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5A_445/2014 (28.08.2014)
5A_445/2014 � � Arr�t du 28 ao�t 2014
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 1er avril 2014.
A.X.________, n� en 1956, et B.X.________ n�e en 1961, se sont mari�s le 30 mars 1990. Deux enfants, actuellement majeurs, sont issus de leur union: C.________, n�e en 1990, et D.________, n�e en 1992.
Le 29 ao�t 2013, l'�pouse a requis des mesures protectrices de l'union conjugale. A l'issue de l'audience du 15 novembre 2013, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a fix� aux parties un d�lai au 16 d�cembre suivant pour d�poser des d�terminations valant plaidoiries.
Par prononc� du 13 janvier 2014, ce magistrat a astreint le mari � verser � l'�pouse, d�s le 1er septembre 2013, une contribution d'entretien d'un montant de 3'800 fr. par mois, et dit que celui-ci continuerait � prendre � sa charge la moiti� des frais extraordinaires de la villa conjugale copropri�t� des conjoints. Pour fixer la pension, cette magistrate a appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Constatant que le mari n'avait pas rendu vraisemblable qu'une partie de son solde disponible, qui s'�levait � 6'878 fr. 10, faisait l'objet d'une �pargne, elle a consid�r� qu'il se justifiait qu'il couvre le d�ficit de l'�pouse et que l'exc�dent soit r�parti par moiti� entre les parties.
Par arr�t du 1er avril 2014, notifi� le 23 avril suivant, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a rejet� l'appel form� par le mari et confirm� le prononc� du 13 janvier 2014.
Par acte du 26 mai 2014, le mari exerce un recours en mati�re civile contre l'arr�t pr�cit�. Il conclut, principalement, � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de continuer � payer les charges hypoth�caires de l'ancien domicile conjugal, � ce qu'il y soit condamn� en tant que de besoin, � ce que le canton de Vaud soit condamn� en tous les frais de l'instance f�d�rale, lesquels comprendront une �quitable indemnit� � titre de participation aux honoraires de son avocat, et � ce que tout opposant soit d�bout� de toute autre ou contraire conclusion. Subsidiairement, il conclut � l'annulation de l'arr�t attaqu�, au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants, � ce que le canton de Vaud soit condamn� en tous les frais de l'instance f�d�rale, lesquels comprendront une �quitable indemnit� � titre de participation aux honoraires de son avocat, et � ce que tout opposant soit d�bout� de toute autre ou contraire conclusion.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4) prise en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par l'autorit� sup�rieure du canton statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 et 4, 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
1.2.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur le prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 � 179 CC), soit de mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 134 III 667 consid. 1.1; 133 III 393 consid. 5), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e. Il n'examine en outre les griefs de violation de tels droits que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2; 134 I 83 consid. 3.2). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3; 133 II 396 consid. 3.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 139 II 404 consid. 10.1).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t d�f�r� que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 393 consid. 7.1, 585 consid. 4.1).
1.4.�Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort du litige. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme en l'esp�ce, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3; 127 III 474 consid. 2b/bb).
1.5.�D'apr�s la jurisprudence, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 140 III 16 consid. 2).
Le recourant reproche au juge cantonal d'avoir refus�, sans justification, de prendre en consid�ration les pi�ces produites � l'appui de son appel. Il se plaint sur ce point d'une violation de son droit � la preuve (art. 29 al. 2 Cst.), d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits ainsi que d'application arbitraire de l'art. 317 al. 1 CPC.
