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Timestamp: 2020-05-29 11:49:18+00:00

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メイン Le lexique-grammaire des verbes du grec moderne
Серия КР 1.138.9-2 Перемычки кирпичные, рядовые, металлические
Docteur de l’Université de Marne-La-Vallée
tel-00626251, version 1 - 25 Oct 2011
Les constructions transitives locatives standard
The lexicon-grammar of verbs of Modern Greek
The transitive locative standard constructions
Panayota-Tita KYRIACOPOULOU
Anna ANASTASSIADIS-SYMEONIDIS (rapporteur)
Salah MEJRI (rapporteur)
Je souhaite exprimer un très grand merci à Tita Kyriacopoulou, tout en étant consciente que
ce merci n’est guère suffisant pour récompenser tout ce qu’elle a fait pour moi. Je lui suis
fort reconnaissante de m’avoir transmis sa passion de la recherche et d’avoir
généreusement consacré d’innombrables heures et jours à me former, d’avoir suivi de très
près tous mes parcours, d’avoir scrupuleusement corrigé mon travail et de m’avoir
indéfectiblement encouragé et soutenu. Bref, elle fut pour moi la directrice de thèse idéale
et il est sûr et certain que sans elle, je n’aurais jamais commencé ni mené à terme cette
Je voulais également exprimer ma sincère reconnaissance à Christian Leclère qui m’a
inspiré et encouragé dans mon travail depuis le tout début et qui a réalisé mon rêve
scientifique, de « chercher » auprès du « L » du BGL. Je le remercie du fond de mon cœur
pour les multiples discussions « éclaircissantes » sur le Lexique-Grammaire, pour ses
conseils et pour ses corrections précieuses sur les c; hapitres « critiques » de ma thèse,
souvent même décorées de… dessins inédits.
Je remercie chaleureusement Eric Laporte pour m’avoir accueilli dans son équipe et avoir
mis à ma disposition l’équipement nécessaire. Je le remercie également pour tous ses
conseils et ses remarques indispensables pour l’accomplissement à mon travail.
Je tiens à remercier vivement Anna Anastassiadis-Syméonidis et Salah Mehri pour avoir
accepté de rapporter cette thèse, d’avoir consacré du temps à sa lecture, et de leurs
appréciations précieuses, ainsi que Denis Maurel pour avoir accepté de participer à mon
jury et pour ses conseils.
« Special thanks » à Matthieu Constant pour avoir fait la première relecture très attentive
de tout le mémoire et pour avoir été toujours disponible pour répondre patiemment à mes
questions ; à Claude Martineau pour avoir fait d’innombrables relectures attentives, pour
ses « fortifiants » et ses encouragements ; à Patrick Watrin et Olivier Blanc pour la relecture
et la correction des certains chapitres du mémoire et pour leur aide très appréciable sur
tout ce qui concerne la construction des grammaires ; à Sandrine Alègre pour sa
contribution plus que précieuse concernant la traduction des exemples et la relecture d’une
partie du mémoire.
Je tiens à remercier également Sébastien Paumier pour sa disponibilité de chaque instant et
pour avoir répondu patiemment à tous mes soucis concernant le traitement automatique
des textes, et Takuya Nakamura pour les fructueuses discussions linguistiques et pour son
aide inestimable dans la recherche de la bibliographie.
Un grand merci à Patrice Herault pour sa gentillesse de ne jamais m’avoir laissé tomber
dans mes « combats » contre les machines et pour ses encouragements assez particuliers du
type « J-289, J-288, J-… ».
Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous les membres de l’équipe d’informatique
linguistique pour leur accueil et leur collaboration exemplaires, ainsi qu’à tous les gens de
l’IGM qui contribuent à ce que l’ambiance y soit particulièrement chaleureuse, joyeuse et …
idéale pour travailler.
Mes remerciements vont également à Stavroula Voyatzi pour m’avoir pertinemment
encouragé dans mes recherches linguistiques depuis le début et pour sa collaboration
précieuse, à Ionas Michailidis pour ses encouragements et ses promptes « solutions »
informatiques, à Alexandros Bakalakos pour son aide inattendument précieuse sur les
dernières corrections de mes tables du lexique-grammaire et à Elsa Sklavounou pour sa
collaboration et ses encouragements.
Un très grand merci à tous les membres de l’équipe grecque de Thessaloniki pour leur
collaboration et pour les discussions fructueuses et animées.
Je tiens à remercier vivement Cédrick Fairon, Patrick Watrin, Bastien Kindt, Laurent Kevers,
Anne Dister et Babette Dehottay de l’équipe du CENTAL, pour leur accueil toujours
chaleureux et animé et pour leur collaboration irréprochable.
Un grand merci à Nathalie Arfeuillère pour sa franchise, sa compréhension et sa
collaboration administrative (à plusieurs niveaux…) du début jusqu’à la fin de ma thèse.
Des remerciements et mon amitié à tous les amis, de Marne à… Thessaloniki, qui m’ont
soutenu et encouragé durant ces années.
Un très grand merci à Georges Karayannidis pour ses corrections sur le grec, pour sa
patience et son indéfectible soutien.
Un gros merci à Katerina Spyropoulou pour ses attentions particulièrement généreuses et
inestimables, surtout lors de la, ou plutôt… des dernières « lignes droites ».
Un E-NOR-ME merci à mon frère et à mes parents pour leur « talent » à me déstresser et
pour leur « présence » sans faille même à distance.
L’objectif de notre recherche est la description formelle et systématique des verbes à
construction transitive locative standard du grec moderne : N0 V N1 cor Loc N2 lieu (Loc N3 lieu), où le
nom en position complément direct (N1) désigne, en général, l’objet qui se déplace par
rapport au lieu en position prépositionnelle (N2, N3) à cause de l’agent (N0). Notre étude
s’inscrit dans le cadre théorique de la grammaire transformationnelle défini par Zellig S.
Harris. Nous suivons le cadre méthodologique du Lexique-Grammaire défini par Maurice
Gross et élaboré au Laboratoire d’Automatique Documentaire et Linguistique.
Notre but est la description exhaustive du grec moderne en vue de l’analyse automatique de
la langue. Ainsi, 931 verbes simples sont classés dans 5 tables du lexique-grammaire : 38GLD :
constructions à complément prépositionnel destination ; 38GLS : constructions à
complément prépositionnel source ; 38GL : constructions à complément source et
complément destination ; 38GLH : constructions à complément(s) prépositionnel(s) locatif(s)
et à complément direct obligatoirement humain ; 38GLR : constructions transitives locatives
Nous procédons à la description morphologique et syntactico-sémantique des prépositions
introduisant des compléments locatifs et nous exposons les propriétés transformationnelles
et distributionnelles des verbes transitifs locatifs. Nous présentons la conversion
automatique des tables en automates à états finis récursifs, dans le cadre du TAL
(Traitement automatique des langues), ainsi que nos remarques sur la traduction, vers le
français, des constructions locatives grecques, basée sur les propriétés figurant dans les
Mots-clefs : table du lexique-grammaire, construction transitive locative, analyse
syntaxique, préposition, complément locatif, propriété transformationnelle, propriété
distributionnelle, classification de verbes, traitement automatique des langues naturelles,
The object of the research is the formal and systematic description of Modern Greek verbs
entering into a transitive locative standard construction: N0 V N1 cor Loc N2 place (Loc N3 place), in
which the noun in direct complement position (N1) denotes, in essence, the object that is
transposed by an agent (N0) from or/and to a certain place (N2, N3). Our study is based on
the syntactical framework of the Transformational Grammar defined by Zellig S. Harris. We
followed the Lexicon-Grammar (L-G) methodology framework developed by Maurice Gross
and elaborated at the LADL (Laboratoire d’Automatique Documentaire et Linguistique).
Our aim is the exhaustive description of Modern Greek in the prospect of the automatic
analysis of the language. Therefore, 931 simple verbs are classified in 5 L-G tables: 38GLD:
constructions with a “goal” prepositional complement; 38GLS: constructions with a “source”
prepositional complement; 38GL: constructions with a “goal” and a “source” prepositional
complement; 38GLH: constructions with a locative prepositional complement and an
obligatory “human” direct complement; 38GLR: residual transitive locative constructions.
We discuss the morphological, syntactical and semantic description of prepositions
introducing locative complements, and the principal transformational and distributional
properties of transitive locative verbs. Moreover, we exhibit the automatic conversion of
Greek L-G tables to finite state automata in the field of Natural Language Processing. Finally,
we present our first remarks on the translation of Greek locative constructions into french,
based on the syntactical and semantic features figuring in the L-G tables.
Keywords: Lexicon-Grammar table, transitive locative construction, syntactical analysis,
preposition, locative complement, transformational property, distributional property,
classification of verbs, natural language processing, translation.
