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Timestamp: 2016-10-21 20:07:16+00:00

Document:
4C.380/2006 (06.03.2007)
4C.380/2006
demandeur et recourant, repr�sent� par Me Olivier Brunisholz,
tous deux repr�sent�s par Me Jean-Pierre Garbade.
recours en r�forme [OJ] contre l'arr�t rendu le
15 septembre 2006 par la Chambre civile de la Cour
de justice du canton de Gen�ve.
A.a V.________ est d�c�d� en Russie en 1997. Z.________, son �pouse, et Y.________, leur fils commun, qui sont ses deux seuls h�ritiers, ont alors quitt� le pays pour s'�tablir � Gen�ve.
Cadre sup�rieur au sein de la soci�t� russe A.________ Company (ci-apr�s: A.________), le d�funt a laiss� une importante fortune que ses deux h�ritiers ont entrepris de r�cup�rer. Ses biens comprenaient notamment un certain nombre d'actions de la soci�t� A.________ d�pos�es aupr�s de la banque russe B.________ (ci-apr�s: B.________), � Moscou.
N'�tant plus domicili�s en Russie, Z.________ et Y.________ ont eu recours aux services de diff�rentes personnes afin d'identifier, de localiser et de r�cup�rer les avoirs successoraux. Ils se sont ainsi fait conseiller et aider par C.________, homme d'affaires ukrainien �tabli � Gen�ve, et par le neveu de celui-ci, D.________.
En mars 1998, Z.________ et Y.________ ont constitu� la soci�t� W.________ SA, avec si�ge � Gen�ve, dont le but �tait l'acquisition et la gestion de patrimoines, en particulier celui de la famille. Dissoute le 5 mars 2003, cette soci�t� est actuellement en liquidation.
A.b En mars 2000, � Gen�ve, C.________ a pr�sent� � Y.________ et Z.________ un ami russe domicili� � Moscou, X.________. Propri�taire de la banque E.________, sise dans la capitale russe, cette personne est aussi actionnaire de F.________ Inc., une soci�t� off shore disposant de bureaux � Moscou et � New York, dont le pr�sident est G.________, citoyen russe domicili� � Moscou.
Le 18 avril 2000, Z.________ et Y.________ ont sign�, � Gen�ve, deux procurations autorisant G.________ � effectuer toutes les d�marches utiles et n�cessaires au transfert des actions A.________ de la banque B.________, � Moscou, � la banque H.________ (ci-apr�s: H.________), � Moscou �galement.
Durant le m�me mois, une r�union s'est tenue � Gen�ve, � la banque I.________ SA (ci-apr�s: � la banque I.________). Y ont pris part un repr�sentant de la banque, G.________, Y.________ et Z.________, assist�s d'un avocat, ainsi que C.________ accompagn� de D.________, agissant en qualit� d'interpr�te. L'objet de la r�union �tait l'ouverture d'un compte au nom de W.________ SA. Toutefois, ce compte n'a jamais servi et a �t� rapidement cl�tur�.
Le 17 mai 2000, X.________ a pay�, via sa propre banque, les frais de d�p�t des actions de Y.________ et Z.________ � la banque B.________ au moyen d'un montant de 98'000 US$ que ceux-ci lui avaient vers� la veille. G.________ est alors parvenu � transf�rer les actions A.________ aupr�s de H.________ � Moscou. De l�, les titres ont �t� d�pos�s sur un compte aupr�s de H.________ � Zurich et ils ont �t� vendus, le 18 mai 2000, pour le prix de 9'919'121 US$.
A.c En juin 2000, G.________ a r�dig� un projet de "contrat d'agence" par lequel W.________ SA confiait � F.________ Inc. la gestion de ses avoirs moyennant une r�mun�ration de 25% du b�n�fice net en r�sultant. Ce document n'a jamais �t� sign� par W.________ SA. Y.________ et Z.________, contestant s'�tre engag�s � faire g�rer leurs avoirs par F.________ Inc., ont �galement refus� de le signer.
Par lettre du 4 septembre 2000, G.________ a reproch� � W.________ SA d'avoir rompu les accords pass�s avec F.________ Inc. Il entendait, d�s lors, que les services rendus par cette derni�re fussent compens�s par un paiement direct d'un montant de 500'000 US$, correspondant � 5% des valeurs transf�r�es, et invitait, en cons�quence, ladite soci�t� � virer ce montant sur un compte d'une soci�t� K.________ Ltd ouvert aupr�s de I.________.
A une date non sp�cifi�e, mais se situant entre les mois d'ao�t 2000 et juin 2001, une facture de 65'900 US$, intitul�e "facture pour les services rendus � W.________ SA, travail effectu� et frais encourus", �tablie par G.________, a �t� envoy�e � Z.________ et Y.________. Dans une note manuscrite du 29 ao�t 2001, X.________ a indiqu� � ceux-ci qu'il y avait lieu de verser le montant pr�cit� sur un compte dont il �tait titulaire aupr�s de I.________, � Gen�ve, ce qu'ils ont fait.
