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Timestamp: 2018-09-23 03:14:47+00:00

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8 décembre 2015 § 0 commentaire § permalink
9 novembre 2015 § 0 commentaire § permalink
AU 9 RUE DES NOUV’AILES #2
24 octobre 2015 § 0 commentaire § permalink
Tranquillement, à la Vitesse de la Peinture, je sors tout juste du vernissage.
Près d’une cinquantaine de personnes sont venues partager le punch et la claire transparence de la Galerie du Génie, au carrefour bien vivant de ce quartier du 11ème arrondissement parisien. J’ai beaucoup de plaisir à regarder le regard des visiteurs et écouter les messages que la peinture leur envoie. Pas de points rouges à l’horizon pour l’instant, mais l’envie joyeuse de passer les après-midi à venir dans les paysages et les silences de mon univers pictural. L’exposition est ouverte du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h30, jusqu’au dimanche 18 octobre. Ce soir je ne joindrai pas d’images d’ensemble de cette exposition, tellement je mesure le fossé entre la présence devant la peinture et sa reproduction dans les miroirs électroniques. Juste quatre détails comme autant de petits cailloux mystérieux posés sur le chemin qui vous mènera au coin de la rue de Charonne et Léon Frot. Welcome ! Je vous y attends de pied doux…
« Pour voir il ne faut rien savoir. Il faut juste savoir voir » citation d’un peintre expressionniste allemand captée au vol d’une émission de radio
Merci aussi à celles et ceux qui m’ont envoyé un court poème suite à mon appel à recevoir de la poésie lancé dans le #1. Je réitère cet appel à vers, strophes ou autres alexandrins avec l’idée « saugrenue, forcément saugrenue » de vous envoyer à la fin de la saison, en juin prochain, cette compilation aléatoire des poèmes du Neuf. Ce mois-ci, un sonnet de Garcia Lorca envoyé par Janie R.
Savez-vous où a été inventé le triathlon ? C’est en banlieue : Tu vas à la piscine en vélo et tu reviens à pied.
Dans les lectures du mois, Le Nouvel Amour de Philippe Forrest dont j’avais adoré Le Chat de Schrödinger qui poursuit avec une formidable acuité l’exploration de ses émotions suite à la disparition de sa fille et à la résurgence du sentiment amoureux et de ses aléas.
Le poids du papillon. Dense petit livre d’Erri de Luca, vous savez, cet écrivain italien qui risque 5 ans de prison pour avoir appelé au « sabotage » de la ligne TGV Lyon Turin. Bien plus qu’un face à face entre un chasseur et un vieux chamois…
À ne pas lire dans le métro « Suite à un accident grave de voyageur », court et brillant essai d’Éric Fottorino sur les suicides dans les transports en commun. À ne pas lire non plus en vélo.
Et aussi Les Nuits de Reykjavik d’Arnaldur Indridasson, où l’on retrouve l’inspecteur Erlendur à ses débuts.
Sans oublier, vrai régal, le dernier Vargas, Temps Glaciaires. Miam….
Je venais de commencer à lire « Daisy Sisters », premier roman d’Henning Mankel publié en Suède en 1982 et récemment traduit en français quand est lourdement tombée la nouvelle de sa mort en ce lundi 5 octobre suite à une longue maladie nommée cancer. Il faut lire et relire ce grand humaniste, pour ses polars bien sûr, qui sont bien plus que des policiers mais aussi ses romans et ses ouvrages pour la jeunesse que ce gendre de Bergman avait tissés au fil de sa vie partagée entre Suède et Mozambique. Salut l’ami et grand merci !
Je n’ai pas eu le temps de me remettre de cette bad news que tombait tout aussi sombre celle de la disparition de Chantal Ackerman. Alors j’ai, comme Aurore Clément dans les Rendez vous d’Anna en 1978, fredonné tout bas : »Moi j’essuie les verres au fond du café… »
Les femmes raisonnables vont au paradis, les autres vont où elles veulent.
Et je me suis souvenu que ce mois-ci j’ai vu avec grand plaisir Dheepan, Youth, Les chansons que mes frères m’ont apprises, Marguerite, Much Loved. Et revu le génial Tampopo, chef d’œuvre japonais érotico-culinaire sorti en 1987. Et aussi L’odeur de la Mandarine. Et que c’est bon en ces temps plus que troubles d’avoir cette autre fenêtre sur l’actualité du monde.
« Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit ». Mais savez-vous où est l’œil de la nuit?
Les prochaines élections régionales vont avoir lieu en même temps que le grand raout de la COP 21. Que pourra-t-on dire de cette collision spatio-temporelle entre la vie des (nouvelles) régions et le destin de la planète ?
Et je repense à cette Hypothèse Gaïa énoncée à la fin du siècle dernier par l’écologue anglais James Lovelock qui, je résume, voyait l’ensemble des êtres vivants sur la Terre comme formant un super organisme doué d’une intelligence propre. Et il m’arrive parfois d’avoir envie de hurler en pensant aux milliards que la science dépense pour découvrir que « tout » est relié. Ah si les colons de race blanche n’avaient pas massacré tous les amérindiens et autres « sauvages »…
« J’aime la photographie parce que ça ne ressemble pas à ce que je vois » a dit Jean Michel Ribes en parlant de son autobiographie qu’il vient de publier sous le titre Mille et un morceaux.
Dans une année-lumière, il y a 9 454 254 955 488 000 kilomètres. Pensez-y en regardant les feux des feuilles de l’automne qui tombent des étoiles suspendues aux branches des arbres.
do 91015
AU 9 RUE DES NOUV’AILES ≠1
15 septembre 2015 § 0 commentaire § permalink
Les Nouv’ailes se renouvellent…
Et repartent pour la construction d’un immeuble de 64 étages qui nous mènera au terme de 2021, avec toujours quelques mots et quatre images pour dire les petits bonheurs de la création, de la lecture, du temps qui passe et des humeurs qui le parfument. Zone franche et libre sans aucune obligation de quoi que ce soit.
En bonus, et en mémoire de Stéphane Hessel que la poésie a sauvé lorsqu’il était dans les camps nazis, une cinquième image, en noir et blanc, qui pourra accueillir un poème que vous m’aurez envoyé. Ceci est donc bien un appel à poèmes : au gré de votre envie, sans urgence ni pression, envoyez-moi un (court) poème que vous aimez et qui viendra glisser ses ailes de mots dans le bal de la Rue des Nouv’ailes. Pour ce premier numéro, j’ai choisi Ulysse de Joachim du Bellay sur une photo de ma série « Peupleraie la Bourgogne » variations saisonnières autour d’une plantation de peupliers réalisées dans l’Yonne en 1994. Pour tisser et faire rimer solitude avec multitude.
« Ne te courbe que pour aimer » (René Char, cité par Guillaume Gallienne dans son émission « Ça peut pas faire de mal » sur France Inter le samedi à 18H15.)
L’été fut travailleur et vadrouilleur. Après les aventures luxembourgeoises et solognotes (La Biennale de Sologne se tient jusqu’au 20 septembre, avec en ce moment, sur la place du joli village de Chaumont sur Tharonne cinq sculpteurs qui taillent en direct de belles billes de séquoia ou de cèdre – c’est à voir !) ce fut intense activité à l’atelier pour préparer l’exposition à Paris à la Galerie du Génie qui se tiendra « à la vitesse de la peinture » du 8 au 18 octobre prochain. Je vous en reparlerai en temps utile.
Mais ne vous dirai rien des affres courtelinesques de Pôle Emploi qui me promis en février une prolongation d’allocations de chômage de cinq années pour m’annoncer mi-août que cette mesure ne s’adressait qu’aux personnes au seuil de la retraite nées en 52-53. Et je suis né en 54…. Administration du vertige auquel j’ai décidé de ne pas céder. Enfin, d’essayer …
Il se sent sûr ou il se censure ?
Puis il y eut la belle visite de la Saline Royale d’Arc-et-Senans dans le Doubs, et la balade aux gorges de la Loue près d’Ornans (mais le musée Courbet était hélas fermé ce mardi-là) sur la route de Suisse et où j’ai encore raté mon troisième dan de Kyudo pour cause de trop grande fébrilité en situation d’examen.« Si tu veux tirer une flèche de vérité, trempe sa pointe dans du miel ». Il me reste encore des cordes à butiner !
