Source: http://andre-sillam.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/11/index.html
Timestamp: 2017-05-29 13:18:13+00:00

Document:
Archive Novembre 2010 - PROPOSITION D`ANALYSE ET DE MISE EN PERSPECTIVE !
KARACHI : VILLEPIN COMMUNIQUE SUR LES RETROCOMMISSIONS POUR NIER UN LIEN DE LEUR ARRET SUR L'ATTENTAT
1) - Ne peut-on penser que l'empressement de Dominique de Villepin à communiquer sur les rétro-commissions qui auraient pu être versées en 1995 (confidences faites, entre autres, aux journalistes qui ont écrit le livre "Le contrat", en 2009), pourrait être lié, chronologiquement, à 4 éléments : * en premier lieu (octobre 2008), parce qu'une autre piste qu'un acte terroriste, apparaît en octobre 2008, avec la découverte au siège de la DCN (Direction des Constructions Navales) d'une Note interne indiquant que l'attentat de Karachi du 8 mai 2002, pourrait être lié à une vengeance due à l'arrêt de versements de rétro-commissions par la France, en juillet 1996 ; * en second lieu (début juin 2009), parce que cette hypothèse a été qualifiée de « cruellement logique », début juin 2009, par les Juges d’instruction Marc Trévidic et Yves Jannier qui lient l’attentat du 8 mai 2002 à l’arrêt du versement de commissions à des intermédiaires, décidé par Messieurs Chirac et Villepin en juillet 2006 ; * en troisième lieu (septembre 2010), parce que "d'après le parquet les faits (de rétro-commissions éventuelles), vieux de 15 ans, sont prescrits" (L’Express du 24 novembre 2010) ; * en quatrième lieu (septembre 2010), parce qu'"avant de mettre en cause des responsables français, il faut établir la culpabilité des intermédiaires des contrats, tous deux étrangers, ce qui sera tranché par la Chambre de l'Instruction" (L’Express du 24 novembre 2010) ? 2 ) La mise en avant du versement de rétro-commissions, avant juillet 1996, est un contre-feu : - pour rejeter au second plan, les conséquences de l'arrêt du versement (évoquées par les juges en juin 2009), concrétisées malheureusement, par l'attentat de Karachi du 8 mai 2002, - pour avoir une tribune, destinée à expliquer qu'il n'y a pas de lien entre arrêt du versement des rétro-commissions et attentat de Karachi (seul élément communiqué par Dominique de Villepin à sa sortie d'une audition par le Juge Van Ruymbeke de 4 h et demi, le 25 novembre 2010. 3) A l'appui de cette observation, on constatera que le 25 nov 2010, Dominique de Villepin a fait une déposition chez le juge Van Ruymbeke très en retrait, par rapport à ses déclarations télévisées des 19 et 21 novembre 2010, respectivement à TF1 et TV5-RFI-Le Monde : "Il s'agissait davantage de financement politique de tel ou tel parti soutenant la majorité du Premier ministre de l'époque (Edouard Balladur) que d'un financement spécifique de la campagne présidentielle", a-t-il déclaré sur procès-verbal du Juge Van Ruymbeke, le jeudi 25 novembre 2010, selon la Presse. 4) La déclaration à TF1, très offensive à l'égard de bénéficiaires de rétro-commissions, n'a été faite que pour désamorcer l'annonce d'un dépôt de plainte "pour homicide involontaire" à son encontre et à celle de Jacques Chirac, effectuée le jour même, en fin de matinée, par l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi.