En septembre 2001, G.________ a �tabli un projet de contrat entre W.________ SA et F.________ Inc. L'art. 1er de ce texte rappelle les circonstances du transfert des actions A.________ de Moscou � Zurich et de la vente de ces titres. Il souligne ensuite que, selon un pr�c�dent accord conclu entre W.________ SA et F.________ Inc., la premi�re s'est engag�e � r�mun�rer les services de la seconde � hauteur de 500'000 US$ payables soit en une seule fois, soit sous forme d'honoraires pour la gestion, durant deux ann�es, des 10'000'000 US$ que celle-l� avait promis de d�poser sur un compte ouvert � Gen�ve, aupr�s de I.________, avec l'assistance de celle-ci. Le projet de contrat rel�ve qu'en violation de cet accord, W.________ SA n'a pas d�pos� les fonds aupr�s de I.________ et n'a vers� aucune r�mun�ration � F.________ Inc. Aussi pr�voit-il, � son art. 2, qu'elle versera � cette derni�re la somme de 500'000 US$ pour solde de toutes pr�tentions. G.________ a sign� ce document pour F.________ Inc. et X.________ l'a paraph� en qualit� de t�moin. En revanche, W.________ SA ne l'a pas sign�. Y.________ et sa m�re ont �galement refus� de le faire.
A.d Par lettre recommand�e du 2 mai 2003, adress�e � W.________ SA, � l'attention de Z.________ et Y.________, X.________ a mis ces derniers en demeure de lui verser la somme de 500'000 US$ avant le 19 du m�me mois � titre de r�mun�ration pour les services qu'il avait rendus dans le cadre de la r�cup�ration et du transfert de leurs actions A.________ en Suisse. En date du 3 juin 2003, il s'est vu opposer une fin de non-recevoir �crite.
Le 8 ao�t 2003, � la requ�te de X.________, des commandements de payer la somme de 643'250 fr., contre-valeur de 500'000 US$, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er mai 2001, ont �t� notifi�s � Y.________ et Z.________ qui y ont fait opposition.
B.a Par demande du 22 octobre 2003, X.________ a ouvert action, � Gen�ve, � l'encontre de Z.________, de Y.________ et de W.________ SA en liquidation. Il a conclu � ce qu'ils soient condamn�s � lui payer la somme susmentionn�e et les int�r�ts y aff�rents. Le demandeur a all�gu� avoir �t� mandat� oralement par Z.________ et Y.________, en mars 2000, aux fins de d�bloquer les actions A.________ et de les transf�rer de la banque B.________, � Moscou, � H.________, � Moscou �galement. Il avait sous-d�l�gu� en partie cette t�che � G.________, d'entente avec les d�fendeurs. Il avait �t� convenu entre les parties que les actions seraient ensuite transf�r�es sur un compte ouvert au nom de W.________ SA aupr�s de I.________, � Gen�ve, compte qui serait g�r� par F.________ Inc. Quant � la r�mun�ration du demandeur, en cas de succ�s du d�blocage des actions, elle devait consister dans le paiement par les d�fendeurs de 500'000 US$ en un seul versement ou sous la forme d'honoraires pour la gestion dudit compte. Ayant accompli sa mission avec succ�s, le mandataire avait droit au paiement de cette somme au titre de la r�mun�ration promise ou, sinon, en vertu de l'usage.
Y.________ et Z.________ ont conclu � lib�ration, en contestant la l�gitimation active du demandeur. A les suivre, ils avaient mandat� G.________ et avaient r�mun�r� l'int�gralit� des services rendus par cette personne en payant la facture de 65'900 US$. Les d�fendeurs contestaient, en outre, s'�tre engag�s � d�poser leurs fonds sur un compte ouvert aupr�s de I.________ et � les faire g�rer par F.________ Inc. ou ses animateurs.
Le Tribunal de premi�re instance a entendu les parties ainsi que plusieurs t�moins. Lors de son audition, X.________ a d�clar� avoir re�u des consorts Y.________ et Z.________ un montant total de 374'000 US$, via deux de ses soci�t�s.
B.b Par jugement du 5 septembre 2005, le Tribunal a condamn� solidairement Z.________ et Y.________ � payer au demandeur la somme de 643'250 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 20 mai 2003, et lev� d�finitivement, � due concurrence, les oppositions form�es aux deux commandements de payer notifi�s aux d�fendeurs. Il a retenu, en substance, que ceux-ci avaient confi� au demandeur le soin de r�cup�rer les actions A.________ contre une r�mun�ration de 500'000 US$, G.________ n'ayant agi qu'en qualit� de sous-mandataire. Comme ce mandat avait �t� ex�cut� fid�lement, le demandeur avait droit � cette somme. En revanche, l'action en paiement devait �tre rejet�e en tant qu'elle visait W.________ SA en liquidation, car cette soci�t� n'�tait pas partie au contrat de mandat.
C.a Statuant par arr�t du 15 septembre 2006, sur appel de Y.________ et Z.________ qui concluaient � lib�ration, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a annul� le jugement de premi�re instance, condamn� solidairement les deux d�fendeurs � payer au demandeur le montant de 197'799 fr. 30, avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 20 mai 2003, et lev�, dans cette mesure, les oppositions aux commandements de payer notifi�s � ces d�biteurs.
Dans un premier temps, la Chambre civile a mis en �vidence un certain nombre de faits pertinents sur le vu des diff�rents �l�ments de preuve figurant au dossier. Apr�s quoi, elle a tenu le raisonnement juridique r�sum� ci-apr�s.
C.b L'attitude des parties en cours de proc�s d�montre leur volont� de voir le litige qui les oppose �tre r�gl� au regard du droit suisse.
Les d�fendeurs ne contestent plus avoir confi� au demandeur le mandat de les aider � r�cup�rer et � transf�rer leurs actions A.________ d'une valeur de quelque 10'000'000 US$ depuis la banque B.________, dont la licence avait �t� retir�e, sur un compte aupr�s de H.________, � Moscou, puis sur un compte bancaire en Suisse. Ils reconnaissent, en outre, que ce mandat a �t� fid�lement ex�cut� et qu'il rev�tait un caract�re on�reux. Le diff�rend porte sur le montant de la r�mun�ration due au mandataire. Celle-ci est d'abord fix�e par la convention; � ce d�faut, il y a lieu de recourir � l'usage.
