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Timestamp: 2016-10-25 17:24:55+00:00

Document:
4A_469/2010 (01.12.2010)
4A_469/2010
tous les deux repr�sent�s par Me Beno�t Carron, avocat,
Z.________ en liquidation,
repr�sent�e par Me Alexandre Montavon, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile
Dans le courant de l'ann�e 1996, A.________ SA, soci�t� anonyme inscrite au registre du commerce de Gen�ve, a acquis un yacht de type Sloop baptis� "H.________" de 34 m�tres de long, qui avait �t� construit en 1991 par la soci�t� I.________ et mis � l'eau pour la premi�re fois en 1991.
Peu apr�s cette acquisition, A.________ SA a, par contrat du 22 mars 1996, confi� au chantier de constructions navales B.________ S�rl � C.________ (France) le soin de proc�der � diff�rentes v�rifications et r�parations sur le yacht pour un prix global de 5'493'642 FF. L'entreprise fran�aise s'�tait engag�e notamment � contr�ler la g�om�trie des "t�tes de clous de rods". Plus tard, par lettre du 15 d�cembre 1997, elle confirmera avoir proc�d� � ce contr�le et d�tect� des fissures sur deux t�tes de clous, sur lesquelles la soci�t� D.________, fabricant de gr�ement pour les constructeurs de bateaux, �tait intervenue.
A la demande des futurs assureurs potentiels du yacht "H.________", E.________, expert maritime, a �t� charg� en novembre 1996 d'�tablir un bilan technique de l'�tat g�n�ral du yacht � la suite de sa r�novation et d'estimer sa valeur v�nale. L'expert a consid�r� que le bateau �tait dans un �tat satisfaisant, sous r�serve du gr�ement qu'il jugeait l�g�rement sous-dimensionn�.
A la suite de ce rapport, un contrat d'assurance a �t� conclu, selon certificat �mis le 22 novembre 1996, entre A.________ SA, en tant que propri�taire du bateau, et, en tant qu'assureurs, X.________ Ltd. � Londres (GB) � raison de 25% et Y.________ domicili� � Londres (GB), agissant pour le compte d'un pool, � raison de 75%. Ce contrat, intitul� "Yacht - Versicherung All Risk" a �t� conclu pour une dur�e d'une ann�e, soit du 21 novembre 1996 au 20 novembre 1997. Il renvoyait express�ment aux "Institute Yacht Clauses" du 1er novembre 1985 qui pr�voient, dans le pr�ambule, que le contrat d'assurance est soumis au droit et � la pratique anglaise.
Le 6 mai 1997, alors que le yacht "H.________" naviguait en mer des Cara�bes dans de bonnes conditions de navigation - la mer �tant peu agit�e avec un vent sud/est de 20 n?uds -, un des c�bles assurant la tension et le maintien du m�t a c�d� au niveau du ridoir; cette rupture a entra�n� la cassure nette du m�t au niveau du premier �tage de la barre de fl�che; afin d'�viter la d�t�rioration de la coque du bateau, le capitaine a fait sectionner les �l�ments restants du m�t, de sorte que le m�t et les voiles ont sombr� dans la mer.
Le lendemain de cet accident, le capitaine du voilier a, par t�l�copie du 7 mai 1997, d�clar� le sinistre aux assureurs.
A.________ SA a charg� B.________ S�rl de proc�der aux r�parations n�cessaires pour un montant total de 2'578'479 FF.
Une expertise pr�liminaire a d'embl�e �tabli qu'une t�te de rod �tait � l'origine du sinistre. Les parties au contrat d'assurance ont ensuite sollicit� quatre expertises, mais ne sont pas parvenues � trouver un terrain d'entente.
Par acte d�pos� au greffe du Tribunal de premi�re instance de Gen�ve le 4 avril 2002, A.________ SA a form� une demande en paiement dirig�e contre X.________ Ltd. et Y.________, leur r�clamant solidairement la somme de 838'561 fr.65 avec int�r�ts � 6% d�s le 5 ao�t 1999, montant correspondant au co�t total de la remise en �tat du bateau, soit sa r�paration, l'acquisition de nouvelles voiles et la couverture d'autres frais en relation avec l'incident.
La demanderesse a soulign� qu'il s'agissait d'une assurance "tous risques" et que, de surcro�t, les expertises montraient que le sinistre �tait d� � un vice latent du bateau, lequel �tait couvert par l'assurance.
Les d�fendeurs ont conclu au d�boutement, en soutenant que le dommage �tait d� soit � une usure naturelle des t�tes de rod, soit � un manque de diligence du propri�taire.
