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Timestamp: 2016-10-28 16:24:08+00:00

Document:
U 101/05 (12.04.2006)
U 101/05
Zurich Compagnie d'Assurances, Ambassador House, Talackerstrasse 1, 8065 Zurich, recourante,
R.________, intim�e, repr�sent�e par Me Jacques-Andr� Schneider, avocat, rue du Rh�ne 100, 1204 Gen�ve
R.________, n�e en 1948, titulaire d'un certificat f�d�ral de capacit� d'employ�e de commerce, a travaill� en qualit� de secr�taire, puis d'assistante de direction pour le compte de divers employeurs. Elle a �t� engag�e d�s le 1er mai 1998 par B.________ qui l'a assur�e contre les accidents aupr�s de la Zurich Assurances (ci-apr�s : la Zurich).
Le 19 mai 1998, la roue avant de son v�lo s'est prise dans un rail de tram; lors de la chute qui s'en est suivie, R.________ a heurt� la t�te sur le bord du trottoir. Elle a �t� transport�e � l'H�pital X.________, o� les diagnostics de traumatisme cranio-c�r�bral (TCC) avec perte de connaissance, h�matome extra-dural tempo-pari�tal gauche avec une discr�te h�morragie sous-arachno�dienne frontale sup�rieure droite et pneumo-enc�phale de petite importance ont �t� pos�s. Les m�decins ont �galement fait �tat d'amn�sie circonstancielle, de c�phal�es et de naus�es. R.________ est rest�e hospitalis�e � l'H�pital X.________ jusqu'au 29 mai 1998, puis � la Clinique Y.________, jusqu'au 8 juillet 1998. Le s�jour a �t� bri�vement interrompu entre le 5 et le 15 juin, date � laquelle une tentative de reprise du travail a �chou�. Son contrat de travail a �t� r�sili�.
Du 9 juillet au 7 ao�t 1998, R.________ a s�journ� � la Clinique Z.________, en raison de troubles comportementaux cons�cutifs au TCC, avec des difficult�s � g�rer l'autonomie ainsi que des troubles mn�siques et une certaine anosognosie; elle souffrait �galement de douleurs � la fesse gauche. A sa sortie, elle �tait au b�n�fice d'un certificat d'incapacit� de travail jusqu'au 2 novembre 1998 et un suivi neuropsychologique �tait pr�vu � l'H�pital X.________. Entre le 4 d�cembre 1998 et le 12 janvier 1999, elle a �galement consult� le docteur I.________, orthop�diste, en raison de la persistance de douleurs � la face post�rieure de la hanche gauche. Celui-ci a pos� le diagnostic de contusion de la hanche gauche avec tendinite post-traumatique et prescrit une physioth�rapie et la prise d'anti-inflammatoires.
La Zurich a pris en charge le traitement m�dical cons�cutif � l'accident; de m�me a-t-elle allou� des indemnit�s journali�res jusqu'au 31 octobre 1998. Par la suite, R.________ s'est annonc�e � l'assurance-ch�mage, qui lui a allou� ses prestations. En janvier 1999, l'assur�e a trouv� un emploi de secr�taire � la Facult� W.________. Le contrat de travail a toutefois pris fin apr�s trois mois. L'assur�e a par ailleurs consult� le docteur S.________, psychiatre, qui a pos� le diagnostic d'�tat d�pressif moyen, en pr�cisant que celui-ci �tait la cons�quence directe de l'accident du 19 mai 1998, mais qu'il n'entra�nait pas d'incapacit� de travail. Le docteur S.________ a fait �tat d'une diminution de l'int�r�t et du plaisir pour les activit�s quotidiennes, d'une r�duction de l'�nergie et de l'activit�, avec augmentation de la fatigabilit�. Il a not� une diminution de la concentration et de l'attention, une diminution de l'estime et de la confiance en soi, des id�es de culpabilit� et de d�valorisation, une attitude morose et pessimiste face � l'avenir, une perturbation du sommeil, une diminution de l'app�tit et une baisse de l'�lan vital (rapport du 20 juin 1999).
