Source: http://insitu.revues.org/889
Timestamp: 2016-10-28 10:09:26+00:00

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Le 1 %, de la faculté des sciences de Paris à l’Université Pierre et Marie Curie : inventaire, restauration, valorisation d’un patrimoine artistique méconnu
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Français English Lors de la construction de la faculté des sciences de Paris, André Malraux, ministre des Affaires culturelles, avait souhaité que le « 1 % » soit consacré à un témoignage de l’art contemporain, constituant un musée de plein air permanent. Depuis 2009, l’inventaire de ces œuvres d’art, jusqu’alors délaissées, constitue la première étape d’une mission spécifique, et le patrimoine artistique de l’UPMC fait désormais l’objet d’une vaste programme de valorisation dans le cadre de la réhabilitation du campus de Jussieu.
The artistic 1 %, from the Paris Sciences faculty to UPMC: inventory, restoring and valuation of under-valued heritage. When the Faculty of Science was built in Paris, André Malraux, then Minister for Cultural Affairs, had expressed the wish that the « artistic 1 % » (i.e. 1/100th of construction cost) be spent on a manifestation of contemporary art, setting up a permanent open air museum. The inventory of these once-neglected art works constitutes the first stage of a specific project, UPMC’s artistic patrimony now being the focus of an extensive valorisation programme, within the framework of rehabilitating the Jussieu campus. Haut de page
Mots-clés :restauration, patrimoine, inventaire, Jussieu, patrimoine artistique, un pour cent artistique, UPMC, 1% patrimoine artistique universitaireHaut de page
Un projet architectural emblématique de la période des trente glorieuses, un témoignage exceptionnel de l’art contemporain
La faculté des sciences, de la Sorbonne à Jussieu
Histoire du site, projet architectural d’Albert
Le 1 % de décoration de la faculté des sciences de Paris
Une mesure au service des artistes, des architectes, du public
Projets de décoration, commandes, réalisations
Les enjeux de la rénovation du site et de son achèvement
Un ensemble architectural inachevé…des trésors tombés dans l’oubli
La réhabilitation du campus Jussieu, une opération complexe
Vers l’achèvement du campus à l’horizon 2020
De l’inventaire des œuvres d’art à leur valorisation
Une mission dédiée au patrimoine artistique
Inventaire d’un patrimoine artistique remarquable : mieux connaître l’histoire des œuvres, leur état, leur avenir
Des œuvres « retrouvées »
Une réhabilitation d’une ampleur exceptionnelle
Une restauration complexe, un véritable défi technique et esthétique
Des œuvres à l’épreuve du temps, reconstruites à l’identique et intégrées aux projets architecturaux
Une œuvre tombée dans l’oubli, enfin restaurée après quarante ans d’absence du campus
Des œuvres « à restaurer »
Les œuvres des barres de Cassan
Autres éléments décoratifs en complément du programme du 1%
Des œuvres « à ne pas oublier »
Une œuvre dont la destruction est programmée… pour mieux renaître ?
Une œuvre disparue pour des raisons techniques, un artiste à redécouvrir
Une œuvre détruite
Un programme ambitieux de réhabilitation, déjà bien engagé à Jussieu et ailleurs
1 Extrait du procès- :verbal de la séance du 25 avril 1963 présidée par le ministre d’État chargé des (...)
1L’UPMC dispose d’un patrimoine artistique remarquable constitué en grande partie grâce au 1 % de décoration des bâtiments publics qui a permis de doter l’université d’un ensemble d’œuvres d’artistes renommés, représentatifs de la période 1960-1970. Les œuvres réalisées lors de la construction de la faculté des sciences de Paris constituent un exemple emblématique de la volonté politique des pouvoirs publics de l’époque en matière architecturale, André Malraux, ministre des affaires culturelles, souhaitant confier la décoration de l’édifice à quelques-uns des plus grands artistes contemporains1. Elles témoignent d’une volonté de soutenir la création artistique hors des murs des musées et de favoriser ainsi un dialogue fructueux entre l’architecture et l’art, à la rencontre des publics. 2L’UPMC s’est engagée dans une démarche d’inventaire, préalable indispensable à la connaissance, la préservation et la valorisation de ce patrimoine artistique. Il permettra de mieux connaître les œuvres, leur histoire, leur état, leur avenir, en quelque sorte de redécouvrir ces trésors trop longtemps oubliés.
3Comprendre l’histoire du site, pourquoi et comment l’ensemble architectural est resté longtemps inachevé, appréhender les enjeux de la rénovation, indissociable du désamiantage, permettront d’éclairer, d’expliquer, de situer le patrimoine et de mesurer toute l’ampleur du programme de réhabilitation des œuvres d’art. 4De l’inventaire à la valorisation… une mission ambitieuse qui remet en lumière la question de la rencontre des œuvres dans l’espace public, et participera de l’accès à la culture pour chacun dans une perspective d’achèvement du site, dans un campus requalifié et ouvert sur la ville. Un projet architectural emblématique de la période des trente glorieuses, un témoignage exceptionnel de l’art contemporain
2 Édouard ALBERT (1910-1968), diplômé en 1937 de l’École des Beaux-Arts de Paris, fit du tube d’acier (...)
3 Urbain CASSAN (1890-1979) architecte de la compagnie des Chemins de Fer du Nord, architecte conseil (...)
4 René COULON (1908-1997) a notamment travaillé dans le secteur industriel (Charbonnage de France, Sa (...)
5 Louis MADELINE (1892-1962) fut chargé de la direction des travaux d’architecture pour la constructi (...)
6 Roger SEASSAL (1885-1967) réalise un grand nombre de bâtiments publics jusque dans les années 1960 (...)
7 HOTTIN, Christian. L’architecture universitaire des Trente glorieuses [archives ouvertes]. HAL-SHS, (...)
5Le campus de Jussieu s’étend sur environ 14 hectares du 5e arrondissement de Paris, entre le quai Saint-Bernard, la rue Cuvier, la rue Jussieu et la rue des Fossés Saint-Bernard. Il est composé de deux principaux groupes d’ouvrages, les barres de Cassan et le Gril d’Albert, du nom de leurs concepteurs, Urbain Cassan et Édouard Albert2. Ce dernier avait rejoint, à la demande d’André Malraux les quatre autres architectes (Urbain Cassan3, René Coulon4, Louis Madeline5, Roger Seassal6) choisis pour construire la nouvelle faculté des sciences sur le terrain de la halle aux vins7.
8 Évolution des programmes et chronologie des projets pour la faculté des sciences : OBOUSSIER, Domin (...)
6Les premiers projets pour la faculté des sciences de l’Université de Paris remontent à 18468. Celle-ci se déploie dans la nouvelle Sorbonne, reconstruite par Henri-Paul Nénot de 1885 à 1901. Les crédits et le nombre d’étudiants, surtout en Lettres et Sciences, augmentent fortement jusqu’à l’approche de la première guerre mondiale. Très vite les enseignements pratiques se développent et la place vient à manquer. Déjà installée rue Cuvier dans le bâtiment édifié pour les étudiants en première année (fig. n°1), la faculté obtient la construction ou l’affectation d’annexes.
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La faculté des sciences, 12 rue Cuvier. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher – UPMC.
9 Quatre essais non transformés : HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée… Cinquante années de projet (...)
7Devant l’expansion continue des sciences dans les années 1930, la question se pose du regroupement sur un site unique. Il faut attendre 1946 pour voir le quadrilatère des entrepôts Saint-Bernard enfin affecté à la nouvelle faculté. Le projet présenté dès 1942 par Roger Seassal n’avait pu aboutir en raison de la résistance des marchands de vin auxquels Napoléon avait donné l’autorisation d’occuper le site du quai Saint-Bernard et de l’ancienne abbaye Saint-Victor. La Sorbonne et ses annexes ne suffisent plus pour accueillir les étudiants dont le nombre connaît un accroissement continu. Un premier bâtiment de deux étages est alors construit en 1955 au-dessus des chais de la maison Dubonnet (actuel bâtiment Esclangon) pour absorber une partie des travaux pratiques installés rue Cuvier (fig. n°2). Il faut encore attendre 1956 et l’arrivée des crédits pour édifier entre 1958 et 1961 les deux barres dites de Cassan. Leur implantation ne s’est pas faite sans difficulté, et il a fallu prévoir un bâtiment sur pilotis permettant à l’activité de la halle aux vins de se poursuivre9. Figure 2Agrandir Original (jpeg, 192k)
Construction de la faculté des sciences de Paris, caves de la halle aux vins. Phot. Archives UPMC 1Fi65. © Archives UPMC.
10 Marc ZAMANSKY (1915-1996) normalien et mathématicien, fervent défenseur de la modernisation de l’un (...)
11 GUILHEM, Jean. « Une faculté se construit en trois ans pour trente ans, nous dit Marc Zamansky ». É (...)
8Plusieurs projets d’ensemble sont ensuite proposés par l’équipe des quatre architectes. Mais un événement majeur pour l’avenir du site se produit en 1962 lorsqu’André Malraux, après avoir parcouru le chantier et alors que Madeline venait de mourir, décide de se saisir du dossier et d’imposer l’architecte Édouard Albert avec l’accord du nouveau doyen Marc Zamansky10 qui pensait qu’« une faculté se construit en trois ans pour trente ans … »11.
12 Description du projet architectural : SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean. « Moderne Escurial : (...)
13 ALBERT, Édouard. Un abécédaire d’architecte. Paris : L’Orycte, octobre 1978. Le Lieu : OBOUSSIER, D (...)
9Le projet mis au point entre 1962 et 1963 se révèle d’une ampleur exceptionnelle12 : le plan masse d’Albert, en rupture avec les projets précédents, élève la faculté sur une dalle et propose, en un vaste quadrilatère de 275 m x 333 m, un damier faisant alterner régulièrement bâtiments linéaires (grande ou petite barre) et cours intérieures, ce qui lui valut son surnom de Gril. Le parti architectural détermine ainsi au niveau de la rue Jussieu un réseau quadrillé de portiques de circulation, encadrant 21 cours de 45 m x 33 m. Au centre de la cour d’honneur, s’élève une tour haute de 85 m, très légèrement hélicoïdale. L’articulation des bâtiments, élevés en charpente métallique apparente et reposant sur un rez-de-chaussée en béton brut formant soubassement de l’ensemble, se fait grâce à trente-quatre tours de liaison (fig. n°3). « Du potentiel de ses circulations dépend la vie d’un système », écrivait Édouard Albert13. Figure 3Agrandir Original (jpeg, 120k)
Construction de la faculté des sciences de Paris, Gril d’Albert, Tour de liaison. Phot. Archives UPMC. © Archives UPMC.
14 OBOUSSIER, Dominique. Le centre Jussieu : étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat 3(...)
10Les travaux commencent en 1964. Ils permettent de livrer successivement les secteurs Physique en 1966, Géologie-Maths en 1968-1969, Chimie en 1969-1971, Biologie et la tour centrale en 1972. À la fin de cette année, outre les bâtiments ceinturant la cour d’honneur et la tour, ont été réalisées les barres autour de douze cours. Neuf cours, prévues sur le plan initial, n’ont pas été bâties et le programme décoratif ambitieux n’a été réalisé que partiellement14 (fig. n°4), (fig. n°5).
15 Une triple singularité : HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée…Cinquante années de projets pour l (...)
11L’implication personnelle d’André Malraux conférait une valeur inédite à ce projet qui, en même temps qu’une œuvre architecturale de grande qualité, devait permettre grâce aux crédits dégagés dans le cadre du 1 %, l’intégration d’œuvres d’artistes renommés et représentatifs de la création contemporaine15. Figure 4Agrandir Original (jpeg, 208k)
Construction de la faculté des sciences de Paris, les Barres de Cassan, la halle aux vins et le Gril d’Albert. Phot. Archives UPMC 1Fi7. © Archives UPMC.
Figure 5Agrandir Original (jpeg, 152k)
Tour d’administration et parkings, vue d’ensemble prise depuis la terrasse, tour de la 44, 28.08.1970. Archives UPMC 1Fi28. © Archives UPMC.
16 Voir Historique du 1%. Voir aussi Art, architecture, université : le 1% à travers les constructions (...)
12L’idée de consacrer un pourcentage du coût des constructions publiques à la « décoration monumentale » remonte à 1936. Mais c’est Pierre Olivier Lapie, ministre de l’Éducation Nationale qui signa l’arrêté le 18 mai 1951, stipulant notamment que « les projets de constructions scolaires et universitaires devraient comporter un ensemble de travaux de décoration » et que « les crédits pour dépenses d’équipement du Ministère de l’Éducation Nationale, affectés à des travaux de décoration s’élèveraient au minimum à 1 % du coût de la construction »16.
13S’inscrivant dans la continuité historique du rôle de l’État, mécène et ami des arts et des artistes, cette loi veut rompre avec une vision élitiste de la création, sortir l’art de ses espaces réservés. Il s’agit de restaurer les conditions d’un dialogue entre art et architecture, tout en offrant aux artistes un soutien important et au public un contact direct avec la création contemporaine. C’est bien sûr l’arrivée d’André Malraux en 1959 comme ministre d’État chargé des Affaires Culturelles qui va donner une impulsion décisive au dispositif. 17 Création organisation et évolution de la procédure du 1% de 1945 à 1983 : archives nationales, CAC, (...)
14Au sein de la direction des Arts et des Lettres, le service de la création artistique qui supervise le bureau des travaux d’art est fondé en 1961 et de nouvelles équipes dirigées par Bernard Anthonioz déterminent une politique volontariste pour l’art contemporain. La commission de la création artistique, créée en 1963, est chargée de proposer au ministre achats, commandes et œuvres produites dans le cadre de la procédure du 1 % pour les édifices publics nouveaux, en particulier les établissements scolaires ou universitaires. Trois ans plus tard, un bureau des travaux de décoration des édifices publics est mis en place17 (fig. n°6), (fig. n°7). Figure 6Agrandir Original (jpeg, 60k)
Organisation de la procédure du 1 %, période 1961-1962, annexe : chronologie de la création artistique. Archives nationales, CAC, versement 19880465. © Archives nationales.
Figure 7Agrandir Original (jpeg, 92k)
Organisation de la procédure du 1 %, période 1966-1979, annexe : chronologie de la création artistique. Archives nationales, CAC, versement 19880465. © Archives nationales.
18 18OBOUSSIER, Dominique. Le centre universitaire de Jussieu, étude architecturale et urbanistique. M (...)
15Les architectes Cassan, Coulon, Madeline, et Seassal font tout d’abord appel à des artistes habitués des commandes publiques pour la décoration des barres de Cassan. L’application du 1 % décoratif relevait initialement d’une conception classique, l’architecture devant par le décor éveiller l’intérêt pour les disciplines enseignées : décor plaqué, concentré surtout sur les façades et les entrées, il signifie aux visiteurs l’application des lois récentes du 1 %. Le choix des emplacements, des techniques et surtout celui du contenu iconographique, en rapport direct avec les activités de l’espace à décorer, est traditionnel18. Ainsi, André Planson, Jean Souverbie, et Jacques Despierre réalisent des peintures murales en lien direct avec les activités de la faculté, et Raymond Subes la ferronnerie d’art des entrées du bâtiment.
19 Dans le cadre du 1%, les architectes étaient rémunérés pour leur participation à la définition du p (...)
16L’architecte Édouard Albert, introduit en 1962 par André Malraux, choisi en raison de son appartenance au monde culturel et son souci d’intégration des arts plastiques à l’architecture, rejoint l’équipe d’architectes. Mais ces derniers manifestent une certaine opposition au projet de décoration, considérant qu’il s’agit pour l’architecte d’une servitude supplémentaire ; ils sont en outre peu favorables à l’art non figuratif. La collaboration architecte-artiste démarre donc dans de mauvaises conditions, même si Gaëtan Picon, nommé directeur général des Arts et des Lettres, Bernard Anthonioz, chef du service de la création artistique, et le doyen Zamansky sont eux favorables au projet. L’importance de l’entreprise, les mauvaises relations d’Albert avec ses partenaires architectes l’amènent à solliciter le poète Jean Lescure. Ce dernier, ami de Malraux et de nombreux artistes, est nommé conseiller artistique pour la décoration au titre du 1 % de la faculté des sciences de Paris. Son rôle regroupe le recensement des interventions possibles et des artistes, la formulation d’avis et la coordination administrative du projet19. 20 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 23.12.1963. Archives du rectorat de l’académie de Par (...)
