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Timestamp: 2016-10-25 12:13:33+00:00

Document:
4A_374/2014 (26.02.2015)
4A_374/2014 � � Arr�t du 26 f�vrier 2015
Club A.________, repr�sent� par Mes X.________ et Y.________,
tous deux repr�sent�s par Me Z.________,
arbitrage international en mati�re de sport,
28 mars 2014 par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
A.a.�B.________ et C.________ (ci-apr�s d�sign�s collectivement: les entra�neurs ou les intim�s) sont des entra�neurs professionnels de football, de nationalit� argentine.
Club A.________ (ci-apr�s: le club ou le recourant) est un club de football professionnel mexicain, membre de la F�d�ration Mexicaine de Football (FMF), laquelle est affili�e � la F�d�ration Internationale de Football Association (FIFA). Le club, qui �volue en premi�re division dans le championnat national, est administr� par une soci�t� d�nomm�e D.________ SA de CV (ci-apr�s: D.________).
Par contrat de travail du 25 f�vrier 2009 conclu pour lui par D.________, le club a engag� les entra�neurs afin qu'ils assument la direction technique de sa premi�re �quipe jusqu'au 30 juin 2009, date marquant la fin du tournoi dit de "cl�ture 2009". Une clause arbitrale, ins�r�e dans ce contrat, invitait les parties � soumettre les diff�rends pouvant les opposer � l'avenir aux tribunaux en mati�re de travail de l'Etat de ... et � la FMF.
Au terme de la dur�e dudit contrat, le club, qui s'�tait maintenu en premi�re division, a engag� un nouvel entra�neur.
A.b.�Le 24 juillet 2009, les entra�neurs ont saisi la Commission de Conciliation et de R�solution des Conflits (ci-apr�s: la CCRC) de la FMF d'une r�clamation p�cuniaire dirig�e contre le club. Ils all�guaient, � son appui, avoir conclu avec le club, le 25 f�vrier 2009 �galement, un second contrat, comportant la m�me clause arbitrale, pour la p�riode du 1er juillet 2009 au 30 juin 2011, contrat dont l'entr�e en vigueur d�pendait du maintien du club en premi�re division. Selon eux, d�s lors que cette condition s'�tait accomplie, le club avait rompu ill�galement leurs rapports de travail en engageant un nouvel entra�neur, si bien qu'il devait r�pondre � leur �gard de cette violation contractuelle.
Le club d�fendeur a conclu au rejet des pr�tentions �lev�es par les entra�neurs. Il a ni� l'existence du second contrat de travail invoqu� par ceux-ci, arguant de faux la signature pr�tendument appos�e au pied du contrat par le pr�sident du club, ce qui l'avait du reste pouss� � saisir la justice p�nale en date du 12 juin 2009.
Ayant pris connaissance de ce moyen de d�fense, la CCRC a rendu, le 9 septembre 2009, une d�cision (ci-apr�s: la d�cision CCRC 2009) au terme de laquelle elle a d�clar� ce qui suit (traduction fran�aise du texte espagnol, tir�e de la traduction officielle de la sentence attaqu�e produite par le recourant sous pi�ce 2bis) :
"La [CCRC] de la [FMF] �tant d�ment constitu�e et le premier vote ayant �t� fait concernant les positions respectives des parties; compte tenu des documents produits et vu que ceux-ci attestent de la plainte du [club] sur des faits qui constituent peut-�tre un d�lit, cette Commission d�cide de suspendre la proc�dure concernant ce diff�rend vu que l'examen, la mati�re et la d�cision sur l'existence des d�lits d�passent la connaissance et la juridiction de cette autorit�, de sorte que les droits des parties sont r�serv�s pour qu'elles les fassent valoir dans la forme et les termes qu'elles estiment convenables..."
Deux ans plus tard, plus pr�cis�ment le 6 octobre 2011, la CCRC a rendu la d�cision suivante (ci-apr�s: la d�cision CCRC 2011; m�me remarque que plus haut concernant la traduction fran�aise du texte espagnol) :
"Durant son temps de parole, [le pr�sident de la CCRC] indique que: vu l'�tat de la proc�dure ainsi que l'attestation du secr�taire de cette commission; vu que la proc�dure a �t� interrompue pendant un laps de temps sup�rieur � six mois et que n'est en cours aucune d�cision sur une quelconque action, diligence, r�ception de rapports ou de copies ayant �t� demand�es; vu que la forclusion op�re rien que par le temps qui s'�coule, sur la base des dispositions de l'article 773 de la loi f�d�rale du travail, il est consid�r� que la partie demanderesse est d�sist�e tacitement de toutes et chacune des actions qu'elle exerce dans la pr�sente proc�dure, celle-ci devant �tre class�e en tant qu'affaire totalement et d�finitivement close."
A.c.�Entre-temps, le 1er octobre 2009, soit moins d'un mois apr�s la notification de la d�cision CCRC 2009, les entra�neurs avaient saisi la Commission du Statut du Joueur de la FIFA (ci-apr�s: la CSJ), lui soumettant les m�mes conclusions que celles qu'ils avaient formul�es devant la CCRC.
Dans une lettre du 18 mars 2011, suivie d'un autre courrier du 25 avril 2011, le club a fait savoir � la CSJ, par le truchement de la FMF, qu'il contestait sa comp�tence, motif pris de la proc�dure pendante, quoique suspendue, devant la CCRC. Invit�e, le 12 avril 2012, par la CSJ � l'informer sur l'�tat de ladite proc�dure, la CCRC lui a indiqu�, le lendemain, qu'elle avait ordonn� le classement du dossier par d�cision du 6 octobre 2011.
Statuant le 11 mai 2012, le juge unique de la CSJ a admis sa comp�tence de jugement sur la base de l'art. 22 let. c du R�glement du Statut et du Transfert des Joueurs (ci-apr�s: le RSTJ), eu �gard au caract�re international du litige. Il a cependant rejet� la demande des entra�neurs au motif que les contrats de travail litigieux sign�s par chacun d'eux l'avaient �t� non pas avec le club d�fendeur, qui ne poss�dait donc pas la l�gitimation passive, mais avec la soci�t� D.________, laquelle, n'�tant pas affili�e � la FIFA, n'entrait pas dans le champ d'application�
ratione personae�de la juridiction sportive institu�e par cette association.
B.a.�Le 10 janvier 2013, les entra�neurs ont interjet� appel aupr�s du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Ils ont conclu � l'annulation de la d�cision pr�cit�e, qui leur avait �t� notifi�e le 21 d�cembre 2012, et � l'allocation des montants r�clam�s par eux.
Une formation compos�e de trois avocats sud-am�ricains (ci-apr�s: la Formation) a �t� constitu�e le 12 mars 2013.
Dans ses moyens de d�fense, le club a soulev� l'exception de litispendance, motif pris de la proc�dure p�nale en cours � l'origine de la d�cision CCRC 2009, et l'exception de prescription en raison du temps qui s'�tait �coul� entre la date, all�gu�e, de r�siliation des rapports de travail - le 25 mai 2009 -et celle de la saisine du TAS.
Apr�s avoir invit� les parties � produire un certain nombre de documents, la Formation a ordonn�, le 10 septembre 2013, l'ex�cution d'une expertise graphologique ind�pendante.
Le 8 octobre 2013, le TAS a envoy� une ordonnance de proc�dure aux deux parties, lesquelles l'ont sign�e sans �lever aucune objection quant � la comp�tence de cette juridiction arbitrale.
Une audience d'instruction a �t� tenue le 18 octobre 2013 � S�o Paulo (Br�sil).
Le 17 d�cembre 2013, l'experte d�sign�e a remis son rapport.
B.b.�La Formation a rendu sa sentence le 28 mars 2014. Admettant partiellement l'appel des entra�neurs, elle a annul� la d�cision du juge unique de la CSJ du 11 mai 2012 et condamn� le club � indemniser ses anciens employ�s � diff�rents titres. En tant qu'ils int�ressent la pr�sente proc�dure, les motifs sur lesquels repose ladite sentence peuvent �tre r�sum�s comme il suit.
