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Timestamp: 2016-10-25 10:23:52+00:00

Document:
4A_290/2007 (10.12.2007)
Arr�t 10 d�cembre 2007
demanderesses, recourantes et intim�es,
toutes trois repr�sent�es par Me Jean-Marie Crettaz,
d�fendeur, recourant et intim�, repr�sent� par
Me Dominique L�vy.
A.a A la fin des ann�es quatre-vingt, L.________ et M.________ se sont associ�s pour r�aliser une promotion immobili�re dans le canton de Gen�ve. A cet effet, M.________ a achet� plusieurs terrains appartenant � Y.________ en janvier 1989. Il n'en a pas pay� compl�tement le prix et restait devoir un solde de 8'882'583 fr.10.
Le 19 d�cembre 1989, Y.________ s'est adress� � X.________, qui �tait son avocat et celui des deux personnes pr�cit�es, pour r�clamer le paiement de ce solde.
Par t�l�copie du 21 d�cembre 1989 r�dig�e sur papier � en-t�te de l'�tude de Me X.________, L.________ s'est engag� personnellement � faire virer sur le compte bancaire de Y.________ le solde impay� du prix de vente au moyen de trois versements successifs, le dernier, d'un montant de 4'000'000 fr., augment� des int�r�ts y aff�rents au taux de 7%, devant intervenir le 21 mars 1990.
Au pied de cet �crit, X.________, qui �tait alors d�biteur ou garant de L.________ � concurrence de 1'600'000 fr. avec int�r�ts � 6% d�s le 1er f�vrier 1989, a fait et sign� la d�claration suivante: "Je garantis � mon tour les engagements de L.________".
Les deux premiers acomptes ont �t� vers�s � Y.________. Le troisi�me, en revanche, est demeur� impay�.
Le 12 juin 1990, Y.________ a fait notifier � M.________ un commandement de payer la somme de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 31 d�cembre 1989. Le poursuivi, dont l'opposition avait �t� lev�e provisoirement, a ouvert action en lib�ration de dette en date du 20 d�cembre 1990.
A.b Le 24 avril 1991, Y.________ et X.________ ont sign� une convention, intitul�e "Cession de droits et de cr�ances", par laquelle le premier c�dait au second "la propri�t� indivise de la moiti� en capital et tous accessoires de tous ses droits et cr�ances actuels et futurs" contre M.________ et L.________, notamment.
Ladite cession, faite � titre fiduciaire, a �t� notifi�e � ces deux personnes le 31 juillet 1991. Cette notification a eu pour cons�quence que L.________ a abandonn� le tiers de sa cr�ance de 1'600'000 fr. susmentionn�e et que le solde de cette cr�ance a �t� pay� par le cod�biteur ou d�biteur de celle-ci, si bien que X.________ a �t� lib�r� de sa dette de ce chef - � titre de d�biteur solidaire ou de garant - envers L.________.
Fort de cette cession, X.________ est, en outre, intervenu aux c�t�s de Y.________ dans la proc�dure relative � l'action en lib�ration de dette ouverte par M.________, les deux d�fendeurs �tant repr�sent�s par l'avocat N.________. La proc�dure en question a �t� close le 12 mars 1997 apr�s le d�p�t de "conclusions d'accord", en vertu desquelles le demandeur reconnaissait devoir aux deux d�fendeurs la somme de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990 et retirait son action en lib�ration de dette.
A.c X.________ a vers� � Y.________ les sommes suivantes: 110'000 fr. le 28 d�cembre 1993, 200'000 fr. le 28 octobre 1994, 50'000 fr. le 22 d�cembre 1994, 150'000 fr. le 31 janvier 1995, 150'000 fr. le 10 mars 1995, 60'000 fr. le 20 septembre 1995 et 60'000 fr. le 4 octobre 1995. La proc�dure probatoire n'a pas port� sur la cause de ces versements totalisant 780'000 fr. Toutefois, Y.________ a sign�, le 7 d�cembre 1995, un document, r�dig� par X.________, dans lequel il est fait �tat de pr�ts successifs portant int�r�ts � 8% l'an d�s le jour de leur d�livrance.
A.d Dans le cadre de la proc�dure en lib�ration de dette les opposant � M.________ (cf., ci-dessus, let. A.b in fine), Y.________ et X.________ avaient appel� en cause L.________. Par jugement du 23 avril 1998, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a condamn� cette personne � payer aux pr�nomm�s, agissant conjointement, les sommes de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990 et de 9'205 fr. 45 avec int�r�ts � 5% d�s le 12 juin 1990. Il a consid�r� que l'engagement souscrit le 21 d�cembre 1989 par L.________ en faveur de Y.________ �tait une reprise cumulative de la dette de M.________ envers ce dernier. Ce jugement a �t� confirm� par la Cour de justice, le 12 mars 1999. Par arr�t du 22 septembre 1999 (SJ 2000 I p. 305), le Tribunal f�d�ral a rejet� le recours en r�forme que L.________ avait exerc� contre le prononc� cantonal (cause 4C.191/1999).
A.e Le 21 octobre 1999, L.________ et Y.________ ont sign� � Nice une "convention transactionnelle" (ci-apr�s: la convention de Nice), dont le pr�ambule se r�f�rait � la susdite condamnation p�cuniaire du pr�nomm� et � la volont� des parties de trouver une solution au litige les opposant. Dans cette convention, L.________ s'engageait � verser � Y.________ les montants suivants: 600'000 fr. jusqu'� fin novembre 1999; 100'000 fr. par ann�e pendant dix ans, � raison de mensualit�s de 8'333 fr., la premi�re fois un an apr�s le versement initial; 1'200'000 fr., dans les douze mois d�s la signature de la convention, moyennant une op�ration de reprise de cr�ances hypoth�caires exigeant la participation de M.________. En cas de difficult�s � r�aliser cette op�ration, L.________ avait la possibilit� de diff�rer ce versement dans le temps. Pr�alablement au versement de tout montant, il devait racheter l'acte de d�faut de biens (recte: l'acte d'insuffisance de gage) de 2'270'000 fr. dont W.________ SA �tait titulaire � l'encontre de Y.________, puis annuler l'effet de cet acte par voie de compensation de cr�ances. Selon l'art. 2 de la convention, aucun des montants susmentionn�s ne devait porter int�r�ts ou �tre actualis�.
