Source: http://www.cannabiscafe.net/foros/showthread.php/335872-Bulletins-ENCOD-2014?p=4055453
Timestamp: 2017-12-17 04:31:29+00:00

Document:
Bulletins ENCOD 2014
Tema: Bulletins ENCOD 2014
02/01/2014 14:57 #1
http://www.encod.org/info/BULLETIN-ENCOD-107.html
BULLETIN ENCOD SUR LES POLITIQUES DES DROGUES EN EUROPE N° 107JANVIER 2014
PROF. DR. LEGALIZE IT
Voir en ligne : ENCOD
Quarante pour cent des professeurs de droit pénal en Allemagne se déclarent en faveur d’une réforme des lois
concernant les drogues.
De manière générale les experts ne sont d’accord que dans quelques cas exceptionnels et les professeurs ont
l’habitude de faire des apparitions publiques que lorsqu’ils présentent des monographies scientifiques. C’est
donc d’autant plus surprenant de voir 106 professeurs de droit pénal d’universités allemandes présenter
conjointement une résolution aux membres du Bundestag (Parlement Allemand) durant l’automne dernier. La
raison de cet accord et l’urgence d’une résolution, qui a été signée par presque 40 pour cent des professeurs
allemands de droit pénal, ont été : "La nécessité d’examiner l’efficacité de la Loi sur les Stupéfiants."
Pendant longtemps, plusieurs experts juristes ont exprimé régulièrement dans des articles ou dans des
documents techniques l’opinion que le droit pénal n’est pas la bonne marche à suivre pour résoudre les
problèmes sociaux et de sanitaires en relation avec l’abus de drogues. Le fait qu’aujourd’hui ils s’unissent pour
un appel urgent au Parlement en tant que législateur illustre clairement l’aspect destructeur et contre productif de
la "guerre contre les drogues".
De l’introduction à la résolution :
"Les signataires souhaitent attirer l’attention des législateurs sur les effets secondaires involontaires
préjudiciables et les conséquences de la criminalisation de certaines drogues. Ils veulent rappeler au Parlement
qu’il prenne en compte son mandat constitutionnel en général et les principes basés sur la science de la
législation pénale et de la politique de la criminalité en particulier au moyen d’une Commission d’Investigation.
Autant du point de vue scientifique qu’au niveau de la considération d’investigations empiriques il est urgent de
réviser l’aptitude, la nécessité et l’adéquation normative du Code Pénal des Stupéfiants et, par conséquent, à
partir de ces évaluations, proposer des suggestions pour des changements légaux."
Les experts justifient l’appel pour une réforme urgente des lois sur les drogues par"l’échec du contrôle répressif
de l’offre et de la demande des drogues dans le monde" d’une part, et par "l’excès actuel de criminalisation"
"Le financement du terrorisme des talibans en Afghanistan provient en grande partie du marché noir de l’héroïne
et du haschich. Les milliers de morts de la "guerre contre les cartels de la drogue" au Mexique sont imputables
aux batailles pour les bénéfices exorbitants du marché noir. Ce marché noir génère une économie extrême et
mondialisée, et par conséquent, plus de délinquance et un impact déstabilisateur sur les marchés financiers
globaux et sur les économies nationales".
Une autre raison de l’initiative tient dans le fait que plusieurs expériences d’un accès libéralisé ou de la
distribution de drogues précédemment illégales, par exemple aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne et au
Portugal n’ont pas occasionné l’expansion de la consommation que l’on craignait. Même le gouvernement des
États-Unis, sous l’égide de Barack Obama, a accepté, le changement de paradigme de "la guerre contre les
drogues" par celui de "stratégies de santé publique", en relation avec la légalisation du cannabis comme
À cause de ces différents événements, selon les professeurs, une commission d’investigation du Bundestag
s’avère nécessaire, compte tenu du fait que les législateurs ont l’obligation de vérifier si " les lois s’appliquent en
accord avec le principe général de proportionnalité de la Constitution et si on répond aux changements
significatifs de la réalité sociale et scientifique."
Par ailleurs cet appel au Parlement se justifie par cinq affirmations :
1. Avec la prohibition des drogues l’État abandonne son contrôle sur la disponibilité et la pureté des drogues. Le
problème n’est pas les effets des drogues mais plutôt la politique répressive en matière de drogues.
2. La prohibition échoue systématiquement dans son objectif de prévention de la consommation nocive de
certaines substances. De fait, toutes les études scientifiques pertinentes démontrent qu’il est impossible que la
prohibition atteigne cet objectif.
3. La prohibition est préjudiciable à la société : elle favorise le crime organisé et le marché noir. De même, elle
réduit les droits civiles et corrompt l’État de Droit. La concentration massive de pouvoir dans les cartels et les
mafias augmente le risque d’échec de la société civile.
4. La prohibition représente un coût disproportionné : les citoyens sont victimes de la délinquance relative aux
drogues, chaque année des milliards de dollars sont dépensés pour l’application de la loi. Ils seraient mieux
utilisés dans la prévention et la protection de la santé.
5. La prohibition porte préjudice aux consommateurs : ils sont discriminés, poursuivis et projetés vers des
occupations criminelles. Il n’y a pas de protection des consommateurs ni des mineurs. On favorise des façons
de consommer risquées et les consommateurs sont exposés à des maladies dangereuses (SIDA, Hépatite C).
Les professeurs concluent : " L’État ne doit pas porter préjudice aux citoyens avec sa politique des drogues. Par
conséquent il est nécessaire d’examiner les effets positifs et négatifs des politiques des drogues de façon
impartiale et scientifique. Les scientifiques dans le cadre du droit pénal se sentent particulièrement responsables
pour l’application des principes théoriques du droit pénal et pour la modération de l’État dans le contrôle de la
Pour les gens qui s’occupent de la politique des drogues de façon régulière ces déclarations pourraient ne pas
être des nouveautés. On peut remarquer, cependant, que ce n’est plus comme il y a quelques décades
seulement les jeunes des universités qui exigent "Legalise it" mais au contraire des professeurs d’université de
renom et d’un certain âge. On peut seulement espérer que les politiciens, les Membres de Parlement législatif,
prennent compte de cet appel urgent des experts légaux et, finalement se mettent à l’ouvrage. Et pas seulement
en Allemagne mais aussi en Europe et dans le monde.
Par Mathias BROCKERS, journaliste et écrivain à Berlin. Il a écrit, entre autre "La redécouverte du Chanvre
comme culture agricole" (avec Jack Herer, 1993) et " Le mensonge des drogues. Pourquoi la prohibition des
drogues favorise le terrorisme et porte préjudice à la santé publique" (2010)
Lors du premier mois de l’année 2014 le secrétariat se concentrera sur les tâches administratives et les
préparatifs de la campagne concernant la réunion des Nations Unies à Vienne au mois de mars.
Nous participerons aussi à la manifestation ACMEFUER Cannabis Social Club de Fuerteventura, en Espagne,
Le comité exécutif et le secrétariat d’ENCOD vous souhaitent à tous une heureuse nouvelle année !
