Source: http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/07/index.html
Timestamp: 2016-04-30 13:02:29+00:00

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Le 31 juillet, Le Point (source : dépêche Reuters) évoque une « course contre la montre pour le Congrès américain sur la dette », alors que le Centre d'Informations sur Internet de Chine écrit « Les Etats-Unis dans l'impasse sur le plafond de la dette sur fond de croissance anémique ». Le Nouvel Observateur fait état à son tour de « progrès vers un compromis de dernière minute » sur la « dette américaine ». Hier, l'AFP rapportait aussi « Grèce: le camp des Indignés à Athènes évacué par la police ». Partout, le rouleau compresseur avance sans que les populations concernées parviennent à s'y opposer, même si Europa Press annonce la possible incorporation d'Indignés dans les listes en vue des prochaines élections espagnoles. Dans ce contexte de reprise en main générale par les représentants du système économique en place, que deviendront les droits et libertés fondamentaux des citoyens des pays « occidentaux » ? Et qu'en est-il, dans ce même contexte, de l'indépendance réelle des chercheurs encore mise en cause récemment par Rue 89 à propos des ondes de téléphonie ? Dans quel sens « poussent » les lobbies dominants qui depuis plus de vingt ans ont su, par exemple, s'entourer d'une façade de « consensus des spécialistes » pour justifier la politique destructrice de délocalisations industrielles et d'exportation de capitaux ? Pour ne pas parler des constats qui s'imposent après les crises récentes du nucléaire, des médicaments... Et faudra-t-il rappeler l'affaire de l'ARC, apparue au grand jour il y a une quinzaine d'années ? A présent, c'est au Canada que les garanties d'indépendance des scientifiques apparaissent mises en cause par des mesures tendant notamment à restreindre la liberté d'expression devant les médias de la chercheuse du secteur public Kristi Miller-Saunders (Pêches et Océans, station de Biologie du Pacifique) suite à ses travaux sur les saumons rouges du fleuve Fraser. Ces saumons expérimentent un taux de mortalité anormal qui, d'après Kristi Miller et ses collègues, pourrait être dû à une infection virale. L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, syndicat représentatif des scientifiques fédéraux, n'hésite pas à dénoncer la situation de cette « scientifique canadienne bâillonnée par le Conseil privé ». Pour Craig Orr dans The Vancouver Sun, « Government policy of muzzling scientists is unacceptable ». Le 31 juillet également, le Journal du Dimanche annonce en France le « premier acte de l’après-Mediator » avec la présentation demain en Conseil des Ministres d'un projet de loi « relatif au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé ». Mais quels changements réels peut-on attendre d'une telle loi ? A ce jour, la question de l'indépendance des chercheurs et des experts reste intégralement posée des deux côtés de l'Atlantique. Dans un communiqué, le gouvernement canadien fait valoir qu'une « enquête judiciaire » (de la Commission Cohen, créée en novembre 2009) est en cours pour « analyser les causes potentielles » de la « diminution du saumon dans le Fraser ». Voir, sur cette affaire, les articles d'il y a deux ans : Fleuve Fraser - 9 millions de saumons disparus (Radio Canada, 13 août 2009) Millions of missing fish signal crisis on the Fraser River (The Globe and Mail, 12 août 2009, mis à jour le 13 avril 2010) Saumon sockeye - Enquête réclamée sur la gestion des stocks (Radio Canada, 18 septembre 2009) Saumon sockeye - Enquête sur les poissons disparus (Radio Canada, 5 novembre 2009) avec un retour spectaculaire des saumons en 2010 : Saumon rouge - Du jamais vu depuis 1913 (Radio Canada, 25 août 2010) Que se passe-t-il avec les saumons rouges du fleuve Fraser? (Radio Canada, 30 octobre 2010) et sur l'affaire récente de Kristi Miller : Ottawa aurait muselé une scientifique du ministère des Pêches et des Océans (Radio Canada, 27 juillet 2011, régional Colombie Britannique) Swimming Upstream Against Government Secrecy (HuffPost Canada, 29 juillet 2011) L'existence de l'enquête « judiciaire » de la Commission Cohen est invoquée par les sources gouvernementales pour justifier la réserve imposée à Kristi Miller. Mais quel rapport entre une enquête qualifiée de judiciaire et la diffusion normale des informations scientifiques ? Et quels intérêts ont pu éventuellement s'opposer à cette diffusion en l'espèce ? La question de savoir si les saumons du Fraser peuvent être atteints d'un virus appartient de toute évidence au domaine scientifique et ne saurait valablement dépendre de la sphère judiciaire. D'après Kristi Miller et quatorze autres chercheurs, la viabilité à long terme des saumons du Fraser est menacée par des niveaux de mortalité anormalement élevés alors qu'ils remontent la rivière pour s'acheminer vers les zones de ponte. Un virus pourrait être responsable de ce déclin. L'article « Genomic Signatures Predict Migration and Spawning Failure in Wild Canadian Salmon », de Kristina M. Miller, Shaorong Li, Karia H. Kaukinen, Edd Hammill, Norma Ginther, Janelle M. R. Curtis, David A. Patterson, Thomas Sierocinski, Louise Donnison, Paul Pavlidis, Scott G. Hinch, Kimberly A. Hruska, Steven J. Cooke, Karl K. Englisha et Anthony P. Farrell, Science 331 (6014), pp. 214-217 : http://www.sciencemag.org/content/331/6014/214.short a été également mis en ligne à l'adresse : http://www.docin.com/p-122885937.html Voir aussi les articles récents du Vancouver Sun : Ottawa silences scientist over West Coast salmon study (27 juillet) Feds muzzle scientist over salmon study (27 juillet) Ce deuxième, avec le sous-titre « Government fears influencing inquiry into declining stocks ». Ou encore, du Calgary Herald : Editorial: Silencing scientists (29 juillet) Editorial : Modern governments are muzzling scientific free speech (30 juillet) et, du Victoria Times Colonist : Muzzling scientists wrong (28 juillet) Le gouvernement canadien considère à ce sujet que « les enquêtes judiciaires ne se mènent pas par médias interposés ». Mais dans une affaire comme celle-ci, n'y a-t-il pas des éléments relevant des domaines scientifique, technique, administratif... dont les citoyens ont le droit de pouvoir débattre librement ? Il ne s'agirait pas, le cas échéant, de la seule infection virale ayant atteint des saumons dans la période récente. Voir, pour une anémie infectieuse des saumons d'élevage au Chili pouvant provenir de la Norvège, la dépêche de Good Planet de ce jour : Le virus tueur de saumons venait du froid (suite de la note de février 2009 sur le même site : La crise du saumon d’élevage) ainsi que l'article du New York Times du 27 juillet : Norwegians Concede a Role in Chilean Salmon Virus et l'étude de Siri Vike, Stian Nylund et Are Nylund : ISA virus in Chile: evidence of vertical transmission Une information qui témoigne également des pressions exercées sur les scientifiques « de base », jusqu'à des griefs de mauvaise conduite qui se sont avérés infondés : http://www.aqua.cl/files3/918b93_ISA%20ethics%20investiga... (source : Aqua, Chili) L'importance des enjeux économiques et le rôle des intérêts privés apparaissent clairement dans cet incident autour d'une étude de chercheurs de l'Université de Bergen que les entreprises privées avaient elles-mêmes demandée. Sur le plan financier, les dégâts causés par cette maladie du saumon chilien se compteraient en milliards de dollars. Suit le communiqué de presse de l'Institut Professionnel de la Fonction Publique du Canada http://www.pipsc.ca/portal/page/portal/website/news/newsr... Une scientifique canadienne bâillonnée par le Conseil privé Ottawa, le 28 juillet 2011 – L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada estime que le Conseil privé ne devrait pas « bâillonner » les scientifiques de haut niveau de la fonction publique du Canada. Or, le Conseil privé a interdit à Mme Kristi Miller de parler aux médias de ses récents travaux de recherche génétique sur les saumons. Comme Mme Miller est employée par le gouvernement fédéral, ses travaux de recherches sont financés par les contribuables canadiens et ont une incidence directe sur l’industrie de la pêche de la côte. Les conclusions de ses recherches sont utiles pour comprendre l’évolution de la population de saumons dans la rivière Fraser, en Colombie Britannique. Il est bien pratique de prétexter que l’accès à cette information pourrait nuire aux travaux de la Commission Cohen pour tenir les médias à distance. « Le gouvernement doit arrêter de contrôler l’information et de saper l‘autorité des scientifiques de la fonction publique du Canada. Qu’a fait le gouvernement Harper de son vœu de transparence? », s’interroge Gary Corbett, président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada. « En interdisant l’accès à cette information, le gouvernement prive les milieux scientifiques canadien et international de découvertes importantes. Les Canadiens ont le droit de connaître les conclusions des recherches qu’ils financent à même leurs impôts. Les découvertes et les bienfaits de la recherche scientifique et médicale devraient être communiqués à tous les Canadiens afin de favoriser la sensibilisation à une politique publique engagée, le débat sur la question et l'élaboration d'une telle politique. Les scientifiques canadiens doivent être autorisés à publier leurs travaux dans des revues de renommée internationale afin de favoriser le progrès dans la société grâce à l’examen de leurs conclusions et à l’évaluation de celles ci par les autres scientifiques. L’incident signalé ici illustre avec quel acharnement alarmant le gouvernement Harper s’emploie à discréditer la recherche fondée sur les preuves et sa propension à régenter notre pays et à contrôler ses citoyens. L’accès des médias et du public aux scientifiques fédéraux s’est politisé, rendant ainsi les médias grand public incapables de communiquer efficacement des nouvelles scientifiques importantes aux Canadiens. « Ce dernier affront – d’une longue série – fait aux scientifiques, qui vouent leur vie à la recherche et à la communication de découvertes pour le bien collectif, devrait inquiéter les Canadiens », précise Gary Corbett. Au cours de la dernière année, les médias ont signalé que des ministères fédéraux à vocation scientifique importants, tels que Ressources naturelles Canada et Environnement Canada, ont instauré de nouvelles politiques en matière de communication qui empêche le gouvernement de communiquer sans délai de l’information scientifique pertinente indépendante. Pourtant, les Canadiens ont constamment besoin d’information scientifique précise pour prendre des décisions éclairées dans leur vie quotidienne : ils veulent savoir quels produits acheter, quels aliments manger, quels médicaments prendre et même comment planifier leurs voyages. L’Institut est le syndicat qui représente les scientifiques fédéraux, dont le travail a une incidence sur la vie quotidienne des Canadiens. Il compte 60 000 membres, dont 23 000 professionnels qui offrent, parmi divers produits de la connaissance, des services de recherches scientifiques, d’évaluation et de conseils pour l’élaboration de politiques judicieuses. (fin du communiqué) Suit le communiqué du Parti Vert du Canada http://greenparty.ca/fr/media-release/2011-07-28/laissez-... Laissez les scientifiques parler 28 Juillet 2011 - 4:24pm OTTAWA – Dans la foulée du scandale entourant l'interdiction de s'adresser aux médias faite à la scientifique Kristi Miller par le ministère des Pêches et des Océans, le Parti vert du Canada demande au ministre des Finances Keith Ashfield de débâillonner les scientifiques. « Nous avons une scientifique de renommée mondiale en Kristi Miller, et ses recherches revêtent une importance capitale pour nos populations de saumons et pourtant, elle n'a pas le droit de donner des entrevues aux médias », a dénoncé la chef des verts et députée de Saanich-Gulf Islands Elizabeth May. « C'est tout à fait inacceptable. Les travaux de Miller ont été publiés dans le magazine Science, l'un des magazines scientifiques les plus prestigieux au monde, mais le grand public n'a pas le droit d'en entendre parler. » « En tant que pays, l'effondrement des populations de saumon devrait nous inquiéter au plus haut point et nous devrions pouvoir prendre connaissance des recherches menées par les scientifiques de notre propre gouvernement qui nous permettraient de corriger la situation », a dit la porte-parole des verts en matière de Pêches, Janice Harvey. « Le parcours alambiqué imposé aux scientifiques du gouvernement pour leur permettre de s'adresser aux médias est complètement ridicule. » Kristi Miller dirige un projet de recherche sur la génétique des saumons à la Station biologique du Pacifique administrée par Pêches et Océans Canada à Nanaimo, sur l'île de Vancouver. Elle a longuement étudié les facteurs génétiques potentiellement associés à l'augmentation des taux de mortalité chez le saumon rouge. Lorsque ses travaux de recherches ont attiré l'attention du monde entier, le Bureau du Conseil privé lui a ordonné de ne pas parler publiquement, lui interdisant du même coup d'accorder des entrevues aux journalistes. « Museler Kristi Miller fait malheureusement partie d'une vaste stratégie mise de l'avant par le gouvernement Harper qui consiste à bâillonner les scientifiques de tous les ministères, afin de les empêcher de rendre publique toute information digne d'intérêt. On peut affirmer avec certitude que toute information qui finit par voir le jour a été soigneusement filtrée et édulcorée par les grands pontes des communications à Ottawa », a dit May. Elizabeth May s'est engagée à appuyer l'Association canadienne des rédacteurs scientifiques, qui fait campagne pour mettre fin au bâillonnement des scientifiques du gouvernement canadien. (fin du communiqué) Suit également le communiqué du ministère canadien des Pêches et des Océans http://www.dfo-mpo.gc.ca/media/statement-declarations/201... Réponse aux articles parus dans les médias au sujet des sciences à Pêches et Océans Canada Le 28 juillet 2011 OTTAWA – L’honorable Keith Ashfield, ministre des Pêches et des Océans, a fait aujourd'hui la déclaration suivante : « En réponse aux articles parus récemment dans les médias au sujet du saumon du Pacifique et des allégations de restriction de l’accès aux travaux de recherche de Kristi Miller, j’aimerais rectifier les faits quant à la volonté du gouvernement de donner accès à la population canadienne à nos rapports de recherche, ainsi qu’aux efforts que déploie notre gouvernement pour examiner les causes du déclin des stocks de saumon dans le fleuve Fraser. « Nous partageons les préoccupations de nombreux Canadiens au sujet de la diminution du saumon dans le Fraser et c’est précisément la raison pour laquelle le premier ministre Harper a mandaté une enquête judiciaire – la Commission Cohen – pour analyser les causes potentielles contribuant à ce déclin. Les travaux du juge Cohen se poursuivent et nous sommes résolus à le laisser mener cette enquête à l’abri de toute influence extérieure. Nous attendons son rapport et ses recommandations avec impatience, en juin 2012. « Nous avons pris l’engagement d’informer le public et les médias et de leur donner accès à nos chercheurs ainsi qu’à leurs travaux. Chaque année, Pêches et Océans Canada répond à lui seul à plus de 300 demandes de renseignements scientifiques des médias sur une vaste gamme de sujets et de travaux de recherche. « Nos scientifiques ont également publié des centaines de rapports auxquels des dizaines de milliers de personnes souscrivent partout au Canada et dans le monde entier. Par exemple, cette semaine, Kenneth Frank, spécialiste de la recherche halieutique, a publié un rapport faisant état de signes encourageants dans le rétablissement des stocks de poisson de fond au large de la Nouvelle-Écosse. Les travaux de M. Frank ont été publiés dans Nature, la revue scientifique la plus largement citée de par le monde; il a de plus parlé de son rapport à une demi-douzaine de journalistes cette semaine seulement. « En fait, les recherches et le rapport de Kristi Miller sur le saumon du Pacifique n’ont été cachés à personne. Ce rapport a été publié dans un magazine scientifique à grand tirage et reste largement à la disposition des médias et du public sur le site Web de Pêches et Océans Canada, ainsi que comme pièce à conviction sur le site Web de la Commission. « De plus, à la demande du juge Cohen, le gouvernement du Canada a fourni à cette commission d’enquête près de 500 000 documents et d’innombrables heures de témoignages considérés comme pertinents par le juge Cohen. Dre Miller présentera également les résultats de ses recherches à la Commission dans les prochaines semaines, ainsi que le feront d’autres chercheurs et fonctionnaires. « La position de notre gouvernement est très claire : les enquêtes judiciaires ne se mènent pas par médias interposés. Les éléments de preuve qui peuvent être pertinents pour les conclusions du juge Cohen doivent être gérés par le biais du processus de la commission ». (fin du communiqué) Mais comme déjà souligné, quel rapport entre des recherches à caractère strictement scientifique et une enquête officielle qualifiée de « judiciaire » ? D'autant plus, que l'enquête elle-même porte sur une question d'intérêt général évident : les raisons de la mortalité des saumons du Fraser. Quant aux déclarations « grand public » de Kristi Miller qui semblent avoir « dérangé », on peut en trouver un exemple à l'adresse : http://www.cahs-bc.ca/documents/Miller_GenomicSignatures_... (site du BC CAHS, British Columbia Centre for Aquatic Health Sciences) Où est le problème ? Mais sans doute, les enjeux