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Timestamp: 2016-10-27 21:01:44+00:00

Document:
X.________ S.� r.l., d�fenderesse et recourante, repr�sent�e par Me Philippe von Bredow, avocat � Gen�ve,
A.________, demandeur et intim�, repr�sent� par Me Mike Hornung, avocat � Gen�ve;
A.- Le 1er novembre 1998, A.________ a �t� engag� par X.________ S.� r.l. (ci-apr�s: X.________) en qualit� d'agent d'assurance, avec pour mission de prospecter, au nom de son employeur, en vue de la conclusion de polices d'assurance et de mandats de gestion d'avoirs des clients; le salaire brut du travailleur �tait fix� � 6500 fr. par mois, une p�riode d'essai de trois mois �tant pr�vue.
A.________ �tait tenu, au m�me titre que les autres employ�s, de remettre chaque d�but de semaine au directeur de X.________, C.________, un rapport d'activit�, lequel permettait � ce dernier de contr�ler si les objectifs fix�s aux collaborateurs avaient �t� atteints. A.________ devait ainsi effectuer 48 rendez-vous par mois ou 12 rendez-vous par semaine et r�aliser mensuellement 500 points, c'est-�-dire, un point correspondant � 17 fr. de commission encaiss�e, 8500 fr. d'encaissement par mois.
Le 22 f�vrier 1999, � l'issue d'un entretien avec C.________, A.________ a pr�sent� sa d�mission pour le 31 mars 1999 au motif que ses relations avec le directeur de X.________ s'�taient d�grad�es; il fut alors convenu que A.________ ex�cuterait pendant le d�lai de cong� des t�ches administratives.
Le vendredi 26 f�vrier 1999, C.________ et A.________ ont eu un entretien destin� � rendre compte des t�ches effectu�es par le travailleur. Au cours de cette entrevue, A.________ a remis au directeur une liste des derni�res personnes rencontr�es et a promis de lui remettre une seconde liste aff�rente aux contacts pris dans le courant du mois de f�vrier. C.________ a alors d�cid� de v�rifier sur-le-champ les all�gations de son collaborateur; il a ainsi r�ussi � atteindre la premi�re personne figurant sur la liste, qui a omis d'indiquer qu'elle avait rencontr� A.________ la veille. Une altercation est alors survenue entre C.________ et A.________, � l'issue de laquelle ce dernier a quitt� le bureau. Si un employ� de X.________ entendu comme t�moin, V.________, a interpr�t� le d�part de A.________ comme �tant d�finitif, d'autres employ�s de la soci�t� n'ont pas pu se prononcer de fa�on pr�cise sur les circonstances dans lesquelles le travailleur a pris la porte le 26 f�vrier 1999.
Par courrier du 1er mars 1999, X.________ a reproch� � A.________ de s'�tre, par son d�part du bureau le 26 f�vrier pr�c�dent, lui-m�me "exclu avec effet imm�diat de (son) poste de travail".
Le 4 mars 1999, l'assurance de protection juridique Z.________, intervenant au nom de A.________, a �crit � X.________ pour lui r�clamer notamment le paiement des salaires de f�vrier et mars 1999 ainsi que d'un solde de vacances non prises; ce courrier ne faisait pas r�f�rence � l'�criture de X.________ du 1er mars 1999.
Egalement par pli du 4 mars 1999, le conseil de X.________ a fait grief � A.________ d'avoir abandonn� son emploi � l'issue de l'entretien du 26 f�vrier 1999 et a somm� l'int�ress� de communiquer � l'employeur des informations concernant son activit� et son emploi du temps accompagn�es d'un listing d�taill� de sa client�le. Ces griefs et cette sommation ont �t� transmis � l'assurance Z.________ par lettre du 8 mars 1999.
Comme C.________ n'�tait pas pr�sent, le travailleur a quitt� les lieux. Il s'est pr�sent� � nouveau aupr�s de son employeur le lundi 8 mars 1999 au matin, accompagn� d'un t�moin.
Invoquant un abandon d'emploi, C.________ a refus� que A.________ recommence son activit�. Le conseil de X.________ a confirm� cette position par une �criture du 8 mars 1999 adress�e � l'assurance de protection juridique de l'employ�.
