Source: http://liberez-somyot.over-blog.com/page/105
Timestamp: 2017-05-23 03:17:51+00:00

Document:
Interview de Yingluck Shinawatra par Florance Compain du Figaro
Une intéressante interview de Yingluck Shinawatra, Première ministre de Thaïlande,
par Florance Compain du Figaro peut avant sa visite en France. La lèse-majesté, le pouvoir de l'armée thaïlandaise, la réconciliation et la Guerre dans le Sud y sont abordés entre autres.
http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/17/01003-20120717ARTFIG00514-yingluck-shinawatra-je-ne-suis-pas-une-marionnette.php
LE FIGARO - Pour votre première visite officielle en Europe, vous vous rendez en France du 19 au 21 juillet:
quel est l'objet de ce voyage?
YINGLUCK SHINAWATRA - La France est un partenaire important de la Thaïlande. Nous allons discuter des échanges commerciaux
bilatéraux. Et puis, je suis comme tous les Thaïlandais, j'aime me rendre à Paris.
LE FIGARO - Votre mandat a débuté dans des conditions difficiles, votre gestion des graves inondations qui
ont frappé Bangkok, la capitale et le pays a été
critiquée…
YINGLUCK SHINAWATRA - Je savais que la vie politique n'était pas tendre, mais je ne m'attendais pas à une
catastrophe naturelle majeure dès le premier jour de mon entrée en fonction. Malgré les difficultés, j'ai chaque jour été fière d'être à ce poste.
LE FIGARO - De quoi êtes-vous le plus satisfaite?
YINGLUCK SHINAWATRA - J'aime les choses concrètes: la réduction du taux d'imposition des sociétés de 30 à 23
% cette année et l'augmentation de 40 % du salaire minimum, à 300 bahts par jour.
LE FIGARO - Vous êtes parfois décrite comme une marionnette de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra.
Êtes-vous influencée par votre frère?
YINGLUCK SHINAWATRA - Je ne peux pas vous répondre non, car nous faisons partie de la même famille. Mais je
suis capable de prendre mes propres décisions. Je ferai mes preuves. Je prends les décisions et je les applique en m'adaptant aux circonstances. Et, comme souvent les femmes le font, je surveille
LE FIGARO - Son retour au pays est au cœur de toutes les conversations. Quand pourra-t-il rentrer?
YINGLUCK SHINAWATRA - Je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire.
LE FIGARO - Depuis sept ans, le pays est divisé entre les «chemises jaunes» monarchistes et les «chemises
rouges», paysans et ouvriers nostalgiques de l'ex-premier ministre Thaksin. Y a-t-il des progrès dans le processus de réconciliation?
YINGLUCK SHINAWATRA - Nous suivons les recommandations de la commission «vérité et réconciliation». Nous
avons démarré la compensation financière des victimes des violences politiques, ce qui englobe les «chemises jaunes», les «chemises rouges» et les militaires. Cela permettra de désamorcer les tensions, puis de se parler pour trouver une
LE FIGARO - L'armée est un acteur important de la politique thaïlandaise. Craignez-vous un nouveau coup
d'État militaire?
YINGLUCK SHINAWATRA - Le passé a prouvé que les coups d'État ne mènent le pays nulle part. C'est pour éviter
que cela ne se reproduise que nous mettons en œuvre cette politique de réconciliation nationale.
LE FIGARO - En Thaïlande, la loi sur le crime de lèse-majesté est l'une des plus répressives au monde: 33 inculpés en 2005, plus de 400 en 2011. Faut-il
l'amender?
YINGLUCK SHINAWATRA - Le problème n'est pas la loi, mais son utilisation abusive. Nous devons veiller à ce
qu'elle ne serve plus à des fins politiques.
LE FIGARO - En huit ans, plus de 5500 personnes ont été tuées dans l'extrême sud de la Thaïlande. Comment
stopper le cycle de violences?
YINGLUCK SHINAWATRA - Notre politique se base sur l'écoute, la main tendue et le développement. Grâce à notre
programme de développement économique du sud de la Thaïlande, à l'augmentation du budget pour améliorer les conditions de vie et le niveau d'éducation, les opinions se rapprocheront.
Photo ci-dessous: Yingluck Shinawatra et le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault à
Déclaration du Groupe de Soutien de Malaisie pour la Démocratie en Thaïlande sur les derniers faits concernant les détenus pour lèse-majesté
Cher tous, amis et camarades
Chaleureuses salutations du Groupe de Soutien de Malaisie pour la Démocratie en Thaïlande!
La semaine dernière et la dernière semaine de juin 2012, près de 20 prisonniers politiques chemise rouge ont
été libérés sous caution. En outre, le célèbre Thaï américain, Joe Gordon a été libéré dernièrement.
Néanmoins, il n'y a pas de signe de libération sous caution possible pour les autres prisonniers politiques de lèse-majesté, y compris de Somyot.
Un Réseau des personnes touchées par la Loi de lèse-majesté en Thaïlande et des membres de leurs familles a été lancé les 5 et 7 juillet 2012 à Bangkok.
Après presque un an de mise en place du nouveau gouvernement, en juillet 2012, de nombreux appels de la campagne pour la libération de Somyot et aussi d'autres prisonniers politiques pour
lèse-majesté, sont restés sans réponse.
Afin d'accroître l'unité et la solidarité entre les membres des familles de ces prisonniers politiques et affectées par la loi de lèse-majesté, un réseau a été formé afin de fournir une
plate-forme pour l'unité et l'auto-assistance.
Le réseau appelle à une attention continue et au soutien de la communauté internationale pour la libération des prisonniers politiques de la loi de lèse-majesté
Votre solidarité sera toujours une source vitale pour eux et ceux qui sont emprisonnés.
S'il vous plaît cliquez et rejoigniez la page Facebook du Réseau afin de suivre les dernières nouvelles et mises à jour:
http://www.facebook.com/112FamilyNetwork
Le 5 juillet 2012 a eu lieu le premier lancement du Réseau des personnes touchées par l'article 112 (la Loi
de lèse-majesté) et des membres de leurs familles.
