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Timestamp: 2016-10-27 14:57:51+00:00

Document:
2C_725/2015 {T�0/2} � � Arr�t du 2 d�cembre 2015
repr�sent� par Me Bruno Charri�re, avocat,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, du 29 juin 2015.
A.a.�Ressortissant mac�donien n� en 1988, X.________ est arriv� en Suisse le 8 avril 1995 � la faveur du regroupement familial. Il a b�n�fici� d'une autorisation d'�tablissement � compter du 8 octobre 2003. C�libataire, il vit chez ses parents. Il n'a pas termin� de formation professionnelle, mais a occup� plusieurs emplois et travaille actuellement comme installateur-sanitaire.
A.b.�Durant sa minorit�, X.________ a �t� condamn�:
- le 23 octobre 2000, � une demi-journ�e de travail pour vol;
- le 2 mars 2005, � une amende de 200 fr. pour agression, contraventions � la loi f�d�rale sur les stup�fiants (LStup; RS 812.121; cas b�nin) et contravention � la loi cantonale sur les �tablissements publics (fr�quentation illicite d'un dancing);
- le 28 juin 2006, � une amende de 400 fr. pour rixe.
Majeur, il a �t� condamn� � huit reprises:
- le 24 avril 2008, � 30 jours-amende � 50 fr. avec sursis pendant trois ans et � une amende de 300 fr. pour agression (fait commis le 20 ao�t 2006);
er�avril 2009, � une peine privative de libert� de 16 mois avec sursis pendant cinq ans et � une amende de 300 fr. (peine d'ensemble avec celle prononc�e le 24 avril 2008), pour vol, vol en bande, tentative de vol en bande, dommages � la propri�t�, violation de domicile, utilisation frauduleuse d'un ordinateur et contravention � la LStup (faits commis entre le 21 ao�t 2006 et le 5 janvier 2008);
- le 12 ao�t 2009, � une peine p�cuniaire de 70 jours-amende � 100 fr. et � une amende de 400 fr. pour infraction � la loi f�d�rale sur la circulation routi�re (LCR; RS 741.01; conduite en incapacit�, violations des r�gles de la circulation, faits commis les 23 novembre 2008 et 10 janvier 2009), d�lits et contraventions � la LStup (faits commis du 1
er�ao�t 2006 au 10 janvier 2009), l�sions corporelles simples (faits commis le 28 juin 2008);
- le 28 janvier 2010, � une peine p�cuniaire de 10 jours-amende � 110 fr. et � une amende de 500 fr. pour d�lit et contravention � la LStup (faits commis du 10 janvier au 10 juin 2009);
- le 11 ao�t 2010, � une peine p�cuniaire de 75 jours-amende � 70 fr. et � une amende de 200 fr. pour violation de la LCR (faits commis le 24 janvier 2010), opposition aux actes de l'autorit�, violation grave des r�gles de la circulation routi�re (faits commis le 30 mars 2010) et contravention � la LStup (faits commis entre le 1
er�juillet 2009 et le 24 janvier 2010);
- le 13 mai 2011, � une peine p�cuniaire de 40 jours-amende � 80 fr. pour d�lit manqu� de vol, dommages � la propri�t�, violation de domicile, d�lit contre la loi f�d�rale sur les armes (LArm; RS 514.5), pour des faits commis le 3 mars 2011;
- le 20 novembre 2012, � une peine p�cuniaire de 70 jours-amende � 80 fr. pour l�sions corporelles simples, dommages � la propri�t� et injures (faits commis le 20 f�vrier 2011);
- le 29 novembre 2012, � une amende de 300 fr. pour contravention � � la LStup (faits commis entre janvier et ao�t 2012).
A.c.�Le 30 mars 2009, le Service de la population et des migrants du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Service cantonal) a prononc� un s�rieux avertissement � l'endroit de X.________ � la suite de sa condamnation du 24 avril 2008, en le mena�ant d'une possible r�vocation de son autorisation d'�tablissement s'il poursuivait dans la d�linquance. Le 15 d�cembre 2009, le Service cantonal a adress� un second avertissement � l'int�ress�, en se r�f�rant aux condamnations des 24 avril 2008 et 12 ao�t 2009.
