Source: https://www.napoleon-histoire.com/correspondance-de-napoleon-janvier-1801/3/
Timestamp: 2020-08-09 17:59:44+00:00

Document:
Paris, 17 janvier 1801
Recommandez à l’ambassadeur en Espagne de nous tenir avertis de tous les mouvements de Cadix, et de nous donner exactement les nouvelles que l’on pourrait avoir dans les ports d’Espagne de la flotte de lord Keith et de l’expédition d’Abercromby.
Je vous prie, Citoyen Ministre, d’envoyer, par un courrier extraordinaire, des instructions au général Murat sur la conduite qu’il doit tenir envers les cours de Rome et de Naples.
Il doit traiter la cour de Rome comme une puissance amie. Il doit témoigner, dans toutes les occasions, que le Gouvernement a beaucoup d’estime pour le Pape.
Quant à à Naples, il doit faire connaître que l’intention du Gouvernement n’est pas d’inquiéter le roi de Naples dans ses États, pourvu qu’il évacue sur-le-champ l’État romain et laisse le Pape maître ses États.
Il doit laisser le gouvernement civil d’Ancône aux agents du Pape bien entendu que les pays de Sinigaglia et de la Marche d’Ancône fourniront les subsides nécessaires à sa troupe.
Une fois maître d’Ancône, soit par la force, soit en vertu de ‘armistice, le général Murat fera connaître, par un courrier, au général napolitain, que, s’il n’évacue pas sur-le-champ tout le territoire romain et spécialement le château Saint-Ange , il se portera sur-le-champ avec son corps d’armée sur la frontière.
Il réclamera également le Citoyen Dolomieu et autres Français l’armée d’Orient qui ont été arrêtés en Sicile.
Il fera connaître au Pape que l’intention du Gouvernement français est qu’il soit maître dans ses États, et que les Napolitains se tiennent religieusement dans leurs limites.
Maître d’Ancône, il fera sur-le-champ armer le plus grand nombre de bâtiments possible, portant des fusils, des boulets de tous calibres. Il fera embarquer sur chaque bâtiment un officier, et écrira au général Menou pour lui donner les nouvelles d’Europe et lui dire l’intérêt que la République et l’Europe prennent à la brave armée d’Orient.
Si le général Murat faisait prisonniers des officiers napolitains des personnes appartenant à la cour, il les enverrait, sous sûre escorte, pour répondre du citoyen Dolomieu et des officiers français arrêtés en Sicile.
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire passer 4,000 prisonniers de guerre dans le département de la Charente, et d’autoriser les généraux ou officiers qui les commandent à les mettre à la disposition des citoyens qui pourraient en avoir besoin pour les travaux de la campagne.
Puisque l’Égyptienne peut marcher de conserve avec la Justice, l’intention du Premier Consul est que ces deux frégates partent le plus tôt possible.
Elles doivent avoir embarqué les vivres, l’artillerie, les fusils et outils et médicaments ordonnés.
Indépendamment de ce qui a été ordonné, le préfet fera embarquer 10,000 boulets, depuis 36 jusqu’à 2 1/2, vu qu’en Égypte on a trouvé des pièces de tous ces calibres.
On fera aussi embarquer de l’acier et du fer, quelques affûts d’artillerie de campagne, autant qu’on le pourra sans nuire à la marche des frégates.
Chaque frégate embarquera 300 hommes, conscrits, canonniers et infanterie, en réduisant l’équipage, les ouvriers déjà demandés, même maçons et jardiniers, et, autant qu’on pourra, beaucoup d’officiers de santé.
Les femmes qui appartiennent à l’armée d’Égypte pourraient s’embarquer sur un bâtiment qui paraîtrait destiné pour l’Égypte, et, au moment du départ, on les verserait sur les frégates.
Les longues nuits favorisent cette expédition; il ne sera pas perdu un moment pour son départ.
