Source: http://jesusmarie.free.fr/2a2ae_q125.htm
Timestamp: 2018-11-20 00:45:40+00:00

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Question 125 : De la crainte
Après avoir parlé de la force et de son acte principal, nous devons nous occuper des vices opposés à cette vertu : 1° de la crainte ; 2° du défaut de timidité ; 3° de l’audace. — Sur la crainte quatre questions se présentent : 1° La crainte est-elle un péché ? — 2° Est-elle opposée à la force ? — 3° Est-elle un péché mortel ? — 4° Excuse-t-elle ou diminue-t-elle le péché ?
Article 1 : La crainte est-elle un péché ?
Objection N°1. Il semble que la crainte ne soit pas un péché. Car la crainte est une passion, comme nous l’avons vu (1a 2æ, quest. 23, art. 4, et quest. 42). Or, les passions ne sont ni louables, ni blâmables, comme on le voit (Eth., liv. 2, chap. 5). Par conséquent, puisque tout péché est digne de blâme, il semble que la crainte ne soit pas un péché.
Réponse à l’objection N°1 : La crainte prise en général implique par sa nature une fuite quelle qu’elle soit. Par conséquent sous ce rapport elle n’est ni bonne, ni mauvaise, et il en faut dire autant de toute autre passion. C’est pourquoi Aristote dit que les passions ne sont ni louables, ni blâmables, parce qu’on ne loue pas, ni on ne blâme pas ceux qui se fâchent ou qui craignent, mais ceux qui le font d’une manière réglée ou désordonnée.
Objection N°2. La loi divine n’ordonne rien qui soit un péché ; parce que la loi du Seigneur est sans tache, comme le dit le Psalmiste (Ps. 18, 8). Or, elle ordonne la crainte, puisque l’Apôtre dit (Eph., 6, 5) : Serviteurs, obéissez à vos maîtres, selon la chair, avec crainte et tremblement. Par conséquent la crainte n’est pas un péché.
Réponse à l’objection N°2 : Cette crainte à laquelle engage l’Apôtre est conforme à la raison ; car il faut que le serviteur craigne de ne pas remplir les devoirs auxquels il est tenu envers son maître.
Objection N°3. Rien de ce qui existe naturellement dans l’homme n’est un péché ; parce que le péché est contre nature, comme le dit saint Jean Damascène (De orth. ftd., liv. 2, chap. 3, et liv. 4, chap. 11). Or, la crainte est naturelle à l’homme. C’est ce qui fait dire à Aristote (Eth., liv. 3, chap. 7) qu’on serait insensé ou insensible, si l’on ne craignait rien, ni les tremblements de terre, ni les inondations. La crainte n’est donc pas un péché.
Réponse à l’objection N°3 : La raison nous dit de fuir les maux auxquels l’homme ne peut résister et que d’ailleurs il est inutile de supporter. C’est pourquoi la crainte de ces maux n’est pas un péché.
Mais c’est le contraire. Le Seigneur dit (Matth., 10, 28) : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps ; et le prophète ajoute (Ez., 2, 6) : Ne les craignez pas, n’appréhendez point leurs discours.
Conclusion La crainte par laquelle on craint et l’on fuit ce que la raison dit que l’on doit supporter plutôt que de renoncer à ce que l’on doit faire est un péché ; mais il n’en est pas de même de la crainte par laquelle on redoute ce que la raison veut que l’on fuie.
Il faut répondre qu’il y a péché dans les actes humains à cause de leur dérèglement ; car le bien de l’acte humain consiste dans un certain ordre, comme on le voit d’après ce que nous avons dit (quest. 109, art. 2, et quest. 114, art. 1). Or, l’ordre légitime veut que l’appétit soit soumis à la règle de la raison. La raison nous apprend qu’il y a des choses que nous devons fuir et d’autres que nous devons rechercher. Parmi celles que nous devons fuir, il y en a que nous devons fuir plus que d’autres, et il en est de même à l’égard de celles que nous devons rechercher. Il y en a que nous devons rechercher plus que d’autres, et selon que nous devons rechercher le bien, nous devons fuir dans la même proportion le mal qui lui est opposé. De là il arrive que la raison nous dit qu’il y a certains biens que nous devons rechercher plus que nous ne devons fuir certains maux. Par conséquent, quand l’appétit fuit ce que la raison lui dit de supporter plutôt que de renoncer à d’autres biens qu’il doit rechercher davantage (Ainsi la raison nous dit que nous devons supporter les peines du corps, plutôt que de compromettre notre réputation ou de manquer à la justice, parce que les biens spirituels sont supérieurs aux biens matériels.), la crainte est déréglée et elle est un péché. Mais quand l’appétit fuit par la crainte ce que la raison nous dit de fuir, dans ce cas l’appétit n’est pas déréglé et il n’est pas un péché.
