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Timestamp: 2019-01-22 23:53:03+00:00

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Science & Metaphysics - Term Paper
Submitted By alexandrec
32 Russell, Science et religion : le nombrilisme métaphysique de l’homme
« Pourquoi, de toute façon, cette glorification de l’Homme ? Que dire des lions et des tigres ? »
[...] seule une suffisance insondable peut voir dans l'homme un mobile que l'Omniscience jugerait digne du créateur."
« . Si je recevais la toute-puissance, avec des millions d’années pour expérimenter, je ne penserais pas à me vanter de l’Homme comme résultat de mes efforts. «
<-> LUCRECE 72 « Et quand j'ignorerais la nature des atomes, j'oserais encore, après l'examen des phénomènes célestes et bien d'autres d'ailleurs, affirmer que la nature n'a pas été faite pour nous et qu'elle n'est pas l'oeuvre des dieux: tant l'ouvrage laisse à désirer!
36 Pascal sur la science et la religion : la nécessaire humilité de la science
« il n’y a rien de si conforme à la raison que le désaveu de la raison dans les choses qui sont de foi » ? Pensée B. 272.
37 Leo Strauss, Droit naturel et histoire : science, religion et révélation
Opposition science / religion : chacune refuge les présupposés indispensables de l’autre (croyance ou non originelle en la révélation) : à partir de là, aucune a pu convaincre l’autre
41 Freud. Nouvelles conférences sur la psychanalyse : la religion rassure
« satisfait la curiosité humaine et c’est d’ailleurs par là qu’elle entre en conflit avec la science »
« d’apaiser la crainte de l’homme devant les dangers et les hasards de la vie ou de lui apporter quelque consolation dans les épreuves » or la science « ne peut supprimer la souffrance, et doit se contenter de leur conseiller la résignation » : « C’est sans doute à sa seconde mission que la religion doit la plus grande partie de son influence »
85 Quelques définitions de la métaphysique
Aristote : « science des 1ers principes et causes de tout, sci de l’être en tant qu’être, des réalités séparées et immobiles »
Avicenne : « sci de l’étant commun ou de l’être possible »
Descartes « reine des sci contenant les principes de la cnssce »
Voltaire, Kant « connsce par purs concepts de ce qui dépasse l’xp »
Scho « connsce du phénomène qui aspire à la chose en soi »
Peirce « étude des caractères les plus généraux de la réalité »
Strawson « étude des traits les plus généraux de notre structure conceptuelle »
Bergson « expérience intégrale »
113 Wittgenstein, Tractatus : énoncé 6.53
« la juste méthode en philosophie : ne rien dire d’autre que ce qui peut être dit, à savoir des propositions scientifiques, donc quelque chose qui n’a rien à voir avec la philosophie. Si quelqu’unvoulait dire quelque chose de métaphysique, lui faire voir que dans ses propositions il a employé certains signes sans leur donner de signification »
Le Tractatus a pour but non de dire ce qu’est la réalité du monde, mais de délimiter ce qui en est pensable, c’est-à-dire exprimable dans un langage. Et seules les propositions de la science, vraies ou fausses, satisferaient à cette exigence. Le discours du philosophe ne peut que rendre manifeste le fonctionnement correct du langage et montrer le caractère illusoire de son usage lorsqu’il prétend aller au-delà d’une description [proprement scientifique] des faits.	Ainsi, les grandes questions de la métaphysique ne peuvent pas recevoir de réponse ; mais
« d’une réponse qu’on ne peut formuler, on ne peut non plus formuler la question » (6.5). Il suit que le métaphysicien doit cesser purement et simplement de discourir, en vertu de la fameuse conclusion du Tractatus : « sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence »
149 Karl Popper : Conjectures et réfutations la métaphysique, mère de la science ? impossible, qu’aucune science ne puisse démarrer sans l’imagination de conjectures de nature métaphysique, qu’il nomme “conjectures audacieuses
C’est elle qui a rendu possibles les théories d’Aristarque et de Copernic”. Anaximandre proposait, à titre de conjecture que “la terre (…) n’est soutenue par rien, mais demeure stationnaire parce qu’elle est également distante de toutes les autres choses
172 Newton, Principes de philosophie naturelle (1687) : théologie et science se relient Newton, Principes de philosophie naturelle (1687).Après avoir décrit le mouvement des planètes, il ajoute :« cet arrangement aussi extraordinaire du Soleil, des planètes, et des comètes, n’a pu avoir pour source que le dessein et la seigneurie d’un être intelligent et puissant. Si de plus les étoiles « fixes » sont les centres de systèmes semblables, toutes dépendront de la seigneurie d’un Seul, puisqu’elles seront construites selon le même dessein… » |
Science naturelle = découvre les raisons des effets de la nature
Conséquence : la théologie n’est pas séparée de la philosophie/ science. (et, bien entendu, la foi et la raison sont pensées en continuité, non en discontinuité)
NEWTON met en valeur « l’arrangement extraordinaire » hypothesis non fingo
180 Thomas d’Aquin, Somme Théologique I, q1 la théologie, science certaine car la plus élevée
<<A coup sûr, la doctrine sacrée (i.e.. la théologie) est une science. Mais parmi les sciences, il en est de deux espèces. Certaines s'appuient sur des principes connus par la lumière naturelle de l'intelligence : telles l'arithmétique, la géométrie, etc. D'autres procèdent de principes qui sont connus à la lumière d'une science supérieure ; comme la perspective à partir de principes reconnus en géométrie, et la musique à partir de principes connus par l'arithmétique. Et c'est de cette façon que la doctrine sacrée est une science. Elle procède en effet de principes connus à la lumière d'une science de Dieu et des bienheureux. Et comme la musique fait confiance aux principes qui lui sont livrés par l'arithmétique, ainsi la doctrine sacrée accorde foi aux principes révélés par Dieu>>.
THOMAS d'AQUIN, Somme théologique, I, q. 1, a. 2, rép.
