Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F23-03-2006-5C-271-2005
Timestamp: 2016-10-24 08:52:14+00:00

Document:
5C.271/2005 (23.03.2006)
5C.271/2005 /frs
d�fendeur et intim�, repr�sent� par Me Renata Brianza, avocate,
X.________, n� le 17 novembre 1945 � Lucerne, et dame X.________, n�e le 4 janvier 1948 � Ligniz (Pologne), se sont mari�s le le 7 septembre 1973 et ont eu deux enfants, aujourd'hui majeurs. Ils vivent s�par�s depuis 1998. Le mari est domicili� � Hergiswil et exploite un cabinet m�dical � Zurich, tandis que l'�pouse s'est �tablie � Gen�ve.
Par jugement du 19 mai 2004, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, statuant sur la demande en divorce form�e le 21 f�vrier 2001 par l'�pouse, a notamment prononc� le divorce (ch. 1 du dispositif), condamn� le d�fendeur � verser � la demanderesse une contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois jusqu'au 30 novembre 2010 (ch. 2), liquid� le r�gime matrimonial et condamn� le d�fendeur � verser � la demanderesse un montant de 84'875 fr. avec int�r�ts � 5% d�s l'entr�e en force du jugement, sous d�duction de 2'150 fr. avec int�r�ts d�s le 18 avril 2001 (ch. 3), autoris� le d�fendeur � �teindre cette dette par la cession � la demanderesse, � due concurrence, de ses droits � l'encontre de la Rentenanstalt d�coulant de trois polices d'assurance vie (nos aaa, bbb et ccc) contract�es au titre d'un troisi�me pilier (ch. 4), attribu� au d�fendeur la part de copropri�t� de 50% de la demanderesse sur l'appartement en propri�t� par �tages de Hergiswil (ch. 5) et ordonn� au conservateur du registre foncier de proc�der au transfert de propri�t� (ch. 6) moyennant la reprise par le d�fendeur de l'entier de la dette hypoth�caire (ch. 7).
La demanderesse a appel� de ce jugement aupr�s de la Cour de justice du canton de Gen�ve. Pr�alablement, elle sollicitait qu'il f�t ordonn� au d�fendeur de produire de nombreuses pi�ces et que f�t ordonn�e une expertise de la client�le (goodwill) du cabinet m�dical du d�fendeur. Sur le fond, la demanderesse concluait notamment au paiement d'une contribution d'entretien index�e de 10'000 fr. par mois, � l'octroi d'une indemnit� �quitable pour contribution extraordinaire, dont la quotit� �tait � appr�cier par la Cour de justice, au paiement d'une somme de 336'884 fr. � titre de liquidation partielle du r�gime matrimonial et � la vente de gr� � gr�, respectivement aux ench�res en cas de d�saccord des parties, de l'appartement de Hergiswil.
Le d�fendeur a conclu � l'irrecevabilit� de la conclusion non chiffr�e de la demanderesse tendant � l'octroi d'une contribution extraordinaire et au d�boutement de la demanderesse pour le surplus. Il a en outre form� appel incident s'agissant des chiffres 2 et 3 du dispositif du jugement de premi�re instance.
Par arr�t du 16 septembre 2005, la Chambre civile de la Cour de justice a d�bout� la demanderesse de ses conclusions sur mesures provisoires, qui tendaient au versement d'une contribution d'entretien de 5'500 fr. par mois d�s le 1er avril 2005. Sur le fond, la cour cantonale a r�form� le jugement de premi�re instance au chiffre 3 de son dispositif en condamnant le d�fendeur � verser � la demanderesse un montant de 80'887 fr. 90 plus int�r�ts � 5% d�s l'entr�e en force du jugement, qui a �t� confirm� pour le surplus. La motivation de cet arr�t est en substance la suivante :
D.a Les conclusions pr�alables de la demanderesse tendant � la production de pi�ces en application de l'art. 186 al. 2 LPC/GE doivent �tre rejet�es, pour les raisons suivantes :
- le d�fendeur ayant produit sa comptabilit� 2002-2003, le chef de conclusions tendant � la production de celle-ci est devenu sans objet;
- l'intim� n'a per�u aucun revenu du Rotkreuzspital, �tablissement ferm� le 30 septembre 1997, ni aucun honoraire du Bethanienspital de 1998 au 16 novembre 2004, date de son attestation. Il n'y a donc pas lieu de lui ordonner de produire le relev� des honoraires per�us de ces h�pitaux;
- les autres pi�ces requises, relatives � un contrat de pr�t avec Y.________, au prix de vente des mobile homes et au capital per�u � la suite de la vente d'actions Rentenanstalt, ne sont pas pertinentes, car il s'agit de rapports contractuels des parties relevant du pass� et inexistants � la date de leur demande en divorce. Autrement dit, il ne s'agit pas de dresser leur comptabilit� durant le r�gime matrimonial, mais d'arr�ter la composition de leurs biens propres et acqu�ts � la date de la demande de divorce (art. 204 al. 2 CC);
- enfin, la demanderesse ne saurait exiger l'int�gralit� des extraits bancaires du 1er janvier 1995 au 31 d�cembre 2003, d�s lors que le montant des avoirs bancaires � l'�poque du divorce est �tabli, ce que les parties admettent.
Par ailleurs, le d�fendeur a �tabli par pi�ces le montant de ses avoirs bancaires au 30 septembre 2003, respectivement au 4 novembre 2003, ce qui est pertinent pour l'appr�ciation de l'�ventuelle contribution � l'entretien de la demanderesse.
D.b La valeur du cabinet m�dical appartenant au d�fendeur �tait de 12'629 fr. en 2003.
La demanderesse sollicite � titre pr�alable une expertise de la valeur de la client�le du d�fendeur, qu'elle �value � 102'750 fr. en deuxi�me instance. � l'appui de son argumentation, elle produit une circulaire de juin 1999 de l'Association des M�decins du canton de Gen�ve, dont il ressort que cette association interdit de c�der les dossiers de la "patient�le" mais reconna�t qu'au plan suisse FMH-Services attribue une valeur � celle-ci �quivalant � 20% du chiffre d'affaires moyen r�alis� au cours des cinq derni�res ann�es.
Le d�fendeur conteste toute valeur � sa client�le, en raison du rapport de confiance existant entre ses patients et lui. Il produit un courrier de Medadviser du 16 novembre 2004, qui exclut d'attribuer une valeur � sa client�le en raison de la concurrence qui s�vit � Zurich, du fait que de nombreux confr�res ont d� fermer leurs cabinets � d�faut de repreneur, de la rentabilit� insuffisante des cabinets m�dicaux et en particulier de celui du d�fendeur, du manque d'attractivit� de ceux-ci pour un m�decin chef de clinique �tabli � Zurich, de la baisse de la valeur du point avec l'introduction du Tarmed et de la possible suppression de l'obligation de contracter des caisses maladie.
En l'occurrence, il ne se justifie pas de proc�der � une expertise en application de l'art. 255 al. 1 LPC/GE. En effet, la client�le d'un m�decin ne repr�sente pas une valeur immat�rielle certaine dans son patrimoine, principalement en raison du lien de confiance personnel qui pr�vaut dans sa relation avec ses patients. Le fait que certains confr�res trouvent des repreneurs dispos� � verser une somme � ce titre n'est pas pertinent, d�s lors qu'il ne s'agit que d'une �ventualit� laiss�e au bon vouloir des int�ress�s.
D.c La demanderesse soutient qu'elle aurait droit � une indemnit� �quitable pour contribution extraordinaire � la profession de son conjoint. Affirmant avoir travaill� � plein temps pour le cabinet m�dical du d�fendeur pendant dix mois par ann�e sur une p�riode de quinze ans, elle a sollicit� une indemnit� �quitable de 900'000 fr. en premi�re instance, qu'elle s'abstient de chiffrer en appel.
Selon l'art. 300 let. d LPC/GE, l'appel comporte les conclusions de l'appelant. Dans les actions en paiement d'une somme d'argent, les conclusions doivent contenir l'indication chiffr�e du montant r�clam� (SJ 2004 I 262), sous r�serves d'exceptions. En l'occurrence, la demanderesse devait chiffrer sa pr�tention, le juge n'�tant pas appel� � statuer d'office ni � �valuer le montant en application de l'art. 42 al. 2 CO. Il s'ensuit que la pr�tention est irrecevable.
