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Timestamp: 2019-01-21 03:55:54+00:00

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DÉLIMITATION et REPARTITION du territoire de la tribu des Cheurfa-Dahra, province d'Alger.
J'ai l'honneur de placer sous les yeux de votre Majesté le résultat des travaux exécutés par la com­mission administrative d'Alger dans la tribu des CHEURFA-DAHRA, conformément aux dispo­sitions des §§ paragraphes 1 et 2 de l'article 2 du Sénatus-consulte du 22 avril 1863.
Les Cheurfa-Dahra occupent, sur la rive gauche du moyen Isser, un pâté montagneux limité au Nord par les Béni-Amran et les Zouatna-Guébala; à l'Est, par les Sanhadja et les Béni-bel-Hassen: au Sud, par les Cheurfa-Guébala; à l'Ouest, par les Béni-Sliman- Chéraga et les Béni-Amrane.
Après d'infructueux efforts pour arriver à un arrangement à l'amiable, l'autorité a dû, sur la proposi­tion de la commission, tracer entre les propriétés enchevêtrées des tribus une limite définitive qui a été acceptée par les intéressés.
Le sol est très tourmenté, généralement pierreux et déboisé sur les crêtes, mais fertiles dans les val­lées où les indigènes ont utilisés les eaux pour la création de 353 jardins ou orangeries d'un très bon rapport. Ils ont aussi des cultures étendues de légumes et de tabac, et font le commerce du bétail sur une assez grande échelle; c'est à Alger qu'ils écoulent leurs produits.
Ces diverses conditions sont favorables à la formation d'un douar dont les ressources, déjà impor­tantes, s'accroîtront du produit de la location d'un marché, qui est aujourd'hui loué pour la somme de 500 Fr.
2°- 28 parcelles peu importantes, détenues jusqu'à ce jour par la Djemâa et parmi lesquelles figure le Djenan-Sidi-M'barek. Leur surface est de 52 ha. 61 a.. 26 de ces parcelles, comprenant ensemble 49 ha. 96 a., proviennent de habbous de zaouïa, et devraient, à ce titre, faire retour au Domaine; en raison du peu d'importance de ces immeubles, qui sont disséminés dans un pays dif­ficile et affectés depuis de longues années par la Djemâa à des oeuvres pieuses. Le Gouverneur général estime qu'après avoir constaté les droits de l'état, il convient d'en faire abandon au douar, à titre de biens communaux.
N° 501 - DECRET DE DÉLIMITATION.
DU 12 OCTOBRE 1868.
* Vu le Sénatus-consulte du 22 avril 1863 et le règlement d'administration publique du 23 mai suivant relatifs à la constitution de la propriété en Algérie, dans les territoires occupés par les Arabes:
* Vu les instructions générales du 11 juin 1863;
* Vu la loi du 16 juin 1851 sur la constitution de la propriété en Algérie;
* Vu le décret du 7 octobre 1866, qui désigne la tribu des Cheurfa-Dahra, annexe, subdivision et pro­vince d'Alger, pour être soumise aux opérations prescrites par les §§ paragraphes 1 et 2 du Sénatus-consulte du 22 avril 1863;
* Vu les instructions du Gouverneur général de l'Algérie, en date du 1er mars 1865, qui ont fixé la composition des commissions et sous-commissions chargées de l'exécution dudit Sénatus-consulte:
* Vu le rapport de la commission administrative, en date du 10 décembre 1867, sur l'ensemble des opérations de la délimitation;
* Vu le procès-verbal de bornage de la tribu;
* Vu le plan périmètrique à l'appui;
* Vu le procès-verbal établi par le président de la commission administrative, et constatant l'exécution des publications prescrites par l'article 1er du règlement d'administration publique du 23 mai 1863 :
* Vu l'état statistique de la tribu;
* Vu l'avis du conseil du gouvernement;
Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre et sur les propositions du gouverneur général de l'Algérie,
AVONS DECRETE ET DECRETONS CE QUI SUIT:
Art. 1er. - Le territoire de la tribu des CHEURFA-DAHRA, annexe, subdivision et province d'Alger, comprenant une superficie de onze mille deux cent quatre-vingt dix-sept hectares cinquante-cinq ares (Il 297 ha. 55 a.) est définitivement délimité conformément aux indications contenues dans les divers documents ci-dessus visés.
Art. 2., - Notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre et le Gouverneur général de l'Algérie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Biarritz, le 12 octobre 1868.
N° 502. - DECRET DE RÉPARTITION.
12 OCTOBRE 1868.
* Vu le Sénatus-consulte du 22 avril 1863 et le règlement d'administration publique du 23 mai suivant, relatif à la constitution de la propriété en Algérie, dans les territoires occupés par les Arabes;
* Vu le décret du 7 octobre 1866, qui désigne la tribu des Cheurfa-Dahra, annexe, subdivision et pro­vince d'Alger, pour être soumise eaux opérations prescrites par les §§ 1 et 2 du Sénatus-consulte du 22 avril 1863;
