Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/liban.htm
Timestamp: 2013-05-20 17:52:32+00:00

Document:
Jumhuriyah al Lubnaniy
R�publique du Liban
Capitale: Beyrouth Population: 4,0
millions (est. 2009)
Groupe majoritaire: arabe
libanais ou leventin du Nord (93,7 %)
Groupes minoritaires: kurde kurmanji (4,9 %), arm�nien (4,9 %), arabe syrien (2,5 %), arabe �gyptien (1,7 %), chald�en n�o-aram�en (0,5 %), fran�ais (0,4 %), arabe irakien (0,3 %), espagnol (0,3 %), aram�en (0,1 ), anglais (0,1 %), grec, italien, turc, portugais et assyrien n�o-aram�en
parlementaire Articles constitutionnels
(langue): pr�ambule et art. 11 de la
Constitution modifi�e en 2004
Lois linguistiques: Code de proc�dure civile libanais (1983); Loi du 23 septembre 1946 portant Code du travail, dans sa teneur modifi�e au 31 d�cembre 1993 et au 24 juillet 1996;
Loi sur la protection de la propri�t� litt�raire et artistique (1999);
Code de proc�dure p�nale (2001);
Loi sur la protection des consommateurs (2004).
La r�publique du Liban (correspondant � la prononciation [loubn�n] en arabe)
est un petit pays de 10 452 km�, soit l��quivalent d�une surface trois fois
moindre que celle de la Belgique et de deux fois moindre que celle
d'Isra�l (20 770 km�); sa longueur est d�environ 250 km sur
40 km � 70 km de largeur. Le pays est limit� nord et � l�est par la
Syrie, au sud par Isra�l (Palestine) et � l�ouest par la
Le relief du Liban est form� � l�ouest par une cha�ne de montagnes � les monts Liban �, qui domine une �troite plaine c�ti�re, et � l�est par une seconde cha�ne de montagnes parall�le � la premi�re : l'Anti-Liban adoss� � la Syrie et le mont Hermon au sud; entre les deux, s��tend le haut plateau de la B�kaa (voir la carte d�taill�e).
Le nom du Liban (en arabe Loubn�n) vient d�un mot aram�en
signifiant �la montagne Blanche�, c�est-�-dire celui de sa cha�ne de
montagnes toujours enneig�es: les monts Liban, d�sign�s aussi par l'expression la Montagne.
La capitale, Beyrouth, compte plus d'un million
d'habitants. Les villes importantes sont les suivantes: Tripoli (200 000 hab.), Sa�da (100 000 hab.), Tyr (70 000 hab.), Nabatieh
(15 000 hab.), Baalbek (env. 20 000 hab.), Zahl� (30 000 hab.), Jounieh (100
000 hab.).L'embl�me du Liban est le �c�dre du Liban� ("Cedrus libani") originaire de la r�gion couvrant le Liban, la Syrie et une partie de la Turquie. La pr�sence de cet arbre est devenue exceptionnelle, sauf dans quelques for�ts. 2 Donn�es
Toute donn�e d�ordre d�mographique sur le Liban reste relativement
al�atoire. L�impr�cision des estimations d�ordre d�mographique s�explique
par l�absence de tout recensement depuis la fin du mandat fran�ais
(1920-1946), du fait que les r�sultats auraient des implications sur le partage
politique du pouvoir. Les autorit�s libanaises ont pr�f�r� s�en tenir au statu
quo plut�t que de susciter de nouveaux conflits. Le dernier recensement
officiel au Liban date de 1932, sous le mandat fran�ais. C�est sur la base
des r�sultats de cet ancien recensement que fut effectu� le partage du pouvoir
entre les diff�rentes communaut�s en 1943 et que furent distribu�s les postes
dans la fonction publique. Depuis cette �poque, la r�partition des
principales responsabilit�s politiques et administratives se fait entre les six
grandes communaut�s confessionnelles: les maronites, les grecs-orthodoxes, les
grecs-catholiques, les sunnites, les chiites et les druzes. Avec ce syst�me des
�quotas�, chacune des six grandes communaut�s d�tenait un droit de veto
implicite en cas de d�saccord. Rien n'�tait pr�vu pour adapter le syst�me �
l'�volution d�mographique.
Cependant, en octobre 1996, le minist�re des Affaires sociales a publi� les
r�sultats du premier recensement depuis 1932. Le Liban avait en 1996 une
population de 3,1 millions d�habitants, sans compter les 200 000 � 300 000
r�fugi�s palestiniens. Puis, d'apr�s une �tude statistique de 1997 sur les
conditions de vie des m�nages, les autorit�s libanaises estim�rent � quatre
millions le nombre d'habitants au Liban, dont 350 000 r�fugi�s palestiniens.
La population du pays comporterait environ 85 % de Libanais, 12 % de
Palestiniens et 3 % de Syriens. Les Arm�niens et les Kurdes r�sidant au Liban
sont, dans leur immense majorit�, de nationalit� libanaise. Notons enfin
qu'environ 13 millions de ressortissants d'origine libanaise vivraient �
l'�tranger. Le tableau qui suit pr�sente la population estim�e en 2004, soit 3,5 millions d'habitants:
Arabes libanais
langue s�mitique
2 462 360
Arabes palestiniens arabe leventin du Nord
369 380 10,5 %
Druzes arabe leventin du Nord
Kurdes kurmanji langue indo-iranienne
173 000 4,9 %
Arm�niens
Alawites arabe leventin du Nord
100 000 2,8 %
60 890 1,7 %
Chald�ens
chald�en n�o-aram�en
16 340 0,4 %
12 180 0,3 %
Juifs espagnols espagnol
Aram�ens
aram�en
grec langue grecque
3 350 0,0 %
italien langue romane
langue alta�que
3 040 0,0 %
1 520 0,0 %
espagnol langue romane
assyrien n�o-aram�en
Total = 3 507 810
2.1 Les communaut�s ethniques
Les groupes ethniques sont au nombre de 22 (au moins). Les communaut�s d'origine du Liban sont les Arabes libanais (70,1 %), les Druzes (10,1 %), les Arm�niens (4,9 %), les Alawites (2,8 %), les Chald�ens (0,5 %), les Aram�ens (0,1 %), les Assyriens (0,0 %) et les Juifs (0,0 %). Tous les autres sont des communaut�s immigrantes: Palestiniens, �gyptiens, Syriens, Fran�ais, Irakiens, Am�ricains, Kurdes, Turcs, etc. Si plusieurs communaut�s parlent une langue propre, d'autres partagent la m�me langue.
2.2 Les langues en pr�sence
Le Liban est un pays tr�s homog�ne sur le plan linguistique. En
effet, 98 % de la population parle l�arabe ou l'une de ses vari�t�s. La majorit� de la population parle l'arabe leventin du Nord, appel� aussi
arabe syro-libanais: 93,7 %. Cependant, l'appellation �syro-libanais� pour d�signer l'arabe libanais peut choquer certains Libanais en raison de la situation politique tendue avec la Syrie. Cette langue est partag�e par les Libanais, les Syriens, les Palestiniens, les Druzes, les Alawites et une partie des Juifs. Pr�s de 15 millions de personnes parlent l'arabe leventin du Nord dans le monde: outre les locuteurs du Liban, mentionnons 8,8 millions de locuteurs en Syrie, un million en Argentine, 500 000 en Turquie et 800 000 autres un peu partout dans le monde (�tats-Unis, France, Australie, Canada, etc.).
