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COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L HOMME EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS - PDF
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Emma Marois
1 CONSEIL DE L EUROPE COUNCIL OF EUROPE COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L HOMME EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS DEUXIÈME SECTION AFFAIRE VALENTINI c. ITALIE (Requête n o 40664/05) ARRÊT STRASBOURG 10 mars 2009 Cet arrêt deviendra définitif dans les conditions définies à l'article 44 2 de la Convention. Il peut subir des retouches de forme.
2 ARRÊT VALENTINI c. ITALIE 1 En l'affaire Valentini c. Italie, La Cour européenne des droits de l'homme (deuxième section), siégeant en une chambre composée de : Françoise Tulkens, President, Ireneu Cabral Barreto, Vladimiro Zagrebelsky, Danut Jočien, Dragoljub Popović, András Sajó, Nona Tsotsoria, judges, et de Sally Dollé, greffière de section, Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 17 février 2009, Rend l'arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1. A l'origine de l'affaire se trouve une requête (n o 40664/05) dirigée contre la République italienne et dont un ressortissant de cet Etat, M. Giovanni Valentini («le requérant»), a saisi la Cour le 4 novembre 2005 en vertu de l'article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales («la Convention»). 2. Le requérant est représenté par M e G. Beatrice, avocat à Bénévent. Le gouvernement italien («le Gouvernement) a été représenté successivement par ses agents, MM. I.M. Braguglia et R. Adam et M me E. Spatafora, et ses coagents, MM. V. Esposito et F. Crisafulli, ainsi que par son coagent adjoint, M. N. Lettieri. 3. Le 9 mars 2007, le président de la deuxième section a décidé de communiquer les griefs tirés des articles 6 1, 8 et 13 de la Convention au Gouvernement. Comme le permet l'article 29 3 de la Convention, il a en outre été décidé que la Chambre se prononcerait en même temps sur la recevabilité et le fond. EN FAIT I. LES CIRCONSTANCES DE L'ESPÈCE 4. Le requérant est né en 1952 et réside à Bénévent. 5. Par un jugement déposé le 2 février 1987, le tribunal de l'aquila déclara la faillite de la société V.C.M. S.n.c. ainsi que la faillite personnelle du requérant.
3 ARRÊT VALENTINI c. ITALIE 2 6. A la suite de cette déclaration, le requérant fut soumis à une série d'incapacités personnelles et patrimoniales, telles que la limitation de son droit à la correspondance, de ses biens et de sa liberté de circulation, conformément aux article 48, 42 et 49 du décret royal n o 267 du 16 mars 1942 (ci-après «la loi sur la faillite») ainsi qu'à la limitation de son droit de vote. 7. A une date non précisée postérieure à la déclaration de faillite, le greffe du tribunal inscrivit le nom du requérant dans le registre des faillis, au sens de l'article 50 de la loi sur la faillite. En raison de cette inscription, le requérant fut soumis automatiquement à une série d'autres incapacités personnelles réglementées par la législation spéciale (voir Campagnano c. Italie, n o 77955/01, 54, 23 mars 2006). 8. A la différence des incapacités dérivant de la déclaration de faillite (qui se terminent avec la clôture de la procédure), les incapacités découlant de l'inscription du nom du failli dans le registre ne cessent qu'une fois obtenue l'annulation de cette inscription. 9. Cette annulation a lieu avec la réhabilitation civile, laquelle, au-delà des hypothèses de paiement intégral des créances et d'exécution régulière du concordat de faillite, ne peut être demandée que par le failli ayant fait preuve d'une «bonne conduite effective et constante» pendant au moins cinq ans à compter de la clôture de la procédure (article 143 de la loi sur la faillite). 10. Le 24 mars 2005, le syndic remit le projet de répartition finale de l'actif de la faillite. 