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Timestamp: 2019-04-20 23:08:45+00:00

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Bible chrétienne Evang. - § 285. Le plus grand commandement : Mt 22,34-40; Mc 12,28-34
§ 285. Le plus grand commandement : Mt 22,34-40; Mc 12,28-34
(Mt 22,34-40 Mc 12,28-34)
(Où la profession de foi du scribe redouble et renforce celle du Christ) : Voir commentaire au § 190 , où se situe Lc 10,25-28.
// Os 6,6, Voir § 54 — Mt 5,23-24*.
Mc 12,34 b; Lc 20,39-40; (cf. Mt 22,46, à la fin du § 286 — Dans ces controverses, le Christ a donc réduit au silence les contradicteurs. Si le parti de mort n'en reste pas moins pris contre Lui, quelques scribes, pourtant, osent l'approuver (Lc 20,39). Quel courage !...
§ 286. Le Christ, Fils et Seigneur de David: Mt 22,41-46; Mc 12,33-36 ; Lc 20,41-44
(Mt 22,41-46 Mc 12,33-36 Lc 20,41-44)
— Le titre de « Fils de David »* était, au temps de Jésus, un des noms du Messie: d'où la réaction de la foule quand Jésus guérit le démoniaque aveugle et muet § 116 — Mt 12,23), et l'invocation des aveugles § 95 - Mt 9,27*, et § 268 — Mt 20,30) comme l'« Hosanna au Fils de David », lors des Rameaux § 273 — Mt 21,9).
// Ps 132,11 Jr 33,14-16 — Témoignages de l'importance croissante qu'a prise au cours de l'A T., l'attente d'un Messie « fils de David », qui viendrait par conséquent rétablir la royauté davidique. Cf. J. fitzmeyer: La Tradition du Fils de David..., dans « Concilium » 1966, n° 20, p. 67-78; et surtout, b. van iersel : Fils de David, Fils de Dieu, dans « La venue du Messie », p. 113-132.
Mt 22,41-42 ; Mc 12,35 ; Lc 20,41) — Présentation différente en Mt (interrogation polémique), ou en Mc-Lc (enseignement). Mais le sens est le même : refusant le messianisme temporel, Jésus se devait de ne pas encourager cette appellation de « Fils de David », sur laquelle ses contemporains cristallisaient leurs espoirs de libération nationale (Cf. Ps Sal. 17, 23-31 ; et « La venue du Messie » p. 24 ss; et encore C.H. dodd: Conformément aux Écritures, p. 120).
À la question : « Qui est Jésus ? », Pierre a déjà été félicité de répondre : — « Tu es le Fils du Dieu vivant » § 165 — Mt 16,16*). Aussi, sans nier que le Christ soit < Fils de David >, les premières générations chrétiennes préféreront dire qu'il est « de la descendance (ou : de la semence) de David, selon la chair », ajoutant aussitôt qu'il est surtout « Fils de Dieu » (outre Rm 1,3-4, en // au § 4 - Lc 1,32 Ac 13,22-23 Ac 13,33 ignace d'antioche: Aux Eph. 20,2; aux Smyrn. 1,1 — SC p. 90 et 155). L'Épître de Barnabe ira même jusqu'à refuser ce titre de < Fils de David > (12,10-11) — SC 172, p. 172).
Mt 22,43-45; Mc 12,36-37; Lc 20,42-44 // 2S 23,1-2 2S 23,5 Ps 110,1 Ps 110,5-6 He 1,13 Ac 2,34-36 — L'autorité du Ps 110 était d'autant plus incontestée que sa valeur prophétique et messianique était reconnue par la Tradition juive comme inspirée de Dieu. Le Christ prend soin de le souligner : David «parlait sous la motion de l'Esprit ». À vrai dire, le // 2S 23,1-2, tiré des « dernières paroles de David », ne vise pas directement le Ps 110, mais plus précisément la foi de David en la pérennité de sa Descendance (// 2S 23,5).
Si le Messie est bien « de la descendance de David », il est exalté au Ps 110 comme « Le Seigneur »* (< Kurios >), titre divin, parallèle à « Fils de Dieu ». Le messianisme judaïque du « Fils de David » va se corriger et se compléter dans le messianisme chrétien du « Seigneur et Sauveur, Fils de Dieu ». Non par mutation subite, et seulement après la Résurrection et l'Ascension, comme une invention des communautés chrétiennes : Jésus lui-même — qui avait vécu en « Fils bien-aimé » se référant totalement au Père (< Abba > cf. § 110 — Mt 11,27*) — a le premier encouragé ses disciples à reconnaître en Lui non seulement « le fils de David », mais « son Seigneur », et mieux encore : « le Seigneur ». Aussi s'appuieront-ils sur cette Parole (// He 1,13 Ac 2,34-36 Ac 2, tout ceci, cf. B. vaniersel: Loc. cit. p. 129-132). Se produit ainsi, entre le Christ et son ancêtre, la même humble reconnaissance que de Jean-Baptiste à Jésus : « Après moi vient un homme qui m'a précédé, parce que le Premier il était... » Ou encore : « Avant qu'Abraham ne vînt à l'existence, je suis » (Jn 1,30* ; 8,58*). Le lointain descendant de David est, de toujours, son Seigneur et son Dieu. Au nom de quel préjugé refuser au Christ la conscience de son être divin, dont s'accordent à témoigner les Évangiles, en des occasions si diverses mais convergentes (< Concordantia discordantium >*)?...
