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Timestamp: 2016-10-27 09:01:32+00:00

Document:
4A_529/2015 (04.03.2016)
4A_529/2015 � � Arr�t du 4 mars 2016
X.________, repr�sent� par Me Jean-Philippe Heim,
Y.________ SA, repr�sent�e par Mes Jean-Marc Reymond et Gabrielle Weissbrodt,
contrat de courtage de n�gociation, d�ch�ance du droit au salaire du courtier,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 3 ao�t 2015.
A.a.�Y.________ SA (demanderesse), � J.________, �tait propri�taire de l'int�gralit� du capital-actions de la soci�t� A.________ SA (ci-apr�s: la soci�t�), elle-m�me propri�taire de l'H�tel T.________, � Z.________ (VD).
Le 23 janvier 2006, la demanderesse (d�sign�e comme "le vendeur"), repr�sent�e par le pr�sident de son conseil d'administration M.________, qui est un homme d'affaires britannique, d'une part, B.________ SA (d�sign�e comme "l'acheteur"; ci-apr�s: B.________), � K.________, dont l'administrateur pr�sident est l'homme d'affaires franco-britannique N.________, ainsi que N.________ lui-m�me en qualit� de cod�biteur solidaire, d'autre part, ont sign� un contrat intitul� "contrat de vente d'actions et de cession de cr�ance".
Selon les art. 1 et 2 de ce contrat, la demanderesse c�dait � B.________, moyennant paiement de la somme de 38'700'000 fr. en capital, (a) 24'000 actions nominatives enti�rement lib�r�es, d'une valeur nominale de 100 fr. chacune, de A.________ SA repr�sentant 100% du capital-actions de la soci�t� et (b) la cr�ance actionnaire du "Vendeur" contre la soci�t� � la date du�
Closing. D'apr�s l'art. 2, le prix de vente �tait payable par le versement d'un premier acompte de 13'500'000 fr. au�
Closing, de cinq acomptes de 2'500'000 fr. chacun, plus int�r�ts, payables entre le 22 janvier 2007 et le 20 janvier 2011 et, enfin, par le transfert de l'acheteur au vendeur avant le 31 d�cembre 2007 de la propri�t� de 25 appartements/studios, qui seraient construits dans une r�sidence de Miami Beach (Floride, USA). L'art. 3 stipulait que le transfert de propri�t� des actions s'effectuerait au�
Closing. L'art. 6 pr�cisait que le�
Closing, qui devait intervenir au plus tard le 1er f�vrier 2006, �tait subordonn� � la confirmation des financements bancaires requis par B.________, laquelle s'engageait � d�ployer tous ses efforts pour les obtenir; dans l'hypoth�se o� les financements ne seraient pas obtenus, les parties contractantes acceptaient de renoncer � toutes pr�tentions l'une envers l'autre, � l'exception des engagements r�sultant d'un accord de confidentialit�.
X.________ (d�fendeur) est un homme d'affaires fran�ais, qui exerce principalement une activit� de courtier sp�cialis� dans l'immobilier d'h�tellerie et de consultant dans les fusions/acquisitions d'entreprise.
Il a �t� retenu que dans l'op�ration sus-d�crite, X.________ est intervenu en tant que mandataire de B.________ et de N.________, et qu'il avait d�j� �t� mandat� par N.________ ou une de ses soci�t�s en rapport avec l'acquisition par ce dernier de trois �tablissements de luxe � Z.________, soit les h�tels U.________, V.________ et W.________.
A.b.�Le 6 juin 2006, la demanderesse et le d�fendeur ont conclu un contrat de courtage.
Selon le "Pr�ambule" de ce contrat, le mandataire (i. e. le d�fendeur) a propos� au mandant (i. e. la demanderesse) "ses services d'interm�diaire en vue de lui pr�senter un acqu�reur pour les actions de la (soci�t�)......".
L'art. 1 dispose que le mandant charge le mandataire de la recherche d'un acqu�reur pour les 24'000 actions de la soci�t�, le "prix de pr�sentation" �tant de 60 millions de francs.
L'art. 2 de l'accord, qui a pour objet les "Obligations du mandataire", a la teneur suivante:
"Le Mandataire s'engage � assister et conseiller le Mandant et � ex�cuter (sa mission) avec toute la diligence requise par les circonstances.
Le Mandataire s'engage �galement � tenir le Mandant r�guli�rement inform� de l'ex�cution du mandat et � suivre les instructions donn�es par ce dernier dans le cadre de l'objet du pr�sent mandat.
Le mandataire s�lectionnera sur dossier complet les acqu�reurs potentiels en fonction de leur solvabilit� et de leur s�rieux, avec toute la discr�tion indispensable.�
Chaque acqu�reur sera d�nonc� au vendeur par mail ou fax ".
Le libell� de l'art. 3, 1er par., de l'accord, dont le titre est "R�tribution du mandataire", donne lieu � des divergences d'interpr�tation entre les cocontractants. Pour le d�fendeur, il faut s'en tenir au texte m�me de l'art. 3 et comprendre que la r�tribution du mandataire est due en cas de vente � un acqu�reur qui aurait �t� agr�� par le mandant ou � tout autre acqu�reur d�sign� par le mandataire. Pour la demanderesse, le sens de cette disposition est que la r�tribution du courtier mandataire d�pend de la vente des actions de la soci�t� � un acqu�reur, que ce soit directement � ce dernier ou indirectement, par le biais d'une soci�t� contr�l�e par celui-ci, pour autant cependant que l'acqu�reur du capital-actions soit agr�� par le mandant.
L'art. 3, 2e par., contient une "�chelle d'int�ressement" o� la commission de courtage, d'un montant minimum garanti de 1'250'000 fr., peut atteindre au maximum le montant de 2'000'000 fr. pour un prix de cession des actions compris entre 58 et 59 millions de francs.
D�s la signature du contrat de courtage, le d�fendeur s'est lanc� dans la recherche d'investisseurs souhaitant acqu�rir les actions de la soci�t�. Il a fait para�tre � deux reprises une publicit� dans le journal.... Le d�fendeur a fait signer des lettres d'intention et de confidentialit� aux personnes int�ress�es � l'achat des actions, ces derni�res devant pr�ciser si elles agissaient pour leur propre compte ou pour celui d'un client, �tant donn� que, comme le pr�cisait une clause desdites lettres, "l'accord des parties rel�ve d'un fort intuitu personae ".
A.c.�B.________ et N.________ n'ayant pas ex�cut� le contrat de vente d'actions sign� le 23 janvier 2006, Y.________ SA a ouvert action � leur encontre devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois, par demande du 13 septembre 2006, pour qu'ils ex�cutent ledit contrat.
Le 5 octobre 2006, la demanderesse et le d�fendeur ont pass� un "accord de coop�ration et de r�tribution", par lequel le second s'est engag� � soutenir la premi�re dans son action en ex�cution du contrat de vente d'actions, moyennant perception du 33% de la totalit� des sommes recouvr�es par la demanderesse et/ou d�dommagements ou compensations accord�s � celle-ci, sous d�duction des frais de justice et d'avocat engag�s.
