Source: http://jesus-eucharistie.org/fr/livre/cec/0900_0999.htm
Timestamp: 2018-01-17 01:10:00+00:00

Document:
Catéchisme de l'Église catholique -- §900 à §999
Parce que, comme tous les fidèles, ils sont chargés par Dieu de l'apostolat en vertu du baptême et de la confirmation, les laïcs sont tenus par l'obligation et jouissent du droit, individuellement ou groupés en associations, de travailler à ce que le message divin du salut soit connu et reçu par tous les hommes et par toute la terre; cette obligation est encore plus pressante lorsque ce n'est que par eux que les hommes peuvent entendre l'Évangile et connaître le Christ. Dans les communautés ecclésiales, leur action est si nécessaire que, sans elle, l'apostolat des pasteurs ne peut, la plupart du temps, obtenir son plein effet (cf. LG 33)..
«Les laïcs, en vertu de leur consécration au Christ et de l'onction de l'Esprit Saint, reçoivent la vocation admirable et les moyens qui permettent à l'Esprit de produire en eux des fruits toujours plus abondants. En effet, toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d'esprit et de corps, s'ils sont vécus dans l'Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie, pourvu qu'elles soient patiemment supportées, tout cela devient 'offrande spirituelle, agréable à Dieu par Jésus-Christ' (1 P 2, 5); et dans la célébration eucharistique, ces offrandes rejoignent l'oblation du Corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père. C'est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d'adoration» (LG 34; cf. LG 10).
De façon particulière, les parents participent de la charge de sanctification «lorsqu'ils mènent une vie conjugale selon l'esprit chrétien et procurent à leurs enfants une éducation chrétienne» (CIC, can. 835, § 4).
Les laïcs, s'ils ont les qualités requises, peuvent être admis de manière stable aux ministères de lecteurs et d'acolyte (cf. CIC, can. 230, § 1). «Là où le besoin de l'Église le demande par défaut de ministres, les laïcs peuvent aussi, même s'ils ne sont ni lecteurs ni acolytes, suppléer à certaines de leurs fonctions, à savoir exercer le ministère de la parole, présider les prières liturgiques, conférer le baptême et distribuer la sainte communion, selon les dispositions du droit» (CIC, can. 230, § 3).
«Le Christ (...) accomplit sa fonction prophétique non seulement par la hiérarchie (...) mais aussi par les laïcs dont il fait pour cela des témoins en les pourvoyant du sens de la foi et de la grâce de la parole» (LG 35):
Enseigner quelqu'un pour l'amener à la foi est la tâche de chaque prédicateur et même de chaque croyant (S. Thomas d'A., s. th. 3 71, 4, ad 3).
Leur mission prophétique, les laïcs l'accomplissent aussi par l'évangélisation, «c'est-à-dire l'annonce du Christ faite par le témoignage de la vie et par la parole». Chez les laïcs, «cette action évangélisatrice (...) prend un caractère spécifique et une particulière efficacité du fait qu'elle s'accomplit dans les conditions communes du siècle» (LG 35):
Cet apostolat ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie: le véritable apôtre cherche les occasions d'annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants (...), soit aux fidèles (AA 6; cf. AG 15).
Ceux d'entre les fidèles laïcs qui en sont capables et qui s'y forment peuvent aussi prêter leur concours à la formation catéchétique (cf. CIC, can. 774; 780), à l'enseignement des sciences sacrées (cf. CIC, can. 229), aux moyens de communication sociale (cf. CIC, can. 823, §1).
«Selon le devoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs, et tenant compte de l'utilité commune et de la dignité des personnes» (CIC, can. 212, § 3).
Par son obéissance jusqu'à la mort (cf. Ph 2, 8-9), le Christ a communiqué à ses disciples le don de la liberté royale, «pour qu'ils arrachent au péché son empire en eux-mêmes par leur abnégation et la sainteté de leur vie» (LG 36):
Celui qui soumet son propre corps et régit son âme, sans se laisser submerger par les passions est son propre maître: il peut être appelé roi parce qu'il est capable de régir sa propre personne; il est libre et indépendant et ne se laisse captiver par un esclavage coupable (S. Ambroise, Psal. 118, 14, 30: PL 15, 1403A).
«Que les laïcs, en outre, unissant leurs forces, apportent aux institutions et aux conditions de vie dans le monde, quand elles provoquent au péché, les assainissements convenables, pour qu'elles deviennent toutes conformes aux règles de la justice et favorisent l'exercice de la vertu au lieu d'y faire obstacle. En agissant ainsi ils imprègnent de valeur morale la culture et les oeuvres humaines» (LG 36).
«Les laïcs peuvent aussi se sentir appelés ou être appelés à collaborer avec les pasteurs au service de la communauté ecclésiale, pour la croissance et la vie de celle-ci, exerçant des ministères très diversifiés, selon la grâce et les charismes que le Seigneur voudra bien déposer en eux» (EN 73).