03/03/2014 11:21 #2
Re: Bulletins ENCOD 2014
​http://www.encod.org/info/Bulletin-Encod-109.html
UN TOURNANT RADICAL DE LA POLITIQUE DES DROGUES EN EUROPE ?
La campagne d’Encod durant la session annuelle de la Commission des Stupéfiants de l’ONU à
Vienne en mars est un de nos projets les plus importants de l’année 2014. Il y aura un centre de
presse alternative à Vienne. Des membres d’Encod planteront des boutures de cannabis à
l’extérieur de l’édifice de l’ONU pendant qu’une délégation de 5 personnes participera au débat à
l’intérieur. Il y aura aussi des renifleurs de café...
Voir en ligne : Campagne d’Encod à l’ONU à Vienne.
Par de nombreux aspects la Commission des Stupéfiants de l’ONU est à l’origine des malheurs causés
par la prohibition des drogues. Les trois Traités de l’ONU sur les drogues (1961, 1971 et 1988) limitent
sévèrement les états membres dans le développement de politiques des drogues qui ne se baseraient
pas sur la répression et la criminalisation. Mais " le Mur de Berlin de la prohibition des drogues "
commence à se fissurer, grâce à des pays courageux comme l’Uruguay et la Bolivie, et quelques états
américains comme le Colorado et Washington. La Bolivie a légalisé l’usage traditionnel de la feuille de
coca, les autres territoires mentionnés ont légalisé le cannabis. Avec ou sans l’autorisation de l’ONU.
L’année 2014 pourrait être une année charnière, beaucoup de pays observant de très près l’Uruguay et
les États-Unis. À l’intérieur des États-Unis cet effet dominant est très visible. Toute une série d’états est
en train de planifier des référendums pour légaliser le cannabis, que ce soit pour l’usage médical ou
Le débat sur l’échec de la guerre aux drogues prend de l’ampleur dans presque tous les pays
européens et sud-américains . La 57ème session de la Commission des Stupéfiants de l’ONU du mois
prochain, contrairement aux autres sessions, laisse présager un intérêt particulier, compte tenu qu’elle
doit apporter une réponse à ces événements. Comme l’explique le président d’Encod Janko Belin : " La
Commission de l’ONU ne peut continuer ainsi. Cette année est différente. Nous avons besoin de
changements réels et maintenant."
Encod prépare plusieurs actions à Vienne. Tout d’abord, en arrivant au centre de l’ONU, les délégués
gouvernementaux seront salués par les " Kaffeeschnüffler " ("les renifleurs de café"). Ces renifleurs
appartenaient à un groupe d’environ 400 vétérans handicapés de l’armée, employés par le roi de
Prusse Frédéric le Grand durant la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Leur travail consistait à faire
respecter la prohibition de la torréfaction des grains de café, boisson illégale à cette époque. Ils se
déplaçaient en ville pour sentir si des gens étaient en train de torréfier ou de préparer du café pour qu’ils
soient arrêtés et mis en prison.
Le roi de Prusse ne fut pas le premier à prendre ce genre de mesures : dans le courant du Moyen-Âge
le café était interdit par les autorités musulmanes, chrétiennes et juives qui avaient peur de son effet
psycho-actif. Le café était considéré comme un stimulant pour esprits rebelles. La vrai raison du roi
Frédéric était surtout économique, étant donné que son pays qui ne possédait pas de colonie
productrice de café était obligé de l’importer à prix d’or. Cependant lui-même aimait beaucoup le café et
finalement cette mesure fut abolie.
Étant donné que tous les délégués à l’ONU seront probablement en train de boire un café ils se
rendront compte de l’ironie. En même temps, quelques membres d’Encod planteront des boutures de
cannabis en face de l’édifice de l’ONU pendant qu’une délégation de 5 personnes participera aux
débats à l’intérieur.
La délégation sera constituée de Chakib El Khayari, un activiste des Droits Humains et porte-parole du
mouvement pour la légalisation du chanvre au Maroc, l’écrivain Nord-américain Noug Fine (’Hemp
Bound’, ’Too High To Fail : Cannabis and the New Green Economic Revolution’), Dionisio Nuñez, ex
vice ministre de la feuille de coca de Bolivie, le président d’Encod Janko Belin et son coordinateur Joep
Oomen. Le vendredi 14 mars, l’un d’entre eux prononcera un discours de 3 minutes à l’assemblée
plénière sur le thème "Mesures pour lutter contre le blanchiment d’argent et pour l’augmentation de la
coopération judiciaire internationale".
Mais la présence d’Encod à Vienne a pour objectif principal d’informer le monde, en direct, précisément
sur ce qui s’y passe. Pour cela, une équipe de journalistes travaillera jour et nuit pour réaliser des
interviews avec des délégués et élaborer des comptes-rendus de la réunion de la Commission. Chaque
nuit des 13, 14 et 15 mars un centre de presse alternative sera mis en place à Vienne. Il informera sur
les procédés et produira des notes de presse, des interviews et des communiqués et diffusera tout en
direct sur Twitter.
Par conséquent, soyez attentifs au site d’Encod en mars et diffusez les vidéos Youtube et toute
information disponible.
La prohibition de substances et de plantes que des gens souhaitent consommer est une idée
complètement erronée. Le grand philosophe l’avait déjà compris quand il écrivit ces lignes il y a environ
350 ans :
" Toutes les lois qui peuvent être violées sans faire de mal à quiconque seront ridiculisées. Elles sont si
loin de contribuer au contrôle des désirs et de la passion des hommes, qu’au contraire, elles incitent et
orientent les pensées des hommes justement vers ces objectifs ; parce que nous allons toujours vers
l’interdit et désirons des choses que l’on ne nous laisse pas posséder. Celui qui essaie de tout gérer
par la loi augmentera le crime au lieu de le réduire. De plus, ceux qui recherchent le plaisir ne
manquent jamais d’imagination pour défier les lois qui régulent des choses qui ne peuvent être
interdites entièrement."
Par Derrick Bergman
03/04/2014 02:23 #3
http://www.encod.org/info/Bulletin-Encod-110.html
N°110 AVRIL 2014
Le philosophe germano-américain Théodore Adorno a dit "qu’il n’avait pas peur du retour des fascistes qui ont une tête
de fasciste, mais plutôt qu’il avait peur du retour des fascistes qui ont une tête de démocrate". On peut dire la même
chose des loups déguisés en moutons que nous venons de voir en pleine action lors de la récente réunion de la
Commission des Stupéfiants de l’ONU à Vienne.
Que devons-nous penser des déclarations de Raymond Yans, chef de l’Organe International de Contrôle des
Drogues, qui a dit que les Traités de l’ONU n’ont jamais eu l’intention d’interdire les drogues mais de les médicaliser ?
Et celles de Yuri Fedotov, directeur de l’Office de l’ONU contre les Drogues et le Crime, qui qualifie d’ "héroïques"
les organisations qui essaient d’ouvrir le débat sur les drogues ?
