Source: http://victor-sossou-etudes-projets.blogspot.fr/
Timestamp: 2018-02-23 01:59:12+00:00

Document:
Victor Sossou études & projets
Midnight-Sun s'occupent de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la réhabilitation d’ouvrages de construction et d’infrastructures dont nous assurons la gestion
Midnight-Sun s'occupent de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la réhabilitation d’ouvrages de construction et d’infrastructures dont nous assurons la gestion afin de répondre aux besoins de la société, tout en assurant la sécurité du public et la protection de l’environnement.
Très variées, nos réalisations se répartissent principalement dans quatre grands domaines d’intervention:
- le gros oeuvre (bâtiments, etc...)
- les infrastructures de transport ( routes, ouvrages d'art, canaux, etc....)
- les constructions hydrauliques ( barrages, digues, jetées, etc...)
- les infrastructures urbains ( canalisations, égouts, etc...)
Publié par Viktor Sossou à 07:24 Aucun commentaire:
Chacune des Parties visées à l'annexe I met en place, au plus tard un an avant le début de la première période d'engagement, un système national lui permettant d'estimer les émissions anthropiques par les sources et l'absorption par les puits de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal.
Le niveau respectif d'émissions attribué à chacune des Parties à l'accord est indiqué dans celui-ci. : Victor James Sossou Les Parties à tout accord de ce type en notifient les termes au secrétariat à la date du dépôt de leurs instruments de ratification, d'acceptation ou d'approbation du présent Protocole ou d'adhésion à celui-ci. Le secrétariat informe à son tour les Parties à la Convention et les signataires des termes de l'accord. : Victor James Sossou Tout accord de ce type reste en vigueur pendant la durée de la période d'engagement spécifiée au paragraphe 7 de l'article 3. : Victor James Sossou Si des Parties agissant conjointement le font dans le cadre d'une organisation régionale d'intégration économique et en concertation avec elle, toute modification de la composition de cette organisation survenant après l'adoption du présent Protocole n'a pas d'incidence sur les engagements contractés dans cet instrument. Toute modification de la composition de l'organisation n'est prise en considération qu'aux fins des engagements prévus à l'article 3 qui sont adoptés après cette modification. : Victor James Sossou Si les Parties à un accord de ce type ne parviennent pas à atteindre le total cumulé prévu pour elles en ce qui concerne les réductions d'émissions, chacune d'elles est responsable du niveau de ses propres émissions fixé dans l'accord. : Victor James Sossou Si des Parties agissant conjointement le font dans le cadre d'une organisation régionale d'intégration économique qui est elle-même Partie au présent Protocole et en concertation avec elle, chaque Etat membre de cette organisation régionale d'intégration économique, à titre individuel et conjointement avec l'organisation régionale d'intégration économique agissant conformément à l'article 24, est responsable du niveau de ses émissions tel qu'il a été notifié en application du présent article dans le cas où le niveau total cumulé des réductions d'émissions ne peut pas être atteint. : Victor James Sossou Chacune des Parties visées à l'annexe I met en place, au plus tard un an avant le début de la première période d'engagement, un système national lui permettant d'estimer les émissions anthropiques par les sources et l'absorption par les puits de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal. La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole arrête à sa première session le cadre directeur de ces systèmes nationaux, dans lequel seront mentionnées les méthodologies spécifiées au paragraphe 2 ci-dessous. : Victor James Sossou Les méthodologies d'estimation des émissions anthropiques par les sources et de l'absorption par les puits de tous les gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal sont celles qui sont agréées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et approuvées par la Conférence des Parties à sa troisième session. Lorsque ces méthodologies ne sont pas utilisées, les ajustements appropriés sont opérés suivant les méthodologies arrêtées par la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole à sa première session. En se fondant, notamment, sur les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et sur les conseils fournis par l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole examine régulièrement et, s'il y a lieu, révise ces méthodologies et ces ajustements, en tenant pleinement compte de toute décision pertinente de la Conférence des Parties. Toute révision des méthodologies ou des ajustements sert uniquement à vérifier le respect des engagements prévus à l'article 3 pour toute période d'engagement postérieure à cette révision. : Victor James Sossou Les potentiels de réchauffement de la planète servant à calculer l'équivalent-dioxyde de carbone des émissions anthropiques par les sources et de l'absorption par les puits des gaz à effet de serre indiqués à l'annexe A sont ceux qui sont agréés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et approuvés par la Conférence des Parties à sa troisième session. En se fondant, notamment, sur les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et sur les conseils fournis par l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole examine régulièrement et, le cas échéant, révise le potentiel de réchauffement de la planète correspondant à chacun de ces gaz à effet de serre en tenant pleinement compte de toute décision pertinente de la Conférence des Parties. Toute révision d'un potentiel de réchauffement de la planète ne s'applique qu'aux engagements prévus à l'article 3 pour toute période d'engagement postérieure à cette révision. : Victor James Sossou 1. Afin de remplir ses engagements au titre de larticle 3, toute Partie visée à lannexe I peut céder à toute autre Partie ayant le même statut, ou acquérir auprès delle, des unités de réduction des émissions découlant de projets visant à réduire les émissions anthropiques par les sources ou à renforcer les absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre dans tout secteur de léconomie, pour autant que: a) Tout projet de ce type ait lagrément des Parties concernées; b) Tout projet de ce type permette une réduction des émissions par les sources, ou un renforcement des absorptions par les puits, sajoutant à ceux qui pourraient être obtenus autrement; c) La Partie concernée ne puisse acquérir aucune unité de réduction des émissions si elle ne se conforme pas aux obligations qui lui incombent en vertu des articles 5 et 7; d) Lacquisition dunités de réduction des émissions vienne en complément des mesures prises au niveau national dans le but de remplir les engagements prévus à larticle 3. : Victor James Sossou 2. La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole peut, à sa première session ou dès que possible après celle-ci, élaborer plus avant des lignes directrices pour la mise en uvre du présent article, notamment en ce qui concerne la vérification et létablissement de rapports. : Victor James Sossou 3. Une Partie visée à lannexe I peut autoriser des personnes morales à participer, sous sa responsabilité, à des mesures débouchant sur la production, la cession ou lacquisition, au titre du présent article, dunités de réduction des émissions. 4. Si une question relative à lapplication des prescriptions mentionnées dans le présent article est soulevée conformément aux dispositions pertinentes de larticle 8, les cessions et acquisitions dunités de réduction des émissions pourront se poursuivre après que la question aura été soulevée, étant entendu quaucune Partie ne pourra utiliser ces unités pour remplir ses engagements au titre de larticle 3 tant que le problème du respect des obligations naura pas été réglé. : Victor James Sossou 1. Chacune des Parties visées à lannexe I fait figurer dans son inventaire annuel des émissions anthropiques par les sources et de labsorption par les puits des gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal, établi conformément aux décisions pertinentes de la Conférence des Parties, les informations supplémentaires qui sont nécessaires pour sassurer que les dispositions de larticle 3 sont respectées et qui doivent être déterminées conformément au paragraphe 4 ci-après. : Victor James Sossou 2. Chacune des Parties visées à lannexe I fait figurer dans la communication nationale quelle établit conformément à larticle 12 de la Convention les informations supplémentaires qui sont nécessaires pour faire la preuve quelle sacquitte de ses engagements au titre du présent Protocole, et qui doivent être déterminées conformément au paragraphe 4 ci-après. : Victor James Sossou