En janvier 2000, R.________ a �t� engag�e par l'Ecole V.________, employeur qu'elle a toutefois quitt� apr�s deux jours. Elle a ensuite travaill� pour l'Ecole U.________, du 2 novembre au 12 d�cembre 2000. D�s cette date, son m�decin traitant, le docteur A.________, neuro-psychiatre, a attest� une incapacit� de travail totale pour une dur�e ind�termin�e, en raison d'un �tat de stress post-traumatique (rapport du 15 janvier 2001). En janvier 2001, R.________ a subi une hyst�rectomie, annexectomie et ovariectomie en raison d'un cancer des ovaires. Dans deux rapports des 27 ao�t et 11 d�cembre 2001, le docteur A.________ a fait �tat d'une personnalit� abandonique (tendance � la d�pendance, � l'hyperactivit� et � la rationalisation), qui n'avait toutefois qu'une influence mineure sur sa capacit� de travail. Il a pr�cis� ne pas pouvoir exclure une modification durable de la personnalit� apr�s �tat de stress post-traumatique. R.________ lui avait fait part de douleurs g�n�ralis�es quasi-quotidiennes, d'une tension int�rieure permanente, de crises de col�re, d'abattement ou d'angoisse, et pr�sentait une attitude m�fiante envers l'ext�rieur. Elle avait perdu l'odorat et, partiellement, le go�t.
Le 25 janvier 2002, R.________ a d�pos� une demande de rente de l'assurance-invalidit�. Elle a �t� convoqu�e au Service m�dical r�gional T.________ pour un examen psychiatrique, au terme duquel les doctoresse M.________ et L.________ ont attest� une incapacit� de travail totale. Selon ces m�decins, l'assur�e �tait une femme repli�e sur elle-m�me, isol�e, avec un moi faible, inconsistant, avec peu de moyens d'introspection et incapable de se remettre en question. Sa vie avait �t� boulevers�e par l'accident subi en 1998, qui avait d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, de type parano�de. R.________ souffrait d'un trouble d�pressif r�current, �pisode actuel s�v�re avec sympt�mes psychotiques, greff� sur la fragilit� psychologique d'une personnalit� psychotique qui expliquait l'�volution chronique de la maladie. De plus en plus d�tach�e de la r�alit�, l'assur�e utilisait des d�fenses hypomaniaques, le d�ni, la r�gression et la projection, actuellement inefficaces, pour lutter contre l'effondrement d�pressif. Sa thymie �tait d�pressive avec, au premier plan, une tr�s importante fatigabilit� ainsi qu'une angoisse de morcellement, des troubles de l'attention, de la concentration, de la m�moire accompagn�s d'id�es d�lirantes de type pers�cutoire, l'emp�chant de mener � bien une activit� suivie (rapport du 4 novembre 2002). Par d�cision du 15 avril 2003, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton de Gen�ve a allou� � R.________ une rente enti�re d'invalidit� avec effet d�s le 1er janvier 2001.
La Zurich, a qui l'Office de l'emploi du canton de Gen�ve avait entre-temps annonc� une rechute, a pris en charge le traitement m�dical prodigu� par le docteur A.________ et allou� des indemnit�s journali�res d�s le 15 d�cembre 2000. Par d�cision du 13 octobre 2003 et d�cision sur opposition du 1er juillet 2004, elle a allou� � l'assur�e une indemnit� de 24 300 fr. pour une atteinte � l'int�grit� de 25 % et mis fin, avec effet au 31 juillet 2003, au paiement d'indemnit�s journali�res et � la prise en charge du traitement m�dical. Elle se fondait sur un rapport d'expertise �tabli le 14 ao�t 2003 par les docteurs H.________, neurologue, O.________, psychiatre-psychoth�rapeute et E.________, neuropsychologue. Selon ces praticiens, R.________ souffrait d'une n�vrose de conversion et pr�sentait divers troubles neuropsychologiques tels que des troubles ex�cutifs (flexibilit� mentale, inhibition, classification) et de l'attention, un ralentissement en lecture et d�nomination continues, et des troubles s�v�res de la m�moire �pisodique verbale et visuelle ainsi que de la m�moire de travail. Ces atteintes � la sant� la rendaient incapable de travailler, mais n'�taient, pour l'essentiel, pas en relation de causalit� avec l'accident du 19 mai 1998; la persistance de maux de t�te, de quelques troubles de la m�moire et de la concentration, d'une fatigue et d'une fatigabilit� pouvaient, certes, �tre attribu�s � l'accident, mais pas l'importance de ces troubles et leur r�percussion sur l'activit� personnelle et professionnelle de l'assur�e, qui r�sultaient d'une structure de personnalit� pr�morbide.
