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5A_63/2012 (20.06.2012)
5A_63/2012
Arr�t du 20 juin 2012
repr�sent�e par Me Jo�l Crettaz, avocat,
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 16 d�cembre 2011.
A.a A.________, n� en 1970, et dame A.________, n�e en 1975, se sont mari�s le 28 mai 1998 � Lausanne. Deux enfants sont issus de cette union: B.________, n�e en 2004, et C.________, n� en 2007.
Les �poux vivent s�par�s depuis le 7 janvier 2011 et les autorit�s judiciaires ont �t� saisies pour r�gler l'organisation de leur vie s�par�e.
Lors d'une premi�re audience de mesures protectrices de l'union conjugale tenue le 15 juin 2011, les �poux ont conclu une convention partielle, ratifi�e par le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois (ci-apr�s: le pr�sident) pour valoir ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale, par laquelle ils sont convenus de vivre s�par�s pour une dur�e ind�termin�e et d'attribuer la jouissance du domicile conjugal au mari, � charge pour lui de s'acquitter des int�r�ts et des charges immobili�res.
A.b Les parties sont convenues de suspendre la cause s'agissant de la contribution d'entretien. Le 13 juillet 2011, le pr�sident a rendu une ordonnance de mesures protectrices sur les autres points rest�s litigieux, par laquelle il a confi� la garde des enfants � la m�re, dit que le p�re b�n�ficierait d'un libre droit de visite � exercer d'entente avec celle-ci, et dit qu'� d�faut d'entente, il pourrait les avoir aupr�s de lui une fin de semaine sur deux du vendredi � 18 heures au dimanche � 18 heures, du mardi matin � la sortie de l'�cole - ou � l'heure correspondante - au mercredi � 18 heures, alternativement � P�ques ou Pentec�te, � No�l ou Nouvel-An et durant la moiti� des vacances scolaires. Cette ordonnance n'a pas fait l'objet d'un appel.
S'agissant de la contribution d'entretien, l'�pouse a notamment conclu, dans sa requ�te du 1er avril 2011, � ce que le mari contribue � l'entretien de sa famille par le versement d'une pension de 7'000 fr. par mois, allocations familiales non comprises, d�s le 1er janvier 2011.
Par proc�d� �crit du 9 juin 2011, le mari a conclu au paiement d'une contribution r�duite vu le r�gime de prise en charge des enfants auquel il concluait et qui s'apparentait, selon lui, � une garde altern�e. Post�rieurement � l'audience du 15 juin 2011, le pr�sident a, par ordonnance du 6 juillet 2011, rejet� une requ�te de mesures superprovisionnelles form�e par l'�pouse le 30 juin pr�c�dent, qui tendait � ce que le mari lui verse, jusqu'� la reprise d'audience, un montant de 7'000 fr. par mois � titre d'acomptes � valoir sur la contribution d'entretien qui serait fix�e en faveur de la famille.
Par proc�d� �crit du 2 ao�t 2011, le mari a conclu � ce qu'il puisse en outre avoir ses enfants aupr�s de lui la moiti� des jours l�galement f�ri�s et � ce qu'il contribue � l'entretien des siens par le versement d'une pension maximale de 3'500 fr. par mois d�s le 1er mars 2011.
A.c L'audience de mesures protectrices de l'union conjugale a �t� reprise le 9 ao�t 2011. A cette occasion, l'�pouse a modifi� ses conclusions du 1er avril 2011, en ce sens que le montant de la pension est fix� � 10'000 fr. par mois d�s le 1er f�vrier 2011.
La conciliation a partiellement abouti et les parties ont pass� une convention partielle, que le pr�sident a ratifi�e s�ance tenante, � teneur de laquelle elles sont convenues de compl�ter l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 13 juillet 2011 en ce sens que le mari pourra avoir les enfants aupr�s de lui la moiti� des jours l�galement f�ri�s, de pr�f�rence en alternance. Ensuite de cette convention, seule demeurait litigieuse la question de la contribution due par le mari pour l'entretien de la famille.
B.a Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 8 septembre 2011, le pr�sident a condamn� le mari � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle d'un montant de 9'450 fr. du 1er f�vrier 2011 au 31 ao�t 2011 et de 9'550 fr. d�s le 1er septembre 2011, allocations familiales non comprises. Toutes autres ou plus amples conclusions ont �t� rejet�es.
