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Timestamp: 2017-11-21 20:58:22+00:00

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11-1) Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus (la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)
Notre existence a t-elle un sens? 11 partie 1) Un point sur les articles déjà parus
(la naissance de la physique quantique et la connaissance du réel)
jeunes-cathos.fr -réalité invisible
I) Faisons une halte dans cette série d'articles pour faire le point sur ma lecture de cette première partie de l'ouvrage de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens.
Je fais cette halte en deux étapes. Dans cette première étape, je résume les articles au cours dequels nous avons assisté à la naissance de la science qui a finalement abouti à un désenchantement du monde. Nous nous sommes intéressés à la physique quantique, à l'infiniment petit et à la connaissance en nous posant la question "qu'est-ce que le réel?". Dans la deuxième partie de cette halte, nous examinerons l'infiniment grand et l'origine de l'Univers.
I-1) Dans l'article 1 j'ai présenté la préface du livre de jean staune par Trinh Xuan Thuan.
I-2) Dans l'article 2) nous avons abordé "la question la plus importante qui soit": le désenchantement du monde (et de l'homme!)
1) Comment naquirent les dieux? Pendant des millénaires, l'homme, face aux phénomènes inexpliqués ne pouvait faire autrement que d'en attribuer la cause à l'action de forces invisibles, qui, bien que ne faisant pas partie du monde, avaient un effet sur le monde. C'est ainsi que naquirent les dieux. On peut le voir à travers deux intuitions et concepts: l'existence de sépultures où l'on déposait des offrandes de nourriture auquel s'est très vite rajouté celui de la survie de l'homme après la mort
2) Le développement de la pensée rationnelle à partir des penseurs grecs. C'est il y a environ 2500 ans que les premiers philosophes matérialistes ce sont attaqués à ces deux intuitions. Bernard Pullman a bien analysé leur but. C'est pour délivrer leurs contemporains de la peur qui découlait de la croyance selon laquelle leur destin dépendait du bon vouloir des dieux que Démocrite, Leucippe, Epicure défendent leur théorie, la première "théorie atomique", qui explique la genèse du monde dans lequel nous vivons, par l'interaction aléatoire de composants élémentaires: les atomes. Pour ces penseurs, il n'y a pas lieu de craindre les dieux, parce que le monde suffit pour expliquer le monde.
3) Une "fin de l'histoire?". Les années 1900 marquent l'aboutissement de cette progression de la connaissance depuis les penseurs grecs atomiste: c'est l'époque des certitudes. Elles firent dire à Lord Kelvin, l'un des plus grands physiciens du XIXè siècle: "La physique a fourni une explication cohérente et à priori complète de l'Univers." ou encore "There is nothing new to be discovered in physics now, All that remains is more and more precise measurement."
4) Le désenchantement. Cette vision du monde issue de l'évolution des sciences n'aboutit pas exactement au résultat qu'auraient pu espérer le philosophes grecs. Elle a eu, au XIXè siècle, un énorme retentissement artistique, intellectuel, philosophique (on a pu assister au développement des philosophies de l'absurde). Ces domaines ont connu une progression du "non-sens" qui eut une influence en matière d'éthique alors que les objectifs du projet d'explication du réel par le réel tels qu'ils étaient énoncé par certains philosophes grecs étaient de libérer l'homme de la peur, des dieux et de l'au-delà pour lui permettre de mener une vie sage et responsable [...] Avec la vision réductionniste ("nous ne sommes rien d'autre que..."), un garde-fou essentiel vient de disparaître. Rappelons-nous l'eugénisme nazi et la volonté des staliniens de créer un homme nouveau...
Antoine de Saint Exupéry était un ceux qui avaient le mieux perçu ce problème, il y a plus d'un demi-siècle. Il perçoit le "drame de l'humanisme athée": l'impossibilité de un fondement solide à l'humanisme dans un monde où l'homme ne serait "rien d'autre que..."
5) Conclusion: Ce que dit Saint Exupéry est terrible. Ses propos écrits en 1940, au coeur d'une lutte contre la nazisme qui semblait sans espoir, constituent un avertissement essentiel.
Le nazisme et le communisme ont été vaincus, mais il semble qu'aujourd'hui nous soyons dans la situation de ces personnages de dessins animés qui courent sur une falaise, puis courent un certain temps au-dessus du vide, s'aperçoivent qu'il n'y a rien et tombent à la verticale. Nous n'avons plus de fondements pour notre humanisme, mais nous ne nous sommes pas encore aperçus. On peut entrevoir, comme le suggère presque Joël de Rosnay, l'hybridation homme-machine et l'émergence d'un nouvel être, avec un saut dans l'évolution, contrairement à ce qu'affirment la plupart des Darwinistes. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley est à nos portes et face à lui, nous sommes désarmés, car nos "garde-fous éthiques" ont disparu.
I-3) Dans l'article 3 nous avons examiné comment on peut réagir face à ce désenchantement du monde.
1) La philosophie et la question "comment vivre?": nous avons ainsi progressivement assisté au triomphe du "faire", et à des progrès fulgurants du "vivre" et de la technologie, mais le "comment vivre?" de toutes les doctrines a plutôt été laissé-pour-compte. Il reste donc une question fondamentale: celle de la condition humaine. Sommes nous, comme le pensent Jacques Monod, Francis Crick et Jean-Pierre Changeux, des "paquets de neurones perdus dans l'immensité indifférente de l'Univers"? Ou existe-t-il un autre niveau de réalité que celui dans lequel nous vivons actuellement? Si oui, pouvons-nous entrer en contact avec lui, comment le pensent tours les grandes traditions de l'humanité?
2) La question fondamentale: la condition humaine. Si les réponses à la question "comment vivre", apportées depuis les millénaires par des conceptions non matérialistes du monde s'avèrent être des illusions, les valeurs minimales à respecter ne vont-elles pas voler en éclat, au profit de conceptions d'apprentis sorciers désireux de modifier l'être humain et d'adeptes de l'intelligence artificielle désireux de nous remplacer par des robots?
3) Sauvegarder les valeurs? Comment? Seule une transcendance peut servir de fondement. Si elle n'existe pas, il nous faut respecter "une morale sans fondement". André Comte-Sponville montré dans "une morale sans fondement" que nous ne pouvions fonder nos valeurs et notre morale:
-Ni sur l'homme (comme le pensent les humanistes matérialistes) car il est capable du pire.
-Ni sur la nature (comme le pensent les écologistes) car elle est amorale.
-Ni sur l'histoire (comme le pensent les marxistes) car elle ne possède pas un sens précis.
-Ni sur la science (comme le pensent les scientistes) car, comme la nature, elle ne peut aborder les questions de morale.
4) La question "notre existence a-t-elle un sens?" est donc de la plus grande importance, car elle a un effet sur notre vie de tous les jours et peut-être la survie de notre civilisation dans le long terme en dépend-elle? la condition humaine est certainement la question fondamentale. Si la science est à même d'apporter des réponses à la question Notre existence a-t-elle un sens?, Seule une transcendance peut servir de fondement pour vivre mieux notre condition humaine.
I-4) Dans l'article 4, "vers de nouvelles lumières", nous avons commencé à explorer notre connaissance du réel.
1) Le XXè siècle a vécu en science un évènement rare: un changement de paradigme. Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie.
2) Résistances aux changements de paradigme? Le passage d'un paradigme à un autre est loin d'être un "fleuve tranquille", processus cumulatif, réalisable à partir de variantes de l'ancien paradigme. C'est plutôt une reconstruction sur de nouveaux fondements, reconstruction qui change des généralisations théoriques les plus élémentaires. Quand la transition est complète, les spécialistes du domaine ont une toute autre façon de considérer leur domaine, ses méthodes et ses buts. Mais les résistances au changement de paradigme sont nombreuses et empêchent souvent les scientifiques de voir les faits.
