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1C_44/2011 (27.09.2011)
1C_44/2011
Arr�t du 27 septembre 2011
MM. les Juges Fonjallaz, Pr�sident, Aemisegger et Raselli.
1. A.________ et consorts,
tous repr�sent�s par Me Sandrine Osojnak, avocate,
Swisscom (Suisse) SA,
toutes deux repr�sent�es par Me Am�d�e Kasser, avocat,
Commune de Pully, avenue du Prieur� 2, case postale 63, 1009 Pully, repr�sent�e par Me Philippe-Edouard Journot, avocat,
D�partement de la s�curit� et de l'environnement du canton de Vaud, Service des for�ts, de la faune et de la nature, chemin de la Vulliette 4, Chalet-�-Gobet, 1014 Lausanne.
Autorisation de construire une installation de t�l�phonie mobile,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 15 d�cembre 2010.
La commune de Pully est propri�taire sur son territoire de la parcelle n� 1942, d'une surface totale de 18'019 m2, dont 1'139 m2 de for�t et 14'910 m2 de place-jardin, le solde �tant construit de plusieurs b�timents d'habitation et garages. Ce bien-fonds est inclus dans le p�rim�tre du plan de quartier "Les Liaudes", approuv� par le Conseil d'Etat du canton de Vaud le 6 janvier 1998 (ci-apr�s: le plan de quartier). Ce plan de quartier comprend un secteur destin� � un habitat group� dans sa partie est, ainsi qu'un parc public dans sa partie ouest. Au sud-ouest du p�rim�tre se trouve une aire de "d�gagements et places d'accueil destin�s � recevoir les places de parc pour voitures". Une surface goudronn�e et cl�tur�e s'�tendant sur cette aire ainsi que sur une partie du parc public est utilis�e comme d�p�t par les services communaux de la voirie.
Du 7 mars au 6 avril 2009, les soci�t�s Swisscom (Suisse) SA et Sunrise Communications SA ont mis � l'enqu�te publique un projet de construction d'une installation de t�l�phonie mobile sur la parcelle n� 1942, avec l'accord de la commune propri�taire. Ce projet pr�voyait la construction de cabines au sol et d'un m�t d'une hauteur de plus de 24 m supportant huit antennes �mettant sur les fr�quences GSM et UMTS - et non pas six, fait rectifi� d'office par le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 2 LTF) -. Cette installation devait prendre place � l'endroit o� est situ� le d�p�t pour la voirie.
Ce projet a suscit� diverses oppositions. La Centrale des autorisations CAMAC a communiqu� les prises de position des services cantonaux et rendu sa synth�se le 5 ao�t 2009: il en ressort que le Service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature, Inspection des for�ts du 5�me arrondissement (ci-apr�s: le Service cantonal des for�ts) a d�livr� l'autorisation sp�ciale requise, soit la d�rogation � la construction d'un ouvrage situ� � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t; le Service cantonal de l'environnement et de l'�nergie (ci-apr�s: le Service cantonal de l'environnement) a quant � lui relev� que les valeurs limites de l'installation et d'immissions d�finies dans l'ordonnance f�d�rale du 23 d�cembre 1999 sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI; RS 814.710) �taient respect�es, tout en imposant diverses exigences.
Le 12 mars 2010, la Municipalit� de Pully a lev� les oppositions et d�livr� le permis de construire requis. Des opposants, dont A.________ et consorts, ont recouru contre cette d�cision aupr�s de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal). Le 4 novembre 2010, le Tribunal cantonal a proc�d� � une inspection locale en pr�sence des parties. Par arr�t du 15 d�cembre 2010, il a rejet� le recours.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ et consorts demandent principalement au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t du Tribunal cantonal, en ce sens que les d�cisions de la Municipalit� de Pully du 12 mars 2010 sont annul�es, la demande de permis de construire litigieuse �tant rejet�e. Ils concluent subsidiairement � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouveau jugement au sens des consid�rants.
