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Timestamp: 2016-10-23 20:33:23+00:00

Document:
demandeur et recourant, repr�sent� par Me Edmond Perruchoud, avocat, Avenue du G�n�ral-Guisan 19, Case postale 700, 3960 Sierre,
d�fendeur et intim�, repr�sent� par Me Jocelyn Ostertag, avocat, Avenue des Alpes 6, Case postale 236, 3960 Sierre.
(recours en r�forme contre le jugement de la Ire Cour civile du Tribunal cantonal du canton du Valais du 27 f�vrier 2002)
Par contrat du 13 octobre 1987 int�grant la norme SIA N� 118 S.________ a confi� � G.________ les travaux d'�lectricit� de "trois chalets contigus avec discoth�que et un chalet individuel" � A.________ (complexe Z.________), pour une valeur approximative de 180 000 fr. Sous le titre "art. 7 Arrangements sp�ciaux", le contrat pr�voyait ce qui suit :
"L'ensemble de ces travaux sera pay� exclusivement par les contre-prestations suivantes sans int�r�t jusqu'au 31 d�cembre 1992 dans l'ordre de priorit� :
Mandat d'ing. civil complet pour l'ensemble des constructions G.________ et & (sic), pr�vues � l'entr�e de C.________l aux conditions suivantes : B sur b.a terrassements, charpentes et structures porteuses avec co�ff. de difficult� n=0.53. Prestations q=0.1.Pourcentage p selon B,n et SIA en cours. Frais non compris selon SIA en cours.
Autres mandats d'ing�nieurs civils.
Travaux d'isolation de b�timents int�rieure ou ext�rieure par l'entreprise X.________ SA � N.________".
En 1988, des tensions ont surgi entre les parties, essentiellement � propos de la campagne aux �lections communales valaisannes.
Les travaux d'�lectricit� ont dur� de 1987 jusqu'au d�but 1994. Suite � diverses proc�dures et � une transaction judiciaire du 19 mai 1999, les prestations de G.________ ont �t� fix�es � 220 000 fr., alors que l'expert judiciaire a estim� � 78 784 fr. les prestations d'ing�nieur effectu�es par S.________ en faveur de l'entrepreneur pr�cit�. En effet, G.________ n'avait pas confi� � S.________ le mandat d'ing�nieur civil complet de la promotion "D.________" � C.________l, mais seulement � concurrence de ce dernier montant. Par la suite, en raison de la d�gradation des affaires dans le b�timent, G.________ a d�clar� qu'il ne lui avait pas �t� possible de confier d'autres mandats d'ing�nieur civil � S.________, comme le pr�voyait l'art. 7 al. 3 du contrat du 13 octobre 1987. Quant aux prestations, � titre de paiement, que devait ex�cuter X.________ SA, S.________ a indiqu� � G.________ qu'il continuait de commercialiser le proc�d� d'isolation ext�rieure X.________, ind�pendamment de la mise en liquidation de cette soci�t�, le 4 d�cembre 1992.
Le 24 janvier 1994, les deux int�ress�s ont eu un entretien t�l�phonique dont S.________ a confirm� le lendemain le contenu par fax � G.________, en insistant sur le paiement de la cr�ance de ce dernier par "la compensation int�grale par des contre-prestations" et en l'invitant � "proposer, le plus rapidement possible d'autres contre-prestations contractuelles", dans le d�sir de "r�gler � l'amiable ce probl�me, mais selon nos engagements contractuels".
A r�ception de cette t�l�copie, G.________ a demand� � S.________ de lui faire une offre pour la livraison de diff�rents syst�mes d'isolation des b�timents; cette invitation est demeur�e sans suite.
Le 22 juin 1995, G.________ a ouvert action contre S.________ devant le Tribunal cantonal valaisan. En dernier lieu, le demandeur a conclu au paiement en capital de 141 216 fr. (ch. 1) et � l'inscription d�finitive d'une hypoth�que l�gale des artisans et entrepreneurs pour le m�me montant (ch. 2). Le d�fendeur a conclu au rejet des deux actions.
