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Timestamp: 2020-08-14 03:07:02+00:00

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décembre 2019 : Tous les messages (Page 9) - Généalogie Charente-Périgord
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Le logis de Saint-Ciers
À proximité de l'église, on retrouve dans une ancienne maison quelques traces du logis seigneurial, en particulier une porte en plein cintre et un bâtiment appelé la chapelle, vaste pièce dotée d'une voûte en berceau haute de six ou sept mètres. Non loin une fuie ronde est en ruine. Dès le XVe siècle, la terre de Saint-Ciers appartient aux Romagne. En 1591, les Devezeau s'en rendent acquéreurs. Au XVIIe siècle, elle passe aux mains des Benoist. Roch Benoist, seigneur de Saint-Ciers décède en 1703. Sa fille, Catherine, mariée à Jean Authier, avocat, hérite. Après son décès, son mari et ses enfants vendent le fief et la seigneurie de Saint-Ciers à Jean Gervais, le 24 janvier 1708. Jean Gervais, fils du précédent, écuyer, seigneur de Lussaud, revend la seigneurie de Saint-Ciers, le 31 juillet 1739, à Jacques Salomon, écuyer, conseiller secrétaire du roi près du parlement de Bordeaux, seigneur du Chastenet. Dès le 4 août suivant, Jacques Salomon fait faire le procès-verbal de son acquisition. La cuisine est voûtée avec deux fenêtres de chaque côté fermées par des panneaux de vitres en losange et deux volets chacune. Un escalier de pierre descend à la cave. Les greniers au-dessus du « fourniou » et de l'orangerie sont éclairés par neuf fenêtres. Les charpentes y sont tenues par trois piliers de pierre de taille et la couverture faite de tuiles plates. La porte de séparation de la cuisine et du salon est en noyer. Dans le salon, au sol pavé, sur la cheminée est attaché un tableau avec les armes du Roi, du duc d'Uzès, de la maison de ville d'Angoulême et du sieur Gervais. Un escalier en chêne, avec une rampe à « pilastres tournés », part du salon. Il dessert au-dessus un grenier en partie tillé éclairé par sept fenêtres. Les murs de la salle à la suite du salon, sur toute leur hauteur, sont recouverts de boiseries faites à panneaux, et blanchies. Les murs d'un autre salon, ouvrant sur les jardins, sont traités comme ceux de la salle. À côté des nouvelles écuries, s'élève une galerie en pierre de taille à huit arceaux. La grange est construite proche de l'endroit où était l'ancienne église. Près du portail de la cour de l'ancien logis, une petite tourasse existe dans le coin du mur du coté du chemin. L'ancien logis comprend un couloir où les pavés sont fort vieux, deux chambres à gauche, un degré de pierre dont la majeure partie des pilastres sont démolis. À l'étage, on trouve un couloir pour aller aux chambres, une à droite, deux à gauche, et deux autres « au-devant dudit degré ». Une petite tourasse renferme le siège de latrines. Une cave existe sous l'ancien logis. De là, le notaire s'est transporté dans la nouvelle batisse qui n'est point finie. Les murs ont douze pieds, de hauteur sans entablement. La voûte de la cave au-dessous et les dix marches de l'escalier sont neuves. Dans le jardin poussent des pommiers, des poiriers et des pêchers. Un petit cabinet, couvert d'ardoise et tillé à l'intérieur, s'élève dans un coin du jardin. La charmille est tracée en étoile et dans l'allée se trouvent vingt-six orangers et trois citronniers en caisse. Dans le « renclos », la fuie est neuve et nouvellement batie. Un inventaire du lieu, réalisé le 4 novembre 1766, après le décès de Jean-Jacques Salomon, permet de compléter la connaissance des lieux. Dans le salon, à l'article 90 est notée une flûte de bois de buis. Dans la salle, à l'article 113, figure la garniture de la cheminée : neuf pots dorés, cinq flacons façon ivoire avec leur bouchon d'étain à vis de différentes grandeurs, deux pots