Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/timor_est.htm
Timestamp: 2016-07-24 14:45:48+00:00

Document:
R�publique d�mocratique du Timor oriental Timor oriental
Dili Population: 1,1 million (2005)
portugais et t�tum
(depuis 2002) Langue majoritaire: t�tum (pr�s de 80 %)
Langues minoritaires: indon�sien et plusieurs langues m�lan�siennes (mambai,
tokodede, kemak, galoli, idate, waima'a, naueti, bunak, makasae, fatuluku, etc.)
Syst�me politique: ancienne colonie portugaise annex�e par lIndon�sie
(1975); puis province indon�sienne jusquen 1999; sous administration
transitoire de lOnu (UNTAET) jusqu'en 2002, �tat ind�pendant depuis mai 2002.Articles constitutionnels (langue):
art. 13 et 159 de la Constitution
timoraise du 20 mai 2002Lois linguistiques: sans objet
Le Timor (en malais: �orient�) est une �le de l'archipel indon�sien situ�e � 500 km au nord de lAustralie, entre les �les de Java (� lest) et de Nouvelle-Guin�e (� louest), mais au sud des �les de Born�o et de Sulawasi. � plus de 1000 km de Djakarta dans l�le de Java, cest la plus grande et la plus orientale des petites �les de la Sonde avec une superficie totale de 33 615 km�, ce qui correspondrait � la superficie de la Belgique ou de la Moldavie (voir la carte de la r�gion). En raison de son pass� colonial, l�le de Timor est partag�e en deux territoires: l'un � l'Indon�sie, l'autre un �tat ind�pendant depuis le 20 mai 2002. Le nom officiel en portugais est Timor Leste, et Tim�r Loro Sa'e en t�tum, Loro signifiant �soleil� et Sa'e �levant�, pour �soleil levant�. 1)
Timor oriental (superficie de 18 997 km� �
lest de l�le) ou Timor Leste en portugais, et Tim�r Loros'ae
en t�tum: auparavant sous contr�le portugais, cette partie de
l�le a �t� annex�e de force par lIndon�sie en 1975 et est devenue la
province de Timor Timur avec Dili comme capitale. Apr�s avoir �t�
sous ladministration provisoire des Nations unies, le Timor (R�publique d�mocratique du Timor Leste), est un
�tat souverain depuis le 20 mai 2002. Le Timor oriental compte une enclave de 815 km� situ�e au Timor occidental: le district d'Oecussi-Ambeno (appel� aussi Ocussi) b�n�ficiant d'un r�gime particulier.
2) Timor occidental (superficie de 15 850 km� �
louest de l�le): autrefois sous contr�le hollandais, cest
aujourdhui la partie indon�sienne appel�e la province de Nusa Tenggara, avec la ville de Kupang comme capitale.
La population de toute l’�le de Timor �tait estim�e en 2005 � 2,9 millions d’habitants, dont environ 1,8 million au Timor occidental et 1,1 million au Timor oriental. La partie occidentale (Indon�sie)
est habit�e majoritairement par des Papous, mais aussi par une minorit� d’Indon�siens; les premiers parlent des langues papoues, les autres, des langues indon�siennes, surtout le javanais.
La partie orientale (Timor Leste), quant � elle, est habit�e par une minorit� d’Indon�siens parlant le javanais (env. 20 %), une
langue malayo-polyn�sienne du groupe occidental, et une majorit� de Timorais (un peu moins de 80 %) de religion catholique romaine, parlant des langues malayo-polyn�siennes du groupe central dont le
t�tum (�crit aussi t�toum, t�tun ou b�lu) est de loin la plus importante avec environ 300 000 locuteurs pour lesquels le t�tum est la langue maternelle. Une minorit� de Timorais parlant d’autres langues du m�me groupe central, que ce soit le mambai (80 000), le tokodede (63 000), le kemak (50 000, le galoli (50 000, l’idate (5000), le waima'a (3000), le lakalei (5000), le habun (1200), le midiki (2000), le naueti (1000), etc. Soulignons que le makassai (no 12 : 70 000), le fatuluku (no 13 : 30 000), le makuva (no 16 : 50), le bunak (no 3 : 50 000) et l'adabe (no 19 : 1000) sont des
langues papoues et non des
langues austron�siennes. Le nombre des Papous dans l'�le est estim� � quelque 250 000 personnes. 2.1 Le t�tum
Le t�tum parl� dans l'�le de Timor est fragment� en quatre vari�t�s: - le t�tum de Dili ou tetum prasa (signifiant
� t�tum des villes�) parl� � Dili et ses environs (a);
- le t�tum septentrional ou t�tum de Terik, parl� dans la partie centrale de l'�le (b); - le t�tum m�ridional, parl� dans la zone c�ti�re du Sud-Ouest (c);
- le t�tum oriental ou t�tum de Belu, parl� dans la zone c�ti�re de la mer du Timor (d).
Soulignons aussi la pr�sence d'un cr�ole � base de t�tum parl� dans les environs de Dili: le
nana'ek, parl� par environ 50 000 locuteurs.
Cela �tant dit, la plupart des Timorais, parlant d'autres langues que le t�tum, connaissent le t�tum de Dili et l’utilisent au besoin comme langue seconde. Le t�tum de Dili sert de langue v�hiculaire du Timor oriental.
Du point de vue linguistique, toutes les langues malayo-polyn�siennes, celles du groupe occidental comme celles du groupe central, font partie de la grande famille austron�sienne. Les langues austron�siennes comprennent �galement un autre groupe de langues malayo-polyn�siennes orientales, dont font partie les langues m�lan�siennes, polyn�siennes et micron�siennes.
La r�partition de la population, lhistoire coloniale, la langue
et la religion ont fait en sorte que les Timorais de lEst et les Timorais de
lOuest forment des �soci�t�s distinctes� au sein de la m�me �le. Au
sein du m�ga-archipel indon�sien peupl� de pr�s de 200 millions dhabitants,
les quelque 650 000 Timorais catholiques ne repr�sentent quune goutte deau
(0,33 %) dans cet univers musulman, car lIndon�sie constitue le plus grand pays musulman du
2.2 Le portugais
En 1950, le portugais �tait parl� par quelque 10 000 locuteurs. En 1975, au moment de l'invasion indon�sienne, le Timor oriental comptait environ 700 000 habitants, dont 35 000 � 70 000 savaient comment lire et �crire le portugais, contre 100 000 � 140 000 qui pouvaient le parler et le comprendre. Jusqu'en 1981, le portugais �tait la langue de l'�glise catholique du Timor, avant d'�tre supplant� par le t�tum. Cependant, il est rest� en usage comme langue des affaires dans la ville de Dili. Durant toute l'occupation indon�sienne, le portugais est rest� la langue de la r�sistance anti-indon�sienne et celle des communications externes pour l'�glise catholique. Il a d�j� exist� un cr�ole portugais (Portugu�s de Bidau), mais il est aujourd'hui disparu; il �tait parl� autour des villes de Dili, Lifau et Bidau. Le portugais est aujourd'hui une langue co-officielle avec le t�tum. Selon un rapport de l'ONU de 2006, moins de 5 % de la population timoraise (environ 5000 personnes) aurait une connaissance du portugais comme langue seconde. Cependant, la validit� de ces r�sultats a �t� mise en doute par les membres de l'Institut national timorais de linguistique (Timorese National Institute of Linguistics), qui soutient que le portugais serait parl� par 25 % des Timorais.