Par jugement du 27 f�vrier 2002, la Ire Cour civile du Tribunal cantonal a rejet� l'action en paiement, mais ordonn� l'inscription � titre d�finitif de l'hypoth�que l�gale pour 141 216 fr., devant grever en faveur du demandeur la parcelle N� ..., MC sur la commune de A.________, propri�t� du d�fendeur. En substance, la juridiction cantonale a retenu que les parties avaient convenu que le demandeur serait pay� par les travaux d'ing�nieur civil qu'il s'engageait � confier au d�fendeur, les prestations de celui-ci devant �teindre par compensation celles de celui-l�. Une fois les travaux d'�lectricit� accomplis, G.________ devenait cr�ancier d'une prestation en nature dont il devait rendre l'ex�cution possible en confiant des mandats � S.________. Or, le demandeur n'a satisfait que partiellement � cette obligation. G.________ n'a pas prouv� que les conditions de l'impossibilit� subs�quente au sens de l'art. 119 CO �taient r�alis�es. En effet, le renoncement � b�tir d'autres immeubles lui �tait imputable; en outre, malgr� la liquidation de l'entreprise X.________ SA, le d�fendeur pouvait encore fournir des prestations sous forme de travaux d'isolation selon le proc�d� utilis� par cette ancienne entreprise. Le demandeur ne disposait en cons�quence pas d'une cr�ance en esp�ces exigible contre le d�fendeur, de sorte que son action en paiement devait �tre rejet�e. Par contre, l'autorit� cantonale a ordonn� l'inscription d�finitive de l'hypoth�que l�gale � concurrence de 141 216 fr., les conditions des art. 837 ch. 3 et 839 CC �tant r�alis�es, malgr� l'inexigibilit� de la cr�ance garantie.
Parall�lement � un recours de droit public qui a �t� rejet� par arr�t de ce jour, le demandeur exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Requ�rant l'annulation du jugement attaqu�, il requiert la condamnation du d�fendeur � lui payer 141 216 fr. avec int�r�t � 5% d�s le 1er juillet 1993 et l'inscription d�finitive de l'hypoth�que l�gale pour cette somme, �galement avec int�r�t � 5% d�s cette date.
1.1 Interjet� par la partie demanderesse dont les conclusions condamnatoires ont �t� en grande partie rejet�es, et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile, le recours en r�forme est en principe recevable puisqu'il a �t� form� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ et 34 al. 1 let. a OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
Bien que le demandeur exerce deux pr�tentions se montant chacune � 141 216 fr., qui impliquent normalement l'addition des chefs de conclusions (art. 47 al. 1 OJ), il convient d'admettre que les droits contest�s dans la derni�re instance cantonale atteignaient en valeur 141 216 fr. car, �conomiquement, une seule prestation est en jeu (ATF 55 II 39 consid. 1; Leuch/Marbach/Kellerhals/Sterchi, Die Zivilprozessordnung f�r den Kanton Bern, 5e �d., n. 1f ad art. 139, p. 356). Le recours est �galement recevable au regard de l'art. 46 OJ.
Le recourant critique l'interpr�tation qu'a donn�e la cour cantonale de l'art. 7 de l'accord du 13 octobre 1987. D'apr�s lui, les parties auraient pass� ce jour-l� deux contrats, soit un contrat d'entreprise pour les prestations incombant au demandeur, et un contrat d'ing�nieur complet, soumis aux r�gles du mandat (art. 394 ss CO), pour les prestations � charge du d�fendeur.
Le demandeur souligne qu'en vertu de l'art. 404 CO, la r�siliation dudit contrat d'ing�nieur pouvait intervenir en tout temps. Le recourant fait ainsi valoir qu'il a r�sili� le contrat d'ing�nieur en cause et qu'il n'a pas l�s� l'intim� d�s l'instant o� les prestations au titre du contrat d'entreprise avec fourniture de mat�riaux et main-d'oeuvre ont �t� accomplies par le demandeur, ce dont profite le d�fendeur depuis de nombreuses ann�es. La seule chose qui change pour ce dernier est qu'il doit d�sormais s'acquitter de sa dette en esp�ces, et non plus en nature. A en croire le recourant, le fait que le rapport de confiance entre les parties ait presque disparu militerait pour la solution juridique qu'il pr�conise. Pour n'avoir pas raisonn� de la sorte, l'autorit� cantonale aurait enfreint le droit f�d�ral.
