Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F10-11-2014-6B_88-2014
Timestamp: 2016-10-21 13:08:31+00:00

Document:
6B_88/2014 (10.11.2014)
6B_88/2014 � � Arr�t du 10 novembre 2014
MM. et Mmes les Juges f�d�raux Mathys, Pr�sident, Jacquemoud-Rossari, Oberholzer, R�edi
et Brahier Franchetti, Juge suppl�ante.
Greffi�re : Mme Kistler Vianin.
repr�sent� par Me Manuela Ryter Godel, avocate,
Agression, tentative de s�questration et enl�vement, contravention � la LArm, r�vocation du sursis,
recours contre le jugement de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 6 septembre 2013.
Par jugement du 1er f�vrier 2013, le Tribunal criminel de l'arrondissement du Nord vaudois a reconnu A.X.________ coupable de mise en danger de la vie d'autrui, d'agression, de tentative de s�questration et d'enl�vement, de d�lit et de contravention � la LArm, de mise � disposition d'un v�hicule � un conducteur non titulaire du permis requis ainsi que d'usage abusif de plaques de contr�le. Il l'a condamn� � une peine privative de libert� de 36 mois, sous d�duction de la d�tention pr�ventive d�j� subie, et a suspendu l'ex�cution d'une partie de la peine � concurrence de 18 mois pendant cinq ans. En outre, il lui a inflig� une amende de 800 fr., la peine privative de libert� de substitution � d�faut de paiement de l'amende �tant de huit jours. Enfin, il a renonc� � r�voquer un pr�c�dent sursis et prolong� le d�lai d'�preuve d'une dur�e d'une ann�e � compter du jugement.
Statuant le 6 septembre 2013 sur appel de A.X.________ et sur appel joint du Minist�re public vaudois, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel du premier et partiellement admis celui du second. Elle a ainsi r�form� le jugement de premi�re instance. D'une part, elle a augment� la peine privative de libert� � 4,5 ans, tout en maintenant l'amende de 800 fr. et la peine privative de libert� de substitution de huit jours en cas de non-paiement de l'amende. D'autre part, elle a r�voqu� le sursis octroy� le 27 mai 2011 par le Minist�re public de l'arrondissement de Lausanne � la peine p�cuniaire de dix jours-amende � 30 fr. le jour.
B.a.�Le 31 octobre 2011, dans la soir�e, � C.________, Y.________ a gagn� un montant de 5000 fr. en jouant au Tactilo dans un bar. Il a alors pris contact par t�l�phone avec une connaissance, A.X.________, pour tenter de lui revendre le billet gagnant. Le proc�d� devait permettre � Y.________ d'�viter de d�clarer ce montant aux services sociaux dont il d�pendait et d'obtenir plus rapidement de l'argent cash. Les deux int�ress�s ont convenu de se rencontrer pour discuter du prix de rachat. Un rendez-vous a �t� fix� devant le poste de gendarmerie de C.________, endroit choisi par Y.________ pour se pr�munir d'�ventuels actes de violence de la part de A.X.________ et de son fr�re.
B.b.�Sur place, la discussion n'a finalement pas port� sur la remise du billet de Tactilo, mais sur une ancienne dette de 900 fr. que Y.________ avait � l'�gard de A.X.________. Presque imm�diatement, A.X.________ et son fr�re B.X.________, qui l'accompagnait, se sont mis � frapper Y.________ � coups de poing, puis l'ont mis � terre avant de le frapper � coups de poing et de pied pendant plusieurs minutes. Ils l'ont ensuite saisi, l'un par les jambes, l'autre du c�t� de la t�te, et ont tent� de l'enfermer dans le coffre de leur v�hicule dans le but de l'emmener discuter chez son p�re. Y.________ s'est d�battu et a finalement pu s'enfuir. Les multiples l�sions subies par ce dernier ont �t� constat�es dans un rapport �tabli le 1er novembre 2011.
Pour ces faits, A.X.________ et son fr�re B.X.________ ont �t� reconnus coupables d'agression et de tentative de s�questration et d'enl�vement.
