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Timestamp: 2016-10-26 04:17:56+00:00

Document:
4P.170/2006 (16.02.2007)
intim�, repr�sent� par Me Jacques Roulet, avocat,
recours de droit public contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 18 mai 2006.
A.a Y.________ (le demandeur), n� le 20 d�cembre 1955, mari� et p�re de trois enfants, est titulaire depuis le 18 juillet 1980 d'un certificat de formation professionnelle d'�lectricien en b�timent. Il a �t� retenu qu'en tout cas du d�but 1984 � 1988, il a travaill� comme �lectricien, notamment avec la fonction de chef d'�quipe, pour la soci�t� D.________ SA jusqu'� ce que cette soci�t� ait d� cesser son activit� et licencier son personnel; il connaissait bien son m�tier et �tait appr�ci� au sein de cette entreprise. Par la suite, il a exerc� son m�tier par le biais d'agences de placement et connu des p�riodes de ch�mage, parfois longues, entre ses missions temporaires. En septembre 1996, le salaire horaire de base brut d'employ� temporaire que lui versait l'agence A.________ se montait � 23 fr. 10, 13e salaire compris, auquel s'ajoutaient 3 fr. � titre d'indemnit�s.
Le 29 septembre 1996, la voiture de Y.________, alors arr�t�e � un stop, a �t� percut�e de l'arri�re par un autre v�hicule assur� en responsabilit� civile aupr�s de X.________ SA (la d�fenderesse ou X.________). Projet�e en avant, l'automobile de Y.________ est entr�e en collision avec un second v�hicule roulant normalement. Y.________ a heurt� le montant d'une porte de la voiture avec son �paule gauche et le c�t� gauche de sa t�te. Sans blessure apparente, il est rentr� chez lui apr�s avoir �tabli un constat amiable d'accident.
Apr�s cet �v�nement, Y.________ s'est toujours plaint des m�mes sympt�mes, � savoir de vertiges �pisodiques avec perturbation de l'�quilibre. Il a �t� auscult� par diff�rents m�decins, qui ont �tabli qu'il a subi en raison du sinistre un syndrome de whiplash, commun�ment d�crit comme "coup du lapin".
A compter du 1er octobre 1996, Y.________ n'a plus jamais exerc� sa profession d'�lectricien, �tant en particulier devenu incapable de travailler sur une �chelle. En mars 1997, il s'est reclass� par ses propres moyens en qualit� de chauffeur de taxi, d'abord comme salari� jusqu'� la fin 2001, puis en tant qu'ind�pendant, sans permis de stationnement, depuis le d�but 2002.
Il a d�clar� au fisc genevois avoir per�u de son activit� d�pendante de chauffeur de taxi, � titre de revenus annuels bruts, 21'512 fr. en 1998, 23'977 fr. en 1999, 23'362 fr. en 2000 et 31'453 fr. en 2001.
Le demandeur a produit un compte d'exploitation pour l'exercice du 1er mars 2002 au 31 d�cembre 2002 (pi�ce 65 du charg� compl�mentaire du 30 ao�t 2004), indiquant qu'il a retir� de son emploi ind�pendant de chauffeur de taxi des recettes de 49'500 fr., desquelles il convenait de soustraire les frais d'obtention du revenu et l'amortissement du v�hicule, d'o� un b�n�fice annuel net de 25'307 fr.17. Le l�s� a encore produit un compte d'exploitation au 31 d�cembre 2003 (pi�ce 66 du charg� compl�mentaire du 20 mai 2005), faisant �tat de recettes se montant � 50'250 fr. et d'un b�n�fice net de 24'082 fr.70, d�penses et amortissements d�duits. Pour les ann�es 2004 et 2005, ses comptes n'�tant pas boucl�s lorsqu'il a d�pos� son m�moire d'appel du 20 mai 2005, le demandeur a estim� que le revenu net de son activit� ind�pendante se montait � 30'000 fr. par an.
Se fondant sur une expertise neurologique du 26 juin 1998 �tablie par le Dr B.________, alors chef du service de neurologie de Z.________, qui a affirm� que la persistance du trouble de sensations vertigineuses plus de deux ans apr�s le traumatisme initial serait � mettre en relation, devant l'absence de l�sion objectivable chez le patient, avec d'autres �l�ments, tels sa personnalit� pr�existante, X.________ a retenu que, d�s le 29 septembre 1998, Y.________ ne supportait plus aucun dommage aff�rent � l'accident du 29 septembre 1996.
Par d�cision du 27 mai 1999, confirm�e sur opposition le 3 f�vrier 2000, la SUVA a octroy� � Y.________ d�s le 1er avril 1999 une rente mensuelle d'invalidit� de 20 % calcul�e sur les 80 % de son salaire annuel assur� de 46'851 fr., fix�e � 628 fr. avant d'�tre augment�e � 650 fr. par mois depuis le 1er janvier 2001, ainsi qu'une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� ascendant � 4'860 fr.