2.1.�Selon l'art. 317 al. 1 CPC, un moyen de preuve nouveau n'est pris en compte au stade de l'appel que s'il est produit sans retard (let. a) et ne pouvait l'�tre devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Pour les pseudo�
nova, il appartient au plaideur qui entend les invoquer devant l'instance d'appel de d�montrer qu'il a fait preuve de la diligence requise, ce qui implique notamment d'exposer pr�cis�ment les raisons pour lesquelles le moyen de preuve n'a pas pu �tre produit en premi�re instance. Dans le syst�me du CPC, tous les faits et moyens de preuve doivent en principe �tre apport�s dans la proc�dure de premi�re instance; la diligence requise suppose donc qu'� ce stade, chaque partie expose l'�tat de fait de mani�re soigneuse et compl�te et qu'elle am�ne tous les �l�ments propres � �tablir les faits jug�s importants (arr�ts 5A_739/2012 du 17 mai 2013 consid. 9.2.2; 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 consid. 3.1). S'agissant d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, soumise � la maxime inquisitoire, le tribunal de premi�re instance admet les faits et moyens de preuve nouveaux jusqu'aux d�lib�rations (art. 229 al. 3 CPC en lien avec l'art. 272 CPC; Naegeli/Mayhall, in Oberhammer/Domej/Haas [Hrsg.], Kurzkommentar zur ZPO, 2e �d. 2014, n. 19 ad art. 229 CPC). Ni le texte l�gal ni les travaux pr�paratoires ne pr�cisent ce qu'il faut entendre par �jusqu'aux d�lib�rations�. Pour les juridictions fonctionnant avec un juge unique, la d�lib�ration correspond en r�alit� au moment de la prise de d�cision, activit� purement intellectuelle et qui ne s'ext�riorise d'aucune mani�re. Dans ce cas, la phase de prise de d�cision commence d�s la cl�ture des d�bats principaux, soit la fin des plaidoiries orales, lorsqu'il y en a, ou l'�ch�ance du d�lai, le cas �ch�ant prolong�, pour d�poser des plaidoiries �crites selon l'art. 232 al. 2 CPC (Denis Tappy, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n. 27 ad art. 229 CPC; Fran�ois Chaix, L'apport des faits au proc�s, in Proc�dure civile suisse, Fran�ois Bohnet [�d.], 2010, n. 46 p. 132; cf. ATF 138 III 788 consid. 4.2; arr�t 5A_22/2014 du 13 mai 2014).
2.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a notamment consid�r� que, parmi les �l�ments nouveaux invoqu�s par le mari, les mouvements de compte mentionn�s dans le d�compte d'int�r�ts au 31 d�cembre 2013 relatif � la maison familiale (pi�ce 103) ainsi que les int�r�ts hypoth�caires dus pour le chalet des �poux (pi�ce 107) auraient pu �tre all�gu�s en premi�re instance. En outre, le contrat de pr�t hypoth�caire du 15 d�cembre 2013 relatif au chalet (pi�ce 106) aurait pu �tre produit ant�rieurement au prononc� du 13 janvier 2014. Ces pi�ces ne pouvaient d�s lors �tre prises en consid�ration.
Les d�bits indiqu�s dans la pi�ce 103 sont dat�s des 29 mars 2013 (2'170 fr.), 28 juin 2013 (2'058 fr.), 30 septembre 2013 (2'016 fr.) et 31 d�cembre 2013 (1'960 fr.). Le recourant soutient que seul ce dernier montant ne figurait pas dans le d�compte produit le 13 novembre 2013, cette �ch�ance hypoth�caire �tant post�rieure � la cl�ture des d�bats de premi�re instance. Il n'expose cependant pas pour quelle raison il aurait �t� emp�ch� d'all�guer, � tout le moins dans son proc�d� �crit du 16 d�cembre 2013- soit dans le d�lai fix� aux parties par le juge de premi�re instance pour d�poser des d�terminations valant plaidoiries -, qu'il y avait lieu de tenir compte d'une baisse des int�r�ts hypoth�caires en question pour les mois d'octobre, novembre et d�cembre 2013, ni pourquoi il n'a pas demand� un d�lai pour produire des pi�ces � ce sujet. Le Juge d�l�gu� ne peut d�s lors se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire sur ce point. Au demeurant, le montant des int�r�ts litigieux variant de trimestre en trimestre, comme l'indique le recourant, il n'�tait de toute fa�on pas insoutenable de consid�rer, � l'instar de l'autorit� cantonale, qu'il n'y avait pas lieu de revenir, au stade des mesures protectrices, sur le montant calcul� de mani�re fid�le aux pi�ces dont disposait le premier juge, montant qui �tait au demeurant tr�s proche de celui invoqu� par le mari.
