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Timestamp: 2016-10-25 10:35:24+00:00

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5A_776/2012 (13.03.2013)
5A_776/2012
von Werdt, Pr�sident, Hohl et Herrmann.
repr�sent�e par Me Alain Berger, avocat,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, du 14 septembre 2012.
A.a M. A.X.________, n� en 1965, et Mme B.X.________, n�e en 1970, se sont mari�s le 30 avril 2003 � Gen�ve, sous le r�gime matrimonial l�gal de la participation aux acqu�ts.
Le couple a deux enfants: C.________, n�e en 2007, et D.________, n� en 2009.
Les �poux X.________ ont mis un terme � leur vie commune fin octobre 2007.
M. A.X.________ a eu un troisi�me enfant, E.________, en 2010. Il est d�sormais s�par� de la m�re de la fillette.
A.b La situation financi�re des parties se r�sume ainsi:
Mme B.X.________ est m�decin radiologue. Apr�s avoir travaill� jusqu'en mai 2008 comme cheffe de clinique aux H�pitaux Universitaires de Gen�ve pour un revenu mensuel brut de 10'000 fr., elle travaille depuis le 1er octobre 2009 aupr�s de la soci�t� F.________ SA. Occup�e dans un premier temps � 60% pour un salaire mensuel net de 13'314 fr. 75, elle a r�duit son taux d'activit� � 50 % depuis le 1er janvier 2012, r�alisant ainsi un revenu mensuel net de 10'723 fr. 40. Ses charges ont �t� arr�t�es � 14'000 fr. Le taux d'activit� de Mme B.X.________, de m�me que le montant de ses charges, sont critiqu�s par son �poux.
M. A.X.________ est �conomiste, issu de la HEC de St-Gall. Il est administrateur unique et actionnaire unique de G.________ SA dont le but est la gestion et l'administration de fortune. M. A.X.________ a �galement �t� g�rant, voire administrateur de diff�rentes soci�t�s. Son revenu mensuel moyen a �t� fix� par les tribunaux � 20'000 fr., montant qu'il conteste; ses charges, dont le montant est �galement critiqu�, ont �t� arr�t�es � 5'806 fr. par mois.
B.a Par requ�te d�pos�e le 24 juin 2010 devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, Mme B.X.________ a form� une demande unilat�rale en divorce, assortie d'une demande de mesures provisoires et de mesures pr�provisoires urgentes.
Sur mesures provisoires, l'�pouse a notamment conclu � ce que son �poux soit condamn� � verser, pour l'entretien de la famille, la somme de 9'000 fr. par mois d�s le 1er juillet 2009, sous d�duction du co�t mensuel global de la garde d'enfants et de montants d�j� pay�s par l'int�ress� entre juillet 2009 et juin 2010. Dans des �critures ult�rieures, elle a port� � 12'000 fr. par mois la somme r�clam�e, sous les d�ductions pr�cit�es.
B.b Parall�lement, par requ�te du 29 juin 2010, M. A.X.________ a �galement form� une demande unilat�rale en divorce, assortie d'une demande de mesures pr�provisoires urgentes et de mesures provisoires.
Sur mesures provisoires, r�clamant un tr�s large droit de visite, il a conclu � ce qu'il lui soit donn� acte, ainsi qu'� son �pouse, de leur engagement r�ciproque � assumer les frais relatifs � l'entretien courant des enfants lorsque ceux-ci r�sident aupr�s de chacun d'entre eux; il a aussi pris l'engagement d'assurer tous les co�ts raisonnables li�s � l'entretien et l'�ducation des enfants ainsi que leurs frais extraordinaires.
B.c La garde des enfants a �t� confi�e � leur m�re par ordonnance de mesures pr�-provisoires urgentes du 11 ao�t 2010.
B.d Statuant sur mesures provisoires par jugement du 4 f�vrier 2011, le Tribunal de premi�re instance a notamment condamn� M. A.X.________ � verser � son �pouse, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 10'000 fr. � titre de contribution � l'entretien de sa famille, ce � partir du 1er juillet 2009 et sous imputation des sommes d�j� vers�es � ce jour ainsi que des charges d�j� pay�es par l'int�ress�.
