Source: http://harrel-yannick.blogspot.fr/2015/11/
Timestamp: 2017-08-16 17:29:51+00:00

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Cyberstratégie Est-Ouest - Yannick Harrel: novembre 2015
Occupied : la série norvégienne qui fait polémique
Les séries ont la cote des deux côtés de l'Atlantique, et certains sont d'excellente facture : Vikings pour son côté semi-historique (la vie de Ragnar Lothbrok étant très parcellaire et entourée de faits imaginaires mais aussi réels) ou House of Cards pour son aspect jeu politique à l'échelle nationale américaine (nécessitant malgré tout de bien comprendre les rouages de l'administration présidentielle américaine). Sans compter les très suivies saisons de Game of Thrones (Trône de fer en français, tiré d'un roman de George R.R. Martin) où le fantastique est couplé à la politique dans un mariage réussi.
Occupied (Occupé en français) est une série norvégienne, créée par Jo Nesbø et faisant démarrer l'action du premier épisode dans un futur proche. Le scénario est le suivant : un premier-ministre (en Norvège il y a un roi à la tête de l'État) à tendance écologiste est élu démocratiquement et s'empresse de promouvoir le Thorium, considéré comme un élément radioactif dont l'exploitation future pourrait remplacer l'uranium, mais avec des déchets largement moins nocifs et en quantités trois fois plus abondantes. Il nécessite cependant des centrales nucléaires de quatrième génération pour son exploitation. Et dans la série, c'est justement le point de départ de l'action : la mise en activité prochaine de l'une d'elle corrélée à l'annonce de l'arrêt de l'exploitation des ressources fossiles de la Mer du Nord par la Norvège (pétrole et gaz) par le nouveau chef de l'État. De là s'ensuit des récriminations de la part de ses partenaires européens, et plus exactement de l'Union Européenne (la Norvège n'en est pas membre pour rappel). Des menaces de sanction sont proférées, et une pression diplomatique très forte s'exerce bien évidemment sur lui jusqu'à l'impensable : l'enlèvement du premier ministre. Le tout sous l'oeil du seul journaliste présent. Si le premier ministre est retrouvé peu après, le gouvernement doit faire face à un terrible dilemme : la Russie, employée comme bras armé de l'Union Européenne (si, si!) prend possession d'une plate-forme pétrolière pour accentuer la pression et contraindre la Norvège à revenir au statu quo ante bellum, c'est à dire reprendre l'exploitation et l'acheminement des matières premières. Dès lors, des choix politiques et énergétiques seront cruciaux pour l'avenir du pays.
Contrairement à ce que nombre de critiques ont relaté, le véritable agresseur n'est pas tant la Russie que l'Union Européenne en cette fiction. La Russie est présenté en tant que bras armé, non l'initiateur de l'occupation du territoire norvégien. D'ailleurs dès le début du premier épisode, il est bien question de sanctions économiques européennes étouffant le pays scandinave pour le contraindre à revoir sa politique énergétique. Plus tard, le président de la commission européenne prononce un discours guère ambigu sur sa décision initiale et l'appui russe subséquent. Sans compter la participation de la « soeur » scandinave, la Suède, à cette opération de reprise en main du pays, à la grande stupéfaction du premier ministre.
Le propos en est géopolitiquement caricatural mais dépeint bien les préoccupations de ce pays nordique.
L'épisode de lancement est plaisant dans sa narration, sa réalisation et pour les thèmes brassés (comme le thorium, de Thor Dieu nordique du tonnerre, pressentie comme la ressource énergétique future). Il reste juste à espérer que le scénario ne s'essouffle pas au fil du temps, passé la surprise (géopolitique) initiale.
Reste à regarder les sept autres pour se faire une meilleure idée de la qualité globale.
Pour en apprendre davantage sur l'exploitation du gaz et du pétrole par la Norvège, se rendre sur le site de Norsk Olje& Gass :
http://www.norskoljeoggass.no/en/
Carte intéractive des champs d'exploitation en Mer du Nord :
http://www.petroleumskartet.no/
ARTE diffuse l'intégralité de la série à raison d'un épisode par semaine :
http://www.arte.tv/guide/fr/049448-001/occupied-1-10
Considérations post-13 novembre
Les attentats du vendredi 13 novembre, prévus comme inéluctables à terme par des spécialistes de la chose militaire et du milieu de l’anti-terrorisme, a donné corps au sinistre déroulement d’une opération de grande envergure perpétré sur le sol français.
Le macabre décompte s’est stabilisé à 130 morts (de 19 nationalités différentes). Chiffres qui auraient pu encore être plus élevés sans l’avortement de la tentative des kamikazes visant le Stade de France.
