Source: http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/isee/agnias1.htm
Timestamp: 2017-10-23 04:15:48+00:00

Document:
Isée : PLAIDOYER POUR LA SUCCESSION D'HAGNIAS. (bilingue)
XI. PLAIDOYER SUR LA SUCCESSION D'HAGNIAS.
Traduction française : Dareste.
PLAIDOYER SUR LA SUCCESSION D'HAGNIAS
Théopompe contre le fils de Stratoclès
DÉFENSE A UNE POURSUITE EXTRAORDINAIRE INTENTÉE PAR LE TUTEUR DE L'ENFANT POUR MAUVAIS TRAITEMENT D'UN ORPHELIN
Hagnias est mort sans enfants, laissant un testament par lequel il adopte et institue héritière sa nièce Phylomaché, fille de sa sœur, et en seconde ligne, pour le cas où cette nièce viendrait à mourir sans enfants, il institue Glaucon, son frère utérin.
Le cas prévu se réalise. La nièce meurt, et l'héritage passe à Glaucon.
A ce moment un parent de la ligne paternelle se présente et revendique la succession, c'est Eubulide qui est sobrinus d'Hagnias. En effet, Polémon père d'Hagnias et Philagros père d'Eubulide étaient cousins germains. Eubulide est en outre neveu par alliance de Polémon dont la sœur a épousé Philagros. Mais Eubulide meurt avant le jugement. L'instance est reprise au nom de sa fille Phylomaché.
Le tribunal annule le testament d'Hagnias et adjuge la 198 succession à Phylomaché, comme étant la plus proche du côté paternel, à savoir petite-fille de la tante paternelle d'Hagnias.
Mais il survient des compétiteurs. D'une part, la mère d'Hagnias qui se présente non comme mère, (1) mais comme cousine, ou plutôt issue de cousin. En effet, son père Phanostrate et son mari Polémon étaient cousins germains.
D'autre part, d'autres cousins, Théopompe, Stratoclès et Stratios, ce dernier frère de la mère d'Hagnias, se présentent en leur qualité. Stratoclès et Stratios meurent. Théopompe reste seul, et obtient la succession tant contre la mère d'Hagnias que contre Phylomaché.
A l'égard de la mère d'Hagnias le jugement est bon. En effet la loi fait passer les mâles avant les femmes, à degré égal. Au contraire à l'égard de Phylomaché le jugement repose sur une erreur, Théopompe s'est donné pour consobrinus, alors qu'il n'est que sobrinus. Phylomaché devait passer avant lui comme petite-fille de la tante paternelle d'Hagnias.
Mais Théopompe a, pour obtenir ce résultat, fait un pacte avec son neveu, fils de son frère Stratoclès, dont il est un des tuteurs. Un autre tuteur réclame au nom du mineur la part promise, soit la moitié, et intente l'εἰσαγγελία qui est une action criminelle fondée sur la κάκωσις ὀρφανοῦ qui est un crime; Théopompe se défend sur cette accusation.
Il montre d'abord que son neveu, le fils de Stratoclès est non pas fils, mais petit-fils de cousin et que dès lors il est en dehors de l'ἀγχιστεία, la loi n'admettant pas la représentation en ligne collatérale. C'est pourquoi les fils de Stratios, qui sont sur la même ligne et au même degré que le fils de Stratoclès, ne réclament rien.
Le fils de Stratoclès invoque, à la vérité, un pacte qu'il aurait fait avec Théopompe. Il prétend que Théopompe s'est engagé à lui abandonner la moitié de la succession. Théo- 109 pompe répond qu'il n'a pas traité avec Stratoclès qui était son frère et avait un droit égal au sien; un traité était donc inutile. Il n'a pas davantage traité avec le fils de Stratoclès, ce qui eût été sans intérêt puisque le fils de Stratoclès ne pouvait avoir aucun droit à la succession; s'il avait en un droit, il aurait dû le réclamer par une action civile, une λῆξις, lors du procès de Théopompe contre Phylomaché et la mère d'Hagnias, ou après le jugement qui a adjugé la succession à Théopompe. Il allègue qu'il s'est abstenu à cause du pacte qui le liait avec Théopompe, mais ce prétendu pacte n'a jamais existé. Il ajoute que la loi ne lui permettait pas d'intenter une action civile contre son tuteur, mais aucune loi ne s'y opposait. C'est donc à tort qu'il a intenté l'εἰσαγγελία.
Enfin Théopompe montre que sa fortune personnelle est modeste, tandis que le fils de Stratoclès est riche, plus riche que lui. La situation de cet enfant n'est donc pas plus intéressante que la sienne.
Ce qui est vrai, c'est que Phylomaché aurait dû obtenir la succession, de préférence à Théopompe, mais sur ce point il y avait chose jugée. Entre Théopompe et le lils de Strataclès le droit n'était pas douteux, Théopompe devait être préféré.
Démosthène, dans le plaidoyer contre Macartatos, nous apprend que le procès entre Phylomaché et Glaucon a eu lieu en l'an 361. Celui de Théopompe contre Phylomaché doit être placé en l'année 360. Il en est de même du procès actuel.
Le plaidoyer d'Isée doit être rapproché du plaidoyer de Démosthène. Dans l'un comme dans l'autre il s'agissait de la succession d'Hagnias. En effet, après la mort de Théopompe, Phylomaché fit entrer un de ses fils, par adoption posthume, dans !a maison de son père Eubulide. Cette adoption rapprochait l'enfant d'Hagnias en lui faisant gagner un degré, ce qui lui permettait de revendiquer la succession contre Macartatos, fils de Théopompe.
(1) Telle est l'explication de Schœmann. J'ai dit le contraire, à tort, dans ma traduction des Plaidoyers civils de Démosthène.
[1] Διὰ ταῦθ' ὑμῖν ἀνέγνων τοὺς νόμους, ὅτι κατὰ τὸν πρῶτον αὐτῶν ἰσχυρίζεται τῷ παιδὶ τοῦ ἡμικληρίου προσήκειν, οὐκ ἀληθῆ λέγων. οὐ γὰρ ἦν ἡμῖν Ἁγνίας ἀδελφός, ὁ δὲ νόμος περὶ ἀδελφοῦ χρημάτων πρῶτον ἀδελφοῖς τε καὶ ἀδελφιδοῖς πεποίηκε τὴν κληρονομίαν, ἂν ὦσιν ὁμοπάτορες· τοῦτο γὰρ ἐγγυτάτω τοῦ τελευτήσαντος γένος ἐστίν. [2] Ἐὰν δ' οὗτοι μὴ ὦσι, δεύτερον ἀδελφὰς ὁμοπατρίας καλεῖ καὶ παῖδας τοὺς ἐκ τούτων. Ἐὰν δὲ μὴ ὦσι, τρίτῳ γένει δίδωσι τὴν ἀγχιστείαν, ἀνεψιοῖς πρὸς πατρὸς μέχρι ἀνεψιῶν παίδων. Ἐὰν δὲ καὶ τοῦτ' ἐκλείπῃ [εἰς] τὸ γένος, πάλιν ἐπανέρχεται καὶ ποιεῖ τοὺς πρὸς μητρὸς τοῦ τελευτήσαντος κυρίους αὐτῶν, κατὰ ταὐτὰ καθάπερ τοῖς πρὸς πατρὸς ἐξ ἀρχῆς ἐδίδου τὴν κληρονομίαν. [3] Ταύτας ποιεῖ τὰς ἀγχιστείας ὁ νομοθέτης μόνας, συντομωτέρως τοῖς ῥήμασιν ἢ ἐγὼ φράζω· τὴν μέντοι διάνοιαν ὧν βούλεται ταύτῃ δείκνυσιν. Ὁ δὲ παῖς οὗτος οὐδὲ καθ' ἓν τούτων τῶν ὀνομάτων Ἁγνίᾳ προσήκει τῇ ἀγχιστείᾳ, ἀλλ' ἔξω τῆς συγγενείας ἐστίν. Ἵνα δ' ἀκριβῶς μάθητε περὶ ὧν ψηφιεῖσθε, τοὺς πολλοὺς λόγους ἐάσας οὗτος εἰπάτω ὅ τι ὁ παῖς προσήκει τουτωνὶ τῶν εἰρημένων τῷ τὸν κλῆρον καταλιπόντι· κἂν φανῇ κατά τι προσήκων, ἑκὼν ἐγὼ συγχωρῶ τὸ ἡμικλήριον εἶναι τοῦ παιδός. [4] Εἰ δέ τοι μηδὲν τούτων ἕξει εἰπεῖν, πῶς οὐκ ἐλεγχθήσεται φανερῶς ἐμὲ μὲν συκοφαντῶν, ὑμᾶς δ' ἐξαπατῆσαι παρὰ τοὺς νόμους ζητῶν; ἀναβιβασάμενος οὖν αὐτὸν ἐναντίον ὑμῶν ἐρωτήσω τὰ ἐν τοῖς νόμοις ὑπαναγιγνώσκων· οὕτω γὰρ εἴσεσθε εἰ προσήκει τῷ παιδὶ τῶν Ἁγνίου χρημάτων ἢ μή. λαβὲ οὖν αὐτοῖς τοὺς νόμους· σὺ δ' ἀνάβηθι δεῦρο, ἐπειδὴ δεινὸς εἶ διαβάλλειν καὶ τοὺς νόμους διαστρέφειν. Σὺ δ' ἀναγίγνωσκε.
