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Timestamp: 2016-10-28 10:22:59+00:00

Document:
Arr�t du 29 novembre 2011
D.________, repr�sent�e par Me Christine Magnin, avocate, intim�e,
recours contre l'arr�t de la IIe Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg du 21 mars 2011.
Le 13 f�vrier 2009, la Commune d'Avry a soumis � l'enqu�te publique les plans du projet d�finitif d'am�nagement de l'impasse des Agges, dans le secteur d'Avry-sur-Matran. Les membres de l'hoirie C.________ et de l'hoirie B.________ ainsi que A.________ se sont oppos�s � ce projet en proposant une correction du trac� de l'impasse des Agges � sa jonction avec la route des Murailles et un �largissement de cette derni�re art�re de deux � trois m�tres vers la parcelle n� 457 � l'est afin de faciliter la circulation routi�re et celle des v�hicules agricoles. Le 10 juin 2009, le Conseil communal d'Avry a �cart� ces oppositions dans la mesure o� elles �taient recevables. Le 23 f�vrier 2010, il a r�serv� le m�me sort � celles form�es aux modifications apport�es en novembre 2009 au projet initial. Le 5 septembre 2011, la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions du canton de Fribourg a rejet� les recours des opposants contre ces d�cisions, consid�rant que le projet routier r�pondait aux caract�ristiques techniques exig�es par la loi cantonale sur les routes et permettait son utilisation par tous les usagers de la route. Par d�cision s�par�e du m�me jour, elle a approuv� les plans du projet d�finitif d'am�nagement de l'impasse des Agges.
Le 30 juillet 2009, la soci�t� D.________ a requis l'autorisation de construire deux immeubles r�sidentiels A et B, avec couverts � voitures et places de parc ext�rieures, sur la parcelle n� 457.
Ce projet a suscit� les oppositions de A.________, des membres de l'hoirie B.________ et des membres de l'hoirie C.________, qui faisaient valoir en substance une violation des prescriptions sur les distances � respecter par rapport aux routes, une mise en danger du trafic routier ainsi qu'une absence d'�gard envers certains biens prot�g�s.
La Commission des biens culturels du canton de Fribourg a �mis un pr�avis d�favorable au projet aux motifs qu'il ne r�pondait pas aux prescriptions de la r�glementation communale en vigueur relatives au p�rim�tre de protection du site naturel et construit dans lequel se trouvait la parcelle n� 457 et qu'il compromettait les mesures de protection qui devront �tre prises pour le secteur concern� dans la r�vision du plan d'am�nagement local. Elle ne s'est en revanche pas oppos�e � l'octroi du permis de construire limit� � l'immeuble B dans la mesure o� les exigences de protection du site b�ti pouvaient �tre sauvegard�es par une modification du projet concernant le b�timent A que D.________ a soumise � l'enqu�te publique le 18 juin 2010, sans susciter d'opposition.
Par d�cision du 8 juillet 2010, le Pr�fet du district de la Sarine a accord� le permis de construire relatif au b�timent B et rejet� les oppositions de A.________ ainsi que des membres de l'hoirie B.________ et de l'hoirie C.________ dans la mesure de leur recevabilit�. La IIe Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal ou la cour cantonale) en a fait de m�me des recours form�s contre cette d�cision par les opposants au terme d'un arr�t rendu le 21 mars 2011.
Agissant s�par�ment par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________, l'hoirie B.________ et l'hoirie C.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler cet arr�t ainsi que le permis de construire d�livr� � l'intim�e en tant qu'il concerne les am�nagements ext�rieurs et les places de parc couvertes et non couvertes, le cas �ch�ant de renvoyer la cause au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision. Ils concluent � titre subsidiaire � la suspension du permis de construire jusqu'� droit connu sur le nouvel am�nagement de l'impasse des Agges et � la coordination de la proc�dure de permis de construire avec celle du plan routier.
Le Tribunal cantonal et le Pr�fet du district de la Sarine concluent au rejet des recours. D.________ propose de les d�clarer irrecevables, respectivement de les rejeter et de confirmer l'arr�t attaqu�. La Commune d'Avry se r�f�re aux observations qu'elle a d�pos�es dans la proc�dure de recours cantonale.
Les recourants ont r�pliqu�. Conform�ment � leur requ�te, la Direction cantonale de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions a produit une copie de ses d�cisions du 5 septembre 2011.
