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Timestamp: 2020-04-03 01:36:01+00:00

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Il existait en France, avant la Révolution, six académies ayant leur siège à Paris : l'Académie française, fondée* par Richelieu en 1635 ; l'Académie de peinture et sculpture, fondée par Mazarin en 1648 ; l’Académie des inscriptions et belles-lettres, fondée par Colbert en 1664 ; l'Académie des sciences, fondée par Colbert en 1666 ; l'Académie de musique, fondée la même année ; et l'Académie d'architecture, fondée en 1671.
Dans son rapport sur l'instruction publique présenté au nom du Comité de constitution (10 septembre 1791), Talleyrand proposa à la Constituante de supprimer les Académies existantes et de les remplacer par un grand Institut national. Voici les passages principaux de son projet de décret :
« 1. Les Académies et sociétés savantes entretenues aux frais du Trésor public, les chaires établies à Paris au Jardin du roi, au Collège royal, à celui de Navarre, à l'Hôtel des Monnaies, au Louvre, au Collège des Quatre-Nations, pour l'enseignement de la littérature, des mathématiques, de la chimie et de quelques parties de la physique, de l'histoire naturelle, et de la médecine, seront supprimées, et il y sera suppléé comme il suit.
« 2. Il sera établi à Paris un grand Institut, qui sera destiné au perfectionnement des lettres, des sciences et des arts.
« 3. Cet Institut sera composé de l'élite des hommes reconnus pour être les plus distingués dans tous les genres de savoir, et dont les uns se réuniront à des jours marqués pour conférer ensemble sur la manière de hâter les progrès de leurs travaux, tandis que les autres enseigneront ces divers arts et sciences à ceux qui désireront s'instruire dans ce que ces connaissances offrent de plus difficile et de plus élevé.
« 4. L'Institut national sera divisé en deux grandes sections dont chacune sera composée de dix classes.
« 5. L'une de ces sections, qui sera celle des sciences philosophiques, des belles-lettres et des beaux-arts, comprendra • 1» la morale ; 2° la science des gouvernements ; 3° l'histoire et les langues anciennes et les antiquités ; 4° l'histoire et les langues modernes ; 5° la grammaire ; 6° l'éloquence et la poésie ; 7° la peinture et la sculpture ; 8° l'architecture décorative ; 9° la musique ; 10° l'art de la déclamation. '
« 6. L'autre section, qui sera celle des sciences mathématiques et physiques et des arts, comprendra : 1» les mathématiques et la mécanique ; 2° la physique ; 3° l'astronomie ; 4° la chimie et la minéralogie ; 5° la zoologie et l'anatomie ; 6° la botanique ; 7° l'agri culture ; 8° l'art de guérir ; 9° l'architecture sous le rapport de la construction ; 10° les arts.« ... 16. Le nombre des membres de chaque division ou classe de l'Institut sera fixé comme il suit :
« La première division, formée des six premières classes de la section des sciences philosophiques, belles-lettres et beaux-arts, sera composée de 64 membres, savoir : de 8 pour la classe de morale ; de 8 pour celle de la science des gouvernements ; de 12 pour la classe d'histoire et des langues anciennes et des antiquités ; de 12 pour celle de l'histoire et des langues modernes ; de 8 pour la classe de grammaire ; et de 16 pour celle d'éloquence et de poésie.
« La seconde division, formée des six premières classes de la section des sciences mathématiques et physiques et des arts, sera également composée de 64 membres, savoir : de 16 pour la classe de mathématiques et de mécanique ; de 8 pour celle de physique ; de 8 pour celle d'astronomie ; de 12 pour la classe de chimie et de minéralogie ; de 12 pour la classe de zoologie et d'anatomie ; et de 8 pour celle de botanique.
« La classe d'agriculture sera composée de 60 membres.
« La classe de l'art de guérir sera composée des personnes les plus habiles dans les différentes parties de ces arts, c'est-à-dire dans la médecine, dans la chirurgie, dans la pharmacie, et dans l'art vétérinaire ; elle sera formée de 60 membres. »
(Le projet de décret n'indique pas le nombre des membres des quatre dernières classes de la première section, la peinture et la sculpture, l'architecture décorative, la musique, l'art de la déclamation, ni des deux dernières classes de la deuxième section, l'architecture sous le rapport de la construction, et les arts.)