Serait-elle recevable qu'elle aurait de toute mani�re d� �tre rejet�e. En effet, si la demanderesse a sans conteste travaill� pour le compte du d�fendeur au d�but de son installation, il n'appara�t pas que sa collaboration ait rev�tu un caract�re extraordinaire, c'est-�-dire notablement sup�rieur � ce qu'exigeait sa contribution � l'entretien de la famille. Les t�moignages ainsi que le fait qu'elle ait �t� membre de nombreux clubs ne permettent pas de retenir que la demanderesse aurait collabor� au cabinet du d�fendeur au-del� de ce qu'exigeait sa contribution � l'entretien de la famille. Elle �tait en outre quasiment lib�r�e des t�ches m�nag�res et a b�n�fici� de l'�l�vation de son niveau de vie par les biens immobiliers que le couple a acquis et dont elle a re�u la copropri�t�.
D.d Les parties �taient copropri�taires � parts �gales d'une villa mitoyenne sise � Lucerne, acquise en 1995 au prix de 850'000 fr. et vendue 900'000 fr. le 25 juin 2003. Le prix de vente a servi � �teindre le pr�t hypoth�caire des parties aupr�s du Cr�dit Suisse (695'000 fr.), leur dette personnelle aupr�s de cette banque (150'000 fr.), les int�r�ts (6'708 fr.), les honoraires du courtier (18'292 fr.) et � verser 30'000 fr. � la demanderesse, ce qui ressort du d�compte inclus dans l'acte de vente. En effet, le d�fendeur a accept� de d�dommager la demanderesse de 30'000 fr. pour avoir tard� � d�cider de vendre ce bien et avoir manqu� des opportunit�s d'en obtenir un meilleur prix.
Pour acqu�rir cette maison, les parties avaient emprunt� 150'000 fr. aupr�s de l'hoirie Y.________, dette qu'elles n'ont pas encore rembours�e et qui gr�ve leurs acqu�ts � parts �gales.
D.e Les parties sont demeur�es copropri�taires � parts �gales d'un appartement de 130 m2 � Hergiswil, qu'elles ont acquis en 1987 au prix de 470'000 fr. La valeur de cet appartement �tait de 520'000 fr. selon une expertise priv�e du 18 janvier 2000, valeur admise par les parties.
Une expertise priv�e du 23 septembre 2003 requise par le d�fendeur estimait la valeur de l'appartement entre 430'000 fr. et 440'000 fr. Elle relevait que l'appartement �tait priv� d'ensoleillement en soir�e et situ� dans un site passablement construit au cours de ces derni�res ann�es, ce qui avait conduit � une r�duction de la port�e de la vue d'un tiers. L'expert priv� soulignait en outre les immissions en provenance de l'autoroute A2. Sur un total de 5 points attribu�s par la pr�c�dente expertise, il a d�duit 1,5 point en raison des nuisances sonores et de la restriction de vue. � son sens, l'entretien �tait plut�t d�ficient et il recommandait l'investissement de 76'550 fr. pour compenser les effets du temps et de 10'643 fr. pour de petites interventions int�rieures.
Le premier juge a retenu une valeur de 440'000 fr., correspondant � l'estimation de l'expertise priv�e command�e par le d�fendeur. Une telle conclusion ne pr�te pas le flanc � la critique. Certes, une expertise priv�e n'a pas davantage de valeur probante qu'un all�gu� d'une partie. Toutefois, la demanderesse s'est abstenue de solliciter une expertise, bien qu'elle en ait eu la possibilit�, plaidant alors au b�n�fice de l'assistance juridique. L'expertise priv�e effectu�e en septembre 2003 explique la diminution de la valeur v�nale par des �l�ments (augmentation du nombre de constructions aux alentours, immissions provenant de l'autoroute A2, investissements � effectuer pour l'entretien du bien) dont la premi�re expertise ne faisait pas mention et qui justifient effectivement une r�duction de la valeur de l'immeuble. La demanderesse soutient certes avec raison que seule la vente de l'immeuble permet d'en conna�tre la valeur v�nale. Cela �tant, il est notoire que dans le cadre d'une vente aux ench�res, � laquelle elle conclut, le prix de vente d'un bien immobilier n'atteint en g�n�ral pas le prix d'une vente de gr� � gr�. La solution choisie par le premier juge ne pr�t�rite ainsi pas les int�r�ts de la demanderesse, contrairement � ce que celle-ci soutient.
Il en r�sulte que la valeur de l'appartement s'inscrit � concurrence de 220'000 fr. � l'actif des acqu�ts de chaque partie. La dette hypoth�caire, de 441'000 fr. au total, gr�ve le passif de leurs acqu�ts, de 220'500 fr. chacun. En outre, les parties s'accordent � partager � parts �gales le solde du mobilier acquis pendant le mariage et garnissant cet appartement, valant 2'000 fr., qui s'inscrit � l'actif de leurs acqu�ts � raison de 1'000 fr. chacun.
D.f Par d�cision du Tribunal du district de Zurich du 26 novembre 1999, le d�fendeur a obtenu la jouissance exclusive de l'appartement de Hergiswil, qui constitue son domicile bien qu'il r�side certaines nuit�es dans son studio de Zurich afin d'�viter des d�placements. Le d�fendeur justifie d�s lors d'un int�r�t pr�pond�rant � ce que ce bien en copropri�t� lui soit attribu� enti�rement en application de l'art. 205 al. 2 CC, puisque, comme on le verra, il est �galement en mesure de d�sint�resser pleinement la demanderesse pour le rachat de sa part.
D.g Le compte d'acqu�ts du d�fendeur comprend, � l'actif, les postes suivants :
- la part d'une demie du d�fendeur sur l'appartement de Hergiswil, par 220'000 fr., et sur le mobilier le garnissant, par 1'000 fr.;
- la valeur de rachat d'une police d'assurance vie existant � la date de la demande de divorce mais r�sili�e en novembre 2001, par 40'725 fr. 50, sous d�duction d'un montant de 10'000 fr. qui a servi � �teindre un arri�r� d'imp�t et qui est admis par la demanderesse;
- la valeur du cabinet m�dical, par 12'629 fr., � laquelle il convient d'ajouter les fonds propres du d�fendeur � la date la plus proche de la liquidation, soit 1'041 fr. 40 au 31 d�cembre 2003.
Compte tenu d'un passif de 392'292 fr. (comprenant une dette envers la Banque cantonale de Nidwald, par 96'792 fr., la moiti� de la dette hypoth�caire grevant l'appartement de Hergiswil, par 220'500 fr., et la moiti� de la dette envers l'hoirie Y.________, par 75'000 fr.), le b�n�fice du compte d'acqu�ts du d�fendeur est ainsi de 166'075 fr. 75.
La demanderesse, dont le compte d'acqu�ts se solde par un d�ficit (cf. art. 210 al. 2 CC), a droit � la moiti� du b�n�fice du d�fendeur (art. 215 al. 1 CC), soit � 83'037 fr. 90. Le d�fendeur ayant d�clar� opposer la compensation avec sa cr�ance de d�pens de 2'150 fr. r�sultant de la proc�dure zurichoise, il sera condamn� � verser le montant de 80'887 fr. 90.
D.h Le premier juge a admis que le d�fendeur se lib�re de sa dette issue de la liquidation du r�gime matrimonial en c�dant � due concurrence ses droits � l'encontre de la Rentenanstalt d�coulant des trois polices d'assurance vie cit�es plus haut, en consid�rant que la demanderesse ne s'y �tait pas formellement oppos�e. Toutefois, la demanderesse manifeste son d�saccord en appel.
Selon l'art. 6 CO, lorsque l'auteur de l'offre ne devait pas, en raison soit de la nature sp�ciale de l'affaire, soit des circonstances, s'attendre � une acceptation expresse, le contrat est r�put� conclu si l'offre n'a pas �t� refus�e dans un d�lai convenable. En l'occurrence, le d�fendeur ne dispose pas de fortune qui lui permettrait d'acquitter cette dette, l'appartement de Hergiswil �tant d�j� hypoth�qu� en totalit�, raison pour laquelle il a offert de se lib�rer par la cession de ses assurances vie � due concurrence. Dans ces conditions, c'est avec raison que le premier juge a consid�r� qu'une acceptation expresse de la demanderesse n'�tait pas n�cessaire.