Le Service cantonal des for�ts n'a pas de remarque particuli�re � formuler. Dans sa d�termination du 15 f�vrier 2011, le Tribunal cantonal s'est r�f�r� aux consid�rants de son arr�t et a conclu au rejet du recours. Les intim�es, la Municipalit� de Pully et l'Office f�d�ral de l'environnement ont fait de m�me. Par courrier du 21 mars 2011, le Service cantonal de l'environnement a pr�sent� des observations. Le 25 mai 2011, les intim�es ont produit une nouvelle fiche de donn�es sp�cifique au site concernant les stations de base pour t�l�phonie mobile et raccordement sans fil, qui tient compte des remarques de l'Office f�d�ral de l'environnement. Les recourants ont r�pliqu�, par courriers des 27 et 30 mai 2011. Le Service cantonal de l'environnement a produit de nouvelles d�terminations, le 30 mai 2011. Par courrier du 30 ao�t 2011, l'Office f�d�ral de l'environnement a expos� que, m�me si sa prise de position du 11 avril 2011 ne pr�cisait pas que l'installation de t�l�phonie mobile litigieuse se composait de deux antennes UMTS et de trois antennes � deux bandes utilisant simultan�ment les services de radio-communication GSM 1800 et UMTS, il a �t� tenu compte de toutes les antennes et services de radio-communication dans ses calculs. Les recourants ont renonc� � d�poser des d�terminations compl�mentaires, par lettre du 12 septembre 2011.
Par ordonnance du 18 f�vrier 2011, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif, formul�e par les recourants.
La voie du recours en mati�re de droit public au sens de l'art. 82 let. a LTF est ouverte contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) portant sur l'octroi d'une autorisation de construire une installation de t�l�phonie mobile. Les recourants ont particip� � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal; il n'est pas contest� qu'ils sont domicili�s � l'int�rieur du p�rim�tre de 1007,67 m d�fini comme distance maximale pour pouvoir former opposition dans la fiche de donn�es sp�cifiques au site produite par les constructrices. La qualit� pour agir en vertu de l'art. 89 al. 1 LTF doit leur �tre reconnue. Les autres conditions de recevabilit� du recours sont r�unies, de sorte qu'il convient d'entrer en mati�re.
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent de diverses violations de leur droit d'�tre entendus.
2.1 Ils font d'abord valoir une violation de leur droit � la r�plique.
2.1.1 Compris comme l'un des aspects de la notion g�n�rale de proc�s �quitable au sens des art. 29 Cst. et 6 CEDH, le droit d'�tre entendu garantit le droit pour une partie � un proc�s de prendre connaissance de toute argumentation pr�sent�e au tribunal et de se d�terminer � son propos, que celle-ci contienne ou non de nouveaux �l�ments de fait ou de droit, et qu'elle soit ou non concr�tement susceptible d'influer sur le jugement � rendre. Il appartient en effet aux parties, et non au juge, de d�cider si une prise de position ou une pi�ce nouvellement vers�e au dossier contient des �l�ments d�terminants qui appellent des observations de leur part. Ce droit � la r�plique vaut pour toutes les proc�dures judiciaires. Toute prise de position ou pi�ce nouvelle vers�e au dossier doit d�s lors �tre communiqu�e aux parties pour leur permettre de d�cider si elles veulent ou non faire usage de leur facult� de se d�terminer (ATF 133 I 100 consid. 4.3 ss p. 102 ss, 98 consid. 2.2 p. 99; 132 I 42 consid. 3.3.2 - 3.3.4 p. 46 s.; cf. les arr�ts de la Cour europ�enne des droits de l'homme dans les causes Schaller-Bossert contre Suisse du 28 octobre 2010 � 39 s. et Nider�st-Huber contre Suisse du 18 f�vrier 1997, Recueil CourEDH 1997-I p. 101 � 24 ss).
2.1.2 En l'occurrence, m�me si un second �change d'�critures n'a pas �t� formellement ordonn�, les recourants ont d�pos� une �criture finale le 15 novembre 2010. De plus, dans sa d�termination devant le Tribunal de c�ans, le Tribunal cantonal a pr�cis� que les int�ress�s avaient spontan�ment adress�, les 22 octobre et 4 novembre 2010 des �critures compl�mentaires accompagn�es de diverses pi�ces. Enfin, au cours de l'inspection locale du 4 novembre 2010, le pr�c�dent avocat des recourants a demand� � plaider: il a ainsi eu tout loisir de se d�terminer encore une fois sur les arguments des autres parties, de d�velopper ses griefs, d'invoquer de nouveaux moyens et de produire de nouvelles pi�ces. Il r�sulte de ce qui pr�c�de que les recourants ont pu exercer leur droit de r�plique. L'argument doit donc �tre �cart�.
