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Timestamp: 2016-10-25 15:41:24+00:00

Document:
5A_743/2012 (06.03.2013)
5A_743/2012
repr�sent� par Me Douglas Hornung, avocat,
repr�sent�e par Me Alexandra Clivaz-Buttler, avocate,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, du 31 ao�t 2012.
A.a Mme B.X.________, n�e en 1959, et M. A.X.________, n� en 1966, se sont mari�s le 13 juin 1994 � Tramelan (BE).
Deux enfants sont issus de cette union: C.________, n�e en 1994, et D.________, n�e en 2001.
Les �poux vivent s�par�s depuis le 24 avril 2006, date � laquelle Mme B.X.________ a quitt� le domicile conjugal pour s'installer avec sa fille cadette chez sa m�re, alors que l'a�n�e a choisi de rester chez son p�re.
A.b M. A.X.________ travaille pour le compte d'une soci�t� active dans le domaine des assurances depuis le 1er janvier 2009. Il a per�u � ce titre un salaire mensuel net de 10'302 fr. 25 en 2010 et de 10'434 fr. 90 en 2011, bonus et frais d'entretien fixes inclus. Son repas de midi est pris en charge par son employeur qui ne lui verse toutefois aucune allocation familiale.
Il a per�u un montant de 300'000 fr. suite � la vente de la maison du couple � la fin de l'ann�e 2008 et sa fortune s'�levait � 289'000 fr. au 31 d�cembre 2010. Il soutient toutefois devoir d�sormais r�guli�rement puiser dans ses �conomies pour couvrir les frais d'�cole priv�e de ses deux filles et avancer certains frais � charge de son �pouse.
Ses charges mensuelles incompressibles ont �t� arr�t�es � 10'088 fr. par mois � compter du 1er janvier 2011 et � 9'720 fr. du 1er septembre 2011 au 31 ao�t 2012, incluant les frais d'�colage de ses deux filles.
A.c Mme B.X.________ est employ�e par une banque et per�oit un salaire mensuel net de 6'133 fr.
Ses charges mensuelles incompressibles, comprenant celles de ses filles qui vivent toutes deux d�sormais avec elle ont �t� arr�t�es � 5'932 fr. pour la p�riode du 1er janvier 2011 au 31 janvier 2012 et � 6'577 fr. � compter du 1er f�vrier 2012.
De la vente de la maison du couple, elle a per�u un montant d'au moins 320'000 fr. Elle soutient que sa fortune s'�levait � 29'000 fr. au 23 novembre 2011. Sa m�re a en outre certifi� lui avoir pr�t� 43'000 fr. depuis le d�but de l'ann�e 2010, montant dont elle entend obtenir la restitution.
B.a Par requ�te du 20 octobre 2010, M. A.X.________ a form� une demande unilat�rale en divorce assortie de mesures provisoires et pr�provisoires par-devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve (ci-apr�s: Tribunal de premi�re instance) concluant notamment � ce que la garde et l'autorit� parentale sur ses deux filles lui soient attribu�es, � ce qu'un droit de visite soit r�serv� � son �pouse et � ce que cette derni�re soit condamn�e � verser, sur mesures provisoires comme au fond, une contribution d'entretien � compter respectivement du 1er octobre et du 1er juin 2010, allocations familiales non comprises, de 700 fr. par mois pour D.________ et de 950 fr. par mois pour C.________, ainsi que d'assumer la moiti� de leurs frais d'�colage, ces conclusions valant jusqu'� leur majorit�, voire au-del� mais au plus tard jusqu'� l'�ge de 25 ans r�volus, en cas d'�tudes s�rieuses.
Dans ses derni�res conclusions du 29 novembre 2011, M. A.X.________ a, sur mesures provisoires et au fond, maintenu ses conclusions tendant � obtenir l'autorit� parentale et la garde de ses deux filles, son �pouse b�n�ficiant d'un droit de visite et devant lui verser une contribution � l'entretien des enfants, par mois et d'avance, � compter du 1er d�cembre 2011, de 450 fr. pour C.________ jusqu'� sa majorit� voire au-del�, mais au maximum jusqu'� l'�ge de 25 ans r�volus en cas d'�tudes s�rieuses et de 350 fr. pour D.________ jusqu'� l'�ge de 15 ans, puis de 800 fr. jusqu'� sa majorit� voire au-del�, mais au maximum jusqu'� l'�ge de 25 ans r�volus en cas d'�tudes s�rieuses. Au fond uniquement, il s'est engag� � prendre � sa charge l'�colage de ses filles.
