Source: http://jesusmarie.free.fr/sup_q_032.htm
Timestamp: 2017-10-24 00:26:49+00:00

Document:
Question 32 : A qui doit-on conférer l’extrême-onction et sur quelle partie du corps ?
Nous devons ensuite examiner les sujets auxquels on doit conférer l’extrême-onction et sur quelle partie du corps. A cet égard sept questions se présentent : 1° Doit-on conférer l’extrême-onction à ceux qui se portent bien ? (Il est de foi, d’après le concile de Florence et d’après le concile de Trente, qu’on ne doit donner l’extrême-onction qu’aux malades qui sont au danger de mort.) — 2° Doit-on la conférer dans toute espèce de maladie ? — 3° Doit-on la conférer aux furieux et aux fous ? (On n’administre pas ce sacrement aux fous qui n’ont jamais joui de l’usage de leur raison, mais on peut le leur administrer si avant de tomber en démence ils ont donné des signes de religion et si d’ailleurs il n’y a pas d’irrévérence à craindre de leur part.) — 4° Doit-on la conférer aux enfants ? (Par enfants S. Thomas entend ici ceux qui n’ont pas encore eu l’usage de leur raison et qui n’ont pu commettre de péchés mortels. Il est certain qu’ils ne peuvent recevoir l’extrême-onction ; mais on peut administrer ce sacrement aux enfants qui n’ont pas fait leur première communion, mais qui ont été capables de commettre quelque péché.) — 5° Doit-on oindre le corps tout entier ? — 6° Les parties du corps que l’on doit oindre sont-elles convenablement déterminées ? — 7° Doit-on oindre dans ces parties du corps celles qui sont mutilées ?
Article 1 : Doit-on conférer l’extrême-onction à ceux qui se portent bien ?
Objection N°1. Il semble qu’on doive aussi conférer ce sacrement à ceux qui se portent bien. Car son effet principal est de guérir l’âme plutôt que le corps, comme nous l’avons dit (quest. 30, art. 2). Or, ceux qui sont sains de corps ont besoin d’être guéris par rapport à l’âme. Donc on doit leur conférer ce sacrement.
Réponse à l’objection N°1 : Quoique la santé spirituelle soit l’effet principal de l’extrême-onction, cependant il faut que la guérison spirituelle produite par ce sacrement soit signifiée par la guérison du corps, quand même cette guérison n’en résulterait pas. C’est pourquoi l’extrême-onction ne peut donner la santé spirituelle qu’à ceux auxquels la guérison corporelle convient, c’est-à-dire aux infirmes ; comme le baptême ne peut être reçu que par celui qui est susceptible de prendre part à l’ablution corporelle ; l’enfant qui est dans le sein de sa mère ne pourrait le recevoir (Voyez à ce sujet, 3a pars, quest. 68, art. 11).
Objection N°2. L’extrême-onction est le sacrement de ceux qui sortent de ce monde, comme le baptême est le sacrement de ceux qui y entrent. Comme on donne le baptême à tous ceux qui entrent dans le monde, on doit donc donner l’extrême-onction à tous ceux qui en sortent. Or, quelquefois ceux qui sont à la veille de sortir de ce monde se portent bien ; comme, par exemple, ceux qui doivent être décapités. On doit donc leur administrer ce sacrement.
Réponse à l’objection N°2 : Parmi ceux qui entrent dans ce monde, le baptême ne s’administre qu’à ceux qui peuvent recevoir l’ablution corporelle. C’est pourquoi parmi ceux qui sortent de ce monde, l’extrême-onction ne convient qu’à ceux qui peuvent être guéris corporellement.
Mais c’est le contraire. Saint Jacques dit (5, 14) : Quelqu’un de vous est-il malade ? etc. Donc ce sacrement ne convient qu’aux infirmes.
Conclusion L’extrême-onction étant une guérison spirituelle qui est signifiée sous une forme de guérison corporelle, on ne doit pas la conférer à ceux qui se portent bien.