B.c.a.�Apr�s s'�tre �chapp�, Y.________ a appel� le 117 au moyen de son t�l�phone portable. Son appel a �t� enregistr�. L'op�rateur de la police a toutefois pr�sum� qu'il s'agissait de voies de fait uniquement et a renvoy� Y.________ chez lui en lui demandant de d�poser une plainte le lendemain au poste de police de C.________. Peu apr�s 21 heures, Y.________, endolori et sonn�, a rencontr�, par hasard, D.________ et E.________, qui avaient pass� la soir�e � boire au "F.________", � C.________. Il leur a expos� ce qui s'�tait pass� avec les fr�res X.________. Tous trois ont d�cid� que l'affaire n'en resterait pas l�. Ils se sont alors rendus � G.________ � bord du v�hicule Mercedes conduit par D.________. Dans le v�hicule se trouvait un b�ton en bois. Durant le trajet, Y.________ a t�l�phon� � A.X.________ pour lui annoncer qu'il se rendait � G.________, accompagn� de deux autres personnes, pour en " d�coudre ". Arriv� devant le domicile de la famille X.________ � G.________, D.________ a hurl� le nom de A.X.________ et des insultes en albanais. Personne n'est toutefois sorti. D.________ a alors convaincu E.________ de casser la vitre d'un v�hicule parqu�, qu'il pensait appartenir � la famille X.________, au moyen du b�ton en bois se trouvant dans la Mercedes. E.________ s'est ex�cut� et a abandonn� dans l'habitacle de la voiture le b�ton en bois. Les trois hommes ont alors quitt� les lieux en voiture en direction de la gare de G.________. D�s cet instant, ils se trouvaient mains nues.
B.c.b.�Un peu plus tard, les trois pr�nomm�s sont revenus � bord de leur v�hicule en direction de la maison des fr�res X.________. Ils ont pass� � proximit� de ce logement � une vitesse r�duite. Alors qu'ils circulaient ainsi, A.X.________, muni d'une arme de poing qui n'a pas �t� retrouv�e, a fait feu en direction de la Mercedes � au moins une reprise. Quant � B.X.________, qui portait un pistolet Beretta 92S calibre 9 mm, il a lui aussi point� son arme en direction de la Mercedes et a tir� � plusieurs reprises contre l'habitacle � une distance tr�s proche du v�hicule, de l'ordre de un � trois m�tres. D.________ a �t� gravement atteint au niveau de la poitrine, mais a n�anmoins r�ussi � continuer � conduire. B.X.________ est ensuite mont� dans un v�hicule non identifi�, arriv� quelques dizaines de secondes apr�s le d�part de la Mercedes. La Mercedes a �t� prise en chasse et une course-poursuite s'est engag�e, � tombeau ouvert. Quatre � cinq coups de feu ont encore �t� tir�s sur la Mercedes qui a �t� touch�e � plusieurs reprises. La course-poursuite a cess� lorsque le chargeur du Beretta a �t� vide.
A.X.________ a �t� reconnu coupable de mise en danger de la vie d'autrui � raison de ces faits.
Contre le jugement cantonal, A.X.________ d�pose un recours en mati�re p�nale devant le Tribunal f�d�ral. Il conclut � la r�forme du jugement attaqu� en ce sens qu'il est lib�r� des infractions de mise en danger de la vie d'autrui, d'agression, de tentative de s�questration et d'enl�vement et de d�lit et contravention � la LArm, que la peine prononc�e est compatible avec le sursis et que le pr�c�dent sursis n'est pas r�voqu�. A titre subsidiaire, il conclut � l'annulation du jugement attaqu� et au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouveau jugement dans le sens des consid�rants. En outre, il sollicite l'assistance judiciaire.
Le recourant critique les faits qu'il consid�re comme �tant �tablis de mani�re manifestement inexacte sur plusieurs points.
1.1.�Le Tribunal f�d�ral est un juge du droit. Il ne peut revoir les faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente que si ceux-ci l'ont �t� de mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), c'est-�-dire arbitraire (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356). On peut renvoyer, sur la notion d'arbitraire, aux principes maintes fois expos�s par le Tribunal f�d�ral (voir par ex. : ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379). En bref, pour qu'il y ait arbitraire, il ne suffit pas que la d�cision attaqu�e apparaisse discutable ou m�me critiquable; il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation, mais aussi dans son r�sultat. Le grief d'arbitraire doit �tre invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise (art. 106 al. 2 LTF). Le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 139 II 404 consid. 10.1 p. 445).
Dans la mesure o�, comme en l'esp�ce, l'appr�ciation des preuves est critiqu�e en r�f�rence avec le principe in dubio pro reo, celui-ci n'a pas de port�e plus large que l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41).