Liens de la vidéo de la conférence de presse au Club des correspondants étrangers de Thaïlande:
http://www.youtube.com/watch?v=W0XKa9hMrwY
http://www.youtube.com/watch?v=Mi9j7fMZQqU
http://www.youtube.com/watch?v=AbyLFKjpy18
Articles publiés dans la presse sur le lancement du réseau:
Article de Prachatai du 6 Juillet 2012:
Un réseau des personnes touchées par la Loi de lèse-majesté et des membres de leurs familles a été lancé avec 10 membres dont des membres des familles des détenus accusés de lèse-majesté et
d'anciens prisonniers reconnus coupables de lèse-majesté.
Sukanya Prueksakasemsuk, l'épouse du détenu Somyot et coordinateur du groupe, a déclarée lors d'une conférence de presse au Club des correspondants étrangers que le réseau a été formé afin de se
battre pour les droits des personnes en garde à vue et en prison.
Le réseau cherchera a obtenir la liberté sous caution des personnes accusées en vertu de la loi de lèse-majesté, la libération rapide et inconditionnelle des prisonniers et la garantie et la
protection des droits fondamentaux des détenus, y compris l'accès aux soins médicaux et le droit de ne pas être soumis à la torture.
Le réseau s'efforcera également de guérir le traumatisme subi par certains détenus et leurs proches.
Keechiang Thaweewarodomkul, le père de Thantawut qui a été condamné à 13 ans de prison, a déclaré que certains membres de la famille qui partagent le même nom de famille que Thantawut subissent
également une pression sociale grave.
Lien de l'article (en anglais):
http://www.prachatai.com/english/node/3287
Article du Bangkok Post du 5 Juillet 2012:
Création d'un réseau comprenant les familles des victimes de la loi de lèse-majesté
Un réseau de soutien comprenant les familles des personnes touchées par l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté, a été lancé jeudi matin, demandant un traitement équitable ainsi
que des soins de santé adéquats et le droit à la liberté sous caution pour tous les détenus restants.
Sukanya Prueksakasemsuk, dont le mari Somyot a été arrêté le 30 avril 2011 et s'est vu constamment refusé la liberté sous caution, a déclaré qu'environ 10 personnes, parents, anciens et actuels
des victimes de la loi de lèse-majesté, ont formé le réseau qui fera campagne en leur nom pour un traitement juste et équitable.
Leurs demandes incluent la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers politiques pour lèse-majesté ainsi que l'assurance que leurs droits fondamentaux, qui sont garantis par la
Constitution, dont le droit à la liberté sous caution, le droit aux soins de santé et le droit de ne pas être torturé.
"Les campagnes passées n'ont pas réussi à obtenir la libération des victimes de lèse-majesté, mais au moins la société thaïlandaise a en quelque sorte appris sur les conséquences problématiques
des accusations portées contre eux.
Nous demandons au gens de comprendre que les détenus pour lèse majesté sont des prisonniers politiques et doivent être dûment pris en considération", a déclaré Sukunya.
Elle a aussi expliqué que le réseau n'a pas obtenu l'aide du gouvernement et qu'il y avait un objectif clair et concret, faire campagne en faveur des prisonniers pour lèse-majesté pour que le
verdict final de leur procès soit rendu plus rapidement de sorte qu'ils puissent demander plus vite un pardon royal, afin d'être libérés, et qu'ils puissent aussi obtenir un traitement équitable,
en particulier le droit à la liberté sous caution.
Mme Sukanya a encouragé les parents ainsi que les personnes accusées de lèse-majesté, y compris ceux qui ont fui à l'étranger, à se joindre au réseau.
Parmi ceux qui on participé au lancement de la campagne, qui a eu lieu au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande, se trouvent Pranee Danwattananusorn, dont le mari Surachai est emprisonné
pour lèse-majesté, et Keechiang Thaweewarodomkul, dont le fils Thantawut est lui aussi détenu pour la même raison.
Mme Pranee a déclaré que les détenus pour lèse majesté ont été traités comme les autres prisonniers politiques, sauf qu'ils se sont vu refuser la liberté sous caution.
M. Keechiang a expliqué qu'il y avait beaucoup de difficultés pour les détenus et leurs proches. C'était
comme si les prisonniers étaient tabou dans la société.
Toutefois, Mme Pranee a aussi dit que son mari et Daranee Charncherngsilapakul, qui ont tous deux des problèmes de santé graves, ont été mieux traités depuis la mort en prison d'Ah-Kong détenu
pour lèse-majesté.
Surachai a été autorisé à passer un test cardiaque à l'hôpital de la police.
Mme Vipar Daomanee, Membre du Réseau Octobre 1976, a déclaré que son groupe soutenait les victimes de la lèse-majesté.
Sulak Sivaraksa, lui-même accusé de lèse-majesté, est venu apporter son soutien au réseau.
Une page Facebook pour la campagne du réseau sera bientôt crée.
http://www.bangkokpost.com/news/local/301101/network-for-lese-majeste-victims-lauched~~V
Lien des photos des membres du réseau sur Facebook:
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.341379895939053.77262.339071509503225&type=1
Qu'arrive-t-il à ceux qui sont inculpés, condamnés et emprisonnés pour lèse-majesté en Thaïlande:
Même s'ils n'ont pas écrits eux-mêmes les articles incriminés, même s'ils n'ont pas visés à la monarchie, ils peuvent toujours être accusé et reconnu coupable de lèse-majesté.
Même s'ils n'ont pas commis le soi-disant acte criminel, une fois qu'ils ont été accusés, il n'y a aucun espoir d'échapper à l'inculpation et l'incarcération car il n'y a pas de système
judiciaire indépendant. Ainsi, la seule façon d'obtenir la liberté est de passer aux aveux et de demander une grâce royale afin de réduire leur lourde peine de prison.
