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LES PETITES REVUES: avril 2011
LES ACTES DES POÈTES N°9-10 - AOÛT-SEPTEMBRE 1910
LES ACTES DES POÈTES
N°9-10 (Août-Septembre 1910)
[Date de publication : Août-Septembre 1910 - Couverture : Numéros, Prix (30 cent. les 2 Numéros), Titre, Sous-Titre, illustration de A. de Székely, Sommaire, Adresses de la Rédaction et du Siège social, Dépôt général (Figuière et Cie, Éditeurs, 7 rue Corneille, Paris) - 2e de couverture : Titre, Adresse de Rédaction, Sous-Titre, Contenu (Contes, Romans, Poèmes, Drames, Critique, Action d'Art), Abonnements ("Pour l’Étranger 2 fr. en plus des prix ci-contre. Le produit des Abonnements sera consacré à accroître progressivement le format de la Revue sans augmentation de prix"), Vient de paraître ("Dans la collection de la littérature nouvelle, Édition des Actes des Poètes, de notre ami René Bizet, une histoire : celle d'un cœur de poète pour qui les choses et les êtres ont un visage mélancolique et tendre, à l'image de son âme". J. R.), Présentation ("Les Actes des Poètes, Revue idéaliste d'Art, acceptent et lisent tous les envois et publient toute œuvre qui leur plaît. / La Revue et la Société d’Éditions à 25 centimes sont gérées en collaboration par : / A.-L. Banville d'Hostel, René Bizet, Marcel-E. Chevalier, J.-Robert Desplaces, Albert-Jean, Monique, René Morand, Louis Réneteaud, Jean Ryeul, Camille Schuwer, Paul Vaillant-Couturier. / Toutes communications, envois, abonnements ou service de Presse doivent être adressés au Secrétaire de la rédaction des ACTES, 14, Rue Chanoinesse, Paris, (IVe). / Les ACTES reçoivent tous les jeudis, de 5 à 7 heure, au Siège social, 1, Rue de Fleurus, (angle de la rue du Luxembourg)") - 3e de couverture : "Théâtre d'Action d'Art (Siège social : 22, Rue Daubenton, Paris). Nous reparlerons prochainement du Théâtre d'Action d'Art qui depuis deux ans, en sus des récitatifs consacrés à Villiers-de-l'Isle-Adam, Laforgue, Verhaeren, Lemonnier, Maeterlinck, eut l'audace de donner quelques ouvrages parmi les plus méconnus et des plus hautains de Vigny, Ibsen et Balzac, dont LE COLONEL CHABERT, en février dernier à l'Athénée Saint-Germain, fut avec beaucoup d'art très au-dessus de ce qui se voit d'ordinaire. Nous vous dirons ce qu'il a fait et ce qu'il compte faire avec les œuvres de la nouvelle génération.", Livres reçus ((Nous consacrerons, en temps venu, un compte rendu synthétique aux meilleurs livres de l'année) Les Poètes : Florian Parmentier. Par les routes humaines. Poème. Ollendorff : 3 fr. / Noël Nouët. Les Étoiles entre les Feuilles. 3 fr. 50, H. Falque / L. C. Mercerot. Dix Poètes. 1 fr. H. Falque, éditeur, 86, rue Bonaparte / Albert Fleury, Des Automnes et des Soirs. Pau, 1910. 3 fr. / Frantz Ezhere. Dans la nuit ; Prose : Boillin. Le Secret des grands Écrivains. Falque 1910. 2 fr. 50 / Marc Stéphane. Contes affronteurs. Cabinet du Pamphlétaire (Neuilly) / Bibliothèque Figuière, Victor Margueritte. Étude sur Prostituée, 0 fr. 20 Figuière, 7, Rue Corneille.), Les Revues (liste) - 4e de couverture : Collection de la Littérature nouvelle à 25 centimes / Édition des Actes des Poètes / Cette collection constitue, à côté de la Revue, une véritable bibliothèque, d'un esprit original et neuf, ouverte à tous les écrivains qui se sentiront en union d'action et d'idées avec notre effort. / N°1. Une histoire, René Bizet (vient de paraître) / N° 2 et 3. Dans les Ténèbres, Monique. Dessin de Paul Prudhomme. / (Nos abonnés recevront ces volumes, sur demande, au prix marqué, sans frais de port) / En préparation : Rosa, servante. De Robert Desplaces. Illustration de Jean Schüwer. // Le Comité Villiers de l'Isle-Adam. / Fondé pour répandre dans le public la mémoire et les œuvres du Maître, va procéder à l'érection du Monument à Villiers, par le sculpteur Frédéric Brou, et fait appel à tous les amis de l'héroïsme dans la pensée et dans le style, pour cette œuvre de réparation. / On peut souscrire (Cotisation minimum : 5 francs). Chez le Secrétaire de la Rédaction des Actes des Poètes, 14, rue Chanoinesse. // Encarts publicitaires (Librairie A. Melet, 44, Galerie Vivienne, Paris 11e ; Eugène Dété, Artiste Graveur sur Bois ; Argus de la Presse ; Bouquinerie ancienne et moderne Maynier et Brimeur, 54, rue de Seine ; Les Actes des Poètes se trouvent à Paris, chez Benard, galerie de l'Odéon, Falque, rue Bonaparte, Floury, 1 Bd des Capucines, Maynier et Brimeur, 54 rue de Seine, Melet, 46 galerie Vivienne, Rey, 8 Boul. des Italiens, Stock, 155 rue St-Honoré ; A Louer) - Pagination : 32 pages]
Albert-Jean : Déménagement, poème [en tête : dessin de M. Gromaire] (p. [1])
René Bizet : Sur la Margelle (p. [2]-[3])
Marcel-E. Chevalier : Rimes d'Extrême Orient : L'Occidental, poème (p. [4]) ; Vengeance, poème (p. [5])
Louis Réneteaud : Fragments philosophiques (p. [6]) ; Rupture, poème [A la mémoire d'Erick Ybsen] (p. [6])
Camille Schuwer : Petite Image..., poème (p. [7])
Jean Ryeul : La Barque mystérieuse, poème (p. [8] et [11]) [hors texte : dessin de Jean Julien (p. [9]), verso (p. [10]) muet]
Monique : La Rosace [Extraits des Grandes Chansons] (p. [12]-[13])
André Colomer : "C'est la Danse nouvelle", poème (p. [14])
Marcel Bourcier : Nocturne tragique, poème (p. [15])
René Morand : Les cahiers de Jean l'apprenti drapier [sous forme d'un journal - avec cinq illustrations dans le texte de G. Lecornu] (p. [16]-[19])
Paul Vaillant-Couturier : Après, poème (p. [20]-[21])