On tiendra prête la Badine ou une autre frégate pour faire passer le citoyen Miot, conseiller d’État.
On mettra sur les frégates un tonneau de vin de Bordeaux et mille bouteilles de liqueurs de France, à la disposition du général Menou; le cinquième sera adressé au préfet maritime Le Roy.
Le citoyen Menars partira pour Corse. Il est autorisé à faire des marchés avec les Corses pour faire passer du vin, de l’eau-de-vie, l’huile, du, fer et de l’acier en Égypte, et à organiser, pour cet été une douzaine de petits bâtiments pour servir à la correspondance. Il faut que ces barques puissent aller à la mer et se réfugier dans les criques des deux rades d’Alexandrie et de Tripoli.
Paris, 19 janvier 1801
Je vous prie, Citoyen Ministre, de préparer un projet de traité avec l’Helvétie, pour qu’elle nous cède tout le Valais jusqu’à Brigg. Ce pays ferait partie du département du Léman.
Vous ferez connaître, Citoyen Ministre, au général Brune et au citoyen Petiet, que tous les pays situés sur la droite de l’Adige y compris les Polésines, doivent, dès à présent, être réunis à la République cisalpine.
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître au général Jourdan qu’il me paraîtrait convenable de réunir au territoire de la Ré publique la place de Fenestrelle. Marquez-lui de vous faire connaître les villages qui devront être réunis. Il comprendra également da ce rapport les débouchés du mont Cenis jusqu’à Suse, et tous les autres débouchés des Alpes, de manière que toute la grande montagne soit à nous, jusqu’aux plus gros endroits dans les vallées.
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître aux généraux Jourdan et Dejean que les fiefs impériaux, qui avaient été cédés à la République ligurienne par le traité de Campo-Formio, doivent aujourd’hui lui être restitués et faire partie de ce gouvernement.
Au général Murat, lieutenant du général en chef de l’armée d’Italie
Je reçois, Citoyen Général, votre lettre du 23 nivôse (13 janvier).
La mesure prise par le général Brune, de mettre la Toscane sous vos ordres, fait voir la confiance qu’il a en vous et me paraît extrêmement sage.
Je vois avec la plus grande peine que vous n’avez point d’artillerie.: avec un corps d’élite comme le vôtre et trente pièces de canon, on est inexpugnable et on ne perd pas de monde.
Je conçois que votre artillerie n’a pas pu passer les montagnes; mais vous deviez au moins mener avec vos colonnes les charretiers, les chevaux et les canonniers, et avec cela vous auriez eu bientôt de l’artillerie.
Faites connaître au ministre de la guerre les mesures que vous aurez prises pour votre artillerie, et envoyez sur-le-champ des ordres pour faire venir les chevaux, canonniers et charretiers restés en arrière.
Je n’approuve pas toutes les observations que vous me faites. Un soldat doit rester fidèle à sa femme, mais ne désirer la revoir que lorsqu’on juge qu’il n’a plus rien à faire.
Je compte que, le 10 pluviôse (30 janvier), vous serez à Ancône. Marchez-y avec toutes vos forces réunies; que j’apprenne que vous êtes maître de cette place, que vous y avez réuni 12,000 hommes d’élite et trente pièces de canon, et alors vous recevrez les ordres qui vous seront nécessaires.
Correspondez avec le général Brune, comme vous le devez avec votre général en chef, ainsi qu’avec le ministre de la guerre.
Si vous êtes obligé d’assiéger Ancône, poussez les Napolitains au delà de Tolentino et de Fermo.
Comme dans tous les pays où vous allez ou pourrez aller il y a beaucoup de montagnes faites faire à Sinigallia et Ancône grande quantité de biscuit.
S’il arrivait que les Anglais débarquassent, le général Brune vous enverrait aussitôt les renforts nécessaires.
Paris, 20 janvier 1800
Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, l’arrêté relatif au commerce russe; faites-le connaître officiellement par une note à M. Sprengporten, ou directement en Russie.
