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Timestamp: 2016-10-26 02:25:36+00:00

Document:
6P.169/2006 (29.12.2006)
6P.169/2006
6S.346/2006 /svc
recourante, repr�sent�e par Mes Michel Ducrot, avocat, et Thierry Roduit, avocat,
6S.346/2006
Escroquerie (art. 146 CP), gestion d�loyale (art. 158
ch. 1 al. 3 CP), gestion fautive (art. 165 ch. 1 CP), fixation de la peine (art. 63 et 68 CP), principe de c�l�rit�,
recours de droit public (6P.169/2006) et pourvoi en nullit� (6S.346/2006) contre le jugement du Tribunal cantonal du Valais, Cour p�nale II, du 21 juin 2006.
Statuant le 19 avril 2004 sur l'action p�nale dirig�e contre D.________, C.________, BX.________ et son �pouse AX.________, le Tribunal du IIe arrondissement pour le district de Sion a reconnu cette derni�re coupable d'escroquerie, de gestion d�loyale et de gestion fautive et l'a condamn�e � 18 mois de r�clusion, avec sursis pendant deux ans.
Saisie par voie d'appel, la Cour p�nale II du Tribunal cantonal valaisan a r�form� ce jugement le 21 juin 2006. En ce qui concerne AX.________ en particulier, la cour cantonale, �cartant certains chefs d'accusation, a retenu la r�alisation des m�mes infractions que l'autorit� judiciaire de premi�re instance et r�duit � 16 mois la dur�e de la peine. Cet arr�t repose, en r�sum� sur les faits suivants:
B.a BX.________ a cr�� la soci�t� E.________ SA en 1989. En 1992, il a rachet� � C.________, pour un franc symbolique, la soci�t� F.________ AG, qui �tait surendett�e. Depuis la fin de l'ann�e 1993, devenue FA.________ SA, la soci�t� a d�tenu des participations plus ou moins significatives dans une quinzaine de soci�t�s, dont G.________ SA, H.________ SA, E.________ SA, K.________ SA, L.________ SA, O.________ SA et P.________ SA.
B.c Les infractions retenues � la charge de la recourante reposent plus particuli�rement sur les faits suivants:
B.c.c.f En 1995, FA.________ SA a d�clar� aux institutions sociales des salaires annuels bruts de 120'000 fr. pour BX.________, 70'000 fr. pour C.________ et 65'000 fr. pour AX.________. Malgr� la situation financi�re de la soci�t�, ces salaires, qui ne comprenaient pas les frais priv�s des int�ress�s acquitt�s par la holding, ont �t� augment�s en mars 1996. Ceux des �poux X.________ sont pass�s de 18'000 fr. environ � quelque 25'000 fr. par mois. Celui de BX.________ remboursement de frais non inclus, atteignait 12'000 fr. Celui de C.________ est pass� de 5000 � 11'000 fr.
B.c.c.i FA.________ SA, par l'interm�diaire de P.________ SA, louait deux maisons sises sur la rive fran�aise du lac L�man, pour quelque 3000 fr. par mois. Ces immeubles n'�taient occup�s pour des besoins professionnels que deux soirs par semaine.
B.c.d Enfin, la cour cantonale a retenu que, dans un certain nombre de cas, les accus�s, agissant comme auteurs m�diats, s'�taient rendus coupables d'escroquerie (art. 146 CP) en trompant des clients lors de la conclusion avec eux de contrats de vente de meubles, moyennant paiement d'acomptes, alors que les soci�t�s de la division ameublement, eu �gard au manque de liquidit�s et � leurs rapports avec les fournisseurs, n'�taient pas en mesure de se procurer les meubles vendus, qu'elles n'avaient pas non plus en stock.
AX.________ interjette un recours de droit public et un pourvoi en nullit� contre cet arr�t.
La recourante s'en prend tout d'abord, sous l'angle de l'art. 9 Cst., � la constatation des faits, qu'elle qualifie d'arbitraire sur un certain nombre de points.
2.1 Une d�cision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou lorsqu'elle contredit d'une mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue par la cour cantonale de derni�re instance que si elle appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la d�cision critiqu�e soient insoutenables, encore faut-il que cette derni�re soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 132 III 209 consid. 2.1; 131 I 57 consid. 2 p. 61; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178).
2.2 Dans un premier moyen, la recourante soutient que c'est arbitrairement que la cour cantonale a conclu que les administrateurs avaient manqu� � leur devoir en ne d�posant pas le bilan de E.________ SA en d�but d'ann�e 1996, en se r�f�rant au contenu d'un rapport de l'organe de r�vision qui n'a �t� �tabli que post�rieurement, soit le 6 juin 1996.
Ce grief est infond�. Il ressort en effet de l'arr�t cantonal - et la recourante n'�l�ve aucune critique sur ce point -, que plusieurs signes manifestaient le surendettement de cette soci�t� bien avant la date � laquelle le rapport de l'organe de r�vision a �t� �tabli. D�s janvier 1995, la soci�t� ne s'est, en effet, plus acquitt�e des cotisations AVS; le 1er avril 1995, son contrat d'assurance-maladie a �t� annul� faute de paiement des primes; le 4 septembre 1995, elle a d�pos� aupr�s de l'office cantonal du travail une demande de r�duction de l'horaire de travail (arr�t cantonal, consid. 3 p. 11). La soci�t� faisait aussi r�guli�rement l'objet de poursuites; son t�l�phone �tait souvent coup�; la plupart des autres polices d'assurance de la soci�t� ont �t� annul�es en d�but d'ann�e 1996 pour non-paiement des primes (arr�t cantonal, consid. 16 p. 36). E.________ SA pr�sentait ainsi des signes si �vidents d'insuffisance de liquidit�s et d'insolvabilit�, qu'il y avait d�j� de tr�s s�rieuses raisons d'admettre l'existence d'un surendettement au sens de l'art. 725 al. 2 CO (cf. W�stiner Hanspeter, Obligationenrecht II [Honsell, Vogt, Watter Hrsg.], Art. 530-1186 OR, 2e �d. 2002, n. 33 ad art. 725). Cette situation de surendettement aurait ainsi d� conduire le conseil d'administration � agir bien avant que l'organe de r�vision ne lui communique les conclusions de son rapport du 4 juin 1996. Dans ce contexte, ce dernier, qui portait sur les comptes de l'exercice 1995, permet par ailleurs d'�tablir - ce que la recourante ne conteste pas non plus - l'existence d'un surendettement d�s 1995. On ne saurait ainsi reprocher � la cour cantonale d'avoir vers� dans l'arbitraire en concluant que la recourante et les autres membres du conseil d'administration de E.________ SA ont manqu� � leur devoir en ne d�posant pas le bilan en d�but d'ann�e 1996.
2.3 La recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir retenu - au conditionnel - en se r�f�rant � un projet de comptes pour l'exercice 1995 �tabli par l'organe de r�vision de O.________ SA, que le d�ficit de cette soci�t� aurait pass� de 135'790 fr. � 448'836 fr. 53 et d'avoir d�duit de cette "hypoth�se" qu'en poursuivant l'exploitation les administrateurs ont augment� la disproportion entre l'actif et le passif de la soci�t�.
