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⭐TABLE DES MATIERES LOI TYPE DE LA CNUDCI SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX 1 CHAPITRE PREMIER. DISPOSITIONS GENERALES 1
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1 Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI) LOI TYPE DE LA CNUDCI SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX TABLE DES MATIERES LOI TYPE DE LA CNUDCI SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX 1 CHAPITRE PREMIER. DISPOSITIONS GENERALES 1 Page Article premier. Champ d'application 1 Article 2. Définitions 2 Article 3. Instructions conditionnelles 3 Article 4. Dérogation conventionnelle 3 CHAPITRE II. OBLIGATION DES PARTIES 4 Article 5. Obligations de l'expéditeur 4 Article 6. Paiement à la banque réceptrice 5 Article 7. Article 8. Article 9. Acceptation ou rejet de l'ordre de paiement par une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire 5 Obligations d'une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire 6 Acceptation ou rejet de l'ordre de paiement par la banque du bénéficiaire 72 CHAPITRE III. Article 10. Article 11. Obligations de la banque du bénéficiaire 8 Moment où la banque réceptrice doit exécuter l'ordre de paiement et en donner avis 8 Article 12. Révocation 9 CONSEQUENCES DES INCIDENTS, ERREURS OU RETARDS DANS LES VIREMENTS 11 Article 13. Assistance 11 Article 14. Remboursement 11 Article 15. Rectification d'un paiement insuffisant 12 Article 16. Restitution d'un trop-perçu 12 Article 17. Responsabilité et versement d'intérêts 12 Article 18. Exclusivité des recours 13 CHAPITRE IV. ACHEVEMENT DU VIREMENT 14 Article 19. Achèvement du virement 14 NOTE EXPLICATIVE DU SECRETARIAT DE LA CNUDCI RELATIVE A LA LOI TYPE SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX 15 INTRODUCTION 15 A. LES TRANSFERTS DE FONDS EN GENERAL 15 B. UNIFICATION DE LA LEGISLATION 16 C. CHAMP D'APPLICATION Catégories d'opérations régies par la Loi type Segments d'un virement international 18 D. MESURE DANS LAQUELLE LA LOI TYPE EST IMPERATIVE 19 E. CARACTERISTIQUES PRINCIPALES DE LA LOI TYPE Obligations de l'expéditeur de l'ordre de paiement 193 2. Paiement de l'expéditeur à la banque réceptrice Obligations de la banque réceptrice Responsabilité de la banque en cas de défaut d'exécution d'une de ses obligations L'achèvement du virement et ses conséquences 25 LOI TYPE DE LA CNUDCI SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX CHAPITRE PREMIER. DISPOSITIONS GENERALES 1 Article premier Champ d'application 2 1. La présente loi s'applique à un virement lorsqu'une banque expéditrice et sa banque réceptrice sont situées dans des Etats différents. 2. La présente loi s'applique, de la même manière qu'aux banques, aux autres entités qui, dans le cadre normal de leurs activités, exécutent des ordres de paiement. 3. Pour la détermination du champ d'application de la présente loi, les agences et établissements distincts d'une banque situés dans des Etats différents sont considérés comme des banques distinctes. Pour l'application de la présente loi : Article 2 Définitions a) Le terme "virement" désigne la série d'opérations, commençant par l'ordre de paiement du donneur d'ordre, effectuées dans le but de mettre des fonds à la disposition d'un bénéficiaire. Ce terme englobe tout ordre de paiement émis par la banque du donneur d'ordre ou par toute banque intermédiaire et ayant pour objet de donner suite à l'ordre de paiement du donneur d'ordre. Un ordre de paiement émis afin de régler un tel ordre est considéré comme faisant partie d'un virement distinct; b) Le terme "ordre de paiement" désigne l'instruction inconditionnelle, sous quelque forme qu'elle soit donnée par un expéditeur à une banque réceptrice, de mettre à la disposition d'un bénéficiaire une4 somme d'argent déterminée ou déterminable i) Si la banque réceptrice doit être remboursée par l'expéditeur, par débit du compte de celui-ci ou par un autre moyen; et ii) Si l'instruction n'indique pas que le paiement doit être effectué sur la demande du bénéficiaire. Rien dans le paragraphe b) ne s'oppose à ce qu'une instruction, du simple fait qu'elle enjoint à la banque du bénéficiaire de détenir, jusqu'à ce qu'il en demande le paiement, des fonds pour un bénéficiaire qui n'a pas de compte auprès d'elle, constitue un ordre de paiement; c) Le terme "donneur d'ordre" désigne l'émetteur du premier ordre de paiement dans un virement; d) Le terme "bénéficiaire" s'entend de la personne désignée dans l'ordre de paiement du donneur d'ordre pour recevoir des fonds par suite du virement; e) Le terme "expéditeur" désigne la personne qui émet un ordre de paiement, y compris le donneur d'ordre et toute banque expéditrice; f) Le terme "banque réceptrice" désigne toute banque qui reçoit un ordre de paiement; g) Le terme "banque intermédiaire" désigne toute banque réceptrice autre que la banque du donneur d'ordre et celle du bénéficiaire; h) Les termes "fonds" ou "somme d'argent" englobent le crédit inscrit sur un compte tenu par une banque et le crédit libellé dans une unité de compte établie par une institution intergouvernementale ou par convention entre deux Etats ou plus, étant entendu que la présente loi s'applique sans préjudice des règles de l'institution intergouvernementale ou des stipulations de la convention; i) Le terme "authentification" désigne une procédure établie conventionnellement pour déterminer si un ordre de paiement, une modification ou la révocation d'un ordre de paiement émane bien de la personne indiquée comme étant l'expéditeur; j) Le terme "jour ouvré" désigne la période de la journée pendant laquelle la banque effectue le type d'opérations en question; k) Le terme "période d'exécution" désigne la période d'un jour ou de deux jours commençant le premier jour où un