[Viendront à la succession les frères issus du même père, et les enfants légitimes de frères, par représentation de leur père. A défaut de frères ou d'enfants de frères, les sœurs et leurs enfants hériteront suivant la même règle... A défaut de parents du côté du père, en deçà du degré d'enfants de cousins, les parents du défunt du côté de la mère hériteront d'après la même règle.]
1. Si je vous ai lu les lois, c'est parce que mon adversaire en invoque la première disposition pour soutenir que la moitié de la succession revient à l'enfant de Stratoclès. Cela n'est pas vrai. En effet, Hagnias n'était pas notre frère; or, quand il s'agit des biens d'un frère, la loi appelle à la succession en première ligne les frères et les neveux, s'ils sont issus du même père. Ce sont là en effet les plus proches parents du défunt. 2. A défaut de frères et de neveux, la loi appelle en seconde ligne les sœurs nées du même père et les enfants nés d'elles. A leur défaut elle donne la proximité au troisième degré, c'est-à-dire aux cousins du côté du père jusqu'aux enfants de cousins. Et si ceux-là font encore défaut, la dévolution s'opère encore en remontant et les biens passent aux parents maternels dans le même ordre qu'ils étaient d'abord déférés aux parents paternels. 3. Voilà les seules proximités instituées par le législateur, en moins de mots que je n'en mets à les 201 expliquer. Mais on voit parfaitement sa pensée et son intention. Or, l'enfant que voici ne se rattache par aucun de ces titres à Hagnias, comme proche parent. Loin de là, il est en dehors de la parenté. Pour que vous sachiez exactement ce sur quoi vous allez voter, il faut que mon adversaire laisse de côté les longs discours, et qu'il dise que l'enfant se rattache, par un des titres que je viens d'énumérer, à celui qui a laissé la succession. S'il prouve que l'enfant se rattache au défunt par un lien quelconque, je reconnais volontiers que la moitié de la succession lui appartient. 4. Mais s'il n'a aucun titre qu'il puisse invoquer, ne sera-t-il pas évident qu'on me fait un méchant procès et qu'on cherche à vous tromper, pour vous faire juger contrairement aux lois? Je vais donc faire monter ici, mon adversaire, et en face de vous je l'interrogerai en lisant ce qui est écrit dans les lois. Par là vous saurez si, oui ou non, une part des biens d'Hagnias revient à l'enfant. Prends donc les lois. Toi, monte ici, puisque tu es si habile à plaider le faux et à torturer les lois. Et toi, lis.
5. Arrête. — Je vais te faire une question. Cet enfant est-il frère d'Hagnias, ou neveu né d'un frère ou d'une .sœur, ou. cousin, ou issu de cousin du côté de la mère ou du côté du père? Quel est le nom qui lui convient entre les personnes auxquelles la loi donne la proximité? Et ne va pas me dire que c'est le fils de mon frère, car ce n'est pas de ma succession qu'il s'agit en ce moment, puisque je suis encore vivant. Si j'étais mort sans enfant et qu'il prétendît recueillir mes biens, il pourrait faire cette réponse à la question, mais en ce moment ta prétention est que la succession d'Hagnias 202 appartient à cet enfant pour moitié. Il faut donc que tu dises à quel degré de proximité cet enfant se rattache à Hagnias. Fais-le donc connaître aux juges qui nous écoutent.
6. Vous voyez qu'il est hors d'état de dire la parenté, et qu'il répond tout, excepté ce que vous avez besoin de savoir. Pourtant quand on est dans son droit on n'hésite pas; on parle tout de suite. On ne se contente pas de parler; on affirme avec serment, on produit des témoins qui attestent le degré de parenté, de manière à vous inspirer plus de confiance. Mais lui, sur celte question à laquelle il n'a pas fait de réponse, il n'a ni produit des témoins, ni prêté un serment, ni lu une loi. Il s'imagine que vous, qui avez juré de voter selon les lois, vous devez lui obéir et prononcer contre moi dans cette poursuite extraordinaire un arrêt contraire aux lois. C'est un misérable et un effronté. 7. Je ne ferai pas comme lui, moi, je dirai mon degré de parenté, d'où me vient mon droit à la succession, je montrerai que l'enfant el ceux qui m'ont déjà contesté l'héritage sont tous en dehors de la parenté étroite, et vous en conviendrez. Mais il est nécessaire de dire tout ce qui s'est passé depuis le commencement. Vous verrez par là que j'ai la proximité et que mes adversaires n'ont aucun droit à la succession.
8. Hagnias, Eubulide, Stratoclès, Stratios frère de la mère d'Hagnias, et moi, nous sommes issus de cousins. Nos pères, en effet, étaient cousins comme issus de frères consanguins. Hagnias, alors qu'il se préparait à partir en ambassade au sujet de certaines affaires où l'intérêt de la ville était engagé, ne laissa pas ses biens. pour le cas où il viendrait à mourir, à nous qui étions les plus proches en degré; il adopta pour fille la fille de sa sœur et, pour le cas où elle viendrait à mourir, 203 il donna ses biens à Glaucon qui était son frère de mère. Ces dispositions furent écrites par lui dans son testament. 9. Après cela il se passe un certain temps, Eubulide meurt; la fille, qu'Hagnias avait adoptée meurt elle-même, et Glaucoa recueille la succession. aux termes du testament. Pour nous, à aucun moment nous ne jugeâmes à propos de soulever une contestation au sujet du testament d'Hagnias. Nous pensâmes que les dispositions qu'il avait prises au sujet de ses biens devaient être inébranlables, et nous y donnâmes notre acquiescement. Mais la fille d'Eubulide, assistée de ceux qui lui donnaient leur concours, revendique la succession et obtient gain de cause contre ceux qui faisaient valoir le testament. Elle était en dehors de la parenté étroite, mais elle espérait, paraît-il, que nous ne lutterions pas contre elle, nous qui n'avions même pas contesté le testament. Elle se trompait. 10. Stratios, Stratoclès et moi nous nous préparâmes à intenter une action, puisqu'il s'agissait d'adjuger la succession au plus proche en degré. Mais avant que nos actions fussent introduites Stratios meurt, et Stratoclès meurt à son tour. Je reste seul ayant le rang de fils de cousin dans la ligne paternelle. C'est à moi seul que revenait la succession, aux termes des lois, les autres personnes qui se trouvaient parentes au même degré que moi ayant toutes disparu. 11. Maintenant, comment saurez-vous que la proximité m'appartenait à moi et non à la descendance des personnes que je viens de nommer parmi lesquelles était l'enfant que voici? La loi elle-même va vous l'apprendre. Tout le monde convient que la proximité appartient aux cousins par le père jusqu'aux fils de cousins. Appartient-elle à nos enfants après nous? C'est ce qu'il s'agit d'examiner. — Prends donc la loi et donnes-en lecture.
