Source: http://banque-finance-maroc.blogspot.com/
Timestamp: 2019-06-27 06:25:30+00:00

Document:
Les consommateurs marocains sont de plus en plus nombreux à recourir au crédit à la consommation pour financer l’achat de biens d’équipement ou de véhicules, ou pour financer un voyage ou des travaux à la maison.
Ainsi les encours des crédits à la consommation octroyés par les banques marocaines ont évolué de 14 milliards dh en 2006 à 48.8 Milliards dh en 2016, soit une progression annuelle moyenne de 13.3% !
D’un autre côté, les réglementations (Bâle I, II et III) sont venues exiger des banques de renforcer davantage le contrôle du risque de crédit qui peut être lourd de conséquence. Cette forte croissance, n'a été rendue possible dans cet environnement très contrôlé, que grâce à une forte rationalisation des process, dans laquelle se trouve en bonne place l'analyse de risque réalisée pour l'octroi des crédits.
La majorité des établissements de crédit (banques et sociétés de crédit à la consommation) utilisent en effet des techniques de scoring pour décider de l’opportunité d’accorder un prêt et pour évaluer le risque qui lui est lié. Le score de crédit a pour objectif de fournir un instrument pour mesurer le risque, guider la décision d’octroi ou refus du crédit et gérer le portefeuille des risques crédit. Il fournit une estimation de la probabilité qu’un client qui demande un prêt fera défaut dans le remboursement de son emprunt.
Technique de scoring
Le credit scoring est une méthode d'évaluation statistique qui consiste à départager au mieux une population donnée en classes différentes (par exemple les bons et les mauvais profils de payeurs de crédit), en faisant appel à des techniques de discrimination. Le cabinet "Fair et Isaac" a été le pionnier dans l'automatisation des décisions d'accord de crédit, et depuis les années 1980 le traitement de masse des dossiers des demandeurs de crédit est devenu très courant.
Le credit scoring s’est d’abord intéressé au marché des particuliers et a été élargi par la suite aux entreprises pour prévoir leur défaillance à partir de ratios financiers.
Ces systèmes de notation utilisent des modèles statistiques qui aboutissent à un score d’octroi de crédit à partir d'un seuil fixé par l'institution financière, selon sa tolérance au risque.
Les méthodes de scoring les plus utilisées par les banques, pour raison de leur simplicité d’interprétation et leur grande fiabilité, sont généralement de type linéaire telles que l’analyse discriminante linéaire ou encore la régression logistique.Il existe d’autres méthodes non linéaires et non paramétriques comme les réseaux neuronaux et les arbres de décision qui sont également utilisés dans le domaine du crédit scoring.
Les avantages du credit scoring
Cohérence de l'évaluation statistique
Le scoring traite de façon identique toutes les candidatures potentielles. Deux personnes présentant les mêmes caractéristiques auront le même niveau de risque estimé sans l’influence de jugements subjectifs de l’évaluateur.
Dans un système manuel en revanche, l’évaluation comporte une part subjective selon les jugements des agents responsables du crédit (changeant parfois même selon leur humeur du moment).
Amélioration de la productivité et de la rentabilité de la banque
Les techniques de scoring permettent de traiter de façon industrielle une plus grande quantité de dossiers de prêts toutes choses égales par ailleurs. Alors que dans une méthode manuelle, les responsables de prêts ont besoin d’énormément de temps et d'apprentissage pour être en mesure de pouvoir estimer et qualifier le risque de manière efficace.
D'autre part, le rejet dès le départ de certains clients jugés à risque, permet de réduire le risque, et in fine d’augmenter la rentabilité.
Facilité de gestion des portefeuilles
La notation constitue également un outil puissant, susceptible de permettre aux responsables d’ajuster la composition et les orientations des portefeuilles en fonction de l’activité économique, compte tenu d’un niveau souhaité de tolérance au risque.
Les limites du credit scoring
Les techniques du credit scoring présentent un certain nombre de faiblesses et de limites. En effet, l’avenir peut être différent du passé, alors que les prédictions fondées sur la notation s'appuient uniquement et exclusivement sur les événements passés. Les changements pouvant survenir sont susceptibles d'affecter la qualité de prédiction du modèle.
Les refus de trop
Le crédit scoring est adapté à une pratique massive du crédit et son impartialité est souvent citée parmi ses vertus par l'industrie. Il génère toutefois des refus de crédit qui n'auraient pas lieu d'être. Si les refus représentent une proportion de 5% (ce qui est jugé très performant pour un score), c’est 5%de trop ! Car en effet la banque qui se veut être orientée client ne peut pas se permettre de prendre la mauvaise décision même pour un seul client !
Par ailleurs, le credit scoring peut avoir un autre biais dû à l’écart par rapport aux profils de ceux qui composent l'échantillon d'origine. Ce dernier, bien qu'il soit élaboré sur une base large, n'est pas en soi représentatif de toute la population. Et ainsi, des refus peuvent naître d'une « non reconnaissance » par le modèle plutôt que d'un lien effectif avec une probabilité de défaillance.
N'oublions pas que le but d’un score est de permettre un traitement industriel des demandes, pas de faire de telle sorte que certaines personnes n'accèdent au crédit parce que leur profil est trop éloigné de la norme de l'échantillon !
Ces refus sont particulièrement dommageables pour les personnes elles-mêmes, mais aussi ils le sont pour les établissements de crédits qui ratent autant d'occasions de vente.
Une subjectivité intrinsèque
Enfin la méthode utilisée dans la construction du score (échantillon et choix des données) repose sur des décisions prises par les membres du projet de credit scoring dans la phase de création, et intègre donc leur subjectivité de manière structurelle !
Les profils refusés et les données qui sont considérées dans l'analyse initialement le seront donc pour longtemps, car la capacité « d'apprentissage » et la mise à jour du système est souvent lente. Cette limite méthodologique impacte donc profondément et pour longtemps l'accessibilité du crédit aux profils « hors normes ».
Publié par Driss Maghraoui Aucun commentaire:
Libellés : banque, Big Data, crédit
Le défi de la bancarisation
Le système bancaire marocain affiche un taux de bancarisation d’environ 68% en 2015, contre 24% en 2002. Le nombre de comptes ouverts auprès des banques s'élève à 23 millions de comptes, avec 1,7 millions de comptes additionnels par rapport à 2014. Si on exclue la population des Marocains Résidents à l'Etranger (MRE) ce taux se situerait autours de 50%.