À Vienne il semblerait qu’il ait eu un accord général sur le fait que la criminalisation des consommateurs de drogues
est une insulte au bon sens. Mr Michel Kazatchkine du programme VIH des Nations Unies a déclaré que la
criminalisation est le moteur principal des pandémies de VIH et d’Hépatites en Asie Centrale et en Europe de l’Est.
Cela semble être un signal des temps que nous sommes en train de vivre, compte tenu que pendant des années, la
santé publique et les politiques des drogues appartenaient à deux camps adverses au niveau de l’ONU.
De fait, la prédominance de la tolérance zéro et de la prohibition est en train de perdre rapidement du terrain en
faveur d’un changement de paradigme vers ce que Mr Fedotov a appelé "un objectif plus équilibré". D’après ce que
l’on peut voir dans de nombreux pays, les poursuites judiciaires sont peu à peu remplacées par des mesures
administratives et par des objectifs hautement médicalisés.
Ceux qui plaident pour la ligne dure sont apparemment en crise profonde. Dans son bien nommé "Dialogue Informel
avec la Société Civile" Raymond Yans, comme s’il avait été un représentant du Politburo de l’Union Soviétique des
années 50, a lu un texte de ses réponses à des questions soigneusement préparées et n’a pas laissé place à une
seule intervention des personnes présentes dans la salle. Un groupe d’ONG prohibitionnistes, a fourni un effort
désespéré pour innover en présentant une plateforme internationale de défense de la prohibition des drogues sous
le nom de " Le Futur de la Politique des Drogues". Cependant, la moyenne d’âge de ceux qui ont soutenu cette
initiative indique clairement qu’ils représentaient surtout le Passé de la Politique des Drogues.
La réunion de la Commission des Stupéfiants a aussi pu être perçue comme un pas effectué vers la prochaine
Session Spéciale de l’Assemblée Générale de l’ONU, un événement important qui concerne les futures politiques
des drogues dans le monde et qui aura lieu à New-York en 2016. C’est là que la guerre de propagande contre les
drogues est arrivée à son point culminant en 1998, quand le directeur exécutif de l’ONUDD de l’époque, le Dr Pino
Arlacchi a lancé son fameux plan de dix ans : "Un monde sans drogues, c’est possible !". Aujourd’hui ça résonne
comme une mauvaise blague, mais à l’époque c’était très sérieux.
Aujourd’hui les quelques personnes qui continuent de prêcher la tolérance zéro sont proches de gens comme la
reine Sylvia de Suède qui a annoncé qu’elle organiserait une réunion à Stockholm pour tous ceux qui souhaitent
résister aux changements. Devrions-nous nous en inquiéter ? Nous devons sans doute être prudents car des
obstacles peuvent surgir sur notre chemin mais si on se souvient du célèbre proverbe : "les chiens aboient, la
caravane passe".
Nous pouvons voir que les opposants aux politiques justes et efficaces et à la régulation légale sont en position de
retrait stratégique même si ils ne vont pas abandonner facilement leurs positions. C’est le cas de quelques
scientifiques douteux qui prétendent construire une espèce de Commission Globale de Célébrités afin de maintenir
une position dominante sur le futur des politiques globales des drogues. Il ne fait aucun doute que certains candidats
affirmeront que le cannabis provoque des trous dans le cerveau, ou que ceux qui sèment du cannabis récolteront
des opiacés.
De nombreux pays ne peuvent pas encore développer des mesures de réduction des risques. Bien sûr, la Russie
pourrait beaucoup apprendre de la Crimée si seulement elle le voulait, comme l’a suggéré le président d’Encod,
Janko Belin, dans unelettre ouverte à Vladimir Poutine.
Par ailleurs, la régulation légale du marché des drogues n’était pas encore à l’ordre du jour officiel de la Commission
des stupéfiants. Une session de l’Organisation des États Américains a montré que les pays d’Amérique du Sud ne
veulent donner aucune prescription mais ils veulent éclaircir les différentes positions présentes dans le débat global
des drogues sur le continent américain. À l’opposé de la régulation du marché du cannabis en Uruguay, une solution
extrême serait la complète cession de la souveraineté sur les drogues à des cartels criminels déjà existants.
Bien sûr ses simplifications sont excessives, bien que l’idée de la cession de la souveraineté parait très similaire à la
situation actuelle. Comment est-il possible qu’une société moderne accepte qu’une partie de ses richesses et de son
bien-être termine entre les mains de criminels ?
Ça a été très exactement le sens du discours qu’Encod a présenté sur le thème du blanchiment de dollars. En
participant 180 secondes à la Table Ronde de la Commission des Stupéfiants, l’auteur nord-américain Doug Fine a
dit :" Durant ce laps de temps, le narcotrafic international a généré 180 x 12 683 USD. Soit 2 millions 282 milles
dollars. Quand cette réunion sera terminée "ce bénéfice criminel sera de 9 milliards". On pourrait utiliser cet
argument encore et encore. La prohibition est une opération coûteuse et inutile et ceux qui la maintiennent devront
N’abandonnons pas la lutte !
Du 22 au 25 mai il y aura les élections au Parlement Européen dans tous les pays de l’Europe. Encod mobilisera le
vote pour les candidats qui s’exprimeront en faveur du Manifeste pour des Politiques des Drogues Saines et Sûres.
Tous ceux qui souhaitent soutenir cette campagne sont sollicités et peuvent nous envoyer les coordonnées des
candidats pour les élections au PE de son pays.
Vous pouvez aussi les contacter directement et leur proposer de signer le manifeste. Si nous recevons sa signature,
nous commencerons à mobiliser les gens pour qu’ils votent pour eux.
Bientôt nous aurons des nouvelles sur la prochaine Assemblée Générale d’Encod, probablement en Slovénie.
Gardez un oeil sur le site web...
02/05/2014 20:01 #4
http://www.encod.org/info/Bulletin-Encod-111.html
Durant les trois prochaines semaines les partis politiques de 27 pays feront tout leur possible pour
séduire au maximum les citoyens qui voteront aux élections du Parlement Européen. Leur tâche n’est
pas facile : depuis la première organisation de ces élections en 1979 la participation a chuté de 62 % à
43 % en 2009. La croissante méfiance envers "Bruxelles" pour l’incapacité à trouver des solutions aux
vrais problèmes des gens est comme un virus qui contamine tout ce qui peut concerner les institutions
européennes, y compris pour ceux qui désirent les réformer.
L’Euro-scepticisme est une conséquence évidente du fait que l’Union Européenne a commencé comme
un rêve des politiciens, mais elle est devenue un cauchemar administratif pour technocrates. La façon
dont Bruxelles s’est occupé de la question des politiques des drogues peut servir d’exemple de ce
processus. Au début des années 90 le président français Mitterand a fait un effort pour développer une
vision authentiquement européenne ( donc non-américaine) sur les politiques des drogues, qui inclurait
une implication importante des citoyens concernés. Quelques années plus tard, la bureaucratie de l’UE
a transformé cette vision en " approche équilibrée", basée sur le consensus et sans vision, sans goût,
sans odeur ni couleur, gris comme le ciel de Bruxelles.
