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La loi 73-7, légende urbaine et réalité... - Le Monde en Chantier
La loi 73-7, légende urbaine et réalité...
Message par Técé » mar. 31 janv. 2012, 11:55
Sur internet se propage la rumeur que Giscard aurait pondu la loi 73-7, soi-disant responsable de l'endettement en précisant "parce qu'il était un dirigeant de la banque Rotschild"...ce qui fait de lui un traître cupide et sans scrupule dont le rôle est de vendre la France aux banquiers américains, bien évidemment. On trouve ceci dans ce genre de textes :
C’est le point aveugle du débat : la dette publique est une escroquerie ! En cause, la loi Pompidou-Giscard de 1973 sur la Banque de France, dite « loi Rothschild », du nom de la banque dont était issu le président français, étendue et confortée ensuite au niveau de l’Union européenne par les traités de Maastricht (article 104) et Lisbonne (article 123). D’une seule phrase découle l’absolue spoliation dont est victime 99% de la population : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France« . En clair, la Banque de France a désormais interdiction de faire crédit à l’État, le condamnant à se financer en empruntant, contre intérêts, aux banques privées, au lieu de continuer à emprunter sans intérêt auprès de la banque de France qui lui appartient. Depuis l’application de ce principe, la finance et son infime oligarchie donnent la pleine mesure de leur asservissement des peuples, en une spirale exponentielle d’accroissement des inégalités. Le pouvoir est désormais aux mains des créanciers privés, qui l’exercent au bénéfice exclusif d’intérêts particuliers, quand la puissance publique a renoncé à son devoir de protéger l’intérêt général. La démocratie, étymologiquement pouvoir du peuple, est morte. On le voit en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, en Italie, en France… Qui gouverne ? « La troïka », Union européenne, Fond monétaire international et Banque centrale européenne, resserrant toujours davantage son emprise jusqu’à l’étranglement des peuples. Et l’on pérore sans fin sur les plateaux de télévisions, sur les ondes et dans les colonnes de la presse sur « l’insupportable fardeau de la dette », « la France en faillite », « les nécessaires sacrifices », que « nous ne pouvons pas continuer à vivre au-dessus de nos moyens » et que, d’ailleurs, « les Français l’ont compris ». Inlassable propagande des conservateurs-libéraux ? Bien sûr, mais relayée par le silence complice des médias. Et c’est ainsi que s’imposent dans l’opinion les apparentes évidences biaisées qui prétendent l’austérité inéluctable, contre la justice et l’intelligence. Deux ans d’austérité en Grèce déjà, pour quel résultat ? Avec toujours la même justification simpliste et manipulatrice, résumée par la question posée par un journaliste d’Europe 1 à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle : »Mais comment des pays européens endettés peuvent-ils faire autrement pour réduire leurs déficits ? »
Un graphique pour illustrer le propos, qui montre l’hallucinante évolution de la courbe de la dette publique :
Le graphique sur lequel se base cette théorie est exact, en revanche, de prétendre que c'est la loi 73-7 qui est à l'origine de ce fait est non seulement spécieux...mais carrément du grand n'importe quoi!
Heureusement, comme derrière toute légende urbaine, il y a la vérité...
Re: La loi 73-7, légende urbaine et réalité...
Message par Técé » mar. 31 janv. 2012, 12:08
En vérité, "l'incroyable cécité volontaire des médias" n'est pas dûe au fait qu'ils ne veulent pas en parler, mais juste que les journalistes ont pour métier de s'informer. ....Et c'est ce qu'ils font, eux, au lieu de simplement pomper et diffuser de l'information.
Soyons clairs sur le sujet, la Loi 73-7 dite "Loi Rotschild", bien qu'elle n'ait rien à voir avec Rotschild, ou "Pompidou-Giscard" parce que c'est Giscard sous Pompidou qui l'a pondue, n'a strictement rien à voir avec la dette.
D'ailleurs, la France n'était pas endettée à cette époque là.
De plus, plus précisément, l'article 19 de la loi autorise expressément l'Etat à "obtenir des emprunts et des avances". Simplement, pour cela, l'Etat devait obtenir l'agrément des gouverneurs de la BDF, nommés par lui, donc autant dire qu'ils étaient d'accord, du Sénat et du Parlement.
En outre, la loi autorisait également le Trésor à obtenir des avances à concurrence de 950/1000 des rentrées fiscales prévues. Le terme "avances" impliquant donc le remboursement obligatoire à fin de destruction de la monnaie crée pour l'avance.
