Source: http://zims-fr.kiwix.campusafrica.gos.orange.com/wikipedia_fr_all_maxi/A/%C3%89picure
Timestamp: 2020-08-05 11:27:57+00:00

Document:
Épicure (en grec Έπίκουρος / Epicouros) est un philosophe grec, né à la fin de l'année 342 av. J.-C. ou au début de l'année 341 av. J.-C. et mort en 270 av. J.-C. Il est le fondateur, en 306 av. J.-C., de l'épicurisme, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité. En physique, il soutient comme Démocrite que tout ce qui existe est composé d'atomes indivisibles. Les atomes se meuvent aléatoirement dans le vide et peuvent se combiner pour former des agrégats de matière. L'âme en particulier serait un de ces agrégats d'atomes, et non une entité spirituelle, notamment d'après son disciple Lucrèce. En éthique, le philosophe grec défend l'idée que le souverain bien est le plaisir, passant avant toute chose par l'« absence de douleur » (voir l'article Ataraxie). En logique ou épistémologie, Épicure considère que la sensation est à l'origine de toute connaissance et annonce ainsi l'empirisme.
Samos ou Athènes
Épicure fut un auteur extrêmement prolifique, Diogène Laërce, biographe tardif et principale source sur sa vie, cite au moins trois cents écrits, mais seuls quelques fragments et des abrégés, ses Lettres, ont subsisté.
Épicure, né à Samos selon une tradition[1], ou selon l'opinion la plus courante rapportée par Diogène Laërce, à Athènes, dans le dème de Gargettios, en 341 av. J.-C.. Son père, Néoclès, enseignait la grammaire et sa mère, Chérestrate, était magicienne. Épicure semble avoir été élevé à Samos (peut-être même y est-il né, son père étant un colon athénien), puis il vint à Athènes pour y accomplir son service militaire vers l'âge de 18 ans, avant de partir rejoindre son père à Colophon, au nord de Samos, en 323 av. J.-C. Il y resta jusqu'en 321 av. J.-C. et y reçut les leçons de Nausiphane. Il gagne ensuite Mytilène où il commence à enseigner. Sa philosophie suscite alors l'hostilité (mais il y rencontre son disciple et futur successeur Hermarque) et il part rapidement pour Lampsaque où il vivra de 310 à 306 av. J.-C. Il y rencontre Colotès, Métrodore et Idoménée de Lampsaque qui le suivront à Athènes.
En 306 av. J.-C., à 35 ans, il vient s'installer à Athènes qui venait d'être délivrée par Démétrios Poliorcète et il y acheta un jardin pour 80 mines ; l'école du Jardin devint le centre des études épicuriennes. Il y passa le reste de sa vie. C'est pendant cette dernière période qu'il écrit un très grand nombre de ses œuvres et de ses lettres ; il est l'un de ceux qui ont le plus écrit dans l'Antiquité (300 ouvrages semble-t-il). Il a pour disciples : Hérodote (homonyme de l'historien), Pythoclès, Hermarque de Mytilène, Métrodore de Chio, Polyen de Lampsaque, Léontée de Lampsaque, Thémista, Léontion, Colotès et Apollonidès.
La vie qu'il mène dans son jardin est simple et frugale ; il est végétalien (il mange tout de même à l'occasion du fromage). Selon Dioclès, cité par Diogène Laërce, « un verre de vin lui suffisait, et il buvait de préférence de l'eau ». Le Jardin est pourtant passé pour un lieu de débauche, mais de telles accusations semblent calomnieuses, au regard de l'habitude des philosophes de lancer des accusations douteuses contre leurs adversaires. L'image d'Épicure est devenue celle d'un impie et d'un débauché, Horace usant même du sobriquet de « pourceau »[2].