Apr�s avoir communiqu� en octobre 2006 � la demanderesse le nom de quatre acqu�reurs potentiels, le d�fendeur lui a pr�sent� � la fin 2006 C.________ SA (ci-apr�s: C.________), � S.________ (VD), comme acheteuse potentielle de la soci�t�; le pr�sident du conseil d'administration de C.________ �tait O.________.
Lors d'une rencontre tenue � Z.________ le 13 d�cembre 2006, les organes de C.________ ont expos� � M.________ qu'ils allaient mettre sur pied un partenariat avec un groupe du pays H.________, soit E.________ Company, � I.________, dans le but de proc�der � la r�novation d'h�tels de haut de gamme. M.________, domicili� � Z.________ et d�sireux d'y conserver une bonne image, s'est dit soucieux de ne pas vendre la soci�t� � n'importe qui et s'est d�clar� int�ress� par le concept d�velopp� par C.________.
Le 19 d�cembre 2006, B.________ et N.________ ont adress� une t�l�copie � la demanderesse, lui annon�ant que B.________ se d�clarait pr�te � ex�cuter en date du 21 d�cembre 2006 le contrat de vente "tel qu'amend�" par la remise d'un ch�que bancaire de 13'500'000 fr. (augment� d'int�r�ts) � titre de premier acompte; signalant n'avoir pas obtenu les cr�dits bancaires requis, B.________ exposait que le compl�ment de financement se ferait en fonds propres.
La demanderesse n'a pas donn� suite � cette t�l�copie. Toujours le 19 d�cembre 2006, elle a d�clar� qu'elle se d�sistait de l'action en ex�cution contractuelle qu'elle avait ouverte devant les tribunaux vaudois le 13 septembre 2006.
B.________ et N.________, par requ�te de mesures provisionnelles et pr�provisionnelles du 27 d�cembre 2006, ont alors requis qu'interdiction soit faite � la demanderesse de disposer du capital-actions de la soci�t�. Le d�fendeur a �t� tenu au courant du d�p�t de cette requ�te et de ses suites.
Entre janvier et avril 2007, la demanderesse et C.________ sont entr�es en n�gociation.
Par demande du 29 mars 2007, B.________ et N.________ ont � leur tour ouvert action contre la demanderesse devant la Cour civile en ex�cution du contrat de vente sign� le 23 janvier 2006. Le d�p�t de cette action, qui suivait la requ�te de mesures provisoires du 27 d�cembre 2006, a g�n�r� de l'animosit� entre M.________ et N.________. Le d�fendeur, qui a eu connaissance d�s mars 2007 du d�p�t de cette demande, connaissait le conflit existant entre les pr�cit�s.
Lors de l'audience de mesures provisionnelles du 2 avril 2007, la demanderesse a d�clar� qu'elle ne souhaitait plus nouer de relations contractuelles avec B.________ et N.________, en raison d'une mauvaise entente avec eux. Par ordonnance de mesures provisoires du m�me jour, le Juge instructeur de la Cour civile a rejet� la requ�te de B.________ et N.________, aux motifs qu'ils n'avaient pas accept� les conditions de l'accord du 23 janvier 2006, mais avaient formul� une nouvelle offre, qui ne liait pas la demanderesse et que cette derni�re avait refus�e. Il a �t� retenu que le d�fendeur savait que le juge instructeur avait reconnu, en instance provisionnelle, le droit de la demanderesse de refuser l'ex�cution du contrat du 23 janvier 2006.
Le 24 mai 2007, en r�ponse � une lettre de C.________ du 10 mai 2007 faisant �tat de la conclusion d'un partenariat plus large avec le groupe du pays H.________, la demanderesse lui a fait savoir que selon des statistiques, le taux d'occupation des chambres de l'h�tel dont elle �tait propri�taire � Z.________ s'am�liorait nettement, de sorte qu'elle n'�tait plus certaine de vendre les actions de la soci�t�. La demanderesse a toutefois continu� les pourparlers avec C.________.
Au d�but juillet 2007, le d�fendeur a pr�sent� Q.________, qui r�side en Am�rique du Sud et n'a aucune exp�rience dans le domaine h�telier, � M.________ comme �tant int�ress�e � acheter le capital-actions de la soci�t�, alors qu'en r�alit� la pr�nomm�e ne l'�tait pas. Le d�fendeur et N.________, dont dame Q.________ a �t� l'amie intime durant plusieurs ann�es, avaient propos� � cette derni�re de rechercher si la vente des actions de la soci�t� �tait toujours d'actualit� en lui proposant de les acheter pour le compte de N.________.
Le 17 juillet 2007, P.________, comptable et expert en finances exploitant une fiduciaire dont le d�fendeur �tait client, a adress� � la demanderesse un courrier � l'en-t�te de D.________ SA (ci-apr�s: D.________), soci�t� avec si�ge � Gen�ve qui, selon le pli, �tait contr�l�e par dame Q.________ mais qui en fait n'existait pas encore; P.________ y a expliqu� que Q.________ souhaitait acqu�rir "l'H�tel T.________" au prix global de 55'000'000 fr.; � la lettre de P.________ �tait joint un projet de convention de vente d'actions et de cession de cr�ances entre la demanderesse et D.________, dont P.________ pr�cisait qu'il avait �t� pr�par� avec l'assistance du d�fendeur.
Le 23 juillet 2007, par un nouveau courrier portant la m�me en-t�te, P.________ a r�it�r� son offre d'achat, en y joignant une copie d'un ch�que bancaire de 35'000'000 fr. �mis au nom de D.________.
Il n'a pas �t� �tabli que la demanderesse ait donn� une quelconque suite � ces deux plis.
Il r�sulte des constatations cantonales que la soci�t� D.________ a �t� cr��e le 19 juillet 2007, qu'elle avait alors P.________ comme administrateur (remplac� � cette charge le 8 ao�t 2007 par l'avocat R.________) et que le propri�taire �conomique de ladite soci�t� �tait N.________.
Le 23 juillet 2007, un projet de contrat de vente a �t� �tabli entre la demanderesse et C.________.
Le 25 juillet 2007, le d�fendeur a inform� la demanderesse que C.________, dans un courriel envoy� le 24 juillet 2007, lui a confirm� qu'elle avait convenu et sign� un "plan d'affaires" avec son partenaire E.________ Company laissant "assez de latitude" pour l'acquisition des actions; le d�fendeur a transmis ce courriel � la demanderesse.
Par courrier du 26 juillet 2007, le d�fendeur a �crit � la demanderesse ce qui suit:
Je voulais vous informer que (O.________)... va faire l'op�ration de toute mani�re, et il se r�serve le droit de l'apporter � ses partenaires.
1/ L'acqu�reur est donc (C.________) ou toute soci�t� qu'il d�signerait, repr�sent� par O.________ et (un tiers) administrateurs agissant conjointement.
Au d�but du mois d'ao�t 2007, le d�fendeur a fait pression sur la demanderesse pour la pousser � conclure au plus vite, affirmant que C.________ le souhaitait. Ainsi, le 7 ao�t 2007, il a envoy� trois courriels � la demanderesse pour l'enjoindre � ne pas repousser la signature du contrat de vente d'actions.
