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Timestamp: 2016-10-26 13:18:48+00:00

Document:
4A_75/2007 (05.06.2007)
recourant, repr�sent� par Me Serge Rouvinet,
soit les hoirs de feu Z.________, intim�s, tous deux repr�sent�s par Me Bernard Ziegler,
3. Banque C.________, intim�e, repr�sent�e par
intim�e, repr�sent�e par Me Patrick Blaser.
recours en mati�re civile contre l'arr�t rendu le 23 f�vrier 2007 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
E.________ est architecte � ..., dans le canton du Valais. En 1996, il a �labor� un projet immobilier d�nomm� � W.________ �. Ce projet consistait en la construction d'une r�sidence pour personnes �g�es, compl�t�e par un h�tel et un centre de bien-�tre et de congr�s.
A.a Dans le cadre de ses recherches en vue de trouver un financement, E.________ a �t� mis en contact avec F.________. Celui-ci, ne trouvant aucun investisseur int�ress� en Suisse, a orient� ses recherches vers l'Italie et a notamment parl� du projet � W.________ � avec G.________. F.________ a �t� mis en contact avec H.________, repr�sentant la soci�t� italienne K.________. Apr�s une premi�re rencontre � Milan, H.________ a accueilli � Rome, le 10 octobre 2000, E.________ et F.________; une autre personne, pr�sent�e comme le � s. � et d�nomm�e, semble-t-il, I.________, �tait pr�sente.
A.b H.________ s'est engag�, au nom de K.________, � financer le projet � W.________ � � hauteur de 25'000'000 fr., � condition qu'une commission de 2'000'000 fr. lui soit vers�e. Il a exig� que cette commission soit pr�sent�e en esp�ces, arguant qu'il avait eu de mauvaises exp�riences dans des affaires similaires. Il a �t� convenu que la somme de 25'000'000 fr. serait mise � disposition apr�s que le � s. � se serait vu pr�senter, dans une grande ville de Suisse, la commission de 2'000'000 fr. et aurait pu confirmer � H.________ l'existence de celle-ci. Cette confirmation obtenue, les contrats seraient sign�s, les fonds vir�s en faveur de la banque C.________ et la commission remise au � s. �.
A.c Apr�s l'�chec de l'op�ration de visualisation susmentionn�e, qui n'a pas pu �tre ex�cut�e conform�ment � ce qui avait �t� pr�vu, F.________ a repris contact avec E.________ et H.________. E.________, qui voulait absolument que le projet � W.________ � se r�alise, a contact� X.________, avocat � Gen�ve. Il lui a demand�, d'une part, de trouver des personnes pr�tes � fournir la commission en cash et, d'autre part, de pr�ter son concours � une nouvelle op�ration de visualisation de la commission de 2'000'000 francs. Une commission de 50'000 fr. devait �tre vers�e � X.________ pour son intervention et une autre de 200'000 fr. au(x) bailleur(s) de fonds.
A.d En mars 2001, E.________ s'est rendu, en compagnie de son ancien avocat J.________, � l'�tude de X.________, pour lui pr�senter l'op�ration � conclure, en particulier son contexte juridique et les projets de contrats. A cette occasion, J.________ a inform� X.________ de l'�chec de la premi�re op�ration de visualisation. Par la suite, X.________ a contact� Z.________ dans l'id�e qu'il l'aiderait � trouver des bailleurs de fonds. Z.________ a expliqu� qu'il fournirait lui-m�me l'int�gralit� de la somme, qui provenait de la vente d'une maison. Z.________ s'est adress� � la banque D.________ pour obtenir une garantie bancaire. Cette garantie �tait exig�e par la banque C.________ pour le transport de la somme de 2'000'000 fr. vers Gen�ve, afin que E.________ puisse prouver qu'il dispose de ce montant et qu'il puisse ainsi obtenir un cr�dit de 25'000'000 francs. Il �tait pr�vu qu'apr�s pr�sentation des 2'000'000 fr. au repr�sentant des financiers italiens � l'�tude de X.________, le � s. � t�l�phonerait � Rome pour confirmer l'existence de ce montant. La signature des contrats par E.________ et H.________ devait suivre, de m�me que le transfert de la somme de 25'000'000 fr. sur le compte ouvert aupr�s de la banque C.________. Cette mani�re de proc�der a �t� discut�e lors d'une r�union tenue � la banque C.________ le 30 mai 2001 entre E.________ et X.________. Z.________ n'a pas particip� � cette r�union, mais il a �t� inform� de la mani�re dont l'op�ration de visualisation devait se d�rouler. E.________ a inform� X.________ du fait que le � s. � ne s'identifierait pas, mais qu'il signerait une quittance si l'op�ration avait lieu. Il lui a �galement dit que le � s. � voudrait relever les num�ros des billets. La garantie bancaire a �t� �mise le 1er juin 2001. Le 5 juin 2001, E.________ a donn� l'ordre � la banque C.________ de transf�rer le montant de 2'000'000 fr. � l'�tude de X.________. Les employ�s de la banque C.________ ont pr�par� les billets et les ont remis au convoyeur de L.________.
