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France, Cour administrative d'appel de Douai, 3e chambre, 22 janvier 2002, 99DA00212
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 99DA00212Numéro NOR : CETATEXT000007599684 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.douai;arret;2002-01-22;99da00212 Analyses : COLLECTIVITES TERRITORIALES - COMMUNE - FINANCES COMMUNALES - DEPENSES - DEPENSES OBLIGATOIRES.Texte : Vu l'ordonnance en date du 30 août 1999 par laquelle le président de la cour administrative d appel de Nancy a, en application du décret n 99-435 du 28 mai 1999 portant création d une cour administrative d'appel à Douai et modifiant les articles R. 5, R. 7 et R. 8 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, alors applicables, transmis à la cour administrative d appel de Douai la requête présentée pour la commune de Saint-Omer-en-Chaussée, représentée par son maire en exercice par Me X..., avocat ;
Vu la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés, respectivement, le 27 janvier 1999 et le 28 novembre 2000, au greffe de la cour administrative d'appel de Nancy et de Douai, par lesquels la commune de Saint-Omer-en-Chaussée demande à la Cour :
1 ) d'annuler le jugement en date du 8 décembre 1998, par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 12 décembre 1997 du préfet de l'Oise mandatant d'office au profit de la ville de Beauvais le montant de sa participation aux frais de fonctionnement des écoles publiques de Beauvais scolarisant des enfants résidant dans la commune de Saint-Omer-en-Chaussée ;
3 ) de condamner l'Etat à lui payer une somme de 1 600 F en application de l'article L. 8-1 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ;
Vu le décret n 83-16 du 13 janvier 1983 modifié ;
les observations de Me C..., avocat, substituant Me X..., avocat, pour la commune de Saint-Omer-en-Chaussée ,
et les conclusions de M. Evrard, commissaire du gouvernement ;Considérant que par arrêté en date du 12 décembre 1997, le préfet de l'Oise a mandaté d'office au profit de la ville de Beauvais le montant de la participation de la commune de Saint-Omer-en-Chaussée aux frais de fonctionnement des écoles de la ville de Beauvais qui ont accueilli, au cours des années scolaires 1989-1990 à 1993-1994, des enfants résidant à Saint-Omer-en-Chaussée ; que cette commune demande à la Cour d'annuler le jugement en date du 8 décembre 1998 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation dudit arrêté ;
Sur la motivation de l'arrêté de mandatement :
Considérant, d'une part, que si l'article 31 du décret du 29 décembre 1962 portant règlement général sur la comptabilité publique énonce que l'ordonnancement est l'acte administratif donnant au comptable " conformément aux résultats de la liquidation ", l'ordre de payer la dette d'un organisme public, ni ces dispositions, ni celles de l'article 30 qui définissent l'opération de liquidation, ni celles du décret du 13 janvier 1983 qui concernent exclusivement les conditions dans lesquelles les comptables publics assurent leur mission de contrôle de la régularité budgétaire des paiements, ni enfin, aucune règle générale de la comptabilité publique n'imposent au préfet d'indiquer dans un arrêté de mandatement d'office, à peine de nullité, en sus du montant à payer qui constitue le résultat de la liquidation, les bases et les modalités de celle-ci ; qu'un arrêté de mandatement d'office n'entre, d'autre part, dans aucune des catégories d'actes qui doivent être obligatoirement motivés ;
Considérant que le moyen tiré du défaut de motivation de l'avis de la chambre régionale des comptes de Picardie ne peut qu'être écarté dès lors qu'en tout état de cause, l'arrêté de mandatement d'office attaqué n'est pas intervenu après une procédure d'inscription d'office nécessitant la consultation de la chambre régionale des comptes en application de l'article 1612-15 du code général des collectivités territoriales ;