En tout cas avant le 8 ao�t 2007, � une date rest�e inconnue, D.________, repr�sent�e par P.________, d�sign�e en tant que fiduciante, et C.________, repr�sent�e par deux administrateurs, d�sign�e en tant que fiduciaire, ont sign� un "contrat fiduciaire". D'apr�s l'art. 1 de cette convention, la fiduciante D.________, souhaitant conserver toute la confidentialit� sur la transaction en cause, confiait le mandat � C.________ d'effectuer, en son nom mais pour le compte et aux risques et p�rils de D.________, notamment l'acquisition de l'entier du capital-actions de la soci�t� A.________ SA par la signature d'un "Sale and Purchase Agreement" avec la demanderesse. A teneur de l'art. 5, le fiduciaire s'engageait � c�der � la fiduciante tous ses droits r�sultant du "Sale and Purchase Agreement", simultan�ment � la remise des actions � la fiduciante. Selon l'art. 6, le fiduciaire devait toucher pour son activit� une r�mun�ration de 500'000 fr.
Par contrat du 13 ao�t 2007, r�dig� en anglais et intitul� "Sale and Purchase Agreement", la demanderesse a vendu � C.________ toutes les actions de la soci�t� pour le prix de 43'161'037 fr. Le contrat contenait, en exergue, une clause ayant la teneur suivante : "BUYER reserves the right to transfer the shares of the Company to any third party" (traduction libre: l'acheteur se r�serve le droit de transf�rer les actions de la soci�t� � n'importe quel tiers). Il n'a pas �t� constat� que la demanderesse ait cherch� � savoir quel �tait le financement obtenu par C.________, ni qui �tait derri�re ce financement.
L'int�gralit� du prix de vente convenu a �t� pay� entre le 13 ao�t 2007 et le 21 septembre 2007.
A.d.�Le 15 ao�t 2007, le d�fendeur a conclu avec N.________ un accord au terme duquel celui-l� avait droit � une r�mun�ration pour sa participation � l'acquisition par celui-ci du capital-actions de la soci�t�.
Le 20 ao�t 2007, le d�fendeur a adress� � la demanderesse une facture de 1'635'000 fr. pour son activit� de courtier, tenant compte d'un acompte d�j� per�u de 65'000 fr. La demanderesse a r�gl� cette facture le 24 ao�t 2007.
Le 25 septembre 2007, le d�fendeur a envoy� � la demanderesse une nouvelle facture en paiement d'un reliquat d'honoraires de 300'000 fr., d�, � ses dires, d�s l'instant o� le prix de vente d�finitif des actions s'est mont� � 59'924'249 fr. La demanderesse n'a pas pay� cette seconde note.
Par courrier �lectronique du 28 septembre 2007, le d�fendeur a inform� la demanderesse qu'un administrateur de C.________ menait d'importantes n�gociations singuli�rement avec E.________ Company.
Par t�l�copie du 10 octobre 2007, un administrateur de C.________ a r�v�l� � la demanderesse que c'�tait D.________ qui se trouvait derri�re C.________, et donc N.________. Le 12 octobre 2007, M.________ a fait part � cet administrateur de sa d�ception.
Mise en demeure le 11 octobre 2007 par le d�fendeur de payer le solde des honoraires de courtage, la demanderesse a demand� qu'il d�taille l'activit� qu'il a d�ploy�e pour le compte de N.________ et/ou D.________, laquelle a permis � ces derniers de prendre le contr�le de la soci�t� en violation des instructions qu'elle avait d�livr�es.
L'h�tel exploit� par la soci�t� avait essuy� des pertes pendant cinq ans avant la vente des actions de celle-ci. A partir de 2007, il a d�gag� des b�n�fices et r�alis� en 2008 un exercice record.
B.________ et N.________ ont laiss� se p�rimer l'action qu'ils avaient ouverte contre la demanderesse le 29 mars 2007; le Juge instructeur de la Cour civile l'a constat� le 12 mars 2010 et a ray� la cause du r�le.
Le 5 janvier 2010, le d�fendeur a fait notifier une poursuite � la demanderesse pour une somme totalisant 3'709'000 fr. en capital, laquelle a �t� frapp�e d'opposition.
B.a.�Le 21 d�cembre 2007, la demanderesse a obtenu du Juge de paix du district de Vevey le s�questre des avoirs du d�fendeur d�pos�s aupr�s d'une banque � Z.________; les montants s�questr�s se sont �lev�s � 369'154 fr.50 et � 11'678 fr.85. Elle a fourni des s�ret�s � hauteur de 100'000 fr. pour couvrir le pr�judice pouvant �tre caus� par la mesure.
Par arr�t du 28 ao�t 2008 rendu par la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois, le s�questre a �t� lev�. Cette d�cision a �t� confirm�e par le Tribunal f�d�ral dans l'arr�t 5A_817/2008 du 30 juin 2009.
B.b.�Le 27 d�cembre 2007, la demanderesse a ouvert action contre le d�fendeur devant la Cour civile. En dernier lieu, elle lui a r�clam� remboursement du montant de 1'700'000 fr., plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 24 ao�t 2007, correspondant � la commission vers�e � la suite de la vente � C.________ du capital-actions de la soci�t� dont elle �tait propri�taire; elle a encore requis qu'ordre soit donn� au Juge de paix de lib�rer � son profit les s�ret�s constitu�es pour couvrir le pr�judice occasionn� par le s�questre.
Le d�fendeur a conclu au rejet des conclusions de la demanderesse; il a form� une reconvention et conclu au versement en sa faveur de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 23 ao�t 2007 � titre de solde de son salaire de courtier, de divers montants en r�paration du dommage subi pour s�questre injustifi�, ainsi que de 2'100'002 fr.17 avec les m�mes int�r�ts en ex�cution de l'accord de coop�ration et de r�tribution pass� entre parties le 5 octobre 2006.
La demanderesse s'est oppos�e aux conclusions reconventionnelles.
Par jugement du 2 mai 2014, dont les consid�rants ont �t� notifi�s le 22 avril 2015, la Cour civile a (I) condamn� le d�fendeur � rembourser � la demanderesse le montant de 1'700'000 fr., plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 25 ao�t 2007, repr�sentant la commission de courtage qu'il a encaiss�e, (II) ordonn� au Juge de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut de lib�rer en faveur de la demanderesse les s�ret�s, en capital et int�r�ts, constitu�es selon l'ordonnance de s�questre du 21 d�cembre 2007, (III et IV) statu� sur les frais et d�pens, (V) rejet� toutes autres ou plus amples conclusions.
Le d�fendeur a appel� de ce jugement, concluant principalement � la r�forme du chiffre I en ce sens que la demanderesse lui doit paiement de la somme de 300'000 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 23 ao�t 2007, et � ce qu'un chiffre Ibis soit ajout� au dispositif, pr�voyant que l'opposition de celle-ci � la poursuite du 5 janvier 2010 soit lev�e � concurrence du montant r�clam� au chiffre I.
Par arr�t du 3 ao�t 2015, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel, confirm� le jugement de la Cour civile et dit que les frais judiciaires de deuxi�me instance, arr�t�s � 21'000 fr., sont mis � la charge du d�fendeur.