Les recours visent la m�me d�cision et, sous r�serve de quelques points, soul�vent des questions juridiques identiques. Leurs auteurs n'ont pas d'int�r�ts contradictoires qui commanderaient un prononc� s�par�. Dans ces circonstances, l'�conomie de la proc�dure justifie de joindre les causes 1C_210/2011, 1C_224/2011 et 1C_226/2011 pour les traiter dans un seul et m�me arr�t.
Dirig�s contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale dans le domaine du droit public de l'am�nagement du territoire et des constructions, les recours sont recevables comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF. Aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'est r�alis�e.
Aux termes de l'art. 89 al. 1 LTF, a qualit� pour former un recours en mati�re de droit public quiconque a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente ou a �t� priv� de la possibilit� de le faire (let. a), est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e (let. b) et a un int�r�t digne de protection � son annulation ou � sa modification (let. c). Selon la jurisprudence, l'int�r�t digne de protection consiste dans l'utilit� pratique que l'admission du recours apporterait au recourant, en lui �vitant de subir un pr�judice de nature �conomique, id�ale, mat�rielle ou autre que la d�cision attaqu�e lui occasionnerait. Il implique que le recourant soit touch� de mani�re directe, concr�te et dans une mesure et avec une intensit� plus grandes que la g�n�ralit� des administr�s. L'int�r�t invoqu�, qui peut �tre un int�r�t de fait, doit se trouver dans un rapport �troit, sp�cial et digne d'�tre pris en consid�ration avec l'objet de la contestation (ATF 137 II 40 consid. 2.3 p. 43 et les arr�ts cit�s). Le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualit� pour recourir. Le crit�re de la distance n'est toutefois pas le seul d�terminant; s'il est certain ou tr�s vraisemblable que l'installation ou la construction litigieuse sera � l'origine d'immissions atteignant sp�cialement les voisins, m�me situ�s � une certaine distance, ces derniers peuvent avoir qualit� pour recourir (ATF 136 II 281 consid. 2.3.1 p. 285). Par ailleurs, la proximit� avec l'objet du litige ne suffit pas � elle seule � conf�rer au voisin la qualit� pour recourir contre l'octroi d'une autorisation de construire. Celui-ci doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de la d�cision contest�e qui permette d'admettre qu'il est touch� dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la collectivit� concern�e de mani�re � exclure l'action populaire; il doit ainsi invoquer des dispositions du droit public des constructions susceptibles d'avoir une incidence sur sa situation de fait ou de droit (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 et 2.3 p. 33-34; 133 II 249 consid. 1.3.1 p. 252, 468 consid. 1 p. 470).
A.________ et les membres de l'hoirie B.________ sont propri�taires de parcelles b�ties voisines ou � proximit� imm�diate de la parcelle n� 457; ils sont particuli�rement touch�s par l'arr�t attaqu� qui confirme l'autorisation donn�e � l'intim�e de construire des couverts � voitures et d'am�nager des places de parc ext�rieures, dont l'implantation g�nerait, selon eux, la circulation des convois agricoles sur la route des Murailles qui sert d'acc�s � la ferme b�tie sur la parcelle n� 96, dont ils sont respectivement propri�taire et exploitants. Ils peuvent ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � l'annulation de l'arr�t attaqu� en tant qu'il porte sur ces ouvrages seuls litigieux. Ils ont en outre pris part � la proc�dure devant le Tribunal cantonal. Leur qualit� pour agir en application de l'art. 89 al. 1 LTF est donn�e.
L'hoirie C.________ est propri�taire d'une parcelle b�tie situ�e � l'extr�mit� est de l'impasse des Agges, � plusieurs centaines de m�tres des am�nagements litigieux, et d'une parcelle agricole sur la commune voisine. Elle ne saurait d�s lors fonder sa qualit� pour agir sur sa proximit� avec l'objet du litige. Elle ne pr�tend par ailleurs pas que les places de parc et les couverts � voitures contest�s seraient, en d�pit de leur �loignement, � l'origine d'immissions qui l'atteindraient sp�cialement et qui permettraient de consid�rer qu'elle est touch�e plus que la g�n�ralit� des habitants d'Avry-sur-Matran. Il importe peu que l'impasse des Agges serve d'acc�s � la parcelle qui accueille le centre de l'exploitation agricole de l'hoirie et que la qualit� pour agir ait �t� reconnue � ses membres sur le plan cantonal pour ce motif pour contester le projet de plan d�finitif d'am�nagement de cette art�re. Leur seule qualit� d'usagers de l'impasse des Agges ne suffit pas pour admettre qu'ils sont particuli�rement touch�s par les am�nagements litigieux et � leur reconna�tre la vocation pour recourir � leur encontre (cf. arr�t 1C_81/2011 du 24 juin 2011 consid. 2.4 et la jurisprudence cit�e). Le recours de l'hoirie C.________ est par cons�quent irrecevable faute de qualit� pour agir. Cela �tant, le bien-fond� de l'arr�t attaqu� sera examin� au regard des seuls griefs invoqu�s par A.________ et par l'hoirie B.________.