En l'esp�ce, les parties n'ont pas conclu de convention �crite. Le demandeur, qui en avait la charge, n'a pas non plus �tabli qu'elles se seraient mises d'accord sur le montant de 500'000 US$ pour la r�mun�ration de ses services. Ses d�clarations sur ce point ont par trop fluctu� pour �tre probantes. Celles des t�moins divergent. Quant aux d�fendeurs, ils ont toujours refus� de signer les projets allant dans ce sens, qui leur ont �t� pr�sent�s.
Le demandeur a certes all�gu�, mais pas d�montr�, qu'il aurait de toute fa�on droit, en vertu de l'usage, aux 500'000 US$ qu'il r�clame. Il convient donc de fixer sa r�mun�ration, suivant les principes pos�s par la jurisprudence, de mani�re � ce qu'elle corresponde aux services rendus et leur soit objectivement proportionn�e, eu �gard � toutes les circonstances.
En l'occurrence, le dossier fournit un �l�ment de comparaison raisonnable pour appr�cier la valeur des services du demandeur. Il s'agit de la d�position d'un avocat au barreau de New York et administrateur de banque - le d�nomm� J.________ - qui s'est vu confier le m�me genre de mission par les d�fendeurs. Selon les d�clarations, non contredites par les parties, de cet homme de loi, les mandants s'�taient engag�s � lui verser 1% du montant de l'h�ritage effectivement r�cup�r�, frais en sus. Toutefois, le mandat confi� au demandeur a rev�tu des difficult�s particuli�res que le t�moin J.________ n'a pas �voqu�es au sujet de sa propre mission et dont les d�fendeurs minimisent l'importance. Le recouvrement des actifs du de cujus a, en effet, n�cessit� un travail cons�quent. Il a fallu notamment convertir les actions libell�es en roubles en papiers-valeurs am�ricains. La crise �conomique survenue en Russie en 1998 et le retrait de la licence de la banque B.________ ont encore compliqu� les op�rations, car il y avait un risque de perdre les actifs. Or, selon les t�moins, c'est bien le demandeur qui s'est occup� du transfert et de la conversion des actions en papiers-valeurs AIDAR. Il a de plus jou� un r�le important dans le cadre de la r�cup�ration des actions des d�fendeurs, en effectuant des paiements en faveur de la banque B.________ par le truchement de la banque dont il est propri�taire � Moscou et en faisant intervenir ses relations qui ont �t� utilis�es ensuite par G.________. Par cons�quent, il se justifie de doubler la r�mun�ration due au demandeur par rapport � celle promise � l'avocat J.________ et de la fixer � 2% de la valeur des actions r�cup�r�es, soit � 200'000 US$.
Les d�fendeurs voudraient imputer sur la r�mun�ration du demandeur le montant de 374'000 US$ que l'int�ress� a reconnu avoir re�u dans le cadre de l'ex�cution du mandat. L'imputation requise doit �tre refus�e en tant qu'elle a trait aux 98'000 US$ et aux 4'000 US$ que les d�fendeurs, de leur propre aveu, ont pay�s en remboursement de frais du mandataire. Il en ira de m�me pour ce qui est des montants de 35'500 US$, 50'000 US$, 100'000 US$, 10'000 US$ et 12'000 US$, vers�s entre le 20 avril 2000 et le 27 f�vrier 2001 par les d�fendeurs, ces derniers n'ayant pas all�gu� ni d�montr� que lesdits montants �taient destin�s � r�mun�rer les services du mandataire. L'imputation sera �galement refus�e dans la mesure o� elle se rapporte � la partie de la facture pr�cit�e de 69'500 US$, incluse dans ces 374'000 US$, qui concerne des frais consentis pour l'ex�cution du mandat, � savoir 23'250 US$. Le solde de cette facture, soit 46'250 US$, devra, en revanche, �tre d�duit de la dette d'honoraires.
En d�finitive, la r�mun�ration due au demandeur s'�l�ve � 153'750 US$ (200'000 US$ ./. 46'250 US$), ce qui �quivaut � 197'799 fr. 30. Partant, ce dernier montant, avec les int�r�ts qui s'y rapportent, sera mis � la charge solidaire des d�fendeurs.
Les deux parties ont d�pos� chacune un recours de droit public et un recours en r�forme contre l'arr�t de la Chambre civile.
Dans son recours de droit public, le demandeur conclut � l'annulation dudit arr�t. Les d�fendeurs en font de m�me dans le leur.
Le demandeur reprend, dans son recours en r�forme, les conclusions auxquelles le Tribunal de premi�re instance avait fait droit. De leur c�t�, les d�fendeurs invitent la juridiction f�d�rale de r�forme � rejeter int�gralement la demande.
Chaque partie propose le rejet des deux recours de son adversaire. La Chambre civile se r�f�re, quant � elle, aux motifs �nonc�s dans son arr�t.
Par arr�t s�par� de ce jour, la Cour de c�ans a rejet�, dans la mesure o� il �tait recevable, le recours de droit public du demandeur (4P.278/2006).
La loi sur le Tribunal f�d�ral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2007 (RO 2006 p. 1242). L'acte attaqu� ayant �t� rendu avant cette date, la proc�dure reste r�gie par la loi f�d�rale d'organisation judiciaire (OJ; art. 132 al. 1 LTF).