M. A.X.________ a appel� de cette d�cision, appel d�clar� irrecevable pour cause de tardivet� par la Cour de justice le 26 ao�t 2011. Par arr�t du 23 f�vrier 2012 (5A_704/2011), le Tribunal f�d�ral a n�anmoins annul� ce dernier arr�t et retourn� la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Le 14 septembre 2012, sur renvoi du Tribunal de c�ans, la Cour de justice a r�form� le jugement rendu par le Tribunal de premi�re instance en ce sens que la somme admise � titre de d�duction a �t� chiffr�e � 208'952 fr., le montant de la pension demeurant identique, � savoir 10'000 fr. par mois d�s le 1er juillet 2009.
Agissant le 22 octobre 2012 par la voie du recours en mati�re civile, M. A.X.________ r�clame l'annulation de l'arr�t cantonal et sa r�forme en ce sens qu'il lui est donn� acte de son engagement � verser � son �pouse, d�s le 1er juillet 2009, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la somme de 3'000 fr. � titre de contribution � l'entretien de la famille, sous imputation d'un montant de 208'952 fr. vers� � fin mai 2012 et de toutes autres sommes vers�es � ce titre dans l'intervalle; � titre subsidiaire, le recourant r�clame le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Appel�es � se d�terminer, la cour cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t tandis que l'intim�e conclut � ce que le recourant soit d�bout� de toutes ses conclusions.
Le recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2), rendue dans une cause de nature civile (art. 72 al. 1 LTF) et p�cuniaire, dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF), par la partie qui a succomb� dans ses conclusions devant l'autorit� pr�c�dente. En tant que la d�cision querell�e a �t� prise par une autorit� sup�rieure de derni�re instance cantonale (art. 75 LTF), le pr�sent recours en mati�re civile est recevable.
2.1 D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles (ATF 133 III 393 consid. 5.1), seule peut �tre d�nonc�e la violation de droits constitutionnels (art. 98 LTF). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation de ces droits que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Si le recourant se plaint d'arbitraire, il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2).
2.2 De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t dans ce domaine aux autorit�s cantonales (parmi plusieurs: ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2; 134 V 53 consid. 4.3).
Dans un premier grief, le recourant s'en prend au montant du revenu que lui a imput� la cour cantonale, consid�rant que non seulement l'estimation effectu�e par la juridiction ne serait pas motiv�e (consid. 3.2), mais qu'elle serait �galement arbitraire (consid. 3.3).
3.1 La juridiction a consid�r� en substance que les salaires fluctuants all�gu�s par l'�poux n'�taient pas suffisants pour lui permettre d'assurer le train de vie qu'il menait, de sorte qu'il devait n�cessairement percevoir des revenus qu'il ne d�clarait pas. A l'instar du premier juge, elle a ainsi proc�d� � une estimation de son salaire r�el, se fondant pour ce faire sur diff�rents indices: les cr�ances d'actionnaire d�tenues par l'int�ress� entre 2007 et fin 2009 contre sa soci�t� G.________ SA, ses mandats de gestion ou d'administrateur occup�s au sein de diff�rentes soci�t�s, ses d�penses luxueuses (vins et montres), voire extraordinaires (bateau � 75'000 fr.), les frais d'entretien all�gu�s pour lui-m�me et les versements destin�s � l'entretien de sa famille ou encore les diff�rents pr�ts qu'il avait �t� en mesure d'octroyer. La juridiction cantonale a par ailleurs not� que les �conomies all�gu�es par le recourant, plac�es aupr�s du Cr�dit Suisse, et dont le montant atteignait 106'955 fr. en 2006, n'�taient pas suffisantes pour justifier son train de vie; quant aux pr�ts dont le recourant pr�tendait qu'il avait lui-m�me b�n�fici� par l'interm�diaire de ses proches ou de la soci�t� H.________, ils ont �galement �t� �cart�s par la cour cantonale, celle-ci jugeant que leur r�alit� n'�tait pas suffisamment �tablie. Se fondant sur ces diff�rents �l�ments, le tribunal cantonal en a conclu que le montant de 20'000 fr. retenu par la premi�re instance constituait ainsi une estimation correcte du montant dont le recourant pouvait disposer mensuellement � titre de revenu net.