C’est le résultat d’un effort important et musclé en termes d’investissements lourds pour le développement des réseaux d’agences bancaires.
Ainsi, sur les quinze dernières années, le réseau bancaire a-t-il connu une croissance très forte avec des ouvertures d’agences dans le milieu urbain, mais aussi dans les localités les plus reculées du Royaume. A fin 2015, le nombre d’agences bancaires a atteint 6 529 points de vente, soit 224 agences de plus par rapport à 2014, couvrant environ 300 localités. La densité bancaire a ainsi évolué d’une agence pour 6 400 habitants en 2010, à 5 300 en 2015, positionnant le Maroc en tête des pays d’Afrique du Nord et à un niveau comparable et parfois même supérieur à celui des pays émergents.
Toutes les études montrent que les jeunes et les plus de 60 ans sont les catégories les moins bancarisés de la population marocaine. Si pour les séniors le réseau physique reste incontournable, le digital constitue en revanche une réelle opportunité pour bancariser les jeunes surtout qu’ils sont très friands de technologie, fortement équipés en mobile et grands utilisateurs d’internet. Il y a là une voie à privilégier pour cibler les moins de 30 ans qui représentent 50% des marocains.
Dans les marchés matures, une nouvelle expérience « digitale » a été progressivement proposée ces dernières années, en substitution aux réseaux physiques, à travers des solutions variées via le web, le mobile, le tchat, le téléphone, la visiophonie… Ces solutions sont plus faciles à appréhender, plus efficaces et toujours disponibles.
Cette transformation a conduit, plusieurs banques à réduire fortement leurs réseaux en fermant des milliers d’agences, avec des dégâts collatéraux en termes de réduction d'emplois et de perception négative auprès d'une certaine clientèle.
Cette fermeture accélérée d'agences bancaires a engendré en effet, une forte montée de frustration et d’insatisfaction chez les consommateurs affectés, notamment les populations les plus fragiles – familles aux revenus modestes, personnes âgées ou handicapées – dont l'accès aux services financiers est rendu plus difficile par l'éloignement de l'agence et/ou par leur incapacité à adopter les nouveaux canaux de relation à distance.
Ces établissements font face à un dilemme où d’un côté, les points de vente constituent un fardeau de plus en plus lourd et coûteux, et de l’autre, les fermetures sont encore mal vécues par les consommateurs car laissant une partie des clients sur le bord du chemin.
Si dans ces marchés Européens, les fermetures d'agences bancaires se font par milliers, au Maroc la physionomie est tout à fait différente et les réseaux bancaires, après une phase de croissance soutenue, vont rentrer dans une étape de consolidation. Le développement des canaux numériques et de la relation à distance deviendra alors le nouveau moteur de croissance en soutien au réseau d'agences.
L'enjeu pour les institutions financières marocaines est alors de faire vivre de façon intégrée les réseaux physiques à côté des canaux numériques pour répondre à des besoins différents et spécifiques, et servir les clients par des approches différenciées.
Le défi est d’accompagner le changement des habitudes dans le temps et de continuer à faciliter et à favoriser un accès plus large aux services financiers pour les populations mal desservies telles que les jeunes, les séniors et les populations vivant dans les zones rurales.
Libellés : banque, digitalisation
Le crédit in fine, solution d'optimisation fiscale
- remboursement à mensualités constantes qui sont composées d'une part d’intérêts et d'une part de capital;
- remboursement à mensualités dégressives, où le montant du capital remboursé est toujours constant tous les mois, et les intérêts associés décroissent dans le temps pour former une mensualité dégressive ;
- remboursement in fine dans lequel ne sont payés tous les mois que les intérêts, et la totalité du capital est remboursé au terme du crédit.
Dans un prêt in fine l'emprunteur ne rembourse que des mensualités fixes qui ne comprennent que les intérêts, calculés sur la totalité du capital emprunté. Le capital quant à lui, sera remboursé d’un seul coup, à la fin du prêt, c’est-à-dire… in Fine.
Si le crédit in fine est plus coûteux en termes d’intérêts totaux, il offre au consommateur une capacité d’épargne mensuelle égale à la différence entre les deux mensualités, soit 3 670 Dh (8 028 - 4 358).
Cette capacité d’épargne peut être utilisée en vue de constituer le capital exigé à l'échéance (in fine). Ainsi si le client investit cette épargne mensuelle (3 670 Dh) dans un produit pouvant lui rapporter 3,5% l’an, il constituera en fin de période un capital de 867 000 dh, soit 86,7% du capital emprunté.
Ces concepts en formules
Si T est le taux d’intérêt mensuel (obtenu pour simplifier en divisant le taux annuel par 12) et N est le nombre de mois de remboursement du crédit.
Un capital emprunté K fait ressortir une mensualité M à payer par mois :
M = K x t / [1 – (1+t)-n]
Le montant de cette mensualité correspondant au mois m de remboursement, est composée d’une partie du capital remboursé Km et d’une partie des intérêts Im :
Km = K x [1 – (1+t)-m – 1)] / [1 – (1+t)-n – 1)]
Im = K x [1 – (1+t)-m – 1)] / [1 – (1+t)-n – 1)]
Libellés : assurance, banque, crédit, retraite
Distruptive, l’intelligence artificielle fait-elle peur ?
Pendant longtemps, nous avons pensé que l’intelligence artificielle relèvera uniquement de la science fiction. Aujourd’hui c’est une réalité et des millions de personnes utilisent au quotidien déjà des outils d’intelligence artificielle comme Siri, Google Now ou Cortana pour communiquer et interagir en langage naturel avec leur téléphone
Dans le e-commerce, toutes les recommandations d’articles faites par Amazon à ses clients sont faites sur la base de leurs préférences (passées) et leur profil en faisant appel à l’intelligence artificielle. Les réseaux sociaux ne sont pas en reste, font également des suggestions à l’utilisateur pour contacter telle ou telle personne selon son profil.
L’intelligence artificielle a déjà dépassé le simple traitement statistique des données et la simple logique rationnelle, binaire et mathématique de l’informatique traditionnelle. Aujourd’hui, elle s’est enrichie d’une dimension cognitive pouvant traiter du non-numérique et le coté sémantique.