Dans leurs m�moires respectifs, les deux parties ont reconnu la comp�tence du TAS pour conna�tre de l'appel; elles ont de plus ratifi� cette reconnaissance en signant l'ordonnance de proc�dure y relative. La comp�tence du TAS, qui r�sulte de l'art. 67.1 des Statuts de la FIFA, est ainsi acquise.
S'agissant du droit applicable, la Formation se fondera, en premier lieu, sur les r�gles �tablies par la FIFA. A titre suppl�tif, elle appliquera la l�gislation suisse, cette association ayant son si�ge en Suisse. Elle prendra aussi en consid�ration les statuts et r�glements de la FMF de m�me que la l�gislation mexicaine en mati�re de droit du travail. En tout �tat de cause, la Formation, mettant en exergue le fait que le diff�rend a pour cadre une double relation de travail, examinera le cas en faisant appel � deux principes reconnus en la mati�re: le premier commande d'avoir �gard au fait que le travailleur, en tant que partie la plus faible � cette relation, a besoin d'une protection sp�ciale; le second, d�nomm� principe de la primaut� de la r�alit� des faits, invite le juge � privil�gier la situation effective dans laquelle se trouve le salari� lorsque celle-ci diverge de ce dont les parties sont convenues.
L'exception de litispendance doit �tre �cart�e, car ses conditions d'admission ne sont pas r�alis�es. En effet, il n'y a pas identit� des parties, �tant donn� que les entra�neurs ne sont pas impliqu�s directement dans la proc�dure p�nale, sur le vu du texte de la plainte d�pos�e par le club. Les deux actions engag�es par celui-ci ne sont du reste pas non plus identiques quant � leur objet respectif, puisque l'une ressortit au droit p�nal et l'autre tend au paiement d'indemnit�s du chef de la r�siliation pr�tendument illicite d'un contrat de travail. Ses conditions fussent-elles r�alis�es, l'exception de litispendance n'en devrait pas moins �tre �cart�e dans la mesure o� le club, qui avait la charge de cette preuve, n'est pas parvenu � d�montrer que, contrairement aux all�gations des entra�neurs et aux pi�ces cens�es les �tayer, la proc�dure p�nale en question serait toujours en cours de traitement. Or, il s'agit l� d'une condition n�cessaire � l'admission de l'exception de litispendance.
L'exception de prescription est vou�e au m�me sort que la pr�c�dente d�s lors qu'en saisissant la CSJ le 1er octobre 2009 � la suite de la r�siliation unilat�rale de leurs rapports de travail intervenue le 25 mai 2009, les entra�neurs ont agi bien avant l'expiration du d�lai de deux ans fix� � l'art. 25 al. 5 RSTJ.
Cela �tant, il convient de d�terminer, en premier lieu, si la CSJ �tait comp�tente pour conna�tre de l'action ouverte devant elle le 1
er�octobre 2009 par les entra�neurs. Afin de r�soudre ce probl�me, il faut se demander, d'abord, si les entra�neurs auraient d� poursuivre la proc�dure qu'ils avaient introduite le 24 juillet 2009 devant la CCRC au lieu de saisir un organe juridictionnel de la FIFA. Devra �tre examin�e ensuite, en cas de r�ponse n�gative � cette question pr�alable, l'incidence sur la comp�tence de la CSJ du fait que l'un des signataires du contrat de travail litigieux, � savoir D.________, n'est pas affili� � la FIFA.
La r�ponse � la premi�re question d�pend de l'interpr�tation de la d�cision CCRC 2009. Les parties divergent d'opinions sur ce point: pour les entra�neurs, cette d�cision les laissait libres d'agir comme bon leur semblait et, partant, de saisir la FIFA; pour le club, en revanche, la seule possibilit� offerte aux entra�neurs, s'ils �taient m�contents de ladite d�cision, e�t �t� de la soumettre au TAS par la voie de l'appel. La Formation consid�re que le texte de la d�cision CCRC 2009 n'est pas suffisamment clair, dans un sens ou dans l'autre, si bien qu'il doit �tre interpr�t�. Consid�r� � la lumi�re du principe de protection du salari�, ce texte doit �tre compris en ce sens que la CCRC a choisi de ne pas exercer sa comp�tence, tout en faisant en sorte que les entra�neurs puissent continuer � faire valoir leurs pr�tentions, non plus aupr�s d'elle, mais devant une autre juridiction pouvant �tre comp�tente. Aussi bien, la th�se inverse, selon laquelle la proc�dure suspendue aurait d� �tre reprise par la CCRC apr�s droit connu sur l'action p�nale en cours, appara�t contraire au principe sus-indiqu� car elle impliquerait qu'� l'heure actuelle, plus de quatre ans apr�s la saisine de la CCR, les entra�neurs ne pourraient toujours pas exercer leurs droits aff�rents � leur statut d'anciens salari�s du club, ce qui reviendrait � leur refuser l'acc�s � la justice. Quant � la d�cision CCRC 2011, dans laquelle il �tait pris acte du d�sistement tacite des entra�neurs, faute d'avoir continu� � exercer leurs droits devant la CCRC, elle n'�tait pas compatible avec la d�cision CCRC 2009, laquelle leur interdisait de le faire en raison de la proc�dure p�nale pendante. D�s lors, la d�claration de d�sistement contenue dans la d�cision du 6 octobre 2011 ne pouvait pas emp�cher les entra�neurs de chercher une nouvelle instance susceptible de trancher le diff�rend les opposant au club.
Sur le second point, force est d'admettre, par application du principe de primaut� de la r�alit� des faits et � d�faut de toute objection du club relativement � sa l�gitimation passive, que la Formation est comp�tente pour conna�tre du litige opposant les parties, nonobstant le fait que les contrats de travail des entra�neurs ont �t� formellement sign�s avec D.________.
[Suit l'examen des pr�tentions mat�rielles �lev�es par les entra�neurs, partie de la sentence qui est sans incidence sur le sort de la pr�sente proc�dure de recours.]
Le 16 juin 2014, le club a form� un recours en mati�re civile assorti d'une requ�te d'effet suspensif. D�non�ant une violation de l'art. 190 al. 2 let. b et e LDIP, il y invite le Tribunal f�d�ral � annuler la sentence du 28 mars 2014. Au m�moire de recours �taient annex�es, entre autres pi�ces, une expertise juridique, �tablie le 6 juin 2014 en espagnol par l'avocat et professeur d'universit� mexicain E.________, portant sur la question de l'autorit� de la chose jug�e de la d�cision CCRC 2011, ainsi qu'une traduction fran�aise officielle de cet avis de droit.
Sur requ�te ad hoc d�pos�e par les entra�neurs intim�s, la pr�sidente de la Ire Cour de droit civil a invit� le recourant � fournir des s�ret�s en garantie de leurs d�pens, par ordonnance du 21 ao�t 2014, ce qu'il a fait.
Dans sa r�ponse du 10 octobre 2014, le TAS, qui a produit le dossier de la cause, a conclu au rejet du recours.
Le 21 octobre 2014, les entra�neurs ont d�pos� leur r�ponse commune au greffe du Tribunal f�d�ral, concluant au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�. A leur m�moire, ils ont joint un avis de droit en espagnol, accompagn� d'une traduction fran�aise, que leur avait d�livr� l'avocat et professeur de droit mexicain F.________ au sujet de l'interpr�tation des d�cisions CCRC 2009 et CCRC 2011.
Dans une lettre adress�e le m�me jour au Tribunal f�d�ral, Me Z.________, avocat des intim�s, a fourni des explications touchant le respect du d�lai de r�ponse, avec pi�ces � l'appui.
Le recourant a contest� le bien-fond� de ces explications dans sa r�plique du 7 novembre 2014 et pri� le Tribunal f�d�ral de ne pas tenir compte de la r�ponse des intim�s ni de ses annexes. Il a joint � son m�moire un rapport compl�mentaire, �tabli en espagnol par l'expert E.________ susnomm�, avec une traduction fran�aise officielle.
Par lettre du 14 novembre 2014, accompagn�e de deux pi�ces, les intim�s ont compl�t� leur argumentation concernant le respect du d�lai de r�ponse. Ils ont encore fourni une nouvelle pi�ce � ce sujet dans leur duplique du 25 novembre 2014.
