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Timestamp: 2016-10-21 18:39:05+00:00

Document:
5A_828/2014 � � Arr�t du 25 mars 2015
repr�sent�e par Me Lionel Halp�rin, avocat,
repr�sent� par Me Shahram Dini, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 8 septembre 2014.
A.________ et B.________, tous deux n�s en 1954 et de nationalit� am�ricaine, se sont mari�s en 1982. Ils n'ont pas eu d'enfant. L'�poux a quitt� le logement conjugal le 1er f�vrier 2013.
Par jugement de mesures protectrices de l'union conjugale du 25 f�vrier 2014, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a notamment condamn� l'�poux � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement de 15'600 fr. par mois d�s le prononc� du jugement (3); il devait payer en sus les imp�ts (IFD et ICC) du couple en Suisse jusqu'� l'obtention d'une taxation s�par�e (4), ainsi que les frais hypoth�caires (int�r�ts et amortissements) de la villa de U.________, la liquidation du r�gime matrimonial �tant r�serv�e (5).
Statuant le 8 septembre 2014 sur appel de l'�pouse, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a r�form� le jugement en ce sens que la contribution d'entretien est fix�e � 18'500 fr. par mois.
Par m�moire du 23 octobre 2014, l'�pouse exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris, principalement � sa r�forme, en ce sens que la pension alimentaire en sa faveur est fix�e � 33'686 fr. A titre subsidiaire, elle sollicite le renvoi de la cause � la juridiction pr�c�dente pour nouvelle d�cision.
Invit�s � se d�terminer, l'intim� a conclu au rejet du recours et la cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans les formes l�gales (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien due � l'�pouse, � savoir une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�Comme la d�cision entreprise porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF, la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ( " principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s).
2.2.�De jurisprudence constante, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318 s.); il ne suffit pas qu'une solution diff�rente apparaisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit annul�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 139 III 334 consid. 3.2.5 p. 339).
2.3.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans le cadre d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf. supra consid. 2.1). Il ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (cf. supra consid. 2.1; art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.). Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 p. 325).
Le litige a pour objet la contribution d'entretien due � l'�pouse dans le cadre d'une proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale.
Selon la jurisprudence, m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune (art. 175 s. CC), l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 138 III 97 consid. 2.2 p. 98 s.; 137 III 385 consid. 3.1 p. 386 ss). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux (art. 163 al. 1 CC). En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s peuvent �tre couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b p. 100 s.; arr�t 5A_937/2012 du 3 juillet 2013 c. 4.2.1). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien de ce train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Il appartient au cr�ancier de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de rendre celles-ci vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425; arr�t 5A_743/2012 du 6 mars 2013 consid. 6.1.2).
En l'esp�ce, il ressort de l'arr�t attaqu� que l'�poux a per�u un salaire net de 1'329'339 fr. en 2008, 1'797'483 fr. en 2009, 3'727'257 fr. en 2010, 1'643'184 fr. en 2011, et 2'093'495 fr. en 2012. L'�pouse a cess� son activit� lucrative pour suivre son mari au gr� de ses mutations professionnelles. Compte tenu de la situation financi�re du couple, la Cour de justice a fix� la contribution d'entretien de l'�pouse en se fondant sur le train de vie tr�s �lev� men� par les parties durant la vie commune, � savoir avant le 1
er�f�vrier 2013. Sur cette base, la contribution d'entretien a �t� fix�e � 18'500 par mois.
La recourante ne conteste pas, en tant que telle, la m�thode de calcul de la contribution d'entretien. En revanche, elle reproche � l'autorit� cantonale d'avoir proc�d� � une d�termination manifestement inexacte du train de vie qui �tait le sien pendant la vie commune, estimant avoir besoin de 33'686 fr. pour pouvoir le maintenir. Elle soul�ve � cet �gard les griefs d'�tablissement arbitraire des faits, d'appr�ciation arbitraire des preuves et d'application arbitraire des art. 163 et 176 al. 1 CC.
La recourante se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves concernant le montant de plusieurs postes de charges.
