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Timestamp: 2016-10-26 21:06:41+00:00

Document:
Soci�t� Y.________, intim�e,
repr�sent�e par Me Jacques Berta.
�vacuation imm�diate,
A.a Les �poux H.X.________ et F.X.________ ont souscrit et lib�r� des parts sociales de la Soci�t� Y.________ (ci-apr�s: la coop�rative) � concurrence de 2'200 fr. Selon ses statuts, cette soci�t� a "pour but de procurer � ses membres des logements familiaux salubres, agr�ables et � bon march� dans des quartiers urbains" (art. 2); les appartements sont destin�s � �tre lou�s en priorit� aux membres de la coop�rative (art. 3); un membre de la coop�rative peut en �tre exclu lorsqu'il agit intentionnellement en contradiction avec les statuts ou avec les d�cisions obligatoires des organes comp�tents de la soci�t� ou pour d'autres justes motifs (art. 10 al. 1 let. b et c).
A la suite de l'acquisition de ces parts sociales, la coop�rative a remis � bail aux �poux H.X.________ et F.X.________ (ci-apr�s: les locataires) un appartement de trois pi�ces et deux chambrettes au 3e �tage de l'immeuble dont elle est propri�taire � la rue ..., � Gen�ve. Le bail �tait conclu pour la p�riode du 1er novembre 2000 au 31 octobre 2001 et se renouvelait ensuite tacitement d'ann�e en ann�e; en dernier lieu, le loyer annuel s'�levait � 8'736 fr., sans les charges. Parall�lement, un autre contrat a �t� conclu entre les parties portant sur la location d'une place de stationnement.
A.b Le 27 mars 2002, la coop�rative a inform� les locataires qu'elle avait re�u des plaintes de leurs voisins, d�rang�s notamment par des cris, des �clats de voix, ainsi que par leur attitude agressive, et les a mis en demeure de mettre un terme � leur comportement, sous menace de r�siliation du bail pour justes motifs.
Par deux fois, les 21 mai 2003 et 1er septembre 2003, la coop�rative a interpell� les locataires au sujet d'objets personnels qu'ils avaient entrepos�s dans le garage � v�los commun.
Le 16 f�vrier 2004, plusieurs locataires ont adress� au g�rant de l'immeuble une p�tition pour se plaindre du comportement adopt� par la famille X.________ � l'�gard du responsable du service d'immeuble.
Par lettre recommand�e du 26 f�vrier 2004, la coop�rative a invit� les �poux X.________ � prendre contact avec son pr�sident; il leur �tait reproch� le d�p�t d'objets personnels sur le palier et dans les locaux communs au sous-sol, leur vulgarit� et agressivit� verbale, en particulier � l'encontre de la concierge de l'immeuble, ainsi que des cris provenant de leur appartement qui perturbaient la tranquillit� des voisins.
Les �poux X.________ n'ont pas r�pondu � l'invitation et la coop�rative leur a adress� un nouveau courrier recommand�, le 16 avril 2004, les mettant en garde que le conseil d'administration de la coop�rative avait pris la d�cision irr�vocable de r�silier le bail si leur comportement suscitait de nouvelles plaintes; il leur �tait � nouveau reproch� leur comportement vis-�-vis du voisinage en g�n�ral, singuli�rement � l'�gard de la concierge, le bruit provenant de leur logement, ainsi que leur sans-g�ne dans l'utilisation de la buanderie, le linge restant fr�quemment 24 heures dans la machine avant d'�tre sorti et suspendu plusieurs jours sur l'�tendage.
Au d�but de l'ann�e 2006, des locataires se sont plaints une nouvelle fois aupr�s des membres du conseil d'administration de la coop�rative du comportement bruyant adopt� par les �poux X.________.
Le 15 f�vrier 2006, le conseil d'administration a pris la d�cision de charger le g�rant de l'immeuble de r�silier, pour justes motifs et pour la prochaine �ch�ance l�gale, le bail de la famille X.________. En revanche, le conseil d'administration n'a pas prononc� l'exclusion des coop�rateurs de la soci�t�.
