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Timestamp: 2016-10-21 09:10:37+00:00

Document:
Arr�t du 17 f�vrier 2012
repr�sent�e par Me Catherine Jaccottet Tissot,
divorce (copropri�t� et r�gime matrimonial),
du 6 d�cembre 2010.
A.a A.________, n� en 1952, et dame A.________, n�e en 1956, se sont mari�s le 14 novembre 1986. Le couple a deux enfants, n�s respectivement en 1988 et 1990.
A.b L'�poux est ophtalmologue. Son revenu mensuel brut a �t� estim� � 28'000 fr. pour l'ann�e 2009, � 30'000 fr. en 2008 et 23'000 fr. pour les ann�es 2007 et 2006. Sa fortune imposable s'�levait � 1'161'429 fr. en 2008.
Apr�s avoir obtenu un dipl�me f�d�ral de m�decin en 1980, l'�pouse a travaill� jusqu'en 1986 comme m�decin assistant pour divers h�pitaux et polycliniques dans le but d'acqu�rir une formation de m�decin g�n�raliste FMH, puis, du 1er octobre 1986 au 30 septembre 1987, dans un h�pital psychiatrique en vue d'obtenir la formation de psychiatre-psychoth�rapeute FMH. Les d�placements g�n�r�s par le cursus professionnel de son mari et l'�ducation des enfants ne lui ont toutefois pas permis de poursuivre sa formation: elle a ainsi cess� de travailler d�s cette derni�re date. Sa fortune imposable atteignait 465'000 fr. en 2006, 444'000 fr. en 2007 et 354'070 fr. en 2008.
A.c Le 4 septembre 1997, les �poux A.________ ont acquis en copropri�t�, chacun pour moiti�, les immeubles nos 356 et 360 sis sur la commune de B.________. Une maison est �rig�e sur la parcelle no 356, d'une surface de 1785 m2, tandis que le bien-fonds no 360 constitue une place-jardin de 318 m2. Les immeubles ont �t� acquis pour un montant de 1'025'000 fr., financ� par l'�pouse � raison de 355'000 fr. et par la conclusion d'un pr�t hypoth�caire, d'un montant de 670'000 fr.
Lors de la liquidation du r�gime matrimonial des �poux, le bien-fonds no 356 a �t� estim� � 1'700'000 fr.; la dette hypoth�caire n'�tait pas amortie.
Par convention de mesures protectrices de l'union conjugale des 5 et 13 ao�t 2002, ratifi�e par le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois, les parties ont convenu de vivre s�par�es, l'�poux s'engageant � verser, pour l'entretien de sa famille, une contribution d'entretien de 4'250 fr., tout en supportant en sus les charges fixes et r�guli�res de la villa, � l'exception des frais d'�lectricit� et de t�l�phone.
C.a A.________ a ouvert action en divorce le 18 juin 2004 devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois (ci-apr�s Tribunal d'arrondissement).
C.b Le 4 mars 2005, A.________ a introduit une requ�te de mesures provisionnelles devant le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement, concluant � ce que la pension pr�vue dans la convention de mesures protectrices soit ramen�e � 3'750 fr. d�s le 1er janvier 2004 et � 3'000 fr. d�s le 1er janvier 2005. Sa requ�te a �t� admise par ordonnance de mesures provisionnelles du 15 juin 2005.
Statuant sur appel de l'�pouse, le Tribunal d'arrondissement a fix� la contribution d'entretien � 4'000 fr. d�s le 1er f�vrier 2005, les charges fixes r�guli�res de la villa continuant � �tre support�es par le mari.
C.c Par jugement du 26 mai 2010, le Tribunal d'arrondissement a notamment prononc� le divorce des parties, fix� la contribution d'entretien � 4'000 fr. d�s jugement d�finitif et ex�cutoire pour une dur�e de vingt-quatre mois, puis � 2'500 fr. d�s lors et jusqu'au 30 juin 2017, pr�cisant en outre que le demandeur assumerait les charges relatives � la villa familiale jusqu'au 31 d�cembre 2010, charges qu'il a arr�t�es � 3'000 fr. par mois. Le tribunal a �galement d�clar� le mari d�biteur de son �pouse d'un montant de 95'316 fr. � titre de liquidation du r�gime matrimonial et ordonn� au conservateur du registre foncier de Vevey d'inscrire l'�pouse en qualit� de seule et unique propri�taire de l'immeuble no 342 de la commune de B.________, sur lequel est �rig�e la villa familiale.
