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Timestamp: 2016-10-22 23:48:50+00:00

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4A_22/2013 (31.07.2013)
4A_22/2013 � � Arr�t du 31 juillet 2013
X.________ S�rl, repr�sent�e par Me Luc Pittet,
3. A.C.________,
4. B.C.________,
5. C.C.________,
tous repr�sent�s par Me Mich�le Meylan,
responsabilit� contractuelle, dommage,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 27 septembre 2012.
En tant qu'h�ritiers de Z.________, A.________, B.________ et C.________ sont devenus propri�taires de la parcelle 221 de la commune de ... (Vaud), sur laquelle est �difi� un b�timent comprenant des locaux commerciaux et des habitations. C.________ est d�c�d� le 30 janvier 2007 et ses h�ritiers, A.C.________, B.C.________ et C.C.________ lui ont succ�d�.
Les propri�taires ont souhait� r�nover et transformer le b�timent.
A cette fin, ils ont pris contact avec le bureau d'architecture R.________ SA, qui leur a propos� diverses variantes. Une demande de permis de construire a �t� d�pos�e le 16 juillet 2001 et le permis a �t� accord� le 28 mars 2002.
Les propri�taires ont �t� approch�s par S.________, qui leur a pr�sent� une carte de visite � l'en-t�te de la soci�t� X.________, et leur a conseill� de consulter cette soci�t�. S.________ n'�tait ni organe, ni employ� de cette soci�t�. Par la suite, des missions d'architecte lui ont �t� confi�es � titre ind�pendant, pour lesquelles il a �t� r�mun�r�.
Suivant les conseils de S.________, les propri�taires sont entr�s en contact avec la soci�t� X.________ S�rl qui a son si�ge � Gen�ve. Les parties ont conclu, le 21 juin 2002, un contrat, comportant une �lection de for en faveur des tribunaux vaudois, par lequel les propri�taires chargeaient la soci�t� de fournir les prestations suivantes: le devis g�n�ral, les appels d'offres et leur analyse, le calendrier de l'ex�cution, la phase de l'ex�cution, la phase finale, le d�compte et les travaux de garantie. Les parties ont pr�vu l'application de la norme SIA 102 (�dition 1984). La soci�t� devait respecter le devis g�n�ral qui avait �t� �tabli et elle devait �tre r�mun�r�e, selon la norme SIA 102, sur la base d'un montant des travaux de 960'000 fr.
Les propri�taires, qui n'avaient pas de fonds propres disponibles, avaient sollicit� un pr�t de la banque V.________, qui leur a �t� refus�. Les travaux ont finalement �t� financ�s par un pr�t de la banque W.________, dont le collaborateur a bien compris qu'il �tait primordial pour les propri�taires que le budget devis� soit tenu.
En cours de chantier, les propri�taires, repr�sent�s par B.________ (qui est d�corateur d'int�rieur), se sont plaints de ne pas �tre correctement inform�s par X.________ S�rl, que le chantier prenait du retard et qu'il y avait des malfa�ons. Des diff�rends sont survenus avec des entrepreneurs qui n'�taient pas pay�s et avec des locataires de l'immeuble en raison des retards. Apr�s l'ach�vement des travaux, des finitions et des corrections de malfa�ons ont d� �tre effectu�es. Le budget n'a pas �t� tenu, de sorte que le cr�dit de construction accord� par la banque W.________, fix� initialement � 1'250'000 fr., a �t� augment� successivement � 1'650'000 fr., puis � 1'800'000 fr. en premier rang et 200'000 fr. en deuxi�me rang.
Un appartement a �t� am�nag� dans les combles, ce qui n'�tait pas pr�vu � l'origine.
X.________ a envoy� aux propri�taires une note d'honoraires finale, leur r�clamant, apr�s d�duction des acomptes vers�s, un solde de 109'488 fr.80.
Par lettre de leur avocat du 5 mars 2009, les propri�taires se sont oppos�s totalement � cette pr�tention, ont invoqu� la compensation et se sont r�serv�s de r�clamer des dommages-int�r�ts pour cause de mauvaise ex�cution du mandat.
Par demande du 4 mai 2004 d�pos�e au greffe du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois, X.________ S�rl a conclu � ce que les propri�taires soient condamn�s solidairement � lui payer la somme de 99'999 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 29 f�vrier 2004.
Les propri�taires ont conclu au rejet de la demande et ont form� une demande reconventionnelle, r�clamant � la soci�t� la somme de 499'990 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 6 septembre 2009.
En raison de la modification de la valeur litigieuse, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois a transmis la cause � la Cour civile du Tribunal cantonal.
En cours d'instance, une expertise a �t� confi�e � l'architecte T.________, qui a rendu un rapport, puis un rapport compl�mentaire.