3.2.1 Le recourant soutient que le tribunal cantonal aurait mal motiv� le montant du revenu r�el qu'il lui avait imput�, affirmant � cet �gard qu'� la lecture de la d�cision entreprise, il n'�tait pas en mesure de comprendre le calcul effectu� par la cour inf�rieure pour parvenir � un montant, contest�, de 20'000 fr. par mois.
3.2.2 Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. comporte, notamment, l'obligation pour le juge de motiver sa d�cision, afin que ses destinataires et toutes les personnes int�ress�es puissent la comprendre et l'attaquer utilement en connaissance de cause, et qu'une instance de recours soit en mesure, si elle est saisie, d'exercer pleinement son contr�le (cf. arr�t 2A.496/2006 du 15 octobre 2007 consid. 5.1.1 non publi� in: 133 II 429 et les arr�ts cit�s). Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il s'est fond� pour prendre sa d�cision (ATF 130 II 530 consid. 4.3 et les arr�ts cit�s).
3.2.3 Le grief de d�faut de motivation est infond�. La cour cantonale a �tabli le caract�re fluctuant des revenus du recourant ainsi que le manque de transparence de sa situation financi�re pour arr�ter, sur la base d'indices clairement indiqu�s, le revenu qui pouvait r�ellement lui �tre imput�. Que celui-ci consid�re que dite estimation aurait �t� arbitrairement effectu�e n'est pas d�terminant pour fonder la violation de son droit d'�tre entendu. A cela s'ajoute que l'int�ress� a parfaitement �t� en mesure de s'en prendre � la motivation de l'arr�t attaqu�, ce sur pr�s de vingt pages, circonstance permettant d'�carter d�finitivement le d�faut de motivation all�gu�.
3.3 Le recourant s'en prend �galement � l'estimation m�me de son revenu r�el. Pour l'essentiel, son argumentation est toutefois appellatoire ou ne parvient pas � dissiper les doutes soulev�s par l'instance pr�c�dente quant � la r�alit� de la situation financi�re qu'il all�gue.
3.3.1 Il en est notamment ainsi lorsque l'int�ress� affirme que ce serait en r�alit� ses �conomies, issues d'un compte d�tenu aupr�s de la banque en ligne Swissquote, qui lui avait permis d'assurer ses nombreuses d�penses, �conomies que les juges cantonaux n'avaient pourtant arbitrairement pas prises en consid�ration. Or, si les relev�s de ce dernier compte attestent certes de transferts de fonds importants en faveur du recourant, l'on ignore cependant tout de l'origine des capitaux d�pos�s sur ce pr�tendu compte �pargne, lequel semble au demeurant faire l'objet de transactions boursi�res r�guli�res.
3.3.2 De m�me, le recourant ne peut d�montrer la r�alit� des pr�ts pr�tendument octroy�s par ses proches (cousine, p�re notamment) ou par la soci�t� H.________ en all�guant le seul fait que son compte ait �t� cr�dit� par des transferts de fonds provenant des int�ress�s. Telle affirmation ne suffit pas � infirmer le manque de documentation relev� � cet �gard par la cour cantonale.
