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Timestamp: 2016-10-24 07:05:15+00:00

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4A_46/2010 (27.04.2010)
4A_46/2010
Arr�t du 27 avril 2010
tous deux repr�sent�s par Me Sarah Braunschmidt,
Y.________, repr�sent� par Me Serge Patek,
bail � loyer; r�siliation,
recours contre l'arr�t de la Chambre d'appel en
mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve du 7 d�cembre 2009.
A.a Y.________, qui vit maintenant � J�rusalem (Isra�l), est propri�taire, entre autres biens-fonds, d'un immeuble sis � la M.________ � Gen�ve. Il a habit� plusieurs ann�es dans un appartement de quatre pi�ces du 5e �tage du m�me b�timent, notamment pendant une p�riode de trois ans avec sa fille O.________, avant que cette derni�re ne retourne vivre avec sa m�re dans diff�rents lieux � l'�tranger, non sans revenir r�guli�rement rendre visite � son p�re � Gen�ve.
Par contrat du 6 avril 2000, Y.________ (ci-apr�s: le bailleur) a remis � bail aux �poux H.X.________ et F.X.________ (ci-apr�s: les locataires) � partir du 1er avril 2000 l'appartement de quatre pi�ces pr�cit�. Cette convention, dont la dur�e initiale �tait d'un an, s'est ensuite renouvel�e d'ann�e en ann�e selon une clause de reconduction tacite; fix� initialement � 24'000 fr. par ann�e, sans les charges, le loyer annuel se montait en 2006 � 25'164 fr. net.
Il a �t� retenu que les locataires, qui ont deux enfants �g�s de cinq et huit ans, travaillent tous deux, le mari au sein des ressources humaines d'un h�pital, l'�pouse comme logop�diste; leur revenu annuel cumul� se monte � environ 160'000 fr.
A.b Le 11 mai 2001, le bailleur et les locataires ont pass� une convention devant la Commission de conciliation en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve fixant le loyer annuel de la chose lou�e � 24'240 fr., hors charges, d�s le 1er avril 2001, avec indexation d'apr�s l'indice suisse des prix � la consommation pendant six ans, soit jusqu'au 31 mars 2007.
Par courrier du 12 mai 2005, les locataires ont demand� � la r�gie de l'immeuble de r�aliser dans leur appartement divers travaux de peinture et de remplacer la moquette par du parquet. La r�gie a r�pondu favorablement � cette demande le 19 mai 2005, indiquant aux locataires qu'elle avait mandat� une entreprise afin d'�tablir un devis. Les travaux sollicit�s n'ayant pas d�but�, les locataires, par lettre du 2 novembre 2005, ont mis en demeure la r�gie de les effectuer dans le mois, faute de quoi le loyer serait consign�, et de leur accorder en plus une r�duction de loyer de 15% � compter du 19 mai 2005, date o� les d�fauts ont �t� connus, cela jusqu'� l'ach�vement desdits travaux. La r�gie a alors fait ex�cuter les travaux requis dans le d�lai fix�, �tant pr�cis� que la moquette n'a pas �t� remplac�e par du parquet, mais par un nouveau rev�tement de sol, sans que cela ne provoque de contestation; la r�duction temporaire de loyer sollicit�e a �t� accord�e jusqu'� compl�te ex�cution des travaux.
A.c Par avis officiels du 13 novembre 2006 notifi�s s�par�ment � chacun des locataires, le bailleur a r�sili� le bail de l'appartement sis � la rue M.________ pour le 31 mars 2007.
Le bailleur a �t� invit� par les locataires � communiquer les motifs du cong�. Par courrier du 29 novembre 2006, il a expliqu� qu'il entendait mettre le logement � disposition de sa fille O.________, m�decin de profession, laquelle, tr�s attach�e � cet appartement o� elle avait v�cu dans son enfance, allait revenir � Gen�ve pour y exercer la m�decine au sein d'un �tablissement hospitalier, qui l'avait engag�e pour un stage dans son service de chirurgie plastique et reconstructive.
Il a �t� constat� que la chose lou�e dispose d'une terrasse sur laquelle l'agrandissement d'un jardin d'hiver existant a �t� autoris� en 1994, sans avoir encore �t� r�alis�.
Le 27 d�cembre 2006, la voisine de palier des locataires a r�sili� son bail pour le 31 mars 2007.