Vous direz qu’ayant reçu à six heures du soir l’ordre du conseil de Sa Majesté Britannique, du 14 janvier, qui ordonnait le séquestration de tous les bâtiments russes, j’ai cru devoir prendre sur-le-champ cet arrêté, afin que les bâtiments de Sa Majesté Impériale n’aient pas à souffrir de deux côtés à la fois;
Que la Russie ne se trouve dans cette disposition contre l’Angleterre que pour la défense des droits de principauté de toutes les nations, et que pour délivrer les mers de cette nation, qui, à elle seule, prétend en être la dominatrice;
Que, d’ailleurs, le Premier Consul , connaissant actuellement parfaitement les intentions de Sa Majesté Impériale, regarde déjà la République comme en paix avec elle, et n’attribue qu’à la grande distance qui sépare les deux empires le retard de la signature traité;
Que je désire que Sa Majesté Impériale voie dans cet acte de propre mouvement la considération et l’estime que j’ai pour elle et pour grandeur de son caractère.
Vous ferez connaître à M. de Sprengporten que des courriers extraordinaires partent pour la Hollande, pour Madrid et Gênes, pour engager ces trois Gouvernements à rendre communes les dispositif de l’arrêté. Si vous préférez écrire en Russie, M. de Sprengporten fournira un courrier.
Paris, 20 janvier 1801
Il paraît, Citoyen Ministre, que la Prusse n’a pas été comprise dans l’ordre du conseil privé du roi d’Angleterre. Il faut espérer que Paul la poussera. Ne pourrions-nous pas, en attendant, contribuer à pousser Hambourg?
Je désire que vous fassiez connaître la démarche qu’il faudrait faire auprès du sénat de Hambourg pour lui faire sentir que le temps est venu où les puissances maritimes doivent se prononcer; qu’il ne peut plus y avoir de milieu, ou de fermer leur port aux Anglais, ou de s’attirer toute la disgrâce du Gouvernement français.
Cette démarche ne me paraît pas urgente; mais ce qui me le paraît, c’est, dans la note que vous écrirez pour faire connaître l’arrêté, de toucher un mot sur les dispositions où nous sommes.
ARTICLE ler. – Il est défendu à tous les bâtiments de la République et à tous ceux armés en course, portant pavillon français, de courir sur les bâtiments de guerre et de commerce de S. M. l’empereur de toutes les Russies et de ses sujets.
ART. 2. – Il est, au contraire, ordonné à tous les bâtiments français de prêter secours et assistance à tous les bâtiments russes.
ART. 3. -Toute prise qui serait faite après le ler ventôse prochain sera déclarée nulle par le conseil des prises.
ART. 4. – Le ministre des relations extérieures et celui de la marine et des colonies seront chargés de l’exécution du présent arrêté, lui sera inséré au Bulletin des lois.
Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, la copie d’une lettre du général Simon au ministre de la police générale. Je vous prie de faire connaître mon mécontentement au préfet d’Ille-et-Vilaine; vous lui ferez sentir qu’il devient responsable, en désobéissant aux ordres du ministre, de tout ce qui pourrait résulter de mal pour la République de la non-arrestation de ces chefs; que ce n’est pas ainsi que l’on se montre ami du Gouvernement et que l’on sert la République.
Paris, 21 janvier 1801
Au citoyen Chaptal, ministre de l’intérieur (Il vient juste d’être nommé titulaire)
Je désire, Citoyen Ministre, avoir un rapport sur le nombre d’individus qui se trouvent dans les maisons de réclusion, et, parmi ceux- là, le nombre que l’on pourrait envoyer aux colonies.
Au citoyen Joseph Bonaparte, ministre plénipotentiaire à Lunéville
Vous devez avoir reçu, Citoyen Ministre, les instructions qui sont parties de Paris le 29 nivôse.
