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Timestamp: 2016-09-27 01:54:16+00:00

Document:
4A_539/2015 � � Arr�t du 28 janvier 2016
contrat de travail, r�siliation,
A.a.�Par contrat individuel de travail (art. 319 al. 1 CO), B.________ (la travailleuse ou la salari�e), n�e en *** et sans charge de famille, a �t� engag�e � 100% d�s le 10 janvier 1994 par A.________ (ci-apr�s: la Caisse), � C.________, comme taxatrice dans la section "indemnit�s de ch�mage complet" (IC), avec pour mission d'exercer toutes t�ches aff�rentes aux dossiers des ch�meurs complets des districts de R.________, S.________ et T.________; ce poste �tait colloqu� en classe 18 de l'�chelle des traitements alors en vigueur dans le canton du Valais (art. 105 al. 2 LTF).
Par d�cision du 1er mai 1996 prise d'entente avec son employeur, la salari�e a �t� transf�r�e de mani�re d�finitive aupr�s des deux secteurs "r�duction de l'horaire de travail"-"indemnit� en cas d'intemp�rie" (RHT-INT) et "indemnit� en cas d'insolvabilit�" (ICI), avec priorit� au secteur RHT-INT, vu le volume croissant d'affaires en la mati�re.
D�s le 1er octobre 1998, elle a occup� la fonction de taxatrice-autonome RHT-INT. A partir du 1er ao�t 2000, elle a �galement oeuvr� comme assistante-comptable, assumant la gestion des d�biteurs de l'ensemble de la Caisse.
Par courrier du 28 novembre 2000, la Caisse, dans le cadre d'une r�organisation, a confirm� � la salari�e qu'elle �tait mut�e dans le secteur IC d�s le 4 d�cembre suivant, tout en l'invitant � rester � jour dans les domaines RHT-INT et ICI d�sormais confi�s � D.________, n� en ***, afin de pouvoir le suppl�er en cas d'absence. Entre le 11 et le 23 avril 2002, elle a ainsi �t� transf�r�e temporairement aupr�s des secteurs RHT-INT et ICI.
Le 27 mars 2002, le directeur de la Caisse � cette �poque a r�dig� une note interne faisant �tat de l'entretien qu'il avait eu le 15 mars pr�c�dent avec la travailleuse; lui reprochant de passer pour quelqu'un de "pas tr�s commode" envers ses coll�gues, il lui a enjoint d'adopter en toutes circonstances une attitude positive.
A.b.�Le 9 octobre 2007, la salari�e a sign� un nouveau contrat individuel de travail (art. 319 al. 1 CO) avec la Caisse; selon l'art. 2, elle �tait engag�e en qualit� de collaboratrice � plein temps charg�e de l'indexation des documents et de taxatrice des secteurs RHT-INT et ICI; le contrat, qui retenait que l'entr�e en fonction avait eu lieu le 10 janvier 1994, stipulait que le d�lai de cong� �tait de six mois d�s la dixi�me ann�e de travail (art. 4 et 5); le salaire mensuel brut �tait de 7'032 fr.55 d�s le 1er janvier 1997, pay� treize fois l'an (art. 8).
Le 8 janvier 2009, une s�ance a �t� organis�e pour d�finir les futures t�ches de la travailleuse; � cette occasion, elle a affirm� ne plus vouloir faire comme pr�c�demment de la taxation dans le secteur IC, activit� qui avait g�n�r� chez elle de l'angoisse, et s'est d�clar�e toujours disponible pour travailler dans les secteurs RHT-INT et ICI.
Dans une optique de rationalisation du travail, la salari�e a ainsi r�int�gr� d�s le 16 mars 2009 les secteurs RHT-INT et ICI.
A.c.�En pr�vision des changements organisationnels qui allaient intervenir au sein de la Caisse, une s�ance a �t� mise sur pied avec l'ensemble des collaborateurs le 10 septembre 2010. Il a �t� expos� que les activit�s dans les secteurs RHT-INT et ICI seraient dor�navant partag�es entre la travailleuse et D.________, lesquels occuperaient le m�me bureau; il a �galement �t� signal� que l'�chelle salariale serait revue et adapt�e d'ici au 1er janvier 2011.
Au cours de l'entretien de qualification men� le 12 novembre 2010, la salari�e s'est plainte du climat de travail et de sa mauvaise entente avec D.________, non sans sugg�rer de pouvoir travailler dans un bureau s�par�. Les connaissances professionnelles de la travailleuse ont �t� qualifi�es pour l'essentiel de " bien ", voire " tr�s bien ", tout comme le comportement social en rapport avec l'esprit d'�quipe et le comportement envers les coll�gues et sup�rieurs.