Le tribunal a ordonn� une expertise qu'il a confi�e � F.________, expert en construction navale agr�� aupr�s du Tribunal de Grande Instance de J.________, afin qu'il d�termine notamment la ou les causes de la rupture du hauban.
Dans son rapport d'expertise du 15 avril 2005, F.________ a conclu que les rods, au jour du d�m�tage, n'�taient pas en fin de vie, que la cause d�terminante du sinistre �tait un d�faut de forgeage de la t�te de rod du V1 b�bord et qu'il avait constat� �galement un d�faut de g�om�trie (asym�trie) affectant la t�te de rod du V1 b�bord. Lors de son audition, l'expert F.________ a confirm�, sous la foi du serment, que la cause d�terminante du d�m�tage r�sidait dans un d�faut de forgeage de cette t�te de rod.
Pendant le cours de la proc�dure, A.________ SA a c�d� ses pr�tentions � Z.________, soci�t� en commandite ayant son si�ge � Gen�ve. La raison sociale de cette derni�re est ensuite devenue Z.________ en liquidation, � la suite de sa dissolution publi�e le *** � la Feuille officielle suisse du commerce.
Par jugement rendu le 27 septembre 2007, le Tribunal de premi�re instance a condamn� les d�fendeurs, avec suite de frais et d�pens, � payer � Z.________ en liquidation la somme de 838'561 fr.65 avec int�r�ts � 6% d�s le 5 ao�t 1999.
Statuant sur appel des d�fendeurs, la Chambre civile de la Cour de justice, par arr�t du 25 juin 2010, a confirm� le jugement entrepris avec suite de frais et d�pens. Appliquant le droit anglais, la cour cantonale est parvenue � la conclusion que le contrat d'assurance conclu �tait un contrat "tous risques" ce qui impliquait qu'il incombait � l'assureur de prouver que le sinistre �tait d� � des faits express�ment exclus de l'assurance. Elle a consid�r� que les d�fendeurs n'�taient pas parvenus � apporter cette preuve, puisqu'il fallait retenir, en suivant les conclusions de l'expert, que le sinistre �tait d� � un vice de construction (lequel n'est pas exclu de l'assurance), � savoir un d�faut de forgeage d'une t�te de rod.
X.________ Limited et Y.________ exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal du 25 juin 2010. Soutenant qu'il y a eu arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits, ils concluent, sous suite de d�pens, � l'annulation de la d�cision attaqu�e et au d�boutement de la demanderesse, subsidiairement au renvoi de la cause � la cour cantonale.
L'intim�e a conclu au rejet du recours avec suite de d�pens.
1.1 Interjet� par les parties qui ont succomb� dans leurs conclusions lib�ratoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. b, 48 al. 1 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Il peut donc �tre form� pour violation d'un droit constitutionnel (ATF 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). En revanche, il r�sulte a contrario de l'art. 96 let. b LTF qu'il ne permet pas, dans une affaire p�cuniaire, de se plaindre d'une violation du droit �tranger lorsque celui-ci est applicable (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 447).
Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit dont il peut contr�ler le respect (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389).
Par exception � la r�gle selon laquelle il examine le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 136 I 184 consid. 1.2 p. 187; 133 IV 286 consid. 1.4 et 6.2). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
2.1 Le litige porte sur l'ex�cution du contrat conclu entre les recourants et A.________ SA.
En raison du domicile ou si�ge � l'�tranger des recourants, il rev�t un caract�re international (ATF 131 III 76 consid. 2.3; arr�t 4A_146/2009 du 16 juin 2009 publi� in SJ 2010 I p. 33 consid. 3.2).
Le Tribunal f�d�ral doit donc examiner d'office la question du droit applicable (ATF 136 III 142 consid. 3.2 p. 144; 135 III 562 consid. 3.2 p. 564; 131 III 156 consid. 3).
Pour le faire, il faut appliquer le droit international priv� du for et qualifier le rapport juridique selon la lex fori (ATF 136 III 142 consid. 3.2 p. 144; 135 III 562 consid. 3.2 p. 564).
Il n'est pas douteux que le contrat conclu doit �tre qualifi�, en droit interne suisse, de contrat d'assurance contre les dommages, puisque les recourants s'obligeaient, moyennant le paiement de primes, � verser des prestations � leur cocontractant en cas de r�alisation future d'un risque affectant le voilier.