1.2.�Le recourant conteste les faits relatifs � l'agression du 31 octobre 2011 � C.________. Il reproche � la cour cantonale d'avoir vers� dans l'arbitraire en retenant que lui et son fr�re avaient unilat�ralement agress� Y.________. Selon lui, la bagarre se serait d�roul�e en deux phases, la premi�re, dans laquelle son fr�re s'expliquait seul avec Y.________ pendant que lui serait rest� passivement dans la voiture, puis une seconde, o� il serait venu pr�ter main-forte � son fr�re alors que la bagarre avait �clat�. Il ne serait d�s lors intervenu qu'apr�s le d�clenchement de la bagarre, alors que Y.________ aurait adopt� un r�le actif.
1.2.1.�Selon l'art. 134 CP, celui qui aura particip� � une agression dirig�e contre une ou plusieurs personnes au cours de laquelle l'une d'entre elles ou un tiers aura trouv� la mort ou subi une l�sion corporelle sera puni d'une peine privative de libert� de cinq ans au plus ou d'une peine p�cuniaire. Dans l'agression, l'attaque est perp�tr�e par deux personnes au moins; il suffit toutefois que quelqu'un se joigne � une attaque d�clench�e par un tiers. L'agression se caract�rise comme une attaque unilat�rale: la ou les victimes restent passives ou se bornent � tenter de se d�fendre ( ANDREAS DONATSCH, Strafrecht III, Delikte gegen den Einzelnen , 9e �d., 2008, p. 68 s.; BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, vol. I, 3e �d., n� 6 ad art. 134 CP).
1.2.2.�La cour cantonale a retenu que Y.________ avait fait l'objet d'une agression, sur la base des �l�ments suivants. Les deux fr�res avaient admis avoir eu tous deux un r�le actif dans la bagarre. Le recourant avait reconnu lui-m�me avoir donn� des coups, alors que son fr�re avait ceintur� Y.________, puis l'avoir frapp� alors qu'il �tait � terre. La victime avait expliqu� s'�tre fait agresser violemment par A.X.________ et B.X.________; elle a indiqu� s'�tre rapidement retrouv�e au sol, recroquevill�e sur le c�t� pour tenter de se prot�ger des coups re�us un peu partout sur les membres, le dos et la t�te. Enfin, les l�sions subies (sur son dos et sa t�te) �taient un indice d'une attaque unilat�rale et non d'une altercation �quilibr�e (jugement attaqu� p. 54). Les �l�ments relev�s par la cour cantonale pour retenir une attaque unilat�rale sont pertinents. Le recourant ne d�montre pas en quoi le raisonnement des juges cantonaux serait arbitraire. Il se borne � soutenir qu'il n'est intervenu que dans un deuxi�me temps, ce qui n'est pas d�terminant; en effet, celui qui se joint � une attaque d�clench�e par un tiers se rend coupable d'agression, lorsque la victime reste passive (cf. ci-dessus). Son argumentation est purement appellatoire, et donc irrecevable, lorsqu'il soutient que Y.________ a adopt� un r�le actif.
Le recours est recevable contre les d�cisions de derni�re instance cantonale, � l'exclusion des d�cisions de premi�re instance (cf. art. 80 al. 1 LTF). Les griefs que le recourant soul�ve � l'encontre du jugement de premi�re instance sont donc irrecevables.
1.3.�Le recourant conteste la tentative de s�questration et d'enl�vement. Il soutient que le v�hicule utilis� ce soir-l�, un coup� Peugeot 406, est un v�hicule pratiquement d�muni de coffre et qu'il �tait donc impossible d'y placer un homme. Selon lui, m�me Y.________ l'aurait admis, d�clarant qu'il n'aurait pas �t� possible de l'y placer, sauf � lui casser le dos. Il subsisterait donc un doute s�rieux sur les intentions que le recourant et son fr�re avaient en saisissant Y.________.
La cour cantonale a retenu que le recourant et son fr�re avaient dit � Y.________ qu'ils comptaient l'emmener, m�me contre son gr�, chez son p�re pour r�gler cette histoire de dette et qu'ils l'ont saisi et ont tent� de le faire basculer dans le coffre, sans y parvenir en raison de la r�sistance oppos�e par la victime. Elle a admis que le mod�le de v�hicule en question �tait �quip� d'un coffre qui �tait, certes modeste, mais qui n'excluait pas qu'on y place un homme; en cons�quence, elle a consid�r� que rien ne permettait de conclure que le recourant et son fr�re avaient simul� une tentative d'enl�vement ou de s�questration et qu'ils n'avaient pas l'intention de commettre d'infraction (jugement p. 55 s.). Sur la base de ces �l�ments de fait (� savoir des intentions exprim�es par les deux fr�res et de leur tentative de faire basculer la victime dans le coffre), il n'est pas arbitraire de retenir que le recourant avait l'intention d'enlever ou de s�questrer la victime; l'exigu�t� du coffre n'y change rien.