extra-scientifiques dépassent de loin le cadre de ces recherches. Voir l'article du 19 mars dernier d'Alexandra Morton sur les auditions de la Commission Cohen : DFO - in the business of truth? ainsi que les transparents de Kristi Miller et ses collègues avec le titre « Epidemic of a novel, cancer-causing viral disease may be associated with wild salmon decline in BC » : http://alexandramorton.typepad.com/files/miller-powerpoin... Certes, l'hypothèse virale n'est qu'un élément du dossier. Elle est loin d'être la seule piste explorée. Voir, par exemple : Déclin des stocks de saumon sockeye : le développement urbain n'est pas en cause (Radio Canada, 28 avril 2011) Les eaux usées, dangereuses pour le saumon? (Radio Canada, régional Colombie Britannique, 14 juin 2011) La problématique n'est d'ailleurs pas vraiment nouvelle. Déjà en 1999, les médias canadiens s'inquiétaient : Le saumon sockeye en voie de disparition (Radio Canada, archives, émission du 6 décembre 1999) Raison de plus pour qu'un débat transparent ait lieu. Pourquoi imposer une réserve aux scientifiques ? Une affaire qu'il conviendra d'aborder plus en détail dans des articles ultérieurs. Mais de toute évidence, l'indépendance des chercheurs, ses garanties institutionnelles, l'éthique des sciences et du fonctionnement de la recherche scientifique... deviennent des questions de plus en plus actuelles. Voir aussi, entre autres, nos articles : L'indépendance des chercheurs, un grand enjeu citoyen au niveau planétaire Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (I) Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (II) Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (II) Lee Smolin, CNRS, crise et critique des institutions (I) Luis Gonzalez-Mestres, Sheldon Glashow, Lee Smolin and Lorentz symmetry violation (I) La Science au XXI Siècle : archives 2011 (janvier - juin) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) La crise de l'évaluation (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Crise de l'évaluation : médicaments (II) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (I) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (II) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (III) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (IV) MDRGF, CNRS et « pertinence économique pour les entreprises » Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (I) Radiofréquences : le rapport de l'AFSSET (I) Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (II) Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (III) Le CNRS applique la loi sur la "mobilité" des fonctionnaires à ses agents (IV) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (I) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (II) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (III) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (IV) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (V) CNRS, universités, LRU et "managérisation" (VI) Universités françaises et OPA patronale (I) Universités françaises et OPA patronale (II) Universités françaises et OPA patronale (III) Universités françaises et OPA patronale (IV) Universités françaises et OPA patronale (V) CNRS, "managérisation" de la recherche et sous-traitance de l'évaluation scientifique CNRS, science, évaluation et "management" (I) CNRS, science, évaluation et "management" (II) CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Rapport Rocard-Juppé, CNRS, ANR, universités... (I) Rapport Rocard-Juppé, CNRS, ANR, universités... (II) Fondations universitaires et mort du service public (I) Fondations universitaires et mort du service public (II) Fondations universitaires et mort du service public (III) Où mène la tant vantée "autonomie" des universités ? (I) Où mène la tant vantée "autonomie" des universités ? (II) Où mène la tant vantée "autonomie" des universités ? (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Crise de l'évaluation, CNRS et « réforme de la recherche » Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 13:58 Publié dans Administration et administrés, Amériques, Biologie, Droits et libertés, Ecologie, Economie, Ethique, Europe, Indépendance du service public, Politique, Politique scientifique, Presse et médias, Recherche, Sciences, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Statut des chercheurs, Syndicalisme, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kristi miller, recherche scientifique, saumon du pacifiique, saumons du fraser, commission cohen, indépendance des chercheurs, canada, france, société, politique, pêche, biologie, etats-unis | | Facebook | | Imprimer | | | 28/07/2011
Le 28 juillet, le Centre d'Informations sur Internet de Chine souligne : « La Chine confrontée aux pertes les plus lourdes en cas de défaut des États-Unis ». Au même moment, le Quotidien du Peuple rapporte : « La Chine et les Etats-Unis signent un mémorandum d'entente sur la coopération antitrust ». Le monde a manifestement beaucoup changé dans les huit décennies qui ont suivi l'attribution à Edwin Hubble de la paternité d'une loi et d'une constante manifestement dues à Georges Lemaître. C'était une époque où les Etats-Unis étaient la puissance hégémonique montante dans le monde « occidental ». Pourtant, ce 28 juillet 2011, le site Toulouse Blog annonce une « nouvelle nocturne ce soir à la Cité de l'Espace », se référant à un spectacle « "IMAX Hubble 3D" ». Aucune mission spatiale ne porte à ce jour le nom de Georges Lemaître. Il en est de même de la loi qu'il formula bien avant Hubble et de la constante introduite dans ce même travail du scientifique belge. Dans un article intitulé « La costante di Hubble tra sospetti e accuse », Terra évoque entre autres la réponse peu constructive du Prix Nobel de la NASA John Mather à une lettre ouverte de David Block suggérant qu'un prochain téléscope spatial porte le nom de Georges Lemaître. D'après Nature News, la mise en cause d'Edwin Hubble dans cette affaire aurait été qualifiée par Matter de « hot stuff ». Mais force est de constater que pendant des décennies la « communauté » a appelé sans raison valable loi et constante de Hubble une loi et une constante dues en réalité à Georges Lemaïtre. Plus récemment, le blog d'Eugenie Samuel Reich dans Nature News évoque une nouvelle version de l'article de David Block « A Hubble Eclipse: Lemaitre and Censorship ». Mais le débat engagé par certains commentateurs sur ces éléments nouveaux ne doit pas nous faire oublier l'essentiel d'un accablant constat qui manifestement « dérange » et par rapport auquel la volonté collective de rectification apparaît à ce jour bien faible. Quant aux institutions, notamment européennes, pourquoi un tel silence ? Le 28 juillet, The Hindu écrit dans sa rubrique scientifique : « Researcher computes universe’s expansion speed », se référant à nouveau explicitement à la constante dite « de Hubble ». Il apparaît à présent qu'en 1931, l'éditeur des Monthly Notices of the Royal Astronomical Society William Marshall Smart avait écrit à Georges Lemaître pour lui demander de traduire à l'anglais son article dans une version apparemment tronquée. Lemaître fut-il lui-même l'auteur de la version anglaise litigieuse ? S'agissait-il, de la part de Smart, d'un geste purement éditorial et sans aucune intention de censure ? Nous ne voyons pas les choses de cette façon. Smart aurait pu, à la place, proposer à Lemaître d'écrire librement une version actualisée de son article sans chercher à en limiter le contenu. Ou lui suggérer d'ajouter quelques commentaires à la fin d'une traduction littérale, de façon à mettre à jour la version initiale. En aucun cas une politique éditoriale restrictive, faisant disparaître une partie essentielle de l'article original de 1927 qu'il s'agissait de « traduire », n'était nécessaire ni justifiée en l'espèce. D'autant plus, que la traduction publiée comporte une liste de références avec des dates jusqu'en 1931, comme s'il s'agissait d'un texte actualisé. Le lecteur anglophone ne connaissant pas l'article original en français de Georges Lemaître peut donc croire de bonne foi qu'il s'agit d'une traduction actualisée. Il ne se doutera pas de la disparition des notes de pied de page, pas plus que de celle d'une partie essentielle du chapitre 4 intitulé « Effet Dopler dû à la variation du rayon de l'Univers ». Voir, pour comparaison, le texte français de 1927 (Annales de la Société scientifique de Bruxelles 47, 49 (1931) : http://articles.adsabs.harvard.edu/cgi-bin/nph-iarticle_q... et sa traduction anglaise parue dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, 91, 483 (1931) : http://articles.adsabs.harvard.edu/cgi-bin/nph-iarticle_q... Une étrange situation. Quant à la réponse éventuelle de Georges Lemaître au courrier de William Marshall Smart évoqué plus haut, il ne semble pas qu'elle soit connue à ce jour. Comment savoir si Lemaître a accepté cette proposition de l'éditeur des Monthly Notices ? Ou, dans cette hypothèse, si le texte publié correspond vraiment à la traduction faite par Lemaître ? Aucune pièce connue ne semble pouvoir nous éclairer sur ces questions, pourtant essentielles. En tout état de cause, Georges Lemaître ayant été très clairement l'auteur de la formulation originale, il paraît évident que la loi et la constante dites « de Hubble » devraient en réalité porter son nom. Pourquoi n'y a-t-il pas eu, à ce jour, de rectification sur le nom de la loi et de la constante introduites par Georges Lemaître dans son article de 1927 ? Pourquoi le lourd silence institutionnel et « communautaire » sur une question éthique aussi essentielle, même après le rappel explicite de cette situation par quelques auteurs comme James Peebles ? Comment peut-on continuer à colporter et endosser, tacitement mais publiquement, une telle contrevérité article après article et conférence après conférence ? La rectification dans la clarté serait-elle jugée pire que le maintien d'une erreur ? Quant à l'attitude de Hubble, fut-elle autre chose que l'expression d'une idéologie dominante outre-Atlantique ? Ce qui nous est présenté comme un trait de la personnalité d'un individu voulant à tout prix qu'une constante et une loi portent son nom, était-ce vraiment séparable du contexte géopolitique de son époque ? Tout compte fait, un texte en anglais de 1931 a été pris comme seule référence alors que le texte original français de Georges Lemaître existait depuis 1927. Un inquiétant précédent sur le plan du respect de la diversité linguistique. Quels intérêts incarnaient ceux qui ont imposé les noms de « loi de Hubble » et « constante de Hubble » en dépit de l'évidence des recherches antérieures de Lemaître ? Et comment expliquer la passivité globale de la « communauté » scientifique devant cette appropriation manifestement injustifiée, par Edwin Hubble, de la paternité d'un travail original d'autrui ? Il est vrai que le fonctionnement de fait par « communautés » alimentaires de la recherche et de l'enseignement supérieur ne peut que générer de telles situations. Trop souvent, embauches, moyens de travail et carrières dépendent des relations influentes et de l'adhésion à un « courant » dominant. Ce qui anéantit toute protection institutionnelle contre les pratiques de marginalisation des « têtes qui dépassent » et d'omertà générale. Et que deviennent les tant vantées « Académies des Sciences » dans des situations comme celle-ci ? Voir aussi nos articles : Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (I) Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (II) Lee Smolin, CNRS, crise et critique des institutions (I) Luis Gonzalez-Mestres, Sheldon Glashow, Lee Smolin and Lorentz symmetry violation (I) La Science au XXI Siècle : archives 2011 (janvier - juin) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) La crise de l'évaluation (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Crise de l'évaluation : médicaments (II) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (I) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (II) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (III) AERES, ANR et revues avec "comité de lecture" (IV) CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 22:28 Publié dans Astrophysique, Cosmologie, Droits et libertés, Economie, Etats-Unis, Ethique, Europe, Evaluation, Institutions, Physique, Politique, Politique scientifique, Santé, Société, Société du XXI siècle, Université | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges lemaître, edwin hubble, "constante de hubble", "loi de hubble", france, belgique, europe, etats-unis, société, politique, recherche scientifique, éthique des sciences, cosmologie | | Facebook | | Imprimer | | | 23/07/2011
Le 23 juillet, Altermonde sans Frontières et Cent Papiers répercutent un article mis en ligne par Les mots ont un sens, intitulé « Dérèglement climatique : les scientifiques du CERN « "bâillonnés" », se référant aux résultats de l'expérience CLOUD dont l'objet est l'étude du rôle des rayons cosmiques dans la formation des nuages. En réalité, le directeur général du CERN (Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire) Rolf Heuer déclare avoir demandé aux auteurs de l'expérience de ne pas intepréter eux-mêmes leurs résultats, vu le risque d'interférence politique avec la question du changement climatique. Mais Heuer ajoute que le rayonnement cosmique n'est que l'un des très nombreux paramètres dans ce domaine. Ne s'agit-il pas, à son tour, d'une interprétation ? Les analyses de ces données ne feront sans doute pas défaut après leur parution. D'autant plus qu'en même temps, The New York Times écrit « Big, Record-Setting Heat Wave Settles In as a 'Silent Killer' », se référant à la situation dans l'Est des Etats-Unis. Préserver les garanties d'impartialité et d'indépendance des chercheurs paraît plus que jamais indispensable. Pas seulement dans la recherche sur le climat, d'ailleurs. De quelle protection bénéficient dans la pratique les chercheurs de ce début de siècle face aux lobbies, aux pressions diverses, aux « pensées uniques », aux « doctrines établies », aux concurrents influents, aux verrouillages... ? La situation des scientifiques ne semble pas s'être améliorée par rapport aux périodes précédents, bien au contraire. La catastrophe économique actuelle des puissances « occidentales », dont les « experts » prétendument les plus « éminents » définissent depuis des décennies la politique en la matière, devrait faire réfléchir tout analyste sérieux. Et qu'en est-il de la reconnaissance du travail créateur ? Pour quelle raison un site comme Futura-Sciences, emploie-t-il à ce jour le titre « Polémique : Lemaître est-il le vrai découvreur de la loi de Hubble ? ». Alors qu'il s'agit d'une évidence flagrante, et qu'il n'y a pas de « honte » à en prendre acte comme nous l'avons rappelé dans notre article « Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (I) ». Mais dans ce cas, que penser du fonctionnement d'une « communauté scientifique » qui depuis des décennies persiste à employer les expressions « loi de Hubble » et « constante de Hubble » sans se montrer capable de la moindre rectification ? Le 23 juillet, le nom de Hubble apparaît à nouveau dans un article de MaxiSciences (« Navettes spatiales US : 30 ans d'aventures ») à propos du téléscope spatial US ainsi baptisé. Il ne s'agit d'ailleurs que d'un exemple particulièrement « visible ». Dans notre article du 11 juin « Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) », nous avons également évoqué le travail de notre collègue et chercheur au CNRS Luis Gonzalez-Mestres, sur les possibles déviations par rapport à la théorie de la relativité vérifiables notamment auprès des expériences de détection des rayons cosmiques de très haute énergie. Des résultats basés sur des idées originales de Gonzalez-Mestres, que Lee Smolin (e.g. dans « Rien ne va plus en Physique ») attribue sans raison valable à son ancien directeur de thèse Sidney Coleman et au Prix Nobel Sheldon Glashow malgré les références bien connues prouvant le contraire mais qu'il ignore. Comme annoncé, nous présentons ici la suite de l'analyse de cette affaire. Un article de Paul Steinhardt dans Pour la Science, explicitement intitulé « L'inflation cosmique en débat », expose les doutes de l'auteur par rapport au scénario devenu classique de l'inflation cosmique. Précisément, l'un des dogmes d'emblée mis en cause dans les premiers travaux de Luis Gonzalez-Mestres sur les superbradyons il y a déjà seize ans. Mais tel n'est pas l'objet de la présente note. Dans notre article « Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) », nous rappelions notamment que la limite de Greisen - Zatsepin - Kuzmin (GZK) sur le flux des rayons cosmiques d'ultra-haute énergie prévoit une suppression de ce flux à partir des énergies de l'ordre de 5x1019 électron-volts (eV) à cause des collisions entre ces rayons cosmiques et les photons du rayonnement micro-onde. Les références originales étant : Kenneth Greisen, « End to the Cosmic-Ray Spectrum ? », Physical Review Letters 16 (17), 748–750, 1966 ; G.T. Zatsepin et V.A. Kuz'min, « Upper Limit of the Spectrum of Cosmic Rays », Journal of Experimental and Theoretical Physics Letters 4, 78–80, 1966. Dès avril 1997, notre collègue Luis Gonzalez-Mestres a mis en évidence que si un système de repère absolu existe dans notre Univers, avec une violation de la relativité restreinte même très faible, la déformation de la cinématique relativiste induite par cette violation de la symétrie de Lorentz générée à l’échelle de Planck ou d’une autre longueur fondamentale peut conduire à la disparition de la limite de GZK. Par un effet analogue, des particules habituellement instables à basse énergie comme le neutron peuvent devenir stables à ultra-haute énergie (Luis