O.________ est venue s'installer � Gen�ve en octobre 2008 et occupe actuellement un appartement de deux pi�ces qu'un membre de sa famille lui a remis en sous-location.
Les locataires ont contest� le cong�, demandant son annulation, subsidiairement une prolongation du bail de quatre ans.
Non concili�e, la cause a �t� port�e devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Gen�ve, lequel, par jugement du 2 mars 2009, a annul� le cong�, consid�rant que le motif invoqu� � son appui n'�tait pas �tabli en raison des contradictions entre les d�positions du bailleur et celles de sa fille.
Saisie par le bailleur, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve, par arr�t du 7 d�cembre 2009, a annul� le jugement pr�cit�; statuant � nouveau, elle a d�clar� valable le cong� notifi� le 13 novembre 2006 pour le 31 mars 2007 et accord� aux locataires une unique prolongation de bail de trois ans, �ch�ant le 31 mars 2010. La cour cantonale a retenu, sur la base des d�clarations probantes du bailleur et de sa fille, que le motif de la r�siliation de bail r�sidait dans la volont� du bailleur de mettre la chose lou�e � disposition de cette derni�re et qu'il s'agissait d'un motif l�gitime, en sorte que le cong� ne contrevenait pas aux r�gles de la bonne foi. Elle a ajout� que le bail de l'appartement voisin a �t� r�sili� par sa locataire post�rieurement au cong� litigieux, d'o� l'absence de pertinence de cet �l�ment. L'autorit� cantonale a ni� que le cong� du 13 novembre 2006 f�t un cong� de repr�sailles. Pesant enfin les int�r�ts r�ciproques des parties, la Chambre d'appel a jug� qu'il convenait d'accorder aux locataires une unique prolongation de bail de trois ans, soit jusqu'au 31 mars 2010.
Les locataires exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal. Ils concluent principalement � l'annulation du cong� notifi� le 13 novembre 2006 pour le 31 mars 2007, subsidiairement � l'octroi d'une prolongation de bail �ch�ant le 31 mars 2011.
1.1 Interjet� par les locataires qui ont succomb� dans leurs conclusions en annulation du cong� et qui ont ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire de droit du bail dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 15'000 fr. de l'art. 74 al. 1 let. a LTF (cf. ATF 119 II 147 consid. 1), le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4 ). Par exception � la r�gle selon laquelle il examine le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur une violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits prouv�s par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 et 6.2). Encore faut-il que la rectification demand�e soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Aucun fait nouveau, ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
2.1 La pr�sente cause rev�t un aspect international puisque l'intim� est domicili� en Isra�l. Il faut donc d�terminer d'office le droit qui est applicable au litige, cela sur la base de la loi du for, singuli�rement de la LDIP (RS 291; ATF 133 III 323 consid. 2.1).
2.2 A d�faut d'�lection de droit (art. 119 al. 2 LDIP), les contrats relatifs aux immeubles ou � leur usage sont r�gis par le droit du lieu de leur situation (art. 119 al. 1 LDIP). Ce rattachement vaut en particulier pour les contrats octroyant des droits relatifs sur un immeuble, tels les baux � loyer (Bernard Dutoit, Droit international priv� suisse, Commentaire de la loi f�d�rale du 18 d�cembre 1987, 4e �d., n� 1 ad art. 119 LDIP).
Le contrat de bail conclu par les recourants portant sur un appartement d'un immeuble sis � Gen�ve, c'est assur�ment le droit suisse qui gouverne les relations juridiques nou�es par les parties.
Invoquant tout � la fois une violation de l'art. 29 al. 2 Cst. et de l'art. 112 al. 1 LTF, les recourants font valoir que la cour cantonale a rendu un arr�t lacunaire pour ne s'�tre pas prononc�e sur le grief de violation de l'art. 271a al. 1 let. a CO qu'ils avaient soulev� en derni�re instance cantonale.
3.1 Le droit d'�tre entendu consacr� � l'art. 29 al. 2 Cst. implique notamment l'obligation pour le juge de motiver sa d�cision, afin que le justiciable puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le. Il suffit cependant, selon la jurisprudence, que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision; il n'est toutefois pas tenu d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties. Il n'y a violation du droit d'�tre entendu que si l'autorit� ne satisfait pas � son devoir minimum d'examiner et de traiter les probl�mes pertinents (ATF 134 I 83 consid. 4.1; 133 III 439 consid. 3.3).