Les autres communaut�s linguistiques sont forc�ment minoritaires: le kurde kurmanji (4,9 %), l'arm�nien (4,9 %), l'arabe syrien (2,5 %), l'arabe �gyptien (1,7 %), le chald�en n�o-aram�en (0,5 %), le fran�ais (0,4 %), l'arabe irakien (0,3 %), l'espagnol (0,3 %), l'aram�en (0,1 ), l'anglais (0,1 %), le grec, l'italien, le turc, le portugais et l'assyrien n�o-aram�en.
Les vari�t�s d'arabe appartiennent au
groupe s�mitique, mais �galement le chald�en, l'aram�en et l'assyrien. � part le turc (famille alta�que), toutes les autres langues ont une
origine indo-europ�enne, que ce soit le kurde, l'arm�nien, le fran�ais, l'anglais, etc. Au point de vue linguistique, l'arabe classique
demeure la langue
officielle du Liban, l�arabe libanais (ou leventin du Nord), la langue d�usage. L'utilisation
du fran�ais reste courante, notamment au sein des communaut�s chr�tiennes,
surtout les maronites, alors que l�anglais serait davantage privil�gi� dans les
communaut�s musulmanes et dans les �changes commerciaux. Les
Arm�niens et les Kurdes ont conserv� leur langue d'origine, mais parlent
�galement le fran�ais (Arm�niens) ou l'anglais (Kurdes).
En raison de l�histoire du Liban, le fran�ais et l�anglais,
en plus de l�arabe
classique, demeurent des langues relativement
pratiqu�es comme langues secondes. �tant donn� que les Libanais ont toujours
�t� de grands commer�ants, la connaissances des langues �trang�res est une
pratique courante. En effet, presque tous les Libanais parlent l�arabe
classique, 45 % le fran�ais et 40 % l�anglais. En g�n�ral, le fran�ais est
r�put� �tre r�pandu dans les familles chr�tiennes et dans les couches ais�es musulmanes;
la majorit� des musulmans ont tendance � �tre plut�t anglophiles, bien que beaucoup de musulmans connaissent le fran�ais. Des
�tudes effectu�es en 2000-2001 par la Commission des affaires culturelles du
gouvernement fran�ais d�montraient que les vrais bilingues arabe-fran�ais repr�senteraient
28,5 % de la population, alors que les bilingues arabe-anglais seraient 14 %.
Par ailleurs, 73 % des bilingues arabe-fran�ais conna�traient �galement l�anglais.
Il s�agirait d�un trilinguisme presque diglossique o� l�arabe serait
utilis� � la fois comme langue maternelle et comme langue vernaculaire, le
fran�ais servant essentiellement comme langue de culture et l�anglais comme
langue fonctionnelle pour les communications avec l�ext�rieur.
2.3 Les clivages religieux
Le Liban est un pays multiconfessionnel. Dans cette r�gion du Proche-Orient,
le Liban est certainement le pays qui conna�t la plus grande diversit�
religieuse. Les Libanais professent surtout des religions musulmanes et
chr�tiennes. Mais les communaut�s confessionnelles sont au nombre d�une
vingtaine (officiellement 17), lesquelles disposent d�une existence juridique.
Chacune de ces religions rel�ve d�un droit priv� sp�cifique appliqu� par
des tribunaux religieux; d'ailleurs, sur la carte d'identit� d'un Libanais, la religion de
celui-ci �tait inscrite, mais ce n'est plus le cas
depuis la moiti� des ann�es 1990, date de publication de la nouvelle carte d'identit�.
Chez les musulmans (environ 60 % de la population), on
distingue les chiites (35 %), les sunnites (23 %), les druzes (5 %) et les alaouites (1 %). Chr�tiens catholiques
Chr�tiens non catholiques
Arm�niens catholiques
Chald�ens catholiques
Arm�niens orthodoxes
Assyriens Protestants
Chald�ens orthodoxes
Presque tous les autres Libanais sont des chr�tiens, dont approximativement 24 % de maronites, 13 % de grecs-orthodoxes, d�arm�niens-orthodoxes (3 %) et d�autres communaut�s plus faiblement repr�sent�es, telles que les syriens-orthodoxes (jacobites), les syriens-catholiques (syriaques), les chald�ens-catholiques, les chald�ens-orthodoxes (nestoriens), les catholiques-latins directement rattach�s � Rome, etc. On compterait moins d�une centaine de juifs (� Beyrouth). Il y aurait aussi une toute petite communaut� de coptes; ce sont des �gyptiens install�s au Liban, mais ils n'ont pas de paroisse. Le tableau qui suit donne une id�e du caract�re multiconfessionnel des Libanais.
Le territoire libanais correspond � l'appartenance communautaire; on parle au Liban de �cantonisation�. On peut visualiser avec plus de pr�cision une carte repr�sentant sur le territoire la r�partition des communaut�s confessionnelles. Les maronites sont surtout rassembl�s dans Beyrouth-Est et au nord de la route qui m�ne � Damas; les druzes sont majoritaires dans le sud du Mont-Liban et dans l'Anti-Liban. Les sunnites sont concentr�s dans le nord du pays et dans les grandes villes du littoral, qui regroupent aussi les grecs-orthodoxes. La population chiite, nombreuse dans la banlieue de Beyrouth et au sud du Mont-Liban, se concentre �galement dans le nord de la plaine de la B�kaa.
2.4 Les Libanais �hors du Liban�
L'�migration libanaise a toujours jou� un tr�s grand r�le. Les �migr�s,
deux fois plus nombreux que les Libanais vivant au pays, constituent une
v�ritable diaspora, qui conserve des liens avec son pays d'origine.
Au d�but du XIXe si�cle apparut un premier courant migratoire
orient� vers les villes �gyptiennes. Ce flux s�est poursuivi dans la
premi�re moiti� du XXe si�cle. La deuxi�me vague fut plus
importante et demeura essentiellement chr�tienne: selon diverses estimations,
de 400 000 � 800 000 Libanais auraient d�finitivement quitt� leur pays pour
le continent am�ricain entre 1850 et 1950. Avec leur descendance, ils seraient
aujourd'hui plusieurs millions. � la fin du XIXe si�cle, il se
d�veloppa une troisi�me vague d'�migration, surtout chiite et dirig�e vers
l'Afrique noire fran�aise. Lors de la d�colonisation des ann�es soixante, la
plupart des Libanais d'Afrique rentr�rent dans leur pays d'origine, favorisant
ainsi l'�mergence d'une classe moyenne au sein de la communaut� chiite.
Depuis 1950, les migrations s�av�rent d�finitives vers le Canada et
l'Australie, mais demeurent temporaires dans les pays arabes de la r�gion du
Golfe (Arabie Saoudite et �mirats arabes unis). Ces mouvements connaissent une
ampleur consid�rable � partir de 1975 et concernent toutes les communaut�s,
toutes les classes sociales et toutes les r�gions libanaises. Rappelons
qu'environ 13 millions de ressortissants libanais vivraient � l'�tranger, dont
10,7 millions en Am�rique du Sud et en Am�rique du Nord, 1,2 million en
Afrique, plus de 400 000 en Europe, quelque 400 000 dans les pays arabes et plus de 300 000 en
De par sa position g�opolitique, le Liban a toujours �t� au carrefour de
trois continents et le passage oblig� entre l'Occident et le monde arabe,
b�n�ficiant au surplus d'un acc�s vers l'Asie centrale et la Russie. Par le
fait m�me, le pays fut maintes fois envahi et conquis par pratiquement tous les
peuples du bassin m�diterran�en, ainsi que par des tribus nomades qui
remont�rent de la p�ninsule Arabique. Enfin, du fait de sa configuration
accident�e, ce pays de montagnes a souvent accueilli les r�fugi�s de
nombreuses contr�es. Tous ces peuples ont laiss� non seulement une empreinte
architecturale, mais aussi un apport culturel et religieux important.