Le temps du recueillement étant passé, les questions et projections se doivent d’avoir lieu. Ce n’est pas la première fois que le terrorisme frappe la France. Citons chronologiquement 1986 et la rue de Rennes, 1995 et le RER station Saint-Michel, 2014 avec l'affaire Merah puis les 11 et 13 janvier avec les attentats à Charlie Hebdo et l’Hypercacher. L'on peut y inclure Nemmouche, né en France et responsable de la tuerie du musée juif de Bruxelles en mai 2014 ou encore Ayoub El Khazzani qui avait fomenté un acte similaire dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris en août 2015.
En revanche c’est la toute première fois que deux opérations sérieuses se déroulent la même année, avec une gravité encore jamais égalée depuis la fin de la seconde guerre mondiale. D’autant que l’emploi de kamikazes est lui aussi une première et fait peser un risque permanent lors des rassemblements de toute nature (sportif, culturel, associatif, politique etc.).
À ce stade, plusieurs points méritent d’être soulevés :
L’inflexion du discours politique : il est dorénavant admis par les hommes politiques en charge de l’autorité publique que d’autres attentats peuvent survenir, que l’on est en guerre (déclaration martelée à l’envi et à dessein). Et dorénavant, cette situation peut durer un temps indéfini. Sur la base de cet aveu fondé sur du pragmatisme, le concept de résilience n’en deviendra que plus en adéquation avec cette nouvelle ligne politique.
Sur la question de l’état de la situation, le fait de rappeler avec force qu’une guerre est en cours (« acte de guerre » et « armée terroriste » selon le discours du samedi 14 novembre 2015) fait intervenir un ennemi. L’ennemi c’est Daech ou l’État Islamique. En revanche, jamais son représentant officiel n’est nommé (Abou Bakr Al-Baghdadi), de même qu’il y a incidemment une forme de reconnaissance de l’État en cours de formation (transfrontalier) puisqu’il a été formulé officiellement l’existence d’une guerre contre une armée. Or qui dit armée, dit État. Qui dit guerre contre un État, dit explicitement reconnaissance de ce dernier (la guerre civile aux États-Unis entre 1861 et 1865 porta longtemps sur la reconnaissance du titre de belligérant pour les confédérés par les puissances européennes).
Les forces de police, de gendarmerie et de l’armée sont mobilisées à l’extrême, notamment avec la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois. Or ces dernières étaient déjà grandement sollicitées par le dispositif Vigipirate (en cours lors des évènements du 13 novembre), ce qui à terme fait craindre l’usure des forces à disposition malgré les rotations. Les annonces de milliers de postes supplémentaires ne les soulageront pas dans l’immédiat puisqu’une phase de recrutement puis de formation est nécessaire, laquelle prendrait des mois même en accélérant le rythme du processus.
Les services de renseignement américains ont accordé aux français un accès privilégié à des informations de première importance quant à des cibles potentielles en Syrie. Ce qui signifie bien sûr une bonne volonté comme une marque de solidarité des autorités américaines, mais aussi en corollaire atteste que leurs homologues françaises sont en manque de données stratégiques.
Le rapprochement avec la Russie, après des tergiversations et des reculades majeures (vente des BPC Mistral), matérialisé par la main tendue de François Hollande à Vladimir Poutine, frappé lui aussi par la disparition de près de 224 passagers au-dessus du Sinaï lors de l’explosion en plein vol de l’A321 à destination de Saint-Pétersbourg. Du reste, si l’opinion française est dorénavant favorable à des opérations au sol en Syrie, l’exécutif s’y refuse mais doit pour cela accepter l’activité de forces tierces, kurdes et rebelles mais aussi gouvernementales syriennes sans lesquelles une victoire ne peut être envisagée. Le cas de Bachar Al Assad autrefois verrou de toute négociation préalable (au point d’évincer une France jusqu’au-boutiste de la première rencontre diplomatique à Vienne), vient de sauter. À Vienne II, et dans la foulée des attentats de Paris, une feuille de route vient d’être ébauchée permettant d’entrevoir une transition politique qui ne ferait pas l’impasse sur le devenir du gouvernement actuel (rappelons à escient que le parti Baas dissout abruptement après l’intervention américaine en Irak avait permis de « nourrir » la rébellion sunnite). Signe d'évolution, le ministre des affaires étrangères français, inflexible jusqu'alors, a timidement émis pour la première fois l'hypothèse d'actions coordonnées avec les forces du régime syrien, facilitant de fait le rapprochement avec les autorités russes.
