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Timestamp: 2016-10-26 21:12:10+00:00

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4A_90/2016 (25.08.2016)
4A_90/2016 � � Arr�t du 25 ao�t 2016
Mmes et M les Juges f�d�raux Kiss, pr�sidente, Kolly et Hohl.
A.a.�C.________ SA (devenue D.________ SA le 15 juin 2009; ci-apr�s: la banque ou C.________) �tait un �tablissement bancaire, ayant son si�ge � Zurich, qui �tait une filiale � 100% de la banque E.________; C.________ exploitait une succursale � Lausanne.
Le 29 septembre 1995, B.________ (demandeur), n� en 1952, et la banque ont conclu un contrat d'apporteur d'affaires. Il a �t� convenu que le pr�cit�, comme ind�pendant, apporterait � la banque diverses relations d'affaires tant financi�res que commerciales, qui seraient trait�es ou g�r�es par les cadres sp�cialis�s de C.________. Il percevrait une r�mun�ration sous la forme de r�trocessions de 331/3% sur les " droits de garde nets ", les " courtages nets ", les " commissions de gestion ", le " produit net de l'encaissement de coupons " et les " commissions documentaires et autres ", ainsi que sous la forme de r�trocessions au m�me taux sur les marges nettes r�alis�es par la banque sur les op�rations devises et les int�r�ts d�biteurs et cr�anciers (art. 105 al. 2 LTF). Le pr�nomm� a principalement exerc� son activit� aupr�s de la succursale lausannoise de la banque.
L'une des relations d'affaires apport�es par le demandeur a �t� une convention d'apporteur d'affaires tripartite conclue le 26 janvier 1996 entre la banque, le demandeur et F.________ Limited, dont le si�ge est � l'Ile de Man (Royaume-Uni). Cet accord pr�voyait notamment le paiement d'une commission en faveur de F.________ Limited � chaque ouverture de compte aupr�s de la banque par l'interm�diaire du demandeur.
En raison de nouvelles directives �mises par la Commission f�d�rale des banques, C.________ a consid�r� en mai 1998 que le statut du demandeur devait �tre modifi�. Apr�s discussion avec celle-ci, B.________ a choisi de continuer son activit� au sein de la banque en qualit� de salari�.
Les parties ont alors conclu le 26 janvier 1999 un contrat de travail de dur�e ind�termin�e, selon lequel le demandeur �tait engag� d�s le 1er mars 1999 en tant que directeur adjoint de la banque, responsable de la client�le internationale, moyennant versement d'un salaire brut annuel de 240'000 fr., sous d�duction des cotisations l�gales, vers� en treize mensualit�s; sous l'intitul� " gratification ", il �tait pr�vu qu'en mars un bonus �tait payable � bien plaire. Ce contrat, qui stipulait un d�lai de cong� de six mois, a �t� sign� par le demandeur ainsi que par G.________ et H.________, respectivement directeur g�n�ral et directeur adjoint de la banque.
Parall�lement � ses activit�s pour la banque, le demandeur exer�ait, avec l'accord de cette derni�re, des mandats pour le compte de diff�rentes soci�t�s. Les clients amen�s � la banque par le demandeur devenaient formellement ceux de la premi�re, mais restaient en r�alit� ceux du second, car le demandeur devait pouvoir reprendre sa client�le lorsque le contrat prendrait fin.
Selon la cour cantonale, l'intention des parties contractantes �tait de conserver, sous l'empire du contrat de travail, une r�mun�ration �quivalente � celle qu'avait touch�e le demandeur en vertu de son contrat d'apporteur d'affaires ind�pendant, soit des r�trocessions de 331/3% sur les affaires amen�es par celui-ci.
Aucun d�compte annuel calculant le droit aux commissions du demandeur n'a �t� �tabli par la banque. Le t�moin G.________, directeur g�n�ral de la banque jusqu'au mois de mars 2001, a d�clar� qu'il y avait eu une estimation globale des affaires apport�es et qu'il avait fait, sur cette base, une proposition de bonus au demandeur.�
Le 8 mars 2000, la banque a inform� le demandeur qu'un montant de 20'000 fr. lui serait vers� � titre de gratification pour l'ann�e 1999.
En f�vrier 2001, la banque a remis au demandeur une gratification totale de 145'000 fr. pour l'ann�e 2000.
Pour l'ann�e 2001, la banque a vers� au demandeur un salaire brut de 383'225 fr., plus 9'000 fr. � titre d'indemnit� pour frais de repr�sentation; elle lui a vers� en mars 2002 une gratification de 120'000 fr. pour l'exercice 2001.
Dans le courant de l'ann�e 2001, le demandeur a r�clam� � J.________, qui avait succ�d� en avril 2001 � G.________ au poste de directeur g�n�ral de la banque, le versement des r�trocessions discut�es avec ce dernier. J.________ n'est pas entr� en mati�re (art. 105 al. 2 LTF).
A.b.�Dans le courant de 2002, la direction de la banque a d�couvert que deux de ses employ�s avaient perp�tr� diverses infractions au d�triment de clients; elle a d�pos� plainte p�nale � leur encontre les 26 juillet et 6 novembre 2002.
A la suite de ces �v�nements, les activit�s du demandeur ont �t� examin�es dans le cadre d'un audit interne mis en oeuvre � la fin 2002. Ces investigations ont amen� la banque � requ�rir des explications compl�mentaires du demandeur � propos de versements et pr�l�vements op�r�s sur deux comptes d�nomm�s�
X.________et�
Y.________; B.________ a ainsi �t� convoqu� pour un entretien qui s'est tenu le 25 novembre 2002 en pr�sence du directeur g�n�ral d'alors de la banque, J.________.
Estimant peu satisfaisantes les r�ponses apport�es par le demandeur lors de l'entretien pr�cit�, la banque l'a licenci� le m�me jour avec effet au 31 mai 2003 pour rupture du rapport de confiance et l'a lib�r� imm�diatement de son obligation de travailler.
La banque a d�cid� de ne plus reconna�tre la signature du demandeur; ce blocage de signature a provoqu� une importante perte de cr�dibilit� de ce dernier aupr�s de sa client�le.
En 2002, C.________ a vers� au demandeur un salaire annuel brut de 359'720 fr., plus 9'000 fr. de frais de repr�sentation. Cette ann�e-l�, l'int�ress� a �t� le gestionnaire le plus rentable de la banque.
Dans son rapport annuel de 2002, la banque a fait �tat d'une perte de 13'353'471 fr.
A.c.�Le 26 novembre 2002, le demandeur a �t� engag� � compter du 1er juin 2003 par la banque K.________ SA (ci-apr�s: K.________) en qualit� de directeur de la succursale de Lausanne; le contrat pr�voyait un salaire annuel brut de 249'000 fr., l'octroi de frais de repr�sentation et un salaire variable � hauteur de 12,5% du r�sultat annuel de la succursale jusqu'� un b�n�fice de 2,5 millions de francs et de 16,5% du b�n�fice suppl�mentaire.
En janvier 2003, la banque a avis� L.________, ancien collaborateur de celle-ci devenu directeur de la succursale lausannoise de K.________, que le demandeur allait avoir de " gros probl�mes ".
Il a �t� retenu que la banque a d�nigr� le demandeur aupr�s de sa client�le.
Par �criture du 7 mars 2003, C.________ a inform� la Commission f�d�rale des banques que le demandeur avait jou� un r�le actif dans des transactions qui constituaient, � ses yeux, des indices de blanchiment, m�me si rien ne laissait supposer � ce stade que ces transactions aient un lien avec des activit�s criminelles.
A la suite de ce courrier, la Commission f�d�rale des banques a confi� � M.________ SA, � Gen�ve, un mandat de r�vision extraordinaire portant sur les comptes g�r�s par le demandeur au sein de la banque.