Cette "approche équilibrée" couvre un grand nombre d’options souvent contradictoires, passant de
l’idéal de la "tolérance zéro" comme en Suède aux modèles du Portugal et des Pays-Bas, où la vente
de petites quantités de drogues est tolérée. Les gouvernement de l’Europe occidentale sont fiers
d’exporter des programmes de "réduction des risques" en Europe de l’Est, alors que la principale
source des dégâts générés par les drogues (le fait qu’elles soient produites, distribuées et consommées
illégalement) reste intacte et indiscutable.
Un nombre croissant de pays européens ont régulé l’importation et la distribution de cannabis et de ses
dérivés produits par des entreprises privées qui travaillent en accord avec leurs gouvernements, alors
que des citoyens qui cultivent pour leur propre consommation (médicale) courent le risque d’être
criminalisés. En Espagne et en Belgique les autorités regardent ailleurs pendant que les citoyens
prennent la responsabilité de mettre en place un modèle de régulation du cannabis qui a pour objectif la
santé et la sécurité publique. Les Clubs Sociaux du Cannabis sont les cobayes de la politique des
drogues de demain. S’ils réussissent, les grandes entreprises sont prêtes à les copier, sinon, la
répression continuera.
Toutefois, beaucoup d’européens attendent plus de l’UE que de leurs propres autorités nationales
quand il s’agit de toucher aux politiques des drogues. Après tout, c’est bien le Parlement Européen qui
a voté l’ensemble des recommandations les plus radicales pour mettre un terme à la guerre contre les
drogues, mais qui n’ont jamais été approuvées par un parlement en Europe.
Si ces recommandations (formulées dans le rapport Catania, soutenu par une majorité des euro-députés en
décembre 2004) avaient été mises en pratique, les politiques des drogues d’aujourd’hui en Europe
seraient basées sur la réalité et non sur des jugements moraux. Les gouvernements auraient investi
activement dans la recherche et dans l’usage des plantes actuellement illicites à des fins bénéfiques, et
un espace légal aurait été créé pour des initiatives innovantes, de base comme les Club Sociaux du
Par ailleurs, L’Europe offre une excellente opportunité de comparer les résultats de différentes
politiques des drogues. Ce qui peut être d’une grande utilité pour développer des politiques des
drogues plus rationnelles. Le fait que les approches les plus tolérantes n’ont pas généré plus de
consommation de drogues est la meilleure façon d’ôter du crédit à la théorie de la prohibition en tant
qu’outil nécessaire à la prévention des drogues. Il est par ailleurs urgent d’ajouter à cette conclusion
des éléments de comparaison sur les budgets publics en relation avec les drogues, pour que les
citoyens de pays où l’on exerce des politiques répressives puissent voir comment est gâché l’argent de
leurs impôts.
Le scepticisme peut être une attitude compréhensible et raisonnable à chaque fois que l’on fait
référence aux attentes envers l’UE. Peu importe le nombre de recommandations qui surgiront du
Parlement Européen, ce sont les gouvernements nationaux qui sont responsables en dernière instance
des politiques des drogues, et de la présentation aux parlements nationaux de leur base philosophique,
la prohibition. Par conséquent, les décisions finales pour démanteler la machine de guerre contre les
drogues devront être prises au niveau national, probablement à la suite d’une pression croissante des
autorités locales qui ont compris l’impact dévastateur de cette guerre dans leurs communautés.
Cependant, dans l’environnement européen l’information peut circuler librement, indépendamment des
limitations idéologiques qui caractérisent souvent le débat politique national. Peut-être que c’est
précisément parce que les risques sont moindres que dans les capitales des États membres, pour des
députés ambitieux et disposés à lutter pour une cause juste, et ils ont plus de chance de gagner les
coeurs et les esprits de leurs collègues.
Ces dernières semaines, Encod a commencé a identifier les candidats aux prochaines élections
européennes qui réaffirment leur soutien au Rapport Catania et qui, une fois qu’ils seront élus,
continueront à mettre la question à l’ordre du jour des autorités de l’UE. Plus de 20 candidats de 10
pays ont signé le Manifeste pour des Politiques des Drogues Sûres et Saines. Au moins les citoyens d’Allemagne,
de Belgique, de Slovénie, de Grèce, d’Irlande, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, deRépublique Tchèque et du
Royaume-Uni peuvent maintenant voter pour un candidat qui s’est engagé à collaborer activement pour
mettre une terme à la guerre contre les drogues.
C’est précisément parce que le 25 mai le nombre de votants sera faible qu’il sera plus facile d’obtenir
des sièges. Donc ceux qui veulent savoir où porter leur voix le 25 mai peuvent garder un oeil sur le site
web d’Encod les prochaines semaines. Vous pouvez aussi participer à la campagne en prenant contact
vous-même avec les candidats de votre pays ( voir la carte pour plus de détails ).
Comme beaucoup de membres le secrétariat d’Encod participera à l’organisation de la Marche Global
de la Marijuana. Elle sera organisée pour la neuvième fois à Anvers le 10 mai. On prépare aussi le
déménagement du bureau compte tenu que nous devrons laisser le local actuel à partir du 1er juin.
L’Assemblée Générale d’Encod aura lieu du 26 au 28 septembre 2014 au Goricko Art Center en
Slovénie. Voir ici pour leformulaire d’inscription.
31/05/2014 23:07 #5
http://www.encod.org/info/Bulletin-Encod-112.html
LA GUERRE AU CANNABIS EN RÉPUBLIQUE TCHÈQUE CONTINUE
En novembre 2013, on a assisté à une attaque sans précédent contre les growshops en République Tchèque dirigée par des agents de la Brigade
Nationale Anti-Drogues qui ressemblait fort aux descentes de police dans "Reefer Madness". Depuis, la situation a évolué et les dernières nouvelles
concernant les premières décisions judiciaires sont inquiétantes. Il y a eu aussi des changements significatifs dans le code de la dépénalisation et dans la
loi sur le cannabis médical :
La République Tchèque toujours été perçue comme un paradis pour les consommateurs de cannabis surtout par les étrangers amateurs de cannabis qui
ont quelque fois visité ce pays au coeur de l’Europe. Les lois sur les drogues ont toujours été semblables à celles d’autres pays "tolérants". Le climat
ambiant qui a toujours été le reflet d’une sympathie de l’opinion publique et de l’indulgence des autorités, a fait que les gens cultivaient du cannabis chez
eux et fumaient dans la rue. Cela ne posait de problème à personne et dans la majorité des cas la police passait et laissait les fumeurs tranquilles ( de
même quand elle voyait par hasard quelques plantes dans les jardins).
Le gouvernement avait aussi publié un décret en 2010 qui établissait les quantités de drogue qu’une personne pourrait posséder ou cultiver sans
commettre de délit. Comparées à d’autres pays d’Europe ces quantités étaient plutôt "généreuses" : 15 grammes de fleurs sèches de cannabis, 5 plantes
en croissance,et, par exemple pour l’héroïne, la quantité tolérée était de 2 grammes.