Sa philosophie prône le contentement (de ses avoirs, de son état affectif, de son rang social) et la vie communautaire entre amis dans un bonheur stable. Elle s'oppose avec force au platonisme et, de manière plus mesurée, à la doctrine d'Aristote (des fragments nous font voir en Épicure un lecteur consciencieux de ce dernier) ; quant à l'héritage démocritéen, l'atomisme épicurien n'en est pas une simple copie : Épicure modifie certaines idées de Démocrite et ajoute le concept très important de clinamen (voir plus bas le chapitre sur la physique d'Épicure). Épicure s'attribue injustement l'ouvrage de Démocrite à propos de l'atomisme[3].
Cet orgueil de philosophe mis de côté, Épicure est décrit comme un ami fidèle et bienveillant, d'un naturel sympathique : « Sa vertu fut marquée en d'illustres caractères, par la reconnaissance et la piété qu'il eut envers ses parents et par la douceur avec laquelle il traita ses esclaves »[4]. C'est Sénèque, un stoïcien, qui dit de sa pratique : « Pour moi, je pense et j'ose le dire contre l'opinion des nôtres, que la morale d'Épicure est saine, droite et même austère pour qui l'approfondit… Je dis qu'elle est décriée sans l'avoir mérité »[5].
La doctrine d'Épicure eut un succès prodigieux, tant par le nombre de ses disciples, que par l'affection et les forts sentiments dont elle fut l'objet : « Le charme de cette doctrine égalait la douceur des sirènes[6]. » Elle gagna Rome et toute l'Italie, avec Lucrèce notamment, qui est considéré comme l'un des rares poètes (sinon le seul) à avoir réussi à mettre de la philosophie en vers.
La popularité de l'épicurisme contraste avec la diffusion plus faible des doctrines des autres philosophes de l'Antiquité. Le stoïcisme apparaît réservé à des individus capables d'une discipline peu commune, et le platonisme se diffuse surtout dans les milieux cultivés. On a parfois rapproché Épicure de Jésus, en soutenant que ces deux hommes faisaient figure de sauveurs aux yeux du peuple ; et, en effet, les consolations apportées par Épicure sont chantées par Lucrèce comme des dons divins, propres à régénérer l'homme tourmenté par les passions, les superstitions, la peur des dieux, etc. C'est pourquoi certains philosophes, tels que Nietzsche, n'hésitent pas à voir en cette pensée une sorte de christianisme païen[7], une pensée rédemptrice mais sans la notion de péché propre à cette dernière religion.
Épicure fut extrêmement prolifique mais son œuvre ainsi que celle des épicuriens comme la majorité de la littérature grecque fut perdue. Les causes sont imprécises mais déjà, dans les fragments du traité Sur la Nature, Épicure avait conscience que plusieurs adeptes avaient du mal a se procurer ses écrits[8]. Les polémiques contre les autres écoles, notamment les stoïciens, ainsi que le christianisme naissant firent passer la doctrine au second plan puis dans l'oubli : Diogène d'Œnoanda à la fin du IIe siècle est la dernière trace de la pensée épicurienne dans l'antiquité et il semble que, selon l'empereur Julien et Saint-Augustin, les écrits d'Épicure ont quasiment disparus au IVe siècle[9]. Les écrits non-retranscrits sont perdus. Il ne nous reste que trois lettres de ce philosophe, des abrégés volontaires pour condenser son œuvre (Lettre à Hérodote, Lettre à Pythoclès et Lettre à Ménécée), et quelques maximes, les 40 Maximes Capitales retranscrites par Diogène Laërce et 81 Sentences Vaticanes, découvertes à la fin du XIXe siècle dans un manuscrit de la bibliothèque du Vatican, même s'il se peut que ce soient des exercices d'école[8]. Des fragments du De la nature (Peri phuseos) furent également découverts à Herculanum en 1752 (à une époque où la morale épicurienne, longtemps combattue, revenait en force).
Il est mort d'une rétention d'urine causée par la pierre (probablement des calculs rénaux), comme le dit Hermarque dans ses lettres, après une maladie qui a duré quatorze jours ; Hermippe raconte qu'alors il entra dans une baignoire de bronze tempérée d'eau chaude, demanda du vin pur (comme plusieurs philosophes selon Diogène, l'authenticité fait débat[10]) et l'avala. Après avoir enjoint à ses amis de se remémorer ses doctrines, ainsi mourut-il.