B.- Le 27 avril 1999, A.________ a ouvert action contre X.________ devant la juridiction des prud'hommes de Gen�ve, lui r�clamant le paiement de 22 118 fr.25 plus int�r�ts, soit 13 500 fr. � titre de salaire pour les mois de f�vrier et mars 1999, 78 fr.25 � titre de retenue indue sur le salaire de janvier 1999, 1020 fr. � titre d'allocations familiales, 520 fr. pour un solde de vacances non prises et 7000 fr. � titre de tort moral.
La d�fenderesse s'est oppos�e � la demande. Elle a fait valoir que le demandeur avait quitt� l'entreprise de son propre chef apr�s la dispute du 26 f�vrier 1999, si bien qu'il ne pouvait pr�tendre � un salaire pour le mois de mars 1999. Elle a encore d�clar� opposer en compensation � la cr�ance de salaire du travailleur pour f�vrier 1999 une contre-cr�ance correspondant au dommage que le demandeur lui aurait caus� dans l'ex�cution de son travail par ses carences, lesquelles auraient emp�ch� l'entreprise de r�aliser le chiffre d'affaires budg�t�.
Par jugement du 11 janvier 2000, le Tribunal des prud'hommes de Gen�ve a partiellement fait droit aux conclusions du demandeur en condamnant la d�fenderesse � lui verser la somme de 13 000 fr. � titre de salaire pour f�vrier et mars 1999 et le montant de 520 fr. pour un solde de vacances.
X.________ a appel� de ce jugement devant la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve.
Entendu par la cour cantonale, A.________ a reconnu avoir quitt� le bureau le 26 f�vrier 1999 parce que son directeur lui avait d�clar� qu'il ne lui verserait pas son salaire.
Il a indiqu� avoir re�u par la suite un courrier du conseil de la d�fenderesse le sommant de reprendre son activit� mais s'�tre vu montrer la porte lorsqu'il s'est pr�sent� au si�ge de l'entreprise. Le demandeur a �galement admis avoir pass� un contrat de travail avec la soci�t� Y.________ le 1er janvier 1999 avec un d�but d'activit� fix� au 1er avril 1999 et avoir sollicit� une avance de son futur employeur, faute d'avoir re�u ses salaires de f�vrier et mars 1999.
Par arr�t du 9 octobre 2000, la Cour d'appel a confirm� le jugement pr�cit�. Elle a retenu, en se fondant sur un arr�t non publi� du Tribunal f�d�ral du 7 d�cembre 1999 (affaire 4C.269/1999), que le comportement adopt� par le demandeur le 26 f�vrier 1999 ne pouvait �tre constitutif d'un abandon d'emploi, du moment qu'il n'exprimait pas une volont� consciente, intentionnelle et d�finitive du travailleur de cesser les rapports de service. En outre, l'employeur, par lettre du 1er mars 1999, n'a pas mis en demeure le demandeur de r�int�grer son poste, car cette �criture ne contenait aucune sommation � cet effet. Le contrat de travail ayant donc couru jusqu'� la fin mars 1999, A.________ avait droit � son salaire pour les mois de f�vrier et mars 1999 ainsi qu'au paiement de 1,67 jours de vacances non prises. Enfin, l'autorit� cantonale a ni� que le demandeur ait occasionn� � la d�fenderesse, par un rendement insuffisant, un quelconque dommage, car son contrat ne lui imposait aucune obligation de r�sultat au niveau du gain rapport� � son employeur. Ajoutant encore que la question de la preuve du dommage paraissait de toute mani�re probl�matique, la Cour d'appel a donc rejet� la demande de dommages-int�r�ts invoqu�e par la d�fenderesse comme cr�ance compensante.
C.- X.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Outre l'annulation de l'arr�t cantonal et du jugement de premi�re instance, elle requiert qu'il soit constat� que la cr�ance de salaire du demandeur pour f�vrier 1999 est d�ment compens�e par les cr�ances de la d�fenderesse et que le demandeur soit d�bout� de toute autre ou contraire conclusion, les cr�ances de X.________ contre le travailleur � raison du dommage suppl�mentaire all�gu� �tant r�serv�es.
L'intim� propose le rejet du recours et la confirmation de l'arr�t d�f�r�.
