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Timestamp: 2019-03-25 13:11:32+00:00

Document:
RS 0.192.120.282 Accord du 11 mars 1946 entre le Conseil fédéral suisse et l’Organisation Internationale du Travail pour régler le statut juridique de cette organisation en Suisse
Accord entre le Conseil fédéral suisse et l'Organisation Internationale du Travail pour régler le statut juridique de cette organisation en Suisse
Approuvé par l'Assemblée fédérale le 29 septembre 19551
Le Conseil fédéral suisse, d'une pan, et l'Organisation Internationale du Travail, d'autre part,
désireux de conclure un accord en vue de régler en Suisse le statut juridique de l'Organisation Internationale du Travail, après la dissolution de la Société des Nations,
Art. 1 Liberté d'action de l'O.I.T.
Le Conseil Fédéral Suisse garantit à l'Organisation Internationale du Travail l'indépendance et la liberté d'action qui lui appartiennent en sa qualité d'institution internationale.
Art. 2 Personnalité de l'O.I.T.
Le Conseil Fédéral Suisse reconnaît la personnalité internationale et la capacité juridique en Suisse de l'Organisation Internationale du Travail.
Art. 3 Immunités de l'O.I.T.
L'Organisation Internationale du Travail est au bénéfice de l'ensemble des immunités connues, en droit des gens, sous le nom d'immunités diplomatiques.
Le Conseil Fédéral Suisse reconnaît notamment l'exterritorialité des terrains et locaux de l'Organisation Internationale du Travail et de tous locaux occupés par elle à l'occasion de la Conférence Internationale du Travail ou de toute autre réunion convoquée en Suisse par l'Organisation Internationale du Travail.
Le Conseil Fédéral Suisse reconnaît à l'Organisation Internationale du Travail et à ses Membres, dans leurs rapports avec elle, une liberté de réunion absolue comportant la liberté de discussion et de décision.
Art. 6 Immunité de juridiction et immunité à l'égard d'autres mesures
1. L'Organisation Internationale du Travail bénéficie, pour elle-même, ses propriétés et ses biens, quel que soit le lieu où ils se trouvent ou la personne qui les détient, de l'immunité à l'égard de toute forme d'action judiciaire, sauf dans la mesure où cette immunité a été formellement levée par le Directeur du Bureau International du Travail ou son représentant régulièrement autorisé.
2. Les propriétés et biens de l'Organisation Internationale du Travail, quel que soit le lieu où ils se trouvent ou la personne qui les détient, sont au bénéfice de l'immunité à l'égard de toute mesure de perquisition, réquisition, confiscation, expropriation et de toute autre forme de saisie ou d'ingérence de toute autorité publique de quelque nature que ce soit.
Les terrains et locaux de l'Organisation Internationale du Travail sont inviolables. Nul agent de l'autorité publique suisse ne peut y pénétrer sans le consentement exprès de l'Organisation Internationale du Travail.
Les archives de l'Organisation Internationale du Travail et, en général, tous les documents qui lui appartiennent ou se trouvent en sa possession sont inviolables.
L'exportation et l'importation des publications de l'Organisation Internationale du Travail ne seront soumises à aucune mesure restrictive.
Art. 10 Régime fiscal de l'O.I.T.
L'Organisation Internationale du Travail est exonérée des impôts directs et indirects, fédéraux, cantonaux et communaux, sur les immeubles dont elle est propriétaire et qui sont occupés par ses services de même que sur ses biens mobiliers, étant entendu qu'elle ne sollicite pas l'exemption de taxes auxquelles correspond une prestation de l'autorité publique.
1. L'Organisation Internationale du Travail peut recevoir et détenir tous fonds quelconques, toutes devises, numéraires et autres valeurs mobilières, et en disposer librement tant à l'intérieur de la Suisse que dans ses relations avec l'étranger.
2. Le présent article est applicable aux Etats Membres dans leurs relations avec l'Organisation Internationale du Travail.
L'Organisation Internationale du Travail bénéficie, dans ses communications officielles, d'un traitement au moins aussi favorable que celui assuré aux missions diplomatiques en Suisse:
Aucune censure ne peut être exercée à l'égard des communications officielles dûment authentifiées de l'Organisation Internationale du Travail, quelle que soit la voie de communication employée.
Art. 14 Liberté d'accés et de séjour
1. Les autorités suisses prendront toutes mesures utiles pour faciliter l'entrée sur le territoire suisse, la sortie de ce territoire et le séjour à toutes les personnes appelées, en qualité officielle, auprès de l'Organisation Internationale du Travail, soit:
Les membres du Conseil d'administration du Bureau International du Travail, quelle que soit leur nationalité;
Les agents et les fonctionnaires de l'Organisation Internationale du Travail;
Les personnes, quelle que soit leur nationalité, appelées par l'Organisation Internationale du Travail.
2. Toutes mesures concernant la police des étrangers et visant à restreindre l'entrée en Suisse des étrangers ou à contrôler les conditions de leur séjour seront sans application à l'égard des personnes visées au présent article.
Art. 15 Immunités des représentants des Membres et du Conseil d'administration
Les représentants des Membres de l'Organisation Internationale du Travail et les membres du Conseil d'administration appelés en Suisse par leurs fonctions y jouissent des privilèges et immunités suivants:
Immunité fiscale correspondant à celle qui est accordée aux agents diplomatiques conformément à l'usage international admis en Suisse;