Il faut répondre que l’extrême-onction est une guérison spirituelle, comme nous l’avons dit, quest. 30, art. 1 et 2), qui est signifiée à la manière d’une guérison corporelle. C’est pourquoi on ne doit pas conférer ce sacrement à ceux auxquels la guérison corporelle ne convient pas, c’est-à-dire à ceux qui se portent bien.
Article 2 : Doit-on administrer l’extrême-onction dans toute espèce de maladie ?
Objection N°1. Il semble qu’on doive administrer ce sacrement dans toute espèce de maladie. Car saint Jacques en parlant de ce sacrement (chap. 5) ne détermine aucune maladie. On doit donc conférer ce sacrement dans toutes les maladies.
Réponse à l’objection N°1 : Toute maladie en augmentant peut produire la mort. C’est pourquoi si on considère le genre des maladies, on peut conférer l’extrême-onction dans toute espèce de maladie, et c’est pour cela que l’apôtre saint Jacques n’en détermine aucune. mais si on considère le mode et l’état de la maladie, on ne doit pas toujours conférer ce sacrement à ceux qui sont malades.
Objection N°2. Plus un remède est noble et plus il doit être général. Or, l’extrême-onction l’emporte sur les remèdes corporels. Par conséquent, puisqu’on donne les remèdes corporels à tous les infirmes, il semble qu’on doive également leur conférer ce sacrement.
Réponse à l’objection N°2 : Le remède corporel a pour effet principal la santé du corps dont tous les malades ont besoin dans toute espèce d’état. Mais l’extrême-onction a pour effet principal de conférer cette vigueur qui est nécessaire à tous ceux qui sortent de cette vie et qui se dirigent vers la gloire. C’est pourquoi il n’y a pas de parité.
Mais c’est le contraire. Tout le monde appelle ce sacrement l’Extrême-Onction. Or, toutes les infirmités ne mènent pas à l’extrémité de la vie, puisqu’il y a des infirmités qui sont une cause de longévité, comme le dit Aristote (De longit. et brevit. vitæ, chap. 1). On ne doit donc pas le conférer dans toutes les maladies.
Conclusion On ne doit pas administrer ce sacrement à tous ceux qui sont malades, mais seulement à ceux qui sont sur le point de mourir.
Il faut répondre que l’extrême-onction est le dernier remède que l’Eglise puisse conférer pour nous disposer pour ainsi dire d’une manière immédiate à la gloire. C’est pourquoi on ne doit l’administrer qu’aux malades qui sont à l’état de moribonds, parce que leur maladie est de nature à produire la mort et que le danger est à craindre (C’est ce qu’exprime ainsi le pape Eugène IV : Hoc sacramentum nisi infirmo de cujus morte timetur, dari non debet (Decret. ad Armenos).).
Article 3 : Doit-on conférer l’extrême-onction aux furieux et aux fous ?
Objection N°1. Il semble qu’on doive conférer l’extrême-onction aux furieux et aux fous. Car ces maladies sont très dangereuses et mènent très rapidement à la mort. Or, on doit employer le remède dans le danger. On doit donc conférer à ceux qui sont dans cet état ce sacrement qui a pour but de remédier aux infirmités humaines.
Réponse à l’objection N°1 : Quoique les furieux et les fous soient quelquefois en danger de mort, cependant le remède ne peut leur être appliqué par leur dévotion propre. C’est pourquoi on ne doit pas le leur conférer.
Objection N°2. Le baptême est un sacrement plus noble que l’extrême-onction. Or, on donne le baptême aux furieux, comme nous l’avons dit (4, dist. 4, quest. 3, art. 1, quest. 2 et 3a pars, quest. 68, art. 12). On doit donc aussi leur conférer l’extrême-onction.
Réponse à l’objection N°2 : Le baptême ne requiert pas le mouvement du libre arbitre, parce qu’on l’administre principalement contre le péché originel, qui n’est pas guéri en nous d’après notre libre arbitre ; au lieu que dans l’extrême-onction on exige le mouvement du libre arbitre, et c’est pour cela qu’il n’y a pas de parité. En outre, le baptême est un sacrement nécessaire, tandis que l’extrême-onction ne l’est pas.
Mais c’est le contraire. On ne doit donner ce sacrement qu’à ceux qui le reconnaissent. Or, les furieux et les fous ne sont pas dans cet état. On ne doit donc pas le leur conférer.