Le 26 septembre 2001, Y.________ a �t� mis au b�n�fice de l'assistance juridique afin de pr�parer et introduire une action contre X.________. Les interventions effectu�es de 1997 � la date susindiqu�e aupr�s de la SUVA et de la d�fenderesse par le conseil qu'il avait mandat� ont repr�sent� un total d'honoraires de 12'551 fr.25.
A.b Par demande du 11 juin 2002 d�pos�e devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, Y.________ a ouvert action contre X.________. Admettant avoir �t� pleinement indemnis� de toute perte de gain cons�cutive � son accident jusqu'au 30 septembre 1998, il a r�clam� en dernier lieu paiement de 750'383 fr.65 plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 1er janvier 2005 pour gain manqu�, gain futur manqu�, atteinte � l'avenir �conomique, frais d'avocat avant proc�s et tort moral.
La d�fenderesse a conclu au rejet int�gral de la demande, faute de lien de causalit� entre l'accident et le pr�judice all�gu�.
Une expertise judiciaire a �t� confi�e au Dr C.________, neurochirurgien � Gen�ve. Dans son rapport du 25 septembre 2003, l'expert a constat� que le demandeur remplissait tous les crit�res d'un syndrome apr�s whiplash, la symptomatologie s'�tant centr�e sur l'aspect vertigineux du syndrome cervico-c�phalique. Les troubles qu'il subit sont des s�quelles permanentes de l'accident. Du point de vue de la causalit�, il a affirm� que ces manifestations sont avec une probabilit� proche de la certitude en rapport causal direct avec l'accident. Ce praticien a estim� � 25 % le taux d'invalidit� m�dico-th�orique et d�clar� que le demandeur �tait dans l'incapacit� d�finitive de travailler en tant qu'�lectricien. S'agissant de la profession de chauffeur de taxi, il a �valu� la perte de gain � 5 %, en raison d'une diminution de la r�sistance du demandeur � la fatigue, au stress et aux heures suppl�mentaires.
Il a �t� �tabli en cours d'instruction que Y.________ a chang� depuis l'accident. Il est plus fatigable, parfois agressif, moins patient en particulier avec les enfants et moins joyeux. Il a d� abandonner le football, alors qu'il �tait un bon joueur. Devenu plus casanier et moins actif, il a passablement grossi. Il travaille beaucoup pour obtenir un revenu, son m�tier de chauffeur de taxi le contraignant � avoir des horaires irr�guliers. Sa fatigabilit� accrue le conduit parfois � prendre quelques jours de repos pendant les p�riodes de stress et de surcharge de travail.
Entre le 1er octobre 1998 et le 31 mars 2006, la SUVA a vers� au demandeur un total de prestations se montant � 64'512 fr.
Par jugement du 7 avril 2005, le Tribunal de premi�re instance a condamn� la d�fenderesse � verser au demandeur le montant total de 391'516 fr.65 correspondant � des indemnit�s de diverses natures.
B.a Tant X.________ que Y.________ ont form� un appel contre le jugement pr�cit�.
Statuant par arr�t du 18 mai 2006, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a ordonn� la jonction des deux appels, confirm� le jugement attaqu� en tant qu'il a condamn� la d�fenderesse � verser au demandeur 12'551 fr.25 plus int�r�ts � 5 % d�s le 26 septembre 2001 pour les frais d'avocat avant l'ouverture du proc�s, annul� ce jugement pour le surplus et prononc� que X.________ devait payer � Y.________ 59'867 fr. avec int�r�ts � 5 % d�s le 1er janvier 2003 au titre de la perte de gain actuelle, 279'889 fr. plus int�r�ts � 5 % d�s la date de l'arr�t pour la perte de salaire future du demandeur, 85'176 fr. avec int�r�ts � 5 % d�s la m�me date pour r�parer le dommage direct de rente et 7'140 fr. plus int�r�ts � 5 % d�s le 29 septembre 1996 comme indemnit� de tort moral.
L'arr�t d�f�r� repose en substance sur les motifs suivants.
B.b.a L'action du demandeur est dirig�e contre l'assureur de la responsabilit� civile du responsable de l'accident du 29 septembre 1996, en application de l'art. 65 al. 1 LCR. L'existence d'un lien de causalit� naturelle et ad�quate entre le comportement fautif de l'auteur de l'accident et l'ensemble du pr�judice subi par le demandeur doit �tre admise. Le dommage doit donc �tre r�par� en application des art. 46 et 47 CO auxquels renvoie l'art. 62 al. 1 LCR.
B.b.b Le pr�judice �conomique r�sultant d'une diminution de la capacit� de gain constitue un �l�ment du dommage. Si le demandeur dispose d'une capacit� de gain de 100 % en tant que chauffeur de taxi, il est devenu totalement incapable d'exercer sa profession ant�rieure d'�lectricien.