2.1 Aux termes de l'art. 57 al. 5 OJ, il est sursis en r�gle g�n�rale � l'arr�t sur le recours en r�forme jusqu'� droit connu sur le recours de droit public. La jurisprudence d�roge toutefois � cet ordre de traitement dans des situations particuli�res, qui justifient l'examen pr�alable du recours en r�forme. Il en va notamment ainsi lorsque la d�cision sur le recours de droit public ne peut avoir aucune incidence sur le sort du recours en r�forme (ATF 123 III 213 consid. 1 p. 215; 122 I 81 consid. 1 p. 82/83; 120 Ia 377 consid. 1 p. 379), ce qui sera le cas, entre autres hypoth�ses, lorsque le recours en r�forme para�t devoir �tre admis ind�pendamment des griefs soulev�s dans le recours de droit public (ATF 122 I 81 consid. 1; 120 Ia 377 consid. 1 et les arr�ts cit�s).
2.2 Dans son recours de droit public (4P.278/2006), le demandeur soutenait principalement que les juges d'appel avaient appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire pour exclure l'existence d'un accord des parties pr�voyant que ses services seraient r�mun�r�s par un montant de 500'000 US$. C'est � la m�me conclusion qu'il s'en prend dans son recours en r�forme connexe, mais au titre de la violation des art. 1er et 18 CO. Le demandeur y soul�ve, en outre, le moyen pris de la violation de l'art. 394 al. 3 CO, sans qu'il ait toutefois attaqu�, dans son recours de droit public parall�le, les constatations faites � ce sujet par la Chambre civile.
Il ne se justifiait pas, dans ces conditions, de d�roger � l'ordre de traitement �tabli par l'art. 57 al. 5 OJ, raison pour laquelle le recours de droit public du demandeur a �t� trait� en premier lieu. En effet, comme l'interpr�tation subjective a le pas sur l'interpr�tation objective (ATF 125 III 305 consid. 2b p. 308; 121 III 118 consid. 4b/aa), il fallait v�rifier d'abord si les juges genevois avaient constat� arbitrairement l'absence de volont� interne des parties quant au montant de la r�mun�ration des services du demandeur. Dans l'affirmative, il n'e�t pas �t� n�cessaire de rechercher, en appliquant les r�gles d'interpr�tation pr�vues par le droit f�d�ral, si elles avaient pass� un accord sur ce point, ni d'examiner, a fortiori, la question de la r�mun�ration usuelle de pareils services. Le recours en r�forme connexe du demandeur serait ainsi devenu sans objet.
2.3 La situation est diff�rente en ce qui concerne le recours de droit public et le recours en r�forme interjet�s par les d�fendeurs.
Dans leur recours de droit public (4P.276/2006), ceux-ci n'articulent que des griefs se rapportant � la r�mun�ration que le demandeur pourrait r�clamer � d�faut d'une convention qui en fixerait le montant. Or, dans leur recours en r�forme connexe, les d�fendeurs reprochent � la Chambre civile d'avoir viol� le droit f�d�ral en ne retenant pas que les parties s'�taient finalement mises d'accord pour r�mun�rer les services du demandeur par un montant de 65'900 US$. Si cet argument devait �tre retenu, il entra�nerait l'admission dudit recours, que les constatations ou l'application du droit de proc�dure cantonal critiqu�es dans le recours de droit public r�sistent ou non au grief d'arbitraire. Par ailleurs, les d�fendeurs font valoir, dans leur recours en r�forme, un autre moyen touchant lesdites constatations - � savoir la violation de la charge de la motivation en fait - qui, s'il �tait admis, impliquerait, lui aussi, la r�forme de l'arr�t attaqu�, ind�pendamment du sort qui pourrait �tre r�serv� aux griefs formul�s dans leur recours de droit public � l'encontre des m�mes constatations.
Il se justifie, partant, de d�roger � l'ordre pr�vu par l'art. 57 al. 5 OJ et de commencer par traiter successivement le recours en r�forme du demandeur et celui des d�fendeurs avant d'examiner, au besoin, le recours de droit public pendant.
I. Recours en r�forme du demandeur
3.1 Interjet� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ) par la partie qui a succomb� partiellement dans ses conclusions condamnatoires, le recours du demandeur est recevable. Demeure r�serv� l'examen de la recevabilit� des moyens qui y sont soulev�s.
3.2 Saisi d'un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement juridique sur la base des faits contenus dans la d�cision attaqu�e, � moins que des dispositions f�d�rales en mati�re de preuve n'aient �t� viol�es, qu'il y ait lieu de rectifier des constatations reposant sur une inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou qu'il faille compl�ter les constatations de l'autorit� cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits pertinents, r�guli�rement all�gu�s et clairement �tablis (art. 64 OJ; ATF 130 III 102 consid. 2.2; 127 III 248 consid. 2c).
La Chambre civile a examin� le cas sous l'angle du droit suisse. Le demandeur ne lui en fait pas grief, les d�fendeurs pas davantage. Aussi n'y a-t-il pas lieu d'examiner plus avant cette question, quand bien m�me elle a trait � l'application du droit f�d�ral (art. 55 al. 1 let. c OJ).
5.1 En premier lieu, le demandeur fait grief aux juges d'appel d'avoir viol� les art. 1er et 18 CO, s'agissant du montant de la r�mun�ration de ses services. Sans doute admet-il que ce montant ne ressort d'aucun document �crit liant les parties au contrat de mandat. Cependant, � l'en croire, les �l�ments de preuve figurant au dossier cantonal, en particulier plusieurs t�moignages concordants, �tabliraient la volont� r�elle des parties � ce sujet.