<<La science sacrée l'emporte sur les autres sciences spéculatives. Elle est la plus certaine, car les autres tirent leur certitude de la lumière naturelle de la raison humaine qui peut faillir, alors qu'elle tire la sienne de la lumière de la science divine qui ne peut se tromper. C'est elle aussi qui a l'objet le plus élevé, puisqu'elle porte principalement sur ce qui dépasse la raison, au lieu que les autres disciplines envisagent ce qui est soumis à la raison>>.
THOMAS d'AQUIN, Somme théologique, I, q. 1, a. 5, rép. Oui mais Objection citée par Thomas : certains n’admettent pas que les principes évidents de cette science réponse d’Augustin : c’est parce que c’est juste pour un genre de science ; non, théologie ≠ évidente d’elle-même, mais s’appuie sur une science supérieure
187 Blaise PASCAL, De l’esprit géométrique : l’impossible ordre du savoir humain (impossibilité de donner des définitions des « mots primitifs »)
Cette véritable méthode, qui formerait les démonstrations dans la plus haute excellence, s’il était possible d’y arriver, consisterait en deux choses principales : l’une de n’employer aucun terme dont on n’eût auparavant expliqué nettement le sens ; l’autre de n’avancer jamais aucune proposition qu’on ne démontrât par des vérités déjà connues ; c’est-à-dire en un mot, à définir tous les termes et à prouver toutes les propositions … Certainement cette méthode serait belle, mais elle est absolument impossible : car il est évident que les premiers termes qu’on voudrait définir en supposeraient de précédents pour servir à leur explication, et que de même les premières propositions qu’on voudrait prouver en supposerait d’autres qui les précédassent ; et ainsi il est clair qu’on n’arriverait jamais aux premières. Ainsi, en poussant les recherches de plus en plus, on arrive nécessairement à des mots primitifs qu’on ne peut plus définir, et à des principes si clairs qu’on n’en trouve plus qui le soient davantage pour servir à leur preuve. D’où il paraît que les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque science que ce soit dans un ordre absolument accompli »
209 BERGSON, La pensée et le mouvant : la métaphysique, cette science qui veut se passer de symboles
Oppose de façon complètement différente la métaphysique et les sci dépendant de l’intelligence
Pour bergon, la méta est cette science qui entend se passer de symboles par intuition, accède à la réalité même
≠ scis qui procèdent de l’intelligence = des scis analytiques, qui décomposent, mais passent à côté de la réalité même
241 Kant, CRP : quand la logique formelle devient dialectique on parle de vérité formelle lorsque des propositions sont de prime abord bien agencées lorsque les propositions sont conformes aux règles de la logique ex : ne pas déroger au principe de non-contradiction vérité formelle qui n’est pas vérité matérielle ex : tous les chats ont une moustache, socrate est un chat, socrate a donc une moustache mais kant ne se contente pas de reprendre cette distinction : la déplace aussi
P148-151 : POURQUOI il n’y a pas de critère universel de la vérité matérielle mais la détermination de la vérité sur des critères purement formels reste insuffisante (sinon, socrate serait bien un chat)
= qu’une condition négative pour kant, sine qua non mais pas suffisante
= jamais des critères universels avec la vérité formelle pour découvrir des erreurs de contenu c’est ce qui fait l’écart contre la logique et la science logique = science pure, n’a affaire qu’à elle- même
« personne ne peut s’aventurer avec la seule logique à porter des jugements sur des objets et à affirmer quoi que ce soit sans avoir préalablement entrepris une étude approfondie hors de la logique » v devient une logique de l’apparence
« un art sophistique de donner à son ignorance le vernis de la vérité »
= certain usage de la logique chez les Anciens
en dehors de logique= nécessité incontournable d’un détour empirique mais kant ne reste pas à cette opposition entre le formalisme logique et la richesse de l’exp lorsque la logique formelle prétend produire autre chose que des formes comme des assertions objectives portant sur la réalité alors, elle devient DIALECTIQUE = n’a pas les moyens de prouver ce qu’elle affirme
254 Nietzsche, Le Gai Savoir § 112 Nietzsche et la CAUSALITE : le mouvement : cause et effet n’existent pas, il n’y a pas de continuité… mais par nécessité de l’esprit humain, on infère…
Cause et effet. — Nous appelons « explication » ce qui nous distingue des degrés de connaissance et de science plus anciens, mais ceci n’est que « description ». La suite des « causes » se présente en tous les cas plus complète devant nous ; nous déduisons : il faut que telle ou telle chose ait précédé pour que telle autre suive, — mais par cela nous n’avons rien compris. La qualité par exemple, dans chaque phénomène chimique, apparaît, avant comme après, comme un « miracle », de même tout mouvement en avant ; personne n’a « expliqué » le choc. D’ailleurs, comment saurions-nous expliquer ! Nous ne faisons qu’opérer avec des choses qui n’existent pas, avec des lignes, des surfaces, des corps, des atomes, des temps divisibles, des espaces divisibles, — comment une interprétation saurait-elle être possible, si, de toute chose, nous faisons d’abord une image, notre image ? Il suffit de considérer la science comme une humanisation des choses, aussi fidèle que possible ; nous apprenons à nous décrire nous-mêmes toujours plus exactement, en décrivant les choses et leur succession. Cause et effet : voilà une dualité comme il n’en existe probablement jamais, — en réalité nous avons devant nous une continuité dont nous isolons quelques parties ; de même que nous ne percevons jamais un mouvement que comme une série de points isolés, en réalité nous ne le voyons donc pas, nous l’inférons. La soudaineté que mettent certains effets à se détacher nous induit en erreur ; cependant cette soudaineté n’existe que pour nous. Dans cette seconde de soudaineté il y a une infinité de phénomènes qui nous échappent. Un intellect qui verrait cause et effet comme une continuité et non, à notre façon, comme un morcellement arbitraire, qui verrait le flot des événements, — nierait l’idée de cause et d’effet et de toute conditionnalité.