Cette intelligence cherche à calquer le fonctionnement de nos neurones pour permettre l’apprentissage automatique traitant toutes ces données non structurées : textes écrits (comptes rendus, courriels, contrats..), vidéos, formes, visages, regards et autres types d’informations livrées par les capteurs et autres objets connectés…
Les techniques de “deep learning”, ou apprentissage profond, ont en effet permis des progrès spectaculaires en matière de reconnaissance d’images et de compréhension du langage naturel. Ils vont se matérialiser le plus souvent sous forme d’aides à la décision.
Le pilotage automatique de l’automobile sans conducteur Tesla fait déjà appel à cette forme d’intelligence artificielle. AlphaGo qui a battu le champion du monde du subtil et complexe jeu de go est une avancée importante dans ce domaine en raison des très nombreuses possibilités de stratégies inhérentes à ce jeu. En effet, une “simple” puissance de calcul ne suffit pas pour aboutir à la décision gagnante ; il faut faire preuve d’analyse cognitive et d’apprentissage automatique.
Application de l’intelligence artificielle dans les services financiers
Watson, le système cognitif d'IBM appliqué à la santé permet aux praticiens cancérologues de lire des quantités phénoménales de publications dans le domaine du cancer à l’échelle mondiale, puis d’extraire les informations nécessaires ou pertinentes, afin de bâtir une prescription personnalisée adaptée à la situation particulière d’un patient.
L’intelligence artificielle intéresse les grands groupes bancaires et les nouveaux arrivants « FinTech » surtout que les services financiers se prêtent naturellement à l'utilisation des technologies cognitives. En effet la complexité des marchés financiers, l’immense quantité de données qui entrent en jeu ainsi que les besoins d’automatisation et d’amélioration de l'expérience client, donnent à ces technologies une force indéniable et une puissance inégalée.
Ainsi dans le domaine du crédit, l’intelligence artificielle promet d’améliorer considérablement les outils de scoring classiques pour enrichir le score d’octroi. En termes de productivité et d’automatisation, les « robots » sont déjà largement mis à contribution par les applications de traitement de prêts et le traitement des dossiers est deux fois plus rapidement que celui d’un humain.
Dans la gestion d’actifs l’intelligence artificielle permet d’utiliser des outils d’investissements automatisés adaptés au profil de risque et aux préférences personnelles ainsi qu’aux objectifs du client. Contrairement aux outils d'analyse classiques, les agents intelligents peuvent traiter des questions ouvertes et détecter des variables et tendances clés qui n'ont pas été codées en dur dans le système.
L’assurance a quant à elle, vu arriver le « paiement à l’utilisation » personnalisé pour chaque individu grâce à l’intelligence artificielle et la collecte de données sur les trajets des assurés (MyDrive, Metromile…).
De plus en plus de banques ont recours aux ChatBots, ces robots conversationnels intelligents qui miment le langage humain, pour communiquer avec leurs clients 7j/7 et 24h/24. Elles sont également de plus en plus nombreuses à s’équiper d’outils automatisés tels que les "robo-advisors", pour permettre aux conseillers de disposer plus rapidement et de façon plus automatique de recommandations adaptées à la situation du client. Le conseiller «augmenté» consacrera ainsi davantage de temps aux activités à forte valeur ajoutée.
En conclusion, l’intelligence artificielle est un domaine qui a déjà beaucoup évolué mais qui est encore plutôt récent ; ce qui laisse penser qu’il va poursuivre cette évolution. L’intelligence artificielle va bouleverser tout un pan de l’économie et accélérer la transformation de plusieurs secteurs.
Les objectifs de l’intelligence artificielle demeurent : construire des machines qui peuvent raisonner, apprendre, communiquer, voir et manipuler des objets. L’intelligence biologique est tellement complexe que l'homme ne la comprend que partiellement. Pour l'instant, l’être humain n’est pas encore menacé par la puissance de l’ordinateur. Mais l’homme doit s’assurer qu’il garde le contrôle sur l’intelligence artificielle afin de maîtriser ce qu’il fait et pourquoi it le fait !
Libellés : assurance, banque, intelligence artificielle
Epargne retraite, à consommer sans modération
Épargner tous les mois un certain montant n’est pas encore un réflexe chez les marocains, et pourtant utiliser cette méthode présente de nombreux avantages. C’est pourquoi l’épargne programmée constitue une solution à privilégier pour que chacun puisse se constituer une épargne à son rythme, en fonction de ses moyens financiers, de ses besoins et de ses objectifs.
Alors quelle méthode adopter pour réussir une épargne programmée ? quel support d’épargne utiliser ? compte sur carnet ? assurance vie ? placement en bourse ? Le choix doit se baser sur plusieurs critères : rendement, risque, souplesse, fiscalité, etc…
Parmi les voies à suivre, il y a l’épargne retraite dont les avantages fiscaux et de fonctionnement sont multiples. En effet, les contrats d'épargne retraite individuels ou collectifs souscrits auprès des entreprises d'assurances bénéficient d'un cadre fiscal incitatif qui rend ces produits très performants par rapport aux autres instruments de placement à moyen et long terme. Cet avantage fiscal se décline à la fois sur les cotisations versées à l’entrée et sur le capital (ou rente) versé à la sortie.
Ainsi pendant la phase d’épargne, lorsque les souscripteurs disposent uniquement de revenus salariaux, ils peuvent déduire la totalité des cotisations de leurs salaires nets imposables dans la limite de 50% (dernière disposition introduite par la loi de finances 2016).
Au terme du contrat, le contribuable bénéficiera d’un abattement de 40% sur le capital qu’il percevra avant que ce dernier ne soit imposé, par voie de retenue à la source et avec un étalement sur une période maximum de quatre années, au taux de l’impôt sur le revenu en vigueur.
Pour pouvoir bénéficier de cet avantage fiscal, il suffit pour le contribuable de souscrire à un contrat d’une durée supérieure à huit années et de programmer la sortie du contrat au delà de l'âge de 50 ans.
Un salarié âgé de 45 ans dispose d’un salaire net imposable de 20 000 dh et souscrit à un contrat de retraite pour une durée de 8 ans, avec prélèvement à la source chez son employeur, auprès d’une compagnie d’assurance, avec une cotisation mensuelle de 3 000 Dh.