Mt 22,46) — Cf. à la fin du § précédent, Mc 12,34 b et Lc 20,39-40*.
Sur l'interprétation chrétienne du Ps 110, cf. le dossier patristique de pc il**, p. 602-611, et les commentaires de pc III, p. 370-374 et pc IV, p. 283-306 (J. schildenberger, s. GRÙN et m. GOURGUES). Pour rappeler la transcendance de ce sens < plénier > (cf. BC I*, p. 15-16), et P. benoit, rb 1960, cité dans pc IV, p. 51), citons Hilaire : Sur Mt (PL 9,1048; SC 258,162): « Le Seigneur a dit à mon Seigneur », signifie l'unité de substance entre le Père et le Fils. « Siège à ma droite », est l'invitation à juger. « Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis les marches où tu poses le pied », signifie la puissance qui soumet toutes choses. Le Seigneur voulait rappeler à ses auditeurs qu'en ce descendant de David résidait la nature divine, que Dieu habitait dans l'Homme.
§ 287. Hypocrisie et vanité des scribes et des pharisiens : Mt 23,1 -12 ; Mc 12,37-40 ; Lc 20,45-47
(Mt 23,1-12 Mc 12,37-40 Lc 20,45-47)
— Nous en sommes venus au paroxysme de la crise entre Jésus et les dirigeants d'Israël. Ils se sont d'ailleurs, retirés § 281 — Mt 21, 45-46*). Pharisiens, Hérodiens, Sadducéens et scribes ont été successivement confondus § 285 -286) — Mc 12,34 b* et Mt 22,46). Restent: la foule qui écoute avec plaisir (Mc), et les disciples : c'est à eux que s'adresse le Christ (verbe < Lalô >, soulignant l'importance de l'enseignement, cf. § 260 — Jn 8,12-20*), en tous cas dans les v. 1 à 12 de Mt, mais aussi dans la suite de ce ch. 23, si l'on admet avec Bossuet que Jésus parle non seulement pour mettre en garde contre les pharisiens et docteurs de la Loi, mais « pour l'instruction des maîtres et des docteurs de l'Église », afin qu'ils ne tombent pas dans le double piège de la vanité et de l'hypocrisie.
Toutefois, la condamnation § 288 ou même l'annonce du châtiment § 289 n'empêchent pas que la porte — « étroite » § 72 , qui est le Christ § 263 — reste ouverte, comme l'indique la finale. Car ce v. 39, qui fait inclusion avec Mt 21,9, cadrant ainsi tout l'ensemble, signifie que, même au-delà de la ruine et de la dispersion d'Israël, les Juifs demeurent invités à se joindre aux foules qui ont accueilli l'Envoyé du Seigneur...
Pour l'essentiel, Mc 12,37-40 et Lc 20, 45-47 signalent au même moment la même mise en garde. Par contre, Lc a situé pour sa part plus précisément les invectives au cours du repas chez l'un de ces pharisiens, où Jésus avait été précédemment invité § 202 . I. de la Potterie souligne que Le a désigné alors Jésus comme « Le Seigneur » (11,39), ainsi que par exemple lors de la guérison de la femme courbée § 217 — Lc 13,15*), pour bien marquer son autorité transcendante (Mél. Rigaux, p. 132-134).
Les // à ce § 202 rappelaient que ce ne sont pas les pharisiens comme tels, ni la plupart de leurs coutumes qui sont à réprouver (cf. notamment // Tb 1,3-8), mais le fait que cette obéissance aux prescriptions matérielles de la Loi et du Culte n'aillent pas jusqu'à la conversion intérieure, que celles-ci ont pour but de signifier et d'encourager. C'est déjà ce que les prophètes reprochaient à Israël § 202 — // Am 5,21-24 Am 6,4-7 Jr 7,21-28).
Si le Christ ne tient pas excessivement à ces pratiques extérieures, c'est que son Évangile (son < Kérygme >*) insiste premièrement sur la < Métanoïa >, l'engagement intérieur de la foi, de l'espérance et de la charité § 154 -155) — Mt 15,1-20*), qui ne peuvent à leur tour aller sans produire de « dignes fruits de pénitence » § 20 et 73) — Mt 3,8* et 7,15-20*). Et il serait aussi « hypocrite » de prétendre être disciple du Christ seulement par l'intérieur, que seulement par l’extérieur : l'erreur fondamentale est justement de penser que l'un puisse aller sans l'autre (cf. plus loin, Mt 23,23-28*).