Par jugement du 2 octobre 2009, la Cour civile a rejet� les conclusions prises par X.________ S�rl et a condamn� cette derni�re � payer aux propri�taires la somme de 333'183 fr.40 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004.
Saisie par X.________ S�rl, la Chambre des recours du Tribunal cantonal, par arr�t du 21 f�vrier 2011, a annul� le jugement attaqu� et renvoy� la cause � la Cour civile.
Par jugement du 30 septembre 2011, la Cour civile a derechef rejet� les conclusions prises par X.________ S�rl et a condamn� cette derni�re � payer aux propri�taires, solidairement entre eux, le montant de 305'650 fr.20 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004.
Saisie d'un appel form� par X.________ S�rl, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 27 septembre 2012, a admis partiellement l'appel en ce sens qu'elle a r�duit le montant d� par X.________ S�rl � 255'525 fr.90 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 8 septembre 2004, statuant par ailleurs sur les frais et d�pens. Bien que le montant � payer ait �t� r�duit d'environ 50'000 fr., la cour cantonale n'a pas modifi� le montant des d�pens qui avaient �t� allou�s aux propri�taires pour la proc�dure de premi�re instance, � savoir 54'069 fr.20. En substance, la cour cantonale a retenu que le devis des travaux figurant au contrat avait �t� d�pass� de 561'685 fr. Apr�s avoir d�duit les plus-values par rapport aux travaux initialement pr�vus, elle a r�duit ce montant � 356'518 fr.40. Consid�rant que la soci�t� avait mal ex�cut� son mandat et que les propri�taires n'avaient qu'une utilit� subjective r�duite de travaux aussi co�teux, elle a mis les deux tiers de cette somme, soit 237'678 fr.90 � la charge de la soci�t�. Elle y a ajout� le montant de 31'950 fr. pour des pertes de loyers dues � des retards et des honoraires d'avocat de 5'738 fr.65 pour des activit�s hors proc�s rendues n�cessaires par la conduite chaotique du chantier. Elle a soustrait de cette somme (la compensation ayant �t� invoqu�e) un montant de 19'841 fr.70 � titre d'honoraires r�duits pour X.________.
X.________ S�rl exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal du 27 septembre 2012. Invoquant une violation du droit d'�tre entendu, un d�ni de justice, l'arbitraire, ainsi qu'une violation des art. 310, 106 CPC et 8 CC, elle conclut, sous suite de frais et d�pens, � son annulation, � ce que les intim�s soient condamn�s solidairement � lui payer la somme de 19'841 fr.70 avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 29 f�vrier 2004, � ce que la demande reconventionnelle soit rejet�e et � ce que tous les frais judiciaires de premi�re et deuxi�me instances cantonales soient mis � la charge des intim�s; subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision.
Les intim�s concluent, sous suite de frais et d�pens, au rejet du recours dans la mesure o� il est recevable.
1.1.�Interjet� par une partie qui a succomb� dans ses conclusions en paiement ainsi que partiellement dans ses conclusions lib�ratoires et qui a donc qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours est recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. c, 45 al. 1, 48 al. 1 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Il peut donc �tre form� �galement pour violation d'un droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313).
Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit dont il peut contr�ler le respect (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336; 137 II 313 consid. 4 p. 317 s.). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400).
�Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 137 II 353 consid. 5.1 p. 356; 136 I 184 consid. 1.2 p. 187). La partie recourante qui invoque l'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits doit motiver son grief d'une mani�re qui r�ponde aux exigences de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62). Une rectification de l'�tat de fait ne peut �tre demand�e que si elle est de nature � influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
En l'esp�ce, il n'y a pas lieu de tenir compte de l'�tat de fait pr�sent� par la recourante, d�s lors que celle-ci n'invoque avec pr�cision aucune des exceptions pr�vues par l'art. 105 al. 2 LTF. Dans la mesure o� l'argumentation de la recourante s'�carte des constatations cantonales, il n'est possible d'entrer en mati�re que si, ayant soulev� le grief, elle a soutenu de mani�re pr�cise que la cour cantonale aurait retenu ou omis un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62).
1.4.�Le Tribunal f�d�ral ne peut aller au-del� des conclusions des parties (art. 107 al. 1 LTF). Toute conclusion nouvelle est irrecevable (art. 99 al. 2 LTF).
S'il admet le recours, le Tribunal f�d�ral peut statuer lui-m�me sur le fond comme la cour cantonale aurait pu le faire ou lui renvoyer la cause pour nouvelle d�cision (art. 107 al. 2 LTF).