� la fin du IIIe mill�naire, les Canan�ens et les Ph�niciens
�tablirent sur la c�te des comptoirs et fond�rent des cit�s-�tats (Tyr,
Sidon, Byblos, Beyrouth). Les Ph�niciens avaient cr�� un alphabet de 22
lettres, qui supplanta l��criture cun�iforme alors en usage, et se r�pandit
dans toute la M�diterran�e. Le Liban, qui fit partie de la Ph�nicie, connut
dans l'Antiquit� une civilisation brillante. L'ind�pendance de la Ph�nicie
prit fin avec la conqu�te d'Alexandre le Grand en 333 avant notre �re. �
partir de cette p�riode, et ce, jusqu�au XVe si�cle, le Liban
disparut en tant qu�entit� politique souveraine; il fut englob� au sein
d'une vaste zone dite �syrienne�. La domination grecque dura trois si�cles,
soit jusqu�� la tutelle romaine.
En 64 avant notre �re, les l�gions de Pomp�e fond�rent la Provincia Syria. Beyrouth devint la m�tropole militaire et commerciale des Romains en Orient. Le christianisme se propagea dans cette province syrienne d�s la premi�re moiti� du Ier si�cle. En 395, lors du partage de l'Empire romain, la Provincia Syria, devenue chr�tienne, fut rattach�e � l'Empire byzantin. L'�glise syro-maronite (maronites) a vu le jour dans le dioc�se d'Orient de l'Empire byzantin; elle constituait une branche de l'ancienne �glise syriaque d'Antioche.
3.1 La conqu�te arabe
En 628, les Arabes envahirent la r�gion et, apr�s la d�faite byzantine �
la bataille de Yarmouk en 636, les villes de la c�te libanaise tomb�rent entre
les mains des musulmans, qui plac�rent la �province� sous leur autorit�. Par
suite de la conqu�te arabe, la population se modifia consid�rablement, car des
Arabes, des Perses et des Juifs entr�rent dans le pays. D�s lors, les
chr�tiens durent c�toyer les musulmans sunnites. La conqu�te musulmane de 636
r�duisit progressivement les chr�tiens du Proche-Orient � une minorit�. En
revanche, les maronites r�ussirent � conserver une certaine autonomie en
raison de leurs liens avec Byzance, avec l'Occident et avec les autres
minorit�s du Mont-Liban.
Mais les querelles religieuses d�chir�rent les populations, qui se divis�rent en sectes. C'est � cette �poque que commenc�rent � s'opposer les diff�rentes communaut�s confessionnelles. La montagne servit de refuge, d�abord pour les
maronites (au VIIIe si�cle), puis pour les chiites (IXe si�cle) et enfin les druzes (XIe si�cle) chass�s d��gypte. La plupart de ces communaut�s form�rent des minorit�s (maronites, chiites, druzes, etc.), ce qui en fit tr�s t�t un pays multiconfessionnel, surtout avec l�int�gration du pays dans l�Empire byzantin (l��glise orthodoxe), puis dans l�Empire arabe (musulmans).
Au milieu du XIe si�cle, le grand schisme d'Orient divisa le
monde chr�tien en deux grandes communaut�s: les catholiques romains et les
orthodoxes. � partir de ce moment, les chr�tiens qui rest�rent attach�s �
Rome furent appel�s �catholiques latins�, et ceux de l'�glise d'Orient
furent appel�s �orthodoxes�. C'est ainsi que le Liban s'enrichit encore d'une
autre communaut� religieuse.
3.2 Le Moyen �ge
Lors des croisades (1090-1300), les Francs s�empar�rent de l�Orient et
J�rusalem tomba entre leurs mains en 1090, puis Tripoli en 1109, Beyrouth et
Sidon en 1110. Le Liban resta deux si�cles sous la domination franque, c�est-�-dire
jusqu�en 1289 (lors de la capitulation de Tripoli). Ensuite, les autres villes
libanaises pass�rent sous l�autorit� des mamelouks (milices arabes), qui
gouvern�rent la r�gion pendant deux si�cles et demi, de la fin du XIIIe
si�cle jusqu�en 1516, soit lors de l�arriv�e des Ottomans. Pour fuir les
mamelouks, de nombreux maronites trouv�rent asile dans la haute montagne
libanaise ainsi qu�� l��le de Chypre.
� partir de ce moment, la domination ottomane ouvrit une nouvelle p�riode,
car les Turcs accord�rent une autonomie aux Libanais au prix d�un tribut.
Mais ce fut une p�riode politiquement instable au cours de laquelle les
maronites, les druzes et les chiites entr�rent en conflit les uns contre les
autres. Les druzes r�ussirent � contr�ler le pays durant deux si�cles, ce
qui favorisa les affrontements violents avec les maronites. Au cours de la
p�riode ottomane, sp�cialement � partir du XVIIIe si�cle, le
Liban accueillit plusieurs minorit�s fuyant la pers�cution: des Grecs et des
Syriaques catholiques y trouv�rent non seulement un g�te pour leurs
communaut�s naissantes, mais des couvents pour leurs moines et un si�ge pour
chacun de leurs patriarcats r�cemment cr��s.
3.3 L�intervention de la France
Au milieu du XIXe si�cle, la France et la Grande-Bretagne
intervinrent pour assurer la protection de certains groupes ethno-religieux, la
guerre ayant �clat� entre maronites et druzes. Un gouvernorat autonome
maronite, plac� sous la protection de la France, fut cr�� en 1864. Au
lendemain de la Premi�re Guerre mondiale, l'Empire ottoman fut d�mantel� et
le Liban passa sous mandat fran�ais en 1920. C�est � ce moment que les
fronti�res actuelles du �Grand Liban� (le Mutesarrifat libanais, Beyrouth, la
B�kaa, Tripoli, Sidon, Tyr) furent cr��es et que s�implanta assez
durablement la langue fran�aise. Quelques dizaines de milliers d�Arm�niens
fuyant la pers�cution turque s��tablirent dans le pays, suivis par une
immigration kurde (environ 60 000 personnes).
Dans la D�claration du mandat, adopt�e le 24 juillet 1922 par le
Conseil de la Soci�t� des Nations (SDN), l�article 22 du Pacte de la SDN
imposait � la France, la �Puissance mandataire�, le �respect du statut
personnel des diverses populations et de leurs int�r�ts religieux� (art. 6 de
la D�claration du mandat), le maintien des �droits des communaut�s�
dont celui de �conserver leurs �coles, en vue de l'instruction et de
l'�ducation de leurs membres� (par. 3 de l'article 8) et l�abstention
�toute intervention [...] dans la direction des communaut�s religieuses [...]
dont les immunit�s sont express�ment garanties� (art. 9).
Cependant, la nouvelle entit� territoriale libanaise ne fut pas accept�e
par les nationalistes arabes, qui souhaitaient la cr�ation d'une �Grande
Syrie� englobant l'ensemble du Croissant fertile. Pour sa part, la Syrie
devenue ind�pendante n'admit pas d'�tre priv�e d'une grande partie de sa
fa�ade maritime sur la M�diterran�e.