3) Nouveaux paradigmes au XXè siècle: dans les nouveaux concepts, il est question d'incomplétude, d'imprédictibilité, d'incertitude, d'indécidabilité... On pourrait croire qu'il s'agit d'un recul du savoir, d'une abdication de l'homme devant des mystères qui le dépassent. Au contraire, la méthode scientifique permet de savoir les raisons pour lesquelles nous ne savons pas, et souvent, les raisons pour lesquelles nous ne saurons jamais certaines choses. C'est un renversement de perspective qui est un progrès et non un échec de la science. Malgré leur diversité, leur convergence nous permet de parler d'un nouveau paradigme global. Ce phénomène est semblable à celui du passage de la vision du monde du Moyen-Âge à celle des Temps Modernes
I-5) article 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable. Naissance de la mécanique quantique
1) Quel est le cadre conceptuel auquel a abouti l'évolution des connaissances Jusqu'aux années 1900 (wikipedia.org -années 1900 en science):
a) -Nous vivons dans un univers où le temps, l'espace, l'énergie et la matière forment le cadre de ce qui est.
-Le principe de causalité règne en maître absolu: tout ce qui se produit dans l'univers a une cause physique.
-L'Univers repose sur des bases sûres telle que les notions de force, de "trajectoire" et de point matériel, claires et distinctes et qui permettent de comprendre comment il fonctionne.
-Le réductionnisme est une méthode adéquate pour explorer la réalité.
b) Le déroulement de la science était plutôt serein au point qu'en 1900, Lord Kelvin annonçait que la fin de la physique était proche. Pourtant, il était préoccupé par deux petits "nuages sombres", deux problèmes encore inexpliqués: l'expérience de Michelson et Morley et celle du rayonnement du corps noir. Or ces deux petits nuages deviendront deux tornades qui balayeront les conceptions de la physique de Newton: le relativité et la physique quantique
2) Des notions de base étranges.
a) Le problème du rayonnement du corps noir. A la fin du XIXè siècle, le problème du "rayonnement du corps noir" reposait sur les anomalies du spectre d'un corps noir lorsqu'il est chauffé. Le rayonnement qu'il émet se situe d'abord dans le visible, puis dans l'ultraviolet. Il était alors impossible d'établir une loi rendant compte à la fois des observations dans l'ultra-violet et dans l'infrarouge. Pour résoudre ce problème, Planck proposa en 1900 l'hypothèse des quanta: le rayonnement du corps se fait par quanta (entités invisibles) contenant chacune une énergie égale à hv. L'énergie est donc émise de façon discontinue. Ce problème, qui semblait mineur, déclencha le cataclysme conceptuel qui devait conduire à l'élaboration de la mécanique quantique.
b) Mais les ravages de h ne faisaient que commencer. En 1905, Einstein découvrait l'effet pho-électrique. Ce résultat était encore plus surprenant que le précédent car, si Newton avait conçu la lumière comme ayant une nature corpusculaire, cette conception avait été abandonnée avec le succès de la théorie ondulatoire de Maxwell. L'expérience des fentes d'Young confirmait largement cette dernière théorie. Einstein, en montrant que la lumière est composée de particules, jeta un grand trouble chez les physiciens.
c) Puis ce fut le tour de la matière d'être prise dans le tourmente, en 1913, lorsque Niels Bohr introduit la discontinuité au coeur de l'atome, encore avec l'aide de h, en montrant que les électrons ne peuvent occuper que des orbites particulières autour du noyau, et qu'ils passent de l'une à l'autre sans passer par des orbites intermédiaires.
d) Mais ça n'était pas terminé. Là où la certitude régnait, dans les lois newtoniennes sur le mouvement et les trajectoires, Werner Heisenberg établit son fameux "principe d'incertitude" dans lequel h joue un rôle central. Et un deuxième bouleversement se produisit lorsque, partant de l'idée que la lumière, considérée comme une onde, pouvait être également considérée comme formée de particules, Louis de Broglie montra en 1923 qu'il était possible d'attribuer une fréquence, et donc des ondes, aux particules matérielles.
3) Lorsqu'un électron se rencontre lui-même. La matière s'évanouit? Onde ou corpuscule? Dans l'expérience des fentes d'Young remplaçons maintenant la source de lumière par un canon à électrons capable d'envoyer des électrons un par un et donc ne pouvant pas interférer avec d'autres électrons.
a) lorsqu'une seule fente est ouverte, les électrons sont ondulatoires dès qu'ils quittent le canon et passent en état ondulatoire par la fente ouverte. Ils diffractent, ce qui leur permet d'aller sur tout l'écran.
b) Lorsque les deux fentes sont ouvertes, "il n'y a pas d'autre issue possible, la dure conclusion est inévitable...que nous le voulions ou non, cet électron isolé est passé par les deux ouvertures en même temps, et à la sortie, il a interféré avec lui-même." Bien sûr, il ne se coupe pas en deux, mais il y passe sous forme ondulatoire.
c) Lorsque le contrôle est mis en place sur les fentes, un première réduction du paquet d'ondes a lieu? L'électron se réduit et passe par une fente et une seule sous forme de particule. Dès qu'il a quitté la fente, il redevient sous forme ondulatoire, mais il ne peut plus interférer avec lui-même, étant passé sous une seule fente. il ne peut que diffracter. Le résultat est le même que si une seule fente est ouverte.
Tout se passe comme si l'électron était une onde lorsqu'on ne l'observe pas, ce qui lui permet de passer par les deux trous en même temps et d'interférer (se rencontrer) avec lui-même. Mais dès qu'il est observé, ou qu'il interagit avec quelque chose (un photon par exemple), il montre son visage de particule. Une telle transition est possible car il se produit un phénomène étonnant: la "réduction du paquet d'ondes". Ce qui vient d'être dit est vrai pour toutes les particules. Selon le principe de complémentarité de Bohr, il faut imaginer que l'électron est à la fois onde et particule. On ne peut donc même plus se représenter ce que l'électron (ou tout autre particule) est réellement, sa nature est contradictoire avec le sens commun. Les objets que nous connaissons, les êtres vivants, ne sont pas des assemblages de micro-objets mais des combinaisons d'entités élémentaires qui, elles, ne sont pas des objets. Non seulement la notion d'objet est remise en cause, mais c'est la notion de trajectoire qui disparaît. La physique quantique introduit donc un indéterminisme radical dans notre monde. Mais elle pourra prédire
avec précision les figures que formeront des milliers de particules arrivant sur un écran.
I-6) Article 5 deuxième partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable - la non-localité.
1) Le paradoxe EPR et la découverte de la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité.
a) La controverse Einstein-Bohr: Einstein réfutait les idées de Bohr en mettant au point des "expériences de pensée" dont le simple énoncé devait démontrer que la physique quantique était incomplète et Bohr démontrait illico que la physique quantique répondait à ces objections et donc gardait son statut de théorie achevée. La cible prioritaire d'Einstein était le principe d'incertitude ("Dieu ne joue pas au dés" disait-il). En 1935, il pensa frapper le coup décisif avec le "paradoxe EPR", du nom d'Einstein et de deux de ses collaborateurs, Boris Podolsky et Nathan Rosen.
b) Le paradoxe EPR. Leur article, l'un des plus célèbres de l'histoire de la physique, s'intitule: "Peut-on considérer que la mécanique quantique donne de la réalité physique une description complète?". Le but premier était de réfuter l'interprétation de Copenhague de la physique quantique. L'argument EPR, tel que présenté en 1935, est fondé sur le raisonnement suivant. tout d'abord il faut rappeler que le principe d'indétermination interdit de connaître simultanément la valeur précise de deux quantités physiques dites incompatibles (typiquement, la vitesse et la position d'une particule). Plus on mesure avec précision une quantité, plus la mesure de l'autre est indéterminée. En conséquence de ce principe, EPR en déduit deux affirmations mutuellement exclusives :
-Soit la description de la réalité donnée par la mécanique quantique n'est pas complète.
-Soit les deux quantités physiques incompatibles n'ont pas simultanément une réalité objective.
Niels Bohr répondit immédiatement. Sa réponse est relativement obscure, même pour des physiciens professionnels: "La question essentielle est celle d'une influence sur les conditions même qui définissent les types possibles de prédiction relatives au comportement futur du système." Il semble affirmer que la mesure sur une particule aura bien un effet sur l'autre, où qu'elle se trouve.
Einstein n'accepta jamais cette réponse. En effet, une telle influence doit être supra-lumineuse. Il soutenait le "principe de localité" et raillait cette "action fantôme à distance".
c) Jonh Bell apporte une réponse en 1965. Il montra qu'un test expérimental était possible, non avec des positions et des vitesses, mais avec les polarisations des photons.