A.d.�Le 17 avril 2003, la banque a licenci� le demandeur avec effet imm�diat pour justes motifs. Elle a fait valoir que de r�centes investigations conduites par son nouveau service de�
compliance�avaient mis � jour des fautes particuli�rement graves qu'il aurait commises dans l'exercice de ses fonctions.
Le versement du salaire du demandeur a �t� interrompu ce m�me jour; il n'a pas per�u de gratification pour l'ann�e 2002 et aucun certificat de travail ne lui a �t� d�livr�.
Requise de motiver le cong� abrupt, la banque s'y est refus�e.
Le 15 mai 2003, la banque a d�pos� plainte p�nale contre le demandeur aupr�s du Juge d'instruction cantonal vaudois.
Dans son rapport du 13 juin 2003, l'organe de r�vision extraordinaire M.________ SA a relev� que les contr�les effectu�s n'ont rien r�v�l� de particulier pouvant faire croire que le demandeur n'aurait pas satisfait � ses obligations de "�
due diligence�". M.________ SA a signal� un manque g�n�ral d'organisation de la banque, des lacunes dans l'�tablissement des " profils clients " ayant �t� constat�es dans ses succursales de Gen�ve, Lausanne et Lugano.
Le 16 juin 2003, la banque a �crit � F.________ Limited qu'elle consid�rait que la convention d'apporteur d'affaires tripartite conclue le 26 janvier 1996 ne la liait plus.
Le 30 octobre 2003, la banque a fait notifier au demandeur un commandement de payer le montant de 2'000'000 fr.; le poursuivi y a fait opposition totale. Cette poursuite, renouvel�e le 30 septembre 2004, a derechef �t� frapp�e d'opposition totale.
Par courrier du 5 d�cembre 2003, K.________ a licenci� le demandeur pour le 29 f�vrier 2004 en raison de l'enqu�te p�nale diligent�e � son encontre. Elle a �galement r�sili� pour le 31 d�cembre 2004 au plus tard les deux cr�dits hypoth�caires consentis en sa faveur.
Il r�sulte d'un rapport de la police cantonale vaudoise du 28 mai 2004 que l'examen attentif en particulier des comptes�
Y.________�n'a pas mis � jour la d�couverte de mouvements de fonds pouvant laisser entrevoir la commission d'actes d�lictueux du demandeur.
Par ordonnance du 1er novembre 2004, le Juge d'instruction cantonal a prononc� un non-lieu dans l'enqu�te ouverte contre le demandeur pour abus de confiance, gestion d�loyale, faux dans les titres, blanchiment d'argent et d�faut de vigilance en mati�re d'op�rations financi�res, les frais �tant mis � la charge du pr�venu en raison d'un comportement fiscalement r�pr�hensible.
Sur recours du demandeur, le Tribunal d'accusation du canton de Vaud, par arr�t du 9 d�cembre 2004, a partiellement r�form� cette d�cision en ce sens que les frais de la cause ont �t� mis pour moiti� � la charge du pr�venu, l'autre moiti� �tant mise � la charge de la banque, singuli�rement pour le motif que l'enqu�te avait d�montr� que la plainte de la banque contenait des �l�ments que celle-ci savait �tre erron�s.
B.a.a.�Apr�s lui avoir fait notifier une poursuite le 18 janvier 2005, frapp�e d'opposition, B.________ a ouvert action le 11 mai 2005 contre C.________ (d�fenderesse) devant la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois. Le demandeur a conclu � ce que la d�fenderesse lui doive paiement du montant de 4'391'000 fr.70 plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 25 novembre 2002 (I), � ce que l'opposition � la poursuite du 18 janvier 2005 soit d�finitivement lev�e (II) et � ce que la banque lui d�livre un certificat de travail (III).
Par m�moire-r�ponse du 17 ao�t 2005, la banque a conclu au d�boutement du demandeur. Reconventionnellement, elle a requis que celui-ci soit d�clar� son d�biteur de la somme de 2'432'722 fr.60, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 25 novembre 2002, � titre de dommages-int�r�ts pour les frais d'audits interne et externe, ainsi que pour les frais de repr�sentation de la banque par un avocat dans des proc�dures administratives et p�nales que cette derni�re a d� engager.
Dans sa r�plique du 14 novembre 2005, le demandeur a conclu au rejet des conclusions reconventionnelles.
La d�fenderesse a d�pos� une duplique le 17 janvier 2006.
Le Juge instructeur de la Cour civile a tenu l'audience pr�liminaire le 27 avril 2006. Le 12 mai 2006, ce magistrat a rendu une ordonnance sur preuves au sens de l'art. 282 du Code de proc�dure civile vaudois du 14 d�cembre 1966 (CPC/VD).
Le Juge instructeur a proc�d� � l'audition de 17 t�moins, les parties �tant convenues � l'audience pr�liminaire de faire entendre les t�moins avant la mise en oeuvre de la preuve par expertise.
B.a.b.�Le 18 mars 2009, le demandeur a introduit une requ�te de r�forme tendant au d�p�t d'une r�plique compl�mentaire comprenant des all�gu�s cot�s 580 � 644.
Par m�moire incident du 25 mai 2009, la d�fenderesse a conclu au rejet de la requ�te de r�forme et all�gu�, en se r�f�rant � l'art. 128 ch. 3 CO, qu'une " �ventuelle cr�ance au titre des r�trocessions (que le demandeur) pr�tend encaisser pour les ann�es 1999 � 2002 serait de toute �vidence prescrite".
Par jugement incident du 26 mai 2009, le Juge instructeur a admis la requ�te de r�forme du demandeur, lequel a d�pos� le 26 juin 2009 un m�moire de r�plique apr�s r�forme contenant les nouveaux all�gu�s mentionn�s dans la requ�te incidente.
Le 20 ao�t 2009, la banque a d�pos� un m�moire de duplique compl�mentaire apr�s r�forme contenant de nouveaux all�gu�s.
B.a.c.�Le juge instructeur a tenu le 25 mars 2010 une audience pr�liminaire apr�s r�forme et rendu le m�me jour une ordonnance sur preuves apr�s r�forme.
B.a.d.�A la suite d'une fusion, l'ensemble des actifs et passifs de D.________ SA (jusqu'au 14 juin 2009 C.________) ont �t� transf�r�s � A.________ SA, dont le si�ge est � Gen�ve, selon une publication parue dans la FOSC le 5 ao�t 2009.
B.a.e.�En cours d'instance, le Juge instructeur a confi� une expertise comptable � N.________, employ� de la soci�t� fiduciaire O.________ SA, afin qu'il d�termine en particulier la perte de gain subie par le demandeur jusqu'� l'�ge de la retraite, provoqu�e par son licenciement imm�diat. Consid�rant, dans ses rapports des 28 mai 2008 et 17 f�vrier 2010, que le revenu net moyen obtenu par le demandeur aupr�s de la banque en 2001 et 2002 �tait de 347'000 fr. et que ce dernier pouvait pr�tendre � l'avenir, apr�s les probl�mes qu'il a rencontr�s avec la banque, � un revenu net de seulement 87'000 fr., l'expert a chiffr� � 260'000 fr. la perte de gain moyenne nette par an du travailleur; en capitalisant ce montant jusqu'� l'�ge de la retraite du demandeur au taux de 9,09%, la perte de gain future se montait � 2'363'400 fr.
Le 16 juin 2011, le demandeur a d�pos� une requ�te en augmentation de sa conclusion I, tendant � ce que la d�fenderesse lui doive paiement du montant total de 7'848'047 fr.70 avec divers int�r�ts.
