Source: https://cpcml.ca/francais/Lmlq2014/Q44111.HTM
Timestamp: 2019-11-16 01:09:10+00:00

Document:
au sommet de l'OTAN
De dangereux développements au sommet de l'OTAN
Le 5 septembre, le deuxième et dernier jour du sommet de l'OTAN à Newport au Pays de Galles, le président des États-Unis, Barack Obama, a fait un survol des décisions prises adoptées au sommet. Il a parlé de l'article 5 de la Charte de l'OTAN, qui traite spécifiquement de la question de « l'autodéfense collective ». Il a dit: « D'abord et avant tout, nous avons réitéré la mission centrale de l'alliance. L'article 5 enchâsse notre responsabilité solennelle les uns envers les autres - ' une attaque armée contre l'un...sera vue comme une attaque contre tous '. Il s'agit d'une obligation de traité, une obligation contraignante et qui est non négociable. Ici au Pays de Galles, nous ne laissons planer aucun doute - nous viendrons à la défense de tout allié. »
Une des décisions centrales du sommet de l'OTAN a été la mise sur pied d'une armée permanente de l'OTAN composée de 4 000 membres. C'était une façon d'institutionnaliser l'article 5 de la Charte de l'OTAN. Le président Barack Obama et d'autres à sa suite se sont référés de façon répétée à l'article 5 de la Charte de l'OTAN lors du sommet. Malgré tout, dans les 96 heures de couverture continue du sommet, on a à peine mentionné l'article 5. Celui-ci n'a été mis en lumière par aucun reportage médiatique. Il reste que l'article 5 est important. Il promet à tout membre victime d'agression ou d'attaque de quelque pays que ce soit l'intervention des autres membres de l'OTAN pour lui porter secours et repousser ou mettre fin à l'agression en question. En réalité, c'est plus que probable que cette institutionnalisation aura comme effet de court-circuiter toute discussion et tout examen en profondeur du véritable casus belli que recèle le conflit en question.
Cet aspect de l'article 5 provient directement du chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui autorise le Conseil de sécurité à déployer la force armée en réponse collective à une agression contre tout membre de l'Assemblée générale. L'article 5 devait d'abord permettre à l'OTAN de ne pas avoir un ordre du jour ou un mécanisme autorisant le recours à la force qui pourrait sembler contredire les Nations unies en paroles ou en actes. D'un point de vue politique, l'OTAN pouvait très bien agir à l'instigation d'un suzerain de l'une ou l'autre des superpuissances se couvrant du manteau de l'alliance pour camoufler son ordre du jour intéressé, mais, pour l'image, l'article 5 devait sembler avoir le même standard que le chapitre 7 de la Charte des Nations unies pour être accepté au-delà des rangs de l'OTAN.
Ce qui est en train de se passer maintenant, c'est qu'une force de l'OTAN sous le commandement permanent de l'alliance va se substituer à la procédure détaillée de l'article 5 de la Charte de l'OTAN. Les procédures de l'article 5 sont fondées sur les procédures tout aussi détaillées qui gouvernent l'intervention militaire autorisée par l'ONU dans l'article 7 de sa Charte.
Dans les années 70 et 80, les hauts dirigeants de l'OTAN ont mis sur pied les « Forces navales permanentes de l'Atlantique » (STANAVFORLANT). Évidemment, cette force n'était permanente qu'au sens où elle était toujours prête à être mobilisée pour une situation réelle dans un avenir plus ou moins lointain. Dans les faits, une flotte d'une demi-douzaine ou plus de navires de divers membres de l'OTAN sillonnaient l'Atlantique et la Méditerranée à chaque été pour « montrer le drapeau » mais sans tenir d'exercices militaires comme tel.
Dans ce sens, c'est évident que l'intervention permanente de l'OTAN comme elle est maintenant proposée est tout à fait contraire à l'esprit originel de l'article 5. En effet, elle semble précisément conçue pour éviter les obstacles que les procédures complexes de l'article 7 du Conseil de sécurité de l'ONU avaient créées pour la soi-disant « Coalition des volontaires » mise sur pied à la demande des États-Unis qui a éventuellement envahi l'Irak en mars 2003.
Quant à la doctrine de sécurité collective telle qu'enchâssée dans l'article 7 de la Charte des Nations unies, elle a été créée en réponse à l'agression de l'Axe qui a mené à la Deuxième Guerre mondiale dès le début des années 30 avec l'invasion impériale japonaise et la prise de la Mandchourie en 1931.
Selon cette doctrine de sécurité collective, le déploiement d'une force armée contre une agression est autorisé à un collectif de pays qui cherche à entrer en action selon les procédures complexes et les délibérations telles que stipulées dans l'article 7 de la Charte de l'ONU. La procédure est déclenchée par un État-membre ou un groupe d'États-membres de l'ONU demandant assistance contre l'agression de la part d'un autre membre ou de plusieurs membres de l'ONU.
