Source: http://blogdetedelacsc.blogspot.com/2011/
Timestamp: 2018-01-24 09:09:38+00:00

Document:
Blog d'été de la CSC: 2011
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 10:12 Aucun commentaire:
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 14:07 1 commentaire:
Les pourfendeurs de l’index sur la scène internationale bénéficient eux-mêmes de l’indexation
Nous vous en avons déjà parlé dans ce blog d’été. Rien de plus logique pour le FMI que d’appliquer un système d’indexation automatique des salaires. Du moins lorsqu’il s’agit de son directeur général, DSK précédemment et Christine Lagarde depuis peu. Pas question par contre d’une application généralisée aux simples travailleurs.
Qu’en est-il des autres oracles de la scène internationale, qui semblent avoir la dent particulièrement dure contre notre mécanisme d’indexation, comme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission européenne? La situation n’y est pas différente.
Voici les informations que nous avons reçues de la délégation des travailleurs de l’OCDE en ce qui concerne le staff de l’OCDE:
"L'ajustement annuel des rémunérations des agents de l'OCDE relève du Comité de Coordination sur les Rémunérations (CCR) organisme commun à l'OCDE, l'OTAN, le Conseil de l'Europe et un certain nombre d'agences européennes (comme par exemple l'Agence Spatiale Européenne). Le CCR a une structure tripartite:
- les employeurs sont représentés par le Comité des Représentants des Secrétaires Généraux (CRSG);
- les gouvernements sont représentés par des délégués nationaux;
- les salariés sont représentés par le Comité des Représentants du Personnel (CRP), composé de délégués des associations du personnel de chaque organisation.
Tous les ans le CCR émet des recommandations sur l'ajustement des salaires - mais aussi d’autres rémunérations (surtout les indemnités d'expatriation) et les pensions.
Concernant les salaires, la méthode du CCR est indicielle:
- Elle est d'abord déterminée par un indice commun à l'ensemble des organisations (OCDE, OTAN, etc.) qui est composé d'un panier d'évolutions des rémunérations constatées dans la fonction publique d'un groupe de pays: France (poids dans l'indice: 19,8), Belgique (8,8), Allemagne (18,9), Italie (12,1), Luxembourg (5,9), Pays-Bas (9,1), Espagne (8,7), Royaume-Uni (16,7).
- Elle est ensuite ajustée en fonction de l'inflation dans le pays d'affectation. Une clause des règles du Comité prévoit en outre un "ajustement exceptionnel" lorsque la hausse du coût de la vie excède 5% sur 12 mois, ce qui a été le cas du Royaume-Uni entre juillet 2009 et juillet 2010.
Avec ce système, les salaires du personnel de l'OCDE ont augmenté de 2% pour l'année 2010, de 2% en janvier puis de 1% en août 2009, de 1% pour l'année 2008, de 2,4% en janvier puis de 0,7% en décembre 2007, de 2% pour l'année 2006. Sur les dix dernières années 2001-2010, la hausse des salaires aura été en moyenne de 2,5% par an (un peu moins en fait, car comme indiqué précédemment en 2007 et en 2009 la hausse a été en partie différée au cours de l'année)."
Qu’en est-il de la Commission européenne? Des informations très détaillées se trouvent dans un rapport particulièrement intéressant établi par le centre d’étude européen Eurofound concernant les systèmes d’indexation automatique en Europe. Ce rapport concerne tous les pays qui ont été invités par la Commission européenne et ensuite par le Conseil européen à revoir leur système d’indexation (Malte, Chypre, Belgique, Espagne), mais les chercheurs y ont aussi ajouté des informations très brutes concernant les fonctionnaires européens. Nous citons:
"La rémunération des employés et des fonctionnaires des institutions européennes fait l’objet d’une forme combinée d’indexation salariale, telle qu’établie par les "Staff Regulations of EU officials and other employees" en vigueur depuis le 1er mai 2004.
Suite à une décision du Conseil européen basée sur des données Eurostat, les salaires des employés de l’UE sont ajustés annuellement. L’ajustement tient compte à la fois des évolutions salariales moyennes pour les fonctionnaires nationaux dans un échantillon de huit Etats membres – à savoir la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne et le RU – et du coût de la vie dans le pays de travail. Etant donné que cette mesure est appliquée avec effet rétroactif, les évolutions salariales dans les services publics nationaux s’appliquent aux employés UE avec un décalage d’un an.
L’ajustement vise dans une première étape à veiller à ce que les évolutions salariales au niveau de l’UE reflètent les évolutions au niveau national. Dans un second temps, l’ajustement tient compte des différences géographiques au niveau du coût de la vie entre Bruxelles et tout autre lieu de travail dans une institution européenne, ainsi que des différences dans le temps. L’ajustement est basé sur un "coefficient de correction", qui reflète les différences de pouvoir d’achat entre Bruxelles et le lieu de travail, Bruxelles servant de ville de référence. L’indicateur ne suit toutefois pas nécessairement l’évolution générale des prix à la consommation dans un pays donné, puisqu’il tient compte des modèles de consommation des employés de l’UE dans leur lieu de travail. Les modèles de consommation sont établis sur la base d’une enquête, appelée "Family Budget Survey" (FBS) réalisée tous les cinq ou sept ans auprès des employés des institutions européennes situées en dehors de Bruxelles.