Sur le caractère obligatoire de la dépense :Considérant qu'aux termes du I de l'article 23 de la loi du 22 juillet 1983 dans sa rédaction issue de la loi du 9 janvier 1986, portant diverses dispositions relatives aux collectivités locales : " I Lorsque les écoles maternelles, les classes enfantines ou les écoles élémentaires publiques d'une commune reçoivent des élèves dont la famille est domiciliée dans une autre commune, la répartition des dépenses de fonctionnement se fait par accord entre la commune d'accueil et la commune de résidence. A défaut d'accord entre les communes intéressées sur la répartition des dépenses, la contribution de chaque commune est fixée par le représentant de l'Etat après avis du conseil de l'éducation nationale. Pour le calcul de la contribution de la commune de résidence, il est tenu compte des ressources de cette commune, du nombre d'élèves de cette commune scolarisés dans la commune d'accueil et du coût moyen par élève calculé sur la base des dépenses de l'ensemble des écoles publiques de la commune d'accueil. Les dépenses à prendre en compte à ce titre sont les charges de fonctionnement, à l'exclusion de celles relatives aux activités périscolaires. Un décret en Conseil d'Etat détermine, en tant que de besoin, les dépenses prises en compte pour le calcul du coût moyen par élève ainsi que les éléments de mesure des ressources des communes. Toutefois, les dispositions prévues par les alinéas précédents ne s'appliquent pas à la commune de résidence si la capacité d'accueil de ses établissements scolaires permet la scolarisation des enfants concernés, sauf si le maire de la commune de résidence, consulté par la commune d'accueil, a donné son accord à la scolarisation de ces enfants hors de sa commune. Pour justifier d'une capacité d'accueil suffisante au sens du présent alinéa , les établissements doivent disposer à la fois des postes d'enseignants et des locaux nécessaires à leur fonctionnement . Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, un décret en Conseil d'Etat précise les cas dans lesquels une commune est tenue de participer financièrement à la scolarisation d'enfants résidant sur son territoire lorsque leur inscription dans une autre commune est justifiée par des motifs tirés de contraintes liées aux obligations professionnelles des parents, de l'inscription d'un frère ou d'une s ur dans un autre établissement scolaire de la même commune ou de raisons médicales. Ce décret détermine, en outre, en l'absence d'accord, la procédure d'arbitrage par le représentant de l'Etat. Par dérogation aux dispositions prévues par le dernier alinéa de l'article 4 de la loi n 83-8 du 7 janvier 1983 précitée, les dispositions des alinéas ci-dessus entrent en vigueur pour l'année 1989-1990. ( ) A partir de la rentrée scolaire de 1986, la scolarisation d'un enfant dans une école d'une commune autre que celle de sa résidence ne peut être remise en cause par l'une ou l'autre avant le terme soit de la formation élémentaire, soit de la scolarité primaire de cet enfant commencées ou poursuivies durant l'année scolaire précédente dans un établissement du même cycle de la commune d'accueil " ;Considérant qu'aux termes de l'article 1er du décret du 12 mars 1986 : " La commune de résidence est tenue de participer financièrement à la scolarisation d'enfants dans une autre commune dans les cas suivants :
Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de l'instruction et qu'il n'est pas contesté que la commune de Saint-Omer-en-Chaussée n'a pas donné son accord pour participer aux dépenses que la ville de Beauvais a engagées au cours des années scolaires 1989-1990 à 1993-1994 par suite de la scolarisation en école maternelle ou primaire d'enfants domiciliés à Saint-Omer-en-Chaussée ; que cette situation, alors même que la ville de Beauvais aurait recherché un accord, non directement avec la commune de Saint-Omer-en-Chaussée, mais par l'intermédiaire de l'union des maires de l'Oise, en raison du grand nombre de communes dont des enfants sont scolarisés à Beauvais, autorisait le préfet à fixer la contribution de chacune d'elles, après avis du conseil de l'éducation nationale ;
Considérant, en deuxième lieu, qu'il ne résulte pas de l'instruction et qu'il n'est pas allégué que la scolarisation dans les écoles primaires ou maternelles de Beauvais d'enfants domiciliés à Saint-Omer-en-Chaussée résulterait d'un arbitrage du préfet ; que par suite le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas consulté l'inspecteur d'académie est inopérant ;