2.2 Les int�ress�s reprochent ensuite � l'instance pr�c�dente de les avoir emp�ch�s de participer � l'administration des preuves.
2.2.1 Le droit d'�tre entendu comprend �galement le droit pour l'int�ress� de prendre connaissance du dossier, d'offrir des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 135 II 286 consid. 5.1 p. 293; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16 et les arr�ts cit�s). Toutefois, le droit d'�tre entendu ne peut �tre exerc� que sur les �l�ments qui sont d�terminants pour d�cider de l'issue du litige. Il est ainsi possible de renoncer � l'administration de certaines preuves offertes, lorsque le fait dont les parties veulent rapporter l'authenticit� n'est pas important pour la solution du cas, lorsque les preuves r�sultent d�j� de constatations vers�es au dossier ou lorsque le juge parvient � la conclusion qu'elles ne sont pas d�cisives pour la solution du litige ou qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236; 131 I 153 consid. 3 p. 157; 125 I 127 consid. 6c/cc in fine p. 135; 124 I 208 consid. 4a p. 211).
2.2.2 Les recourants pr�tendent avoir �t� priv�s de la possibilit� d'�tablir que le p�rim�tre des bancs publics et de la cage de football, situ� � l'ouest du parc public, �tait utilis� par des enfants pour y jouer et devait ainsi �tre consid�r� comme un "lieu � utilisation sensible" (LUS). Ils reprochent au Tribunal cantonal de ne pas avoir donn� suite � leur demande d'audition de t�moins � ce sujet. Ce grief doit �tre d'embl�e rejet�, dans la mesure o� il ressort du proc�s-verbal de l'inspection locale du 4 novembre 2010 - figurant en page 6 de l'arr�t attaqu� - que la Municipalit� de Pully "reconna�t qu'une partie du parc public (en pente) est fr�quemment utilis�e comme terrain de football par les jeunes du quartier, qu'elle y a fait installer une cage de but amovible et que [l'ancien conseil des recourants] renonce par cons�quent � l'audition de t�moins sur cette question".
Sur le fond, les recourants pr�tendent que l'installation de t�l�phonie mobile litigieuse n'est pas conforme � la zone � b�tir, d�s lors que l'endroit o� elle devrait �tre implant�e ne correspond pas � une zone n�cessitant une am�lioration de la couverture du r�seau mobile. Ils se plaignent � cet �gard d'une violation de l'art. 22 al. 2 let. a LAT et d'une application arbitraire de l'art. 48 de la loi vaudoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions du 4 d�cembre 1985 (LATC; RSV 700.11).
3.1 Les installations de t�l�phonie mobile, en tant qu'�l�ments d'infrastructure dans les zones � b�tir, ne peuvent pas �tre admises de fa�on g�n�rale et ind�pendamment de leur affectation. Dans le cadre d'une proc�dure ordinaire d'autorisation, il faut d�montrer qu'elles sont conformes � l'affectation de la zone dans laquelle elles sont construites (art. 22 al. 2 lit. a LAT). A l'int�rieur des zones � b�tir, les installations de t�l�phonie mobile ne peuvent �tre consid�r�es comme conformes � l'affectation de la zone que si leur emplacement et leur configuration sont en rapport fonctionnel direct avec le lieu o� elles doivent �tre construites et si elles desservent essentiellement des terrains dans la zone � b�tir. Une infrastructure peut �tre consid�r�e comme conforme � l'affectation de la zone si, suivant les circonstances, elle �quipe la zone � b�tir dans son entier et pas seulement le secteur en question (ATF 133 II 321 consid. 4.3.2 p. 325).