Il y a plus de 3000 ans avant notre �re, la grande �le de la
Nouvelle-Guin�e (ou Irian Jaya) �tait occup�e par des peuples m�lan�siens; �
louest, l�le de Timor �tait �galement habit�e par des M�lan�siens, les
Atoli. Puis, � partir de 2500, des Papous et dautres M�lan�siens,
particuli�rement les B�lu, se sont install�s par vagues successives (jusquen 200
avant notre �re) dans les deux �les, lIrian Jaya et le Timor. Au d�but du premier
mill�naire, le territoire du Timor �tait d�j� habit� par plusieurs ethnies
m�lan�siennes dont les Atoli (ou Dawan), les Bunaq, les Famak, les B�lu, etc., ainsi
que des Papous, contribuant � former une diversit� ethnique dont on constate encore
aujourdhui les effets. Tandis que tout larchipel indon�sien et les
Philippines commen�aient � sislamiser au XIIIe si�cle, les Timorais de
lEst sont rest�s � l�cart de ce grand bouleversement � la fois religieux
3.1 Le d�but de la colonisation portugaise
� la m�me �poque, un groupe de missionnaires portugais s�tait
install� au Timor oriental. Ceux-ci avaient r�ussi � convertir les autochtones, les
T�tum (ou B�lu), � la religion catholique; de leur c�t�, les Timorais de lOuest
prot�g�s par les Hollandais restaient musulmans. Avec les ann�es, les missionnaires
portugais avaient attir� des colons, des soldats, des marchands et des navigateurs
formant une communaut� assez disparate en raison du m�tissage entre Portugais et
Timorais. Les descendants de ces m�tis sont � lorigine dun groupe appel� Topasses
qui, � partir du XIVe si�cle, �tablirent leur domination sur les autres
ethnies autochtones de l�le. Outre le portugais, la langue la plus utilis�e devint
le t�tum, la langue des B�lu.
Un peu plus tard (au XVIe si�cle), l�le de Timor fut
divis�e en deux royaumes rivaux autochtones: la partie occidentale se trouva sous la
d�pendance du royaume musulman de Sombay, alors que la partie orientale fut soumise au
royaume catholique de Behale. Mais les rivalit�s entre les deux royaumes pouss�rent les
bellig�rants � rechercher laide militaire des puissances coloniales de
l�le: les Portugais pour le royaume de Behale, les Hollandais pour le royaume de
Sombay. En 1515, les deux groupes rivaux, lun musulman, lautre catholique, se
livr�rent la guerre et les Topasses finirent par r�gner sur les deux parties de
l�le, la religion catholique �tant devenue une arme culturelle pour simposer
sur tout le territoire. En raison de la colonisation portugaise, on peut dire que le Timor
oriental est rest� � l�cart de l'�volution culturelle et religieuse qui a
marqu� lensemble de larchipel indon�sien (�les de Sumatra, Java, Bali,
Kalimantan, Sulawesi) et les Philippines.
3.2 La division entre le Timor occidental et le Timor oriental
En 1613, les Hollandais vinrent disputer aux Portugais la supr�matie
�conomique de la r�gion. Quelques d�cennies plus tard, soit � partir de 1640, les
Portugais intensifi�rent leur pr�sence politique et militaire au Timor oriental. Pendant
ce temps, les Hollandais expulsaient les Portugais des �les voisines et
sinstallaient d�finitivement dans toute lIndon�sie et, en 1769, au Timor
occidental, lequel d�pendait alors du royaume local de Sombay. Durant trois si�cles, le
Portugal a maintenu sa tutelle coloniale au Timor oriental et les Pays-Bas ont fait de
m�me au Timor occidental ainsi que dans le reste de lIndon�sie. Noublions
pas que ce qui constitue aujourdhui lIndon�sie constituait alors une colonie
hollandaise; cest ce qui explique que le Timor occidental demeurait sous
administration hollandaise. Cest seulement en 1859 que les Pays-Bas et le Portugal
sign�rent un trait� d�terminant les fronti�res pr�cises entre le Timor occidental
hollandais et le Timor oriental portugais. Les fronti�res coloniales furent reconnues et
fix�es, le 25 juin 1914, par la Cour internationale de justice de La Haye.
Au d�but du XXe si�cle, les incessantes luttes entre les
royaumes autochtones rivaux finirent par exc�der le Portugal qui d�laissa quelque peu sa
colonie jusquau moment o�, en 1932, Antonio de Oliveira Salazar, alors ministre des
Colonies du Portugal, d�cida dimposer au Timor une dictature fasciste, semblable �
celle qui s�vissait en M�tropole. Les Timorais de lEst soppos�rent aux
politiques de Salazar, mais durent subir la r�pression portugaise puisque le r�gime
refusa toute d�colonisation outre-mer. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Timor
oriental se retrouva au centre des combats opposant les Alli�s aux Japonais, ceux-ci
ayant envahi la r�gion afin de pr�parer une offensive contre lAustralie. Salazar
autorisa lAustralie � s�tablir au Timor oriental, mais apr�s de violents
combats les Australiens abandonn�rent le terrain aux Japonais. Non seulement 50 000
Timorais perdirent la vie lors de loccupation japonaise, mais toute la r�gion se
trouva totalement d�vast�e et d�truite par les bombardements.
Apr�s la guerre (1945), le Portugal reprit imm�diatement le contr�le
du Timor oriental, mais ne tenta m�me pas de reconstruire sa colonie et imposa de nouveau
sa dictature militaire. Pendant ce temps, la guerre avait repris entre les Pays-Bas et sa
colonie indon�sienne. En 1949, les Pays-Bas abandonn�rent leur colonie indon�sienne qui
devint la R�publique f�d�rale indon�sienne, puis, en 1950, le pr�sident Suharto
proclama la r�publique dIndon�sie. Tout le territoire de lancienne colonie
hollandaise fut conc�d� � lIndon�sie, ce qui signifiait que le Timor occidental
devenait une possession de lIndon�sie, alors que le Timor oriental restait sous
administration portugaise.
En 1961, les habitants du Timor oriental se soulev�rent contre le
r�gime fasciste portugais, mais Salazar maintint son autorit� jusquen 1968 alors
que, victime dune attaque c�r�brale, il dut c�der le pouvoir. Le Timor oriental
tomba temporairement dans loubli pour la communaut� internationale pendant que la
guerre coloniale avec le Portugal se poursuivait.
3.3 La r�volution des illets
Le 25 avril 1974, le Parti socialiste du Portugal, appuy� par les
Forces arm�es tr�s hostiles � la poursuite des guerres coloniales, renversa le r�gime
dextr�me-droite des partisans de Salazar et porta le g�n�ral Antonio de Spinola
� la pr�sidence de la R�publique. Ce fut le signal de la r�volution des illets
qui fournit loccasion au nouveau gouvernement du Portugal de reconna�tre le droit
� lind�pendance des peuples des colonies. Mais, dans les faits, le Portugal se
d�sint�ressait de ses colonies, ce qui permit au gouverneur du Timor oriental de
conserver ses fonctions dans ce qui �tait encore la �province d'outre-mer du
Portugal�.
Du c�t� de la population timoraise, la r�volution au Portugal
provoqua l�mergence des partis politiques nationalistes. Trois forces politiques
principales soppos�rent:
- lUnion d�mocratique timoraise (UDT), un
parti conservateur qui pr�nait une autonomie politique tout en conservant des liens
�troits avec le Portugal;
- le Front r�volutionnaire pour un Timor-Est ind�pendant (le
FRETILIN), un parti de gauche qui d�fendait le droit � lind�pendance;
- lAssociation populaire et d�mocratique timoraise
(APODETI), un parti de droite qui d�fendait le rattachement � lIndon�sie.
De son c�t�, le Parlement portugais promulgua une loi destin�e �
pr�parer l'�lection d'une assembl�e populaire dans le territoire timorais et, en
octobre 1975, il fit savoir que la souverainet� du Portugal sur le Timor oriental
prendrait fin en octobre 1978. Bref, le Portugal avait choisi loption de
lind�pendance du Timor oriental et se trouvait � appuyer le Front r�volutionnaire
pour un Timor-Est ind�pendant (le FRETILIN).
3.4 Lintervention arm�e indon�sienne
Au cours du mois de novembre 1975, la guerre civile �clata au Timor
oriental entre les partisans du FRETILIN favorables � l'ind�pendance et les partisans de
lUDT et de lAPODETI. Le FRETILIN sortit vainqueur du conflit et, apr�s avoir
obtenu le contr�le du territoire, proclama la r�publique du Timor-Est; son ministre des
Relations ext�rieures fut Jos� Ramos-Horta qui se m�ritera le prix Nobel de la paix en
1996. Mais l�ph�m�re r�publique du Timor-Est ne v�cut que dix jours.
D�s la proclamation du nouveau gouvernement timorais,
lIndon�sie annon�a sur les ondes timoraises que des armes sovi�tiques, chinoises
et vietnamiennes avaient �t� introduites clandestinement au Timor oriental pour soutenir
le FRETILIN. �videmment, la propagande indon�sienne �tait destin�e � justifier une
intervention de ses forces arm�es au Timor, qui devaient, selon la version officielle,
combattre le communisme. De fait, le 7 d�cembre 1975, larm�e indon�sienne
envahissait le territoire, ce qui entra�nait le retrait imm�diat de l'administration
portugaise. Le Timor oriental devint officiellement la 27e province
indon�sienne, le 17 juillet 1976.