1.4.�Le recourant conteste l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui. Il nie avoir fait usage d'une arme lors de la fusillade � G.________.
1.4.1.�Il reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte des contradictions des trois occupants de la Mercedes � propos de leurs deux passages � G.________ et du parcours emprunt� entre ceux-ci.
La cour cantonale a tenu pour �tabli, sur la base de plusieurs d�positions de t�moins oculaires, que la Mercedes dans laquelle Y.________, E.________ et D.________ avaient pris place avait effectu� deux passages � G.________. Lors du premier passage, le v�hicule, qui circulait sur la route d'Yvonnand en direction de la gare, s'�tait arr�t� � l'entr�e de la cour situ�e � l'arri�re de la maison de la famille X.________. Lors du second passage, elle avait emprunt� la Grand'Rue qui passe � l'avant de la maison. C'est lors de ce deuxi�me passage que des coups de feu avaient �t� tir�s en direction de la Mercedes. La cour cantonale a consid�r� que les motifs pour lesquels les occupants de ce v�hicule avaient, dans un premier temps, ni� l'existence des deux passages puis, de mani�re constante, �lud� la question de l'intervalle de temps qui les s�parait n'�taient pas d�terminants (jugement p. 58). Le recourant soutient que cette question est centrale et ne pouvait �tre laiss�e de c�t�. Il n'explique toutefois pas en quoi elle pourrait avoir une influence sur l'issue du litige. Insuffisamment motiv� (art. 106 al. 2 LTF), le grief soulev� est irrecevable.
1.4.2.�Le recourant fait grief � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte d'un t�moin qui se serait rendu coupable, selon lui, d'un faux t�moignage.
La cour cantonale a rappel� que la d�position de ce t�moin, requis par B.X.________, figurait dans le jugement de premi�re instance. Elle a consid�r� que ce t�moignage n'�tait pas probant et qu'il n'�tait pas n�cessaire � la r�solution du cas (jugement attaqu� p. 59). Pour le recourant, le fait que ce t�moin a menti sur ses relations avec trois des accus�s, son emploi du temps dans les heures qui ont directement pr�c�d� les faits et son implication dans les faits est un �l�ment de poids. Le recourant n'explique toutefois pas en quoi ces �l�ments auraient pu influencer le jugement des faits � son encontre et la qualification des infractions en cause. Le grief soulev� est insuffisamment motiv� (art. 106 al. 2 LTF). Il est donc irrecevable.
1.4.3.�Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir vers� dans l'arbitraire en retenant qu'il �tait le second tireur. En premier lieu, il rel�ve que seul quatre des cinq protagonistes avaient fait l'objet d'un pr�l�vement de r�sidus de poudre, D.________ y ayant �chapp� en raison du fait qu'il avait �t� bless�, que sa vie �tait en danger et qu'il avait d� �tre hospitalis�. Il note �galement que trois accus�s pr�sentaient sur leurs mains des r�sidus caract�ristiques, � savoir B.X.________, A.X.________ et Y.________. L'audition d'un expert scientifique avait mis en �vidence qu'aucune conclusion d�finitive ne pouvait �tre tir�e des r�sultats constat�s, notamment en raison de la volatilit� du nuage de poudre. Les ambulanciers lui auraient badigeonn� apr�s les faits un produit d�sinfectant sur les mains, ce qui aurait fait perdre toute fiabilit� au r�sultat des tests au Ferro-Trace en ce qui le concerne. Enfin, il rel�ve que la douille retrouv�e sur la route d'Yvonnant se trouvait � l'endroit exact o� la Mercedes s'�tait arr�t�e.
La cour cantonale a retenu que le recourant �tait le second tireur, en particulier pour les raisons suivantes. La recherche au moyen du spray Ferro-Trace sur les mains de A.X.________ montrait des zones de contact avec des m�taux, qui �taient compatibles avec la manipulation d'une arme � feu, une main tenant la crosse et l'autre enveloppant le tout pour assurer la stabilit� du tir. En outre, le test de recherche de r�sidus de tir a r�v�l� des particules sp�cifiques, en particulier au niveau des sourcils et du front. Le recourant attendait � l'ext�rieur le retour de la Mercedes; or, il est peu probable qu'il se serait expos� sans d�fense aux tirs de ses assaillants. Enfin, il est �tabli que D.________ �tait le conducteur de la Mercedes, de sorte qu'il est peu probable qu'il ait pu simultan�ment �tre ce second tireur (jugement attaqu� p. 62 ss). La motivation de la cour cantonale est convaincante. Le recourant ne parvient, sur aucun des points qu'il reprend, d'ailleurs � plusieurs reprises et de fa�on finalement confuse, � exposer en quoi la cour cantonale aurait proc�d� � une constatation arbitraire des faits. Insuffisamment motiv�s (art. 106 al. 2 LTF), les griefs soulev�s sont irrecevables.