Statuant le 6 d�cembre 2010 sur recours de l'ex-�pouse et recours joint de l'ex-mari, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a arr�t� la contribution d'entretien � un montant mensuel de 4'500 fr. jusqu'au 30 mai 2020 et rectifi� l'erreur de d�signation de la parcelle attribu�e en pleine propri�t�, le bien-fonds �tant immatricul� sous le no 356 et non 342. Il a confirm� le jugement attaqu� pour le surplus.
L'arr�t motiv� a �t� notifi� au conseil de l'�pouse le 26 avril 2011.
Le 26 mai 2011, dame A.________ exerce un recours en mati�re civile devant le Tribunal f�d�ral. Elle conclut � ce que son ex-mari soit condamn� � lui verser une contribution d'entretien d'un montant mensuel de 12'000 fr. jusqu'au 30 mai 2020 et r�clame que sa cr�ance de liquidation du r�gime matrimonial soit major�e, principalement � concurrence de "233'955 fr. + 441'180 fr.", subsidiairement � concurrence de 65'835 fr. La recourante conclut �galement � ce qu'ordre soit donn� au conservateur du registre foncier de Vevey de l'inscrire en qualit� de seule et unique propri�taire des biens-fonds nos 356 et 360. A l'appui de ses conclusions, elle invoque la fausse application de l'art. 125 al. 1 CC, une application excessivement rigoureuse de l'art. 200 al. 3 CC ainsi que la violation du principe de l'unit� du jugement de divorce.
L'intim� conclut au rejet du recours, tandis que la cour cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t.
Les parties ont chacune d�pos� des observations compl�mentaires.
L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), dans une contestation p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4 LTF, art. 74 al. 1 let. b LTF). La recourante, qui a succomb� dans ses conclusions prises devant l'instance pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF); elle a en outre agi dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, de sorte que son recours est en principe recevable.
2.1 Le Tribunal f�d�ral ne peut s'�carter des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente que si ceux-ci ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF) et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 134 IV 36 consid. 1.4.1; 133 II 249 consid. 1.2.2), doit satisfaire au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 III 393 consid. 6, 638 consid. 2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Il ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables. Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 et les arr�ts cit�s).
2.2 De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables; encore faut-il que la d�cision en soit vici�e dans son r�sultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; cf. aussi ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254/255).
La recourante s'en prend avant tout au r�sultat de la liquidation du r�gime matrimonial en tant qu'elle concerne l'immeuble familial acquis en copropri�t�, pr�tendant que celui-ci appartiendrait � ses biens propres et que cette derni�re masse devrait en outre profiter de l'int�gralit� de la plus-value conjoncturelle prise par le bien immobilier depuis son acquisition. C'est sous cet angle uniquement que sera ainsi revue la liquidation du r�gime matrimonial des parties (consid. 5).
A l'instar du notaire commis � la liquidation du r�gime matrimonial, la Chambre des recours a proc�d� � ladite liquidation sans pr�alablement r�gler le partage de la maison familiale, acquise en copropri�t� par les parties. Ce partage a �t� effectu� au cours de la liquidation elle-m�me, l'instance cantonale cr�ditant les acqu�ts de chaque �poux d'un montant de 850'000 fr. (montant correspondant � la moiti� de la valeur estim�e de la maison au jour de la liquidation), tout en les grevant d'une dette d'un montant de 335'000 fr. chacun (montant �quivalant � la moiti� de la dette hypoth�caire). La juridiction a en effet retenu qu'� l'exception d'un avancement d'hoirie de 100'000 fr., la recourante n'avait pas d�montr� que les autres montants ayant servi au financement de l'immeuble d�tenu en copropri�t� avec son mari - � savoir une somme totale de 355'000 fr. - provenaient de ses biens propres. La note manuscrite, �tablie de la main de l'intim� et � laquelle la recourante se r�f�rait pour appuyer son affirmation ne permettait pas d'en d�duire que les montants qui y figuraient constituaient des biens propres; la pr�somption de l'art. 200 al. 3 CC ne pouvait en outre �tre renvers�e en se r�f�rant � sa fortune au moment du mariage, au fait qu'elle n'avait plus travaill� depuis le mois de septembre 1987 ou encore aux comptes sur lesquels les fonds en cause avaient �t� pr�lev�s. Ayant ainsi principalement �t� financ�e par les fonds pr�sum�s acqu�ts, la part de la recourante sur l'immeuble devait �tre consid�r�e comme un acqu�t.