17La première conception de la décoration envisagée dès 1963 se fonde sur deux principes : l’intégration des arts plastiques à l’architecture, et la personnalisation d’une architecture fonctionnelle. Ainsi, pour la première tranche des travaux, il est envisagé d’une part une décoration intégrée (sols, appareillements de façades, répartition des couleurs pour les toits), d’autre part, une décoration appliquée, personnalisante (décoration des cours en faisant exclusivement appel aux plus grands noms ayant illustré l’École de Paris : première cour d’hélium et piliers d’entrée, cour suivante et façade de l’amphithéâtre de Physique, cour de la calculatrice et façade du deuxième amphi). Une troisième conception de décoration illustrante se fonde sur l’idée que l’État doit offrir aux plus grands artistes la chance d’ajouter à leur œuvre un ouvrage que, sans la commande de l’État, ils ne seraient pas en mesure d’entreprendre (tels les céramiques de Fernand Léger, ou le mur d’Henri Matisse pour la piscine, ou encore la ceinture de la faculté par Pablo Picasso). Ces derniers projets ne se proposent pas de s’intégrer à l’architecture mais de lui ajouter un ensemble d’images, pouvant prétendre témoigner historiquement de la première moitié du XXe siècle. À ce sujet, Lescure écrit à Anthonioz : « Sans annuler l’effort de décoration intégrée, ou de décoration personnalisante, la décoration illustrante doit prendre le pas sur les autres. Pour les cours il faut renoncer à la systématisation, en effet cela risquerait de nous engager à faire de la faculté un musée de plein air, certaines cours pourront ne recevoir aucune œuvre et être simplement décorées en jardin »20. 21 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
18Lors de la séance du 6 juillet 1965 du Conseil général des bâtiments de France, est présenté le rapport relatif à la décoration de la faculté des sciences de la halle aux vins21. Les architectes proposent deux sortes de décoration : les décorations courantes qui ont un caractère répétitif, les décorations de caractère exceptionnel qui concernent des éléments uniques du programme. Suivant le parti architectural, les décorations courantes concerneront le dallage des portiques de circulation, le parement des tours, les cours-jardins. Le soubassement des bâtiments sera humanisé par une frise légère d’éléments colorés. Les décorations particulières ont pour objet de confirmer la mise en valeur d’éléments nobles du programme : entrée principale (fig. n°8) (qui recevra sur ses deux pans pignons deux grandes compositions murales encadrant l’entrée dont la grille sera traitée en ferronnerie d’art), grand amphithéâtre, hall d’inscription, piscine. Figure 8Agrandir Original (jpeg, 116k)
Entrée principale de la faculté des sciences de Paris, cliché Cie Française d’Entreprises Métalliques, 25.09.1970. Archives UPMC 1Fi16. © Archives UPMC.
22 OBOUSSIER, Dominique. Le centre universitaire de Jussieu, étude architecturale et urbanistique. Thè (...)
23 Courrier de Jean Lescure aux architectes, 08.05.1967. Archives nationales, CAC, versement 19910237, (...)
19Albert prenant le chantier en cours, ne peut associer les artistes qu’aux différentes tranches du programme, au fil duquel ils reçoivent commande, et non à la conception du projet architectural. Tout s’oppose à la naissance d’une véritable intégration et d’une unité : le décalage dans le temps entre la conception de l’architecture et celle des œuvres, leur implantation suivant une proportion mathématique et le découpage des crédits, les affinités ou antinomies, les différentes philosophies à propos de l’intégration, idée d’un musée ou d’un décor correcteur. En effet, chaque œuvre remplit une triple fonction qui relève plutôt de la philosophie des architectes opposants au projet : souligner la mise en valeur d’éléments nobles du parti architectural (entrée, cour d’honneur, tour), corriger et humaniser, masquer (combiner les impératifs techniques avec les œuvres). L’association de cette triple fonction avec les principes directeurs du programme allait à l’encontre d’une véritable intégration et réduisait la liberté de l’artiste22. Ainsi, Lescure écrit aux architectes : « Je dois vous dire que les propos que m’a tenus M. Albert au téléphone au sujet du contrat de M. Stahly, à la réflexion, m’étonnent et me paraissent inacceptables. Je vous rappelle que lorsqu’un artiste de la valeur de Stahly, choisi avec votre assentiment, consent à se charger de la création pour le compte de l’État d’une œuvre plastique destinée à la faculté des sciences, il ne saurait être question de lui contester sa liberté créatrice… »23.
20La démarche d’Albert et Malraux n’aboutit pas à une véritable intégration. Du plus vaste programme de 1 % conçu en France, il ne résultera qu’une amorce partielle, et malgré l’enthousiasme initial, le projet s’est en quelque sorte effrité.
21De nombreux artistes ont été pressentis pour contribuer à la décoration de la nouvelle faculté : Henri Georges Adam, Jean Bazaine, André Beaudin, Jean Claude Bédard, Georges Braque, Alexandre Calder, Jean Dubuffet, Maurice Esteve, Alberto Giacometti, Léon Gischia, Jacques Lagrange, Charles Lapicque, Fernand Léger, Baltasar Lobo, Alfred Manessier, Pierre Manoli, Étienne Martin, Henri Matisse, Joan Miro, Pablo Picasso, François Stahly, Raoul Ubac, Victor Vasarely… 22Le programme de décoration de la première tranche du Gril prévoyait des motifs de sculpture en béton et métal découpé, ou en mosaïque, dans la hauteur de l’étage des portiques, une composition dessinée en trois tons pour le dallage des portiques, une décoration en mosaïque sur la façade du rez-de-chaussée, des compositions variées mariant la végétation à la statuaire dans les cours intérieures. 23Certains projets sont modifiés suite à des modifications du programme pour des raisons techniques ou financières, ou parfois suite au décès de certains artistes. La liaison entre artistes, architectes et administration est assurée par Jean Lescure, et les échanges de courriers révèlent les difficultés rencontrées pour mener à bien le programme tout en tenant compte des nombreuses contraintes.
24Ainsi, la première expérience sur les trois premières cours a fait apparaître des difficultés qui ont obligé à modifier les projets : la cour 12-23, prévue pour Arp, est affectée à Vasarely en raison de la configuration du bâtiment support (fig. n°9) ; la cour 22-33, modifiée par un parallélépipède d’évacuations de fumées et de cônes d’éclairement, est confiée à Stahly au lieu de Bissière ; l’œuvre de Beaudin pour la cour 32-43, qui accueillera la calculatrice, doit comprendre outre la mosaïque de fond de bassin des sculptures aux quatre coins représentant des oiseaux marins. Le projet sera abandonné, comme celui de fontaines. Figure 9Agrandir Original (jpeg, 192k)
Le patio 12-23 et les sols de la section 12-22, en 1966, photo de Roland Essen. Document d’archives particulières. © Hyacinthe Moreau-Lalande.
25Une nouvelle répartition se dessine alors, pour laquelle les artistes pressentis sont : Manessier, Masson ou Singier (13-24), Ubac ou Dubuffet (14-25), Miro (15-26), Esteve ou Bissière (33-34), Calder (44-56), Lapicque 55-66. Lescure fait des propositions pour la deuxième tranche de construction devant tenir compte à la fois des modifications du programme des architectes, des contraintes techniques, et de la disponibilité des crédits. Il propose ainsi de reporter Arp cour 13-24 / Singier, 23-34 / Bissière, 33-44 / Ubac, 14-25 / Calder, 15-26 / Miro, 45-56 tout en continuant les sols de Lagrange et l’étude des toits de Bedard. 24 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 24.03.1966. Archives nationales, CAC, versement 19910 (...)
25 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 06.03.1968. Archives nationales, CAC, versement 19910 (...)
26Son rôle de conseiller amène Jean Lescure à proposer des solutions pour tenter de résoudre les difficultés, notamment financières. Les échanges avec le directeur de la création artistique en témoignent : « Ni Singier, ni Ubac, ni Calder, ni Miro ne veulent définir dès maintenant la nature de leur décoration et réclament comme il se doit une totale liberté de conception. » écrit-il « C’est pourquoi je demande de leur passer contrat en deux temps pour l’étude achevée de leur projet et pour la réalisation. Le déblocage des crédits est nécessaire pour continuer à faire travailler les artistes. »24. Ou encore, en 1968 « Les crédits du 1 % de cette faculté qui, selon le calcul approximatif des architectes, devaient se monter à 500 millions d’anciens francs se sont trouvés réduits à 360 parce qu’à la fin de 1967 un calcul qui se voulait plus exact amputait mon crédit de 140 millions. Si à cette amputation on ajoute les 120 millions que vous me demandez pour la réalisation de Léger, c’est à 240 millions que se trouve réduit mon budget… Le projet Ubac vient de capoter. Et par amitié pour moi Ubac se retire. Chapelain-Midy bien qu’ayant terminé son projet de jardin renonce aussi pour ne pas me créer de difficultés supplémentaires. Il est tout de même admirable que l’Administration profite de l’amitié personnelle que les peintres me portent pour ne pas tenir les engagements que j’ai cru pouvoir prendre en son nom. J’aimerais savoir si vous comptez me restituer tout ou partie des 120 millions engagés sur Léger ou si je dois renoncer pratiquement à tout programme élaboré de décoration pour m’en tenir à quelques coups brillants et hors d’œuvre »25.
27Certains projets seront abandonnés : 26 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 30.05.1962 ; montant (...)
28Affectation au campus d’Orsay de la commande d’un groupe sculpté faite à Paul Belmondo (1898-1982) pour être installé dans la cour formée par les amphithéâtres de la barre de Cassan26.
27 Georges Braque (1882-1963) : http://www.georgesbraque.fr/.
28 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
29Abandon du projet de Georges Braque : Édouard Albert prévoyait une tour centrale carrée de 24 m de côté, 85 m de haut, apportant une dominante verticale dans l’ensemble architectural du Gril. À chaque étage les façades devaient présenter un décalage de six centimètres par rapport à la ligne des poteaux tubulaires, amorçant un mouvement hélicoïdal présentant l’avantage d’alléger la tour. Les sous-faces devaient accueillir des fresques de Georges Braque27. Le célèbre peintre avait imaginé d’immenses oiseaux, perçus différemment selon la distance à laquelle on se situait par rapport au pied de la tour. La mort de Braque puis celle d’Édouard Albert en 1968 empêchèrent la concrétisation de ce projet. Les architectes Urbain Cassan, René Coulon et Constantin De Gortchakoff ne conservèrent que le parti carré sur piles mais sans les décrochements successifs à chaque étage. La construction fut achevée en 1971. Une maquette en volume avait été commandée en 1964 à Jean-Paul Barray par le service de la création artistique, travaux d’Art. Cette maquette, actuellement conservée dans les réserves du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), est inscrite à l’inventaire du dépôt des œuvres d’art de l’État28. (fig. n°10).
Figure 10Agrandir Original (jpeg, 116k)Maquette réalisée par J-P. Barray en vue de la mise en place des mosaïques de Georges Braque sur la tour de la faculté des sciences de Paris. Document Archives nationales, CAC, versement 19910237, article 29. Phot. Annette Roche. © Archives nationales.31Après cinq ans et demi de travaux de désamiantage-rénovation-restructuration, la tour de 24 étages, dite tour Zamansky, a été rendue à l’administration de l’université en juin 2009 et présente un nouveau visage. La réhabilitation, confiée en 2005 à l’architecte Thierry Van de Wyngaert, renoue avec le projet originel d’Albert d’une tour en mouvement par la création d’un système d’éclairage innovant : des gorges lumineuses en faux-plafond des bureaux, pivotent géométriquement d’un étage à l’autre, le dessous des dalles se révélant ou se cachant au fur et à mesure qu’on s’approche ou s’éloigne du pied de la tour. Le système d’éclairage en dégradé de couleurs pastelles forme ainsi un carré désaxé qui bouge d’un étage à l’autre et modifie, selon l’heure de la journée à laquelle on la regarde et l’endroit où l’on se trouve, la perception extérieure de la tour.
29 Fernand Léger (1881-1955) : site du musée Fernand léger : www.musee-fernandleger.fr. 30 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29 : Monsieur Beauquier représente Madame Léger, (...)
32Abandon du projet de Fernand Léger : pour le pignon ouest de la barre de Cassan, Jean Lescure avait proposé l’un des nombreux projets d’œuvres monumentales de Fernand Léger29 restés sans suite. Avec l’accord de Malraux, une maquette fut réalisée mais, après son départ du ministère, le projet fut ajourné, puis classé30. Le projet de mosaïque-céramique soulevait plusieurs problèmes : son coût, sa localisation, et l’origine des crédits : la décoration prévue sur le pignon de la barre de Cassan devait être présentée comme décoration du jardin nord-ouest ; on ne pourrait distraire du budget total prévu pour le 1 % une somme considérable sans compromettre le plan général prévu ; les crédits spéciaux envisagés par Malraux n’ont pas été accordés et le projet dut être abandonné. La maquette du projet « Tournesol » est conservée au musée national Fernand Léger (Biot, Alpes-Maritimes) créé à la mort de l’artiste par sa femme Nadia Léger et Georges Bauquier, assistant et ami de Léger. 31 Courrier d’Yvette Adam à André Malraux, 18 novembre 1967. Archives nationales, CAC, versement 19910 (...)
33Le 18 novembre 1967, Yvette Adam écrivait au ministre André Malraux « Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous informer que l’un des architectes de la faculté des sciences Édouard Albert, m’annonce sa visite prochaine pour choisir « une œuvre qui serait mise en bonne place ». Adam a réalisé pour la cour d’honneur de la faculté une très belle composition de carrelage, projet que les architectes lui ont demandé depuis longtemps. C’est dans l’œuvre d’Adam une réalisation très particulière, pleine de fantaisie, d’humanisme, de richesse. Nous avons la chance me disiez-vous d’avoir une maquette très poussée, mise au point parfaitement par l’artiste, le crayon est encore posé sur cette grande surface, et semble écrire le mot « fin ». Le refus, Monsieur le Ministre, je ne l’accepterais que de vous… »31. La commission artistique du 29 février 1968 étudia le projet de dalles de marbre gravé de 50 cm de côté qui devaient couvrir le sol de la cour d’honneur sur 1 ha et dont la maquette avait été étudiée par Henri-Georges Adam (1904-1967) avant sa mort. On se heurtait à deux difficultés : le devis était trop important par rapport au crédit prévu ; une solution devrait être trouvée pour pallier aux inégalités du sol dues à la gravure des plaques de marbres. Ce projet fut abandonné.
32 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 20.02.68. Archives nationales, CAC, versement 1991023 (...)
34Raoul Ubac (1910-1985) pressenti pour la décoration de la cour 14-25, ne voulait définir dès mars 1966 la nature de sa décoration (jardin, gradin, sculpture) mais préférait conserver une totale liberté de conception. Pour ce faire Jean Lescure sollicite néanmoins une prévision de 80 000 F pour l’étude. Le projet de 1 500 m2 en ardoise gravée dut cependant être abandonné, en raison d’un devis de près de 350 000 F32.
35Au final, pour la période 1961-1975, quatorze artistes ont fait l’objet d’arrêtés d’agrément ministériel : Arp, Beaudin, Bedard, Calder, Chapelain-Midy, Despierre, Gischia, Lagrange, Manoli, Planson, Souverbie, Stahly, Subes, Vasarely. Les enjeux de la rénovation du site et de son achèvement
33 SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean, MARREY, Bernard, et al.. Campus universitaire de Jussieu – (...)
34 HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée... Cinquante ans de projets pour la Faculté des Sciences de (...)
35 MONNIER, Gérard. « Ne brûlez pas Jussieu ? ». Libération, 23 août 1996, p. 4. GRIOTTERAY, Alain. « (...)
36Le campus tel que l’avait conçu Albert reste inachevé (fig. n°11). Après son décès prématuré en 1968, puis le départ d’André Malraux du ministère des affaires culturelles et celui de Marc Zamansky, Constantin de Gortchakoff rejoint l’équipe des architectes. La disparition des initiateurs du projet, la crise économique, la loi sur l’orientation de l’enseignement supérieur qui divise l’université de Paris, la répartition des locaux entre deux universités nouvelles Paris VI et Paris VII (aujourd’hui respectivement UPMC et Denis Diderot) expliquent certainement le ralentissement du chantier puis son arrêt en 1973. Suivent des années de débats, de controverses, de projets abandonnés, dont celui des bibliothèques en 199333. Faut-il poursuivre l’idée de l’architecte, compléter le Gril ou au contraire le détruire ? La question du réaménagement global du site, voire sa destruction a souvent été évoquée34. Gérard Monnier, en réponse aux attaques d’Alain Griotteray (qui tout comme Alexandre Gady réclame la destruction du site), propose plutôt de le classer35.