Ce grief est infond�. La cour cantonale (arr�t cantonal, consid. 21, p. 42 s.) a en effet retenu que plusieurs indices montraient clairement que durant les ann�es 1994 et 1995 le d�ficit de O.________ s'�tait accru. Elle se r�f�re, sur ce point, � la comparaison des fonds �trangers � court terme au 31 d�cembre 1994 avec les montants admis dans la faillite, d'une part, ce que la recourante ne remet pas en cause. Elle a retenu, d'autre part, en se r�f�rant au rapport de l'organe de r�vision pour l'ann�e 1996, et en tenant compte de ce que l'appr�ciation de ce dernier proc�dait d'une sur�valuation des actifs - ce qui a �t� �tabli par expertise - que la situation de la soci�t�, de mauvaise en 1994 �tait devenue catastrophique en 1995, en relevant que cette derni�re appr�ciation �tait celle de BX.________ lui-m�me. La cour cantonale a �galement retenu une baisse des ventes en 1994, l'influence n�gative sur le chiffre d'affaires de O.________ de liquidations massives de stocks de la soci�t� G.________, ainsi que la diminution des actifs r�sultant de la liquidation d'une partie des stocks en pr�vision d'une r�duction de la surface de vente de 60 � 70%. Enfin, la cour cantonale a retenu qu'en raison du manque de liquidit�s, les int�r�ts moratoires sont venus s'ajouter aux dettes �chues, accroissant ainsi, par le seul �coulement du temps, les passifs.
La recourante ne conteste pas ces divers �l�ments de faits, dont la cour cantonale pouvait d�duire sans arbitraire l'accroissement du d�ficit de la soci�t�. Dans ce contexte, il faut admettre que la r�serve qu'exprime la cour cantonale par l'emploi du conditionnel porte donc exclusivement sur la quotit� exacte de l'augmentation, mais non sur son principe et l'ordre de sa grandeur. Au demeurant, ce qui est plus important, la cour cantonale �tablit une diminution des actifs (notamment en raison du bradage des stocks) et une augmentation des passifs (en raison des int�r�ts moratoires, en particulier), si bien que l'augmentation du surendettement n'est pas contestable.
2.4 Dans un troisi�me moyen, la recourante reproche � la cour cantonale d'avoir implicitement d�duit des montants comptabilis�s comme "frais de v�hicules et d�placements" dans les charges en 1995 et 1996 que les frais de loyer des deux maisons en France, des leasings des voitures et de voyage concernaient bien les exercices 1995 et 1996.
2.4.1 La cour cantonale a motiv� sa conviction sur ce point en se r�f�rant au rapport �tabli le 19 novembre 1996 par la section financi�re de la police cantonale valaisanne. Il ressort clairement de celui-ci, �tabli sur la base des donn�es comptables tir�es du syst�me informatique de FA.________ SA, que le montant des frais retenus en 1995 et 1996 concernait notamment des frais de voyage et de repr�sentation, ainsi que des frais de v�hicules "Mercedes". Il s'ensuit que s'agissant de frais de leasings, g�n�ralement pay�s mensuellement, la cour cantonale pouvait sans arbitraire retenir que ces d�penses existaient encore en 1995 et 1996.
2.4.2 En ce qui concerne les 3000 fr. de loyer des deux maisons, l'arr�t cantonal retient qu'elles �taient lou�es par l'interm�diaire de la soci�t� P.________ SA (arr�t cantonal, consid. 11.3, p. 27), qui aurait d� �tre constitu�e en 1995 d�j�, soit lors de l'ouverture du magasin � l'enseigne "OZ.________", qu'elle avait pour but d'exploiter. Formellement constitu�e le 8 janvier 1996 et inscrite au registre du commerce le 11 janvier suivant, cette entreprise n'en a pas moins eu des activit�s commerciales, en tant que "soci�t� en formation" d�s 1995 (arr�t cantonal, consid. 10, p. 20). Il s'ensuit, d'une part, qu'il est tout � fait improbable que ces frais puissent se rapporter � une p�riode ant�rieure � 1995 et, d'autre part, qu'en l'absence de tout indice de r�siliation du bail de cet immeuble, la cour cantonale pouvait tenir sans arbitraire pour �tabli que les loyers en question constituaient des charges tant en 1995 qu'en 1996.
2.4.3 En ce qui concerne enfin les frais d'h�tel, il ressort tr�s clairement des relev�s de la carte Visa, que la cour cantonale a reproduits en pages 51 s. de son arr�t, que ces frais concernaient 1995 et 1996. Enfin, la recourante ne conteste pas qu'un voyage au moins a �t� effectu� en avion en 1996. La cour cantonale pouvait ainsi sans arbitraire retenir qu'en 1995 et 1996 encore des d�penses telles que des vols en avion, la location des deux maisons ou les leasings des Mercedes existaient encore.
2.5 La recourante estime �galement arbitraire la d�duction de la cour cantonale selon laquelle un d�placement en train aurait �t� moins dispendieux que le trajet en avion priv�, pour quatre personnes, d'un co�t forfaitaire de 2400 fr.
Ce faisant, la recourante se borne � opposer sa propre appr�ciation � celle de la cour cantonale, si bien que le grief, de nature appellatoire, est irrecevable (v. supra consid. 1).
2.6 La recourante fait encore grief � la cour cantonale d'avoir qualifi� de "somptuaires" (luxueux par confusion avec somptueux) les frais comptabilis�s dans les exercices 1995 et 1996, les notes d'h�tel en particulier, sur la base du seul montant de ces frais. Elle rel�ve que l'on ignore tant la dur�e de chaque s�jour que le nombre des h�tes.
2.6.1 La recourante ne d�montre cependant pas concr�tement en quoi la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en tenant pour luxueux ou "de premi�re classe" (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 50) les h�tels dont les factures sont �num�r�es en pages 51 s. de l'arr�t cantonal, qui �manent, pour la plupart, d'�tablissements notoirement de grand standing, dont les tarifs sont �lev�s (H�tels Crillon, St-James et Balzac, � Paris; H�tel Beau-Rivage Palace et H�tel de la Paix � Lausanne; Grand H�tel et de Milan, notamment).
2.6.2 On ne saurait non plus reprocher � la cour cantonale d'�tre tomb�e dans l'arbitraire en consid�rant, de mani�re globale, que le train de vie professionnel des accus�s, voyageant en avion priv�, se d�pla�ant dans des voitures de luxe, fr�quentant des h�tels de luxe et disposant d'une r�sidence secondaire en France, dont le loyer s'�levait � quelque 3000 fr. par mois, �tait luxueux ou somptuaire.
2.7 La recourante reproche de m�me � la cour cantonale d'avoir arbitrairement retenu que ces frais �taient disproportionn�s par rapport aux moyens de la soci�t� sur la base des seuls montants comptabilis�s en 1995 et 1996. Elle reproche � la cour cantonale de n'indiquer ni quels �taient les moyens de la soci�t� ni ce qu'auraient pu repr�senter des frais en proportion de ces moyens.
La recourante fait encore grief � la cour cantonale d'avoir viol� le principe de la bonne foi en motivant sa d�cision de mani�re contradictoire.