Cette mani�re de proc�der n'est pas conforme au droit f�d�ral et � la jurisprudence y relative.
5.1.1 En cas de divorce, le partage d'un bien en copropri�t�, comme aussi le r�glement des autres rapports juridiques sp�ciaux existant entre les �poux, doit �tre effectu� avant de passer � la liquidation du r�gime matrimonial selon les art. 205 ss CC (arr�ts 5C.87/2003 du 19 juin 2003 consid. 4.1; 5A_87/2010 du 5 mai 2010 consid. 3.1 et la r�f�rence). Si la liquidation du r�gime matrimonial n'impose pas n�cessairement le partage de la copropri�t�, les �poux saisiront toutefois en g�n�ral cette occasion pour y proc�der (arr�t 5C.87/2003 pr�cit� consid. 4.1).
Le partage de la copropri�t� est r�gi par les r�gles ordinaires des art. 650 et 651 CC, auxquelles s'ajoute le mode de partage pr�vu par l'art. 205 al. 2 CC. Chacun des copropri�taires a le droit d'exiger le partage, � moins qu'il ne soit tenu de demeurer dans l'indivision en vertu d'un acte juridique, par suite de la constitution d'une propri�t� par �tages ou en raison de l'affectation de la chose � un but durable (art. 650 al. 1 CC) ou parce que le partage interviendrait en temps inopportun (art. 650 al. 3 CC). Selon la jurisprudence, en cas de divorce, le partage n'intervient en r�gle g�n�rale pas en temps inopportun et la condition du but durable n'est plus r�alis�e (ATF 119 II 197 consid. 2 et les r�f�rences cit�es). Si les copropri�taires ne s'entendent pas sur le mode de partage, le juge ordonne le partage en nature ou la vente aux ench�res publiques ou entre les copropri�taires (art. 651 al. 2 CC), ou attribue le bien enti�rement � celui des �poux qui justifie d'un int�r�t pr�pond�rant, � charge pour lui de d�sint�resser son conjoint (art. 205 al. 2 CC).
5.1.2 Lorsqu'il attribue l'immeuble � l'un des �poux, le juge fixe l'indemnit� due � l'autre en se fondant sur la valeur v�nale (arr�t 5A_600/2010 du 5 janvier 2011 consid. 4.1 publi� in FamPra.ch 2011 p. 417; pour la propri�t� commune: arr�t 5A_283/2011 du 29 ao�t 2011 consid. 2 publi� in FamPra.ch 2011 p. 965) ainsi que sur les r�gles de la copropri�t�. Si les �poux sont inscrits comme copropri�taires au registre foncier, ils sont pr�sum�s avoir acquis l'immeuble en copropri�t� d�s lors que les faits dont les inscriptions au registre foncier attestent l'existence b�n�ficient de la valeur probante accrue d�coulant de l'art. 9 CC (ATF 122 III 150 consid. 2b; arr�t 5A_28/2009 du 5 f�vrier 2010 consid. 4.2.1 publi� in FamPra.ch 2010 p. 420). Le droit inscrit existant en vertu de la pr�somption r�fragable de l'art. 937 al. 1 CC, il appartient d�s lors � celui qui conteste la copropri�t� de la personne inscrite d'�tablir l'invalidit� du titre d'acquisition (cf. arr�t 5A_28/2009 pr�cit� consid. 4.2.1).
5.1.3 Au vu des consid�rations qui pr�c�dent, la cour cantonale a viol� le droit f�d�ral en omettant de proc�der d'abord � la liquidation de l'immeuble selon les r�gles �tablies par les art. 650 s. et 205 al. 2 CC. Il convient d�s lors de partager la copropri�t� selon ces derni�res dispositions.