Le renfort du porte-avion Charles de Gaulle sur la zone, prévu avant les attentats, va permettre de tripler théoriquement les frappes aériennes en Syrie et en Irak. Un tel envoi va cependant devoir s’accompagner de résultats tangibles au vu du coût généré par son emploi. Pour l’heure, les frappes françaises comptent pour 12% des frappes non-américaines avec l’appoint d’aéronefs stationnés en Jordanie et aux Émirats Arabes Unis.
Un autre acteur d'importance est en passe de s'agréger activement au conflit : l'Angleterre. Les scènes de solidarité à Trafalgar Square puis l'hymne de la Marseillaise jouée lors de la rencontre de football à Wembley ont amorcé un rapprochement populaire qui s'est manifesté plus politiquement et militairement avec la rencontre entre David Cameron et François Hollande ce lundi 23 novembre par la mise à disposition des forces françaises de la précieuse base aérienne de la Royal Air Force à Akrotiri (Chypre). Soient quelques 310 kilomètres de distance des côtes syriennes les plus proches. De plus, le Premier Ministre britannique envisage dorénavant des frappes en Syrie, rompant avec les tergiversations antérieures.
Paris n’a pas été la seule capitale touchée : Beyrouth un jour avant a fait l’objet d’un double attentat (44 morts dénombrés) en plein quartier chiite, et dont le bilan aurait été bien plus grave sans le geste courageux et sacrificiel d’Adel Temos. Revendiqué par l’État Islamique, le but était de faire payer au Hezbollah sa participation aux opérations en Syrie. Le message demeure identique pour les deux capitales : si Daech veut frapper hors de ses frontières, Daech le fera envers tout pays déclarant le combattre ou abritant des forces susceptibles de lui nuire.
La coordination et la multiplication des modalités d’opérations rapprochent le cas de Paris de celui des attentats de Mumbaï (Inde) s’étant déroulés du 26 au 29 novembre 2008 dont le bilan fut effroyable : dix attaques terroristes synchronisées pour près de 173 tués et 312 blessés par un groupe islamiste frappant de haut-lieux symboliques tout comme à Paris.
En énonçant favoriser le pacte de sécurité sur le pacte de stabilité (pour un coût de 600 millions d’euros prévisionnels), le président français a ouvertement fait primer l’intérêt national sur des accords intergouvernementaux. De même que les contrôles aux frontières, refusés en pleine crise des migrants (alors que l’Allemagne et l’Autriche rétablissaient ceux-ci), est dorénavant mis en place. Ce qui contribue à déliter encore davantage l’espace Schengen qui a prouvé lors de crises récentes sa faible capacité à protéger les citoyens nationaux en laissant opérer des cellules terroristes en divers États signataires.
Quelle est la responsabilité des gouvernants dans le fait que des individus suspectés pour leur radicalisme n’aient pas été mieux surveillés/suivis par pure dogmatisme comme l’indique l’ancien responsable de la DCRI (actuelle DGSI) Bernard Squarcini au point de refuser des informations substantielles provenant des services syriens ?
Passée relativement sous silence, la sphère cyber (outre le message des Anonymous visant à effectuer des représailles envers l'EI) reste stratégique car les moyens de communication utilisés comme l'impact médiatique des attentats du 13 novembre place celle-ci dans la bataille. Cyber devant être entendu dans son acception large, et non uniquement Internet qui n'en est qu'un élément rappelons-le toujours. Ainsi, des cartes SIM jetables de mobiles participent à ces actes en ce sens qu'ils sont des moyens de communication, lesquels peuvent même se muer en leurre le cas échéant. Autre exemple : la localisation satellites de points stratégiques après recherche, recoupement et analyse fait aussi partie de l'espace cyber. Quant à l'affaire des consoles PlayStation 4, susceptibles de favoriser l'échange de données entre terroristes, rien n'est officiel à l'heure actuelle, se fondant sur de pures spéculations (qui ne sont pas à éluder malgré tout car réalisables techniquement).
À chaque nouvel attentat, une couche législative en matière de sécurité publique est annoncée. Au point désormais d’inquiéter certains experts quant à l’altération du régime politique. Un des buts principaux recherché par les groupes terroristes actifs est de forcer la population à s'enfermer dans la psychose et obliger ses représentants à altérer la nature du régime honni, par exemple avec une surveillance de masse et des complications quotidiennes reposant sur la majorité de la population. De plus, le renforcement des peines sera-t-il véritablement dissuasif pour des individus qui sont parés à se sacrifier pour leur cause et dont l’appréhension de leur univers environnant n’est pas celui de la raison mais de la foi ? La surenchère dans les annonces a aussi une limite : celle de la crédibilité de la parole politique.