Quant � l'art. 112 LTF, il formule des exigences quant au contenu de la d�cision pouvant �tre d�f�r�e au Tribunal f�d�ral, laquelle doit en particulier contenir les motifs d�terminants de fait et de droit (let. b).
3.2 L'arr�t attaqu� comporte une motivation qui satisfait pleinement aux exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. Les magistrats genevois ont ainsi examin� successivement, en se r�f�rant � la jurisprudence et � la doctrine, si le cong� contrevenait aux r�gles de la bonne foi � la lumi�re de la clause g�n�rale de l'art. 271 al. 1 CO, puis s'il �tait annulable au regard de la circonstance pr�vue par l'art. 271a al. 1 let. e CO, avant d'examiner si les locataires pouvaient obtenir une prolongation de leur bail. Certes ils n'ont pas discut� de la circonstance d'annulation faisant l'objet de l'art. 271a al. 1 let. a CO, mais peu importe, puisque, comme on le verra ci-dessous, la cour cantonale pouvait se dispenser de traiter la question sans transgresser le droit f�d�ral.
Il suit de l� que l'arr�t critiqu�, qui indique clairement le raisonnement juridique sous-tendant le dispositif adopt�, respecte �galement l'art. 112 LTF.
Le moyen est priv� de tout fondement.
Les recourants pr�tendent que la cour cantonale a viol� les art. 271a al. 1 let. e ch. 4 CO et 271a al. 2 CO. Ils font valoir que l'intim� a d� �tre menac� d'une consignation de loyer, par courrier du 2 novembre 2005, avant d'acc�der partiellement � leur demande de travaux de r�fection importants de leur appartement et de r�duction temporaire de loyers, laquelle a port� sur plus de 2'000 fr., montant que la Chambre d'appel aurait arbitrairement pass� sous silence. Ils en d�duisent qu'il y a bien eu d�saccord entre parties comme le veut l'application des normes susrappel�es. Comme le bailleur n'a pas apport� la preuve d'un besoin urgent de la chose lou�e, le cong�, � en croire les locataires, aurait d� �tre annul�.
4.1 L'art. 271a al. 1 let. e ch. 4 CO dispose que le cong� est annulable s'il est donn� dans les trois ans � compter de la fin d'une proc�dure de conciliation ou d'une proc�dure judiciaire au sujet du bail si le bailleur a conclu une transaction ou s'est entendu de toute autre mani�re avec le locataire. D'apr�s l'art. 271a al. 2 CO, cette disposition est �galement applicable lorsque le locataire peut prouver par des �crits qu'il s'est entendu avec le bailleur, en dehors d'une proc�dure de conciliation ou d'une proc�dure judiciaire, sur une pr�tention relevant du bail.
4.2 In casu, il a �t� retenu (art. 105 al. 1 LTF) que, par lettre du 12 mai 2005 adress�e � la r�gie du bailleur, les locataires ont demand� que leur logement soit en partie repeint et que la moquette couvrant les sols soit remplac�e par du parquet. La r�gie leur a r�pondu une semaine plus tard qu'une entreprise allait �tablir un devis estimatif des travaux requis. Sans nouvelle de la r�gie depuis lors, les locataires, par un nouveau courrier du 2 novembre 2005, ont mis en demeure celle-ci de r�aliser lesdits travaux dans le mois et de leur accorder en sus une baisse temporaire de loyer de 15% jusqu'� leur ach�vement, � d�faut de quoi les loyers dus seraient consign�s. La r�gie a fait ex�cuter les travaux sollicit�s dans le d�lai imparti et a octroy� la r�duction de loyer demand�e jusqu'au terme de ceux-ci, si ce n'est que la moquette a �t� remplac�e par un nouveau rev�tement, et non par du parquet.
On voit d'embl�e que ces �v�nements se sont d�roul�s en dehors de toute proc�dure, qu'elle soit conciliatoire ou judiciaire. C'est donc en vain que les recourants se r�f�rent � l'art. 271a al. 1 let. e ch. 4 CO pour b�n�ficier de la protection l�gale contre les cong�s. Celle-ci ne pourrait donc r�sulter pour eux que de l'art. 271a al. 2 CO, qui suppose que le bailleur et le locataire ont pass� une transaction �crite concernant une pr�tention relevant du bail mettant fin � un diff�rend.