CHAPITRE 1 METHODOLOGIE ET DELIMITATION DE L’ETUDE................................................... 21
1.1 Le cadre théorique ................................................................................................................ 21
1.2 Méthodologie du travail ....................................................................................................... 24
1.3 Délimitation de l’étude ......................................................................................................... 29
1.3.1 Le critère de la question en « πού » (où) ou « Prép πού » (Prép où)............................. 30
1.3.2 Le critère du déplacement spatio-temporel................................................................. 33
1.3.3 Les verbes d’« apparition » et de « disparition » ......................................................... 47
1.4 Conclusion.............................................................................................................................. 49
CHAPITRE 2 LES PREPOSITIONS DES COMPLEMENTS LOCATIFS............................................... 53
2.1 Catégorisation morphologique des prépositions locatives .............................................. 54
2.1.1 Les prépositions simples.................................................................................................. 55
2.1.2 Les prépositions composées incluant un adverbe locatif........................................... 59
2.1.3 Les critères d’identification des prépositions incluant un adverbe locatif ............. 64
2.1.4 Les propriétés des prépositions incluant un adverbe locatif..................................... 73
2.1.5 Les prépositions composées incluant un nom : critères d’identification ................ 88
2.1.6 Les prépositions incluant un nom « candidates » ....................................................... 93
2.1.7 Les propriétés des prépositions incluant un nom ....................................................... 95
2.2 Catégorisation sémantique des prépositions locatives..................................................... 99
2.2.1 Les prépositions topologiques ou à localisation interne.......................................... 100
2.2.2 Les prépositions projectives ou directionnelles ou à localisation externe ........... 102
2.3 Les prépositions locatives dans les constructions transitives locatives....................... 103
2.3.1 Le complément « destination » .................................................................................... 105
2.3.2 Le complément « source »............................................................................................. 106
2.3.3 Le complément « lieu de passage ».............................................................................. 107
2.3.4 Les compléments « doubles » ....................................................................................... 108
2.4 Traitement automatique des prépositions locatives ...................................................... 113
2.4.1 Le dictionnaire électronique des prépositions locatives.......................................... 113
2.4.2 Reconnaissance par automates finis des compléments prépositionnels locatifs. 113
2.5 Conclusion............................................................................................................................ 122
CHAPITRE 3 LES PRINCIPALES PROPRIETES DES CONSTRUCTIONS TRANSITIVES LOCATIVES
STANDARD....................................................................................................................... 123
3.1 Les propriétés de distribution............................................................................................ 124
3.1.1 Les noms « humains » : Nhum .......................................................................................... 125
3.1.2 Les V-n.............................................................................................................................. 129
3.1.3 Les noms « partie-du-corps » : Npc .............................................................................. 131
3.1.4 Les noms obligatoirement au pluriel : Nplur obl .............................................................. 134
3.1.5 La propriété N1 =: transport obl.................................................................................... 135
3.1.6 La propriété N1 =: argent obl ......................................................................................... 136
3.1.7 Les métaphores ............................................................................................................... 136
3.1.8 La distribution des prépositions des compléments locatifs..................................... 139
3.2 Les propriétés sémantiques ............................................................................................... 152
3.2.1 N0 source .......................................................................................................................... 152
3.2.2 N0 destination.................................................................................................................. 155
3.2.3 N1 =: apparition ............................................................................................................... 156
3.2.4 N1 =: disparition............................................................................................................... 156
3.3 Les propriétés de structure ................................................................................................ 156
3.3.1 Les sous-structures......................................................................................................... 157
3.3.2 La structure N1 V Loc N2................................................................................................. 158
3.3.3 La structure N2 V N1 ........................................................................................................ 161
3.3.4 La structure croisée........................................................................................................ 164
3.3.5 La relation passive.......................................................................................................... 166
3.3.6 N1 είμαι (être) V:K ........................................................................................................... 170
3.3.7 Nominalisations par verbes supports.......................................................................... 178
3.3.8 La pronominalisation..................................................................................................... 180
3.4 Les propriétés de dérivation .............................................................................................. 184
3.4.1 La propriété X-V.............................................................................................................. 184
3.4.2 Les propriétés Pfx ξε- / source, Pfx εκ- / source et Pfx από- / source ............................ 185
3.4.3 Les propriétés ξε-V, εκ-V et από-V ................................................................................ 191
3.5 Conclusion............................................................................................................................ 192
CHAPITRE 4 LES CLASSES DE VERBES TRANSITIFS LOCATIFS ................................................. 193
4.1 Les verbes transitifs locatifs à construction N0 V N1 ....................................................... 194
4.1.1 La classe 38GL0................................................................................................................ 194
4.1.2 La classe 38GL1................................................................................................................ 195
4.2 Les verbes transitifs locatifs à construction N0 V N1 Prép N2 ......................................... 196
4.2.1 La classe 37GE.................................................................................................................. 197
4.2.2 Les classes 37GM ............................................................................................................. 198
4.3 Les verbes transitifs locatifs à construction N0 V N1 Loc N2 ........................................... 201
4.3.1 La classe 38GLD ............................................................................................................... 202
4.3.2 La classe 38GLS................................................................................................................ 202
4.3.3 La classe 38GL.................................................................................................................. 203
4.3.4 La classe 38GLH ............................................................................................................... 203
4.3.5 La classe 38GLR................................................................................................................ 205
4.3.6 La classe 36GSL (Symétrique Locatif) .......................................................................... 206
4.4 Remarques sur la classification des constructions transitives locatives...................... 206
4.4.1 Les verbes à double construction standard et croisée.............................................. 207
4.4.2 Les verbes à complément « apparition » : les classes 38GLD et 32GA..................... 209
4.4.3 Les verbes à complément(s) obligatoirement au pluriel.......................................... 210
4.4.4 Les verbes à complément prépositionnel locatif « dépendant »............................. 211
4.5 Conclusion............................................................................................................................ 213
CHAPITRE 5 COMMENTAIRES DES TABLES DE CONSTRUCTIONS TRANSITIVES LOCATIVES
STANDARD....................................................................................................................... 215
5.1 La table 38GLD...................................................................................................................... 215
5.1.1 Les verbes à double construction, standard et croisée............................................. 216
5.1.2 Les verbes avec N2 =: V-n ............................................................................................... 218
5.1.3 Les verbes avec N1 =: V-n ............................................................................................... 219
5.1.4 Les verbes à complément « apparition » .................................................................... 220
5.1.5 Les verbes à Ni « pluriel obligatoire ».......................................................................... 221
5.1.6 Les verbes avec Prép =: ανάμεσα σε (entre) Νplur obl ..................................................... 222
5.1.7 Les verbes à Prép =: από / σε (dest).............................................................................. 223
5.1.8 Les verbes préfixés par les préfixes εν- (en-/in-), επι- (sur-) ou εισ-(in-) .............. 223
5.1.9 Les verbes « composites » : l’exemple du verbe αναποδογυρίζω (renverser)......... 226
5.1.10 Les paraphrases des verbes de la table 38GLD ......................................................... 228
5.2 La table 38GLS ...................................................................................................................... 231
5.2.1 Les verbes à constructions standard et croisée ......................................................... 232
5.2.2 Les verbes à V-n .............................................................................................................. 233
5.2.3 Les verbes à complément direct « disparition » ........................................................ 234
5.2.4 Quelques remarques sur le complément από Ν2 (de N2)............................................ 235
5.3 La table 38GL ........................................................................................................................ 236
5.3.1 Les sous-classes en 38GL................................................................................................ 237
5.3.2 Les propriétés spécifiques à la table 38GL .................................................................. 241
5.4 La table 38GLH ..................................................................................................................... 244
5.4.1 Les constructions à complément destination ............................................................ 244
5.4.2 Les constructions à complément source..................................................................... 245
5.4.3 Les constructions à deux compléments, source et destination............................... 246
5.4.4 Remarques sur les sous-classes de la table 38GLH..................................................... 246
5.5 La table 38GLR...................................................................................................................... 248
5.5.1 Les verbes « statiques » ................................................................................................. 248
5.5.2 Les verbes désignant des types de mouvement particuliers ................................... 249
5.5.3 Les verbes composites.................................................................................................... 250
5.5.4 Les verbes χάνω (perdre), ψάχνω (chercher), βρίσκω (trouver).............................. 251
5.6 Conclusion............................................................................................................................ 252
CHAPITRE 6 TRAITEMENT AUTOMATIQUE DES TABLES.......................................................... 253
6.1 Les tables du lexique-grammaire ...................................................................................... 254
6.2 Les graphes paramétrés...................................................................................................... 254
6.3 Conversion des tables en grammaires .............................................................................. 255
6.3.1 La super-table et les super-graphes............................................................................. 255
6.3.2 Les super-graphes des arguments................................................................................ 257
6.3.3 Le super-graphe des compléments locatifs ................................................................ 258
6.3.4 Les super-graphes des phrases simples....................................................................... 259
6.4 Traitement préalable du texte........................................................................................... 261
6.4.1 Application des dictionnaires morphologiques......................................................... 261
6.4.2 Lemmatisation des formes verbales complexes ........................................................ 263
6.5 Erreurs .................................................................................................................................. 266
6.6 Autres perspectives............................................................................................................. 267
6.7 Conclusion............................................................................................................................ 268
CHAPITRE 7 LEXIQUE-GRAMMAIRE ET TRADUCTION.............................................................. 269
7.1 Traduction et équivalence.................................................................................................. 269
7.2 Remarques sur les emplois verbaux grecs et français correspondants........................ 273
7.3 Les tables du lexique-grammaire : un outil à la traduction « humaine » ou
« automatique »......................................................................................................................... 279
CONCLUSION .................................................................................................................................. 283
BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................. 287
Représentation générale des phrases supports de localisation statiques ........ 114
Représentation générale des variantes des compléments prépositionnels
locatifs......................................................................................................................... 115
Les compléments de forme Loc N ........................................................................... 115
Représentation des prépositions locatives incluant un ADVlieu ......................... 116
Les compléments locatifs σε Dét Nlieu ..................................................................... 117
Les locutions prépositionnelles σε Dét Adj Zone.................................................. 118
Déstructuration du complément locatif ................................................................ 119
Coordinations entre les compléments prépositionnels locatifs ........................ 119
Les compléments locatifs dans une phrase support interrogative ................... 120
Extrait de la table 38GLD .......................................................................................... 254
Extrait d’un graphe paramétré simplifié............................................................... 255
Extrait de la super-table........................................................................................... 256
Exemple du super-graphe générique (super-N0.grf)........................................... 257
Exemple du sous-graphe GNnom............................................................................ 258
Exemple du sous-graphe GNnomSimple ............................................................... 258
Le super-graphe des compléments prépositionnels locatifs.............................. 259
Exemple simplifié du super-graphe des phrases simples N0 V N1 Loc N2 ......... 260
Graphe “move-text”.................................................................................................. 264
Extrait du graphe de lemmatisation des formes verbales complexes .............. 265
Extrait du dictionnaire électronique des formes verbales complexes ............. 266
Extrait d’une grammaire d’unification pour le prédicat empêcher.................. 267
Nous nous servons des notations couramment utilisées dans les travaux du LADL pour la
description du français et des autres langues naturelles.
ADVlieu
AdvLoc
Npréd
Adverbe locatif, composant dans une préposition composée
Apparition dans la phrase de l’adverbe de lieu εδώ (ici) ou εκεί (là) (ou
d’une variante orthographique)
Phrase support qui décrit la situation « après » l’accomplissement du
Phrase support qui décrit la situation « avant » le début du procès
Symbole de la séquence vide
Groupe nominal. Le cas du nom tête du groupe nominal peut apparaître en
indice : GNnom lorsque le nom tête est au nominatif, GNgén au génitif et GNacc à
l’accusatif.
Préposition introduisant un complément locatif dans les constructions
locatives (ou préposition « locative »)
Modifieur (adjectif, complément de nom, phrase relative)
Nom quelconque. Ce symbole sert également à désigner un groupe
nominal dans une phrase. Les chiffres en indices des N indiquent la
position de différents groupes nominaux dans une phrase de base : N0
désigne le sujet de la phrase, N1 le premier complément, N2 le second
complément et N3 le troisième complément.
Nom approprié au verbe
Nom qui désigne le corrélat du lieu
Marqueur de la négation
Nom qui désigne le lieu
Nom d’unité de mesure
Nom de partie du corps
Phrase support qui décrit la situation « pendant » le procès
Pronom préverbal
Phrase qui désigne le procès
Préposition simple
Tr. littérale
[x z.]
(… + …)
Traduction littérale (ou tr. litt.)
Verbe à la forme active
Verbe au participe passé passif
Verbe support dynamique
Verbe à la forme médio-passive
Nom morphologiquement lié au verbe
Verbe support statique
Suite quelconque de compléments
Complétive introduite par να
Complétive introduite par ότι
Corrélat du lieu
Effacement de l’élément x
Les parenthèses contiennent la traduction des mots grecs en français
Les parenthèses contenant plusieurs éléments séparés par un « + »
indiquent une possibilité de choix entre ceux-ci
Suite de mots ou phrase non acceptables, ou éventuellement acceptables
dans un emploi différent de celui envisagé
Suite de mots ou phrase d’un degré d’acceptabilité douteux
Suite de mots ou phrase très douteux
Symbole utilisé pour spécifier, lexicalement ou structurellement, le
contenu d’une forme donnée
Symbole de l’absence de synonymie entre deux phrases
La présente étude a comme principal objectif la description formelle et systématique d’une
partie du lexique du grec moderne : des verbes transitifs qui impliquent dans leur structure
un complément prépositionnel de lieu. Par exemple :
Ο Γιώργος τοποθετεί το βιβλίο πάνω στο τραπέζι
(Georges place le livre sur la table)
Pour cette recherche, nous avons adopté le cadre méthodologique du Lexique-Grammaire,
qui consiste à recenser, en grandeur réelle, les structures syntaxiques élémentaires de la
langue. Ce cadre, élaboré dans les années soixante-dix du siècle précédent par Maurice
Gross et son équipe au Laboratoire d’Automatique Documentaire et Linguistique (LADL), a
ses origines dans les travaux fondamentaux de Zellig S. Harris et sa théorie des
transformations syntaxiques. La langue naturelle est vue, pour la première fois, par Harris
comme un système se prêtant à une analyse mathématique, une analyse entièrement
formalisée, donc particulièrement abstraite. Le lexique-grammaire ajoute à cette analyse les
informations lexicales indispensables afin d’aboutir à une description cohérente,
systématique et exhaustive de la langue naturelle. Il s’agit de donner pour chaque mot
significatif une description des phrases types qui caractérisent son fonctionnement, ainsi
qu’une description des relations entre ces phrases.
Adoptant le cadre méthodologique du lexique-grammaire, les données linguistiques que
nous recensons sont exhaustives - dans la mesure du possible - et représentées d’une façon
systématique et formelle. Cette systématicité et ce formalisme des données s’avèrent
indispensables non seulement pour donner une image générale de la langue (intérêt
linguistique) mais aussi pour procéder au traitement automatique des langues naturelles
(intérêt informatique). En effet, plusieurs applications exigent des descriptions
linguistiques complètes et formalisées : la traduction automatique, la génération
automatique de textes en langues naturelles, la reconnaissance de la parole et aussi d’autres
applications qui s’inscrivent dans le cadre de l’intelligence artificielle. Le recensement des
données linguistiques (tâche laborieuse et coûteuse) est facilité par des outils informatiques
qui ont vu le jour ces dernières décennies et qui sont à la disposition du linguiste. Les corpus
électroniques étiquetés ou non, les dictionnaires électroniques, les analyseurs de textes, les
outils de gestion et de diffusion de l’information peuvent accélérer l’accumulation des
données linguistiques pour que ces dernières puissent être aussi complètes que possible.