Le premier juge a fix� la contribution d'entretien en proc�dant selon la m�thode dite du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Retenant que le mari pr�sentait un disponible de 12'977 fr. par mois et l'�pouse, un d�ficit mensuel de 2'387 fr. jusqu'� fin ao�t 2011 et de 2'712 fr. depuis lors, ce magistrat a astreint celui-l� � combler le d�ficit de celle-ci et � lui verser en sus les deux tiers de son solde disponible. Il a par ailleurs estim� que ladite contribution �tait due � partir du 1er f�vrier 2011 d�s lors qu'en janvier 2011, le mari avait suffisamment contribu� aux frais d'installation de l'�pouse dans son nouvel appartement et � l'entretien des siens.
B.b Le mari a appel� de cette ordonnance, concluant principalement � sa r�forme en ce sens qu'il contribuera � l'entretien des siens par le versement d'une somme de 3'500 fr. par mois, la premi�re fois le 1er mars 2011.
Par arr�t rendu � huis clos le 9 d�cembre 2011 et notifi� en exp�dition compl�te le 16 d�cembre suivant, le juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a partiellement admis l'appel et r�form� l'ordonnance du 8 septembre 2011 en ce sens que le mari est astreint � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle de 9'200 fr. du 1er au 31 mars 2011, 8'100 fr. du 1er avril 2011 au 31 ao�t 2011 et 8'200 fr. d�s le 1er septembre 2011, allocations familiales non comprises. L'ordonnance de premi�re instance a �t� confirm�e pour le surplus.
Par acte du 20 janvier 2012, le mari exerce un recours en mati�re civile contre l'arr�t du 9 d�cembre 2011. Principalement, il conclut � sa r�forme en ce sens qu'il contribuera � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle de 3'500 fr. d�s le 1er mars 2011. Subsidiairement, il demande l'annulation de l'arr�t cantonal et le renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouveau jugement dans le sens des consid�rants. A titre pr�alable, il a par ailleurs conclu � ce qu'il soit prononc�, � titre de mesures provisionnelles au sens de l'art. 104 LTF, que le montant de la contribution d'entretien est fix� � 3'500 fr. par mois d�s le 1er mars 2011.
Par ordonnance du 24 janvier 2012, la pr�sidente de la cour de c�ans a rejet� la requ�te de mesures provisionnelles.
1.1 L'arr�t entrepris, qui porte sur des mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC), constitue une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4) prise en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 LTF), dans une affaire de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Le pr�sent recours a en outre �t� d�pos� dans le d�lai l�gal (art. 100 al. 1 LTF) par une partie ayant un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de l'acte attaqu� (art. 76 al. 1 LTF).
1.2 D�s lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5), seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine un tel grief que s'il a �t� d�ment invoqu� et motiv� (principe d'all�gation; art. 106 al. 2 LTF), � savoir expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Le recourant qui se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition; il ne saurait se contenter d'opposer son opinion � celle de la juridiction pr�c�dente, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision est manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les arr�ts cit�s). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2).
1.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�ment des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre, conform�ment au principe d'all�gation pr�cit�, la violation de droits constitutionnels par l'autorit� pr�c�dente (ATF 133 III 393 consid. 7.1 et 585 consid. 4.1).
2.1 Dans un premier grief relatif � l'application de l'art. 317 CPC aux proc�s soumis � la maxime inquisitoire, le recourant se plaint de n'avoir pas pu produire de pi�ces nouvelles en appel puisque, connaissant la position de la Cour d'appel sur ce point, il savait que celles-ci seraient de toute mani�re �cart�es. Il se plaint � cet �gard de violation des art. 229 al. 3, 272 et 277 al. 3 CPC, ainsi que 8 CC, 9 et 29 Cst.