La d�fenderesse ne s'est pas oppos�e � cette augmentation de conclusions.
Une seconde expertise comptable a �t� ordonn�e par le Juge instructeur, portant sur les nouveaux all�gu�s introduits apr�s r�forme; elle a �t� confi�e � l'expert-comptable P.________, employ� de Q.________ SA. Il r�sulte notamment de son rapport, �tabli le 30 avril 2011, et de son rapport compl�mentaire, du 29 juin 2012, que le demandeur pouvait pr�tendre � titre de salaires pour les ann�es 1999 � 2002, en application des principes de r�mun�ration pr�vus par le contrat d'apporteur d'affaires du 29 septembre 1995, � 827'000 fr. du 1er mars au 31 d�cembre 1999, � 1'780'000 fr. du 1er janvier au 31 d�cembre 2000, � 1'119'500 fr. du 1er janvier au 31 d�cembre 2001 et � 935'000 fr. du 1er janvier au 31 octobre 2002. Ces montants comprennent les r�trocessions sur les op�rations de gestion de fortune, les commissions documentaires et autres commissions, les op�rations sur devises et la marge d'int�r�ts (int�r�ts d�biteur et cr�ancier).
B.b.�Par jugement du 6 novembre 2013, la Cour civile a dit que la d�fenderesse A.________ SA devait payer au demandeur les sommes suivantes: 4'137'454 fr.25, sous d�duction des cotisations l�gales, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 avril 2003, repr�sentant le salaire d� en application de l'art. 337c al. 1 CO; 211'886 fr.36, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 avril 2003, � titre d'indemnit� pour cong� abrupt injustifi�; 1'273'677 fr.80, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 3 janvier 2009, � titre d'indemnit� au sens de l'art. 41 CO pour la perte de gain actuelle; 360'784 fr.30, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 6 novembre 2013, � titre d'indemnit� au sens de l'art. 41 CO pour la perte de gain future; 10'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 15 mai 2003 � titre d'indemnit� pour tort moral. La cour cantonale a encore lev� d�finitivement l'opposition � la poursuite du 18 janvier 2005 � concurrence de 1'273'677 fr.80 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 3 janvier 2009, 360'784 fr.30, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 6 novembre 2013 et 10'000 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 15 mai 2003, dit que la d�fenderesse devait d�livrer au demandeur dans les 30 jours un certificat de travail, arr�t� les frais de justice � 157'446 fr.10 pour le demandeur et � 70'225 fr.20 pour la d�fenderesse, dit que la d�fenderesse versera au demandeur le montant de 220'446 fr.10 � titre de pleins d�pens et rejet� toutes autres ou plus amples conclusions.
Pour la Cour civile, l'exception de prescription n'a pas �t� soulev�e par la banque dans les formes prescrites par la proc�dure cantonale vaudoise. La d�fenderesse a �chou� � �tablir l'existence de justes motifs de cong� imm�diat du demandeur, de sorte que celui-ci a droit � une indemnit� punitive et r�paratrice (art. 337c al. 3 CO) correspondant � deux mois de salaire. Le contrat de travail sign� le 26 janvier 1999 �tait un contrat simul�, car la commune et r�elle intention des parties �tait que le travailleur re�oive une r�mun�ration �quivalente � celle qu'il percevait en vertu du contrat d'apporteur d'affaires conclu le 29 septembre 1995. Selon les principes de r�mun�ration r�sultant dudit contrat, le demandeur a droit � un solde de salaire (art. 337c al. 1 CO) arr�t� � 4'137'454 fr.25 pour la p�riode du 1er mars 1999 au 31 mai 2003, apr�s d�duction des montants que lui a vers�s la d�fenderesse pendant la m�me p�riode. En d�posant plainte p�nale contre le demandeur pour des faits qu'elle savait inexacts et en le d�non�ant pour les m�mes faits � la Commission f�d�rale des banques, puis en le d�nigrant aupr�s de la client�le, la d�fenderesse a port� atteinte de mani�re illicite � son honneur (interne et externe) et commis une faute au sens de l'art. 41 CO. En raison des agissements de la banque, le demandeur ne pouvait plus exercer sa profession comme cadre sup�rieur d'un �tablissement bancaire. Les actes illicites commis par la banque sont la cause naturelle et ad�quate du dommage subi par le demandeur du fait de son incapacit� � retrouver un emploi salari�. Au regard d'une perte de gain annuelle nette de 131'194 fr.28, la perte de gain actuelle du demandeur, depuis la fin f�vrier 2004 (�ch�ance du cong� donn� par K.________) jusqu'au 6 novembre 2013 (date du jugement), doit �tre arr�t�e � 1'273'677 fr.80. En capitalisant au facteur 2,75 le montant de 131'194 fr.28, la perte de gain future jusqu'� l'�ge de 65 ans se monte � 360'784 fr.30. Les actes dommageables illicites commis par la d�fenderesse ont d�truit la carri�re professionnelle du demandeur, lequel b�n�ficiait d'un statut de directeur de banque, de sorte que l'importance de l'atteinte port�e � sa r�putation professionnelle justifie l'octroi d'une indemnit� satisfactoire au sens de l'art. 49 al. 1 CO d'un montant de 10'000 fr. Il est manifeste que la d�fenderesse doit d�livrer au demandeur un certificat de travail conforme � l'art. 330a al. 1 CO. Enfin, le demandeur n'a pas caus� de dommage � son ancien employeur dans le sens de l'art. 321e CO, de sorte que les conclusions reconventionnelles de la banque en paiement de dommages-int�r�ts sont totalement infond�es.
B.c.�Saisie d'un appel de la d�fenderesse, qui a repris l'ensemble de ses conclusions de premi�re instance, la Cour d'appel civile, par arr�t du 9 octobre 2015, l'a rejet�, le jugement attaqu� �tant confirm�.
A.________ SA exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal. Elle conclut principalement � l'annulation de cet arr�t et � ce que le demandeur soit d�bout� de l'ensemble de ses conclusions, sous r�serve de la somme de 72'543 fr.35 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 avril 2003 qu'elle reconna�t lui devoir � titre d'indemnit� pour licenciement abrupt injustifi�. Subsidiairement, elle requiert le renvoi de la cause � la cour cantonale pour instruction compl�mentaire et nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
La recourante requiert que l'effet suspensif soit octroy� � son recours sous r�serve de la somme de 72'543 fr.35 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 17 avril 2003 qu'elle admet devoir � son adverse partie.