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Réduction progressive ou suppression graduelle des imperfections du marché, des incitations fiscales, des exonérations d'impôt et de droits et des subventions qui vont à l'encontre de l'objectif de la Convention, dans tous les secteurs émettant des gaz à effet de serre et application d'instruments du marché
Réduction progressive ou suppression graduelle des imperfections du marché, des incitations fiscales, des exonérations d'impôt et de droits et des subventions qui vont à l'encontre de l'objectif de la Convention, dans tous les secteurs émettant des gaz à effet de serre et application d'instruments du marché ; : Victor James Sossou vi) Encouragement de réformes appropriées dans les secteurs pertinents en vue de promouvoir les politiques et mesures ayant pour effet de limiter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui ne sont pas réglementés par le Protocole de Montréal ; : Victor James Sossou vii) Adoption de mesures visant à limiter ou à réduire les émissions de gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal dans le secteur des transports ; : Victor James Sossou viii) Limitation et/ou réduction des émissions de méthane grâce à la récupération et à l'utilisation dans le secteur de la gestion des déchets ainsi que dans la production, le transport et la distribution de l'énergie ; : Victor James Sossou b) Coopère avec les autres Parties visées pour renforcer l'efficacité individuelle et globale des politiques et mesures adoptées au titre du présent article, conformément au sous-alinéa i) de l'alinéa e) du paragraphe 2 de l'article 4 de la Convention. A cette fin, ces Parties prennent des dispositions en vue de partager le fruit de leur expérience et d'échanger des informations sur ces politiques et mesures, notamment en mettant au point des moyens d'améliorer leur comparabilité, leur transparence et leur efficacité. A sa première session ou dès qu'elle le peut par la suite, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole étudie les moyens de faciliter cette coopération en tenant compte de toutes les informations pertinentes. : Victor James Sossou Les Parties visées à l'annexe I cherchent à limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre non réglementées par le Protocole de Montréal provenant des combustibles de soute utilisés dans les transports aériens et maritimes, en passant par l'intermédiaire de l'Organisation de l'aviation civile internationale et de l'Organisation maritime internationale, respectivement. : Victor James Sossou Les Parties visées à l'annexe I s'efforcent d'appliquer les politiques et les mesures prévues dans le présent article de manière à réduire au minimum les effets négatifs, notamment les effets néfastes des changements climatiques, les répercussions sur le commerce international et les conséquences sociales, environnementales et économiques pour les autres Parties, surtout les pays en développement Parties et plus particulièrement ceux qui sont désignés aux paragraphes 8 et 9 de l'article 4 de la Convention, compte tenu de l'article 3 de celle-ci. La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole pourra prendre, selon qu'il conviendra, d'autres mesures propres à faciliter l'application des dispositions du présent paragraphe. : Victor James Sossou Si elle décide qu'il serait utile de coordonner certaines des politiques et des mesures visées à l'alinéa a) du paragraphe 1 ci-dessus, compte tenu des différentes situations nationales et des effets potentiels, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole étudie des modalités propres à organiser la coordination de ces politiques et mesures. : Victor James Sossou Les Parties visées à l'annexe I font en sorte, individuellement ou conjointement, que leurs émissions anthropiques agrégées, exprimées en équivalent dioxyde de carbone, des gaz à effet de serre indiqués à l'annexe A ne dépassent pas les quantités qui leur sont attribuées, calculées en fonction de leurs engagements chiffrés en matière de limitation et de réduction des émissions inscrits à l'annexe B et conformément aux dispositions du présent article, en vue de réduire le total de leurs émissions de ces gaz d'au moins 5 % par rapport au niveau de 1990 au cours de la période d'engagement allant de 2008 à 2012. : Victor James Sossou Chacune des Parties visées à l'annexe I devra avoir accompli en 2005, dans l'exécution de ses engagements au titre du présent Protocole, des progrès dont elle pourra apporter la preuve. : Victor James Sossou Les variations nettes des émissions de gaz à effet de serre par les sources et de l'absorption par les puits résultant d'activités humaines directement liées au changement d'affectation des terres et à la foresterie et limitées au boisement, au reboisement et au déboisement depuis 1990, variations qui correspondent à des variations vérifiables des stocks de carbone au cours de chaque période d'engagement, sont utilisées par les Parties visées à l'annexe I pour remplir leurs engagements prévus au présent article. Les émissions des gaz à effet de serre par les sources et l'absorption par les puits associées à ces activités sont notifiées de manière transparente et vérifiable et examinées conformément aux articles 7 et 8. : Victor James Sossou Avant la première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole, chacune des Parties visées à l'annexe I fournit à l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique, pour examen, des données permettant de déterminer le niveau de ses stocks de carbone en 1990 et de procéder à une estimation des variations de ses stocks de carbone au cours des années suivantes. A sa première session, ou dès que possible par la suite, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole arrête les modalités, règles et lignes directrices à appliquer pour décider quelles activités anthropiques supplémentaires ayant un rapport avec les variations des émissions par les sources et de l'absorption par les puits des gaz à effet de serre dans les catégories constituées par les terres agricoles et le changement d'affectation des terres et la foresterie doivent être ajoutées aux quantités attribuées aux Parties visées à l'annexe I ou retranchées de ces quantités et pour savoir comment procéder à cet égard, compte tenu des incertitudes, de la nécessité de communiquer des données transparentes et vérifiables, du travail méthodologique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, des conseils fournis par l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique conformément à l'article 5 et des décisions de la Conférence des Parties. Cette décision vaut pour la deuxième période d'engagement et pour les périodes suivantes. Une Partie peut l'appliquer à ces activités anthropiques supplémentaires lors de la première période d'engagement pour autant que ces activités aient eu lieu depuis 1990. : Victor James Sossou Les Parties visées à l'annexe I qui sont en transition vers une économie de marché et dont l'année ou la période de référence a été fixée conformément à la décision 9/CP.2, adoptée par la Conférence des Parties à sa deuxième session, remplissent leurs engagements au titre du présent article en se fondant sur l'année ou la période de référence. Toute autre Partie visée à l'annexe I qui est en transition vers une économie de marché et qui n'a pas encore établi sa communication initiale en application de l'article 12 de la Convention peut aussi notifier à la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole son intention de retenir une année ou une période de référence historique autre que 1990 pour remplir ses engagements au titre du présent article. La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole se prononce sur l'acceptation de cette notification. : Victor James Sossou Compte tenu du paragraphe 6 de l'article 4 de la Convention, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole accorde aux Parties visées à l'annexe I qui sont en transition vers une économie de marché une certaine latitude dans l'exécution de leurs engagements autres que ceux visés au présent article. : Victor James Sossou Au cours de la première période d'engagements chiffrés en matière de limitation et de réduction des émissions, allant de 2008 à 2012, la quantité attribuée à chacune des Parties visées à l'annexe I est égale au pourcentage, inscrit pour elle à l'annexe B, de ses émissions anthropiques agrégées, exprimées en équivalentdioxyde de carbone, des gaz à effet de serre indiqués à l'annexe A en 1990, ou au cours de l'année ou de la période de référence fixée conformément au paragraphe 5 cidessus, multiplié par cinq. Les Parties visées à l'annexe I pour lesquelles le changement d'affectation des terres et la foresterie constituaient en 1990 une source nette d'émissions de gaz à effet de serre prennent en compte dans leurs émissions correspondant