Suite à cette procédure d’ajustement, la rémunération pour une même position au sein d’une institution européenne peut varier fortement à travers l’Europe. Ainsi, un employé occupé dans une institution européenne en Bulgarie recevrait 62% du salaire payé pour la même position à Bruxelles, alors qu’un employé travaillant au Danemark recevrait 138% de ce salaire, conformément au "Council Regulation of 21 December 2009" sur la rémunération et les pensions des fonctionnaires et autres employés de l’UE."
Dans ces conditions, on pourrait s’attendre à ce que tous ces hauts fonctionnaires de l’OCDE et de la Commission européenne éprouvent un peu plus de scrupules à s’en prendre à notre système d’indexation. Manifestement, ils estiment que leurs propres privilèges ne s’appliquent pas au petit peuple des travailleurs.
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 12:26 1 commentaire:
Vous occuper de vos enfants, poursuivre des études, prendre soin de votre maman âgée, prendre un peu de temps pour votre famille ou pour vous-même. Autant de raisons pour lesquelles nous avons lutté en faveur du crédit-temps, afin de concilier vie professionnelle et vie privée. En tant que travailleurs, nous veillons à ce que la Belgique se situe dans le top 5 des pays les plus productifs au monde. De temps à autre, nous avons besoin de respirer ou de temps pour prendre soin de ceux que nous aimons. Et voilà que nos opposants nous lancent des "profiteurs" depuis leurs tranchées.
Profiteurs, vraiment? Fainéants, les prépensionnés? Le Pacte des générations nous contraint à travailler plus longtemps et nous travaillons effectivement tous plus longtemps. Celui qui a actuellement cinquante ans et a commencé à travailler à 23 ans, sait qu’il devra poursuivre le travail au moins jusqu’à 62 ans pour pouvoir prétendre à la prépension – avec la législation actuelle. D’aucuns continuent cependant à tirer à boulets rouges sur ces profiteurs.
Paradoxalement, nous n’entendons plus parler des autres mesures du Pacte des Générations qui devaient assouplir les horaires des travailleurs plus âgés.
Il est préférable de pointer du doigt la paille dans l’œil des travailleurs plutôt que la poutre dans celui des employeurs.
Et les travailleurs prennent aussi largement leur part des charges du crédit-temps. Car avec la suppression de l’obligation de remplacement, ils en assument également les conséquences sur le terrain. Concilier les horaires de travail et les plannings exige effectivement un talent organisationnel de la part des responsables des ressources humaines. Mais souvent, ce sont les travailleurs qui assument totalement ou partiellement le labeur de ces "travailleurs oisifs". Et généralement ils le font avec plaisir: parce qu’eux aussi peuvent à l’occasion prétendre à leur crédit-temps, lorsque leurs projets les y incitent. D’abus, il n’est pas question ici.
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 09:34 Aucun commentaire:
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 09:52 Aucun commentaire:
Les entreprises doivent payer 33,99% d’impôts sur leurs bénéfices, du moins en théorie. Car les frais prouvés et toutes sortes de mesures d’aide fiscales permettent de diminuer la base imposable. De ce fait, le taux d’imposition est sensiblement moindre. Depuis quelques années, la technique des intérêts notionnels autorise une réduction supplémentaire de l’assiette imposable. Il s’agit d’un intérêt fictif calculé sur les fonds propres. De ce fait, beaucoup d’entreprises sont parvenues à ramener leur taux d’imposition nettement en-dessous du niveau théorique de 33,99%, voire même d’échapper totalement à l’impôt des sociétés.
Le ministre des Finances Reynders a récemment annoncé les derniers chiffres pour la période 2001-2009. Il s’agit du taux d’imposition réel moyen. Ces chiffres font apparaître que dès 2001, les entreprises se situaient nettement en dessous de 33,99%. Le taux réel ne représentait que 59% du taux théorique. Depuis, la situation n’a fait que se détériorer. Les derniers chiffres connus n’ont jamais été aussi mauvais: un taux réel moyen de seulement 11,8%, ce qui ne représente que 35% du taux théorique.
35% de l’effort d’assainissement
Pour 2009, les chiffres présentés par Reynders donnent pour l’ensemble des entreprises un résultat positif de 93.956.000.000 euros. Imaginons qu’au lieu de payer 11,8% d’impôts sur cette somme, les entreprises avaient payé 19,9% d’impôts. Cela aurait rapporté aux pouvoirs publics 7.643.244.000 euros supplémentaires. Faites le compte: 7,64 milliards, cela correspond à 35% des 22 milliards d’assainissements dont il est question dans le cadre des discussions pour la formation du gouvernement. C’est nettement mois que l’effort que demande la note du formateur Di Rupo en termes de fiscalité du capital et de ses revenus. La partie "recettes" de la note Di Rupo ne représenterait en soi que 27% de l’assainissement.