C'est la loi 93-980 de 1993, éditée par Jacques Delors dans le cadre de la finalisation de l'Acte Unique en vue de sa mise en application et signée par Balladur, Alphandéry et François Mitterrand qui interdit à l'Etat d'emprunter à la banque centrale et qui fait de la Banque de France une simple représentation nationale de la Banque Centrale Européenne en formation. Cette loi n'était que la continuité logique de l'Acte Unique Européen dont Jacques Delors était le principal éditeur.
On peut avoir un bon exemple du fonctionnement du réseau de banques centrales ici : http://www.atlantico.fr/decryptage/risq ... 69086.html
C'est à partir de cette époque que l'endettement à commencé.
La loi de 73 était une loi de modernisation de l'économie, tout simplement. Elle mettait l'Etat au centre de l'économie, avec les autres acteurs en périphérie, BDF incluse. En émettant des obligations l'Etat stimulait l'économie, mais rien ne l'y contraignait, ce n'était qu'une latitude de gestion. La loi de 73 élargissait l'aire de développement économique et soumettait les décisions financières de l'Etat à la démocratie.
Elle a en outre été abrogée avec la loi 93-980 Mitterrand-Balladur-Alphandéry qui l'a rendait caduque puisque, justement, avec la loi 73-7 l'Etat pouvait emprunter à la BDF alors qu'avec la loi 93-980, tout emprunt à une banque centrale devenait interdit.
Ce qui est logique en fait. L'Acte Unique Européen de Jacques Delors est l'acte fondateur de l'UE. Il induit que lorsqu'un Etat à de la croissance, ce qui va permettre d'émettre de la monnaie, cette monnaie sera répartie entre tous les acteurs de l'UE au prorata de leur intégration. Par conséquent, la France représentant grosso modo 17% de la masse monétaire européenne, lorsqu'elle émet de la monnaie, seulement 17% de cette émission de monnaie lui bénéficie. Le reste étant réparti entre les acteurs (dont 22% à l'Allemagne, ce qui n'est pas rien).
Si cette règle n'est pas respectée, la parité Franc-Euro ne le sera pas non plus. L'Euro a été déterminé à un coût fixe de 6.55957. Si une nation émet de la monnaie, donc inflate sa masse monétaire, forcément, elle dévalue sa monnaie nationale de base. La parité change. Alors que si sa production monétaire est répartie, c'est la valeur de l'Euro qui change et la parité avec les diverses monnaies nationales ne change pas.
Pour éviter d'être soumis à cette contrainte de partager entre tous les acteurs de l'UE, les Etats ont une option simple : émettre des effets sur le marché concurrentiel.
Avant cette loi, l'Etat pouvait faire n'importe quoi, ce qui ne signifie pas que ça soit bien et démocratique. La moindre des choses est de mettre un chouilla de démocratie dans tout ça en demandant l'avis des représentants du peuple. Et c'est ce que fait cette loi.
L'Etat a TOUJOURS emprunté sur les marchés. C'est comme ça que Versailles s'est bâti. Le Roi Soleil à laissé une France tellement endettée et le peuple était tellement en colère, qu'il a fallu l'enterrer de nuit.
Le premier emprunt sur les marchés connu par l'Etat français date du XVIème siècle, mais ça s'est certainement produit bien avant. Simplement, plus on remonte dans le temps, plus les distances entre les prêteurs et l'Etat se raccourcissent et plus le nombre de prêteurs potentiels diminue jusqu'à n'en trouver que dans le royaume. Les échanges financiers impliquant de se déplacer, on ne disposait pas encore du fax. Ca ne signifie pas que ça ne se faisait pas. On sait que les grecs anciens et les romains le faisaient déjà.
La loi 73-7 dite "Pompidou-Giscard" ou "Loi Rotschild" (appelée ainsi par les abrutis qui propagent des légendes urbaines débiles) :
Article 2 : "La Banque de France est seule habilitée à émettre des billets qui sont reçus comme monnaie légale sur le territoire de la France métropolitaine. Elle assure, par l'intermédiaire des comptes ouverts dans ses écritures, les règlements et mouvements de fonds entre les établissements bancaires et financiers." (donc elle a un contrôle sur la monnaie papier, elle est bien délégataire de l'Etat)
Article 5 : "La Banque de France est habilitée à se faire communiquer par les établissements bancaires et financiers tous documents et renseignements qui lui sont nécessaires pour exercer ses fonctions." (Donc la BDF a bel et bien toujours le contrôle de la monnaie...sous l'égide de l'Etat)!