Les recherches effectuées selon le modèle du lexique-grammaire sont nombreuses. Depuis
plus de 30 ans, les chercheurs au LADL focalisent leurs études sur la construction des
lexiques et des grammaires de la langue française1. De plus, les équipes de recherches qui
font partie du réseau RELEX2, un ensemble de plusieurs laboratoires européens, travaillent
sur l’analyse linguistique et le traitement automatique de diverses langues naturelles, telles
que l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le norvégien, le portugais, le coréen, le thaï, et
suivent la même méthodologie, celle du lexique-grammaire. En grec moderne, quelques
travaux s’inscrivant dans ce même cadre ont été effectués ces dernières années : le lexiquegrammaire des constructions à phrases complétives (Kyriacopoulou 2003), des
constructions datives (Fotopoulou 2002), des constructions intransitives (Pantazara 2003),
des adjectifs prédicatifs (Sklavounou 1997), ainsi que des études sur le verbe support είμαι
(être) (Moustaki 1995), le verbe support κάνω (faire) (Kyriacopoulou-Sfetsiou 2002) et les
expressions figées du grec moderne (Fotopoulou 1993). D’autres travaux sont en cours de
réalisation à l’Institut Gaspard-Monge (IGM, France) et au Laboratoire de traduction et
traitement du langage (LTTL, Grèce).
La présente recherche apporte donc une pierre à l’édifice des lexiques-grammaires des
langues naturelles. Elle porte sur les verbes distributionnels à construction transitive
locative standard du grec moderne. Notre but est la classification de ces verbes selon leurs
propriétés définitionnelles, la description de l’ensemble de leurs propriétés, ainsi que la
représentation formelle à l’aide des tables syntaxiques (ou tables du lexique-grammaire).
Cette étude est organisée en sept chapitres.
Dans le premier chapitre, après la définition du cadre théorique, nous présentons la
méthodologie suivie et les critères formels établis afin d’identifier les verbes à construction
transitive locative standard du grec moderne.
Le complément locatif a un rôle « définitionnel » dans les classes de verbes que nous
étudions et, par conséquent, nous consacrons le deuxième chapitre à la description
morphologique, syntaxique et sémantique des prépositions qui l’introduisent.
Le troisième chapitre porte sur la présentation des principales propriétés des verbes
étudiés, voire des phrases simples du grec moderne à verbe transitif locatif. Ces propriétés,
qui figurent dans nos tables du lexique-grammaire, concernent principalement les
transformations possibles des phrases simples et la distribution des actants syntaxiques des
Le quatrième chapitre concerne la classification des constructions transitives locatives du
grec moderne inspirée des recherches menées sur le français (Guillet, Leclère 19923). Nous y
exposons les différentes classes et nous y discutons les problèmes que nous avons
rencontrés lors de cette classification.
Cf. Bibliographie générale du LADL sur le site web de l’Equipe d’Informatique linguistique du Laboratoire
d’informatique de l’IGM (Université de Marne-la-Vallée) : http://igm.univ-mlv.fr/infolingu.
Pour une présentation globale du RELEX, consulter le site : http://igm.univ-mlv.fr/infolingu.
Désormais : GL 1992.
Dans le cinquième chapitre, nous effectuons un commentaire détaillé de nos tables de
constructions et exposons les sous-classes de verbes qui en émergent. Puis, dans le chapitre
six, nous présentons la conversion automatique des tables du lexique-grammaire en
automates à états finis récursifs.
Le septième chapitre porte sur la traduction, vers le français, des emplois verbaux grecs
insérés dans nos tables. Nous évoquons les difficultés rencontrées lors de l’établissement
des correspondances et nous démontrons comment les informations systématiques des
tables seraient utilisables tant par le traducteur « humain » que par le traducteur
Enfin, nous présentons, en annexe, les tables du lexique-grammaire que nous avons
construites dans le cadre de cette recherche. L’index de leurs propriétés ainsi qu’une brève
explication de ces dernières les précèdent. Les constructions décrites dans les tables et
quelques constructions associées sont illustrées à travers des exemples à la fin de cette
étude. Une traduction, vers le français, des entrées verbales et des principaux exemples y
et délimitation de l’étude
1.1 Le cadre théorique
Notre étude s’inscrit dans le cadre syntaxique théorique de la grammaire
transformationnelle tel qu’il a été défini par son fondateur, Zellig S. Harris (1952, 1964,
1968)1. Le cadre méthodologique est celui du Lexique-Grammaire défini par Maurice Gross
(1975) et élaboré au Laboratoire d’Automatique Documentaire et Linguistique (LADL).
La langue naturelle apparaît comme un ensemble complexe de phénomènes spécifiques.
Dans la présentation de l’œuvre de J.-P. Boons, A. Guillet et Ch. Leclère (1976a)2, M. Gross
soutient que l’idée naturelle pour étudier la syntaxe est de grouper les phrases se
ressemblant en classes, et d’étudier les classes constituées. Comme les classes sont moins
nombreuses que les phrases, il serait possible de percevoir l’existence d’une organisation
qui les lierait et d’en déduire une organisation pour les phrases de départ. « L’examen
systématique du lexique constitue donc un moyen, vraisemblablement le seul à l’heure
actuelle, d’appréhender une langue d’une façon globale, c’est-à-dire d’en construire une
image ayant un certain caractère de généralité » (BGL 1976 : 9).
C’est ainsi qu’a été entreprise l’élaboration d’une « grammaire-lexique » pour le français
(BGL 1976 : 29), c’est-à-dire d’une grammaire « envisagée dans la perspective du lexique ».
Lexique et structure apparaissant étroitement liés, cette grammaire vise à « couvrir la
Notons que ce cadre est différent de la grammaire générative de Noam Chomsky (1957, 1965).
Désormais : BGL 1976.
langue de manière aussi extensive que possible, pour l’ensemble du lexique comme pour les
structures syntaxiques étudiées »3.
Maurice Gross considère que l’unité minimale de sens n’est pas le mot mais la phrase. Le
principe général est donc de recenser et de classer systématiquement les phrases
élémentaires. Ces phrases ont la forme générale :
N0 V W
à savoir sujet-verbe et d’éventuels compléments (prépositionnels ou non), lorsque, bien
évidemment, le « noyau » de la phrase est un verbe4. L’indice « 0 » attaché au sujet de la
phrase marque la spécificité de ce nom (qui peut être également un groupe nominal ou une
phrase complétive, etc.) au verbe. Les compléments éventuels W, qui dépendent du verbe V,
devront être systématiquement explicités, verbe par verbe, puisqu’ils leur sont spécifiques.
Ainsi, un verbe donné entre dans une structure élémentaire, autrement appelée
« construction définitionnelle » (cf. Guillet 1993). Observons le verbe dire du français dans
Max a dit des injures à Luc
Des injures ont été dites à Luc par Max
(Guillet 1993)
Seule la première phrase sera considérée comme représentative de la construction
définitionnelle du verbe. La phrase (2) est syntaxiquement liée à la phrase (1) par le biais de
la transformation [passif] (cf. M. Gross 1968).
La transformation est définie comme l’opération formelle qui relie deux phrases à sens
proches mais à structures différentes. Mais les conditions dans lesquelles opèrent ces
transformations dépendent largement du matériel lexical qui est mis en jeu. M. Gross (1975)
postule que « de la même manière qu’un accélérateur de particules permet de mettre en
évidence des données neuves sur la structure de la matière, les transformations pourraient
n’être qu’un dispositif expérimental qui permet de découvrir et de localiser les contraintes
syntaxiques (et sémantiques) qui lient les éléments des phrases ».
La structure élémentaire qui sert de « base » à un verbe donné comprend le plus grand
nombre d’actants syntaxiques non pronominalisés et de prépositions (« principe
d’expansion maximale »5). Ainsi, parmi les phrases :
Max donne de l’argent
Max donne à cette fondation
Max donne de l’argent à cette fondation
seule la dernière qui est « la plus longue » représente la structure « classificatrice ». Pour
chaque structure, on doit établir la distribution acceptée.
Il peut être aussi un adjectif (cf. Meunier 1981), un nom (cf. M. Gross 1981a ; Giry-Schneider 1987 ; G. Gross
1989) ou un adverbe (cf. Molinier 1984 ; G. Gross 1984).
Cf. BGL 1976 : 165.
Cependant, un verbe morphologique donné peut avoir plusieurs constructions
définitionnelles, donc entrer dans plusieurs « structures de base ». On parle alors de
différents « sens » du verbe, autrement dit de différents « emplois verbaux » du même
verbe morphologique. Par exemple, le verbe πετώ a au moins deux emplois : le premier
entre dans la structure N0 V =: Το πουλί πετά (l’oiseau vole), le deuxième dans la structure :
N0 V N1 Loc N2 =: Ο Γιώργος πετά τα βιβλία πάνω στο κρεβάτι (Georges jette les livres sur le lit).
Tous ces emplois verbaux doivent être décrits de façon exhaustive et formalisée6 dans des
phrases élémentaires. Gross M. (1990 : 45) définit le lexique-grammaire comme « l’ensemble
des classes d’équivalence des phrases élémentaires, ensemble qui sert de générateur pour
les phrases complexes ». Pour permettre une utilisation informatique, il a choisi de donner
au lexique-grammaire une représentation sous forme de matrices binaires (tables du
lexique-grammaire) (Figure i). Ainsi, cette information systématique peut être incorporée,
par exemple, à un analyseur syntaxique automatique qui effectuera la reconnaissance des
phrases d’un texte.
Figure i : Extrait de la table 38GLD du lexique-grammaire grec
Le lexique-grammaire constitue ainsi une « base de données syntaxique » (cf. Leclère 2005)
où sont décrites systématiquement les structures élémentaires. Il détermine, d’une part, la
structure des arguments des phrases (c’est-à-dire du sujet et des compléments essentiels),
et de l’autre, les transformations unaires, qui opèrent chacune sur une structure
élémentaire N0 V W (le passif, la pronominalisation, etc.)7.
Le lexique-grammaire est organisé en tables. Chaque table représente une classe et
regroupe des éléments ayant au moins une construction définitionnelle commune. Ainsi, les
verbes αποσύρω (retirer) et αποβάλλω (expulser) appartiennent à la même table, car ils
Cf. M. Gross 1981b.
L’autre type principal de transformations est celui des transformations binaires, c’est-à-dire la coordination
et la subordination des phrases, qui combinent deux structures élémentaires pour redonner une structure
plus complexe. Pour une présentation générale, cf. M. Gross 1990.
entrent dans la même structure définitionnelle (N0 V N1 cor Loc N2 source) et ils acceptent
obligatoirement la propriété distributionnelle N1 =: Nhumain. Par exemple :
H κυβέρνηση απέσυρε τους στρατιώτες από τις εμπόλεμες χώρες
N1 hum
(Le gouvernement a retiré les soldats des pays en conflit)
[38GLH]
Ο δάσκαλος απέβαλε τον Γιώργο από την αίθουσα
(Le maître a expulsé Georges de la classe)
Il est possible que la même forme verbale apparaisse dans plusieurs tables, si elle accepte de
différentes propriétés définitionnelles. Ainsi, les formes verbales ci-dessus (exemples 1a et
2a) entrent également dans les structures suivantes :
O Γιώργος απέσυρε την υποψηφιότητά του
(Georges a retiré sa candidature)
[32GR3]
Ο οργανισμός απέβαλε το μόσχευμα
(L’organisme a rejeté l’implant)
[38GL0]
Chaque table du lexique-grammaire se compose de lignes et de colonnes. Les lignes
contiennent les entrées du lexique-grammaire, alors que les colonnes représentent les
structures des phrases obtenues après application de règles transformationnelles ou de
précisions distributionnelles. A l’intersection de chaque ligne et de chaque colonne figure
généralement une marque d’acceptabilité ou d’inacceptabilité, i.e. une marque qui indique si
une propriété donnée est acceptée par l’emploi verbal ou non. Nous notons « + » lorsque
nous considérons une propriété acceptable8 pour un emploi verbal donné, « - » dans le cas
contraire. Certains intitulés font appel à des éléments lexicaux. Par exemple, l’intitulé
N2 =: V-n signale l’insertion possible d’un substantif en relation morphologique et
sémantique avec le verbe, l’intitulé V-mp demande l’insertion de la forme verbale médiopassive lorsque la propriété transformationnelle « passif » est validée, etc. Dans ces cas, les
cellules de la table concernées sont remplies par du texte.
