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Timestamp: 2016-10-27 14:55:25+00:00

Document:
1C_266/2015 � � Arr�t du 20 juin 2016
Municipalit� de Pully, repr�sent�e par
D�partement des finances et des relations ext�rieures du canton de Vaud,
D�partement des infrastructures et des ressources humaines du canton de Vaud,
tous les deux repr�sent�s par Me Beno�t Bovay, avocat,
lui-m�me substitu� par Me Jean-Claude Perroud, avocat,
Patrimoine suisse, section vaudoise, repr�sent� par Me Jean-Claude Perroud, avocat,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 16 avril 2015.
B.________ est propri�taire de la parcelle n� 1355 du registre foncier de la Commune de Pully: d'une surface totale de 4'465 m
2, elle supporte, dans sa partie sup�rieure (au nord), un b�timent d'habitation d�nomm� la villa �X.________�. La parcelle est comprise dans le p�rim�tre du plan de quartier �Y.________� datant de 1975; ce plan de quartier pr�voit la construction de deux b�timents d'habitation sur la parcelle n� 1355, dont un � la place de la villa existante.
Le 14 mars 2012, B.________ a d�pos�, avec le promettant-acqu�reur de sa parcelle, C.________ SA, une demande de permis de construire deux b�timents de dix et huit logements: le premier doit s'implanter � la place de la villa �X.________�, tandis que le second est pr�vu au sud de la parcelle, dans le jardin existant. Transmis aux services concern�s, ce projet a fait l'objet d'une opposition du Service immeubles, patrimoine et logistique (ci-apr�s: SIPAL) en raison de l'int�r�t patrimonial de l'ensemble b�ti et paysager. Par d�cision du 19 mars 2013, la Municipalit� de Pully a d�livr� le permis de construire pour le b�timent pr�vu au sud de la parcelle (b�timent �B� du projet), mais a interdit la d�molition de la villa �X.________�, refusant ainsi la construction du second b�timent d'habitation (b�timent �A� du projet).
En temps utile, B.________ et C.________ SA ont recouru � la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal contre la d�cision de la municipalit� en tant qu'elle concernait le refus d'autoriser la construction du b�timent �A�. Cette proc�dure est suspendue depuis le 6 f�vrier 2014 vu la demande de classement de la villa �X.________�. Non contest�, l'octroi du permis de construire le b�timent �B� est entr� en force.
Lors du recensement architectural de la Commune de Pully du 21 mars 2001, la villa �X.________� a obtenu la note *3V*. La note *3* d�signe un �objet int�ressant au niveau local� qui �m�rite d'�tre conserv�. La lettre �V� atteste de la pr�sence de vitraux.
Le 10 octobre 2012, D.________, historien des monuments et arch�ologue � Vevey, a rendu au SIPAL, qui l'avait mandat� � cette fin, un �rapport historique succinct� consacr� � la villa �X.________�. Sur la base de ce document, le SIPAL a inform� la municipalit�, le 29 ao�t 2013, que ses services envisageaient le classement de la villa et de ses abords imm�diats comme monument historique, ce � quoi la commune a r�pondu que son pr�avis serait favorable. Le 20 janvier 2014, le SIPAL a communiqu� � B.________ son projet de d�cision de classement. Ce projet a �t� mis � l'enqu�te publique � Pully du 25 janvier au 23 f�vrier 2014; il a notamment fait l'objet de l'opposition de B.________.
Par acte du 28 mai 2014, la Cheffe du D�partement des infrastructures et des ressources humaines (ci-apr�s: DIRH) a pris la d�cision de classement de la villa �X.________� et de ses abords imm�diats. Sous la rubrique �int�r�t de l'objet�, la d�cision indique que la villa a �t� construite vers 1873-1874 pour William Channing Osler et qu'elle n'a subi que peu de modifications, hormis la r�alisation du portique portant terrasse orientale; par ailleurs, les am�nagements int�rieurs, d'une grande qualit�, confirment le soin remarquable apport� tant aux d�cors int�rieurs qu'aux volumes et d�cors architecturaux ext�rieurs. Le m�me jour, le Chef du D�partement des finances et des relations ext�rieures (ci-apr�s: DFIRE) a adress� � B.________ une d�cision de lev�e de son opposition au classement. Cette d�cision se r�f�re notamment � l'intervention circonstanci�e et motiv�e du SIPAL ainsi qu'au rapport de l'�t� 2012 de l'historien sp�cialiste des monuments D.________.