3.1 La recourante voit une contradiction dans le fait de retenir, qu'elle-m�me et son mari, d'une part, et C.________, de l'autre, ont continu� � percevoir des salaires substantiels manifestement disproportionn�s par rapport aux moyens de la soci�t�, notamment en 1996 (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 48), respectivement qu'ils ont b�n�fici� de traitements et d'autres avantages qui ne correspondaient pas aux ressources de la soci�t� (arr�t cantonal, consid. 24.2, p. 56) et, d'autre part, qu'il n'�tait pas �tabli qu'en 1995 et 1996 les int�ress�s s'�taient accord� des avantages financiers au d�triment de la soci�t� (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 49).
3.2 Ce grief est infond�. En page 49 de son arr�t, la cour cantonale examine en effet les �l�ments constitutifs d'une gestion d�loyale qualifi�e en 1995 et 1996 en relation avec l'utilisation des comptes courants des administrateurs. Il s'agissait de d�terminer si, par le biais de ces comptes courants, les int�ress�s s'�taient octroy� des avantages financiers exc�dant le montant des r�mun�rations qui leur �taient dues, au d�triment de la soci�t�. La cour cantonale a retenu que cela n'�tait �tabli ni pour l'ann�e 1996 ni pour l'ann�e 1995, � l'exception toutefois, pour cette derni�re p�riode, de C.________. La cour cantonale a encore indiqu� qu'il pouvait y avoir certains doutes sur la v�racit� de la comptabilit� des ann�es 1995 et 1996, mais en a fait b�n�ficier les accus�s sur ce point. Dans ce contexte, ces doutes portent sur le montant des frais priv�s pr�lev�s, dont la cour cantonale, implicitement, n'exclut pas qu'ils puissent avoir �t� plus �lev�s que les montants comptabilis�s dans les comptes courants actionnaires. Ces doutes ne portent, en revanche, pas sur la r�mun�ration des int�ress�s, que la cour cantonale a �tablie en se r�f�rant notamment aux d�clarations de la recourante elle-m�me (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 48). La cour cantonale pouvait ainsi, sans contradiction, retenir que les r�mun�rations �taient disproportionn�es, sans qu'il soit, par ailleurs, �tabli que les pr�l�vements des int�ress�s pour leurs frais priv�s exc�dassent cette r�mun�ration.
La recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir fait une application arbitraire de l'art. 113 al. 1 let. c du Code de proc�dure p�nale du canton du Valais (CPP/VS) et m�connu le principe accusatoire consacr� par les art. 32 al. 2 Cst. et 6 � 3 CEDH.
BX.________, AX.________ et C.________ doivent �tre poursuivis, pour ces faits �galement, au titre d'escroquerie (art. 146 CP). Il en va de m�me de S.________ et de D.________, dans la mesure o� ils �taient administrateurs de soci�t�s qui ont proc�d� ainsi, quand bien m�me leur r�le appara�t moins important que celui exerc� par les administrateurs de FA.________ SA. Ils doivent donc �tre accus�s d'escroquerie (art. 146 CP), subsidiairement de complicit� d'escroquerie (art. 25 et 146 CP)."
La recourante soutient que s'agissant d'infractions r�p�t�es, chacune d'elles devait �tre d�crite et qualifi�e juridiquement de mani�re s�par�e. Elle rel�ve �galement que cette description ne fournit aucune indication quant � la localisation temporelle des infractions.
4.2.2 Des principes rappel�s ci-dessus, il r�sulte que la mani�re dont les faits sont pr�sent�s doit permettre � l'accus� de conna�tre avec suffisamment d'exactitude les faits qui lui sont imput�s et les peines et mesures auxquelles il est expos�, afin qu'il puisse s'expliquer et pr�parer efficacement sa d�fense. Sous cet angle, la pr�sentation g�n�rique d'un proc�d� qualifi� d'escroquerie, sans aucune pr�cision du nombre des infractions, des lieux et des moments o� elles ont �t� commises ne satisfait pas aux exigences que la jurisprudence a d�duites des art. 32 al. 2 Cst. et 6 � 3 CEDH. Cette derni�re disposition, en particulier, n'impose cependant pas que chaque fait ou groupe de faits soit qualifi� juridiquement de mani�re s�par�e. Elle permet, par exemple, le regroupement de faits distincts sous une qualification juridique unique, par le biais d'un renvoi, notamment lorsqu'un nombre important de charges est retenu (JAAC 1998 n� 104, p. 934). Lorsque, comme en l'esp�ce, les faits ont un caract�re r�p�titif et paraissent tomber sous le coup d'une m�me disposition p�nale, une qualification juridique distincte de chaque fait ou groupe de faits, qui n'apporterait aucune pr�cision suppl�mentaire � l'accus�, constituerait en effet une exigence de pure forme, sans aucune port�e propre quant � la garantie des droits de la d�fense. La recourante ne peut, sur ce point, rien d�duire en sa faveur des exigences suppl�mentaires, notamment en cas de concours d'infractions, pos�es dans l'ATF 120 IV 348 consid. 3c p. 355 s., auquel elle se r�f�re. Ces exigences suppl�mentaires ne sont en effet pas d�duites directement des dispositions conventionnelle et constitutionnelle pr�cit�es, mais de l'art. 126 PPF, qui n'est pas applicable en l'esp�ce.
Par ailleurs, les art. 32 al. 2 Cst. et 6 � 3 CEDH n'imposent pas de r�gles de forme quant � la pr�sentation de l'acte d'accusation. Ces r�gles n'excluent ainsi pas absolument que l'acte d'accusation renvoie � des pi�ces du dossier en ce qui concerne certains �l�ments de fait, ce renvoi n'ayant alors plus valeur de simple offre de preuve, mais tendant � int�grer formellement � l'acte d'accusation le contenu factuel de ces pi�ces. Une telle mani�re de proc�der peut ainsi, � la rigueur, �tre tol�r�e, pour autant qu'elle ne vide pas de toute substance le principe accusatoire (cf. Armand Meyer, Die Bindung des Strafrichters an die eingeklagte Tat [Tatidentit�t], th�se, Zurich 1972, p. 67). En l'esp�ce, il ressort de la note 105 relative au passage de l'acte d'accusation reproduit ci-dessus, qu'il �tait fait r�f�rence aux "d�nonciations des clients" figurant dans le dossier de la cause, dont la consultation permettait de d�terminer tr�s pr�cis�ment toutes les indications factuelles (personnes concern�es, temps et lieux) n�cessaires � la pr�paration de la d�fense de la recourante en ce qui concernait les plaignants ou d�nonciateurs. S'agissant de ces derniers, on peut ainsi admettre que ce renvoi constituait une indication suffisante des charges retenues contre la recourante. Dans ces conditions, cette mani�re de proc�der, bien qu'elle soit inhabituelle et devrait �tre �vit�e, n'�tait cependant pas en elle-m�me de nature � l'emp�cher de pr�parer efficacement sa d�fense en relation avec les cas dans lesquels le renvoi aux pi�ces du dossier permettait de d�finir avec une pr�cision suffisante les faits reproch�s. Il en va ainsi des cas Aa.________, Bb.________, Cc.________, Dd.________, Ee.________, Ff.________, Gg.________, Hh.________, Ii.________, Jj.________, Kk.________, Ll.________/Mm.________, Nn.________, Oo.________, Pp.________, Qq.________ mentionn�s par l'arr�t cantonal, ainsi que des cas Rr.________, Ss.________, Tt.________, Uu.________, Vv.________ et Ww.________, mentionn�s dans le jugement de premi�re instance (v. jugement du 19 avril 2004, p. 72 ss).