A.e La seconde op�ration de visualisation a eu lieu, le 6 juin 2001 � l'�tude de X.________, pendant que E.________ et F.________ devaient rencontrer H.________ � Rome pour signer les contrats. A la demande de X.________, Z.________ �tait �galement pr�sent � l'�tude, mais attendait dans une pi�ce voisine; il n'a pas particip� � la r�union. G.________, pr�sent� � X.________ comme personne de confiance de E.________, �tait �galement pr�sent; il officiait en qualit� d'interpr�te. Le convoyeur a remis � X.________ deux enveloppes plastifi�es et scell�es chimiquement. Apr�s avoir compar� les num�ros figurant sur les enveloppes et les ordres de transfert, X.________ a sign� une quittance valant r�ception des fonds. X.________ a essay�, en vain, d'obtenir le passeport du � s. � pour le photocopier. Une fois les enveloppes ouvertes, le � s. �, aid� par G.________, a d�chir� les bandes de papier portant l'inscription � banque C.________ �, qui entouraient les liasses, et les a remplac�es par des �lastiques. X.________ n'a rien fait pour les en emp�cher, d�s lors qu'il �tait pr�venu que le � s. � voudrait relever les num�ros de billets. X.________ s'est absent� quelques instants du bureau dans lequel se tenait la r�union, mais sa secr�taire est rest�e pendant ce temps sur le pas de la porte. Le � s. � a plac� les liasses dans une bo�te en plexiglas, qu'il a ferm�e avec du scotch; il a ensuite pos� la bo�te dans sa serviette et a t�l�phon� � Rome pour dire que tout �tait en ordre. La confirmation de Rome que les contrats avaient �t� sign�s n'est toutefois pas venue et X.________ a d�cid� de rendre les fonds au convoyeur. Celui-ci a refus� de reprendre les billets dans la bo�te en plexiglas et a indiqu� que ses instructions lui imposaient de ne transporter de l'argent que dans les enveloppes pr�vues � cet effet. Apr�s avoir protest�, le � s. � a accept� d'ouvrir, avec l'aide du convoyeur, la bo�te en plexiglas et a d�pos� l'argent dans les enveloppes sp�ciales. Le � s. � a montr� au convoyeur le dessus des liasses avant de les placer dans les enveloppes et lui a demand� s'il voulait v�rifier, ce que celui-ci a refus� car l'entreprise n'�tait pas responsable du contenu des enveloppes. X.________ n'est pas intervenu � ce moment pour dire qu'il v�rifierait lui-m�me les liasses de billets. Le convoyeur a referm� les enveloppes, y a report� les num�ros des ordres de transfert et a sign� quittance � X.________. Le � s. � est ensuite parti.