2.2 Aux termes de l'art. 317 CPC, les parties ne peuvent pas invoquer de faits nouveaux en appel (art. 308 ss CPC), sous r�serve de remplir les conditions cumulatives pr�vues par cette disposition. La doctrine est divis�e sur le point de savoir si des faits et moyens de preuve nouveaux peuvent �tre introduits en appel, dans le cadre de mesures protectrices de l'union conjugale o� la maxime inquisitoire s'applique, alors que les conditions de l'art. 317 CPC ne sont pas r�alis�es (arr�t 5A_592/2011 du 31 janvier 2012 consid. 4.1; 5A_402/2011 du 5 d�cembre 2011 consid. 4.1 et les r�f�rences). En l'occurrence, quand bien m�me l'autorit� cantonale aurait consid�r�, � l'instar d'une partie de la doctrine, que l'introduction de novas est soumise au r�gime de l'art. 317 CC �galement lorsque la maxime inquisitoire s'applique, on ne pourrait lui reprocher d'avoir rendu une d�cision manifestement insoutenable, l'arbitraire ne r�sultant pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable (cf. ATF 134 I 140 consid. 5.4; 133 I 149 consid. 3.1). Quoi qu'il en soit, le recourant ne s'est pas vu refuser la production d'�l�ments de preuve nouveaux, d�s lors qu'il all�gue y avoir renonc�: dans ces conditions, la d�cision attaqu�e ne peut �tre qualifi�e d'insoutenable, ni de contraire au droit d'�tre entendu.
Le recourant reproche en outre � l'autorit� cantonale de lui avoir arbitrairement imput� un revenu mensuel r�alis� sur la base d'un taux d'activit� de 100%, alors qu'il a r�duit celui-ci � 70% pour pouvoir s'occuper de ses deux enfants, de surcro�t, du mardi midi au mercredi soir, ce qui s'apparenterait � un droit de garde altern�e empi�tant sur son activit� professionnelle. Selon lui, l'autorit� cantonale aurait donc d� retenir que son revenu effectif net �tait de 16'020 fr. (soit le 70% de 22'886 fr.). L'�volution de ses gains �tant incertaine compte tenu, en substance, de la morosit� �conomique et de l'accroissement de la concurrence entre avocats, ladite autorit� aurait en outre d� proc�der � une appr�ciation prudente de sa situation financi�re. Se r�f�rant � l'art. 8 Cst. et, en particulier, � l'alin�a 3 de cette disposition, le recourant se plaint encore d'une violation du principe de l'�galit� de traitement, au motif que la r�duction du taux d'activit� de l'intim�e, de 100% � 65% depuis le d�but de l'ann�e 2010, a en revanche �t� prise en consid�ration.
3.1 La garantie constitutionnelle de l'�galit� de traitement entre homme et femme (art. 8 Cst.) s'adresse � l'�tat et, sous r�serve de l'�galit� de salaire garantie par l'art. 8 al. 3, 3e phrase Cst., ne produit pas d'effet horizontal direct sur les relations entre personnes priv�es (ATF 136 I 178 consid. 5.1; 133 III 167 consid. 4.2; 114 Ia 329 consid. 2b). Le recourant ne peut donc pas s'en pr�valoir � l'appui d'un recours dirig� contre une d�cision rendue dans une affaire opposant deux particuliers, comme des mesures protectrices de l'union conjugale (arr�ts 5A_306/2011 du 21 novembre 2011 consid. 5; 5A_842/2010 du 22 mars 2011 consid. 5). Les r�gles de droit civil doivent cependant �tre interpr�t�es en tenant compte des exigences particuli�res qui r�sultent des droits fondamentaux (arr�t 5P.103/2004 du 7 juillet 2004 consid. 2.1, in SJ 2005 I p. 30). Les critiques du recourant doivent en cons�quence �tre examin�es uniquement � l'aune de la prohibition de l'arbitraire (art. 9 Cst.).
De toute mani�re, la protection de l'�galit� et celle contre l'arbitraire sont �troitement li�es. Une d�cision est arbitraire lorsqu'elle ne repose pas sur des motifs s�rieux et objectifs ou n'a ni sens ni but. Elle viole le principe de l'�galit� de traitement lorsqu'elle �tablit des distinctions juridiques qui ne se justifient par aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait � juger ou lorsqu'elle omet de faire des distinctions qui s'imposent sur le vu des circonstances (ATF 131 I 1 consid. 4.2; 129 I 113 consid. 5.1 et les arr�ts cit�s; sur la notion d'arbitraire: ATF 133 I 149 consid. 3.1 et les r�f�rences). L'in�galit� de traitement appara�t ainsi comme une forme particuli�re d'arbitraire consistant � traiter de mani�re in�gale ce qui devrait l'�tre de mani�re semblable ou inversement (ATF 129 I 346 consid. 6; 127 I 185 consid. 5 et les r�f�rences).