Il laissa un testament[11] et une lettre à Idoménée de Lampsaque.
La doctrine d'Épicure peut être résumée par ce que les épicuriens ont appelé le tetrapharmakon (quadruple remède, ou « quadruple poison » : car tout est question de posologie), que fit graver Diogène d'Œnoanda sur le mur d'un portique, formulé ainsi :
« Et maintenant y a-t-il quelqu’un que tu mettes au-dessus du sage ? Il s’est fait sur les dieux des opinions pieuses ; il est constamment sans crainte en face de la mort ; il a su comprendre quel est le but de la nature ; il s’est rendu compte que ce souverain bien est facile à atteindre et à réaliser dans son intégrité, qu’en revanche le mal le plus extrême est étroitement limité quant à la durée ou quant à l’intensité ; il se moque du destin, dont certains font le maître absolu des choses[12]. »
Le nom de pharmacie indique la finalité de la pensée épicurienne : il faut guérir les hommes des maux qui les accablent. Si la présentation de l'épicurisme dans cet article suit une division classique de la philosophie, sa finalité ultime devra être toujours gardée à l'esprit. On peut noter que le mot grec pharmakos signifie aussi « poison ». Cette ambiguïté du terme pourrait rejoindre la double interprétation nietzschéenne de l'épicurisme, à la fois comme une saine doctrine qui combat les superstitions et comme une ascèse hostile à la vie qui préfigure la récupération chrétienne de la souffrance[13].
Il ne reste donc que la thèse selon laquelle toutes les sensations sont vraies[14]. Ce point sera développé dans la canonique : la canonique est la première partie de la philosophie d'Épicure, et elle porte sur les critères (canon) de la vérité. Elle consiste en quatre sortes d'évidence.
La sensation ou impression sensible : c'est un état passif de la sensation, né du contact avec les choses, et qui nous fait connaître avec certitude la cause active et productrice. Cet état, en effet, par définition (la sensation est irrationnelle et sans mémoire), ne peut agir par lui-même et modifier ce qui nous touche de l'extérieur ; la sensation ne réagit que si elle est excitée par une cause extérieure qui existe donc nécessairement. En conséquence, les objets sont tels qu'ils nous apparaissent puisque toutes les sensations sont, d'après ce critère, également vraies : « Dire qu'une sensation est fausse reviendrait à dire que rien ne peut être perçu »[15].
La prénotion (prolepse)[16] : ce sont des conceptions générales intérieures à l'âme, formées par la répétition de la perception d'un objet sensible, mais qui deviennent antérieures à l'impression sensible en tant qu'expérience possible, et qui sont présupposées dans la compréhension que nous avons des mots que nous employons pour formuler des questions. La prénotion est donc désignée par un nom, et la prononciation de ce nom suscite l'objet qu'il désigne dans notre esprit. Ce procédé rend toute définition inutile, puisque le concept apparaît ainsi avec évidence. La prénotion est donc une image d'une chose réelle dont elle dérive et implique en tant que telle un jugement d'existence. Ces prénotions nous permettent de dépasser notre expérience actuelle parce qu'elles résultent de notre expérience passée ; en ce sens, elles fondent tous nos jugements et nos croyances.
le fait qu'une théorie reste irréfutée ou infalsifiée par les phénomènes : « La non-infirmation est le lien de conséquence qui rattache à ce qui apparaît avec évidence une opinion sur une chose invisible ; par exemple Épicure affirme qu'il y a du vide, une chose invisible, et le prouve par cette chose évidente qu'est le mouvement »[17].