Lorsque le recourant s'en prend directement � l'argumentation du tribunal de premi�re instance, ses griefs sont irrecevables (cf. art. 80 al. 1 LTF).
Le recourant se plaint de la violation de l'art. 389 al. 2 et 3 CPP. Il fait grief � la cour cantonale d'avoir rejet� les mesures d'instruction qu'il avait requises. Il lui avait demand� de proc�der � une inspection locale � G.________ sur les lieux o� les faits se seraient produits, d'auditionner comme t�moin H.________ ainsi que de mettre en oeuvre une expertise pour d�terminer si le bruit d'une vitre qui se brise peut �tre confondu avec celui de plusieurs d�tonations.
2.1.�La proc�dure de recours se fonde sur les preuves administr�es pendant la proc�dure pr�liminaire et la proc�dure de premi�re instance (art. 389 al. 1 CPP). L'administration des preuves n'est r�p�t�e qu'� des conditions strictes (art. 389 al. 2 CPP) : les dispositions en mati�re de preuves doivent avoir �t� enfreintes (let. a); l'administration des preuves doit avoir �t� incompl�te (let. b) ou encore les pi�ces relatives � l'administration des preuves ne doivent pas sembler fiables (let. c).
En l'esp�ce, le recourant requiert la r�p�tition de l'inspection locale � G.________. Les premiers juges ont proc�d�, le 16 janvier 2013, � une vision locale sur les lieux de la fusillade (jugement de premi�re instance p. 90). En outre, le rapport du 22 mars 2012 de la police de s�ret� ainsi que les photographies prises par l'Identit� judiciaire permettent de visualiser les lieux (pi�ce 133 et 134). Ces preuves sont suffisantes. Le recourant ne fait valoir, pour demander la r�p�tition de cette mesure d'instruction, aucun motif tir� de l'art. 389 al. 2 CPP. Son grief doit donc �tre rejet�.
2.2.�L'administration de preuves nouvelles n'est ordonn�e que pour autant qu'elle soit n�cessaire au traitement de l'appel (art. 389 al. 3 CPP). Il n'y a donc pas lieu d'administrer des preuves sur des faits non pertinents, notoires, connus de l'autorit� ou d�j� suffisamment prouv�s. Le l�gislateur a ainsi consacr� le droit des autorit�s p�nales de proc�der � une appr�ciation anticip�e des preuves. Le refus d'instruire ne viole le droit d'�tre entendu des parties que si l'appr�ciation anticip�e de la pertinence du moyen de preuve offert, � laquelle le juge a proc�d�, est entach�e d'arbitraire (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.).
2.2.1.�Le recourant sollicite, en tant que preuve nouvelle, l'audition comme t�moin de son oncle H.________ pour attester que des soins lui avaient �t� prodigu�s aux mains apr�s l'incident. Il tente ainsi de remettre en question les r�sultats du test Ferro-Trace.
La cour cantonale a relev� que, outre les mains, diverses investigations techniques ont r�v�l� d'autres traces de poudre importantes sur les sourcils du recourant, son front et les manches d'habit qu'il portait (jugement attaqu� p. 64). En outre, le rapport d'intervention de la police intervenue sur les lieux mentionnait qu'une ambulance avait �t� d�p�ch�e sur place et que le personnel soignant avait prodigu� des soins au recourant, qui pr�sentait une coupure au genou gauche cons�cutive � une chute, mais le rapport ne faisait aucune mention de trace de soins sur les mains (jugement attaqu� p. 64, 51). La cour cantonale a �galement mis en doute que l'oncle du pr�venu, dont on pouvait douter de l'impartialit� pour ce seul motif de parent�, puisse se souvenir, plus d'un an apr�s les faits, au moment de la lecture du jugement, que des ambulanciers auraient badigeonn� les mains du recourant au moyen d'un produit d�sinfectant (jugement attaqu� p. 51). Enfin, elle a not� que rien ne permettait d'affirmer qu'un d�sinfectant serait de nature � provoquer un faux r�sultat positif � un test Ferro-Trace (jugement attaqu� p. 51).