5.2 Pour fixer le montant de la r�mun�ration dont les parties sont cens�es �tre convenues, le juge doit chercher, tout d'abord, � d�terminer leur commune et r�elle intention (art. 18 al. 1 CO; ATF 132 III 268 consid. 2.3.2 p. 274; 131 III 606 consid. 4.1 p. 611). Le r�sultat de cette recherche - d�nomm�e interpr�tation subjective -, qu'il soit positif ou n�gatif, rel�ve du domaine des faits et �chappe, partant, � la connaissance de la juridiction f�d�rale de r�forme (ATF 132 III 268 consid. 2.3.2 p. 274; 129 III 118 consid. 2.5; 128 III 419 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s).
Sur le vu de cette jurisprudence, l'irrecevabilit� du grief examin� est patente. Le demandeur ne s'en prend, en effet, qu'au r�sultat - en l'occurrence n�gatif - de l'interpr�tation subjective � laquelle les juges du fait ont proc�d�. Il ne leur reproche pas, � titre subsidiaire, d'avoir m�connu le principe de la confiance, qui ressortit, lui, au droit f�d�ral (ATF 132 III 268 consid. 2.3.2 p. 275; 131 III 606 consid. 4.1 p. 611; 130 III 417 consid. 3.2 p. 425).
Dans un second moyen, le demandeur soutient que la Chambre civile, en r�duisant sa r�mun�ration de 5% � 2% des fonds r�cup�r�s, a viol� les principes g�n�raux pos�s par la jurisprudence f�d�rale relative � la r�mun�ration usuelle du mandataire.
La recevabilit� du grief en question, tel qu'il est pr�sent�, est sujette � caution. Ce grief ne tient, en effet, pour l'essentiel, que dans cette seule affirmation, �tay�e en partie par des all�gations ne correspondant pas � des faits constat�s dans l'arr�t entrepris, telles que le pourcentage des fonds retrouv�s en Russie que C.________ aurait obtenu des d�fendeurs comme r�mun�ration de ses services (25%).
Quoi qu'il en soit, pour les motifs indiqu�s ci-apr�s, � propos du recours en r�forme des d�fendeurs, ce grief est sans objet.
Vu le sort r�serv� � ses conclusions, le demandeur devra payer l'�molument judiciaire aff�rent � son recours en r�forme (art. 156 al. 1 OJ) et indemniser les d�fendeurs (art. 159 al. 1 OJ).
II. Recours en r�forme des d�fendeurs
8.1 Les d�fendeurs reprochent, tout d'abord, � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 1er al. 1 CO, en liaison avec les art. 6 et 18 al. 1 CO, en ne retenant pas l'existence, en l'esp�ce, d'un accord final au sujet de la r�mun�ration des services du demandeur. Selon eux, l'envoi de la facture de 65'900 US$ et son r�glement, au mois de septembre 2001, constituaient une convention de r�mun�ration, au sens de l'art. 394 al. 3 CO, pour l'ensemble du mandat ex�cut� par le demandeur. A tout le moins, les r�gles de la bonne foi permettaient-elles aux mandants de consid�rer qu'en payant cette facture, ils avaient conclu, avec le mandataire, un accord concernant la r�mun�ration de tous les services rendus dans le cadre du mandat. La conclusion inverse, � laquelle ont abouti les juges d'appel, reposerait, de l'avis des d�fendeurs, sur une constatation, faite manifestement par inadvertance, voulant que le demandeur se serait occup� en personne du transfert et de la conversion des actions en papiers-valeurs AIDAR.
8.2.1 En droit suisse, la r�mun�ration due au mandataire ob�it, en r�gle g�n�rale, au principe de la libert� contractuelle (Walter Fellmann, Commentaire bernois, n. 428 ad art. 394 CO). Pour en d�terminer le montant, il faut examiner, en premier lieu, si les parties se sont mises d'accord sur ce point. Le juge doit s'efforcer, tout d'abord, de d�terminer la commune et r�elle intention des parties (art. 18 al. 1 CO). Si l'intention r�elle des parties ne peut pas �tre �tablie ou si leurs volont�s intimes divergent, le juge doit interpr�ter les d�clarations et les comportements selon la th�orie de la confiance. Il recherchera comment une d�claration ou une attitude pouvait �tre comprise de bonne foi en fonction de l'ensemble des circonstances (interpr�tation dite objective; ATF 132 III 24 consid. 4 p. 28, 268 consid. 2.3.2 p. 275; 131 III 606 consid. 4.1 p. 611). Il convient de rappeler � ce sujet que le principe de la confiance permet d'imputer � une partie le sens objectif de sa d�claration ou de son comportement, m�me s'il ne correspond pas � sa volont� intime (ATF 130 III 417 consid. 3.2; 129 III 118 consid. 2.5; 128 III 419 consid. 2.2 et les r�f�rences doctrinales).
8.2.2 En l'esp�ce, la Chambre civile a jug� que les parties n'avaient pas conclu d'accord au sujet du montant de la r�mun�ration du demandeur. Ce dernier a attaqu� sans succ�s ce point de l'arr�t cantonal, aussi bien dans son recours de droit public que dans son recours en r�forme. Il n'est ainsi pas �tabli que les parties se seraient entendues pour fixer � 500'000 US$ la r�mun�ration de ses services. Cependant, les d�fendeurs soutiennent qu'en payant la facture de 65'900 US$, en septembre 2001, ils ont pass� avec le demandeur un accord fixant la r�mun�ration pour tous les services rendus par le mandataire, respectivement qu'ils pouvaient donner � cette facture, selon les r�gles de la bonne foi, le sens d'une note d'honoraires finale r�mun�rant l'ensemble des d�marches ex�cut�es dans le cadre du mandat confi� au demandeur.
