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Timestamp: 2016-10-24 09:00:11+00:00

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5C.289/2006 (07.06.2007)
5C.289/2006 /frs
demanderesse et recourante, repr�sent�e par Me Christian Fischer, avocat,
tous deux repr�sent�s par Me Jean-Christophe Diserens, avocat,
succession; suspension,
du 5 juillet 2006.
X.________ et dame X.________ ont pris � bail un appartement � Lausanne en 1981. Ils s'acquittaient aupr�s de l'administration cantonale vaudoise d'un imp�t forfaitaire calcul� d'apr�s leurs d�penses. Durant les dix ann�es qui ont suivi, les �poux passaient les mois d'hiver entre leur habitation de Gstaad, leur maison de campagne � Southampton (USA), leur logement parisien et Ath�nes (Gr�ce), o� ils �taient propri�taires de deux appartements. D'avril � octobre, ils s�journaient en permanence sur leur yacht.
En 1991, X.________ est tomb� malade. Pendant les deux ann�es qui ont pr�c�d� sa mort, survenue en 1994, le couple est demeur� dans la capitale grecque.
Apr�s la mort de son �poux, dame X.________ a r�sid� chaque ann�e en Gr�ce pendant la p�riode estivale et � intervalles r�guliers pendant le reste de l'ann�e. Elle est d�c�d�e � Ath�nes le 25 juillet 2005 (recte : 2000). Selon son passeport, elle �tait domicili�e � Lausanne. Conform�ment � ses souhaits, elle a �t� inhum�e en Gr�ce, � l'instar de son �poux.
Par testament olographe du 7 octobre 1997, homologu� par le Juge de paix du cercle de Lausanne le 11 septembre 2000, dame X.________ a institu� h�riti�re sa ni�ce, A.________, et pr�vu diff�rents legs constitu�s d'immeubles et de biens mobiliers. Les b�n�ficiaires des legs mobiliers �taient ses quatre ni�ces, dont A.________. Selon les instructions de la d�funte, l'ex�cuteur testamentaire, B.________, devait pr�alablement s�parer de ces biens ceux qu'il consid�rait comme des pi�ces antiques de valeur, propres � un mus�e, et les attribuer � la Fondation X.________ (ci-apr�s : la Fondation), le reste devant ensuite parvenir aux ni�ces. Le testament contenait �galement une clause r�glant les modalit�s � suivre quant au partage des biens mobiliers, si un des neveux ou ni�ces venait � contester les actes de l'ex�cuteur testamentaire.
Le 23 mai 2001, l'Office de paix du cercle de Lausanne a communiqu� les clauses testamentaires aux ayants droit. Il a �tabli l'inventaire des biens de la succession le 20 juillet 2001. Celle-ci comprend des immeubles � Saanen et en Gr�ce, des titres bancaires, du mobilier et des tableaux � Lausanne, Gstaad et Paris.
Le 7 novembre 2003, la Fondation a ouvert action en Gr�ce contre A.________, en concluant notamment � la d�ch�ance des droits de l�gataire de celle-ci et � la restitution des biens d�j� re�us.
Le 4 avril 2005, A.________ a ouvert action devant la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud contre la Fondation et B.________. Elle a conclu � la d�livrance � titre de legs aux ni�ces de la d�funte de tous les biens de la succession qui ne sont pas de nature immobili�re, � savoir les titres, les actions au porteur, les tableaux, les estampes et les sculptures, � l'exception des objets d'art antique.
Les d�fendeurs ont d�pos�, le 24 juin 2005, une requ�te en suspension de la cause. Le juge instructeur de la Cour civile l'a rejet�e par jugement incident du 26 octobre 2005.
Par arr�t rendu le 11 octobre 2006, la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton de Vaud a admis le recours interjet� par les d�fendeurs contre ce jugement. Elle a prononc� la suspension de la cause jusqu'� droit connu dans la proc�dure ouverte � la suite de la demande du 7 novembre 2003 et alors pendante devant le Tribunal de Grande Instance d'Ath�nes.
A.________ interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 11 octobre 2006; elle conclut principalement � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que la requ�te de suspension soit rejet�e. Subsidiairement, elle demande l'annulation de l'arr�t entrepris.
