est l’auteur qui souligne) Il faut évaluer attentivement le rôle d’AQMI comme atout du renseignement. L’insurrection islamiste crée des conditions favorisant la déstabilisation politique du Mali en tant qu’État-nation. Quels intérêts géopolitiques ont été servis? Conclusion : Le « Soudan étasunien » Ironiquement, l’opération d’enlèvement au sud de l’Algérie et la tragédie provoquée par l’opération de « sauvetage » militaire menée par l’Algérie fournissent une justification humanitaire à l’intervention militaire occidentale menée par AFRICOM, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. Celle-ci ne concerne pas uniquement le Mali et l’Algérie, mais pourrait aussi comprendre la région plus vaste s’étendant de la zone sahélienne sub-saharienne, de la Mauritanie à la frontière occidentale du Soudan. Ce processus d’escalade fait partie d’une « feuille de route » militaire et stratégique des États-Unis, et constitue une étape subséquente de la militarisation du continent africain, un « suivi » de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Libye en 2011. Il s’agit d’un projet de conquête néocoloniale d’un vaste territoire par les États-Unis. Même si la France constitue l’ancienne puissance coloniale, intervenant pour le compte de Washington, le but ultime est d’exclure tôt ou tard la France du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne. Le remplacement de la France comme puissance coloniale se fait de manière constante depuis la guerre d’Indochine des années 1950. Alors que les États-Unis sont, à court terme, prêts à partager le butin de guerre avec la France, l’objectif ultime est de redessiner la carte de l’Afrique et de transformer par la suite l’Afrique francophone en sphère d’influence étasunienne. Celle-ci s’étendrait de la Mauritanie, au bord de l’Atlantique, jusqu’au Soudan, à l’Éthiopie et à la Somalie. Un procédé similaire visant à exclure la France de l’Afrique francophone a lieu depuis les années 1990 au Rwanda, au Burundi et en République du Congo. En conséquence, on empiète sur le français comme langue officielle en Afrique. Aujourd’hui au Rwanda, l’anglais est une langue officielle avec le kinyarwanda et le français : Le gouvernement du FPR en 1994 a commencé par offrir l’éducation secondaire en anglais ou en français. Depuis 2009, elle est offerte uniquement en anglais. Depuis 1994, l’université n’utilise plus le français comme langue de travail. (Le président rwandais Paul Kagame ne lit pas et ne parle pas le français.) Un vaste territoire est en jeu, celui qui, durant la période coloniale, comprenait l’Afrique de l’Ouest française et l’Afrique équatoriale française. (Voir la carte ci-dessous) À l’époque de la France coloniale, on appelait le Mali le Soudan français. Il est ironique que ce processus visant à affaiblir et, tôt ou tard, à exclure la France de l’Afrique francophonesoit mis en œuvre avec l’approbation tacite de l’ancien et de l’actuel présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, servant tous deux les intérêts géopolitiques étasuniens au détriment de la République française. La militarisation du continent africain relève du mandat d’AFRICOM. L’objectif à plus long terme consiste à exercer le contrôle géopolitique et militaire sur une vaste zone ayant historiquement appartenu à la sphère d’influence française. Cette zone est riche en pétrole, en gaz naturel, en or, en uranium et en minéraux stratégiques. (Voir R. Teichman, The War on Mali. What you Should Know: An Eldorado of Uranium, Gold, Petroleum, Strategic Minerals …, Global Research, 15 janvier 2013.) La division coloniale de l’Afrique décidée à la conférence de Berlin (à droite). Voir les cartes de l’Afrique coloniale française ci-dessous. Article original : Al Qaeda in the Islamic Maghreb: Who’s Who? Who is Behind the Terrorists? Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca Repost
Encore des mausolées attaqués Le feu continue à ravager les mausolées, à un rythme qui s’accélère de plus en plus, toujours devant l’indifférence et le silence des autorités. Ainsi, après l’incendie du mausolée de Sidi El Ghouth à Douz, aujourd’hui, jour du Mouled, deux autres mausolées ont été attaqués dans le gouvernorat de Gabès. Le mausolée de Sidi Ali Ben Salem à El Hamma, totalement incendié, et celui de Sidi Knaou à Matmata qui a subi une tentative d’incendie. Les pyromanes n’ont pas été identifiés, et courent toujours, avec une prédilection pour les sentiers des gouvernorats du sud ces dernières heures ! tunisienumerique ___________________________________________________________________________________________ ________________________________________________________________________ Réagir à la destruction méthodique de notre identité Pour la première fois depuis des siècles, le Mouled de cette année 1434, célébrant la naissance de Mohamed, le Prophète de l’Islam, n’aura pas été fêté dans l’unité et l’harmonie en Tunisie. Il aura été entaché par les déclarations des imams salafistes qui jugent cette fête comme étant une innovation blâmable, semant de ce fait la discorde et la division dans les rangs de la Nation. Le cheikh Abdelfattah Mourou, jugé sans doute trop modéré par ces extrémistes, aura été une nouvelle fois agressé. Son statut de vice-président d'Ennahdha, le parti au pouvoir, ne l'aura même pas protégé. Et la série noire et la folie incendiaire et destructrice continue de viser nos mausolées, du sud au nord de la Tunisie. Des mausolées qui ont constitué l’un des bastions de la résistance au colonialisme européen, au Maghreb comme dans toute l’Afrique. Les mausolées pris pour cible et saccagés par les djihadistes au Mali, cristallisaient la résistance au colon, et ont permis l’expansion de l’Islam dans tout l’ouest de notre continent. Les précieux manuscrits de Tombouctou attestent de la gloire et des lumières de l’un des plus importants berceaux de l’Islam continental. Les voici éparpillés aux quatre vents, brûlés dans des autodafés qui ne disent pas leur nom. L’Emir Abdelkader, l’un des premiers héros du combat de l’Algérie pour l’Indépendance et la dignité a été soufi. Tout comme Omar El Mokhtar en Libye. Sans parler du rôle de ces innombrables lieux de religion accessibles et populaires, qui ont essaimé en Tunisie depuis le règne des Hafsides, et qui ont su canaliser les énergies pour constituer une forteresse identitaire inexpugnable, dressée face aux tentative de christianisation missionnaire, et d’acculturation. Et voici que l’esprit de nos marabouts, invaincu par l’occupant européen, en vient à être remis en cause par des individus qui se disent «Musulmans». Le mausolée de Sidi Bou Said ravagé par les flammes Pourtant, ces mêmes wahhabites qui s’affichent aujourd’hui comme les défenseurs de la pureté doctrinale islamique, n’ont pas soulevé d’objections à s’allier aux Anglais, et à Lawrence d’Arabie, pour se dresser contre le Califat des Ottomans, seul garant, à l’époque, de l’unité des Musulmans. Et voici aujourd’hui les graines de la discorde et de la sédition semées en Tunisie, après avoir fait des ravages au Moyen-Orient. La zaouia de Sidi Ahmed Al Ghouth à Douz, incendiée Dans la nuit du mercredi 23 janvier, le mausolée de Sidi Ahmed Al Ghouth à Douz, dans le sud tunisien, a été incendié et le tombeau de la zaouia profané. Sidi Ahmed Al Ghouth reposait en paix depuis des siècles, et il a fallu que des hommes animés par une idéologie étrangère et importée viennent ces jours-ci perturber sa sérénité. La zaouia de Sidi Ahmed al-Ouerfeli à Akkouda a été brûlée mardi. Quelques jours à peine avant l’incendie du mausolée de Sidi Bou Said, l’emblème historique de toute une région… Que ces agressions coïncident avec la célébration de la fête du Mouled n’est donc pas fortuit. La doctrine wahhabite condamne clairement cette fête et l’interdit, alors même que le Mohamed Ibn Abdelwahhab, fondateur de cette idéologie critiquée dès le 19 ème siècle par les cheikhs de la Zitouna, est commémoré durant une semaine entière en Arabie Saoudite. Pourtant, du côté de notre ministère de la Culture, il n’y a plus de doute. Dans un communiqué publié le mercredi 23 janvier, le ministère confirme qu’il s’agit bel et bien «d'un plan méthodique visant la destruction de la mémoire nationale collective». Reste maintenant à savoir si les Tunisiens continueront ainsi à assister impuissants à la destruction d’éléments constitutifs de leur propre identité, ou enfin réagir et faire face à l’agresseur. mag14 ________________________________________________________________________ Abdelfatah Mourou se fait agresser par des salafistes à Jemmal Hier mercredi 23 janvier en fin d’après midi, le vice-président du parti islamiste Ennahdha, Abdelfatah Mourou, a été victime d’une agression dans la ville de Jemmal par un groupe d’individus appartenant à la mouvance salafiste. Cheikh Mourou s’est rendu à Jemmal dans le gouvernorat de Monastir afin d’y donner une conférence religieuse dans la mosquée Al-Mekki que le bureau local d’Ennahda a organisée. Les organisateurs ont cependant dû changer de lieu de la conférence à la suite de menaces qu’ils ont reçues de la part d’un groupe de salafistes ayant exprimé leur mécontentement quant à la présence de Abdelfatah Mourou. Ce dernier, eu égard