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Timestamp: 2018-03-18 09:23:32+00:00

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La Nouvelle Presse du Thé: l'édition à rubriques: septembre 2013
N° 37 du 28 septembre 2013 "Le Sommaire"
Article 1 : « Les Thés du Malawi »
Article 2 : « Une Pionnière de l’Enseignement du Thé »
Portrait de Jane Pettigrew
Article 3 : « La 2e Africa Tea Convention & Exhibition »
Article 4 : « Thés orthodoxes (OTD) et thés CTC, c’est quoi exactement ? »
Article 5 : « Le thé au ginseng »
Article 6 : « Sortie d’un beau nouvel ouvrage : le thé et la sommellerie du thé »
Posted by Barbara Dufrêne at 06:29 Aucun commentaire:
Labels: n°37
No 37 Art.1) "Les Thés du Malawi"
Surnommé le « cœur chaleureux de l’Afrique », ce pays de hauts plateaux est le 3e producteur de thé du continent avec une production de 42.500 t de thé en 2012. Longtemps le numéro 2 après le Kenya, c’est l’Ouganda qui l’a dépassé depuis peu, car le Malawi a cruellement manqué de pluies au cours des années passées.
Avec 15,5 million d’habitants et une surface de 118.800 km² il s’étire du nord au sud à l’ouest du Rift Africain, qui est matérialisé en partie par la dépression du Lac Malawi.
voilà une carte géographique
Indépendant du Royaume Uni depuis juillet 1964, le Malawi est une économie rurale et fait partie des pays pauvres de la planète. Le thé, le sucre, le tabac et le sisal sont parmi ses importantes sources de revenues.
Colonisé officiellement par le Royaume Uni en 1891 la culture du thé y avait déjà été introduite en 1878 par des missionnaires. C’est Jonathan Duncan qui avait planté les premières graines, apportées avec lui d’Ecosse, dans le domaine de sa mission près de Blantyre. Par la suite deux nouveaux envois de graines de théiers, par les Jardins Botaniques Royaux de Kew et d’Edinbourg, en 1886 et 1888 ont permis a la « African Lake Corporation » de créer une petite plantation à Lauderdale, sur les pentes du Mont Mlanje. En 1891 on y installe un régisseur, Henry Brown, ancien caféiculteur du Sri Lanka, qui avait tout perdu suite à un parasite ravageur, qui avait attaqué et détruit tous ses caféiers. C’était le début d’une petite culture industrielle de thés et d’autres théiers étaient plantés en 1897, notamment par M.Bloomfield Bradshaw à Lujeri ; très appréciés ces thés étaient alors exposés au Salon Agricole de Mlanje en 1898.
C’est en 1908 que la première plantation est crée dans le district voisin de Cholo- parfois aussi épelé Thyolo !- et ces deux régions du sud restent pendant longtemps les seules à cultiver du thé. Et puis, vers 1950, le thé s’installe aussi au nord du Malawi, à Nkhata Bay, sur la rive ouest du lac ; cette surface reste toutefois limitée à environ 5% de la production.
du thé à perte de vue
Encore au 19e siècle on introduit aussi des graines de théiers obtenus de plantes apportées du Sri Lanka et plantées dans la province du Natal en Afrique du Sud, ce qui a permis un enrichissement du matériel botanique. Les sécheresses récurrentes ont incité les industriels du thé à s’intéresser très tôt à l’amélioration des variétés par clonage et croisement pour obtenir de meilleurs rendements et une meilleure résistance en cas de manque de pluies. Dans ce but la « Central Africa Tea Research Foundation » a été crée dès 1960, financée exclusivement par la filière théicole et qui a permis au Malawi d’être le pionnier africain de la culture par bouture ou clonage, par opposition à la reproduction par graines germées. L’actuel directeur de la Malawi TRF, le Dr.Albert Changaya nous a expliqué fièrement qu’à ce jour son institut a développé 21 variétés commerciales, recherchées non seulement au Malawi mais aussi dans les pays voisin, Kenya, Rwanda, Burundi.