Le d�fendeur X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � ce que l'action de la demanderesse soit enti�rement rejet�e, que celle-ci lui doive paiement de 300'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 23 ao�t 2007, que l'opposition � la poursuite du 5 janvier 2010 soit lev�e � concurrence de ce montant, que les frais judiciaires de deuxi�me instance soient arr�t�s � 10'000 fr. et que la demanderesse lui doive des d�pens de premi�re et seconde instances, � fixer � dire de justice. Subsidiairement, il requiert que l'arr�t attaqu� soit annul�, la cause �tant retourn�e � la Cour d'appel pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
L'intim�e propose le rejet du recours, tout en s'en remettant � justice � propos du montant des frais judiciaires de deuxi�me instance.
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par le d�fendeur qui a enti�rement succomb� sur ses conclusions tant lib�ratoires que reconventionnelles et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe largement 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 137 I 58 consid. 4.1.2) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas li� par l'argumentation des parties (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336) et appr�cie librement la port�e juridique des faits; il s'en tient cependant aux questions juridiques que la partie recourante soul�ve dans la motivation du recours et ne traite donc pas celles qui ne sont plus discut�es par les parties (art. 42 al. 2 LTF; ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584).
Dans l'arr�t attaqu�, la cour cantonale a tout d'abord confirm� l'interpr�tation op�r�e par les premiers juges de l'art. 3, 1er par., de la convention conclue par les parties le 6 juin 2006, accord qu'elle a consid�r� comme �tant un contrat de courtage de n�gociation. Elle a ainsi admis que cette clause comporte une coquille et qu'il faut y remplacer les termes "d�sign� par le Mandataire" par les termes "d�sign� par le Mandant". Elle a ainsi interpr�t� cette disposition comme stipulant que l'acqu�reur du capital-actions de la soci�t� devait �tre agr�� par la demanderesse (mandante), que cette acquisition se fasse directement par l'acqu�reur ou indirectement, au moyen d'une soci�t� contr�l�e par ce dernier.
La cour cantonale a ensuite retenu que le d�fendeur a particip� activement � la manoeuvre ayant consist� � tromper la demanderesse sur le v�ritable acheteur des actions de la soci�t� et qu'il a agi dans l'int�r�t d'un tiers contractant au m�pris de ses obligations vis-�-vis de la demanderesse. Le d�fendeur savait que la demanderesse �tait en conflit ouvert avec N.________ et qu'elle ne voulait plus lui vendre les actions de la soci�t�. L'autorit� cantonale en a inf�r� que le d�fendeur avait perdu son droit au salaire en vertu de la premi�re hypoth�se vis�e par l'art. 415 CO, qui recouvrait pr�cis�ment cette situation. Pour la cour cantonale, la seconde hypoth�se de l'art. 415 CO (prohibition du double courtage de n�gociation g�n�rant un conflit d'int�r�ts) est �galement r�alis�e, car il importe peu � cet �gard que la promesse de N.________ de r�mun�rer le d�fendeur pour sa participation � l'acquisition du capital-actions de la soci�t� ait eu lieu post�rieurement (deux jours plus tard) � la vente desdites actions � C.________.
Dans un premier moyen, le recourant s'en prend, sans invoquer une disposition l�gale, � l'interpr�tation objective de l'art. 3, 1er par., du contrat conclu le 6 juin 2006, dont la qualification de courtage de n�gociation (art. 413 al. 1 in fine CO) ne fait pas d�bat.
Il pr�tend que la cour cantonale a consid�r� erron�ment que le terme "mandataire" de cette clause devait �tre remplac� par "mandant". A l'en croire, selon la lettre de l'accord, la r�tribution du mandataire �tait due en cas de vente des actions � un acqu�reur agr�� par la demanderesse ou � tout autre acqu�reur d�sign� par le d�fendeur.
3.1.�Si une volont� r�elle et commune des parties contractantes n'a pas �t� constat�e, comme c'est le cas en l'esp�ce, il faut recourir � l'interpr�tation objective. Lorsqu'il proc�de � l'interpr�tation de la volont� objective, le juge d�termine le sens que, d'apr�s les r�gles de la bonne foi, chacune des parties pouvait et devait raisonnablement pr�ter aux d�clarations de volont� de l'autre (application du principe de la confiance; ATF 133 III 61 consid. 2.2.1 p. 67). Il doit donc rechercher comment une d�claration ou une attitude pouvait �tre comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances (ATF 136 III 186 consid. 3.2.1 p. 188). L'interpr�tation objective s'effectue non seulement d'apr�s le texte et le contexte des d�clarations, mais �galement sur le vu des circonstances qui les ont pr�c�d�es et accompagn�es, � l'exclusion des �v�nements post�rieurs (ATF 132 III 626 consid. 3.1 in fine). M�me si la teneur d'une clause contractuelle para�t claire � premi�re vue, il peut r�sulter d'autres conditions du contrat, du but poursuivi par les parties ou d'autres circonstances que son texte ne restitue pas exactement le sens de l'accord conclu (ATF 136 III 186 consid. 3.2.1 p. 188 et les arr�ts cit�s).
3.2.�L'art. 3, 1er par., du contrat de courtage de n�gociation conclu le 6 juin 2006, clause qui porte le titre "R�tribution du mandataire", a la teneur suivante:
"En cas de vente des actions de la Soci�t� � un acqu�reur qui aura �t� agr�� par le vendeur, par cession il est entendu une cession des actions directement ou indirectement ou (�
sic) toute soci�t� contr�l�e par ce dernier ou � tout autre acqu�reur d�sign� par le Mandataire, les services rendus par le Mandataire seront r�mun�r�s par le versement d'un honoraire�
(sic) de conseil en montage financier de 3% du montant total de la vente des actions, dette incluse (...), ramen�e d'un commun accord � l'objectif suivant, avec un minimum garanti de CHF 1'250'000 en cas de cession". (Suit une "�chelle d'int�ressement").
Pour le recourant, il y a lieu de recourir � une interpr�tation litt�rale et d'admettre que le courtier a droit � son salaire en cas de vente des actions de la soci�t� � un acqu�reur agr�� par l'intim�e ou � tout autre acqu�reur d�sign� par le courtier.
Il est ind�niable que la disposition est mal r�dig�e, dans la mesure o� la proposition principale, qui a trait � l'obligation du mandant de r�mun�rer le courtier en cas de succ�s, est coup�e par une longue incise expliquant ce qu'il faut entendre pas "cession" des actions.
Il n'en demeure pas moins que l'interpr�tation textuelle pr�conis�e par le recourant se heurte d'embl�e au "Pr�ambule" du contrat de courtage o� il est dit que le mandataire propose � l'intim�e "ses services d'interm�diaire en vue de lui pr�senter un acqu�reur pour les actions de la (soci�t�)......". Si le d�fendeur doit donc proposer un acqu�reur, il faut comprendre raisonnablement qu'il ne lui appartient pas de le d�signer, c'est-�-dire, selon le sens ordinaire des mots, de le choisir lui-m�me.