aux imprévus de dernière minute, n’a pas été mis au courant du changement de plan, et s’est tout de même rendu à la mosquée Al-Mekki au moment où la prière d’Al Maghreb a retenti. Cheikh Mourou a été interpellé par un garçon de moins de 18 ans qui l’a mis en garde contre des salafistes qui pourraient s’en prendre à lui. « Je n’ai pas prêté vraiment attention aux propos du garçon, car je ne peux pas ne pas faire la prière d’Al Maghreb, alors que je passais juste à côté d’une mosquée », a précisé maître Mourou sur la radio Jawhara FM. C’est en quittant la mosquée, que le vice-président d’Ennahda a vu des salafistes s’agripper à lui, en lui donnant un coup de poing et puis d’autres ont suivi. La victime n’a pas pu se défendre vu son âge et son manque de force tel qu’il l' a noté. Abdelfatah Mourou a été insulté et traité de tous les noms, ses agresseurs lui ont clairement dit qu’ils le détestaient et ne voulaient pas de lui chez eux. Le Cheikh a souligné qu’il a ressenti une haine et une rancœur qui gagnent d’ailleurs toute la Tunisie aujourd’hui, d'après lui. businessnews _________________________________ ______________________________________________________________________ Le SNJT dénonce la décision de Meherzia Laâbidi à limiter les déplacements des journalistes à l’ANC Le bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, mercredi 23 Janvier 2013, la décision de la vice-présidente de l'Assemblée nationale constituante (ANC) Meherzia Laâbidi d'interdire aux journalistes de se déplacer dans le hall et les allées de l'Assemblée. «Ce genre de pratiques inconvenantes, souligne un communiqué du bureau exécutif, est de nature à limiter le champ d'action des journalistes et va à l'encontre de leur liberté de communication avec les élus pour transmettre au public ce qui se passe dans les coulisses de l'ANC». Il considère que la décision de Meherzia Laâbidi est une «atteinte aux journalistes et au droit du peuple tunisien à l'information». Le SNJT appelle le président de l'ANC Mustapha Ben Jaâfar et tous les Constituants à «condamner les agissements répétés de plusieurs constituants, appartenant en particulier au groupe Ennahdha, à l'encontre des journalistes». Il les exhorte «d'assurer les conditions adéquates aux journalistes afin de leur permettre d'accomplir au mieux leur devoir professionnel». Par ailleurs, le bureau exécutif du syndicat condamne le «comportement brutal et criminel de certaines milices appartenant au mouvement Ennahdha qui se font appeler ligues de protection de la révolution à Kairouan», et qui ont agressé les journalistes de radio "Sabra Fm" lors de la couverture des protestations dans la région. Il demande au ministère public d'ouvrir une enquête contre ces agresseurs «hors-la-loi». De son côté, le centre de Tunisie pour la liberté de la presse a également appelé «à revenir immédiatement sur la décision de Meherzia Laâbidi» qui, estime-t-il dans un communiqué «contrevient à la loi organisant le travail de l'Assemblée et cible le droit d'accès à l'information». businessnews. ____________________________________ Repost
L’avant-projet de Constitution « prépare les conditions d’un blocage » Depuis le 16 janvier, l’Assemblée constituante débat de l’avant-projet de Constitution élaboré par les différentes commissions. Le texte qui doit institutionnaliser les acquis démocratiques de l’après 14 janvier inclut de nombreuses garanties pour pour les libertés, mais soulève pourtant de nombreuses critiques. Les limites à la liberté d’expression n’ont finalement pas été retenues et la notion très controversée de complémentarité entre hommes et femmes ne figure plus dans le texte. Mais plusieurs points font encore polémique. Entre autres : L’article 15 qui accorde aux traités internationaux, une valeur inférieure à la Constitution, et pourrait remettre en question le respect par la Tunisie des traités qu’elle a ratifiés. L’article 16 qui laisse la possibilité à la peine de mort L’article 95 qui ouvre la possibilité à l’Etat d’autoriser des groupes armés privés (le projet d’article a été révisé le 21 janvier). Par ailleurs, les contours du futur régime sont encore incertains. Zied Laadhari (Ennadha), vice-président de la Commission des pouvoirs exécutifs et législatifs reconnaît : « Je n’hésite pas à parler d’échec. La méthode choisie ne nous a pas permis d’avoir un débat général sur le type de régime que nous voulions. Faute d’avoir eu ce débat avant, nous avons dû le recommencer pour chaque article, et aboutir à des compromis en fonction de majorités variables. Le résultat est un texte inabouti et incohérent sur la question du régime politique. » En un an, c’était infaisable La procédure elle-même semble s’éterniser. L’Assemblée constituante vient de commencer son premier débat en plénière sur la Constitution, mais ils s’agit d’une discussion sur chaque partie, sans vote. Il faudra encore intégrer les contributions de la consultation nationale tenue depuis mi-décembre auprès de la population, avant d’élaborer en commissions une nouvelle mouture du projet qui sera ensuite discutée article par article en séance plénière. Selon Amira Yahyaoui, l’une des fondatrices de l’association Al Bawsala qui anime un observatoire de la Constituante (Marsad), le délai d’un an n’était pas réaliste : « C’était une erreur de faire croire aux Tunisiens que l’on pouvait rédiger la Constitution dans un délai aussi court dès lors qu’il s’agit d’une assemblée élue. Elle est à l’image de la société, elle n’a pas de base juridique, pas de culture politique. Or, elle doit voter des choses aussi technique le budget de l’Etat. C’est normal que tout cela prenne du temps. Mais plus on prend du temps pour rédiger le texte, plus la société civile bouge, et plus le contenu s’améliore. » L’esprit comptera plus que le texte Kais Saied, professeur de Droit constitutionnel, l’une des références dans la débat tunisien, émet un avis très mitigé sur cette première du version du texte. Entretien. Kais Saied, professeur de Droit constitutionnel (Thierry Brésillon) Rue89 : Comment évaluer le texte dans son ensemble ? Kais Saied : Les constituants ont voulu traiter de trop de sujets, comme si la Constitution était la solution à tous les problèmes, et ce n’est pas très réussi. Une Constitution devrait s’en tenir aux grands principes et laisser au législateur le soin de les appliquer. Mais dans le contexte politique très polarisé du moment, chaque camp veut sécuriser ses positions. Malgré tout, certains problèmes de fond demeurent, comme sur le droit à la vie et la peine de mort, ou la liberté religieuse… Et les compromis plus ou moins clairs élaborés en commission vont être à nouveau débattus en plénière. Nous sommes encore à la case départ. Quels sont les contours du futur régime politique ? Le principe retenu, c’est un régime parlementaire avec un chef de l’Etat élu au suffrage universel, doté de prérogatives fortes. Mais à ce stade, le texte n’a pas tranché sur le rôle du président de la République (arbitre, co-décideur avec le Premier ministre ou détenteur de pouvoirs propres). L’avant-projet contient plusieurs versions du même article et certains compromis sont intenables. Il est prévu, par exemple, que ce soit le chef de l’Etat ou le Premier ministre qui préside le conseil des ministres selon que l’ordre du jour porte sur les sujets de compétence de l’un ou de l’autre (article 78). Que fera-t-on quand l’ordre de jour portera sur des sujets qui sont de la compétence de deux ? Le chef de l’Etat est le chef suprême des forces de police. C’est une innovation. Pourquoi ne pas dire qu’il dispose de l’administration ? En fait, les constituants ont fait du sur-mesure comme si les dirigeants en place allaient rester pour toujours. La répartition des pouvoirs a été déterminée par des enjeux de circonstance. Ce texte crée les conditions d’un blocage. La relation entre l’Etat et la religion est-elle claire ? Ennahdha a renoncé à mentionner la charia et conservé la formulation de l’article 1er de la Constitution de 1959, qui stipule que la religion de la Tunisie est l’islam. C’est une formulation volontairement ambivalente entre le constat identitaire et la proclamation de l’islam comme religion d’Etat. En revanche, l’article 148 prévoit que la révision ne peut pas remettre en question l’islam comme religion de l’Etat. Or, dans l’esprit des députés islamistes, « Religion de l’Etat » signifie bien que le droit positif ne peut pas aller à l’encontre de la charia. La Tunisie a vécu avec l’ambivalence de l’article 1er depuis plus de 50 ans. La pression est forte pour en sortir. Mais ce débat risque de mener le processus constitutionnel dans l’impasse. Il serait plus sage de trouver un terrain d’entente et de laisser les législateurs et les juges régler ces questions au cas par cas. Dans le contexte politique actuel, nous n’avons pas la possibilité de trancher cette question. Les deux camps doivent faire cette concession d’admettre qu’il est préférable de maintenir l’ambigüité. Par ailleurs, Il est précisé dans l’article 4 que les campagnes partisanes sont interdites dans les mosquées et les lieux de culte. Mais quelle est la frontière entre le politique et le partisan ? Les religions ont toutes des exigences de justice et de