2.1 En pr�sence d'un litige qui porte sur l'interpr�tation d'une clause contractuelle, le juge doit tout d'abord s'efforcer de d�terminer la commune et r�elle intention des parties, sans s'arr�ter aux expressions ou d�nominations inexactes dont elles ont pu se servir soit par erreur, soit pour d�guiser la nature v�ritable de la convention (art. 18 al. 1 CO; ATF 127 III 444 consid. 1b).
S'il y parvient, il s'agit d'une constatation de fait qui ne peut �tre remise en cause dans un recours en r�forme (ATF 126 III 25 consid. 3c, 375 consid. 2e/aa; 125 III 305 consid. 2b, 435 consid. 2a/aa).
D�terminer ce qu'un cocontractant savait et voulait au moment de conclure rel�ve des constatations de fait qui lient le Tribunal f�d�ral (ATF 118 II 58 consid. 3a; 113 II 25 consid. 1a).
Si la volont� r�elle des parties ne peut pas �tre �tablie ou si elle est divergente, c'est une question de droit - que le Tribunal f�d�ral peut revoir librement en instance de r�forme - que de rechercher, selon le principe de la confiance, le sens que chacune des parties pouvait et devait raisonnablement pr�ter aux d�clarations de volont� de l'autre, en tenant compte des termes utilis�s ainsi que du contexte et de l'ensemble des circonstances dans lesquelles elles ont �t� �mises (ATF 127 III 248 consid. 3a, 444 consid. 1b; 126 III 25 consid. 3c, 59 consid. 5b, 375 consid. 2e/aa).
M�me si une d�claration para�t claire � premi�re vue, il peut r�sulter d'autres circonstances que son destinataire devait lui donner un sens diff�rent de celui d�coulant d'une interpr�tation litt�rale (ATF 127 III 444 ibidem). Il n'en demeure pas moins, lorsqu'aucune circonstance particuli�re pertinente n'est �tablie, qu'il faut supposer que le destinataire d'une d�claration la comprend selon le sens ordinaire des mots.
Il doit �tre rappel� que le principe de la confiance permet d'imputer � une partie le sens objectif de sa d�claration ou de son comportement, m�me si celui-ci ne correspond pas � son volont� intime (ATF 127 III 279 consid. 2c/ee p. 287 et les r�f�rences doctrinales).
2.2 En l'occurrence, il r�sulte du jugement d�f�r� (consid. 8b/bb, p. 10/11) que la cour cantonale a d�termin� la volont� r�elle et commune des plaideurs. Elle a ainsi retenu que l'ouvrage ex�cut� par le recourant, consistant en des travaux d'�lectricit�, devait �tre exclusivement pay� par le ma�tre (soit le d�fendeur) par des prestations d'ing�nieur et par des travaux d'isolation effectu�s par X.________ SA � fournir � l'entrepreneur (soit le demandeur), ce dernier devenant ainsi simplement cr�ancier de "prestations en nature". Ces constatations lient le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme (art. 63 al. 2 OJ).
La doctrine admet qu'il y a un contrat mixte lorsque la r�tribution qui est due � l'entrepreneur en contrepartie de l'ex�cution de l'ouvrage doit �tre fournie par le ma�tre sous la forme de l'obligation principale typique d'un autre contrat (cf. Peter Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation fran�aise par Beno�t Carron, n. 111 p. 34 et n. 326 p. 103; Alfred Koller, Commentaire bernois, n. 84 ad art. 363 CO).
Alfred Koller, op. cit., n. 149 ad art. 363 CO, parle en particulier de contrat d'entreprise avec clause de paiement par contre-prestations (Werkvertrag mit anderstypischer Gegenleistung), lorsque l'obligation principale du ma�tre n'est pas de payer une r�mun�ration � l'entrepreneur. Cet auteur, op. cit., n. 84 ad art. 363 CO, admet l'existence d'un tel contrat m�me si la valeur de la prestation du ma�tre est exprim�e en num�raire, car l'argent joue alors le r�le d'une simple grandeur de calcul de la prestation en cause, mais ne constitue pas le contenu obligationnel.