3.3.3 Les critiques d�velopp�es par le recourant ne permettent pas non plus de retenir l'arbitraire de la conclusion cantonale retenant, d�s 2010, l'existence de revenus compl�mentaires li�es � des activit�s accessoires - incontest�es - d'administrateur ou de gestionnaire de fonds. D'une part, le recourant proc�de � sa propre appr�ciation des preuves, ce qui est inadmissible devant le Tribunal de c�ans et ne suffit pas � d�montrer l'arbitraire du raisonnement de la cour cantonale (consid. 2 supra). D'autre part, il ne conteste pas avoir all�gu� un salaire de 7'256 fr. en 2010, ne d�nie pas efficacement s'�tre alors acquitt� partiellement d'un loyer mensuel de 8'540 fr. (infra consid. 3.3.5), ni ne d�ment avoir d�clar� r�gler des charges d'un montant de 8'261 fr. tout en contribuant � l'entretien de sa famille � raison d'une moyenne de 1'963 fr. par mois; de m�me, alors qu'il percevait un revenu d�clar� de 7'337 fr. nets en 2011, il n'a pas contest� subvenir � son entretien � concurrence de 9'689 fr. et � celui de sa famille par le paiement de la contribution d'entretien fix�e judiciairement � 10'000 fr. par mois. Dans ces circonstances, retenir l'existence de revenus compl�mentaires n'appara�t nullement arbitraire.
3.3.4 Au contraire de ce que laisse ensuite entendre le recourant, la juridiction cantonale n'a pas directement int�gr� dans son revenu la cr�ance d'actionnaire dont il disposait contre la soci�t� G.________ SA entre 2007 et 2009, mais s'en est en r�alit� servi comme indice lui permettant d'estimer son revenu r�el d'un point de vue comptable, r�mun�ration qui ne pouvait qu'�tre sup�rieure au revenu pr�tendu, vu les d�penses assum�es par le recourant, � savoir notamment le versement mensuel de 7'252 fr. pour le seul entretien de sa famille de janvier 2008 � juin 2009.
Contrairement � ce que para�t aussi pr�tendre le recourant, la Cour de justice n'a pas conclu que les revenus 2007 permettaient d'appr�cier son niveau de r�mun�ration en 2009, la juridiction notant simplement que, comme sus-indiqu�, la cr�ance d'actionnaire permettait d'appr�cier le niveau de r�mun�ration auquel le recourant pouvait pr�tendre d'un point de vue comptable. Au demeurant, il sied de rappeler au recourant que, lorsqu'il s'agit de fixer les revenus d'un ind�pendant dont les revenus sont fluctuants, il convient de tenir compte, en g�n�ral, du b�n�fice net moyen r�alis� durant plusieurs ann�es afin d'obtenir un r�sultat fiable (arr�ts 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1 publi� in: FamPra.ch 2010 678 ss et les r�f�rences; 5A_687/2011 du 17 avril 2012 consid. 5.1.1).
3.3.5 Le recourant ne conteste pas non plus efficacement avoir acquis le bateau � Cibici � pour un montant de 75'000 fr. en septembre 2009 tout en all�guant un salaire de 3'636 fr. 50 par mois et des honoraires de consultant de 26'858 fr. pour la p�riode s'�coulant entre le 4 f�vrier et le 1er octobre 2009. Si, comme il le pr�tend, ce bateau appartient en r�alit� � Y.________, il n'en demeure pas moins que le recourant a �t� en mesure de d�bourser une telle somme, puisqu'il est �tabli que la transaction s'est effectu�e depuis son compte Swissquote, ce sans qu'une trace de son remboursement ult�rieur ne soit relev�e.
Le recourant remarque �galement qu'il serait arbitraire d'avoir retenu qu'il s'acquittait, en partie du moins, du loyer de l'appartement qu'il partageait avec son ex-compagne, d'un montant de 8'540 fr. Il affirme � cet �gard que ce serait celle-ci qui se chargerait int�gralement du loyer, fondant son all�gation sur les d�clarations formul�es en audience par l'int�ress�e. Or, vu le salaire r�alis� par l'ex-compagne (11'700 USD), ses propos ont pr�cis�ment �t� �cart�s par la cour cantonale du fait de leur manque de cr�dibilit�.
