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Timestamp: 2016-10-24 10:42:32+00:00

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2C_881/2012 (16.01.2013)
2C_881/2012
X.________, repr�sent� par Me Filippo Ryter, avocat, Etude LKNR & Associ�s,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Fribourg, Ie Cour administrative, du 16 juillet 2012.
Ressortissant kosovar n� en 1968, X.________ a s�journ� sans autorisation en Suisse � plusieurs reprises et a fait l'objet de deux d�cisions de refoulement. Revenu ill�galement en Suisse en 1996, il y a d�pos� une demande d'asile, qui a �t� rejet�e en janvier 1997. A la suite de son mariage, en f�vrier 1997, avec une Suissesse de 22 ans son a�n�e, dont il a divorc� en 2005, il a obtenu une autorisation de s�jour, puis une autorisation d'�tablissement.
En 2005, X.________ a �pous� une compatriote, qui est venue le rejoindre en Suisse en 2007, au b�n�fice d'une autorisation de s�jour. Trois enfants sont n�s de cette union en 2005, 2007 et 2011.
B.a Durant son s�jour en Suisse, X.________ a r�guli�rement occup� les services de police et a fait l'objet de tr�s nombreuses condamnations p�nales, � savoir:
- En 1992, le Juge d'instruction du 4e ressort de Fribourg l'a condamn� � 200 fr. d'amende, convertie en trois jours d'arr�ts, pour entr�e et s�jour sans autorisation en Suisse, selon l'aLSEE.
- En 1993, le Tribunal de police du district de la Chaux-de-Fonds l'a condamn� � vingt jours d'arr�ts, avec sursis pendant un an, ainsi qu'� une amende de 200 fr. pour conduite sans permis.
- En 1995, le Juge d'instruction du 4e ressort de Fribourg l'a condamn� � une amende de 300 fr. pour entr�e, s�jour et travail sans autorisation en Suisse (aLSEE).
- En 1998, le Juge d'instruction du Jura bernois � Bienne a condamn� l'int�ress� � cinq jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans, ainsi qu'� 1'000 fr. d'amende pour infraction � la LCR.
- En 1999, le Minist�re public du canton de Neuch�tel l'a condamn� � 1'500 fr. d'amende pour exc�s de vitesse.
- En juillet 2000, le Juge d'instruction du district de Bienne-Laufon l'a condamn� � quinze jours d'emprisonnement sans sursis pour infractions � la LCR.
- En ao�t 2000, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � 100 fr. d'amende pour contravention � l'aLSEE.
- En mars et septembre 2003, l'autorit� pr�cit�e a condamn� X.________ � 600 fr., respectivement � 1'200 fr. d'amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2004, le Juge d'instruction � Burgdorf l'a condamn� � trente jours d'emprisonnement et � une amende de 1'500 fr. pour conduite en �tat d'�bri�t�.
- La m�me ann�e, le Juge d'instruction du canton de Fribourg a condamn� l'int�ress� � une peine de vingt jours d'emprisonnement, avec sursis pendant cinq ans, et � une amende de 4'000 fr. pour avoir occup� des �trangers sans autorisation (aLSEE) et violation grave des r�gles de la circulation routi�re.
- En 2005, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � quinze jours d'emprisonnement avec sursis pendant cinq ans, et � 1'500 fr. d'amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2006, le Juge d'instruction de l'arrondissement de La C�te l'a condamn� � quatre mois d'emprisonnement, assorti d'un sursis de cinq ans, ainsi qu'� une amende de 2'000 fr. pour extorsion et chantage, contrainte, s�questration et enl�vement, et pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2007, le Juge d'instruction du canton de Fribourg l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 120 jours-amende et � 3'000 fr. d'amende pour avoir c�d� un v�hicule � moteur � un conducteur sans permis de conduire, avoir occup� des �trangers sans autorisation, pour abus de confiance et infractions � la LAVS et � la LIFD.
- En janvier 2008, le Tribunal de district de Lenzbourg a condamn� X.________ � 180 jours-amende pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re.