Par courrier du 15 d�cembre 2011 adress� au nouveau directeur de la Caisse, la travailleuse, apr�s avoir pris connaissance de la nouvelle �chelle des salaires entrant en vigueur le 1er janvier 2012, s'est d�clar�e victime d'une discrimination salariale � raison du sexe par rapport � son coll�gue D.________; elle a fait valoir que sa r�mun�ration �tait pr�vue en classe 15, alors que celle de son coll�gue se situait en classe 13 (la classe la plus �lev�e de l'�chelle des salaires �tant la 1C, la plus basse la 21).
Le 16 d�cembre 2011, elle a eu un entretien � ce propos avec le directeur, qui, selon elle, ne lui aurait pas donn� d'explications satisfaisantes quant � la diff�rence de classes de salaire pr�vue entre les int�ress�s.
Au 1er janvier 2012, le salaire mensuel de la travailleuse s'�levait � *** fr. bruts, plus treizi�me salaire, en classe 15, alors que celui de D.________ se montait � *** fr. bruts, plus treizi�me salaire, en classe 13, hors allocations de formation pour ses enfants majeurs.
Le 3 avril 2012, lors d'une s�ance du groupe de direction, il a �t� d�cid� que D.________ serait responsable ICI et " responsable qualit� ", tandis que la travailleuse assumerait les domaines RHT-INT, chacun devant assurer la suppl�ance de l'autre; le proc�s-verbal de la s�ance pr�cisait que "pour favoriser les �changes entre les deux collaborateurs", ces derniers continueraient � partager le m�me bureau.
A.d.�Le 13 juin 2012, le directeur de la Caisse a inform� l'ensemble des collaborateurs qu'en raison du conflit qui existait depuis des ann�es entre la travailleuse et D.________, ces derniers ne travailleraient plus ensemble dans les secteurs RHT-INT et ICI, que D.________ reprendrait ces deux secteurs avec une nouvelle personne devant �tre engag�e et qu'il serait propos� � la travailleuse le poste de taxatrice IC � la succursale de C.________, tout employ� int�ress� � reprendre le poste actuel de la travailleuse �tant pri� de s'annoncer jusqu'au 25 juin 2012. Il a �t� retenu que le poste de taxatrice IC figurait en classe 16 de l'�chelle des salaires 2012. Le directeur de la Caisse, entendu comme t�moin, a d�clar� que pour pouvoir exercer � nouveau la fonction de taxatrice IC, la salari�e devait "se mettre � niveau durant six mois".
Par courriel du 6 juillet 2012, la travailleuse a inform� le directeur de la Caisse qu'elle ne d�sirait aucunement ce changement de fonction, que D.________ et elle-m�me avaient soumis des propositions pour r�gler leurs probl�mes relationnels (intervention d'un m�diateur, venue d'une troisi�me personne dans leur bureau commun, s�paration des bureaux), qui n'avaient pas �t� prises en compte, non sans rappeler que l'employeur devait respecter la personnalit� du travailleur en vertu de l'art. 328 CO.
Le 31 juillet 2012, le directeur de la Caisse a expliqu� � la travailleuse que la d�cision de la faire quitter les secteurs RHT-INT et ICI �tait "incontournable" au vu de l'atmosph�re d�l�t�re y r�gnant et qu'il avait pris acte du refus de la travailleuse de r�int�grer le secteur IC, tout en lui demandant d'y r�fl�chir encore.
Toujours le 31 juillet 2012, la salari�e a d�pos� aupr�s de l'autorit� comp�tente une requ�te de conciliation pour discrimination salariale de nature sexiste dans les rapports de travail de droit priv�. Le directeur de la Caisse a reconnu avoir re�u cette requ�te le 23 ao�t 2012.
En r�ponse � un courriel de la travailleuse du 6 ao�t 2012, le directeur de la Caisse, par pli du 17 ao�t 2012, a derechef pris acte qu'elle refusait le poste de taxatrice IC et lui a propos� "la perspective, d'ici � l'ann�e prochaine, de fonctionner en qualit� de collaboratrice sp�cialis�e au sein du service des prestations", accordant � l'int�ress�e un nouveau d�lai de r�flexion d'une semaine et l'avisant que si elle ne changeait pas d'avis, il se verrait contraint de r�silier son contrat de travail. La travailleuse n'a pas r�pondu � ce courrier.