« ... 22. Les chaires annexées à l'Institut national pour l'enseignement de ce qu'il y a de plus transcendant et de plus élevé dans les connaissances humaines seront les suivantes :
« 1° Pour la logique, la morale et la science des gouvernements, deux chaires ;
« 2° Pour l'histoire et les langues anciennes et pour les antiquités, deux chaires ;
« 3° Pour l'histoire et les langues modernes, pour l'histoire de France, pour l'étude des titres, diplômes et médailles, deux chaires ;
« 4° Pour la grammaire, une chaire ;
« 5° Pour l'instruction des sourds et muets, une chaire ;
« 6° Pour celle des aveugles, une chaire ;
« 7° Pour l'éloquence et la poésie, deux chaires ;
« 8° Pour les mathématiques et la mécanique considérées dans toute leur étendue, trois chaires ;
« 9° Pour la physique expérimentale, une chaire ;
« 10° Pour l'astronomie, une chaire ;
« 11° Pour la chimie, la minéralogie, la métallurgie et la chimie des arts, deux chaires ;
« 12° Pour la géographie souterraine, etc., une chaire ;
« 13° Pour la zoologie, c'est-à-dire pour la connaissance de toutes les classes d'animaux, trois chaires ;
« 14° Pour l'anatomie humaine et comparée, pour la physiologie expérimentale, deux chaires ;
« 15° Pour la botanique, une chaire ;
« 16° Pour l'agriculture, c'est-à-dire pour l'économie rurale et domestique et pour la botanique des arts, deux chaires ;
« 17° Pour l'enseignement de ce qui concerne : 1° la nature et le traitement des épidémies ; 2° les épizooties ; 3° les divers objets de salubrité publique, trois chaires ;
« 18° Pour l'enseignement des beaux-arts et des arts mécaniques, dont les écoles seront annexées à l'Institut, un nombre de chaires indéterminé.
« … 30. A l'Institut national seront annexés tous les établissements publics relatifs aux lettres, aux sciences et aux arts : ainsi toutes les bibliothèques publiques, le Muséum, les diverses collections de machines, d'instruments de physique et d'astronomie, de chirurgie, de matière médicale, de médailles, de statues, de tableaux, les jardins de botanique, etc., lesquels sont dans le domaine de la nation, seront attachés à cet Institut, lequel n'appartenant lui-même à aucun département, mais étant un centre unique d'émulation et de travail, ne sera occupé que du soin de recueillir et de répandre sur toutes les parties de l'empire les connaissances utiles à la culture des arts et au perfectionnement de l'esprit. »
L'Institut tel que le concevait Talleyrand était donc à la fois une académie et une école, et toutes les connaissances humaines devaient y être représentées.
Le plan de Condorcet, présenté à la Législative en avril 1792, modifia le projet de Talleyrand sur plusieurs points essentiels. L'Institut, qui prenait le nom de Société nationale des sciences et arts, était divisé en quatre classes : sciences mathématiques et physiques ; sciences morales et politiques ; applications des sciences aux arts ; littérature et beaux-arts. Ces classes se subdivisaient en sections de la manière suivante :
Sciences mathématiques et physiques : 1° Analyse mathématique, 16 membres ; 2° Mécanique rationnelle, astronomie, 16 membres ; 3° Physique, 16 membres ; 4° Chimie et minéralogie, 16 membres ; 5° Botanique et physique végétale, 16 membres ; 6° Zoologie et anatomie, 16 membres ;
Sciences morales et politiques : 1° Métaphysique et théorie des sentiments moraux, 12 membres ; 2° Droit naturel, droit des gens et science sociale, 12 membres ; 3° Droit public et législation, 12 membres ; 4° Economie politique, 12 membres ; 5° Histoire, 12 membres ;
Applications des sciences aux arts : 1° Physique médicale et chirurgie, 24 membres ; 2° Hygiène ; 12 membres ; 3° Art vétérinaire, 12 membres ; 4° Agriculture et économie rurale, 24 membres ; 5° Art des constructions, 12 membres ; 5° Hydraulique, 12 membres ; 7° Navigation, 12 membres ; 8° Machines et instruments, 12 membres ; 9° Arts mécaniques, 12 membres ; 10° Arts chimiques, 12 membres ;
Littérature et beaux-arts : 1° Grammaire et critique, 46 membres ; 2° Langues, 16 membres ; 3e Eloquence et poésie, 16 membres ; 4° Antiquités et monuments, 16 membres ; 5° Peinture, sculpture, architecture, 16 membres ; 6° Musique et déclamation, 8 membres,
La moitié des membres de chaque section devait résider à Paris, tandis que l'autre moitié serait répandue dans les différentes parties du royaume.