2.1.�Invoquant un d�ni de justice et une violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 1 et 2 Cst.), ainsi qu'une transgression de l'art. 310 CPC, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir, en tant que juridiction d'appel, revu librement la cause en fait et en droit. Elle se r�f�re au consid�rant 2 de l'arr�t attaqu� (p. 73), o� la cour cantonale a consid�r� qu'elle ne pouvait revoir les questions de fait qui ont �t� examin�es et tranch�es d�finitivement par la Chambre des recours.
La Cour civile a rendu un premier jugement le 2 octobre 2009 qui a fait l'objet, selon le droit de proc�dure en vigueur � l'�poque, d'un recours aupr�s de la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois. Celle-ci a annul� le jugement attaqu� et renvoy� la cause � la Cour civile. Dans une telle situation, on admet que l'autorit� inf�rieure � laquelle la cause est renvoy�e se trouve li�e par les consid�rants �mis par l'autorit� sup�rieure, ce qui d�coule logiquement de la hi�rarchie des juridictions. Ce principe s'applique d'ailleurs �galement aujourd'hui en cas de renvoi prononc� sur appel ou sur recours (FF 2006 p. 6983; Nicolas Jeandin, Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 4 ad art. 318 CPC et n� 5 ad art. 327 CPC; Karl Sp�hler, Basler Kommentar, ZPO, n� 3 ad art. 318 CPC) et il n'y a aucune raison de penser qu'il ne s'appliquait pas �galement en proc�dure vaudoise. La Cour civile a rendu un nouveau jugement le 30 septembre 2011. Les voies de recours contre cette d�cision �taient alors r�gies par le nouveau droit (art. 405 al. 1 CPC). C'est donc � juste titre qu'un appel a �t� interjet� (art. 308 ss CPC).
�On admet g�n�ralement que lorsqu'un recours est interjet� contre une d�cision rendue � la suite d'un arr�t de renvoi, l'autorit� de recours ne revoit pas les questions qu'elle a elle-m�me d�finitivement tranch�es dans l'arr�t de renvoi. Ce principe d�coule de la constatation que la juridiction sup�rieure n'est pas autorit� de recours contre ses propres d�cisions. Ainsi, dans le nouveau droit, on admet que la juridiction d'appel saisie � nouveau n'a pas � revenir sur les questions qu'elle a d�j� tranch�es dans l'arr�t de renvoi (Sp�hler, op. cit., n� 3 ad art. 318 CPC). Le Tribunal f�d�ral applique le m�me principe lorsqu'une cause lui revient alors qu'il a rendu pr�c�demment un arr�t de renvoi (ATF 125 III 421 consid. 2a p. 423; 443 consid. 3a p. 446).
Certes, en raison de l'entr�e en vigueur du CPC, la d�nomination de l'autorit� sup�rieure a chang�, en ce sens que la Chambre des recours est devenue Cour d'appel. Il n'emp�che qu'il s'agit toujours de l'autorit� sup�rieure � la Cour civile. Il est vrai que le pouvoir d'examen a chang�, mais la cour cantonale, dans le consid�rant critiqu�, a pr�cis� qu'elle �tait pr�te � entrer en mati�re sur toutes les questions que la Chambre des recours ne pouvait pas examiner. La recourante n'a pu citer aucun cas o� une contestation de fait aurait �t� tranch�e par la Chambre des recours en consid�rant simplement que l'arbitraire n'�tait pas d�montr�, avec cette cons�quence qu'un libre examen aurait pu peut-�tre conduire � un r�sultat diff�rent. On ne voit donc pas, concr�tement, que la cour cantonale ait limit� son pouvoir d'examen d'une mani�re contraire � l'art. 310 CPC. En constatant simplement qu'elle n'est pas une autorit� de recours contre les d�cisions de la Chambre des recours, la Cour d'appel n'a viol� aucun principe juridique. On ne saurait dire que la cour cantonale, telle qu'elle s'est exprim�e, a perdu de vue que son pouvoir d'examen �tait plus �tendu que celui de la Chambre des recours et qu'elle ait refus� de l'exercer dans la mesure de cette diff�rence.
Si l'on examine les passages de l'arr�t attaqu� dont la recourante se plaint, on constate, � la page 74, que la cour cantonale examine en d�finitive librement le grief par la conjonction " par ailleurs ". Elle proc�de de la m�me fa�on au bas de la page 87, adoptant le raisonnement de la Chambre des recours. L'affirmation de la page 78 in fine est suivie � la page 79 d'une discussion telle que l'on ne voit pas quel point n'aurait pas �t� r�examin�. Enfin, � la page 81, la cour cantonale a reproch� � la recourante d'avoir pr�sent� tardivement une contestation de fait, ce qui est un autre probl�me.
Ainsi, hormis l'affirmation un peu trop g�n�rale figurant au consid�rant 2 de la page 73, on ne voit pas, concr�tement, que la cour cantonale n'ait pas exerc� pleinement son pouvoir d'examen, de sorte qu'il n'y a pas eu de d�ni de justice, de violation du droit d'�tre entendu ou de transgression de l'art. 310 CPC.
