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Timestamp: 2016-10-27 05:09:53+00:00

Document:
recourant, repr�sent� par Me Charles Munoz, avocat, rue du Casino 1, case postale 553, 1401 Yverdon,
S�questration et enl�vement (art. 183 CP), extorsion qualifi�e (art. 156 ch. 3 CP), prise d'otage (art. 185 CP),
pourvoi en nullit� contre l'arr�t du Tribunal cantonal vaudois, Cour de cassation p�nale, du 20 d�cembre 2001.
Par jugement du 27 mars 2001, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a notamment condamn� X.________, pour s�questration et enl�vement (art. 183 ch. 1 CP), extorsion qualifi�e (art. 156 ch. 3 CP), prise d'otage (art. 185 ch. 1 CP), rupture de ban (art. 291 CP), infraction grave � la loi f�d�rale sur les stup�fiants (art. 19 ch. 1 et 2 LStup), infraction � la loi f�d�rale sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers (art. 23 al. 1 4�me phrase LSEE) et infraction � la loi f�d�rale sur les armes, les accessoires d'armes et les munitions (art. 33 al. 1 let. a LArm), � la peine de 6 ans de r�clusion, sous d�duction de 826 jours de d�tention pr�ventive, cette peine �tant compl�mentaire � une autre, de 2 ans d'emprisonnement, prononc�e le 23 juin 1997, ainsi qu'� l'expulsion � vie. Le tribunal a par ailleurs condamn� plusieurs coaccus�s et statu� sur des conclusions civiles.
Saisie d'un recours en r�forme de X.________, la Cour de cassation p�nale du Tribunal cantonal vaudois l'a �cart� par arr�t du 20 d�cembre 2001, confirmant le jugement qui lui �tait d�f�r� en ce qui le concerne. Cet arr�t a �t� notifi� le 14 juin 2002 au mandataire de X.________.
S'agissant des faits pertinents pour le jugement de la pr�sente cause, l'arr�t attaqu� retient, en substance, ce qui suit.
B.a Dans le courant de l'ann�e 1998, Y.________ a eu l'id�e d'enlever le fils d'amis de ses parents, en vue d'obtenir de la famille de celui-ci une ran�on de 5 millions de francs. A cette fin, il a imagin� un plan d'ex�cution et d�cid� de recourir � des hommes de main. A la mi-d�cembre 1998, une premi�re �quipe d'hommes de main, recrut�e quelques semaines auparavant, a tent� � cinq reprises mais sans succ�s d'enlever la victime. Une seconde �quipe a alors �t� recrut�e, qui, apr�s plusieurs tentatives infructueuses entre le soir du 19 d�cembre et l'apr�s-midi du 21 d�cembre 1998, est parvenue � ses fins. C'est ainsi que, le 21 d�cembre 1998, vers 19 heures, la victime a �t� assaillie pr�s de son v�hicule, � la rue de Gen�ve, � Lausanne, par trois hommes cagoul�s, dont deux brandissaient une arme � feu charg�e; elle a ensuite �t� jet�e sur la banquette arri�re d'un v�hicule, conduit par un quatri�me homme, puis cagoul�e et menott�e, avant d'�tre emmen�e dans une grange abandonn�e au lieu-dit La Rasse, dans la r�gion d'Evionnaz, en Valais. Sur place, elle a �t� d�pouill�e de son portefeuille et de sa montre, puis a �t� contrainte, sous menaces de mort, de fournir les num�ros de code de ses cartes bancaires, postale et de cr�dit, au moyen desquelles des pr�l�vements de plusieurs milliers de francs ont �t� effectu�s par la suite, notamment par Z.________ puis Y.________.
La victime a �t� s�questr�e durant 45 heures, sous la surveillance de deux des quatre hommes, avant d'�tre lib�r�e par la police vaudoise le 23 d�cembre 1998, vers 16 heures 20, � Aclens. Durant ces deux jours, la m�re de la victime a �t� contact�e � plusieurs reprises afin qu'une ran�on de 5 millions de francs soit vers�e en �change de la lib�ration de l'otage; ces revendications ont �t� assorties de menaces de tuer ou de mutiler la victime. La famille de cette derni�re s'est ex�cut�e en versant une somme de 500'000 francs, exig�e � titre de premier acompte.