Dans l'Église, «les fidèles laïcs peuvent coopérer selon le droit à l'exercice du pouvoir de gouvernement» (CIC, can. 129, § 2). Ainsi de leur présence dans les Conseils particuliers (can. 443, § 4), les Synodes diocésains (can. 463, §§ 1. 2), les Conseils pastoraux (can. 511; 536); dans l'exercice de la charge pastorale d'une paroisse (can. 517, § 2); la collaboration aux Conseils des affaires économiques (can. 492, § 1; 536); la participation aux tribunaux ecclésiastiques (can. 1421, § 2), etc.
Les fidèles doivent «distinguer avec soin entre les droits et devoirs qui leur incombent en tant que membres de l'Église et ceux qui leur reviennent comme membres de la société humaine. Qu'ils s'efforcent d'accorder harmonieusement les uns et les autres entre eux, se souvenant que la conscience chrétienne doit être leur guide en tous domaines temporels, car aucune activité humaine, fut-elle d'ordre temporel, ne peut être soustraite à l'empire de Dieu» (LG 36).
«Ainsi tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l'Église elle-même 'à la mesure du don du Christ' (Ep 4, 7)» (LG 33).
«L'état de vie constitué par la profession des conseils évangéliques, s'il ne concerne pas la structure hiérarchique de l'Église, appartient cependant sans conteste à sa vie et à sa sainteté» (LG 44).
Les conseils évangéliques sont, dans leur multiplicité, proposés à tout disciple du Christ. La perfection de la charité à laquelle tous les fidèles sont appelés comporte pour ceux qui assument librement l'appel à la vie consacrée, l'obligation de pratiquer la chasteté dans le célibat pour le Royaume, la pauvreté et l'obéissance. C'est la profession de ces conseils dans un état de vie stable reconnu par l'Église, qui caractérise la «vie consacrée» à Dieu (cf. LG 42-43; PC 1).
L'état de la vie consacrée apparaît dès lors comme l'une des manières de connaître une consécration «plus intime», qui s'enracine dans le Baptême et dédie totalement à Dieu (cf. PC 5). Dans la vie consacrée, les fidèles du Christ se proposent, sous la motion de l'Esprit Saint, de suivre le Christ de plus près, de se donner à Dieu aimé par-dessus tout et, poursuivant la perfection de la charité au service du Royaume, de signifier et d'annoncer dans l'Église la gloire du monde à venir (cf. CIC, can. 573).
«Comme un arbre qui se ramifie de façons admirables et multiples dans le champ du Seigneur, à partir d'un germe semé par Dieu, ainsi se développèrent des formes variées de vie solitaire ou commune, des familles diverses dont le capital spirituel profite à la fois aux membres de ces familles et au bien de tout le Corps du Christ» (LG 43).
«Dès les origines de l'Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent, par la pratique des conseils évangéliques, suivre plus librement le Christ et l'imiter plus fidèlement et qui, chacun à sa manière, menèrent une vie consacrée à Dieu. Beaucoup parmi eux, sous l'impulsion du Saint-Esprit, vécurent dans la solitude, ou bien fondèrent des familles religieuses que l'Église accueillit volontiers et approuva de son autorité» (PC 1).
Les évêques s'efforceront toujours de discerner les nouveaux dons de vie consacrée confiés par l'Esprit Saint à son Église; l'approbation de nouvelles formes de vie consacrée est réservée au Siège Apostolique (cf. CIC, can. 605).
Sans toujours professer publiquement les trois conseils évangéliques, les ermites, «dans un retrait plus strict du monde, dans le silence de solitude, dans la prière assidue et la pénitence, vouent leur vie à la louange de Dieu et au salut du monde» (CIC, can. 603, § 1).
Ils montrent à chacun cet aspect intérieur du mystère de l'Église qu'est l'intimité personnelle avec le Christ. Cachée aux yeux des hommes, la vie de l'ermite est prédication silencieuse de Celui auquel il a livré sa vie, parce qu'Il est tout pour lui. C'est là un appel particulier à trouver au désert, dans le combat spirituel même, la gloire du Crucifié.
Dès les temps apostoliques, des vierges (cf. 1 Co 7, 34-36) et des veuves chrétiennes (cf. Jean-Paul II, exh. ap. Vita Consecrata, 7), appelées par le Seigneur à s'attacher à Lui sans partage dans une plus grande liberté de coeur, de corps et d'esprit, ont pris la décision, approuvée par l'Église, de vivre, respectivement, dans l'état de la virginité ou de la chasteté perpétuelle «à cause du Royaume des cieux» (Mt 19, 12).
«Exprimant le propos sacré de suivre le Christ de plus près, [des vierges] sont consacrées à Dieu par l'évêque diocésain selon le rite liturgique approuvé, sont épousées mystiquement par le Christ Fils de Dieu et sont vouées au service de l'Église» (CIC, can. 604, § 1). Par ce rite solennel (Consecratio virginum), «la vierge est constituée personne consacrée, «signe transcendant de l'amour de l'Église envers le Christ, image eschatologique de cette Épouse du Ciel et de la vie future» (OCV praenotanda 1).