La Fondation conclut au rejet du recours. B.________ n'a pas d�pos� de r�ponse.
1.2 L'arr�t attaqu� est une d�cision incidente par laquelle la Chambre des recours a admis l'exception de litispendance et a suspendu la cause en application de l'art. 9 LDIP. L'art. 49 al. 1 OJ ouvre le recours en r�forme contre les d�cisions incidentes prises par les tribunaux ou autres autorit�s supr�mes des cantons s�par�ment du fond pour violation des prescriptions de droit f�d�ral sur la comp�tence � raison de la mati�re ou sur la comp�tence territoriale soit locale, soit internationale. En reprochant � la cour cantonale une violation de l'art. 9 LDIP, la demanderesse invoque la violation d'une r�gle de comp�tence au sens de l'art. 49 al. 1 OJ (ATF 127 III 279 consid. 2a; 123 III 414 consid. 2b). D�pos� contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale, le recours est donc recevable au vu de cette disposition.
Interjet� en temps utile par la partie qui n'a pas pu faire valoir ses conclusions dans une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr., le recours en r�forme est pour le surplus recevable au regard des art. 46 et 54 OJ.
1.3 Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral fonde son arr�t sur les faits tels qu'ils ont �t� constat�s par la derni�re autorit� cantonale, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, que des constatations ne reposent sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il ne faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents r�guli�rement all�gu�s (art. 64 OJ; ATF 130 III 102 consid. 2.2; 127 III 248 consid. 2c). En dehors de ces exceptions, les griefs dirig�s contre les constatations de fait - ou l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale (ATF 130 III 136 consid. 1.4 p. 140; 129 III 320 consid. 6.3 p. 327) - et les faits ou moyens de preuve nouveaux sont irrecevables (art. 55 al. 1 let. c OJ).
Le litige pr�sentant des �l�ments d'extran�it�, la comp�tence des autorit�s judiciaires suisses est r�gie par la LDIP sous r�serve des trait�s internationaux (art. 1 al. 1 et 2 LDIP). La convention concernant la comp�tence judiciaire et l'ex�cution des d�cisions en mati�re civile et commerciale du 16 d�cembre 1988 (ci-apr�s: CL; RS 0.275.11) n'est pas applicable en l'esp�ce, d�s lors que sont exclus de son champ d'application les testaments et les successions (art. 1 ch. 1 CL). La comp�tence des autorit�s cantonales saisies doit donc �tre examin�e exclusivement sous l'angle de la LDIP.
Invoquant une violation de l'art. 9 LDIP, la demanderesse fait grief � la cour cantonale d'avoir admis l'exception de litispendance et suspendu la cause en vertu de cette disposition, dont les conditions d'application n'�taient pas r�unies. En particulier, elle pr�tend que l'objet du proc�s �tranger n'�tait pas identique � celui du proc�s suisse. Elle conteste �galement que la d�cision grecque puisse �tre reconnue en Suisse.
3.1 Aux termes de l'art. 9 al. 1 LDIP, lorsqu'une action ayant le m�me objet est d�j� pendante entre les m�mes parties � l'�tranger, le tribunal suisse suspend la cause s'il est � pr�voir que la juridiction �trang�re rendra, dans un d�lai convenable, une d�cision pouvant �tre reconnue en Suisse. En vertu de l'art. 9 al. 3 LDIP, le tribunal suisse se dessaisit d�s qu'une telle d�cision lui est pr�sent�e. Ainsi, il ne peut y avoir suspension qu'� la triple condition que les proc�s aient lieu entre les m�mes parties, que l'objet du litige soit identique dans les deux proc�dures et qu'il soit pr�visible que la juridiction �trang�re rende, dans un d�lai convenable, une d�cision qui puisse �tre reconnue en Suisse.
