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Timestamp: 2016-10-28 18:02:38+00:00

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5A_725/2010 (12.05.2011)
tous trois repr�sent�s par Me Jean-Louis Collart,
tous deux repr�sent�s par Me Jean-Pierre Jacquemoud, avocat,
recours contre la d�cision de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 13 septembre 2010.
A.a J.________, n�e le 14 ao�t 1912 en France, de nationalit�s fran�aise et am�ricaine, est d�c�d�e le 18 janvier 2010 � N.________. Ses h�ritiers l�gaux (en vertu du droit suisse) sont les deux fils issus de son union avec X.________, c'est-�-dire F.X.________, n� le 7 juillet 1941, domicili� � K.________, plac� sous la tutelle de Me H.________, et E.X.________, n� le 21 mars 1946, domicili� � Little Cayman (British West Indies).
Par un testament �tabli le 2 janvier 1992 � Gen�ve, J.________ a l�gu� ses biens � C.________, son neveu, L.________ et M.________; ces deux derniers lui �tant pr�d�c�d�s, l'int�ress�e a r�dig� un nouveau testament olographe, le 8 ao�t 2004 � Gen�ve, aux termes duquel elle a l�gu� 30 % de ses biens � C.________, 50 % � B.________ et 20 % � D.________ (ces deux derniers �tant les enfants de sa ni�ce L.________) � l'exception de 50'000 USD, libres de taxe, � remettre � A.________ (fils de M.________), qu'elle a en outre nomm� ex�cuteur testamentaire.
A.b Le 21 janvier 2010, E.________ et F.X.________ ont form� une requ�te d'inventaire de la succession aupr�s de la Justice de paix du canton de Gen�ve.
Le 8 f�vrier suivant, A.________ a d�pos� le testament du 8 ao�t 2004 en main de la Justice de paix. Invoquant sa qualit� d'ex�cuteur testamentaire, il a pr�tendu que le dernier domicile de la d�funte se trouvait en Floride (USA); il a joint, � cet �gard, un affidavit �manant d'un avocat am�ricain, dont il r�sulte que le "... Avenue, ...." correspond � l'adresse de feu J.________ pour la s�curit� sociale et le fisc am�ricains, et figure sur son permis de conduire et son passeport. Par courrier du 10 mars 2010 adress� � la Justice de paix, E.________ et F.X.________ se sont oppos�s � la d�livrance du certificat d'h�ritier, affirmant que le dernier domicile de leur m�re �tait � N.________.
Statuant le 11 mars 2010, la Justice de paix, apr�s avoir reconnu sa comp�tence en raison du dernier domicile de la d�funte � N.________, a ordonn� l'administration d'office de la succession, d�sign� l'avocat G.________ aux fonctions d'administrateur d'office, ordonn� l'inventaire de la succession et nomm� le notaire I.________ pour y proc�der.
Par d�cision du 13 septembre suivant, la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� cette ordonnance.
Par acte du 15 octobre 2010, A.________, d'une part, B.________, C.________ et D.________, d'autre part, exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral; sur le fond, ils concluent en bref � l'annulation de la d�cision attaqu�e et � l'incomp�tence des tribunaux suisses pour ordonner l'administration d'office de la succession de feu J.________, subsidiairement � la nomination de A.________ comme administrateur d'office.
1.1 Le recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) contre une d�cision finale (art. 90 LTF), susceptible d'un recours en mati�re civile (art. 72 al. 2 let. b ch. 5 LTF), prise par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 LTF). Les recourants ont qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF; ATF 133 III 421 consid. 1.1); m�me si les recourants nos 2 � 4 n'�taient pas formellement appelants en instance cantonale, ils ont pris part � la proc�dure devant la Cour de justice et formul� des conclusions propres (art. 76 al. 1 let. a LTF).