1.- a) Les conclusions qui portent sur une somme d'argent doivent �tre chiffr�es (cf. art. 55 al. 1 let. b OJ), le recourant ne pouvant se borner � demander au Tribunal f�d�ral de fixer le montant d� (ATF 121 III 390 consid. 1; Corboz, Le recours en r�forme au Tribunal f�d�ral, in SJ 2000 II p. 45). Lorsque la d�fenderesse requiert la juridiction f�d�rale de r�server ses cr�ances en dommages-int�r�ts contre le demandeur, elle prend ainsi une conclusion irrecevable.
2.- La recourante reproche tout d'abord � l'autorit� cantonale d'avoir commis de nombreuses inadvertances manifestes, qu'il conviendrait de redresser.
a) La jurisprudence n'admet l'existence d'une inadvertance manifeste, susceptible d'�tre rectifi�e d'office par le Tribunal f�d�ral en application de l'art. 63 al. 2 OJ, que lorsque l'autorit� cantonale a omis de prendre en consid�ration une pi�ce d�termin�e, vers�e au dossier, ou l'a mal lue, s'�cartant par m�garde de sa teneur exacte, en particulier de son vrai sens litt�ral (ATF 115 II 399 consid. 2a; 109 II 159 consid. 2b). Tel est le cas lorsque l'examen d'une pi�ce du dossier, qui n'a pas �t� prise en consid�ration, r�v�le une erreur �vidente dans les constatations de fait. L'absence de mention d'une pi�ce dans le cadre de l'appr�ciation des preuves ne signifie pas encore qu'il y ait inadvertance, qui plus est inadvertance manifeste: il faut que ladite pi�ce n'ait pas �t� examin�e, m�me implicitement, en d'autres termes que le juge n'en ait pas pris connaissance ou l'ait purement et simplement laiss�e de c�t�. L'autorit� cantonale s'�carte, par m�garde, de la teneur exacte d'une pi�ce, par exemple, lorsqu'elle commet une erreur de lecture, ou lorsqu'elle ne remarque pas l'existence d'une faute d'�criture ou lorsqu'elle ne prend pas en consid�ration la relation �vidente existant entre diff�rentes pi�ces du dossier. Cependant, l'inadvertance manifeste ne saurait �tre confondue avec l'appr�ciation des preuves. D�s l'instant o� une constatation de fait repose sur l'appr�ciation, m�me insoutenable, d'une preuve, d'un ensemble de preuves ou d'indices, une inadvertance est exclue (Poudret, COJ II, n. 5.4 ad art. 63 OJ). Il ne peut en effet �tre rem�di� � une mauvaise appr�ciation des preuves par la voie pr�vue � l'art. 55 al. 1 let. d OJ (ATF 96 I 193 consid. 2; Poudret, op. cit. , n. 1.6.3 ad art. 55 OJ; cf.
�galement ATF 118 IV 88 consid. 2b).
Au demeurant, la rectification n'a lieu que si la constatation erron�e porte sur un fait pertinent pour l'issue de la querelle (Corboz, op. cit. , p. 66).
Le moyen tir� de l'inadvertance manifeste n'est recevable que si l'acte de recours contient l'indication exacte de la constatation attaqu�e et de la pi�ce du dossier qui la contredit (art. 55 al. 1 let. d OJ; ATF 110 II 494 consid. 4 et les arr�ts cit�s).
b) La recourante voit une premi�re inadvertance manifeste dans le fait que la cour cantonale a retenu, pr�tendument en contradiction avec les all�gations du demandeur dans ses conclusions responsives du 29 mai 2000, que celui-ci a requis et obtenu une avance de salaire de son futur employeur.
Il r�sulte du document en cause que l'intim� a d�clar� avoir b�n�fici� de deux avances sur salaire de la part de Y.________ en f�vrier et mars 1999, lesquelles lui ont �t� allou�es sans aucune contre-prestation de sa part et ont �t� par la suite d�duites de sa r�mun�ration du mois de mai 1999.
On cherche ainsi vainement o� r�side l'inadvertance invoqu�e.
c) Pour la recourante, qui se r�f�re � nouveau aux conclusions responsives du 29 mai 2000 pr�cit�es, ce serait par m�garde que la Cour d'appel n'aurait pas mentionn� que le demandeur �tait absent le 24 f�vrier et la matin�e du 25 f�vrier 1999.