La Société devait s'adjoindre en outre 30 membres étrangers.
Les attributions de la Société nationale des sciences et des arts devaient être : 1° de surveiller et diriger l'instruction générale ; 2° de contribuer au perfectionnement et à Ta simplification de l'enseignement ; 3° de reculer, par des découvertes, les limites des sciences et des arts ; 4° de correspondre avec les sociétés savantes étrangères, pour enrichir la France des découvertes des autres nations.
Comme autorité supérieure chargée de l'administration générale de l'instruction publique, la Société nationale devait élire chaque année dans son sein douze personnes (trois pour chacune des classes) pour former le directoire d'instruction. Chaque classe de la Société nationale devait élire les professeurs de « lycées » de la classe correspondante ; ceux-ci à leur tour devaient élire les professeurs des « instituts », et à ces derniers devait appartenir la nomination des instituteurs des « écoles secondaires » et des « écoles primaires. »
Avec Condorcet, l'Institut, sous le nom de Société nationale des sciences et arts, devenait donc un véritable ministère de l'instruction publique.
Les plans de Talleyrand et de Condorcet demeurèrent à l'état de simples projets. C'est à la Convention qu'il était réservé de réaliser, en lui donnant une forme nouvelle, et en négligeant les parties reconnues inexécutables de ces deux projets, l'idée présentée à la Constituante et à la Législative.
Le 8 août 1793, la Convention votait le décret suivant : « Toutes les Académies et sociétés littéraires, patentées ou dotées par la nation, sont supprimées ». C'était le premier pas dans la voie nouvelle, c'était la reproduction du premier article du projet de Talleyrand. Grégoire, le rapporteur du décret, avait proposé d'ajouter ; « La Convention nationale charge son Comité d'instruction publique de lui présenter incessamment un plan d'organisation d'une société destinée à l'avancement des sciences et des arts ». Mais la Convention ajourna toute décision à ce sujet.
Deux ans plus tard, Boissy d'Anglas, rapporteur de la Commission des Onze, chargée de rédiger un nouveau projet de constitution, disait à la Convention (5 messidor an III) : « Nous vous proposons de créer un Institut national, qui puisse offrir, dans ses diverses parties, toutes les branches de l'enseignement public, et, dans son ensemble, le plus haut degré de la science humaine ; il faut que tout ce que les hommes savent y soit enseigné dans la plus haute perfection ; il faut que tout homme y puisse apprendre à faire ce que tous les hommes de tous les pays, embrasés du feu du génie, ont fait et peuvent faire encore ; il faut que cet établissement honore, non la France seule, mais l'humanité tout entière, en l'étonnant par le spectacle de sa puissance et le développement de sa force ». Boissy d'Anglas, on le voit, à l'exemple de Talleyrand, concevait l'Institut comme un corps enseignant. Mais cette manière de voir ne prévalut pas.
Le projet d'organisation de l'instruction publique, rédigé par Daunou et présenté par lui le 6 messidor an III, à la suite du projet de nouvelle constitution, composait l'Institut de 128 membres divisés en quatre classes : sciences mathématiques et physiques ; application des sciences aux arts ; sciences morales et politiques ; littérature et beaux-arts ; les trois premières classes devaient avoir en outre des associés dans les départements, au nombre de 96 ; l'Institut pouvait s'associer aussi des savants étrangers. C'était la reproduction du plan de Condorcet avec une légère modification.
La constitution de l'an III, votée par la Convention le 5 fructidor, consacra la fondation d'un Institut national. On y lit, à l'art. 298 : « Il y a pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences ».
Le 6 fructidor, Fourcroy présenta au Comité d'instruction publique, qui l'adopta, un plan d'organisation de l'Institut national un peu différent de celui de Daunou : l'Institut ne devait avoir que trois classes, sciences physiques et naturelles, sciences morales et politiques, littérature et beaux-arts ; mais il devait comprendre 144 membres et 144 associés dans les départements, plus 24 associés étrangers. Ce fut le plan de Fourcroy qui l'emporta ; il forme le titre IV du décret du 3 brumaire an IV, que voici :
« TITRE IV. — Institut national des sciences et des arts.