A.f La rencontre pr�vue � Rome pour la signature des contrats n'a jamais eu lieu. E.________ et F.________ n'ont pas pu entrer en contact avec H.________ et sont rentr�s en Suisse sans avoir pu finaliser l'accord convenu. Lorsque, le 7 juin 2001, les enveloppes ont �t� retourn�es � la banque C.________ et ouvertes, il s'est av�r� que seuls les premier et dernier billets de banque �taient authentiques et que les autres n'�taient que du papier teint�. La banque C.________ a inform� la banque D.________ de ce qu'elle appelait la garantie pour le montant de 2'000'000 francs. Z.________ a alors essay�, par voie de mesures provisionnelles, d'emp�cher le paiement de ce montant � la banque C.________. Sa d�marche est rest�e vaine. A la suite de l'arr�t rendu le 8 avril 2002 par le Tribunal f�d�ral (arr�t 4P.5/2002), qui confirmait le jugement de l'instance cantonale d�boutant Z.________ de toutes ses conclusions, la banque D.________ a le 15 avril 2002 pay� � la banque C.________ le montant de 2'057'499 fr.20, puis en ao�t 2002 un autre - suppl�mentaire - de 27'777 fr.75, destin� � couvrir le solde des int�r�ts pour la p�riode allant du 13 juin au 20 septembre 2001. Ces montants ont �t� d�bit�s des avoirs de Z.________. Les 30 avril, 1er mai et 23 mai 2002, Z.________ a fait notifier � E.________, � la banque D.________ et � la banque C.________ des commandements de payer la somme de 2'200'000 francs. Ces commandements de payer ont tous �t� frapp�s d'opposition. X.________ a renonc� � soulever l'exception de prescription.
Le 20 ao�t 2002, Z.________ a ouvert action contre X.________, E.________, la banque C.________ et la banque D.________ devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve. La demande tendait � la condamnation des d�fendeurs � payer, solidairement entre eux, la somme de 2'200'000 fr., avec int�r�ts � 5% d�s le 6 juin 2001, ainsi qu'� la lev�e des oppositions faites aux commandements de payer. Par jugement du 25 avril 2006, le Tribunal a condamn� E.________ � verser � Z.________ la somme de 2'085'276 fr.95, avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2002. La mainlev�e de l'opposition form�e au commandement de payer, poursuite No 37212, notifi� le 30 avril 2002, a �t� prononc�e, � due concurrence. Les conclusions du demandeur � l'�gard des autres d�fendeurs ont �t� rejet�es. Le Tribunal a ni� la responsabilit� de X.________, au motif qu'il n'a pas �t� �tabli que les billets de banque ont �t� substitu�s � son �tude et qu'il aurait pu et d� �viter un tel acte. En outre, l'autorit� cantonale a relev� que X.________ �tait, par un contrat de mandat conclu � titre on�reux, contractuellement li� � E.________, mais non pas � Z.________. Compte tenu des circonstances, X.________ ne devait, par ailleurs, assumer � l'�gard de Z.________ aucune obligation extracontractuelle.
Par arr�t du 23 f�vrier 2007, la Cour de justice du canton de Gen�ve a tout d'abord rectifi� la qualit� des parties au proc�s, puisqu'� la suite du d�c�s de Z.________, la proc�dure a �t� poursuivie par ses h�ritiers, A.________ et B.________. La Cour de justice a confirm� le rejet de l'action, dans la mesure o� elle �tait dirig�e contre la banque C.________ et la banque D.________. Elle a, par contre, modifi� le jugement entrepris, en ce sens que E.________ et X.________ ont �t� condamn�s, conjointement et solidairement, � verser � A.________ et B.________ la somme de 2'085'276 fr.95, avec int�r�ts � 5% d�s le 1er mai 2002. La Cour de justice a admis, comme l'ont soutenu les h�ritiers de Z.________, que celui-ci et X.________ �taient contractuellement li�s. L'autorit� cantonale a consid�r� que X.________ a d�velopp� dans cette affaire une activit� pour le compte de Z.________ en organisant, � son �tude, l'op�ration de visualisation, op�ration pour laquelle Z.________ avait fourni une garantie et dans la r�ussite de laquelle il avait un int�r�t direct, puisqu'elle lui permettrait de toucher la commission qui lui avait �t� promise. Les juges cantonaux ont conclu que X.________ avait viol� son obligation de diligence, en n'ayant pas v�rifi� les liasses de billets de banque au moment o� celles-ci �taient remises dans les enveloppes du convoyeur de fonds.
Par le biais d'un recours en mati�re civile, X.________ requiert que le jugement de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 23 f�vrier 2007 soit annul� et que A.________ et B.________, formant la communaut� h�r�ditaire de Z.________, soient d�bout�s de toutes leurs conclusions. Le recourant fait valoir une violation de l'art. 8 CC, de l'art. 9 Cst., des art. 1, 394 et 398 CO, des art. 97, 321e et 398 CO, ainsi que de l'art. 2 CC.