Quant au pr�t de 33'000 fr. octroy� en 2010 � Y.________, la r�f�rence au compte Swissquote n'est � cet �gard d'aucune aide au recourant en tant qu'il a �t� relev� que l'on ignorait comment ce dernier compte �tait aliment� (consid. 3.3.1 supra). La m�me conclusion s'impose s'agissant des achats de vins et de montres entre mars et juillet 2010 ainsi que du remboursement de 142'000 fr., effectu� en 2012 en faveur de son p�re, identiquement financ�s.
3.4 Le recourant se plaint aussi de ce que la cour cantonale se serait r�f�r�e au calculateur de salaire en ligne pour le canton de Gen�ve afin de confirmer que les salari�s ayant le m�me niveau de formation que lui r�alisent un revenu mensuel brut de 21'350 fr. La critique du recourant � cet �gard n'est pas particuli�rement claire. A supposer qu'il reproche ainsi au tribunal cantonal d'avoir voulu lui imputer un revenu hypoth�tique sans concr�tement analyser les possibilit�s dont il disposait pour le r�aliser, il sied de souligner que la juridiction a en r�alit� proc�d� � une appr�ciation de son salaire r�el, sur la base d'indices, la r�f�rence contest�e venant simplement appuyer le r�sultat de son estimation.
Le recourant reproche aussi � la cour cantonale d'avoir arbitrairement fix� ses charges.
4.1 Le recourant se plaint avant tout que l'autorit� pr�c�dente aurait �cart�, sans motif valable, la preuve de l'entretien de son troisi�me enfant, qu'il estime � 950 fr. par mois.
Dans la mesure o� aucune pi�ce n'a �t� produite � ce sujet, on ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir retenu un montant de 200 fr., correspondant � la moiti� du minimum vital de la fillette.
4.2 Le recourant pr�tend ensuite que sa charge fiscale aurait �t� arbitrairement arr�t�e � 1'300 fr. par mois alors qu'elle devait �tre estim�e � 1'900 fr. Contrairement � ce qu'il para�t retenir, la charge fiscale mensuelle de 1'300 fr. a �t� fix�e par le Tribunal de premi�re instance; la Cour de justice a corrig� celle-ci � 2'540 fr. par mois.
4.3 Le recourant reproche ensuite � la cour cantonale de ne pas avoir pris en consid�ration au nombre de ses charges les frais li�s � l'exercice du droit de visite sur son troisi�me enfant qui vit � Neuch�tel. Pr�sent� pour la premi�re fois devant le Tribunal de c�ans, ce moyen de fait nouveau est irrecevable (art. 75 al. 2 LTF; ATF 133 III 638 consid. 2).
Le recourant s'en prend �galement aux charges et revenu de son �pouse tels que fix�s par la cour cantonale.
5.1 Le recourant affirme d'abord que le tribunal cantonal aurait arbitrairement retenu les charges li�es au train de vie de son �pouse, alors que lui-m�me �tait tenu � son minimum vital, cr�ant ainsi une situation in�galitaire entre les �poux. Les juges cantonaux avaient ainsi pris en compte les co�ts d'une nurse � plein temps alors que l'intim�e travaillait � temps partiel, de m�me que les charges relatives � l'assurance-maladie compl�mentaire de son �pouse.
Ces charges, all�gu�es par l'�pouse en instance cantonale, n'ont pas �t� contest�es par le recourant devant la Cour de justice. Il ne saurait d�s lors se pr�valoir de cette critique factuelle devant le Tribunal f�d�ral (art. 75 al. 2 LTF; ATF 133 III 638 consid. 2).
5.2 Le recourant soutient �galement que, de fa�on totalement inique, la cour cantonale n'aurait pas tenu compte des allocations familiales de 600 fr., re�ues notoirement par l'intim�e pour les deux enfants.