1.2 Dans les causes p�cuniaires - ce qui est le cas en l'occurrence (arr�t 5A_754/2009 du 28 juin 2010 consid. 1.1 [administration d'office de la succession instaur�e en vertu de l'art. 88 al. 1 LDIP]) -, le recours en mati�re civile n'est en principe recevable que si la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. au moins (art. 74 al. 1 let. b LTF). Contrairement � ce que prescrit l'art. 112 al. 1 let. d LTF, la d�cision entreprise est muette sur ce point et les recourants ne sont gu�re plus explicites (cf. art. 42 al. 2 LTF). Il ressort toutefois des constatations de la d�cision d�f�r�e et du dossier que cette valeur est amplement atteinte (cf. ATF 136 III 60 consid. 1.1.1).
1.3 La pr�sente affaire se rapporte � la comp�tence internationale pour ordonner l'administration d'office d'une succession, mesure qui est de nature provisionnelle selon l'art. 98 LTF (arr�ts 5A_502/2008 du 4 mars 2009 consid. 1.2; 5A_758/2007 du 3 juin 2008 [administration d'office au sens de l'art. 490 al. 3 CC]; cf. aussi: arr�t 5A_787/2008 consid. 1.1 [d�signation d'un repr�sentant de la communaut� h�r�ditaire au sens de l'art. 602 al. 3 CC]). Il s'ensuit - ce que paraissent m�conna�tre les recourants - que le Tribunal f�d�ral ne peut examiner l'application des art. 20 et 86 LDIP que sous l'angle de l'arbitraire (arr�ts 5A_754/2009 pr�cit� consid. 1.2; 5A_171/2010 du 19 avril 2010 consid. 2.2).
1.4 Dans les recours soumis � l'art. 98 LTF (cf. supra, consid. 1.3), une rectification ou un compl�ment de l'�tat de fait n'entre en consid�ration que si l'autorit� pr�c�dente a viol� des droits constitutionnels (ATF 133 III 393 consid. 7.1). Les nombreuses corrections au �complexe de faits tel qu'�tabli par la Cour de Justice� apport�es par les recourants sont donc par principe irrecevables, sous r�serve des moyens soulev�s et motiv�s en conformit� des exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. sur ce point: ATF 134 I 83 consid. 3.2; 134 II 349 consid. 3).
Les recourants se plaignent d'abord d'arbitraire dans la constatation des faits relatifs � la d�termination du dernier domicile de la d�funte.
2.1 Conform�ment � l'art. 86 al. 1 LDIP, la comp�tence pour prendre les mesures n�cessaires au r�glement de la succession et conna�tre des litiges successoraux appartient aux autorit�s judiciaires ou administratives suisses du dernier domicile du d�funt. En vertu de l'art. 20 al. 1 let. a LDIP, qui repose sur les m�mes crit�res que l'art. 23 al. 1 CC (ATF 119 II 167 consid. 2b et les r�f�rences), une personne physique a son domicile dans l'Etat dans lequel elle r�side avec l'intention de s'y �tablir. Le lieu o� une personne r�side et - ce qui est litigieux dans le cas pr�sent - son intention de s'y �tablir constituent des questions de fait dont la solution lie le Tribunal f�d�ral (ATF 136 II 405 consid. 4.3 et les citations).
2.2 De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� dans ce domaine, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales. Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge pr�c�dent n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 et les arr�ts cit�s).
2.3 En l'esp�ce, les recourants reprochent � la juridiction pr�c�dente d'avoir retenu que la "d�funte ne poss�dait qu'un d�p�t aux �tats-Unis alors qu'elle �tait propri�taire de deux appartements en France et de son appartement genevois", refusant ainsi d'admettre que ses "int�r�ts �conomiques �taient principalement situ�s aux �tats-Unis". En outre, ils soutiennent que les juges cantonaux ont arbitrairement admis qu'il n'�tait pas prouv� que la d�funte ait entretenu des relations avec sa "famille am�ricaine durant son s�jour � N.________".
Dans sa premi�re branche, le grief est infond�. En instance de recours cantonale, l'ex�cuteur testamentaire a expos� que, en raison de ses nombreux voyages, la d�funte "maintenait des appartements � Paris et � N.________" (p. 6 ch. 8), all�gation � laquelle les recourants nos 2 � 4 ont express�ment acquiesc� (p. 7 ch. 8). Dans ses observations, l'administrateur d'office, apr�s s'�tre entretenu avec O.________ - "ami et conseil de longue date de la famille P.________, dont est issue par sa m�re feu J.________" -, a d�clar� avoir re�u plusieurs documents d'o� il ressort que la d�funte "pouvait �tre propri�taire d'un appartement [...] � Paris" et d'un autre "� Nice" (p. 3 let. d).