276 Nietzsche, Le Gai Savoir § 344 :la science doit-elle vraiment se passer des convictions ? LA SCIENCE, elle aussi, repose sur une FOI – que la vérité soit nécessaire la volonté de vérité à toux prix repose neccsmt sur des valeurs morales, sur la croyance à un bien et un mal en soi un fanatisme de vérité… qui conduit à nier le monde changeant, mouvant , instable donc non vrai, faux…
= le produit d’une pulsion destructrice = « volonté de vérité »…0. Ou de mort ?
e quelle manière, nous aussi, nous sommes encore pieux. — On dit, à bon droit, que, dans le domaine de la science, les convictions n’ont pas droit de cité
La discipline de l’esprit scientifique ne commencerait-elle pas alors seulement que l’on ne se permet plus de convictions ?... Il en est probablement ainsi. Or, il s’agit encore de savoir si, pour que cette discipline puisse commencer, une conviction n’est pasindispensable, une conviction si impérieuse et si absolue qu’elle force toutes les autres convictions à se sacrifier pour elle. On voit que la science, elle aussi, repose sur une foi, et qu’il ne saurait exister de science « inconditionnée ». La question de savoir si la vérité est nécessaire doit, non seulement avoir reçu d’avance une réponse affirmative, mais l’affirmation doit en être faite de façon à ce que le principe, la foi, la conviction y soient exprimés, « rien n’est plus nécessaire que la vérité, et, par rapport à elle, tout le reste n’a qu’une valeur de deuxième ordre ». d’où la science prendrait-elle alors sa foi absolue, cette conviction qui lui sert de base, que la vérité est plus importante que toute autre chose, et aussi plus importante que toute autre conviction — Par conséquent « volonté de vérité » ne signifie point « je ne veux pas me laisser tromper », mais — et il n’y a pas de choix — « je ne veux pas tromper, ni moi-même, ni les autres » : — et nous voici sur le terrain de la morale. « Volonté de vérité » — cela pourrait cacher une volonté de mort. — En sorte que la question : pourquoi la science ? se réduit au problème moral :pourquoi de toute façon la morale ?.
277 Nietzsche, Le Gai Savoir § 344 :nous-mêmes …mais on aura déjà compris où je veux en venir, à savoir que c’est encore et toujours sur une croyance métaphysique que repose notre foi en la science, — que nous aussi, nous qui cherchons aujourd’hui la connaissance, nous les impies et les antimétaphysiques, nous empruntons encorenotre feu à l’incendie qu’une foi vieille de mille années à allumé, cette foi chrétienne qui fut aussi la foi de Platon et qui admettait que Dieu est la vérité et que la vérité est divine...
278 Nietzsche, Le Gai Savoir § 344 : la première foi de la croyance : la connaissance scientifique pourrait connaître le réel du monde, l’être en soi
La première croyance qui soutient l’édifice tout entier de la science est la croyance en l’intelligibilité foncière du réel, la croyance d’après laquelle la nature est connaissable intégralement. Or Nietzsche dénonce avec fermeté ce qui n’est pour lui qu’une fiction, ce qu’il appelle la fable d’un monde intelligible. La thèse selon laquelle la connaissance scientifique serait la connaissance de l’ essence réelle du monde n’est qu’une illusion délirante.
Pense-t-on avoir réellement expliqué le monde quand on l’a réduit à un système de lois et enfermé dans un symbolisme mathématique? Aurait-on compris la valeur d’une musique si on cherchait à la réduire en chiffres? «Eh quoi?
Voudrions nous vraiment ainsi laisser dégrader l’existence? la rabaisser au rang de composition de calcul, en faire un petit pensum pour mathématicien?».La science, souligne Nietzsche, ne descend pas «aux ultimes abîmes de l’être»
279 Nietzsche, Le Gai Savoir § 344 : la deuxième croyance de la science : la valeur de la vérité, symptôme plutôt d’un désir de certitude
La seconde croyance sur laquelle repose la science est la croyance en la valeur de la vérité, en la dignité absolue de la vérité, érigée en valeur inconditionnelle. Ici, la science se révèle l’héritière de la grande métaphysique classique, de sa croyance en l’être vrai, par exemple sous la forme du monde intelligible et de l’idée de Bien chez Platon. Or, s’interroge Nietzsche, il serait temps de remettre en question cette volonté de vérité à tout prix. Pourquoi voulons-nous la vérité? Pourquoi la jugeons-nous préférable à l’erreur, l’illusion, la simple apparence? Pour Nietzsche, une telle volonté de vérité ne vient pas d’autre chose que d’un désir de sécurité, de la crainte provoquée par l’ incertitude. Elle n’est donc jamais que le symptôme, le déguisement subtil d’un instinct de faiblesse Telle est l’idée provocante et redoutable que
Nietzsche nous oblige à regardes en face. «Ne serait-ce pas l’instinct de la peur qui nous commanderait de connaître? Le ravissement qui accompagne l’acquisition de la connaissance ne serait-il pas la volupté de la sécurité retrouvée?» ( Gai savoir paragraphe 355) CAR CONNAITRE = RAMENER AU CONNU
280 Nietzsche, Le Gai Savoir § 344 : la 3e croyance de la science : connaissance = vertu = meilleure vie ; relais du Dieu chrétien… et du nihilisme occidental
La troisième croyance qui meut la science est celle de la valeur de ses résultats. La croyance est bonne, elle apporte le bonheur. Nietzsche dénonce avec fermeté l’ optimisme théorique de la science, optimisme qui a sa source dans la fameuse équation socratique selon laquelle connaissance=vertu=bonheur. Au final, cette foi qui sert de base à la science n’est pour Nietzsche qu’un des multiples avatars de cette croyance millénaire qu’est la croyance au
Dieu chrétien. Dieu est mort, mais le monde moderne lui a substitué de nouvelles idoles. La science a divinisé le vrai en lui attribuant toutes les caractéristiques qui servaient jusque là à déterminer l’essence de Dieu. C’est pourquoi Nietzsche pourra dire que la science n’est jamais que l’ultime déguisement de ce qu’il nomme le nihilisme occidental ( le nihilisme est ce mouvement de perte progressive de toutes les valeurs qui a pris sa source en
Occident, d’une part avec Socrate dans le monde grec, de l’autre avec l’avènement du judéo-christianisme).