Il faut au demeurant observer que l'arr�t de renvoi est une d�cision incidente, de sorte que la recourante conserve la possibilit�, si elle y a int�r�t, de l'attaquer devant le Tribunal f�d�ral � l'occasion de son recours dirig� contre la d�cision finale (art. 93 al. 3 LTF).
Les intim�s soutiennent que la recourante est forclose � se plaindre d'une violation du droit f�d�ral pour le motif qu'elle n'a pas recouru au Tribunal f�d�ral contre le jugement de la Cour civile du 2 octobre 2009. Cette argumentation ne peut pas �tre suivie. En effet, selon l'art. 100 al. 6 LTF en vigueur � l'�poque, le d�lai pour recourir contre cette d�cision ne courait qu'� partir de la d�cision de la Chambre des recours. On ne peut donc pas reprocher � la recourante d'avoir attendu la d�cision de la Chambre des recours. Comme cette derni�re a annul� le jugement de la Cour civile, il n'y avait plus d'objet pour un recours au Tribunal f�d�ral. En cons�quence, la recourante n'est nullement forclose et le Tribunal f�d�ral peut examiner tous les griefs de fait et de droit dans les limites trac�es aux consid�rants 1.2 et 1.3 ci-dessus.
2.2.�En invoquant une violation de son droit � la preuve d�duit de l'art. 8 CC, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir ordonn� une contre-expertise.
Il r�sulte de l'art. 8 CC que la partie demanderesse doit prouver les faits qui fondent sa pr�tention, tandis que sa partie adverse doit prouver les faits qui entra�nent l'extinction ou la perte du droit (ATF 130 III 321 consid. 3.1 p. 323). En l'absence d'une r�gle sp�ciale instituant une pr�somption, l'art. 8 CC r�partit ainsi le fardeau de la preuve pour tous les litiges fond�s sur le droit priv� f�d�ral et d�termine, sur cette base, laquelle des parties doit assumer les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24; 127 III 519 consid. 2a p. 522). Il a �t� d�duit de l'art. 8 CC un droit � la preuve et � la contre-preuve, � la condition qu'il s'agisse d'�tablir un fait pertinent, non encore prouv�, par une mesure probatoire ad�quate, laquelle doit avoir �t� r�guli�rement offerte selon les r�gles de la loi de proc�dure applicable (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). L'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es, comment le juge doit appr�cier les preuves et sur quelles bases il peut parvenir � une conviction (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522).
En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a ordonn� une expertise et elle a recueilli un rapport de l'expert et un rapport compl�mentaire. La recourante aurait souhait� une contre-expertise, qui lui a �t� refus�e pour le motif que l'autorit� cantonale s'estimait suffisamment renseign�e. Comme on vient de le voir, l'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es et comment le juge peut parvenir � une conviction. D�s lors que l'autorit� cantonale s'estimait convaincue par les constatations de l'expert, le refus d'ordonner une contre-expertise ne saurait violer l'art. 8 CC.
Savoir si l'expertise est convaincante ou non est une pure question d'appr�ciation des preuves, que le Tribunal f�d�ral ne peut revoir que sous l'angle de l'arbitraire. S'agissant d'appr�cier des preuves, la d�cision attaqu�e n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait une d�duction insoutenable (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
Comme le rel�ve la recourante, il n'est nullement exclu d'administrer des preuves en appel (art. 316 al. 3 CPC). Cependant, une contre-expertise est soumise � des conditions fix�es � l'art. 188 al. 2 CPC. Le juge peut faire appel � un autre expert si le rapport est lacunaire, peu clair ou insuffisamment motiv�. La recourante ne pr�tend pas que l'expert n'a pas r�pondu � une question pertinente qui lui �tait pos�e. Il n'est donc pas question d'un rapport lacunaire. Savoir si le rapport est peu clair ou insuffisamment motiv� est essentiellement une question d'appr�ciation des preuves que le Tribunal f�d�ral ne peut revoir que sous l'angle de l'arbitraire.
S'agissant de la dalle, l'expert a constat� que le devis �tabli par la recourante ne mentionnait qu'une seule dalle et qu'il a �t� r�alis� une dalle de structure identique � l'arri�re de la boutique " M.________ " et du commerce " N.________ ". L'expert en d�duit qu'il s'agit de la dalle qui a �t� devis�e. On ne voit pas en quoi il serait arbitraire de suivre cette d�duction de l'expert. La recourante le conteste en faisant observer que la dalle figurant dans le devis R.________ co�tait beaucoup plus cher. Il ressort cependant des constatations cantonales que la recourante, pour enlever le march�, devait proposer des solutions moins co�teuses que celles du devis R.________. Dans ces circonstances, on ne voit pas qu'il soit arbitraire de renoncer � �lucider les raisons de cette diff�rence de prix et de se d�clarer convaincu par l'analyse de l'expert.