3.4 L�ind�pendance
Le Liban acc�da d�finitivement � l'ind�pendance en 1943. Pendant
plusieurs d�cennies, le pays avait adopt� deux langues officielles: l�arabe
et le fran�ais. Mais les nouveaux dirigeants s'empress�rent d'adopter les
modifications constitutionnelles qui affirm�rent le statut souverain du Liban
et abolirent le fran�ais comme �deuxi�me langue officielle�. Le Liban
accueillit les Palestiniens chass�s d�Isra�l apr�s 1948. Ces derniers se
sont install�s dans des camps de r�fugi�s et fournirent la main-d'oeuvre
n�cessaire au cours de la p�riode de prosp�rit� �conomique. Suite �
l'instauration dans les pays arabes des r�gimes dits r�volutionnaires ou
socialistes, le Liban vit arriver l�une des derni�res grandes vagues des
minorit�s devenues ind�sirables dans leur propre pays: les Assyriens, les
Syriaques et les chald�ens d'Irak, les alaouites de Syrie, les chr�tiens
d'�gypte, etc. Apr�s la guerre isra�lo-arabe de 1967, d�autres r�fugi�s
palestiniens afflu�rent en masse.
Au lendemain des affrontements de 1970, l'Organisation de lib�ration de la
Palestine, chass�e de Jordanie, s'installa avec ses combattants sur le
territoire libanais. Quelque 500 000 Palestiniens s��tablirent ainsi au
Liban, ce qui repr�sentait environ 15 % de la population. La pr�sence
palestinienne provoqua l'intervention arm�e de la Syrie et d�Isra�l. Le
fragile Liban ne put r�sister � la violence des �v�nements et fut entra�n�
dans la guerre civile, activant alors le processus de la dislocation de l��tat.
3.5 La guerre civile de 1975-1989
La guerre civile fut d�clench�e le 23 avril 1975 et opposa d�abord les
phalanges chr�tiennes et les Palestiniens, puis, � partir du mois d�ao�t,
les milices islamo-progressistes alli�es aux Palestiniens. Une premi�re
intervention syrienne en 1976 tenta de contenir les Palestiniens. En 1978,
Isra�l s'installa dans le Sud, mais son arm�e dut c�der la place � une force
d'interposition des Nations unies (FINUL). Restant sur place jusqu'en 1984,
cette derni�re ne put emp�cher la nouvelle intervention isra�lienne de 1982
(op�ration �Paix en Galil�e�), au cours de laquelle Beyrouth fut assi�g�e
et l'OLP d�cim�e.
La Syrie intervint � nouveau en 1983 contre l'OLP dans la partie ouest du pays (si�ge de Tripoli). Ils contr�l�rent 60 % du territoire et occup�rent une position de force: les forces syriennes, d�nomm�es pax syriana, sembl�rent pr�f�rables � la continuation de la guerre civile. Des conflits �clatant entre les communaut�s libanaises firent craindre une rapide d�sagr�gation du pays. En 1989, les accords de Ta�f permirent un retour progressif au calme, malgr� une vaine r�sistance du g�n�ral Michel Aoun commandant l�arm�e chr�tienne.
Dans un environnement marqu� par la guerre du Golfe, la Syrie et le Liban
sign�rent, en mai 1991, un �trait� de fraternit� et de coop�ration�, qui
revint � une reconnaissance du la Syrie sur le Liban. Toujours tiraill� entre
la Syrie et Isra�l, le Liban d�aujourd'hui ne contr�le pas la totalit� de
son territoire et la souverainet� de l'�tat n'est toujours pas restaur�e.
Tant que le confessionnalisme constituera le fondement de la r�publique du
Liban, les responsabilit�s des postes politiques et administratifs demeureront
Mais Isra�l a toujours continu� � bombarder le sud du Liban, dans le but de limiter les avanc�es du Hezbollah (le �Parti de Dieu�), un mouvement politique chiite libanais poss�dant une branche arm�e qui fut � l'origine de sa cr�ation (en 1982). Le mouvement a comme objectif la cr�ation d'un �tat islamique sur le mod�le iranien, ainsi que l'�limination de toute pr�sence non islamique au Proche-Orient, dont l'�tat d'Isra�l. Le Hezbollah est financ� � coup de centaines de millions, principalement par la Syrie et le l'Iran, ainsi que par des fonds priv�s. Le Hezbollah est consid�r� comme un mouvement de r�sistance par le Liban, la Syrie, la Libye et l'Iran. �videmment, le Hezbollah est devenu rapidement
la principale organisation militaire de confrontation avec Isra�l dans le sud du Liban. Entre 1990 et 2000, le Hezbollah a toujours renforc� son alliance avec la Syrie et a grandement consolid� sa faction militaire, ce qui lui a permis de poursuivre sa gu�rilla face � Isra�l. Cela �tant dit, le Hezbollah traite �galement d'affaires sociales au moyen des h�pitaux, des �coles, des orphelinats et d'une cha�ne de t�l�vision (Al-Manar: la �cha�ne du Parti de Dieu�), le tout �tant destin� � augmenter sa popularit� aupr�s de la population et gagner des appuis. � la suite des �lections l�gislatives de juin 2005, le Hezbollah a obtenu 14 si�ges au Parlement libanais, lequel en compte 128. Le Hezbollah poursuit toujours son objectif principal: la destruction d'Isra�l. Le mouvement arm� dispose d'au moins 600 �combattants� actifs (voire 2000, et 5000 en entra�nement intensif) et d'un armement d'artillerie lourde, tel que des lance-roquettes multiples et des missiles t�l�guid�s; son arsenal militaire est �galement compos� de fusils d'assaut, de mines antipersonnel, de pi�ces d'artillerie l�g�re et de canon antia�riens avec des �quipements de vision nocturne et de drones. Le soutien et les effectifs du Hezbollah sont pratiquement impossibles � chiffrer. Pour les dirigeants am�ricains, le Hezbollah demeure un groupe encore plus dangereux que Al-Qaeda; pour l'opinion publique occidentale, ce sont des terroristes ou des pantins � la disposition de la Syrie et de l'Iran. Cependant, pour des millions de Libanais, c'est la voix des d�sh�rit�s, car le mouvement soutient aussi un immense r�seau de services publics touchant les h�pitaux, les �coles, la collecte des ordures, etc. Mais Isra�l a fini par r�agir aux attaques du Hezbollah et, en juillet 2006, de vastes offensives militaires ont �t� lanc�es non seulement contre le sud du Liban, mais dans presque tout le Liban, dont Beyrouth. Pour les dirigeants libanais, l'agression d'Isra�l a fait revenir le Liban cinquante ans en arri�re. Le nombre de personnes d�plac�es est estim�e pour le moment � au moins 700 000. Pour Isra�l, les repr�sailles contre le Liban constituent un moyen pour faire comprendre � ce pays que le contr�le du groupe arm� du Hezbollah rel�ve de la responsabilit� de l'�tat. Le probl�me, c'est que l'arm�e libanaise n'est pas suffisamment forte pour contr�ler le Hezbollah et encore moins pour affronter la puissance militaire d'Isra�l! Il faudrait au minimum une force internationale! Pour le moment, les Libanais ne semblent �tre que des pions dans une guerre qui les d�passe. La d�stabilisation du Liban, qui vient � peine de sortir de trente ans de pr�sence �trang�re sur son territoire, ne pourra qu'envenimer la cohabitation encore fragile des diff�rentes communaut�s libanaises. Malgr� des moyens militaires inf�rieurs, le Hezbollah a toujours r�ussi � tenir t�te � Isra�l.