2.3 Dans un contrat mixte o� l'entrepreneur n'est cr�ancier � l'endroit du ma�tre que d'une "prestation en nature" tendant � l'obtention de travaux d'ing�nieur et de travaux d'isolation, le droit subjectif du cr�ancier ne se transforme en une cr�ance p�cuniaire que si la prestation promise par le ma�tre n'est pas ex�cut�e ou est mal ex�cut�e. Tel pourrait �tre le cas si le d�fendeur s'�tait trouv� en demeure et si le demandeur avait renonc� � l'ex�cution de la prestation de celui-l� (art. 97 ss CO, sp�c. 107 al. 2 CO). Aucune de ces circonstances ne r�sulte du jugement d�f�r�. Au contraire, il a �t� retenu que l'intim� n'a fourni qu'une partie des prestations promises, parce que le demandeur ne lui a pas attribu� le mandat d'ing�nieur civil complet de la promotion "D.________" et que l'entrepreneur ne lui a pas fourni d'autres mandats d'ing�nieurs. Le d�fendeur ne saurait �tre responsable de cet �tat de fait.
Sous cet angle, l'art. 404 CO n'est d'aucun secours au demandeur. Certes, on peut parfaitement admettre que le recourant disposait du droit de r�silier en tout temps l'�l�ment du contrat mixte ayant trait aux services que promettait de lui rendre le d�fendeur � titre de contre-prestations aux travaux d'�lectricit� effectu�s sur l'immeuble de celui-ci. Mais ce pouvoir de r�siliation n'a pas pour effet de transformer la cr�ance en prestations en nature dont est titulaire le demandeur en une cr�ance p�cuniaire. Il en irait toutefois diff�remment si c'�tait l'oblig�, c'est-�-dire le d�fendeur, qui, exer�ant son droit de r�siliation, se refusait � rendre les prestations de services susrappel�es. Cette question ne se pose cependant pas dans le cas pr�sent.
En r�sum�, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en consid�rant, sur la base de la convention du 13 octobre 1987 qui pr�voyait exclusivement le paiement de l'entrepreneur sous la forme de la fourniture de prestations d'ing�nieur par son cocontractant, que le recourant ne disposait d'aucune cr�ance en argent contre l'intim�.
Concernant l'interpr�tation de l'art. 7 al. 4 de l'accord litigieux, le recourant rel�ve que si la formulation litt�rale �tait retenue, soit l'ex�cution de travaux d'isolation des b�timents, cette prestation �tait devenue impossible en raison de la mise en liquidation de X.________ SA le 4 d�cembre 1992, pr�c�dant sa radiation du registre du commerce en mars 1995. Mais par contre, s'il fallait entendre par "travaux d'isolation" une activit� de services et de conseils relevant d'un contrat de mandat, alors le recourant avait-il le droit de r�silier en tout temps cette relation contractuelle en application de l'art. 404 CO.
La question de la qualification exacte des rapports entre les parties tels qu'ils �taient envisag�s par l'art. 7 al. 4 du contrat du 13 octobre 1987 n'est pas d�cisive, dans la mesure o�, d'apr�s l'�tat de fait souverainement �tabli par le Tribunal cantonal, le recourant ne s'est adress� � X.________ SA que le 26 janvier 1994, soit plus d'un an apr�s sa mise en liquidation, survenue le 4 d�cembre 1992. Dans ces conditions, le recourant ne peut pas invoquer un cas d'impossibilit� subs�quente non fautive de sa part, au sens de l'art. 119 CO, puisqu'il n'a pas mis - ou voulu - mettre en oeuvre X.________ SA avant qu'elle ne devienne inapte � lui fournir les prestations susceptibles de r�duire la dette de son administrateur envers lui (art. 739 al. 2 et 743 al. 1 CO).
4.1 Le recourant soutient encore que la compensation par �change de prestations d'entrepreneur et d'ing�nieur envisag�e par l'art. 7 du contrat n'emp�chait pas l'exigibilit� de sa cr�ance et le cours des int�r�ts.