281 Nietzsche, Le Gai Savoir § 346 : méfiance et philosophie ; le monde est immoral, mais n’a pas moins de valeur
s. Non ! nous ne sentons plus l’amertume et la passion de l’homme détaché qui se voit forcé d’apprêter son incrédulité à son propre usage, pour en faire une foi, un but, un martyre. Au prix de souffrances qui nous ont rendus froids et durs, nous avons acquis la conviction que les événements du monde n’ont rien de divin, ni même rien de raisonnable, selon les mesures humaines, rien de pitoyable et de juste ; nous le savons, le monde où nous vivons est sans Dieu, immoral, « inhumain », — trop longtemps nous lui avons donné une interprétation fausse et mensongère, apprêtée selon les désirs et la volonté de notre vénération, c’est-à-dire conformément à un besoin. Car l’homme est un animal qui vénère ! Mais il est aussi un animal méfiant, et le monde ne vaut pas ce que nous nous sommes imaginés qu’il valait, c’est peut-être là la chose la plus certaine dont notre méfiance a fini par s’emparer. Autant de méfiance, autant de philosophie. Nous nous gardons bien de dire que le monde a moins de valeur : aujourd’hui cela nous paraîtrait même risible, si l’homme voulait avoir la prétention d’inventer des valeurs qui dépasseraient la valeur du monde véritable
282 Nietzsche, Le Gai Savoir § 346 : la dévalorisation du monde, comme si l’homme pouvait juger le monde
Cet égarement a trouvé sa dernière expression dans le pessimisme moderne, une expression plus ancienne et plus forte dans la doctrine de Bouddha ; mais le christianisme lui aussi en est plein ; il se montre là d’une façon plus douteuse et plus équivoque, il est vrai, mais non moins séduisante à cause de cela. Toute cette attitude de « l’homme contre le monde », de l’homme principe « négateur du monde », de l’homme comme étalon des choses, comme juge de l’univers qui finit par mettre l’existence elle-même sur sa balance pour la trouver trop légère — le monstrueux mauvais goût de cette attitude s’est fait jour dans notre conscience et nous n’en ressentons que du dégoût, — nous nous mettons à rire rien qu’en trouvant « l’homme et le monde » placés l’un à côté de l’autre, séparés par la sublime présomption de la conjonction « et » !
283Nietzsche, Le Gai Savoir § 347 ce qui conserve les religions et les métaphysiques : ce désir de certitude, signe de faiblesse et de manque de volonté
Dès qu’un homme arrive à la conviction fondamentale qu’il faut qu’il soit commandé, il devient « croyant » Les croyants et leur besoin de croyance. — On mesure le degré de force de notre foi (ou plus exactement le degré de sa faiblesse) au nombre de principes « solides » qu’il lui faut pour se développer, de ces principes que votre foi ne veut pas voir ébranlés parce qu’ils lui servent de soutiens. Il me semble qu’aujourd’hui la plupart des gens en Europe ont encore besoin du christianisme, c’est pourquoi l’on continue à lui accorder créance. Car l’homme est ainsi fait : on pourrait lui réfuter mille fois un article de foi, — en admettant qu’il en ait besoin, il continuerait toujours à le tenir pour « vrai » CF CONSCIENCE INTELLECTUELLE, — conformément à cette célèbre « épreuve de force » dont parle la Bible. Quelques-uns ont encore besoin de métaphysique ; mais cet impétueux désir de certitude qui se décharge, aujourd’hui encore, dans les masses compactes, avec des allures scientifiques et positivistes, ce désir d’avoir à tout prix quelque chose de solide (tandis que la chaleur de ce désir empêche d’accorder de l’importance aux arguments en faveur de la certitude), est, lui aussi, le désir d’un appui, d’un soutien, bref, cet instinct de faiblesse qui, s’il ne crée pas les religions, les métaphysiques et les principes de toute espèce, les conserve du moins. il faudrait peut-être conclure que les deux grandes religions du monde, le bouddhisme et le christianisme, pourraient bien avoir trouvé leur origine, et surtout leur développement soudain, dans un énorme accès de maladie de la volonté. Et il en a été véritablement ainsi. Les deux religions ont rencontré une aspiration tendue jusqu’à la folie par la maladie de la volonté, le besoin d’un « tu dois » poussé jusqu’au désespoir
= soumettre la théorie (science, foi) aux besoins de la pratique (ont « besoin », car corps trop faible, car manque volonté)
284 Nietzsche, Le Gai Savoir § 347 la danse au bord de l’abîme : la force de la volonté se mesure jusqu’où l’on peut vivre dans un monde sans sens
Dès qu’un homme arrive à la conviction fondamentale qu’il faut qu’il soit commandé, il devient « croyant » ; il y aurait lieu d’imaginer par contre une joie et une force de souveraineté individuelle, une liberté du vouloir, où l’esprit abandonnerait toute foi, tout désir de certitude, exercé comme il l’est à se tenir sur les cordes légères de toutes les possibilités, à danser même au bord de l’abîme. Un tel esprit serait l’esprit libre par excellence
degré de la force de volonté se mesure « jusqu’où l’on peut se dispenser du sens dans les choses, jusqu’où lon supporte de vivre dans un monde dépourvu de sens ; parce que l’on organise soi-même un petit fragment de celui-ci »
321 Maurice Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit : la science moderne fait abstraction du corps
« la science manipule les choses et renonce à les habiter » elle donne des modèles internes, les manipule… mais ne se confronte jamais, ou bien de loin en loin, avec le monde actuel
La science est le patri pris de traiter tout être comme « objet en général » comme s’il ne nous était rien, comme s’il se trouvait prédestiné à nos artifices abstraction totale de la subjectivité connaissante…
Mais la science classique, au moins, gardait « le sentiment de l’opacité du monde »
« c lui qu’elle entendait rejoindre par ses constructions » voilà pq elle recherchait pr ses opérations un « fondement transcendant ou transcendantal »
Mais la sci moderne se veut autonome on produit plutôt qu’on enregistre les phénomènes que l’on pense
« de là toutes sortes de tentatives vagabondes »
329 Maurice Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit : la science a perdu le « il y a »
S’il s’agissait d’une entreprise strictement gnoséologique, c'est-à-dire qui à trait à la connaissance et à la recherche de la vérité, celle-ci supposerait un tout autre modus operandi que celui utilisé par la science en général. C’est ainsi que nous pouvons lire : « Comment réinsérer la science « pensée de survol, pensée de l’objet en général... dans un ilya préalable, dans le site, sur le sol du monde sensible et du monde œuvré, tels qu’ils sont dans notre vie, pour notre corps, non pas ce corps possible dont il est loisible de soutenir qu’il est une machine à information, mais ce corps actuel que j’appelle mien, la sentinelle qui se tient silencieusement sous mes paroles et sous mes actes »… [L’Œil et l’Esprit]. Dans cet extrait, M. Merleau Ponty examine les données scientifiques, leurs acquis et leurs impasses.( voir aussi à ce sujet sa thèse cf : Structure du comportement et Phénoménologie de la perception. ») La conscience intellectualiste contemple et objective le monde après l’avoir construit. La pensée intellectualiste et la pensée scientifique neutralisent et dénigrent la perception originaire par laquelle le monde se déploie, elles voilent le phénomène perceptif par le jugement qu’elles introduisent d’ores et déjà sur les ob-jets de leur réflexion. Cette forme d’interventionnisme systématique, évoquera une certaine forme d’échec de la pensée scientifique.
