Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021113-239720
Timestamp: 2016-10-27 16:48:17+00:00

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France, Conseil d'État, 9 ss, 13 novembre 2002, 239720
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 239720Numéro NOR : CETATEXT000008135186 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-11-13;239720 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 5 novembre 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES YVELINES ; le PREFET DES YVELINES demande au Conseil d'Etat d'annuler le jugement du 8 octobre 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 24 septembre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mlle Aimée X... ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X..., de nationalité sénégalaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 13 janvier 2001, de la décision du 12 janvier 2001 par laquelle le PREFET DES YVELINES lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'elle se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit (.) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens professionnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus" ; qu'il ressort des pièces du dossier que Mlle X... est célibataire et que son père et neuf demi-frères et soeurs vivent au Sénégal ; que, même si sa mère et cinq demi-frères et soeurs vivent en France, elle n'est donc pas dépourvue d'attaches familiales au Sénégal ; qu'ainsi, l'intéressée ne satisfaisait pas aux conditions prévues au 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, dès lors, le PREFET DES YVELINES est fondé à soutenir que c'est à tort que, pour annuler l'arrêté du 24 septembre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mlle X..., le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles s'est fondé sur ce que la décision de refus de titre de séjour du 12 janvier 2001 était entachée d'illégalité ;
Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner l'autre moyen soulevé par Mlle X... devant le tribunal administratif de Versailles ;Considérant qu'ainsi qu'il a été dit, Mlle X... ne satisfaisait pas aux conditions prévues au 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; qu'elle ne soutient pas qu'elle entrait dans le champ d'application des autres dispositions de l'article 12 bis ou de celles de l'article 15 de ladite ordonnance ; que, par suite, le PREFET DES YVELINES n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de prendre la décision de refus de titre de séjour du 12 janvier 2001 ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DES YVELINES est fondé à demander l'annulation du jugement du 8 octobre 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 24 septembre 2001 décidant la reconduite à la frontière de Mlle X... ;
Considérant que la présente décision, qui rejette les conclusions de Mlle X... tendant à l'annulation de l'arrêté de reconduite à la frontière du 24 septembre 2001 n'appelle aucune mesure d'exécution ; que, par suite, les conclusions susanalysées ne peuvent être accueillies ;
Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Versailles du 8 octobre 2001 est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES YVELINES, à Mlle Aimée X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-09-24Code de justice administrative L911-1, L761-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bis, art. 15Publications :Proposition de citation: CE, 13 novembre 2002, n° 239720Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. Wauquiez-MotteRapporteur public : M. ValléeOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 9 ssDate de la décision : 13/11/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
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