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Timestamp: 2018-12-18 20:53:44+00:00

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Chartes et Réglements | école | média | art | fructidor :: Chalon sur Saône :: emafructidor
– Le « 34 », bâtiment principal situé au 34 rue Fructidor à Chalon-sur-Saône, qui abrite l’enseignement supérieur et la pratique amateur (« Praxis »),
– Le « 7 », situé au 7 rue Leschenault de la Tour à Chalon-sur-Saône, qui abrite les ateliers « Bois/Métal » de l’école, les cours d’enseignement supérieur artistique, lieu d’exposition des travaux réalisés par les étudiants et les enseignants à destination de tous les publics, lieu de vie et de création, atelier d’impression et centre de documentation de l’école.
– Pour les Praxis : aux jours et heures annoncés par l’école (pré-inscriptions / inscriptions)
– Pour l’enseignement supérieur : aux jours de rentrée scolaire étudiante *
– une épreuve de pratique artistique*
– une épreuve écrite destinée à évaluer la culture générale et la maîtrise de la langue française,
– une épreuve de langue,
– un entretien avec un jury composé de trois professeurs nommés par le directeur
– le directeur de l’école ou son représentant, président
– au moins 2 professeurs nommés par le directeur
– 2 personnalités qualifiées extérieures à l’école
– 1 enseignant de l’école (chargé de coordination)
– 2 représentants de l’école choisis parmi les enseignants, dont l’un siège au jury de mémoire,
– en semestre 3 qui nécessite 60 crédits
– en semestre 6 qui nécessite 150 crédits
– en semestre 10 qui nécessite 270 crédits
– 175 crédits pour le DNA
– 270 crédits pour le DESMA (DNSEP)
– ne pas être susceptibles d’entraîner des troubles à l’ordre dans l’école
– ne pas porter atteinte au fonctionnement et aux principes du service public
– ne pas porter atteinte au respect des personnes et à l’image de l’école
– être respectueux de l’environnement
– Selon l’article L. 122-49 alinéa 1 du Code du Travail : « Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. ». Dans le cas contraire, « le fait de harceler (…) sera puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende » comme l’énonce l’article 222-33-2 du Code Pénal. La loi de janvier 2002 en a ainsi fait un délit.
– Le harcèlement sexuel désigne les situations dans lesquelles un ou plusieurs individus sont soumis (en principe de manière répétée) à des propos ou pratiques visant à les réduire à leur identité sexuelle sans pour autant que ces propos ou comportements soient par ailleurs considérés isolément comme des délits. Les victimes, employés, étudiants ont le plus souvent un lien de subordination vis-à-vis de leur « harceleur ».
28.2. Utilisation des outils informatiques.
L’utilisation du matériel informatique s’effectue dans le respect de la législation relative aux droits d’auteur et se limite aux nécessités de l’enseignement. L’accès aux ateliers informatiques n’est autorisée qu’aux heures d’ouverture et sous la surveillance du personnel habilité. L’usage des imprimantes n’est autorisé qu’en rapport direct avec les études. L’utilisation d’Internet est interdite dans le cadre de la participation à des jeux, à des activités commerciales ou à toute autre activité en contradiction avec la législation et la déontologie. L’utilisation du réseau wifi est autorisée dans les mêmes conditions. Le code d’accès ne doit en aucun cas être communiqué. Tout manquement expose l’étudiant à une sanction disciplinaire et, le cas échéant, à une peine prévue par la loi. Il est interdit de diffuser des informations portant atteinte à la vie privée, au droit à l’image d’autrui, et des informations mensongères ou représentant un caractère de délit ou portant atteinte aux valeurs républicaines.
– D’une fraude ou tentative de fraude commise notamment à l’occasion d’une inscription ou d’une épreuve écrite ou orale
– D’un fait de nature à porter atteinte à l’ordre ou au bon fonctionnement de l’Ecole
– D’un manquement au règlement intérieur
l’article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle n’autorisant que les » copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et » les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration « , toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans consentement de l’auteur est interdite, les citations devront êtres courtes et leur source clairement indiquée
conformément à l’article 34 de la loi » Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, les suppressions des données qui les concernent.
