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Timestamp: 2018-10-21 09:45:01+00:00

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13. Monnaie - Principes de science économique - page 54
L'instabilité économique par excellence.
Par Georges Lane le mardi 1 juillet 2008, 18:43
A Paris, le 28 mars 2014
1. Le rapport annuel de la Banque de France.
Dans son Rapport annuel 2013, la Banque de France, banque centrale désormais indépendante de l'Etat de la France depuis la décennie 1990, mais qui reste en situation de monopole réglementaire, fait apparaître, en mars 2014, des résultats comptables au 31 décembre 2013, pour le moins contrastés (cf. les résultats sélectionnés dans le tableau ci-dessous).
banque centrale monopolisée,
nombres aux 31 décembre 2013 et 2012
1.a. "Réserves de change" (or+"monnaies étrangères"+FMI)
68 217 + 34 257 + 17 023 = 119 497
98 751 + 38 660 +18 119 = 155 530
- "Variation d'évaluation" (poste du passif).
52 037 + 7 002 + 21 901 = 80 940
85 050 + 5 750 + 22 007 = 112 807
- "Réserves de change" nettes.
38 557 42 723
1.b. Billets.
178 854 170 641
1.c. Montant total de l'actif/passif du bilan comptable:
550 006 731 781
- Montant total de l'actif/passif net de la "variation d'évaluation":
469 066 618 974
1.d. Résultat net (Rn)
2 441 3 146
- Capitaux propres (Kp)
6 838 6 200
Source: Banque de France 2014
En aucun cas, ces résultats comptables ne permettent de dire que le monopole qu'est la Banque de France contribue à quelque stabilité économique que ce soit.
Tout porte à faire penser qu'au contraire, elle est un déstabilisateur par excellence en relation avec le privilège de monopole qu'elle a reçu dans le passé et qu'explique l'économie politique.
Quelques éléments de justification.
2. Montant total du bilan comptable.
Le montant total du bilan comptable fait apparaître une diminution significative de son nombre en 2013 par rapport à celui de 2012, de:
et, ajustée de la variation d'évaluation, la diminution a été de:
Ces montants sont très importants et ne sauraient montrer ce que les banquiers centraux - en l'espèce, celui de la France - font valoir, à savoir leur rôle économique stabilisateur.
Des variations de cet ordre expliquent, au contraire, la crise qu'ils se satisfont de faire fonctionner et perdurer.
3. Les "réserves de change".
Cette diminution globale du montant du bilan comptable va de pair avec une diminution de la rubrique "or" de l'actif de celui-ci de:
et avec une diminution de la rubrique "réserves de change" de:
Ajustée de la "variation d'évaluation", la diminution de la rubrique "réserves de change" du bilan passe à:
Cela reste un taux fort.
4. Les billets.
Rappelons que les billets en question sont des billets de banque monopolisés et obligatoires pour vous et moi.
Ils sont situés au passif du bilan comptable.
Si les billets ont connu une faible augmentation de montants (de l'ordre de 4,8%), rapportés à la rubrique "or", ils attestent d'une très forte augmentation:
de 73% à 162%.
Rapportés aux "réserves de change", ils connaissent une forte augmentation:
de 9.7% à 50%.
Certes, la Banque n'a pas l'obligation de convertir, à la demande, à taux fixe, les billets en or ou en "réserves de change" comme cela a été le cas jusqu'à la décennie 1930 (cf. ce texte de mai 2011 sur la convertibilité monétaire).
Pour autant, les comportements des gens qui pourraient être amenés à cette volonté échappent totalement à l'emprise de la Banque.
Et ce qui est interdit aujourd'hui peut se révéler gravissime demain et à son désavantage.
Rapportés au montant de l'actif/passif du bilan comptable, c'est encore, pour les billets, une augmentation significative:
de 23,3% à 32,5%.
Rapportés au montant de l'actif/passif net de variation d'évaluation, c'est une augmentation comparable:
de 27,6% à 38,1%.
Bref, ces nombres reflètent un véritable capharnaüm.
A ces éléments du capharnaüm apparent, est à ajouter la façon dont la Banque centrale européenne et les Banques centrales nationales ajustent leur quantité de billets (cf. ce texte édifiant de août 2010).
5. Le seigneuriage.
Pour sa part, le seigneuriage de la Banque de France se porte bien.