Elle transforme la présence perçue des choses en ob-jet de pensée. L’OB-JET, en allemand se dit« Gegenstand », littéralement, il est ce qui se pose devant moi en s’opposant, en me faisant face comme égoité distincte et différentielle ou sujet de re-présentation... Partant de ce fait, l’attitude scientifique perd conscience de son propre commencement, possiblement défini comme origine avant l’origine. Elle manque l’essentiel, la croyance ou la « foi » en une perception fondatrice de toute modalité d’être-au-monde.
330 Maurice Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit : revenir, quitte à cesser la recherche de l’objectivité, à l’être-au-monde
C’est dans cette optique, qu’il faudra reprendre la problématique de la perception et particulièrement celle du corps propre. Il s’agira de nous remettre en présence du monde, en tant que nous sommes des êtres-au-monde par notre corps, en tant que nous percevons le monde avec notre corps. (cf Phénoménologie de la perception). Il s’agit de revenir au monde vécu en deçà du monde objectif, qui n’est certes probablement qu’une position sur le monde, mais une position fondatrice dépourvue de vecteur intentionnel propre à la conscience ou au constructivisme dont la prise de position est , quant à elle volontaire .Il faudra apprendre à se dégager, à se désengager de nos formes de pensées stéréotypées , de ces postures qui forgent et alimentent nos schèmes intellectuels pré-fabriqués pour s’engager dans cette voie et relation originales qui ne passent pas par une thématisation. On n’a plus de sujet mais un être qui se tient toujours et déjà en rapport avec le monde et dont l’être consiste précisément dans ce rapport. Un être qui se manifestera sur le mode de l’échappement à soi, qui se sait présent dans le monde qu’en avançant vers le monde.
Mes yeux, mes mains, mes oreilles dira Merleau Ponty dans « Sens et non sens » sont autant de « Moi Naturels qui fusent à travers moi sans que j’en sois l’auteur ».Réhabilitation et primat du corps, de la perception, du couple énigmatique du sentant/senti que j’incarne par ma présence ( anwesenheit ) au-monde. 331 Maurice Merleau-Ponty, L’Œil et l’Esprit : le peintre cherche l’Être – qui est apparaissant (ne pas oublier perspective phénoménologique)
« Contrairement au peintre de simulacres dénoncé comme illusionniste par Platon, le regard du Peintre de Cézanne tente d’accéder à l’être des choses, en deçà de la pensée conceptuelle qui les recouvre »( cf leçon de Cézanne M. Merleau Ponty). Si M.M Ponty crée une sorte de primauté ou priorité de la peinture sur l’ensemble des autres arts, c’est que l’acte de peindre est un acte de la vision, du voir (videre) qui transmet dans l’évidence de l’instant une appréhension originelle de l’être. Faut-il le rappeler l’acte de la vision est double : il est à la fois une mise à distance du monde et le dévoilement du monde intérieur « regarder un objet c’est venir l’habiter » , le hanter(Phénoménologie de la perception)
a vision du peintre n’est plus regard sur un dehors, relation »physique-optique », seulement avec le monde. Le monde n’est plus devant lui par représentation : c’est plutôt le peintre qui nait dans les choses comme par concentration et venue à soi du visible. » (
392Kant, Recherche sur la clarté des principes de la théologie naturelle et de la morale : dans les mathématiques, la certitude est plus certaine, car les signes mathématiques ont à voir avec le sensible : certitude méta≠certitude maths
Deuxièmement, les mathématiques, dans leurs déductions et leurs preuves, considèrent leur connaissance générale sous les signes [ou caractères] déterminants in concreto ; la philosophie envisage en outre la science en dehors des signes, et toujours in abstracto. Cette différence dans la manière d’arriver de part et d’autre à la certitude est considérable. En effet, les signes des mathématiques étant des moyens sensibles de connaître, on peut alors savoir avec l’assurance qu’on possède en voyant, qu’aucune notion n’a échappé à l’attention, que chaque comparaison en particulier a eu lieu suivant des règles faciles, etc. Et ce qui allège singulièrement l’attention, c’est qu’elle n’a pas à considérer les choses dans leur représentation générale, mais seulement les signes dans leur connaissance individuelle, qui est une connaissance sensible. Au contraire, les mots, comme signes de la connaissance philosophique, ne servent qu’à rappeler les notions générales qu’ils expriment. Il faut donc toujours en avoir immédiatement devant les yeux la signification. L’entendement pur doit être maintenu dans cet état de contention ; et comme le signe d’une notion abstraite n’échappe pas sans qu’on s’en aperçoive, rien de sensible ne peut en ce cas nous en révéler l’absence ; et alors des choses différentes sont regardées comme identiques, et l’on produit des connaissances erronées.
En géométrie, où les signes ont en outre une ressemblance avec les choses signifiées, l’évidence est donc supérieure, quoique en algèbre la certitude soit aussi positive. La métaphysique n’est pas moins susceptible d’une certitude nécessaire à la conviction que les mathématiques ; seulement, la certitude mathématique est plus facile, et participe davantage de l’intuition.