3.2 La loi ne contient pas de d�finition de la notion d'objet du litige. L'art. 9 LDIP correspond en droit interne � l'art. 35 al. 1 LFors qui pr�voit que lorsque des actions portant sur le m�me objet de litige entre les m�mes parties sont introduites devant plusieurs tribunaux, tout tribunal saisi ult�rieurement sursoit � la proc�dure jusqu'� ce que le tribunal saisi en premier lieu ait statu� sur sa comp�tence. Ces deux dispositions poursuivent le m�me but, � savoir �viter des jugements contradictoires dans le cas o� des actions identiques sont introduites � plusieurs endroits (sur le but de l'art. 35 Lfors : cf. ATF 128 III 284 consid. 3b/bb p. 288 et les r�f�rences cit�es; sur le but de l'art. 9 Lfors : cf. Stephen V. Berti, Commentaire b�lois, n. 2 ad art. 9 LDIP; Knoepfler/Schweizer/Othenin-Girard, Droit international priv� suisse, 3e �d. 2005, n� 698; Andreas Bucher/Andrea Bonomi, Droit international priv� suisse, 2e �d. 2004, n� 157). La notion d'identit� d'objet doit �tre comprise de la m�me mani�re en droit interne et en droit international priv� (cf. Andreas Bucher/Andrea Bonomi, op. cit., n� 162; Fran�ois Knoepfler/Philippe Schweizer/Simon Othenin-Girard, op. cit., n� 701d; Bernard Dutoit, Droit international priv� suisse, 4e �d. 2005, n. 2 i.f. ad art. 9). La jurisprudence du Tribunal f�d�ral rendue en application de l'art. 35 al. 1 LFors est ainsi pertinente pour l'interpr�tation de l'art. 9 LDIP.
Il y a identit� de l'objet du litige lorsque les parties soumettent au juge la m�me pr�tention en se fondant sur les m�mes causes juridiques et les m�mes faits. L'identit� de l'objet du litige s'entend au sens mat�riel; il n'est pas n�cessaire, ni m�me d�terminant que les conclusions soient formul�es de mani�re identique (ATF 128 III 284 consid. 3b et les r�f�rences cit�es). En relation avec l'exception de chose jug�e, le Tribunal f�d�ral a admis que, m�me si elle s'en �carte par son intitul�, une nouvelle conclusion aura un objet identique � celle d�j� jug�e, si elle �tait d�j� contenue dans celle-ci, si elle est simplement son contraire ou si elle ne se pose qu'� titre pr�judiciel, alors que dans le premier proc�s elle se posait � titre principal (ATF 123 III 16 consid. 2a; 121 III 474 consid. 4a). Par ailleurs, si une action en constatation n�gative et une action condamnatoire opposent les m�mes parties et portent sur le m�me complexe de faits, elles doivent �tre consid�r�es comme identiques aussi au sens de l'art. 9 LDIP (cf. ATF 128 III 284 consid. 3b/bb p. 288).
3.3 En l'esp�ce, la demande d�pos�e par la Fondation en Gr�ce a pour but de faire constater d'une part que la demanderesse est d�chue de son droit de l�gataire et, d'autre part, qu'elle est condamn�e � restituer les biens d�j� re�us. Quant � l'action ouverte devant la juridiction vaudoise contre les d�fendeurs, elle tend � la d�livrance des biens l�gu�s, ce qui suppose l'examen � titre pr�judiciel de la qualit� de l�gataire de la demanderesse. Manifestement, les deux proc�dures reposent sur le m�me fondement juridique et le m�me complexe de faits. En l'occurrence, si les juridictions grecques admettent l'action constatatoire, d�niant ainsi � la demanderesse la qualit� de l�gataire, il existe un risque de d�cision contradictoire si la proc�dure suisse n'est pas suspendue.
3.4 Comme vu ci-dessus (cf. consid. 3.2) et quoi qu'en dise la demanderesse, il y a identit� objective au sens de l'art. 9 LDIP aussi lorsque, comme en l'esp�ce, le sort de l'action ouverte en Suisse d�pend de la solution d'une question pr�alable qui sera tranch�e � titre principal devant une juridiction �trang�re. Est d�terminant le fait que le sort des deux demandes d�pende d'une question litigieuse qui leur est commune, en l'esp�ce la qualit� de l�gataire. Ainsi, la demanderesse se trompe �galement en soutenant que la suspension en vertu de l'art. 9 al. 1 LDIP ne peut �tre ordonn�e que si le jugement �tranger rend le proc�s suisse sans objet. La d�cision de suspension r�sulte de la litispendance � l'�tranger et d�pend des trois conditions pr�cit�es, soit l'identit� d'objet, l'identit� de parties et la probabilit� que la juridiction �trang�re rende, dans un d�lai convenable un jugement susceptible d'�tre reconnu en Suisse. Quant au dessaisissement �ventuel du tribunal suisse selon l'art. 9 al. 3 LDIP, il n'interviendra pas n�cessairement mais n'aura lieu qu'ult�rieurement et pour autant que la d�cision �trang�re ait l'autorit� de chose jug�e (ATF 126 III 327 consid. 1c). Enfin, la nature n�gatoire du jugement �tranger ne fait pas obstacle � sa reconnaissance en Suisse. En l'esp�ce, si les juges grecs retiennent que la demanderesse n'est pas l�gataire de la d�funte, la juridiction suisse saisie de l'action en d�livrance du legs en tiendra compte dans l'examen de sa qualit� pour agir.