* Vu les instructions du Gouverneur général de l'Algérie, en date du 1er mars 1865, qui ont fixé la composition des commissions et sous-commissions chargées de l'exécution dudit Sénatus-consulte;
* Vu le décret, en date de ce jour, qui fixe la délimitation du territoire de la tribu;
* Vu le rapport de la commission administrative, en date du 10 décembre 1867, sur la répartition de territoire en douar et la reconnaissance des différents groupes de terrains;
* Vu le plan d'ensemble à l'appui;
* Vu l'arrêté constitutif de la Djemâa de la tribu;
* Vu les bulletins portant détermination des différents groupes de terres contenus dans la tribu
Art. 1er - Le territoire des CHEURFA-DAHRA, annexe, subdivision et province d'Alger, délimité par notre décret en date de ce jour, est définitivement constitué, conformément aux propositions contenues dans les documents sus-visés, en un douar qui prend le nom de Douar Guerrouma, composé comme il suit:
Melks (propriétés privées)
Biens communaux : Cimetières 19 74 20
Immeubles divers 52 61 00
Art. 2. - Le Domaine est relevé de la déchéance qu'il a encourue pour n'avoir pas revendiqué, dans les délais fixés, une superficie de quarante-neuf hectares quatre-vingt seize ares (49 ha. 96 a.). formée de 26 parcelles d'origine habbous. Ces 26 parcelles sont déclarées domaniales et aban­données au douar de Guerrouma pour constituer des biens communaux.
Art. 3. - Notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre et le Gouverneur général de l'Algérie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Signé: NIEL.
Un peu isolés au milieu des montagnards remuants, les caïds turc sentirent la nécessité de s'appuyer sur les personnages religieux; ils cédèrent de belles et bonnes terres autour de la zmala aux Marabouts qui établirent des fermes ou Azibes, d'où le nom de Azbaouat que porte encore aujour­d'hui une fraction, et ils leur reconnurent de nombreux privilèges ou franchises dont quelques chartes revêtues des sceaux des pachas ont échappé aux razzias et se trouvent encore aux mains des marabouts.
La guerre de la conquête Française marque, ici comme ailleurs, la décadence des familles Cheurfa. Dans ses démêlés avec Ben Salem, notre Khalifa Si Mohamed Ben Mahieddine dirigeait de pré­ference ses coups de mains sur les zaouïas florissantes des Cheurfa; ceux-ci se les rappellent encore aujourd'hui avec amertume; ils énumèrent leurs pertes et insinuent que, Si Mohamed ben Mahieddine était un homme d'ordre, on trouverait peut-être bien à la zaouïa des Béni-Slimane (douar Tourtatsine, commune de Tablat), bon nombre de titres authentiques qu'ils regrettent.
Quoi qu'il en soit, les familles Cheurfa sont aujourd'hui pauvres; les quêtes ne sont pas productives, leur récoltes suffisent à peine pour leur nourriture et les fellahs des Béni-Djâad, autrefois leurs serviteurs dévoués, ont su profiter de cet état de choses pour acquérir à bon marché une bonne partie de leur patrimoine et s'enrichir ainsi à leur dépens. Les groupes Cheurfa existant aujour­d'hui sont les suivants:
les Ouled Si Mohammed ben Abd Allah de Babor qui comptent 08 ou 09 maisons et ont une maigre zaouïa fréquentée par une vingtaine de Tolbas ou de jeunes enfants.
Parmi les fractions Béni-Djâad autochtones, l'une (Djouadja) s'était exclusivement reconnue comme serviteur des Marabouts de Babor ; les autres (Ouled Aïssa, Abd Ennour, Béni-Anane, Bâassem et Ferkioua) avaient conservé une certaine indépendance; enfin, celle des Azbaouates se compo­se des anciens tenanciers des Marabouts devenus propriétaires par achats ou restés fermiers comme jadis.
La sous-commission chargée de l'application du Sénatus-consulte aux Cheurfa a procédé à la déli­mitation de la tribu le 13 juin 1867 et les jours suivants.
La limite avec la tribu des béni-Amrane (douar Boukram) était déjà établi par le procès-verbal de bornage de cette dernière tribu; la délimitation avec les Cheurfa du Sud. les Béni Bel Hassen et les Sanhadja de la subdivision d'Aumale n'a soulevé aucune difficulté: mais il s'est élevé entre les Cheurfa et les Béni-Slimane Chéraga un différend très vif au sujet de la possession de villages et de leurs dépendances. La commission, après avoir épuisé tous les moyens de conciliation a dû prendre elle-même une décision en s'inspirant des tendances des populations en cause et de l'as­pect topographique du pays; elle a été assez heureuse pour que la solution adoptée par elle ait été acceptée sinon avec joie, du moins avec franchise par les deux tribus en litige (voir annexe au mémoire descriptif des limites).

References: l'article 2
 l'article 1

Art. 1

Art. 2

Art. 1

Art. 2

Art. 3