Par lettre du 24 septembre 2012, remise en mains propres, la Caisse a r�sili� le contrat de travail de la salari�e pour le 31 mars 2013, indiquant que le cong� �tait motiv� par le refus qu'elle avait oppos� � deux propositions successives de mutation � l'interne � la suite de la r�organisation indispensable des secteurs d'activit� de la Caisse.
Par courrier recommand� du 25 septembre 2012, la travailleuse a form� opposition au cong�, faisant valoir que les motifs de cong� invoqu�s �taient abusifs au sens de l'art. 336 CO et de l'art. 10 de la loi f�d�rale du 24 mars 1995 sur l'�galit� entre femmes et hommes (Loi sur l'�galit� ou LEg; RS 151.1).
B.________ (demanderesse) a ouvert action contre la Caisse (d�fenderesse) devant les autorit�s valaisannes par requ�te de conciliation. Apr�s �chec de la conciliation men�e le 17 septembre 2012 et d�livrance d'une autorisation de proc�der, la demanderesse a saisi le 24 septembre 2012 le Tribunal du travail du canton du Valais. En dernier lieu, elle a conclu au paiement de 168'612 fr.80, soit 41'707 fr.05 � titre d'arri�r�s de salaire, 30'000 fr. au titre d'indemnit� pour licenciement abusif en vertu de l'art. 336a al. 2 CO, 56'905 fr.75 � titre d'indemnit� pour cong� de repr�sailles au regard de l'art. 10 LEg et 40'000 fr. pour r�parer le tort moral subi.
Par jugement du 5 ao�t 2013, le Tribunal du travail a enti�rement rejet� la demande.
La demanderesse a appel� de ce jugement, concluant principalement au versement par sa partie adverse de 30'000 fr. au titre d'indemnit� pour licenciement abusif selon l'art. 336a al. 2 CO, 47'832 fr.35 � titre d'indemnit� pour cong� de repr�sailles au regard de l'art. 10 LEg et 4'000 fr. � titre d'indemnit� satisfactoire; � titre subsidiaire, elle a sollicit� l'octroi des m�mes montants, en prenant encore une conclusion dirig�e contre un tiers, qui n'est pas partie au proc�s.
Le Juge de la Cour civile II du Tribunal cantonal du Valais, par jugement du 1er septembre 2015, a partiellement admis l'appel et, statuant � nouveau, a condamn� la d�fenderesse � payer � la demanderesse 30'000 fr. � titre d'indemnit� pour licenciement abusif, toute autre ou plus ample conclusion �tant rejet�e. En substance, le magistrat pr�cit� a ni� l'existence au sein de la Caisse d'une discrimination salariale li�e au sexe; il a admis que le cong� n'�tait pas � mettre en relation avec les pr�tentions salariales �lev�es par la demanderesse sur la base de la Loi sur l'�galit�, mais qu'il �tait abusif au regard de l'art. 336 al. 1 let. d CO parce qu'il avait �t� motiv� par le refus de la demanderesse d'accepter une modification d�favorable des relations contractuelles devant prendre effet avant l'�ch�ance du d�lai de cong� ordinaire; le juge en question a allou� � la demanderesse une indemnit� de 30'000 fr. comme indemnit� pour cong� abusif en vertu de l'art. 336a CO correspondant � un peu plus de trois mois et demi de salaire, part au 13e salaire comprise.
La Caisse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral, sans �tre repr�sent�e par un avocat. Elle conclut principalement � la r�forme du jugement du 1er septembre 2015, la demande en paiement devant �tre enti�rement rejet�e; subsidiairement, elle requiert l'annulation dudit jugement, la cause �tant renvoy�e au Juge de la Cour civile II pour nouveau jugement.
L'intim�e propose le rejet du recours.�
1.1.�Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) par la partie d�fenderesse qui a partiellement succomb� sur ses conclusions lib�ratoires et qui a ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire de droit du travail dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 15'000 fr. (art. 74 al. 1 let. a LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard de ces dispositions.
1.3.�Dans la mesure o� la recourante, dans son recours en mati�re civile, pr�sente liminairement un �tat de fait de trois pages, sans invoquer de disposition constitutionnelle ni d�montrer l'arbitraire (art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF), il n'en sera tenu aucun compte.
La recourante pr�tend qu'� divers �gards le magistrat intim� a �tabli les faits et appr�ci� les preuves administr�es de mani�re arbitraire.