Les allocations familiales ne doivent en principe pas �tre retenues dans la capacit� contributive du d�birentier ou du parent gardien, d�s lors que ce sont les enfants qui en sont titulaires et qu'il en est tenu compte dans la fixation de l'entretien que leur doit le parent d�biteur (notamment: arr�ts 5C.48/2001 du 28 ao�t 2001 consid. 3c publi� in: FamPra.ch 2002 p. 145 ss; 5A_288/2009 du 10 septembre 2009 consid. 3.3; 5A_685/2008 du 18 d�cembre 2008 consid. 3.2.3 et les citations). Dans ces conditions, l'on ne per�oit pas en quoi la d�cision attaqu�e est arbitraire puisqu'elle ajoute pr�cis�ment les allocations � la contribution due par le recourant.
5.3 Le recourant affirme ensuite que la charge fiscale de l'intim�e ne peut atteindre 4'000 fr. par mois, comme retenu par la cour cantonale, mais qu'elle devrait en r�alit� approcher la somme mensuelle de 2'000 fr. En tant qu'il fonde sa conclusion sur des �l�ments qui diff�rent des faits retenus par la cour cantonale (montant du revenu de l'�pouse notamment) et sur le montant qu'il estime lui-m�me devoir verser pour entretenir sa famille, sa critique ne peut qu'�tre d�clar�e irrecevable (consid. 2 supra).
5.4.1 Le recourant reproche encore � la cour cantonale d'avoir arbitrairement admis la r�duction du temps de travail de son �pouse en se r�f�rant aux lignes directrices �tablies par la jurisprudence quant � la prise ou reprise d'une activit� lucrative du parent � qui la garde des enfants en bas �ge a �t� confi�e. Le recourant soutient que, dans la mesure o� son �pouse disposait des services d'une nurse � temps complet, il �tait admissible d'exiger qu'elle maintienne son taux d'activit� � 60% pour un salaire de 13'457 fr.
5.4.2 La jurisprudence admet que l'on ne peut en principe exiger de l'�poux qui a la garde des enfants la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50% avant que le plus jeune d'entre eux n'ait atteint l'�ge de 10 ans r�volus, et de 100% avant qu'il n'ait atteint l'�ge de 16 ans r�volus (ATF 115 II 6 consid. 3c; 137 III 102 consid. 4.2.2.2). Ces lignes directrices sont toujours valables d�s lors que, comme par le pass�, la garde et les soins personnels sont dans l'int�r�t des enfants en bas �ge, ainsi que de ceux en �ge de scolarit�, et que les soins personnels repr�sentent un crit�re essentiel lors de l'attribution de la garde (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence). Elles ne constituent toutefois pas des r�gles strictes; leur application doit d�pendre du cas individuel. Ainsi, une activit� lucrative appara�t exigible lorsqu'elle a d�j� �t� exerc�e durant la vie conjugale ou si l'enfant est gard� par un tiers, de sorte que le d�tenteur de l'autorit� parentale, respectivement de la garde, n'est pas emp�ch� de travailler pour cette raison. En revanche, la reprise d'une activit� lucrative demeure inexigible en pr�sence d'un enfant handicap� ou lorsqu'il y a beaucoup d'enfants (arr�t 5A_6/2009 du 30 avril 2009 consid. 2.2). Le juge du fait doit appliquer ces lignes directrices dans le cadre du large pouvoir d'appr�ciation qui est le sien lorsqu'il s'agit de fixer la contribution d'entretien (ATF 134 III 577 consid. 4).
5.4.3 Le recourant n'a jamais contest� les charges li�es � la nurse alors que son �pouse travaillait � 60%. Il faut donc en conclure son accord � assumer cette charge malgr� le fait que l'intim�e ne travaillait qu'� temps partiel. Dans ces circonstances, on ne saurait consid�rer que les juges cantonaux ont commis l'arbitraire en admettant la r�duction du temps de travail - 10% - all�gu�e par l'�pouse malgr� l'aide fournie � plein temps par la nurse.
Le recourant se plaint enfin d'une application arbitraire de l'art. 176 CC, critiquant la m�thode retenue par la juridiction cantonale pour �tablir le montant de la contribution d'entretien en faveur de la famille.