Le 19 avril 2013, X.________ a indiqu�, en r�ponse aux questions du Service cantonal, qu'il habitait chez ses parents qui le soutenaient, de m�me que son employeur, dans ses d�marches de r�insertion et de r�paration des dommages qu'il avait caus�s. Le 29 mai 2013, le Service cantonal l'a inform� de son intention de r�voquer son autorisation d'�tablissement, de prononcer son renvoi de Suisse et de requ�rir de l'Office f�d�ral des migrations (actuellement: Secr�tariat d'Etat aux migrations) une interdiction d'entr�e dans le pays. X.________ a formul� des objections. Sur demande du Service cantonal, il a fourni, le 1
er�janvier 2015, des renseignements compl�mentaires, dont il ressortait notamment qu'il r�glait ses frais judiciaires dus par acomptes r�guliers, ainsi qu'un certain nombre de ses autres dettes. Il a �galement produit un document attestant son engagement comme installateur-sanitaire pour une dur�e ind�termin�e.
Par d�cision du 29 janvier 2015, le Service cantonal a r�voqu� l'autorisation d'�tablissement de X.________ et ordonn� son renvoi dans un d�lai de trente jours.
L'int�ress� a recouru contre cette d�cision aupr�s de la Cour administrative du Tribunal cantonal de l'Etat de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal), qui a rejet� le recours par arr�t du 29 juin 2015.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, X.________ demande au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, d'annuler l'arr�t du 29 juin 2015 et de maintenir son autorisation d'�tablissement.
Le Service cantonal se r�f�re aux consid�rants de l'arr�t attaqu�. Le Secr�tariat d'Etat aux migrations et le Tribunal cantonal concluent au rejet du recours.
Par ordonnance du 3 septembre 2015, le Pr�sident de la Cour de c�ans a accord� l'effet suspensif au recours.
1.1.�D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions en mati�re de droit des �trangers qui concernent une autorisation � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Il est recevable contre les d�cisions r�voquant, comme en l'esp�ce, une autorisation d'�tablissement, parce qu'il existe en principe un droit au maintien de cette autorisation (ATF 135 II 1 consid. 1.2.1 p. 4).
1.2.�Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue par une autorit� cantonale sup�rieure de derni�re instance (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites par la loi (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le pr�sent recours est recevable,
Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), � moins que ces faits n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Si le recourant entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 97 al. 1 LTF), il doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es. Sinon, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergeant de celui qui est contenu dans l'acte attaqu� (ATF 139 II 404 consid. 10.1 p. 445). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 LTF). En l'occurrence, le recourant expose de mani�re appellatoire des faits qui ne r�sultent pas de l'arr�t entrepris sans exposer que ce dernier serait manifestement inexact, et qui sont partant irrecevables. Dans la suite du raisonnement, le Tribunal f�d�ral se fondera donc exclusivement sur les faits �tablis par le Tribunal cantonal.
Le litige porte sur le point de savoir si la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement du recourant est conforme au droit.
3.1.�Selon l'art. 63 al. 2 de la loi f�d�rale sur les �trangers (LEtr; RS 142.20), l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui s�journe en Suisse l�galement et sans interruption depuis plus de quinze ans ne peut �tre r�voqu�e que s'il attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics en Suisse ou � l'�tranger, les met en danger ou repr�sente une menace pour la s�curit� int�rieure ou ext�rieure de la Suisse (art. 63 al. 1 let. b LEtr) ou s'il a �t� condamn� � une peine privative de libert� de longue dur�e ou a fait l'objet d'une mesure p�nale pr�vue aux art. 64 ou 61 CP (art. 62 let. b LEtr). Il suffit que l'un de ces deux motifs soit r�alis� (cf. arr�ts 2C_710/2015 du 10 septembre 2015 consid. 3.1; 2C_129/2014 du 4 novembre 2014 consid. 2.1). Selon la jurisprudence, constitue une peine privative de longue dur�e au sens de cette disposition toute peine d�passant un an d'emprisonnement, �tant pr�cis� qu'elle doit r�sulter d'un seul jugement p�nal (ATF 137 II 297 consid. 2.1 p. 299; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380 s.).
