Source: http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/port-du-chatelet-saint-jacut-de-la-mer/ec410070-6a14-4e4e-9f01-0d7173f59063
Timestamp: 2019-04-22 00:48:16+00:00

Document:
Port du Châtelet (Saint-Jacut-de-la-Mer) - Inventaire Général du Patrimoine Culturel
Port du Châtelet (Saint-Jacut-de-la-Mer)
Dossier IA22010586 réalisé en 2008
Détail : plan de la rade des Ebihens à basse mer d'équinoxe, les 2, 3, 4 avril 1703, avec le texte descriptif par le comte de Pontbriand, capitaine garde-côtes : remarquer le havre du Châtelet (SHAT, Vincennes)
Plan du port du Châtelet en 1849 (Archives nationales)
Détail du plan du port du Châtelet en 1849 (Archives nationales)
Extrait du cadastre de 1827 : le port du Châtelet au Nord st de la commune (AD 22)
Plan du port du Châtelet en 1843 avec la vieille jetée en pierres sèches à détruire (AD 22)
Plan du port du Châtelet en 1847 avec la partie courbe en projet, non réalisé (AD 22)
Plan, dessin en coupe avec les avaries subies pendant la tempête de 1851 (AD 22)
Plan de l'ouvrage en cours de réalisation, avec l'ancienne jetée en ruines, 1852 (AD 22)
Plan du site du Châtelet en 1855 (AD 22)
Vue générale du site du Châtelet en 1869 (AD 22)
Plan du port et d'une demande de concession en 1877 pour construire une cabane à la grève du Châtelet, par un mareyeur (AD 22)
Plan de la jetée du Châtelet avec la partie démolie pendant la tempête de 1906 (AD 22)
Plan général de la presqu'île de St-Jacut, 1951 (AD 22)
La cale et la digue à marée basse, 1er quart 20ème siècle : remarquer le fanal sur le musoir de la jetée (collection particulière)
Le port du Châtelet à marée haute : bateaux échoués et démâtés devant le port, 1er quart 20ème siècle : remarquer la grande masion, datée de 1882 de la famille Saulnier de la Pinelais (collection particulière)
Caboteur dundee 'Adrien' échoué en 1923 au havre de la Pissotte, au sud du port du Châtelet, détruit en 1927 (collection particulière)
Retour de pêche au port du Châtelet au début du 20ème siècle : remarquer les doris et les deux marins pêcheurs, avec leur mangne et leur applet (collection particulière)
Le havre d'échouage du Châtelet au début du 20ème siècle : remarquer les forts canots creux gréés en misainier avec bout-dehors (collection particulière)
Doris à la plage de la Manchette, en amont de la baie de Lancieux (collection particulière)
Vue du port du Châtelet au début du 20ème siècle : remarquer les forts canots, gréés en flambart, du type dragous, sur leur tangon (collection particulière)
Vue du Havre du Châtelet avec les criques au sud de la Pissotte et de la Manchette
Vue du havre du Châtelet depuis la plage de la Manchette
Vue de la cale et de l'enracinement du môle, avec les constructions du port (le poste des douanes, l'ancien bâtiment des Phares et balises (1889) et l'ancien atelier de salaison)
Vue de l'ancien atelier de salaison et de la maison dite du Grand Châtelet
Vue de la cale et de la digue
Vue du môle et du parapet
Vue du musoir du môle
Vue du musoir et de l'escalier
Vue d'un organeau dans le mur du quai
Vue du revêtement de la jetée et du parapet
Vue du mur de quai en moellons de granite (remarquer le fruit du mur) et de la cale bétonnée
Le port du Châtelet et les installations portuaires de Saint-Jacut Jusqu'au milieu du 19ème siècle, les installations portuaires étaient pratiquement inexistantes à Saint-Jacut, de la baie de l'Arguenon à la baie de Lancieux. Les seuls abris étaient le "Port de la Chapelle" au sud des Ebihens, face à l'entrée primitive de l'abbaye, à proximité des pêcheries des moines, et le port du Châtelet sur la côte Est, en baie de Lancieux. En 1703, le plan du comte de Pontbriand (capitaine garde-côtes), intitulé 'Plan de lille et rade des Ebihens vue à marée basse' décrivaitt le havre du Châtelet : le havre du Châtelet en Saint-Jacut où il y a dix petits batteaux. La mer n'y monte pas aux mortes eaux. Les batteaux n'eschouent guère dans les autres anses. Le dessin représentait ce qui pourrait ressembler à une modeste