4.2 En l'occurrence, l'art. 7 de la convention pr�voyait que l'entrepreneur serait pay� par des contre-prestations du ma�tre, "sans int�r�t jusqu'au 31 d�cembre 1992". En r�alit�, en d�rogation � la r�gle de l'art. 75 CO, d�terminant le caract�re imm�diatement exigible des obligations contractuelles ou d�lictuelles, les parties ont conventionnellement stipul� un terme ind�termin�, mais r�sultant de la nature de l'affaire. Dans ce sens, pour obtenir le paiement par le ma�tre de la prestation caract�ristique du contrat d'entreprise qu'il a effectu�e de mani�re satisfaisante, l'entrepreneur devait accomplir les actes pr�paratoires qui lui incombaient, pour que son d�biteur soit en mesure de le payer par l'ex�cution des contre-prestations fix�es dans leur accord. Vu le mode de paiement sp�cial adopt�, l'entrepreneur se trouvait ainsi en demeure, au sens de l'art. 91 CO, et il doit supporter le risque d�coulant de cette situation de la m�me mani�re que s'il avait refus� la prestation (en l'esp�ce, la contre-prestation) de son d�biteur (ATF 119 II 437 consid. 2b p. 440 et les r�f�rences).
Dans le cas pr�sent, � l'oppos� de la situation ordinaire o� il appartient au ma�tre de l'ouvrage de remplir son devoir de collaboration et d'accomplir les actes pr�paratoires lui incombant (Gauch, op. cit., n. 1325, p. 384; PierreTercier, Les contrats sp�ciaux, 2e �d., n. 3760 p. 460), c'est � l'entrepreneur, soit au demandeur, qu'il revenait d'effectuer ces d�marches. En l'absence de ces actes pr�paratoires, la cr�ance correspondant � la contre-prestation promise par le d�fendeur n'est pas exigible, en application de l'art. 7 du contrat, et ce dernier, d�biteur d'un cr�ancier en demeure, a un motif pour refuser sa prestation, que son cocontractant n'a pas encore le droit d'exiger de lui (Gauch / Schluep / Schmid / Rey, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, Tome II n. 2194 et n. 2195, p. 28, et n. 2935, p. 171 et les r�f�rences).
Comme, s'il y a demeure du cr�ancier, il ne saurait y avoir demeure du d�biteur, les int�r�ts moratoires ne sont pas dus (art. 104 al. 1 CO), ce que l'autorit� cantonale a constat� � juste titre.
5.1 Le recourant a pr�tendu en instance cantonale qu'il lui �tait devenu impossible de confier des travaux d'ing�nieur civil au d�fendeur en raison, d'une part, de la conjoncture �conomique, laquelle l'avait emp�ch� de participer � une nouvelle promotion immobili�re depuis 1987, et, d'autre part, de son �ge. Il a aussi indiqu� que certains de ses partenaires ou clients ne voulaient pas traiter avec le d�fendeur, en qualit� d'ing�nieur civil.
Quand bien m�me le recourant ne reprend pas formellement ce grief dans son recours en r�forme, la question m�rite d'�tre examin�e.
5.2 Selon l'art. 119 al. 1 CO, l'obligation s'�teint lorsque l'ex�cution en devient impossible par suite de circonstances non imputables au d�biteur. L'impossibilit� subs�quente et non fautive peut �tre d'origine juridique (ATF 111 II 352 consid. 2a), ou factuelle. Dans les contrats bilat�raux, l'extinction d'une obligation dont l'ex�cution est devenue impossible sans faute du d�biteur dispense l'autre partie de la prestation qu'elle devait fournir en �change (art. 119 al. 2 CO; ATF 107 II 144 consid. 3).
Dans le cas particulier, il ne r�sulte pas des constatations cantonales - qui lient le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en r�forme (art. 63 al. 2 OJ) -, que le demandeur se soit trouv� dans l'impossibilit� d'accomplir les actes pr�paratoires n�cessaires � la fourniture des contre-prestations par le d�fendeur. Et ce dernier a indiqu� qu'il �tait, et est, toujours pr�t � accomplir des travaux d'ing�nieur civil aux fins d'�teindre la dette qu'il a contract�e � l'�gard du demandeur. M�me si les circonstances �voqu�es par celui-ci sont vraisemblables, elles n'ont pas �t� d�montr�es et ne ressortent pas de l'�tat de fait d�terminant. La juridiction intim�e n'a pas viol� l'art. 119 al. 1 CO lorsqu'elle a estim�, sur la base de ses constatations, que le demandeur ne s'�tait pas trouv� dans l'impossibilit� de confier � son cocontractant des mandats (ou des commandes) pour permettre � celui-ci d'effectuer des prestations en nature destin�es � payer celui-l�.