Quant aux int�r�ts hypoth�caires dus pour le chalet, le recourant affirme que leur montant ne lui �tait pas connu avant le dernier �change d'�critures des parties, fix� au 16 d�cembre 2013, le contrat de pr�t relatif � cet immeuble (pi�ce 106) ayant �t� conclu la veille et le �cr�dit-facture� attestant dudit montant (pi�ce 107) datant du 31 d�cembre 2013. A supposer qu'il n'ait pas encore eu connaissance de la somme exacte qui devrait �tre pay�e � ce titre, il ne pouvait cependant ignorer, au plus tard le 16 d�cembre 2013 - le contrat y relatif �tant dat� du 15 d�cembre pr�c�dent - l'existence m�me de cette charge. Or, quand bien m�me il ne disposait pas encore de toutes les pi�ces n�cessaires pour �tayer son all�gation, la diligence commandait d'invoquer ladite charge devant la Pr�sidente du Tribunal d'arrondissement, ce que le recourant ne pr�tend pas avoir fait. Il ne ressort d'ailleurs ni de l'arr�t d�f�r�, ni du prononc� de premi�re instance qu'une telle all�gation ait �t� formul�e.
On ne saurait ainsi reprocher au Juge d�l�gu� d'avoir appliqu� l'art. 317 al. 1 CPC de mani�re insoutenable en estimant qu'il n'y avait pas lieu de prendre les pi�ces litigieuses en consid�ration. Le sort de ce grief scelle �galement, et dans le m�me sens, celui de la violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), qui se r�v�le mal fond�. Le magistrat pr�c�dent n'avait donc pas � appr�cier le contenu de ces pi�ces et, contrairement � ce que soutient le recourant, il ne pouvait � cet �gard faire preuve d'arbitraire (art. 9 Cst.).
3.1.�L'autorit� cantonale aurait de surcro�t arbitrairement appr�ci� les preuves et �tabli les faits en retenant, d'une part, que l'intim�e n'�tait pas en mesure de travailler � un taux sup�rieur � 60% pour des raisons de sant� et, d'autre part, que les conjoints ne r�alisaient pas d'�conomies durant la vie commune, alors qu'ils sont copropri�taires d'une villa et d'un chalet. Le recourant invoque aussi sur ce point la violation des art. 150 al. 1 et 151 CPC.
3.2.�Selon l'arr�t attaqu�, l'�pouse, qui est hygi�niste dentaire, travaille � un taux de 60%, soit deux jours par semaine en qualit� d'ind�pendante et un jour par semaine en tant que salari�e. Il ressort en outre de la d�cision querell�e que l'intim�e a d�clar� qu'elle n'�tait pas en mesure d'augmenter son temps de travail en raison de probl�mes de sant�, qui l'auraient �galement oblig�e � recourir aux services d'un jardinier pour l'entretien du jardin de la maison familiale. La cour cantonale a consid�r� que cet �l�ment de fait avait �t� rendu vraisemblable et qu'on ne pouvait exiger d'elle, au stade des mesures protectrices de l'union conjugale, qu'elle augmente son taux d'activit�. Le recourant le conteste. Il soutient que l'intim�e n'a jamais all�gu�, ni�
a fortiori�rendu vraisemblable, que des probl�mes de sant� l'emp�chaient de travailler davantage. Ce faisant, il ne d�montre pas, conform�ment aux exigences de motivation d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. supra, consid. 1.2), qu'il serait insoutenable, en l'�tat, de ne pas obliger l'�pouse � augmenter son temps de travail, compte tenu de la dur�e de la vie commune et de l'�ge de l'intim�e au moment de la s�paration. Quant � la constatation relative � l'absence d'�pargne des parties, son incidence n'est pas celle que le recourant lui conf�re (cf. infra, consid. 5.2), en sorte que la critique est irrecevable (art. 97 al. 1 LTF). Les art. 150 al. 1 et 151 CPC n'apparaissent donc pas non plus viol�s.