Or il est de jurisprudence que l'art. 271a al. 2 CO ne peut �tre invoqu� lorsqu'il n'y a pas eu de litige, parce que l'une ou l'autre des parties a donn� directement suite � la requ�te de son cocontractant (ATF 130 III 563 consid. 2.1; DAVID LACHAT, Commentaire romand, Code des obligations I, n� 18 ad art. 271a CO).
Quoi qu'en disent les recourants, les parties n'ont pas transig� en automne 2005 un litige portant sur l'accomplissement de travaux dans leur appartement.
La cour cantonale a constat� souverainement que les locataires ont obtenu la r�alisation de tous les travaux qu'ils souhaitaient. Certes un autre rev�tement que du parquet a �t� pos� dans la chose lou�e, mais les locataires s'en sont accommod�s. De plus, la baisse temporaire de loyer requise de 15% leur a �t� octroy�e en totalit� sans discussion, cela jusqu'au terme demand�. Le montant total en valeur de la r�duction de loyer obtenue n'a ainsi aucune incidence sur la querelle, de sorte que ce montant pouvait �tre ignor� dans l'arr�t critiqu� sans le moindre arbitraire (art. 97 al. 1 in fine LTF).
Que le bailleur, sans jamais s'opposer � l'ex�cution des travaux de peinture et de pose de sols, ait souhait� pr�alablement en conna�tre le co�t, ne permet aucunement d'inf�rer qu'il y avait alors un litige entre parties quant � l'ampleur des travaux de r�fection qui allaient �tre ordonn�s.
C'est donc en parfaite conformit� avec le droit f�d�ral que les magistrats genevois ont admis que les locataires ne pouvaient se pr�valoir de l'art. 271a al. 2 CO.
Le moyen, sous toutes ses facettes, est infond�.
Les recourants affirment ensuite que la cour cantonale a transgress� l'art. 271 al. 1 CO et abus� de son pouvoir d'appr�ciation r�sultant de l'art. 4 CC. Conc�dant que c'est apr�s l'envoi du cong� litigieux qu'un appartement s'est lib�r� dans l'immeuble sur le m�me palier, ils all�guent que ce logement �tait en tous points identique au leur, circonstance que l'autorit� cantonale a ignor�e en commettant arbitraire. Pourtant, cette circonstance �tait d�terminante pour d�cider si le cong� �tait ou non contraire � la bonne foi. Les locataires affirment pour finir que le motif de cong� dont s'est pr�valu le bailleur n'�tait qu'un pr�texte.
5.1 A teneur de l'art. 271 al. 1 CO, le cong� est annulable lorsqu'il contrevient aux r�gles de la bonne foi. Selon la jurisprudence (ATF 120 II 31 consid. 4a), la protection accord�e par l'art. 271 al. 1 CO proc�de � la fois du principe de la bonne foi (art. 2 al. 1 CC) et de l'interdiction de l'abus de droit (art. 2 al. 2 CC).
Le cong� est abusif s'il ne r�pond � aucun int�r�t digne de protection, s'il est purement chicanier ou s'il conduit � une disproportion manifeste des int�r�ts en pr�sence (ATF 132 III 737 consid. 3.4.2 p. 744; 120 II 31 consid. 4a p. 33).
Afin que les parties contractantes puissent se repr�senter les int�r�ts en jeu, le cong� doit �tre motiv� si l'autre partie le demande (art. 271 al. 2 CO). Un d�faut de motivation ou une motivation incorrecte peut constituer un indice de l'inexistence d'un int�r�t digne d'�tre prot�g�, s�rieux et objectivement reconnaissable (ATF 132 III 737 consid. 3.4.2 p. 744/745).
La motivation du cong� doit reposer sur des faits r�els qui sont d�j� survenus au jour de la r�siliation du bail (PETER HIGI, Commentaire zurichois, n� 119 ad art. 271 CO; LACHAT, op. cit., n� 12 ad art. 271 CO).