36 « L’architecture de Jussieu ». Le Saprophyte, le journal de Paris-VII, janvier 1973, p. 5-10. Extra (...)
37Le débat organisé en 1973 par l’université Paris 7 sur le thème l’architecture de Jussieu fait ressortir une incompréhension mutuelle entre architectes et usagers insatisfaits face au cadre de vie jugé inhumain et dangereux. Dans ce contexte, les œuvres d’art sont peu ou mal perçues36. Figure 11Agrandir Original (jpeg, 244k)
Vue d’ensemble de la faculté des sciences de Paris depuis le Panthéon, 24.09.1970, cliché Cie Française d’Entreprises Métalliques. Archives UPMC 1Fi54. © Archives UPMC.
37 WARNOD, Jeanine. « Art et architecture, Bilan et problèmes du 1% ». Le Figaro, 8 octobre 1970.
38Déjà en 1970, une exposition organisée par Bernard Anthonioz, directeur de la création artistique au ministère des affaires culturelles, a pour objectif d’informer le public des réalisations effectuées depuis dix ans dans les établissements scolaires et universitaires grâce au 1 % (neuf cents projets depuis 1960). Cette exposition comprend un choix d’œuvres monumentales sorties de l’atelier de l’artiste avant implantation définitive, des agrandissements photographiques et maquettes, des diapositives montrant des réalisations souvent ignorées du public. Mais les enquêtes publiées dans le catalogue révèlent l’indifférence ou l’hostilité des étudiants, le fossé entre architectes et artistes, les difficultés, les pressions, les choix des commissions etc. Ainsi, une enquête auprès d’étudiants de la faculté des sciences de Paris révèle que seulement cinq étudiants sur douze connaissent l’existence d’œuvres d’art sur le campus37. 38 24.10.86, 78843 F. Archives du rectorat de l’académie de Paris. Fonds Jussieu, art. 13.
39Il faut attendre les années 1980 pour voir reprise la réflexion sur l’aménagement du site, la recherche d’un cadre de vie amélioré, et dans ce contexte une tentative d’ajouter diverses décorations. Un concours pour la décoration des pignons est lancé mais ne se concrétise pas. Les études donnent lieu à des indemnités qui sont versées en 1986 sur les crédits du 1 % aux cinq artistes non retenus pour la décoration du pignon 12 (Jorge Piqueras, Xenatis, Coursaget, Agid, Aeschbacher, APS Macary)38.
39 Installées au cœur des universités de Paris-VI et VII, des œuvres d’artistes majeurs tombent en rui (...)
40En 1992, la Direction Régionale des Affaires Culturelles procède à une inspection des œuvres et conclut à la nécessité de tout remettre en état… mais comme le mentionne un article de presse en 1997, « installées au cœur des universités Paris VI et VII, des œuvres d’artistes majeurs tombent en ruine dans l’indifférence »39. 40 APOR (Programmation en architecture, aménagement et développement urbain – études d’organisation), (...)
41Une étude commandée par le ministère de l’Éducation Nationale « Programmation, désamiantage et rénovation » présente un recueil de documents pour une analyse historique, urbaine, architecturale et technique40. C’est la reconnaissance des risques liés à la présence d’amiante et l’évolution des normes de sécurité imposées aux immeubles recevant du public qui conduit à décider en 1996 le désamiantage complet des bâtiments du campus de Jussieu et par là-même la réhabilitation de son patrimoine artistique. La réhabilitation du campus Jussieu, une opération complexe
41 Décret 2010-965. 42Le décret du 17 avril 1997 créée l’Établissement Public du campus de Jussieu – EPCJ, établissement public à caractère administratif, ou EPA Jussieu qui a en charge de « conduire les opérations d’aménagement des locaux aux fins d’assurer leur désamiantage et toutes opérations concourant à la réalisation de cet objectif ». L’EPA Jussieu assure donc la maîtrise d’ouvrage du désamiantage, de la mise en sécurité, et par extension de la restructuration du campus de Jussieu. L’Établissement public d’aménagement universitaire de la Région Île-de-France (EPAURIF lien vers http://epaurif.fr) est créé le 1er septembre 201041 afin de faciliter la mise en œuvre du plan de rénovation de l’immobilier universitaire parisien. Créé à partir de l’Établissement Public du Campus de Jussieu, il continue à en assurer la réhabilitation. 43Le plan de désamiantage initial du 4 décembre 1996 fixe un objectif de réalisation en trois ans. Mais, vu la complexité de l’opération, plusieurs prorogations ont été obtenues. La poursuite de l’exploitation du campus de Jussieu est autorisée sous réserve de réalisation des travaux de mise en sécurité de l’ensemble du campus : le « Gril d’Albert » comme les barres de Cassan. L’opération répondant au départ à un enjeu de santé publique est en fait une restructuration d’une ampleur exceptionnelle – 13 ha, 320 000 m2 de surfaces construites et près de 25 000 « usagers » – et des contraintes spécifiques liées au maintien en activité du campus pendant le déroulement des travaux, nécessitant de nombreux relogements et transferts. Ainsi, le calendrier de programmation des opérations a conduit au découpage du Gril en secteurs géographiques comportant plusieurs projets d’architecture qui se doivent de répondre aux forts enjeux, à la fois en termes de programmation, d’architecture et d’urbanisme (fig. n°12).
Planning de l’opération de réhabilitation du campus Jussieu, maîtrise d’ouvrage EPAURIF. Source epaurif.fr. © EPAURIF.
44Ces projets veulent favoriser les échanges au sein du campus et mieux l’insérer dans la ville, réhabiliter les bâtiments dans le respect de l’œuvre architecturale d’origine, et valoriser le patrimoine artistique. Un véritable défi.
45Le Secteur 1 rénové est livré en trois phases de 2001 à 2003. De nouvelles réalisations intègrent et complètent le dispositif d’Albert : le bâtiment Esclangon en 2002 par Alain Sarfati, l’Atrium en 2006 par l’Agence Périphériques, 32 logements en pignon des rotondes 12, 22 et 32 en janvier 2007 ainsi que la tour centrale appelée désormais tour Zamansky, réhabilitée par l’architecte Thierry Van de Wingaert en 2009. Le concours d’architecture organisé en 2003 a désigné l’équipe de maîtrise d’œuvre, Reichen et Robert & Associés (Séchaud & Bossuyt BET co-traitant) pour réhabiliter les 18 barres en superstructure, 13 rotondes et 6 patios qui composent le secteur Ouest du campus de Jussieu. L’opération se déroulera de 2005 à 2014, la première phase de réhabilitation (sud et nord) a été livrée en juin 2010. Le secteur Est, quant à lui, est enclavé entre le secteur 1, le secteur Ouest, l’Atrium et la tour centrale. Il est aussi mitoyen de la partie intérieure du campus située entre le « Gril » et le quai Saint-Bernard d’une part, et la rue Cuvier d’autre part. Le groupement Architecture Studio, architectes mandataires Setec, BET a été retenu fin 2008 pour assurer la maîtrise d’œuvre. Le projet devra garantir la cohérence du traitement architectural de toutes les parties du Gril et donc s’adapter aux projets mitoyens, tout en respectant l’œuvre initiale d’Édouard Albert. Un soin particulier sera apporté au traitement du niveau Jussieu, étendu au parvis de la tour et au secteur 1. La livraison complète du secteur Est réhabilité est prévue en 2014. Vers l’achèvement du campus à l’horizon 2020
42 L’EPAURIF a pour missions : la mise en œuvre du schéma directeur francilien, lequel constitue un sc (...)
46À l’initiative de l’UPMC et avec l’accord de l’État a été lancée mi 2009 le « schéma directeur » du campus de Jussieu. Pour cette opération, l’UPMC a revendiqué la maîtrise d’ouvrage, en étroite association avec l’EPAURIF, établissement public d’aménagement universitaire de la Région Île-de-France42, co-maître d’ouvrage. L’ambition est de définir dans un plan d’ensemble les principes d’aménagement et de constructibilité du site, ainsi que ses relations avec le quartier et la ville. Aujourd’hui, on peut se placer dans une perspective d’achèvement du campus sur la totalité de sa superficie. Environ 5 ha, au nord-est du campus, représentent une opportunité pour achever la requalification et l’aménagement du site, dont une partie entre le Gril d’Albert et les barres de Cassan peut recevoir de nouvelles constructions. L’équipe Denerier-Pascarel associant architectes, paysagistes et urbanistes, a été retenue pour poursuivre son travail de projection urbaine et de programmation de sorte que le campus de Jussieu soit à terme mieux intégré dans la ville, fonctionnel, et une référence architecturale et artistique.
47La connaissance de l’ensemble de cette programmation permet de mieux situer les opérations de traitement des œuvres d’art selon les différents programmes architecturaux, en se situant dans une perspective de projet d’achèvement du Gril en 2015 et de l’ensemble du site pour 2020. De l’inventaire des œuvres d’art à leur valorisation
48L’autonomie des universités et la dévolution du patrimoine, combinées aux impératifs de réhabilitation du site et du devoir de mémoire, justifiaient une étude approfondie du patrimoine artistique. À cet effet, une mission auprès de la vice-présidence moyens et ressources de l’université a été créée en 2009 pour assurer l’inventaire et la conservation, valoriser et faire connaître le patrimoine artistique et historique de l’UPMC.
49À partir de l’étude de l’existant, les constats et priorités se sont rapidement dégagés : l’avancée du chantier de réhabilitation du campus obligeait à prendre en compte de manière prioritaire les œuvres implantées dans les zones en travaux. D’emblée, une collaboration s’est établie avec la maîtrise d’ouvrage en charge de la réhabilitation du campus. 50Suite au recensement des œuvres, l’identification et la sollicitation des acteurs et interlocuteurs, les recherches archivistiques et documentaires ou encore les contacts avec les ayants-droits ont constitué les premières étapes d’un vaste « chantier » devant mener à la constitution de dossiers d’œuvres.
43 L’UPMC ne s’est dotée d’un bureau des archives qu’en 2009. En revanche des archives répertoriées « (...)
51L’absence de dossier administratif43 et la méconnaissance de la situation du patrimoine artistique (constitution, commande, valeur, état, historique) ont entraîné un important travail de recherche. 52Ces recherches – archivistiques, bibliographiques et webographiques – permettent de constituer progressivement un fonds documentaire spécifique. Bien évidemment, la connaissance de procédures relatives aux commandes publiques était un préalable pour orienter les recherches à partir des versements aux archives par les services concernés, à l’une ou l’autre des étapes de la procédure : les propositions de réalisations étaient présentées devant la commission de la création artistique ; après avis de celle-ci, un arrêté d’agrément de l’artiste pour la réalisation pouvait alors être signé par le ministre des affaires culturelles et être suivi de la signature d’un marché de commande avec la maîtrise d’ouvrage (à l’époque, le service constructeur des académies de la région parisienne), soumis à l’approbation du recteur représentant le ministre de l’Éducation Nationale. 44 Constitution de dossiers d’œuvre comprenant fiche descriptive (titre, auteur, matériau, technique, (...)
45 Le service des archives du rectorat de l’Académie de Paris détient un versement du SCAP (service co (...)
53Les recherches menées aux Archives nationales ont permis d’alimenter les dossiers d’œuvres44 à partir des dossiers de commande, d’agrément (arrêtés ministériels, PV des commissions, échanges de courriers révélant les difficultés rencontrées ou motivant les décisions prises, maquettes, plans) ainsi qu’à partir des dossiers d’artistes (biographies, photographies). Les marchés de commande conservés au service des archives du rectorat de l’académie de Paris45 ont pu être retrouvés en majorité. 54En outre, afin de recueillir avis, conseils, expertise et d’envisager le développement de collaborations, l’université s’est rapprochée des acteurs concernés par la commande publique, au plan national, régional, local, en tenant compte de leurs attributions. Elle collabore activement au travail de récolement entrepris pour l’Île-de-France, en lien avec la Direction générale de la création artistique du ministère de la culture et le service arts plastiques de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France.
55Le contact a été systématiquement établi avec les ayants-droits des artistes afin de recueillir leurs témoignages, compléter le cas échéant les pièces du dossier d’œuvre, mais aussi afin de les associer, en tant que détenteurs du droit moral, aux projets de restauration et de mise en valeur des œuvres. À ce jour le contact a été établi non seulement avec tous les ayants-droits mais aussi avec certains collaborateurs et élèves des artistes qui sont intervenus sur les sites Jussieu, Pitié-Salpêtrière et Saint-Antoine. Plusieurs travaillent actuellement à la préparation d’un ouvrage, et la perspective de les associer aux projets de valorisation au travers de leurs témoignages présente un intérêt certain. 56L’ensemble de ces recherches constituait un préalable à la connaissance du patrimoine, à sa restauration et à sa valorisation. À ce jour, le travail réalisé avec méthode, persévérance, et parfois intuition, a permis de constituer des dossiers d’œuvres, outil d’aide à la décision, qui permettront des interventions argumentées et raisonnées pour les restaurations futures grâce à une expertise sur l’intérêt architectural et patrimonial, mais aussi pour les projets de valorisation.
46 Jacques Lagrange (1917-1995) : dossier d’artiste. Archives nationales, CAC, versement 19960510, art (...)
47 Commissions artistiques nationales : 21.06.1961 puis 08.07.1966, arrêtés ministériels : 17.07.1961 (...)
57La création du dallage qui couvre l’espace piétonnier du campus Jussieu fut confiée à Jacques Lagrange46. Cet artiste disposait d’un atelier dans un chai de l’ancienne halle aux vins pour l’étude de la composition des sols dont il a dirigé lui-même la réalisation, de 1965 à 1972, avec les marbres mis à sa disposition47 (fig. n°13). On trouve suivant les sols formes géométriques ou larges courbes (fig. n°14), évocation de l’Abbaye Saint-Victor (section 46-56) et de la Halle aux Vins (section 56-66), formule de la relativité restreinte d’Einstein E=mc2(section 13-23) et à la demande d’André Malraux citations de Baudelaire – « Ah ! ne jamais sortir des nombres et des êtres » (section 25-26) et de Gaston Bachelard- « le monde est ma provocation » (section 44-45) (fig. n°15).
Figure 13Agrandir Original (jpeg, 128k)
Jacques Lagrange sur le parvis du campus Jussieu, étude pour la composition des sols, photo de Roland Essen. Document d’archives particulières. © Hyacinthe Moreau-Lalande. Figure 14Agrandir Original (jpeg, 124k)
Ouvrier réalisant les courbes délicates du projet de Jacques Lagrange devant la cour 32-43, photo de Pierre Blouzard, 1966. Document d’archives particulières. © Hyacinthe Moreau-Lalande.
Figure 15Agrandir Original (jpeg, 192k)
Étude de Jacques Lagrange pour la composition des sols sur calque millimétré. Document d’archives particulières. © Hyacinthe Moreau-Lalande.
48 Modification d’échelle et déplacement de quelques motifs permettant une adaptation au projet archit (...)
58Des problèmes récents d’étanchéité ont obligé à réhabiliter complètement la dalle. Cette opération a été menée sous la maîtrise d’ouvrage de l’Établissement Public du Campus de Jussieu et avec l’accord de la compagne de l’artiste. Il s’agit d’une réhabilitation d’une ampleur exceptionnelle, l’œuvre ayant été réalisée tout au long de la construction du Gril et s’exprimant sur sa totalité. À ce jour, les parties du secteur Ouest achevées reproduisent l’œuvre initiale avec des pierres choisies dans le respect de l’œuvre de Jacques Lagrange48 (fig. n°16). Figure 16Agrandir Original (jpeg, 248k)
Remplacement du dallage de Jacques Lagrange dans le cadre de la réhabilitation du secteur Ouest, septembre 2009, maîtrise d’ouvrage EPA Jussieu, maîtrise d’œuvre Reichen & Robert. Phot. EPA Jussieu. © EPAURIF.