Gonzalez-Mestres « Vacuum Structure, Lorentz Symmetry and Superluminal Particles », http://arxiv.org/abs/physics/9704017, 14 avril 1997). Ce travail de Luis Gonzalez-Mestres, diffusé bien avant toute tentative analogue de la part de Sidney Coleman et Sheldon Glashow, a été suivi d’une contribution à la conférence ICRC 1997 (International Cosmic Ray Conference), diffusée dès le 26 mai 1997 avec le titre explicite « Absence of Greisen-Zatsepin-Kuzmin Cutoff and Stability of Unstable Particles at Very High Energy, as a Consequence of Lorentz Symmetry Violation » : http://arxiv.org/abs/physics/9705031 http://ccdb4fs.kek.jp/cgi-bin/img/allpdf?199706012 Comme la deuxième partie de l'article d'avril 1997, cette contribution à ICRC 1997 décrit un cadre très général de violation de la symétrie de Lorentz en présence d'une longueur fondamentale et d'un repère inertiel local privilégié. Une deuxième contribution de Gonzalez-Mestres à ICRC 1997, diffusée le même jour (26 mai) et consacrée aux superbradyons, est : « Superluminal Particles and High-Energy Cosmic Rays », http://arxiv.org/abs/physics/9705032, accessible également à l'adresse http://ccdb4fs.kek.jp/cgi-bin/img/allpdf?199706013. La parution de ces articles en avril et mai 1997 sur le site arXiv.org a conduit à leur référencement immédiat dans les principales sources scientifiques. De surcroît, les comptes rendus papier et avec copyright (juin 1997) de la conférence ICRC 1997 (Durban, juillet-août 1997), ont été distribués par les organisateurs à tous les participants dès leur arrivée. C'est donc à tort que dans son ouvrage Rien ne va plus en Physique! (Quai des Sciences, DUNOD, 2007, traduction de The Trouble with Physics), Lee Smolin écrit à propos de Gonzalez-Mestres : Il est remarquable qu’il ait fallu attendre le milieu des années 1990 pour comprendre qu’on pouvait réellement sonder l’échelle de Planck. Comme c’est parfois le cas, quelques personnes l’avaient déjà compris, mais on leur a demandé de se taire lorsqu’ils ont essayé de publier leurs idées. Un d’eux était le physicien espagnol Luis Gonzalez-Mestres, du Centre national de la recherche scientifique à Paris... (fin de citation) Il est, bien au contraire, manifeste que dès le printemps 1997 les idées originales de Luis Gonzalez-Mestres auxquelles fait allusion Lee Smolin avaient été clairement formulées et largement diffusées par l'intéressé. L'article « Vacuum Structure, Lorentz Symmetry and Superluminal Particles », http://arxiv.org/abs/physics/9704017 se retrouve d'ailleurs cité par le Courrier du CERN d'août 2002 : http://cerncourier.com/cws/article/cern/28696 Des circonstances bien connues, mais auxquelles passent outre au quotidien un certain nombre de chercheurs proches des milieux influents ou dépendants de ces milieux. Et de toute évidence, ce n'est qu'un exemple d'un certain mode de fonctionnement à façade « communautaire » mais clairement influencé par le lobbying. Le problème rencontré par Georges Lemaître depuis les années 1930, a-t-il été d'une autre nature ? Ajoutons qu'entre juin 1997 et le début du mois de septembre de la même année, Gonzalez-Mestres a également diffusé les articles suivants sur le même sujet et sous des angles divers : (16 juin 1997) « Lorentz Symmetry Violation and Very High-Energy Cross Sections », http://arxiv.org/abs/physics/9706022, article prédisant une chute des sections efficaces à des énergies proches de celle de Planck. (23 juin 1997) « Possible Effects of Lorentz Symmetry Violation on the Interaction Properties of Very High-Energy Cosmic Rays », http://arxiv.org/abs/physics/9706032, contribution à l'atelier de la collaboration AUGER qui a précédé la conférence ICRC 1997. Accessible également à l'adresse http://ccdb4fs.kek.jp/cgi-bin/img/allpdf?199707045. (15 et 18 août 1997) « High-Energy Nuclear Physics with Lorentz Symmetry Violation », http://arxiv.org/abs/nucl-th/9708028, présenté à HEP-EPS 1997 (25 et 26 août 1997) « Lorentz Symmetry Violation and Superluminal Particles at Future Colliders », http://arxiv.org/abs/physics/970802, présenté à HEP-EPS 1997 (4 septembre 1997) « Lorentz Symmetry Violation, Vacuum and Superluminal Particles », http://arxiv.org/abs/physics/9709006, International Conference on Relativistic Physics and some of its Applications, Athènes 25-28 juin 1997. Non seulement Gonzalez-Mestres avait clairement formulé ses idées originales, mais il les avait largement développées et diffusées bien avant toute tentative équivalente de Coleman et Glashow. Elles ont été à l'origine d'un véritable axe de recherche au niveau international qui perdure à ce jour. De surcroît, pour une partie, elles se trouvaient déjà présentes dans les articles sur les superbradyons publiés par Gonzalez-Mestres depuis 1995 et qui amenaient tout naturellement le débat sur le caractère fondamental de la symétrie de Lorentz conventionnelle. Pourtant, il apparaît après une recherche que les articles diffusés en 1998 par Sidney Coleman et Sheldon Glashow reprenant les idées de Gonzalez-Mestres sans faire référence à son travail sont bien plus cités que le travail original du chercheur du CNRS. Quel crédit peut-on accorder aux indices de citations, à l'examen d'une telle distorsion qui malheureusement n'est pas vraiment exceptionnelle ? Dennis Overbye écrit dans le New York Times du 31 décembre 2002 : http://www.nytimes.com/2002/12/31/science/interpreting-th... « In the late 1990's Dr. Luis Gonzalez-Mestres of the National Center for Scientific Research in France, and, independently, the Harvard theorists Dr. Sheldon Glashow and Dr. Sidney Coleman proposed that a small violation of relativity would allow high-energy cosmic rays to evade the G.Z.K. energy limit on travel » En réalité, à l'examen des dates des articles scientifiques concernés, la priorité de Gonzalez-Mestres que The New York Times reconnaît tacitement a été bien plus forte que ne le laisse entendre cet article de Dennis Overbye paru dans un quotidien des Etats-Unis. Après examen circonstancié, aucune trace d'une réelle indépendance de Coleman et Glashow n'apparaît décelable en l'espèce par rapport à l'idée originale évoquée. Mais au moins, l'importance du travail de notre collègue est reconnue par le quotidien US. Qu'en a-t-il été en France ? Qu'il s'agisse de cette affaire, ou a fortiori de celle de Georges Lemaître et d'un certain nombre d'autres situations, on peut d'emblée se demander pour quelle raison un certain nombre d'institutions européennes ne font pas preuve d'une plus grande fermeté sur le plan de l'exigence déontologique. Notamment, pour défendre les acquis de leurs chercheurs et combattre le lobbying des citations et des références nominales. Et quelle confiance peut-on faire, dans ces conditions, à une évaluation scientifique présentée comme « collégiale » mais fonctionnant de plus en plus d'après la même mécanique lobbiste que les indices de citations ? Voir aussi nos articles : Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) Luis Gonzalez-Mestres, Sheldon Glashow, Lee Smolin and Lorentz symmetry violation (I) Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (I) Luis Gonzalez-Mestres Lee Smolin, CNRS, crise et critique des institutions (I) Superbradyon Wikipédia et censure de l'internet (I) Wikipédia et censure de l'internet (II) Bilderberg, Zermatt, Wikipédia... Zermatt, le Siècle, Bilderberg et citoyens Wikipédia et neutralité (I) Wikimedia, chômage, RGPP et casse du service public Wikimedia, RGPP, braderie de la culture Wikipédia et "suivi" d'adresses IP (I) How Wikipedia administrators "investigate" and punish "dissident" editors Wikipedia and the so-called "Bogdanov affair" (I) Superbradyons and Wikipedia Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) Wikipedia and internet police (I) Wikipedia and internet police (II) Wikipedia and internet censorship (I) Wikipedia and internet censorship (II) Wikipédia anglophone et "affaire Bogdanoff" Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (I) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (III) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (I) Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (II) e-G8 et problèmes réels de l'internet Faut-il "excommunier" Stephen Hawking ? (I) Morts des blogs ou annonce d’une censure ? CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 17:25 Publié dans Administration et administrés, Amériques, Astrophysique, Cosmologie, Droits et libertés, Economie, Education, Etats-Unis, Ethique, Europe, Evaluation, Indépendance du service public, Institutions, Interdisciplinarité, Mondialisation, Physique, Politique, Politique scientifique, Recherche, Santé, Sciences, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Statut des chercheurs, Université | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cern, luis gonzalez-mestres, sheldon glashow, lee smolin, physique des particules, cosmologie, astrophysique, france, europe, etats-unis, société, politique, recherche scientifique | | Facebook | | Imprimer | | | 15/07/2011
Le 15 juillet, évoquant la commémoration de la prise de la Bastille au jardin public de Rodez, La Dépêche fait état d'une déclaration du président de la section locale de la Ligue des Droits de l'Homme estimant que les acquis de la Révolution Française subissent actuellement une mise en cause progressive. Dans un article intitulé, « "Sauzet évasion" fédère autour du non à la prison », le même journal commente aussi l'opposition d'un collectif local à l'implantantion sur ce plateau d'un centre de détention. De son côté, Libération évoque « une prison privée d'humanité » à propos de la « première maison d’arrêt entièrement gérée en partenariat public-privé », et souligne également : « Rennes-Vezin, quartier de stress élevé » se référant aux tensions qui se développent dans ce centre pénitentiaire mis en service en mars 2010. De toute évidence, la détérioration de la situation dans les prisons françaises fait partie d'une dégringolade générale de la situation dans le pays qui ne cesse de s'accélérer, autant sur le plan économique et social que sur celui des Droits de l'Homme et du respect de la dignité des personnes. Midi Libre rappelle à son tour la mémoire de Marie Durand, née il y a trois siècles le 15 juillet 1711, et qui « vécut trente-huit années de calvaire dans les geôles de la tour de Constance ». Dans l'Humanité, La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) appelle les citoyennes et les citoyens à se mobiliser pour « retrouver la République ». Dans une telle atmosphère qui ne cesse de se dégrader, quelles leçons de Droits de l'Homme l'Europe peut-elle vraiment donner à la République Populaire de Chine ? Contrairement à la Convention Européenne des Droits de l'Homme, qui ne comporte aucun volet social, le Centre d'Informations sur Internet de Chine diffuse le 15 juillet un Rapport d'évaluation concernant le Plan d'action national sur les droits de l'homme qui, à l'instar de la Déclaration des Droits de l'Homme de l'ONU, englobe entre autres un contenu économique, social et culturel clairement défini : droit au travail, droit à un niveau de vie minimum, droit à la protection sociale, droit à la santé, droit à l'instruction, droit à la culture... Telle est la dure réalité du contexte de l'arrêt Duval c. France de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), dans lequel la France a été condamnée à cause des contraintes de privation de liberté matérielle et de surveillance imposées aux détenus pendant leur hospitalisation, et jugées constitutives d'un traitement dégradant. Cette détérioration du respect des personnes est-elle autre chose que la conséquence d'une marginalisation des exigences humaines d'ordre économique et social ? Et pourquoi les prisons sont-elles si pleines, si ce n'est à cause de la crise du système dans ces deux domaines ? Le 15 juillet, Le Point écrit « Francfort: le Dax baisse, nervosité sur stress test et crise de la dette ». Certes, les interêts des investisseurs sont suivis de près par les analystes. Mais qui s'intéresse au sort des « petits citoyens » ? Les « tests de résistance » ne semblent concerner que les banques, mais quid de la situation sociale ? Dans Le Monde, Jacques Delors réclame « Une vision claire pour l'euro afin qu'il sorte renforcé de cette crise ». Qui en paiera la facture ? Et peut-on sérieusement penser que les Droits de l'Homme en sortiront indemnes dans la pratique au quotidien ? De même, le 15 juillet L'Usine nouvelle écrit « Un rapport d'experts accable à nouveau le Mediator ». Peut-on vraiment séparer cette problématique de celle du respect général de l'être humain, depuis l'économie et la santé jusqu'à la dignité des détenus ? L'anniversaire de la prise de la Bastille mérite bien cette réflexion. Et les conditions d'hospitalisation des détenus peuvent-elles y être valablement ignorées ? Il paraît évident que, dans les pays de l'Europe occidentale, les Droits de l'Homme payent la facture de la politique de délocalisations, de privatisations et de casse sociale poursuivie depuis trois décennies. Pouvait-il en être autrement ? Suivent des extraits de l'arrêt de la CEDH Duval c. France du 26 mai 2011 Source: site de la CEDH http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?action=html&am... (...) 7. Durant sa détention, l’état de santé du requérant, porteur depuis 1994 d’une prothèse à la hanche gauche, requit qu’il soit conduit en milieu hospitalier extérieur. 8. Le 3 février 2000, une extraction médicale fut nécessaire pour réaliser une échographie au centre hospitalier de Laon. Il fut menotté aux poignets et entravé aux chevilles durant le trajet jusqu’à l’arrivée en consultation. Il resta entravé et menotté pendant les soins, les agents de l’escorte (composée de policiers et de surveillants pénitentiaires) étant présents dans la salle de consultation. Le requérant dit avoir pleuré devant le médecin et l’escorte du fait de l’humiliation ressentie à cette occasion. 9. Par la suite, le 1er octobre 2004, le requérant fut extrait vers le centre hospitalier d’Amiens pour subir un examen cardiologique dans les mêmes conditions, à savoir menotté et entravé, un surveillant pénitentiaire restant dans le local de consultation. 10. Les 14, 15 et 18 mai 2005, le requérant dut se rendre au centre hospitalier de Laon pour des examens cardiologiques. Il dit avoir été menotté dans le dos et entravé aux pieds pour le transfert. Les examens se déroulèrent en présence des agents de l’escorte. 11. Le 2 juin 2005, le requérant saisit le Conseil d’Etat d’une demande d’annulation de la circulaire relative à l’organisation des escortes pénitentiaires des détenus faisant l’objet d’une consultation médicale du 18 novembre 2004 (paragraphe 21 ci-dessous). Le requérant précisa qu’il n’était pas sans savoir que le Conseil d’Etat s’était déjà prononcé sur la régularité dudit texte par une décision du 30 mars 2005 (OIP-section française c. ministère de la Justice, no 276017) mais qu’il entendait de nouveau critiquer la circulaire afin de saisir au besoin la Cour des violations de la Convention qu’il invoquait. Le requérant fit essentiellement valoir que la possibilité d’étendre les moyens de contraintes aux consultations médicales et non plus seulement aux seules opérations de transfèrement et d’extraction était contraire à l’article 3 de la Convention. Il cita en particulier à l’appui de son argumentaire les arrêts Henaf c. France (no 65436/01, CEDH 2003-XI) et Mouisel c. France (no 67263/01, CEDH 2002-IX) ainsi que les rapports du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT), de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (paragraphes 22, 23 et 24 ci-dessous). 12. Le 14 juin 2005, le requérant fut extrait pour subir une échographie au niveau de la prostate. Le dispositif de sécurité était identique (trois policiers, trois surveillants, entraves de pieds, menottes dans le dos). 13. Le 12 juillet 2005, la section française de l’Observatoire international des prisons (O.I.P) interpella l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) au sujet des conditions dans lesquelles le requérant était extrait pour ses consultations médicales : « [le requérant] signalait que lors des transferts et des consultations aux hôpitaux d’Amiens et de Laon, il a toujours été maintenu menotté et entravé » et « qu’à aucun moment les médecins ne sont intervenus pour demander que les entraves aux pieds lui soient enlevées. Les examens réalisés (échographie de la vessie, examen du cœur avec échographie) se seraient toujours déroulés en présence des personnels pénitentiaires ou des forces de police ». 14. Le 28 septembre 2005, le requérant fut conduit pour un examen urologique, lequel est mentionné dans un certificat médical du centre hospitalier de Laon, dans les mêmes conditions de sécurité. Compte tenu de la nature des gestes à pratiquer par le médecin, incluant un toucher rectal, le requérant aurait protesté et exigé que l’escorte n’assiste pas à la consultation. Les policiers seraient sortis mais deux surveillants auraient refusé de le faire au nom du règlement. 15. Le 20 décembre 2005, l’IGAS rédigea un compte rendu d’enquête. Cet organisme écrivit en janvier 2006 à l’OIP que les résultats de l’enquête « indiquent que les extractions se sont déroulées en application de la réglementation en vigueur, relative à l’organisation des escortes pénitentiaires ». Il poursuivit en expliquant que « les faits relatés par le requérant étaient confirmés par le personnel de soins et par le personnel pénitentiaire. Toutefois, aucune difficulté d’accès aux soins spécialisés n’est relevée. Le mécontentement de l’intéressé a pu être renforcé par une communication insuffisante des différents professionnels. Des préconisations pour améliorer les relations entre les interlocuteurs sanitaires et pénitentiaires ont été faites, et un suivi sera mis en place par les autorités de tutelle». (...) (...) 