L'entr�e en vigueur de la convention �tait soumise � trois conditions suspensives: premi�rement, l'accord �crit de X.________; deuxi�mement, l'accord �crit de M.________; troisi�mement, la mise � disposition de la cr�ance de W.________ SA contre Y.________. Dans l'hypoth�se o� X.________ �l�verait des pr�tentions de quelque nature que ce f�t contre L.________, la convention serait "nul et de nul effet".
M.________ a donn� son accord le 11 novembre 1999. X.________ a �t� sollicit�, mais il n'a pas donn� son accord.
Le 10 f�vrier 2000, Y.________ et L.________ ont sign� un avenant dans lequel ils d�claraient que la convention de Nice �tait entr�e en vigueur. Y.________ garantissait � L.________ d'interrompre formellement la relation fiduciaire d�coulant de la convention de cession du 24 avril 1991 et de s'opposer � toute proc�dure que X.________ ouvrirait contre L.________ ou M.________. Il �tait, en outre, pr�vu que, sur la somme de 1'200'000 fr. due par L.________, seraient pr�lev�s les honoraires de Me N.________ pour un montant qui restait � d�terminer.
Le 15 mars 2000, M.________ a adress� � Y.________ un courrier, r�dig� par X.________, au terme duquel il d�clarait la convention de Nice nulle et de nul effet, motif pris de ce que Y.________ l'avait tromp� en lui garantissant faussement que X.________ n'�tait plus son cr�ancier ni celui de L.________.
Suite � la signature de la convention de Nice, L.________ a vers� � Y.________ la somme de 647'000 fr., le 30 mars 2000, et rachet� la susdite cr�ance de W.________ SA.
A.f En mars 2001, X.________ a fait notifier � Y.________, par l'Office des poursuites de Sierre, deux commandements de payer pour un total de 780'000 fr., int�r�ts � 8% en sus, au titre des pr�ts qu'il pr�tendait lui avoir octroy�s (cf. ci-dessus, let. A.c). Il a ensuite fait saisir les cr�ances de Y.________ contre L.________ d�coulant des d�cisions judiciaires en force et de la convention de Nice.
Par d�cision du 8 avril 2002, le Tribunal de Sierre a ordonn� la suspension desdites poursuites.
A.g Le 6 ao�t 2001, Y.________ a fait notifier � X.________ un commandement de payer n� ... par lequel il lui r�clamait le versement de 4'000'000 fr., avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, en se fondant sur la promesse de porte-fort souscrite par le poursuivi. Ce dernier a fait opposition � la poursuite.
Apr�s diverses p�rip�ties proc�durales, la Cour de justice genevoise, statuant le 7 ao�t 2003, a prononc� la mainlev�e provisoire de cette opposition � hauteur de 4'000'000 fr., avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, sous d�duction des sommes vers�es, soit 110'000 fr. le 28 d�cembre 1993, 200'000 fr. le 28 octobre 1994, 50'000 fr. le 22 d�cembre 1994, 150'000 fr. le 31 janvier 1995, 150'000 fr. le 10 mars 1995, 60'000 fr. le 20 septembre 1995, 60'000 fr. le 4 octobre 1995, 2'270'000 fr. le 1er novembre 1998 et 647'000 fr. le 30 mars 2000.
A.h Entre-temps, Y.________ avait �galement tent� de recouvrer sa cr�ance aupr�s de L.________, qui �tait revenu s'�tablir dans le canton de Gen�ve, en lui faisant notifier un commandement de payer, le 12 d�cembre 2001. Toutefois, il n'a pas pu obtenir la mainlev�e de l'opposition form�e par le poursuivi, car le juge de la mainlev�e a estim� que le poursuivant n'�tait pas habilit� � agir seul, sans le concours de X.________, pour obtenir le paiement d'une cr�ance qui �tait la propri�t� commune de ces deux personnes.
Ayant requis en vain sa mise au b�n�fice de l'assistance juridique pour intenter un proc�s � L.________, Y.________ a renonc� � agir plus avant contre celui-ci.
B.a Le 2 septembre 2003, X.________ a ouvert, � Gen�ve, une action en lib�ration de dette afin de faire constater judiciairement qu'il ne devait rien � Y.________ au titre de la poursuite n� ....
Le demandeur est d�c�d� le 7 mars 2005. L'instance a �t� suspendue avant d'�tre reprise par les trois h�riti�res du d�funt, � savoir son �pouse, A.X.________, ainsi que leurs deux filles, B.X.________ et C.X.________, lesquelles ont confirm� les conclusions prises par feu X.________.
Par jugement du 15 juin 2006, le Tribunal de premi�re instance a rejet� l'action en lib�ration de dette, condamn� les hoirs de feu X.________ � verser � Y.________ la somme pour laquelle ce dernier avait obtenu la mainlev�e provisoire, sous d�duction des montants imput�s par le juge de la mainlev�e, et dit que la poursuite n� ... irait sa voie. Pour le Tribunal, l'engagement souscrit le 21 d�cembre 1989 par X.________ constituait un porte-fort en vertu duquel le promettant s'engageait en faveur du b�n�ficiaire, Y.________, � ce que celui-ci re�oive de L.________ le dernier acompte de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 7%. Ce paiement n'ayant pas �t� effectu�, le promettant et, apr�s son d�c�s, ses h�riti�res �taient tenus d'indemniser le b�n�ficiaire de son dommage correspondant � l'int�r�t qu'il avait � l'ex�cution de l'objet de la promesse. Quant � la convention de Nice, par laquelle L.________ s'�tait vu accorder une remise partielle de sa dette et des d�lais de paiement, le Tribunal a jug� qu'elle n'emportait pas novation de la dette et n'influait donc pas sur le porte-fort. Il a estim�, enfin, que le sort du litige e�t �t� le m�me s'il avait fallu qualifier de cautionnement l'engagement litigieux. En effet, dans cette hypoth�se, les demanderesses auraient d� se laisser opposer le fait que X.________ s'�tait pr�valu contrairement aux r�gles de la bonne foi d'un vice de forme qu'il avait lui-m�me provoqu� dans l'intention de l'invoquer ult�rieurement pour se soustraire � l'ex�cution de son engagement.
B.b Les demanderesses ont interjet� appel en concluant � l'annulation du jugement de premi�re instance et � ce qu'il soit dit qu'elles ne sont pas d�bitrices du d�fendeur des sommes formant l'objet de la poursuite n� .... A l'appui de ces conclusions, elles soutenaient, pour l'essentiel, que l'engagement en cause �tait, non pas un porte-fort, mais un cautionnement, lequel s'�tait �teint du fait que la dette principale avait �t� nov�e par la convention de Nice.