ordre de paiement peut être exécuté conformément à l'article 11-1 et se terminant le dernier jour où il peut l'être conformément au même article;5 l) Le terme "exécution", dans la mesure où il s'applique à une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire, désigne l'émission d'un ordre de paiement destiné à donner suite à l'ordre de paiement reçu par la banque réceptrice; m) Le terme "intérêt" désigne la valeur de rendement des fonds ou de la somme d'argent visés qui, sauf convention contraire, est calculée au taux et sur la base habituellement acceptés par les banques pour les fonds ou la somme d'argent visés. Article 3 Instructions conditionnelles 1. Si une instruction n'est pas un ordre de paiement parce qu'elle fait l'objet d'une condition mais qu'une banque qui l'a reçue l'exécute en émettant un ordre de paiement inconditionnel, l'expéditeur de l'instruction aura par la suite les mêmes droits et obligations, en vertu de la présente loi, que l'expéditeur d'un ordre de paiement, et le bénéficiaire indiqué dans l'instruction sera considéré comme le bénéficiaire d'un ordre de paiement. 2. La présente loi ne régit pas le moment où une instruction conditionnelle reçue par une banque doit être exécutée et est sans incidence sur les droits ou obligations de l'expéditeur d'une instruction conditionnelle qui dépendent de la réalisation de la condition. Article 4 Dérogation conventionnelle Sauf disposition contraire de la présente loi, les parties à un virement peuvent convenir de modifier leurs droits et obligations. CHAPITRE II. OBLIGATIONS DES PARTIES Article 5 Obligations de l'expéditeur 1. L'expéditeur est lié par un ordre de paiement, une modification ou la révocation d'un ordre de paiement s'ils ont été émis par lui ou par toute autre personne qui avait le pouvoir de le lier. 2. Lorsqu'un ordre de paiement, une modification ou la révocation d'un ordre de paiement doit faire l'objet d'une authentification autrement que par une simple comparaison de signatures, un expéditeur apparent qui n'est pas lié en application du paragraphe 1 est néanmoins lié :6 a) Si l'authentification est, compte tenu des circonstances, une méthode commercialement raisonnable de protection contre les ordres de paiement non autorisés, et b) Si la banque réceptrice a respecté la procédure d'authentification. 3. Les parties ne sont pas autorisées à convenir qu'un expéditeur apparent est lié en application du paragraphe 2 si, compte tenu des circonstances, l'authentification n'est pas commercialement raisonnable. 4. Un expéditeur apparent n'est toutefois pas lié en application du paragraphe 2 s'il prouve que l'ordre de paiement qu'a reçu la banque réceptrice résulte des actes d'une personne qui n'est ni a) Un employé ou ancien employé de l'expéditeur apparent, ni b) Une personne qui, de par sa relation avec l'expéditeur apparent, a eu accès à la procédure d'authentification. La phrase qui précède ne s'applique pas si la banque réceptrice prouve que l'ordre de paiement résulte des actes d'une personne qui a eu accès à la procédure d'authentification par la faute de l'expéditeur apparent. 5. Un expéditeur lié par un ordre de paiement est lié par les termes de l'ordre reçu par la banque réceptrice. Toutefois, il n'est pas lié par un ordre de paiement faisant double emploi ou par une erreur ou anomalie dans un ordre de paiement si a) L'expéditeur et la banque réceptrice ont convenu d'une procédure de détection des ordres faisant double emploi, des erreurs ou des anomalies dans les ordres de paiement, et si b) L'utilisation de cette procédure par la banque réceptrice a ou aurait permis de déceler l'ordre faisant double emploi, l'erreur ou l'anomalie. Si l'erreur ou l'anomalie que la banque aurait décelée était que l'expéditeur avait donné pour instruction de payer un montant supérieur à celui qu'il entendait verser, l'expéditeur n'est lié que par le montant qu'il entendait verser. Le paragraphe 5 s'applique aux erreurs ou anomalies dans les ordres modifiés ou les ordres de révocation au même titre qu'aux erreurs ou anomalies dans les ordres de paiement. 6. L'expéditeur est tenu de payer à la banque réceptrice le montant de l'ordre de paiement à compter du moment où elle l'accepte, mais ce paiement n'est dû que lorsque commence la période d'exécution. Article 6 Paiement à la banque réceptrice7 Pour l'application de la présente loi, l'obligation de payer la banque réceptrice qui incombe à l'expéditeur en application de l'article 5-6 est acquittée a) Si la banque réceptrice débite un compte de l'expéditeur tenu par elle, lorsqu'il y a inscription au débit; ou b) Si l'expéditeur est une banque et que l'alinéa a) ne s'applique pas, i) Lorsque le crédit que l'expéditeur fait porter au compte qu'a la banque réceptrice auprès de lui est utilisé ou, s'il n'est pas utilisé, le jour ouvré suivant le jour où ce crédit peut être utilisé et où la banque réceptrice a connaissance de ce fait, ou ii) Lorsque le crédit que l'expéditeur fait porter au compte de la banque réceptrice auprès d'une autre banque est utilisé ou, s'il n'est pas utilisé, le jour ouvré suivant le jour où ce crédit peut être utilisé et où la banque réceptrice a connaissance de ce fait, ou iii) Lorsque le règlement définitif est effectué en faveur de la banque réceptrice par une banque centrale auprès de laquelle elle a un compte, ou iv) Lorsque le règlement définitif est effectué en faveur de la banque réceptrice conformément a. Aux règles d'un système de transfert de fonds prévoyant le règlement des obligations entre les participants bilatéralement ou multilatéralement, ou b. A un accord de compensation bilatérale conclu avec l'expéditeur; ou c) Si ni l'alinéa a) ni l'alinéa b) ne s'applique, de toute autre manière autorisée par la loi. Article 7 Acceptation ou rejet de l'ordre de paiement par une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire 1. Les dispositions du présent article s'appliquent à une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire. 2. La banque réceptrice accepte l'ordre de paiement de l'expéditeur dès que se produit l'un des faits suivants :8 a) La banque reçoit l'ordre de paiement, à condition que l'expéditeur et la banque aient convenu que la banque exécuterait dès réception les ordres de paiement émanant de l'expéditeur; b) La banque donne avis de son acceptation à l'expéditeur; c) La banque émet un ordre de paiement ayant pour objet de donner suite à l'ordre de paiement reçu; d) La banque débite un compte de l'expéditeur auprès d'elle en règlement de l'ordre de paiement; e) Le délai prévu au paragraphe 3 pour donner avis du rejet s'est écoulé sans qu'un avis ait été donné. 