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Timestamp: 2016-10-28 14:24:25+00:00

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5A_909/2010 (04.04.2011)
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 25 novembre 2010.
A.a A.________, n� en 1964, et dame A.________, n�e en 1962, se sont mari�s � F.________ (Italie) le 22 mai 1999. Le 17 d�cembre 1999, ils ont conclu un contrat de mariage et un pacte successoral � G.________ (Allemagne).
Les �poux ont emm�nag� � Gen�ve peu apr�s leur mariage. Ils ont un enfant, B.________, n� en 2000.
Les parties vivent s�par�es depuis le d�but de l'ann�e 2008.
A.b A.________ est pr�sident du conseil d'administration de C.________. � H.________ (Italie). Il chiffre � 38'343 fr. son revenu mensuel, �tant pr�cis� que son employeur assumait les frais de logement � Gen�ve, les frais d'�colage de l'enfant � l'Ecole X.________, fournissait des voitures � chacun des �poux et payait leur assurance-maladie. A.________ n'a all�gu� aucune charge le concernant, hormis son minimum vital (1'200 fr.) et l'�colage mensuel de son fils dans une �cole sp�cialis�e qu'il fr�quente � mi-temps en raison de probl�mes de dyslexie (Ecole Y.________; 2'208 fr. 30).
Dame A.________ a cess� toute activit� professionnelle apr�s avoir rencontr� son mari. Ses charges ont �t� fix�es par la cour cantonale � 19'848 fr. Celles de B.________ ont �t� arr�t�es � 8'513 fr., montant toutefois contest� par l'�poux.
A.c Le 5 f�vrier 2008, A.________ a form� une demande en divorce aupr�s de l'Amtsgericht Berlin-Sch�neberg (Allemagne), laquelle a �t� notifi�e � son �pouse le 28 f�vrier 2008. Celle-ci a entre-temps ouvert action en divorce devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve, le 14 f�vrier 2008. Par jugement du 20 novembre 2008, puis arr�t de la Cour de justice du 28 mai 2009, il a �t� jug� que la demande en divorce d�pos�e en Allemagne avait cr�� la litispendance post�rieurement � la demande d�pos�e en Suisse.
B.a Le 12 ao�t 2008, l'�pouse a requis des mesures provisoires avec mesures pr�provisoires urgentes, concluant notamment � l'octroi d'une contribution mensuelle � l'entretien de la famille d'un montant de 36'000 fr. avec effet au mois de mars 2008. L'�poux a offert le versement d'une somme mensuelle de 9'800 fr., frais d'�colage de l'enfant en sus.
Par ordonnance sur mesures pr�provisoires du 8 septembre 2008, le Pr�sident du tribunal a condamn� A.________ � verser � son �pouse une contribution � l'entretien de la famille d'un montant mensuel de 15'000 fr., allocations familiales non comprises, ainsi qu'� continuer � prendre en charge l'�colage priv� de B.________.
Le 20 mai 2010, statuant sur mesures provisoires, le Tribunal de premi�re instance a notamment condamn� A.________ a verser � son �pouse, allocations familiales non comprises, la somme de 25'000 fr. par mois, frais d'�colage de l'enfant en sus. Le montant �tait d� d�s le mois de mars 2008, sous imputation des montants d�j� vers�s � ce titre.
B.b Statuant le 25 novembre 2010 sur appel de l'�poux, la Cour de justice a r�form� le jugement de premi�re instance et r�duit la contribution � 22'500 fr., sous les m�mes conditions.
Contre cette d�cision, A.________ interjette, le 23 d�cembre 2010, un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � ce que la contribution d'entretien soit fix�e � 15'000 fr., allocations familiales non comprises, et ce, sans effet r�troactif. A l'appui de ses conclusions, il invoque la violation de l'arbitraire.
Appel�es � se d�terminer, la cour cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t tandis que l'�pouse conclut � ce que son mari soit d�bout� de toutes ses conclusions.
Par ordonnance pr�sidentielle du 12 janvier 2011, le recourant a obtenu l'effet suspensif pour les aliments dus jusqu'en novembre 2010.