3.2 En l'esp�ce, les recourants soutiennent que dans la mesure o� l'installation litigieuse devrait �tre implant�e sur une zone � b�tir o� la couverture est jug�e tout � fait suffisante, elle serait uniquement destin�e � combler le manque de couverture d'autres zones � b�tir. Ils d�plorent l'absence de rapport direct et fonctionnel entre l'endroit de l'implantation et l'obligation de desservir avant tout un secteur de la zone � b�tir. Ils perdent de vue cependant qu'il n'est pas indispensable que l'installation de t�l�phonie mobile ne couvre que la zone dans laquelle elle doit �tre �rig�e. Les constructrices ont d�montr�, en produisant les plans de couverture, que l'installation litigieuse �tait destin�e � assurer la couverture du r�seau UMTS non seulement dans les deux secteurs dans lesquels il est actuellement insuffisant, mais �galement dans le secteur concern� par le plan de quartier "Les Liaudes" � l'extr�mit� duquel elle doit �tre �rig�e. C'est donc � juste titre que le Tribunal cantonal a consid�r� que l'installation litigieuse �tait conforme � la zone � b�tir. Le grief de violation de l'art. 22 al. 2 let. a LAT et d'application arbitraire de l'art. 48 LATC doit �tre �cart�.
Les recourants se plaignent d'une application arbitraire de certaines prescriptions du droit cantonal et communal sur la police des constructions.
4.1 Sous r�serve des cas vis�s � l'art. 95 let. c � e LTF, la violation du droit cantonal ou communal ne constitue pas un motif de recours. Elle peut en revanche �tre constitutive d'une violation du droit f�d�ral au sens de l'art. 95 let. a LTF, telle que l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Appel� � revoir l'application faite d'une norme cantonale ou communale sous l'angle de l'arbitraire, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue en derni�re instance cantonale que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut� ou si elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de la d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318 s.; 135 V 2 consid. 1.3 p. 4; 134 I 263 consid. 3.1 p. 266; 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
4.2 Les recourants soutiennent d'abord que l'octroi d'une d�rogation � l'art. 5 du r�glement du plan de quartier, sur la base de l'art. 85 LATC ne peut se justifier par l'int�r�t public � assurer une couverture optimale du r�seau de t�l�phonie mobile, alors que l'installation litigieuse n'a pas pour but de couvrir la zone � b�tir o� elle est sise, aucun manque de couverture n'y �tant � d�plorer.
4.2.1 L'art. 5 du r�glement du plan de quartier pr�cise que "la partie ouest du p�rim�tre du plan de quartier qui n'est pas d�volue � l'habitation est destin�e � un parc public et � d'autres fonctions de loisirs tels que les jardins familiaux".
Conform�ment � l'art. 85 al. 1 LATC, des d�rogations aux plans et � la r�glementation y aff�rente peuvent �tre accord�es par la municipalit� pour autant que des motifs d'int�r�t public ou des circonstances objectives le justifient et � condition qu'elles ne portent pas atteinte � un autre int�r�t public ou � des int�r�ts pr�pond�rants de tiers.
L'art. 34 du r�glement communal de Pully sur l'am�nagement du territoire et des constructions du 12 mars 2001 pr�voit que la municipalit� peut accorder des d�rogations aux dispositions r�glementaires communales dans les limites de l'art. 85 LATC.
4.2.2 Les dispositions exceptionnelles ou d�rogatoires, telles que l'art. 85 LATC, ne doivent pas n�cessairement �tre interpr�t�es de mani�re restrictive, mais selon les m�thodes d'interpr�tation ordinaires. Une d�rogation importante peut ainsi se r�v�ler indispensable pour �viter les effets rigoureux de la r�glementation ordinaire (ATF 120 II 112 consid. 3d/aa p. 114; 118 Ia 175 consid. 2d p. 178/179; 108 Ia 74 consid. 4a p. 79 et les r�f�rences cit�es). En tous les cas, la d�rogation doit servir la loi ou, � tout le moins, les objectifs recherch�s par celle-ci: l'autorisation exceptionnelle doit permettre d'adopter une solution refl�tant l'intention pr�sum�e du l�gislateur s'il avait �t� confront� au cas particulier. L'octroi d'une d�rogation suppose une situation exceptionnelle et ne saurait devenir la r�gle, � d�faut de quoi l'autorit� comp�tente pour d�livrer des permis de construire se substituerait au l�gislateur cantonal ou communal par le biais de sa pratique d�rogatoire (ATF 112 Ib 51 consid. 5 p. 53). Il implique une pes�e entre les int�r�ts public et priv�s de tiers au respect des dispositions dont il s'agirait de s'�carter et les int�r�ts du propri�taire priv� requ�rant l'octroi d'une d�rogation, �tant pr�cis� que des raisons purement �conomiques ou l'intention d'atteindre la meilleure solution architecturale, ou une utilisation optimale du terrain, ne suffisent pas � elles seules � conduire � l'octroi d'une d�rogation (arr�t 1A.22/2004 du 1er juillet 2004 consid. 4.1 et les r�f�rences cit�es).
