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Timestamp: 2016-10-22 21:32:45+00:00

Document:
4A_466/2015 (16.06.2016)
4A_466/2015 � � Arr�t du 16 juin 2016
tous deux repr�sent�s par Me St�phane Ducret,
Banque Z.________, repr�sent�e par
Me Jean-Samuel Leuba,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 22 mai 2015.
A.a.�Le 10 mars 2004, la soci�t� A.________ SA (ci-apr�s: A.________), dont H.X.________ �tait administrateur pr�sident et H.Y.________ administrateur secr�taire, ainsi que les pr�nomm�s comme " tiers garants ", ont sign� une offre de cr�dit de la Banque Z.________ (ci-apr�s: Z.________ ou la banque), dont le si�ge est � Lausanne, octroyant � ladite soci�t� une limite de cr�dit en compte courant n� xxx d'un montant de 200'000 fr.; en regard du libell� " R�duction de limite", le document stipulait " sans amortissement, revu annuellement sur la base de la remise des comptes " (art. 105 al. 2 LTF); A.________ s'engageait � utiliser le cr�dit comme fonds de roulement; il �tait pr�vu un int�r�t d�biteur de 6,25% l'an, une commission de 0,25% par trimestre et, � titre de garantie, le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr., et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme, en plus du nantissement par chacun d'eux de 45 actions au porteur d'une valeur nominale de 1'000 fr. de A.________; � titre de " clauses particuli�res ", A.________ s'obligeait pour toute la dur�e du cr�dit � remettre � la banque chaque ann�e son bilan annuel r�vis�, accompagn� des comptes de r�sultat et des rapports de l'organe de r�vision, dans les trois mois suivant la cl�ture. Les " conditions applicables aux limites de cr�dit en compte courant " de Z.________, annex�es � l'offre de cr�dit, pr�cisaient, sous le titre " R�duction de limite ", que " nonobstant les r�ductions de limite pr�vues, le solde cr�ancier ou d�biteur du compte courant (�tait) exigible en tout temps par le cr�ancier, que ce soit le Client ou la Banque " (art. 105 al. 2 LTF).
Le m�me jour, H.X.________ et H.Y.________ (les d�fendeurs) ont sign� avec A.________ un acte de gage et cession g�n�ral en faveur de Z.________.
Par acte instrument� en la forme authentique le 18 mars 2004, H.X.________ s'est constitu� caution solidaire envers Z.________ jusqu'� concurrence du montant maximal de 100'000 fr. et s'est oblig� � ce titre solidairement avec A.________ pour assurer le remboursement de la cr�ance que Z.________ poss�dait ou poss�derait contre ladite soci�t� � la suite de l'octroi du cr�dit en compte courant n� xxx pr�cit�, ainsi que des engagements dont A.________ pourrait se retrouver redevable ou garante en faveur de Z.________ avec l'accord �crit de la caution. Cet acte pr�voyait notamment que la caution s'obligeait pour le montant sus-indiqu� jusqu'� complet remboursement de la cr�ance de la banque, ind�pendamment de toutes autres garanties que celle-ci poss�derait pour sa cr�ance, le droit suisse �tant applicable en vertu d'une clause d'�lection de droit.
Par un second acte notari� le m�me jour, H.Y.________ a pris les m�mes engagements � l'endroit de la banque.
A.b.�Le 13 avril 2005, A.________, ainsi que les d�fendeurs, sous l'intitul� " tiers garants et cautions ", ont sign� une offre de cr�dit de Z.________ diminuant jusqu'� nouvel avis la limite du compte courant susmentionn� � 160'000 fr.; l'offre pr�voyait toujours un int�r�t d�biteur � 6,25% l'an, une commission de 0,25% par trimestre et, � titre de couvertures, le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr., et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme, en plus du nantissement par chacun d'eux de 45 actions de A.________, selon actes sign�s le 10 mars 2004; le document mentionnait aussi, � titre de clauses particuli�res, l'engagement de A.________ de remettre annuellement ses comptes et indiquait que le solde d�biteur du compte au 13 avril 2005 �tait de 222'506 fr.43, int�r�ts, commissions et frais en sus.