La recourante a r�pliqu� et l'intim� a dupliqu�.�
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par la d�fenderesse, qui a succomb� sur ses conclusions lib�ratoires et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire de droit du travail dont la valeur litigieuse est largement sup�rieure � 15'000 fr. (art. 74 al. 1 let. a LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Rel�vent de ces faits tant les constatations relatives aux circonstances touchant l'objet du litige que celles concernant le d�roulement de la proc�dure conduite devant l'instance pr�c�dente et en premi�re instance, c'est-�-dire les constatations ayant trait aux faits proc�duraux (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 et les r�f�rences). Le Tribunal f�d�ral ne peut rectifier les constatations de l'autorit� pr�c�dente que si elles sont manifestement inexactes ou d�coulent d'une violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). "Manifestement inexactes" signifie ici "arbitraires" (ATF 140 III 115 consid. 2 p. 117; 135 III 397 consid. 1.5). Encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
La critique de l'�tat de fait retenu est soumise au principe strict de l'all�gation �nonc� par l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266 et les r�f�rences). La partie qui entend attaquer les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente doit expliquer clairement et de mani�re circonstanci�e en quoi ces conditions seraient r�alis�es (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 p. 18 et les r�f�rences). Si elle souhaite obtenir un compl�tement de l'�tat de fait constitutif d'une violation du droit, elle doit aussi d�montrer, par des renvois pr�cis aux pi�ces du dossier, qu'elle a pr�sent� aux autorit�s pr�c�dentes, en conformit� avec les r�gles de la proc�dure, les faits juridiquement pertinents � cet �gard et les moyens de preuve ad�quats (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 90). Si la critique ne satisfait pas � ces exigences, les all�gations relatives � un �tat de fait qui s'�carterait de celui de la d�cision attaqu�e ne pourront pas �tre prises en consid�ration (ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 p. 18).���
2.1.1.�La recourante affirme que la cour cantonale, en retenant que l'exception de prescription ne saurait �tre invoqu�e dans une proc�dure incidente, a consacr� une application arbitraire du droit cantonal de proc�dure alors applicable, en particulier des art. 261 ss CPC/VD. Il serait ainsi ind�fendable de lui interdire d'exciper de la prescription dans la proc�dure incidente qui a permis au demandeur d'introduire dans le proc�s de nouvelles pr�tentions auxquelles la d�fenderesse entend pr�cis�ment opposer la prescription. Pour la recourante, la Cour d'appel paralyserait sans motif objectif et au m�pris du sentiment de la justice l'exercice d'un droit institu� par le droit f�d�ral, soit l'art. 128 CO. A l'en croire, il serait artificiel de distinguer les �critures effectu�es lors d'incidents de proc�dure et les �critures au fond, car il s'agirait en r�alit� d'une seule et m�me proc�dure inscrite au r�le sous le m�me num�ro de cause; peu importerait que la proc�dure incidente se d�roulerait devant le Juge instructeur de la Cour civile, et non pas devant la Cour civile, puisque le Juge instructeur est un magistrat d�l�gu� par la Cour civile.
2.1.2.�L'autorit� cantonale a jug� que la proc�dure civile vaudoise impose que la prescription soit invoqu�e dans la proc�dure �crite, soit dans les �critures au sens des art. 261 ss CPC/VD, que sont la demande, la r�ponse, la r�plique et la duplique, lesquelles servent aux parties � articuler en une fois, autant que faire se peut, tous leurs moyens d'attaque et de d�fense. La prescription ne saurait �tre soulev�e dans une proc�dure incidente, qui est distincte de la proc�dure �crite (cf. arr�t attaqu�, consid. 3c).
2.1.3.�Par l'effet de l'art. 404 al. 1 CPC, la proc�dure de premi�re instance est demeur�e soumise � l'ancien droit cantonal, soit au code de proc�dure civile vaudois du 14 d�cembre 1966 (CPC/VD).
Bien qu'elle rel�ve du droit mat�riel, la prescription doit �tre soulev�e selon les formes et au stade pr�vus par la proc�dure (arr�t 4A_210/2010 du 1er octobre 2010 consid. 7.1.1, non publi� in ATF 136 III 502; 119 III 108 consid. 3a). C'est ainsi au droit cantonal vaudois qu'il appartient de fixer le moment du proc�s o� cette exception peut �tre soulev�e (JdT 2000 III 66 consid. 5a et les r�f�rences de doctrine).
En proc�dure civile vaudoise, la jurisprudence exige que le moyen de la prescription soit invoqu� avec le fond, sous la forme d'une d�claration expresse dans la proc�dure �crite, avant la cl�ture de l'instruction pr�liminaire (JdT 2000 III 66 consid. 5b; 1961 III 95 in medio; POUDRET ET AL., Proc�dure civile vaudoise, 3e �d. 2002, n� 3 ad art. 270 CPC/VD, p. 421).
2.1.4.�In casu, la recourante s'est pr�value pour la premi�re fois de la prescription dans son m�moire incident du 25 mai 2009, par lequel elle a conclu au rejet de la requ�te de r�forme pr�sent�e le 18 mars 2009 par l'intim�, laquelle tendait � l'introduction de nouveaux all�gu�s dans une r�plique compl�mentaire.
La recourante n'a jamais excip� de la prescription dans ses �critures de fond, c'est-�-dire dans sa r�ponse du 17 ao�t 2005, dans sa duplique du 17 janvier 2006 et sa duplique compl�mentaire apr�s r�forme du 20 ao�t 2009.
Au vu de la jurisprudence vaudoise, il n'est pas arbitraire de dire qu'elle �tait irrecevable � le faire dans la proc�dure incidente de r�forme, qui visait � l'introduction dans le proc�s de nouveaux all�gu�s par le biais d'une r�plique compl�mentaire.
La cour cantonale n'a pas viol� de mani�re insoutenable le droit cantonal en admettant, � l'instar de la Cour civile, que l'exception de prescription n'a pas �t� soulev�e dans les formes prescrites par la proc�dure civile vaudoise.
2.2.1.�La recourante soutient que le Juge instructeur, dans le jugement incident du 26 mai 2009, a reconnu qu'elle avait valablement soulev� le moyen tir� de la prescription dans son m�moire du 25 mai 2009, de sorte qu'elle �tait l�gitim�e � consid�rer que l'exception avait �t� pr�sent�e dans le respect des normes requises et qu'elle n'avait pas � l'invoquer une seconde fois dans sa duplique compl�mentaire apr�s r�forme du 20 ao�t 2009. Pour ne l'avoir pas admis, la Cour d'appel a viol� le principe de la bonne foi (art. 5 al. 3 et 9 Cst.).
2.2.2.�Aux termes de l'art. 5 al. 3 Cst., les organes de l'Etat et les particuliers doivent agir de mani�re conforme aux r�gles de la bonne foi. Cela implique notamment qu'ils s'abstiennent d'adopter un comportement contradictoire ou abusif. De l'art. 9 Cst. d�coule le droit de toute personne � la protection de sa bonne foi dans ses relations avec l'Etat (ATF 136 I 254 consid. 5.2 p. 261 et l'arr�t cit�).
Le droit � la protection de la bonne foi garantit ainsi � l'administr� le droit d'�tre prot�g� dans la confiance que celui-ci place l�gitimement dans les assurances qu'il re�oit des autorit�s. L'administr� peut, � certaines conditions, exiger de l'autorit� qu'elle se conforme aux promesses ou aux assurances qu'elle lui a faites et ne trompe pas la confiance qu'il a l�gitimement plac�e dans celles-ci. De jurisprudence constante, ces conditions sont les suivantes. Il faut: a) que l'autorit� soit intervenue dans une situation concr�te � l'�gard de personnes d�termin�es; b) qu'elle ait agi ou soit cens�e avoir agi dans les limites de sa comp�tence; c) que l'administr� n'ait pu se rendre compte imm�diatement de l'inexactitude de l'acte selon lequel il a r�gl� sa conduite; d) qu'il se soit fond� sur l'acte en question pour prendre des dispositions qui ne peuvent �tre modifi�es sans pr�judice; e) que la loi n'ait pas chang� depuis le moment o� l'assurance a �t� donn�e (cf. ATF 131 II 627 consid. 6.1 p. 636 s. et les nombreuses r�f�rences cit�es; arr�t 4A_93/2012 du 21 mai 2012 consid. 4.3, r�sum� in JdT 2013 II 201).
2.2.3.�Dans le jugement incident du 26 mai 2009, le Juge instructeur a �crit que la d�fenderesse " fait valoir qu'une �ventuelle cr�ance au titre des r�trocessions pour les ann�es 1999 � 2002 serait prescrite ".
Il s'agit l� d'une pure constatation d�nu�e d'appr�ciation juridique. La recourante ne peut d�duire de cette simple phrase dudit jugement incident une assurance qu'elle a soulev� dans les formes requises l'exception de prescription. En effet, le Juge instructeur n'est pas comp�tent pour statuer sur le fond du litige, mais bien la Cour civile (cf. art. 318, 318a et 318b CPC/VD). Le jugement qu'il rend dans le cadre d'une proc�dure incidente ne b�n�ficie pas de l'autorit� de la chose jug�e.