Conclusion On ne doit conférer l’extrême-onction d’aucune manière aux furieux et aux fous, parce qu’ils n’ont pas les sentiments nécessaires pour le recevoir, à moins qu’ils n’aient des intervalles lucides dans lesquels ils reconnaissent ce sacrement.
Il faut répondre que la dévotion de celui qui reçoit ce sacrement, le mérite personnel de ceux qui le confèrent et le mérite général de toute l’Eglise sont très utiles pour en percevoir les fruits. Ce qui est manifeste parce que la forme de ce sacrement se confère d’une manière déprécatoire. C’est pourquoi on ne doit pas le donner à ceux qui ne peuvent le reconnaître et le recevoir ave dévotion, et surtout aux furieux et aux fous qui pourraient commettre quelque irrévérence à son égard par leur grossièreté, à moins qu’ils n’aient des intervalles lucides dans lesquels ils connussent le sacrement. On pourrait par conséquent le leur conférer dans cet état.
Article 4 : Doit-on donner l’extrême-onction aux enfants ?
Objection N°1. Il semble qu’on doive donner l’extrême-onction aux enfants. Car quelquefois les enfants sont atteints des mêmes maladies que les adultes. Or, on doit employer le même remède contre la même maladie. Donc on doit conférer ce sacrement aux enfants aussi bien qu’aux adultes.
Réponse à l’objection N°1 : Les infirmités qui sont dans les enfants ne proviennent pas du péché actuel comme dans les adultes ; et c’est surtout contre ces infirmités, qui sont des effets du péché, et qui en sont pour ainsi dire comme les restes, que l’extrême-onction s’administre.
Objection N°2. On donne l’extrême-onction pour purifier les restes du péché originel aussi bien que du péché actuel comme nous l’avons dit (quest. 30, art. 1). Or, les restes du péché originel sont dans les enfants. Ce sacrement doit donc leur être conféré.
Réponse à l’objection N°2 : L’extrême-onction ne se donne contre les restes du péché originel qu’autant qu’ils ont été fortifiés d’une certaine manière par les péchés actuels. C’est donc principalement contre les péchés actuels qui n’existent pas dans les enfants qu’on la confère, comme on le voit évidemment d’après la forme.
Mais c’est le contraire. On ne doit pas conférer l’extrême-onction à celui à qui la forme de ce sacrement ne convient pas. Or, la forme de ce sacrement ne convient pas aux enfants parce qu’ils n’ont pas péché par la vue et par l’ouïe, comme la forme l’exprime. On ne doit donc pas leur donner ce sacrement.
Conclusion On ne doit pas conférer l’extrême-onction aux enfants, puisque ce sacrement exige une dévotion actuelle dans celui qui le reçoit.
Il faut répondre que ce sacrement exige une dévotion actuelle dans celui qui le reçoit aussi bien que l’eucharistie. Par conséquent comme on ne doit pas donner l’eucharistie aux enfants, on ne doit pas non plus leur donner l’extrême-onction.
Article 5 : Le corps tout entier doit-il être oint dans l’extrême-onction ?
Objection N°1. Il semble que le corps tout entier doive être oint dans l’extrême-onction. Car, d’après saint Augustin (De trin., liv. 6, chap. 6), l’âme tout entière existe dans le corps tout entier. Or, on administre l’extrême-onction principalement pour guérir l’âme. L’onction doit donc se faire sur le corps entier.
Réponse à l’objection N°1 : Quoique l’âme soit tout entière dans toutes les parties du corps quant à son essence, il n’en est pas de même par rapport aux puissances qui sont les sources des actes coupables. C’est pourquoi il faut que l’onction se fasse dans les parties du corps où ces puissances résident.
Objection N°2. On doit appliquer le remède où est la maladie. Or, quelquefois la maladie est universelle et règne dans le corps entier comme la fièvre. Donc le corps entier doit être oint.
Réponse à l’objection N°2 : On n’applique pas toujours le remède où est le mal ; mais il est plus convenable de l’appliquer où est la racine de la maladie.