Le d�fendeur a conclu au rejet de l'appel.
Statuant par arr�t du 8 juin 2007, la Cour de justice a condamn� solidairement les demanderesses � verser au d�fendeur la somme de 4'000'000 fr., avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990 jusqu'au 21 octobre 1999, sous d�duction des sommes vers�es, soit 110'000 fr. le 28 d�cembre 1993, 200'000 fr. le 28 octobre 1994, 50'000 fr. le 22 d�cembre 1994, 150'000 fr. le 31 janvier 1995, 150'000 fr. le 10 mars 1995, 60'000 fr. le 20 septembre 1995, 60'000 fr. le 4 octobre 1995, 2'270'000 fr. le 1er novembre 1998 et 647'000 fr. le 30 mars 2000. Elle a dit, en outre, que la poursuite n� ... irait sa voie � due concurrence.
A l'instar du Tribunal de premi�re instance, les juges d'appel ont �cart� la th�se du cautionnement au profit de celle du porte-fort en mettant l'accent sur l'int�r�t propre que rev�tait l'engagement litigieux pour X.________. Ils ont admis que la garantie fournie par ce dernier �tait devenue exigible d�s le moment o� L.________ n'avait pas effectu� le versement de 4'000'000 fr. � la date pr�vue du 21 mars 1989. A leur avis, le promettant, tenu qu'il �tait de r�parer le dommage subi par le b�n�ficiaire, c'est-�-dire l'int�r�t positif que celui-ci avait � ce que L.________ s'ex�cut�t en temps utile, devait payer � Y.________ la somme de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, sous d�duction des montants qu'il lui avait vers�s - 780'000 fr. au total, apparemment � titre de pr�ts - et de ceux que le d�fendeur avait re�us de L.________, � savoir 647'000 fr. et 2'270'000 fr., les autres versements all�gu�s n'�tant pas �tablis. Les juges cantonaux ont consid�r�, par ailleurs, que le promettant ne pouvait, en principe, pas se pr�valoir des exceptions que L.________ serait en droit d'opposer � Y.________ en invoquant la convention de Nice, celle-ci �tant une res inter alios acta pour le porte-fort. Toutefois, ce principe souffrait une exception en l'esp�ce. Dans la mesure, en effet, o� le d�fendeur avait renonc�, en signant ladite convention, au paiement d'une partie de ses pr�tentions envers L.________, notamment aux int�r�ts ayant couru d�s le 21 octobre 1999, il avait accept� de r�duire son dommage. Aussi ne pouvait-il pas r�clamer une indemnit� sup�rieure au dommage qu'il avait librement r�duit, sauf � violer les r�gles de la bonne foi. Dans ces conditions, il s'imposait de bloquer le cours des int�r�ts � la date sus-indiqu�e, conform�ment � la clause topique de la convention de Nice. En revanche, comme le montant de la cr�ance d'honoraires de Me N.________, dont l'avenant � cette convention pr�voyait l'imputation sur les 1'200'000 fr. encore dus par L.________, n'�tait pas �tabli, il n'y avait pas mati�re � proc�der � une d�duction suppl�mentaire de ce chef sur la cr�ance du d�fendeur envers les demanderesses.
Les trois h�riti�res de feu X.________ (ci-apr�s: les demanderesses) ont d�pos� un recours en mati�re civile. Elles invitent le Tribunal f�d�ral � d�bouter Y.________ (ci-apr�s: le d�fendeur) de toutes ses conclusions et � dire que la poursuite n�... n'ira pas sa voie. A titre subsidiaire, les demanderesses concluent � ce qu'il leur soit donn� acte qu'elles reconnaissent devoir au d�fendeur la somme maximale de 481'971 fr. 60. Les moyens qu'elles d�veloppent � l'appui de ces conclusions seront expos�s plus loin dans la mesure utile.
Le d�fendeur propose le rejet du recours dont il met �galement en doute la recevabilit�. Il a, lui aussi, form� un recours en mati�re civile, pour le motif qui sera �nonc� lors de son examen, afin d'obtenir que l'arr�t attaqu� soit r�form� en tant qu'il limite au 21 octobre 1999 le cours des int�r�ts relatifs � sa cr�ance de 4'000'000 fr.
La cour cantonale a d�clar� qu'elle n'avait pas d'observations � formuler au sujet des deux recours.
Les recours en mati�re civile interjet�s s�par�ment par les demanderesses et par le d�fendeur visent la m�me d�cision cantonale et soul�vent, pour l'essentiel, les m�mes questions juridiques. Dans ces conditions, l'�conomie de la proc�dure justifie que les causes 4A_290/2007 et 4A_292/2007 soient jointes pour �tre trait�es dans un seul et m�me arr�t.
Comme la d�cision attaqu�e a �t� rendue apr�s l'entr�e en vigueur, le 1er janvier 2007 (RO 2006, 1242), de la loi f�d�rale sur le Tribunal f�d�ral (LTF; RS 173.110), la proc�dure de recours est r�gie par le nouveau droit (art. 132 al. 1 LTF).
La d�cision attaqu�e a �t� rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. fix� � l'art. 74 al. 1 let. b LTF. Les deux recours ont �t� d�pos�s dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF en liaison avec les art. 45 al. 1 et 46 al. 1 let. b LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi. Les parties qui les ont interjet�s ont pris part � la proc�dure cantonale et chacune d'elles a un int�r�t juridique � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF).
Il y a lieu, partant, d'entrer en mati�re. Le d�fendeur s'y oppose certes, en ce qui concerne le recours des demanderesses, au motif que ce recours serait proc�durier ou abusif. Si tel �tait le cas, il aurait raison de le faire (cf. art. 42 al. 7 et 108 al. 1 let. c LTF). Cependant, � la lecture des arguments avanc�s sur ce point dans la r�ponse audit recours, force est de constater que le d�fendeur stigmatise avant tout la conduite adopt�e par feu X.________ � son �gard dans le cadre de leurs relations contractuelles ant�rieures � l'ouverture de la proc�dure au fond. D'autre part, celle-ci soul�ve des questions relativement d�licates auxquelles les deux instances cantonales ont donn� des r�ponses en partie diff�rentes, de sorte que l'on ne peut gu�re reprocher aux h�riti�res du pr�nomm� d'avoir voulu faire trancher d�finitivement ces questions par la juridiction supr�me du pays. Par cons�quent, le d�fendeur conclut � tort � l'irrecevabilit� du recours des demanderesses.