Banville d'Hostel : A la princesse de Vitrail, poème (p. [21])
J.-Robert Desplaces : Rosa, Servante [chapitre V - p. [23] muette - avec un dessin hors texte de Jean Schuwer (p. [24])] (p. [22]-[28]) Jean Ryeul : Un Livre : Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc par Péguy (p. [29]-[32]) Documents iconographiques
N°9-10 (couverture orange)
N°9-10 (couverture bordeaux)
"La Barque mystérieuse"
(dessin hors texte de Jean Julien)
LE KHANARD N°1 - JUILLET 1910
Relié, assez grossièrement, au sixième numéro des Guêpes de Juin 1909, par l'ancien propriétaire de la collection, le poète Francis Eon, figure le numéro unique d'une autre petite revue de même veine, Le Khanard, entièrement composé en fac simile autographe. Ce "Petit organe satirique" de 32 pages, au directeur et aux collaborateurs, pour la plupart, pseudonymés, présente bien des similitudes avec Les Guêpes : signatures, épigrammes, verve, têtes de Turc, etc. Il semble donc constituer un pendant ou un supplément à la revue de Jean-Marc Bernard. Par ailleurs l'absence de toute mention de prix et l'impossibilité de trouver la moindre recension de ce Canard (les orthographes du titre ne cessent de changer au cours du numéro) dans la presse de l'époque, et partout ailleurs, conduisent à penser que la minuscule publication fut réservée aux abonnés des Guêpes ou aux happy few. Après la fiche descriptive nous ne donnons pas le sommaire, mais reproduisons l'intégralité de l'unique livraison de cette rare petite revue.[Titre : LE KHANARD (titre à l'orthographe variable au cours du n° : Le Khanar, Le Canard, Le Cannard, Le Canar) - Sous-Titre : Petit organe satirique - Dates de publication : Juillet 1910 (n°1 et dernier) - Périodicité : / - Lieu de publication : Auch - Format : 115 x 140 mm - Couverture : imprimée en noir sur couverture blanche - Pagination : 32 pages - Directeur : A. M. Tartempion - Collaborateurs : Charlebon poète lyrique, Paulin Dieulaine, René Dumaine (pseud. de Raoul Monier), M. Jean, P. Ladan, Alphonse Michet (probable pseud.), Charles Modeste, A. Nau (pseud.), Pervenchinette, J.-Ch.-E. Rey, A. M. Tartempion, Teddy - Adresse : 4, Rue Voltaire, Auch]
LES GUÊPES N°34 - AOÛT-NOVEMBRE 1912 (LA RENAISSANCE DU JARDIN FRANÇAIS )
LES GUÊPES4e Année - N°34 (Août-Novembre 1912)[Date de publication : Août-Novembre 1912 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / Pour la France et l’Étranger : J.-M. Bernard), Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Revue Critique des Idées et des Livres / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Pour paraître le 10 janvier 1913, / à l'édition du "TEMPS PRÉSENT" / SUB TEGMINE FAGI / Amours, Bergeries et Jeux / par / Jean-Marc BERNARD, dauphinois / Il sera tiré de ces Poésies fugitives une édition de luxe sur Hollande Van Gelder, grandes marges, sous couverture Japon impérial, titre or. / Aucun de ces exemplaires ne sera mis en vente dans les librairies. / Prix : 12 Francs / Adresser les adhésions à M. J. M. BERNARD, Saint-Rambert-d'Albon (Drôme) - Page [65] : Thématique du N° (La Renaissance du Jardin Français) - Pages [66] : muette - Page [67] : Page de Faux-Titre ("Tri-centenaire de Le Nôtre / La Renaissance du Jardin Français / Enquête / Participants / Nouvelle Librairie Nationale, 11, rue de Médicis, Paris (VIe) / 1913) - Page [68] : muette - Page [69] : "Notre Enquête" par Jean-Marc Bernard - Page 70 : citation, en épigraphe, de La Fontaine ("Les lieux que j'ai dépeints, le canal, le rond d'eau, (...) Cet art qui les savoit loger si richement.") - Page [74] : muette - Page [75] : Réponses de (suivi de la liste des participants) - Page 76 : citation, en épigraphe, de vers de Delille ("Voyez-vous et les eaux, et la terre, et les bois, (...) Pleuvoir en goutte d'or, d'émeraude et d'azur ?") - Page [152] : muette - Page [153] : "Conclusion" par M. Maurice Luquet de Saint-Germain - Page 154 : citation, en épigraphe, de Saint-Amant ("Arrière ces masses énormes, (...) S'y rapporte aux règles de l'Art.") - Page [159] : Achevé d'imprimer (Valence / Imprimerie Valentinoise, Place Saint-Jean / 1912) - Page [160] : muette - Pagination : 96 pages]SommaireJean-Marc Bernard : Notre Enquête ["Le 12 mai 1913, à l'occasion du tri-centenaire de la naissance de Le Nôtre, le buste du célèbre jardinier, sculpté par Coysevox, sera érigé dans le jardin des Tuileries, et son tombeau restauré, qui se trouve dans l'église Saint-Roch..." - Questionnaire de l'enquête : "1° Que pensez-vous du jardin français ? / 2° Sa renaissance est-elle une mode ou correspond-elle à une évolution des idées et du goût français ? / 3° Lui trouvez-vous une force éducatrice ? / A. N'est-ce pas une erreur de le voir sous les simples apparences de broderies de buis ? / B. Son art ne réside-t-il pas surtout dans sa composition ? / C. Dites-nous un mot des éléments essentiels : escaliers, bassins, avenues de verdure... qui participent à cette composition. / D. Peut-il convenir à la propriété de moyenne importance ?" - "Grâce à cette enquête - image de la victoire de l'esprit sur les forces brutes de la nature - nous achevons dignement une campagne de quatre années contre les barbares."] (p. 71-73)Réponses de : Jacques Bainville (p. 77), Maurice Barrès [datée "Charmes, 20 septembre 1912"] (p. 78), René Bazin [datée "Les Rangeardières, 16 septembre 1912"] (p. 79), Marcel Bechetoille (p. 80-81), Gabriel Boissy (p. 82-84), Henry Bordeaux [datée "Chalet de Maupas (Savoie), ce 19 octobre 1912"] (p. 85), Marcel Boulenger [datée "Chantilly, 20 septembre 1912"] (p. 86), René Boylesve [datée "Paris, 13 septembre 1912"] (p. 87), Charles-Francis Caillard [datée "Les Cours de Béruges, 17 septembre 1912"] (p. 88-89), Francis Carco [de "Nice"] (p. 90), Henri Clouard (p. 91), Lucien Corpechot (p. 92-94), Henri Dagan [datée "Paris, 27 septembre"] (p. 95), Louis Dimier (p. 96-100), Georges Dumesnil [directeur de l'Amitié de France et des Cahiers de l'Amitié de France - datée "Lassagne, 22 septembre 1912"] (p. 101-102), Francis Eon [note manuscrite de l'auteur : "De Fontenay-le-Comte, en août 192, pendant les vacances"] (p. 103-104), Fagus (p. 105-107), René Fernandat (p. 108-110), J.