Sur le vu des observations susmentionn�es de l'administrateur officiel, l'affirmation d'apr�s laquelle la d�funte ne poss�dait qu'un "d�p�t" aux �tats-Unis n'est certes pas � l'abri de toute critique. Cependant, la cour cantonale a voulu dire que les int�r�ts �conomiques de l'int�ress�e ne se trouvaient pas exclusivement dans cet �tat; d'ailleurs, elle constate elle-m�me que les affaires pour la gestion desquelles le recourant n� 2 a �t� engag� �taient "essentiellement situ�es en Floride". Au demeurant, la nature des actifs am�ricains n'est pas claire. Les recourants parlent de "diverses soci�t�s d�tenues par Mme J.________" et de "divers trusts cr��s par elle", le tout �tant compos� de "36 propri�t�s", en particulier en Floride et � New York. Outre le fait que l'existence d'un domicile ne saurait s'appr�cier par rapport � cet unique �l�ment, il n'est nullement d�montr� - en d�pit des all�gations des recourants - que l'int�ress�e ait jamais s�journ� dans ces "propri�t�s" ni - contrairement � ce qu'ils sugg�rent - qu'elle ait exprim� l'intention de s'y �tablir � son retour aux �tats-Unis. Enfin, la constatation selon laquelle la d�funte "poss�dait �galement des int�r�ts financiers dans des soci�t�s fran�aises" n'est pas arbitraire. Les recourants n'apportent aucun �l�ment permettant de douter des informations fournies par O.________; m�me s'ils sont anciens (i.e. 1962), les documents sur lesquels s'est bas�e l'autorit� cantonale montrent � tout le moins que les int�r�ts �conomiques de la d�funte n'�taient pas exclusivement situ�s aux �tats-Unis. Au reste, � l'�poque des faits, J.________ avait plus de 90 ans et ne s'occupait plus personnellement de ses affaires, le recourant n� 2 �tant engag� � cette fin en 1991; dans ces conditions, il n'y a de toute fa�on pas lieu d'attribuer un poids trop important au centre des "int�r�ts �conomiques" de la d�funte.
Dans sa seconde branche, le grief est appellatoire, partant irrecevable (ATF 133 III 589 consid. 2; 134 II 349 consid. 3), car les recourants se contentent d'exposer leur propre appr�ciation du "centre des int�r�ts personnels" de la d�funte. Pour autant que leur production en justice r�ponde aux r�gles de la proc�dure genevoise (cf. infra, consid. 3.4.1), les d�clarations �crites dont ils se pr�valent sont d�nu�es d'incidence aux fins de la cause. En effet, elles se rapportent aux propos tenus par feu J.________ au sujet de sa "famille en Floride" et � "son d�sir profond de retourner aux �tats-Unis d�s que possible". Or, l'intention de s'�tablir ne saurait reposer sur la seule volont� intime de l'int�ress�e (ATF 97 II 1 consid. 3, avec la jurisprudence cit�e; E. BUCHER, in: Berner Kommentar, vol. I/2, 1976, nos 8 ss ad art. 23 CC); de plus, il n'est pas indispensable qu'une personne ait l'intention de demeurer pour toujours ou pour un temps ind�termin� dans un certain lieu, mais il suffit qu'elle fasse de cet endroit le centre de son existence, quand bien m�me elle aurait l'intention de transf�rer plus tard son domicile ailleurs (ATF 49 I 188 consid. 2; 69 I 9 consid. 2; 69 II 277 consid. 2 et 3; 127 V 237 consid. 2c; E. BUCHER, ibid., nos 22/23).
Les recourants reprochent en outre � l'autorit� pr�c�dente d'avoir viol� leur droit d'�tre entendus.