Hier est arrivé de Russie un courrier qui a fait la route en quinze jours; il m’a apporté une lettre extrêmement amicale de la propre main de l’Empereur.
Ce courrier a rencontré, à quatre lieues de Pétersbourg, un officier envoyé par M. de Sprengporten et qui était porteur d’une lettre de moi à l’empereur, à peu près dans le même genre.
J’attends, dans quatre ou cinq jours, un plénipotentiaire russe. La Russie est dans des dispositions très-hostiles contre l’Angleterre.
Il vous est facile de sentir l’intérêt que nous avons à ne rien brusquer, car la paix avec l’Empereur n’est rien en comparaison d’une alliance qui maîtrisera l’Angleterre et nous conservera l’Égypte.
L’armistice n’est pas encore conclu en Italie; cela doit être le sujet perpétuel de vos plaintes. Si l’Autriche cède de bonne foi la rive droite de l’Adige, pourquoi ne fait-elle pas un armistice qui lui est accordé par la cession des places sur cette rive droite?
La Toscane est située sur la rive droite de l’Adige; la Maison d’Autriche est donc censée y avoir renoncé.
La France doit prendre pour premier système de politique que l’Empereur ne doit jamais passer l’Adige. Cependant, si les événements voulaient que le Grand-duc y fût réintégré, du moins nous n’y consentirons pas tant que durera notre guerre avec l’Angleterre: car, tant que nous aurons la guerre avec l’Angleterre, nous devons toujours nous méfier de l’Autriche, avoir toujours une forte armée en Italie; et le port de Livourne, ainsi que les côtes de la Toscane, devant être interdits aux Anglais, cela ne peut avoir lieu que par la possession du pays.
Vous ne devez jamais parler ni de Naples, ni du Pape. Vous répondrez, toutes les fois qu’on vous en parlera : Avez-vous des pouvoirs de ces princes? La France s’entendra avec eux.
Toutes les fois qu’on parlerait du roi de Sardaigne, vous répondriez seulement que, si c’est nous qui avons ôté le roi de Sardaigne, l’Empereur, s’il combattait pour lui, eût dû le rétablir dans ses Etats; que, dans tous les cas, nous nous entendrons avec le roi de Sardaigne; et nous établirons en Italie un ordre tel qu’il ne causera point d’alarmes aux États voisins, et que la tranquillité sera assise sur des bases immuables.
Quant aux stipulations que M. de Cobenzl pourrait demander pour l’Empire, il ne faut nous engager à rien ; nous agirons suivant les circonstances et les individus qui gouverneront à Vienne; que nous n’avons aucune confiance dans Thugut, et que nous ne pouvons prendre aucun engagement avec l’Empereur, tant que ce ministre sera écouté dans le conseil.
Il est d’ailleurs difficile de prendre des engagements pour l’Allemagne, que de concert avec Paul Ier.
Ainsi je me résume:
1° Continuer le protocole, discuter les questions à fond, même la rédaction du traité définitif; mais ne rien signer avant dix jours, époque à laquelle nous serons d’accord avec Paul ler.
2° Batailler, pendant ce temps, pour que le grand-duc de Toscane soit placé en Allemagne.
3° Ne point parler du roi de Naples, du Pape ni du roi de Sardaigne.
Si le plénipotentiaire autrichien cédait la Toscane, il pourra être stipulé qu’on y placera un infant d’Espagne; moyennant quoi nous nous engagerions avec l’Espagne à faire obtenir au Grand-duc une indemnité proportionnée en Allemagne.
4° Ne parler de la Cisalpine que pour dire qu’elle recevra une organisation qui ne causera point d’alarmes aux États voisins.
5° Ne nous engager en Allemagne que pour le grand-duc de Toscane; dire du reste que, lors de la paix avec l’Empire, on s’entendra.
6° Ne point parier dans le traité du mode d’exécution des articles, mais en parler dans une convention séparée.