3.2.�En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a consid�r� � bon droit que le motif de r�vocation pr�vu � l'art. 62 let. b LEtr �tait r�alis� au regard de la condamnation du recourant � une peine privative de libert� de 16 mois. Le recourant le conteste, au motif que cette peine devrait �tre relativis�e au regard de l'ensemble des circonstances. Pareille critique ne concerne toutefois pas la r�alisation d'un motif de r�vocation, mais rel�ve de la pes�e des int�r�ts et de l'importance donn�e aux �l�ments favorables du recourant. Elle sera partant examin�e sous cet angle (cf. infra consid. 4.2). Par ailleurs, dans la mesure o� l'�num�ration des cas de r�vocation est alternative et qu'il suffit que l'un soit donn� pour que la condition objective de r�vocation de l'autorisation soit remplie, il n'y a pas lieu d'examiner si, au surplus, le recourant a menac� de mani�re tr�s grave la s�curit� et l'ordre publics au sens de l'art. 63 al. 1 let. b LEtr, ce qu'il conteste �galement.
Le recourant s'en prend, sous l'angle des art. 96 LEtr, 5 al. 2 Cst., 13 Cst. et 8 CEDH, � la pes�e des int�r�ts effectu�e par les juges cantonaux. Il leur reproche en substance d'avoir donn� trop de poids � ses condamnations p�nales, dont il relativise la gravit� et la quantit�, sans avoir suffisamment tenu compte de la dur�e de son s�jour en Suisse, de ses liens familiaux �troits avec ses parents - dont il partage le domicile - et son fr�re en Suisse, ainsi que son absence d'attaches avec son pays d'origine. La r�vocation de son autorisation d'�tablissement serait d�s lors disproportionn�e.
4.1.�La r�vocation de l'autorisation d'�tablissement ne se justifie que si la pes�e globale des int�r�ts � effectuer fait appara�tre la mesure comme proportionn�e (cf. ATF 139 I 16 consid. 2.2.1 p. 19; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380). Exprim� de mani�re g�n�rale � l'art. 5 al. 2 Cst. et d�coulant �galement de l'art. 96 LEtr, le principe de la proportionnalit� exige que la mesure prise par l'autorit� soit raisonnable et n�cessaire pour atteindre le but d'int�r�t public ou priv� poursuivi (cf. ATF 136 I 87 consid. 3.2 p. 91 s.; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380). Lors de cet examen, il y a lieu de prendre en consid�ration la gravit� de la faute commise, le degr� d'int�gration, la dur�e du s�jour en Suisse, ainsi que le pr�judice que l'int�ress� et sa famille auraient � subir du fait de la mesure (ATF 139 I 16 consid. 2.2.1 p. 19; 135 II 377 consid. 4.3 p. 381). La peine inflig�e par le juge p�nal est le premier crit�re servant � �valuer la gravit� de la faute et � proc�der � la pes�e des int�r�ts (ATF 134 II 10 consid. 4.2 p. 23; arr�ts 2C_1046/2014 du 5 novembre 2015 consid. 4.2; 2C_950/2014 du 9 juillet 2015 consid. 5.4). La dur�e de pr�sence en Suisse d'un �tranger constitue un autre crit�re tr�s important. Plus cette dur�e est longue, plus les conditions pour prononcer l'expulsion administrative doivent �tre appr�ci�es restrictivement (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5 p. 382 s.; arr�t 2C_260/2015 du 2 avril 2015 consid. 5.2). La r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui s�journe depuis longtemps en Suisse doit se faire avec une retenue particuli�re, mais n'est pas exclue en cas d'infractions graves ou r�p�t�es m�me dans le cas d'un �tranger n� en Suisse et qui y a pass� l'entier de sa vie. On tiendra alors particuli�rement compte de l'intensit� des liens de l'�tranger avec la Suisse et des difficult�s de r�int�gration dans son pays d'origine (ATF 139 I 16 consid. 2.2.1 p. 19 ss; 139 I 31 consid. 2.3.1 p. 33 ss; 130 II 281 consid. 3.2.2 p. 287; 130 II 176 consid. 4.4.2 p. 190). Un �tranger peut se pr�valoir de l'art. 8 CEDH (dont la port�e est identique � celle de l'art. 13 Cst.: ATF 138 I 331 consid. 