S'agissant des d�g�ts d'eau, l'expert a constat� qu'il n'avait pas pu d�terminer si le dommage avait �t� couvert par l'assurance. Savoir si un dommage imputable � la recourante a �t� couvert par un tiers est une question qui touche l'extinction de la dette incombant � la recourante. Or, comme on l'a vu, c'�tait � elle qu'il incombait de prouver les faits permettant de constater que sa dette �tait �teinte. La recourante ne pr�tend pas avoir apport� � l'expert ou au juge la moindre preuve (lettre de l'assurance ou t�moignages) pour �lucider la question. En l'absence de toute preuve, il n'y a rien d'arbitraire � conclure que la recourante n'a pas prouv� que sa dette �tait �teinte. Il n'y a pas � ordonner une contre-expertise pour rechercher un fait non technique qu'il incombait � la recourante de prouver.
S'agissant de la marquise, l'expert a constat� que l'entrepreneur avait choisi une formule l�g�re et il est apparu que celle-ci ne permettait pas un usage normal des balcons du 1er �tage. L'entrepreneur a affirm� qu'il n'avait re�u aucun plan de la part de la recourante et celle-ci n'est pas parvenue � prouver le contraire. L'expert en a d�duit que la recourante avait viol� son obligation de contr�ler la solution propos�e par l'entrepreneur en fonction de ses plans. M�me si la recourante tente de faire d'autres hypoth�ses, on ne voit pas ce qu'il y a d'arbitraire � croire l'expert dans sa d�duction sur ce point.
Ainsi, on ne voit pas que le refus de la contre-expertise ait viol� l'art. 188 al. 2 CPC ou l'art. 8 CC.
2.3.�Invoquant une m�connaissance de la notion juridique de dommage (art. 42 et 99 al. 3 CO) et subsidiairement l'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.), la recourante critique la mani�re dont les honoraires d'architecte ont �t� pris en compte.
La cour cantonale a estim� que cette critique, intervenant pour la premi�re fois apr�s trois d�cisions cantonales, �tait tardive. Dans leur r�ponse, les intim�s observent que les deux parties avaient jusqu'alors toujours sorti les honoraires d'architecte dans leur calcul du dommage. La recourante ne le conteste pas dans sa r�plique. On peut se demander si ce revirement, par rapport au calcul que la recourante avait elle-m�me propos�, qui tend � faire rebondir le litige, ne peut pas �tre consid�r� comme contraire aux r�gles de la bonne foi (venire contra factum proprium).
Quoi qu'il en soit, l'argumentation pr�sent�e ne convainc pas. Elle est d'abord plut�t obscure en ce sens que la recourante s'en prend aux honoraires de S.________ (p. 22), puis �voque conjointement les honoraires de ce dernier et les siens propres (p. 23), pour parler ensuite exclusivement des siens (p. 24), puis exclusivement de ceux de S.________ (p. 25). D'apr�s ce que l'on comprend, la recourante ne conteste pas que les honoraires d'architecte ont �t� trait�s s�par�ment par la cour cantonale. Elle estime cependant que cette m�thode est fausse sur la base d'un exemple chiffr� qui figure au deuxi�me alin�a de la page 24 du recours. Cette d�monstration n'emporte pas la conviction. Si l'on reprend les chiffres propos�s, le co�t des travaux, sans les honoraires d'architecte, est devis� � 900'000 fr. Le co�t final, toujours sans les honoraires d'architecte, s'�l�ve � 1'160'000 fr. Il en r�sulte bien que le surco�t assum� par le ma�tre de l'ouvrage est de 260'000 fr. (1'160'000 fr. - 900'000 fr.). Si les honoraires d'architecte sont ensuite r�duits, c'est parce que l'architecte n'a pas fourni enti�rement ou correctement les prestations auxquelles il s'�tait engag�, raison pour laquelle il ne peut pr�tendre au montant qui �tait pr�vu. Les prestations fournies n'�tant pas celles qui �taient convenues, cette r�duction ne constitue en aucune fa�on un b�n�fice pour le ma�tre de l'ouvrage, qui devrait venir en d�duction de son dommage par la compensatio damno cum lucri. Ainsi, on ne discerne ni violation du droit f�d�ral, ni arbitraire dans l'�tablissement des faits.
2.4.�Invoquant les m�mes principes juridiques, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir tenu compte d'une marge de tol�rance au moment de d�terminer le d�passement du devis.