[12] Ἀκούετε, ὦ ἄνδρες, ὅτι ὁ νομοθέτης οὐκ εἶπεν, ἐὰν μηδεὶς ᾖ πρὸς πατρὸς μέχρι ἀνεψιῶν παίδων, τοὺς τῶν ἀνεψιαδῶν εἶναι κυρίους, ἀλλὰ ἀπέδωκε τοῖς πρὸς μητρὸς τοῦ τελευτήσαντος, ἂν ἡμεῖς μὴ ὦμεν, τὴν κληρονομίαν ἤδη, ἀδελφοῖς καὶ ἀδελφαῖς καὶ παισὶ τοῖς τούτων καὶ τοῖς ἄλλοις, κατὰ ταὐτὰ καθάπερ καὶ ἐξ ἀρχῆς ἦν ὑπειρημένον· τοὺς δὲ ἡμετέρους παῖδας ἔξω τῆς ἀγχιστείας ἐποίησεν. Οἷς δὲ μηδ' ἐὰν τετελευτηκὼς ἦν ἐγώ, δίδωσιν ὁ νόμος τὴν Ἁγνίου κληρονομίαν, πῶς ἐμοῦ τε ζῶντος καὶ κατὰ τοὺς νόμους ἔχοντος οἴονται αὑτοῖς εἶναι τὴν ἀγχιστείαν; Οὐδαμῶς δήπουθεν. [13] Ἀλλὰ μὴν εἰ τούτοις μὴ μέτεστιν, ὧν οἱ πατέρες ταὐτὸν ἐμοὶ προσῆκον, οὐδὲ τούτῳ τῷ παιδὶ γίγνεται· καὶ γὰρ ὁ τούτου πατὴρ ὁμοίως ἦν ἐκείνοις συγγενής. Οὔκουν δεινὸν ἐμοὶ μὲν διαρρήδην οὕτω τῶν νόμων δεδωκότων τὴν κληρονομίαν, τούτους δ' ἔξω τῆς ἀγχιστείας πεποιηκότων, τολμᾶν τουτονὶ συκοφαντεῖν, καὶ διαγωνίσασθαι μέν, ἡνίκ' ἐγὼ τοῦ κλήρου τὴν δίκην ἐλάγχανον, μὴ οἴεσθαι δεῖν, μηδὲ παρακαταβάλλειν, οὗ περὶ τῶν τοιούτων εἴ τι δίκαιον εἶχεν εἰπεῖν διαγνωσθῆναι προσῆκεν, ἐπὶ δὲ τοῦ παιδὸς ὀνόματι πράγματ' ἐμοὶ παρέχειν καὶ περὶ τῶν μεγίστων εἰς κίνδυνον καθιστάναι; [14] Καὶ περὶ μὲν τῶν ὁμολογουμένων εἶναι τοῦ παιδὸς χρημάτων μηδ' αἰτιᾶσθαί με, μηδ' ὥς τι εἴληφα ἔχειν εἰπεῖν ̔ἐφ' οἷς, εἴ τι αὐτῶν κακῶς διῴκουν ὥσπερ οὗτος, κρίνεσθαι μοι προσῆκεν̓, ἃ δ' ὑμεῖς ἐμὰ εἶναι ἐψηφίσασθε, τῷ βουλομένῳ δόντες ἐξουσίαν ἀμφισβητεῖν αὐτῶν, ἐπὶ τούτοις ἐμοὶ τοιούτους ἀγῶνας παρασκευάζειν καὶ εἰς τοῦτο ἀναισχυντίας ἥκειν; [15] Οἴομαι μὲν οὖν καὶ ἐκ τῶν ἤδη εἰρημένων γιγνώσκεσθαι ὑμῖν ὅτι οὔτ' ἀδικῶ τὸν παῖδα οὐδὲν οὔτ' ἔνοχός εἰμι ταύταις ταῖς αἰτίαις οὐδὲ κατὰ μικρόν· ἔτι δὲ ἀκριβέστερον ἡγοῦμαι καὶ ἐκ τῶν ἄλλων ὑμᾶς μαθήσεσθαι, καὶ τὴν ἐμὴν ἐπιδικασίαν, ὡς γέγονεν, ἀκούσαντας περὶ αὐτῶν. Ἐμοὶ γάρ, ὦ ἄνδρες, λαχόντι τοῦ κλήρου τὴν δίκην οὔτε οὗτος ὁ νῦν ἐμὲ εἰσαγγέλλων ὠήθη δεῖν παρακαταβάλλειν ὑπὲρ τοῦ παιδός, οὔτε οἱ Στρατίου παῖδες οἱ ταὐτὸ τῷ παιδὶ προσήκοντες ... οὔτε δι' ἄλλο οὐδὲν αὑτοῖς ἐνόμιζον προσήκειν τούτων τῶν χρημάτων· [16] ἐπεὶ οὐδ' ἂν οὗτος νῦν ἐμοὶ πράγματα παρεῖχεν, εἰ τὰ τοῦ παιδὸς εἴων ἁρπάζειν καὶ μὴ ἠναντιούμην αὐτῷ. Οὗτοι μὲν οὖν, ὥσπερ εἶπον, εἰδότες ὅτι ἔξω ἦσαν τῆς ἀγχιστείας, οὐκ ἠμφισβήτουν ἀλλ' ἡσυχίαν εἶχον· οἱ δ' ὑπὲρ τῆς Εὐβουλίδου θυγατρὸς πράττοντες, τῆς τὸ αὐτὸ τῷ παιδὶ καὶ τοῖς Στρατίου παισὶ προσηκούσης, καὶ οἱ κύριοι τῆς Ἁγνίου μητρὸς ἦσαν οἷοί [τε] πρὸς ἐμὲ ἀντιδικεῖν. [17] Εἰς τοσαύτας δ' ἀπορίας κατέστησαν ὅ τι ἀντιγράψωνται περὶ τῆς ἀγχιστείας, ὥστε ἡ μὲν τὸν κλῆρον ἔχουσα καὶ οἱ λέγοντες τὸ περὶ αὐτῆς γένος, ἐπειδὴ κατεψεύσαντο, ῥᾳδίως ὑπ' ἐμοῦ τότε ἐξηλέγχθησαν οὐκ ἀληθές τι γράψαι τολμήσαντες, οἱ δ' ὑπὲρ τῆς Ἁγνίου μητρὸς γένει μὲν ἐμοὶ ταὐτὸ προσηκούσης (ἀδελφὴ γὰρ ἦν τοῦ Στρατίου) νόμῳ δὲ ἀποκλειομένης, ὃς κελεύει κρατεῖν τοὺς ἄρρενας, τοῦτο μὲν εἴασαν, οἰόμενοι δ' ἐμοῦ πλεονεκτήσειν μητέρα εἶναι τοῦ τελευτήσαντος ἔγραψαν· ὃ συγγενέστατον μὲν ἦν τῇ φύσει πάντων, ἐν δὲ ταῖς ἀγχιστείαις ὁμολογουμένως οὐκ ἔστιν. [18] Εἶτα γράψας ἀνεψιοῦ παῖς εἶναι κἀκείνας ἐξελέγξας οὐκ οὔσας ἐν ταῖς ἀγχιστείαις, οὕτως ἐπεδικασάμην παρ' ὑμῖν, καὶ αὐτῶν οὐκ ἴσχυσέ τι οὔτε τῇ τὸν κλῆρον ἐχούσῃ τὸ προνενικηκέναι τοὺς κατὰ διαθήκην ἀμφισβητήσαντας, οὔτε τῇ ἑτέρᾳ τὸ μητέρα εἶναι τοῦ τὸν κλῆρον καταλιπόντος, ἀλλ' οὕτως οἱ τότε δικάζοντες καὶ τὸ δίκαιον καὶ τοὺς ὅρκους περὶ πολλοῦ ἐποιήσαντο, ὥστ' ἐμοὶ τῷ κατὰ τοὺς νόμους ἀμφισβητοῦντι τὴν ψῆφον ἤνεγκαν. [19] Καίτοι εἰ τὰς μὲν νενίκηκα τοῦτον τὸν τρόπον, ἐπιδείξας μηδὲν Ἁγνίᾳ κατ' ἀγχιστείαν προσηκούσας, οὗτος δὲ μὴ ἐτόλμησεν ἀντιδικῆσαι τῷ παιδὶ τοῦ ἡμικληρίου πρὸς ἡμᾶς, οἱ δὲ Στρατίου παῖδες οἱ ταὐτὸν τούτῳ προσήκοντες μηδὲ νῦν ἀξιοῦσιν ἀντιδικῆσαι πρὸς ἐμὲ περὶ αὐτῶν, ἔχω δ' ἐγὼ τὸν κλῆρον ἐπιδικασάμενος παρ' ὑμῖν, ἐξελέγχω δὲ τοῦτον μηδέπω καὶ τήμερον ἔχοντ' εἰπεῖν ὅ τι ὁ παῖς Ἁγνίᾳ προσήκει κατ' ἀγχιστείαν, τί ἔτι δεῖ μαθεῖν ὑμᾶς ἢ ποθεῖτε ἀκοῦσαι περὶ τούτων; Ἐγὼ μὲν γὰρ ὡς εὖ φρονοῦσιν ὑμῖν ἱκανὰ τὰ εἰρημένα νομίζω.
204 LOI.
[A défaut de parents du côté du père en deçà du degré d'enfants de cousins, les parents du coté de la mère hériteront d'après la même règle.]
12. Vous l'entendez, juges; le législateur n'a pas dit : s'il n'y a pas de parents, du côté du père, en deçà du degré d'enfants de cousins, la succession appartiendra à la descendance des enfants de cousins. Il a donné la succession, à défaut de nous autres, aux parents du défunt du coté de la mère, à savoir aux frères et sœurs, à leurs enfants et aux autres, dans le même ordre que celui qu'il avait institué en première ligne, et ainsi nos enfants se sont trouvés exclus de la proximité. Mais alors, ceux à qui la loi refuse la succession d'Hagnias dans le cas même où je serais décédé, comment peuvent-ils croire que la proximité leur appartient, moi vivant et étant en possession, suivant les lois? En aucune façon. 13. Bien plus. Si ceux-là n'ont aucun droit, dont les pères étaient au même degré que moi, cet enfant n'en a pas non plus, car son père était au même degré qu'eux. Dès lors, n'est-ce pas une chose intolérable? Quand les lois me donnent expressément la succession et excluent de la proximité ceux dont je parle, cet homme a l'audace de me faire un méchant procès! Il n'a pas jugé à propos de contester quand j'ai intenté l'action en revendication de la succession, il n'a pas fait de consignation pour une demande en concurrence qui lui aurait fourni l'occasion de faire juger ses prétentions si elles étaient fondées. Mais voici qu'au nom de cet enfant il m'attaque et me fait courir les plus grands dangers. 14. Il n'a rien à me reprocher au sujet des biens qui sont reconnus appartenir à l'enfant, il ne 205 peut pas dire que j'en sois détenteur. — Et pourtant, si j'avais mal administré comme lui, je devrais être poursuivi en justice. — Non, il s'agit de biens que vous avez déclaré m'appartenir, après avoir donné à tout venant la faculté de former une demande en concurrence, c'est au sujet de ces biens qu'il me fait une pareille guerre, voilà comme il s'acharne contre moi. 15. Ce que j'ai dit jusqu'ici suffit, ce me semble, pour vous faire voir que je ne fais aucun tort à cet enfant et que je ne mérite en aucune façon les reproches qui me sont adressés, mais je crois que cela vous paraîtra plus clair encore quand vous saurez le reste, et dans quelles circonstances la succession m'a été adjugée. Lorsque j'ai intenté l'action en revendication de succession, mon adversaire, qui me poursuit aujourd'hui par voie extraordinaire, n'a pas jugé à propos de consigner pour une demande concurrente au nom de l'enfant; elles enfants de Stratios, qui étaient pourtant au même degré que celui-ci n'ont pas pensé qu'ils eussent un droit quelconque sur les biens dont il s'agit. 16. Mon adversaire lui-même ne m'aurait pas en ce moment cherché querelle, si je l'avais laissé mettre la main sur les biens de cet enfant sans m'y opposer. Ces gens-là, comme je viens de le dire, sachant bien qu'ils étaient en dehors de la parenté étroite, n'ont pas contesté ma demande et se sont tenus en repos. Les gens qui agissaient dans l'intérêt de la fille d'Eubulide, laquelle était légalement au même degré que le fils de Stratoclès, et avec eux les tuteurs de la mère d'Ha- gnias, furent seuls à plaider contre moi. 17. Grand fut leur embarras quand il fallut à cette occasion s'expliquer sur la proximité; aussi celle qui détenait la succession et ceux qui parlèrent de son degré de proximité eurent beau mentir, je n'eus pas de peine 206 à prouver qu'ils avaient eu l'audace d'écrire une chose contraire à la vérité. Quant à ceux qui plaidaient pour la mère d'Hagnias, laquelle était au même degré que moi (puisqu'elle était sœur de Stratios) mais exclue par la loi qui fait passer les mâles par préférence, ils n'insistèrent pas sur ce point, mais ils crurent qu'ils auraient raison de moi en écrivant qu'elle était la mère du défunt; c'est bien le plus étroit de tous les liens du sang, mais de l'aveu de tous, il n'est pas compris dan; la parenté étroite. 