5.1.4 En l'esp�ce, l'immeuble a �t� achet� en copropri�t� par les �poux en 1997 pour le prix de 1'025'000 fr. Il a �t� financ� � raison de 355'000 fr. par l'�pouse et � raison de 670'0000 fr. par un pr�t hypoth�caire. Les �poux ont �t� inscrits au registre foncier comme copropri�taires � raison de la moiti� chacun. Il faut ainsi en d�duire qu'ils ont l'un et l'autre voulu �tre copropri�taires et partager entre eux la plus-value, sans �gard au financement. Si l'ex-�pouse pr�tend implicitement le contraire en r�clamant l'int�gralit� de la plus-value conjoncturelle prise par le bien immobilier depuis son acquisition, il lui appartenait de l'�tablir en prouvant la nullit� du contrat de vente � la base de l'inscription ou de d�montrer l'existence d'une convention interne entre les conjoints en vertu de laquelle ils n'entendaient �tre copropri�taires qu'� l'�gard des tiers, le mari reconnaissant que son �pouse �tait seule propri�taire. Or, la recourante n'�tablit rien de tel, la r�partition initiale du financement ne permettant pas de parvenir � une telle conclusion.
L'immeuble est ainsi attribu� � l'�pouse � la valeur de 1'700'000 fr. Dans la mesure o� elle a financ� l'acquisition de l'immeuble � hauteur de 355'000 fr. - fait que l'intim� ne conteste pas -, elle doit � son conjoint la somme de 337'500 fr. ([1'700'000 fr. - 670'000 fr. (dette hypoth�caire) - 355'000 fr. ] / 2).
5.2 Une fois la copropri�t� liquid�e, il convient ensuite d'int�grer le r�sultat du partage de la copropri�t� dans les diff�rentes masses des �poux, soumis au r�gime de la participation aux acqu�ts (art.181 CC; cf. HAUSHEER/REUSSER/GEISER, Berner Kommentar, 1992, n. 65 ad art. 205 CC). Il faut donc d�terminer � quelle(s) masse(s) de l'�pouse doivent �tre int�gr�s l'immeuble et l'indemnit� due � son conjoint selon l'art. 205 al. 2 CC, de m�me qu'� quelle masse du mari cette derni�re cr�ance doit �tre rattach�e. Cela fait, il s'agira d'�tablir le b�n�fice des masses d'acqu�ts de chaque �poux pour ensuite liquider le r�gime matrimonial (REGINA AEBI-M�LLER, G�terrechtliche Auseinandersetzung einer "einfachen Gesellschaft", Digitaler Rechtsprechungs-Kommentar, Push-Service Entscheide, 5 octobre 2011, n. 8).
5.2.1 Les ex-conjoints divergent � propos de la masse � laquelle il convient d'attribuer la maison, d�sormais propri�t� de l'ex-�pouse. Alors que l'intim�, � l'instar de la cour cantonale, soutient que la pr�somption d'acqu�ts s'applique, la recourante affirme que, dans la mesure o� sa participation � l'acquisition de l'immeuble litigieux proviendrait exclusivement de ses biens propres, celui-ci appartiendrait � cette derni�re masse. Elle appuie ses affirmations en se r�f�rant � une note manuscrite de son ex-mari d�j� produite en instance cantonale, en observant n'avoir exerc� qu'une activit� professionnelle tr�s limit�e durant son mariage tout en ayant subi parall�lement une diminution de ses valeurs mobili�res d'un montant de 394'456 fr. 75 et en pr�cisant que cette derni�re perte de valeur, presque identique � celle des fonds propres investis dans l'immeuble, serait au demeurant proche, temporellement, de l'acquisition du bien immobilier.
5.2.2 Selon l'art. 197 al. 1 CC, sont acqu�ts les biens acquis par un �poux � titre on�reux pendant le r�gime. Il s'agit non seulement des biens �num�r�s � titre exemplatif � l'al. 2 ch. 1 � 5 de l'art. 197 CC, mais de tous les biens qui, selon l'�num�ration exhaustive de l'art. 198 CC, ne sont pas des biens propres (art. 200 al. 3 CC).