En d�finitive, la cour cantonale n'a pas viol� l'art. 9 LDIP en consid�rant qu'il y avait identit� objective entre les deux proc�s.
La demanderesse est d'avis que les magistrats cantonaux ont admis � tort que la d�cision � rendre pourrait �tre reconnue en Suisse.
4.1 Le tribunal, saisi d'une exception de litispendance, n'a pas � examiner de fa�on d�finitive si la proc�dure ouverte � l'�tranger se traduira par une d�cision susceptible de reconnaissance, condition qui s'appr�cie selon le droit suisse, au regard des art. 25 ss LDIP. On se contente d'un pronostic qui portera, conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 25 LDIP, sur la comp�tence internationale du juge d'origine et l'absence de motif de refus au sens de l'art. 27 LDIP. Il suffit que la reconnaissance n'apparaisse pas exclue par avance (ATF 118 II 188 consid. 3b p. 191; Dutoit, op. cit., n. 4 ad art. 9 LDIP; Knoepfler/Schweizer/ Othenin-Girard, op. cit., n. 702 p. 304; Paul Volken, Commentaire zurichois, 2e �d., n. 21 ad art. 9 LDIP; Thomas A. Castelberg, Die identischen und die in Zusammenhang stehenden Klagen im Gerichtsstandsgesetz, 2005, p. 45). Il appartient � la partie qui s'oppose � la suspension de la cause d'�tablir que la juridiction �trang�re ne sera pas en mesure de rendre, dans un d�lai convenable, une d�cision pouvant �tre reconnue en Suisse (ATF 118 II 188 consid. 3b p. 192).
4.2 Une d�cision �trang�re ne peut �tre reconnue en Suisse que si la comp�tence des autorit�s judiciaires ou administratives de l'Etat dans lequel la d�cision a �t� rendue �tait donn�e (art. 25 let. a LDIP). Cette comp�tence, dite indirecte, est notamment donn�e si elle r�sulte d'une disposition de la LDIP (art. 26 let. a LDIP). Les d�cisions, mesures ou documents relatifs � une succession sont reconnus en Suisse lorsqu'ils ont �t� rendus, pris, dress�s ou constat�s dans l'Etat du dernier domicile du d�funt ou dans l'Etat au droit duquel le d�funt a soumis sa succession ou s'ils sont reconnus dans un de ces Etats (art. 96 al. 1 let. a LDIP).
4.3 Le domicile est d�termin� selon les crit�res pr�vus par l'art. 20 al. 1 let. a LDIP, dont la teneur correspond � celle de l'art. 23 al. 1 CC: une personne physique a son domicile au lieu ou dans l'Etat o� elle r�side avec l'intention de s'y �tablir, ce qui suppose qu'elle fasse du lieu en question le centre de ses int�r�ts personnels et professionnels (ATF 127 V 237 consid. 1; 120 III 7 consid. 2a; plus r�cemment Dutoit, op. cit., n. 1 ad art. 20 LDIP; Keller/Kren Kostkiewicz, Commentaire zurichois, 2e �d., n. 21 ad art. 20 LDIP; Daniel Staehelin, Commentaire b�lois, 2e �d., n. 5 ad art. 23 CC). Le lieu o� la personne r�side et son intention de s'�tablir constituent des questions de fait dont la solution lie le Tribunal f�d�ral (ATF 120 III 7 consid. 2a), �tant rappel� que la jurisprudence actuelle ne se fonde pas sur la volont� intime de l'int�ress�, mais sur l'intention manifest�e objectivement et reconnaissable pour les tiers (ATF 127 V 237 consid. 1; 120 III 7 consid. 2b). Si ces manifestations rel�vent du fait, les conclusions � en tirer quant � l'intention de s'�tablir au sens des art. 23 CC et 20 LDIP constituent une question de droit que le Tribunal f�d�ral examine librement (ATF 120 III 7 consid. 2a et la r�f�rence cit�e).