Les gangs vietnamiens et la confusion dans l’application de la loi
Toutefois, les choses ont commencé à changer il y a deux ou trois ans quand la police a découvert des espaces cultivés de plus en plus grands,
appartenant en majorité à des bandes vietnamiennes qui venaient surtout du Canada et du Royaume-Uni et qui ont immigré en République Tchèque
depuis une dizaine d’années, dans l’intention de produire d’énormes quantités de cannabis destinées à être vendues en Allemagne et dans d’autres pays
On a vu aussi ces dernières années une forte augmentation du nombre de petits growshops qui vendaient des produits légaux comme des livres sur le
cannabis, des graines, des fertilisants, des pots et des lampes. Tout ce que n’importe qui pouvait acheter dans n’importe quel grand supermarché. Il était
évident que tous ces growshops seraient visités en majorité par des gens intéressés par la culture du cannabis, mais ils respectaient les lois en vigueur
dans la majorité des cas. Tous les experts en politiques des drogues s’accordaient à dire que la majorité des clients de ces boutiques étaient des petits
producteurs et des personnes malades qui avaient besoin de cultiver du cannabis pour se soigner.
L’actuel chef de la Brigade Nationale Anti-Drogues Jakub Frydrych a dit en plusieurs occasions que la police ne se focalisait pas sur les petits producteurs
et les consommateurs, mais sur les bandes organisées qui achètent leur équipement dans d’autres circuits criminels et qui ne vont pas dans les petits
growshops des centres-villes. C’était une façon d’agir intelligente dont nous, les tchèques, étions fiers.
Cependant, à partir du début de l’année 2013, Frydrych a commencé à défendre l’idée que les growshops et l’ensemble de la communauté des
consommateurs de cannabis sont une "menace significative pour la société" et que les growshops contribuent à "répandre la toxicomanie" ( un terme très
vague pour notre code pénal), parce qu’ils vendent tout le nécessaire pour cultiver du cannabis "sous son propre toit".
La Cour Suprême a condamné deux propriétaires de growshop début 2013 pour avoir répandu la toxicomanie et même si notre loi ne doit pas être (et n’a
jamais été) basée sur des précédents individuels ( à la différence des britanniques par exemple), Frydrych et ses hommes ont annoncé que cela était
suffisant pour passer à l’action et ils sont intervenus dans 80 à 100 growshops en novembre 2013. Les experts publics des drogues ont condamné ces
agissements, disant que c’était une grosse perte d’argent et de ressources et que la destruction de commerces légitimes n’affectait en rien l’immense
réseau mafieux.
L’ensemble de la communauté des consommateurs de cannabis espérait que le système de justice aboutirait à la conclusion que la police ne pouvait pas
créer ses propres lois et que s’ils entamaient des procédures contre les commerces de terre et de fertilisants, ils devraient intervenir dans tous les
supermarchés du pays. Malheureusement, la première décision judiciaire en février a montré que les juges ne comprenaient pas vraiment le problème des
drogues. Jusqu’à maintenant, personne n’a été emprisonné, mais les quatre ou cinq premiers accusés ont écopé d’une à deux années de prison avec
sursis et leurs biens furent confisqués, ce qui signifie que leur commerce a été purement et simplement détruit.
Une autre erreur de la Cour Suprême en avril 2014 a été de réduire le seuil de tolérance des quantités de drogues possédées (la limite pour le cannabis
est actuellement de 10 grammes de fleurs sèches et de zéro plante en culture, l’héroïne est de 1 gramme...) et un des juges a interprété cette décision
comme "une avancée contre la propagation de la consommation de drogues et de la production dans le pays", ce qui montre son total manque de
La situation du cannabis médicinal
Depuis le 1er avril 2013, le cannabis médicinal est légal d’après la législation tchèque. Cependant, l’ex-ministre de la Santé Leoš Heger et l’Institut d’État
de Contrôle des Drogues ont fait tout leur possible pour empêcher les patients d’obtenir du cannabis quelque soit la quantité, parce que le ministre a
considéré que le cannabis médicinal était une escroquerie. Aujourd’hui, après plus d’un an, pas un seul patient n’a reçu ne serait-ce qu’un seul gramme de
cannabis. Néanmoins, il y a un nouveau ministre de la Santé depuis février qui paraît beaucoup plus ouvert à l’idée de rendre accessible, le plus vite
possible, le médicament à tous les patients qui pourraient y trouver un soulagement.
Nous espérons qu’avec le changement dans la position gouvernementale concernant le cannabis médicinal, un peu plus de bon sens arrivera au Ministère
de l’Intérieur, que le ministre reconsidèrera les agissements de la Brigade Nationale Anti-Drogues et que son chef Jakub Frydrych arrêtera de se comporter
comme le Dieu Tout-Puissant qui sait mieux que les médecins et que les experts en drogues comment aborder le problème. Il semblerait qu’à part lui, tout
le monde, en République Tchèque et dans l’UE, sait que la répression, en particulier envers la communauté du cannabis, ne va pas dans la bonne
direction. En réalité c’est tout le contraire.
Par Lukáš Hurýsek
Aux élections au Parlement Européen, 19 députés élus ont signé le "Manifeste d’Encod pour des Politiques des Drogues Saines et Sûres dans l’UE".
Nous allons commencer à les contacter en juin et préparer une campagne de pression pour promouvoir les initiatives de réforme au Parlement Européen à
partir de septembre 2014.
Plus de détails seront discutés lors de la prochaine Assemblée Générale d’Encod en Slovénie au mois de septembre.
Depuis le premier juin 2014, la nouvelle adresse du secrétariat d’Encod est : Haantjeslei 213, 2018 Anvers.
Nous serons présents au Jour de la Libération du Cannabis à Amsterdam le dimanche 15 juin.
02/07/2014 04:32 #6
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Jour de Libération du Cannabis à Amsterdam : La loi du désavantage de la longueur d’avance.
Des activistes, des entreprises, des consommateurs et des producteurs de cannabis de toute l’Europe
se sont réunis à Amsterdam le 15 juin dernier pour célébrer le Jour de la Libération du Cannabis, festival annuel
gratuit organisé par la VOC ( Union pour l’Abolition de la Prohibition du Cannabis). La politique hollandaise du
cannabis souffre encore des conséquences de "la loi du désavantage de la longueur d’avance".
La sixième édition du "Jour de Libération du Cannabis" s’est déroulée pour la première fois dans le charmant
Flevopark d’Amsterdam, attirant des visiteurs de Belgique, d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Espagne, de France,
de la République Tchèque, d’Italie et même de Dubaï. Un des points les plus discuté a été la disparition de la politique tolérante et pragmatique du cannabis en Hollande. Ces quinze dernières années les choses ont été de mal en pire,
à cause d’une diminution constante du nombre de coffeeshops, passant de 1500 dans les années 90 à 600 actuellement et aussi à cause des mesures répressives comme le "weedpass" ou la proposition de limiter la teneur en THC à 15%.
Pourquoi un pays qui a pu être réputé dans le monde par sa politique libérale du cannabis a malheureusement
adopté une politique de tolérance zéro, mettant l’accent sur un style "guerre aux drogues", pendant que le reste du
monde va vers une libéralisation ?