4.2 Devant les deux instances cantonales, la qualification juridique de la garantie souscrite par X.________, le 21 d�cembre 1989, a �t� au centre du litige, les demanderesses y voyant un cautionnement, le d�fendeur un porte-fort. La cour cantonale a tranch� en faveur du porte-fort, principalement du fait que X.________ avait un int�r�t propre � promettre au d�fendeur que L.________ respecterait son engagement de payer � l'int�ress�, aux dates pr�vues, le solde impay� du prix de vente d� par M.________. Dans leur recours en mati�re civile, les demanderesses d�clarent express�ment ne pas vouloir remettre en cause cette qualification juridique. Sans doute, pareille d�claration ne lie-t-elle pas la Cour de c�ans, s'agissant d'une question relevant de l'application du droit f�d�ral. Toutefois, comme ce point de droit n'est plus discut� dans ledit recours et que les motifs retenus par les juges genevois pour �tayer la th�se du porte-fort apparaissent pertinents, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant cette question.
Il ressort, en outre, des deux m�moires de recours que la cr�ance formant l'objet du porte-fort n'est plus contest�e � ce stade de la proc�dure, si elle l'a jamais �t�, tant en ce qui concerne son montant (4'000'000 fr.), que le taux des int�r�ts y aff�rents (7%) et la date � laquelle ceux-ci ont commenc� � courir (1er janvier 1990). Ces diff�rents points, qui rel�vent en partie du domaine des faits, doivent, d�s lors, �tre tenus pour acquis.
5.1 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
L'ancien droit r�servait express�ment la possibilit� de compl�ter les constatations de la derni�re autorit� cantonale (art. 64 OJ). Bien qu'il ne r�gle pas sp�cifiquement la question, le nouveau droit n'exclut pas cette facult�. Il consid�re que l'hypoth�se de l'�tat de fait incomplet entre dans les pr�visions de l'art. 105 al. 2 LTF, en ce sens que l'autorit� pr�c�dente viole le droit mat�riel en n'�tablissant pas tous les faits pertinents pour l'application de celui-ci. Ainsi, le Tribunal f�d�ral doit-il, en tout cas, pouvoir continuer � sanctionner un �tat de fait incomplet qui l'emp�cherait d'appliquer correctement le droit priv� f�d�ral (sur cette probl�matique, cf. le Message du Conseil f�d�ral du 28 f�vrier 2001 concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale, in FF 2001 p. 4000 ss, 4136 et 4141; voir aussi: Bernard Corboz, Introduction � la nouvelle loi f�d�rale sur le Tribunal f�d�ral, in SJ 2006 II p. 319 ss, 342 en haut; Denis Tappy, Le recours en mati�re civile, in La nouvelle loi sur le Tribunal f�d�ral, �d. Urs Portmann, p. 51 ss, 95 ch. 67). Mais il ne le fera pas d'une mani�re plus large que celle avec laquelle il usait des pouvoirs que lui accordait jadis l'art. 64 OJ. Cette disposition, faut-il le rappeler, ne conf�rait pas aux parties la facult� de compl�ter ad libitum les faits constat�s par l'autorit� cantonale, sous pr�texte qu'un compl�tement desdits faits conduirait � une solution juridique diff�rente du litige. Elle n'entrait en ligne de compte que si la d�cision attaqu�e ne contenait pas les constatations n�cessaires � l'application du droit f�d�ral, alors que les faits pertinents pass�s sous silence avaient �t� all�gu�s en conformit� avec les r�gles fix�es par la proc�dure cantonale et qu'un compl�tement de l'�tat de fait �tait encore objectivement possible (arr�t 4C.288/2005 du 9 d�cembre 2005, consid. 1.3.1 et les r�f�rences).
5.2 Dans la troisi�me partie de leur m�moire de recours (p. 5 � 7), les demanderesses invitent le Tribunal f�d�ral � compl�ter et/ou � pr�ciser les constatations de la cour cantonale sur quatre points, en application de l'art. 105 al. 2 LTF. Cependant, elles ne pr�cisent pas o� ni quand elles ont all�gu� les faits qui n'ont pas �t� constat�s dans l'arr�t attaqu�, en particulier quant au montant de la note d'honoraires de Me N.________. Les demanderesses n'indiquent pas davantage laquelle des diff�rentes hypoth�ses vis�es par la disposition cit�e justifierait le compl�tement des constatations de l'autorit� pr�c�dente. La Cour de c�ans statuera, d�s lors, sur la base des faits �tablis par cette autorit� (cf. art. 105 al. 1 LTF).
6.1 Celui qui se porte fort promet au b�n�ficiaire (ou stipulant) le fait d'un tiers et s'engage � lui payer des dommages-int�r�ts si ce tiers ne s'ex�cute pas (art. 111 CO). Il assume une obligation ind�pendante qui peut exister m�me si le tiers n'est pas d�biteur du b�n�ficiaire ou si son obligation est nulle ou invalid�e (ATF 125 III 305 consid. 2 p. 306 et les r�f�rences). Sauf convention contraire, la garantie est exigible d�s que la prestation du tiers n'est pas effectu�e au moment convenu. Le b�n�ficiaire de la promesse n'est pas tenu de mettre le tiers en demeure, ni de le rechercher (ATF 131 III 606 consid. 4.2.2 et les auteurs cit�s).
Le dommage � r�parer consiste dans la diff�rence entre la situation patrimoniale du b�n�ficiaire telle qu'elle est et telle qu'elle serait si le tiers avait eu le comportement promis; sauf convention contraire, les dommages-int�r�ts doivent �tre fix�s conform�ment aux r�gles usuelles r�gissant l'inex�cution des obligations (Silvia Tevini Du Pasquier, Commentaire romand, n. 12 ad art. 111 CO; Christoph M. Pestalozzi, Commentaire b�lois, Obligationenrecht I, 4e �d., n. 14 ad art. 111 CO; Pierre Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d., p. 435; Edouard B�guelin, Porte-fort, FJS n� 769 p. 6 ch. 3).