Un dernier �change d'�critures a eu lieu, les 12 (recourant) et 17 (intim�s) d�cembre 2014 sur la question du respect du d�lai pour le d�p�t de la r�ponse, apr�s quoi la pr�sidente de la Ire Cour de droit civil a clos l'instruction de la cause.
D'apr�s l'art. 54 al. 1 LTF, le Tribunal f�d�ral r�dige son arr�t dans une langue officielle, en r�gle g�n�rale dans la langue de la d�cision attaqu�e. Lorsque cette d�cision est r�dig�e dans une autre langue (ici l'espagnol), le Tribunal f�d�ral utilise la langue officielle choisie par les parties. Devant le TAS, celles-ci se sont servies de l'espagnol. Dans les m�moires qu'il a adress�s au Tribunal f�d�ral, le recourant a employ� le fran�ais. Les intim�s en ont fait de m�me. Conform�ment � sa pratique, le Tribunal f�d�ral adoptera la langue du recours et rendra, par cons�quent, son arr�t en fran�ais.
Le recours en mati�re civile est recevable contre les sentences touchant l'arbitrage international aux conditions fix�es par les art. 190 � 192 LDIP (art. 77 al. 1 let. a LTF). Qu'il s'agisse de l'objet du recours, de la qualit� pour recourir, du d�lai de recours, des conclusions prises par le recourant ou encore des griefs soulev�s dans le m�moire de recours, aucune de ces conditions de recevabilit� ne fait probl�me en l'esp�ce. Rien ne s'oppose donc � l'entr�e en mati�re.
Il convient de rechercher, en premier lieu, si le m�moire de r�ponse a �t� d�pos� en temps utile. Du sort r�serv� � ce m�moire d�pend, en effet, celui d'un certain nombre d'autres questions, telles que l'admissibilit� du d�p�t de l'avis de droit annex� � cette �criture, la recevabilit� de la r�plique, dans la mesure o� le recourant s'y emploie � r�futer les arguments d�velopp�s dans la r�ponse des intim�s - � l'exclusion de ceux du TAS, dont la r�ponse a �t� d�pos�e en temps utile et pouvait ainsi donner mati�re � r�plique -, la recevabilit� de la duplique et, le cas �ch�ant, l'attribution de d�pens aux intim�s ainsi que leur paiement au moyen des s�ret�s vers�es par le recourant.
3.1.�Les explications document�es, fournies par les parties dans les diff�rents m�moires et courriers qu'elles ont vers�s au dossier de la proc�dure f�d�rale, permettent de d�crire comme il suit les circonstances ayant entour� le d�p�t de la r�ponse des intim�s.
A r�ception du montant d�pos� au greffe du Tribunal f�d�ral par le recourant � titre de s�ret�s pour les d�pens des intim�s, ces derniers ont �t� invit�s, par ordonnance pr�sidentielle du 8 septembre 2014, � d�poser leur r�ponse jusqu'au 29 septembre 2014, d�lai qui a �t� prolong� jusqu'au 20 octobre 2014, � leur demande, par ordonnance pr�sidentielle du 30 septembre 2014.
Le 20 octobre 2014, le bureau lausannois de l'�tude ..., dont Me Z.________ est l'un des associ�s, a fait d�poser � l'office postal de St-Fran�ois, � Lausanne, cinq envois munis de codes � barres se terminant par les chiffres 980 � 984. Ce d�p�t est attest� par le sceau postal, portant la susdite date, qui a �t� appos� sur le formulaire intitul�: "Liste des codes � barres pour lettres avec suivi �lectronique des envois". Figurent �galement, sur le m�me formulaire, l'indication de l'exp�diteur - soit le tampon de l'�tude en question, auquel a �t� ajout�e, au crayon, la pr�cision: "Me Z.________" - et la r�f�rence manuscrite aux chiffres pr�cit�s. On y trouve encore la mention: "83 = colis", l'adjectif "quatre" et une signature manuscrite, tous trois appos�s au moyen d'un crayon (Act. 51, pce 7 et Act. 55, pce 1). Le code � barres se terminant par les chiffres 983 correspond � un envoi recommand� adress� � la Ire Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral suisse. Utilisant le syst�me d'affranchissement intelligent IFS, l'exp�diteur, dont le nom et l'adresse figurent au dos de l'enveloppe relative � cet envoi, i.e. l'�tude ..., a imprim� au recto de cette enveloppe la date (20 octobre 2014) et le montant de l'affranchissement (5 fr. 30), en haut � droite, ainsi que le code � barres muni d'un R majuscule et des trois chiffres pr�cit�s, au milieu � gauche. Un fonctionnaire de la Poste a ajout� � la main, sous le code � barres qu'il a biff�, l'indication: "1 kg 086", qui se r�f�re selon toute vraisemblance au poids de l'enveloppe et de son contenu, puis a remis l'envoi dans la case postale de l'exp�diteur en collant sur l'enveloppe une �tiquette invitant ce dernier � compl�ter la taxe manquante, avec cette pr�cision manuscrite, ajout�e en regard du verbe "Manque": "5,70 = colis" (Act. 37, Act. 43, pce 2 et Act. 51, pce 8).
Le 20 octobre 2014 toujours, par courrier �lectronique exp�di� � 15 h 27, l'�tude ... a transmis � Me W.________, conseil argentin des intim�s, un fichier 0762_001.pdf, contenant le texte scann� de la r�ponse (Act. 43, pces 3 � 6). Un double de ce m�moire aurait �galement �t� adress�, le m�me jour, aux avocats du recourant (Act. 39, 3
e��).
Le 21 octobre 2014, � 8 h 35, une employ�e de l'�tude ... a d�pos� � la loge du Tribunal f�d�ral un pli ferm� contenant trois exemplaires de la r�ponse, les pi�ces annex�es � celle-ci et une photocopie de l'enveloppe d�pos�e la veille au bureau postal de St-Fran�ois (Act. 37). Le m�me jour, Me Z.________ a adress� au Tribunal f�d�ral une lettre explicative concernant le respect du d�lai de r�ponse (Act. 42) � laquelle �tait jointe, entre autres pi�ces, une photocopie recto verso de l'enveloppe en question ayant contenu, aux dires de l'avocat, la r�ponse au recours et ses annexes (Act. 43, pce 2).
3.2.�Aux termes de l'art. 48 al. 1 LTF, les m�moires doivent �tre remis au plus tard le dernier jour du d�lai, soit au Tribunal f�d�ral, soit, � l'attention de ce dernier, � La Poste Suisse ou � une repr�sentation diplomatique ou consulaire suisse. En l'occurrence, le d�lai (judiciaire) de r�ponse, prolong� conform�ment � l'art. 47 al. 2 LTF, a expir� le lundi 20 octobre 2014 � minuit. Le d�p�t de la r�ponse et de ses annexes � la loge du Tribunal f�d�ral, le 21 octobre 2014, a donc �t� effectu� hors d�lai. Seul est, d�s lors, d�cisif, quant au respect du d�lai prolong�, le point de savoir si le m�moire de r�ponse et les pi�ces jointes � celui-ci ont �t� remis ou non � La Poste Suisse le 20 octobre 2014, comme le pr�tendent les entra�neurs. Il appartenait � ces derniers de le d�montrer. En effet, la preuve de l'exp�dition d'un acte de proc�dure en temps utile incombe � la partie, respectivement � son avocat. Une preuve stricte est exig�e, la vraisemblance pr�pond�rante ne suffisant pas (arr�t 9C_564/2012 du 12 septembre 2012, consid. 2 et les r�f�rences; JEAN-MAURICE FR�SARD, in Commentaire de la LTF, 2e �d. 2014, n� 29 ad art. 48 LTF).