Il reste � examiner l'argumentation de la recourante relative � l'application des r�gles cantonales de proc�dure.
4.4 Tel qu'il �tait r�dig� (supra consid. 4.2.1), l'arr�t de renvoi ne satisfait pas, � premi�re vue, aux exigences formelles pr�cises pos�es par le droit cantonal de proc�dure, qui va, sur ce plan, au-del� des exigences minimales pos�es par le droit f�d�ral. Ce seul constat, soulign� par la recourante, ne d�montre cependant pas encore en quoi l'arr�t cantonal serait choquant, partant, arbitraire, dans son r�sultat. Or, il n'en irait ainsi que si le droit cantonal de proc�dure, compte tenu de la port�e qu'il attache � l'acte d'accusation, excluait non seulement toute condamnation en premi�re instance relative � des faits ne figurant pas explicitement dans l'acte d'accusation mais �galement toute gu�rison du vice entachant cet acte en instance d'appel.
4.6 Pour le surplus, la recourante ne d�veloppe aucune argumentation relative � la garantie du double degr� de juridiction, en particulier au regard de l'art. 32 al. 3 Cst., si bien qu'il n'est pas n�cessaire d'examiner la question sous cet angle.
La recourante fait ensuite grief � la cour cantonale d'avoir insuffisamment motiv� son jugement.
5.1 Elle soul�ve ce grief, en premier lieu, en relation avec sa condamnation pour escroquerie. Elle ne soutient cependant pas que l'arr�t cantonal serait insuffisamment motiv� en ce qui concerne l'examen des �l�ments constitutifs de l'infraction, mais uniquement dans la mesure o�, selon elle, l'absence de toute indication relative au nombre des infractions reproch�es et � l'importance du dommage ne permettrait pas de contr�ler l'application des art. 63 et 68 CP.
5.2 La recourante �l�ve le m�me grief en relation avec l'accusation de gestion d�loyale. Comme elle soutient, d'autre part, dans son pourvoi en nullit� que l'�tat de fait tel qu'il a �t� retenu ne permet pas de contr�ler l'application du droit f�d�ral, ce moyen sera examin� dans ce contexte, vu le caract�re subsidiaire du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ).
La recourante reproche finalement � la cour cantonale une violation du principe de l'�galit� de traitement.
Ce grief �tant soulev� en relation avec la fixation de la peine, il est sans objet vu l'issue du pourvoi en nullit� (v. infra consid. 8 ss).
7.1 Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le recours de droit public doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
7.2 La recourante, qui succombe, doit assumer les frais de la proc�dure (art. 156 al. 1 OJ).
La recourante reproche en premier lieu � l'autorit� cantonale d'avoir viol�, sous diff�rents aspects l'art. 165 ch. 1 CP.
Conform�ment � cette disposition, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 1995 (RO 1994 p. 2290, sp�c. p. 2309; FF 1991 II p. 933), le d�biteur qui, de mani�res autres que celles vis�es � l'art. 164, par des fautes de gestion, notamment par une dotation insuffisante en capital, par des d�penses exag�r�es, par des sp�culations hasardeuses, par l'octroi ou l'utilisation � la l�g�re de cr�dits, par le bradage de valeurs patrimoniales ou par une n�gligence coupable dans l'exercice de sa profession ou dans l'administration de ses biens, aura caus� ou aggrav� son surendettement, aura caus� sa propre insolvabilit� ou aggrav� sa situation alors qu'il se savait insolvable, sera, s'il a �t� d�clar� en faillite ou si un acte de d�faut de biens a �t� dress� contre lui, puni de l'emprisonnement pour cinq ans au plus.
9.1 La recourante soutient tout d'abord que la cour cantonale aurait m�connu la notion d'aggravation du surendettement au sens de cette disposition en ce qui concerne les soci�t�s E.________ SA, O.________ et FA.________ SA.
9.1.1 Il ressort des consid�rants du jugement de premi�re instance (jugement du 19 avril 2004, consid. I.X, p. 33), auxquels l'arr�t cantonal renvoie en ce qui concerne les questions de droit (arr�t cantonal, consid. 14 p. 33) que la cour cantonale s'est fond�e sur la notion de surendettement de l'art. 725 al. 2 CO, soit la situation existant lorsque les dettes ne sont plus couvertes ni sur la base d'un bilan d'exploitation, ni sur la base d'un bilan de liquidation, autrement dit lorsque les passifs exc�dent les actifs. A juste titre, la recourante ne soutient pas que la notion de surendettement devrait �tre appr�hend�e diff�remment en ce qui concerne l'art. 165 CP (v., parmi d'autres, Bernard Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I Berne 2002, art. 165 CP, n. 31, p. 483; cf. Alexander Brunner, Strafgesetzbuch II, Art. 111-401 StGB, Kommentar [Niggli/Wipr�chtiger Hrsg], Art. 165 StGB, n. 19).
9.1.2 En ce qui concerne la soci�t� E.________ SA, il ressort de l'�tat de fait de l'arr�t cantonal que la soci�t�, qui disposait alors d'actifs sup�rieurs aux fonds �trangers, n'�tait pas surendett�e au 31 d�cembre 1994. Elle l'�tait en revanche en 1995 (arr�t cantonal, consid. 16, p. 36). Il s'ensuit qu'un surendettement est bien apparu durant la p�riode pour laquelle la cour cantonale a consid�r� que les faits n'�taient pas prescrits. En ce qui concerne 1996, la cour cantonale a constat� qu'au mois de mai, la soci�t� avait cess� toute activit� et n'avait plus r�alis� de gains - ce qui rend tr�s improbable une augmentation des actifs -, cependant que les passifs progressaient encore compte tenu du cours des int�r�ts, des loyers et des dettes fiscales (arr�t cantonal, consid. 16, p. 36). On ne voit d�s lors pas en quoi la cour cantonale aurait m�connu la notion de surendettement ou d'aggravation de ce dernier au sens de l'art. 165 ch. 1 CP. Pour le surplus, dans la mesure o� la recourante fait grief � la cour cantonale d'avoir d�duit � tort l'apparition ou l'aggravation du surendettement des �l�ments de fait qu'elle a retenus, son grief porte en r�alit� sur l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves et est, partant, irrecevable.