Arrêté du 8 octobre 2014
Décret n° 2014-817 du 17 juillet 2014
CODE DE L’ÉDUCATION : LES ENSEIGNEMENTS SUPÉRIEURS
Arrêté du 8 octobre 2014 modifiant l’arrêté du 16 juillet 2013 portant organisation de l’enseignement supérieur d’arts plastiques dans les établissements d’enseignement supérieur délivrant des diplômes
NOR:MCCB1420763A
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2014/10/8/MCCB1420763A/jo/texte
Vu le code de l’éducation, notamment ses articles L. 216-3, L. 75-10-1 et D. 75-10-1 et suivants ;
Vu l’arrêté du 16 juillet 2013 portant organisation de l’enseignement supérieur d’arts plastiques dans les établissements d’enseignement supérieur délivrant des diplômes,
L’arrêté du 16 juillet 2013 susvisé est modifié conformément aux articles 2 à 14 du présent arrêté.
« Le premier cycle d’enseignement supérieur d’arts plastiques prévu par le 1° de l’article D. 75-10-1 du code de l’éducationest constitué de six semestres (semestres 1 à 6). Il conduit au diplôme national d’art, assorti de trois options : art, communication et design. Les semestres 1 et 2 constituent un tronc commun. » ;
2° Au troisième alinéa, la référence : « article 1er du décret du 20 février 2013 précité » est remplacée par la référence : «article D. 75-10-1 du code de l’éducation ».
A l’article 5, après le mot : « obtention », sont insérés les mots : « du diplôme national d’art, ».
L’article 12 est modifié comme suit :
1° Au troisième alinéa, les mots : « une préparation » sont remplacés par les mots : « des préparations » et après les mots : « à l’insertion professionnelle », sont insérés les mots : « qui inclut une sensibilisation à la parité femme-homme » ;
2° Au quatrième alinéa, les mots : « en cours de semestre 4 ou en cours de semestre 5 » sont remplacés par les mots : « au cours des semestres 4,5 ou 6 » ;
« L’attribution des crédits a lieu au semestre 6. »
L’intitulé de la section 1 du titre III est remplacé par l’intitulé suivant : « Dispositions communes au diplôme national d’art et au diplôme national supérieur d’expression plastique ».
Au deuxième alinéa de l’article 21, les mots : « le diplôme national supérieur d’arts et techniques et le diplôme national d’arts plastiques » sont remplacés par les mots : « le diplôme national d’art ».
A l’article 23, il est ajoutéun alinéa ainsi rédigé :
« Il est complété par le supplément au diplôme. »
La section 2 du chapitre Ier du titre III est remplacée par les dispositions suivantes :
« Le diplôme national d’art
« Art. 24.-L’épreuve du diplôme national d’art, d’une durée de trente minutes, prend la forme d’un entretien avec le jury comprenant la présentation par l’étudiant d’un projet plastique accompagné par une sélection de travaux plastiques et d’un document écrit sélectionné parmi ceux réalisés pendant les semestres 5 et 6.
« Art. 25.-Le jury du diplôme national d’art, nommé par le directeur de l’établissement, est composé de trois membres :
«-deux personnalités qualifiées extérieures à l’établissement ;
«-un enseignant de l’établissement.
« L’un des membres du jury est un représentant des sciences humaines.
« Le président du jury est désigné par le directeur de l’établissement parmi les personnalités qualifiées.
« Le jury de diplôme national d’art se réunit valablement si les trois membres sont présents.
« Les décisions sont prises à la majorité absolue. »
La section 3 du chapitre Ier du titre IIIest supprimée.
Au premier alinéa de l’article 32, les mots : « des arts et techniques » sont remplacés par les mots : « d’art ».
L’article 33 est abrogé.
L’article 35 est modifié comme suit :
1° Au premier alinéa, les mots : « d’arts et techniques, au diplôme national d’arts plastiques » sont remplacés par les mots : « d’art » ;
2° Au dernier alinéa, les mots : « d’arts et techniques et au diplôme national d’arts plastiques » sont remplacés par les mots : « d’art ».
La première partie (I) de l’annexe est remplacée par l’annexe au présent arrêté.