« ARTICLE PREMIER. — L'Institut national des sciences et des arts appartient à toute la République ; il est fixé à Paris. Il est destiné : 1° à perfectionner les sciences et les arts par des recherches non interrompues, par la publication des découvertes, par la correspondance avec les sociétés savantes et étrangères ; 2° à suivre, conformément aux lois et arrêtes du Directoire exécutif, les travaux scientifiques et littéraires qui auront pour objet l'utilité générale et la gloire de la République.
« ART. 2. — Il est composé de membres résidant à Paris et d'un nombre égal d'associés répandus dans les différentes parties de la République. Il s'associe des savants étrangers, dont le nombre est de vingt-quatre, huit par chacune des trois classes.
« ART. 3. — Il est divisé en trois classes, et chaque classe en plusieurs sections conformément au tableau suivant :
« ART. 4. — Chaque classe de l'Institut a un local où elle s'assemble en particulier.
« Aucun membre ne peut appartenir à deux classes différentes ; mais il peut assister aux séances et concourir aux travaux d'une autre classe.
« ART. 5. — Chaque classe de l'Institut publiera tous les ans ses découvertes et ses travaux.
« ART. 6. — L'Institut national aura quatre séances publiques par an. Les trois classes seront réunies dans ces séances.
« Il rendra compte, tous les ans, au Corps législatif, des progrès des sciences et des travaux de chacune de ses classes.
« ART. 7. — L'Institut publiera tous les ans, à une époque fixe, les programmes des prix que chaque classe devra distribuer.
« ART. 8. — Le Corps législatif fixera tous les ans, sur l'état formé par le Directoire exécutif, une somme pour les travaux et l'entretien de l'Institut national des sciences et des arts.
« ART. 9. — Pour la formation de l'Institut national, le Directoire exécutif nommera quarante-huit membres qui éliront les quatre-vingt-seize autres.
«. Les cent quarante-quatre membres réunis nommeront les associés.
« ART. 10. — L'Institut une fois organisé, les nominations aux places vacantes seront faites par l'Institut, sur une liste au moins triple présentée par la classe où une place aura vaqué.
« Il en sera de même pour la nomination des associés, soit français, soit étrangers.
« ART. 11. — Chaque classe de l'Institut aura dans son local une collection des productions de la nature et des arts, ainsi qu'une bibliothèque relative aux sciences et aux arts dont elle s'occupe.
« ART. 12. — Les règlements relatifs à la tenue des séances et aux travaux de l'Institut seront rédigés par l'Institut lui même et présentés au Corps législatif, qui les examinera dans la forme ordinaire de toutes les propositions qui doivent être transformées en lois. »
Les quarante-huit membres qui devaient former le tiers électeur furent désignés par le Directoire le 29 brumaire an IV ; ils élurent les quatre-vingt-seize autres membres du 18 au 24 frimaire.
Le règlement de l'Institut, rédigé et délibéré selon les formes indiquées à l'article 12, fut fixé par une loi qu'adoptèrent les Cinq-Cents le 21 pluviôse, et les Anciens le 15 germinal an IV. L'Institut tint sa première séance publique le même jour 15 germinal.
En 1803, Bonaparte, qui, à la veille de se faire empereur, cherchait à restaurer dans tous les domaines l'ancien ordre de choses, imposa à l'Institut une organisation nouvelle. Il supprima la classe des sciences morales et politiques (deuxième classe), presque entièrement composée d'hommes attachés aux libertés républicaines et hostiles à son gouvernement, et rétablit l'Académie française et l'Académie des inscriptions et belles-lettres, sous les noms de classe de la langue et de la littérature française et de classe d'histoire et de littérature ancienne (Décret du 3 pluviôse an XI). L'institut eut donc désormais quatre classes au lieu de trois. La première classe, qui garda le nom de classe des sciences physiques et mathématiques, se composa des dix sections instituées par le décret du 3 brumaire an IV, d'une section nouvelle de géographie et navigation, et de huit associés étrangers ; il y eut en outre, pour cette classe, deux secrétaires perpétuels, ne faisant pas partie d'une section spéciale. La seconde classe (ancienne Académie française) fut composée de quarante membres. La troisième classe (ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres) fut composée de quarante membres, et de huit associés étrangers. La quatrième classe reçut le nom de classe des beaux-arts ; elle fut composée de vingt-huit membres répartis en cinq sections : peinture, sculpture, architecture, gravure, et musique, et de huit associés étrangers.
