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Timestamp: 2016-10-25 01:39:42+00:00

Document:
4A_231/2016 (12.07.2016)
4A_231/2016 � � Arr�t du 12 juillet 2016
Mme et MM. les Juges f�d�raux Kiss, pr�sidente,
repr�sent�e par Me G�rald Page,
repr�sent�e par Me Dimitri Tzortzis,
recours en mati�re civile contre l'arr�t rendu le 11 mars 2016 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
A.a.�La soci�t� � responsabilit� limit�e Z.________ S�rl (ci-apr�s: la demanderesse) est active dans le domaine des travaux du b�timent; A.________ en est l'un des associ�s g�rants. La soci�t� anonyme X.________ SA (ci-apr�s: la d�fenderesse) exploite des restaurants � Gen�ve; elle a notamment pour administrateur B.________.
Le 15 octobre 2012, la demanderesse a adress� � la d�fenderesse un "descriptif final" de travaux relatifs � la cr�ation d'un restaurant � Gen�ve, devis�s � 102'359 fr. hors taxe (HT), respectivement � 110'547 fr. 72 apr�s adjonction de la taxe sur la valeur ajout�e (TVA) s'�levant � 8'188 fr. 72. Ce devis mentionnait divers travaux, notamment de ma�onnerie, pl�trerie et peinture, de climatisation et d'�lectricit�, ainsi que la fourniture et la pose de carrelage ou encore l'�vacuation de bennes. Chaque poste des travaux �tait pr�cis�ment chiffr�.
La d�fenderesse a accept� ce devis. Les parties ont convenu que le paiement des travaux se ferait par acomptes et que le solde d� serait vers� � l'ach�vement des travaux et � la r�ception de l'ouvrage.
A.b.�Par courrier du 15 octobre 2012, la demanderesse a sollicit� le versement d'un premier acompte de 80'000 fr. toutes taxes comprises (TTC), soit 74'074 fr. HT pour ses prestations et 5'925 fr. 92 de TVA.
La d�fenderesse a vers� l'acompte requis le 16 janvier 2013. Une facture ("invoice") dat�e du m�me jour a �t� �tablie; elle reprend le descriptif des travaux figurant dans le devis du 15 octobre 2012 et les m�mes montants, pour un total de 102'359 fr. hors TVA, laquelle n'est pas mentionn�e. Sur ce document figure la mention manuscrite � re�us ce jour quatre vingt mille solde 22'359 CHF � et une signature illisible, vraisemblablement celle de l'associ� g�rant A.________.
A.c.�Les travaux ont d�but� au mois d'octobre 2012 et ont �t� achev�s au plus tard au d�but de l'ann�e 2013.
Le 20 mars 2013, la demanderesse a factur� � la d�fenderesse un solde de 30'547 fr. 80 TTC qu'elle justifiait de la fa�on suivante: 102'359 fr. HT sous d�duction de l'acompte de 74'074 fr. HT = 28'285 fr. HT major� d'une TVA de 2'262 fr. 80.
Par courriers des 2 et 25 avril 2013, la demanderesse a imparti � la d�fenderesse un d�lai au 5 avril 2013, respectivement au 29 avril 2013, pour verser la somme de 30'547 fr. 80. Le 3 mai 2013, elle a fait notifier une poursuite portant sur ce m�me montant � la d�fenderesse, qui a fait opposition.
A.d.�Par lettre du 14 mai 2013, la d�fenderesse a inform� la demanderesse de ce qu'elle avait mandat� un architecte pour faire constater les d�fauts affectant les travaux r�alis�s. Elle signalait d'ores et d�j� un trou d'environ 25 centim�tres sur la fa�ade de l'immeuble, le non-fonctionnement de l'air conditionn� ainsi que des dalles mal pos�es ou cass�es.
La demanderesse a contest� toute responsabilit� en relation avec les d�fauts �num�r�s, respectivement a relev� la tardivet� de leur annonce.