- En mai 2008, le Tribunal de police de Lausanne l'a condamn� � une peine p�cuniaire de quinze jours-amende et � une amende de 2'000 fr. pour insoumission � une d�cision de l'autorit� et pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En novembre 2008, le Juge d'instruction de Lausanne l'a condamn� � une peine p�cuniaire de quinze jours-amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En 2010, le Juge d'instruction du canton de Fribourg a condamn� l'int�ress� � une peine p�cuniaire de soixante jours-amende pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En mars et octobre 2011, le Minist�re public du canton de Fribourg l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 45 jours-amende, respectivement � 240 heures de travail d'int�r�t g�n�ral pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
- En ao�t 2011, le Minist�re public de l'arrondissement du Nord vaudois l'a condamn� � une peine p�cuniaire de 130 jours-amende pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re et conduite en �tant dans l'incapacit� de conduire (taux d'alcool�mie qualifi�).
- En 2012, le Minist�re public du canton de Gen�ve a condamn� l'int�ress� � une peine privative de libert� de deux mois et � 30 jours-amende, peines compl�mentaires � celles prononc�es en ao�t et octobre 2011 pour avoir occup� des �trangers sans autorisation.
B.b En outre, les soci�t�s dont X.________ �tait ou est encore associ� g�rant, administrateur ou responsable ont donn� lieu � de nombreuses sommations ou sanctions administratives pour avoir engag� du personnel �tranger d�pourvu d'autorisation de s�jour. Ainsi, A.________ S�rl a fait l'objet de sommations en 2002 et 2004 et de suspensions et sanctions en 2004, 2005 (deux fois) et 2006 (deux fois); B.________ SA de suspensions en 2005, 2006 et 2008; C.________ SA d'une sommation en 2007 et de suspensions et sanctions en 2009 et 2011; et D.________ S�rl d'une sommation en 2011.
En avril 2005, avril 2007, novembre 2007 et mai 2011, le Service de la population et des migrants de l'Etat de Fribourg (ci-apr�s: le Service cantonal) a adress� quatre avertissements � X.________, l'enjoignant de modifier son comportement sous peine d'un r�examen de ses conditions de s�jour.
Apr�s avoir entendu X.________, le Service cantonal a, par d�cision du 29 f�vrier 2012, r�voqu� l'autorisation d'�tablissement de l'int�ress�, en lui impartissant un d�lai de trente jours pour quitter la Suisse. Par arr�t du 16 juillet 2012, la Ie Cour administrative du Tribunal cantonal du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a rejet� le recours de X.________ contre la d�cision du 29 f�vrier 2012.
A l'encontre de l'arr�t du Tribunal cantonal du 16 juillet 2012, X.________ d�pose un recours en mati�re de droit public au Tribunal f�d�ral. Il conclut, sous suite de frais et d�pens, principalement, � la r�forme de l'arr�t attaqu� en ce sens que l'autorisation d'�tablissement soit maintenue, respectivement renouvel�e; subsidiairement, au renvoi de la cause � l'autorit� ayant statu� en premi�re instance pour nouvelle d�cision.
Le Service cantonal, le Tribunal cantonal et l'Office f�d�ral des migrations concluent au rejet du recours. Persistant dans ses conclusions, le recourant renonce � r�pliquer.
Le 5 novembre 2012, le Service cantonal a adress� au Tribunal f�d�ral diff�rentes informations de nature p�nale, transmises au recourant.
Par ordonnance pr�sidentielle du 20 septembre 2012, le Tribunal f�d�ral a admis la requ�te d'effet suspensif form�e par X.________.
D'apr�s l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral ni le droit international ne donnent droit. Il est recevable contre les d�cisions r�voquant, comme en l'esp�ce, une autorisation d'�tablissement ou constatant qu'une autorisation de ce type est caduque, parce qu'il existe en principe un droit au maintien de cette autorisation (ATF 135 II 1 consid. 1.2.1 p. 4). Pour le surplus, l'arr�t attaqu� est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 86 al. 1 let. d et al. 2 LTF). D�pos� en temps utile compte tenu des f�ries (art. 46 al. 1 let. b et 100 al. 1 LTF) et dans les formes prescrites (art. 42 LTF) par le destinataire de l'arr�t attaqu� qui a qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF, le recours en mati�re de droit public est par cons�quent recevable.