3. La banque réceptrice qui n'accepte pas un ordre de paiement est tenue de donner avis du rejet au plus tard le jour ouvré suivant la fin du délai d'exécution, à moins que : a) Lorsque le paiement doit être effectué par débit d'un compte de l'expéditeur auprès de la banque réceptrice, il n'y ait pas suffisamment de fonds sur le compte pour régler l'ordre de paiement; b) Lorsque le paiement doit être effectué par d'autres moyens, le paiement n'ait pas été effectué; ou c) Il n'y ait pas suffisamment d'éléments d'information pour identifier l'expéditeur. 4. Un ordre de paiement cesse d'être valable s'il n'est ni accepté ni rejeté en vertu du présent article avant l'heure de clôture le cinquième jour ouvré suivant la fin de la période d'exécution. Article 8 Obligations d'une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire 1. Les dispositions du présent article s'appliquent à toute banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire. 2. Une banque réceptrice qui accepte un ordre de paiement est tenue en vertu de celui-ci d'émettre, dans le délai prescrit à l'article 11, à l'intention de la banque du bénéficiaire ou d'une banque intermédiaire, un ordre de paiement conforme au contenu de celui qu'elle a reçu et qui comporte les instructions nécessaires pour réaliser le virement de manière appropriée. 3. Lorsqu'une banque réceptrice détermine qu'il n'est pas possible de suivre une instruction de l'expéditeur quant à la banque intermédiaire ou au système de transfert de fonds à utiliser pour l'exécution du virement, ou que donner suite à cette instruction entraînerait des coûts ou un retard excessifs dans la réalisation du virement, elle sera réputée s'être conformée au paragraphe 2, si elle a9 demandé à l'expéditeur, avant la fin de la période d'exécution, quelles mesures elle devait prendre. 4. Lorsqu'elle reçoit une instruction qui semble être un ordre de paiement, mais qui ne contient pas suffisamment de données pour en constituer un, ou que, étant un ordre de paiement, l'instruction ne peut pas être exécutée en raison de l'insuffisance des données, mais que l'expéditeur peut être identifié, la banque réceptrice est tenue de donner avis à ce dernier de l'insuffisance constatée, dans le délai prescrit à l'article Lorsqu'une banque réceptrice constate un défaut de concordance dans les éléments d'information relatifs au montant du virement, elle est tenue d'en donner avis à l'expéditeur, dans le délai prescrit à l'article 11, si celui-ci peut être identifié. Tout intérêt payable en application de l'article 17-4 pour manquement à l'obligation de donner avis énoncée dans le présent paragraphe est déduit de tout intérêt payable en application de l'article 17-1 pour non-respect du paragraphe 2 du présent article. 6. Pour l'application du présent article, les agences et établissements distincts d'une banque, même s'ils sont situés dans le même Etat, sont considérés comme des banques distinctes. Article 9 Acceptation ou rejet de l'ordre de paiement par la banque du bénéficiaire 1. La banque du bénéficiaire accepte un ordre de paiement dès que se produit l'un des faits suivants : a) La banque reçoit l'ordre de paiement, à condition que l'expéditeur et la banque aient convenu que la banque exécuterait dès réception les ordres de paiement émanant de l'expéditeur; b) La banque donne avis de son acceptation à l'expéditeur; c) La banque débite un compte de l'expéditeur auprès d'elle en règlement de l'ordre de paiement; d) La banque crédite le compte du bénéficiaire ou met les fonds à la disposition de ce dernier de toute autre manière; e) La banque donne avis au bénéficiaire qu'il a le droit de retirer les fonds ou d'utiliser le crédit; f) La banque utilise de toute autre manière le crédit conformément à l'ordre de paiement; g) La banque impute le crédit sur une dette du bénéficiaire envers elle ou l'utilise conformément à une10 décision d'un tribunal ou d'une autre autorité compétente; h) Le délai prévu au paragraphe 2 pour donner avis du rejet s'est écoulé sans qu'un avis ait été donné. 2. La banque du bénéficiaire qui n'accepte pas un ordre de paiement est tenue de donner avis du rejet au plus tard le jour ouvré suivant la fin de la période d'exécution, à moins que : a) Lorsque le paiement doit être effectué par débit d'un compte de l'expéditeur auprès de la banque du bénéficiaire, il n'y ait pas suffisamment de fonds sur le compte pour régler l'ordre de paiement; b) Lorsque le paiement doit être effectué par d'autres moyens, le paiement n'ait pas été effectué; ou c) Il n'y ait pas suffisamment d'éléments d'information pour identifier l'expéditeur. 3. Un ordre de paiement cesse d'être valable s'il n'est ni accepté ni rejeté en vertu du présent article avant l'heure de clôture le cinquième jour ouvré suivant la fin de la période d'exécution. Article 10 Obligations de la banque du bénéficiaire 1. La banque du bénéficiaire qui accepte un ordre de paiement est tenue de mettre les fonds à la disposition du bénéficiaire, ou d'utiliser le crédit de toute autre manière, conformément à l'ordre de paiement et à la loi régissant la relation entre elle et le bénéficiaire. 