8.3.2 p. 350; 137 I 167 consid. 3.2 p. 172 ss; arr�t 2C_427/2015 du 29 octobre 2015 consid. 4.1) qui garantit le respect de sa vie priv�e et familiale, pour s'opposer � une �ventuelle s�paration de sa famille. Encore faut-il, pour pouvoir invoquer cette disposition, que la relation entre l'�tranger et une personne de sa famille ayant le droit de r�sider durablement en Suisse soit �troite et effective (ATF 139 II 393 consid. 5.1 p. 402; 137 I 351 consid. 3.1 p. 354; 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145). Les relations familiales qui peuvent fonder, en vertu de l'art. 8 par. 1 CEDH, un droit � une autorisation de police des �trangers sont avant tout les rapports entre �poux ainsi qu'entre parents et enfants mineurs vivant ensemble (ATF 139 II 393 consid. 5.1 p. 402; 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146; arr�t 2C_725/2014 du 23 janvier 2015 consid. 3.1). Un �tranger majeur ne peut se pr�valoir de cette disposition que s'il se trouve dans un �tat de d�pendance particulier par rapport � des membres de sa famille r�sidant en Suisse en raison, par exemple, d'un handicap (physique ou mental) ou d'une maladie grave (ATF 139 II 393 consid. 5.1 p. 402; 137 I 154 consid. 3.4.2 p. 159; arr�t 2C_725/2014 du 23 janvier 2015 consid. 3.1).
4.2.�En l'esp�ce, le recourant, qui est majeur, c�libataire et sans enfant, n'invoque aucun facteur de d�pendance qui lui permettrait de se pr�valoir du droit au respect de la vie familiale garanti par l'art. 8 CEDH. La question de savoir si, en raison de son s�jour de longue dur�e en Suisse, l'int�ress� peut invoquer l'art. 8 CEDH sous l'angle de la protection de la vie priv�e (cf. arr�t 2C_669/2014 du 5 janvier 2015 consid. 4.1) peut rester ind�cise. En effet, il convient de toute fa�on de proc�der � une pes�e des int�r�ts lors de l'application des art. 62 et 63 LEtr, tel que cela ressort de l'art. 96 LEtr (arr�t 2C_427/2015 du 29 octobre 2015 consid. 4.2). Or, l'examen sous l'angle de l'art. 8 par. 2 CEDH se confond avec celui impos� par les art. 5 al. 2 Cst. et 96 LEtr (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; arr�ts 2C_191/2015 du 12 juin 2015 consid. 6.2; 2C_419/2014 du 13 janvier 2015 consid. 4.3).
4.3.�Il appara�t � cet �gard que l'instance pr�c�dente a d�ment tenu compte des �l�ments positifs qui plaident en faveur du recourant. Les juges cantonaux ont ainsi relev� la dur�e du s�jour en Suisse, le fait que l'int�ress� y avait d�velopp� le centre de sa vie personnelle et sociale, que plusieurs membres de sa famille y �tait install�s et qu'il y avait probablement nou� des relations d'amiti�, de travail et de voisinage. Sur le plan professionnel, le recourant avait une activit� quand bien m�me il n'avait pas termin� de formation professionnelle, et ses certificats de travail attestaient qu'il avait donn� satisfaction � ses employeurs. Au niveau associatif, il avait jou� pour des clubs de football r�gionaux. Les juges pr�c�dents ont aussi relev� que, depuis les derni�res infractions d'ao�t 2012, le recourant n'avait plus �t� d�nonc� p�nalement et qu'il avait fourni d'importants efforts pour rembourser ses dettes. Cette d�marche �tait toutefois au moins en partie motiv�e par la proc�dure de r�vocation de permis qui avait �t� initi�e � son encontre, et l'absence de commission de nouvelles infractions �tait trop r�cente pour �tre tenu pour durable au point qu'un risque de r�cidive puisse �tre consid�r� comme v�ritablement �cart�. Les juges pr�c�dents ont toutefois correctement contrebalanc� les �l�ments plaidant en faveur d'un maintien de l'autorisation d'�tablissement du recourant avec la gravit� de son pass� p�nal. En effet, entre 2005 et 2012, le recourant a fait l'objet de onze condamnations p�nales, dont l'une a donn� lieu au prononc� d'une peine privative de libert� de seize mois. Il est vrai que certaines des infractions p�nales commises rel�vent de la d�linquance juv�nile. Dans un tel cas, le risque de r�cidive joue un r�le plus important que pour appr�cier les actes commis � l'�ge adulte (cf. arr�t 2C_98/2009 du 10 juin 2009 consid. 