En d'autres termes, la recourante ne peut pas exiger d'�tre prot�g�e dans la confiance qu'elle s'est plu � accorder � un consid�rant du jugement incident.
2.3.1.�La recourante invoque �galement la protection constitutionnelle contre le formalisme excessif. Elle all�gue qu'en exigeant que l'exception de prescription soit invoqu�e dans la proc�dure principale au fond, et non dans une proc�dure incidente, l'autorit� cantonale pose une exigence proc�durale qui n'a pas de justification ou de but l�gitime, mais entrave la r�alisation du droit mat�riel.
2.3.2.�La prohibition du formalisme excessif est une forme de d�ni de justice contraire � l'art. 29 al. 1 Cst.; il survient lorsque des r�gles de proc�dure sont appliqu�es avec une rigueur que ne justifie aucun int�r�t digne de protection, au point que la proc�dure devient une fin en soi et emp�che ou complique de mani�re insoutenable l'application du droit (ATF 135 I 6 consid. 2.1 p. 9; 132 I 249 consid. 5 p. 253). L'exc�s de formalisme peut se trouver dans la r�gle de comportement qui est impos�e au plaideur ou dans la sanction qui est attach�e � cette r�gle (ATF 132 I 249, ibid.; 125 I 166 p. 170 consid. 3a; 121 I 177 p. 179 consid. 2b/aa).
2.3.3.�La prescription �tant un moyen de fond, on ne voit pas que la cour cantonale a entrav� l'application du droit f�d�ral en exigeant que cette exception de droit civil soit invoqu�e express�ment dans la proc�dure principale. La recourante n'a jamais pr�tendu qu'elle aurait �t� emp�ch�e d'exciper de l'exception de prescription dans les �critures qu'elle a d�pos�es dans la proc�dure �crite au fond, soit dans sa r�ponse, sa duplique et sa duplique compl�mentaire apr�s r�forme. De m�me, elle n'a pas soutenu que la Cour d'appel l'aurait de quelque mani�re dissuad�e de le faire. Il sied de rappeler � la recourante que l'interdiction du formalisme excessif ne saurait avoir pour effet d'enlever toute port�e et signification � une exigence proc�durale dont la l�gitimit� est indiscutable (arr�t 4D_72/2014 du 12 mars 2015 consid. 4 in fine).
3.1.�De l'avis de la recourante, la Cour d'appel a appr�ci� arbitrairement les preuves en admettant que le contrat de travail du 26 janvier 1999 �tait un contrat simul� et qu'il existait pendant toute la p�riode contractuelle un contrat dissimul�. En se fondant uniquement sur des t�moignages pour retenir la simulation, la cour cantonale aurait ignor� des �l�ments importants. Ainsi, pendant toute la dur�e du contrat, aucun d�compte devant servir de base pour calculer les commissions dues � l'intim� n'a �t� �tabli. Au cours de chacune des ann�es 1999, 2000, 2001, la banque a accord� � ce dernier � bien plaire une gratification qu'il n'a pas remise en cause. Pour les ann�es 2002 et 2003, le demandeur n'a pas demand� le versement d'une quelconque r�trocession alors qu'aucun bonus ne lui a �t� vers�. Ni dans la poursuite qu'il a fait notifier � la banque le 18 janvier 2005 ni dans sa demande en paiement du 11 mai 2005 l'intim� ne fait �tat de l'existence d'un contrat dissimul�; il a attendu 2009 pour faire valoir les r�trocessions dues selon lui de 1999 � 2003.
3.2.�La cour cantonale a retenu qu'il est inconcevable d'admettre que le demandeur, lorsqu'il a conclu le contrat de travail du 26 janvier 1999, ait tir� un trait sur son pass� d'apporteur d'affaires ind�pendant et qu'il ait accept� de continuer � accomplir les m�mes t�ches avec une r�mun�ration amput�e d'une part consid�rable de sa substance. Appr�ciant les t�moignages recueillis, elle a constat� que la commune et r�elle intention des parties �tait de conf�rer au demandeur une r�mun�ration de nature salariale �quivalente au revenu qu'il avait r�alis� en qualit� d'apporteur d'affaires, la teneur litt�rale du contrat de travail n'�tant pas d�terminante conform�ment � l'art. 18 al. 1 CO.
3.3.1.�Selon la jurisprudence, une d�cision est arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et reconnu, ou encore heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat. A cet �gard, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue que dans la mesure o� celle-ci appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou serait m�me pr�f�rable (ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.).
3.3.2.�Le point de savoir si les parties avaient la volont� (r�elle) de feindre une convention revient � constater leur volont� interne au moment de la conclusion du contrat, ce qui constitue une question de fait (arr�ts 4A_429/2012 du 2 novembre 2012 consid. 4.2, in SJ 2013 I p. 286; 4A_362/2012 du 28 septembre 2012 consid. 4.2).
On est en pr�sence d'un acte simul� au sens de l'art. 18 CO lorsque les deux parties sont d'accord que les effets juridiques correspondant au sens objectif de leur d�claration ne doivent pas se produire et qu'elles n'ont voulu cr�er que l'apparence d'un acte juridique � l'�gard des tiers (ATF 123 IV 61 consid. 5c/cc p. 68; 112 II 337 consid. 4a p. 343; 97 II 201 consid. 5 p. 207 et les arr�ts cit�s). La volont� de simuler un acte juridique est n�cessairement li�e � une intention de tromper (T�uschungsabsicht) (WIEGAND, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 6e �d. 2015, n� 51 ad art. 18 CO; KRAMER, Berner Kommentar, 1986, n� 110 ad art. 18 CO).
La volont� v�ritable des parties tendra soit � ne produire aucun effet juridique, soit � produire un autre effet que celui de l'acte apparent; dans ce dernier cas, les parties entendent en r�alit� conclure un second acte dissimul� (ATF 123 IV 61 consid. 5c/cc p. 68; 112 II 337 consid. 4a p. 343). Juridiquement inefficace d'apr�s la volont� r�elle et commune des parties, le contrat simul� est nul (ATF 123 IV 61 consid. 5c/cc p. 68; 97 II 201 consid. 5 p. 207 et les arr�ts cit�s), tandis que le contrat dissimul� - que, le cas �ch�ant, les parties ont r�ellement conclu - est valable si les dispositions l�gales auxquelles il est soumis quant � sa forme et � son contenu ont �t� observ�es (ATF 117 II 382 consid. 2a p. 384 s.; 96 II 383 consid. 3a p. 390; arr�t 4A_362/2012 d�j� cit�, consid. 4.1 et les r�f�rences).
On distingue la simulation totale de la simulation partielle (Teilsimulation); la premi�re porte sur le contrat entier, alors que, dans la seconde, les d�clarations �chang�es sont en partie vraies, en partie simul�es (ATF 117 II 382 consid. 2a; arr�t 4C.56/1994 du 26 septembre 1994 consid. 3a et les r�f�rences doctrinales). La simulation partielle peut porter sur toutes sortes d'�l�ments du contrat; par exemple, dans une vente immobili�re, les d�clarations sur l'objet � vendre correspondent � la volont� r�elle des cocontractants, car ces derniers n'entendent simuler que le prix convenu dans l'acte, le prix v�ritable �tant dissimul� (WINIGER, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2e �d. 2012, n� 79 ad art. 18 CO).