Pour arr�ter la perte de gain dite actuelle, soit celle qui s'est produite depuis le jour de l'accident jusqu'au jugement de derni�re instance cantonale, il faut d�terminer le gain que le l�s� aurait obtenu par son activit� d'�lectricien s'il n'avait pas subi de l�sion et y soustraire, d'une part, le gain qu'il a effectivement r�alis� durant la m�me p�riode et, d'autre part, les montants vers�s dans le m�me temps par la SUVA. Selon la jurisprudence, le calcul concret des cons�quences p�cuniaires de l'incapacit� de gain actuelle doit s'effectuer sur la base de salaires nets, apr�s qu'ont �t� d�duites du salaire brut toutes les cotisations aux assurances sociales (ATF 129 III 135 consid. 2.2).
B.b.b.a En retenant un salaire horaire brut de base de 24 fr., c'est-�-dire un revenu mensuel de 4'155 fr. en 1996, le Tribunal de premi�re instance a tenu compte de la r�alit� de la r�mun�ration per�ue par Y.________ au temps de l'accident. De m�me, l'appr�ciation de cette instance doit �tre partag�e lorsqu'elle admet que le demandeur aurait pu encaisser un salaire brut mensuel moyen de l'ordre de 6'000 fr. en 2005 comme �lectricien. En extrapolant en �quit� la progression de la r�mun�ration du demandeur entre 1996 et 2005, il convient de retenir qu'il aurait b�n�fici� d'augmentations lin�aires de son salaire mensuel brut de 205 fr. par ann�e jusqu'en 2005, le salaire de janvier � mars 2006 �tant par simplification plafonn� au niveau de celui de 2005.
Le taux cumul� de l'AVS (4,2 %), de l'AI (0,7 %) et des APG (0,15 %) per�u sur le salaire brut de l'employ�, inchang� depuis 1998, est de 5,05 % au total. Le pourcentage d� par le salari� � l'assurance-ch�mage (AC) �tait de 1,5 % en 1998, de 1,25 % d�s 2003 et de 1 % d�s 2004. A cela s'ajoute le taux de 0,13 % d� par l'employ� depuis le 1er juillet 2005 en application de la Loi cantonale genevoise instituant une assurance en cas de maternit� et d'adoption du 21 avril 2005 (LAMat; J 5 07).
Pour ce qui est de la pr�voyance professionnelle (2e pilier), la partie du salaire annuel comprise entre 22'155 fr. (d�duction de coordination) et 75'960 fr. - laquelle donne le salaire coordonn� - doit �tre assur�e. Le taux de cotisation, en pour-cent du salaire coordonn�, est, en vertu de l'art. 16 LPP, de 10 % pour la tranche d'�ge de 35 � 44 ans, de 15 % de 45 � 54 ans et de 18 % de 55 � 65 ans.
A partir de ces donn�es, le gain brut hypoth�tique manqu� du 1er octobre 1998 au 31 mars 2006 atteint un total de 484'035 fr., duquel il faut d�duire le total des retenues d'assurances sociales, par 74'451 fr., d'o� un montant de 409'584 fr. � titre de salaire net qu'aurait touch� le demandeur sans l'accident.
B.b.b.b Pour �tablir le gain obtenu par le demandeur entre le 1er octobre 1998 et la fin mars 2006 comme chauffeur de taxi, il y a lieu de retenir en �quit�, � l'instar des premiers juges, que depuis 1998 il aurait pu toucher un revenu mensuel brut de 3'500 fr. dans cette activit� s'il avait utilis� pleinement sa capacit� de gain dans la mesure raisonnablement exigible.
Pour calculer le gain net, il faut distinguer deux p�riodes, soit celle o� il �tait salari� (octobre 1998 � fin 2001) et celle o� il a acquis le statut d'ind�pendant (d�but 2002 au 31 mars 2006). Pour la premi�re p�riode, les cotisations AVS/AI/APG/AC du l�s� se montaient � 6,55 % du salaire annuel brut de 42'000 fr. (12 x 3'500 fr.) et ses cotisations LPP � 10 % du salaire coordonn� (salaire brut moins la d�duction de coordination de 22'155 fr.) pour les ann�es 1998 � 2000, puis � 15 % du m�me salaire coordonn� en 2001. Pour la seconde p�riode, o� le demandeur, devenu ind�pendant, n'�tait plus assur� par la LPP, ses cotisations AVS/AI/APG/AC se sont �lev�es � 7,551 % du "salaire annuel" de 42'000 fr. de 2002 � 2005, puis � 6,551 % du "salaire annuel pro rata temporis (de) 10'500 fr." de janvier � mars 2006; l'intim� a encore d� s'acquitter d'une prime de 0,13 % de son revenu brut de 42'000 fr. du 1er juillet 2005 (date d'entr�e en vigueur de la LAMat) au 31 mars 2006.
Sur cette base, le gain brut d'invalide doit �tre fix� � 315'000 fr. et le total des retenues salariales � 29'795 fr., d'o� un salaire net global d'invalide de 285'205 fr.
A consid�rer les sommes vers�es par la SUVA pendant la p�riode d�terminante, soit 64'512 fr., qui viennent �galement en d�duction, comme on l'a vu, du revenu hypoth�tique d'�lectricien, la perte de gain actuelle du l�s� s'�l�ve � 59'867 fr. (409'584 fr. - 285'205 fr. - 64'512 fr.), plus int�r�ts � 5 % d�s la date moyenne du 1er janvier 2003.