On peut trouver une réponse dans ce que l’on appelle "la loi du désavantage de la longueur d’avance", concept établit
par l’historien hollandais Jan Romein en 1937. Un des exemples que Romein a utilisé pour expliquer cette loi a été
l’éclairage des rues de Londres, une des premières villes au monde a l’installer à grande échelle. L’électricité n’avait
pas encore été inventée, ainsi les premières lampes des rues de Londres fonctionnaient au gaz.
Quand est venu le moment où d’autres villes ont voulu suivre le même exemple, l’électricité était disponible,
ces villes ont donc installé des réverbères électriques dès le début. L’avantage de Londres s’est révélé être un
handicap quand il a fallu moderniser son système.
Il y a une surprenante analogie concernant ce qui se passe avec la politique hollandaise du cannabis durant ces
quinze dernières années. En 1976, les Pays-Bas ont été le premier pays au monde à dépénaliser la possession de
petites quantités de cannabis pour usage personnel. Pour le rendre possible, on a fait une distinction entre les produits
du cannabis et les autres drogues illégales au travers de "l’Opiumwet" (Loi de l’Opium qui encadrait les autres drogues
illégales).
Cette distinction apportait avec elle une séparation des marchés de la drogue. L’objectif était, et est toujours, de créer
une situation qui permette aux gens qui veulent acheter du cannabis, de pouvoir le faire dans un cadre sûr, sans être
en relation avec d’autres drogues illégales présentant des risques plus importants pour la santé, comme l’héroïne ou
Il faut tout d’abord démentir une idée reçue, toujours défendue par le gouvernement actuel : les coffeeshops n’ont
jamais été "planifiés" par les autorités. Les premières directives de la police étaient dirigées vers ce que l’on appelait
des "distributeurs privés", qui agissaient dans des centres de jeunesse tels que "le Paradiso" ou le "Melkweg".
C’est seulement grâce à des entrepreneurs intelligents que les coffeshops tels que nous les connaissons aujourd’hui
ont commencé à exister. C’est arrivé plutôt malgré les gouvernements de l’époque que grâce à eux.
Faisons un saut rapide jusqu’en 2014. Le monde a changé de façon spectaculaire. Derrière nous, l’époque où la
Hollande était le seul pays ayant une politique libérale du cannabis. La liste des états qui ont dépénalisé ou légalisé
le cannabis semble grandir de jour en jour : l’Uruguay, le Colorado, Washington, l’Espagne, la Belgique, le Portugal,
la République Tchèque... Alors qu’en Hollande nous continuons de fonctionner avec des réverbères à gaz, ces pays
ont choisi des solutions beaucoup plus pratiques.
Avec la proposition du gouvernement hollandais de limiter à 15% le taux de THC du cannabis qui se vend dans
les coffeeshops, il semblerait que la politique hollandaise atteint là le point le plus bas de son déclin. La distinction
fondamentale entre le cannabis et les drogues comme l’héroïne ou le crack disparaitra si le gouvernement actuel obtient
gain de cause. De l’herbe ou du haschich qui contiendrait plus de 15 % de THC serait considéré comme une drogue dure.
Les coffeeshops qui offriront du "cannabis fort" seront fermés, accusés de fournir des "drogues dures". Les cultivateurs de
cannabis courent maintenant le risque d’être poursuivis de la même manière qu’un producteur de méthamphétamines ou
Le VOC travaille dur pour convaincre les membres du parlement hollandais que cette mesure est aussi dangereuse
qu’absurde. Le fondement même de la politique moderne des drogues en Hollande est en jeu.
Pour empirer encore les choses, le "Raad van State", un important conseiller assesseur du gouvernement dans les
affaires juridiques, a jugé légitime la discrimination des touristes dans les coffeeshops, au travers d’un décret longtemps
attendu, le 18 juin dernier. Le Conseil a déclaré que l’interdiction de l’accès aux non-résidents hollandais est une forme
de discrimination, mais cependant, elle est autorisée comme outil pour lutter contre le "tourisme des drogues".
Le ministre hollandais de la Justice, Ivo Opstelten, a toujours soutenu que tous les coffeeshops, y compris ceux
d’Amsterdam, devront "finalement" interdire l’accès aux non-résidents. Jusqu’à maintenant toutefois, seulement 15 %
de tous les coffeeshops hollandais (tous des trois provinces du sud) ont été obligés de refuser l’accès aux non-résidents.
Ce "partage Nord/Sud" est contraire à une politique nationale crédible et cohérente. Cela résume bien la politique
hollandaise du cannabis du 21ème siècle : non crédible et incohérente.
La bonne nouvelle c’est que la Loi du handicap de la longueur d’avance ne s’applique plus aux Pays-Bas. Barcelone
possède déjà plus de 250 Clubs Sociaux du Cannabis, alors qu’Amsterdam n’a que 200 coffeeshops. L’Uruguay a
légalisé le cannabis au niveau national. Ils nous ont surpassés, l’avantage a définitivement disparu. Aujourd’hui, les
réverbères de Londres sont alimentés à l’électricité. N’est-ce pas ?
Les membres d’Encod sont invités à participer à l’Assemblée Générale de Goricko, en Slovénie, du 26 au 28 septembre.
Veuillez vous inscrire avant le 1er septembre si vous voulez être sûr d’une participation aux frais de voyage et d’accueil.
Photos Gonzomedia
Última edición por jean-michel; 02/07/2014 a las 04:34
12/08/2014 19:19 #7
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BULLETIN ENCOD SUR LES POLITIQUES DES DROGUES EN EUROPEJuillet 2014
En Grèce, le ministre Markos continue la casse
En Grèce, l’usage de substances qui altèrent la conscience est aussi ancien que la civilisation hellénique, depuis les Mystères d’Eleusis jusqu’à la récente confrontation armée entre les forces de sécurité et les cultivateurs de cannabis dans les montagnes de Psiloritis en Crète. Les jeunes de Zoniana semblent profiter du fait qu’un petit groupe de crétois soient encore capables de dérouter la majorité des envahisseurs étrangers comme ils ont pu le faire avec les vénitiens, les turcs ou même les allemands. L’histoire de ces durs à cuire est devenue l’argument de l’inoubliable vidéo Fume ton Mythe en Grèce
On trouve un autre bon exemple dans les Cérémonies d’Eleusis ou dans le fait que la Crète soit considérée comme un des premiers endroits où l’usage du pavot à opium se soit généralisé après la chute de la civilisation minoïque. La Grèce devint un pays exportateur de haschich au cours du 19ème siècle et, même si son usage continue d’être criminalisé il reste un point commun aux villages méditerranéens.
Il y a encore peu de temps la Grèce subissait des sanctions très sévères à l’encontre de tout type de drogues et portait une charge sociale et sanitaire massive à cause de la criminalisation et de la stigmatisation de la consommation de drogues.