Le salarié fait une économie d’impôt sur son salaire mensuel de 3 000 x 38%, soit 1 140 dh. En fait c’est comme si le salarié faisait un effort réel d’épargne de 1 860 dh par mois (3 000 – 1 140).
Le capital constitué en fin de contrat (avec un taux de rendement moyen de 4%) est de l’ordre 338 700 Dh. Les frais d’acquisition capitalisés (à la charge de l'assuré au taux de frais 3%), totaliseraient en fin de période environ 10 000 dh.
Après application de 40% d’abattement, le capital imposé est de 203 000 Dh. Avec un étalement sur quatre ans, le montant de l’impôt prélevé par retenue à la source au taux de l’impôt sur le revenu en vigueur est de 720 Dh !
Et auquel cas, le montant du capital à verser au bénéficiaire est d’ordre de 328 000 Dh. Bien entendu, le contribuable est tenu de déclarer ce capital dans le cadre de sa déclaration globale de revenu.
Finalement, le salarié aura réellement investi 1 860 Dh par mois pour bénéficier, par le truchement d'optimisation fiscale, d’un capital de 328 000 Dh net de frais, ce qui correspond à un taux de rendement équivalent à 14% l’an !
Peut-on après cette exemple, douter encore de l’intérêt réel d’utiliser le support d’épargne retraite pour booster son programme d’épargne ?
Libellés : assurance, banque, impôts, placement, rendement, retraite
Takaful, le maillon manquant dans la chaîne de la finance participative
Les banques participatives viennent d’être officiellement agréées par Bank Al Maghib. Cette nouvelle activité bancaire qui va compléter celle des banques conventionnelles riches d’une existence centenaire sur le marché marocain, ne peut se développer et s’affirmer que dans un environnement global dans lequel existent un système Takaful pour apporter une solution d’assurance et de couverture, ainsi qu’un marché de Sukuks, pourvoyeur d’outils de placement et de refinancement pour ces banques.
Si le modèle des banques participatives est relativement bien connu, la mécanique de l’assurance Takaful l’est beaucoup moins. Quels sont ses principes ? quel est son mode de fonctionnement ? et quelle offre elle propose ? ce sont autant de questions auxquelles cet article tente de répondre.
Les principes de l’assurance Takaful
Le Takaful provient du verbe arabe ‘Kafala’ qui signifie "se garantir l’un l’autre" ou "garantie conjointe". Le système de Takaful est donc basé sur les principes de la coopération mutuelle, l’assurance, la protection et l’assistance entre des groupes ou des participants.
Pour rendre son activité Sharia compliant, l’assurance Takaful cherche à éliminer, en plus du taux d’intérêts, deux facteurs :
• la prise de risque excessive exprimée dans un contrat disproportionné dans lequel une partie enregistre une perte injuste face à une autre (Al gharar) ;
• l’incertitude matérialisée par la perte totale de la prime d’assurance en cas de non réalisation du risque (Al mayssir).
Dans l’assurance conventionnelle, l’assuré achète, moyennant une prime payée à l’assureur, une couverture et des garanties de montant bien supérieur à la prime payée en cas de sinistre. Ce qui est considéré par le Takaful comme étant une forme de spéculation sur l’incertain (Al mayssir).
Pour réduire ces facteurs de spéculation et d’incertain, le paiement de la prime se fait sous forme de don volontaire (tabarroû) d’un montant fixé par la compagnie, et non de prix pour l’achat commercial d’une couverture. La prime de l'assuré est considérée alors comme une donation dans l’intérêt commun et servira à couvrir les charges techniques et les frais de gestion.
Comme pour une mutuelle d'assurance, dans une compagnie Takaful, le risque est mutualisé collectivement et volontairement par l’ensemble des souscripteurs. Ainsi, les membres d'une compagnie d'assurance Takaful sont à la fois assureurs (propriétaires des fonds gérés par la compagnie) et assurés (bénéficiaires en cas de sinistre). Ce qui fait de ces derniers de véritables partenaires et non de simples clients.
L’une des caractéristiques majeures de l’assurance Takaful est le reversement de l’excédent technique aux adhérents. Dans le cas où le fonds enregistre un déficit, l’opérateur Takaful s’engage à combler ce déficit à travers un prêt sans intérêts (Quard hassan) qui sera remboursé ultérieurement à partir des surplus futurs dégagés par le fonds des adhérents.
Il existe trois modes de gestion du Takaful dont la principale différence réside dans la détermination de la rémunération de l'opérateur Takaful :
Le modèle de Moudabarah (participation aux bénéfices), selon lequel l’opérateur du Takaful agit en tant qu’entrepreneur (Moudarib) et les participants comme fournisseurs de capital (Rab Almal).
Le modèle de Wakalah (gestion pour compte) dans lequel l’opérateur du Takaful est rémunéré moyennant une commission.
Le modèle hybride où les deux premiers systèmes sont combinés.
Les adhérents payent leurs contributions qui seront versées dans le "Fonds des participants" et les actionnaires ou opérateur Takaful libèrent leur capital dans un "Fonds des actionnaires" qui est distinct du fonds des participants. Le "Fonds des participants" sera investi séparément par l’opérateur et les revenus des placements y afférent reviendront aux adhérents. Le concept Takaful est ainsi basé sur la séparation du Fonds des participants de celui des actionnaires.
Après arrêt des comptes et en cas de constatation d'un surplus du Fonds des participants, celui-ci sera utilisé prioritairement pour le remboursement du « Quard hassan » le cas échéant, ensuite pour le renforcement de l’équilibre financier du Fonds Takaful par la constitution d’une provision d’équilibrage. Le reste de surplus sera distribué sous la forme d’une réduction appliquée au montant de la cotisation.
L’offre de l’assurance Takaful
Les contrats d’assurance Takaful couvrent presque la majorité des domaines investis par l’assurance conventionnelle et les produits d’assurance Takaful se divisent en deux grandes catégories :
Le Takaful général qui englobe l’assurance des biens et l’assurance des responsabilités ;
Le Takaful familial qui englobe l’assurance sur la vie et la capitalisation, l’assurance maladie et l’assurance contre les accidents corporels liés à l’assurance Takaful familial.