Cette circonstance importe peu, d�s lors que ce n'est pas � ces dates, mais post�rieurement, soit le 26 f�vrier 1999, que la recourante pr�tend que l'intim� aurait abandonn� son poste. L'inadvertance all�gu�e ne saurait donc avoir aucun caract�re causal.
d) La recourante fait valoir que, par inadvertance, les magistrats genevois ont proc�d� � une citation tronqu�e du t�moignage de V.________, duquel il ressortirait clairement, d'une part, que tant C.________ que ledit t�moin ont compris le d�part du demandeur comme �tant d�finitif et, d'autre part, que le travailleur a quitt� le bureau alors que son employeur lui demandait de ne pas le faire.
L'autorit� cantonale n'a nullement ignor� la d�position de V.________ mais a au contraire mentionn�, au consid�rant L de la partie "En fait" de l'arr�t d�f�r�, que ce t�moin a confirm� que l'intim� �tait parti de son propre chef et n'avait pas �t� "chass�". Le moyen rel�ve en r�alit� de l'appr�ciation des preuves, qui ne peut �tre remise en cause par le moyen de l'art. 55 al. 1 let. d OJ.
e) D'apr�s la recourante, la Cour d'appel aurait commis une nouvelle inadvertance en retenant que le courrier de l'assurance de protection juridique du demandeur, dat� du 4 mars 1999, ne se r�f�rait pas � la lettre de X.________ du 1er mars pr�c�dent "qui n'�tait pas encore re�ue lors de l'envoi de la correspondance de l'assurance". La d�fenderesse invoque les d�clarations du demandeur du 25 septembre 2000, qui a affirm� notamment que l'assurance Z.________ a "r�pondu" le 4 mars 1999 au courrier de X.________ du 1er mars 1999.
Quand bien m�me l'assurance Z.________ aurait eu connaissance de l'�criture de la d�fenderesse du 1er mars 1999 lorsqu'elle a �crit � X.________ le 4 mars 1999, il n'en demeure pas moins que ce courrier du 4 mars 1999 ne fait pas r�f�rence � la lettre de l'employeur du 1er mars 1999. On ne voit toutefois pas en quoi cette pr�tendue inadvertance pourrait avoir une quelconque influence sur le sort du litige.
f) La recourante soutient que la cour cantonale n'a pas retenu, par inadvertance, qu'il r�sulterait de deux t�moignages et d'une lettre du conseil de X.________ du 8 mars 1999 que C.________ avait insist� d�s le 26 f�vrier 1999, en vain, pour que le demandeur lui remette des dossiers relatifs � la client�le.
L'inadvertance all�gu�e n'existe pas. La Cour d'appel a de fait express�ment retenu, au consid�rant E in fine de la partie fait de l'arr�t critiqu�, que, par courriers des 4 et 8 mars 1999, le conseil de X.________ a somm� le demandeur de communiquer � l'employeur des informations au sujet de son activit� avec une liste de ses clients. La cour cantonale n'a enfin pas constat� que le demandeur aurait d�f�r� � ces sollicitations pressantes.
g) A suivre la recourante, l'autorit� cantonale n'a pas relev� que le Tribunal des prud'hommes a rendu le 11 ao�t 1999 une ordonnance pr�paratoire ordonnant au demandeur de produire ses rapports d'activit� ainsi que les contrats d'assurance qu'il avait �tablis au nom de X.________ et que, les 31 ao�t 1999 et 20 d�cembre 1999, l'intim� a finalement d�pos� les documents en question, soit "d�s mois apr�s la demande de C.________".
La circonstance que la cour cantonale n'a pas fait �tat de l'ordonnance pr�paratoire du 11 ao�t 1999 n'a aucune pertinence quant au sort du recours. S'agissant des divers documents auxquels elle fait allusion, la recourante ne pr�tend pas que la Cour d'appel les aurait ignor�s. Et le manque d'empressement du demandeur � d�poser lesdites pi�ces n'a pas �chapp� � l'autorit� cantonale qui a retenu, en page 14 de son arr�t, que le demandeur "a montr� quelques r�ticences � fournir les renseignements souhait�s par son employeur".
h) La recourante est d'avis que l'autorit� cantonale a omis l'int�gralit� des all�gu�s et �l�ments de preuve qu'elle a avanc�s en vue de d�montrer le dommage que le travailleur lui aurait caus� et qu'elle fait valoir en compensation de la cr�ance du demandeur en paiement de son salaire du mois de f�vrier 1999. Et de reproduire in extenso 33 des 106 all�gu�s de la partie "en fait" de son m�moire d'appel du 20 avril 2000.