Le 22 juillet 2013, la d�fenderesse a r�pondu qu'elle avait d�j� signal� les malfa�ons, notamment le carrelage cass�, � l'associ� g�rant de la demanderesse � la fin de l'ann�e 2012.
A.e.�Le 17 juin 2013, un bureau d'architectes mandat� par la d�fenderesse a �tabli un rapport sur les locaux du restaurant. Il en ressort en substance que le carrelage pos� au sol pr�sentait de nombreux points d'accroche tr�s g�nants au d�placement, signe que les carreaux avaient �t� pos�s sans aucun contr�le des niveaux. Par ailleurs, le carrelage sonnait creux � certains endroits, ce qui laissait supposer que le mortier-colle n'avait pas �t� r�parti de fa�on uniforme sur le support. L'�paisseur de colle ne correspondait pas � celle d'un double encollage, proc�d� pourtant indispensable pour la mise en place de carreaux de grand format. Sur certaines marches, des carreaux �taient cass�s et recoll�s; sur un carreau, des trous pour la fixation de la main courante �taient visibles. Les profils d'angle des marches �taient en mauvais �tat et le choix d'un profil en aluminium n'�tait pas la solution la plus ad�quate. Les joints entre les carrelages �taient irr�guliers, voire absents par endroits, ce qui risquait de provoquer la fissure ou la cassure des carreaux. Il manquait une plaque de fermeture d'environ 10 cm de largeur sur le faux-plafond, ce qui �tait susceptible de poser un probl�me avec le service d'hygi�ne. Une plaque �tait d�form�e et dans les angles en saillie, les profils de fixation n'avaient pas �t� d�coup�s en biais. La climatisation install�e n'avait pas �t� mise en service et les t�l�commandes n'avaient pas �t� livr�es. Le rapport �valuait � 61'673 fr. 40 TTC les travaux de r�fection, qui n�cessiteraient la fermeture du restaurant pendant une p�riode d'environ deux mois.
B.a.�Le 1
er�octobre 2013, la demanderesse a actionn� la d�fenderesse devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve (ci-apr�s: le Tribunal) en concluant au paiement de 30'547 fr. 80 plus int�r�ts et � la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e dans la poursuite en cours.
B.b.�Entendu comme t�moin, C.________, responsable du personnel au sein de la d�fenderesse jusqu'au mois d'ao�t 2014, a d�clar� �tre intervenu ponctuellement au restaurant. Il a confirm� qu'il y avait eu passablement de probl�mes durant lesdits travaux, notamment avec le carrelage qui �tait mal fait ou, pour �tre plus pr�cis, n'�tait pas termin�. Il manquait du carrelage sur les murs, nonobstant les exigences du service d'hygi�ne, et un tube de chauffage pendait au plafond. Les probl�mes avaient �t� annonc�s � l'associ� g�rant A.________. Le t�moin, pr�sent � l'ouverture du restaurant, avait personnellement annonc� nombre de ces probl�mes � ce moment-l�. L'associ� g�rant de la demanderesse n'avait pas imm�diatement r�agi. Plus tard, il avait envoy� un premier ouvrier qui n'avait pas voulu ex�cuter les travaux en faisant valoir qu'il n'avait pas �t� pay�. Un second ouvrier avait �t� d�p�ch� mais n'avait rien fait, de sorte que les d�fauts n'avaient pas �t� corrig�s. A.________ avait �t� contact� et il lui avait �t� demand� de terminer les travaux. Il avait eu une discussion assez anim�e avec B.________, administrateur de la d�fenderesse, ce dernier exigeant que les travaux soient achev�s tandis que le premier demandait � �tre pay�. Le repr�sentant de la demanderesse contestait la responsabilit� de son entreprise relativement � certains d�fauts et cherchait des excuses.
B.c.�Le Tribunal a �galement entendu les repr�sentants des parties.
L'associ� g�rant A.________ a contest� avoir �t� inform� de l'existence de d�fauts; � aucun moment la d�fenderesse ne lui avait demand� de proc�der � des r�parations ou ne lui avait fix� un d�lai pour y proc�der.