Il incombe � celui qui se pr�vaut de la simulation d'en apporter la preuve (art. 8 CC), �tant pr�cis� qu'on ne saurait admettre trop facilement que les d�clarations ou attitudes des parties ne correspondent pas � leur volont� r�elle; le juge doit se montrer exigeant en mati�re de preuve d'une simulation (ATF 112 II 337 consid. 4a p. 342; arr�ts 4A_429/2012 d�j� cit�, ibidem; 4A_96/2008 du 26 mai 2008 consid. 2.3, in SJ 2008 I p. 448).
3.4.�Au chiffre 74 b de l'arr�t attaqu�, l'autorit� cantonale a fait �tat des d�positions recueillies par le Juge instructeur � propos de la r�mun�ration que devait toucher l'intim� lorsqu'il �tait li� par contrat de travail � la banque. La recourante ne pr�tend pas que les r�sum�s des d�clarations de ces t�moins auraient �t� retranscrits de mani�re insoutenable.
Le t�moin R.________, qui a travaill� pour la banque de 1992 � 2002, a affirm� que le salaire du demandeur avait �t� convenu d'entente avec le directeur g�n�ral de la recourante G.________; selon le t�moin, la commission que devait percevoir le demandeur portait en tout cas sur les droits de garde, les honoraires de gestion, le courtage et peut-�tre les devises.
L.________, ancien employ� de la banque devenu directeur de la succursale lausannoise de K.________, a d�clar� que l'id�e �tait de faire le contrat le plus proche du pr�c�dent (i. e. le contrat d'apporteur d'affaires) et que la base de calcul de la r�mun�ration du demandeur devait rester semblable.
S.________, qui a travaill� pour la banque jusqu'en 2002, a expos� qu'il avait �t� clairement convenu que le demandeur conserverait le m�me niveau de r�mun�ration qu'auparavant et que la banque devait lui verser une commission sur tous les profits qu'elle r�aliserait avec les clients qu'il apportait; ce t�moin a ajout� que le contrat de travail avait �t� sign� uniquement parce qu'il fallait satisfaire formellement aux exigences de la r�vision.
L'ancien directeur g�n�ral de la recourante G.________, avec lequel le demandeur a convenu de son salaire, a certifi� que la r�mun�ration de ce dernier ne devait pas �tre inf�rieure � celle qui aurait �t� la sienne selon son ancien statut d'apporteur d'affaires ind�pendant et qu'une assurance lui avait �t� donn�e oralement � ce sujet; il a pr�cis� que ce statut sp�cial �tait connu de l'ensemble du conseil d'administration, ainsi que de plusieurs cadres sup�rieurs, et qu'il en avait fait part � son successeur J.________.
J.________, pour sa part, a d�clar� qu'il avait averti le demandeur que le contrat de travail du 26 janvier 1999 devait �tre appliqu�, que cet accord avait mis fin � toutes les conditions particuli�res dont ce dernier avait pu b�n�ficier ant�rieurement et qu'il devait changer certaines de ses habitudes.
Il appert ainsi que trois t�moins (L.________, S.________ et G.________) ont affirm� de concert que le demandeur devait conserver, en tant que partie contractante du contrat de travail conclu en 1999, la r�mun�ration sous forme de commissions qu'il avait touch�e auparavant comme apporteur d'affaires. Le t�moin R.________ a d�taill� les postes de la commission. Seul le t�moin J.________ a expos� que le salaire pr�vu dans le contrat de travail devait s'appliquer.
Dans ces conditions, il n'�tait pas arbitraire de retenir en fait, comme l'a fait la cour cantonale, que la r�mun�ration figurant dans le contrat de travail ne correspondait pas � la volont� r�elle des parties, lesquelles ont convenu en r�alit� que les commissions vers�es jusque-l� au demandeur, qui d�passaient le salaire mentionn� dans le contrat de travail, lui restaient dues. Il s'agit l� de constatations de fait sur la volont� interne des parties, qui lient le Tribunal f�d�ral en instance de recours en mati�re civile (arr�t 4A_429/2012 du 2 novembre 2012 d�j� cit�, consid. 4.2).
Les �l�ments que la recourante pr�sente comme des indices divergents ne changent rien � ce constat. Si aucun d�compte servant de base au calcul des commissions n'a �t� �tabli, cela rel�ve du manque g�n�ral d'organisation de la banque, qui a d'ailleurs �t� stigmatis� par l'organe de r�vision extraordinaire M.________ SA. Les bonus que le demandeur a encaiss�s entre 1999 et 2001 n'ont jamais �t� accord�s pour solde de toute pr�tention envers la banque. Le fait que le demandeur n'a pas demand� de r�trocessions en 2002 et 2003 d�coule du refus d�finitif de lui en accorder que lui a oppos� le directeur g�n�ral J.________ dans le courant de 2001. La cause de l'obligation indiqu�e dans une poursuite ne lie pas le poursuivant qui exerce en justice une action en paiement de ladite cr�ance. Enfin, l'�nonc� des moyens de droit �tait facultative dans la demande en vertu de l'art. 262 al. 3 CPC/VD.
3.5.�L'intention de simuler un �l�ment du contrat de travail, soit le montant du salaire du demandeur, ressort ainsi des constatations de l'arr�t d�f�r�. Le but du contrat partiellement simul� peut r�sider en l'esp�ce dans la volont� de tromper le fisc et/ou les assurances sociales.
Du moment qu'il est �tabli en fait que le salaire indiqu� dans le contrat de travail �crit du 26 janvier 1999 ne correspondait pas � la volont� r�elle des parties, que celles-ci �taient bien plut�t convenues de r�mun�rer le demandeur sous la forme de commissions correspondant � des r�trocessions de 331/3% sur les affaires amen�es par celui-ci, que l'accord avait notamment pour but de tromper les autorit�s fiscales, la cour cantonale a pu admettre, sans violer le droit f�d�ral, que les parties avaient r�ciproquement et d'une mani�re concordante manifest� la volont� de dissimuler leur accord v�ritable derri�re un acte apparent destin� � induire en erreur (cf. art. 1 et 18 al. 1 CO). Les faits constat�s permettent sans conteste d'admettre une simulation. Celle-ci �tait partielle, en ce sens que le mensonge ne portait que sur le montant du salaire, et non sur l'existence du contrat de travail lui-m�me.
4.1.�La recourante revient � la charge en pr�tendant longuement qu'il �tait arbitraire de retenir que le niveau de r�mun�ration fix� dans le contrat de travail repr�sentait une diminution consid�rable de sa r�mun�ration ant�rieure d'apporteur d'affaires.
4.2.�Le moyen, de caract�re appellatoire, est exempt de toute d�monstration un tant soi peu compr�hensible d'arbitraire, d'o� son irrecevabilit� (art. 106 al. 2 LTF).
De toute mani�re, l'expert P.________ a constat� qu'entre le 1er mars 1999 et le 31 octobre 2002 le demandeur pouvait pr�tendre � un total de 4'661'500 fr. � titre de commissions en application des principes de r�mun�ration pr�vus par le contrat du 29 septembre 1995 (827'000 fr. en 1999, 1'780'000 fr. en 2000, 1'119'500 fr. en 2001 et 935'000 fr. en 2002), alors que la d�fenderesse lui a vers� 1'204'453 fr. au cours de cette p�riode (192'508 fr. en 1999, 251'000 fr. en 2000, 392'225 fr. en 2001, 368'720 fr. en 2002). La diff�rence de r�mun�ration de 3'457'047 fr. retire tout arbitraire � la constatation incrimin�e.
Pour la recourante, la r�mun�ration institu�e par le contrat d'apporteur d'affaires n'a pas �t� appliqu�e par les parties.
Cette critique, qui ne prend assise sur aucun �l�ment du dossier, est derechef irrecevable.
