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Timestamp: 2016-10-24 12:21:54+00:00

Document:
4A_392/2010 (12.01.2011)
FC Sion Association, repr�sent�e par Me Dominique Dreyer, et par Me Alexandre Zen-Ruffinen,
1. F�d�ration Internationale de Football Association (FIFA), repr�sent�e par Me Christian Jenny,
recours en mati�re civile contre la sentence rendue le 1er juin 2010 par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
A.a Essam El Hadary est un footballeur professionnel de nationalit� �gyptienne, n� le 15 janvier 1973. Gardien de but, il a effectu� l'essentiel de sa carri�re professionnelle sous les couleurs de l'�quipe �gyptienne Al-Ahly Sporting Club et a port� plus d'une centaine de fois le maillot de l'�quipe nationale d'�gypte.
Al-Ahly Sporting Club est un club de football professionnel, membre de la F�d�ration d'�gypte de football, elle-m�me affili�e � la F�d�ration Internationale de Football Association (FIFA).
A.b Le 1er janvier 2007, Essam El Hadary et Al-Ahly Sporting Club ont sign� un contrat de travail dont le terme a �t� fix� � la fin de la saison 2009-2010.
En date du 15 f�vrier 2008, le joueur a conclu avec le FC Sion, club de football professionnel suisse, un contrat de travail pour une p�riode expirant � l'issue de la saison 2010-2011.
A.c Le 12 juin 2008, Al-Ahly Sporting Club a assign� Essam El Hadary et le FC Sion devant la Chambre de R�solution des Litiges (CRL) de la FIFA en vue d'obtenir leur condamnation solidaire au paiement de 2 millions d'euros pour rupture injustifi�e du contrat, respectivement incitation � une telle rupture, ainsi que des sanctions sportives.
Par d�cision du 16 avril 2009, la CRL a condamn� solidairement les d�fendeurs � payer au demandeur la somme de 900'000 euros. Elle a, en outre, suspendu le joueur pour une dur�e de quatre mois � partir du d�but de la prochaine saison et a interdit au FC Sion de recruter de nouveaux joueurs durant les deux p�riodes d'enregistrement suivant la notification de sa d�cision.
Le 18 juin 2009, FC Sion Association a d�pos� une d�claration d'appel aupr�s du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) contre ladite d�cision (CAS 2009/A/1880). A la m�me date, Essam El Hadary a, lui aussi, appel� de cette d�cision (CAS 2009/A/1881). Les deux causes ont �t� jointes pour instruction et jugement.
Le TAS, compos� de MM. Massimo Coccia, pr�sident, Olivier Carrard et Ulrich Haas, arbitres, a rendu sa sentence finale en date du 1er juin 2010. Admettant partiellement l'appel interjet� par Essam El Hadary, il a condamn� ce dernier � payer la somme de 796'500 dollars, plus int�r�ts, � Al-Ahly Sporting Club et l'a suspendu de tout match officiel pour une dur�e de quatre mois � partir du d�but de la saison 2010-2011. En revanche, la Formation a d�clar� l'appel de FC Sion Association irrecevable pour des motifs qui seront expos�s plus loin dans la mesure utile.
Le 1er juillet 2010, FC Sion Association a form� un recours en mati�re civile en vue d'obtenir l'annulation de la sentence du TAS. Elle a compl�t� ce recours par un m�moire d�pos� le 15 juillet 2010.
La FIFA et le TAS concluent au rejet du recours, la premi�re mettant �galement en doute la recevabilit� de celui-ci. Al-Ahly Sporting Club n'a pas d�pos� de r�ponse dans le d�lai qui lui avait �t� imparti � cette fin.
Par ordonnances des 14 juillet et 11 octobre 2010, la pr�sidente de la Ire Cour de droit civil a rejet� la requ�te de la recourante tendant � l'octroi de l'effet suspensif � son recours � titre superprovisoire et jusqu'� droit jug� dans la pr�sente cause.
D'apr�s l'art. 54 al. 1 LTF, le Tribunal f�d�ral r�dige son arr�t dans une langue officielle, en r�gle g�n�rale dans la langue de la d�cision attaqu�e. Lorsque cette d�cision est r�dig�e dans une autre langue (ici l'anglais), le Tribunal f�d�ral utilise la langue officielle choisie par les parties. Devant le TAS, celles-ci ont utilis� l'anglais et le fran�ais. Dans le m�moire qu'elle a adress� au Tribunal f�d�ral, la recourante a employ� le fran�ais. La r�ponse de la FIFA, intim�e, a �t� r�dig�e en allemand. Conform�ment � sa pratique, le Tribunal f�d�ral adoptera la langue du recours et rendra, par cons�quent, son arr�t en fran�ais.