Sous le couvert de l'inadvertance manifeste, la recourante s'en prend � l'appr�ciation des preuves op�r�e par la cour cantonale, qui a conduit celle-ci � consid�rer que l'existence du pr�judice dont se pr�vaut la d�fenderesse �tait sujette � caution. De toute mani�re, cette constatation n'est pas d�cisive, d�s l'instant o� les juges cantonaux ont encore admis que le demandeur ne pouvait pas se voir reprocher une violation contractuelle susceptible d'engager sa responsabilit� au sens de l'art. 321e CO.
3.- La recourante pr�tend que l'autorit� cantonale a viol� le droit f�d�ral en la condamnant � verser au demandeur son salaire de mars 1999.
a) Dans une premi�re branche du grief, la d�fenderesse reproche � la Cour d'appel d'avoir enfreint les art. 8 CC et 343 al. 4 CO pour ne s'�tre pas prononc�e sur les circonstances dans lesquelles le demandeur a quitt� son poste de travail le 26 f�vrier 1999, cela alors que tant ce dernier qu'un t�moin auraient reconnu que le travailleur �tait parti de son propre chef et sans volont� de revenir.
L'art. 343 al. 4 CO institue, dans les conflits relevant du contrat de travail, la maxime inquisitoire lorsque la valeur litigieuse ne d�passe pas - comme en l'esp�ce - 30 000 fr. (art. 343 al. 2 CO dans sa teneur en vigueur depuis le 1er juin 2001, applicable aux proc�dures d�j� pendantes (ATF 115 II 30 consid. 5a)). L'obligation pour le juge d'�tablir d'office les faits n'est cependant pas sans limite; il n'est tenu de s'assurer que les all�gations et offres de preuves sont compl�tes que lorsqu'il a des motifs objectifs d'�prouver des doutes sur ce point. De toute fa�on, la maxime inquisitoire ne dispense pas les parties d'une collaboration active � la proc�dure et d'�toffer leurs propres th�ses; il leur incombe ainsi de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 107 II 233 consid. 2c).
En l'occurrence, la cour cantonale a retenu, sur la base des �l�ments de preuve recueillis, que les circonstances de la rupture des rapports de service, � la suite de l'altercation du 26 f�vrier 1999, n'�taient pas �tablies avec clart�.
Hormis le t�moin V.________, les t�moins entendus pendant les enqu�tes n'ont en effet pas �t� en mesure de d�terminer de fa�on claire la personne qui avait pris l'initiative de mettre fin � la relation de travail. Du reste, V.________ a lui-m�me d�clar� qu'il avait "compris" le d�part du demandeur comme un d�part d�finitif tout en pr�cisant, ce qui att�nue le propos, qu'il y avait sans doute eu de la part du travailleur "un acc�s de mauvaise humeur". En ce qui concerne l'intim�, il a uniquement admis avoir pris la porte lorsque le directeur C.________ lui a annonc� que son salaire de f�vrier 1999 ne lui serait pas vers�, mais n'a jamais reconnu qu'il s'agissait d'un d�part irr�vocable.
Comme l'art. 343 al. 4 CO laisse le juge libre dans l'appr�ciation des preuves, l'autorit� cantonale ne saurait avoir transgress� cette disposition lorsqu'elle a fait part de sa conviction sur le d�roulement des �v�nements du 26 f�vrier 1999. Quant au bien-fond� de cette appr�ciation dans le cas particulier, il s'agit d'un domaine qui rel�ve de l'appr�ciation des moyens de preuves r�unis, lequel n'est pas r�gi par l'art. 8 CC (ATF 122 III 219 consid. 3c; 119 III 60 consid. 2c; 118 II 142 consid. 3a).