Apr�s avoir pris connaissance des explications divergentes des parties et des pi�ces vers�es au dossier f�d�ral, la Cour de c�ans tient pour constant que l'enveloppe cens�e contenir la r�ponse et ses annexes a bien �t� d�pos�e le 20 octobre 2014 au bureau de poste de St-Fran�ois. Sa conviction, � cet �gard, repose sur la formule intitul�e: "Liste des codes � barres pour lettres avec suivi �lectronique des envois" o� figure un sceau de La Poste Suisse portant la date du 20 octobre 2014 et sur laquelle ont �t� port�es des indications suffisantes permettant de faire le lien entre la date officiellement constat�e et l'enveloppe munie du code � barres finissant par les chiffres 983, qui renfermerait pr�tendument la r�ponse et ses annexes. La d�monstration, effectu�e par le recourant dans sa lettre du 12 d�cembre 2014 (Act. 59), en vue de d�nier tout caract�re probant � cette pi�ce, sinon d'en contester l'authenticit�, n'est pas convaincante. Elle repose d'ailleurs essentiellement sur un malentendu en ce sens que le recourant croit pouvoir d�duire de la jurisprudence et de la doctrine en la mati�re que�
l'acceptation�d'un envoi par la Poste est l'�l�ment d�terminant pour savoir si cet envoi a �t� d�pos� dans le d�lai imparti. Or, tel n'est pas le cas, � supposer du moins qu'il faille d�duire du terme mis en �vidence, comme le sugg�re apparemment le recourant, que la remise d'un envoi effectu�e en temps utile, mais affect�e d'un d�faut r�parable, ne suffit pas � sauvegarder le d�lai fix� par la loi ou par le juge pour le d�p�t d'un m�moire. L'auteur invoqu� par l'int�ress� � l'appui de cette th�se ne lui est d'ailleurs d'aucun secours, car il souligne, lui aussi, � propos d'un autre vice, que, si la Poste retourne le pli � l'exp�diteur pour corriger l'adresse d�fectueuse, sans pour autant le refuser, l'acte est cens� lui avoir �t� remis � la date de la premi�re exp�dition ( YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal f�d�ral, Commentaire, 2008, n. 1236; voir d�j�: POUDRET/SANDOZ-MONOZ, Commentaire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire, vol. I, 1990, n� 4.3.1 ad art. 32 OJ, avec une r�f�rence � l'ATF 39 I 54; dans le m�me sens, cf. l'arr�t 9C_564/2012, pr�cit�, consid. 2.2). Pour en revenir au cas concret, il faut encore relever qu'au ch. 2.2.4 de ses "Conditions g�n�rales �Prestations du service postal� pour clients commerciaux" (�d. janvier 2014), la Poste ne sanctionne pas l'insuffisance du montant de l'affranchissement par le refus de prendre possession de l'envoi et de le communiquer � son destinataire, mais se r�serve le droit de r�clamer � l'exp�diteur la diff�rence � concurrence du montant d�, ainsi qu'un suppl�ment de traitement, voire, si l'exp�diteur est inconnu, de percevoir la diff�rence aupr�s du destinataire. En d'autres termes, l'envoi remis le 20 octobre 2014 au bureau de poste de St-Fran�ois par l'�tude ... n'�tait pas affect� d'un vice r�dhibitoire.
D�s lors, le seul point susceptible de pr�ter � discussion a trait au contenu de l'enveloppe remise � la poste le 20 octobre 2014. Cette question se pose parce que le conseil des intim�s, au lieu de compl�ter la taxe manquante, conform�ment aux instructions de la Poste, et de restituer le pli � cette derni�re afin qu'elle le fasse parvenir tel quel au Tribunal f�d�ral, aurait, selon ses dires, ouvert l'enveloppe qui avait �t� plac�e dans sa case postale, extrait son contenu et ins�r� celui-ci dans la nouvelle enveloppe apport�e � la loge du Tribunal f�d�ral le lendemain de l'�ch�ance du d�lai. Ce faisant, l'avocat des intim�s a combin�, en l'esp�ce, les deux modes alternatifs pr�vus par la loi pour le d�p�t, en Suisse, d'un m�moire, � savoir la remise de l'�criture au Tribunal f�d�ral directement et sa remise, � l'attention de ce dernier, � La Poste Suisse (art. 48 al. 1 LTF). Or, cette mani�re de proc�der, contraire au texte l�gal, n'est pas admissible. En effet, en mati�re de d�lais, il convient de s'en tenir � des principes simples et � des solutions claires, sous peine d'ouvrir la porte � de longues et oiseuses discussions, voire � des abus. La pr�sente cause, o� la controverse touchant le respect du d�lai de r�ponse est venue, sinon �clipser le litige au fond, du moins g�n�rer un d�bat sans fin, en constitue la meilleure illustration. Il va sans dire, au demeurant, qu'� mesure que la date d'�ch�ance d'un d�lai approche, le risque de ne pas observer le terme prescrit s'accro�t lui aussi, circonstance qui ne saurait �chapper � l'attention de tout mandataire professionnel diligent et qui devrait le conduire � redoubler de prudence lorsque la date couperet se profile � l'horizon. Dans ces conditions, il ne se justifie pas de permettre aux intim�s de d�montrer que l'enveloppe remise en temps utile au bureau de poste de St-Fran�ois contenait bien la r�ponse et ses annexes.
Il r�sulte de cet examen que seul est av�r� le d�p�t de la r�ponse et de ses annexes en date du 21 octobre 2014, soit un jour apr�s l'�ch�ance du d�lai, prolong�, qui avait �t� accord� aux intim�s pour ce faire. Quant � une �ventuelle demande de restitution du d�lai de r�ponse, fond�e sur l'art. 50 LTF, qui n'a du reste pas �t� express�ment formul�e par les int�ress�s, elle ne pourrait pas leur �tre accord�e, attendu que le non-respect du d�lai leur est imputable (affranchissement insuffisant, d'une part; ouverture de l'enveloppe, alors qu'il e�t fallu simplement compl�ter l'affranchissement insuffisant de celle-ci selon les instructions de la Poste et restituer � cette derni�re l'enveloppe non ouverte, d'autre part). D�s lors, le Tribunal f�d�ral ne peut qu'�carter du dossier la r�ponse et les pi�ces d�pos�es avec elle, de m�me que la duplique produite le 25 novembre 2014 par le conseil des intim�s (Act. 54). En bonne logique, il fera �galement abstraction des arguments que le recourant a d�velopp�s dans la r�plique � seule fin de r�futer ceux de la r�ponse des intim�s, pour autant qu'ils ne servent pas aussi � la r�futation des arguments avanc�s dans la r�ponse du TAS. Enfin, au cas o� le pr�sent recours viendrait � �tre rejet�, les intim�s n'auraient pas droit � des d�pens, si bien que le montant d�pos� au greffe du Tribunal f�d�ral en garantie du paiement de ceux-ci serait restitu� au recourant.
4.1.�Dans son principal moyen, le recourant, se fondant sur l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, soutient que la Formation a m�connu l'ordre public en rendant la sentence attaqu�e sans �gard � l'autorit� de la chose jug�e attach�e � la d�cision CCRC 2011. Selon lui, la CSJ aurait d�j� d� d�cliner sa comp�tence pour conna�tre de la demande que les entra�neurs lui avaient soumise le 1er octobre 2009, une cause relative � la m�me demande �tant pendante devant la CCRC depuis le 24 juillet 2009. Quant au TAS, il aurait d� se d�clarer incomp�tent pour se saisir de l'appel form� par les intim�s contre la d�cision du juge unique de la CSJ du 11 mai 2012 ou, � tout le moins, d�clarer cet appel irrecevable, d�s lors que la CCRC avait rendu, le 6 octobre 2011, une d�cision en force, susceptible d'�tre reconnue en Suisse.
4.2.1.�Un tribunal arbitral viole l'ordre public proc�dural, inclus dans la notion plus g�n�rale d'ordre public au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, s'il statue sans tenir compte de l'autorit� de la chose jug�e d'une d�cision ant�rieure ou s'il s'�carte, dans sa sentence finale, de l'opinion qu'il a �mise dans une sentence pr�judicielle tranchant une question pr�alable de fond (ATF 140 III 278 consid. 3.1 p. 279 et les arr�ts cit�s).
L'autorit� de la chose jug�e vaut �galement sur le plan international et r�git, notamment, les rapports entre un tribunal arbitral suisse et un tribunal �tatique ou arbitral �tranger. Si donc une partie saisit un tribunal arbitral ayant son si�ge en Suisse d'une demande identique � celle qui a fait l'objet d'un jugement ou d'une sentence en force rendu (e) entre les m�mes parties par un tribunal �tatique ou arbitral ayant son si�ge sur un territoire autre que la Suisse, le tribunal arbitral suisse devra d�clarer cette demande irrecevable, pour autant que le jugement �tranger ou la sentence �trang�re soit susceptible d'�tre reconnu (e) en Suisse en vertu de l'art. 25 LDIP ou de l'art. 194 LDIP (ATF 140 III 278 consid. 3.1 p. 279; arr�t 4A_508/2010 du 14 f�vrier 2011 consid. 3.1; Berger/Kellerhals, International and Domestic Arbitration in Switzerland, 3e �d. 2015, n. 1664). A ce d�faut, il s'exposera au grief de violation de l'ordre public proc�dural.