Les intim�s A.________ et B.________ concluent, dans leur r�ponse commune, au rejet du recours, dans la mesure de sa recevabilit�.
La banque C.________ et la banque D.________, d�sign�es dans le recours comme � autres parties � la proc�dure �, ont expliqu�, dans une br�ve �criture, vouloir renoncer � se d�terminer.
Par d�cision du 10 mai 2007, la demande d'effet suspensif requise par X.________ a �t� rejet�e.
1.1 Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre un jugement final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 30'000 francs (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. a et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Les m�moires doivent indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et �tre sign�s (art. 42 al. 1 LTF). Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit (art. 42 al. 2 LTF).
1.2.1 Le recourant conclut � l'annulation du jugement entrepris et au rejet de la demande. Comme l'autorit� cantonale a condamn� le recourant et E.________, conjointement et solidairement, � verser � A.________ et B.________ une certaine somme d'argent, ces conclusions pourraient �galement concerner E.________, cod�fendeur � l'action, qui ne saurait alors �tre qualifi� d'� autre partie � la proc�dure �. De telles conclusions ne sont toutefois pas recevables, faute de tout int�r�t juridiquement prot�g� du recourant � demander l'annulation de la d�cision attaqu�e en ce qu'elle concerne E.________ (art. 76 LTF). Il convient donc d'interpr�ter les conclusions du recourant, dans le sens o� seul le rejet de la demande dirig�e contre lui est requis.
1.2.2 La banque C.________ et la banque D.________ sont formellement d�sign�es dans le pr�sent recours comme � autres parties � la proc�dure �. Aucune conclusion n'est prise en ce qui les concerne et aucun grief ne leur est consacr�. Les conclusions du recours, lues parall�lement au dispositif de l'arr�t entrepris, sont significatives: le rejet, par l'autorit� cantonale, de la demande en paiement intent�e contre la banque C.________ et la banque D.________ n'est pas remis en cause par le recourant. Ces parties l'ont du reste bien compris, puisqu'elles ont renonc� � se d�terminer sur le recours, arguant du fait qu'elles n'�taient pas touch�es par l'issue de la proc�dure. Il n'est donc pas entr� en mati�re sur le recours, dans la mesure o� il est dirig� contre la banque C.________ et la banque D.________.
1.3 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Contrairement � l'avis du recourant, la constatation, selon laquelle les employ�s de la banque C.________ ont pr�par� les billets et les ont remis au convoyeur, qui les a v�rifi�s avant de les placer dans les enveloppes pr�vues � cet effet, n'a pas �t� �tablie de fa�on manifestement inexacte, puisqu'elle r�sulte de l'appr�ciation de d�positions concordantes de t�moins. Il n'y a donc pas lieu, sur ce point, de proc�der � une rectification de l'�tat de fait. Du point de vue du recourant, cet �l�ment factuel est � important �, dans la mesure o� les juges pr�c�dents ont retenu que les fonds litigieux ont �t� subtilis�s dans son �tude. En lien avec cette derni�re constatation, le recourant invoque une violation du droit, au sens de l'art. 95 LTF, et fait valoir que la constatation constitue une violation de l'art. 8 CC et qu'elle est arbitraire. Dans la mesure o� de tels griefs sont admissibles au regard de l'art. 105 al. 2 LTF, il convient de les examiner.
Ainsi, le recourant fait grief � l'autorit� cantonale d'avoir viol� l'art. 8 CC et d'avoir fait une appr�ciation arbitraire des preuves, en ayant retenu que la substitution des billets a �t� op�r�e lors de la manipulation des billets � son �tude.