2.4). Le recourant n'a cependant pas su saisir les occasions de s'amender qui lui ont �t� offertes par les autorit�s p�nales, et a largement continu� � s'adonner � la d�linquance apr�s sa minorit�, puisqu'il a �t� condamn� pas moins de neuf reprises depuis lors. Le recourant a ainsi poursuivi ses activit�s d�lictueuses une fois majeur, de sorte qu'il n'est pas possible, comme il le souhaite, d'attribuer tous ses actes d�lictueux � des "erreurs de jeunesse". En outre, il ne saurait relativiser la gravit� de son attitude en relevant qu'apr�s sa condamnation � une peine privative de libert� de 16 mois, il n'aurait encouru que de petites condamnations. Le fait qu'il ait encore �t� condamn� � six reprises apr�s cette peine montre au contraire que m�me une peine privative de libert� de longue dur�e n'�tait pas de nature � mettre un terme � son comportement d�lictueux et � l'inciter � respecter d�sormais l'ordre juridique suisse. Il faut encore relever que parmi les infractions commises figurent des agressions, une rixe et des l�sions corporelles, soit des actes qui portent atteinte � l'int�grit� physique, domaines dans lesquels le Tribunal f�d�ral se montre particuli�rement rigoureux pour �valuer la menace qu'un �tranger condamn� p�nalement repr�sente (arr�t 2C_238/2012 du 30 juillet 2012 consid. 2.3 et les r�f�rences cit�es). Contrairement � ce que le recourant soutient, on ne saurait relativiser cette persistance dans la r�cidive par le fait qu'elle serait intervenue " dans une mesure bien moindre et sur une p�riode tr�s limit�e " apr�s la condamnation � une peine privative de libert�. En outre, il est particuli�rement r�v�lateur que le recourant ait encore pers�v�r� dans la commission d'infractions quand bien m�me il a re�u � deux reprises du Service cantonal un avertissement le mena�ant d'une possible r�vocation de son autorisation d'�tablissement en cas de poursuite dans la d�linquance. En effet, apr�s les avertissements des 30 mars 2009 et 15 d�cembre 2009, le recourant a encore commis de nombreuses infractions (cf. ci-dessus consid. A, les condamnations des 28 janvier 2010, 11 ao�t 2010, 13 mai 2011, 20 novembre 2012 et 29 novembre 2012 pour des faits commis du 10 janvier au 10 juin 2009, entre le 1
er�juillet 2009 et le 24 janvier 2010, le 3 mars 2011, le 20 f�vrier 2011, et entre janvier et ao�t 2012). Une telle attitude d�note une incapacit� � respecter l'autorit� et l'ordre juridique suisse malgr� les sanctions et les avertissements. En pareilles circonstances, le fait que le recourant n'ait plus commis d'infractions depuis ao�t 2012 ne saurait jouer un r�le d�terminant, d'autant moins que le recourant savait qu'une proc�dure pouvant mener � la r�vocation de son autorisation avait �t� amorc�e d�s le printemps 2013.
Enfin, le renvoi du recourant vers la Mac�doine ne devrait pas entra�ner de difficult�s insurmontables. C�libataire, jeune et en bonne sant�, il est en mesure de pouvoir refaire sa vie dans ce pays quand bien m�me il n'en parlerait pas la langue majoritaire, d�s lors qu'il pourra s'appuyer, dans un premier temps du moins, sur les membres de sa famille qui y vivent et avec lesquels il a admis avoir quelques liens, et qu'il existe par ailleurs une large minorit� albanaise en Mac�doine, dont le droits sont reconnus. Son exp�rience professionnelle en Suisse, qui recouvre plusieurs secteurs d'activit�, est aussi de nature � favoriser une int�gration sur place. Il n'appara�t donc pas que son arriv�e sur le march� du travail mac�donien s'annoncera particuli�rement difficile.
