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Timestamp: 2020-02-20 07:34:59+00:00

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La génese de l'Exposition Universelle et de la Tour Eiffel - Page 5 - Paris 1889 - Informations, discussions, questions
Message par worldfairs » 12 mai 2019 12:23 pm
Texte et illustrations de "La construction moderne - 18 septembre 1886"
Art. 11. Il est institué dans chaque département de la République française un comité départemental nommé par le ministre du commerce et de l’industrie et ayant pour mission :
1° De faire connaître dans toute l’étendue du département les règlements concernant l’organisation de l’Exposition et de distribuer les for mules de demandes d’admission, ainsi que tous autres documents relatifs à l'Exposition ;
2° De signaler le plus tôt possible les principaux artistes, agriculteurs et manufacturiers dont l'admission à l’Exposition universelle semblera particulièrement utile à l’éclat de cette solennité ;
3° De provoquer les expositions des produits industriels, agricoles et horticoles du département :
4° De provoquer et d’organiser, s’il y a lieu, le groupement collectif des produits similaires du département et d’accréditer un délégué chargé de représenter chaque exposition collective ;
5° De préparer, s’il y a lieu, par voie de souscription ou par toutes autres mesures la création d'un fonds spécial destiné à faciliter la visite et l’étude de l’Exposition universelle â un certain nombre de contremaîtres, d’ouvriers et de cultivateurs du département.
Art. 12. Les commissions étrangères constituées à la demande du gouvernement français sont invitées à se faire représenter le plus tôt possible auprès de lui par un délégué.
Ce délégué est chargé de traiter les questions qui intéressent ses nationaux, notamment celles qui sont relatives à la répartition de l’espace total entre les divers pays et au mode d’installation de chaque section nationale.
En conséquence, le ministre commissaire général ne correspond pas directement avec les exposants étrangers, et tout produit présenté par les producteurs étrangers n’est admis que par l’entremise de leurs commissaires respectifs.
Art. 13. Les comités départementaux nommés par le ministre et les commissaires étrangers régulièrement accrédités auprès de lui entrent eu relations directes avec le directeur-général de 1 exploitation.
Les commissaires étrangers reçoivent de lui toutes les indications et les plans utiles à l’installation des produits de leurs nations, ainsi
que tous les renseignements sur les conditions de circulation générale et d’ordre public auxquelles ils sont tenus de se conformer.
Ils doivent recourir à son intermédiaire pour les échanges d’espaces de pays à pays.
Message par worldfairs » 12 mai 2019 01:34 pm
Texte et illustrations de "La construction moderne - 25 septembre 1886"
Le capital de garantie de 18 millions est dépassé depuis quelque temps déjà, et les listes publiées atteignent 18,373,000 francs. La souscription n’en reste pas moins ouverte. M. Lockroy a voulu grouper, en effet, autour de son 3 œuvre le plus grand nombre possible d’adhésions, et il a, dès le principe, décidé que le capital de garantie serait illimité. Le ministre du commerce 3 a pleinement réussi, il faut le reconnaître, et les adhésions deviennent chaque jour plus nombreuses, surtout parmi les industriels et les commerçants.
— Le conseil des travaux de l’Exposition universelle de 1889 s’est réuni sous la présidence de M. Alphand, directeur général des travaux de l’Exposition universelle, pour examiner les demandes qui avaient été déposées par les entrepreneurs désireux de concourir à l’adjudication des clôtures en palissades du Champ de Mars. On sait que cette adjudication, qui devait avoir lien samedi, est divisée en quatre lots.
Un grand nombre de demandes avaient été adressées au ministère du commerce ; mais l’examen des dossiers ayant révélé que beaucoup de demandeurs ne se trouvaient pas dans les conditions exigées par le cahier des charges, le conseil des travaux a dû procéder à des éliminations.
Après examen, le conseil a admis trente-sept demandes, dont les auteurs seront appelés à concourir à l’adjudication. Dans ce nombre figurent quelques Sociétés ouvrières.
Voici quelques renseignements sur cette entreprise :
Les palissades à établir le long des avenues de La Bourdonnais et de Suffren, puis, du côté de l’Ecole Militaire, auront un développement de 2,310 mètres. Ces palissades seront à claire-voie ; elles seront formées de planches espacées de S centimètres et mesurant 2 mètres 65 de hauteur sur 21 centimètres de largeur. Le haut de ces planches sera ouvragé, comportant trois moulures surmontées d’une sorte de boule, le tout d’une seule pièce.
