Source: https://www.lesclapotisdunyoyo2.com/2013/04/
Timestamp: 2020-07-14 15:29:15+00:00

Document:
LES CLAPOTIS D'UN YOYO II: avril 2013
C'est ce type de précision dans le geste, dans le mouvement que j'aimerais retrouver chez les interprètes de théâtre. Cette même rigueur physique. Cette même conscience de l'espace (des murs, des angles, du public) dans l'exécution des séquences. Cette même force, cette même puissance... dans une apparente légèreté.
Un corps travaillé. Un corps d'effort. Un corps de maîtrise et de calcul (fascinant... quand il «retombe» quasi au ralenti après un saut).
Libellés : Acteur, Rapport à l'acteur
Présentement, sept scènes ont été placées... et à ce rythme, à la fin de la semaine, ce sera tout Le Mariage forcé qui aura été traversé une première fois.
Déjà quelques constatations peuvent être faites.
D'abord, cette pièce est très (très!) dynamique, enchaînant toute une suite de tableaux et de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Chaque scène fonctionne avec une certaine autonomie, comme un numéro de cabaret. L'intrigue (simple) est vive, rapide, concise. Du coup, la scène ne peut qu'en être affectée. Le jeu sera assurément nerveux (mais en plein contrôle).
Dans ce contexte, le rythme devient tyrannique (et par rythme, il faut surtout éviter de tomber dans la rapidité et l'accélération). Les cafouillages sont proscrits. L'écoute est primordiale... et idéalement, les comédiens doivent sentir, ressentir le temps scénique pour puncher à temps...
Ensuite (et découlant de la première remarque), une rigoureuse attention doit être portée à l'espace. Dynamiser la pièce ne doit pas se faire au détriment de l'espace... et celui-ci doit être en phase avec ce qui se passe, soutenir le mouvement, le contraindre efficacement tout en le rehaussant. L'économie du geste et du déplacement sera toujours plus profitable.
Les comédiens doivent faire preuve d'une maîtrise de leur corps et de leur voix pour passer, l'espace d'une réplique, d'un personnage à un autre. Et l'exécution de ceux-ci doit être précise. Parfaite. Dans un apparent calme malgré l'intensité de la pièce.
Cette mise en scène se fait donc beaucoup selon les principes du jeu choral (un jeu imbriquant les actions et les réactions,construit sur différents tempos, impliquant toute la scène dans l'édification de l'image scénique).
Publié par Dario Larouche à 09:00 Aucun commentaire:
Un ballet?
Ce n'est pas du théâtre à proprement parlé... mais il me vient parfois (surtout quand je vois de tels vidéos) de furieuses envies de monter un ballet (avec une approche toute néophyte, il va sans dire!). Et mon choix irait d'emblée vers un répertoire moderne comme le Roméo et Juliette de Prokofiev (Sergueï Sergueïevitch Prokofiev, un grand compositeur russe contemporain de Meyerhold) d'où est tirée cette entêtante Danse des chevaliers datant du début des années 2000.
En voici une version datant de la fin des années 70 (début des années 80):
En voici une autre version (plus proche du premier vidéo) datant de 1966:
Publié par Dario Larouche à 19:55 Aucun commentaire:
La formation du théâtre soviétique
Je viens de trouver, sur Youtube, un document vidéo d'un plus de deux heures intitulé (vive les traductions en ligne!) La formation du théâtre soviétique, datant des années 20 (dont j'ai déjà vu et publié ici quelques extraits...) . S'il est intéressant, c'est qu'il présente des images de tous ces grands noms qui ont donné de nouvelles bases au théâtre moderne: les metteurs en scène Stanislawski, Meyerhold, Taïrov, Evreinov, Vakhtangov... et les acteurs Babanova, Illinsky, Garin...
S'il est une époque qui m'est chère, c'est bien celle-là!
Je vais tenter, dans les minutes et les heures à venir, de mettre des points de repères pour faciliter la lecture de celui-ci...
Libellés : Grands artistes, Histoire, Meyerhold
De l'écriture à la voix...
L'écriture est encre sèche,
elle claque comme un fouet,
elle est trace, marque:
La voix est onde, ondée,
salive, larme et sang.
Elle est présence du corps humide:
Je l'ai déjà dit. Je l'ai déjà écrit. À plusieurs reprises même. L'un des meilleurs bouquins portant sur le théâtre (et celui d'où est tirée cette citation) a été rédigé par l'acteur, metteur en scène et réalisateur français Daniel Mesguish: L'éternel éphémère. Tant par son style que par sa poésie. Tant par sa vision théâtrale que par sa manière d'en parler.