Tags : villepin, karachi, chirac, balladur, pakistan, trévidic, morice, jannier
KARACHI : VILLEPIN SUR LA DEFENSIVE DEVANT LES MEDIAS, ACCUSATEUR DEVANT LE JUGE
1) Quand on entend Dominique de Villepin faire le compte-rendu de son témoignage du 25 novembre 2010, niant un lien entre l'arrêt du versement de rétro-commissions et l'attentat de Karachi, auprès du Juge Van Ruymbeke, on se rend compte qu'il n'a pour seul but que d'éviter une plainte pour "homicide involontaire", comme celle qui a été annoncée vendredi 19 novembre 2010, par Maître Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002. 2) Dominique de Villepin a laissé le soin a son avocat de faire état : - de la conviction du versement de rétro-commissions versées en 1995, et, - du point de savoir qui a ordonné des écoutes téléphoniques en juillet 1996, "qui dépendent de Matignon" (ainsi que l'a précisé l'avocat). 3) L'avocat de Dominique de Villepin a, lui-même, invité les journalistes à interroger Maître Olivier Morice, pour savoir à qui ont été versées ces rétro-commissions. 4) La question qui importe, du point de vue des familles des victimes, est de vérifier si l'arrêt du versement des rétro-commissions a pu entraîner une vengeance, comme l'estimait en juin 2009, le juge Marc Trévidic (chargé de l'aspect terroriste de l'attentat de Karachi) qui qualifiait de "cruellement tragique", une telle conséquence. 5) Par le refus d'établir un lien entre l'arrêt du versement de rétro-commissions en 1996 et l'attentat de Karachi le 8 mai 2002, Villepin : - se couvre ainsi que Jacques Chirac, . affiche son système de défense (et celui de Chirac), face au juge Marc Trévidic qui le convoquera prochainement, sur le volet terroriste de l'affaire de l'attentat de Karachi. 6) En résumé, Villepin est : - affirmatif lorsque sa responsabilité peut être engagée, à savoir si l'arrêt des versements de rétro-commissions ont provoqué l'attentat de Karachi, - plus évasif, flottant, ambigu, lorsqu'il s'agit de communiquer les noms des bénéficiaires des rétro-commissions (des partis politiques,selon Olivier Morice), sauf en ce qui concerne un intermédiaire franco-libanais. 7) Un manque de cohérence apparaît dans l'ensemble des déclarations de Dominique de Villepin : - si "le versement de rétro-commissions à des intermédiaires non-Pakistanais", a été arrêté en juillet 1996, sur ordre de Jacques Chirac, - comment pouvoir dire, en même temps, qu'"il n' y a pas de preuves formelles de rétro-commissions" ? 8) Dans la perspective du procès en Appel, du 2 mai 2011, dans l'affaire Clearstream, il est savoureux de constater, que Dominique de Villepin (accusé par Jean-Louis Gergorin "de lui avoir ordonné de saisir le Juge Van Ruymbeke avec les listings falsifiés", à la mi-avril 2004) s'est retrouvé, le 25 novembre 2010, en face du juge qui avait déclaré, le 10 mai 2005, "qu'il a été manipulé dans l'affaire Clearstream". Lien permanent
Tags : karachi, villepin, balladur, vanruymbeke, morice
ERIC CANTONA : UN APPEL A LA CANTONADE A NE PAS SUIVRE !