B.b Statuant sur mesures pr�provisoires, le Tribunal de premi�re instance a attribu�, par ordonnance du 10 novembre 2010, la garde des enfants � M. A.X.________ - l'�tat de sant� de la m�re et sa capacit� � s'occuper de sa fille cadette devant �tre �claircies -, r�serv� � Mme B.X.________ un droit de visite restreint et dit que les allocations familiales devaient �tre vers�es en mains de M. A.X.________.
B.c Statuant sur mesures provisoires par jugement du 18 janvier 2012, le Tribunal de premi�re instance a notamment attribu� la garde des enfants � leur m�re (ch. 1), r�serv� un large droit de visite au p�re (ch. 2) et nomm� un curateur de proc�dure pour les enfants (ch. 6). M. A.X.________ a en outre �t� condamn� � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une contribution mensuelle de 255 fr., allocations familiales dues en sus (ch. 3 et 4) et il lui a �t� donn� acte de son engagement � assumer les frais d'�colage de ses deux filles (ch. 5).
B.d Statuant par arr�t du 31 ao�t 2012 sur l'appel form� par Mme B.X.________, la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: la Cour de justice) a annul� les ch. 2 et 3 du dispositif du jugement entrepris du 18 janvier 2012 et, statuant � nouveau, a r�duit quelque peu le droit de visite du p�re sur sa fille cadette et l'a condamn� � verser � son �pouse, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, � titre de contribution � l'entretien de sa famille, la somme de 500 fr. du 1er janvier 2011 au 31 ao�t 2012, puis la somme de 1'500 fr. d�s le 1er septembre 2012, en sus des frais d'�colage de ses deux filles. Elle a confirm� le jugement entrepris pour le surplus.
Par acte du 10 octobre 2012, M. A.X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 31 ao�t 2012. Il conclut principalement � ce que l'arr�t entrepris soit r�form� en ce sens qu'il soit dit et constat� qu'il ne doit aucune contribution pour la p�riode courant du 1er janvier 2011 au 31 octobre 2012, qu'il lui soit donn� acte de son engagement � payer les frais d'�colage priv� de ses filles et qu'il soit condamn� � payer � son �pouse une contribution mensuelle de 265 fr. � l'entretien de sa fille cadette uniquement, allocations familiales en sus, et due � compter du 1er novembre 2012; subsidiairement il conclut � la r�forme de l'arr�t entrepris en ce sens qu'il soit dit qu'il ne prendra pas en charge les frais d'�colage priv� de ses filles et qu'il soit condamn� � payer en mains de son �pouse une contribution mensuelle de 1'565 fr. � l'entretien de sa fille cadette uniquement, allocations familiales en sus, et due � compter du 1er novembre 2012. A l'appui de ses conclusions, le recourant se plaint de la violation des principes de protection du minimum vital et de la violation de l'interdiction de l'arbitraire.
Le recours est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF). D�s lors que le litige soumis au Tribunal f�d�ral porte sur le montant de la contribution d'entretien due par l'�poux � sa famille, le recours a pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2 p. 395), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Il a par ailleurs �t� d�pos� par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t � l'annulation ou � la modification de l'arr�t entrepris (art. 76 al. 1 LTF), dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, contre une d�cision prise sur recours par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
En vertu des principes de la bonne foi et de l'�puisement des griefs (art. 75 al. 1 LTF), tous les moyens nouveaux sont exclus dans le recours en mati�re civile au sens de l'art. 98 LTF, sauf dans les cas o� seule la motivation de la d�cision attaqu�e donne l'occasion de les soulever (art. 99 al. 1 LTF; ATF 133 III 639 consid. 2; arr�t 5A_871/2009 du 2 juin 2010 consid. 2).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t attaqu� que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Lorsque le recourant entend faire compl�ter les faits, il doit les d�signer avec pr�cision en se r�f�rant aux pi�ces du dossier; le compl�tement suppose en effet que les all�gations de fait correspondantes aient �t� introduites dans la proc�dure cantonale, qu'elles aient �t� consid�r�es � tort comme d�pourvues de pertinence ou aient �t� simplement ignor�es; si ces exigences ne sont pas respect�es, les faits invoqu�s sont r�put�s nouveaux, partant irrecevables.