Lorsqu'il s'agit de d�terminer le domicile d'une personne, le lieu indiqu� par celle-ci n'est pas toujours d�cisif. Il faut, au contraire, se fonder sur l'endroit que sa conduite effective d�signe comme le centre de ses int�r�ts personnels et professionnels. Une personne qui s�journe � l'�tranger peut avoir un domicile en Suisse lorsqu'elle a en Suisse le centre de son existence, de ses relations, de ses int�r�ts id�aux et mat�riels, et de sa vie domestique, l'�tablissement de la famille jouant � cet �gard un r�le important (arr�t 4C.4/2005 du 16 mai 2005 consid. 4.1 publi� in : SJ 2005 I p. 501).
4.4 En l'esp�ce, la Chambre des recours, examinant si la d�cision � rendre en Gr�ce pourrait �tre reconnue en Suisse, a expos� que le passeport de la d�funte, qui indiquait Lausanne comme domicile, l'ouverture de la succession dans cette commune et l'assujettissement de celle-ci � l'imp�t dans le canton de Vaud constituaient des indices en faveur de l'existence d'un domicile de dame X.________ en Suisse. Toutefois, selon les t�moins C.________ et D.________, respectivement conseil et avocat de la recourante, le centre des int�r�ts personnels de la d�funte, au moment de son d�c�s, �tait situ� en Gr�ce, le domicile lausannois ne servant qu'� cr�er un rattachement fiscal. Ces d�clarations se recoupaient avec le m�moire d�pos� devant le Tribunal de Grande Instance d'Ath�nes le 20 janvier 2005. La demanderesse y all�guait que le couple X.________, jusqu'� la maladie de l'�poux, r�sidait dans diff�rents endroits, mais pas Lausanne. Apr�s le d�c�s de X.________, son �pouse avait s�journ� r�guli�rement en Gr�ce o� se trouvaient ses attaches familiales. Sur le vu de ces �l�ments, la Chambre des recours a consid�r� que la pr�somption de fait attach�e aux documents administratifs paraissait renvers�e. L'existence d'un domicile en Gr�ce ne pouvait donc �tre exclue, ce qui permettait de poser un pronostic favorable � la comp�tence des autorit�s judiciaires grecques. S'agissant de la dur�e pr�visible de la proc�dure �trang�re, l'autorit� cantonale a retenu que la proc�dure de premi�re instance pouvait durer entre 6 et 36 mois et la proc�dure d'appel entre 6 et 24 mois, ce qui ne constituait pas un d�ni de justice. Il �tait donc pr�visible que les autorit�s �trang�res rendraient une d�cision dans un d�lai convenable. Enfin, comme rien ne permettait d'envisager que ce jugement puisse �tre manifestement contraire � l'ordre public, la reconnaissance du jugement grec � intervenir ne pouvait �tre �cart�e.
4.5 La demanderesse pr�tend que les juges pr�c�dents ne pouvaient se contenter, pour suspendre la cause en application de l'art. 9 LDIP, d'un pronostic sur la comp�tence des autorit�s grecques, mais devait trancher cette question. Invoquant ensuite une violation des art. 23 CC et 20 LDIP, elle expose que ces dispositions ne s'appliquent pas pour d�terminer un domicile lorsque le juge suisse doit statuer sur la comp�tence indirecte d'un tribunal �tranger. Elle soutient �galement que les �l�ments du dossier d�montrent que le domicile de la d�funte �tait situ� en Suisse, ce qui excluait la comp�tence des autorit�s �trang�res.