D.i La demanderesse sollicite une contribution d'entretien mensuelle index�e de 10'000 fr., non limit�e dans le temps. Selon l'art. 125 al. 1 CC, si l'on ne peut raisonnablement attendre d'un �poux qu'il pourvoie lui-m�me � son entretien convenable, y compris � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e, son conjoint lui doit une contribution �quitable. Pour d�cider si une contribution d'entretien est allou�e et pour en fixer, le cas �ch�ant, le montant et la dur�e, le juge doit se fonder en particulier sur les �l�ments �num�r�s � l'alin�a 2 de cette disposition (ATF 129 III 7 consid. 3.1; 127 III 136 consid. 2a).
En l'occurrence, le mariage des parties a dur� pr�s de 31 ans, dont 25 ans de vie commune. �g�s respectivement de 57 et 60 ans, les �poux ont men� un bon train de vie. Il n'en demeure pas moins qu'ils connaissent tous deux des probl�mes de sant�, qui les obligent � r�duire leurs niveaux de vie respectifs. Il ressort de la liquidation du r�gime matrimonial que les parties n'ont pas de fortune.
M�decin g�n�raliste, le d�fendeur a r�alis� un b�n�fice annuel net de 185'000 fr. en 2003, �tant pr�cis� que son revenu annuel �tait de l'ordre de 350'000 fr. en moyenne de 1995 � 1998, puis d'environ 281'000 fr. en 1999, 201'000 fr. en 2000, 162'000 fr. en 2001 et 183'000 fr. en 2002 � la suite de probl�mes de sant� chroniques, dorsaux (notamment hernie discale) et de d�pression, pour lesquels il est sous m�dication. Il r�sulte de certificats m�dicaux que sa capacit� de travail est de l'ordre de 50% � 60% depuis 2002, mais il admet travailler � raison de 40 heures par semaine, expliquant s'�tre surmen� par le pass�.
Le d�fendeur r�alise ainsi un revenu mensuel net de l'ordre de 15'400 fr. (185'000 fr. : 12). La revalorisation du b�n�fice en raison des d�penses de v�hicule ou de studio ne change rien, car celles-ci devraient �tre ajout�es � ses charges de minimum vital �largi. En effet, au vu de ses revenus, le d�fendeur peut pr�tendre disposer d'un appartement et d'un studio et consacrer ainsi 2'700 fr. par mois � son logement au total.
Le d�fendeur assume des charges totalisant 9'105 fr. par mois (int�r�ts hypoth�caires de l'appartement de Hergiswil 1'481 fr.; charges 420 fr.; assurance maladie 788 fr.; imp�ts courants 2'872 fr.; primes d'assurances vie Rentenanstalt 2'444 fr.; minimum vital OP 1'100 fr.), ce qui lui laisse un disponible de 6'295 fr. par mois.
En raison de son �ge, la demanderesse est pr�t�rit�e sur le march� de l'emploi. Toutefois, elle dispose de comp�tences dans la pratique de quatre langues (polonais, anglais, allemand, fran�ais), l'enseignement du latin et de l'histoire, et elle b�n�ficie de nombreuses relations gr�ce aux clubs priv�s qu'elle fr�quente, ce qui devrait lui permettre de travailler � mi-temps � tout le moins dans le secr�tariat ou l'enseignement priv� et de se procurer ainsi un revenu de l'ordre de 2'500 fr. � 3'000 fr. par mois. Elle assume des charges totalisant 4'434 fr. par mois (loyer 2'005 fr.; assurance maladie 859 fr.; transports publics 70 fr.; frais dentaires 400 fr.; minimum vital OP 1'100 fr.).
Au regard des �l�ments qui pr�c�dent, c'est avec raison que le premier juge � fix� � 3'000 fr. par mois la contribution � l'entretien de la demanderesse, l'implication financi�re du d�fendeur �tant limit�e par l'obligation de la demanderesse d'assumer personnellement une partie de son entretien. C'est �galement avec raison que le premier juge a limit� le paiement de cette contribution jusqu'au 30 novembre 2010, date � laquelle le d�fendeur sera �g� de 65 ans, n'�tant pas tenu de travailler au-del� de cet �ge pour subvenir aux besoins de son ex-�pouse, vu notamment son �tat de sant�. Il convient en outre de relever que la rente issue de ses assurances vie sera modeste compte tenu de leurs valeurs nettes de rachat, d'environ 203'500 fr. apr�s d�duction de la cr�ance de participation de 80'887 fr. 90. La demanderesse percevra la contribution d'entretien jusqu'� l'�ge de 62 ans. Ensuite, elle devra vivre gr�ce au capital issu de la cr�ance de participation, compl�t� d'�conomies qu'il lui incombe de r�aliser dans l'attente de la perception de sa retraite � 64 ans, �ventuellement compl�t�e par le deuxi�me pilier. La contribution d'entretien ne sera pas index�e, parce qu'il n'est pas �tabli si et dans quelle mesure le b�n�fice net du d�fendeur sera adapt� au co�t de la vie.
D.j Sur mesures provisoires (art. 137 al. 2 CC), la demanderesse sollicite une contribution d'entretien de 5'500 fr. d�s le 1er avril 2005. Par identit� de motifs avec ce qui pr�c�de et au regard du montant du disponible du d�fendeur, il ne se justifie pas d'augmenter la contribution d'entretien de la demanderesse, qui doit �tre d�bout�e de sa pr�tention sur mesures provisoires.
La demanderesse, qui plaide au b�n�fice de l'assistance juridique, sollicite une provision ad litem de 22'000 fr. Comme l'obligation du mari de faire � son �pouse l'avance des frais du proc�s en divorce d�rive de son devoir d'entretien et d'assistance (art. 159 al. 3 et 163 CC) et que cette obligation a pris fin avec le prononc� du divorce des parties, la demanderesse doit �tre d�bout�e de sa pr�tention.
La demanderesse requiert enfin l'annulation de l'�molument compl�mentaire de 9'700 fr. mis � sa charge en premi�re instance. Cet �molument compl�mentaire sera confirm� dans l'hypoth�se d'une r�vocation de l'assistance juridique, au regard du montant du capital dont la demanderesse est cr�anci�re.
Contre cet arr�t, la demanderesse interjette en parall�le un recours en r�forme et un recours de droit public au Tribunal f�d�ral, en sollicitant pour les deux recours l'octroi de l'assistance judiciaire. Le recours de droit public (5P.388/2005) a �t� rejet� ce jour par la Cour de c�ans dans la mesure o� il �tait recevable.
Par le recours en r�forme, la demanderesse conclut � la r�forme de l'arr�t attaqu� dans le sens suivant : que le d�fendeur soit condamn� � verser � la demanderesse une contribution d'entretien, illimit�e dans le temps et index�e, de 10'000 fr. par mois d�s le 1er juin 2004, subsidiairement qu'il soit condamn� � lui verser, sur mesures provisoires, la somme de 5'500 fr. par mois d�s le 1er avril 2005; que le d�fendeur soit condamn� � verser � la demanderesse une indemnit� �quitable en raison de la contribution extraordinaire de celle-ci au cabinet m�dical de son ex-mari; que soit ordonn�e la vente de gr� � gr� de l'appartement de Hergiswil, sous prise en charge par le d�fendeur de l'entretien d�fectueux, subsidiairement qu'une valeur minimale de 520'000 fr. soit retenue; que le d�fendeur soit condamn� � verser � la demanderesse le solde, par 1'000 fr., de la somme de 30'000 fr. dont seulement 29'000 fr. auraient �t� vers�s apr�s la vente de la maison de Lucerne; que le d�fendeur soit condamn� � verser � la demanderesse une somme d'au moins 264'774 fr. 90 au titre de la liquidation du r�gime matrimonial; enfin, que le d�fendeur soit d�bout� de toutes autres ou contraires conclusions. � titre subsidiaire, la demanderesse sollicite le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour compl�ter les constatations de fait au sens de l'art. 64 al. 1 OJ.
Le d�fendeur conclut avec suite de frais et d�pens au rejet du recours, dans la mesure o� celui-ci est recevable.