L'administrateur Lee a pour sa part affirm� avoir personnellement signal� les d�fauts � l'associ� g�rant de la demanderesse aussit�t qu'il les constatait.
B.d.�Par jugement du 10 juin 2015, le Tribunal a condamn� la d�fenderesse au paiement de 30'547 fr. 80 plus int�r�ts et a prononc� � due concurrence la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e dans la poursuite en cours.
Le Tribunal a retenu en bref que les parties �taient li�es par un contrat d'entreprise et que la livraison des travaux �tait intervenue en d�cembre 2012, compte tenu du fait que l'exploitation du restaurant avait d�but� en janvier 2013 et qu'un acompte de 80'000 fr. avait �t� pay� le 16 janvier 2013. Le Tribunal a ensuite retenu que la d�fenderesse avait donn� pour la premi�re fois un avis motiv� et pr�cis des d�fauts de l'ouvrage le 14 mai 2013 et que cet avis �tait tardif; si la d�fenderesse all�guait avoir imm�diatement avis� oralement la partie adverse de chaque d�faut constat�, elle ne pr�tendait pas avoir motiv� ces avis en fait ni avoir indiqu� exactement quels �taient les d�fauts incrimin�s. On ignorait d'ailleurs quels d�fauts la d�fenderesse avait constat�s, dont elle aurait tenu la partie adverse pour responsable.
B.e.�Par arr�t du 11 mars 2016, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a rejet� l'appel form� par la d�fenderesse.
La d�fenderesse a saisi le Tribunal f�d�ral d'un recours en mati�re civile visant � faire constater qu'elle a donn� valablement l'avis des d�fauts visibles et cach�s, respectivement qu'elle doit � la demanderesse un solde de 22'359 fr. TTC et non de 30'457 fr. [recte: 30'547 fr.], sous r�serve de la moins-value de l'ouvrage qu'il appartiendra � la cour cantonale de fixer.
La demanderesse a conclu au rejet du recours. L'autorit� pr�c�dente s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Par acte du 11 mai 2016, la d�fenderesse a d�clar� retirer la pi�ce 7 produite � l'appui de son recours ainsi que les d�veloppements y aff�rents se trouvant dans ledit recours. Elle a d�pos� ult�rieurement une r�plique.
Par ordonnance du 9 juin 2016, la Pr�sidente de la cour de c�ans a admis la requ�te d'effet suspensif pr�sent�e � l'appui du recours.
1.1.�D�pos� en temps utile (art. 46 al. 1 et art. 100 al. 1 LTF) par la d�fenderesse qui a succomb� dans ses conclusions (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu sur recours par le tribunal sup�rieur du canton (art. 75 LTF) dans une contestation civile p�cuniaire dont la valeur litigieuse exc�de 30'000 fr. (art. 72 al. 1 et 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est recevable sur le principe.
1.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Rel�vent de ces faits tant les constatations relatives aux circonstances touchant l'objet du litige que celles concernant le d�roulement de la proc�dure conduite devant l'instance pr�c�dente et en premi�re instance, c'est-�-dire les constatations ayant trait aux faits proc�duraux (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 et les r�f�rences). Le Tribunal f�d�ral ne peut rectifier ou compl�ter les constatations de l'autorit� pr�c�dente que si elles sont manifestement inexactes ou d�coulent d'une violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). "Manifestement inexactes" signifie ici "arbitraires" (ATF 140 III 115 consid. 2 p. 117; 135 III 397 consid. 1.5). Encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
L'appr�ciation des preuves est arbitraire lorsque le juge s'est manifestement m�pris sur le sens et la port�e d'un moyen de preuve, lorsqu'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e, ou encore lorsqu'il a tir� des d�ductions insoutenables � partir des �l�ments recueillis (ATF 137 III 226 consid. 4.2; 136 III 552 consid. 4.2).