Le Tribunal f�d�ral ne pouvant revoir la mani�re dont la cour cantonale a appr�ci� les preuves que sous l'angle restreint de l'arbitraire, il appartient au recourant de d�montrer, par une argumentation pr�cise et circonstanci�e, en quoi l'appr�ciation cantonale est insoutenable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62).
Selon la jurisprudence, une d�cision est arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et reconnu, ou encore heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat. A cet �gard, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue que dans la mesure o� celle-ci appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou serait m�me pr�f�rable (ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s.; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.).
2.1.1.�Pour la recourante, le Juge de la Cour civile a fait montre d'arbitraire en retenant que l'on cherche vainement les mesures qu'elle aurait prises avant le licenciement de l'intim�e afin de r�soudre le conflit qui l'opposait � D.________. Apr�s avoir re�u son cong�, la travailleuse a ainsi eu la possibilit� d'occuper un bureau s�par�.
La recourante affirme aussi que deux propositions de postes ont �t� faites � la salari�e, soit celui de taxatrice IC et celui de collaboratrice sp�cialis�e du service des prestations, et qu'elle les a refus�es, car elle s'ent�tait � vouloir poursuivre son activit� dans les secteurs RHT-INT et ICI, cela par manque de motivation � parfaire ses connaissances dans le domaine du ch�mage complet ou pour occuper la fonction de collaboratrice sp�cialis�e.
2.1.2.�Les mesures prises par l'employeur pour d�samorcer le conflit entre la travailleuse et le coll�gue pr�cit� n'ont aucune incidence pour la solution du litige (art. 97 al. 1 LTF), d�s l'instant o� le juge intim� a admis que le motif du cong� ne r�sidait nullement dans le conflit invoqu� (cf. consid. 2.7.3.2 in fine du jugement attaqu�).
Le juge cantonal valaisan a fait �tat du fait que la d�fenderesse a propos� le 13 juin 2012 � la salari�e le poste de taxatrice IC, puis le 17 ao�t 2012 celui de collaboratrice sp�cialis�e du service des prestations (cf. consid. 2.6.1 du jugement cantonal). Si l'intim�e les a tous deux refus�s, c'est parce que ces propositions correspondaient � un d�classement destin� � prendre effet avant l'�ch�ance du d�lai ordinaire de cong� de six mois (cf. consid. 2.7.3.3 et 5.2.2 dudit jugement). En soutenant qu'un manque de motivation de la travailleuse a provoqu� le refus de ces propositions, la recourante pr�sente des critiques appellatoires, radicalement irrecevables (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261/262).
2.2.1.�Selon la recourante, il est insoutenable d'admettre en fait que la travailleuse n'a pas re�u d'avertissement avant d'�tre cong�di�e.
2.2.2.�Ce point n'a pas d'influence sur la querelle. En effet, l'exigence d'un avertissement n'entre en ligne de compte qu'en mati�re de cong� pour justes motifs, lorsque le manquement aux obligations contractuelles du travailleur ne justifie pas, par sa nature et sa gravit�, un licenciement imm�diat (cf. ATF 129 III 380 consid. 2.1). Or, in casu, la travailleuse a re�u un cong� ordinaire.
2.3.1.�La recourante est d'avis qu'il �tait arbitraire d'assimiler � une r�trogradation le poste de taxatrice IC qui a �t� propos� � la travailleuse.
2.3.2.�Il a �t� retenu en fait, sans que l'arbitraire soit invoqu� � ce propos, que le poste de taxatrice IC figurait en classe 16 de l'�chelle des salaires entr�e en vigueur le 1er janvier 2012, alors que le poste qu'elle occupait jusque-l� dans les secteurs RHT-INT et ICI �tait colloqu� en classe 15, �tant pr�cis� que la classe la plus �lev�e des salaires est la 1C et la plus basse la 21. Sur cette base, on ne voit pas o� pourrait r�sider l'arbitraire de la constatation incrimin�e.
2.4.1.�La recourante pr�tend que la seconde proposition qui a �t� faite � la salari�e, soit celle d'occuper le poste de collaboratrice sp�cialis�e, correspondait totalement � ses attentes.
2.4.2.�Il s'agit l� d'une all�gation non prouv�e, que ne vient �tayer aucune pi�ce du dossier. En r�plique, la recourante a en plus conc�d� que ce poste n'avait toujours pas �t� cr�� � ce jour, ce qui est un s�rieux indice que ledit poste �tait un miroir aux alouettes.
