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Timestamp: 2016-10-25 15:34:56+00:00

Document:
4C.389/2002 (21.03.2003)
4C.389/2002 /ech
Y.________ S�rl, d�fenderesse et recourante,
demanderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Laurent Schmidt, avocat, rue des Vergers 4, case postale 1296, 1951 Sion.
contrat de vente; repr�sentation, error in persona,
recours en r�forme contre le jugement de la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan du 22 octobre 2002.
A.a Y.________ S�rl (ci-apr�s: Y.________), dont le si�ge social est � E.________, est une soci�t�, fond�e en d�cembre 1993, qui a notamment pour but l'achat et la vente d'appareils �lectroniques et de "consommables" (toner) pour les syst�mes d'impression; elle est engag�e par la signature individuelle de l'associ�-g�rant A.________. A partir de juin 1995, Y.________ a exploit� � l'avenue T.________, en ville, de F.________, un magasin de produits informatiques dans le cadre d'un contrat de franchise avec la soci�t� Z.________. Y.________ se fournissait r�guli�rement en mat�riel aupr�s de la soci�t� X.________ SA (ci-apr�s: X.________). Les commandes de Y.________ aux fournisseurs �taient g�n�ralement pass�es par A.________, parfois par l'employ� d'alors de la soci�t�, B.________.
D�s le mois de d�cembre 1996, W.________ S�rl (ci-apr�s: W.________), qui �tait active dans l'achat et la vente de produits informatiques et avait pour associ�-g�rant avec signature individuelle C.________, a lou� des locaux sis � la m�me adresse, � c�t� du magasin Z.________, pour y exploiter, elle aussi, un magasin de mat�riel informatique, sous l'enseigne K.W.________ �tait �galement cliente de X.________, qui lui livrait de la marchandise � l'avenue T.________.
Si les deux commerces disposaient d'entr�es distinctes, �taient exploit�s s�par�ment et n'avaient pas les m�mes employ�s, ils �taient clients l'un de l'autre et utilisaient un local commun pour entreposer une partie de leur stock. Il a �t� constat� que la marchandise livr�e par les fournisseurs �tait prise en charge indiff�remment par les employ�s des deux magasins, ce qui a g�n�r� des confusions dans les commandes et les livraisons et fait na�tre des tensions entre A.________ et C.________.
A.b D�s la fin 1996, Y.________ a rencontr� des difficult�s avec le franchiseur Z.________, qui ne parvenait pas � lui livrer dans des d�lais satisfaisants les marchandises command�es.
Au d�but de l'ann�e 1998, Z.________ et Y.________ ont mis fin � leur collaboration. A.________ et C.________ sont alors convenus que les locaux lou�s par Y.________ seraient sous-lou�s � W.________ � partir du 27 f�vrier 1998. Les employ�s de Y.________ ont d'abord �t� mis � la disposition de W.________ du 27 f�vrier 1998 au 31 mars 1998, avant d'�tre engag�s par celle-ci d�s le 1er avril 1998.
La situation des deux commerces pendant la p�riode transitoire dont il vient d'�tre question a engendr� un certain flou pour leur personnel, auquel aucune directive n'avait �t� donn�e au sujet de la r�ception de la marchandise livr�e soit � Y.________, soit � W.________. Du reste, A.________ n'a pas quitt� les locaux de Y.________ � la fin f�vrier 1998; il a continu� d'occuper un bureau � l'arri�re du magasin o� il effectuait du travail administratif pour Y.________.
A.c.a Le 2 mars 1998, X.________, qui n'avait �t� inform�e ni de la cessation d'activit� de Y.________ dans les locaux de l'avenue T.________, ni de la "reprise" des employ�s de ladite soci�t� par W.________, a re�u par t�l�copie la commande de 40 imprimantes. Cette commande, qui indiquait comme adresse de livraison "Y.________ S�rl, av. T.________, � F.________", portait en regard de l'intitul� "commercial" le nom de A.________ et comportait une signature.