Il existe des relations entre les résultats des mesures sur certains couples de photons, qui doivent être toujours être respectées si les deux photons possèdent dès le début une polarisation. Ces relations sont exprimées par les "inégalités de Bell". Si ces inégalités sont violées, c'est une démonstration de la fausseté de cette hypothèse (les particules portent en elles des propriétés bien déterminées avant la mesure). voir les détails dans l'article 5 deuxième partie 1 c).
d) Les expériences d'Alain Aspect: La réalisation d'expériences EPR a commencé à être techniquement envisageable à partir de 1969, mais en 1980, il manquait encore une expérience décisive vérifiant la réalité de l'état d'intrication quantique, sur la base de la violation des inégalités de Bell. Alain Aspect, philippe Grangier et Gérard Roger ont mis au point une expérience de ce type à l'université Paris XI. En 1982, l'expérience livra un verdict implacable: si l"on choisit d'effectuer ces mesures sur les photons dans certaines directions, les résultats violent les inégalités de Bell. Einstein avait tort, le principe de localité vole en éclats. Ainsi, la prédiction la plus incroyable de la physique quantique était vérifiée. Un des fondements de la science classique et de toute conception "raisonnable" du monde et du réel (selon la conception d'Einstein), venait de disparaître.
2) La non-localité: Dorénavant, toute théorie physique relative à la nature du monde se devra d'intégrer la non-localité. Jonh Bell lui-même l'a proclamé à plusieurs reprises dans "speakable and unspeakable in quantum mechanics": Pour Jean Brickmont, l'un des porte-drapeau des physiciens les plus rationalistes et matérialistes: "La non-localité est une propriété de la nature établie à partir d'expériences et de raisonnements élémentaires, indépendamment de l'interprétation que l'on donne au formalisme quantique. Par conséquent, toute théorie ultérieure qui pourrait remplacer la mécanique quantique devra également être non-locale".
Rappelons ce que disent Sven Ortoli et Jean Pierre Pharabod: "La physique quantique porte en elle les germes d'une immense révolution culturelle qui, pour le moment, n'a été réalisée qu'à l'intérieur d'un petit cénacle de scientifiques. "Alors, la non-localité, porte ouverte vers une autre réalité?
I-7) Article 6 première partie: Vers un réalisme non physique première partie.
1) Quels sont les faits? (Qu’est-ce que le Réel ?)
• Le Principe d’incertitude de Heisenberg nous enseigne qu’une incertitude fondamentale existe dans l’Univers au niveau des particules élémentaires. Le déterminisme n’est pas universel.
• L’expérience des fentes de Young nous montre que les fondements de la matière ne sont pas des objets matériels.
• L’existence d’une dimension non-locale ou holistique dans l’Univers a été démontrée expérimentalement. Toute future théorie relative à la réalité devra tenir compte du fait que, dans certaines situations, deux particules doivent être considérées comme un unique objet quelle que soit la distance qui les sépare.
• Nos concepts traditionnels concernant le temps, l’espace, les objets, les trajectoires, la causalité ne s’appliquent plus au niveau microphysique.
• Le monde qui nous entoure, celui des phénomènes, ne peut être décrit sans tenir compte de la façon dont nous le mesurons. On dit qu’il a une objectivité faible.
• La réalité véritable est, par définition, à objectivité forte : elle ne dépend pas de la façon dont nous l’observons. Si une telle réalité existe, elle ne peut être identifiée à la réalité phénoménale, celle où nous vivons.
• Si l’on veut rester réaliste, il faut donc postuler un réalisme non-physique dans lequel la réalité véritable ne correspond pas à ce que l’on peut voir, mesurer, toucher. Elle est en grande partie voilée.
• A moins d’adopter des modèles cohérents en terme de formalisme mais ayant des conséquences absurdes (univers parallèles…) ou des modèles dont le formalisme pose des problèmes (potentiel quantique), il semble bien que cette réalité indépendante ne puisse être conçue comme étant immergée dans l’espace-temps. Et qu’il en est de même pour les particules élémentaires qui constituent le fondement de tout ce que nous pouvons observer.
• Toutes les recherches actuelles semblent montrer que loin de revenir aux conceptions classiques, la physique se dirige vers des visions encore plus éloignées de nos concepts familiers.
2) Et si la science n'avait rien à dire sur la réalité?
La majorité des physiciens adoptent l'interprétation la plus classique de la physique quantique dite "interprétation de Copenhague" (à cause de Niels Bohr). Pour Bohr, "La physique quantique porte non pas sur la réalité, mais sur la connaissance que nous en avons"; donc "la physique quantique permet simplement à des observateurs disposant d'appareils de mesure de représenter correctement les observations. Il est vain et sans signification de chercher à expliquer pourquoi elle marche. Il suffit de constater qu'elle marche et d'appliquer son formalisme." Elle prévoit les résultats des expériences, mais il est vain de chercher à se représenter la réalité qui pourrait exister (ou ne pas exister) derrière les phénomènes observés. Mais pour ceux qui voudraient comprendre la nature du monde, c'est selon l'expression d'Etienne Klein, une "machine à fabriquer des frustrés". Certains, tels Pascual Jordan, plongent dans l'idéalisme et vont jusqu'à ôter toute signification à la question de l'existence d'une réalité. La causalité du sens commun semble remise en cause et Bernard d'Espagnat parle de causalité élargie. Il a pu écrire: "[...] les physiciens font usage de la mécanique quantique plus qu'ils ne cherchent à en étudier les fondements. Même les physiciens qui se disent réalistes adoptent volontiers une telle attitude. Savent-ils tous à quel point ils s'écartent de tout réalisme - ou matérialisme! [...].
3) Le réalisme non physique.
La question du réalisme en science physique, c'est-à-dire celle qui postule l'existence d'une réalité indépendante des observateurs a été remise en cause par l'interprétation de Copenhague. Alors, que reste-t-il pour ceux qui veulent aller au-delà de l'idéalisme?
Il existe une position de type réaliste, mais elle est aux aux antipodes de la pensée réaliste classique (souvent associée au matérialisme), c'est un "réalisme non physique" étudié de façon approfondie par Bernard d'Espagnat dans "à la recherche du réel."
Dans le réalisme non physique, les particules élémentaires ou les atomes ne sont pas des créations de notre esprit, mais certaines de leurs caractéristiques essentielles dépendent de la façon dont nous allons les observer. C'est une différence radicale avec le but habituel de la science tel qu'on le trouve chez Albert Messiah: "Au départ de toute entreprise scientifique, on pose comme postulat fondamental que la nature possède une réalité objective, indépendante de nos perceptions sensorielles ou de nos moyens d'investigation; l'objet de la théorie physique est de faire un compte-rendu intelligible de cette réalité objective."
Dans la science classique, on considère des "énoncés à objectivité forte" (les masses et les positions des objets macroscopiques ne varient pas quand on les mesure). Mais les énoncés de la théorie quantique font référence à nos perceptions ou à nos instruments. Ils sont objectifs seulement parce qu'ils sont vrais pour n'importe quel observateur. Donc on ne peut pas dire qu'ils sont vrais dans l'absolu puisque leur vérité nécessite une référence à la communauté des observateurs humains. Ce sont des énoncés à objectivité faible.
Le réalisme physique (réalisme classique), même s'il abandonne la prétention matérialiste à décrire le fondement de ce qui est constitué d'objets, ne peut donc être compatible avec la physique quantique. Cette nouvelle forme de réalisme se caractérise par son caractère "conceptuellement lointain" où nos concepts familiers, ceux qui sont proches de nos sens, ne s'appliquent plus. On pourrait parler d'un "réalisme étrange" comme on peut le voir dans le paradoxe de de Broglie
Le réalisme tel que celui décrit par Messiah postule l'existence d'une réalité indépendante de nos perceptions et de nos moyens d'observation. S'il existe une telle réalité, il ne s'agit donc pas de la réalité physique que nous pouvons voir, toucher, mesurer! Car justement, cette réalité-là, n'est pas indépendante de nos moyens d'observation. Mais les expériences que nous avons évoquées montrent dans les phénomènes, quelque chose, dont la physique montre l"existence (sans pouvoir le décrire), et qui échappe au temps, à l'espace et même à la matière et à l'énergie. Est-ce cette réalité indépendante évoquée par Messiah? C'est un bon candidat, cependant, elle doit être non physique, lointaine. Elle ne peut être décrite par la science, mais elle peut, au mieux, être approchée par une science à objectivité faible (non descriptive d'objets) et non à objectivité forte.