Sangwani Hara et Albert Changaya
Un programme de renouvellement des plantations avec ces cultivars de qualité a été entamé en 1996, avec une aide financière de l’UE, par l’intermédiaire du fonds STABEX- visant la stabilisation des revenues d’exportation.
Pour faire le portrait des thés du Malawi notons que cette culture s’étale sur plus de 18.000 ha, dont 9.000 environ situés à Cholo, 6.200 à Mlanje, le reste à Nkhata Bay. Vu sous un autre angle la production appartient à 84% aux structures industrielles et à 16% aux petites unités fermières. Très recherchés pour leur couleur rouge profonde dans la tasse et leur goût fort et typé les thés du Malawi sont principalement des thés noirs industriels, exportés pour la fabrication de thés en sachets. Toutefois depuis quelques années certains planteurs ont fait appel à des consultants renommés pour développer une manufacture "customisée" de thés fins en feuilles, voir des thés de terroir, à partir de certaines parcelles. Cette nouvelle tendance ne concerne qu’un tout petit volume, peut être 2 à 3 t par an- mais ces efforts semblent très prometteurs. Ainsi on trouve quelques thés d’exception, façonnés main à Satemwa Tea Estates Ltd.
un thé blanc du Malawi
Créée par la famille McKaye en 1926, qui la gére depuis trois générations, les jardins de Satemwa se situent dans les Shire Highlands , au nord de Blantyre , entre 800 et 1 200 m d’altitude. On y produit depuis quelques années un petit assortiment des thés fins, dont un thé vert aux notes fruitées d’abricot et un thé blanc aux notes fleuries et de rose. Cherchez bien, il y en a en vente dans les catalogues de certains importateurs Européens.
N° 37 Art.2) "Une pionnière de l’enseignement du thé"
Elle se dit « dans le thé depuis 1983 » ; cela fait donc 30 ans que Jane enseigne le thé, organise des sessions de formation « ès thé » et écrit sur le thé, treize ouvrages à ce jour, impressionnant. Dont un « Guide » des maisons de thé à Paris, avec la collaboration de Gilles Brochard. Son dernier livre "Tea Classified" a emporté un grand succès en 2009 .
Toujours souriante et interactive elle a tissé au fil des années un immense réseau de bonnes relations entre gens de thé et circule régulièrement entre les pays consommateurs et pays producteurs pour porter la bonne parole.
Au tout début de sa carrière elle a enseigné le Français et le parle donc couramment. Par la suite elle avait crée son propre comptoir de thé à Londres et s’est passionnée pour ce produit, qui est devenu son occupation principale.
Les entreprises font régulièrement appel à Jane pour la formation de leur personnel qui doit soit vendre soit conseiller des thés aux clients, il en est de même avec les grands hôtels, à Londres notamment, qui lui demandent de former leurs équipes des tea rooms et des after noon teas.
Jane est de tous les congrès annuels de la World Tea Expo, à Las Vegas et à World Tea East, où ses séminaires font découvrir les thés du monde, en expliquant les spécificités des différentes origines et les familles de thé et elle participe à de nombreux Salons et Conférences à travers le monde.
Elle fait aussi parti des dégustateurs-juges du championnat annuel des « British Food Awards », parce que les thés prennent une place grandissante parmi le 2 000 produits soumis chaque année à ce concours très valorisant.
Enseignante de métier et aimant énormément partager son expérience et son savoir elle a fini par créer son propre programme de « Tea Master class », le calendrier pour les mois à venir est déjà sur son site.Ces sessions d'une journée se tiennent au coeur de Londres, au Chesterfield Hotel.
On y apprend les origines des thés, les grandes familles des thés, les thés rares et comment les apprécier et les infuser.
www.janepettigrew.com
C’est rare qu’il y reste des chaises vides, les participants viennent de tous les horizons, des étrangers de passage, des étrangers venu expressément pour le cours, des « pros » et futurs « pros », des amateurs de thé, des œnologues curieux. Ces groupes sont toujours très variés, très conviviales et ne dépassent jamais le maximum absolu de 20 personnes.