Article 2 : Le péché de la crainte est-il contraire à la force ?
Objection N°1. Il semble que le péché de la crainte ne soit pas opposé à la force. Car la force a pour objet les dangers de mort, comme nous l’avons vu (quest. 123, art. 4 et 5). Or, le péché de la crainte ne se rapporte pas toujours à ces dangers ; puisqu’à l’occasion de ces paroles (Ps. 127) : Bienheureux tous ceux qui craignent le Seigneur, la glose dit (Ord. August.) que la crainte humaine est celle qui nous fait redouter les souffrances corporelles ou la perte des biens de ce monde. Et sur ces autres paroles de saint Matthieu (26, 44) : Il pria une troisième fois, disant les mêmes paroles, etc., le même docteur observe (Quæst. Evangel., liv. 1, quest. ult.) qu’il y a trois sortes de mauvaise crainte : celle de la mort, celle de la douleur et celle de l’abjection. Le péché de la crainte n’est donc pas opposé à la force.
Réponse à l’objection N°1 : Ces passages s’entendent de la crainte déréglée prise en général qui peut être contraire à des vertus diverses.
Objection N°2. Ce qu’on loue principalement dans la force, c’est qu’elle s’expose à la mort. Or, quelquefois on s’expose à ce danger par crainte de la servitude ou de l’ignominie, comme saint Augustin (De civ., liv. 1, chap. 24) le raconte de Caton, qui se donna la mort pour échapper à la domination de César. Le péché de la crainte n’est donc pas opposé à la force, mais il a plutôt de l’analogie avec elle.
Réponse à l’objection N°2 : Les actes humains se jugent principalement d’après leur fin, comme on le voit d’après ce que nous avons dit (quest. 1, art. 3, et quest. 18, art. 6). Or, il appartient à l’homme fort de s’exposer à la mort en vue du bien. Au contraire celui qui s’y expose pour fuir la servitude ou éviter quelque peine est vaincu par la crainte (La crainte de voir ces maux se continuer indéfiniment. C’est ce qui fait, avec raison, accuser de lâcheté ceux qui se suicident.) ; ce qui est contraire à la force. C’est ce qui fait dire à Aristote (Eth., liv. 3, chap. 7) que rechercher la mort, pour se soustraire à la pauvreté, à l’amour, ou à quelque chagrin, ce n’est pas le fait d’un homme de courage, mais bien plutôt d’un homme timide ; car c’est une lâcheté de fuir les choses pénibles et affligeantes.
Objection N°3. Tout désespoir provient d’une crainte. Or, le désespoir n’est pas opposé à la force, mais il l’est plutôt à l’espérance, comme nous l’avons vu (quest. 20, art. 1, et 1a 2æ, quest. 40, art. 4). Le péché de la crainte n’est donc pas opposé à la force.
Réponse à l’objection N°3 : Il faut répondre au troisième, qu’ainsi que nous l’avons dit (1a 2æ, quest. 45, art. 2), comme l’espérance est le principe de l’audace, de même la crainte est le principe du désespoir. Par conséquent comme le fort qui use de l’audace avec modération a préalablement besoin de l’espérance, de même le désespoir procède de la crainte. Mais il n’est pas nécessaire que tout désespoir procède d’une crainte quelconque ; il suffit qu’il provienne d’une crainte qui est du même genre que lui (Ainsi le désespoir du salut provient de la crainte des jugements de Dieu, qui est opposée à l’espérance chrétienne.). Or, le désespoir qui est opposé à l’espérance se rapporte à un autre genre, puisqu’il a pour objet les choses divines, tandis que la crainte qui est opposée à la force, a pour objet les dangers de mort (Cette crainte est purement naturelle, tandis que de désespoir se rapporte à des choses surnaturelles.). Par conséquent le raisonnement n’est pas concluant.
Mais c’est le contraire. Aristote (Eth., liv. 2, chap. 7, et liv. 3, chap. 7) met la timidité en opposition avec la force.
Conclusion La crainte déréglée de la mort est opposée à la force, mais la crainte prise en général peut être opposée non à une seule, mais à différentes vertus.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (quest. 19, art. 3, et 1a 2æ, quest. 43, art. 1), toute crainte vient de l’amour ; car personne ne craint que le contraire de ce qu’il aime. L’amour ne se rapporte pas d’une manière déterminée à quelque genre de vertu ou de vice ; mais l’amour réglé est renfermé dans toute vertu, car tout homme vertueux aime le bien propre de la vertu ; au lieu que l’amour désordonné se trouve dans tout péché, puisque la cupidité déréglée vient de cette espèce d’amour. De même la crainte déréglée se trouve dans tout péché. Par exemple, l’avare craint la perte de l’argent, l’intempérant la perte du plaisir et ainsi des autres. Mais la crainte principale a pour objet les dangers de mort, comme le prouve Aristote (Eth., liv. 3, chap. 6). C’est pourquoi le dérèglement de cette crainte est opposé à la force qui se rapporte à ces sortes de périls. C’est pour cela qu’on dit par antonomase que la timidité est opposée à la force.