La deuxième partie (II) de l’annexe est modifiée comme suit :
1° Les mots : « que le stage intervienne » sont remplacés parles mots : « le séjour à l’étranger et le stage interviennent » ;
2° Après les mots : « dès le semestre 7. », est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « Le séjour et le stage sont crédités en fonction de leur durée au sein des 20 crédits attribués au projet plastique. »
I-Le premier cycle d’arts plastiques
Tronc commun du cursus conduisant au diplôme national d’art (DNA)
Initiation aux techniques et aux pratiques artistiques 18 16
Histoire, théorie des arts et langue étrangère 10 10
Bilan du travail plastique et théorique (1) 2 4
(1) Le bilan est effectué collégialement. Il évalue en particulier le choix des travaux, un accrochage, la maturité du travail de l’étudiant en fin de semestre.
I.-Cursus conduisant au diplôme national d’art (DNA) : option art
Recherches et expérimentations 2 4
Recherches personnelles plastiques 6 4
Le stage, qui peut être réalisé en plusieurs périodes, peut avoir lieu à la fin du semestre 3, au cours du semestre 4,5 ou 6. Les crédits sont attribués au semestre 6. Ils peuvent être attribués jusqu’à la fin du semestre 6 pour les étudiants qui effectueraient leur stage après le diplôme.
II.-Cursus conduisant au diplôme national d’art (DNA) : option design et option communication
Recherches et expérimentations personnelles 6 4
Décret n° 2014-817 du 17 juillet 2014 relatif à l’organisation de l’enseignement supérieur d’arts plastiques – création du diplôme national d’art
Décret no 2014-817 du 17 juillet 2014 relatif à l’organisation de l’enseignement supérieur d’arts plastiques
NOR : MCCB1412550D
Publics concernés : les professionnels de l’enseignement supérieur des arts plastiques et les étudiants.
Objet : création du diplôme national d’art.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le 1er septembre 2015.
Notice : le présent décret modifie les articles D. 75-10-1 et D. 75-10-5 du code de l’éducation. Il réunit, dans le cadre de l’enseignement supérieur d’arts plastiques de premier cycle, le diplôme national d’arts plastiques et le diplôme national d’arts et techniques en un seul diplôme intitulé diplôme national d’art. Il prévoit la participation des professionnels du design au sein des jurys et des équipes enseignantes des établissements autorisés à délivrer les diplômes d’enseignement supérieur d’arts plastiques. Les nouvelles dispositions seront applicables dès l’année universitaire 2015-2016. Toutefois, les cursus de premier cycle commencés avant cette année universitaire resteront régis, jusqu’à l’année universitaire 2016-2017, par l’article D. 75-10-1 du code de l’éducation dans sa version actuellement en vigueur.
Références : le présent décret et le code de l’éducation sont consultables sur le site Légifrance (http://www. legifrance.gouv.fr). Il est pris en application de l’article L. 75-10-1 du code de l’éducation.
Vu le code de l’éducation, notamment ses articles L. 216-3, L. 75-10-1, D. 75-10-1 et suivants ; Vu l’avis du Conseil supérieur de l’éducation en date du 20 mai 2014,
Art. 1er. – L’article D. 75-10-1 du code de l’éducation est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. D. 75-10-1. – L’enseignement supérieur d’arts plastiques relevant du ministère chargé de la culture comporte deux cycles :
« 1o Un premier cycle composé d’un cursus conduisant au diplôme national d’art ;
« 2o Un second cycle composé d’un cursus conduisant au diplôme national supérieur d’expression plastique.
« Les cursus conduisant au diplôme national d’art et au diplôme national supérieur d’expression plastique proposent aux étudiants les options suivantes : option art, option design et option communication.
« Les options de chaque diplôme peuvent être complétées par des mentions. »
Art. 2. – Au 2o de l’article D. 75-10-5 du même code, après les mots : « du monde de l’art », sont insérés les mots : « et du design ».
Art. 3. – I. – Le présent décret entre en vigueur le 1er septembre 2015.
II. – Les cursus des étudiants ayant entrepris leurs études de premier cycle d’enseignement supérieur d’arts plastiques avant l’année universitaire 2015-2016 demeurent régis par les dispositions du 1o de l’article D. 75-10-1 du code de l’éducation applicables avant l’entrée en vigueur du présent décret, jusqu’au terme de l’année universitaire 2016-2017.
III. – Un arrêté du ministre de la culture fixe les conditions dans lesquelles les étudiants titulaires de l’un des diplômes de premier cycle mentionnés au 1o de l’article D. 75-10-1 du code de l’éducation, dans sa version antérieure à l’entrée en vigueur du présent décret, peuvent accéder au second cycle mentionné au 2o du même article, dans sa version postérieure à l’entrée en vigueur du présent décret.