Suivant ces principes, nous avons entrepris l’élaboration du lexique-grammaire grec, et plus
précisément, l’étude syntactico-sémantique d’une certaine classe de verbes simples, ceux
qui ont une construction transitive locative de type standard : N0 V N1 Loc N2 (Loc N3). Par la
suite, nous exposerons la méthodologie de notre travail, ainsi que les critères que nous
avons appliqués afin de délimiter notre étude.
1.2 Méthodologie du travail
Pour trouver les verbes à construction transitive locative standard, nous sommes partie du
dictionnaire électronique des verbes du grec moderne. La première version de ce
Sur le « jugement d’acceptabilité » ou jugement d’appartenance d’une phrase à la langue naturelle, cf. M.
Gross 1975 : 22-24 ; BGL 1976 : 39-46.
dictionnaire, construite sur la base de plusieurs dictionnaires usuels, contenait 12 000
verbes (cf. Kyriacopoulou 1990). Ensuite, cette version a été enrichie avec le Dictionnaire
inverse d’Anastassiadis-Syméonidis (2002). La version actuelle contient environ 19 000
entrées verbales alors qu’il reste encore 8 000 verbes, principalement à la voix médiopassive, à y insérer. Nous voulons mentionner ici quelques particularités du dictionnaire
exposées en détail par Kyriacopoulou (2003).
En grec, les verbes se divisent en deux catégories :
les verbes en -ω (accentué ou non) qui sont des verbes actifs. Par exemple : αφήνω
(laisser), τοποθετώ (placer) ;
les verbes médio-passifs en –[voyelle]μαι. Par exemple : τοποθετούμαι (se placer),
φορτώνομαι (se charger).
De plus, il y a des verbes impersonnels ou de troisième personne qui se terminent en -ει ou ται (pour les verbes médio-passifs). Par exemple : χιονίζει (neiger), συνίσταται (consister à).
Dans le dictionnaire électronique, les verbes médio-passifs constituent des entrées
différentes même si leurs formes actives existent. Ce choix se justifie par leurs différences
flexionnelles : vecteurs flexionnels9, traitement de l’accent, etc. Par exemple :
τοποθετώ,V11
τοποθετούμαι,V-mp22
(forme active)
(forme médio-passive)
Pour les associer, l’étude syntactico-sémantique de chaque forme verbale est nécessaire.
Les variantes des formes canoniques constituent des entrées différentes. Il s’agit
précisément des verbes qui se terminent en -άω et -ώ : φοράω et φορώ (porter), en -σσω et
-ζω : χαράζω et χαράσσω (graver), etc. Au niveau morphologique, ces variantes peuvent
soit au radical : ζαλικώνω et ζαλιγκώνω (charger) (ajout d’une lettre) ; θάπτω et θάφτω
(enterrer), ψήνω et ψένω (cuire), ορύττω et ορύσσω (creuser), κτίζω et χτίζω
(construire) (substitution d’une lettre par une autre),
soit dans le vecteur flexionnel : κρύβω et κρύπτω (cacher), μπαρκάρω et μπαρκέρνω
(embarquer).
Cependant, les ressemblances au niveau graphique n’induisent pas de similitudes au niveau
syntaxique ou sémantique. Nous avons donc retenu les variantes des verbes en tant
qu’éléments distincts dans nos classes et nous avons étudié leurs propriétés syntacticosémantiques.
Les verbes préfixés sont formellement des verbes simples quand le préfixe est
soudé au mot qui suit et sont inclus dans le dictionnaire électronique du grec moderne :
αποθηκεύω – εναποθηκεύω (entreposer). La plupart des verbes que nous avons décrits sont
des verbes morphologiquement simples, c’est-à-dire des verbes non préfixés. Cependant, nous
avons inclus dans notre étude quelques verbes préfixés ayant les particularités suivantes :
le verbe simple n’existe pas ; par exemple : προσσεληνώνω (alunir) / *σεληνώνω ;
Nous appelons « vecteur flexionnel » une suite de terminaisons qui correspondent à un temps donné (cf.
Kyriacopoulou 2003).
le sens du verbe de base (sans préfixe) est différent du verbe préfixé correspondant ;
par exemple : αποθαλασσώνω (décoller de la mer) (τα) θαλασσώνω (bouleverser) ;
le préfixe du verbe provient de la langue savante, comme εν-, επι- ou εισ-.
L’adjonction d’un tel préfixe impose souvent au verbe non préfixé correspondant
des contraintes morphologiques et/ou syntaxiques ; par exemple : χαράσσω εγχαράσσω - *εγχαράζω (graver).
Notre intention étant d’aboutir à une description exhaustive du grec moderne en vue de
l’analyse automatique de la langue, cette description morphologique des verbes doit être
complétée par une description syntaxique, voire sémantique. Pour la description
syntactico-sémantique des verbes, nous avons adopté le modèle du lexique-grammaire.
Chaque table du lexique-grammaire regroupe des emplois verbaux selon leurs
constructions types, leurs propriétés « définitionnelles » et leur sémantisme. Une première
tentative pour définir les classes des verbes grecs a été effectuée par Kyriacopoulou (1989),
puis par Kyriacopoulou-Yannacopoulou (2003).
A partir de cette base d’environ 27 000 formes verbales, nous avons procédé à la distinction
des « sens » de chaque entrée (ou des emplois verbaux). Par exemple, le verbe γράφω
(écrire) entre au moins dans trois structures différentes, illustrées dans les exemples
Ο Γιώργος έγραψε το όνομά του πάνω στο τετράδιο
N1 cor Loc
N2 lieu
(Georges a écrit son prénom sur le cahier)
[38GLD]
Ο Γιώργος έγραψε τη Ρέα στο σχολείο
V N1 hum Loc N2
(Georges a inscrit Réa à l’école)
Ο Γιώργος έγραψε στη Ρέα ότι την αγαπά
V Prép N2 hum Ρότι
(Georges a écrit à Réa qu’il l’aime)
Pour distinguer les différents emplois verbaux, nous nous sommes principalement basé sur
notre intuition que nous justifions à l’aide de critères formels. Il est évident que le jugement
d’acceptabilité d’une phrase de telle ou telle structure syntaxique entre en jeu. Dans de
nombreuses situations, la distinction entre constructions acceptables et constructions non
acceptables n’est pas très nette. Du point de vue expérimental, nous illustrons notre
hésitation soit avec un « ? » (phrase douteuse) soit avec « ?* » (phrase très douteuse). Mais
le modèle formel que nous avons retenu est binaire et seulement deux valeurs sont
admises : acceptée (marquée dans les tables avec un « + ») ou non acceptée (marquée avec
un « - »). Suivant la stratégie de l’équipe du LADL, nous considérons provisoirement les
phrases douteuses comme des structures bien formées. « En effet, le risque de considérer
comme mal formée une structure qui ne l’est pas est pour nous plus grave que le risque
inverse, inacceptable pour le puriste, d’accepter une structure ‘non recommandable’ » (BGL
1976 : 47).
Pour améliorer et vérifier notre jugement d’acceptabilité des constructions que nous avons
étudiées, nous avons consulté systématiquement des dictionnaires courants, tels que le
Dictionnaire du grec moderne commun de la Fondation Manolis Triantafyllidis (1998), le
Dictionnaire du grec moderne de G. Babiniotis (1998), le Nouveau dictionnaire grec de E. Kriaras
(1995), le Dictionnaire inverse du grec moderne de A. Anastassiadis-Syméonidis (2002), le
Polydictionnaire de la langue grecque de Epistimi & Zoi (1983), le Grand dictionnaire grec de
Tegopoulos-Fytrakis (1997). Mais la seule consultation des dictionnaires s’avère insuffisante,
parce que ces derniers ne répertorient pas toujours tous les sens (ou emplois) des verbes, ni
d’ailleurs toutes les constructions. Pour cette raison, la recherche sur le Web - à l’aide de
moteurs de recherche comme Google – nous a permis de compléter nos descriptions
Notre méthodologie de travail a été d’insérer chaque forme verbale dans des phrases
élémentaires construites par nous-mêmes. Ces phrases dépourvues de compléments « non
essentiels » et d’effets stylistiques (considérés par ailleurs comme extérieures à la syntaxe),
ont été soumises, dans un premier temps, à notre jugement d’acceptabilité. La méthode
étant transformationnelle, la construction de phrases élémentaires nous permet de
« comparer sous l’angle de leur degré d’appartenance à la langue plusieurs séquences
différant par leurs constructions syntaxiques mais fortement apparentées par les éléments
lexicaux qu’elles contiennent » (BGL 1976 : 39). Le dépouillement des corpus électroniques
disponibles sur Internet nous a aidé à étudier le comportement syntaxique des verbes
concernés dans des contextes réels. Il nous a permis, entre autres, de trouver des exemples
divers qui couvrent des cas transformationnels et qui valident nos exemples « théoriques ».
De plus, dans ces corpus, nous retrouvons souvent des constructions, donc des emplois
verbaux (ou sens), que nous n’avons pas recensées dans un premier temps. Cela nous a
permis d’étendre la liste des constructions possibles d’une même forme verbale. Enfin, la
recherche dans des corpus étendus nous a donné la possibilité de vérifier le sens de certains
verbes rarement utilisés en grec moderne, comme par exemple les verbes provenant de la
langue savante (ou « katharévoussa »), les verbes littéraires, les néologismes ou encore les
verbes techniques.
Cependant, nous sommes conscients que le dépouillement du corpus, comme seul procédé
pour retrouver toutes les formes de phrases d’une langue, n’est pas suffisant. Sur ce point,
Boons (1974 : 12) souligne que vis-à-vis de la méthode transformationnelle, « l’utilisation
d’un corpus ne peut constituer relativement à l’épreuve d’acceptabilité qu’un adjuvant ou
un correctif. En effet, la présence répétée d’un type de phrase dans un certain type de
corpus peut constituer, suivant le choix de ce dernier, un indice ou une preuve de son
acceptabilité […] son absence du corpus ne permet de tirer aucune conclusion quant à son
appartenance ou sa non-appartenance à la langue ».
Après avoir distingué les différents emplois de chaque forme verbale du grec moderne, nous
avons procédé à leur classement préliminaire selon leur structure syntaxique de base. Les
structures syntaxiques qui entrent en jeu dans cette classification sont les suivantes :
Η Ρέα λιποθύμησε
(Réa s’est évanouie)
N0 V Prép N1
Η Ρέα μαλώνει με τη μητέρα της
(Réa se dispute avec sa mère)
N0 V Prép N1 Prép N2
Ο Γιώργος κατεβαίνει από τη σοφίτα στο σαλόνι
(Georges descend du grenier dans le salon)
N0 V N 1
Η Ρέα σιδερώνει το πουκάμισο
(Réa repasse la chemise)
N0 V N1 N2
Ο Γιώργος ονομάζει την κόρη του Ρέα
(Georges appelle sa fille Réa)
N0 V N1 Prép N2
Ο Γιώργος τυλίγει το πακέτο με χαρτί πολυτελείας
(Georges enveloppe le paquet avec du papier cadeau)
N0 V N1 Prép N2 Prép N3
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό στην
(Georges transporte la caisse du camion dans l’entrepôt)
où V =: verbe10 ; N0 =: sujet ; N1 =: premier complément ; N2 =: deuxième complément ;
N3 =: troisième complément ; Prép =: préposition. Chacune des positions N ci-dessus peut
être occupée par un groupe nominal ou par une phrase complétive.