3.1 L'art. 8 CC comprend, entre autres garanties, le droit � la preuve; le juge enfreint cette disposition lorsqu'il refuse d'administrer une preuve r�guli�rement offerte et portant sur un fait pertinent pour l'appr�ciation juridique de la cause (cf. parmi plusieurs: ATF 133 III 189 consid. 5.2.2 et 295 consid. 7.1). Quand le droit � la preuve est invoqu� en relation avec un droit subjectif priv� d�coulant d'une norme de droit mat�riel f�d�ral, le recourant doit donc, en principe, se plaindre d'une violation de l'art. 8 CC, et non de celle de son droit d'�tre entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. (arr�t 5A_783/2010 du 8 avril 2011 consid. 6.1 et la jurisprudence cit�e). Une exception s'impose toutefois lorsque, comme ici (cf. supra, consid. 1.3), seule peut �tre d�nonc�e une violation des droits constitutionnels (arr�ts 5A_193/2008 du 13 mai 2008 consid. 3.1; 5A_561/2009 du 1er d�cembre 2009 consid. 2.1). Contrairement � l'avis des recourants, c'est d�s lors l'art. 29 al. 2 Cst. qui est applicable en l'esp�ce, lequel conf�re aussi le droit � l'administration de moyens de preuve, autant qu'ils portent sur des faits pertinents et n'apparaissent pas d'embl�e inaptes � �lucider les faits litigieux (notamment: ATF 124 I 241 consid. 2 et les arr�ts cit�s). Comme la pr�sente cause rev�t un caract�re international (cf. art. 1er al. 1 LDIP), le droit applicable r�git le droit � la preuve, alors que l'appr�ciation des preuves est soumise � la lex fori (arr�t 4A_469/2010 du 1er d�cembre 2010 consid. 2.1).
3.2 Sous r�serve d'exceptions qui n'entrent pas en consid�ration dans le cas particulier (cf. ATF 122 II 464 consid. 4c), le droit constitutionnel f�d�ral ne garantit pas le droit de s'exprimer oralement (ATF 134 I 140 consid. 5.3; 130 II 425 consid. 2.1). Il s'ensuit que le grief selon lequel les "parties n'ont pas �t� entendues" est - en faisant abstraction de l'indigence de sa motivation - d'embl�e mal fond�. Faute de motivation suffisante (art. 106 al. 2 LTF), il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re sur le reproche g�n�ral de n'avoir pas ordonn� "l'audition de t�moins".
3.3 Les recourants all�guent que la juridiction pr�c�dente n'a pas fait droit aux "demandes de preuves [du recourant n� 1] figurant dans ses conclusions", ni "autoris� [les recourants nos 2 � 4] � faire la preuve des faits all�gu�s dans leurs �critures".
Le grief est irrecevable. Non seulement les recourants ne pr�cisent pas les preuves offertes � cet �gard, ce qui ne satisfait pas aux exigences de motivation (art. 106 al. 2 LTF; cf. sur ce point: LORENZ MEYER, Wege zum Bundesgericht - �bersicht und Stolpersteine, in: ZBJV 146/2010 p. 873 ss, avec les r�f�rences), mais ils motivent en outre leur moyen par un renvoi aux �critures de la proc�dure cantonale, ce qui n'est pas admissible (ATF 133 II 396 consid. 3.1 in fine et les arr�ts cit�s).
3.4.1 Les recourants font encore grief � l'autorit� pr�c�dente d'avoir ignor� ou �cart� des d�clarations �crites qui prouvaient "l'�tendue des relations personnelles de [J.________] avec sa famille am�ricaine", ainsi que son "intention de retourner aux �tats-Unis d�s que sa sant� le lui permettrait".