Le 7 mars 2006, des avis de r�siliation du bail ont �t� adress�s tant � H.X.________ qu'� F.X.________ aussi bien pour l'appartement (� l'�ch�ance du 31 octobre 2006) que pour la place de stationnement (� l'�ch�ance du 15 novembre 2006). La r�siliation �tait fond�e sur les nuisances au voisinage (bruit, encombrement du palier, non-respect des r�gles d'utilisation des parties communes) et se r�f�rait aux mises en demeure des 26 f�vrier et 16 avril 2004.
Les locataires ont requis l'annulation du cong�, tandis que la coop�rative a demand� leur �vacuation. Les deux causes ont �t� jointes devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Gen�ve. Se fondant sur deux t�moignages, le tribunal a retenu que les �poux X.________ se disputaient fr�quemment et si violemment que cela effrayait les enfants; sur la base de six t�moignages, il a �galement constat� qu'ils s'en prenaient au concierge de l'immeuble. Par jugement du 9 mars 2009, le tribunal a d�clar� valable le cong� donn� aux locataires et a ordonn� leur �vacuation, consid�rant qu'ils avaient manqu� d'�gards envers leurs voisins, en adoptant, de mani�re persistante, un comportement tr�s bruyant et une attitude agressive et irrespectueuse.
Saisie d'un appel �manant des locataires, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers a confirm� ce jugement par arr�t du 5 octobre 2009.
H.X.________ et F.X.________ exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t pr�cit�. Hormis quelques critiques concernant l'�tablissement des faits, les recourants soutiennent principalement que la coop�rative ne pouvait pas r�silier le bail avant de les avoir exclus de la soci�t� coop�rative. Ils concluent, principalement, � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au constat que le cong� est nul, subsidiairement au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale. Ils ont par ailleurs sollicit� l'effet suspensif qui leur a �t� accord� par ordonnance pr�sidentielle du 3 d�cembre 2009.
1.1 S'agissant d'une affaire p�cuniaire dans le domaine du bail � loyer, le recours en mati�re civile n'est en principe recevable que si la valeur litigieuse atteint le seuil de 15'000 fr. (art. 74 al. 1 let. a LTF). En cas de contestation d'un cong�, il faut additionner les loyers de la p�riode pendant laquelle le contrat subsiste n�cessairement, en supposant que l'on admette la contestation, et qui s'�tend jusqu'au moment pour lequel un nouveau cong� aurait pu �tre donn� ou l'a �t� effectivement (ATF 119 II 147 consid. 1; 111 II 384 consid. 1); lorsque la contestation �mane du locataire - comme c'est le cas en l'esp�ce -, il faut donc au moins compter trois ans de loyer en raison de la p�riode de protection pr�vue par l'art. 271a al. 1 let. e CO. Le loyer annuel de l'appartement s'�levant � 8'736 fr., la valeur litigieuse requise est atteinte
Interjet� par les parties qui ont succomb� dans leurs conclusions tendant � l'annulation du cong� re�u (art. 76 al. 1 LTF), et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF), le recours est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 135 III 397 consid. 1.4 et l'arr�t cit�). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 III 397 consid. 1.4). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire (ATF 135 III 127 consid. 1.5 p. 130, 397 consid. 1.5) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). La partie recourante qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui contenu dans la d�cision attaqu�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 et 6.2). De surcro�t, une correction de l'�tat de fait ne peut �tre demand�e que si elle est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
En l'esp�ce, les recourants font valoir que la cour cantonale a pu �tre influenc�e par une p�tition des voisins du 15 d�cembre 2006, alors que les signataires n'ont pas assist� � l'incident qui l'a occasionn�e, lequel ne serait pas �tabli. Il n'y a pas lieu de compl�ter l'�tat de fait sur ce point, parce que cette p�tition ne joue manifestement pas un r�le d�cisif (art. 97 al. 1 LTF). Les recourants ne contestent pas que F.X.________ a eu des altercations avec une locataire de l'immeuble. Le cong� a �t� valid� en raison d'exc�s de bruit persistants, d'altercations r�p�t�es et de nombreux irrespects de l'ordre de la maison. Il s'agit donc d'un ensemble de faits, qui ne sont pas vraiment contest�s dans le recours. La cour cantonale a retenu - sans que les recourants n'invoquent l'arbitraire - que des locataires se sont plaints une nouvelle fois au d�but de l'ann�e 2006, ce qui a provoqu� les r�siliations du 7 mars 2006. On ne voit pas que cette p�tition du 15 d�cembre 2006, qui n'est m�me pas mentionn�e dans l'arr�t cantonal, puisse jouer un quelconque r�le pour appr�cier la validit� des cong�s intervenus plus de neuf mois auparavant. La discussion concerne donc un fait impropre � influer sur le sort de la cause.