Saisie d'un recours de B.________, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud a, par arr�t du 16 avril 2015, annul� la d�cision de classement du DIRH et celle sur opposition du DFIRE. En substance, les juges cantonaux ont estim� qu'il incombait au d�partement cantonal comp�tent, vu l'absence d'inscription pr�alable � l'inventaire, d'�tablir de mani�re plus compl�te et plus document�e la valeur sp�ciale de monument au moment du classement; ils ont aussi d�nonc� l'absence d'une expertise scientifique ou architecturale compl�te telle qu'aurait d� l'ordonner - � leur sens - le d�partement comp�tent; d�s lors que l'int�r�t public de la mesure de protection n'avait pas �t� �tabli � satisfaction dans la proc�dure d'adoption de la d�cision de classement, ce dernier �tait contraire � la garantie de la propri�t� et devait �tre annul�.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________, propri�taire de la parcelle voisine n� 1384, demande au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t cantonal en ce sens que les recours form� par B.________ contre la d�cision de classement de la villa �X.________� et de ses abords et contre la d�cision de rejet de son opposition est rejet�; en cons�quence, lesdites d�cisions de classement et de rejet de l'opposition de B.________ sont confirm�es. A titre subsidiaire, elle conclut au renvoi de la cause � l'instance inf�rieure pour rendre une nouvelle d�cision apr�s avoir notamment entendu l'expert D.________ et proc�d� � de plus amples mesures d'instruction sur la valeur architecturale et historique de la villa �X.________� et de ses abords imm�diats.
B.________ conclut � l'irrecevabilit� du recours, subsidiairement � son rejet. Le Tribunal cantonal renonce � se d�terminer sur le recours et se r�f�re aux consid�rants de son arr�t.
Pour leur part, la Commune de Pully, le DFIRE, le SIPAL, le DIRH, Patrimoine suisse, section vaudoise, l'Association Sauvons le patrimoine de Pully, qui ont tous particip� � la proc�dure devant le Tribunal cantonal, soutiennent l'argumentation d�velopp�e dans le recours; seul les d�partements cantonaux et le SIPAL concluent formellement � son admission.
Le recours est dirig� contre le refus d'une mesure de protection du patrimoine architectural prononc� par la derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF). Il s'agit d'une d�cision finale mettant un terme � la proc�dure de classement (art. 90 LTF); l'�ventuelle proc�dure ult�rieure en autorisation de construire ne concernera plus la question de la valeur patrimoniale du b�timent, de sorte que le Tribunal f�d�ral ne serait pas saisi deux fois du m�me objet. Le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public conform�ment aux art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e.
1.1.�Aux termes de l'art. 89 LTF, la qualit� pour former un recours en mati�re de droit public est reconnue � toute personne atteinte par la d�cision attaqu�e et qui dispose d'un int�r�t digne de protection � son annulation ou � sa modification. Selon la jurisprudence rendue en application de cette disposition, le recourant doit se trouver dans une relation sp�ciale, �troite et digne d'�tre prise en consid�ration avec l'objet de la contestation. Le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualit� pour recourir (ATF 121 II 171 consid. 2b p. 174; arr�t 1C_243/2015 du septembre 2015 consid. 5.1.1).
La proximit� avec l'objet du litige ne suffit pas � elle seule � conf�rer au voisin la qualit� pour recourir contre l'octroi d'une autorisation de construire. Celui-ci doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de la d�cision contest�e qui permette d'admettre qu'il est touch� dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la collectivit� concern�e; il doit ainsi invoquer des dispositions du droit public des constructions susceptibles d'avoir une incidence sur sa situation de fait ou de droit; peu importe � cet �gard que ces dispositions ne soient pas destin�es � prot�ger le recourant; toutefois, de mani�re � endiguer l'action populaire, la seule poursuite d'un int�r�t g�n�ral et abstrait � la correcte application du droit ne suffit pas (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33; arr�t 1C_754/2013 du 28 avril 2014 consid. 3.1). On admet que le recourant retire un avantage pratique � la proc�dure si l'issue favorable du recours emp�che la r�alisation de la construction selon les plans autoris�s (ATF pr�cit� consid. 2.3 p. 34).
1.2.�La recourante est propri�taire d'une parcelle situ�e directement au-dessus de la parcelle litigieuse, s�par�e de celle-ci par le chemin Y.________. Elle affirme que sa maison surplombe en partie la villa dont le classement a �t� annul� par le Tribunal cantonal et qu'elle b�n�ficie de ce fait d'une vue directe sur cette maison ainsi que sur le lac L�man. Elle d�duit de l'ampleur de la construction projet�e qu'elle serait priv�e d'une telle vue en cas de r�alisation d'un immeuble de dix logements � la place de la maison de ma�tre dont elle dit appr�cier les qualit�s architecturales.