11. Par une décision du tribunal du 1 er juillet 2005, la procédure de faillite fut close. II. LE DROIT INTERNE PERTINENT 12. Le droit interne pertinent est décrit dans les arrêts Campagnano c. Italie (précité, 19-22), Albanese c. Italie (n o 77924/01, 23-26, 23 mars 2006) et Vitiello c. Italie (n o 77962/01, 17-20, 23 mars 2006). EN DROIT 13. Invoquant les articles 8 et 10 de la Convention, 1 du Protocole n o 1 à la Convention et 2 du Protocole n o 4 à la Convention, le requérant se plaint de la violation de son droit au respect de sa correspondance et de sa liberté d'expression, de son droit au respect des biens et de sa liberté de circulation, notamment en raison de la durée de la procédure. Le Gouvernement conteste cette thèse. En ce qui concerne ces griefs, la Cour considère que le requérant aurait pu efficacement introduire un recours devant la cour d'appel compétente conformément à la loi Pinto (voir Sgattoni c. Italie, n o 7131/01, arrêt du
4 ARRÊT VALENTINI c. ITALIE 3 15 septembre 2005, 48). Elle constate donc que cette partie de la requête est irrecevable pour non-épuisement des voies de recours internes et doit être rejetée conformément à l'article 35 1 et 4 de la Convention (voir, parmi beaucoup d'autres, Albanese c. Italie, précité, 38 et 39, Collarile c. Italie, précité, 20 et Falzarano et Balletta c. Italie, n o 6683/03, 31, 12 juin 2007). 14. Invoquant l'article 3 du Protocole n o 1 à la Convention, le requérant se plaint de la limitation de son droit de vote suite à sa mise en faillite. Le Gouvernement conteste ces allégations. La Cour note que la perte des droits électoraux suite à la mise en faillite ne peut pas excéder cinq ans à partir de la date du jugement déclarant la faillite. Or, ce jugement ayant été déposé le 2 février 1987, le requérant aurait dû introduire son grief au plus tard le 2 août 1992, compte tenu aussi du délai de six mois prévu par l'article 35 1 de la Convention. La requête ayant été introduite le 4 novembre 2005, la Cour considère que ce grief est tardif et doit être rejeté conformément à l'article 35 1 et 4 de la Convention. 15. Invoquant l'article 8 de la Convention, sous l'angle du droit au respect de la vie privée et familiale, le requérant se plaint également des incapacités dérivant de l'inscription de son nom dans le registre des faillis et du fait que, selon l'article 143 de la loi sur la faillite, la réhabilitation, qui met fin à ces incapacités, ne peut être demandée que cinq ans après la clôture de la procédure. Le Gouvernement s'oppose à ces arguments. Quant à la partie de ce grief portant sur le droit au respect de la vie familiale, la Cour note que le requérant a omis de l'étayer et décide de le rejeter pour défaut manifeste de fondement selon l'article 35 3 et 4 de la Convention. Quant au restant du grief portant sur le droit au respect de la vie privée, la Cour constate que ce grief ne se heurte à aucun des motifs d'irrecevabilité inscrits à l'article 35 4 de la Convention. Il convient donc de le déclarer recevable. 16. En ce qui concerne le fond, la Cour constate avoir déjà traité d'affaires soulevant des questions semblables à celles du cas d'espèce et a constaté la violation de l'article 8 de la Convention, étant donné qu'une telle ingérence n'était pas «nécessaire dans une société démocratique» au sens de l'article 8 2 de la Convention (voir, parmi beaucoup d'autres, Campagnano c. Italie, précité, 50-66, Albanese c. Italie, précité, et Vitiello c. Italie, précité, 44-62). La Cour a examiné la présente affaire et considère que le Gouvernement n'a fourni aucun fait ni argument convaincant pouvant mener à une conclusion différente dans le cas présent. La Cour estime donc qu'il y a eu violation de l'article 8 de la Convention. 17. Invoquant les articles 6 1 et 13 de la Convention, le requérant se plaint de ne pas disposer d'un recours effectif pour se plaindre des incapacités le touchant tout au long de la procédure de faillite.