Contrairement � ce que soutiennent les recourants, il n'y a rien d'arbitraire � pr�f�rer une d�position faite sous la foi du serment et sous le contr�le du juge � une d�claration �crite ant�rieure obtenue par une partie, tant il est notoire qu'il peut �tre difficile, en t�te-�-t�te, de refuser de signer un document.
Que diff�rents voisins n'aient pas assist� aux altercations entre F.X.________ et une locataire tierce ne permet pas de d�duire que ces altercations n'ont pas eu lieu, ce d'autant plus que les recourants eux-m�mes admettent un certain nombre de disputes. L'argumentation pr�sent�e ne permet pas d'�tablir que l'�tat de fait a �t� dress� de mani�re arbitraire par la cour cantonale. Les recourants tentent seulement, de mani�re appellatoire, d'extraire certains �l�ments du dossier dans l'espoir de minimiser les reproches qui leur sont adress�s. Il n'y a rien l� qui permette de conclure � l'arbitraire, si bien que le raisonnement juridique doit �tre conduit sur la base de l'�tat de fait retenu par la Chambre d'appel.
2.1 Les recourants soutiennent que leur bail ne pouvait pas �tre r�sili� avant qu'ils n'aient �t� exclus de la soci�t� coop�rative.
La cour cantonale a estim� au contraire que les deux rapports juridiques �taient en l'esp�ce ind�pendants et qu'il ne s'agissait pas d'un contrat mixte. Elle en a d�duit que l'interf�rence r�sultant de leur finalit� �tait respect�e, �tant donn� que les motifs de r�siliation du bail permettaient aussi l'exclusion de la soci�t� coop�rative.
2.2 Le coop�rateur-locataire et la coop�rative d'habitation sont li�s par deux rapports de droit: un rapport corporatif, de caract�re social, qui se cr�e entre la soci�t� coop�rative et son nouveau membre lors de l'acquisition de la qualit� d'associ� (art. 839 ss CO), d'une part, et un rapport d'obligation, de caract�re individuel, qui r�sulte de la conclusion du contrat de bail � loyer par la soci�t� coop�rative avec ce nouveau membre (art. 253 ss CO), d'autre part (ATF 134 III 159 consid. 5.2.3 p. 163).