Conform�ment � l'art. 197 al. 2 CC, les acqu�ts d'un �poux comprennent notamment le produit de son travail (ch. 1), les sommes vers�es par des institutions de pr�voyance en faveur du personnel ou par des institutions d'assurance ou de pr�voyance sociale (ch. 2), les dommages-int�r�ts dus � raison d'une incapacit� de travail (ch. 3), les revenus de ses biens propres (ch. 4) et les biens acquis en remploi de ses acqu�ts (ch. 5). Sont en revanche biens propres de par la loi, selon l'art. 198 CC: les effets d'un �poux exclusivement affect�s � son usage personnel (ch. 1), les biens qui lui appartiennent au d�but du r�gime ou qui lui �choient ensuite par succession ou � quelque autre titre gratuit (ch. 2), les cr�ances en r�paration d'un tort moral (ch. 3) et les biens acquis en remploi des biens propres (ch. 4).
5.2.3 On ne peut en l'esp�ce suivre la cour cantonale lorsque celle-ci affirme que le montant investi par l'ex-�pouse, � savoir 355'000 fr., constituerait des acqu�ts � raison de 255'000 fr. Pendant la dur�e du mariage, la recourante a travaill� de mani�re particuli�rement limit�e: elle a en effet cess� toute activit� professionnelle en septembre 1987, soit un peu moins d'une ann�e apr�s la conclusion du mariage, et l'immeuble a �t� acquis en 1997. D�s lors que la recourante travaillait en vue d'acqu�rir une formation de psychiatre-psychoth�rapeute FMH, il est arbitraire de retenir qu'elle ait pu se constituer un capital d'acqu�t d'un montant de 255'000 fr. en l'espace de quelques mois. Les fonds investis ne peuvent en cons�quence provenir que de ses biens propres, �tant soulign� qu'� l'�poque du mariage, la fortune de la recourante se chiffrait � 776'645 fr.
5.2.4.1 Lorsque l'acquisition d'un immeuble est partiellement financ�e par la reprise ou la constitution d'une dette hypoth�caire, le bien entre par remploi dans la masse qui a fait la prestation au comptant (ATF 123 III 152 consid. 6 b/aa), cette masse �tant grev�e, sur le plan interne, de la dette hypoth�caire (ATF 132 III 145 consid. 2.3.2; 123 III 152 consid. 6b/aa). Une dette gr�ve en effet la masse avec laquelle elle est en rapport de connexit� (art. 209 al. 2 CC).
5.2.4.2 L'immeuble de l'�pouse a �t� financ� par ses biens propres (consid. 5.2.3) et la constitution d'une dette hypoth�caire. Le bien-fonds appartient ainsi � ses biens propres et le pr�t hypoth�caire doit �galement �tre rattach� � cette derni�re masse.
D�s lors que seuls les biens propres ont financ� le bien immobilier, la plus-value correspondant � la partie non rembours�e du pr�t hypoth�caire est enti�rement acquise � cette derni�re masse, les acqu�ts ne disposant � cet �gard d'aucune r�compense selon l'art. 209 al. 3 CC (ATF 123 III 152 consid. 6b/bb).
Ce sont enfin les biens propres de l'ex-�pouse qui assureront le versement de l'indemnit� �quitable due au mari suite au partage de la copropri�t�, selon le principe de connexit� �tabli par l'art. 209 al. 2 CC.
5.3 Compte tenu du raisonnement qui pr�c�de (consid. 5.1 et 5.2), il convient de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale afin qu'elle proc�de � nouveau � la liquidation du r�gime matrimonial.
La recourante reproche encore aux juges cantonaux de ne pas avoir donn� ordre de l'inscrire en tant que propri�taire de la parcelle no 360, sise route ... � B.________.
6.1 La cour cantonale a relev� � ce propos que la recourante avait certes requis, dans ses d�terminations sur recours joint, que le dispositif du jugement soit rectifi� en ce sens qu'il mentionne �galement cette seconde parcelle. La juridiction a n�anmoins consid�r� que cette requ�te �tait tardive, estimant que la recourante visait en r�alit� � corriger les conclusions de son acte de recours en dehors du d�lai imparti pour d�poser celui-ci.
6.2 La recourante all�gue que ladite parcelle constitue une place-jardin, attenante au bien-fonds sur lequel est situ�e la villa familiale, et qu'elle a �t� acquise en m�me temps que ce dernier, par le m�me acte de vente. Les diff�rentes instances cantonales avaient manifestement omis de la prendre en consid�ration, si bien que, conform�ment au dispositif du jugement attaqu�, elle demeurerait ainsi en copropri�t�. Sauf � violer le principe de l'unit� du jugement de divorce, il convenait d�s lors de rectifier cet oubli manifeste ou de compl�ter d'office les constatations de fait cantonales conform�ment � l'art. 105 al. 2 LTF.