Le 27 novembre 2006, A.________ et les d�fendeurs, ces derniers comme " constituants de gage et cautions ", ainsi que F.X.________, sous la rubrique " garant ", ont sign� une offre de cr�dit de Z.________ compl�tant temporairement de 90'000 fr. la limite de cr�dit de 160'000 fr. et permettant ainsi l'utilisation de 250'000 fr. du 15 novembre 2006 au 15 f�vrier 2007 jusqu'� nouvel avis; l'offre pr�voyait un int�r�t d�biteur de 7,45% l'an sur le compl�ment temporaire de limite et sur la limite de cr�dit, une commission de 0,25% par trimestre et les m�mes garanties (cautionnement solidaire de chacun des d�fendeurs � concurrence de 100'000 fr., nantissement par chacun d'eux de 45 actions de A.________).
Le 1er mars 2007, A.________, et les d�fendeurs, ces derniers en tant que " cautions et constituants de gage ", ainsi que F.X.________, sous la rubrique " garant ", ont sign� une offre de cr�dit quasi identique � celle du 27 novembre 2006, qui prolongeait l'utilisation de la limite de cr�dit de 250'000 fr. du 15 f�vrier 2007 au 15 mars 2007 (un mois) jusqu'� nouvel avis; le document pr�voyait, outre les m�mes int�r�ts et commissions que l'offre du 27 novembre 2006, les m�mes garanties que ladite offre, avec, en plus, le nantissement par F.X.________ des valeurs du d�p�t BCV n� yyy.
Les 19 mars 2007 et 1er juin 2007, A.________, et les d�fendeurs, ces derniers comme " cautions et constituants de gage ", ainsi que F.X.________, sous la rubrique " garant ", ont sign� deux offres de cr�dit de Z.________, qui prolongeaient l'utilisation de la limite de cr�dit de 250'000 fr. du 16 mars 2007 au 31 mai 2007, respectivement du 1er juin au 30 juin 2007, jusqu'� nouvel avis; ces offres pr�voyaient un int�r�t d�biteur de 6,50% l'an sur le compl�ment temporaire de limite et sur la limite de cr�dit, une commission de 0,25% par trimestre et les m�mes garanties que celles pr�vues par l'offre de cr�dit du 1er mars 2007.
Le 19 juin 2007, A.________, et les d�fendeurs, ces derniers comme " cautions et constituants de gage ", ont sign� une offre de cr�dit de Z.________ ramenant � 200'000 fr. la limite de cr�dit du compte courant susmentionn�, jusqu'� nouvel avis; l'offre pr�voyait un int�r�t d�biteur de 6% l'an, une commission de 0,25% par trimestre et, � titre de garantie, le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr., et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme, en plus du nantissement par chacun d'eux de 45 actions de A.________, selon actes sign�s le 10 mars 2004; le document indiquait que le solde d�biteur du compte au 19 juin 2007 �tait de 245'636 fr.59, int�r�ts, commissions et frais en sus.
Le 21 janvier 2009, A.________, et les d�fendeurs, ces derniers en qualit� de "constituants de gage et cautions", ainsi que F.Y.________, sous la rubrique " Consentement du conjoint ou du partenaire de la caution ", et F.X.________, avec la mention manuscrite " �pouse de H.X.________ ", ont sign� une offre de cr�dit de Z.________ fixant � 200'000 fr. au maximum la limite de cr�dit sur le compte courant n� 1, " exploitable �galement sous forme d'avances � terme fixe, renouvelables, par blocage de la contre-valeur sur la limite ci-dessus ", sans r�duction du plafond jusqu'� nouvel avis; l'offre pr�voyait un int�r�t d�biteur de 6,5% l'an, " variations ult�rieures r�serv�es ", une commission de 0,25% par trimestre et, � titre de garantie, le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr. selon acte sign� le 18 mars 2004, et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme selon acte sign� le 18 mars 2004, en plus du nantissement par chacun d'eux de 45 actions de A.________, d'apr�s les actes sign�s le 27 novembre 2006.