B.b.c Pour �valuer le dommage futur, il convient de capitaliser la perte de gain du l�s� au moyen des tables de capitalisation de Stauffer et Schaetzle. Etant admis que le demandeur a 50 ans au jour du calcul, que le taux d'incapacit� de gain est de 100 %, que la perte de gain moyenne future est de 72'000 fr. par an et qu'il aurait cess� de travailler � 65 ans, l'application de la table de capitalisation no 11 (rente d'activit� jusqu'� l'�ge AVS; facteur 10.84) donne une perte de salaire future capitalis�e de 780'480 fr. Il faut retrancher de ce montant la valeur capitalis�e des rentes de la SUVA - qui se montent annuellement � 7'800 fr. (650 fr. x 12) - d'o�, apr�s multiplication par le facteur pr�cit�, un total de 84'552 fr. Il convient enfin de soustraire du r�sultat la valeur capitalis�e des revenus annuels nets que le demandeur va retirer dans le futur de son emploi de chauffeur de taxi, � savoir 416'039 fr. ; ce dernier montant r�sulte de la multiplication au facteur 10.84 d'un revenu annuel net, apr�s arrondissement au franc sup�rieur, arr�t� � 38'380 fr. (3'198 fr.30 x 12 mois).
Il suit de l� que le demandeur a droit, au titre de la perte de salaire future, � 279'889 fr. (780'480 fr. - 84'552 fr. - 416'039 fr.), somme qui porte int�r�ts � 5 % d�s la date de l'arr�t cantonal.
B.b.d A propos de la pr�tention du demandeur � obtenir en plus une indemnit� pour l'atteinte port�e � son avenir �conomique, il sied de retenir que ce dernier poss�de une capacit� de gain pleine et enti�re dans le cadre de sa nouvelle activit� de chauffeur de taxi, de sorte qu'il n'y a pas lieu "d'envisager une incidence n�gative de l'accident de 1996 sur la capacit� de gain de Y.________ au cours des ann�es � venir".
B.b.e La question du dommage direct de rentes doit �tre examin�e conform�ment � la m�thode instaur�e par l'ATF 129 III 135 consid. 3.3, laquelle veut que le l�s� subisse un tel pr�judice direct si les prestations de vieillesse hypoth�tiques, soit les rentes de vieillesse en l'absence d'invalidit�, avaient �t� plus �lev�es que les prestations identiques vers�es par les assureurs sociaux � la suite de l'accident. Dans le cas pr�sent, Y.________ gagne un salaire inf�rieur comme chauffeur de taxi � celui qu'il aurait encaiss� en tant qu'�lectricien, de sorte qu'une diminution des rentes du 1er pilier et du 2e pilier entre en ligne de compte. Le montant de sa rente hypoth�tique sans la survenance de l'accident peut �tre �valu� au 65 % (pourcentage admis par les parties) de son dernier salaire annuel brut, peu importe que son activit� professionnelle s'exerce sous une forme d�pendante ou ind�pendante.
La r�mun�ration brute d�terminante �tant de 72'000 fr. (6'000 fr. x 12), le 65 % de ce montant, � savoir 46'800 fr., indique la rente de vieillesse hypoth�tique annuelle. Le total des rentes qui seront effectivement allou�es au demandeur se monte � 35'100 fr. par an, somme qui se d�compose en une rente d'invalidit� LAA de 7'800 fr. (650 fr. x 12) et une rente de vieillesse correspondant � 65 % de son revenu d'invalide de 42'000 fr. (3'500 fr. x 12), soit 27'300 fr. La diff�rence entre les rentes de vieillesse annuelles hypoth�tique et effective est de 11'700 fr. (46'800 fr. - 35'100 fr.). En capitalisant cette derni�re somme � l'aide de la table 1b de Stauffer et Schaetzle (rente viag�re diff�r�e d�s l'�ge AVS; homme de 50 ans; facteur 7.28), on obtient le dommage direct de rente total, par 85'176 fr., montant qui porte int�r�ts � 5 % d�s la date de l'arr�t cantonal.
B.b.f Les frais tels que l'entend l'art. 46 CO comprennent singuli�rement les frais de d�fense que le l�s� doit supporter pour obtenir la r�paration de son dommage. Les cinq notes d'honoraires aff�rentes aux interventions effectu�es de 1997 au 26 septembre 2001 - date o� le l�s� a obtenu l'assistance juridique pour ouvrir action - par le conseil du demandeur � l'�gard de la d�fenderesse et des assureurs sociaux sont �troitement li�es aux suites de l'accident du 29 septembre 1996, si bien que leur total, par 12'551 fr.25, constitue un poste du dommage subi par Y.________, que sa partie adverse doit r�parer, l'int�r�t � 5 % courant d�s le 26 septembre 2001.