Ce grief doit �tre �cart�. D'une part, les recourants ne d�montrent pas que les preuves en question ont �t� r�guli�rement offertes (ATF 124 I 241 consid. 2; cf., pour l'art. 8 CC: STEINAUER, Le Titre pr�liminaire du Code civil, in: Trait� de droit priv� suisse, t. II/1, 2009, n� 685, avec les r�f�rences), en d'autres termes que la proc�dure genevoise autorise la production de d�clarations �crites �manant de personnes �trang�res au proc�s (cf. BERTOSSA/GAILLARD/GUYET/SCHMIDT, Commentaire de la loi de proc�dure civile genevoise, vol. II, 2001, n� 4 ad art. 186 et n� 1 ad art. 222 LPC/GE). Pour le surplus, le pr�tendu vice est sans incidence sur l'issue du litige, exigence qui vaut aussi lorsque le recourant affirme que les faits ont �t� �tablis au m�pris de son droit d'�tre entendu (arr�ts 5A_634/2010 du 7 janvier 2011 consid. 4.2; 9C_1001/2009 du 15 avril 2010 consid. 3.2); comme on l'a vu (consid. 2.3), le fait que l'int�ress�e voulait retourner ensuite aux �tats-Unis n'exclut pas la pr�sence d'un domicile en Suisse jusqu'au jour o� ce projet est mis � ex�cution.
3.4.2 En tant qu'il concerne les propri�t�s de la d�funte, en particulier ses appartements, aux �tats-Unis, ce moyen n'a pas d'incidence sur le sort du litige. En admettant m�me - ce qui n'a pas �t� d�montr� - que l'int�ress�e ait eu l'intention de s'installer ult�rieurement dans l'une de ses "propri�t�s", cet �l�ment n'exclut pas la constitution d'un domicile en Suisse (cf. supra, consid. 2.3 et infra, consid. 4.2); savoir si tel est le cas en l'esp�ce ressortit au droit (ATF 136 II 405 consid. 4.3).
L'autorit� pr�c�dente a retenu que feu J.________ �tait domicili�e en Floride (USA) chez sa ni�ce L.________ jusqu'en 2003. Cette ann�e-l�, les int�ress�es ont entrepris un voyage qui les a conduites � Gen�ve. Le 15 ao�t 2003, alors qu'elle s'appr�tait � repartir aux �tats-Unies avec sa ni�ce, J.________ s'est fractur� le col du f�mur, ce qui a entra�n� son immobilisation jusqu'au 13 octobre 2003. Son �tat de sant� l'emp�chant de retourner aux �tats-Unis, elle a emm�nag� dans un appartement dont elle �tait propri�taire � N.________; elle n'a plus quitt� ce logement jusqu'� son d�c�s en 2010. Certes, on ne peut parler d'un abandon de domicile puisque l'appartement qui constituait son domicile am�ricain a �t� vendu par les h�ritiers de sa ni�ce sans qu'elle ait �t� consult�e; il n'en demeure pas moins que, � partir de la vente de cet appartement, elle �tait dans l'impossibilit� de retourner vivre dans son ancien domicile. En outre, on ne saurait admettre que le domicile de son petit-neveu, B.________, se substituait � son ancien domicile am�ricain; en effet, le pr�nomm� a express�ment admis que la d�funte n'utilisait son adresse personnelle qu'en guise de bo�te aux lettres, et il n'a pas �t� rendu vraisemblable qu'elle aurait manifest� l'intention de s'installer chez son petit-neveu. S'agissant de ses int�r�ts mat�riels, la d�funte ne poss�dait qu'un "d�p�t" aux �tats-Unis, alors qu'elle �tait propri�taire de deux appartements en France et d'un autre � N.________; elle poss�dait, de surcro�t, des "int�r�ts financiers" dans des soci�t�s fran�aises. Partant, on ne peut affirmer que ses int�r�ts �conomiques �taient principalement situ�s aux �tats-Unis. Enfin, l'int�ress�e n'avait plus de relations avec ses deux fils depuis plusieurs ann�es, au point de vouloir les exh�r�der au profit de tiers, sans avoir entretenu, pour autant, des rapports plus �troits avec sa "lointaine famille am�ricaine" pendant ces derni�res ann�es.
4.1 La juridiction pr�c�dente a correctement rappel� les principes qui r�gissent la d�termination du domicile (cf. r�cemment: ATF 136 II 405 consid. 4.3; arr�t 5A_663/2009 du 1er mars 2010 consid. 2); du reste, ils ne sont pas critiqu�s en tant que tels (art. 106 al. 2 LTF), mais bien leur application au cas concret.