3.5 Le Timor oriental ou la province indon�sienne du Timor Timur
�tant donn� que le Timor oriental poss�dait de vastes r�serves de
p�trole et de gaz naturel, la nouvelle province indon�sienne devenait rentable � plus
dun titre. Dabord, le territoire rapportait des dividendes � l�conomie
indon�sienne; de plus, linvasion am�liorait limage du pouvoir politique qui
se faisait lap�tre de la lutte au communisme international incarn� par le
FRETILIN; enfin, c�tait une occasion r�v�e pour les Forces arm�es indon�siennes
de sassocier au pouvoir politique et den constituer une composante
Apr�s avoir pris possession de l�le, le pr�sident indon�sien
Suharto demanda aux derniers combattants de la r�sistance timoraise de se rendre en leur
promettant une armistice. Comme la r�sistance �tait beaucoup mieux organis�e quon
laurait cru, les 16 000 soldats indon�siens eurent fort � faire pour m�ter les
�forces rebelles�. Larm�e doccupation eut recours � des m�thodes
barbares; par exemple, se servir des Timorais ainsi que des boucliers humains, parquer la
population dans des camps de concentration, br�ler tout le couvert v�g�tal de
l�le, sans parler des arrestations arbitraires, des tortures, des d�portations,
des emprisonnements et des ex�cutions extrajudiciaires. �videmment, les responsables du FRETILIN nont jamais surv�cu � leur reddition et les op�rations militaires se
sont poursuivies jusquen 1978, puis ont repris de 1983 � 1989.
Les autorit�s indon�siennes ont toujours affirm� officiellement
ralentir les massacres, mais les liquidations ont continu� au Timor oriental � un point
tel que le gouvernement de Jakarta a �t� oblig� de refaire r�guli�rement les
statistiques d�mographiques officielles, car, depuis 1975, les zones occup�es se
seraient �vid�es� de quelque 250 000 habitants (et probablement 300 000,
selon l�glise catholique du Timor). Dune population estim�e par lONU
� environ 700 000 en 1975, presque 200 000 Timorais auraient trouv� la mort sous
leffet direct de loccupation indon�sienne.
De plus, depuis 1980, on estime � quelque 200 000 ou 250 000 le nombre
de colons et de fonctionnaires indon�siens qui se sont install�s au Timor oriental, des
�transmigrants� (selon la terminologie officielle) originaires des �les
indon�siennes pr�tendument surpeupl�es de Sulawesi, de Java, de Mandura et de Bali.
En fait, ce sont surtout des Javanais qui se sont implant�s au Timor
afin dexploiter les richesses du sous-sol, notamment le p�trole et le gaz naturel.
�videmment, les b�n�fices du d�veloppement �conomique ont toujours �chapp� aux
Timorais au profit des Indon�siens, cest-�-dire les commer�ants javanais, les
militaires et les repr�sentants gouvernementaux. Les forces de s�curit� indon�siennes
ont d� en m�me temps r�primer les manifestations autochtones et les partis
ind�pendantistes timorais.
Pendant les ann�es qui suivirent lannexion forc�e, le Portugal ignora le Timor, ce qui lui �vitait de g�rer un douloureux processus de d�colonisation, et pr�f�ra consid�rer loccupation indon�sienne comme un fait accompli pendant que, de son c�t�, lAustralie revendiquait le territoire � des fins dexploration p�troli�re. Pour sa part, lONU d�plora dabord lintervention arm�e de lIndon�sie, protesta � plusieurs reprises, adopta � lunanimit� la r�solution 384 du 22 d�cembre 1975, mais laissa finalement tomber la question timoraise alors que les communiqu�s indon�siens se montraient rassurants dans la lutte anticommuniste entreprise au Timor oriental. Il faut dire que les �tats-Unis avaient fait pression sur lONU pour quelle ne condamne pas trop fermement lagression indon�sienne. La r�bellion des Timorais sest donc d�roul�e dans lobscurit� totale et, durant plus de 20 ans, le Timor est demeur� un conflit oubli� par la communaut� internationale, tandis que lIndon�sie a pu pratiquer impun�ment sa politique dassimilation. Mais 25 ans de r�pression � huis clos, de famine et de r�sistance arm�e, un bilan de 250 000 morts, n'ont pas cass� les Timorais; ils ont plut�t aiguis� la d�termination de ceux-ci.
indon�sienne dassimilation
Depuis lannexion de 1975, lIndon�sie a pratiqu� une
v�ritable politique dassimilation qui se double dun g�nocide. Afin de
r�ussir, cette politique dassimilation devait porter sur plusieurs aspects:
limposition de la nationalit� indon�sienne, le repeuplement (politique appel�e
officiellement "transmigration") et le contr�le des naissances,
linterdiction et limposition linguistique (et religieuse),
lacculturation par l�ducation, la discrimination, etc. Toute cette politique
dassimilation est � la fois ethnique, linguistique, culturelle, religieuse et
4.1 La politique de la citoyennet�
Avant linvasion indon�sienne, tous les Timorais pouvaient se
pr�valoir de la nationalit� portugaise. Ils manifestaient ainsi leur non-appartenance �
la soci�t� indon�sienne. Cest pour contrer cette attitude que
ladministration indon�sienne voulut imposer la citoyennet� indon�sienne aux
Timorais, celle-ci devenant une condition de la promotion sociale en m�me temps
quun outil de discrimination.
Lacceptation de la citoyennet� indon�sienne devint obligatoire
pour obtenir des postes dans la fonction publique et l�ducation, les fonctionnaires
et les enseignants devant �tre totalement soumis au r�gime. Inutile de dire que, sauf de
rares exceptions, les Timorais ont �t� rapidement exclus de ces postes. En effet, des
dizaines de milliers dIndon�siens, surtout des Javanais, ont �t� implant�s ou
plut�t �transmigr�s� par le gouvernement au Timor oriental et ont fini par
d�tenir tous les pouvoirs de lAdministration et de l�ducation. Or,
l�viction des Timorais dans ces postes strat�giques impliquait aussi le non-emploi
De plus, la l�gislation indon�sienne a interdit � tout
��tranger� de poss�der une propri�t� au Timor. Par exemple, si les
agriculteurs timorais ne demandaient pas la nationalit� indon�sienne, ils perdaient
leurs terres qui �taient confisqu�es et attribu�es � larm�e ou aux nouveaux
colons indon�siens. En les contraignant � accepter la citoyennet� indon�sienne, le
gouvernement pouvait pr�tendre que les Timorais �taient satisfaits de leur int�gration
� lIndon�sie. Toutefois, comme la plupart des grands propri�taires terriens
s�taient exil�s en Australie ou au Portugal et quils navaient aucune
envie de solliciter la citoyennet� indon�sienne, l�tat indon�sien a pu ainsi
r�cup�rer "l�galement" ces terres et les distribuer aux amis du r�gime.
Cela dit, il nen demeure pas moins quen regard du droit
international les Timorais �taient et sont encore consid�r�s aujourdhui comme
des... Portugais. Par ailleurs, selon les conventions de Gen�ve et de La Haye, la
l�gislation fonci�re de lIndon�sie est jug�e ill�gale et correspond � une
confiscation de fait de la propri�t� priv�e.
4.2 La politique de transmigration et de st�rilisation
La politique dindon�siation des Timorais consiste � les
minoriser sur leur propre territoire. Pour ce faire, il suffisait de d�placer massivement
des populations indon�siennes au Timor et de limiter s�v�rement les naissances chez les
femmes timoraises. Ainsi, on augmentait le nombre des Indon�siens par rapport aux
Timorais.