Des considérations qui nécessiteront une étude postérieure mais dont les conséquences pourraient peser lourdement sur le devenir de la France en particulier et des pays européens en général.
L'ambitieux projet de République numérique
Le secrétariat d'État au numérique en France a eu le mérite d'avoir deux premières représentantes sincèrement ouvertes aux problématiques de cette révolution technologique en les personnes de Fleur Pellerin et Axelle Lemaire. Des ambitions pas toujours aussi audacieuses que souhaitées par les bénéficiaires et les spécialistes du monde numérique, cependant des avancées notables dans un cadre où l'autonomie d'action et de parole est plus étendue que dans les autres postes gouvernementaux (pour information, le secrétariat est rattaché au Ministère de l'Économie).
C'est ainsi que du 26 septembre 2015 au 18 octobre 2015 fut organisée une consultation en ligne avec soumission de propositions par les internautes. Propositions ponctuées par un vote. Bémol malgré tout : la secrétaire a précisé qu'il n'était pas question de donner la primeur aux votes les plus nombreux car il ne s'agissait pas d'un plébiscite mais d'une consultation. Le procédé est assez spécieux et c'est là un sujet de reproche pouvant être adressé et qui prouve qu'au contraire de l'Islande, la France choisit une approche plus timorée, celle de la porte légèrement entrouverte mais toujours avec le cadenas en place.
Quoiqu'il en soit, d'une part le processus est le fruit d'un long cheminement :
La consultation sur le projet de Loi pour une République Numérique est l’aboutissement d’un processus innovant entamé l’an dernier, avec la consultation sur le rapport « Ambition Numérique ». Durant quatre mois, français ont été invités à débattre sur les grand enjeux du numérique sur une plateforme 100 % en ligne. Ce sont plus de 4.000 contributions qui ont été collectées sur la plateforme du Conseil National du Numérique.
De nombreux acteurs du numériques ont participé : des syndicats professionnels, des associations, des entreprises ou de simples citoyens.
Et d'autre part, il n'est pas achevé puisqu'il a été transmis le 6 novembre 2015 au Conseil d'État pour conformité et si quitus, sera intégré au processus de vote législatif. Sachant que l'ordre du jour portant sur l'examen des projets et propositions de loi peut retarder encore conséquemment le débat suivi du vote.
Pour prendre connaissance du texte, avec ses modifications (ajouts et retraits) :
https://www.republique-numerique.fr/project/projet-de-loi-numerique/step/projet-de-loi-transmis-au-conseil-d-etat
Quelques points méritent d'être mentionnés :
L'article 2 offre la possibilité à un administré à demander la nature de l'algorithme utilisé lorsqu'une décision le concernant fait intervenir un tel processus informatique (l'on pense d'office aux impositions, taxes et redevances).
L'article 3 ébauche l'ouverture de données publiques à justement un plus large public, à l'instar des autorités américaines, avec anonymisation des informations individuelles contenues dans les documents mis à disposition (une limitation d'importance : c'est l'administration concernée qui décide de leur publication, pouvant aboutir le cas échéant à un blocage ou une inertie dommageable quant à l'esprit de la loi).
L'article 8 encadre numériquement le format des données transmis aux autorités et entrevoit leur utilisation postérieure à des fins gratuites ou onéreuses mais cette dernière possibilité n'est pas inscrite comme une obligation.
L'article 13 évoque distinctement la possibilité à terme d'un rapprochement entre la CADA (Commission d'Accès aux Documents Administratifs) et la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) en posant les bases de rencontres communes.
L'article 14 propose pour un auteur la mise à disposition gratuite de ses articles de recherche scientifique dès lors que le financement desdits travaux proviennent pour moitié de fonds publics et quand bien même serait-il lié à un éditeur. L'utilisation commerciale de cette mise à disposition par autrui est explicitement prohibée pour toute société d'édition.
L'article 16 est un grosse avancée puisqu'il garantit la neutralité d'Internet en s'appuyant notamment sur la directive européenne 2002/22/CE, d'où le traitement de façon égale et sans discrimination de tout trafic par les opérateurs dans la fourniture des services d’accès à Internet sans restriction ou interférence, quels que soient l'expéditeur et le destinataire, les contenus consultés ou diffusés, les applications ou les services utilisés ou fournis ou les équipements terminaux utilisés. C'est là un noeud gordien enfin tranché au niveau français mais arrivant bien après la décision de la Federal Communications Commission, le régulateur des télécommunications américains, en février 2015.