2.1 Saisi d'un recours en mati�re de droit public, le Tribunal f�d�ral contr�le librement le respect du droit f�d�ral, qui comprend les droits de nature constitutionnelle (cf. art. 95 let. a et 106 al. 1 LTF), sous r�serve des exigences de motivation figurant � l'art. 106 al. 2 LTF. Aux termes de cet alin�a, le Tribunal f�d�ral n'examine les droits fondamentaux ainsi que le droit cantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� par le recourant (ATF 136 II 304 consid. 2.5 p. 314).
2.2 L'examen du Tribunal f�d�ral se fonde sur les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente (cf. art. 105 al. 1 LTF), � moins que ces faits n'aient �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire (cf. ATF 138 I 49 consid. 7.1 p. 51; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (cf. art. 105 al. 2 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut en principe �tre pr�sent� (art. 99 al. 1 LTF). Les faits et les critiques invoqu�s de mani�re appellatoire sont irrecevables (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 104).
En l'occurrence, il ne sera pas tenu compte des pi�ces que le Service cantonal a adress�es au Tribunal f�d�ral le 5 novembre 2012, d�s lors qu'il s'agit de moyens nouveaux irrecevables. En outre, il ne sera pas entr� en mati�re sur l'�tat de fait par lequel le recourant tente de r�interpr�ter en sa faveur, de fa�on appellatoire, les faits �tablis par le Tribunal cantonal.
Le Tribunal cantonal a confirm� la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement dont b�n�ficie le recourant. Il a retenu que m�me si, individuellement, chaque infraction commise par le recourant n'atteignait pas le degr� de gravit� exig� par la loi pour r�voquer l'autorisation d'�tablissement, leur constante r�p�tition sur une aussi longue p�riode et le risque de r�cidive �lev� reconnu par les autorit�s p�nales suffisait � admettre que la pr�sence en Suisse du recourant constituait une menace tr�s grave pour l'ordre public. Par ailleurs, l'int�r�t public � son �loignement de Suisse devait pr�valoir sur l'int�r�t du recourant, de son �pouse et de leurs trois enfants � vivre en communaut� familiale dans le pays, d'autant que l'�pouse du recourant risquait elle-m�me de faire l'objet d'un renvoi de Suisse pour d�faut d'int�gration.
4.1 Selon l'art. 63 al. 2 LEtr, l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger qui, comme le recourant, s�journe en Suisse l�galement et sans interruption depuis plus de quinze ans ne peut �tre r�voqu�e que si celui-ci attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics en Suisse ou � l'�tranger, les met en danger ou repr�sente une menace pour la s�curit� int�rieure ou ext�rieure de la Suisse (cf. art. 63 al. 1 let. b LEtr) ou s'il a �t� condamn� � une peine privative de libert� de longue dur�e ou a fait l'objet d'une mesure p�nale pr�vue aux art. 64 ou 61 CP (cf. art. 62 let. b LEtr). L'�num�ration des cas de r�vocation est alternative, si bien qu'il suffit que l'un soit donn� pour que la condition objective de r�vocation de l'autorisation soit remplie (arr�ts 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 5.1; 2C_242/2011 du 23 septembre 2011 consid. 3.3.1).
4.2 Selon la jurisprudence, la peine privative de libert� dont a �t� frapp� un �tranger est consid�r�e comme de longue dur�e, au sens de l'art. 62 let. b LEtr, lorsqu'elle d�passe un an d'emprisonnement (ATF 135 II 377 consid. 4.5 p. 383; arr�t 2C_915/2010 du 4 mai 2011 consid. 3.1). Cette dur�e doit imp�rativement r�sulter d'un seul jugement p�nal, l'addition de plusieurs peines plus courtes totalisant plus d'une ann�e n'�tant pas admissible (ATF 137 II 297 consid. 2.3.6 p. 302).