La d�cision de mesures provisoires selon l'art. 137 al. 2 CC est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Bien qu'elle soit prise alors qu'une proc�dure (principale) de divorce est pendante, elle est finale au sens de l'art. 90 LTF, car son objet est diff�rent de celui de la proc�dure au fond et elle met fin � l'instance sous l'angle proc�dural (ATF 134 III 426 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s). Le litige portant uniquement sur la contribution d'entretien, le recours a ainsi pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2), dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). La d�cision entreprise a en outre �t� rendue par l'autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF) et le recours a �t� interjet� dans le d�lai (art. 46 al. 2 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
La d�cision sur mesures provisoires de l'art. 137 al. 2 CC �tant une d�cision portant sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF, le recours ne peut �tre form� que pour violation des droits constitutionnels.
2.1 Le Tribunal f�d�ral ne sanctionne la violation de droits constitutionnels que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 III 393 consid. 6, 638 consid. 2; 133 II 249 consid. 1.4.2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables. Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (cf. ATF 133 III 585 consid. 4.1; 130 I 258 consid. 1.3 et les arr�ts cit�s).
Le recourant �met deux critiques de fait.
3.1 Il remarque d'abord que c'est � tort que la cour cantonale a retenu que les charges de B.________ �taient incontest�es et affirme qu'au contraire, il aurait critiqu� les montants li�s aux multiples activit�s parascolaires de son fils devant le Tribunal de premi�re instance. A supposer que l'int�ress� s'en soit effectivement plaint devant cette derni�re autorit�, il n'a pas r�it�r� ses critiques devant la seconde instance cantonale alors que les charges retenues �taient identiques � celles relev�es en premi�re instance. Il ne peut donc les reprendre devant la Cour de c�ans, faute d'�puisement des griefs (art. 75 LTF).
3.2 Le recourant reproche ensuite � la Cour de justice de ne pas avoir retenu certains �l�ments de fortune de son �pouse. Statuant � ce sujet, la cour cantonale a indiqu� que ces sommes �taient litigieuses et qu'elles seraient d�s lors discut�es dans le cadre de la liquidation du r�gime matrimonial. S'agissant plus pr�cis�ment du montant de 67'000 fr., les juges cantonaux ont relev� qu'il n'�tait pas assez important pour �tre affect� � l'entretien de la famille. En se limitant � observer que les sommes qui n'avaient pas �t� retenues auraient pourtant pu permettre � son �pouse d'assurer son train de vie, le recourant ne s'en prend pas au raisonnement cantonal et n'en d�montre donc nullement l'arbitraire, de sorte que sa critique � cet �gard est irrecevable.
Pour arr�ter le montant de la contribution � l'entretien de la famille, la Cour de justice a avant tout fix� la r�mun�ration mensuelle nette de l'�poux en convertissant en francs suisses les sommes per�ues en euros de son employeur entre 2005 et 2010 (revenus fixes, tanti�mes et bonus). L'instance cantonale a ainsi constat� une r�mun�ration mensuelle moyenne nette de plus de 40'000 fr., � laquelle s'ajoutaient d'importantes prestations en nature assur�es par l'employeur, � savoir le paiement du loyer, de l'�colage de l'enfant � l'Ecole X.________ et des assurances-maladie ainsi que la mise � disposition de v�hicules. Il s'ensuivait que les charges que le recourant faisait valoir se limitaient � son minimum vital (1'200 fr.) et � l'�colage de son fils � l'�cole sp�cialis�e Y.________ (2'208 fr.). De son c�t�, l'�pouse n'exer�ait aucune activit� lucrative. Relevant son �ge (48 ans), son �loignement du march� du travail, la dur�e du mariage et la prise en charge de l'enfant - qui exigeait un important investissement en raison de sa sant� et de sa dyslexie -, les juges cantonaux ont consid�r� qu'il ne pouvait �tre exig� d'elle qu'elle reprenne une activit� lucrative durant la proc�dure de mesures provisoires; ils ont arr�t� ses charges � 19'038 fr. par mois, celles de l'enfant �tant maintenues � 8'513 fr. (cf. supra consid. 3.1). La cour cantonale a ainsi jug� qu'avec un revenu mensuel net de l'ordre de 39'000 fr., voire 38'343 fr. comme l'all�guait l'�poux lui-m�me, celui-ci �tait en mesure d'assumer les charges de sa famille en b�n�ficiant d'un disponible de 10'792 fr. pour son entretien personnel et ses autres d�penses (38'343 fr. - 19'038 fr. - 8'513 fr.). Dans la mesure toutefois o� l'�colage �tait en partie pris en charge par l'employeur du recourant, il se justifiait de faire abstraction des charges d'�colage priv� de l'enfant dans celles de l'int�ress�, dites charges �tant dues � part par celui-ci, en sus de la contribution d'entretien fix�e par la cour � la somme arrondie de 22'500 fr.