Les clôtures du Champ de Mars seront complétées par des treillages mécaniques traversaux, lesquels auront une longueur totale de 1,315 mètres.
Cette double entreprise donnera lieu à une dépense totale évaluée à 48.000 fr.
Palissades et treillages seront établis à titre définitif, à partir de la première période des travaux jusqu’au 1er janvier 1890.
Toutes les clôtures devront être terminées et posées par les entrepreneurs adjudicataires dans le délai de deux mois, à partir de la date de l’ordre d’exécution. Le comité administratif de direction de l’Exposition a tenu séance, sous la présidence de M. Lockroy.
Les propositions des directeurs généraux pour le budget de l’Exposition s’élevaient, dans leur ensemble, à un total de 45 millions environ ; le ministre, commissaire général, a dû les réduire, à la suite d’une longue et minutieuse discussion, et le budget, définitivement arrêté par le ministre et accepté par les trois directeurs généraux, a été établi de la manière suivante :
Personnel des trois	directions et service central............... 2,500,000	fr.
Direction générale	des	finances	(matériel, entrées, etc.)..	850,000
Direction générale	de	l’exploitation......................... 4,000,000
Direction générale des travaux. 30,650,000
Total.... 38,000,000	fr.
Sur le crédit de 40 millions, on voit qu’il reste 2 millions disponibles ; ils seront consacrés aux expositions diverses sur les quais et les appontements, aux reproductions et constructions historiques, à l’organisation d'une exposition fluviale et, en un mot, à des installations spéciales destinées à développer la great attraction de la prochaine Exposition.
Une somme de 3 millions est réservée pour faire face aux dépenses imprévues.
Message par worldfairs » 12 mai 2019 01:40 pm
Texte et illustrations de "La construction moderne - 2 octobre 1886"
Le service de M. Bouvard s’occupe activement d’arrêter les cahiers des charges des premiers gros travaux de terrassements, de maçonnerie et de charpente. On compte que ces adjudications auront lieu vers la fin d’octobre.
Les premières seront très probablement celles de la grosse serrurerie. Voici pourquoi.
Les devis actuellement dressés dépassent de dix millions le budget arrêté par le ministre du commerce. Or, il s’agit de savoir où les trouver. M. Alphand compte les avoir au moyen des rabais à fournir sur la partie métallique. Il espère que ces rabais seront considérables et fourniront les dix millions qui manquent au budget.
C’est dans le but d’être fixé sur ce point capital que les adjudications relatives à la grosse serrurerie précéderont très probablement toutes les autres.
—	La question de la construction de la grande tour métallique due au plan de M. Eiffel vient d’être résolue par l’affirmative. A la suite de conventions passées entre l’Etat, qui fournirait un million 1/2 pour cette construction, et la Compagnie Eiffel qui doit parfaire la somme de 4 millions, disent les uns, de 6 millions, disent les antres, il a été décidé que la tour serait maintenue pendant vingt ans au Champ de Mars.
Mais le plan primitif a été modifié en ce qui concerne l’emplacement. Au lieu de dresser la tour dans l’axe de la porte monumentale qui sera construite au bout de l'avenue Rapp, on la placera beaucoup plus près de la terrasse qui borde les squares actuels du Champ de Mars.
Deux raisons ont déterminé le comité de l’Exposition à cette modification. D’abord, l’observation faite par le ministre de la guerre que pendant vingt ans cette tour gênerait les manœuvres si elle était placée pr- s du centre du Champ de Mars. Ensuite, cette considération que l’énorme tour métallique ne se trouverait séparée des pavillons des sections françaises, étrangères, des arts libéraux et des beaux-arts que par un espace de 30 mètres. Ce voisinage encombrant eût été du plus mauvais effet pour les pavillons.
Du reste, il va être possible de se rendre un compte exact de l’effet que produira la tour Eiffel. Dans une quinzaine de jours, on fera partir du Champ de Mars un ballon captif qui sera retenu à une hauteur de 300 mètres. De la nacelle on laissera descendre quatre câbles qui seront fixés au sol à l’écartement que doivent avoir les quatre assises de la tour. Ces câbles figureront les courbes que traceront les arêtes vives de la tour. De loin en loin des drapeaux fixés aux câbles indiqueront la place où se trouveront les étages.
Message par worldfairs » 12 mai 2019 01:45 pm
RÈGLEMENT {Suite.)