Le si�ge du TAS se trouve � Lausanne. L'une des parties au moins -en l'occurrence, le club de football intim� - n'avait pas son domicile en Suisse au moment d�terminant. Les dispositions du chapitre 12 de la LDIP sont donc applicables (art. 176 al. 1 LDIP).
2.2 La recourante se demande si la sentence attaqu�e n'est pas une sentence partielle du fait qu'elle se borne � indiquer la partie qui devra supporter les frais de la proc�dure arbitrale (ch. 5 du dispositif) et laisse au Greffe du TAS, conform�ment � l'art. R64.4 in fine du Code de l'arbitrage en mati�re de sport (ci-apr�s: le Code), le soin de communiquer s�par�ment aux parties le montant d�finitif des frais de l'arbitrage arr�t� par lui. Il n'est pas n�cessaire d'approfondir cette question. En effet, quand bien m�me elle ne rev�tirait qu'un caract�re partiel, la sentence du 1er juin 2010 n'en �tait pas moins imm�diatement attaquable devant le Tribunal f�d�ral, et ce pour l'ensemble des motifs pr�vus � l'art. 190 al. 2 LDIP (ATF 130 III 755 consid. 1.2.2).
Point n'est besoin d'examiner ici la question - controvers�e - de savoir si le recours en mati�re civile est soumis � la condition d'une valeur litigieuse minimale lorsqu'il a pour objet une sentence arbitrale internationale. A supposer que ce soit le cas, cette condition serait remplie en l'esp�ce. Toutefois, contrairement � ce que soutient la recourante, la valeur litigieuse n'�quivaudrait pas au montant pr�sum� des frais de l'arbitrage (44'000 fr. au moins au dire de la recourante, vu les avances requises par le TAS) et des d�pens octroy�s aux intim�s (10'000 fr. au total selon le ch. 6 du dispositif de la sentence), mais � la somme allou�e par la CRL au club intim� (900'000 euros), attendu que la recourante a soutenu, dans la proc�dure d'appel conduite devant le TAS, que la condamnation p�cuniaire prononc�e en premi�re instance �tait dirig�e contre elle.
La recourante, qui a pris part � la proc�dure devant le TAS (cf. art. 76 al. 1 let. a LTF), est directement touch�e par la sentence attaqu�e, car la Formation a refus� d'entrer en mati�re sur l'appel interjet� par elle contre cette condamnation p�cuniaire et contre la sanction sportive qui l'accompagnait. Soutenant que ces deux mesures la visaient personnellement, elle a donc un int�r�t propre, actuel et juridiquement prot�g� � ce que l'irrecevabilit� de son appel n'ait pas �t� prononc�e en violation des garanties d�coulant de l'art. 190 al. 2 LDIP, ce qui lui conf�re la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 let. b LTF).
2.3 La recourante a re�u une exp�dition compl�te de la sentence par t�l�copie du 1er juin 2010 et sous pli recommand� du 15 juin 2010. Elle a d�pos� son recours le 1er juillet 2010. Le 15 juillet 2010, elle a adress� au Tribunal f�d�ral un compl�ment � son recours. Le m�moire de recours, qui satisfait aux exigences formelles (art. 42 al. 1 LTF), a sans conteste �t� d�pos� en temps utile. Le recours compl�mentaire l'a �t� �galement si l'on prend pour point de d�part la notification postale de la sentence, mais non si l'on retient l'envoi du fax comme dies a quo.
2.3.1 En vertu de l'art. 100 al. 1 LTF, le recours contre une d�cision doit �tre d�pos� devant le Tribunal f�d�ral dans les 30 jours qui suivent la notification de l'exp�dition compl�te. Ce d�lai, qui n'est pas prolongeable (art. 47 al. 1 LTF), vaut aussi pour le d�p�t d'un ou de plusieurs recours compl�mentaires.
Sous r�serve de pouvoir constater la date de la r�ception, l'art. 112 al. 1 LTF n'impose aucun mode de communication (BERNARD CORBOZ, in Commentaire de la LTF, 2009, n� 12 ad art. 112). La LDIP ne r�gle pas non plus le mode de communication de la sentence arbitrale. La question d�pend, par cons�quent, au premier chef de la convention des parties ou du r�glement choisi par elles (arr�t 4P. 273/1999 du 20 juin 2000 consid. 5a).