ARticle 19 : "Les conditions dans lesquelles l'Etat peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l'économie et des finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement." (donc l'Etat peut bel et bien obtenir de l'argent de la BDF, et rien ne le contraint à rembourser)
Article 20 : "La Banque de France peut faire, pour son propre compte et pour le compte de tiers, toutes opérations sur or, moyens de paiement et titres libellés en monnaies étrangères, ou définis par un poids d'or. La Banque de France peut prêter ou emprunter des sommes en francs à des banques étrangères, institutions ou organismes monétaires étrangers ou internationaux." (Donc la BDF peut créer de la monnaie puisqu'elle peut prêter à l'étranger, donc émettre de la monnaie sur le marché librement)
A noter que les gouverneurs sont mis en place par le gouvernement, donc forcément en sa faveur. J'imagine mal le Ministre de l'Economie refuser quelque chose à sa majorité. Si tel devait être le cas, on remplacerait l'impudent, et voilà tout.
La loi 93-980 (non appelée, parce que les mêmes abrutis colporteurs de légende urbaine n'en avaient jamais entendu parler, ils se sont juste rués sur le premier truc qui leur tombait sous le nez. Je donne un lien ailleurs que Légifrance, parce que sur Légifrance on ne trouve pas directement les textes, il faut pougner, c'est chiant) :
Article 3 : "Art. 3. - Il est interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. L'acquisition directe par la Banque de France de titres de leur dette est également interdite."
Je crois que là, c'est assez clair?
Conformément à l'Acte Unique, fondateur de l'UE, la France représente environ 17% de M€, l'Allemagne, 22%, l'Italie 12%, etc...
A partir de là, en conséquence de la croissance de la ZE, l'UE engendre de la monnaie qu'elle répartit entre tous les acteurs de la ZE, de sorte que les Etats les plus riches enrichissent les plus pauvres qui accèdent ainsi aux moyens de devenir des partenaires. Très joliment pensé par Delors...en théorie!
Le hic, c'est que si la monnaie créée est bel et bien issue de la croissance, la monnaie perçue par les Etats les plus faibles, ne va pas engendrer forcément de croissance. On ne crée pas de croissance en engendrant de la monnaie. On crée de la croissance qui permet d'augmenter la masse monétaire.
Message par Técé » mar. 31 janv. 2012, 12:39
Si on observe le graphique que nous donne l'article plus haut, histoire qu'on ne puisse pas m'accuser d'en prendre un autre à mon avantage, que remarque-t-on?
C'est depuis le début des années 90 (1) que la dette s'envole.
Sous Mitterrand (période 2 à 3) la dette a presque triplé et l'exposition de la France aux marchés internationaux à augmenté d'un peu plus de 20%.
Sous l'ère Sarkozy (4 à fin du graphique) l'exposition de la France aux marchés s'est également augmentée d'un peu plus de 20%, mais la dette n'a augmenté que de 50%.
Sous l'ère de Chirac, en revanche, elle n'a que peu augmenté (3 à 4).
Bien sûr, l'ère Sarkozy n'a duré que 5 ans et elle n'est pas finie, mais Mitterrand à bénéficier d'un monde avec une économie saine et stable et a gouverné jusqu'au milieu des années 90 en étant sous l'égide de la loi 73-7, la loi 93-980 n'étant entrée en vigueur qu'en 1994. C'est donc Chirac qui le premier à dû se débrouiller pour financer l'Etat, puis Sarkozy.
Il faut donc prendre en compte l'augmentation du PIB depuis cette époque pour relativiser l'endettement, mais également le fait que s'il est vrai que l'exposition de la France au marché a augmenté, d'un autre côté, elle bénéficie directement de rentrées considérables.
Il ne s'agit donc que d'une évolution économique. Ce n'est pas parce que le fonctionnement n'est plus le même qu'il s'agit d'une escroquerie. Rien n'interdit aux français d'acquérir des obligations souveraines au lieu d'aller bêtement mettre leur argent sur des carnets d'épargne ou des livrets A à même pas 2% de rendement.
Ceci dit, si seuls 40% de la dette souveraine sont en mains françaises, cela signifie que les 60% restants sont en mains étrangères.
Message par Técé » mar. 31 janv. 2012, 13:04
Il y a un paramètre que les détracteurs de la loi 73-7 ne prennent pas en compte, c'est la cohabitation.