49 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, maîtrises d’œuvre mandataires : secteur Ouest, Reichen & Robert et secte (...)
59Les maîtrises d’œuvre des secteurs Ouest et Est poursuivront le travail entrepris avec les même matériaux et techniques. D’ici 2014 c’est ainsi la totalité l’œuvre qui sera réhabilitée49 (fig. n°17). Grâce à la collaboration établie avec la compagne de l’artiste, le dossier de cette œuvre a pu être complété à partir d’archives privées. Celles-ci comportent les documents administratifs, courriers, mais aussi les esquisses, calepinages, photographies. Il y aurait ainsi matière à présenter une grande exposition autour de l’œuvre de Jacques Lagrange. Figure 17Agrandir Original (jpeg, 128k)
Plan pour la réhabilitation de l’œuvre de Jacques Lagrange, dallage niveau Jussieu, maîtrise d’ouvrage EPAURIF, maîtrises d’œuvre mandataires Reichen & Robert et Architecture-Studio. © EPAURIF.
50 Commission artistique nationale : 09.06.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 09.12.1966 ; marché (...)
51 François Stahly (1911-2006), voir le site http://www.stahly.fr. PROSZYNSKA, Véra, REVAULT, Étienne. (...)
52 Courrier de F. Stahly au service de la création artistique, 14.02.1978. Archives nationales, CAC - (...)
60Créé sur site, « Le Labyrinthe » commandé à François Stahly en 196650 (fig. n°18), appelé aussi « Forêt pétrifiée », est constitué d’un ensemble d’éléments en bois débités dans des formes diverses imaginées par l’artiste51, assemblés de manière traditionnelle autour d’un socle en maçonnerie et reposant sur un lit de galets. Cette installation de 30 m x 10 m (hauteur maximale 5 m) occupait une grande partie du patio 22-33 et permettait de masquer le dispositif d’évacuation des vapeurs provenant des ateliers situés en-dessous. « C’était le désir de Monsieur Albert de ne pas traiter le bois avec une couche de protection. Ceci était en principe valable puisque le teck d’Afrique, ou Iroko, résiste bien au plein air sans protection. », écrivait Stahly en 1978. « Mais dans le cas particulier, les vapeurs qui sortent de la cheminée centrale créent un constant changement de microclimat qui passe du sec au mouillé et du chaud au froid, constamment de ce fait. Il y a aussi un autre fait qui a contribué à la détérioration de certaines pièces : en mai 68 un certain nombre de pièces ont été déboulonnées… Je n’ai pas voulu en faire une histoire et les ai remontées de mon propre chef. Je ne me suis seulement pas aperçu que certaines pièces avaient été déboulonnées ou partiellement déboulonnées, mais qu’elles continuaient à tenir grâce à la complexité du montage de l’ensemble. Mais peu à peu les pièces se sont définitivement disjointes… »52. En 1982 l’artiste remit lui-même le Labyrinthe en état, mais depuis, l’œuvre s’est détériorée avec le temps. Figure 18Agrandir Original (jpeg, 124k)
Maquette du projet de labyrinthe de François Stahly pour décoration de la faculté des sciences de Paris, 1965-1966, architectes Albert et Coulon. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 106. Phot. Annette Roche. © Archives nationales.
53 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 2 000 000 € (estimation c (...)
61En accord avec les ayants-droit de l’artiste, et dans le cadre de la réhabilitation du secteur Ouest du campus, une restauration de l’œuvre a été lancée53. Cette restauration comporte tout d’abord une phase de relevé de l’existant associant trois techniques topographiques : numérisation 3D par mesure laser scanner, relevé au tachéomètre de chaque élément et marquage avec une nomenclature cardinale, utilisation d’un portique de relevé manuel permettant les mesures en cours de démontage et le positionnement des appareils de photographie numérique. Les éléments numérotés sont ensuite enlevés à la main après avoir coupé et extrait la tige filetée les reliant, nettoyés à l’eau sous pression et brossés, séchés, puis triés sur place (fig. n°19).
Figure 19Agrandir Original (jpeg, 180k)
Dépose du labyrinthe de Stahly pour restauration, juin 2010. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher-UPMC.
62La dépose achevée en août 2010 a permis de relever 1 000 pièces, dont environ 50 % seront à restaurer. Une base de données permet de référencer les informations utiles pour chaque pièce et le démontage permettra de connaître l’ordre de montage initial de l’œuvre qui sera respecté au remontage, à terme, de la sculpture restaurée. Les soubassements de galets situés en périphérie seront démontés suivant des techniques propres à la restauration des mosaïques avec les conseils et la supervision de l’Atelier de restauration de mosaïques de Saint-Romain-en-Gal. Les bois dégradés seront restitués à partir de bois d’iroko ou restaurés avec traitements antifongiques, désinsectisation et consolidation suivant leur état structurel. 63Cette restauration complexe et d’envergure constitue un véritable défi technique et esthétique. Elle est menée par une équipe de l’entreprise Aïnu, aux compétences diverses, aux moyens techniques et humains adaptés pour chacune des étapes, assistée et conseillée par des experts, en étroite collaboration avec les ayants-droits de l’artiste.
64Un stockage dans un local spécifique utilisé pour les collections patrimoniales est prévu pour une durée d’environ quatre ans, dans l’attente de la disponibilité de l’emplacement définitif. En effet, pour s’adapter au projet architectural de Reichen & Robert et prendre en compte les contraintes techniques et le changement de destination du patio originel, le Labyrinthe sera repositionné dans le patio 13-24.
54 Léon Gischia (1903-1991). Voir GLIBOTA, Ante. Gischia. Rome/Turin : Éd. Seat, 1995.
55 Commission artistique nationale : 29.02.1968 ; arrêté ministériel : 18.03.1968 ; marché de commande (...)
65Les pignons des barres 26/00 et 46/00, situés de part et d’autre de l’entrée principale du campus Jussieu, ont été décorés en 1970 et 1971 par l’artiste peintre Léon Gischia54. Celui-ci avait en charge les études, maquettes, ainsi que la surveillance de l’émaillage (effectué sur place par le céramiste Dan Sabatay), et de la pose sur les murs préparés par l’entreprise Schwartz-Hautmont55. Le revêtement des panneaux de 18 m x 15 m en pierre de lave de Volvic émaillée, préférée à la mosaïque par économie, était attaché au support par des agrafes métalliques et polochons à base de mortier. Disposées en vis-à-vis, ces fresques représenteraient une vision artistique de la section d’une cellule au microscope (fig. n°20).
Figure 20Agrandir Original (jpeg, 168k)
Parvis du campus Jussieu, 2006. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher-UPMC. 56 Expertise réalisée en 2003 par le Bureau Veritas concluant à la fragilité de l’œuvre.
66Cette œuvre s’est fragilisée au cours du temps et ne pouvait rester en l’état56. Par mesure de sécurité, des filets avaient dû être placés en protection pour éviter tout risque de chute de pierres. S’est alors posée en termes de faisabilité, la question technique et financière d’une restauration, l’ayant-droit de l’artiste ayant donné par ailleurs son accord pour toute intervention sur l’œuvre, y compris sa destruction. Une restauration a fort heureusement pu être engagée dans le cadre de la réhabilitation du campus, répondant au souhait exprimé par l’université. 57 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement : 2 000 000 € (estimation cabinet d’ex (...)
67À ce jour, les pierres ont été déposées (fig. n°21) : cette étape supposait le repérage et l’enlèvement, la dépose des pierres une par une, la réalisation d’un calepin d’appareillage portant sur les 1 036 pierres d’une fresque puis de l’autre. La restauration prévoyait : reproduction des pierres abîmées à l’identique, remise en état de l’intégralité des pierres constituant les fresques, traitement des décors sur lave émaillée, puis agrafage des pierres par polochons à leur emplacement initial. Les travaux de restauration devaient s’échelonner sur une durée estimée à 15 mois, à compter d’avril 2010, livraison prévue juin 201157. Mais l’entreprise Tecknilave ayant été mise en liquidation judiciaire un nouvel appel d’offre a dû être lancé pour la poursuite de la restauration dont l’échéance se trouve donc retardée. 68Ces opérations permettront d’assurer la pérennité de l’œuvre tant d’un point de vue technique (mise en œuvre de nouveaux systèmes de pose adaptés aux normes en vigueur) qu’artistique (retranscription des couleurs d’origine ainsi que de la technique employée par l’artiste à la création de l’œuvre). Figure 21Agrandir Original (jpeg, 112k)
Dépose de la fresque du pignon 26-00, restauration, maîtrise d’ouvrage EPAURIF, marché Tecknilave, mai 2010. Phot. Annette Roche. © Annette Roche – UPMC. 58 Unité mixte de recherche placée sous la double tutelle de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris (...)
69En outre, le LADIR-laboratoire de dynamique, interactions et réactivité58 – apportera son expertise scientifique en effectuant des mesures par spectrométrie Raman non destructive. L’analyse des données fournira des éléments sur la structure du matériau et son évolution, qui seront versés au dossier de restauration de l’œuvre.
59 Arrêté ministériel d’agrément : 17.12.1968 - est agréé le projet de sculpture intitulée « le petit (...)
60 Mesures du « petit théâtre » en bronze : 1,05 m x 0,67 m ; agrandissement réalisé : 5m de haut x 3m (...)
61 Jean Arp (1886-1966). Voir le site de la Fondation <lien vers http://www.fondationarp.org>. 62 Note de Monsieur Chansel : « Cet acier utilisé couramment aux États-Unis d’Amérique, et faisant son (...)
63 Note de Jean Chansel, 28.02.1970 et courrier de Marguerite Arp, 4.07.1972. Archives nationales, CAC (...)
70Le Petit Théâtre, œuvre commandée en 196859, est un agrandissement du bronze conçu en 195960 par Jean Arp61. Elle appartient aux Seuils, sculptures à double face conçues pour être agrandies et installées dans des ensembles architecturaux ou sur des places publiques. Cette sculpture haute de cinq mètres était constituée de quatre tonnes d’acier auto-patinable. Les éléments constitutifs étaient assemblés par soudure à l’arc électrique, les faces apparentes obtenues à partir de tôles planes de « Cor-Ten »62 de quatre à huit millimètres d’épaisseur. Une ossature métallique en profilé d’acier dissimulée à l’intérieur de la sculpture ainsi que le socle de base étaient calculés pour assurer la stabilité. Initialement prévu pour le patio 12/23 qui abritait des ateliers comportant un risque d’explosion, Le Petit Théâtre fut dressé dans le patio 15/26 en 1972. « À mon retour de Montreuil où j’ai inspecté en compagnie de Madame Denise René la réalisation de la sculpture pour la faculté des sciences d’après la maquette de Jean Arp, je vous confirme que l’agrandissement respecte scrupuleusement les proportions de la maquette et qu’il est conforme au plâtre original. Vous avez fait un beau travail et je vous en remercie. », écrivait Marguerite Arp à Monsieur Chansel, « Je fais une seule réserve sur la patine qui n’est pas satisfaisante. Selon vous le Cor-ten obtient cette patine seulement au bout de quatre ans d’exposition en plein air. Il faudra donc expliquer cela aux affaires culturelles qui vous ont confié le travail et faire transporter la sculpture dans un endroit qui permet le patinage parfait »63.
64 Œuvre n°194a du catalogue raisonné, en acier Indaten 355B3 équivalent au Corten.
65 M. Labadens, membre du comité exécutif d’Usinor (devenu Arcelor) avait monté l’opération de reconst (...)
71En 1997, l’œuvre, endommagée par la corrosion, est jugée non restaurable. Un « nouvel original » en acier Indaten64 est alors construit en 2003 par les établissements François Labbé à Nice, sous la direction de l’artiste plasticien Bernar Venet, avec le mécénat de la société Usinor Arcelor65. 72Le Petit Théâtre sera prêté en 2004 pour le IIIe Festival international de sculptures de Monte Carlo, « la Marche vers la Vie », puis conservé dans un lieu de stockage grâce au concours d’Arcelor Mittal, tandis que l’œuvre initiale sera détruite (fig. n°22).
Figure 22Agrandir Original (jpeg, 104k)
Destruction en 2007 du « Petit Théâtre » de Jean Arp non restaurable, cour 15-26. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher – UPMC.
66 Fondation Arp (Clamart) et Fondation Marguerite Arp (Locarno).
67 Valeur d’assurance de l’œuvre : 1 000 000 € (estimation 2004), coût global des travaux : 50 000 €. 73Dans le cadre de la réhabilitation du campus, la maîtrise d’ouvrage a organisé avec l’accord des ayants-droits66 de l’artiste, le retour du Petit Théâtre sur le campus en 2008. Dans l’attente de sa réimplantation définitive, l’œuvre est actuellement installée de manière provisoire entre les bâtiments 31 et 41. Pour s’adapter au projet architectural de Reichen & Robert67, qui modifiait la destination du patio originel, elle sera repositionnée sur l’escalier monumental du secteur Ouest, entre les tours 14 et 15. Il faudra donc attendre 2014, mais ce nouvel emplacement permettra la mise en valeur de l’œuvre, tant pour les usagers du campus que pour le public extérieur. 68 Victor Vasarely (1906-1997). Voir le site de la Fondation Vasarely.
69 Commission artistique nationale : 09.06.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 15.11.1966 ; marché (...)
70 Expertise cabinet Couturier, février 2009, valeur artistique de remplacement : 3 000 000 €. 74Une véritable renaissance pour Para Vista, œuvre commandée en 1966 à Victor Vasarely68 : ce plénum de 34 m x 22 m, installé en 1967 sur la toiture du service des basses températures, dans le patio 12-23, était prévu pour pouvoir s’éjecter en cas d’explosion d’hélium69. Constituée de 286 rangs de lames en aluminium, laquées au four, qui provoquent un effet strié et géométrique, cette œuvre a été réalisée pendant la période « folklore planétaire » de l’artiste, période qui synthétise ses travaux antérieurs sur l’utilisation des formes et le contraste dans les couleurs pour aboutir à l’unité plastique70.
71 Reconstruction à l’identique, coût global : 355 000€, date de livraison : août 2010. Des travaux co (...)
75La réhabilitation du secteur Ouest avait conduit à détruire l’œuvre originale, jugée non restaurable (fig. n°23), et à prévoir sa reconstruction à l’identique. Des échantillons de lames avaient été conservés par la maîtrise d’ouvrage qui possède également les plans de l’œuvre. Avec l’accord de l’ayant-droit de l’artiste, cette reconstruction a été menée sous la direction de Bruno Allart, ancien assistant de Vasarely, et l’œuvre est à ce jour réinstallée sur son site initial. Malheureusement, pour des raisons techniques intervenues en cours de chantier, l’œuvre visible depuis le niveau dalle, a dû être légèrement rehaussée71.
Figure 23Agrandir Original (jpeg, 284k)
Patio 12-23 vu depuis la barre 12-13, avant la destruction de l’œuvre de Victor Vasarely « Para Vista », 2007. Phot. EPA Jussieu. © EPAURIF. 72 Arrêté ministériel : 15.11.1966 ; marché de commande : 08.05.1967 et 20.05.1968 ; montant : 15 000 (...)
73 André Beaudin (1895-1979). Galeries nationales du Grand Palais. André Beaudin, œuvres 1921-1970. Pa (...)
76La mosaïque de bassin « Arc-en-ciel » a été commandée en 196672 à André Beaudin73 qui sélectionna des mosaïques de couleurs vives fabriquées industriellement afin de décorer le bassin de 760 m2 du patio 32-43 (27 m de diamètre). Il les ordonna en sept cercles concentriques autour du bâtiment circulaire qui abritait la calculatrice électronique. Après avoir été mis en eau quelques années, le bassin resta à sec suite à des problèmes d’étanchéité. 77Les carreaux de la mosaïque étaient très endommagés, de nombreux puits de lumière ayant été installés par ailleurs sur l’œuvre même, pour des raisons techniques. Les ayants-droit de l’artiste ont souhaité que l’œuvre soit conservée et restaurée lors des travaux de réhabilitation à venir. Le projet qui leur a été présenté par Architecture Studio, maîtrise d’œuvre du secteur Est, a reçu leur approbation. La mosaïque sera donc reconstruite et déplacée au niveau Saint-Bernard. 74 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 200 000 € (estimation cab (...)