2.3 Ces deux rapports juridiques, fond�s l'un et l'autre sur un accord des volont�s, g�n�rent certaines interf�rences, essentiellement au stade de la r�siliation, en raison de la convergence des buts. En effet, celui qui adh�re � une coop�rative d'habitation agit pour obtenir ainsi l'usage d'un logement et la soci�t� coop�rative a elle-m�me pour but de procurer des logements � ses membres. Par le contrat de bail, la soci�t� coop�rative c�de l'usage d'un logement d�termin�, moyennant l'engagement du locataire de payer le loyer. D�s lors qu'il a acquis des parts sociales (et effectu� normalement pour cela une mise de fonds), le coop�rateur-locataire se retrouve membre de la soci�t� qui est propri�taire de l'immeuble. La r�siliation unilat�rale du bail par la coop�rative d'habitation a pour effet de priver le coop�rateur-locataire contre sa volont� de l'usage du logement et de faire dispara�tre ainsi au moins l'essentiel de son int�r�t � �tre membre de la soci�t� coop�rative. Pour tenir compte de cette interf�rence entre les deux rapports juridiques, la jurisprudence a admis, sous r�serve de dispositions particuli�res dans le contrat de bail, que la r�siliation du bail ne pouvait intervenir que pour un motif qui permettrait �galement l'exclusion de la soci�t� coop�rative pour un juste motif ou pour un autre motif statutaire; dans le syst�me de la coop�rative d'habitation, la possibilit� de r�silier librement le bail en respectant le terme et l'�ch�ance convenus est donc supprim�e (ATF 134 III 159 consid. 5.2.3 p. 163 s.; 118 II 168 consid. 3b/aa p. 171).
2.4 La jurisprudence cit�e se prononce sur les motifs qui permettent de r�silier le bail, mais elle ne traite en rien la mani�re de proc�der pour retirer au coop�rateur-locataire l'usage du logement lou�.
Dans le seul cas qui portait sur une r�siliation (ATF 118 II 168), la coop�rative avait choisi de prononcer simultan�ment l'exclusion de la coop�rative et de r�silier le bail. La doctrine consid�re qu'il est souhaitable, en cas de justes motifs, de proc�der de cette fa�on (Barbara Truog, Zur K�ndigung genossenschaftlicher Mietverh�ltnisse am Beispiel des Urteils des Genfer Appellationsgerichtes vom 3. Juni 1991, Mietrechtspraxis 1/1992, p. 40), tout en admettant qu'il n'est pas exclu que les deux actes juridiques n'interviennent pas simultan�ment et donnent lieu � deux proc�dures s�par�es (Truog, op. cit., p. 39).
Dans le cas examin� par la jurisprudence (ATF 118 II 168), la question de l'exclusion de la soci�t� coop�rative avait �t� tranch�e en premier lieu par l'autorit� cantonale (ATF 118 II 168 consid. 3b/bb p. 172). Se basant apparemment sur ce pr�c�dent, la doctrine en d�duit que l'exclusion de la soci�t� coop�rative doit toujours �tre tranch�e avant la question de la r�siliation du bail (David Lachat, Le bail � loyer, 2008, n� 3.6, p. 91 et n� 5.2, p. 635 s.; Anita Thanei, Ausgew�hlte Entscheide zum K�ndigungsschutz, Fachreihe Mietrecht n� 4, 1996, p. 5; Urs Engler, Zur K�ndigung genossenschaftlicher Mietvertr�ge, Mietrechtspraxis 2/2000, p. 57).
Il est �vident que s'il fallait faire trancher d�finitivement la question de l'exclusion de la soci�t� coop�rative - le cas �ch�ant en allant jusqu'au Tribunal f�d�ral - avant de pouvoir commencer une proc�dure de r�siliation du bail, il en r�sulterait un atermoiement consid�rable dans la r�cup�ration du logement, qui pourrait �tre extr�mement pr�judiciable dans des cas de suspension de paiements, de d�g�ts persistants caus�s � la chose lou�e ou de manques d'�gards r�p�t�s et graves envers les voisins.
Il faut donc examiner la question, non trait�e par la jurisprudence, de la relation entre l'exclusion de la soci�t� coop�rative et la r�siliation du bail. Cette question d�pend �videmment du lien que les parties ont voulu cr�er entre les deux rapports juridiques qui caract�risent la situation du coop�rateur-locataire.