Son associé, Tim Clifton, a été acheteur/dégustateur dans la grande maison londonienne Wilson & Smithett ; Tim a aussi été longtemps parmi les experts britanniques au sein du groupe technique de l’ISO sur le thé, il se passionne pour cette tasse autant que Jane.
Alors que les Britanniques sont toujours grands buveurs de thés noirs traditionnels, avec du lait, Jane observe avec intérêt l’ouverture des marchés français, italien et espagnole vers les thés verts de Chine, du Japon, du Vietnam etc.
C’est sans doute le passé coloniale britannique la raison principale de cette présence dominante des thés noirs, toutefois de nouvelles tendances commencent à se faire sentir.
Jane se considère ni comme un « tea taster » ni comme un « tea blender », des métiers qui requièrent une formation de plusieurs années. Ce qu’elle apporte depuis de longues années à la profession et aux amateurs de thé est un encouragement d’aller vers des thés nouveaux, de les découvrir et d’apprendre à les préparer dans les règles de l’art, pour arriver à maîtriser le mieux possible ce monde aux 10 000 tasses.
Puisque ce champs d’expérimentation est vaste et passionnant, n’apporte que du bon et n’a pas de vice caché, elle poursuit sa mission tout en renouvelant et en enrichissant son discours.
Jane serait tout à fait enchantée de tenir une prochaine « master class » dans la langue de Molière pour un groupe venant du continent.
Posted by Barbara Dufrêne at 06:28 Aucun commentaire:
N° 37 Art.3)"La 2e Africa Tea Convention & Exhibition "
Ce congrès s’est tenu du 28 au 30 Août 2013 à Kigali, la capitale du Rwanda.
Sa superbe devise « African Tea Refreshing the World, Driving the African Economy »,
NB : en Français : »les thés africains désaltèrent le monde et font prospérer l’économie africaine »dénote une vraie fierté au sujet de la contribution importante des thés de l’Afrique au marché mondial du thé.
L’initiative, prise en 2011, de lancer un premier événement en juin 2011 à Mombasa, en fédérant tous les pays producteurs de thé en Afrique, a crée une synergie dynamique évidente. Avec plus de 250 délégués au congrès et une trentaine d’exposants pour l’expo cette année c’était à nouveau un beau succès, rehaussé par la venue du Président Paul Kagamé, qui s’est adressé aux congressistes et a visité ensuite tous les exposants.
Producteur de gros volume de thés industriels d’assemblage depuis une cinquantaine d’années l’Afrique est en train de se tourner vers des thés plus profilés et aux caractéristiques plus spécifiques. Il est certain que les thés africains possèdent des atouts non négligeables. Les prix rémunérateurs actuels, résultant d’une demande soutenue et d’un marché en bonne croissance ont généré une conjoncture propice. Cela pourra permettre d’investir dans plus de technologies et de nouveaux équipements pour manufacturer des thés plus raffinés et puis élaborer un marketing ciblé pour les faire connaître et les mettre en valeur.
Toutes les présentations de la conférence étaient axées sur cette orientation vers l’innovation et l’amélioration sur tous les plans.
thés noirs au choix !
Rappelons que l’Afrique produit 15% du tonnage mondial de thé, avec un total d’environ 575 000t et est exportateur de 34% du tonnage mondial exporté, suite à une consommation intérieure peu élevée.