9.1.3 En ce qui concerne la soci�t� O.________ SA, il ressort de l'�tat de fait de l'arr�t cantonal que la soci�t� �tait surendett�e d�s le 31 d�cembre 1993 et que les administrateurs n'�taient pas parvenus � redresser la situation en 1995, l'organe de r�vision ayant soup�onn�, dans son rapport du 6 juin 1996, un surendettement, nonobstant l'absence de comptes annuels (arr�t cantonal, consid. 21, p. 42). En l'absence de comptabilit� pour les exercices 1995 et 1996, la cour cantonale a d�duit l'aggravation de la situation d'un certain nombre d'�l�ments. Elle a ainsi retenu qu'une aggravation r�sultait d�j� de l'appr�ciation de l'organe de r�vision, qui qualifiait la situation de "bonne" en 1994 et de "mauvaise" en 1995. Compte tenu, cependant, du fait que l'organe de r�vision avait, selon le rapport de l'expert commis par le Tribunal d'instruction p�nale, sur�valu� les actifs en 1994 et 1995 (arr�t cantonal, eodem loco), la cour a retenu que de "mauvaise" en 1994, la situation �tait, en r�alit�, devenue "catastrophique" en 1995, comme l'a, du reste, admis BX.________ (arr�t cantonal, consid. 21, p. 43). La cour cantonale a, en outre, d�duit de divers indices que les actifs avaient diminu� (notamment en raison de la liquidation d'une partie de ses stocks en 1995), cependant que les passifs croissaient (notamment � cause du cours des int�r�ts moratoires r�sultant du manque de liquidit�s). L'arr�t cantonal ne pr�te pas le flanc � la critique sur ce point. Pour le surplus, dans la mesure o� le recours remet en cause les constatations de fait de l'autorit� cantonale et les d�ductions que cette derni�re en a tir�es, il est irrecevable.
9.1.4 En ce qui concerne FA.________ SA, la cour cantonale a retenu, sur la base de l'expertise mise en oeuvre par le Tribunal d'instruction p�nale (rapport du 12 avril 1999), que la holding �tait manifestement surendett�e au 31 d�cembre 1994 (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 48 et 53), mais que l'augmentation du capital, de 450'000 fr. � 750'000 fr., op�r�e le 2 janvier 1995, avait constitu� une mesure propre � sortir la soci�t� de ce surendettement (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 53). La cour cantonale a �galement constat� qu'au moment de la faillite, soit au mois de septembre 1996, c'est un d�couvert de 4'442'858 fr. 16 qu'a laiss� la soci�t� (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 53). Il s'ensuit que sur un laps de temps de dix-huit mois environ, la soci�t� est pass�e d'une situation apparemment saine sur le plan comptable au 2 janvier 1995 � une situation dans laquelle les passifs exc�daient tr�s largement les actifs, si bien qu'une aggravation du surendettement n'est pas contestable. Dans la mesure o� la recourante remet en cause cette constatation de fait, son grief est irrecevable sur ce point �galement.
9.2 La recourante soutient ensuite que, sur plusieurs points, la cour cantonale aurait m�connu la notion de faute de gestion au sens de l'art. 165 ch. 1 CP et l'exigence de causalit� pos�e par cette disposition.
9.2.1 Dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier 1995, l'art. 165 ch. 1 CP mentionne comme fautes de gestion la dotation insuffisante en capital, des d�penses exag�r�es, des sp�culations hasardeuses, l'octroi ou l'utilisation � la l�g�re de cr�dits, le bradage de valeurs patrimoniales ou la n�gligence coupable dans l'exercice, par le d�biteur, de sa profession ou dans l'administration de ses biens. Cette �num�ration, qui n'est pas exhaustive, est en partie identique � celle qui figurait d�j� dans l'ancien art. 165 CP (banqueroute simple, d�confiture) (Message du conseil f�d�ral du 24 avril 1991 concernant la modification du code p�nal suisse et du code p�nal militaire [infractions contre le patrimoine et faux dans les titres], FF 1991 II p. 1034).
9.2.1.1 S'agissant de la d�b�cle de FA.________ SA, la cour cantonale a tout d'abord consid�r� que l'omission de tenir � jour une comptabilit� avait constitu� une grave faute de gestion (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 48). A juste titre, la recourante ne conteste pas cette qualification (cf. art. 716a al. 1 et 957 CO).
9.2.1.2 La cour cantonale a, ensuite, qualifi� de faute de gestion le choix des administrateurs de mener un train de vie manifestement au-dessus des moyens de la soci�t� (leasings de deux Mercedes pour un co�t mensuel total de 4000 fr., d�placements en avion priv�, frais d'h�tel) ainsi que le fait d'avoir contract� des dettes qui n'�taient pas directement n�cessaires � la gestion des affaires de la soci�t� (location, pour 3000 fr. mensuels, de deux maisons sur les bords du lac L�man).
9.2.1.2.1 Il convient tout d'abord de relever que comme cela ressort de l'examen du recours de droit public, c'est sans arbitraire que la cour cantonale a retenu - implicitement tout au moins - que ces faits existaient encore en 1995 et 1996 (supra consid. 2.4). Le moyen de nullit� de la recourante dans lequel elle soutient que l'absence de constatation de fait sur ce point ne permet pas de contr�ler l'application du droit f�d�ral est, partant, infond�.
9.2.1.2.2 La cour cantonale a, par ailleurs, retenu de mani�re � lier la cour de c�ans, en relation tant avec les r�mun�rations des int�ress�s, les voitures de fonction mises � leur disposition, les maisons lou�es par l'interm�diaire de P.________ SA, les d�placements en avion, la fr�quentation d'h�tels de luxe et de mani�re g�n�rale les d�placements � l'�tranger, que le train de vie des administrateurs �tait trop �lev�, qu'il exc�dait manifestement les moyens du groupe et que ces d�penses �taient hors de proportion avec les moyens de FA.________ SA (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 49 et 50). Cette appr�ciation qui, comme on l'a vu lors de l'examen du recours de droit public n'est pas arbitraire (supra consid. 2.6.2), est en outre conforme � la jurisprudence de la cour de c�ans selon laquelle c'est � une appr�ciation globale des faits reproch�s qu'il convient de proc�der, pour d�terminer si les faits consid�r�s constituent une faute de gestion (ATF 123 IV 193, consid. 2, sp�c. p. 195).
9.2.1.2.3 En ce qui concerne le caract�re causal des actes en question, qui doit �galement �tre examin� de mani�re globale, parce qu'apr�s la faillite il n'est le plus souvent plus possible de d�terminer dans le d�tail l'influence de chaque acte particulier sur l'�volution de la situation de l'entreprise (ATF 123 IV 193, pr�cit�), il suffit que l'acte ait jou� un r�le causal en contribuant � l'apparition de la situation ou � son aggravation et qu'il ait �t� propre, d'apr�s le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie � entra�ner un tel r�sultat (cf. ATF 115 IV 38, consid. 2 p. 40 s.; Corboz, op. cit., art. 165 n. 38 s.).
Il s'ensuit que le grief de la recourante sur ce point, dans la mesure o� il est recevable, est infond�.
9.2.2 La recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir consid�r� comme une faute de gestion le fait d'avoir adopt� le syst�me du cash pooling, alors que cette mani�re de comptabiliser est admise dans les groupes de soci�t�s.