16. Le 8 février 2006, le requérant fut à nouveau conduit à l’hôpital. La consultation et les examens se passèrent sans qu’il soit menotté, le policier lui disant qu’il le connaissait bien. Il retourna sans menottes ni entraves. 17. Le 7 juillet 2007, le requérant fut libéré dans le cadre d’une libération conditionnelle. Le juge de l’application des peines considéra que le projet de libération du requérant était stable et sérieux et qu’il présentait des efforts sérieux de réadaptation sociale non négligeable en ce qu’il « a indemnisé la partie civile, travaille en détention et consulte un psychiatre ». 18. Par un arrêt du 15 octobre 2007, le Conseil d’Etat rejeta la requête introduite par le requérant le 2 juin 2005 (...) (...) EN DROIT I. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 3 DE LA CONVENTION (...) 2. Appréciation de la Cour 48. La Cour observe que le requérant se plaint d’avoir été menotté dans le dos et entravé lors des transferts à l’hôpital et pendant les consultations médicales auxquelles assistait l’escorte ou une partie de celle-ci. Le rapport de l’IGAS le confirme pour la majorité des examens médicaux objets de la présente requête (paragraphes 15 et 45 ci-dessus). 49. La Cour rappelle que le port des menottes ne pose normalement pas de problème au regard de l’article 3 de la Convention lorsqu’il est lié à une détention légale et n’entraîne pas l’usage de la force, ni l’exposition publique, au-delà de ce qui est raisonnablement considéré comme nécessaire. A cet égard, il importe de considérer le risque de fuite ou de blessure ou dommage (Raninen c. Finlande, 16 décembre 1997, § 56, Recueil des arrêts et décisions 1997-VIII), ainsi que le contexte en cas de transfert et de soins médicaux en milieu hospitalier (Mouisel c. France, no 67263/01, § 47, CEDH 2002-IX ; Avcı et autres c. Turquie, no 70417/01, § 37, 27 juin 2006 ; Filiz Uyan c. Turquie, no 7496/03, § 30, 8 janvier 2009, et Tănase c. Roumanie, no 5269/02, § 81, 12 mai 2009). Si l’usage des entraves pendant les consultations médicales demeure le plus préoccupant au regard de l’article 3 de la Convention (Henaf c. France, no 65436/01, CEDH 2003-XI, Avcı et Filiz Uyan, précités), la Cour n’exclut pas cependant que le port d’entraves lors d’un transfert d’un détenu vers un hôpital puisse poser problème sous l’angle de cette disposition dans des circonstances particulières liées notamment à l’état de santé d’un détenu (Mouisel, précité). 50. En l’espèce, la Cour ne dispose pas du dispositif précis de sécurité mis en œuvre à l’occasion des extractions et consultations médicales subies par le requérant. Son examen doit donc se faire à la lumière du rapport de l’IGAS, qui se réfère à des faits relatés par les personnels de soins et pénitentiaires et « à des consignes pour un examen », et qui ne concerne pas l’examen du 28 septembre 2005 (paragraphe 15 ci-dessus). De ce rapport, il ressort que le requérant a été entravé et menotté pendant le transport et les actes médicaux et qu’il a été constamment accompagné de surveillants voire de policiers y compris pendant les examens. Ces faits n’ont pas été contestés par le Gouvernement. Celui-ci prétend en revanche que les mesures de sécurité prises ont été rendues nécessaires du fait de la nature de la peine infligée au requérant, de sa forte corpulence, de la possession de toutes ses facultés physiques et de sa personnalité très revendicative. Or, le rapport de l’IGAS reconnaît que les conditions de sécurité ont primé sur l’intimité et la confidentialité du patient et précise que le requérant « n’a vu qu’une fois le psychiatre et il n’est pas apparu une dangerosité pour lui-même » et que « la dangerosité pour autrui et le risque de fuite sont également peu étayés ». Ces faits sont corroborés par le bénéfice de la libération conditionnelle accordée au requérant en 2007 (paragraphe 17 ci-dessus). La Cour en déduit que les moyens de contrainte utilisés en l’espèce, consistant à être simultanément entravé et menotté, étaient disproportionnés au regard des nécessité de sécurité (Hénaf précité, § 56). Cette appréciation s’avère renforcée par le fait que ces mesures étaient combinées à la présence constante de surveillants ou de policiers lors d’examens médicaux dont certains présentaient un caractère intime. La Cour note à cet égard que le Conseil d’Etat lui-même a indiqué que les mesures de sécurité devaient être adaptées et proportionnées à la dangerosité du détenu et qu’il fallait prendre en compte un certain nombre d’éléments pour évaluer celle-ci tels que les risques d’évasion, l’état de santé et les informations du dossier sur la détention elle-même (paragraphe 18 ci-dessus). 51. La Cour rappelle encore que dans son rapport au gouvernement de la République française relatif à la visite effectuée du 13 au 20 décembre 2004, le CPT a recommandé d’effectuer les examens/consultations/soins médicaux de détenus hors de l’écoute et – sauf demande contraire du médecin concerné dans un cas particulier – hors de la vue du personnel d’escorte. Le Comité a ajouté que l’examen des détenus soumis à des moyens de contrainte était une pratique hautement contestable tant du point de l’éthique que du point de vue clinique (paragraphe 22 ci-dessus). Ces constats et recommandations ont été au demeurant repris depuis lors par la Commission nationale consultative des droits de l’homme et par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (paragraphes 23 et 24 ci-dessus). 52. Eu égard à ce qui précède, et compte tenu des circonstances de l’espèce, la Cour considère que le Gouvernement n’a pas démontré que le dispositif appliqué au requérant lors des extractions et des consultations policières en 2004 et juin 2005, en particulier l’utilisation de menottes et entraves et la surveillance d’au moins un agent de l’escorte lors des actes médicaux, au mépris de la déontologie (paragraphes 21 et 23 ci-dessus), était strictement nécessaire aux exigences de sécurité (mutatis mutandis, Avci et autres précité, § 43). Pareilles contraintes et surveillances ont pu causer au requérant un sentiment d’arbitraire, d’infériorité et d’angoisse caractérisant un degré d’humiliation dépassant celui que comporte inévitablement les examens médicaux des détenus. 53. La Cour en conclut que les mesures de sécurité imposées au requérant lors des examens médicaux combinées avec la présence du personnel pénitentiaire s’analysent en un traitement dépassant le seuil de gravité toléré par l’article 3 de la Convention et constitue un traitement dégradant au sens de cette disposition. Il y a donc eu violation de cette disposition. II. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 8 DE LA CONVENTION 54. Le requérant dénonce une violation de son droit à la vie privée garanti par l’article 8 de la Convention dès lors que la présence de surveillants pénitentiaires et de policiers à chacune des consultations médicales a porté atteinte au secret médical et à la confidentialité des soins. L’article 8 est ainsi libellé : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (...) 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, (...) à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, (...) ou à la protection des droits et libertés d’autrui. » 55. La Cour constate que ce grief est lié à celui examiné ci-dessus et le déclare en conséquence recevable. Elle observe cependant qu’il est largement englobé dans le grief tiré de l’article 3. Elle ne voit là aucune question distincte de celle qu’elle a déjà tranchée sur le terrain de cette disposition. Il n’y a donc pas lieu d’examiner séparément ce grief. (...) PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ, 1. Déclare la requête recevable quant aux griefs tirés des articles 3 et 8 de la Convention ; 2. Dit qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention à raison du traitement dégradant subi par le requérant ; 3. Dit qu’il n’y a pas lieu d’examiner séparément le grief tiré de l’article 8 de la Convention ; 4. Dit a) que l’Etat défendeur doit verser au requérant, dans les trois mois à compter du jour où l’arrêt sera devenu définitif conformément à l’article 44 § 2 de la Convention 6 000 EUR (six mille euros) pour dommage moral et 5 980 EUR (cinq mille neuf cent quatre-vingts euros) pour frais et dépens, plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt par le requérant ; b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage ; 5. Rejette la demande de satisfaction équitable pour le surplus. Fait en français, puis communiqué par écrit le 26 mai 2011, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement. (...) (fin de l'extrait) Voir aussi nos articles : Vers deux ans de détention provisoire pour le physicien Adlène Hicheur ? Dominique Strauss-Kahn et Adlène Hicheur (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (I) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (II) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (III) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (IV) Garde à vue et avocat : la France, condamnée par la CEDH Adlène Hicheur : 446 jours de détention sans jugement Adlène Hicheur : deuxième Noël en détention sans jugement Adlène Hicheur sera-t-il libéré le 7 janvier ? Adlène Hicheur : un comité de soutien Un comité de soutien pour le physicien Adlène Hicheur Adlène Hicheur et les Droits de l'Homme en Europe CNRS : message aux personnels des labos (décembre 2010) CNRS : message aux personnels des unités (janvier 2011) CEDH, affaire Moulin et justice pénale française (I) Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (I) Rapport Léger, procureur de la République et réforme de la justice pénale française Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Crise de l'évaluation, CNRS et « réforme de la recherche » Japon, nucléaire, citoyens... (I) Japon, nucléaire, citoyens... (II) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Mediator, institutions et indemnisation (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 11:43 Publié dans Administration et administrés, Délocalisations et dumping, Droits et libertés, Economie, Education, Europe, Indépendance du service public, Institutions, Justice, Mondialisation, Politique, Précarité, Santé, Société, Société du XXI siècle, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cedh, cour européenne des droits de l'homme, droits de l'homme, france, europe, société, politique, économie, prise de la bastille, chine, arrêt duval c. france | | Facebook | | Imprimer | | | 14/07/2011
Le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, la détention provisoire d'Adlène Hicheur à Fresnes n'a toujours pas pris fin. Elle dure pourtant depuis 644 jours. S'achemine-t-on vers deux ans de détention sans jugement, voire davantage ? Le site Armées.com souligne que le 14 juillet, commémoration de la fête de la Fédération qui fut le premier anniversaire de la prise de la Bastille, « n’est pas un jour comme les autres ». La Voix du Nord interroge « Dites les enfants, pour vous, ça veut dire quoi le 14 Juillet ? ». Précisément, il paraît impossible de ne pas penser aux droits de l'homme à l'occasion d'un tel anniversaire. Mais en matière de détention provisoire, la situation en France ne semble avoir guère évolué après la diffusion par la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH), il y a déjà plus de douze ans, du rapport « France : la porte ouverte à l'arbitraire » consacré à « l’application de la législation anti-terroriste, concernant particulièrement les conditions de détention provisoire et l’exercice des droits de la défense ». S'agissant de notre collègue Adlène Hicheur, physicien français travaillant dans le domaine de la Physique des Particules, et sur la base des informations fournies par les avocats de l'intéressé, le Comité de Soutien à Adlène Hicheur (CISAH) estime qu'aucun élément matériel concret ne semble justifier sa détention. Le CISAH regrette également que « ni les élus UMP, ni les élus PS » n'ont donné suite à ses courriers sur cette affaire, « préférant ignorer les conséquences de lois qu'ils ont votées et qui permettent d'emprisonner pour deux ans des gens sur la base de simples soupçons ». Le 14 juillet, Liberté Algérie écrit « Elle le désigne responsable de la torture. HRW demande une "enquête criminelle" contre George W. Bush », se référant au rapport de Human Rights Watch (HRW) « Getting Away with Torture. The Bush Administration and Mistreatment of Detainees » qui, comme le rapporte France 24, dénonce notamment le fait que « des détenus en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo ont enduré de mauvais traitements pendants des semaines voire, parfois, des mois ». Au même moment, un communiqué de presse du Parlement Européen intitulé « La politique antiterroriste a besoin d'une évaluation appropriée » déclare d'emblée : « La politique antiterroriste doit correspondre aux menaces terroristes et se baser sur des preuves et non des suppositions ». Que penser, dans ce contexte, d'affaires comme celle d'Adlène Hicheur ? Le 14 juillet également, L'Indépendant nous apprend qu'à Perpignan un détenu de 72 ans s'est pendu dans sa cellule. L'intéressé se trouvait en détention provisoire depuis un an environ. Où mènent les pratiques de détention provisoire prolongée ? La détention provisoire prolongée serait-elle, aussi, une manière de pallier à une diminution des moyens de la justice et à un ralentissement des enquêtes dû à cette évolution ? Commentant l'incident de Perpignan, UFAP/Unsa, déclare : « La surveillance spécifique ne peut pas empêcher quelqu'un qui est déterminé à mettre fin à ses jours ». Mais dans ce cas, pourquoi les enquêtes avancent-elles si lentement ? Et pourquoi ne recherche-t-on pas d'autres voies que la détention provisoire ? Tout compte fait, quel est le bilan de la détention prolongée qualifiée de « préventive » ? Dans son rapport « France : la porte ouverte à l'arbitraire » de janvier 1999, la FIDH écrivait en conclusion : http://www.fidh.org/IMG/pdf/france.pdf Notre enquête sur l’application de la législation antiterroriste en France, s’agissant en particulier de la détention provisoire et de l’exercice des droits de la défense, nous a amenés à constater l’existence d’un large spectre de violations des obligations de la France au regard de la Convention européenne des droits de l’Homme. Ces violations sont caractérisées par certaines pratiques résultant de la mise en oeuvre de la législation anti-terroriste ; elles sont également le produit du contenu même de la législation à plusieurs égards. Leurs conséquences peuvent être qualifiées de très préoccupantes : non seulement ces violations ont directement provoqué des dommages graves, voire irréparables, pour les personnes qui en ont été victimes ; mais elles contribuent à vider de leur substance certains droits de l’Homme fondamentaux pourtant formellement garantis tant par la Constitution française que par les instruments internationaux auxquels la France est Partie. Au-delà de ces conséquences immédiates, nous sommes également préoccupés par les effets à long terme et pernicieux que ces violations pourraient produire s’agissant des relations inter-raciales et de l’intégration des communautés de minorités nationales dans la société française. Nous craignons que leur impact sur les résidents musulmans de France, en particulier dans la jeunesse, ne soit à la fois oppressif et aliénant. Nous avons pris connaissance du rapport annuel de la Commission Nationale consultative des droits de l’Homme pour 1995. La Commission attirait l’attention sur trois phénomènes relevés en France cette année-là : la réapparition des actes de violence meurtrière relevant du racisme ou de la xénophobie, dont sept meurtres ; le fait que les personnes d’origine maghrébine sont les principales victimes de ces actes ; la banalisation croissante des opinions xénophobes dans des couches de plus en plus larges de la population. Nous considérons que les lois antiterroristes et la façon dont elles sont mises en oeuvre contribuent à la dégradation de cette situation. La nécessité de la lutte contre le terrorisme, qui représente une menace grave contre la démocratie et les libertés ne fait évidemment aucun doute. Mais on attend précisément des Etats démocratiques comme la France, où prévaut l’Etat de droit, qu’ils s’acquittent de ce devoir dans le respect scrupuleux de la protection des droits fondamentaux de la personne. Nous ne sommes pas certains que les autorités françaises responsables de la lutte contre le terrorisme ont conscience du fait qu’il s’agit là d’une condition sine qua non, non seulement de la légitimité de leur action, mais également de sa crédibilité et, enfin, à terme, de son efficacité. Nous achevons notre enquête avec le sentiment que prévaut au contraire dans ce domaine l’administration à courte vue d’une justice spectacle ; une justice qui vise autant sinon plus à impressionner les opinions publiques qu’à réprimer les auteurs effectifs d’actes terroristes. Quant aux questions Corse et Basque, il nous paraît hautement improbable qu’elles seront, ou qu’elles puissent jamais, être résolues par des moyens purement juridiques. L’assassinat encore non résolu du Préfet de Corse, Claude Erignac, rappelle cruellement l’urgente nécessité de rechercher des solutions ailleurs qu’auprès des seules juridictions pénales - en particulier anti-terroristes. Ainsi que nous le rappelions au début de notre rapport, la tradition historique de la France dans la lutte pour la défense et le développement des droits de l’Homme soutient la comparaison avec celle de n’importe quel autre Etat au monde. Nous formulons nos commentaires et nos recommandations en