Art. 14. Dans chaque section consacrée aux exposants d’une même nation les objets exposés seront répartis entre les neuf groupes suivants:
ter groupe. — Œuvres d’art (classe 1 à 5).
2° groupe. — Education, enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux (classe 6 à 16).
3° groupe. — Mobilier et accessoires (classe 17 à 29).
4° groupe. — Tissus, vêtements et accessoires (classe 30 à 40).	.
5° groupe. — Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés (classe 41 à 47).
6° groupe. — Outillage et procédés des industries mécaniques. — Electricité (classe 48 à 66).
7° groupe. — Produits alimentaires (classe 67 à 73).
8° groupe. -— Agriculture, viticulture et pisciculture (classe 74 à 77).
9° groupe. — Horticulture (classe 78 à 83).
Chacun de ces groupes est divisé en classes, suivant le système de la classification générale annexée au présent règlement.
Ce document comprend pour chaque classe une énumération sommaire des objets qu’elle doit renfermer.
Art. 15 Il sera dressé en langue française un catalogue méthodique et complet des produits de toutes les nations, indiquant les places qu’ils occupent dans les palais, les pares ou les jardins, ainsi que les noms des exposants.
Chaque nation aura d’ailleurs le droit-de faire à ses frais, mais dans sa propre langue seulement, un catalogue spécial des produits exposés dans sa section
Art. 16. Les exposants français ou étrangers n’ont à payer aucun loyer pour la p’ace qu’ils occupent à l’Exposition.
Ils auront à supporter toutes les autres dépenses d’installation et de décoration dans le palais, les parcs eu les jardins. Ces dépenses comprendront essentiellement la fourniture et la pose des planchers et des vélums ou plafonds dans le palais, ainsi que les terrassements spéciaux et les plantations spéciales dans les parc ou les jardins, aux abords et dans le périmètre des constructions particulières autorisées par le ministre commissaire général.
Message par worldfairs » 12 mai 2019 01:46 pm
Texte et illustrations de "La construction moderne - 9 octobre 1886"
Il a été dit qu’une expérience serait faite, à l'aide d’un ballon captif relié à la terre par quatre câbles, pour donner une idée du profil de la tour d’Eiffel au Champ de Mars.
Cette expérience semble difficilement réalisable. Tel est du moins l’avis de M. Eiffel. Le moindre souffle d’air déplacerait le tout, et l’on ne peut pas compter sur les haubans des arêtes pour obtenir la moindre fixité. Il serait impossible, en outre, de faire cette expérience à jour et à heure fixes. Enfin, elle ne pourrait être tentée que par les aérostiers militaires, eu se servant du ballon dirigeable de Meudon. Ce ballon serait maintenu par un câble vertical, en même temps qu’il manœuvrerait son hélice pour lutter contre le vent. Ce serait un essai original, mais qui ne paraît guère pratique.
Ajoutons que la convention relative à la tour Eiffel a été signée. Aux termes de cette convention, la tour doit rester pendant vingt ans sur l’emplacement qui lui a été assigné, immédiatement après la terrasse qui borde actuellement le square du Champ de Mars.
Les soudages pratiqués dans le sol ont révélé, vers le milieu du champ de manœuvres, des parties peu solides, formées par les remblayages défectueux qui ont suivi la démolition des pavillons de l’Exposition de 1878. Vers la terrasse, au contraire, le sous-sol est solide et offrira, par conséquent, une réelle économie pour l’établissement des fondations des quatre piliers énormes qui doivent soutenir la tour Eiffel.
— On sait que, par circulaire en date du 17 septembre, le ministre du commerce et de l’industrie a adressé aux préfets des instructions détaillées en vue de la prochaine constitution des comités départementaux de l’Exposition universelle de 1889, et qu’il a invité, en même temps, les présidents des chambres de commerce, des tribunaux de commerce et des chambres consultatives des arts et manufactures à se mettre à la disposition des préfets pour se concerter avec eux sur les mesures à prendre.
Grâce à cet accord et aux instructions très précises données par le ministre, les préfets procèdent rapidement à la formation des comités départementaux, et on espère qu’avant un mois la liste définitive pourra être arrêtée par le ministre et paraître au Journal officiel.
Message par worldfairs » 12 mai 2019 01:51 pm
Le plancher est fourni en bon état de solidité et d usage dans tous les chemins intérieurs de la circulation générale.
Art. 17. Aucune œuvre d’art, aucun produit exposé dans les palais, les parcs ou les jardins ne peut être dessiné, copié ou reproduit sous une forme quelconque sans une autorisation de l’exposant visée par le directeur général de l’exploitation.