Comme on l'a vu plus haut, l'Etat pouvait emprunter et obtenir des avances de la BDF sous conditions d'entente entre le Parlement, les gouverneurs et le Ministre de l'Economie.
D'ailleurs, vous pouvez voir dans le graphique ci-dessous que sous Giscard (74 à 81), qui le premier a bénéficié de sa loi, l'inflation a été très forte. Preuve s'il en est qu'avec un pouvoir majoritaire, de créer de la monnaie ne posait aucun problème :
Autrement dit, tant que le Président dispose de la majorité, les différents acteurs s'entendent très bien entre eux et les conditions d'octroi des emprunts et avances ne posent aucun problème.
Par contre, en cas de cohabitation, comme cela a été le cas pour Mitterrand et pour Chirac, le Parlement se trouvant dans le camp de l'opposition, il devient très difficile de parvenir à un arrangement.
Alors, pour Mitterrand, sous la cohabitation, plus d'autre choix que d'emprunter sur les marchés, puisque la droite ne s'est pas gênée de faire blocage afin que les comptes de l'Etat soient le plus déficitaires possibles à des fins politiciennes.
Le Président Chirac, lui, avait d'autres circonstances, puisque la Loi 93-980 étant en vigueur il n'avait tout simplement plus du tout la possibilité d'emprunter à la BDF. Il a alors fait autrement : "la stabilité". Durant ses deux mandats successifs, il s'est efforcé d'atteindre une saine gestion afin de rendre la France aussi propre qu'il l'avait trouvée en sortant.
Techniquement, c'était une performance et Chirac, financièrement parlant, aura été un excellent Président....Mais économiquement, ce n'est pas avec l'inertie qu'on se développe. En conséquence de quoi, sous Chirac la vie en France était paisible, mais la stagnation n'aurait pas été envisageable plus longtemps. D'ailleurs, à la fin de son deuxième mandat, la France était exsangue d'innovations, d'idées, de développement. Deux mandats de plus et on se seraient retrouvés au niveau des émergents. La croissance n'est pas seulement une option, c'est aussi une obligation.
Sarkozy, lui, a fait toute sa campagne en bénéficiant de l'hyper-stabilité chiraquienne. Tout allait bien dans le meilleur des mondes, les promesses allaient bon train. Son dynamisme a plu, il était d'ailleurs très certainement convaincu qu'il ferait toutes ces choses. Alors il a été élu...
...et pile au moment de son intronisation, les subprimes, l'économie mondiale s'effondre, la crise pétrolière, les exportations françaises s'écrasent...
Message par Técé » mar. 31 janv. 2012, 13:55
Je crois qu'il faudrait aussi traiter des avantages de la dette souveraine économiquement parlant. Parce que si elle est source de charges (paiement des intérêts) elle est aussi source de performances économiques.
En l'occurrence, une bonne part des détenteurs français d'obligations sont des acteurs financiers du système des retraites ou des assurances-vie, mais aussi de l'investissement industriel ou dans l'innovation.
Ainsi, l'Etat, en émettant des obligations, redistribue ses gains sur l'ensemble de la communauté.
S'il ne le faisait pas, il pourrait par exemple reverser directement l'argent dans les caisses de retraite, mais alors où travailleraient les centaines de milliers, les millions même, d'individus qui travaillent pour les organismes financiers qui gèrent les hedge funds, les assurances, les fonds d'investissement?
Ces organismes coûtent à l'Etat puisqu'il paie des intérêts sur la dette que ces organismes financiers encaissent. Mais en les encaissant, ils font du bénéfice, sur lequel ils paient des impôts. Grâce à cet argent, ils générent des millions d'emplois, des travailleurs qui, au lieu de coûter au chômage ou au RSA, paient des impôts.
Ces organismes autant que leurs employés ont des besoins. Ils dépensent, ils achètent, là-dessus ils paient de la TVA. Cette TVA représente en moyenne 12% des dépenses (l'alimentaire et le culturel sont moins taxés, ce qui fait baisser la moyenne). L'Etat perçoit donc en retour directement 12% des intérêts qu'il a versés sur la part qui appartient à des organismes français.
Je simplifie, parce qu'en réalité, ces organismes investissent également à l'étranger, les intérêts qu'ils encaissent sur les 40% des parts qu'ils encaissent ne sont pas tous redistribués en France...mais, inversément, sur le 60% détenus par des organismes étrangers, une part est également investie en France.