La critique de l'�tat de fait retenu est soumise au principe strict de l'invocation �nonc� par l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266 et les r�f�rences). La partie qui entend attaquer les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente doit expliquer clairement et de mani�re circonstanci�e en quoi ces conditions seraient r�alis�es (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 p. 18 et les r�f�rences). Si elle souhaite obtenir un compl�tement de l'�tat de fait, elle doit aussi d�montrer, par des renvois pr�cis aux pi�ces du dossier, qu'elle a pr�sent� aux autorit�s pr�c�dentes, en conformit� avec les r�gles de la proc�dure, les faits juridiquement pertinents � cet �gard et les moyens de preuve ad�quats (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 90). Si la critique ne satisfait pas � ces exigences, les all�gations relatives � un �tat de fait qui s'�carterait de celui de la d�cision attaqu�e ne pourront pas �tre prises en consid�ration (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 p. 18).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit � l'�tat de fait constat� dans l'arr�t cantonal (art. 106 al. 1 LTF). Cela ne signifie toutefois pas qu'il examine, � l'instar d'un juge de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser. Compte tenu de l'obligation de motiver impos�e par l'art. 42 al. 2 LTF, l'autorit� de c�ans ne traite que les questions qui sont soulev�es devant elle par les parties, � moins que la violation du droit ne soit manifeste (ATF 140 III 115 consid. 2 p. 116; 140 III 86 consid. 2).
1.4.�Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent�, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF). Cette exception vise les faits qui sont rendus pertinents pour la premi�re fois par la d�cision attaqu�e; peuvent notamment �tre introduits des faits nouveaux concernant le d�roulement de la proc�dure devant l'instance pr�c�dente, afin d'en contester la r�gularit�, ou encore des faits post�rieurs � l'arr�t attaqu� permettant d'�tablir la recevabilit� du recours. En dehors de ces cas, les�
nova�ne sont pas admissibles, qu'il s'agisse de faits ou moyens de preuve survenus post�rieurement � la d�cision attaqu�e, ou d'�l�ments que les parties ont n�glig� de pr�senter aux autorit�s cantonales (ATF 139 III 120 consid. 3.1.2; 136 III 123 consid. 4.4.3).
2.1.�La d�fenderesse reproche aux juges cantonaux d'avoir op�r� une constatation manifestement inexacte des faits et d'avoir viol� le droit f�d�ral - par une mauvaise application des art. 18, 367 et 370 CO ainsi que des art. 150 al. 1 et 222 al. 2 CPC - en retenant qu'elle n'avait pas prouv� avoir donn� l'avis des d�fauts apparents en temps utile et de mani�re suffisamment pr�cise, respectivement qu'elle n'avait pas d�montr� avoir signal� les d�fauts cach�s recens�s dans le rapport d'architecte du 17 juin 2013 d�s r�ception dudit rapport.
2.2.�Le Code des obligations pr�voit qu'apr�s la livraison de l'ouvrage, le ma�tre doit en v�rifier l'�tat aussit�t qu'il le peut d'apr�s la marche habituelle des affaires, et en signaler les d�fauts � l'entrepreneur, s'il y a lieu (art. 367 al. 1 CO). Si les d�fauts ne se manifestent que plus tard, le ma�tre doit les signaler aussit�t qu'il en a connaissance (art. 370 al. 3 CO).
L'ouvrage livr� est d�fectueux lorsqu'il diverge du contrat, ne poss�de pas les qualit�s promises ou les qualit�s auxquelles le ma�tre pouvait s'attendre d'apr�s les r�gles de la bonne foi (ATF 114 II 239 consid. 5a/aa; arr�t 4A 261/2015 du 30 octobre 2015 consid. 4.3). L'ouvrage doit �tre d�pourvu de d�fauts au moment de la livraison; l'entrepreneur ne r�pond en principe pas de l'usure normale de l'ouvrage d�coulant de l'utilisation pr�vue (GAUCH, Der Werkvertrag, 5
e��d. 2011, n� 1451 ss et TERCIER/FAVRE, Les contrats sp�ciaux, 4
e��d. 2009, n� 4478 s., tous deux cit�s dans l'arr�t 4A_460/2009 du 4 d�cembre 2009 consid. 3.1.1).