Selon la Constitution, les postes principaux de l'�tat libanais sont attribu�s aux repr�sentants des principales communaut�s parmi les 17 que compte officiellement le pays. C'est ainsi que le pr�sident de la R�publique doit �tre un chr�tien maronite, celui du Conseil des ministres un musulman sunnite, et celui de la Chambre des d�put�s un musulman chiite. Ce syst�me confessionnel a �t� maintenu par les accords de Ta�f, lesquels ont cependant pr�vu un r��quilibrage des pouvoirs entre les communaut�s pour tenir compte de leur �volution d�mographique respective. Les accords pr�voyaient la r�duction du pouvoir du pr�sident maronite en faveur du premier ministre sunnite et du Conseil des ministres. Aujourd�hui, le pr�sident de la R�publique ne peut plus r�voquer le chef du gouvernement (premier ministre) ni dissoudre la Chambre des d�put�s. On constatera que qu�au Liban la religion et la politique sont intimement li�es.
D�ailleurs, l�article 9 de la Constitution libanaise reconna�t aux
diff�rentes communaut�s religieuses une libert� totale de culte et leur
accorde le droit de r�gir leur statut personnel par des lois particuli�res.
L'arr�t� no 60 du Haut-Commissariat du 13 mars 1936 reconna�t � son tour les
17 communaut�s religieuses du Liban, ainsi que le droit d'organiser leur
juridiction et d'adopter leur l�gislation de statut personnel.
La Constitution du 9 novembre 1943 pr�voyait deux langues officielles: l�arabe
et le fran�ais. Tel se lisait l�article 11 aujourd'hui abrog�:
Article 11 (1943) - abrog�
L�arabe est la langue nationale officielle dans toutes les
administrations de l��tat. Le fran�ais est �galement langue officielle,
une loi sp�ciale d�terminera les cas o� il en sera fait usage.
Cependant, cette �loi sp�ciale� dont on parle dans la Constitution n'a jamais vu le jour. De plus, la Constitution de 1943 fut modifi�e � plusieurs reprises, notamment
le 7 d�cembre 1943, le 21 janvier 1947, le 24 avril 1976 et le 21 septembre
1990 apr�s les accords de Ta�f. Les modifications constitutionnelles n'ont jamais remis en cause le statut du fran�ais. Voici comment se lit l�article 11 actuel (avec les modifications de 2004): Article 11 (2004)
L�arabe est la langue nationale officielle. Une loi d�terminera les cas
o� il sera fait usage de la langue fran�aise.
En ce sens, le
Pr�ambule de la Constitution est coh�rent � cet �gard en pr�cisant que �le Liban est arabe dans son identit� et son appartenance�:
Pr�ambule de la Constitution
a) Le Liban est une Patrie souveraine, libre et ind�pendante. Patrie d�finitive pour tous ses fils, unitaire dans son territoire, son peuple et ses institutions, � l'int�rieur de ses fronti�res fix�es dans cette Constitution et reconnues internationalement.
b) Le Liban est arabe dans son identit� et son appartenance. Il est membre fondateur et actif de la Ligue des �tats arabes et engag� par ses pactes; de m�me qu'il est membre fondateur et actif de l'Organisation des Nations-Unies, engag� par ses pactes et par la D�claration universelle des droits de l'Homme. L'�tat concr�tise ces principes dans tous les champs et domaines sans exception.
c) Le Liban est une r�publique d�mocratique, parlementaire, fond�e sur le respect des libert�s publiques et en premier lieu la libert� d'opinion et de conscience, sur la justice sociale et l'�galit� dans les droits et obligations entre tous les citoyens sans distinction ni pr�f�rence.
d) Le peuple est la source des pouvoirs et le d�tenteur de la souverainet� qu'il exerce � travers les institutions constitutionnelles.
Cela signifie que, depuis d�cembre 1943, l�arabe classique est devenu juridiquement la seule langue officielle du pays, ce qui n�emp�che pas le fran�ais d��tre omnipr�sent. Juridiquement, aussit�t l�ind�pendance acquise, le Liban bilingue est devenu un Liban unilingue arabe tout en laissant au fran�ais des pr�rogatives encore actuelles.
4.2 La langue du Parlement
Les deux langues employ�es dans les d�bats parlementaires (� l'oral) sont l�arabe
libanais et l�arabe classiques, mais les lois ne
sont r�dig�es qu�en arabe classique. Mentionnons que c'est � l'�poque du
mandat fran�ais que provient la plus grande partie des lois et codes libanais,
lesquels furent directement r�dig�s en langue fran�aise par des juristes
fran�ais. Donc, il faut tenir compte que les documents juridiques sont r�dig�s en fran�ais ou en arabe classique. Depuis 1992, tout personnage officiel de l'�tat est tenu, sur le territoire national, de s'exprimer en arabe dans ses discours. � l'�tranger, ils peuvent utiliser le fran�ais ou l'anglais.
4.3 Les langues des tribunaux
Les tribunaux mixtes (religieux et civils), qui
comprenaient des
magistrats fran�ais, furent les premiers � appliquer les lois libanaises;
leurs d�cisions furent alors publi�es en fran�ais et elles ont servi de base
� la jurisprudence libanaise qui continue encore � les prendre en
consid�ration. Les lois adopt�es � cette �poque sont rest�es inchang�es,
elles sont non seulement d'inspiration fran�aise, mais elle sont r�dig�es en
fran�ais. Pour ce qui est de la jurisprudence, il est fr�quent de lire des
d�cisions, alors que l�arabe est devenu la langue officielle, qui contiennent
des passages de r�f�rence en fran�ais, voire tir�s d'ouvrage fran�ais. Le Code
de proc�dure civile libanais de 1933 est r�dig� en fran�ais. Bien que le
Code de proc�dure civile libanais ait �t� publi� pour la premi�re fois en arabe
en 1983, l'exp�rience jurisprudentielle et l�gislative fran�aise s'est
largement inspir�e du nouveau Code de proc�dure civile fran�ais. L'article 814 du
Code de proc�dure civile libanais �nonce que, si les documents judiciaires sont r�dig�s en langue �trang�re, il doit �tre proc�d� � leur traduction par un traducteur asserment�, ce qui d�montre bien l'importance de l'arabe:
Les sentences arbitrales sont reconnues et rev�tues d'exequatur si la personne qui s'en pr�vaut �tablit leur existence et si elles ne sont pas manifestement contraires � l'ordre public international.
L'existence d'une sentence arbitrale est �tablie par la production, soit de son original accompagn� de la convention d'arbitrage, soit des copies conformes de ces deux documents authentifi�es par les arbitres ou par toute autorit� comp�tente. Et si ces pi�ces sont r�dig�es en langue �trang�re, il doit �tre proc�d� � leur traduction par un traducteur asserment�.