6.3 Contrairement � ce que para�t penser la recourante, la prise en compte de l'immeuble no 360 ne peut �tre obtenue moyennant une demande de "rectification". Cette derni�re parcelle n'a certes fait l'objet d'aucun examen par les instances cantonales successives; en en sollicitant l'attribution dans ses d�terminations sur recours joint, la recourante a pris n�anmoins une conclusion tardive, formul�e au-del� de l'expiration du d�lai de recours (JEAN-FRAN�OIS POUDRET/JACQUES HALDY/DENIS TAPPY, Proc�dure civile vaudoise, 3e �d. 2002, n. 2 ad art. 461 aCPC/VD [loi applicable devant l'instance cantonale]). Cette derni�re parcelle, d'une surface de 318 m2, doit par cons�quent �tre maintenue en copropri�t� des ex-�poux.
La recourante r�clame ensuite une contribution d'entretien d'un montant de 12'000 fr., se plaignant de la violation de l'art. 125 CC.
7.1 Pour fixer le montant de la contribution d'entretien de l'�pouse, la cour cantonale s'est fond�e sur la m�thode des d�penses effectives. Constatant que la recourante n'avait pas �tabli le niveau de vie des parties durant la vie commune alors que cette preuve lui incombait, les juges cantonaux ont arr�t� son entretien convenable � 7'000 fr. en se r�f�rant � la contribution d'entretien fix�e par l'arr�t rendu sur appel le 10 f�vrier 2006 dans le cadre de la proc�dure de mesures provisionnelles (contribution d'entretien de 4'000 fr. + charges fixes et r�guli�res de la maison familiale), puis au jugement de premi�re instance arr�tant ces derni�res charges � 3'000 fr. Ils ont ensuite renonc� � lui imputer un revenu hypoth�tique, remarquant que les circonstances (�ge de l'int�ress�e, son inactivit� professionnelle durant vingt-trois ans, l'�chec de ses tentatives de r�insertion, son �tat de sant�) et les conditions du march� de l'emploi rendaient sa r�insertion professionnelle inenvisageable. Ils ont en revanche consid�r� qu'il y avait lieu de retenir que sa fortune, estim�e � 1'774'218 fr. � l'issue de la liquidation du r�gime matrimonial, pouvait lui rapporter un revenu mensuel de l'ordre de 2'500 fr. Si cette fortune �tait certes essentiellement constitu�e de l'immeuble familial, la recourante ne pouvait toutefois pr�tendre � un entretien couvrant l'occupation, par sa seule personne, d'une maison de 240 m2. D�duisant ainsi les revenus de la fortune du montant de l'entretien convenable, la Chambre des recours a chiffr� la contribution d'entretien � 4'500 fr. par mois.
7.2.1 La recourante admet la mesure de l'entretien convenable arr�t�e par les juges cantonaux, soit le montant mensuel de 7'000 fr. Elle conteste toutefois que sa fortune lui rapporte un revenu de l'ordre de 2'500 fr. par mois, consid�rant qu'aucune donn�e tangible ne viendrait corroborer cette assertion. De m�me, elle critique le raisonnement cantonal selon lequel elle ne saurait pr�tendre demeurer dans la maison familiale. Elle rappelle � ce propos que les frais de logement font partie int�grante de l'entretien convenable et que les deux derniers domiciles de la famille auraient �t� des villas individuelles avec jardin. La contraindre � se contenter d'un logement plus modeste irait ainsi � l'encontre du principe du maintien du niveau de vie ant�rieur. Au demeurant, la mise en location de la villa familiale ne serait pas envisageable en tant qu'elle n�cessiterait d'importants travaux de remise en �tat qu'elle n'�tait pas en mesure d'assumer financi�rement.
