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Timestamp: 2017-04-30 03:11:46+00:00

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Poignand Jean Côme Damien - Encyclopédie de Brocéliande
Histoire Personnages Histoire religieuse Néodruidisme Seconde Guerre mondiale Sites et lieudits Révolution française Évènements Droits et usages de la forêt de Brécilien Archéologues et historiens Légendaire Sites légendaires Auteurs d’études Légendes et croyances populaires Légendaire chrétien Littérature Auteurs Contes populaires Historiettes Littérature arthurienne Nature Arbres remarquables Patrimoine Patrimoine archéologique Patrimoine bâti Patrimoine religieux 1761-1848
L’inventeur du Tombeau de Merlin en forêt de Paimpont
La jeunesse La carrière juridique 1817 : Notice historique sur l’arrondissement de Montfort 1820 : Antiquités historiques 1823- 1826 : Le Lycée Armoricain
1823 : Parallèle des monuments celtiques avec les monuments romains 1824 : Aperçu de la ville de Montfort-sur-le-Meu, vulgairement appelée Montfort-la-Canne 1826 : Une polémique avec Marie-François Rever 1826 : Forêts submergées 1835 : Karrek et Boutavam 1817- 1835 : Les cahiers manuscrits Poignand et ses contemporains
Les sociétés savantes Miorcec de Kerdanet Blanchard de la Musse L’abbé Mahé Édouard Richer François Manet et Louis de Marchangy Postérité de l’œuvre de Poignand Bibliographie Oeuvres de Poignand
Publications Cahiers manuscrits	Éléments biographiques
Jean Côme Damien Poignand est né le 29 avril 1761 dans la maison familiale du Ricotay en Iffendic (Ille-et-Vilaine), située entre le bois de Montfort et celui de Trémelin. Il est le fils ainé de Mathurin Poignand, « homme de loi » et de Julienne Boivin, mariés le 18 juin 1759 à Iffendic. Son frère, Félix-Mathurin Poignand est né le 7 mars 1764.
Durant son enfance, il découvre la partie orientale de Brocéliande, dans laquelle se trouvent la fontaine de Jouvence et le château de Boutavent à propos desquels il écrira deux ouvrages.
Vers 1768, étant en pension chez le curé de Saint-Péran qui avait beaucoup d’autres écoliers, nous allions souvent dans nos promenades visiter les ruines du vieux château de Boutavam, dont la tradition s’occupait encore beaucoup.
[pages 17-29]
En 1775, il est au collège de Dinan, ville où il reste sept années consécutives puis il réside à Vannes 1. Il se marie le 14 octobre 1793 à Bréal-sous-Montfort à Thérèse Jamiot (1773-1811). De cette union naissent trois enfants 2.
La carrière juridique
Jean Côme Damien Poignand fait partie de la bourgeoisie de la région de Montfort qui accède à des responsabilités grâce à la Révolution. Avocat en 1783 — A.D.I.V. 1 U 86 —, il est élu procureur-syndic du district 3 de Montfort en 1790 4, puis juge du Tribunal du district de Montfort-la-Montagne en 1792 5.
En janvier 1794, il fait partie du tribunal criminel d’Ille-et-Vilaine, présidé par M. Laisné, qui signe en compagnie de deux autres juges citoyens, Mancel et Hunault, la condamnation à mort du prêtre insermenté Pierre-Jean-Baptiste Besnard 6.— LEMASSON, Auguste, Les actes des prêtres insermentés de l’archidiocèse de Rennes guillotinés en 1794, Bureaux du Secrétariat de l’archevéché, 1927.
[page 35] —
Jean Côme Damien Poignand exerce la fonction de juge à Montfort jusqu’en octobre 1795 7, date à laquelle l’unité administrative du district est dissoute par le Directoire 8.— TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1794-1795, Voir en ligne. page 317 — Le 19 vendémiaire de l’an IV (10 septembre 1795), les districts de Rennes et de Montfort sont réunis en un seul arrondissement justiciable siégeant au tribunal correctionnel de Rennes. Cependant une loi du 9 Thermidor de l’an IV (27 juillet 1796) corrige cette suppression et localise un des six tribunaux correctionnels d’Ille-et-Vilaine à Montfort.— FRANCE. CORPS LÉGISLATIF., Collection générale des lois et des actes du Corps Législatif et du Directoire Executif, Chez Baudoin, 1800, Voir en ligne. page 131 —
Il exerce la fonction de juge citoyen au tribunal civil de Rennes de 1796 à 1798. — TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1797-1798, Voir en ligne. page 273 —
Après le coup d’État du 18 Brumaire, le Consulat (9 novembre 1799 à mai 1804) réforme les institutions judiciaires 9 et crée les tribunaux correctionnels. Poignand exerce la fonction de juge et de directeur du jury dans celui de Montfort. En 1803 (an XII), il est l’auteur d’une ordonnance sur la mendicité qui révèle une certaine humanité :
[...] Il n’y a pas lieu à en infliger [des peines de justices] non plus pour le simple fait de mendicité sans les circonstances prévues par la loi, surtout dans une année où la misère est telle que des personnes jouissant même précédemment d’une médiocre aisance sont obligées de mendier faute de trouver du travail [...]
La même année, il est déjugé par le tribunal de cassation pour un abus de pouvoir négatif.— TRIBUNAL DE CASSATION, Bulletin des jugemens du Tribunal de Cassation rendus en matière criminelle, correctionnelle et de police, Imprimerie de la République, an XIII (1804-1805), Voir en ligne. page 165 —
En 1805, l’Empire crée les tribunaux de première instance dans les sous-préfectures. La même année, Poignand est nommé juge d’instruction de celui de Montfort.— TESTU, Laurent-Étienne, Almanach Impérial, Chez Testu, 1805, Voir en ligne. page 445 — Il le reste durant tout l’Empire.