5.1.�Elle conteste tout d'abord, pour deux motifs, le montant de 30'000 fr. (10'000 fr. de d�penses et 20'000 fr. de frais d'avion) retenu par la cour cantonale � titre de budget annuel pour ses vacances. Elle estime les d�penses n�cessaires � 17'000 fr. par an, de sorte que, une fois ajout�s les 20'000 fr. de frais d'avion qui ne sont pas remis en cause, le budget annuel de ses vacances atteindrait 38'000 fr., soit 3'200 fr. par mois, � savoir 700 fr. par mois de plus que ce qui a �t� retenu en instance cantonale. L'arr�t entrepris serait donc arbitraire dans son r�sultat.
5.1.1.�A ce sujet, la Cour de justice a consid�r� comme vraisemblable que les �poux �taient en voyage environ 120 jours par an, �tant pr�cis� que l'�pouse accompagnait parfois son mari dans ses d�placements professionnels. Les d�comptes de la carte de cr�dit Visa des �poux, dont il ressort clairement que celle-ci a servi � payer leurs d�penses � l'�tranger, pr�sentent un total de 150'000 USD sur trois ans, dont il fallait d�duire le co�t d'achat de bijoux par 87'000 USD, qui sont des cadeaux du mari � son �pouse � l'occasion de ses anniversaires et non pas des d�penses qui doivent �tre prises en compte dans le cadre du maintien de son train de vie. Les parties avaient donc d�pens� 63'000 USD en trois ans (150'000 USD - 87'000 USD), � savoir 10'500 USD par an et par �poux, ce qui correspondait � 9'600 fr. (au taux de change USD 1 = 0 fr. 914). Il avait �galement �t� rendu vraisemblable que les frais de billet d'avion ont �t� pris en charge par les points " avions " accumul�s par le mari lors de ses voyages professionnels, aucune d�pense de ce type ne ressortant des relev�s bancaires des �poux. Par cons�quent, le budget vacances de l'�pouse a �t� estim� � 30'000 fr. par an (10'000 fr. de d�penses et 20'000 fr. de frais d'avion pour quatre voyages par an, notamment aux Etats-Unis o� elle a de la famille), soit 2'500 fr. par mois.
5.1.2.�La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir mal calcul� les d�penses effectu�es par le biais de la carte Visa en 2012, ce qui aurait une influence sur le budget de ses vacances. Ces d�penses s'�l�veraient non pas � 36'405 fr. mais � 45'080 fr., un montant de 8'677 fr. d�pens� en d�cembre 2012 ayant �t� arbitrairement omis. Cela ressortirait pourtant sans �quivoque des relev�s bancaires produits par son mari (pi�ce 20 produite le 2 octobre 2013). A ce sujet, l'intim� indique qu'il est " possible " que la Cour de justice ait fait une erreur, mais pr�conise le rejet du grief faute pour son �pouse d'en avoir pr�cis�, de mani�re chiffr�e, les cons�quences sur le montant de la pension.
Dans la mesure o� la recourante ne se r�f�re pas � un passage d�termin� de la pi�ce � laquelle elle renvoie, et qui compte une trentaine de pages, la critique est insuffisamment pr�cise et, pour ce seul motif, irrecevable (cf. supra consid. 2.3).
5.1.3.�La recourante expose que dans le calcul de ses frais de voyage, l'autorit� cantonale aurait d�duit, � tort, la totalit� des d�penses de bijoux (87'000 USD) des d�penses effectu�es au moyen de la carte Visa. Selon elle, il serait pourtant �tabli qu'une partie de ces 87'000 USD, � savoir 44'966 USD, n'aurait pas �t� pay�e � l'aide de la carte Visa, mais par d�bit direct du compte Merrill Lynch des �poux. La recourante explique que sur la base de la pi�ce 3 produite le 2 octobre 2013, il serait d�montr� que les montants suivants li�s aux achats de bijoux n'auraient pas �t� r�gl� au moyen de la carte Visa: 5'090 USD en janvier 2010, 2'445 USD en juin 2010, 4'890 USD en d�cembre 2010, 8'541 USD en d�cembre 2011 et 24'000 USD en d�cembre 2011. Le calcul de la Cour de justice serait d'autant plus incompr�hensible qu'elle a elle-m�me constat�, � juste titre, que l'�pouse avait rendu vraisemblable avoir notamment achet� des bijoux pour 41'899 USD en 2010 et 46'314 USD en 2011, dont 13'778 USD pay�s avec la carte Visa et 32'541 USD pay�s par d�bit direct du compte Merril Lynch.