Même si ce qu'ils disent est basé sur la vérité, même si ce qu'ils font n'est que la pratique de la liberté d'expression, ce droit ne peut pas être appliqué lorsque qu'il touche à des questions
liées à la Loi de lèse-majesté. C'est une loi qui est au-dessus de la constitution et des normes internationales des droits de l'homme.
C'est une dure réalité que tout le monde devrait connaitre.
Interview de Piyabutr Saengkanokkul, membre du groupe Nitirat, par LePetitJournal.com
http://www.lepetitjournal.com/societe/actu-societe/113146-interview--piyabutr-saengkanokkul-membre-du-groupe-contreverse-nitirat.htmlHYPERLINK
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Piyabutr Saengkanokkul, chargé d’enseignement en droit public à la faculté de droit
de l’Université de Thammasat, est membre du groupe Nitirat. Agé de 32 ans, il a étudié en France pendant 8 ans où il a obtenu un doctorat en droit public. Il présente le groupe d’universitaires
Nitirat qui fait parler de lui depuis l'an passé de par son combat contre l’influence des élites dans le monde politique
Piyabutr Saengkanokkul : Il est composé de sept membres, tous enseignants à la faculté de droit de Thammasat à Bangkok : Worajate Pakeerat, Jantajira Iammayura, Thapanan Nipitakul, Teera
Suteewarangkurn, Sawatree Suksri, Poonthep Sirinupong et moi-même. Le groupe compte deux femmes et la moyenne d’âge varie de 26 à 50 ans. Nous avons en commun d’avoir tous étudié à l’étranger, en
France ou en Allemagne, et une passion du droit doublée de la volonté de nous rendre utile pour la société thaïlandaise. Le mot Nitirat reflète bien le sens de notre démarche : il signifie "le
droit au service du peuple". Le groupe a été officiellement constitué le 19 septembre 2010, quatre ans, jour pour jour, après le coup d’Etat ayant renversé l’ancien Premier ministre Thaksin et
quelques mois après les tragiques événements d’avril-mai 2010 ayant fait près d’une centaine de morts et 600 blessés à Bangkok.
Le groupe existait déjà auparavant, mais de manière informelle. Nous nous réunissions pour commenter dans les revues juridiques les décisions de la Cour constitutionnelle. Nous étions parvenus au
constat commun que les décisions rendues par les juges constitutionnels après le 19 septembre 2006 avaient finalement abouti à valider le coup d’Etat et toutes les normes juridiques qui ont été
adoptées par le pouvoir issu de ce coup d’Etat. Il s’agit d’une situation d’instrumentalisation du droit à des fins politiques. Nous critiquions dans nos commentaires de jurisprudence cette
réalité, mais nous étions impuissants face à cela. Nous avons décidé de parler au public et de formuler des propositions, bref de devenir un acteur au lieu d’être juste commentateur.
Le groupe Nitirat s’est fixé deux objectifs : créer une véritable idéologie de l’Etat de droit en Thaïlande et contribuer à réformer en profondeur la vie politique thaïlandaise. Mettre en place
un véritable Etat de droit nécessite une vraie culture démocratique, un souci des droits de l’homme et une connaissance réelle des principes fondamentaux du droit et des libertés publiques.
Réformer la vie politique impose un changement de perspective : il faut que le peuple thaïlandais prenne en main son destin et ne le confie plus à des institutions (armée, monarchie, pouvoir
judiciaire) qui ne doivent pas être des acteurs politiques. Sans réalisation de ces deux objectifs, la succession interrompue de violences et de coups d’Etat qui marque l’histoire contemporaine
du royaume se poursuivra.
Le groupe Nitirat a commencé par organiser trois conférences de débats à l’Université de Thammasat. La première, en novembre 2010, portait sur le thème "Juges et démocratie" ; la seconde, en
décembre 2010, sur le thème "Monarchie et démocratie" ; et la troisième, en février 2011, sur le thème "Armée et démocratie". Nous avons relayé le contenu de ces conférences sur différents
supports : revues, CD, vidéos disponibles sur Youtube etc. L’accueil a été favorable. Après cette période initiale de débats, nous avons voulu formuler des propositions concrètes, mais en restant
sur le terrain juridique.
En mars 2011, nous avons proposé de réformer l’article 112 du code pénal thaïlandais qui réprime le crime de lèse-majesté, compte tenu du nombre excessif de personnes poursuivies. Nous avons reçu
un soutien à notre proposition, notamment parmi les journalistes, les artistes, les intellectuels mais aussi au sein du peuple. Et la presse anglophone présente en Thaïlande (ndlr : The
Nation et Bangkok Post), la presse internationale ainsi que les ambassades ont commencé à s’intéresser à nos travaux. Une campagne a été lancée pour déposer au Parlement, dans le cadre
du droit constitutionnel de pétition, une proposition de loi visant à réformer l’article 112. Grâce à l’aide d’associations, nous avons recueilli près de 30.000 signatures et nous les avons
déposées au bureau du président du Parlement en mai 2012.
En septembre 2011, nous avons publié un rapport proposant aux pouvoirs publics et aux juristes de constater l’illégalité du coup d’Etat et la nullité de tous les actes juridiques adoptés par le
gouvernement issu du putsch. Ce rapport, suivi d’une conférence à l’Université de Thammasat en janvier 2012, a fait beaucoup de bruit. C’est à partir de ce moment-là que nous avons été critiqués
par les élites. Elles se sont senties menacées parce que ce sont elles qui ont "validé" le coup d’Etat : juges, personnel politique, militaires, entourage du roi, hauts fonctionnaires etc. Du
jour au lendemain, le groupe Nitirat a été accusé d’être un allié de Thaksin et d’être financé par les "Chemises rouges". Les menaces et les insultes dans les médias et sur internet ont
Nous avons enfin commencé notre travail de réécriture de la constitution de 2007 : c’est le point central de notre démarche. Nous avons déjà établi un canevas de texte. Un projet détaillé de
constitution sera présenté d’ici à la fin de l’année 2012. Il faut que soit adoptée une nouvelle constitution vraiment démocratique que tous les représentants institutionnels, y compris le roi,
devront s’engager à respecter par une prestation de serment. Soyons raisonnables : ce n’est pas envisageable avec le roi actuel, qui est vénéré par la population. Mais nous espérons bien que son
successeur sera tenu de respecter cette règle de bon sens dans une monarchie constitutionnelle, comme cela est le cas en Belgique, aux Pays-Bas, en Norvège, en Grande-Bretagne etc.