2.5.1.�La recourante affirme qu'il �tait ind�fendable de consid�rer qu'elle s'est livr�e � un double jeu en offrant � la travailleuse un poste inacceptable pour elle.
2.5.2.�Le juge intim�, au consid�rant 5.2.2 in fine du jugement d�f�r�, a fait �tat, � titre sur�rogatoire, d'un �ventuel double jeu qui pourrait �tre reproch� � la recourante.
La question du double jeu auquel se livre celui qui donne le cong� ne joue de r�le que pour d�terminer si le cong� est abusif au sens de l'art. 336 al. 1 et 2 CO (ATF 136 III 513 consid. 2.3 p. 515 et les arr�ts cit�s). Cette question rel�ve �videmment du droit, et non du fait. Le moyen manque sa cible.
2.6.1.�La recourante soutient que le juge de la Cour civile a fait abstraction des mesures qu'elle a prises apr�s le licenciement de la travailleuse, qui ont notamment consist� � l'aider dans ses recherches d'emploi et � proc�der � des am�nagements pour faciliter la fin des rapports contractuels.
2.6.2.�Ce pan du grief n'a rien � voir avec une critique d'arbitraire, laquelle exige une motivation d�taill�e se r�f�rant � des �l�ments pr�cis du dossier (art. 106 al. 2 LTF). Il est irrecevable.
2.7.�
2.7.1.�A suivre la recourante, il est insoutenable de n'avoir pas tenu compte que d�s le 13 juin 2012, elle devait assurer la suppl�ance de D.________ dans les domaines RHT-INT et ICI et que la salari�e ne remplissait pas cette exigence.
2.7.2.�D'apr�s le jugement attaqu�, le 3 avril 2012, soit � peine deux mois plus t�t, une r�partition des t�ches au sein des secteurs RHT-INT et ICI avait �t� d�cid�e; si D.________ devenait responsable du secteur ICI, la travailleuse �tait toujours responsable des secteurs RHT-INT, chacun devant assurer la suppl�ance de l'autre. Il n'a pas �t� retenu que l'intim�e n'a pas �t� � m�me d'accomplir ses t�ches dans le secteur RHT-INT et de suppl�er son coll�gue dans le secteur ICI. L'all�gation pr�tendument omise arbitrairement est purement gratuite, aucun �l�ment de preuve n'�tant invoqu� � son appui.
2.8.�En r�sum�, le moyen pris d'un �tablissement arbitraire des faits, sous toutes ses facettes, doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable.
La recourante invoque une violation de l'art. 336 al. 1 let. d CO. Elle fait valoir que l'intim�e, par son comportement envers ses coll�gues et ses sup�rieurs hi�rarchiques, provoquait un climat de travail tendu, de sorte que le cong� r�pondait � un int�r�t digne de protection. Le refus persistant de la travailleuse de modifier son attitude, de se former en ICI pour assurer la suppl�ance de son coll�gue et d'accepter un autre poste � l'interne a conduit le directeur de la d�fenderesse � licencier la demanderesse. D'apr�s la recourante, il n'a pas �t� �tabli que la modification contractuelle propos�e devait prendre effet avant l'�ch�ance du d�lai de cong�, de sorte que le licenciement n'�tait pas abusif au sens de la norme susrappel�e.
En droit suisse du travail, la libert� de la r�siliation pr�vaut, de sorte que, pour �tre valable, un cong� n'a en principe pas besoin de reposer sur un motif particulier. Le droit de chaque cocontractant de mettre unilat�ralement fin au contrat est toutefois limit� par les dispositions sur le cong� abusif (art. 336 ss CO) (ATF 132 III 115 consid. 2.1 p. 116; 131 III 535 consid. 4.1 p. 538).
L'art. 336 al. 1 et 2 CO contient une liste non exhaustive de cas dans lesquels la r�siliation est abusive (ATF 132 III 115 consid. 2.1 p. 116). Ainsi, � teneur de l'art. 336 al. 1 let. d CO, le cong� est abusif lorsqu'il est donn� parce que l'autre partie fait valoir de bonne foi des pr�tentions r�sultant du contrat de travail. Pour que cette disposition soit applicable, il faut que l'autre partie ait eu la volont� d'exercer un droit et qu'elle ait �t� de bonne foi, m�me si sa pr�tention, en r�alit�, n'existait pas (ATF 136 III 513 consid. 2.4 p. 515).