de terre grise, deux pots de faïence. À l'article 120 sont mentionnés deux violons. Dans une chambre de l'étage, à l'article 191, sont cités sans détail « cent quatre-vingt-dix-neuf tomes de livres presque tous vieux et fort petits, de différentes espèces ». Dans une autre chambre, l'article 211 concerne un berceau, l'article 215 une chaise roulante pour enfant et l'article 222 quatorze pièces de tapisserie de haute lisse à personnages ou en verdure. Dans la cour se trouvent « plusieurs quartiers de pierre de taille pour servir à des croisées ou des cheminées, tout quoi étant destiné à parachever ledit logis ». Parmi les nombreux papiers inventoriés figure un marché sous seing privé, non daté mais passé par le défunt Salomon, pour le montage d'une charpente au logis. Jean-Jacques Salomon, fils du précédent, épouse en 1781, Elisabeth Constantin. Ayant émigré, le domaine de Saint-Ciers est divisé en quarante-sept lots. L'ensemble des bâtiments du logis formant les cinq premiers sont adjugés le 21 germinal an II (10 avril 1794). Le premier lot comprend la cuisine, plusieurs chambres, sept arcades de la galerie et est adjugé à Mesmin demeurant à Nanclars. Le second lot, avec l'orangerie, le fourniou, la buanderie, une arcade de la galerie, est acquis par Jean Perrotin de Saint-Ciers. Le troisième lot, avec bâtiment couvert à la Mansart, une portion de cour et sa sortie contre le cimetière est acheté par Pierre Grand de Saint-Front. La quatrième partie comprenant des dépendances revient à Léon Rangier aîné, maire de Saint-Ciers. Le reste des bâtiments avec la fuie est attribué à Jean Nadaud de Saint-Ciers.
Bibliographie : AD Charente 2 E 461, 2 E 462, 2 E 549, 2 E 567, 2 E 1179, 2 E 12453, 2 E 12454, 2 E 15977, Q III 31, Q XII 50, Q XVIII 67.
Source : Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, 2005.
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Tous ceux qui habitent la vallée de la Tardoire, surtout de la basse Tardoire, reconnaissent la diminu­tion progressive du cours de cette rivière.
Ici à la Société archéologique et historique de la Charente nous n’avons pas à faire une étude géologique et spéléologique du régime de cette rivière mystérieuse qui disparaît dans un sol, fissuré de gouffres. Ce serait une étude évidemment intéressante, mais qui sertirait de notre cadre.
Je voudrais donc me borner à présenter quelques documents qui nous prouvent que cette rivière, depuis au moins plus de deux siècles et demi, diminue pro­gressivement son cours visible, augmentant ainsi son cours souterrain.
Ces documents m’ont été très obligeamment prêtés par Mme la Baronne de. Ribérolle qui voudra bien trouver ici l’expression de ma respectueuse reconnais­sance.
C’est d’abord un acte de ferme du moulin de La Rochette du 13 novembre 1739, passé devant Caillaud, notaire royal à Angoulême, pour M. Alexandre de Paris, « chevallier, seigneur du Courret, La Rochette, Saint-Pardoux, Chenanmoine et autres lieux », demeu­rant à Angoulême. Celui-ci dépose entre les mains du notaire la minute d’un contrat de ferme des « moullins à bled et à huille » de La Rochette, « faitte par Roch Frottier Tizon, chevallier, seigneur de Villars, La Ro­chette et autres lieux, à Jean Lesmerie meunier pour cinq ans, moyennant 80 livres en argent et 80 bois­seaux mesture mesure de La Rochefoucauld, par an. »
La minute de ce contrat de ferme du- moulin de La Rochette est datée du 21 octobre 1679 et l’acte avait été passé par devant Gounin, notaire royal.
Dans la copie de ce contrat de ferme du moulin de La Rochette, j’ai relevé les notes intéressantes sui­vantes.
Avant ce Jean Lesmerie qui vient d’Artenat, paroisse de Saint-Mary, c’était un nommé Jacques Petit qui exploitant ce moulin. Il consiste en « moullin blanc, moullin noir et moull-n à huille ». Il est situé sur la rivière de Tardouëre.