Un nom évoque une prénotion[16], il y a donc pour Épicure un rapport entre théorie de la connaissance et théorie du langage. Pour Épicure, il faut se référer au sens premier d'un mot, lié à la prénotion dont il tient son sens. Cette théorie invite à décrire l'origine du langage pour mieux comprendre la connaissance humaine :
« Si tout ce que nous regardons dans les dieux comme des miracles ne nous épouvantait point, si nous pouvions assez réfléchir pour ne point craindre la mort, parce qu’elle ne nous concerne point ; si enfin nos connaissances allaient jusqu’à savoir quelle est la véritable fin des maux et des biens, l’étude et la spéculation de la physique nous seraient inutiles[18]. »
« L'étude de la nature est donc justifiée par le besoin de mettre en œuvre le tétrapharmakos, dont le premier élément portant sur les dieux, voit ici se substituer les réalités célestes, cela est aisément compréhensible, puisque les dieux et le ciel sont unis dans les mêmes peurs[19]. »
Pourtant, malgré ce qui pourrait apparaître à première vue comme des limites, sa physique est suffisamment cohérente pour être examinée indépendamment du reste de sa pensée, sans doute parce qu'elle n'implique aucun anthropocentrisme et qu'elle se passe facilement de l'existence des dieux (mais Épicure n'était pas à proprement parler athée[20]).
« Qu'y a-t-il dans la physique d'Épicure qui ne provienne de Démocrite ? Car, même s'il a modifié quelques points, ainsi que je l'ai dit un peu plus haut concernant la déclinaison des atomes, pour le reste il dit la même chose[21]. »
L'atome a les qualités suivantes, qui expliquent la formation des choses sensibles[22] :
Épicure admet le vide ; les atomes se déplacent dans le vide[23] ; ce déplacement est inévitable, puisque le vide est défini comme ce qui n'offre aucune résistance[24]. La nature même de l'atome est en fait ce mouvement immanent et perpétuel, dirigé pour tous les atomes dans la même direction, avec la même vitesse, selon la pesanteur, de haut en bas. Il ne peut y avoir de différences de vitesse, car la différence de résistance des milieux est nulle : en effet, le vide n'offre pas de résistance[25]. À cette pesanteur universelle, s'ajoute le poids propre de chaque atome.
Cette hypothèse a laissé perplexe bien des philosophes, y compris des épicuriens. Il faut d'abord noter que la physique épicurienne n'est pas déterministe ; qu'ensuite le clinamen est, selon Lucrèce[26], conçu sur le modèle de la volonté libre opposé à l'impulsion donnée de l'extérieur.
À noter que la thèse matérialiste de l'atome en tant qu'« insécable » pose le problème du divin ; car les corps complexes que forment les atomes ne sont pas intemporels : ils finissent tôt ou tard par se décomposer et disparaître, c'est-à-dire que les atomes qui composent ces corps se séparent, mais sans pour autant disparaître eux-mêmes, car les atomes sont inusables, intemporels : « immortels ». Mais les dieux aussi sont immortels, comment intégrer le divin dans cette équation ? Sans réfuter son existence ? Épicure élude le problème en affirmant que les dieux étant heureux et possédant tout, ils ne se tourneront jamais vers nous, et que nous n'avons donc rien à attendre d'eux.
« Les nombreux éléments, depuis un temps infini, sous l'impulsion des chocs qu'ils reçoivent et de leur propre poids, s'assemblent de mille manières différentes et essayent toutes les combinaisons qu'ils peuvent former entre eux, si bien que par l'épreuve qu'ils font de tous les genres d'union et de mouvement, ils en arrivent à se grouper soudainement en des ensembles qui forment l'origine de ces grandes masses, la terre, la mer, le ciel, et les êtres vivants[27]. »
Il y a donc une infinité de mondes existants, correspondant à l'infinité des combinaisons atomistiques : Épicure soutient la thèse de la pluralité des mondes, contrairement à ceux qui pensent qu'il n'y a qu'un seul monde actuel (peu importe qu'ils admettent des mondes possibles ou non, comme Leibniz)[28] :
« Ce n'est pas seulement le nombre des atomes, c’est celui des mondes qui est infini dans l'univers. Il y a un nombre infini de mondes semblables au nôtre et un nombre infini de mondes différents. En effet puisque les atomes sont en nombre infini, comme nous l'avons dit tout à l’heure, il y en a partout, leur mouvement les portant même jusque dans les lieux les plus éloignés. Et d’autre part, toujours en vertu de cette infinité en nombre, la quantité d’atomes propres à servir d'éléments, ou, autrement dit, de causes, à un monde, ne peut être épuisée par la constitution d’un monde unique, ni par celle d’un nombre fini de mondes, qu'il s’agisse d’ailleurs de tous les mondes semblables au nôtre ou de tous les mondes différents. Il n’y a donc rien qui empêche l’existence d’une infinité de mondes[29]. »
L'étude de l'âme fait partie de la physique[30]. L'âme est un corps fait d'atomes, et qui possède des qualités qui sont des accidents des corps composés. C'est un souffle chaud et subtil dans lequel se trouvent la pensée et les affections. Sa liaison avec le corps permet la sensation ; une fois cet agrégat détruit, l'âme n'éprouve plus rien et se dissipe.