Comme pour les banques participatives, une société d’assurance a la possibilité de pratiquer l’assurance Takaful soit dans le cadre d’une compagnie spécialisée (entité juridique indépendante), soit par le biais de l’ouverture d’une fenêtre Takaful (window), en plus de l’activité d’assurance conventionnelle de la société.
L’assurance Takaful dispose globalement dans le monde, à l'image de la banque participative, d’un potentiel réel de développement. Son marché progresse plus rapidement que l’assurance traditionnelle. Si les experts s'accordent à dire que le marché des banques participatives au Maroc sera à terme dans une fourchette de 5 à 10% du marché bancaire, quelle sera la position du Takaful dans le marché marocain encore très faiblement équipé en assurance?
Libellés : assurance, banque, banques participatives, sukuks, takaful
Régimes de retraite au Maroc, une question épineuse
Un marocain sur trois seulement bénéficie d’un système de retraite
Le Maroc gère un dispositif de retraite composé de plusieurs régimes publiques et privés, autonomes et non convergents. Les trois caisses obligatoires comprennent la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS) et la Caisse Marocaine de Retraite (CMR) qui fonctionnent suivant un système de répartition ainsi que le Régime Collectif d’Allocation de Retraite (RCAR) basé sur un système mixte de répartition et capitalisation.
La Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) quant à elle, gère un régime complémentaire facultatif au profit du personnel du secteur privé. Elle fonctionne en régime par répartition.
Le système de retraite marocain est sérieusement menacé
En plus de la problématique de pilotage et de gouvernance, ces régimes sont soumis à trois contraintes qui les mettent en difficulté et impactent leur équilibre et leur pérennité : le changement de la structure démographique, l’allongement de l’espérance de vie et le chômage grandissant des jeunes.
La situation de ces régimes montre une grande fragilité qui allait s’aggraver davantage si une réforme courageuse n’avait pas été entamée.
La première étape urgente de cette réforme, qui doit être globale et sérieuse, a concerné le volet paramétrique. C’est ainsi qu’il y a eu l’adoption l'été dernier « du pack retraite CMR» qui constitue un premier pas vers le chemin de la réforme. Ces mesures concernent le relèvement progressif de l’âge de départ à la retraite à 63 ans, l’augmentation des cotisations de 4 points, le référencement par rapport au salaire moyen des huit dernières années de travail pour calculer le montant de pension, et la réduction du taux d’annuité à 2% (contre 2,5%).
Bien sûr, il convient de préciser que dans le domaine de la retraite, il n’existe pas de modèle universel applicable à tous les pays et à tous les contextes. Chaque Etat construit son système de retraite en fonction de sa propre histoire économique et sociale, de sa culture et de son niveau de développement. En revanche, plusieurs pays se sont orientés vers un système à trois piliers qui se complètent les uns les autres :
Le premier pilier est basé sur un régime unique géré par répartition assurant une retraite minimale;
Le second est un régime collectif complémentaire obligatoire destiné à prendre en charge la partie du revenu dépassant le seuil couvert par le régime de base. Il est géré par capitalisation au niveau des groupes socio-professionnels ;
Le troisième enfin est basé sur l'épargne, purement individuelle et volontaire, gérée évidemment par capitalisation.
Pendant cette période de réforme qui s'écouler sur plusieurs années, une partie des actifs actuels, notamment les cadres moyens et supérieurs ainsi que les indépendants, pourraient faire les frais de cette phase de transition en attendant la réforme globale du système de retraite.
La solution à cette situation, peut résider dans la souscription aux produits d’épargne retraite individuelle proposée par les compagnies d'assurance et qui offrent à la clé des avantages réels d’optimisation fiscale.
Répartition ou capitalisation ? de quoi s’agit-il ?
Dans le régime géré par répartition pure, les pensions versées aux retraités sont directement financées par la totalité des cotisations versées la même année par les actifs et leurs employeurs. Il n'y a donc pas d'épargne générée ni de réserves constituées. Cela repose sur la solidarité inter-générationnelle. En contrepartie de ses cotisations, le salarié acquiert des droits et des prestations futures. Dans ce régime à prestations définies, le coût de financement est incertain pour les salariés et pour les employeurs.
Ce régime, qui partage avec l'assurance la caractéristique de la mutualisation, présente l'avantage d'être insensible à la fois à l'inflation et au taux d'intérêt. Son équilibre est par contre fortement dépendant du taux de chômage et de la pyramide des âges. La recherche de l’équilibre passe obligatoirement par l'augmentation des cotisations et/ou l'allongement de la période d'activité.
A l'inverse de la répartition, dans la capitalisation il s'écoule un certain délai entre les versements des cotisations et la perception des prestations. Il y a donc constitution de fonds pour couvrir les engagements futurs. Dans ce régime, les taux de cotisations versées par les actifs et leurs employeurs sont connus à l'avance, le régime est alors dit à cotisations déterminées.
Contrairement au régime de répartition dans lequel il y a un transfert de richesse entre les générations (des jeunes vers les plus âgés), le cotisant finance sa propre retraite dans le régime de capitalisation. Ses cotisations sont investies et vont servir à payer les prestations qu'il recevra durant sa retraite. Ce système ne redistribue donc pas les revenus et par conséquent est défaillant en matière de lutte contre la pauvreté.
Ce régime présente l'inconvénient d'être dépendant de l'inflation et du taux d'intérêt. En cas de krach boursier ou d'inflation galopante, les fonds de capitalisation perdront de leur valeur. En revanche, ce système favorise l'accumulation de l'épargne longue qui pourrait servir, dans un contexte de sous-capitalisation, à renforcer les fonds propres des entreprises.
Libellés : assurance, banque, capitalisation, CIMR, CMR, CNSS, répartition, retraite
Télé-déclaration et télé-paiement des impôts, une réelle opportunité à saisir
Force est de constater que peu de citoyens font l’éloge des services de l’Administration. Lourdeur, procédures compliquées, lenteur et bien d’autres maux lui sont bien souvent associés.
Pourtant un changement important semble voir le jour ce 1er janvier, celui de la dématérialisation de la déclaration et du paiement des impôts.
Ainsi l’obligation de télé-déclaration et de télé-paiement est-elle devenue obligatoire pour tous les contribuables dont le revenu professionnel est déterminé selon le régime du résultat net réel ou du résultat net simplifié. Les contribuables soumis à l’IR selon le régime forfaitaire ont encore un répit par rapport à cette exigence. Appliquée à tous les niveaux de chiffre d’affaires, cette mesure concerne l’IS, l’IR et la TVA.