B.b.g Compte tenu que le demandeur a gard� des s�quelles d�finitives de l'accident sous forme de vertiges, de fatigabilit� accrue et d'�pisodes de nucalgies, que le sinistre a eu une influence n�gative sur sa carri�re professionnelle (il a �t� contraint de changer drastiquement d'emploi � l'�ge de 41 ans), que sa qualit� de vie est fortement amoindrie (il est moins joyeux, plus casanier, moins actif, souffre de nervosit� et d'impatience) et qu'aucune faute ne peut lui �tre reproch�e dans le cadre de l'accident, il convient d'octroyer au l�s� une indemnit� de 12'000 fr. � titre de r�paration morale, sous d�duction de la somme de 4'860 fr. que la SUVA lui a vers�e pour atteinte � l'int�grit�. Le reliquat de l'indemnit� satisfactoire due au demandeur s'�l�ve donc � 7'140 fr. S'y ajoutent les int�r�ts au taux de 5 % l'an � compter du jour de l'accident.
Parall�lement � un recours en r�forme, X.________ forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 18 mai 2006, dont elle requiert l'annulation.
L'intim� conclut au rejet du recours en tant qu'il est recevable. Il sollicite �galement l'octroi de l'assistance judiciaire.
La cour cantonale se r�f�re aux consid�rants de sa d�cision.
La recourante est personnellement touch�e par la d�cision attaqu�e, qui a rejet� ses conclusions lib�ratoires, de sorte qu'elle a un int�r�t personnel, actuel et juridiquement prot�g� � ce que cette d�cision n'ait pas �t� prise en violation de ses droits constitutionnels; en cons�quence, elle a qualit� pour recourir (art. 88 OJ).
La recourante pr�tend qu'� de nombreux �gards la cour cantonale a �tabli arbitrairement les faits.
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 132 I 13 consid. 5.1, III 209 consid. 2.1; 131 I 57 consid. 2 p. 61).
En ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la d�termination des faits, le juge tombe dans l'arbitraire si, sans raison s�rieuse, il omet de prendre en consid�ration un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, s'il se fonde sur un moyen manifestement inapte � apporter la preuve, s'il a, de mani�re �vidente, mal compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il en tire des constatations insoutenables. Le grief tir� de l'appr�ciation arbitraire des preuves ne peut �tre pris en consid�ration que si son admission est de nature � modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit (ATF 129 I 8 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s). Il appartient au recourant d'�tablir la r�alisation de ces conditions en tentant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la d�cision incrimin�e est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 170 consid. 1c).
2.1 La recourante soutient tout d'abord que c'est de mani�re insoutenable que l'autorit� cantonale, � consid�rer le certificat produit par l'intim� sous la cote 59 de son charg� compl�mentaire du 30 ao�t 2004, a retenu que ce dernier est un �lectricien dipl�m�, titulaire d'une attestation correspondant � un certificat f�d�ral de capacit� (CFC).
Le document en question, qui porte la d�nomination de "Certificat de formation professionnelle", atteste que le demandeur a effectu� en 1980 un stage de 6 mois dans un centre de formation professionnelle des adultes � Bourg-en-Bresse (France) dans la sp�cialit� "�lectricit� b�timent" et qu'il a subi avec succ�s les �preuves de l'examen de fin de stage. On ne voit donc pas que les magistrats genevois aient fait montre d'arbitraire, en constatant � la page 3 de leur arr�t, que l'int�ress� est titulaire, non pas d'un �quivalent d'un CFC suisse, mais bien d'un certificat de formation professionnelle en qualit� d'�lectricien en b�timent, puisque cela r�sulte du libell� m�me de la pi�ce produite.
2.2 Pour la recourante, aucun document n'�tablirait que l'intim� �tait un �lectricien chevronn�. Comme les certificats de travail produits au dossier ne font pas �tat de ses qualit�s professionnelles, il en r�sulterait, a contrario, que celles-ci �taient "ex�crables".
Cette critique, dont la pr�sentation est d�plaisante, est purement appellatoire. Elle est de toute mani�re d�nu�e de tout fondement, d�s l'instant o� la d�fenderesse reconna�t express�ment, au ch. 58 de son recours, que les amis du demandeur - au nombre desquels il n'y a pas de raison de penser que ne figurent pas des anciens coll�gues de travail - ont affirm� unanimement qu'il �tait comp�tent.
2.3 La recourante est d'avis qu'en ne prenant pas en compte le d�compte individuel AVS de l'intim� (pi�ce 1 du charg� de la d�fenderesse du 9 d�cembre 2002), qui montre qu'il a r�alis� un faible revenu de 4'053 fr. en 1988 et un revenu nul en 1989, la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire. La d�fenderesse en d�duit que ce n'est pas en raison de la crise qu'a connue le secteur immobilier que le demandeur a �t� au ch�mage, puisque le secteur du b�timent �tait florissant dans les ann�es en question.
Le grief, qui a un caract�re appellatoire pr�dominant, n'�tablit aucun arbitraire. La Cour de justice s'est r�f�r�e aux chiffres mentionn�s dans l'extrait de compte individuel AVS du demandeur, en posant, au consid�rant B let. a de son arr�t, que, d'apr�s cette pi�ce, l'activit� de ce dernier aupr�s de D.________ SA semblait avoir d�but� officiellement en 1984 et avoir cess� en 1988. Elle n'a donc pas arbitrairement omis les donn�es de ce document aff�rentes aux ann�es 1988 et 1989.
