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Timestamp: 2017-01-18 04:34:11+00:00

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France, Conseil d'État, 5 ss, 23 février 2001, 220485
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 220485Numéro NOR : CETATEXT000008069383 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-02-23;220485 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 28 avril 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE POLICE ; le PREFET DE POLICE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 15 février 2000 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé pour excès de pouvoir son arrêté du 22 décembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... Chen ;
- les conclusions de M. Olson, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité chinoise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois à compter de la notification, le 29 juillet 1998, de l'arrêté du 24 juillet 1998 par lequel le PREFET DE POLICE lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Sur la fin de non-recevoir opposée par M. X... à la requête du PREFET DE POLICE :
Considérant qu'aux termes du IV de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dans sa rédaction issue de la loi du 10 janvier 1990 : "Le jugement du président du tribunal administratif ou de son délégué est susceptible d'appel dans un délai d'un mois devant le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat ou un conseiller délégué par lui ..." ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris du 15 février 2000 a été notifié au PREFET DE POLICE le 27 mars 2000 dans les conditions prévues à l'article R. 241-17 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel alors applicables ; que, le délai d'un mois susmentionné étant un délai franc, l'appel du préfet dirigé contre ce jugement, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 28 avril 2000, était recevable ; que, par suite, la fin de non-recevoir opposée par M. X... à la requête du PREFET DE POLICE doit être écartée ;
Sur le bien-fondé de la requête du PREFET DE POLICE :Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dans sa rédaction issue de la loi du 11 mai 1998 : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans, si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ; qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date à laquelle une carte de séjour lui a été refusée M. X... résidait habituellement en France depuis plus de 10 ans ; que s'il vit avec son épouse enceinte et un enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision de refus de séjour qui lui a été opposée méconnaissait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, par suite, le PREFET DE POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur ce motif pour annuler l'arrêté du 22 décembre 1998 ;
Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le PREFET DE POLICE a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences que comporterait la mesure de reconduite à la frontière sur la situation personnelle de l'intéressé ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET de POLICE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 22 décembre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Article 1er : Le jugement du 15 février 2000 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE POLICE, à M. Y... Chen et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-07-24Arrêté 1998-12-22Circulaire 1997-06-24Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R241-17Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Loi 90-34 1990-01-10Loi 98-349 1998-05-11Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 22 bis, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 23 février 2001, n° 220485Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. AladjidiRapporteur public : M. OlsonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 5 ssDate de la décision : 23/02/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
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