ayant pleine conscience de cette tradition. Nous avons également à l’esprit que d’autres Etats en Europe, y compris, à notre grand regret, les nôtres, ont adopté des législations similaires ou pris des mesures identiques pour combattre le terrorisme, que nous analyserions également comme une violation de la lettre et de l’esprit de la Convention européenne des droits de l’Homme. Mais cela ne peut en aucun cas justifier les pratiques "anti-terroristes" qui prévalent en France, lesquelles de notre point de vue ouvrent la voie à une justice arbitraire. Nous espérons que des mesures fermes seront prises rapidement par les autorités politiques pour remédier à cette situation. (fin des conclusions de la FIDH de janvier 1999) La situation a-t-elle changé depuis ? Voir, pour les antécédents de l'affaire d'Adlène Hicheur, le texte diffusé par le CISAH le 12 mai dernier : http://soutien.hicheur.pagesperso-orange.fr/Documents/Dos... Voir aussi le site du CISAH : http://soutien.hicheur.pagesperso-orange.fr/ ainsi que nos articles : Dominique Strauss-Kahn et Adlène Hicheur (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (I) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (II) Adlène Hicheur, toujours en détention sans jugement (III) Garde à vue et avocat : la France, condamnée par la CEDH Adlène Hicheur : 446 jours de détention sans jugement Adlène Hicheur : deuxième Noël en détention sans jugement Adlène Hicheur sera-t-il libéré le 7 janvier ? Adlène Hicheur : un comité de soutien Un comité de soutien pour le physicien Adlène Hicheur Adlène Hicheur et les Droits de l'Homme en Europe CNRS : message aux personnels des labos (décembre 2010) CNRS : message aux personnels des unités (janvier 2011) CEDH, affaire Moulin et justice pénale française (I) Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (I) Rapport Léger, procureur de la République et réforme de la justice pénale française Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Crise de l'évaluation, CNRS et « réforme de la recherche » Japon, nucléaire, citoyens... (I) Japon, nucléaire, citoyens... (II) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Mediator, institutions et indemnisation (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Wikipédia et police de l'internet (I) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 11:38 Publié dans Afrique, Amériques, Droits et libertés, Education, Etats-Unis, Europe, Indépendance du service public, Institutions, Justice, La France vue d'ailleurs, Moyen-Orient, Physique, Recherche, Société, Société du XXI siècle | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : adlène hicheur, prise de la bastille, 14 juillet, doits de l'homme, détention provisoire, détention préventive, human rights watch, fidh, guantanamo, france, société, politique | | Facebook | | Imprimer | | | 11/07/2011
Le 11 juillet, un article d'AgoraVox, intitulé « Tartufferie : cachez ce "politicien" que je ne saurais voir », qualifie Wikipédia de « caisse de résonance et d'enregistrement du discours majoritaire, dominant ». La réflexion est intéressante, encore faudrait-il définir ce concept. Et en fonction de sa définition, analyser les pressions qui s'exercent sur ce discours et les intérêts qui se trouvent à l'origine de ces pressions. Précisément, Boursier.com écrit en même temps « L'Eurogroupe se réunit sur le second plan d'aide à la Grèce... ». Une curieuse « aide », qui implique le démantèlement et la privatisation des services publics et de moyens stratégiques de l'Etat. Au même moment dans ABC News, repris par Paris Match, Christine Lagarde « défend le bilan de DSK ». La nouvelle directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) a « rendu hommage au travail de Dominique Strauss-Kahn » dans la politique d'endettement des Etats souverains et d'usage de la dette pour imposer des privatisations. Est-cela, le « discours majoritaire » reflet d'une profonde convergence entre les milieux dominants des « droites » et des « gauches » officielles ? Ce n'est sans doute pas fini : Challenges évoque « La Bourse de Paris plombée par la crise de la dette », et TF1 interroge « Crise de la dette : après la Grèce, les Etats-Unis ? ». Le système en place risque d'avoir besoin d'une grande dose de discours prétendument « majoritaire ». Mais que penser, dans un tel contexte, des garanties de neutralité de Wikipédia? C'est un fait que Wikipédia ne possède aucun comité éditorial alors que l'anonymat des éditeurs et des « contributeurs réguliers » y est largement majoritaire. Wikimédia France reconnaît en même temps l'importance de « la part des cadres supérieurs » dans l'édition de l'encyclopédie. Il paraît évident que le prétendu caractère « majoritaire » d'un certain nombre de discours et de points de vue dépend très largement des moyens d'expression dont dispose le milieu social qui les véhicule. Le 11 juillet également, un article publié par Le Post porte le titre « Comment Internet fait trembler les politiques et les journalistes ». Mais dans ce cas, le contrôle de l'internet n'est-il pas un enjeu pour ceux qui élaborent ou véhiculent le « discours dominant » ? Et que penser des méthodes de blocage et de « surveillance » d'adresses IP employées par les administrateurs de Wikipédia, ainsi que de l'anonymat de ceux qui effectuent une telle « surveillance » ? La question s'est posée à nouveau à propos de l'incident rapporté le 10 juillet dans notre article Superbradyon. Un incident à propos duquel il paraît difficile de ne pas rappeler en même temps les attitudes très partiales de Wikipédia au détriment des frères Bogdanoff et la prise de position de notre collectif contre la campagne visant les thèses de doctorat de Grichka et Igor Bogdanoff. Les superbradyons (particules élémentaires d'un nouveau type et possibles constituants ultimes) sont une idée scientifique originale de notre collègue Luis Gonzalez-Mestres, chercheur au CNRS. Vent de panique du système et annonce d'une escalade de contrôle des citoyens ? Malheureusement, les indices de l'un et de l'autre ne manquent pas. Et le « patrouillage » actuel de Wikipédia, est-ce autre chose qu'une « mise à jour » dans ce contexte ? En clair, une reprise en main. Le 11 juillet, Les Echos rapporte « Bourse : les craintes de contagion font chuter les banques », alors que Ouest France souligne à son tour : « Cancer. 1 000 nouveaux cas par jour attendus en France en 2011 ». En même temps, Le Point signale que « les élus conservent leurs avantages », le Sénat ayant refusé d'adopter deux amendements dans le sens contraire, pendant que La Tribune commente : « Une carte d'identité biométrique très controversée », l'opposition ayant dénoncé « un fichage général de la population française par le ministère de l'Intérieur ». Peut-on séparer l'escalade des contrôles divers et mesures de surveillance de la détérioration de la situation économique et sociale ? Et dans quel univers vivent, par rapport à une telle évolution de la société, les « cadres supérieurs» et aspirants à cette situation sociale qui constituent une importante composante de la « communauté » de Wikipédia ? Quelles peuvent être les garanties d'indépendance d'une encyclopédie largement rédigée et contrôlée par des « cadres supérieurs » anonymes, alors que la Wikimédia Foundation n'hésité pas à présenter comme un exemple positif l'usage des contributions à Wikipédia dans un curriculum vitae en vue de l'obtention d'une tenure (poste permanent de professeur) dans une université des Etats-Unis ? Voir, pour rappel : http://blog.wikimedia.org/2011/04/06/tenure-awarded-based... ainsi que notre article du 8 juillet « Wikimedia, RGPP, braderie de la culture ». Libération et d'autres médias soulignent que l'AFP a interdit à ses journalistes « d’utiliser Wikipédia comme source de documentation », estimant que « le mode de rédaction participative de cette encyclopédie en ligne » ne satisfait pas aux « critères de fiabilité» requis au niveau d'une agence de presse : http://www.liberation.fr/medias/01012347323-la-phrase Une telle mesure de précaution de la part de l'AFP paraît logique, et nous ne pouvons que l'approuver dans l'état actuel du fonctionnement de Wikipédia : aucun comité éditorial public avec des personnes physiques responsables, anonymat de la plupart des éditeurs influents et des administrateurs, pratiques de police virtuelle pour étouffer la « dissidence »... Les avatars des articles en français et en anglais concernant les frères Bogdanoff, assortis de blocages d'internautes et d'utilisateurs qui tentaient d'introduire des corrections factuelles, ne sont qu'un exemple du manque de fiabilité de Wikipédia. Voir, pour le texte complet des instructions l'AFP : http://www.afp.com/newsletter/francais/communication/guid... Dans un débat comme celui sur la suppression de l'article Superbradyon du Wikipédia français (suppression visant notre collègue Luis Gonzalez-Mestres, auteur de cette hypothèse originale) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Superbradyon (article déjà supprimé avant la date prévue) http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Superbradyon/Supp... (discussion également close avant la date prévue) il semble bien que la « communauté » anonyme, mais affichée, des « wikipédiens » n'aimait pas être contredite. Ce débat a été évoqué aussi dans notre article Superbradyon sur ce même blog : http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/... Les internautes identifiés par des adresses IP ont été collectivement bannis pendant la discussion à cause d'un prétendu « vandalisme » qui, pour l'essentiel, consistait dans la réalité à répondre sur le plan scientifique aux arguments souvent erronés des « wikipédiens » attitrés et à adresser des critiques au fonctionnement de Wikipédia. Notamment, sur son opacité, sur l'usage d'une bibliométrie de surcroît erronée, sur l'absence récurrente d'arguments circonstanciés accompagnant la plupart des prises de position et sur l'anonymat de la plupart des éditeurs influents et des administrateurs. De même, un utilisateur a été banni avec cette mention parfaitement gratuite et avancée sans aucune preuve : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion_utilisateur:Jaumeta Cet utilisateur est un faux-nez créé par l'utilisateur Negun. Il a été bloqué indéfiniment pour avoir : - soit contourné le blocage du compte principal (blocage effectué par un administrateur ou par décision du Comité d'arbitrage), - soit fait un usage clairement inapproprié de comptes multiples là où il n'y avait qu'un seul utilisateur. (fin de citation) ou encore : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Jo... 8 juillet 2011 à 23:06 Hégésippe Cormier (discuter | contributions) a bloqué « Jaumeta (discuter | contributions) » - durée : indéfiniment (création de compte interdite, envoi de courriel interdit, ne peut modifier sa propre page de discussion) ‎ ({{faux-nez|Negun}}) (fin de citation) De toute évidence, le « test du canard » et le « vérificateur d'adresses IP » continuent à faire partie du répertoire des administrateurs de Wikipédia. Voir aussi, sur le site anglophone de Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Duck_test?oldid=cur http://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:DUCK http://en.wikipedia.org/wiki/Sockpuppet_%28Internet%29 Rien que nous n'ayons pas dénoncé à plusieurs reprises dans nos articles précédents. Voir, par exemple : Wikipédia et censure de l'internet (I) Wikipédia et censure de l'internet (II) Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) A propos de l'utilisateur Negun, voir également : Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Simultanément, le même administrateur de Wikipédia a également opéré deux autres blocages d'utilisateurs qui n'étaient pas intervenus dans le débat mais qui sont également accusés d'être des « faux-nez » de Negun : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Li... 8 juillet 2011 à 23:15 : Hégésippe Cormier (discuter | contributions) a bloqué « Indépendance des Chercheurs (discuter | contributions) » - permanent, création de compte bloquée, courriel bloqué, ne peut modifier sa propre page de discussion ({{faux-nez|Negun}}) 8 juillet 2011 à 23:05 : Hégésippe Cormier (discuter | contributions) a bloqué « Mécréant (discuter | contributions) » - permanent, création de compte bloquée, courriel bloqué, ne peut modifier sa propre page de discussion ({{faux-nez|Negun}}) (fin de citation, les documents de Wikipédia sont disponibles sous licence Creative Commons paternité partage à l’identique ) Il ressort d'ailleurs du journal des blocages qu'entre le 30 juin à 7h29 et le 11 juillet à 17h24, les administrateurs de Wikipédia on bloqué rien de moins que 250 usagers. Entre autres, sur la base de la prétendue suspicion (les soupçons de possibles « faux-nez ») découlant de prises de position analogues à celles d'autres utilisateurs et/ou de similarités entre les adresses IP. Comment peut-on valablement conclure que deux utilisateurs sont le même sur la base de leurs adresses IP et de leurs prises de position ? La question avait déjà été évoquée dans notre article « Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" » , et nos considérations nous semblent rester valables. Ajoutons qu'en l'occurrence, l'incrimination pratiquée de paires d'adresses IP sur la base de l'identité des cinq premiers chiffres paraît particulièrement choquante. Ces cinq premiers chiffres correspondent à un ensemble englobant une partie très importante des identifiants des internautes d'un département français limitrophe avec Paris, plein de laboratoires de recherche et de zones universitaires. Dans une telle situation, peut-il y avoir quelque chose d'étonnant à ce que deux personnes différentes utilisent la même adresse IP ou des adresses IP similaires ? A fortiori si, comme dans le cas des « suivis » de Wikipédia, l'indice recherché réside dans les cinq premiers chiffres de l'adresse IP. Soit, toute une zone géographique. Ajoutons également qu'en l'espèce les administrateurs de Wikipédia n'ont même pas respecté leurs propres règles. La discussion sur la suppression, lancée le 4 juillet, prévoyait : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Superbradyon/Supp... Durée : si un consensus clair s'est dégagé le 12 juillet, après l'expiration des sept jours de débat, un contributeur peut clôturer la proposition et indiquer si l'article est conservé ou supprimé (la suppression devant être demandée à un administrateur). Dans le cas contraire, la discussion se poursuit jusqu'au 19 juillet. (fin de citation) Or, l'article a été supprimé dès le 10 juillet. Un deuxième administrateur (l'auteur des blocages d'utilisateurs) commente à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Superbradyon/Supp... ... il n'y avait pas vraiment urgence à clore ce débat avant l'expiration des sept jours de débat, mais bon, la messe était dite depuis longtemps... (fin de citation) En clair, ce n'est pas grave lorsque les irrégularités « vont dans le bon sens »... Voici, sur le même lien, l'un des commentaires des internautes apparemment « indésirables » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Superbradyon/Supp... (...) Le clash est pourtant visible dans les archives des discussions, dont il convient de suivre également l'historique pour voir les différentes "versions" et censures : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Igor_et_Grichka_B... http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Igor_et_Grichka_B... Mais les "hostilités" ont commencé avant avril 2011, lorsque le collectif Indépendance des Chercheurs a diffusé cet article le 4 mars : CNRS, frères Bogdanoff, médias... (I) rappelé également dans cet article du 12 mars : Faut-il "excommunier" Stephen Hawking ? (I) qui cite l'article précédént et en même temps se réfère explicitement à un article de Luis Gonzalez-Mestres. Dès le 14 mars, Alain Riazuelo, Alain_r, très actif depuis longtemps dans la campagne contre les Bogdanoff, a demandé la suppression de la biographie de Gonzalez-Mestres du Wikipédia français : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Luis_González-Mes... Les débats sur la biographie des Bogdanoff ont aussi donné lieu à des banissements d'utilisateurs : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Discussion_util... http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Discussion_util... Sur le site anglais de Wikipédia, ça a été encore pire avec également des blocages, et même un refus récurrent de se référer auxc véritables sources des informations. Quant au contenu de la biographie des Bogdanoff, tout débat est manifestement inutile. A ce jour, les deux Wikipédia continuent à faire état d'un texte dont en réalité la provenance n'est pas connue et qui ne porte aucune signature ni indentification nominale des auteurs, mais qui est présenté comme un rapport du Comité National de la Recherche Scientifique alors que le véritable rapport est protégé par le secret professionnel et la CADA a émis un avis contraire à sa diffusion. Le texte anglais va jusqu'à parler d'un rapport "diffusé par le CNRS", alors que le CNRS n'a officiellement diffusé aucun texte et la véritable source est Marianne qui ne précise pas la provenance de ce texte ni ne fournit aucune preuve de son authenticité. L'actuelle attaque contre l'article sur les superbradyons dans le Wikipédia français fait clairement partie de la même "série".83.199.21.7 (d) 6 juillet 2011 à 13:42 (CEST) (fin du commentaire, textes disponibles sous licence Creative Commons paternité partage à l’identique d'après Wikipédia) En effet, la suppression de la biographie en français de Luis Gonzalez-Mestres a suivi d'un peu plus de deux semaines notre article « CNRS, frères Bogdanoff, médias... (I) ». Dans le Wikipedia