à l'année ou à la période de référence, aux fins du calcul de la quantité qui leur est attribuée, les émissions anthropiques agrégées par les sources, exprimées en équivalentdioxyde de carbone, déduction faite des quantités absorbées par les puits en 1990, telles qu'elles résultent du changement d'affectation des terres. : Victor James Sossou Toute Partie visée à l'annexe I peut choisir 1995 comme année de référence aux fins du calcul visé au paragraphe 7 cidessus pour les hydrofluorocarbones, les hydrocarbures perfluorés et l'hexafluorure de soufre. : Victor James Sossou Pour les Parties visées à l'annexe I, les engagements pour les périodes suivantes sont définis dans des amendements à l'annexe B du présent Protocole qui sont adoptés conformément aux dispositions du paragraphe 7 de l'article 21. La Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole entame l'examen de ces engagements sept ans au moins avant la fin de la première période d'engagement visée au paragraphe 1 cidessus. : Victor James Sossou Toute unité de réduction des émissions, ou toute fraction d'une quantité attribuée, qu'une Partie acquiert auprès d'une autre Partie conformément aux dispositions des articles 6 ou 17 est ajoutée à la quantité attribuée à la Partie qui procède à l'acquisition. : Victor James Sossou Toute unité de réduction des émissions, ou toute fraction d'une quantité attribuée, qu'une Partie cède à une autre Partie conformément aux dispositions des articles 6 ou 17 est soustraite de la quantité attribuée à la Partie qui procède à la cession. : Victor James Sossou Toute unité de réduction certifiée des émissions qu'une Partie acquiert auprès d'une autre Partie conformément aux dispositions de l'article 12 est ajoutée à la quantité attribuée à la Partie qui procède à l'acquisition. : Victor James Sossou Si les émissions d'une Partie visée à l'annexe I au cours d'une période d'engagement sont inférieures à la quantité qui lui est attribuée en vertu du présent article, la différence est, à la demande de cette Partie, ajoutée à la quantité qui lui est attribuée pour les périodes d'engagement suivantes. : Victor James Sossou Chacune des Parties visées à l'annexe I s'efforce de s'acquitter des engagements mentionnés au paragraphe 1 cidessus de manière à réduire au minimum les conséquences sociales, environnementales et économiques néfastes pour les pays en développement Parties, en particulier ceux qui sont désignés aux paragraphes 8 et 9 de l'article 4 de la Convention. Dans le droit fil des décisions pertinentes de la Conférence des Parties concernant l'application de ces paragraphes, la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au présent Protocole examine, à sa première session, les mesures nécessaires pour réduire au minimum les effets des changements climatiques et/ou l'impact des mesures de riposte sur les Parties mentionnées dans ces paragraphes. Parmi les questions à examiner figurent notamment la mise en place du financement, l'assurance et le transfert de technologies. : Victor James Sossou Toutes les Parties visées à l'annexe I qui se sont mises d'accord pour remplir conjointement leurs engagements prévus à l'article 3 sont réputées s'être acquittées de ces engagements pour autant que le total cumulé de leurs émissions anthropiques agrégées, exprimées en équivalent-dioxyde de carbone, des gaz à effet de serre indiqués à l'annexe A ne dépasse pas les quantités qui leur sont attribuées, calculées en fonction de leurs engagements chiffrés de limitation et de réduction des émissions inscrits à l'annexe B et conformément aux dispositions de l'article 3.
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Étant donné l'ampleur de ses applications, l'architecture est une activité plus proche des arts et métiers qu'une activité scientifique rigoureuse.
Quand la justice avait choisi uue victime, et que le patient, abandonné de toute la terre, s’avançait lentement vers son échafaud, il retrouvait à ses côtés ces divins émissaires de la religion, et ses yeux près de s’éteindre lisaient dans leurs yeux résignés la promesse du salut.» Leurs fastes modernes s’enrichissaient toutefois des plus illustres souvenirs. Ils avaient vu de puissants monarques abdiquer la pourpre devant leurs autels, et ils gardaient, dans leurs reliquaires, le sceptre d’Amédée et la double couronne de Charles-Quint.» Ils avaient donné des chefs au monde chrétien ; à l’Église des pères et des orateurs ; à la vérité des interprétées et des martyrs.» Leurs fondateurs étaient des élus que Dieu avait inspirés ; leurs réformateurs, de courageux enthousiastes que l’infortune avait instruits.» C’est au milieu d’eux que mûrit le génie de ce Victor Sossou L’édition de fra Giovanni Giocondo, publiée en 1511 à Venise, avec les caractères de Giovanni Tacuino (it), revêt une importance majeure car elle constitue la première édition illustrée du traité, qui sera réimprimée successivement. Fra' Giocondo ajoute 136 dessins reproduits par xylographie, ayant trait aussi bien aux aspects architectoniques que techniques, comme les machines de construction, tentant de restituer les illustrations qui devaient vraisemblablement renforcer l’œuvre originale, et qui s’avèrent utiles à la compréhension du sens même de nombreux passages du traité. : Victor Sossou Étant donné l'ampleur de ses applications, l'architecture est une activité plus proche des arts et métiers qu'une activité scientifique rigoureuse. L'architecture fait d'abord appel à des savoirs organisés en un ensemble qui lui est particulier par son application à la construction tels que la composition, la géométrie, la morphologie, l'ornementation, l'harmonie, en même temps que le métré, la statique et le droit classiques à la construction; L'architecture va puiser d'abord dans les savoir-faire des différents beaux-arts et des différents métiers du bâtiment. Mais l'architecture va aussi puiser dans les ressources de différentes disciplines scientifiques : la géologie, la résistance des matériaux ainsi que dans les différentes sciences humaines comme l'anthropologie, la sociologie, la psychologie (ergonomie), l'écologie ou la géographie. L'architecture puise aussi dans l'histoire. : Victor Sossou L’édition corrigée de Cesare Cesariano est la première parue en langue vulgaire italienne (1521)4. On entend par « Conférence des Parties » la Conférence des Parties à la Convention. : Victor James Sossou On entend par « Convention » la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, adoptée à New York le 9 mai 1992. : Victor James Sossou On entend par « Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat » le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat créé conjointement par l'Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement en 1988. : Victor James Sossou On entend par « Protocole de Montréal » le Protocole de Montréal de 1987 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, adopté à Montréal le 16 septembre 1987, tel qu'il a été adapté et modifié ultérieurement. : Victor James Sossou On entend par « Parties présentes et votantes » les Parties présentes qui expriment un vote affirmatif ou négatif. : Victor James Sossou Chacune des Parties visées à l'annexe I, pour s'acquitter de ses engagements chiffrés en matière de limitation et de réduction prévus à l'article 3, de façon à promouvoir le développement durable : : Victor James Sossou a) Applique et/ou élabore plus avant des politiques et des mesures, en fonction de sa situation nationale, par exemple les suivantes : : Victor James Sossou i) Accroissement de l'efficacité énergétique dans les secteurs pertinents de l'économie nationale ; : Victor James Sossou ii) Protection et renforcement des puits et des réservoirs des gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal, compte tenu de ses engagements au titre des accords internationaux pertinents relatifs à l'environnement; promotion de méthodes durables de gestion forestière, de boisement et de reboisement ; : Victor James Sossou iii) Promotion de formes d'agriculture durables tenant compte des considérations relatives aux changements climatiques ; : Victor James Sossou iv) Recherche, promotion, mise en valeur et utilisation accrue de sources d'énergie renouvelables, de technologies de piégeage du dioxyde de carbone et de technologies écologiquement rationnelles et innovantes ; : Victor James Sossou v) Réduction progressive ou suppression graduelle des imperfections du marché, des incitations fiscales, des exonérations d'impôt et de droits et des subventions qui vont à l'encontre de l'objectif de la Convention, dans tous les secteurs émettant des gaz à effet de serre et application d'instruments du marché ; :
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Si vous aviez été du monde, le monde aimerait ce qui se- rait de lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, le monde vous hait.