5.1 Le recourant reproche d'abord � la Cour de justice d'avoir arbitrairement fix� le montant de la contribution d'entretien.
5.1.1 Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisoires (art. 137 al. 2 CC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100; 118 II 376 consid. 20b p. 378 et les arr�ts cit�s). Toutefois, quand on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune, les crit�res applicables � l'entretien apr�s le divorce de l'art. 125 CC gagnent en importance et doivent �tre pris en consid�ration pour �valuer l'entretien. Cela signifie que le droit � l'entretien doit �tre appr�ci� au regard des crit�res de l'art. 125 al. 1 CC, qu'il y a lieu d'appr�cier la prise ou l'augmentation de l'activit� lucrative d'un �poux � la lumi�re du principe de l'ind�pendance �conomique des �poux et que le montant de la contribution doit �tre fix� en tenant compte des �l�ments indiqu�s de fa�on non exhaustive par l'art. 125 al. 2 CC (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Il n'en demeure pas moins que, tant que dure le mariage, l'art. 163 al. 1 CC constitue la cause de l'obligation d'entretien.
5.1.2 L'absence de perspectives de r�conciliation ne justifie pas � elle seule la suppression de toute contribution d'entretien. L'art. 125 al. 1 CC concr�tise en effet deux principes: d'une part, celui de l'ind�pendance �conomique des �poux apr�s le divorce, qui postule que, dans toute la mesure du possible, chaque conjoint doit d�sormais subvenir � ses propres besoins; d'autre part, celui de la solidarit�, qui implique que les �poux doivent supporter en commun non seulement les cons�quences de la r�partition des t�ches convenue durant le mariage (art. 163 al. 2 CC), mais �galement les d�savantages qui ont �t� occasionn�s � l'un d'eux par l'union et qui l'emp�chent de pourvoir � son entretien (ATF 132 III 598 consid. 9.1 p. 600 et les arr�ts cit�s).
Selon la jurisprudence, une contribution est due si le mariage a concr�tement influenc� la situation financi�re de l'�poux cr�direntier ("lebenspr�gend"). En particulier, si le mariage a dur� au moins dix ans - p�riode � calculer jusqu'� la date de la s�paration des parties (ATF 132 III 598 consid. 9.2 p. 600) - il a eu, en r�gle g�n�rale, une influence concr�te. De m�me, ind�pendamment de sa dur�e, un mariage influence concr�tement la situation des conjoints lorsque ceux-ci ont des enfants communs (ATF 135 III 59 consid. 4.1 p. 61). Dans de tels cas, le principe est que le standard de vie choisi d'un commun accord doit �tre maintenu pour les deux parties dans la mesure o� leur situation financi�re le permet (ATF 132 III 593 consid. 3.2 p. 594). Il s'agit alors de la limite sup�rieure de l'entretien convenable auquel l'�poux cr�ancier a droit. Quand il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts, de conserver le niveau de vie ant�rieur, le cr�ancier d'entretien peut pr�tendre au m�me train de vie que le d�biteur d'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1 p. 8).
5.1.3 Le recourant soutient notamment que le maintien du train de vie ant�rieur ne serait envisageable que dans des situations particuli�res, lorsque les revenus sont extr�mement favorables. Il ne saurait toutefois �tre garanti, en tant que la s�paration implique n�cessairement des charges suppl�mentaires, qui doivent �tre r�parties entre les �poux. En jugeant qu'il �tait en mesure d'assurer un entretien de 27'551 fr. � sa famille, la cour cantonale serait tomb�e dans l'arbitraire puisque lui-m�me ne conserverait que 28% de son revenu, tandis que son �pouse percevrait les 72% restant. Avec la chute de l'euro, la proportion atteindrait m�me 21% contre 79%.