4.2.2.�La reconnaissance d'une sentence �trang�re est l'acte du juge qui accorde � une telle sentence les m�mes effets juridiques qu'� un jugement local. La partie qui entend s'opposer � l'introduction, devant un tribunal �tatique ou arbitral ayant son si�ge en Suisse, d'une action ayant le m�me objet que la sentence �trang�re soul�vera l'exception de chose jug�e et demandera la reconnaissance de cette sentence � titre incident, une proc�dure de reconnaissance autonome n'�tant pas requise � cette fin (arr�t 4A_508/2010, pr�cit�, ibid.; Kaufmann-Kohler/Rigozzi, Arbitrage international, 2e �d. 2010, n. 867).
Conform�ment � l'art. 194 LDIP, la reconnaissance et l'ex�cution des sentences arbitrales �trang�res sont r�gies par la convention de New York du 10 juin 1958 pour la reconnaissance et l'ex�cution des sentences arbitrales �trang�res (RS 0.277.12; ci-apr�s: CNY).
L'art. V CNY �nonce de mani�re exhaustive les motifs de refus de reconnaissance et d'ex�cution d'une sentence arbitrale �trang�re (ATF 135 III 136 consid. 2.1 p. 139). Ces motifs doivent �tre interpr�t�s restrictivement pour favoriser la reconnaissance et l'ex�cution de la sentence arbitrale (ATF 135 III 136 consid. 3.3). Il appartient � la partie qui s'oppose � la reconnaissance ou � l'exequatur d'�tablir que l'un des motifs de refus de l'art. V ch. 1 CNY existe (ATF 135 III 136 consid. 2.1 p. 139), alors que le juge pourra retenir d'office les deux motifs de refus de la reconnaissance ou de l'exequatur indiqu�s � l'art. V ch. 2 de ladite convention (Kaufmann-Kohler/Rigozzi, op. cit., n. 897).
Aux termes de l'art. V ch. 2 let. b CNY, la reconnaissance et l'ex�cution d'une sentence arbitrale pourront aussi �tre refus�es si l'autorit� comp�tente du pays o� la reconnaissance et l'ex�cution sont requises constate que la reconnaissance ou l'ex�cution de la sentence serait contraire � l'ordre public de ce pays. En tant que clause d'exception, la r�serve de l'ordre public s'interpr�te de mani�re restrictive, sp�cialement en mati�re de reconnaissance et d'ex�cution de jugements �trangers, o� sa port�e est plus �troite que pour l'application directe du droit �tranger (effet att�nu� de l'ordre public). Il y a violation de l'ordre public lorsque la reconnaissance ou l'ex�cution d'une sentence �trang�re heurte de mani�re intol�rable les conceptions suisses de la justice. Une sentence �trang�re peut �tre incompatible avec l'ordre juridique suisse non seulement � cause de son contenu mat�riel, mais aussi en raison de la proc�dure dont elle est issue. A cet �gard, l'ordre public suisse exige le respect des r�gles fondamentales de la proc�dure d�duites de la Constitution, telles que le droit � un proc�s �quitable et celui d'�tre entendu (arr�t 4A_124/2010 du 4 octobre 2010 consid. 5.1; arr�t 4A_233/2010 du 28 juillet 2010 consid. 3.2.1; arr�t 4P.173/2003 du 8 d�cembre 2003 consid. 4.1 et les pr�c�dents cit�s).
Quiconque participe � la proc�dure doit se conformer aux r�gles de la bonne foi (cf. art. 52 du Code de proc�dure civile [CPC]; RS 272). Le principe de la bonne foi, ainsi �nonc� pour la proc�dure civile ordinaire, est de port�e g�n�rale, si bien qu'il r�git aussi la proc�dure arbitrale, et ce dans le domaine de l'arbitrage interne comme en mati�re d'arbitrage international (arr�t 4A_606/2013 du 2 septembre 2014 consid. 6.2.1; arr�t 4A_214/2013 du 5 ao�t 2013 consid. 4.3.1). En vertu de ce principe, il n'est pas admissible de garder en r�serve des griefs concernant des vices de proc�dure qui auraient pu �tre rectifi�s imm�diatement pour ne les soulever qu'en cas d'issue d�favorable de la proc�dure arbitrale. Cette r�gle s'oppose aussi � ce que des motifs de refus de reconnaissance de la sentence �trang�re pr�vus par la CNY en raison de l'existence de tels vices puissent �tre valablement invoqu�s s'ils ne l'ont pas d�j� �t� en temps utile alors que la proc�dure arbitrale �tait pendante (�
Pr�klusionswirkung, selon la terminologie allemande). En revanche, la CNY n'exige pas que la partie intim�e � la requ�te de reconnaissance, qui s'est pr�value�
pendente lite�d'une irr�gularit� de proc�dure bien que sans succ�s, ait contest�, de surcro�t, la sentence par les recours disponibles au si�ge de l'arbitrage (arr�t 4A_124/2010, pr�cit�, consid. 6.3.3.1 et les r�f�rences). Il n'est du reste pas certain que l'effet de d�ch�ance s'applique �galement � un vice relevant de l'ordre public proc�dural, tel le non-respect du droit d'�tre entendu, qui constitue � la fois un motif de refus � invoquer par les parties (art. V ch. 1 let. b CNY) et un motif de refus � examiner d'office (art. V ch. 2 let. b CNY) (Patocchi/Jermini, in Commentaire b�lois, Internationales Privatrecht, 3e �d. 2013, n� 90 ad art. 194 LDIP; voir aussi: Franz Satmer, Verweigerung der Anerkennung ausl�ndischer Schiedsspr�che wegen Verfahrensm�ngeln, 1994, p. 94, ch. V). Au demeurant et sur un plan plus g�n�ral, la question de l'effet de d�ch�ance, simplement �voqu�e ici, est fortement disput�e dans la doctrine et la jurisprudence sp�cialis�es. De plus, elle n'est gu�re dissociable des circonstances du cas particulier, de sorte qu'il para�t pr�somptueux de vouloir la r�soudre dans l'abstrait et de mani�re d�finitive (sur cette probl�matique, cf., parmi d'autres: Borris/Hennecke, in New York Convention Commentary, Reinmar Wolff [�d.], 2012, nos 46 ss ad art. V CNY; Christian Josi, Die Anerkennung und Vollstreckung der Schiedsspr�che in der Schweiz, 2005, p. 137 ss; Satmer, op. cit., p. 94 ss; Poudret/Besson, Comparative Law of International Arbitration, 2e �d. 2007, n. 943 ss). La Cour de c�ans optera, d�s lors, pour une approche concr�te de la question, fond�e sur l'analyse du comportement respectif des parties sous l'angle des r�gles de la bonne foi.
Un jugement �tranger reconnu ne produit pas plus d'effet en Suisse que ne lui en attribue le syst�me juridique dont il �mane et il n'a en Suisse que l'autorit� qui serait la sienne s'il �manait d'un tribunal suisse (ATF 140 III 278 consid. 3.2). L'�tendue, en Suisse, de l'autorit� de la chose jug�e dont est rev�tue une sentence �trang�re susceptible d'�tre reconnue dans ce pays ob�it au m�me principe jurisprudentiel (arr�t 4A_508/2010, pr�cit�, consid. 3.3; Patocchi/Jermini, op. cit., n� 136 ad art. 194 LDIP).