En mati�re d'installations de t�l�phonie mobile, les prescriptions cantonales et communales relatives aux constructions et � l'am�nagement du territoire doivent en outre respecter les limites du droit f�d�ral telles qu'elles r�sultent en particulier du droit f�d�ral de l'environnement et des t�l�communications: elles ne peuvent notamment pas violer les int�r�ts publics que consacre la l�gislation sur les t�l�communications et doivent tenir compte de l'int�r�t � disposer d'un r�seau de t�l�phonie mobile de bonne qualit� et d'une concurrence efficace entre les fournisseurs de t�l�phonie mobile (art. 1er de la loi sur les t�l�communications du 30 avril 1997 [LTC; RS 784.10]; cf. ATF 133 II 64 consid. 5.3 p. 67; voir aussi Benjamin Wittwer, Bewilligung von Mobilfunkanlagen, 2�me �d. 2008, p. 92 s.).
4.2.3 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a proc�d� � une pes�e des int�r�ts pour arriver � la conclusion que des circonstances exceptionnelles justifiaient cette d�rogation. Il a �cart� l'hypoth�se d'un choix d'implantation par convenance, soulignant au contraire que l'emplacement choisi �tait le fruit d'un compromis entre les zones � b�tir � couvrir et la puissance des antennes: il s'agissait du meilleur emplacement possible en termes de couverture, eu �gard � la topographie accident�e des lieux (vallon travers� par une rivi�re). Si le m�t litigieux ne pouvait pas �tre r�alis� � cet endroit, il serait alors n�cessaire de le remplacer par plusieurs antennes sur d'autres sites � proximit� imm�diate des habitations ou par un seul m�t mais d'une hauteur plus importante afin d'obtenir une couverture radio�lectrique �quivalente. Il existait donc des raisons objectives importantes qui faisaient appara�tre l'emplacement retenu comme plus favorable que d'autres, car il se trouvait � l'endroit le plus �loign� des b�timents d'habitation et permettait de regrouper les antennes de deux op�rateurs diff�rents sur le m�me m�t. L'installation litigieuse r�pondait donc � un besoin.
Les recourants soutiennent au contraire que le choix des intim�es d'implanter une seule installation sur une zone � b�tir d�j� couverte, afin de couvrir deux zones voisines en manque de couverture serait bas� sur des consid�rations purement �conomiques. Ils font aussi valoir que la d�rogation serait arbitraire en raison de l'ill�galit� des travaux d'am�nagement des lieux entrepris par la commune � cet endroit, dont on sait qu'il sert depuis 1950 de d�p�t � la voirie. Selon eux, c'est parce que des travaux ill�gaux y ont �t� ex�cut�s que les juges cantonaux admettent aujourd'hui que l'on peut y greffer une installation de t�l�phonie mobile. Ces critiques ne sont toutefois pas de nature � d�montrer le caract�re manifestement insoutenable de l'argumentation du Tribunal cantonal. En effet, la solution retenue ne m�conna�t pas grandement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, et ne heurte pas de mani�re choquante le sentiment de la justice.
Dans ces conditions, en consid�rant que l'octroi de la d�rogation se justifiait compte tenu des circonstances exceptionnelles - en particulier de la topographie accident�e des lieux - et de l'int�r�t public � assurer une couverture optimale du r�seau de t�l�phonie mobile, le Tribunal cantonal n'a pas fait preuve d'arbitraire. Au demeurant, l'octroi de la d�rogation est conforme au droit f�d�ral de l'environnement et des t�l�communications.
4.3 La construction de l'installation litigieuse, situ�e � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t, requiert l'octroi d'une d�rogation au sens de l'art. 5 al. 2 let. a de la loi foresti�re vaudoise du 19 juin 1996 (LVLFo; RSV 921.01). Les recourants reprochent au Tribunal cantonal de ne pas avoir analys� toutes les conditions pour octroyer ladite d�rogation et soutiennent en particulier que la condition de la lettre a de l'art. 5 al. 2 LVLFo n'est pas remplie.