Par " avis d'ouverture " du 26 janvier 2009, Z.________ a octroy� � A.________ une avance � terme fixe d'un montant de 200'000 fr., cr�dit� sur le compte n� xxx; le remboursement de cette avance devait �tre d�bit� du compte pr�cit� � l'�ch�ance du 24 avril 2009. L'avance � terme fixe a �t� renouvel�e successivement jusqu'au 21 avril 2011, puis rembours�e par d�bit du compte courant le 29 juin 2011.
Le 21 d�cembre 2009, A.________, et les d�fendeurs, ces derniers comme "cautions et constituants de gage", ainsi que F.X.________ et F.Y.________, sous la rubrique " Consentement des conjoints ou des partenaires des cautions", ont sign� une offre de cr�dit de Z.________ comprenant une limite de cr�dit au plafond maximum de 200'000 fr. et un compl�ment temporaire de limite de 300'000 fr. du 16 d�cembre 2009 au 31 janvier 2010 sur le compte courant n� xxx; l'offre pr�voyait un int�r�t d�biteur de 6,5% l'an sur la limite de cr�dit et sur le compl�ment temporaire de limite, " variations ult�rieures r�serv�es ", une commission de 0,25% par trimestre et, � titre de garantie, le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr. selon acte sign� le 18 mars 2004, et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme selon acte sign� le m�me jour, en plus du nantissement par chacun d'eux de 45 actions de A.________, selon actes sign�s le 10 mars 2004, et la cession par A.________ des cr�ances envers les soci�t�s de leasing; le document sp�cifiait qu'au jour de l'offre, la limite �tait exploit�e � hauteur de 196'832 fr 94. int�r�ts, commissions et frais r�serv�s.
A.c.�L'art. 7 des conditions g�n�rales de Z.________, �ditions 2004, 2007 et 2010, auxquelles renvoient les offres de cr�dit, indique en particulier que " les extraits de comptes et les �tats de d�p�ts de valeurs sont tenus pour accept�s par le Client � d�faut d'une r�clamation pr�sent�e dans le d�lai d'un mois d�s leur communication, cela conform�ment � la d�claration figurant sur chaque relev� ".
Le compte courant n� xxx ouvert par A.________ aupr�s de Z.________ a �t� r�guli�rement exploit� de 2004 � 2011, �galement sous forme d'avances � terme fixe de janvier 2009 � juin 2011. Il a �t� retenu que le solde d�biteur a d�pass�, � plusieurs reprises, la limite fix�e par les offres de cr�dit.
A.d.�Par pli recommand� du 12 ao�t 2011 adress� � A.________, Z.________ a r�sili� la limite de cr�dit en compte courant n� xxx avec effet imm�diat et l'a mise en demeure de lui faire parvenir d'ici au 31 ao�t 2011 la somme de 199'957 fr.50, plus int�r�ts au taux de 6,5% l'an et commission trimestrielle de 0,25%, sous d�duction de 2'316 fr.60, valeur au 10 ao�t 2011.
Par deux plis recommand�s du m�me jour adress�s l'un � H.X.________, en Floride (Etats-Unis d'Am�rique), l'autre � H.Y.________, alors � Chigny (VD), Z.________ les a mis en demeure de lui faire parvenir jusqu'au 31 ao�t 2011 la somme de 100'000 fr. chacun, pr�cisant que sa pr�tention finale se limitait � 199'957 fr.20, montant soumis aux m�mes int�r�ts et commissions que ceux pr�vus pour la d�bitrice principale.
H.X.________ et H.Y.________ n'ont vers� aucun montant � Z.________, en qualit� de cautions solidaires, pour r�duire la dette de A.________.
A.________ a �t� d�clar�e en faillite le 26 septembre 2011 selon d�cision du Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de La C�te du m�me jour.