Dirig� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale par le tribunal supr�me du canton de Gen�ve (art. 48 al. 1 OJ) dans une contestation civile portant sur des droits de nature p�cuniaire dont la valeur d�passe 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours est en principe recevable. Il ne l'est toutefois pas dans la mesure o� il est dirig� contre la d�cision sur mesures provisoires. En effet, les d�cisions statuant sur les mesures provisoires pendant la proc�dure de divorce ne sont pas des d�cisions finales au sens de l'art. 48 OJ et ne sont d�s lors pas susceptibles d'�tre attaqu�es par la voie du recours en r�forme, mais seulement par celle du recours de droit public (ATF 100 Ia 14 consid. 1 a et b; 126 III 261 consid. 1).
Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il n'y ait lieu � rectification de constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il ne faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents, r�guli�rement all�gu�s et clairement �tablis (art. 64 OJ; ATF 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a; 119 II 353 consid. 5c/aa). Dans la mesure o� un recourant pr�sente un �tat de fait qui s'�carte de celui contenu dans l'arr�t attaqu� sans se pr�valoir avec pr�cision de l'une des exceptions qui viennent d'�tre rappel�es, il n'est pas possible d'en tenir compte (ATF 127 III 248 consid. 2c; 130 III 102 consid. 2.2, 136 consid. 1.4). Au surplus, il ne peut �tre pr�sent� dans un recours en r�forme de griefs contre les constatations de fait, ni de faits ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). L'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale ne peut ainsi �tre remise en cause en instance de r�forme (ATF 129 III 618 consid. 3; 126 III 189 consid. 2a; 125 III 78 consid. 3a).
3.1 La demanderesse reproche d'abord aux juges cantonaux de l'avoir priv�e de son droit � la preuve en refusant d'ordonner la production de pi�ces suppl�mentaires qu'elle avait requise dans le cadre de la proc�dure de divorce, sur la base de l'art. 170 CC, afin d'�tayer ses pr�tentions en paiement de contributions d'entretien et du montant d� au titre de la liquidation du r�gime matrimonial (cf. lettre D.a supra).
3.2 Le juge viole le droit � la preuve, d�coulant directement de l'art. 8 CC dans les contestations civiles, lorsqu'il ne donne pas suite aux offres de preuve d'une partie sur des faits pertinents pour l'appr�ciation juridique de la cause; ce grief peut �tre soulev� par la voie du recours en r�forme (ATF 114 II 289 consid. 2a; 129 III 18 consid. 2.6; 118 II 365; 121 III 60 consid. 3c). En effet, la question de savoir si le juge a consid�r� � tort que les faits en question �taient sans pertinence est une question de droit qui touche � la bonne application du droit mat�riel f�d�ral. En revanche, lorsque le juge renonce � administrer une preuve sur la base d'une appr�ciation anticip�e des preuves, seule la voie du recours de droit public est ouverte pour se plaindre du caract�re arbitraire d'une telle appr�ciation (ATF 114 II 289 consid. 2a et les arr�ts cit�s).
Selon l'art. 170 CC, introduit par la loi f�d�rale du 5 octobre 1984 qui est en vigueur depuis le 1er janvier 1988, chaque �poux peut demander � son conjoint qu'il le renseigne sur ses revenus, ses biens et ses dettes (al. 1); le juge peut astreindre le conjoint du requ�rant ou des tiers � fournir les renseignements utiles et � produire les pi�ces n�cessaires (al. 2). Cette obligation s'applique dans le cadre de la proc�dure de divorce, pour permettre � chaque conjoint de faire valoir ses pr�tentions p�cuniaires (cf. ATF 118 II 27 consid. 3a; pour le fondement de l'obligation de renseigner dans la proc�dure de divorce sous l'ancien droit, cf. ATF 117 II 218 consid. 6a p. 229-230).
3.3 En l'esp�ce, les griefs de violation de l'art. 170 CC soulev�s par la recourante se r�v�lent toutefois mal fond�s dans la mesure o� ils sont recevables.
S'agissant tout d'abord du relev� des honoraires re�us du Bethanienspital, la cour cantonale a expos� qu'il n'y avait pas lieu d'en ordonner la production d�s lors qu'il r�sultait de l'attestation produite par le d�fendeur que celui-ci n'a per�u aucun revenu de cet �tablissement de 1998 au 16 novembre 2004, date de l'attestation. Elle a ainsi �cart� la r�quisition sur la base d'une appr�ciation anticip�e des preuves, que la demanderesse ne saurait critiquer en instance de r�forme (cf. consid. 3.2 supra) en soutenant que le document en question serait "non pertinent en l'esp�ce et d�nu� de valeur probante".
La cour cantonale a consid�r� comme non pertinentes les pi�ces requises par la demanderesse - relatives � un contrat de pr�t avec Y.________, au prix de vente de mobile homes et au prix de vente d'actions Rentenanstalt - qui concernaient des rapports contractuels des parties relevant du pass� et inexistants � la date de leur demande en divorce, d�terminante pour la composition des masses. La demanderesse soutient que la transaction avec Y.________ serait simul�e, tandis que le d�fendeur aurait ali�n� les mobile homes et les actions Rentenanstalt dans l'intention de compromettre la participation de la demanderesse au sens de l'art. 208 al. 1 ch. 2 CC. Ces simples affirmations ne suffisent toutefois pas, alors que le montant des avoirs bancaires du d�fendeur � l'�poque du divorce est �tabli, � justifier la production des pi�ces requises par la demanderesse, que la cour cantonale pouvait � bon droit �carter.
L'arr�t attaqu� ne pr�te au demeurant pas le flanc � la critique lorsqu'il expose que la demanderesse ne saurait exiger l'int�gralit� des extraits bancaires du 1er janvier 1995 au 31 d�cembre 2003. Dans la mesure o� la demanderesse pr�tend que les relev�s bancaires produits par le d�fendeur, �tablissant le montant de ses avoirs bancaires au moment du divorce ainsi qu'au 30 septembre 2003, respectivement au 4 novembre 2003, seraient truqu�s et sans valeur probante, elle s'en prend de mani�re irrecevable � l'appr�ciation des preuves et � la constatation des faits par l'autorit� cantonale (cf. consid. 2 supra).
4.1 La demanderesse reproche � l'autorit� cantonale d'avoir viol� le droit f�d�ral en mati�re de preuve en refusant d'ordonner une expertise de la valeur de la "patient�le" du d�fendeur (cf. lettre D.b supra). Ce faisant, la demanderesse m�conna�t que c'est sur la base d'une appr�ciation anticip�e circonstanci�e des preuves d�j� administr�es - en particulier la circulaire de juin 1999 de l'Association des M�decins du canton de Gen�ve et la lettre de Medadviser du 16 novembre 2004 - que les juges cantonaux ont consid�r� que l'expertise sollicit�e ne se justifiait pas. Cela �tant, la demanderesse ne peut se plaindre d'une violation de son droit � la preuve dans le cadre du pr�sent recours en r�forme, mais uniquement invoquer le caract�re arbitraire de l'appr�ciation anticip�e des preuves par la voie du recours de droit public (cf. consid. 3.2 supra), ce qu'elle a d'ailleurs fait sans succ�s (cf. consid. 4.2 de l'arr�t rendu ce jour sur le recours de droit public connexe).
4.2 La demanderesse soutient que la somme de 30'000 fr. que le d�fendeur a accept� de lui verser ensuite de la vente de la maison de Lucerne, � titre de d�dommagement pour avoir tard� � d�cider de vendre ce bien et avoir manqu� des opportunit�s d'en obtenir un meilleur prix, ne lui aurait �t� pay�e qu'� concurrence de 29'000 fr.; elle r�clame par cons�quent le paiement de la somme de 1'000 fr. avec int�r�t � 5% l'an � compter de juillet 2003. Cette pr�tention se heurte toutefois aux constatations de fait de l'arr�t attaqu�, qui retient que le prix de vente de la maison de Lucerne, vendue 900'000 fr. le 25 juin 2003, a notamment servi � verser les 30'000 fr. en question � la demanderesse (cf. lettre D.d supra).
5.1 La demanderesse critique le refus de la cour cantonale de lui allouer une indemnit� �quitable � titre de contribution extraordinaire � l'entreprise du d�fendeur (cf. lettre D.c supra). Elle conteste en substance, en s'�cartant largement de l'�tat de fait retenu par la cour cantonale, l'appr�ciation selon laquelle sa collaboration n'aurait pas rev�tu un caract�re extraordinaire.