Il serait utile de rappeler les principaux avantages qu’apporte cette modernisation.
Pour les entreprises, contrairement aux bureaux de l’administration fiscale qui ferment à 16h, la télé-déclaration et le télé-paiement en ligne peuvent se faire 7j/7 et 24h/24, les libérant des contraintes de déplacement et leur permettant ainsi de faire des économies considérables de temps.
La déclaration et le paiement se font en ligne sans manipulation de papier, augmentent donc la fiabilité de l’opération et réduisent le risque d’erreurs et de perte.
Et bien sûr comme souvent dans les services digitaux, il est plus facile de suivre l'état de sa déclaration et de son paiement contrairement aux aléas du dossier papier.
Pour l’administration, ce dispositif permet à la DGI
D'éliminer les goulots d’étranglement administratifs et de proposer aux contribuables un service souple et fluide.
De réduire les coûts de traitement et des procédures et d’augmenter ainsi la productivité du personnel.
D’optimiser en conséquence ses ressources humaines et de les affecter prioritairement à des tâches à plus forte valeur ajoutée telles que le contrôle fiscale et donc cibler une augmentation des recettes.
L’administration trouve là finalement un moyen formidable pour améliorer son interaction avec les entreprises, rendre ses activités plus ouvertes et plus transparentes, et améliorer son image.
Au-delà des simples aspects opérationnels, la déclaration et le paiement en ligne constituent une opportunité pour une partie des entreprises en vue de prendre le train du numérique et mettre à niveau leurs moyens humains et techniques.
Vecteur principal de la création d’emplois et de richesse ainsi que d’insertion sociale et professionnelle dans notre pays, les PME et les TPE, représentent le tissu industriel et commercial qui apporte la vigueur à notre économie. Celles-ci sont conditionnées à s’intégrer dans une économie de plus en plus digitale et à adopter le changement du numérique afin d’éliminer les barrières à l'entrée sur certains marchés et faciliter l’accès à de nouvelles opportunités de business, en somme devenir plus compétitives.
Ce vent de jeunesse et de modernité qui souffle sur l’administration sera-t-il suffisamment puissant pour entraîner avec lui les contribuables dans cette transformation digitale?
Libellés : banque, contribuable, DGI, impôts, numerique, PME, télé-déclaration, télé-paiement, TPE
'Daret', la tontine à la marocaine
La tontine est une association de personnes qui, unies par des liens familiaux, d'amitié, de profession ou de région, mettent en commun leur épargne en vue de la solution des problèmes particuliers ou collectifs.
La condition essentielle pour le succès d’une tontine réside dans l’existence d’un lien de confiance très fort entre ses membres.
Les tontines existent dans tous les continents du monde, mais elles sont plus répandues en Afrique et en Asie et se déclinent en deux grandes familles.
Les participants d'une tontine s'engagent à verser une somme prédéterminée à une fréquence donnée. Pour chaque tour de versement, un des participants est désigné pour être le bénéficiaire des fonds collectés des autres participants. La désignation du bénéficiaire se fait par tirage au sort (soit avant chaque versement, soit une seule fois au début du cycle).
Pour le premier bénéficiaire, la tontine s'apparente à un crédit sans intérêts. Pour le dernier participant, la tontine s'apparente à une épargne choisie (forcée).
Entre-temps l'argent de la tontine est investi de la façon dont les membres en ont décidé collectivement. Le plus souvent, les fonds sont octroyés aux membres sous forme de crédit. Les conditions du crédit sont décidées collectivement (conditions d'obtention, durée, intérêt, échéances de remboursement, recouvrement et sanctions en cas de retard dans le remboursement, etc.).
‘Daret’ à la marocaine
La tontine rotative est la forme pratiquée au Maroc sous l’appellation de « Daret ». Cette pratique est très répandue au Maroc et permet aux personnes qui se trouvent face à un besoin d’argent d’avoir une solution alternative en dehors des membres de la famille, et du système bancaire (faute de pouvoir prouver leur solvabilité).
Pour les personnes bancarisées (ou bancarisables), cette pratique permet d’échapper aux intérêts, aux frais bancaires et aux procédures administratives surtout lorsqu’il s’agit de crédits de petits montants (10 000 dh environ).
Plusieurs personnes l’utilisent également pour se constituer une épargne forcée et utiliser le capital constitué pour un achat conséquent ou pour couvrir une dépense importante (famille, travaux…).
Daret se développe dans des cercles où la confiance est renforcée par des liens de famille, d’amitié, de voisinage ou de travail. Le sytème Daret cible les personnes à faible revenus ou à revenus irréguliers, comme il intéresse les petits commerçants ou même les salariés. Souvent ont recours à cette pratique les salariés d’une même entreprise, ou les fonctionnaires au sein d’une même administration.
Ce phénomène social touche toutes les bourses sociales, y compris celles des classes moyennes. Cadres, employés, et même les femmes au foyer recourent à cette pratique. La Tontine Daret se développe à travers toutes les franges de la population et constitue une réponse simple aux besoins permanents de crédit et d’épargne de millions de marocains.
La Fintech dans tout ça ?
Les Fintech commencent déjà à investir ce territoire faisant partie du monde de l’économie collaborative. Ces Fintech se basent sur des plateformes internet permettant à une personne (l’organisateur) de créer une cagnotte en ligne pour divers événements et projets (humanitaire, association, solidarité, sport, médical, enfance, voyage…). L’organisateur invite ainsi son entourage (famille, amis) et/ou le public, à participer financièrement par des dons dans cette cagnotte.
Pour se fixer les idées
A fin 2012, le secteur marocain du microcrédit comptait 810 000 clients actifs pour un encours des prêts d’environ 5 milliards de dirhams, servis par douze associations (AMC), soit un encours moyen d’environ 6 250 Dh par client.
La demande est encore loin d’être satisfaite, puisque le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire estimait à 12 millions le nombre de personnes intéressées par les produits de la Microfinance en 2012.