Le 30 septembre 2011, Z.________ a fait notifier � H.Y.________ par l'Office des poursuites du district de Morges une poursuite pour un montant de 100'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er septembre 2011.
Le 20 janvier 2012, la banque a adress� � l'Office des faillites de l'arrondissement de La C�te une production dans la faillite de A.________, concernant le montant de 199'888 fr. relatif au " solde du compte courant n� xxx, octroy� � (A.________) ". Cette production a �t� admise � l'�tat de collocation de la soci�t� faillie.
La proc�dure de conciliation, introduite le 31 janvier 2012, ayant �chou� et une autorisation de proc�der ayant �t� d�livr�e � l'encontre de H.X.________, alors � St-Sulpice (VD), et H.Y.________, � Chigny, Z.________ (demanderesse) a d�pos� le 14 mai 2012 une demande contre ces derniers devant la Chambre patrimoniale du canton de Vaud. La demanderesse a conclu � ce que H.X.________ est le d�biteur de Z.________ de la somme de 100'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er septembre 2011 (I), � ce que H.Y.________ est le d�biteur de Z.________ de la somme de 100'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er septembre 2011 (II), l'opposition � la poursuite notifi�e � H.Y.________ �tant d�finitivement lev�e � concurrence de 100'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er septembre 2011 (III).
Par r�ponse commune du 26 octobre 2012, les d�fendeurs ont conclu � leur lib�ration.
Une expertise judiciaire a �t� confi�e � B.________, expert-comptable. Il ressort du rapport de l'expert, d�pos� le 24 mai 2013, que les d�comptes de la demanderesse pour le compte n� xxx, qui font ressortir un montant d� de 199'241 fr.10, avec les frais de poursuite de 203 fr., sont parfaitement exacts, � l'exception d'une commission de 499 fr.89 factur�e � tort � A.________ en liquidation et des int�r�ts, commissions et frais, d'un total de 119 fr.05, vers�s en trop � ladite soci�t�.
Par jugement du 24 avril 2014, la Chambre patrimoniale a condamn� chacun des d�fendeurs � payer � la demanderesse la somme maximale de 100'000 fr., avec la pr�cision que le paiement total des cautions en capital ne doit pas d�passer le montant de 198'860 fr.26, chacun des d�fendeurs devant s'acquitter en mains de la demanderesse d'un int�r�t � 5% l'an d�s le 1er septembre 2011 sur le montant qu'il aura pay� en capital; la Chambre patrimoniale a encore lev� d�finitivement l'opposition form�e par H.Y.________ � la poursuite qui lui a �t� notifi�e.
Saisie d'un appel des d�fendeurs, qui reprenaient leurs conclusions lib�ratoires, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois l'a rejet� par arr�t du 22 mai 2015, le jugement attaqu� �tant int�gralement confirm�. En substance, la Cour d'appel a retenu que chacun des d�fendeurs a souscrit un acte de cautionnement formellement valable le 18 mars 2004, ind�pendant de toute autre garantie que la demanderesse poss�derait pour sa cr�ance en remboursement du solde d�biteur du compte courant octroy� � A.________, de sorte que chacun d'eux r�pond de mani�re ind�pendante pour le montant de 100'000 fr. comme caution solidaire (art. 496 CO). Les cautionnements n'ont pas �t� modifi�s par la suite dans leur teneur ou leurs conditions et la dette garantie n'a pas �t� �teinte par novation. Quant aux modifications subs�quentes des conditions de la ligne de cr�dit, elles ne n�cessitaient pas l'accord �crit des conjoints, car elles n'aggravaient pas notablement la situation des cautions. De toute mani�re, le consentement �crit des conjoints (art. 494 al. 3 CO) r�sulte explicitement du dernier document sign� entre parties le 21 d�cembre 2009 � propos d'une augmentation de cr�dit.