jetée, que le chevalier Mazin allait reconnaître en 1756, en évoquant 'une jetée de pierres sèches'. Ce témoignage écrit précédait une description analogue de M. de la Rozière en 1772 (SHAT, MR 1091), qui évoquait un petit village habité par des pêcheurs qui tiennent leurs bateaux dans la partie de l'Est où ils ont formé un petit port couvert par une jetée de pierres sèches. Sur la carte des Ingénieurs Militaires de 1776, étaient mentionnés comme 'ports', les échouages du Châtelet, de la Pissotte, de la Manchette et de la Justice, mais toujours pas d'ouvrage de protection. En effet, en 1843, l'ancienne jetée construite en pierres sèches était en ruines. C'est à cette époque (1846) que Guillaume Hervé-Langerais fit un don testamentaire à la commune, dont il fut le maire, afin de construire une véritable jetée. Toutefois, Il fallut attendre l'année 1849 pour que l'on décida de la construction de la grande digue ou jetée du Châtelet, qui demanda 2 ans de travaux. Le chantier confié à l'entreprise Joubeaux fut résilié en 1851 et achevé en régie en 1852 par les Ponts et Chaussées, après une petite modification de forme (la partie courbe de la jetée ne sera pas réalisée). Cependant, les moellons posés à sec sur le mur de parement du large, ne résistent pas à la tempête de décembre 1851. Il fallut refaire ces maçonneries et réaliser un parapet pour protéger le quai des vents de Nord-Est. Ce parapet fut exécuté en deux parties, réalisées successivement en 1854 et en 1859, sur une longueur de 71 m, avec une hauteur de 0, 80 m et une largeur de 0, 60 m, en pierre de taille. En 1848, la commune perdit le droit d'embarquer à son port du Châtelet les produits de la terre, ce qui jusque là avait été très avantageux pour les communes de Lancieux, Ploubalay et Trégon. Cette sanction administrative fut infligée à la suite 'd'évènements regrettables survenus en 1848' dont on ignore la nature. Il fallut attendre 15 ans, soit en 1863, la restitution de ces droits. Un feu de port sur le môle fut établi en 1889, entretenu par le 'metoufeu', avant son électrification en 1930. En 1906, une tempête endommagea considérablement le coeur de la jetée, qui fut reconsolidée. Un second petit port, situé plus en aval fut dotée d'une petite digue, la cale de la Houle Caussel, datée de 1867. Elle complétait les aménagements portuaires de Saint-Jacut. Au milieu du 19ème siècle, le port n'était relié au bourg, distant de 600 mètres, par aucun chemin. La population, essentiellement maritime, comptait 1035 âmes en 1878 (cité par Pelaud). Au milieu du 19ème siècle, le trafic commercial était modeste dans ce port : 28 navires au cabotage en 1857, cependant 23 navires armaient pour la petite pêche. Une cale de 30 m fut construite en sus afin de faciliter le débarquement du poisson. Vers 1875, une trentaine de bateaux embarquaient près de 200 hommes qui s'adonnaient à la pêche côtière, représentant un chiffre d'affaire de 65 000 francs par an. Ces marins allaient pêcher les raies jusqu'au plateau des Roches Douvres, à vingt miles nautiques. La pêche au maquereau était florissante et une partie était traitée sur place dans un atelier de salaison, situé au-dessus du port (le 'Petit Châtelet'). En 1877, Joseph Carré, mareyeur, obtint une concession, située sur le front de port, à côté de la cabane des douanes. En 1921, Villemartin, marin-pêcheur au Guildo, faisaitt construire une cabane-atelier dans l'anse du Châtelet. Cette initiative fut suivie quelques dizaines d'années plus tard par l'installation de l'atelier de charpente marine de Yves Mesvel en 1960 près de la grève du Châtelet. Le port du Châtelet était le port d'hivernage traditionnel des Jaguens, non accessible en morte-eau. Les marins jaguens disaient à la mauvaise saison : Queu jeu dans l'Châtelet quand tous les bâts y sont, soit 'quel remue-ménage quand tous les bateaux de pêche sont là'. Aujourd'hui, il n'y a plus d'acitivité de pêche professionnelle à Saint-Jacut et le port du Châtelet a une vocation unique de port de plaisance.