La recourante s'appuie sur l'arr�t 4A_187/2009 du 14 juillet 2009 (consid. 4.1) pour affirmer que la jurisprudence met l'architecte au b�n�fice d'une marge de tol�rance de 10%, � d�faut d'une convention expresse excluant tout d�passement. Elle souligne qu'un tel accord n'existe pas en l'esp�ce.
�La recourante tire argument de ce pr�c�dent en ignorant les principes qui y sont sous-entendus. L'arr�t 4A_187/2009 se r�f�re express�ment � l'arr�t 4C.424/2004 du 15 mars 2005 (consid. 3.2.2 et consid. 3.3) et ne manifeste aucune volont� de changer la jurisprudence qui y est expos�e. Dans ce dernier arr�t, la Cour de c�ans a rappel� que sauf accord expresse des parties, m�me lorsque le d�passement de devis est inf�rieur � 10%, l'architecte ne peut, sur la base de la norme SIA 102, se pr�valoir de cette marge d'erreur de mani�re absolue que s'il a correctement renseign� le ma�tre sur celle-ci et sur ses cons�quences. Quand bien m�me les parties sont convenues d'appliquer la norme SIA 102, l'architecte ne doit pas s'attendre � ce que le ma�tre lise son contenu et en comprenne la port�e. Si l'architecte s'est abstenu de donner un tel renseignement, il faut d�terminer dans le cas d'esp�ce quelle confiance concr�te le ma�tre pouvait accorder � l'estimation des co�ts, selon le principe de la confiance. Ainsi, le devoir d'information de l'architecte porte aussi sur le degr� de son estimation. S'il estime qu'il aura � compter avec des surco�ts, il doit alors le communiquer au mandant (arr�t 4C.424/2004 d�j� cit� consid. 3.2.2.2).
�La cour cantonale a constat� que la norme SIA 102, � laquelle se r�f�re le contrat des parties, pr�voit certes une marge d'erreur de 10% pour un devis g�n�ral (art. 4.2.5), mais prescrit aussi que cette marge doit �tre indiqu�e dans le devis (art. 4.2.5). En l'esp�ce, la cour cantonale a retenu, s'agissant de l'obligation de renseigner sur le degr� d'impr�cision du devis, que la marge n'a pas �t� indiqu�e sur ce dernier document et que la recourante n'avait pas attir� l'attention des intim�s sur cette marge; il a �galement �t� �tabli que les intim�s ne se trouvaient pas dans une situation o� ils pouvaient - comme mandants - d�terminer par eux-m�mes le degr� d'impr�cision du pronostic. La recourante ne pr�tend pas que ces constatations de fait soient arbitraires (cf. art. 106 al. 2 LTF).
�Cela �tant, les intim�s pouvaient se fier de bonne foi aux indications donn�es dans le devis et on ne saurait reprocher � la cour cantonale d'avoir ni� que la marge de tol�rance �voqu�e d�coulait de l'application de la norme SIA 102.
�L'usage - et non la norme - permet sans doute de dire qu'une certaine marge d'erreur est tol�r�e en ce sens qu'un l�ger d�passement ne constitue pas encore de la part de l'architecte une violation de son devoir de diligence. En revanche, lorsque le d�passement est massif et qu'il est d� � un manque de diligence de l'architecte - comme c'est le cas en l'esp�ce -, la violation du contrat est manifeste. L'architecte qui a viol� son devoir de diligence doit alors r�parer tout le dommage qu'il a caus�, conform�ment aux principes g�n�raux et sans qu'il y ait lieu de faire une d�duction qui n'a pas �t� convenue.
�Ainsi, le raisonnement suivi par la cour cantonale ne viole pas le droit f�d�ral, ni ne donne lieu � une constatation arbitraire des faits.
2.5.�Invoquant l'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.), la recourante se plaint de ce que certains postes n'ont pas �t� retranch�s du dommage.
Dire si la notion de dommage a �t� m�connue est une question de droit, mais savoir s'il y a eu un dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait (ATF 132 III 564 consid. 6.2 p. 576; 129 III 18 consid. 2.4 p. 23).
Sous ce grief, la recourante reprend son argumentation selon laquelle les dalles fournies ne correspondent pas � la dalle devis�e. Il a d�j� �t� constat� ci-dessus (cf. consid. 2.2) que la cour cantonale n'est pas tomb�e dans l'arbitraire en croyant sur ce point l'opinion de l'expert, qui a constat� qu'il y avait une seule dalle devis�e et que la dalle fournie �tait de m�me nature devant les deux commerces, de sorte qu'il s'agissait pour lui d'une seule et m�me dalle. Il n'y a pas � y revenir.