L'omission de v�rifier l'ouvrage et d'aviser l'entrepreneur (art. 370 al. 2 CO), respectivement d'aviser imm�diatement l'entrepreneur en cas de d�faut cach� (art. 370 al. 3 CO), entra�ne dans l'un et l'autre cas une pr�somption irr�fragable d'acceptation de l'ouvrage avec ses d�fauts. L'acceptation de l'ouvrage implique que l'entrepreneur est d�charg� de toute responsabilit� (art. 370 al. 1 CO), tandis que les droits du ma�tre d�coulant de la garantie des d�fauts sont p�rim�s (arr�t 4C.421/2006 du 4 avril 2007 consid. 5.2).
M�me si l'art. 367 al. 1 CO ne le dit pas express�ment, l'avis des d�fauts apparents doit �tre donn� aussit�t apr�s leur d�couverte, c'est-�-dire sans d�lai (unverz�glich), � l'instar de la r�glementation sur l'avis des d�fauts cach�s (cf. aussi art. 201 al. 1 i.f. CO; arr�t 4A_55/2012 du 31 juillet 2012 consid. 6.1; CHAIX, in Commentaire romand, 2
e��d. 2012, n
os�22 � 24 ad art. 367 CO et n� 16 ad art. 370 CO; GAUCH, op. cit., n� 2141). Cela n'exclut pas que le ma�tre prenne un bref d�lai de r�flexion apr�s la d�couverte du d�faut, mais il doit se d�cider rapidement. Les circonstances du cas concret sont d�terminantes pour appr�cier si le ma�tre a agi en temps utile (ATF 118 II 142 consid. 3b p. 148; arr�t 4A_202/2012 du 12 juillet 2012 consid. 3.1; GAUCH, ibidem).
L'avis des d�fauts n'est soumis � aucune exigence de forme particuli�re. Il doit toutefois indiquer pr�cis�ment quels d�fauts sont d�couverts et exprimer l'id�e que la prestation est jug�e non conforme au contrat, respectivement que le ma�tre tient l'entrepreneur pour responsable des d�fauts constat�s (ATF 107 II 172 consid. 1a p. 175; arr�t 4A_643/2014 du 25 novembre 2015 consid. 3.2; arr�t 4D_25/2010 du 29 juin 2010 consid. 3).
Dans la mesure o� le ma�tre de l'ouvrage entend d�duire des droits en garantie, il doit �tablir qu'il a donn� l'avis des d�fauts en temps utile. La charge de la preuve s'�tend donc �galement au moment o� il a eu connaissance des d�fauts ainsi qu'au contenu de l'avis (ATF 118 II 142 consid. 3a p. 147; 107 II 172 consid. 1a i.f. p. 176; arr�t pr�cit� 4A_202/2012 consid. 3.1).
D�terminer le contenu des d�clarations du ma�tre quant aux d�fauts constat�s et le moment o� elles ont �t� �mises est une question de fait. En revanche, savoir s'il a agi en temps utile et exprim� clairement quels �l�ments de l'ouvrage il jugeait d�fectueux, et s'il a ainsi sauvegard� ses droits � la garantie, est une question de droit.
2.3.�S'agissant tout d'abord des d�fauts apparents, l'arr�t attaqu� constate que la d�fenderesse n'a pas �tabli les avoir signal�s oralement de mani�re suffisamment pr�cise en temps utile, c'est-�-dire imm�diatement apr�s la livraison de l'ouvrage, dont il n'est d�sormais plus contest� qu'elle est intervenue au plus tard au d�but de l'ann�e 2013. La lettre du 14 mai 2013 a �t� jug�e tardive.
2.3.1.�Contestant l'appr�ciation des preuves op�r�e par la Cour de justice, la d�fenderesse soutient d'abord que son administrateur aurait signal� les d�fauts apparents - en particulier les d�fauts affectant le carrelage - � l'associ� g�rant de la demanderesse imm�diatement apr�s la fin des travaux.