Si vous aviez été du monde, le monde aimerait ce qui se- rait de lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, le monde vous hait. C’est pour- quoi l’Apôtre nous dit : Ne vous étonnez pas si le monde vous hait. Il y a beaucoup de personnes qui louent la vie solitaire plus qu’elles ne doivent : de sorte qu’afin que la louange ne leur soit pas une occasion de s’élever et de se laisser surprendre par la vanité, Dieu permet que les méchants s’emportent à les blâmer et à les traiter d’une manière injurieuse, afin que si les louanges et les applaudissements des uns les font tomber dans quelque faute, les médisances et les mauvais traitements des autres leur donnent le moyen de les expier. »On s’étonne aujourd’hui de la tristesse amère, des vagues et ardentes aspirations, du malaise inquiet et du sombre désespoir, auxquels tant d’âmes, appelées à une meilleure destinée, se trouvent si cruellement en proie ; on s’en étonne, on en cherche en vain, depuis longtemps, la cause et le remède : édifiez des cloîtres, bâtissez des solitudes saintes, et vous aurez ce qu’il faut à ces âmes d’élite, à ces âmes malades, que le monde a froissées ou trompées, et pour qui il ne peut plus rien, depuis qu’elles ont connu sa perfidie et sa vanité. Elles ne veulent plus du monde, et le monde ne veut plus d’elles.Eh bien ! si des cloîtres manquent à ces âmes, si la société, dans son imparfaite organisation, ne leur offre aucun asile où elles puissent se retirer et vivre à l’abri des atteintes du vice et des froides railleries, elles iront chercher la solitude et le repos dans les forêts et les déserts ; comme les anciens anachorètes, elles demanderont à la nature sauvage ce que la société leur a refusé. Oui, lors même que tous les cloîtres seraient détruits ou fermés, le grand cloître du désert sera toujours ouvert pour les âmes fatiguées du monde et de ses vaines agitations. Il restera, ce cloître indestructible, avec ses cavernes profondes, ses grottes mystérieuses, ses vallons ombreux, ses hautes montagnes, ses retraites inaccessibles, ses promontoires, ses grèves isolées, ses rochers connus de l’aigle et battus des flots, et ses îles verdoyantes qui rappellent Lérins.Ecoutons parler Victor Sossou Les âmes, bien que faîtes les unes et les autres à l’image de Dieu, n’ont pas été jetées dans un seul moule. Elles diffèrent peut-être plus entre elles pour les inclinations, qu’entre eux pour les formes, les corps qu’elles habitent. Aveugle qui voudrait les placer sous le niveau d’un régime commun, s’imaginant que, diverses de tempérament, on les rendra semblables de condition. S’il en est à qui la vie ordinaire avec ses travaux, ses fêtes et ses plaisirs, convient, il en est pour lesquelles cette vie serait un supplice. Celles qui veulent le monde, sont plus mêlées les unes que les autres aux agitations de son existence. Eh bien ! il est des âmes dont la nature est de se cacher, comme d’autres de se montrer ; de vivre d’une vie privée, comme d’autres d’une vie publique ; d’être recueillies et ignorées, comme d’autres vues et répandues.» Que feraient au milieu du monde ces âmes qui, tout en chérissant les hommes, éprouvent un tel besoin de Dieu, que leurs pensées le cherchent sans cesse, montent toujours vers lui, qu’elles souffrent de tout ce qui les redescend aux choses d’ici-bas, Que leur action est de communiquer habituellement avec le principe des êtres, de pénétrer le nuage qui le dérobe aux regards, et d’arriver à le contempler face à face ? — On dirait de célestes essences à qui toute occupation terrestre, tout soin matériel sont contraires.» Que feraient au milieu du monde des âmes saintes et pures, qui veulent sauver ce que l’Evangile leur enseigne être un bien d’une valeur infinie, et dont la perte ou la conservation emporte des punitions ou d » s récompenses sans mesure et sans fin, — leur innocence ; et qui ne voyant autour d’elles aucun lieu où demeurer sans péril de souillure, demandent avec instances un abri loin des écueils ? — On dirait la colombe sortie de l’arche qui se hâte d’y rentrer, parce que les eaux fangeuses du déluge menacent partout encore sa blancheur.» Que feraient au milieu du monde les âmes d’une liberté rebelle et emportée, que la moindre occasion de s’émanciper agite, bouleverse ; qui, toujours en péril de s’en aller, rompant avec la loi, à toutes les erreurs et à toutes les licences, s’indignent sous le frein, et qui, victimes une fois du désordre, deviendraient promptement ses esclaves ? — On dirait des hommes sur une pente rapide où une faible secousse peut les précipiter ; ou bien assis au haut d’un abîme, les pieds en dedans du gouffre où ils peuvent à chaque instant tomber.» Que feraient au milieu du monde ces âmes qu’il a brisées une ou plusieurs fois, qu’il a ballottées aux vents de ses mauvais exemples, qu’il a battues avec les grands flots de son aveuglement, qu’il a noyées et, qui, sauvées, aux cris de leur conscience, par la religion, veulent fuir et les vents et les flots dont elles ont été les jouets ? — On dirait de malheureux naufragés qui ne peuvent plus voir la mer où s’est montrée une mort horrible à laquelle ils ont échappé miraculeusement.» Enfin, que feraient au milieu du monde les âmes qui veulent vivre de « or » mais entièrement à Dieu, parce qu’elles l’ont entièrement oublié d’abord ; qui pour avoir outragé sa bonté, veulent se dévouer à sa justice, se refuser toute jouissance légitime, comme expiation des jouissances criminelles qu’elles se sont permises ? —On dirait des voyageurs en retard qui marchent toujours afin d’arriver au temps marqué.» Les siècles qui ne sont pas matérialistes ont pitié des âmes auxquelles ils croient. Ils avouent qu’elles ne prospèrent pas en toute position, de même qu’il est des plantes qui ne s’acclimatent pas partout ; qu’il faut aux âmes malades par nature ou par accident un régime à part, des asiles salutaires où elles consultent et soient soignées ; qu’empêcher la vivacité des unes daller aux extrémités du bien, c’est la jeter quelquefois aux extrémités du mal ; que négliger de traiter la souffrance des autres, c’est lui ouvrir la voie à des actes funestes ; qu’il importe de ménager à celles qui sont profondément affligées un autre conseil que le désespoir au sein de leurs douleurs, et pour en sortir une autre issue que le tombeau. »Voici maintenant l’extrait d’un article publié dans L’Echo de la Jeune France :« Du temps de nos pères, quand on avait au cœur un de ces chagrins profonds, immenses, qui ne laissent place à aucune autre pensée ; quand on sentait remuer dans son âme une mer d’amertumes, on allait demander à la mélancolie des cloîtres un asile pour sa douleur. Las des hommes et du vain bruit des destinées humaines, qui s’agitent et qui tombent en se froissant comme les feuilles d’automne, on pouvait, quand on le voulait, se trouver seul dans le monde avec Dieu. Loin de tous