Pouvez-vous expliquer en quoi consiste "l’instrumentalisation du droit" depuis 2006 ?
En Thaïlande, il y a trois institutions en théorie sans rôle politique qui interviennent beaucoup dans la vie politique : l’armée, la monarchie et le pouvoir judiciaire. Le groupe Nitirat
considère que ces trois institutions puissantes ne devraient pas avoir de rôle politique. S’agissant des juges, force est de constater qu’ils ont fait un usage du droit à des fins d’élimination
de certains membres de la vie politique et qu’ils sont imprégnés d’idéologies royaliste et militaire. Par exemple, les juges pensent souvent qu’ils disent le droit au nom du roi, alors qu’ils
doivent rendre la justice au nom du peuple thaïlandais. Au lieu de rester un instrument autonome de régulation de la société, le droit a été mis au service du jeu politique et de la protection de
certaines élites. Les juges ont ainsi donné leur approbation au coup d’Etat et à toute la législation adoptée par le pouvoir qui en est issu, alors qu’il s’agit manifestement d’actes et de textes
illégaux. En exigeant le respect des textes adoptés antérieurement, ils n’ont pas défendu l’Etat de droit. Dans un véritable pays démocratique, les juges refusent d’appliquer les textes issus
d’un gouvernement illégal. Le groupe Nitirat est né de ce constat et il est avant tout, au-delà de la question de législation réprimant le crime de lèse-majesté (qui l’a fait connaître dans les
médias internationaux), un groupe d’universitaires contre le coup d’Etat et ses conséquences.
Je vais vous donner trois exemples flagrants. En mai 2007, la Cour constitutionnelle a pris la décision de dissoudre le parti Thai Rak Thai et de déclarer inéligibles 111 membres de son bureau
politique pour 5 ans. Cette décision a été prise en application d’un décret-loi adopté par le général Sonthi autorisant la dissolution d’un parti et le bannissement de la vie politique dans
certains cas. Or, les faits reprochés au Thai Rak Thai étaient antérieurs à septembre 2006. Ce faisant, en appliquant un décret-loi à la légalité douteuse pour des faits antérieurs, la Cour
constitutionnelle a violé une des règles essentielles de tout Etat de droit qui est le principe de non-rétroactivité d’une loi prévoyant de lourdes sanctions pénales ou administratives. En
septembre 2008, la Cour constitutionnelle a interdit au Premier ministre Samak de continuer à exercer ses fonctions parce qu’il avait reçu une rémunération pour quelques cours de cuisine à la
télévision, au motif que la constitution de 2007 interdit au Premier ministre d’avoir toute autre activité professionnelle. Mais les faits reprochés à Samak portaient sur une rémunération
ponctuelle, faible en son montant (3.000 bahts), pour une activité ludique. S’agit-il d’une activité professionnelle ? On peut sérieusement en douter. Il est arrivé à un Premier ministre dans le
passé de se faire rémunérer pour une conférence donnée à la faculté et cela n’a jamais posé de problème particulier. Le texte constitutionnel ne disait rien sur ce type de rémunération ponctuelle
et limitée. Or, la Cour, s’agissant d’un texte sanction qui doit faire l’objet d’une interprétation stricte, a retenu une interprétation large. Compte tenu du caractère bénin de la faute commise
et de la gravité de la sanction prise, le principe de proportionnalité n’a pas non plus été respecté. Voilà deux règles de base de tout Etat de droit qui n’ont pas été appliquées. En décembre
2010, la Cour constitutionnelle a ordonné la dissolution du Palang Prachachon, parti successeur du Thai Rak Thai, et a déclaré inéligibles 109 membres de son bureau politique pour 5 ans. La
procédure a été beaucoup trop rapide, sans respect des droits de la défense et du respect du contradictoire. Sa rapidité s’explique très certainement par la volonté de donner satisfaction aux
"Chemises jaunes" qui occupaient les aéroports de Bangkok. D’ailleurs, dès le lendemain de la décision, l’occupation a été levée. La raison de la dissolution tient au fait qu’un membre du Palang
Prachachon avait été condamné pour avoir violé la loi électorale en achetant des voix. Là encore, le principe de proportionnalité entre les faits reprochés (un cas unique d’achat de votes) et
l’étendue de la sanction n’a pas été respecté. Ces trois exemples montrent que la Cour constitutionnelle n’a pas hésité à se mettre au service de l’armée ou d’un camp politique, oubliant que son
rôle était de s’en tenir aux règles de l’Etat de droit.
Nous avons quatre projets à l’esprit. Nous allons tout d’abord intensifier notre lutte contre les effets juridiques du coup d’Etat. Il s’agit de promouvoir un projet de loi constitutionnelle qui
reconnaîtra que tous les actes juridiques pris en application du gouvernement issu d’un coup d’Etat sont nuls et sans effet. C’est aussi un moyen de prévenir tout putsch pour l’avenir, ce qui est
essentiel en Thaïlande compte tenu de son histoire. Deuxième projet : favoriser la réconciliation. Celle-ci ne pourra se faire que si les Thaïlandais se disent la vérité et regardent en face les
évènements des dernières années. Une réconciliation sincère n’est pas un compromis, un accord politique bancal, une réécriture de l’histoire. Elle suppose que tous les sujets qui fâchent et tous
les événements sanglants soient débattus et passés en revue. Par ailleurs, une réconciliation ne pourra se faire sans une remise en cause de l’impunité complète dont bénéficient les auteurs
d’actes illégaux. Troisième projet : écrire et proposer une nouvelle constitution, qui remplacera celle de 2007, dépourvue de légitimité. Quatrième et dernier projet : vulgariser auprès de la
population thaïlandaise les sciences juridiques et l’histoire politique du pays. On oublie trop souvent que Thammasat a été crée par Pridi Banomyong en 1934, un juriste devenu responsable
politique qui souhaitait mettre le savoir au service du peuple thaïlandais. Dans les années 1970, les étudiants avaient repris cet idéal et organisé des cours au profit des paysans. Nous voulons
poursuivre cette tradition, en organisant des cycles de 12 semaines de cours gratuits, qui permettront aux Thaïlandais d’avoir accès aux connaissances juridiques de base et aussi de connaître
l’histoire politique de leur pays. Il s’agit d’aller au-delà de ce qui est proposé le plus souvent dans les médias ou à l’école et qui s’apparente plus à une histoire de la royauté qu’à une
histoire du peuple et de ses dirigeants politiques.