B.b Apr�s l'�chec des tentatives de la premi�re �quipe d'hommes de main, Y.________ a charg� l'un d'eux de recruter une nouvelle �quipe, lequel a alors abord� Z.________, promettant une r�mun�ration de 30'000 francs. Une nouvelle �quipe, comprenant X.________, a ainsi �t� constitu�e d�s le 16 d�cembre 1998, laquelle n'a toutefois pas �t� inform�e imm�diatement des r�elles intentions criminelles de Y.________ et, en particulier, du fait que le rapt avait pour but d'exiger une ran�on de la famille de la victime; dans un premier temps, il lui a en effet �t� expliqu� que la victime �tait "un type malhonn�te", qui devait une importante somme d'argent � Y.________ et que le rapt visait � exercer des pressions sur la victime pour permettre � Y.________ de recouvrer sa cr�ance envers celle-ci, qui devait �tre contrainte de remettre son portefeuille aux fins de pouvoir disposer de ses cartes bancaires et de cr�dit.
Apr�s plusieurs tentatives infructueuses entre le soir du 19 d�cembre et l'apr�s-midi du 21 d�cembre 1998, la victime a finalement �t� enlev�e, comme d�crit ci-dessus, dans la soir�e du 21 d�cembre 1998. C'est lors de son arriv�e au lieu o� elle devait �tre s�questr�e que, cagoul�e et menott�e, elle a �t� contrainte, sous menaces de mort, de remettre notamment � ses ravisseurs, dont X.________, son portefeuille, contenant ses cartes bancaires, postale et de cr�dit, puis de r�v�ler les num�ros de code correspondants, ce qu'elle a fait avec la crainte de se tromper. Deux des ravisseurs ont alors quitt� les lieux, munis des cartes et codes, pour aller les remettre � Y.________ et toucher l'avance qui leur avait �t� promise sur la r�mun�ration convenue, tandis que X.________ restait sur place pour garder la victime.
Le 22 d�cembre, vers 14 heures 30, X.________ a re�u un appel t�l�phonique de Z.________, qui voulait obtenir de la victime les num�ros des t�l�phones mobiles des parents de celle-ci, lesquels ne pouvaient �tre atteints sur leur t�l�phone fixe; � cette occasion, Z.________ a parl� directement avec la victime, la sommant de donner les num�ros des t�l�phones mobiles de ses parents pour les transmettre � Y.________, qui voulait contacter la famille pour exiger une ran�on. Dans la soir�e, vers 19 heures 30, Z.________ est venu retrouver X.________ au lieu de d�tention de l'otage, qu'ils ont d�cid� de transporter � Lonay, ce qu'ils ont fait, l'amenant au domicile d'un autre comparse, auquel une somme de 5'000 francs a �t� promise pour ce service, X.________ acceptant la proposition de Z.________ de d�duire ce montant de leur r�mun�ration. Il a �t� retenu que d�s le moment o�, dans la soir�e du 22 d�cembre 1998, il a �t� rejoint par Z.________ au lieu de d�tention de l'otage, X.________ a su qu'il participait � un rapt qui visait en r�alit� � obtenir une ran�on de la famille de la victime.
X.________ est rest� � Lonay avec la victime. Le lendemain 23 d�cembre 1998, il a �t� rejoint, en d�but d'apr�s-midi, par Z.________ et un comparse. Conform�ment aux instructions de Y.________, tous trois ont alors dict� � la victime un message destin� � ses parents, leur indiquant qu'elle serait lib�r�e dans quelques heures. Z.________ et le comparse qui l'accompagnait sont ensuite repartis, pour aller toucher une r�mun�ration suppl�mentaire de 30'000 francs - sur celle, port�e dans l'intervalle � 240'000 francs, convenue -, qui leur avait �t� promise en �change de l'acceptation de prolonger encore de quelques heures la d�tention de l'otage, X.________ restant avec la victime. Peu avant 16 heures, Z.________ et son comparse sont revenus; tous trois sont alors partis en voiture, emmenant la victime en vue de la rel�cher dans un endroit retir�. En cours de route, la voiture a �t� intercept�e par la police, qui a lib�r� l'otage vers 16 heures 20 � Aclens.
B.c X.________ a �t� reconnu coupable d'enl�vement et de s�questration au sens de l'art. 183 ch. 1 CP dans la mesure o� il ignorait, au moment du rapt et jusqu'au soir du 22 d�cembre 1998, que celui-ci visait � obtenir une ran�on de la famille de la victime et de prise d'otage au sens de l'art. 185 ch. 1 CP dans la mesure o�, apr�s l'avoir appris, il avait gard� la victime prisonni�re. S'agissant de cette derni�re infraction, la circonstance att�nuante de l'art. 185 ch. 4 CP a �t� �cart�e en consid�rant que les conditions n'en �taient pas r�alis�es.