Le môle du Châtelet, de forme rectiligne, mesure 74 mètres de longueur, 3 mètres de largeur en couronnement, avec un fruit latéral de 1/5ème. Il est dirigé à peu près Nord-Sud et enraciné dans le Nord, avec une cale parallèle à cette digue. Le môle est formé d'un massif intérieur hourdé "avec un mortier de marne et recouvert, sur 0, 70 m d'épaisseur d'une maçonnerie faite avec du mortier de chaux hydraulique et rejointoyée avec un mortier de ciment". Des pierres de queue, provenant de l'Île Grande, ont remplacé les maçonneries d'intérieur et le parement extérieur fut réalisé en moellons piqués provenant des carrières de la Colombière et de l'îlot de Grande Roche. Le parapet, garantissant la plateforme, mesure 71 mètres de long, avec une hauteur de 0, 80 mètre et une largeur de 0, 60 mètre. A la fin du 19ème siècle, le môle portait à son extrémité un "feu tambour de mât qui indiquait l'entrée du port". Il fut retiré au début du 20ème siècle. Une cale longue de 30 mètres, recouverte d'un parement en béton (en partie en mauvais état), complète ces ouvrages portuaires. Le quai est un ouvrage maçonné terminé par un musoir circulaire, équipé d'un escalier intérieur.
Le port du Châtelet mérite d'être signalé comme port de caractère.
Descriptif du port du Châtelet par Thomassin, 1875
"Cet abri est situé dans l'Est-Sud-Est du moulin Nord de Saint-Jacut ; il est formé par une petite jetée de 50 mètres qui court au Sud-Est. Les bateaux de pêche y trouvent un bon abri, mais il y a du ressac avec les vents de Sud-Est.
Il faudrait un petit feu de marée soit au bout du môle, soit sur l'une des deux maisons, pour signaler pendant la nuit le place du môle que les bateaux dépassent souvent dans les nuits sombres, ce qui les expose à être défoncés sur la grève dont le sablee st dur, lorsque le vent vient du Nord. Il y vient des caboteurs prendre du cidre et des grains. La grève est très nette depuis la Roche-Gautrat, dont il faut passer à 1 encablure à l'Est ou à 1 encablure à l'ouest. Elle est éllevée de 2, 4 m entre la pointe de Lancieux et celle de Saint-Jacut et de 6 m près du môle. Les caboteurs vont rarement au Châtelet pendant l'hiver ; il se placent autant que posssible au fond de l'échouage, près de la cale, parce que le fond y est de vase et d'autant plus mou qu'on se rapproche de terre".
Situation du port du Châtelet en 1849
Sources : Archives Nationales, Jean-Pierre Bihr.
En 1849, le port du Chatelet abrite 28 bateaux de pêche d'une moyenne de 2 tonneaux 50, armés par 84 marins. Le produit de la pêche à pied représente à cette époque 10% du produit de la pêche embarquée. Il n'y a pas de mouvement commercial au port (absence de cabotage).