Libellés : Bibliographie, Citations
Les répétitions se poursuivent... bien que les représentations aient été reléguées, pour diverses raisons, au tout début de l'automne (soit deux ou trois mois de plus que prévu).
Des répétitions difficiles, peut-être (le lot de tout long monologue!). Drôles, assurément... mais aussi fort utiles et éclairantes sur l'objet même de cette recherche.
Nous voici donc en pleine quête du ton. De cette piste qui nous permettra de sortir d'un discours refermé sur lui-même pour s'ouvrir vers la salle. Il faut trouver comment se soumettre au phrasé sans tomber dans une musicalité schizophrénique. Il faut trouver comment se faire succéder ces idées tout en gardant le fil de la pensée sur quarante pages. Il faut trouver comment faire des passages lyriques ou fictionnels de véritables éléments scéniques, propres à la démonstration.
Cette parole - qui cherche encore sa forme - doit avoir, pour fonction, de convaincre le spectateur. Et du coup, le geste et le mouvement doivent la soutenir, sans la perdre.
Il faut trouver comment créer une présence efficace, dynamique, capable de supporter le poids du vide... et surtout le poids du verbe... Il faut trouver comment créer cette présence en la magnifiant sans trop la placer du côté de l'interprétation...
Bref, le travail avance; le travail stimule... d'autant plus qu'il se fait en parallèle avec un théâtre d'été tellement plus léger!
Publié par Dario Larouche à 09:05 Aucun commentaire:
Voici une série de photographies prises par Patrick Simard (d'où le fait qu'il ne soit pas sur les images!) lors du premier filage, ce matin, des quatre premières scènes du Mariage forcé. Une répétition où les choses commencent à se placer pour certains personnages...
Mélanie Potvin (Sganarelle) et Isabelle Boivin (Géronimo)
Mélanie Potvin et Isabelle Boivin... qui m'écoutent... du moins j'espère.
Marc-André Perrier (Dorimène) et Mélanie Potvin (Sganarelle)
Mélanie Potvin (Sganarelle) et Marc-André Perrier (Dorimène)
Publié par Dario Larouche à 17:56 Aucun commentaire:
Du ménage des costumiers...
Après les sempiternelles demandes de subventions qui reviennent sans cesse, un autre travail se profile tout aussi souvent dans les organismes de production: le ménage des espaces voués à l'accumulation des différents éléments scéniques... tels les costumiers et les entrepôts.
Ces lieux qui passent d'une méticuleuse propreté à un joyeux capharnaüm au gré des ateliers, des formations, des spectacles. Ces lieux qui se perdent sous les boîtes, les supports à vêtements, les sacs, la poussière. Ces lieux qui ne donnent qu'une envie quand on y entre: en ressortir!
Ils ont toutefois une certaine valeur: celle du souvenir.
Tel costume a été fait par tel concepteur pour tel comédien. Repris ensuite pour telle production. Telle chaise a été peinte en vert, en rouge, en noir, en or... avant de redevenir rouge. Puis noire. Tel morceau de vêtement a été récupéré parce qu'il était spécial... mais n'a encore jamais servi...
Si leur valeur monétaire peut être discutable (je ne parle pas ici de l'outillage ou du matériel technique!), ces endroits constituent pourtant une véritable richesse pour les organismes qui ont la chance d'en posséder!
Publié par Dario Larouche à 11:20 1 commentaire:
Les trois éléments de la mise en scène
Le travail de mise en scène implique la prise en compte de trois éléments:
a) l'état actuel technique, sociologique, esthétique, économique du théâtre - tout le code théâtral contemporain;
b) un spectateur imaginaire construit par le metteur en scène, selon l'univers encyclopédique et particulièrement esthétique qu'il lui prête, en relation d'identité et/ou de distorsion avec le sien propre [...];
c) un texte (fût-il un simple canevas), base de réflexion, de création.
J'aime beaucoup cette explication de la mise en scène - de la prise en compte de la réflexion, de la connaissance et du destinataire! - que je trouve complète... et tellement concise! Elle vient du petit bouquin (essentiel!) d'Anne Ubersfeld, Les termes clés de l'analyse du théâtre.