D'une mani�re g�n�rale, lorsqu'une garantie ind�pendante est d�livr�e, le garant appel� � ex�cuter son engagement ne peut pas opposer au b�n�ficiaire d'autres exceptions que celles tir�es du contrat de garantie (ATF 122 III 321 consid. 4a p. 322). Seul un abus de droit de la part du b�n�ficiaire peut rendre l'appel � la garantie inop�rant (ATF 131 III 511 consid. 4.6). En mati�re de porte-fort, le promettant ne peut donc pas se pr�valoir des exceptions, fond�es sur le rapport de valeur, que le tiers serait en droit d'opposer au b�n�ficiaire (exceptiones de iure tertii; Tevini Du Pasquier, op. cit., n. 15 ad art. 111 CO; Pestalozzi, op. cit., n. 14 in fine ad art. 111 CO). Cependant, les r�gles de la bonne foi peuvent justifier des d�rogations. Ainsi, il serait contraire � ces r�gles que le b�n�ficiaire conserv�t sa cr�ance, alors que le risque s'est r�alis� par sa faute, � plus forte raison si elle est intentionnelle. De m�me, l'obligation du promettant devrait cesser si le b�n�ficiaire refuse sans raison la prestation du tiers ou omet d'accomplir les actes pr�paratoires n�cessaires (Georges Scyboz, Le contrat de garantie et le cautionnement, Trait� de droit priv� suisse, tome VII/2, p. 20; Rolf H. Weber, Commentaire bernois, n. 152 ad art. 111 CO; Tevini Du Pasquier, ibid.).
6.2 Dans la promesse de porte-fort analogue au cautionnement (die b�rgschafts�hnliche Garantie) - figure juridique qui correspond � l'engagement examin� ici -, le fait promis consiste en l'ex�cution d'une obligation du tiers envers le stipulant (ATF 113 II 434 consid. 2a). Lorsque le cas de garantie se r�alise, le b�n�ficiaire obtient alors deux cr�ances: l'une contre le tiers pour inex�cution et l'autre contre le promettant au titre du porte-fort. Il n'y a pas de solidarit� entre les d�biteurs (art. 143 CO) ni de subsidiarit� entre les deux dettes, mais un concours de pr�tentions contractuelles. Le stipulant peut agir � son gr� contre le tiers ou contre le promettant. Il ne saurait toutefois cumuler les indemnit�s au-del� de son dommage (Scyboz, op. cit., p. 21 in fine; Tevini Du Pasquier, op. cit., n. 14 ad art. 111 CO; Pestalozzi, op. cit., n. 11 ad art. 111 CO). S'il s'est adress� utilement au tiers, il perd, dans la mesure de la r�paration qu'il en obtient, le droit de rechercher encore le porte-fort (B�guelin, op. cit., p. 7 in fine).
7.1 Appliquant ces principes, la Cour de justice a consid�r� que, suite � la d�faillance du tiers (L.________), le promettant (X.________, puis les trois demanderesses en vertu de l'art. 603 al. 1 CC) �tait tenu de r�parer le dommage qui en �tait r�sult� pour le stipulant (le d�fendeur) et qui consistait en une perte de 4'000'000 fr. avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, correspondant � la dette impay�e du tiers envers le d�fendeur. De ce montant, elle a d�duit les 647'000 fr. vers�s ult�rieurement par le tiers au d�fendeur ainsi que la cr�ance de 2'270'000 fr. de W.________ SA envers le d�fendeur que le tiers avait acquise pour l'opposer en compensation � la cr�ance de ce dernier envers lui.
Comme on l'a d�j� soulign� plus haut (consid. 4.2 in fine), les modalit�s de ce calcul des dommages-int�r�ts dus par les h�riti�res du promettant au b�n�ficiaire du porte-fort ne sont pas remises en cause dans l'un et l'autre recours. Il n'y a ainsi pas lieu de s'y arr�ter. Demeure r�serv� l'examen des moyens par lesquels les demanderesses contestent le principe m�me de leur dette � l'�gard du d�fendeur (cf. consid. 7.2.1 ci-dessous), tout en r�clamant, � titre subsidiaire, qu'il soit proc�d� � des imputations suppl�mentaires sur cette dette (cf. consid. 7.2.2 ci-dessous), et celui par lequel le d�fendeur critique, au contraire, la limitation dans le temps du cours des int�r�ts de celle-ci, telle qu'elle a �t� d�cr�t�e par la cour cantonale (cf. consid. 7.3 ci-dessous).
7.2.1 Pour contester devoir quoi que ce soit au d�fendeur, les demanderesses font valoir que ce dernier, en signant la convention de Nice et son avenant � l'insu de X.________, aurait renonc� au paiement par L.________ de la dette constat�e par des d�cisions de justice en force, ne tentant du reste jamais de poursuivre son d�biteur pour la partie non ex�cut�e de ladite convention, de sorte qu'il n'aurait plus d'int�r�t � rechercher les h�riti�res du porte-fort ayant garanti cette dette, puisqu'il ne subit aucun dommage du fait de l'inex�cution de l'obligation correspondante. Aussi, les juges d'appel auraient-ils viol� l'art. 111 CO en retenant que la responsabilit� du porte-fort �tait engag�e en l'esp�ce. Le moyen est d�nu� de fondement et confine � la t�m�rit�.
Il ne faut, en effet, pas perdre de vue que la pr�sente affaire a pour origine la volont� parfaitement l�gitime d'un vendeur de biens immobiliers (le d�fendeur) d'obtenir le paiement du solde du prix de vente de ceux-ci. Or, il se trouve que cette volont�-l� �tait susceptible d'influer n�gativement, � l'�poque, sur la situation patrimoniale de X.________, dans la mesure o� l'associ� (L.________) du d�biteur du prix de vente (M.________) �tait lui-m�me cr�ancier de l'avocat X.________ � hauteur de 1'600'000 fr. et aurait pu �tre contraint d'agir contre ce dernier afin de se procurer les fonds n�cessaires au paiement des 8'882'583 fr. 10 encore dus par M.________, dont il avait repris cumulativement la dette. D�s lors, si X.________ a garanti � son tour les engagements de L.________, en date du 21 d�cembre 1989, c'�tait, selon toute vraisemblance, dans le but de faire patienter le d�fendeur.
Par ailleurs, la convention de Nice, conclue entre le d�fendeur et L.________, de mani�re � permettre au premier de r�cup�rer au moins une partie de ce que lui devait le second, ne l'a pas �t� � l'insu de X.________, contrairement � ce que soutiennent les demanderesses. Preuve en est le fait que l'une de ses clauses r�servait express�ment l'accord de l'avocat, lequel, bien que sollicit� � cette fin, ne l'a pas donn�.