7° Ne nous faire évacuer les pays occupés par nos troupes au delà de l’Inn et de l’Adige que le plus tard possible, et stipuler le payement des contributions qui ont été imposées.
8° Quant à l’évacuation de la rive droite du Rhin, elle ne doit avoir lien qu’à la paix de l’Empire.
9° Pour la Suisse, on peut stipuler indépendance et neutralité. Vous devez envoyer deux courriers par jour; car, l’Europe étant au moment d’une crise, le système que l’on pouvait avoir se trouve entièrement changé et ne peut pas encore être entièrement assis.
Je vous envoie, Citoyen Ministre, votre rapport sur Madagascar. Je ne le trouve pas suffisant. Je vous prie d’y joindre le plan du fort Dauphin et des détails sur le nombre d’hommes qui ont été employés dans les différentes expéditions, et sur la population des différents établissements qui y ont été faits.
ARTICLE ler. – Le citoyen Bosredon-Ransijat, ex-président du gouvernement de Malte, résidera à Paris et sera chargé, pour le ministre des relations extérieures, de la distribution des secours aux Maltais.
ART 2. Il jouira d’un traitement de 12,000 francs par an, qui lui sera payé à compter du ler vendémiaire au IX.
ART. 3. – Le ministre des relations extérieures est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.
Je vous prie, Citoyen Ministre, d’écrire une lettre au premier ministre du bey de Tripoli, dans laquelle vous lui ferez connaître toute ma satisfaction de la bonne conduite qu’il a tenue envers le chebec de la République le Guerrier.
ARTICLE 1er.- La loi qui déclare que l’armée d’Orient a bien mérité de la patrie sera envoyée à cette armée par deux chefs de brigade de l’état-major de la garde des Consuls, qui seront désignés par le général commandant la garde.
ART. 2. – Les deux chefs de brigade partiront à dix jours de distance l’un de l’autre; chacun d’eux sera porteur d’une expédition de la loi.
ART. 3. – Les ministres de la guerre et de la marine sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.
Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner des ordres pour que les deux frégates de Rochefort partent le plus tôt possible.
Faites également partir l’Égyptienne et la Justice.
Dans les instructions secrètes que vous donnerez aux commandants de ces deux expéditions, recommandez-leur de porter le plus grand respect aux bâtiments de Maroc, Alger, Tunis et Tripoli; faites-leur connaître que nous avons fait un traité avec Tripoli et qu’ils pourront y prendre langue, s’ils avaient besoin de renseignements.
Envoyez à l’une et à l’autre expédition les derniers journaux.
Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l’ordre au préfet maritime à Toulon d’envoyer à Bonifacio, département du Liamone, une des corvettes qui sont dans ce port, avec la mission spéciale d’empêcher les demi-galères du roi de Sardaigne de ravager les côtes de ce département, et de s’emparer de tous les bàtinients ennemis qui voudraient passer le détroit.
Paris, 24 janvier 1801
Le ministre de l’intérieur fera graver, en arabe, des cartes de mappemonde, des quatre parties du monde, des cartes particulières de la Barbarie, de l’Égypte, de la Syrie et de l’Asie Mineure.
Le présent arrêté ne sera pas imprimé.
Les Consuls de la République, considérant que la maison dite maison Bron, faisant l’encoignure de la rue Saint-Nicaise et de la place du Carrousel, la maison dite le petit hôtel Lavallière, rue du Petit-Carrousel, et une partie de celle dite le magasin de l’opéra, ébranlées par l’explosion de la machine infernales exigeraient des réparations qui excéderaient leur valeur; que, d’ailleurs, elles obstruent l’un des passages les plus fréquentés de Paris;
Arrêtent que lesdites maisons seront démolies dans le plus bref délai.
Le ministre des finances prendra toutes les mesures nécessaires pour la prompte exécution du présent arrêté.