Les juges cantonaux ont consid�r� que les d�clarations de B.________ �taient celles d'une partie puisqu'il exer�ait la fonction d'administrateur de la d�fenderesse et en �tait ainsi le repr�sentant (art. 718 al. 1 CO). Or, ces d�clarations s'opposaient � celles de l'associ� g�rant de la demanderesse A.________ et n'�taient d�s lors pas probantes, d'autant moins qu'elles manquaient de pr�cision quant aux d�fauts pr�tendument signal�s et quant � la date de ces avis.
La d�fenderesse ne d�montre nullement en quoi cette appr�ciation serait arbitraire. Elle se contente de se r�f�rer aux d�clarations de son administrateur, selon lesquelles l'employ� C.________ lui avait � signal� certains d�fauts, notamment dans les escaliers �, � la suite de quoi il avait lui-m�me demand� � l'associ� g�rant de la demanderesse de � r�parer ces d�fauts de carrelage � (proc�s-verbal de l'audience du 20 avril 2015, p. 9).
2.3.2.�La d�fenderesse invoque ensuite les d�clarations de son employ� C.________, selon lesquelles il avait �t� � tr�s pr�sent � l'ouverture d[u] restaurant � et avait pu constater � passablement de probl�mes durant les travaux �, notamment � un probl�me avec le carrelage qui �tait mal fait, pour �tre plus pr�cis qui n'�tait pas termin� �, l'absence de � carrelage sur les murs, exig� par le service d'hygi�ne �, � un trou � l'arri�re du restaurant, qui n'�tait pas bouch� �, l'employ� disant avoir annonc� lui-m�me � nombre de ces probl�mes � au repr�sentant de la demanderesse � d�s le d�but, � l'ouverture � (proc�s-verbal de l'audience du 26 janvier 2015, p. 4).
La cour cantonale a d�ment examin� ce t�moignage pour arriver � la conclusion que l'employ� C.________ n'avait pas fait �tat de dalles cass�es ni d'un probl�me de niveau concernant les carreaux pos�s au sol, de sorte que l'on ne pouvait pas consid�rer que ces d�fauts avaient �t� signal�s. Quant � l'absence de carrelage sur les murs et au trou en fa�ade, le t�moin n'avait pas �t� en mesure d'indiquer � quel moment, dans quelles circonstances et avec quel degr� de pr�cision les avis y relatifs avaient �t� donn�s � la demanderesse. Le t�moin avait aussi fait �tat de discussions entre les repr�sentants des parties sur la question des travaux. Une fois de plus, le t�moignage �tait trop impr�cis quant � la date de l'entretien et � son contenu pour que l'on puisse en d�duire qu'un avis des d�fauts conforme aux exigences l�gales avait �t� donn� apr�s la livraison de l'ouvrage. Force est de constater, � la lecture du t�moignage en question, que cette conclusion �chappe au grief d'arbitraire, respectivement de violation des art. 367 al. 1 et 370 al. 2 CO.
2.3.3.�Le t�moin C.________ a encore d�clar� que l'associ� g�rant A.________ n'avait pas imm�diatement r�agi, mais avait ensuite envoy� successivement deux ouvriers, le premier n'ayant pas voulu ex�cuter les travaux au motif qu'il n'avait pas �t� pay� tandis que le second n'avait rien fait (proc�s-verbal de l'audience du 26 janvier 2015, p. 5). N'en d�plaise � la d�fenderesse, ces propos ne permettent nullement de constater quels d�fauts la demanderesse aurait implicitement reconnus comme signal�s en temps utile du fait qu'elle avait envoy� des ouvriers pour ex�cuter des travaux. De m�me, la Cour de justice pouvait, sans arbitraire et sans enfreindre les dispositions pr�cit�es, consid�rer que la d�claration du t�moin C.________ selon laquelle A.________ � contestait la responsabilit� de certains d�fauts � (cf. proc�s-verbal pr�cit�, p. 7) ne permettait pas de retenir que l'avis des d�fauts aurait �t� donn� avec une pr�cision suffisante au motif que seuls certains d�fauts �taient contest�s. Encore une fois, on ignore quels d�fauts ont �t� annonc�s � quel moment et quels d�fauts ont �t� contest�s.