Les demanderesses ont encore tort lorsqu'elles affirment que le d�fendeur n'a pas tent� de r�cup�rer aupr�s de L.________ le solde d� par celui-ci en vertu de la convention de Nice. Semblable affirmation est d�mentie par les faits relat�s plus haut sous let. A.h du pr�sent arr�t.
Pour le surplus, force est de rappeler ici que la promesse de porte-fort, f�t-elle analogue au cautionnement, n'en demeure pas moins une garantie ind�pendante, contrairement � celui-ci. Il s'ensuit, en l'esp�ce, que, d�s l'instant o� le fait promis, � savoir le paiement des 4'000'000 fr., augment�s des int�r�ts, � la date du 21 mars 1990, ne s'�tait pas r�alis�, le b�n�ficiaire du porte-fort pouvait, � son choix, agir contre le promettant ou contre le tiers d�biteur afin d'obtenir satisfaction int�grale, sous la seule r�serve de ne point r�clamer au final une indemnit� qui d�pass�t son dommage. Par cons�quent, les demanderesses ne peuvent rien tirer en leur faveur de la convention de Nice, �tant donn� que cet accord constituait une res inter alios acta pour le porte-fort. On ne se trouve pas non plus dans l'hypoth�se o� le risque vis� dans la promesse de porte-fort se serait r�alis� par la faute du b�n�ficiaire, la signature de la convention de Nice ayant �t� conclue bien apr�s la survenance de ce risque, ni dans celle o� le stipulant aurait refus� sans raison la prestation du tiers ou omis d'accomplir les actes pr�paratoires n�cessaires, le d�fendeur n'ayant jamais renonc� � rechercher le d�biteur quand bien m�me les circonstances l'ont amen� par la suite � passer un accord avec celui-ci pour le paiement de la dette r�siduelle. De surcro�t, m�me si cet accord avait entra�n� la novation (art. 116 CO) de la dette de L.________ constat�e par les d�cisions judiciaires en force - ce qui n'est pas le cas, puisqu'il tendait uniquement � remettre partiellement ladite dette et � accorder des d�lais de paiement au d�biteur (cf. ATF 107 II 479 consid. 3 p. 481 et les auteurs cit�s) -, pareille circonstance demeurerait sans effet en l'esp�ce, contrairement � ce qui e�t �t� le cas si la garantie fournie par X.________ avait d� �tre qualifi�e de cautionnement (cf. art. 509 al. 1 CO; Scyboz, op. cit., p. 57 ch. 3; Philippe Meier, Commentaire romand, n. 3 ad art. 509 CO), �tant donn� l'ind�pendance de la promesse de porte-fort par rapport � la dette du tiers envers le stipulant.
Cela �tant, les demanderesses contestent en vain leur qualit� de d�bitrices solidaires du d�fendeur.
7.2.2 Sous lettres 3.a, 3.b et 3.c de leurs moyens subsidiaires, les demanderesses tirent argument des accords pass�s entre le cr�ancier et L.________ dans la convention de Nice pour obtenir des d�ductions suppl�mentaires � op�rer sur la cr�ance du d�fendeur. Pour les motifs sus-indiqu�s, elles invoquent, ce faisant, des exceptiones de iure tertii qu'elles ne sont pas recevables � opposer au b�n�ficiaire du porte-fort. L'argument qu'elles avancent est d'ailleurs pour le moins surprenant, car il repose, comme on l'a vu, sur un accord que X.________ n'a jamais approuv� et qu'il a cherch� � faire annuler avec l'aide de M.________.
Qui plus est, la validit� de la convention de Nice pr�te � discussion sous un autre angle. C'est le lieu de rappeler que X.________ et le d�fendeur �taient propri�taires en main commune de la cr�ance dont le sort a �t� r�gl� dans cette convention. La propri�t� commune, qui suppose l'existence d'une communaut� ex lege ou ex contractu entre les communistes (art. 652 al. 1 CC), r�sultait, en l'occurrence, du fait que le d�fendeur et X.________, auquel le premier avait c�d� la moiti� indivise de cette cr�ance, avaient uni leurs efforts dans le but de recouvrer celle-ci et constitu� de la sorte une soci�t� simple (art. 530 al. 1 CO) emportant un tel effet (art. 544 al. 1 CO). A cet �gard, la cour cantonale nie � tort l'existence d'une telle soci�t� du seul fait que X.________ a r�clam� des honoraires pour les d�marches accomplies dans ce cadre-l�. Rien n'interdisait, en effet, aux deux associ�s de passer avec l'un d'entre eux, en sa qualit� d'avocat, un mandat on�reux afin d'atteindre le but poursuivi par la soci�t� simple. Si donc X.________ et le d�fendeur �taient propri�taires en main commune de la cr�ance en question, ils ne pouvaient disposer de celle-ci qu'en vertu d'une d�cision unanime, � d�faut d'une convention contraire (art. 653 al. 2 CC). Or, une remise de dette, m�me partielle, au sens de l'art. 115 CO, est un acte de disposition (Engel, op. cit., p. 146) que l'un des propri�taires en commun de la cr�ance correspondante ne peut pas accomplir sans le concours de l'autre (Hanz Merz, Obligationenrecht, Schweizerisches Privatrecht, VI/1, p. 92). Par cons�quent, il est douteux que le d�fendeur ait pu valablement remettre une partie de la dette de L.________, en signant la convention de Nice avec ce dernier, sans que X.________, le cotitulaire de la cr�ance indivise, y ait consenti. Ladite convention r�servait d'ailleurs express�ment l'accord de ce cr�ancier que le d�fendeur n'a cependant jamais r�ussi � obtenir. Il y a donc l� un motif suppl�mentaire, de nature juridique, qui s'oppose � ce que les demanderesses fassent fond sur la convention de Nice pour conclure au rejet des pr�tentions �lev�es par le d�fendeur du chef du porte-fort.
Les moyens subsidiaires envisag�s ici apparaissent ainsi d'embl�e vou�s � l'�chec, de sorte qu'il n'est pas n�cessaire d'en examiner le contenu.