En vertu de l'art. 42 al. 1 LTF, les m�moires de recours doivent �tre motiv�s. Conform�ment � l'art. 42 al. 2 LTF, les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit. Pour satisfaire � cette exigence, la partie recourante doit discuter au moins bri�vement les consid�rants de la d�cision litigieuse (ATF 134 II 244 consid. 2.1 p. 245). En outre, si elle d�nonce la violation de droits fondamentaux ou de dispositions de droit cantonal, elle doit respecter le principe d'all�gation et indiquer quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e en d�montrant par une argumentation pr�cise en quoi consiste la violation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88). En particulier, si elle entend se plaindre d'arbitraire dans l'application ou l'interpr�tation du droit cantonal, elle doit pr�ciser en quoi celle-ci serait manifestement insoutenable, se trouverait en contradiction claire avec la situation de fait, ne reposerait sur aucun motif s�rieux et objectif ou heurterait de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 352). Enfin, le Tribunal f�d�ral n'examine dans la r�gle que les griefs constitutionnels qui, pouvant l'�tre, ont �t� soumis � l'autorit� cantonale de derni�re instance et les questions qui constituaient l'objet du litige devant l'autorit� pr�c�dente; il s'ensuit que le moyen de droit invoqu� pour la premi�re fois devant lui ne doit pas se confondre avec l'arbitraire. Par ailleurs, le comportement de la partie recourante ne doit pas �tre contraire � la r�gle de la bonne foi en vertu de laquelle celui qui n'invoque pas devant l'autorit� de derni�re instance cantonale un grief li� � la conduite de la proc�-dure ne peut plus en principe le soulever devant le Tribunal f�d�ral (art. 86 al. 1 let. d LTF; ATF 135 I 91 consid. 2.1 p. 93). C'est � la lumi�re de ces principes qu'il convient d'examiner les recours de A.________ et des membres de l'hoirie B.________.
Ces derniers soutiennent que l'implantation des am�nagements ext�rieurs, des couverts � voitures et des places de parc ext�rieures, telle qu'elle a �t� autoris�e, rendrait caducs l'�largissement de la route des Murailles et le nouveau trac� de la jonction de cette art�re � l'impasse des Agges qu'ils ont vainement propos�s dans la proc�dure d'adoption du plan routier, pour permettre aux camions, aux bus et aux v�hicules agricoles de circuler librement. Ils reprochent au Tribunal cantonal d'avoir ind�ment refus� de suspendre la proc�dure jusqu'� droit connu sur leur recours contre le projet routier.
Le Tribunal cantonal a �cart� cet argument parce que le projet de construction litigieux n'interf�rait pas avec le projet d'am�nagement de l'impasse des Agges, tel que mis � l'enqu�te publique, et que cette planification routi�re ne d�ployait aucun effet anticip� n�gatif dans la pr�sente affaire. De plus, la Commune d'Avry n'avait cr�� aucune zone r�serv�e au sens des art. 33 et 34 de la loi cantonale sur les routes (LR) sur le terrain de l'intim�e qui en limiterait la constructibilit�. Le fait que, dans leurs recours contre le plan routier, les recourants concluent � un �largissement de la route des Murailles sur la parcelle n� 457 n'�tait pas suffisant pour bloquer la demande de permis de construire relative au b�timent B, les d�sirs exprim�s � cet �gard ne correspondant pas au projet routier et ne b�n�ficiant pas de l'effet anticip� des plans.