H.X.________ et H.Y.________ exercent par un acte unique un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Ils concluent principalement � la r�forme de l'arr�t cantonal en ce sens que les conclusions de la demanderesse sont rejet�es. Subsidiairement, ils requi�rent l'annulation de cet arr�t, la cause �tant renvoy�e � la Cour d'appel pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Par ordonnance du 12 octobre 2015, la Pr�sidente de la Ie Cour de droit civil a rejet� la demande d'effet suspensif pr�sent�e par les recourants.
Par ordonnance du 16 novembre 2015, la Pr�sidente de la Ie Cour de droit civil a admis la demande de s�ret�s en garantie des d�pens d�pos�e par l'intim�e et invit� les recourants � verser � la Caisse du Tribunal f�d�ral le montant global de 6'000 fr. Les s�ret�s requises ont �t� vers�es dans le d�lai imparti.
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par les d�fendeurs, qui ont enti�rement succomb� sur leurs conclusions lib�ratoires et qui ont ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe la somme de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.3.�Les deux d�fendeurs sont actuellement domicili�s � l'�tranger.
La cause rev�t ainsi un caract�re international, si bien que la question du droit applicable doit �tre examin�e d'office, laquelle se r�sout selon la loi du for, en l'occurrence la loi f�d�rale du 18 d�cembre 1987 sur le droit international priv� (LDIP; RS 291) (ATF 137 III 481 consid. 2.1; 136 III 142 consid. 3.2 p. 144 et les arr�ts cit�s).
Toutefois, pour des raisons tenant � la s�curit� du droit, il ne se justifie pas, afin de v�rifier la loi applicable au diff�rend, de tenir compte du d�part pour l'�tranger d'une partie durant la litispendance (arr�t 4A_462/2008 du 22 d�cembre 2008, consid. 2; ATF 118 II 83 consid. 3; FRAN�OIS KNOEPFLER ET AL., Droit international priv� suisse, 3
e��d., ch. 652b, p. 378/379). Partant, le droit qui �tait applicable lorsque l'instance a �t� introduite par la requ�te en conciliation est d�terminant.
Il s'agit manifestement du droit suisse, car le litige n'avait � ce moment aucun caract�re international, puisque tant le d�fendeur H.X.________ que le d�fendeur H.Y.________ �taient alors domicili�s dans le canton de Vaud.
De toute mani�re il appara�t, au regard des prestations convenues entre les parties, que chacun des d�fendeurs a conclu avec la demanderesse un accord, qui doit �tre qualifi� juridiquement de contrat de cautionnement (art. 492 CO). Cette qualification ne fait au demeurant l'objet d'aucune contestation. Ces accords instrument�s le 18 mars 2004 contiennent une �lection de droit en faveur du droit suisse (art. 116 al. 1 LDIP).
Les recourants affirment que la cour cantonale a enfreint l'art. 116 CO. Invoquant les offres de cr�dit successives sign�es par les parties entre 2004 et 2009, ils reprochent � la cour cantonale de n'avoir pas d�termin� la volont� r�elle des parties de proc�der � une novation de la dette principale, en lui substituant une obligation nouvelle, distincte de l'ancienne. A leurs yeux, il est significatif sous cet angle que certaines de ces offres de cr�dit ne comportaient pas de renvoi aux actes de cautionnement du 18 mars 2004. Une interpr�tation des offres de cr�dit en d�faveur du r�dacteur, soit de l'intim�e, aboutit � la m�me solution. Ils en d�duisent que, par l'effet novatoire des offres de cr�dit en question, ils sont lib�r�s des cautionnements solidaires souscrits le 18 mars 2004 au profit de l'intim�e.
2.1.�Il n'est pas contest� que l'intim�e a octroy� � A.________ le 10 mars 2004 une ligne de cr�dit en compte courant, avec taux d'int�r�t d�biteur de 6,25% l'an, plus une commission trimestrielle de 0,25%, sans amortissement, dont le montant maximum �tait de 200'000 fr.
Dans un contrat d'ouverture de cr�dit en compte courant, le montant du pr�t est variable, car il est d�termin� par le preneur du cr�dit, qui peut, dans la limite qui lui est fix�e, effectuer des retraits et devenir d�biteur de la banque (ATF 130 III 694 consid. 2.2.1 et la r�f�rence doctrinale).