2.4.1 Selon les principes g�n�raux, les cocontractants peuvent convenir de lier entre eux deux rapports juridiques d'une mani�re telle que l'extinction de l'un entra�ne celle de l'autre, aucun des rapports ne pouvant persister ind�pendamment de l'autre; on parle alors de contrats coupl�s, interd�pendants, li�s ou connexes (ATF 115 II 452 consid. 3a p. 454; Ernst Kramer, Commentaire bernois, n� 64 ad art. 19-20 CO; Amstutz/Schluep, Obligationenrecht I, 4e �d., in Commentaire b�lois, n� 10 ad Einleitung vor Art. 184 ss CO; Luc Th�venoz, in Commentaire romand, Code des obligations I, n� 14 ad Introduction art. 184-529 CO, p. 978; Ingeborg Schwenzer, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 5e �d. 2009, n� 3.17, p. 12). Un tel lien peut �tre pr�vu dans les statuts d'une coop�rative d'habitation (Susy B. Moser, Wohnbaugenossenschaften, th�se Zurich 1978, p. 168). Dans un tel cas de figure, une seule manifestation de volont� suffit pour mettre fin aux deux rapports juridiques. Les parties conviennent des motifs de r�siliation sous r�serve de dispositions imp�ratives. Si la r�siliation �mane de la soci�t� coop�rative, on peut admettre que la possibilit� de recourir � l'assembl�e g�n�rale (art. 846 al. 3 CO) doit �tre ouverte avant que la r�siliation ne soit consid�r�e comme d�finitive sur le plan interne. En cas de contestation par la voie judiciaire, la r�siliation doit �tre port�e devant le tribunal comp�tent pour examiner le rapport de droit pr�pond�rant (Lachat, op. cit., n� 3.1, p. 88), soit, dans le cas d'un coop�rateur-locataire, les tribunaux comp�tents en mati�re de baux et loyers. Il n'est en effet pas douteux que le but reconnaissable du coop�rateur-locataire est d'obtenir, moyennant paiement, la cession de l'usage d'un logement. Comme on le voit, il n'y a qu'une seule proc�dure, et non pas deux proc�dures successives.
En l'esp�ce, il n'appara�t nullement que les parties aient voulu lier l'appartenance � la soci�t� coop�rative et la conclusion du bail d'une mani�re telle que l'un de ces rapports de droit ne puisse pas survivre � l'autre. Il ne ressort pas des constatations cantonales que l'acquisition des parts sociales donnait aux recourants le droit de louer un appartement d�termin�. Selon les statuts, les appartements sont destin�s � �tre lou�s "en priorit�" aux membres de la coop�rative, ce qui montre qu'il n'est pas exclu de dissocier la qualit� de coop�rateur et celle de locataire. Les clauses concernant l'exclusion d'un coop�rateur ne traitent pas de la r�siliation du bail. Il faut donc en conclure que les deux rapports juridiques n'ont pas �t� li�s par la volont� des parties.
2.4.2 Lorsque les deux rapports juridiques n'ont pas �t� coupl�s par un accord sp�cifique, chacun d'eux peut prendre fin ind�pendamment de l'autre. Dans cette hypoth�se, on peut concevoir qu'il y ait, de fa�on non simultan�e, une d�cision d'exclusion de la coop�rative et une r�siliation du bail, chaque acte pouvant donner lieu � sa propre proc�dure devant l'autorit� comp�tente (Truog, op. cit., p. 39). Il est permis aussi d'envisager qu'un rapport juridique survive � l'autre. Ainsi, un coop�rateur peut �tre exclu de la soci�t�, mais rester n�anmoins locataire sur la base du contrat de bail (Moser, op. cit., p. 167 s.). Il est aussi imaginable que, malgr� la r�siliation du bail, le coop�rateur conserve son soci�tariat (Roland Ruedin, Soci�t� coop�rative d'habitation et bail � loyer, in 8e S�minaire sur le droit du bail, Neuch�tel 1994, p. 27). Si la coop�rative, qui a r�sili� le bail et r�cup�r� le logement, ne voit pas d'int�r�t � exclure son membre et que ce dernier ne voit pas d'int�r�t � exercer son droit de sortie, on ne discerne pas quels principes juridiques interdiraient aux parties de maintenir ce rapport de droit, �tant rappel� qu'en mati�re contractuelle les parties sont en principe seules juges de leur int�r�t (art. 19 CO).