3.2 Selon l'autorit� cantonale, contrairement � ce qui vaut en cas d'activit� salari�e, la r�mun�ration d'une activit� ind�pendante ne d�pend pas m�caniquement du taux d'activit�. On ne peut ainsi d�duire que le revenu du mari a diminu� de 30% du seul fait qu'il consacre le mardi apr�s-midi et le mercredi � ses enfants. En l'esp�ce, ce n'est en effet pas la r�duction du temps de travail de celui-ci qui est d�terminante, mais bien l'�ventuelle diminution de ses revenus professionnels d'avocat. Or, l'int�ress� n'apporte aucun �l�ment qui attesterait d'une baisse de son b�n�fice net depuis qu'il exerce un droit de visite sur ses enfants en semaine, ni aucun �l�ment susceptible de d�montrer un quelconque lien entre la diminution de son taux d'activit� et une hypoth�tique baisse de son b�n�fice net. En outre, un collaborateur a �t� engag� pour le seconder dans son activit� professionnelle et son p�re lui apporte une aide dans la prise en charge des enfants. Du reste, tant la r�mun�ration mensuelle dudit collaborateur (2'000 fr.) que celle du p�re du mari (600 fr.) devaient �tre prise en consid�ration, au titre de charges incompressibles, dans la d�termination du revenu net du d�birentier. Quant � la baisse redout�e de son chiffre d'affaires � partir de 2011 ensuite de l'entr�e en vigueur des nouvelles proc�dures f�d�rales, de la pratique, �galement nouvelle, des assurances de protection juridique, de la comp�tence augment�e des agents d'affaires brevet�s et de la morosit� �conomique, force est de constater qu'elle ne repose sur aucun �l�ment probant et qu'elle ne saurait �tre anticip�e � ce stade, le mari ayant la possibilit�, cas �ch�ant, de requ�rir une modification de la contribution d'entretien mise � sa charge.
Par son argumentation, en grande partie appellatoire, le recourant ne d�montre pas que ce raisonnement serait insoutenable, ni qu'il serait fond� sur une appr�ciation arbitraire des preuves. En particulier, il ne critique pas l'arr�t attaqu� en tant que celui-ci consid�re comme �tant seule d�cisive ici l'�ventuelle r�duction de ses revenus professionnels, r�duction qu'il n'a pas d�montr�e. Il ne s'en prend pas non plus � l'opinion de l'autorit� cantonale selon laquelle l'engagement d'un collaborateur et l'aide apport�e par son p�re, dont il a �t� tenu compte dans ses charges, lui ont permis de maintenir son chiffre d'affaires, se limitant � contester qu'il puisse compenser le temps pass� avec ses enfants en le reportant sur un autre jour de travail. Par ailleurs, le recourant pr�tend � tort que l'autorit� cantonale a retenu un taux d'activit� de 100%. Pour le surplus, il se contente de faire valoir son opinion concernant la baisse pr�visible de son chiffre d'affaires, de sorte que cette all�gation ne peut �tre prise en consid�ration. D�s lors qu'il n'a pas rendu vraisemblable une �ventuelle diminution de son revenu net due � la r�duction de son taux d'activit�, ses critiques, autant que suffisamment motiv�es (art. 106 al. 2 LTF), apparaissent infond�es.
Selon le recourant, l'autorit� cantonale a aussi fait preuve d'arbitraire dans la fixation de son minimum vital. Il soutient en premier lieu qu'il aurait fallu admettre, vu son droit de visite tr�s �tendu, non pas un montant de base de 1'200 fr. mais de 1'350 fr., auquel il y aurait encore eu lieu d'ajouter une somme arrondie de 250 fr., correspondant au tiers du co�t d'entretien de ses deux enfants (de 800 fr. au total), ainsi qu'un suppl�ment de 150 fr. pour l'exercice du droit de visite. Le montant de base du droit des poursuites aurait en outre d� �tre major� de 20% vu la situation ais�e des parties et la dur�e vraisemblablement longue des mesures protectrices de l'union conjugale. Enfin, les co�ts de l'immeuble auraient d� �tre retenus � hauteur de 2'850 fr. et non de 1'350 fr., de mani�re � y inclure des frais d'entretien de 1'500 fr. Ainsi, le montant de ses charges mensuelles serait de 14'043 fr. et non de 11'873 fr.