Il ressort cependant tr�s clairement des consid�rants de l'arr�t cantonal que c'est moins le choix de ce syst�me de comptabilisation au sein du groupe qui a �t� reproch� aux administrateurs que l'utilisation qui en a �t� faite. La cour cantonale a retenu, sur ce point, qu'en centralisant aupr�s de FA.________ SA l'ensemble des revenus et des d�penses du groupe, ce qui, en soi, devait permettre de conna�tre la position de tr�sorerie quotidienne du groupe, ce choix avait notamment abouti � cr�er la confusion et des probl�mes de liquidit�s pour les filiales (arr�t cantonal, consid. 11.2, p. 24). FA.________ SA avait, de cette mani�re, pu affecter les ressources g�n�r�es par une soci�t� pour payer les dettes d'une autre soci�t� et pallier ainsi pour un temps les manques de liquidit�s. Les soci�t�s rentables se voyaient ainsi priv�es de liquidit�s n�cessaires � leur exploitation en �change de cr�ances grevant la soci�t�-m�re ou des soci�t�s-filles insolvables (arr�t cantonal, consid. 24.1.1 p. 53). Certaines entit�s qui g�n�raient encore des fonds �taient ainsi vid�es de leurs revenus au b�n�fice de la holding ou d'une autre filiale, voire des administrateurs eux-m�mes, via les comptes li�s � leurs cartes de cr�dit (arr�t cantonal, consid. 11.2, p. 24). La cour cantonale en a d�duit que la faillite des soci�t�s �conomiquement les plus faibles avait ainsi pr�cipit� celle des autres, puis, finalement l'ensemble des soci�t�s du groupe (arr�t cantonal, consid. 24.1.1, p. 53 s.). On ne saurait, dans ces conditions, reprocher � la cour cantonale ni d'avoir retenu l'existence d'une faute de gestion, ni d'avoir consid�r� que cette mani�re de proc�der avait contribu� au surendettement de FA.________ SA, l'arr�t cantonal constatant en outre qu'en proc�dant de la sorte FA.________ SA avait d�valu� son portefeuille d'actions (arr�t cantonal, consid. 24.1.2, p. 54), qui constituait son actif principal. Le grief est infond�.
9.3 La recourante reproche ensuite � la cour cantonale de n'avoir pas examin� la condition subjective de punissabilit� de l'art. 165 CP.
9.3.1 Selon la jurisprudence rendue sous l'empire de l'ancien art. 165 CP, l'aspect subjectif de la banqueroute simple ne devait pas �tre appr�hend� selon la dichotomie classique distinguant intention et n�gligence. Il suffisait que l'acte ou l'omission pr�vu par le texte l�gal soit propre, ce que l'auteur devait savoir, � contribuer � causer ou aggraver l'insolvabilit�. Quant � cette derni�re, il suffisait que l'auteur l'ait caus�e ou favoris�e par une n�gligence grave, sans que l'intention de la provoquer f�t n�cessaire. Etaient ainsi r�prim�s aussi bien celui qui connaissait le risque d'insolvabilit� et l'avait consciemment pris que celui qui en avait ni� l'existence de fa�on irresponsable (ATF 115 IV 38 consid. 2 p. 40 s.).
9.3.2 Lors de la r�vision de cette disposition, il a �t� propos� de codifier cette jurisprudence et d'assimiler la commission par n�gligence grave � la commission intentionnelle. Toutefois, ensuite de l'examen de diverses critiques sur ce point, le Conseil f�d�ral est parvenu � la conclusion qu'il valait mieux renoncer � mentionner express�ment la n�gligence grave dans la disposition et s'en tenir � la forme de culpabilit� du droit alors en vigueur. Il s'agissait en particulier de renoncer � r�primer une n�gligence dont les limites �taient trop floues. Toujours selon le Conseil f�d�ral, dans la nouvelle teneur de l'art. 165 CP, l'infraction vis�e par cette disposition constitue donc un d�lit intentionnel qui, en raison de la d�finition de formes particuli�res de gestion fautive (octroi ou utilisation � la l�g�re de cr�dits, n�gligence coupable dans l'exercice de la profession ou dans l'administration des biens), contient n�anmoins certains �l�ments de n�gligence (Message du 24 avril 1991 concernant la modification du code p�nal suisse et du code p�nal militaire, FF 1991 II p. 1036 s.).
9.3.3 Une partie de la doctrine, rest�e toutefois minoritaire, soutient que l'infraction de l'art. 165 CP doit, depuis la r�vision de la loi, �tre consid�r�e comme un d�lit strictement intentionnel. Ainsi, Stratenwerth, qui souligne que les explications du Conseil f�d�ral n'ont gu�re de sens, estime-t-il que sous l'empire du nouveau droit la r�alisation de l'infraction suppose l'intention, tout au moins sous la forme du dol �ventuel, tant en ce qui concerne le fait de causer ou d'aggraver l'insolvabilit� ou le surendettement que les circonstances qui font appara�tre son comportement comme l�ger ou n�gligent (G�nter Stratenwerth, Schweizerisches Strafrecht, Besonderer Teil I, 5e �d. Berne 1995, � 23, n. 26, p. 429; dans le m�me sens, Bruno Kistler, La gestion fautive en tant que d�lit intentionnel, AJP/PJA 12/97 p. 1492 ss).
La doctrine majoritaire admet cependant que ces travaux pr�paratoires ne justifient pas de s'�carter de la pratique ant�rieure (Trechsel, Schweizerisches Strafgesetzbuch, Kurzkommentar, 2e �d. Zurich 1997, art. 165 CP n. 6; Wipr�chtiger, Das neue Verm�gensstrafrecht und �nderungen im Bereich der Konkurs- und Betreibungsdelikte, BlSchK 1998 p. 13 s.; Yann Wermeille, La diminution effective de l'actif au pr�judice des cr�anciers et la gestion fautive, RPS 1999, p. 392 ss; Bernard Corboz, Les infractions en droit suisse, vol. I, Berne 2002, art. 165 CP n. 48 ss, p. 486 ss; Alexander Brunner, in Strafgesetzbuch II, Art. 111 - 401 StGB, Kommentar Niggli, Wipr�chtiger [Hrsg.], B�le, Gen�ve, M�nich 2003, Art. 165 StGB n. 49; Peter Herren, Die Misswirtschaft gem�ss Art. 165 StGB, th�se, Fribourg 2006, p. 120 ss).
9.3.4 Comme on l'a vu ci-dessus (consid. 9.2.1), l'�num�ration des actes de gestion fautive du nouvel art. 165 CP, compl�t�e lors de la r�vision de la loi, a repris en grande partie celle de l'ancienne disposition. La r�vision n'a, de la sorte, pas modifi� la nature-m�me des actes r�prim�s. Par ailleurs, la d�finition-m�me des actes r�prim�s (utilisation � la l�g�re de cr�dits, n�gligence coupable dans l'exercice de la profession ou l'administration des biens, sp�culations hasardeuses et d�penses exag�r�es) manifeste toujours tr�s clairement le caract�re ambivalent de la disposition, qui ne peut ainsi, sous l'empire du nouveau droit pas plus qu'auparavant, �tre appr�hend�e exclusivement sous l'angle de la distinction entre intention et n�gligence. Il s'ensuit que les principes d�gag�s par la jurisprudence sous l'ancien droit demeurent applicables.