«Proche des autres formes de vie consacrée» (CIC, can. 604, § 1), l'ordre des vierges établit la femme vivant dans le monde (ou la moniale) dans la prière, la pénitence, le service de ses frères et le travail apostolique, selon l'état et les charismes respectifs offerts à chacune (OCV praenotanda 2). Les vierges consacrées peuvent s'associer pour garder plus fidèlement leur propos (cf. CIC, can. 604, § 2).
Née en Orient dans les premiers siècles du christianisme (cf. UR 15) et vécue dans les instituts canoniquement érigés par l'Église (cf. CIC, can. 573), la vie religieuse se distingue des autres formes de la vie consacrée par l'aspect cultuel, la profession publique des conseils évangéliques, la vie fraternelle menée en commun, le témoignage rendu à l'union du Christ et de l'Église (cf. CIC, can. 607).
La vie religieuse relève du mystère de l'Église. Elle est un don que l'Église reçoit de son Seigneur et qu'elle offre comme un état de vie stable au fidèle appelé par Dieu dans la profession des conseils. Ainsi l'Église peut-elle à la fois manifester le Christ et se reconnaître Épouse du Sauveur. La vie religieuse est invitée à signifier, sous ses formes variées, la charité même de Dieu, dans le langage de notre temps.
Tous les religieux, exempts ou non (cf. CIC, can. 591), prennent place parmi les coopérateurs de l'évêque diocésain dans sa charge pastorale (cf. CD 33-35). L'implantation et l'expansion missionnaire de l'Église requièrent la présence de la vie religieuse sous toutes ses formes dès les débuts de l'évangélisation (cf. AG 18; 40). «L'histoire atteste les grands mérites des familles religieuses dans la propagation de la foi et dans la formation de nouvelles Églises, depuis les antiques Institutions monastiques et les Ordres médiévaux jusqu'aux Congrégations modernes» (Jean-Paul II, RM 69).
«L'institut séculier est un institut de vie consacrée où les fidèles vivant dans le monde tendent à la perfection de la charité et s'efforcent de contribuer surtout de l'intérieur à la sanctification du monde» (CIC, can. 710).
Par une «vie parfaitement et entièrement consacrée à [cette] sanctification» (Pie XII, const. ap. «Provida Mater»), les membres de ces instituts participent à la tâche d'évangélisation de l'Église, «dans le monde et à partir du monde», où leur présence agit «à la manière d'un ferment» (PC 11). Leur témoignage de vie chrétienne vise à ordonner selon Dieu les réalités temporelles et pénétrer le monde de la force de l'Évangile. Ils assument par des liens sacrés les conseils évangéliques et gardent entre eux la communion et la fraternité propres à leur mode de vie séculier (cf. CIC, can. 713).
Au côté des formes diverses de vie consacrée «prennent place les sociétés de vie apostolique dont les membres, sans les voeux religieux, poursuivent la fin apostolique propre de leur société et, menant la vie fraternelle en commun, tendent, selon leur mode de vie propre, à la perfection de la charité par l'observation des constitutions. Il y a parmi elles des sociétés dont les membres assument les conseils évangéliques», selon leurs constitutions (CIC, can. 731, §§ 1. 2).
Consécration et mission: annoncer le Roi qui vient
Livré à Dieu suprêmement aimé, celui que le Baptême avait déjà voué à Lui se trouve ainsi consacré plus intimement au service divin et dédié au bien de l'Église. Par l'état de consécration à Dieu, l'Église manifeste le Christ et montre comment l'Esprit Saint agit en elle de façon admirable. Ceux qui professent les conseils évangéliques ont donc d'abord pour mission de vivre leur consécration. Mais puisqu'ils se vouent au service de l'Église en vertu même de leur consécration, ils sont tenus par obligation de travailler de manière spéciale à l'oeuvre missionnaire, selon le mode propre à leur Institut» (CIC, can. 783; cf. RM 69).
Dans l'Église qui est comme le sacrement, c'est-à-dire le signe et l'instrument de la vie de Dieu, la vie consacrée apparaît comme un signe particulier du mystère de la Rédemption. Suivre et imiter le Christ «de plus près», manifester «plus clairement» son anéantissement, c'est se trouver «plus profondément» présent, dans le coeur du Christ, à ses contemporains. Car ceux qui sont dans cette voie «plus étroite» stimulent leurs frères par leur exemple, ils rendent ce témoignage éclatant «que le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu sans l'esprit des béatitudes» (LG 31).
Que ce témoignage soit public, comme dans l'état religieux, ou plus discret, ou même secret, la venue du Christ demeure pour tous les consacrés l'origine et l'orient de leur vie:
Comme le Peuple de Dieu n'a pas ici-bas de cité permanente, [cet état] (...) manifeste pour tous les croyants la présence, déjà dans ce siècle, des biens célestes; il témoigne de la vie nouvelle et éternelle acquise par la Rédemption du Christ, il annonce la résurrection future et la gloire céleste (LG 44).