L'éthique d'Épicure est exposée principalement dans la Lettre à Ménécée et les Maximes capitales. La morale épicurienne est une morale qui fait du plaisir le bien[31] et l'origine de la vertu[32], et de la douleur le mal (la privation de bien). Elle nous enjoint de rechercher le Souverain bien, et d'atteindre l'ataraxie. Kant critiquera la morale épicurienne (et stoïcienne) au motif que la vertu peut aller contre le bonheur personnel[33].
Épicure défend un mélange de joie tempérée, de tranquillité et d'autosuffisance[34]. Le plaisir est le bien, et les vertus servent d'instruments. La vie selon le plaisir est cependant une vie de prudence[35], de vertu et de justice.
Épicure classe ainsi les désirs[36] :
De la même façon, la justice est une institution humaine : « Entre les animaux qui n'ont pu faire de conventions pour ne pas se nuire réciproquement, il n'y a ni justice ni injustice ; et il en est de même des nations qui n'ont ni pu ni voulu faire de conventions pour le même objet »[37].
« Parmi les choses dont la sagesse se munit en vue de la félicité de la vie tout entière, de beaucoup la plus importante est la possession de l'amitié[38]. »
« il [le sage] sera insensible aux aiguillons de l'amour [...]. Les plaisirs de cette passion ne furent jamais utiles ; au contraire, on est trop heureux lorsqu'ils n'entraînent point après eux des suites qu'on aurait sujet de déplorer[39]. »
L'amour entre deux personnes n'existe que dans la proximité de la chair ; sans cette proximité, le sentiment amoureux n'a pas de consistance. Épicure est ainsi fidèle à sa physique : le fondement de toute réalité est la sensation corporelle. L'amour n'est donc pas un phénomène incorporel, absolu ou idéal, comme le croyait Platon[40]. Cette intuition sera développée par Lucrèce, qui écrira sur l'amour et ses illusions[41]. L'amour est, de même, condamné par Épicure comme source de désordres inutiles, qui entravent la tranquillité de l'âme et de la cité.
« Avec l'ami, on est comme un dieu parmi les hommes[42]. »
Le thème de l'amitié est un sujet paradoxal chez Épicure, comme il l'est chez Aristote. En effet, Épicure considère, comme Aristote, que le sage se suffit à lui-même, que l'autosuffisance, l'autarcie est un grand bien. Le sage doit garder son indépendance et pourtant Épicure ne cesse de faire l'apologie de l'amitié. L'amitié n'est pas pour le sage un simple moyen mais un bien en soi.
Les dieux n'ont rien de commun avec nous, et l'attribution de nature anthropomorphique d'émotions ou de passions aux dieux est absurde. Épicure tend à démythifier les dieux, pour en faire de simples entités immuables et indifférentes[43].
« Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas[44] ! »
« Que personne, parce qu'il est jeune, ne tarde à philosopher, ni, parce qu'il est vieux, ne se lasse de philosopher ; car personne n'entreprend ni trop tôt ni trop tard de garantir la santé de l'âme. Et celui qui dit que le temps de philosopher n'est pas encore venu, ou que ce temps est passé, est pareil à celui qui dit, en parlant du bonheur, que le temps n'est pas venu ou qu'il n'est plus là[45]. »
Lettres : Lettre à Hérodote (la physique), Lettre à Pythoclès (les phénomènes célestes), Lettre à Ménécée (l'éthique) : Diogène Laërce, X, 35-83, 84-117, 122-138. G. Arrighetti (1976)[46] date la Lettre à Hérodote de 295-290 av. J.-C. Jan Erik Hessler date la Lettre à Ménécée de 296-295 av. J.-C.[47].