La dette s'est aussi de la croissance. Parce que si l'Etat doit payer des intérêts, en échange, il encaisse des impôts. Les banques qui prêtent l'argent, font des bénéfices et paient des impôts. Les organismes financiers qui possèdent les obligations, ont des milliers d'employés qui n'émargent pas au chômage et paient des impôts.
C'est parce que les obligations rapportent des intérêts qu'un hedge funds de retraite va les acheter, logique?
Pour pouvoir les acheter, il a besoin d'employés. Ces employés ont un salaire, qui leur est versé grâce aux bénéfices dégagés par l'encaissement des intérêts. Sur ce salaire, ils paient des impôts.
En outre, avec ce salaire, ils dépensent, ils s'endettent chez Cetelem/Sofinco/Boum-Boum-Carrefour (ce qui engendre de la monnaie au passage) et sur ces dépenses ils paient de la TVA, qui revient directement dans la poche de l'Etat.
Le hedge fund lui-même fait des bénéfices et va donc payer des impôts sur le bénéfice d'entreprise. Il a aussi des dépenses sur lesquelles il paie de la TVA (toute la TVA n'est pas récupérable).
Ce hedge fund utilise ces obligations pour couvrir des investissements industriels ou des retraites.
Donc, grâce à ces obligations, les retraités ont une meilleure retraite et dépensent plus. C'est à un tel point qu'aujourd'hui les retraités représentent (et cela aussi bien en France qu'en Belgique) environ 80% du marché de l'automobile, de l'immobilier et du tourisme. Ils sont la classe riche de la société. Donc les retraités paient plus d'impôts, paient de la TVA, ils achètent des voitures à des garagistes qui paient des taxes, etc...
Enfin, voilà quoi, il y a bien plus d'échanges dans ce système.
Si l'Etat produit directement de l'argent auprès de la banque centrale, cette dynamique s'effondre (il y en a une autre, plus simple, mais la simplicité permet aussi moins d'opportunités, c'est le nombre d'opportunités qui fait la complexité, l'option actuelle est donc beaucoup plus ouverte en possibilités).
Il y a donc deux points de vue. Celui de Giscard était que le système a l'époque nécessitait une modernisation de l'économie. Puis avec l'avénement de l'Europe et l'Acte Unique qui consacre l'Union Monétaire, donc la parité monnaies nationales >> Euro fixée une fois pour toute, les Etats ne devaient plus pouvoir contrôler la monnaie directement puisque ce rôle était dévolu à Bruxelles.
De plus, le fait que les grands organismes économiques d'une nation détiennent des obligations d'une autre nation implique que la nation bénéficiaire des obligations à tout intérêt à ce que sa débitrice vive, sous peine d'avoir de très grosses pertes à déplorer.
Ce faisant, ce système économique lie notre sort aux autres.
De plus, nous parlons de notre dette souveraine, mais tout ce que je viens d'exprimer marche aussi dans l'autre sens : la France détient pour des milliers de milliards d'Euros d'obligations de tous les autres pays du monde. Rien qu'en Chine, les investissements français s'élèvent à 600Mds€. Aux USA, la France est No 1 de la distribution de l'eau douce, avec 52% des circuits de distribution de l'eau. Lorsque la France encaisse les bénéfices de la distribution de l'eau aux USA, c'est la même chose que lorsque la France fait bénéficier un étranger qui possède des obligations...
...La dette occupe donc un emplacement macrosociétal majeur et même indispensable. La dette souveraine est garante de paix. A l'inverse, elle peut être cause de guerre...mais l'absence de dette prétérite les échanges, dont l'absence et la limitation, surtout contrainte (protectionnisme, par exemple), est bien plus cause de guerre que les échanges.
Message par Técé » mer. 01 févr. 2012, 17:41
Télécharger au format PDF le Traité de Maastricht, avec le fameux article 104 dont tout le monde parle et dont vous verrez qu'il relate la loi 93-980 et non pas la loi 73-7 http://lemondeenchantier.com/Fichiers/Maastricht.pdf
Ainsi que le Traité de Lisbonne, et son fameux article 123 accusé du même forfait http://lemondeenchantier.com/Fichiers/lisbonne.pdf
Message par Técé » mer. 01 févr. 2012, 17:59
On vient de me rétorquer, sur Facebook, que Giscard à révisé le Code Monétaire et Financier et écrit l'article 141-3 dudit Code, ce qui, une fois de plus, est bien sûr faux!
