Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021002-236523
Timestamp: 2016-12-04 10:45:57+00:00

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France, Conseil d'État, 1 ss, 02 octobre 2002, 236523
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 236523Numéro NOR : CETATEXT000008144218 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-02;236523 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 24 juillet 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 2 mai 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 9 octobre 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mlle Elifa X... ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X..., de nationalité yougoslave, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois à compter de la décision du 14 juin 2000 notifiée le jour même par laquelle le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si Mlle X... fait valoir que ses attaches familiales sont en France, où résident ses parents qui l'hébergent ainsi qu'un frère, il ressort des pièces du dossier qu'elle est célibataire et sans enfant, qu'elle n'a pas vécu son enfance et son adolescence avec ses parents et que la continuité de son séjour en France depuis 1989 n'est pas établie ; qu'elle conserve, en outre, des attaches familiales en Yougoslavie ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du PREFET DE POLICE en date du 9 octobre 2000 n'a pas porté aux droits de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, dès lors, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé pour ce motif l'arrêté du 9 octobre 2000 ;
Sur le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté de reconduite à la frontière :
Considérant que l'arrêté par lequel le PREFET DE POLICE a décidé la reconduite à la frontière de Mlle X..., en relevant que l'intéressée s'est maintenue plus d'un mois après la notification, le 14 juin 2000, du refus du titre de séjour et en visant le 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 précitée, comporte l'exposé des faits et des considérations de droit sur lequel il se fonde et est ainsi suffisamment motivé ; que, dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation n'est pas fondé ;
Sur l'exception d'illégalité de la décision de refus de séjour :Considérant qu'aux termes de l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945 précitée modifié par la loi du 11 mai 1998 : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour (.) la commission est saisie par le préfet lorsque celui-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article 12 bis ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné à l'article 15 " ; qu'il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles 12 bis et 15 auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ;
Considérant que Mlle X..., célibataire et sans charge de famille, n'était pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit une carte de séjour " vie privée et familiale " en application du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ; que, par suite, le PREFET DE POLICE n'était pas tenu, en application de l'article 12 quater, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ; que le moyen tiré de ce que l'absence de consultation de cette commission entacherait d'irrégularité la procédure qui a précédé le refus de séjour doit, par suite, être écarté ;
Considérant que la circulaire du 12 mai 1998, relative à l'application de la loi n° 98-349 du 11 mai 1998 relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d'asile, étant dépourvue de valeur réglementaire, les moyens tirés de sa méconnaissance sont inopérants ;
Considérant que si Mlle X... soutient que la décision lui refusant un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen ne peut, compte tenu des circonstances rappelées ci-dessus, qu'être écarté ; que ces circonstances ne suffisent pas pour établir que le préfet aurait, en refusant le titre de séjour demandé par l'intéressée, commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur sa situation personnelle ;
Considérant, enfin, que le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision de refus de séjour ;
Article 4 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE et à Mlle Elifa X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2000-10-09Circulaire 1998-05-12Code de justice administrative L761-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Loi 98-349 1998-05-11Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 quater, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 02 octobre 2002, n° 236523Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. Eoche-DuvalRapporteur public : Mlle FombeurOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 1 ssDate de la décision : 02/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 8
 l'article 22
 l'article 12
 l'article 12
 l'article 15
 l'article 12
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 l'article 8
 l'article 3
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 art. 8
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