Au vu des consid�rants qui pr�c�dent, la cour cantonale pouvait, sans heurter le droit f�d�ral, constater que le demandeur ne disposait pas d'une cr�ance p�cuniaire exigible contre le d�fendeur, ce qui entra�nait le rejet de la demande en paiement.
Le demandeur voit, dans le r�sultat consacr� par le jugement entrepris, une atteinte au principe de la bonne foi au sens de l'art. 2 al. 1 CC, en ce sens que cette d�cision fait perdurer, pour une dur�e ind�termin�e, voire illimit�e, les relations exacerb�es entre les parties, qui devraient �tre d�nou�es. Cette situation serait propre � porter une atteinte au droit de sa personnalit�, selon les art. 27 et 28 CC, en raison de la d�pendance inadmissible � l'�gard de son adverse partie dans laquelle il est plac�.
7.1 En r�alit�, le demandeur reproche essentiellement � l'autorit� cantonale d'avoir rendu un jugement qui le l�se dans sa libert� personnelle, en le mettant � la merci du d�fendeur. La question est d�s lors de savoir si la juridiction cantonale a admis � bon droit que l'art. 7 du contrat du 13 octobre 1987 ne constituait pas un engagement excessif susceptible de porter une atteinte d�mesur�e � l'avenir �conomique de la partie qui s'en plaint.
Selon la jurisprudence, une restriction contractuelle de la libert� �conomique n'est consid�r�e comme excessive, au regard de l'art. 27 al. 2 CC, que si elle livre celui qui s'est oblig� � l'arbitraire de son cocontractant, supprime sa libert� �conomique ou la limite dans une mesure telle que les bases de son existence �conomique sont mises en danger (ATF 123 III 337 consid. 5 p. 345; 114 II 159 consid. 2a et les arr�ts cit�s). L'art. 27 al. 2 CC, qui sanctionne les engagements qui restreignent de mani�re exag�r�e la libert� de d�cision de l'individu, a pour but d'emp�cher la personne d'hypoth�quer fortement son avenir. Cette disposition vise les engagements excessifs en raison de leur intensit� et de leur dur�e, soit ceux qui mettent une personne dans la d�pendance totale d'une autre personne, ou les engagements de nature �conomique si extraordinaires que la personne concern�e se trouve priv�e, dans une mesure illimit�e, de sa libert� de d�cision pour le futur. L'art. 27 al. 2 CC traite aussi des engagements excessifs en raison de leur objet, c'est-�-dire de ceux qui touchent � certains droits de la personnalit� dont l'importance est telle qu'une personne ne peut se lier pour l'avenir � leur �gard (cf. � ce propos Andreas Bucher, Personnes physiques et protection de la personnalit�, 4e �d., p. 102 ss, n. 426 ss).
7.2 En l'esp�ce, les engagements du demandeur � l'�gard du d�fendeur, selon l'art. 7 du contrat litigieux, n'ont pas une intensit� suffisante pour tomber sous le coup de l'interdiction de l'art. 27 al. 2 CC. En effet, le syst�me de contre-prestations mis en place porte pour l'essentiel sur deux promotions immobili�res (� A.________ et � C.________), pour lesquelles les travaux d'�lectricit� ex�cut�s par le recourant ont �t� estim�s par l'expert judiciaire � 220 000 fr., �tant pr�cis� que la compensation pr�vue a pu �tre op�r�e d�j� � concurrence de 78 784 francs. Le solde encore litigieux repr�sente le montant r�clam� dans le ch. 1 de la demande, � savoir 141 216 fr., qui a �t� consid�r� comme une cr�ance non exigible, mais pouvant donner lieu � l'inscription � titre d�finitif d'une hypoth�que l�gale sur un immeuble du d�fendeur, ind�pendamment du sort d'une �ventuelle poursuite en r�alisation du gage immobilier.