S'agissant de la premi�re critique, il faut relever que le juge suisse saisi de l'exception de litispendance n'a pas, dans le cadre de l'examen des conditions �nonc�es � l'art. 9 LDIP, � trancher d�finitivement la question de la comp�tence des autorit�s �trang�res. Il a �t� expos� ci-dessus que l'examen auquel il se livre pour d�terminer si le jugement � intervenir pourrait �tre reconnu en Suisse ne doit pas �tre trop strict. En particulier, il ne lui appartient pas de poser un pronostic positif sur la comp�tence des autorit�s �trang�res, mais plut�t d'examiner si, � ce stade, cette comp�tence n'est pas exclue (cf. supra consid. 4.1). S'il s'av�re que les autorit�s grecques d�clinent leur comp�tence et qu'il n'existe donc pas de d�cision �trang�re susceptible d'�tre reconnue en Suisse, le juge suisse saisi reprendra la proc�dure qui avait �t� suspendue. Il en d�coule qu'il n'�tait en l'occurrence pas contraire au droit f�d�ral de suspendre le proc�s suisse parce qu'en l'esp�ce, la comp�tence des autorit�s grecques n'apparaissait pas exclue.
On ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir examin� la question du domicile en se fondant sur les art. 23 CC et 20 LDIP (cf. consid. 4.3). La recourante ne peut donc �tre suivie lorsqu'elle pr�tend qu'en mati�re internationale, il faut s'en tenir aux renseignements qui ressortent des documents administratifs, car l'examen des �l�ments de la vie personnelle, sociale et professionnelle n�cessiterait la mise en oeuvre de moyens disproportionn�s s'agissant d'une personne ayant des liens avec l'�tranger. En recherchant le lieu o� se trouvait le centre des int�r�ts personnels de la d�funte sans s'en tenir aux indications r�sultant des documents administratifs, la cour cantonale a correctement appliqu� le droit f�d�ral. Pour le reste, lorsque la recourante fait grief � la Chambre des recours d'avoir admis trop facilement le renversement de la pr�somption cr��e par les documents administratifs en faveur d'un domicile lausannois, sa critique est largement irrecevable. Elle s'en prend en effet � l'appr�ciation des preuves, en mettant en cause les t�moignages des mandataires, ce qui est inadmissible dans le cadre d'un recours en r�forme ou se fonde sur des faits nouveaux tels que la valeur du chalet de Gstaad et la situation du patrimoine en Suisse (cf. supra, consid. 1.3). En tout �tat de cause, les faits retenus par la Chambre des recours et qui lient le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme, � savoir le rattachement fort de la d�funte avec le territoire grec, les s�jours du couple en diff�rents endroits mais pas Lausanne et, post�rieurement au d�c�s de l'�poux, les s�jours r�guliers de dame X.________ en Gr�ce, la propri�t� de deux appartements � Ath�nes o� la d�funte avait ses attaches familiales - permettaient d'admettre que la Gr�ce et Ath�nes en particulier, constituait le lieu o� se focalisait un maximum d'�l�ments relatifs aux int�r�ts de la d�funte. En consid�rant qu'il n'�tait pas exclu que le domicile de celle-ci se situe en Gr�ce, qu'un pronostic favorable � la comp�tence des autorit�s judiciaires grecques pouvait donc �tre pos� et que, sous cet angle, il �tait pr�visible que la d�cision � intervenir puisse �tre reconnue en Suisse, la Chambre des recours a correctement appliqu� le droit f�d�ral.
La recourante reproche aux juges pr�c�dents d'avoir consid�r� que le jugement grec ne heurterait pas l'ordre public suisse. Elle explique que l'action ouverte � son encontre en Gr�ce tendait � la d�clarer d�chue de ses droits successoraux parce qu'elle soutenait que la d�funte avait laiss� � ses neveux et ni�ces un patrimoine plus �tendu que l'admettait l'ex�cuteur testamentaire. A ses yeux, cette argumentation est si choquante qu'un jugement rendu par les tribunaux �trangers dans ce sens serait manifestement contraire � l'ordre public suisse.
5.1 La reconnaissance d'une d�cision �trang�re doit �tre refus�e si elle est manifestement incompatible avec l'ordre public suisse (art. 27 al. 1 LDIP), c'est-�-dire lorsqu'elle heurte de mani�re intol�rable les conceptions suisses de la justice, soit � cause du contenu mat�riel de ladite d�cision, soit en raison de la proc�dure dont elle est issue (art. 27 al. 2 LDIP).