dignité, il est difficile de ne pas évoquer des sujets d’intérêt général dans les prêches. Mais avec un parti religieux au pouvoir, c’est problématique. L’essentiel est que l’Etat garde le contrôle des mosquées pour veiller à leur neutralité et éviter leur récupération par les franges radicales. C’est vrai que cela peut créer des tensions, mais la société civile à un rôle à jouer. Enfin, la proposition d’un conseil islamique chargé de vérifier la conformité de la loi avec la religion a été retirée. Mais il est certain qu’elle va revenir au débat en plénière. Si la proposition devait être retenue, il faudrait voir quelles seraient ses attributions. La ligne rouge, c’est le contrôle de la loi, a priori ou a posteriori. Cela remettrait en cause le principe fondamental de la souveraineté du peuple. Au maximum, un tel conseil pourrait émettre un avis consultatif. Mais les relations entre les institutions entre les textes ne sont pas déterminées que par les textes. Le champ des libertés va-t-il progresser grâce à ce texte ? C’est difficile à dire. L’avant-projet inclus désormais les droits économiques et sociaux, en ce sens il y a un progrès. Mais un texte c’est d’abord un esprit. Or l’esprit général est marqué par l’ambigüité. Pour l’instant, le débat semble dominé par le désaccord central entre universalité des droits de l’Homme et particularisme culturel avec le respect de l’identité, défendue notamment par Ennahdha. Même s’il existe certainement des positions divergentes au sein du parti, les structures du parti ont décidé d’adopter cette position. Les débats actuels sont les mêmes que la Tunisie a connu entre 1956 et 1959, mais avec plus d’acuité et, à l’époque, Bourguiba a pesé dans le sens d’un dépassement de la tradition. Les droits et libertés étaient déjà dans la Constitution de 1959. Le paradoxe, c’est qu’avec lecture moderne des droits de l’homme, le régime a instauré une dictature dans lesquels ils n’étaient pas respectés. A l’inverse, il possible qu’un Etat moins fort, même avec une lecture plus ambiguë, soit plus protecteur pour les droits et libertés. L’interprétation du texte, et notamment la lecture de l’article 1er dans l’application du droit, sera plus déterminante que la lettre de la Constitution. La nature démocratique du régime sera-t-elle durablement établie grâce à ce texte ? Le véritable caractère démocratique d’un régime ne réside pas dans la Constitution, mais l’acceptation de chacun de cohabiter avec l’autre et dans l’intériorisation des valeurs. On ne bâtit pas un régime démocratique sans en accepter profondément les valeurs. Le problème est qu’aujourd’hui les principales forces ont le sentiment d’être engagées dans une bataille existentielle. La démocratie est en danger si chacun pense qu’une échéance électorale décide de sa vie ou de sa mort politique. On peut craindre que cela ouvre la porte à des comportements extrêmes, de part et d’autre. La plupart des Tunisiens n’ont rien à voir avec ces querelles. Il faut garder à l’esprit que les dynamiques profondes de ce pays ne seront pas remises en question. C’est un pays modéré et ouvert par son passé et sa géographie. Ni un texte, ni des élections ne pourront changer le cours de l’histoire ni changer la place de la Tunisie au cœur de la Méditerranée. rue89 ______________________________________________________________________________________ Les vulnérabilités de la Constitution selon le Parti Pirate Le Parti Pirate a scanné le dernier brouillon de la Constitution publié par l’Assemblée Nationale Constituante. Et voici qu’il affirme avoir décelé pas moins de 80 articles défectueux sur les 149 qui constituent la Constitution. Il précise dans un communiqué diffusé ce mardi 22 janvier, que «parmi les articles défectueux 25 font référence à la loi commune, ce qui reproduit l’une des failles majeures de l’ancienne constitution». Gare aux chevaux de Troie ! Voici les principales recommandations du Parti Pirate pour éviter que des virus n’infectent la Constitution tunisienne. Pourquoi la Constitution ne doit pas faire référence à la loi? Parce qu’une loi peut changer. Et la loi référencée par la constitution adopte un caractère constitutionnel a priori. En d’autres termes, un tribunal constitutionnel aura du mal a statuer sur ce genre de lois, puisqu’elles sont bénies par la Constitution. La Constitution s’en trouve affaiblie. Parce qu’il n’y a pas besoin. Tous les articles de la constitution peuvent être précisés par des lois sans qu’il y ait besoin que la constitution y fasse référence à priori. Le texte de la constitution doit être autonome mais n’a pas besoin de tout préciser. Autres défauts majeurs : Les députés ne représentent plus le peuple. Le terme “représenter” a été évincé de tout le texte. Et du nom même du parlement qui passe de “parlement des représentants” à “parlement du peuple”. Certains Articles disent qu’on ne peut pas changer certains autres Articles. Ces articles eux-mêmes peuvent changer Art. 16 : Le droit a la vie n’est pas absolu, il est limité par la loi Art. 18 : Le droit à la vie privée peut être retiré sans l’intervention d’un juge Art. 35 : Les citoyens qui n’ont pas de revenu sont obligés de payer des taxes Art. 37 : L’Etat garantit l’égalité des chances entre femme et homme uniquement pour les obligations pas pour les droits Art. 53 : On ne peut pas poursuivre un député pour ce qu’il a fait pendant son mandat même pas après son mandat s’il arrive a justifier qu’il était dans l’exercice de son travail Art. 56 : Permet au parlement de déléguer son pouvoir au Premier Ministre. Sans préciser dans quel cas Art. 90 : L’assemblée ne peux pas interroger le gouvernement Art. 95 : Le militaire ou le policier est protégé qu’il choisisse d’appliquer les ordres (illégitimes) ou de ne pas les appliquer َArt. 118 : La cour constitutionnelle n’est pas indépendante. Elle est faite de 4 membres proposés par le président, les autres 20 membres sont directement ou indirectement issus de la majorité du parlement Art. 127 : Commission élections élue par le parlement pour 6 ans alors que le parlement est élu pour 4 ans. Ils veulent s’assurer les prochaines élections? Art. 132 : Référence à la loi dans les subdivisions du territoire. Un parti peut subdiviser le pays en regions qui lui sont favorables pour garder ses sièges Art 144 : Il n’ y a pas de possibilité de pétition pour changer la constitution. Dans ce contexte, le Parti Pirate recommande : De supprimer simplement toutes les références à la loi (le texte reste cohérent dans tous les cas) De corriger les articles défectueux quand cela est possible De supprimer tous les textes qui ne trouvent pas un consensus au sein de la constituante. La constitution s’en trouvera allégée mag14 _________________________________________________________________________________ La grève des enseignants réussie à plus de 92% selon l’UGTT La grève des enseignants serait une réussite totale, selon les premières estimations, déclare Lassâad Yaâcoubi, secrétaire général du syndicat de l’enseignement secondaire (UGTT), sur les ondes de Shems Fm, mardi 22 janvier 2013, affirmant qu’il est possible d’atteindre un record historique à cette occasion. « Le taux de participation a dépassé toutes nos espérances et est même supérieur à celui de la grève précédente qui avait réuni 92% du corps enseignant ». Cette grève était, selon M. Yaâcoubi, un message adressé au ministre de l’Education, répondant ainsi à ses tromperies. Le ministre de l’Education, Abdellatif Abid, également sur les ondes de Shems Fm, a répliqué aux déclarations de M. Yaâcoubi considérant qu’ « il n’existe pas de grève réussie et qu’une grève est, par définition, une preuve de l’échec d’un consensus ». Selon M. Abid, cette grève aurait pu être évitée si le syndicat, qu’il accuse d’avoir un agenda politique, a compris que les revendications, rejetées par le ministère, sont abusives. businessnews ____________________________________________________________ Repost