Le recourant se plaint encore d'arbitraire dans l'application des art. 125 et 163 CC. Il soutient que, selon la jurisprudence, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce doivent �tre pris en consid�ration lorsque, comme dans le cas particulier, le lien conjugal est irr�m�diablement rompu. Par cons�quent, la situation aurait d� �tre examin�e � la lumi�re du principe du�
clean break.�Il estime que le juge pr�c�dent a consid�r� � tort qu'on ne pouvait exiger de l'intim�e qu'elle augmente son temps de travail au motif qu'elle aurait des probl�mes de sant� et compte tenu du stade de la proc�dure.
4.1.�M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). Tant que dure le mariage, les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facult�s (art. 163 al. 2 CC), aux frais suppl�mentaires engendr�s par l'existence parall�le de deux m�nages. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties, le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constituant la limite sup�rieure du droit � l'entretien. Il s'agit d'un principe g�n�ral qui s'applique ind�pendamment de la m�thode de fixation de la pension (m�thode fond�e sur les d�penses effectives; m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent [sur la distinction entre ces deux m�thodes: cf. infra, consid. 5.1]). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1; 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b et les r�f�rences; arr�ts 5A_15/2014 du 28 juillet 2014; 5A_36/2014 du 9 juillet 2014 consid. 4.1 et les r�f�rences).
Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune, afin de l'adapter � ces faits nouveaux. C'est dans ce sens qu'il y a lieu de comprendre la jurisprudence consacr�e dans l'arr�t paru aux ATF 128 III 65, qui admet que le juge doit prendre en consid�ration, dans le cadre de l'art. 163 CC, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce (art. 125 CC) pour statuer sur la contribution d'entretien et, en particulier, sur la question de la reprise ou de l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; arr�ts 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.2; 5A_807/2011 du 16 avril 2012 consid. 6.3.1; cf. aussi: arr�ts 5A_304/2013 du 1er novembre 2013 consid. 4.1, publi� in SJ 2014 I 245; 5A_122/2011 du 9 juin 2011 consid. 4). Ainsi, l'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'arr�t paru aux ATF 128 III 65).
4.2.�Compte tenu de ces principes, l'argumentation du recourant est infond�e s'agissant, en l'esp�ce, d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale et non de divorce (arr�ts 5A_757/2013 du 14 juillet 2014 consid. 5; 5A_304/2013 du 1er novembre 2013 consid. 4.2; 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.3). Lorsque la jurisprudence susmentionn�e pr�cise qu'il faut tenir compte, dans le cadre de l'art. 163 CC, des crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce pour statuer sur la contribution d'entretien, il ne s'agit pas d'appliquer en tant que tels les crit�res de l'art. 125 CC dans la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, mais bien d'examiner, lorsque la reprise de la vie commune n'est plus envisageable, dans quelle mesure on peut exiger du conjoint d�sormais d�charg� de la tenue du m�nage qu'il mette � profit son temps disponible pour prendre une activit� lucrative ou augmenter son temps de travail de la m�me mani�re qu'on aurait pu l'exiger de lui dans la proc�dure au fond. En l'occurrence, l'autorit� cantonale a proc�d� � cet examen, consid�rant toutefois, sans que le recourant n'ait d�montr� d'arbitraire � ce sujet (cf. supra, consid. 3), qu'on ne pouvait, en l'�tat, imputer � l'�pouse un revenu sup�rieur � celui qu'elle r�alisait. Cette opinion repose sur l'art. 163 al. 1 CC et non sur l'art. 125 CC, d�s lors qu'il s'agissait de d�finir la participation de l'�pouse, selon ses facult�s, � l'augmentation des charges inh�rentes � la tenue de deux m�nages distincts et, par cons�quent, sa contribution � l'entretien convenable de la famille. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, le principe du�
clean break�ne joue, en tant que tel, pas de r�le dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale (cf. pour les mesures provisionnelles de divorce: arr�ts 5A_15/2014 du 28 juillet 2014 consid. 5.3; 5A_860/2013 du 29 janvier 2014 consid. 6 in fine; 5A_228/2012 du 11 juin 2012 consid. 4.3). Au demeurant, le recourant ne pr�tend pas que le train de vie du couple ne pourrait �tre maintenu ensuite de la s�paration des parties; il ne soutient pas non plus que la contribution d'entretien de 3'800 fr. due � l'�pouse, ajout�e au revenu de 4'665 fr. 40 retenu pour cette derni�re, lui offrirait un train de vie sup�rieur � celui que les conjoints menaient durant la vie commune, lequel ne r�sulte de surcro�t pas des constatations de fait de l'arr�t attaqu�. Il n'y a donc pas lieu d'examiner ces questions (art. 106 al. 2 LTF; cf. supra, consid. 1.2).