En ce qui concerne l'infraction d'extorsion qualifi�e au sens de l'art. 156 ch. 3 CP, elle a �t� retenue du fait que X.________ avait obtenu de la victime qu'elle remette ses cartes bancaires et de cr�dit et r�v�le les num�ros de code correspondants sous la violence et en la mena�ant de mort.
Quant aux autres infractions retenues � la charge de X.________, elles l'ont �t� � raison de faits sans rapport direct avec le rapt.
En temps utile et par l'entremise de son avocat, X.________ s'est pourvu en nullit� au Tribunal f�d�ral. Soutenant que l'infraction d'extorsion qualifi�e absorbe celle d'enl�vement et de s�questration, que, s'agissant de la prise d'otage, il a agi en tant que simple complice, et non en tant que coauteur, et que le b�n�fice de la circonstance att�nuante de l'art. 185 ch. 4 CP lui a �t� refus� � tort, il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu�, en sollicitant l'assistance judiciaire.
Par courrier dat� du 10 ao�t 2002, soit apr�s l'�ch�ance, le lundi 15 juillet 2002, du d�lai l�gal de 30 jours pour d�poser un pourvoi en nullit� (cf. supra, let. A in fine; art. 272 al. 1 PPF et art. 32 al. 2 OJ), il a d�pos� personnellement un m�moire compl�mentaire, demandant en outre la d�signation d'un autre avocat. Par lettre du 20 ao�t 2002, il a �t� inform� que, le d�lai de recours �tant �chu, son m�moire compl�mentaire ne pouvait �tre pris en consid�ration, la d�signation d'un autre avocat devenant en outre inutile.
Le Minist�re public conclut au rejet du pourvoi.
Le recourant ne conteste pas s'�tre rendu coupable d'extorsion qualifi�e au sens de l'art. 156 ch. 3 CP ainsi que de s�questration et d'enl�vement au sens de l'art. 183 ch. 1 CP, mais soutient que la premi�re de ces infractions absorbe en l'esp�ce la seconde.
2.1 L'extorsion (art. 156 CP), comme le brigandage (art. 140 CP), est une infraction dirig�e � la fois contre le patrimoine et contre la libert�; elle suppose que l'auteur use d'un moyen de contrainte - dans le cas de l'art. 156 ch. 3 CP, des m�mes moyens de contrainte que s'il s'agit d'un brigandage (art. 140 ch. 1 CP) - pour amener une personne � accomplir un acte pr�judiciable � ses int�r�ts p�cuniaires ou � ceux d'un tiers. La s�questration et l'enl�vement (art. 183 CP), qui constituent des cas particuliers de contrainte, sont en revanche des infractions dirig�es exclusivement contre la libert�.
Jusqu'ici, le Tribunal f�d�ral n'a pas �t� amen� � se prononcer sur la question d'un �ventuel concours entre les art. 156 et 183 CP. Il a en revanche �t� appel� � statuer, sous l'ancien droit, sur le rapport entre le brigandage (art. 139 aCP; actuellement art. 140 CP) et la s�questration (art. 182 ch. 1 aCP; actuellement art. 183 ch. 1 al. 1 CP) dans l'ATF 98 IV 314. Dans le cas qui lui �tait soumis, l'auteur, avec deux complices, avait, en le mena�ant avec un pistolet, contraint le fond� de pouvoir d'une entreprise, qui d�tenait la clef du coffre de celle-ci, � monter dans une voiture, et l'avait conduit jusqu'aux locaux de son employeur, o�, apr�s l'avoir �tourdi, il s'�tait empar� d'une somme de 340'000 francs; il avait ensuite transport� le fond� de pouvoir inanim�, qu'il avait ligot�, dans les locaux et l'avait attach� � une rampe d'escalier, avant de prendre la fuite. Le Tribunal f�d�ral a observ� que, dans ce cas, l'auteur ne pouvait savoir combien de temps sa victime resterait inanim�e; en la ligotant puis en l'attachant � une rampe d'escalier, il avait donc voulu retarder la d�couverte de l'infraction, afin de dispara�tre sans �tre inqui�t�; c'est par cons�quent toujours en ex�cution du brigandage que, pour assurer sa fuite, l'auteur avait exerc� ces violences sur la victime; d�s lors et compte tenu du peu de temps qu'avait dur� l'activit� d�lictueuse, les agissements de l'auteur devaient �tre consid�r�s comme formant un tout, de sorte qu'il ne se justifiait pas de voir dans le comportement consistant, apr�s le vol, � priver la victime de sa libert� en la ligotant et en l'attachant � une rampe d'escalier une infraction distincte du brigandage.