7.2.2.1 Aux termes de l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre d'un �poux qu'il pourvoie lui-m�me � son entretien convenable, y compris � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e, son conjoint lui doit une contribution �quitable. Cette disposition concr�tise deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien. Dans son principe, comme dans son montant et sa dur�e, l'obligation d'entretien doit �tre fix�e en tenant compte des �l�ments �num�r�s de fa�on non exhaustive � l'art. 125 al. 2 CC (ATF 137 III 102 consid. 4.1 et les arr�ts cit�s).
7.2.2.2 Une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�direntier ("lebenspr�gend"). Si le mariage a dur� au moins dix ans - p�riode � calculer jusqu'� la date de la s�paration des parties (ATF 132 III 598 consid. 9.2) - il a eu, en r�gle g�n�rale, une influence concr�te. La jurisprudence retient �galement que, ind�pendamment de sa dur�e, un mariage influence concr�tement la situation des conjoints lorsque ceux-ci ont des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1). Un tel mariage ne donne toutefois pas automatiquement droit � une contribution d'entretien: selon la jurisprudence, le principe de l'autonomie prime le droit � l'entretien, ce qui se d�duit directement de l'art. 125 CC; un �poux ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable et si son conjoint dispose d'une capacit� contributive (ATF 137 III 102 consid. 4.1.2).
7.2.3 Lorsqu'il s'agit de fixer la contribution � l'entretien d'un conjoint dont la situation financi�re a �t� concr�tement et durablement influenc�e par le mariage, l'art. 125 CC prescrit de proc�der en trois �tapes (ATF 137 III 102 consid. 4.2 et les r�f�rences cit�es).
7.2.3.1 La premi�re de ces �tapes consiste � d�terminer l'entretien convenable apr�s avoir constat� le niveau de vie des �poux pendant le mariage. Lorsque l'union conjugale a durablement marqu� de son empreinte la situation de l'�poux b�n�ficiaire, le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2). Il s'agit de la limite sup�rieure de l'entretien convenable. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages s�par�s, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier de l'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur de l'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1). Enfin, ce n'est que lorsque le divorce est prononc� apr�s une longue s�paration, � savoir une dizaine d'ann�es, que la situation de l'�poux b�n�ficiaire durant cette p�riode est en principe d�terminante (ATF 132 III 598 consid. 9.3).
7.2.3.2 La deuxi�me �tape consiste � examiner dans quelle mesure chacun des �poux peut financer lui-m�me l'entretien arr�t� � l'�tape pr�c�dente du raisonnement. Un conjoint - y compris le cr�ancier de l'entretien (ATF 127 III 136 consid. 2c) - peut se voir imputer un revenu hypoth�tique (ATF 128 III 4 consid. 4a).
Le revenu de la fortune est pris en consid�ration au m�me titre que le revenu de l'activit� lucrative et, lorsque la fortune ne produit aucun ou qu'un faible rendement, il peut �tre tenu compte d'un revenu hypoth�tique (ATF 117 II 16 consid. 1b).
7.2.3.3 S'il n'est enfin pas possible ou que l'on ne peut raisonnablement attendre d'un �poux qu'il pourvoie lui-m�me � son entretien convenable et que son conjoint lui doit donc une contribution �quitable, il faut, dans un troisi�me temps, �valuer la capacit� contributive de celui-ci et arr�ter une contribution �quitable, fond�e sur le principe de la solidarit� (ATF 137 III 102 consid. 4.2.3 et la r�f�rence).
7.2.4 En l'esp�ce, l'arr�t attaqu� admet � juste titre que l'union conjugale a concr�tement influenc� la situation financi�re de la recourante. Le tribunal cantonal a ensuite fix� la contribution d'entretien en se fondant sur la m�thode des d�penses effectives et fix� l'entretien convenable de la recourante � 7'000 fr. par mois, montant que cette derni�re ne conteste pas.
Les juges cantonaux ont ensuite consid�r� que, si aucun revenu hypoth�tique ne pouvait �tre imput� � la recourante, sa fortune, estim�e � 1'774'218 fr. � l'issue de la liquidation du r�gime matrimonial, pouvait lui rapporter un revenu mensuel de 2'500 fr., en appliquant un taux annuel de 1,7 % ([2'500 fr. x 12] / 1'774'218 fr. x 100). Reconnaissants que la villa de B.________ repr�sentait certes une part importante de son patrimoine, ils ont n�anmoins consid�r� que la recourante ne saurait pr�tendre � un entretien couvrant l'occupation, par sa seule personne, d'une maison de 240 m2. Ils lui ont d�s lors imput� un revenu de 2'500 fr. � titre hypoth�tique et condamn� ainsi son ex-�poux, dont le salaire mensuel se chiffre � 28'000 fr., � contribuer � son entretien � raison de 4'500 fr.