Le recourant reproche aussi au Juge d�l�gu� d'avoir arbitrairement appliqu� les art. 163 et 125 CC en utilisant la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent, consid�rant � tort que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies. Le raisonnement de l'autorit� cantonale reposerait au surplus sur une motivation insuffisante, ce qui violerait son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.).
5.1.�En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il convient plut�t de se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (arr�ts 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Le principe de l'�galit� de traitement des �poux en cas de vie s�par�e ne doit en effet pas conduire � ce que, par le biais d'un partage du revenu global, se produise un d�placement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 121 I 97 consid. 3b; 114 II 26 consid. 8). Il est toutefois admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses concr�tes lorsque les �poux d�pensaient l'entier de leurs revenus, ce qui est le cas lorsqu'il est �tabli qu'ils ne r�alisaient pas d'�conomies, lorsque le d�birentier ne d�montre pas que les conjoints ont r�ellement fait des �conomies ou encore lorsqu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant (ATF 134 III 145 consid. 4; 119 II 314 consid. 4b). En effet, dans ce cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es � chacune des parties (arr�ts 5A_323/2012 du 8 ao�t 2012 consid. 5.1, non publi� aux ATF 138 III 672; 5A_63/2012 du 20 juin 2012 consid. 6.1; 5A_860/2011 du 11 juin 2012 consid. 5.1; cf. pour une contribution apr�s divorce: ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
5.2.�Dans une argumentation essentiellement appellatoire, le recourant se borne � affirmer qu'il est exclu de consid�rer qu'aucune �conomie n'a �t� rendue vraisemblable, d�s lors que les parties sont copropri�taires d'une villa et d'un chalet. Il ne pr�cise toutefois pas le montant des fonds, provenant de l'�pargne des �poux, qui auraient �t� investis dans ces immeubles. En admettant que tel ait �t� le cas avant, il ne pr�tend pas non plus que les parties continueraient d'�pargner depuis la s�paration, nonobstant l'augmentation des frais li�s � l'existence de deux m�nages distincts. Dans ces conditions, il ne d�montre pas que l'application de la m�thode du minimum vital permettrait � l'�pouse de b�n�ficier d'un niveau de vie sup�rieur � celui men� par le couple durant la vie commune ni, partant, qu'elle anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (cf. arr�ts 5A_323/2012 du 8 ao�t 2012 consid. 5.3, non publi� in ATF 138 III 672; 5A_63/2012 du 20 juin 2012 consid. 6.3). On ne discerne pas non plus en quoi le droit � une d�cision motiv�e aurait �t� viol�. Autant qu'il est recevable, le grief est par cons�quent infond�.
En conclusion, le recours appara�t mal fond� et doit par cons�quent �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Le recourant, qui succombe, supportera d�s lors les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre.
Lausanne, le 28 ao�t 2014
von Werdt�������Mairot

References: ATF 
 art. 229
 art. 229
 ATF 
 art. 150
 art. 150
 art. 125
 ATF 
 ATF 
in fine
 art. 163
 ATF 
 ATF 
 ATF