5.2 En tant qu'il statue sur la pr�tention de la demanderesse en allocation d'une indemnit� �quitable, l'arr�t attaqu� se fonde sur deux motivations ind�pendantes, toutes deux suffisantes : une motivation principale, selon laquelle cette pr�tention est irrecevable faute d'avoir �t� chiffr�e comme l'exige la loi cantonale de proc�dure civile, et une motivation subsidiaire, selon laquelle cette pr�tention aurait de toute mani�re d� �tre rejet�e si elle avait �t� recevable (cf. lettre D.c supra).
Lorsqu'on est en pr�sence de plusieurs motifs ind�pendants, la d�cision attaqu�e par un recours de droit public ou un recours en r�forme n'est annul�e ou r�form�e que si tous les motifs entra�nent l'inconstitutionnalit�, respectivement la violation du droit f�d�ral (ATF 117 II 630 consid. 1b et les arr�ts cit�s); le recourant doit alors attaquer les deux motivations, le cas �ch�ant l'une par la voie du recours de droit public et l'autre par celle du recours en r�forme (ATF 111 II 398 consid. 2b; 115 II 300 consid. 2a). Comme la demanderesse s'en prend uniquement � la motivation subsidiaire, sans avoir attaqu� �galement la motivation principale par la voie du recours de droit public ainsi qu'il lui incombait de le faire selon la jurisprudence pr�cit�e, son recours en r�forme se r�v�le irrecevable sur ce point.
6.1 La demanderesse conteste la valeur de 440'000 fr. retenue par la cour cantonale pour l'appartement de Hergiswil et reproche aux juges cantonaux de ne pas avoir ordonn� la vente de gr� � gr� de l'immeuble, ce qui aurait �t� l'intention principale des parties d�s le d�but.
6.2 La fixation de la valeur v�nale de l'appartement de Hergiswil rel�ve de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, qui ne peuvent �tre remises en question en instance de r�forme (cf. consid. 2 supra). Les critiques de la demanderesse se r�v�lent ainsi irrecevables dans la mesure o� elles sont dirig�es contre l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale pour retenir que la valeur v�nale de l'appartement de Hergiswil �tait de 440'000 fr.
6.3 La demanderesse critique le fait que les juges cantonaux, tout en admettant que seule la vente de l'immeuble permettrait v�ritablement d'en conna�tre la valeur v�nale, n'ont pas fait droit � ses conclusions tendant principalement � la vente de gr� � gr� de l'immeuble et subsidiairement � sa vente aux ench�res. Toutefois, la cour cantonale a consid�r� que le d�fendeur justifiait d'un int�r�t pr�pond�rant � ce que l'appartement en copropri�t� de Hergiswil lui soit attribu� enti�rement en application de l'art. 205 al. 2 CC, car il avait depuis 1999 la jouissance exclusive de cet appartement qui constituait son domicile (cf. lettre D.f supra). Cela �tant, la question d'une �ventuelle vente, que ce soit aux ench�res ou de gr� � gr�, ne se pose plus. Elle ne se poserait que si l'attribution en pleine propri�t� de l'appartement au d�fendeur proc�dait d'une violation de l'art. 205 al. 2 CC, ce qui n'est pas le cas, comme on va le voir.
6.4 La demanderesse conteste certes que le d�fendeur ait un int�r�t pr�pond�rant, au sens de l'art. 205 al. 2 CC, � l'attribution de l'appartement. Ses critiques se r�v�lent toutefois largement irrecevables dans la mesure o� elles consistent essentiellement � remettre en cause l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� (cf. consid. 2 supra). Pour le surplus, la demanderesse soutient qu'il serait �conomiquement bien plus judicieux de vendre l'appartement plut�t que de l'attribuer au d�fendeur, ce qui n'aurait d'autre effet que de pr�server une plus-value future au seul d�fendeur; elle conteste en outre l'appr�ciation des juges cantonaux selon laquelle le d�fendeur est en mesure de la d�sint�resser pleinement pour le rachat de sa part. Ces critiques tombent � faux. En effet, d�s lors que la valeur v�nale de l'appartement de Hergiswil � la liquidation du r�gime matrimonial est de 440'000 fr. selon les constatations de fait souveraines de l'arr�t attaqu�, une vente n'aurait pas de raison d'�tre plus favorable pour la demanderesse qu'une attribution au d�fendeur en application de l'art. 205 al. 2 CC. Force est par ailleurs de constater que le d�fendeur d�sint�resse pleinement la demanderesse pour le rachat de sa part en reprenant enti�rement la dette hypoth�caire de 441'000 fr. au total.
7.1 Selon la cour cantonale, le compte d'acqu�ts du d�fendeur comprend des actifs d'un montant total de 558'367 fr. 75 (cf. lettre D.g supra). La demanderesse soutient qu'il faudrait ajouter ou corriger certains postes pour aboutir � un total de 921'841 fr. 75. Elle ne saurait �tre suivie. Ainsi, il n'y a pas lieu d'augmenter la valeur de la part du d�fendeur sur l'appartement de Hergiswil (cf. consid. 6 supra). Il n'y a pas davantage de motif de s'�carter du montant des avoirs bancaires retenus (cf. consid. 3.3 supra), ni d'augmenter la valeur du cabinet m�dical, fix�e � 12'629 fr. sur la base d'une appr�ciation des preuves qui ne peut �tre remise en cause en instance de r�forme, �tant pr�cis� qu'il n'y a pas lieu de retenir une quelconque valeur pour la "patient�le" (cf. consid. 4.1 supra). Les pr�tentions de la demanderesse d'inscrire dans le compte d'acqu�ts du d�fendeur un montant de 200'000 fr. au titre d'une transaction soi-disant simul�e avec Y.________, tout comme celles d'y inscrire le produit de la vente de mobile homes et d'actions Rentenanstalt, doivent �galement �tre �cart�es (cf. consid. 3.3 supra).
7.2 Il s'ensuit que le b�n�fice du compte d'acqu�ts du d�fendeur, compte tenu d'un passif de 392'292 fr. qui n'est pas contest�, se monte bien � 166'075 fr. 75 et la part de la demanderesse, qui a droit � la moiti� du b�n�fice du d�fendeur (art. 215 al. 1 CC), � 83'037 fr. 90, comme l'a retenu � bon droit l'autorit� cantonale (cf. lettre D.g supra). Le d�fendeur ayant d�clar� opposer la compensation avec les d�pens de 2'150 fr. qui lui ont �t� allou�s au terme de la proc�dure zurichoise, la cour cantonale l'a en d�finitive condamn� � verser le montant de 80'887 fr. 90. C'est en vain que la demanderesse critique cette compensation en soutenant que la cr�ance de d�pens constituerait un passif transitoire et devrait rentrer dans les acqu�ts du d�fendeur. Il s'agit en effet d'une cr�ance qui a pris naissance apr�s la date de la demande en divorce, date d�terminante pour la composition des masses (cf. art. 204 al. 2 et 207 al. 1 CC), et qui n'entre donc pas dans les acqu�ts du d�fendeur. L'arr�t attaqu� est ainsi conforme au droit f�d�ral en tant qu'il condamne le d�fendeur � payer � la demanderesse la somme de 80'887 fr. 90 au titre de la liquidation du r�gime matrimonial.
8.1 La demanderesse reproche � la cour cantonale d'avoir autoris� le d�fendeur � se lib�rer de sa dette issue de la liquidation du r�gime matrimonial en c�dant � due concurrence ses droits � l'encontre de la Rentenanstalt d�coulant des polices d'assurance vie nos aaa, bbb et ccc (cf. lettre D.h supra). La cour cantonale aurait m�connu le principe selon lequel le silence ne vaut pas acceptation, en consid�rant qu'il n'�tait pas n�cessaire au regard de l'art. 6 CO que la demanderesse accepte express�ment l'offre du d�fendeur de se lib�rer par la cession de ses assurances vie � due concurrence, d�s lors qu'il �tait constant que le d�fendeur ne dispose pas de fortune qui lui permettrait d'acquitter sa dette. La demanderesse fait valoir que si le d�fendeur entend utiliser les polices d'assurances pour payer sa dette, rien ne l'emp�cherait de proc�der lui-m�me au rachat et de verser le montant d� � la demanderesse.
