Source: http://emsomipy.free.fr/Maroc128.034-1927SteegExteriorisation.htm
Timestamp: 2017-07-27 22:48:44+00:00

Document:
Steeg et Francs-Maçonnerie au Maroc protectorat
Steeg et l’extériorisation : 1927
§ 4 - 1929/1930 Décret berbère . § 5 - 1931 Problèmes internes . § 6 - 1933 Politisation intensifiée . § 7 - 1934 les "Affaires" . § 8 - 1936 le Front Populaire . § 9 - 1938/1940 : Fin d'une époque . § 10- la Franc Maçonnerie et la presse .
Arabe Evolutions_maçonniques
Evolutions_dans_le_monde_profane
Rythme_de_fréquentation_des_Ateliers_et_nature_des_travaux_en_loge
Évolutions maçonniques
Dès août 1925 se fonde à Casablanca, en réponse à celle de l’Action Française, la première section SFIO sous la responsabilité du F:. Mespoulet, qui par ailleurs participe activement aux manifestations d’un comité, fort de ses 8.000 membres, contre la vie chère au Maroc. Moyen pratique de faire de la politique avant que les partis ne soient tolérés. En mars 1926, le F:. Roby, proviseur du lycée Lyautey à Casablanca, inaugure son université populaire, tandis que Mespoulet toujours lui, subit en avril l’attaque de groupes de droite alors qu’il préside une réunion de la Ligue des Droits de l’Homme. Le Petit Casablancais, journal financier local, le prend à parti : "Jusqu’à maintenant nous aurions cru que M. Mespoulet pratiquait le communisme mais aujourd’hui, qu’il a lu partiellement Marx, il répudie indigné les théories de Moscou et revient à la SFIO"... et quelques jours plus tard : "Mespoulet a beau aller tous les quatre ans aux Congrès qui se tiennent dans son fief de Figeac, jamais encore il n’a été autorisé à briguer les suffrages de ses concitoyens... Il a sa place marquée dans ce 3e collège mais pas à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Casablanca". Cette activité politique intense pousse l’opposition entre les FF:. Mespoulet et Chapon au point de rupture. Ce dernier, dans une lettre ouverte publiée par la presse, écrit : "Mespoulet ... vous êtes un démagogue ". Le Chapitre s’abstient prudemment de prendre parti d’autant plus qu’à partir de cette date Mespoulet s’absente, laissant Chapon maître du terrain. Cependant le Très Sage, président du chapitre, se voit obligé de rappeler qu’il "faut se serrer les coudes". Finalement ces tensions politiques seront surmontées au sein du groupe. Ce qui n’est pas toujours le cas dans toutes les loges, comme le prouvent la crise interne à Marrakech où les prises de positions politiques mènent au bord de l’éclatement. A Casablanca, l’unité préservée permet aux FF:. de suivre de prés la naissance des Jeunesses Patriotiques, prolongement de la Ligue des Patriotes du général Castelnau, organisme de lutte contre le bloc des gauches. Il "est décidé de pratiquer des Jeunesses Républicaines afin de combattre l’influence de la réaction sur la jeunesse".
En mars 1926, le second congrès des loges marocaines du GODF se réunit à Casablanca. Après avoir étudié "le travail du Franc-Maçon à l’extérieur", les délégués s’interrogent sur les méthodes aptes à "faire connaître les desiderata du congrès au gouvernement". Le F:. Bouty, Conseiller de l’Ordre pour l’Afrique du Nord, répond qu’il y a plusieurs moyens à son avis : "Les communiqués à la presse - Les intermédiaires naturels que sont les FF:. assistant déjà au Conseil du Gouvernement par suite de leurs fonctions électives profanes - Une entrevue demandée au Résident Général pour lui faire connaître directement le point de vue de la FM∴"
Ces diverses suggestions, sur l'extériorisation, sont adoptées par le Congrès qui, in fine, décide donc d’envoyer à la presse le communiqué suivant : "Le Congrès des Loges Marocaines du GODF, réunies dans le temple du Phare de la Chaouia, a émis les vœux suivants : - 1) que soient créées des commissions municipales consultatives élues.... des commissions régionales consultatives élues... une commission générale consultative prés le gouvernement élue. - 2) que le Gouvernement Marocain se donne tout entier à la mise en valeur du pays par une colonisation intense. - 3) qu’une intervention énergique soit faite auprès du Gouvernent de la République française pour qu’une solution rapide soit donnée à l’affaire du Rif et pour que cesse cette effusion de sang".