Par deux contrats de cautionnement instrument�s en la forme authentique le 18 mars 2004, les recourants se sont engag�s chacun envers l'intim�e � r�pondre accessoirement de l'ex�cution de la dette contract�e par A.________, d�bitrice principale du cr�dit en compte courant dont le plafond �tait alors de 200'000 fr., solidairement avec celle-ci, mais � concurrence pour chacun du montant maximal de 100'000 fr. (cf. art. 492 al. 1, 493 al. 1 et 2 CO).
Les cautionnements solidaires ainsi souscrits sont des cautionnements pluraux (plusieurs cautions garantissent la m�me pr�tention du cr�ancier contre le d�biteur principal) par quotes-parts, en ce sens que chacune des cautions ne s'est engag�e que pour la moiti� de la dette initiale et qu'elle ne r�pond pas pour l'autre caution (CHRISTOPH M�LLER, Contrats de droit suisse, 2012, ch. 2544 p. 535 et ch. 2563/2564 p. 538).
Le cautionnement d'un rapport de compte courant, dont les pr�tentions et contre-pr�tentions port�es en compte s'�teignent par compensation, est valable (ATF 120 II 35 consid. 5 p. 42).
Du reste, la validit� des deux contrats de cautionnement conclus en la forme authentique le 18 mars 2004 ne fait pas d�bat.
2.2.�Il a �t� constat� en fait (art. 105 al. 1 LTF) que, par une offre de cr�dit du 13 avril 2005, la ligne de cr�dit accord�e par la banque � A.________ le 10 mars 2004 � hauteur de 200'000 fr. au maximum, avec un int�r�t d�biteur de 6,25% l'an, a �t� diminu�e � 160'000 fr. avec le m�me taux d'int�r�t. Elle a �t� augment�e jusqu'� la limite de 250'000 fr., avec int�r�t d�biteur de 7,45% l'an, d�s le 15 novembre 2006 jusqu'au 15 f�vrier 2007 (offre de cr�dit du 27 novembre 2006), ladite limite �tant prolong�e ensuite par trois fois jusqu'au 30 juin 2007 (offre de cr�dit du 1er mars 2007 avec taux d'int�r�t de 7,45% l'an, offres de cr�dit des 19 mars et 1er juin 2007 avec taux d'int�r�t de 6,50% l'an). L'offre de cr�dit du 19 juin 2007 a ramen� la limite de cr�dit au maximum de 200'000 fr., avec taux d'int�r�t d�biteur � 6% l'an. Selon l'offre de cr�dit sign�e le 21 janvier 2009, la limite de cr�dit, toujours fix�e � la somme maximale de 200'000 fr., pouvait �tre exploit�e sous forme d'avances � terme fixe, renouvelables, avec int�r�t d�biteur � 6,5% l'an. Enfin, l'offre de cr�dit du 21 d�cembre 2009 a augment� � 300'000 fr., temporairement (i.e. du 16 d�cembre 2009 au 31 janvier 2010), la limite de cr�dit arr�t�e au plafond maximum de 200'000 fr., avec int�r�t d�biteur � 6,5% l'an.
Ces huit offres de cr�dit, tout comme l'offre de cr�dit initiale du 10 mars 2004, pr�voyaient essentiellement � titre de garantie de la dette contract�e par A.________ � l'endroit de l'intim�e le cautionnement solidaire de H.X.________, � concurrence de 100'000 fr., et le cautionnement solidaire de H.Y.________, � concurrence de la m�me somme.
Si, donc, la limite de cr�dit accord�e � A.________ a oscill� entre mars 2004 et d�cembre 2009 de 160'000 fr. au minimum � un maximum de 300'000 fr. (pendant un mois et demi seulement) et si le taux des int�r�ts d�biteurs sur le cr�dit a vari� de 6,25% l'an � 7,45% l'an, les garanties fournies par les recourants sous forme de cautionnements solidaires sont rest�es rigoureusement identiques.