8.2 Il ressort de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� que les actifs du d�fendeur, apr�s la liquidation du r�gime matrimonial et l'attribution de l'appartement de Hergiswil, consistent en un appartement valant 440'000 fr. mais hypoth�qu� � 100%, en du mobilier valant 1'000 fr., en des avoirs bancaires de quelque 6'500 fr., en un cabinet m�dical, outil de travail valant quelque 14'000 fr. en incluant les fonds propres, et surtout en trois polices d'assurance vie nos aaa, bbb et ccc, dont les valeurs de rachat s'�l�vent � respectivement 79'388 fr., 202'795 fr. 80 et 4'356 fr. 50 (cf. lettre D.g supra).
Il s'av�re ainsi que le d�fendeur ne peut s'acquitter de sa dette de 80'887 fr. 90 envers la demanderesse qu'en recourant aux polices d'assurance vie pr�cit�es. Toutefois, on ne voit pas de raison qu'il se lib�re de cette dette par la cession � due concurrence de ses droits envers la Rentenanstalt, plut�t que par un versement en esp�ces. Un tel versement constitue en effet la r�gle et la demanderesse peut l�gitimement y pr�tendre, ayant manifest� express�ment en deuxi�me instance sa volont� de s'en tenir � cette forme normale de r�glement.
Il ressort du dossier - qui permet sur ce point accessoire de compl�ter l'�tat de fait en application de l'art. 64 al. 2 OJ - que les polices nos aaa et bbb, dont les valeurs de rachat s'�l�vent � respectivement 79'388 fr. et 202'795 fr. 80, sont des polices d'assurance li�es du pilier 3a, au sens de l'ordonnance du 13 novembre 1985 sur les d�ductions admises fiscalement pour les cotisations vers�es � des formes reconnues de pr�voyance (OPP 3; RS 831.461.3) (cf. Pi�ce 110 d�fendeur). Les prestations de vieillesse pr�vues par une telle forme de pr�voyance li�e, qui sont �chues au plus tard lorsque l'assur� atteint l'�ge ordinaire de la retraite de l'AVS, peuvent �tre vers�es au plus t�t cinq ans avant que l'assur� n'atteigne l'�ge ordinaire de la retraite de l'AVS (art. 3 al. 1 OPP3), qui est actuellement fix� � 65 ans r�volus (art. 21 al. 1 let. a LAVS; RS 831.10). En l'esp�ce, le d�fendeur, qui a eu 60 ans r�volus le 17 novembre 2005, peut donc demander le rachat (cf. art. 90 ss LCA) des polices d'assurance vie pr�cit�es, de mani�re � obtenir les fonds qui lui permettront de payer � la demanderesse le montant de 80'887 fr. 90 qu'il lui doit au titre de la liquidation du r�gime matrimonial.
8.3 Le recours se r�v�lant fond� sur ce point, il y a lieu de r�former l'arr�t attaqu� en ce sens que le chiffre 4 du dispositif du jugement de premi�re instance - autorisant le d�fendeur � �teindre sa dette r�sultant de la liquidation du r�gime matrimonial par la cession � la demanderesse, � due concurrence, de ses droits � l'encontre de la Rentenanstalt d�coulant des polices nos aaa, bbb et ccc (cf. lettre B supra) - est supprim�.
9.1 La demanderesse reproche � la cour cantonale de lui avoir allou� une contribution d'entretien de seulement 3'000 fr. par mois au lieu des 10'000 fr. par mois demand�s (cf. lettre D.i supra). Il convient d'examiner ci-apr�s ses divers griefs � cet �gard, qui ont trait au revenu du d�fendeur retenu par l'autorit� cantonale (cf. consid. 9.2 infra), aux possibilit�s de gain de la demanderesse (cf. consid. 9.3 infra) et, enfin, � la prise en compte de certaines d�penses dans les charges incompressibles du d�fendeur (cf. consid. 9.4 infra).
9.2 Apr�s avoir rappel� les consid�rants topiques de l'arr�t attaqu�, la demanderesse reproche en premier lieu aux juges cantonaux de n'avoir pas proc�d� aux revalorisations de b�n�fice qu'elle r�clamait, ainsi que de n'avoir pas ajout� aux revenus du d�fendeur les encaissements au noir qu'il effectuerait.
La cour cantonale a consid�r� que la revalorisation du b�n�fice en raison des d�penses de v�hicule ou de studio ne changerait rien, car celles-ci devraient �tre ajout�es � ses charges de minimum vital �largi, d�s lors qu'au vu de ses revenus, le d�fendeur pouvait pr�tendre disposer d'un appartement et d'un studio et consacrer ainsi 2'700 fr. par mois � son logement au total (cf. lettre D.i supra). Ces consid�rations sont � tout le moins soutenables et ne consacrent aucune violation du droit f�d�ral, s'agissant d'une question qui rel�ve largement de l'appr�ciation du juge du fait. Il convient en effet de rappeler qu'en pareil cas, le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue et n'intervient que si le juge a abus� de son pouvoir d'appr�ciation, en se r�f�rant � des crit�res d�nu�s de pertinence ou en ne tenant pas compte d'�l�ments essentiels, ou encore lorsque la d�cision, dans son r�sultat, est manifestement in�quitable ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice (ATF 128 III 121 consid. 3d/aa; 126 III 266 consid. 2b; 123 III 246 consid. 6a, 274 consid. 1a/cc et la jurisprudence cit�e). Par ailleurs, l'affirmation relative aux pr�tendus encaissements au noir qu'effectuerait le d�fendeur ne trouve aucune assise dans l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� et ne peut donc �tre entendue (cf. consid. 2 supra).
La demanderesse soutient en outre que soit le d�fendeur - dont le revenu annuel a pass� de 350'000 fr. en moyenne de 1998 � 185'000 fr. en 2003 - est effectivement restreint dans sa capacit� de travail, auquel cas la diminution de son temps de travail lui donnerait droit � des indemnit�s d'assurance dont il faudrait tenir compte, soit il faudrait admettre qu'il a r�duit son activit� professionnelle de mani�re volontaire, dans le seul but d'avoir � payer une contribution la plus basse possible � la demanderesse, auquel cas il y aurait lieu de tenir compte d'un revenu hypoth�tique plus �lev� que le revenu effectif. Ces griefs tombent � faux. En effet, il ressort des constatations de fait de l'arr�t attaqu�, qui lient le Tribunal f�d�ral (cf. consid. 2 supra), que le d�fendeur a �t� contraint de r�duire son temps de travail � 40 heures par semaine � la suite de probl�mes de sant� chronique, dorsaux (notamment hernie discale) et de d�pression (cf. lettre D.i supra). Il n'y a ainsi pas lieu de prendre en compte un revenu hypoth�tique sup�rieur au revenu annuel net de 185'000 fr. que le d�fendeur r�alise effectivement de son travail, d�s lors qu'on ne saurait retenir qu'il pourrait gagner davantage en faisant un effort que l'on pourrait raisonnablement exiger de lui (cf. ATF 119 II 314 consid. 4a; 117 II 16 consid. 1b; 110 II 116 consid. 2a). Par ailleurs, en affirmant que la baisse de revenu du d�fendeur lui donnerait droit � des prestations d'assurance, la demanderesse s'�carte de mani�re irrecevable de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu�, dont il ne r�sulte rien de tel (cf. consid. 2 supra).
Est �galement irrecevable dans un recours en r�forme l'argumentation de la demanderesse tir�e de l'affirmation qu'alors que le chiffre d'affaires aurait baiss� de 35% en 2002 par rapport � 1998, les frais de personnel auraient augment�, passant de 17% � 26% du chiffre d'affaires.
9.3 La demanderesse conteste �tre en mesure de travailler � mi-temps � tout le moins dans le secr�tariat ou l'enseignement priv� et de se procurer ainsi un revenu de l'ordre de 2'500 fr. � 3'000 fr. par mois, comme l'a retenu la cour cantonale (cf. lettre D.i supra). Son argumentation se r�v�le toutefois largement irrecevable dans la mesure o� elle consiste essentiellement � contester l'�tat de fait retenu souverainement par la cour cantonale ou � s'en �carter, en reprochant � l'autorit� cantonale d'avoir jug� "dans la th�orie et dans l'abstrait, sans �gard aux circonstances concr�tes d�terminantes et �tablies par pi�ces". L'affirmation de la cour cantonale selon laquelle la demanderesse est pr�t�rit�e sur le march� de l'emploi en raison de son �ge ne doit pas �tre comprise, comme le pr�tend la demanderesse, en ce sens que "son degr� d'autonomie financi�re apr�s le divorce est par cons�quent nul", mais en ce sens qu'elle devra le cas �ch�ant se contenter d'un emploi dont le profil et/ou la r�mun�ration seraient en de�� de ses qualifications.