2.3.4.�Enfin, la d�fenderesse invoque vainement le fait que la demanderesse a envoy� sa facture finale le 20 mars 2013 plut�t que le 16 janvier 2013, date � laquelle les parties, imm�diatement apr�s la mise en service du restaurant, avaient �tabli un document attestant du versement d'un acompte de 80'000 fr. par la d�fenderesse, laissant subsister un solde de 22'359 fr. Rien n'indique que ce solde aurait �t� � retenu par le ma�tre de l'ouvrage dans l'attente de la r�paration des travaux annonc�s �, comme le soutient la d�fenderesse.
2.3.5.�Au vu de ce qui pr�c�de, c'est sans arbitraire que les juges cantonaux ont �tabli les faits pertinents quant au signalement des d�fauts, respectivement sans violer les art. 367 al. 1 et 370 al. 2 CO que les juges ont ni� l'existence d'un avis des d�fauts apparents formul� en temps utile de fa�on � sauvegarder les droits de la d�fenderesse � la garantie.
2.4.1.�Concernant ensuite les d�fauts cach�s relev�s dans le rapport d'architecte du 17 juin 2013, les juges cantonaux ont consid�r� que la d�fenderesse n'avait pas �tabli les avoir signal�s � la demanderesse oralement ou par �crit d�s r�ception dudit rapport; en effet, aucune pi�ce attestant d'un tel avis n'avait �t� vers�e � la proc�dure et aucune d�claration des t�moins n'avait port� sur ce point.
2.4.2.�A titre liminaire, il faut pr�ciser qu'il n'est pas �tabli que la d�fenderesse ait transmis le rapport d'architecte du 17 juin 2013 � la demanderesse d�s sa r�ception. La d�fenderesse a produit pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral une pi�ce destin�e � prouver cet envoi, mais elle a ensuite d�clar� retirer cette pi�ce ainsi que les d�veloppements y aff�rents de son recours (courrier du 11 mai 2016).
2.4.3.�Invoquant les art. 150 al. 1 et 222 al. 2 CPC, la d�fenderesse plaide que la question de la communication du rapport d'architecte � la demanderesse - rapport concluant � l'existence de d�fauts cach�s dont la d�fenderesse ne pouvait avoir connaissance auparavant -, voire de la tardivet� de cette communication, ne faisait pas partie du d�bat probatoire dans la mesure o� la demanderesse n'avait pas contest� les all�gu�s topiques.
Comme cela vient d'�tre rappel� (cf. consid. 2.2. supra), le ma�tre de l'ouvrage qui entend d�duire des droits en garantie doit �tablir qu'il a donn� l'avis des d�fauts et l'a fait en temps utile, la charge de la preuve s'�tendant �galement au moment o� il a eu connaissance des d�fauts ainsi qu'au contenu de l'avis. Certes, les faits d�ment all�gu�s par une partie et non contest�s par l'autre partie n'ont pas � �tre prouv�s (art. 150 al. 1 CPC; arr�t 4A_146/2015 du 19 ao�t 2015 consid. 4.3). En l'esp�ce toutefois, les all�gu�s 33 et 34 de la r�ponse du 13 mai 2014, auxquels la d�fenderesse se r�f�re � l'appui de son grief, ne font nullement �tat d'un avis des d�fauts cach�s � r�ception du rapport d'architecte du 17 juin 2013; la d�fenderesse y all�gue simplement avoir demand� � un bureau d'architectes d'effectuer un rapport d'expertise du restaurant compte tenu des probl�mes rencontr�s avec la demanderesse, pr�cisant que ces architectes ont �galement proc�d� � l'estimation sommaire du co�t des r�parations. On ne voit d�s lors pas que les juges cantonaux auraient d� retenir comme �l�ment non contest� le fait que l'avis des d�fauts r�v�l�s par le rapport du 17 juin 2013 avait �t� donn� imm�diatement apr�s la r�ception de ce rapport.