Depuis 1 mois, Eric Cantona lance un appel video "Révolution ! Le 7 décembre, on va tous retirer notre argent des banques" ! dont le texte est, partiellement, le suivant : "Pour parler de la révolution, on va pas prendre les armes, on va pas aller tuer des gens. Il y a une chose très simple à faire. (...) Le système est bâti sur le pouvoir des banques. Donc il peut être détruit par les banques". "Au lieu d'aller dans les rues faire des kilomètres (pour manifester), tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent. (...) Et s'il y a 20 millions de personnes qui retirent leur argent, le système s'écroule : pas d'arme, pas de sang, rien du tout. A la Spaggiari". On peut être étonné qu'une personne richissime, comme l'ancien footballeur, lance un tel appel. - Comment magnifier l'action de Spaggiari ! Même si cet appel aura peu d'écho, le 7 décembre 2010 (12.000 personnes affirment sur Facebook avoir l'intention de participer), il faut mettre en garde les personnes qui souhaiteraient suivre ce mot d'ordre qui peut mettre en danger l'économie en créant un climat de défiance. Même les mouvements extrémistes ou opposés à l'Etat n'ont jamais appelé à de telles actions dont les premières victimes seraient les personnes les plus démunies. Lien permanent
Tags : cantona, banques, appel, révolution
KARACHI : VILLEPIN FAIT DU RETRO-PEDALAGE SUR LES CONSEQUENCES HUMAINES DE L'ARRET DE RETRO-COMMISSIONS
Devant une affaire aussi grave, on n'a pas le droit, vis à vis des familles des victimes de l'attentat de Karachi du 8 août 2002, de faire des déclarations aussi contradictoires, comme l'a fait Dominique de Villepin, à 2 jours d'intervalle, les vendredi 19 et dimanche 21 novembre 2010. L'emballement dans cette affaire de Karachi constaté, ce week end du vendredi 19 au dimanche 21 novembre s'explique en 4 actes principaux : - vendredi 19 novembre 2010 (12 h 40) : annonce d'une plainte contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin, pour "mise en danger de la vie d'autrui et homicide involontaire", par l'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi (11 morts le 8 mai 2002), (Acte I, § 1), - vendredi 19 novembre (au 20 h de TF1) de Claire Chazal, Dominique de Villepin s'invite, le même jour, pour déclarer : * qu'il existait de "très forts soupçons de rétro-commissions" en 1995, * qu'il avait évité de saisir la justice sur ces soupçons, en 1995, * que Jacques Chirac avait décidé, à partir de ces soupçons,"l'arrêt du versement des rétro-commissions" en 1995, (Acte II, § 2) : - dimanche 21 décembre 2010 à 20 h sur TV5 Monde, Dominique de Villepin fait du rétro-pédalage : * en disant qu'il n'y a pas de preuves formelles du versement de rétro-commissions, * en niant un lien entre l'arrêt d'éventuels versement de rétro-commissions (après mai 1995) et l'attentat de Karachi intervenu en 2002 (Acte III, § 3) ; - lundi 22 novembre 2010 dans Libération - rétro-pédalage effectué , dans le même domaine, par l'ancien PDG de la Société Française d'Armement (Acte IV, § 4) ; - § 5) COMMENTAIRES : * * * §1) ACTE I : VENDREDI 19 NOVEMBRE 12 H 40 - ANNONCE D'UN DEPOT DE PLAINTE PAR LES FAMILLES DES VICTIMES : § 1.1) - Des familles de victimes entendent porter plainte contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "homicide involontaire", au lendemain de nouvelles révélations accréditant l'existence d'un lien entre l'arrêt du versement de rétrocommissions et l'attentat de Karachi en 2002, indique leur avocat Maître Olivier Morice ; § 1.2) - Ces familles ont pris cette décision après qu'un ancien PDG d'une société de commercialisation de matériels militaires, la Sofresa, eut révélé, jeudi 18 novembre 2010, devant le juge Renaud Van Ruymbeke qu'un cadre des