Le 11 mai 1926, M. Steeg accorde une audience aux FF:. Griguer, président du Congrès, Gaudin et Sandillon premier et second vice-président, Tarriot secrétaire, Luppé vénérable de la loge organisatrice et Frit remplaçant Cazemajou absent. Au cours de cette audience, la délégation se plaît à dire au Résident Général, que chacun considère comme un F:. de la GLDF : "Les FF:. du Maroc, qui avaient déjà appris avec joie, dés le premier jour, votre nomination à la direction des destinées de ce pays, sont heureux de vous renouveler l’assurance de leur profond et respectueux dévouement. Homme d’ordre et profondément attaché aux institutions républicaines, ils saluent en vous le fervent et probe démocrate qui a laissé dans tous les postes éminents qu’il a occupés, notamment à la tête de la colonie voisine, le souvenir d’un homme d’État, d’un administrateur juste et bienveillant. Monsieur le Résident Général, au moment où vous avez, semble-t-il, à réagir contre les manœuvres sournoises et déloyales des alliés de l’ancien régime, les FF:. se doivent de vous dire qu’ils sont avec vous et que vous pouvez compter sur leur entier dévouement..". Ce à quoi le Résident Général répond "en remerciant la délégation de cette démarche et en assurant les FF:. de toute sa bienveillance".
Luppé, après lecture de cet article
in extenso, informe l’atelier que l’auteur est un dénommé Palmas employé de banque, camelot du roi, et que le F:. indiscret reste inconnu. Il résulte de cette alerte que les FF:. décident de se montrer encore plus sévères au moment du recrutement. Par contre, l’extériorisation n’est pas remise en cause un seul instant, bien au contraire. Il arrive même qu’un F:. soit amené à pondérer l’enthousiasme des congressistes - qui envisagent de "vulgariser le rapport sur l’évolution du Maroc par l’édition d’une brochure" - en faisant valoir que "une des clauses primordiales de l’Acte d’Algésiras est que jamais nous ne toucherons en quoi que ce soit aux questions religieuses musulmanes". Cependant, manifestation de cette volonté d'extériorisation, le congrès des loges au Maroc - après que le TIF\Mesguiche, du Conseil de l’Ordre, ait été reçu par le Résident Général - organise, en 1927, son banquet de clôture dans les salons des Services Municipaux avec environ deux cents convives.... En 1930, c’est dans la salle du Casino de Mazagan qu’a lieu le banquet de clôture, auquel participent les TIF:. Groussier, Savoire et Bouty, avec pour invités les personnalités les plus marquantes de la ville, les représentants de l’autorité, des corps élus et des groupements démocratiques... L’habitude prise, elle se perpétuera jusqu’à la guerre, chaque loge y allant de sa manifestation brillante.
Évolutions dans le monde profane.
La vie profane au Maroc voit la politique gagner du terrain. Évolution que Le Petit Casablancais analyse attentivement sous la plume de Georges Stévenin, un polémiste ne manquant pas de mordant. Journal financier qui représente d'une part les intérêts de la Banque de Paris et des Pays Bas, la publicité passant par un dispensateur occulte : le commandant Toussaint qui vit en ermite à Rabat. Journal qui représente d'autre part, à l’occasion, les options de l’évêché sous la signature d’Henri Duquaire.