L'autorit� cantonale a, dans un premier temps, modifi� le droit de visite du p�re sur ses deux filles, estimant qu'aucun motif ne s'opposait � ce que les souhaits exprim�s � ce sujet par ces derni�res soient r�alis�s, compte tenu notamment de leur �ge et de leur maturit�. Etant donn� que l'�pouse est confront�e � un d�ficit de l'ordre de 450 fr. par mois depuis le 1er f�vrier 2012 alors que l'�poux dispose d'un exc�dent d'environ 700 fr. par mois, elle a estim� qu'il convenait de fixer, en �quit� et sur la base d'une moyenne approximative, la contribution due par l'intim� � l'entretien de sa famille � 500 fr. par mois, due en sus des frais d'�colage de ses filles, pour la p�riode du 1er janvier 2011 au 31 ao�t 2012. Toutefois, la fille a�n�e du couple devait �tre scolaris�e en Suisse � compter du 1er septembre 2012 et non plus dans l'internat en Allemagne qu'elle fr�quentait jusqu'alors, de sorte que ses frais d'�colage devaient chuter de 3'150 fr. � 1'670 fr par mois. L'autorit� cantonale a de ce fait consid�r� qu'il se justifiait que cette r�duction de charges profite au p�re � raison d'un tiers, � savoir 500 fr., et � la m�re et aux enfants � raison de deux tiers, � savoir 1'000 fr. et a par cons�quent port� la contribution d'entretien due par le mari � 1'500 fr. � compter du 1er septembre 2012. Elle a en outre pr�cis� qu'il n'y avait pas lieu de verser la contribution d'entretien due � la fille a�n�e directement en ses mains, dans la mesure o� elle allait atteindre la majorit� un peu plus d'un mois apr�s le prononc� de la d�cision, de sorte que la jurisprudence s'appliquant � l'enfant qui devient majeur en cours de proc�dure n'avait pas � �tre suivie en l'esp�ce.
4.1 Le recourant se contente, dans un premier temps, d'�tablir dans la partie "faits" de son m�moire, une liste des faits dont la Cour de justice n'aurait pas tenu compte. Il cite en particulier un montant de 10'000 euros, �quivalant � 11'865 fr. 20, correspondant au remboursement, par l'internat que fr�quentait sa fille a�n�e, des frais d'�colage correspondant � la partie de l'ann�e scolaire qu'elle n'y a pas effectu�e, montant qu'il aurait revers� � son �pouse en date du 15 mars 2012, ainsi que les frais mensuels de 879 fr. 65 aff�rents � son v�hicule, lequel serait indispensable pour se rendre sur son lieu de travail. Il estime, compte tenu de l'omission de ces montants, qu'aucune contribution d'entretien ne devrait �tre mise � sa charge pour la p�riode courant du 1er janvier 2011 au 31 octobre 2012.
4.2 Les critiques �mises par le recourant dans la partie d�nomm�e "faits" de son recours peuvent d'embl�e �tre �cart�es. En effet, il n'est pas suffisant au regard des exigences de motivation pos�es par l'art. 106 al. 2 LTF, de lister des faits dont l'autorit� cantonale n'aurait pas tenu compte, mais il faut encore d�montrer dans quelle mesure il �tait arbitraire d'en faire abstraction. Cela pr�suppose que les faits et moyens de preuve mentionn�s aient �t� valablement pr�sent�s � l'autorit� cantonale qui n'en a arbitrairement pas tenu compte (cf. supra consid. 2.2). En l'esp�ce, le recourant ne proc�de que par affirmation sans pr�ciser o� il aurait all�gu� les faits litigieux, ni quelle pi�ce aurait �t� r�guli�rement introduite en proc�dure � l'appui de ses all�gations, de sorte que ses critiques � cet �gard sont irrecevables. Toutefois, dans la mesure o� certains des griefs �voqu�s dans la partie "faits" du recours ont �t� repris dans les griefs en droit, ils seront examin�s ci-apr�s.