9.4 En ce qui concerne les charges du d�fendeur, la demanderesse conteste la prise en compte des primes d'assurances vie Rentenanstalt � concurrence de 2'444 fr. par mois (cf. lettre D.i supra). Elle fait valoir qu'il ne s'agit pas l� de pr�l�vements obligatoires et que dans un souci d'�galit� de traitement, on ne saurait permettre au d�fendeur de se constituer un capital vieillesse tandis que la demanderesse n'en a pas les moyens.
C'est � tort que la demanderesse soutient que les primes d'assurance vie pay�es par le demandeur ne devraient pas �tre compt�es dans ses charges incompressibles. Les montants n�cessaires � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e entrent dans les d�penses n�cessaires � l'entretien (cf. art. 125 al. 1 CC) ind�pendamment du fait qu'ils soient obligatoires ou non. En l'esp�ce, le d�fendeur, en tant que m�decin ind�pendant, n'est pas soumis � l'assurance obligatoire des salari�s et des ch�meurs (cf. art. 2 et 3 LPP; RS 831.40). Les polices d'assurance vie du troisi�me pilier li� qu'il a conclues aupr�s de la Rentenanstalt repr�sentent sa seule forme de pr�voyance vieillesse, et le montant qu'il y affecte mensuellement ne va assur�ment pas au-del� de ce qui est n�cessaire � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e.
Au surplus, le fait que la demanderesse ne disposera quant � elle que d'un capital moindre pour couvrir ses besoins de pr�voyance - sous la forme de sa cr�ance de 80'887 fr. 90, qui diminuera d'autant le capital vieillesse du d�fendeur (cf. consid. 8 supra) - ne justifie aucunement de ne pas tenir compte des primes d'assurances vie Rentenanstalt dans les charges incompressibles du d�fendeur. En effet, la condition premi�re de l'allocation ainsi que de la fixation d'une contribution d'entretien selon l'art. 125 CC est que le d�biteur soit lui-m�me en mesure de couvrir son minimum vital �largi (Gloor/Spycher, Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch I, 2e �d. 2002, n. 15 ss ad art. 125 CC).
Si l'arr�t attaqu� ne pr�te ainsi pas le flanc � la critique en tant qu'il prend en compte les primes d'assurances vie Rentenanstalt � concurrence de 2'444 fr. par mois dans les charges incompressibles du d�fendeur, les critiques de la demanderesse n'en soul�vent pas moins l�gitimement la question de ses propres besoins de pr�voyance, en tant qu'�l�ment � prendre en compte lors de la fixation d'une contribution selon l'art. 125 al. 1 CC. Ce point sera abord� plus loin (cf. consid. 9.5 infra).
9.5 Pour examiner maintenant si l'allocation d'une contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois proc�de d'une correcte application de l'art. 125 CC, le Tribunal f�d�ral doit se fonder sur les revenus des parties et sur les charges du d�fendeur tels qu'ils ressortent de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu� (cf. consid. 9.2, 9.3 et 9.4 supra), conform�ment � l'art. 63 al. 2 OJ.
Le d�fendeur r�alise un revenu mensuel net de l'ordre de 15'400 fr. et assume des charges totalisant 9'105 fr. par mois, ce qui lui laisse un disponible de 6'295 fr. par mois. Quant � la demanderesse, elle est en mesure de r�aliser un revenu de l'ordre de 2'500 fr. � 3'000 fr. par mois et doit faire face � des charges totalisant 4'434 fr. par mois (cf. lettre D.i supra). L'allocation � la demanderesse d'une contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois a ainsi pour cons�quence que le d�fendeur b�n�ficierait, apr�s couverture de ses charges comprenant le montant n�cessaire � la constitution d'une pr�voyance vieillesse appropri�e, d'un disponible de l'ordre de 3'300 fr. par mois, tandis que la demanderesse ne disposerait, apr�s couverture de ses charges, que d'un montant de l'ordre de 1'000 fr. � 1'500 fr. par mois, sur lequel elle devrait encore puiser pour se constituer un capital vieillesse. Or un tel r�sultat appara�t manifestement in�quitable.
Certes, la m�thode la plus r�pandue dans la pratique pour calculer la contribution d'entretien selon l'art. 125 CC, qui veut que la part du revenu total des deux conjoints d�passant leur minimum vital de base du droit des poursuites (art. 93 LP) augment� des d�penses non strictement n�cessaires soit r�partie en principe par moiti� entre eux (m�thode dite du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent), n'est qu'une m�thode parmi d'autres possibles et non un mod�le obligatoire (Gloor/Spycher, op. cit., n. 36 ad art. 125 CC et les r�f�rences cit�es). Toutefois, en l'absence de toute explication dans l'arr�t attaqu� sur la m�thode employ�e par la cour cantonale, on ne voit pas ce qui justifierait que le d�fendeur dispose, apr�s la couverture de ses charges qui comprennent notamment un montant de 2'444 fr. finan�ant la constitution d'un troisi�me pilier, d'un montant sans commune mesure avec celui dont disposerait la demanderesse et avec lequel cette derni�re devrait encore se constituer une pr�voyance vieillesse appropri�e (cf. art. 125 al. 1 CC).
En effet, il convient de souligner que le revenu du d�fendeur laisse en l'esp�ce, apr�s couverture des charges incompressibles des deux �poux, un exc�dent confortable permettant de tenir compte des besoins de pr�voyance de la demanderesse, qui font partie des besoins envisag�s par l'art. 125 al. 1 CC. Comme il est par ailleurs constant que la demanderesse ne pourra plus am�liorer ses expectatives de pr�voyance professionnelle par le revenu de son travail, les circonstances de l'esp�ce commandent de prendre en compte dans les charges incompressibles de l'�pouse, en vue d'arr�ter la contribution due selon l'art. 125 CC, un montant qui peut �quitablement �tre fix� � 2'000 fr. par mois, vu notamment l'�ge et les besoins de pr�voyance de la demanderesse ainsi que les montants consacr�s par le d�fendeur � sa propre pr�voyance.
On ne discerne pas en l'esp�ce de motifs importants qui justifieraient de s'�carter d'un partage par moiti� du solde disponible apr�s couverture des charges incompressibles des parties (cf. Gloor/ Spycher, op. cit., n. 36 ad art. 125 CC et les r�f�rences cit�es), lesquelles comprennent comme on vient de le voir un montant de 2'000 fr. destin� � couvrir les besoins de pr�voyance de la demanderesse. En d�finitive, il sied donc de porter la contribution d'entretien due � la demanderesse � 5'000 fr. par mois, de telle mani�re que les parties disposeront ainsi respectivement, apr�s couverture de leurs charges, de quelque 1'300 fr. (15'400 fr. - 9'105 fr. - 5'000 fr. = 1'295 fr.) pour le d�fendeur et de quelque 1'000 fr. (2'500 fr. - 6'434 fr. + 5'000 fr. = 1'066 fr. ) � 1'500 fr. par mois (3'000 fr. - 6'434 fr. + 5'000 fr. = 1'566 fr.) pour la demanderesse.
10.1 La demanderesse fait grief � la cour cantonale d'avoir limit� le paiement de la contribution d'entretien au 30 novembre 2010, date � laquelle le d�fendeur sera �g� de 65 ans. Elle fait valoir qu'� cette date, elle n'aura certainement pas pu se constituer d'�conomies et ne pourra pas couvrir ses charges gr�ce au capital issu de la cr�ance de participation de 80'887 fr. 90, qui ne lui permettrait de se constituer qu'une pr�voyance vieillesse tr�s rudimentaire. En outre, il serait courant et tout � fait normal dans les professions lib�rales de travailler plus longtemps que l'�ge l�gal de la retraite, notamment en raison de la longueur des �tudes et du temps n�cessaire pour se mettre � son compte et se constituer une client�le.