anglophone, les incidents survenus début mai autour de l'article très tendancieux et conflictuel « Bogdanov Affair » ont été suivis de la suppression de l'article sur les superbradyons, puis de la suppression de la biographie de Gonzalez-Mestres. Le tout, assorti de blocages d'internautes et d'utilisateurs. La suppression de l'article français sur les superbradyons apparaît comme la suite de cette opération. Comment pouvoir contrôler les possibles conflits d'intérêts d'un ensemble d'éditeurs et d'administrateurs pour l'essentiel anonymes ? Le site de Wikipédia ne paraît pas de nature à nous éclairer à ce sujet. Quels sont les rapports personnels, professionnels ou d'autre nature entre ces éditeurs et administrateurs, qui semblent avoir largement l'occasion de faire connaissance et d'échanger des adresses lors des réunions de la Wikimedia Foundation et de ses antennes nationales ? Le fonctionnement affiché de Wikipédia n'est pas de nature à rendre compte de ce type de relations. La Wikimedia Foundation déclare ne pas être responsable du contenu de Wikipédia. A son tour, Wikipédia déclare ne pas posséder de comité éditorial et ne pas garantir le contenu de ses articles. Mais comment pouvoir contrôler l'éventuelle existence de structures de fait ou non publiques, de groupes de pression internes, de réseaux d'influence... ? L'absence de structure formelle affichée par Wikipédia apparaît somme toute comme une réponse bien mince à ce type de questions que les citoyens peuvent légitimement se poser. Pourtant, l'existence d'intérêts importants autour du contenu des articles de Wikipédia paraît évidente à l'examen de l'incident survenu entre Hi-Media et Rentabiliweb : http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/rentabiliweb... https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&c... Mais dans ce cas, quels interêts peuvent se trouver derrière la suppression d'une biographie ou d'un article sur un sujet scientifique ? Telle est précisément la question qu'évoquaient les commentaires qualifiés de « vandalisme » par les administrateurs de Wikipédia dans la discussion sur la suppression de l'article Superbradyon. Où est le « vandalisme » ? Voir aussi nos articles : Wikimedia, chômage, RGPP et casse du service public Wikimedia, RGPP, braderie de la culture Wikipédia et neutralité (I) Superbradyon Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) RGPP, INRA, CNRS et fonction publique (I) INRA, CNRS et RGPP CNRS et RGPP (I) CNRS et RGPP (II) CNRS et RGPP (III) CNRS et RGPP (IV) Zermatt, le Siècle, Bilderberg et citoyens Bilderberg, Zermatt, Wikipédia.. Wikipédia et censure de l'internet (I) Wikipédia et censure de l'internet (II) Wikipedia and internet censorship (I) Wikipedia and internet censorship (II) How Wikipedia administrators "investigate" and punish "dissident" editors Wikipedia and the so-called "Bogdanov affair" (I) Superbradyons and Wikipedia Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) Wikipedia and internet police (I) Wikipedia and internet police (II) Wikipédia anglophone et "affaire Bogdanoff" Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (I) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (III) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (I) Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (II) e-G8 et problèmes réels de l'internet Faut-il "excommunier" Stephen Hawking ? (I) Morts des blogs ou annonce d’une censure ? CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 18:15 Publié dans Administration et administrés, Astrophysique, Cosmologie, Délocalisations et dumping, Droits et libertés, Economie, Education, Ethique, Europe, Evaluation, Indépendance du service public, Informatique, Institutions, Internet, Mondialisation, Physique, Politique, Précarité, Recherche, Sciences, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Université | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : wikipédia, wikimedia, superbradyons, luis gonzalez-mestres, suivi d'adresses ip, cise économique, france, europe, etats-unis, société, politique, liberté de l'internet | | Facebook | | Imprimer | | | 10/07/2011
Les superbradyons sont des particules hypothétiques avec masse et énergie réelles et positives, mais dont la vitesse critique dans le vide c' serait très supérieure à la vitesse de la lumière c. Ils pourraient être les constituants ultimes de la matière, être à l'origine d'une période antérieure au Big Bang dans l'histoire de l'Univers et apporter des solutions naturelles à plusieurs problèmes de la cosmologie actuelle (matière et énergie sombres, constante cosmologique...). Il s'agit d'une hypothèse originale de Luis Gonzalez-Mestres, chercheur au CNRS. A différence des tachyons, qui correspondent à des solutions des équations de la relativité restreinte conventionnelle, les superbradyons violent explicitement cette symétrie, même s'ils peuvent satisfaire à une symétrie analogue avec c' à la place de c. Leur éventuelle existence peut échapper aux bornes découlant des données expérimentales de basse énergie. Par exemple, si leur couplage avec la matière « ordinaire » de notre Univers est généré à l'échelle de Planck. Un article actuel et détaillé (du 10 juillet 2011) sur les superbradyons est disponible à l'adresse (Larousse) : http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Superbradyon/... Il contient, notamment, des références actualisées ainsi que les éléments essentiels du débat conceptuel en cours. La différence entre superbradyons et tachyons peut être exposée comme suit. Si c' >> c est la vitesse critique des superbradyons dans le vide, et si les superbradyons obéissent à une symétrie d'espace-temps du type de celle de Lorentz mais avec c' comme vitesse critique, l'énergie E et l'impulsion p d'un superbradyon de masse m et vitesse v sont données par les formules : E = m c' 2 (1 - v2/c' 2)-1/2 p = m v (1 - v2/c' 2)-1/2 où l'exposant -1/2 signifie « divisé par la racine carrée de ». L'énergie du superbradyon au repos serait alors : E = m c' 2 >> m c2. E, p et m sont des nombres réels. E et m sont définis positifs. En revanche, pour un tachyon les équations standard de la relativité restreinte restent valables : E = m c2 (1 - v2/c2)-1/2 p = m v (1 - v2/c2)-1/2 et, pour que E et p puissent être positifs avec v > c, m doit nécessairement être imaginaire avant toute possible réinterprétation. Les deux concepts ont donc, dès le départ, des motivations très différentes. Dans le cas des tachyons, il s'agit d'explorer toutes les solutions possibles des équations de la relativité restreinte conventionelle. En revanche, l'hypothèse des superbradyons s'écarte radicalement de la relativité restreinte standard, recherchant des phénomènes physiques différents qui ne se trouvent pas à ce jour exclus par les données expérimentales. Suit l'article sur les superbradyons effacé par Wikipédia le 10 juillet 2011 dans un contexte qu'il paraît difficile de séparer du débat sur le prétendue « affaire Bogdanoff », notre collectif ayant pris clairement position contre les attaques à l'egard d'Igor et Grichka Bogdanoff que Wikipédia cautionne. En effet, depuis mars dernier les biographies de Luis Gonzalez-Mestres et les deux articles sur les superbradyons ont été progressivement supprimés des Wikipédia francophone et anglophone. L'article en français sur les superbradyons avait déjà été tronqué, par exemple lorsqu'il écrit dans sa dernière version : « À ce jour, aucune expérience n'a pu donner d'indice de l'existence des superbradyons », sans préciser qu'aucune évidence contraire n'a, non plus, pu être établie. En réalité, aucune expérience dédiée à la recherche directe des superbradyons n'a été conçue à ce jour. http://fr.wikipedia.org/wiki/Superbradyon Superbradyon Les superbradyons sont des particules hypothétiques avec masse et énergie réelles et positives, mais dont la vitesse critique dans le vide c' serait très supérieure à la vitesse de la lumière c1. Ils pourraient être les constituants ultimes de la matière. À la différence des tachyons, qui restent dans le cadre de la relativité restreinte, les superbradyons violent l'invariance de Lorentz standard. Ils peuvent obéir à une nouvelle symétrie de l'espace-temps : par exemple, une invariance de Lorentz modifiée avec c' à la place de c. Les particules actuellement considérées « élémentaires » (quarks, leptons, photon...) seraient en réalité des excitations d'un « vide » matériel, état fondamental formé à partir de la matière superbradyonique. La possible existence de cette famille de particules supraluminales a été envisagée pour la première fois par Luis Gonzalez-Mestres, physicien au CNRS, en 19952. D'après cet auteur, la différence de vitesse critique dans le vide entre les superbradyons et la matière conventionnelle serait de même nature que celle qui existe entre la vitesse de la lumière et la vitesse du son. L'analogie est basée, notamment, sur le fait que la cinématique des phonons dans un solide possède sa propre invariance de type Lorentz dans la limite des faibles impulsions, avec la vitesse du son à la place de c. À ce jour, aucune expérience n'a pu donner d'indice de l'existence des superbradyons. Si les superbradyons peuvent exister en tant que particules libres dans notre Univers et pas seulement en tant que constituants du vide, la cinématique leur permettrait d'émettre spontanément des particules conventionnelles à cause du rapport très élevé entre l'énergie du superbradyon et son impulsion. De telles désintégrations constitueraient une nouvelle source potentielle de rayons cosmiques de très haute énergie 3. Ce phénomène cesse d'être possible lorsque la vitesse du superbradyon devient égale ou inférieure à celle de la lumière 4. Par conséquent, l'Univers pourrait contenir une mer de superbradyons avec des vitesses proches de c. Une cosmologie incluant les superbradyons offre tout naturellement des perspectives nouvelles par rapport à l'inflation, la matière cachée et l'énergie sombre. Notes 1. [physics/9712049] Observing Air Showers from Cosmic Superluminal Particles 2. [astro-ph/9505117] Properties of a possible class of particles able to travel faster than light 3. [hep-ph/9610474] Physical and Cosmological Implications of a Possible Class of Particles Able to Travel Faster than Light 4. [0802.2536] Lorentz symmetry violation and the results of the AUGER experiment (fin de l'article de Wikipédia publié avec la licence Creative Commons paternité partage à l’identique ; les liens avec des articles de Wikipédia ont été supprimés) On remarquera également que la discussion sur une éventuelle suppression de l'article du Wikipédia francophone sur les superbradyons était censée durer jusqu'au 12 juillet, mais que l'article a été effacé dès le 10 juillet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Superbradyon/Supp... Malgré l'unanimité affichée par les administrateurs et votants attitrés de Wikipédia, dont les compétences en matière scientifique n'apparaissent guère dans le débat, le déroulement de la discussion dérangeait au point d'avoir conduit à un blocage général des adresses IP et au blocage d'un utilisateur avec l'accusation devenue classique d'être un « faux-nez » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion_utilisateur:Jaumeta Pourtant, les victimes de blocages ne faisaient qu'apporter des arguments restés, en général, sans réponse. Il conviendra de discuter encore, ultérieurement, ces procédés de Wikipédia. Nous diffuserons prochainement une série plus complète d'articles sur la thématique scientifique concernée, avec notamment un exposé plus détaillé sur l'hypothèse des superbradyons, les possibles violations de la symétrie de Lorentz et la situation expérimentale. Voir aussi nos articles : Wikimedia, RGPP, braderie de la culture Wikimedia, chômage, RGPP et casse du service public Wikipédia et neutralité (I) RGPP, INRA, CNRS et fonction publique (I) INRA, CNRS et RGPP CNRS et RGPP (I) CNRS et RGPP (II) CNRS et RGPP (III) CNRS et RGPP (IV) Zermatt, le Siècle, Bilderberg et citoyens Bilderberg, Zermatt, Wikipédia.. Wikipédia et censure de l'internet (I) Wikipédia et censure de l'internet (II) Wikipedia and internet censorship (I) Wikipedia and internet censorship (II) How Wikipedia administrators "investigate" and punish "dissident" editors Wikipedia and the so-called "Bogdanov affair" (I) Superbradyons and Wikipedia Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) Wikipedia and internet police (I) Wikipedia and internet police (II) Wikipédia anglophone et "affaire Bogdanoff" Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... 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CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 23:01 Publié dans Administration et administrés, Culture, Droits et libertés, Evaluation, Indépendance du service public, Institutions, Politique, Politique scientifique, Presse et médias, Recherche, Sciences, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Université | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : physique des particules, physique théorique, cosmologie, superbradyons, tachyons, frères bogdanoff, "affaire bogdanoff", wikipédia, luis gonzalez-mestres, cnrs | | Facebook | | Imprimer | | | 08/07/2011
Le 8 juillet, évoquant le « rapport qui fâche» de la Cour des Comptes (« Organisation et gestion des forces de sécurité publique »), Ouest France souligne également la prise de position du syndicat Unité Police SGP-FO exigeant l'abolition de la RGPP (révision générale des politiques publiques). De son côté, dans un article intitulé « "C’est la conséquence de la politique du chiffre" » se référant au même rapport de la Cour de Comptes et aux restructurations de service récentes, Le Progrès constate la convergence entre les syndicats Alliance et Unité SGP Police pour souligner une simple nécessité : « en finir avec la RGPP ». Avec le titre « Sécurité : un rappel à l'ordre sévère de la Cour des comptes », L'Indépendant parcourt « les chiffres les plus marquants » du rapport. La police est loin d'être le seul secteur fragilisé par la RGPP, politique de démantèlement dont la cible est l'ensemble du service public et qui vise à imposer sa privatisation. Avec le titre « La BnF lance un appel à partenaires privés et vend son nom ! », le site Bibliothèques en Lutte ! diffuse un communiqué de la Section de la Bibliothèque nationale de France de la FSU appelant « l’ensemble de la communauté scientifique et des chercheurs ou des simples usagers » à « s'indigner » de la politique actuelle et de la « dérive » évoquée. L'Humanité publie également ce texte, dont le contenu ne nous étonne point au vu du partenariat entre Wikimédia France et la BNF évoqué dans notre article « Wikimedia, chômage, RGPP et casse du service public ». Dans le domaine de la Culture, la BNF n'est pas seule visée, comme en témoigne notamment le communiqué de Wikimédia France « Wikipédia en résidence au château de Versailles », faisant état d'un « partenariat pour permettre une plus large diffusion des richesses historiques, architecturales et artistiques du château et du domaine de Versailles ». Le service public de la Culture n'était-il donc pas en mesure de mettre lui-même en place tous les moyens nécessaires, avec des agents publics régulièrement rémunérés et des voies de communication autonomes ? Et le rôle de Wikimedia, Wikipédia, Wikisource... apportant un travail déclaré bénévole, est-il autre chose dans la pratique qu'une contribution à cette entreprise de privatisation, et pas seulement dans le cas de la France ? Le 8 juillet également, le Nouvel Observateur annonce : « La BNF veut tripler le volume de ses numérisations avec l'aide d'acteurs privés ». On ne peut pas être plus clair en matière d'emploi et de rôle de l'Etat. Mais précisément, les partenariats avec Wikimédia France dans la Culture ont très largement préparé ce type d'opération. Peut-on d'ailleurs parler vraiment de bénévolat s'agissant de Wikipédia et des autres projets de la Wikimedia Foundation, alors quecette fondation diffuse sur son site une note intitulée « Tenure awarded based in part on Wikipedia contributions » : http://blog.wikimedia.org/2011/04/06/tenure-awarded-based... où il est fait explicitement état, comme d'un exemple très positif, de l'usage de contributions à Wikipédia dans un curriculum viate destiné à l'obtention d'une tenure (poste permanent de professeur) dans une université des Etats-Unis ? Pire, la note de la Wikimedia Foundation souligne entre autres que l'interessé « contributed to articles particularly useful to Auburn University Montgomery, including the article on the school and a biography of a colleague » et avait écrit également des « topics about Montgomery, Alabama, the town in which his university is located ». Quelles peuvent être, dans ces conditions, les garanties d'indépendance des administrateurs et des éditeurs influents de Wikipédia et des autres projets de la Wikimedia Foundation ? A fortiori, s'agissant d'anonymes pour la plupart d'entre eux. Et quel sera le statut de fait des étudiants que Jimmy Wales cherche à impliquer dans ses projets ? Travailleront-ils de manière « bénévole » dans l'attente d'une « reconnaissance » de la part de leur université ? Un curieux « bénévolat », dans ce cas... Suit le communiqué de presse du 14 février 2011 de la fondation Wikimédia France annonçant son partenariat avec l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles Source : site de Wikimédia France http://www.wikimedia.fr/wikip%C3%A9dia-en-r%C3%A9sidence-... Wikipédia en résidence au château de Versailles L’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles et Wikimédia France, association pour le libre partage de la connaissance, ont signé aujourd’hui un partenariat pour permettre une plus large