Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20000317-208548
Timestamp: 2016-10-21 23:48:12+00:00

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France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 17 mars 2000, 208548
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 208548Numéro NOR : CETATEXT000008061517 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-03-17;208548 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 2 juin 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Rachid Z... demeurant chez chez M. Y..., 9, square Stendhal à Trappes (78190) ; M. Z... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 19 avril 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande dirigée, d'une part, contre l'arrêté du 18 mars 1999 par lequel le préfet des Yvelines a décidé sa reconduite à la frontière et, d'autre part, contre la décision du même jour fixant l'Algérie comme pays de destination ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Z... s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 4 février 1999, de la décision du préfet des Yvelines du 25 janvier 1999, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que, par un arrêté du 11 janvier 1999, régulièrement publié le 15 janvier 1999 au recueil des actes adminsitratifs du département, le préfet des Yvelines a donné à M. Marc X..., secrétaire général de la préfecture, délégation pour signer notamment les arrêtés de reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que M. Marc X... n'aurait pas été compétent pour signer l'arrêté attaqué manque en fait ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 18 mars 1999, par lequel le préfet des Yvelines a décidé la reconduite à la frontière de M. Z... , énonce de façon précise les circonstances de fait qui justifient qu'il soit fait application à l'intéressé des dispositions susrappelées de l'article 22-I-3 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ; que, dès lors, il est suffisamment motivé ;
Considérant que si M. Z... fait valoir qu'il vit depuis plusieurs années en France et actuellement en concubinage avec une ressortissante française, il n'établit pas la réalité de ces allégations et il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de M. Z... en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Yvelines en date du 18 mars 1999 a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que si M. Z... fait valoir qu'il a noué en France des liens professionnels et culturels, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a faite des conséquences de son arrêté sur la situation personnelle du requérant ;Considérant que le moyen tiré de ce que M. Z... courrait des risques graves, s'il devait retourner en Algérie, ne saurait être utilement invoqué à l'appui d'un recours contre l'arrêté attaqué qui n'indique pas le pays vers lequel l'intéressé devra être reconduit ;
Considérant que si, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision, distincte de l'arrêté du 18 mars 1999, fixant le pays de destination de sa reconduite, M. Z... soutient, qu'en raison de ses activités syndicales passées, il serait exposé à des risques de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour en Algérie, ces allégations ne sont assorties d'aucun élément de nature à établir la réalité des risques personnellement encourus ; que le moyen susanalysé doit, dès lors, être écarté ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. Z... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Rachid Z..., au préfet des Yvelines et au ministre de l'intérieur.Références : Convention européenne des droits de l'homme 1950-11-04 art. 3, atr. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 17 mars 2000, n° 208548Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FanachiRapporteur public : M. SebanOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 17/03/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 22
 l'article 8
 l'article 3
 art. 3
 art. 22