393 Platon, Phèdre : faut-il croire au mythe ? le renversement de Socrate
Je n’ai point tant de loisir. Pourquoi ? c’est que j’en suis encore à accomplir le précepte de l’oracle de Delphes, Connais-toi toi-même ; et quand on en est là, je trouve bien plaisant[230a] qu’on ait du temps de reste pour les choses étrangères. Je renonce donc à l’étude de toutes ces histoires ; et me bornant à croire ce que croit le vulgaire, comme je te le disais tout à l’heure, je m’occupe non de ces choses indifférentes, mais de moi-même : je tâche de démêler si je suis en effet un monstre plus compliqué et plus furieux que Typhon lui-même, ou un être plus doux et plus simple qui porte l’empreinte d’une nature noble et divine. Mais, à propos, n’est-ce point là cet arbre où tu me conduisais ?
Mythe de la naissance de Borée par Typhon
Socrate renverse le rapport au mythe ≠ recherche vraisemblance pour vraisemblance mais nosce te : rechercher ce que le mythe dit sur nous (suis-je un être qui suis plus doux que Typhon) ?
394 Aristote, métaphysique A : le philosophe est l’ami de la fable ; le discours rationnel n’a pas le monopole de la vérité…
Le philosophe est l’ami des fables car mythes contiennent du merveilleux
Intérêt des fables et mythes : compléter les manques du seul discours rationnel on est fondés à interroger le partage étroit entre mythe et raison, entre mythe et philosophie
« Apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (et c’est pourquoi aimer les mythes est, en quelque manière, se montrer philosophe, car le mythe est composé de merveilleux). »
de sorte que l’opposition ne pourrait pas être simplement entre mythe et raison, mais entre différents modes de la rationalité, de manière qu’on puisse réfléchir à une différence entre « rationnel » et « scientifique », réfléchir à un excès du réel sur le scientifiquement connu/connaissable
395 Kant, Prolégomènes, § 36 : le délire de l’imagination est excusable, pas celui de l’entendement
L’imagination est peut-être excusable s’il lui arrive parfois de délirer, c’est-à-dire de ne pas se renfermer prudemment dans les limites de l’expérience, car au moins elle est animée et fortifiée par un libre saut, et il lui sera toujours plus facile de modérer son audace que d’exciter sa langueur. Mais que l’entendement, qui doit penser, délire au contraire, c’est ce qu’on ne peut jamais lui passer ; car sur lui seul se fonde tout l’espoir de mettre autant que possible des bornes au délire de l’imagination. C’est ce qu’il entreprend avec beaucoup de retenue i et de modestie. Il commence par tirer au clair les I connaissances élémentaires qui peuvent résider en lui I avant toute expérience, mais qui doivent néanmoins I avoir toujours leur application dans l’expérience. Il oublie peu à peu ces limites; qu’est-ce qui pourrait l’en empêcher, puisque entièrement libre, il a tiré ses principes de lui-même?
396 Hermann Cohen, La Théorie kantienne de l’expérience : Kant dans la filiation de Platon par le biais des maths, un même « esprit scientifique »
Dit que va traiter de « la compréhension scientifique de la critique » précise : va faire en sorte de faire la place à l’esprit scientifique authentique de la critique
« l’esprit qui relie platon à kant en passant par Cues, galilée, descartes, newton et leibniz, cet esprit de la philosophie, est l’esprit de la philosophie scientifique. L’esprit de cette philosophie qui, par opposition à tout ce qui se prétend philosophie, est défini par son lien avec la science ; et c’est en vertu de ce lien qu’avec l’a priori de leibniz l’a priori de kant a de nouveau été produit »
Ce qui se prétend injustement philosophie ? une certaine forme de romantisme, qui se prétend philosophique alors qu’il n’est que poésie
= exaltation d’une subjectivité
Etonnant : inscrit kant dans une continuité avec platon, aussi bien qu’avec descartes et leibniz alors même que kant critique platon en son dogmatisme ornithique mais kant le fait sur la base de leur commun rapport aux mathématiques
Cohen propose une interprétation de la critique sur la base du calcul infinitésimal
494 Galilée, Lettre, 21/12/1613 : Ecriture diverge de la Nature seulement pour la rendre compréhensible aux hommes
(...) L'Ecriture sainte et la nature procèdent également du Verbe divin, la première en tant que décret de l'Esprit saint et la seconde en tant qu'exécutante très obéissante des ordres de Dieu. L'Ecriture cependant, pour s'accommoder à l'entendement du vulgaire, consent à dire dans son expression littérale beaucoup de choses éloignées de la vérité absolue. La nature au contraire est inexorable, immuable et nullement soucieuse que ses raisons cachées et les voies par lesquelles elle opère soient exposés ou non à la compréhension des hommes, parce qu'elle ne transgresse jamais les lois qui lui sont imposées. Il est par conséquent évident qu'aucun fait naturel, que l'expérience sensible nous met devant les yeux ou que nous concluons nécessairement de nos démonstrations, ne devra en aucune manière être mis en doute par les passages de l'Ecriture dont le sens littéral serait différent (...)
491 Spinoza, Traité de la réforme de l'entendement : point besoin de méthode de la méthode pour la rech de la vérité
- l’esprit humain se crée peu à peu ses instruments et progresse avec eux
Pour trouver la meilleure méthode de recherche de la vérité, nous n'aurons pas besoin d'une méthode par laquelle nous rechercherions cette méthode de recherche, et pour rechercher cette seconde méthode nous n'aurons pas besoin d'une troisième et ainsi de suite à l'infini ; car de cette façon nous ne parviendrions jamais à la connaissance de la vérité ni même à aucune connaissance. Il en est de cela tout de même que des instruments matériels, lesquels donneraient lieu à pareil raisonnement. Pour forger le fer en effet, on a besoin d'un marteau et pour avoir un marteau il faut le faire ; pour cela un autre marteau, d'autres instruments sont nécessaires et, pour avoir ces instruments, d'autres encore et ainsi de suite à l'infini ; par où l'on pourrait s'efforcer vainement de prouver que les hommes n'ont aucun pouvoir de forger le fer. En réalité les hommes ont pu, avec les instruments naturels, venir à bout, bien qu'avec peine et imparfaitement, de certaines besognes très faciles. Les ayant achevées, ils en ont exécuté de plus difficiles avec une peine moindre et plus parfaitement et, allant ainsi par degrés des travaux les plus simples aux instruments, de ces instruments à d'autres travaux et d'autres instruments, par un progrès constant, ils sont parvenus enfin à exécuter tant d'ouvrages et de si difficiles avec très peu de peine. De même l'entendement avec sa puissance native, se façonne des instruments intellectuels par lesquels il accroît ses forces pour accomplir d'autres œuvres intellectuelles ; de ces dernières il tire d'autres instruments, c'est-à-dire le pouvoir de pousser plus loin sa recherche, et il continue ainsi à progresser jusqu'à ce qu'il soit parvenu au faîte de la sagesse. Qu'il en soit ainsi pour l'entendement, on le verra aisément, pourvu que l'on comprenne en quoi consiste la méthode de recherche de la vérité, et quels sont ces instruments naturels par la seule aide desquels il en façonne d'autres lui permettant d'aller de l'avant.