Mali, Afghanistan, les leçons oubliées Une nouvelle fois, un consensus politique se dessine autour de l’intervention militaire française au Mali. Le Parti socialiste comme l’UMP et le Front national soutiennent l’initiative du chef de l’Etat. Seules quelques voix discordantes se font entendre, au Parti communiste (« L’intervention militaire française comporte de grands risques de guerre », PCF, 12 janvier) ou au Parti de gauche. L’ancien premier ministre Dominique de Villepin, dans une tribune au Journal du dimanche (« Villepin : “Non, la guerre ce n’est pas la France” », 13 janvier), s’inquiète également : « Ne cédons pas au réflexe de la guerre pour la guerre. L’unanimisme des va-t-en guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la “guerre contre le terrorisme” m’inquiètent. Ce n’est pas la France. Tirons les leçons de la décennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye. Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées. Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux. » Il est ironique de noter que cette intervention a commencé au moment où la France se retire d’Afghanistan (Lire « Fin de mission en Afghanistan », Défense en ligne, 19 décembre 2012) et où le président Hamid Karzaï se trouvait à Washington pour discuter du retrait total (ou presque) des forces américaines. Est-ce sur un succès que ces troupes se retirent d’Afghanistan ? « Mission accomplie » ? Rien n’est moins sûr. Le pouvoir qui s’est installé à Kaboul, dans les fourgons des armées étrangères, est dirigé par Karzaï, dont il faut rappeler qu’il n’a gagné l’élection présidentielle de septembre 2009 que grâce à des fraudes massives ; sa légitimité ne dépasse pas celle de son clan, de ses affidés, profondément corrompus. Ce sont des dizaines de milliards de dollars d’aide internationale qui ont disparu dans les poches sans fond des responsables politiques. Sans parler du fait qu’une part importante de cette aide « retourne » aux pays donateurs, comme le remarque Oxfam-France : « L’aide internationale à l’Afghanistan est relativement significative en volume, mais elle reste largement inefficace : presque 40 % des montants versés depuis 2001 sont retournés aux pays donateurs sous la forme de profits ou de rémunérations. De plus une large part de l’aide ne parvient pas aux Afghans les plus pauvres. » Et, du point de vue social, la situation reste terrible, marquée par une guerre qui n’en finit pas. Toujours selon Oxfam : « Si quelques progrès ont été enregistrés en matière de santé et d’éducation dans les années qui ont suivi la chute des talibans, les défis à relever dans ces secteurs restent écrasants : actuellement un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans, une femme sur huit meurt de complications liées à la grossesse ; deux millions d’enfants, dont deux tiers sont des filles, ne sont pas scolarisés. On estime actuellement que près de la moitié de la population afghane vit toujours en dessous du seuil de pauvreté, tandis que plus de la moitié des enfants souffre de malnutrition chronique. » Qui peut croire que la guerre amène une amélioration de la situation des populations ? Le plus paradoxal est que le seul progrès représenté par la scolarisation plus importante des filles reste menacé : les seules chances de l’administration actuelle afghane de ne pas être éliminée après le départ des troupes de l’OTAN est de négocier avec les talibans. Et, comme le remarquent les responsables d’Oxfam, ce sont les femmes qui risquent d’être les victimes de cette réconciliation. Quoiqu’il en soit, il est faux de croire que la libération des femmes peut être imposée par les baïonnettes des armées étrangères (lire Christine Delphy, « Une guerre pour les femmes ? », Le Monde diplomatique, mars 2002). Le colonialisme aussi prétendait « libérer » les femmes musulmanes. Mais les interventions en Afghanistan (puis en Irak) ont eu bien d’autres conséquences régionales et internationales dont on paie encore le prix. La guerre s’est étendue au Pakistan, où les talibans locaux se sont renforcés au détriment d’un pouvoir central affaibli. Et l’utilisation massive des drones par l’administration Obama pour éliminer des « terroristes » — avec de nombreuses victimes « collatérales » —, alimente les haines anti-occidentales. Ces expéditions militaires menées au nom d’une guerre sans fin contre le terrorisme ont eu pour effet paradoxal de renforcer ces organisations que l’Occident affirmait vouloir détruire. Il s’est créé, en réponse aux interventions multiples, « une autoroute de l’internationale insurgée », du Pakistan au Sahel, en passant par l’Irak, la Somalie : par elle circulent les combattants, les idées, les techniques de combats, les armes de tous ceux qui veulent lutter contre « les nouveaux croisés ». Des combattants irakiens se sont formés en Afghanistan, tandis que des Maghrébins ont pu acquérir en Irak une compétence militaire incontestable. La guerre contre le terrorisme a facilité l’unification de groupes très divers sous le drapeau d’Al-Qaida. Et, sans doute, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) n’aurait jamais pris cette dimension sans l’intervention en Afghanistan. Et aussi, rappelons-le, sans la guerre en Libye qui a « libéré » des arsenaux militaires considérables et de nombreux combattants enrôlés (et contrôlés) par Kadhafi. Peut-on s’étonner que de nombreux musulmans voient dans ces interventions une croisade contre l’islam ? Toutes, depuis 2001, ont eu lieu dans des pays musulmans — Afghanistan, Irak, Somalie, Liban, Mali, sans oublier les guerres menées à Gaza. Et au moment où l’islamophobie fait des ravages dans les sociétés occidentales. Combien de fois nous a-t-on expliqué qu’il n’y avait pas le choix, que « nous » défendions en Afghanistan la sécurité de l’Occident : si « nous » étions battus là-bas, les combats se déplaceraient demain dans nos banlieues. Et pourtant « nous » allons partir d’Afghanistan comme si de rien n’était, sans avoir stabilisé la situation, sans même parler de démocratie. Et personne ne prétend que les conséquences en Europe seront catastrophiques. On peut remarquer, au contraire, que chacune de ces expéditions coloniales aboutit à plus d’insécurité, plus de contrôles, plus de surveillance et, par là même, à une atteinte aux libertés fondamentales. Pourtant, c’est le même argument qui est repris pour le Mali : éviter que s’installe à nos frontières un foyer terroriste, un Sahelistan (lire, dans Le Monde diplomatique de janvier, le reportage de Philippe Leymarie). Et la première décision du gouvernement français au lendemain de l’engagement au Mali est de renforcer le plan Vigipirate ! N’est-ce pas parce que nos gouvernants savent que ce type d’intervention alimente le terrorisme, qu’elle ne l’affaiblit pas ? Douze ans après, l’intervention occidentale en Afghanistan est un fiasco. Celle en Irak a abouti à la déstabilisation durable du pays (et à une implantation de groupes liés à Al-Qaida qui n’y étaient pas présents avant 2003). D’ici douze ans, quel bilan dressera-t-on de l’engagement de la France au Mali ? Alain Gresh mondediplo _____________________________________________________________________________ L'état des forces militaires étrangères déployées au Mali Les soldats français et africains affluent au Mali, où la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) doit prendre la relève de l'armée française, en fonction d'un calendrier encore imprécis. Etat des lieux sur les forces effectivement déployées et celles que la France et plusieurs pays africains prévoient d'envoyer, aux côtés de l'armée malienne, pour venir à bout des islamistes armés au nord du pays. Les effectifs militaires français déployés au Mali sont passés ces derniers jours de 1 800 à 2 000 hommes, pour une force totale annoncée de 2 500 soldats, la plus importante opération aéroterrestre engagée hors des frontières françaises depuis l'Afghanistan. Or, ces effectifs pourraient être encore plus importants. Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a en effet fait ce décompte le 19 janvier à l'antenne de France 3 Bretagne : « Il y a aujourd’hui 2 000 militaires français au sol au Mali et l’opération Serval regroupe environ 2 900 militaires à cet instant, puisque vous avez des éléments à Ouagadougou, à Niamey et à Dakar (…). On dépassera peut-être les 2 500 militaires annoncés sur le site, ça fera environ 4 000 militaires qui seront mobilisés pour cette opération.» Le déploiement des forces ouest-africaines a commencé Quelque 2 000 soldats africains sont également attendus au Mali d'ici le 26 janvier, sur un total qui pourrait dépasser les 5 800 militaires africains (Tchadiens compris). Un chiffre annoncé à l'issue du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'est tenu le 19 janvier à Abidjan, mais qui va sans doute être revu à la hausse, plusieurs pays ayant décidé d'envoyer plus de troupes que prévu. Huit nations ouest-africaines (Bénin, Burkina, Ghana, Guinée, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) ont annoncé l'envoi de contingents, dont le déploiement a commencé. Une centaine de Togolaissont arrivés le 17 janvier à Bamako, sur les 750 militaires que Lomé prévoit d'envoyer. Quelque 55 soldats béninois étaient arrivés dimanche soir au Mali, sur une force qui doit atteindre 650 hommes, a annoncé le 20 janvier le président béninois Boni Yayi - au lieu des 300 hommes d'abord prévus. Un premier bataillon nigérian de 100 recrues s'est envolé le 17 janvier de Kaduna, au nord du Nigeria, sur une force totale de 1 200 hommes promise le 18 janvier. Nettement plus, là encore, que les 900 soldats initialement annoncés. « Notre sécurité nationale fait face à un danger imminent, en raison de la crise dans le nord du Mali », a estimé le président Goodluck Jonathan, dans sa lettre au Sénat demandant d'avaliser ce déploiement plus important. Les islamistes de Boko Haram, une secte qui multiplie les attentats au nord du Nigeria, ont été entraînés au nord du Mali par les combattants d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rappellent les autorités d'Abuja. Quelque 60 soldats sénégalais sont arrivés au Mali le dimanche 20 janvier, sur une force totale de 500 hommes finalement promise par Dakar. Le Sénégal s'était d'abord montré réticent à envoyer des troupes dans le bourbier malien. Le président Macky Sall avait expliqué en juillet 2012 que des contingents de son pays étaient déjà déployés ailleurs, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Guinée-Bissau. Le