Autrement dit, selon cet arr�t, le brigandage absorbe la s�questration lorsque cette derni�re n'est commise qu'en ex�cution du brigandage, dont elle sert en d�finitive le but, et qu'il existe entre les deux infractions un rapport de temps si �troit que les actes de l'auteur, consid�r�s de fa�on naturelle, apparaissent comme �tant homog�nes, formant un tout.
En doctrine, certains auteurs ont critiqu� cette jurisprudence. Semblant l'interpr�ter en ce sens que la proximit� temporelle qui peut exister entre les deux infractions suffirait � exclure le concours, ils l'ont estim�e trop large. Ainsi, pour Pecorini, le concours entre le brigandage, d'une part, et l'enl�vement ou la s�questration, d'autre part, doit �tre admis, malgr� la proximit� temporelle, si la seconde infraction ne sert pas le dessein de la premi�re, par exemple lorsqu'elle n'a pour but que de faciliter la fuite de l'auteur; selon lui, dans l'ATF 98 IV 314, le Tribunal f�d�ral pouvait admettre que le brigandage absorbait l'enl�vement de la victime, mais pas la s�questration que constituait le fait, � l'issue du crime, d'attacher la victime � une rampe d'escalier, ce comportement n'ayant d'autre but que de faciliter la fuite des malfrats (Olivier Pecorini, Le brigandage et l'extorsion par brigandage d'une chose mobili�re en droit p�nal suisse, Th�se Lausanne 1995, p. 263 ss). Pour Trechsel, il y a concours r�el entre le brigandage et l'infraction r�prim�e par l'art. 183 CP d�s que la privation de libert� exc�de celle qui r�sulte directement du brigandage et c'est � tort, selon cet auteur, qui se r�f�re notamment � l'opinion de Rehberg et Schmid, que dans l'ATF 98 IV 314 l'absorption de la s�questration par le brigandage a �t� admise (Trechsel, Kurzkommentar, 2�me �d. Zurich 1997, art. 183 CP n� 12). Rehberg et Schmid sont d'avis que l'infraction r�prim�e par l'art. 140 CP absorbe celle r�prim�e par l'art. 183 ch. 1 CP lorsque cette derni�re sert le but de la premi�re et ne se prolonge pas au-del� de celle-ci, ajoutant que la jurisprudence de l'ATF 98 IV 314 va trop loin dans la mesure o� elle admet l'absorption � raison d'un lien temporel �troit entre les deux infractions (Rehberg/Schmid, Strafrecht III, 7�me �d. Zurich 1997, p. 132/133). Le rapport de temps �troit existant entre les actes de l'auteur pris en compte dans l'ATF 98 IV 314 n'a toutefois pas, � lui seul, �t� d�terminant, mais en tant qu'il d�notait que, dans le cas particulier, la s�questration avait �t� commise en ex�cution du brigandage, dont elle servait le but. En d�finitive, cette jurisprudence rejoint donc tr�s largement l'opinion partag�e par la doctrine dominante.
Il est en effet tr�s g�n�ralement admis en doctrine que, si une autre infraction, telle que le brigandage ou l'extorsion, suppose le recours � une certaine contrainte, elle absorbe l'infraction r�prim�e par l'art. 183 CP, pour autant toutefois que l'atteinte qu'implique cette derni�re infraction n'exc�de pas celle qui r�sulte de la premi�re; autrement dit, il n'y a absorption que si l'atteinte � la libert� qu'implique l'infraction r�prim�e par l'art. 183 CP ne va pas au-del� de celle qui est n�cessaire � la commission de l'autre infraction (cf. Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, p. 683 n� 107; Rehberg/Schmid, op. cit., p. 357/358; Schubarth, Kommentar zum schweizerischen Strafrecht, vol. II, Berne 1990, art. 139 aCP n� 96 et art. 156 CP n� 32, et vol. III, Berne 1984, art. 183 CP n� 66; Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Partie sp�ciale I, 5�me �d., Berne 1995, � 13 n� 141 et � 17 n� 7; Trechsel, op. cit., art. 183 CP n� 12; Pecorini, op. cit., loc. cit.).