Objection N°3. On immerge le corps entier dans le baptême. On doit donc aussi l’oindre tout entier dans l’extrême-onction.
Réponse à l’objection N°3 : Le baptême se donne par manière d’ablution, et comme l’ablution corporelle n’efface la tache que sur la partie à laquelle on l’applique, on administre pour ce motif le baptême au corps tout entier (Cette manière de baptiser par immersion n’est pas d’ailleurs essentielle, comme S. Thomas l’a reconnu lui-même (3a pars, quest. 66, art. 7).). Mais il en est autrement de l’extrême-onction, pour la raison que nous avons donnée (dans le corps de l’article et réponses 1 et 2).
Mais c’est le contraire. Le rite de l’Eglise universelle demande que le malade ne soit oint que dans certaines parties du corps.
Conclusion Dans l’extrême-onction on ne doit pas oindre le corps entier, mais seulement les parties du corps humain où se trouve la source de quelque infirmité spirituelle.
Il faut répondre qu’on administre l’extrême-onction par manière de guérison. Or, il n’est pas nécessaire que la guérison corporelle soit produite par un remède appliqué au corps tout entier, mais il suffit qu’on l’applique aux parties où se trouve la racine du mal. C’est pourquoi on ne doit faire l’onction sacramentelle que dans les parties où se trouve la source de l’infirmité spirituelle.
Article 6 : Les parties qui doivent être ointes sont-elles convenablement déterminées ?
Objection N°1. Il semble que les parties du corps ne soient pas convenablement déterminées, en demandant que le malade soit oint sur les yeux, les narines, les oreilles, les lèvres, les mains et les pieds. Car un sage médecin guérit la maladie dans sa racine. Or, c’est du cœur que sortent les pensées qui souillent l’homme, comme le dit l’Evangile (Matth., 15, 19). On doit donc faire l’onction sur sa poitrine.
Réponse à l’objection N°1 : La pensée ne sort du cœur que par l’imagination qui est un mouvement produit par les sens, comme le dit Aristote (De an., liv. 2, text. 160). C’est pourquoi le cœur n’est pas la source première de la pensée, mais les organes des sens ; elle n’en vient qu’en ce que le cœur est le principe de tout le corps. Mais ce principe est la source éloignée.
Objection N°2. La pureté de l’âme n’est pas moins nécessaire à ceux qui sortent de cette vie qu’à ceux qui y entrent. Or, le prêtre oint du chrême sur le sommet de la tête ceux qui entrent dans ce monde, pour signifier la pureté de l’âme. Donc ceux qui en sortent doivent aussi être oints sur le sommet de la tête par l’extrême-onction.
Réponse à l’objection N°2 : Ceux qui entrent en ce monde doivent acquérir la pureté de l’âme, tandis que ceux qui en sortent doivent purifier l’âme de ses souillures. C’est pourquoi ceux qui en sortent doivent être oints dans les parties où il arrive que la pureté de l’âme est souillée.
Objection N°3. On doit appliquer le remède où la force de la maladie est la plus violente. Or, la maladie spirituelle a principalement son siège dans les reins pour les hommes et au nombril pour les femmes, selon cette expression de Job (40, 11) : Sa force est dans ses reins et sa puissance dans le nombril de son ventre, que saint Grégoire explique ainsi (Mor., liv. 32, chap. 11). On doit donc faire une onction dans cet endroit.
Réponse à l’objection N°3 : D’après la coutume de quelques Eglises on fait une onction aux reins (Le Rituel romain prescrit l’onction aux pieds et aux reins ; mais cette dernière onction n’a jamais lieu pour les femmes, et on ne la fait pas aux hommes, s’ils ne peuvent se remuer commodément.), parce que c’est surtout là que réside l’appétit concupiscible mais la puissance appétitive n’est pas une source première, comme nous l’avons dit (dans le corps de l’article).
Objection N°4. Comme on pèche par les pieds, de même on pèche aussi par les autres membres du corps. Par conséquent, comme on oint les pieds, on doit aussi oindre les autres membres du corps.