4.1 L'arr�t attaqu� retient, � l'instar de l'ordonnance de premi�re instance, que les charges du mari s'�l�vent � 11'873 fr. par mois. Cette somme comprend notamment le montant de base du droit des poursuites pour une personne vivant seule, de 1'200 fr., un forfait de 150 fr. pour les frais engendr�s par l'exercice du droit de visite, des frais de garde par 600 fr. et 4'007 fr. de frais de logement (soit 2'657 fr. de charges hypoth�caires et 1'350 fr. d'autres frais).
4.2.1 Il convient d'abord de relever que le montant de base � prendre en consid�ration, conform�ment aux lignes directrices pour le calcul du minimum vital du droit des poursuites selon l'art. 93 LP du 1er juillet 2009 (BlSchK 2009, p. 196), n'est pas de 1'350 fr. (montant de base pour un d�biteur monoparental), mais bien de 1'200 fr. (montant de base pour un d�biteur vivant seul), l'entretien des enfants �tant compt� s�par�ment (arr�t 5P.390/2005 du 3 f�vrier 2006 consid. 2.2). En l'occurrence, l'autorit� cantonale a consid�r�, en bref, qu'il ne se justifiait pas d'inclure une partie du montant de base du minimum vital des enfants dans les charges du mari, le fait que celui-ci exerce un droit de visite plus �tendu qu'usuellement ne pouvant �tre assimil� � une garde altern�e. Le recourant, qui se contente de pr�tendre le contraire, ne d�montre pas que l'opinion de l'autorit� cantonale serait insoutenable (cf. infra, consid. 5). Au demeurant, l'arr�t attaqu� retient, � la suite de l'ordonnance de premi�re instance, un montant de 150 fr. pour les frais occasionn�s par l'exercice du droit de visite - alors qu'il ne s'impose pas de prendre ceux-ci en consid�ration dans le calcul du minimum vital (arr�t 5C.38/1997 du 8 avril 1997 consid. 4) - et une somme forfaitaire de 600 fr. � titre de frais de garde. On ne voit d�s lors pas en quoi l'autorit� cantonale aurait fait preuve d'arbitraire sur ce point.
4.2.2 Le grief selon lequel le juge pr�c�dent aurait arbitrairement refus� d'augmenter son minimum vital du droit des poursuites de 20% est infond�, cette majoration forfaitaire - qui ne porte que sur la seule base mensuelle (cf. ATF 129 III 385 consid. 5.2.2) - n'�tant pas pr�vue dans le cadre de mesures provisionnelles telles que les mesures protectrices de l'union conjugale (arr�ts 5A_511/2010 du 4 f�vrier 2011 consid. 2.2.4; 5P.352/2003 du 28 novembre 2003 consid. 2.3, in FamPra.ch 2004 p. 401; 5P.364/2000 du 13 f�vrier 2001 consid. 6; 5P.65/2000 du 28 mars 2000 consid. 2b et les r�f�rences); or le recourant ne d�montre pas que l'application de ce principe conduirait en l'occurrence � un r�sultat choquant.
4.2.3 En ce qui concerne les frais d'entretien de l'immeuble, l'autorit� cantonale a consid�r� que le d�birentier se limitait � soutenir, d'une part, que ceux-ci s'�taient �lev�s � 5'000 fr. par mois en 2011 et, d'autre part, que retenir � ce titre un montant mensuel de 1'500 fr. serait un minimum pour une maison construite en 1974. Pour le juge pr�c�dent, l'int�ress�, ce faisant, ne rendait pas vraisemblable qu'il devrait assumer des frais plus importants que ceux retenus en premi�re instance. Au demeurant, un montant �lev� de 4'007 fr. ayant �t� pris en compte au titre de frais de logement (charges hypoth�caires: 2'657 fr. + autres frais: 1'350 fr.), il n'y avait pas lieu de retenir en sus une somme de 1'500 fr. par mois.