L'intim�e reconna�t que la contribution d'entretien fix�e repr�sente une part importante du revenu net en esp�ces de son �poux. Elle remarque cependant que le solde qui reste � sa disposition ne constituerait pour lui que de l'argent de poche dans la mesure o� il ferait face � des charges quasiment nulles.
5.1.4 En l'esp�ce, le mariage des parties a dur� moins de dix ans, mais il a n�anmoins influenc� la situation de l'�pouse cr�ditrenti�re en raison de la naissance de B.________. C'est donc � juste titre que le principe d'une contribution d'entretien a �t� admis.
En consid�rant toutefois que le recourant pouvait, par son revenu, s'acquitter de l'int�gralit� des charges de son �pouse, que la cour cantonale a arr�t�es � 19'038 fr., et de celles de son fils, d'un montant de 8'513 fr. - contest� sans succ�s par le recourant (consid. 3.1 supra) -, la Cour de justice a vers� dans l'arbitraire. Conform�ment aux principes sus-expos�s, l'augmentation des frais qu'entra�ne l'existence de deux m�nages distincts implique que les �poux doivent accepter, chacun dans la m�me mesure, une diminution de leur train de vie. Tel n'est manifestement pas le r�sultat auquel parvient la d�cision cantonale au vu des sommes qu'elle laisse � disposition de chacune des parties. Alors qu'un montant de 27'551 fr. est destin� � assurer le train de vie de l'�pouse et du fils, l'�poux voit son train de vie arr�t� � son disponible, � savoir 10'792 fr. Il convient ainsi d'admettre le recours sur ce point et de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale pour qu'elle statue � nouveau. Partant des revenus du couple, � savoir tant du salaire du mari que du revenu hypoth�tique �ventuel de l'�pouse (consid. 5.2 infra), la cour cantonale devra en soustraire les charges aff�rentes � l'enfant et r�partir entre les deux parties, pour moiti� chacune, le montant ainsi obtenu.
5.2 Le recourant pr�tend ensuite que la Cour de justice serait tomb�e dans l'arbitraire en refusant d'imputer un revenu hypoth�tique � son �pouse.
5.2.1 Conform�ment au principe de l'ind�pendance �conomique des �poux, qui se d�duit �galement de l'art. 125 CC, l'�poux demandeur ne peut pr�tendre � une pension que s'il n'est pas en mesure de pourvoir lui-m�me � son entretien convenable tel qu'�tabli conform�ment aux principes sus-mentionn�s (ATF 134 III 145 consid. 4 p. 146). Selon les circonstances, il pourra �tre ainsi contraint d'exercer une activit� lucrative ou d'augmenter son taux de travail (ATF 130 III 537 consid. 3.2; 128 III 65 consid. 4a). Le juge doit donc examiner dans quelle mesure l'�poux concern� peut exercer une activit� lucrative, compte tenu de son �ge, de son �tat de sant� et de sa formation. S'il entend exiger de lui qu'il reprenne une activit� lucrative, il doit lui accorder un d�lai d'adaptation appropri�: l'�poux doit en effet avoir suffisamment de temps pour s'adapter � sa nouvelle situation, notamment lorsqu'il doit trouver un emploi. Ce d�lai doit par ailleurs �tre fix� en fonction des circonstances concr�tes du cas particulier (cf. ATF 129 III 417 consid. 2.2; 114 II 12 consid. 5).
Selon la jurisprudence, en cas de mariage de longue dur�e, on pr�sume qu'il n'est pas possible d'exiger d'un �poux qui a renonc� � exercer une activit� lucrative pendant le mariage et qui a atteint l'�ge de 45 ans au moment de la s�paration, de reprendre un travail; cette limite d'�ge ne doit toutefois pas �tre consid�r�e comme une r�gle stricte (arr�t 5A_478/2010 du 20 d�cembre 2010 consid. 4.2.2.2 destin� � la publication et la jurisprudence cit�e). La pr�somption peut �tre renvers�e, en fonction d'autres �l�ments qui plaideraient en faveur de la prise ou de l'augmentation d'une activit� lucrative (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et les r�f�rences cit�es). La limite d'�ge tend � �tre augment�e � 50 ans (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence).