-C.-N. Forestier (p. 111-112), Édouard Franchetti (p. 113-115), Henri Martineau & [André du Fresnois] [datée "28 septembre 1912" - citation in extenso de l'article d'André du Fresnois paru dans le Gil Blas du 28 septembre] (p. 116-119), Fernand Mazade (p. 120), Raoul Monier (p. 121-124), Comtesse de Noailles (p. 125-126), Maurice de Noisay [datée "19 octobre 1912"] (p. 127-129), Pierre de Nolhac [datée "Château de Versailles, 15 septembre" - citation de deux paragraphes de son dernier feuilleton des Débats [politiques et littéraires] consacré au jardin français] (p. 130-131), André M. de Poncheville [datée "Raismes, ce 16 septembre 1912"] (p. 132-134), Edmond Pilon (p. 135-139), Henri de Régnier [datée "Paris, septembre 1912" - suivie de "Latone", sonnet consacré à Versailles, reproduit par la rédaction de la revue] (p. 140-141), Émile Sicard [Directeur du Feu] (p. 142), Jean Tenant [vers parus pour la première fois dans Le Divan de janvier 1911] (p. 143-144), Jérôme et Jean Tharaud [datée "Charmes-sur-Moselle, 21 sept. 1912"] (p. 145), Louis Thomas (p. 146), André Vera (p. 147-150), Willy (p. 151)
Maurice Luquet de Saint-Germain : Conclusion [Sous forme de lettre adressée à "Mon cher J.-M."] (p. 155-158) DocumentsXVIIVoici quelques années, nous fûmes à Juvisy, le gai village qui connut Louis XIV en sa gloire, Louis XV en son élégance, et vit, en 1814, la déchéance de Napoléon. Là s'épanouissait le fantôme d'un jardin magnifique. Du fleuve, on abordait, une fois l'Orge passée, dans une prairie fleurie et verte ; au-dessus s'arrondissait un bassin semi-circulaire enceint de hauts peupliers ; au-dessus encore, une pelouse en pente douce montait : à sa rencontre, descendait le coteau, ruissellement d'arbres, dévalement de sentiers décorativement sauvages ; l'ingénieur jardinier tailla là une terrasse en forme d'un croissant, dont les cornes, à droite, à gauche, s'abaissaient, double rampe douce ombragée de peupliers encore. La conque de la terrasse est soutenue par un mur creusé de niches en rocaille, où rêvent des nymphes de pierre et des dieux, et surmonté d'une balustrade : accoudons-nous. Ainsi s'allonge la terrasse, pour le repos dans la descente ou la montée, pour surtout le ravissement des yeux. Car eux, jadis, voyaient, et tout cela, et la Seine encore, et au-delà de la Seine, des prairies et des champs, le tout borné enfin par l'autre versant de la vallée où moutonne toute verte et bleue la forêt de Sénart, où voltige encore l'ombre de la marquise de Pompadour.
Au-dessous de soi, l'on entend l'amphore des nymphes s'épandre un filet d'eau, souterrainement venu de l'Orge : il s'écoule vers la pièce d'eau, laquelle la restitue à la même rivière qui l'emmène avec elle au fleuve. Et puis, retournons-nous vers les masses d'arbres crêpelant le coteau ; traversons la terrasse : voici une pièce d'eau rectangle, chevelue de hauts roseaux : c'est elle qui alimente les nymphes. Plus haut, une grotte, une cascade y pleut : c'est elle qui alimente la pièce d'eau, et sustentée elle-même par l'eau que là-haut, sur la crête, les "Belles-Fontaines" aspirent de l'Orge par des conduits cachés. Au-dessus de la grotte et en retrait, se tapit dans la verdure un minuscule pavillon barlong : fronton à la grecque, toit d'ardoises en trapèze, à la Mansard ; trois baies sur cette face, trois sur celle d'arrière, deux sur chaque petit côté : une cage à mouches pour courtisan. Louis XIV y passa une nuit.
Ce chef-d’œuvre se signe lui-même : Le Nôtre ; une municipalité indigente et cupide laissa le tout à l'abandon ; les statues tombèrent des niches et des socles, les nymphes sont taries ; les ronces obstruaient les sentiers ; au pavillon, plus de portes ni de fenêtres, plus de plancher, plus de plafond ; des excréments et des papiers sales souillaient les marches où le Roi posa ses pieds. Un chemin de fer lacère les prairies que la Seine arrosa, et que des champs de pommes de terre submergent ; une route d'intérêt local sabre le tout.
Voilà ce que, grâce à la Monarchie, un jardinier fils de jardinier : un homme du peuple, fit pour un grand seigneur et pour son Roi ; et voici ce que fit de cela la Démocratie. Et pis : depuis, des affiches innombrables nous annoncèrent le lotissement du parc de (I) : nous ne retournâmes plus à Juvisy, n'y retournerons jamais sans doute. A quoi bon, peut-être que déjà etiam periere ruinae !
C'est le sentiment universel de ces ruines universelles, et qu'avec elles quelque chose du plus profond de nous est ruiné, qui provoque la réaction universelle, laquelle produira la restauration salutaire et fatale du Jardin français... Je ne songe pas seulement aux œuvres de Le Nôtre...
(I) "S'adresser à MM. Bernheim".FAGUS.XXXVMon cher J.-M. B.,Je n'ose vous répondre pour divers motifs.