4.3.1 Aux termes de l'art. 5 al. 1 LVLFo, l'implantation de constructions � moins de 10 m de la lisi�re de la for�t est interdite. L'alin�a 2 de cette disposition pr�voit que le d�partement ou la commune par d�l�gation peut toutefois autoriser des d�rogations lorsque les conditions suivantes sont r�unies: la construction ne peut �tre �difi�e ailleurs qu'� l'endroit pr�vu (let. a); l'int�r�t de sa r�alisation l'emporte sur la protection de l'aire foresti�re (let. b); il n'en r�sulte pas de s�rieux danger pour l'environnement (let. c); l'am�nagement des zones limitrophes r�pond aux conditions de l'article 6 de la pr�sente loi (� savoir que, en principe, l'acc�s du public � la for�t et l'�vacuation des bois doivent �tre garantis) (let. d).
L'art. 5 LVLFo met en oeuvre l'art. 17 de la loi f�d�rale du 4 octobre 1991 sur les for�ts (LFo; RS 921.0), qui pr�voit que les constructions et installations � proximit� de la for�t peuvent �tre autoris�es uniquement si elles n'en compromettent ni la conservation, ni le traitement, ni l'exploitation et que les cantons fixent la distance minimale appropri�e qui doit s�parer les constructions et les installations de la lisi�re de la for�t, cette distance �tant d�termin�e compte tenu de la situation et de la hauteur pr�visible du peuplement.
4.3.2 En l'occurrence, le Tribunal cantonal a retenu que l'implantation de l'�quipement de t�l�phonie mobile litigieux �tait pr�vue sur une place de d�p�t, goudronn�e et cl�tur�e, d�j� construite et empi�tant sur la bande inconstructible de 10 m. Il s'est ralli� � l'avis du Service cantonal des for�ts, selon lequel cet espace de transition ne constituait plus un milieu favorable � la faune et � la flore, du fait de la cl�ture: le projet litigieux ne touchait ainsi aucun site ou biotope prot�g� (cf. art. 5 al. 2 let. c LVLFo). Le Service susmentionn� a d�livr� l'autorisation sp�ciale requise au motif que l'emplacement choisi utilisait de mani�re judicieuse la place de la voirie, se trouvant � l'int�rieur du p�rim�tre d�j� cl�tur� (cf. art. 5 al. 2 let. d LVLFo); par cons�quent, la construction envisag�e n'aggravait pas l'impact d�j� existant sur la for�t, �tant rappel� que le m�t et les antennes seront de couleur verte afin de s'adapter aux boisements pr�sents sur le site (cf. art. 5 al. 2 let. b LVLFo). Enfin, dans la mesure o� la solution retenue n'aura pratiquement aucune incidence sur la for�t, l'int�r�t public � la protection de celle-ci devait c�der le pas aux int�r�ts public et priv� � la r�alisation du projet (cf. art. 5 al. 2 let. b LVLFo).
Quant � la condition que la construction ne puisse �tre �difi�e ailleurs qu'� l'endroit pr�vu (art. 5 al. 2 let. a LVLFo), les juges cantonaux ont admis que des raisons objectives et techniques justifiaient la r�alisation de l'ouvrage projet� � l'emplacement pr�vu, en se r�f�rant aux motifs d�j� �voqu�s dans le cadre de l'application de l'art. 85 LATC (cf. supra consid. 4.2.3). Se r�f�rant � l'inspection des lieux � laquelle ils ont proc�d�, ils ont constat� que m�me si l'on �loignait l'installation de la for�t, cela ne permettrait pas de r�duire la hauteur du m�t; au contraire, un rapprochement du milieu b�ti obligerait les op�rateurs � installer un m�t encore plus haut afin de surplomber les b�timents d'habitation environnants et d'obtenir ainsi la m�me couverture. Ils ont aussi estim� que l'emplacement choisi pr�sentait d'autres avantages: d'un point de vue esth�tique, il permettait la meilleure int�gration possible du m�t d'antennes au site du fait de la faible distance � la for�t.
Le Tribunal cantonal a ainsi implicitement analys� chacune des conditions de l'art. 5 al. 2 LVLFo. Il ne peut lui �tre reproch� d'avoir vers� dans l'arbitraire en confirmant l'octroi de la d�rogation, laquelle de surcro�t est conforme � l'art. 17 LFo.