Directions des constructions navales (DCN) lui avait fait part de "risques pour ses personnels" en cas d'interruption du versement de commissions ; § 1.3) Le témoin entendu jeudi, Michel Mazens, avait, en effet, indiqué selon sa déposition au juge relatée à Reuters par une source proche du dossier : * que Jacques　Chirac avait bien fait cesser les paiements en 1995. Il a aussi indiqué que "des intermédiaires　recrutés par le gouvernement Balladur, les Libanais Ziad Takiedinne et Abdul Rahman al Assir, ont été privés d'autres commissions de 200 millions d'euros concernant une autre vente de frégates à l'Arabie Saoudite" ; * qu'il "agissait" selon ses dires (de Michel Mazens) "sous la direction de Dominique de Villepin", alors Secrétaire général de l'Elysée, * qu'il a expliqué (Michel Mazens) être "allé voir un dirigeant de la branche commerciale de la DCN, Dominique Castellan, pour lui faire part de la décision d'arrêt des paiements" ; * qu'"Il ( Dominique Castellan) a réagi en me disant (à moi, Michel Mazens) que, pour lui, c'était compliqué, car c'était faire courir des risques à ses personnels", dans un passage de sa déposition publié par Mediapart ; § 1.4) - l'avocat des familles des victimes, Maître Olivier Morice déplore, vendredi 19 novembre 2010 dans l'après-midi : "On a privilégié l'arrêt d'un contrat, au risque de sacrifier le personnel". "Notre plainte va viser le cheminement menant à la décision d'arrêter les commissions, elle vise Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Michel Mazens (ancien PDG de la Sofresa) et Dominique Castellan (ancien PDG de la branche internationale de DCN, baptisée DCN-I)" ; § 2) ACTE II VENDREDI 19 SEPTEMBRE 2010 - DOMINIQUE DE VILLEPIN RECONNAIT : - de "très forts soupçons de rétro-commissions", - "à partir de là, le Président (Jacques Chirac) a donc décidé d'interrompre les versements de commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions." (§ 2.1) - pour ce qui est, de l'absence de saisine de la justice en 1995, relative à ces rétro-commissions (§ 2.2), - en ce qui concerne le risque pour les personnels sur place (§ 2.3) : § 2.1) L'arrêt du versement de rétro-commissions : Racontant comment le dossier a été pris à l'arrivée de Jacques Chirac à la tête du pays en 1995, Dominique de Villepin, qui fut Secrétaire général de l'Elysée sous la présidence de Jacques Chirac, a mentionné, vendredi 19 novembre 2010 sur TF 1: - de "très forts soupçons de rétro-commissions" en 1995 (en marge de "deux contrats" d'armement, l'un avec l'Arabie Saoudite et l'autre avec le Pakistan) ; - "A partir de là, le Président (Jacques Chirac) a donc décidé d'interrompre les versements de commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions." ; - "Oui, Jacques Chirac (en 1995) a souhaité moraliser la vie publique internationale, c'est-à-dire interrompre tous les contrats qui pouvaient donner lieu à des commissions. Il y avait des commissions légales et des commissions qui revenaient vers la France, vers des personnalités politiques ou non, qui elles étaient illégales", a encore expliqué l'ancien Secrétaire général. § 2.2) Question de Claire Chazal posée à Dominique de Villepin, le vendredi 19 novembre à 20 h 15 : § 2.2.1) "- Pourquoi ne pas avoir saisi la justice, en application de l'article 40 du Code de Procédure Pénale ?" § 2.2.2) Réponse de Dominique de Villepin : * "Ces éléments étaient des convictions fortes", * "Jacques Chirac voulait interrompre le versement de ces rétro-commissions, c'est pour cela qu'il s'est placé sur un terrain moral et non politique... , ce qui évite de se placer sur un terrain judiciaire" ; § 2.3) Quant au risque pour les personnels sur place, en cas d'arrêt de versement des commissions, Dominique