18. J'écrivis donc que j'étais enfant de cousin, je prouvai que ces femmes n'étaient pas dans la parenté étroite, et la succession me fut adjugée par vous. Il ne servit de rien ni à celle qui détenait la succession d'avoir eu déjà chose jugée contre ceux qui faisaient valoir contre elle le testament, ni à l'autre femme d'être la mère du défunt. Les juges d'alors respectant le droit et leurs serments n'hésitèrent pas à voter pour moi, qui réclamais la succession aux termes des lois. 19. Eh bien, si j'ai ainsi triomphé de ces deux femmes, en montrant qu'elles n'étaient pas dans la parenté étroite d'Hagnias, si à ce moment mon adversaire n'a pas osé réclamer pour l'enfant, contre nous, la moitié de la succession, si les enfants de Stration qui sont au même degré que cet enfant ne jugent pas à propos, même aujourd'hui, de réclamer contre moi à ce sujet, si je détiens la succession en vertu de l'adjudication prononcée par vous, si je prouve enfin que mon adversaire aujourd'hui encore ne peut pas dire que cet enfant se rattache à Hagnias par la proximité, que vous reste-t-il à apprendre, ou quel éclaircissement pouvez-vous désirer sur ces choses? Vous êtes gens avisés et je crois en avoir assez dit.
20. Ici mon adversaire, prompt à mentir suivant les circonstances, et convaincu que sa mauvaise foi ne lui 207 fait courir aucun risque, ose répandre contre moi force calomnies dont je parlerai tout à l'heure, et maintenant il dit que Stratoclès et moi nous nous sommes associés au moment d'entrer dans la lutte ouverte au sujet de la succession. Or, de tous ceux qui se préparaient à réclamer, nous seuls ne pouvions nous associer ensemble. 21. Oui, la fille d'Eubulide et la mère d'Hagnias, plaidant contre nous et réclamant à des titres différents, pouvaient faire un pacte entre elles, en sorte que l'une gagnant, l'autre, quoique perdant, eût une part du gain, car il devait y avoir deux urnes, une pour chacune des deux. Mais nous, nous n'étions pas dans le même cas. Le degré de parenté était le même, il y avait deux actions, tendant à la moitié de la succession pour chacun. Dans ces conditions on n'apporte qu'une seule urne pour les réclamants. Il ne peut se faire, en effet que l'un perde et que l'autre gagne. Tous deux nous courions un seul et même risque. Nous n'avions donc ni société, ni pacte à faire entre nous à ce sujet. 22. Mon adversaire ne l'entend pas ainsi. Stratoclès était mort avant que nous eussions intenté les actions, réclamant la moitié de la succession pour chacun de nous deux; aucune part des biens ne revenait de par la loi ni à Stratoclès ni à l'enfant que voici ; la succession allait m'appartenir tout entière à raison
[23] Ἆρ' ὑμῖν ὁ νόμος δοκεῖ ποιεῖν ἐξουσίαν κοινωνίας, ἀλλ' οὐκ ἄντικρυς οὑτωσὶ πᾶν τοὐναντίον, εἰ καὶ τὸ πρότερον ὑπῆρχε κοινωνία, προστάττει, διαρρήδην κελεύων τοῦ μέρους ἕκαστον λαγχάνειν καὶ τοῖς κατὰ ταὐτὸ ἀμφισβητοῦσι τιθεὶς ἕνα καδίσκον καὶ τὰς ἐπιδικασίας τοῦτον τὸν τρόπον ποιῶν; Ὁ δέ, ταῦτα τῶν νόμων λεγόντων καὶ οὐκ ἐνούσης γενέσθαι διομολογίας, οὕτως ἀλόγως πρᾶγμα τηλικοῦτον ψεύσασθαι τετόλμηκεν. [24] Οὐ μόνον δὲ τοῦτο πεποίηκεν, ἀλλὰ καὶ τὸ πάντων ἐναντιώτατον πρᾶγμα εἴρηκεν, ᾧ προσέχετε τὸν νοῦν, ὦ ἄνδρες. Φησὶ γὰρ ὁμολογῆσαί με τοῦ κλήρου τῷ παιδὶ τὸ ἡμικλήριον μεταδώσειν, εἰ νικήσαιμι τοὺς ἔχοντας αὐτόν. Καίτοι εἰ μέν τι καὶ αὐτῷ μετῆν κατὰ τὸ γένος, ὡς οὗτος λέγει, τί ἔδει γενέσθαι ταύτην αὐτοῖς παρ' ἐμοῦ τὴν ὁμολογίαν; ἦν γὰρ ὁμοίως καὶ τούτοις ἐπίδικον τὸ ἡμικλήριον, εἴ περ ἀληθῆ λέγουσιν. [25] Εἰ δὲ μὴ προσῆκεν αὐτοῖς τῆς ἀγχιστείας μηδέν, διὰ τί ἂν μεταδώσειν ὡμολόγουν, τῶν νόμων ἐμοὶ πάντων αὐτῶν δεδωκότων τὴν κληρονομίαν; Πότερα δ' οὐκ ἦν μοι λαχεῖν, εἰ μὴ πείσαιμι τούτους; Ἀλλ' ὁ νόμος τῷ βουλομένῳ δίδωσι τὴν ἐξουσίαν, ὥστε τοῦτο οὐκ ἦν αὐτοῖς εἰπεῖν. Ἀλλ' εἶχόν τινά μοι μαρτυρίαν τοῦ πράγματος, ἣν εἰ μὴ ἐμαρτύρουν, οὐκ ἔμελλον ἐπιδικάσασθαι τούτων; Ἀλλὰ κατὰ γένος ἠμφισβήτουν, οὐ κατὰ δόσιν, ὥστ' οὐδὲν ἔδει μαρτύρων. [26] Ἀλλὰ μὴν εἰ μήτε κοινώσασθαι τὸ πρᾶγμα ἐνῆν, ὅτ' ἔζη Στρατοκλῆς, μήτε ὁ πατὴρ αὐτῷ κατέλιπεν ἐπιδικασάμενος τούτων μηδέν, μήτε εἰκὸς ἦν μεταδώσειν ἐμὲ τὸ ἡμικλήριον ὁμολογῆσαι αὐτῷ, ἀπέδοτε ὑμεῖς ἐπιδικάσαντές μοι τοῦτον τὸν κλῆρον, οἱ δὲ μήτε ἔλαχον τότε αὐτῶν μήτ' ἀμφισβητῆσαι πώποτ' ἠξίωσαν, πῶς χρὴ πιστοὺς εἶναι νομίζειν τοὺς τούτων λόγους; Ἐγὼ μὲν οἴομαι οὐδαμῶς. [27] Προσποιεῖται τοίνυν οὗτος ̔ἐπειδὴ τοῦτ' εἰκότως ἂν θαυμάζοιτε, ὅτι τοῦ ἡμικληρίου τότε τὴν δίκην οὐκ ἐλάγχανον (τοῦ μὲν μὴ λαχεῖν πρὸς ἐκείνους ἐμὲ εἶναι αἴτιον ὡς ὁμολογήσαντα μεταδώσειν, ὥστε διὰ τοῦτ' οὐ παρακαταβάλλειν αὐτούς, τῆς δὲ πρὸς ἐμὲ λήξεως ἐμποδὼν εἶναι τοὺς νόμους) οὐ γὰρ εἶναι τοῖς ὀρφανοῖς κατὰ τῶν ἐπιτρόπων̓, οὐδέτερ' ἀληθῆ λέγων. [28] Οὔτε γὰρ ἂν νόμον δείξειεν ὃς κωλύει τοῦτον ὑπὲρ τοῦ παιδὸς δίκην παρ' ἐμοῦ λαμβάνειν· οὐ γάρ ἐστιν ἐναντιούμενος οὐδείς, ἀλλ' ὥσπερ καὶ γραφὰς κατ' ἐμοῦ δέδωκεν, οὕτω καὶ δίκας ἐμοὶ εἶναι καὶ τῷ παιδὶ πεποίηκεν· οὔτ' αὖ διὰ ταῦτα ἐκείνοις τοῖς ἔχουσι τοῦ κλήρου οὐκ ἐλάγχανον, ὡς ἐμοῦ μεταδώσειν ὁμολογήσαντος, ἀλλ' ὅτι οὐδ' ὁτιοῦν αὐτοῖς τούτων τῶν χρημάτων προσῆκεν. [29] Εὖ δ' οἶδ' ὅτι εἰ συνεχώρουν τῷ παιδὶ λαβεῖν ἐπιδικασαμένῳ παρ' ἐμοῦ τὸ ἡμικλήριον, οὐκ ἄν ποτε ταῦτ' ἐποίησαν οὐδ' ἐπεχείρησαν, εἰδότες, ὁπότ' ἐν τῇ ἀγχιστείᾳ μὴ ὄντες εἶχόν τι τῶν μὴ προσηκόντων, τοῦτ' ἂν ὑπὸ τῶν ἐγγύτατα γένους ῥᾳδίως ἀφῃρέθησαν. Ὅπερ γὰρ καὶ πρότερον εἶπον, οὐ δίδωσι μεθ' ἡμᾶς τοῖς ἡμετέροις παισὶ τὸ παράπαν τὴν ἀγχιστείαν ὁ νόμος, ἀλλὰ τοῖς πρὸς μητρὸς τοῦ τελευτήσαντος. [30] Ἧκεν ἂν οὖν ἐπ' αὐτὰ τοῦτο μὲν ὁ Γλαύκων ὁ τοῦ Ἁγνίου ἀδελφός, πρὸς ὃν μὴ ὅτι γένος εἶχον ἄμεινον εἰπεῖν, ἀλλὰ καὶ ἔξω τῆς ἀγχιστείας ἐφαίνοντ' ἂν ὄντες, τοῦτο δ', εἰ μὴ ἐβούλετο οὗτος, ἡ Ἁγνίου κἀκείνου μήτηρ, προσῆκον καὶ αὐτῇ τῆς ἀγχιστείας τοῦ αὑτῆς ὑέος, ὥσθ' ὁπότ' ἠγωνίζετο πρὸς τοὺς μηδὲν γένει προσήκοντας, φανερῶς ἂν ἔλαβε τὸ ἡμικλήριον παρ' ὑμῶν, τοῦτο τοῦ δικαίου καὶ τῶν νόμων αὐτῇ δεδωκότων. [31] Οὐκοῦν διὰ ταῦτ' οὐκ ἐλάγχανεν, οὐχ ὡς δι' ἐμὲ ἢ τοὺς νόμους κωλυόμενος, ἀλλὰ ταύτας [τὰς] προφάσεις ποιούμενος ἐπὶ ταύτας τὰς συκοφαντίας ἐλήλυθεν, ἐξ ὧν γραφὴν γραψάμενος καὶ ἐμὲ διαβάλλων ἐλπίζει χρήματα λήψεσθαι καὶ ἐμὲ τῆς ἐπιτροπῆς ἀπαλλάξειν. Καὶ οἴεται δεινοῦ τινος ἀνδρὸς ἔργον διαπράττεσθαι ταύταις ταῖς παρασκευαῖς, ὅτι μὴ κατορθώσας μὲν οὐδὲν ἀπολεῖ τῶν αὑτοῦ, διαπραξάμενος δ' ἃ βούλεται καὶ τὰ τοῦ παιδὸς ἀδεῶς ἤδη διαφορήσει.