En 1815, à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo, une grande partie de la France est occupée par les forces de la Coalition, notamment l’Ille-et-Vilaine par les troupes prussiennes. Poignand fait partie des vingt-quatre habitants de Montfort les plus aisés, appelés par voie de réquisition à verser sur le champ l’argent nécessaire, en l’occurrence 60 livres, à l’achat de denrées pour les troupes prussiennes qui devaient passer par Plélan.— POMMERET, abbé Hervé, « Les prussiens à Montfort en 1815 », Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Vol. 55, 1928, p. 195-198, Voir en ligne. page 196 —
Il prend sa retraite en 1841 10. Il est membre du Conseil d’arrondissement de sa création en l’an VIII de la République (1799) à la monarchie de Juillet (9 août 1830). Il supplée même aux fonctions de sous-préfet à deux reprises— BARON, Yann et GUIGON, Philippe, « Des hommes de loi antiquaires en Brocéliande durant le premier XIXe siècle, Poignand et Baron du Taya. », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 2016, p. 177-208.
[page 178] —.
Sa femme meurt en 1811 à l’âge de 48 ans. Il décède le 13 avril 1848, à son domicile de la rue de la Saulnerie à Montfort-sur-Meu, à l’âge de 87 ans.
1817 : Notice historique sur l’arrondissement de Montfort
Le premier essai historique de Poignand, daté de 1817, est une commande officielle émanant de l’administration.
[pour] répondre à la lettre de M. le Préfet du département d’Ille-et-Vilaine, en date du 28 avril 1817, qui en réfère une de son Excellence le Ministre de l’intérieur en date du 10 du même mois, demandant une notice sur les anciens châteaux, abbayes et autres monuments curieux par leur architecture et les faits historiques qui peuvent s’y rapporter dans l’arrondissement de Montfort [...]
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur l’arrondissement de Montfort », 1817, 104 p.
On trouve dans cet essai les ébauches des théories historiques que Poignand développe dans les années 1820-1830 et notamment les premières mentions d’une localisation de Brocéliande en forêt de Paimpont 11. Cet essai manuscrit ne sera jamais publié.
1820 : Antiquités historiques
En 1820, Jean Côme Damien Poignand publie ses théories sur les antiquités celtiques et romaines du nord de l’Ille-et-Vilaine dans un ouvrage qui reste sa principale contribution aux problématiques de son époque.— POIGNAND, Jean Côme Damien, Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul par Dinan et au retour par Jugon, Rennes, Duchesne, 1820, Voir en ligne. —
L’érudit montfortais fait partie de la première génération d’antiquaires bretons qui, dès le début du 19e siècle, s’est intéressée à la Bretagne des origines. Il appartient à un cercle de notables férus d’antiquités romaines et celtiques, pour lequel il rédige un recueil de notes :
Depuis la rédaction de mes Notes itinéraires pour le voyage que nous avions projeté, afin de visiter toutes les antiquités de Corseul et de ses environs, sans courir le risque d’en oublier sur notre passage, je viens de lire, dans le n°10 du Censeur européen, qu’on vient de découvrir à Corseul (Côtes-du-Nord) une maison souterraine parfaitement conservée. [...] De pareilles relations, publiées dans les deux journaux, m’ont fait présumer qu’elles pourraient déterminer d’autres curieux que nous et nos amis à entreprendre le même voyage pendant la belle saison qui se prépare. C’est pourquoi je me décide, dans ce moment opportun, à faire imprimer mon opuscule : il pourra, mieux que dans tout autre tems, se trouver agréable et utile aux voyageurs, en leur servant de Cicerone.
Poignand, J.C. D. (1820) op. cit., p. 3 (Voir en ligne)
L’ouvrage commence par un essai consacré à la Cane de Montfort, qui devait à l’origine être publié de façon autonome. Poignand est le premier érudit de ce début de 19e siècle à publier sur cette légende. Ce paragraphe interpolé intitulé Montfort - Canne miraculeuse est surtout remarquable par sa connaissance du Montfort de la fin du 18e siècle.— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Montfort - Canne miraculeuse », in Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul par Dinan et au retour par Jugon, Rennes, Duchesne, 1820, p. II-XII, Voir en ligne. pages II-XII —
Le corps de l’ouvrage recense les antiquités de Montfort à Corseul. Il comprend de nombreuses thèses historiques qui font sourire aujourd’hui mais qui étaient en phase avec les connaissances de son époque. Poignand y signale notamment la découverte des tombeaux de Merlin et de Viviane en forêt de Paimpont, localisation qui résulte d’une reconsidération alambiquée de l’histoire de Bretagne du haut Moyen Âge. — Poignand, J.C. D. (1820) op. cit., p. 140-141 (Voir en ligne) — Poignand est en effet convaincu, comme ses contemporains, que les romanciers, les poètes et les écrivains du Moyen Âge ont défiguré les mœurs des bretons et le culte druidique.
Selon lui, le druidisme aurait été dénaturé pendant la domination romaine puis rétabli par Merlin dans le royaume de Domnonée armoricaine dont le premier roi, grand-père de Judual, serait Arthur :
La tradition est que le chef lieu de leur gouvernement aurait été à Gaël, et que le principal siège du culte druidique rétabli par eux aurait été dans la forêt de Brécilien. Leur grand pontife, Merlin, sur lequel ont été faits tant de contes et de romans, doit y avoir été enterré, ainsi que son épouse Viviane, vers la fin du cinquième siècle.
Poignand, J.C. D. (1820) op. cit., p. 91
Dans l’esprit de l’auteur, le tombeau de Merlin n’est pas une invention mais une découverte archéologique d’importance basée sur des preuves qu’il veut historiques. Pour Poignand, la forêt de Brécilien redevient avec Merlin un foyer druidique auquel se sont abreuvés Salomon, roi de Bretagne au 9e siècle, puis Éon de l’Étoile au 12e siècle. Il mentionne aussi la Fontaine de Barenton sans pour autant la relier au légendaire arthurien :
[…] miraculeuse fontaine de Barenton, en haute forêt proche de la commune de Concoret, dont les habitants ont toujours gardé le sobriquet de sorciers de Concoret, à cause de cela, et où l’on dit aussi ce proverbe que les saints de Concoret ne datent de rien, parce que la plupart des malades ont été longtemps de préférence porter en secret leurs pèlerinages à cette fontaine, et à d’autre monuments du druidisme dans la forêt.