En l'esp�ce, ce motif de r�vocation n'est pas rempli, d�s lors qu'aucune des nombreuses peines p�nales auxquelles le recourant a �t� condamn� ne d�passe � elle seule la dur�e d'un an de privation de libert�.
4.3 Il sied de d�terminer si, tel que l'ont retenu les juges cantonaux, le recourant remplit la condition r�vocatoire pr�vue � l'art. 63 al. 1 let. b LEtr.
4.3.1 Selon l'art. 80 de l'ordonnance f�d�rale du 24 octobre 2007 relative � l'admission, au s�jour et � l'exercice d'une activit� lucrative (OASA; RS 142.201), il y a notamment atteinte � la s�curit� et � l'ordre publics en cas de violation de prescriptions l�gales ou de d�cisions d'autorit�s (cf. art. 80 al. 1 let. a OASA). D'apr�s la jurisprudence, attente de mani�re tr�s grave � la s�curit� et l'ordre publics l'�tranger dont les actes l�sent ou compromettent des biens juridiques particuli�rement importants, tels que l'int�grit� physique, psychique ou sexuelle d'une personne (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; arr�ts 2C_242/2011 du 23 septembre 2011 consid. 3.3.3; 2C_722/2010 du 3 mai 2011 consid. 3.2). Le crit�re de la gravit� qualifi�e de l'atteinte peut �galement �tre r�alis� par des actes contrevenant � des prescriptions l�gales ou � des d�cisions de l'autorit� qui pr�sentent un degr� de gravit� comparativement moins �lev�, mais qui, par leur r�p�tition malgr� des avertissements et des condamnations successives, d�montrent que l'�tranger ne se laisse pas impressionner par les mesures de droit p�nal et qu'il ne poss�de ni la volont� ni la capacit� de respecter � l'avenir l'ordre juridique (cf. ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 303 s.; cf. aussi arr�ts 2C_242/2011 pr�cit�, consid. 3.3.3; 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 5.3.1; FF 2002 3469, p. 3565 s.). La question de savoir si l'�tranger en cause est dispos� ou apte � se conformer � l'ordre juridique suisse ne peut �tre r�solue qu'� l'aide d'une appr�ciation globale de son comportement (ATF 137 II 297 consid. 3.3 p. 304; arr�t 2C_310/2011 du 17 novembre 2011 consid. 5.1).
4.3.2 Force est de relever que, depuis la premi�re d�couverte par les autorit�s de son s�jour ill�gal en Suisse, en 1992, soit durant une p�riode de plus de vingt ans, le recourant n'a eu cesse de perp�trer des infractions p�nales dans notre pays et d'occuper les autorit�s p�nales et administratives, faisant en particulier l'objet de condamnations � un rythme presque annuel, parfois m�me plus soutenu.
Ind�pendamment de la cat�gorie dont font partie les infractions commises, celles-ci, contrairement � ce que laisse entendre le recourant, ne sauraient �tre consid�r�es comme de simples bagatelles. En-dehors des sanctions li�es � la pr�sence ill�gale en Suisse du recourant (en 1992 et 1995), de nombreuses condamnations portant sur la violation des r�gles en mati�re de circulation routi�re, parmi lesquelles la conduite en �tat d'ivresse (notamment en 2004 et 2011 [taux d'alcool�mie qualifi�]), des exc�s de vitesse lourdement sanctionn�s (notamment en 1999 et 2004) et les autres violations graves retenues (en 1998, 2000 et 2008) �taient susceptibles de mettre en danger la s�curit� et la vie des usagers de la route. En 2006, le recourant a de plus �t� condamn� pour crimes d'extorsion et chantage, ainsi que de s�questration et enl�vement, et pour d�lit de contrainte. A cela s'ajoute sa condamnation en 2008 notamment pour crime d'abus de confiance et d�lits contre la LIFD et la LAVS. On est donc loin de la r�p�tition d'actes anodins, mais en pr�sence d'un comportement qui traduit une �nergie criminelle importante propre � nuire aux int�r�ts de tiers et de la collectivit�.