2.1 Selon l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle all�gue pour en d�duire son droit. En l'absence de disposition sp�ciale contraire (ATF 130 III 321 consid. 3.1; 128 III 271 consid. 2a/aa), l'art. 8 CC r�partit le fardeau de la preuve et d�termine laquelle des parties doit supporter les cons�quences de l'�chec de la preuve (ATF 131 III 222 consid. 4.3; 130 III 321 consid. 3.1; 129 III 18 consid. 2.6; 127 III 519 consid. 2a). On d�duit �galement de l'art. 8 CC un droit � la preuve et � la contre-preuve (ATF 129 III 18 consid. 2.6; 126 III 315 consid. 4a). En particulier, le juge enfreint cette disposition s'il se base sur un degr� de la preuve erron� (ATF 132 III 715 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s) ou s'il ne donne pas suite aux offres de preuve d'une partie sur des faits pertinents pour l'appr�ciation juridique de la cause (ATF 114 II 289 consid. 2a; 133 III 189 consid. 5.2.2). En revanche, l'art. 8 CC ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires � ordonner (ATF 127 III 519 consid. 2a), ni ne dicte au juge comment il doit forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d; 127 III 248 consid. 3a). Ainsi, lorsque l'appr�ciation des preuves convainc le juge qu'un fait est �tabli � satisfaction de droit ou r�fut�, la question de la r�partition du fardeau de la preuve ne se pose plus et le grief tir� de la violation de l'art. 8 CC devient sans objet (ATF 114 II 289 consid. 2a).
Dans le cas d'esp�ce, l'autorit� cantonale n'a pas fait �tat d'�chec de la preuve du fait litigieux et la condition d'application de l'art. 8 CC n'est donc pas r�alis�e. Contrairement � l'avis du recourant, l'autorit� cantonale n'a pas arr�t� qu'il n'�tait pas �tabli dans quelles circonstances les billets de banque ont �t� substitu�s. Elle a au contraire constat�, � l'issue de l'appr�ciation des preuves, que l'�change des billets est intervenu � l'�tude du recourant, tout en laissant ouverte la question portant sur la mani�re dont l'�change a eu lieu. La r�gle du droit � la preuve telle que d�coulant de l'art. 8 CC n'a donc pas �t� viol�e.
2.2 S'agissant de la m�me constatation litigieuse, le recourant consid�re �galement que l'autorit� cantonale est tomb�e dans l'arbitraire. En mati�re d'appr�ciation des preuves et de constatations de fait, l'autorit� tombe dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans aucune raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, elle en tire des constatations insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1).
Contrairement � ce que pr�tend le recourant, l'autorit� cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire, en arr�tant que la substitution des billets a �t� op�r�e lors de leur manipulation � l'�tude du recourant. Si l'autorit� cantonale a relev� que la mani�re dont la substitution des billets a �t� op�r�e n'est pas �tablie, elle a constat� que la substitution en question n'a pu avoir eu lieu qu'� l'�tude du recourant. A cet �gard, elle a pris soin de pr�ciser qu'une malversation de l'entreprise de convoyage n'a pas �t� all�gu�e. Non seulement le recourant ne pr�tend pas, dans son recours, avoir all�gu� un tel fait, mais, en sus, il ne mentionne aucun �l�ment du dossier qui permettrait de l'�tablir. Il est pr�cis�, � toutes fins utiles, que la non-indication, par l'autorit� cantonale, du nom de l'entreprise de convoyage ne saurait �tre constitutive d'arbitraire. Quant � l'argumentation, consistant � soutenir que le contr�le des billets de banque avant leur transport de Rarogne � Gen�ve n'a pas �t� effectu�, elle ne prend appui sur aucun indice probant. Bien plus, il ressort des constatations du jugement entrepris que les enveloppes contenant les billets de banque ont �t� ouvertes et contr�l�es � l'�tude du recourant. Si, � ce moment-l�, les billets de banque avaient d�j� �t� remplac�s par du papier teint�, ce qu'insinue le recourant, la substitution n'aurait pas pu lui �chapper. Sur le vu de l'ensemble de ces �l�ments, le grief, qui consiste � soutenir que les billets de banque ont pu �tre substitu�s lors du transport de la banque C.________ � l'�tude du recourant ou lors du transport de retour, est d�nu� de tout fondement.
La cour cantonale a retenu que le recourant �tait li� � Z.________ par un contrat de mandat. Sur ce point, le recourant fait �tat d'arbitraire dans la constatation des faits et de violation de l'art. 1 CO en relation avec les art. 394 et 398 CO.