Poignand, J.C. D. (1820) op. cit., p. 89 (Voir en ligne)1823- 1826 : Le Lycée Armoricain
La parution de son ouvrage Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul lui ouvre les portes du Lycée Armoricain, revue nantaise dans laquelle il publie plusieurs articles.
1823 : Parallèle des monuments celtiques avec les monuments romains Poignand signe un article dans le premier volume de la revue paru en 1823, dans lequel il compare l’intelligence logique de l’art romain et le génie étrange et merveilleux de l’art celtique. Incluant comme ses contemporains les sites mégalithiques de Carnac dans le domaine celtique, il relève notamment l’antériorité de ces monuments sur ceux des romains et des grecs :
En dernière analyse, l’un est joli et grand ; mais l’autre est beau et immense ; l’un est admirable et l’autre est étonnant.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Parallèle des monuments celtiques avec les monuments romains », Le Lycée Armoricain, Vol. 1, 1823, p. 376-377, Voir en ligne. pages 376-377 1824 : Aperçu de la ville de Montfort-sur-le-Meu, vulgairement appelée Montfort-la-Canne En 1822, Poignand rencontre Blanchard de la Musse, figure littéraire nantaise et membre important du Lycée Armoricain avec lequel il se lie d’amitié. Cette rencontre entre les deux érudits aboutit à l’invention du Val sans Retour en forêt de Paimpont. Blanchard de la Musse signe un article dans le Lycée Armoricain en 1824, qui reprend mot pour mot le texte d’un essai manuscrit de Poignand.— BLANCHARD DE LA MUSSE, François-Gabriel-Ursin, « Aperçu de la ville de Montfort-sur-le-Meu, vulgairement appelée Montfort-la-Canne », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 300-313, Voir en ligne. — 12
1826 : Une polémique avec Marie-François Rever
L’invention du « Tombeau de Merlin » et du « Val sans Retour » en forêt de Paimpont fait l’objet d’un article polémique paru en 1826 dans le Lycée Armoricain. Marie-François Rever y demande quelques éclaircissements sur la méthode qui a permis à Blanchard de situer le Val sans Retour en forêt de Paimpont ainsi que sur la chanson populaire de la cane collectée par Poignand— REVER, Marie François, « Sur Montfort. A M. l’éditeur du Lycée Armoricain », Le Lycée Armoricain, Vol. 8, 1826, p. 113-120, Voir en ligne. pages 119-120 — Poignand lui répond à travers la plume de Blanchard de la Musse :
Par rapport aux éclaircissements que vous demandez sur les deux tombeaux de Merlin et de son épouse Viviane, je me bornerai à répondre que leur existence et leur situation sont très précisément indiquées dans l’Arthuriade connue sous le nom de roman de la table ronde ; car ce prétendu roman n’est rien autre chose qu’une véritable histoire écrite en style d’Épopée comme la Henriade de Voltaire, et la Franciade de M. Viennet ; mais on nous l’a donnée, travestie plutôt que traduite sur l’original celtique, faute d’en avoir bien entendu les diverses allégories. Une notion exacte des localités, jointes à l’intelligence de la langue celtique, fournissent la clef de presque toutes les allusions de cet antique poème national, et ne permettent pas de douter qu’il n’ait été vraiment composé dans les environs de notre forêt de Brécilien, à l’époque où le druidisme y luttait contre l’introduction du Christianisme. Au surplus, les deux tombeaux dont il s’agit n’étaient que de simples dolmens, tels que tous ceux qu’à décrits M. l’Abbé Mahé, dans l’intéressant ouvrage qu’il vient de faire imprimer à Vannes, sur les Antiquités du Morbihan ; ils ont été abattus depuis les trente ans derniers, et leurs matériaux restent encore presque tous amoncelés sur le lieu : si l’on fouillait dessous, l’on n’y trouverait que ce qui a été trouvé ailleurs dans des fouilles pareilles : il en est assez d’exemples cités dans l’ouvrage de M. l’Abbé Mahé, et je crois n’avoir rien de mieux à faire que de vous y renvoyer à cet égard.
BLANCHARD DE LA MUSSE, François-Gabriel-Ursin, « Sur Montfort », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1826, p. 344-349, Voir en ligne. page 3471826 : Forêts submergées
En 1826, Poignand fait paraitre un dernier article non signé dans la revue nantaise.— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Forêts submergées », Le Lycée Armoricain, Vol. 7, 1826, p. 431-439, Voir en ligne. — 13. L’érudit montfortais y argumente sur l’existence d’un cataclysme qui au commencement du 8e siècle aurait mené à la submersion de plusieurs forêts, entre Saint-Michel en Grève et les Sept Iles, dans la région de Corseul, ainsi que dans la baie du Mont-Saint-Michel. Poignand énonce dans cet article sa théorie sur la fin du druidisme en Armorique, rappelant au lecteur de la revue que Merlin habitait en forêt de Paimpont.
1835 : Karrek et Boutavam
En 1835, l’antiquaire monfortais publie une étude consacrée au château de Boutavent dans laquelle il rassemble tous les souvenirs historiques qui se rattachent à l’étang de Careil.— POIGNAND, Jean Côme Damien, Karrek et Boutavam., Rennes, Duchesne Libraire, 1835. — 14
1817- 1835 : Les cahiers manuscrits
La plus grande partie de son œuvre n’a jamais été publiée. Il est l’auteur de neuf essais historiques, écrits entre 1817 et 1835, restés sous forme manuscrite. Composés de vingt-quatre cahiers, ces essais font partie du fonds « Arthur de la Borderie » conservé aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.