Dans un pays compos� de 13 000 �les et comptant 195 millions
dhabitants, il est ais� de modifier la composition de la population et de d�placer
massivement des Indon�siens. � cet effet, le gouvernement a adopt� une politique dite
de �transmigration� destin�e � soulager les �les pr�tendument surpeupl�es
de Java, de Mandura et de Bali. Cette transmigration �tait dirig�e vers des �les o� la
pression d�mographique est moins forte, par exemple vers le Timor oriental qui ne
comptait en 1975 que 600 000 habitants. � partir de 1980, quelque quatre millions
dIndon�siens ont �t� �transmigr�s� vers des �les moins peupl�es et
40 millions dautres devaient l�tre au cours des deux d�cennies suivantes.
La �transmigration� des populations � destination du Timor
oriental a commenc� en 1980. Cependant, il est difficile de savoir combien de
�transmigrants� se sont �tablis au Timor oriental, car linformation a
�t� gard�e secr�te par les autorit�s. Des observateurs �trangers estiment toutefois
entre 250 000 et 300 000 le nombre des �transmigr�s� indon�siens au Timor
oriental. Sur une population actuelle de 890 000 habitants, ce groupe repr�senterait
environ 30 % de lensemble.
Par ailleurs, on sait maintenant que les paysans indon�siens
�transmigr�s� se sont tr�s mal adapt�es au Timor en raison de la mauvaise
qualit� des terres conc�d�es et des engrais fournis, ainsi que du mat�riel agricole
insuffisant. On sait aussi que les fonctionnaires indon�siens qui ont accept� de se
rendre au Timor oriental lont fait parce que les salaires �taient de 20 % � 100 %
sup�rieurs � ceux du reste du pays. Dans le secteur commercial, des milliers de
commer�ants, demploy�s originaires de Sumatra et de Sulawesi se sont implant�s au
Timor, parce que les Timorais ont rarement obtenu lautorisation douvrir un
commerce. Quoi quil en soit, en 1998, les deux principales villes du Timor oriental,
Dili et Baucau, ne comptaient plus que 30 % de Timorais. Au plan sociopolitique,
l�tat indon�sien esp�rait ainsi neutraliser la r�sistance des Timorais gr�ce �
larriv�e des �transmigr�s� qui imposeraient alors leurs valeurs.
Afin de justifier cette �politique de transmigration� au Timor oriental, le gouvernement de Jakarta a pr�tendu que la province �tait trop sous-peupl�e pour permettre un d�veloppement autonome viable. Or, apr�s avoir perdu le tiers de sa population entre 1975 et 1980, le Timor oriental compte aujourd’hui 42 habitants au kilom�tre carr�, ce qui repr�sente beaucoup plus que les �les voisines de Kalimantan (14 hab./ km�), dIrian Jaya (3 hab./ km�) ou des Moluques (22 hab./ km�). En fait, avec ses 890 000 habitants, le Timor oriental
est encore plus peupl� que plusieurs micro-�tats du Pacifique dont Tonga (98 000 hab. sur 748 km�), Nauru (11 000 hab. sur 213 km�) et Kiribati (82 000 hab. sur 810 km�). � titre de comparaison, pr�s de 40 �tats membres des
Nations unies ont des populations inf�rieures � celle du Timor oriental dont
lIslande, le Liechtenstein, le Luxembourg, Brunei, etc.
De toute fa�on, pendant que le gouvernement indon�sien pr�tendait
que la population du Timor �tait trop petite pour �tre viable, il obligeait les femmes
timoraises � limiter s�v�rement les naissances. Dapr�s des informations
(donn�es de 1987) provenant dune association de m�decins indon�siens, des
injections contraceptives auraient �t� pratiqu�es sur 57 % des femmes timoraises
contre seulement 5 % dans le reste de lIndon�sie. Comme si ce n�tait
pas assez, les produits contraceptifs utilis�s par les Timoraises leur ont �t�
pr�sent�s comme �tant un vaccin contre le t�tanos. Or, lOrganisation mondiale de
la sant� na jamais autoris� ces pratiques alors que l�glise catholique du
Timor a toujours d�nonc� les proc�d�s utilis�s par les autorit�s indon�siennes en
mati�re de contraception. En r�alit�, le gouvernement indon�sien a d�cid� de
st�riliser frauduleusement les femmes timoraises.
N�anmoins, la politique indon�sienne de
�repeuplement� a
�t� soutenue depuis 1980 par la Banque mondiale, bien que certains organismes
humanitaires aient d�j� d�nonc� cette politique comme une autre forme de g�nocide
qui, apr�s les massacres massifs, consiste � minoriser une population sur son territoire
au moyen dune politique de transmigration et de st�rilisation des femmes
timoraises.
Quoi quil en soit, la politique de transmigration du gouvernement
indon�sien viole larticle 49 de la convention de Gen�ve de 1949, sign�e par
lIndon�sie, qui interdit toute d�portation et tout transfert de population, sauf
en cas de force majeure, et ce, de fa�on strictement provisoire:
1) Les transferts forc�s, en masse ou individuels, ainsi
que les d�portations de personnes prot�g�es hors du territoire occup� dans le
territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre �tat, occup� ou non,
sont interdits, quel qu'en soit le motif.
2) Toutefois, la Puissance occupante pourra proc�der � l'�vacuation
totale ou partielle d'une r�gion occup�e d�termin�e si la s�curit� de la population
ou d'imp�rieuses raisons militaires l'exigent. Les �vacuations ne pourront entra�ner le
d�placement de personnes prot�g�es qu'� l'int�rieur du territoire occup�, sauf en
cas d'impossibilit� mat�rielle. La population ainsi �vacu�e sera ramen�e dans ses
foyers aussit�t que les hostilit�s dans ce secteur auront pris fin.
3) La Puissance occupante, en proc�dant � ces transferts ou � ces
�vacuations, devra faire en sorte, dans toute la mesure du possible, que les personnes
prot�g�es soient accueillies dans des installations convenables, que les d�placements
soient effectu�s dans des conditions satisfaisantes de salubrit�, d'hygi�ne, de
s�curit� et d'alimentation, et que les membres d'une m�me famille ne soient pas
s�par�s les uns des autres.
4) La Puissance protectrice sera inform�e des transferts et �vacuations
d�s qu'ils auront eu lieu.
5) La Puissance occupante ne pourra retenir les personnes prot�g�es dans
une r�gion particuli�rement expos�e aux dangers de la guerre, sauf si la s�curit� de
la population ou d'imp�rieuses raisons militaires l'exigent.
6) La Puissance occupante ne pourra proc�der � la d�portation ou au
transfert d'une partie de sa propre population civile dans le territoire occup� par elle.
4.3 La politique dinterdiction et dimposition
Au Timor oriental, comme dans tout larchipel indon�sien, le bahasa
indonesia (indon�sien) est devenu la langue officielle bien que la majorit� de la population
locale parle des langues m�lan�siennes diff�rentes, notamment le t�tum. En ce qui
concerne la question de la langue, larticle 36 de la Constitution
indon�sienne proclamait ce qui
La langue officielle est l'indon�sien.
Dans les r�gions ayant leur langue propre utilis�e couramment par
la population (par exemple, le javanais, le soundanais, le madourais, etc.), l'�tat
respecte et prot�ge ces langues.
Ces langues font partie de la culture vivante de l'Indon�sie.
Manifestement, ces dispositions nont jamais �t� appliqu�es au
Timor, sauf lalin�a 1 de larticle 36, qui prescrit lindon�sien comme
langue officielle. En effet, lalin�a 2 ne sappliquait pas au Timor: �Dans
les r�gions ayant leur langue propre utilis�e couramment par la population (par exemple,
le javanais, le soundanais, le madourais, etc.), l'�tat respecte et prot�ge ces
langues.� De fait, les autorit�s indon�siennes ont impos� le bahasa indonesia (indon�sien)
comme la seule langue v�hiculaire de tous les Timorais. Les langues locales, comme le
t�tum, ont �t� tout juste tol�r�es par lIndon�sie dans les communications
orales en public, mais lemploi du portugais, la langue de lancien
colonisateur, a �t� rigoureusement interdit dans l�le. Ironiquement, le
portugais, qui par ailleurs na jamais �t� pris� par les Timorais lors de la
colonisation, est alors devenu un instrument de combat utilis� contre les
Indon�siens.