Sénégal avait encore démenti le 11 janvier avoir des troupes combattantes au sol au Mali, comme l'avait affirmé un porte-parole de l'armée malienne. Les pressions amicales de la France ont-elles joué ? Dakar a en tout cas décidé, le 16 janvier, de participer à l'effort militaire ouest-africain. Les pays contributeurs et ceux qui restent en retrait Le Burkina Faso et le Niger ont annoncé des contributions respectives de 500 hommes à la Misma, tandis que la Guinée s'est engagée à hauteur de 120 à 144 hommes, selon les sources. Quant au Ghana, il a fait un revirement et oublié ses premières réticences, en promettant le 13 janvier d'envoyer 120 hommes au Mali. Le déploiement effectif des soldats de ces quatre pays est encore attendu. De son côté, la Côte d'Ivoire ne s'est pas formellement prononcée sur l'envoi de troupes au nord du Mali. Une décision que réclame le Front populaire ivoirien (FPI). Mais le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a brandi la menace d'une intervention militaire de la Cédéao au Mali dès le lendemain du putsch du 22 mars 2012, est-il en mesure d'envoyer des troupes ivoiriennes ? La Côte d'Ivoire est elle-même en butte à la désorganisation de son armée - actuellement en restructuration - et confrontée à des problèmes sécuritaires. Quelque 11 000 casques blancs des Nations unies sont d'ailleurs toujours déployés dans le pays, dans le cadre de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). La Mauritanie, elle, s'en tient à sa décision initiale, annoncée en août 2012, de ne pas participer à une force internationale au Mali. Même si Nouakchott considère Aqmi comme un problème de sécurité intérieure, le groupe terroriste ayant beaucoup recruté à ses débuts parmi de jeunes Mauritaniens. La Mauritanie a été le pays le plus actif au nord du Mali sur le plan militaire, multipliant les raids aériens ces dernières années contre des convois d'Aqmi, et essuyant en retour des attentats d'Aqmi. Mais le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, ne souhaite pas s'impliquer dans une force ouest-africaine de la Cédéao, une communauté dont son pays ne fait pas partie. Nouakchott a cependant pris soin de sécuriser sa frontière avec le Mali. L'important renfort tchadien Le Tchad a déjà envoyé le 16 janvier à Niamey, la capitale du Niger, 200 éléments de ses forces spéciales, sur un total annoncé de 2 000 hommes. Ces forces devraient être déployées avec les troupes nigériennes le long de la frontière entre le Niger et le Mali. Le Tchad, qui n'est pas membre de la Cédéao, fournira donc les effectifs les plus nombreux après la France. Ce pays a été sollicité d'abord par Paris, puis par le président intérimaire malien Dioncounda Traoré, pour venir renforcer le dispositif international, en raison de l'expérience de son armée dans un terrain désertique aux conditions climatiques difficiles. rfi _______________________________________________________ La France lancée dans "la reconquête totale" du pays Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian précise l'objectif des forces françaises déployées sur place pour lutter contre les islamistes armés. Jean-Yves Le Drian affirme dimanche 20 janvier que l'objectif de l'intervention militaire de la France en soutien de l'arméemalienne est "la reconquête totale" du Mali face aux islamistes armés, en soulignant que la première partie de la mission "se déroule convenablement". "L'objectif, c'est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches" de résistance, a déclaré le ministre de la Défense, invité de "C'Politique" sur France 5, dix jours après le début de l'engagement français. "Il faut que nous aidions l'ensemble des forces" des pays de l'ouest africain "à s'organiser et les accompagner jusqu'à la reconquête totale", souligne-t-il. Quatre ordres Les "missions" des forces françaises sont de "quatre ordres", détaille-t-il. "Il s'agit d'abord d'empêcher la progression des groupes terroristes", soit par des frappes aériennes, soit par des appuis au sol des forces maliennes. Une première mission qui "se déroule convenablement". La deuxième mission consiste "essentiellement pour les forces aériennes à frapper les bases arrières des terroristes". "Cela a été le cas dans la région de Gao, dans la région de Tombouctou, pour éviter que les groupes reviennent et se ressourcent", poursuit le ministre. La troisième mission est "d'assurer la sécurité de Bamako, celles des institutions, de la population et de nos ressortissants", ajoute-t-il. Enfin, la dernière est d'"aider les forces maliennes à se structurer et s'organiser et que la Misma (la force d'intervention ouest-africaine) puisse s'organiser pour aboutir à la reconquête totale du Mali". "Les forces françaises ont ces quatre missions à remplir en même temps et je dois dire qu'en ce moment elles les remplissent plutôt bien", dit encore Jean-Yves Le Drian. "Pas de combats majeurs pour l'instant" Selon le ministre, "il y a eu des échanges, mais pas de combats majeurs pour l'instant" entre les forces terrestres françaises et les combattants islamistes. Les frappes aériennes ont en revanche "fait des victimes parmi les jihadistes". "Le but, c'est de faire en sorte que la Misma, soit le relais de notre propre intervention", explique-t-il. En cas de besoin, les forces africaines "pourront faire appel en soutien aux forces françaises quand elles arriveront à Tombouctou", comme on lui demandait si les troupes françaises pouvaient se retrouver dans cette ville du Nord. Evoquant l'aide fournie à la France par ses alliés occidentaux, Jean-Yves Le Drian souligne que les Américains apportent une aide "très claire, puisqu'ils mettent à disposition des moyens de renseignement depuis le début" et des moyens de transport pour aider les forces des pays africains à se rendre au Mali. Les otages au Sahel sont vivants Interrogé sur le sort des sept otages français détenus au Sahel, le ministre affirme qu'ils sont "vivants", sans plus de précisions. Jean-Yves Le Drian qualifie par ailleurs d'"acte de guerre" la prise d'otages en Algérie, en raison du nombre de personnes retenues et des moyens mis en oeuvre par les ravisseurs. "On dit 'prise d'otages', mais quand il y a autant de monde concerné, je pense que c'est un acte de guerre". "Quand un pays est agressé de cette manière et que sa propre souveraineté est en cause, il décide lui-même de la manière d'y répondre, avec ses propres forces armées",e en précisant que "l'Algérie était agressée". tempsreel.nouvelobs ______________________________________________________________________ La France au Mali : repérer les médiamensonges En guerre contre le terrorisme, vraiment ? Pourquoi les médias ne parlent-ils pas des ressources naturelles convoitées, des multinationales françaises qui se construisent des fortunes dans cette région, de la misère dont elles sont responsables ? Pourquoi nous cache-t-on les véritables cibles : Mali, Niger, Algérie et l'Afrique en général ? Et le Qatar, allié de Paris, qui arme les islamistes maliens, qu'est-ce que cela cache ? Ou bien part-on en guerre pour des intérêts économiques et stratégiques soigneusement cachés ? michelcollon Repost
La Troïka au pouvoir cale, le Trio démocratique se met en branle Les développements au sein du paysage politique en Tunisie se sont subitement accélérés lors des dernières quarante-huit heures avec, notamment, l’annonce officielle, dimanche 20 janvier 2013, faite par le trio d’ossature des forces démocratiques, en l’occurrence, le parti Al Joumhouri, Al Massar et Nidaa Tounès, concernant la formation d’une coalition politique entre eux. En attendant d’en savoir plus sur les détails de cet accord, attendu certes après la visite de « l’état major » de Nidaa Tounès, samedi, chez Al Joumhouri, force est de reconnaître qu’il a surpris les observateurs par la rapidité de sa conclusion. En ce même moment, les composantes de la Troïka au pouvoir continuent à vivre les pires difficultés pour effectuer le remaniement ministériel qui traîne en longueur depuis près de six mois. Même la réunion du Conseil de la Choura, sanctionnée par un communiqué laconique, n’a pu se prononcer clairement sur la question. Un communiqué empreint de langue de bois versant dans les généralités sans aucune donne concrète, rappelant les déclarations officielles sous l’ancien régime. Qu’on en juge ! Dans ce communiqué, Ennahdha « remercie toutes les parties qui ont accepté de faire partie du gouvernement après le remaniement ministériel et ceux qui se sont abstenus. Il appelle, également, toutes les composantes politiques du pays à favoriser le consensus politique et social pour le bien du pays et pour fixer une date pour les prochaines élections en rappelant que le Mouvement Ennahdha est ouvert au dialogue dans le but de préserver l'intérêt du pays ». C’est un constat d’échec et d’impuissance du parti islamiste à sortir de la crise. Il faut dire qu’en exigeant le « beurre et l’argent du beurre », comme dit le proverbe, on finit par ne rien obtenir du tout. Tenant, coûte que coûte, à garder les rênes du pouvoir, Ennahdha s’est heurté, d’abord, à la « petite révolution » de Moncef Marzouki qui a revendiqué, publiquement, un remaniement allant dans le sens d’un gouvernement restreint et formé