Les recourants reprochent � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir consid�r� comme un "lieu � utilisation sensible" le p�rim�tre entier de la parcelle n� 1942 et d'avoir retenu que le terrain de jeu mis � disposition des enfants par la commune de Pully �tait un "lieu de s�jour momentan�". Ils font valoir une mauvaise application de l'art. 3 al. 3 ORNI.
5.1 L'art. 11 al. 1 de la loi f�d�rale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement (LPE; RS 814.01) pr�voit que les rayons sont limit�s par des mesures prises � la source (limitation des �missions). Conform�ment � l'art. 4 al. 1 ORNI, les installations doivent �tre construites et exploit�es de telle fa�on que les limitations pr�ventives des �missions d�finies � l'annexe 1 chiffre 64 ne soient pas d�pass�es. Selon l'annexe 1 chiffre 65 ORNI, les valeurs limites de l'installation doivent �tre respect�es dans les lieux � utilisation sensible dans le mode d'exploitation d�terminant. A teneur de l'art. 3 al. 3 ORNI, ces lieux � utilisation sensible (LUS) comprennent les locaux situ�s � l'int�rieur d'un b�timent dans lesquels des personnes s�journent r�guli�rement durant une p�riode prolong�e (let. a), les places de jeux publiques ou priv�es, d�finies dans un plan d'am�nagement (let. b), les parties de terrains non b�tis sur lesquelles des activit�s au sens des let. a et b sont permises (let. c).
Ainsi, les lieux o� les jeunes s�journent r�guli�rement tels que les �coles, les jardins d'enfants et les places destin�es aux jeunes sont consid�r�s comme des lieux � utilisation sensible au sens de l'art. 3 al. 3 ORNI (arr�t du Tribunal f�d�ral 1C_429/2010 du 15 octobre 2010 consid. 7). Selon la Recommandation d'ex�cution de l'ORNI portant sur les stations de base pour t�l�phonie mobile et raccordement sans fil (WLL), �dict�e par l'Office f�d�ral de l'environnement en 2002, "en g�n�ral, les installations sportives et de loisirs ainsi que les piscines ne sont pas consid�r�es comme des LUS" (p. 16). Dans le guide intitul� "T�l�phonie mobile: guide � l'intention des communes et des villes", �dict� en 2010 notamment par l'Office f�d�ral de l'environnement, l'Office f�d�ral de la communication et l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial, "les �coles et jardins d'enfants" sont mentionn�s comme des LUS, mais pas les terrains de sport ou de loisirs (p. 22).
5.2 En l'esp�ce, le Tribunal cantonal a d'abord confirm� la qualification comme "lieu � utilisation sensible" de la place de jeux pour enfants, laquelle est clairement circonscrite et regroupe plusieurs engins de jeux. Il a ensuite distingu� celle-ci de la partie du parc public - comprenant une cage amovible de but de football et deux bancs publics - utilis�e comme terrain de football. Il a consid�r� que cette portion du parc public n'�tait pas r�serv�e exclusivement aux jeunes et n'�tait pas par cons�quent une "place destin�e aux jeunes", mais devait �tre assimil�e � une installation sportive ou de loisirs qui entre dans la cat�gorie des lieux de s�jour momentan� (LSM; cf. art. 13 al. 1 ORNI). Les bancs publics devaient �galement �tre d�finis comme des LSM.
Les recourants ne remettent pas en cause cette appr�ciation de fa�on convaincante. Ils all�guent que l'activit� d�ploy�e � cet endroit correspond � celle � laquelle on s'adonne g�n�ralement dans les places de jeux, qu'il ne s'agit pas d'un terrain de football - il n'y a au demeurant qu'une cage de but -, mais d'un endroit du parc non d�limit� o� les enfants jouent, entre autres, au ballon. Ces �l�ments ne suffisent cependant pas � qualifier la portion ouest du parc public de LUS. Ce d'autant moins que la zone de parc public telle qu'elle est d�finie � l'art. 5 du r�glement du plan de quartier (cf. supra consid. 4.2.1) ne peut pas �tre assimil�e � une place de jeux. Dans ces conditions, � l'instar du Service cantonal de l'environnement, le Tribunal cantonal a jug� � bon droit qu'il se justifiait de qualifier la portion ouest du parc public de lieu de s�jour momentan�. Au demeurant, le permis de construire est assorti de l'obligation pour les intim�es de faire proc�der, � leurs frais, � des mesures de contr�le dans les six mois qui suivent la mise en exploitation des installations dans la configuration d�finie dans la fiche de donn�es sp�cifique. Les r�sultats de ces mesures devront �tre transmis au Service cantonal de l'environnement pour contr�le et � la commune; ces mesures devront �tre effectu�es par un organisme ind�pendant et certifi�. L'installation devra �galement �tre int�gr�e � un syst�me d'assurance qualit�, conforme � la circulaire du 16 janvier 2006 de l'Office f�d�ral de l'environnement.