diffusion des richesses historiques, architecturales et artistiques du château et du domaine de Versailles. La querelle des Anciens et des Modernes n’a plus lieu d’être ! Les nouvelles technologies permettent de diffuser la culture et la connaissance du patrimoine. Wikimédia France promeut en France la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia et les autres projets Wikimedia. Depuis plusieurs années, le château de Versailles s’est , lui, engagé dans une act ion de diffusion importante par voie numérique de son patrimoine, de son histoire et de ses collections d’abord sur son site internet ainsi que sur les sites de partage et les réseaux sociaux. Pour la première fois en France, un « wikipédien en résidence », Benoît Evellin, va séjourner six mois au château de Versailles. Ce membre de Wikimédia France, spécialiste de la médiation culturelle, s’attachera notamment à faciliter les échanges entre les contributeurs de Wikipédia et les équipes du château de Versailles. Il travaillera à mettre en place des canaux efficaces de diff usion des contenus culturels et scientifiques du château de Versailles sur les projets Wikimédia, en français mais aussi dans plusieurs autres langues, ainsi que sur Wikimedia Commons, la médiathèque centrale des projets Wikimédia, notamment par le biais de photographies. Benoît est enthousiaste : « C’est un immense honneur pour moi d’être accueilli dans ce symbole de l’hist oire de France. Versailles a toujours été un lieu d’innovation : il est normal qu’il le demeure à l’heure du numérique ». Jean-Jacques Aillagon, Président de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, déclare : « Wikipédia est une source d’information majeure sur le château de Versailles, diffusée dans le monde entier. Certains conservateurs et scientifiques de l’Etablissement y contribuent déjà de façon spontanée pour enrichir certaines notices. L’object if de cette résidence est de nous permettre d’aller plus loin et de poursuivre notre réfl exion sur le partage le plus large possible du patrimoine de Versailles. » Au-delà de ce projet-phare, ce partenariat est destiné à poser les cadres d’une collaboration plus durable entre Wikimédia France et le château de Versailles. Dans la droite ligne des Rencontres Wikimédia 2010, ce partenariat est un des premiers fruits visibles d’une nouvelle manière de voir la culture et sa libre diffusion à l’ère d’Internet. « Nous sommes ravis de voir que peut se nouer en quelques semaines une collaboration originale, fruct ueuse et novatrice » se réjouit Adrienne Alix, présidente de Wikimédia France «le dynamisme du château de Versailles et son envie de partage est très appréciable, nul doute que cela ouvrira la voie à d’autres projets avec d’autres institutions, dans la lignée de ce que nous avons fait avec la Ville de Toulouse ou la BNF et de ce que nous expérimentons avec Versailles.» (fin du communiqué de presse de Wikimédia France du 14 février 2011) Suit également le communiqué du 5 juillet 2011 de la section FSU de la BNF Source : site Bibliothèques en Lutte !, Section FSU de la BNF http://bibliothequesenlutte.wordpress.com/2011/07/06/bnf-vend-son-nom/ La BnF lance un appel à partenaires privés et vend son nom ! communiqué de presse Bruno Racine, Président de la Bibliothèque nationale de France a informé les membres du Conseil d’Administration de l’établissement public de son intention d’annoncer le 8 juillet 2011, en compagnie du Ministre de la Culture et de la Communication, le lancement d’un important appel à partenaires visant à financer des numérisations massives de collections patrimoniales contre le bénéfice la propriété partagée de copies numériques d’oeuvres ou l’usage commercial du Système de Préservation et d’Archivage Réparti de la bibliothèque (SPAR). Cette opération aura pour cadre financier la création d’une filiale placée sous la responsabilité partagée. de la Caisse des Dépôts et Consignations, de la BnF, du Commissariat général à l’Investissement et d’opérateurs privés répondant favorablement à l’appel, le nom de Google n’étant, du dire même de Jacqueline Sanson, directrice générale, pas exclu. Elle s’inscrit dans la continuité d’une politique commerciale initiée par la réalisation de l’accord cadre signé le 1er février concernant la numérisation de 500 000 livres « épuisés » du XXe siècle qui seront proposés d’ici cinq ans à la vente sur des sites marchands. Un tel projet commercial aux contours mal définis et dont l’opacité du contenu a entraîné une série de questions inquiètes de la part de représentants des tutelles (Finances, Culture, Education Nationale et Recherche) lors de sa présentation au Conseil d’Administration, apparaît bien comme une opération de communication menée de concert avec le Ministre de la Culture dans un souci d’affichage visant à adresser un signe supplémentaire d’aliénation des missions de l’Etat et du patrimoine national à des intérêts privés. De plus, dans le cadre de la RGPP, et des suppressions de postes (101 pour la période 2011-2013), la mise en place d’un tel projet ne peut que renforcer la charge de travail pesant sur les personnels, augmenter encore le recours à des agents précaires, et au final porter atteinte à la qualité des missions de service public dont la BnF est tenue de s’acquitter. La portée symbolique de cette dérive n’est pas un moindre puisque c’est le nom même de la BnF qui est bradé et pourra être utilisé par ceux qui en paieront le prix ! La FSU dénonce un tel dévoiement de ses missions et appelle l’ensemble de la communauté scientifique et des chercheurs ou des simples usagers de la BnF à s’en indigner. Le 5 juillet 2011. Fédération Syndicale Unitaire Section de la Bibliothèque nationale de France Tel : 01 53 79 49 04 E-Mail : fsu-bnf[at]bnf.fr (fin du communiqué) Voir aussi nos articles : Wikimedia, chômage, RGPP et casse du service public Wikipédia et neutralité (I) RGPP, INRA, CNRS et fonction publique (I) INRA, CNRS et RGPP CNRS et RGPP (I) CNRS et RGPP (II) CNRS et RGPP (III) CNRS et RGPP (IV) Zermatt, le Siècle, Bilderberg et citoyens Bilderberg, Zermatt, Wikipédia.. Wikipédia et censure de l'internet (I) Wikipédia et censure de l'internet (II) Wikipedia and internet censorship (I) Wikipedia and internet censorship (II) How Wikipedia administrators "investigate" and punish "dissident" editors Wikipedia and the so-called "Bogdanov affair" (I) Superbradyons and Wikipedia Wikipédia et police de l'internet (I) Wikipédia et police de l'internet (II) Wikipedia and internet police (I) Wikipedia and internet police (II) Wikipédia anglophone et "affaire Bogdanoff" Wikipédia français et conflits d'intérêts (I) Wikipédia français et conflits d'intérêts (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (I) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (II) CNRS, frères Bogdanoff, médias... (III) Wikipédia français et chasse aux "faux-nez" Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (I) Luis Gonzalez-Mestres et Wikipédia français (II) e-G8 et problèmes réels de l'internet Faut-il "excommunier" Stephen Hawking ? (I) Morts des blogs ou annonce d’une censure ? CNRS et concours DR1 : notre recours CNRS, concours DR1 et transparence CNRS, concours DR1 et comportement des élus Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 10:49 Publié dans Administration et administrés, Culture, Délocalisations et dumping, Droits et libertés, Economie, Education, Europe, Fonction publique, Indépendance du service public, Institutions, Internet, Mondialisation, Politique, Politique scientifique, Précarité, Presse et médias, Services publics, Société, Syndicalisme, Travail, Université | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : wikimedia, wikipedia, wikisource, culture, château de versailles, bibliothèque nationale de france, bnf, france, société, politique, rgpp, fonctionnaires, services publics | | Facebook | | Imprimer | | | 07/07/2011
Le 7 juillet, Les Echos écrit « Nucléaire : le Japon est menacé par un arrêt de tous ses réacteurs ». Mais la menace ne pourrait-elle pas résider dans l'option contraire ? Tout peut dépendre des intérêts que l'on considère. Pour L'Express / Reuters, « Les tests de résistance nucléaires sèment la confusion au Japon ». 20 minutes rapporte, plus calmement, « Japon: les centrales nucléaires soumises à des tests de résistance ». Ce qui paraît la moindre des choses, mais ces tests seront-ils suffisants ? Et pourquoi n'ont-ils pas eu lieu bien avant ? La BBC emploie le titre « Japan nuclear 'stress test' plans criticised ». Le 7 juillet également, la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) diffuse une communiqué sur la situation au Japon après la catastrophe de Fukushima Daiichi, avec des constats qui paraissent très inquiétants en ce qui concerne la santé de la population. De son côté, Témoignage Chrétien dénonce « Nucléaire : au Japon, manger des épinards tue ». Au même moment, The Mainichi Daily News souligne : « Some Asian countries delay nuclear programs in wake of Fukushima incident », se référant à quelques intentions affichées à l'occasion de la réunion du Forum de Coopération Nucléaire en Asie. S'agissant de la France, News Press diffuse le 7 juillet in communiqué récent de l'Institut de Radioprotection et Sureté Nucléaire (IRSN) faisant état de son avis favorable à la poursuite pendant encore dix ans de l'exploitation de la Centrale de Fessenheim, recommandation contestée mais que l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a suivie. Suit le communiqué de la CRIIRAD du 7 juillet 2011 http://www.criirad.org CRIIRAD Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité Valence Communiqué du 7 juillet 2011 Conséquences au Japon de l’accident de Fukushima Daiichi : une contamination durable et très étendue Le laboratoire de la CRIIRAD a effectué une mission au Japon du 24 mai au 3 juin 2011 1. Le présent document fait état des constatations issues des premiers résultats d’analyse. Les dépôts de césium radioactif sur les sols ont été très importants. Ils génèrent, et vont générer pendant longtemps, un flux de rayonnements gamma responsable de l’irradiation de la population sur des très vastes étendues. En l’absence de mesures de protection, des centaines de milliers de personnes vont recevoir, du fait de cette seule exposition externe, des doses de rayonnement très supérieures à la limite de 1 mSv/an. Il faut ajouter à cela l’exposition interne (du fait notamment de l’ingestion d’aliments contaminés) et surtout toutes les doses reçues depuis le 12 mars dernier, des doses qui ont été ont pu être extrêmement élevées au cours de la première semaine du fait de la quasi absence de mesures de protection. 1 / Importance de la contamination à plus de 60 km : l’exemple de la ville de Fukushima L’irradiation externe conduit à un niveau de risque inacceptable Les mesures de terrain et analyses de sol effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD sur la ville de Fukushima, située à 60-65 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, indiquent que les retombées de césium 134 et 137 radioactif sont de plusieurs centaines de milliers de Bq/m2 : 490 000 Bq/m2 sur la pelouse de l’école primaire Moriai ; plus de 700 000 Bq/m2 dans le quartier Watari. En se désintégrant, les atomes de césium émettent des radiations gamma très pénétrantes. Elles peuvent parcourir dans l’air plus de 60 mètres, c’est ce qui a permis aux américains d’établir une carte des retombées au moyen de sondes héliportées. Ces radiations traversent également les murs et les fenêtres des habitations et irradient les gens dans leur domicile. Fin mai 2011, les débits de dose relevés par la CRIIRAD dans la ville de Fukushima, à 1 mètre du sol, en extérieur, étaient typiquement plus de 10 fois, voire plus de 20 fois supérieurs à la normale (supérieurs à 1 et 2 μSv/h). L’irradiation est encore mesurable dans les étages des bâtiments. Des mesures effectuées au 4eme étage d’un immeuble ont montré un excès de radiation qui augmente lorsqu’on se rapproche des fenêtres (même fermées). A l’intérieur d’une maison individuelle du quartier Watari, la CRIIRAD a mesuré un débit de dose plus de 3 fois supérieur à la normale au contact du tatami dans la chambre des enfants (0,38 μSv/h) et 6 fois supérieur dans le salon à 1 mètre du sol (0,6 μSv/h). Devant la maison, on mesure, 2,2 μSv/h dans le jardin d’agrément et 2,9 μSv/h au niveau de la pelouse d’une école proche (mesures à 1 mètre du sol). Cette irradiation ne diminuera que très lentement. Elle est due en effet principalement au césium 137 et au césium 134 dont les périodes physiques sont longues (30 ans et 2 ans respectivement). Cela signifie que la radioactivité du césium 137 sera divisée par 2 dans 30 ans. On peut estimer que dans les douze mois à venir, la radioactivité du césium 134 ne sera abaissée que de 30 % et celle du césium 137 de 3%. La radiation ambiante ne sera réduite que de quelques dizaines de %. Si rien n’est fait, les habitants de la ville de Fukushima pourraient subir dans les douze mois à venir une irradiation externe de plusieurs milliSieverts alors que la dose au-delà de laquelle le risque de cancer mortel est jugé inacceptable par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) est de 1 milliSievert par an, ce qui correspond à 5 décès pour 100 000 personnes exposées. Or les autorités japonaises ont fixé une limite de dose de 20 milliSieverts comme critère pour décider d’évacuer définitivement ou non les populations. Ceci correspond à un risque de cancer mortel à terme 20 fois supérieur au risque acceptable. Ceci est d’autant plus grave que les habitants de Fukushima ont déjà été fortement exposés. Il faut également tenir compte des doses liées à la contamination interne que ces populations continuent à subir par ingestion de denrées contaminées et des risques liés à l’inhalation de poussières à partir du sol contaminé. Dans la ville de Fukushima, la CRIIRAD a mesuré par exemple dans la terre prélevée sous les balançoires de l’école primaire Moriai, une contamination en césium 137 + 134 de 370 000 Bq/kg. Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié. Une population déjà très exposée aux radiations La persistance de la contamination en iode 131 des sols prélevés par la CRIIRAD fin mai 2011 dans la ville de Fukushima permet d’évaluer les retombées initiales en iode 131 à des millions de Bq/m2. L’iode 131 a une période physique de 8 jours, sa radioactivité était donc plus de 600 fois supérieure lors des retombées. Ceci témoigne de la forte contamination de l’air lors de l’arrivée des panaches contaminés en particulier le 15 mars 2011. Il y avait également d’autres substances radioactives qui se sont largement désintégrées depuis comme le césium 136, le tellure 129, le tellure 132, l’iode 132, l’iode 133, etc.. ainsi que des gaz radioactifs comme le xénon 133 et le krypton 85 qui ne sont pas accumulés dans les sols. Les habitants de cette ville ont donc déjà été soumis à une contamination interne très importante d’abord par inhalation d’air contaminé et surtout par ingestion de denrées contaminées du fait des dépôts de substances radioactives. Les autorités japonaises n’ont en effet édicté des restrictions de consommation sur la préfecture de Fukushima qu’à partir du 21 et 23 mars (selon les types d’aliments). Les populations ont donc consommé pendant plus d’une semaine des aliments très contaminés, sans aucune restriction ni information. Ils ont pu de ce fait recevoir des doses efficaces de plusieurs dizaines de milliSievert et les doses à la thyroïde dépassant le Sievert. Pour mémoire, la contamination initiale des épinards par l’iode 131, à 100 km au sud de la centrale était telle qu’en consommant 200 grammes un jeune enfant pouvait dépasser la dose maximale annuelle admissible de 1 milliSievert, à 40 kilomètres au nord-ouest, les végétaux étaient tellement contaminés que cette limite annuelle pouvait être atteinte en consommant 5 grammes de végétaux. Il est indispensable que les populations touchées obtiennent une évaluation fiable des doses déjà subies et il est impératif de tout faire pour limiter leur exposition à venir. 2 / Ampleur de la zone touchée par les retombées Les retombées concernent un territoire très étendu, bien au-delà de la zone interdite de 20 km, et bien au-delà de la préfecture de Fukushima. En fonction des conditions météorologiques, les masses d’air contaminé se sont déplacées sur des centaines de kilomètres et les précipitations (pluie et neige) ont précipité au sol les particules radioactives. Les dépôts de césium 134 et 137 entraînent une contamination durable. Ceci est confirmé par les prélèvements de sol et par les mesures de débit de dose réalisées2 par la CRIIRAD (à 1 mètre du sol), du 24 mai au 3 juin 2011. On mesure en effet : · 0,47 μSv/h à Marumori (préfecture de Miyagi), à environ 60 km au nord de la centrale. Le niveau naturel calculé3 est de 0,1 μSv/h et les retombées4 en césium 137 et 134 de plus de 95 000 Bq/m2. · 0,33 μSv/h près de Hitachi (préfecture d’Ibaraki) environ 88 kilomètres au sud de la centrale. Le niveau naturel calculé est de 0,07 μSv/h et les retombées en césium de plus de 50 000 Bq/m2. L’iode 131 est encore détecté dans le prélèvement du 25 mai. · 0,28 μSv/h à Ishioka (préfecture d’Ibaraki) à environ 160 km au sud sud-ouest de la centrale. Le niveau naturel calculé est de 0,06 μSv/h et les retombées en césium de plus de 48 000 Bq/m2. Il existe donc, tant au niveau des préfectures d’Ibaraki que de Miyagi, des secteurs sur lesquels le taux de radiation artificiel est plus de 4 fois supérieur au niveau naturel. Cela représente donc pour une personne qui passe 50 % de son temps en extérieur, une dose ajoutée sur les douze prochains mois susceptible de dépasser la dose maximale annuelle admissible de 1 milliSievert par an, sans tenir compte, ni de l’irradiation externe induite à l’intérieur des bâtiments, ni de la contamination interne par ingestion de nourriture contaminée ou par inhalation des particules radioactives remises en suspension. Ces résultats contredisent les informations relayées par l’Autorité de Sureté Nucléaire française qui écrit dans un communiqué du 28 juin 2011 : « A l’extérieur du site, la décroissance des débits de dose mesurés dans l’environnement continue. A Fukushima, le 7 juin, le débit de dose était 1,6 μSv (microSievert)/h. Les 45 autres préfectures présentent des débits de dose inférieurs à 0,1 μSv/h ». · Au niveau de la ville de Tokyo, l’exposition résiduelle par irradiation externe est susceptible de conduire à une exposition non négligeable. La CRIIRAD a mesuré par exemple 0,14 μSv/h début juin, dans le parc Wadabori-Koen, à Tokyo (à environ 235 km de la centrale). Dans ce parc, le niveau naturel calculé est de 0,06 μSv/h et les retombées en césium 134 et 137 de plus de 14 000 Bq/m2. Il faudrait disposer de données pour toute l’agglomération. C’est pourquoi la CRIIRAD demande aux citoyens japonais d’exiger la publication de cartes détaillées des retombées et de la contamination résiduelle, à l’échelle de tout le pays, et avec une précision suffisante, c’est-à-dire correspondant à des retombées en césium à partir de 1 000 Bq/m2 et non pas de 300 000 Bq/m2 comme sur les cartes publiées le 6 mai 2011. Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire CRIIRAD 1 Un premier bilan des investigations a été présenté lors de conférences de presse à Fukushima (30 mai) et Tokyo (31 mai et 1er juin 2011) et sont exposées dans un compte rendu disponible sur le site de la CRIIRAD (en Anglais) : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/e... 2 Mesures réalisées par Christian Courbon, Bruno Chareyron (laboratoire CRIIRAD) et Wataru Iwata (ONG Japonaise Project 47) au moyen d’un compteur proportionnel compensé en énergie, modèle LB123 de marque Berthold. 3 La contamination étant détectable partout y compris à Tokyo, il est difficile de déterminer le taux de radiation naturel en l’absence de contamination. A partir d’analyses de sol ayant permis de mesurer l’activité des radionucléides naturels émetteurs gamma, le laboratoire de la CRIIRAD a recalculé le débit de dose naturel théorique (composante tellurique et contribution du rayonnement cosmique). 4 Il s’agit de retombées estimées à partir des concentrations en césium 137 et césium 134 mesurées sur la strate 0-5 cm d’une carotte échantillonnée sur un terrain plat, non remanié et donc susceptible d’avoir correctement conservé le dépôt intervenu en mars 2011. L’activité surfacique donnée est une estimation préliminaire par défaut car l’analyse des strates 5-10 cm et des fractions > 2 mm se poursuit. (fin du communiqué de la CRIIRAD du 7 juillet 2011; texte disponible à l'adresse http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/p...) Voir aussi nos articles : Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (I) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (II) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (III) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (IV) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (V) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (VI) Japon, nucléaire, citoyens... (I) Japon, nucléaire, citoyens... (II) Japon, nucléaire, citoyens... (III) Lorca, séisme et nucléaire espagnol (I) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) La crise de l'évaluation (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (I) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (II) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (III) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (IV) Nucléaire, ASN : consultation déchets (I) Nucléaire, ASN : consultation rapports de sûreté (I) Les héros de Fukushima Gagarine, science et trahison d'une société Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (I) Rapport Léger, procureur de la République et réforme de la justice pénale française Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Crise de l'évaluation, CNRS et « réforme de la recherche » Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 20:27 Publié dans Administration et administrés, Asie, Droits et libertés, Ecologie, Economie, Education, Europe, Evaluation, Fonction publique, Indépendance du service public, Institutions, Mondialisation, Politique, Presse et médias, Recherche, Santé, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Travail | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fukushima, japon, danger nucléaire, criirad, nucléaire, fessenheim, radioactivité, france, société, politique | | Facebook | | Imprimer | | | 05/07/2011
Le 5 juillet, Libération écrit « Jean-Paul Huchon sanctionné mais pas destitué », se référant à un arrêt du Conseil d'Etat qui a désavoué sur tous les plans l'actuel président de la Région Ile-de-France mais a évité de la déclarer inéligible et d'annuler son élection en tant que conseiller régional. Avec tout le respect dû à la Haute Juridiction administrative, que peut penser le « petit citoyen » de ce type de décisions de justice ? Certes, Huchon devra rembourser 1.6 millions d'euros (combien de fois le SMIC ?), mais pour le Conseil d'Etat son manquement « ne peut être qualifié (...) de manquement d’une particulière gravité ». De quoi écrire en l'espèce, comme Le Point / AFP, que Jean-Paul Huchon « sauve son fauteuil ». Que peuvent en penser les travailleurs précaires, les patients sans argent pour faire face à des soins médicaux de plus en plus chers... ? Que doit faire, de nos jours, un politique pour être déclaré inéligible ? Suit le communiqué du Conseil d'Etat sur les affaires 338033 et 338199 Source : site du Conseil d'Etat http://www.conseil-etat.fr/cde/fr/communiques-de-presse/e... Elections régionales d’Ile-de-France M. Jean-Paul Huchon n’est pas déclaré inéligible et son élection en qualité de conseiller régional n’est pas annulée. En revanche, le Conseil d’État prononce le rejet de son compte de campagne. > lire la décision L’Assemblée du contentieux du Conseil d’État s’est réunie le vendredi 1er juillet pour examiner les protestations formées contre les opérations électorales qui ont eu lieu les 14 et 21 mars 2010 pour le renouvellement du conseil régional d’Ile-de-France. Après la séance qui s’était tenue le 3 décembre 2010 sur ces protestations, l’Assemblée du contentieux avait décidé de rouvrir l’instruction et de soumettre au contradictoire la question prioritaire de constitutionnalité dont elle avait été saisie par une note en délibéré déposée par une partie concernant certaines dispositions du code électoral (articles L. 52-11-1, L. 52-12, L. 52-15, L. 118-3 et L. 341-1, dans leur rédaction issue de la loi du 10 avril 1996). Le Conseil d’État avait ensuite estimé qu’il y avait lieu de transmettre au Conseil constitutionnel la question posée et de surseoir à statuer jusqu’à que ce dernier se prononce (CE, 28 janvier 2011, M. Huchon, n° 338199). Par sa décision n° 2011-117 QPC du 8 avril 2011, le Conseil constitutionnel a déclaré les dispositions transmises conformes à la Constitution. Il restait pour l’Assemblée du contentieux à tirer les conséquences de cette décision sur la protestation dont elle était saisie. Elle se prononce sur quatre points principaux. 1/ Les opérations de communication de la région d’Ile-de-France menées fin 2009 doivent être considérées comme des campagnes de promotion publicitaire L’Assemblée du contentieux se prononce tout d’abord sur la qualification de campagne de promotion publicitaire, au sens de l’article L. 52-1 du code électoral, des opérations de communication conduites par la région d’Ile-de-France relatives, d’une part, à son action et ses projets dans le domaine des transports (fin septembre 2009) et, d’autre part, à son engagement dans le domaine de l’emploi et de la formation (novembre 2009). En effet, en vertu de l’article L. 52-1, dans une période de six mois précédant des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin. Le Conseil d’État juge que ces opérations d’affichage, qui ont revêtu un caractère massif, complétées par la publication d’encarts dans la presse écrite et sur Internet, ont eu pour effet non de diffuser de simples informations, mais de valoriser, par des messages à caractère promotionnel, l’action du conseil régional. Elles doivent donc être regardées comme des campagnes de promotion publicitaire, alors même que leur contenu est dépourvu de toute référence aux élections de mars 2010. En l’espèce, eu égard à la nature et à l’ampleur de ces opérations, la circonstance qu’elles ont été précédées de campagnes similaires les années antérieures et présentent ainsi un caractère récurrent n’est pas de nature à leur retirer le caractère de campagnes de promotion publicitaire prohibées par les dispositions de l’article L. 52-1. 2/ Les campagnes de promotion publicitaire en cause ont constitué une irrégularité qui a altéré la sincérité du scrutin pour l’attribution du dernier siège de conseiller régional Sur les conséquences sur la sincérité du scrutin de ces campagnes, le Conseil d’État juge que l’irrégularité ainsi commise n’a pas été de nature à altérer la sincérité du premier tour du scrutin en raison de l’écart séparant le nombre des voix obtenues par les différentes listes du seuil permettant à une liste de se maintenir au second tour. En ce qui concerne le second tour de scrutin, il constate qu’il aurait suffi à la liste conduite par Mme Pécresse de recueillir, sur les 3 035 692 suffrages exprimés au second tour, 124 voix supplémentaires au détriment de la liste conduite par M. Huchon pour bénéficier, aux lieu et place de celle-ci, de l’attribution à la plus forte moyenne du dernier siège de conseiller régional restant à pourvoir. De ce fait, l’irrégularité commise a été de nature à altérer la sincérité du scrutin en ce qui concerne l’attribution de ce siège. En revanche, cette irrégularité n’a pas été de nature à affecter l’attribution des autres sièges, compte tenu de l’écart de voix entre les deux listes en présence. Par suite, le Conseil d’État annule l’élection du dernier conseiller régional élu sur la liste « Huchon 2010 – La gauche et les écologistes rassemblés pour l’Ile de France » et laisse le dernier siège à pourvoir vacant. 3/ Le compte de campagne de M. Huchon est rejeté pour non respect de l’article L.52-8 du code électoral et M. Huchon ne peut bénéficier d’aucun remboursement de ses dépenses de campagne Examinant ensuite les griefs relatifs au financement de la campagne électorale, le Conseil d’État juge que les dispositions de l’article L. 52-8 du code électoral, qui prohibent toute participation des personnes morales, à l’exception des partis et groupements politiques, au financement de la campagne d’un candidat, ont été méconnues, et que cette irrégularité doit, en l’espèce, entraîner le rejet du compte de campagne de M. Huchon. En effet, compte tenu notamment de ce que, d’une part, M. Huchon était président du conseil régional sortant et, d’autre part, les thèmes développés par les opérations de promotion publicitaire de la région d’Ile-de-France étaient en rapport avec sa campagne électorale, sa liste doit être regardée comme ayant tiré bénéfice pour sa campagne de ces opérations. Celles-ci constituaient donc un avantage consenti à sa liste par une personne morale de droit public en violation des dispositions de l’article L. 52-8 du code électoral. Eu égard à l’importance de l’avantage en cause, qui s’élève à un montant de l’ordre de 1 500 000 euros et représente 45 % du plafond des dépenses électorales, cette irrégularité ne saurait conduire à la simple réformation du compte de campagne de M. Huchon, mais justifie, à elle seule, le rejet de ce compte. Par suite du rejet du compte de campagne de M. Huchon, le Conseil d’État arrête à la somme de zéro euro le montant du remboursement qui lui est dû, en application des dispositions de l’article L. 52-11-1 du code électoral, au titre de ces élections. 4/ Le manquement commis par M. Huchon ne constitue pas un manquement d’une particulière gravité au sens des dispositions de la loi du 14 avril 2011 et il ne justifie par conséquent pas que M. Huchon soit déclaré inéligible ni que son élection en qualité de conseiller régional soit annulée Le Conseil d’État était saisi de conclusions tendant à ce que M. Huchon soit déclaré inéligible par suite du rejet de son compte de campagne sur le fondement de l’article L. 118-3 du code électoral et de l’ancien article L. 341-1 du même code, dans sa rédaction issue de la loi du 10 avril 1996. Par la loi du 14 avril 2011 portant simplification de dispositions du code électoral et relative à la transparence financière de la vie politique, le législateur a modifié cet article, dont le troisième alinéa dispose désormais que le juge « prononce également l’inéligibilité du candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit en cas de volonté de fraude ou de manquement d’une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales ». Le Conseil d’État juge que ces dispositions, qui définissent de façon plus restrictive les hypothèses dans lesquelles un candidat encourt la sanction d’inéligibilité, présentent, à la différence des nouvelles dispositions du quatrième alinéa de l’article L. 118-3, qui prévoient que l’inéligibilité est désormais prononcée pour une durée maximale de trois ans et qu’elle s’applique à toutes les élections, le caractère d’une loi nouvelle plus douce, immédiatement applicable au litige. Ainsi, en dehors des cas de fraude, le juge de l’élection ne prononce l’inéligibilité d’un candidat que s’il constate un manquement d’une particulière gravité. Le manquement commis par M. Huchon ne peut être qualifié, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, de manquement d’une particulière gravité. Il ne justifie donc pas que M. Huchon soit déclaré inéligible ni que son élection en qualité de conseiller régional soit annulée. En effet, si M. Huchon a méconnu les dispositions de l’article L. 52 8 du code électoral, qui présentent un caractère substantiel, et entaché son compte de campagne, dans des proportions importantes, d’irrégularité, il est fondé à soutenir qu’il pouvait raisonnablement ignorer, à la date où ce manquement a été commis, que les campagnes de communication organisées par la région d’Ile-de-France constituaient des campagnes de promotion publicitaire, et que les dépenses exposées constituaient, dès lors, une participation de la région au financement de la campagne de la liste qu’il conduisait. Dans les circonstances de l’espèce, il ne saurait donc être regardé comme ayant commis un manquement délibéré aux dispositions de l’article L. 52-8. En outre, ces campagnes de promotion publicitaire ne peuvent être regardées, eu égard notamment à la date à laquelle elles se sont déroulées, comme ayant été de nature à porter atteinte, de manière sensible, à l’égalité entre les candidats. CE, 4 juillet 2011, élections régionales d’Ile-de-France, Mme A., M. M., n° 338033 et 338199 (fin du communiqué du Conseil d'Etat) Voir aussi nos articles : La Science au XXI Siècle : archives 2011 (janvier - juin) Nucléaire, risques et accidents du travail (I) Hubble - Lemaître : plagiat et omertà ? (I) Gonzalez-Mestres, Glashow, Smolin, relativité... (I) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (I) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (II) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (III) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (IV) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (V) Danger nucléaire : analyses de la CRIIRAD (VI) RGPP, INRA, CNRS et fonction publique (I) Japon, nucléaire, citoyens... (I) Japon, nucléaire, citoyens... (II) Japon, nucléaire, citoyens... (III) Lorca, séisme et nucléaire espagnol (I) Crise de l'évaluation : nucléaire (I) Crise de l'évaluation : Guantánamo (I) La crise de l'évaluation (I) Crise de l'évaluation : médicaments (I) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (I) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (II) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (III) Japon, nucléaire : communiqués de l'ASN (IV) Nucléaire, ASN : consultation déchets (I) Nucléaire, ASN : consultation rapports de sûreté (I) Les héros de Fukushima Gagarine, science et trahison d'une société Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (I) Rapport Léger, procureur de la République et réforme de la justice pénale française Arrêt Medvedyev de la CEDH et justice pénale française (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (I) Conflits d'intérêts et institutions françaises (II) Conflits d'intérêts et institutions françaises (III) Conflits d'intérêts et institutions françaises (IV) Crise de l'évaluation, CNRS et « réforme de la recherche » Indépendance des Chercheurs indep_chercheurs@yahoo.fr http://science21.blogs.courrierinternational.com http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia Groupes de discussion : http://groups.yahoo.com/group/problemes_des_scientifiques http://groups.yahoo.com/group/combatconnaissance 01:22 Publié dans Administration et administrés, Droits et libertés, Economie, Europe, Evaluation, Fonction publique, Indépendance du service public, Institutions, Justice, Précarité, Santé, Services publics, Société, Société du XXI siècle, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean-paul huchon, ile-de-france, france, europe, société, politique, conseil d'etat, citoyenneté, élections, frais de campagne électorale, inéligibilité | | Facebook | | Imprimer | | | 1 2 Page suivante

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