de Villepin a assuré qu'à l'époque : * il n'y avait "aucune information spécifique circonstanciée" sur un risque terroriste, * "Ce qui a été arrêté, ce sont les commissions versées par les intermédiaires non Pakistanais", a-t-il dit, estimant que "nous sommes dans l'amalgame, l'approximation". NB 1) Juste avant que Dominique de Villepin ne s'exprime sur TF 1, l'avocat de Jacques Chirac, Jean Veil vient sur BFM TV, vendredi 19 novembre à 19 h, se faire interroger sur le projet de dépôt de plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui et homicide involontaire" de Maître Olivier Morice, avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, annoncé en fin de matinée le même jour. C'est, apparemment, pour éviter le dépôt d'une telle plainte que Dominique de Villepin et l'avocat de Jacques Chirac se déplacent, le jour même de cette annonce, vendredi 19 novembre 2010. La position très prudente de l'avocat de Jacques Chirac, vendredi 19 novembre 2010, est très probablement à l'origine du rétro-pédalage de Dominique de Villepin, dimanche 21 novembre 2010 sur TV5 RFI Le Monde. On peut penser que Jacques Chirac ne souhaite pas par sa décision de 1995 (tout comme Dominique de Villepin) être lié, même involontairement, à la mort de 11 Français, dont le projet de dépôt de plainte faisait état. NB 2) Les familles des victimes de l'attentat de Karachi "ont décidé de surseoir" (samedi 20 novembre 2010) à la plainte pour "mise en danger d'autrui" , annoncée vendredi contre Dominique de Villepin, après la déclaration de l'ancien Secrétaire Général, vendredi 19 novembre sur TF1. § 3) ACTE III DIMANCHE 21 NOVEMBRE 2010 - DOMINIQUE DE VILLEPIN FAIT DU RETRO-PEDALAGE : Dominique de Villepin a affirmé dimanche 21 novembre au soir sur "TV5 RFI Le Monde" : - "à ma connaissance, il n'y a aucun lien" entre l'arrêt à partir de 1995 du versement de commissions dans le cadre d'un contrat d'armement avec le Pakistan en 1995 et l'attentat de Karachi en 2002 ("ce n'est pas le même gouvernement pakistanais, ce ne sont pas les mêmes circonstances au Pakistan") ; - "Ce qui a été arrêté dans le contrat pakistanais, ce ne sont pas les commissions qui étaient dues légalement à des intermédiaires pakistanais" et "le Président de la République a choisi d'arrêter les commissions dues à des intermédiaires non pakistanais" ; - il n'y avait "pas de preuve formelle de rétrocommissions vers la France dans ce dossier, mais seulement des "soupçons". § 4) ACTE IV LUNDI 22 NOVEMBRE 2010 - L'ANCIEN PDG D'UNE SOCIETE D'ARMEMENT NIE, LUI AUSSI, UN LIEN ENTRE L'ARRET DES RETRO-COMMISSIONS ET L'ATTENTAT DE KARACHI : § 4.1) En effet, dans un entretien accordé à Libération de lundi 22 novembre 2010, Michel Mazens, l'ancien président de la Société française d'exportation de systèmes avancés (Sofresa), dénonce une "exagération" et une "surinterprétation" de ses propos concernant l'affaire de Karachi : § 4.1.1) Pour lui, il n'y a pas de lien entre les rétro-commissions dans la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 et l'attentat de Karachi en 2002. "A mon sens, il n'y a pas de lien entre les deux. Je n'ai d'ailleurs jamais reçu la moindre information qui m'aurait permis de le penser". "En fait, jamais nous n'avions été confrontés à cette situation, c'est-à-dire à prendre la décision de stopper les paiements vers certains intermédiaires d'un contrat d'armement". § 4.1.2) "D'ailleurs, à ma connaissance, cela ne s'est jamais reproduit par la suite." Au sujet des rétro-commissions, Michel Mazens indique que "trois mois après mon arrivée à la tête de la Sofresa, M. Million (Ministre de la Défense) m'a fait part d'un ordre du Président de la République d'arrêter immédiatement les paiements