Les appareils command�s ont �t� livr�s le m�me jour. Le bulletin de livraison porte l'indication "commande du 2.3.98. A.________" et indique clairement que le destinataire de la marchandise est Y.________; ce document contient la mention manuscrite "visum Kunde" et une signature, dont leur auteur n'a pas �t� identifi�.
Le 5 mars 1998, X.________ a adress� � Y.________ la facture relative � cette livraison, dont le montant est de 14 158 fr.55.
A.c.b Le 3 avril 1998, B.________ a command� � X.________ trois "Matrox Rainbow" et 40 imprimantes. Le bulletin de livraison, dat� du m�me jour, porte la mention "commande du 03.04.98/ Monsieur B.________" et indique comme adresse de livraison le si�ge social de Y.________, soit E.________. Le bulletin de livraison en cause contenait, comme le pr�c�dent, l'indication manuscrite "visum Kunde" et une signature, dont leur auteur n'a pas �t� d�termin�.
Il a �t� retenu que la livraison a �t� op�r�e � l'avenue T.________, � F.________.
X.________ a envoy� le 8 avril 1998 � Y.________ la facture aff�rente � cette commande, qui se monte � 14 684 fr.45.
A.d D�s la mi-avril 1998, �poque de son retour de vacances, puis par lettre du 21 mai 1998, A.________ a fait savoir � X.________ que les factures des 5 mars et 8 avril 1998 ne concernaient pas Y.________, que le mat�riel avait �t� command� frauduleusement sous son nom et que la commande du 3 avril 1998 concernait W.________, puisque son auteur, B.________, travaillait pour cette soci�t� depuis le 1er avril 1998.
R�pondant � un pli recommand� de X.________.________ du 4 juin 1998, A.________ a maintenu sa position.
A.e Y.________ a repris possession des locaux sous-lou�s � W.________ le 5 juin 1998; elle y a exploit� un commerce � l'enseigne "M.________".
Le 5 novembre 1998, X.________ a ouvert action devant le Tribunal d'H�rens et Conthey contre Y.________ et W.________, concluant en capital au paiement de 14 158 fr.55 et de 14 684 fr.45. La demanderesse soutenait que Y.________ et W.________, constitu�es en soci�t� simple, �taient solidairement d�bitrices du mat�riel qu'elle avait livr� � l'avenue T.________ � F.________ les 2 mars et 3 avril 1998.
W.________ ayant contest� la comp�tence ratione loci du tribunal saisi, le juge instructeur, par d�cision du 29 mai 2000, a admis l'exception d'incomp�tence et d�clar� irrecevable l'action ouverte contre W.________.
La demanderesse a alors modifi� ses conclusions pour les diriger uniquement contre Y.________, qui a conclu � lib�ration.
W.________ a �t� mise en faillite le 28 juin 2000.
En cours d'instruction, A.________ a soutenu que la premi�re commande avait �t� faite sur un formulaire informatis� comportant automatiquement sa signature �lectronique, que n'importe quel collaborateur mal intentionn� aurait pu copier. En ce qui concerne la seconde commande, B.________ a d�clar� qu'il ne s'expliquait pas la raison pour laquelle le bulletin de livraison mentionnait Y.________, puisque le jour o� il l'a effectu�e, soit le 3 avril 1998, il travaillait pour W.________.
Par jugement du 22 octobre 2002, la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan a condamn� la d�fenderesse � payer � la demanderesse
14 158 fr.55 avec int�r�ts � 5% d�s le 6 avril 1998 et 14 684 fr.45 avec int�r�ts � 5% d�s le 9 mai 1998.
En substance, l'autorit� cantonale a tout d'abord ni� que W.________ et Y.________ ait constitu� une soci�t� simple, de sorte qu'aucune responsabilit� solidaire au sens de l'art. 544 al. 3 CO n'entrait en ligne de compte.