490 Marx, Introduction générale à la critique de l'économie politique : les dieux grecs maîtrisent la nature ; or la technique moderne aussi : le DIVIN vs la TECHNIQUE
Qu'est-ce que Vulcain auprès de Roberts and Co, Jupiter auprès du paratonnerre et Hermès auprès du Crédit mobilier ? Toute mythologie maîtrise, domine les forces de la nature dans le domaine de l'imagination et par l'imagination, et elle leur donne forme : elle disparaît donc quand ces forces sont dominées réellement. Que devient Fama à côté de Printing-house square ? L'art grec suppose la mythologie grecque, c'est-à-dire l'élaboration artistique mais inconsciente de la nature et des formes sociales elles-mêmes par l'imagination populaire. Ce sont là ses matériaux. (...) Donc en aucun cas (ne peut en être la terre nourricière) une société arrivée à un stade de développement excluant tout rapport mythologique avec la nature, tout rapport générateur de mythes, exigeant donc de l'artiste une imagination indépendante de la mythologie. (...)
485 THESES SUR FEURBACH, MARX : la praxis conditionne la philosophie
Le principal défaut, jusqu'ici, du matérialisme de tous les philosophes - y compris celui de Feuerbach - est que l'objet, la réalité, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activité humaine concrète, en tant que pratique, de façon non subjective.
Praxis = ensemble des activités matérielles par lesquelles les hommes changent le monde et se changent eux-mêmes animaux ne créent pas eux leurs conditions d’existence praxis = moteur de l’histoire, même intellectuelle : donc ne pas séparer (Aristote le fait) la théorie de la praxis, marx subordonne la théorie à la pratique (cf origine droits de l’homme = ascension bourgeoisie)
C’est dans la pratique qu’est la réalité or praxis ≠ individuelle, mais sociale, collective : donc pas de subjectivité
C’est le mode de production matérielle qui conditionne la vie sociale, économique, culturelle, les arts, l’histoire…
Vérité = pratique
458 Érasme, Éloge de la folie TROP DE SAGESSE REND INAPTE AU MONDE
Il est facile de juger à quel point les philosophes sont inaptes aux choses de la vie par l’exemple de Socrate ; ce sage unique au dire peu sage de l’oracle d’Apollon, lequel, obligé à traiter en public je ne sais quelle affaire, s’en tira si mal qu’il emporta les huées de tout son auditoire. Force nous est bien pourtant d’avouer que Socrate n’était pas déjà tant fou lorsqu’il refusait le titre de sage pour l’attribuer à Dieu seul, ou lorsqu’il recommandait au philosophe de se tenir éloigné de la politique ; bien qu’il eût mieux fait au fond d’enseigner qu’on doit s’abstenir de la sagesse, lorsqu’on veut véritablement compter parmi les hommes. La cause de sa condamnation à boire la ciguë est-elle autre chose que son excès de sagesse ? (…) Que dire encore de Théophraste, lui qui s’avança un jour dans une assemblée pour y prendre la parole, et resta coi comme en face d’un loup. Ce gaillard-là n’était-il pas bien propre à exciter le courage des soldats au fort de la bataille ? (…) Mais parler ainsi n’est-ce pas précisément reconnaître que la sagesse est un obstacle à bien faire ? Que serait-il advenu de ces philosophes, s’il eût fallu qu’ils s’escrimassent pour tout de bon avec le fer, eux qui s’évanouissaient déjà de peur à l’idée de se battre à coups de langue ? Malgré ce, Dieu sait comme on fait sonner le mot célèbre de Platon : Heureux seraient les peuples si les rois étaient philosophes, ou si les philosophes étaient rois ! Interrogez l’histoire, vous resterez convaincus que les États pâtirent toutes les fois que le pouvoir a été entre les mains d’un philosophe ou d’un homme de lettres. L’exemple des deux Caton, si je ne me trompe, est bien suffisant pour le prouver
620 Platon, Lettre VII : ma science est indicible, dans ses premiers principes
Pour ceux qui ont écrit ou [341c] écriront ce qu’ils croient être mes véritables principes, qu’ils prétendent les avoir appris de moi-même ou d’autres, ou même les avoir découverts par leurs propres efforts, je déclare qu’à mon avis ils n’en peuvent savoir un mot. Je n’ai jamais rien écrit et je n’écrirai jamais rien sur ces matières. Cette science ne s’enseigne pas comme les autres avec des mots ; mais, après un long commerce, une vie passée ensemble dans la méditation de ces mêmes choses, elle jaillit tout-à-coup comme une étincelle [341d], et devient pour l’âme un aliment qui la soutient à lui seul, sans autre secours. Je sais bien que mes écrits ou mes paroles ne seraient pas sans mérite ; s’ils étaient mauvais, j’en aurais un grand chagrin. Si j’avais cru qu’il était bon de livrer cette science au peuple par mes écrits ou par mes paroles, qu’aurais-je pu faire de mieux dans ma vie que d’écrire une chose si utile aux hommes, et de faire connaître [341e] à tous les merveilles de la nature ? Mais je crois que de tels enseignements ne conviennent qu’au petit nombre d’hommes qui, sur de premières indications, savent eux-mêmes découvrir la vérité. Quant aux autres, on ne ferait que leur inspirer un fâcheux mépris, ou les remplir de la vaine et superbe confiance [342a] qu’ils ont acquis-les plus sublimes connaissances.