Dans le cadre de cette étude, nous n’avons pas pris en compte :
les emplois verbaux qui acceptent une phrase complétive dans leur structure de
base , par exemple :
[N0 V Pνα]
Ο Γιώργος πηγαίνει να αγοράσει ψωμί
(Georges va acheter du pain)
Ο Γιώργος υπογράμμισε στο κείμενο ότι η κυβέρνηση πήρε αυτή την απόφαση
[Ν0 V Ρότι Prép N2]
(Georges a souligné dans le texte que le gouvernement avait pris cette décision)
les emplois verbaux qui n’acceptent pas de complément direct dans leur structure
de base (verbes intransitifs)12 ; par exemple :
Ο Γιώργος φτάνει στο Παρίσι
(Georges arrive à Paris)
[N0 V Prép N1]
Ο Γιώργος κοιμάται
(Georges dort)
[N0 V]
les emplois verbaux qui n’acceptent qu’un complément direct dans leur structure
de base, comme par exemple :
[N0 V N1]
Ο Γιώργος διαβάζει ένα βιβλίο
(Georges lit un livre)
Un verbe donné peut avoir un seul ou plusieurs sens, donc plusieurs emplois. Désormais, nous emploierons
souvent les termes « verbe » et « emploi verbal » indifféremment.
L’étude des verbes à complétive du grec moderne a été entreprise par Kyriacopoulou 2003.
Cf. A-V. Pantazara 2003.
Notre champ de recherche étant limité aux seules constructions qui mettent en jeu un
complément direct et un ou plusieurs compléments prépositionnels locatifs, nous devons
recourir à des critères formels afin d’identifier les emplois verbaux qui acceptent dans leur
construction de base un tel complément. Il s’agit, en effet, des constructions du type :
N0 V N1 Loc13 N2
N0 V N1 Loc N2 Loc N3
Nous aborderons ce sujet dans la section suivante.
1.3 Délimitation de l’étude
Comme nous l’avons mentionné plus haut, notre intention est de décrire les constructions
transitives locatives standard, à savoir les constructions du type général :
N0 V N1 Loc N214
Ces constructions sont appelées transitives, car elles mettent en jeu un complément non
prépositionnel qui correspond à l’objet direct de la grammaire traditionnelle. Ce
complément répond soit à la question ποιον-ποια-ποιο (accusatif au masculin, au féminin ou
au neutre du pronom interrogatif ποιος/qui) soit à la question τι (quoi)15.
Ces constructions sont appelées locatives, car elles acceptent un complément dont le nom
tête est interprété comme un lieu. L’interprétation d’un complément comme locatif dépend
entièrement du verbe auquel il se rattache. Il est important de souligner que dans notre
description la notion de lieu est différente de la notion traditionnelle de complément
« circonstanciel » de lieu. En effet, la classification des emplois verbaux effectuée pour le
français au LADL a démontré que le « lieu » n’apparaît pas seulement en position
prépositionnelle mais aussi en position sujet ou en position objet direct16.
Ici on notera Loc la préposition qui introduit un complément locatif appartenant au verbe.
Dans certaines constructions, un troisième complément Loc N3 peut également être inséré.
Comparons avec d’autres compléments non prépositionnels qui ne répondent pas à cette question :
Το συνέδριο διήρκησε τρεις μέρες
(Le colloque a duré trois jours)
L’ensemble des constructions locatives – transitives et intransitives – du français a été étudié
principalement par Jean-Paul Boons, Alain Guillet et Christian Leclère. Cf. BGL 1976, Boons 1984, 1985, 1986,
1987, GL 1992. Ces constructions mettent en jeu :
- soit un complément prépositionnel de lieu, par exemple :
Max habite à Paris
- soit un objet direct et un complément prépositionnel de lieu, par exemple :
Max charge les oranges dans le camion
- soit un substantif dénotant le lieu en position sujet :
La cheminée crache de la fumée
- soit un substantif dénotant le lieu en position objet direct :
Max quitte la chambre
Max désherbe l’allée du chiendent
Pour les constructions intransitives locatives du grec moderne, cf. Pantazara 2003. Pour les verbes transitifs à
complément de lieu en allemand, cf. Caroli 1984.
Enfin, ces constructions sont appelées standard (par opposition aux constructions
« croisées »17), car le complément locatif est introduit par une préposition. Nous
considérons donc la présence du complément prépositionnel locatif comme une propriété
formelle, « définitionnelle » de nos classes de verbes.
Dans cette section, nous exposerons les critères formels (ou syntaxiques) que nous avons
appliqués afin de :
identifier les compléments prépositionnels locatifs Prép N ;
distinguer les compléments prépositionnels locatifs de verbe (Loc N) des
compléments prépositionnels locatifs de phrase.
Avant de présenter ces critères, soulignons que ceux-ci ne s’avèrent pas, dans tous les cas,
suffisants pour trancher entre un complément locatif de verbe et un complément locatif de
1.3.1 Le critère de la question en « πού » (où) ou « Prép πού » (Prép où)
La grammaire traditionnelle différencie les compléments prépositionnels de lieu des autres
compléments prépositionnels, par exemple ceux de manière, de temps, de cause, de but,
etc., à l’aide du critère de la question en « πού » (où) ou « Prép πού » (Prép où). Nous avons,
ainsi, recours à des tests sous forme de questions :
(1) Q :
Πού αφήνει ο Γιώργος το κιβώτιο;
(Où Georges dépose-t-il la caisse ?)
(Σε + μέσα σε) την αποθήκη
= (Στην18 αποθήκη, μέσα στην αποθήκη)
((A + dans) l’entrepôt)
Dans cet exemple, le mot αποθήκη (entrepôt), qui constitue le nom tête du groupe
prépositionnel, est conçu comme le lieu où le sujet agentif Γιώργος (Georges) dépose la
caisse. De même, dans l’exemple :
(2) Q :
(Ε + από μέσα + μέσα) από πού βγάζει ο Γιώργος το κουνέλι;
((Ε + de dedans + dedans) d’où Georges sort-il le lapin ?)
(Από μέσα από + μέσα από + από) το καπέλο
((De dedans de + dedans de + de) le chapeau)
le mot καπέλο (chapeau) désigne le lieu d’où le sujet Γιώργος (Georges) sort l’objet κουνέλι
(lapin).
Cf. GL 1992 : 28. Cf. également chapitre 3, § 3.3.4.
Il s’agit de la forme contractée de la préposition simple σε (à) suivie de l’article défini (Ddéf) à l’accusatif du
féminin singulier, dans notre exemple. Les formes contractées de la préposition σε + Ddéf à l’accusatif sont : στον
et στο lorsque le nom déterminé par l’article défini est du genre masculin au singulier, στους lorsqu’il est de
genre masculin au pluriel, στην et στη pour les noms féminins au singulier, στις pour les noms féminins au
pluriel, στο et στα pour les noms neutres au singulier et pluriel, respectivement.
Ο Γιώργος θα επιστρέψει τα βιβλία μέσα σε δύο μέρες
(Georges rendra les livres dans deux jours)
la préposition μέσα σε (dans à) n’introduit pas un complément locatif comme dans l’exemple
(1) mais un complément temporel, car μέσα σε δύο μέρες (dans deux jours) répond à la
question πότε (quand) (adverbe interrogatif temporel) :
(Πότε + *μέσα πού + *πού) θα επιστρέψει ο Γιώργος τα βιβλία;
((Quand + *dans où + *où) Georges rendra-t-il les livres ?)
(Dans deux jours)
En effet, la préposition (Prép) n’a pas de sens en elle-même. Une préposition donnée peut
introduire aussi bien des compléments de lieu que des compléments d’un autre genre. Par
contre, le caractère locatif de tel ou tel complément (Prép N) dépend de la nature du verbe
Une deuxième constatation concerne les prépositions qui, selon la grammaire
traditionnelle, ne sont pas considérées comme « locatives ». Pourtant, les compléments
introduits par celles-ci répondent bien à la question en πού (où). Par exemple :
Πού έβαλε ο Γιώργος τη ζάχαρη;
(Où Georges a-t-il mis le sucre ?)
(Μαζί με + ?με) τον καφέ19
((Ensemble avec + avec) le café)
Nous retrouvons enfin des compléments qui répondent à la question en πού (où) ou Prép πού
(Prép où) mais qui ne sont pas ressentis comme locatifs. Dans ces cas, le nom tête du
complément prépositionnel peut être :
un substantif nominalisé dénotant un procès :
Από πού θα ξεκινήσεις;20
(Par où vas-tu commencer ?)
Από το πλύσιμο των πιάτων
(Par le lavage de la vaisselle)
Comme la préposition avec du français, la préposition μαζί με (ensemble avec) présente « la particularité de
désigner les lieux indirectement, c’est-à-dire à l’aide des objets qui les occupent » (GL 1992 : 49). Nous
considérons donc que la préposition μαζί με (ensemble avec) fait partie des prépositions locatives du grec
moderne et est décrite dans le dictionnaire électronique et les grammaires de reconnaissance de groupes
prépositionnels locatifs (cf. Chapitre 2, § 2.4).
Cette question peut également être formulée à l’aide du pronom interrogatif τι (quoi) sans variation du sens :
Από τι θα ξεκινήσεις;
(Par quoi vas-tu commencer ?)
Πού οδήγησε τον Γιώργο η τσιγκουνιά;
(Où l’avarice a-t-elle mené Georges ?)
(A la catastrophe)
un nom humain (emplois « datifs ») :
Πού στέλνει η Ρέα το γράμμα;
(Où Réa envoie-t-elle la lettre ?)
(A Georges)
un nom abstrait employé souvent métaphoriquement :
une phrase complétive. Actuellement ces verbes sont classés dans la table 3G du
lexique-grammaire grec21 :
Πού στέλνει ο Γιώργος τη Ρέα;
(Où est-ce que Georges envoie Réa ?)
Να αγοράσει ψωμί
(Acheter du pain)22
Nous limiterons notre étude aux compléments prépositionnels locatifs dont le substantif
tête est concret, car l’intuition sémantique est plus nette. En effet, les autres peuvent
souvent être considérés comme métaphores de lieu d’emplois concrets. Par conséquent,
nous avons restreint notre étude aux emplois verbaux pour lesquels :
le complément prépositionnel répond à la question πού (où) ou Prép πού (Prép où) ;
le nom tête du groupe nominal introduit par cette préposition est un nom concret.
Ces conditions respectées, nous identifions les compléments prépositionnels des phrases
suivantes comme locatifs :
Cf. Maurice Gross (1975 : 165-169) sur la table 3 du lexique-grammaire des verbes français et Tita
Kyriacopoulou (1989) sur la classification des verbes du grec moderne.
Sur ce point, Christian Leclère (Bari-Monopoly 2002, Colloque International « Grammaires et Lexiques
Comparés ») soutient qu’il existe un locatif nominal « approprié » qui répond à la question πού (où) et qui peut
être omis. Par exemple :
Ο Γιώργος στέλνει τη Ρέα στο φούρνο να αγοράσει ψωμί
(Georges envoie Réa à la boulangerie acheter du pain)
En revanche, si nous prenons l’exemple :
Ο Γιώργος στέλνει τη Ρέα να αγοράσει νερό
(Georges envoie Réa acheter de l’eau)
le lieu approprié n’est plus φούρνος (boulangerie) - sauf si l’on sait (pragmatiquement) que la boulangerie vend
aussi de l’eau :
Ο Γιώργος στέλνει τη Ρέα (στο φούρνο + στο σούπερ μάρκετ + …) να αγοράσει νερό
(Georges envoie Réa (à la boulangerie + au supermarché + …) acheter de l’eau)
Le lieu est cependant omissible, car sous-entendu ou indifférent.