«D'institution divine, il y a dans l'Église parmi les fidèles des ministres sacrés, qui en droit sont aussi appelés clercs; quant aux autres, ils sont nommés laïcs». Il y a enfin des fidèles qui appartiennent à l'une et l'autre catégorie et qui, par la profession des conseils évangéliques, se sont consacrés à Dieu et servent ainsi la mission de l'Église (CIC, can. 207, § 1. 2).
Pour annoncer la foi et pour implanter son Règne, le Christ envoie ses apôtres et leurs successeurs. Il leur donne part à sa mission. De lui ils reçoivent le pouvoir d'agir en sa personne.
Le Seigneur a fait de S. Pierre le fondement visible de son Église. Il lui en a remis les clefs. L'évêque de l'Église de Rome, successeur de S. Pierre, est «le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l'Église toute entière sur cette terre» (CIC, can. 331).
Le Pape «jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes» (CD 2).
Les évêques, établis par l'Esprit Saint, succèdent aux apôtres. Ils sont, «chacun pour sa part, principe visible et fondement de l'unité dans leurs Églises particulières» (LG 23).
Aidés des prêtres, leurs coopérateurs, et des diacres, les évêques ont la charge d'enseigner authentiquement la foi, de célébrer le culte divin, surtout l'Eucharistie, et de diriger leur Église en vrais pasteurs. A leur charge appartient aussi le souci de toutes les Églises, avec et sous le Pape.
«Le propre de l'état des laïcs étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes, ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d'un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien» (AA 2).
Les laïcs participent au sacerdoce du Christ: de plus en plus unis à Lui, ils déploient la grâce du Baptême et de la Confirmation dans toutes les dimensions de la vie personnelle, familiale, sociale et ecclésiale, et réalisent ainsi l'appel à la sainteté adressé à tous les baptisés.
Grâce à leur mission prophétique les laïcs «sont aussi appelés à être, en toute circonstance et au coeur même de la communauté humaine, les témoins du Christ» (GS 43, § 4).
Grâce à leur mission royale, les laïcs ont le pouvoir d'arracher au péché son empire en eux-mêmes et dans le monde par leur abnégation et la sainteté de leur vie (cf. LG 36).
La vie consacrée à Dieu se caractérise par la profession publique des conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance dans un état de vie stable reconnu par l'Église.
Livré à Dieu suprêmement aimé, celui que le Baptême avait déjà destiné à Lui se trouve, dans l'état de vie consacrée, voué plus intimement au service divin et dédié au bien de toute l'Église.
Après avoir confessé «la sainte Église catholique», le Symbole des apôtres ajoute «la communion des saints». Cet article est, d'une certaine façon, une explicitation du précédent: «Qu'est-ce que l'Église sinon l'assemblée de tous les saints?» (Nicétas, symb. 10: PL 52, 871B). La communion des saints est précisément l'Église.
«Puisque tous les croyants forment un seul corps, le bien des uns est communiqué aux autres (...) Il faut de la sorte croire qu'il existe une communion des biens dans l'Église. Mais le membre le plus important est le Christ, puisqu'Il est la tête (...) Ainsi, le bien du Christ est communiqué à tous les membres, et cette communication se fait par les sacrements de l'Église» (S. Thomas d'A., symb. 13). «Comme cette Église est gouvernée par un seul et même Esprit, tous les biens qu'elle a reçus deviennent nécessairement un fonds commun» (Catech. R. 1, 10, 24).
Le terme «communion des saints» a dès lors deux significations, étroitement liées: «communion aux choses saintes, sancta» et «communion entre les personnes saintes, sancti».
«Sancta sanctis ! (Ce qui est saint pour ceux qui sont saints)» est proclamé par le célébrant dans la plupart des liturgies orientales lors de l'élévation des saints Dons avant le service de la communion. Les fidèles (sancti) sont nourris du Corps et du Sang du Christ (sancta) afin de croître dans la communion de l'Esprit Saint (Koinônia) et de la communiquer au monde.
Dans la communauté primitive de Jérusalem, les disciples «se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières» (Ac 2, 42):
La communion dans la foi. La foi des fidèles est la foi de l'Église reçue des apôtres, trésor de vie qui s'enrichit en étant partagé.
La communion des sacrements. «Le fruit de tous les sacrements appartient à tous. Car les sacrements, et surtout le Baptême qui est comme la porte par laquelle les hommes entrent dans l'Église, sont autant de liens sacrés qui les unissent tous et les attachent à Jésus-Christ. La communion des saints, c'est la communion des sacrements (...). Le nom de communion peut s'appliquer à chacun d'eux, car chacun d'eux nous unit à Dieu (...). Mais ce nom convient mieux à l'Eucharistie qu'à tout autre, parce que c'est elle principalement qui consomme cette communion» (Catech. R. 1, 10, 24).