La capacit� de pourvoir soi-m�me � son entretien est susceptible d'�tre limit�e totalement ou partiellement par la charge que repr�sente la garde des enfants. En principe, on ne peut exiger d'un �poux la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50% avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'�ge de 10 ans r�volus, et de 100% avant qu'il n'ait atteint l'�ge de 16 ans r�volus (ATF 115 II 6 consid. 3c). Ces lignes directrices sont toujours valables d�s lors que, comme par le pass�, la garde et les soins personnels sont dans l'int�r�t des enfants en bas �ge, ainsi que de ceux en �ge de scolarit�, et que les soins personnels repr�sentent un crit�re essentiel lors de l'attribution de la garde (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence). Elles ne sont toutefois pas des r�gles strictes; leur application d�pend des circonstances du cas concret (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2; 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 5.4.3). Ainsi, une activit� lucrative appara�t exigible lorsqu'elle a d�j� �t� exerc�e durant la vie conjugale ou si l'enfant est gard� par un tiers, de sorte que le d�tenteur de l'autorit� parentale, respectivement de la garde, n'est pas emp�ch� de travailler pour cette raison; en revanche, la reprise d'une activit� lucrative ne peut raisonnablement �tre exig�e lorsqu'un �poux a la charge d'un enfant handicap� ou lorsqu'il a beaucoup d'enfants (arr�t 5A_478/2010 pr�cit� consid. 4.2.2.2 et la r�f�rence). Le juge tient compte de ces lignes directrices dans l'exercice du large pouvoir d'appr�ciation qui est le sien (ATF 134 III 577 consid. 4).
5.2.2 Le recourant note � cet �gard que son �pouse a certes 48 ans et a cess� son activit� professionnelle il y a environ 13 ans, mais elle serait en bonne sant�, disposerait d'une formation �quivalente � un dipl�me universitaire et parlerait plusieurs langues. Elle b�n�ficierait en outre d'une bonne exp�rience professionnelle, ayant travaill� pour C.________, puis comme g�rante d'un concessionnaire automobile en Allemagne. Selon l'avis d'une conseill�re en ressources humaines, son dossier et ses comp�tences linguistiques lui permettraient ainsi de trouver un poste d'assistante de direction avec un salaire de l'ordre de 50'000 � 60'000 fr. pour un taux d'occupation de 60%. Par ailleurs, la dyslexie de leur fils, �g� de dix ans, ne l'emp�cherait nullement de trouver un emploi: B.________ serait en effet scolaris� toute la journ�e, ce qui laisserait � l'intim�e une plage de disponibilit� confortable pour l'exercice d'une activit� lucrative � temps partiel. Enfin, conforter l'intim�e dans l'id�e qu'elle n'a pas besoin de travailler serait pour elle une incitation � faire durer la proc�dure.
L'intim�e r�pond que les �l�ments factuels sur lesquels se fonde son �poux pour lui imputer un revenu hypoth�tique (formation, comp�tences linguistiques, bonne exp�rience professionnelle) n'ont jamais �t� �tablis par l'autorit� cantonale qui les aurait simplement rapport�s; elle-m�me les aurait d'ailleurs syst�matiquement contest�s au cours de la proc�dure cantonale. Son �ge, son �loignement du march� du travail et la lourde dyslexie dont souffre B.________ plaideraient au contraire en d�faveur de la reprise d'une activit� lucrative. Au demeurant, le recourant ne saurait lui reprocher de faire durer la proc�dure dans la mesure o� il serait seul responsable de son retard.
5.2.3 L'intim�e avait pr�s de 46 ans lorsque le couple s'est s�par� et qu'elle a d�pos� sa requ�te de divorce. Si cet �ge constitue la limite au-del� de laquelle on pr�sume qu'il n'est g�n�ralement plus possible d'exiger la reprise du travail d'un �poux qui a renonc� � l'exercice d'une activit� lucrative durant le mariage, cette limite n'est toutefois plus consid�r�e actuellement comme une r�gle stricte et tend au contraire � �tre augment�e � 50 ans selon les circonstances (consid. 5.2.1 supra).