Art. 4. – La ministre de la culture et de la communication est chargée de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
La ministre de la culture et de la communication, AURÉLIE FILIPPETTI
LIVRE VI – L’ORGANISATION DES ENSEIGNEMENTS SUPERIEURS
Chapitre II – Déroulement des études supérieures (Article L612-1)
Article L612-1 – Le déroulement des études supérieures est organisé en cycles. Le
nombre, la nature et la durée des cycles peuvent varier en fonction des études dispensées.
Chaque cycle, selon ses objectifs propres, fait une part à l’orientation des étudiants, à leur formation générale, à l’acquisition d’éléments d’une qualification professionnelle, à la recherche, au développement de la personnalité, du sens des responsabilités et de l’aptitude au travail individuel et en équipe.
Chaque cycle conduit à la délivrance de diplômes nationaux ou de diplômes d’établissements sanctionnant les connaissances, les compétences ou les éléments de qualification professionnelle acquis.
Section 1 – Le premier cycle (Articles L612-2 à L612-4)
Article L612-2 Le premier cycle a pour finalités :
1º De permettre à l’étudiant d’acquérir, d’approfondir et de diversifier ses connaissances
dans des disciplines fondamentales ouvrant sur un grand secteur d’activité,
d’acquérir des méthodes de travail et de se sensibiliser à la recherche ;
2º De mettre l’étudiant en mesure d’évaluer ses capacités d’assimilation des bases
scientifiques requises pour chaque niveau et type de formation et de réunir les élé-
ments d’un choix professionnel ;
3º De permettre l’orientation de l’étudiant, dans le respect de sa liberté de choix,
en le préparant soit aux formations qu’il se propose de suivre dans le deuxième cycle, soit à l’entrée dans la vie active après l’acquisition d’une qualification sanctionnée par un titre ou un diplôme.
Article L612-3 Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat
et à ceux qui ont obtenu l’équivalence ou la dispense de ce grade en justifiant d’une
qualification ou d’une expérience jugées suffisantes conformément à l’article
L. 613-5.
Tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix. Il doit pouvoir,
s’il le désire, être inscrit en fonction des formations existantes lors de cette inscription
dans un établissement ayant son siège dans le ressort de l’académie où il a
obtenu le baccalauréat ou son équivalent ou, en cas de dispense, dans l’académie
où est située sa résidence. Lorsque l’effectif des candidatures excède les capacités
d’accueil d’un établissement, constatées par l’autorité administrative, les inscriptions
sont prononcées, après avis du président de cet établissement, par le recteur chancelier,
selon la réglementation établie par le ministre chargé de l’enseignement supé-
rieur, en fonction du domicile, de la situation de famille du candidat et des préférences
exprimées par celui-ci.
Les dispositions relatives à la répartition entre les établissements et les formations
excluent toute sélection.
Section 2 – Le deuxième cycle (Articles L612-5 à L612-6)
Article L612-5 Le deuxième cycle regroupe des formations comprenant, à des
degrés divers, formation générale et formation professionnelle. Ces formations,
organisées notamment en vue de la préparation à une profession ou à un ensemble
de professions, permettent aux étudiants de compléter leurs connaissances, d’approfondir
leur culture et les initient à la recherche scientifique correspondante.
Article L612-6 L’admission dans les formations du deuxième cycle est ouverte
à tous les titulaires des diplômes sanctionnant les études de premier cycle ainsi qu’à ceux qui peuvent bénéficier des dispositions de l’article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires.
La liste limitative des formations dans lesquelles cette admission peut dépendre
des capacités d’accueil des établissements et, éventuellement, être subordonnée au
succès à un concours ou à l’examen du dossier du candidat, est établie par décret
après avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. La
mise en place de ces formations prend en compte l’évolution prévisible des qualifications et des besoins, qui font l’objet d’une évaluation régionale et nationale.
Section 3 – Le troisième cycle (Article L612-7)
Article L612-7 Le troisième cycle est une formation à la recherche et par la
recherche, qui comporte la réalisation individuelle ou collective de travaux scientifiques
originaux. Il comprend des formations professionnelles de haut niveau inté-
grant en permanence les innovations scientifiques et techniques.