Noter qu'ici ont été repris seulement les versets de Lc // à ceux de Mt. Donc ne s'y trouvent, ni l'introduction des v. 37-38.45, donnant le cadre, ni le v. 41 (insistance sur l'aumône, chère à Lc. cf. Lc 12,33 Lc 16,9 Lc 19,8 et en commun avec Mt-Mc: Lc 18,22 Lc 21,1-4).
Mt 23,2-3 // Dt 17,10 Ml 2,7-10 (Os 4,4-6, en // au § 202 in fine); Rm 2,17-24 — La position assise caractérise l'autorité du Sage dans son enseignement (Si 10,1, en // au § 32 , comme l'écoute du disciple § 192 — Lc 10,39*). Mais ce dernier est « aux pieds » du Maître, dont « la chaire » affirme non seulement la solidité de sa doctrine (parler < ex cathedra >), mais sa légitimité (fête de < la chaire de saint Pierre >). C'est bien en ce sens que le Christ reconnaît la valeur permanente de Moïse, donc de « la Loi et les prophètes », qu'il est « venu non abolir mais accomplir » § 53 — Mt 5,17-19*) :
bossuet : Méditations, 53° jour (p. 223-224) : Ayant à découvrir les abus et les corruptions qui étaient en vogue dans la synagogue et dans ses docteurs, notre Seigneur commence par établir l'autorité de leur ministère, de la manière du monde la plus forte. Car autrement, en reprenant les abus, on en introduirait un plus grand que tous les autres ; qui serait de se retirer de la société, et de mépriser le ministère qui est de Dieu, à cause des vices de ceux qui l'exercent... Songeons donc à l'autorité que doivent avoir les docteurs de l'Église chrétienne; puisqu'ils sont assis... sur la chaire de Jésus-Christ...
Hilaire : Sur Mt (PL 9, 1048 ; SC 258, p. 164) : La Loi présentait une image de la Vérité future. En toutes choses, elle était comme une répétition, qui préparait l'avènement du Christ. Tout ce qui était écrit dans la Loi devait contribuer à le faire tant soit peu connaître. C'est pourquoi il commande d'obéir aux préceptes des Pharisiens, en tant qu'ils occupent la chaire de Moïse, c'est-à-dire d'obéir à tous les commandements de la Loi.
Ce qu'ils disent, faites-le : Jésus-Christ veut que nous apprenions à honorer le ministère, même dans des mains indignes : parce que i indignité des ministres est de leur fait particulier ; et le ministère est de Dieu (bossuet : Ibid. p. 225).
Ils disent et ne font pas : À l'opposé de la finale du Sermon sur la montagne § 73 -74*), qui est en quelque sorte symétrique de ces ch. 23-25 : cf. Mt 23,13*. Bien entendu, les rabbins n'insistaient pas moins : « Belles sont les paroles dans la bouche de qui les pratique... Celui qui apprend pour ne pas pratiquer, mieux vaudrait pour lui n'avoir pas été créé » et autres citations dans : P. bonnard, p. 334-335). Même respect (de la Loi), et même reproche à ces Pharisiens de vivre autrement que ce qu'ils le professent, dans le // Rm 2,17-24
Mt 23,4-5 Lc 11,46 — bossuet : Méditations, 56° jour (p. 233) : Le premier abus, c'est que pour paraître pieux, ils font les sévères... Voilà leur premier caractère, rigoureux par ostentation, et en même temps durs et impitoyables... pour tenir dans leur dépendance [les âmes], sous le beau nom de direction. Mais vous, ô véritables directeurs, si vous êtes obligés d'ordonner des choses fortes, soyez encore plus soigneux à soulager ceux à qui vous les imposez. Loin de vouloir vous attacher les âmes infirmes, rendez-les libres ; et autant que vous pourrez, mettez-les en état d'avoir moins besoin de vous, et d'aller comme toutes seules par les principes de conduite que vous leur donnez (ceci en réparation des sottises calomnieuses qu'il est de bon ton de répandre sur la direction au XVII° siècle). Voir Mt 23,10*.
Le Christ n'a pas supprimé < le joug de la Torah > ; mais si nous devons nous assujettir à son propre joug, Il nous le promet bienfaisant et léger § 111 — Mt 11,30*). Mais ils ne veulent pas : non par faiblesse, ce qui serait une excuse : c'est la volonté elle-même qui se refuse.
Toutes leurs oeuvres, ils les font pour être vus : § 60 -63) — Mt 6,1-6 Mt 6,16-18*.