Les recourants ne d�veloppent aucune argumentation propre � tenir cette motivation pour arbitraire ou d'une autre mani�re contraire au droit. Ils se bornent � d�noncer l'absence de coordination dont la commune se serait rendue coupable dans le traitement du dossier et � relever que la constructrice ne s'�tait pas oppos�e � un �largissement de la route, mais que c'est le Conseil communal d'Avry qui a refus� d'adapter le projet routier en ce sens. Ils ne pr�cisent en revanche pas quelle disposition imposant une coordination des proc�dures aurait �t� viol�e. Ils n'indiquent pas davantage les normes que la cour cantonale aurait transgress�es en ne suspendant pas la proc�dure d'autorisation de construire jusqu'� droit connu sur les recours qu'ils avaient d�pos� contre le projet d'am�nagement de l'impasse des Agges et en d�niant tout effet anticip� n�gatif � ceux-ci. Il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral, au regard de l'art. 106 al. 2 LTF, d'examiner d'office si l'arr�t attaqu� est � cet �gard conforme au droit. Sur ces diff�rents points, les recours sont insuffisamment motiv�s et sont irrecevables.
Les recourants s'en prennent ensuite � l'arr�t litigieux en tant qu'il conclut au respect des r�gles sur les distances aux routes. Ils d�noncent � ce propos une motivation insuffisante et soutiennent que les couverts � voitures pr�vus le long de la route des Murailles sont implant�s � moins de huit m�tres de l'axe de la chauss�e telle qu'elle est pr�vue dans le plan routier en violation des prescriptions des art. 116 et 118 LR car la cour cantonale n'aurait pas tenu compte de la largeur de l'�lot central pr�vu � la hauteur des arr�ts de bus. Le projet ne pouvait �tre admis que moyennant une d�rogation qui ne saurait �tre octroy�e faute pour l'intim�e d'avoir �tabli l'impossibilit� pratique de recourir � une autre solution, telle que la construction d'un parking souterrain.
Le Tribunal cantonal a clairement sp�cifi� que les couverts � voitures devaient respecter une distance de huit m�tres par rapport � l'axe de la chauss�e en se r�f�rant � l'art. 116 al. 1 2�me phrase LR. Cette motivation �tait suffisante au regard de la jurisprudence rendue en application de l'art. 29 al. 2 Cst. pour savoir sur quelle base l'autorit� avait retenu cette distance et l'attaquer en connaissance de cause (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88). Le grief tir� de l'absence d'indication des normes applicables ou de l'insuffisance de motivation est ainsi mal fond�. Il appartenait d�s lors aux recourants de d�montrer que cette disposition avait �t� appliqu�e de mani�re arbitraire et d'indiquer celle qui aurait impos� le respect d'une distance plus �lev�e s'ils consid�raient que tel �tait le cas. On cherche en vain une telle d�monstration dans leurs recours respectifs. Il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral d'examiner d'office ce qu'il en est s'agissant d'une question relevant de l'application du droit cantonal soumis au principe d'all�gation.
Par ailleurs, les recourants n'ont nullement fait �tat, en derni�re instance cantonale, de la pr�sence de l'�lot central sur la chauss�e pour conclure au non-respect des distances par rapport � la route des Murailles. Les incidences de cette omission sur la recevabilit� de leur grief devant le Tribunal f�d�ral peut rester ind�cise car il est de toute mani�re infond�. Les recourants ne se pr�valent d'aucune norme qui exigerait de tenir compte de cet ouvrage dans le calcul de la distance � la route. Il n'est pas insoutenable de retenir que l'axe de la chauss�e par rapport auquel cette distance doit �tre observ�e selon l'art. 118 LR n'est pas modifi� par la pr�sence d'un �lot central et de ne pas prendre en consid�ration cet am�nagement.
Les recourants font enfin valoir que d'autres places de parc en bordure de l'impasse des Agges ne respecteraient pas les r�gles sur les distances � la route, sans indiquer lesquelles. Quoi qu'il en soit, la cour cantonale a retenu que seuls les couverts � voitures devaient �tre qualifi�s de constructions et respecter les distances d�termin�es par les art. 116 � 118 LR, � l'exclusion des places de parc ext�rieures d�limit�es par un simple marquage au sol soumises aux normes VSS de l'Union des professionnels suisses de la route. Les recourants se bornent � contester l'interpr�tation ainsi faite de la notion de construction figurant dans la loi sur les routes sans chercher � �tablir, comme il leur appartenait de le faire, en quoi elle serait insoutenable ou arbitraire dans son r�sultat. Leur critique purement appellatoire ne r�pond pas aux exigences de motivation requises. La n�cessit� d'une d�rogation aux r�gles sur les distances � la route pour les places de parc et les couverts � voitures en lien avec l'immeuble B n'�tant pas �tablie, on ne saurait reprocher � l'intim�e de ne pas avoir �tudi� une autre solution sous la forme d'un parking souterrain.