6.1 La cour cantonale a fix� le revenu r�el du recourant � 20'000 fr., sans que celui-ci ne parvienne � d�montrer l'arbitraire d'une telle estimation. Le salaire de l'�pouse a �t� arr�t� � 10'700 fr., sans que le recourant n'�tablisse l'arbitraire de cette constatation. Faisant ensuite application de la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent, les juges cantonaux ont r�parti le disponible des parties, soit 10'894 fr., � raison de 3/4 en faveur de l'�pouse et d'un quart pour le mari. La contribution pouvant �tre allou�e � l'intim�e se chiffrait ainsi � 11'470 fr. par mois, montant qui permettait de confirmer le montant de 10'000 fr. fix� par le premier juge et que l'int�ress�e n'avait pas critiqu�.
6.2.1 Le recourant soutient que, vu la situation confortable des parties, le tribunal cantonal aurait d� appliquer les crit�res de l'entretien post-divorce et examiner le montant n�cessaire pour maintenir le train de vie durant le mariage. La m�thode du minimum vital n'�tait pas appropri�e, pas plus que ne l'�tait la proportion dans laquelle le disponible �tait r�parti, celle-ci violant de surcro�t le principe d'�galit� entre enfants du m�me d�birentier. Le recourant pr�tend aussi qu'en b�n�ficiant d'une contribution d'entretien de 10'000 fr., ajout�e � un revenu du m�me montant, l'intim�e profiterait d'un train de vie sup�rieur � celui qui pr�valait durant le mariage, les revenus totaux du couple n'exc�dant pas 20'000 fr. lors de la vie commune. Le recourant pr�cise enfin qu'il n'a pas � �tre contraint de recourir � sa fortune pour contribuer � l'entretien de sa famille, situation qui ne serait admissible que lorsque le train de vie des �poux ne pouvait �tre maintenu apr�s la s�paration et que l'on imposait la m�me contrainte � son conjoint.
6.2.2 L'intim�e soutient que ce serait le recourant lui-m�me qui aurait pr�conis� la m�thode critiqu�e pour calculer la contribution d'entretien. Elle remarque �galement qu'au moment de leur s�paration, les parties disposaient � elles deux de revenus � concurrence de 40'000 fr. par mois, de sorte qu'en b�n�ficiant d'une pension de 10'000 fr., l'intim�e ne disposait pas d'un niveau de vie sup�rieur � celui men� durant la vie commune.
6.3.1 D'apr�s l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisoires (art. 276 al. 1 2�me phrase CPC), le juge fixe la contribution p�cuniaire � verser par l'une des parties � l'autre. M�me lorsque l'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2).
Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est cependant pas possible de le conserver, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257). Le l�gislateur n'a pas arr�t� de mode de calcul permettant de d�terminer le montant de la contribution d'entretien. L'une des m�thodes pr�conis�e par la doctrine et consid�r�e comme conforme au droit f�d�ral en cas de situations financi�res modeste ou moyenne et tant que dure le mariage (art. 176 al. 1 ch. 1 CC en relation avec l'art. 163 al. 1 CC), est celle dite du minimum vital, avec r�partition de l'exc�dent. En cas de situation financi�re favorable, la comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il convient plut�t de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien des conditions de vie ant�rieures (ATF 115 II 424 consid. 3; arr�ts 5A_453/2009 du 9 novembre 2009 consid. 5.2 publi� in: SJ 2010 I 326 ss; 5A_515/2008 du 1er d�cembre 2008 consid. 2.1 publi� in: FamPra.ch 2009 429 ss; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2; 5P.138/2001 du 10 juillet 2001 consid. 2a/bb publi� in: FamPra.ch 2002 331 ss). Il ne faut pas, par le biais de la contribution d'entretien, provoquer un d�placement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 114 II 26 consid. 8). Le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b).
L'art. 176 al. 3 CC pr�voit en outre que, lorsqu'il y a des enfants mineurs, le juge ordonne les mesures n�cessaires, d'apr�s les dispositions sur les effets de la filiation. Les enfants ont droit au maintien de leur niveau de vie.