La recourante reprend la question des d�g�ts d'eau qui a d�j� �t� examin�e ci-dessus. Elle ne pr�tend pas avoir prouv� que ce dommage avait �t� couvert par l'assurance, de sorte que c'est sans arbitraire qu'il a �t� conclu qu'elle n'avait pas �tabli avoir �teint sa dette. Dans la mesure o� la recourante discute les causes de ces d�g�ts d'eau, elle ne parvient pas � d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la cour cantonale aurait retenu ou omis un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).
En ce qui concerne la marquise, il a d�j� �t� jug� ci-dessus que le probl�me �tait n� d'une absence de contr�le suffisant de la part de la recourante, qui n'a d'ailleurs pas remis de plans � l'entrepreneur. Dans la mesure o� la recourante voudrait introduire d'autres faits, il faut constater qu'elle n'est pas parvenue � �tablir que la cour cantonale aurait retenu ou �cart� un fait de mani�re arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).
En ce qui concerne les carrelages, la cour cantonale a constat� que les propri�taires ont command� un carrelage d'une qualit� sup�rieure � ce qui �tait pr�vu, ce qui a �t� mis � leur charge. En revanche, il a �t� constat� que les quantit�s �taient trop importantes et qu'il incombait � la recourante, en vertu du contrat, de donner les indications n�cessaires sur les quantit�s. On ne voit pas en quoi ce raisonnement pourrait �tre qualifi� d'arbitraire. L'id�e que les intim�s auraient d�lib�r�ment command� une quantit� trop importante est insoutenable. L'interpr�tation de la t�che confi�e � la recourante ne pr�te pas le flanc � la critique.
2.6.�La responsabilit� de l'architecte en cas de mauvaise �valuation du co�t des travaux rel�ve en principe des r�gles du mandat (ATF 134 III 361 consid. 6.2.2 p. 364 s.). Si, l'architecte ayant viol� son devoir de diligence, le ma�tre doit payer une somme plus �lev�e que celle qui avait �t� convenue, l'architecte est en principe responsable du dommage caus�. Il se peut cependant que la valeur du travail livr� corresponde au prix, plus �lev� que ce qui avait �t� convenu, que le ma�tre de l'ouvrage doit en d�finitif payer. Dans ce cas, la jurisprudence a estim� que la r�paration due par l'architecte correspond � la diff�rence entre la valeur objective de la construction et son utilit� subjective pour le ma�tre de l'ouvrage (ATF 122 III 61 consid. 2 p. 62 ss). Suivant cette jurisprudence, la cour cantonale a estim� que l'architecte devait prendre � sa charge les deux tiers du d�passement. On observera que cette cl� de r�partition est l'inverse de celle retenue dans l'arr�t cit�, o� les deux tiers avaient �t� mis � la charge du ma�tre de l'ouvrage (ATF 122 III 61 consid. 2c p. 63 et 2c/cc p. 65 s.). Comme il s'agit cependant d'une estimation du dommage en vertu de l'art. 42 al. 2 CO (ATF 122 III 61 consid. 2c/bb p. 65), c'est-�-dire d'une question de fait (ATF 131 III 360 consid. 5.1 p. 364), le Tribunal f�d�ral ne pourrait l'examiner que sous l'angle de l'arbitraire (cf. supra consid. 1.3). Comme la recourante n'a pas invoqu� l'arbitraire et ne l'a pas d�montr� au sujet de cette quote-part, le Tribunal f�d�ral ne peut revoir la question (art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62).
Dans ce contexte, la recourante critique l'admission du rapport de causalit�, en consid�rant que les propri�taires, s'ils avaient �t� correctement inform�s des co�ts r�els, auraient de toute mani�re command� les travaux.
Il ressort cependant de faits constat�s - au sujet desquels l'arbitraire n'est pas invoqu� - que les propri�taires, d�s l'origine de leur projet, s'inqui�taient de conna�tre le co�t effectif des travaux. Comme ils n'avaient pas de fonds propres, on comprend ais�ment qu'ils ne souhaitaient pas trop s'endetter par des emprunts bancaires, lesquels entra�naient pour eux une charge d'int�r�ts, alors qu'ils couraient le risque, en tant que propri�taires, que des locaux demeurent vacants ou qu'il y ait un fl�chissement du march� immobilier. Ils ont d'ailleurs retenu l'offre de la recourante plut�t que celle du bureau R.________ en raison du co�t inf�rieur des travaux. En admettant dans ces circonstances que les propri�taires n'auraient pas conclu le contrat ou ne l'aurait pas conclu pour le m�me ouvrage s'ils avaient connu le co�t effectif de la construction, on ne saurait dire que la cour cantonale a appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire quant � la causalit� naturelle ou qu'elle a viol� le droit s'agissant de la causalit� ad�quate.