5.3 Les recourants reprochent aussi au Tribunal cantonal de ne pas avoir ordonn� le calcul du rayonnement du lieu � utilisation sensible situ� � l'angle nord-est du b�timent sis sur la parcelle n� 6602, manifestement plus expos� que l'angle choisi par les intim�es, situ� � l'angle sud du b�timent. Ce grief tombe � faux, dans la mesure o� il ressort de la synth�se CAMAC du 5 ao�t 2009 que le Service cantonal de l'environnement a pr�cis�ment demand� aux constructrices d'effectuer ce calcul: la d�termination compl�mentaire � l'angle nord-est du b�timent a montr� que l'exposition maximale pour le b�timent pr�cit� se situait bien � cet angle et non pas � l'angle sud. De surcro�t, apr�s avoir v�rifi� le pronostic des immissions pour le b�timent sis sur la parcelle n� 6602, l'Office f�d�ral de l'environnement a confirm� devant le Tribunal de c�ans, que l'angle choisi pour le calcul est plus expos� que l'angle nord-est, celui-ci �tant certes situ� plus pr�s de la station �mettrice litigieuse, mais en m�me temps plus en dehors des directions principales de propagation, de sorte que le rayonnement � cet endroit est clairement plus faible qu'au point de calcul.
5.4 Les int�ress�s font enfin grief � l'instance pr�c�dente de ne pas avoir v�rifi� si l'existence d'installations de t�l�phonie mobile avoisinantes avait un impact sur les mesures effectu�es. Il est vrai que le Tribunal cantonal n'a pas proc�d� � cette v�rification. Dans ses d�terminations devant le Tribunal de c�ans, l'Office f�d�ral de l'environnement a toutefois examin� si d'autres installations �mettrices de t�l�phonie mobile existaient � proximit� de l'installation litigieuse, qui devraient �tre trait�es avec celle-ci comme une installation unique au sens de l'ORNI. Il a retenu qu'il n'y en avait pas: le rayon du p�rim�tre pour la prise en compte de ce groupe d'antennes �tait de 152 m et, conform�ment au cadastre des antennes de l'Office f�d�ral de la communication, la station de t�l�phonie mobile la plus proche se situait � environ 360 m de l'endroit planifi�. Le Service cantonal de l'environnement a confirm� cet examen. Ces d�terminations doivent �tre prises en compte. Au demeurant, les recourants ont vu leur droit d'�tre entendus respect� par la possibilit� qui leur a �t� offerte de se d�terminer sur lesdites observations (ATF 133 I 100 consid. 4.8 p.105). Ils supporteront toutefois des frais judiciaires r�duits, le Tribunal cantonal n'ayant pas r�pondu � leur requ�te pertinente (art. 66 al. 1 LTF).
Il s'ensuit que le recours doit �tre rejet�. Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais judiciaires r�duits (art. 65 et 66 LTF). Ils verseront en outre une indemnit� de d�pens aux intim�es, qui ont eu recours � un avocat (art. 68 al. 2 LTF).
Les frais judiciaires r�duits, arr�t�s � 3'000 francs, sont mis � la charge des recourants.
Une indemnit� de 2'000 francs est allou�e aux intim�es � titre de d�pens, � la charge des recourants, solidairement entre eux.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Municipalit� de Pully, au Service de l'environnement et de l'�nergie et au Service des for�ts, de la faune et de la nature du D�partement de la s�curit� et de l'environnement et � la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud, ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement.

References: art. 29
 CourEDH 
in fine
 ATF 
 l'article 6
 art. 5
 art. 5
 art. 5
 art. 5
 art. 13