De plus, l'art. 2, 3e et 4e par., du contrat de courtage, qui traite des obligations du mandataire, pr�voit que le mandataire devra s�lectionner sur dossier complet les acqu�reurs potentiels en fonction de leur solvabilit� et de leur s�rieux, avec toute la discr�tion indispensable, et que chaque acqu�reur sera d�nonc� au vendeur par mail ou fax. Cette obligation de s�lectionner les amateurs selon des crit�res pr�cis et de transmettre � la demanderesse les dossiers ainsi constitu�s est clairement incompatible avec la facult� qu'aurait le d�fendeur de d�signer lui-m�me les acqu�reurs.
Au vu de la teneur du pr�ambule et de l'art. 2, 3e et 4e par., du contrat, lesquels, dans l'ordre des clauses adopt� par les parties, pr�c�dent la clause litigieuse, les parties devaient comprendre objectivement que l'art. 3, 1er par., de la convention comportait un lapsus calami et que l'expression "d�sign� par le Mandataire" devait �tre remplac�e par "d�sign� par le Mandant".
L'interpr�tation purement litt�rale du recourant, qui fait abstraction des autres clauses du contrat, n'est pas conforme aux principes r�gissant l'interpr�tation normative. Pour les parties, la clause en question devait ainsi �tre comprise de bonne foi comme conditionnant le droit au salaire du courtier � la vente des actions � un acqu�reur agr�� par la demanderesse (vendeur), que l'acquisition ou "cession" se fasse directement par l'acheteur ou, indirectement, � savoir � l'aide d'une soci�t� contr�l�e par celui-ci.
La cour cantonale, qui a interpr�t� dans ce sens la disposition litigieuse, n'a pas enfreint l'art. 18 CO. Le moyen doit �tre rejet�.
A suivre le recourant, l'autorit� cantonale a viol� l'art. 415 CO en consid�rant qu'en sa qualit� de courtier il n'a pas respect� son obligation de fid�lit� envers la demanderesse en permettant � N.________ de devenir le d�tenteur �conomique du capital-actions de la soci�t�, qu'il a agi dans l'int�r�t du tiers contractant au m�pris de ses obligations envers l'intim�e et qu'il est d�chu de son droit au salaire. Le recourant fait valoir que l'intim�e n'a pas r�agi au courriel du 26 juillet 2007 o� il a indiqu� � celle-ci que l'acheteur potentiel �tait C.________ ou toute soci�t� qu'elle d�signerait. Comme l'intim�e aurait �t� mise au courant que les investisseurs du pays H.________, partenaires de C.________, rechignaient � financer l'op�ration, la premi�re ne pouvait pas penser de bonne foi que C.________ envisageait de leur transf�rer les actions de la soci�t�, en application de la clause de substitution du contrat de vente du 13 ao�t 2007. Aux yeux du recourant, aucune directive claire ne lui a �t� donn�e quant � la personne du cocontractant et il �tait indiff�rent � l'intim�e de savoir qui allait acheter les actions de la soci�t�. On ignorerait d'ailleurs les motifs pour lesquels l'intim�e n'aurait pas voulu conclure la vente avec N.________. Enfin, l'intim�e n'a subi aucun dommage dans la vente des actions conclue � la date susrappel�e.
4.1.�D'apr�s l'art. 415 CO, le courtier perd son droit au salaire et au remboursement de ses d�penses, s'il agit dans l'int�r�t du tiers contractant au m�pris de ses obligations, ou s'il se fait promettre par lui une r�mun�ration dans des circonstances o� les r�gles de la bonne foi s'y opposaient.
Cette disposition vise des situations exceptionnelles, o� le courtier agit tout � la fois pour son mandant et le tiers contractant (c'est-�-dire le cocontractant potentiel de son mandant), qui permettent de sanctionner le courtier par la d�ch�ance de son droit au salaire, cela sans que le mandant n'ait � prouver un quelconque dommage; elle doit ainsi �tre interpr�t�e de mani�re restrictive (FRAN�OIS RAYROUX, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2e �d. 2012, n� 1 ad art. 415 CO; CHRISTIAN MARQUIS, Le contrat de courtage immobilier et le salaire du courtier, 1993, p. 156 et 158).
La premi�re des deux hypoth�ses envisag�es par la norme, qui est seule examin�e ci-dessous, est celle o� le courtier enfreint ses obligations de fid�lit� (cf. art. 412 al. 2 CO qui renvoie � l'art. 398 al. 2 CO) en agissant dans l'int�r�t du tiers contractant au m�pris des obligations qu'il assume envers son mandant (ATF 141 III 64 consid. 4.1 et les r�f�rences doctrinales).
A raison de son obligation de fid�lit�, le mandataire est tenu de mani�re g�n�rale de sauvegarder les int�r�ts l�gitimes de son mandant (art. 321a al. 1 CO) et, par cons�quent, de s'abstenir de tout ce qui peut lui nuire (ATF 117 II 560 consid. 3a p. 561; arr�t 4A_32/2008 du 20 mai 2008 consid. 3.1). Ainsi, lorsque le courtier exerce une activit� en faveur de son mandant, son devoir de fid�lit� le contraint de veiller aux int�r�ts de celui-ci (ATF 110 II 276 consid. 2a p. 278). S'il a re�u des instructions qui concr�tisent son devoir de fid�lit�, en particulier sur la qualit� du cocontractant, il a le devoir de s'y conformer (PETER BURKHALTER, Maklerrecht in der Immobilienwirtschaft, SVIT-Kommentar, 2005, n. 7 ad art. 415 CO; TERCIER/FAVRE, Les contrats sp�ciaux, 4e �d. 2009, ch. 5617 p. 850).
4.2.1.�Pour traiter le moyen, au vu de la complexit� factuelle et du nombre des intervenants, il convient de mettre le doigt sur les �v�nements d�terminants qui se sont d�roul�s entre janvier 2006 et octobre 2007 en rapport avec la vente du capital-actions de la soci�t�.
4.2.2.�Il a �t� constat� (art. 105 al. 1 LTF) qu'en janvier 2006, la demanderesse, dont le pr�sident du conseil d'administration est M.________, souhaitait vendre l'entier du capital-actions de la soci�t�, laquelle exploitait un h�tel de luxe � Z.________, d�ficitaire depuis plusieurs ann�es.
A cette fin, elle a conclu le 23 janvier 2006, comme venderesse, un contrat avec B.________, comme acheteuse, dont l'administrateur pr�sident est N.________, et avec N.________ lui-m�me, en tant que cod�biteur solidaire. Selon cet accord, la demanderesse c�dait toutes les actions de la soci�t� � B.________ contre paiement de la somme de 38'700'000 fr. en capital. Le transfert de la propri�t� des actions �tait pr�vu � la date du�
Closing,�soit � la derni�re �tape du processus de vente, qui devait survenir le 1er f�vrier 2006 au plus tard.
Il a �t� retenu que le d�fendeur est intervenu dans l'op�ration en tant que mandataire de B.________ et de N.________.
Le transfert des actions n'a pas eu lieu au terme pr�cit�, B.________ n'ayant apparemment pas obtenu les financements bancaires qu'elle avait requis.