4.2.3.�Le Tribunal f�d�ral examinera librement les questions de droit, y compris les questions pr�alables, qui pourraient se poser s'agissant de d�terminer si la Formation a pass� outre � l'autorit� de la chose jug�e de la d�cision CCRC 2011. Au besoin, il reverra aussi l'application du droit mexicain pertinent. Il n'en deviendra pas pour autant une cour d'appel. Aussi ne recherchera-t-il pas lui-m�me, dans la sentence attaqu�e, les arguments juridiques qui pourraient justifier l'admission du grief fond� sur l'art. 190 al. 2 let. e LDIP et que le recourant ne lui aurait pas pr�sent�s, contrairement aux exigences de l'art. 77 al. 3 LTF. Cependant, le Tribunal f�d�ral statuera, en toute hypoth�se, sur la base des faits �tablis par le Tribunal arbitral (art. 105 al. 1 LTF), y compris ceux ayant trait au d�roulement de la proc�dure arbitrale (cf. ATF 140 III 16 consid. 1.3.1 et les r�f�rences), sauf exceptions pr�vues par la jurisprudence ad hoc (ATF 140 III 278 consid. 3.4 p. 283).
Par ailleurs et en d�pit de l'objection soulev�e � cet �gard par le TAS dans sa r�ponse au recours, rien ne s'oppose � la prise en compte de l'avis de droit �manant de l'avocat et professeur E.________, que le recourant a annex� � son m�moire (arr�t 4A_146/2013 du 10 janvier 2013 consid. 2.6 et le pr�c�dent cit�), voire, sous les r�serves sus-indiqu�es (cf. consid. 3.2, dernier �), de l'expertise juridique compl�mentaire, �tablie par la m�me personne, que le recourant a produite avec sa r�plique.
4.3.1.�Dans sa r�ponse au recours, le TAS affirme que le recourant n'a jamais soulev� l'exception de chose jug�e devant lui, mais s'est pr�valu d'un cas de litispendance en relation avec la d�cision CCRC 2009 ainsi que de la prescription de l'action ouverte par les intim�s. Selon lui, il e�t �t� parfaitement contradictoire, de la part de l'int�ress�, de soutenir � la fois que la cause �tait pendante devant la CCRC, d'une part, et que les entra�neurs, en saisissant la CSJ, n'avaient pas tenu compte de l'autorit� de la chose jug�e attach�e � la d�cision rendue le 6 octobre 2011 par la CCRC, d'autre part. Cette d�cision, ajoute le TAS, n'est du reste apparue qu'au moment o� la CSJ, ayant invit� la FMF � l'informer sur l'�tat de la proc�dure en cours devant la CCRC, s'est vu r�pondre par la f�d�ration mexicaine, et non par le club recourant, que le dossier avait �t� class� par la d�cision en question, r�ponse intervenue le 13 avril 2012 (cf. let. A.c, 2e �, ci-dessus), soit six mois apr�s la notification de cette d�cision aux parties.
Il appert des constatations figurant dans la sentence attaqu�e quant au d�roulement de la proc�dure arbitrale mise en oeuvre par la Formation et des motifs expos�s dans cette sentence, tels qu'ils ont �t� r�sum�s plus haut (cf. let. B.), que le recourant n'a effectivement fait valoir, dans cette proc�dure, que les exceptions de�
lis pendenset de prescription. Quant � la d�cision CCRC 2011, il ne s'en est pas pr�valu � l'appui d'une exception de chose jug�e, mais pour �tayer son exception de prescription et soutenir que le d�sistement d'instance de la part des entra�neurs, constat� dans cette d�cision, avait r�tabli la situation juridique existant avant l'introduction de la demande aupr�s de la CCRC, si bien que l'action des entra�neurs �tait prescrite (sentence, n. 94). Les constatations relatives � ces faits proc�duraux lient le Tribunal f�d�ral. D'ailleurs, le recourant n'invoque pas l'une des rares exceptions qui permettent � la Cour de c�ans de les revoir. Sans doute soutient-il, r�f�rences � l'appui, avoir bel et bien all�gu� l'existence de la d�cision CCRC 2011 et le fait que cette d�cision emp�chait le TAS de statuer � nouveau sur la demande des intim�s (r�plique, p. 22 s., n. 2), raison pour laquelle il invite le Tribunal f�d�ral � demander au TAS l'enregistrement de l'audience du 18 octobre 2013 (Act. 10). Toutefois, hormis le fait que cette offre de preuve n'est pas suffisamment pr�cise, en ce qu'elle se r�f�re en bloc � un enregistrement sans en indiquer le passage d�terminant, et que les extraits d'�critures invoqu�s par le recourant ne sont pas concluants, � l'exception du contenu d'un courrier de l'int�ress� du 3 janvier 2014 dont la Formation a jug� le d�p�t tardif (cf. recours, p. 14 s., n. 33 et 34 et les pi�ces cit�es), la d�marche du recourant ne consiste qu'en une remise en cause inadmissible des susdites constatations.
Dans ces conditions, on voit d�j� mal comment reprocher � la Formation d'avoir m�connu l'autorit� de la chose jug�e de la d�cision CCRC 2011 et, partant, d'avoir rendu une sentence incompatible avec l'ordre public proc�dural, alors m�me qu'elle n'�tait pas saisie de l'exception correspondante. Quoi qu'il en soit, d�t-on admettre, par hypoth�se, que cette exception avait �t� soulev�e par le recourant, voire que la Formation �tait tenue de constater d'office l'autorit� de la chose jug�e dont �tait pr�tendument rev�tue la d�cision CCRC 2011, le sort du recours ne s'en trouverait pas modifi� pour les motifs �nonc�s ci-apr�s.
4.3.2.1.�La CNY ne d�finit pas ce qu'il faut entendre par�
sentence arbitrale�(Kaufmann-Kohler/Rigozzi, op. cit., n. 874). Tout au plus assimile-t-elle express�ment l'arbitrage institutionnel � l'arbitrage ad hoc sous ce rapport (art. I ch. 2 CNY; Andreas Bucher, in Commentaire romand, Loi sur le droit international priv� - Convention de Lugano, 2011, n� 20 ad art. 194 LDIP). Pour le reste, savoir si la qualification de sentence arbitrale, au sens de la CNY, d�pend du droit de l'Etat d'origine de la d�cision, du droit de l'Etat requis ou d'une d�finition autonome propre � la Convention est une question disput�e (� ce sujet, cf., parmi d'autres: Bernd Ehle, in New York Convention Commentary, Reinmar Wolff [�d.], 2012, nos 12 ss ad art. I CNY), m�me si la derni�re approche semble avoir la pr�f�rence au sein de la doctrine ( K aufmann-Kohler/Rigozzi, op. cit., n. 877). Quoi qu'il en soit, pour �tre qualifi�e de sentence arbitrale, une d�cision d'origine priv�e doit �tre comparable � celle d'un tribunal �tatique (Poudret/Besson, op. cit., ibid. et les exemples cit�s au n. 878). Selon la jurisprudence du Tribunal f�d�ral, une v�ritable sentence, assimilable au jugement d'un tribunal �tatique, suppose que le tribunal qui la rend offre des garanties suffisantes d'impartialit� et d'ind�pendance. A cet �gard, la d�cision prise par l'organe d'une association sportive ayant qualit� de partie au proc�s, cet organe f�t-il d�nomm� tribunal arbitral, ne constitue qu'une simple manifestation de volont� �mise par l'association int�ress�e; il s'agit d'un acte relevant de la gestion et non d'un acte judiciaire (ATF 119 II 271 consid. 3b p. 275 s.).
Le TAS exprime de s�rieux doutes quant � la possibilit� d'assimiler la d�cision CCRC 2011 � une v�ritable sentence arbitrale, au motif que le Tribunal f�d�ral consid�re que les organes juridictionnels de la FIFA ne constituent pas de v�ritables tribunaux arbitraux (r�ponse, n. 12 avec une r�f�rence � l'arr�t publi� aux ATF 136 III 345 consid. 2.2.1). Pareils doutes ne sont pas l�gitimes en l'esp�ce, s'agissant du statut juridique de la CCRC et abstraction faite de la proc�dure qui a �t� conduite par cet organisme�
in casu. Du reste, le TAS lui-m�me a conf�r�, dans une sentence du 21 d�cembre 2011 (n. 21 � 25; cause CAS 2010/A/2091 Dennis Latcher c. Derek Boateng Owusu), la qualit� de v�ritables sentences arbitrales, susceptibles d'�tre reconnues et ex�cut�es selon la CNY, aux d�cisions rendues par le tribunal arbitral de l'Association Isra�lienne de Football (IFA) - association comparable � la FMF -, en opposant ces d�cisions-l� � celles rendues par la CSJ de la FIFA (n. 26).