b) Dans la seconde branche du grief, la recourante invoque une violation de l'art. 337d CO. Elle soutient que le demandeur avait d�cid� le 26 f�vrier 1999 de quitter d�finitivement son travail. Quand bien m�me le travailleur aurait tout de m�me eu l'intention de reprendre son travail, poursuit la d�fenderesse, son offre, articul�e dix jours apr�s son d�part de l'entreprise, serait tardive.
aa) Il y a abandon d'emploi selon l'art. 337d CO lorsque le travailleur quitte son poste abruptement sans justes motifs. L'application de cette disposition pr�suppose un refus conscient, intentionnel et d�finitif du travailleurd'entrer en service ou de poursuivre l'ex�cution du travail confi� (ATF 112 II 41 consid. 2). La d�cision du travailleur d'abandonner son emploi doit appara�tre nettement. Comme il appartient � l'employeur de prouver que le travailleur a entendu quitter sans d�lai son emploi (Staehelin, Commentaire zurichois, n. 16 ad art. 337d CO), le premier, dans les situations peu claires, doit adresser au travailleur une mise en demeure de reprendre le travail (Rehbinder, Commentaire bernois, n. 1 ad art. 337d CO; Staehelin, op. cit. , n. 5 ad art. 337d CO).
Lorsque l'abandon d'emploi ne r�sulte pas d'une d�claration expresse du salari�, il faut examiner s'il d�coule du comportement adopt� par l'int�ress�, c'est-�-dire d'actes concluants. Dans cette hypoth�se, on se demandera si, compte tenu de toutes les circonstances, l'employeur pouvait, objectivement et de bonne foi, comprendre que le salari� entendait quitter son emploi (sur le principe de la confiance: ATF 126 III 25 consid. 3c, 59 consid. 5b; 123 III 165 consid. 3a). Il s'agit l� d'une question de droit que le Tribunal f�d�ral peut revoir en instance de r�forme (ATF 126 III 25 consid. 3c, 59 consid. 5b).
Quand l'absence injustifi�e du travailleur est de courte dur�e (p. ex. quelques jours apr�s la fin des vacances), l'employeur ne peut d�duire des circonstances que le travailleur a abandonn� son emploi. A l'inverse, une absence de plusieurs mois doit �tre consid�r�e comme un refus de poursuivre les rapports de travail, m�me si, apr�s coup, le travailleur offre inopin�ment de reprendre son poste. Dans ce cas, la dur�e de l'absence suffit en soi pour admettre que le salari� a d�montr� sa volont� d'abandonner son emploi (ATF 121 V 277 consid. 3a; arr�t non publi� du 24 ao�t 1999 dans la cause 4C.143/1999, consid. 2a).
Dans les situations interm�diaires, il faut trancher selon le principe de la confiance, � la lumi�re des circonstances du cas particulier.
bb) Le moyen, qui repose pour l'essentiel sur un �tat de fait diff�rent de celui retenu souverainement par la Cour d'appel, est d�nu� de fondement.
En l'esp�ce, les circonstances dans lesquelles a �clat� l'altercation du vendredi 26 f�vrier 1999 n'ont pas pu �tre �tablies. Il appara�t n�anmoins que le demandeur, exc�d� par l'attitude suspicieuse du directeur C.________ � son endroit, lequel entendait v�rifier sur-le-champ si les personnes figurant sur la liste remise par le travailleur avaient bien �t� approch�es par celui-ci, a quitt� le bureau lorsque C.________ lui a indiqu� qu'il ne paierait pas son salaire du mois courant. Or, l'attitude adopt�e par le directeur � cette occasion pouvait appara�tre comme purement vexatoire au salari�.
De fait, celui-ci avait pr�sent� sa d�mission quatre jours plus t�t en raison de la d�gradation de ses relations avec C.________. Dans ce contexte, l'emportement du demandeur semble excusable. L'employeur, qui a contribu� dans une large mesure � faire sortir le travailleur de ses gonds, ne peut de bonne foi interpr�ter le d�part soudain de l'int�ress�, m�me si une porte est claqu�e, comme une manifestation de volont� de refuser d�finitivement de poursuivre l'ex�cution du travail.
Il est �tabli que la d�fenderesse, par courrier de son conseil, a somm� l'intim� de reprendre le travail.