Nous n’avons pas été gênés dans notre carrière universitaire ni sanctionnés. Les enseignants de l’Université bénéficient d’une liberté de parole et d’action qui est respectée, Dieu merci. En
revanche, l’un d’entre nous, Worajate Pakeerat, a été attaqué sur le parking de la faculté et frappé à plusieurs reprises. Son agresseur, qui a dit avoir agi pour protéger le roi, a été arrêté et
condamné par la justice à 6 mois d’emprisonnement avec sursis. Par ailleurs, pratiquement tous les jours, chacun d’entre nous (mais surtout Worajate et moi-même, parce que nous avons été invités
à parler sur Voice TV, Nation TV et Thai PBS) reçoit de nombreux courriers et des appels téléphoniques qui vont de la diffamation aux menaces en passant par les insultes. Par exemple, la page
Facebook du groupe a fait l’objet de près de 30.000 commentaires négatifs. Il n’est pas rare que l’on me menace de mort ou que l’on exige des autorités qu’elles m’expulsent de mon propre pays !
Je pourrais porter plainte mais je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. En outre, dans une démocratie, il faut accepter la critique, même excessive. Je ne me laisse pas impressionner. Certes ma
famille et mes amis s’inquiètent, mais il est hors de question d’abandonner notre démarche juste, parce que quelques personnes ne l’acceptent pas.
Un prisonnier politique thaïlandais, Nat Sattayapornpisut
Le 16 octobre 2009, la Cour criminelle a accédé à la demande du Département des Enquêtes Spéciales (DSI, une
sorte de police politique en Thaïlande) de détenir Nat Sattayapornpisut, 27 ans, qui a été inculpé de violation de la Loi de 2007 sur la criminalité informatique, après avoir été reconnu coupable
d'avoir envoyé des clips offensifs à un blog intitulé "StopLeseMajeste".
Pendant 12 jours, du 15 au 26 octobre 2009, Nat a été détenu au bureau du DSI pour complément d'enquête et a même dû subir un test au détecteur de mensonge.
Le DSI avait démarré son enquête le 29 août 2008 à la suite de clips publiés sur You Tube qui avaient conduit à l'arrestation de Suwicha Thakor et à la découverte d'un alias StopLeseMajeste
(Suwicha Thakor, arrêté le 14 janvier 2009, avait été condamné à 10 ans de prison pour lèse-majesté. Il a été libéré le 30 juin 2010 à la suite d’une grâce royale, après avoir purgé 1 an et demi
en prison). Celui-ci fut signalé comme appartenant à Emilio Esteban, un Britannique de 46 ans vivant en Espagne et qui avait été en contact avec Suwicha par e-mail. Entre le 19 avril 2008 et le
15 septembre 2009, Esteban, qui accédait à l'Internet depuis l'Espagne, a publié des contenus offensants pour le trône sur ses blogs, appelant à l'abolition de la loi de lèse-majesté. En fouinant
dans les e-mails d'Esteban, le DSI aurait trouvé que le 21 et 23 juillet 2009 Nat lui aurait envoyé trois clips offensants qui auraient ensuite été publiés sur le blog.
Nat a été arrêté le 13 octobre et inculpé en vertu de la Loi de 2007 sur les crimes informatiques. Il a avoué les charges à son encontre.
Nat aurait plaidé coupable dans l'espoir de voir sa peine réduite, et il purge actuellement une peine de 4 ans et 6 mois de prison. C'est une réduction de moitié de la peine à laquelle il a été
condamné, 9 ans, grâce à son plaidoyer de culpabilité.
Le prisonnier politique thaïlandais Tanthawut Taweewarodomkul écrit une lettre à Amnesty International pour demander de l'aide
Tanthawut Taweewarodomkul, condamné à 13 ans de détention pour lèse-majesté, a écrit
une lettre à Amnesty International pour demander de l'aide. Sa lettre est sortie clandestinement de la prison ou il est détenu et a été remise en main propre, le 11 juin 2012, à Amnesty
International par un ancien commissaire national thaïlandais des droits de l'homme, Jaran Ditapichai.
Cher Amnesty International,
Mon nom est Tanthawut Taweewarodomkul, je suis un prisonnier de 40 ans qui purge une peine de 13 ans pour lèse-majesté. J'ai été incarcéré pendant 2 ans et 1 mois et n'ai pas été libéré sous
caution dans l'attente de mon procès. À l'heure actuelle, je viens de retirer mon appel car je fais une demande pour un pardon royal. 7 autres prisonniers pour lèse-majesté ont également décidé
d'abandonner leurs recours et ont, eux aussi, choisis de demander une grâce royale.
Outre les prisonniers pour lèse-majesté, de nombreux autres personnes ont été arrêtés et inculpés lors des manifestations politiques qui ont eu lieu depuis le coup d'Etat de 2006. Ils sont
maintenant détenus à la prison Laksi de Bangkok et dans beaucoup d'autres endroits en Thaïlande. Tous ont été poursuivis parce qu'ils ont exercé leurs droits civils et politiques pour réclamer la
démocratie en tant que citoyens de leur pays.