L'issue de la pr�sente proc�dure n'est pas susceptible de conduire imm�diatement � la construction du b�timent cachant � la recourante la vue sur la villa de ma�tre et le lac. La d�cision de (non) classement n'en est pas moins un pr�alable indispensable � la d�livrance de l'autorisation de construire l'immeuble litigieux. A l'inverse, le classement de cet objet emp�cherait d�finitivement la construction projet�e. Les autorit�s cantonales ont d'ailleurs bien vu ce lien entre les deux d�cisions puisqu'elles ont ordonn� la suspension de la proc�dure en autorisation de construire le b�timent "A" du projet, dans l'attente de l'issue de la proc�dure de classement. Dans ces conditions, la voisine recourante retirerait un avantage pratique � l'admission de son recours, puisque cette admission signifierait l'interdiction de la d�molition de la villa "X.________", pr�requis indispensable � toute autre construction.
Contrairement � ce que sous-entend le propri�taire intim�, le pr�sent contexte est r�gi exclusivement par l'art. 89 LTF, de sorte que des normes de proc�dure cantonale restreignant �ventuellement la qualit� pour recourir sur le plan cantonal sont sans port�e. Au surplus, comme on l'a vu, peu importe que la norme invoqu�e par le voisin soit destin�e � prot�ger des int�r�ts g�n�raux, tels que la protection des monuments et des sites.
Il s'ensuit que la recourante b�n�ficie de la qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF.
1.3.�Les autres conditions de recevabilit� sont au surplus r�unies, si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re.
L'intim� conteste la recevabilit� des observations d�pos�es respectivement par les d�partements cantonaux concern�s (DFIRE et DIRH), la commune, ainsi que par les associations Patrimoine suisse et Sauvons le patrimoine de Lutry.
En vertu de l'art. 102 al. 1 LTF, si n�cessaire, le Tribunal f�d�ral communique le recours � l'autorit� pr�c�dente ainsi qu'aux �ventuelles autres parties ou participants � la proc�dure ou aux autorit�s qui ont qualit� pour recourir; ce faisant, il leur impartit un d�lai pour se d�terminer. Cette d�finition n'exige pas que la personne int�ress�e soit une partie au sens strict; il suffit qu'elle soit un participant � la proc�dure. Cette formule englobe tous ceux qui ont particip� � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente, ce par quoi il faut entendre avoir pris des conclusions ou avoir �t� invit� � le faire (cf. BERNARD CORBOZ, Commentaire de la LTF, 2
e��d. 2014, n. 21 ad art. 102 LTF); en mati�re administrative figure en principe au nombre des parties l'administration ayant rendu la d�cision initiale (�
ibid.�n. 20 ad art. 102 LTF).
En l'esp�ce, comme on le verra ci-dessous, les �critures de la recourante d�montrent � satisfaction de droit (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF) l'existence d'une violation de son droit d'�tre entendue; la question de la qualit� de participants, voire de parties, des autres intervenants susmentionn�s et la recevabilit� de leurs observations peut ainsi demeurer ind�cise, ce d'autant que ceux-ci n'ont pas requis de d�pens.
Sur le plan formel, se pr�valant de l'art. 29 al. 2 Cst., la recourante soutient que la cour cantonale aurait viol� son droit d'�tre entendue � trois �gards. En premier lieu, elle lui reproche de n'avoir pas donn� suite � sa r�quisition tendant � l'audition de l'expert D.________; elle estime ensuite que le Tribunal cantonal ne pouvait refuser d'ordonner la production du dossier photographique �tabli par cet expert et auquel se r�f�re son rapport final; elle fait enfin grief � l'instance pr�c�dente de n'avoir pas exig� la production, en mains de l'intim�, des pi�ces attestant des travaux d'entretien r�alis�s par celui-ci sur "X.________", entre 1970 et 2014, et de n'avoir pas motiv� son refus.
3.1.1.�Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'�tre entendu comprend en particulier le droit pour le justiciable de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos. Cette garantie constitutionnelle n'emp�che pas l'autorit� de mettre un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de former sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299 et les r�f�rences cit�es).