7.3 Sur le vu des motifs qui viennent d'�tre expos�s, le d�fendeur reproche � juste titre aux juges pr�c�dents, dans son propre recours, de s'�tre bas�s sur l'une des clauses de la convention de Nice pour arr�ter le cours des int�r�ts de sa cr�ance r�sultant du porte-fort � la date du 21 octobre 1999. Pour justifier sa d�cision sur ce point, la Chambre civile �met l'avis que le d�fendeur, en adoptant cette clause avec L.________, aurait accept� de "r�duire son dommage", si bien qu'il agirait contrairement aux r�gles de la bonne foi "en r�clamant une indemnit� sup�rieure au dommage qu'il a librement r�duit" (arr�t attaqu�, consid. 3.4.2, p. 14). Cet avis ne saurait �tre partag�. Le cr�ancier qui consent � remettre une partie de la dette de son d�biteur ne r�duit pas son propre dommage, mais accepte de r�duire ses pr�tentions afin de favoriser le paiement du solde. En r�alit�, c'est le dommage du d�biteur qui est r�duit par la diminution de son passif, cons�cutive � la remise de dette. Cette consid�ration mise � part, on soulignera ici, une fois encore, que la prise en compte du rapport de valeur, qu'implique la solution de la cour cantonale, est incompatible avec la nature ind�pendante du porte-fort et que rien, dans les circonstances caract�risant la pr�sente cause, ne permet d'affirmer que le d�fendeur commettrait un abus de droit en se pr�valant de cette ind�pendance entre la garantie et la cr�ance du b�n�ficiaire de celle-ci envers le tiers d�biteur.
Il y a lieu, partant, de r�former l'arr�t cantonal sur ce point en supprimant la limitation dans le temps du cours des int�r�ts aff�rents � la cr�ance du d�fendeur.
8.1 Le dernier moyen subsidiaire soulev� par les demanderesses (m�moire de recours, p. 13 s., let. 3.d) ne concerne pas directement la question du porte-fort, mais celle de l'ampleur des montants - vers�s par X.________ au d�fendeur - � imputer sur la cr�ance r�sultant de cette garantie.
Les demanderesses font valoir, � ce propos, que les 780'000 fr. vers�s par X.________ au d�fendeur entre le 28 d�cembre 1993 et le 4 octobre 1995, l'ont �t� � titre de pr�ts successifs portant int�r�ts au taux convenu de 8% l'an, ce que la cour cantonale a constat� dans son arr�t. Selon elles, le d�fendeur, qui, dans un premier temps, avait poursuivi X.________ pour la somme de 4'000'000 fr., int�r�ts en sus, sans aucune imputation, a ensuite d�duit de cette somme les diff�rents versements op�r�s par l'avocat, lorsqu'il a requis, en date du 30 janvier 2002, la mainlev�e de l'opposition form�e par le poursuivi au commandement de payer portant sur ladite somme. Ce faisant, le cr�ancier a manifest� sa volont� d'�teindre par compensation sa dette r�sultant des pr�ts successifs qui lui avaient �t� octroy�s. Toutefois, la Chambre civile n'a pas port� en compte les int�r�ts contractuels qui avaient couru entre le moment o� le d�fendeur avait re�u chacune des diff�rentes sommes pr�t�es et la date � laquelle il avait rembours� l'int�gralit� de ces sommes par voie de compensation (30 janvier 2002). Ces int�r�ts repr�sentent un total de 443'240 fr. qu'elle aurait d� d�duire de la cr�ance du d�fendeur fond�e sur le porte-fort. En s'abstenant de le faire, la cour cantonale a donc viol� les r�gles relatives � la compensation (art. 120 ss CO).
8.2 La cause juridique des versements effectu�s par X.________ en faveur du d�fendeur n'est pas des plus limpides, quoi qu'en disent les demanderesses.
Le Tribunal de premi�re instance note, � ce sujet, que la proc�dure probatoire n'a pas port� sur cette question.
Quant � la Chambre civile, elle constate, en premier lieu, que les parties ne s'accordent pas sur la raison d'�tre de ces versements, puisque, selon le d�fendeur, il ne s'agirait pas de pr�ts mais d'acomptes vers�s par son garant afin de lui permettre de payer les imp�ts sur la rentabilit� de sa cr�ance de 4'000'000 fr. qu'il n'avait pas encaiss�e. Face aux explications contradictoires des parties, les juges d'appel ont privil�gi� la th�se du pr�t en se fondant sur la reconnaissance de dette �tablie par X.________ et sign�e le 7 d�cembre 1995 par le d�fendeur, o� figurent les termes "pr�ts successifs". Ils ont cependant fait part de leur �tonnement en constatant que sept pr�ts d'importance, effectu�s sur une p�riode de trois ans, n'avaient jamais donn� lieu � la signature d'un contrat �crit ant�rieur � la date pr�cit�e. Finalement, la cour cantonale a port� le capital de ces pr�ts en d�duction de la cr�ance du d�fendeur, "sans qu'il soit m�me besoin de s'interroger sur leur cause juridique", pour ne pas statuer ultra petita, du fait que le cr�ancier avait proc�d� lui-m�me � cette imputation.
Cela �tant, quelle que soit la qualification juridique des versements litigieux, le moyen soulev� par les demanderesses en relation avec ceux-ci devra, de toute fa�on, �tre �cart� pour les motifs indiqu�s ci-apr�s.
8.3.1 Aux termes de l'art. 124 al. 1 CO, la compensation n'a lieu qu'autant que le d�biteur fait conna�tre au cr�ancier son intention de l'invoquer. Il convient de distinguer la d�claration de compensation (Verrechnungserkl�rung), qui est adress�e au cr�ancier et qui entra�ne l'extinction des dettes compens�es dans la mesure fix�e � l'art. 124 al. 2 CO, de l'objection de compensation (Verrechnungseinwendung), qui est adress�e au juge en vue d'introduire la question de la compensation dans le proc�s (sur cette distinction, cf. Viktor Aepli, Commentaire bernois, n. 117 des remarques pr�liminaires aux art. 120-126 CO). Les deux manifestations de volont� peuvent certes �tre concomitantes, mais elles ne le sont pas n�cessairement. La validit� de la premi�re rel�ve du droit mat�riel, celle de la seconde du droit de proc�dure. La jurisprudence admet de longue date que le droit cantonal d�termine la phase de la proc�dure jusqu'� laquelle le d�biteur peut soulever l'objection de compensation (ATF 63 II 133 consid. 2 p. 139 et les r�f�rences). Cette objection peut aussi n'�tre soulev�e qu'� titre �ventuel. Il en va ainsi lorsque le compensant conteste la demande et, pour le cas o� ses arguments seraient rejet�s, fait valoir subsidiairement la compensation d�clar�e ant�rieurement ou dans le proc�s comme moyen suppl�mentaire (Engel, op. cit., p. 676).