Cette conception d'un réalisme non physique, qui souligne le caractère non ontologique du monde dans lequel nous vivons, est bien exprimé dans un passage de Bernard d'Espagnat (voir l'Article 6 première partie 3) Le réalisme non physique. .
4) Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?
Une autre interprétation de la physique quantique est que la vérité ultime serait...notre conscience. Le problème de la réduction du paquet d'onde a été formalisé par Erwin Schrödinger dans une expérience de pensée, l'expérience du chat de Schrödinger.
Dans le monde tel qu'il nous apparaît, les chats ne sont jamais dans des états superposés, mais dans des états normaux du type "chat mort" ou "chat vivant". La superposition des états a disparu. Aucune frontière nette n'a jamais pu être définie entre le monde quantique et notre monde ordinaire tel que nous le voyons malgré les apports de la notion de décohérence. Alors, pourquoi notre monde a-t-il cette apparence de matérialité? Pour certains physiciens comme Eugene Wigner, la réponse est que la disparition de la superposition est due à l'action de notre conscience qui altère le fonction d'onde. Cependant, cette interprétation ne semble plus vraiment en vogue.
5) Le potentiel quantique.
la théorie de De Broglie-Bohm.est une tentative pour conserver le réalisme et pour restaurer l'objectivité forte mais le prix à payer est la non localité et un défi au "bon sens commun" ainsi qu'on peut le voir dans le chapitre 6 de l'Article 6 première partie.
6) La Théorie des univers parallèles
Hugh Everett a proposé une interprétation de la fonction d'onde en mécanique quantique: pour lui, cette fonction décrit la réalité, et toute la réalité. Simplement, chaque fois qu'un choix doit être fait, l'Univers... se duplique pour permettre à tous les états possibles d'exister simultanément. Fini le problème de la mesure, ou celui de savoir par quelle fente passe l'électron, mais la non-localité est toujours présente dans chacun des Univers. Certains physiciens (de plus en plus?) croient vraiment à cette théorie. Est-ce un besoin irrépressible de se débarrasser des problèmes philosophiques posés par la mécanique quantique?
I-8) Article 6 deuxième partie: Vers un réalisme non physique deuxième partie.
1) Nouvelle physique et apparence du monde qui nous entoure.
On peut se satisfaire de l'interprétation de Copenhague et affirmer que la science ne nous dit rien sur la réalité et le réel, mais seulement sur la connaissance que nous pouvons en avoir, mais dans ce cas, il faut en assumer les conséquences. Revenons donc sur les hypothèses vues dans l'article précédent.
a) L'interprétation 4) (Notre conscience individuelle est-elle la cause de l'apparence de notre monde?) devient difficile à accepter, depuis que l'importance du phénomène de décohérence est mieux perçue et explique la disparation de la superposition des états. La réalité classique que nous percevons émergerait naturellement d'une description fondamentalement quantique, réconciliant ces deux visions d'un même monde.
b) Mais cela ne permet pas d'affirmer que les propriétés des objets quantiques sont des propriété objectives. Ces propriétés restent dépendantes de la façon dont nous les mesurons. Si on peut éliminer la nécessité de recourir à la conscience individuelle, cela n'élimine pas la nécessité de faire référence à la conscience collective, celle de l'ensemble des observateurs humains. Les caractéristiques de la réalité sont encore "ce que nous pouvons connaître et elles dépendent de la façon dont nous les mesurons". La conscience collective ne rétablit pas "l'objectivité forte", mais joue un rôle de filtre par lequel nous voyons non la réalité en soi mais une projection de celle-ci
c) Le solipsisme convivial est une autre interprétation permettant de résoudre les problèmes soulevés par la superposition des états quantiques qui s'intègre dans le cadre de la théorie de la décohérence. Cette position, présentée par Hervé Zwirn suppose qu'on refuse de se placer dans le cadre du réalisme empirique pragmatique, elle se place dans le cadre du réalisme métaphysique qui fournit entre autres une explication de l'intersubjectivité: il n'y a aucun moyen de constater un désaccord.
d) Cette réduction de la place accordée à la conscience permet de supprimer toute nécessité de faire appel à la parapsychologie comme Eugène Wigner qui fixait pour objectif à la physique la mise au point d'un détecteur "psychoélectrique" destiné à enregistrer l'action de la conscience sur les électrons.
e) Que pouvons nous en conclure?
-"Nulle nécessité de faire appel à la parapsychologie".
-"Nulle nécessité de d'adopter une position dualiste dans laquelle matière et conscience seraient deux réalités en soi existant indépendamment l'une de l'autre et où la conscience individuelle [...] serait susceptible d'agir à distance, par télépathie sur la matière."
-"pas de possibilité de communiquer plus vite que la lumière et de créer des paradoxes temporels."
-"Un pont existe entre le monde classique et le monde quantique".
-"Il est parfaitement possible d'adopter une vision réaliste selon laquelle il existerait une réalité indépendante de nous (les observateurs humains ... ou tous les autres)."
2) Au coeur de l'inconnaissable.
Voir l'Article 6 deuxième partie chapitre 3: La modernité avait déconstruit toutes les approches pré-scientifiques et avait refermé notre monde sur lui-même, mais nous assistons à nouveau à une "réouverture" du monde sur un ou plusieurs autres niveaux de réalité, non par la mystique ou la philosophie, mais par la science elle-même. Il paraît y avoir un niveau de réalité situé hors de notre monde qui, dans certains cas, peut exercer une sorte d'influence causale sur lui. On ne peut se représenter les particules comme des objets, quels qu'ils soient (notion de complémentarité de Niels Bohr), ni se les représenter comme évoluant dans le temps et l'espace et avec des positions et des trajectoires bien définies hors de l'observation. C'est un peu vertigineux quand on pense qu'il s'agit de ce qui nous constitue.
"L'objectivité faible" est une dernière couleuvre de taille respectable à avaler. La décohérence permet de réduire le rôle de la conscience individuelle, mais pas la nécessité de faire référence à la conscience collective pour mesurer les caractéristiques de la réalité empirique. Nous ne pouvons prétendre connaître les caractéristiques "en soi" des particules (dans une réalité indépendante de nous), mais uniquement celles des particules que nous mesurons. Avec, Bernard d'Espagnat, il faut admettre que la réalité est et restera voilée. Elle n'est cependant pas totalement inconnaissable, car nous pouvons avoir des lueurs sur elle, entre autres par le biais de la connaissance scientifique.
3) La physique quantique et la vision des philosophes matérialistes.
Beaucoup de personnes semblent ne pas avoir encore intégré ces progrès. C'est le cas de Yvon Quiniou qui affirme "la vérité du matérialisme". Pour lui, le matérialisme, refusant toute métaphysique, doit s'interdire toute affirmation transcendant les limites de ce qui est démontrable scientifiquement. Dans l'Article 6 deuxième partie chapitre 4 cette question est examinée plus en détail.
4) Conclusion de cette synthèse des conséquences de la physique quantique.
Citons Sven Ortoli et Jean-Pierre Pharabod: "quant à la déliquescence de ce qu'on appelle [...] "rationalisme", elle ne gêne guère l'homme de la rue mais perturbe profondément bien des penseurs traditionnels. Mais un autre bouleversement devrait être considéré comme positif: c'est l'abolition du carcan matérialiste et l'émergence de nouvelles possibilités philosophiques...Le matérialisme est encore possible, mais ce serait un matérialisme quantique qu'il faudrait appeler "matérialisme fantastique" ou "matérialisme de science-fiction" (comme la théorie des univers parallèles). Par ailleurs, tout cela redonne une certaine crédibilité à l'idée de l'existence de Dieu comme l'a énonce Sir Athur Eddington dans une phrase célèbre: "La conclusion à tirer de ces arguments de la science moderne est que la religion redevint possible, pour un scientifique raisonnable, autour de l'année 1927."
Nous vivons un changement complet de notre vision du monde, mais un siècle après son origine, elle a aussi peu pénétré les consciences que le firent les idées de Copernic et Galilée, un siècle après qu'elles furent émises. Nous vivons aujourd'hui une situation identique à celle qui existait lorsque les idée de la modernité émergèrent, quand l'inquisition tenta de s'opposer à leur diffusion. Aujourd'hui, ceux qui se trouvent en position dominante sont les matérialistes et les scientistes.