Voici la table des concordances de la loi qui indique clairement que c'est bien la loi 93-980 des socialistes qui est à l'origine de l'article 141-3 du Code Monétaire et Financier http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-fra ... merotation
Enregistré le : mar. 26 juin 2012, 13:09
Message par joujou » mar. 26 juin 2012, 13:33
Je n'ai lu que la première ligne, puis j'ai parcouru le reste en diagonale.
Giscard n'a jamais eu de lien avec la banque Rothschild. "Ca commence mal" me suis-je dit. Pompidou y est par contre entré quelques 10 années avant de remplacer De Gaulle à la tête de la 5ème République française.
Il est devenu directeur général très rapidement.
Il est inutile d'avoir fait l'Essec ou l'Ena pour comprendre que la dette publique est une énorme filouterie issue du monde privé.
De plus, l'argument de l'abrogation de la loi franco-française n'a pas de sens puisque la loi Pompidou-Rothschild a métastasé au niveau européen par le traité de Maastricht, initialement, puis l'article 123 du traité de Lisbonne.
Dire que les médias s'informent s'appelle distordre la réalité. Les médias s'abreuvent tous à la même source, et les informations qu'ils distillent dépendent de leur patron. Et si le problème était si simple, il l'aurait liquidé rapidement et auraient ainsi fait taire Philippe Poutou et Mélanchon lors des présidentielles. De plus, Hollande est en train d'essayer de trouver lui-même un compromis pour régler cette question (et François est Enarque)
La quasi-totalité des pays sont endettés. L'argent est donc entassé au niveau de fonds privés, sinon, certains états équilibreraient la balance.
Certains hedge-funds sont plus riches que la majorité des pays. Trouvez-vous ceci normal, et surtout, ne trouvez pas que ce soit dangereux?
Vous pourrez nous balancez tous les schémas que vous voulez, je vous renvoie à ce lien:
Myret Zaki n'est pas une demeurée, pas plus ne l'est Etienne Chouard. Et malgré la voix nasillarde et grelottante de cette première, vous disposerez de toutes les informations pour comprendre ce qui se passe réellement.
Message par Técé » mar. 26 juin 2012, 13:46
Meuh non, ce n'est pas le cas. Bien sûr qu'il est normal que les hedge funds disposent de très gros fonds. Ce sont des fonds "rentiers" qui garantissent des retraites.
Et les propos sur lesquels vous basez vos croyances (parce que ce sont des croyances) sont justement ce que je combats.
Vous confondez "propos qui vous séduit parce qu'il correspond à votre vision" et réalité.
Ce que j'exprime ici est la réalité des faits. Pas la vision d'une Myret Zaki ou d'un Etienne Chouard qui disent tellement de conneries que je les ai sortis de mes amis sur FB.
Il n'y a pas de place dans mon environnement pour une telle bêtise.
Cela dit, vous n'êtes que sur un forum. J'ai reconstitué ce fil sur mon blog, de manière plus précise et mieux documentée.
Des gens comme Etienne Chouard ou Myret Zaki ont fait un tort considérable à la réalité des faits.
A partir de vérité (le privé détient la dette) ils en ont fait des conclusions au mieux subjectives, au pire mensongères.
Il n'y a qu'à voir, en quelques mots, le nombre d'erreurs que vous avez commises sur la loi de 73 et l'article 123 de Lisbonne...
En fait, toutes ces théories ne reposent sur rien d'autre qu'une incapacité chronique à saisir le fonctionnement de l'économie intégrée.
Le système a ses défauts, il arrive à son terme, mais il n'y a pas de complot, c'est une évolution inéluctable. Aujourd'hui nous devrons faire autre chose.
Sachez que la dette souveraine est également, et surtout, une source de richesse. C'est un partage de la croissance avec nos partenaires moins favorisés qui en s'enrichissant parviennent à devenir nos clients.
...Mais je me répète, je crois que je le disais déjà dans mon texte plus haut que je n'ai pas relu depuis longtemps.
Bonne journée à vous et merci de votre commentaire.