Selon la jurisprudence du Tribunal f�d�ral, le d�p�t d'une �criture par t�l�copie ne permet pas de respecter le d�lai de recours (ATF 121 II 252 consid. 4; arr�t 4A_258/2008 du 7 octobre 2008 consid. 2). Cette m�thode de transmission ne fournit, en effet, aucune assurance quant � la provenance ou � l'int�grit� du document re�u (cf. Message du 28 f�vrier 2001 concernant la r�vision totale de l'organisation judiciaire f�d�rale, FF 2001 4064 in limine). Par identit� de motif, la validit� d'une notification faite par t�l�copie appara�t, elle aussi, probl�matique, hormis les cas d'urgence (YVES DONZALLAZ, Loi sur le Tribunal f�d�ral, 2008, n� 708), m�me si elle ne peut �tre exclue par principe (CORBOZ, ibid.). Le premier de ces deux auteurs pr�conise, en tout cas, une solution consistant � faire partir le d�lai de recours d�s la notification de la d�cision par voie postale, lorsque cette notification fait suite � la transmission d'une copie de la d�cision au moyen d'un t�l�fax (DONZALLAZ, ibid.).
2.3.2 Dans la premi�re �dition de leur ouvrage, deux sp�cialistes de l'arbitrage international �crivaient qu'une communication par fax suffit � faire courir le d�lai de recours (KAUFMANN-KOHLER/RIGOZZI, Arbitrage international, 2006, n� 733). A l'appui de cette opinion, ils citaient, toutefois, un pr�c�dent - l'arr�t 4P.88/2006 du 10 juillet 2006 consid. 2.3 - qui ne tranchait pas la question (arr�t 4A_628/2009 du 17 f�vrier 2010 consid.2). Dans la deuxi�me �dition du m�me ouvrage, publi�e en 2010, ces deux auteurs se montrent moins affirmatifs, puisqu'ils r�servent l'hypoth�se dans laquelle les parties ou le r�glement d'arbitrage pr�voient des modalit�s de notification sp�ciales (op. cit., n� 733). Se r�f�rant � cette r�serve, ils pr�cisent qu'il doit en aller de m�me lorsque le TAS notifie une sentence par fax en indiquant que "l'original sera notifi� par courrier recommand� ult�rieurement". Ils ajoutent que, tant que la question n'aura pas �t� tranch�e par le Tribunal f�d�ral, le recourant prudent calculera n�anmoins le d�lai � partir de la notification par fax (op. cit., p. 465, note de pied n� 524).
R�cemment, le Tribunal f�d�ral s'est pench� sur un cas comparable � celui qui est pr�sentement examin�. A propos de l'art. 55 du R�glement d'arbitrage acc�l�r� de l'Organisation Mondiale de la Propri�t� Intellectuelle (OMPI; ci-apr�s: le R�glement), qui prescrit la notification formelle aux parties d'un original de la sentence comportant la signature de l'arbitre, il a exclu que le d�lai de recours puisse courir � compter de l'envoi de la sentence � titre de pi�ce jointe � un courrier �lectronique, motif pris de ce que semblable communication ne rev�tait pas le caract�re officiel requis par le R�glement (arr�t 4A_582/2009 du 13 avril 2010 consid. 2.1.2, non publi� in ATF 136 III 200). L'art. R31 al. 2 du Code pr�voit que les sentences du TAS sont notifi�es "par un moyen permettant la preuve de la r�ception". Quant � l'art. R59 al. 1 du Code, il exige que la sentence soit sign�e, f�t-ce par le seul pr�sident de la Formation. Dans la continuation du pr�c�dent cit�, et m�me si ces deux dispositions sont moins cat�goriques que l'art. R55 du R�glement, force est d'admettre que la notification par fax d'une sentence du TAS en mati�re d'arbitrage international ne fait pas courir le d�lai de l'art. 100 al. 1 LTF: d'une part, la signature manuscrite ne saurait �tre remplac�e par la signature de l'original de l'acte dont une copie est fax�e aux destinataires de la sentence (cf., mutatis mutandis, l'ATF 121 II 252 consid. 3); d'autre part, le fax n'est g�n�ralement pas un moyen permettant la preuve de la notification.