Puis déconnection totale avec les amies randonneuses dans les Pyrénées centrales. Cirque de Gavarnie, Brèche de Roland… Que ces moments de paix et de camping, de chants et d’échanges, de rires et de silence me sont chaque année de plus en plus nécessaires. Pour faire rêver solitude avec altitude…
« Savoir ce que l’on fuit, oublier ce que l’on cherche » (Montaigne)
Et enfin la remontée vers septembre et le nord, les haltes amicales chez les amis d’Oloron (avec l’incroyable visite de la grotte de Laverna < www.laverna.fr > près du gouffre de la Pierre-Saint-Martin dont la salle principale peut contenir dix fois la cathédrale Notre Dame). Sans oublier ceux de Pau, du Gers, ou de Sologne où il m’a fallu redresser quatre des sept lettres de NATURES que le vent malin avait fait choir.
Quel est le propre de l’homme ? Le rire, a dit Bergson. La saleté, réplique Daech en pulvérisant Palmyre.
Dans les films de l’été, La Isla Minima, Lena, Love, Floride, Sur la Ligne.
Dans ceux de la rentrée, avant d’aller voir Dheepan, j’ai aimé La Belle Saison de Catherine Corsini et surtout Le Tout Nouveau Testament de Jacob Van Dormael. Un joyeux et poétique délire belge où Dieu finit par aller fabriquer des lave-linge en Ouzbékistan. Fortement réjouissant et vivement conseillé !
Dieu est un crime parfait. Quand le crime est parfait, nul ne le sait et il n’existe pas !
Dans les lectures estivales, Confiteor du catalan Jaume Cabré, roman érudit, bouillonnant d’espace et de temps où l’auteur réussit le prodige de passer du « je » au « il » dans la même phrase. À la fois déroutant et envoûtant.
Et aussi Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie, américano-nigériane qui tisse et tresse des histoires d’immigration et de cheveux entre Nigéria, Angleterre et États-Unis. Un éclairage littéraire qui trouve troublant écho dans les migrations tragiques de l’actualité. On peut aussi à ce propos lire ou relire Eldorado de Laurent Gaudé. Et se demander pourquoi on dit « expat » quand des français partent à l’étranger et « migrants » quand des étrangers viennent en France…
Que l’arrivée de l’automne vous murmure dans le vent des feuilles dorées la Bienvenue sur les chemins qui migrent par la Rue des Nouv’ailes…
do 9915
11 juin 2015 § 0 commentaire § permalink
DES NOUV’AILES DU NEUF n°63
13 mai 2015 § 0 commentaire § permalink
Un beau moment d’humanité avec de vrais humains dedans.
C’est la raison pour laquelle ces Nouv’ailes voyageuses paraissent avec quelques jours de décalage horaire. C’était le week-end dernier, sur la côte de Jade, la fête à Mimi. Il serait impropre de dire que c’est une vieille amie, tellement ce vocable ne lui sied pas au teint. Disons plutôt une amie de longue date, même si l’amitié n’a pas grand-chose à voir avec les dates. Ils étaient venus de Vendée, de Grenoble, des Cévennes, de Montpellier, de Nantes, de Paris, de Londres et d’ailleurs pour danser, rire, blaguer, chanter et même pour certains se baigner… 😉 Un doux mélange explosif d’émotions qui n’a pas fait la une des journaux, et comme dit la chanson « c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire beaucoup » ces parfums d’amimitié qui se moque du temps qui passe…
Nicolas Hénin, qui fut otage en Syrie raconte dans son livre Jihad Academy que ses gardiens étaient grands fans de Game of Throne… Du bienfait des modèles véhiculés par ces déferlantes de séries dont il est convenu et convenable de dire le plus grand bien….
