Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021206-231875
Timestamp: 2017-07-23 05:17:26+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 1 ss, 06 décembre 2002, 231875
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 231875Numéro NOR : CETATEXT000008105133 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-12-06;231875 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 28 mars 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mme Malika X..., ; Mme X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 29 janvier 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 février 2000 du préfet de police ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité marocaine, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 6 avril 1999, de la décision du même jour du préfet de police lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si l'article 12 quater de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée impose au préfet de consulter la commission du titre de séjour lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour à un étranger relevant de l'une des catégories mentionnées aux articles 12 bis et 15 de cette ordonnance, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme X... appartienne à l'une de ces catégories ; qu'il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision du préfet de police serait irrégulière faute d'avoir été précédée de la consultation de la commission du titre de séjour doit être écarté ;
Considérant que si Mme X... soutient résider en France depuis 1988, elle n'a fourni aucun élément sur ses conditions de résidence, de logement et de ressources au cours de cette période ; que les documents qu'elle a produits qui consistent en des certificats médicaux et feuilles de prescription ne suffisent pas à établir qu'elle résidait habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée ; qu'elle ne peut, dès lors, pas utilement se prévaloir des dispositions de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945, qui prévoit la délivrance de plein droit d'un titre de séjour temporaire à l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans pour soutenir qu'elle ne pouvait légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas de l'attestation médicale datée du 7 mai 1998, antérieure de près de deux ans à l'arrêté attaqué, qu'à la date de celui-ci, l'état de santé de Mme X... nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité ni qu'elle ne pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans le pays dont elle est originaire ; que, par suite, l'arrêté n'a pas méconnu les dispositions du 8° et du dernier alinéa de l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 qui prévoient qu'en pareil cas, l'étranger ne peut faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;
Considérant que si Mme X..., célibataire sans enfant, fait valoir qu'elle a tissé des liens sociaux en France où se situerait le centre de ses intérêts, cette affirmation n'est pas corroborée par les pièces du dossier ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale et à sa situation personnelle une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, lequel est suffisamment motivé, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 février 2000 par lequel le préfet de police a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Malika X..., au préfet de police et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2000-02-24Code de justice administrative L761-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 quater, art. 12 bis, art. 15, art. 25Publications :Proposition de citation: CE, 06 décembre 2002, n° 231875Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme de SalinsRapporteur public : Mlle FombeurOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 1 ssDate de la décision : 06/12/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 12
 l'article 12
 l'article 25
 l'article 8
 art. 8
 art. 22
 art. 12
 art. 12
 art. 15
 art. 25