Message par joujou » mar. 26 juin 2012, 15:02
Il est possible que je me trompe. Je ne suis pas un spécialiste en économie, et comme à peu près 99, 99999999999999999% de la population, je n'arrive pas à saisir l'intégr(al)ité des rouages financiers, économiques et politiques (et je ne fais que répéter des propos tenus par des "spécialistes"). Cependant, j'ai l'intime prescience que
-l'opacité du système nuit à la démocratie, à la justice, et au bon fonctionnement d'un état
-vous ne pouvez pas non plus tout cerner (vous n'êtes pas l'Omnipotent, ni l'Omniscient)
-Considérer que la dette souveraine est nécessaire au bon fonctionnement et à la richesse d'un pays occulte un problème de taille: la richesse monétaire n'est qu'une infime partie de la Richesse; le bien-être de sa population m'apparait bien plus important que son salaire moyen
-Considérer que le système est comme il est car il s'agit d'une évolution normale ("inéluctable") est un point de vue fataliste; et qui dit "fatalisme" dit détaché de tout libre-arbitre et de toute morale (mais d'un autre côté, puisque vous pensez qu'il n'y a guère que dans les livres à l'eau de rose que la vertu s'en sort, je ne peux pas vous considérer comme une bonne personne, bien que vous soyez doté d'une intelligence rare)
- Le bien-être d'une population ne peut pas rimer avec inégalité, injustice, argent-roi, opacité
-Les termes de complot, de collusion, de guerre psychologique, de propagande, sont intimement liés et il faudrait être sot pour croire qu'ils n'existent pas dans une société aussi corrompue que la nôtre
-Les spéculateurs pouvant s'enrichir en jouant sur la baisse d'une valeur, d'une action etc... feront tout pour que celle-ci chute (y compris par le biais d'agences de notation privées dévaluant la confiance pouvant être accordée à certains pays)
-Le monde de la finance est un monde amoral et l'énorme abcès de notre société
Vous avez une photo de démon avec votre sourire dyonisiaque et votre couronne d'étoiles rouges. Croyez-vous en Dieu?
Message par Técé » ven. 29 juin 2012, 14:36
l'opacité du système nuit à la démocratie, à la justice, et au bon fonctionnement d'un état
Tout a toujours été opaque, dans tous les Etats, à toutes les époques dans toutes les civilisations...ça n'a jamais empêché le monde d'être monde.
Bien au contraire, l'opacité du système crée de l'injustice, l'injustice de la révolte, la révolte de la justice...
vous ne pouvez pas non plus tout cerner (vous n'êtes pas l'Omnipotent, ni l'Omniscient)
Tout, certainement pas, mais là nous parlons de la Loi 73-7 et de la vraie origine de la dette. D'une manière générale, il y a bien évidemment aussi de la magouille dessous, des dérapages de financiers. Mais tout est beaucoup plus compliqué que cela.
Considérer que le système est comme il est car il s'agit d'une évolution normale ("inéluctable") est un point de vue fataliste
Du tout. C'est juste que j'ai un point de vue qui ne se base pas sur un ressenti, mais sur la réalité du monde, c'est tout. Mes constats sont basés sur une analyse mûrement réflechie et qui va très loin du fonctionnement de l'ensemble de la société.
Le bien-être d'une population ne peut pas rimer avec inégalité, injustice, argent-roi, opacité
Ah? Pourtant vous parlez bien du système opaque, d'inégalité, d'injustice?...Alors que la France, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, bien qu'imparfaits, sont pourtant parmi les pays offrant le meilleur confort de vie de la planète.
Les termes de complot, de collusion, de guerre psychologique, de propagande, sont intimement liés et il faudrait être sot pour croire qu'ils n'existent pas dans une société aussi corrompue que la nôtre
Ils existent, mais ce n'est pas tant chez nous qu'à l'étranger qu'ils s'exercent. En Côte d'Ivoire, en Libye, aujourd'hui en Syrie...pour ne citer que les plus récents et les plus crades.
Les spéculateurs pouvant s'enrichir en jouant sur la baisse d'une valeur, d'une action etc... feront tout pour que celle-ci chute
Oui, mais les spéculateurs spéculant à la hausse feront tout pour qu'elle monte. Les spéculateurs n'ont pas à laisser les choses évoluer naturellement. Ils sont le marché, et c'est en défendant son bout de gras que chacun participe. Tout le monde tire à la même corde, mais pas dans la même direction. Ainsi, parfois c'est un bout qui prend l'avantage, parfois un autre.
De ne pas agir comme ça induirait l'homogénéisation de la société. L'humain deviendrait une machine.
[Le monde de la finance est un monde amoral et l'énorme abcès de notre société
Non seulement le monde de la finance n'est pas forcément amoral (il peut être immoral, aussi), mais en plus il n'est surtout pas l'énorme abcès de notre société. C'est la finance qui nous a permis de nous développer.