Dans toute lAdministration, seul le bahasa indonesia (indon�sien)
�tait permis et les documents officiels portugais ont tous disparu. �tant donn� que le
gouvernement indon�sien exigeait que tous les fonctionnaires dorigine timoraise se
rallient publiquement au r�gime, il en est r�sult� que, dans la pratique, seuls les
Javanais ont �t� employ�s comme fonctionnaires au Timor, ce qui a exclu par le fait
m�me lemploi de toute autre langue que le bahasa indonesia. Il en est ainsi
dans toutes les cours de justice. Toutes les affiches des noms de rue devinrent en indon�sien, du moins le terme g�n�rique jalan qui rempla�a celui en portugais rua, ce qui n'emp�chait pas le terme sp�cifique de demeurer en portugais.
- L'�ducation
L'enseignement du portugais est compl�tement disparu en 1981. L�tat indon�sien a
�galement impos� en indication un syst�me scolaire assimilateur pour les Timorais. Parce que les enfants
timorais ne parlaient que le t�tum en arrivant � l�cole primaire, le gouvernement
a d� sadapter et conc�der un enseignement en t�tum. Le programme �ducatif a
pr�vu non seulement des cours dapprentissage de la langue indon�sienne �
lintention des petits Timorais ignorant tout de cette langue, mais aussi des cours
sur la culture et les coutumes indon�siennes. Aux yeux de l�tat indon�sien, ces
�nouvelles �coles primaires� constituaient des centres de conditionnement
id�ologique o� les �l�ves, tous en uniforme et au garde-�-vous, devaient entonner les
chants patriotiques de leur "nouveau pays" sous les photographies des anciens
pr�sidents Sukarno et Suharto. En fait, il fallait que le gouvernement mette en place un
syst�me dendoctrinement aupr�s des jeunes afin de rendre moins manifestes les
mesures de r�pression. La plupart des enseignants provenaient de l'�le de Java.
Les parents ont �t� �galement mis � contribution, car ils ont �t�
oblig�s dapprendre le bahasa indonesia tandis que les m�res ont d�, en
plus, apprendre les rudiments de la cuisine indon�sienne lors de cours qui leur ont �t�
sp�cialement destin�s. La seule langue �trang�re autoris�e � �tre dispens�e dans les �coles fut l'anglais.
Pour ce qui est de lenseignement secondaire, il est rest�
extr�mement rudimentaire, presque inexistant, afin de ne pas favoriser l�mergence
de futurs opposants au r�gime. Enfin, les rares �tudiants timorais qui obtenaient
lautorisation de fr�quenter une universit� indon�sienne �taient s�v�rement
surveill�s par la police.
En 1992, la derni�re �cole � enseigner le portugais comme langue d'enseignement, le Externato de S�o Jos� sous la responsabilit� de l'�glise catholique, dut fermer ses portes. 4.4 La politique dinterdiction religieuse
Rappelons que 90 % des Timorais sont de religion catholique romaine,
alors que limmense majorit� des 195 millions dIndon�siens est musulmane. Or,
la Constitution indon�sienne garantit, du moins th�oriquement, la libert� religieuse
dans tout larchipel, sauf... pour les Timorais. La pratique de la religion
catholique a �t� interdite au Timor oriental. De plus, � l�cole, non seulement
enseignait-on en bahasa indonesia, mais limposition de cette langue
saccompagnait aussi de limposition de la lecture du Coran et dune
islamisation forc�e.
5 Rebondissement du conflit timorais (1996-1999)
Bien que le Timor oriental ait �t� envahi par les forces
indon�siennes en 1975 et que les Nations unies naient jamais ent�rin�
lannexion forc�e du territoire, il a fallu attendre 1996 pour que la communaut�
internationale se souvienne du Timor oriental.
5.1 Le prix Nobel de la paix � deux Timorais
Cette ann�e-l�, � la surprise g�n�rale, le prix Nobel de la paix
de 1996 a �t� attribu� � deux militants timorais pour la cause de
lind�pendance: ladministrateur apostolique du dioc�se de Dili, Mgr Carlos
Ximenes Belo, et le repr�sentant permanent du FRETILIN aupr�s de l'Onu et
vice-pr�sident du Conseil national de la r�sistance timoraise (CNRT), M. Jos�
Ramos-Horta. Ce prix Nobel de la paix d�cern� � deux militants a donn� une
l�gitimit� officielle � la lutte du peuple timorais pour son droit �
l'autod�termination. Toutefois, cette cons�cration internationale n'a pas �t�
appr�ci�e par le gouvernement indon�sien qui, par la suite, a non seulement emp�ch�
Jos� Ramos-Horta de s'exprimer, le 20 mars 1997, devant la Commission des droits de
l'homme de l'Onu, mais a imm�diatement intensifi� les violations des droits de
lhomme au Timor oriental. Au cours des �lections de mai 1997, le Timor oriental a connu les
pires violences qu'il ait subies depuis des ann�es. Le gouvernement indon�sien a alors
d�p�ch� 6000 soldats suppl�mentaires sur l'�le, cest-�-dire 22 000 hommes au
total. Mais il aura fallu attendre en mai 1998 la chute du vieux dictateur, le pr�sident
Suharto, et l'accession au pouvoir de son dauphin, Bacharuddin Yusuf Habibie, pour qu'une
�volution notable se produise quant � la situation du Timor oriental. Cela dit, on peut
trouver un peu curieux que la communaut� internationale ait �oubli� le Timor
oriental pendant 24 ans, cest-�-dire lorsque l'Indon�sie �tait sous la botte des
militaires, et qu'elle s'en pr�occupe au moment o� le People Power menace
�l'ordre nouveau�. 5.2 Le r�f�rendum de 1999
En juin 1998, le nouveau pr�sident Habibie, qui avait besoin de l'aide
internationale pour att�nuer les d�g�ts provoqu�s par la crise �conomique, sest
dit pr�t � accorder au Timor oriental un �statut sp�cial� que les leaders
timorais ont refus�. Le 7 f�vrier 1999, le ministre indon�sien des Affaires
�trang�res a accept� le principe d'une consultation d'autod�termination organis�e par
les Nations unies aupr�s des Timorais. Le 5 mai suivant, sous l'�gide de l'ONU,
l'Indon�sie et le Portugal sign�rent un accord qui, en pr�voyant un r�f�rendum pour
le 30 ao�t, ouvrait la voie � l'ind�pendance.
Les militaires indon�siens ne purent emp�cher que 450 000 Timorais
sinscrivent sur les listes �lectorales. Le 30 ao�t, malgr� les menaces, 78,5 %
des Timorais qui avaient vot� refus�rent l'autonomie interne propos�e par Jakarta et se
prononc�rent pour l'ind�pendance (une participation de 98,6 %, d'apr�s l'Onu). D�s
l'annonce du r�sultat r�f�rendaire, le pr�sident Habibie annon�a � la t�l�vision
indon�sienne que son gouvernement respectait et acceptait ce verdict populaire. Il a
�galement affirm� qu'il avait donn� l'ordre � la police et � l'arm�e indon�siennes
d'assurer la s�curit� et l'ordre dans le territoire.
5.3 La chasse aux ind�pendantistes
� lencontre de la parole du pr�sident indon�sien, le Timor
oriental a �t� mis � feu et � sang aussit�t par des milices pro-indon�siennes ne
d�pendant pas du gouvernement mais jouissant d'une impunit� totale et farouchement
d�termin�s � ignorer l'�crasante victoire de loption ind�pendantiste au
r�f�rendum. �videmment, larm�e indon�sienne nest jamais intervenue pour
r�tablir lordre. Puis, dans une d�monstration de force sans pr�c�dent, les
milices indon�siennes se sont empar�es du centre de Dili, la capitale, ont lanc� une
chasse sanglante aux ind�pendantistes, et s'en sont pris aux fonctionnaires nationaux et
internationaux de la mission des Nations unies au Timor oriental (UNAMET), accus�e
d'avoir favoris� les ind�pendantistes et biais� le scrutin. La capitale, Dili, a �t�
br�l�e, pill�e et d�vast�e � 90 %. Sur la base des estimations de l'Onu, quelque 500
000 Timorais auraient �t� d�plac�s par les Forces indon�siennes dont 200 000 vers le
territoire indon�sien du Timor occidental. Cest �norme quand on sait que la
population totale (incluant les Indon�siens) lors du vote �tait estim�e � 890 000
personnes. Apr�s plusieurs jours de tueries et de pillages, lOnu a r�ussi �
envoyer une premi�re force dinterposition de 5000 Casques bleus afin dimposer
une forme de paix. Pour les Timorais, la pr�sence de pr�s de 4000 soldats
suppl�mentaires de l'INTERFET sur le territoire est le seul garant du retour de la paix.