3.1 Le mandataire peut conclure un contrat avec plusieurs mandants, comme tout sujet de droit peut conclure plusieurs contrats, ind�pendants les uns des autres. Si les contrats ont le m�me objet, ils sont valables, pour autant que le double mandat ne conduise pas � un conflit d'int�r�ts (sur l'inadmissibilit� de la double repr�sentation, cf. ATF 126 III 361 consid. 3a et les r�f�rences; cf. aussi Rolf H. Weber, Commentaire b�lois, n. 15 ad art. 398 CO; Franz Werro, Commentaire romand, n. 29 ad art. 398 CO).
3.2 Il est �tabli que l'op�ration de visualisation de la commission de 2'000'000 fr., qui devait se tenir � l'�tude du recourant, intervenait tant dans l'int�r�t de l'architecte E.________ que dans celui de Z.________. D'apr�s les constatations de fait - non remises en cause par le recourant -, Z.________ �tait directement int�ress� par cette op�ration, puisque, en cas de r�ussite, il percevait une commission. Un conflit d'int�r�ts entre E.________ et Z.________ n'est pas manifeste et, encore moins, d�montr�. Le double mandat du recourant est donc valable.
3.3 Lorsque le recourant pr�tend que l'appr�ciation des faits et des preuves � laquelle se sont livr�s les juges pr�c�dents est arbitraire, le grief est insuffisamment motiv� et donc inadmissible au regard de l'art. 106 LTF. En particulier, le recourant n'explique pas pour quelle raison l'autorit� cantonale aurait d�, sur la base des faits recueillis, aboutir � la conclusion que, compte tenu de l'accord pass� entre lui-m�me et E.________, un autre contrat - au m�me contenu - ne pouvait �tre pass� avec Z.________. Que le recourant organise, contre r�mun�ration, pour l'architecte E.________ l'op�ration de visualisation n'exclut par ailleurs pas juridiquement, contrairement � ce que soutient le recourant, qu'il se soit engag� � fournir la m�me prestation � Z.________.
En ayant retenu � son encontre une violation de l'obligation de diligence, le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir fait preuve d'arbitraire et d'avoir enfreint les art. 97, 321e et 398 CO. Si la violation de l'obligation de diligence devait �tre retenue � son encontre, le recourant pr�tend que son comportement n'a entra�n� aucun pr�judice � Z.________. Ses h�ritiers ne sauraient d�s lors valablement pr�tendre � la r�paration du dommage subi. Sous cet angle, il y a donc �galement violation des art. 321e et 97 CO, applicables par renvoi de l'art. 398 CO.
4.1 La cour cantonale a consid�r� que, sur le vu du caract�re inhabituel de l'op�ration, le recourant aurait d� se montrer particuli�rement attentif au bon d�roulement de l'op�ration et prendre toutes les pr�cautions possibles pour que la somme de 2'000'000 fr. ne disparaisse pas. Dans la mesure o� le � s. � a touch� les billets et les a mis dans sa serviette, les faisant ainsi dispara�tre de la vue des autres personnes pr�sentes, le recourant aurait d�, selon les r�gles �l�mentaires de la prudence, v�rifier les liasses de billets au moment o� celles-ci �taient remises dans les enveloppes du convoyeur de fonds. Cette v�rification - op�ration en soi simple et rapide - se justifiait d'autant plus que le convoyeur a d�clar� n'avoir aucune obligation en la mati�re et que, pour ce motif, il a refus� toute v�rification des liasses lorsque le � s. � le lui a propos�. Cette mesure �l�mentaire aurait ais�ment permis de constater la disparition des billets lors de la remise des liasses au convoyeur.
4.2 La partie du grief qui a trait � l'arbitraire dans la constatation des faits et dans l'appr�ciation des preuves est infond�e. Contrairement � ce que pr�tend le recourant, l'autorit� cantonale n'a pas constat� que l'op�ration de visualisation s'est d�roul�e de mani�re conforme � ce qui avait �t� pr�vu, puisqu'il a �t� relev� que la signature des contrats, � Rome, n'a pas �t� confirm�e et que, suite � cet �v�nement, le recourant a d�cid� de rendre les fonds au convoyeur. Le d�roulement de l'op�ration a donc subi un changement par rapport � ce qui avait �t� pr�vu et c'est pr�cis�ment lors de la remise - impr�vue dans la planification - des fonds au convoyeur que le recourant a viol� son devoir de diligence. En d�pit de ce que soutient � tort le recourant, les consid�rations de la cour cantonale ne sont pas sur ce point contradictoires. La cour cantonale a relev� que G.________ a aid� le � s. � a d�chir� les bandes de papier entourant les liasses et que le � s. � a propos� au convoyeur de v�rifier les liasses de billets. Ces constatations de fait ne permettent pas de d�montrer que le recourant n'�tait pas en mesure de v�rifier lui-m�me les billets de banque. Il n'est donc pas insoutenable de ne pas avoir retenu une telle constatation.