Voici un extrait de la répétition de ce matin! Il s'agit de la toute fin de la quatrième scène du Mariage forcé, qui met en scène Sganarelle, joué par Mélanie Potvin et le Docteur Pancrace, joué par Patrick Simard. De plus, c'est là le début des répétitions... d'où le satané texte à la main...!
Publié par Dario Larouche à 11:42 1 commentaire:
Une seconde scène du Mariage forcé est maintenant placée. Bien grossièrement, mais tout de même! Déjà se dessinent les personnages principaux...
Le défi (par choix!) de cette production (outre la mise en scène en elle-même!) réside dans deux éléments: l'étroitesse du plateau conjuguée au passage de multiple personnages! Il faut dynamiser l'espace sans le surcharger... l'exploiter en maximisant son efficacité en prenant bien soin de se ménager une marge de manœuvre... Car d'un personnage à l'autre (avec, en prime, le travestissement propre à une petite distribution), il faut pouvoir... il faut savoir renouveler le potentiel scénique.
Et dans cette production, l'intrigue est vive. Rapide. Nerveuse. Du coup, la construction théâtrale ne peut y échapper. Il faut donc chercher à s'inscrire dans ce mouvement sans essouffler et l'interprète, et le spectateur...
L'importance est donc accordée à l'économie du geste et du déplacement, à la sculpturalité des corps, à leur mise en rapport (rapport à l'autre, rapport à la scène) dans l'édification des images.
Trou noir... [Carnet de mise en scène]
La comédienne, Elaine Juteau, entre deux prises...
Là où aurait pu naître la polyphonie, rien.
Là où aurait pu naître la choralité, rien.
Là où aurait pu naître une intrigue, rien.
Q'une voix.
Qu'une figure.
Ma théâtralité.
Les répétitions ont repris ce week-end (après une série d'imbloglios!), avec vigueur. Nous avons pu traverser tout le texte, établissant des repères physiques, des enchaînements logiques, à travers tous les récurrences, les redondances, les redites...
Nous nous sommes même permis de faire un premier filage... qui franchit à peine la demie heure! Mais tout ça devrait se calmer un peu et donner une représentation d'environ 40-45 minutes (pour un texte de 41 pages). Quand nous aurons trouver le moyen de bien contrôler le rythme!
D'ici là, il nous faut nécessairement revenir à l'essentiel de ce texte, soit l'échange avec le spectateur. Le renfermement sur la fiction (si tant est qu'elle existe) est un important écueil. Il est si facile de perdre le fil, de se perdre dans le verbiage! Il faut constamment se rappeler que bien que sous forme monologique, il doit s'agir d'une véritable discussion entre la salle et la scène.
Il faut aussi préciser les idées. Les liens entre le manifeste et la fiction... entre le concret et l'immatériel.
Puis il faut marquer le vocabulaire gestuel avec plus d'économie tout en augmentant son envergure, son discours.
Le but recherché est de donner un cadre solide dans lequel la comédienne retrouve une certaine liberté d'action, selon son état, selon la constitution de la salle, la réaction du spectateur...
La hiérarchie du geste
Je crois qu'il n'y a que quatre types de gestes/mouvements possibles pour le comédien. Par geste, j'entends, comme le définit Anne Ubersfeld dans Les termes clés de l'analyse du théâtre, le mouvement corporel produit par l'acteur d'une façon volontaire ou semi-volontaire [...] qui, par le fait même qu'il est produit au cours de la représentation, adopte une signification en relation a) avec la parole de l'acteur, b) avec les autres acteurs, c) avec l'espace de la représentation.
Pour revenir, donc, à mon sujet...
Il y a le geste/mouvement MAJEUR. Celui qui crée la pose, l'image. Qui modifie les différents rapports (à soi, à l'autre, à la scène) par son exécution.
Il y a le geste/mouvement MINEUR. Celui qui modifie cette pose, cette image. Qui lui donne une nouvelle lecture. Un nouvel angle.
Puis il y a le geste/mouvement TRANSITOIRE. Celui qui n'a pas forme très définie mais qui sert à déplacer le corps, à le repositionner dans l'espace, à la préparer à une nouvelle action.
Enfin, il y a le geste/mouvement PARASITE. L'indésirable. Celui qui fait brouillon... comme les piétinements, les tics, etc.
Tout ça mériterait d'être un peu plus développer...
Publié par Dario Larouche à 08:55 1 commentaire:
Libellés : Rapport à l'acteur, Théories
Le code du directeur de théâtre...