S'agissant de la pi�ce 3 produite dans le bordereau du 2 octobre 2013, on rel�vera que ce document compte pr�s de trois cents pages, et que la recourante se contente d'y renvoyer sans expliquer quels passages permettraient de d�montrer le caract�re arbitraire des faits retenus en instance cantonale, ce qui ne satisfait � l'�vidence pas au principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.3) : la critique est donc irrecevable � cet �gard. En revanche, comme l'a soulign� � juste titre la recourante, il ressort des faits de l'arr�t attaqu� que parmi les d�penses effectu�es lors de ses voyages, elle a rendu vraisemblable avoir achet� des bijoux pour 41'899 USD en 2010 et 46'314 USD en 2011, dont 13'778 USD pay�s avec la carte Visa et 32'541 USD pay�s par d�bit direct du compte Merrill Lynch, son �poux ayant autoris� ces achats en guise de cadeaux d'anniversaire (arr�t entrepris, p. 7). D�s lors que 32'541 fr. de bijoux ont �t� pay�s au moyen du compte Merrill Lynch, non pas avec la carte Visa, il �tait arbitraire de d�duire ce montant du total des frais r�gl�s par la carte Visa. Il en d�coule que sur le total de 150'000 USD pay�s avec la carte Visa, il fallait d�duire 54'459 USD de frais de bijoux (87'000 USD - 32'541 USD). Partant, si l'on suit la m�thode de calcul appliqu�e par la Cour de justice, les parties ont d�pens� 95'541 USD (150'000 USD - 54'459 USD) pour leurs voyages en trois ans (hors frais d'avion), soit 15'923 USD par an et par �poux, ou 14'554 fr. (15'923 x 0.914, en application du taux de change utilis� par l'autorit� cantonale, qui n'est pas contest�). Le budget vacances de l'�pouse devait donc �tre estim� � un total de 35'000 fr. par an, soit 15'000 fr. de d�penses (montant arrondi) et 20'000 fr. de frais d'avion, ce dernier montant n'�tant pas contest�. L'admission partielle du grief conduit � retenir, dans son budget mensuel, un montant arrondi de 2'900 fr. pour les voyages (35'000 fr. / 12), au lieu des 2'500 fr. pris en consid�ration par la juridiction pr�c�dente.
5.2.�Selon la recourante, concernant toujours le budget de ses vacances, il serait arbitraire de ne pas avoir tenu compte des d�penses effectu�es par le biais des cartes American Express.
5.2.1.�Apr�s avoir constat� que les cartes American Express des �poux ont �t� d�bit�es de 16'983 USD en 2010, 68'624 USD en 2011 et 2'278 USD en 2012, la cour cantonale a expliqu� qu'il n'�tait pas possible de dire par qui et dans quels buts ces d�penses ont �t� effectu�es, de sorte qu'il n'y avait pas lieu d'en tenir compte dans le cadre du calcul de la contribution d'entretien.