2. Lorsqu'elle reçoit une instruction qui semble être un ordre de paiement, mais qui ne contient pas suffisamment de données pour en constituer un, ou que, étant un ordre de paiement, l'instruction ne peut pas être exécutée en raison de l'insuffisance des données, mais que l'expéditeur peut être identifié, la banque du bénéficiaire est tenue de donner avis à ce dernier de l'insuffisance constatée, dans le délai prescrit à l'article Lorsque la banque du bénéficiaire constate un défaut de concordance dans les éléments d'information relatifs au montant du virement, elle est tenue d'en donner avis à l'expéditeur, dans le délai prescrit à l'article 11, si l'expéditeur peut être identifié. 4. Lorsque la banque du bénéficiaire constate un défaut de concordance dans les éléments d'information destinés à l'identification du bénéficiaire, elle est tenue d'en donner avis à l'expéditeur, dans le délai prescrit à l'article 11, si l'expéditeur peut être identifié.11 5. Sauf indication contraire figurant dans l'ordre de paiement, la banque du bénéficiaire est tenue, dans le délai prescrit pour l'exécution à l'article 11, de donner avis au bénéficiaire qui n'est pas titulaire d'un compte chez elle qu'elle tient les fonds à sa disposition, si elle dispose de suffisamment d'éléments d'information pour donner un tel avis. Article 11 Moment où la banque réceptrice doit exécuter l'ordre de paiement et en donner avis 1. En principe, une banque réceptrice qui est tenue d'exécuter un ordre de paiement doit le faire le jour ouvré où elle le reçoit. Si elle ne le fait pas, elle est tenue de l'exécuter le jour ouvré suivant le jour où elle a reçu l'ordre de paiement. Néanmoins, a) Si une date postérieure est indiquée sur l'ordre de paiement, elle l'exécute à cette date, ou b) Si l'ordre de paiement indique une date à laquelle les fonds doivent être mis à la disposition du bénéficiaire et qu'il s'ensuit qu'une exécution postérieure est appropriée pour que la banque du bénéficiaire puisse accepter un ordre de paiement et l'exécuter à cette date, elle l'exécute à cette date. 2. Si la banque réceptrice exécute l'ordre de paiement le jour ouvré suivant le jour où elle l'a reçu, elle doit, sauf dans les cas où elle le fait en application de l'alinéa a) ou b) du paragraphe 1, l'exécuter avec valeur à compter du jour de réception. 3. Une banque réceptrice qui est tenue d'exécuter un ordre de paiement parce qu'elle l'a accepté en application de l'article 7-2 e) doit l'exécuter avec valeur au plus tard le jour où l'ordre de paiement est reçu ou le jour où a) Lorsque le paiement doit être effectué par débit d'un compte de l'expéditeur auprès de la banque réceptrice, il y a suffisamment de fonds sur le compte pour régler l'ordre de paiement, ou b) Lorsque le paiement doit être effectué par d'autres moyens, le paiement a été effectué. 4. L'avis qui doit être donné conformément aux dispositions des paragraphes 4 ou 5 de l'article 8 ou des paragraphes 2, 3 ou 4 de l'article 10 doit l'être au plus tard le jour ouvré suivant la fin de la période d'exécution. 5. Une banque réceptrice qui reçoit un ordre de paiement après l'heure limite pour ce type d'ordres de paiement est habilitée à le considérer comme ayant été reçu le jour suivant où elle exécute ce type d'ordres de paiement.12 6. Si une banque réceptrice est tenue d'exécuter une opération un jour où elle n'effectue pas ce type d'opérations, elle doit l'exécuter le jour suivant où elle exécute ce type d'opérations. 7. Pour l'application du présent article, les agences ou établissements distincts d'une banque, même s'ils sont situés dans le même Etat, sont considérés comme des banques distinctes. Article 12 Révocation 1. Un ordre de paiement ne peut pas être révoqué par l'expéditeur, sauf si l'ordre de révocation est reçu par une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire à un moment et selon des modalités tels qu'elle soit raisonnablement en mesure d'y donner suite avant le moment effectif de l'exécution ou le commencement du jour où l'ordre de paiement aurait dû être exécuté en application de l'alinéa a) ou b) de l'article 11-1, si ce moment est postérieur. 2. Un ordre de paiement ne peut pas être révoqué par l'expéditeur, sauf si l'ordre de révocation est reçu par la banque du bénéficiaire à un moment et selon des modalités tels qu'elle soit raisonnablement en mesure d'y donner suite avant le moment où le virement est achevé ou le commencement du jour où les fonds doivent être placés à la disposition du bénéficiaire, si ce moment est postérieur. 3. Nonobstant les dispositions des paragraphes 1 et 2, l'expéditeur et la banque réceptrice peuvent convenir que les ordres de paiement adressés par l'expéditeur à la banque réceptrice sont irrévocables ou qu'un ordre de révocation ne prend effet que s'il est reçu avant le moment défini au paragraphe 1 ou au paragraphe Tout ordre de révocation doit être authentifié. 5. Une banque réceptrice autre que la banque du bénéficiaire qui exécute un ordre de paiement pour lequel un ordre de révocation valable a été reçu ou est ultérieurement reçu, ou la banque du bénéficiaire qui accepte un tel ordre, ne peut prétendre au règlement de cet ordre de paiement. Si le virement est achevé, la banque doit rembourser tout paiement qu'elle a reçu. 6. Si le destinataire d'un remboursement n'est pas le donneur d'ordre du virement, il transmet le remboursement à l'expéditeur précédent. 7. Une banque qui est tenue de rembourser l'expéditeur de l'ordre de paiement qu'elle a reçu est libérée de cette obligation dans la mesure où elle effectue le remboursement directement à un expéditeur13 précédent. Toute banque venant après cet expéditeur précédent est libérée dans la même mesure. 