Les atouts des thés africains ont été soulignés à plusieurs reprises, notamment
** la relative jeunesse des cultures installées depuis une 50 taine d’années pour la plupart, donc les sols ne sont pas usés ;
**leur situation en altitude sur les hauts plateaux à l’air frais, non pollué ,
**d'où absence de parasites et de maladies dans cet environnement très naturel, donc pas besoin de pesticides,
**une répartition, souvent à 50/50, entre grandes structures- au Rwanda on les appelle "blocs industriels"- et fermes familiales, qu’on appelle « thé villageois »,
**d’où la forte contribution du thé à l’élévation du niveau de vie des populations rurales et à l’amélioration progressive d’infrastructures de transport
**une recherche très active qui a permis de développer de nombreux cultivars améliorés
**une forte progression de la certification « rainforest alliance » qui vise le zéro déchets et l’agriculture durable
**en fin la beauté souvent spectaculaire de ces plantations, en altitude et le long du rift.
Cette expo cum congrès ,vivante et interactive, a mis tout d’abord en valeur les grandes sociétés du thé du pays hôte, le Rwanda, dont
*Rwanda Mountain Tea, avec ses 3 usines de Kitabi, Rubaya et Nyabihu
*Sorwathé avec ses plantations de Cyohoha et de Rukeri, seule à ce jour d’avoir investi dans l’équipement nécessaire pour manufacturer des thés en feuilles, ou orthodoxes (voir aussi l’article 4 de ce numéro)
*Gisovu, appartenant au groupe indien Mc Leod Russel, le plus grand producteur de thé du monde, avec son élégante marque « Silverback », nommée d’après les majestueux gorilles du Rwanda.
voilà un trophée et son thé primé
Tous les trois ayant obtenus des prix lors du 2é concours de qualités des thés de l’Afrique, organisé à Mombasa en juin passé, l’ambiance était à la fête et aux félicitations. Ces prix ont été remis en séance et en présence du Président Kagamé, un moment émouvant et loin des ventes aux enchères de gros volumes à Mombasa.
Etaient aussi présentes les autorités tutelles, les « tea boards » du Rwanda, Kenya, Burundi et l’EATTA, la East African Tea Trade Association, avec l'éventail de leurs thés et leurs documentations montrant l’implantation des cultures actuelles et futures, puisque l’expansion ensemble avec la diversification étaient les devises du jour.
encore des trophées
Parmi les nouveautés exposées: des thés noirs orthodoxes, des thés verts orthodoxes et CTC, des thés blancs et puis le « fameux » purple tea, développé par le Centre de Recherche du Kenya. Ce purple tea, obtenu par des croisements entre plusieurs variétés botaniques de camellia sinensis a été mis en circulation commerciale officielle en 2010, après plus de 20 ans de travaux scientifiques et d’expérimentations agricoles. Il n’y a pas encore de champs assez matures pour obtenir des cueillettes significatives, mais tout le monde en parle et en rêve !
La NPT reviendra sur les sociétés et leurs plantations et leurs thés plus en détail prochainement.
N° 37 Art.4)" Thés orthodoxes (OTD) et thés CTC, c’est quoi exactement ? "
Le débat sur les avantages et inconvénients de ces deux méthodes d’usinage est d’une grande actualité, en Afrique notamment. Notons qu’actuellement encore ces deux méthodes se réfèrent en principe aux thés noirs, mais c’est en train d’évoluer.
D’abord la méthode CTC : cet acronyme veut dire : crush, tear , curl : broyer, déchirer, rouler, en Français, et se réfère à un processus industriel de fabrication de thé noir. Mise au point dans les années 1930, en Assam, en Inde, par des ingénieurs Britanniques l’objectif était de traiter très rapidement de gros volumes de cueillette en provenance de théiers à grandes feuilles.
les feuilles fletries
Ces feuilles fletries auparavant sont transportées vers des récipients cylindriques, équipés de nombreuses pointes et lames acérées, et qui tournent sur eux même, ce qui finit par réduire les feuilles dans les cylindres en un broyat d’une intense couleur verte à la sortie ; toujours sur bandes transporteuse cette purée verte passe dans des fours, où la température élevée et le nombre de passages souhaités entraînent une oxydation progressive des morceaux de feuilles ;la purée devient beige, marron clair et puis brune, elle développe des effluves tanniques caractéristiques du thé noir et puis elle est torréfiée à grande chaleur, ce qui stoppe l’activité des enzymes et stabilise les particules de thé à une teneur en humidité de 3% à 6%, ce qui permet une bonne conservation
hachées et crues
. Ces « billes » de thé sont ensuite passées au criblage et triées selon leur grosseur, nommée « grade » et puis emballées en sacs de 20kg ou plus. Les grades : Broken Pekoe1, Broken Pekoe, Pekoe Fanning1, Pekoe Dust, Dust1, vont des fragments de feuilles aux brisures et aux poussières.