Mais nous n'avons jamais été traités de façon juste; nos droits fondamentaux comme le droit à liberté sous caution, le droit d'être traités avec respect et dignité en tant que prisonniers
d'opinion et prisonniers politiques, qui sont garantis par les lois internationales, ont été rejetées. Les autorités ont agressé physiquement la plupart des prisonniers. De nombreux prisonniers
ont été placés dans des cellules surpeuplées et se sont vu refuser un traitement médical approprié, ce qui a conduit à la mort d’Amphon Tangnoppakul, surnommé Ah-Kong, un homme de 62 ans qui est
décédé de stade avancé du cancer, le 8 mai 2012. Il n'a pas reçu les soins et le traitement médical appropriés.
Jusqu'à présent, nous avons souffert physiquement et mentalement de l'incarcération. Beaucoup ont été incarcéré pendant plus de 2 ans sans être libérée sous caution, même si les organisations non
gouvernementales et des organisations de droit de l'homme en Thaïlande et à l'étranger ont continuellement essayé de nous venir en aide.
Donc, nous espérons maintenant que Amnesty International, une organisation qui est largement respecté en raison de son travail exceptionnel pour les droits de l'homme et qui a un vaste réseau
mondial, y compris en Thaïlande, puisse être en mesure de nous aider.
Jusqu'à présent, nous n'avons jamais été contacté ni n'avons reçu aucune attention de la part d'Amnesty International en Thaïlande. Nous sommes profondément tristes à ce sujet mais nous espérons
encore qu'un jour, Amnesty International, pourrait commencer à faire attention à nous.
À l'heure actuelle, la Thaïlande a un gouvernement démocratiquement élu et sa politique est de créer la réconciliation dans le pays, un pays qui est profondément divisé depuis le coup d’Etat de
2006. De nombreuses organisations en Thaïlande et à l'étranger ont travaillé ensemble pour créer la réconciliation dès que possible.
Par conséquent, nous espérons qu'Amnesty International fera partie de ce processus de réconciliation en Thaïlande en faisant tout son possible pour s'assurer que les droits fondamentaux des
prisonniers politiques incarcérés soient conformes aux normes internationales. Nous serions très heureux si Amnesty International faisait cela.
En outre, nous espérons voir la paix en Thaïlande dès que possible. Nous avons toujours respecté et cru en la gouvernance démocratique avec le roi comme chef de l'Etat et nous sommes prêts à tout
faire pour que le pays redevienne normal.
Enfin, nous espérons que vous tiendrez compte de nous en nous apportant un peu d'aide et nous sommes impatients de voir le jour ou vous serez en mesure de le faire.
Tanthawut Taweewarodomkul, prisonnier pour lèse majesté au nom de 55 prisonniers
politiques incarcérés en Thaïlande.
Maison d'arrêt de Bangkok
Liens des scans de la version originale en thaï de la lettre:
https://twitter.com/andrewspoooner/status/212181615605063681
Lien de l'article d'Asian Correspondent (en anglais) sur la
Pour en savoir plus sur le cas de Tanthawut Taweewarodomkul:
Y aura-t-il un autre coup d'Etat judiciaire en Thaïlande?
http://redthaisocialist.com/francais/364-y-aura-t-il-un-autre-coup-detat-judiciaire-en-thailande.html
La Cour constitutionnelle va-t-elle dissoudre le Parti Pua Thai et provoquer un effondrement du gouvernement élu? C'est une question qui occupe beaucoup d'esprits. L'excuse pour une telle
initiative du tribunal serait une soi-disant "tentative de renverser la monarchie" par le gouvernement dans ses efforts visant à modifier la constitution. Toute suggestion selon laquelle le
gouvernement de Yingluk voudrait renverser la monarchie est ridicule, mais c'est l'excuse habituelle pour un "coup d'Etat". Malgré le fait qu'un parlement élu ait la légitimité pour passer de
nouvelles lois et modifier la constitution et en dépit du fait que la Constitution actuelle ait été élaborée par une junte militaire, il y a des chances que le coup d'Etat judiciaire puisse avoir
lieu. Mais quelles sont ces chances?
Facteurs contre un coup d'Etat judiciaire
Le Pua Thai et Taksin ont conclu un accord avec les militaires et ont décidés de ne pas poursuivre les généraux de l'armée pour le massacre de manifestants pro-démocratie. Le Pua Thai et Taksin
ont déclaré maintes et maintes fois qu'ils ne modifieront pas la loi de lèse-majesté, qu'ils ne libéreront pas les prisonniers pour lèse-majesté et qu'ils ne toucheront pas aux privilèges
spéciaux de l'armée. Il va sans dire qu'ils vont continuer à soutenir la monarchie.
Le Pua Thai est un gouvernement qui sert beaucoup mieux les intérêts de l'armée et des élites en raison de sa relation avec les Chemises rouges et leurs dirigeants de l'UDD. Le gouvernement, en
collaboration avec l'UDD, peut contrôler et démobiliser le mouvement de masse des Chemises rouges. Tout autre gouvernement ferait face à de grandes manifestations.
Si le Pua Thai était dissous et que le gouvernement tombait, la vie politique thaïlandaise serait une fois de plus plongée dans le chaos. Le temps remonterait à 2010. Ce serait contre les
intérêts à long terme de toute la classe dirigeante, y compris de l'armée.
Après les victoires électorales tant du Thai Rak Thai, du Palang Prachachon et du Pua Thai (différents noms pour un même parti), un autre coup d'Etat contre le gouvernement élu avec un mandat
clair de la population n'aurait pas de légitimité, à la fois au sein de la majorité des gens en Thaïlande et à l'échelle internationale.
Les manigances de la Cour constitutionnelle pourraient juste n’être une tactique de négociation pour garder à l'oeil Taksin et le Pua Thai et réaffirmer qu'ils ne pourront pas faire tout ce
qu'ils veulent... Cela pourrait ne pas conduire à la chute du gouvernement Yingluk.