I-9) article 7 première partie: vous qui entrez ici perdez toute espérance...de revenir au monde classique (partie 1)
1) Après avoir examiné la naissance de la physique quantique et nous être posés la question "qu'est-ce que le réel", revenons à notre exploration de la physique quantique. Des années 1930 aux années 1980, Les progrès ont été réduits dans le domaine fondamental de la physique malgré les extraordinaires progrès techniques. Mais depuis les expériences de non-localité d'Alain Aspect de 1982, les énergies et les imaginations se sont libérées. Des concepts nouveaux ont été développés et toute une série d'expériences dignes de la science-fiction a été réalisée.
2) La non-localité s'échappe des laboratoires. Nicolas Gisin a réussi, en 1998, l'expérience sur une distance de 10 km avec un résultat de mesures faites dans le même milliardième de seconde. L'influence à distance était dans cette expérience, non plus 40 fois, mais au moins 6 millions de fois supérieure plus rapide que la lumière.
3) La non-localité dans la panoplie des agents secrets? La "cryptographie quantique" ("l'art du secret"), "cousine" de la non-localité, devient réelle et disponible commercialement.
4) Le temps n'existe pas. Il s'agit d'une autre expérience de Nicolas Gisin d'après une idée de Antoine Suarez. c'est une expérience de non-localité avec des appareils en mouvement. Jusqu'à maintenant, les expériences prouvaient que l'interaction EPR se jouait de l'espace. Dans celle-ci, elle se joue également du temps. Ce n'est pas surprenant, puisque espace et temps sont liés.Mais ce qui est une surprise, c'est que cette expérience rend impossible toute interprétation en termes de causalité temporelle quel est l'évènement cause? l'évènement effet?) "Il faut plutôt penser aux corrélations comme un effet dont la cause est un principe ou agent non matériel au-delà de l'espace-temps. Pour ce agent, les particules, bien que localisées à l'intérieur des détecteurs, forment un seul objet au-delà de l'espace. La "non-séparabilité" paraît l'emporter sur le "non-localité". Comme le dit Antoine Suarez, "dans le monde quantique, il y a des choses qui passent, mais le temps, lui, ne passe pas".
5) La téléportation... ça marche! Dès 1997, Anton Zeillinger, à Innsbruck et Francesco De Martini à Rome, effectuèrent les premières téléportations quantiques, et en 2004, la téléportation est elle aussi sortie du laboratoire: Anton Zeillinger a réalisé une téléportation de 600 m. de distance entre des appareils situés sur les deux rives du Danube. Maintenant, (mai 2012), "l’équipe d’Anton Zeilinger vient de présenter une étude affirmant qu’ils ont démontré une "téléportation quantique" sur une distance de 143 km dans les îles Canaries. Si elle est confirmée, cette téléportation ouvre également la voie pour un futur réseau quantique globale destinée aux communications sécurisées par satellite".
6) Un virus peut-il être quantique? La décohérence donne une limite supérieure à la taille des objets pouvant se comporter comme le chat de Schrödinger (un électron, un atome, sous leur forme ondulatoire, le peuvent comme le montre l'expérience des fentes de Young). En 2001, Anton Zeilinger venait de réussir l'expérience des fentes de Young avec des molécules de fullerène C60. Puis en 2004, il a réussi avec une molécule de 256 atomes. Plus la taille des objets qu'il s'agit de faire passer par les deux fentes à la fois augmente, plus les difficultés paraissent insurmontables à cause de la décohrérence. Le rêve de Zeilinger serait de réussir l'expérience avec... un virus (affaire à suivre: futura-sciences.com -Après le chat, voici le virus de Schrödinger !)
I-9) article 7 deuxième partie: vous qui entrez ici perdez toute espérance...de revenir au monde classique (partie 2).
1) Quand la lumière va plus vite que la lumière.
On sait depuis Einstein que rien ne va plus vite que la lumière (si on excepte le cas douteux de ces neutrinos). Raymond Chiao, professeur à l'université de Berkeley, a réussi cet exploit, démonstration de l'étrangeté radicale de du monde quantique. Dans cette expérience, qui est liée à l'effet tunnel, des électrons ou des photons sont lancés contre un mur (miroir constitué de silice et de titane). La grande majorité rebondit sur le mur et repart en arrière. Mais comme il y a une incertitude sur la position de la particule quand elle aborde le mur, il est possible qu'elle soit en fait située de l'autre côté du mur. C'est comme si un tunnel s'était ouvert devant elle à travers le mur. En pratique c'est bien ce qui se passe puisque l'on récupère quelques particules dur l'écran de l'autre côté du mur! Ce phénomène échappe complètement au sens commun et à la façon dont nous pouvons le représenter. Si on veut en donner une image, on pourrait dire que le photon disparaît quand il touche le mur et réapparaît immédiatement de l'autre côté. On peut ainsi parler des "propriétés magiques" de la mécanique quantique, même si les physiciens disent que cela est très rationnel puisqu'on peut parfaitement décrire le phénomène avec les équations du formalisme quantique. Mais peut-on dire que le photon va plus vite que la lumière (comme dans le cas de la téléportation ou des expériences EPR)? Dans tous ces cas, on ne peut pas s'en servir pour transporter de l'énergie, donc la relativité d'Einstein n'est pas violée.
Dans une variante de L'expérience des fentes de Young, plutôt que de passer par les deux fentes, les électrons peuvent suivre deux chemins, allant d'une même source à un point de croisement, sauf que cette fois-ci, il n'y a qu'un électron dans le dispositif et non deux. Sur l'un des deux chemins, on place, non pas un mur, mais un détecteur capable d'enregistrer le passage de l'électron. Mais, il est possible d'activer ou de ne pas activer le détecteur alors que l'électron a déjà quitté la source et franchi le séparateur (il est alors à l'intérieur du dispositif). Comme on peut montrer que lorsque le détecteur n'est pas activé, l'électron (unique), emprunte les deux chemins à la fois, cela signifie que lorsqu'on active le détecteur sur le chemin B et que l'électron s'y matérialise, "quelque chose" était sur le chemin A et en a disparu instantanément lors de la détection (réduction du paquet d'ondes). Cela confirme bien le fait que l'électron est indivisible (il est "partout" lorsqu'il n'est pas observé). On assiste donc ici aux "métamorphoses de l'électron"! C'est sur ce choix retardé qu'est basé la principe de la gomme quantique.
Serge Haroche a permis d'observer la décohérence elle-même, le passage du monde quantique au monde classique. La décohérence prend environ 40 microsecondes pour un champ constitué de 3 particules. La vitesse de la décohérence augmente avec la taille du système: "un chat, qui compte quelques 1027particules, "décohérence" en 10-23 seconde, ce qui explique pourquoi on n'a jamais vu de chats mort-vivants ! Et pourquoi la décohérence est difficile à observer." La théorie de le décohérence est donc confirmée, mais cela ne signifie pas un retour à l'objectivité forte du monde macroscopique. Le monde classique n'est qu'une approximation de ce qui existe vraiment, ce réel fondamental étant mieux décrit par la physique quantique.
Toutes les expériences que que la physique quantique vient de nous décrire montrent qu'il est vain d'espérer un retour sous quelque forme que ce soit à un monde classique que le sens commun pourrait décrire si on cherche à comprendre le monde qui nous environne.
La question "qu'est-ce que le réel"? c'est de savoir si elle peut avoir une existence objective (au sens fort), c'est à dire ontologiquement suffisante, avoir des caractéristiques dont l'existence ne dépend de rien d'autre qu'elle même. Que la réponse (a priori définitive...) soit négative et que la réalité échappe en partie à l'espace et au temps, et se situe hors du niveau dans lequel nous évoluons, porte un coup mortel à toute une série de conceptions classiques, parmi lesquelles le matérialisme classique (sauf à imaginer un "matérialisme platonicien" .
Cependant il ne faut pas oublier que:
I-10) "qu'est-ce que le réel"?
Je reproduis in extenso le texte de jean staune qui conclue le chapitre "qu'est-ce que le réel - vous qui entrez ici perdez toute espérance!".