La ferme se fait par paiement de 80 livres et de 80 boisseaux de « bled mesture bonne et raisonnable mesure de La Rochefoucauld », payable annuellement moitié à Noël, moitié à Pâques.
« Dans laquelle ferme est compris la jouissance du bateau, que le dit Seigneur bailleur mettra entre mains du preneur en bon état... »
« Au regard de l’essat du dit moullin les partyes partageront les anguilles qui s’y pourront prendre par moitié et entretiendront le dit essat par moitié. »
Un autre document est l’ordonnance rendue le 14 juillet 1736, par le Maître particulier des Eaux et Forêts d’Angoumois, sur la supplique à lui adressée par M. Alexandre de Paris, Seigneur du Courret, La Rochette et autres lieux en vue de sauvegarder ses droits de pêche, notamment sur la Tardoire, à La Rochette.
D’après cette requête, il était signalé que divers particuliers pêchaient dans la Tardoire, aux endroits dépendant du fief de La Rochette « avecq tramails et paniers et autres engins deffendus » et prenaient ainsi la principale partie des poissons.
Défense est dès lors demandée au Maître particulier des Eaux et Forêts et accordée par lui en faveur de M. Alexandre de Paris, pour que les habitants de la paroisse et des paroisses voisines ne pêchent pas dans les eaux dépendant du fief et n’y prennent aucun pois­son « avecq tramails, filets et autres engins deffendus ». Les contrevenants seront passibles des peines portées par l’Ordonnance des Eaux et Forêts du mois d’août 1669.
Le seigneur suppliant pourra en outre faire « saisir, déposer et mettre en madn tierce les filets et autres engins des particuliers qui seront trouvés peschant dans les dittes eaux et faire publier et afficher la pré­sente requête et ordonnance aux portes des Eglises des dites paroisses le jour de dimanche ou teste issue de messes paroissiales par le premier huissier ou ser­gent royal ».
A la suite de ces deux documents, M. de Ribérolle épinglait quelques notes, datées de 1838, où il écrivait ce qui suit.
Cette ferme du moulin de La Rochette en 1739, se référant à un autre acte de 1679, prouve ce que j’ai entendu dire bien souvent que la Tardoire manque d’eau beaucoup plus aujourd’hui qu’autrefois. Moi- même je me rappelle, écrit M. de Ribérolle, qu’il y a trente ans, — donc au début du XIXe siècle, — elle manquait encore moins que dans ce moment. Mon père avant la Révolution de 1793 affermait la pêche de Ribérolle. J’ai entendu dire au meunier de Chez-Merlet que. jamais il ne menait moudre hors de son moulin; aujourd’hui il y va au moins six mois dans l’année.
Après la destruction du moulin de La Rochette est venue celle du moulin du Monac, puis la destruction du moulin de Ribérolle.
M. de Ribérolle ajoutait : Le moulin de Chez Merlet ne pourra tenir longtemps. Et de fait actuellement il n’existe plus.
Il est en tout cas bien clair que si la Tardoire pri­mitivement avait manqué d’eau, comme elle en man­que actuellement, jamais on n’aurait eu l’idée d’éta­blir des moulins à La Rochette, au Monac, à Ribérolle et à Chez Merlet.
Nous pouvons également rappeler cette rente an­nuelle de trois livres fondée pour le Curé de Rivières le 6 décembre 1733, à charge par lui d’aller célébrer la messe les dimanches et fêtes à la chapelle du logis de Péruzet, « vu l’éloignement qu’ai y a de ce logis de Péruzet et l’église de Rivières et de l’incommodité de s’y rendre en temps d’hiver et de pluie et des ris­ques qu’il y a lors des inondations de la rivière de Tardoire, qui y passe entre le dit logis et la dite église, en ce qu’il n’y a aucuns ponts ny chaussées ».
Une étude semblable pourrait être également entre­prise sur la diminution progressive du cours du Ban- diat, de la Ligonne, de la Bellonne, etc., où des mou­lins avaient été bâtis et étaient exploités jadis, alors qu’ils n’existent plus maintenant.