Facilités douanières correspondant à celles qui sont accordées aux agents diplomatiques conformément à l'usage international admis en Suisse;
Droit d'user de chiffres dans leurs communications officielles et de recevoir ou d'envoyer des documents ou de la correspondance par l'intermédiaire de courriers ou par valises diplomatiques dûment scellées;
Exemption de toute juridiction pour les actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions,
Exonération de tous impôts fédéraux, cantonaux et commu naux sur les traitements, émoluments et indemnités qui leur sont versés par l'Organisation Internationale du Travail.
Les fonctionnaires du Bureau International du Travail qui n'ont pas la nationalité suisse bénéficient des exemptions et facilités énumérées dans l'arrangement d'exécution du présent accord1
Toute caisse des pensions ou institution de prévoyance exerçant son activité sous l'autorité de l'Organisation Internationale du Travail aura la capacité juridique en Suisse si elle en exprime le désir et sera au bénéfice des mêmes exemptions, immunités et privilèges que l'Organisation elle-même.
Dans la mesure où ils ne sont pas modifiés par le présent accord, les modus vivendi de 1921 et de 1926 et les arrangements complémentaires conclus entre le Département Politique Fédéral, la Société des Nations et le Bureau International du Travail restent applicables à l'Organisation Internationale du Travail.
1. Les immunités prévues par le présent accord ne sont pas établies en vue d'accorder aux fonctionnaires de l'Organisation Internationale du Travail des avantages et des commodités personnels. Elles sont instituées uniquement afin d'assurer, en toute circonstance, le libre fonctionnement de l'Organisation Internationale du Travail et la complète indépendance de ses agents.
2. Le Directeur du Bureau International du Travail a le droit et le devoir de lever l'immunité d'un fonctionnaire lorsqu'il estime que cette immunité empêche le jeu normal de la justice et qu'il est possible d'y renoncer sans porter atteinte aux intérêts de l'Organisation Internationale du Travail.
L'Organisation Internationale du Travail coopérera en tout temps avec les autorités suisses en vue de faciliter une bonne nistration de la justice, d'assurer l'observation des règlements de police et d'empêcher tout abus des privilèges, immunités et facilités prévus par le présent accord.
L'Organisation Internationale du Travail prendra des dispositions appropriées en vue du règlement satisfaisant:
De différends résultant de contrats auxquels l'Organisation Internationale du Travail serait partie et d'autres différends portant sur un point de droit privé;
De différends dans lesquels serait impliqué un fonctionnaire de l'Organisation Internationale du Travail qui jouit, du fait de sa situation officielle, de l'immunité, si cette immunité n'a pas été levée par le Directeur.
La Suisse n'encourt, du fait de l'activité de l'Organisation Internationale du Travail sur son territoire, aucune responsabilité internationale quelconque pour les actes et omissions de l'Organisation ou pour ceux de ses agents agissant ou s'abstenant dans le cadre de leurs fonctions.
1. Rien dans le présent accord n'affecte le droit du Conseil Fédéral Suisse de prendre les précautions utiles dans l'intérêt de la sécurité de la Suisse.
2. Au cas où il estimerait nécessaire d'appliquer le premier paragraphe du présent article, le Conseil Fédéral Suisse se mettra, aussi rapidement que les circonstances le permettront, en rapport avec l'Organisation Internationale du Travail en vue d'arrêter, d'un commun accord, les mesures nécessaires pour protéger les intérêts de l'Organisation.
3. L'Organisation Internationale du Travail collaborera avec les autorités suisses en vue d'éviter tout préjudice à la sécurité de la Suisse du fait de son activité.
Le Département Politique Fédéral est chargé de l'exécution par la Confédération Suisse du présent accord et de son arrangement d'exécution1.
1. Toute divergence de vue concernant l'application ou l'interprétation du présent accord ou de son arrangement d'exécution1 qui n'aurait pas pu être réglée par des pourparlers directs entre les parties pourra être soumise, par l'une ou l'autre partie, à l'appréciation d'un tribunal composé de trois membres qui sera constitué dès l'entrée en vigueur du présent accord.
2. Le Conseil Fédéral Suisse et l'Organisation Internationale du Travail désigneront chacun un membre du tribunal.
5. Le tribunal sera saisi par l'une ou l'autre partie par voie de requête.
1. Le présent accord entrera en vigueur dès qu'il aura été approuvé par le Conseil Fédéral Suisse et le Conseil d'administration du Bureau International du Travail.
Jusqu'à la date de la dissolution de la Société des Nations1 les modus vivendi de 1921 et de 1926, de même que les arrangements complémentaires conclus entre le Département Politique Fédéral, la Société des Nations et le Bureau International du Travail resteront applicables à l'Organisation Internationale du Travail.
2. Dans cette éventualité, les deux parties se concerteront sur les modifications qu'il pourrait y avoir lieu d'apporter aux dispositions du présent accord.
3. Au cas où les négociations n'aboutiraient pas à une entente dans le délai d'un an, l'accord pourra être dénoncé par l'une ou l'autre partie moyennant un préavis de deux ans.
Art. 31 Arrangement d'exécution
Les dispositions du présent accord sont complétées par l'arrangement d'exécution1.
1 Art. 2 let. b de l'AF du 29 sept. 1955 (RO 1956 1141)
RO 1956 1182
07.06.1946 PDF DOC

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 6

Art. 10

Art. 14

Art. 15

Art. 31
 Art. 2