Mais comparé à 2012, son montant est en forte diminution puisqu'il est passé:
de € 3 146 à € 2 441 millions.
Comparé au montant des capitaux propres du bilan, le rapport "revenu net/capitaux propres" témoigne d'une baisse significative:
de 50,7% à 35,7%.
qu'on ne peut pas sous-estimer même si le taux obtenu est encore important.
Soit dit en passant, selon Vilfredo Pareto, en 1896-97:
« Au Moyen-âge, les rois et les seigneurs furent très jaloux de leur privilège de battre monnaie, et ils en tiraient de bons revenus. » (Pareto, 1896-97, §379).
On voit qu'il en est encore ainsi aujourd'hui.
On voit moins, et il faut le regretter, que, toujours selon Pareto :
"[...] c'est la seule initiative privée qui nous a donné les virements de compte chez les banquiers, les chèques, les warants, et qui est parvenue ainsi à économiser la monnaie métallique". (ibid. §277)
En relation avec la Banque centrale, monopole original, on notera encore que Pareto relevait que:
" La facilité avec laquelle les personnes préposées à la "production" de la monnaie abusent de l'autorité qui leur est confiée, si elles ne sont pas contenues par la concurrence, est un de ces faits révélés par l'histoire" (ibid., §345)
"Toutes les tentatives faites, dans le sens indiqué [substituer à la monnaie marchandise des moyens moins coûteux] par les Etats, ont abouti à des désastres.". (ibid., §277)
"Souvent, les institutions qui survivent, au lieu d'alléger leur joug, le rendent de plus en plus pesant, à mesure qu'elles deviennent plus inutiles.
Il est probable que plusieurs choses, dans le régime parlementaire, tel que la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce l'ont copié de l'Angleterre, survivent maintenant au temps où elles ont pu être économiquement utiles." (ibid., §637)
Nous sommes aujourd'hui, plus que jamais, dans ce cas de figure à quoi les Américains du "Pareto revival" de la décennie 1930 ont contribué en dénaturant ce qu'avait écrit l'auteur et qu'ils ont réussi à faire admettre par une grande partie du peuple américain depuis lors (cf. ce texte de juillet 2009).
Rien ne justifie les monopoles réglementaires des banques centrales et le marché politique qu'elles s'accordent en toute impunité (par exemple, des taux d'intérêt à court terme fixés à zéro ou proches de zéro).
Ces monopoles réglementaires vont de pair avec des obligations de vous et moi qui sont tout autant injustifiables sinon la coercition qu'occasionnent leurs dirigeants pour un prétendu bien qu'ils ne sauraient expliquer (cf. ce texte de mars 2014 de Tongurai Limpiti sur le point).
Hier, le monopole réglementaire du roi était justifié par ce dernier contre ses seigneurs. Ainsi selon Pareto:
" En 1315, le comte de Nevers, ayant altéré sa monnaie, est poursuivi par le roi, qui prétend avoir le monopole 'd'abaisser et d'amenuzer' la monnaie» (G. d Aven., Hist. econ., I, p. 51)" ( ibid. §355).
Mais le monopole réglementaire est néfaste à cause des destructions à quoi il donne lieu et dont aucune comptabilité imaginée ne saurait rendre compte (cf. loi de Bitur Camember) comme le signalait, dans un cas particulier, Pareto en ces termes:
"On peut transférer la richesse de certains individus à certains autres, en changeant les conditions données par la libre concurrence, soit pour les coefficients de fabrication, soit pour les transformations de l'épargne en capitaux.
Ce n'est là qu'une autre forme des propositions déjà énoncées (723-724). Ce théorème joue, en économie politique, un rôle analogue à celui du second principe, en thermodynamique.
Il a comme corollaire que tout monopole donne lieu à une destruction de richesse. En effet, le monopole change les conditions qui seraient établies par la libre concurrence." (ibid. §730)
Où tout cela va-t-il mener la Banque? Et ses conséquences économiques?
Une chose est certaine: la Banque de France n'est pas le stabilisateur économique que certains veulent bien dire, bien au contraire, elle en est un destructeur que camouflent ses résultats comptables.
Pour l'instant, tous ces résultats peuvent être comparés à ceux présentés par le passé, par exemple, en mai 2010 (cf. le texte): ils accentuent encore l'instabilité économique que la Banque provoque.
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References: §379
 §277
 §345
 §277
 §637
 §355
 §730