Les phylactères : Jérôme : Sur Mt (PL 26,168) : Après avoir donné à Moïse les commandements de la Loi, le Seigneur ajoute pour finir : « Tu les attacheras dans ta main, et ils seront toujours devant tes yeux » (Ex 13,9 Ex 13,16 Dt 6,8 Dt 11,18). Le sens est : Que mes commandements soient dans ta main, pour être accomplis dans tes oeuvres ; qu'ils soient devant tes yeux pour que tu les médites jour et nuit. Par une mauvaise interprétation, les Pharisiens écrivaient le Décalogue de Moïse — c'est-à-dire les dix Paroles de la Loi — sur de légers parchemins, qu'ils pliaient, puis attachaient sur leur front, s'en faisant comme une couronne: de cette manière, les commandements étaient toujours devant leurs yeux.
allongent leurs franges : Elles avaient le même but: rappeler d'avoir à mettre la Loi en pratique (cf. BC I*, p. 322-323). Jésus lui-même portait de ces franges § 94 — Mt 9,20, que l'on trouvera aussi en // Nb 15,38-41. Ce n'est donc pas cela qu'il reproche aux pharisiens, mais un allongement ostentatoire.
Mt 23,6-10; Mc 12,39-40; Lc 20,46-47 // Si 36,1 Si 36,17 Ep 3,14-15 — La première place : Cf. § 202 — Lc 11,43, et la parabole du § 224 — Lc 14,7-11, qui se termine sur le même appel à l'humilité que Mt 23,12.
RabbI*, Maître (< didascalos >, « enseigneur » comme dit le P. Jousse), Père Docteur (v. 8-9) : La paternité non seulement physique mais spirituelle est un fait reconnu (1Co 4,15). De même la science, qui est un devoir pour les prêtres, dont la mission est d'enseigner les fidèles (Os 4,4, en // au § 202 in fine). Et la vénération des fidèles ne se trompe pas quand elle salue spontanément le prêtre du titre de < Père >, et en appelle à lui comme à quelqu'un qui devrait être expérimenté ès-choses divines. Le mal serait de se faire donner ces marques de respect, et plus encore d'oublier que Dieu seul les mérite absolument, qu'il en est la source, et que nous devons par conséquent tout rapporter à Lui: « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ?... Toute parternité vient du Père » (1Co 4,7; Ep 3,14-15).
C.H. Dodd (rhpr 1957, p. 16-17) rapproche ce « n appelez père nul d'entre vous sur terre » non seulement du // Ml 2,10, mais de la fausse assurance qu'il aurait suffi, pour être sauvé, « d'avoir Abraham pour père » — assurance dénoncée par Jean-Baptiste § 20 — 3,9*) comme par Jésus § 261 — Jn 8,33-41*).
votre unique Maître de Vérité c'est le Christ (v. 10): À noter cette mention exceptionnelle du < Christ > sur les lèvres de Jésus (analogue à Mc 9,41 et Jn 17,3).
D'après un article du P. spicq (rb 1959, p. 387-396), au v. 8 comme au v. 9 ce serait Dieu le Père, appelé notre < Enseigneur > parce que, suivant les prophéties d'Is 54,13 et Jr 31,33-34, aux temps messianiques, « nous serons tous enseignés par le Père », comme Jésus le déclare dans le Discours sur le Pain de Vie, et comme le redisent 1Th 4,9 et He 8,11. Enseignement du Père qui n'est autre que Jésus en Personne [le Verbe] : cf. § 163 — Jn 6,45*, y compris le texte d'Augustin. Cela explique pourquoi, dès ce verset 8, la conclusion est que « nous sommes tous frères ».
Au v. 10, par complément, il s'agit nommément du Christ, nommé d'un mot qui signifie étymologiquement : < Conducteur >, et « suggérerait l'idée d'un guide spirituel, d'un directeur de conscience, moins comme conseiller qu'au sens fort de < recteur, éducateur, pasteur >... bref, le < Maître de la justice > d'Is 30,20 et Jl 2,23: « Celui qui t'instruit ne se cachera plus / et tes yeux verront Celui qui t'instruit... Réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu, car Il vous a donné le Maître de la justice ».
« On est dès lors en droit de se demander si Jésus, après avoir opposé à l'autorité doctrinale des pharisiens et des scribes, l'unique Magistère divin (v. 8-9), ne se proposerait pas lui-même comme le seul interprète autorisé de la Loi de Moïse et de la volonté de son Père (v. 10)... En conclusion, Mt 23,8-10 ne condamne pas tant les honneurs ou les privilèges réservés aux Maîtres qu'une religion de professeurs et d'exégètes, si érudits et vertueux qu'ils soient... Désormais, Dieu, son Christ et le Saint-Esprit enseigneront les croyants, rassemblés dans une Eglise par le ministère des Apôtres ».
En rigueur de termes, le Christ est bien notre unique Maître de Vérité, car tout ce qu'il dit, Il le fait (par opposition aux pharisiens, Mt 23,3) :
Ignace d’Antioche: Lettre aux Éphésiens 15,1 (SC 10, p. 84) : Mieux vaut se taire et être que de parler et ne pas être. Il est bon d'enseigner, si celui qui « dit », « accomplit » [ce qu'il dit]. Il y a donc un seul Maître : Celui qui « a dit, et tout vint à l'existence ». Et les choses qu'il a faites dans le silence sont dignes du Père.