Il faut au reste rappeler que l'extorsion est une infraction de r�sultat, qui suppose un dommage (sur cette notion, qui est la m�me que dans le cas de l'escroquerie et de la gestion d�loyale, cf. ATF 122 IV 279 consid. 2a p. 281; 121 IV 104 consid. 2c p. 107). Elle est donc consomm�e au moment o� le dommage se produit (cf. Stratenwerth, op. cit., � 17 n� 6 et 9; Trechsel, op. cit., art. 156 n� 10; Corboz, op. cit., p. 374 n� 20).
2.2 En l'esp�ce, le recourant et ses comparses ont accept�, contre r�mun�ration, d'enlever la victime et de la s�questrer afin de lui extorquer ses cartes bancaires et de cr�dit ainsi que les num�ros de code correspondants pour les remettre � Y.________, qui, selon les explications qui leur avaient �t� donn�es, entendait les utiliser pour r�cup�rer ainsi une importante somme d'argent que lui devait pr�tendument la victime. Apr�s le rapt et l'extorsion des cartes et codes, ceux-ci ont �t� remis le soir m�me � Y.________, qui les a imm�diatement utilis�s pour effectuer des pr�l�vements. Peu apr�s, Y.________ a pay� aux hommes de main l'acompte promis sur la r�mun�ration convenue, port�e dans l'intervalle de 30'000 � 120'000 francs, laquelle, pour le surplus, ne leur a toutefois pas �t� vers�e. A sa demande, ceux-ci ont alors accept� de garder encore la victime s�questr�e pendant 24 heures.
Le lendemain 22 d�cembre 1998 en d�but d'apr�s-midi, ils ont accept� une nouvelle fois de prolonger la d�tention de la victime, contre la promesse que la r�mun�ration serait port�e au double, soit 240'000 francs. Le recourant, que Z.________, apr�s lui avoir t�l�phon� pour obtenir de la victime les num�ros des t�l�phones mobiles des parents de celle-ci, a rejoint dans la soir�e au lieu de d�tention de la victime pour d�placer cette derni�re � Lonay, l'a su et a adh�r� � ce plan, alors que, selon les constatations de fait cantonales, il savait d�sormais que le rapt et la s�questration de la victime visaient � obtenir une ran�on de la famille de cette derni�re, et non pas � permettre � Y.________ de r�cup�rer, au moyen des cartes et codes, une somme d'argent que lui devait la victime.
Le lendemain 23 d�cembre 1998 en fin de matin�e, apr�s avoir re�u les 240'000 francs convenus, les hommes de main ont accept� une nouvelle fois de prolonger la d�tention de la victime jusque vers 18 heures, ce que le recourant, qui continuait � surveiller la victime � Lonay, o� il a �t� rejoint en d�but d'apr�s-midi par Z.________, n'ignorait �videmment pas. C'est apr�s avoir touch� ce suppl�ment que, dans l'apr�s-midi, alors qu'ils s'�taient mis en route pour aller rel�cher la victime dans un endroit retir�, le recourant, Z.________ et un autre comparse ont �t� intercept�s par la police, qui a lib�r� la victime.
2.3 Il r�sulte de ce qui pr�c�de, que le recourant a maintenu la victime s�questr�e non seulement apr�s lui avoir extorqu� les cartes et codes, apr�s leur remise � Y.________ et apr�s leur utilisation par ce dernier pour effectuer des pr�l�vements, donc apr�s la consommation de l'extorsion, mais bien au-del�, la gardant encore s�questr�e jusqu'au lendemain dans l'apr�s-midi, soit pendant une vingtaine d'heures suppl�mentaires, depuis le moment o� il a su, dans la soir�e du 22 d�cembre 1998, que la privation de libert� de la victime avait pour but r�el d'exiger une ran�on de la famille de celle-ci. Cette atteinte � la libert� de la victime a clairement exc�d� celle r�sultant de la commission de l'extorsion, dont elle ne servait plus le but et qui �tait consomm�e; elle ne visait qu'� permettre au recourant et � ses comparses, de toucher la r�mun�ration convenue et m�me de substantiels suppl�ments. On ne saurait, dans ces conditions, consid�rer que, dans le cas d'esp�ce, la s�questration de la victime post�rieure � l'extorsion, en tout cas depuis le moment o� le recourant a su qu'elle ne servait pas le but de cette derni�re infraction, mais visait � obtenir une ran�on de la famille de la victime, n'aurait �t� commise qu'en ex�cution de l'extorsion et que la privation de libert� qu'elle impliquait ne serait pas all�e au-del� de celle qui �tait n�cessaire � la commission de cette derni�re infraction. Il pouvait d�s lors �tre admis sans violation du droit f�d�ral que, dans le cas d'esp�ce, la s�questration n'est pas absorb�e par l'extorsion, avec laquelle elle entre donc en concours.