La communion des charismes: Dans la communion de l'Église, l'Esprit Saint «distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres (...) les grâces spéciales» pour l'édification de l'Église (LG 12). Or, «à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun» (1 Co 12, 7).
«Ils mettaient tout en commun» (Ac 4, 32): «Tout ce que le vrai chrétien possède, il doit le regarder comme un bien qui lui est commun avec tous, et toujours il doit être prêt et empressé à venir au secours de l'indigent et de la misère du prochain» (Catech. R. 1, 10, 27). Le chrétien est un administrateur des biens du Seigneur (cf. Lc 16, 1. 3).
La communion de la charité: dans la sanctorum communio «nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même» (Rm 14, 7). «Un membre souffre-t-il? tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l'honneur? tous les membres prennent part à sa joie. Or vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part» (1 Co 12, 26-27). «La charité ne cherche pas ce qui est à elle» (1 Co 13, 5; cf. 10, 24). Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. Tout péché nuit à cette communion.
II. La communion de l'Église du ciel et de la terre
Les trois états de l'Église. «En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté accompagné de tous les anges et que la mort détruite, tout lui soit soumis, les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage; d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore; d'autres enfin sont dans la gloire contemplant 'dans la pleine lumière, tel qu'il est, le Dieu un en trois Personnes'» (LG 49):
«L'union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ ne connaît pas la moindre intermittence; au contraire, selon la foi constante de l'Église, cette union est renforcée par l'échange des biens spirituels» (LG 49).
L'intercession des saints. «Étant en effet plus intimement liés avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement l'Église en sainteté (...). Ils ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu'ils ont acquis sur terre par l'unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (...). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité» (LG 49):
La communion avec les saints. «Nous ne vénérons pas seulement au titre de leur exemple la mémoire des habitants du ciel; nous cherchons bien davantage par là à renforcer l'union de toute l'Église dans l'Esprit grâce à l'exercice de la charité fraternelle. Car tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même» (LG 50):
La communion avec les défunts. «Reconnaissant dès l'abord cette communion qui existe à l'intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l'Église en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages; car 'la pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse' (2 M 12, 45)» (LG 50). Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur.
Dans l'unique famille de Dieu. «Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu'une seule famille, nous répondons à la vocation profonde de l'Église» (LG 51).
L'Église est «communion des saints «: cette expression désigne d'abord les «choses saintes» (sancta), et avant tout l'Eucharistie, par laquelle «est représentée et réalisée l'unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul Corps» (LG 3).
Ce terme désigne aussi la communion des «personnes saintes» (sancti) dans le Christ qui est «mort pour tous», de sorte que ce que chacun fait ou souffre dans et pour le Christ porte du fruit pour tous.
«Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et nous croyons que dans cette communion l'amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l'écoute de nos prières» (SPF 30).
Paragraphe 6. MARIE -- MERE DU CHRIST, MERE DE L'ÉGLISE
Après avoir parlé du rôle de la Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l'Esprit, il convient de considérer maintenant sa place dans le mystère de l'Église. «En effet, la Vierge Marie (...) est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur (...). Elle est aussi vraiment 'Mère des membres [du Christ] (...) ayant coopéré par sa charité à la naissance dans l'Église des fidèles qui sont les membres de ce Chef' (S. Augustin, virg. 6: PL 40, 399)» (LG 53). «... Marie Mère du Christ, Mère de l'Église» (Paul VI, discours 21 novembre 1964).
I. La maternité de Marie envers l'Église
Le rôle de Marie envers l'Église est inséparable de son union au Christ, elle en découle directement. «Cette union de Marie avec son Fils dans l'oeuvre du salut est manifeste dès l'heure de la conception virginale du Christ, jusqu'à sa mort» (LG 57). Elle est particulièrement manifeste à l'heure de sa passion:
La bienheureuse Vierge avança dans son pèlerinage de foi, gardant fidèlement l'union avec son Fils jusqu'à la Croix où, non sans un dessein divin, elle était debout, souffrant cruellement avec son Fils unique, associée d'un coeur maternel à son sacrifice, donnant à l'immolation de la victime, née de sa chair, le consentement de son amour, pour être enfin, par le même Christ Jésus mourant sur la Croix, donnée comme sa Mère au disciple par ces mots: «Femme, voici ton fils» (Jn 19, 26-27) (LG 58).
Après l'Ascension de son Fils, Marie a «assisté de ses prières l'Église naissante» (LG 69). Réunie avec les apôtres et quelques femmes, «on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l'Esprit qui, à l'Annonciation, l'avait déjà elle-même prise sous son ombre» (LG 59).
«Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort» (LG 59; cf. la proclamation du dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par le Pape Pie XII en 1950: DS 3903). L'Assomption de la Sainte Vierge est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et une anticipation de la résurrection des autres chrétiens:
Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta dormition tu n'as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu: tu as rejoint la source de la Vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui, par tes prières, délivreras nos âmes de la mort (Liturgie byzantine, Tropaire de la fête de la Dormition [15 août]).
... elle est notre Mère dans l'ordre de la grâce
Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l'oeuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l'Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l'Église le modèle de la foi et de la charité. Par là elle est «membre suréminent et absolument unique de l'Église» (LG 53), elle constitue même «la réalisation exemplaire», typus, de l'Église (LG 63).
Mais son rôle par rapport à l'Église et à toute l'humanité va encore plus loin. «Elle a apporté à l'oeuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareil par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C'est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l'ordre de la grâce, notre Mère» (LG 61).
«A partir du consentement qu'elle apporta par sa foi au jour de l'Annonciation et qu'elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, cette maternité de Marie dans l'économie de la grâce se continue sans interruption jusqu'à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas: par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. (...) C'est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l'Église sous les titres d'avocate, d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice» (LG 62).
«Le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque cependant et ne diminue en rien l'unique médiation du Christ: il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge (...) découle de la surabondance des mérites du Christ; elle s'appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d'où elle tire toute sa vertu» (LG 60). «Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l'unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l'unique source» (LG 62).
«Toutes les générations me diront bienheureuse» (Lc 1, 48): «La piété de l'Église envers la Saint Vierge est intrinsèque au culte chrétien» (MC 56). La sainte Vierge «est légitimement honorée par l'Église d'un culte spécial. Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de 'Mère de Dieu'; les fidèles se réfugient sous sa protection, l'implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins (...). Ce culte (...) bien que présentant un caractère absolument unique (...) n'en est pas moins essentiellement différent du culte d'adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu'au Père et à l'Esprit Saint; il est éminemment apte à le servir» (LG 66); il trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Mère de Dieu (cf. SC 103) et dans la prière mariale, telle le Saint Rosaire, «abrégé de tout l'Évangile» (cf. MC 42).
III. Marie -- Icône eschatologique de l'Église
Après avoir parlé de l'Église, de son origine, de sa mission et de sa destinée, nous ne saurions mieux conclure qu'en tournant le regard vers Marie pour contempler en elle ce qu'est l'Église dans son mystère, dans son «pèlerinage de la foi», et ce qu'elle sera dans la patrie au terme de sa marche, où l'attend, «dans la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité», «dans la communion de tous les saints» (LG 69), celle que l'Église vénère comme la Mère de son Seigneur et comme sa propre Mère:
Tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l'Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur terre, en attendant la venue du jour du Seigneur, elle brille déjà comme un signe d'espérance assurée et de consolation devant le Peuple de Dieu en pèlerinage (LG 68).
En prononçant le «fiat» de l'Annonciation et en donnant son consentement au mystère de l'Incarnation, Marie collabore déjà à toute l'oeuvre que doit accomplir son Fils. Elle est mère partout où Il est Sauveur et Tête du Corps mystique.
«Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Eve, Mère de l'Église, continue au ciel son rôle maternel à l'égard des membres du Christ» (SPF 15).
«JE CROIS AU PARDON DES PECHES»
§976
Le Symbole des apôtres lie la foi au pardon des péchés à la foi en l'Esprit Saint, mais aussi à la foi en l'Église et en la communion des saints. C'est en donnant l'Esprit Saint à ses apôtres que le Christ ressuscité leur a conféré son propre pouvoir divin de pardonner les péchés: «Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus» (Jn 20, 22-23).
§977
Notre Seigneur a lié le pardon des péchés à la foi et au Baptême: «Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé» (Mc 16, 15-16). Le Baptême est le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu'il nous unit au Christ mort pour nos péchés, ressuscité pour notre justification (cf. Rm 4, 25), afin que «nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle» (Rm 6, 4).
«Au moment où nous faisons notre première profession de Foi, en recevant le saint Baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et si entier, qu'il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine à subir pour les expier (...). Mais néanmoins la grâce du Baptême ne délivre personne de toutes les infirmités de la nature. Au contraire nous avons encore à combattre les mouvements de la concupiscence qui ne cessent de nous porter au mal» (Catech. R. 1, 11, 3).
En ce combat avec l'inclination au mal, qui serait assez vaillant et vigilant pour éviter toute blessure du péché? «Si donc il était nécessaire que l'Église eût le pouvoir de remettre les péchés, il fallait aussi que le Baptême ne fût pas pour elle l'unique moyen de se servir de ces clefs du Royaume des cieux qu'elle avait reçues de Jésus-Christ; il fallait qu'elle fût capable de pardonner leurs fautes à tous les pénitents, quand même ils auraient péché jusqu'au dernier moment de leur vie» (Catech. R. 1, 11, 4).
