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Timestamp: 2018-01-17 20:04:31+00:00

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XIXè SIECLE République et démocratie
XIXè SIECLE - REPUBLIQUE ET DEMOCRATIE
« Les Français sont égaux devant la loi. Ils contribuent indistinctement, dans la proportion de leur fortune, aux charges de l’Etat. Leur liberté individuelle est également garantie. Chacun choisit sa religion ; cependant, la religion catholique est la religion de l’Etat. Les Français ont le droit de faire imprimer leurs opinions. La personne du Roi est inviolable et sacrée. Le Roi est le chef suprême de l’Etat. Le pouvoir législatif est partagé entre le Roi et les deux assemblées. Toute justice émane du Roi, qui nomme les juges. »
Charte de 1814.
Louis XVIII accorde aux Français un certain nombre de droits qu’il s’engage à respecter
« Nous avons volontairement, et par le libre exercice de notre autorité royale, accordé la Charte constitutionnelle qui suit :
Article premier. Les Français sont égaux devant la loi quels que soient d’ailleurs leurs titres.
Art. 2 Ils contribuent indistinctement, dans la proportion de leur fortune, aux charges de l’Etat.
Art. 4. Leur liberté individuelle est également garantie, personne ne pouvant être poursuivi ni arrêté que dans les cas prévus par la loi.
Art. 5. Chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection.
Art. 6. Cependant, la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de l’Etat.
Art. 9. Toutes les propriétés sont inviolables, sans aucune exception de celles qu’on appelle nationales, la loi ne mettant aucune différence entre elles. »
In Nathan, Gulliver, Histoire. Cycle 3, 1997
« Nous avons été pendant trois jours au milieu de la mitraille et des coups de fusil. Car on se battait partout. Le simple promeneur comme moi avait la chance d’attraper une balle ni plus ni moins que les héros improvisés qui marchaient à l’ennemi avec des morceaux de fer emmanchés dans les manches à balai. »
Témoignage écrit du peintre Eugène Delacroix.
Victor Hugo contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte
Pâle, s’ouvrait : la mort noyait son oeil farouche ;
Il y avait dans sa poche une toupie en buis. […]
Ses chasses : par la même occasion, il sauve,
LA COMMUNE ET LE SIÈGE DE PARIS
Les misères de Paris pendant le siège (1870-1871)
Non, jamais sur cette terre (…) Un jour une pauvre mère
On ne vit, en vérité Privée de bois, de charbon,
Pareille calamité Attend la distribution
Ni plus affreuse misère Une journée toute entière
Que celle que l’on subit Dans ses bras, cruel effroi !
Sous le siège de Paris Son enfant est mort de froid ! (…)
(…) On se nourrit d’épluchures, (…) C’est d’accord avec l’infâme
De chats, de chiens et de rats ; Celui qui livra Sedan :
On vend des choses au tas Bonaparte, ce tyran !
Que l’on jetait aux ordures ; Ce gredin sans cœur, sans âme !
Mais on se repaît enfin, Que la Prusse, avec ardeur,
Pour ne pas mourir de faim (…). Accomplit notre malheur (…).
(…) On a vu dans les tranchées (…) Eh bien ! de tous ces ravages,
Des soldats, de froid périr ; Nous souffrons sans murmurer ;
Ils préféreraient mourir Loin de nous désespérer
D’une mort plus recherchée, Ils augmentent nos courages :
Vis-à-vis de l’ennemi, On ne vaincra pas Paris,
En défendant le pays (…). Tant que nous seront unis !
Extrait d’une complainte : Les misères de Paris pendant le siège.
In Magnard, Histoire. Une terre, des hommes, Cycle 3, 1998.
LA IIIè REPUBLIQUE
« Nous, les républicains radicaux, nous voulons la République pour ses conséquences : les grandes et fécondes réformes qu’elle entraîne. Le but que nous proposons, c’est l’accomplissement de la grande rénovation de 1789, inaugurée par la bourgeoisie française et abandonnée par elle avant son achèvement ; c’est le rétablissement de la paix sociale par le seul développement de la justice et de la liberté : la paix républicaine. »
D’après Georges Clémenceau, 1876.
Hymne de Clémenceau à la République
« Oui ! gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait. Nous sommes, nous, des républicains, nous acceptons la République, la liberté de parole ici et ailleurs avec tous ses avantages, avec ses périls : nous la réclamons, nous la défendrons. »
Discours de Georges Clémenceau (1841-1929) à la Chambre des Députés, le 4 juin 1888.
Les femmes exclues du suffrage universel