78Pour ce faire, la totalité de la mosaïque actuelle sera déposée et des échantillons conservés pour chaque couleur afin de pouvoir produire des pièces identiques en forme, matériau et couleur. La dalle support sera déposée et la mosaïque restaurée sera ramenée au niveau Saint-Bernard. Les façades des barres entourant le patio seront couvertes d’un bardage en métal finition aspect « poli miroir », de manière à créer des reflets qui pourront interagir avec l’œuvre. Un bâtiment de forme conoïdal sera construit au centre de l’œuvre à la place de l’ancien bâtiment, qui est en cours de destruction, et se configurera comme un lieu emblématique de la vie culturelle du campus, la mosaïque définissant une cour ouverte, accessible au public74.
75 Commission artistique nationale : 29/02/1969 ; arrêté ministériel d’agrément : 29/07/1969 ; marché (...)
76 Alexander Calder (1898-1976). Voir le site de la Fondation Calder.
77 Le mot Stabile a été inventé par Jean Arp en 1932. Calder expose alors à Paris - galerie Vignon - 3 (...)
78 Les boulons étaient en acier forgé matricés à chaud, selon un modèle à tête et écrou carré, comport (...)
79« Cinq Ailes », commandé pour la faculté des sciences de Paris75, est caractéristique du style d’Alexander Calder76 par ses formes, son rapport à l’espace, son matériau et sa couleur noire. Ce stabile monumental77 est constitué de cinq ailes reposant à même le sol et reliées entre elles par un corps central à cinq branches. Il est composé de tôles d’acier ordinaire découpées, cintrées, assemblées à la soudure à l’arc et boulonnées78. Cette conception permet de démonter l’œuvre pour le transport. 79 Voir : Le 1% avant et après la décentralisation. Délégation aux arts plastiques - Centre national d (...)
80 Prêts pour expositions internationales : Paris 1996 - Tokyo 1996 - Luxembourg 1997 - Valence 1997 - (...)
80Prévue pour le patio 13-24, puis 11-22, ou 44-55, cette œuvre n’a malheureusement jamais pu être implantée sur le campus79. D’abord présentée au parc Floral de Vincennes elle a ensuite été prêtée pour de nombreuses expositions à travers le monde80, puis entreposée depuis 1998 à la Fondation Coubertin à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Si l’œuvre porte bien le monogramme « CA » ainsi que l’année de fabrication « 67 », apposés par Calder avec un cordon de soudure à l’arc, l’ensemble qui est démonté et stocké en extérieur dans des caisses de transport à claire-voie depuis plus de 10 ans présente d’importantes lacunes dans la peinture, des mousses vertes sur les parties altérées, une intense corrosion, des traces de pince, des boulons à tête usinées et écrou hexagonal en acier inox ce qui peut créer une différence de potentiel électrochimique en défaveur de l’acier (fig. n°24).
Figure 24Agrandir Original (jpeg, 224k)
Caisse de transport de l’œuvre Cinq ailes d’Alexander Calder, de retour de l’exposition à Taipeh, dépôt au Domaine de Coubertin en l’attente de restauration. Phot. Annette Roche. © Annette Roche –UPMC.
81 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 5 000 000 € (estimation c (...)
81Les contraintes techniques et l’évolution des différents projets d’aménagement du campus, alliées au manque de financement, avaient fait tomber cette œuvre dans l’oubli, en dépit de sa valeur. Mais, après ces années d’inertie, l’EPCJ et l’UPMC ont relancé le dossier en janvier 2009 dans le cadre de leur projet global de valorisation des œuvres d’art du campus. Une convention pour la restauration et l’exposition de l’œuvre a été signée avec la Fondation de Coubertin81.
82 Recommandations de la Calder Foundation : levage à l’aide d’élingues, sans pince de levage, pas de (...)
82Le protocole de restauration proposé par Denis Chalard a été mis au point en concertation avec la Calder Foundation82. La préparation de la surface devra permettre d’éliminer parfaitement la corrosion et de créer une bonne base d’accroche pour le revêtement, garantissant une meilleure durabilité. Le traitement consistera à éliminer le système de peinture en place, sans sablage, par décapage chimique, et la rouille partielle par brossage puis totale par application d’acide phosphorique, puis à repeindre après bouchage des irrégularités de surface au mastic synthétique. Pour cela une couche de primaire antirouille sera appliquée, puis un apprêt, enfin deux couches de peinture de finition glycérophtalique d’aspect mat, dont la teinte et l’aspect seront conformes à la peinture d’origine. La remise en peinture se fera au pistolet pour garantir un aspect régulier. La Calder Foundation fournira les boulons identiques à ceux d’origine. L’œuvre restaurée sera exposée temporairement au sein des jardins de la Fondation Coubertin, avant son retour définitif sur le campus de Jussieu attendu à partir de 2015. Des œuvres « à restaurer »
83 Commission artistique nationale : 26/06/1975 ; arrêté ministériel d’agrément : 22/07/1975 ; montant (...)
84 Pierre Manoli (1927-2001). Voir le site web dédié à l’œuvre de Manoli. Voir aussi : ROSENBERG, Davi (...)
83Située dans l’axe Est-Ouest du campus, entre l’entrée actuelle des véhicules rue des Fossés-Saint-Bernard et la sortie rue Cuvier, l’œuvre « Cheminée » a été commandée en 197583 à Pierre Manoli84 (fig. n°25). Figure 25Agrandir Original (jpeg, 72k)
Maquette de Pierre Manoli pour le projet de décoration de l’ensemble universitaire de la halle aux vins, 1975, architectes Cassan, Coulon, de Gortchakoff, photo de la maquette acceptée le 26.6.75. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 75.
Phot. Annette Roche. © Archives nationales.
85 Dimensions : 2,80 m x 1,70 m x 9,60 m. Sculpture composée de 35 sphères de 40 cm de diamètre, 9 de (...)
84Cette œuvre, de près de 10 m de haut, est composée de 10 tubes en acier inoxydable 18/10 portant 50 sphères qui sont soudées entre elles ou aux tubes85. Les quatre tonnes d’acier inoxydable poli brillant nécessaires à sa réalisation ont été mises en œuvre directement sur place, car cette sculpture signal occupe une fonction technique en plus de sa vocation esthétique. En effet, ses lignes verticales sont des conduits d’où s’échappent les vapeurs du chauffage urbain.
85Cette œuvre fait partie du cahier des charges du prochain schéma directeur UPMC 2020. Une étude est en cours pour une mise en lumière dans le cadre du programme global de valorisation des œuvres d’art mais, à ce jour, rien n’a encore été décidé quant au positionnement de l’œuvre, qui devra cependant conserver ses fonctions technique et de signal. En l’attente, un constat d’état a été réalisé à l’automne, en présence de l’épouse de l’artiste. La restauration de l’œuvre est programmée, une sphère de grande dimension ayant disparu. Les œuvres des barres de Cassan
86 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 17.07.1961 ; montant (...)
86Les premiers bâtiments, dits barres de Cassan, furent construits le long du quai Saint-Bernard à partir de 1958, et l’année suivante le long de la rue Cuvier, et achevés en 1961. Les architectes ont fait appel à des artistes habitués des commandes publiques pour leur décoration, sensée servir l’architecture. Ainsi, les toiles ont été commandées en 196186 et réalisées pour les halls des bâtiments par Planson, Souverbie, Despierre, fidèles à la peinture figurative. Ces œuvres traitent de thèmes faisant référence au monde scientifique. 87 André Planson (1898-1981). Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 19960510 art. 43 (...)
87« La Vue et les Éléments », huile sur toile marouflée d’André Planson87 occupe la totalité du mur – 5 m x 3,50 m – de l’entrée du bâtiment, au 9 quai Saint-Bernard.
88 Jean Souverbie (1891-1981). Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 19660510 art. 4 (...)
89 Dimensions : 5 m x 3,54 m.
88« L’Étude devant l’Univers », peinture murale au stic B de Jean Souverbie88 occupe également la totalité du mur situé dans le hall d’entrée du 7 quai Saint-Bernard89. 90 Jacques Eugène Ceria dit Jacques Despierre (1912-1995). Voir HARAMBOURG, Lydia, sous la direction d (...)
91 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 17.07.1961 ; montant (...)
92 Coût de la restauration : 15 450 F.
89« Rythmes d’EAU », huile sur toile marouflée commandée à Jacques Eugène Ceria dit Jacques Despierre90 pour décorer le hall d’entrée du bâtiment F sur la totalité d’un panneau mural d’environ 5 m x 3 m91. Elle a été déplacée puis remise en état en 1975 par l’entreprise de restauration Malesset92.
93 Raymond Subes (1891-1970). Voir Archives nationales, CAC, versements 20020101, art. 107 et 19660510 (...)
94 Commission artistique : 22.06.1960 ; arrêté ministériel : 03.11.1960 ; montant : 75 500 F ; archite (...)
90Un ensemble décoratif a été également commandé auprès de Raymond Subes, célèbre ferronnier de la période Art déco93. Il comprend pour chacune des entrées du 7 et 9 quai Saint-Bernard, un ensemble décoratif composé d’une porte de 5 m de large sur 4,50 m de haut, encadrement de 50 cm de saillie, moulures en cuivre patiné ton vert, orné de rivets décoratifs ; deux montants et une traverse qui reçoivent les trois portes ; un grand chambranle en cuivre patiné vert, le décor des impostes situées au-dessus des parties ouvrantes (fig. n°26), les six poignées décoratives et les inscriptions. Il comprend également les deux rampes de chaque côté de l’escalier monumental de 28 m de longueur totale, les balustrades en fer forgé, fuseaux en fer forgé étiré en forme de T alternés par des barreaux en fer méplat, deux départs monumentaux comprenant deux pilastres en fer forgé, avec enroulement supérieur de la main-courante et chapiteau en cuivre94.
Figure 26Agrandir Original (jpeg, 184k)
Entrée de la faculté des sciences de Paris, quai Saint-Bernard. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher-UPMC.
95 Sous la direction de Philippe Colomban, directeur adjoint du LADIR, responsable de groupe nanophase (...)
91Ces bâtiments font l’objet de travaux de mise en sécurité, et leur devenir est à l’étude dans le cadre du prochain schéma directeur dont l’UPMC est maître d’ouvrage. C’est pourquoi l’université a pris contact avec les ayants-droit afin de les associer dès la définition du projet de réhabilitation. Par ailleurs, à ce jour, les œuvres nécessitent une restauration. Il conviendra d’établir des constats d’état et d’étudier, avec l’accord des ayants-droit, les interventions à prévoir, le cas échéant. Une expertise des œuvres sera réalisée. Une analyse par spectrométrie Raman est en cours par le Laboratoire de Dynamique, Interactions et Réactivité95. Autres éléments décoratifs en complément du programme du 1%
96 Site web Adam Steiner.
97 Across The Night I Steer, ordre desVolvocales, 3 éléments, dimensions : 5,10 m x 3,75 m x 5,60 m. N (...)
92Afin de compléter le programme du 1 % les universités présentes sur le campus avaient lancé un appel à projets. Un jeune étudiant des Beaux-Arts, Adam Steiner (1956 - )96, proposa de réaliser dans un style réductiviste des sculptures en acier peint dont les formes seraient inspirées du monde miscroscopique, spores, protozoaires, diatomées. Son projet fut retenu pour occuper de façon permanente la cour 45-56 et il réalisa sur place cinq sculptures composant Le Jardin des sculptures97. Installées en 1986 et 1987, les œuvres ont dû être déplacées lors de la construction de la bibliothèque de mathématiques. Une restauration est programmée préalablement à la mise en lumière envisagée par la maîtrise d’ouvrage. Un dossier d’œuvre est en cours de réalisation, en collaboration avec l’artiste (fig. n°27).
Figure 27Agrandir Original (jpeg, 100k)
Adam Steiner, Le Jardin des sculptures, 1987, patio 45-56. Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher – UPMC-Adam Steiner.
98 Roger Chapelain, dit Chapelain-Midy (1904-1992) a publié un recueil de souvenirs et de réflexions s (...)
99 Commission artistique nationale : 16.01.1974 ; arrêté ministériel d’agrément : 25.02.1974 ; marchés (...)
93La décoration de la cour 43-54 a été commandée en 1974 à l’artiste peintre Roger Chapelain-Midy98. Celui-ci conçut, comme un tableau, un jardin d’agrément composé de végétaux vivaces et persistants dont le motif central, comme un jardin à la française, comprenait une fontaine avec jeux d’eau (fig. n°28). Divisé en trois esplanades séparées par des douves engazonnées, le jardin, réalisé partiellement, occupait le toit du bâtiment accueillant initialement les botanistes et devait être éclairé99. L’entretien requis ne permit malheureusement pas au jardin de conserver son aspect originel. Figure 28Agrandir Original (jpeg, 168k)
Maquette du projet de Roger Chapelain-Midy pour la décoration de la faculté des sciences de Paris, photo studio Émont, annotée au verso 16.01.74 accord de principe mais nécessaire mise au point du motif central, architectes Cassan, Coulon, de Gortchakoff. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 22. Phot. Annette Roche. © Archives nationales.
100 Schéma directeur d’aménagement du campus de l’UPMC 2014-2020, maîtrise d’ouvrage UPMC - EPAURIF, ar (...)
94À ce jour, la réhabilitation du secteur Est entraîne, pour des raisons architecturales, la destruction du bâtiment support de l’œuvre, le patio devant accueillir des bibliothèques. Aucun autre emplacement n’est disponible sur le Gril d’Albert, la superficie nécessaire à l’implantation du jardin, sans modification d’échelle, étant de 1 100 m2. La seule solution consisterait à déplacer l’œuvre dans le périmètre du schéma directeur d’aménagement du campus100. Les éléments de la fontaine seront démontés puis stockés. 101 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
95Une réflexion est en cours pour l’implantation et la reconstruction de l’œuvre dans le respect total du projet de l’artiste et selon l’attente de ses ayants-droit. Pour cette étude les architectes disposent de l’aquarelle ayant servi de modèle pour la conception du jardin d’agrément, ainsi que des éléments du marché de commande initial101.
102 Jean-Claude Bedard (1928-1982). Voir BOUDAILLE, Georges. Jean-Claude Bedard, les langages du monoïd (...)
103 Commission artistique nationale : 23.05.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 11.07.1966 ; montant (...)
96L’œuvre commandée en 1966 à Jean-Claude Bedard consistait en une animation graphique desterrasses de la faculté des sciences de Paris (fig. n°29). Après dix ans de peinture figurative, Jean-Claude Bedard s’était orienté vers l’abstraction et la réalisation d’œuvres monumentales ; ses recherches sur les structures aléatoires et les réseaux, présentées au musée d’art moderne de la ville de Paris en 1964, ont été suivies de plusieurs commandes de l’État au moment où la croissance de la population universitaire conduisait à la création de nouveaux campus. L’œuvre réalisée sur les terrasses de la nouvelle faculté des sciences de Paris était un exemple d’un langage abstrait signifiant, illustrant sa théorie de l’art schématique102. Cette sensibilisation linéaire aux variations aléatoires devait comprendre des signes peints d’une longueur totale de 13 500 m environ et couvrir 50 000 m2, mais seulement 7 500 m2 ont été réalisés, les travaux ayant dû être interrompus pour des raisons techniques liées au choix des matériaux. Un revêtement de goudron en rouge et noir constituait le fond de réception de l’œuvre linéaire exécutée avec des peintures industrielles. Les signes, d’une largeur de 0,5 m à 1 m, étaient peints soit dans des tons blanc, noir, et vert d’eau, soit dans les tons noirs suivant les dominantes colorées de l’ensemble architectural103. Figure 29Agrandir Original (jpeg, 208k)
Maquette de Jean-Claude Bedard pour le projet de décoration des terrasses de la faculté des sciences de Paris, architectes Albert, Cassan, Coulon, Seassal. Document Archives nationales, CAC, versement 19910237, article 29. © Archives nationales.
104 Albert Lamorisse (1922-1970), auteur, réalisateur, et producteur de cinéma, avait inventé une techn (...)
97Cette œuvre avait retenu l’attention d’Albert Lamorisse qui filma les terrasses décorées pour le documentaire « Paris, jamais vu » qu’il réalisa avec le soutien d’André Malraux, en 1968104. 105 SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean, MARREY, Bernard et al. Campus universitaire de Jussieu – n (...)