9.3.4.1 En l'esp�ce, la cour cantonale a constat� de mani�re � lier la cour de c�ans qu'en ce qui concerne E.________ SA, les administrateurs avaient connaissance des difficult�s rencontr�es par la soci�t�, qui ressortaient d�j� des comptes, dont le bilan pr�sentait chaque ann�e des pertes allant croissant et dont les employ�s eux-m�mes avaient conscience. A cela s'ajoutaient, depuis 1993, la notification r�guli�re de commandements de payer et de fr�quentes coupures de t�l�phone, puis, en 1995 et 1996 la suspension, puis la r�siliation des couvertures d'assurance, faute de paiement des primes, l'organe de r�vision ayant, enfin, express�ment attir� l'attention des administrateurs sur les dispositions de l'art. 725 al. 2 CO. La cour cantonale en a d�duit � juste titre que la situation critique dans laquelle se trouvait E.________ SA n'avait pu �chapper aux administrateurs (arr�t cantonal, consid. 16, p. 36 et 37 s.). Dans un tel contexte, le fait de n'avoir pas d�pos� le bilan au plus tard en d�but d'ann�e 1996 proc�dait � tout le moins d'une grave n�gligence (cf. ATF 104 IV 160 consid. 4b, p. 166).
9.3.4.2 En ce qui concerne O.________ SA, la cour cantonale a admis qu'en se fiant aux comptes 1993 et 1994, les administrateurs pouvaient ignorer la situation critique dans laquelle se trouvait la soci�t�. En revanche, elle a retenu de mani�re � lier la cour de c�ans que les accus�s avaient pris conscience de la d�gradation de la situation en 1995, la soci�t�, confront�e � des probl�mes r�currents de liquidit�s n'�tant plus � m�me de s'acquitter des cotisations AVS, puis des redevances de franchises. Enfin, dans son rapport du 6 juin 1996, l'organe de contr�le a express�ment attir� l'attention du conseil d'administration sur les obligations d�coulant de l'art. 725 CO (arr�t cantonal, consid. 21 p. 43 s.). Dans ces conditions, le fait de ne pas d�poser le bilan proc�dait �galement d'une n�gligence grave.
9.3.4.3 En ce qui concerne FA.________ SA, il n'est pas douteux que l'absence de comptabilit� de la soci�t�-m�re, qui constitue une grave faute de gestion (cf. supra consid. 9.2.1.1), alli�e � l'absence de comptabilit� des soci�t�s-filles et � l'utilisation du cash pooling telle qu'elle a �t� d�crite par la cour cantonale (v. supra consid. 9.2.2), en l'absence des instruments de contr�le comptables, constituait une violation grave des obligations du conseil d'administration (art. 716a et 957 ss CO), qui proc�dait tout au moins d'une n�gligence grave.
La recourante fait encore grief � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 158 ch. 1 al. 3 CP. Elle lui reproche, en particulier, de n'avoir pas indiqu�, pour chaque cas de gestion d�loyale, les �l�ments constitutifs de l'infraction, ce qui ne permettrait pas le contr�le de l'application du droit f�d�ral (art. 277 PPF).
10.1 Conform�ment � l'art. 158 CP, celui qui, en vertu de la loi, d'un mandat officiel ou d'un acte juridique, est tenu de g�rer les int�r�ts p�cuniaires d'autrui ou de veiller sur leur gestion et qui, en violation de ses devoirs, aura port� atteinte � ces int�r�ts ou aura permis qu'ils soient l�s�s sera puni de l'emprisonnement (al. 1); si l'auteur a agi dans le dessein de se procurer ou de procurer � un tiers un enrichissement ill�gitime, le juge pourra prononcer la r�clusion pour cinq ans au plus (al. 3). Comme sous l'empire de l'ancien art. 159 CP, cette infraction suppose quatre conditions: il faut que l'auteur ait eu un un devoir de gestion ou de sauvegarde, qu'il ait viol� une obligation lui incombant en cette qualit�, qu'il en soit r�sult� un pr�judice et qu'il ait agi intentionnellement (ATF 120 IV 190 consid. 2b p. 192).
10.2 Le devoir de sauvegarde vise le devoir de veiller � la gestion des int�r�ts p�cuniaires d'autrui, tel qu'il incombe notamment aux membres du conseil d'administration d'une soci�t� anonyme (ATF 100 IV 108 consid. 4 p. 113; Corboz, op. cit. art. 158 n. 4, et les r�f�rences).
La r�alisation de cette condition n'est pas contest�e en l'esp�ce, eu �gard � la qualit� de la recourante de membre du conseil d'administration des diff�rentes soci�t�s - de FA.________ SA en particulier.
10.3 Pour qu'il y ait gestion d�loyale, il ne suffit pas que l'auteur ait �t� g�rant, ni qu'il ait viol� une quelconque obligation de nature p�cuniaire � l'endroit de la personne dont il g�re tout ou partie du patrimoine. Le terme de gestion d�loyale et la d�finition l�gale de l'infraction exigent que l'obligation qu'il a viol�e soit li�e � la gestion confi�e (ATF 120 IV 190 consid. 2b, sp�c. p. 193 et les r�f�rences). Il convient donc d'examiner de mani�re concr�te si les actes de gestion reproch�s violaient un devoir de gestion sp�cifique.
10.3.1 Les administrateurs de la soci�t� anonyme doivent exercer leurs attributions avec toute la diligence n�cessaire et veiller fid�lement aux int�r�ts de la soci�t� (art. 717 al. 1 CO). Ce devoir de fid�lit� exige que les membres d'un conseil d'administration orientent leur comportement dans l'int�r�t de la soci�t� et rel�guent, le cas �ch�ant, � l'arri�re-plan leurs propres int�r�ts. En cas de risque de conflit d'int�r�ts, l'administrateur concern� doit prendre les mesures ad�quates pour s'assurer de la sauvegarde des int�r�ts de la soci�t� (ATF 130 III 213, consid. 2.2.2 p. 219).
Il r�sulte de ce qui pr�c�de qu'ind�pendamment de la nature de la r�mun�ration qui leur �tait vers�e (honoraires d'administrateurs ou salaires) et des traitements et autres avantages dont ils b�n�ficiaient, il incombait aux administrateurs de la soci�t� d'adapter ces charges aux moyens dont disposait cette derni�re, en veillant, au besoin, � faire passer les int�r�ts de la soci�t� avant leurs int�r�ts personnels.
10.3.2 La cour cantonale a constat� de mani�re � lier la cour de c�ans, eu �gard � la situation financi�re de la soci�t�, que les salaires du couple X.________ (quelque 25'000 fr. par mois en 1996) et de C.________ (11'000 fr. par mois, frais non compris), qu'elle qualifie de substantiels, �taient manifestement disproportionn�s par rapport aux moyens de la soci�t� (arr�t cantonal, consid. 24.1.1 p. 48). Cette constatation de fait lie le Tribunal f�d�ral, le moyen soulev� dans le recours de droit public ayant �t� rejet� (supra consid. 2.7). C'est donc � juste titre que la cour cantonale a retenu en l'esp�ce la violation d'un devoir de gestion.
10.3.3 L'infraction de gestion d�loyale n'est consomm�e que s'il y a eu pr�judice (ATF 120 IV 190 consid. 2b p. 193). Tel est le cas lorsqu'on se trouve en pr�sence d'une v�ritable l�sion du patrimoine, - c'est-�-dire d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-diminution du passif ou d'une non-augmentation de l'actif, ou d'une mise en danger de celui-ci telle qu'elle a pour effet d'en diminuer la valeur du point de vue �conomique; un pr�judice temporaire suffit (121 IV 104 consid. 2c p. 107).