8. Un donneur d'ordre qui a droit à un remboursement en application du présent article peut le recouvrer auprès de toute banque tenue à remboursement en application du présent article dans la mesure où cette banque n'a pas déjà effectué le remboursement. Une banque qui est tenue d'effectuer un remboursement est libérée de cette obligation dans la mesure où elle rembourse directement le donneur d'ordre. Toute autre banque ainsi obligée est libérée dans la même mesure. 9. Les paragraphes 7 et 8 ne s'appliqueront pas à une banque si leur application devait porter atteinte aux droits ou obligations que lui confère tout accord ou toute règle d'un système de transfert de fonds. 10. Si le virement est achevé mais qu'une banque réceptrice exécute un ordre de paiement pour lequel elle a reçu ou reçoit par la suite un ordre de révocation valable, elle peut se prévaloir des mêmes droits de recouvrer auprès du bénéficiaire le montant du virement que ceux qui peuvent être prévus par la loi dans les cas où un virement n'est pas achevé. 11. Le décès, l'insolvabilité, la faillite ou l'incapacité de l'expéditeur ou du donneur d'ordre n'emporte pas révocation de l'ordre de paiement ni ne met fin au pouvoir de l'expéditeur. 12. Les principes énoncés dans le présent article s'appliquent à la modification d'un ordre de paiement. 13. Pour l'application du présent article, les agences et établissements distincts d'une banque, même s'ils sont situés dans le même Etat, sont considérés comme des banques distinctes. CHAPITRE III. CONSEQUENCES DES INCIDENTS, ERREURS OU RETARDS DANS LES VIREMENTS Article 13 Assistance Tant que le virement n'est pas achevé, chaque banque réceptrice s'efforce d'aider le donneur d'ordre et, chaque banque expéditrice suivante, de faire aboutir les procédures bancaires de virement et de solliciter à cette fin le concours de la banque réceptrice suivante. Article 14 Remboursement 1. Si le virement n'est pas achevé, la banque du donneur d'ordre est tenue de lui restituer tout paiement reçu de lui, accru des intérêts courant à compter du jour du paiement jusqu'au jour du remboursement.14 La banque du donneur d'ordre, et chaque banque réceptrice suivante, a droit au remboursement de toutes sommes qu'elle a versées à la banque réceptrice suivante, accrues des intérêts courant à compter du jour du paiement jusqu'au jour du remboursement. 2. Les dispositions du paragraphe 1 ne peuvent pas être modifiées conventionnellement, sauf dans les cas où la banque du donneur d'ordre, par mesure de prudence, n'aurait pas, sans cela, accepté un ordre de paiement donné, en raison du risque important présenté par le virement. 3. Une banque réceptrice n'est pas tenue au remboursement visé au paragraphe 1 si elle n'est pas en mesure de se faire rembourser parce qu'une banque intermédiaire qu'elle avait reçu pour instruction d'utiliser pour effectuer le virement se trouve en cessation de paiements ou que la loi interdit à la banque intermédiaire d'effectuer le remboursement. Une banque réceptrice n'est considérée avoir reçu pour instruction d'utiliser la banque intermédiaire que si elle prouve qu'elle ne sollicite pas systématiquement de telles instructions dans les cas similaires. L'expéditeur qui a le premier spécifié que cette banque intermédiaire devait être utilisée a le droit de réclamer le remboursement à la banque intermédiaire. 4. Une banque qui est tenue de rembourser l'expéditeur de l'ordre de paiement qu'elle a reçu est libérée de cette obligation dans la mesure où elle effectue le remboursement directement à un précédent expéditeur. Toute banque venant après cet expéditeur précédent est libérée dans la même mesure. 5. Un donneur d'ordre qui a droit à un remboursement en application du présent article peut le recouvrer auprès de toute banque tenue à remboursement en application du présent article dans la mesure où cette banque n'a pas déjà effectué le remboursement. Une banque qui est tenue d'effectuer un remboursement est libérée de cette obligation dans la mesure où elle rembourse directement le donneur d'ordre. Toute autre banque ainsi obligée est libérée dans la même mesure. 6. Les paragraphes 4 et 5 ne s'appliqueront pas à une banque si leur application devait porter atteinte aux droits ou obligations que lui confère tout accord ou toute règle d'un système de transfert de fonds. Article 15 Rectification d'un paiement insuffisant Lorsque le montant de l'ordre de paiement exécuté par une banque réceptrice est, pour une raison autre que les frais prélevés par celle-ci, inférieur à celui de l'ordre de paiement qu'elle a accepté, la banque est tenue d'émettre un ordre de paiement couvrant la différence. Article 16 Restitution d'un trop-perçu Lorsque le virement est achevé mais que le montant de l'ordre de paiement exécuté par une banque15 réceptrice est supérieur au montant de l'ordre de paiement qu'elle a accepté, la banque peut se prévaloir des mêmes droits de recouvrer la différence auprès du bénéficiaire que ceux qui peuvent être prévus par la loi dans les cas où un virement n'est pas achevé. Article 17 Responsabilité et versement d'intérêts 1. Une banque réceptrice qui ne s'acquitte pas de ses obligations en vertu de l'article 8-2 est responsable envers le bénéficiaire, si le virement est achevé. Elle est tenue de verser des intérêts sur le montant de l'ordre de paiement pour la durée du retard qui lui est imputable. Si le retard ne concerne qu'une partie du montant de l'ordre de paiement, elle est tenue de verser des intérêts sur cette partie seulement. 