Toujours d�sireuse de se s�parer des actions de la soci�t�, la demanderesse, par contrat de courtage de n�gociation pass� le 6 juin 2006, a charg� le d�fendeur de trouver un acqu�reur pour ledit capital-actions au "prix de pr�sentation" de 60 millions de francs et de conduire les n�gociations. N'ayant cependant pas renonc� � obtenir le prix de vente pr�vu par l'accord du 23 janvier 2006, elle a ouvert action devant la Cour civile contre B.________ et N.________, par demande du 13 septembre 2006, pour obtenir l'ex�cution de cet accord. Le 5 octobre 2006, elle a en outre pass� un "accord de coop�ration et de r�tribution" avec le d�fendeur, au terme duquel celui-ci s'engageait � la soutenir dans son action en justice, moyennant perception d'une part de 33% des sommes recouvr�es et/ou des dommages-int�r�ts obtenus par la demanderesse.
A la fin de l'ann�e 2006, parmi d'autres amateurs, le d�fendeur a pr�sent� � la demanderesse C.________ en tant qu'acheteuse potentielle des actions. Les organes de C.________ ont expos� � M.________ le 13 d�cembre 2006 que ladite soci�t� et un groupe du pays H.________ allaient mettre leurs efforts en commun pour proc�der � la r�novation d'h�tels de luxe, concept qui a suscit� d'embl�e l'int�r�t de M.________.
Par t�l�copie du 19 d�cembre 2006 envoy� � la demanderesse, B.________ et N.________ se sont dits pr�ts � ex�cuter le contrat de vente "tel qu'amend�", cela pour le 21 d�cembre 2006.
La demanderesse n'a pas donn� suite � cette t�l�copie. Le 19 d�cembre 2006 �galement, elle s'est d�sist�e de l'action en justice qu'elle avait intent�e contre B.________ et N.________.
Le d�roulement des faits permet de retenir que le 19 d�cembre 2006 la demanderesse avait renonc� � vendre les actions de la soci�t� � B.________ et N.________, tandis qu'elle �tait en pourparlers avec C.________.
4.2.3.�M�contents de la tournure des �v�nements, B.________ et N.________ ont d�pos� � l'encontre de la demanderesse le 27 d�cembre 2006 des mesures provisoires pour lui faire interdire de c�der le capital-actions de la soci�t�, puis le 29 mars 2007 une demande devant la Cour civile tendant � l'ex�cution du contrat de vente sign� le 23 janvier 2006. L'ouverture de ces proc�dures, dont le d�fendeur a �t� mis au courant d�s mars 2007, a g�n�r� de l'animosit� entre M.________ et N.________.
Le d�fendeur n'ignorait pas que les pr�cit�s �taient dor�navant en conflit ouvert.
Lors de l'audience de mesures provisoires tenue le 2 avril 2007, la demanderesse a d�clar� sans ambages qu'elle ne voulait plus passer de contrat avec B.________ et N.________. La requ�te de mesures provisionnelles de ces derniers a �t� rejet�e par ordonnance du m�me jour, aux motifs que les requ�rants n'avaient pas accept� les termes de l'accord du 23 janvier 2006, mais form� une nouvelle offre de contracter qui ne liait pas Y.________ SA et que celle-ci avait refus�e, de sorte qu'il n'�tait pas possible de lui interdire provisoirement de disposer des actions de la soci�t�. Le d�fendeur a eu connaissance que le juge des mesures provisoires a reconnu le droit de la demanderesse de refuser l'ex�cution du contrat de vente.
Il appara�t ainsi que d�s mars 2007 le d�fendeur savait que M.________ avait du ressentiment envers N.________ et que le premier ne voulait plus du tout faire d'affaires avec le second ou l'une de ses soci�t�s.
4.2.4.�Le 24 mai 2007, la demanderesse a fait savoir � C.________ que la rentabilit� de l'H�tel T.________ s'am�liorait, de sorte qu'elle h�sitait d�sormais � vendre les actions de la soci�t�. Les n�gociations entre la demanderesse et C.________ se sont toutefois poursuivies.
Afin de s'assurer que la demanderesse avait toujours l'intention de vendre le capital-actions, le d�fendeur lui a pr�sent� au d�but juillet 2007 Q.________, laquelle r�side en Am�rique du Sud et est une ancienne compagne de N.________. A l'instigation du d�fendeur et de N.________, la pr�nomm�e s'est pr�sent�e faussement � M.________ comme �tant int�ress�e, elle-m�me ou par l'entremise d'une soci�t� dont elle �tait pr�tendument propri�taire (i. e. D.________), � acheter les actions, alors que la transaction devait en r�alit� �tre effectu�e pour le compte de N.________.
En juillet 2007, le d�fendeur a mis en oeuvre le comptable et expert en finances P.________, exploitant d'une fiduciaire dont il �tait client.
Le 17 juillet 2007, P.________ a envoy� � la demanderesse un pli � l'en-t�te de D.________ (soci�t� qui n'�tait pas encore cr��e et que dame Q.________ semblait contr�ler), en expliquant que la pr�nomm�e souhaitait acheter le capital-actions au prix global de 55'000'000 fr.; � ce courrier �tait joint un projet de convention de vente d'actions que P.________ avait r�dig� avec l'assistance du d�fendeur. P.________ a r�it�r� son offre d'achat au nom de D.________ le 23 juillet 2007. Il a �t� retenu que D.________, cr��e le 19 juillet 2007 et dont P.________ a �t� l'administrateur jusqu'au 8 ao�t 2007, �tait domin�e par N.________, son propri�taire �conomique.
Le 25 juillet 2007, le d�fendeur a �crit � la demanderesse que C.________ d�sirait toujours acheter les actions dans le cadre du partenariat qu'elle formait avec un groupe du pays H.________. Le lendemain 26 juillet, le d�fendeur a pr�cis� � la demanderesse que l'acqu�reur �tait C.________, laquelle se r�servait le droit d'apporter l'affaire � ses partenaires.
Au d�but ao�t 2007, le d�fendeur a press� la demanderesse de conclure au plus vite avec C.________.
Avant le 8 ao�t 2007, � une date inconnue, D.________, agissant par P.________, et C.________ ont conclu un contrat de fiducie, muni d'une clause de confidentialit�. Selon cet accord, D.________ (le fiduciant) chargeait C.________ (le fiduciaire) d'acqu�rir en son nom propre le capital-actions de la soci�t� mais pour le compte du fiduciant, le fiduciaire s'engageant � c�der au fiduciant tous les droits r�sultant du contrat de vente � conclure et � lui remettre les actions de la soci�t�. Le fiduciaire devait percevoir pour son activit� une r�mun�ration de 500'000 fr.
Il est �tabli qu'en ao�t 2007 la demanderesse ignorait la passation du contrat de fiducie.
Le 13 ao�t 2007, la demanderesse a vendu � C.________ toutes les actions de la soci�t� pour le prix de 43'161'037 fr.; la convention contenait une clause autorisant l'acheteur � transf�rer les actions de la soci�t� � n'importe quel tiers.
Le 24 ao�t 2007, la demanderesse a r�gl� la facture d'honoraires du d�fendeur, se montant � 1'700'000 fr., fond�e sur les services rendus par celui-ci en ex�cution du contrat de courtage du 6 juin 2006. Elle n'a en revanche pas pay� une nouvelle facture du courtier se montant � 300'000 fr.