98Malheureusement, les matériaux choisis par souci d’économie, la différence de couleur entre les bandes dessinées et l’asphalte noir provoquent une dilatation due à des variations d’emmagasinement de la chaleur, d’où des fuites. Tout a ensuite disparu lors de la réfection des toitures105.
99Cette œuvre mérite néanmoins d’être connue. À partir du témoignage de la compagne de l’artiste et des documents d’archives privées – dont esquisses, maquettes, photographies – une présentation inédite a été proposée pendant les journées européennes du patrimoine à l’UPMC.
106 Archives nationales, CAC, versements 19960510, art. 32 et 20020101, art. 64.
100Une mosaïque en marbre tranché, Les Géants, avait été réalisée par Jacques Lagrange en 1971 pour le niveau Jussieu de la tour centrale106 (fig. n°30). Elle a malheureusement été progressivement détruite, pour laisser place au nouveau hall de la tour rénovée.
Figure 30Agrandir Original (jpeg, 432k)
Le parvis avec, au pied de la tour centrale, la mosaïque de Jacques Lagrange Les Géants. Document d’archives particulières. © Hyacinthe Moreau-Lalande. Autres éléments décoratifs
101Diverses décorations ont été réalisées par des étudiants en écoles d’art (ENSAD), collectifs d’artistes ou associations (mosaïques au pied des tours, fresque réalisée par des artistes uruguayens sur le mur de la soute). Noël Marrec (1949-2009) avait par ailleurs intégré en 1989 le service technique immobilier de l’université Paris 7, en qualité de technicien responsable de la conception et de la réalisation de décors liés à l’architecture. Il avait réalisé plusieurs œuvres sur les parties communes du campus, tours 33, 42, 44, 46, vitraux au rez-de-chaussée de la tour 34. Seule a été conservée la mosaïque du 7e étage de la tour Zamansky.
102Le plan de repérage des œuvres d’art du Gril d’Albert mentionne leur implantation après réhabilitation complète du Gril (2014) (fig. n°31).
Figure 31Agrandir Original (jpeg, 380k)
Plan global d’insertion des œuvres d’art sur le campus Jussieu, maîtrise d’ouvrage de la réhabilitation de campus : EPAURIF, maîtrises d’œuvre mandataires Reichen & Robert et Architecture Studio.
103Ne figure pas sur ce plan le Jardin de Chapelain-Midy qui aura dû être détruit pour laisser place à des bibliothèques. À noter que le Jardin des sculptures d’Adam Steiner ne fait pas partie des œuvres du 1 % et que l’œuvre de Manoli est située en dehors de l’emprise du secteur Est.
104Un tableau récapitulatif des opérations engagées ou à venir sur l’ensemble du site donne une vue synthétique de la programmation de réhabilitation des œuvres qui seront restaurées, reconstruites, déplacées, en fonction de leur état et selon les programmes architecturaux (fig. n°32). Figure 32Agrandir Original (jpeg, 208k)
Programmation de réhabilitation du patrimoine artistique, décembre 2010.
105Si le campus Jussieu est emblématique du projet ambitieux de Malraux, d’autres sites de l’UPMC ont vu l’intervention d’artistes renommés dans le cadre du 1 %, tels les Centres Hospitaliers Universitaires construits dans les années 1964 et 1965 pour le Ministère de l’Éducation Nationale, sous la maîtrise d’ouvrage du Service Constructeur de l’Université de Paris.
107 L’œuf, centre d’études : atelier de création fondé en 1962 par Jean Piantanida et constitué d’artis (...)
108 Commission artistique nationale : 02.12.1965 ; arrêté ministériel d’agrément : 11.01.1966 ; montant (...)
106Situé aux 91 et 105 boulevard de l’Hôpital (Paris 13e), le Centre Hospitalier Universitaire-CHU Pitié-Salpêtrière est l’œuvre de Jacques-Henri Riedberger, architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux. L’ornementation des bâtiments au titre du 1 % artistique a été conçue par L’œuf, centre d’études107 et réalisée en 1966 sous l’impulsion de Jacques Bertoux (1923- ), porteur du projet108. 109 Dimensions : L. 11,60 m x H. 4,02 m x P. 0,20 m ; poids : 30 tonnes.
107Celui-ci sculpte en collaboration avec Maurice François un mur en marbre noir atlantide de 48 m2 environ au droit de l’entrée du 91109. Le dessin est composé en contrepoint des symétries de la façade et mis en valeur par la répétition des cadences rapprochées des trames exprimées par l’aluminium. Seuls les creux sont modelés, le parement est finement grésé à la limite du poli, les fonds sont exclusivement travaillés à la broche pour laisser au marbre la fraîcheur de l’éclatement. Les joints sont situés dans les fonds et sont ainsi rendus invisibles. Un parti est ainsi tiré de la différence de coloration entre le marbre poli et le marbre éclaté (fig. n°33). L’envers du mur, faisant face à un haut-relief en aluminium, est en marbre noir finement douci selon un appareillage simple à grands éléments. Il se trouve très endommagé, plusieurs plaques s’étant détachées du support. On note à ce jour la présence de dépôts de pollution et de graffitis ainsi que la détérioration d’une plaque de marbre. Un dossier technique et financier est en cours d’élaboration, en collaboration avec l’artiste afin de restaurer l’œuvre dans son ensemble. D’ores et déjà l’université a réalisé cette année la restauration du hall du 91 qui s’avérait nécessaire pour des raisons de sécurité. Yvan Beaudoin a été désigné par l’artiste pour réaliser ces travaux. Figure 33Agrandir Original (jpeg, 496k)
Haut-relief en marbre, CHU Pitié-Salpêtrière, œuvre de Jacques Bertoux, L’œuf centre d’études, 1966. Phot. Annette Roche. © Annette Roche – UPMC – Jacques Bertoux.
110 Matériau : aluminium aluminité AG3 15/10 - dimensions : L. 26,8 m x H. 3,05 m x P. 0,15 m. 111 Dimensions : L. 15,1 m x H. 3,05 m x P. 0,15 m.
108Cent soixante-dix-huit éléments, en acier-inox découpé et plié, composent le haut-relief du hall d’entrée du 91 bd de l’hôpital, réalisé par Jean Piantanida sur une surface d’environ 75 m2110. Les reliefs permettent, par jeux de fentes entre divers niveaux, une animation lumineuse de l’ensemble. L’aluminium a été finement douci pour permettre à la lumière de mieux glisser sur l’ensemble des grandes surfaces. Des travaux de mise aux normes du bâtiment pour la sécurité incendie pourraient entraîner une modification de l’œuvre ; une étude est en cours. Au 105, mêmes caractéristiques de situation, de fonction et de technique mais la surface est réduite à 44 m2111. Un certain nombre d’éléments sont traités à plat, d’autres convexes ou concaves par roulage, d’autres encore par chaudronnerie. Le satiné après formage et soudure est obtenu par jet de sable.
109Le 1 % artistique du Centre Hospitalier Universitaire-CHU Saint-Antoine, rue de Chaligny, a fait l’objet de la part des architectes (André Wogenscky et Jean Maitre) d’une recherche plastique exprimée particulièrement par les brise-soleil des façades, par la polychromie architecturale, et par la tentative de faire réaliser des sculptures et peintures qui fassent partie intégrante de cette architecture.
112 Marta Pan (1923-2008). Voir BARRÉ, François. André Wogenscky Marta Pan. Paris : Librairie du monite (...)
113 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; convent (...)
114 Modulor : mesure harmonique à l’échelle humaine applicable à l’architecture, notion inventée par Le (...)
110Au rez-de-chaussée, dans le hall d’entrée, on trouve une sculpture de Marta Pan112, « La Vie ». Commandée en 1964113, cette sculpture mobile de plus de six mètres de haut, est composée de quatre pièces en balsa recouvert de polyester rouge vermillon, articulées sur un mât vertical en acier, les unes au-dessus des autres suivant des proportions harmoniques au Modulor114. La position du mât symbolise le point de naissance et de croissance de l’architecture, autour duquel elle se déploie dans l’espace suivant une croissance organique et harmonique ; cette croissance est exprimée par la sculpture et le dessin linéaire gravé en noir dans le sol en marbre blanc. La pièce inférieure de la sculpture qui pèse 700 kg est mobile grâce à une articulation à cardan inoxydable. Les deux petites pièces au-dessus tournent sur le mât, la quatrième est également en équilibre et mobile. Les quatre pièces sont dessinées dans un ordre tridimensionnel rigoureux strictement déduit de l’architecture (fig. n°34). À ce jour, l’œuvre étant endommagée en plusieurs points, une expertise et la restauration sont à programmer.
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Œuvres du CHU Saint-Antoine, illustrations de l’étude parue dans CIMAISE art et architecture actuels n° 75, février-avril 1966. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87. Phot. Annette Roche. © Archives nationales. 115 Toni Grand (1935-2005), autodidacte, apprend le métier dans différents ateliers de sculpteurs à Par (...)
116 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; Robert (...)
117 Avaient aussi été réalisées pour la chambre mortuaire de l’hôpital (APHP) une peinture murale par P (...)
118 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; James G (...)
111Au troisième étage, sur la terrasse un mur en béton de 3,66 m x 2,66 m a été réalisé par Marta Pan et Toni Grand115. Une peinture murale de 3 m x 9 m réalisée par Robert Wogensky (1919- )116 était placée initialement au fond de la grande salle de travail du CHU. Cette salle a été fractionnée, devenant une salle associative étudiante de petite dimension. D’autres œuvres avaient été réalisées, certaines implantées dans des lieux qui ont été cédés à l’APHP117 ; d’autres ont malheureusement été détruites118 lors de la restructuration des locaux universitaires : sur la galerie au 1er étage entre les entrées du grand amphithéâtre, une peinture murale de James Guittet (1925- ), au 2e étage, à l’entrée des restaurants, une composition murale en verre coloré dans la masse et ardoise de John Koenig (1924-2008), un mur vitré en dalles de verre coloré dans la masse, placé dans le fond du hall principal réalisé par Jean-Luc Perrot. (fig. n°35), (fig. n°36)
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Marta Pan en collaboration avec A.P. Grand, mur en béton brut, CHU Saint-Antoine, architecte A. Wogenscky, 1964, photographie Léni Iselin. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87. Phot. Annette Roche. © Archives nationales.
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Œuvres du CHU Saint-Antoine, illustrations de l’étude parue dans CIMAISE art et architecture actuels n° 75, février-avril 1966. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87. Phot. Annette Roche. © Archives nationales. Perspectives
112Parmi les critères qui donnent à un objet sa valeur patrimoniale, on compte l’unicité, la menace de disparition, le sens et l’appropriation par une collectivité. Le patrimoine est une richesse collective qui doit s’inscrire dans la perspective du développement durable. Tous les citoyens doivent y avoir accès. 113L’UPMC a ainsi le devoir, aussi bien vis-à-vis des artistes que du public, d’assurer à ces œuvres, qui constituent une importante collection publique d’art contemporain, les meilleures conditions de préservation et de présentation. C’est pourquoi il s’agira de pérenniser la mission au sein de l’université, et, sans attendre la fin du chantier, de trouver des moyens qui permettent de communiquer, de susciter l’intérêt, d’aiguiser la curiosité du public et des partenaires potentiels pour l’entretien et la valorisation du patrimoine en direction du plus grand nombre. 114Les pistes d’actions ne manquent pas et pourraient s’échelonner dans le temps, notamment :- publications, visite virtuelle sur internet et pages dédiées, mise en ligne d’interviewconférences, rencontres, événements lors de la réception des œuvres restaurées, concours photos- mise en place progressive de cartels et d’une signalétique spécifique avec panneaux d’interprétation accessibles à tous- parcours de visite dès la fin de la réhabilitation du Gril- une réflexion est en cours dans le cadre de la mise en place d’un plan lumière par l’université dans une perspective de développement durable. Ce système vise à produire un système global et cohérent d’éclairage dans lequel les œuvres d’art ont leur place. 115Les universités Panthéon-Assas, Paris-Sorbonne et Pierre et Marie Curie, membres fondateurs du PRES Sorbonne Universités mutualisent leurs ressources pour constituer un pôle universitaire de haut niveau, où enseignement et recherches juridiques, littéraires et scientifiques fonctionnent en synergie. L’École des Chartes, l’Institut national d’Histoire de l’Art, le Centre des Monuments nationaux et les Archives nationales comptent parmi les membres associés. Ainsi, dans le contexte de « Sorbonne Universités » dont le mot d’ordre est l’interdisciplinarité, la recherche pourrait être encouragée en matière de patrimoine et des sujets de travaux de recherche proposés. En outre, chercheurs et enseignants pourraient apporter leur expertise au sein d’un groupe de réflexion et collaborer pour des actions de sensibilisation ou de vulgarisation. 116La commémoration des 60 ans du 1 %, en 2011, a permis un éclairage particulier de ce dispositif et l’occasion pour l’UPMC de mieux faire connaître ce patrimoine, vivant et porteur de culture, car beaucoup côtoient les œuvres sans s’y attarder ou ne soupçonnent même pas leur existence. Un plan guide a été édité et une signalétique avec QR codes a été mise en place. Un site web dédié (http://patrimoine-artistique.upmc.fr) permet une visite virtuelle et donne des informations actualisées sur les restaurations. Aujourd’hui, la nouvelle physionomie du campus et la redécouverte de ses œuvres par le public, pourrait donner au projet de Malraux une renaissance heureuse. Un véritable enjeu pour l’UPMC qui veut améliorer le cadre de vie pour sa communauté universitaire, mais aussi s’ouvrir sur la cité.
1 Extrait du procès- :verbal de la séance du 25 avril 1963 présidée par le ministre d’État chargé des affaires culturelles, André Malraux : « Monsieur le Ministre rappelle tout d’abord l’importance que le gouvernement attache à la construction de la nouvelle faculté des sciences sur l’emplacement de la Halle aux Vins et tient à souligner l’attention particulière qu’il porte à cette réalisation qui constituera une tentative assez exceptionnelle d’architecture linéaire devant permettre, si elle est acceptée, de confier la décoration de l’édifice à quelques-uns des plus grands artistes contemporains. ». Archives nationales CHAN F21 6673.
2 Édouard ALBERT (1910-1968), diplômé en 1937 de l’École des Beaux-Arts de Paris, fit du tube d’acier un matériau nouveau, constitutif de sa conception esthétique et technique de l’architecture. Il fut l’un des pionniers de cette aventure moderne, aux côtés de l’ingénieur Prouvé, un familier de l’atelier qu’il dirigea entre 1963 et 1968. Il introduisit dès l’après-guerre de nouveaux matériaux, puis s’orienta rapidement vers la construction métallique, travaillant non plus la masse mais le vide, et par là-même la pesanteur. Cet architecte n’a eu de cesse d’explorer et d’expérimenter le lien naturel entre technique, économie et esthétique. On lui doit l’immeuble du 85 rue Jouffroy, la tour du 33 rue Croulebarbe. Il commença en 1966 la bibliothèque de l’université de Nanterre. Voir MARREY, Bernard. Édouard Albert. Paris : éditions du centre Georges Pompidou, 1998.
3 Urbain CASSAN (1890-1979) architecte de la compagnie des Chemins de Fer du Nord, architecte conseil d’EDF, directeur général de la construction au ministère de la reconstruction, secrétaire général du conseil supérieur de l’ordre des architectes. Nommé architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux en 1953. On lui doit notamment la faculté d’Orsay avec René Coulon, l’hôpital Beaujon et celui de Lille, le CHU Cochin.
4 René COULON (1908-1997) a notamment travaillé dans le secteur industriel (Charbonnage de France, Saint-Gobain). On lui doit la faculté des sciences d’Orsay et le campus d’HEC à Jouy-en-Josas. 5 Louis MADELINE (1892-1962) fut chargé de la direction des travaux d’architecture pour la construction de la nouvelle faculté de médecine de Paris, rue des Saints-Pères, avec Jean Walter.
6 Roger SEASSAL (1885-1967) réalise un grand nombre de bâtiments publics jusque dans les années 1960 à Paris et dans sa région d’origine, Nice et ses environs. 7 HOTTIN, Christian. L’architecture universitaire des Trente glorieuses [archives ouvertes]. HAL-SHS, 2006, p. 2-3. <http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00088720/fr> [15/12/2010]. OBOUSSIER, Dominique. Le centre universitaire de Jussieu, étude architecturale et urbanistique. Mémoire de maîtrise, Histoire de l’Art. Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, 1979, 4 propositions d’architecture spatiale : p. 45-84. 8 Évolution des programmes et chronologie des projets pour la faculté des sciences : OBOUSSIER, Dominique. Le centre Jussieu : étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat 3e cycle, Histoire de l’Art. Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, 1982, p. 36-46 et p. 141-142.