Vous allez me mépriser effroyablement, si je vous avoue que je ne suis pas très emballé sur le jardin français, ni sur ses vertus éducatrices. Oui, je sais bien, ordre, clarté, noble ordonnance... Ah ! cher ami, quand je vois des gens de talent nier Henri Heine - qu'est-ce que ça me fout que ce juif ait fait chanter un autre juif ! - et déclarer qu'une traduction de Goethe vaut Goethe, ça me dégoethe (pardon) un peu. Car vous savez bien qu'il n'y a pas de traduction, qu'il ne peut pas en exister, et que les langues ne se pénètrent pas. Tout cela semble m'éloigner du jardin à la française. Mais pourtant... Et puis, je fais répéter tous les jours, au Théâtre Impérial, une adorable enfant aux regards de femme, Andrée Mielly : le ton chaud de sa peau ambrée, ses yeux de diamant noir, tout cet exotisme charmant et délicat m'incite à fumer le "Calumet" d'André Salmon - au vrai, je fume surtout du Bénarès - de sorte que je rêve de petites reines barbares aux diadèmes en plumes de colibri... C'est peut-être le gâtisme final, à coup sûr ce n'est pas le jardin à la française. Je me sens une âme tahitienne...La bonne aventureOchséLa bonne aventure !Ma patrie est là-bas. Dulce est et decorum pro patria Maori !WILLY.[LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES N°33 - JUILLET 1912
LES GUÊPES4e Année - N°33 (Juillet 1912)[Date de publication : Juillet 1912 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / Pour la France et l’Étranger : J.-M. Bernard, Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Revue Critique des Idées et des Livres / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireMaurice de Noisay : Sur la Jeunesse Littéraire [en note : "En réponse à une enquête de M. Gabriel Boissy, dans Excelsior. Il nous posait exactement les trois questions suivantes : 1° Jusqu'à quel âge est-on jeune écrivain ? 2° Est-ce l'âge ou est-ce l’œuvre qui vieillit l'écrivain ? 3° Si c'est l’œuvre, est-ce la qualité ou la quantité qu'on doit considérer ?"] (p. 49-52)René Dumaine : Épigramme : Sur les Mounet (p. 52)
Jean-Marc Bernard : Les Quatrains d'Omar Kheyyam [A M. Maurice de Noisay] (p. 53-54) suivi de traductions de quatrains du poète persan (p. 55-61) Lysis : Le Portique [épigraphe : O οϊα χέϕαλή !] (p. 62-63)Maurice de Noisay : Paul Fort prince des poètes (p. [64]) Document"Paul FORT prince des poètes"Paul Fort succède à Léon Dierx. Pour une fois qu'il était de notre compétence de prendre parti dans une élection, nous avons eu la satisfaction de voir passer notre candidat. Voici, en effet, ma réponse aux directeurs de journaux ou de revues qui avaient bien voulu me consulter :Monsieur le Directeur,Si Moréas vivait, il n'y aurait qu'à l'investir solennellement d'un honneur dont il jouissait en fait. Ce beau poète écarté par la mort, je n'en aperçois plus qu'un qui s'impose : Louis Le Cardonnel est moine ; Henri de Régnier est académicien ; Paul Fort est trop jeune et trop indépendant pour tenir un rang dans notre très démocratique et très bureaucratique France, où l’on a pris pour règle à peu près générale d’ignorer le mérite.
Paul Fort a aussi trop de fantaisie pour succéder à Léon Dierx, poète désintéressé, consciencieux, ennuyeux et vide. Paul Fort a trop de tendresse, de grâce et d’esprit : qualités bien désuètes, je suppose, et dont les fanfares de notre moderne poésie n’ont que faire, morbleu ! (il a été en effet décidé depuis un bout de temps, nul ne l’ignore, qu’il ne saurait y avoir dorénavant poésie là où il ne serait pas au moins question de Dieu, ni de locomotives). Paul Fort, enfin, est trop français, de sang comme d’inspiration – et l’on sait qu’aujourd’hui les poètes qui comptent, écrivent en belge et pensent en patagon.
Mais qui choisir ? car je vois bien qu’il est si naturel, si avantageux et si agréable d’avoir un prince que nos poètes ne voudraient ni ne pourraient plus s’en passer pour leur compte. On va mourir, si l’on n’en trouve un. On en réclame un à tout prix. Et c’est au point que l’on me demande d’exprimer un suffrage, contrairement à tous mes principes. Comment me tirer de là ? Je me dis que je ne puis décemment refuser mon avis à tant de braves gens désemparés ; qu’au demeurant, il ne s’agit ici que d’un vote corporatif : je me dis surtout qu’il y a certains poètes belges que j’abhorre et un poète français, qui s’appelle Paul Fort, et que j’aime beaucoup en dépit des vices que je lui reconnaissais tout à l’heure. Tout cela me décide à voter quand même, et pour lui.Maurice de Noisay. [LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES N°32 - AVRIL-MAI-JUIN 1912
LES GUÊPES4e Année - N°32 (Avril-Mai-Juin 1912)[Date de publication : Avril-Mai-Juin 1912 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / Pour la France et l’Étranger : J.-M. Bernard, Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Revue Critique des Idées et des Livres / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireMaurice de Noisay : Une Contribution inattendue au progrès de la vérité ou La Belle Féministe (p. 33-44)René Dumaine : Épigrammes : Sur Madame D. ; Sur le prince de W. (p. 44)
André de Poncheville : Versailles, sonnet (p. 45) Henri Clouard : Carnet de Poche, journal [Février. - Henri Franck est mort dans sa 24e année. Il était juif. Il était de nos adversaires. Mais nous étions quelques-uns à suivre, non sans sympathie, son intelligence curieuse, passionnée et instruite... ; 2 mars. - Il faut aller les voir sur les quais, ces journées timides, capricieuses et sensuelles de mars... ; 4 mars. - On me cite un écrivain intéressant dont la maison de la Bonne Presse vient de se séparer. Elle le remplacera par un eunuque... ; 6 mars. - Votre visage amaigri s'est fait plus lumineux...] (p. 46-47)J.-Ch.-E. Rey : Épigramme : Sur Henri de Rothschild (p. 47)*** [Karl Boès] : Notes [Nous recevons la lettre suivante : ... (lettre de Karl Boès, datée du 22 avril 1912, revenant sur la note "Moréas et la Plume" du précédent numéro)] (p. [48])[LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES N°31 - FÉVRIER-MARS 1912