Le demandeur a r�agi � cette invitation en se pr�sentant dans les bureaux de la d�fenderesse pour reprendre son service d�s le vendredi 5 mars 1999, � savoir le cinqui�me jour ouvrable apr�s l'algarade du 26 f�vrier 1999. On ne saurait raisonnablement admettre que l'employeur puisse consid�rer que le travailleur a manifest� son intention irr�vocable de quitter son emploi, lorsque ce dernier a quitt� abruptement son poste dans un mouvement de col�re et qu'il a donn� suite, sans m�me laisser passer une semaine enti�re depuis son d�part, � la requ�te de revenir travailler.
Selon l'�tat de fait d�terminant, le demandeur, lors de sa venue dans les locaux de la recourante le 5 mars 1999, n'a pas pu rencontrer le directeur C.________, qui �tait absent, si bien qu'il est retourn� au si�ge de la d�fenderesse le lundi suivant 8 mars 1999 au matin. C.________ ayant alors refus� que le demandeur recommence son activit�, c'est la d�fenderesse qui s'est trouv�e en demeure d'accepter l'ex�cution du travail au sens de l'art. 324 al. 1 CO.
Partant, l'autorit� cantonale a jug� � bon droit que les conditions de l'art. 337d CO n'�taient pas r�unies, que le contrat de travail avait couru jusqu'� la fin mars 1999 et que l'intim� avait droit � son salaire de 6500 fr.
par mois en f�vrier et mars 1999.
4.- La recourante fait valoir que le demandeur avait l'occasion de prendre ses vacances au mois de mars 1999, de sorte que la cour cantonale a viol� l'art. 329d CO en lui accordant une indemnit� de 520 fr. pour vacances non prises.
Le principe de l'obligation d'octroyer les vacances en nature pendant le d�lai de cong� (cf. art. 329d al. 2 CO) n'est pas absolu. Une fois le contrat d�nonc�, le travailleur doit chercher un autre emploi. Cette recherche n'�tant pas compatible avec la prise effective de vacances, il convient d'examiner dans chaque cas, � consid�rer les donn�es de l'esp�ce, si l'employeur pouvait exiger que les vacances fussent prises pendant le d�lai de cong� ou s'il devait les payer en esp�ces � la fin des rapports de travail (arr�t du 24 novembre 1992, consid. 3, publi� in SJ 1993 p. 354 et les r�f�rences cit�es).
In casu, le demandeur, qui a pourtant travaill� pendant presque tout le mois de f�vrier 1999, n'a pas re�u son salaire pour ce mois-l�, ni d'ailleurs celui du mois suivant.
Priv� de ressources, le travailleur ne pouvait ainsi penser � organiser des vacances, si courtes fussent-elles, pendant le d�lai de cong�. Il suit de l� qu'il avait indubitablement droit au paiement de ses vacances en esp�ces. Le montant de 520 fr. accord� � ce titre par l'autorit� cantonale ne fait en tant que tel l'objet d'aucune critique.
5.- Dans un dernier moyen, la recourante, se pr�valant de la violation des art. 8 CC, 343 al. 4 et 321e CO, reproche � la cour cantonale de n'avoir pas retenu les faits, �tablis par pi�ces et t�moignages, relatifs aux pr�tentions en dommages-int�r�ts qu'elle oppose � la cr�ance du demandeur en paiement du salaire de f�vrier 1999. Pourtant, all�gue la recourante, la Cour d'appel devait instruire d'office et interpeller les parties si elle avait des doutes quant au gain que le travailleur devait procurer � la d�fenderesse. La recourante pr�tend, pour finir, que le refus constant de l'intim� de fournir les dossiers des clients constituait une faute contractuelle grave et manifeste.
a) Quoi qu'en pense la recourante, l'autorit� cantonale a fait �tat des pr�tentions p�cuniaires qu'elle a oppos�es aux conclusions du demandeur. Elle a ainsi mentionn�, au consid�rant H de la partie fait de l'arr�t critiqu�, que la d�fenderesse se plaignait de n'avoir pu obtenir, malgr� ses demandes r�it�r�es, la liste des activit�s du demandeur, lequel, par ses carences, n'aurait pas permis � l'entreprise de r�aliser le chiffre d'affaires budg�t�. Elle a ajout� que la recourante chiffrait son pr�judice � 31 500 fr. compte tenu des affaires que le demandeur aurait d� rapporter � son employeur.