5.2.2.�Selon la recourante, il est insoutenable de ne pas avoir pris ces d�penses en consid�ration. La Cour de justice aurait " pourtant admis, � tout le moins implicitement, qu'il s'agissait de frais de nature personnelle, et non professionnelle ", puisqu'elle a retenu que les d�penses des �poux �taient effectu�es au moyen de trois comptes bancaires, et de cartes de cr�dit d�bit�es du compte aupr�s de Merril Lynch. L'�pouse affirme avoir all�gu� qu'elle et son mari poss�daient tous deux une carte American Express au nom de celui-ci, que le mari r�glait directement les factures, et qu'il avait en outre une carte de cr�dit American Express pour ses d�penses professionnelles. Elle aurait �galement all�gu� que certains frais de voyage �taient pay�s par la carte de son mari. Or, ces points n'auraient jamais �t� contest�s par l'intim�. D�s lors qu'il serait �tabli que les frais pay�s au moyen des cartes American Express sont de nature personnelle, il serait incompr�hensible qu'ils aient �t� ignor�s, quand bien m�me la Cour de justice n'�tait pas en mesure de d�terminer par qui les d�penses concern�es avaient �t� effectu�es. Il fallait donc attribuer au moins la moiti� des frais en question � ses propres d�penses, comme l'a fait l'autorit� cantonale pour les d�penses effectu�es par le biais de cartes Visa. La recourante rel�ve enfin qu' "il ressort des relev�s de compte Merrill Lynch que les cartes American Express des �poux ont vraisemblablement servi � payer les frais d'h�tel lors de leurs s�jours � l'�tranger ". En effet, par exemple, il serait d�montr� par le relev� des d�penses Visa du mois de juillet 2011 que les �poux ont s�journ� en Afrique du Sud, alors qu'aucun frais d'h�tel ne ressort des relev�s Visa. Ainsi, logiquement, ces frais auraient �t� r�gl�s par l'une des cartes American Express, ce qui para�t tout � fait vraisemblable puisque le relev� American Express s'est �lev� � pr�s de 27'000 USD pour le mois de juillet 2011. Concernant les montants dont les cartes American Express des �poux ont �t� d�bit�s, la recourante fait valoir une erreur de calcul. En r�alit�, le total des d�bits s'�l�verait non pas � 87'885 fr., mais � 97'908 fr. 50, la cour ayant omis les montants portant la mention " Amex ", qui serait " de toute �vidence " l'abr�viation d'American Express.
La Cour de justice aurait aussi �cart�, de mani�re insoutenable, et sans motiver sa d�cision � cet �gard, les d�penses pay�es par ch�ques au moyen du compte Merrill Lynch, alors que ces d�penses �taient clairement identifiables, � savoir un total de 18'371 USD (conseils juridiques en mai 2010, achats de tableaux en mars et avril 2011, retrait de dollars am�ricains lors des s�jours aux �tats-Unis en novembre et d�cembre 2011), dont au moins la moiti� aurait d� �tre prise en compte dans son budget. La d�cision entreprise r�sulterait donc d'une appr�ciation arbitraire des preuves.
5.2.3.�Comme il a �t� rappel� plus haut (cf. supra consid. 3), il appartient au cr�direntier de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de les rendre vraisemblables. La recourante ne conteste pas v�ritablement les consid�rations de l'autorit� cantonale, en tant que celle-ci a relev� qu'on ne savait pas par qui et dans quel but les cartes American Express ont �t� utilis�es. En se contentant d'expliquer que les cartes ont servi � des d�penses " personnelles ", la recourante ne d�montre pas avoir rendu vraisemblable, au cours de la proc�dure, qu'il s'agirait de d�penses personnelles n�cessaires � son train de vie, ni de quel type de frais il s'agissait. Elle ne pr�cise d'ailleurs toujours pas quelle �tait la nature exacte de ces d�penses, hormis en ce qui concerne de pr�tendus frais d'h�tel lors d'un voyage en Afrique du Sud, qui auraient vraisemblablement �t� pay�s � l'aide des cartes American Express. Outre que cette critique se fonde sur des faits nouveaux irrecevables (i.e le voyage en Afrique du Sud; cf. supra consid. 2.3), sans que la recourante ne se plaigne de l'arbitraire de leur omission, la critique est d�nu�e de pertinence. Quand bien m�me aucun frais d'h�tel n'aurait �t� d�bit� de la carte Visa pour ce voyage, la cour cantonale pouvait sans arbitraire ne pas consid�rer comme vraisemblable que ces frais d'h�tel, dont on ignore d'ailleurs le montant, auraient �t� pay�s au moyen de la carte American Express. Vu ce qui pr�c�de, il n'y a pas lieu d'examiner la critique relative au montant, pr�tendument inexact, des frais pay�s avec cette carte.