Le recourant conteste s'�tre rendu coupable en qualit� de coauteur de prise d'otage au sens de l'art. 185 ch. 1 CP, soutenant que son r�le n'a �t� que celui d'un simple complice.
3.1 Ce grief n'a pas �t� soulev� devant la cour de cassation cantonale, qui ne l'a d�s lors pas examin�. Se pose d�s lors la question de sa recevabilit�.
3.2 Le pourvoi en nullit� au Tribunal f�d�ral rev�t un caract�re subsidiaire par rapport aux voies de recours de droit cantonal et suppose donc l'�puisement pr�alable des instances et voies de droit cantonales permettant de faire r�examiner librement l'application du droit f�d�ral. Il d�coule de cette exigence, r�sultant de l'art. 268 ch. 1 PPF, que si l'autorit� cantonale avait la possibilit� ou le devoir, selon le droit cantonal, d'examiner aussi des questions de droit qui ne lui �taient pas express�ment soumises, ces questions peuvent �tre soulev�es pour la premi�re fois dans le cadre du pourvoi en nullit� au Tribunal f�d�ral. En revanche, si l'autorit� cantonale, selon la loi de proc�dure applicable, ne pouvait examiner que les griefs valablement soulev�s devant elle, il n'y a pas d'�puisement des instances cantonales, si la question d�j� connue n'a pas �t� r�guli�rement invoqu�e, de sorte que l'autorit� cantonale ne pouvait se prononcer sur celle-ci (ATF 123 IV 42 consid. 2a p. 44 s.; 122 IV 56 consid. 3b p. 60 s., 285 consid. 1c p. 287; 121 IV 340 consid. 1a p. 341).
En proc�dure p�nale vaudoise, la violation de la loi, notamment de la loi p�nale, doit �tre invoqu�e dans le cadre d'un recours en r�forme (cf. art. 415 CPP/VD). Selon l'art. 447 al. 1 CPP/VD, saisie d'un tel recours, la cour de cassation vaudoise examine librement les questions de droit sans �tre limit�e aux moyens que les parties invoquent; l'alin�a 2 de cette disposition apporte toutefois des limites au principe ainsi pos�, en pr�voyant notamment que "la cour de cassation ne peut cependant aller au-del� des conclusions du recourant" (art. 447 al. 2 1�re phrase CPP/VD).
En l'esp�ce, dans son recours en r�forme, le recourant s'est exclusivement plaint de sa condamnation pour enl�vement et s�questration (art. 183 ch. 1 CP), en soutenant que cette infraction �tait dans le cas d'esp�ce absorb�e par l'extorsion, et de n'avoir pas �t� mis au b�n�fice de la circonstance att�nuante pr�vue � l'art. 185 ch. 4 CP; il concluait en cons�quence � ce que le jugement de premi�re instance soit r�form� en ce sens que l'infraction d'enl�vement et de s�questration soit �cart�e et la peine r�duite, d'une part, pour tenir compte de la suppression de cette infraction et, d'autre part, de l'application de l'art. 185 ch. 4 CP. Il n'a aucunement contest� s'�tre rendu coupable, en qualit� de coauteur, de prise d'otage au sens de l'art. 185 ch. 1 CP et n'a pris aucune conclusion en ce sens, mentionnant au contraire express�ment cette infraction parmi celles qu'il admettait, dans ses conclusions, pouvoir �tre retenues � sa charge. En vertu de l'art. 447 al. 2 CPP/VD, la cour de cassation cantonale, sous peine de statuer ultra petita, ne pouvait donc examiner le bien-fond� de la condamnation du recourant, comme coauteur, de l'infraction r�prim�e par l'art. 185 ch. 1 CP. Le grief de violation de l'art. 25 CP en relation avec l'art. 185 ch. 1 CP soulev� pour la premi�re fois dans le pourvoi est par cons�quent irrecevable.