Enfin, la d�fenderesse fait fi de la crise qui a frapp� en Suisse les m�tiers de la construction au d�but des ann�es 1990 - fait notoire que le Tribunal f�d�ral peut retenir d'office (cf., sur cette notion, arr�t 4C.429/1994 du 12 septembre 1995, consid. 6b) - lorsqu'elle all�gue que cette circonstance factuelle n'a rien � voir avec les p�riodes de ch�mage qu'a travers�es l'intim� apr�s avoir �t� licenci� en 1988 par l'entreprise pr�cit�e.
2.4 La recourante fait valoir qu'il �tait insoutenable de retenir que l'intim� a travaill� pendant l'entier des ann�es 1988, 1989, 1990 et 1991 aupr�s des entreprises D.________ SA, puis E.________ SA.
L'autorit� cantonale n'a pas pos� la constatation incrimin�e. Elle a retenu que le demandeur avait travaill� jusqu'en 1988 en tout cas pour la soci�t� D.________ SA et qu'apr�s avoir �t� cong�di� par celle-ci, il avait exerc� son m�tier d'�lectricien pour des agences de placement, tout en connaissant, entre ses missions temporaires, des p�riodes de ch�mage, quelquefois longues. Partant, le moyen, � nouveau appellatoire, manque sa cible.
2.5 La recourante soutient que la cour cantonale a retenu arbitrairement que l'intim�, d�s 1998, aurait pu r�aliser, en qualit� de chauffeur de taxi ind�pendant, un revenu mensuel brut de 3'500 fr. Elle expose que les documents produits par le demandeur, soit des comptes d'exploitation non sign�s, ne sont pas probants. S'appuyant sur l'extrait du compte individuel AVS de l'intim�, elle d�clare que le revenu mensuel brut moyen de celui-ci se montait � 2'621 fr.65 dans les 15 ann�es pr�c�dant l'accident et � 2'489 fr.56 dans les trois ann�es pr�c�dant le sinistre. Elle fait encore �trangement grief � la Cour de justice d'avoir fix� le revenu d'invalide � un montant largement sup�rieur � celui d'un �lectricien chevronn�.
Le moyen, encore appellatoire, n'a aucune consistance. D�s l'instant o� il s'agissait de d�terminer le revenu que le demandeur, apr�s l'accident du 29 septembre 1996, �tait � m�me de percevoir en tant que chauffeur de taxi en utilisant sa capacit� de gain dans la mesure raisonnablement exigible, les gains qu'il percevait avant cette date dans un m�tier qu'il ne peut d�sormais plus exercer sont d�nu�s de toute pertinence.
L'autorit� cantonale ne s'est pas fond�e sur les pi�ces comptables produites par l'intim� pour arr�ter le revenu brut critiqu�. Elle a d'ailleurs clairement signal� qu'il �tait difficile, sur la base de ces pi�ces, "de d�terminer le salaire exact d'un chauffeur de taxi" (cf. consid. B/l de l'arr�t cantonal, p. 12 in medio). Elle a tenu compte de la d�position de deux chauffeurs de taxi ind�pendants, le premier ayant d�clar� encaisser un revenu moyen mensuel net de 3'200 fr. � 3'400 fr. pour 12 heures de travail par jour, alors que le second a affirm� toucher un revenu moyen net de 2'800 fr. par mois en �tant 8 � 10 heures par jour au volant de son taxi. Or la recourante ne dit pas comment ces preuves auraient d� � son sens �tre appr�ci�es et en quoi leur appr�ciation par l'autorit� cantonale serait insoutenable et violerait l'art. 9 Cst.
Enfin, le revenu d'invalide du demandeur comme chauffeur de taxi ind�pendant, fix� en instance cantonale � 3'500 fr. brut par mois, est largement inf�rieur au revenu auquel pourrait pr�tendre un �lectricien, qui a �t� arr�t�, par la cour cantonale, au montant mensuel brut de 4'155 fr. en 1996 et de 6'000 fr. en 2005 (cf. consid. 4.3.3.2 de l'arr�t attaqu�, p. 34 in fine).
2.6 Si on comprend bien la recourante, les juges cantonaux auraient vers� dans l'arbitraire pour n'avoir pas retenu que le salaire mensuel brut d'un monteur �lectricien qualifi� - qualit� dont ne pourrait se targuer l'intim� - s'�levait � 4'250 fr. Elle reproche aux m�mes magistrats d'avoir pris en consid�ration une augmentation annuelle de 3% � 4 % du salaire d�terminant, le faisant ainsi passer entre fin 1998 et janvier 2005 de 4'565 fr. � 6000 fr. A l'en croire, dans aucune profession du b�timent, les salaires n'�volueraient de cette mani�re, surtout lorsque le salari� est quadrag�naire.