L'assur�e a recouru contre la d�cision sur opposition du 1er juillet 2004, devant le Tribunal des assurances sociales du canton de Gen�ve. Elle a conclu, en substance, � l'annulation de cette d�cision et � l'octroi d'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % d�s le 1er ao�t 2004, ainsi que d'une indemnit� pour une atteinte � l'int�grit� sup�rieure � 25 %, le tout sous suite de d�pens.
Par jugement du 24 janvier 2005, la juridiction cantonale a admis le recours, annul� la d�cision entreprise, condamn� la Zurich au paiement d'une rente fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 %, sous r�serve d'une surindemnisation, et renvoy� la cause � la Zurich pour qu'elle se prononce � nouveau sur l'indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Elle a �galement allou� � l'assur�e une indemnit� de d�pens de 2000 fr.
La Zurich interjette un recours de droit administratif contre ce jugement, dont elle demande l'annulation, sous suite de frais et d�pens. L'intim�e conclut au rejet du recours, sous suite de d�pens, alors que l'Office f�d�ral de la sant� publique a renonc� � se d�terminer.
Le litige porte sur le droit de R.________ � une rente de l'assurance-accidents et � une indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Il s'agit plus particuli�rement de d�terminer si les atteintes � la sant� et l'incapacit� de travail et de gain dont souffre R.________ sont en relation de causalit� naturelle et ad�quate avec l'accident du 19 mai 1998.
2.1 La l�gislation applicable en cas de changement de r�gles de droit reste celle qui �tait en vigueur lors de la r�alisation de l'�tat de fait qui doit �tre appr�ci� juridiquement ou qui a des cons�quences juridiques, sous r�serve de dispositions particuli�res de droit transitoire (ATF 130 V 446 sv. consid. 1.2.1, 127 V 467 consid. 1, 126 V 165 consid. 4b). Par ailleurs, les faits sur lesquels le Tribunal f�d�ral des assurances peut �tre amen� � se prononcer dans le cadre d'une proc�dure de recours de droit administratif sont ceux qui se sont produits jusqu'au moment de la d�cision administrative litigieuse (ATF 121 V 366 consid. 1b).
2.2 La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003 et a entra�n� de nombreuses modifications dans le domaine de l'assurance-accidents. Conform�ment aux principes expos�s au consid. 2.1 supra, le droit aux prestations litigieuses est soumis aux dispositions en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2002 pour la p�riode courant jusqu'� cette date et par le droit en vigueur depuis le 1er janvier 2003, pour la p�riode courant d�s cette derni�re date. Cela �tant, la LPGA n'a pas modifi� les notions de causalit�s naturelle et ad�quate et maintient l'exigence de ces rapports de causalit� entre l'accident assur� et les atteintes � la sant� pour l'ouverture du droit aux prestations de l'assurance-accidents (cf. art. 6 al. 1 LAA; arr�t N. du 13 f�vrier 2006, U 462/04, consid. 1.1 et les r�f�rences).
L'exigence d'un rapport de causalit� naturelle entre un accident assur� et une atteinte � la sant� est remplie lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans l'�v�nement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout, ou qu'il ne serait pas survenu de la m�me mani�re. Il n'est pas n�cessaire, en revanche, que l'accident soit la cause unique ou imm�diate de l'atteinte � la sant�; il faut et il suffit que l'�v�nement dommageable, associ� �ventuellement � d'autres facteurs, ait provoqu� l'atteinte � la sant� physique ou psychique de l'assur�, c'est-�-dire qu'il se pr�sente comme la condition sine qua non de celle-ci. Savoir si l'�v�nement assur� et l'atteinte � la sant� sont li�s par un rapport de causalit� naturelle est une question de fait, que l'administration ou, le cas �ch�ant, le juge examine en se fondant essentiellement sur des renseignements d'ordre m�dical, et qui doit �tre tranch�e en se conformant � la r�gle du degr� de vraisemblance pr�pond�rante, appliqu�e g�n�ralement � l'appr�ciation des preuves dans l'assurance sociale. Ainsi, lorsque l'existence d'un rapport de cause � effet entre l'accident et le dommage para�t possible, mais qu'elle ne peut pas �tre qualifi�e de probable dans le cas particulier, le droit � des prestations fond�es sur l'accident assur� doit �tre ni� (ATF 129 V 181 consid. 3.1, 406 consid. 4.3.1, 119 V 337 consid. 1, 118 V 289 consid. 1b et les r�f�rences).