Durant cette p�riode, le recourant a fait l'objet de quatre avertissements sous l'angle du droit des �trangers (en 2005, 2007 [deux fois] et 2011) qui n'ont eu aucun effet dissuasif.
A cela s'ajoute que les entreprises exploit�es par le recourant ont elles aussi fait l'objet de nombreuses sommations et sanctions administratives en relation avec l'occupation d'�trangers d�munis d'autorisation. Ces mesures n'ont jamais �t� suivies d'effet, le recourant continuant d'engager du personnel au noir (cf. condamnations en 2003 [deux fois], 2004, 2005, 2006, 2008 [deux fois], 2010, 2011 [deux fois], 2012). Partant, l'appr�ciation du Tribunal cantonal, selon laquelle le recourant "a maintenu sa mani�re d'agir ill�gale, �rig�e en mod�le �conomique", faisant appel de "mani�re quasi-syst�matique � des travailleurs immigr�s clandestins" ne saurait �tre qualifi�e d'arbitraire. Or, comme l'ont retenu � juste titre les juges cantonaux, l'emploi de travailleurs en violation du droit des �trangers, qui plus est sur pr�s de dix ans et sans interruption notable en d�pit de condamnations p�nales r�guli�res, est loin d'�tre une infraction mineure (cf. art. 117 LEtr; FF 2002 3469, p. 3587). Tel que l'a en effet rappel� le Conseil f�d�ral dans son Message concernant la loi f�d�rale contre le travail au noir du 16 janvier 2002, le travail au noir "est � l'origine de nombreux probl�mes (notamment pertes de recettes pour le secteur public, menace pour la protection des travailleurs, distorsions de la concurrence et de la p�r�quation financi�re", outre la perte de cr�dibilit� de l'Etat en cas de non-respect de ses lois; FF 2002 3371, p. 3372). De plus, "les peines prononc�es sont souvent d'un niveau sans rapport avec la gravit� r�elle des infractions constat�es" (idem, p. 3402).
L'ensemble de ces �l�ments d�montre que le recourant se moque �perdument de l'ordre juridique suisse, de sorte � ne poss�der ni la volont� ni la capacit� de respecter � l'avenir les r�gles �tablies dans notre pays.
4.3.3 En cons�quence, quand bien m�me les infractions commises par le recourant n'ont pas, prises individuellement, l'intensit� suffisante pour constituer une atteinte tr�s grave � la s�curit� et � l'ordre public, leur r�it�ration durant environ vingt ann�es, malgr� les condamnations p�nales, les sanctions administratives et les avertissements dont a fait l'objet en vain le recourant, ainsi que les soci�t�s qu'il exploitait, permet, si l'on envisage l'ensemble de ces �l�ments, de retenir la r�alisation du motif figurant � l'art. 63 al. 1 let. b LEtr. Partant, on ne voit pas que le Tribunal cantonal ait viol� le droit f�d�ral en faisant application de cette disposition, par renvoi de l'art. 63 al. 2 LEtr, pour fonder la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement du recourant.
Le recourant s'en prend, sous l'angle des art. 96 LEtr et 8 CEDH, � la pes�e des int�r�ts effectu�e par les juges cantonaux. Il reproche � l'arr�t attaqu� d'avoir donn� � ses condamnations p�nales un poids d�cisif, sans avoir suffisamment tenu compte de son int�gration et de ses liens profonds avec la Suisse, de son absence d'attaches particuli�res avec son pays d'origine et de son statut d'�poux et de p�re �tabli avec sa famille en Suisse.