Mais les événements politiques ne suivent pas toujours la logique et sont sujets à des conflits et des accidents...
Les facteurs pour un coup d'Etat judiciaire
Les conservateurs de la classe dirigeante ne sont pas qu'un seul corps et sont sujets à des litiges et des rivalités. La Cour constitutionnelle pourrait ne pas écouter les militaires et l'armée
elle-même est sujette à des divisions sur des intérêts divers. Une partie des élites pourrait décider de "devoir y aller" pour leurs propres et étroits intérêts de section sans avoir de vue à
long terme et sans se soucier de la légitimité aux yeux du monde et de la plupart des Thaïlandais.
Les conservateurs qui voudraient "devoir y aller" sont peut-être si confiants de la victoire ou peut-être trop stupides pour voir les conséquences à long terme d'un retour au chaos où ils
pourraient finalement tout perdre si l'accord entre Taksin et les militaires se brisait et les manifestations de masse reprenaient.
Les conservateurs qui voudraient "devoir y aller" pourrait aussi croire que le Pua Thai pourrait simplement être dissous et reformé sous un nouveau nom et les actions de la Cour constitutionnelle
pourrait n'être simplement qu'un coup de semonce dans le maquignonnage avec Taksin et le Pua Thai. L'objectif pourrait ne pas être un coup d'Etat en profondeur. Mais c'est une stratégie qui
comporte de nombreux dangers et des possibilités d'accidents.
Il serait stupide de faire des prédictions claires à ce stade. Nous devrons attendre et voir ainsi que continuer à analyser .....
Nous devons nous rappeler qu'aussi bien le Pua Thai que les royalistes conservateurs pourraient être heureux avec une augmentation des tensions politiques dans le but d'effrayer les Chemises
rouges et les pousser à accepter un mauvais accord de réconciliation ainsi que celui entre Taksin et les militaires. Cependant, les Chemises rouges progressistes auront à défendre le gouvernement
Pua Thai contre un coup d'Etat judiciaire. Cela ne signifie pas que nous cesser de critiquer le gouvernement ou d'abandonner les tentatives de nous organiser indépendamment du Pua Thai et de
l'UDD.
Pour en savoir plus sur le professeur Giles Ji Ungpakorn, cliquez sur le lien suivant:
Le prisonnier politique Joe Gordon libéré
Ci-dessous l'article de l'Agence France
BANGKOK - Un Américain d'origine thaïlandaise, condamné en décembre dernier à Bangkok à trente mois de prison
pour insulte à la monarchie, a bénéficié d'une grâce royale et a été libéré, a-t-on appris mercredi de sources officielles.
Joe Wichai Commart Gordon avait été arrêté en mai 2011 alors qu'il était en vacances en Thaïlande. Il était accusé d'avoir, depuis les Etats-Unis, traduit en thaï une biographie interdite du roi
avant de la poster sur son site.
Une grâce royale lui a été accordée, a indiqué à l'AFP un cadre de l'administration pénitentiaire. Un responsable de la prison de Bangkok a confirmé qu'il avait été libéré mardi en fin de
Gordon, vendeur de voitures dans le Colorado, avait plaidé coupable, ce qui lui avait permis de voir sa peine initiale de cinq ans de détention diminuée de moitié. Il a été pris en charge par
l'ambassade américaine.
Nous demandons régulièrement aux autorités thaïlandaises, publiquement et en privé, de s'assurer que la liberté d'expression est protégée en accord avec leurs obligations internationales, a
indiqué à l'AFP le porte-parole de l'ambassade, Walter Braunohler.
La famille royale n'a aucun rôle politique officiel en Thaïlande, mais elle demeure un sujet extrêmement sensible. Le roi Bhumibol Adulyadej, 84 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d'un
statut de demi-dieu et son image est protégée par une des lois les plus sévères du monde.
L'ensemble de l'arsenal législatif utilisé contre le crime de lèse-majesté, dont le computer act qui a valu à l'Américain d'être condamné, fait pourtant l'objet d'un débat de plus en plus
De nombreux militants dénoncent une volonté de museler toute critique du système politique. Et la querelle est devenue brûlante, voire agressive, entre ceux qui veulent maintenir la législation
en l'état et ceux qui dénoncent un outil liberticide.
Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté se sont multipliées depuis le coup d'Etat militaire de 2006 contre le Premier ministre de l'époque Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil et
considéré par les élites de Bangkok comme un danger pour la monarchie.
AFP le 11 juillet 2012
Pour en savoir plus sur le cas de Joe Gordon:
La Fondation commémorative Somchai Neelapaijit donnera un prix pour honorer les défenseurs des droits de l'homme
Le 11 juillet, la Fondation commémorative Somchai Neelapaijit donnera un prix pour honorer et soutenir les défenseurs des droits de l'homme d'aujourd'hui. Le docteur Charnvit Kasetsiri, ancien
recteur de l'Université Thammasat, sera le président de la cérémonie.
Plus de 20 personnes et organisations ont été sélectionnés pour ce prix. Le Comité a présélectionnés cinq personnes et en choisira une parmi elles à qui sera décerné le prix. Les autres recevront
des certificats en reconnaissance de leurs œuvres. Les cinq noms incluent des individus et des organisations qui luttent pour les droits à la justice, les droits du travail, les droits
communautaires et d'autres droits de l'homme.
Le lauréat du se verra accorder la somme de 50 000 baht thaïlandais, tandis que les quatre autres recevront 10.000 baht thaïlandais chacun.
La cérémonie de remise des prix aura lieu le 11 juillet 2012 de 9 heures 30 à 12 heures à la salle de conférence, quatrième étage, Thai Volunteer Service, Huay Kwang District, Bangkok.