3.2 Si l'on peut admettre qu'un accident n'a fait que d�clencher un processus qui serait de toute fa�on survenu sans cet �v�nement, le lien de causalit� naturelle entre les sympt�mes pr�sent�s par l'assur� et l'accident doit �tre ni� lorsque l'�tat maladif ant�rieur est revenu au stade o� il se trouvait avant l'accident (statu quo ante) ou s'il est parvenu au stade d'�volution qu'il aurait atteint sans l'accident (statu quo sine; RAMA 1992 no U 142 p. 75, consid. 4b; Fr�sard, L'assurance-accidents obligatoire, in Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, no 141).
Par ailleurs, le seul fait que des sympt�mes douloureux ne se sont manifest�s qu'apr�s la survenance d'un accident ne suffit pas � �tablir un rapport de causalit� naturelle avec cet accident (raisonnement �post hoc, ergo propter hoc�; cf. ATF 119 V 341 sv., consid. 2b/bb; RAMA 1999 no U 341 p. 408 sv., consid. 3b). Il convient en principe d'en rechercher l'�tiologie et de v�rifier, sur cette base, l'existence du rapport de causalit� avec l'�v�nement assur�. Cela �tant, en mati�re de l�sions du rachis cervical par accident de type �coup du lapin�, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-c�r�bral, sans preuve d'un d�ficit fonctionnel organique, l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'accident et l'incapacit� de travail ou de gain doit en principe �tre reconnue en pr�sence d'un tableau clinique typique pr�sentant de multiples plaintes (maux de t�te diffus, vertiges, troubles de la concentration et de la m�moire, naus�es, fatigabilit�, troubles de la vue, irritabilit�, d�pression, modification du caract�re, etc.). Encore faut-il que l'existence d'un tel traumatisme et de ses suites soit d�ment attest� par des renseignements m�dicaux fiables (ATF 119 V 337 sv. consid. 1, 117 V 360 sv. consid.4b).
4.1 La juridiction cantonale a admis le lien de causalit� naturelle entre les atteintes � la sant� de l'assur�e et l'accident du 19 mai 1998, en consid�rant notamment que les sympt�mes pr�sent�s correspondaient � un tableau clinique typique apr�s un TCC et en se r�f�rant aux rapports des 4 et 12 novembre 2002 des doctoresses L.________ et M.________, d'apr�s lesquelles l'accident a d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, de type parano�de, avec une �volution chronique allant en s'aggravant.
La recourante se r�f�re, pour sa part, aux conclusions des docteurs H.________, O.________ et E.________, et soutient que les troubles psychiques de l'assur�e ont progressivement pris une position pr�dominante dans l'�volution de son �tat de sant�. Ces troubles ont tout au plus �t� d�clench�s par l'accident du 19 mai 1998, mais ne pouvaient plus �tre attribu�s � cet accident en 2003.
4.2.1 Selon les docteur H.________, O.________ et E.________, l'assur�e a subi un TCC avec perte de connaissance et amn�sie circonstancielle. Par la suite, elle s'est plainte, et faisait encore �tat au moment de l'expertise, de c�phal�es augmentant � la concentration, de troubles de la m�moire et de la concentration, d'une fatigue et d'une fatigabilit�, d'une adynamie, de difficult�s de lecture, d'une perte du go�t et de l'odorat, de dorso-lombalgies, d'un manque de moral, d'une phonophobie, d'une irritabilit�, d'une nervosit� et de douleurs au niveau de la hanche gauche, ainsi que d'une perte de confiance en soi. Les examens neuropsychologiques pratiqu�s ont mis en �vidence des troubles ex�cutifs et attentionnels, des troubles s�v�res de la m�moire �pisodique verbale et visuelle, des troubles de la m�moire de travail; les fonctions langagi�res, praxiques et gnosiques, de calcul, ainsi que de l'efficience intellectuelle sont pr�serv�es. L'examen psychiatrique n'a pas mis en �vidence de psychopathologie majeure, mais des �l�ments �voquent le diagnostic de n�vrose de conversion.