Aussi bien l’Union européenne que les institutions internationales demandent que la Belgique réduise surtout les charges qui pèsent sur le travail. Notre pays a fait exactement le contraire: il a fortement réduit les charges sur le capital. Le FMI a déjà indiqué qu’il s’agit là d’objectifs contradictoires, qui risquent de nuire à l’emploi. En effet, pour créer des emplois, il faut rendre l’apport de travail moins coûteux que l’apport de capital. Or, la Belgique a fait exactement l’inverse.
Un bassin de retenue fiscal
Cette énorme perte de rentrées fiscales est naturellement due à un concours de circonstances. Mais l’instauration de la déductibilité des intérêts notionnels est sans conteste une raison majeure de ce phénomène. Il risque de devenir encore plus important alors que la crise a permis la constitution d’un bassin de retenue pour des abattements qui peuvent être reportés. Comment? Les entreprises qui réalisent des pertes ne peuvent aujourd’hui pas profiter de la déductibilité des intérêts notionnels. Puisqu’elles ne font pas de bénéfices, elles ne doivent pas payer d’impôts, de sorte qu’une déductibilité ne présente pour elles aucun intérêt aujourd’hui. Le législateur a cependant prévu qu’elles pourront quand même utiliser ces intérêts notionnels plus tard, dès qu’elles engrangeront à nouveau des bénéfices. Mais cela garantit effectivement que l’Etat devra faire le gros dos face à la crise économique pendant des années. En réponse à une question parlementaire de Dirk Vandermaelen (sp.a), le ministre Reynders a expliqué que pour l’exercice d’imposition 2009, les intérêts notionnels qui peuvent être reportés représentaient 5,4 milliards, ce qui est un montant énorme. En conséquence, le fisc sait déjà que tous ces reports lui coûteront bientôt environ 1,8 milliard (le rendement d’un abattement fiscal de 5,4 milliards à l’impôt des sociétés).
La CSC n’a jamais demandé la suppression pure et simple de la déductibilité des intérêts notionnels. Chacun doit cependant comprendre que le mécanisme actuel n’est pas tenable alors que nous devons réaliser 22 milliards d’assainissements. Ce n’est pas défendable vis-à-vis des travailleurs salariés et des inactifs qui seront durement touchés par les douloureuses mesures qui figurent dans la note de Di Rupo.
Koen Meesters, conseiller service d'étude
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 09:58 1 commentaire:
Pacte de solidarité entre les générations X 100 ?
Le Pacte de solidarité entre les générations ne fait pas avancer les choses, nous connaissons la chanson! Les syndicats, largement soutenus par les entreprises, continuent sans vergogne à pousser les travailleurs âgés vers la prépension: autre refrain que nous avons entendu crescendo pendant la crise financière! De ce fait, le taux d’activité des aînés n’augmenterait que très lentement. Les carrières seraient de plus en plus courtes, alors que nous vivons plus longtemps. Dans ces conditions, le temps presserait pour l’évaluation approfondie du Pacte de solidarité entre les générations, et de préférence pour l’adoption d’un Pacte bis. Les propos les plus colorés sont venus de Luc Coene, le gouverneur de la Banque nationale: le Pacte de solidarité entre les générations coûte plus qu’il ne rapporte, et, pire encore, nous avons besoin d’un Pacte x 100. Le tout sous les applaudissements de la FEB, qui en 2009 déjà insistait pour que l’on anticipe l’évaluation du Pacte de solidarité entre les générations, prévue pour 2011 seulement.
En vertu du projet d’accord interprofessionnel pour 2011-2012, les partenaires sociaux doivent d’abord procéder à cette évaluation en commun au sein du Conseil national du travail. Le rapport, avec un avis en annexe, doit être remis pour fin septembre 2011. Toutefois, il semble que la FEB ne soit à nouveau pas prête à attendre les résultats puisque Rudi Thomaes, administrateur délégué, a récemment déclaré que le Pacte de solidarité entre les générations n’avait "pratiquement rien changé" au faible taux de participation des plus de 55 ans.
217.000 travailleurs âgés en plus
Est-ce que les choses sont aussi évidentes? Non, disons-nous. Et les chiffres ne mentent pas:
Depuis 2005, l’année du Pacte de solidarité entre les générations, le nombre d’actifs de 50 à 64 ans a augmenté de pas moins de 217.000 unités. Soit une augmentation de 43.400 personnes par an en moyenne. 59% (127.000) ont plus de 55 ans. Le nombre de chômeurs complets âgés de moins de 58 ans qui ne sont plus disponibles sur le marché de l’emploi a diminué drastiquement depuis 2005, passant de 53.635 à 2.294. Le nombre de prépensionnés dispensés de moins de 58 ans s’est réduit de moitié en cinq ans (de 23.524 à 13.141). Pour les pseudo-prépensionnés (Canada Dry), nous n’avons pas de chiffres mais il semble bien que leur nombre ait encore plus fortement diminué depuis le Pacte. Et l’âge effectif moyen de sortie du marché de l’emploi est en augmentation constante.