« Je laisse aux hommes qui s’arrogent le droit de gouverner, d’ordonner, le privilège de payer les impôts qu’ils votent (…).
Puisque je n’ai pas le droit de contrôler l’emploi de mon argent, je ne veux plus en donner (…). Je ne vote pas, je ne paye pas. »
Aubertine Auclert, 1880, citée dans Suzanne Grimbert, Le Mouvement suffragiste, 1926.
LES LOIS SCOLAIRES DE 1881 – 1882
L’évolution des lois scolaires, au XIXè siècle
1833 : chaque commune de France est obligée d’avoir une école.
1881 : l’enseignement primaire est gratuit.
1882 : l’école primaire devient obligatoire et laïque.
1889 : les instituteurs sont rémunérés par l’État.
Être un républicain
« Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille ; il faut prendre l’homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé par l’excès de travail, et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité, et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit, temporel ou spirituel. »
« Entre toutes les nécessités du temps, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale : c’est le problème de l’éducation du peuple. C’est une œuvre pacifique, c’est une œuvre généreuse, et je la définis ainsi : faire disparaître la dernière, la plus redoutable des inégalités qui viennent de la naissance, l’inégalité de l’éducation. L’inégalité d’éducation est, en effet, un des résultats les plus criants et les plus fâcheux, au point de vue social, du hasard de la naissance. Avec l’inégalité d’éducation, je vous défie d’avoir jamais l’égalité des droits, non l’égalité théorique, mais l’égalité réelle, et l’égalité des droits est pourtant le fond même et l’essence de la démocratie. »
Vous pouvez vous rappeler ce qui s’est passé pour un autre genre d’obligation, pour l’obligation imposée aux communes d’avoir une maison d’école. L’obligation date de l’année qui a suivi, c’est par milliers que l’Administration devait proposer des décrets pour contraindre les communes à exécuter la loi. Eh bien aujourd’hui… les plus petites communes viennent à nous, font des emprunts, s’imposent des centimes[1] pour avoir des maisons d’école…
Extrait du Journal officiel du 29 mars 1882
« Mercredi 29 mars 1882.
PARTIE OFFICIELLE.
LOI sur l’enseignement primaire obligatoire.
Art. 1er. – L’enseignement primaire comprend :
Les éléments des sciences naturelles physiques et mathématiques ; leur application à l’agriculture, à l’hygiène, aux arts industriels, travaux manuels et usage des outils des principaux métiers ;
La gymnastique ; Pour les garçons les exercices militaires ;
Pour les filles les travaux à l’aiguille.
Art. 2.- Les écoles primaires publiques vaqueront un jour par semaine, en outre du dimanche afin de permettre aux parents de faire donner, s’ils le désirent, l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires.
Art. 4.- L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute personne qu’il aura choisie.
Art.6.- Il est institué un certificat d’études primaires.
Il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l’âge de onze ans.
Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d’études primaires seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer.
Art. 8.- Chaque année le maire dresse, d’accord avec la commission municipale scolaire, la liste de tous les enfants âgés de six à treize ans, et avise les personnes qui ont charge de ces enfants de l’époque de la rentrée des classes.
En cas de non-déclaration, quinze jours avant l’époque de la rentrée, de la part des parents et autres personnes responsables, il inscrit d’office l’enfant à l’une des écoles publiques et en avertit la personne responsable.
Art. 10.- Lorsqu’un enfant manque momentanément l’école, les parents ou les personnes responsables doivent faire connaître au directeur ou à la directrice les motifs de son absence.
Les directeurs et les directrices doivent tenir un registre d’appel qui constate, pour chaque classe, l’absence des élèves inscrits.
Art. 16.- Les enfants qui reçoivent l’instruction dans la famille doivent, chaque année, à partir de la fin de la deuxième année d’instruction obligatoire, subir un examen qui portera sur les matières de l’enseignement correspondant à leur âge.
JULES FERRY. »
« Article 1 – L’enseignement primaire comprend : l’instruction morale et civique ; la lecture et l’écriture ; la langue et les éléments de la littérature française ; la géographie particulièrement celle de la France ; l’histoire particulièrement celle de la France jusqu’à nos jours ; les éléments des sciences naturelles, physiques et mathématiques ; les éléments du dessin, du modelage et de la musique ; la gymnastique ; pour les garçons, les exercices militaires ; pour les filles, les travaux à l’aiguille. (…)