10:42 Écrit par pascal dans notre existence a t elle un sens | Lien permanent | Commentaires (2) | | del.icio.us | | Digg | Facebook
Notre existence a t-elle un sens? 12-2) "Recherchons Einstein de l'évolution (urgent)
Notre existence a t-elle un sens? 12-2) "Recherchons Einstein de l'évolution (urgent).
Exergue: "Un préjugé est plus difficile à briser qu'un atome" Albert Einstein.
cedresreflexion.ch -LES RAPPORTS SCIENCE ET RELIGION À LA LUMIÈRE DE L’EVOLUTION DES SCIENCES CONTEMPORAINES
1) Résumé de l'article précédent Notre existence a-t-elle un sens? 12-1) Recherchons Einstein de l'évolution
Je n'ai pas écrit d'article au sujet du chapitre IV : "d'où venons-nous? où allons nous?" consacré aux théories de l'évolution. Mais je vais consacrer un article pour donner "ma lecture" du dernier paragraphe de ce chapitre: "recherchons Einstein de l'évolution (urgent!)." dont c'est ici la deuxième partie. Après avoir évoqué le sort des théories au chapitre 1) (Newton> Darwin > Ptolémée) et en conséquence la nécessité d'une Nouvelle théorie de l'évolution (NTE), nous nous sommes posés la question: de quels concepts disposons-nous déjà pouvant servir à ébaucher la NTE? (au chapitre 2) et évoqué quelques pistes pour une NTE (au chapitre 3).
2) Comment le darwinisme conserve-t-il une position hégémonique?
sceptiques.qc.ca/forum -Néo-darwinisme ou dessein intelligent
a) "Le terme darwinisme, fondé sur le nom du naturaliste anglais Charles Darwin (1809-1882), peut désigner :
Au sens strict, la théorie explicatrice de l'évolution des espèces formulée en 1859 parCharles Darwin dans son ouvrage majeur De l'origine des espèces, mettant notamment en avant le mécanisme de la sélection naturelle.
En un sens plus large, la théorie synthétique de l'évolution, extension de la théorie originale de Darwin, formulée dans les années 1930 et 1940, et intégrant les acquis de la génétique des populations.
Le darwinisme étendu (en anglais : Universal Darwinism) qui est l'application de la théorie darwinienne à d'autres entités que des organismes biologiques. Citons comme exemples l'économie évolutionniste, la théorie du darwinisme neuronal de Gerald Edelman, lamémétique de Richard Dawkins, la cosmologie évolutionniste de Lee Smolin, et les algorithmes évolutionnistes.
De manière plus problématique, le darwinisme social, une certaine conception des sociétés humaines, d'après laquelle la lutte pour la survie doit gouverner les relations sociales. Cette théorie se réclame des idées de Darwin, mais celui-ci la désapprouva explicitement[réf. souhaitée] dans son ouvrage La filiation de l'homme et la sélection liée au sexe (1871). Dans la mesure où elle attribuable à Herbert Spencer, il serait ainsi plus correct de parler de spencerisme".
Le darwinisme explique beaucoup de choses et une NTE est loin d'être prête. En effet, comme nous l'avons déjà vu dans mes articles, les changements de paradigme sont toujours difficiles. Dans le chapitre 11 du livre de Jean Staune, on voit que le pouvoir explicatif du darwinisme est limité, que ses failles sont connues depuis des décennies et que le progrès de nos connaissances ne les a pas comblées. Mais le darwinisme est omniprésent et le remettre en cause semble être un crime de "lèse-majesté". Il ne repose pas uniquement sur ses seuls mérites scientifiques et les darwiniens ont mis en place toute une série de stratégies qu'il convient d'analyser.
b) La stratégie de l'inclusion. Tant qu'on ne dit pas que Dieu a créé les être vivants, la darwinisme (et le néo-darwinisme) sont prêts à à accepter même ce qui en contredit l'essence. Par exemple, une base du néo-darwinisme est l'existence de la barrière de Weismann érigée entre les cellules reproductives (cellules germinales) et les autres cellules (appelées "cellules somatiques").pour lesquelles rien de ce qui s'y produit ne saurait se transmettre aux cellules germinales et donc à nos descendants. Or Andrew D. Steele a démontré l'existence d'une telle transmission pour les lymphocytes. Alors, pour Richard Dawkins, il suffit de dire que les lymphocytes (cellules immunitaires) font maintenant partie des cellules germinales! (belle acrobatie?). Dawkins a également avancé que la reproductibilité de l'évolution telle que la postule Simon Conway-Morris est parfaitement intégrable dans le darwinisme.
c) La stratégie de l'exclusion. Mais si les darwiniens pensent qu'on ne peut vraiment pas inclure une approche dans leur théorie, alors ils l'en excluront en arguant par exemple que ces travaux ne sont pas sérieux ou qu'ils visent à prouver un plan divin (même si l'auteur est agnostique) et que l'auteur est complice des créationnistes...En pratiquant ces deux stratégies, on peut supprimer toute forme intermédiaire entre le néo-darwinisme et le créationnisme et conclure: "tous les biologistes sont darwiniens". Ainsi suite aux travaux de Jonh Cairns et Suzan M. Rosenberg sur les mutations adaptatives, les darwiniens ont crié au scandale à propos de cette "remise en cause des bases de la biologie moderne". Mais aujourd'hui ils considèrent ces expériences comme darwiniennes.
d) La stratégie de la peur consiste à dire: "Tout ce que vous direz contre le darwinisme renforcera le créationnisme et constituera donc un crime contre la science."
e) La stratégie du déplacement du problème. C'est par exemple lorsqu'on demande des preuves que les mécanismes darwiniens puissent faire apparaître des fonctions ou des organes nouveaux ou créer un "pont" entre deux types d'organisation et qu'il est présenté des résultats remarquables montrant la puissance du darwinisme... mais portant sur tout autre chose. Par exemple, dans émergence, Steven Johnson montre comment le comportement des fourmis peut aider à résoudre le problème du voyageur de commerce. C'est une remarquable illustration des pouvoirs des mécanismes darwiniens mais cela n'a rien à voir avec la construction d'un "pont" permettant de passer par des procédés darwiniens d'un Galéopithécus à une chauve-souris. Or c'est ce genre de résultats qui est souvent présenté.
f) La stratégie du "si c'est possible, c'est que ça existe". Paul Kamerer, biologiste lamarckien des années 1920 fut l'un des premiers scientifiques à s'intéresser systématiquement aux coïncidences, esquissant le concept de sérialité ou loi des séries, qui sera repris et développé par la suite par le psychologue C.G. Jung, dans sa théorie de la synchronicité. Partisan de l'hérédité des caractères acquis, il tenta de convaincre la communauté scientifique de la réalité de ce processus censé rendre compte de l'évolution des espèces. À Vienne, il conduisit à cet effet des expériences notamment sur les Ciones, les salamandres et les crapauds accoucheurs. Les mâles ancestraux avaient des coussinets sur les pattes pour ne pas glisser pendant leur accouplement. Les mâles actuels les ont perdus. Mais au bout de quelques générations de crapauds se reproduisant l'eau, des ébauches de coussinets sont réapparus. Mais quelqu'un (on n'a jamais su qui?) injecta de l'encre dans les pattes pour rendre ces ébauches plus convaincantes et Kammerer se suicida lorsque la supercherie fut découverte. Sephen Jay Gould a dit qu'il avait fait une expérience darwinienne (stratégie de l'inclusion). Puis il explique que Kammerer a exercé une forte pression de sélection encourageant la sélection des mutations pouvant permettre l'adaptation à la vie aquatique, ce qui a permis aux coussinets de réapparaître. C'est possible, mais on n'a aucune preuve et depuis plus de 80 ans personne n'a refait les expériences ni cherché à vérifier si de telles mutations aquatiques existaient. Mais pour Gould, la cause est entendue. Il s'agit là de la stratégie "s'il y a une explication darwinienne plausible, il s'agit forcément de la solution...