L'appr�ciation anticip�e des preuves op�r�e par la cour cantonale ne soul�ve aucune critique. Elle a conclu, sur la base de divers �l�ments, que le recourant �tait le second tireur, et �cart� le t�moignage de son oncle, au motif qu'il n'apparaissait gu�re cr�dible (lien de parent�, anciennet� des faits). Le recourant ne remet du reste pas en cause cette appr�ciation anticip�e des preuves et ne d�montre pas que celle-ci serait entach�e d'arbitraire, mais se borne � soutenir que le t�moignage de son oncle serait d�terminant. Dans la mesure o� il est recevable (cf. art. 106 al. 2 LTF), le grief soulev� par le recourant doit donc �tre �cart�.
2.2.2.�Le recourant a encore sollicit� l'�tablissement d'une expertise afin de d�terminer si le bruit d'une vitre qui se brise peut �tre confondu avec celui de plusieurs d�tonations. Selon lui, il s'agit d'une question technique qui ne rel�verait en aucun cas de l'appr�ciation. Cette expertise permettrait de d�montrer que ces bruits pouvaient �tre confondus et, donc, que lui et sa famille pouvaient �tre l�gitimement convaincus qu'un ou plusieurs coups de feu avaient �t� tir�s en raison du bruit provoqu� par le bris de la vitre du v�hicule stationn� devant leur maison.
La cour cantonale a consid�r� que la r�ponse � cette question ne n�cessitait pas des connaissances et des capacit�s sp�ciales, dont seul un expert disposait (cf. art. 182 CPP), et s'est fond�e sur les t�moignages des voisins. Son point de vue doit �tre suivi. En effet, les voisins qui se trouvaient sur place au m�me moment sont la meilleure r�f�rence pour d�terminer le bruit que le recourant et sa famille ont pu entendre. La cour cantonale a retenu que la grande majorit� des t�moins habitant le quartier ont distingu� deux sortes de bruits s�par�s par un intervalle de temps de dix � quinze minutes correspondant selon toute vraisemblance � celui s�parant les deux passages de la Mercedes devant la maison de la famille X.________ (jugement attaqu� p. 59 s.) et a conclu que les passagers de la Mercedes n'�taient pas en possession d'une arme � feu. Par son argumentation, le recourant ne discute pas ni ne remet en cause l'appr�ciation anticip�e des preuves effectu�e par la cour cantonale. Dans la mesure de sa recevabilit�, le grief soulev� doit �tre rejet�.
Le recourant conteste s'�tre rendu coupable de mise en danger de la vie d'autrui (art. 129 CP), faisant valoir qu'il se serait content� de tirer en l'air.
3.1.�L'art. 129 CP r�prime le comportement de celui qui, sans scrupules, aura mis autrui en danger de mort imminent.
Le danger au sens de l'art. 129 CP suppose un risque concret de l�sion, c'est-�-dire un �tat de fait dans lequel existe, d'apr�s le cours ordinaire des choses, la probabilit� ou un certain degr� de possibilit� que le bien juridique soit l�s�, sans toutefois qu'un degr� de probabilit� sup�rieur � 50 % soit exig� (ATF 121 IV 67 consid. 2b p. 70). Il doit en outre s'agir d'un danger de mort, et non pas seulement d'un danger pour la sant� ou l'int�grit� corporelle (ATF 101 IV 154 consid. 2a p. 159). Enfin, il faut que le danger soit imminent. La notion d'imminence n'est toutefois pas ais�e � d�finir. Elle implique en tout cas, outre la probabilit� s�rieuse de la r�alisation du danger concret, un �l�ment d'imm�diatet� qui se caract�rise moins par l'encha�nement chronologique des circonstances que par le lien de connexit� direct unissant le danger et le comportement de l'auteur. L'imm�diatet� dispara�t ou s'att�nue lorsque s'interposent ou surviennent des actes ou d'autres �l�ments ext�rieurs (ATF 106 IV 12 consid. 2a p. 14).
Dans le cas particulier de l'usage d'une arme � feu, il est admis qu'il y a mise en danger de la vie d'autrui lorsque l'auteur tire un coup de feu � proximit� d'une personne qui, par un mouvement inattendu, pourrait se trouver sur la trajectoire et recevoir un coup mortel. Il en va de m�me si l'auteur tire un coup de feu, sans viser personne, et que quelqu'un pourrait �tre frapp� mortellement par un ricochet de la balle ( BERNARD CORBOZ, les infractions en droit suisse, vol. I, 3e �d., 2010, n� 19; STEFAN TRECHSEL/THOMAS FINGERHUTH, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Praxiskommentar, 2e �d., 2012, n� 3 ad art. 129 CP).