et de détruire si possible les documents liés au réseau K" (pour "Kingdom" en référence au royaume saoudien - trio formé par Ziad Takieddine, Abdelrahmane El Assir et Ali ben Moussalem). § 4.1.3) "Quand j'ai reçu l'ordre de mettre fin au réseau K, j'en ai fait part à M. Takieddine. Je lui ai dit que j'avais reçu l'ordre au plus haut niveau de surseoir à tous les paiements à venir et de supprimer les documents nous liant". § 5) COMMENTAIRES : § 5.1) - Fallait-il que la décision soit urgente pour que Jacques Chirac (secondé par Dominique de Villepin) décide, à peine élu en mai 1995 de procéder à la moralisation des contrats internationaux d'armements ? § 5.2) - Fallait-il que Jacques Chirac et Dominique de Villepin aient si peu confiance dans la morale du Gouvernement précédent (dirigé par Edouard Balladur, avec Alain Juppé comme Ministre des Affaires Etrangères et de nombreux membres du RPR), qui a agi entre mars 1993 et mai 1995 pour que, toutes affaires cessantes, il faille enquêter sur de possibles rétro-commissions, ce qui montre bien qu'il s'agissait "d'une vengeance politique", comme l'a indiqué Maître Olivier Morice, avocat des familles des victimes, vendredi 19 novembre 2010, § 5.3) - Fallait-il que l'affaire soit d'importance pour que le Président de la République (Jacques Chirac) soit conduit à prendre la décision de stopper les paiements (alors que) jamais nous n'avions été confrontés à cette situation (propos de Michel Mazens à Libération du lundi 22 novembre 2010 ? § 5.4) - Comment Dominique de Villepin peut-il dire, à la fois, au risque d'incohérence : * il n'y avait "pas de preuve formelle de rétro-commissions" vers la France dans ce dossier, mais seulement des "soupçons", et, * "le Président de la République a choisi d'arrêter, en 1995, les commissions dues à des intermédiaires non pakistanais" ; § 5.5) - N'est-il pas étonnant que, le lendemain de la marche-arrière de Dominique de Villepin (dimanche 21 novembre 2010), l'ancien PDG de la Société d'armement modifie fortement, lui-aussi, lundi 22 novembre 2010, ce qu'il a déclaré au juge jeudi 18 novembre 2010, au sujet, également : * d'une absence de lien entre l'arrêt du versement de rétro-commissions en 1995 et l'attentat de Karachi le 8 mai 2002, * de conséquences possibles de l'arrêt du versement en 1995 sur le Personnel pouvant travailler au Pakistan en mai 2002 ? § 5.6) - Comment Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont-ils pu prendre une décision inusitée, comme l'arrêt du versement de rétro-commissions, prévues en marge de contrats internationaux, sur l'existence de "très forts soupçons de rétrocommissions" (déclaration sur TF 1 vendredi 19 novembre 2010) ou sur des "convictions" (Déclaration à TV5, RFI, Le Monde, dimanche 21 novembre 2010) ? § 5.7) - Comment se fait-il que l'ancien PDG d'une société de commercialisation de matériels militaires, la Sofresa : *a pu indiquer à Libération du lundi 22 novembre 2010 : "A mon sens, il n'y a pas de lien entre les deux (l'arrêt du versement des rétro-commissions et l'attentat de Karachi). Je n'ai d'ailleurs jamais reçu la moindre information qui m'aurait permis de le penser". * alors qu'il a révélé jeudi 18 novembre 2010, devant le juge Renaud Van Ruymbeke qu'un cadre des Directions des constructions navales (DCN) lui avait fait part de "risques pour ses personnels" en cas d'interruption du versement de commissions ? § 5.8) - Le revirement médiatique (mais pas dans le Procès-verbal du Juge d'instruction de jeudi 18 novembre 2010) de ce dirigeant d'une Société d'armement n'est-il pas dû au fait qu'il doit sa nomination au pouvoir chiraquien (pour reprendre l'expression du Point du 18 février 2010) : "trois mois après mon arrivée