Le recourant se borne � reprendre l'argumentation, au demeurant appellatoire, d�j� pr�sent�e en appel, sans d�montrer en quoi l'autorit� cantonale aurait fait preuve d'arbitraire. En particulier, il n'�tablit pas que le montant total de 4'007 fr. par mois serait arbitrairement insuffisant s'agissant des frais de logement d'une personne seule. Autant qu'il est recevable, le grief est par cons�quent infond�.
L'autorit� cantonale a par ailleurs consid�r� qu'il ne se justifiait pas d'inclure une partie du minimum vital des enfants dans les charges du mari, ni de r�duire de ce fait la contribution d'entretien due par celui-ci. Selon le juge d'appel, le fait que le droit de visite du p�re f�t plus �tendu qu'usuellement ne pouvait �tre assimil� � une garde altern�e, d�s lors qu'en l'esp�ce, ce droit s'exer�ait, en semaine, uniquement du mardi � midi au mercredi � 18 heures. Rien n'indiquait au demeurant que les parties contribueraient � parts �gales � l'entretien des enfants en nature, ni d'ailleurs que le mari participerait � cet entretien � raison d'un tiers. Le d�birentier all�guait assumer les d�placements et la prise en charge des activit�s des enfants du mercredi (�cole de tennis, go�ters d'anniversaire, r�unions d'enfants, foot programm� pour son fils), sans toutefois apporter le moindre �l�ment chiffr� en attestant. Il ne contestait par ailleurs pas le fait que ce f�t l'�pouse qui pay�t l'essentiel des frais des enfants, comme l'avait retenu le premier juge. Dans ces circonstances, si le mari supportait les frais de nourriture de ceux-ci lors de l'exercice du droit de visite, il n'y avait pas lieu de r�partir leur minima vitaux entre les parties.
Le recourant se contente d'affirmer, en bref, que la base mensuelle pour les deux enfants, d'un montant de 800 fr. par mois, devrait �tre incluse dans ses charges � raison d'un tiers au moins, soit de 250 fr.: de nature purement appellatoire, ce grief ne peut �tre pris en consid�ration (cf. supra, consid. 4.2.1).
Le recourant reproche encore � l'autorit� cantonale d'avoir arbitrairement appliqu� les art. 176 al. 1 ch. 1 et 163 al. 1 CC en fixant la contribution d'entretien sur la base de la m�thode dite du minimum vital, malgr� la situation tr�s ais�e des parties. Il conteste aussi l'attribution des 2/3 de l'exc�dent � l'�pouse et aux enfants, compte tenu de la prise en charge presque �galitaire de ceux-ci par chacun des parents.
6.1 Le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC se d�termine en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux. Le l�gislateur n'a pas arr�t� de mode de calcul � cette fin. L'une des m�thodes pr�conis�es par la doctrine, qui est consid�r�e comme conforme au droit f�d�ral, est celle dite du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent. Selon cette m�thode, lorsque le revenu total des conjoints d�passe leur minimum vital de base du droit des poursuites (art. 93 LP), auquel sont ajout�es les d�penses non strictement n�cessaires, l'exc�dent est en r�gle g�n�rale r�parti par moiti� entre eux (ATF 114 II 26), � moins que l'un des �poux ne doive subvenir aux besoins d'enfants mineurs communs (ATF 126 III 8 consid. 3c et les arr�ts cit�s) ou que des circonstances importantes ne justifient de s'en �carter (ATF 119 II 314 consid. 4b/bb).