5.1 La r�vocation de l'autorisation d'�tablissement ne se justifie que si la pes�e des int�r�ts � effectuer dans le cas d'esp�ce fait appara�tre la mesure comme proportionn�e (arr�t 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 6.1). Exprim� de mani�re g�n�rale � l'art. 5 al. 2 Cst. et d�coulant �galement de l'art. 96 LEtr, ce principe exige que la mesure prise par l'autorit� soit raisonnable et n�cessaire pour atteindre le but d'int�r�t public ou priv� poursuivi (cf. ATF 136 I 87 consid. 3.2 p. 91 s.; 135 II 377 consid. 4.2 p. 380). C'est au regard de toutes les circonstances de l'esp�ce qu'il convient de trancher la question de la proportionnalit� de la mesure de r�vocation. Lors de cet examen, il y a lieu de prendre en consid�ration la gravit� de la faute commise, le degr� d'int�gration, la dur�e du s�jour en Suisse, ainsi que le pr�judice que l'int�ress� et sa famille auraient � subir du fait de la mesure (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381; arr�t 2C_432/2011 du 13 octobre 2011 consid. 3.1). La peine inflig�e par le juge p�nal est le premier crit�re servant � �valuer la gravit� de la faute et � proc�der � la pes�e des int�r�ts (arr�t 2C_265/2011 du 27 septembre 2011 consid. 6.1.1). La dur�e de pr�sence en Suisse d'un �tranger constitue un autre crit�re tr�s important. Plus cette dur�e est longue, plus les conditions pour prononcer l'expulsion administrative doivent �tre appr�ci�es restrictivement (cf. ATF 135 II 377 consid. 4.4 et 4.5 p. 382 s.; arr�t 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 6.1.1).
5.2 L'on peut se demander si le recourant est en droit de se pr�valoir de la protection offerte par l'art. 8 par. 1 CEDH, dans la mesure o� son �pouse kosovare, avec laquelle il vit en communaut� familiale en Suisse depuis 2007, et leurs trois enfants n�s en 2005, 2007 et 2011, ne disposent eux-m�mes pas d'un droit de pr�sence stable en Suisse (cf. ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146; 130 II 281 consid. 3.1 p. 285 s.).
Cette question souffre cependant de rester ind�cise d�s lors qu'une ing�rence dans l'exercice du droit au respect de la vie priv�e et familiale est possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, � certaines conditions pr�cises (ATF 135 II 377 consid. 4.3 p. 381). La pes�e globale des int�r�ts command�e par cette disposition est � cet �gard analogue � celle requise par l'art. 96 al. 1 LEtr, si bien qu'il y sera proc�d� conjointement (arr�ts 2C_141/2012 du 30 juillet 2012 consid. 3.2; 2C_265/2011 pr�cit�, consid. 6.1.2).
5.3 Pour �valuer le degr� d'int�gration du recourant, les juges cantonaux ont pris en compte en faveur de l'int�ress�, le fait qu'il a v�cu l�galement en Suisse depuis plus de quinze ans et y a d�ploy� une activit� �conomique ind�pendante; ils n'ont en outre pas remis en cause sa ma�trise du fran�ais et soulign� l'absence de dette sociale, hormis une poursuite de 9'164 fr. r�sultant, selon les dires du recourant, d'une taxation d'office exag�r�e. Les juges cantonaux ont cependant relativis� ces �l�ments favorables, compte tenu de la d�linquance chronique affich�e par le recourant et du fait que les soci�t�s qu'il g�rait sont successivement tomb�es en faillite et reposaient sur le recours permanent � des compatriotes engag�s au noir. Comme le retient � juste titre l'arr�t attaqu�, le recourant ne peut donc se pr�valoir d'une int�gration particuli�rement r�ussie, malgr� la dur�e de son s�jour en Suisse.