Les m�decins pr�nomm�s consid�rent qu'un noyau symptomatique reste en relation de causalit� potentielle probable ou certaine avec l'�v�nement accidentel, qui �tait de nature � entra�ner un syndrome post-commotionnel � long terme. Compte tenu de l'exp�rience du type de traumatisme subi par l'assur�e, l'importance des troubles constat�s lors de l'expertise et leur influence sur la capacit� de travail �tait, en revanche, en relation avec des facteurs de personnalit� pr�existant � l'accident. Etant donn�e la pr�dominance des facteurs psychologiques dans l'�volution du cas (n�vrose de conversion) et le fait que le TCC subi par l'assur�e aurait d�, dans le cours ordinaires des choses, permettre une reprise progressivement normale des activit�s personnelles et professionnelles, les experts ont ni� le rapport de causalit� naturelle entre l'incapacit� de travail et l'accident assur�. En ce qui concerne l'atteinte � l'int�grit�, il �tait tr�s difficile de faire la part des �l�ments post-traumatiques et des facteurs psychologiques sans rapport avec l'accident, mais l'on pouvait admettre une atteinte � l'int�grit� de 25 %, d'origine accidentelle (syndrome post-commotionnel � long terme avec perte de l'odorat et du go�t).
4.2.2 Ces conclusions ne convainquent pas. Le diagnostic de syndrome de conversion est pos� de mani�re relativement abrupte, en raison de �processus de pens�e� et �comportements [...] suggestifs d'une n�vrose de conversion�, sans que ceux-ci soient v�ritablement expliqu�s ou d�crits par les experts. De m�me, l'expertise ne contient aucune pr�cision sur la personnalit� pr�morbide de l'assur�e, dont les experts admettent cependant qu'elle �tait probablement asymptomatique. De ce point de vue, l'expertise �tablie par les doctoresse L.________ et M.________ pour l'assurance-invalidit� est beaucoup plus explicite et rev�t une plus grande valeur probante. Or, si les conclusions de ces m�decins tendent �galement � d�montrer un �tat pr�morbide ant�rieur � l'accident, sous la forme d'une personnalit� psychotique, elles permettent n�anmoins de retenir que l'accident a, pour le moins, d�clench� l'apparition d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, devenus chroniques. Par ailleurs, rien au dossier ne permet de consid�rer comme �tabli, au degr� de la vraisemblance pr�pond�rante, que la personnalit� de l'assur�e aurait t�t ou tard �volu�, sans le traumatisme cranio-c�r�bral subi le 19 mai 1998, vers les sympt�mes pr�sent�s depuis lors (retour au statu quo sine ou au statu quo ante); les docteurs O.________, H.________ et E.________ ne pr�tendent pas le contraire, que ce soit en relation avec le diagnostic de n�vrose de conversion ou celui d'�tats anxio-d�pressifs avec composante psychotique, pos� par les doctoresses L.________ et M.________.