Examinant ensuite le litige sous l'angle des r�gles de la repr�sentation et de la protection du tiers de bonne foi, la Cour civile a admis, s'agissant de la vente du 2 mars 1998, que la demanderesse �tait fond�e � croire, sur la base du contenu du fax re�u, que la commande �manait de la d�fenderesse. L'employ�, qui a r�ceptionn� le mat�riel express�ment destin� � la d�fenderesse et ainsi ratifi� la commande, est apparu comme le repr�sentant de Y.________, car celle-ci avait conf�r� � toutes les personnes qui travaillaient � l'avenue T.________ le pouvoir de recevoir en son nom la marchandise livr�e par ses fournisseurs. L'apparence de pouvoirs de repr�sentation, ont poursuivi les magistrats valaisans, est imputable � Y.________.
Pour ce qui concerne la commande du 3 avril 1998, elle �manait d'un ex-employ� de la d�fenderesse, dont la demanderesse pouvait de bonne foi admettre qu'il pouvait repr�senter Y.________. En outre, la marchandise a �t� accept�e sans commentaire par un employ� qui apparaissait comme le repr�sentant de la d�fenderesse. Enfin, l'absence de r�action de A.________ entre la premi�re et la seconde livraison a confort� la demanderesse dans l'id�e que Y.________ poursuivait son activit� � l'avenue T.________.
L'autorit� cantonale en a d�duit que la d�fenderesse �tait engag�e par les deux ventes litigieuses et devait payer les factures qui s'y rapportaient, la qualit� du mat�riel livr� n'ayant pas �t� contest�e.
Y.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle requiert que la demanderesse soit enti�rement d�bout�e de ses pr�tentions.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (qui ne peuvent en prendre de nouvelles: art. 55 al. 1 let. b OJ), mais il n'est pas li� par les motifs qu'elles invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par l'argumentation juridique retenue par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 128 III 22 consid. 2e/cc in fine; 127 III 248 consid. 2c; 126 III 59 consid. 2a). Le Tribunal f�d�ral peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux invoqu�s par le recourant; il peut aussi rejeter un recours en op�rant une substitution de motifs, c'est-�-dire en adoptant une autre argumentation juridique que celle retenue par la cour cantonale (ATF 127 III 248 consid. 2c).
La recourante pr�tend que les juges cantonaux ont viol� le droit f�d�ral, et singuli�rement les art. 32 et 38 CO, en retenant, eu �gard aux circonstances de l'esp�ce et aux usages commerciaux, qu'elle avait la volont� de donner procuration. Elle all�gue en vrac qu'aucun pouvoir de la repr�senter ne pouvait exister, du moment que la demanderesse savait que deux soci�t�s distinctes exploitaient un commerce � la m�me adresse � F.________, que les bulletins de livraison ont �t� sign�s par un employ� de W.________, que le stock de Y.________ �tait distinct de celui de W.________, que B.________ a reconnu n'avoir pas agi pour Y.________ lors de la seconde commande et que, pendant deux ans, aucune erreur de livraison et de facturation n'est intervenue entre la d�fenderesse et W.________. En outre, aucun des crit�res qui permettrait d'opposer � Y.________, en vertu du principe de la bonne foi, l'existence d'une procuration apparente ne serait r�alis�. Enfin, la recourante soutient qu'elle a imm�diatement relev� les erreurs de livraison, apr�s avoir contr�l� que les imprimantes ne lui �taient pas destin�es.
Il convient tout d'abord de faire porter l'analyse sur la commande du 2 mars 1998, non sans pr�ciser � la recourante qu'elle ne saurait compl�ter � loisir l'�tat de fait retenu souverainement par l'autorit� cantonale, en se pr�valant de circonstances qui n'ont pas �t� �tablies.
3.1 Il a �t� constat� d�finitivement que, le jour susrappel�, un t�l�fax a �t� adress� � la demanderesse, par lequel celle-ci �tait invit�e � livrer � la d�fenderesse, dans le magasin qu'elle exploitait � l'avenue T.________, � F.________, un lot de 40 imprimantes. La commande t�l�copi�e �tait faite au nom de l'associ�-g�rant de la recourante A.________, dont elle comportait une reproduction de la signature. L'int�ress� a toujours ni� avoir pass� commande du mat�riel en question et a soutenu qu'un collaborateur mal intentionn� a pu entrer en contact avec l'intim�e le 2 mars 1998 en se servant d'un formulaire informatis� qui contenait automatiquement sa signature.