5.4 Dans la pes�e globale des int�r�ts, on ne peut faire grief au Tribunal cantonal d'avoir tenu compte du crit�re primordial du comportement fautif du recourant. Il convient de rappeler qu'en l'espace de vingt ans, l'int�ress� s'est vu condamn� plus de vingt fois, pour des infractions qui ne sont pas des bagatelles (cf. supra consid. 4.3.2). Ni les sursis prononc�s, ni les avertissements sous l'angle du droit des �trangers, pas plus que les mesures administratives qui ont p�nalis� ses entreprises n'ont eu le moindre effet dissuasif sur le recourant. Dans un tel contexte, il confine � la t�m�rit�, de la part de l'int�ress�, d'�voquer une �ventuelle commutation de la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement en un nouvel avertissement, alors que les quatre avertissements pr�c�dents dont il a b�n�fici� n'ont eu aucun effet sur son comportement.
5.5 L'int�r�t de l'�pouse kosovare du recourant et de leurs trois enfants, n�s en Suisse, au maintien d'une vie familiale stable ne doit certes pas �tre n�glig�. A cet �gard, les pr�c�dents juges ont rappel� que le renvoi de Suisse du recourant aurait probablement pour effet de faire perdre � son �pouse et � leurs enfants leur autorisation de s�jour, d�s lors que les enqu�tes effectu�es par les autorit�s avaient mis en �vidence une "absence totale d'int�gration de l'�pouse" laquelle, apr�s cinq ans pass�s dans notre pays, ne ma�trisait toujours pas le fran�ais.
Ind�pendamment de la probl�matique susmentionn�e, qui n'a pas � �tre examin�e plus avant dans la pr�sente proc�dure, l'appr�ciation du Tribunal cantonal, selon laquelle l'int�r�t de l'�pouse et des trois enfants du recourant � mener leur vie familiale en Suisse � ses c�t�s devait c�der le pas � l'int�r�t public � voir le recourant quitter la Suisse, ne pr�te pas le flanc � la critique. En effet, les trois enfants sont encore en bas �ge (soit cinq, sept et un an(s), et pourraient ainsi, quoi qu'en dise le recourant, s'adapter sans trop de difficult�s � une vie au Kosovo; selon les faits constat�s, l'�pouse du recourant, arriv�e en Suisse au titre du regroupement familial en mars 2007, ne jouit pas d'une bonne int�gration. Les deux premi�res ann�es de leur mariage, l'�pouse a continu� de vivre au Kosovo, o� elle a ses racines; contrairement � ses contestations appellatoires, le recourant dispose d'un r�seau social et familial au Kosovo, o� r�sident notamment sa belle-m�re, son beau-fr�re et deux de ses belles-soeurs et leur famille respective. Au demeurant, si l'�pouse du recourant et leurs enfants restaient en Suisse, l'�loignement du recourant n'emp�cherait pas que la famille maintienne des contacts r�guliers par t�l�phone, lettres ou messagerie �lectronique, ni que le recourant puisse venir voir sa famille, ou sa famille lui rendre visite, lors de s�jours touristiques et durant les vacances.
5.6 Compte tenu de l'ensemble des circonstances, il n'appara�t pas qu'en faisant primer l'int�r�t public � �loigner le recourant sur l'int�r�t priv� de celui-ci et de sa famille � pouvoir vivre ensemble en Suisse, le Tribunal cantonal ait m�connu l'art. 96 LEtr et, en tant qu'applicable, l'art. 8 CEDH.
Bien que la r�vocation de l'autorisation d'�tablissement d'un �tranger ayant l�galement s�journ� en Suisse durant plus de quinze ans pr�sente une mesure s�v�re qui doit demeurer l'exception, l'appr�ciation des autorit�s cantonales, �tant en particulier donn� le m�pris total dont a fait preuve le recourant vis-�-vis de l'ordre juridique suisse pendant vingt ann�es, reste dans les limites admises par le droit f�d�ral et la Convention europ�enne des droits de l'Homme.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours. Les frais seront mis � la charge du recourant, qui succombe (art. 65 al. 2 et 3 et 66 al. 1 LTF). Il ne sera pas allou� de d�pens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).

References: art. 95
 art. 105
 ATF 
 art. 105
 art. 63
 art. 64
 art. 62
 art. 80
 ATF 
 ATF 
 art. 117
 art. 96
 ATF 
 ATF 
 ATF