Or, selon la jurisprudence, de simples transformations du contenu de l'obligation primitive, qui n'affectent pas sa nature, mais en modifient le montant, l'�ch�ance, voire le taux des int�r�ts, n'emportent pas d'effet novatoire (ATF 131 III 586 consid. 4.2.3.3 p. 592 s.), �tant rappel� que la novation ne se pr�sume point (art. 116 al. 1 CO).
Il suit de l� qu'il n'est pas possible d'admettre que les parties, en signant les huit offres de cr�dit susmentionn�es, aient eu la volont� juridique d'�teindre l'obligation initiale contract�e par A.________ envers l'intim�e le 10 mars 2004 pour lui substituer, � chaque nouvelle passation d'une offre de cr�dit, une obligation compl�tement nouvelle, distincte de l'ancienne. Ils n'ont eu objectivement que la volont� de modifier les modalit�s de l'accord de base, qui est l'octroi par la banque � A.________ d'une limite de cr�dit en compte courant destin�e � �tre utilis�e comme fonds de roulement de la soci�t�, d�sormais faillie.
Il n'y a ainsi, quoi qu'en disent les recourants, aucune novation de la cr�ance d�coulant de la limite de cr�dit octroy�e � A.________ le 10 mars 2004.
Se r�f�rant � l'art. 117 al. 2 CO, les recourants affirment qu'en vertu de l'art. 7 des conditions g�n�rales de l'intim�e, les extraits de compte arr�tant le solde du compte courant ont �t� reconnus tacitement, qu'il y a en cons�quence eu novation et que de nouveaux rapports de droit ont �t� cr��s successivement entre parties.
3.1.�A teneur de l'art. 117 CO, la seule inscription des divers articles dans un compte courant n'emporte point novation (al. 1); il y a toutefois novation lorsque le solde du compte a �t� arr�t� et reconnu (al. 2); si l'un des articles est au b�n�fice de garanties sp�ciales, le cr�ancier conserve ces garanties, m�me apr�s que le solde du compte a �t� arr�t� et reconnu; toute convention contraire demeure r�serv�e (al. 3).
Alors que, conform�ment � l'art. 114 al. 1 CO, la novation entra�ne en principe la disparition de tous les droits accessoires, l'art. 117 al. 3 CO d�roge express�ment � cette norme en pr�voyant singuli�rement que les s�ret�s personnelles, � l'instar du cautionnement, continuent � garantir la cr�ance nov�e (DEBORA GABRIEL, in Basler Kommentar, Obligationenrecht, vol. I, 6e �d. 2015, n� 17 ad art. 117 CO; DENIS PIOTET, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2
�s�19 � 20 ad art. 117 CO).
3.2.�D'apr�s les constatations cantonales, l'offre de cr�dit du 13 avril 2005 indiquait que le solde d�biteur du compte courant � cette date �tait de 222'506 fr.43 en capital, alors que l'offre de cr�dit du 19 juin 2007 sp�cifiait que le solde d�biteur � ladite date �tait de 245'636 fr.59 en capital. Quant � l'offre de cr�dit du 21 d�cembre 2009, elle mentionnait que la limite de cr�dit �tait alors exploit�e � hauteur de 196'832 fr.94 en capital.
A supposer que A.________, en signant ces offres de cr�dit, ait accept�, en vertu de l'art. 7 des conditions g�n�rales de l'intim�e, les soldes du compte courant qui y �taient indiqu�s et les ait de ce fait nov�s, � d�faut d'avoir d�pos� aupr�s de la banque une r�clamation dans le d�lai d'un mois, ces approbations n'auraient pas emport� l'extinction des cautionnements solidaires souscrits par les deux recourants pour garantir la dette primitive de la soci�t� pr�cit�e, cela par application de l'art. 117 al. 3 CO.
Les recourants se pr�valent d'un violation de l'art. 494 al. 3 CO. Ils pr�tendent que leurs �pouses n'ont pas donn� leurs consentements aux nouveaux cautionnements qu'ils ont conclus avec l'intim�e entre mars 2005 et d�cembre 2009, apr�s l'extinction de la dette primitive de A.________ par novation. Ces actes seraient nuls de plein droit.