Il en est ainsi � l'article 47 du
Code de proc�dure p�nale (2001):
Le suspect ou la personne vis�e par une plainte jouit des droits suivants d�s sa garde � vue pour les besoins de l�enqu�te :
2. S�entretenir avec un avocat qu�il d�signe par d�claration consign�e dans le proc�s-verbal, sans qu�il soit n�cessaire d��tablir une procuration en bonne et due forme ;
3. B�n�ficier de l�assistance d�un interpr�te asserment� s�il ne ma�trise pas la langue arabe ;
Les articles 81, 88 et 184 du m�me Code de proc�dure p�nale reprennent l'obligation de recourir � l'arabe ou � un interpr�te lorsqu'un justiciable, un d�fendeur, un accus� ou un t�moin ne ma�trise pas la langue arabe: Article 81 Si le d�fendeur ne ma�trise pas la langue arabe, le juge d�instruction lui assigne un interpr�te, lequel ne commence � interpr�ter qu�apr�s s��tre engag� sous serment � accomplir sa mission en toute sinc�rit� et fid�lit�.
Si le t�moin ne ma�trise pas la langue arabe, le juge d�instruction lui assigne un interpr�te, lequel s�engage au pr�alable sous serment � accomplir sa mission en toute sinc�rit� et fid�lit�, s�il n�est pas d�j� asserment�.
Le juge peut d�cider d�office ou � la demande de l�une des parties au proc�s d�appeler � la barre tout t�moin pr�sent dans la salle d�audience.
Si le t�moin ne ma�trise pas la langue arabe ou s�il est sourd ou muet, le juge lui assigne un interpr�te, lequel pr�te serment d�accomplir sa mission en toute sinc�rit� et fid�lit�.
Aujourd�hui, l�arabe libanais est g�n�ralement la langue
couramment utilis�e dans les tribunaux de premi�re instance, comme les
tribunaux religieux. Ces derniers, qui ont juridiction sur le statut personnel
des Libanais, peuvent utiliser une autre langue, par exemple le fran�ais, l�arm�nien
ou le kurde. Chacune des juridictions communautaires disposent de ses propres
r�gles, de ses textes juridiques, de sa terminologie particuli�re, de sa
jurisprudence, etc. Par exemple, il existe une Loi sur le statut personnel de
la communaut� grecque-orthodoxe, une autre pour la communaut�
arm�nienne-orthodoxe, la communaut� syrienne-orthodoxe, la communaut�
�vang�lique, etc.
La langue la plus utilis�e dans l'Administration est
l�arabe libanais, mais cet emploi n�interdit pas l�arabe
classique, voire le fran�ais dans certains cas. De toute fa�on, il est rare qu�un
fonctionnaire ne connaisse ni l'arabe classique ni le fran�ais. Tous les documents sont en arabe classique, mais la langue fran�aise demeure tr�s pr�sente dans de nombreux cas: documents fonciers, passeports, billets de banque, plaques d'immatriculation, etc. N�anmoins, les rares textes de loi mentionnent la priorit� � l'arabe. Par exemple, l'article 12 de la
loi du 23 septembre 1946 portant Code du travail, dans sa teneur modifi�e au 31 d�cembre 1993 et au 24 juillet 1996 �nonce qu'un contrat de travail doit �tre r�dig� en arabe, mais qu'il peut �tre traduit dans une langue �trang�re si l'employeur ou le salari� �tranger ignore la langue arabe:
Le contrat de travail peut �tre soit �crit, soit verbal. Dans les deux cas, il est soumis � l'empire du droit commun. Le contrat �crit doit �tre r�dig� en langue arabe; il peut n�anmoins �tre traduit dans une langue �trang�re si l'employeur ou le salari� �tranger ignore la langue arabe. La
Loi sur la protection des consommateurs (2004) est int�ressante � plus d'un titre. Les informations sur les �tiquettes ou sur les emballages des marchandises doivent �tre affich�es en principe en arabe, parce que cette langue doit �tre utilis�e pour tout acte visant � afficher des produits ou des services. Mais il est permis dans certains cas d'utiliser le fran�ais ou l'anglais comme substitut de l'arabe: Article 9
Les informations sur les �tiquettes ou sur les emballages des marchandises doivent �tre affich�es en principe en arabe. En g�n�ral, l'arabe doit �tre utilis� pour tout acte visant � afficher des produits ou des services.
Les cas o� il est permis d'utiliser le fran�ais ou l'anglais comme substitut de l'arabe doivent �tre d�termin�es sur la d�cision du ministre de l'�conomie et du Commerce.
Tout contrat �tabli par un fournisseur ou approuv� par les autorit�s officielles ou tout contrat qu'un consommateur n'a pas le droit de modifier doit satisfaire aux conditions suivantes :
� Le contrat doit �tre �tabli dans une langue arabe simple et directe. L'anglais est toutefois admissible lorsque les parties en conviennent.
� Le contrat ne doit pas se r�f�rer � des textes ou des documents qui n'auraient pas �t� fournis au consommateur avant qu'il ait conclu le contrat.
� Le contrat doit fixer clairement le co�t, la date du paiement et le mode de paiement, ainsi que le lieu et le moment de la livraison.
Tout fabricant ou fournisseur doit d�montrer par �crit et clairement le meilleur moyen d'utiliser des produits ou des services, et avertir les consommateurs des risques qui pourraient r�sulter de l'emploi abusif dudit produit ou service.
Les informations susmentionn�es doivent �tre �crit en arabe.
Toutefois, au Liban, le probl�me n'est pas d'ordre linguistique, car l'�tat est r�gi par la �proportionnelle ethnique� et religieuse (les 17 communaut�s). Par exemple, les lois �lectorales pr�voient que les si�ges parlementaires, dans chacune des circonscriptions, sont r�partis selon des quotas sp�cifiques aux diff�rentes communaut�s pr�sentes dans la circonscription, proportionnellement � leur importance num�rique. Les minist�res sont partag�s de fa�on proportionnelle entre les communaut�s, ce qui a d'ailleurs entra�n� le gonflement de leur nombre. Depuis 1943, une convention constitutionnelle (le Pacte national) attribue les �trois pr�sidences� (pr�sidence de la R�publique, pr�sidence du Conseil des ministres et pr�sidence de la Chambre des d�put�s) respectivement aux maronites, aux sunnites et aux chiites. Cette �communautarisation� s'�tend �galement � l'administration publique et aux pouvoirs locaux et municipaux. �videmment, le syst�me a engendr� des effets pervers. Par exemple, l'enchev�trement des communaut�s au sein du pouvoir public rend plus difficiles les modifications constitutionnelles, car toute diminution des pr�rogatives attribu�es, par exemple, � l'un des trois pr�sidents, est mal per�ue par la communaut� dont il est issu. � l'inverse, les communaut�s peuvent neutraliser l'�tat. Les postes sont consid�r�s comme appartenant � telle ou telle communaut� plut�t qu'existant en fonction de l'int�r�t g�n�ral. La �proportionnelle communautaire� asphyxie l'�tat et en paralyse les institutions, favorisant ainsi le recours � l'arbitrage de pays tiers. Dans l'arm�e, les divisions communautaires sont reproduites plus ou moins fid�lement. Selon le journal Le Monde, les officiers seraient musulmans dans une proportion de 50 % musulmans et chr�tiens � 50 %. Cependant, parmi les soldats, on compterait essentiellement des musulmans chiites qui, par exemple, auraient du mal � se battre contre les milices chiites du Hezbollah. Leur imposer une telle t�che �quivaudrait � une autre division au sein d'une arm�e d�j� ultrafragile.