Il est vrai qu'un accord de r�mun�ration peut �tre conclu jusqu'� l'extinction de la relation de mandat (Fellmann, op. cit., n. 429). Rien ne s'opposait donc, en l'occurrence, � ce qu'il f�t pass� post�rieurement � l'ex�cution des services promis par le mandataire. Encore faudrait-il, pour que l'on puisse en admettre l'existence, que les parties aient, r�ciproquement et d'une mani�re concordante, manifest� leur volont� d'arr�ter la r�mun�ration de l'ensemble des services du demandeur aux 65'900 US$ pr�cit�s (art. 1er al. 1 CO). Cela suppose que l'une d'entre elles ait formul� une offre allant dans ce sens et que l'autre ait accept� cette offre de mani�re expresse ou tacite. L'envoi, par le mandataire, de la note d'honoraires portant ce montant constituait-il une offre, adress�e aux mandants, de conclure un accord de r�mun�ration et le paiement dudit montant l'acceptation tacite de cette offre? La question, en tant que telle, est controvers�e. Certains auteurs consid�rent que ce serait effectivement le cas (voir not.: Bruno von B�ren, Schweizerisches Obligationenrecht, Besonderer Teil, p. 136). Pour d'autres, au contraire, la note d'honoraires envoy�e n'est pas une offre, car elle n'attend pas une acceptation pour constituer un contrat, ni l'exercice d'un droit formateur, car elle ne cr�e pas un autre droit; elle ne repr�sente qu'une simple pr�tention (Anspruch) �lev�e par le mandataire, comme n'importe quelle facture (Philippe Abravanel, La note d'honoraires conditionnelle de l'avocat vaudois, in JdT 1979 III p. 2 ss, 9 n. 12; Franz Werro, Le mandat et ses effets, n. 777; le m�me, in Commentaire romand [CR], n. 52 ad art. 394 CO; Philipp Gm�r, Die Verg�tung des Beauftragten, th�se Fribourg 1993, n. 424), �tant pr�cis� que la formulation de cette pr�tention lie le mandataire, sous r�serve d'une erreur essentielle (Pierre Tercier, Les contrats sp�ciaux, 3e �d., n. 4786; Werro, CR, ibid.). Il n'est pas n�cessaire de trancher cette question dans le cas pr�sent pour les motifs indiqu�s ci-apr�s.
Que l'on y voie une offre de conclure un contrat de r�mun�ration faite aux mandants par le mandataire apr�s l'ex�cution de sa mission ou bien la simple notification par le second aux premiers du montant de sa pr�tention de ce chef, la facture concernant les 65'900 US$ pr�cit�s �tait une manifestation de volont� sujette � interpr�tation. Le probl�me, d'ailleurs correctement pos� par les d�fendeurs dans leur recours en r�forme (p. 9, 1er par.), est donc de savoir si, au regard des circonstances du moment, les mandants, � r�ception de cette facture, pouvaient admettre de bonne foi que la pr�tention mentionn�e dans cet �crit par le mandataire couvrait l'int�gralit� des services que celui-ci leur avait rendus. Dans l'affirmative, le demandeur devra se laisser opposer le sens objectif de sa d�claration de volont�, m�me s'il ne correspond pas � ce qu'il voulait r�ellement, et la r�mun�ration � laquelle il aura droit sera celle qu'il avait indiqu�e aux d�fendeurs dans la facture litigieuse.
A l'appui de leur recours en r�forme, les d�fendeurs avancent de solides arguments pour �tayer leur th�se selon laquelle ils pouvaient comprendre, de bonne foi, que la facture de 65'900 US$ rev�tait un caract�re final. Comme ils le soulignent, la facture leur a �t� envoy�e entre ao�t 2000 et juin 2001 et le demandeur les a invit�s � la r�gler par une note manuscrite du 29 ao�t 2001. Les actions des d�fendeurs ayant �t� vendues le 18 mai 2000, apr�s avoir �t� transf�r�es de Russie en Suisse, l'envoi tant de la facture que de cette invitation est donc intervenu apr�s l'ex�cution compl�te du mandat. En outre, il ressort de son �nonc� m�me que ladite facture, couvrant la p�riode de mars 2000 � ao�t 2000, comprend toutes les d�marches effectu�es en vue du transfert des actions de la banque B.________, � Moscou, � H.________, � Zurich, puis de la vente des titres. Il en appert �galement que ces d�marches ont �t� le fait de G.________, qui agissait en qualit� d'auxiliaire ou de substitut du demandeur, via la soci�t� F.________ Inc., et en vertu d'une procuration que les d�fendeurs lui avaient donn�e � cette fin. A ce faisceau d'indices concordants, il faut toutefois opposer une autre circonstance, qui est de nature � infirmer la th�se des d�fendeurs. Il s'agit de la lettre, dat�e du 4 septembre 2000, dans laquelle G.________ invite ceux-ci � verser la somme de 500'000 US$ � titre de r�mun�ration des services rendus, en pr�cisant que ce montant correspond � 5% des valeurs transf�r�es. Il va de soi que, si les d�fendeurs ont re�u cette lettre apr�s avoir pris connaissance de la susdite facture, mais avant qu'ils aient pay� celle-ci, ils ne pouvaient plus consid�rer de bonne foi que les 65'900 US$ indiqu�s dans cette facture correspondaient � ce que le mandataire leur r�clamait pour solde de tout compte. Or, du propre aveu des d�fendeurs, pour qui la lettre pr�cit�e aurait �t� antidat�e, "il n'est pas �tabli si ce courrier est ant�rieur ou post�rieur � la facture de 65'900 US$" (recours en r�forme, p. 11, ch. 5). Les int�ress�s n'excluent donc pas que l'hypoth�se sus-indiqu�e, qui s'opposerait � leur interpr�tation de la facture litigieuse, ait pu se v�rifier en l'occurrence. C'�tait pourtant bien � eux qu'il e�t appartenu d'�tablir l'�l�ment de fait propre � �carter semblable hypoth�se, � savoir qu'ils avaient re�u cette facture apr�s la lettre dat�e du 4 septembre 2000. Quant au double argument qu'ils avancent en partant du texte m�me de ce courrier, il n'appara�t en rien d�terminant: d'abord, il n'importe que les 500'000 US$ soient formellement r�clam�s par F.________ Inc. et non par G.________, d�s lors qu'il ressort � l'�vidence des constatations de la cour cantonale que ce dernier a ex�cut� le mandat indiff�remment en personne ou par le truchement de cette soci�t�, de m�me que les d�fendeurs ont agi soit eux-m�mes soit par l'interm�diaire de W.________ SA. Ensuite, il est r�ducteur de pr�tendre que ledit montant a �t� r�clam� en compensation pour le manque � gagner r�sultant du refus de cette derni�re soci�t� de confier la gestion de ses avoirs � F.________ Inc., dans la mesure o� les d�fendeurs oublient de relever que, selon l'opinion du demandeur, une partie des honoraires aff�rents � cette gestion �tait destin�e � r�mun�rer les services rendus aux mandants, i.e. le transfert de leurs actions en Suisse.