643 Karl Popper, Conjectures et réfutations : le freudisme, non réfutable = pas une science
Selon Karl Popper, cette hypothèse ne serait pas scientifique car non réfutable (elle n'est pas assez précise pour s'exposer à la réfutation par l'expérience). Et toute la psychanalyse n'est qu'une pseudo-science, comme le marxisme, le darwinisme et l'astrologie.
666 (persevare diabolicum) Aristote, Métaphysique A 2 : la métaphysique dévoile la fin de toutes choses = le bien, le souverain bien ; donc la méta = la philosophie qui doit être la science des premiers principes et des 1eres causes (identité de buts ?)
– La science la plus élevée, et qui est supérieure à toute science subordonnée, est celle qui connaît en vue de quelle fin il faut faire chaque chose. Et cette fin est le bien de chaque être, et, d’une manière générale, c’est le souverain Bien dans l’ensemble de la nature.
De toutes ces considérations il résulte que c’est à la même science que s’applique le nom de philosophie : ce doit être, en effet, la science théorétique des premiers principes et des premières causes, car le bien, c’est-à-dire la fin, est l’une de ces causes
– La philosophie aura d’ailleurs autant de parties qu’il y a de substances et il y aura donc nécessairement, au nombre de ces branches de la philosophie, une philosophie première, et après, une philosophie seconde.…...
...he purpose of ethics for Aristotle is simply to find the ultimate purpose of human life, once again demonstrating his emphasis on teleology. Ethics falls under the category of practical sciences, since its concern is not knowledge for its own sake but rather for the purpose of application. Aristotle first recognizes that happiness is the ultimate good, since all other goods are intermediate while happiness is final. We pursue other goods to achieve happiness, but happiness is valuable in itself. The problem then becomes the question of how to achieve happiness. Pleasure is undeniably the motivation behind many actions, but it puts humans on the level of animals. Honor is another possibility, but it places too much emphasis on the praise of others. Aristotle concludes that the means of happiness–and hence the purpose of human existence–is virtue. Virtue involves habit and choice. By making the proper decisions, we eventually develop a virtuous habit or disposition, so that we need not run through the catalogue of options every time a moral dilemma presents itself. Rather, we act according to our disposition, which has been cultivated by past choices. The question then arises: how do we make the right choices? For Aristotle, the virtuous choice was the mean between two extremes: excess and defect. For example, between profligacy and insensibility there lies self-discipline; between obsequiousness and coldness there lies friendliness. Aristotle goes on to discuss the concept......
...something beyond or before the other perceptible elements. This way it would not be opposed to any of them as they are to each other. The perceptible elements would then be precipitated out of the Unbounded much as rain is precipitated out of clouds. This proposal is remarkable because a) it is a rational criticism of a previous philosophical theory, the first we know of in the Western tradition and b) it proposes the existence of a source of perceptible things which is not itself perceptible. This is something that is often called a "theoretical entity." An entity is a thing (from the Latin, entitas, and a theoretical entity is one that is called for by a an explanatory theory. It is of course a very important problem in philosophy and in science whether or not one should propose the existence of theoretical entities. When a proposed theoretical entity later on becomes perceptible by the invention of some new instrument like a telescope or microscope, the proposal has been successful. If it does not, or it seems that it perhaps may never be observed, it is another question. However, Anaximander seems to deserve credit for employing a new form of explanation. Another interesting point about Anaximander's theory is that he believes that the opposed elements, once they have been precipitated out of the undifferentiated Unbounded, are at war with one another. This is due to their inherent opposition. The qualities of the elements, that they are Hot, Cold, Wet and Dry,......
...Aristotle (384—322 B.C.E.) Aristotle is a towering figure in ancient Greek philosophy, making contributions to logic, metaphysics, mathematics, physics, biology, botany, ethics, politics, agriculture, medicine, dance and theatre. He was a student of Plato who in turn studied under Socrates. He was more empirically-minded than Plato or Socrates and is famous for rejecting Plato's theory of forms. As a prolific writer and polymath, Aristotle radically transformed most, if not all, areas of knowledge he touched. It is no wonder that Aquinas referred to him simply as "The Philosopher." In his lifetime, Aristotle wrote as many as 200 treatises, of which only 31 survive. Unfortunately for us, these works are in the form of lecture notes and draft manuscripts never intended for general readership, so they do not demonstrate his reputed polished prose style which attracted many great followers, including the Roman Cicero. Aristotle was the first to classify areas of human knowledge into distinct disciplines such as mathematics, biology, and ethics. Some of these classifications are still used today. As the father of the field of logic, he was the first to develop a formalized system for reasoning. Aristotle observed that the validity of any argument can be determined by its structure rather than its content. A classic example of a valid argument is his syllogism: All men are mortal; Socrates is a man; therefore, Socrates is mortal. Given the structure of this argument, as long as......
...Science is not extraordinary, nor is its contemporary indication the aftereffect of inexplicable conception. In the event that we remain in amazement of Science, we remain in stunning of ourselves. The historical backdrop of science is not just an argumentative improvement of a relationship of individuals with nature, additionally of researchers with their hypotheses, and researchers with society. We can summarize three interrelated qualities: 1. The relationship between metaphysics and science. Early science was supernatural and bound up with religious convictions about nature and the universe. 2. The social position of science. This involves various attributes. The main is the division of investigative movement and regular action. The second is the relationship in the middle of science and society, in which the character or force of one has been a developmental impact upon the other. The third trademark is the force of science can be used or force: tested from society. 3. The cognitive development of human beings. The learning limit and thinking capacity of researchers has created and expanded incrementally through the historical backdrop of science. The subjective capacities of researchers at every phase of science have been an essential trademark and at times constraining element. Science in the twentieth century It is ordinary these days for researchers and science journalists to grumble about the absence of general society comprehension of science. In any......
Mktg303 Marketing Strategy Essay

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