Au surplus, une fois incarné, tout ce que le Verbe nous enseigne et nous demande, Il l'a lui-même le premier vécu et accompli; de sorte qu'il est le modèle que doivent suivre les < docteurs de la Loi > et directeurs de conscience chrétiens : // 1Tm 1,5-8 1Tm 1,
Tous, vous êtes frères : Non seulement à la même école (v. 8), mais parce que tous fils « nés de Dieu » par conformation à son Fils, devenu « l'aîné d'une multitude de frères » (Rm 8,29 Ep 1,5-6 Mt 12,48-50 Mt 25,40*; Mt 28,10). Sur la fraternité en Mt, cf. 5,22-24.47; 7,3-5; 18,15.21.35.
Mc 12,40 et Lc 20,47 stigmatisent, outre la vanité, la tartuferie proprement dite, qui est plus grave (voir au § 288 — Mt 23,14*).
Mt 23,11-12 // Jb 22,29 Pr 29,23 Ez 21,31 — Le v. 11 rappelle § 174 — Mc 9,35; et § 255 — Mt 20,25-28*. Le v. 12 se trouvait équivalemment au § 174 Mt 18,4; et § 224 , § 245 — Lc 14,11*; 18,14* (Grégoire de Nysse). Sur ce point encore, l'enseignement du Christ correspond à celui du judaïsme contemporain : « Qui est humble finit par faire résider la < Shekinah > (BC I*, p. 225) sur Israël... Qui élève son coeur provoque la pollution de la terre et le départ de la Shekinah; les superbes sont appelés abomination, comme l'idolâtrie » (cité P. bonnard, p. 337).
§ 288. Imprécations contre scribes et pharisiens: Mt 23,13-36 (Lc 11,52 Lc 11,42-43 Lc 11,39-40 Lc 11,44)
(Mt 23,13-36 Lc 11,52 Lc 11,42-43 Lc 11,39-40 Lc 11,44)
— Il y en a 7 suivant Nestlé, et une huitième d'après la Vulgate (voir 23,14*), comme il y a 8 béatitudes: nouveau rapprochement avec le Sermon sur la montagne. Luc 11,38-52 distribue autrement : 3 contre les Pharisiens, puis 3 contre les scribes, qui reprennent 4 des malédictions de Mt (tandis que les 2 autres de Lc se rapprochent de Mt 23,1-12,
Malheur : Correspond à « Bienheureux ». La version de Lc 6,20-26 réunissait bénédictions et malédictions, comme dans l'Ancienne Alliance (Lv 26 et Dt 27-28 — BC I*, p. 305-306, 365-366). < Ouaï'> « exprime moins une malédiction qu'une profonde douleur, ou [et] une indignation allant jusqu'à la menace prophétique : cf. Mt 11,21 Mt 18,7 Mt 24,19 Mt 26,24 » (Note de la TOB). Mais dans le contexte de Mt 23-25, la note de « condamnation messianique » et même < eschatologique > n'est certes pas absente non plus (p. bonnard, p. 338; D. MARGUERAT, p. 348-49).
À vous, scribes et pharisiens : Aux Mt 23,8-10, le « vous » s'adressait aux disciples, de sorte que, même à présent, cette « menace prophétique » mette en garde aussi les chrétiens de ne pas tomber dans un < pharisaïsme > analogue. Car cette déviation est un danger très général, et d'autant plus qu'il s'agit d'une religion mobilisant les fidèles corps et âme, comme le fait tout particulièrement le catholicisme (ou l'Orthodoxie).
hypocrites : Ici au sens non seulement < objectif > (Introd. aux § 60 -63), mais aussi < subjectif) (v. 14. 23-28; cf. v. 3; et 15,7).
// Is 5,8-23 — Les 5 < Ouaï > d'Isaïe condamnent d'autres maux, mais c'est la même dénonciation du Mal. Et nous comprenons pourquoi c'est une des tâches essentielles du prophète : c'est qu'il faut justement remédier à la confusion du Bien et du Mal (Is 5,20), qui est la perversion la plus dangereuse puisqu'elle fausse jusqu'à la conscience qui devait être notre guide (cf. BC I*, p. 46 et 56-57). Une telle dénonciation, ici reprise par le Christ, n'a pas cessé d'être nécessaire dans l'Église (cf. A. Uleyn: Actualité de la fonction prophétique, p. 28-37; cf. § 78 — Jn 3,18*). « La figure du Christ [en Mt 23 non moins qu'aux ch. 24-25] est résolument décrite sur le modèle de la tradition prophétique », afin que nous reconnaissions en Jésus le Prophète annoncé par Moïse en Dt 18,15-18. Cf. déjà Mt 21,11 et Mt 21,46 (D. Marguerat: Le jugement..., p. 347-350).