Le Petit Casablancais donc décrit, sans sympathie aucune, les progrès du parti socialiste en concurrence avec le parti radical socialiste qui viennent tous deux de faire leur entrée officielle au Maroc. On s’y émeut du télégramme envoyé au Résident Général, par les délégués du 3e collège, à propos de l’affaire Sacco et Venzetti..., des manifestations devant le consulat américain à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme et de la SFIO...., de conférences de Jean Longuet à Rabat et Casablanca "sur la paix mondiale dans un pays de conquête". Activités auxquelles participent, à titre individuel, les FF\ du Maroc. Mais les FF:. ne s’impliquent pas seulement dans la vie politique. La notion de solidarité leur fait un devoir de s’occuper, à travers le Maroc, d’œuvres sociales. Dès 1915, à Casablanca, la Goutte de Lait, d’abord installée dans un local allemand réquisitionné, puis en 1930 dans l’ancien consulat de France... En 1920, c’est la Caisse des Écoles qui prend forme sous la présidence de Laffite pour fournir de la nourriture aux cantines scolaires et des vêtements aux enfants indigents... En novembre 1926, c’est au tour de "Pauline Kergomard" de voir le jour, réalisation reconnue d’utilité publique comme préventorium en 1930.
Le F:. Tarriot se fait le champion de la Mission Laïque au Maroc. Dès 1922, il développe le thème : "l’activité de la réaction cléricale, la lutte contre l’école laïque font nécessité de créer à Casablanca une section de la Mission Laïque"... Le 9 décembre 1932, La Vigie Marocaine annonce que l’inauguration de cet orphelinat "ouvert depuis deux mois à cent dix sept enfants... vient d’avoir lieu .. en présence du Résident Général Lucien Saint". La solidarité est tellement chère au cœur des FF:. du Maroc qu’au Congrès des Loges Marocaines, de 1928, on traite de "l’assistance publique et privée au Maroc". Or, à cette occasion, les FF:. CH:. de Casablanca - appliquant en cela leur souci d’être guide moral des loges bleues - sont pratiquement seuls à prendre la parole sur le rapport présenté par le F:. Tarriot. Le vœu finalement adopté demande "que les ressources pour l’assistance au Maroc soient fournies par un impôt, dit impôt d’assistance, prélevé sur le luxe et le superflu". Cette solidarité ne doit pas être réservée aux seuls Européens et, en 1930, les loges se penchent sur " les moyens propres à améliorer la condition des indigènes marocains spécialement par le développement de la mutualité indigène"... Autre sujet étudié la même année : "assistance aux enfants et vieillards tant au point de vue européen qu’indigène".
Rythme de fréquentation des Ateliers et nature des travaux en loge
Cette poussée de l’extériorisation ne fait pas disparaître les problèmes de la vie interne, loin s’en faut. L’analyse des comptes-rendus, du Chapitre de Casablanca et de ceux des congrès successifs, permet d’appréhender une relation entre rythme économique du pays et fréquentation des loges :
La même analyse amène à un autre constat, concernant cette fois la nature des sujets traités, révélateurs des préoccupations des FF:. : La comparaison des listes de sujets traités, en Chapitre et lors des congrès de loges, fait apparaître quelques points communs comme "l’éducation maçonnique". Mais il est patent que les loges sont, dés leur installation et durablement, orientées vers les problèmes profanes alors que le Chapitre s’en dégage au fil des ans, sans les oublier totalement puisqu’il continue à s’interroger sur : "Le rôle de la FM∴ au Maroc". A ce stade, tout se passe comme si, après avoir admis certaines conclusions sur des sujets concrets en loges bleues, les FF:. CH:. s’efforcent d’approfondir leur pensée, de diversifier leurs connaissances sans pour autant perdre le contact avec leurs préoccupations initiales. *
Une première période où, jusqu’en 1925, la recherche d’une coordination des loges par le Chapitre a été primordiale, avec imbrication des sujets... Une seconde période, ouverte en 1925 avec le premier Congrès des Loges, qui est celle de la recherche - souvent difficile - d’une différenciation de degré sans changement de nature c’est à dire d’une autonomie affirmée dans un équilibre entre les partenaires que sont le Chapitre et les Loges.
S CHRONOLOGIE DU PROTECTORAT AU MAROC
Film : Sacco et Vanzetti.
Documentaire Video - Part 1 : Sacco et Vanzetti
Documentaire Video - Part 2 : Sacco et Vanzetti
Documentaire Video - Part 3 : Sacco et Vanzetti
Documentaire Video - Part 4 : Sacco et Vanzetti.

References: § 4
 § 5
 § 6
 § 7
 § 8
 § 9
 § 10
in fine