Il appert ainsi que la cour cantonale s'est conform�e aux prescriptions de l'art. 343 al. 4 CO qui lui imposait d'�tablir d'office les faits, �tant pr�cis� que cette obligation � la charge de l'autorit� judiciaire ne dispense pas les parties d'une collaboration active � la proc�dure (ATF 107 II 233 consid. 2c).
Quant � la mani�re dont l'autorit� cantonale a appr�ci� les �l�ments de preuve recueillis, elle ne saurait contrevenir � l'art. 343 al. 4 CO, qui laisse une enti�re libert� au juge dans l'appr�ciation des preuves.
b) A teneur de l'art. 321e al. 1 CO, le travailleur r�pond du dommage qu'il cause � l'employeur intentionnellement ou par n�gligence. Il faut donc que le travailleur ait viol� une des obligations qui lui incombent en vertu des art. 321 � 321d CO, � savoir notamment l'obligation d'ex�cuter personnellement et avec soin le travail confi� (Staehelin, op. cit. , n. 4 ss ad art. 321e CO; Tercier, Les contrats sp�ciaux, 2e �d., n. 2621). L'�tendue du devoir de diligence du travailleur se d�termine en premi�re ligne d'apr�s le contrat pass� par les parties (art. 321e al. 2 CO; Staehelin, op.
cit. , n. 4 ad art. 321e CO). Pour d�terminer la responsabilit� du travailleur et son �tendue, il convient en particulier de prendre en compte le risque professionnel, la r�mun�ration du travailleur, ainsi que la faute du salari� et la faute concomitante de l'employeur (ATF 123 III 257 consid. 5a et les r�f�rences).
D'apr�s l'�tat de fait d�finitif, le demandeur �tait contractuellement tenu d'effectuer 48 rendez-vous par mois ou 12 rendez-vous par semaine en vue de conclure des polices d'assurance ou des mandats de gestion de fortune, et de r�aliser chaque mois 8500 fr. d'encaissement. Il n'a pas �t� constat� que l'intim� n'est pas parvenu � atteindre les objectifs fix�s. A cela s'ajoute que le 22 f�vrier 1999 d�j�, soit apr�s moins de quatre mois d'activit�, le travailleur avait r�sili� son contrat pour le 31 mars 1999. On ne saurait ainsi attendre d'un travailleur d�missionnaire qu'il procure � l'entreprise des r�sultats mirobolants, comme semblait l'attendre la d�fenderesse.
Il est vrai que le demandeur a montr� de la mauvaise volont� � fournir des rapports d'activit� et, apr�s l'altercation du 26 f�vrier 1999, des renseignements � propos de ses clients. Mais, comme la d�fenderesse a refus� - sans droit - de verser le salaire de l'intim� en f�vrier et mars 1999, le non-respect par le travailleur des directives de l'employeur appara�t b�nin en regard de la faute grave de la recourante.
La cour cantonale n'a nullement viol� le droit f�d�ral en rejetant les pr�tentions de la d�fenderesse fond�es sur l'art. 321e CO.
c) Le grief pris d'une violation de l'art. 8 CC ne fait l'objet d'aucun d�veloppement, de sorte qu'il est irrecevable (art. 55 al. 1 let. c OJ).
6.- Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�, l'arr�t attaqu� �tant confirm�.
La proc�dure est gratuite, puisque la valeur litigieuse, d�termin�e selon la pr�tention du demandeur au moment de l'ouverture de l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b), ne d�passe pas 30 000 fr. (cf. art. 343 al. 2 et 3 CO dans sa teneur en vigueur depuis le 1er juin 2001, applicable aux proc�dures d�j� pendantes (ATF 115 II 30 consid. 5a)). Des d�pens sont toutefois dus par la partie qui succombe, en l'occurrence la recourante (art. 159 al. 1 OJ; ATF 115 II 30 consid. 5c).
3. Dit que la recourante versera � l'intim� une indemnit� de 2000 fr. � titre de d�pens;

References: art. 55
 art. 63
 art. 55
 ATF 
 ATF 
in fine
 art. 8
 art. 337
 art. 337
 art. 337
 ATF 
 art. 329
In casu
 art. 8
 art. 321
 art. 321
 art. 321
 art. 343
 ATF