LES GUÊPES4e Année - N°31 (Février-Mars 1912)[Date de publication : Février-Mars 1912 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / Pour la France et l’Étranger : J.-M. Bernard, Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Revue Critique des Idées et des Livres / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireJean-Marc Bernard : Le Latin et le Parlement (p. 17-19)Paul-Jean Toulet : Quelques vers : Séville, Le Toit, J.M.J.G.M., La Nue, Roses Mortes, Le Sceau qui grince (p. 20-22)
Lysis : Le Portique : Eleuxis de Mycènes (p. 23-24) René Dumaine : Épigramme : Sur une dame juive (p. 24)Charles Moulié : Scènes de la Vie littéraire : II. L'Encouragement, dialogue théâtral (p. 25-28)Jean Thogorma : Épigramme : A Andoche Lantherne ["auteur des Vagissements"] (p. 28)René Dumaine, Jean-Ch.-E. Rey, Myriam Mester : Épigrammes : Sur Octave Mirbeau I [citation de Mirbeau extraite du Paris-Journal du 6-2-12 en épigraphe : "Nous espérions que la République n'apporterait aucune vérité immobile..."], 2 [citation du même en épigraphe : "Est-ce pour la sanctification des âmes ou pour les tâches des usines que vous voulez conserver des pauvres ?"] ; Sur Rodin [ces trois premiers épigrammes signés René Dumaine] ; Sur M. Piou I & 2 [signés Jean-Ch.-E. Rey] ; Clownerie ["Roi hier !... et s'affale, ange / Déchu... / Royère et sa Phalange : / Des c...hut !", signé Myriam Mester, pseud. de Gaston Picard] (p. 29-30)J[ean].-M[arc]. B[ernard]. : Notes [Marinetti le Foutouriste. - Un de nos confrères ayant demandé à M. Marinetti de lui faire tenir son dernier ouvrage sur le Futurisme, reçut peu après, de Milan, le volume en question. Dans le livre, il trouva une carte ainsi rédigée : "Le poète Marinetti se trouve actuellement à Tripoli. Salutations du rédacteur en chef de Poésia". Or l'écriture de ces lignes est en tout semblable à celle de M. Marinetti lui-même ! La carte est à la disposition des incrédules. ; Une lettre de M. Mary. - A propos de sa première lettre sur le "Renouveau classique" que nous avons publiée dans notre numéro de décembre, M. André Mary nous écrit... ; Une mauvaise action. - Dans leur numéro de février, les Loups reproduisent, d'après le Matin, le compte rendu de deux procès intentés à M. Gauthier-Villars. Naïvement, ils reconnaissent s'occuper de choses qui ne les regardent pas... ; Moréas et La Plume. - On sait que les œuvres de Moréas furent éditées par La Plume. Depuis quelques semaines, cette revue reparaît... ; Chateaubriand parle. - "Faites-vous, a dit Boileau, des amis prompts à vous censurer... - signés J.-M. B. ; Dans notre prochain numéro, on lira des pages de Fagus et Clouard, et des vers de Carco, Mabille de Poncheville et Bernard.] (p. 31-[32])[LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES4e Année - N°30 (Janvier 1912)[Date de publication : Janvier 1912 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Paris : La Nouvelle Librairie Nationale, 85, rue de Rennes (VIe) - M. Blanchard, 4, boulevard St-André (VIe) - M. Bénard, 11, Galerie de l'Odéon (VIe) / A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / A Lyon : M. Lardanchet, rue Président-Carnot / On trouve également la Revue dans les principales bibliothèques des gares de Paris et de la Province), Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Champagne "Aux Trois Fleurs de Lys" Brière et de Labaume, Reims / La Plume Politique et Littéraire / L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Biscuits Peyturaud / Revue Critique des Idées et des Livres / Revue Catholique et Royaliste / L'Âme Latine / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireMaurice de Noisay : Les Progrès de l'Intelligence (A propos d'un article des frères Tharaud) (p. 1-4)René Dumaine : Épigramme : Sur Joseph Caillaux (p. 4)
René Dumaine : Épigrammes : Aux "Treize" [citation de L'Intransigeant du 3-1-12 en épigraphe : "Monier se garde d'écrire, sauf quelques épigrammes féroces que l'on retrouve de ci, de là, sous un pseudonyme qui sent sa barrière (du Maine aurait dit René)"] ; Sur le Futurisme ; Sur Valentine de Saint-Point (p. 5) Jean-Marc Bernard : Relevé du Compte de M. Sylvain Bonmariage [sur une affaire de plagiat] (p. 6-12)René Dumaine : Épigramme : Sur une photographie représentant le ministère Caillaux, après les révélations sur le rôle du premier ministre (p. 12)La Gosse Tina, René Dumaine, Raoul Monier : Quelques Plumes pour parer un Geai : I [A M. Jean-Marc Bernard, en lui renvoyant "Le Cœur et la Vie" qu'il lui avait prêté - signé La Gosse Tina] ; II [A M. Vurgey] ; III ; IV ; V ; VI [citation de Rachilde en épigraphe : "On devrait toujours être assez bon gentilhomme pour ne pas savoir signer certaines choses" - II à VI signés René Dumaine] ; VII [A Mme Rachilde - signé Raoul Monier] (p. 13-14)J[ean].-M[arc]. B[ernard]. : Notes [Nous prévenons nos abonnés que nous ferons toucher par la poste le montant de leur abonnement aux Guêpes, dans le courant du mois de février. Nous espérons qu'ils voudront bien nous continuer la confiance qu'ils nous ont accordée jusqu'ici, afin de nous permettre de poursuivre notre œuvre cette année encore. ; Concours de Littérature Spiritualiste. - Ce concours, inauguré en 1910, s'affirme comme une fondation durable... ; Avis. - Notre collaborateur René Dumaine offre la somme de 445 centimes à qui lui fera connaître le nom de l'imbécile qui a rédigé le compte rendu de la première conférence de Jules Lemaître sur Chateaubriand, dans le Matin du 18 janvier. ; En Wallonie. - M. Louis Pierard a réuni en un volume assez compact les divers articles relatifs à la Wallonie qu'il a éparpillés jusqu'à ce jour dans tant de revues belges...] (p. 15-[16])Documents"Quelques Plumes pour parer un Geai"IA M. Jean-Marc Bernard,en lui renvoyant "Le Cœur etla Vie" qu'il lui avait prêté.Je suis encor toute ravieDu dernier livre de Sylvain ;Son roman : Le Cœur et la VieContient vingt-six lignes très bien.La Gosse Tina.IIA M. Vurgey.Pourquoi vouloir faire un triageDes emprunts de cet écrivain ?De tout ce qu'il a pris, SilvainPeut-il faire un bon mariage ?IIILecteur, heureux lecteur, combien vous fûtes sage
D'acheter ce bouquin composé non sans art.