Par ailleurs la politique des drogues semble être la cendrillon des politiques, réduite par le déroulement principal de la bataille continuelle entre la coalition de gauche Syriza et l’actuel gouvernement qui essaie de respecter les restrictions économiques imposées par la troïka de l’UE. Cependant, aussi bien en Grèce qu’à Chypre des candidats des différents partis ont été élus au Parlement Européen et pourraient aider à la réalisation de quelques changements positifs.
Il y a quelques années il y a eu une vague de dépénalisation et une tendance à l’acceptation de la consommation de drogues parmi les travailleurs sociaux et de la santé qui a provoqué de petits mais néanmoins importants changements à Athènes, la métropole qui possède la communauté de consommateurs d’héroïne la plus visible en Europe.
Jusqu’alors la Grèce était connue comme ayant les lois les plus draconiennes de notre continent. Et comme conséquence de la crise économique, la situation déjà compliquée était devenue encore plus dramatique et les chiffres montrent une importante augmentation des infections et des maladies transmises par le sang.Une nouvelle loi parue en 2013 pénalise encore les consommateurs et les condamne à 3 mois de prison et à 1000 € d’amende quand ils sont interpellés avec de petites quantités, même s’il ne s’agit que d’un usage personnel sans critères objectifs pour faire la distinction avec d’autres types d’usage ( cela reste à l’appréciation du juge).
De même si quelqu’un est surpris avec 5 grammes et déclare être consommateur pour la première fois, il pourra être condamné de cette façon, sauf s’il a des antécédents judiciaires.La culture du cannabis pour usage personnel est considérée comme un délit mineur sanctionné de 3 mois de prison et de 1000€ d’amende. Récemment il y a eu le cas d’un patient qui possédait beaucoup de plantes de cannabis mais il ne fut pas emprisonné car le juge a reconnu la nécessité thérapeutique.
Par ailleurs, le gouvernement actuel a annoncé un nouveau projet de loi qui raccourcira les peines pour les trafiquants à grande échelle, qui doivent actuellement accomplir seulement un tiers de leur peine, alors que les consommateurs doivent encore faire face aux poursuites ordinaires. Actuellement, la consommation de cannabis d’origine culturelle en Grèce et aussi dans la partie hellénique de Chypre fait partie intégrante de l’esprit national de ces pays.
La musique rembetika, littéralement "imprégnée de haschich", représente encore l’âme la plus authentique de la musique populaire et son manque d’harmonie caractéristique est dû à ses mélodies circulaires orientales. Ce genre est un sous-produit de la "megali katastrofi", la grande catastrophe, en référence à la terrible conséquence des guerres gréco-turques et du retrait de la population de langue grecque de la côte occidentale de Turquie.
En conséquence, la population métropolitaine a doublé en quelques mois, principalement à cause des réfugiés d’Anatolie au lieu des personnes occidentalisées que les grecs nationalistes espéraient voir arriver.Ici, en Méditerranée sud-orientale, le rembete le plus célèbre, Markos Vamvakaris, a dédié sa chanson la plus connue de la classe politique :" Markos le Ministre" :
"Tous ceux qui deviennent premier ministre vont sans doute mourir. Les gens les apprécient pour les bonnes actions qu’ils font.Notre Kondilis est mort. Venizelou est parti, Demrziz aussi est parti quand il devait trouver une solution. Je crois que je serais un bon candidat pour devenir premier ministre. Je pourrais me promener toute la journée, en mangeant et en buvant comme un fou. Je me défendrais au Parlement et je donnerais des ordres à tout le monde. Je laisserais tout le monde fumer le narguilé et tout le monde sera défoncé."
L’auteur grec Ilias Petropoulos (photo) a passé quelques années en prison lors de la dernière dictature à cause d’une importante recherche qu’il a faite sur cette culture underground. Il s’est rendu compte que pour beaucoup de grecs il existe une relation intime entre la musique, la danse et le fait de fumer du haschich. Finalement Petropoulos a écrit un livre, le saint haschich, qui rappelle comment ce patrimoine culturel créé une espèce de polarisation face aux pouvoirs existants.
"Ces forces entrelacées, difficilement compatibles et pourtant complémentaires, sont en continuelle évolution, cristallisées dans certaines périodes et explosives dans d’autres. Les consommateurs sont les victimes prédestinées. Jamais personne ne leur a demandé leur opinion. Mais le dernier des fumeurs de haschich sait des choses que même le plus célèbre des professeurs ne peut imaginer. Naturellement, comme tout le monde, j’ai appris les leçons obligatoires sur le sujet, c’est à dire que le haschich est une drogue satanique, que ceux qui en abusent finissent par perdre corps et âme, que l’État doit en bloquer le trafic, que le système judiciaire protège nos enfants, que la police veille afin de protéger notre bien-être, et tant d’autres choses. Il y a 20 ans quand j’écrivais les trois paragraphes sur le haschich et l’addiction aux drogues dans Rembetika tragudia, j’étais dans une situation contradictoire du point de vue psychologique et idéologique."
Pour Petropoulos la culture underground, le kosmos ipogeios, représente une source de valeurs, d’expériences et de connaissances qui sont en opposition avec la société ordinaire. " J’aime les fous et les fumeurs de haschich, les voleurs et les prostituées parce qu’ils luttent contre toutes formes de pouvoir, mais je les aime encore plus parce qu’ils réussissent à survivre à la police, à la loi pénale, malgré la morale répugnante des petits bourgeois, mais surtout malgré sa propre passion brûlante."
Actuellement les politiques des drogues grecques sont représentées par le travail de Okana, l’organisation nationale contre les drogues, qui malgré sa dénomination officielle est en train de réaliser en réalité quelques mesures de réduction des risques très intéressantes avec l’ouverture de la première salle de consommation pour les consommateurs d’héroïne dans le centre d’Athènes.
C’est aussi à cause de l’augmentation des épidémies.Une autre évolution importante se tient dans le changement de paradigme dans les services des drogues qui ont abandonné la consigne de la guerre à la drogue en faveur d’un travail plus pragmatique et tolérant. Cependant, quelques termes se réfèrent encore à la défaillante guerre contre les drogues, comme par exemple le nom de "Département contre les drogues" et dénominations similaires, qui conservent une certaine complicité avec l’ancien régime qui se basait sur la propagande et le mensonge.
On a pas besoin de dire que la Grèce devrait être le premier pays à expérimenter quelques progrès que ce soit. De la même façon, nos amis et patriotes chipriotes voudraient entrer dans le monde anti-prohibitionniste. Tout dépend de nous.
Quelles sont les perspectives de la paix des drogues alors que le monde semble se rapprocher de la guerre ? Les récents événements en Israël et en Ukraine pourraient bien changer le cadre géopolitique dans lequel nous vivons.
Quoi qu’il arrive, l’appel pour plus de souveraineté dans la politique des drogues en Europe, et moins d’obéissance aveugle aux États-Unis et à l’ONU, semble de plus en plus légitime.
Cet automne, nous commencerons notre travail auprès du Parlement Européen pour soutenir cette position.Mais avant, nous allons célébrer notre Assemblée Générale annuelle, du 26 au 28 septembre, à Goricko en Slovenie. Tous les membres d’Encod sont cordialement invités.