En l'occurrence, les deux rapports juridiques n'ont pas �t� coupl�s, de sorte que la soci�t� coop�rative �tait en droit de r�silier le bail sans exclure les recourants de la soci�t�. Il n'en demeure pas moins qu'en raison de l'interf�rence des buts, le bail ne pouvait pas �tre r�sili� pour un motif qui n'aurait pas permis l'exclusion de la coop�rative (ATF 134 III 159 consid. 5.2.3 p. 164; 118 II 168 consid. 3b/aa p. 171).
2.5 Le manque persistant d'�gards envers les voisins, lequel autorise la r�siliation extraordinaire du bail en vertu de l'art. 257f al. 3 CO, constitue �galement, du point de vue du droit de la soci�t� coop�rative, une violation du devoir de fid�lit� d�duite de l'art. 866 CO permettant une exclusion de la coop�rative pour justes motifs (art. 846 al. 2 CO; Peter Higi, Commentaire zurichois, n� 67 ad Vorbemerkungen zu Art. 266-266o CO).
Ainsi, au vu du motif retenu par la cour cantonale, la coop�rative avait la facult� de r�silier le bail, sans qu'elle soit tenue, pr�alablement ou simultan�ment, d'exclure son membre de la soci�t�. L'exclusion ou la sortie du membre sont ind�pendants de la r�siliation du bail.
Les exc�s de bruit (arr�t 4C.79/1998 du 4 juin 1998 consid. 2, in SJ 1999 I p. 25 et Pra 1998 n� 153 p. 816) et l'irrespect des r�gles d'utilisation des parties communes (cf. sur le devoir de diligence du locataire: Higi, op. cit., n� 10 ad art. 257f CO) constituent, en cas de persistance malgr� avertissement, des motifs typiques de cong� pour manque d'�gards envers les voisins.
Encore faut-il que les faits retenus soient d'une gravit� suffisante pour qu'il soit permis d'admettre que la continuation du rapport juridique ne pouvait pas �tre exig�e (arr�t 4C.331/2004 du 17 mars 2005 consid. 1.1.4; Higi, op. cit., n� 58 ss ad art. 257f CO). Le juge appr�cie librement, selon les r�gles du droit et de l'�quit� (art. 4 CC), si la r�siliation r�pond � un motif suffisamment grave; � cette fin, il prend en consid�ration tous les �l�ments concrets du cas particulier. Le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec r�serve la d�cision d'�quit� prise en derni�re instance cantonale; il intervient lorsque celle-ci s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, ou lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le, ou, � l'inverse, lorsqu'elle ignore des �l�ments qui auraient d� �tre pris en consid�ration; en outre, le Tribunal f�d�ral redresse les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 132 III 109 consid. 2 p. 111 s.).
La cour cantonale a constat� que les recourants se livraient entre eux � des disputes violentes et bruyantes qui effrayaient les enfants et qu'ils se montraient agressifs, singuli�rement � l'�gard de la concierge. Bien qu'ils s'efforcent de les minimiser, les recourants ne contestent pas vraiment ces faits. Il a �t� relev� �galement qu'ils ne respectaient pas les r�gles sur l'utilisation des locaux communs, ce qui n'est pas non plus contest�. Ils ont �t� d�ment mis en face de leurs obligations et avertis du risque de r�siliation; n�anmoins, ils ont persist� dans leur attitude. Sur ce point �galement, les recourants ne critiquent pas les constatations cantonales. Au vu des faits �tablis - d'une mani�re qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF) -, on ne voit pas que la cour cantonale ait viol� le droit f�d�ral, notamment abus� de son pouvoir d'appr�ciation, en retenant qu'il y avait in casu de justes motifs, compatibles �galement avec le droit de la coop�rative, permettant la r�siliation du bail.

References: art. 95
 ATF 
in fine
 art. 19
 Art. 184
 art. 184
 Art. 266
 art. 257
 art. 257
in casu