Les 40 imprimantes ont �t� livr�es le m�me jour � la recourante. On ignore qui a sign� le bulletin de livraison.
Il appara�t donc qu'on ne saurait exclure que la commande du 2 mars 1998 a �t� op�r�e par un tiers, demeur� inconnu, qui s'est immisc� dans la sph�re juridique de la d�fenderesse. La cour cantonale a fait �tat de cette hypoth�se au consid�rant 3e in fine du jugement attaqu�, o� elle a retenu, en se r�f�rant toutefois aux deux commandes litigieuses, qu'il �tait "vraisemblable que la marchandise n'(avait) �t� ni command�e ni vendue par Y.________".
La Cour civile a n�anmoins fait application des r�gles de la repr�sentation fond�es sur la protection du tiers de bonne foi pour admettre qu'un contrat de vente avait �t� conclu entre les parties le 2 mars 1998. On ne saurait la suivre dans cette voie. En effet, il n'y a pas d'effet de repr�sentation si quelqu'un n'agit pas au nom d'une autre personne, mais sous un faux nom, par exemple lorsqu'un employ� se fait passer pour le chef d'entreprise. A d�faut de toute volont� de repr�sentation de l'usurpateur, l'application des r�gles sur la repr�sentation tir�es du principe de la confiance est d'embl�e exclue (cf. ATF 120 II 197 consid. 2b/aa in fine et les r�f�rences doctrinales).
Or, il convient d'admettre que la demanderesse n'a pas apport� la preuve, comme l'exige l'art. 8 CC, du fait g�n�rateur qui fonde sa cr�ance, � savoir que A.________ est bien l'auteur de la t�l�copie qu'elle a re�ue le 2 mars 1998. Dans ces conditions, les relations entre les parties en cette occurrence, qui reposent sur l'envoi � l'intim�e dudit fax par un inconnu ayant usurp� l'identit� de A.________, ne peuvent relever que de la gestion d'affaires (art. 419 ss CO).
3.2 La loi distingue la gestion d'affaires parfaite (ou altruiste), effectu�e dans l'int�r�t du ma�tre (art. 422 CO), de la gestion d'affaires imparfaite (ou int�ress�e), entreprise dans l'int�r�t du g�rant (art. 423 CO; cf., � ce propos, notamment Schmid, Commentaire zurichois n. 14 et 15 ad Vorbemerkungen zu Art. 419-424 CO; Hofstetter, Le mandat et la gestion d'affaires, in Trait� de droit priv� suisse, VII/2, 1, p. 229). La gestion parfaite est r�guli�re lorsqu'elle est command�e par les int�r�ts du ma�tre, qu'elle est justifi�e et que le ma�tre ne s'y est pas oppos� de mani�re reconnaissable (arr�t 4C. 234/1999 du 12 janvier 2000, consid. 6/aa, publi� in SJ 2000 I p. 421;Tercier, Les contrats sp�ciaux, 3e �d., n. 5312 et 5326/5327; Engel, Contrats de droit suisse, 2e �d., p. 570); elle est parfaite et irr�guli�re lorsque le g�rant avait bien l'intention d'agir dans l'int�r�t du ma�tre mais qu'il l'a fait sans que cela soit justifi� par cet int�r�t, voire contrairement � la volont� du ma�tre (arr�t 4C. 234/1999 pr�cit�, ibidem; Tercier, op. cit., n. 5356; Engel, op. cit., p. 573).
Dans la gestion imparfaite, le g�rant s'immisce dolosivement dans la sph�re d'autrui comme s'il s'agissait de ses propres affaires (Tercier, op. cit., n. 5367 et 5368; Engel, op. cit., p. 574). L'�l�ment qui caract�rise la gestion imparfaite est la volont� du g�rant de traiter l'affaire d'autrui comme la sienne propre et de s'en approprier les profits (ATF 126 III 69 consid. 2a). Autrement dit, il faut que le g�rant retire de son intervention illicite, directement ou indirectement, un avantage patrimonial (Tercier, op. cit., n. 5385 � 5387).