Ο Γιώργος διαβάζει εφημερίδα μέσα στο δωμάτιο
(Georges lit le journal dans la chambre)
Ο Γιώργος ακουμπά το ποτήρι πάνω στο τραπέζι
(Georges pose le verre sur la table)
En effet, la phrase avec le verbe διαβάζω (lire) a la même structure « superficielle » que la
phrase (5) avec le verbe ακουμπώ (poser). De plus, les deux compléments prépositionnels
répondent à la question πού (où). Cependant, ces deux compléments n’ont pas le même
statut syntaxique. Dans le premier cas (exemple 4), il s’agit d’un complément de phrase,
alors que dans le deuxième cas (exemple 5), il s’agit d’un complément locatif de verbe. Ainsi,
la question πού (où) ne nous permet pas d’attribuer au premier (exemple 4) l’interprétation
intuitive du « lieu où se déroule l’action » et au deuxième (exemple 5) celle du « lieu où
l’objet va ».
Pour résumer, même si les questions en πού (où) ou Prép πού (Prép où) nous aident à repérer,
entre autres, les compléments prépositionnels locatifs avec un nom tête concret, elles ne
s’avèrent pas, pourtant, suffisantes pour identifier les verbes à construction transitive
locative. A travers les exemples ci-dessus, nous voyons la nécessité de définir le rôle
syntaxique des compléments locatifs. Pour cela, nous avons besoin de critères formels qui
nous aideront à qualifier certains compléments locatifs comme « essentiels » et à justifier
ainsi l’intuition que les compléments locatifs πάνω στο τραπέζι /sur la table (exemple 5),
μέσα στην αποθήκη /dans l’entrepôt (exemple 1) et από το καπέλο / du chapeau (exemple 2)
sont des compléments de verbe, alors que le complément μέσα στο δωμάτιο /dans la
chambre (exemple 4) est un complément de phrase ou complément « scénique » (cf. BGL
1976 : 216).
1.3.2 Le critère du déplacement spatio-temporel
Selon Boons (1987 : 5), un objet occupant une certaine place dans l’espace se déplace, quand
il change de localisation (de place) « ne subissant par ailleurs aucune modification de forme
ni de substance au cours du procès ». Ainsi, une relation locative est toujours observée entre
deux entités au moins : l’entité désignant le lieu et celle désignant l’objet qui se déplace
relativement à ce lieu. Nous appellerons cet objet corrélat du lieu23. La particularité des
verbes qui font l’objet de notre étude consiste à mettre en jeu une relation de localisation
entre ces deux entités. Par conséquent, le lieu et son corrélat ne peuvent qu’être considérés
comme éléments « essentiels » et apparaître dans la construction de base du verbe.
Leclère (1976) a été le premier à utiliser le terme corrélat dans le couple des termes complément datif et corrélat
du datif. Ainsi, dans la phrase :
Paul donne un livre à Marie
à Marie est le complément datif et livre le corrélat du datif qui constitue le bénéfice du N2, Marie. En général, les
termes utilisés pour désigner l’objet à localiser et le point de repère sont assez nombreux : cible et site
(Vandeloise 1986 ; Borillo 1988), argument du lieu et lieu (Guillet 1984), corrélat du lieu et lieu (Leclère 1976 ;
Meunier 1984 ; Boons 1985), figure et ground (Talmy 1978 ; Herskovits 1981), τοποθετούμενο αντικείμενο (located
object) et τόπος αναφοράς (reference point) (Skopeteas 1999), etc. Dans la présente étude, nous avons retenu les
termes : lieu et corrélat du lieu.
En général, un objet se déplace soit seul soit à cause d’un facteur extérieur. Dans le premier
cas, on parle de verbes de déplacement qui entrent dans une des structures syntaxiques
N0 V Loc N1
N0 V Loc N1 Loc N2
Ο Γιώργος αφήνει το δωμάτιο
(Georges quitte la chambre)
Το τρένο φεύγει από το σταθμό
(Le train part de la gare)
Τα πουλιά μεταναστεύουν από την Ευρώπη στην Αφρική
N1 Loc
(Les oiseaux migrent d’Europe en Afrique)
Ces constructions ne rentrent pas dans le cadre de la présente recherche.
Dans le deuxième cas, le déplacement de l’objet par rapport à un lieu se fait par un agent ou
une cause qui se met en position sujet, par exemple un être humain, un animal, une
machine ou bien une force naturelle, une cause accidentelle, etc. Autrement dit, le sujet N0
est la cause ou l’agent d’une relation de localisation de l’objet N1 par rapport au lieu N224. On
parle, alors, des verbes causatifs de déplacement (ou de mouvement)25 qui entrent dans les
structures syntaxiques suivantes :
N0 V N1 Loc N2 (Loc N3), où l’objet qui se déplace est en position objet direct (N1) et
le lieu par rapport auquel cet objet se déplace est en position complément prépositionnel
(Loc Ni). Par exemple :
Ο αέρας ρίχνει το βάζο από το τραπέζι
V N1 cor Loc N2 lieu
(Le vent jette le vase de la table)
Pour un certain nombre de verbes, le sujet N0 entre, lui aussi, dans la relation de localisation. Par exemple :
Ο Γιώργος ακολουθεί τη Ρέα ως το σταθμό
(Georges suit Réa jusqu’à la gare)
Dans ces cas, nous ne pouvons pas parler de pure causativité (cf. GL 1992).
Bien évidemment, il ne s’agit pas de déplacement dans le cas où le sens des verbes suggère l’inhibition du
Ο Γιώργος συγκρατεί τον πίνακα στον τοίχο
(Georges maintient le tableau contre le mur)
ou la négation de celui-ci :
Ο Γιώργος διατηρεί το κρασί στην κάβα του
(Georges conserve le vin dans sa cave)
Nous reviendrons sur ces verbes dans le chapitre 5, § 5.5 (table 38GLR).
Ο Γιώργος σέρνει το κιβώτιο από το σαλόνι στην κουζίνα
N2 lieu Loc N3 lieu
(Georges traîne la caisse du salon dans la cuisine)
N0 V N1 Prép N2, où le lieu est en position objet direct et son corrélat est le
substantif tête du complément prépositionnel. Par exemple :
Ο Γιώργος γεμίζει το ποτήρι με νερό
N1 lieu Prép N2 cor
(Georges remplit le verre d’eau)
Comme nous l’avons expliqué au début de ce chapitre, nous nous intéressons uniquement
aux verbes qui acceptent dans leur structure de base un objet direct et un complément
prépositionnel de lieu. Ainsi, parmi les verbes qui entrent dans la structure N0 V N1 Prép N2
(Prép N3) nous avons distingué ceux dont le complément prépositionnel est un complément
locatif (Loc N) et l’objet direct (N1) se déplace par rapport au(x) lieu(x) (N2, N3) à cause de
l’agent (N0). Les structures que nous étudions sont donc de type :
N0 V N1 cor Loc N2 lieu
N0 V N1 cor Loc N2 lieu Loc N3 lieu
où N2 et N3 désignent les lieux, N1 constitue le corrélat du lieu et Loc est une préposition qui
introduit un complément locatif lié sémantiquement au verbe.
L’idée de déplacement dans l’espace étant intrinsèquement liée à celle de déplacement dans
le temps, nous avons « isolé » certains moments temporels et observé, à chacun de ces
moments, la relation locative entre le lieu et son corrélat. Il s’agit des moments « avant »
(AV), « pendant » (PD) et « après » (AP) le procès (PR). Reprenons la phrase :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό στην αποθήκη
(Georges transporte la caisse du camion à l’entrepôt)
Sur l’axe du temps, on pourrait visualiser ce procès de la façon suivante :
où t1 marque le moment du début du procès et t2 le moment de la fin du procès. Nous
considérons les moments tav (« avant ») et tap (« après ») immédiatement antérieur et
postérieur aux moments t1 et t2, respectivement. Concernant notre exemple, pour le
moment tav qui se situe « avant » t1 sur l’axe temporel, la caisse se trouve dans le camion et
cette caisse n’est pas encore déplacée dans l’entrepôt. Par contre, pour le moment tap qui se
situe « après » t2, cette même caisse se trouve dans l’entrepôt et elle n’est plus dans le
Pour exprimer les situations initiale et finale, nous avons recours aux phrases supports de
localisation les plus élémentaires, qui ont une interprétation statique et qui illustrent la
relation locative entre les deux compléments – le lieu et son corrélat – aux différents
moments du procès. Ces phrases supports se construisent, généralement, sur la base du
verbe είμαι (être) qui a une fonction de « support » du prédicat prépositionnel26. Claude
Vandeloise (1986 : 34) remarque que « le langage ne laisse pas au hasard les positions de la
cible et du site27 dans la relation spatiale : dans les phrases bien formées, la cible coïncide
toujours avec le sujet de la relation et le site avec son objet ». Ainsi, la phrase support
élémentaire de la relation de localisation (cf. Boons 1985 : 206-209 ; GL 1992 : 17-21) a la
Ncorrélat είμαι (être) Loc Nlieu
Par conséquent, pour dire qu’il y a un déplacement spatio-temporel d’un objet, il faut qu’au
moment immédiatement « avant » le début du procès corresponde un lieu différent de celui
qui correspondrait au moment immédiatement « après » la fin du procès. Le moment
« avant » se réfère à l’état initial (ou localisation initiale ou situation de départ), le moment
« après » à l’état final (ou localisation finale ou situation d’arrivée)28.
Concernant notre exemple, nous pouvons construire, à l’aide des phrases supports de
localisation en είμαι (être), le schéma de récit suivant (cf. Boons 1987) :
Το κιβώτιο <c> είναι στο φορτηγό <li>
(La caisse est au camion)
Το κιβώτιο <c> δεν είναι στην αποθήκη <lf>
(La caisse n’est pas à l’entrepôt)
PR (1) : Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό στην αποθήκη
Το κιβώτιο <c> είναι στην αποθήκη <lf>
(La caisse est à l’entrepôt)
Το κιβώτιο <c> δεν είναι στο φορτηγό <li>
(La caisse n’est pas au camion)
où AV et AP renvoient aux moments « avant » le début du procès et « après » la fin du
procès PR, respectivement, <c> est le corrélat du lieu, <li> le lieu initial et <lf> le lieu final.
Durant le procès, c’est-à-dire pour les moments ta, tb, …, tn qui se situent entre t1 et t2 sur
l’axe temporel de la figure ii, ci-dessus, le corrélat n’occupe ni le lieu initial ni le lieu final :
Το κιβώτιο δεν είναι ούτε στο φορτηγό ούτε στην αποθήκη
(La caisse n’est ni au camion ni à l’entrepôt)
Cf. également M. Gross 1996. Nous remarquons qu’à la place du verbe είμαι (être), nous pouvons avoir
d’autres verbes synonymes, comme βρίσκομαι (se trouver), υπάρχω (exister), etc.
La cible est l’objet à localiser ou le corrélat du lieu ; le site est l’objet de référence ou le lieu.
La terminologie est assez riche, nous emploierons indifféremment les expressions mentionnées ci-dessus (cf.
Boons 1987 ; GL 1992).
Dans la phrase (1), ci-dessus, à verbe transitif locatif, nous appellerons complément « source »
le complément prépositionnel από το φορτηγό (du camion) qui indique le lieu où se trouve
l’objet (ou corrélat du lieu) à l’état initial et complément « destination » le complément στην
αποθήκη (dans l’entrepôt) qui indique le lieu où se trouve l’objet à l’état final.
Cependant, le verbe μεταφέρω (transporter), ainsi que les verbes σέρνω (traîner), κουβαλώ
(porter), κυλώ (rouler), ανεβάζω (monter), κατεβάζω (descendre), etc. acceptent certaines
propriétés qui pourraient, également, servir de critères pour considérer les compléments
prépositionnels de lieu comme compléments liés aux verbes. Nous exposerons ces
propriétés dans les paragraphes qui suivent.