La capitale en ruine est devenue un vaste camp de r�fugi�s, un bidonville aussi
h�t�roclite qu'improvis�. Le Timor doit repartir � z�ro!
Il faut comprendre que le projet du pr�sident indon�sien allait �
lencontre des vues et des int�r�ts d'une arm�e quil ne contr�lait pas.
Celle-ci consid�rait la perte du Timor oriental comme une d�faite et elle croyait aussi
que cet acte politique serait per�u comme un encouragement pour d'autres r�gions
troubl�es de l'archipel, qui nh�siteraient pas � revendiquer un changement de
statut. Cest pourquoi beaucoup dobservateurs ont accus� lONU
davoir �t� na�ve dorganiser un r�f�rendum selon les normes des pays
d�mocratiques, alors que la vie politique indon�sienne, depuis au moins 30 ans, �tait
domin�e par la corruption et le trafic d'influence.
Cela dit, le Parlement du plus grand pays musulman du monde a �lu, le
20 octobre 1999, un nouveau pr�sident de la R�publique, M. Abdurrahman Wahid, un
mod�r�, ce qui est consid�r� par la communaut� internationale comme une victoire
contre l'autoritarisme pratiqu� pendant plus de trente ans par le r�gime du
g�n�ral-pr�sident Suharto.
6 Sous ladministration transitoire des Nations
unies Le 20 septembre 1999, le Timor oriental devenait un
territoire sous l’administration provisoire des Nations unies (UNTAET). Dans
un premier temps, l’entr�e des troupes onusiennes dirig�es par l’Australie
devait vraisemblablement permettre au Timor oriental de concr�tiser le
r�sultat du r�f�rendum � plus ou moins long terme. � ce moment, l'ONU
devait prendre en charge le Timor oriental, la situation �tant devenue critique.
L'administration civile, les �coles, le syst�me judiciaire et les services de
sant� avaient cess� de fonctionner, et des centaines de milliers de r�fugi�s
avaient besoin d'une aide imm�diate. Les Indon�siens (80 % du personnel
administratif) avaient quitt� le Timor oriental en br�lant les archives;
techniciens, infirmiers et m�decins, enseignants, employ�s municipaux, etc.,
ne reviendront plus. Le Conseil de s�curit� des Nations unies a donn� son feu
vert (24 octobre 1999) � l’envoi de quelque 9000 Casques bleus, de 200
observateurs militaires, d’une force de police civile de 1640 personnes et �
la mise en place de l’Administration transitoire de l’Onu au Timor oriental
durant la p�riode (deux � trois ans) qui devait conduire ce territoire � l’ind�pendance.
S'y ajoutait un nombre ind�termin� de fonctionnaires civils qui avaient la t�che
d'administrer la quasi-totalit� des services publics du Timor oriental,
d�sert�s alors par les Indon�siens. Au plan juridique, il restait deux conditions pour concr�tiser le
projet dind�pendance du Timor oriental. Dabord, il fallait que le Parlement
indon�sien abroge la loi dannexion de 1976, ce qui a �t� fait le 20 octobre 1999
par l'Assembl�e consultative du peuple, laquelle a �galement ratifi� un d�cret
ent�rinant les r�sultats du r�f�rendum du 30 ao�t. Pour lIndon�sie,
c�tait la derni�re �tape vers l'ind�pendance de l'ancienne colonie portugaise
qui devra passer par une p�riode transitoire de deux � trois ans sous administration
onusienne. Il fallait �galement que le Portugal, consid�r� toujours comme la
�Puissance administrante�, abroge larticle 293 de la Constitution relatif
au Timor oriental:
1) Portugal continua vinculado �s
responsabilidades que lhe incumbem, de harmonia com o direito internacional,
de promover e garantir o direito � autodetermina��o e independ�ncia de
Timor Leste. 2) Compete ao Presidente da Rep�blica e ao
Governo praticar todos os actos necess�rios � realiza��o dos
objectivos expressos no n�mero anterior.
1) Le Portugal continue � assumer les responsabilit�s
qui lui incombent, conform�ment au droit international, visant � promouvoir et �
garantir le droit � l'autod�termination et � l'ind�pendance de Timor oriental.
2) Il appartient au pr�sident de la R�publique et au gouvernement
dappliquer toutes les mesures n�cessaires � la r�alisation des objectifs
indiqu�s au paragraphe pr�c�dent. Dot�e d'un mandat pouvant aller jusqu'� trois ans, l'UNTAET demeura en charge de toutes les fonctions gouvernementales dans ce pays de quelque
800 000 habitants. Le mandat de l'UNTAET �tait pr�vu jusqu'au 31 janvier 2001,
mais il �tait renouvelable. La nouvelle administration devait, aussi rapidement que possible, compter dans ses
rangs du personnel timorais. L'un des domaines les
plus urgents a �t� de mettre en place un syst�me judiciaire provisoire et une
police civile. Pendant un certain temps, c'est la loi indon�sienne qui
demeura en application au Timor oriental � l'exception �des domaines o�
elle est en contradiction avec les normes internationales�. La roupie
indon�sienne, peu populaire, est rest�e durant quelque temps la monnaie
officielle, puis le Fonds mon�taire international, apr�s avoir envoy� une
mission afin d'aider le pays � mettre sur pied de nouvelles structures
financi�res, a r�ussi � imposer le dollar am�ricain � la place de l’escudo
portugais. En ce qui a trait � la langue, l’UNTAET a d� d�cider d’une langue d’enseignement.
Le plus simple �tait de recourir au bahasa indonesia qui, en raison des
24 ans d’occupation indon�sienne, �tait devenu la langue v�hiculaire de
toute la jeune g�n�ration. Afin de ne pas heurter le nationalisme des
Timorais, c’est le bahasa malaisien (malais de Malaysia) qui a �t�
choisi du fait que cette langue avait l’avantage d’�tre tr�s proche du bahasa
indon�sien tout en �tant diff�rente. N�anmoins, en f�vrier 2000, les
dirigeants timorais ont impos� le portugais comme �langue officielle� et le
t�tum comme �langue nationale�. En cela, les Timorais sont coh�rents avec la
Charte adopt�e en 1998, qui pr�cisait ce qui suit au sujet de la future langue
officielle d’un Timor ind�pendant:
c) En tant que pays dont la langue officielle sera le portugais, le
Timor oriental entretiendra des relations avec les pays d'Afrique, d'Am�rique
latine et d'Europe qui partagent la m�me langue et en outre il s'efforcera de
renforcer la CPLP – la Communaut� des pays de langue portugaise – ainsi que de
promouvoir des relations avec les communaut�s et les pays de la r�gion
La r�publique du Timor Leste Le 30 ao�t 2001, les Est-Timorais ont vot� massivement lors des premi�res
�lections d�mocratiques. La participation � ce scrutin, destin� � �lire
une Assembl�e constituante, a atteint 93 %, selon les premi�res estimations de
l'ONU qui administrait et assurait la s�curit� du territoire depuis 1999. Les Timorais ont vot� pour l'Ind�pendance dans une proportion de 78,5 %, pour l'autonomie, 21,5 %. Le Fretilin, le mouvement qui a lutt� pendant pr�s d'un quart de si�cle en
faveur de l'ind�pendance vis-�-vis de l'Indon�sie, a remport� facilement le
scrutin du 30 ao�t. L'Assembl�e constituante de 88 membres (dont 55 pour le
Fretilin) avait trois mois pour pr�parer la Constitution, puis se transformer
en Parlement. Ce scrutin marque la premi�re �tape du processus constitutionnel
devant aboutir � l'ind�pendance formelle de la R�publique d�mocratique du Timor Leste
(ce qui signifie �le pays du soleil se levant�), le nom du futur �tat choisi
par la population. Des �lections pr�sidentielles devraient se tenir en mars ou
avril 2002. L'ind�pendance pourrait �tre alors proclam�e le m�me jour que l'�lection
du pr�sident. En fait, l'Assembl�e constituante a propos� � l'ONU que le
Timor oriental devienne ind�pendant le 20 mai 2002. Cette date correspondra au
28e anniversaire de la fondation du premier parti du Timor oriental,
l'Association sociale d�mocratique timoraise (ASDT), � l'origine du Fretilin.