Mt 23,13 ; (Lc 11,52 — Le prêtre doit communiquer la science et s'évertuer à la rendre praticable § 202 // Os 4,4 Os 4,6), non la monopoliser. La clé (Luc) du Royaume (Mt) est confiée à Pierre et aux Apôtres comme un pouvoir de réconciliation et de réintégration de la Brebis égarée § 165 et 178) — Mt 16,19 et Mt 18,13).
Mt 23,14 — Entre parenthèses parce que non retenu comme authentique par Nestlé. Serait une addition recopiant Mc 12,40 et Lc 20,47 § 287 *). C'est l'histoire même que Molière a mise en scène dans son Tartuffe. 2Tm 2,6 témoigne déjà qu'il s'en trouve aussi dans l'Église du Christ.
Mt 23,15 — Un prosélyte : au sens originel de < païen converti au judaïsme >. Un fils de* géhenne § 54 — Mt 5,22*).
Mt 23,16-22 // Ex 20,22 Ex 20,24 Ex 26,30 Ex 29,37 Ps 26,6-8 He 12,22-24 Is 66,1-2 — Les « traditions humaines » pour tourner le commandement de Dieu ont été dénoncées au § 154 *. Hilaire: Sur Mt (PL 9, 1049-1050; SC 258, p. 170): Le Christ condamne la préférence donnée aux observances humaines sur les traditions des prophètes: on respecte des opinions creuses, et l'on transgresse ce qui devait être respecté. C'est Lui-même, qui avait donné la Loi; et la Loi n'avait pas en elle-même le pouvoir de produire < l'effet > [à venir], mais elle était un exercice en vue de cet effet, comme la répétition [d'un rôle]. Par exemple, les ornements de l'autel et du Temple n'étaient là que pour imiter la beauté des réalités futures. Le Christ réprouve donc que l'or et l'offrande soient honorés plus que le Temple et l'autel, c'est-à-dire plus que le mystère.
Sur le mystère de l'Autel et du Tabernacle ou du Temple comme « Tente de la Rencontre », cf. les // Tirés d'Exode et du Ps 26, ainsi que BC I*, p. 78-79, 143-144, 252,256-261. En // au v. 22, Is 66,1-2 rappelle que l'image biblique du Dieu < céleste > (transcendant) qui < trône > (en Créateur tout-puissant) n'a rien d'un Jupiter tonnant : sa grandeur même le rend proche des humbles, des pauvres et même des pécheurs pourvu qu'ils se reconnaissent pour tels (// Ps 113,5-9, et passim). Mais ce sur quoi le Christ nous met en garde, c'est qu'en définitive, « tout serment se fait par le nom de Dieu et devant Lui, même si l'on essaie de l'éviter; de cette première proposition, on peut tirer deux conclusions ; puisque tout serment est fait devant Dieu, il importe soit de ne point jurer du tout, pour ne pas prendre le Nom en vain (sens de Mt 5,33-37 Ex 20,7), soit de ne point faire de distinctions subtiles entre serments valables et non valables, comme le fait la casuistique rabbinique » (p. bonnard, p. 339).
Mt 23,22 — bossuet : Méditations, 59° jour (p. 240) : Comme [le Christ] élève l'esprit: du temple, au ciel dont il est l'image: du ciel, à Dieu qui y est assis, qui y règne, qui y tient l'empire de tout l'univers.
Mt 23,23-24 // Lv 27,30 Dt 14,28-29 2Ch 31,4-5 Si 35,8-10 Mi 6,6-8 — Comme toujours, les prescriptions de la Loi sont pour la charité (// Dt 14,29), au bénéfice du donateur lui-même (// Si 35,10). Mais les prophètes insistaient déjà sur l'attitude intérieure qui rend ces dons agréables à Dieu : la joie de la générosité (2Co 8-9 et notamment 9,7 ; 1Ch 29,16-18), mais surtout une vie accordée à Dieu (// Mi 6,8). Justice, miséricorde et fidélité (Évangile) convergent remarquablement avec agir en toute équité, aimer la miséricorde (que c'est beau !), et marcher avec ton Dieu; humblement comme en Mt 23,8-12.
Accomplir ceci sans négliger cela : Jésus n'abolit donc ni la Loi mosaïque, ni même les traditions particulières, qui ont leur importance, car « les petites choses sont la couverture et la défense des grandes ». Seulement le Christ redonne la perspective, afin qu'on n'aille pas prendre le secondaire pour l'essentiel, et « s'imaginer que Dieu se paye de cette écorce et de ces grimaces » (bossuet).