1817 : — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur l’arrondissement de Montfort », 1817, 104 p. — 1821 : — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Réhabilitation de la mémoire des celtes et des druides », 1821. — Vers 1823 :— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Guérande et Le Croisic », v 1823. — 15. 1829 :— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Les gaulois primitifs et les gaulois domnonéens. Développements qui m’ont été demandés au sujet de quelques notes marginales sur les antiquités morbihannaises de M. l’abbé Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. », 1829, 208 p. — 1829 : — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Vicissitudes politiques et religieuses du pays de la Bretagne. Réponse à M. le chevalier Hersart, membre du Conseil Général et secrétaire de la Commission Départementale de la Loire-Inférieure pour le monument de Quiberon », 1829, 70 p. — 16. 1833 :— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur la Gaule et Saint-Jouan de l’Isle », 1833. —1835 :— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Carnac et l’ophiolâtrie. », 1835, 48 p. — non daté — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Histoire monumentale du royaume de Domnonée fondé en Bretagne après l’expulsion des romains, Chorographie Domnonéenne sur Montfort-la-Canne, son arrondissement communal et quelques points de la Bretagne, de l’Angleterre, des Gaules et des pays étrangers qui ont eu d’antiques rapports tant avec les gaulois primitifs qu’avec les gaulois domnonéens », sans date, 183 p. — 17. non daté — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Résumé analytique de l’histoire de Bretagne », sans date, 183 p. —Poignand et ses contemporains
Poignand est un auteur mineur, néanmoins respecté grâce à ses théories sur les origines celtiques de la Bretagne, en phase avec les débats intellectuels bretons des années 1820. Il entretient des relations savantes et amicales avec plusieurs auteurs réputés de son temps comme Miorcec de Kerdanet, Blanchard de la Musse ou l’abbé Mahé. Son principal ouvrage, cité et commenté par d’influents contemporains, apparait dans de nombreuses bibliographies. Une partie de ses essais manuscrits circulent grâce à ses relations dans les milieux des érudits bretons.
Poignand a participé à l’aventure des premières sociétés savantes bretonnes. Outre le Lycée Armoricain, revue dans laquelle il a publié deux articles, il a été membre de deux autres sociétés dès leur fondation.
Le 24 juillet 1826, il y eut une grande promotion de vingt cinq membres correspondants, parmi les noms desquels on peut relever ceux de [...] - Poignant juge à Montfort-sur-Meu et « archéologue émérite » et du comte Blanchard de la Musse [...] - tous admirateurs du chanoine Mahé, ses correspondants et parrains auprès de diverses Compagnies savantes dont il faisait partie.
SAGERET, Emile, Centenaire de la Société Polymathique du Morbihan : 1826-1926, Vannes, Lafolye frères et Cie, 1927.
[page 36] L’Association Bretonne
En 1846, Il devient membre de la classe d’archéologie de l’Association Bretonne fondée deux ans plus tôt, en compagnie de deux autres érudits locaux, Baron du Taya et l’abbé Oresve.
Miorcec de Kerdanet La principale publication de Poignand est dédicacée à son très affectionné serviteur et ami Miorcec de Kerdanet, bibliothécaire à Rennes et défenseur de la localisation de Brocéliande en forêt de Lorge. Les deux érudits qui partagent le même éditeur rennais, chez Duchesne, se connaissent suffisamment pour que Kerdanet dirige l’impression de son manuscrit :
J’espère que vous ne me refuserez pas la complaisance de diriger l’impression et d’en corriger l’épreuve, pour le celtique surtout, que vous entendez, et que peut-être le prote 18 n’entendra pas. Les fonctions judiciaires dont je suis chargé, et d’autres fonctions administratives que des circonstances viennent de m’imposer momentanément, ne me laissent pas le loisir d’y aller donner moi-même mes soins.
Poignand, J.C. D. (1820) op. cit., p. 5 (Voir en ligne)
Dans un essai de 1823, Poignand rend hommage à l’érudition de Miorcec de Kerdanet.
M. Miorcec de Kerdanet [...] est un de ceux qui forment autorité parmi les antiquaires de notre province. C’est un jeune littérateur qui ne parait pas avoir quarante ans d’âge mais qui a lu, ou plutôt étudié, tout ce qu’ont écrit les chroniqueurs, les légendaires et les historiens, sur nos antiquités nationales. Comme la nature l’a doté d’une mémoire prodigieuse, il a son immense lecture imperturbablement présente à l’esprit, et dans quelque dissertation que ce soit, sur pareille matière semble une bibliothèque vivante.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Les gaulois primitifs et les gaulois domnonéens. Développements qui m’ont été demandés au sujet de quelques notes marginales sur les antiquités morbihannaises de M. l’abbé Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. », 1829, 208 p.Blanchard de la Musse
En 1822, Poignand rencontre Blanchard de la Musse, figure littéraire nantaise et membre éminent du Lycée Armoricain :
Il [Blanchard] menait à Nantes une vie paisible et retirée quand la mort de son épouse le jeta dans un douloureux isolement. L’année suivante, en 1822 il voulut, pour se distraire, revoir la ville de Rennes, où il n’était pas allé depuis longtemps. Il y trouva d’anciens amis qui le déterminèrent à rester près d’eux ; il habita successivement la petite ville de Montfort-sur-Meu et Rennes, où il a terminé sa carrière en mars 1836, à l’âge de quatre-vingt quatre ans.
QUÉRARD, Joseph-Marie, La littérature française contemporaine. XIXe siècle, Vol. 1, Paris, Daguin frères éditeurs, 1842, Voir en ligne. pages 599-601
Blanchard de la Musse se lie d’amitié avec le juge montfortais.