4.3 D'apr�s l'art. 398 CO, le mandataire est responsable envers le mandant de la bonne et fid�le ex�cution du mandat (al. 2). Sa responsabilit� est soumise, d'une mani�re g�n�rale, aux m�mes r�gles que celle du travailleur dans les rapports de travail (al. 1). L'�tendue du devoir de diligence se d�termine selon les circonstances de chaque cas en fonction de crit�res objectifs et consiste dans le respect des r�gles reconnues et admises (ATF 117 II 563 consid. 2a et les r�f�rences). La cour cantonale n'a pas m�connu ces principes, en ayant retenu que, compte tenu de la nature inhabituelle de l'affaire, en particulier apr�s le manquement des financiers italiens qui n'ont pas sign� les contrats, le recourant aurait d� se montrer particuli�rement prudent, afin de s'assurer que le montant objectivement �lev� qu'il d�tenait pour le compte de ses mandants ne disparaisse pas. Elle a relev� que le contr�le des liasses de billets apr�s que le � s. � ait touch� les billets et les ait plac�s dans une bo�te �tait une mesure �l�mentaire de prudence. Cette mesure se justifiait d'autant plus que le � s. � a, tout au long de l'op�ration, gard� l'anonymat.
4.4 Le recourant conteste que Z.________ ait subi un dommage � la suite de la violation du devoir de diligence, si une telle violation devait �tre retenue. A cet �gard, le recourant pr�tend que la violation du contrat a caus� un dommage � E.________ et, par ricochet, � la banque C.________, qui lui a pr�t� l'argent, objet de l'op�ration de visualisation. Il omet toutefois de rappeler que Z.________ a fourni la garantie bancaire exig�e par la banque C.________ pour le pr�t de la somme de 2'000'000 fr., que la banque C.________ a appel� la garantie, dont le montant, pay� par la banque D.________, a �t� d�bit� des avoirs de Z.________, diminuant ainsi la fortune de celui-ci (ATF 132 III 379 consid. 3.3.2 et les r�f�rences). Par ailleurs, lorsque le recourant affirme que l'appel en garantie est abusif et que Z.________ a agi de mani�re contraire aux r�gles de la bonne foi, il ne prend appui sur aucune constatation de fait, telle que retenue par l'autorit� cantonale. Dans ces circonstances, force est de constater que le grief est infond�.
Il n'est pas entr� en mati�re sur le recours, en tant qu'il est dirig� contre la banque C.________ et la banque D.________. Dans la mesure toutefois o� le recourant a dirig� le recours contre ces deux parties, qui ont �t� invit�es � se d�terminer sur le recours et sur la requ�te d'effet suspensif et qui, � travers de courtes �critures, ont renonc� � se d�terminer, il doit les indemniser. Il y a donc lieu d'allouer � la banque C.________ et � la banque D.________ des d�pens, dont l'ampleur sera fix�e en consid�ration de la faible ampleur du travail effectu� par leurs avocats. Le recours dirig� contre A.________ et B.________ est rejet�. Le recourant doit donc acquitter l'�molument judiciaire et les d�pens � allouer � A.________ et B.________ (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).
Il n'est pas entr� en mati�re sur le recours, dans la mesure o� il est dirig� contre les � autres parties � la proc�dure � la banque C.________ et la banque D.________.
Le recours est rejet�, dans la mesure o� il est dirig� contre A.________ et B.________.
Le recourant versera � A.________ et B.________, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 19'000 fr. � titre de d�pens.
Le recourant versera � chacune des � autres parties � la proc�dure �, la banque C.________ et la banque D.________, une indemnit� de 800 fr. � titre de d�pens.

References: art. 1
 art. 97
 art. 394
 ATF 
 art. 398
 art. 398
 art. 97
 art. 321