Le 28 septembre 2007, le d�fendeur a encore �crit � la demanderesse que C.________ �tait en phase de n�gociation notamment avec le groupe du pays H.________.
Par t�l�copie du 10 octobre 2007, un administrateur de C.________ a r�v�l� � la demanderesse que D.________, dont le propri�taire �conomique �tait N.________, se trouvait derri�re C.________. Deux jours plus tard, M.________ a fait part � cet administrateur de son d�sappointement.
4.2.5.�Ce complexe de faits permet au Tribunal f�d�ral d'adopter la solution suivante.
D'apr�s l'art. 3 du contrat de courtage, comme on l'a vu au consid�rant 3.2 ci-dessus, le salaire de courtier �tait d� au d�fendeur si le capital-actions de la soci�t� �tait vendu � un acqu�reur qui soit agr�� par la demanderesse.
Le d�fendeur avait agi pr�c�demment comme mandataire de B.________ et N.________ lors des pourparlers ayant conduit � la signature le 23 janvier 2006 du contrat de vente par la demanderesse � ces derniers du capital-actions de la soci�t�. B.________ et N.________ n'ayant pas ex�cut� leurs obligations � la date de�
Closing�pr�vue, la demanderesse a d�finitivement renonc� � leur vendre les actions le 19 d�cembre 2006.
A la fin 2006, le d�fendeur, agissant comme courtier n�gociateur de la demanderesse, lui a pr�sent� C.________ comme �tant int�ress�e � acheter les actions de la soci�t� dans le cadre d'un partenariat avec un groupe du pays H.________.
D�s mars 2007, le d�fendeur a appris que M.________ �tait en litige avec N.________, que celui-l� avait de l'animosit� envers celui-ci et qu'il ne voulait plus faire aucune affaire avec N.________ ou une de ses soci�t�s.
Le d�fendeur entendait favoriser l'achat des actions de la soci�t� par N.________, dont il escomptait toucher une r�mun�ration venant s'ajouter � celle r�sultant du contrat de courtage conclu avec la demanderesse. Du reste, N.________ l'avait mandat� par le pass� dans le cadre de l'acquisition de trois �tablissements h�teliers de luxe � Z.________.
Sachant que M.________ n'aurait pas accept� que N.________ ou une des soci�t�s qu'il contr�lait se porte acqu�reur des actions de la soci�t�, le d�fendeur a mis au point un habile stratag�me pour que N.________ puisse tout de m�me parvenir � acheter le capital-actions.
Il a d'abord fait croire � la demanderesse, avec la complicit� de l'expert en finances P.________ et de dame Q.________, laquelle se disait propri�taire �conomique de D.________ (alors que ladite soci�t� �tait domin�e par N.________), que la pr�nomm�e, par l'entremise de D.________, souhaitait acheter les actions en question. Le d�fendeur a fait intervenir dame Q.________ pour s'assurer que la demanderesse voulait toujours vendre les actions, �tant donn� qu'elle avait fait part � C.________ deux mois plus t�t de son h�sitation � les c�der, du fait que l'h�tel �tait en phase de redevenir rentable. En outre, cette manoeuvre a permis de laisser supposer � la demanderesse que deux amateurs se trouvaient en concurrence pour l'achat du capital-actions de la soci�t�, soit C.________ et D.________.
Au d�but ao�t 2007, le d�fendeur a fait pression sur la demanderesse pour qu'elle vende le capital-actions � C.________ et ses partenaires du pays H.________. Dans le m�me temps, un contrat de fiducie a �t� conclu entre D.________, repr�sent�e par P.________, et C.________, d'apr�s lequel tous les droits r�sultant du contrat de vente que C.________ conclurait avec la demanderesse seraient c�d�s � D.________, et donc � son propri�taire �conomique N.________. La remise par C.________ du capital-actions � D.________ devait permettre � la premi�re d'encaisser une r�mun�ration de 500'000 fr.
Le d�fendeur a tu l'existence de cet accord de fiducie � la demanderesse, que son comparse P.________ a sign� au nom de D.________.
C'est dans ce contexte que la demanderesse, c�dant aux sollicitations du d�fendeur, a vendu les actions de la soci�t� � C.________. Celle-ci, � l'insu de la demanderesse, les a remises sans d�lai � D.________, que contr�le N.________, en ex�cution du contrat de fiducie pr�cit�.
Or, si la demanderesse acceptait de vendre le capital-actions � C.________, elle ne voulait plus le c�der � N.________ ou � une de ses soci�t�s, ce dont �tait parfaitement inform� le d�fendeur d�s mars 2007. C'est pourtant bien N.________ qui a finalement acquis les actions de la soci�t�, au grand dam de la demanderesse qui a exprim� son d�sarroi.
L'art. 3 du contrat de courtage liant les plaideurs conditionnait le droit du d�fendeur � obtenir sa r�mun�ration � ce que la n�gociation conduite par le courtier aboutisse � la vente des actions � un acqu�reur qui soit agr�� par la demanderesse.
Il appert ainsi que le recourant a gravement enfreint son devoir de fid�lit� envers sa mandante (i. e. la demanderesse) en ne se conformant pas aux instructions que celle-ci lui avait donn�es quant � la personne de son cocontractant, qui ne devait en aucun cas �tre N.________ ou une des soci�t�s qu'il dominait.
Le d�fendeur a ainsi trahi les int�r�ts de sa mandante au profit de ceux de N.________, lequel devait le r�mun�rer pour ses services.
Le recourant tente en vain de d�montrer que la demanderesse pouvait savoir que l'acheteur des actions de la soci�t� serait une autre soci�t� que C.________. Il se rapporte � son courriel du 26 juillet 2007 ainsi qu'� la clause de substitution ins�r�e dans le contrat de vente du 13 ao�t 2007.
Mais, d�s l'instant o�, dans le courriel pr�cit�, le d�fendeur a indiqu� � la demanderesse que C.________ se r�servait le droit d'apporter l'affaire � ses partenaires, l'intim�e �tait en droit de penser qu'il �tait fait ainsi allusion au groupe du pays H.________, partenaire de C.________. L'existence d'un partenariat avec ledit groupe, constitu� pour effectuer la r�novation d'h�tels de luxe, avait en effet �t� signal�e � la demanderesse d�s le 13 d�cembre 2006.
Pour les m�mes motifs, la clause de substitution du contrat de vente autorisait la demanderesse � partir de bonne foi de l'id�e que le droit de l'acheteuse de transf�rer les actions � un tiers �tait pr�vu au profit du groupe du pays H.________.
Il suit de l� que les conditions de la premi�re hypoth�se de l'art. 415 CO sont remplies et que le d�fendeur a transgress� son devoir de fid�lit�, par ses agissements dans l'int�r�t du cocontractant potentiel de sa mandante, au m�pris des obligations qu'il avait � l'�gard de cette derni�re.
Le d�fendeur est d�chu de son droit � la r�mun�ration en vertu de la norme pr�cit�e. Il doit �tre condamn� � rembourser � la demanderesse le montant de 1'700'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 25 ao�t 2007.