J’ai invité un antiquaire, qui depuis sa jeunesse explore Montfort et ses environs, à surveiller, à diriger mon travail. Je ne puis que me louer de son empressement à me procurer, sur les lieux, tous les renseignements nécessaires pour remplir mon but. Nous nous sommes peu quittés depuis dix mois…
BLANCHARD DE LA MUSSE, François-Gabriel-Ursin, « Aperçu de la ville de Montfort-sur-le-Meu, vulgairement appelée Montfort-la-Canne », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 300-313, Voir en ligne. page 300
L’amitié entre les deux érudits aboutit à l’invention du Val sans Retour en forêt de Paimpont. — BLANCHARD DE LA MUSSE, François-Gabriel-Ursin, « Aperçu de la ville de Montfort-sur-le-Meu, vulgairement appelée Montfort-la-Canne », Le Lycée Armoricain, Vol. 4, 1824, p. 300-313, Voir en ligne. —
L’abbé Mahé
Poignand est un admirateur de l’œuvre pionnière de l’abbé Mahé sur les « antiquités celtiques ». En 1824, Mahé reprend une partie des théories de Poignand sur Éon de l’Etoile publiées dans Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul.— MAHÉ, chanoine Joseph, Essai sur les antiquités du département du Morbihan, Vannes, Galles aîné, 1825, Voir en ligne. page 427 —.
Blanchard de la Musse écrit à l’abbé Mahé le 18 février 1826, dans une lettre expédiée de Montfort sur Meu, pour lui dire en quelle estime lui-même et son ami antiquaire tiennent son ouvrage :
Je vous dirais de plus, monsieur, pour vous tranquilliser qu’un archéologue émérite, juge à Montfort, M. Poignand, avec qui je suis très lié, a demandé de suite votre ouvrage à Rennes, après avoir lu le compte qu’en a rendu M. Athénas ; et M. Poignand est sobre d’éloge ; cet ami désirerait que les stances que je vous ai adressées, fussent placées en tête des exemplaires qui sont encore à la disposition chez vos libraires ...
GUYOT-JOMARD, Alexandre, « L’abbé Mahé », Bulletin mensuel de la société polymathique du Morbihan, Vol. 34, 1891, p. 54-73, Voir en ligne. page 60
Poignand entretient une correspondance avec l’abbé Mahé. En 1829, dans son essai sur les gaulois, il développe certains points de ces échanges.
Au commencement de mon ouvrage [...] il me semble à propos d’expliquer le motif qui m’a fait l’entreprendre. M L’abbé Mahé, ayant publié à Vannes en 1825, un volume de sa composition sous le titre Essais sur les Antiquités du département du Morbihan, je m’empressai de me le procurer et de le lire. Il m’inspira tant d’intérêt qu’au lieu de lui faire comme à beaucoup d’autres, que j’ai souvent mis de côté pour n’y songer plus, j’inscrivis des notes marginales auprès d’un certain nombre d’articles où je croyais que M. l’abbé Mahé ne s’était pas suffisamment tenu en garde contre des préventions résultantes de sa vaste érudition bibliothécaire. Peu de temps après, j’eus occasion de recevoir ici chez moi des amis, et même des commensaux, du vertueux et savant chanoine. La conversation fut amenée à parler de lui, ainsi que du livre qu’il venait de faire imprimer. Je donnai connaissance de quelqu’unes de mes annotations, et l’on m’engagea pour lors à les transcrire sur un petit cahier qui lui fut porté immédiatement [...] Je reçus en réponse une lettre extrêmement polie, mais elle ne comportait pas moins de vingt pages d’écriture minutée, toute en questions différentes, pour demander sur la plupart de mes notes d’autres nouvelles explications.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Les gaulois primitifs et les gaulois domnonéens. Développements qui m’ont été demandés au sujet de quelques notes marginales sur les antiquités morbihannaises de M. l’abbé Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. », 1829, 208 p.Édouard Richer
Édouard Richer, érudit influent et fondateur du Lycée Armoricain, ne semble pas tenir en haute estime Jean Côme Damien Poignand. En 1823, l’essai manuscrit de Poignand consacré à la région de Guérande — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Guérande et Le Croisic », v 1823. — est vivement critiqué par Édouard Richer.
Cette heureuse idée était réservée à M. Poignand, ancien magistrat de Montfort, qui l’a consignée dans un Mémoire sur Guerrande et le Croisic, que j’ai le malheur de ne pas connaître, mais qui a été entre les mains d’Édouard Richer. Celui-ci en a donné une courte analyse, à la p. 35 de son Voyage à Guerrande. Il parait que M. Poignand s’y livre aux étymologies les plus excentriques, et que, près de lui, le bon abbé Deric n’est qu’un tout petit garçon. Enfin il est allé si loin, que Richer n’a pu s’empêcher de terminer ainsi son article : « C’est après avoir lu de pareilles étymologies, après être arrivé à de telles conclusions, que l’on conçoit le dégoût des esprits judicieux pour la science étymologique. C’est alors qu’on jette un ridicule ineffaçable sur une science qui a ses abus comme toutes les autres, mais qui serait susceptible de jeter tant de jour sur l’histoire, si l’on s’en servait avec la modération convenable. »
BIZEUL, Louis Jacques Marie, « Des Namnètes aux époques celtique et romaine. Iere partie. Chap. II », Revue des provinces de l’Ouest, Bretagne et Poitou, Vol. 2, 1854, p. 96-109, Voir en ligne. page 107 Edouard Richer, qui s’intéresse aux origines de la Bretagne et à la localisation de Brocéliande, ignore les découvertes de Poignand sur les tombeaux de Merlin et Viviane en forêt de Paimpont. En 1823, il continue de localiser Brocéliande en forêt de Lorge.
On sait que l’enchanteur Merlin disparut dans la forêt de Brocéliane ou Brocéliand, aujourd’hui la forêt de Lorges, prés de Quintin dans les Côtes du Nord .
RICHER, Edouard, « Les souvenirs de l’Armorique », Le Lycée Armoricain, Vol. 1, 1823, p. 17-27, Voir en ligne. page 24
On sent poindre la rivalité dans un article non signé, daté de 1826, ou Jean Côme Damien Poignand lui reproche son manque de rigueur historique.