La Constitution de la r�publique du Timor Leste est entr�e en vigueur le 20 mai 2002. Il s'agit d'un texte d'une
soixantaine de pages comptant 168 articles, une œuvre de l'Assembl�e
constituante �lue le 30 ao�t 2001. Selon cette constitution, la R�publique d�mocratique du
Timor Leste est un �tat d�mocratique, souverain et unitaire. Le pr�sident
�lu le 14 avril 2002, Xanana Gusm�o, remplit le mandat pr�vu par la
Constitution. Le gouvernement est responsable de la politique g�n�rale du
territoire et dirige l'administration publique. Le premier ministre est
d�sign� par le parti politique qui a le plus grand nombre de suffrages aux
�lections l�gislatives. Il est ensuite nomm� par le chef de l'�tat apr�s
consultation du Parlement. Le Timor Leste est le 191e �tat admis � l'ONU, le 27 septembre 2002. 7.1 Les langues officielles
En vertu de l'article 13 de la nouvelle Constitution, il y a maintenant deux
langues officielles, le t�tum et le portugais: Artigo 13
L�nguas oficiais e l�nguas nacionais
1) O t�tum e o portugu�s s�o as
l�nguas oficiais da Rep�blica Democr�tica de Timor-Leste.
2) O t�tum e as outras l�nguas
nacionais s�o valorizadas e desenvolvidas pelo Estado.
1) Le t�tum et le portugais sont les
deux langues officielles de la R�publique d�mocratique du Timor
2) Le t�tum et les autres langues
nationales sont encourag�es et d�velopp�es par l'�tat.
L'article 8 de la Constitution �nonce que l'�tat doit maintenir des liens privil�gi�s avec les pays dont la langue officielle est le portugais :
3) A Rep�blica Democr�tica de Timor-Leste mant�m la�os privilegiados com os pa�ses de l�ngua oficial portuguesa.
Article 8 Relations internationales
La R�publique d�mocratique du Timor oriental maintient des liens privil�gi�s avec les pays dont la langue officielle est le portugais. Cependant, la r�introduction du portugais demeure probl�matique. D’une
part, cette langue n'est parl�e aujourd’hui que par environ 10 % de la
population (l’�lite), d’autre part, au Timor oriental comme partout dans les anciennes
colonies portugaises d’Asie, le portugais semble plus ou moins condamn�. � long terme, apr�s une p�riode de normalisation accompagn�e de
conflits probables, c’est le t�tum qui devrait prendre la rel�ve, mais cette
�ventualit� n’est certainement pas pour demain, la langue n’�tant pas
pr�te � assurer la transition, y compris dans l’enseignement. En effet, les normes d'�criture ne sont pas encore d�finies et il existe plusieurs formes dialectales de t�tum; par comparaison avec le portugais ou l'anglais, cette langue n'est pas suffisamment adapt� aux technologies modernes.
7.2 L'�ducation
Malheureusement, presque tous les b�timents scolaires ont �t� d�truits (environ 90 %); avant le d�part des Indon�siens, il y avait environ 900 �coles primaires et secondaires. C'est un travail de reconstruction qui devait s'�tendre sur plusieurs ann�es. De plus, la p�nurie d'enseignants aggravait encore les probl�mes li�s au syst�me d'enseignement. La plupart des enseignants �taient indon�siens et ont quitt� le Timor apr�s l'annonce des r�sultats du r�f�rendum sur l'ind�pendance. Sur la base des statistiques de d�cembre 1998, seulement 6 % du total des professeurs primaires (timorais et indon�siens) poss�daient les qualifications minimales requises pour leur fonction. Lors de l'ind�pendance, les enseignant sont d� faire ce qu'ils ont pu, mais il a fallu assurer une formation au plus grand nombre, notamment en t�tum et en portugais. Au d�but, les activit�s p�dagogiques ont d� se d�rouler � la fois en t�tum, en indon�sien, en portugais ou en anglais. En 2000, l'UNICEF a lanc� un �Programme national de formation des professeurs�, lequel a comme objectif de former des �ducateurs au niveau de l'enseignement primaire, afin qu'ils puissent ensuite transmettre leur formation � leurs coll�gues dans les divers districts du pays. Par ailleurs, � la demande du CNRT (Conseil national de la R�sistance timoraise), le gouvernement portugais a lanc� des cours de recyclage de professeurs en langue portugaise. Pour sa part, l'�glise catholique du Timor pr�nait l'adoption du portugais en �ducation. Comme l'indon�sien repr�sentait la langue de l'occupant, il fut rejet� par le gouvernement, mais parce que c'�tait la langue de l'enseignement depuis longtemps; l'impression de manuels scolaires en indon�sien fut accept�e comme une solution temporaire, avec la mention �malais� plut�t que bahasa indonesia (dont il constitue une variante). On s'attendait � ce que cette situation temporaire puisse durer au moins cinq ans.
Le portugais fut introduit au cours de l'ann�e scolaire 2001-2002 pour la premi�re ann�e du primaire comme langue seconde, le t�tum servant de langue v�hiculaire. Chaque ann�e scolaire a vu augmenter le nombre des �l�ves recevant une instruction en portugais. En m�me temps, les enseignants durent recevoir une formation pour enseigner le portugais. Des Portugais vinrent assurer cette formation aux professeurs du Timor. Au fur et � mesure que le portugais est enseign� dans les �coles, l'indon�sien dispara�t d'autant, selon le principe du vase communiquant, l'indon�sien faisant place au portugais. Au d�but, la majorit� des manuels de classe furent imprim�s au Portugal. Tous les enseignants ont re�u un �porte-documents p�dagogique� avec plusieurs livres destin�s � aider les enseignants dans l'enseignement du portugais.
En m�me temps, des cours destin�s aux adultes furent pr�vus � l'intention des fonctionnaires, des policiers, des pompiers, des employ�s des banques, etc. 7.3 Les langues de l'�tat timorais
Le nouvel �tat a d� choisir une langue
de travail entre les employ�s de l'�tat. Pour des raisons pratiques, c'est le
bahasa indonesia (ou indon�sien) et l'anglais qui serviront de v�hicule aussi
longtemps que cela para�tra n�cessaire. Selon l'article 159 de la Constitution
de mai 2002:
159L�nguas de trabalho
A l�ngua indon�sia e a inglesa
s�o l�nguas de trabalho em uso na administra��o p�blica a par das
l�nguas oficiais, enquanto tal se mostrar necess�rio.
159Langues de travail
L'indon�sien et l'anglais sont
les langues de travail dans la fonction publique, c�te � c�te avec les
langues officielles, aussi longtemps qu'il para�tra n�cessaire.
Dans les circonstances actuelles, il est plus
probable que c’est la langue anglaise qui, avec la dollarisation de l’�conomie,
risque de progresser. Dans les faits, la jeune g�n�ration timoraise ne parle
que le t�tum et l'indon�sien, et elle r�ve d'apprendre l'anglais, promesse
d'emploi. Pour le moment, l'anglais n'est connu que par moins de 1 % de la population. On devine bien que l’officialisation du portugais est
une d�cision politique d’identification, mais il est possible que son
implantation � long terme risque de rester un vœu pieux. Les chances seraient
plus grandes, � long terme, de faire pr�dominer le t�tum. Un fait est certain: l'indon�sien (bahasa indonesia) est appel� � dispara�tre dans un d�lai d'une dizaine d'ann�e apr�s l'ind�pendance pour �tre remplac� par le portugais. Cependant, le portugais demeurera toujours une langue seconde. 7.4 Les m�dias
Les �missions radiophoniques sont dans une phase de transition. Apr�s l'occupation indon�sienne, des services temporaires organis�s par l'Onu ont remplac� ceux mis en place par l'Indon�sie. La radio s'adressait aux Timorais en anglais, en portugais, en t�tum et en indon�sien. Ce sont les m�mes langues qui servent de v�hicule dans les communications orales aupr�s des Timorais, que ce soit la Radio Nacional, la Radio Falintil/Voz de la Esperanza ou la Radio Timor Kmanek (RTK), repr�sentant l'�glise catholique, ou les autres stations maintenant disponibles. En terme de dur�e d'�missions, il para�t plus utile de diffuser en t�tum et en indon�sien parce que presque tout le monde conna�t ces deux langues.
