Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20001108-216897
Timestamp: 2017-04-27 19:03:42+00:00

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France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 08 novembre 2000, 216897
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 216897Numéro NOR : CETATEXT000008049085 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-11-08;216897 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 28 janvier 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Yelemi X..., demeurant chez Mme Kibwenge Y..., ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 20 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 1999 du préfet de l'Essonne ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité congolaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 25 mars 1998, de la décision du 24 mars 1998 du préfet de l'Essonne lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Sans qu'il soit besoin de statuer sur l'exception tirée de l'illégalité de la décision de refus de séjour :
Considérant que si au soutien de sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... excipe de l'illégalité de la décision du 24 mars 1998 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire en invoquant les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dans leur rédaction résultant de la loi n° 98-349 du 11 mai 1998, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions de ladite ordonnance modifiée qui n'étaient pas entrées en vigueur à la date de l'arrêté de refus du titre de séjour ; qu'ainsi, ce moyen est inopérant ;
Considérant que la seule circonstance que l'intéressé ait formé un recours contentieux, dépourvu d'effet suspensif, dirigé contre la décision susmentionnée lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ;
Sur la légalité de l'arrêté de reconduite à la frontière :Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir que son épouse, avec laquelle il a vécu maritalement pendant sept ans et qu'il a épousé le 15 janvier 2000, postérieurement à l'arrêté litigieux, réside régulièrement sur le territoire national et que sa belle-mère, qui vit également en France, s'occupe de son fils, âgé de 12 ans et dont la mère ne se manifeste plus depuis qu'il est entré en France, où cet enfant est scolarisé, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, laquelle ne fait pas obstacle à ce que l'intéressé puisse ultérieurement bénéficier d'une autorisation d'entrée et de séjour en France au titre du regroupement familial, l'arrêté attaqué ait porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts envue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;
Sur le moyen tiré des risques encourus en cas de retour au Congo :
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 novembre 1999 par lequel le préfet de l'Essonne a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Yelemi X..., au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-03-24Arrêté 1999-11-24Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Loi 98-349 1998-05-11Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 08 novembre 2000, n° 216897Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FouquetRapporteur public : M. TouvetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 08/11/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 12
 l'article 8
 art. 8
 art. 22
 art. 12