Malgr� sa relative importance, l'affaire conclue entre les parties ne met pas le demandeur dans la d�pendance totale du d�fendeur, m�me si le recourant rencontre de s�rieuses difficult�s � accomplir les actes pr�paratoires qui lui incombent en raison d'une conjoncture �conomique peu favorable et m�me s'il dispose d'une cr�ance en principe incessible en raison de la nature de l'affaire (Gauch / Schluep / Schmid / Rey, op. cit., n. 3563, p. 300). Quant � la dur�e de l'engagement, elle d�pend essentiellement de la volont� du demandeur, et des quelques efforts qu'il doit faire pour respecter ses incombances, de sorte qu'il ne peut se plaindre, � cet �gard, ni de la violation de l'art. 27 al. 2 CC, ni de celle de l'art. 2 CC.
Le dernier moyen soulev� par le demandeur doit en cons�quence �tre �galement rejet�. En d�finitive, celui-ci se plaint d'avoir conclu une mauvaise affaire avec le d�fendeur, ce qui ne fonde pas une pr�tention � son �gard, sous r�serve de l'hypoth�se de la l�sion, au sens de l'art. 21 al. 1 CO, qu'� juste titre il n'invoque pas (sur cette notion: ATF 115 II 232 consid. 4c et les r�f�rences, p. 236).
Tout en concluant au rejet du recours dans la mesure o� il est recevable, le d�fendeur fait valoir que le jugement cantonal ne met pas un terme d�finitif au litige et demande au Tribunal f�d�ral de fixer le d�lai jusqu'� l'�ch�ance duquel "il devra souffrir l'inscription d'une hypoth�que l�gale sur son immeuble."
Le jugement du Tribunal cantonal comporte, sous chiffre 2 de son dispositif, l'inscription � titre d�finitif d'une hypoth�que au sens de l'art. 837 al. 1 chiffre 3 CC, d'un montant de 141 216 fr. grevant un immeuble du d�fendeur, � A.________, en faveur du demandeur. S'il entendait remettre en cause le jugement cantonal sous cet aspect, le d�fendeur aurait d� former un recours joint pour solliciter la r�forme de ce prononc� au d�triment du demandeur, dans le sens de la restriction all�gu�e. Le d�fendeur ne pr�sente toutefois pas de conclusions tendant � l'annulation du chiffre 2 du dispositif du jugement entrepris, et sa r�ponse au recours en r�forme, en p. 12 i. f. et 13 i. i., ne peut �tre consid�r�e comme une conclusion implicite, dans la mesure o� il ne soutient pas que la d�cision de la cour cantonale ne serait pas valable ou consacrerait une violation du droit f�d�ral. En effet, le d�fendeur se borne � proposer une autre solution plus favorable � ses int�r�ts, comme la fixation d'un d�lai de d�ch�ance au demandeur, ou la limitation dans le temps de l'inscription de l'hypoth�que l�gale. Ainsi formul�e, la r�ponse au recours en r�forme ne peut �tre assimil�e � un recours joint (ATF 121 III 420 consid. 1 p. 423). Le Tribunal f�d�ral n'a en cons�quence pas � examiner un tel moyen. S'il s'y estime fond�, le d�fendeur peut requ�rir par la voie ad�quate la radiation au registre foncier de l'inscription de l'hypoth�que l�gale.
Il suit de l� que le recours doit �tre rejet�, le jugement attaqu� �tant confirm�.
Vu l'issue du recours, les frais de justice seront mis � la charge du recourant qui succombe (art. 156 al. 1 OJ). Celui-ci devra �galement payer une indemnit� de d�pens en faveur de l'intim� (art. 159 al. 1 OJ).
Un �molument judiciaire de 5500 fr. est mis � la charge du recourant.
Le recourant versera � l'intim� une indemnit� de 5500 fr. � titre de d�pens.

References: art. 837
 art. 139
 ATF 
 art. 363
 art. 363
 art. 363
 ATF 
 art. 27
 ATF