Au vu de l'ensemble de ces circonstances, le Tribunal cantonal n'a pas m�connu les art. 96 LEtr, 5 al. 2 Cst., 13 Cst. et 8 par. 2 CEDH en faisant primer l'int�r�t public � �loigner le recourant sur l'int�r�t priv� de celui-ci � pouvoir vivre en Suisse.
Le recourant invoque encore une violation du principe de l'�galit� de traitement (art. 8 Cst.). Il se plaint en substance d'�tre trait� plus durement que l'�tranger qui a fait l'objet des arr�ts 2A.297/2006 du 14 ao�t 2006 et 2A.87/2007 du 27 avril 2007, et que cette diff�rence de traitement serait injustifi�e.
5.1.�Une d�cision viole le principe de l'�galit� de traitement consacr� � l'art. 8 al. 1 Cst. lorsqu'elle �tablit des distinctions juridiques qui ne se justifient par aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait � r�glementer ou qu'elle omet de faire des distinctions qui s'imposent au vu des circonstances, c'est-�-dire lorsque ce qui est semblable n'est pas trait� de mani�re identique et ce qui est dissemblable ne l'est pas de mani�re diff�rente (ATF 137 I 58 consid.4.4 p. 68; 136 I 297 consid. 6.1 p. 304; 134 I 23 consid. 9.1 p. 42 et la jurisprudence cit�e). Les situations compar�es ne doivent pas n�cessairement �tre identiques en tous points, mais leur similitude doit �tre �tablie en ce qui concerne les �l�ments de fait pertinents pour la d�cision � prendre (ATF 129 I 113 consid. 5.1 p. 125; 125 I 1 consid. 2b/aa p. 4; 123 I 1 consid. 6a p. 7 et la jurisprudence cit�e).
5.2.�Dans l'arr�t 2A.297/2006 pr�cit�, le Tribunal f�d�ral avait en substance renvoy� l'affaire au tribunal cantonal pour nouvel examen de la proportionnalit� de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un Turc de la 2
�me�g�n�ration. Statuant sur la nouvelle d�cision cantonale, qui constatait notamment que cette personne pr�sentait des troubles psychiques rendant une th�rapie gu�re envisageable, le Tribunal f�d�ral avait retenu (arr�t 2A.87/2007 pr�cit� consid. 3.2) que la question �tait pour le moment ouverte de savoir si cet �tranger se conformerait d�sormais � l'ordre juridique et qu'il convenait pour l'heure de prononcer un avertissement � son endroit.
5.3.�Le recourant ne peut rien tirer de ces deux arr�ts. Il perd en effet de vue que l'examen du respect de la proportionnalit� d'une mesure s'effectue selon les circonstances du cas d'esp�ce et que celles-ci varient forc�ment d'une situation � une autre, quand bien m�me les cas peuvent pr�senter certaines similitudes. A cet �gard, la situation de la personne qui a donn� lieu � ces deux arr�ts diverge de sa propre situation au moins sur deux �l�ments essentiels, � savoir qu'elle concernait un �tranger de la 2
�me�g�n�ration, dont l'autorisation d'�tablissement a �t� r�voqu�e sans avertissement pr�alable. En l'occurrence en revanche, le recourant n'est pas n� en Suisse, et il a b�n�fici� de deux avertissements avant que la d�cision de r�vocation de son autorisation d'�tablissement ne soit finalement prise par le Service cantonal. Le grief tir� de la violation du principe d'�galit� de traitement est partant infond�.
Au surplus, le fait que des renvois aient aussi �t� confirm�s par le Tribunal f�d�ral en pr�sence d'infractions plus graves que celles commises par le recourant (cf. par exemple arr�t 2C_494/2007 du 17 d�cembre 2007 consid. 6.1) n'est pas non plus pertinent et ne change rien au bien-fond� de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement prononc�e en l'esp�ce.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours. Les frais judiciaires seront donc mis � la charge du recourant, qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Il ne sera pas allou� de d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).

References: art. 97
 art. 64
 art. 96
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 62
 art. 5
 ATF 
 art. 96