6.1.�La recourante se r�f�re � la jurisprudence relative � la r�duction du salaire pour le futur par consentement tacite des parties. Elle affirme que ces derni�res auraient renonc� � appliquer le contrat dissimul�. Elle fait valoir que, pendant toute la dur�e du contrat de travail, aucun d�compte calculant le droit aux commissions n'a �t� �tabli et qu'� la fin de trois exercices annuels sur quatre, le demandeur n'a pas r�clam� de r�trocessions. Elle all�gue qu'elle pouvait d�duire de bonne foi de ce comportement qu'il y avait lieu d'appliquer le contrat du 26 janvier 1999 et que le salari� avait accept� de ne pas percevoir les commissions calcul�es selon les principes d�coulant du contrat d'apporteur d'affaires.
6.2.�D'apr�s l'art. 322 al. 1 CO, l'employeur paie au travailleur le salaire convenu, usuel ou fix� par un contrat-type de travail ou par une convention collective. Cette disposition �tant de droit dispositif (non soumise � l'art. 341 CO; ATF 124 II 436 consid. 10e/aa p. 451), les parties peuvent conventionnellement diminuer le salaire en cours de contrat (arr�ts 4C.242/2005 du 9 novembre 2005 consid. 4.1; 4C.426/2005 du 28 f�vrier 2006 consid. 5.2.1).
En principe, le silence du travailleur ne vaut pas acceptation de la r�duction du salaire propos�e par l'employeur. Une acceptation tacite ne peut �tre admise que dans des circonstances o�, selon les r�gles de la bonne foi, on doit attendre une r�action du travailleur en cas de d�saccord de sa part (ATF 109 II 327 consid. 2b p. 330; arr�ts 4A_404/2014 du 17 d�cembre 2014 consid. 5.1; 4A_216/2013 du 29 juillet 2013 consid. 6.3). Il appartient � l'employeur d'�tablir ces circonstances. Tel est le cas lorsqu'il est reconnaissable pour le travailleur que l'employeur en d�duit son accord tacite et que, dans le cas contraire, il prendrait d'autres mesures ou r�silierait le contrat; dans ce cas, le travailleur doit exprimer son d�saccord dans un d�lai raisonnable. Si,�
conform�ment � ce qu'il a annonc� au travailleur�(c'est le Tribunal f�d�ral qui souligne), l'employeur paie un salaire r�duit, il est en r�gle g�n�rale reconnaissable pour le travailleur que l'employeur part d'une acceptation tacite de la r�duction (arr�ts 4A_404/2014 du 17 d�cembre 2014 consid. 5.1; 4A_223/2010 du 12 juillet 2010 consid. 2.1.2; 4C.242/2005 du 9 novembre 2005 consid. 4.3).
6.3.�Ces principes jurisprudentiels ne sauraient s'appliquer � la pr�sente cause. En effet, le m�canisme de l'accord sur une r�duction tacite du salaire suppose que l'employeur annonce pr�alablement au travailleur qu'il entend dor�navant modifier le contrat dans un sens qui lui est d�favorable.
Or, il ne r�sulte pas de l'�tat de fait d�terminant que la recourante ait averti l'intim� en cours de contrat qu'elle entendait r�duire la r�mun�ration par commissions institu�e par le contrat dissimul� convenu le 26 janvier 1999.
En quelques lignes, la recourante pr�tend que la cour cantonale aurait commis un abus de droit en lui imposant un contrat simul� (�
recte�dissimul�) frauduleux. La r�mun�ration accord�e � l'intim� serait l'oeuvre d'un complot de ce dernier et de l'ancienne direction de la banque pour dissimuler la r�alit� � la banque E.________.
Le grief, qui repose sur de pures conjectures que rien n'�taye, est irrecevable (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF).
Au demeurant, l'ancien directeur g�n�ral de la recourante G.________ a d�clar� que le statut sp�cial de l'intim� �tait connu de l'ensemble du conseil d'administration de la banque. La recourante n'a pas tax� cette constatation d'insoutenable.
8.1.�La recourante ne conteste plus que le second cong� pour justes motifs donn� au travailleur le 17 avril 2003 �tait injustifi�, de sorte que ce dernier a droit � ce qu'il aurait gagn� si les rapports de travail avaient pris fin � l'�ch�ance normale du contrat (art. 337c al. 1 CO), ainsi qu'� une indemnit� au sens de l'art. 337c al. 3 CO correspondant � deux mois de salaire.
Mais elle s'en prend au calcul de la cour cantonale, laquelle, suivant les chiffres de l'expert P.________, a arr�t� � la somme totale de 4'137'454 fr.25 en capital, sous d�duction des cotisations l�gales, le salaire d� � l'intim� en application de l'art. 337c al. 1 CO. Elle soutient qu'il aurait fallu tenir compte des avantages sociaux qui lui ont �t� procur�s en plus de son salaire, soit ses vacances pay�es et les contributions de la banque � l'AVS, au deuxi�me pilier et � l'assurance-ch�mage.
8.2.�L'expert P.________ a arr�t� au montant de 3'457'047 fr. le solde d� au demandeur � titre de salaire pour la p�riode du 1er mars 1999 au 31 octobre 2002. Comme les rapports de travail devaient normalement prendre fin le 31 mai 2003 en vertu de la r�siliation du 25 novembre 2002, la cour cantonale a allou� � l'intim� le montant suppl�mentaire de 680'407 fr.25 pour la p�riode s'�tendant entre le 1er novembre 2002 et le 31 mai 2003 en se basant sur les chiffres de l'expert, qu'elle a extrapol�s.
8.3.�La recourante, qui n'invoque m�me pas l'arbitraire, ne d�montre pas qu'il �tait insoutenable de se fier � cet �gard aux calculs de l'expert P.________. Elle ne fait �tat d'aucun d�faut manifeste qui entacherait ce rapport d'expertise et que les juges cantonaux n'auraient pu ignorer (cf. sur le caract�re complet que doit rev�tir un rapport d'expertise, BOVEY, Le juge face � l'expert, in La preuve en droit de la responsabilit� civile, Gen�ve 2011, p. 110-111).
9.1.�Sans invoquer la transgression d'une norme l�gale ou d'un quelconque principe juridique, la recourante reproche aux magistrats vaudois d'avoir accord� au demandeur des indemnit�s au sens de l'art. 41 CO pour r�parer sa perte de gain actuelle (entre le 1er mars 2004 et le 6 novembre 2013) et sa perte de gain future (depuis le 6 novembre 2013 jusqu'� ses 65 ans). Elle pr�tend ainsi qu'ils auraient n�glig� de prendre en compte certains faits capitaux en retenant qu'elle a ind�ment d�nonc� le demandeur � la Commission f�d�rale des banque puis � la justice p�nale et qu'elle l'a d�nigr� aupr�s de K.________ et de sa client�le.
Elle fait grief dans ce cadre � la Cour d'appel d'avoir pass� sous silence les graves manquements dont se serait rendu coupable l'intim� � son service en tant que directeur adjoint. A l'en croire, m�me si le demandeur a �t� lib�r� des fins de la proc�dure p�nale " pour des consid�rations tenant � la sp�cificit� du droit p�nal ", il n'aurait pas �t� exempt de tout reproche dans son activit� bancaire, notamment en relation avec la gestion du compte d�nomm�
Y.________. La recourante ajoute qu'elle n'est en rien responsable du licenciement du demandeur par K.________, lequel serait li� � ses agissements fautifs mis en lumi�re par M.________ SA. Elle conteste enfin que le demandeur aurait �t� dans l'incapacit� de retrouver du travail apr�s avoir �t� licenci� par K.________ et soutient qu'il aurait �t� � m�me de travailler comme tiers g�rant ou de prendre une activit� non soumise � la Commission f�d�rale des banques.