La pluie ne m’a pas permis d’honorer mon cadeau box avec un survol du Mont Saint Michel en ULM. Mais j’ai pu me balader sur les magnifiques plages et côtes du Cotentin, alternant les émotions entre la douce maison de Prévert, l’imposante et funèbre usine de la Hague, le tumultueux raz Blanchard défilant sous le Nez de Jobourg pendant que l’EPR de Flamanville fait exploser son budget et hypothèque l’avenir des générations qui viennent…
Que faire sans être ni Cassandre ni tomber dans le « on vous l’avait bien dit » ? Choisissez votre catastrophe préférée (un accident nucléaire majeur dans la vallée du Rhône, une crue centennale à Paris, un tremblement de terre sur la Côte d’Azur, la pollution généralisée des nappes phréatiques ou la réouverture des permis de recherches de gaz de schiste…) En Bonus, relisez la Route de Cormac McCarthy pour me consoler de mon trop plein d’idéalisme artiste à voir le monde aller comme il va mal …
N’oubliez pas que vous êtes en train d’activer quelques-uns de vos cent milliards de neurones, que nous sommes cent milliards d’humains à être passés sur Terre, qu’il y a au moins cent milliards de galaxies dans l’Univers. Et relire quelques-uns des sonnets du fabuleux livre de Raymond Queneau intitulé « Cent mille milliards de poèmes ». Fait de languettes de 14 lignes d’alexandrins qui peuvent se combiner entre elles, c’est aussi une belle image de l’infini puisqu’il est certain que vous ne viendrez jamais à bout de ces lignes.
Parfois les citations entendues sur les ondes se font écho entre elles. Ainsi « De toutes les vicissitudes de la vie, on peut faire ce que l‘on veut » (Novalis cité par Wouajdi Mouad, auteur des pièces de théâtre Incendies et Sœurs) rebondissait sur « Il faut toujours transformer les coups du destin en instruments de la Providence « qui était une des devises de Jean Louis Barrault.
Écouté avec délectation Fabrice Arfi, journaliste à Médiapart parler de son livre « Le Sens des Affaires » à propos de celles de Monsieur Nicolas S. confirmant une intuition que j’ai depuis longtemps. À savoir que son retour n’est qu’une manip destinée à faire un maximum de bruit pour noyer dans les décibels médiatiques les échos de ses démêlés judiciaires… Et ça marche bien… http://www.franceinter.fr/reecouter-diffusions/953576
Dans les fils du mois, l’argentin Jauja, le japonais La Maison au Toit Rouge, le Wenders Every thing will be fine et Le Rappel des Oiseaux, étonnant et troublant documentaire sur le rituel tibétain des funérailles célestes des corps offerts aux becs des vautours lorsque l’esprit du défunt s’est déjà envolé….…
Je participe à un club de lecture dans la médiathèque de mon quartier. Échange convivial de conseils, partage d’impressions de lecture… Au menu de ce mois, l’Afrique du Sud. Outre Deon Meyer dont j’ai déjà vanté les mérites dans ces colonnes, lu un très beau roman de Nadine Gordimer, prix Nobel 1991, « Un amant de fortune », contant la relation entre une blanche et un immigré qu’elle suit quand il est expulsé d’Afrique du Sud et retourne dans son village d’origine. Un roman de 2001, toujours d’universelle actualité. Et je dévore dans le train qui me ramène à l’atelier « Les Imaginations du Sable », belle saga du grand écrivain André Brink récemment décédé.
Je retrouve bien secs les fonds préparés avant les pérégrinations printanières. Le temps a fait son œuvre et la préparation de mon exposition parisienne d’octobre prochain va se poursuivre « à la Vitesse de la Peinture » …. En passant par « Les Anagrammes de Saturne », fin juin dans le cadre de la biennale Sculpt’en Sologne.
En ce mois qui plaît, je vous souhaite une belle huMainité.
do 13515
DES NOUVAILES DU NEUF N°62
9 avril 2015 § 1 commentaire § permalink
« À la Vitesse de la Peinture »
Ce sera le titre de mon exposition en octobre prochain, du 8 au 18, à la Galerie du Génie, là où j’ai exposé à l’automne dernier. C’est bonheur que d’œuvrer aujourd’hui dans cette perspective et l’atelier se remplit de toute cette promesse. Le bois se fait sabler, la toile se colle aux papiers de soie à travers le grillage à maille carrée et la main vibre entre préhistoire et mécanique quantique. Si « la mesure de l’amour c’est aimer sans mesure », alors je peux ici affirmer que j’aime de tout mon cœur « ce beau métier qui est le nôtre » comme me l’a écrit récemment une amie et collègue artiste.