Comme tout contrat, le contrat d'assurance est, en droit international priv� suisse, soumis au droit choisi par les parties (art. 116 al. 1 LDIP). Il a �t� constat� en fait - d'une mani�re qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) - que le contrat conclu se r�f�re � des normes pr�voyant l'application du droit anglais, de sorte que celui-ci a �t� choisi par les parties comme droit applicable au contrat. En cons�quence, le droit anglais est applicable en vertu de l'art. 116 al. 1 LDIP qui permet l'�lection de droit.
Il faut rechercher dans le droit qui est applicable toutes les normes n�cessaires pour statuer sur la validit� et les effets de la relation juridique (cf. art. 13 LDIP). Le droit applicable r�git la validit� de l'�lection de droit (art. 116 al. 2 2�me phrase LDIP), l'interpr�tation du contrat, le contenu et l'�tendue des obligations (Amstutz/Vogt/Wang, Commentaire b�lois, n� 52 ad art. 116 LDIP), la nature et les effets des obligations, ainsi que les cons�quences d'une inex�cution ou d'une mauvaise ex�cution (ATF 127 III 123 consid. 2d p. 126; 125 III 443 consid. 3c p. 447).
Le droit applicable r�gle �galement la question du fardeau de la preuve (Knoepfler/Schweizer/Othenin-Girard, Droit international priv� suisse, 3e �d., Berne 2005, n� 659), ainsi que le droit � la preuve (ATF 105 II 300 consid. 3 p. 303). On admet en effet que l'art. 8 CC ne s'applique qu'� des pr�tentions relevant du droit priv� f�d�ral (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522).
En revanche, savoir quelles sont les preuves qui peuvent �tre administr�es, comment elles doivent l'�tre et comment elles doivent �tre appr�ci�es sont des questions qui rel�vent de la lex fori (Knoepfler/Schweizer/Othenin-Girard, op. cit., n�s 661 et 665). L'administration d'une preuve et la mani�re dont elle doit �tre administr�e rel�ve en principe, pour une cause port�e devant un tribunal suisse, du droit cantonal (ATF 106 III 49 p. 50); il en va de m�me pour ce qui est de l'appr�ciation des preuves (ATF 117 III 29 consid. 3 p. 32).
2.2 En d�cidant d'appliquer le droit anglais, en vertu de la professio juris faite par les parties, la cour cantonale a correctement d�termin� le droit �tranger applicable en regard des r�gles du droit international priv� suisse (art. 116 al. 1 LDIP). Il n'y a donc sous cet angle aucune violation du droit f�d�ral (cf. art. 96 let. a LDIP).
La cour cantonale a d�termin� le contenu du droit �tranger et l'a appliqu�. Savoir si elle l'a bien ou mal appliqu� est une question, s'agissant d'une affaire p�cuniaire, qui est soustraite � l'examen du Tribunal f�d�ral (cf. art. 96 LDIP a contrario).
Le Tribunal f�d�ral se trouve donc li� par la constatation qu'il s'agit en l'esp�ce d'un contrat "tous risques" au sens du droit anglais et que, pour un tel contrat, il suffit que l'assur� prouve le dommage et qu'il incombe � l'assureur de prouver des faits permettant de constater que le sinistre est d� � une cause qui a �t� exclue de la couverture par la convention des parties.
Il faut encore relever � ce sujet que les recourants n'invoquent pas une application arbitraire du droit �tranger (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 447 s.), de sorte que, s'agissant d'un grief constitutionnel, le Tribunal f�d�ral n'a pas � examiner d'office une question qui n'a pas �t� soulev�e (art. 106 al. 2 LTF).
Pour ce qui est de l'administration des preuves et des normes d'appr�ciation, il vient d'�tre relev� que cette question est soumise au droit cantonal. Or, le recours en mati�re civile n'est pas ouvert pour se plaindre d'une violation du droit cantonal (cf. art. 95 et 96 LTF). Seule une application arbitraire de ce droit pourrait �tre invoqu�e (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.; 133 I 201 consid. 1 p. 203; 133 III 462 consid. 2.3 p. 466). Les recourants n'ayant pas invoqu� la violation arbitraire d'une r�gle d�termin�e du droit cantonal, la question n'a pas � �tre examin�e (art. 106 al. 2 LTF).
2.3 Il reste que les recourants peuvent se plaindre d'arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., au stade de l'appr�ciation des preuves et de l'�tablissement des faits (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF; ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5 p. 401).
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst, ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral n'annulera la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4; 134 I 263 consid. 3.1 p. 265 s.).