Concernant les d�penses qui auraient �t� pay�es par ch�ques au moyen du compte Merrill Lynch, la recourante ne pr�tend pas, ni a fortiori ne d�montre, avoir all�gu� et offert de prouver ces faits en instance cantonale, de sorte que la critique est irrecevable (art. 75 LTF).
5.3.�La recourante reproche � la Cour de justice d'avoir retenu des frais de 500 fr.�
par an�de pr�voyance � long terme, au lieu des 500 fr.�
par mois�dont elle s'acquitte en r�alit�, ce qui serait arbitraire au vu des pi�ces produites en premi�re instance d�j�. Selon elle, la prime annuelle d'assurance s'�l�verait � 7'060 USD, soit 6'453 fr. Or, l'autorit� cantonale aurait elle-m�me constat�, dans sa partie " en fait ", que le montant de 500 fr. �tait d� mensuellement (arr�t entrepris, p. 11). La correction de l'erreur susmentionn�e aboutirait � une augmentation de 400 fr. par mois de la contribution d'entretien.
Dans le cadre du calcul de la pension, la Cour de justice a effectivement pris en compte 500 fr.�
par ann�e�� titre de frais de pr�voyance � long terme, indiquant que ce montant avait �t� admis par l'autorit� de premi�re instance et n'�tait pas contest� par l'�poux. Or, comme l'indique � juste titre la recourante, et comme le reconna�t l'intim� dans son m�moire de r�ponse, le montant admis par l'autorit� de premi�re instance est de 500 fr.�
par mois, ce qui ressort d'ailleurs de la partie " faits " arr�t attaqu� (let. e p. 4). Le grief de la recourante doit donc �tre admis sur ce point.
Se plaignant d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application des art. 176 al. 1 ch. 1 et 163 CC, la recourante s'en prend � l'absence de prise en compte de sa charge fiscale dans le calcul des frais n�cessaires au maintien de son train de vie.
6.1.�Elle explique que l'�poux assumait la charge fiscale du couple depuis toujours. Dans la mesure o� la contribution d'entretien fix�e � 18'500 fr. par la juridiction pr�c�dente ne couvre que les d�penses n�cessaires pour maintenir son train de vie ant�rieur, il serait arbitraire de ne pas y avoir ajout� les imp�ts qu'elle devra payer sur ce montant; le fait qu'elle doive s'acquitter d'imp�ts serait " notoire ". Elle rappelle que son �poux a �t� condamn� � payer,
en sus�des pensions alimentaires, les imp�ts dus par le couple en Suisse jusqu'� l'obtention d'une taxation s�par�e; la Cour de justice ne pouvait donc ignorer que " d�s 2013 " elle devrait payer ses imp�ts suisses en tant que personne s�par�e. Selon ses dires, elle aurait soulev� cette probl�matique devant l'autorit� cantonale dans le cadre de sa r�plique du 25 avril 2014, en relevant que contrairement � ce que soutenait son mari dans son m�moire de r�ponse � l'appel, le montant de la contribution d'entretien ne pouvait s'entendre net d'imp�ts et que le Tribunal de premi�re instance " n'avait pourtant pas pris cet �l�ment en compte dans son calcul " (r�plique du 25 avril 2014, p. 2). La recourante explique qu'elle doit s'acquitter d'imp�ts sur la moiti� de la valeur locative de la villa et sur la moiti� des revenus de la fortune du couple (imp�t sur le revenu), ainsi que sur la moiti� de leur fortune mobili�re et immobili�re (imp�t sur la fortune). Elle devra s'acquitter en sus, " d�s 2014 ", d'imp�ts sur le montant de la contribution d'entretien que lui verse son mari. Elle expose avoir produit " ces informations " en premi�re instance, se r�f�rant � une pi�ce 16 produite le 2 octobre 2013, de sorte que la Cour de justice disposait donc de tous les �l�ments pertinents pour effectuer une simulation d'imp�ts et d�terminer ainsi sa charge fiscale, ce qu'elle a d'ailleurs fait concernant la charge fiscale de son mari. En d�finitive, la d�cision attaqu�e serait choquante dans son r�sultat puisqu'apr�s paiement de ses imp�ts, il ne lui resterait, sur les 18'500 fr. mensuels de pension, que 3'000 fr. par mois pour faire face � ses d�penses.