Mt 23,25-28; (Lc 11,39 Lc 11,44) // Is 1,13-18 — Le réquisitoire se fait de plus en plus violent, à mesure qu'il se précise. À présent, ce qui est expressément dévoilé, c'est l'hypocrisie qu'annonçait l'apostrophe « hypocrites ! », et même déjà le v. 3b. L'imposture est dans l'opposition entre le dehors et le dedans (répétée par 4 fois aux v. Mt 23,25 Mt 23,26 Mt 23,27 Mt 23,28). P. bonnard, p. 341 : « Contrairement à l'interprétation luthérienne classique, l'intérieur n'est pas seulement < le coeur > et l'extérieur < les oeuvres > : L'intérieur c'est l'homme total tel que Dieu le voit et le juge... Purifier d'abord l'intérieur ne signifie pas procéder à des exercices purement intérieurs, mais obéir de coeur et totalement aux ordonnances essentielles de la Loi... telle qu'elle est maintenant réinterprétée par le Christ... Paradoxalement la purification intérieure doit s'accomplir dans des actes extérieurs ». Sur l'image de la coupe, voir au § 318 — Lc 22,17*.
Évangile de Thomas, n° 93 : Jésus dit : « Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe et ne pensez-vous pas que Celui qui a fait le dedans, c'est Lui aussi qui a fait le dehors ».
pleins d'hypocrisie et d'injustice (v. 28b): < Anomia > = hors-la-Ioi, eux qui s'en prétendent les défenseurs exemplaires ! C'est dénoncer « une subversion radicale de la volonté divine », dont la Loi est l'expression (D. Marquerai, p. 351).
Mt 23,29-32; (Lc 11,47-48) // Ac 7,51-52 — Amenée par l'image des « sépulcres blanchis » des v. 27-28, l'invective s'intensifie encore, préparant l'accusation capitale qui va être portée aux v. 32-36. Alors qu'en apparence les contemporains de Jésus sont à l'opposé d'ancêtres meurtriers, et s'en vantent (v. 30), en réalité ils vont dans le même sens et les dépasseront même : car couvrir de tombeaux et de fleurs les prophètes, c'est une autre façon d'enterrer la Vérité, pour ne pas l'entendre (// Ac 7,51). La preuve en est que, si leur sont envoyés à eux-mêmes non seulement de nouveaux messagers mais cette Vérité même en la Personne du Fils (= parabole des Vignerons homicides), ils vont le flageller et le crucifier (v. 34-36*). Ainsi le sommet de l'accusation (v. 29 à 36) est d'une seule coulée... En un sens elle rejoint Saint-Jean 8, 37.44 : « Vous vous prétendez du côté des prophètes et des justes, mais vous êtes du diable et voulez accomplir ses désirs, lui qui est le premier meurtrier ! » (Sur le glissement de l'accusation d'hypocrisie à celle de meurtrier des prophètes, cf. l'analyse de D. Marguerat: Le jugement..., p. 358-59).
les prophètes... les justes: Le parallèle se retrouve en Mt 10,41 et 13,17. D'après E. cothenet (dans BETL 29, p. 293-299), « le mot < dikaïos > y est pris en son sens précis de < enseignant la justice > (Da 12,3) ». Ces justes auraient donc en commun avec les prophètes d'exercer « une fonction de prédication », et seraient « à rapprocher de la triade paulinienne : Apôtres, prophètes, didascales » (= enseignants de la justice, 1Co 12,28).
Mt 23,33 ; (Lc 3,7 — Commentaire au § 20 — Lc 3,7*. Mais, en reprenant la dure parole du Précurseur, Jésus l’actualise : ce n'est plus seulement «la colère à venir », c'est désormais la condamnation elle-même à la géhenne (= la < damnation >) qui menace. « Le temps du jugement va se substituer au temps de la patience* (D. Marguerat, p. 360). Cependant, même si la forme interrogative est rhétorique, et pour autant équivalente à une affirmation, elle donne au Christ le moyen de ne pas trancher catégoriquement, et de laisser encore ouverte la possibilité d'une improbable conversion (à laquelle appellera encore le dernier verset de ce terrible Évangile, v. 39*).