De même, l'article 5 de la Charte de l'OTAN était formulé de sorte à autoriser le déploiement d'un contre-pouvoir de la part des États-membres de l'OTAN pour riposter à une agression de la part d'un pays non-membre de l'alliance (on pensait ici à l'Union soviétique ou à l'un de ses alliés). C'était le recours ultime après qu'on ait épuisé toutes les procédures de délibération fortement inspirées du chapitre 7 des Nations unies.
Pour ce qui est des impérialistes américains et de leurs principaux alliés - le Royaume-Uni, le Canada et la France - il est clair que cette récente proposition d'une force permanente d'intervention vise à éviter que se répète ce qui s'est passé quand l'article 5 a été invoqué en août 2008 par le président géorgien, diplômé de Harvard, Mikhail Shakhtiashvili, qui cherchait à contrer l'invasion russe depuis Tbilisi.
À ce moment-là, le gouvernement français avait protesté en invoquant que la Géorgie n'avait pas le droit d'invoquer l'article 5 et son principe d'autodéfense collective puisque Tbilisi n'était qu'un candidat-membre de l'OTAN et non un membre en bonne et due forme. L'OTAN s'est tue, la demande de la Géorgie a été reléguée aux oubliettes et les forces armées russes ont alors pénétré en territoire géorgien peu après l'ouverture des Jeux olympiques d'été à Pékin pour y écraser des forces antirusses. En moins d'une semaine, Moscou a déclaré un cessez-le-feu et les Jeux olympiques se sont poursuivis sans heurt jusqu'aux cérémonies de clôture. L'Ukraine était déjà un candidat-membre de l'OTAN et elle peut maintenant tirer les conclusions que lui dictent ces événements dans sa relation conflictuelle avec l'administration Poutine à Moscou.
Pendant ce temps, depuis le début de l'été, les relations formelles entre l'Ukraine et Moscou ont dégénéré en conflit mineur entre l'armée nationale officielle, dont la base est dans la capitale, Kiev, et les forces de guérilla, dont la base est principalement dans les régions russophones de Novorossiya dans le sud et l'est de l'Ukraine. La population de ces régions est en révolte ouverte contre le gouvernement imposé par l'occident à Kiev depuis presqu'un an.
En même temps, l'objectif du bloc occidental dirigé par les États-Unis est de faire en sorte que l'économie ukrainienne soit prise dans les filets du Fonds monétaire international et de préparer l'occupation interne permanente de l'Ukraine tout entière dont on dira que l'Ukraine « s'est jointe à l'OTAN ». C'est ce qui semble se dessiner sur la base de ce que la diplomatie russe a exposé.
Telles sont les sales manigances que le premier ministre canadien Stephen Harper a saluées avec tant d'enthousiasme au sommet de l'OTAN au Pays de Galles. Suite au sommet, le Canada a annoncé qu'il expédiait 13 soldats en Ukraine pour participer à un exercice de « maintien de la paix » dirigé par les États-Unis. Selon le bureau du premier ministre, l'exercice, appelé Rapid Trident 14, aura lieu au Centre de maintien de la paix et de la sécurité internationales à Yavoriv, en Ukraine, du 11 au 28 septembre. Tout cela fait partie de l'intensification des préparatifs de guerre qui s'est effectuée au sommet de l'OTAN. On voit donc l'urgente nécessité d'établir un gouvernement antiguerre à Ottawa et de retirer le Canada des « alliances » asservissantes que sont l'OTAN et NORAD.
Canada hors de l'OTAN et de NORAD!
Les décisions du Sommet de l'OTAN
Le 5 septembre, le deuxième et dernier jour du Sommet de l'OTAN au Pays de Galles, le président des États-Unis Barack Obama a rappelé les décisions du sommet en point de presse final.
Il a commencé par s'engager à mettre en oeuvre l'article 5 de la Charte de l'OTAN qui fait de la « sécurité collective » la priorité absolue et a ajouté que l'OTAN va défendre tout allié qui sera sous le coup d'une attaque armée.
« Deuxièmement, a-t-il poursuivi, nous avons accepté de réassurer de façon très résolue nos alliés d'Europe de l'Est. Les patrouilles aériennes de l'OTAN en nombre accru dans les États baltes vont continuer. La rotation de forces additionnelles dans toute l'Europe de l'Est pour des fins de formation et d'exercices militaires va se poursuivre. Les patrouilles navales dans la Mer du Nord vont se poursuivre. Les 28 nations membres de l'OTAN ont accepté de contribuer à toutes ces mesures et aussi longtemps que nécessaire. »
Obama a ensuite réitéré sa doctrine de la guerre des drones et du déploiement rapide de Forces spéciales et de « conseillers » au lieu de l'engagement de grandes forces d'occupation. Il a ajouté:
« Troisièmement, afin d'assurer que l'OTAN demeure prête à toute éventualité, nous avons convenu d'un Plan de réactivité. L'alliance va mettre à jour sa planification de défense. Nous allons créer une nouvelle force de réponse rapide à haut niveau de préparation qui pourra être déployée avec très peu d'avis. Nous allons accroître la présence de l'OTAN en Europe centrale et de l'Est et y consacrer équipement, formation, exercices et rotations de troupes additionnels. L'initiative de 1 milliard $ que j'ai annoncée à Varsovie [le 3 juin] sera une contribution forte et soutenue à ce plan. » L'OTAN va se modeler sur les plans du Pentagone pour des déploiements rapides avec forces réduites appuyées par des frappes aériennes, des drones et des Forces spéciales, comme on le voit maintenant en Irak.