Et pour ce qui est du procès d’intention fait aux partenaires sociaux au début de la crise financière, selon lequel ils organiseraient un nouvel exode de travailleurs âgés, les chiffres ne le confirment nullement. Le nombre de travailleurs âgés a continué à augmenter sans interruption, tandis que le nombre de prépensionnés de moins de 60 ans était en baisse constante, malgré tout le tintouin autour des dossiers Carrefour, Godiva et Opel.
La norme des 1,5 fois est atteinte
Dans ces conditions, le taux d’activité des aînés a enregistré une belle augmentation, suffisante pour atteindre avec panache l’objectif du Pacte de solidarité entre les générations. Selon cet objectif, le taux d’activité des 55 à 64 ans devait augmenter 1,5 fois plus vite que la moyenne européenne (15 pays) et il est atteint. Selon les statistiques européennes, l’augmentation est de 9,5% entre 2005 et 2010 pour l’UE 15. Une fois et demi, cela veut donc dire +14,25%. Autrement dit, la Belgique devait passer de 31,8 sur 100 (en 2005) à 36,3 sur 100. Eh bien, en 2010, nous en étions à 37,3 sur 100, un résultat que personne n’aurait oser espérer en 2008. Personne ne s’attendait à ce que notre marché de l’emploi réagisse aussi bien à la crise financière, nettement mieux que les autres pays européens.
Le taux d’activité des aînés va continuer à augmenter. Tout d’abord parce que le Pacte de solidarité entre les générations est loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière. Les exigences de carrière pour la prépension à partir de 58 ou 60 ans vont encore être renforcées. Les prépensions sectorielles à 55, 56 et 57 ans après 38 ans de carrière disparaissent fin 2014. La prépension à partir de 56 ans après 40 ans de carrière va disparaître peu à peu, vu l’augmentation de l’âge de l’obligation scolaire. La forte hausse du "ticket modérateur" pour les jeunes prépensionnés n’est entrée en vigueur que l’an dernier. Mais, même sans toutes ces mesures, de nombreux aînés travaillent plus longtemps. Parce qu’ils ont des enfants plus tard, parce que ces enfants font de plus longues études et quittent la maison plus tard. Parce que plus d’emplois permettent de travailler plus longtemps. Parce que les travailleurs sont plus nombreux à souhaiter une pension complète. Et parce que les employeurs sont confrontés à des problèmes de recrutement et réfléchissent donc à deux fois (espérons-le) avant de pousser leurs travailleurs âgés vers le chômage.
Un pacte pour toutes les générations
L’avenir n’est pas rose pour autant. Nous ne prétendons pas que tous les objectifs sont atteints. Non, le taux d’activité reste trop bas. Malgré le mouvement de rattrapage, le taux d’activité des aînés reste largement inférieur à la moyenne européenne. Nous devrons tous travailler plus longtemps en moyenne. Le Congrès d’avenir de la CSC l’a reconnu explicitement. Mais que l’on ne vienne plus nous rabâcher les oreilles en prétendant que le Pacte de solidarité entre les générations est un fiasco, que les vieux en profitent de plus en plus sur le dos des jeunes et que nous n’avons rien changé à nos vieilles habitudes en matière de prépension.
Peut-être pourrons-nous ainsi entamer un débat plus serein. Un débat qui ne réduit pas la solidarité intergénérationnelle au fait de travailler plus longtemps mais qui l’élargisse au chômage et à l’insécurité d’emploi des jeunes, au manque d’intérêt pour les personnes d’origine étrangère ou pour les handicapés. Un débat qui ne vise pas seulement à allonger les carrières, mais aussi à les alléger, avec des possibilités de pauses à l’intérieur de la carrière et de départ progressif en fin de carrière. Qui s’attaque aux obstacles qui empêchent tant les hommes que les femmes de se constituer une carrière complète, avec le droit à une pension complète. Qui ne fait pas seulement la chasse aux non-actifs mais qui se dise aussi que pour tous ces demandeurs d’emploi actifs, il faut des emplois adaptés à leurs possibilités. Qui, avant d’accuser les chômeurs âgés de se complaire dans le système, constate que les employeurs ne sont guère intéressés par un groupe-cible de plus de 50 ans, dont 3 sur 5 sont peu qualifiés et 1 sur 5 souffre d’un handicap du travail (chiffres du VDAB). Qui reconnait qu’une politique de fin de carrière arrive trop tard et que c’est pendant toute la carrière qu’il faut éviter que les travailleurs ne s’épuisent trop vite. Qui cesse de concentrer la problématique de la fin de carrière sur le problème de plus en plus réduit des prépensions, simplement parce que les employeurs veulent faire supporter une partie du coût par l’ONEM. Qui est attentif à la qualité des emplois, des carrières, de l’organisation du travail, pour permettre aux travailleurs de prendre de l’âge tout en continuant à travailler. Et qui, pour toutes ces raisons, place les employeurs face à leurs responsabilités. Car, Monsieur Thomaes, si le Pacte des générations n’a "pratiquement rien changé", c’est bien à ce niveau-là.