L'article 18 institue la nécessité pour un prestataire de courrier électronique de permettre à son client de sauvegarder sur un autre support ses données mais aussi d'autoriser leur transfert chez un concurrent. Autrement dit, favoriser la portabilité.
Les articles 19 et 20 se consacrent aux principes de transparence, de clarté et de loyauté pour les plate-formes en ligne quant à leurs conditions générales d'utilisation. Un point hautement névralgique pour les GAFA. Reste néanmoins à savoir comment ces deux articles pourront être appliqués dès lors qu'il s'agit d'entreprises de taille mondiale et non uniquement nationale.
Sur le même principe mais visant les sociétés de collecte d'avis de consommateurs, l'article 21 les enjoint à les respecter.
L'article 22 s'intéresse de près aux fournisseurs d'accès internet mobile en obligeant à être plus précis sur les abonnements et les caractéristiques techniques avancées (débit notoirement).
L'article 25 renforce le rôle de la CNIL en lui attribuant la mission de populariser les technologies de chiffrement des données (l'on songe d'office au patrimoine informationnel des entreprises, souvent très peu au fait de la nécessité de protéger leurs informations stratégiques).
L'article 31 part de la louable volonté de réduire la fracture numérique, mais buttera inévitablement sur l'allocation de moyens offerts aux collectivités pour y faire face. Sans compter la nécessité de disposer du personnel formé ad hoc.
L'article 35 vise à renforcer l'obligation d'entretien des réseaux, y compris en faisant porter la charge pécuniaire sur les propriétaires où les installations sont présentes ou envers l'exploitant ayant négligé cette surveillance pouvant entraver la bonne marche de l'exploitation.
L'article 37 ouvre une brèche dans le paiement par l'opérateur de téléphonie en autorisant les prélèvement par ce dernier de services facturés et payés par le biais d'une communication. Ce qui va attribuer aux opérateurs des possibilités nouvelles en France (mais déjà répandues en d'autres pays, notamment africains).
L'article 38 consacre le sport électronique comme sport à part entière. L'évolution est singulière car pour l'heure, le sport électronique dit professionnel est considéré comme un jeu en ligne, assujetti par conséquent à des dispositions administratives et fiscales très lourdes.
Les articles 39 et 40 sont axés sur les personnes handicapés et leur accès aux communications électroniques.
L'article 41 vise à faire de l'accès Internet un droit fondamental au même titre que l'eau et l'énergie. L'interruption du service étant remplacé par une limitation substantielle de celui-ci mais autorisant l'envoi et la réception de courriels. Au passage, peut-être aurait-il été préférable de choisir des termes plus génériques, faisant la part belle à la neutralité technologique?
Ce n'est pas non plus le seul texte à prendre en considération ces prochains mois puisqu'une autre initiative portée par Emmanuel Macron, actuel Ministre de l'Économie, a récemment dévoilé les orientations de sa prochaine loi Noé (Nouvelles Opportunités Économiques) dont l'objectif est de profiter de l'élan du numérique pour toiletter certains pans de l'encadrement juridique de l'économie française. Ce qui ne manquera pas, une fois encore, de provoquer des remous au sein des acteurs concernés.
Pour l'heure, il n'y a pas lieu de jouer les esprits chagrins : le texte de République Numérique tel que présenté s'il peut manquer d'audace pour les plus velléitaires, n'en demeure pas moins un texte appréciable, ouvrant des pistes favorables sur plusieurs plans. Plusieurs facteurs demeurent dans l'inconnu : la date de présentation sur le bureau des assemblées ; les ordonnances et décrets qui peuvent prendre des mois dans le meilleur des cas voire des années ; les fonds alloués et ressources humaines pour la mise en place des politiques publiques ; l'équilibre à trouver pour les prestataires techniques entre rentabilité commerciale et nouvelles obligations.
À charge pour la secrétaire et de son ministre de tutelle de forcer la voie pour cette fameuse république numérique.
Occupied : la série norvégienne qui fait polémique...

References: L'article 2

L'article 3

L'article 8

L'article 13

L'article 14

L'article 16

L'article 18
 l'article 21

L'article 22

L'article 25

L'article 31

L'article 35

L'article 37

L'article 38

L'article 41