S'agissant plus pr�cis�ment de l'appr�ciation des preuves, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
2.4.1 Les recourants contestent devoir les prestations d'assurance qui leur sont r�clam�es en soutenant que les d�g�ts subis par le voilier le 6 mai 1997 seraient dus � l'usure normale des pi�ces ou � un d�faut d'entretien, hypoth�ses dans lesquelles la couverture d'assurance aurait �t� exclue.
La cour cantonale a retenu qu'ils n'avaient pas apport� cette preuve - qui leur incombait selon le droit anglais applicable - et que l'avarie �tait due � un vice initial (couvert par l'assurance), � savoir un d�faut de forgeage de la t�te de rod.
Dans leur recours, les assureurs soutiennent que la cour cantonale, pour parvenir � cette conclusion, a appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire.
Pour situer correctement le probl�me, il faut rappeler que les recourants - selon le droit anglais dont le Tribunal f�d�ral ne peut pas contr�ler l'application - assumaient le fardeau de la preuve et qu'il leur incombait d'�tablir que le sinistre avait une cause exclue par le contrat d'assurance. Ils devaient donc apporter la preuve positive de la cause du sinistre, en �tablissant une cause qui est exclue par la police d'assurance. Il ne suffirait donc pas, pour que la solution du litige soit modifi�e, que la cause r�elle de l'avarie apparaisse douteuse. Par ailleurs, il faut garder � l'esprit que l'examen, au stade du Tribunal f�d�ral, est limit� � l'arbitraire. Il ne s'agit donc pas d'appr�cier � nouveau les preuves apport�es, mais d'examiner si la d�cision cantonale est insoutenable. Comme les recourants devaient prouver que l'avarie avait une cause exclue de l'assurance, il faudrait, � ce stade de la proc�dure, qu'ils montrent qu'ils avaient apport� cette preuve de mani�re tellement �vidente que la cour cantonale, en le niant, a statu� de mani�re insoutenable.
2.4.2 Les recourants soutiennent que l'autorit� pr�c�dente a admis de mani�re arbitraire que les t�tes de rod n'�taient pas en fin de vie. La question est toutefois sans pertinence. En effet, la cour cantonale a retenu que le sinistre avait �t� caus� par un vice initial, � savoir un d�faut de forgeage d'une t�te de rod. D�s lors que la cause a �t� d�termin�e et qu'il ne s'agit pas de l'usure ou d'un mauvais entretien, il importe peu de savoir si les t�tes de rod - affect�es d'un d�faut � l'origine du sinistre - �taient ou non us�es (sur la question d�cisive en l'esp�ce, cf. infra consid. 2.4.3). Il faut en effet rappeler qu'une rectification de l'�tat de fait ne peut �tre demand�e que si elle est de nature � influer sur l'issue du litige (art. 97 al. 1 LTF) et qu'une d�cision ne peut �tre annul�e pour cause d'arbitraire que si elle appara�t arbitraire dans son r�sultat.
Au demeurant, l'argumentation pr�sent�e n'est pas vraiment convaincante. Les recourants soutiennent que l'expert a perdu de vue que le mod�le des t�tes de rod a �t� modifi� en 1994 et que les t�tes pos�es sur le bateau en 1991 n'�taient pas les m�mes qu'aujourd'hui. Ils admettent cependant que les anciennes t�tes de rod avaient une dur�e de vie de 20'000 miles, renouvelables apr�s ressuage. Selon les constatations cantonales, le ressuage n'est qu'un contr�le, et non pas une op�ration de restauration. Il est donc parfaitement possible que ce contr�le ait donn� un r�sultat positif et que les t�tes de rod aient pu vivre deux fois 20'000 miles, soit 40'000 miles comme l'a retenu la cour cantonale. Comme les calculs effectu�s par l'expert ne sont pas contest�s, il n'est pas douteux que ce nombre de miles n'�tait pas atteint et il n'est donc pas arbitraire de dire que les t�tes de rod n'�taient pas en fin de vie.
Les recourants soutiennent que la cour cantonale a admis de mani�re arbitraire que le ressuage avait �t� effectu� sur la base d'une d�claration �crite de l'entreprise fran�aise. Le ressuage n'�tant qu'une v�rification, son omission est certes imprudente, mais elle ne permet pas de dire quel aurait �t� le r�sultat du contr�le. L'omission du ressuage, � supposer qu'elle soit av�r�e, ne permet pas encore de dire que les t�tes de rod �taient us�es apr�s 20'000 miles ou exigeaient une quelconque r�paration. De surcro�t, la cour cantonale n'a pas retenu que le sinistre �tait d� � une usure que le ressuage aurait pu d�tecter, mais elle a au contraire admis que la cause en �tait un vice initial, � savoir un d�faut de forgeage de la t�te de rod. En cons�quence, la question de savoir s'il y a eu ou non un ressuage est sans pertinence.