L'art. 22 let. c RSTJ attribue � la FIFA la comp�tence pour trancher, notamment, les litiges de dimension internationale entre un club et un entra�neur relatifs au travail, � moins qu'un tribunal arbitral ind�pendant garantissant une proc�dure �quitable existe au niveau national. Selon le commentaire du RSTJ publi� par la FIFA, la dimension internationale du litige vient de ce que l'entra�neur est �tranger dans le pays concern�. La FMF a fait usage de la r�serve formul�e dans la disposition cit�e. L'art. 77 de ses Statuts attribue � la CCRC la connaissance de toutes les r�clamations que ses membres auraient entre eux. L'art. 91 des m�mes Statuts limite cette comp�tence aux disputes nationales internes, � savoir celles opposant les membres de la FMF, tels le club recourant, en tant qu'affili� direct, et les entra�neurs intim�s, ind�pendamment de leur nationalit�, en qualit� d'affili�s indirects (art. 12 des Statuts). D'apr�s son r�glement, la CCRC est un organe paritaire permanent constitu� d'un pr�sident, d�sign� par la Commission du Joueur et par le repr�sentant des clubs - pr�sident assist� d'un secr�taire nomm� par le conseil national -, d'un repr�sentant des clubs d�sign� par les clubs professionnels ainsi que d'un repr�sentant des joueurs choisi par les joueurs professionnels et charg� �galement d'y faire valoir les int�r�ts des entra�neurs. Le r�glement de la CCRC pr�voit une phase de conciliation suivie, le cas �ch�ant, d'un v�ritable proc�s contradictoire avec administration de preuves. La d�cision, rendue par la CCRC � la majorit� de ses membres � l'issue de la proc�dure d'instruction, peut faire l'objet d'un appel au TAS apr�s �puisement des instances juridictionnelles internes (art. 92 des Statuts). Dans son avis de droit solidement motiv� (n. 30 � 82), l'avocat et professeur E.________, apr�s avoir analys� en d�tail le fonctionnement de cet organe juridictionnel, arrive � la conclusion que la CCRC est un v�ritable tribunal arbitral, selon le droit mexicain, et que les d�cisions rendues par elle sont des sentences arbitrales au sens de l'art. I ch. 2 CNY. Il n'y a pas lieu de mettre en doute le r�sultat de cette analyse, laquelle n'est pas critiqu�e comme telle par le TAS.
4.3.2.2.�En principe, seul un jugement au fond d�finitif jouit de l'autorit� de la chose jug�e, tandis qu'un jugement de proc�dure en force ne peut en �tre rev�tu, tout au plus, qu'en rapport avec la condition de recevabilit� dont le tribunal a admis ou ni� l'existence (ATF 134 III 467 consid. 3.2 p. 469; 115 II 187 consid. 3a; Fran�ois Bohnet, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 112 ad art. 59 CPC; Simon Zingg, in Commentaire bernois, Schweizerische Zivilprozessordnung, vol. I, 2012, n� 107 ad art. 59 CPC). Cependant, le droit de proc�dure civile suisse assimile certains actes unilat�raux des parties au jugement (Bohnet, op. cit., n� 120 ad art. 59 CPC). Ainsi en va-t-il du d�sistement d'action (art. 241 al. 2 CPC; voir aussi l'art. 208 al. 2 CPC pour la proc�dure de conciliation), par opposition au d�sistement d'instance, dont les conditions sont fix�es � l'art. 65 CPC. Bien que la loi ne fasse pas de distinction terminologique � cet �gard, il ne faut pas confondre les deux institutions (Denis Tappy, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 22 ad art. 241 CPC; pour la situation ant�rieure � l'entr�e en vigueur du CPC, voir l'arr�t 4A_124/2014, pr�cit�, consid. 3.2 et les r�f�rences). Le d�sistement d'action � proprement parler, qui constitue l'une des formes du pass�-exp�dient, est l'acte par lequel le demandeur abandonne les conclusions qu'il a prises au proc�s; il porte sur l'action et b�n�ficie de l'autorit� de la chose jug�e. Le d�sistement d'instance ou retrait de la demande, en revanche, qui n'en est pas rev�tu, est un acte qui met exclusivement fin � l'instance et qui ne fait pas obstacle � la r�introduction de l'action � certaines conditions (Fabienne Hohl, Proc�dure civile, tome I, 2001, n. 1346 � 1348; Bohnet, op. cit., n� s 1 � 7 ad art. 65 CPC; Tappy, ibid.).
Il ressort des explications de l'expert E.________ (avis de droit, n. 83 � 106) que le droit de proc�dure civile mexicain distingue, lui aussi, le d�sistement d'action du d�sistement d'instance et attribue � ces deux actes de proc�dure unilat�raux des effets comparables � ceux qu'ils sortissent d'apr�s le droit de proc�dure civile suisse; qu'en principe, la d�claration de caducit� qu'entra�ne l'inactivit� proc�durale durant une p�riode d�termin�e n'�quivaut qu'� un d�sistement d'instance; que, toutefois, par exception � la r�gle g�n�rale, lorsqu'une telle d�claration intervient en application de l'art. 773 de la loi f�d�rale sur le travail, comme dans le cas de la d�cision CCRC 2011, elle est consid�r�e comme un d�sistement d'action rev�tu de l'autorit� de la chose jug�e; partant, que ladite d�cision s'opposait � ce que les entra�neurs fissent valoir leurs pr�tentions en introduisant une nouvelle action o� que ce f�t, y compris devant un organe juridictionnel de la FIFA.
Il y a lieu d'admettre, sur le vu de ces explications, que, contrairement � l'avis exprim� par le TAS (r�ponse, n. 10), la d�cision CCRC 2011 en force n'a pas uniquement mis un terme � l'instance pendante devant le tribunal arbitral sportif de la FMF, mais a eu pour effet d'exclure toute nouvelle action portant sur le m�me objet. Or, il n'est pas contestable, ni contest� d'ailleurs, que l'action ouverte le 1er octobre 2009 par les entra�neurs devant la CSJ �tait identique, quant � ses auteurs et � son objet (sur cette derni�re notion, cf. l'arr�t publi� aux ATF 140 III 278 consid. 3.3 et les arr�ts cit�s), � celle qui avait �t� soumise, le 24 juillet 2009, � la CCRC. Par cons�quent, le juge unique de la CSJ, lorsqu'il avait statu� sur cette action, le 11 mai 2012, en ayant connaissance de la d�cision d�finitive rendue le 6 octobre 2011 par la CCRC, aurait d� la d�clarer irrecevable pour cause de chose jug�e. Le TAS, pour sa part, n'aurait pas d� entrer en mati�re sur l'appel des entra�neurs ni rendre une sentence sur le fond, sauf � violer l'ordre public proc�dural.
Encore faut-il, pour pouvoir reprocher au TAS d'avoir m�connu l'autorit� de la chose jug�e de la d�cision CCRC 2011, que cette d�cision soit susceptible d'�tre reconnue en Suisse sur la base de la CNY. C'est ce qu'il reste � examiner.
4.3.2.3.�L'ordre public du pays o� la reconnaissance de la sentence est requise, dont l'art. V ch. 2 let. b CNY �rige la violation en motif de refus � retenir d'office, exige, lorsque ce pays est la Suisse, le respect des r�gles fondamentales de la proc�dure d�duites de la Constitution, tel le droit d'�tre entendu (cf. consid. 4.2.2, 4e �, ci-dessus). Ce droit, qui s'applique aussi en mati�re d'arbitrage, suppose que chaque partie ait le droit de s'exprimer sur les faits essentiels pour la sentence � rendre, de pr�senter son argumentation juridique, de proposer ses moyens de preuve sur des faits pertinents et de prendre part aux s�ances du tribunal arbitral (arr�t 4A_606/2013 du 2 septembre 2014 consid. 4.1 et les arr�ts cit�s).