Le secteur de la micro-finance en quelques chiffres (2011)
- plus de femmes que d’hommes (52% vs 48%)
- une population relativement jeune avec 49% des bénéficiaires âgés entre 18 et 37 ans
- 73% de bénéficiaires alphabétisés, mais seulement 13% ont un niveau bac ou supérieur
- principalement des activités de commerce (55%) ou de services (22%)
- des besoins majoritairement inférieurs à 5 000 Dh (55%)
- des bénéficiaires également bancarisés (55%)
Publié par Driss Maghraoui
Libellés : banque, banques participatives, daret, microcrédit, microfinance, tontine
Expérience Utilisateur, tout le monde en parle
"Expérience client" parfois, "Expérience utilisateur" d’autres fois, cette expression est à la mode et devient l’incontournable recette savante utilisée dans toutes les initiatives dites digitales. Il serait utile de clarifier ce concept tellement il fait l’objet encore de beaucoup de confusion et d'incompréhension.
Le terme “Expérience Utilisateur” a été diffusé dans les années 90 par Donald Norman, et d’après la norme ISO 9241-210 (norme d’ergonomie pour l’interaction homme-machine), cela correspond “aux réponses et aux perceptions d’une personne qui résultent de l’usage ou de l’anticipation de l’usage d’un produit, d’un service ou d’un système”.
Notons que la présence de “l’anticipation de l’usage” dans cette définition, montre que l’expérience utilisateur est aussi profondément liée à la psychologie de l’être humain. C’est pour cette raison que les émotions sont d’ailleurs un élément central de l’expérience utilisateur. Il faut savoir que Donald Norman avant d’être un expert de l’expérience utilisateur, il vient du domaine des sciences neurocognitives et de la psychologie.
Mais alors l’expérience utilisateur relèverait-elle uniquement de l’ergonomie ? L’expérience client ne concerne-t-elle que la partie interface ou bien englobe-t-elle tout ce que vit le client dans ses interactions avec une entreprise ?
L’exemple d’Amazon montre qu’il n'est pas question (uniquement) que d’interfaces graphiques. Le site d’Amazon et ses applications mobiles ne semblent pas faire l’unanimité en termes de qualité visuelle et d’ergonomie. Et pourtant, il est impossible de nier l'incomparable valeur de l'« expérience Amazon », simplement parce que celle-ci est basée d’abord sur les services offerts et pas seulement sur la seule attractivité de la présentation des produits.
Ce qui fait la différence chez le N° 1 du e-commerce sont plusieurs aspects. En ce qui concerne le magasin virtuel, il y a le paiement en 1 clic, les recommandations de produits par affinité, les avis et commentaires des clients. La qualité de l'expérience client se poursuit au-delà des frontières numériques, dans le service client. Ainsi plusieurs options de livraison sont-elles proposées au client avec des délais différents et des modes différents, mais surtout avec un service de tracking permettant au client de suivre la situation de son colis. Après le déballage Amazon propose un schéma facile de gestion des retours en cas de dysfonctionnement..
Ce sont toutes ces considérations qui concourent à simplifier et à rendre plus agréable le parcours global. Cela va depuis le déclenchement de l'impulsion initiale jusqu'à la livraison et même après. La construction de cette Expérience client en arrière-plan, repose sur la mise en place de nouveaux processus, la conception de nouveaux services, l’intégration de nouvelles technologies, le tout orchestré dans un ensemble cohérent et fluide. Le design graphique n'est plus alors que la cerise sur le gâteau.
Libellés : banque, design graphique, ergonomie, expérience client, expérience utilisateur, nouveaux services
Blockchain, tendance lourde ou feu de paille?
Blockchain parait être selon quelques experts comme étant une innovation équivalente à celle de la création d’internet. Blockchain est une sorte de « grand registre virtuel » indestructible et infalsifiable, dans lequel sont stockées (sur des milliers d'ordinateurs) de manière entièrement décentralisée, toutes les transactions chaque fois qu'une personne ou qu'une organisation effectue une opération. Chaque acte constitue un « block », lui-même composé d'autres blocs provenant d'opérations passées. Dès lors, une falsification isolée n'a pas d'incidence, la « vérité » étant établie par le consensus de la majorité.
Le côté réellement « disruptif » de la blochain est qu’il permet à des individus qui ne se connaissent pas de faire des transactions sécurisées et d'échanger des informations sans le moindre intermédiaire.
En théorie, fini le tiers de confiance pour ce type de transactions : notaires, agents immobiliers, établissements financiers. Même les plateformes centralisées de type Uber ou AirB&B peuvent être uberisées (uberisation ultime) bouleversant des pans entiers de l'économie !
En d’autres termes, grâce à des « smart contracts » (contrats intelligents) qui s’exécutent d’eux-mêmes, il est possible d'acheter ou de louer une maison, de transférer des fonds, de contracter ou de certifier la propriété d'un bien ou d'un capital, de manière automatique, de façon décentralisée et sans aucune intervention humaine.
Les utilisations possibles sont nombreuses et dans tous les domaines :
- des universités ont déjà recours à la blockchain pour certifier les diplômes de leurs étudiants et bloquer la triche et la contrefaçon des diplômes ;
- dans le domaine culturel, avec la blockchain ou un système équivalent, les artistes se passeront d'intermédiaires et pourront gérer eux-mêmes leurs royalties ;
- dans les pays qui ne disposent pas d'une organisation administrative fiable (cadastre), la blockchain peut être la solution pour recenser et certifier la propriété immobilière.
Dans le secteur des assurances, les « smart contracts » promettent des changements majeurs. Ils permettent aux assurés comme aux assureurs de se libérer des phases déclaratives (formulaires, vérification, déclenchement de l’indemnisation). La blockchain, faisant office de tiers de confiance automatisé, ouvre donc la voie à une diminution des coûts de structure tout en fiabilisant et en accélérant les processus de décision.
Face à la blockchain, les banques peuvent être les premières victimes, ou les premières gagnantes. D’après un rapport de Santander, la technologie de la blockchain peut permettre aux banques d’économiser de 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici à 2022 en coûts d’infrastructures liés aux paiements internationaux, au trading et à la mise en conformité.
Concernant bitcoin, qualifié par des observateurs de « proof of concept » pour les paiements quotidiens, Citi considère que les moyens disponibles actuellement – réseaux de cartes, virements interbancaires… – sont parfaitement capables de résister à cette concurrence. L'avantage de la décentralisation de la blockchain est peu apparent pour le consommateur lambda (à l'exception possible de l'anonymat), face à des dispositifs totalement centralisés qui ont fait leurs preuves.