3.1.2.�En proc�dure administrative vaudoise, l'art. 28 de la loi sur la proc�dure administrative du 28 octobre 2008 (LPA-VD; RS/VD 173.36), figurant au Chapitre II, intitul� "R�gles g�n�rales de proc�dure", pr�voit que l'autorit� �tablit les faits d'office (al. 1) et qu'elle n'est pas li�e par les offres de preuves formul�es par les parties (al. 2). L'art. 29 LPA-VD �num�re les diff�rents moyens de preuves auxquels l'autorit� peut recourir: audition des parties; inspection locale; expertises; documents, titres et rapports officiels; renseignements fournis par les parties, des autorit�s ou des tiers; t�moignages. Quant � l'art. 98 LPA-VD, il conf�re au Tribunal cantonal, saisi d'un recours de droit administratif, un plein pouvoir d'examen en fait et en droit.
Selon la maxime inquisitoire, qui pr�vaut en particulier en droit public, l'autorit� d�finit les faits pertinents et ne tient pour existants que ceux qui sont d�ment prouv�s; elle oblige notamment les autorit�s comp�tentes � prendre en consid�ration d'office l'ensemble des pi�ces pertinentes qui ont �t� vers�es au dossier. Elle ne dispense pas pour autant les parties de collaborer � l'�tablissement des faits; il leur incombe d'�tayer leurs propres th�ses, de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui indiquer les moyens de preuves disponibles, sp�cialement lorsqu'il s'agit d'�lucider des faits qu'elles sont le mieux � m�me de conna�tre. En l'absence de collaboration de la partie concern�e par de tels faits et d'�l�ments probants au dossier, l'autorit� qui met fin � l'instruction du dossier en retenant qu'un fait ne peut �tre consid�r� comme �tabli, ne tombe ni dans l'arbitraire ni ne viole l'art. 8 CC relatif au fardeau de la preuve (cf. ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 298 s. et les r�f�rences cit�es; arr�t 1C_1/2015 du 10 ao�t 2015 consid. 2.1).
3.1.3.�D'apr�s la jurisprudence, les restrictions de la propri�t� ordonn�es pour prot�ger les monuments et sites naturels ou b�tis sont en principe d'int�r�t public (ATF 135 I 176 consid. 6.1 p. 181; arr�t 1C_545/2014 du 22 mai 2015 consid. 5.5). Tout objet ne m�ritant pas une protection, il faut proc�der � un examen global, objectif et bas� sur des crit�res scientifiques, qui prenne en compte le contexte culturel, historique, artistique et urbanistique du b�timent concern�. Selon l'art. 52 al. 1 de la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites du 10 d�cembre 1969 (LPNMS; RS/VD 450.11), pour assurer la protection d'un monument historique ou d'une antiquit�, il peut �tre proc�d� � son classement par voie de d�cision assorti au besoin d'un plan de classement. La d�cision de classement doit non seulement contenir la d�signation de l'objet class�, mais �galement l'int�r�t qu'il pr�sente (art. 53 al. 1 let. a LPNMS). Lorsque le propri�taire s'oppose au classement, la r�ponse du d�partement doit faire l'objet d'une d�cision motiv�e (art. 73 al. 3 de la loi sur l'am�nagement du territoire et les constructions du 4 d�cembre 1985 [LATC; RS/VD 700.11] par renvoi de l'art. 24 LPNMS).
3.2.1.�En l'esp�ce, la d�cision de classement du DIRH indique notamment, au chapitre de l'int�r�t de l'objet, que cette villa, construite vers 1873-1874, n'a subi que peu de modifications et que les am�nagements int�rieurs - d'une grande qualit� - confirment le soin remarquable apport� tant aux d�cors int�rieurs qu'aux volumes et d�cors architecturaux ext�rieurs. Quant � la d�cision sur opposition du DFIRE, elle reprend ces consid�rations et se r�f�re en outre � l'opposition du SIPAL du 8 mai 2012, qu'elle juge "circonstanci�e et motiv�e". La d�cision du DFIRE fait encore r�f�rence au rapport D.________ qu'elle qualifie d'"�tude s�rieuse et d�taill�e faite par un sp�cialiste reconnu dans ce domaine".