2.6.1 La Cour de justice, pour fixer � 4'155 fr. le salaire mensuel gagn� par le demandeur au moment de l'accident en tant qu'�lectricien, a pris pour base de calcul un salaire horaire brut de l'ordre de 24 fr. Comme X.________ n'a pas tax� d'arbitraire la constatation selon laquelle l'intim�, le mois o� il a �t� victime d'un accident, percevait en tant qu'employ� temporaire 23 fr. 10 de l'heure, plus 3 fr. d'indemnit�s, on ne voit pas en quoi la d�termination des faits serait ind�fendable sur ce point. Au contraire, la cour cantonale a signal� qu'elle avait �cart� le salaire moyen horaire de 28 fr. admis par un grand syndicat de la branche pour un monteur �lectricien qualifi� (cf. consid. 4.3.3.2 de l'arr�t cantonal, p. 34 in medio).
2.6.2 Partant du salaire brut per�u en 1996, par 4'155 fr., et du salaire hypoth�tique sans invalidit� de 6'000 fr. en 2005, la cour cantonale, � l'instar du Tribunal de premi�re instance, a admis, par extrapolation, que le demandeur aurait vu son salaire mensuel brut augmenter, entre ces deux ann�es, lin�airement de 205 fr. chaque ann�e, ce qui repr�sente un accroissement salarial d'un peu plus de 4 % par an.
La question de savoir si le l�s�, � supposer que l'accident n'ait pas eu lieu, pouvait compter avec une augmentation effective de son salaire d'�lectricien entre 1996 et 2005, est une question de fait (ATF 129 III 135 consid. 2.2 p. 141 et les r�f�rences cit�es).
L'augmentation annuelle effective de salaire retenue par l'autorit� cantonale est certes assez importante. Mais la recourante ne d�montre nullement que le raisonnement des magistrats genevois doive �tre qualifi� d'arbitraire. Ce pan du grief n'est qu'une suite d'assertions gratuites ne reposant sur aucun document. La d�fenderesse feint du reste d'oublier que le demandeur avait travaill� entre 1984 et 1988 comme chef d'�quipe et que la Cour de justice a retenu qu'il connaissait bien son m�tier. La d�fenderesse a du reste reconnu que l'int�ress� �tait unanimement d�crit comme une personne comp�tente (cf. consid. 2.2 ci-dessus). Les qualit�s reconnues du demandeur et la comp�tence dont il a fait montre tout au long de son activit� d'�lectricien retire tout arbitraire � la d�monstration de la cour cantonale.
2.7 La recourante soutient qu'en contradiction avec les pi�ces qu'elle a produites, la Cour de justice a constat� que l'intim�, dans sa nouvelle profession de chauffeur de taxi, serait � m�me de gagner 3'500 fr. brut par mois. Ce revenu aurait �t� d�termin� sans r�f�rence � un quelconque document. En outre, les juges cantonaux auraient consid�r� que ce revenu ne variait plus depuis 1998.
Pour l'essentiel, il a �t� fait justice de cette critique redondante au consid�rant 2.5 supra. Il n'y a pas lieu d'y revenir.
La critique relative � la pr�tendue invariance du revenu d'invalide du l�s� a en r�alit� trait au choix du facteur de capitalisation entrant en ligne de compte, point qui rel�ve du droit f�d�ral (ATF 129 III 135 consid. 2.3.2.3) et qui, partant, ne saurait �tre examin� en instance de recours de droit public, la voie du recours en r�forme �tant ouverte (art. 84 al. 2 OJ).
2.8 D'apr�s la recourante, la cour cantonale, lorsqu'elle a �t� amen�e � d�duire les prestations accord�es par la SUVA du pr�judice que l'intim� peut r�clamer � l'assurance responsabilit� civile du responsable, a pris en consid�ration une rente mensuelle de 650 fr. � partir du 1er janvier 2001. Elle aurait omis de tenir compte des deux ordonnances sur les allocations de rench�rissement aux rentiers de l'assurance-accidents obligatoire de novembre 2003 et novembre 2004, lesquelles indexaient les rentes vers�es, de sorte que ce seraient des rentes de 658 fr. par mois � compter du 1er janvier 2003 et de 667 fr. par mois � compter du 1er janvier 2005 qui entraient dans le calcul et du dommage actuel et du dommage futur.
A supposer que le grief n'ait pas trait � l'application du droit f�d�ral, ce qui le rendrait d'embl�e irrecevable (art. 84 al. 2 OJ), il appert qu'il n'a pas �t� soulev� par la d�fenderesse en proc�dure d'appel. Il s'agit donc d'un moyen nouveau sur lequel il ne saurait �tre entr� en mati�re dans la pr�sente instance (ATF 124 I 208 consid. 4b p. 212).
2.9 La recourante dresse bri�vement une liste de principes juridiques qui auraient �t� ignor�s par la cour cantonale lorsqu'elle a d�termin� le pr�judice �conomique subi par l'intim�.
Il est totalement exclu d'examiner un tel grief, qui n'a rien � voir avec un probl�me de droit constitutionnel, d'o� son irrecevabilit�.