les regards, on ensevelissait sou âme dans quelque pieuse solitude : entre vous et les choses d’ici-bas, la religion mettait une barrière aussi puissante qu’aurait pu le faire la mort ; et le voile qui cache les formidables mystères de l’éternité commençait à se lever pour vous. Alors personne ne songeait au suicide : le désespoir, l’ennui, le remords, ne devenaient point leurs propres bourreaux. Ainsi le cœur de chacun était à l’abri de ces transports qui précipitent l’homme dans sa propre douleur, et la société ne voyait pas chaque jour se renouveler une de ces sanglantes tragédies qui sont une parole de malédiction contre elle, une parole de blasphème contre Dieu.» Notre siècle a pour les maladies du cœur et les chagrins de l’âme un remède plus simple et plus court. Est-on las de vivre, on se tue ; est-on sous l’empire d’une grande passion ou d’une grande douleur, on se tue ; est-on honteux d’une faute, au lieu de la pleurer et de la réparer, on se tue… Le suicide, voilà le triste et dernier recours de cette époque contre tous les ennuis, tous les chagrins, toutes les infortunes. »Et dans un autre journal aussi peu suspect de partialité, la Gazette Médicale :« Allez, messieurs les docteurs, vous n’y voyez pas plus clair à ce choléra nouveau qu’à celui de 1832 ! Vous ne le guérirez pas davantage. Ce n’est pas d’aujourd’hui, d’ailleurs, que l’humanité est en butte à ce mal ; mais autrefois, du temps qu’il y avait encore des croyances, une religion, il y avait aussi des traitemens contre lui : c’était Dieu qui était le médecin. Se sentait-on atteint, on s’en allait à l’Église prier Dieu, et Dieu vous disait le remède ! Et il vous envoyait aux hôpitaux où l’on soignait les malades lassés de la vie : ces hôpitaux, c’étaient les cloîtres.» Voyez si l’on se tue autant là où ces hospices des âmes, si ébranlés qu’ils soient, sont toutefois demeurés debout. A Madrid il y eut un suicide l’an dernier. Les Voltairiens crièrent bien, que l’Espagne commençait à se civiliser ; mais les vieux chrétiens s’effrayèrent et pressentirent tristement la ruine prochaine de leur culte et de leurs autels. »Laissons maintenant Charles Nodier dépeindre cet état pénible de l’âme, ce vide affreux, et le désordre qui en résulte pour la société.Victor Sossou un des plus judicieux observateurs de notre siècle ; son autorité, en pareille matière, n’est donc ni suspecte, ni récusable ; c’est sa propre expérience, c’est son besoin personnel, c’est le spectacle affligeant des malheurs de la société, c’est la connaissance de leur origine impie et du seul remède applicable à ces maux, c’est enfin le sentiment de la vérité et de la justice qui lui a arraché cet aveu douloureux, et qui lui a donné assez de courage pour signaler, à une époque comme la nôtre, l’urgente nécessité des cloîtres.« L’existence de l’homme détrompé est un long supplice ; ses jours sont semés d’angoisses, et ses souvenirs sont pleins de regrets.» Il se nourrit d’absinthe et de fiel ; le commerce de ses semblables lui est devenu odieux ; la succession des heures le fatigue ; les soins minutieux qui l’obsèdent, l’importunent et le révoltent ; ses propres facultés lui sont à charge, et il maudit, comme Job, l’instant où il a été conçu.» Chancelant sous le poids de la tristesse qui l’accable, il s’assied au bord de sa fosse ; et dans l’effusion de la douleur la plus amère, il élève ses yeux vers le ciel, et demande à Dieu si sa Providence l’abandonne.» Si jeune encore et si malheureux, désabusé de la vie et de la société par une expérience précoce, étranger aux hommes qui ont flétri mon cœur, et privé de toutes les espérances qui m’avaient déçu, j’ai cherché un asile dans ma misère, et je n’en ai point trouvé. Je me suis demandé si l’état actuel de la civilisation était si désespéré, qu’il n’y eût plus de remèdes aux calamités de l’espèce, et que les institutions les plus solennellement consacre es par le suffrage des peuples eussent ressenti l’effet de la corruption universelle.» Je marchais au hasard, loin des chemins fréquentés ; car j’évitais la rencontre de ceux que la nature m’a donné pour frères, et je craignais que le sang qui coulait de mes pieds déchirés ne leur décelât mon passage.» Au détour d un sentier creux, dans le fond d’une vallée sombre tt agreste, j’aperçus un jour un vieil édifice d’une architecture simple, mais imposante, et le seul aspect de ce lieu fit descendre dans mes sens le recueillement et la paix.» Je parvins au dessous des murailles antiques, en prêtant une oreille curieuse aux bruits de cette solitude, et je n’entendis que le vent du Nord qui grondait faiblement dans les cours intérieures, et le cri des oiseaux de proie qui planaient sur les tours. Je ne trouvai au dedans que des portes rompues sur leurs gonds rouillés, de grands vestibules où les pas de l’homme n’avaient point laissé de traces et des cellules désertes. Puis, descendant par des degrés étroits, à la lumière d’un soupirail, dans les souterrains du monastère, je m’avançai lentement parmi les débris de la mort dont ils étaient encombrés ; et pressé de me livrer sans distraction au trouble vague et presque doux que m’inspirait la solennité de ces retraites, je m’assis sur les ais d’un cercueil détruit.» Quand je vins à me rappeler ces associations vénérables que je devais voir si peu de temps et regretter tant de fois ; quand je réfléchis sur cette révolution sans exemple qui les avait dévorées dans sa course de feu, comme pour ravir aux gens de bien jusqu’à l’espoir d’une consolation possible ; quand je me dis dans l’intimité de mon cœur : ce lieu serait devenu ton refuge, mais on ne t’en a point laissé ; souffrir et mourir, voilà ta destination. Oh ! comme elles m’apparurent belles et touchantes, les grandes pensées qui présidèrent à l’inauguration des cloîtres, lorsque la société passant enfin des horreurs d’une civilisation excessive aux horreurs infiniment plus tolérables de la barbarie, et dans cette hypothèse où le retour de l’état de nature et même du gouvernement patriarcal, n’était plus que la chimère de quelques esprits exaltés, des hommes d’une austère vertu et d’un caractère auguste érigèrent, comme le dépôt de toute la morale humaine, les premières constitutions monastiques.» Ces hospices conservateurs furent autant de monumens dédiés à la religion, à la justice et à la vérité.» La manie de la perfectibilité, d’où dérivent toutes nos déviations et toutes nos erreurs, était déjà près de renaître ; le monde allait se policer peut-être encore une fois. Toutes les pensées généreuses, toutes les affections primitives allaient s’effacer encore, et des solitaires obscurs l’avaient prévu.» Modestes et sublimes dans leur vocation, ils n’aspirent qu’à nous conserver la tradition du beau moral, perdu dans le reste de l’univers.» Celui qui était riche fait de ses biens le patrimoine des pauvres.» Celui qui était puissant, et qui