3.2.2.�La cour cantonale a consid�r� que le contenu de ces d�cisions �tait insuffisant � retenir l'existence d'un int�r�t public � la conservation de cette villa. Selon l'instance pr�c�dente, ni la d�cision de classement du DIRH ni la r�ponse du DFIRE � l'opposition ne contiennent d'argumentation d�taill�e sur la valeur scientifique, historique ou architecturale du b�timent; elle a �galement estim� que le rapport D.________ �tait � cet �gard incomplet: tr�s largement descriptif, celui-ci n'expliquerait pas - selon les premiers juges - pourquoi cette villa devrait �tre consid�r�e comme un monument d'importance r�gionale, au m�me titre que les b�timents inscrits � l'inventaire. Le Tribunal cantonal a en d�finitive reproch� aux d�partements comp�tents de n'avoir pas �tabli de mani�re suffisamment compl�te et document�e la valeur sp�ciale du monument.
Cela �tant, en d�pit de ces carences et de la r�quisition formul�e en ce sens par la recourante, le 17 d�cembre 2014, la cour cantonale a refus� d'entendre l'expert D.________, pourtant pr�sent lors de l'inspection locale du 12 mars 2015; il n'a pas non plus auditionn� E.________, historienne des monuments, auteure de la fiche de recensement de la villa "X.________", accompagnant les repr�sentants du SIPAL � cette occasion. L'instance pr�c�dente a jug� qu'au regard des art. 73 al. 3 LATC et 53 al. 1 let. a LPNMS les d�partements cantonaux ne pouvaient se limiter � la seule d�signation du b�timent ou du p�rim�tre prot�g�s et laisser � l'instance de recours le soin d'ordonner les mesures d'instruction propres � d�montrer l'int�r�t public au classement, le cas �ch�ant par la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire. Elle a de m�me consid�r� que l'avis favorable au classement du Conservateur cantonal des monuments et des sites, �mis en r�ponse au rapport priv� contraire (F.________, architecte EPFZ) produit par l'intim� en instance de recours, ne pouvait �tre retenu; selon les premiers juges, cette opinion aurait d� intervenir au stade de la d�cision du d�partement cantonal. Les d�partements cantonaux n'ayant pas �tabli la n�cessit� de la mesure de classement, la cour cantonale a jug� celle-ci contraire � la garantie de la propri�t� et l'a en cons�quence annul�e.
3.2.3.�Cette appr�ciation ne peut �tre suivie. On ne discerne en particulier pas en quoi l'art. 53 al. 1 let. a LPNMS emp�cherait le Tribunal cantonal de parfaire l'instruction d'un dossier qu'il qualifie lui-m�me d'insuffisante; cette disposition r�gle en effet le contenu d'une d�cision de classement (cf. titre marginal de cette disposition) et ne saurait exon�rer la cour cantonale de son devoir d'�tablir les faits d'office (maxime inquisitoire ancr�e notamment � l'art. 28 LPA-VD) ni restreindre le plein pouvoir d'examen dont elle dispose (cf. art. 98 LPA-VD). Ainsi, dans la mesure o� elle a consid�r� que l'int�r�t scientifique, historique et architectural de la villa �tait insuffisamment �tay� par l'administration cantonale, il lui incombait d'instruire ce point, en ordonnant, au besoin, une expertise compl�mentaire, ou � tout le moins - comme l'a requis la recourante - en donnant la parole � l'expert. A cet �gard, il faut, avec la recourante, reconna�tre qu'il est contradictoire d'avoir refus� cette audition au motif que l'avis de l'expert �tait connu du tribunal, ce dernier ayant pris connaissance de son rapport, alors que la cour cantonale, elle-m�me, qualifie ce document d'incomplet. Dans ces circonstances, on ne comprend pas non plus que le Tribunal cantonal n'ait pas - comme il en a aussi �t� requis - ordonn� la production du dossier photographique et du rapport y relatif �tablis par l'expert D.________ au cours de l'�laboration de son rapport final. Par ailleurs, on cherche en vain dans la LPNMS une disposition commandant de tenir pour tardif l'avis du Conservateur cantonal �mis au stade du recours; la jurisprudence cit�e par l'instance pr�c�dente ne l'impose au demeurant pas non plus, exigeant, au contraire, de fa�on g�n�rale, aux autorit�s des cantons de d�finir les objets m�ritant protection (ATF 135 I 176 consid. 6.1 p. 181 s. et les r�f�rences). Le refus d'instruire la question de la valeur patrimoniale du b�timent appara�t enfin d'autant moins soutenable que l'avis du Conservateur s'accorde avec ceux des d�partements sp�cialis�s et de la commune; il ne ressort d'ailleurs pas du dossier - et l'arr�t attaqu� ne le dit pas - que la composition de la cour cantonale compterait en son sein un membre b�n�ficiant des connaissances techniques n�cessaires � renverser l'opinion de ces organes sp�cialis�s; le rapport d'expertise priv�, en tant que simple all�gu� de partie (cf. ATF 141 IV 369 consid. 6.2 p. 373 ss et les arr�ts cit�s), est � cet �gard �galement insuffisant. Il s'ensuit que le Tribunal cantonal ne pouvait s'abstenir d'approfondir la question de l'int�r�t patrimonial de la villa "X.________".