3.3 Dans le cas pr�sent, la gestion d'affaires parfaite et r�guli�re n'entre pas en ligne de compte, car on ne voit pas qu'une intervention de la nature envisag�e ait pu �tre justifi�e par l'int�r�t du ma�tre, soit de la d�fenderesse. De fait, celle-ci aurait �t� tout � fait en mesure d'agir elle-m�me en requ�rant de l'intim�e la livraison des imprimantes. Aucune situation d'urgence n'a du reste �t� retenue qui aurait l�gitim� la passation d'une commande sans que l'accord de la recourante soit au pr�alable sollicit�.
De m�me, la gestion d'affaires imparfaite est exclue, car le g�rant (l'auteur inconnu du fax) n'a manifestement cherch�, en effectuant cette commande, ni son propre int�r�t, ni celui d'une autre personne. Il ne s'est en particulier pas appropri� les 40 imprimantes, lesquelles, apr�s leur livraison, sont rest�es en possession de la d�fenderesse.
On se trouve donc en pr�sence d'une gestion d'affaires parfaite et irr�guli�re. Le g�rant a certes agi dans l'int�r�t de la recourante, mais il ne peut invoquer aucun motif valable pour justifier son immixtion. D'une part, il n'y avait aucune urgence � passer une commande d'imprimantes en faveur de la d�fenderesse le 2 mars 1998. D'autre part, il n'appara�t pas que cet acte ait �t� n�cessaire; ainsi, il n'a pas �t� retenu que la recourante se f�t engag�e � livrer du mat�riel de ce type � des clients le mois en question.
3.4 Pour que la recourante soit li�e par l'acte d'intervention dont il vient d'�tre question, il faut donc qu'elle l'ait approuv� r�troactivement (art. 424 CO). La ratification des actes de gestion au sens de cette norme peut �tre expresse ou r�sulter d'actes concluants (arr�ts 4C. 52/1995 du 17 octobre 1995 consid. 3, et 4C. 61/1992 du 3 f�vrier 1993, consid. 5b; Engel, op. cit., p. 571). Le silence vaut ratification de l'acte accompli, si, par application du principe de la bonne foi objective (art. 2 CC), les circonstances exigent que le cocontractant manifeste son refus.
In casu, la demanderesse a adress� � la d�fenderesse le 5 mars 1998 la facture relative � la livraison des 40 imprimantes, qui se montait � 14 158 fr.55. Pourtant, ce n'est qu'� la mi-avril 1998, donc pr�s d'un mois et demi plus tard, que A.________ a fait savoir � l'intim�e que la facture en question ne concernait pas la recourante. On ne saurait raisonnablement admettre que A.________ ait pu ignorer la livraison de la marchandise en cause. Bien que la d�fenderesse ait sous-lou� ses locaux � W.________ � compter du 27 f�vrier 1998, le pr�nomm� n'a pas quitt� les lieux, mais a continu� d'occuper un bureau � l'arri�re du magasin. On ne voit donc pas comment l'entreposage d'un lot de 40 imprimantes, dans les anciens locaux de la recourante, a pu passer inaper�u. Le silence observ� par A.________ plusieurs semaines apr�s avoir re�u la facture de la demanderesse est donc concluant en vertu du principe de la confiance et vaut ratification de l'acte accompli par le g�rant (la personne inconnue qui a �mis le fax du 2 mars 1998).
Comme l'a retenu la cour cantonale, mais par substitution de motifs, il y a lieu de consid�rer que la d�fenderesse �tait bien li�e par la commande en question.
Il convient maintenant de faire porter le raisonnement sur la seconde commande de p�riph�riques d'ordinateurs.
4.1 Il r�sulte des faits constat�s en instance cantonale que B.________ a command� � la demanderesse le 3 avril 1998 trois "Matrox Rainbow" ainsi que 40 imprimantes, pour le prix total de 14 684 fr.45. L'adresse qui figure sur le bulletin de livraison, dat� du m�me jour, est celle du si�ge social de la d�fenderesse, � E.________; la livraison a cependant �t� effectu�e � l'avenue T.________, � F.________. On ignore qui a sign� le bulletin de livraison.