2.10 La recourante affirme que la Cour de justice a �tabli les faits de fa�on arbitraire en s'�cartant consid�rablement du taux d'invalidit� retenu par la SUVA. Puis elle reprend ses critiques quant � la fixation du revenu d'invalide et du revenu sans invalidit� du demandeur, telle que l'a op�r�e la Cour de justice.
La seconde partie du moyen a d�j� �t� discut�e dans le pr�sent arr�t. Le d�bat est clos � ce sujet.
En ce qui concerne la premi�re branche du grief, elle porte sur un probl�me de droit f�d�ral, plus particuli�rement sur le point de savoir si une d�cision d'une assurance sociale fixant le taux d'invalidit� d'un assur� lie d�finitivement le juge civil appel�, dans un proc�s en responsabilit� civile, � arr�ter le dommage cons�cutif aux l�sions corporelles subies par le l�s� (arr�t I 29/05 du 23 janvier 2006 consid. 4.2). Il suit de l� que la critique est irrecevable (art. 84 al. 2 OJ).
La recourante pr�tend que, sous deux angles distincts, la Cour de justice a appliqu� arbitrairement les art. 129 et 186 LPC/GE.
L'art. 129 LPC/GE, qui a trait � l'instruction pr�alable, dispose que chaque partie doit communiquer les pi�ces auxquelles elle se r�f�re en m�me temps qu'elle produit l'�criture qui les vise. Quant � l'art. 186 LPC/GE, il met le fardeau de la preuve � la charge de la partie qui all�gue un fait pour en d�duire un droit ou sa lib�ration, � moins que le fait � prouver soit admis ou que la loi permette de le tenir pour av�r�.
3.1 La d�fenderesse d�clare en premier lieu que pour admettre que le demandeur avait travaill� entre 1988 et 1990 aupr�s des entreprises E.________ SA et D.________ SA, l'autorit� cantonale s'est fond�e sur des documents produits alors que les enqu�tes �taient closes, qui plus est infirm�s par un extrait de compte individuel AVS. Ces pi�ces, faute d'avoir �t� confirm�es sous la loi du serment, seraient d�nu�es de force probante.
A teneur de l'art. 130 LPC/GE in initio, tout incident relatif � l'instruction pr�alable survenant en dehors d'une audience doit �tre sans retard annonc� par �crit. Selon Bertossa/Gaillard/Guyet Schmidt (Commentaire de la loi de proc�dure civile du canton de Gen�ve du 10 avril 1987, n. 2 ad art. 130 LPC/GE), la partie qui entend soulever un incident de proc�dure doit manifester son intention de mani�re claire et expresse. Elle doit agir sans retard, c'est-�-dire aussit�t que lui sont connus les �l�ments qui fondent sa contestation, � d�faut de quoi il ne sera pas entr� en mati�re sur sa d�marche. Si l'incident survient au cours d'une audience, une annonce verbale, qu'il conviendra de noter au proc�s-verbal, suffit; dans les autres cas, l'instant doit proc�der par �crit, en motivant au moins sommairement sa requ�te.
En l'occurrence, la d�fenderesse n'a jamais soutenu qu'elle s'�tait plainte lors d'une audience que sa partie adverse avait produit des pi�ces apr�s la cl�ture des enqu�tes. Et elle n'a pas expos� avoir pr�sent� hors audience une requ�te incidente �crite pour soulever cette difficult�.
Dans un pareil contexte proc�dural, on ne voit donc pas comment la cour cantonale a pu enfreindre l'art. 129 LPC/GE.
Dans le domaine du droit priv� f�d�ral, sauf exceptions n'entrant pas en ligne de compte, le fardeau de la preuve est r�gi exclusivement par l'art. 8 CC (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, op. cit., n. 1 ad art. 186 LPC/GE). Il suit de l� que l'invocation d'une violation de l'art. 186/LPC/GE n'a pas sa place dans la pr�sente instance, puisque la voie de la r�forme est ouverte (art. 84 al. 2 OJ).
Ce pan du grief est infond� en tant qu'il est recevable.
3.2 La recourante reproche enfin aux magistrats genevois d'avoir pris en consid�ration, pour �valuer le revenu que le demandeur peut percevoir en tant que chauffeur de taxi, des comptes d'exploitation, non sign�s, produits alors que les probatoires �taient closes.
Pour rejeter le moyen, il suffit de renvoyer � ce qui vient d'�tre dit ci-dessus.
Il sied encore d'ajouter que la cour cantonale ne s'est pas bas�e sur les comptes pr�cit�s pour estimer le revenu d'invalide de l'intim�, mais qu'elle a appr�ci� les t�moignages de chauffeurs de taxi ind�pendants recueillis pendant les enqu�tes (cf. consid. 2.5 supra).
La second pan de la critique est infond� dans la mesure de sa recevabilit�.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable. La recourante, qui succombe, paiera l'�molument de justice et versera une indemnit� � titre de d�pens � son adverse partie. L'intim� pourra manifestement recouvrer ses d�pens aupr�s de la recourante, de sorte qu'il convient d'admettre que la demande d'assistance judiciaire qu'il a d�pos�e devient sans objet.

References: art. 46
 ATF 
in fine
 art. 129
 art. 130
 art. 186