Dans ces conditions, la Cour de c�ans �cartera la th�se des d�fendeurs quant � l'existence d'un accord de r�mun�ration portant sur la somme de 65'900 US$ ainsi que celle qui leur permettait de consid�rer que la facture correspondante r�mun�rait l'ensemble des d�marches effectu�es dans le cadre du mandat.
9.1 Les autres moyens soulev�s dans le recours en r�forme ont trait � la fixation, par la cour cantonale, de la r�mun�ration du demandeur � 200'000 US$.
A cet �gard, les d�fendeurs reprochent, tout d'abord, � la Chambre civile d'avoir viol� l'art. 394 al. 3 CO en estimant que les 65'900 US$ factur�s par le demandeur ne constituaient pas une r�mun�ration suffisante. Ils lui font grief de n'avoir pas tenu compte de deux crit�res essentiels, � savoir le temps consacr� � l'ex�cution du mandat et la dur�e du mandat, et d'en avoir pr�f�r� un autre - la valeur des int�r�ts en cause - alors que rien ne justifiait de le retenir dans la pr�sente esp�ce. De surcro�t, � les en croire, la cour cantonale aurait fait une application totalement erron�e de ce crit�re, �tant donn� les circonstances, qu'il s'agisse des difficult�s que comportait le mandat, de l'activit� d�ploy�e par le demandeur dans l'ex�cution de celui-ci ou encore du taux de r�mun�ration retenu par elle.
Dans ce contexte, les d�fendeurs font encore valoir que la Chambre civile a viol� l'art. 8 CC et le droit f�d�ral en retenant, sans �l�ment de preuve, les all�gations - contest�es - du demandeur, ainsi que des faits n'ayant pas �t� all�gu�s du tout ou pas �t� all�gu�s avec une pr�cision suffisante par lui en cours de proc�dure.
9.2 Lorsque les parties ne sont convenues ni du montant, ni du mode de calcul de la r�mun�ration, le mandataire a droit � une r�mun�ration usuelle. S'il n'existe ni r�gle l�gale ni usage en la mati�re, le juge doit fixer cette r�mun�ration suivant des principes g�n�raux, de mani�re � ce qu'elle corresponde aux services rendus et leur soit objectivement proportionn�e. Il tiendra compte pour cela de toutes les circonstances, notamment du genre et de la dur�e du mandat, du travail accompli, de l'importance et de la difficult� de l'affaire, des responsabilit�s en jeu ainsi que de la situation du mandataire, en particulier son genre d'activit�s (arr�t 4C.158/2001 du 15 octobre 2001, consid. 1b et les r�f�rences, publi� in SJ 2002 I p. 204).
Le fardeau de la preuve de l'ad�quation entre les services rendus et la r�mun�ration r�clam�e incombe au mandataire (Rolf H. Weber, Commentaire b�lois, n. 41 ad art. 394 CO). Celui-ci doit donc all�guer et, en cas de contestation, prouver les circonstances de fait pertinentes � cet �gard. C'est le droit f�d�ral qui d�termine si les faits, all�gu�s en la forme prescrite et en temps utile selon le droit de proc�dure cantonal applicable, sont suffisamment pr�cis pour que la partie adverse puisse les contester en connaissance de cause et, le cas �ch�ant, administrer la preuve du contraire et pour que le juge puisse statuer sur la pr�tention litigieuse, fond�e sur le droit f�d�ral (ATF 127 III 365 consid. 2b et les r�f�rences; au sujet de cette notion de charge de la motivation en fait, plus connue sous sa d�nomination allemande [Substanzierungspflicht], cf. parmi d'autres: Fabienne Hohl, Proc�dure civile, tome I, n. 795 ss). Aussi le droit f�d�ral est-il viol� lorsque l'autorit� cantonale admet � tort une demande dont la motivation en fait est insuffisante au regard de la norme de droit mat�riel f�d�ral invoqu�e (arr�t 4P.263/2003 du 1er avril 2004, consid. 3.2.1) ou si elle rejette une demande bien qu'elle soit suffisamment motiv�e en fait (arr�t 4C.28/2002 du 6 mai 2002, consid. 3.1). Par ailleurs et sur un plan plus g�n�ral, le droit f�d�ral est viol� si le juge tient pour exactes les all�gations non prouv�es d'une partie, nonobstant leur contestation par la partie adverse (ATF 130 III 591 consid. 5.4; 114 II 289 consid. 2a p. 291). Agir ainsi revient, en effet, � �luder l'art. 8 CC en tant qu'il r�git le fardeau de la preuve et les cons�quences d'une absence de preuve (cf. Bernard Corboz, Le recours en r�forme au Tribunal f�d�ral, in SJ 2000 II 1 ss, 41).