5.2 La critique de la recourante, fond�e enti�rement sur des faits qui ne ressortent pas du jugement attaqu�, est irrecevable (cf. consid. 1.3 supra). Au demeurant, lorsque le juge saisi de l'exception de litispendance v�rifie s'il n'est pas exclu que la d�cision �trang�re soit compatible avec l'ordre public suisse, en pratique, son examen ne pourra porter que sur la citation r�guli�re (art. 27 al. 2 let. a LDIP; Thomas A. Castelberg, op. cit., p. 45; Paul Volken, op. cit., n. 78 ad art. 9 LDIP; Gerhard Walter, Internationales Zivilprozessrecht der Schweiz, 4e �d., 2007, � 11 II 3, p. 491). En effet, les autres motifs d'incompatibilit�, en particulier ceux qui r�sulteraient du contenu mat�riel de la d�cision (art. 27 al. 1 LDIP) ne sont pas encore connus. C'est dire qu'en l'esp�ce, vu le stade pr�coce de la proc�dure grecque et la nature de l'action, � savoir une action en constatation de la d�ch�ance du droit de l�gataire, la Chambre des recours n'a pas viol� l'art. 9 LDIP en relation avec l'art. 27 LDIP en consid�rant que rien ne permettait d'envisager que la d�cision �trang�re soit contraire � l'ordre public suisse.
En dernier lieu, la demanderesse est d'avis qu'en soutenant que le dernier domicile de la d�funte �tait situ� en Gr�ce, les intim�s agissent de mani�re contraire � la bonne foi. Lors de l'ouverture du testament et pendant la proc�dure principale jusqu'� la requ�te de suspension, ils n'auraient jamais contest� l'existence d'un domicile lausannois. Elle reproche � la Chambre des recours de ne pas avoir appliqu� l'art. 2 CC pour retenir que le domicile de la d�funte �tait situ� � Lausanne et refuser par cons�quent de suspendre la cause.
Selon la jurisprudence, une argumentation juridique nouvelle est admissible, � condition qu'elle reste dans le cadre de l'�tat de fait ressortant de la d�cision attaqu�e (ATF 130 III 28 consid. 4.4; 129 III 135 consid. 2.3.1 et l'arr�t cit�). Or, en l'occurrence, l'attitude des intim�s lors de l'ouverture de la succession et dans la proc�dure principale, telle que la d�crit la demanderesse, ne ressort pas du jugement attaqu�, ce qui rend la critique irrecevable. Au demeurant, la cour cantonale a retenu que l'intim�e avait ouvert action devant les tribunaux grecs avant l'action ouverte par la recourante en Suisse. Dans ces conditions, il n'�tait pas abusif de la part de l'intim�e de soulever l'exception de litispendance.
Pour le surplus, le raisonnement des juges cantonaux, dans l'examen des conditions d'application de l'art. 9 al. 1 LDIP, ne pr�te pas le flanc � la critique. En d�finitive, d�s lors que le proc�s ouvert � Ath�nes et le proc�s pendant devant la Cour civile se d�roulent entre les m�mes parties, ont le m�me objet et qu'il est � pr�voir que la justice �trang�re rendra, dans un d�lai convenable, une d�cision pouvant �tre reconnue en Suisse, toutes les exigences permettant de suspendre le proc�s pendant devant la Cour civile en application de l'art. 9 al. 1 LDIP sont remplies. La Chambre des recours n'a donc pas viol� le droit f�d�ral en suspendant le proc�s en cours.
Au vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. La recourante, qui succombe, supportera les frais de justice (art. 156 al. 1 OJ) et versera � l'intim�e une indemnit� � titre de d�pens (art. 159 al. 1 OJ). B.________, qui n'a pas d�pos� de r�ponse, n'a pas droit � des d�pens.
Un �molument judiciaire de 8'000 fr. est mis � la charge de la demanderesse.
La demanderesse versera � la d�fenderesse une indemnit� de 8'000 fr. � titre de d�pens.

References: art. 46
 ATF 
 ATF 
 art. 9
 art. 9
 ATF 
 art. 25
 art. 9
 art. 9
 art. 20
 art. 20
 art. 23
 art. 23
 art. 23
 art. 23
 art. 9