2.3.3 Appliqu�s au cas particulier, ces principes conduisent la Cour de c�ans � constater que le recours compl�mentaire a, lui aussi, �t� d�pos� en temps utile, c'est-�-dire dans les 30 jours d�s la r�ception du pli recommand� contenant la sentence du 1er juin 2010. On se trouve ici dans le m�me cas de figure que celui �voqu� par les deux auteurs pr�cit�s dans la mesure o�, � cette date-l�, le secr�tariat du TAS a fax� aux int�ress�s une copie de ladite sentence, laquelle n'�tait du reste munie que de la signature du pr�sident de la Formation, en les informant qu'ils recevraient ult�rieurement l'original de la sentence sign� par tous les membres de la Formation.
3.1 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par le Tribunal arbitral (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut rectifier ou compl�ter d'office les constatations des arbitres, m�me si les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ou en violation du droit (cf. l'art. 77 al. 2 LTF qui exclut l'application de l'art. 105 al. 2 LTF). En revanche, comme c'�tait d�j� le cas sous l'empire de la loi f�d�rale d'organisation judiciaire (cf. ATF 129 III 727 consid. 5.2.2; 128 III 50 consid. 2a et les arr�ts cit�s), le Tribunal f�d�ral conserve la facult� de revoir l'�tat de fait � la base de la sentence attaqu�e si l'un des griefs mentionn�s � l'art. 190 al. 2 LDIP est soulev� � l'encontre dudit �tat de fait ou que des faits ou des moyens de preuve nouveaux sont exceptionnellement pris en consid�ration dans le cadre de la proc�dure du recours en mati�re civile (cf. art. 99 al. 1 LTF).
Dans un long pr�ambule, la recourante d�crit l'organisation du football en Suisse de m�me que sa propre organisation (recours, p. 2 � 7). Semblable description ne figure pas comme telle dans la sentence attaqu�e. Dans la mesure o� elle va au-del� des explications fournies � ce sujet par la Formation (sentence, nos 1, 2 et 148), elle ne saurait �tre prise en consid�ration.
Pour la compr�hension des tenants et aboutissants de l'affaire en litige, il suffira de constater, avec la Formation, que "FC Sion Association" (la recourante) est un club de football organis� en association selon le droit suisse (art. 60 ss CC), qui est affili� � l'Association Suisse de Football (ASF) (n� 8040) et dont la premi�re �quipe �volue dans le championnat amateur; que "FC Sion" est le nom g�n�ralement utilis� par un club de football professionnel, constitu� sous la forme d'une soci�t� anonyme de droit suisse (art. 620 ss CO) appel�e Olympique des Alpes SA (ci-apr�s: OLA) et ayant son si�ge social � Martigny-Combe, lequel club dispute le championnat suisse de premi�re division ("Super League"); qu'en 2005-2006, � la suite d'une r�organisation du football suisse, OLA est devenu membre de la "Swiss Football League" (SFL) et, partant, de l'ASF (n� 8700), en prenant la place de FC Sion Association pour l'ensemble du secteur professionnel; enfin, que vis-�-vis de l'ext�rieur (ASF, SFL, m�dias, fans, public), OLA a continu� � appara�tre, dans l'usage courant, sous le nom "FC Sion" qu'elle utilise d'ailleurs r�guli�rement dans ses propres documents.
La recourante avait formul� un premier grief, fond� sur l'art. 190 al. 2 let. a LDIP, en rapport avec la pr�sence de l'arbitre Ulrich Haas au sein de la Formation ayant rendu la sentence attaqu�e. Elle avait �galement requis l'administration de preuves afin d'�tayer le grief en question. Cependant, par lettre du 23 novembre 2010, elle a retir� purement et simplement ce grief. Il n'y a donc pas lieu d'examiner ce moyen, ni de statuer sur l'admissibilit� des preuves propos�es � son appui.
En deuxi�me lieu, la recourante reproche � la Formation d'avoir fond� sa sentence sur un motif juridique impr�visible pour les parties, en violation de son droit d'�tre entendue (art. 190 al. 2 let. d LDIP).