Le directeur général de l’exploitation peut, toutefois, autoriser la reproduction des vues d’ensemble.
Art. 18. Aucune œuvre d'art, aucun produit exposé ne peut être retiré avant la clôture de l’Exposition sans autorisation spéciale.
Art. 19. Dans les délais et dans les conditions édictés par la loi du 23 mai 1868 relative à la garantie des inventions susceptibles d’être brevetées et d^s dessins de fabrique, les exposants jouiront des droits et immunités accordés par ladite loi (pièce annexe n° 2).
Art. 20. Aux termes du décret rendu en date du 25 août 1886 (pièce annexe n° 3) l’Exposition est constituée en entrepôt réel ; en conséquence, les produits exposés sont affranchis des droits et des visites de l’octroi de Paris, ainsi que de la douane française.
Art. 21. Des règlement ultérieurs détermineront en temps utile les modes d’expédition ; de réception et d’installation des produits, le régime des entrées dans les locaux de l’Exposition et le mode de formation du jury international des récompenses, qui fonctionnera dès l’ouverture de l'Exposition.
DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX ŒUVRES DART.
Art. 22. Sont admissibles à l'Exposition les œuvres des artistes français et étrangers exécutées depuis le 1er mai 1878.
Art. 23. Ces œuvres comprennent les sept genres indiqués ci-après :
1° Peinture.
2° Dessin, aquarelle, pastel, miniature, émaux, porcelaines, cartons de vitraux à l’exclusion de ceux qui ne représentent que des sujets d’ornementation.
4° Gravure en médailles et sur pierres fines.
5° Architecture.
6° Gravure.
7° Lithographie.
Art. 24. Sont exclus :
1° Les copies, même celles qui reproduisent un ouvrage dans un genre différent de celui de l’original.
2° Les tableaux ou les dessins qui ne sont pas encadrés.
3° Les sculptures de terre non cuite.
Art. 25 Le soin de statuer sur l’admission des objets d’art sera délégué à un jury spécial.
Art. 26. Les formalités à remplir pour les demandes d’admission seront fixées par un règlement ultérieur. Un autre règlement fera aussi connaître le mode d’expédition et de réception des œuvres d’art.
Art. 27. Il sera statué ultérieurement sur le nombre et la nature des récompenses qui devront être décernées, ainsi que sur la constitution d’un jury international des récompenses.
DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX PRODUITS DE L’INDUSTRIE ET DE L’AGRICULTURE.
Art. 28. Sont admissibles à l’Exposition tous les produits de l’industrie et de l’agriculture, sauf les exceptions et réserves mentionnées à l’article suivant.
Art. 29. Sont exclues les matières détonantes, fulminantes et en général toute matière jugée dangereuse.
Ne seront reçus que dans des vases solides, appropriés et de dimension restreinte les esprits ou alcools, les huiles et les essences, les matières corrosives et généralement les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés ou incommoder le public.
Les amorces, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne pourront être reçus qu’à l’imitation et sans aucune addition de matière inflammable.
Art. 30. Les exposants de produits incommodes ou insalubres devront se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur seront prescrites.
Art. 31. Le directeur général de l’exploitation pourra toujours faire retirer les produits de toute provenance qui, par leur nature ou par leur aspect, paraîtraient nuisibles ou incompatible avec le but ou les convenances de l’Exposition.
Art. 32. Les demandes françaises d’admission seront conformes à la formule annexée au présent règlement. (Pièce annexe n°4.)
Celles de Paris et du département de la Seine devront être envoyées directement au ministre du commerce et de l’industrie, commissaire général, à Paris, 25, quai d’Orsay, ou au directeur général de l’exploitation, 80, rue de Varenne.
Celles des départements seront recueillies par les soins des comités départementaux, qui les feront parvenir aux mêmes adresses.
Toutes les demandes françaises ainsi centralisées seront soumises par classe à l'examen de comités d’admission nommés par le ministre et statuant en dernier ressort.
Il est essentiel que toutes les demandes soient remises dans le plus bref délai.
Les formules imprimées de demandes d’admission seront mises gratuitement à la disposition du public.
1° A Paris, au ministère du commerce et de l’industrie, 25, quai d’Orsay, et 244, boulevard Saint-Germain, bâtiments d’administration de l’Exposition (avenue de La Bourdonnaye, et 80, rue de Varenne), au tribunal et à la chambre de commerce ;
2° Dans les départements, aux préfectures, sous-préfectures, chambres de commerce, tribunaux de commerce, chambres consultatives des arts et manufactures, et aux sièges des comités