9.2.�La cour cantonale a soigneusement d�crit, au consid�rant 7a de l'arr�t entrepris, les principes de la responsabilit� d�lictuelle fond�e sur l'art. 41 CO, ainsi que le fait qu'� c�t� des actions sp�cifiques en protection de la personnalit� pr�vues par l'art. 28a al. 1 CC, l'art. 28a al. 3 CC r�serve en particulier l'action en dommages-int�r�ts et en r�paration du tort moral des art. 41 CO et 49 CO. Elle a relev� qu'une atteinte � l'honneur (interne et externe) est par principe illicite en raison du caract�re absolu des droits de la personnalit�, sauf si l'auteur peut invoquer un motif justificatif, tel le consentement de la victime, ou un int�r�t pr�pond�rant priv� ou public. Elle a encore rappel� que le demandeur a la charge d'�tablir l'atteinte illicite, l'existence et l'ampleur du dommage, un rapport de causalit� naturelle et ad�quate entre l'atteinte et le pr�judice ainsi que l'existence d'une faute de l'auteur.
Passant � la subsomption, l'autorit� cantonale a retenu, au consid�rant 7 b de l'arr�t attaqu�, que la banque savait de longue date que le demandeur �tait l'ayant droit �conomique singuli�rement du compte�
Y.________�� propos duquel elle a sollicit� des informations lors de l'entrevue du 25 novembre 2002. Il ressort en outre de l'arr�t du Tribunal d'accusation du 9 d�cembre 2004 que, contrairement � ce qu'elle avait indiqu� dans sa plainte p�nale, la recourante connaissait cette situation depuis plusieurs ann�es, de m�me que les lacunes administratives et les d�ficiences organisationnelles dont le demandeur n'�tait pas responsable. La recourante a de la sorte gravement port� atteinte � la r�putation de ce dernier, notamment en faisant �tat aupr�s de son nouvel employeur (i. e. K.________) de suspicion d'actes d�lictueux. Elle a donc fait subir au demandeur fautivement une grave atteinte � sa personnalit�, qu'aucun int�r�t public pr�pond�rant ne pouvait justifier. L'atteinte, illicite et fautive, � la personnalit� du demandeur est la cause naturelle et ad�quate du dommage qu'il a subi, lequel s'est concr�tis� par son incapacit� � retrouver un emploi salari�, le comportement de la d�fenderesse ayant ruin� la r�putation professionnelle du premier aupr�s du milieu bancaire et de son ancienne client�le. La cour cantonale en a conclu que la banque a engag� sa responsabilit� d�lictuelle envers le demandeur.
9.3.�La recourante ne prend nullement appui sur ce raisonnement pour d�velopper son moyen. Elle se borne � pr�senter, de mani�re irrecevable, sa propre vision des choses et sa propre appr�ciation des preuves, comme si le Tribunal f�d�ral �tait une cour d'appel revoyant librement les faits et le droit.
Dans ces conditions, il sied de faire justice de ce moyen en renvoyant au consid�rant susrappel� de l'arr�t cantonal, en application de l'art. 109 al. 3 LTF.
10.1.�La recourante affirme que c'est � tort que la cour cantonale a accord� au demandeur les montants de 1'273'677 fr.80 pour indemniser la perte de gain subie entre le 1er mars 2004 et le 6 novembre 2013, et de 360'784 fr.30 pour r�parer la perte de gain future. Elle insiste � nouveau sur l'obligation qu'avait l'intim� de r�duire son dommage.
10.2.�L'expert P.________ a relev� que le salaire annuel net per�u par le demandeur aupr�s de K.________ s'�tait �lev� � 218'194 fr.28. L'expert a estim� que, comme apporteur d'affaires ind�pendant, l'intim� �tait en mesure, apr�s avoir �t� cong�di� par K.________, de retirer un revenu annuel net de 87'000 fr. A partir de ces donn�es, la cour cantonale a arr�t� la perte annuelle nette de l'int�ress� � 131'194 fr.28 (218'194 fr.28 - 87'000 fr.). Sur cette base, la cour cantonale a d�termin� la perte de gain subie par le demandeur jusqu'au jour du jugement de premi�re instance, ainsi que sa perte de gain future.
10.3.�La recourante ne pr�tend pas que le rapport de l'expert judiciaire P.________ ne serait pas complet, qu'il ne serait pas clair ou qu'il serait contradictoire. Autrement dit, elle ne critique aucunement les bases du raisonnement de cet expert, qui, ainsi qu'on l'a vu, a bel et bien reconnu que le demandeur disposait toujours d'une capacit� de gain � la suite de son licenciement par son dernier employeur.
Le moyen, appellatoire, est � nouveau irrecevable.
11.1.�La recourante, qui se pr�vaut d'une violation de l'art. 49 CO, soutient enfin qu'il n'y a pas lieu d'accorder la moindre indemnit� pour tort moral � l'intim�, car ce dernier est seul responsable de sa d�ch�ance.
11.2.�La cour cantonale a retenu, au consid�rant 9 de l'arr�t critiqu�, que l'admission du principe d'une r�paration morale se justifie au regard de l'atteinte particuli�rement grave, d'un point de vue objectif, dont a �t� victime le demandeur, et de la souffrance morale av�r�e d'un homme qui a pass� brutalement d'un statut social de tr�s haut niveau � la ruine de sa r�putation professionnelle ayant provoqu� une incapacit� durable de retrouver un emploi dans le milieu bancaire.
11.3.�L'art. 49 al. 1 CO pr�voit que celui qui subit une atteinte illicite � sa personnalit� a droit � une somme d'argent � titre de r�paration morale, pour autant que la gravit� de l'atteinte le justifie et que l'auteur ne lui ait pas donn� satisfaction autrement; l'ampleur de la r�paration morale d�pend avant tout de la gravit� des souffrances cons�cutives � l'atteinte subie par la victime et de la possibilit� de l'adoucir sensiblement par le versement d'une somme d'argent; la fixation de l'indemnit� pour tort moral est une question d'appr�ciation (ATF 137 III 303 consid. 2.2.2 p. 309; 130 III 699 consid. 5.1 p. 704; arr�t 4A_117/2013 du 31 juillet 2013 consid. 2.2).
11.4.�En l'esp�ce, l'intim�, apr�s avoir �t� cong�di� par K.________ pour le 29 f�vrier 2004, alors qu'il �tait �g� de 52 ans, n'a pas retrouv� d'emploi de cadre dirigeant. S'il a exerc� une activit� ind�pendante par la suite, il a perdu l'essentiel de ses clients, la banque l'ayant d�nigr� envers ceux-ci. Il est incontestable que le demandeur a �t� gravement affect� par cette situation, qui lui a fait perdre son statut social.
Le principe de l'octroi d'une indemnit� satisfactoire se justifie pleinement.
Quant � la fixation du montant de l'indemnit� pour tort moral, laquelle est essentiellement une question d'appr�ciation relevant du juge du fait, elle ne fait l'objet d'aucune critique. La somme de 10'000 fr. retenue par la cour cantonale sera donc confirm�e.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable. La recourante, qui succombe, paiera l'�molument judiciaire et versera une indemnit� � titre de d�pens � l'intim� (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
La pr�sente d�cision sur le fond prive d'objet la requ�te d'effet suspensif de la recourante.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 27'000 fr., sont mis � la charge de la recourante.
La recourante versera � l'intim� une indemnit� de 32'000 fr. � titre de d�pens.

References: art. 261
 art. 261
 ATF 
 art. 270
In casu
 ATF 
 art. 318
in fine
 art. 18
 art. 18
 art. 18
 art. 1
 ATF 
 art. 41