Article 3 : La crainte est-elle un péché mortel ?
Objection N°1. Il semble que la crainte ne soit pas un péché mortel. Car la crainte, comme nous l’avons dit (1a 2æ, quest. 23, art. 1), est dans l’irascible qui est une partie de la sensualité. Or, dans la sensualité il n’y a que le péché véniel, comme nous l’avons vu (1a 2æ, quest. 74, art. 4). La crainte n’est donc pas un péché mortel.
Réponse à l’objection N°1 : Ce raisonnement s’appuie sur la crainte, selon qu’elle réside dans l’appétit sensitif.
Objection N°2. Tout péché mortel détourne de Dieu totalement. Or, la crainte ne le fait pas. Car sur ces paroles (Juges, 7, 3) : Que celui qui est effrayé et timide s’en retourne, etc., la glose dit (Ord.) que le timide est celui qui au premier aspect tremble avant le combat mais qu’il ne se laisse pas absolument abattre, qu’on peut relever son courage et l’animer de nouveau. La crainte n’est donc pas un péché mortel.
Réponse à l’objection N°2 : Cette glose peut s’entendre de la crainte qui existe dans l’appétit sensitif. — Ou bien il vaut mieux répondre qu’il est complètement abattu celui dont la crainte triomphe de son âme irréparablement. Mais quoique la crainte soit un péché mortel, il peut se faire cependant qu’on ne soit pas si fortement saisi par elle que la persuasion ne puisse rendre le courage ; comme quand on pèche mortellement en consentant à la concupiscence, on est quelquefois détourné d’exécuter ce que l’on s’est proposé de faire.
Objection N°3. Le péché mortel n’éloigne pas seulement de ce qui est de perfection, mais encore de ce qui est de précepte. Or, la crainte n’éloigne pas de ce qui est de précepte, mais seulement de ce qui est de perfection ; car sur ces paroles (Deut., 20, 8) : Y a-t-il quelqu’un qui soit timide, et dont le cœur soit frappé de terreur ?, etc., la glose dit (Ord. Isid.) que Dieu nous apprend par là qu’on ne peut embrasser la contemplation ou s’enrôler dans la milice spirituelle, quand on craint encore d’être dépouillé des biens de la terre. La crainte n’est donc pas un péché mortel.
Réponse à l’objection N°3 : Cette glose parle de la crainte qui éloigne l’homme du bien qui n’est pas de nécessité de précepte, mais de perfection de conseil. Cette crainte n’est pas un péché mortel. Tantôt elle est un péché véniel, tantôt elle n’est pas un péché ; par exemple quand elle a une cause raisonnable.
Mais c’est le contraire. Il n’y a que le péché mortel qui mérite les peines de l’enfer. Or, ceux qui sont craintifs les méritent, d’après ces paroles de l’Apocalypse (21, 8) : Pour ce qui est des timides, et des incrédules et des exécrables, etc., leur partage sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre qui est la seconde mort. La timidité est donc un péché mortel.
Conclusion La crainte qui est déréglée au point que l’on veuille délibérément quelque chose qui soit contraire à la charité ou à la loi divine, est un péché mortel, mais celle qui n’existe que dans la sensualité est un péché véniel.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (art. 1), la crainte est un péché selon qu’elle est déréglée, c’est-à-dire selon qu’elle fuit ce que d’après la raison on ne doit pas fuir. Ce dérèglement de la crainte consiste quelquefois exclusivement dans l’appétit sensitif (La crainte est alors un mouvement purement sensible, qui peut même être complètement exempt de péché.) sans que le consentement de l’appétit rationnel survienne. Dans ce cas elle ne peut pas être un péché mortel, mais elle est seulement un péché véniel. — D’autres fois le dérèglement de cette crainte s’élève jusqu’à l’appétit rationnel ou la volonté qui, en vertu de son libre arbitre, fait une chose contrairement à la raison. Ce dérèglement de la crainte est tantôt un péché mortel, tantôt un péché véniel. Car si, par suite de la crainte que l’on a de la mort ou de tout autre mal temporel, on est disposé (La crainte est alors un péché véniel qu’on est tenu de déclarer, parce que cette disposition a une malice indépendante de l’acte qu’elle fait faire.) à faire quelque chose qui soit défendu ou à omettre quelque chose qui soit commandé par la loi de Dieu (On suppose ici une chose défendue sub gravi ; car, dans un autre cas, la faute ne serait que vénielle.), cette crainte est un péché mortel. Autrement elle est un péché véniel.