A cela s'ajoute que les conclusions des docteurs O.________, H.________ et E.________ sur l'absence de rapport de causalit� naturelle entre l'accident et l'importance des atteintes neuropsychologiques et psychiques au moment de l'expertise reposent sur l'id�e que le traumatisme cranio-c�r�bral subi par l'assur�e n'aurait pas d�, �dans le cours ordinaire des choses�, emp�cher une reprise progressive des activit�s personnelles et professionnelles. Cette analyse s'�carte de la notion de causalit� naturelle (l'accident, �ventuellement associ� � d'autres facteurs, est-il la condition sine qua non de l'atteinte � la sant� -), � propos de laquelle les experts �taient invit�s � pr�senter leurs observations. Elle a trait, en r�alit�, � la question de la causalit� ad�quate, c'est-�-dire au point de savoir si, d'apr�s le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie, l'accident �tait propre � entra�ner un effet du genre de celui qui s'est produit, la survenance de ce r�sultat paraissant de fa�on g�n�rale favoris�e par une telle circonstance (ATF 129 V 181 consid. 3.2, 405 consid. 2.2, 125 V 461 consid. 5a et les r�f�rences). Par la causalit� ad�quate, il s'agit de d�terminer si un dommage peut encore �tre �quitablement �tre mis � la charge d'un tiers (en l'occurrence, l'assurance-accidents), eu �gard au but de la norme de responsabilit� applicable. Cette question est d'ordre juridique et il appartient au juge, non au m�decin, d'y r�pondre en se fondant sur des crit�res normatifs (cf. ATF 123 III 112 sv. consid. 3a, 123 V 100 ss consid. 3, 122 V 417 sv. consid. 2c). Dans ces conditions, et compte tenu des sympt�mes pr�sent�s par l'assur�e, dont les premiers juges ont admis � juste titre qu'ils correspondaient au tableau clinique d�crit au consid. 3.2 ci-avant, il convient d'admettre le rapport de causalit� naturelle litigieux, nonobstant les conclusions des docteurs O.________, H.________ et E.________.
5.1 La jurisprudence a pos� plusieurs crit�res en vue de juger du caract�re ad�quat du lien de causalit� entre un accident et les troubles d'ordre psychique d�velopp�s ensuite par la victime. Elle a tout d'abord class� les accidents en trois cat�gories, en fonction de leur d�roulement : les accidents insignifiants ou de peu de gravit� (par ex. une chute banale); les accidents de gravit� moyenne et les accidents graves. Pour proc�der � cette classification, il convient non pas de s'attacher � la mani�re dont l'assur� a ressenti et assum� le choc traumatique, mais bien plut�t de se fonder, d'un point de vue objectif, sur l'�v�nement accidentel lui-m�me. En pr�sence d'un accident de gravit� moyenne, il faut prendre en consid�ration un certain nombre de crit�res, dont les plus importants sont les suivants :
- les circonstances concomitantes particuli�rement dramatique ou le caract�re particuli�rement impressionnant de l'accident;
Tous ces crit�res ne doivent pas �tre r�unis pour que la causalit� ad�quate soit admise. Un seul d'entre eux peut �tre suffisant, notamment si l'on se trouve � la limite de la cat�gorie des accidents graves. Inversement, en pr�sence d'un accident se situant � la limite des accidents de peu de gravit�, les circonstances � prendre en consid�ration doivent se cumuler ou rev�tir une intensit� particuli�re pour que le caract�re ad�quat du lien de causalit� soit admis (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 409 consid. 5c/aa).
5.2.1 En cas d'atteintes � la sant� (sans preuve de d�ficit organique) cons�cutives � un traumatisme de type �coup du lapin� � la colonne cervicale, un traumatisme analogue (SVR 1995 UV no 23 p. 67 consid. 2) ou un traumatisme cranio-c�r�bral, la jurisprudence appr�cie le caract�re ad�quat du rapport de causalit� en appliquant, par analogie, les m�mes crit�res que ceux d�gag�s � propos des troubles d'ordre psychiques, � la diff�rence que l'examen de ces crit�res est effectu� sans faire de distinction entre les composantes physiques ou psychiques : les crit�res de la gravit� ou de la nature particuli�re des l�sions subies, des douleurs persistantes, ainsi que du degr� et de la dur�e de l'incapacit� de travail sont d�terminants de mani�re g�n�rale, sans r�f�rence aux seules l�sions ou douleurs physiques (ATF 117 V 366 ss consid. 6a sv.; voir �galement ATF 123 V 99 consid. 2a et les r�f�rences; RAMA 2002 no U 470 p. 531 [arr�t M. du 30 juillet 2002, U 249/01]).