Du point de vue subjectif, il faut que l'auteur ait agi intentionnellement et que l'acte ait �t� commis sans scrupules (sur cette condition, voir ATF 114 IV 103 consid. 2a p. 108). L'auteur doit avoir conscience du danger de mort imminent pour autrui et adopter volontairement un comportement qui le cr�e (ATF 121 IV 67 consid. 2d p. 75 in fine). En revanche, il ne veut pas, m�me � titre �ventuel, la r�alisation du risque (ATF 107 IV 163 consid. 3 p. 165).
3.2.�En l'esp�ce, il ressort du jugement attaqu� que le recourant avait fait feu en direction de la Mercedes � au moins une reprise, que les tirs avaient pour l'essentiel eu lieu dans la Grand'Rue et que la Mercedes avait �t� prise pour cible (jugement attaqu� p. 35, 61). Dans la mesure o� le recourant soutient qu'il s'est content� de tirer en l'air, il s'�carte de cet �tat de fait, sans pour autant d�montrer que celui-ci est arbitraire. Dans ces conditions, l'�tat de fait, tel que retenu par la cour cantonale, lie la cour de c�ans. En tirant sur la voiture, le recourant a cr�� un danger concret et imminent pour la vie des occupants du v�hicule, mais aussi pour les passants et les habitants de la rue. Sur le plan subjectif, celui qui avec conscience et volont� tire dans la rue avec une arme � feu tient n�cessairement pour possible qu'il puisse mettre la vie d'autrui en danger et l'accepte; il faut donc admettre que le recourant a agi intentionnellement. Pour le surplus, son comportement traduit une absence de scrupules: il n'a eu aucune h�sitation � mettre en danger la vie des passagers du v�hicule et des usagers du domaine public en tirant dans la rue, sous pr�texte de se poser en justicier. En cons�quence, c'est � juste titre que la cour cantonale a condamn� le recourant pour mise en danger de la vie d'autrui.
Le recourant critique la dur�e de la peine privative de libert� qui lui a �t� inflig�e.
4.1.�L'art. 47 CP pr�voit que le juge fixe la peine d'apr�s la culpabilit� de l'auteur. Il prend en consid�ration les ant�c�dents et la situation personnelle de ce dernier ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (al. 1). L'alin�a 2 de cette disposition �num�re une s�rie de crit�res � prendre en consid�ration pour d�terminer la culpabilit� de l'auteur (ATF 136 IV 55 consid. 5.4 p. 59; 134 IV 17 consid. 2.1 et les r�f�rences cit�es).
Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Il y a toutefois violation du droit f�d�ral lorsque le juge sort du cadre l�gal, se fonde sur des crit�res �trangers � l'art. 47 CP, omet de prendre en consid�ration des �l�ments d'appr�ciation pr�vus par cette disposition ou, enfin, si la peine qu'il prononce est exag�r�ment s�v�re ou cl�mente au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation (ATF 136 IV 55 consid. 5.6 p 61; 134 IV 17 consid. 2.1; 129 IV 6 consid. 6.1 et les r�f�rences cit�es).
4.2.�Le recourant soutient qu'il se trouvait en �tat de choc lors des faits et que cet �tat psychique justifie l'application de l'art. 48 let. c CP. En effet, il explique qu'il avait acquis la conviction que les occupants de la Mercedes avaient fait feu dans leur direction lors de leur premier passage, ce qui avait suscit� un �tat de panique.
Selon l'art. 48 let. c CP, le juge att�nue la peine si l'auteur a agi en proie � une �motion violente que les circonstances rendaient excusable ou s'il a agi dans �tat de profond d�sarroi. L'�motion violente est un �tat psychologique particulier, d'origine �motionnelle et non pas pathologique, qui se caract�rise par le fait que l'auteur est submerg� par un sentiment violent qui restreint dans une certaine mesure sa facult� d'analyser correctement la situation ou de se ma�triser (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 203). Le profond d�sarroi vise un �tat d'�motion qui m�rit progressivement pendant une longue p�riode, jusqu'� ce que l'auteur soit compl�tement d�sesp�r� (ATF 119 IV 202 consid. 2a p. 204).