Vous comptiez pour trois francs sur du Bonmariage :
On vous sert du Jean-Marc Bernard !IVQuand sur un volume, ô lecteur,Bonmariage, ce bélître,Étale son nom prometteur,Tu croyais lire un nom d'auteur...Eh bien ! pas du tout : c'est le titre !VBonmariage veut la gloire.Il est bien sûr qu'il l'obtiendra ;Il a ce qu'il faut pour cela :Du talent ? - Non ! de la mémoire !VIOn devrait toujours êtreassez bon gentilhomme pourne pas savoir signer certaineschoses. RACHILDE.Mon avis est conforme au vôtre,Madame ; on ne peut le nier :Il est impudent de signer...La prose d'un autre.René DUMAINE.VIIA Mme Rachilde.Qu'un polisson tout plein d'audaceS'empare de mes vers aussi,Bien que "ma gloire" ne me fasseQu'un très médiocre souci,Il aura ma main sur la face.Mais s'il les tient de votre grâce,Je reconnais qu'ils sont à lui.Raoul MONIER.[LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES N°29 - DÉCEMBRE 1911
LES GUÊPES3e Année - N°29 (Décembre 1911)[Date de publication : Décembre 1911 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Paris : La Nouvelle Librairie Nationale, 85, rue de Rennes (VIe) - M. Blanchard, 4, boulevard St-André (VIe) - M. Bénard, 11, Galerie de l'Odéon (VIe) / A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / A Lyon : M. Lardanchet, rue Président-Carnot / On trouve également la Revue dans les principales bibliothèques des gares de Paris et de la Province), Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Champagne "Aux Trois Fleurs de Lys" Brière et de Labaume, Reims / La Plume Politique et Littéraire / L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Biscuits Peyturaud / Revue Critique des Idées et des Livres / Revue Catholique et Royaliste / L'Âme Latine / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireAndré Mary : Renouveau classique [En note : "Extrait d'une lettre adressée par M. André Mary à l'un des directeurs des Guêpes, à la suite de la publication de l'Hommage à Boileau"] (p. 209-211)Henri Clouard : Carnet de Poche [... Est-il possible d'être plus exquis, sans avoir l'air d'y toucher ? Ah ! cette fois, je vous tiens, Paul Fort, j'ai votre livre dans les mains, je vous écoute, même je vous parle... ; Fleurines, 28.9.11. - Si la pluie s'installe, je décampe d'ici... ; Pluie, jours de pluie, hallebardes ! Que faire aujourd'hui ?... ; On peut aussi aller au café de Flore...] (p. 212-214)
René Dumaine : Épigrammes : Sur Émile Faguet ; Sur Roujon (p. 214) André Lafon : L'Adieu à l'Adolescence par François Mauriac [citation de Maurice Barrès extraite de l’Écho de Paris (1910) en épigraphe : "Hésitation à quitter le rivage, regret vague d'une enfance si douce, d'une quiétude si tendre et si tiède... voilà ce poème des Mains jointes... Mais il faudra sortir de cet attendrissement, de cet Avril trouble et devenir un homme."] (p. 215-219)René Dumaine : Épigramme : Sur Henri de Rothschild (p. 219)*** : Notes [Prix littéraire. - On se souvient qu'à la fin de 1910 un prix a été créé, sous le nom de Prix de littérature spiritualiste... ; Prix Jacques Normand. - Le comité de la Société des gens de lettres a décerné ce prix à M. Fernand Mazade pour son volume de poèmes : Le Cortège des Dieux... ; Errata. - M. Monteil nous prie de rectifier deux de ses vers que M. Praviel a cités incorrectement dans son article sur le Premier Congrès des Lettres et des Arts méridionaux (Les Guêpes, août 1911)... ; M. André Sonal, notre ami et collaborateur, nous prie d'annoncer pour une date indéterminée : Le Caffé, publication dont paraîtront sept numéros, chacun d'une centaine de pages, tirés à un petit nombre d'exemplaires pour les amateurs... ; Pour paraître prochainement : Les Babyloniens, roman satirique, par Louis Lormel...] (p. 220-221)
René Dumaine : Épigramme : Contre un poète de l'"Intransigeant" (p. 221)*** : Table des matières contenues dans la troisième année de la Revue (1911) (p. 222-[224]) Documents"Carnet de Poche"Paris !... Paris dans ses brouillards,
Et le tumulte et les valises
Jetées au gouffre de la gare,
La gare comme une grande égliseDu diable... - Ah ! brumes du midi,
Brumes dorées du printemps clair,
Vous êtes aux brouillards d'hiver,
Transparentes de Paradis.Je vous le dis, belles vapeurs,
Si transparentes à cette heure
Que je vois sortir du vert bois
La gardeuse Jeanne et ses oies.Est-il possible d'être plus exquis, sans avoir l'air d'y toucher ? Ah ! cette fois, je vous tiens, Paul Fort, j'ai votre livre dans les mains, je vous écoute, même je vous parle. Mais comment voulez-vous qu'on aille vous voir à cette Closerie des lilas (encore que la terrasse en soit charmant par les soirs d'été) dont on ne sait au juste ce qu'elle monopolise : les garçons les plus bêtes de Paris ou bien les métèques les plus hirsutes ?
Paul Fort est un auteur bien aimable et qui ne vieillit point.** *Fleurines, 28.9.11Si la pluie s'installe, je décampe d'ici.
Dans le village, rien à faire. La seule distraction est d'aller dans la forêt. Mais, s'il pleut ? Le soir, quand le crépuscule me relègue dans ma chambre (moi, unique voyageur de cet humble hôtel !) je m'occupe à regarder fondre, dans la nuit, la petite église, laide et écrasée comme un basset, mais à laquelle se trouve plaqué un charmant portail XVe et Renaissance. Je regarde aussi la boulangerie du coin. C'est l'heure où tout le village vient chercher son pain : va-et-vient rituel que la nuit pare de mystère. Je guette la première lumière de la boutique. Elle tarde beaucoup ; mais quand enfin elle perce le noir, quel événement ! Quelques voix par la porte entr'ouverte...