En d�finitive, en refusant de donner suite � ses r�quisitions, pourtant propres � compl�ter le rapport D.________ et, plus largement, la d�cision de classement, le Tribunal cantonal a arbitrairement priv� la recourante de moyens de preuve susceptibles de confirmer l'int�r�t patrimonial de la villa "X.________"; or ce point est central dans la r�solution de la pr�sente affaire, tout particuli�rement dans le cadre de la pes�e des int�r�ts qu'exige une mesure de classement, qui constitue une atteinte importante � la garantie de la propri�t� (� ce propos, cf. ATF 135 I 176 consid. 6.1 p. 181 s.; 126 I 219 consid. 2c p. 221 s.). Le recours doit pour ce motif �tre admis et le dossier retourn� � l'instance pr�c�dente pour que celle-ci compl�te son instruction.
3.2.4.�S'agissant de la r�quisition portant sur la production des factures d'entretien pour la p�riode de 1970 � 2014, il convient de rappeler que l'intim� a all�gu�, devant la cour cantonale, qu'au vu de l'�tat actuel de la villa les frais de r�habilitation et de r�novation qu'engendrerait son classement seraient disproportionn�s et violeraient son droit de propri�t�. La recourante conteste ce point de vue: selon elle, c'est � dessein que l'intim� aurait laiss� son bien se d�t�riorer, dans le but de limiter le risque de classement et de se pr�valoir du co�t prohibitif d'une remise en �tat, ce dont attesteraient les pi�ces requises.
Savoir si le pr�tendu d�faut d'entretien a une influence dans l'application de la LPNMS ou dans la pes�e des int�r�ts, plus sp�cialement dans l'examen de la proportionnalit�, rel�ve du fond de la cause; vu l'issue du litige, ce point n'a, � ce stade, pas � �tre trait� par la Cour de c�ans. Cela �tant, dans la mesure o� les cons�quences financi�res d'un classement doivent �tre mises dans la balance (cf. ATF 135 I 176 consid. 6.1 p. 181; 126 I 219 consid. 6c p. 221 s.), il appartiendra � la cour cantonale de r�pondre � cette question en faisant, au besoin, droit � la requ�te de la recourante.
3.3.�Sur le vu de ce qui pr�c�de, le grief de violation du droit d'�tre entendu est fond�; cette irr�gularit� ne peut �tre gu�rie dans la pr�sente proc�dure, le Tribunal f�d�ral ne revoyant pas librement les faits (art. 97 et 105 LTF). Le recours doit donc �tre admis pour ce motif formel, sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs soulev�s par la recourante ni les mesures d'instruction requises c�ans, ces derni�res portant sur le fond de la cause. Il appartiendra � la cour cantonale de statuer � nouveau en proc�dant � une pes�e compl�te des int�r�ts, apr�s un compl�ment d'instruction portant en particulier sur la valeur historique, scientifique et architecturale de la villa "X.________"; dans ce cadre, sera notamment ordonn�e la production du dossier photographique et du rapport y relatif, �tablis par l'expert D.________, ainsi que l'audition ce dernier.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent � l'admission du recours et � l'annulation de l'arr�t attaqu�. La cause est renvoy�e au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Conform�ment aux art. 66 al. 1 et 68 al. 2 LTF, les frais de la pr�sente proc�dure, de m�me que les d�pens allou�s � la recourante, sont mis � la charge de l'intim� qui, � ce stade, succombe.
Le recours est admis. L'arr�t attaqu� est annul� et la cause renvoy�e au Tribunal cantonal pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Les frais de justice, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis � la charge de l'intim�.
Une indemnit� de d�pens de 3'000 fr. est allou�e � la recourante, � la charge de l'intim�.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties, � la Municipalit� de Pully, au D�partement des finances et des relations ext�rieures du canton de Vaud, au D�partement des infrastructures et des ressources humaines du canton de Vaud, au Patrimoine Suisse, au Patrimoine suisse, section vaudoise, � l'Association Sauvons le patrimoine de Pully ainsi qu'au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public.

References: art. 82
 art. 102
 art. 102
 ATF 
 art. 73
 art. 98
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 66