10.4 L'infraction de gestion d�loyale est une infraction intentionnelle. L'intention doit porter sur tous les �l�ments constitutifs. Le dol �ventuel suffit, mais il doit �tre strictement caract�ris� (ATF 123 IV 23 consid. 3e p. 23), cependant que le dessein d'enrichissement ill�gitime constitue la condition d'application de l'art. 158 ch. 1 al. 3 CP.
En l'esp�ce, la cour cantonale a retenu que les administrateurs �taient conscients des difficult�s financi�res du groupe (arr�t cantonal, consid. 24.1.3, p. 55), respectivement de la situation hautement pr�occupante de la holding et qu'ils pouvaient difficilement ne pas �tre inform�s de la situation de surendettement au deuxi�me semestre 1995 (arr�t cantonal, consid. 24.1.3, p. 56). Il ressort, par ailleurs, de l'arr�t cantonal que le 26 avril 1995 d�j�, l'organe de r�vision de FA.________ SA avait inform� le conseil d'administration que les pr�l�vements en compte courant de BX.________ et de C.________ �taient pr�occupants, en pr�cisant que la rentabilit� du groupe n'avait pas atteint un niveau suffisant pour que les r�mun�rations des actionnaires/animateurs compensent ces pr�l�vements et en invitant le conseil d'administration � surveiller rigoureusement ces positions et � les diminuer de mani�re tr�s sensible d�s 1995 d�j�. Il s'ensuit que les administrateurs ont consciemment viol� leurs obligations. Un dessein d'enrichissement ill�gitime appara�t enfin clairement lorsque les r�mun�rations sous forme de salaire des actionnaires ont encore �t� augment�es en mars 1996 (soit quelques mois � peine avant la faillite de la soci�t�), passant, pour les �poux X.________, de quelque 18'000 fr. � 25'000 fr. environ, frais non compris, cependant que celui de C.________ passait de 5000 fr. � 11'000 fr. environ, auxquels s'ajoutaient 2500 fr. de frais mensuels (arr�t entrepris, consid. 11.3, p. 25).
10.5 Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en retenant l'infraction de gestion d�loyale qualifi�e en l'esp�ce. Le grief est infond�.
La recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 146 CP en relation avec l'encaissement d'acomptes � valoir sur la vente de meubles qui n'ont pu �tre livr�s, de n'avoir pas examin� individuellement chacun des cas mentionn�s dans l'�tat de fait et, tout au moins, de n'avoir pas satisfait aux exigences de motivation que la jurisprudence a d�duites de l'art. 277 PPF en ce domaine (ATF 119 IV 284), ce qui ne permettrait pas de savoir quels cas ont, en d�finitive, �t� qualifi�s d'escroquerie. Elle reproche �galement � la cour cantonale d'avoir retenu qu'elle avait agi en qualit� d'auteur m�diat et de n'avoir pas examin� les conditions subjectives de l'intention et du dessein d'enrichissement ill�gitime.
11.1 En page 61 de son arr�t, la cour cantonale a retenu, en relation avec la conclusion de contrats de ventes de meubles et la perception d'acomptes, que la recourante s'�tait rendue coupable d'escroquerie. On ignore toutefois concr�tement � la lecture des consid�rants si cette qualification vise les seize cas mentionn�s dans l'�tat de fait de l'arr�t cantonal (p. 28 ss; cas Dd.________, Ll.________/Mm.________, Oo.________, Nn.________, Pp.________, Ii.________, Ee.________, Hh.________, Qq.________, Cc.________, Jj.________, Gg.________, Kk.________, Ff.________, Bb.________ et Aa.________), les six autres cas mentionn�s par l'autorit� judiciaire de premi�re instance (v. supra consid. 4.2.2; cas Rr.________, Ss.________, Tt.________, Uu.________, Vv.________ et Ww.________; v. jugement du 19 avril 2004, p. 72 ss) ou m�me, comme le donne � penser la r�daction de l'arr�t cantonal, tous les cas des clients "qui n'ont pas d�pos� plainte et dont on ignore l'identit�".
11.2 La cour cantonale a, par ailleurs, consid�r� que bien qu'elle n'ait pas �t� en contact direct avec la client�le et n'avait, partant, ni sign� les contrats de vente ni amen� les clients � le faire et � verser des acomptes, la recourante pouvait n�anmoins �tre consid�r�e comme auteur m�diat des actes commis par le personnel de vente. Elle a ainsi retenu que le seul fait de poursuivre l'exploitation des magasins de meubles alors que l'ex�cution des contrats n'�tait plus possible constituait d�j� une astuce, les clients, qui se trouvaient ainsi dans l'erreur sur l'intention de leur cocontractant, n'ayant pas de raison, et pratiquement aucune possibilit�, de proc�der � des v�rifications. En l'absence de toute constatation sur l'existence de directives expresses donn�es au personnel de vente, seul pourrait entrer en consid�ration un d�lit d'omission improprement dit (d�lit de commission par omission). Cela supposerait cependant, d'une part, que la recourante ait eu l'obligation d'intervenir pour faire cesser les ventes, autrement dit qu'elle ait assum� une position de garant quant � la l�galit� de l'activit� des magasins de meubles et, d'autre part, que la violation de l'obligation de garantie soit intentionnelle, tout au moins sous la forme d'un dol �ventuel. Or, une telle position de garant ne peut �tre d�duite du seul statut de membre d'un conseil d'administration, mais doit �tre examin�e au regard des fonctions et des responsabilit�s assum�es concr�tement par l'auteur dans la soci�t� (ATF 105 IV 172 consid. 4, p. 176). Une telle position de garant ne peut, en particulier, �tre d�duite de la seule r�gle de l'art. 716a al. 1 ch. 5 CO. Cette disposition n'institue en effet pas une obligation g�n�rale des membres du conseil d'administration de contr�ler constamment la l�galit� des activit�s de l'entreprise, mais tout au plus d'intervenir lorsqu'ils ont connaissance de la commission d'actes illicites (Peter B�ckli, op. cit., n. 1569, p. 813 s.).
11.3 Il r�sulte de ce qui pr�c�de qu'en ce qui concerne les infractions � l'art. 146 CP, l'arr�t cantonal ne permet pas le contr�le de l'application du droit f�d�ral, ce qui conduit � l'admission du grief sur ce point en application de l'art. 277 PPF.
Pour le surplus, la recourante conteste la quotit� de la peine qui lui a �t� inflig�e. L'admission du pourvoi sur la question de l'escroquerie rend pr�matur� l'examen de ce grief.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le pourvoi est partiellement admis. Il est, pour le surplus, rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les points autres que l'application de l'art. 146 CP et la fixation de la peine demeurent acquis.
La recourante n'obtient que partiellement gain de cause, si bien qu'il se justifie de ne pas percevoir d'�molument ni d'allouer d'indemnit�.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires de la recourante, au Minist�re public et au Tribunal cantonal du Valais, Cour p�nale II.

References: Art. 530
 art. 725
 art. 32
 art. 32
 art. 32
 art. 63
 art. 165
 Art. 111
 Art. 165
 art. 165
 art. 716
 ATF 
 art. 165
 art. 165
 art. 165
 art. 165
 Art. 111
 Art. 165
 Art. 165
 art. 165
 ATF 
 art. 159
 art. 158