Il est encore une fois hors de notre cadre de nous demander : d’où cela vient-il ? Cela provient-il d’une plus grande quantité de gouffres, du fait qu’dis se sont agrandis, qu’il s’en est formé davantage en amont, que les sources ont diminué, que les réparations aux gouffres n’ont pas été suivies, etc...
Et, d’autre part, c’est un fait aussi que plus va et moins la Touvre manque d’eau dans les étés les plus secs, tel l’été de 1929.
Du moins, me bornant à mon rôle d’histonien, il est intéressant de noter, par l’examen des divers docu­ments que je viens de produire, qu’au XVIIe siècle et même eu XVIIIe siècle la Tardoire avait de l’eau vrai­semblablement toute l’année à La Rochette. Non seu­lement on pouvait y faire marcher des moulins, mais l’on pouvait y pêcher avec toutes sortes d’engins et s’y promener en bateau.
Il serait curieux de voir d’autres documents antérieurs et postérieurs à ces XVIIe et XVIIIe siècles pour faire l’histoire de la diminution progressive du cours visible des eaux de la Tardoire et des autres rivières de cette région. Les quelques documents que je viens de présenter ont néanmoins leur intérêt et je serais heureux s’ils pouvaient inciter des chercheurs et des érudits à compléter cette étude qui n’est qu’une ébau­che de l’histoire à écrire de nos rivières de la région de La Rochefoucauld.
Certificats de noblesse délivrés en Angoumois
Angely-de-la-Salle (Antoine), baptisé, le 6 fevrier 1766, dans l'église paroissiale de S.-Denis de Lichères, au diocèse d'Angoulême, fils de François Angely, écuyer, seigneur de la Salle, et d'Elisabeth Richard ; obtint, le 7 août 1782, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Chapiteau-de-Raimondias (Charles de), né le 8 août 1764, et baptisé le même jour dans l'église paroissiale de S.-Maurice de Mainzac, au diocèse d'Angoulême, fils de Salomon Chapiteau, chevalier, seigneur de Raimondias, et de dame Thérèse de Rousseau de Chabrol ; obtint, le 12 juin 1784, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Cherade-de-Montbron (Étienne-Pierre de), né le 24 janvier 1762, ondoyé le même jour dans la chapelle du château de la Forest-d'Orthe, et a reçu, le 7 août 1765, le supplément des cérémonies du baptême dans l'église paroissiale de Grassat, au diocèse d'Angoulême ; fils d'Adrien-Alexandre de Cherade, chevalier, comte de Montbron, seigneur de Clervaux, de Marthon de Thieré, et d'Elisabeth le Meusnier du Raix ; obtint, le 9 août 1783, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Crozant-de-Rivières (Sébastien-François de), né le 24 mai 1770, et baptisé le lendemain dans l'église paroissiale de S.-Cybar de la ville de Rochefoucault, au diocèse d'Angoulême, fils de Maximilien de Crozant, chevalier, seigneur de Rivières et de Chastelard, et d'Anne-Marguerite, aliàs Anne Normand de Garat de la Tranchade. — (Jean-François de), frère du précédent, né le 18 janvier 1773, et baptisé le même jour dans la même église ; les deux frères ont obtenu, le 12 janvier 1782, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Lau-de-Lage (Henri du), né le 21 octobre 1764, et baptisé le même jour dans l'église paroissiale de S.-Saturnin de Cellette, au diocèse d'Angoulême, fils de Henri du Lau de Lage, écuyer, sieur de Lage, et de Jeanne de Lord ; obtint, le 18 septembre 1781, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Vassoigne-de-Beauchamp (Elie de), né le 26 mars 1769, et baptisé le 30 suivant dans l'église paroissiale de Grassac, au diocèse d'Angoulême, fils de Pierre de Vassoigne, chevalier, seigneur de la Brachenie, de Beauchamp, le Mas, Maillaguet, et de Marie-Claude Prevost de Sansac de Touchimbert ; a obtenu, le 7 août 1784, de M. Chérin, père, le certificat de noblesse requis pour le service militaire.
Source : Recueil de certificats de noblesse délivrés par Chérin, de Louis Foy.

References: l'article 90
 l'article 113
 l'article 120
 l'article 191
 l'article 211
 l'article 215
 l'article 222