1.3.2.1 La notion du « trajet »
Dans l’exemple (1) avec le verbe μεταφέρω (transporter), cité ci-dessus, il est possible de
remplacer la préposition σε (à) par les prépositions directionnelles προς ou κατά (vers) qui
introduisent le lieu visé sans insinuer que ce lieu sera atteint :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό (σε + προς + κατά) την αποθήκη29
Ν1 Loc
(Georges transporte la caisse du camion (à + vers) l’entrepôt)
Nous pouvons donc en déduire que dans cet exemple la préposition σε (à) n’introduit pas un
complément « statique », comme c’est le cas dans l’exemple :
Ο Γιώργος διαβάζει το βιβλίο στο δωμάτιο
(Georges lit le livre à (=dans) la chambre)
car la préposition σε (à) ne peut pas être remplacée par une préposition directionnelle :
= *Ο Γιώργος διαβάζει το βιβλίο (προς + κατά) το δωμάτιο
(Georges lit le livre vers la chambre)
De plus, nous avons la possibilité d’insérer la préposition μέχρι (jusque) ou une préposition
synonyme : ως, έως ou ίσαμε (jusque). Par exemple :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό μέχρι την αποθήκη
(Georges transporte la caisse du camion jusqu’à l’entrepôt)
Généralement, la préposition μέχρι (jusque) a deux « significations » : soit elle véhicule une
insistance sur le point final (atteint) d’un trajet parcouru soit elle indique la borne finale
d’un certain lieu (cf. Chapitre 2, § 2.3.4). En ce qui concerne l’exemple (2), nous retiendrons
uniquement la première interprétation, car la lecture statique des phrases suivantes :
Το κιβώτιο (?*είναι + πηγαίνει) από το φορτηγό μέχρι την αποθήκη
(La caisse (?*est + va) du camion jusqu’à l’entrepôt))
La préposition για (vers), même si elle est, elle aussi, directionnelle, n’est pas acceptable dans cette phrase :
*Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό για την αποθήκη
(Georges transporte la caisse du camion vers l’entrepôt)
n’est pas acceptable ni pour le moment « avant » ni pour le moment « après » du procès30,
mais uniquement pour le moment « pendant » :
*Το κιβώτιο <c> είναι [από το φορτηγό μέχρι την αποθήκη] <li>
(La caisse est du camion jusqu’à l’entrepôt)
*Το κιβώτιο <c> είναι [από το φορτηγό μέχρι την αποθήκη] <lf>
L’emploi de la préposition μέχρι (jusque) nous permet d’introduire dans la phrase un
complément adverbial de temps, comme (μέσα) σε 10 λεπτά (en 10 minutes), entraînant des
modifications aspectuelles. Cet adverbial indique la durée du procès jusqu’à ce que le lieu
final soit atteint (aspect duratif du prédicat verbal) :
Ο Γιώργος μετέφερε το κιβώτιο (μέχρι + σε) την αποθήκη (μέσα σε + σε) 10 λεπτά
(Georges a transporté la caisse (jusqu’à + à) l’entrepôt en 10 minutes)
Le fait que la préposition σε (à) puisse permuter avec la préposition προς (vers) - entraînant
une légère modification de sens – et la préposition μέχρι (jusque)31 sans modification de sens
notable, justifie la possibilité d’insertion d’un complément « source » dans la même phase
(cf. chapitre 2, § 2.3.2). Ce complément est, lui aussi, lié au verbe et indique le point initial
du trajet effectué :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο από το φορτηγό (μέχρι + προς + σε) την αποθήκη
N1 Loc N1 source
N2 destination
(Georges transporte la caisse du camion (jusqu’à + vers + à) l’entrepôt)
Selon BGL (1976 : 226), lorsque le verbe accepte un complément en προς (vers) ou deux
compléments, l’un indiquant le point initial (complément « source ») et l’autre le point final
(complément « destination ») du trajet parcouru, nous pouvons insérer dans la phrase un
troisième complément qui préciserait la nature de ce trajet. Ce complément est, d’habitude,
Comparons avec l’exemple cité dans le chapitre 2, § 2.3.4 concernant le complément « indissociable » :
Ξερίζωσαν τα δέντρα από το λιμάνι μέχρι το Λευκό Πύργο
(On a déraciné les arbres du port jusqu’à la Tour Blanche)
Υπάρχουν δέντρα από το λιμάνι μέχρι το Λευκό Πύργο
(Il y a des arbres du port jusqu’à la Tour Blanche)
≠Υπάρχουν δέντρα στο λιμάνι
(Il y a des arbres au port)
Cette dernière phrase support ne correspond pas au sens de la phrase de départ :
*Υπάρχουν δέντρα στο Λευκό Πύργο
(Il y a des arbres à la Tour Blanche)
∆εν υπάρχουν δέντρα από το λιμάνι μέχρι το Λευκό Πύργο
(Il n’y a pas d’arbres du port jusqu’à la Tour Blanche)
Comme nous l’expliquerons dans le chapitre 2, § 2.3.4, la préposition μέχρι (jusque) peut précéder le
complément prépositionnel de lieu :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο μέχρι μέσα στην αποθήκη
(Georges transporte la caisse jusque dans l’entrepôt)
Dans le cas où le complément est introduit par la préposition simple σε (à), l’insertion de la préposition μέχρι
(jusque) entraîne l’effacement de la préposition σε (à).
introduit par les prépositions locatives μέσα από (à travers), πάνω σε (sur)32, κατά μήκος (le
long de) ou σε μια απόσταση Dnum Nmes (sur une distance de Dnum Nmes). Par exemple :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο (μέσα από τον κήπο + πάνω στο πεζοδρόμιο + κατά μήκος
του δρόμου + σε μια απόσταση 100 μέτρων)
(Georges transporte la caisse (à travers le jardin + sur le trottoir + le long de la rue +
sur une distance de 100 mètres))
Même si les lieux κήπος (jardin), πεζοδρόμιο (trottoir) et δρόμος (rue) n’apparaissent ni
« avant » ni « après » mais « pendant » le procès, nous considérons ces compléments
prépositionnels locatifs comme compléments liés au verbe sans qu’il y ait changement de
localisation (cf. GL 1992 : 24). Ainsi, les phrases supports de localisation ci-dessous sont
vraies pour le moment « pendant » du procès.
Το κιβώτιο <c> (?είναι + κινείται + *περνά) (πάνω στο πεζοδρόμιο <lm> + κατά μήκος του
δρόμου <lm> + σε μια απόσταση 100 μέτρων <lm>)
(La caisse (?est + bouge + *passe) (sur le trottoir + le long de la rue + sur une
distance de 100 mètres))
Το κιβώτιο (περνά + ?*κινείται + *είναι) μέσα από τον κήπο
(La caisse (passe + ?*bouge + *est) à travers le jardin)
Nous pouvons également insérer dans la phrase avec μεταφέρω (transporter) un
complément qui répond à la question κατά <πόσος:Αp> Nmes (sur combien de Nmes)33, la
Ο Γιώργος μετέφερε το κιβώτιο πάνω στο πεζοδρόμιο
(Georges a transporté la caisse sur le trottoir)
est ambiguë : le complément prépositionnel locatif peut être interprété soit comme le lieu destination ou lieu
final (<lf>) soit comme le lieu médian ou de parcours (<lm>). L’introduction d’un adverbial temporel distingue
Ο Γιώργος μετέφερε το κιβώτιο <c> πάνω στο πεζοδρόμιο <lf> (σε 10 λεπτά + E)
(Georges a transporté la caisse <c> sur le trottoir <lf> (en 10 minutes + E))
Ο Γιώργος μετέφερε το κιβώτιο <c> πάνω στο πεζοδρόμιο <lm> (για 10 λεπτά + E)
(Georges a transporté la caisse <c> sur le trottoir <lm> (pendant 10 minutes + E))
Nous retenons ici uniquement la deuxième interprétation.
Ce complément est synonyme avec le complément σε μια απόσταση Dnum Nmes (sur une distance de Dnum
Nmes). Il ne faut pas le confondre avec le complément « destination » qui répond, à la fois, à la question : πόσο
μακριά (combien de Nmes loin (Tr. littérale)) et à la question πού (où). Par exemple :
(Πόσο μακριά από το φορτηγό + πού) μεταφέρει ο Γιώργος το κιβώτιο;
((Combien-loin du camion + où) transporte Georges la caisse ?)
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο 100 μέτρα μακριά από το φορτηγό
(Georges transporte la caisse 100 mètres loin du camion (=à 100 mètres du camion)) Tr. littérale
Dans la dernière phrase, la suite Dnum Nmes peut être omise :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο (μακριά από το φορτηγό + μακριά)
(Georges transporte la caisse (loin du camion + loin))
En effet, ce complément détermine ou remplace un complément « destination » qui n’apparaît pas
nécessairement dans la phrase :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο (στην αποθήκη + σ’ ένα μέρος), 100 μέτρα μακριά από το φορτηγό
(Georges transporte la caisse (à l’entrepôt + à un endroit), 100 mètres loin du camion) Tr. Littérale
après effacement d’une phrase relative en είμαι (être) ou βρίσκομαι (se trouver) (interprétation locative
statique) :
préposition κατά (sur) étant omissible. Ce complément mesure la distance parcourue dans
l’espace par le corrélat du lieu. Par exemple :
(Κατά + Ε) πόσα μέτρα μετέφερε ο Γιώργος το κιβώτιο;
(Sur combien de mètres Georges a-t-il transporté la caisse ?)
(3) R :
Ο Γιώργος μετέφερε το κιβώτιο (κατά + Ε) 100 μέτρα
(Georges a transporté la caisse sur 100 mètres)
Ce genre de compléments « trajet » présentés dans les exemples (2) et (3), ci-dessus, sont
proches des compléments « scéniques », d’où la possibilité d’insérer un complément
adverbial comme (για) 10 λεπτά ((pendant) 10 minutes) qui indiquerait la durée du procès.
[για Dnum Ntemps]
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο κατά μήκος του δρόμου (*σε 10 λεπτά + (για) 10 λεπτά)
(Georges transporte la caisse le long de la rue (*en 10 minutes + (pendant) 10
minutes))
La différence entre les compléments πάνω στο πεζοδρόμιο (sur le trottoir), κατά μήκος του
δρόμου (le long de la rue), etc. et les « vrais » compléments « scéniques » s’expliquerait par
l’existence ou non d’une relation locative entre l’objet direct N1 et le lieu N2 (cf. exemple 2a
ci-dessus)34.
Nous avons trouvé et inséré dans la table 38GL du lexique-grammaire grec (v. Chapitre 5,
§ 5.3) une centaine de verbes transitifs locatifs qui acceptent la propriété « trajet ».
1.3.2.2 Déplacement sans « trajet »
La notion de trajet effectué par le corrélat du lieu n’intervient pas toujours dans le procès.
C’est le cas des verbes εξορίζω (exiler), μεταθέτω (muter), μετασταθμεύω (transférer d’une
station à l’autre), etc. qui acceptent, quand même, un complément source et un
complément destination. Prenons l’exemple suivant :
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο (στην αποθήκη + σ’ ένα μέρος), που (είναι + βρίσκεται) 100 μέτρα μακριά
από το φορτηγό
(Georges transporte la caisse (à l’entrepôt + à un endroit), qui (est + se trouve) 100 mètres loin du
Comparons aussi avec l’exemple :
Ο Γιώργος διαβάζει το βιβλίο (από το Παρίσι μέχρι το Μιλάνο + πάνω στο τρένο)
(Georges lit le livre (de Paris jusqu’à Milan + dans le train))
où le sujet Γιώργος (Georges) n’est pas un agent causatif et il n’y a pas de relation de localisation entre les lieux
Παρίσι (Paris), Μιλάνο (Milan) ou τρένο (train) et l’objet direct βιβλίο (livre). Ainsi, si l’on enlève la préposition
μέχρι (jusque) le sens du complément prépositionnel change. Comparons cette phrase avec la phrase en
μεταφέρω (transporter) :
[Loc N « source » z.]