à la tête de la Sofresa (en 1996), ... (on) m'a fait part d'un ordre du Président de la République d'arrêter immédiatement les paiements" , est-il écrit par ce dernier dans Libération du lundi 22 novembre 2010 ? § 5.9) - Comment se fait-il que ce même PDG de la Société d'armement : - déclare dans Libération du lundi 22 novembre 2010 que "M. Million (Ministre de la Défense, en 1995) (qui) m'a fait part d'un ordre du Président de la République d'arrêter immédiatement les paiements et de détruire si possible les documents liés au réseau K" , - alors qu'il avait indiqué au Point, le 18 février 2010 : *Dominique de Villepin : . m'a convoqué en juillet 1996 : . il m'a donné l'ordre formel d'utiliser tous les moyens pour empêcher ce réseau d'encaisser les sommes qu'il convoitait, . il m'a clairement parlé d'un soupçon de corruption mais j'ignorais les détails, * J'ai fait mon devoir sans savoir que, derrière cette affaire, il y avait un réglement de comptes entre chiraquiens et balladuriens". § 5.10) - Comment Dominique de Villepin peut-il dire, en 2010 : - que l'arrêt du versement des rétro-commissions n'est pas "une vengeance politique", - alors que Le Point du 18 février 2010 indiquait que "sous l'autorité de Dominique de Villepin, une campagne d'écoutes téléphoniques est lancée, en juillet 1996 (comme le révèlait Le Monde de juillet 1996), par le Ministère de la Défense et la DGSE (visant) les collaborateurs de François Léotard (qui) a pour but de réunir des éléments". compromettants à leur encontre" (Ministre de la Défense d'Edouard Balladur avant l'élection de 1995 ? § 5.11) - Comment prendre une décision brutale d'arrêt de rétro-commissions, si on n'a "pas des preuves formelles" ? § 5.12) - Comment, SURTOUT, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont-ils pu prendre la décision de stopper le versement de rétro-commission (fussent-elles illégales) à des intermédiaires de contrats d'armements, sans penser aux mesures de rétorsion (qualifiées de "cruellement logiques" par les Juges d'instruction, Marc Trévidic et Yves Jannier, en juin 2009) qui pouvaient être prises en retour (en 2002, en l'occurrence, selon les informations dont on dispose à ce jour) ?
Tags : villepin, chirac, karachi, morice, pakistan, arabie, commissions, balladur, sarkozy
REMANIEMENT : UN GOUVERNEMENT EN CAMPAGNE PR LE 1ER TOUR DE LA PRESIDENTIELLE 2012 QUI ISOLERA DOM. DE VILLEPIN
La constitution du nouveau Gouvernement est marquée, essentiellement, par 2 tendances : - l'une a pour but de constituer l'équipe pour se qualifier au premier tour de la Présidentielle de 2012 (1), - la seconde est destinée à isoler Dominique de Villepin (2) : 1) La constitution d'une équipe pour gagner le 1er tour de la Présidentielle peut être constatée : - par l'entrée d'Alain Juppé, gaulliste et chiraquien historique (mais qui avait conseillé à Jacques Chirac de choisir Nicolas Sarkozy, le 31 mai 2005, au lieu de Dominique de Villepin après le départ de Jean-Pierre Raffarin suite à l'échec du Référendum sur la Constitution Européenne) ; - par l'élargissement des fonctions de François Baroin, Ministre du Budget, au porte-parolat du Gouvernement ; - par le départ de certains Ministres d'ouverture : Fadela Amara (remplacée, au titre de la diversité, par Jeannette Boughrab, ancienne Présidente de la Halde et membre de l'UMP), Bernard Kouchner ou Jean-Marie Bocquel (même si Eric Besson obtient une promotion), - par le départ de Jean-Louis Borloo, du Parti Radical (même si ce dernier a souhaité "un grand Ministère des Affaires Sociales", ce qui était difficile puisque ce poste était prévu pour Xavier Bertrand -qui va retrouver ses anciennes attributions de la Santé et des affaires sociales- et dont