Pour dire si un cong� est abusif, il faut se fonder sur son motif r�el (arr�t 4A_408/2010 du 7 octobre 2010 consid. 2.3). D�terminer le motif d'une r�siliation est une question de fait (ATF 131 III 535 consid. 4.3 p. 540; 130 III 699 consid. 4.1 p. 702).
3.2.�La jurisprudence admet le principe d'un cong�-modification (�nderungsk�ndigung), car, comme tout contrat, le contrat de travail n'est pas immuable; il peut cependant y avoir abus dans certaines circonstances (cf. ATF 123 III 246 consid. 3a et b p. 249 s. et les r�f�rences cit�es). Tel est notamment le cas lorsque l'employeur propose des modifications qui doivent entrer en vigueur avant l'expiration du d�lai de licenciement, et qu'il cong�die le salari� qui n'a pas accept�. Le licenciement est alors abusif au sens de l'art. 336 al. 1 let. d CO, parce qu'en refusant une modification du contrat avant l'�ch�ance, l'employ� fait valoir de bonne foi une pr�tention d�coulant de son contrat de travail et que c'est ce refus qui est � l'origine du licenciement. Un tel proc�d� constitue un cong� abusif, car l'employeur doit fournir les m�mes prestations jusqu'� l'expiration du d�lai de cong� (ATF 123 III 246 consid. 4a; arr�t 4C.317/2006 du 4 janvier 2007 consid. 3.5; JEAN-PHILIPPE DUNAND, in Commentaire du contrat de travail, Dunand/Mahon �d., 2013, n� 49 ad art. 336 CO; GABRIEL AUBERT, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2e �d. 2012, n� 11 ad art. 336 CO).
3.3.�Il n'est pas contest� que le cong� du 24 septembre 2012 constitue un cong�-modification.
Le jugement attaqu� a constat� en fait que le motif r�el de ce cong� d�coulait du refus de la travailleuse d'accepter une modification � son d�savantage des relations contractuelles, qui devait prendre effet avant l'�ch�ance du d�lai de cong� ordinaire (cf. consid. 5.2.2 dudit jugement).
Il est incontestable que la modification de poste propos�e � la travailleuse lui �tait d�favorable. Le poste de taxatrice IC � la succursale de C.________ se trouvait en classe 16 de l'�chelle des salaires 2012, alors que le poste de responsable des secteurs RHT-INT et ICI dont elle s'occupait selon le contrat de travail du 9 octobre 2007 �tait en classe 15, �tant pr�cis� que la plus haute classe �tait la 1C. Quant au poste de collaboratrice sp�cialis�e du service des prestations, il n'a toujours pas �t� cr�� par la recourante et l'on ignore tout de ses modalit�s, de sorte qu'il n'entre pas en ligne de compte pour une comparaison avec l'ancien poste de la salari�e.
Il a �t� retenu, � partir du t�moignage du directeur de la recourante, que le poste propos� le 13 juin 2012 � l'intim�e de taxatrice IC n�cessitait qu'elle " se met (te) � niveau durant six mois ". En m�me temps, par communication de celui-ci du 13 juin 2012 � l'ensemble des collaborateurs, il a �t� d'ores et d�j� enjoint aux personnes int�ress�es par le poste actuel de la salari�e de s'annoncer aupr�s de la recourante dans un tr�s bref d�lai, soit douze jours. De ces �l�ments, on peut en d�duire, comme l'a fait le juge cantonal, que la recourante entendait d�placer l'intim�e au poste de taxatrice IC avant l'�ch�ance du d�lai ordinaire de cong�.
En effet, le cong�-modification a �t� donn� le 24 septembre 2012 pour le 31 mars 2013, la travailleuse b�n�ficiant d'un d�lai de cong� de six mois en raison de son anciennet�.
C'est donc sans violer le droit f�d�ral, et singuli�rement l'art. 336 al. 1 let. d CO, que le juge cantonal valaisan a consid�r� abusif le cong�-modification susmentionn�.
3.4.�Aucune critique n'est formul�e contre le montant de l'indemnit� pour cong� abusif qui a �t� allou�e � l'intim�e. Il n'y a pas lieu d'y revenir (art. 42 al. 1 et 2 LTF).
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable, aux frais de la recourante (art. 66 al. 1 LTF). L'�molument judiciaire sera r�duit en application de l'art. 65 al. 4 let. b LTF. La recourante versera � l'intim�e une indemnit� � titre de d�pens (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: ATF 
in fine
 ATF 
in casu
in fine
 ATF 
 art. 336
 art. 336