C'est par le sacrement de Pénitence que le baptisé peut être réconcilié avec Dieu et avec l'Église:
Les pères ont eu raison d'appeler la pénitence «un baptême laborieux» (S. Grégoire de Naz., or. 39, 17: PG 36, 356A). Ce sacrement de Pénitence est, pour ceux qui sont tombés après le Baptême, nécessaire au salut, comme l'est le Baptême lui-même pour ceux qui ne sont pas encore régénérés (Cc. Trente: DS 1672).
Le Christ après sa résurrection a envoyé ses apôtres «annoncer à toutes les nations le repentir en son nom en vue de la rémission des péchés» (Lc 24, 47). Ce «ministère de la réconciliation» (2 Co 5, 18), les apôtres et leurs successeurs ne l'accomplissent pas seulement en annonçant aux hommes le pardon de Dieu mérité pour nous par le Christ et en les appelant à la conversion et à la foi, mais aussi en leur communicant la rémission des péchés par le Baptême et en les réconciliant avec Dieu et avec l'Église grâce au pouvoir des clefs reçu du Christ:
L'Église a reçu les clés du Royaume des cieux, afin que se fasse en elle la rémission des péchés par le sang du Christ et l'action du Saint-Esprit. C'est dans cette Église que l'âme revit, elle qui était morte par les péchés, afin de vivre avec le Christ, dont la grâce nous a sauvés (S. Augustin, serm. 214, 11: PL 38, 1071-1072).
Il n'y a aucune faute, aussi grave soit-elle, que la Sainte Église ne puisse remettre. «Il n'est personne, si méchant et si coupable qu'il soit, qui ne doive espérer avec assurance son pardon, pourvu que son repentir soit sincère» (Catech. R. 1, 11, 5). Le Christ qui est mort pour tous les hommes, veut que, dans son Église, les portes du pardon soient toujours ouvertes à quiconque revient du péché (cf. Mt 18, 21-22).
La catéchèse s'efforcera d'éveiller et de nourrir chez les fidèles la foi en la grandeur incomparable du don que le Christ ressuscité a fait à son Église: la mission et le pouvoir de pardonner véritablement les péchés, par le ministère des apôtres et de leurs successeurs:
Le Seigneur veut que ses disciples aient un pouvoir immense: il veut que ses pauvres serviteurs accomplissent en son nom tout ce qu'il avait fait quand il était sur la terre (S. Ambroise, poenit. 1, 34: PL 16, 477A).
Les prêtres ont reçu un pouvoir que Dieu n'a donné ni aux anges ni aux archanges. (...) Dieu sanctionne là-haut tout ce que les prêtres font ici-bas (S. Jean Chrysostome, sac. 3, 5: PG 48, 643A).
Si dans l'Église il n'y avait pas la rémission des péchés, nul espoir existerait, nulle espérance d'une vie éternelle et d'une libération éternelle. Rendons grâce à Dieu qui a donné à son Église un tel don (S. Augustin, serm. 213, 8: PL 38, 1064).
Le Credo met en relation «le pardon des péchés» avec la profession de foi en l'Esprit Saint. En effet, le Christ ressuscité a confié aux apôtres le pouvoir de pardonner les péchés lorsqu'il leur a donné l'Esprit Saint.
Le Baptême est le premier et principal sacrement pour le pardon des péchés: il nous unit au Christ mort et ressuscité et nous donne l'Esprit Saint.
De par la volonté du Christ, l'Église possède le pouvoir de pardonner les péchés des baptisés et elle l'exerce par les évêques et les prêtres de façon habituelle dans le sacrement de pénitence.
«Dans la rémission des péchés, les prêtres et les sacrements sont de purs instruments dont notre Seigneur Jésus-Christ, unique auteur et dispensateur de notre salut, veut bien se servir pour effacer nos iniquités et nous donner la grâce de la justification» (Catech. R. 1, 11, 6).
«JE CROIS A LA RESURRECTION DE LA CHAIR»
Le Credo chrétien -- profession de notre foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, et dans son action créatrice, salvatrice et sanctificatrice -- culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et en la vie éternelle.
Nous croyons fermement, et ainsi nous espérons, que de même que le Christ est vraiment ressuscité des morts, et qu'il vit pour toujours, de même après leur mort les justes vivront pour toujours avec le Christ ressuscité et qu'il les ressuscitera au dernier jour (cf. Jn 6, 39-40). Comme la sienne, notre résurrection sera l'oeuvre de la Très Sainte Trinité:
Si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous (Rm 8, 11; cf. 1 Th 4, 14; 1 Co 6, 14; 2 Co 4, 14; Ph 3, 10-11).
Le terme «chair» désigne l'homme dans sa condition de faiblesse et de mortalité (cf. Gn 6, 3; Ps 56, 5; Is 40, 6). La «résurrection de la chair» signifie qu'il n'y aura pas seulement, après la mort, la vie de l'âme immortelle, mais que même nos «corps mortels» (Rm 8, 11) reprendront vie.