A part cela, je n'entends que les corbeaux sur la forêt.** *Pluie, jours de pluie, hallebardes ! Que faire, aujourd'hui ? Peu de projets sont possibles.
On peut s'enfermer pour écrire une nouvelle et la dédier à la mémoire de Charles-Louis-Philippe.
On peut écrire un conte juif et le porter à la Nouvelle Revue française.
On peut rédiger le brouillon d'une défense de la langue française.** *On peut aussi aller au café de Flore.
Le soir, vers 9h., un silence y règne, impressionnant. Deux ou trois lecteurs du Temps. Peut-être M. Rémy de Gourmont.
Et puis, aux quatre coins, généralement, des couples composés d'une jeune femme sérieuse et d'un intellectuel qui la rase : l'homme seul qui pénètre dans ce lieu mi-abandonné, s'il a quelque jeunesse, peut toujours y espérer (je vous l'assure) une aventure : parce que beaucoup d'intellectuels sont myopes et distraits.
Et voilà ce qui fait le piquant de ce café illustre, de sa caissière vénérable et de ses vieux habitués...HENRI CLOUARD."Table des Matières contenues dans la troisième année de la Revue (1911)"
LES GUÊPES N°28 - NOVEMBRE 1911 (HOMMAGE A WILLY)
LES GUÊPES3e Année - N°28 (Novembre 1911)[Date de publication : Novembre 1911 - Couverture : imprimée en noir sur papier jaune, 445 (référence à l'article 445 du Code d'instruction criminelle), Année, Date, Numéro, Titre, Périodicité, Épigraphe (citation des Guêpes d'Aristote : LE CHŒUR : Il n'est pas facile de m'adoucir, quand on ne parle pas dans mon sens.), Prix du N°, Dessin représentant une guêpe - 2e de couverture : Abonnement, Titre, Périodicité ("Revue mensuelle paraissant le 15 de chaque mois"), Directeurs : Jean-Marc Bernard et Maurice de Noisay, Secrétaire : Henri Clouard, "Les abonnements partent du commencement de l'année et sont continués sauf avis contraire", "La Revue ne publie que de l'inédit. Les manuscrits ne sont pas rendus. Les auteurs sont seuls responsables de leurs écrits.", Fondateurs, Collaborateurs, ("Tous ceux dont les articles auront été acceptés par la Direction") "Ceux qui ne collaboreront pas. - MM. Jean Aicard, Maurice Bouchor, Gaston Deschamps, Auguste Dorchain, J. Ernest-Charles, René Fauchois, Eugène Lintilhac, Jean Rameau, René Ghil, Saint-Georges de Bouhélier, Fernand Gregh, Robert de Souza et Jean Royère", Dépositaires (A Paris : La Nouvelle Librairie Nationale, 85, rue de Rennes (VIe) - M. Blanchard, 4, boulevard St-André (VIe) - M. Bénard, 11, Galerie de l'Odéon (VIe) / A Marseille : Librairie Antimaçonnique, 14, rue Montgrand / A Lyon : M. Lardanchet, rue Président-Carnot / On trouve également la Revue dans les principales bibliothèques des gares de Paris et de la Province), Titre (encadré de part et d'autre par "445"), "Adresser les communications / Concernant l'Administration : à M. Jean-Marc Bernard, Saint-Rambert d'Albon (Drôme) / Concernant la Rédaction : à M. Maurice de Noisay, 7, rue Paul-Saunière, Paris. / "Le Directeur et le Secrétaire reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures au siège de la Revue, à Paris, 7, rue Paul-Saunière" - 3e de couverture : 445 (en note : Cet article du code d'instruction criminelle est en somme (notre modestie ne rougit pas de l'avouer) le meilleur article de notre revue. Aussi nous nous promettons de l'insérer douze fois par an) - 4e de couverture : Encarts publicitaires (Objets d'Art.- Henri Michelon / Lisez tous : L'Action Française / Champagne "Aux Trois Fleurs de Lys" Brière et de Labaume, Reims / La Plume Politique et Littéraire / L'Action Française / Le Divan / Imprimerie Valentinoise / Grand Café Glacier, Rich Tavern / Le Courrier de la Presse / Biscuits Peyturaud / Revue Critique des Idées et des Livres / Revue Catholique et Royaliste / L'Âme Latine / Lisez aussi : Le Nord Patriote) ; Service des Revues (liste) - Pagination : 16 pages]SommaireM[aurice]. de N[oisay]., J[ean].-M[arc]. B[ernard]. : Hommage à Willy (p. 193)J.-Ch.-E. Rey : Chant Royal pour consoler Willy de la mort de Maugis (p. 194-195)
Raymonde Delaunois : Lorsque j'ai rencontré Gauthier-Villars pour la première fois... (p. 196) Fagus : Willy est un être délicieux... (p. 197-199)Henri Martineau : C'est une excellente idée que vous avez là, mon cher Bernard, de consacrer un numéro spécial à Willy... (p. 200-201)Raoul Monier : Que vous dire, mon cher Bernard, que vous ne sachiez déjà, et que nos amis n'aient déjà écrit excellemment, au sujet de Willy ?... (p. 202-204)Henri Clouard : Cher maître attristé, Willy, les Guêpes, en vous adressant cet hommage public, ont conscience de poursuivre et d'éclairer encore la voie de leur tradition... (p. 205-206)
Jean de Tinan (+), Lucien Jean (+), Eugène Marsan, Louis Thomas, Francis de Miomandre, Émile Sicard : Willy et les Jeunes [extraits de jugements sur Willy] (p. 207-[208])Documents"Hommage à Willy"Willy, dès ses débuts, a eu l'oreille du grand public. Et c'est aujourd'hui seulement, alors qu'il se trouve en pleine maturité, que les petites revues (Le Feu, le Divan, l'Occident, etc.) se mettent à le célébrer ! Le cas est assez rare pour qu'on le signale. Il s'explique toutefois aisément.