5.2 En l'esp�ce, requis par les locataires de motiver le cong� du 13 novembre 2006, le bailleur a d�clar�, par lettre du 29 novembre 2006, qu'il d�sirait mettre le logement � disposition de sa fille, m�decin, laquelle allait venir de l'�tranger pour s'installer � Gen�ve afin de travailler au service de chirurgie plastique et reconstructive d'un �tablissement hospitalier. Il a encore soulign� que cette derni�re est tr�s attach�e � l'appartement des locataires dans lequel elle a v�cu une partie de son enfance, ce que les recourants ne contestent d'ailleurs pas. La cour cantonale a consid�r�, sur la base notamment des d�clarations des t�moins entendus, que l'intim� �tait parvenu � prouver le motif du cong� invoqu�. Les recourants n'ont pas tax� d'insoutenable cette appr�ciation des preuves.
L'autorit� cantonale a ensuite constat�, sans que l'arbitraire soit invoqu�, que la fille du bailleur a effectivement pris domicile � Gen�ve en octobre 2008, o� elle occupe un appartement de deux pi�ces qu'elle sous-loue � un membre de sa famille. Ces circonstances font appara�tre avec nettet� que le cong� a �t� donn� dans le respect des r�gles de la bonne foi par le bailleur, qui entend remettre l'appartement � sa fille, laquelle, depuis son retour de l'�tranger, n'a trouv� qu'une solution de logement provisoire puisqu'elle n'est actuellement que sous-locataire.
La Chambre d'appel n'a pas ignor� que la voisine de palier des locataires a r�sili� son bail un mois et demi apr�s que ceux-ci ont re�u notification de leur cong�. Les recourants soutiennent toutefois que la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire pour avoir pass� sous silence que l'appartement de leur voisine �tait rigoureusement identique � celui qu'ils ont pris � bail. Mais cet �l�ment ne saurait exercer aucune influence sur le sort de la cause, du moment que le cong� donn� par la voisine de palier l'a �t� post�rieurement au jour o� la r�siliation litigieuse a �t� notifi�e, lequel fixe le terme d�cisif pour juger de la r�alit� du motif invoqu�.
Il appara�t ainsi que l'autorit� cantonale a appr�ci� objectivement tous les �l�ments pertinents, de sorte qu'elle n'a pas abus� de son pouvoir d'appr�ciation au sens de l'art. 4 CC.
Dans un tel contexte, il est exclu d'admettre que le cong� du 13 novembre 2006 contrevienne aux r�gles de la bonne foi.
Les recourants reprochent aux magistrats genevois de n'avoir pas examin� si le cong� devait �tre annul� parce qu'il aurait �t� donn� pour punir les locataires d'avoir requis et obtenu des travaux dans leur logement (art. 271a al. 1 let. a CO). Ils all�guent que l'intim� aurait pu leur proposer de conclure un contrat portant sur l'appartement voisin, dont le bail avait �t� r�sili� le 27 d�cembre 2006.
6.1 L'art. 271a al. 1 let. a CO pr�voit que le cong� est annulable lorsque le bailleur le donne parce que le locataire fait valoir de bonne foi des pr�tentions d�coulant du bail. La disposition vise � permettre au locataire d'exprimer librement ses pr�tentions sans avoir � craindre un cong�. Il incombe au locataire de prouver qu'il existe un rapport de cause � effet entre sa pr�tention et la r�siliation. Il est toutefois loisible au bailleur, qui assume le fardeau de la contre-preuve, de d�montrer que le motif v�ritable du cong� est autre, auquel cas l'art. 271 al. 1 let. a CO ne trouve pas application (arr�t 4C.59/2007 du 25 avril 2007 consid. 3.3; HIGI, op. cit., n� 61 ad art. 271a CO; DAVID LACHAT, Le bail � loyer, 2008, ch. 5.2.4 p. 741).
6.2 In casu, l'intim� a �tabli que le motif du cong� n'�tait pas en relation avec la requ�te des locataires tendant � l'ex�cution de travaux dans leur logement, mais qu'il reposait sur la volont� du bailleur de remettre cet appartement � sa fille, de retour de l'�tranger et log�e depuis de mani�re provisoire.
La cour cantonale pouvait ainsi se dispenser de discuter de l'art. 271a al. 1 let. a CO, norme qui ne trouvait pas application � consid�rer les donn�es de l'esp�ce.