Ce matin, je dépose sur ce blogue le second chapitre d'un bouquin trouvé sur Google Books au gré de mes recherches... Il s'agit de:
L'un des chapitres les plus amusants concerne les directeurs de théâtre...
Art. 1. Un directeur est roi sur son théâtre.
Art. 2. Tout roi qu'il est, un directeur, n'étant pas inviolable, doit toujours être poli avec ses sujets: plus d'un s'est repenti d'avoir oublié que l'exactitude ne devait pas être sa seule politesse.
Art. 3. Trop de franchise serait nuisible à un directeur. Pour bien administrer un théâtre, il faut être faux, recevoir tout le monde avec grâce, promettre avec l'intention de ne pas tenir, n'en faire jamais qu'à sa tête, et avoir toujours un prétexte plausible à la disposition des réclamants.
Art. 4. Un directeur n'est pas forcé d'être brave; le grand nombre d'inimitiés que l'on s'attire dans cette place le justifie d'avance de tout reproche de faiblesse. On ne peut pas avoir tous les jours l'épée à la main.
Art. 5. Un bon administrateur doit ménager les journalistes. Le quart, au moins, des lecteurs d'un journal en adopte les avis sans réflexions; et ce quart-là porte son argent au bureau comme les trois autres.
Art. 6. Un directeur doit encourager tous les auteurs, même ceux dont les essais font concevoir le moins d'espérances. Racine avait fait Alexandre avant Athalie, et M. Scribe nous avait donné Les Dervis et La Comtesse Stroun avant un Mariage d'inclination et La Dame Blanche.
Art. 7. Un directeur doit revenir le moins possible sur une détermination prise: c'est le moyen de faire respecter ses actes. Que cette nécessité cependant ne l'entraîne pas trop loin, et ne lui fasse pas prendre de l'entêtement pour de la fermeté.
Art. 8. Un directeur doit être galant avec toutes ses pensionnaires, sans montrer de préférence pour aucune. Le peuple comique a la langue pointue, et un directeur a besoin, avant tout, du respect de ses sujets.
Art. 9. Un directeur, s'il est homme de lettres, devra s'abstenir de travailler pour le théâtre qu'il dirige. S'il fait un bon ouvrage, ce qui peut lui arriver comme à un autre, tous les auteurs se ligueront contre lui, crieront à l'injustice, au monopole; et, dussent les recettes de son théâtre en souffrir, il sera bientôt forcé de rayer sa pièce du répertoire s'il ne veut pas succomber sous le poids des réclamations.
Les défauts des acteurs...
Voici, en rafale (et tirés de la Théorie de l'art du comédien d'Aristippe Félix Bernier de Maligny paru en 1826), les différents défauts - en ordre de grandeur! - qui affligent l'acteur au cours de sa carrière...
Voici un petit vidéo présentant Mickey Mouse, à ses débuts, en 1932, dans une séquence se passant sur une scène, dans un grand théâtre de variétés...
Publié par Dario Larouche à 12:29 Aucun commentaire:
Pour la prochaine production estivale du Théâtre 100 Masques, j'ai le goût de me passer de décors... ou, pour être plus précis, de laisser la scénographie de côté (d'une certaine façon... parce que l'esthétique comptera pour beaucoup!) pour n'utiliser qu'un tréteau de bois et des rideaux.
Tréteau: Installation constituée d'une planche sur quatre pieds. Elle présente l'avantage d'être démontable et transportable, ce qui en fait l'outil emblématique du théâtre ambulant. La planche, placée assez haut, au niveau des yeux d'un homme debout, permet, non seulement aux spectateurs les plus éloignés de voir les acteurs, mais aussi, garnie d'un rideau courant tout autour jusqu'à terre, de former un magnifique magasin d'accessoires. [...] Dans le vocabulaire des gens du métier, les tréteaux s'opposent aux grandes machineries théâtrales qui exigent des moyens financiers proportionnés à leurs possibilités techniques. (Dictionnaire de la langue du théâtre)
J'ai l'intention de travailler également avec trois grosses malles comme uniques accessoires.
Du coup, toute l'importance sera recentrée sur le jeu de l'acteur, sur une théâtralité qui ne se construira que sur les mots, les gestes et les poses des interprètes. Un choix qui se fait par goût du dépouillement, oui... mais aussi parce que les deux pièces retenues (Le Mariage forcé et La jalousie du Barbouillé) sont d'abord des comédies de situations où le jeu physique sera prédominant.
Un pas de plus et nous allons vers le théâtre d'époque... disons à la sauce contemporaine...!

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9