Croire en la résurrection des morts a été dès ses débuts un élément essentiel de la foi chrétienne. «Une conviction des chrétiens: la résurrection des morts; cette croyance nous fait vivre» (Tertullien res. 1, 1):
Comment certains d'entre vous peuvent-ils dire qu'il n'y a pas de résurrection des morts? S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Mais si le Christ n'est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi votre foi. (...) Mais non, le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 15, 12-14. 20).
La résurrection des morts a été révélée progressivement par Dieu à son Peuple. L'espérance en la résurrection corporelle des morts s'est imposée comme une conséquence intrinsèque de la foi en un Dieu créateur de l'homme tout entier, âme et corps. Le créateur du ciel et de la terre est aussi Celui qui maintient fidèlement son alliance avec Abraham et sa descendance. C'est dans cette double perspective que commencera à s'exprimer la foi en la résurrection. Dans leurs épreuves, les martyrs Maccabées confessent:
Le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle, nous qui mourons pour ses lois (2 M 7, 9). Mieux vaut mourir de la main des hommes en tenant de Dieu l'espoir d'être ressuscité par lui (2 M 7, 14; cf. 7, 29; Dn 12, 1-13).
Les Pharisiens (cf. Ac 23, 6) et bien des contemporains du Seigneur (cf. Jn 11, 24) espéraient la résurrection. Jésus l'enseigne fermement. Aux Sadducéens qui la nient il répond: «Vous ne connaissez ni les Écritures ni la puissance de Dieu, vous êtes dans l'erreur» (Mc 12, 24). La foi en la résurrection repose sur la foi en Dieu qui «n'est pas un Dieu des morts, mais des vivants» (Mc 12, 27).
Mais il y a plus: Jésus lie la foi en la résurrection à sa propre personne: «Je suis la Résurrection et la vie» (Jn 11, 25). C'est Jésus lui-même qui ressuscitera au dernier jour ceux qui auront cru en lui (cf. Jn 5, 24-25; 6, 40) et qui auront mangé son corps et bu son sang (cf. Jn 6, 54). Il en donne dès maintenant un signe et un gage en rendant la vie à certains morts (cf. Mc 5, 21-42; Lc 7, 11-17; Jn 11), annonçant par là sa propre Résurrection qui sera cependant d'un autre ordre. De cet événement unique Il parle comme du «signe de Jonas» (Mt 12, 40), du signe du Temple (cf. Jn 2, 19-22): il annonce sa Résurrection le troisième jour après sa mise à mort (cf. Mc 10, 34).
Être témoin du Christ, c'est être «témoin de sa Résurrection» (Ac 1, 22; cf. 4, 33), «avoir mangé et bu avec lui après sa Résurrection d'entre les morts» (Ac 10, 41). L'espérance chrétienne en la résurrection est toute marquée par les rencontres avec le Christ ressuscité. Nous ressusciterons comme Lui, avec Lui, par Lui.
Dès le début, la foi chrétienne en la résurrection a rencontré incompréhensions et oppositions (cf. Ac 17, 32; 1 Co 15, 12-13). «Sur aucun point la foi chrétienne ne rencontre plus de contradiction que sur la résurrection de la chair» (S. Augustin, Psal. 88, 2, 5). Il est très communément accepté qu'après la mort la vie de la personne humaine continue d'une façon spirituelle. Mais comment croire que ce corps si manifestement mortel puisse ressusciter à la vie éternelle?
Comment les morts ressuscitent-ils?
Qu'est-ce que «ressusciter «? Dans la mort, séparation de l'âme et du corps, le corps de l'homme tombe dans la corruption, alors que son âme va à la rencontre de Dieu, tout en demeurant en attente d'être réunie à son corps glorifié. Dieu dans sa Toute-Puissance rendra définitivement la vie incorruptible à nos corps en les unissant à nos âmes, par la vertu de la Résurrection de Jésus.
Qui ressuscitera? Tous les hommes qui sont morts: «ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation» (Jn 5, 29; cf. Dn 12, 2).
Comment? Le Christ est ressuscité avec son propre corps: «Regardez mes mains et mes pieds: c'est bien moi» (Lc 24, 39); mais Il n'est pas revenu à une vie terrestre. De même, en Lui, «tous ressusciteront avec leur propre corps, qu'ils ont maintenant» (Cc. Latran IV: DS 801), mais ce corps sera «transfiguré en corps de gloire» (Ph 3, 21), en «corps spirituel» (1 Co 15, 44):
Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils? Avec quel corps reviennent-ils? Insensé! Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie, s'il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, mais un grain tout nu (...). On sème de la corruption, il ressuscite de l'incorruption; (...) les morts ressusciteront incorruptibles (...). Il faut en effet que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité (1 Co 15, 35-37. 42. 52-53).

References: §900
 §999
 § 4
 § 1
 § 3
 §1
 § 3
 § 2
 § 4
 § 2
 § 1
 § 2
 § 1
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 § 1
 § 2
 § 1
 § 4

§976

§977