Paris, 26 janvier 1801
Bakry et Busnach, négociants algériens, demandent le payement de ce qui leur est dû, suivant la promesse qui leur en a été faite. Ils craignent qu’un retard n’empêche le dey d’Alger de ratifier le traité qu’il a fait avec la République. Renvoyé au ministre des relations extérieures pour me présenter ce juif dans mon appartement en lui faisant sentir que je veux par là donner au dey une marque publique de ma considération.
J’ai reçu, Citoyen Ministre, la lettre par laquelle vous me faites connaître l’insurrection qui a éclaté dans la vallée d’Aoste. Je vous prie d’écrire au Gouvernement helvétique pour qu’il vous envoie 500 hommes de ses troupes pour défendre le grand et le petit Saint- Bernard, reprendre le pays jusqu’à Aoste et concourir, avec les troupes qu’y envoie le général Jourdan, à réduire les insurgés.
Paris , 26 janvier 1801
L’escadre du général Ganteaume, Citoyen Ministre, est partie. J’approuve que vous fassiez partir pour la Guadeloupe les deux frégates qui sont à Lorient. Je préférerais cependant qu’elles partissent de Nantes.
Faites aussi partir la frégate pour Saint-Domingue. Envoyez un courrier pour presser le départ des deux frégates de Rochefort, et mettez sur la lettre à ouvrir en mer que le général Ganteaume, avec sept vaisseaux de guerre, deux frégates et un brick, est parti de Brest, le 3 pluviôse, avec un bon vent, et qu’il se rend en Égypte.
J’imagine que vous avez pris des précautions pour que tout ce qui est nécessaire soit embarqué à Rochefort.
Je désirerais que les deux frégates de Rochefort fussent parties avant que celles destinées pour la Guadeloupe se préparassent.
Paris, 27 janvier 1801
Je désire, Citoyen Ministre, que vous envoyiez un courrier à Madrid.
Vous ferez connaître au ministre de la République que S. M. l’empereur de Russie m’a écrit de sa main une lettre aussi prévenante qu’amicale; que déjà les relations entre la France et les puissances du Nord sont sur un meilleur pied;
Que l’influence de la Russie et de la France décidera la Prusse, et qu’alors l’Angleterre sera sans aucune communication avec le continent;
Que les trois puissances alliées, la France, l’Espagne et la Hollande, doivent profiter de la circonstance pour frapper quelque coup qui fasse changer l’aspect de la guerre;
Que je désire que le ministre de Sa Majesté Catholique à Paris, ou un général de marine, ait les pouvoirs nécessaires pour faire agir les vaisseaux espagnols qui sorti à Brest selon les circonstances; que Mazarredo n’a nullement ma confiance;
Qu’il est indispensable que ces quinze vaisseaux réunis aux quinze vaisseaux français et aux vaisseaux bataves puissent agir ensemble, et selon les opérations que tenteraient les Anglais dans la Baltique.
La paix du continent paraît fixée: la République va avoir de nombreuses armées à faire agir.
Une armée se réunira en Batavie, une à Brest, une à Bordeaux, une à Cette et à Marseille;
Les forces navales des trois puissances, réunies et combinées avec les mouvements des puissances du Nord, peuvent entreprendre:
1° Une expédition contre l’Irlande;
2° Une contre le Brésil et l’Inde;
30 Une contre Surinam, la Trinité et les îles d’Amérique;
4° Plusieurs expéditions dans la Méditerranée.
Nous ne demandons rien à l’Espagne pour les deux premières expéditions, que la disposition des quinze vaisseaux qu’elle a à Brest Nous désirerions qu’elle fit préparer au Ferrol, pour la troisième quatre vaisseaux, deux frégates avec 2,000 hommes de débarquement, afin d’occuper la Trinité.
Quant aux expéditions dans la Méditerranée, nous désirons que l’Espagne fasse armer tous les vaisseaux et toutes les frégates qu’elle a à Cadix, Carthagène et Barcelone. Tandis que les Anglais seront attirés sur les côtes d’Égypte ou dans la mer Noire, l’occasion peut se présenter d’envahir Mahon.