Le recourant reproche � l'autorit� cantonale d'avoir fix� la contribution d'entretien qu'il doit � sa famille en violation des principes prot�geant son minimum vital. Toutefois, il ressort de la motivation du recours que le minimum vital du recourant serait entam� uniquement dans la mesure o� les critiques qu'il �met � l'�gard du calcul de ses charges devaient �tre admises, de sorte que le recourant ne se plaint en r�alit� que de l'appr�ciation arbitraire de certaines de ses charges.
5.1.1 Il reproche tout d'abord � la cour cantonale d'avoir omis de prendre en compte les frais aff�rents � l'utilisation de son v�hicule bien qu'un v�hicule priv� lui soit indispensable pour se rendre sur son lieu de travail. Il estime qu'� raison de 70 centimes par kilom�tre pour un trajet journalier de 58 kilom�tres aller-retour, c'est un montant de 879 fr. 65 qui a par cons�quent �t� omis dans le calcul de ses charges mensuelles.
5.1.2 La Cour de justice a constat� que les charges incompressibles de l'�poux, telles qu'elles avaient �t� arr�t�es par le premier juge, n'avaient pas �t� contest�es par les parties, � l'exception du montant relatif � l'�colage de leur fille a�n�e. En cons�quence, faute d'avoir �t� soumis � l'autorit� pr�c�dente, le grief du recourant relatif � ses frais de d�placement ne satisfait pas � l'exigence d'�puisement des griefs r�sultant des art. 75 al. 1 et 99 LTF (cf. supra consid. 2.1), de sorte qu'il est irrecevable.
5.2.1 Le recourant reproche ensuite � la cour cantonale de n'avoir admis qu'un montant de 1'106 fr. � titre de charge fiscale et d'avoir omis d'ajouter un montant de 536 fr. 05 correspondant � l'augmentation de ses imp�ts du fait de certains montants qui ne pourront plus �tre d�duits par rapport � l'ann�e 2011. Selon lui, la cour aurait d� en particulier tenir compte du fait que sa fille C.________ allait devenir majeure et que la contribution d'entretien qu'il verse � cette derni�re ne sera de ce fait plus d�ductible, au m�me titre que les frais aff�rents � la formation compl�mentaire qu'il a suivie, laquelle devait prendre fin en octobre 2012. Dans la charge fiscale retenue pour l'ann�e 2011, il �tait en outre tenu compte du fait qu'il avait, conform�ment � la d�cision sur mesures provisionnelles, la garde de ses deux filles, ce qui n'est d�sormais plus le cas.
5.2.2 Il appara�t une fois encore que la question de l'augmentation de ses imp�ts n'a pas �t� soumise � la Cour de justice, de sorte que ce grief est �galement irrecevable, faute pour le recourant de l'avoir pr�sent� devant les instances pr�c�dentes (cf. supra consid. 2.1).
Le recourant formule ensuite trois griefs en lien avec la contribution due � l'entretien de sa famille.
6.1 Le recourant conteste dans un premier temps devoir une contribution � l'entretien de son �pouse.
6.1.1 Il soutient qu'il serait choquant et in�quitable que son �pouse qui a, selon ses termes, dilapid� 394'800 fr. en moins de deux ans pour satisfaire ses besoins personnels, ne s'est pas occup�e de ses enfants pendant plus d'une ann�e en 2010 en raison de probl�mes de sant�, puisse, "soudainement gu�rie", exiger d'�tre entretenue, le mettant dans une situation financi�re insoutenable. Sauf � violer l'art. 163 CC, il estime que la cour cantonale aurait d� tenir compte de ces diff�rents �l�ments et constater l'abus de droit manifeste que constitue le fait pour un conjoint de pouvoir "gaspiller une petite fortune en un peu plus d'une ann�e puis faire valoir son droit � l'entretien" alors m�me que celui-ci gagne correctement sa vie par le produit de son travail. Le recourant admet que la part lui revenant du produit de la vente du domicile conjugal a �galement fortement diminu� mais soutient toutefois avoir consacr� cet argent � la couverture de charges relatives � ses filles qu'il �tait le seul � assumer.