de compétences. Voulant profiter, ensuite, du malentendu entre Al Joumhouri et Nidaa Tounès, Rached Ghannouchi, en personne, a pesé de tout son poids pour « amadouer » Ahmed Néjib Chebbi et son parti pour intégrer le gouvernement, allant jusqu’à lui proposer le ministère des Affaires étrangères en remplacement de Rafik Abdessalem, éclaboussé par le scandale du SheratonGate. En vain… Du coup, c’est le statu quo. Qui pourrait, en effet, gober la pilule d’un changement de façade après les déboires avérés de l’équipe de Hamadi Jebali ? Même Ettakatol, complètement effacé jusque-là, s’est manifesté en exigeant de véritables modifications et un agenda clair des prochaines échéances. Dans le cas contraire, il menace de se retirer carrément du gouvernement. Ni plus, ni moins ! Le parti islamiste est allé jusqu’à courtiser les partis de Wafa d’Abderraouf Ayadi qui a, finalement, rejeté l’offre de faire partie du gouvernement, parce que ce dissident du CPR exige le portefeuille de la Justice. Ni plus, ni moins. Pis encore, Cheikh Rached Ghannouchi n’a pas écarté la possibilité d’une association avec le « controversé », Bahri Jelassi ! C’est dire que le parti islamiste est vraiment aux abois et cherche, par tous les moyens, à sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve. Et a moins d’imprévu de dernière minute, tout porte à croire que la montagne devrait accoucher d’une souris et que le remaniement ne serait, finalement, qu’un simple replâtrage… En face, le bloc démocratique semble avoir réalisé les dangers qui pourraient découler d’une éventuelle dislocation de leurs diverses composantes. Ainsi, après ledit « malentendu », le Trio des partis démocratiques, aux affinités communes, Al Joumhouri, Al Massar et Nidaa ont ressenti la nécessité de contracter ce mariage de raison s’ils veulent bien avoir une chance de provoquer l’alternance lors de la prochaine échéance électorale. Grâce à son approche consensuelle qui lui avait permis de gouverner le pays lors de la période la plus difficile de l’histoire de la Tunisie en s’appuyant sur une simple légitimité « fonctionnelle », Béji Caïd Essebsi a réussi à renverser la vapeur en ayant l’humilité de se rendre chez Al Massar puis Al Joumhouri. Ce qui lui a permis, non seulement, de dissiper les « nuages » et de faire détendre les rapports avec ces deux formations politiques, mais d’aboutir à cette annonce rapide et spectaculaire de coalition politique tripartite. Mieux encore, selon les dernières déclarations faites par Maher Hanine, membre du Bureau exécutif du parti Al Joumhouri, les pourparlers vont se poursuivre en vue de se faire rallier, dans une deuxième phase, le Front populaire. Vieux loup des rouages politiques, M. Caïd Essebsi a bien compris que seul, Nidaa Tounès ferait, selon les divers sondages, à peine un poids égal à celui d’Ennahdha, d’où la nécessité absolue d’opter pour des alliances. Le duo Al Massar et Al Joumhouri l’ont compris aussi. En effet, Ennahdha a toujours misé sur un paysage politique dispersé, comme cela a été le cas à la veille du scrutin du 23 octobre 2011. Mais l’avènement de Nidaa Tounès a fait tomber toute la stratégie du parti islamique à l’eau. D’où sa cabale effrénée contre le mouvement de l’ancien Premier ministre de la première période transitoire et cette volonté de l’exclure de la vie politique par un projet de loi discriminatoire et, de l’avis de tous les juristes et droits de l’hommistes, anticonstitutionnel. Face à cette nouvelle donne, le parti islamiste tergiverse et fait tout pour retarder l’échéance électorale par maintes opérations de diversions, l’objectif étant d’avoir la mainmise sur tous les rouages déterminants dans les différents appareils de l’Etat et des mécanismes de l’administration, plus particulièrement la magistrature, les médias et l’Instance des élections. Ainsi, il ne se passe pas pratiquement un jour sans que de nouvelles nominations voient le jour dans les sociétés nationales et dans l’administration, plus précisément, les délégations, les délégations spéciales des municipalités et autres institutions nationales. D’ailleurs, même les organisations et autres instances internationales sont de plus en plus nombreuses à s’élever contre les restrictions en matière des libertés et du respect des droits de l’Homme et contre les tentatives de s’approprier les faveurs de l’appareil judiciaire et administratif. Les forces démocratiques et progressistes semblent, enfin, être conscientes, de cette situation et des menaces qu’elle fait peser sur le bon déroulement du processus démocratique, d’où ces essais de faire naître un front commun afin de faire naître un vrai espoir d’une alternance au pouvoir, un principe essentiel de toute démocratie digne de ce nom. businessnews __________________________________________________________ ______________________________________________________________________________________________________ Hamadi Jebali marionnette aux mains du conseil de la choura? Invité sur les ondes de Shems Fm, le président du parti « Al majd », Abdelwaheb El Heni, a affirmé que Hamadi Jebali est un homme d’état compétent quoi que il ne fait plus que contenter les demandes du conseil de la choura depuis un moment. Estimant que le chef du gouvernement est « handicapé par son entourage au sein du conseil de la choura », le président du parti « Al majd » a soutenu que ce dernier s’est pris au piège des dernières déclarations du ministre des affaires étrangères, Rafik Abdessalem, qui clamait, haut et fort, la confiance qu’il suscite auprès du conseil de la choura. « Hamadi Jebali est devenu un homme d’état faible devant la prépondérance du conseil de la choura » a conclu Abdelwaheb el Heni.tunisienumerique ____________________________________________________ _______________________________________________________________________________ La constitution d’un front démocratique élargi est une urgence pour faire face à Ennahdha Hayet Hamdi, universitaire et leader au Front Populaire Les rapprochements du Front Populaire avec « Al Massar » et « Al Jomhouri » donnent à penser qu’une prise de conscience est en train de s’opérer dans le camp des forces démocratiques. La coordination de leur action le 14 Janvier, très visible sur le terrain, laisse prévoir de nouvelles rencontres avec d’autres partis et l’élargissement du Front qui, d’après l’une de ses leaders, Hayet Hamdi, se définit par son extensibilité. Notre invité voit que la constitution d’un front démocratique élargi est plus qu’une nécessité, c’est une urgence. On doit s’activer pour faire face à « Ennahdha » et consorts qui tentent, par tous les moyens, de saboter le processus démocratique, selon elle. Le Temps : la rencontre du Front Populaire avec « Al Jomhouri » et « Al Massar » va-t-elle se poursuivre et prendre d’autres formes plus évoluées ? Et pourrait-elle s’élargir pour regrouper d’autres partis politiques comme « Nida Tounes » ? -Madame Hayet Hamdi : l’objet de cette rencontre c’est une tâche pratique et précise effectuée sur le terrain et qui est, en particulier, la lutte contre la violence politique. On s’est entendu aussi sur un seuil minimum commun ; cette plateforme, qui est un acquis pour les trois parties, peut se poursuivre et se développer. Si l’on se mettait d’accord sur la manière de gérer cette période transitoire en vue d’instaurer une vraie démocratie, l’agenda politique, la loi électorale et le modèle social, cette base pourrait se maintenir et se renforcer avec nos amis de « Al Massar » et « Al Jomhouri », car, pour ce qui est du mode de vie social, nous partageons la même conception. Quant à l’éventuelle rencontre avec « Nida Tounes », une pareille question devrait être tranchée au niveau central et discutée d’une manière approfondie. Notre Front est ouvert à toutes les forces démocratiques et progressistes, toutefois, on ne peut accepter l’intégration d’une partie qu’à condition qu’elle adopte notre plateforme économique, sociale et politique, comme on ne peut coordonner notre action à celle d’un autre parti que si nous nous recoupons sur certains points. Notre Front est extensible, il est ouvert à toutes les forces politiques qui partagent notre plateforme -Peut-on s’attendre à de nouveaux renforcements de votre effectif au sein du Front? - Nous sommes en discussion avec le Mouvement du Peuple qui a participé avec nous dans l’élaboration de la plateforme politique et la plupart des référentiels théoriques. Nous dialoguons, également, avec « El Kotb » (Le Pôle) et l’Alliance Démocratique. Tous ceux qui acceptent notre plateforme et partagent notre conception à propos de ce qui reste de la phase transitoire seront les bienvenus, les discussions se poursuivent avec plusieurs partis et le Front va s’élargir encore, car nous sommes persuadés qu’il est un projet national qui tend à sauver le pays de la situation chaotique dans laquelle il sombre. -Vous avez annoncé, il ya des mois, que le Mouvement du Peuple vous rejoindrait, alors qu’il continue à agir en solo et l’initiative au dialogue national qu’il vient de lancer en est la parfaite illustration. -On est encore persuadé que la place naturelle du Mouvement du Peuple est à l’intérieur du Front Populaire à moins qu’il ne décide de s’isoler de la