Ainsi, en résumé:
Donner connaissance au prince de la Paix du projet général de la campagne ;
Insister sur ces quatre points:
1° Que le ministre d’Espagne à Paris soit autorisé à faire agir l’escadre espagnole en totalité et en partie;
2° Que quatre vaisseaux et deux frégates soient préparés au Ferrol avec 2,000 hommes et six mois de vivres, pour attaquer, conjointement avec les escadres française et batave, Surinam, la Trinité et les îles de l’Amérique ;
3° Que l’Espagne arme les vaisseaux qui sont à Cadix, à Carthagène, à Barcelone, afin de pouvoir profiter des circonstances qui vont se présenter et de l’embarras où va se trouver l’Angleterre, menacée dans l’Archipel par les Russes, et dans les mers du Nord par les puissances coalisées, ce qui la mettra dans l’impossibilité de tenir longtemps dans la Méditerranée une forte escadre.
4° Faire des préparatifs à Barcelone, soit en y réunissant quelques troupes, soit en nolisant quelques bâtiments de transport , afin de menacer Mahon.
Je désirerais que l’ambassadeur de la République rédigeât et signât avec le prince de la Paix une convention conçue à peu près en ces termes:
ARTICLE 1°. – Le Premier Consul de la République française et Sa Majesté Catholique conviennent du plan de campagne maritime suivant.
ART. 2. – Cinq vaisseaux espagnols, des quinze qui sont à Brest, avec un pareil nombre de français et de bataves, partiront pour une expédition au Brésil ou dans l’Inde.
ART. 3. – Dix vaisseaux espagnols, de ceux qui sont à Brest, avec un pareil nombre de français et de bataves, seront toujours prêts à menacer l’Irlande et à agir conformément au plan qui pourra être adopté par les puissances du Nord.
ART. 4. – Quatre vaisseaux du Ferrol, deux frégates et 2,000 hommes seront prêts à partir vers la fin de ventôse, pour se réunir à une escadre française et batave pour reconquérir Surinam et la Trinité, et faire une croisière dans les îles d’Amérique.
ART. 5. – L’escadre de Cadix sera armée de manière à pouvoir mettre à la voile dans le mois de ventôse, et, si les circonstances sont favorables, à se joindre à l’escadre française dans la Méditerranée, combiner leurs mouvements avec l’escadre russe, et obliger au moins les Anglais à tenir dans la Méditerranée le plus grand nombre de vaisseaux possible. On fera à Barcelone et à Majorque des préparatifs pour attaquer Minorque.
ART. 6. – La République française aura une armée en Hollande, dans la Bretagne, dans la Gironde , dans le Midi et en Corse, pour pouvoir profiter des circonstances. Le roi d’Espagne a à Carthagène et à Barcelone dix frégates; il nous ferait plaisir de nous en vendre, céder on prêter trois ou quatre.
Vous partirez, Citoyen, pour vous rendre à Rochefort; vous visiterez dans le plus grand détail le port et l’arsenal, en vous adressant à cet effet au préfet maritime.
Vous me rapporterez des mémoires sur les objets suivants:
1°. Le nombre d’hommes, dans le plus exact détail, qui se trouvent sur les ceux frégates qui partent, et l’inventaire de tous les objets d’artillerie ou autres que ces frégates auraient à bord; vous resterez à Rochefort jusqu’à ce quelles soient parties;
2° Combien reste-t-il de frégates en rade?
3° Un rapport particulier sur chacun des vaisseaux le Foudroyant, le Duguay-Trouin et l’Aigle; dans quel temps chacun de ces vaisseaux serait-il prêt à mettre à la voile?