g) La stratégie de la belle histoire. C'est une étape de plus; s'il existe une explication de type darwinien non crédible, il s'agira quand même de la solution. Sephen Jay Gould dit, à propos de l'autruche qui, de même que les phacochères, qui s'agenouillent et ont des callosités dès la naissance (voir 2.1 Les limites de la puissance de la sélection naturelle): "L'autruche a pu d'abord présenter ces callosités comme une adaptation non génétique. Mais l'habitude de s'agenouiller, renforcée par ces callosités, exerce de nouvelles pressions sélectives concourant à préserver la variation génétique fortuite qui peut également générer ces caractères." Gould affirme qu'elle en tire un avantage sélectif tel que la mutation, apparue par hasard au début, se répandrait parmi toute la population, alors qu'il reconnaît que l'autruche va être "en compétition" avec des "collègues" dont les genoux possèdent des callosités qui se forment parce qu'ils s'agenouillent continuellement. Et de conclure: " les callosités elles-même ne sont pas transmises mystérieusement par l'hérédité des caractères acquis de l'adulte au jeune" (Jean Staune écrit "il n'en sait rien, n'en n'a aucune preuve, mais il en est sûr, car il faut que ce soit comme ça."
h) La stratégie du "il suffit d'attendre". Daniel Dennett écrit dans "Darwin est-il dangereux?" que si le darwinisme a tort... il a tout de même raison car il ne saurait y avoir d'autre explication de l'évolution. Il suffit d'attendre le jour où on trouvera une explication darwinienne de ces faits.
i) la stratégie du "vous manquez d'imagination. C'est une réponse souvent faite à ceux qui critiquent le darwinisme. Cela ramène au point g).
j) La stratégie du "vous faites appel au mysticisme." Si on fait appel à des concepts non purement matériels comme les archétypes, les darwiniens crient au mysticisme. Daniel Dennett pour les ridiculiser appelle ces concepts des crochets célestes (skyhooks). C'est oublier qu'une position réaliste se doit aujourd'hui d'intégrer une dimension non physique.(voir mon article "notre existence a-t-elle un sens? 6-2) Vers un réalisme non physique)."
k) La stratégie du "vous vous répétez.". Selon Patrick Tort, les non-darwiniens ne font rien d'autre que répéter des critiques émises depuis plus d'un siècle telles que celles synthétisées par George Mivart. En 1871, son livre,Genesis of Species, contribue au débat sur l'évolution qui règne alors. Il admet le principe d'évolution mais estime qu'il est impossible de s'y référer pour parler de l'intelligence humaine. Le but de son livre est de "soutenir la position que la sélection naturelle agit, et doit vraiment agir, mais qu'elle doit encore, en vue de rendre compte de la production des sortes connues d'animaux et de plantes, être suppléée par l'action de quelque autre loi (ou lois), que l'on pas jusqu'ici découvertes." (ce qui est une intuition parfaitement exacte). Patrick Tort, dans la préface de pour Darwin, note que les scientifiques de 1996, à travers leurs réponses aux non-darwiniens, répondent de nouveau à Mivart. Les gens auxquels il répond (Denton, Shützenberger etc),sont pourtant des scientifiques de haut niveau quoi que l'on puisse penses de leurs idées. Pour Tort, la science s'arrête-t-elle là où le darwinisme s'arrête?
l) La stratégie du "darwinisme insaisissable. "Un darwinien prétexte souvent: "vous critiquez le darwinisme d'hier et non celui d'aujourd'hui. Il y a désormais nombre de nouveaux concepts, l'émergence, les gènes Hox..." ou "vous critiquez votre conception du darwinisme et non pas ce que la darwinisme est réellement." Ainsi le darwinisme devient insaisissable et toute critique récusée d'avance.
m) Y a-t-il une forme de néo-darwinisme qui soit scientifiquement crédible? Le néo-darwinisme peut être regroupé en deux grandes écoles, l'une incarnée par Dawkins, Wilson et Denett et l'autre par Gould, Lewontin, Eldredge. En Fait toutes deux ne s'accordent que sur une chose: il n'y a pas d'autre chose qui agisse sur l'évolution que les mutations au hasard et la sélection naturelle. Mais elles sont en désaccord sur presque tout le reste, sur le pouvoir de la sélection naturelle, sur le niveau auquel elle agit (sur les gènes ou sur les populations?), s'il existe de vrais sauts dans l'évolution (voir Les théories de l’évolution), sur le % de structures complexes qui soient des adaptations...D'un côté, Gould et Lewontin ont démontré le caractère naïf du "tout-sélectionnisme" de Dennet et Dawkins et de l'autre, Dennet et Dawkins ont montré que l'évolution non graduelle fondée sur les monstres prometteurs de gould est incohérente si on ne sort pas du cadre conceptuel dans lequel toutes les mutations sont dues au hasard. Lewontin est particulièrement virulent à l'égard de "sociobiology" et de "on human nature" de Wilson ("[...] construction branlante d'assertions non étayées concernant une détermination génétique générale, allant de l'altruisme à la xénophobie"), ainsi que du darwinisme de Dawkins ("il ne parle en rien de l'évolution mais d'une inexorable ascendance de gènes sélectivement supérieurs alors que [...] les avancées techniques en matière génétique [...] mettent l'accent sur les forces non sélectives en jeu dans l'évolution..." Un autre chef de file du néo-darwinisme, John Maynard Smith écrit même: "les biologistes de l'évolution avec qui j'ai discuté des travaux de Gould tendent à le considérer comme un homme dont les idées sont si confuses qu'elles ne valent pas la peine qu'on s'y attarde, mais [...] on ne devrait pas le critiquer publiquement [...] il a au moins l'avantage d'être de notre côté face aux créationnistes." Ainsi, selon Lewontin, Dawkins et Wilson donnent une image fausse de l'évolution et selon Maynard Smith, Gould donne lui aussi une image fausse de l'évolution.
Etant donné qu'il n'existe pas de véritable troisième alternative à l'intérieur du néo-darwinisme, malgré des positions moins extrêmes comme celle de Ernst Mayr, on peut se demander quelle forme du néo-darwinisme est scientifiquement crédible?
liens: knowtex.com -150 ans après, la théorie de l'évolution est en pleine évolution
staune.fr -Une nouvelle théorie scientifique de l’évolution de la lignée humaine avec Anne Dambricourt
wikipedia.org -Théorie synthétique de l'évolution ou néodarwinisme
wikipedia.org -Darwinisme social
wikipedia.org -Darwinisme étendu
boris.saulnier.free.fr -Le darwinisme neuronal de Gerald M. Edelman
wikipedia.org -la mémétique de Richard Dawkins
cosmologie évolutionniste de Lee Smolin (par Marc Lachièze Rey et Elisa Brune),
wikipedia.org -Algorithmes évolutionnistes
automatesintelligents.com -simon Conway-Morris:et l'intelligence universelle
agoravox.fr -Dynamités les deux piliers du néodarwinisme : ni sélection naturelle ni gènes
automatesintelligents.com -daniel Dennett: Freedom Evolves
scienceshumaines.com -Darwin est-il dangereux?
situconnaissasledondedieu.centerblog.net -Darwin est-il dangereux ?
admiroutes.asso.fr -Daniel Dennet: la conscience expliquée et Darwin est-il dangereux?
3) Darwinisme et religion.
histoire-fr.com -le créationnisme
a) misère et médiocrité du créationnisme.
Il sera surtout question du mouvement créationniste, né au xixe siècle, en réaction contre le darwinisme. Le fameux débat d'Oxford du 30 juin 1860 est le premier affrontement direct entre les darwinistes et les créationnistes. Ces derniers étaient représentés par l'évêque Samuel Wilberforce. Ses partisans affirment que le monde a été créé par Dieu en six jours et soutiennent que les théories transformistes s'opposent à la Bible, selon laquelle Dieu aurait créé chaque espèce végétale ou animale de façon individuelle. Le créationnisme est principalement soutenu par quelques Églises protestantes, comme une conséquence de la doctrine de l'inerrance biblique et de l'autorité de la Bible. Cette mouvance est associée au littéralisme biblique, qui se base sur une lecture littérale de la Genèse et d'autres éléments de la Bible, comme les psaumes, s'opposant ainsi à d'autres courants créationnistes chrétiens.À l'heure actuelle, des créationnistes essaient d'apporter des éléments pour défendre leur thèse face à la théorie de l'évolution, mais leurs théories sont rejetées par la communauté scientifique : ils sortent en effet du champ de la rationalité en invoquant l'intervention miraculeuse de Dieu durant la « semaine de la création ». La démarche est également qualifiée de non-scientifique, car elle est basée sur l'a priori que les faits scientifiques doivent concorder avec les écrits saints (17).