6.3.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent - qui s'�l�ve � 10'894 fr. - � raison de 3/4 en faveur de l'�pouse qui obtenait la garde des enfants et d'1/4 en faveur du mari, sans tenir compte du fait que les parties �taient dans une situation mat�rielle favorable (sur cette notion: arr�t 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4) - leurs revenus cumul�s atteignent en effet 30'700 fr. -, ni en cons�quence examiner si le montant de la contribution octroy� �tait n�cessaire pour couvrir le co�t de l'entretien des enfants et maintenir le train de vie qui �tait celui de l'�pouse durant le mariage, �l�ments qu'il appartenait � celle-ci d'all�guer et de rendre vraisemblables. En l'esp�ce, les charges de l'intim�e telles que retenues par le tribunal de premi�re instance, puis par la cour cantonale incluent l'entretien de base pour elle et ses enfants, le loyer, les primes d'assurance maladie de base et compl�mentaire, les frais de nurse et de garde externe, les cours de rythmique de C.________ ainsi que la charge fiscale; � la lecture de l'arr�t cantonal, l'on ne peut toutefois d�terminer avec certitude si l'intim�e travaillait avant la s�paration et si elle b�n�ficiait alors d�j� des services de la nurse � temps complet; de m�me, il n'est donn� aucune information pr�cise sur le niveau de vie du couple durant la vie commune. Force est donc de reconna�tre qu'aucun �l�ment ne permet d'arr�ter le train de vie de l'�pouse et des enfants � 20'000 fr. par mois et d'en d�duire que son maintien n�cessite ainsi le montant �lev� de la contribution attribu�e. La d�cision attaqu�e parvient d�s lors � un r�sultat que le recourant qualifie � juste titre d'arbitraire (cf. dans ce sens arr�t 5A_453/2009 pr�cit� consid. 5.2).
Dans la mesure o� la contribution d'entretien doit �galement couvrir les besoins des enfants mineurs, la maxime inquisitoire est applicable (art. 176 al. 3 CC et 296 al. 1 CPC), imposant au juge d'�claircir les faits et de prendre en consid�ration d'office tous les �l�ments qui peuvent �tre importants pour rendre une d�cision conforme � l'int�r�t de l'enfant, ce m�me si ce sont les parties qui, en premier lieu, doivent lui soumettre les faits d�terminants et les offres de preuve. L'obligation pour le juge d'�tablir d'office les faits n'est en effet pas sans limite: la maxime inquisitoire ne dispense pas les parties d'une collaboration active � la proc�dure ni d'�tayer leurs propres th�ses; il leur incombe ainsi de renseigner le juge sur les faits de la cause et de lui indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 et les citations). Il appartiendra donc en l'esp�ce � l'intim�e de renseigner le juge cantonal sur les d�penses et le train de vie men� durant la vie commune, ce afin de d�terminer le montant de la contribution d'entretien destin�e � son entretien et � celui des enfants en conformit� avec les chiffres all�gu�s. Au besoin, il conviendra que le tribunal l'interpelle � cet �gard.
En d�finitive, le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable et l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il condamne le recourant au paiement d'une contribution d'entretien mensuelle de 10'000 fr. D�s lors qu'il y a lieu de proc�der � des instructions compl�mentaires, il est exp�dient de renvoyer la cause au Tribunal de premi�re instance pour nouvelle instruction et d�cision dans le sens des consid�rants (art. 107 al. 2 2e phr. LTF). Les frais judiciaires sont r�partis entre les parties � raison de la moiti� chacune et les d�pens compens�s (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable, l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il condamne le recourant au versement, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, d'une somme de 10'000 fr. � titre de contribution � l'entretien de la famille et la cause est renvoy�e au Tribunal de premi�re instance pour instruction et nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 2'000 fr., sont mis pour moiti� � la charge du recourant et pour moiti� � celle de l'intim�e.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, et au Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve.

References: ATF 
 art. 74
 ATF 
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