Bien entendu, ces projections ne sont pas des certitudes et restent lointaines. Mais elles laissent tout de même augurer d'une disruption plausible impossible à balayer d'un revers de la main.
Libellés : assurance, banque, bitcoin, Blockchain, smart contracts
Les banques participatives arrivent
Le système bancaire marocain s’enrichit par l’arrivée d’une nouvelle industrie financière avec le lancement des banques participatives, très attendues par les professionnels et les consommateurs.
Le Maroc fort d’un système financier (banques et assurances) parmi les importants de la région (2ème en Afrique et 1er de la MENA), présente un cadre global favorable à l’activité des banques participatives. Les experts estiment en effet le potentiel de cette nouvelle activité entre 5 et 10% du système bancaire actuel. Rappelons que ce processus a démarré en 2007 avec la publication d’une recommandation de la Banque Centrale permettant aux banques de proposer des produits financiers participatifs.
En 2014, le Maroc a mis en place d’un cadre légal et réglementaire en d’accueillir les banques participatives à travers la nouvelle loi bancaire. Cela permettra à ces banques de s’affirmer, d’afficher leur particularité et d’exercer leur activité selon leurs propres fondamentaux.
A travers cette loi, le Maroc a fait le choix de concentrer la conformité au sein d’une seule instance au niveau national. Ce qui permettra de garantir la cohérence dans la pratique du secteur et évitera les divergences.
Pour rappel, la finance islamique construit son modèle et sa particularité sur trois principes fondamentaux (les 3 p) et décline son offre de financement principalement autours de la Moudaraba, la Moucharaka, la Mourabaha, l’Ijara et le Salam.
Principe 1 : partage des risques, des pertes et des profits
Ce principe va dans le sens de mettre davantage d'équilibre entre la valeur capital et la valeur travail, principe largement défendu par l’économie éthique.
Principe 2 : adossement de toute opération commerciale à un actif tangible
La déconnection entre la finance et l’économie réelle a été pointée du doigt lors de la récente crise financière. En ne finançant que les opérations liées à une économie réelle, la finance islamique vise à connecter directement au développement de son environnement.
Principe 3 : non-séparation entre l'actif et le risque qui lui est lié
L’éloignement par rapport à ce principe par les produits et marchés dérivés a favorisé le développement de marchés spéculatifs et à la création d’un monde virtuel où par exemple un quintal de blé produit par un petit agriculteur dans un pays en voie de développement correspond à une tonne sur le marché à terme des places financières internationales.
Bien-sûr, la finance participative est également exposée aux risques de marché et de contrepartie à des degrés comparables aux ceux de la finance conventionnelle. Même si quelques études statistiques ont montré que les banques islamiques ont montré une certaine résilience due au fait qu’elles n'aient recours à l'effet de levier que de façon très limitée, et que leurs structures Actif-Passif soient généralement plus équilibrées. En revanche, le risque de liquidité est manifestement plus important dans la finance islamique, à cause du faible développement d’outils et de mécanismes de refinancement.
Les banques participatives constituent une avancée dans le champ financier marocain, car elles donnent plus de choix aux consommateurs et apportent une diversification de l’offre de financement complémentaire à celle des banques conventionnelles, sans oublier leur contribution dans l’accélération de la bancarisation et la collecte d’une épargne qui échappe aux circuits formels actuels.
Les produits de financement participatif peuvent être définis de manière succincte comme suit :
La Moudaraba est un partenariat où l’investisseur (Rab Almal / Banque participative) confie des fonds à un entrepreneur (Moudarib) qui apporte à son tour de l’expérience en termes d’expertise et de savoir-faire (industriel, artisanal, etc) tout en assurant la gestion du projet. Cette formule ressemble aux principes de la société en commandite. Les bénéfices réalisés sont partagés entre les deux parties contractantes sur une répartition convenue à l’avance. En cas de pertes éventuelles, elles sont supportées dans leur intégralité par l’investisseur (Rab Almal ou la banque participative). L’entrepreneur, quant à lui, aura engagé son temps et son savoir-faire sans profit.
La Moucharaka est une forme de partenariat en vertu duquel la banque et le client conviennent de mettre en commun des fonds pour la réalisation d’un projet spécifique. Dans le cas de la Moucharaka, les deux parties participent au financement de l’opération, ce qui n’est pas le cas de la Moudaraba. Les parties supportent les pertes à hauteur de leur participation et partagent les profits selon un pourcentage prédéterminé.
La Mourabaha est un contrat de vente aux termes duquel, un client demande à sa banque de lui financer l’achat d’un bien meuble ou immeuble. La banque l’achètera alors à un fournisseur, pour un prix déterminé, et le revendra à ce client à un prix majoré. En contrepartie de la mise à disposition du financement, le financier perçoit, moyennant un prix payable à terme (vente à tempérament), un montant comprenant le coût d’acquisition majoré d’une marge. Dès le départ, les modalités de paiement à terme du prix de la revente, sont fixées entre les parties contractantes.
L’Ijara est un contrat de financement des investissements mobiliers et/ou immobiliers qui s’apparente à un crédit bail. Une banque achète un bien et le donne en location à un client moyennant le versement d’un loyer.
Le Salam « vente al salam » est un contrat de vente avec livraison différée et paiement au comptant. La banque intervient comme acheteur d’une marchandise qui lui sera livrée à terme. L’institution financière achète les marchandises auprès du fournisseur en contrepartie d’un paiement au comptant qui s'engage les livrer dans un délai convenu. L’établissement peut, en sa qualité d’acheteur, mandater le vendeur pour revendre les marchandises à son profit à la date de la livraison, à une tierce personne autre que le vendeur.
Libellés : banques participatives, finance islamique, ijara, moucharaka, moudaraba, mourabaha, salam
Pensez vous que les banques participatives au Maroc auront
Passionné par la transformation que connaissent actuellement les secteurs de la banque et de l'assurance, j'ambitionne à travers ce site d'apporter un éclairage sur les rouage de ces secteurs au Maroc et sur les défis auxquels ils doivent faire face.
Ce blog vise également à répondre aux questions que vous vous posez sur la meilleure façon de consommer la banque et l'assurance.

References: in fine
in fine
in fine
in fine
in Fine
in fine
in fine