départementaux, ainsi qu’aux lieux de distribution que ceux-ci auront désignés.
Art. 33. Les constructeurs d’appareil exigeant l'emploi de l’eau, du gaz ou de la vapeur doivent déclarer, soit en faisant leur demande d’admission, soit par l’entremise des délégués étrangers, la quantité d’eau, de gaz ou de vapeur qui leur est nécessaire.
Message par worldfairs » 14 mai 2019 08:48 am
Texte et illustrations de "La construction moderne - 16 octobre 1886"
Il a été arrêté par le comité administratif de l’Exposition de 1889, que pour donner satisfaction à une demande faite par les habitants du Gros-Caillou et de Grenelle, une large voie de communication serait ouvertes à travers l'Exposition entre ces deux quartiers, et quelle ne serait supprimée qu’à la veille de l’ouverture de l’Exposition.
M. Alphand, directeur-général des travaux, a annoncé qu’il avait complètement installé son secrétariat et les services techniques au pavillon Rapp, avenue de La Bourdonnais.
Les services eu question comprennent : les bureaux de M. Barlet, ingénieur en chef adjoint au directeur-général ; ceux de MM. Bouvard, Dutert et Formigé, architectes; ceux de M. Contamin, ingénieur en chef du contrôle des constructions métalliques.
La tour colossale sera placée entre le pont d’Iéna et le square qui précédera l’Exposition. L’écartement entre chaque angle sera de 100 mètres d’axe en axe; les piliers reposeront sur des massifs de 80 mètres de côté, descendant jusqu’au bon sol.
Le premier étage sera placé à 60 mètres au-dessus du sol. A ce niveau régnera une galerie de 15 mètres de largeur. Sa superficie sera de 4,200 mètres. Elle sera employée en salles de café, restaurants, etc.
Au deuxième étage, à environ 150 mètres de hauteur, on trouvera une seconde salle vitrée réservée aux expériences scientifiques.
Le poids est de 6,000,000 de kilogrammes. La pression sur le sol sera de 2 kilog. et par conséquent inférieure à celle que donnent les constructions ordinaires de Paris.
La tour pourra supporter normalement une pression de 400 kil. par mètre carré, correspondant à une poussée totale de 3.000,000 de kilogrammes. Les plus fortes tempêtes observées à Paris n’ont jamais exercé un effort de plus de 150 kil. par mètre carré.
Les oscillations de la tour seraient, au sommet, sous la pression de 400 kil.. de 0,75.
Les fondations seront achevées avant les premières gelées. Les maçonneries seront prêtes dans les premiers jours de l’année prochaine. A la fin de l’année 1887, les 60 premiers mètres seront montés, c’est la partie la plus difficile et la plus délicate.
Les 240 mètres qui suivront seront en place, fin 1888.
Le choix des ascenseurs n’est pas encore définitivement arrêté.
Message par worldfairs » 14 mai 2019 09:33 am
Texte et illustrations de "La construction moderne - 23 octobre 1886"
L’Exposition colossale de 1889 ou de plus en plus fort
Nous avions la tour colosse, on nous promet la galerie phénomène... Mais n'anticipons pas sur les événements, et reprenons de plus haut.
Il y a un mois M. Alphand parcourait fiévreusement son Champ de Mars, comme un général son champ de bataille : ici, disait-ii, sera le palais des Beaux-Arts; ici un restaurant, plus loin la galerie consacrée aux Sciences; au-delà une buvette ; là-bas la halle des Machines. Et M. Alphand poussa un soupir qui s’envola vers le Trocadéro.
Pourquoi ce soupir et pourquoi ce regret ? demanda son interlocuteur. Le directeur des travaux lui confia sa secrète douleur : Moi aussi, j’aurais voulu édifier quelque chose qui fût grand; je rêvais une galerie des machines colossale, comme on n’en a jamais vu et comme on n’en verra plus : plus de bielles, plus de tirants... à bas les tirants, monsieur! Eiffel monte à 300 mètres, je m’élargissais à 115. Jugez-vous d’ici l’effet; Des fermes d’une seule portée, de 115... je dis de 115 mètres; qui montaient à 60 mètres de hauteur! et je couvrais ainsi 41,000 mètres carrés, et dans ces 41,000 mètres je renfermais toutes les machines du monde entier!
— Que de mètres, grands dieux, pensa l’interlocuteur; car il commençait à en voir de toutes sortes, de simples, de carrés, et de longs comme les cartons à chapeaux.
Mais M. Alphand baissa la tête et continua avec résignation : C’était un beau rêve ; n’en parlons plus, car il coûtait un peu cher et nous n’avons pas d’argent à gaspiller.
M. Alphand était sage, modeste, presque timide en ce temps-là. Depuis un bruit vague a couru un matin : les projets présentés au ministre avaient dû être remaniés parce qu’ils dépassaient les crédits offerts; il fallait, disait-on, réduire, rogner. On se demanda aussitôt : Est-ce que la galerie de 115 mètres aurait de nouveau montré le bout de son nez?