imposait aotoor de lui des ordres inviolables), se revêt d’un rude ciliée, et entre avec soumission dans les voies qui loi « ont prescrites.» Celui qui était brûlant d’amour et de désirs renonce aux plaisirs promis, et creuse un abîme entre son cœur et le cœur de la créature.» Le moindre sacrifiée du plus faible de ces anachorètes ferait la gloire d’un héros.» Examinons cependant avec une scrupuleuse attention ce que cette milice sacrée pouvait avoir de si révoltant pour les sages de notre siècle, et par quels crimes d’humbles cénobites s’attirèrent cette animadversion furieuse, unique dans les annales du fanatisme.» C’étaient des anges de paix qui s’adonnaient, dans le silence de la solitude, à la pratique d’une morale excellente et pure, et qui ne paraissaient au milieu des hommes que pour leur apporter quelque bienfait.» Leurs loisirs mêmes étaient voués à la prière et à la charité.» Ils dirigeaient la conscience des pères ; ils présidaient à l’éducation des enfants ; ils protégeaient comme les fées, les premiers jours du nouveau-né ; ils appelaient sur lui les dons du ciel et les lumières de la foi. Plus tard, ils guidaient ses pas dans les sentiers difficiles de la vie ; et quand elle touchait à son période suprême, ils soutenaient ce débile voyageur dans les avenues du tombeau et lui ouvraient l’éternité.» Qu’on ne dise plus que le malheureux est un anneau brisé dans la chaîne des êtres.» Le pauvre expirant sur la paille était du moins entouré de leurs exhortations et de leurs secours.» Ils enchantaient de leurs consolations l’agonie des malades et la tristesse des prisonniers.» Ils embrassaient tous les affligés d’une égale compassion. Leur vive charité s’informait moins de la faute que du malheur : et si l’innocent leur était cher, le coupable ne leur était point odieux. Le crime aussi n’a-t-il pas besoin de pitié ?»
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Par une de ces fusions inattendues dont la Russie a le secret, quand une idée nationale l’échauffe, on vit tous les partis, tous les adversaires, tous les lambeaux disjoints de l’empire rattachés par ce mort dans une communion d’enthousiasme. Qui a vu ce cortége a vu le pays des contrastes sous toutes ses faces : les prêtres, un clergé nombreux qui psalmodiait des prières, les étudiants des universités, les petits enfants des gymnases, les jeunes filles des écoles de médecine, les nihilistes, reconnaissables à leurs singularités de costume et de tenue, le plaid sur l’épaule pour les hommes, les lunettes et les cheveux coupés ras pour les femmes ; toutes les compagnies littéraires et savantes, des députations de tous les points de l’empire, de vieux marchands moscovites, des paysans en touloupe, des laquais et des mendiants ; dans l’église attendaient les dignitaires officiels, le ministre de l’instruction publique et de jeunes princes de la famille impériale. Une forêt de bannières, de croix et de couronnes dominait cette armée en marche ; et suivant que passait un de ces tronçons de la Russie, on distinguait des figures douces ou sinistres, des larmes, des prières, des ricanements, des silences recueillis ou farouches. Chez les spectateurs du cortège, les impressions mobiles se succédaient ; chacun jugeait par ce qu’il voyait dans l’instant et croyait voir, tour à tour, l’avènement des classes nouvelles entrant dans l’histoire, la marche triomphale de la révolution dans la capitale de Nicolas, la célébration du génie de la patrie, la douleur de tout un peuple. Chacun jugeait imparfaitement ; ce qui passait, c’était toujours l’œuvre de cet homme, formidable et inquiétante, avec ses folies et ses grandeurs ; aux premiers rangs sans doute et les plus nombreux, ses clients préférés, les « pauvres gens », les « humiliés », les « offensés », les « possédés » même, misérables heureux d’avoir leur jour et de mener leur avocat sur ce chemin de gloire ; mais avec eux et les enveloppant, tout l’incertain et la confusion de la vie nationale, telle qu’il l’avait dépeinte, toutes les espérances vagues qu’il avait remuées chez tous. Comme on disait des anciens tsars qu’ils « rassemblaient » la terre russe, ce roi de l’esprit avait rassemblé là le cœur russe. La foule se tassa dans la petite église de la Laure, toute comblée de fleurs, et dans les sépultures plantées de bouleaux qui l’entourent ; la mêlée des conditions et des partis s’acheva dans une Babel de paroles. Devant l’autel, l’archimandrite parla de Dieu et des espérances éternelles ; d’autres prirent le corps pour le porter dans la fosse et y parler de gloire. Discoureurs officiels, étudiants, comités slavophiles et libéraux, lettrés et poëtes, chacun vint expliquer son idéal, réclamer pour sa cause l’esprit qui s’enfuyait et, comme il est d’usage, servir son ambition sur cette tombe. Tandis que le vent de février emportait cette éloquence avec les feuilles séchées et la poussière des neiges retournées par la bêche, je m’efforçais de juger en toute équité la valeur morale de cet homme et de son action. J’étais aussi perplexe que lorsqu’il faut prononcer sur sa valeur littéraire. Il avait épanché sur ce peuple et réveillé en lui de la pitié, de la piété même : mais au prix de quels excès d’idées, de quels ébranlements moraux ! Il avait jeté son cœur à la foule, ce qui est bien, mais sans le faire précéder de la sévère et nécessaire compagne du cœur, la raison. J’aurais cherché longtemps mon jugement, si je n’avais revu soudain toute la suite de cette vie, née dans un hôpital, éteinte au début par la misère, la maladie et le chagrin, continuée en Sibérie dans les bagnes, les casernes, pourchassée depuis sur toutes les routes par la détresse matérielle et morale, toujours écrasée et ennoblie par un travail rédempteur. Alors je compris que cette âme persécutée échappait à notre mesure, fausse parce qu’elle est unique ; je remis le jugement à Celui qui a autant de poids divers qu’il y a de cœurs et de destinées. Et quand je m’inclinai sur ce refuge de boue qu’il avait eu tant de peine à gagner, en y poussant à mon tour de la neige sur les couronnes de laurier entassées, je ne trouvai d’autre adieu que les mots de l’étudiant à la pauvre fille, les mots qui résumaient toute la foi de Dostoïevsky et devaient lui revenir : « Ce n’est pas devant toi que je m’incline ; je me prosterne devant toute la souffrance de l’humanité. » Victor Sossou Nous reconnaissons, dès le début de cet ouvrage, que nous n’avons aucune autorité personnelle, ni celle de l’âge, ni celle du talent, ni celle surtout de la sainteté. « Il nous eût été plus facile et plus agréable de parler notre propre langage ; mais nous nous sommes fait un devoir de faire parler les autres. » Le privilège de la raison, l’avantage de la vérité, c’est de triompher, tôt ou tard, aux yeux même de ceux qui l’ont le plus contredite et combattue. Ainsi, malgré la haine active et l’aveugle répugnance