Obama a aussi parlé de la demande américaine à l'effet que l'Europe doit mettre plus d'argent pour la guerre. Il a dit: « Les 28 nations membres de l'OTAN se sont engagées à accroître leurs investissements en matière de défense et à porter les montants versés à la défense collective à 2 % de leur PIB. Ces ressources vont aider l'OTAN à investir dans des secteurs clés comme les services de renseignements, la surveillance, la reconnaissance et la défense contre les missiles. Cet engagement montre bien que l'OTAN ne tombera pas dans la complaisance. Notre alliance va renverser le déclin qu'elle a connu dans les dépenses pour la défense et être à la hauteur des défis auxquels nous faisons face en ce 21e siècle. »
Il a indiqué également qu'un plus grand nombre de pays vont être impliqués dans la course des États-Unis à la domination mondiale. « Nous avons convenu d'étendre le partenariat qui fait de l'OTAN l'épicentre de la sécurité mondiale. Nous faisons de nouveaux efforts auprès de nos partenaires les plus proches, dont plusieurs qui ont travaillé avec nous en Afghanistan, pour nous assurer que nos forces vont continuer à agir ensemble. Nous allons prendre de nouvelles initiatives pour aider les pays à renforcer leur capacité de défense en commençant par la Géorgie, la Moldavie, la Jordanie et la Libye. »
La Grande-Bretagne et le Canada se sont joints à Obama pour tenter de justifier une ingérence encore plus grande en Ukraine et pour menacer la Russie. Ils ont aussi fait écho aux États-Unis en cherchant à impliquer tous les alliés de l'OTAN dans cette ingérence. Comme l'a dit Obama, « les 28 nations membres de l'OTAN vont maintenant fournir de l'aide en sécurité à l'Ukraine. Cela comprend l'appui aux forces militaires ukrainiennes sans qu'on prenne part aux combats, l'appui par exemple en équipements de protection balistique, en essence et en matériel médical pour les soldats ukrainiens blessés, de même que l'appui à la modernisation des forces ukrainiennes, notamment en logistique et dans les réseaux de commandement et de contrôle. »
Actions à Newport contre l'alliance agressive
Des milliers de personnes au Pays de Galles, en Grande-Bretagne et en Irlande ont pris part à des actions pour s'opposer au sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) au Celtic Manor Resort au Pays de Galles.
Manifestation de masse le 30 août
Le 30 août, plusieurs milliers de personnes de la région et de plusieurs régions de la Grande-Bretagne se sont rassemblées à Newport. Plus de 1000 personnes ont pris part à une militante manifestation précédée par la bannière « Pas de nouvelles guerres — Non à l'OTAN », à partir du centre administratif, dans les rues de Newport, et en terminant par un rassemblement qui a occupé le célèbre Westgate Hotel Square. Au rassemblement, des orateurs ont dénoncé les crimes de guerre de l'OTAN et des États-Unis, leur destruction du droit international et de pays tels l'Irak, l'Afghanistan, la Palestine et l'Ukraine, toutes menées au nom des plus grands idéaux.
Manifestation de masse, 4 septembre
Le jeudi 4 septembre, les manifestants ont marché sur Celtic Manor, site des travaux du sommet de l'OTAN et plus tard ont tenu une manifestation devant le château de Cardiff où un « banquet de la mort » de l'élite dirigeante du monde a eu lieu ce soir.
Dans le cadre des activités antiguerre à Newport, des contre-sommets ont eu lieu le dimanche 31 août au Cardiff County Hall et le lundi 1er septembre au Newport Dolman Theatre. Ils ont condamné l'OTAN en tant que plus grande menace à la paix mondiale et avaient pour objectif de construire le mouvement antiguerre contre l'OTAN, la guerre et la militarisation ainsi que de planifier les futures actions communes dans toute l'Europe. Les conférences ont souligné que ce sont les États-Unis et ses grandes puissances alliées ainsi que leur alliance militaire criminelle de l'OTAN qui sont derrière le chaos, la destruction et la guerre dans toutes les parties du monde et la cause de la situation mondiale la plus dangereuse à ce jour.
(Photos: J. Proctor, Workers' ly, D.R. Howell, G. Angharad, A. Johannes, CND)

References: l'article 5
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