5 ARRÊT VALENTINI c. ITALIE 4 Le Gouvernement conteste ces allégations. La Cour note d'emblée que ce grief doit être analysé uniquement sous l'angle de l'article 13 de la Convention (voir Bottaro c. Italie, n o 56298/00, du 17 juillet 2003). Ensuite, quant à la partie du grief lié à ceux concernant la limitation prolongée du droit au respect des biens (article 1 du Protocole n o 1 à la Convention), de la correspondance (articles 8 et 10 de la Convention) et de la liberté de circulation du requérant (article 2 du Protocole n o 4 à la Convention), la Cour rappelle avoir conclu ci-dessus à l'irrecevabilité de ces griefs. Elle estime donc que, ne s'agissant pas de griefs «défendables» au regard de la Convention, cette partie du grief tiré de l'article 13 de la Convention doit être rejetée comme étant manifestement mal fondée selon l'article 35 3 et 4 de la Convention. Quant à la partie du grief portant sur l'absence d'un recours effectif pour se plaindre des incapacités personnelles dérivant de l'inscription du nom du failli dans le registre des faillis et perdurant jusqu'à l'obtention de la réhabilitation civile, la Cour constate que ce grief ne se heurte à aucun des motifs d'irrecevabilité inscrits à l'article 35 4 de la Convention. Il convient donc de le déclarer recevable. 18. En ce qui concerne le fond, la Cour relève avoir déjà traité d'affaires soulevant des questions semblables à celles du cas d'espèce et a constaté la violation de l'article 13 de la Convention (voir, parmi beaucoup d'autres, Bottaro c. Italie, précité, et Campagnano c. Italie, précité, 67-77). La Cour a examiné la présente affaire et considère que le Gouvernement n'a fourni aucun fait ni argument convaincant pouvant mener à une conclusion différente dans le cas présent. Partant, la Cour conclut qu'il y a eu violation de l'article 13 de la Convention. 19. Enfin, en ce qui concerne l'application de l'article 41 de la Convention, le requérant réclame ,87 euros (EUR) à titre de dédommagement matériel et EUR à titre de dédommagement moral pour les préjudices qu'il aurait subis ainsi que ,19 EUR pour les frais et dépens engagés devant la Cour. Le Gouvernement s'oppose à ces prétentions. N'apercevant pas de lien de causalité entre les violations constatées et le dommage matériel allégué, la Cour rejette la première demande. Quant au préjudice moral, elle estime que, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'affaire, les constats de violation figurant dans le présent arrêt fournissent en eux-mêmes une satisfaction équitable suffisante. Quant au frais et dépens, selon la jurisprudence de la Cour, un requérant ne peut obtenir le remboursement de ses frais et dépens que dans la mesure où se trouvent établis leur réalité, leur nécessité et le caractère raisonnable de leur taux. En l'espèce et compte tenu des documents en sa possession et des critères susmentionnés, la Cour estime raisonnable la somme de EUR et l'accorde au requérant, assortie d'intérêts moratoires d'un taux égal à
6 ARRÊT VALENTINI c. ITALIE 5 celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne majoré de trois points de pourcentage. PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L'UNANIMITÉ, 1. Déclare la requête recevable quant aux griefs tirés des articles 8 de la Convention (quant au droit au respect de la vie privée) et 13 de la Convention (quant à l'absence d'un recours pour se plaindre des incapacités personnelles dérivant de l'inscription du nom du failli dans le registre des faillis) et irrecevable pour le surplus ; 2. Dit qu'il y a eu violation de l'article 8 de la Convention ; 3. Dit qu'il y a eu violation de l'article 13 de la Convention ; 4. Dit que les constats de violation figurant dans le présent arrêt fournissent par eux-mêmes une satisfaction équitable suffisante pour le dommage moral ; 5. Dit a) que l'etat défendeur doit verser au requérant, dans les trois mois à compter du jour où l'arrêt sera devenu définitif conformément à l'article 44 2 de la Convention, EUR (deux mille euros) pour frais et dépens, plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par le requérant ; b) qu'à compter de l'expiration dudit délai et jusqu'au versement, ce montant sera à majorer d'un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage ; 6. Rejette la demande de satisfaction équitable pour le surplus. Fait en français, puis communiqué par écrit le 10 mars 2009, en application de l'article 77 2 et 3 du règlement. S. DOLLE F. TULKENS Greffière Présidente
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A R R E T. En cause : la question préjudicielle posée par le Conseil d'etat en cause de R. Louvigny contre l'etat belge.
Numéro du rôle : 599 Arrêt n 25/94 du 22 mars 1994 A R R E T En cause : la question préjudicielle posée par le Conseil d'etat en cause de R. Louvigny contre l'etat belge. La Cour d'arbitrage, composée

References: l'article 44
 l'article 34
 l'article 29
 l'article 50
 l'article 35
 l'article 3
 l'article 35
 l'article 35
 l'article 8
 l'article 143
 l'article 35
 l'article 35
 l'article 8
 l'article 8
 l'article 8
 l'article 13
 l'article 13
 l'article 35
 l'article 35
 l'article 13
 l'article 13
 l'article 41
 l'article 8
 l'article 13
 l'article 44
 l'article 77
 l'article 44
 l'article 7
 Art. 93
 l'article 12