Les recourants soutiennent que les couverts � voitures devraient �tre assimil�s � des garages � voitures au sens de l'art. 64 al. 1 du r�glement d'ex�cution de la loi fribourgeoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions, dans sa teneur en vigueur jusqu'au 1er janvier 2010, et qu'ils ne respecteraient ni les dimensions en plan ni la distance � observer, selon cette disposition, par rapport au b�timent principal et � la limite du fonds. Il serait invraisemblable qu'en vertu de la loi cantonale sur les routes, ces ouvrages puissent prendre place � 1,75 m�tre du domaine public communal.
On cherche en vain dans leurs m�moires de recours cantonaux une argumentation en rapport avec la violation all�gu�e de cette norme. Il s'agit ainsi d'un grief nouveau qui n'est pas admissible au regard des art. 86 al. 1 let. d et 99 al. 1 LTF puisqu'il se confond avec l'arbitraire. Pour le surplus, les recourants n'expliquent pas, dans le respect des exigences de motivation requises, � quelles normes de la loi cantonale sur les routes ou � quel principe juridique contreviendrait l'implantation de couverts � voitures � 1,75 m�tre du domaine public. Leurs recours sont donc �galement irrecevables sur ce point.
Les recourants consid�rent que les couverts � voitures et les places de parc r�duiraient la visibilit� des usagers de la route et mettraient en danger les pi�tons et les futurs utilisateurs de l'arr�t de bus pr�vu sur la route des Murailles.
La cour cantonale a examin� la question de la s�curit� du trafic en relation avec l'arborisation et la v�g�talisation pr�vues le long de cette art�re. Elle a alors relev� que les plantations � am�nager entre les places de parc et la chauss�e ne devraient pas poser de probl�me � cet �gard si elles �taient dispos�es dans le respect des exigences pr�vues aux art. 93 ss LR, puis convenablement entretenues. Si, par la suite, elles devaient contre toute attente pr�senter un danger pour la s�curit� des usagers, des mesures propres � garantir la s�curit� de la route devront alors imm�diatement �tre prises en vertu de l'art. 124 al. 2 LR. Elle a par cons�quent jug� pr�matur� de d�terminer si, sur la base des plans d'implantation, l'arborisation et la v�g�talisation des abords routiers �taient conformes � ces exigences.
Les recourants ne pr�tendent pas avec raison que la cour cantonale aurait fait une lecture tronqu�e de leurs recours et commis un d�ni de justice en limitant l'examen de la question de la s�curit� routi�re � l'arborisation et � la v�g�talisation projet�es par l'intim�e. On cherche au surplus en vain dans leurs recours une argumentation propre � mettre en cause cette motivation. Ils se contentent d'affirmer que les v�hicules stationn�s sur les places de parc ext�rieures peuvent diminuer la visibilit� des usagers aussi bien que les plantations ou les parois des couverts � voitures en particulier s'il s'agit de monospaces, de bus, de minibus, de breaks, de camionnettes ou de camping cars. Ils n'indiquent toutefois pas quelle norme imposerait des exigences de s�curit� particuli�res et plus s�v�res que celles d�coulant des normes VSS, s'agissant des places de parc ext�rieures. Ils ne d�montrent pas que l'implantation de places de parc ext�rieures � moins de dix m�tres de l'intersection de la route des Murailles et de l'impasse des Agges contreviendrait � l'une ou l'autre des directives contenues dans la norme VSS 640 273a qui r�glemente les conditions de visibilit� dans les carrefours � niveau et que la Commune d'Avry a �voqu�e dans ses observations. Au demeurant, le Service cantonal des ponts et chauss�es a d�livr� un pr�avis favorable avec conditions au projet de l'intim� et aucun �l�ment au dossier ne permet de retenir qu'il l'aurait fait dans l'ignorance des modifications pr�vues par le plan routier sur la route des Murailles et l'impasse des Agges. Il n'y a, en l'�tat, aucune raison d'admettre que la configuration des places de parc et des am�nagements ext�rieurs en bordure de la route des Murailles puisse compromettre la s�curit� des usagers de la route et des pi�tons.