Grande réjouissance au Musée d’Orsay à Paris avec la sublime exposition de Bonnard dont la peinture prend avec le temps une magnifique ampleur et l’élève à l’égal des plus grands (Et en parlant d’élève, si je n’avais qu’un maître en peinture, ce serait lui, l’homme et le peintre qui suivit toute sa vie la voix intime de son chemin). Cette visite me ramena au temps du retour du Québec et de mon arrivée à Paris lorsque je découvris cet artiste lors de sa première grande rétrospective à Beaubourg en 1984. J’appris alors que bon nombre de ses toiles avaient été bloquées pour une sombre histoire d’héritage, ce qui expliquait qu’il n’y ait pas eu de grandes expositions depuis sa mort en 1947. À l’occasion de cette lumineuse « Peindre L’Arcadie », j’ai aussi appris que Bonnard était, excusez du peu, le peintre préféré de Bacon et que Picasso n’avait jamais pu s’en faire un ami ou un ennemi. Et je me réjouis à l’avancer de lire prochainement « Bonnard, carnets secrets » d’Olivier Renault qui vient de paraître. À voir en replay sur Arte, Bonnard les couleurs de l’intime : http://www.replay.fr/players/b19f556a20f84347284c682310d211cc
On vient de découvrir chez le fils d’une amie qu’après la chute de ses dents de lait, celles qui poussent sont … sans émail ! Il semblera bien difficile de mesurer les causes de cette malformation…. Mais je pense que l’on a pas fini de découvrir les ravages souterrains des perturbateurs endocriniens, à l’image de ces petites-filles et arrières petites filles des femmes qui prirent dans les années soixante du Distillbène et qui en subissent encore aujourd’hui les conséquences…
Eu récemment le plaisir de renouer avec quelques spectacles de théâtre dont notamment Ligne de Failles d’après le livre de Nancy Huston. Outre la qualité de ce spectacle, ce qui m’a frappé, c’est la sensation de vérité et de présence au réel des acteurs qui émanait de ce moment théâtral et me faisait mesurer la place qu’a prise dans nos vies le « réel enregistré », qu’il soit musique, image, mot, mouvement ou information…. Là cette soirée méritait bien le titre de « spectacle vivant » et invitait à méditer sur la nature et la profondeur des émotions qui naissent de « l’enregistrement du monde ».
Savez-vous ce qu’est la Netarchie ? Grâce à la capacité sans fin qu’a le capitalisme d’inventer des mots nouveaux pour dire encore et encore la sempiternelle propension à cannibaliser l’humanité et infantiliser l’avenir du monde… La Netarchie, c’est la galaxie des « world compagnies » qui règnent sur le Net… Google, Apple, Amazon, Facebook… Tiens ! elles sont toutes from USA…
Lu d’une seule traite Charlotte Salomon, roman de David Foenkinos. Dans ce texte aux allures de poème scandé de phrases courtes, il évoque à travers la trajectoire de cette peintre le sinistre Aloïs Brunner qui œuvra comme chef de la Gestapo à Nice, à qui elle dût sa déportation et qui termina tranquillement ses jours d’assassins nazis… en Syrie. On ne me fera pas croire qu’il n’a pas laissé quelques terrifiantes recettes dans cette contrée qui vit les origines de nos civilisations, aujourd’hui dévastée….
Lorsqu’un véhicule rate un virage, peut-on dire que le fossé a été faussé ?
« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées » disait Winston Churchill. Il faudra certainement faire un sondage pour savoir combien de Français croient à cette sentence et combien pensent que les sondages ne sont là que pour conforter une vision dominante et formatée de la réalité. On y ajoutera une autre enquête (en quête ?) d’opinion pour savoir combien de nos concitoyens pratiquent l’art du mensonge quand ils répondent à ces questionnaires.
Qui se souvient encore aujourd’hui du nom dont a été baptisé le cyclone qui a ravagé le Vanuatu il y a moins de quatre semaines ? Pam pam pam pam….
Où sont les racines d’un arbre généalogique ? C’est la pensée qui me vint en commençant, il y a deux jours le roman de Pierre Lemaître – Goncourt 2013 – intitulé Au revoir là-haut et qui débute à la fin de la guerre 14-18. Et me poursuivit à travers la figure de mon grand père, Alphonse qui y fut gazé et reçut un éclat d’obus dont j’ai gardé le souvenir intact, les rares fois où je vis la cicatrice qui zébrait la peau diaphane de son dos de paysan aux mains et visage burinés par le soleil des travaux des champs. Quelques centimètres de plus à droite ou à gauche sur la trajectoire de cet éclat de guerre et je ne serai pas dans ce train… en train d’écrire ces quelques lignes.