5.2.2 Il convient de faire exception � ce principe et d'appliquer la jurisprudence expos�e au consid. 5.1 ci-avant (ATF 115 V 140 consid. 6c/aa et 490 consid. 5c/aa), en distinguant entre atteintes d'origine psychiques et atteintes organiques, m�me en cas de traumatisme de type �coup du lapin�, de traumatisme analogue ou de traumatisme cranio-c�r�bral, lorsque les sympt�mes appartenant au tableau clinique des s�quelles d'un accident de ce type, bien qu'en partie �tablis, sont rel�gu�s au second plan en raison d'un probl�me important de nature psychique. L'importance de l'atteinte � la sant� psychique doit �tre telle qu'elle a rel�gu� les autres atteintes au second plan, soit imm�diatement ou peu apr�s l'accident, soit parce que ces derni�res n'ont jou� qu'un r�le tout � fait secondaire durant toute la phase de l'�volution, depuis l'accident jusqu'au moment de l'appr�ciation de la causalit� ad�quate (ATF 123 V 99 consid. 2a; RAMA 2002 no U 465 p. 439 consid. 3b [arr�t W. du 18 juin 2002, U 164/01]). Il convient de proc�der de m�me lorsque l'accident n'a fait que renforcer les sympt�mes de troubles psychiques d�j� pr�sents avant cet �v�nement (RAMA 2000 no U 397 p. 327 [arr�t F. du 8 juin 2000, U 273/99]), ou lorsque les troubles psychiques apparus apr�s l'accident n'appartiennent pas au tableau clinique typique d'un traumatisme de type �coup du lapin�, d'un traumatisme analogue ou d'un traumatisme cranio-c�r�bral (y compris un �tat d�pressif), mais constituent plut�t une atteinte � la sant� ind�pendante (RAMA 2001 no U 412 p. 79 consid. 2b (arr�t B. du 12 octobre 2000, U 96/00]).
5.3.1 R.________ a pr�sent� des troubles neuropsychologiques d�s les premiers jours qui ont suivi l'accident, pour lesquelles elle est rest�e hospitalis�e jusqu'au 7 ao�t 1998 � l'H�pital X.________, � la Clinique Y.________, puis � la Clinique Z.________. Depuis lors, ces troubles ont persist� sans interruption, m�me s'ils ont pu varier en intensit�, jusqu'� l'expertise r�alis�e par les docteurs H.________, O.________ et E.________. Ces derniers ont express�ment admis un syndrome post-commotionnel � long terme, avec perte de l'odorat et du go�t, justifiant selon eux une indemnit� pour une atteinte � l'int�grit� de 25 %. Ils consid�rent que l'intensit� de ces sympt�mes est due � des troubles psychiques, le syndrome post-commotionnel en constituant le noyau dur. Ces constatations ne permettent pas de retenir que les sympt�mes li�s au traumatisme cranio-c�r�bral subi le 19 mai 1998 seraient rel�gu�s au second plan, que ce soit depuis la p�riode ayant imm�diatement suivi l'accident ou parce que ce traumatisme n'aurait jou� qu'un r�le tout � fait secondaire durant toute la phase de l'�volution, depuis l'accident jusqu'au moment de la d�cision sur opposition litigieuse. Elle ne permettent pas davantage de consid�rer que l'accident n'aurait fait que renforcer les sympt�mes de troubles psychiques d�j� pr�sents - l'�tat pr�morbide vraisemblablement pr�sent� par l'assur�e avant l'accident �tait asymptomatique -, ni que les troubles psychiques d�crits par les experts constitueraient une atteinte � la sant� ind�pendante. Partant, il convient de statuer sur le rapport de causalit� ad�quate sans faire de distinction entre les composantes physiques et psychiques des atteintes � la sant� de l'assur�e, conform�ment � la jurisprudence expos�e au consid. 5.2.1 ci-avant.
5.3.2 L'accident subi par R.________ �tait de gravit� moyenne, comme l'ont admis � juste titre les premiers juges. L'assur�e est aujourd'hui encore incapable de travailler, selon l'avis unanime des m�decins consult�s, quand bien m�me elle semble avoir dispos� d'une certaine capacit� de travail entre novembre 1998 et d�cembre 2000, les m�decins de la Clinique Z.________ n'ayant attest� une incapacit� de travail que pour une dur�e de trois mois apr�s sa sortie d'h�pital, en ao�t 1998. La r�alit� de cette capacit� de travail est toutefois difficile � �valuer, malgr� l'opinion �mise sur ce point par le docteur S.________ le 20 juin 1999, d�s lors que l'assur�e �tait sans emploi ou ne conservait que tr�s bri�vement son travail lorsqu'elle trouvait un engagement. L'Office de l'assurance-invalidit� du canton de Gen�ve a d'ailleurs admis une incapacit� de travail totale depuis l'accident, en se fondant sur le rapport �tabli par les doctoresses M.________ et L.________. Dans ces circonstances, et compte tenu surtout de la dur�e de l'hospitalisation rendue n�cessaire par l'accident et de la persistance d'atteintes � la sant� physique et psychique pendant plusieurs ann�es, sans v�ritable r�mission, le lien de causalit� ad�quate litigieux doit �tre admis. Sur ce point �galement, le jugement entrepris n'est pas critiquable.