Je partage l'avis de Jean Staune lorsqu'il écrit: "... non seulement ces gens nous désinforment et répandent des inexactitudes, des absurdités, voire des mensonges, dans des proportions jamais atteintes même par les darwiniens les plus délirants, mais, de surcroît, ils le font au nom de la défense d'une foi qui est également la mienne!" De plus, le créationnisme est sans doute l'une des meilleures assurances vie du darwinisme. Il empêche certains chercheurs (particulièrement aux Etats-Unis, pays le plus influent sur le plan scientifique) de développer des idées évolutionnistes, mais non darwiniennes. La confusion sciemment entretenue entre l'évolution et la théorie tentant de l'expliquer qu'est le darwinisme profite à la fois aux créationnistes et aux darwiniens.
b) Darwiniens et chrétiens. De très nombreux scientifiques, philosophes et théologiens sont darwiniens et chrétiens avec, en général, une position proche du schéma suivant:
-Il faut séparer la science et l'idéologie (ce que ne font pas Dawkins ou Dennet qui proposent à la fois les résultats scientifiques du darwinisme et leur interprétation matérialiste).
-Il faut différentier la notion de "hasard intrinsèque à la nature" d'un hasard qui ne serait que la conséquence de notre ignorance.
-Rien ne prouve que l'évolution soit due à un hasard intrinsèque. On peut donc penser que le processus n'est pas livré à la seule contingence.
-D'autres, plus audacieux, tels Ken Miller ou Robert Russell pensent qu'en dernière analyse toute mutation est un phénomène quantique et que la physique quantique est la grande source d'indétermination dans l'Univers. Ils imaginent que Dieu agit à ce niveau-là pour orienter l'évolution sans violer les lois de la nature et nous laisser la liberté de ne pas croire en lui.
Les positions des darwiniens comme Dennett, Dawkins ou Gould sont certainement plus crédibles si on se limite uniquement aux faits scientifiques qu'ils utilisent. En effet, tout se passe comme si l'évolution était due à des événements contingents. Même si Dieu peut agir par l'intermédiaire de l'indéterminisme quantique, pourquoi faire appel à ce concept? Dans ce cas, il est plus probable que nous soyons bien ici par hasard.
Il serait plus crédible d'intégrer, comme le fait Christian de Duve, une canalisation du hasard ou une analyse des phénomènes de convergence comme le passage des reptiles aux mammifères (à voir aussi la position du paléontologue Marc Godinot). Par ailleurs, Dieu n'intervient sans doute pas directement (via des mutations quantiques par exemple), mais plutôt par le fait qu'il a créée les lois de na nature qui génèrent les choses telles qu'elles sont. Ce sont alors elles qui guident l'évolution.
c) Le pape et Darwin. Un texte de référence est la lettre de Jean-Paul II à l'académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996 dans lequel il reconnaît que que l'évolution est un fait, alors qu'en 1950, Pie XII y voyait "une hypothèse parmi d'autres." Pour Jean-Paul II, "De nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l'évolution plus qu'une hypothèse. [...] Et, à vrai dire, plus que de la théorie de l'évolution, il convient de parler des théories de l'évolution. Cette pluralité tient, d'une part, à la diversité des explications qui ont été proposées du mécanisme de l'évolution et, d'autre part, aux diverses philosophies auxquelles on se réfère. Il existe ainsi des lectures matérialistes et réductionnistes et des lectures spiritualistes. Le jugement ici est de la compétence propre de la philosophie et, au delà, de la théologie." C'est donc un démenti cinglant à une affirmation clé des darwiniens pour qui il ne saurait qu'une seule théorie susceptible d'expliquer l'évolution, le néodarwinisme, et une seule sorte de mécanisme, le hasard et la sélection naturelle, tout le reste n'étant que secondaire. Ceci prouve aussi qu'il était mieux informé que beaucoup de scientifiques pour parler ainsi de "la diversité des mécanismes".
Plus loin, il dit: "En conséquence, les théories de l'évolution qui, en fonction des philosophies qui les inspirent, considèrent l'esprit comme émergeant des forces de la matière vivante ou comme un simple épiphénomène de cette matière sont incompatibles avec la vérité de l'homme. Elles sont d'ailleurs incapables de fonder la dignité de la personne." Jean-Paul II semble dire ici que le darwinisme est incompatible avec la foi chrétienne puisqu'il affirme que les seules forces de la matière vivante permettent l'émergence de toutes les formes vivantes et de leurs caractéristiques, l'une d'entre elles étant justement l'esprit qui est associé à la forme homo sapiens. A propos de ce paragraphe, Jean Staune précise que le cardinal Georges Cottier lui a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une condamnation du néodarwinisme stricto sensu, qui est une des possibilités existant parmi d'autres, mais de l'extension du néodarwinisme aux théories sur l'origine de l'esprit. On peut donc dire que si le texte de Jean-Paul II soutient l'évolution, il est très loin d'en constituer un soutien inconditionnel.
liens: wikipedia.org -Position de l'Église catholique sur la théorie de l'évolution
scientifiques-chretiens.sup.fr -association des scientifiques chrétiens
marike.over-blog.com -Rosine Chandebois critique le hasard darwinien
marike.over-blog.com -2) Chandebois critique la sélection naturelle - II
wikipedia.org -Opinion de Charles Darwin sur la religion
harunyahya.fr -Le darwinisme est en contradiction avec la religion
rationalisme.org -La Théorie Darwinienne de l'Évolution
dub114.mail.live.com -Darwin, jamais remis en cause par l'expérience
evene.fr -dossier darwin
cnrs.fr -Guillaume Lecoîntre: Evolution et créationnismes
histoire-fr.com dossier créationnisme
cite-sciences.fr -Le créationnisme contre la théorie de l'évolution
pseudo-sciences.org -Qu’est-ce que le créationnisme ?
erudit.org -Le déterminisme du hasard (voir canalisation du hasard et Christian De Duve)
automatesintelligents.com -Libre arbitre et Hasard intrinsèque (sur A New Kind of Science, de Stephen Wolfram)
4) Alors finalement, est-on là par hasard ou non?
Que conclure après ce tour d'horizon des questions relatives à l'évolution?
-Nous ne sommes pas contraints d'accepter une théorie unique qui serait le néodarwinisme.
-De grands chercheurs dont certains se réclament encore du néodarwinisme soutiennent des concepts poussant à crédibiliser, sans le prouver le finalisme.
-Une nouvelle théorie de la biologie est nécessaire, car nous pouvons déduire des faits, que d'autres forces s'exercent sur l'évolution que les processus darwiniens, mais nous ne savons pas lesquels (une conception de l'évolution se déroulant sous l'influence de formes préexistantes pourrait faire partie de cette nouvelle théorie).
-Toutes ces approches doivent se situer au sein de la science et de la biologie, ce qui n'est pas le cas de la majorité des positions des tenants de l'intelligent design, qui sont créationnistes ou néocréationnistes.
Quelles sont les réponses à la question est-on là par hasard?
-Pour l'ensemble des darwiniens et malgré les subtilités développées par les darwiniens chrétiens, il est très probable que nous soyons là par hasard.
-Dans la conception de Christian de Duve, un être pourvu de conscience devait apparaître; nous avons eu de la chance qu'il s'agisse de nous.
- Pour Conway-Morris ou Michel Denton, nous ne sommes pas là par hasard, un hominidé pourvu de conscience devait apparaître un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre.
-Rémi Chauvin ou Rosine Chandebois postulent l'existence d'un programme interne donc, non seulement nous ne sommes pas là par hasard, mais le moment de notre apparition était plus ou moins déterminé.
larevuereformee.net -Rosine Chandebois: À propos du clonage : la science au secours de l’éthique
larevuereformee.net -Rosine chandebois: Réflexions sur le texte « l’usage thérapeutique du clonage et des cellules souches embryonnaires »
Les faits que nous avons vus semblent parler en faveur de conceptions telles que celles de Conway-Morris ou Michel Denton, ce qui incite à penser que la nouvelle théorie de l'évolution (NTE), répondra de façon moins catégorique que le darwinisme à la question "sommes-nous ici par hasard?"
Après ce tour d'horizon de l'évolution, le prochain article sera consacré à l'examen du cerveau et de la neurologie.
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