Ο Γιώργος διαβάζει το βιβλίο μέχρι το Μιλάνο
Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο μέχρι την αποθήκη
(Georges lit le livre jusqu’à Milan)
(Georges transporte la caisse jusqu’à l’entrepôt)
[Loc =: μέχρι z.]
= Ο Γιώργος μεταφέρει το κιβώτιο στην αποθήκη
≠ Ο Γιώργος διαβάζει το βιβλίο στο Μιλάνο
(Georges transporte la caisse à l’entrepôt)
(Georges lit le livre à Milan)
Μεταθέτουν τον Γιώργο από την Αθήνα στην Κρήτη
Loc N2 source Loc N3 dest
N1 cor
(On mute Georges d’Athènes en Crète)
Nous admettons qu’il y a un déplacement du corrélat du lieu, parce que les phrases supports
élémentaires décrivent l’état initial et l’état final de μεταθέτω (muter) :
Ο Γιώργος <c> είναι στην Αθήνα <li>
(Georges est à Athènes)
Ο Γιώργος <c> δεν είναι στην Κρήτη <lf>
(Georges n’est pas en Crète)
Ο Γιώργος <c> είναι στην Κρήτη <lf>
(Georges est en Crète)
Ο Γιώργος <c> δεν είναι στην Αθήνα <li>
(Georges n’est pas à Athènes)
En revanche, la préposition σε (à) qui introduit le complément « destination » στην Κρήτη
(en Crète) ne peut pas permuter avec les prépositions directionnelles προς ou κατά (vers) :
[Loc =: προς]
*Μεταθέτουν τον Γιώργο (προς + κατά) την Κρήτη
(On mute Georges vers la Crète)
De plus, l’insertion de la préposition μέχρι (jusque) signalant le point final du trajet
parcouru est difficilement acceptable :
[Ins. Loc =: μέχρι]
?*Μεταθέτουν τον Γιώργο μέχρι την Κρήτη35
(On mute Georges jusqu’en Crète)
Il en est de même pour le complément répondant à la question κατά <πόσος:Αp> Nmes (sur
combien de Nmes) :
[κατά <πόσος:Αp> Nmes]
*Μεταθέτουν τον Γιώργο κατά 100 χιλιόμετρα
(On mute Georges sur 100 kilomètres)
Nous constatons, alors, que le verbe μεταθέτω (muter) accepte deux compléments
prépositionnels de lieu qui ne valident pas la propriété « trajet »36.
Le seul rôle que μέχρι (jusque) pourrait jouer dans cet exemple serait celui d’intensifieur (cf. GL 1992 : 55).
D’après Boons (1987 : 15), la notion de parcours n’a pas de sens pour le verbe μεταθέτω (muter), vu le
« caractère administratif, abstrait, de ce procès ».
Par conséquent, l’adverbial temporel éventuellement introduit dans la phrase ne peut être
ni de type σε (en) Dnum Ntemps ni de type για (pendant) Dnum Ntemps, vu que l’aspect du
procès n’est pas duratif. Par exemple :
Μεταθέτουν τον Γιώργο από την Αθήνα στην Κρήτη (μια συγκεκριμένη στιγμή + *σε
10 λεπτά + *για 10 λεπτά)
(On mute Georges d’Athènes en Crète (à un certain moment + *en 10 minutes +
*pendant 10 minutes))
Dans la table 38GLΗ, nous retrouvons plus qu’une vingtaine de verbes qui entrent dans des
structures syntaxiques similaires à celles du verbe μεταθέτω (muter), ainsi qu’une
soixantaine de verbes dans la table 38GL, par exemple : μεταφυτεύω (transplanter),
ξεφορτώνω (décharger), χύνω (verser), etc.
1.3.2.3 Complément « source » ou « destination »
Les « purs » verbes causatifs de déplacement acceptent dans leur « complémentation
nucléaire » deux compléments prépositionnels de lieu qui indiquent le point de départ et le
point d’arrivée. Autrement dit, ils impliquent le passage d’un état initial à un état final et
ces deux états sont exprimés par leurs compléments « essentiels ». Cependant, il y a des
verbes dont les compléments essentiels mettent en jeu uniquement l’un des deux états. Ces
verbes sont également considérés comme verbes causatifs de déplacement. Par exemple :
N2 dest
Ο Γιώργος μαζεύει το βιβλίο από πάνω από το κρεβάτι
(Georges ramasse le livre de dessus le lit)
Dans ces exemples, l’insertion d’un deuxième complément prépositionnel de lieu qui
démontrerait l’état contraire - initial et final respectivement - n’est pas possible :
*Ο Γιώργος ακουμπά το ποτήρι από το ντουλάπι πάνω στο τραπέζι37
(Georges pose le verre du placard sur la table)
Cette phrase a une intonation plate. Elle serait acceptable, s’il y avait une pause après le complément qui
indique la localisation initiale du corrélat :
Ο Γιώργος ακουμπά το ποτήρι από το ντουλάπι, πάνω στο τραπέζι
(Georges pose le verre du placard, sur la table)
D’ailleurs, la question en Prép πού (Loc où) n’a pas de sens :
*Από πού ακουμπά ο Γιώργος το ποτήρι;
(D’où Georges pose le verre ?)
Le complément από το ντουλάπι (du placard) est donc considéré comme « le lieu initial dépendant i.e.
dépendant quant à son acceptabilité de la présence dans la phrase d’un lieu final que le verbe accepte par
ailleurs isolément » (Boons 1987 : 38-39). Ce complément indique la position de l’objet avant le début du procès
de ακουμπώ (poser).
*Ο Γιώργος μαζεύει (=παίρνει) το πουκάμισο από πάνω από το κρεβάτι μέσα στη
ντουλάπα38
(Georges ramasse (=prend) la chemise de dessus le lit dans l’armoire) Tr. littérale
Les verbes ακουμπώ (poser) et μαζεύω (ramasser) ne nous fournissent pas tous les
renseignements (état initial, état final et éventuellement état médian) sur le déplacement
du corrélat du lieu. Toutefois, pour le verbe ακουμπώ (poser), le déplacement du corrélat est
confirmé par le fait que l’état final (ou résultat) est exprimé par une phrase support de
localisation affirmative qui est obligatoirement véridique pour l’état final. En revanche, sa
négation correspond obligatoirement à la situation précédant immédiatement le procès
concerné. L’inverse est valable pour le verbe μαζεύω (ramasser) : la phrase support de
localisation affirmative décrit l’état initial du procès, alors que sa négation est
obligatoirement valable pour l’état final. Pour l’exemple (1), nous construisons ainsi le
schéma de récit suivant :
Το ποτήρι <c> δεν είναι πάνω στο τραπέζι <lf>
(Le verre n’est pas sur la table)
PR (1) : Ο Γιώργος ακουμπά το ποτήρι πάνω στο τραπέζι
Το ποτήρι <c> είναι πάνω στο τραπέζι <lf>
(Le verre est sur la table)
Le schéma de récit correspondant à l’exemple (2) est cité ci-dessous :
Το πουκάμισο <c> είναι πάνω στο κρεβάτι <li>
(La chemise est sur le lit)
PR (2) : Ο Γιώργος μαζεύει το πουκάμισο από πάνω από το κρεβάτι
(Georges ramasse la chemise de dessus le lit)
Το πουκάμισο <c> δεν είναι πάνω στο κρεβάτι <li>
(La chemise n’est pas sur le lit)
Les renseignements complémentaires sur le lieu initial du corrélat du lieu ποτήρι (verre)
dans la phrase (1) et le lieu final du corrélat du lieu πουκάμισο (chemise) dans la phrase (2)
seraient fournis par l’adjonction de deux autres phrases avec un verbe dynamique, qui se
coordonneraient avec (1) et (2). On aurait donc affaire, chaque fois, à deux actions
différentes, comme le montrent les exemples (1a) et (2a), ci-dessous :
Cette phrase serait d’une meilleure acceptabilité, s’il y avait une pause entre les deux compléments locatifs :
?Ο Γιώργος μαζεύει το πουκάμισο από πάνω από το κρεβάτι, μέσα στη ντουλάπα
(Georges ramasse la chemise de dessus le lit, dans l’armoire)
Le verbe μαζεύω (ramasser), dans le sens :
Ο Γιώργος μαζεύει τα μήλα από τη μηλιά
(Georges ramasse les pommes du pommier)
où N1 =: pluriel obligatoire, peut accepter plus facilement un complément « destination ». On pourrait appeler
celle-ci « destination secondaire » (terme de Christian Leclère). Par exemple :
Ο Γιώργος μαζεύει τα μήλα από τη μηλιά, μέσα στο καλάθι
(Georges ramasse les pommes du pommier, dans le panier)
Ο Γιώργος παίρνει το ποτήρι από το ντουλάπι και το39 ακουμπά πάνω στο τραπέζι
N1 cor Loc N2 source Conj N1 cor
(Georges prend le verre du placard et il le pose sur la table)
Ο Γιώργος μαζεύει το πουκάμισο από πάνω από το κρεβάτι και το βάζει μέσα στη
N2 source Conj N1 cor V Loc
(Georges ramasse la chemise de dessus le lit et il la met dans l’armoire) Tr. littérale
Nous remarquons que, pour les verbes comme ακουμπώ (poser) et μαζεύω (ramasser), le
procès apparaît sur l’axe temporel comme un point, un moment non décomposable en
étapes plus courtes (aspect ponctuel du prédicat verbal) :
Sur cet axe temporel, t1 marque le moment où se passe l’action qui change la localisation du
corrélat du lieu, tav correspond au moment où l’objet occupe sa position initiale (nous
répétons que nous préférons parler du moment immédiatement avant le début du procès) et
tap représente le moment où le lieu final est atteint par l’objet « en déplacement ».
Nous avons trouvé et classé environ 450 verbes dans nos tables du lexique-grammaire grec
analysés de la même façon que les verbes ακουμπώ (poser) et μαζεύω (ramasser).
Il est cependant à noter que pour certains verbes, tels que ενσωματώνω (incorporer ;
intégrer), εντάσσω (introduire), βαράω (cogner), χτυπώ (battre), στουκάρω (cracher), la
phrase support N1 είμαι (être) Loc N2 est douteuse ou interdite. Par exemple :
Ενσωμάτωσαν την Κύπρο στην Ευρωπαϊκή Ένωση
(On a intégré Chypre à l’Union européenne)
Η Κύπρος (?είναι + ανήκει) στην Ευρωπαϊκή Ένωση
(Chypre (?est + appartient) à l’Union européenne)
Ο Γιώργος χτυπά τη γροθιά του στο τραπέζι
(Georges frappe son poing sur la table)
Η γροθιά (*είναι + ακουμπά) στο τραπέζι
(Son poing (*est + touche) sur la table)
1.3.2.4 Les verbes « Hamlet »40
Pour un groupe de verbes causatifs de déplacement, il existe une relation de localisation
élémentaire entre le lieu et son corrélat, correspondant soit à l’état initial soit à l’état final,
Le corrélat du lieu N1 cor est pronominalisé.
Sur ce terme, cf. Boons 1986.
mais la négation de cette relation n’est pas forcément véridique. Donnons un exemple
typique de ces verbes :
Ο Γιώργος κλειδώνει τη γάτα στο δωμάτιο
(Georges enferme à clé le chat dans la chambre)
Le schéma de récit construit à l’aide des phrases supports élémentaires de localisation serait
?Η γάτα <c> δεν είναι στο δωμάτιο <lf>
(Le chat n’est pas dans la chambre)
Η γάτα <c> είναι στο δωμάτιο <lf>
(Le chat est dans la chambre)
Nous considérons que le verbe κλειδώνω (enfermer à clé) est un verbe locatif parce que la
phrase élémentaire Ncor είμαι (être) Loc Nlieu décrit suffisamment l’état final du procès. Par
contre, l’état initial exprimé par la négation de cette phrase élémentaire n’est pas
nécessairement vraie, ce qui contredit la condition « ne pas y être initia

References: § 3
 § 2
 § 5
 § 2
 § 2
 § 2
 § 2

§ 5