Serait-elle la cause de ces remaniements ?
Puis le bruit a pris plus de consistance. Enfin on donne comme certain aujourd’hui que, moyennant quelques économies sur les pots de fleurs, sur les tickets et sur le sable des allées, on serait parvenu à trouver plusieurs millions disponibles qui permettraient de mener à bien la ferme colossale.
Que voulez-vous; nous avions la tour phénomène, il fallait bien que les bâtiments, pour n’être pas écrasés par elle, se missent à l’unisson. Ne désespérons pas de voir dans les futurs aquariums des crevettes qui seront des homards ; on transportera dans les massifs qui ombrageront la prochaine Exposition, le chêne antédiluvien qui pèse 50,000 kilos, et stationne près du pont de la Concorde; on contemplera avec stupéfaction des solives de planchers qui seront des ponts de chemins de fer, des rivets qui pourront servir de pièces d’artillerie, des portes par où passera l’Arc de Triomphe, et chaque tuile pourra daller à elle seule la place de la Concorde.
Nécessité d’échelle imposée par le voisinage du pylône géant. Ce sera magnifique Pourtant les récriminations commencent déjà ; il n’y a, s’écrie-t-on du côté des constructeurs, qu’une usine en France, deux peut-être qui soient en état de laminer, riveter et monter des pièces semblables. Elles seules pourront recevoir de pareilles commandes. Est-ce là l’encouragement à l’industrie que l’on attendait des travaux à répartir entre tous? Nos industriels subiront ils ce supplice de Tantale, de voir quelques gros bonnets absorber seuls des morceaux d’aussi difficile digestion? Le menu fretin restera donc seul à partager?
D’un autre côté, les esprits chagrins gémissent au nom de l’art. Il semble, disent-ils, qu’en France on renonce désormais à chercher la beauté dans les proportions heureuses, dans l’ornementation appliquée avec goût; on ne connaît plus qu’un idéal faire grand, plus grand, trop grand! Le sens artistique est décidément éteint chez nous. Avez-vous un nouveau colosse à nous proposer? Alors votre œuvre est admirable. Combien de mètres en hauteur ou en largeur? Pouvez-vous monter plus haut encore, vous élargir davantage? vous êtes un grand artiste. Les millions d’ailleurs ne coûtent rien; demandez et vous serez servi.
De goût, d’élégance, il n'est plus question. — Il n’en fallait pas tant jadis pour une œuvre parfaite : peu importait le nombre de mètres carrés qu’elle pouvait couvrir et l’on ne mesurait pas sa valeur à la profondeur du trou qu’elle allait creuser dans nos poches. Maintenant on ne sait plus dire qu’une chose: Mesurons d’abord, et nous jaugerons en mètres et décimètres la beauté de l’ouvrage.
Eh bien, — ce sont toujours les esprits grincheux qui parlent, quand vous aurez construit votre halle gigantesque de 115 mètres, lorsqu’il sera bien constaté qu'elle n’a effectivement aucun point d’appui intermédiaire et qu’elle se passe de tout tirant, qu’en résultera-t-il? Voilà votre galerie indéfiniment longue, indéfiniment large, indéfiniment haute; on n’y voit aucune trace d’attache, d’appui, de soutien; on n’y voit rien du tout si vous voulez. Et après? L’immensité toute nue, qu'est-ce c’est, qu'est-ce que cela dit?
Supprimez tout alors, et qu’il ne reste rien; ce sera encore bien plus vaste ; est-ce que ce sera encore plus beau?
Il faut avouer que ces objections ne sont pas tout à fait dépourvues de bon sens; qu’on en pourrait tirer quelque parti si l’on était disposé à entendre les objections. Il y a cependant réponse à ces critiques.
Pour la Tour, le cas est jugé; elle ne signifie rien, elle ne sert à rien ; sa beauté serait sa seule justification ; or elle est laide autant qu’inutile; les avis ne sont nullement partagés.
Mais pour la galerie des machines, si l’on veut être impartial, il faut reconnaître que le cas est différent, cette galerie a sa destination bien marquée : elle abritera des marteaux pilons, des scies à découper, des poinçonneuses, des chaudières, dos tours, des alésoirs, etc. En un mot l’industrie y sera chez elle.
Il ne s’agit pas d’élever à l’industrie un palais consacré surtout à charmer le regard, ce qui n’est d’ailleurs pas une destination banale; l’ingénieur a ses machines à installer sous cet abri provisoire; tel est le but, telle est la fonction de cette galerie, elle appartient à l’ingénieur.