Le jugement attaqu� ne constate pas, en fait, que le recourant �tait dans un �tat de panique ou de choc, � la suite du bruit de vitre cass�e. Or, la cour de c�ans ne saurait se fonder sur des faits non �tablis dans le jugement cantonal, � moins que les faits en question aient �t� omis de mani�re arbitraire. En l'esp�ce, le recourant ne se plaint d'aucun arbitraire. Il se borne � citer un rapport de police qui rapporterait que " le recourant, bless� au genou � la suite � sa chute, se trouvait en �tat de choc � l'arriv�e de l'ambulance ". Ce rapport de police ne dit cependant pas que cet " �tat de choc " a �t� caus� par le bris de vitre; en outre, celui-ci, sur cette seule base et en l'absence de toute autre pr�cision, ne saurait r�aliser la d�finition de l'�motion violente ou du d�sarroi au sens de l'art. 48 let. c CP. Insuffisamment motiv� (art. 106 al. 2 LTF), le grief soulev� est irrecevable.
4.3.�Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir retenu qu'il �tait sournois.
Savoir si quelqu'un est sournois est une question qui rel�ve de l'�tablissement des faits. La cour de c�ans ne saurait s'�carter de cette constatation de fait, � moins que celle-ci ne soit arbitraire. Le recourant se borne � contester ce fait, sans pour autant all�guer l'arbitraire et encore moins le d�montrer. Insuffisamment motiv� (art. 106 al. 2 LTF), son grief est donc irrecevable.
4.4.�Le recourant soutient qu'il a exprim� des regrets, contrairement � ce que soutient le cour cantonale.
La cour cantonale a retenu que les regrets exprim�s par le recourant ne manifestaient pas une v�ritable remise en question, mais �taient plut�t une lamentation sur les cons�quences de la proc�dure pour lui-m�me (jugement attaqu� p. 66). Les constatations de la cour cantonale ne peuvent �tre que confirm�es. En effet, les regrets que le recourant invoque dans son m�moire (p. 38) ne concernent que son fr�re et sa famille, sans qu'il ne fasse aucune r�f�rence aux victimes. Le grief soulev� par le recourant est donc infond�.
4.5.�Le recourant fait grief � la cour cantonale d'avoir retenu qu'il �tait sans activit� professionnelle, alors qu'il �tait en soin et qu'il demeurait � la maison pour s'occuper de ses enfants.
Le tribunal de premi�re instance avait retenu � d�charge le fait que le recourant avait une perspective professionnelle. Mais celle-ci ne s'est pas r�alis�e, de sorte que cet �l�ment ne pouvait plus �tre retenu � d�charge, ce qu'a constat� la cour cantonale. Pour le surplus, l'�tat de stress post-traumatique all�gu� n'a pas �t� �tabli (jugement attaqu� p. 66) et il n'est pas particuli�rement m�ritoire de s'occuper de ses enfants tandis que son �pouse subvient � l'entretien de la famille (jugement attaqu� p. 26). Aucun grief ne peut donc �tre fait � la cour cantonale.
4.6.�Le recourant ne cite en d�finitive aucun �l�ment important, propre � modifier la peine, qui aurait �t� omis ou pris en consid�ration � tort. Il convient d�s lors d'examiner si, au vu des circonstances, la peine inflig�e appara�t exag�r�ment s�v�re au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation.
En l'esp�ce, la faute du recourant est lourde. Il s'est rendu coupable de mise en danger de la vie d'autrui, d'agression et de tentative d'enl�vement et s�questration. Il a commis ainsi deux crimes et tent� un troisi�me, tous sanctionn�s d'une peine privative de libert� pouvant aller jusqu'� cinq ans. Son comportement traduit une absence de scrupules: il n'a eu aucune h�sitation � mettre en danger la vie des passants et usagers du domaine public en tirant dans la rue, sous pr�texte de se poser en justicier. A charge, il faut tenir compte du concours d'infractions (art. 49 al. 1 CP) et des ant�c�dents d�favorables. Aucun �l�ment � d�charge n'entre en consid�ration.
En conclusion, la peine privative de libert� de 4,5 ans n'appara�t pas, au vu des circonstances, s�v�re � un point tel qu'il faille conclure � un abus du large pouvoir d'appr�ciation accord� � la cour cantonale. Le grief de violation de l'art. 47 CP est d�s lors infond�.
Le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
La Greffi�re : Kistler Vianin

References: ATF 
in dubio
 art. 134
 art. 80
 art. 80
 art. 106
 art. 182
 art. 129
 ATF 
in fine