Pour le surplus, la d�fenderesse se pr�vaut d'une pi�ce du dossier cantonal qu'elle ne rattache toutefois � aucun all�gu� (cf. arr�t 4A_456/2015 du 6 juin 2016 consid. 4, destin� � la publication); par surabondance, il ne serait pas arbitraire de tenir comme non prouv�e la communication d'un rapport dont l'envoi a simplement �t� annonc� dans un courrier ant�rieur � l'�tablissement du rapport.
Le recours se r�v�le �galement mal fond� sur ce point.
3.1.�Dans un dernier grief, la d�fenderesse conteste le montant de 30'547 fr. 80 allou� � la demanderesse � titre de solde d� pour les travaux effectu�s. De son point de vue, il aurait fallu prendre en consid�ration le montant de 22'359 fr. dont faisait �tat le solde de compte �tabli le 16 janvier 2013; une interpr�tation correcte des d�clarations des parties selon le principe de la confiance (sur ce principe, cf. par ex. ATF 135 III 295 consid. 5.2 p. 302) ne permettrait pas d'aboutir � une autre conclusion.
3.2.�Ce grief tombe � faux. En effet, il est constant que le prix des travaux confi�s � la demanderesse, tel que devis� et accept�, s'�levait � 102'359 fr. plus 8'188 fr. 72 de TVA, soit au total 110'547 fr. 72, montants qui r�sultent explicitement du devis du 15 octobre 2012. A cette m�me date, la demanderesse a sollicit� de la d�fenderesse le versement d'un premier acompte de 80'000 fr. TTC, en indiquant que ce montant comprenait 74'074 fr. HT pour ses prestations et 5'925 fr. 92 de TVA. Le 16 janvier 2013, la d�fenderesse a vers� un acompte de 80'000 fr. � la demanderesse, laquelle a indiqu�, sur le document reprenant le descriptif du 15 octobre 2012, un solde d� de 22'359 fr. Cette pi�ce ne mentionne toutefois que les prix hors taxe. La d�fenderesse ne pouvait par cons�quent pas, de bonne foi, comprendre que le solde restant d� incluait la taxe sur la valeur ajout�e, dont elle ne conteste pas qu'elle soit due. La somme de 22'359 fr. correspondait d�s lors au solde d� sur le montant des travaux hors TVA. Comme l'ont relev� � raison les juges cantonaux, il importe peu que la demanderesse ait, par erreur, port� l'acompte de 80'000 fr. en d�duction du montant des travaux hors TVA alors que dans son courrier du 15 octobre 2012, elle avait ventil� cette somme entre les travaux et la TVA. Cet �l�ment est en effet sans cons�quence dans la mesure o� la d�fenderesse ne pouvait ignorer que sur des travaux d'un montant total de 102'359 fr. HT, elle devait acquitter une taxe sur la valeur ajout�e de 8'188 fr. 72, qui figurait d'ailleurs sur le devis initial. Par ailleurs, le fait que le document du 16 janvier 2013 ait �t� �tabli au moment de la livraison de l'ouvrage ne permettait pas � la d�fenderesse de croire de bonne foi que, par la mention d'un solde d� de 22'359 fr., la demanderesse abandonnait un montant de 8'188 fr. 72 correspondant � la TVA.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le recours doit �tre enti�rement rejet�.
Vu l'issue du recours, les frais de la pr�sente proc�dure seront mis � la charge de la d�fenderesse (art. 66 al. 1 LTF), qui versera en outre � la demanderesse une indemnit� de 2'500 fr. � titre de d�pens (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: art. 100
 art. 18
 art. 150
 art. 201
 art. 367
 art. 370
 art. 367
 art. 367
 art. 150
 ATF