Sous l'empire de l'ancien droit de proc�dure f�d�ral, qui excluait les exceptions nouvelles (art. 55 al. 1 let. c OJ), il n'�tait pas possible de soulever pour la premi�re fois devant la juridiction f�d�rale de r�forme l'objection de compensation, car, m�me si elle ne constitue pas � proprement parler une exception, cette objection implique une d�claration de volont� de la part de l'int�ress�, � laquelle le juge ne peut suppl�er d'office et qui ne pouvait, d�s lors, pas intervenir seulement au stade de la proc�dure du recours en r�forme (cf. Jean-Fran�ois Poudret, COJ, n. 1.5.3.5 ad art. 55 OJ, p. 440). Il ne devrait pas en aller autrement en droit actuel, m�me si la disposition pr�cit�e n'a pas �t� reprise dans la loi sur le Tribunal f�d�ral (sur cette probl�matique, cf. Corboz, op. cit., p. 344 s.).
8.3.2 En l'esp�ce, la Cour de justice genevoise, statuant le 7 ao�t 2003, a prononc� la mainlev�e provisoire de l'opposition faite par X.________ au commandement de payer relatif � la cr�ance du d�fendeur � hauteur de 4'000'000 fr., avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, sous d�duction des sommes vers�es par le poursuivi, totalisant 780'000 fr., mais sans tenir compte des int�r�ts aff�rents � celles-ci.
Dans son action en lib�ration de dette ouverte le 2 septembre 2003, X.________, qui avait fait notifier au d�fendeur, en mars 2001, deux commandements de payer portant sur un total de 780'000 fr., int�r�ts � 8% en sus, au titre des pr�ts qu'il pr�tendait lui avoir octroy�s, et qui avait obtenu ensuite la mainlev�e des oppositions form�es par le poursuivi, s'est born� � conclure � l'admission de cette action en contestant, sous diff�rents angles, la validit� de l'engagement de garantie qu'il avait souscrit le 21 d�cembre 1989 ou, � tout le moins, le droit du d�fendeur de se pr�valoir de cet engagement. Il n'a pas d�clar� vouloir compenser partiellement sa dette de ce chef, pour le cas o� cette argumentation ne trouverait pas gr�ce aux yeux du Tribunal, avec sa cr�ance en restitution des pr�ts, en capital et int�r�ts, pour laquelle il avait obtenu la mainlev�e des oppositions susmentionn�es. Et si le juge de premi�re instance a imput� les 780'000 fr. sur la cr�ance du d�fendeur, c'est uniquement pour �viter d'accorder � cette partie un montant sup�rieur � celui qu'elle r�clamait apr�s avoir elle-m�me d�duit de sa cr�ance d�coulant du porte-fort le montant en question, mais sans les int�r�ts s'y rapportant, et compens�, ce faisant, dans cette mesure, sa dette y relative avec sa propre cr�ance.
Le m�moire d'appel d�pos� le 23 ao�t 2006 par les demanderesses ne contient pas non plus une quelconque manifestation de volont� dont on pourrait inf�rer l'intention des h�riti�res de feu X.________ d'invoquer, m�me � titre �ventuel, la compensation de leur dette � l'�gard du d�fendeur d�coulant du porte-fort avec leur cr�ance tendant au paiement des 443'240 fr. d'int�r�ts aff�rents aux pr�ts litigieux.
Dans ces conditions, force est de constater que ni le d�biteur de la cr�ance issue du porte-fort ni ses h�riti�res n'ont formul� de d�claration de compensation, pas plus qu'ils n'ont soulev� l'objection y relative dans la proc�dure cantonale. Partant, la Cour de c�ans ne saurait prendre en consid�ration le moyen correspondant, qui n'a �t� soulev� pour la premi�re fois que devant elle.
Le recours des demanderesses sera, d�s lors, rejet� sur ce point �galement.
Le sort r�serv� aux conclusions respectives des parties implique que l'�molument judiciaire se rapportant aux deux causes jointes soit mis int�gralement et solidairement � la charge des demanderesses (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Celles-ci seront, en outre, condamn�es solidairement � verser des d�pens au d�fendeur (art. 68 al. 2 et 4 LTF). La conclusion de ce dernier tendant � ce que les d�pens allou�s par le Tribunal f�d�ral soient distraits en faveur de son conseil ne saurait, toutefois, �tre accueillie. En effet, la loi sur le Tribunal f�d�ral ne conna�t pas l'institution de la distraction des d�pens, puisqu'elle pr�voit que les d�pens sont allou�s directement � la "partie" qui obtient gain de cause (cf. Hansj�rg Seiler/Nicolas von Werdt/Andreas G�ngerich, Bundesgerichtsgesetz, n. 6 ad art. 68 LTF). Enfin, le dossier devra �tre retourn� � l'autorit� pr�c�dente pour qu'elle rende une nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure ant�rieure.
Le recours interjet� par les hoirs de feu X.________ est rejet�.
Le recours interjet� par Y.________ est admis et l'arr�t attaqu� est annul�. En cons�quence, il est prononc� ce qui suit:
A.X.________, B.X.________ et C.X.________ sont condamn�es conjointement et solidairement � verser � Y.________ la somme de 4'000'000 fr., avec int�r�ts � 7% d�s le 1er janvier 1990, sous d�duction des sommes vers�es, soit 110'000 fr. le 28 d�cembre 1993, 200'000 fr. le 28 octobre 1994, 50'000 fr. le 22 d�cembre 1994, 150'000 fr. le 31 janvier 1995, 150'000 fr. le 10 mars 1995, 60'000 fr. le 20 septembre 1995, 60'000 fr. le 4 octobre 1995, 2'270'000 fr. le 1er novembre 1998 et 647'000 fr. le 30 mars 2000.
La poursuite n� ... ira sa voie � due concurrence.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 13'500 fr., sont mis � la charge de A.X.________, de B.X.________ et de C.X.________, solidairement entre elles.
A.X.________, B.X.________ et C.X.________ sont condamn�es solidairement � verser � Y.________ une indemnit� de 15'500 fr. � titre de d�pens.

References: in fine
 art. 45
 art. 42
 art. 105
 art. 111
 art. 111
 art. 111
in fine
 art. 111
 art. 111
in fine
 art. 111
 art. 111
in fine
in fine
 ATF 
 art. 509
 art. 509
 art. 120
 art. 55
 art. 68