Les cinq finalistes pour le prix Somchai Neelapajit 2012 sont les suivants:
1. Mlle Jittra Kotchadej, militante pour les droits du travail et politique
2. M. Rasada Manurasada, avocat des droits humains pour les victimes de la violence dans le sud de la Thaïlande et dans d'autres parties du pays
3. M. Somyot Prueksakasemsuk, militant des droits du travail et militant politique (actuellement détenu en prison)
4. M. Adisorn Kerdmongkol, expert pour les droits des travailleurs migrants
5. Le Groupe Environnement d'Udon Thani, un réseau local de villageois qui défendent les droits de la communauté de l'industrie minière de la potasse.
Jon Ungpakorn, un membre fondateur du comité, a déclaré que la Thaïlande a souffert de problèmes concernant les violations des droits humains des deux organismes d'État ainsi que des mécanismes
Les cinq noms qui sont en lice pour ce prix sont ceux qui ont combattu pour protéger les droits de l'homme avec courage, vigoureusement, et qui se sont parfois mis en danger afin de défendre les
droits de l'homme comme pour le cas de l'avocat des droits humains disparu, Somchai Neelapaijit. Somchai avait combattu au nom des principes des droits de l'homme jusqu'à ce qu'il soit victime
d'une disparition forcée. Ce prix vise à honorer et soutenir les défenseurs des droits humains qui ont consacré leur vie à travailler pour protéger les droits de l'homme. Il vise également à ce
que la société thaïlandaise reconnaisse les rôles importants que ces individus ou groupes jouent et à faire la lumière sur les problèmes relatifs aux droits de l'homme en Thaïlande, a-t-il
Le Fonds a été créé en 2005 avec 800.000 baht, il a reçu le Prix de Magsaysay. C'est la première année que le Comité remet un prix.
Un prisonnier politique thaïlandais: Tanthawut Taweewarodomkul
Tanthawut Taweewarodomkul (également connu sous le nom de Nam) a été arrêté le 1er Avril 2010. Cet homme, âgé de 40 ans et originaire de la province de Pathum
Thani, a été arrêté par la police pour avoir diffusé un programme vidéo intitulé "Thailand’s Way Out" sur le site
qui a été considéré comme crime de lèse-majesté.
La police a affirmé que Tanthawut avait confessé l'avoir distribué sous le nom d'écran de "Red Eagle."
Le procès de Tanthawut a commencé le 4 Février 2011. Pendant le procès, Tanthawut "a déclaré au tribunal qu'il n'avait pas posté le programme en question et qu'il
avait été forcé d'avouer par la police qui a utilisé son fils de 10 ans pour obtenir ses "aveux" (l'enfant a été gardé à vue une nuit au poste de police). Il a aussi insisté sur le fait qu'il
n'était pas l'administrateur du site.
Le 15 mars 2011, le tribunal a jugé Tanthawut coupable et l'a condamné à un total de 13 ans de prison. Il a fait appel et, le 21 mars 2011, ses avocats ont proposés 1,3 millions de baht en
espèces en tant que garantie à la Cour d'appel qui a refusée la liberté sous caution, au motif que les accusations portées contre lui étaient "sérieuses" et qu'il "pourrait s'enfuir."
En avril 2012, vu le peu de progrès de son appel (encore un autre exemple de la cruauté infligée aux victimes de la lèse-majesté en Thaïlande) Tanthawut à retiré son appel afin de solliciter la
grâce royale.
Conférence de presse: Premier lancement du réseau des personnes et de la famille des victimes de l'article 112
Les statistiques en hausse des cas arrêtés en vertu de la Loi de lèse-majesté après
le coup d'Etat de 2006 ainsi que les rapports officiels et officieux concernant les difficultés rencontrées par les prisonniers de l'article 112, notamment les soins de santé inaccessibles, le
déni du droit à la liberté sous caution, le refus du gouvernement de garantir les droits fondamentaux et la non-reconnaissance de leur statut de "prisonniers politiques" en Thaïlande a conduit à
la formation du Réseau des personnes et de la famille des victimes de l'article 112. Pour commencer, le Réseau a deux demandes à formuler:
- La demande de libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers de l'article 112 - La demande pour la protection des droits fondamentaux des détenus tels qu'ils sont garantis par la Constitution de Thaïlande à savoir le droit à la liberté sous caution, le droit à la santé, et
le droit de ne pas être torturé.
En outre, la formation du réseau a l'intention d'exprimer la volonté des membres de la famille de représenter les prisonniers de l'article 112, afin de plaider en faveur de leur libération.
À la conférence de presse au Club des Correspondants Etrangers de Thaïlande (FCCT), qui s'est tenu le jeudi 5 juillet 2012 et au débat qui a eu lieu au Mémorial du 14 Octobre 1973 le samedi 7
Juillet 2012, de nombreux participants étaient présent. Parmi eux se trouvaient le fils de Somyot, Panitan Phruksakasemsuk, M. Sulak Sivaraksa, fondateur et directeur de la fondation
"Sathirakoses-Nagapradeepa" qui a été inculpé pour violation de l'article 112, M. Jon Ungpakorn, Représentant du Comité de la Sous-commission des Droits de l'homme nationales, M. Pravit
Rojanaphruk, journaliste du quotidien The Nation, M. Sarawut Pratoomraj, défenseur des droits humains de l'Institut pour les droits de l'homme et les membres des familles des personnes touchées
par la l'article 112 dont:
Mme Pranee Danwattananusorn (l'épouse de Surachai)
M. Keechiang Thaweewarodomkul (le père de Tantawut)
Mme Rosamalin Tangnoppakun (l'épouse de M. Ampon)
Mme Tam Poochaisang (la mère de Surapak)
M. Nat Sattayapornpisut
Si vous souhaitez de plus amples informations sur le réseau, n'hésitez pas à téléphoner à M. Panitan Phruksakasemsuk (086-660-0270) ou à Mme Sunee Kromram (080-484-3075).
Vous pouvez aussi lire cet article sur la création du réseau:
http://liberez-somyot.over-blog.com/article-creation-d-un-reseau-comprenant-les-familles-des-victimes-de-la-loi-de-lese-majeste-107858355.html

References: l'article 112
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