Cette méthode fournit la bonne matière de thés industriels pour faire un thé en vrac ou des thés en sachets. Cette présentation en petites particules ou billes permet une infusion rapide avec une belle couleur dans la tasse et des notes maltées et grillées très prisées pour les thés au lait.
Cette manière de fabriquer des thés CTC est fortement installée en Inde, dans la région d’Assam et en Afrique. Elle n’est que rarement pratiquée dans les autres pays producteurs de thés noirs, comme le Sri Lanka ou la Turquie.
Pour vous donner une notion chiffrée :
En Inde 91 % de la production sont des thés CTC, en Afrique 97%, ce qui représente environ 1,6 million de t de thé,ce qui se monte à un petit tiers de la production mondiale.
Source : ITC 2013.
En aucune façon convient-il d’associer les thés CTC à des thés médiocres !! Tout dépendra de la qualité des feuilles mises en œuvre que l’on transforme ainsi.
thé noir orthodoxe du Rwanda
La méthode de fabrication de thés noirs orthodoxes (OTD) vise au contraire de garder la feuille intacte au cours du processus de transformation. C’est ainsi que les feuilles flêtries arrivent vers des « rouleurs », dépourvus d’aspérités. Là on les roule en douceur, sous pression, afin de briser les cellules sans déchirer la feuille et de permettre aux sucs de se libérer, leur conférant une couleur rouge brun à brun fonçée suite au contact avec l'air. Cette oxydation progressive est contrôlée de très prés, c’est l’odeur et la couleur des feuilles qui détermine la durée du roulage, qui peut varier de 30 minutes à plusieurs heures, selon la qualité des feuilles et le résultat souhaité.
rouleur , en douceur
Ces thés OTD seront également passé au criblage et ce sera en fonction de la taille, feuilles et bourgeons entiers ou plus ou moins brisés que le grade sera établi.
La tendance forte des consommateurs, notamment en Amérique du Nord et en Europe d’aller vers les thés verts et les thés gourmets est en train de faire changer la donne. On commence à mettre en question le CTC traditionnel et on note une volonté grandissante de s’équiper en matériel pour faire du OTD en Afrique, que cela soit du thé noir ou du thé vert.
En attendant et afin de faire face à cette nouvelle demande en on trouve aujourd’hui en Afrique même de thés verts CTC, une nouveauté surprenante.
N° 37 Art.5) " Le Thé au ginseng"
Le thé au Ginseng
Le Ginseng coréen et les autres ginsengs
Dans toutes les civilisations les anciens allaient par les bois et les prairies, par les plaines et les montagnes à la recherche de plantes médicinales, les simples. Ils cueillaient ces plantes aromatiques, parfois amères, insipides ou même répugnantes pour soigner les hommes. Le développement de la chimie de synthèse a éclipsé pendant un certain temps les vertus de ces plantes. Le retour des hommes vers la nature et les thérapies naturelles et la mondialisation qui donne accès à des plantes jusqu’alors inconnues ont mis une importante panoplie à notre disposition en Occident, le ginseng en fait partie. Ce petit article a pour but de mieux faire connaître cette plante. Comme dans nos autres présentations, on fera un petit rappel historique et de botanique, puis on évoquera ses différentes utilisations.