Pourquoi dit-on un tonnerre d’applaudissement alors que, si l’on écoute bien, ça ressemble plutôt à la pluie ? C’est ce que je me disais à la fin de « Gaspard de la Nuit » de Ravel entendu dans la nouvelle nef parisienne de la musique qu’est la Philharmonie (quel beau mot que celui-ci qui « aime l’harmonie ») et que j’écoute en CD dans la version pour piano d’Anna Vinnitskaya en écrivant ces Nouv’ailes.
« Se rappeler avec plaisir le plaisir d’avoir eu du plaisir ». Lu cette belle phrase à l’annonce de la mort de la journaliste et écrivain (je n’arrive pas à écrire « écrivaine », ça rime trop avec vaine) Michèle Manceaux, belle et lumineuse femme dont je me souviens avoir lu à l’orée des années 80 son livre Grand Reportage. Cela parlait d’intime, de dépression, d’une route vers Avallon qu’elle entendait « avalons » et de repère qu’elle prononçait « re-père ».
Dans les fils du mois de moi, il y a Hacker –thriller qui débute par un piratage d’une centrale nucléaire à Honk-Kong et son pendant documentaire Citizenfour sur Edward Snowden. Un bijou islandais : Paris of the North. Et dans la séquence rattrapage, Sils Maria avec « La » Binoche. À voir aussi L’Antiquaire avec le face à face Bouquet/Hirsch. Le journal d’une femme de chambre de Benoît Jacquot. Et Voyage en Chine avec « La » Moreau (pas Jeanne, mais Yolande).
Il y a une ironie quelque peu amère à constater que la mémoire dysorthographique de l’Histoire a retenu le nom de Christophe Colomb pour la découverte de l’Amérique alors qu’en réalité il s’appelait Christophe Colon.
« La beauté, c’est quand il n’y a plus rien à enlever ».
En avril ne te découvre pas d’un fil. Et le printemps sera beau.
do 9415
Pour cause de « Fête à Mimi », les prochaines Nouv’ailes ne paraîtront que le 13 mai.
DES NOUV’AILES DU NEUF n°61
30 mars 2015 § 0 commentaire § permalink
Lundi 9 mars, hors réseau.
Je reviens d’une longue balade aux bords des étiers de l’estuaire de la Loire. La lumière est magnifique et j’écris ces lignes à la musique du feu qui chante, chuinte et ronronne en cheminée.
« Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité »­ a dit dans le poste Jacques Bonnafé qui préside cette année le Printemps des Poètes. Quand on lui demandait ce que voulait dire un de ses poèmes Paul Valéry répondait : « il ne veut rien dire, il veut faire ». Ne jamais oublier que l’étymologie de poésie vient du latin poesis lui-même issu du grec ancien ποίησις, poíêsis qui signifie « action de faire, création ».
L’an passé, le Centre Pompidou a modestement fêté les 25 ans de l’exposition « Les Magiciens de la Terre » dont je continue à utiliser le catalogue pour faire sécher et aplanir mes tirages de gravures. Et, à chaque fois que je le feuillette, je songe à la transformation du regard qui s’est opéré depuis ce quart de siècle. Cette exposition proposée par Jean-Hubert Martin suscita en son temps polémique et scandale : pensez donc, on osait mettre sur le même plan le regard d’artistes venus de tous les coins de la planète, signant ainsi la fin du regard occidentalo-centré. Ce fut aussi à cette époque que le Musée Dapper pris son essor annonçant Le Pavillon des Arts Premiers au Louvre et ensuite le Musée du Quai Branly. À avoir les yeux au plus près de cette transformation, se rend-on vraiment compte de quelle mutation profonde elle porte le sens ?
Benoît Jacquot à propos de son cinéma : « je conjugue tout à l’inchoatif, ce temps grec qui n’existe pas en français et qui indique que l’action en est à son début : s’endormir plutôt que dormir ». Ce qui se passe en Grèce depuis les récentes élections se décline-t-il à ce temps inconnu de notre langue ? Étrangement indulgent avec le nouveau tsarisme russe qui joue à chambouler le dessus et les dessous des cartes du monde, doit-on y voir l’omnipotente influence de la religion orthodoxe, qui ne l’oublions pas est un des premiers propriétaires grecs ! Une pope-révolution ne serait-elle pas bienvenue pour sortir la Grèce des ornières financières où, gabegie des jeux olympiques aidant, elle s’est enfoncée ?