Sans elle, pas d'usines, pas d'emplois, pas de recherche médicale, pas d'investissement du tout dans quoi que ce soit.
C'est la finance qui génère l'essentiel de la monnaie scripturale. Sans cette "fausse monnaie", il n'existerait que la monnaie de base, voir la monnaie physique. Et là, comment feriez-vous pour investir dans quelque chose? Vous iriez à la banque pour emprunter pour créer votre bar et le banquier vous répondrait : désolé, nous avons déjà prêté la même somme pour créer un garage, il faudra attendre qu'il nous ait remboursé.
D'autres systèmes monétaires sont possibles, beaucoup d'autres, dont le 100%M, que je soutiens...Mais il ne s'agit toujours que de finance, différente, mais de la finance. Et le financier, il s'en fout du fonctionnement de la finance, tant qu'il est financier...
Pour ce qui est de la loi 73-7, J'oriente mon article en démontrant que la loi de 73 non seulement n'interdit pas à l'Etat d'emprunter à l'Etat, mais que la dette ne date pas de cette époque, en expliquant l'article 19 et l'origine de la dette. Mais Liior Chamla et Magali Pernin, eux, démontrent la même chose en explicitant l'article 25 utilisé en argument, qui en réalité date de 1936.
Pour terminer, non seulement je ne crois pas en Dieu, ni en quoi que ce soit comme autre bobards, mais en plus je pense que l'échelon suivant de l'évolution humaine sera sa capacité à ne pas croire en des bobards.
On peut faire faire n'importe quoi à un individu capable de croire en n'importe quoi, même des bobards aussi débiles. Plus c'est gros et débile...et mieux ça passe!
Enregistré le : jeu. 12 juil. 2012, 16:57
Message par aserei » jeu. 12 juil. 2012, 17:29
N'est ce pas plutôt le travail de créer et de produire qui crée la richesse ?
et la richesse qui crée la finance ?
La finance finance et ne fait rien de plus.
Elle est nécessaire mais elle n'est pas suffisante
Mais il y a toujours eu, dans l'échange, des gens honnêtes et des gens cupides.
Et la finance attire particulièrement les gens cupides.
Qui se servent de l'échange pour assurer leur domination
Et de la Finance pour s'enrichir aux dépens d'autrui.
C'est comme cela depuis que la finance existe.
Episodiquement, les puissants sortent de la connivence avec la finance
Ils se fachent, saississent, expulsent ou embastillent. et s'emparent des biens de la Finance ...
Et puis ça recommence, le cycle repart ...
Message par aserei » jeu. 12 juil. 2012, 17:30
Message par Técé » jeu. 12 juil. 2012, 22:35
Mais...tout-à-fait! Et ce qui se passe n'est rien d'autre que la résultante d'une déviance.
Jusqu'en 1986, pour la France (mais c'est environ la même chose pour les autres pays de la région), l'inflation était d'environ 10%, même un peu plus. A ce taux-là, difficile pour les riches de bénéficier de rendements conséquents. Il fallait surinvestir pour faire du rendement, autrement dit fournir une prestation qui contribuait au fonctionnement de l'économie.
Lorsque la première cohabitation a entraîné la fin de l'inflation, à 2% il devenait beaucoup plus facile de faire du bénéfice bien évidemment. Sans fournir le moindre service. Alors les riches se sont enrichis sans coup férir. Comme ils n'avaient plus à fournir de quelconque prestation pour augmenter leur fortune, les financements ont commencé à devenir plus difficile et, forcément...l'industrie est allée là où les financements étaient plus dynamiques et la main-d'oeuvre moins chère. Des produits fabriqués à pas cher étaient vendus dans nos pays où les riches étaient devenus très riches grâce à une inflation nulle ou presque.
20 ans plus tard....les produits financiers ne sont plus des produits d'investissement, mais des produits financiers en sous-jacents de produits financiers eux-mêmes sous-jacents de produits financiers.
On n'achète plus des titres parce qu'ils produisent de la valeur...mais parce qu'ils se vendent, donc qu'ils prennent de la valeur, donc qu'ils sont rentables.
La question étant : jusqu'où ça peut aller? Et là, je pense que nous aurons bientôt la réponse.

References: l'article 19
 l'article 141
 l'article 141
 l'article 123
 l'article 123
 l'article 19
 l'article 25