Historique(1)
Le Ginseng est utilisé depuis très longtemps en extrême orient, particulièrement en Corée et en Chine, comme plante médicinale pour maintenir la vitalité. La racine de cette plante lui a donné ce nom de « ginseng » à cause de sa forme humaine, représentant les différentes facettes de la personne humaine : son corps, son esprit et son âme. Le ginseng a été utilisé principalement comme un tonique qui fortifiait les corps affaiblis mais rarement comme médicament.
une racine de ginseng rouge
Le ginseng (Panax ginseng) est une plante vivace qui appartient au genre Panax de la famille des Araliacées. Ce genre possède environ 13 espèces originaires des zones tempérées de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Les Panax sont soit des plantes vivaces soit des petits arbustes. Leur racine est épaisse ou tubérisée. En horticulture on utilise le Panax quinquefolium (parfois dénommé ginseng américain) pour son feuillage décoratif constitué de feuilles très dentées.(2)
Le nom générique Panax vient des mots grecs Pan, qui signifie tout, et Akos qui veut dire remède. Panax (en français : panacée) désigne donc le remède universel et quasiment miraculeux.
voilà une boîte
Le Panax ginseng a été dénommé pour la première fois par un botaniste allemand en 1833 puis renommé par un scientifique russe Carl Anton Meyer en 1843 .
Comme tous les produits miracles les contrefaçons sont tentantes. Seul le Panax ginseng possède les vertus médicinales recherchées depuis l’antiquité. Il est originaire de Corée, où on faisait la cueillette des racines sauvages depuis très longtemps. La culture par l’homme à partir de graines remonte à 1122 de notre ère, sous le règne du roi In Jong (dynastie Koryo) ; une autre variété est cultivé en Chine et une autre encore au Japon.
NB :Le « ginseng de Sibérie », nom parfois donné à l’éleutérocoque, n'appartient pas au genre Panax et ne contient pas de ginsénosides, principes actifs du vrai Ginseng
Les composants principaux les plus actifs sont les ginsénosides, qui appartiennent au groupe des saponines , on les trouve exclusivement dans le genre Panax. Le teneur en ginsénosides peut varier en fonction de l'espèce, de la localisation géographique et de la durée de culture : le ginseng rouge de Corée est en effet récolté seulement après six années de culture, et ne peut être cultivé à nouveaux sur les mêmes champs qu’après une période de « repos de la terre» de 12 ans.
un étiquetage détaillé renseigne bien
Une entreprise coréenne, propose une comparaison des différents ginsengs en fonction de leur teneur en ginsénoides comme suit :
· ginseng rouge de Corée : 31 % ;
· ginseng blanc de Corée : 24 % ;
· ginseng de Chine : 15 % ;
· ginseng des États-Unis / Canada : 14 % ;
· ginseng du Japon : 8 %.
Le ginseng est avant tout un stimulant du système nerveux, physique et intellectuel et accroît la résistance physique. C'est un stimulant vasomoteur. Il a une action de fond sur l’organisme. Il est apprécié pour son caractère adaptogène : il permet une meilleure résistance aux divers stress. Des études scientifiques ont confirmé les remarquables propriétés du ginseng et reconnaissent l'usage du ginseng pour tonifier l'organisme des personnes fatiguées ou affaiblies, pour rétablir la capacité de travail physique et de concentration intellectuelle et aider les convalescents à reprendre des forces. Plus généralement il permet de lutter contre l'asthénie fonctionnelle.
on trouve ces thés dans les magasins asiatiques
Le ginseng est utilisé en cas de fatigue générale, physique ou intellectuelle. Il est aussi utilisé dans des boissons énergisantes (Rockstar8, Monster, NOS et AMP) comme stimulant. Depuis des millénaires, les médecines traditionnelles chinoises, japonaises et coréennes l'utilisent donc pour ses effets toniques et aussi aphrodisiaques.
Cependant pris pur il peut avoir des effets indésirables, le cas le plus souvent cité est l'augmentation de la tension artérielle. Le Ginseng peut interagir avec la warfarine ( un anticoagulant) et avec les antidépresseurs.
