Source: http://www.prevensectes.com/manip3.htm
Timestamp: 2017-09-19 17:15:23+00:00

Document:
La victimisation sectaire. Point de vue d'un psychiatre.
La " victimisation " sectaire
Point de vue d'un psychiatre
Ce sujet a été traité à Nantes le 21 novembre dernier par le Dr. Verrecchia, lors de la rencontre nationale des ADFI. Nous ne pourrons en donner ici qu'un aperçu.
Une expérience dont on se remet parfois difficilement
Les moyens juridiques actuels
Une articulation bien nécessaire
Chez les victimes chroniques, la dominante est la soumission, avec toujours présente la solidité du couple gourou/adepte, source de jouissance. Le procès est sévère.
Il existe un ensemble de signes analogue à celui du syndrome post-traumatique, dont on sait bien maintenant qu'il nécessite une prise en charge telle que l'on puisse parler des traumatismes sans que l'angoisse reprenne le dessus de manière trop dangereuse, notamment à propos des menaces proférées ou, pire encore, suggérées par les gourous.
On observe des syndromes délirants induits pouvant aller jusqu'au délire collectif entre personnes très liées au plan émotionnel, ainsi que des syndromes anxio-dépressifs majeurs. Parmi les troubles dissociatifs induits (ceux qui mettent à part de la réalité sociale commune), il faut réserver une place particulière à la persuasion coercitive.
La victimisation est d'une gravité particulière chez l'enfant, et d'autant plus qu'elle commence plus tôt, car il y a exclusion symbolique de l'ensemble de la communauté humaine. Les conséquences sont somatiques, psychologiques et sociales.
Les moyens juridiques actuels sont en particulier :
code pénal : l'article 222 - 13 sur la violence à personne vulnérable, l'article 227 - 15 sur la mise en péril des mineurs, l'article 227 - 17, sur la soustraction aux obligations légales des parents, l'article 227 - 21 sur la provocation d'un mineur à délit, l'article 312 sur les coups et blessures volontaires à enfant de moins de 15 ans,
code de la santé publique : l'article 182 sur la compromission de la santé physique et mentale et de l'éducation des enfants,
code civil : l'article 371 - 4 sur le rôle des grand-parents quand il y a rupture avec l'environnement,
les dispositions relatives aux abus financiers,
les mesures légales de protection de l'enfance maltraitée qui comportent des prises en charges judiciaires et médico-pédagogiques.
Dans certains cas il y a lieu de mettre en ouvre une prise en charge familiale élargie, avec groupes de parole, où se déroulent des sortes de psychodrames individuels et/ou de groupe. La famille ou les proches sont souvent les pre-miers à consulter. Qu'est ce que c'est ? qu'est-ce qui nous arrive ? que faire ?
De fait dans bien des cas, il y a lieu pour le milieu d'origine de faire le point. Toutefois il faut que soit présent à l'esprit de tout thérapeute que l'entourage immédiat n'a souvent que trop tendance à se culpabiliser excessivement, et que ce peut être un piège redoutable que d'accentuer des culpabilités névrotiques, au lieu d'aider à réaliser qu'on n'entre pas dans une secte, mais qu'on y est capturé à son insu au moyen d'un système exploitant de manière éhontée les données modernes de la psychologie expérimentale.
Le Dr. Verrecchia souligne l'intérêt des réunions de proches concernés par le même groupe sectaire, telles qu'on essaie d'en réaliser périodiquement à l'ADFI. Des actions en ce sens commencent à être tentées, notamment par le Dr. T Nathan, avec le concours du Ministère de Affaires Sociales. Enfin mention est faite de ce qu'à Paris et à Toulouse le sujet commence à être soulevé dans le cadre de l'enseignement criminologique.
L'expérience de l'ADFI est que, dans l'ensemble, il persiste une grande insuffisance de vrais échanges entre ceux qui sont le plus susceptibles d'apporter une connaissance historique et un thesaurus de faits, et d'autre part les psychiatres et psychologues. Ceux-ci, selon notre point d'observation, ont presque toujours tendance à caractériser le trouble en lui-même et à ne considérer les données historico-factuelles que comme des causes plus déclenchantes que déterminantes. Il ne s'agit certes pas non plus de nier qu'il existe des milieux familiaux pathogènes. Il ne saurait être question de minimiser la nécessité de l'intervention et de l'apport psychiatrique, en particulier pour désamorcer ce que le conseiller familial Steven Hassan appelle les mines à retardement, mais à l'inverse il est souvent ressenti comme au moins une perte de temps dommageable de ne pas articuler mieux les 2 courants de connaissance. Faisons confiance aux observateurs privilégiés que sont les psychiatres pour discerner les excès possibles des proches (et même éventuellement de l'ADFI), leurs compréhensibles côtés passionnels, et les limites de fiabilité de tout observateur quel qu'il soit.

References: l'article 222
 l'article 227
 l'article 227
 l'article 227
 l'article 312
 l'article 182
 l'article 371