Le recourant pr�tend que la cour cantonale a transgress� le droit f�d�ral en retenant que la seconde hypoth�se de l'art. 415 CO (interdiction du double courtage de n�gociation g�n�rateur de conflit d'int�r�ts) est �galement r�alis�e.
Etant donn� que le recourant est d�chu de son droit � la commission de courtage en vertu de la premi�re hypoth�se de l'art. 415 CO, il n'est nul besoin d'examiner s'il devrait encore l'�tre pour avoir conclu un double courtage.
Le recourant pr�tend qu'il a droit � un solde de r�mun�ration, par 300'000 fr.
Puisque le d�fendeur a perdu tout droit au salaire qu'il entendait d�duire de la conclusion du contrat de courtage litigieux, le moyen n'a plus de consistance.
Dans un dernier grief, le recourant pr�tend que le montant des frais judiciaires de deuxi�me instance, mis � sa charge par 21'000 fr., viole le principe d'�quivalence des contributions causales garanti par les art. 5 al. 2, 8 et 9 Cst. Il fait aussi valoir que l'avoir condamn� � payer ce montant conduit � une application arbitraire du droit cantonal, singuli�rement des art. 4 et 62 al. 1 du Tarif des frais judiciaires civils adopt� le 28 septembre 2010 par le Tribunal cantonal vaudois (ci-apr�s: le Tarif). Il affirme que la Cour d'appel s'est born�e � reprendre int�gralement l'�tat de fait des premiers juges et qu'elle a examin� les questions juridiques qui se posaient en seulement cinq pages. Pour le recourant, en raison d'une telle prestation, un �molument judiciaire de 10'000 fr. est justifi�.
7.1.�Selon la jurisprudence, le principe d'�quivalence exige, en concr�tisant notamment le principe de la proportionnalit�, que le montant d'une taxe ne soit pas dans un rapport manifestement disproportionn� avec la valeur objective de la prestation et reste dans des limites raisonnables (ATF 139 III 334 consid. 3.2.4 p. 337 et les arr�ts cit�s). Lors de la fixation des frais de justice, la valeur litigieuse joue un r�le d�terminant. Il n'est pas interdit de compenser les pertes subies dans des affaires de faible importance par les �moluments pr�lev�s pour les affaires importantes. Dans les cas ayant une valeur litigieuse �lev�e et en pr�sence d'un tarif fixe qui n'autorise pas la prise en compte du co�t, la charge de l'�molument peut �tre disproportionn�e, en particulier quand il est fix� en pour cent ou en pour mille et qu'une limite sup�rieure fait d�faut (ATF 139 III 334 consid. 3.2.4 p. 337/338).
7.2.�En l'esp�ce, � son art. 62 al. 1, le Tarif pr�voit, pour les frais judiciaires g�n�r�s par un appel dans les affaires patrimoniales, une limite maximale de 50'000 fr. s'agissant des causes ayant une valeur litigieuse sup�rieure � 30'000 fr. Quant � l'art. 4 al. 1, il pr�voit que l'�molument forfaitaire est fix�, entre autres crit�res, en fonction de l'ampleur et de la difficult� de la cause. On ne voit donc pas en quoi le Tarif susmentionn�, qui se r�f�re au co�t et pose une limite maximale pour l'�molument, ne respecterait pas le principe d'�quivalence.
7.3.�Il reste � se pencher sur le grief d'arbitraire dans l'application du droit cantonal.
7.3.1.�Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339; 138 I 49 consid. 7.1 p. 51, 305 consid. 4.4 p. 319).
Le Tribunal f�d�ral ne contr�le les d�cisions d'appr�ciation, auxquelles appartiennent celles ayant trait au montant des frais judiciaires, qu'avec une grande retenue (ATF 139 III 334 ibidem).
7.3.2.�A teneur de l'art. 4 al. 1, 1�re phrase, du Tarif, l'�molument forfaitaire de conciliation et de d�cision est fix� en fonction de la valeur litigieuse, de la nature, de l'ampleur et de la difficult� de la cause. L'art. 4 al. 2 dispose que la valeur litigieuse est calcul�e conform�ment aux articles 91 � 94 CPC.
En vertu de l'art. 62 al. 1 du Tarif, pour une valeur litigieuse d�passant 30'000 fr., comme c'est le cas dans le pr�sent litige, l'�molument forfaitaire de d�cision pour un appel ou un appel joint est fix� en principe � 1'000 fr. plus 1% de la valeur litigieuse, avec une limite maximale de 50'000 fr.
La cour cantonale a apparemment arr�t� les frais judiciaires � 21'000 fr. en consid�rant que la valeur litigieuse du pr�sent proc�s �tait de 2'000'000 fr. par l'addition des conclusions de la demande principale et de la reconvention, en prenant le 1% de cette somme, soit 20'000 fr., et en y ajoutant les 1'000 fr. de base pr�vus par l'art. 62 al. 1 du Tarif pour les causes ayant une valeur litigieuse sup�rieure � 30'000 fr.
Toutefois, la cour cantonale aurait d� faire application de l'art. 94 al. 1 CPC, auquel l'art. 4 al. 2 du Tarif renvoie, qui dit que lorsque la demande principale et la demande reconventionnelle s'opposent, la valeur litigieuse se d�termine d'apr�s la pr�tention la plus �lev�e.
En l'occurrence, le sort de la reconvention, qui tendait � l'obtention par le d�fendeur d'une commission de courtage suppl�mentaire de 300'000 fr., d�pendait clairement du succ�s du d�fendeur dans l'action principale, laquelle tendait au remboursement du salaire de courtier qu'il avait touch�, par 1'700'000 fr. Les demandes principale et reconventionnelle s'excluaient donc, de sorte que la valeur litigieuse �tait en r�alit� de 1'700'000 fr. conform�ment � l'art. 94 al. 1 CPC.
Il ne s'ensuit toutefois pas que les magistrats vaudois, en n'arr�tant pas l'�molument judiciaire � 18'000 fr. (1% de 1'700'000 fr. + 1'000 fr.), sont tomb�s dans l'arbitraire.
L'art. 62 al. 1 du Tarif, en disposant que l'�molument forfaitaire est
en principe�fix� � 1'000 fr. plus 1% de la valeur litigieuse pour les affaires ayant une valeur litigieuse sup�rieure � 30'000 fr., montre que le juge b�n�ficie d'un pouvoir d'appr�ciation.
Il est vrai que les consid�rants de droit de l'arr�t attaqu� sont peu d�velopp�s. Mais, si l'appel comportait neuf pages, le jugement de la Cour civile attaqu� contenait 86 pages, dont 25 pages pour la partie "En droit".
L'essentiel des questions litigieuses en premi�re instance l'�taient encore en appel, le d�fendeur ayant maintenu les conclusions prises dans sa reconvention.
Dans ces circonstances, il n'�tait pas insoutenable de fixer les frais judiciaires de deuxi�me instance � 21'000 fr., au lieu des 18'000 fr. d�coulant de l'application stricte du Tarif.
Vu l'issue du litige, les frais de la proc�dure doivent �tre mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Celui-ci devra en outre verser des d�pens � sa partie adverse (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: art. 1
 ATF 
in fine
 ATF 
in fine
 art. 415
 art. 412
 art. 415
 art. 5
 art. 4
 art. 62