4°. Un rapport particulier sur chacune des frégates la Vertu, la Cybèle, la Volontaire, la Thétis, l’Embuscade et la Franchise;
5° L’état de tous les fusils, pistolets, sabres, boulets qui seraient arrivés dans ce port pour les expéditions maritimes;
6° Existe-t-il dans les magasins des vivres de la marine de quoi donner pour six mois à six vaisseaux de guerre, indépendamment des trois ci-dessus nommés?
7° Enfin a-t-on pris toutes les mesures pour recruter les matelots et faire arriver de Bordeaux et Nantes les vivres, cordages et tout ce qui est nécessaire à l’armement d’une escadre?
Si vous prévoyiez rester à Rochefort plus de six jours, vous m’enverriez par la poste votre premier rapport.
Vous ne manquerez pas de faire connaître au préfet que je suis dans l’opinion que le ministre de la marine a pris toutes les mesures, pour que neuf vaisseaux puissent partir de Rochefort au commencement de ventôse. Vous sentez que ceci doit être dit en grand secret au préfet.
Vous profiterez de toutes les circonstances pour recueillir, dans tous les lieux où vous passerez, des renseignements sur la marches des administrations et sur l’esprit public.
Si le départ des frégates est retardé, je vous autorise à aller Bordeaux et à revenir par Nantes. Vous m’apporterez un mémoire sur les trois frégates en armement dans ce port.
Je vous prie de me faire connaître, Citoyen Ministre, quels sont les six vaisseaux qui doivent se rendre de Brest à Rochefort, et si les trois vaisseaux qui sont à Rochefort et les deux qui sont à Lorient seront prêts au commencement de ventôse.
Faites-moi également connaître si les six mois de vivres sont prêts.
Indépendamment de ces neuf ou dix vaisseaux, il faudrait qu’il y eût quatre on cinq frégates. Faites-moi connaître quelles sont celles que vous destinez à cet objet.
Vous savez que je désirerais embarquer sur cette expédition de Rochefort près de 6,000 hommes.
Parmi les frégates qui se trouvent à Rochefort, il faudrait choisir les deux meilleures marcheuses et les lester en saumons de plomb, en boulets de 32, de 24 et de 6 , et en fer de tous les échantillons.
Vous avez sans doute prévu que l’on doit embarquer sur chaque vaisseau de guerre 1,000 fusils et 8 ou 10,000 boulets.
Je vous prie de me faire un rapport général sur cette expédition. Vous aurez également ordonné que l’on se pourvoie à Rochefort de tous les objets que doit fournir la marine aux troupes d’embarquement.
Les derniers états de situation que vous m’avez envoyés, Citoyen Ministre, sont du 15 brumaire; cela devient bien vieux. Je vous prie de m’en envoyer de nouveaux, car cela m’est nécessaire à chaque instant.
Vous trouverez ci-joint, Citoyen Ministre, un mandat d’arrêt contre deux juges de paix qui se sont immiscés de faire mettre en liberté des individus arrêtés comme prévenus de conspiration ; je vous prie de l’envoyer par un courrier extraordinaire, et de faire donner l’ordre de transférer à l’île d’Oléron les seize individus qui ont été arrêtés. Vous ordonnerez à l’inspecteur de division de la gendarmerie de les faire escorter par un nombre suffisant de gendarmes, qui les remettront au commandant d’Oléron.
Paris, 29 janvier 1801
Le Premier Consul est informé, Citoyen Ministre, par des renseignements positifs, que les préposés de la régie des vivres dans la 22e division militaire font, sur le payement des denrées employée à leur service, une retenue de 7 et même de 8 pour 100. Il sait même que ces préposés justifient cette retenue en disant que l’administration des vivres étant en régie, elle compte de cette retenue avec le Gouvernement.
Le Premier Consul désire, Citoyen Ministre, que vous exigiez de la régie des vivres, sur les faits, une réponse prompte, précise et catégorique.

References: ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 3

ART. 2

ART. 3

ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 5

ART. 6