Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010905-227015
Timestamp: 2017-07-20 20:29:50+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 10 ss, 05 septembre 2001, 227015
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 10 ss, 05 septembre 2001, 227015
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 227015Numéro NOR : CETATEXT000008044247 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-09-05;227015 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE - LEGALITE INTERNE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 9 novembre 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement du 22 septembre 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 22 mars 1999 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Mohamed X... ;
- le rapport de M. du Marais, Maître des Requêtes, - les conclusions de Mme Maugüé, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un délai d'un mois à compter de la notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité tunisienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 17 juillet 1998, de l'arrêté du 13 juillet 1998 par lequel le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que pour annuler l'arrêté du 22 mars 1999 par lequel le PREFET DE POLICE a ordonné la reconduite à la frontière de M. X..., le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur l'atteinte disproportionnée portée au droit à la vie privée et familiale de l'intéressé au regard des buts en vue desquels il a été pris ;
Considérant que si M. X... faisait valoir qu'il était entré en France le 9 mars 1988, qu'il vivait en concubinage depuis 1995 avec une ressortissante philippine dont il a eu un enfant le 25 octobre 1997 et qu'il ne pouvait emmener sa compagne en Tunisie en raison de la différence de religion, il ne ressort pas des pièces du dossier que son concubinage présente l'ancienneté et la continuité alléguées ; que, par suite, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur le motif sus-énoncé pour annuler l'arrêté de reconduite à la frontière pris par le PREFET DE POLICE à l'encontre de M. X... ;
Considérant qu'il y a lieu toutefois pour le Conseil d'Etat saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel d'examiner les autres moyens soulevés par M. X... devant le tribunal administratif de Paris et devant le Conseil d'Etat ;
Considérant que, contrairement à ce que soutient M. X..., l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière est suffisamment motivé ;
Considérant que M. X... soutient devoir bénéficier du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ;Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 applicable à la date à laquelle le recours administratif de M. X... a été rejeté : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit ( ...) 3°) à l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de 10 ans ou plus de 15 ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ; que si le requérant soutient qu'il réside en France depuis dix ans, les pièces qu'il produit au soutien de ses affirmations n'attestent pas de sa présence en France au cours des années 1988 à 1991, 1993 et 1995 et ne suffisent pas, à elles seules, à établir l'existence d'une résidence habituelle dans ce pays durant dix ans au sens des dispositions précitées ; qu'ainsi, M. X... n'est pas fondé à se prévaloir des dispositions précitées de l'article 12 bis 3° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté du 22 mars 1999 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante soit condamné à payer à M. X... la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 22 septembre 2000 est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Mohamed X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-07-13Arrêté 1999-03-22Code de justice administrative L761-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 05 septembre 2001, n° 227015Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. du MaraisRapporteur public : Mme MaugüéOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 ssDate de la décision : 05/09/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 22
 l'article 12
 l'article 12
 l'article 12
 art. 22
 art. 12