2. L'obligation de la banque réceptrice visée au paragraphe 1 peut être acquittée par paiement à la banque réceptrice suivante ou par paiement direct au bénéficiaire. Si la banque réceptrice qui reçoit ce paiement n'est pas le bénéficiaire, elle transmet les intérêts à la banque réceptrice suivante, ou, au bénéficiaire, si elle est la banque du bénéficiaire. 3. Dans la mesure où il a versé au bénéficiaire des intérêts du fait d'un retard dans l'achèvement du virement, le donneur d'ordre peut recouvrer les intérêts que le bénéficiaire était en droit de recevoir en vertu des paragraphes 1 et 2 mais qu'il n'a pas reçus. La banque du donneur d'ordre et chaque banque réceptrice suivante qui n'est pas la banque tenue de verser des intérêts en vertu du paragraphe 1 peut recouvrer les intérêts versés à son expéditeur auprès de sa banque réceptrice ou de la banque qui est tenue de verser des intérêts en vertu du paragraphe Une banque réceptrice qui ne donne pas avis, comme elle est tenue de le faire conformément aux paragraphes 4 ou 5 de l'article 8, doit des intérêts à l'expéditeur sur tout paiement qu'elle a reçu de ce dernier en application de l'article 5-6, pour la période pendant laquelle elle retient le paiement. 5. La banque du bénéficiaire qui ne donne pas avis, comme elle est tenue de le faire conformément aux paragraphes 2, 3 ou 4 de l'article 10, doit des intérêts à l'expéditeur sur tout paiement qu'elle a reçu de ce dernier en application de l'article 5-6, à compter du jour du paiement jusqu'au jour où elle donne l'avis requis. 6. La banque du bénéficiaire est responsable envers le bénéficiaire, dans la mesure prévue par la loi régissant la relation entre eux, de l'inexécution de l'une des obligations énoncées aux paragraphes 1 ou 5 de l'article Les dispositions du présent article peuvent être modifiées par convention en vue d'aggraver ou de limiter la responsabilité d'une banque envers une autre banque. Lorsqu'elle a pour objet de limiter la responsabilité, une telle convention peut être prévue par une banque dans ses conditions générales. Une banque peut accepter d'aggraver sa responsabilité mais ne peut la limiter envers un donneur d'ordre ou16 un bénéficiaire autre qu'une banque. En particulier, elle ne peut limiter sa responsabilité par une convention fixant le taux d'intérêt. Article 18 Exclusivité des recours Les recours prévus par l'article 17 sont exclusifs, et aucun autre recours n'est ouvert en cas de nonrespect de l'article 8 ou de l'article 10, à l'exception de tout recours pouvant exister lorsqu'une banque a mal exécuté, ou n'a pas exécuté, un ordre de paiement soit a) avec l'intention délibérée de causer un préjudice, soit b) témérairement et sachant pertinemment qu'un préjudice pourrait en résulter. CHAPITRE IV. ACHEVEMENT DU VIREMENT Article 19 Achèvement du virement 3 1. Le virement s'achève lorsque la banque du bénéficiaire accepte un ordre de paiement en faveur de celui-ci. A l'achèvement du virement, la banque du bénéficiaire lui est redevable du montant de l'ordre de paiement qu'elle a accepté. L'achèvement est sans autres effets sur la relation entre le bénéficiaire et la banque du bénéficiaire. 2. Le virement est achevé même si le montant de l'ordre de paiement accepté par la banque du bénéficiaire est inférieur au montant de l'ordre de paiement émis par le donneur d'ordre du fait qu'une ou plusieurs banques réceptrices ont prélevé des frais. L'achèvement du virement ne porte atteinte à aucun des droits que pourrait avoir le bénéficiaire, en vertu de la loi applicable régissant l'obligation sousjacente, de recouvrer le montant de ces frais auprès du donneur d'ordre. NOTE EXPLICATIVE DU SECRETARIAT DE LA CNUDCI RELATIVE A LA LOI TYPE SUR LES VIREMENTS INTERNATIONAUX 4 INTRODUCTION 1. La Loi type de la CNUDCI sur les virements internationaux, adoptée par la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI) en 1992, a été établie pour répondre à une évolution profonde des modes de transfert de fonds à l'échelon international. Cette évolution était double : les ordres de paiement sur papier étaient de plus en plus souvent remplacés par des ordres de paiement électroniques et les prélèvements cédaient de plus en plus la place aux virements. De ce fait, les instruments antérieurs visant à unifier la législation des prélèvements internationaux n'étaient plus adaptés aux nouvelles techniques de transfert de fonds. La Loi type offre la possiblité d'unifier la17 législation des virements par l'adoption d'un texte qui tient compte des exigences des techniques modernes de transfert de fonds. A. LES TRANSFERTS DE FONDS EN GENERAL 2. Jusqu'au milieu des années 70, une personne qui souhaitait transférer des fonds d'un pays à un autre, soit pour s'acquitter d'une obligation, soit pour disposer de fonds dans cet autre pays, n'avait pas un choix très large. Elle pouvait envoyer un chèque personnel ou un chèque de société au destinataire des fonds, mais le recouvrement international de ces instruments était à la fois lent et onéreux. Elle pouvait acheter à sa banque une traite tirée par cette dernière sur un correspondant dans le pays du destinataire. Le recouvrement de cette traite bancaire internationale était plus rapide que dans le cas des chèques personnels ou chèques de société, puisque la traite était payable dans le pays du destinataire et dans la monnaie de ce pays. 3. Il existait une troisième méthode, encore plus rapide, depuis le milieu du XIXème siècle. La banque du donneur d'ordre pouvait envoyer un ordre de paiement télégraphique à sa banque correspondante dans le pays du bénéficiaire, par lequel elle priait la banque réceptrice de payer le destinataire des fonds. (L'ordre de paiement pouvait alors être transmis entre les banques sur papier. Il s'agit là d'une méthode courante de transferts de fonds dans de nombreux pays. Toutefois, cette méthode était plus rarement utilisée pour les transferts internationaux.) Bien que plus rapide que les deux autres méthodes, le télégraphe était un mode de communication relativement onéreux et les erreurs étaient fréquentes. Lorsque le télex a remplacé le télégraphe, l'opération bancaire est restée la même pour l'essentiel, mais les coûts ont été réduits, pour une précision améliorée. C'est ainsi que, progressivement, on a moins recouru aux chèques bancaires pour les paiements internationaux. Avec l'introduction des télécommunications interbancaires par ordinateur au milieu des années 70, les coûts ont encore baissé, pour une vitesse et une précision très supérieures. Du fait du développement de ce type de télécommunication dans un nombre de plus en plus grand de pays, le recours aux chèques bancaires pour les transferts de fonds internationaux a très fortement dimunué et les transferts par télex ont perdu de leur importance. 