6.1.2 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC auquel renvoie l'art. 137 al. 2 aCC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux. Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties (ATF 121 I 97 consid. 3b et les r�f�rences; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3, publi� in: FamPra.ch 2010 p. 894). Il incombe au cr�ancier de la contribution d'entretien de pr�ciser les d�penses n�cessaires au maintien de son train de vie et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2; arr�t 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257).
6.1.3 Force est de constater que, dans son argumentation, le recourant m�conna�t manifestement les principes d�gag�s de l'art. 163 CC. En particulier, le recourant semble vouloir faire d�pendre le droit � l'entretien d'un conjoint de son comportement. La faute n'est toutefois pas un crit�re pertinent dans l'application de l'art. 163 CC, seul �tant d�terminant le maintien du train de vie qui a pr�valu durant la vie commune, ou si cela n'est pas possible, un niveau de vie semblable pour chacun des �poux. Dans la mesure o� le recourant ne s'en prend pas directement au calcul du niveau de vie des conjoints et � la contribution d'entretien que l'autorit� cantonale en a d�duite, mais uniquement au fait qu'il n'a pas �t� tenu compte du comportement pr�tendument coupable de son �pouse pour la fixation de la contribution d'entretien, son grief doit par cons�quent �tre rejet�.
6.2 Le recourant s'en prend en second lieu � la fixation d'une contribution globale � l'entretien de la famille.
6.2.1 Compte tenu du "contexte tout � fait particulier du cas d'esp�ce" et notamment du fait qu'une de ses filles devait atteindre la majorit� prochainement et que son �pouse ne pouvait selon lui pas pr�tendre � une quelconque pension, il soutient que la contribution d'entretien n'aurait pas d� �tre fix�e globalement pour l'ensemble de la famille mais de mani�re individuelle en arr�tant le montant d� par ses soins � chacun de ses membres.
6.2.2 La contribution d'entretien due par un conjoint � l'autre dans le cadre de mesures provisionnelles fix�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce doit �tre arr�t�e conform�ment aux art. 163 CC, 137 al. 2 aCC et 176 al. 1 ch. 1 CC. La contribution due � l'entretien d'un enfant durant cette m�me p�riode est, quant � elle, pr�vue par l'art. 176 al. 3 CC, lequel renvoie aux art. 276 ss CC. C'est par cons�quent � juste titre que le recourant soutient que la contribution due � l'entretien de la famille aurait en principe d� �tre arr�t�e de mani�re diff�renci�e pour le conjoint, d'une part, et les enfants, d'autre part. Toutefois, il appara�t qu'il n'a pas critiqu� la contribution d'entretien globale arr�t�e par le juge de premi�re instance et, bien que la possibilit� de fixer une contribution de mani�re globale pour l'ensemble de la famille ne ressorte pas de la loi, on ne saurait pour autant en d�duire que ce proc�d� aboutit � un r�sultat arbitraire. On ne peut par cons�quent en l'esp�ce, � d�faut d'arbitraire et faute d'�puisement des griefs, reprocher � la Cour de justice d'avoir fix� une contribution globale � l'entretien de la famille.
6.3 Le recourant s'en prend ensuite � la contribution qu'il doit � sa fille a�n�e.
6.3.1 Il soutient que, selon la jurisprudence, un parent n'a � entretenir son enfant majeur que pour autant que ses revenus d�passent de 20% son minimum vital, en tenant compte des charges fiscales, tout en pr�cisant que ce principe peut souffrir des exceptions en fonction des particularit�s du cas concret. Il affirme �tre dispos�, compte tenu des circonstances, � fournir les efforts n�cessaires pour que sa fille a�n�e d�sormais majeure puisse continuer � suivre une �cole priv�e, mais souhaiterait fixer la contribution d'entretien qu'il lui doit directement avec elle, estimant que leurs rapports n'ont pas � �tre d�cid�s dans le cadre de mesures provisoires dans une proc�dure de divorce. Il conclut par cons�quent � ce que la pension due � sa fille a�n�e soit exclue de la contribution globale due � l'entretien de la famille.