Réponse à l’objection N°4 : Les organes du corps par lesquels on commet les actes coupables sont les pieds, les mains, la langue sur lesquels on fait des onctions, et les organes de la génération, sur lesquels on ne doit pas faire d’onction à cause de leur impureté et par respect pour le sacrement.
Conclusion On doit oindre principalement les membres qui sont les organes des cinq sens, qui sont les principes de nos idées et des péchés ; mais dans quelques pays on oint les reins et les pieds à cause de la puissance appétitive et motrice.
Il faut répondre que les principes du péché sont en nous les mêmes que les principes de l’action ; parce que le péché consiste dans l’acte. Or, il y a en nous trois principes d’action ; le premier est celui qui dirige, et c’est la puissance cognitive ; le second celui qui commande, et c’est la puissance appétitive ; le troisième celui qui exécute, et c’est la puissance motrice. D’ailleurs toutes nos connaissances viennent des sens. Et comme on doit appliquer le remède où se trouve en nous la première source du péché, il s’ensuit qu’on oint la place des cinq sens ; ainsi les yeux à cause de la vue, les oreilles à cause de l’ouïe, les narines à cause de l’odorat, la bouche à cause du goût, les mains à cause du tact qui réside principalement à l’extrémité des doigts. A quelques malades on oint les reins à cause de la puissance appétitive, et à cause de la puissance motrice dont ils sont le principal instrument. Et parce que le premier principe des actions humaines est la connaissance, il s’ensuit que tout le monde observe l’onction qui se fait aux cinq sens, comme étant nécessaire au sacrement (Les théologiens sont partagés sur ce point ; il y en a qui prétendent que les cinq onctions principales sont nécessaires pour la validité du sacrement, d’autres prétendent que dans le cas de nécessité on peut n’en faire qu’une ; on devrait la faire à la tête et terminer la formule en disant : Quidquid deliquisti per sensus, visum, auditum, gustum, odoratum et tactum. Mais dans ce cas si le malade survit on devrait réitérer le sacrement sous condition en faisant toutes les onctions indiquées dans le Rituel.), mais y en a qui n’observent pas les autres. Il y en a qui observent celle qui se fait aux pieds et non celle qui se fait aux reins ; parce que la puissance appétitive et la puissance motrice sont des principes secondaires.
Article 7 : Ceux qui sont estropiés doivent-ils être oints dans les parties du corps que nous avons désignées ?
Objection N°1. Il semble que les estropiées ne doivent pas être oints dans les parties du corps que nous avons désignées. Car comme l’extrême-onction exige une disposition particulière dans celui qui la reçoit, par exemple comme elle demande qu’il soit malade, de même elle exige aussi une partie du corps déterminée. Or, celui qui n’est pas malade ne peut être oint. Celui qui n’a pas cette partie du corps sur laquelle doit être faite l’onction ne peut donc pas l’être non plus.
Objection N°2. Celui qui est aveugle de naissance ne pèche pas par la vue. Or, dans l’onction qui se fait sur les yeux, il est fait mention du péché commis par la vue. On ne doit donc pas faire cette onction à un aveugle-né. Et ainsi des autres.
Mais c’est le contraire. Un défaut corporel n’empêche aucun sacrement. Il ne doit donc pas non plus empêcher celui-ci. Or, toutes les onctions sont nécessaires pour la validité de ce sacrement. On doit donc les faire toutes à ceux qui sont estropiés.
Conclusion Les estropiés ayant les puissances de l’âme qui doivent répondre aux membres dont ils sont privés, et pouvant pour ce motif pécher intérieurement, on doit leur faire les onctions sur les parties du corps qui approchent le plus de celles sur lesquelles ils auraient dû être oints.
Il faut répondre qu’on doit oindre les estropiés le plus près possible des parties sur lesquelles l’onction aurait dû se faite ; parce que quoiqu’ils n’aient pas les membres, ils ont cependant les puissances de l’âme qui sont dues à ces membres, ou du moins ils les possèdent dans leur racine ; et ils peuvent pécher intérieurement par ce qui appartient à ces parties, quoiqu’ils ne le fassent pas extérieurement.

References: art. 2
 art. 11
 art. 1
 art. 1
 art. 12
 art. 1
 art. 7