vie politique, et je ne pense pas qu’il choisisse cette voie. Il refuse de faire des alliances avec « Ennahdha » et ses satellites, « Nida Tounes », l’Alliance Démocratique, pratiquement tous les partis, et il ne lui reste, logiquement, que le Front dans l’édification duquel il a apporté sa contribution comme je l’ai précisé. Pour ce qui est de l’initiative à laquelle nous étions invités, nous avons, clairement, exprimé notre position : nous sommes pour l’activation de celle de l’UGTT à propos de laquelle nous avons présenté une feuille de travail dont la plupart des points et idées ont été retenus et intégrés dans celle de la centrale syndicale dont l’initiative reste de loin préférable à toutes celles émanant de partis politiques. Il aurait été préférable que le Mouvement du Peuple s’inscrive dans le cadre de cette initiative au lieu d’en proposer une autre. Ce que je dis s’applique aussi à celle du président de la République, car, contrairement à ce que pense Mr Marzouki, l’association syndicale est de loin préférable à la présidence. L’UGTT est l’organisation qui a encadré la Révolution et tous les mouvements de protestation sociale et politique. Elle est la tente qui rassemble tous les partis et toutes les tendances démocratiques. L’initiative de l’UGTT est, de loin, préférable à celles émanant des partis ou de la présidence de la République -Et qu’est-ce que vous pensez de la signature par l’UGTT du pacte social ? -Nous avons dit que ce pacte social était conclu en l’absence d’un pacte politique, alors que dans n’importe système politique moderne, le premier ne peut se faire qu’après avoir réalisé le second. Non seulement ce pacte social ne remplit pas cette condition, mais il est établi sur une base économique et sociale fragile et à un moment où l’organisation patronale (l’UTICA) connaît de profondes divergences. C’est pourquoi nous sommes persuadés que l’effet de ce pacte social sera limité. -Comment se situe le Front Populaire par rapport au remaniement ministériel prévu? -Comme l’a dit le camarade Hamma Hammami, le porte-parole du Front, le tapage médiatique ne reflète pas l’importance de l’opération, il dépasse de loin l’intérêt de ce remaniement. Nous avons proposé, il y a des mois, la dissolution du gouvernement actuel et la constitution d’un gouvernement de crise, limité en nombre et comprenant des compétences nationales et indépendantes qui permettrait à l’ANC d’achever la constitution et qui serait chargé de gérer la période restante de la transition jusqu’aux élections. Le remaniement ministériel annoncé plusieurs fois et, indéfiniment, reporté à des dates indéterminées, ne pourrait être qu’une manœuvre politique de la part de la « Troïka » et, principalement, « Ennahdha ». C’est un moyen détourné qu’ils emploient pour ne pas fixer une date précise pour les élections. On a même avancé celles de 2014 et 2015. Donc, ce remaniement n’aura d’effet qu’au niveau des atermoiements concernant la fixation de cette date capitale et l’instauration des instances qui vont permettre la réalisation des élections démocratiques conformément aux conditions que nous avons réclamées. Un pacte social ne pourrait être conclu que sur la base d’un pacte politique -La mise en place de ces instances sont-elles suffisantes pour le déroulement de ces élections ? -Le 14 Janvier, nous avons manifesté avec nos amis de « Al Massar » et « Al Jomhouri » pour dénoncer un problème qui fait souffrir tous les Tunisiens qu’ils soient activistes politiques ou de simples citoyens, à savoir la violence répandue dans tous les secteurs, tous les domaines et toutes les régions du pays. Et tant qu’il y a une violence politique, économique, symbolique et morale, une violence contre les citoyens, il n’est pas possible d’organiser des élections. C’est pourquoi j’ai dit que le pacte social doit être précédé d’un pacte politique qui mettrait une limite à la théorie de la bousculade sociale, dans laquelle nous voyons une incitation au massacre, elle invite les citoyens à s’entretuer, c’est elle qui est la cause de cette violence qui s’installe parmi nous. Sans ces conditions, ces élections ne pourraient pas se dérouler dans un climat démocratique. -Mais « Ennahdha » et ses alliés ne l’entendent pas de cette oreille, ils ne sont prêts ni à dissoudre les « ligues de protection dela Révolution », ni à renoncer aux ministères de souveraineté. Quelle est votre alternative face à ces refus catégoriques? -Je pense que « Ennahdha » s’est isolée elle-même beaucoup plus qu’il ne faut et que, par conséquent, elle va se trouver contrainte de revenir à la table de dialogue, elle n’a pas d’autre alternative. Actuellement, elle persiste à considérer que ce qu’on appelle « ligues de protection de la Révolution » représentent la « conscience » de cette dernière et dans lesquelles, nous, nous voyons celle de « Ennahdha » qui en mesure seule le degré de révolutionnarisme. Elle prétend qu’il n’est pas possible de les dissoudre, légalement, alors qu’en réalité il existe une issue légale qui est le gèle des activités de ces associations et le jugement de ceux de ses membres qui sont impliqués dans des actes de violence. C’est ce qu’elle est tenue de faire si elle tient, vraiment, à réintégrer le terrain politique dont elle s’est exclue délibérément. La deuxième condition est la fixation d’une date précise pour les élections et la rupture avec la politique de procrastination. Personnellement, je suis convaincue que seul un front démocratique élargi est susceptible d’imposer à « Ennahdha » toutes ces conditions relatives à la tenue des élections et au climat démocratique de leur déroulement et l’empêcher de poursuivre ce feuilleton que les citoyens ne supportent plus. La théorie de la bousculade sociale est responsable de la violence politique qui sévit dans le pays -Où est le rôle de l’ANC dans tout cela ? -Le problème de la Constituante ne date pas d’aujourd’hui. Elle a dévié, depuis son entrée en exercice, de l’objectif fixé, préalablement, à savoir l’élaboration d’une constitution démocratique. Elle s’est écartée de cette mission primordiale et s’est mise à légiférer, exécuter, visiter les régions, contrôler le travail du gouvernement, etc. En fait, ce dernier a fait tout son possible pour mettre la pression sur l’ANC afin de prolonger au maximum cette période de transition, ce qui veut dire que les difficultés de cette dernière ne sont pas seulement d’ordre chronologique mais également politiques. « Ennahdha » a impliqué l’Assemblée Nationale Constituante dans son propre agenda. -Mais l’ANC n’est pas si innocente que cela. Loin de ces considérations, strictement, politiques, son comportement dénote une certaine nonchalance à l’égard des intérêts de ceux qui les ont élus comme l’augmentation des salaires, par exemple. -Nous ne mettons pas en cause la légitimité de l’ANC qui est la seule autorité élue par le peuple. Toutefois, ce dont nous doutons c’est la tendance de son président à la soumettre à une volonté politique qui est censée dépendre de la constituante. Le renoncement de cette instance souveraine à tous ses pouvoirs et à toutes ses prérogatives et son désistement en faveur de celle-ci l’a amenée s’assujettir à un agenda politique qui lui est étrangère. Au lieu de défendre son indépendance vis-à-vis du gouvernement et tourtes les autres forces qui veulent l’inféoder, le président de l’ANC décide des augmentations de primes à 2h du matin pendant que le peuple souffre de la misère surtout dans les régions de l’intérieur. Cette décision a provoqué un vaste mécontentement populaire. Personnellement, je ne culpabilise pas les députés constituants, dans cette affaire mais plutôt le président qui en assume seule la pleine responsabilité. Au reste, il a provoqué une déception même au sein de son propre parti par cette mesure et, également, par le parcours qu’il a prescrit à l’ANC depuis sa nomination. « Ennahdha » a impliqué l’Assemblée Nationale Constituante dans son propre agenda -Ne voyez-vous pas que la liberté de la presse vive une nouvelle épreuve ces jours-ci ? -C’est ce qu’on doit comprendre quand un responsable vient vous dire qu’il faut arrêter les émissions contre « Ennahdha », et là, je veux parler du secrétaire d’Etat de l’immigration qui a intimé l’ordre à la journaliste Amel Chahed, animatrice de l’émission «Bitawqit El Oula» sur la chaîne Al Wataniya 1 de ne plus diffuser de tels programmes. « Ennahdha » veut mettre les médias à genoux, car ils constituent un moyen électoral, grandement, efficace, elle tente de mettre la main dessus pour les utiliser dans sa propagande politique afin de s’assurer le résultat des élections. Cette nouvelle campagne contre les médias a commencé le 14 Janvier, alors qu’on croyait que ces derniers allaient, enfin, trouver leur voie avec la haute instance indépendante de l’information qui était en cours de se constituer. Pendant que nous nous attendions à la fin du calvaire des journalistes, deux d’entre eux sont agressés le jour de la deuxième commémoration de la Révolution et qui sont Néji El Bghouri et Zied El Héni, connus pour leur militantisme pendant les années de braise. Cela montre à l’évidence qu’il existe chez « Ennahdha » une intention de faire dépendre les médias de sa