Ce syst�me, qui r�partit les pouvoirs entre les groupes ethniques et religieux, s'appelle la �d�mocratie consociative�, ce qui correspondrait en France au �f�odalisme corrompu� et au Canada par le �patronage officialis�. Depuis 1985, le dictionnaire Le Robert a maintenant un mot pour d�crire ce ph�nom�ne: la libanisation. Le dictionnaire d�finit le terme ainsi: �Ph�nom�ne par lequel un pays conna�t une transformation qui le fait ressembler au Liban, o� les diff�rentes ethnies, religions, etc., s'affrontent violemment, causant une v�ritable guerre civile.� Autrement dit, la libanisation, c'est le processus de fragmentation d'un �tat. En prime, musulmans et chr�tiens des diff�rentes communaut�s s'entretuent � se tuer entre eux. La libanisation! 4.5 L�enseignement
Il n�y a pas de v�ritable loi scolaire au Liban. Les programmes de l��ducation
sont r�gis par les d�crets nos 9099 et 9100 du 8 janvier 1968 et nos 2150 et
2151 du 6 novembre 1971. Les accords de Ta�f de 1989 servent �galement de
r�f�rence �crite pour d�finir les options p�dagogiques g�n�rales. Afin de
faire face au vide juridique, le Conseil des ministre a adopt�, le 17 ao�t
1994, le Plan de restructuration du syst�me �ducatif. Depuis 1996, la loi impose dans les �coles publiques une r�partition � part �gale entre les heures accord�es � la langue officielle (arabe) et � la langue �trang�re (fran�ais). Le Liban affiche
l�un des plus hauts d�alphab�tisation dans le monde arabe: plus de 91 % des
Libanais sont scolaris�s, alors que l��cole n�est pas toujours gratuite et
que l�on compte un syst�me public et un syst�me priv�.
Rappelons que l'article 10 de la Constitution consacre la libert� de la langue d'enseignement, ce qui a eu pour effet de favoriser le fran�ais.
Dans les �coles maternelles
(deux ans), l�enseignement de la langue
arabe ou de toute autre langue n�est pas obligatoire. On y enseigne parfois l�arabe
libanais, parfois l�arabe classique ou le fran�ais et/ou l�anglais dans les
�coles priv�es.
Dans toutes les �coles primaires (la scolarit� �tant d�une dur�e
de six ans), l�enseignement de l�arabe �crit (classique) reste obligatoire
pour les �l�ves, dans le cadre d'un horaire de sept heures par semaine en
moyenne. L�enseignement d�une premi�re langue �trang�re est �galement
obligatoire d�s la premi�re ann�e, et elle est �galement d�une dur�e de
six � sept heures/semaines. Les deux tiers choisissent le fran�ais, le tiers,
l�anglais. Le fran�ais reste majoritaire dans l'enseignement scolaire, loin devant l'anglais, aussi bien pour les chr�tiens que pour les musulmans. Si une grande partie de l'enseignement scolaire priv� est fourni par des missionnaires religieux fran�ais, ces �coles sont fr�quent�es aussi bien par des chr�tiens que par des musulmans. L'anglais prend par contre le dessus dans l'enseignement universitaire. Il existe au Liban un �programme moyen�, consid�r� comme le
prolongement du cycle primaire, et d�nomm� �primaire sup�rieur� (d�une
dur�e de trois ans). Les minorit�s linguistiques comme les Arm�niens et les
Kurdes ont le droit d�enseigner en arm�nien ou en kurde.
Les �l�ves libanais et non libanais qui arrivent dans un �tablissement d�enseignement
en cours de scolarit�, b�n�ficient d'une adaptation: ils peuvent recevoir un
enseignement dans leur langue maternelle � g�n�ralement l�arabe dialectal
� jusqu�en troisi�me ann�e. Ensuite, ils sont la possibilit� de choisir
un enseignement d'arabe classique tout en poursuivant l'�tude du fran�ais
et/ou de l'anglais. En cycle terminal, ils pourront suivre un enseignement en
�arabe renforc�. Il ne faut pas oublier que beaucoup d��l�ves arrivent
au Liban en parlant un arabe dialectal qui n�est pas celui de leur pays d�accueil.
Or, l�enseignement de la langue arabe se heurte � certaines difficult�s,
surtout pour les nombreux �l�ves de passage au Liban et ceux arrivant pour un
long s�jour ou pour une insertion d�finitive.
On compte beaucoup d��tablissements priv�s au Liban dont une majorit� d��coles
fran�aises soumises � une quadruple tutelle: le minist�re libanais de l��ducation
nationale, l'�tat fran�ais, l'AEFE (Agence pour l�enseignement fran�ais �
l��tranger) et la Mission la�que fran�aise.
Les �tudes secondaires (d�une dur�e de deux ans) ne sont pas
obligatoires au Liban. On y enseigne encore en arabe, mais l�enseignement des
langues �trang�res est plus pouss�. Il est obligatoire d�enseigner deux
langues �trang�res; c�est g�n�ralement le fran�ais (la 1re
langue �trang�re) et l�anglais (la 2e langue �trang�re), ou l�inverse
(anglais comme premi�re langue et fran�ais comme seconde). Dans les �coles
priv�es, on peut y enseigner �galement l�allemand, l�italien ou l�espagnol.
En dehors du syst�me public libanais, les �tablissements scolaires fran�ais
r�pondent � une forte demande de scolarisation fran�aise; les �tablissements
o� l�on enseigne presque enti�rement en fran�ais sont tr�s nombreux au
Liban. On signale un certaine progression du fran�ais sans les �tablissements
musulmans, notamment dans les zones druzes. Les �coles secondaires priv�es, y
compris les lyc�es franco-libanais, ont pour objectif de faire acc�der leurs
�l�ves � un niveau linguistique qui leur permettra de poursuivre une
scolarit� sup�rieure dans les universit�s fran�aises ou am�ricaines, dont
l'American University de Beyrouth. On peut m�me dire que les �coles
secondaires du Liban visent � former des citoyens bilingues (arabe-fran�ais-anglais).
Sur la foi des statistiques de l�ann�e scolaire de 1996-1997, on peut
affirmer que 69,5 % des �l�ves, de la maternelle au lyc�e, apprennent le
fran�ais comme premi�re langue �trang�re, et ce, dans les �tablissements d�enseignement
relevant de la juridiction du minist�re libanais de l'�ducation (ce qui exclut
les �tablissements conventionn�s par l'Agence pour l'enseignement fran�ais �
l'�tranger). La plupart du reste des �l�ves apprennent plut�t l'anglais. D�ailleurs,
depuis quelques ann�es, il semble se dessiner une certaine progression en
faveur de l�enseignement de l�anglais.
Au moment de sa p�riode de prosp�rit�, le Liban comptait cinq
�tablissements d'enseignement sup�rieur renomm�s. Aujourd�hui, on en
compte deux fois plus: l'Universit� du Liban, l'Universit� Saint-Joseph,
l'Universit� Saint-Esprit de Kaslik, l�American University de Beyrouth, la
Lebanese American University, l'Universit� de Balamand, l�Universit�
Notre-Dame de Louaiz�, le Centre national de recherche scientifique (CNRS), le
Centre national de recherche et de d�veloppement p�dagogiques (CNRDP), le
Centre universitaire de technologie franco-libanais (CUT), l'Universit�
antonine de Baabda, l'Universit� islamique du Liban, l�Institut sup�rieur de
droit de la sagesse, l�Institut sup�rieur national des soins infirmiers, l��cole
sup�rieur des affaires, etc. L'universit� am�ricaine � la Beyrouth American
University � est la plus ancienne, et plus de la moiti� de ses �tudiants ne
sont pas originaires du Liban. Dans les universit� arabes et islamiques, l�enseignement
est dispens� g�n�ralement en arabe. En principe, il en est de m�me dans les
autres universit�s parce que l�arabe est la langue officielle, mais le
fran�ais est omnipr�sent dans tous ces �tablissements, sauf dans les
�tablissements anglophones (Beirut Am�rican Yniversity, Lebanese American
University, Ner East School of Theology) o� l�enseignement est dispens� en
4.6 Les m�dias
Le secteur des m�dias libanais est l'un des rares en pleine phase de
croissance. Toutes les soci�t�s de ce secteur participent pour une part
importante de l'�conomie libanaise. Ce climat est favoris� par le fait que le
Liban constitue un espace politique et culturel libre, surtout lorsqu'on le
compare aux autres pays de la r�gion.