5.1 En Suisse, le droit d'�tre entendu se rapporte surtout � la constatation des faits. Le droit des parties d'�tre interpell�es sur des questions juridiques n'est reconnu que de mani�re restreinte. En r�gle g�n�rale, selon l'adage jura novit curia, les tribunaux �tatiques ou arbitraux appr�cient librement la port�e juridique des faits et ils peuvent statuer aussi sur la base de r�gles de droit autres que celles invoqu�es par les parties. En cons�quence, pour autant que la convention d'arbitrage ne restreigne pas la mission du tribunal arbitral aux seuls moyens juridiques soulev�s par les parties, celles-ci n'ont pas � �tre entendues de fa�on sp�cifique sur la port�e � reconna�tre aux r�gles de droit. A titre exceptionnel, il convient de les interpeller lorsque le juge ou le tribunal arbitral envisage de fonder sa d�cision sur une norme ou une consid�ration juridique qui n'a pas �t� �voqu�e au cours de la proc�dure et dont les parties ne pouvaient pas supputer la pertinence (ATF 130 III 35 consid. 5 et les r�f�rences). Au demeurant, savoir ce qui est impr�visible est une question d'appr�ciation. Aussi le Tribunal f�d�ral se montre-t-il restrictif dans l'application de ladite r�gle pour ce motif et parce qu'il convient d'avoir �gard aux particularit�s de ce type de proc�dure en �vitant que l'argument de la surprise ne soit utilis� en vue d'obtenir un examen mat�riel de la sentence par l'autorit� de recours (arr�ts 4A_254/2010 du 3 ao�t 2010 consid. 3.1, 4A_464/2009 du 15 f�vrier 2010 consid. 6.1 et 4A_400/2008 du 9 f�vrier 2009 consid. 3.1).
5.2 Dans une "Remarque pr�liminaire", la recourante qualifie de "sid�rant", de "burlesque" ou encore de "surr�aliste" le point de vue exprim� par la Formation, reprochant � celle-ci d'avoir sombr� dans "l'absolutisme total" (recours, n. 28 et 29). Plus loin, elle se plaint d'avoir �t� la victime "d'une incongruit� intellectuelle impr�visible" de la part des arbitres (recours, n. 34). Cette mani�re d'argumenter est � la limite de l'inconvenance. Elle ne saurait remplacer, quoi qu'il en soit, une critique intelligible des motifs sur lesquels repose la sentence attaqu�e.
En tout �tat de cause, la recourante conc�de elle-m�me "qu'il n'est probablement pas possible de soutenir ici que la question de la qualit� de partie de la recourante (en instance arbitrale inf�rieure) n'a pas �t� �voqu�e devant le TAS" (recours, n. 34). C'est dire que, de son propre aveu, le moyen fond� sur la jurisprudence susmentionn�e tombe � faux. Il n'y a donc pas lieu de pousser plus avant l'analyse de ce moyen.
En dernier lieu, la recourante fait grief � la Formation d'avoir viol� l'ordre public proc�dural et l'ordre public mat�riel, au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP.
6.1 L'ordre public proc�dural garantit aux parties le droit � un jugement ind�pendant sur les conclusions et l'�tat de fait soumis au Tribunal arbitral d'une mani�re conforme au droit de proc�dure applicable; il y a violation de l'ordre public proc�dural lorsque des principes fondamentaux et g�n�ralement reconnus ont �t� viol�s, ce qui conduit � une contradiction insupportable avec le sentiment de la justice, de telle sorte que la d�cision appara�t incompatible avec les valeurs reconnues dans un Etat de droit (ATF 132 III 389 consid. 2.2.1).
6.2.1 Au titre de la violation de l'ordre public proc�dural, la recourante, reprenant sous un autre angle les arguments qu'elle a avanc�s � l'appui du moyen pr�c�dent, fait valoir que le TAS l'aurait priv�e d'un acc�s � la justice �tatique en confirmant, par une sentence d'irrecevabilit�, une d�cision qui la condamnait solidairement � payer 900'000 euros au club �gyptien. Selon elle, les arbitres auraient ainsi contrevenu de fa�on flagrante aux garanties minimales de proc�dure, en particulier � l'autorit� de la chose jug�e dont �tait rev�tue la d�cision rendue le 16 avril 2009 par la CRL. Le moyen est d�nu� de fondement.
Sans doute un tribunal arbitral viole-t-il l'ordre public proc�dural s'il statue sans tenir compte de l'autorit� de la chose jug�e d'une d�cision ant�rieure (ATF 128 III 191 consid. 4a p. 194). Encore faut-il que cette condition soit r�alis�e. Or, tel n'�tait manifestement pas le cas, en l'esp�ce, puisque la d�cision de la CRL cens�e rev�tue de l'autorit� de la chose jug�e avait fait l'objet de deux appels interjet�s aupr�s du TAS, l'un par la recourante, l'autre par le footballeur �gyptien. Aussi la Formation ne peut-elle se voir reprocher de ne pas s'�tre consid�r�e comme li�e par la d�cision de premi�re instance attaqu�e devant elle.