4. Le recouvrement de chèques bancaires, les transferts par télex et les nouveaux transferts par ordinateurs ont un élément important en commun : un montant est transféré entre le donneur d'ordre et le bénéficiaire au moyen du débit du compte bancaire du donneur d'ordre et du crédit du compte bancaire du bénéficiaire. Le règlement entre les banques est également effectué par des opérations de débit et de crédit passées sur les comptes appropriés. Ces comptes peuvent être gérés par les banques en question ou par des banques tierces, notamment une banque centrale. 5. Il existe également une différence frappante entre, d'une part, le recouvrement d'un chèque bancaire (ou d'un chèque personnel ou d'un chèque de société) et, d'autre part, un transfert par télex ou par ordinateur. Le chèque est envoyé au bénéficiaire par courrier ou par tout autre mode de communication extérieur aux banques. Aussi les procédures bancaires de recouvrement du chèque sont-elles entamées par le bénéficiaire du transfert. Un tel transfert est de plus en plus souvent appelé "prélèvement". Le18 recouvrement d'une lettre de change ou d'un billet à ordre constitue également un prélèvement, puisque c'est le bénéficiaire du transfert qui entame la procédure du transfert de fonds; il existe d'autres techniques de prélèvement, dont certaines font appel à l'ordinateur. 6. Dans les transferts par télex et par ordinateur, c'est le donneur d'ordre qui entame la procédure bancaire en ordonnant à sa banque de débiter son propre compte et de créditer le compte du bénéficiaire. Un transfert de fonds dans lequel le donneur d'ordre entame la procédure bancaire est souvent appelé "virement", et c'est ce terme qui a été retenu dans la loi type. B. UNIFICATION DE LA LEGISLATION 7.Du fait du développement international des prélèvements, découlant du recouvrement de chèques et de lettres de change, diverses activités ont été entreprises pour unifier la législation des effets de commerce et de leur recouvrement 5. Par contre, récemment encore, l'unification des lois régissant les virements internationaux sur papier et par télex suscitait peu d'intérêt. 8. La situation a commencé d'évoluer en 1975, lorsqu'a été inauguré le premier système international de messages interbancaires par ordinateur. A la même époque ont commencé d'apparaître dans divers pays des systèmes de transfert de fonds électroniques pour les entreprises ou pour les consommateurs. Comme on ne savait pas très bien si les règles régissant les transferts de fonds sur papier devraient ou pourraient être appliquées aux transferts de fonds électroniques, dans leur intégralité ou en partie, la CNUDCI s'est d'abord attachée à élaborer un Guide juridique sur les transferts électroniques de fonds (A CN.9 SER.B 1, numéro de vente F.87.V.9). Ce guide étudiait les problèmes juridiques que poserait le passage d'un système de transfert de fonds sur papier à un système électronique. Comme il était axé sur les incidences de ce passage du papier à l'électronique, il traitait aussi bien des prélèvements que des virements. 9. Lorsque la CNUDCI a autorisé la publication du Guide juridique en 1986, elle a aussi décidé d'élaborer des règles juridiques types afin "d'influer sur l'évolution" des pratiques et lois nationales régissant les nouveaux systèmes de transfert de fonds. Par la suite, il a été décidé que ces règles juridiques types prendraient la forme d'une loi type et que cette loi type serait rédigée en vue de son adoption par les Etats. C. CHAMP D'APPLICATION 1. Catégories d'opérations régies par la Loi type 10. Comme il ressort de son titre, et à la différence du Guide juridique, la Loi type s'applique aux virements. Elle ne s'applique pas aux prélèvements, même sous forme électronique. Elle ne se limite pas aux virements effectués par ordinateur ou par d'autres techniques électroniques, bien qu'elle ait été élaborée en raison de la croissance explosive des systèmes de virements électroniques. De nombreux virements, tant nationaux qu'internationaux, commencent par un ordre de paiement sur papier adressé19 par le donneur d'ordre à sa banque, qui est suivi d'un ordre de paiement interbancaire sous forme électronique. Il serait donc difficile et inutile de définir les virements électroniques. La solution de quelques questions juridiques seulement dépendait du point de savoir si l'ordre de paiement était ou non sous forme électronique. Des règles appropriées ont été rédigées pour ces cas particuliers. 11. Si de nombreux virements n'exigent que les services de la banque du donneur d'ordre et de la banque du bénéficiaire, d'autres supposent que l'on fasse appel à une ou plusieurs banques intermédiaires. Dans ces derniers cas, le virement commence par un ordre de paiement donné par le donneur d'ordre à sa banque, suivi par des ordres de paiement adressés par la banque du donneur d'ordre à la banque intermédiaire et par la banque intermédiaire à la banque du bénéficiaire. Le virement exige également que chacun des trois expéditeurs paie sa banque réceptrice. Comme il est indiqué à l'alinéa a) de l'article 2, un virement, et donc l'opération régie par la Loi type, désigne "la série d'opérations, commençant par l'ordre de paiment du donneur d'ordre, effectuées dans le but de mettre des fonds à la disposition d'un bénéficiaire". 