[32] Οὐκοῦν οὐ δεῖ προσέχειν ὑμᾶς τοῖς τούτου λόγοις τὸν νοῦν, οὐδ' ἐπιτρέπειν, οὐδ' ἐθίζειν εἶναι γραφὰς περὶ ὧν ἰδίας δίκας οἱ νόμοι πεποιήκασιν. Ἁπλᾶ γὰρ τὰ δίκαια παντάπασίν ἐστι καὶ γνώριμα μαθεῖν· ἃ ἐγὼ διὰ βραχέων εἰπὼν καὶ παρακαταθέμενος ὑμῖν μνημονεύειν, ἐπὶ τὴν ἄλλην ἀπολογίαν ἤδη τρέψομαι τῶν κατηγορηθέντων. [33] Τί οὖν ἔστι ταῦτα, καὶ τί διορίζομαι; Εἰ μὲν κατ' ἀγχιστείαν τῶν Ἁγνίου μετεῖναί φησι τῷ παιδί, τοῦ ἡμικληρίου λαχέτω πρὸς τὸν ἄρχοντα, κἂν ὑμεῖς ψηφίσησθε, λαβέτω· ταῦτα γὰρ οἱ νόμοι κελεύουσιν. Εἰ δὲ μὴ κατὰ τοῦτο ἀμφισβητεῖ, φησὶ δὲ ὁμολογῆσαί με τῷ παιδὶ μεταδώσειν, φάσκοντος ἐμοῦ τούτων εἶναι μηδέν, δικασάσθω, κἂν ἐξελέγξῃ με ὡς ὡμολόγησα, τότ' ἤδη πραξάσθω· δίκαιον γὰρ οὕτως ἐστίν. [34] Εἰ δὲ μήτε πρὸς ἐμὲ μήτε κατ' ἐμοῦ δίκην εἶναί φησι τῷ παιδί, τὸν κωλύοντα νόμον εἰπάτω, κἂν ἔχῃ δεῖξαι, λαβέτω καὶ οὕτω τὸ μέρος τῶν χρημάτων. Εἰ δ' αὖ αὖ μήτ' ἐπιδικάσασθαί φησι δεῖν τοῦ ἡμικληρίου μήτ' ἐμοὶ δικάσασθαι, ἀλλ' ἤδη εἶναι ταῦτα τοῦ παιδός, ἀπογραψάσθω πρὸς τὸν ἄρχοντα εἰς τὴν μίσθωσιν τῶν ἐκείνου χρημάτων, ἣν ὁ μισθωσάμενος εἰσπράξει με ταῦτα ὡς ὄντα τοῦ παιδός. [35] Ταῦτα μεγάλα δίκαιά ἐστι. Tαῦτα καὶ οἱ νόμοι κελεύουσιν, οὐ μὰ Δία οὐ γραφὰς ἐμὲ φεύγειν περὶ ὧν δίκας ἰδίας εἶναι πεποιήκασιν, οὐδὲ κινδυνεύειν περὶ τοῦ σώματος, ὅτι οὐ μεταδίδωμι τῷ παιδὶ τούτων, ἃ ψήφῳ κρατήσας ἐγὼ τοὺς ἔχοντας οὕτω παρ' ὑμῶν ἔλαβον· ἀλλ' εἴ τι τῶν ὁμολογουμένων εἶναι τοῦ παιδὸς εἶχον καὶ κακῶς διέθηκα ὥστ' ἐκεῖνον κακοῦσθαι, τότε ἄν μοι κατὰ ταύτην προσῆκε κρίνεσθαι τὴν γραφήν, οὐ μὰ Δί' οὐκ ἐπὶ τοῖς ἐμοῖς.
208 23. Trouvez-vous que la loi permette de s'associer? Ne dit-elle pas précisément le contraire? S'il existe une société antérieurement formée, elle veut en termes exprès que chacun agisse pour sa part et qu'il soit apporté une seule urne pour les réclamants qui sont au même degré. Voilà comment elle organise les adjudications de succession. Eh bien, les lois parlant comme elles le font, sans aucune controverse possible, il a eu l'audace de mettre en avant, contre toute raison, cet énorme mensonge. 24. Et non seulement il a fait cela, mais ,il a allégué un fait qui est de tous le plus contraire à la vérité. Écoutez, juges. Il dit que je me suis engagé à donner à cet enfant une part de moitié de la succession, si je gagnais le procès contre les détenteurs. Mais s'il avait droit à une part à raison de son degré de parenté, ainsi que l'affirme mon adversaire, quel besoin avaient-ils d'un semblable engagement de ma part? En supposant qu'ils aient dit vrai, ils pouvaient réclamer contre moi la moitié de la succession. 25. Que s'ils n'étaient, à aucun titre, compris dans la parenté étroite, pourquoi me serais-je engagé à leur faire une part, puisque les lois elles-mêmes me donnaient la succession tout entière? Est-ce que je ne pouvais intenter mon action sans m'être entendu avec eux? Mais la loi donne à tout venant la faculté d'agir. Ils ne pouvaient donc pas alléguer celle raison. Avaient-ils à me donner un témoignage décisif, dont l'absence m'aurait empêché d'obtenir l'adjudication de la succession ? Mais je réclamais la succession à titre de parenté et non à titre de legs. Je n'avais donc pas besoin de témoins. 26. Mais alors, s'il n'était pas possible de former une société pour l'affaire, du vivant de Stratoclès, si le père de cet enfant ne lui avait rien transmis d'une succession qui ne lui avait pas été adjugée à lui-même, s'il 209 n'était pas vraisemblable que je me fusse engagé à lui remettre une part de moitié dans la succession, si vous n'avez livré cette succession après me l'avoir adjugée, si enfin mes adversaires n'ont intenté aucune action au sujet de ces biens et n'ont à aucun moment jugé à propos de contester, comment peut-on ajouter foi au langage qu'ils tiennent aujourd'hui? Cela ne me paraît pas possible. 27. Mon adversaire prétend maintenant — car vous auriez sujet de trouver étrange que ces gens-là n'aient pas alors intenté une action, réclamant la moitié de la succession — que s'ils n'ont pas intenté d'action contre les détenteurs, c'est moi qui en suis la cause, puisque je m'étais engagé à leur remettre une part. Voilà, dit-on, pourquoi ils n'ont pas contesté, et s'ils n'ont pas intenté d'action contre moi, c'est que les lois s'y opposaient, car il n'y a pas d'action pour les orphelins contre leurs tuteurs. Ces raisons ne sont vraies ni l'une ni l'autre. 28. D'une part, il ne saurait montrer aucune loi qui l'empêche de former une action contre moi dans l'intérêt de cet enfant. Il n'y en a pas une qui dise le contraire. En même temps qu'elle ouvre la voie de l'accusation contre moi, la loi a créé des actions civiles entre moi et cet enfant. D'autre part, s'ils n'ont pas intenté d'action contre les autres parents qui détenaient la succession, ce n'est pas parce que je me serais engagé à leur faire une part de la succession, c'est parce qu'ils n'avaient aucun droit à la recueillir. 29. Eussé-je même laissé cet enfant se faire adjuger contre moi la moitié de la succession, je suis tien sur qu'ils n'auraient pas agi, ni même tenté d'agir; ils savaient bien, en effet, que, n'étant pas dans la parenté étroite, s'ils avaient possédé ce qui no leur appartenait pas, les plus proches en degré n'auraient eu aucune difficulté à se le faire rendre. Car, 210 ainsi que je le disais tout à l'heure, après nous, ce n'est pas à nos enfants que la loi donne la proximité, c'est aux parents du côté de la mère du défunt. 30. Celui qui serait venu à la succession c'était d'abord Glaucon, le frère d'Hagnias; non seulement ils ne pouvaient pas se dire-plus proches en degré, mais il eût été manifeste qu'ils n'étaient même pas dans la parenté étroite. Si Glaucon s'abstenait, c'était alors la mère d'Hagnias et de Glaucon. Elle aussi était dans la parenté étroite de son fils. Si elle eût eu à lutter contre des gens étrangers à la parenté, elle se serait évidemment fait rendre par vous la moitié de la succession, que lui donnaient le droit et les lois. 31. Si donc il n'a pas agi, ce n'est pas qu'il en ait été empêché par moi ni par les lois. Ce sont là des prétextes dont il s'est servi pour se livrer à des attaques de mauvaise foi et enfui pour me mettre en accusation. A force de calomnies il espère recueillir les biens et me faire destituer de la tutelle. Il croit avoir fait acte d'habile homme en manœuvrant de la sorte. En effet, s'il ne réussit pas il n'aura rien perdu du sien, et, s'il obtient ce qu'il veut, il gagnera les biens de cet enfant, qu'il dissipera en toute sécurité.