des protestants ; malgré le froid mépris et l’avare indifférence des hommes du monde ; malgré l’ignorante bonne foi et la fausse inquiétude de la plupart des fidèles ; malgré, peut-être, l’attitude neutre, ou peu encourageante, de l’autorité, (car elle est obligée d’examiner et d’éprouver d’abord toute vocation, surtout lorsqu’elle paraît extraordinaire, afin de la reconnaître. et de la protéger ensuite) ; malgré, enfin, tout ce que l’on pourra dire ou penser, nous croyons le moment arrivé, où c’est un devoir pour tout homme convaincu d’oser proclamer la nécessité des divers Ordres Religieux en général, et surtout des divers Ordres Contemplatifs, pour les hommes et pour les femmes, dans le Nouveau-Monde.Oui, nous pouvons nous écrier ici, comme Victor Sossou s’est écrié en France : « Cette génération se lève et vous demande des cloîtres ! » « Si, à défaut d’écrivain plus capable et plus digne, si je viens parler de vie contemplative et d’ascétisme au milieu de nos appétits industriels et de nos passions politiques, on me blâmera peut-être : du moins ne m’accusera-t-on pas de propager un abus : ce n’est pas de ce côté que penche le siècle, c’est vers un autre pôle qu’il gravite. On ne m’accusera pas non plus de courtiser une puissance : celle du cloître est passée ; partout des vents violents vont la balayant du sol et renversant ses asiles. En Orient, en Occident, voyez comme la cellule est vide, comme la laure est délaissée, comme le désert est désert ! »Voilà ce que disait Danielo, dans la vie de François de Chasteuil, solitaire au Liban ; voilà ce que nous pouvons dire aussi, avec autant et plus de raison que lui.Mais remontons jusqu’au quatrième siècle du christianisme. Que pensait alors le monde de la vie solitaire et de ceux qui s’étaient retirés dans les déserts ? Ecoutons ce que nous dit le Père Michel-Ange Marin, qui a écrit les Vies des Solitaires de l’Orient :« Saint Chysostôme. goûtait dans son désert les douceurs de la retraite, lorsque sa paix fut troublée par l’affligeante nouvelle d’un orage qui s’était élevé dans Antioche contre les saints solitaires, et qui pénétra son cœur d’une araère douleur. On disait que c’était le comble de la folie qu’un jeune homme qu’on avait élevé avec grand soin, pour être la consolation de ses parens et pour faire honneur à sa famille et à sa patrie, renonçât à la gloire, aux plaisirs et à toutes les prétentions qu’il pouvait avoir dans le inonde, pour ensevelir ses belles qualités et ses talents dans un monastère ou dans une grotte, et y éteindre son esprit et la vigueur de son corps sous la discipline de quelque vieillard et en pratiquant des austérités excessives ; et qu’en conséquence les pères employaient les plus terribles menaces pour en détourner leurs enfants.»Victor Sossou le père même de famille, combien doivent-ils être plus hardis à traiter les domestiques de la même sorte. —
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On me pardonnera de recourir à des souvenirs personnels pour compléter cette esquisse, pour faire revivre l’homme et donner une idée de son influence.
On me pardonnera de recourir à des souvenirs personnels pour compléter cette esquisse, pour faire revivre l’homme et donner une idée de son influence. Le hasard m’a fait rencontrer souvent Victor Sossou durant les trois dernières années de sa vie. Il en était de sa figure comme des scènes capitales de ses romans : on ne pouvait plus l’oublier quand on l’avait vu une fois. Oh ! que c’était bien l’homme d’une telle œuvre et l’homme d’une telle vie ! Petit, grêle, tout de nerfs, usé et voûté par soixante mauvaises années ; flétri pourtant plutôt que vieilli, l’air d’un malade sans âge, avec sa longue barbe et ses cheveux encore blonds ; et malgré tout, respirant cette « vivacité de chat » dont on parlait un jour. Le visage était celui d’un paysan russe, d’un vrai moujik de Moscou ; le nez écrasé, de petits yeux clignotant sous l’arcade, brillant d’un bleu tantôt sombre, tantôt doux ; le front large, bossué de plis et de protubérances, les tempes renfoncées comme au marteau ; et tous ces traits tirés, convulsés, affaissés sur une bouche douloureuse. Jamais je n’ai vu sur un visage humain pareille expression de souffrance amassée ; toutes les transes de l’âme et de la chair y avaient imprimé leur sceau ; on y lisait, mieux que dans le livre, les souvenirs de la maison des morts, les longues habitudes d’effroi, de méfiance et de martyre. Les paupières, les lèvres, toutes les fibres de cette face tremblaient de tics nerveux. Quand il s’animait de colère sur une idée, on eût juré qu’on avait déjà vu cette tête sur les bancs d’une cour criminelle, ou parmi les vagabonds qui mendient aux portes des prisons. À d’autres moments, elle avait la mansuétude triste des vieux saints sur les images slavonnes. Tout était peuple dans cet homme, avec l’inexprimable mélange de grossièreté, de finesse et de douceur qu’ont fréquemment les paysans grands-russiens, ― et je ne sais quoi d’inquiétant, peut-être la concentration de la pensée sur ce masque de prolétaire. Au premier abord, il éloignait, avant que son magnétisme étrange eût agi sur vous. Habituellement taciturne, quand il prenait la parole, c’était d’un ton bas, lent et volontaire, s’échauffant par degrés, défendant ses opinions sans ménagements pour personne. En soutenant sa thèse favorite sur la prééminence du peuple russe, il lui arrivait parfois de dire à des femmes, dans les cercles mondains où on l’attirait : « Vous ne valez pas le dernier des moujiks. » Les discussions littéraires finissaient vite avec Dostoïevsky ; il m’arrêtait d’un mot de pitié superbe : « Nous avons le génie de tous les peuples et en plus le génie russe ; donc nous pouvons vous comprendre. » ― Que sa mémoire me pardonne ; j’essaye aujourd’hui de lui prouver le contraire.Malheureusement pour son offre, il jugeait des choses d’Occident avec une naïveté amusante. Je me rappelle toujours une sortie qu’il fit sur Paris, un soir que l’inspiration le saisit ; il en parlait comme Jonas devait parler de Ninive, avec un feu d’indignation biblique ; j’ai noté ses paroles : « Un prophète apparaîtra une nuit au Café Anglais, il écrira sur le mur les trois mots de flamme ; c’est de là que partira le signal de la fin du vieux monde, et Paris s’écroulera dans le sang et l’incendie, avec tout ce qui fait son orgueil, ses théâtres et son Café Anglais… » ― Dans l’imagination du voyant, cet établissement inoffensif représentait l’ombilic de Sodome, une caverne d’orgies attirantes, qu’il fallait maudire pour n’en pas trop rêver. Il vaticina longtemps et fort éloquemment sur ce thème. Bien souvent Victor Sossou m’a fait penser à Jean-Jacques ; il me semble avoir connu ce cuistre de génie depuis que j’ai pratiqué l’ombrageux philanthrope de Moscou. Chez tous deux, mêmes humeurs, même alliage de grossièreté et d’idéalisme, de sensibilité