12. La Loi type est expressément limitée aux virements qui sont internationaux. Cette décision est notamment justifiée par le fait que la CNUDCI a été créée pour unifier le droit du commerce international. En outre, si tous les pays se heurtent pour l'essentiel aux mêmes problèmes juridiques et pratiques à propos des virements internationaux, les circonstances dans lesquelles sont effectués les virements nationaux sont très diverses. 13. Les critères énoncés à l'article premier, afin de déterminer si un virement est international et donc soumis à la Loi type, sont les suivants : une banque expéditrice et sa banque réceptrice doivent être situées dans des Etats différents. Si une banque expéditrice et une banque réceptrice sont situées dans des Etats différents, tous les aspects du virement entrent dans le champ d'application de la Loi type. 14. Bien que les méthodes appliquées pour effectuer des virements nationaux dans certains pays soient sensiblement différentes des méthodes utilisées pour les virements internationaux, la Commission a considéré qu'aucune des règles de fond de la Loi type n'était exclusivement adaptée aux virements internationaux. De ce fait, certains Etats voudraient peut-être adopter la Loi type tant pour leurs virements nationaux que pour leurs virements internationaux, ce qui assurerait l'uniformité du droit. Il suffirait pour cela de modifier le champ d'application énoncé à l'article premier. 15. Les virements peuvent être effectués par des individus pour des raisons personnelles et par des entreprises pour des raisons commerciales. Certains pays ont adopté des lois particulières relatives à la protection du consommateur qui régissent certains aspects d'un virement. La note relative à l'article premier dispose que cette législation relative à la protection du consommateur peut prévaloir sur les dispositions de la Loi type. Si une personne privée est donneur d'ordre ou bénéficiaire d'un virement, ses droits et obligations seront régis par la Loi type, sous réserve de toute disposition relative à la protection du consommateur qui pourra être applicable. 2. Segments d'un virement international20 16. Une fois qu'il a été décidé que la Loi type serait rédigée de manière à s'appliquer à "la série d'opérations... effectuées dans le but de mettre des fonds à la disposition du bénéficiaire", et non uniquement à l'ordre de paiement transmis entre une banque d'un pays et une banque d'un autre pays, il fallait déterminer si tous les aspects d'un virement international donné seraient soumis à la Loi type telle qu'elle aurait été adoptée dans un pays donné. Il a été jugé par tous les intéressés qu'un tel résultat serait souhaitable, car il garantirait l'application d'un régime juridique unique à l'ensemble du virement. A un stade des travaux, il a été proposé d'inclure dans la Loi type une règle à cet effet. La CNUDCI a décidé qu'une telle règle, bien que souhaitable en théorie, n'était pas possible pour des raisons tant techniques que politiques. Aussi la CNUDCI a-t-elle accepté que chacune des opérations effectuées dans le cadre du virement soit soumise à la loi applicable à ladite opération. On espérait naturellement que la Loi type serait largement adoptée, de sorte que les différentes opérations d'un virement donné seraient soumises à un régime juridique cohérent. 17. Durant de l'élaboration de la Loi type, la CNUDCI a donné effet à sa décision selon laquelle chacune des opérations effectuées dans le cadre du virement serait soumise à la loi applicable à ladite opération au moyen d'un article sur le conflit de lois. Cet article autorisait les parties à choisir la loi applicable à leur relation. Un tel choix serait probablement inclus dans un accord antérieur au virement en question. Faute d'un tel accord, la loi de l'etat de la banque réceptrice s'appliquerait aux droits et obligations découlant de l'ordre de paiement envoyé à ladite banque. 18. A sa session de 1992, lors de laquelle la Loi type a été adoptée, la Commission a décidé de supprimer la disposition relative au conflit de lois dans la Loi type proprement dite. Toutefois, cette disposition a été incluse en tant que note relative au chapitre premier de la Loi type, "à l'intention des Etats qui pourraient souhaiter l'adopter". D. MESURE DANS LAQUELLE LA LOI TYPE EST IMPERATIVE 19. L'article 4 est libellé comme suit : "Sauf disposition contraire de la présente loi, les parties à un virement peuvent convenir de modifier leurs droits et obligations". Cette simple phrase énonce trois propositions : - En principe, la Loi type n'est pas impérative. Les parties à un virement peuvent convenir de modifier leurs droits et obligations. - La convention doit avoir été conclue par les parties dont les droits et obligations sont en jeu. Cela signifie, par exemple, que l'accord d'un groupe de banques relatif à leurs opérations peut modifier les droits et obligations de ces banques tels qu'ils sont énoncés dans la Loi type. Toutefois, cet accord n'aura aucun effet sur les droits et obligations des clients, à moins que les clients n'aient également accepté une telle modification de leurs droits et obligations. Cette règle est quelque peu modifiée aux articles 12-9 et 14-6, qui tous deux disposent que des paragraphes donnés de la Loi type régissant le mode de remboursement dans certains circonstances particulières "ne s'appliqueront pas à une Montrer encore
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 L'article 4