Jean Bollack, La pensée du plaisir : Épicure : textes moraux, commentaires , Paris, Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », 1975 (ISBN 9782707300720).
Jean Bollack et André Laks, Épicure à Pythoclès : sur la cosmologie et les phénomènes météorologiques , Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1978 (ISBN 9782859391034).
Plutarque, Placita philosophorum, Contra Colotes ;
La principale source du catalogue est Diogène Laërce.
Grand Abrégé d'un traité Contre les physiciens
Petit Abrégé d'un traité Contre les physiciens, peut-être un résumé d'une partie de son grand ouvrage sur la Nature en 37 livres
Doutes ou les difficultés
Les Choix et les rejets
La Fin, connu par Démétrios Lacon dans son traité Difficultés rencontrées dans les textes épicuriens, PHerc 1012 col. 31
Du Canon ou le Critère
Chérédème, le père d'Épicure
De la Sainteté ou de la Piété, peut-être le fragment du papyrus d'Oxyrhynque 215
Hégésianax, un disciple d'Épicure, l'ouvrage est une consolation adressé au père du disparu selon le témoignage de Plutarque
Des modes de Vies (quatre livres)
Examen des Apories
Néoclès, à Thémista, Néoclès est le frère d'Épicure, Thémista est par ailleurs la femme de Léontée de Lampsaque
Banquet, cité par Plutarque et Philodème. Il s'agissait d'un traité sous forme de dialogue où Épicure discutait avec Polyènos
Explicitations, cité par Philodème, peut-être les Sentences vaticanes
L'ambigüité, contre Démocrite, cité par Épicure dans son livre XV du traité De la Nature
Contre Théophraste, cité par Plutarque
Aristobule, un des frères d'Épicure
La rhétorique, connu par Philodème
De la Justice et des autres vertus, peut-être un fragment au papyrus d'origine inconnue PGetty Mus. ac. 76 AI 57
De la Royauté, connu par Plutarque
Les maladies et la mort, à Mithrès, connu par Démétrios Lacon dans son traité Difficultés rencontrées dans les textes épicuriens, PHerc 1012 col. 31
Épicure sur larousse.fr
« En quel sens Épicure fut-il un pourceau ? », sur Studyrama, 19 octobre 2012
(grc) Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres (vers 200) , Le Livre de poche, 1999 livres IV (l'Académie), V (Aristote et le Lycée), VII (les stoïciens).
Diogène Laërce X
Sénèque, De vita beata (De la vie heureuse), XIII, §4. Dans le même livre, Sénèque dialogue avec la philosophie épicurienne et la critique de manière développée. Épictète n'aura pas la même mesure, il critiquera Épicure de manière polémique. Cf. par exemple Entretiens, I, §23. Quant au dernier grand stoïcien (on sait que l'épicurisme et le stoïcisme sont deux écoles rivales de philosophie antiques ayant eu beaucoup de controverses), Marc Aurèle, il se réclame d'Épicure dans les Pensées pour moi-même, VII, §64 ; IX, §41, tout en critiquant certains aspects de sa doctrine.
Diogène Laërce, X, 9.
Cf. notamment L'Antéchrist, § 30, et aussi le Gai Savoir, § 370.
Daniel Delattre (dir.) et Jackie Pigeaud (dir.), Les épicuriens , Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2010 , « Notice »
Renée Koch Piettre, « Paul et les Épicuriens d'Athènes entre polythéismes athéismes, et monothéismes », Diogène, no 205,‎ janvier 2004 (lire en ligne)
Les philosophes Chrysippe, Stilpon et Arcésilas meurent de la même façon, selon Diogène, l'acte est plus symbolique qu'historique. Voir « Epicure : le dernier verre », sur Philathete, 7 mai 2005
Diogène Laërce, X, 16-21.