On compte au Liban 13 quotidiens (11 journaux en arabe, deux en fran�ais et
un autre anglais) et 1500 p�riodiques de toutes les cat�gories. An Nahar
(80 000 exemplaires) est de loin le leader arabophone sur le march� libanais;
les autres quotidiens importants sont le Al-Anwar (75 000 ex.), le Al-Liwa
(75 000 ex.) et le As-Safir (50 000 ex.). L'Orient-Le Jour (20 000
ex.) est le plus important quotidien francophone au Liban; il n'a jamais cesser
ses activit�s, m�me durant la guerre civile, alors que l'impression se faisait
� Paris. Il est suivi du journal Le Soir (15 000 ex.). Depuis octobre
1999, le journal fran�ais Le Monde a commenc� � publier une �dition
hebdomadaire �Proche-Orient� diffus� au Liban. Le quotidien anglophone The
Daily Star (10 000 ex.) avec la collaboration de The International Herald
Tribune, distribue une �dition dans 13 pays au Proche-Orient; le International
Herald Tribune est responsable d'une section internationale, alors que The
Daily Star assure une couverture des �v�nements locaux et r�gionaux.
Outre les tr�s nombreux magazines arabophones, il existe aussi un certain
nombre de revues publi�es en fran�ais et en anglais: La revue du Liban,
Chroniques, Femme Magazine, Magazine, The Beirut Times
Weekly, The Beirut News, Al-Hawadeth (anglais), The Arab
Pendant la guerre civile, les stations de radio �taient contr�l�es presque
exclusivement par les milices militaires. Aujourd�hui, il existe des stations
publiques et des stations priv�es totalement libres. La plupart des stations
sont diffus�es en arabe libanais, parfois en arabe classique. On compte
�galement des stations diffusant en fran�ais: France FM, RFI (Radio France
Internationale), Nostalgie FM (50 % en fran�ais), Radio Mont-Liban, Voix du
Liban (partiellement en fran�ais), PAX FM (partiellement en fran�ais), RMC
Moyen-Orient (partiellement en fran�ais); par satellites, les Libanais ont
�galement acc�s � France Culture, France Info, France Inter, Radio Suisse
Romande Internationale.
Les quarante stations de t�l�vision existantes durant la guerre civile ont
�t� oblig�es de mettre un terme � leurs activit�s en 1994, en raison de la
l�gislation sur l�audiovisuel adopt�e par le Parlement. On compte au Liban
cinq stations t�l�vis�es principales diffusant surtout en arabe. La LBCI (50
% � 70 % de l�auditoire libanais), la NBN, la MTV (maintenant ferm�e pour des raisons politiques), et la Future TV sont des
stations de diffusion priv�es. Al Manar, la station du Hezbollah,
b�n�ficie, comme les autres stations (sauf la LBCI), de tr�s faibles revenus.
Mais T�l�-Liban 1 appartient � l'�tat et diffuse en arabe et en
anglais (avec sous-titres arabes). T�l�-Liban 2 diffuse des �missions
en fran�ais cinq heures/jour (entre 18 h 30 et 23 h 30). La MTV offre
�galement des �missions en fran�ais en raison de trois � quatre heures par
jour. Des �tudes laissent croire que les cha�nes libanaises diffusent
globalement 52 % de programmes en arabe, 28 % en anglais et 20 % en fran�ais.
Le d�calage entre le fran�ais et l�anglais montre que le fran�ais perd de
ses pr�rogatives au profit de l�anglais. Fait � signaler, tous les films �trangers de langue anglaise sont traduits en arabe et sous-titr�s en fran�ais pour le Liban; les films fran�ais sont souvent traduits en arabe et sous-titr�s en fran�ais. Ajoutons aussi que le signal de TV5 Orient est diffus� en ondes hertziennes (Canal 9) sur le Grand Beyrouth depuis 2004 � travers un accord officiel entre la cha�ne et le gouvernement libanais, afin de maintenir une pr�sence francophone dans la diffusion t�l�visuelle � la suite de l'arr�t des cha�nes libanaises partiellement francophones apr�s la guerre avec Isra�l.
La politique linguistique du Liban correspond � une politique de
non-intervention. De fait, la seule intervention politique a consist�, au
lendemain de l�ind�pendance, � abroger les dispositions constitutionnelles
qui reconnaissaient deux langues officielles: le fran�ais et l�arabe. Depuis
lors, aucune politique linguistique n�a �t� adopt�e, l��tat se
contentant de perp�tuer les anciennes pratiques. Seul l�arabe classique a vu
ses positions renforc�es en raison de sa reconnaissance officielle, mais dans
la vie quotidienne l�arabe libanais a continu� d��tre utilis� par tous
les Libanais, sans qu�il ne soit n�cessaire d�adopter des mesures
l�gislatives en ce sens. Il faut qu'il n'existe pas vraiment de probl�me
linguistique dans ce pays homog�ne � 96 % arabophone.
Dans l��tat actuel des choses, on peut affirmer qu�il existe au Liban
une certaine triglossie o� l�arabe libanais est utilis� � la fois comme
langue maternelle et comme langue vernaculaire, le fran�ais servant
essentiellement comme langue de culture et l�anglais comme langue
fonctionnelle pour les communications avec l�ext�rieur. La politique
linguistique libanaise s�apparente ainsi � une v�ritable politique de
multilinguisme strat�gique, ce qui serait assez pragmatique pour ce peuple
pratiquant ouvertement le commerce international depuis l'Antiquit�. Derni�re r�vision en date du 07 mai 2013
COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES. Les relations
culturelles, scientifiques et techniques de la France avec le Liban,
la Syrie et la Jordanie, Paris, rapport d'information no 52
(2000-2001), S�nat fran�ais, session ordinaire de 2000-2001,
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ENCYCLOP�DIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. �Liban�, pour la partie historique.
HAUT-COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES DROITS DE L�HOMME.
Deuxi�mes rapports p�riodiques pr�sent�s par les �tats
parties en vertu de l�article 40 du pacte, Gen�ve,
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langues dans le cursus scolaire et universitaire: �du Hasard et de
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[http://www.ac-nice.fr/etabs/civ/BERNARD.htm].
WOEHRLING, Jos�. �Les trois dimensions de la protection des minorit�s en droit constitutionnel compar� dans Rapport sp�cial de droit public interne aux Journ�es mexicaines de l'Association Henri Capitant, Mexico et Oxaca, 18-25 mai 2002.
On peut visiter �galement le site http://www.libanvision.com/

References: art. 11
 l'article 8
 L'article 814
 l'article 47
 l'article 12
 l'article 10