Les jeunes hommes sont toujours effarouchés par un écrivain qui s'acquiert une gloire trop prompte. Ils croient ce succès acheté par des concessions ou des flagorneries. Mais que ce même écrivain, dont ils se sont écartés un instant, soit soudainement abandonné, calomnié et haï par des misérables ou des imbéciles, les voici qui accourent se ranger autour de lui. C'est que les jeunes, les vrais jeunes, avant d'être des littérateurs, sont des personnes bien vivantes, et qu'ils recherchent d'abord, dans tout artiste, l'homme qui s'y cache. Ils ont besoin de prodiguer leur admiration, leur amour et leur respect. Grâces à Dieu ! ils ne sont pas encore "gendelettres" - ils le deviendront toujours assez tôt !
Si, en 1899 déjà, Jean de Tinan pouvait écrire : "la génération montante a déclaré que Willy lui appartenait, et Willy a bien voulu", eh ! bien, nous écrirons de même : notre génération déclare que Willy doit lui appartenir...
Et il veut bien, n'est-ce pas ?M. de N. et J.-M. B."Willy est un être délicieux..."Willy est un être délicieux, je ne dis pas seulement un délicieux écrivain : l'écrivain laisse chez lui perpétuellement transparaître l'homme. Il réunit, qu'il pousse au suprême, l'exquis de nos qualités françaises : le sens de la proportion et de la mesure dans celui de la réalité, la décence - oui - et la convenance, qui contient la propriété du terme (tout cela d'apparente), la bonne humeur audacieuse et jusqu'à la licence énorme, la probité d'ouvrier - et se résumant toutes en celle-ci : le goût. Et l'homme à travers se devine très bon, très brave, très généreux, très loyal.
A mon âge, "vers le milieu du chemin de notre vie", on ne lit plus guère et ne relit pas encore. Je lis Willy et le relis ; il fait partie de mes classiques.
... Proposons ce sujet : - Une jeune épouse qu'un mari amoureux, mais quelque peu benêt...(Un mari fort amoureux,Fort amoureux de sa femme,Bien qu'il fût jouissant ne semblait pas heureux.)n'a point su faire... vibrer, dans son désenchantement cherche hors du mariage ce que le mariage ne lui procura pas : et ne le rencontre pas davantage, tant qu'à la fin, elle retourne vers son mari, et trouve enfin là... ce qu'elle attendait. Voilà la matière des Égarements de Minne. De quoi tirer quelque grosse ordure, ou bien une baveuse cacographie selon Feuillet ou Georges Ohnet, plus malsaine encore, ou bien une de ces polissonneries pédantesques où le Gourmont d'aujourd'hui trébuche de Voltaire en Léo Taxil. Willy compose avec cela une idylle joviale çà et là, et çà et là mélancolique, en résumé tonique et chaste. Une scène entre autres me ravit : où l'égarée se va déshabiller chez le vieux Maugis, alcoolique corpulent et paillard, et s'offrir à lui, nymphe sur les genoux du satyre. Le satyre (caricature de Willy, ce qui rend plus touchante la scène) la considère et puis se contemple, et conclut, pourtant que lanciné de désirs : non, ce serait malpropre ; et paternellement persuade la mignonne de revêtir ses frusques et ne les dépouiller plus que dans le cubiculum. Une telle scène devrait être dégoûtante et grotesque ; Willy la rend élégiaque : quel tour de force !
Le quatuor des Claudine exhibe des fillettes trop précoces, des femmes qui n'aiment pas l'homme, des jeunes gens qui ne pratiquent pas la femme, des vieillards lubriques, que sais-je ? Est-ce l'effet d'un tempérament morbide ? ma foi non : il a vu, a vu d'un œil véridique, indulgent et amusé. Il est parfaitement averti (il a vu tant ! il aime beaucoup voir) que tout cela au fond ne tire point à conséquence. A l'encontre de Zola, "cochon triste", il sait qu'en France le dévergondage demeure superficiel, et fanfaronnade de vice bien plutôt que vice réel. D'où cette indulgence narquoise (il faut bien que les enfants s'amusent !) et volontiers attendrie, pour des écarts qu'à ne les pas prendre au sérieux, il relègue à leur place. Ainsi ce lâcheur de mots énormes se montre non seulement décent, mais moralisateur au bout du compte. Quelle différence avec les "œuvres" de feu Mendès, ruissellement d'eau de toilette où mijotent des cantharides, ou bien le théâtre hystérique de Bernstein, Porto-Riche, et (hélas !) Henry Bataille. Mais aussi, que de tact, que de mesure : que de goût !
Ce sont précisément de tels mérites qui l'ont fait traiter avec un feint dédain, ou un mépris hypocrite, selon un renouvellement de la même manœuvre intéressée qui réussit naguère à l'égard de ces deux admirables représentants de l'honnêteté et du génie français : Jean Lorrain et Alfred Jarry.
Une autre tactique plus adroitement perfide, qui consiste à l'accuser d'être seulement le signataire des livres portant son nom, nous invite à évoquer un souvenir personnel. Il nous arriva de collaborer à une ou deux Lettres de l'Ouvreuse. Ayant écouté avec attention le concert où nous étions délégué, nous rapportâmes une analyse scrupuleuse... que Willy se borna à truffer de traits d'esprit... Oui, mais, voilà : ce qui n'était que le compte rendu de n'importe quel dilettante exercé et soigneux, ce judicieux truffage l'avait doué du je ne sais quoi d'inimitable qui caractérise les Lettres de l'Ouvreuse. Ç'avait été du Quiconque, ce devenait du Willy.
A fortiori en va-t-il ainsi de ses livres : des collaborateurs sont présumables, négligeables vraiment ! Il n'est qu'un auteur : Willy. Et cela se voit, quand tel d'entre eux que nous ne voulons nommer, publie un livre à lui tout seul, il le croit du moins : ce n'est hélas que du Willy inférieur.FAGUS.[LISTE ALPHABÉTIQUE DES PETITES REVUES]
LES GUÊPES N°34 - AOÛT-NOVEMBRE 1912 (LA RENAISSAN...
LES GUÊPES N°27 - AOÛT 1911
LES GUÊPES N°26 - JUILLET 1911
LES GUÊPES N°25 - AVRIL 1911
C'EST LE CENTIÈME BILLET : L'ART LITTÉRAIRE N°5-6 ...
LA SÉLECTION MENSUELLE : Le Crime d’une nuit (1926) par Emmanuel Bove (1898-1945). LE RAYON DOCUMENTAIRE : Notice sur les cultures maraîchères de Roscoff (...

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