Quand les parties soit-disant fines sont ainsi révélées, La Justice peut-elle être en Carlton ?
La participation aux séances d’un café littéraire dans la médiathèque de mon quartier m’a amené ce mois-ci à lire deux livres bâtis sur le même procédé, à savoir un écrivain met sa plume dans la vie d’un personnage pour en faire un roman avec toute l’ambiguïté dont est porteur ce terme aux frontières floues des fossés entre fiction et réalité. Qui est probablement aussi celui entre croyance et attention.
Ainsi « Nina Simone, Roman » qui trace non sans une certaine poésie sous la plume de Gilles Leroy le destin chaotique de celle qui, de son vrai nom Eunice Kathleen Waymon (Simone, c’était en hommage à la Signoret) fut une des rares à être virée du Pop-Club de José Arthur pour cause d’insupportabilité chronique et de bipolarité éternellement insatisfaite. Mieux vaut à mon sens en revenir à sa voix et sa musique plutôt qu’à cette lecture somme toute assez déprimante.
Plus réussi est « La petite communiste qui ne souriait jamais », roman de la vie de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci par la romancière également chanteuse Lola Lafon. Pages d’échanges épistolaires entre l’auteure et la sportive vivant aujourd’hui aux USA dans lesquelles est mis aussi en scène le processus de création du livre. Ce qui en plus de faire connaître les méandres de cette étoile filante roumaine permet de jouer avec la perception et la restitution de la réalité de cette époque d’avant le mur et de ses données politico-sportives.
S’il n’y avait qu’un film à retenir de cette fin d’hiver, ce serait « Vincent n’a pas d’écailles » de et avec Jacques Salvador. L’histoire belle et tendre, drôle et subtile d’un type ordinaire qui devient super puissant dès qu’il est en contact avec l’eau. Avec en prime la plus longue caresse du monde !
À voir aussi, « Les merveilles » fable italienne autant qu’apicultrice, « Réalité » de Quentin Dupieux pour la jubilation des mises en abîme qui retombent sur leurs pattes cinématographiques et « L’enquête » si vous n’avez pas encore compris les arcanes de l’affaire Clearstream. « American Sniper » si vous n’êtes pas encore persuadé de la connerie de la guerre et en particulier de l’intervention américaine en Irak. C’est parfaitement maîtrisé, indécrottablement aveugle sur les raisons de cette guerre et malsain de troublante apologie de ce personnage qui apparaît dans sa véritable identité au générique de fin de ce film qui a engrangé aux USA plus de 337 millions de dollars de recettes, record de 2014 alors qu’il est sorti le 25 décembre ! Flippant !
Et bien sûr les retrouvailles magistrales avec Inaritu et son époustouflant « Birdman » dont j’ai encore dans les oreilles la percussive batterie qui accompagne la fluidité des images qui courent entre théâtre, cinéma, rêve et réalité.
Mardi 10 mars. Il semblerait que la télé-réalité devienne un sport de plus en plus dangereux. Alors qu’on cesse à tout prix de vouloir divertir le bon peuple pour mieux faire diversion de « telle est la réalité » !
Mercredi 11 mars. Maman perd sa réalité dans les couloirs désorientés de sa maison de retraite. Et quatre sinistres bougies continuent d’irradier les terres dévastées de Fukushima.
Jeudi 12 mars. Retour à l’atelier. Je n’irai pas ce printemps créer une Maison de Plumes sur les pentes du Sancy, ni le Dédale de l’Araignée sur les plages de Ré. Mais les fonds de tableaux préparés avec sables, colles et pigments avant cette vacance de mars, qui ressemblait plus à une convalescence post-grippale ont bien séché. Ils attendent la peinture. Les couleurs de la vie sur la réalité d’une Terre à sans cesse inventer. La lumière dans le feu de l’action qui est poésie.
Que l’aile du printemps soit jolie joie!
do 12315
10 février 2015 § 0 commentaire § permalink

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