9.3 Force est d'admettre, avec les d�fendeurs, que la cour cantonale a m�connu ces principes dans la pr�sente esp�ce.
D'abord, elle n'a pas tenu compte des deux crit�res importants que sont le temps consacr� � l'ex�cution du mandat et la dur�e du mandat. Concernant le premier crit�re, les juges d'appel ne pouvaient d'ailleurs pas poser de constatations un tant soit peu pr�cises � son sujet, faute d'all�gations concr�tes du demandeur. Pour ce qui est du second crit�re, il ressort de l'arr�t attaqu� que les d�fendeurs ont d�livr� des procurations � G.________ le 18 avril 2000 et que les actions A.________ ont �t� vendues le 18 mai 2000. La dur�e du mandat n'a ainsi pas exc�d� un mois.
Ensuite, la Chambre civile souligne certes que le mandat confi� au demandeur comportait des difficult�s particuli�res que les d�fendeurs sous-estiment. Ces derniers r�torquent toutefois, avec raison, qu'il importe peu que tel ait �t� le cas, �tant donn� que le mandat a �t� ex�cut� par G.________, l'auxiliaire ou le substitut du mandataire, lequel leur a pr�sent�, pour ce travail, une facture d�taill�e, comportant 46'250 US$ d'honoraires, qu'ils ont r�gl�e. Quant � l'activit� propre du demandeur, la seule qui soit �tablie et qui ait �t� all�gu�e consiste � avoir pay� � la banque B.________, le 17 mai 2000, par l'interm�diaire de sa banque E.________, les frais de d�p�t des actions au moyen d'un montant de 98'000 US$ que les d�fendeurs lui avaient vers� la veille. Pour le surplus, comme les d�fendeurs le d�montrent notamment sous chiffres 18 � 20 de leur m�moire de recours ( p. 21 � 25), les constatations faites par les juges d'appel ne correspondent pas � des all�gations suffisamment pr�cises du demandeur, qu'il s'agisse des relations que ce dernier aurait fait intervenir pour l'ex�cution de sa mission, de la n�cessit� de convertir les actions libell�es en roubles en papiers-valeurs AIDAR, du fait que la perte de la licence de la banque B.________ avait compliqu� les op�rations ou encore des difficult�s particuli�res auxquelles le demandeur aurait �t� confront� en comparaison avec celles que J.________ avait pu rencontrer dans l'ex�cution d'une mission du m�me genre.
Pour ce qui est, enfin, du crit�re retenu pour la fixation de la r�mun�ration litigieuse, on peut s'�tonner que la cour cantonale ait fond� ses calculs sur les seuls int�r�ts financiers en cause, en tenant compte d'un certain pourcentage de la valeur des actions transf�r�es en Suisse. L'utilisation d'un tel crit�re appara�t, en effet, critiquable d�s lors que la personne qui s'�tait occup�e concr�tement de l'ex�cution du mandat, c'est-�-dire G.________, avait, elle, factur� ses services en fonction du temps qu'elle avait consacr� � cette mission et d'un tarif horaire. Quoi qu'il en soit, sur ce point aussi, la cour cantonale a fait fond sur un simple t�moignage en l'absence de toute all�gation correspondante. Il est, en effet, �tabli que le demandeur n'a jamais rien all�gu� au sujet de la mission confi�e par les d�fendeurs � l'avocat J.________. L'int�ress� l'admet du reste express�ment dans sa r�ponse au recours, en pr�cisant qu'il n'a fait entendre ce t�moin qu'en vue de d�montrer que les d�fendeurs auraient coutume de ne pas r�mun�rer r�guli�rement les services des diff�rentes personnes mandat�es par eux pour r�cup�rer leur h�ritage en Russie. La mani�re d'agir de la Chambre civile est d'autant plus contestable qu'elle prive les d�fendeurs de la possibilit� de faire valoir leurs arguments contre un fait non all�gu�, lequel fait a �t� retenu, de surcro�t, sur la base d'un t�moignage �manant d'une personne avec qui ils sont actuellement en proc�s.
Il appert de ces consid�rations que les juges d'appel ont viol� le droit f�d�ral en admettant partiellement une demande qui n'�tait pas suffisamment motiv�e en fait et en n'appliquant pas correctement les crit�res auxquels ob�it la fixation de la r�mun�ration des services du mandataire.
Partant, le recours doit �tre admis, l'arr�t d�f�r� annul� et la demande rejet�e dans sa totalit�. Il y a lieu, en outre, de renvoyer la cause aux juges pr�c�dents afin qu'ils statuent � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Le demandeur, qui succombe, devra payer l'�molument judiciaire (art. 156 al. 1 OJ) et verser des d�pens aux d�fendeurs (art. 159 al. 1 OJ).
Le recours du demandeur est irrecevable dans la mesure o� il n'est pas sans objet.
Le recours des d�fendeurs est admis, l'arr�t attaqu� est annul� et le demandeur est d�bout� de toutes ses conclusions.
Un �molument judiciaire de 14'000 fr. est mis � la charge du demandeur.
Le demandeur versera aux d�fendeurs, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 16'000 fr. � titre de d�pens.

References: art. 2
 art. 132
 art. 1
 ATF 
 art. 1
 ATF 
 art. 6
 art. 394
 ATF 
 art. 394
 art. 394