Une plante avec de telles vertus devait s'associer avec d'autres pour former un cocktail harmonieux. En orient le thé vert est souvent le partenaire du Ginseng. Cette association donne un nectar doux dans un premier temps suivi d'une pointe d'amertume. Pour certaines personnes cette boisson apporte décontraction et bien être. Le ginseng peut aussi être utilisé pour agrémenter des thés noirs ou wulong ou être simplement dilué dans un peu d’eau chaude.
1 Taik-Koo Yun, M.D.2001 Brief Introduction of Panax ginseng C.A. MeyerJ Korean Med Sci 2001; 16(Suppl): S3-5
2 Collectif- 1991- Le bon jardinier. Tome 3. 153ème édition. La maison rustique. Flammarion. Paris
3 Attele, Wu Ja, Yuan CS -1999 - Ginseng pharmacology: multiple constituents and multiple actions. Biochemic . Pharmacol. 1999 Dec. 1;58(1 B1):1685-93
4 Hong B., Jy YH, Nam KY, Ahn TY- 2002 - A double-blind crossover study evaluating the efficacy of korean red ginseng in patients with erectile dysfunction : a preliminary report. J.Urol. 2002 Nov;168(5):2070-3.
5 Laura L. Murphy, Tony Jer-Fu Lee – 2002 - Ginseng, Sex Behavior, and Nitric Oxide. Annals of the New York Academy of Sciences. Volume 962 pages 372–377.
Posted by Barbara Dufrêne at 06:27 Aucun commentaire:
N°37 Art.6) "Sortie d'un beau nouvel ouvrage: le thé et la sommellerie du thé "
C’est une belle Italienne, tombée dans le thé il y a 10 ans, qui l’a rédigé.
Les 220 photos qui accompagnent les textes de Gabriella Lombardi sont de Fabio Petroni, un grand professionnel du portait et de la nature morte.
L'auteur, Gabriella Lombardi
Gabriella, originaire du Piemont, était comptable dans la pub lorsqu’elle a décidé de reprendre ses études ; elle a ainsi passé un an en Espagne, à l’Université de Grenade, où les étudiants se retrouvaient tous les jours autour d »un thé à la menthe, à la marocaine » ; de retour en Italie elle s’est rendu compte que ce genre de thé était introuvable et elle a commencé à préparer son projet.
Après des cours avec Marco Bertona, en Italie
www.maestridelthe.it
et puis à l’Ecole du Thé du Palais du Thé à Paris
www.ecoleduthe.com
elle commence à chercher un endroit pour ouvrir sa maison de thé à Milan, où elle habite avec son mari et ses filles. Quelle chance ! elle trouve à cinq minutes de sa maison un endroit de rêve .
En novembre 2010 elle ouvre son magasin cum salon de thé « Chà Tea Atelier », la première boutique-salon de thé de Milan spécialisée dans la dégustation et la vente de thés d’origine de qualité.
Son premier voyage en Chine en 2009 l’avait amenée au Sichuan et au Guangdong, depuis elle a visité le Fujian et le Yunnan.
Elle élargit sa sélection au fil de ses découvertes, propose des ateliers de dégustation et édite une newsletter.
Quand les Editions White Star lui ont demandé d’écrire un livre sur le thé elle a envoyé mari et enfants au ski et travaillé 16 heures par jour pendant les congés de Noël 2012/13. En remettant le manuscrit elle était épuisée mais heureuse.
Nous nous sommes rencontrées au Yunnan, en mai , et j’ai pu lire son livre sur sa tablette, remarquable!
Il va sortir sous peu, en Italien, Allemand, Français et Anglais . Non seulement elle y donne les clés d’une dégustation dans les règles de l’art mais elle présente 50 grands crûs de son choix. On y trouve aussi des préparations culinaires originales.
Rehaussé par la superbe iconographie de Fabio Petroni ce bel ouvrage séduira les amateurs de thé et fera aussi un beau cadeau de Noël. Le livre est déjà disponible sur amazone.
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References: Art.1
 Art.2
 Art.3
 Art.4
 Art.5
 Art.6
 Art.2
 Art.3
 Art.4
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