10.2 Lorsqu'une contribution est allou�e au conjoint qui ne peut pourvoir lui-m�me � son entretien convenable, la dur�e de cette contribution d�pend des perspectives qu'a le b�n�ficiaire d'am�liorer sa capacit� � assumer lui-m�me son entretien (Gloor/Spycher, op. cit., n. 21 ad art. 125 CC; Schwenzer, FamKomm Scheidung, 2005, n. 36 ad art. 125 CC).
En l'esp�ce, la demanderesse n'a aucune perspective de voir sa capacit� � assumer son entretien augmenter apr�s le 30 novembre 2010, date � laquelle le d�fendeur sera �g� de 65 ans. La cour cantonale retient avec raison que le d�fendeur n'est pas tenu, vu notamment son �tat de sant�, de travailler au-del� de l'�ge de 65 ans pour subvenir aux besoins de son ex-�pouse. Il est par ailleurs constant qu'une fois qu'il aura cess� son activit� lucrative, le d�fendeur ne sera plus en mesure de verser une quelconque contribution � son ex-�pouse. En effet, comme l'a relev� l'autorit� cantonale (cf. lettre D.i supra), la rente issue de ses assurances vie sera modeste compte tenu de leurs valeurs nettes de rachat (d'environ 203'500 fr. apr�s d�duction de la cr�ance de participation de 80'887 fr. 90) et du peu d'ann�es qui lui restent pour compl�ter sa pr�voyance. Toutefois, dans la mesure o� le d�fendeur choisirait de travailler au-del� de l'�ge ordinaire de la retraite de l'AVS - avec la possibilit� d'ajourner le d�but du versement de sa rente AVS et d'augmenter celle-ci en cons�quence (cf. art. 39 LAVS et art. 55ter RAVS) -, rien ne justifierait qu'il cesse de payer une contribution � l'entretien de la demanderesse alors que les besoins en entretien de cette derni�re subsisteront.
D�s lors, il y a lieu de prononcer que le d�fendeur versera � la demanderesse une contribution d'entretien de 5'000 fr. par mois (cf. consid. 9.5 supra) tant qu'il exercera une activit� lucrative, mais en tout cas jusqu'au 30 novembre 2010.
11.1 La demanderesse reproche aux juges cantonaux d'avoir refus� d'indexer la contribution d'entretien pour le motif qu'il n'est pas �tabli si et dans quelle mesure le b�n�fice net du d�fendeur sera adapt� au co�t de la vie (cf. lettre D.i supra). Elle fait valoir que la facult� conf�r�e au juge par l'art. 128 CC d'indexer la contribution d'entretien n'est soumise � aucune condition, et que dans la mesure o� le d�fendeur exerce une profession lib�rale, il pourrait s'arranger pour adapter son revenu au rench�rissement.
11.2 L'indexation d'une contribution d'entretien apr�s divorce ne peut �tre ordonn�e que si l'on peut s'attendre � ce que les revenus du d�biteur soient r�guli�rement adapt�s au co�t de la vie (ATF 115 II 309 consid. 1; 100 II 245; Message du Conseil f�d�ral, FF 1996 I 1 ss, p. 221 ch. 233.542). En l'esp�ce, il ne ressort pas de l'�tat de fait que l'on puisse s'attendre � une telle adaptation des revenus du d�fendeur, et au vu des probl�mes de sant� de ce dernier, l'on ne saurait admettre qu'il peut sans autre faire en sorte d'augmenter son revenu dans la m�me proportion que le co�t de la vie. L'arr�t attaqu� �chappe ainsi � la critique sur ce point.
12.1 La demanderesse reproche � la cour cantonale d'avoir rejet� sa pr�tention tendant au paiement d'une provision ad litem de 22'000 fr., pour le motif que l'obligation du mari de faire � son �pouse l'avance des frais du proc�s en divorce d�rive de son devoir d'entretien et d'assistance (art. 159 al. 3 et 163 CC; cf. ATF 103 Ia 99 consid. 4) et que cette obligation avait donc en l'esp�ce pris fin avec le prononc� du divorce des parties (cf. lettre D.j supra). Selon la demanderesse, le raisonnement de la cour cantonale m�conna�trait le fait que des mesures provisoires peuvent �galement �tre ordonn�es apr�s la dissolution du mariage selon l'art. 137 al. 2 CC. Dans la mesure o�, comme l'expose ainsi la demanderesse elle-m�me, la provision ad litem a �t� r�clam�e dans le cadre des mesures provisoires, le recours en r�forme se r�v�le irrecevable sur ce point, les d�cisions sur mesures provisoires ne pouvant �tre attaqu�es que par la voie du recours de droit public (cf. consid. 1 supra).
12.2 La demanderesse sollicite enfin l'annulation de l'�molument compl�mentaire de 9'700 fr. mis � sa charge en premi�re instance et confirm� par la cour cantonale (cf. lettre D.j supra). La fixation et la r�partition des �moluments aff�rents � une proc�dure cantonale rel�vent toutefois exclusivement du droit cantonal, dont la violation ne peut pas �tre invoqu�e dans un recours en r�forme (art. 43 al. 1 et 55 al. 1 let. c in fine OJ). Partant, le recours est irrecevable sur ce point.
En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis dans la mesure o� il est recevable et l'arr�t attaqu� annul� en tant qu'il confirme les chiffres 2 et 4 du dispositif du jugement de premi�re instance. Le chiffre 2 du dispositif du jugement de premi�re instance sera r�form� en ce sens que le d�fendeur est condamn� � verser � la demanderesse, par mois et d'avance, une contribution d'entretien de 5'000 fr. (cf. consid. 9.5 supra) tant qu'il exercera une activit� lucrative, mais en tout cas jusqu'au 30 novembre 2010 (cf. consid. 10.2 supra). Quant au chiffre 4 du dispositif du jugement de premi�re instance, il sera supprim� (cf. consid. 8.3 supra).
L'issue du recours commande de r�partir les frais judiciaires, fix�s � 4'000 fr., � parts �gales entre les parties (art. 156 al. 2 OJ). La part de la demanderesse sera toutefois provisoirement support�e par la caisse du Tribunal f�d�ral. En effet, la demanderesse doit �tre mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire d�s lors que le recours n'�tait pas d'embl�e vou� � l'�chec et que la condition du besoin est manifestement remplie en l'esp�ce (art. 152 al. 1 OJ). Cela ne dispense pas pour autant la demanderesse de payer des d�pens au d�fendeur (ATF 122 I 322 consid. 2c; 112 Ia 14 consid. 3c), qui, assist� par un avocat et obtenant partiellement gain de cause, a droit � des d�pens r�duits (art. 159 al. 1 et 3 OJ). Toutefois, la demanderesse, bien qu'ayant proc�d� sans l'assistance d'un avocat, peut de son c�t� aussi pr�tendre � des d�pens r�duits. En effet, les conditions cumulatives que pose la jurisprudence � l'octroi exceptionnel de d�pens � celui qui agit dans sa propre cause sans l'assistance d'un avocat, soit celles qui ont trait � la complexit� et � l'enjeu de l'affaire ainsi qu'au temps consacr� � la d�fense de ses propres int�r�ts, sont remplies en l'esp�ce (cf. ATF 113 Ib 353 consid. 6b p. 357; 110 V 72 consid. 7et 132 consid. 4d et 7; arr�t non publi� 5P.414/2002 consid. 3). Partant, les d�pens seront compens�s.
L'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il confirme les chiffres 2 et 4 du dispositif du jugement prononc� le 19 mai 2004 par le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, qui sont r�form�s comme suit:
"2. Condamne X.________ � verser � dame X.________, par mois et d'avance, une contribution d'entretien de 5'000 fr. tant qu'il exercera une activit� lucrative, mais en tout cas jusqu'au 30 novembre 2010.
4. supprim�".
Un �molument judiciaire de 4'000 fr. est mis pour moiti� � la charge de la demanderesse et pour moiti� � celle du d�fendeur.
La requ�te d'assistance judiciaire de la demanderesse est admise, en cons�quence de quoi sa part de l'�molument judiciaire est provisoirement prise en charge par la caisse du Tribunal f�d�ral.

References: art. 210
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 204
 art. 90
 ATF 
 art. 125
 art. 2
 art. 125
 art. 125
 art. 125
 art. 125
 art. 125
 art. 125
 art. 39
 art. 55
 ATF 
in fine
 ATF