32. Gardez-vous donc de prêter l'oreille à ses discours, ne souffrez pas qu'on prenne l'habitude de recevoir des accusations là où les lois ont institué des actions privées. Le droit est toujours simple et facile à discerner; après l'avoir expliqué, en peu de mois, je confie mes paroles à votre mémoire, et je passe maintenant a la seconde partie de ma réponse aux griefs de l'accusation. Quels sont-ils et quels points ai-je à établir? 33. Prétend-il que cet enfant a droit à la moitié de la succession d'Hagnias à raison de la proximité? Qu'il intente, alors, une action devant l'archonte, et qu'il recueille les biens si vous votez en sa faveur. C'est en effet ce qu'ordonnent les lois. S'il n'élève pas de contestation sur ce point, s'il se borne à dire que je me suis engagé à faire une part à l'enfant, qu'il intente une action contre moi, puisque je nie tout, et s'il prouve mon engagement, qu'il me force à m'exécuter, car tel est le droit. 34. Prétend-il que l'enfant n'a aucune action civile ni en restitution ni en réparation? Qu'il cite la loi qui s'y oppose, et s'il peut en montrer une, eh bien ! qu'il prenne, par ce moyen encore, sa part des biens. Soutient-il qu'il n'est besoin ni d'adjudication ni même de jugement, pour cette moitié de succession, que l'enfant a dès à présent la saisine; alors, qu'il s'adresse à l'archonte, eu désignant les biens de mineur susceptibles d'être affermés, et l'adjudicataire de la ferme recouvrera ces biens contre moi, comme appartenant à l'enfant. 35. Ce sont là des droits importants; c'est aussi là ce que prescrivent les lois. Elles ne veulent assurément pas que je sois mis en accusation là où elles ont institué des actions privées, ni que je sois menacé 4'une peine corporelle parce que je ne fais pas une part à l'enfant dans les biens que j'ai forcé les détenteurs à me restituer par jugement, et qu'ainsi je tiens de vous. Si je détiens quelque chose des biens qui appartiennent à l'enfant sans contestation et si j'ai mal administré de façon à lui porter préjudice, alors seulement j'ai mérité d'être jugé sur l'accusation qui m'est intentée, mais non quand il s'agit des biens qui m'appartiennent.
[36] Ὅτι μὲν οὖν οὔτε περὶ τούτων οὐδὲν δίκαιον πεποίηκεν οὔτε περὶ τῶν ἄλλων ἀληθὲς οὐδὲν εἴρηκεν, ἅπαντα δὲ δεινῶς πλεονεξίᾳ μεμηχάνηται διαβάλλων καὶ τοὺς νόμους παράγων καὶ ὑμῶν καὶ ἐμοῦ παρὰ τὸ δίκαιον περιγενέσθαι ζητῶν, οἶμαι μὰ τοὺς θεοὺς οὐδ' ὑμᾶς ἀγνοεῖν ἀλλ' ὁμοίως εἰδέναι πάντας, ὥστ' οὐκ οἶδ' ὅ τι δεῖ πλείω περὶ τούτων λέγειν. [37] Ὁρῶ δέ, ὦ ἄνδρες, τὴν πλείστην διατριβὴν τῶν λόγων ποιούμενον περὶ τὴν τοῦ παιδὸς οὐσίαν καὶ περὶ τὴν ἐμήν, καὶ τὰ μὲν ἐκείνου παντάπασιν ὡς ἄπορα διεξιόντα, περὶ δ' ἐμὲ πλοῦτόν τινα τῷ λόγῳ κατασκευάσαντα, καί τινα κακίαν κατηγοροῦντα ὡς ἐγὼ τεττάρων οὐσῶν Στρατοκλέους θυγατέρων οὐδεμιᾷ τολμῶ συνευπορῆσαι προικός, καὶ ταῦτ' ἔχων ̔ὡς οὗτός φησἰ τὰ τοῦ παιδίου. [38] Βούλομαι δὴ καὶ περὶ τούτων εἰπεῖν· ἐλπίζει γὰρ διὰ τῶν λόγων ἐμοὶ μὲν τινα φθόνον γενήσεσθαι παρ' ὑμῶν περὶ τῶν προσγεγενημένων χρημάτων, τοῖς δὲ παισὶν ἔλεον, ἂν ἄποροι παρ' ὑμῖν εἶναι δόξωσιν. οὔκουν ἀγνοῆσαι δεῖ περὶ αὐτῶν ὑμᾶς οὐδέν, ἀλλ' ἀκριβῶς καὶ ταῦτα μαθεῖν, ἵν' εἰδῆθ' ὅτι ψεύδεται, ὥσπερ καὶ περὶ τῶν ἄλλων ἁπάντων. Ἐγὼ γάρ, ὦ ἄνδρες, πάντων ὁμολογήσαιμι εἶναι κάκιστος, εἰ Στρατοκλέους ἄπορα τὰ πράγματα καταλιπόντος αὐτὸς εὔπορος ὢν [καὶ] μηδεμίαν ἐπιμέλειαν ποιούμενος φαινοίμην τῶν ἐκείνου παίδων. [39] Εἰ δὲ πλείονα κατέλιπεν αὐτοῖς τὰ ὄντα τῶν ἐμῶν καὶ βεβαιότερα, καὶ ταῦτα τοσαῦτ' ἐστὶν ὥστε καὶ τὰς θυγατέρας ἐξ αὐτῶν διαθεῖναι καλῶς καὶ τὸν παῖδα ἐκ τῶν λοιπῶν μηδὲν ἧττον εἶναι πλούσιον, ἐπιμελοῦμαί τε τοῦτον τὸν τρόπον αὐτῶν ὥστε καὶ πολλῷ πλείω γενέσθαι τὴν οὐσίαν, εἰκότως μὲν οὐκ ἂν ἔχοιμι μέμψιν, εἰ μὴ τἀμαυτοῦ προστίθημι τούτοις, σώζων δὲ τὰ τούτων καὶ πλείω ποιῶν δικαίως ἂν ἐπαινοίμην. Ὅτι δὲ ταῦτα οὕτως ἔχει, ῥᾳδίως ἐπιδείξω. [40] Πρῶτον μὲν οὖν τὰ τῆς οὐσίας διέξειμι, μετὰ δὲ ταῦτα ὡς καὶ διοικεῖν ἀξιῶ τὰ τοῦ παιδός.
36. Mon adversaire n'a donc rien fait, à ce sujet, qui soit conforme au droit, et sur le reste il n'a rien dit de vrai; le tout n'est qu'une manœuvre ourdie par un homme acharné contre moi, qui me calomnie, qui fait mentir les lois, qui cherche à triompher de vous et de 212 moi contre toute justice. Vous-mêmes ne l'ignorez pas, je le pense, et j'en atteste les dieux; que dis-je? vous le savez tous et vous en êtes tous convaincus. Je ne vois donc pas ce qu'il me resterait encore à dire. 37. Pourtant, juges, je vois que la plus grande partie de sa discussion a porté sur la fortune de l'enfant et sur la mienne. A l'entendre, les affaires de l'enfant seraient perdues sans ressource, tandis qu'il répand autour de moi je ne sais quel renom d'opulence, et qu'il m'accuse d'avoir mauvais cœur. En effet, Stratoclès ayant laissé quatre filles, je n'ai pu, dit-il, me résoudre à en doter une seule, alors que, à l'en croire, je détiens les biens de l'enfant. 38. Eh bien ! je veux encore m'expliquer sur ce point. Il espère, avec ces discours, me rendre odieux à vos yeux, pour cette seconde fortune ajoutée à la première, et, vous inspirer de la pitié pour ces enfants en vous faisant croire qu'ils sont sans ressource. Vous ne devez donc rien ignorer de ce qui les concerne, ou plutôt vous devez vous en instruire exactement pour être bien convaincus qu'il ment, en cela comme en tout le reste. En effet, juges, je serais, j'en conviens, le dernier des hommes si, Stratoclès ayant laissé en mourant des affaires perdues sans ressource, je n'avais moi, riche comme je le suis, montré aucun désir de prendre soin de ses enfants. 39. Mais s'il leur a laissé plus de biens que je n'en possède, et de plus solides, s'il y en a assez pour établir honorablement ses filles, sans que le fils soit moins riche avec le reste, si je prends soin de cette fortune de manière à l'augmenter considérablement, je ne mérite assurément aucun reproche pour ne pas leur donner par surcroît mes propres biens. J'ai droit au contraire à des éloges comme conservant et augmentant les leurs. 40. Or, qu'il en soit ainsi c'est ce que je vous prouverai 213 sans peine. Je vais vous montrer d'abord de quoi se compose cette fortune, et ensuite comment je trouve à propos d'administrer les biens de l'enfant.
