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Timestamp: 2017-01-23 17:14:12+00:00

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France, Conseil d'État, 2 / 6 ssr, 29 décembre 1993, 141318
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 141318Numéro NOR : CETATEXT000007836174 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1993-12-29;141318 Analyses : DROITS CIVILS ET INDIVIDUELS - ETRANGERS - REFUGIES - APATRIDES - QUESTIONS COMMUNES - EXPULSION.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 15 septembre 1992 et 18 janvier 1993 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour Mme Matanza X..., demeurant ... ; Mme X... demande que le Conseil d'Etat : 1°) annule le jugement du 8 juillet 1992 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 20 mars 1990 par lequel le préfet de l'Oise lui a refusé un titre de séjour et l'a invitée à quitter le territoire français dans un délai de trois mois, et à ce qu'il soit sursis à l'exécution de cet arrêté ;
3°) lui alloue une somme de 5 800 F au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;
- les observations de la SCP Lyon-Caen, Fabiani, Thiriez, avocat de Mme Matanga X...,
- les conclusions de M. Vigouroux, Commissaire du gouvernement ;Considérant que si une circulaire interministérielle du 23 juillet 1991 a, sous certaines conditions, prévu la possibilité pour les "déboutés du droit d'asile" d'une "admission exceptionnelle" au séjour en France, cette circulaire n'avait pas pour objet et n'aurait pu légalement avoir pour effet de poser des règles de droit nouvelles, ni de limiter le pourvoir qui appartenait à l'administration, en l'absence de toute règle de droit le lui interdisant, de régulariser la situation des étrangers ; ;
Considérant qu'aux termes de l'article 14 de l'ordonnance susvisée du 2 novembre 1945, dans sa rédaction issue de la loi n° 84-622 du 17 juillet 1984 : "Peuvent obtenir une carte dite "carte de résident" les étrangers qui justifient d'une résidence non interrompue, conforme aux lois et règlements en vigueur d'au moins trois années en France. La décision d'accorder ou de refuser la carte de résident est prise en tenant compte des moyens d'existence dont l'étranger peut faire état ... La carte de résident peut être refusée à tout étranger dont la présence constitue une menace pour l'ordre public" ;
Considérant que Mme X..., ressortissante zaïroise, dont la demande d'asile a été rejetée par décison du 3 juillet 1991 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides confirmée le 17 décembre 1991 par la commission des recours, a, conformément à l'invitation qui lui en avait été faite, présenté le 14 janvier 1992 une demande d'admission exceptionnelle au séjour ; qu'à cette dernière date Mme X... justifiait d'une présence en France ininterrompue et régularisée de plus de trois années ; qu'il ressort des pièces du dossier que la demanderesse, dont l'époux exerçait une activité salariée, faisait état de moyens d'existence lui permettant de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille ; que si elle a été condamnée le 25 avril 1990 à une peine d'emprisonnement d'un mois avec sursis pour vol de boîtes de conserves dans un supermarché, cette circonstance ne permettait pas, à elle seule, de regarder sa présence sur le sol national comme un danger pour l'ordre public ;Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'en se bornant à relever que Mme X..., en raison de cette condamnation et du fait que l'intéressée ne produisait pas de contrat de travail, ne remplissait pas les conditions posées par la circulaire précitée du 23 juillet 1991 pour pouvoir bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en France, le préfet de l'Oise n'a pas légalement motivé sa décision ; qu'il suit de là que la requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision ;
Considérant qu'aux termes du I de l'article 75 de la loi du 10 juillet 1991 : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation" ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à Mme X... la somme de 5 800 F ;
Article 1er : Le jugement en date du 8 juillet 1992 du tribunal administratif d'Amiens est annulé.
Article 2 : La décision susvisée du 20 mars 1992 du préfet de l'Oise est annulée.
Article 3 : L'Etat versera à Mme X... une somme de 5 800 F au au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme Matanza X... et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.Références : Circulaire 1991-07-23Loi 84-622 1984-07-17Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 14Publications :Proposition de citation: CE, 29 décembre 1993, n° 141318Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme de MargerieRapporteur public : VigourouxOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 2 / 6 ssrDate de la décision : 29/12/1993Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 75
 l'article 14
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