Alors laissez l'ingénieur ériger sa galerie disposer son édifice comme il 1 entend, laissez-le nous exposer le beau tel qu'il le comprend. Nous jugerons le résultat. Un art tout autre demande ici à faire ses preuves. Que la science mise au service de l’industrie montre ce qu’elle sait faire, qu’elle emploie les ressources puissantes mises à sa disposition pour créer une œuvre jugée par elle-même extraordinaire; nous apprécierons; nous verrons si de cette tentative, surgit un effet nouveau, inattendu, peut-être fort original.
Os réflexions faites, et remarquant qu’il est bon de laisser à chacun la part d’initiative à laquelle il a droit, nous sommes fort tentés de conclure : Les uns comprennent l’art d’une façon, les antres d’une autre ; il est juste que chacun montre son savoir-faire, à la condition de rester sur Je terrain qui lui appartient : si l’ingénieur est chez lui.
laissons-le se tirer d’affaire comme il l’entend et ne le jugeons pas, à l’avance, d’après des principes qui ne sont pas les siens et ne s’appliquent exactement qu’à des œuvres qui ne sont pas les siennes.
Mais au moment de conclure, d’autres objections nous viennent à l’esprit, dont on n’a pas assez parlé et qui méritaient cependant quelque considération : elles deviendront facilement une arme redoutable entre les mains des adversaires du projet.
On dépense, nous dit-on, 5 millions pour construire 41,000 mètres de galerie couverte. Admettons le chiffre, quoiqu’il paraisse bien modeste puisqu'il établit le prix de revient à 125 fr. par mètre de surface couverte. Il n’en reste pas moins vrai que la dépense sera bien supérieure à celle qu’eût exigée la disposition ordinaire en trois travées.
Sans nous livrer à de bien profonds calculs, réfléchissons un peu. Si l’on employait des poutres droites, posées sur deux appuis et franchissant les 115 mètres d’une seule volée, au lieu d’établir des poutres reposant en outre sur deux appuis intermédiaires, il n’est pas contestable que l’on triplerait le poids de métal nécessaire pour les fermes. La dépense totale se trouverait doublée, sinon triplée.
Je sais bien que les fermes ne sont pas des poutres droites ; mais, les types nouveaux ne comportant plus ni poussées ni tirants qui viendraient modifier la répartition du travail des pièces, ces types travaillent dans des conditions analogues à celles que présentent de simples poutres droites.
Que l’on raisonne autrement, si l’on veuf, et que l'on dise : si vous remplacez les fermes de 30 mètres par des fermes de 100 mètres, tous les éléments varient à peu près dans la même proportion que l’échelle de votre construction; et vous arrivez à la même conclusion : vous doublez au moins la dépense.
Voilà donc quelques millions sortis de notre bourse sans utilité palpable. La tour de M. Eiffel, qui n’est pas ut le davantage nous coûtait déjà 5 millions, affirme-t-on, disons 7 à 8 millions pour rester dans les probabilités ; et voilà au total une somme de 10 millions que nous distribuons gratuitement, sans que le besoin s’en fit sentir en aucune manière.
Four cet argent, que de fêtes, de représentations; que d’intéressantes reconstitutions formant des spectacles populaires; que de cortèges, de feux d’artifices sur la Seine nous aurions pu prodiguer, qui eussent certes rendu l’Exposition autrement attrayante que la contemplation muette d’un pylône très élevé ou d’une ferme très large!
Si nous n’avions pas eu déjà à subir la Tour dont nous comblent M. Eiffel et M. Lockroy, nous ne lésinerions pas sur quelques millions de plus ou de moins, tant nous avons la prodigalité facile en temps d’Exposition. Nous dirions : la ferme colosse de M. Alphand est peut-être une expérience intéressante à tenter ; elle peut après tout avoir son utilité, mettre en évidence des enseignements profitables à nos grandes ■ constructions industrielles, halles, gares marchés ; elle servira tout au moins à montrer la hardiesse doublée d’expérience et de science approfondie que possèdent nos ingénieurs, à faire la preuve de l'habileté et des puissantes ressources que nos constructeurs savent déployer. Cette thèse pourrait être fort bien défendue.
Mais, coup sur coup, après les millions déjà jetés au pied de la tour, après la folie qui a déjà absorbé et au-delà les ressources que l’on doit mettre, par les temps d’exposition, à la disposition de la fantaisie, venir encore nous demander de nouveaux et très lourds sacrifices que l’on ne justifie pas suffisamment ! Nous regimbons tout à fait et nous répondons résolument : non, c’est trop ; vous vous engagez dans une mauvaise voie, et vous ne met ez pas assez de scrupule à jeter par les fenêtres un argent qui se fait rare aujourd’hui, que le pays vous offre de bon cœur, mais qui lui coûte cher.