En cas de situation financi�re favorable, il convient plut�t de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien des conditions de vie ant�rieures (ATF 115 II 424), le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constituant la limite sup�rieure du droit � l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�t 5A_147/2012 du 26 avril 2012 consid. 4.1.1 et les r�f�rences cit�es). Le principe de l'�galit� de traitement des �poux en cas de vie s�par�e ne doit en effet pas conduire � ce que, par le biais d'un partage du revenu global, se produise un d�placement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 121 I 97 consid. 3b; 114 II 26 consid. 8). Lorsqu'il est �tabli que les conjoints ne r�alisaient pas d'�conomies durant le mariage, ou que l'�poux d�biteur ne d�montre pas qu'ils ont r�ellement fait des �conomies, ou encore qu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant, il est admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses effectives des �poux durant le mariage (ATF 134 III 145 consid. 4; 119 II 314 consid. 4b). En effet, dans de tels cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es au conjoint cr�ancier et aux enfants (ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
6.2 L'arr�t attaqu� retient en substance ce qui suit: le mari a expos�, dans son proc�d� �crit du 2 ao�t 2011 produit en premi�re instance, qu'aucune �conomie n'avait �t� r�alis�e durant la vie commune, comme l'all�guait �galement l'�pouse. Il a ajout� que le seul compte qui pr�sentait un solde cr�ancier relativement important �tait son compte professionnel, ce qui lui permettait juste d'anticiper les d�penses � venir avec un ou deux mois d'avance, et a pr�cis� qu'il devait encore verser des acomptes AVS et payer la TVA ainsi qu'un montant de pr�voyance de plusieurs milliers de francs. Selon l'autorit� cantonale, l'absence d'�pargne en num�raire est confirm�e par un extrait de compte postal et par le relev� de fortune �tabli par une banque. Le mari a aussi fait valoir qu'il avait d� payer des arri�r�s d'imp�ts pour les ann�es pr�c�dentes et assumer des travaux de r�fection de fa�ade et de terrasse d�cid�s par les parties. Dans son appel, celui-ci soutient qu'il a �conomis� durant la vie commune environ 250'000 fr., mais que ce montant a �t� affect� au paiement d'arri�r�s suppos�s d'imp�ts. Il pr�tend par ailleurs que de l'�pargne se serait mat�rialis�e dans la pierre, sans toutefois articuler de montants � ce sujet.
L'autorit� cantonale d�duit de ce qui pr�c�de qu'il est possible de consid�rer que la quasi-totalit� des revenus r�alis�s par les parties leur permettait de maintenir le train de vie qu'ils avaient adopt�, la seule �pargne chiffr�e constitu�e par le mari ayant �t� affect�e au paiement d'arri�r�s d'imp�ts. Aussi la m�thode du minimum vital se justifie-t-elle en l'esp�ce, car elle n'aboutit pas � la fixation d'une contribution d'entretien permettant � la cr�direnti�re d'augmenter le niveau de vie dont elle b�n�ficiait durant la vie commune, ni � une liquidation anticip�e du r�gime matrimonial. D�s lors que le couple d�pensait la quasi-totalit� de ses revenus, la limite sup�rieure du droit � l'entretien ne saurait en effet �tre d�pass�e par la fixation d'une contribution globale selon la m�thode pr�cit�e, compte tenu par ailleurs des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s. La r�partition du disponible � raison d'un tiers pour le mari et de deux tiers pour l'�pouse et les enfants est par ailleurs conforme � la jurisprudence; de plus, le mari n'a pas rendu vraisemblable qu'une telle r�partition de l'exc�dent permettrait � l'�pouse d'am�liorer son train de vie � son d�triment.
6.3 Dans une argumentation essentiellement appellatoire, le recourant se borne � affirmer, en r�sum�, qu'il est exclu de consid�rer qu'aucune �pargne n'existe, notamment en raison du fait que les parties sont propri�taires d'une villa individuelle. Il ne pr�cise toutefois pas, ni a fortiori n'�tablit, le montant des fonds, provenant de l'�pargne des �poux, qui auraient �t� investis dans cet immeuble. Dans ces conditions, le recourant ne d�montre pas que l'application de la m�thode du minimum vital permettrait � l'�pouse de b�n�ficier d'un niveau de vie sup�rieur � celui men� par le couple durant la vie commune ni, partant, qu'elle anticiperait sur la liquidation du r�gime matrimonial. Par ailleurs, il ne ressort pas de l'arr�t attaqu� que le recourant s'occuperait de ses enfants au-del� du droit de visite dont il b�n�ficie. Celui-ci est certes large, mais la garde des enfants a �t� attribu�e � la m�re, point qui n'est pas contest� par le p�re. Or, celui-ci n'a pas d�montr� que l'opinion de l'autorit� cantonale, selon laquelle les frais engendr�s par la garde des enfants ne sauraient �quivaloir � ceux d'une garde altern�e, serait arbitraire (cf. supra, consid. 5). La r�partition du solde disponible dans une proportion 2/3 - 1/3 n'appara�t ainsi pas insoutenable.
En conclusion, le recours ne peut qu'�tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires seront support�s par le recourant, qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � r�pondre.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et au Juge d�l�gu� de la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud.

References: ATF 
 art. 74
 art. 106
 art. 229
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 176