Extrait du rapport de l'ingénieur Pelaud, en 1878, sur le port du Châtelet à St-Jacut
Pelaud, M."Ports maritimes de la France. Notices sur les ports des baies de Saint-Brieuc et du Guildo et des parages voisins". Ministère des Travaux Publics : Imprimerie nationale, 1878, pp. 10, 13. (St-Jacut, p. 1-7).
"L'accès naturel du port est par le Nord, en longeant la côte Est de l'île des Ebihens. Les écueils les plus dangereux que l'on rencontre dans cette direction sont le Platus, qui est signalé par une tourelle en maçonnerie, construite en 1863, et la Roche Gautrat, balisée par une perche. Le long de cette passe, au sud-est de l'île des Ebihens, se trouve un bon échouage, très fréquenté, et beaucoup plus avantageux comme point de ralâche que le port de St-Jacut. Le petite havre de St-Jacut est formé par le havre du Châtelet, abrité par les terres contre les vents d'ouest, et que l'on a garanti, du côté de l'Est, par une jetée en maçonnerie. Cette jetée est enracinée dans les rochers qui forment la pointe du Châtelet et est dirigée du Nord 10° Ouest au Sud 10° Est. Sa longueut totale est de 74 mètres. Elle se compose d'un massif à pierre sèche, rejointoyé du côté du large avec mortier de ciment de Vassy. Sa largeur en couronne est de 3 mètres et ses parements sont dressés suivant un fruit de 1/3. La plate-forme de couronnement, qui a été arasée au niveau des plaines mers de vive eau, est protégée vers le large par un parapet en pierre de taille, d'une hauteur moyenne de 0, 75 m et d'une épaisseur de 0, 60 m. Sa construction a donné lieu à une dépense de 3000 francs. La jetée présente, à son origine, une cale-débarcadère de 30 m de longueur, qui a été établie sur les fonds d'entretien. Malgré sa superficie restreinte, 70 ares eviron, et bien que les bateaux n'y soient pas complètement à l'abri de toute agitation, le porte de St-Jacut rend de très grands services aux pêcheurs et reçoit même quelque fois de petits caboteurs".
20082206633NUCB : Collection particulière
20082206189NUCB : Archives nationales
20082206190NUCB : Archives nationales
20082206621NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 3 P 302.
20082206202NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206203NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206206NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206205NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206204NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206201NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 169.
20082206191NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 179.
20082206208NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206207NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. Art. 162.
20082206197NUCB : Collection particulière
20082206196NUCB : Collection particulière
20082206195NUCB : Collection particulière
20082206735NUCB : Collection particulière
20082206194NUCB : Collection particulière
20082206193NUCB : Collection particulière
20082206192NUCB : Collection particulière
AD Côtesd'Armor. 2 E dépôt 182. Description du port du Châtelet par M. de la Rozière, 1772.
AD Côtes-d'Armor. Extrait de plan cadastral, 1827. AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/16, plans cadastraux parcellaires de 1827, section A.
AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série Art. 162. Plans du port du Châtelet avec les travaux à réaliser, 1843, 1852, 1855, 1906.
BRISOU, Dominique. Le Châtelet, son port et ses maisons, Les Amis du Vieux Saint-Jacut, décembre 2003, n° 44.
MAZIN, Charles. La Côte de Bretagne depuis Lancieux jusqu'à Pordic. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, 1971, 99.
AUDOUIN, M. ; MILNES, Edwards. Recherches pour servir à l'histoire naturelle du littoral de la France, ou Recueil de mémoires sur l'anatomie, la physiologie, la classification et les moeurs des animaux de nos côtes, tome 1er, voyage aux îles Chausey et à St-Malo. Paris : Crochard, 1832.

References: Art. 162
 Art. 162
 Art. 162
 Art. 162
 Art. 162
 Art. 162
 Art. 162
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