C’est ainsi enfin que M. Richer lui même, dans l’article dont je m’occupe, a lu, et copié Rivierre de Sannion, au lieu de Rivierre de Lannion, [...] et cette erreur ne manquerait pas d’être propagée par tous ceux qui, comme M. Richer, répéteraient cette particularité historique sans connaitre le pays.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Forêts submergées », Le Lycée Armoricain, Vol. 7, 1826, p. 431-439, Voir en ligne. page 433François Manet et Louis de Marchangy
Quelques auteurs majeurs des années 1820 ont utilisé les thèses de Poignand dans leurs ouvrages historiques ou littéraires.
François Manet fait référence à la principale publication de Poignand dans — MANET, abbé François Gilles Pierre Barnabé, Histoire de la Petite-Bretagne : ou Bretagne-Armorique, depuis ses premiers habitans connus, Vol. 1, Saint-Malo, E. Caruel, Imprimeur-Libraire, 1834, Voir en ligne. page 208 — L’historien breton mentionne les apports de Poignand concernant la localisation de la fontaine de Barenton, Éon de l’étoile et l’histoire de la forêt de Brécilien.
Marchangy cite l’ouvrage de Poignand comme référence historique dans son Tristan le Voyageur — MARCHANGY, Louis-Antoine-François de, Tristan le voyageur, ou la France au XIVe siècle, Vol. 2, Paris, Chez Maurice libraire, 1825, Voir en ligne. —
Postérité de l’œuvre de Poignand
Dès la fin des années 1830, les thèses de Poignand apparaissent dépassées et sans fondement historique à la nouvelle génération d’historiens de la Bretagne. Son argumentation, basée sur des rapprochements toponymiques et étymologiques fantaisistes, ne résiste pas à l’examen critique.
Ses ouvrages tombent dans l’oubli. Louis Jacques Marie Bizeul, l’un des rares auteurs à le citer après son décès, se livre à un examen très critique des inventions de Poignand sur la région de Corseul.
Nous ne parlerions pas de l’article consacré à Corseult par M. Poignand, magistrat de Montfort, contemporain de M. Delaporte dans ses antiquités historiques et monumentales, si cet observateur ne comptoit parmi les copistes inexacts de l’inscription de Silicia, que nous rappellerons en parlant plus particulièrement de cette inscription. Le reste de son travail n’est qu’une incomplète copie de ce qui avoit été dit avant lui.
BIZEUL, Louis Jacques Marie, Des curiosolites : de l’importance de Corseult au temps de la domination romaine, des diverses antiquités de la même époque trouvées à Corseult ; des voies romaines qui en sortent., Dinan, J.-B. Huard, 1857, Voir en ligne.page 46 Les écrits de l’antiquaire montfortais sont pourtant remis en lumière à la fin du 19e siècle. Ses abondants cahiers manuscrits servent de guide à Félix Bellamy pour ses recherches sur la forêt de Brocéliande, le Tombeau de Merlin, ou la fontaine de Jouvence :
[...] M. Poignand de Montfort, archéologue érudit, qui a laissé d’excellentes notes concernant les antiquités du pays.
BELLAMY, Félix, La forêt de Bréchéliant, la fontaine de Berenton, quelques lieux d’alentour, les principaux personnages qui s’y rapportent, Vol. 1, Rennes, J. Plihon & L. Hervé, 1896, Voir en ligne. page 411
Jean Côme Damien Poignand, auteur mineur uniquement connu des cercles d’érudits bretons des années 1820, est néanmoins à l’origine de l’invention de Brocéliande en Forêt de Paimpont. Ses théories sans fondement historique sur la persistance du druidisme en forêt de Brécilien et plus encore ses découvertes du Tombeau de Merlin et Viviane ont à certains égards eu plus d’influence que celles d’auteurs marquants de son époque.
BIZEUL, Louis Jacques Marie, « Des Namnètes aux époques celtique et romaine. Iere partie. Chap. II », Revue des provinces de l’Ouest, Bretagne et Poitou, Vol. 2, 1854, p. 96-109, Voir en ligne.
BIZEUL, Louis Jacques Marie, Des curiosolites : de l’importance de Corseult au temps de la domination romaine, des diverses antiquités de la même époque trouvées à Corseult ; des voies romaines qui en sortent., Dinan, J.-B. Huard, 1857, Voir en ligne.
FRANCE. CORPS LÉGISLATIF., Collection générale des lois et des actes du Corps Législatif et du Directoire Executif, Chez Baudoin, 1800, Voir en ligne.
GUYOT, A. et SCRIBE, Almanach Royal et National, Guyot et Scribe, 1838, Voir en ligne.
LA BORDERIE, Arthur le Moyne de, « Les monuments de l’art militaire du Moyen Âge en Bretagne. », Bulletin Archéologique de l’Association Bretonne, Vol. 28, 1885, p. 149-197, Voir en ligne.
LEMASSON, Auguste, Les actes des prêtres insermentés de l’archidiocèse de Rennes guillotinés en 1794, Bureaux du Secrétariat de l’archevéché, 1927.
MANET, abbé François Gilles Pierre Barnabé, Histoire de la Petite-Bretagne : ou Bretagne-Armorique, depuis ses premiers habitans connus, Vol. 1, Saint-Malo, E. Caruel, Imprimeur-Libraire, 1834, Voir en ligne.
POMMERET, abbé Hervé, « Les prussiens à Montfort en 1815 », Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d’Ille-et-Vilaine, Vol. 55, 1928, p. 195-198, Voir en ligne.
TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1793-1794, Voir en ligne.
TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1794-1795, Voir en ligne.
TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1797-1798, Voir en ligne.
TESTU, Laurent-Étienne, Almanach Impérial, Chez Testu, 1805, Voir en ligne.
TRIBUNAL DE CASSATION, Bulletin des jugemens du Tribunal de Cassation rendus en matière criminelle, correctionnelle et de police, Imprimerie de la République, an XIII (1804-1805), Voir en ligne.