Le recourant se plaint du refus de la cour cantonale de le mettre au b�n�fice de la circonstance att�nuante de l'art. 185 ch. 4 CP.
4.1 L'art. 185 ch. 4 CP pr�voit que la peine pourra �tre att�nu�e selon l'art. 65 CP � l'�gard de l'auteur d'une prise d'otage qui a renonc� � la contrainte et lib�r� la victime.
Il s'agit d'une forme sp�ciale de repentir sinc�re, qui implique que l'auteur, de son libre arbitre, renonce � la contrainte, d'une part, et lib�re effectivement l'otage, d'autre part, les deux conditions �tant cumulatives (cf. Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, p. 697 n� 42; Rehberg/Schmid, Strafrecht III, 7�me �d. Zurich 1997, p. 368/369; Schubarth, Kommentar zum schweizerischen Strafrecht, vol. III, Berne 1984, art. 185 CP n� 26 ss; Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Partie sp�ciale I, 5�me �d., Berne 1995, � 5 n� 61).
La renonciation de l'auteur � la contrainte suppose que la poursuite de l'infraction ait �t� possible et ne soit pas devenue vaine. Celui qui met fin � la prise d'otage parce qu'au vu de l'�volution de la situation celle-ci ne s'av�re plus propre � lui permettre d'atteindre son but ne renonce pas. Certes, le b�n�fice de l'art. 185 ch. 4 CP n'est pas r�serv� uniquement � celui qui a agi de son propre mouvement; en effet, cette disposition tend notamment � favoriser des tractations en vue de la lib�ration de la victime en indiquant � l'auteur la possibilit� de b�n�ficier d'une r�duction de peine. Il n'y a en revanche pas lieu d'en faire profiter un d�linquant qui met fin � la prise d'otage parce que celle-ci ne lui est plus d'aucune utilit� au vu de la tournure prise par les �v�nements (ATF 119 IV 222 consid. 2 p. 223). Ainsi, ne saurait b�n�ficier de l'art. 185 ch. 4 CP le d�linquant qui abandonne l'otage dans le seul but de fuir pour �chapper � la police (ATF 119 IV 222 consid. 2 p. 223) ou qui le lib�re apr�s avoir obtenu tout ce qu'il voulait (cf. Corboz, op. cit., p. 698 n� 43).
4.2 En l'esp�ce, au vu des constatations de fait cantonales, qui lient la Cour de c�ans (cf. supra, consid. 1), les conditions d'application de l'art. 185 ch. 4 CP ne sont manifestement pas r�alis�es. La victime n'a pas �t� lib�r�e par le recourant et ses comparses, mais par la police; certes, lors de l'intervention de cette derni�re, ils avaient entrepris des pr�paratifs en vue de la lib�ration de la victime, pr�vue � 18 heures, et, � cette fin, apr�s l'avoir fait monter dans une voiture, s'�taient mis en route pour aller la rel�cher dans un endroit retir�; ils l'ont toutefois fait parce que la s�questration de la victime n'�tait plus d'aucune utilit� pour eux, d�s lors que Y.________ leur avait donn� pour instruction de la relaxer et qu'ils avaient touch� leur r�mun�ration. Dans ces conditions, l'arr�t attaqu� ne viole en rien le droit f�d�ral autant qu'il refuse de mettre le recourant au b�n�fice de la circonstance att�nuante de l'art. 185 ch. 4 CP.
Le recourant succombe sur les trois griefs qu'il a invoqu�s, dont l'un m�ritait toutefois d'�tre soulev� (cf. supra consid. 2). Sa requ�te d'assistance judiciaire sera donc partiellement admise; en cons�quence, des frais r�duits seront mis � sa charge et une indemnit� de d�pens sera allou�e � son mandataire (art. 152 al. 1 OJ; art. 278 PPF).
La requ�te d'assistance judiciaire est partiellement admise.
La Caisse du Tribunal f�d�ral versera une indemnit� de 1'500 francs au mandataire du recourant.

References: in fine
 art. 272
 art. 32
 art. 156
 art. 140
 art. 183
 art. 183
 art. 139
 art. 156
 art. 183
 art. 183
 ATF 
 art. 156
 art. 415
 art. 185
 art. 278