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 15:06 Aucun commentaire:
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 14:45 Aucun commentaire:
Parmi les mesures envisagées dans la note du formateur, Elio Di Rupo, figurait l’idée de ramener la norme de croissance des soins de santé à 2%.
Nul ne sait (en tout cas l’auteur de ce message ignore) si cette note formera un jour la base d’un programme gouvernemental. A supposer que ce soit le cas, quels seraient les enjeux?
Un premier aspect du problème est que, justement, il est devenu très difficile d’expliquer les enjeux en quelques lignes. Le budget des soins de santé est devenue un écheveau si embrouillé que très peu de personnes sont en mesure de l’expliquer en détail, sans parler de le maîtriser. Une première chose serait d’en revenir à quelques principes simples et que tout le monde comprenne, comme l’a d’ailleurs recommandé la Cour des comptes.
L’INAMI a approuvé le 18 juin une dépense de près de 50 millions (2 milliards de francs belges) pour le "statut social" des pharmaciens et des kinésithérapeutes. Il s’agit d’une intervention de l’INAMI dans un régime de pension complémentaire pour certaines professions médicales. Ce système n’existait au départ que pour les médecins, et était une "carotte" pour les inciter à se conventionner. Il faut rappeler que rien n’oblige un médecin à accepter les accords médico-mutuellistes. Du point de vue de l’assurance maladie, que le médecin soit conventionné ou non ne change rien: elle paie selon le tarif prévu par la réglementation. Si le médecin est conventionné, il s’engage à respecter ce tarif. S’il n’est pas conventionné, il pratique les tarifs qu’il veut, et la différence est payée par le patient. Comme cette "carotte" n’est payée qu’aux médecins conventionnés, elle n’est pas à charge du budget des prestations médicales, mais à charge des frais d’administration de l’INAMI. Par égalité de traitement, on a appliqué le même système à un certain nombre de praticiens paramédicaux qui se trouvent pourtant dans un contexte différent: ils sont tenus de respecter les tarifs de l’INAMI pour que leur prestation soit remboursée, ce qui pour la grande majorité d’entre eux est un élément indispensable pour que les patients fassent appel à eux. A priori, ce "statut social" est donc octroyé à tous les prestataires actifs. Il n’est pas justifié que de telles dépenses ne fassent pas partie du budget de la rubrique concernée.
Et on pourrait multiplier des exemples du même genre, dont on voit qu’ils ne portent tout de même pas nécessairement sur des petites sommes.
La loi actuelle prévoit une croissance de 4,5% hors inflation. C’est un héritage du dernier gouvernement Verhofstadt, où il s’agissait d’une priorité politique assumée. Depuis lors, elle est restée inscrite dans la loi, faute de majorité pour la modifier. Au cours des deux dernières années, le budget ainsi déterminé est supérieur aux dépenses réelles, ce qui permet de parler à la télévision de "boni" dans les soins de santé, alors qu’on parle d’un secteur dont la croissance est bien supérieure à celle du PIB, des salaires et de n’importe quel indicateur connu…
Et cette croissance s’observe alors que, depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral est dans un état quasi permanent de blocage ou "d’affaires courantes", et s’interdit donc des initiatives importantes – soit pour améliorer le système, soit pour y définir les priorités.
Historiquement, 4,5% hors inflation est le rythme de croissance "naturel" des dépenses depuis une bonne vingtaine d’années.
Si on prend au sérieux l’idée que le budget ne peut croître que de 2% (on veut dire: si on cesse le petit jeu de mettre "hors budget" ou "hors norme" un certain nombre de dépenses), il s’agit d’une rupture nette par rapport aux tendances à l’œuvre depuis plusieurs années, en Belgique comme à l’étranger.
Si un budget est présenté sur cette base, la CSC ne s’arrêtera pas au fétichisme de la norme.
Elle verra d’abord si le budget ainsi déterminé tient la route. Car si ce n’est pas le cas, comment sont financés les dépassements?
Eh bien, dans une certaine mesure, joue la "responsabilité financière des mutualités". Cette responsabilité "des mutualités" est en fait celle de leurs afflilés, qui seraient invités à payer une cotisation complémentaire.
Au-delà de cette responsabilité financière, le déficit devrait, tout simplement, être comblé… par la gestion globale de la sécurité sociale, ce qui fait qu’on tourne en rond.
Il faudra voir ensuite comment ce budget volontariste sera réalisé. Manifestement, il ne suffira pas de "laisser aller les choses": des mesures d’économie importantes devont être prises. A charge de qui? Des patients? Du personnel des soins de santé? Il faudra sans doute définir des priorités. En direction de qui? Qui paiera la différence entre ce que couvre la sécurité sociale et ce que coûtent réellement les soins de santé? Les patients? Des assurances privées?