4.2 Les recourants d�noncent une violation des art. 20 et 86 LDIP. Ils n'exposent toutefois pas les droits constitutionnels que les magistrats pr�c�dents auraient viol�s, seul grief recevable en l'esp�ce (cf. supra, consid. 1.3); au surplus, ils compl�tent � de nombreuses reprises l'�tat de fait de la pr�sente cause, sans se conformer aux exigences pos�es � cet �gard (cf. supra, consid. 1.4). Partant, le moyen est enti�rement irrecevable.
� toutes fins utiles, il faut n�anmoins relever que l'argumentation des recourants se fonde sur des pr�misses juridiques erron�es. En instance cantonale, ils avaient express�ment invoqu� l'art. 24 al. 1 CC, en vertu duquel une personne conserve son domicile (i.e. aux �tats-Unis) aussi longtemps qu'elle ne s'en est pas cr�� un nouveau (i.e. en Suisse); or, dans les rapports internationaux (cf. art. 1er al. 1 LDIP), l'art. 24 CC ne s'applique pas (art. 20 al. 2 in fine LDIP; ATF 119 II 64 consid. 2a/aa et 167 consid. 2b). De surcro�t, les motifs sur lesquels repose l'intention de s'�tablir ne sont pas d�terminants (E. BUCHER, ibid., n� 26); aussi celle-ci peut-elle �tre dict�e par la "force des circonstances" (ATF 127 V 237 consid. 2c; 133 V 309 consid. 3.1).
Pour instituer une administration d'office de la succession, la Cour de justice est partie de la pr�misse que les "vocations h�r�ditaires �taient incertaines", puisque "les enfants de la d�funte (i.e. intim�s nos 1 et 2) ont d�clar� qu'ils entreprendraient une proc�dure en nullit� et / ou en r�duction en attaquant les dispositions fondant la vocation des h�ritiers institu�s". Quant au choix de l'administrateur, la juridiction pr�c�dente a constat� que A.________ (i.e. recourant n� 1) avait �t� d�sign� par la d�funte � la fois comme ex�cuteur testamentaire et b�n�ficiaire du testament (cf. supra, let. A.a), de sorte qu'il existait "un risque de conflit d'int�r�ts suffisamment s�rieux pour que cela constitue un obstacle � sa d�signation comme administrateur d'office".
5.1 Les recourants ne contestent pas la comp�tence ratione materiae des juridictions cantonales pour ordonner l'administration d'office de la succession (cf. sur ce point: Thorens, note in: SJ 1999 II 47 ss); il n'y a donc pas lieu d'examiner cet aspect (art. 106 al. 2 LTF).
5.2 Il faut conc�der aux recourants que la d�cision attaqu�e n'est pas tr�s explicite quant au fondement juridique de la mesure critiqu�e. On comprend n�anmoins que l'autorit� pr�c�dente a entendu se r�f�rer � l'�ventualit� vis�e par l'art. 556 al. 3 CC (cas d'application de l'art. 554 al. 1 ch. 4 CC): les juges d'appel ont consid�r� que, apr�s le d�p�t du testament, ils ne pouvaient envoyer les h�ritiers l�gaux en possession provisoire des biens de la d�funte en raison d'un conflit d'int�r�ts avec les h�ritiers institu�s; une telle solution n'appara�t pas arbitraire (arr�t de l'Obergericht du canton d'Argovie du 15 ao�t 2000, in: AGVE 2000 p. 21 ss consid. 1; Karrer, in: Basler Kommentar, ZGB II, 3e �d., 2007, n� 28 ad art. 556 CC, avec les citations); d'ailleurs, pour une partie de la doctrine, l'administration d'office doit �tre ordonn�e chaque fois que l'un des h�ritiers l�gaux au moins - r�servataire ou non - est exclu de la succession et qu'il existe au moins un h�ritier institu� (Piotet, Droit successoral, in: Trait� de droit priv� suisse, t. IV, 1975, � 92 I, p. 657; de l'avis contraire: Karrer, ibid.). Les arguments des recourants fond�s sur l'art. 554 al. 1 ch. 2 CC se r�v�lent ainsi d�pourvus de pertinence, cette disposition n'�tant pr�cis�ment pas applicable (Karrer, ibid., avec les citations). Le fait qu'aucune proc�dure en nullit� et/ou en r�duction n'ait encore �t� intent�e par les h�ritiers l�gaux n'est pas d�terminant, en pr�cisant que les recourants ne critiquent pas de mani�re motiv�e la constatation d'apr�s laquelle lesdits h�ritiers ont exprim� l'intention d'entreprendre de telles d�marches (art. 106 al. 2 LTF).