Les recourants pr�tendent qu'en leur ayant octroy� une prolongation de leur bail de trois ans, et non celle maximale de quatre ans, la Chambre d'appel a enfreint l'art. 272 CO et m�sus� en outre de son pouvoir d'appr�ciation, au m�pris de l'art. 4 CC. Ils insistent de nouveau sur le fait que l'appartement voisin du leur avait �t� lib�r� pour la m�me �ch�ance et que le bailleur a �t� d�loyal en ne leur offrant pas � bail ce logement. Ils soulignent qu'ils ont deux enfants en bas �ge, scolaris�s dans le quartier, et qu'ils ont d�montr� avoir effectu� en vain des recherches de logement.
7.1 Selon l'art. 272 al. 1 CO, le locataire peut demander la prolongation d'un bail de dur�e d�termin�e ou ind�termin�e lorsque la fin du contrat aurait pour lui ou sa famille des cons�quences p�nibles sans que les int�r�ts du bailleur le justifient.
Il n'est pas contestable que la r�siliation a des cons�quences p�nibles pour les locataires, �tant donn� la situation du march� du logement dans le canton de Gen�ve, notoirement tendue. Il sied manifestement de leur accorder une prolongation de bail dans le cadre d'une pes�e des int�r�ts prenant en compte les �l�ments rappel�s � l'art. 272 al. 2 CO.
D'apr�s l'art. 272b al. 1 CO, le bail d'habitations peut �tre prolong� de quatre ans au maximum, une ou deux prolongations pouvant �tre accord�e dans cette limite.
Pour d�terminer la dur�e de la prolongation du bail, le juge dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation (ATF 135 III 121 consid. 2; 125 III 226 consid. 4b p. 230). Il doit donc se laisser guider par les r�gles du droit et de l'�quit� (art. 4 CC) et prendre en compte tous les �l�ments du cas particulier.
Le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec r�serve la d�cision d'�quit� prise en derni�re instance cantonale. Il intervient lorsque celle-ci s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le, ou, au contraire, lorsqu'elle ignore des �l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; en outre, le Tribunal f�d�ral redresse les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2 p. 123 s. et les arr�ts cit�s).
7.2 Les recourants ne font pas grief � la cour cantonale de leur avoir accord� une unique prolongation, et non une premi�re prolongation r�servant la possibilit� d'en obtenir une seconde aux conditions strictes de l'art. 272 al. 3 CO. Il n'y a en cons�quence pas lieu d'examiner la question sous cet angle (art. 42 al. 1 et 2 LTF).
7.3 Pour fixer la dur�e de la prolongation de bail contest�e, la cour cantonale a mis en balance, d'un c�t� la pr�carit� de la solution de logement adopt�e au jour de l'arr�t cantonal par la fille du bailleur (sous-location d'un petit appartement � un membre de sa famille), de l'autre l'int�gration des locataires dans le quartier, la dur�e du bail �coul� (six ans et demi lors du cong�) et le fait qu'ils sont parents de deux enfants en bas �ge. Elle a toutefois relev� d'autres facteurs moins favorables aux recourants, � savoir qu'ils disposent ensemble d'un revenu annuel non n�gligeable de 160'000 fr. et qu'ils n'ont entrepris des d�marches pour se reloger que 19 mois apr�s la notification du cong� litigieux.
La cour cantonale a ainsi tenu compte de tous les �l�ments pertinents. S'agissant de l'appartement voisin des recourants, qui s'est lib�r� post�rieurement au cong� notifi� le 13 novembre 2006 pour la m�me �ch�ance du 31 mars 2007, ces derniers n'ont pas �tabli qu'ils avaient demand� au bailleur de le leur remettre � bail, lequel s'y serait refus�.
La dur�e de trois ans de la prolongation accord�e par la Chambre d'appel repr�sentait d�j� les trois quarts de la prolongation maximale de quatre ans. A consid�rer les al�as de la proc�dure, elle est de fait maintenant de 37 mois.
Il faut en cons�quence admettre que la cour cantonale a fait en la mati�re un usage correct de son pouvoir d'appr�ciation et respect� le droit f�d�ral, singuli�rement l'art. 272 CO.
Le moyen est infond�.
Vu l'issue du litige, les frais judiciaires et les d�pens seront mis solidairement � la charge des recourants, qui succombent (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'500 fr., sont mis solidairement � la charge des recourants.
Les recourants verseront solidairement � l'intim� une indemnit� de 4'000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataire des parties et � la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve.

References: ATF 
 art. 95
 ATF 
 art. 119
 art. 271
In casu
 art. 271
in fine
 art. 271
 art. 271
 art. 271
In casu