La recourante ne critique pas le principe de l'imputation d'un revenu hypoth�tique � sa fortune. En se limitant cependant � soutenir qu'aucune donn�e tangible ne viendrait corroborer le montant retenu par les juges cantonaux � ce titre, elle ne s'en prend pas efficacement � la d�cision attaqu�e, faute de d�montrer l'arbitraire du taux retenu par la cour cantonale (consid. 2.1 supra). Par ailleurs, en demeurant dans la maison familiale, la recourante entend en r�alit� profiter d'un montant mensuel de 9'500 fr. (4'000 fr. [pension] + 3'000 fr. [charges de la maison] + 2'500 fr. [revenu de sa fortune]), � savoir une somme sup�rieure � celle que les juges ont arr�t�e pour son entretien et qu'elle ne conteste pas.
7.2.5 Le montant de la fortune de l'ex-�pouse � l'issue de la liquidation du r�gime matrimonial �tant susceptible d'�tre modifi� en raison du renvoi li� � la liquidation du r�gime matrimonial (consid. 5.3), la cour cantonale devra � nouveau d�terminer le montant qui pourra lui �tre imput� � titre de revenu hypoth�tique.
7.2.6 Si la recourante admet que son entretien convenable se chiffre � 7'000 fr., elle r�clame n�anmoins une pension d'un montant de 12'000 fr., invoquant qu'elle ne serait pas en mesure de se constituer une pr�voyance convenable et que cette circonstance aurait d� �tre prise en compte, conform�ment � l'art. 125 al. 2 ch. 8 CC. Elle souligne que les avoirs de pr�voyance professionnelle de son ex-mari seraient modestes et soutient qu'il serait parfaitement en mesure, jusqu'� la cessation de son activit� professionnelle et compte tenu de ses revenus, de contribuer � la constitution d'une pr�voyance en sa faveur.
Par sa critique, la recourante tend en r�alit� � obtenir un financement anticip� de sa lacune de pr�voyance, gr�ce � l'augmentation des contributions d'entretien qu'elle percevra jusqu'� sa retraite. Une telle pr�tention est toutefois clairement exclue par la jurisprudence (ATF 132 III 593 consid. 7.3).
Il convient au demeurant de rappeler � la recourante que lorsque l'�poux, en tant qu'ind�pendant, n'a pas constitu� de deuxi�me pilier, l'�pargne priv�e vise essentiellement un but de pr�voyance (ATF 129 III 7 consid. 3.2). D�s lors qu'elle a re�u la moiti� de l'�pargne accumul�e par son ex-mari dans le cadre de la liquidation du r�gime de la participation aux acqu�ts - en sus de la moiti� des avoirs de deuxi�me pilier de ce dernier -, l'�galit� entre les ex-�poux a ainsi �t� garantie � cet �gard.
En d�finitive, le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� annul� et la cause renvoy�e � l'instance cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants. Les frais judiciaires sont mis � la charge de la recourante � hauteur de 2'500 fr. et � celle de l'intim� � raison de 1'500 fr. (art. 66 al. 1 LTF), la recourante devant en outre verser � ce dernier une indemnit� de d�pens (art. 68 al. 1 LTF).
Le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il condamne l'intim� � verser � la recourante une contribution d'entretien d'un montant de 4'500 fr. et qu'il confirme le jugement de premi�re instance quant au r�sultat de la liquidation du r�gime matrimonial (ch. V du jugement de premi�re instance), la cause �tant renvoy�e � la Chambre des recours pour nouvelle d�cision sur ces deux points.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 4'000 fr., sont mis pour 2'500 fr. � la charge de la recourante et pour 1'500 fr. � la charge de l'intim�.
Une indemnit� de 1'500 fr., � verser � l'intim� � titre de d�pens, est mise � la charge de la recourante.

References: art. 74
 ATF 
 ATF 
 art. 205
 art. 650
 art. 650
 art. 205
 art. 461