Notre patrimoine héréditaire, à Stratoclès et à moi, était assez grand pour nous suffire, pas assez pour être soumis aux liturgies. En voici la preuve : chacun de nous avait reçu, avec la femme qu'il épousait, une dot de vingt mines. Le montant de cette dot ne fait pas supposer chez celui qui la reçoit une grosse fortune. 41. Mais Stratoclès fut assez heureux pour ajouter à ce qu'il avait déjà une fortune de plus de cinq demi-talents. En effet Théophon, le frère de sa femme, adopta en mourant une des filles de Stratoclès et lui donna la terre qu'il avait à Eleusis, valant deux talents, soixante moutons, cent chèvres, des meubles, un superbe cheval dont il se servait étant phylarque et tout le surplus des objets attachés à l'exploitation. 42. Après avoir eu la jouissance de ces biens pendant neuf ans entiers et en joignant au produit de cette jouissance son patrimoine personnel, sans compter les biens laissés à sa fille par Théophon, Stratoclès a laissé en (eut trois talents et cinq mille drachmes, à savoir un champ à Thria d'une valeur de cinq demi-talents, une maison à Mélité achetée trois mille drachmes, une autre maison de cinq cents drachmes à Eleusis. C'étaient des immeubles de rapport. Le fermage du champ était de douze mines, le loyer des maisons de trois, soit en tout quinze mines. Les créances portant intérêt s'élevaient environ à quatre mille drachmes produisant, au taux de neuf oboles, sept cent vingt drachmes par an. 43. Tout ce revenu se montait à vingt-deux mines et plus. En outre, Stratoclès a laissé des meubles, des moutons, de l'orge, du vin, des fruits récoltés, dont il fut vendu pour quatre mille neuf cents drachmes, enfin neuf cents 214 drachmes en argent comptant. Outre tout cela il y avait encore des créances qui ont été recouvrées sur des éranes, à peu près mille drachmes, que la mère de cet enfant a fait inventorier devant témoins. Je ne parle pas des autres valeurs laissées par le défunt mais non représentées par mes adversaires. Je ne compte que les biens apparents, et ceux qui sont avoués par eux. Appelle maintenant les témoins de ce que je viens de dire.
[47] Ἆρα μικρὰ τὰ διάφορα ἑκατέροις τῆς οὐσίας ἡμῶν ἐστιν, ἀλλ' οὐ τηλικαῦτα ὥστε μηδεμίαν γενέσθαι παρὰ τοὺς Στρατοκλέους παῖδας; Οὐκ ἄξιον τοῖς τούτου4 λόγοις πιστεύειν, ὃς τοσαύτης οὐσίας καταλελειμμένης ἐτόλμησεν ἐπὶ διαβολῇ ψεύσασθαι κατ' ἐμοῦ τηλικαῦτα τὸ μέγεθος. Καταλογίζεται τοίνυν ὡς ἐγὼ τρεῖς κλήρους εἰληφὼς καὶ πολλῶν χρημάτων εὐπορῶν ἀφανίζω τὴν οὐσίαν, ἵν' ὡς ἐλάχισθ' ὑμεῖς αὐτῶν ἀπολαύητε. Τοῖς γὰρ μηδὲν δίκαιον ἔχουσι περὶ τῶν πραγμάτων λέγειν ἀνάγκη πορίζεσθαι τοιούτους λόγους, ἐξ ὧν [ἂν] διαβάλλοντες πλέον ἔχειν δυνήσονται τῶν ἀντιδίκων. [48] Ἐμοὶ δὲ μάρτυρές ἐστε πάντες ὅτι οἱ τῆς ἐμῆς γυναικὸς ἀδελφοί, Χαιρέλεως καὶ Μακάρτατος, οὐ τῶν λῃτουργούντων ἦσαν ἀλλὰ τῶν βραχεῖαν κεκτημένων οὐσίαν. Μακάρτατον γὰρ ἴστε ὅτι τὸ χωρίον ἀποδόμενος καὶ τριήρη πριάμενος καὶ ταύτην πληρωσάμενος εἰς Κρήτην ἐξέπλευσεν· οὐ γὰρ τὸ ἔργον ἀφανὲς ἐγένετο, ἀλλὰ καὶ λόγον ἐν τῷ δήμῳ παρέσχε, μὴ πόλεμον ἡμῖν ἀντ' εἰρήνης ἐκεῖνος πρὸς Λακεδαιμονίους ποιήσειε. [49] Χαιρέλεως δὲ τὸ Προσπαλτοῖ χωρίον κατέλιπεν, ὃ πλέον οὐκ ἂν εὕροι τριάκοντα μνῶν. Συνέβη δὲ τὸν μὲν ταῦτα καταλιπόντα τελευτῆσαι πρότερον ἢ Μακάρτατον, ἐκεῖνον δὲ μετὰ ταύτης τῆς οὐσίας, ἣν ἔχων ἐξέπλευσεν· ἅπαντα γὰρ καὶ τὴν τριήρη καὶ αὑτὸν κατὰ τὸν πόλεμον ἀπώλεσε. καταλειφθέντος δὲ τοῦ Προσπαλτοῖ χωρίου καὶ γιγνομένου τῆς ἐκείνων ἀδελφῆς, ἐμῆς δὲ γυναικός, ἐπείσθην ὑπ' ἐκείνης εἰσποιῆσαι Μακαρτάτῳ τὸν ἕτερον τῶν παίδων· οὐχ ἵνα λῃτουργοίην, εἰ προσγένοιτό μοι τοῦτο τὸ χωρίον. [50] Ὁμοίως γὰρ καὶ [μὴ] εἰσποιήσαντος τοῦτό γ' ὑπῆρχεν· οὐδὲ γὰρ ἐλῃτούργουν διὰ τοῦτό γ' ἧττον οὐδέν, ἀλλὰ καὶ τῶν εἰσφερόντων ἦν καὶ τῶν τὰ προσταττόμενα ὑμῖν ἅπαντα ποιούντων. Ὁ δὲ ὡς περὶ ἀχρήστου μὲν πλουσίου δὲ ἐπὶ διαβολῇ ποιεῖται τούτους τοὺς λόγους. Ἐγὼ δ' ἓν κεφάλαιον ἐρῶ πάντων μέγιστον, ὃ καὶ ὑμῖν οἶδ' ὅτι δόξει δίκαιον. κοινώσασθαι γὰρ ἐθέλω τὴν οὐσίαν τὴν ἐμὴν τῇ τοῦ παιδός, καὶ εἴτε πολλὰ εἴτ' ὀλίγα ἐστίν, ἐν κοινῷ γενομένης λάβωμεν τὰ ἡμίσεα ἑκάτερος, ἵνα μηδὲν πλέον ἔχῃ ἅτερος τοῦ ἑτέρου τοῦ προσήκοντος· ἀλλ' οὐκ ἐθελήσει.
44. La fortune de Stratoclès est encore au-dessus de ces évaluations, mais je remets à plus tard ce que j'ai à vous dire sur les dissimulations commises par mes adversaires. Et ma fortune à moi, à combien s'élève-t-elle? un champ à Oenoé, valant cinq mille drachmes, un autre de trois mille à Prospalte, une maison en ville, de deux mille drachmes. En outre j'ai la succession laissée par Hagnias, environ deux talents, car je ne crois pas qu'on en puisse trouver davantage. Tout cela ne fait que trois talents et quatre mille drachmes, soit cent dix mines do moins que la fortune de cet enfant. 45. Et encore je fais entrer dans ce compte les biens du fils que j'ai donné en adoption, et je n'ai pas ajouté aux biens de l'enfant la fortune de Théophon, montant à cinq demi-talents, qui sont revenus à la sœur de l'enfant, adoptée par lui. Il y avait bien huit talents dans cette maison-là, mais le dernier article n'a pas été compris dans le compte. De plus, la succession qu'Hagnias m'a laissée ne m'est pas définitivement assurée. Il y a des procès pendants, en faux témoignage, or la loi veut qu'en cas de condamnation pour faux témoignage, 46. la procédure en adjudication de succession soit entièrement recommencée. Au contraire la succession laissée 215 à cet enfant par Stratoclès est reconnue et non contestée. Pour prouver que ma fortune se monte à la somme indiquée, y compris les biens du fils que j'ai donné en adoption, et qu'il y a des procès en Faux témoignage au sujet de la succession d'Hagnias, prends les témoignages que voici et donnes-en lecture.
47. Trouvez-vous faible la différence entre les deux patrimoines? En tous cas elle n'irait pas jusqu'à réduire à rien celui des enfants de Stratoclès. Il n'y a donc pas lieu d'ajouter foi aux discours d'un homme qui après avoir recueilli une si grosse fortune a eu l'audace de dire contre moi, pour me rendre odieux, d'aussi énormes mensonges. Il calcule que j'ai reçu trois successions, et que possesseur d'immenses richesses je dissimule ma fortune, pour vous en faire profiter le moins possible. Aussi bien, quand on n'a rien de fondé à dire au sujet des faits, on est réduit à tenir des propos de ce genre, on en tire des calomnies et on espère triompher ainsi de ses adversaires. 48. Mais vous m'êtes tous témoins que les frères de ma femme, Chaeréléos et Macartatos, loin d'être imposables aux liturgies ne possédaient qu'une fortune médiocre. Vous savez que Macartatos a vendu son champ pour acheter une galère, qu'il l'a équipée et qu'il est ensuite parti pour la Crète. C'est un fait qui n'est pas resté caché. On en a parlé dans l'Assemblée, on craignait qu'à cause de Macartatos nous eussions non plus la paix, mais la guerre avec les Lacédémoniens. 49. Quant à Chaeréléos, il a laissé la terre qui est à Prospalte et dont on ne trouverait pas plus de trente mines. Or Chseréléos qui laissait cette succession est mort avant Macartatos, et 216 celui-ci est mort à son tour, avec la fortune qu'il possédait à son départ. En effet, la galère et lui-même, tout n péri dans cette guerre. Quant au bien de Prospalte il avait été recueilli par leur sœur, ma femme, qui me persuada de donner un de mes deux enfants en adoption à Macartatos. Ce n'était pas pour me soustraire aux liturgies qui auraient frappé ma fortune augmentée de ce bien, 50. car je n'en restais pas moins imposable aux liturgies. J'étais de ceux qui contribuent et qui obéissent à tout ce que vous ordonnez. Suivant mon adversaire qui tient ces discours pour me noircir, je suis riche et je ne rends aucun service. Eh bien ! voici mon plus fort argument, qui domine tout, et je suis sur que vous trouverez ma proposition juste. Je veux confondre eu une seule masse ma fortune et celle de cet enfant, grande ou petite. Mettons le tout en commun et prenons-en chacun la moitié, en sorte qu'un des deux n'ait pas plus que l'autre. Mais mon adversaire ne voudra pas.