Pour le surplus, toute l'argumentation de la recourante repose sur la pr�misse selon laquelle ce serait elle qui aurait �t� condamn�e par la CRL � payer 900'000 euros au club intim�. Or, une telle pr�misse est erron�e d�s lors qu'il ressort clairement des explications d�taill�es fournies sur ce point par la Formation que la recourante n'�tait pas partie � la proc�dure de premi�re instance et que la d�cision condamnatoire rendue le 16 avril 2009 visait une autre personne morale, � savoir OLA, c'est-�-dire la soci�t� anonyme constituant la structure juridique du club de football professionnel valaisan qui dispute le championnat suisse de premi�re division. A cet �gard, la conclusion ainsi formul�e par la Formation sous le n. 178 de la sentence attaqu�e est cat�gorique quant � l'identit� de la partie d�fenderesse devant la CRL:
La recourante ne d�montre pas, par une motivation suffisante, en quoi cette conclusion, fond�e sur une pluralit� d'indices et soigneusement motiv�e, serait erron�e. Pour l'infirmer, elle se focalise sur le passage suivant, extrait du consid. 4 de la d�cision de la CRL (p. 6):
Cependant, la Formation a bien expos�, sous le n. 180 de sa sentence, pourquoi le passage cit�, quelque peu obscur il est vrai, ne pouvait pas avoir le sens que la recourante entend lui pr�ter aujourd'hui si on le repla�ait dans son contexte. Et elle est arriv� � la conclusion suivante:
Or, la recourante ne formule pas une critique recevable de cette conclusion lorsqu'elle reproche au TAS d'avoir d�lib�r�ment d�natur� la d�cision de la CRL en invitant "la partie vis�e � lire les consid�rants litigieux � l'envers, pour leur donner une interpr�tation contraire � celle qu'ils ont lorsqu'on les lit � l'endroit" (recours, n. 37; recours compl�mentaire n. 37ter). Peu importe, d�s lors, qu'elle s'en prenne - par hypoth�se � juste titre - � l'argument subsidiaire par lequel la Formation a indiqu� qu'elle arriverait � la m�me conclusion si elle devait juger l'affaire de novo (sentence, n. 180 in fine; recours compl�mentaire, n. 37quater).
De m�me, la recourante attache en vain de l'importance au fait que le Pr�sident suppl�ant de la Chambre arbitrale d'appel du TAS lui a accord� l'effet suspensif, par ordonnance du 7 juillet 2009, en faisant r�f�rence, dans le premier attendu de son prononc�, � la d�cision rendue le 16 avril 2009 par la CRL et "condamnant le FC Sion Association". Il s'agit l�, en effet, d'une d�cision qui a �t� prise � l'issue d'une proc�dure sommaire, laquelle n'abordait pas la question de la qualit� pour agir devant le TAS et ne pouvait lier en aucun cas la Formation, non encore constitu�e, appel�e � statuer sur la recevabilit� de l'appel.
Enfin, que la FIFA n'ait pas conclu express�ment � l'irrecevabilit� de l'appel interjet� par la recourante, comme celle-ci le souligne avec r�f�rences � l'appui (recours, n. 32), n'est pas non plus d�terminant. D'une part, il appartenait au TAS de statuer d'office sur la recevabilit� de l'appel qui lui �tait soumis. D'autre part, la conclusion de la FIFA tendant au rejet de l'appel n'excluait pas que celui-ci f�t �cart� comme �tant irrecevable.
6.2.2 Au titre de l'incompatibilit� de la sentence avec l'ordre public mat�riel, la recourante reproche au TAS d'avoir viol� les r�gles de la bonne foi (recours, n. 38; recours compl�mentaire, n. 37ter et 37quater). Les arguments qu'elle d�veloppe sur ce point ont d�j� �t� r�fut�s dans le cadre du moyen pris de la violation de l'ordre public proc�dural (cf. consid. 6.2.1). Il n'y a donc pas lieu de le faire derechef.
Le pr�sent recours doit ainsi �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Succombant, son auteur paiera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF); il versera, en outre, des d�pens � la FIFA (art. 68 al. 1 et 2 LTF). Le club intim�, qui n'a pas d�pos� de r�ponse, n'a pas droit � une indemnit�.
La recourante versera � la F�d�ration Internationale de Football Association (FIFA) une indemnit� de 6'000 fr. � titre de d�pens.

References: in fine
 art. 76
 art. 112
 ATF 
 ATF 
 art. 99
in fine