Considérant toutefois que la commune de résidence n'est tenue de participer financièrement à la scolarisation d'enfants admis dans une école maternelle ou primaire d'une autre commune que s'il est justifié que ces enfants remplissent les conditions prévues par l'article 1er du décret du 12 mars 1986 et pour les seules années scolaires au titre desquelles ces conditions sont réunies ; qu'il résulte également de ces dispositions que la circonstance que le premier des enfants d'une famille, admis dans une école maternelle ou primaire d'une autre commune ne remplirait plus les conditions prévues par le 1 ou le 2 de l'article 1er du décret, mais serait en droit à titre personnel de terminer le cycle maternel ou primaire entamé, conformément aux dispositions du dernier alinéa du I de l'article 23 de la loi du 22 juillet 1983 susvisé, ne fait pas obstacle, en application du 3 de l'article 1er du décret, à la scolarisation d'un autre enfant de la même famille, dans une école primaire ou maternelle de la commune d'accueil, aux frais de laquelle la commune de résidence est alors tenue de participer ;
Considérant que si la commune de Saint-Omer-en-Chaussée soutient avoir créé un service de restauration et une garderie scolaires à compter de la rentrée de septembre 1992, il ressort des pièces du dossier que les enfants scolarisés antérieurement à cette rentrée dans les écoles maternelles et élémentaires de Beauvais remplissaient les conditions prévues par l'article 1er du décret du 12 mars 1986 ;
Considérant que les enfants Camille Y..., en 1992-1993 et 1993-1994 et Elise Z... en 1993-1994, remplissaient les conditions prévues au 3 c de l'article 1er du décret du 12 mars 1986 ; que par suite la commune de Saint-Omer-en-Chausée n'est pas fondée à soutenir que le préfet de l'Oise ne pouvait lui imposer une participation aux dépenses exposées par la ville de Beauvais pour la scolarisation de ces enfants ;Considérant, par contre, que c'est à tort que le préfet de l'Oise a maintenu à sa charge une contribution financière aux frais de la scolarisation à Beauvais, au cours des années scolaires 1992-1993 et 1993-1994 pour les enfants Etienne Y..., Noellie Z..., Elodie A..., Vivien B..., Meryl D... qui ne remplissaient plus les conditions prévues au 1 de l'article 1er du décret ; qu'il suit de là que la commune de Saint-Omer-en-Chaussée est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa contestation en tant qu'elle portait sur la participation qui a été mise à sa charge pour ces enfants au titre de ces années scolaires, et à en demander l'annulation ainsi que celle de l'arrêté du préfet de l'Oise en date du 12 décembre 1997 en tant qu'il a mandaté d'office la somme correspondante ;
Considérant que dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de condamner l'Etat à payer à la commune de Saint-Omer-en-Chaussée une somme de 150 euros ( 983,94 francs) au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif d'Amiens en date du 8 décembre 1998 est annulé.
Article 2 : L'arrêté du préfet de l'Oise, en date du 12 décembre 1997, mandatant d'office la participation de la commune de Saint-Omer-en-Chaussée aux frais de scolarisation d'enfants dans les écoles préélémentaires et élémentaires de la ville de Beauvais, pour les années 1989-1990 à 1993-1994 est annulé en tant qu'il met à la charge de cette commune les frais de scolarisation au cours des années scolaires 1992-1993 et 1993-1994 des enfants Etienne Y..., Noellie Z..., Elodie A..., Vivien B..., Meryl D....
Article 3 : L'Etat est condamné à payer à la commune de Saint-Omer-en-Chaussée une somme de 150 euros ( 983,94 francs) au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la commune de Saint-Omer-en-Chaussée est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la commune de Saint-Omer-en-Chaussée, à la ville de Beauvais et au ministre de l'intérieur. Copie sera transmise au préfet de l'Oise et au trésorier payeur général de l'Oise.Références : Code de justice administrative L761-1Code général des collectivités territoriales 1612-15Décret 62-1587 1962-12-29 art. 31, art. 30Décret 83-16 1983-01-13Décret 86-425 1986-03-12 art. 1, art. 2Loi 83-663 1983-07-22 art. 23Loi 86-29 1986-01-09Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BrenneRapporteur public : M. EvrardOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de DouaiFormation : 3e chambreDate de la décision : 22/01/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 31
 l'article 30
 l'article 1612
 l'article 23
 l'article 4
 l'article 1
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 l'article 23
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