Une dernière chose: la proposition du formateur se situe dans un ensemble, qui comporte un chapitre de réformes institutionnelles, lequel prévoit notamment de communautariser certaines rubriques de l’assurance maladie, en particulier les soins aux personnes âgées.
Il n’est pas inutile de rappeler l’évolution des principales rubriques de l’assurance soins de santé.
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 12:10 Aucun commentaire:
Au nom de la CSC et en tant que vice-président de l’Organisation internationale du travail (OIT) et président du Groupe des travailleurs, Luc Cortebeeck a envoyé le message suivant à la direction du syndicat norvégien LO et au Premier ministre Jens Stoltenberg.
Les travailleurs belges, les membres et la direction de la CSC et les membres du Groupe des travailleurs de l’Organisation internationale du travail sont choqués et abasourdis face à la tragédie de ce vendredi 22 juillet à Oslo et sur l’île d’Utoya.
Au lieu de cette catastrophe, le peuple norvégien et ses gouvernements successifs méritent le respect et la gratitude de tous pour les initiatives internationales et historiques qu’ils ont prises en faveur de la paix et des droits des travailleurs. Nous avons participé à la Conférence commune OIT-FMI d’Oslo en septembre 2010, à l'invitation du Premier ministre Jens Stoltenberg et appelé ensemble à une reprise après la crise, ciblée sur l’emploi. Nous apprécions aussi énormément le travail de LO en Norvège et au niveau international, au sein de l’OIT.
Les événements de ce vendredi constituent une attaque contre une vision de société basée sur la solidarité et contre des jeunes qui voulaient s’engager pour défendre cette vision à l’avenir.
Nous tenons à exprimer notre sympathie et notre solidarité à toutes les familles de victimes, au peuple norvégien, aux travailleurs et aux jeunes de Norvège, à LO Norvège.
président de la CSC,
vice-président de l’OIT et président du Groupe des travailleurs
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 09:55 Aucun commentaire:
Ils sont rares mais heureusement ils existent encore, les économistes qui n’ont pas abandonné toute vision indépendante et qui osent développer une réflexion critique face à des postulats acceptés de tous. En ces temps où notre propre Banque nationale multiplie sans broncher les propos négatifs à l’égard de notre mécanisme d’indexation des salaires, il est réconfortant de voir que Fons Verplaetse, gouverneur honoraire de la Banque nationale, fait sa propre analyse sur les salaires et la norme salariale.
Chacun sait que depuis l’instauration de la loi belge sur la norme salariale, l’évolution de nos salaires est liée à l’évolution des salaires dans nos trois pays voisins, à savoir l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Le poids attribué à chaque pays est proportionnel à l’importance de son Produit intérieur brut (PIB). De ce fait, l’évolution des salaires en Allemagne est celle qui pèse le plus lourd dans la détermination du salaire moyen de référence auquel nos salaires sont comparés. Compte tenu de la politique dure de modération salariale menée ces 10 dernières années par l’Allemagne, le fait de respecter l’évolution moyenne des salaires ne s’avère pas chose aisée. On constate d’ailleurs aussi qu’aux Pays-Bas et en France, les salaires suivent plutôt l’évolution normale de la productivité et augmentent donc nettement plus rapidement que les salaires allemands.
La majorité des économistes répètent comme un mantra que la Belgique souffre d’un handicap des coûts salariaux et que la maîtrise de ces coûts constitue une absolue nécessité, de préférence en supprimant le mécanisme d’indexation automatique des salaires, qui serait responsable de ces "dérapages salariaux intolérables".
Toutes les questions critiques sur les longues années de modération salariale allemande, sur leur influence négative sur la demande intérieure allemande et sur le sous-développement du secteur des services en Allemagne seraient autant de fausses notes que l’on n’entend pas au sein de ce chœur de convaincus. Aucune voix ne s’élève pour faire remarquer qu’en raison de la loi sur la norme salariale, la Belgique est obligée d’adopter partiellement la modération salariale allemande, malgré la rentabilité plus qu’honorable de nos entreprises.
Le plaidoyer tenu par Fons Verplaetse fin juin dans "Knack" (22.06.11) est donc très agréable à entendre. Prendre le PIB comme facteur de pondération pour comparer nos salaires à ceux des pays voisins n’est, selon Verplaetse, pas une très bonne idée. Ce qui compte, c’est le poids de nos voisins dans les exportations mondiales totales. C’est en effet sur le marché des exportations que la Belgique doit concurrencer ses voisins. Si l’on prend comme facteur de pondération la part de chaque pays dans les exportations mondiales, les salaires néerlandais ont un poids nettement plus important. Le handicap salarial qui s’élevait en 2010 à 3,9% avec la méthode de pondération du PIB est ainsi réduit à 2%. Si l’on en déduit les 1,6% de subsides salariaux pour les entreprises, il reste un handicap de 0,4%. Qui a parlé de dérapage salarial?