6.2.�L'autorit� cantonale a relev� qu'en application de l'art. 317 CPC, la simulation d'imp�ts produite par l'�pouse en appel �tait irrecevable. Dans les diff�rents postes de charge de l'�pouse, elle n'a pas pris en compte de montant � titre d'imp�ts.
6.3.�A titre liminaire, on pr�cisera qu'en l'esp�ce, il n'est en soi pas arbitraire - � tout le moins quant au r�sultat - de ne pas tenir compte, dans les frais de l'�pouse, de l'imp�t qu'elle devrait payer sur les �ventuels�
revenus de sa fortune; en effet, l'autorit� cantonale a fix� la pension en sa faveur en tenant compte du fait qu'elle n'avait pas de revenu propre, constatation qui n'est pas contest�e. Dans l'hypoth�se o�, comme elle le pr�tend, elle devait en r�alit� s'acquitter d'un imp�t sur les revenus de sa fortune, elle pourra parfaitement le faire au moyen desdits revenus tout en maintenant son train de vie gr�ce � la pension alimentaire qui lui a �t� octroy�e. Au demeurant, s'agissant du pr�tendu imp�t sur les revenus de la fortune et de l'imp�t sur la fortune, il appartenait � la recourante, nonobstant l'application de la maxime inquisitoire (art. 272 CPC), de collaborer � l'�tablissement des faits dans la mesure o� ces �l�ments ne d�pendaient pas de la d�cision qui allait �tre rendue.
Cependant, il est insoutenable de fixer une contribution d'entretien de l'�pouse de 18'500 fr. et de ne pas tenir compte du fait que la b�n�ficiaire devra payer des imp�ts sur celle-ci (cf. dans ce sens les arr�ts 5A_778/2012 du 24 janvier 2013 consid. 5.4; 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.5.2.4; 5A_679/2011 du 10 avril 2012 consid. 10). Le recours doit �tre admis sur ce point et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle proc�de � l'estimation de la charge fiscale de la recourante sur ces revenus, et qu'elle fixe � nouveau la contribution d'entretien en sa faveur en tenant compte du montant ainsi obtenu, � partir du moment o� les �poux sont (ou seront) tax�s s�par�ment, de telle mani�re qu'elle puisse maintenir le train de vie qui �tait le sien avant la s�paration.
En conclusion, le recours est partiellement admis, dans la mesure de sa recevabilit�. L'arr�t entrepris est annul� et la cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il lui appartiendra de statuer � nouveau sur le montant de la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse, en tenant compte de montants mensuels de 2'900 fr. � titre de frais de voyage (cf. supra consid. 5.1.3) et de 500 fr. � titre de pr�voyance � long terme (cf. supra consid. 5.3); elle devra aussi estimer le montant de la charge fiscale de l'�pouse qu'il est ad�quat d'ajouter � son budget pour lui permettre de maintenir son train de vie (cf. supra consid. 6.3), et en tenir compte dans le cadre du calcul de la pension, � partir du moment o� les �poux sont ou seront tax�s s�par�ment.
Vu l'issue du litige, il se justifie de r�partir les frais judiciaires par moiti� entre les parties, l'intim� ayant conclu au rejet de l'entier du recours (art. 66 al. 1 LTF). Les d�pens sont compens�s (art. 68 al. 1 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 12'000 fr., sont mis pour 6'000 fr. � la charge de A.________ et pour 6'000 fr. � la charge de B.________.

References: ATF 
 art. 106
 art. 106
 ATF 
 art. 163
 art. 176