Il n'est en l'esp�ce pas contest� que l'intim�e a cess� toute activit� professionnelle depuis sa rencontre avec le recourant. Sa formation et l'emploi qu'elle occupait � l'�poque font cependant l'objet d'all�gations divergentes entre les parties, l'�poux affirmant qu'elle disposerait d'une formation d'�conomiste, elle-m�me �voquant un dipl�me d'employ�e de commerce. L'intim�e est de langue maternelle allemande; ayant emm�nag� � Gen�ve peu apr�s son mariage, il y a douze ans, l'on peut partir du principe que, si, comme elle le pr�tend, elle ne ma�trise pas parfaitement le fran�ais, elle en a toutefois de bonnes connaissances. L'intim�e a par ailleurs all�gu� prendre des cours d'informatique et avoir contact� un professionnel en mati�re de placement. Elle est en bonne sant�. Le fils des parties est actuellement �g� de 10 ans. Il souffre certes de dyslexie mais est scolaris� pour ses difficult�s dans une �cole sp�cialis�e; contrairement � ce que semble pr�tendre l'autorit� cantonale, il ne ressort pas des faits qu'elle a �tablis qu'il serait en outre atteint dans sa sant�. L'intim�e ne saurait donc s'appuyer sur ces derni�res circonstances pour renoncer � l'exercice de toute activit� r�mun�r�e. Il �tait donc arbitraire de retenir qu'au vu de sa formation - au minimum un dipl�me d'employ�e de commerce -, de ses connaissances linguistiques - allemand et fran�ais - et de son bon �tat de sant�, l'intim�e n'�tait pas en mesure d'exercer une activit� � temps partiel. L'activit� et le revenu qu'elle pourra en tirer devront toutefois �tre fix�s par la cour cantonale au regard des informations suppl�mentaires qu'elle se devra d'�tablir (notamment: formation effective, �ventuelles connaissances linguistiques suppl�mentaires, march� du travail).
Le recourant reproche enfin aux juges cantonaux de l'avoir arbitrairement contraint � verser � son �pouse une contribution d'entretien avec effet r�troactif au 1er mars 2008. Non seulement la n�cessit� d'une contribution r�troactive n'avait pas �t� v�rifi�e, mais l'admettre conduirait �galement � un r�sultat particuli�rement in�quitable dans la mesure o� il devrait s'acquitter � ce jour d'un montant de 247'000 fr. d'arri�r�s.
6.1 A cet �gard, la cour cantonale a notamment consid�r� que l'intim�e avait requis en ao�t 2008 le versement d'une contribution d'entretien de 36'000 fr. avec effet r�troactif en mars 2008, de sorte que le recourant devait compter avec la possibilit� qu'une telle contribution soit accord�e r�troactivement.
6.2 Selon l'art. 137 al. 2, 4e phr. aCC, la contribution d'entretien peut �tre demand�e pour l'avenir et pour l'ann�e pr�c�dant le d�p�t de la requ�te (cf. ATF 129 III 60 consid. 3), l'effet r�troactif visant � ne pas forcer l'ayant droit � se pr�cipiter chez le juge, mais � lui laisser un certain temps pour convenir d'un accord � l'amiable (ATF 115 II 204 consid. 4a; Heinz Hausheer/Ruth Reusser/Thomas Geiser, Berner KOMMENTAR, 1999, n. 23 ad art 173 CC). L'effet r�troactif ne se justifie que si l'entretien d� n'a pas �t� assum� en nature ou en esp�ces ou d�s qu'il a cess� de l'�tre (DENIS TAPPY, in Commentaire romand, Code Civil I : art. 1-359 CC, 2010, n. 23 ad art. 137 CC). En tant que le recourant ne pr�tend pas avoir assur� l'entretien de la famille pour la p�riode ant�rieure au d�p�t des mesures provisoires par l'intim�e, celle-ci �tait parfaitement fond�e � requ�rir l'effet r�troactif, sans qu'aucune circonstance ne permette de faire appara�tre arbitraire la d�cision cantonale sur ce point.
En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis en ce qui concerne le montant de la contribution d'entretien. Il est rejet� pour le surplus, dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires sont support�s par les parties � part �gale (art. 66 al. 1 LTF) et les d�pens sont compens�s. Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� en tant qu'il fixe la contribution d'entretien � 22'500 fr., allocations familiales et frais d'�colage en sus, et la cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Pour le surplus, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 4'000 fr., sont mis pour moiti� � charge du recourant et pour moiti� � charge de l'intim�e.

References: art. 74
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 1
 art. 137