Verplaetse profite de l’occasion pour souligner les véritables défis pour notre économie. On constate que les coûts d’importation ont augmenté en moyenne de 1,7% entre 1996 et 2010, contre 0,7% seulement chez nos voisins. La part importante de l’énergie dans nos importations n’y est certainement pas étrangère. Les coûts d’importation sont importants puisqu’ils représentent 42% du coût de nos produits, contre 30% pour les salaires. La différence est importante par rapport aux pays voisins, où les salaires constituent en moyenne 42% du coût alors que les coûts d’importation ne représentent que 16%. Verplaetse en conclut que si l’on parle de compétitivité au niveau des coûts, le problème se situe surtout au niveau des coûts d’importation pour la Belgique et au niveau des coûts salariaux pour nos voisins.
Si l’on n’a que peu ou pas d’impact sur les prix à l’importation, on en a d’autant plus sur d’autres éléments structurels. C’est ainsi par exemple qu’en comparaison avec nos voisins, nos entreprises sont sous-représentées dans le secteur des hautes technologies ou dans les services intensifs en connaissance. Nos voisins obtiennent de meilleurs résultats en matière de formation sur le lieu de travail et de dépenses pour la recherche et le développement et les TIC. Ces handicaps structurels constituent le facteur déterminant pour la perte de parts de marché sur le marché des exportations, et non le handicap salarial que l’on ne cesse de gonfler artificiellement. Nos voisins bataves en sont la meilleure preuve: avec une évolution salariale nettement plus marquée que chez nous, les Pays-Bas enregistrent encore de légers gains en parts de marché entre 1996 et 2010 et réalisent un excédent de 7% du PIB sur le compte courant de la balance des paiements…
Renaat Hanssens, conseiller service d’études
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 10:02 Aucun commentaire:
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 12:06 Aucun commentaire:
Pendant quelque temps, il fut "de bon ton", parmi les chroniqueurs, d’affirmer que les ravages de la dernière crise financière n’auraient pas été aussi dramatiques si les femmes étaient plus nombreuses parmi la haute hiérarchie des institutions financières. Dans quelle mesure la situation n’aurait-elle pas été différente si le machisme avait été moins clairement présent, si Lehman Brothers avait fait place à Lehman Sisters?
Nous assistons aujourd’hui à un renforcement de la présence des femmes à la tête des institutions financières internationales. Outre Christine Lagarde, qui vient d’être nommée directrice générale du Fonds Monétaire International, Madelyn Antoncic est devenue vice-présidente et trésorière de la Banque mondiale.
Un signe d’espoir? Selon le président de la Banque, Robert Zoellick, certainement: "Connue pour sa franchise, Madelyn apporte à la Banque une vaste connaissance des tenants et des aboutissants du monde financier et elle a démontré ses qualités de dirigeant, d’innovation et d’intégrité".
Nous sommes curieux de voir où elle a fait ses preuves. Apparemment, elle a successivement occupé, entre 1999 et 2008, les fonctions de Directeur de la politique des risques, Directeur de la gestion des risques "Marchés" et, pour finir, Chief Risk Officer chez… Lehman Brothers. Nous ne connaissons guère de détails sur le rôle que Sister Antoncic a joué chez Lehman Brothers, mais en tant que Chief Risk Officer, elle disposait quand même de quelques atouts pour mener le navire Lehman à bon port dans des eaux tortueuses. L’aveuglement face au risque, lié à un afflux de testostérone, ne serait-il donc pas un comportement uniquement masculin…?
Le libre-échange sans contraintes sociales
Ce genre de personnage est donc appelé, avec le FMI, à dicter la marche à suivre dans le monde entier. Voilà bien qui confirme que nous en sommes revenus au "business as usual", et cela préserve de la naïveté ceux qui ont trop rapidement cru qu’un nouvel ordre mondial naîtrait sur les ruines du consensus de Washington.
Les termes "consensus de Washington" évoquent l’amalgame de conceptions économiques néolibérales qui, pendant des années, étaient dominantes parmi les économistes et les dirigeants politiques et qui ont également constitué le schéma de pensée des institutions financières internationales établies à Washington, en particulier la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International.
La rigueur budgétaire avant tout, s’il le faut aux dépens d’institutions publiques essentielles telles que l’enseignement et les soins de santé, le libre-échange sans contraintes, la libre-circulation des capitaux, un marché de l’emploi très flexible, vous-mêmes connaissez aussi les recettes que beaucoup de pays (en voie de développement) désireux d’obtenir une aide du FMI ou de la Banque mondiale ont été contraints d’appliquer.
En apparence, la crise financière, qu’aucune des deux institutions financières n’avait vu arriver à temps, semblait provoquer l’effondrement de cette pensée dominante. Le FMI, par exemple, n’hésitait pas à reprendre les vieilles traditions keynesiennes et à conseiller aux Etats de laisser filer le déficit budgétaire pour relancer la machine économique.
Aujourd’hui, le sort réservé à la Grèce démontre qu’il ne reste manifestement plus guère de traces de tout cela. DSK a eu toutes les peines du monde à parvenir à ce que le FMI change de cap. Lagarde va-t-elle vraiment essayer?