l'ancienne fonction de Secrétaire Général de l'UMP doit être dévolue à Jean-François Copé) ; - par l'entrée de Thierry Mariani, de l'aile droite de l'UMP, destinée : * à attirer des voix tentées par le Front National, * à récompenser la tête de liste aux Régionales de mars 2010, dans la Région Provence Alpes Côte d'Azur, le Maire de Toulon, alors Ministre des Anciens Combattants, Hubert Falco, ayant décliné l'invitation ; - par la promotion de Michel Mercier, au Ministère de la Justice, l'un des 3 Centristes du Gouvernement, ancien proche de François Bayrou (probable concurrent de Nicolas Sarkozy à la Présidentielle 2012) ; - par la nomination à un Ministère de plein exercice (contrairement à celui de Secrétaire d'Etat à la Ville de Fadela Amara) d'un autre Centriste au Gouvernement (le 3è Secrétaire d'Etat Centriste, chargé des Collectivités Locales- étant Philippe Richert de la Région Alsace), Maurice Leroy, ancien proche également, de François Bayrou, - par l'entrée de Frédéric Lefébvre, considéré comme un proche de Nicolas Sarkozy et un opposant résolu à Dominique de Villepin ; 2) Une équipe destinée à isoler Dominique de Villepin peut être constatée : - par l'entrée de Marie-Anne Montchamp, Députée, ancienne porte-parole du Mouvement de Dominique de Villepin, ce qui pourrait mettre en échec la volonté de l'ancien Premier Ministre de constituer un Groupe Parlementaire autonome (l'entrée de Marie-Anne Montchamp, le 14 novembre 2010, précédée d'une probable sollicitation le week-end dernier pourrait expliquer la critique abrupte et déplacée, dimanche 7 novembre 2010, de Dominique de Villepin, à l'encontre de Nicolas Sarkozy) ; - par l'élargissement des fonctions de Bruno Lemaire, ex Directeur de Cabinet de Dominique de Villepin en 2007, qui se voit attribuer l'aménagement du territoire, en plus de son Ministère de l'Agriculture ; - par le maintien du Ministre de la Fonction Publique, Georges Tron, qui s'était désolidarisé de l'ex-Premier Ministre Dominique de Villepin ; - par l'entrée au Gouvernement de Patrick Ollier (compagnon de Michèle Alliot-Marie) dont Dominique de Villepin s'était démarqué dans l'affaire Clearstream. Conclusion : On peut même considérer que le resserrement du Gouvernement autour de l'ex-RPR est destiné à faire l'unité des Chiraquiens gaullistes pour éviter des ralliements vers Dominique de Villepin, ce qui affaiblirait le socle de 30 % visé au 1er tour de la Présidentielle 2012 par Nicolas Sarkozy. Le virage vers son électorat de base a pu être constaté après les Elections Régionales de mars 2010 avec, notamment, le report de la Taxe Carbone au moment où elle serait adoptée au niveau Européen. La mobilisation de son camp par Nicolas Sarkozy a pour but d'éviter "un 21 avril 2002 à l'envers", c'est à dire une absence de qualification comme cela s'est produit pour Lionel Jospin. L'avenir politique de François Fillon (qui, au demeurant, s'est toujours démarqué et opposé à Dominique de Villepin) pourrait être contrarié (au cas où Nicolas Sarkozy ne l'emporterait pas à la Présidentielle 2012), en raison du fait que Jean-François Copé va prendre la direction de l'UMP. Un affrontement entre François Fillon et Jean-François Copé est à prévoir après 2012, dans la perspective de l'élection Présidentielle de 2017, ce qui pourrait expliquer que ce dernier a refusé le poste de Ministre de l'Intérieur qui lui a été proposé, le 14 novembre 2010 (afin d'être bien placé en vue de primaires au sein de l'UMP).
Tags : fillon, sarkozy, villepin, chirac, montchamp

References: § 1
 § 2
 § 3
 § 4
 § 5
 §1
 § 1
 § 1
 § 1
 § 1
 § 2
 § 2
 § 2
 § 2
 l'article 40
 § 2
 § 2
 § 3
 § 4
 § 4
 § 4
 § 4
 § 4
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5
 § 5