En l'esp�ce, la d�cision CCRC 2011 a �t� rendue en violation manifeste du droit d'�tre entendu des intim�s. De fait, elle a �t� prise le 6 octobre 2011, par le pr�sident de la CCRC, sur la seule base d'un rapport de la secr�taire de ce tribunal arbitral attestant qu'aucune d�marche n'avait �t� effectu�e par les parties depuis le 9 septembre 2009, date � laquelle la CCRC avait ordonn� la suspension de la cause (d�cision CCRC 2009). Il n'est pas �tabli, ni all�gu� du reste, que les parties aient �t� convoqu�es � cette s�ance, qui n'a dur� qu'une demi-heure, ni m�me qu'elles aient simplement �t� inform�es de sa tenue. Pourtant, comme le rel�ve l'expert E.________ dans son avis de droit (n. 101 et note de pied 62), en vertu des art. 772 et 773 de la loi f�d�rale sur le travail, le d�sistement d'action ne peut �tre constat� par la CCRC que sur requ�te d'une des parties et apr�s une interpellation pr�alable du travailleur rest� inactif rendant ce dernier attentif aux cons�quences de son inaction. Concr�tement, on a affaire, dans le cas pr�sent, � deux travailleurs argentins, repr�sent�s par un avocat argentin, � qui l'on voudrait opposer une disposition figurant dans la loi mexicaine en mati�re de travail qui les priverait d�finitivement de la possibilit� de faire valoir leurs droits en justice, par la fiction juridique - contraire � la r�gle g�n�rale ne pr�voyant que la caducit� d'instance - d'un d�sistement d'action cons�cutif � leur simple inactivit�, et ce sans qu'ils aient �t� mis en mesure de se d�fendre de quelque fa�on que ce f�t, alors que le m�me tribunal arbitral avait rendu deux ans plus t�t une d�cision ambigu� les invitant, sinon � mieux agir, du moins � ne pas agir avant droit connu sur la proc�dure p�nale pour faux dans les titres ouverte ant�rieurement sur plainte du recourant. Qui plus est, les entra�neurs, n'�tant pas parties � la proc�dure p�nale en question, n'�taient pas en mesure de faire avancer celle-ci, si bien que le recourant pouvait obtenir une sentence constatant la caducit� de l'action introduite contre lui par les intim�s en laissant simplement la proc�dure p�nale pendante suivre son cours et en s'abstenant d'entreprendre toute d�marche propre � la faire avancer.
Force est d'admettre, d�s lors, que la violation crasse du droit d'�tre entendu des entra�neurs par la CCRC constitue un motif de refus de la reconnaissance de la d�cision CCRC 2011.
Les intim�s n'ont pas eu l'occasion de se d�fendre contre cette violation de leur droit d'�tre entendus�
pendente lite�puisqu'ils n'ont appris l'existence de la d�cision CCRC qu'apr�s son prononc�. Ils ne sauraient donc �tre consid�r�s comme forclos pour n'avoir pas r�agi avant que ce tribunal arbitral ait statu�. Sans doute n'ont-ils pas interjet� appel aupr�s du TAS contre la d�cision CCRC 2011, alors qu'il leur �tait th�oriquement possible de le faire. Toutefois, �tant donn� les circonstances, le recourant leur reproche � tort de n'avoir pas emprunt� cette voie de droit. Comme on l'a d�j� soulign�, la question de l'effet de d�ch�ance, motif pris du non-usage d'un moyen de droit disponible, est fort controvers�e, et il est loin d'�tre acquis que semblable effet vaille aussi pour des vices de proc�dure, telle la violation du droit d'�tre entendu, qui constituent des motifs de refus de reconnaissance � examiner d'office sous l'angle de la CNY (cf. consid. 4.2.2, � 5, ci-dessus). D'autre part, il para�t d�licat, au regard du principe de l'�conomie de la proc�dure, de vouloir reprocher aux intim�s de ne pas avoir appel� de la d�cision CCRC 2011 aupr�s du TAS. Exiger d'eux qu'ils introduisissent, devant cet organe, une proc�dure arbitrale pouvant s'av�rer longue et co�teuse, � la seule fin de faire constater que la d�cision les concernant, prise par le tribunal arbitral sportif mexicain, violait les dispositions pertinentes du droit mexicain, quitte � permettre encore � leur adverse partie, ce faisant, d'attaquer devant le Tribunal f�d�ral la sentence qui e�t �t� par hypoth�se favorable aux appelants, tout ceci pour les autoriser, le cas �ch�ant, � r�activer, une ou plusieurs ann�es plus tard, la proc�dure close � tort par la CCRC, en vue d'obtenir un examen au fond de leurs pr�tentions, n'aurait gu�re de sens. Il ne faut pas oublier non plus que les int�ress�s n'ont pas adopt� une attitude illogique en saisissant la CSJ sans �gard au fait qu'ils avaient introduit leur demande en premier lieu devant la CCRC, attendu que le TAS a interpr�t� comme eux la d�cision CCRC 2009 en ce sens que le tribunal arbitral mexicain avait choisi de ne pas exercer sa comp�tence et les avait laiss�s libres de faire valoir leurs pr�tentions devant un autre organe juridictionnel. Par cons�quent, les intim�s ne peuvent pas se voir opposer un effet de d�ch�ance pour ne pas avoir entrepris la d�cision CCRC 2011.
4.4.�Il appert de cet examen que la sentence rendue le 6 octobre 2011 par la CCRC, quoique rev�tue de l'autorit� de la chose jug�e selon le droit mexicain, est contraire � l'ordre public de la Suisse, si bien que sa reconnaissance doit �tre refus�e en vertu de l'art. V ch. 2 let. b CNY. Aussi le juge unique de la CSJ et, � sa suite, le TAS, en entrant en mati�re sur la demande des entra�neurs, nonobstant la d�cision CCRC 2011, n'ont-ils pas viol� l'ordre public proc�dural au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Le moyen soulev� de ce chef par le recourant tombe ainsi � faux.
Dans un moyen subsidiaire, fond� sur l'art. 190 al. 2 let. b LDIP, le recourant soutient que le TAS s'est d�clar� � tort comp�tent. Il ne soul�ve, toutefois, ledit moyen qu'en raison de l'incertitude qui r�gnerait, � ses yeux, sur le point de savoir si l'autorit� de la chose jug�e est une question de recevabilit� ou une question de comp�tence. Pour le reste, il d�veloppe son raisonnement en partant de la pr�misse selon laquelle la d�cision CCRC 2011 jouirait de l'autorit� de la chose jug�e et serait opposable aux intim�s. Or, comme on vient de le d�montrer, cette d�cision, m�me si elle constitue une sentence b�n�ficiant de l'autorit� de la chose jug�e au regard du droit mexicain, ne peut pas �tre reconnue en Suisse. D�s lors, les d�ductions que le recourant voudrait en tirer du point de vue de la comp�tence du TAS s'en trouvent priv�es de fondement.
Au demeurant, le recourant ne met pas en cause la comp�tence juridictionnelle de la FIFA, dont est issue celle du TAS, � un autre titre, en particulier au regard du contenu m�me de la clause arbitrale ins�r�e dans les contrats de travail qu'il avait conclus avec les entra�neurs. Il n'est donc pas possible d'examiner la question de la comp�tence sous un autre angle que celui qu'il a choisi (art. 77 al. 3 LTF).
Au terme de cet examen, il y a lieu de rejeter le recours. La requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par le recourant devient ainsi sans objet. Conform�ment � l'art. 66 al. 1 LTF, les frais de la proc�dure f�d�rale seront mis � la charge du recourant. Ce dernier n'aura, en revanche, pas � verser de d�pens aux intim�s du moment que la r�ponse d�pos�e par ceux-ci l'a �t� tardivement. Aussi le montant qu'il a d�pos� au greffe du Tribunal f�d�ralen garantie de ces d�pens lui sera-t-il restitu�.
La r�ponse et la duplique d�pos�es par les intim�s sont �cart�es du dossier.
Le montant de 17'000 fr. d�pos� � la Caisse du Tribunal f�d�ral en garantie des d�pens des intim�s sera restitu� au recourant.

References: l'article 773
 art. 190
 art. 48
 art. 32
 art. 52
 art. 194
 art. 194
 ATF 
 art. 194
 ATF 
in casu
 art. 59
 art. 59
 art. 59
 art. 241
 art. 65
 ATF 
 art. 772