Les recourants soutiennent que la cour cantonale a admis de mani�re arbitraire, en suivant l'expert judiciaire, que la t�te de rod incrimin�e �tait affect�e �galement d'un d�faut de sym�trie (� supposer qu'il s'agisse d'un d�faut distinct du d�faut de forgeage). Cette question est �galement sans pertinence, puisque la cour cantonale a retenu que la cause d�terminante du sinistre �tait un d�faut de forgeage de la t�te de rod, et non pas un d�faut de sym�trie. Savoir s'il s'ajoutait ou non un d�faut de sym�trie est une question qui ne peut pas modifier l'issue du litige.
Savoir comment les r�parations ont �t� faites apr�s l'accident, notamment s'il a �t� install� un rod avec double cardan, est �galement sans pertinence pour d�terminer la cause de l'avarie survenue le 6 mai 1997.
2.4.3 La question d�cisive est de savoir si la cour cantonale - comme le soutiennent les recourants - a admis de fa�on arbitraire que le sinistre avait �t� caus� par un d�faut de forgeage de la t�te de rod. Sur ce point, la cour cantonale a suivi l'opinion de l'expert judiciaire. Il n'est en soi pas arbitraire de donner la pr�f�rence � l'opinion de l'expert judiciaire, que le juge a choisi en toute ind�pendance et dont la seule mission est d'�clairer la justice, sans avoir aucun lien quelconque avec les parties (cf. ATF 124 I 170 consid. 4 p. 175). Lorsque l'autorit� cantonale adopte les conclusions de l'expert judiciaire, le Tribunal f�d�ral n'admet le grief d'arbitraire que si l'expert n'a pas r�pondu aux questions pos�es, si ses conclusions sont contradictoires ou si, d'une quelconque autre fa�on, l'expertise est entach�e de d�fauts � ce point �vidents et reconnaissables, m�me sans connaissance sp�cifique, que le juge ne pouvait tout simplement pas les ignorer (arr�t 4A_519/2009 du 14 janvier 2010 consid. 4.1).
En l'esp�ce, l'expert a r�pondu de mani�re claire et ses explications sont coh�rentes. Les recourants lui reprochent de ne pas avoir vu lui-m�me les t�tes de rod, mais cet argument n'est gu�re compatible avec les r�gles de la bonne foi puisque les recourants admettent eux-m�mes que l'expert leur a demand� les pi�ces et qu'ils ne les lui ont pas fournies. Il faut aussi observer que l'on ne se trouve pas dans le cas o� l'expert judiciaire serait seul de son avis face � une pluralit� d'expertises priv�es divergentes. En effet, un autre expert (G.________) est arriv� exactement � la m�me conclusion. Les recourants voudraient certes faire pr�valoir l'expertise dont les conclusions lui sont favorables, � savoir celles de l'Universit� de Southampton. Il n'incombe pas au Tribunal f�d�ral de faire l'expertise technique � la place des experts, ni de trancher entre des expertises contradictoires; son r�le se limite � examiner si l'autorit� cantonale pouvait, sans arbitraire, se rallier au r�sultat de l'expertise (arr�t 4A_519/2009 d�j� cit� consid. .1). Or, il ne saute pas aux yeux que l'expertise de l'Universit� de Southampton devait �tre pr�f�r�e � l'avis de l'expert G.________ et � celui de l'expert judiciaire. Surtout, les recourants ne montrent pas dans leur recours qu'ils auraient �tabli � l'�vidence que le sinistre avait �t� caus� par l'usure ou un d�faut d'entretien, ce qu'ils devaient prouver pour �chapper � leur obligation de payer.
En cons�quence, la d�cision cantonale ne peut pas �tre consid�r�e comme arbitraire.
Le recours doit d�s lors �tre rejet�.
Les frais judiciaires et les d�pens doivent �tre mis solidairement � la charge des recourants qui succombent (art. 66 al. 1 et 5, 68 al. 1, 2 et 4 LTF).
Les recourants, d�biteurs solidaires, verseront � l'intim�e une indemnit� de 12'000 fr. � titre de d�pens.

References: art. 95
 art. 13
 art. 116
 art. 96
 art. 96
 art. 95
 ATF 
 ATF