Il s'agit donc de savoir si l'intim�e peut l�gitimement pr�tendre que le contrat de vente portant sur ce mat�riel a �t� pass� le 3 avril 1998 avec la recourante repr�sent�e par son ancien employ� B.________, alors qu'il est �tabli que ce dernier, � cette date, ne travaillait plus pour la d�fenderesse, mais pour W.________.
4.2 L'art. 32 al. 1 CO dispose que les droits et les obligations d�rivant d'un contrat fait au nom d'une autre personne par un repr�sentant autoris� passent au repr�sent�. Pour que les effets de repr�sentation prennent naissance, il faut que le repr�sentant dispose du pouvoir de repr�sentation, c'est-�-dire qu'il soit habilit� � faire na�tre des droits et des obligations directement en faveur et � la charge du repr�sent�, et que le repr�sentant ait la volont� d'agir en cette qualit� (ATF 126 III 59 consid. 1b).
4.2.1 S'agissant pr�cis�ment de la volont� de repr�sentation, elle peut �tre soit expresse, soit objectivement exprim�e, en ce sens que le tiers puisse inf�rer du comportement du repr�sentant interpr�t� selon le principe de la confiance qu'il existe un rapport de repr�sentation (ATF 120 II 197 consid. 2b/aa). A cet �gard, les relations d'affaires dans lesquelles s'inscrit le rapport de droit litigieux doivent �tre prises en compte (ATF 4C.296/1995 du 26 mars 1996, consid. 5b, in SJ 1996 p. 554 ss).
Le bulletin de livraison dress� par l'intim�e � la suite de la commande de B.________ indique explicitement, comme adresse de livraison, le si�ge social de la d�fenderesse. Il est donc �vident que la demanderesse s'est rendu compte que l'int�ress� n'agissait pas pour lui-m�me, mais comme repr�sentant d'une soci�t� tierce. Ce point n'est d'ailleurs pas contest�.
4.2.2 La facture aff�rente � la seconde commande de mat�riel a �t� envoy�e par l'intim�e � la recourante le 8 avril 1998. D�s son retour de vacances, soit environ une semaine plus tard, A.________ a inform� la demanderesse notamment que cette note ne concernait pas la soci�t� dont il �tait associ�-g�rant. Il s'ensuit que la d�fenderesse a manifest� sans retard qu'elle n'avait pas la volont� d'�tre repr�sent�e par B.________.
Mais la question se pose de savoir si la recourante, bien qu'elle n'ait pas souhait� �tre repr�sent�e par B.________, se trouve n�anmoins li�e par l'acte de ce dernier pour le motif qu'elle aurait adopt� � l'�gard de l'intim�e une attitude permettant � celle-ci, en vertu du principe de la confiance, de conclure � l'existence d'un pouvoir de repr�sentation, par le biais d'une procuration externe apparente (externe Anscheinsvollmacht) (art. 33 al. 3 CO; ATF 124 III 418 consid. 1c; 120 II 197 consid. 2a; arr�t 4C.276/1999 du 21 octobre 1999, consid. 3c).
Il a �t� retenu en fait que B.________ a �t� employ� par la d�fenderesse jusqu'au 27 f�vrier 1998 et qu'il lui arrivait de passer des commandes � des fournisseurs de cette soci�t�, au nombre desquels figurait la demanderesse. Comme la recourante et W.________ exploitaient chacune un magasin vendant les m�mes produits � une adresse commune, des confusions entre les commandes des deux soci�t�s �taient d�j� survenues.
Apr�s cette date, B.________ a �t� mis � disposition de W.________ avant d'�tre engag� par celle-ci d�s le 1er avril 1998. La p�riode qui s'est �coul�e entre le 27 f�vrier et le 31 mars 1998 a engendr� pour le personnel et de la recourante et de W.________ un certain flou, car aucune directive pr�cise n'avait �t� donn�e notamment en ce qui concernait la r�ception des marchandises livr�es � l'avenue T.________.