5.3 Lorsque le de cujus a d�sign� un ex�cuteur testamentaire (art. 517 al. 1 CC), l'autorit� comp�tente peut provoquer l'entr�e en fonction de celui-ci sans ordonner d'administration d'office; elle peut �galement, si elle a d�cid� d'instaurer pareille mesure (cf. supra, consid. 5.2), confier celle-ci � l'ex�cuteur testamentaire conform�ment � l'art. 554 al. 2 CC (Steinauer, Le droit successoral, 2006, n� 889 et les n. 66-67, avec les r�f�rences; cf. aussi: Tuor/Picenoni, in: Berner Kommentar, 1964, n� 10 in fine ad art. 556 CC).
Aux termes de l'art. 554 al. 2 CC, s'il y a un ex�cuteur testamentaire d�sign�, l'administration de l'h�r�dit� lui est remise. Selon le Tribunal f�d�ral, l'ex�cuteur testamentaire n'a pas automatiquement la qualit� d'administrateur, car, si les conditions d'une administration d'office sont r�alis�es, encore faut-il qu'il soit d�sign� � cette fonction par l'autorit� comp�tente (ATF 42 II 339 consid. 3; en ce sens: Karrer, op. cit., n� 24 ad art. 554 CC; Piotet, op. cit., � 24 II C, p. 144; critique: Schuler-Buche, L'ex�cuteur testamentaire, l'administrateur officiel et le liquidateur officiel: �tude et comparaison, 2003, p. 35/36). Malgr� les termes absolus de la loi, l'autorit� comp�tente peut d�signer une autre personne que l'ex�cuteur testamentaire lorsque celui-ci n'a pas les qualit�s requises pour administrer la succession (ATF 98 II 276 consid. 4 et la doctrine cit�e). � cet �gard, l'existence d'un conflit objectif d'int�r�ts s'oppose � ce qu'un ex�cuteur testamentaire soit d�sign� comme administrateur d'office; cette situation se pr�sente, notamment, lorsque celui-l� rev�t au surplus la position d'h�ritier (ou de l�gataire) (Karrer, op. cit., n� 25 ad art. 554 CC, avec les nombreuses r�f�rences cit�es). En d�pit de l'argumentation des recourants, qui se fonde sur l'absence d'un conflit subjectif d'int�r�ts - au sujet duquel la d�cision entreprise ne contient aucune constatation -, les juges d'appel n'ont pas commis d'arbitraire � cet �gard; de plus, rien n'autorise � affirmer que la somme dont a �t� gratifi� l'ex�cuteur testamentaire constituerait la "r�mun�ration" de son activit�. Les constatations de la juridiction pr�c�dente ne permettent pas non plus d'admettre que l'ex�cuteur testamentaire d�sign� par la d�funte poss�derait les comp�tences requises pour assumer la t�che d'administrateur d'office (cf. sur cette exigence: Karrer, ibid., n� 22 et les r�f�rences). Enfin, il ressort de l'arr�t attaqu� que les comp�tences de l'administrateur nomm� par la Justice de paix (i.e. intim� n� 3) n'ont pas �t� remises en cause, de sorte que cette question n'a pas besoin d'�tre examin�e (art. 106 al. 2 LTF).
En conclusion, le pr�sent recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�, aux frais des recourants, solidairement entre eux (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Il n'y a pas lieu d'accorder des d�pens aux intim�s, qui n'ont pas �t� invit�s � r�pondre.

References: ATF 
 art. 42
 ATF 
 art. 20
 ATF 
 art. 23
 ATF 
 ATF 
 art. 1
 ATF 
in fine
 art. 186
 art. 222
 ATF 
 art. 20
 art. 1
in fine
 ATF 
 art. 556
in fine
 art. 556
 art. 554
 art. 554