Durant ces trois jours nous allons discuter des affaires internes et des propositions de stratégies pour obtenir des réformes en Europe. Veuillez vous inscrire avant le 1er septembre. Voir ici l’ordre du jour et le formulaire d’inscription.
Les membres d’Encod qui ne peuvent participer peuvent mandater d’autres membres présents.
bure (13/08/2014)
04/10/2014 16:37 #8
http://www.encod.org/info/Bulletin-Encod-116.html
Bulletin Encod 116
L’Assemblée Générale d’Encod a eu lieu du 26 au 28 septembre au Centre Artistique de Goricko, en Slovénie. 23
activistes de 7 pays ont assisté à l’AG, tous sont venus avec l’envie de promouvoir des politiques des drogues qui
prennent en compte les droits des consommateurs et des producteurs et qui profitent à la société toute entière.
La route de Goricko est longue et sinueuse mais cette destination en vaut la peine. Le Centre Artistique est entouré de
jolis bois et de champs, et à cause de la proximité avec la frontière de Hongrie (l’ancien"rideau de fer"), l’ambiance de la
région peut se comparer à celle d’un no man’s land ; bref, un endroit parfait pour une Assemblée Générale d’Encod.
Le premier jour nous avons écouté les comptes rendus des situations de chaque pays exposés par des gens qui suivent
de près le débat sur les drogues. Nous avons élu un nouveau membre du Comité Exécutif du fait que David Rosse et Has
Cornelissen ont démissionné pour des raisons personnelles. Désormais Elina Hanninen de HPP, Finlande, se joindra à
Derrick Bergman, Enrico Fletzer et Janko Belin au sein du Bureau Exécutif de l’organisation. La proposition de Has
Cornelissen d’élargir nos possibilités de financement à une liste de grandes entreprises et d’organisations nord-
américaines sélectionnées qui travaillent pour la réforme des politiques des drogues a été approuvée.
Le deuxième jour a débuté par une description de la situation des Clubs Sociaux du Cannabis en Europe. Nous avons
appris qu’à l’instar de l’Espagne et de la Belgique où les CSC opèrent légalement, des initiatives concrètes sont en
marche pour la mise en place de Clubs Sociaux du Cannabis en Autriche, en Slovénie, en France, en Italie et aux Pays-
Bas. En Autriche, tout comme au Royaume-Uni et en Allemagne, les CSC sont, jusqu’à maintenant, des initiatives
simplement politiques destinées à réunir des activistes autour d’une perspective concrète qui pourrait aboutir à un soutien
public. En France, un premier pas vers la mise en place d’un CSC qui serait légalement reconnu par les autorités a
échoué en 2013, mais cela n’a pas empêché les activistes de tout le pays d’accueillir à bras ouverts le concept comme
mécanisme d’un circuit fermé de distribution à petite échelle afin d’éviter le marché noir. Les activistes français ont été fier
de présenter la "Bud Revolution", un programme software pour gérer un CSC.
En Italie aussi, plusieurs Clubs Sociaux du Cannabis fonctionnent clandestinement, mais il semblerait que ce ne soit
qu’une question de temps avant que la première association se présente officiellement et commence la bataille légale
pour démolir la prohibition du cannabis. En Slovénie, deux associations fonctionnent publiquement sous l’appellation
"Club Social du Cannabis", mais son statut légal n’est pas clair. Quant aux Pays-Bas finalement, plusieurs associations
ont annoncé leur intention de mettre en oeuvre le concept du CSC qui a obtenu le soutien des conseils municipaux
d’Utrecht, et probablement bientôt d’Amsterdam.
En ce qui concerne plus spécialement les clubs qui fonctionnent encore sans autorisation des autorités, il semblerait qu’ils
bénéficient du fait qu’une coordination européenne légitimise le concept. Encod ne peut pas agir comme une agence de
garantie et de contrôle des Clubs Sociaux du Cannabis, mais elle peut renforcer les CSC actuels et futurs de différentes
Avant tout en organisant une source d’expériences, d’idées, d’outils de toutes sortes qui pourraient être utiles à des CSC
qui débutent. Nous voulons créer et améliorer la défense légale des CSC avec l’aide d’avocats et d’étudiants en droit de
toute l’Europe qui sont prêts à défendre le concept de CSC devant les tribunaux. Nous planifions aussi une campagne
d’information pour montrer une image publique claire du concept de Club Social du Cannabis tel qu’il est formulé dans le
Code de Conduite. On mettra l’accent spécialement sur le caractère non lucratif des CSC.
Nous actualiserons le site web sur les CSC européens qui a été créé par Richard Rainsford, un membre d’Allemagne, il y
a quelques années. Tous les clubs qui s’inscriront devront déclarer qu’ils suivent le Code de Conduite des CSC. Nous
considérons que nous offrons les services d’un "Médiateur" aux membres individuels de ces CSC qui pourront se diriger
vers Encod s’ils pensent que leur club ne respecte pas le code de conduite.
Parmi les responsabilités d’un CSC il y a celle de soutenir l’activisme (inter)national, comme reconnaissance du fait que
sans activistes cette avancée n’aurait jamais été possible. Encod propose une contribution fixe de chaque CSC sur la
base d’au moins 2 euros par adhérant et par an, répartis entre l’activisme national et européen.
Mais Encod ne se limite pas aux Clubs Sociaux du Cannabis. L’UNGASS (Assemblée Générale de l’ONU) de juin 2016
est dans notre ligne de mire et nous espérons un changement radical dans l’histoire des Conventions des Stupéfiants de
l’ONU. Au lieu d’insister sur les instruments de répression, l’ONU devra insister sur des moyens plus judicieux comme le
respect des droits humains et de la dignité, la durabilité et la protection de la santé. Il est temps de grandir en tant que
communauté mondiale, les années d’obéissance aveugle sont terminées.
Lors des prochaines semaines nous allons contacter la Drug Policy Alliance ainsi que d’autres organisations de New-York
et leur offrir notre collaboration pour la préparation d’une manifestation destinée à faire pression sur les délégués à
l’UNGASS pour qu’ils fassent les choses bien. Nous espérons mobiliser des centaines d’activistes d’Europe et d’autres
continents pour qu’ils participent à cet événement. Un groupe de travail sera constitué pour suivre cette initiative ainsi que
la participation d’Encod à la Commission des Stupéfiants en Mars 2015.
En attendant nous avons prévu d’impliquer les 18 eurodéputés qui ont signé le Manifeste d’Encod pour des Politiques des
Drogues Saines et Sûres dans l’UE pour soutenir notre sollicitation de reconsidérer le Rapport Catania qui a dix ans et qui
est la recommandation la plus récente concernant la politique des drogues du Parlement Européen. Nous sommes en
contact avec le secrétariat des Verts du PE pour que cette sollicitation se fasse de manière adéquate.
Pour terminer, la délégation française a proposé d’organiser la prochaine Assemblée Générale dans le sud de la France.
Les dates et lieu seront confirmés en janvier prochain.
Texte : Joep Oomen
Photos : Gonzomedia

References: CSC 
 CSC 
 CSC 
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 CSC 
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