Oeuvres de PoignandPublications
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Montfort - Canne miraculeuse », in Antiquités historiques et monumentales de Montfort à Corseul par Dinan et au retour par Jugon, Rennes, Duchesne, 1820, p. II-XII, Voir en ligne.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Parallèle des monuments celtiques avec les monuments romains », Le Lycée Armoricain, Vol. 1, 1823, p. 376-377, Voir en ligne.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Forêts submergées », Le Lycée Armoricain, Vol. 7, 1826, p. 431-439, Voir en ligne.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Réhabilitation de la mémoire des celtes et des druides », 1821.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Guérande et Le Croisic », v 1823.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Les gaulois primitifs et les gaulois domnonéens. Développements qui m’ont été demandés au sujet de quelques notes marginales sur les antiquités morbihannaises de M. l’abbé Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. », 1829, 208 p.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Vicissitudes politiques et religieuses du pays de la Bretagne. Réponse à M. le chevalier Hersart, membre du Conseil Général et secrétaire de la Commission Départementale de la Loire-Inférieure pour le monument de Quiberon », 1829, 70 p.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur la Gaule et Saint-Jouan de l’Isle », 1833.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Carnac et l’ophiolâtrie. », 1835, 48 p.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Histoire monumentale du royaume de Domnonée fondé en Bretagne après l’expulsion des romains, Chorographie Domnonéenne sur Montfort-la-Canne, son arrondissement communal et quelques points de la Bretagne, de l’Angleterre, des Gaules et des pays étrangers qui ont eu d’antiques rapports tant avec les gaulois primitifs qu’avec les gaulois domnonéens », sans date, 183 p.
POIGNAND, Jean Côme Damien, « Résumé analytique de l’histoire de Bretagne », sans date, 183 p.
↑ 1 • Je les aies vues assez souvent [Les pierres de Carnac] tandis que j’habitais la ville de Vannes.
— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Carnac et l’ophiolâtrie. », 1835, 48 p. —
↑ 2 • J. C. D. Poignand et Thérèse Jamiot ont trois enfants :
Marie-Aristide-Mathurin nait le 13 juillet 1794. Il décède à Paris, « ancien magistrat », en 1837. Julie-Félicité nait à Rennes en 1796. Félix nait le 5 juillet 1798 à Bréal. Juge de paix à Montfort. — BARON, Yann et GUIGON, Philippe, « Des hommes de loi antiquaires en Brocéliande durant le premier XIXe siècle, Poignand et Baron du Taya. », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 2016, p. 177-208.
[page 178] —
↑ 3 • La nouvelle organisation révolutionnaire repose sur les principes d’unicité, d’égalité devant la loi, de souveraineté populaire s’exprimant par l’élection ; à chaque échelon administratif correspond un échelon judiciaire :
un juge de paix par canton, exerçant sa compétence au civil et au pénal sur plusieurs communes. un tribunal de district pour juger les procès civils du ressort, composé de cinq juges élus et du ministère public. et enfin, un tribunal criminel du département.
La mise en place des différentes instances est lente : les juges de paix et des tribunaux de district sont élus en novembre 1790, les tribunaux criminels ne se mettent pas en place avant le printemps 1792.
Dans le courant de mars 1793 (Convention), se met en place un appareil judiciaire nouveau : les tribunaux révolutionnaires et les tribunaux criminels du département jugeant révolutionnairement. Des lois nouvelles déterminent les crimes contre la nation (loi sur les suspects du 17 septembre 1793). Des commissions, composées de juges du tribunal criminel du département, nommés par les représentants en mission, sont appelées à agir dans les zones d’insurrection. Le 27 Germinal an II (16 avril 1794) toutes les affaires en cours sont transférées à Paris, au tribunal révolutionnaire. Le 16 Floréal (8 mai 1794) toutes les juridictions d’exception sont supprimées.
↑ 4 • Poignand signe l’inventaire de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort en tant que procureur-syndic en 1791.— A.D.I.V. 1 Q 645 —
↑ 5 • J. C. D. Poignand apparait en 1793 en tant que juge sur les premiers almanachs républicains.— TESTU, Laurent-Étienne, Almanach national de France, Chez Testu, 1793-1794, Voir en ligne. page 278 —.
↑ 6 • Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, Dossier n° 188 des actes du tribunal criminel d’Ille-et-Vilaine, série B, Parlement.
↑ 7 • selon Yann Baron, il occupe cette fonction jusqu’en 1796.
↑ 8 • Durant le Directoire, du 26 octobre 1795 (4 Brumaire an IV) au 9 novembre 1799 (18 Brumaire an VIII), la justice est toujours divisée en justice civile, correctionnelle et criminelle. Le juge arbitral par excellence reste le juge de paix élu par les assemblées pour deux ans. Un tribunal civil par département juge en première instance les mêmes affaires que les anciens tribunaux de districts. Trois à six tribunaux correctionnels sont mis en place par département. Le Tribunal révolutionnaire est supprimé le 12 Prairial an III (31 mai 1795) et le Directoire crée une Haute-Cour Les institutions révolutionnaires
↑ 9 • Les acquis de la révolution concernant la justice ne sont pas remis en cause, même si une loi votée le 18 mars 1800 (27 ventôse an VIII.) modifie le système judiciaire. L’on trouve ainsi un tribunal dans chaque arrondissement, composé de trois à quatre juges, chargé de s’occuper d’affaire mineures ; les départements ont chacun un tribunal criminel, où sont jugés les crimes de sang (composés de deux juges et d’un accusateur public.) ; il existe 29 tribunaux d’appel, correspondant aux provinces de l’Ancien régime ; il existe enfin un tribunal de cassation en haut de l’échelle. Les juges du tribunal de cassation sont élus, à l’instar des juges de paix, chargés de s’occuper des affaires mineures ou cantonales. Les délits les plus importants sont confiés à des magistrats professionnels, nommés par le premier consul. (B66) Loi relative à la poursuite des délits en matière criminelle et correctionnelle.