Si la radio atteint 90 % de la population, la t�l�vision ne rejoint que la r�gion imm�diate de la capitale, Dili. Les �missions de la Televis�o de Timor Leste (TVTL) sont en quatre langues, mais surtout en portugais et en anglais pour des raisons d'approvisionnement en mati�re d'images. Des bulletins d'informations sont pr�sent�s en t�tum et en indon�sien.
La presse �crite n'est pas encore riche en journaux; il ne dispose que d'un seul quotidien et il est en portugais: le Timor Hoje. Tous les journaux �trangers accessibles au Timor sont en anglais (East Timor News, Moreover, etc.). 8 La Communaut� des pays de langue
colonies ont fond� la Comunidade dos Pa�ses de L�ngua Portuguesa (CPLP),
la Communaut� des pays de langue portugaise. Les pays membres �taient les
suivants: l'Angola, le Br�sil, le
Cap-Vert, la Guin�e-Bissau, le Mozambique,
le Portugal et Sao Tom�-et-Principe. Apr�s son ind�pendance, le
Timor oriental a rejoint l’organisation comme 8e pays membre,
soit le 31 juillet 2002. La CPLP veut promouvoir la
particuli�rement, les pays lusophones d�sirent collaborer dans le domaine de
l'�ducation, mais chercheront aussi � renforcer les liens culturels,
politiques et �conomiques. La CPLP a son si�ge social � Lisbonne.
portugaise, accro�tre les �changes culturels dans l’espace lusophone,
renforcer la coop�ration entre les pays de langue portugaise dans le domaine de
la concertation politique et diplomatique, encourager le d�veloppement
d'actions de coop�ration interparlementaire, d�velopper la coop�ration �conomique,
dynamiser et approfondir la coop�ration dans le domaine universitaire, de la
formation professionnelle et dans les diff�rents secteurs de la recherche
solidaire aux programmes de reconstruction et de r�habilitation, promouvoir la
coordination des activit�s des institutions publiques et entit�s priv�es,
associations de nature �conomique et organisations non gouvernementales
oeuvrant au d�veloppement de la coop�ration entre les pays lusophones, etc. - La D�claration constitutive des
pays de langue portugaise Deux documents ont �t� sign�s par les �tats de la CPLP:
la D�claration constitutive des pays de langue portugaise (du 17 juillet
1996) et les Statuts de la Communaut� des pays de langue portugaise, �galement
du 17 juillet 1996.
La D�claration constitutive a institutionnalis� la
Communaut� des pays de langue portugaise (CPLP). L'article 3 de la Charte de la
Communaut� des pays de langue portugaise exprime clairement les objectifs de
ces sept pays :
membres en mati�re de relations internationales, principalement dans le but
d'affirmer sa pr�sence (de la CPLP) dans les congr�s internationaux ;
2) la coop�ration, particuli�rement dans les domaines
�conomique, social, culturel, juridique, technique et scientifique;
3) la mise en oeuvre de projets destin�s � promouvoir
et � diffuser la langue portugaise.
On peut consulter une version fran�aise de la D�claration
constitutive des pays de langue portugaise en cliquant ICI.
La D�claration constitutive est accompagn�e des Statuts
de la CPLP, qui comptent 22 articles. Seul l'article 3 traite de la langue
les objectifs tels qu'�nonc�s par l'article 3:
membres en mati�re de relations internationales, nomm�ment en vue de
renforcer leur pr�sence aux fora internationaux;
b) la coop�ration, nomm�ment dans les domaines �conomique,
c) la mat�rialisation de projets visant � la
promotion et � la diffusion de la langue portugaise.
On peut consulter une version fran�aise du texte complet
des Statuts de la Communaut� des pays de langue
portugaise en cliquant ICI.
Dans un avenir plus ou moins rapproch�, le Timor oriental pourra se
reconstruire et appliquer sa charte, la Magna Carta, adopt�e en 1998. Selon
cette charte, un Timor oriental d�mocratique restera fid�le aux principes
d'�galit� et de droits humains tels qu’ils sont stipul�s dans les
conventions des Nations unies et dans la D�claration universelle des droits
de la personne. De son c�t�, le pr�sident du Conseil national de la
r�sistance timoraise (CNRT) a promis d’instaurer un syst�me d�mocratique de
type occidental avec des institutions ouvertes et une �conomie diversifi�e.
Cependant, l’exp�rience d’autres cas similaires au Timor oriental — la
colonisation, la r�pression et la dictature — a d�montr� qu’une
population ainsi conditionn�e durant des d�cennies �prouve d’�normes
difficult�s � parvenir � la d�mocratie. Il pourrait �tre possible que le
Timor retombe dans la dictature, dirig�e cette fois-l� par des Timorais. On n’a
qu’� penser � ce qui s’est produit dans les anciennes colonies anglaises
et fran�aises d’Afrique, sans parler du Kosovo. C’est pourquoi les Nations
unies avaient �t� charg�es de mettre sur pied des institutions d�mocratiques avant
que l’ind�pendance ne soit officiellement promulgu�e. On peut quand m�me
�mettre des r�serves sur la future d�mocratisation du Timor oriental, tout en esp�rant qu'elle se r�alise.
Quoi qu’il en soit, il �tait temps que le plus grand territoire non autonome
sur la liste de la d�colonisation de l’Assembl�e g�n�rale des Nations
unies ait trouv� une issue, car apr�s 40 ans le cas du Timor oriental constituait
l’un des plus grands �checs de cette d�colonisation amorc�e dans les ann�es
soixante. Il n'en demeure pas moins que de nouvelles institutions, parfois embryonnaires, ont commenc� � fonctionner en 2001 : plus de 10 000 fonctionnaires ont �t� recrut�s, 1000 policiers et un premier bataillon de la nouvelle force de d�fense ont re�u une formation de base, 4 tribunaux se sont ouverts et 80 % des enfants ont �t� scolaris�s. Un pr�sident, dot� de pouvoirs limit�s, a �t� �lu d�mocratiquement, une constitution a �t� �labor�e, l’Assembl�e constituante a opt� pour un r�gime semi-pr�sidentiel et un gouvernement a �t� mis en place. Ces �v�nements sont d�j� exemplaires en soi, le Timor �tant parti de tellement loin. De plus, l'adh�sion du Timor-Leste � la Communaut� des pays de langue portugaise (CPLP), le 31 juillet 2002, renforcera les liens avec les pays de langue portugaise. Derni�re mise � jour: 01 janv. 2016
DEFERT, Gabriel. Le Timor-Est,
le g�nocide oubli�, Paris, �ditions LHarmattan, 1992.
GAUTHIER, Fran�ois, Jacques LECLERC et Jacques MAURAIS. Langues et constitutions,
Montr�al/Paris, Office de la langue fran�aise / Conseil international de la langue
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HULL, Geoffrey, Timor-Leste. Identidade, L�ngua e Pol�tica Educacional, Lisboa, Instituto Cam�es, 2001.
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K�STER, Dietrich. Sprachpolitik Osttimors, Die Wiedereinf�hrung des Portugiesischen als Amts- und Unterrichtssprache, Bonn, juin 2007, [http://www.colonialvoyage.com/de/asien/sprache/osttimor.html].
K�STER, Dietrich. Pol�tica lingu�stica de Timor-Leste - A Reintrodu��o do Portugu�s como L�ngua Oficial e de Ensino, Bonn, d�cembre 2004, [http://www.colonialvoyage.com/pt/asia/lingua/timor_leste.html].
Portugal Indon�sie

References: art. 13
 l'article 13

L'article 8
 l'article 159
 L'article 3
 l'article 3
 l'article 3