Article 4 – L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 ans révolus à 13 ans révolus. »
Loi Jules Ferry, 28 mars 1882.
« Article 4 – L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes de six ans révolus à treize ans révolus… »
Extrait de la Loi du 28 mars 1882.
Loi de 1882 : le contenu de l’enseignement primaire obligatoire
« L’enseignement primaire comprend : l’instruction morale et civique ; la lecture et l’écriture ; la langue et les éléments de la littérature française ; la géographie, particulièrement celle de la France ; l’histoire, particulièrement celle de la France jusqu’à nos jours […] ; les éléments des sciences naturelles, physiques et mathématiques […].
« Lorsque toute la jeunesse française se sera développée, aura grandi sous cette triple étoile de la gratuité, de l’obligation et de la laïcité, nous n’aurons plus rien à craindre des retours du passé, car nous aurons pour nous en défendre (…) l’esprit de toutes ces générations nouvelles (…) formées à l’école de la science et de la raison. »
Jules Ferry (1832 – 1893), Revue pédagogique, 1882.
« Si vous ne travaillez pas à l’école, vous manquez à vos devoirs envers vos parents et envers votre patrie, qui fait de grands sacrifices pour l’instruction de ses enfants. » (page 7)
« Un Français doit… savoir l’histoire et la géographie de son pays, en connaître les lois et les institutions ; autrement il est incapable de le bien aimer et de le bien servir. » (page 9)
« Les Français jouissent de la liberté de conscience, c’est-à-dire qu’ils peuvent professer le culte qu’ils veulent, ou bien n’en professer aucun. » (page 139)
P. Laloi, La première année d’instruction civique, Armand Colin, 1880.
Corrigé d’une rédaction, à la fin du XIXè siècle
« La veille du 14 juillet. Composition : développement proposé. C’est demain le 14 juillet, le jour de la fête nationale que chacun s’apprête à célébrer. De quelque côté que l’on regarde, ce ne sont que drapeaux, guirlandes de feuillage, arcs de triomphe. C’est la fête de la France ! Tous les Français la célébreront.
Ah ! que cette date du 14 juillet nous rappelle de grands souvenirs : c’est d’abord en 1789 la prise de la Bastille, première étape de la Révolution ; puis cette magnifique journée de la Fédération, journée d’allégresse et d’enthousiasme […] ; enfin un 14 juillet qui date d’hier [1880] et que nous nous rappelons tous : la distribution des drapeaux. Celui-là, nous l’avons acclamé. Notre armée avait perdu presque tous les étendards dans cette guerre maudite de 1870 : la patrie lui en offrait d’autres. […]
Et gardons nos pensées suprêmes pour ceux qui ne peuvent comme nous, en ce beau jour, célébrer la fête de la patrie. Ceux-là souffrent depuis de longues années déjà, et cependant ils n’oublient pas. Français, un souvenir à nos frères d’Alsace et de Lorraine ! »
Publié dans le Journal d’éducation pratique pour les instituteurs […], 13 juillet 1884.
« A l’enseignement historique incombe le devoir de faire aimer et de faire comprendre la patrie. Tout l’enseignement du devoir patriotique se réduit à ceci : expliquer que les hommes qui, depuis des siècles, vivent sur la terre de France, ont fait une certaine œuvre à laquelle chaque génération a travaillé ; qu’un lien nous rattache à ceux qui ont vécu, à ceux qui vivront sur cette terre. Enseignement moral et patriotique : c’est là que doit aboutir l’enseignement de l’histoire à l’école primaire. N’enseignons point l’histoire avec le calme qui sied à l’enseignement de la règle des participes. Si l’écolier n’emporte pas avec lui le vivant souvenir de nos gloires nationales, s’il ne sait pas que ses ancêtres ont combattu sur mille champs de bataille pour de nobles causes ; s’il n’a point appris ce qu’il a coûté de sang et d’efforts pour faire l’unité de notre patrie ; s’il ne devient pas un citoyen pénétré de ses devoirs, l’instituteur aura perdu son temps. »
D’après Ernest Lavisse, Questions d’enseignement national, 1885.
[1] Centimes additionnels, c’est-à-dire des impôts locaux supplémentaires.

References: Art. 2

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 9

Art. 1

Art. 2

Art. 4

Art.6

Art. 8

Art. 10

Art. 16