§ 1. La loi citée est celle qui se trouve citée dans le plaidoyer de Démosthène contre Macaratos § 51 et anatysée dans le plaidoyer d'Isée contre Apollodore. § 22. A la fin, il faut lire μέχρι ἀνεψιῶν παίδων au lieu de μέχρι ἀνεψιαδῶν παίδων; c'est ce qui résulte du contexte d'Isée, §§ 2, 11, 12.
Les termes ἀνεψιῶν παῖδες et ἀνεψιαδοῖ sont synonymes. Ils s'appliquent également aux consobrini filii qui sont au 5e degré et aux sobrini qui sont au 6e. Les premiers sont les enfants d'un cousin, les seconds sont les enfants de deux cousins.
Les enfants de deux cousins, sobrini, étaient exclus de la succession, ainsi que les petits-fils d'un cousin, v. § 12.
C'est donc à tort que Théopompe dit qu'il est ἀνεψιοῦ παῖς (§ 10) Quand il a dit au § 8 que son père et celui du défunt étaient ἀνεψιοί, il cherche à introduire une confusion dans l'esprit des juges et c'est précisément ce que Démosthène lui reproche dans le plaidoyer contre Macartatos.
§ 4. La loi citée ici par Isée me paraît être précisément celle qu'il a citée en commençant. Peut-être fait-il relire ce qui a déjà été lu.
§ 9. Cette fille d'Eubulide s'appelait Phylomaché. Quand Théopompe prétend qu'elle était en dehors de l'ἀγχιστεία, il trompe les juges, ou tout au moins il se trompe lui-même. Le contraire résulte des témoignages produits par Démosthène dans le plaidoyer contre Macartatos. C'était elle qui était la plus proche parente du défunt, comme nous l'avons expliqué dans l'argument.
On voit ici un exemple d'adoption d'une fille. Celle-ci devenait épiclère à la mort de son père adoptif. V. Thalheim, Rechtsalterthümer, p. 71, note 2, et Beauchet, Droit privé de la république athénienne, tome II, p. 43.
§ 11. Cette loi est la seule qui soit citée textuellement dans les manuscrits d'Isée.
§ 13. Théopompe a combattu la demande de Phylomaché, par la παρακαταβολή qui est une action purement civile. Il se plaint de ce qu'au lieu de suivre la même voie, son adversaire l'attaque par la voie de l'εἰσαγγελία qui a iin caractère criminel et qui tend à une condamnation pécuniaire évaluée par le poursuivant. Le fait incriminé serait la κάκωσις ὀφρανοῦ.
218 § 18. La mère d'Hagnias réclamait la succession de son fils, non comme son fils, mais comme son cousin issu de germain, sobrinus. En effet, elle était fille de Phanostrate qui était cousin germain de Polémon, père d'Hagnias. Ainsi la mère et le fils étaient entre eux ἐνεψιῶν παῖδες.
Il résulte de ce texte même que la mère n'avait aucun droit de succession, comme telle.
§ 21. Il fallait une urne pour Phylomaché et une autre pour la mère d'Hagnias, parce qu'elles avaient des intérêts opposés et exclusifs. Mais, au contraire, Théopompe et son frère Stratoclès avaient le même intérêt, celui d'obtenir la succession d'Hagnias pour la partager entre eux.
On voit par le plaidoyer de Démosthène contre Macartatos qu'outre la mère d'Hagnias il y eut encore dans ce procès plusieurs autres parties, à savoir Glaucon, son frère Glaucos, et un parent nommé Eupolème, et que l'on apporta quatre urnes. Glaucon et Glaucos avaient le même intérêt, et Eupolème n'intervenait que pour assister une des parties. Il y avait donc une urne pour Phylomaché. une pour Théopompe, une pour Glaucon et Glaucos, et enfin une pour la mère d'Hagnias.
§ 22. Nous n'avons plus le texte de cette loi, mais la procédure qu'elle instituait pour le vote, outre qu'elle est rappelée ici mèmf par Isée et ensuite par Démosthène, contre Macartatos, § 10, se trouve minutieusement décrite par Aristote à la fin de l'Ἀθηναίων πολιτεία, pag. xxxv.
§ 28. En cas d'opposition d'intérêt entre le pupille et son tuteur, on avait recours à un des autres tuteurs, car habituellement il y en avait plusieurs, sans doute dans cette prévision.
§ 31. Celui qui intente une εἰσαγγελεία est en général condamné à une amende s'il n'obtient pas au moins le cinquième des voix. mais par exception lorsque le fait qui sert de base à la poursuite est une κάκωσις ὀρφανοῦ ou ἐπικλήρου, le poursuivant n'a aucun danger à courir. V. Harpocration, v° εἰσαγγελία.
§ 34. Il y a deux sortes d'actions civiles, δίκαι, les unes πρός τινα, les autres κατά τινος. Les secondes sont celles qui tendent à des dommages-intérêts.
L'ἀπογραφή est une procédure qui consiste à remettre à l'archonte une liste de biens dont on requiert la mise en vente ou en location.
§ 35. La κάκωσις ὀργανοῦ était un crime puni d'une peine corpu- relle, sans parler des amendes et réparations. V. le plaidoyer sur la succession de Pyrrhus, § 62.
§ 41. Le phylarque était le commandant de la cavalerie fournie par une tribu. V. Harpocration, v° φύλαρχος et Aristote, Ἀθ. πολιτεία, ch. 61.
219 § 43. Il s'agit ici d'éranes dont le remboursement a été fait à la caisse de l'association, par les emprunteurs, mais qui n'uni pas encore été remis par la caisse aux prêteurs.
§ 47. Nous suivons ici le texte restitué par Reiske, mais Schoemann estime avec raison qu'il y a dans ce texte une lacune de plusieurs mots. En effet les calculs ne sont pas exacts. La fille de Stratoclès était sans doute mineure et n'a été mariée qu'après la mort de son père. Stratoclès a donc eu la jouissance des biens légués à sa fille, et a capitalisé les revenus à son profit personnel I pendant neuf ans, ce qui lui a permis d'augmenter considérablement son patrimoine. On voit par là que le père dont la fille recevait un legs faisait les fruits siens et ne devait compte que du capital.
§ 48. Il y avait sans doute une guerre entre les Crétois et les Lacédémoniens ; Macartatos a profité de l'occasion pour armer en course contre les Lacédémoniens, ce qui était permis par le droit des gens de l'antiquité. V. Bœckh, Staatshaushattung, t. I. p. 70.
§ 49. On vient de voir que même déduction faite du domaine de Prospalte il restait encore à Théopompe un capital de plus de trois talents. C'était plus qu'il n'en fallait pour être tenu de fournir les liturgies. V. Bœckh, t. I, p. 533.

References: § 1
 § 51
 § 22
 § 12
 § 8

§ 4

§ 9

§ 11

§ 13
 § 18

§ 21

§ 22
 § 10

§ 28

§ 31

§ 34

§ 35
 § 62

§ 41
 § 43

§ 47

§ 48

§ 49