↑ 10 • La mention la plus récente en tant que juge d’instruction au tribunal de Montfort date de 1838 — GUYOT, A. et SCRIBE, Almanach Royal et National, Guyot et Scribe, 1838, Voir en ligne. page 364 —
↑ 11 • Ce premier essai historique de Poignand comprend des chapitres sur :
Chap. 1, Canton de Montfort.
art. 1. De la ville actuelle, de son ancien château, de l’ancienne ville. art. 2. Des deux familles du nom de Montfort ; quelle est celle qui est la vraie origine des anciens souverains de Bretagne, de l’antiquité et de l’illustration de l’une et de l’autre. art. 3. De la Canne miraculeuse dont Montfort a porté le surnom pendant environ 300 ans jusqu’à la révolution de 1789 et des différentes réparations des murs de la ville dont l’une fut l’occasion du miracle. art. 4. Statistique de la ville de Montfort et de ses environs. art. 5. Commune de Bédée et pensionnat d’Ursulines. art. 6. Commune de La Nouaye et château de la Marche. art. 7. De la commune d’Iffendic, et l’étang de Carray, de l’ancien château ducal de Boutavent et du château de la Chasse.
Chap. 2, Canton de Bécherel.
art. 1. De la ville de Bécherel et des deux sièges qu’elle a soutenus anciennement. art. 2. De la commune des Iffs, du château de Montmuran et de l’ancienne galette miraculeuse des Iffs. art. 3. De la commune de Romillé, du vieux château de Vaunoise et du dernier archevêque de Dol natif de cet endroit.
Chap. 3, Canton de Montauban.
art. 1. De la commune de Montauban, de son ancien château, de la famille de ce nom, de la bataille des Trente.
Chap. 4, Canton de Saint-Méen.
art. 1. Statistique de Saint-Méen, fondation du bourg, de la juridiction et du marché, fondation et restauration de son abbaye, chronique sur Judicaël Glandarius, son séminaire et son hospice. art. 2. Commune de Gaël, son ancien château, celui de Comper, ses eaux hydrophobiques. art. 3. Commune de Saint-Malon, monument réputé druidique, particularité sur un fanatique célèbre, singularités du paysage.
Chap. 5, Canton de Plélan.
art. 1. De la commune de Plélan, importance de son marché, son ancien château ducal, tombeau de la duchesse Wembrit, particularités sur le duc ou roi Salomon. art. 2. De la commune de Paimpont, de son abbaye, de la forêt, conjectures sur les raisons politiques qui l’ont fait aliéner ainsi que la terre de Montfort, motifs des moines pour faire prendre ère des évènements de la maison de Montfort et de celle de Lohéac, des forges, des blanchisseries. art. 3. De la commune de Maxent, fondation et destruction de son ancien monastère, réflexions générales sur la nature du sol de toute cette partie de l’arrondissement. art. 4. De la commune de Bréal, étymologie du nom, ancien château rebâti à la moderne, tombeau du duc Gurmailhon, erreur sur l’étymologie du nom de sa mère, détails sur l’invasion des normands et sur les vestiges d’un campement des celtes.
Conclusion de tout ce qui précède ; explication des erreurs commises par les rédacteurs d’histoire générale ; mérite des reproches faits aux étymologies celtiques ; causes des changements et de la destruction des choses.
— POIGNAND, Jean Côme Damien, « Notice historique sur l’arrondissement de Montfort », 1817, 104 p. —
↑ 12 • L’article de Blanchard de la Musse est tiré de l’essai de Poignand : — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Histoire monumentale du royaume de Domnonée fondé en Bretagne après l’expulsion des romains, Chorographie Domnonéenne sur Montfort-la-Canne, son arrondissement communal et quelques points de la Bretagne, de l’Angleterre, des Gaules et des pays étrangers qui ont eu d’antiques rapports tant avec les gaulois primitifs qu’avec les gaulois domnonéens », sans date, 183 p. —
↑ 13 • L’article non signé est l’oeuvre de Poignand comme il l’écrit dans son essai inédit — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Les gaulois primitifs et les gaulois domnonéens. Développements qui m’ont été demandés au sujet de quelques notes marginales sur les antiquités morbihannaises de M. l’abbé Mahé, chanoine de la cathédrale de Vannes. », 1829, 208 p. —
↑ 14 • Cet ouvrage porte différents titres : Le château de Boutavam et l’étang de Karrek, monumens de l’art militaire des Gaulois, antérieurs à l’invasion des Romains, c’est-à-dire d’au moins deux mille ans d’antiquité. Il a aussi été publié chez Duchesne sous le titre Karrek et Boutavam. Fragment de statistique, par J. C. D. POIGNAND, de Monfort, relativement à la destruction de l’étang de Caray
↑ 15 • Cet essai consacré à la région de Guérande a été l’objet d’une vive critique de la part d’Édouard Richer, fondateur du Lycée Armoricain. Le manuscrit de — POIGNAND, Jean Côme Damien, « Guérande et Le Croisic », v 1823. — n’est pas daté mais la critique de d’Edouard Richer est parue en 1823 dans — RICHER, Edouard, Voyage de Nantes à Guérande, Nantes, Imprimerie Mellinet-Malassis, 1823, 110 p. —
↑ 16 • Charles-Jacques-Toussaint Hersart est né à Morlaix le 4 novembre 1777. Il est Chevalier de la Légion-d’Honneur, ancien ingénieur des Mines, membre démissionnaire du Conseil général du département de la Loire-Inférieure, associé et correspondant de plusieurs sociétés savantes dont le Lycée Armoricain.
↑ 17 • Nous connaissons cet essai par la mention qu’en a fait La Borderie dans un article de l’Association Bretonne daté de 1885.— LA BORDERIE, Arthur le Moyne de, « Les monuments de l’art militaire du Moyen Âge en Bretagne. », Bulletin Archéologique de l’Association Bretonne, Vol. 28, 1885, p. 149-197, Voir en ligne. page 173 —
↑ 18 • Le prote est un chef d’atelier dans une imprimerie.
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