9 Quatre essais non transformés : HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée… Cinquante années de projets pour la faculté des sciences de Paris-centre [archives ouvertes]. HAL-SHS, 2007, p. 4-5. < http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00137627/fr> [15/12/2010].
10 Marc ZAMANSKY (1915-1996) normalien et mathématicien, fervent défenseur de la modernisation de l’université française, est élu doyen de la faculté des sciences de Paris en 1961. En désaccord avec les projets gouvernementaux, il démissionnera en 1970. Il aimait à définir le campus comme « la matérialisation de la pensée scientifique au cœur de Paris ».
11 GUILHEM, Jean. « Une faculté se construit en trois ans pour trente ans, nous dit Marc Zamansky ». Éducation nationale, n°34, 30 novembre 1961, p. 5-7.
12 Description du projet architectural : SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean. « Moderne Escurial : la faculté des sciences de Paris-Centre, la plus grande d’Europe ». Acier-Steel-Stahl, mai 1967, n°5, p. 209-219. MARREY, Bernard. « Un grand projet inachevé : la Faculté des Sciences de Paris ». Revue de l’art, n°29, 1975 ; articles repris dans Campus universitaire de Jussieu, naissance d’une grande bibliothèque. Paris : Sens et Tonka, 1993, p. 16-51.
13 ALBERT, Édouard. Un abécédaire d’architecte. Paris : L’Orycte, octobre 1978. Le Lieu : OBOUSSIER, Dominique. Le centre Jussieu : étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat 3e cycle, Histoire de l’Art. Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, 1982, p. 47 à 93.
14 OBOUSSIER, Dominique. Le centre Jussieu : étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat 3e cycle, Histoire de l’Art. Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, 1982. 15 Une triple singularité : HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée…Cinquante années de projets pour la faculté des sciences de Paris-centre [archives ouvertes]. HAL-SHS, 2007, p. 6-10. < http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00137627/fr> [15/12/2010].
16 Voir Historique du 1%. Voir aussi Art, architecture, université : le 1% à travers les constructions universitaires. Actes des journées d’études nationales, 16 et 17 juin 1994. Grenoble : Les presses du réel, 1994. 17 Création organisation et évolution de la procédure du 1% de 1945 à 1983 : archives nationales, CAC, versement 19880466, art. 1 à 3 ; fonctionnement et activités du 1% : versements 19880466, art 3-17 et 19880465. 18 18OBOUSSIER, Dominique. Le centre universitaire de Jussieu, étude architecturale et urbanistique. Mémoire de maîtrise, Histoire de l’Art. Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, 1979, p. 75-76.
19 Dans le cadre du 1%, les architectes étaient rémunérés pour leur participation à la définition du programme, au choix des artistes et à la mise en place des différentes œuvres. Compte tenu du rôle attribué à Jean Lescure, précisé par convention, leur rémunération sera réduite à 3% des dépenses artistiques engagées tandis que Lescure, en tant que conseiller technique percevra 1% du montant des artistes dont un premier acompte sur honoraires versé dans la phase des études lors de l’acceptation de l’avant-projet.
20 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 23.12.1963. Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6.
21 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
22 OBOUSSIER, Dominique. Le centre universitaire de Jussieu, étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat, Histoire de l’Art. Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, 1982, p. 95 à 112.
23 Courrier de Jean Lescure aux architectes, 08.05.1967. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
24 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 24.03.1966. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
25 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 06.03.1968. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29. 26 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 30.05.1962 ; montant prévu : 130 000 F ; architecte : Coulon. Archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 19880466, art. 39. Paul Belmondo (1898-1982). Dossier d’artiste et photo du groupe sculpté implanté à la faculté des sciences d’Orsay. Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 9. 27 Georges Braque (1882-1963) : http://www.georgesbraque.fr/.
29 Fernand Léger (1881-1955) : site du musée Fernand léger : www.musee-fernandleger.fr. 30 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29 : Monsieur Beauquier représente Madame Léger, celle-ci a fait don à la République des droits d’auteur ; au 31.01.68, crédit disponible 1 000 000 F, correspondant à l’estimation faite le 20.12.67 ; accord de la commission du 29 février 1968, maquette choisie par M. Malraux le 10.10.67 ; crédits disponibles pour la réalisation du projet « Tournesol », projet d’ensemble par la suite, estimation pour la réalisation de 450 m2 de mosaïque : 600 000 F hors préparation estimée à 160 000 F ; note de M. Anthonioz au ministre le 02.05.68 : le projet retenu par Malraux serait réalisable immédiatement, un projet d’ensemble serait réalisé ultérieurement ; difficulté avec Madame Léger et Monsieur Beauquier qui n’accepteraient cette réalisation qu’avec l’engagement de faire la suite, s’en suivent des échanges de courriers au sujet des devis attendus ; le 11.10.69 courrier de Madame Léger demandant où en est le projet. 31 Courrier d’Yvette Adam à André Malraux, 18 novembre 1967. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
32 Courrier de Jean Lescure à Bernard Anthonioz, 20.02.68. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
33 SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean, MARREY, Bernard, et al.. Campus universitaire de Jussieu – naissance d’une grande bibliothèque. Paris : Sens &Tonka, 1993, p. 32-51.
34 HOTTIN, Christian. Jussieu, l’inachevée... Cinquante ans de projets pour la Faculté des Sciences de Paris-Centre [archives ouvertes]. HAL-SHS, 2007, p. 10-31. < http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00137627/fr> [15/12/2010].
35 MONNIER, Gérard. « Ne brûlez pas Jussieu ? ». Libération, 23 août 1996, p. 4. GRIOTTERAY, Alain. « Pourquoi il faut raser Jussieu ». Le Figaro, 18 juillet 1996, p. 25.
36 « L’architecture de Jussieu ». Le Saprophyte, le journal de Paris-VII, janvier 1973, p. 5-10. Extrait de la table ronde 24.11.1972. 37 WARNOD, Jeanine. « Art et architecture, Bilan et problèmes du 1% ». Le Figaro, 8 octobre 1970.
38 24.10.86, 78843 F. Archives du rectorat de l’académie de Paris. Fonds Jussieu, art. 13.
39 Installées au cœur des universités de Paris-VI et VII, des œuvres d’artistes majeurs tombent en ruine dans l’indifférence. GEISLER, Rodolphe, BARSACQ, Stéphanie. « Victime des outrages du temps et des vandales. Jussieu : des trésors à l’abandon ». Le Figaro/Aurore, 16 octobre 1997.
40 APOR (Programmation en architecture, aménagement et développement urbain – études d’organisation), « Programmation, désamiantage et rénovation : étude historique et archéologique - Recueil de documents pour une analyse historique, urbaine, architecturale et technique ». Étude commandée en 1996 par le ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche réalisée par Y. Ovahrani sous la direction de Philip Gillet. Voir chap. 1.3 la faculté des sciences, chap. 1.4 phases de restauration, chap.2 Édouard Albert, description architecturale chap. 4.1 à 4.6, œuvres d’art chap. 4.7, projets de parachèvement chap. 6.1 et 6.2.
41 Décret 2010-965. 42 L’EPAURIF a pour missions : la mise en œuvre du schéma directeur francilien, lequel constitue un schéma global pour l’implantation des activités d’enseignement supérieur et des équipements de vie étudiante, proposé par les trois recteurs des académies de l’Île-de-France après concertation avec les collectivités locales ; l’accompagnement des établissements pour la gestion et la valorisation de leur patrimoine immobilier et pour la préparation de la dévolution de ce patrimoine ; l’accompagnement des établissements pour la mise en œuvre de leurs plans de regroupement ; la réalisation des opérations immobilières lorsque les universités souhaitent lui déléguer la maîtrise d’ouvrage. 43 L’UPMC ne s’est dotée d’un bureau des archives qu’en 2009. En revanche des archives répertoriées « Parachèvement » ont été constituées par l’université Paris-7. 44 Constitution de dossiers d’œuvre comprenant fiche descriptive (titre, auteur, matériau, technique, dimensions, localisation, année de réalisation, mode d’acquisition, état), documents administratifs, maquettes, esquisses, photographies, correspondance avec l’artiste, publications sur l’œuvre, articles de presse, note biographique de l’artiste, sources documentaires et dossier de restauration, le cas échéant.
45 Le service des archives du rectorat de l’Académie de Paris détient un versement du SCAP (service constructeur de l’Académie de Paris, créé en 1965 ultérieurement nommé SCARP puis SCARIF (académie Île-de-France en 1981). Ce fonds nommé fonds Jussieu, notamment dans ses articles 6 et 13, comporte des éléments relatifs à la période 1960-1970, malheureusement certaines archives restent inaccessibles faute de classement, d’autres ont fait l’objet d’un versement aux archives nationales mais le référencement des répertoires ne facilite pas la recherche. 46 Jacques Lagrange (1917-1995) : dossier d’artiste. Archives nationales, CAC, versement 19960510, art. 32. Voir aussi GUINOT, Robert. Jacques Lagrange : les couleurs de la vie. Saint-Paul : L. Souny, 2005. 47 Commissions artistiques nationales : 21.06.1961 puis 08.07.1966, arrêtés ministériels : 17.07.1961 puis 08.08.1966 - 18.03.1968 – 04.08.1971 – 26.05.1972, marchés de commande : 19.10.1965 - 27.10.1966 - 15.01.1968 - 20.05.1968 – 1971 - 1972, architectes : Albert, Seassal, Cassan, Coulon, de Gortchakoff. Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 2002101, art. 64.
48 Modification d’échelle et déplacement de quelques motifs permettant une adaptation au projet architectural. Pierres choisies : motifs noirs : calcaire bleu de Henaut (calcaire compact gris bleu à crinoïde, origine Belgique) ; motifs gris clair : pierre de Chomerac (calcaire marbrier, Jurassique, Portlandien, origine Chomerac-Ardèche) ; motifs beiges : pierre de Rocheret jaune (calcaire marbrier, Crétacé, Valanginien, origine Nattages-Ain).
49 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, maîtrises d’œuvre mandataires : secteur Ouest, Reichen & Robert et secteur Est, Architecture-Studio, coût global > 4 000 000 €. 50 Commission artistique nationale : 09.06.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 09.12.1966 ; marché de commande : 06.04.1967 ; montant : 260 000 F ; architectes : Albert, Cassan, Coulon ; réception définitive : 06.1968. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 20020101, art. 106.
51 François Stahly (1911-2006), voir le site http://www.stahly.fr. PROSZYNSKA, Véra, REVAULT, Étienne. François Stahly. Paris : Hartmann, 1997. 52 Courrier de F. Stahly au service de la création artistique, 14.02.1978. Archives nationales, CAC - versement 20020101, art. 106.
53 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 2 000 000 € (estimation cabinet d’expertise Couturier février 2009), marché : entreprise Aïnu, coût global : 818 000€, date de livraison : 2014.
55 Commission artistique nationale : 29.02.1968 ; arrêté ministériel : 18.03.1968 ; marché de commande : 02.05.1968 ; montant : 190 000 F dont 100 000F pour l’artiste ; architectes : Cassan, Coulon ; réception définitive : 24.02.1971. Archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 19960510, art. 24.
56 Expertise réalisée en 2003 par le Bureau Veritas concluant à la fragilité de l’œuvre.
57 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement : 2 000 000 € (estimation cabinet d’expertise Couturier février 2009), coût de la restauration : 530 000 €.
58 Unité mixte de recherche placée sous la double tutelle de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris-6) et du CNRS (UMR 7075).
59 Arrêté ministériel d’agrément : 17.12.1968 - est agréé le projet de sculpture intitulée « le petit théâtre » que M. Jean Arp, sculpteur, décédé, avait étudié en vue de la décoration au titre du 1% de la Faculté des Sciences de Paris et dont il avait offert le droit de reproduction à l’État ; marché de commande : 02.02.1971 ; montant : 125 000F ; architectes : Cassan, Coulon, de Gortchakoff ; réception définitive : 07.11.1972. Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versement 19910237, art.29.
60 Mesures du « petit théâtre » en bronze : 1,05 m x 0,67 m ; agrandissement réalisé : 5m de haut x 3m de large. Courrier du 25 novembre 1967 de Marguerite Arp à Jean Lescure : « … J’ai parlé il y a deux jours avec Denise René et lui ai dit que nous pourrons vous prêter pour l’agrandissement notre maquette en plâtre du « Petit théâtre ». … je serai tout heureuse de surveiller avec Denise René l’exécution et la mise en place… ». Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6.
61 Jean Arp (1886-1966). Voir le site de la Fondation <lien vers http://www.fondationarp.org>. 62 Note de Monsieur Chansel : « Cet acier utilisé couramment aux États-Unis d’Amérique, et faisant son apparition depuis peu en France, trouve son utilisation dans des œuvres semblables. En raison de ses qualités de tenue à la corrosion. Il possède la propriété de se recouvrir dans le temps d’une couche auto-protectrice à la corrosion d’une teinte rouille marron évoluant dans le temps. ». Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
63 Note de Jean Chansel, 28.02.1970 et courrier de Marguerite Arp, 4.07.1972. Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
65 M. Labadens, membre du comité exécutif d’Usinor (devenu Arcelor) avait monté l’opération de reconstruction de l’œuvre, opération qui a pu se réaliser grâce au soutien financier de l’entreprise ; il a suivi le dossier jusqu’au retour du Petit Théâtre sur le campus Jussieu.
67 Valeur d’assurance de l’œuvre : 1 000 000 € (estimation 2004), coût global des travaux : < 50 000 €.
68 Victor Vasarely (1906-1997). Voir le site de la Fondation Vasarely.
69 Commission artistique nationale : 09.06.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 15.11.1966 ; marché de commande : 06.04.1967 ; montant : 80 000 F ; architectes : Albert, Cassan, Coulon. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 20020101, art. 113.
70 Expertise cabinet Couturier, février 2009, valeur artistique de remplacement : 3 000 000 €. 71 Reconstruction à l’identique, coût global : 355 000€, date de livraison : août 2010. Des travaux complémentaires de finition doivent être programmés avant réception définitive de l’œuvre.
72 Arrêté ministériel : 15.11.1966 ; marché de commande : 08.05.1967 et 20.05.1968 ; montant : 15 000 F et 106 000 F (entreprise Milani) ; architectes : Cassan, Coulon ; réception définitive : 10.10.1968 et 24.11.1969. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versements 19910237, art.29 et 20020101, art. 8.
73 André Beaudin (1895-1979). Galeries nationales du Grand Palais. André Beaudin, œuvres 1921-1970. Paris : Centre national d’art contemporain, 1970. PERSIN, Patrick-Gilles. André Beaudin. Paris : Art in progress, L. Leiris, 2007. 74 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 200 000 € (estimation cabinet d’expertise Couturier février 2009), maîtrise d’œuvre du secteur Est : Architecture - Studio, coût global estimé < 100 000€, date de livraison : 2014.
75 Commission artistique nationale : 29/02/1969 ; arrêté ministériel d’agrément : 29/07/1969 ; marché de commande : 30/08/1974 ; montant : 150 000 F ; architectes : Cassan, Coulon ; réception définitive : 30/09/1974. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu article 6 et Archives nationales, CAC, versements 19910237, article 29 et 20020101, art. 18.
77 Le mot Stabile a été inventé par Jean Arp en 1932. Calder expose alors à Paris - galerie Vignon - 30 de ses sculptures qualifiées de mobiles par Marcel Duchamp. Réagissant au terme « Mobile », Jean Arp demande à Calder : « Qu’est-ce que c’est que ces choses que tu as faites l’an dernier ? – des Stabiles ? ». Calder adoptera le terme « Stabile » pour ses œuvres statiques. Dimensions de l’œuvre réalisée et assemblée à Saché (Indre-et-Loire), en collaboration avec l’entreprise Biemont de Tours qui effectuait l’agrandissement des œuvres à partir de maquettes : 4,8 m x 7,8 m x 5,9 m, poids : 3 500 kg. 78 Les boulons étaient en acier forgé matricés à chaud, selon un modèle à tête et écrou carré, comportant parfois un petit « c » matricé en relief. Les éléments étaient marqués par frappe à froid de numéros et de repères de montage sur les zones de recouvrement. La fabrication des peintures avait été confiée à une entreprise de Mont-Louis-sur-Loire.