Il appert donc que la d�fenderesse, en n'informant pas la demanderesse qu'elle cessait ses activit�s � l'avenue T.________ � compter du 27 f�vrier 1998 et qu'elle n'avait d�sormais plus de personnel, a cr�� l'apparence que ses anciens employ�s, � l'exemple de B.________, continuaient � �tre des repr�sentants autoris�s lorsqu'il s'agissait de passer des commandes � des fournisseurs r�guliers, comme l'�tait l'intim�e. La recourante se devait d'autant plus d'agir aupr�s de ses anciens fournisseurs qu'elle savait d'exp�rience que des confusions de commandes pouvaient survenir. Sa passivit� en cette occurrence est la source d'une apparence de repr�sentation, qui lui est objectivement imputable au vu des circonstances qu'elle connaissait. D�s l'instant o� la bonne foi de l'intim�e, du reste pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC), ne fait aucun doute, la demanderesse est engag�e vis-�-vis de la d�fenderesse par la commande op�r�e par son repr�sentant apparent.
Le premier moyen de la recourante doit �tre rejet�.
Se pr�valant des art. 23 ss CO, la d�fenderesse pr�tend qu'elle a �t� victime d'une erreur quant � la personne de son cocontractant. Elle all�gue qu'� aucun moment, elle n'a voulu conclure un contrat avec la demanderesse. L'erreur aurait �t� invoqu�e de mani�re claire, dans le d�lai l�gal et conform�ment au principe de la bonne foi.
5.1 Selon l'art. 24 al. 1 ch. 2 CO, il y a erreur essentielle sur la personne (error in persona) lorsque celui qui se pr�vaut de son erreur avait en vue une autre personne et qu'il s'est engag� principalement en consid�ration de cette personne. En d'autres termes, pour qu'une telle erreur soit admise, il faut que l'erreur porte sur l'identit� du cocontractant, lequel a �t� confondu avec une autre personne (Schmidlin, Commentaire bernois, n. 410 ad art. 23/24 CO). Et, pour que cette erreur dans la d�claration soit consid�r�e comme essentielle, il convient que la personne du cocontractant soit importante pour le d�clarant, qui a conclu le contrat intuitu personae (Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d., p. 325). Ce sera en particulier le cas dans les contrats o� le d�biteur est en principe tenu d'ex�cuter personnellement son obligation (art. 68 CO) et o� les rapports de confiance jouent un r�le primordial - � l'instar du mandat - ainsi que dans les contrats de dur�e o� la personnalit� du partenaire contractuel joue un r�le de premier plan (contrat de soci�t�, bail � loyer, bail � ferme) (cf. Schwenzer, Commentaire b�lois, n. 14 ad art. 24 CO).
5.2 Aucune erreur sur la personne du cocontractant n'entre en l'esp�ce en consid�ration. D'une part, il est exclu d'admettre que la recourante ait confondu l'intim�e, qui constituait un de ses fournisseurs r�guliers, avec une autre soci�t�. La d�fenderesse n'a du reste jamais pr�tendu qu'il y aurait eu m�prise avec un tiers pr�cis�ment d�sign�. D'autre part, il n'appara�t pas que dans le cadre du contrat de vente, o� les prestations doivent en g�n�ral s'effectuer simultan�ment, la personne du vendeur rev�te par principe pour l'acheteur une grande importance. Le moyen est d�nu� de fondement.
Au vu de ce qui pr�c�de, du moment que la qualit� du mat�riel vendu n'a pas fait l'objet d'une quelconque contestation, l'arr�t cantonal, dans son r�sultat, ne viole pas le droit f�d�ral et le recours doit �tre rejet�.
Vu l'issue du litige, les frais et d�pens seront mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux parties et � la Cour civile I du Tribunal cantonal valaisan.

References: art. 55
 ATF 
in fine
 art. 32
in fine
 ATF 
in fine
 Art. 419
In casu
 ATF 
 art. 23
 art. 23
 art. 24