Lettre à Ménécée, 133.
À propos du pharmakos comme signifiant à la fois « remède » et « poison », on lira Derrida, La pharmacie de Platon (in La dissémination, 1972, éd. Seuil). Quant à l'interprétation nietzschéenne d'Épicure, on lira notamment L'Antéchrist (§§ 30 et 58), 1888, ainsi que Par-delà bien et mal (§ 7), 1886, et Le Gai Savoir (§§ 45, 277, 306, 370, 375), 1882.
C'est pour cette raison que Kant classera Épicure dans la famille des empiristes. Cf. Critique de la raison pure, Théorie transcendantale de la méthode, ch. 4 : « Histoire de la raison pure », éd. GF-Flammarion, 2001, p. 686.
Cicéron, Académiques, Lucullus, XIII.
Sextus Empiricus, Contre les Mathématiciens.
Maximes capitales, XI.
[p. 201 note 3] « http://commonweb.unifr.ch/artsdean/pub/gestens/f/as/files/4610/17635_164253.pdf »
Lettre à Ménécée, 123 : « Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. »
Cicéron, De Natura Deorum (De la nature des dieux), livre I, XXVI.
Lettre à Hérodote, 54.
Platon nie le vide, Aristote demeure entre négation et affirmation.
Lettre à Hérodote, 43-44.
Lettre à Hérodote, 61.
Lucrèce, De la nature des choses, livre II.
Lucrèce, De la nature des choses, Livre V, vers 422-431.
Pour la question de la pluralité des mondes, on lira Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686. Pour la question des mondes possibles chez Leibniz, on lira le Discours de métaphysique, 1686, et les Essais de théodicée, 1710.
Lettre à Hérodote, 45.
Lettre à Hérodote, 63-67.
Lettre à Ménécée, 128 : « Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est le principe et le but de la vie bienheureuse ».
Lettre à Ménécée, 132 : « [...] il n'est pas possible de vivre de façon bonne et juste, sans vivre avec plaisir. »
Kant, Métaphysique des mœurs, 1796.
Pour celle-ci comme caractéristique de la vie bonne : Lettre à Ménécée, 130-131.
Pour la prudence comme principe de la sagesse : Lettre à Ménécée, 132.
Lettre à Ménécée, 127-128, et Sentences vaticanes, 20.
Maximes capitales, XXXII.
Maximes capitales, XXVII.
Diogène Laërce, X, 118. Cf. aussi Sentences vaticanes, 18 et 51.
Dans le Banquet et le Phèdre, Platon décrit l'amour comme le moyen suprême d'atteindre les Idées éternelles.
Lucrèce, De la nature des choses, fin du livre IV.
Lettre à Ménécée, 123 : « Car les dieux existent : évidente est la connaissance que nous avons d’eux. Mais tels que la foule les imagine communément, ils n’existent pas : les gens ne prennent pas garde à la cohérence de ce qu’ils imaginent. N’est pas impie qui refuse des dieux populaires, mais qui, sur les dieux, projette les superstitions populaires. »
Lettre à Ménécée, 125. Wittgenstein dira la même chose dans le Tractatus logico-philosophicus (1921), 6.4311 : « La mort n'est pas un événement de la vie. On ne vit pas la mort. Si l'on entend par éternité non la durée infinie mais l'intemporalité, alors il a la vie éternelle celui qui vit dans le présent. Notre vie n'a pas de fin, comme notre champ de vision est sans frontière. » (éd. Gallimard, « Tél », trad. G.-G. Granger, 2001).
Lettre à Ménécée, 122.
G. Arrighetti, "L'opera 'Sulla Natura' e le lettere di Epicuro a Erodoto e a Pitocle", Cronache Ercolanesi, VI (1976), p. 23-54.
Jan Hessler, "Proposte sulla data di composozione e il destinatario de Epistoma a Meneceo", Academia.edu, 2011.

References: §4
 §23
 §64
 §41
 § 30
 § 370