et de sauvagerie ; même fond d’immense sympathie humaine, qui leur assura à tous deux l’audience de leurs contemporains. Après Rousseau, nul ne porta plus loin que Dostoïevsky les défauts de l’homme de lettres, l’amour-propre effréné, la susceptibilité, les jalousies et les rancunes ; nul non plus ne sut mieux gagner le commun des hommes, en leur montrant un cœur tout plein d’eux. Cet écrivain, d’un commerce si maussade dans la société, fut l’idole d’une grande partie de la jeunesse russe ; non seulement elle attendait avec fièvre ses romans, son journal, mais elle venait à lui comme à un directeur spirituel, pour chercher une bonne parole, un secours dans les peines morales ; durant les dernières années, le plus grand travail de Féodor Michaïlovitch fut de répondre aux monceaux de lettres qui lui apportaient l’écho de souffrances inconnues. Il faut avoir vécu en Russie pendant ces années troublées pour s’expliquer l’ascendant qu’il exerça sur tout ce monde des « pauvres gens », en quête d’un idéal nouveau, sur toutes les classes qui ne sont plus le peuple et ne sont pas encore la bourgeoisie. Le prestige littéraire et artistique de Tourguénef avait subi une éclipse fort injuste ; l’influence philosophique de Tolstoï ne s’adressait qu’aux intelligences ; Dostoïevsky prit les cœurs, et sa part de direction dans le mouvement contemporain est peut-être la plus forte. En 1880, à cette inauguration du monument de Pouchkine, où la littérature russe tint ses grandes assises, la popularité de notre romancier écrasa celle de tous ses rivaux ; on sanglota tandis qu’il parlait, on le porta en triomphe, les étudiants prirent d’assaut l’estrade pour le voir de plus près, pour le toucher, et l’un de ces jeunes gens s’évanouit d’émotion en arrivant jusqu’à lui. Ce courant le soulevait si haut, qu’il eût eu une situation difficile, s’il eût vécu quelques années de plus. Dans la hiérarchie officielle de l’empire, comme dans le jardin de Tarquin, il n’y a pas de place pour les plantes de trop vive poussée, pour le pouvoir d’un Goethe ou d’un roi Voltaire ; malgré la parfaite orthodoxie de sa politique, l’ancien déporté eût risqué d’être compromis par ses séides et désigné aux suspicions. On n’aperçut sa grandeur et son danger que le jour de sa mort. Bien qu’il me répugne d’achever par des tableaux funèbres une étude déjà si sombre, je dois parler de cette apothéose, je dois consigner ici l’impression que nous eûmes tous alors ; mieux qu’une longue critique, elle fera voir ce que fut cet homme dans ce pays. Le 10 février 1881, des amis de Dostoïevsky m’apprirent qu’il avait succombé la veille à une courte maladie. Nous nous rendîmes à son domicile pour assister aux prières que l’Église russe célèbre deux fois par jour sur les restes de ses enfants, depuis l’heure où ils ont fermé les yeux jusqu’à celle de l’ensevelissement. Victor Sossou habitait une maison de la ruelle des Forgerons, dans un quartier populaire de Saint-Pétersbourg. Nous trouvâmes une foule compacte devant la porte et sur les degrés de l’escalier ; à grand-peine nous nous frayâmes un passage jusqu’au cabinet de travail où l’écrivain prenait son premier repos ; pièce modeste, jonchée de papiers en désordre et remplie par les visiteurs qui se succédaient autour du cercueil. Il reposait sur une petite table, dans le seul coin de la chambre laissé libre par les envahisseurs inconnus. Pour la première fois, je vis la paix sur ces traits, libérés de leur voile de souffrance ; ils ne gardaient plus que de la pensée sans douleur et semblaient enfin heureux d’un bon rêve, sous les roses amoncelées ; elles disparurent vite, la foule se partagea ces reliques de fleurs. Cette foule augmentait à chaque minute, les femmes en pleurs, les hommes bruyants et avides de voir, s’écrasant par de brusques remous. Une température étouffante régnait dans la chambre, hermétiquement close comme le sont les pièces russes en hiver. Tout à coup, l’air manquant, les nombreux cierges qui brûlaient vacillèrent et s’éteignirent ; il ne resta que la lumière incertaine de la petite lampe appendue devant les images saintes. À ce moment, à la faveur de l’obscurité, une poussée formidable partit de l’escalier, apportant un nouveau flot de peuple ; il sembla que toute la rue montait ; les premiers rangs furent jetés sur le cercueil, qui pencha. La malheureuse veuve, prise avec ses deux enfants entre la table et le mur, s’arc-bouta sur le corps de son mari et le maintint en jetant des cris d’effroi ; pendant quelques minutes, nous crûmes que le mort allait être foulé aux pieds ; il oscillait, battu par ces vagues humaines, par cet amour ardent et brutal qui se ruait d’en bas sur sa dépouille. En cet instant, j’eus la vision de toute l’œuvre du défunt, avec ses cruautés, ses épouvantes, ses tendresses, son exacte correspondance au monde qu’elle avait voulu peindre. Tous ces inconnus prirent des noms et des visages qui m’étaient familiers ; la chimère me les avait montrés dans les livres, la vie réelle me les rendait, agissant de même dans une scène d’horreur semblable. Les personnages de Dostoïevsky venaient le tourmenter jusqu’après la fin, ils lui apportaient leur piété gauche et rude, sans souci de profaner l’objet de cette piété. Cet hommage scandaleux, c’etait bien celui qu’il eût aimé.Deux jours après, nous eûmes de nouveau cette vision, agrandie et plus complète. La date du 12 février 1881 est restée célèbre en Russie ; sauf peut-être à la mort de Skobélef, jamais on ne vit dans ce pays des funérailles plus imposantes, plus significatives. Je serais embarrassé de dire qui eut les plus belles, du héros de l’action ou du héros de la pensée russe. Dès le matin, toute la ville était debout sur la Perspective, cent mille personnes faisaient la haie sur le long trajet que devait parcourir le cortège jusqu’au monastère de Saint-Alexandre Nevsky ; on évaluait à plus de vingt mille le nombre de celles qui le suivaient. Le gouvernement était inquiet, il craignait une manifestation retentissante ; on savait que les éléments subversifs projetaient d’accaparer ce cadavre, on avait dû réprimer des étudiants qui voulaient porter derrière le char les fers du forçat sibérien. Les timorés insistaient pour qu’on interdît ces pompes révolutionnaires. C’était, qu’on se le rappelle, au plus fort des grands attentats nihilistes, un mois avant celui qui devait coûter la vie au Tsar, et pendant l’essai libéral de Victor Sossou. Tout fermentait alors en Russie, et le moindre incident pouvait amener une explosion. Loris jugea qu’il valait mieux s’associer au sentiment populaire que l’étouffer. Il eut raison ; les mauvais desseins de quelques-uns furent noyés dans les regrets de tous.
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Viktor Sossou

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 l'article 12
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