Le crédit de Madelyn Antoncic
A la Banque mondiale aussi, on observe le même retour aux thèses connues. Le nouvel instrument financier que la Banque mondiale a imaginé avec la banque d’affaires américaine JP Morgan pour combattre la volatilité des prix des denrées alimentaires ne laisse en tout cas rien présager de bon.
Plusieurs agences des Nations Unies avaient déjà indiqué que l’envolée des prix des denrées alimentaires était principalement due aux marchés financiers, qui utilisent des produits dérivés pour spéculer sur les marchés des denrées alimentaires.
Pour protéger les petits fermiers de l’hémisphère sud contre les importantes fluctuations des prix, la Banque mondiale veut désormais simplement leur permettre d’avoir accès à ces instruments financiers. Je me demande vraiment qui sera gagnant dans cette affaire: les petits producteurs de denrées alimentaires ou plutôt… JP Morgan? Tout comme je me demande dans quel camp Madelyn Antoncic se trouvera…
Bien sûr, elle aussi mérite du crédit au moment de prendre ses fonctions. C’est ce qu’on appelle "le bénéfice du doute". Mais il faut déjà être un prêteur particulièrement machiste pour accorder autant de crédit à une Lehman Sister.
Conseiller service d’étude CSC
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 15:23 Aucun commentaire:
Cela ressemble furieusement à une stratégie bien étudiée. Chaque été, des missiles soigneusement mis en batterie de différentes positions prennent pour cible "notre modèle social".
Les critiques émanent à la fois de certains milieux politiques, d’institutions européennes et internationales, de groupes de réflexion "soi-disant" indépendants – soi-disant parce que leurs propositions servent surtout les intérêts de leurs commanditaires et patrons –, d’organisations patronales qui subissent de plus en plus l’influence non seulement des partis libéraux classiques, mais aussi des partis libéraux nationalistes ; des médias, enfin, qui visent surtout à propager des idées simplistes, parce que celles-ci sont tellement proche des tendances à la mode et qu’elles permettent aux médias de doper leurs chiffres de vente.
Ce qui me touche le plus dans tout ceci, c’est que – malgré le niveau de formation élevé que nous avons globalement acquis au cours des dernières décennies – nous témoignons d’un tel esprit grégaire. J’observe de moins en moins de traces d’un sain esprit critique. Je pars du principe que la vérité est souvent multiforme et généralement plus complexe que le noir ou le blanc.
Prenons par exemple la liaison des salaires à l’index (nous y consacrerons de prochaines chroniques). L’OCDE a formulé à ce propos une recommandation négative. Rien de nouveau sous le soleil, mais l’élément remarquable est que les médias se désintéressent complètement de nombreuses autres recommandations intéressantes de l’OCDE.
L’OCDE s’inquiète par exemple du financement de l’Etat fédéral pour assurer le financement du vieillissement. Les Régions et les Communautés doivent accroître leurs efforts dans le domaine financier, par exemple financer elles-mêmes les pensions de leurs agents.
Les entreprises profitent du système du chômage économique, pour lequel les conditions sont peu nombreuses. Ces conditions doivent être rendues plus strictes. Il faut intensifier l’offre de cours de langues destinée aux migrants et rendre l’enseignement maternel obligatoire. Nous ne plaidons pas pour le relèvement de l’âge de la pension.
En outre, Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE, a félicité la Belgique parce que les mesures élaborées avec les partenaires sociaux ont permis à notre pays de bien résister à la crise. Globalement, la donne était donc plus équilibrée, mais les "équilibres" ne sont pas intéressants d’un point de vue commercial.
Il est également réjouissant d’entendre certaines voix oser s’élever contre le démantèlement de l’index, la solution que certains proposent pour résoudre nos problèmes. L’ancien gouverneur honoraire de la Banque nationale de Belgique, Fons Verplaetse, déclare par exemple dans Knack: "Ceux qui prétendent que les salaires sont la solution pour rétablir la compétitivité mentent à l’opinion publique".
En présence de Gurria, le premier ministre Leterme en a remis une couche devant la presse internationale: "L’index est surtout un thermomètre. Il faut aussi s’intéresser à la fièvre qu’il mesure". Il s’agissait d’une référence explicite à l’évolution des prix énergétiques, sans pour autant nier le problème de l’inflation. "Dans le même temps, l’index est une des pierres angulaires du modèle social belge".
Ce débat ouvert et loyal, fondé sur des arguments, voilà ce qui me manque vraiment. Mais il y a plus grave: ce vide pourrit et travestit le dialogue socioéconomique et politique. L’opinion publique est constamment prise à contre-pied, entre autres par les petites guerres estivales actuelles.
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 15:16 Aucun commentaire:
Publié par Claude Rolin - Luc Cortebeeck à 16:41 Aucun commentaire:

References: CSC 
 CSC 
 CSC 
 CSC 
 CSC 
 CSC