Louis XVIII maintint l'organisation établie par le décret de 1803 : il se contenta de substituer les anciennes appellations monarchiques aux noms qu'avaient portés sous l'empire les quatre classes. « Nous avons vu avec une vive satisfaction, dit le préambule de l'ordonnance du 21 mars 1816, la considération et la renommée que l'Institut a méritées en Europe. Aussitôt que la divine Providence nous a rappelé sur le trône de nos pères, notre intention a été de maintenir et de protéger cette savante compagnie ; niais nous avons jugé convenable de rendre à chacune de ses classes son nom primitif, afin de rattacher leur gloire passée à celle qu'elles ont acquise et afin de rappeler à la fois ce qu'elles ont pu faire dans des temps difficiles et ce que nous pouvons en attendre dans des jours plus heureux. » En conséquence, l'article 1er de l'ordonnance porte :
« L'Institut sera composé de quatre Académies, dénommées ainsi qu'il suit et selon l'ordre de leur fondation, savoir :
« L'Académie française ;
« L'Académie royale des inscriptions et belles-lettres ;
« L'Académie royale des sciences ;
« L'Académie royale des beaux-arts. »
Le gouvernement de Juillet conserva ces quatre Académies, et leur en adjoignit une cinquième en rétablissant l'ancienne classe des sciences morales et politiques, supprimée en 1803. L'ordonnance du 26 octobre 1832 annonça cette mesure en ces termes : « L'ancienne classe des sciences morales et politiques est et demeure rétablie dans le sein de l'Institut royal de France, sous le titre d'Académie des sciences morales et politiques ». — Le nombre des membres de cette Académie fut fixé à trente.
A partir de cette époque, l'Institut a subi encore diverses modifications de détail, mais il est resté formé de la réunion des cinq Académies, dont nous allons indiquer l'organisation actuelle.
L'Académie française se compose de quarante membres. Elle élit dans son sein un directeur, un chancelier et un secrétaire perpétuel. Elle n'a pas d'académiciens libres, de correspondants, ni d'associés étrangers.
L'Académie des inscriptions et belles-lettres se compose de quarante membres, auxquels s'ajoutent dix associés ; elle compte en outre soixante-dix correspondants, dont quarante étrangers et trente français. Elle élit dans son sein un secrétaire perpétuel. L'Académie des sciences comprend deux divisions, celle des sciences mathématiques et celle des sciences physiques. La division des sciences mathématiques se compose de cinq sections comptant chacune six membres : géométrie, mécanique, astronomie, géographie et navigation, physique générale ; la division des sciences physiques se compose de six sections, comptant chacune six membres : chimie, minéralogie, botanique, économie rurale, anatomie et zoologie, médecine et chirurgie. Aux soixante-six académiciens répartis dans ces onze sections s'ajoutent deux secrétaires perpétuels qui ne font partie d'aucune section, l'un pour les sciences mathématiques, l'autre pour les sciences physiques, dix académiciens libres, huit associés étrangers, et cent seize correspondants.
L'Académie des beaux-arts se compose de cinq sections : peinture (quatorze membres), sculpture (huit membres), architecture (huit membres), gravure (quatre membres), composition musicale (six membres). Elle comprend, en outre, un secrétaire perpétuel, qui ne fait partie d'aucune section, dix académiciens libres, dix associés étrangers, et cinquante correspondants.
L'Académie des sciences morales et politiques se compose de cinq sections comptant chacune huit membres : philosophie ; morale ; législation, droit public et jurisprudence ; économie politique et finances, statistique ; histoire générale et philosophique. A ces quarante membres s'ajoutent dix académiciens libres, six associés étrangers, et quarante-huit correspondants. Elle élit dans son sein un secrétaire perpétuel.

References: ART. 2
 ART. 3
 ART. 4
 ART. 5
 ART. 6
 ART. 7
 ART. 8
 ART. 9
 ART. 10
 ART. 11
 ART. 12
 l'article 12
 l'article 1