4.1.�Il n'a pas �t� constat� que les recourants, lorsqu'ils ont conclu avec l'intim�e les contrats de cautionnement du 18 mars 2004, aient �t� mari�s. Ils ne le pr�tendent d'ailleurs pas. Ces cautionnements sont donc valables au regard de l'art. 494 al. 1 CO.
4.2.�Comme on l'a vu ci-dessus, la signature par les parties de huit offres de cr�dit entre le 13 avril 2005 et le 21 d�cembre 2009 n'a aucunement entra�n� novation de la dette primitive de A.________ envers la banque.
On ne sait � quelles dates les recourants se sont mari�s. Il appert toutefois que F.X.________, qui s'est dite �pouse de H.X.________, a sign� comme " garant ", � partir du 27 novembre 2006, toutes les offres de cr�dit subs�quentes, hormis celle du 19 juin 2007, et que F.Y.________ a sign� les offres de cr�dit des 21 janvier et 21 d�cembre 2009 sous les rubriques " Consentement du conjoint... de la caution ", respectivement " Consentement des conjoints... des cautions ".
L'art. 494 al. 3 CO pr�voit que le consentement �crit du conjoint est � nouveau n�cessaire (apr�s celui qui doit �tre donn� pr�alablement ou au plus tard simultan�ment � l'acte en vertu de l'art. 494 al. 1 CO) lorsque le contrat de cautionnement subit certaines modifications qui y sont pr�cis�ment �num�r�es: augmentation du montant total de la garantie, transformation d'un cautionnement simple en cautionnement solidaire, modification entra�nant une diminution notable des s�ret�s. Le caract�re notable de la diminution doit �tre examin� au regard de l'ensemble des circonstances concr�tes (art. 4 CC; PHILIPPE MEIER, in Commentaire romand, op. cit., n� 12 ad art. 494 CO).
In casu, le montant � concurrence duquel chaque recourant, en qualit� de caution, a �t� tenu envers l'intim�e (art. 493 al. 1 CO) n'a jamais vari� entre mars 2004 et d�cembre 2009. Le montant de chaque cautionnement a toujours �t� de 100'000 fr. au maximum.
Les cautionnements ont �galement �t� solidaires d�s la conclusion des contrats, le 18 mars 2004.
Enfin, on ne voit pas qu'il y ait eu une diminution notable des s�ret�s pendant la p�riode susrappel�e. Il n'y a ainsi pas eu de lib�ration d'une autre caution conjointe ou de renonciation par le cr�ancier � des gages.
Aucune des hypoth�ses envisag�es par l'art. 494 al. 3 CO n'�tant r�alis�e, le consentement des conjoints des recourants � la signature par ces derniers des offres de cr�dit � partir du 27 novembre 2006 n'�tait pas n�cessaire.
Pour les recourants, le d�faut de consentement de leurs �pouses, qui affecterait les offres de cr�dit, constituerait un vice de forme, dont ils peuvent se pr�valoir sans commettre un abus de droit.
Ainsi qu'on l'a vu, les actes incrimin�s ne n�cessitaient pas le consentement des �pouses des recourants. Le moyen manque totalement sa cible.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable. Les recourants, qui succombent, verseront solidairement les frais judiciaires (art. 66 al. 1 et 5 LTF) et verseront solidairement une indemnit� � titre de d�pens � l'intim�e (art. 68 al. 1, 2 et 4 LTF), laquelle sera pr�lev�e sur les s�ret�s qu'ils ont fournies.
Les recourants verseront solidairement � l'intim�e une indemnit� de 6'000 fr. � titre de d�pens. Cette indemnit� sera acquitt�e au moyen des s�ret�s pay�es par les recourants � la Caisse du Tribunal f�d�ral.

References: ATF 
 art. 492
 art. 117
 art. 117
 art. 494
In casu