Mt 23,34-36; (Lc 11,49-51) // Gn 4,8 Gn 4,10-11 2Ch 24,17-22 Lm 4,12-13 — En apparence, il y a divergence entre Mt et Lc. L'apostrophe personnelle du Christ aux scribes et pharisiens (Mt) est donnée comme citation impersonnelle par Lc : « La Sagesse de Dieu a dit : je leur enverrai... » La critique des sources ne permet guère d'expliquer cette différence (cf. J. Dupont: Béatitudes II, p. 302-305). Mais à vrai dire, il importe assez peu puisqu'on somme, les deux versions se rejoignent : non seulement nous savons par ailleurs que « la Sagesse de Dieu » nous parle précisément en Jésus, Verbe incarné, mais Mt indique la même origine divine de la sentence prophétique, en prenant seulement d'autres moyens. D'abord, le « voici », comme un avertissement solennel. Puis le « Je », souligné en grec par un < ego > que le verbe ne demandait pas, et qui revient par conséquent à un « moi je » (que nous préférons éviter en français, où l'expression prend un sens péjoratif, de forfanterie). k.l. schmidt a montré comment cette anomalie est fréquente dans les Synoptiques : « Moi, je vais aller le guérir » (Mt 8,7); « Et si moi, je chasse les démons... » (Mt 12,27); « Je te le commande, moi » (Mc 9,25); « Moi, j'ai senti une force sortir de moi » (Lc 8,47); « Moi, j'ai prié pour toi » (Lc 22,32). Conclusion de K.L. Schmidt: « En insistant sur son propre moi, Jésus élève une prétention proprement divine, qui n'a pas de meilleur analogue que les auto-proclamations de Dieu dans le Deutéro-Isaïe » (dans le même sens, M.J. suggs: Wisdom, Christology and Law in Mat-thew's Gospel, Cambridge Mass. 1970). Sur quoi, A. Feuillet observe que ces < Ego > sont, dans les Synoptiques, le correspondant des < Ego eimi > (je suis) de Saint-Jean § 260 — Jn 8,24*). Nouveau témoignage de la concordance des Évangiles, dont les divergences apparentes sont en réalité complémentaires, et d'autant plus probantes (= < Concordantia discordantium >*).
des prophètes, des sages, des scribes'. Énumération plus judaïsante (Jr 18,18), que Le < christianise > en « prophètes et apôtres », alors même que, semblant faire une citation de l’A.T. — « La Sagesse a dit que... » — il devrait éviter une appellation néotestamentaire, par conséquent anachronique. Mais les Évangiles n'ont pas besoin d'authentifier par un langage archaïsant une pensée de leur cru, qu'ils mettraient faussement dans la bouche de Jésus : ce qu'ils cherchent surtout, c'est à écrire ses authentiques paroles, de façon qu'en ressorte la permanente actualité.
Vous en tuerez, crucifierez, flagellerez (Mt) : Les disciples passeront par où va passer le Maître flagellé et crucifié. Et cette allusion à sa prochaine passion justifie l'accusation des v. 29-32 : « Comblez la mesure de vos pères ». « Ils ont tué les serviteurs, paraphrase saint Jérôme, vous crucifiez le Seigneur ! Ils ont tué les prophètes, vous tuez celui qu'avaient annoncé les prophètes » (Sur Mt 23,29 — Pl 26,172). Saint Paul accusera plus spécialement les Juifs qui s'opposaient à lui de « mettre le comble à leurs péchés » en contrecarrant sa prédication de l'Évangile aux païens, provoquant ainsi « la colère de Dieu » (1Th 2,15-16 Ac 17,5).
Vous les poursuivrez de ville en ville : Suivant ce qu'annonçait déjà le Discours apostolique § 100 — Mt 10,23*).
pour que retombe sur vous tout le sang juste : En persécutant non seulement les envoyés à venir, mais le Christ lui-même, ils sont entrés en complicité avec leurs pères, dont ils vont « combler la mesure ». C'est donc à juste titre (comme le signifie le « dia touto » ajouté par Mt en tête de son verset 34) que retombe sur eux « tout le sang juste ».
Cette dernière expression pourrait n'être qu'une contraction, pour « le sang des justes » — comme celui « du juste Abel ». Mais d'après kirkpatrick, il vaudrait mieux traduire aussi : « le sang juste d'Abel », en // à l'expression biblique du « sang innocent » (2R 21,16 2R 24,4 Jr 26,15 et dans Mt Lui-même, Mt 27,4), dont Dieu se fait le vengeur : // Gn 4,10 Dt 21,8 Pr 6,17 Jl 4,19, Abel jusqu'à Zacharie, fils de Barachie; Il s'agit évidemment du meurtre rapporté au // 2Ch 24,17-22. Mais ce prêtre était « fils de Yéhoyada ». Le dire « fils de Barachie », c'est le confondre avec le Zacharie « fils de Bérékya », avant-dernier des douze petits prophètes dont la Bible nous a conservé les oracles. La confusion est-elle inconsciente ? Ou bien Mt aurait-il voulu que ce Zacharie représente ainsi plus expressément « les prophètes », afin de retrouver, d'Abel à Zacharie, le couple des « prophètes et des justes » du v. 29 ? Ce serait conforme au souci < littéraire > (formel) plutôt qu'historicisant dont témoigne la rédaction des Évangiles.
sur cette génération* : Voir au § 349 — Mt 27,24-25*, ce que représente cette prise en charge de la responsabilité du « sang innocent » par « le peuple » lui-même alors présent à la condamnation de Jésus — c'est-à-dire par « cette génération » qui verra la prise de Jérusalem en 70. Pourtant, la première prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 av. J.C. aurait dû servir de leçon (// Lm 4,12-13).

References: § 285

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 § 54
 § 286

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 § 116
 § 95
 § 268
 § 273
 § 165
 § 4
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 § 202
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 § 224
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 § 174
 § 255
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