Article 4 : La crainte excuse-t-elle du péché ?
Objection N°1. Il semble que la crainte n’excuse pas du péché. Car la crainte est un péché, comme nous l’avons dit (art. 1). Or, un péché n’excuse pas d’un autre, mais il l’aggrave plutôt. La crainte n’excuse donc pas du péché.
Réponse à l’objection N°1 : La crainte n’excuse pas en raison de ce qu’elle est un péché, mais en raison de ce qu’il y a en elle d’involontaire.
Objection N°2. Si une crainte excusait du péché, ce serait surtout la crainte de la mort, qui frappe sur l’homme constant. Or, cette crainte ne paraît pas excuser ; parce qu’il semble qu’on ne doive pas craindre la mort, puisqu’elle est nécessairement imminente pour tout le monde. La crainte n’excuse donc pas du péché.
Réponse à l’objection N°2 : Quoique la mort soit nécessairement imminente pour tout le monde, cependant la diminution de la vie temporelle est un mal et par conséquent on doit la craindre.
Objection N°3. Toute crainte a pour objet un mal temporel ou un mal spirituel. Or, la crainte du mal spirituel ne peut pas excuser du péché, parce qu’elle ne porte pas à faire le mal, mais qu’elle en éloigne plutôt. La crainte du mal temporel n’en excuse pas non plus, parce que, d’après Aristote (Eth., liv. 3, chap. 6), nous ne devons craindre ni l’indigence, ni la maladie, ni toutes les choses qui ne proviennent pas de notre propre malice. Il semble donc que la crainte n’excuse du péché d’aucune manière.
Réponse à l’objection N°3 : D’après les stoïciens qui disaient que les biens temporels ne sont pas les biens de l’homme, il en résulte conséquemment que les maux temporels ne sont pas non plus ses maux et que par suite on ne doit les craindre d’aucune manière. Mais, d’après saint Augustin (De lib. arb., liv. 2, chap. 18 et 19), les biens temporels sont les biens les moins estimables, et ce sentiment a été aussi celui des péripatéticiens. C’est pourquoi on doit craindre leurs contraires, mais on ne doit pas les craindre au point de s’écarter pour eux de ce qui est un bien selon la vertu (C’est-à-dire un bien moral.).
Mais c’est le contraire. Le droit porte (Decret. 1, quest. 1, chap. Constat) que celui qui a souffert violence et qui a été ordonné malgré lui par les hérétiques est excusable.
Conclusion Il n’y a que la crainte déréglée qui excuse du péché en raison de ce qu’il y a en elle d’involontaire.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (art. préc.), la crainte n’est un péché qu’autant qu’elle est contraire à l’ordre de la raison. La raison jugeant qu’il y a des maux que l’on doit fuir plus que d’autres, il s’ensuit que celui qui pour éviter les maux que l’on doit fuir le plus d’après la raison, n’évite pas ceux que l’on doit fuir le moins, ne fait pas un péché. Ainsi on doit éviter la mort du corps plutôt que la perte des biens temporels. Par conséquent, si dans la crainte de la mort on promettait ou l’on donnait quelque chose à des brigands, on serait excusé du péché que l’on commettrait, si sans cause légitime on faisait des largesses aux pécheurs, en laissant de côté les gens de bien auxquels on devrait donner principalement. — Mais si quelqu’un fuyait par crainte les maux qu’on doit fuir le moins d’après la raison et qu’il s’exposât à ceux qu’on doit fuir le plus (Tel serait, par exemple, celui qui s’exposerait au péril de perdre la vie pour la conservation de quelques biens temporels.), il ne pourrait pas être totalement exempt de péché : parce que cette crainte serait déréglée. Or, les maux de l’âme sont plus à craindre que les maux du corps et ceux-ci le sont plus que les maux des choses extérieures. C’est pourquoi si on subit les maux de l’âme ou le péché pour éviter les maux du corps, tels que les coups ou la mort, ou les maux extérieurs, comme une perte d’argent ; ou si l’on supporte les maux du corps pour éviter un dommage matériel, on n’est pas totalement exempt de péché. — Cependant le péché est moins grave sous ce rapport ; parce que ce que l’on fait par crainte est moins volontaire. Car l’homme se trouve dans la nécessité d’agir quand la crainte est imminente. C’est ce qui fait dire à Aristote (Eth., liv. 3, chap. 1) que les choses que l’on fait par crainte ne sont pas absolument volontaires, mais qu’elles sont partie involontaires et partie volontaires.

References: art. 4
 art. 2
 art. 1
 art. 4
 art. 3
 art. 6
 art. 1
 art. 4
 art. 2
 art. 3
 art. 1
 art. 1
 art. 4