Je suis de nature conciliante, et ne voudrais pas rester sur ce non possumus ; je propose donc une transaction entre le contribuable et M. Alphand à qui nous souhaitons tous les succès désirables :
Faites entendre raison à M. le ministre du commerce; supprimez la tour de 300 mètres, et faites en échange votre galerie de 115 mètres; faites même la bonne mesure, mettez-en 120 si vous voulez.
Donnant, donnant. Vous aurez agi équitablement et vos contemporains vous seront doublement reconnaissants.
Sinon nous crierons jusque sur les toits de l’Exposition, à 60 mètres d’élévation : Voilà les bêtises qui recommencent; il n’y a pas encore une seule pièce posée, pas un boulon forgé, et déjà dix millions ont passé par la fenêtre!
Ce début nous promet une carte à payer aussi haute que la Tour, aussi large que la galerie, et qui sera la troisième merveille de l’Exposition. Nous demandons qu’on nous prive de tant de merveilles, car les merveilles seront hors de prix en 1889.
Message par worldfairs » 14 mai 2019 01:08 pm
Le comité administratif de direction de l’Exposition s’est réuni sous la présidence de M. Lockroy.
Le Comité a examiné les modifications apportées dans le plan de l’Exposition par M. Alphand, directeur des travaux. Il a approuvé les emplacements fixés pour les diverses constructions particulières.
Il a également examiné et approuvé les devis.
Le comité a accepté le cahier îles charges des adjudications de la publicité sur les clôtures de l’Exposition.
Enfin il a fixé à mardi ou mercredi prochain la date de la convocation de la commission de contrôle et de finances, et il a décidé que son ordre du jour porterait uniquement l’examen des plans et devis.
Les membres du comité ont félicité unanimement M. Alphand du plan qu’il avait préparé et suivant lequel le palais de l’Exposition est traversé an milieu dans toute sa longueur par une suite de jardins avec effets d’eau.
Ces jardins, qui vont de l’Ecole Militaire au Trocadéro, auront une longueur totale de 1,500 mètres; ils seront éclairés le soir à la lumière électrique. Cette lumière sur les différents effets d'eau, au milieu de ce grand jardin, fera de cette partie de l’Exposition une chose unique au monde.
Les demandes d’admission commencent à arriver nombreuses au ministère et à la direction générale de l’exploitation.
Les bruits qui ont couru sur la remise de l’Exposition de 1889 sont absolument dénués de fondement.
Message par worldfairs » 14 mai 2019 01:09 pm
RÈGLEMENT (Suite).
Ceux qui veulent mettre des machines en mouvement indiqueront quelle sera la vitesse propre de chacune de ces machines et la force motrice dont elle aura besoin.
Art. 34. L’eau, le gaz, la vapeur et la force motrice pour la galerie des machines seront concédés gratuitement.
La force sera prise sur l’arbre de couche de la transmission générale.
L'établissement de toutes les transmissions intermédiaires restera à la charge des exposants.
Art. 35. — Les produits seront exposés sous le nom du signataire de la demande d’admission. Cette condition est de rigueur.
Art. 36. Les exposants sont autorisés à inscrire à la suite de leur nom ou de leur raison sociale les noms des coopérateurs de tout genre et de tout grade qui ont contribué au mérite des produits exposés.
Art. 37. Les exposants sont expressément invités à indiquer le prix marchand des objets exposés, autant pour faciliter le travail d'appréciation du jury que pour édifier le visiteur.
Art. 38. Les objets vendus ne peuvent être enlevés avant la fin de l’Exposition, à moins d’une autorisation spéciale.
Art. 39. L’État prendra des mesures pour protéger contre toute avarie les produits exposés; mais il ne sera en aucune façon responsable des accidents, incendies, dégâts ou dommages dont ils auraient à souffrir, quelle qu’en soit la cause ou l’importance. Il laisse aux exposants le soin d’assurer leurs produits directement et à leurs frais s’ils jugent à propos de le faire.
Art. 40. Une surveillance générale sera établie contre le vol et les détournements.
Les commissions étrangères seront absolument chargées de pourvoir au gardiennage de leurs sections respectives. Les agents préposés par elles à cette fonction devront être commissionnés par le ministre commissaire général. Us porteront un costume ou des emblèmes distinctifs ; ils pourront, en toute circonstance, réclamer l’aide des agents français et des hommes de police qui parcourront les voies de la circulation générale ou y stationneront.

References: Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 19

Art. 20

Art. 21

Art. 22

Art. 23

Art. 24

Art. 25

Art. 26

Art. 27

Art. 28

Art. 29

Art. 30

Art. 31

Art. 32

Art. 33

Art. 34

Art. 35

Art. 36

Art. 37

Art. 38

Art. 39

Art. 40