volonté. L’expression de « médias de la honte » désigne ceux qui ne sont pas soumis à ses désirs et, en particulier, ceux de son président Rached Ghannouchi. Lorsqu’on voit le refus, au sein de l’ANC, de l’expression de « instance indépendante de la justice » et « instance indépendante des élections » après des débats houleux où El Bhiri a fini par imposer son avis et décréter leur suppression, on comprend, aisément, les intentions de « Ennahdha » qui sont l’obédience de la justice, des médias et de l’instance des élections. Elle est en train de manœuvrer pour gagner du temps, s’approprier ces trois autorités, qui constituent le socle pour des élections démocratiques, et les diriger dans le sens qu’elle veut. Les médias sont en train de subir une offensive de la part « d’Ennahdha » qui veut les inféoder -Pourquoi cette campagne contre les médias intervient-elle à ce moment précis ? -Parce qu’elle voit que les médias sont devenus libres, et des médias libres la dérangent de même qu’une justice libre, car c’est elle qui est habilitée à vérifier les appels pendant les élections et qui pourrait annuler ces dernières au cas où elles seraient truquées, par exemple. L’indépendance de l’instance des élections n’arrange pas non plus « Ennahdha », c’est pourquoi sa constitution est soumise à des quotas partisans à l’image de ce qui se passe au gouvernement, et on n’a qu’à voir le taux des nommés et celui des élus en son sein pour s’en rendre compte. Tout ce que fait le parti au pouvoir menace la transparence des élections, il tente de disposer des rouages de l’Etat pour asservir l’administration dont il refuse la neutralisation comme il refuse celle des mosquées. Parce qu’il se représente bien le poids de la première qui a fait ses preuves pendant les moments extrêmement délicats où elle a évité l’effondrement du pays lorsque l’Etat était absent, comme il voit dans les mosquées des centres de propagande électorale pour lui. « Ennahdha » met la main sur les rouages de l’Etat pour maîtriser l’opération électorale -Comment vous commentez la qualification de Hamadi Jebali de l’élite tunisienne? -Sa fameuse phrase « Notre malheur réside dans notre élite » traduit le constat amer fait par « Ennahdha » qui a, enfin, réalisé une vérité à laquelle elle ne s’attendait pas : l’élite tunisienne est en rupture totale avec elle. Cette élite a ses traditions démocratiques, civiques, modernistes… « Ennahdha » voit dans toutes ces caractéristiques un écueil majeur l’empêchant à continuer son règne et une menace très sérieuse pour son discours obscurantiste. Donc, le malheur du peuple tunisien ce n’est pas son élite, mais « Ennahdha », et je compare les tribulations que vit la première à celles connues par Averroès face aux fanatiques de son époque. C’est, vraiment, paradoxale que cette élite, la fondatrice de la modernité, de l’esprit éclairé, de la pensée, de l’école, de l’intelligence tunisienne… soit traitée de la sorte par celui qui est la vraie source du malheur. Hamadi Jebali est effrayé par toutes ces prouesses réalisées par notre élite. L’élite tunisienne représente une vraie menace pour le discours obscurantiste « d’Ennahdha » -Qu’est-ce qu’il en est du congrès constitutif du Front Populaire ? -Sa tenue était prévue pour le mois de janvier, mais le calendrier nous a obligés à le reporter au début du mois de février prochain, nous avons préféré privilégier la deuxième commémoration de la Révolution. En d’autres termes, il n’y a pas de raisons politiques pour ce retard, mais tout simplement des questions d’ordre technique. letemps ____________________________________________________________Mais espérant que Hamma Hammami et «son» Front Populaire échappent quelque peu aux idéologies puristes pour le bien de la Tunisie... Dernière nouvelle LE FRONT POPULAIRE REFUSE TOUTE ALLIANCE ÉLECTORALE Le porte-parole du Front Populaire, Hamma Hammami a déclaré sur les ondes de Mosaique FM que son parti refuse d’entrer dans une coalition élargie avec Nida Tounes, Al Massar et le Parti Républicain et préfère s’engager dans les prochaines élections avec des listes indépendantes. Écouter Hamma Hammami Repost
La situation ne s’arrange pas au Kef Des protestations ont repris dans la journée du samedi 19 janvier, dans les rues du gouvernorat du Kef, réclamant la destitution du gouverneur de la région. Les habitants de Sakiet Sidi Youssef ont l’intention de boycotter la fête du 8 février correspondant à la commémoration des événements de « Sakiet Sidi Youssef » revendiquant une zone d’échange libre tuniso-algérien. tunisienumerique __________________________________________________________________________ Le Kef-Marche de protestation des sans-emploi, le départ du gouverneur revendiqué Un groupe de jeunes sans emploi a pris part ce samedi 19 janvier à une marche de protestation pacifique dans les rues de la ville du Kef. Les manifestants ont rallié le domicile du gouverneur de la région, et ont revendiqué le départ de ce dernier. Les jeunes chômeurs ont scandé des slogans pour l'emploi et le développement, et exigent le départ immédiat du gouverneur car celui-ci ne serait pas capable de régler les problèmes des habitants de la région. Les forces de sûreté ont déployé des renforts autour de la résidence du gouverneur pour faire face à d'éventuels débordements, qui ne se sont finalement pas produits. shemsfm __________________________________________________________ ____________________________________________________________ Colère sociale au Kef, ville économiquement sinistrée Depuis plus de 10 jours, la colère gronde au Kef. Le 8 janvier déjà, de jeunes diplômés chômeurs avaient bloqué des routes de la région et l’entrée de la ville en signe de protestation. Au cours d’une réunion, tenue jeudi 10 janvier, la commission administrative de l’Union régionale du Travail du Kef (URT) décide d’organiser une grève régionale le 16 janvier 2013. Le syndicat explique son action par le non-respect par le gouvernement des accords conclus avec l’URT. Ceux-ci prévoyaient notamment l’impulsion du développement dans la région et la réalisation de projets visant à la lutter contre le chômage. Le secrétaire général de URT, Ibrahim El Gasmi, a ajouté que cette décision a été prise à l’unanimité des membres de la commission administrative de l’Union régionale du travail du Kef. La marche de protestation dégénère Les déclarations du gouverneur sur le recrutement prochain de plus de travailleurs sur les chantiers n’auront donc pas suffi à calmer les Keffois. Loin s’en faut, puisque la grève est largement suivie et l’activité complètement paralysée le 16 janvier. Une large majorité de commerces ont cessé leur activité pour respecter le mot d’ordre. D’abord pacifique, l’importante manifestation accompagnant la grève (5000 personnes selon la TAP) a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Une partie des manifestants s’en sont pris aux locaux du Mouvement Ennahdha et à un poste de police en tentant de les incendier en lançant des cocktails Molotov. Sur l’une des vidéos filmées au Kef, on peu même voir un petit groupe de jeunes manifestants scander « Vive Ben Ali ! » en déroulant une affiche représentant le dictateur déchu. La réponse sécuritaire peine à ramener le calme Celle-ci a répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Selon des témoins, des membres des Ligues de protection de la Révolution ont pris part aux affrontements pour réprimer les manifestants en soutenant la police. Les affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la soirée du 16 janvier. Suite à ces graves incidents, la police a annoncé le lendemain avoir arrêté 17 personnes impliquées dans « des actes de violence et de pillage ». Mais, la situation ne semble pas s’être calmée pour autant. Jeudi 17 janvier, les cours ont en effet été interrompus dans certains établissements scolaires du Kef suite à des agressions perpétrées par des individus non identifiés. Des violences ont aussi été rapportées dans la journée du vendredi, pendant laquelle la police a dû utiliser du gaz lacrymogène pour disperser des individus visant le poste de sécurité de Barnoussa. Selon des témoins contactés sur place, la reprise des cours s’est faite péniblement ce samedi matin, mais sous haute tension après les attaques et les subits par les écoles et lycées jeudi et vendredi. Dans le même temps, un rassemblement de Keffois avait lieu devant le siège du gouvernorat pour protester contre la répression et l’absence de dialogue. Silence assourdissant du gouvernement Le gouvernement demeure étrangement silencieux sur ces graves incidents. Seul le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi s’est exprimé pendant cette crise pour annoncer des mesures pour l’ensemble des gouvernorats de l’intérieur du pays et pas seulement pour le Kef. Souvent critiqué pour sa gestion des crises sociales dans le centre du pays, le gouvernement brille une fois de plus par son silence et sa réponse strictement sécuritaire comme ce fut le cas à Siliana et plus récemment à Ben Guerdane par exemple. Raced Cherif nawaat ____________________________________________________________________ Repost

References: Art. 16
 Art. 18
 Art. 35
 Art. 37
 Art. 53
 Art. 56
 Art. 90
 Art. 95
 Art. 127
 Art. 132