79 Voir : Le 1% avant et après la décentralisation. Délégation aux arts plastiques - Centre national des arts plastiques, 1994, publication éditée à l’occasion de la journée d’étude nationale « pour une relance du 1% » organisée à Grenoble le jeudi 21 avril 1994.
80 Prêts pour expositions internationales : Paris 1996 - Tokyo 1996 - Luxembourg 1997 - Valence 1997 - La Haye 1998 - Taipeh 1998.
81 Maîtrise d’ouvrage : EPCJ, valeur artistique de remplacement de l’œuvre : 5 000 000 € (estimation cabinet d’expertise Couturier février 2009), coût de la restauration, hors transfert et réimplantation : 93 000 €. 82 Recommandations de la Calder Foundation : levage à l’aide d’élingues, sans pince de levage, pas de sablage, pose de joint afin de préserver l’infiltration d’humidité sur les zones de recouvrement entre deux plaques, choix des produits utilisables et des techniques d’application.
83 Commission artistique nationale : 26/06/1975 ; arrêté ministériel d’agrément : 22/07/1975 ; montant du marché de commande : 439 495 F ; architectes : Cassan, Coulon, de Gortchakoff ; date d’installation : 1976. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, article 6 et Archives nationales, CAC, versements 19880466, art. 107 et 20020101, art. 75.
84 Pierre Manoli (1927-2001). Voir le site web dédié à l’œuvre de Manoli. Voir aussi : ROSENBERG, David. Manoli, l’élan, la rencontre. Paris : Somogy éd. d’Art, 2003. 85 Dimensions : 2,80 m x 1,70 m x 9,60 m. Sculpture composée de 35 sphères de 40 cm de diamètre, 9 de 60 cm, 6 de 72 cm.
86 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 17.07.1961 ; montant du marché de commande : 30 000 F ; architectes : Seassal, Coulon. Archives nationales, CAC, versement 19880466 art. 39. 87 André Planson (1898-1981). Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 19960510 art. 43. Voir aussi le musée Planson. 88 Jean Souverbie (1891-1981). Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 19660510 art. 47.
90 Jacques Eugène Ceria dit Jacques Despierre (1912-1995). Voir HARAMBOURG, Lydia, sous la direction de François et Danielle Ceria. Despierre : 1912-1995. Paris : Somogy éd. d’Art, 2003, biographie p. 149-153. Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 20020101 art. 33. Note sur la vie et les travaux de Jacques Despierre lue à l’occasion de son installation comme membre de la section peinture de l’académie des Beaux-Arts. http://www.academie-des-beaux-arts.fr/membres/actuel/peinture/Chu/Discours_hommage_Despierre.htm.
91 Commission artistique nationale : 21.06.1961 ; arrêté ministériel d’agrément : 17.07.1961 ; montant du marché de commande : 30 000 F ; architectes : Seassal, Coulon. Archives nationales, CAC, versement 19880466, art. 39.
93 Raymond Subes (1891-1970). Voir Archives nationales, CAC, versements 20020101, art. 107 et 19660510, art. 47.
94 Commission artistique : 22.06.1960 ; arrêté ministériel : 03.11.1960 ; montant : 75 500 F ; architectes : Cassan, Coulon ; date d’installation : 1961. Service des archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versement 19880466, art. 39. 95 Sous la direction de Philippe Colomban, directeur adjoint du LADIR, responsable de groupe nanophases et solides hétérogènes. 96 Site web Adam Steiner.
97 Across The Night I Steer, ordre desVolvocales, 3 éléments, dimensions : 5,10 m x 3,75 m x 5,60 m. New Values, Plancton Diatom, Fragilaria Crotonensis (Valve View), dimension : 2,80 m. The Rumour Of The World Of Life, Rhizaster Crinoïde, dimension : 8,70 m. Once More She Smiled, spore, Mucorale, Conidiophore, dimension : 4,60 m. Wave To Wave, Plancton Diatom, Bacillariophyceae-Stéphanodiscus Hantzshii, dimension :4,20 m.
98 Roger Chapelain, dit Chapelain-Midy (1904-1992) a publié un recueil de souvenirs et de réflexions sur l’art : CHAPELAIN-MIDY, Roger. Comme le sable entre les doigts. Paris : Gallimard, 1984. Voir aussi son entretien avec Jacques Chancel du 08.11.1976, Radioscopie, institut national de l’audiovisuel.
99 Commission artistique nationale : 16.01.1974 ; arrêté ministériel d’agrément : 25.02.1974 ; marchés de commande : 21.03-18.04 -14.05.1974 ; date d’installation : 1974 ; montant : 233 418 F ; architectes : Cassan, Coulon, de Gortchakoff. Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 22.
100 Schéma directeur d’aménagement du campus de l’UPMC 2014-2020, maîtrise d’ouvrage UPMC - EPAURIF, architectes paysagistes agence Denerier-Pasquarel, valeur artistique de remplacement de l’œuvre 400 000 € (estimation cabinet d’expertise Couturier février 2009).
101 Archives nationales, CAC, versement 19910237, art. 29.
102 Jean-Claude Bedard (1928-1982). Voir BOUDAILLE, Georges. Jean-Claude Bedard, les langages du monoïde. Paris : Centre Georges Pompidou - La revue parlée, 8 décembre 1982. BEDARD, Jean-Claude. Pour un art schématique : étude d’un monoïde graphique. Montrouge : éd. de Beaune et éd. Goutal-Darly, 1978. ESTIVALS, Robert. « L’œuvre picturale de Jean-Claude Bedard ». Revue de bibliologie - schéma et schématisation, 1986, n°25. Le schéma, l’informatique et l’art, p. 6-16.
103 Commission artistique nationale : 23.05.1966 ; arrêté ministériel d’agrément : 11.07.1966 ; montant : 211 664F ; architectes : Cassan, Coulon, de Gortchakoff, Albert, Seassal ; réception définitive : 02.06.1975. Archives du rectorat de l’académie de Paris, Fonds Jussieu, art. 6 et Archives nationales, CAC, versements 19910237, art. 29 et 20020101, art. 9.
104 Albert Lamorisse (1922-1970), auteur, réalisateur, et producteur de cinéma, avait inventé une technique pionnière des systèmes antivibratoires de prises de vue aériennes, largement utilisée par la suite, l’hélivision.
105 SCHNEYDER, Philippe, LE CHEVALIER, Jean, MARREY, Bernard et al. Campus universitaire de Jussieu – naissance d’une grande bibliothèque. Paris : Sens &Tonka, 1993, p. 43. OBOUSSIER, Dominique. Le centre Jussieu : étude architecturale et urbanistique. Thèse de doctorat 3e cycle. Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, 1982, p. 149.
107 L’œuf, centre d’études : atelier de création fondé en 1962 par Jean Piantanida et constitué d’artistes et d’architectes, sculpteurs, designers, graphistes, mosaïstes : Jacques Bertoux, Maurice François, Arlette Granval, Jean Piantanida, Annie Richard, Jean Souchal. Le vocable de L’œuf, centre d’études a été modifié après sa dissolution, d’où une certaine difficulté pour trouver des éléments informatifs, les œuvres n’étant par ailleurs ni signées, ni signalées. Cependant, le contact a pu être établi avec Jacques Bertoux qui apporte un précieux témoignage. 108 Commission artistique nationale : 02.12.1965 ; arrêté ministériel d’agrément : 11.01.1966 ; montant : 245 000 F (total décoration CHU) ; architecte : Jacques Henri Riedberger ; date d’installation : 1966. Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 10.
109 Dimensions : L. 11,60 m x H. 4,02 m x P. 0,20 m ; poids : 30 tonnes.
112 Marta Pan (1923-2008). Voir BARRÉ, François. André Wogenscky Marta Pan. Paris : Librairie du moniteur, Cercle d’Art, 2007. 113 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; convention 66-367 : 16.05.1966 ; montant : 75 000 F ; architectes : A. Wogenscky et J. Maitre ; réception définitive : 1965 ; convention œuvres de Marta Pan : 16.05.1966, mandat de paiement : 75 000F, 24 juin 1966. Archives nationales, CAC, versements 19780017, art. 79 et 20020101, art. 87.
114 Modulor : mesure harmonique à l’échelle humaine applicable à l’architecture, notion inventée par Le Corbusier.
115 Toni Grand (1935-2005), autodidacte, apprend le métier dans différents ateliers de sculpteurs à Paris, en particulier chez Marta Pan. Sculpteur jusqu’à la fin des années 1960, il travaille essentiellement le plomb, l’aluminium et l’acier. Il expose ses œuvres à la biennale de Paris en 1967. Le bois sera son matériau de prédilection pendant dix ans, ainsi que les congres, puis il travaillera les résines de synthèse. Ses œuvres mettent en évidence la fragilité par l’instabilité de leur constitution. L’artiste estime que l’œuvre doit établir une relation naturelle avec le lieu qui la reçoit. Le film Toni Grand, réalisé en 1983 par Pierre-André Boutang et coproduit par Antenne 2, présente le travail de sculpteur de Toni Grand à travers une interview avec l’artiste (série «Portraits d’artistes contemporains », son, coul., 26 min).
116 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; Robert Wogensky, sujet : « l’Espoir », montant 10 000 F. Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 87. Dossier d’artiste : Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 117.
117 Avaient aussi été réalisées pour la chambre mortuaire de l’hôpital (APHP) une peinture murale par Pierre Fichet et une sculpture par Marta Pan. Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; Pierre Fichet, sujet « La Mort », montant 10 000 F ; Marta Pan, sujet « La Sérénité », montant 10 000 F. Archives nationales, CAC, versement 20020101, art. 87.
118 Commission artistique nationale : 02.03.1964 ; arrêté ministériel d’agrément : 18.06.1964 ; James Guittet, sujet « La Pensée » : dimensions 8,70 m x 3 m env., montant 15 000 F ; John Koenig, sujet « La Connaissance » : peinture 3 m x 13 m, vitrage 3 m x 9,70 m env., montant 15 000 F ; Jean-Luc Perrot, sujet « L’Évolution » : dimensions 3 m x 9,70 m env., montant 15 000 F. Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87.Haut de page
La faculté des sciences, 12 rue Cuvier. Crédits
Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher – UPMC.
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Construction de la faculté des sciences de Paris, caves de la halle aux vins. Crédits
Phot. Archives UPMC 1Fi65. © Archives UPMC.
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Construction de la faculté des sciences de Paris, Gril d’Albert, Tour de liaison. Crédits
Phot. Archives UPMC. © Archives UPMC.
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Construction de la faculté des sciences de Paris, les Barres de Cassan, la halle aux vins et le Gril d’Albert. Crédits
Phot. Archives UPMC 1Fi7. © Archives UPMC.
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Tour d’administration et parkings, vue d’ensemble prise depuis la terrasse, tour de la 44, 28.08.1970. Archives UPMC 1Fi28. Crédits
© Archives UPMC.
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Organisation de la procédure du 1 %, période 1961-1962, annexe : chronologie de la création artistique. Archives nationales, CAC, versement 19880465. Crédits
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Organisation de la procédure du 1 %, période 1966-1979, annexe : chronologie de la création artistique. Archives nationales, CAC, versement 19880465. Crédits
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Entrée principale de la faculté des sciences de Paris, cliché Cie Française d’Entreprises Métalliques, 25.09.1970. Archives UPMC 1Fi16. Crédits
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Le patio 12-23 et les sols de la section 12-22, en 1966, photo de Roland Essen. Document d’archives particulières. Crédits
© Hyacinthe Moreau-Lalande.
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Maquette réalisée par J-P. Barray en vue de la mise en place des mosaïques de Georges Braque sur la tour de la faculté des sciences de Paris. Document Archives nationales, CAC, versement 19910237, article 29. Crédits
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Vue d’ensemble de la faculté des sciences de Paris depuis le Panthéon, 24.09.1970, cliché Cie Française d’Entreprises Métalliques. Archives UPMC 1Fi54. Crédits
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Planning de l’opération de réhabilitation du campus Jussieu, maîtrise d’ouvrage EPAURIF. Source epaurif.fr. Crédits
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Jacques Lagrange sur le parvis du campus Jussieu, étude pour la composition des sols, photo de Roland Essen. Document d’archives particulières. Crédits
© Hyacinthe Moreau-Lalande. URL
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Ouvrier réalisant les courbes délicates du projet de Jacques Lagrange devant la cour 32-43, photo de Pierre Blouzard, 1966. Document d’archives particulières. Crédits
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Étude de Jacques Lagrange pour la composition des sols sur calque millimétré. Document d’archives particulières. Crédits
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Remplacement du dallage de Jacques Lagrange dans le cadre de la réhabilitation du secteur Ouest, septembre 2009, maîtrise d’ouvrage EPA Jussieu, maîtrise d’œuvre Reichen & Robert. Phot. EPA Jussieu. Crédits
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Plan pour la réhabilitation de l’œuvre de Jacques Lagrange, dallage niveau Jussieu, maîtrise d’ouvrage EPAURIF, maîtrises d’œuvre mandataires Reichen & Robert et Architecture-Studio. Crédits
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Maquette du projet de labyrinthe de François Stahly pour décoration de la faculté des sciences de Paris, 1965-1966, architectes Albert et Coulon. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 106. Crédits
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Dépose du labyrinthe de Stahly pour restauration, juin 2010. Crédits
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Parvis du campus Jussieu, 2006. Crédits
Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher-UPMC. URL
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Dépose de la fresque du pignon 26-00, restauration, maîtrise d’ouvrage EPAURIF, marché Tecknilave, mai 2010. Crédits
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Destruction en 2007 du « Petit Théâtre » de Jean Arp non restaurable, cour 15-26. Crédits
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Patio 12-23 vu depuis la barre 12-13, avant la destruction de l’œuvre de Victor Vasarely « Para Vista », 2007. Crédits
Phot. EPA Jussieu. © EPAURIF. URL
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Caisse de transport de l’œuvre Cinq ailes d’Alexander Calder, de retour de l’exposition à Taipeh, dépôt au Domaine de Coubertin en l’attente de restauration. Crédits
Phot. Annette Roche. © Annette Roche –UPMC.
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Entrée de la faculté des sciences de Paris, quai Saint-Bernard. Crédits
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Adam Steiner, Le Jardin des sculptures, 1987, patio 45-56. Crédits
Phot. Pierre Kitmacher. © Pierre Kitmacher – UPMC-Adam Steiner.
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Maquette du projet de Roger Chapelain-Midy pour la décoration de la faculté des sciences de Paris, photo studio Émont, annotée au verso 16.01.74 accord de principe mais nécessaire mise au point du motif central, architectes Cassan, Coulon, de Gortchakoff. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 22. Crédits
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Maquette de Jean-Claude Bedard pour le projet de décoration des terrasses de la faculté des sciences de Paris, architectes Albert, Cassan, Coulon, Seassal. Document Archives nationales, CAC, versement 19910237, article 29. Crédits
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Le parvis avec, au pied de la tour centrale, la mosaïque de Jacques Lagrange Les Géants. Document d’archives particulières. Crédits
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Haut-relief en marbre, CHU Pitié-Salpêtrière, œuvre de Jacques Bertoux, L’œuf centre d’études, 1966. Crédits
Phot. Annette Roche. © Annette Roche – UPMC – Jacques Bertoux.
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Œuvres du CHU Saint-Antoine, illustrations de l’étude parue dans CIMAISE art et architecture actuels n° 75, février-avril 1966. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87. Crédits
Phot. Annette Roche. © Archives nationales. URL
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Marta Pan en collaboration avec A.P. Grand, mur en béton brut, CHU Saint-Antoine, architecte A. Wogenscky, 1964, photographie Léni Iselin. Document Archives nationales, CAC, versement 20020101, article 87. Crédits
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Annette Roche, « Le 1 %, de la faculté des sciences de Paris à l’Université Pierre et Marie Curie : inventaire, restauration, valorisation d’un patrimoine artistique méconnu », In Situ [En ligne], 17 | 2011, mis en ligne le 19 janvier 2012, consulté le 28 octobre 2016. URL : http://insitu.revues.org/889 ; DOI : 10.4000/insitu.889 Haut de page
chargée de mission patrimoine artistique et historique – UPMC, annette.roche@upmc.frHaut de page
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