Les recourants consid�rent enfin que l'implantation des places de parc et des couverts � voitures le long de la route des Murailles en particulier ne permettrait pas de pr�server le site, �tant donn� que seule une bande de terre de 1,75 m�tre est disponible entre le trottoir et les places couvertes pour accueillir la v�g�tation qui devrait s�parer les nouvelles constructions des b�timents voisins prot�g�s. Le projet litigieux ne tiendrait pas suffisamment compte du rapport du Service cantonal des biens culturels qui demande la pr�servation du site b�ti, soit des immeubles voisins dont la ferme de A.________ sise sur la parcelle n� 96.
La cour cantonale s'en est tenue sur ce point � la prise de position formul�e le 10 mai 2010 par le Service cantonal des biens culturels selon laquelle l'implantation du b�timent B ne r�duisait pas les possibilit�s de prendre des mesures paysag�res pour filtrer la vue sur les nouvelles constructions depuis l'int�rieur du p�rim�tre construit prot�g�, en l'absence d'une argumentation motiv�e allant au-del� d'une r�f�rence au pr�avis d�favorable de la Commission cantonale des biens culturels du 3 d�cembre 2009. On ne saurait dire qu'elle aurait omis de s'exprimer sur la compatibilit� des places de parc et des couverts � voitures avec la protection du site b�ti. Dans son rapport � la base dudit pr�avis, le Service des biens culturels a indiqu� les b�timents voisins prot�g�s ou caract�ristiques qui devaient �tre pris en consid�ration pour appr�cier la conformit� du projet initial avec les prescriptions d'int�gration de la r�glementation communale. Les remarques qu'il a faites � ce sujet l'ont �t� en relation avec le traitement architectural des immeubles que les recourants ont renonc� � remettre en cause dans leurs recours et qui ne fait d�s lors pas l'objet du litige. Lors de l'inspection des lieux op�r�e par le Pr�fet du district de la Sarine, le repr�sentant du Service des biens culturels a admis que l'architecture des constructions pouvait �tre accept�e si des mesures paysag�res �taient prises le long de la route, sous la forme de plantation d'arbres afin de filtrer la vue sur les nouvelles constructions depuis l'int�rieur du p�rim�tre construit prot�g�. Il a confirm� sa position dans un courriel du 10 mai 2010. Selon le plan d'implantation du projet modifi�, des arbres sont pr�vus le long de l'impasse des Agges, sur l'aire de verdure pr�vue entre les places de parc et la route, respectivement dans l'angle de cette art�re avec la route des Murailles. Des haies doivent �tre am�nag�es le long de la route des Murailles entre le trottoir, d'une part, et les couverts � voitures et les places de parc ext�rieures, d'autre part. Rien n'indique qu'elles seraient inaptes � camoufler ces ouvrages et � atteindre l'objectif de pr�servation du site b�ti poursuivi par le Service des biens culturels.
Ce dernier pr�conisait en outre, dans son rapport, de d�limiter un espace libre inconstructible dans l'environnement de l'ancienne grange situ�e sur la parcelle n� 457 afin de pr�server cet �difice. Pour se conformer � ces exigences, l'intim�e a revu son projet concernant l'immeuble A en renon�ant aux places de parc de parc et aux couverts � voitures pr�vus le long de l'impasse des Agges pour desservir cet immeuble. Le Service des biens culturels n'a en revanche pas formul� semblable exigence pour l'immeuble B aux fins de prot�ger la ferme de A.________ ou un autre b�timent prot�g� ou caract�ristique. Cela �tant, on ne saurait dire que la cour cantonale aurait m�connu les recommandations du Service des biens culturels et les exigences de protection du site b�ti qui d�coulent de la r�glementation communale en retenant qu'elles ne s'opposaient pas � l'am�nagement de places de parc ext�rieures et de couverts � voitures en bordure de la route des Murailles au profit d'un parking souterrain.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent � l'irrecevabilit� du recours de l'hoirie C.________ et au rejet des recours de A.________ et de l'hoirie B.________, dans la mesure o� ils sont recevables. Les recourants qui succombent prendront en charge les frais de justice (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 et 5 LTF). Ils verseront en outre une indemnit� � titre de d�pens � l'intim�e, qui obtient gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 al. 1 et 4 LTF).
Les recours de A.________ et de l'hoirie B.________ sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis � parts �gales � la charge des recourants.
Une indemnit� de 2'000 fr. � payer � l'intim�e � titre de d�pens est mise � la charge des recourants, solidairement entre eux.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Pr�fecture du district de la Sarine, � la Commune d'Avry et � la IIe Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg.

References: art. 82
 ATF 
 ATF 
 art. 33
 art. 116
 art. 116
 art. 86
 art. 93