6.1 La recourante conteste l'allocation, par la juridiction cantonale, �d'une rente d'invalidit� de 100 %, sous r�serve d'une surindemnisation�. Elle soutient qu'une fois admis le lien de causalit� entre l'accident et les atteintes � la sant� ainsi que l'incapacit� de travail, les premiers juges pouvaient tout au plus reconna�tre � l'assur�e �le droit � des prestations de l'assurance-accidents obligatoire au-del� du 31 juillet 2003 et renvoyer le dossier pour d�termination du droit aux prestations par r�f�rence � ses consid�rants�.
6.2 Par lettre du 25 septembre 2003, R.________ a express�ment demand� � la Zurich de lui allouer une rente et une indemnit� pour atteinte � l'int�grit�. Il appartenait � l'assurance-accident de r�pondre � cette demande, ce qu'elle a fait par d�cision du 13 octobre 2003 et d�cision sur opposition du 1er juillet 2004. La proc�dure de recours devant la juridiction cantonale avait le m�me objet, conform�ment aux conclusions prises par l'assur�e (sur les notions d'objet de la contestation et d'objet du litige : cf. ATF 125 V 413; Meyer/von Zwehl, L'objet du litige en proc�dure de droit administratif f�d�ral, in : M�langes Pierre Moor, Berne 2005, p. 339 no 8, p. 440 ss no 11 ss). Les premiers juges ont statu� � juste titre sur le droit � la rente.
Cela �tant, l'art. 20 al. 2 LAA pr�voit que si l'assur� a droit � une rente de l'assurance-invalidit� ou � une rente de l'assurance-vieillesse et survivants, une rente compl�mentaire lui est allou�e; celle-ci correspond, en d�rogation � l'art. 69 LPGA, � la diff�rence entre 90 % du gain assur� et la rente de l'assurance-invalidit� ou de l'assurance-vieillesse et survivants, mais au plus au montant pr�vu pour l'invalidit� totale ou partielle. Le jugement entrepris sera donc r�form� en ce sens qu'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % est allou�e � la recourante d�s le moment o� l'�tat de sant� de l'assur�e peut �tre consid�r� comme stabilis� (cf. art. 19 al. 1 1�re phrase LAA). La juridiction cantonale a fix� ce moment au 1er ao�t 2003, ce qui n'appara�t pas contestable au regard de l'expertise �tablie le 14 ao�t 2003 par les docteur H.________, O.________ et E.________.
L'argumentation de la recourante concernant l'indemnit� pour atteinte � l'int�grit� est fond�e sur l'absence de rapport de causalit� entre certaines des atteintes reconnues par les premiers juges et l'accident assur�. D�s lors que ce lien de causalit� a �t� admis aux consid�rants 4 et 5 ci-avant, le recours est mal fond� sur ce point �galement.
La recourante voit l'essentiel de ses conclusions rejet�es, de sorte qu'elle versera � l'intim�e une indemnit� de d�pens, conform�ment � l'art. 159 al. 1 OJ. La proc�dure est par ailleurs gratuite, d�s lors qu'elle porte sur l'octroi ou le refus de prestations d'assurance (art. 134 OJ).
Le recours est partiellement admis. Le point 4 du dispositif du jugement du 24 janvier 2005 du Tribunal des assurances sociales du canton de Gen�ve est r�form� en ce sens que la Zurich Assurances est condamn�e au paiement d'une rente compl�mentaire fond�e sur un taux d'invalidit� de 100 % � R.________, avec effet d�s le 1er ao�t 2003; la cause lui est retourn�e afin qu'elle fixe le montant de cette rente.
Lucerne, le 12 avril 2006

References: art. 6
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 19