6.3.2 Selon l'art. 133 al. 1 2e phrase CC dont le principe vaut �galement pour la fixation de la contribution d'entretien en mesures provisionnelles, celle-ci peut �tre fix�e pour une p�riode allant au-del� de la majorit�. Le juge requis de fixer la pension due � un enfant mineur doit donc le faire pour la p�riode ant�rieure � la majorit�, et en a �galement la possibilit� pour la p�riode post�rieure � celle-ci (arr�t 5A_18/2011 du 1er juin 2011 consid. 5.1.2).
Aux termes de l'art. 277 al. 2 CC, les parents doivent, dans la mesure o� les circonstances permettent de l'exiger d'eux, subvenir � l'entretien de l'enfant qui n'a pas encore acquis de formation appropri�e � sa majorit� jusqu'� ce qu'il ait acquis une telle formation, pour autant qu'elle soit achev�e dans les d�lais normaux.
6.3.3 En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a fix� une contribution d'entretien pour l'�pouse et les enfants, alors que la fille a�n�e du couple �tait encore mineure. Contrairement � ce que semble soutenir le recourant ce proc�d� est conforme au droit f�d�ral et ne saurait donc �tre qualifi� d'arbitraire dans la mesure o� l'enfant �tait encore mineure au moment o� la cour cantonale a statu� et qu'elle allait en outre poursuivre ses �tudes, de sorte que les conditions de l'art. 277 al. 2 CC, ouvrant � l'enfant le droit de pr�tendre � une contribution d'entretien au-del� de sa majorit�, �taient remplies. Dans la mesure o� le recourant pr�tend ne pas devoir de contribution � l'entretien de son �pouse et vouloir r�gler l'�ventuelle pr�tention de sa fille a�n�e � une telle contribution directement avec elle, il appara�t en outre pertinent de rappeler ici que l'obligation d'entretien du conjoint et des enfants mineurs l'emporte sur celle de l'enfant majeur (ATF 132 III 209 consid. 2.3).
Le recourant se plaint uniquement du fait que l'autorit� cantonale a fix� une contribution d'entretien globale incluant celle due � sa fille d�sormais majeure, alors qu'il souhaiterait s'entendre directement avec cette derni�re s'agissant de la contribution qu'il lui doit. Dans sa motivation, le recourant ne s'en prend nullement au fait qu'il ne peut de ce fait la verser directement en mains de sa fille � compter de son acc�s � la majorit�. En cons�quence, le Tribunal de c�ans ne peut entrer en mati�re sur ce point, faute d'un grief suffisamment motiv� en ce sens (art. 106 al. 2 LTF).
Le recourant s'en prend en dernier lieu au montant de la contribution due � sa fille cadette encore mineure.
7.1 Il soutient que la moyenne des soldes disponibles des �poux s'�l�ve � 519 fr. 50 ([256 fr. + 783 fr.]/2) et que la contribution due par ses soins � sa fille cadette ne pourra par cons�quent exc�der 265 fr. A titre subsidiaire, il conclut � ce que la contribution d'entretien qu'il lui doit soit arr�t�e � 15% de son salaire mensuel, soit 1'565 fr., et � ce que ses frais d'�colage ne soient plus � sa charge.
7.2 Pour peu que l'on comprenne son calcul, le recourant se fonde quoi qu'il en soit sur des chiffres erron�s - incluant notamment � tort les allocations familiales auxquelles l'intim�e pourrait selon lui pr�tendre dans les ressources de cette derni�re - ou divergeant de ceux retenus par l'autorit� cantonale. Il se contente par cons�quent, sans la moindre motivation � cet �gard, de substituer sa propre appr�ciation � celle retenue par l'autorit� cantonale, sans pour autant en d�montrer l'arbitraire. Sa conclusion subsidiaire, tendant � arr�ter la contribution due � sa fille cadette � un maximum de 15% de son salaire n'est pas davantage motiv�e et est au demeurant nouvelle, d�s lors qu'elle ne ressort d'aucune de ses pr�c�dentes �critures. En cons�quence, tous les griefs d�velopp�s par le recourant quant au montant de la contribution due � sa fille cadette sont irrecevables.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Le recourant qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens aux intim�es qui n'ont pas �t� invit�es � r�pondre (art. 68 al. 1 LTF).

References: art. 74
 ATF 
 art. 75
 ATF 
 art. 163
 art. 276