La recourante nie �galement l'existence d'un dommage, en faisant valoir que le surco�t a �t� couvert par des emprunts bancaires et que les int�r�ts suppl�mentaires qui en d�coulent ont pu �tre r�percut�s sur les locataires. Cette argumentation est impropre � d�montrer que la cour cantonale aurait arbitrairement d�termin� l'utilit� subjective du surco�t. Certes, la valeur sup�rieure des travaux a eu pour effet d'augmenter la valeur v�nale de l'immeuble, ce dont les propri�taires pourraient b�n�ficier en cas de vente. Cependant, comme le surco�t a �t� enti�rement financ� par des emprunts, l'augmentation de valeur en cas de vente instantan�e devrait �tre enti�rement consacr�e � rembourser le pr�t suppl�mentaire accord� par la banque. Quant au fait que les int�r�ts suppl�mentaires ont �t� r�percut�s sur les locataires par des hausses de loyers, il faut relever que les bailleurs - qui n'ont ajout� aucun fonds propres - n'ont aucun avantage � une hausse de loyer qui est enti�rement destin�e � payer des int�r�ts bancaires. L'argumentation pr�sent�e est donc impropre � d�montrer que la cour cantonale aurait arbitrairement appr�ci� l'int�r�t subjectif au surco�t.
2.7.�La recourante reproche � la cour cantonale d'avoir mis � sa charge des indemnit�s pour perte locative.
Il a cependant �t� constat� que les d�faillances de la recourante dans la direction des travaux ont caus� des retards importants et il a �t� admis qu'il en �tait r�sult� des pertes locatives, dont la recourante devait r�pondre.
A ces constatations, la recourante oppose des objections de nature appellatoire, sans d�montrer qu'un fait aurait �t� retenu ou omis de mani�re arbitraire. Invoquant l'art. 44 CO, elle voudrait que l'architecte S.________, en tant qu'auxiliaire des intim�s, soit tenu pour partiellement responsable. Elle ne d�montre cependant nullement qu'il �tait arbitraire de ne pas retenir une responsabilit� de S.________ dans ces retards.
2.8.�Des frais d'avocat hors proc�s ont �t� mis � la charge de la demanderesse en consid�rant que ses manquements avaient provoqu� des litiges avec des entrepreneurs et des locataires. Sur ce point �galement, la critique de l'appelante est purement appellatoire et il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re. Elle ne d�montre nullement qu'un fait aurait �t� retenu ou omis de mani�re arbitraire. Elle se borne � soutenir, en substance, que les preuves sont insuffisantes.
2.9.�Invoquant une violation de l'art. 106 al. 2 CPC ou une violation arbitraire (art. 9 Cst.) de l'art. 92 CPC/VD, la recourante reproche � la cour cantonale de ne pas avoir r�examin� les d�pens pour la proc�dure de premi�re instance, alors m�me qu'elle lui donnait gain de cause pour environ 50'000 fr.
Devant la Cour d'appel, la valeur litigieuse s'�levait � 325'491 fr.90 (la recourante demandait 19'841 fr.70 et les intim�s, en concluant � la confirmation du jugement attaqu�, lui r�clamaient 305'650 fr.20). En condamnant la recourante � payer 255'525 fr.90 au lieu de 305'650 fr.20, la cour cantonale lui a donn� gain de cause pour 50'124 fr.30, ce qui n'est pas n�gligeable, puisque cela repr�sente 15.4% de la valeur litigieuse.
Dans une pareille situation, la Cour d'appel devait, en vertu de l'art. 318 al. 3 CPC, revoir le montant des d�pens allou�s pour la premi�re instance - comme la recourante le demande devant le Tribunal f�d�ral -, cette conclusion �tant incluse,�
a maiore minus, dans celle tendant � ce que les d�pens soient mis � la charge des parties adverses. En cons�quence, la cause doit �tre renvoy�e � la cour cantonale pour statuer � nouveau sur ce point.
La recourante n'obtient gain de cause, sur une question touchant les frais accessoires, que pour un montant minime par rapport � la valeur litigieuse dans son ensemble. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte au moment de statuer sur les frais et d�pens pour la proc�dure f�d�rale et il faut consid�rer que la recourante a succomb�.
Il faut ainsi mettre les frais judiciaires et les d�pens de la proc�dure f�d�rale � la charge de la recourante (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Le recours est partiellement admis et l'arr�t attaqu� est annul� dans la mesure o� il confirme la d�cision sur les d�pens pour la proc�dure de premi�re instance.
La cause est renvoy�e � la cour cantonale pour statuer � nouveau sur cette question.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 6'500 fr., sont mis � la charge de la recourante.
La recourante versera aux intim�s, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 7'500 fr. � titre de d�pens.

References: art. 310
 art. 95
 ATF 
 art. 318
 art. 327
 art. 318
 art. 318
in fine
 art. 106
 ATF