Le titre de docteur est conféré après la soutenance d’une thèse ou la présentation
d’un ensemble de travaux scientifiques originaux. Cette thèse ou ces travaux peuvent être individuels ou, si la discipline le justifie, collectifs, déjà publiés ou inédits.
Dans le cas où la thèse ou les travaux résultent d’une contribution collective, le candidat doit rédiger et soutenir un mémoire permettant d’apprécier sa part personnelle.
Le titre de docteur est accompagné de la mention de l’université qui l’a délivré.
Chapitre III – Collation des grades et titres universitaires
Section 1 – Règles générales de délivrance des diplômes (Articles L613-1 à L613-2)
Article L613-1 (Loi nº 2002-73 du 17 janvier 2002 art. 137 Journal Officiel du 18
L’Etat a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires.
Les diplômes nationaux délivrés par les établissements sont ceux qui confèrent
l’un des grades ou titres universitaires dont la liste est établie par décret pris sur avis
du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sous réserve
des dispositions des articles L. 613-3 et L. 613-4, ils ne peuvent être délivrés qu’au
vu des résultats du contrôle des connaissances et des aptitudes appréciés par les
établissements habilités à cet effet par le ministre chargé de l’enseignement supé-
rieur après avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Un diplôme national confère les mêmes droits à tous ses titulaires, quel que soit
l’établissement qui l’a délivré.
Les règles communes pour la poursuite des études conduisant à des diplômes
nationaux, les conditions d’obtention de ces titres et diplômes, le contrôle de ces
conditions et les modalités de protection des titres qu’ils confèrent, sont définis par
arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur, après avis ou proposition du
Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Les aptitudes et l’acquisition des connaissances sont appréciées, soit par un
contrôle continu et régulier, soit par un examen terminal, soit par ces deux
modes de contrôle combinés. Les modalités de ce contrôle tiennent compte des
contraintes spécifiques des étudiants accueillis au titre de la formation continue. Elles
doivent être arrêtées dans chaque établissement au plus tard à la fin du premier
mois de l’année d’enseignement et elles ne peuvent être modifiées en cours d’année.
Seuls peuvent participer aux jurys et être présents aux délibérations des enseignants-chercheurs,
des enseignants, des chercheurs ou, dans des conditions et selon
des modalités prévues par voie réglementaire, des personnalités qualifiées ayant
contribué aux enseignements, ou choisies, en raison de leurs compétences, sur
proposition des personnels chargés de l’enseignement.
Article L613-2 Les établissements peuvent aussi organiser, sous leur responsabilité,
des formations conduisant à des diplômes qui leur sont propres
ou préparant à des examens ou des concours.
Les écoles d’art ont connu une histoire qui nourrit ce qu’elles sont aujourd’hui. En France, contrairement au système de l’instruction publique, le paysage des écoles d’art a été formé hors de toute volonté nationale et centralisée, au gré de l’origine géographique de tel artiste de l’Académie ou simplement au gré des besoins
des manufacturiers locaux. Les écoles d’art relèvent simultanément de l’enseignement des beaux-arts et de l’enseignement professionnel, qui les situent, tour à tour, dans des ateliers d’artistes, des écoles municipales ou encore des écoles de fabriques. C’est parce qu’elles étaient petites, libres et peu organisées que les écoles ont été dans les années 70 et 80 le laboratoire d’une profonde réforme plaçant l’art et l’artiste au cœur de leur pédagogie. Cette réforme, qui prenait sa source dans l’invention de l’art moderne au 19e siècle, était rendue possible
un siècle plus tard par la création du ministère des Affaires culturelles en 1959. Prenant la mesure de l’impact des avant-gardes, ce ministère a mis fin au décalage entre les formations artistiques et l’état de l’art contemporain international. Il a substitué à la tradition du maître et des ateliers une méthode fondée sur la recherche personnelle, l’expérimentation et la collégialité. Il a également instauré des enseignements théoriques qui ont permis de décloisonner des formations jusque-là très professionnelles et d’initier l’ère de la méthode généraliste, à l’image de ce qu’était devenu l’art lui-même, un art libéré de l’académisme et des contraintes techniques et marchandes. De la fin du 19e siècle à nos jours, l’art (ou l’art libre,
les beaux-arts, l’art moderne puis l’art contemporain) s’est séparé des arts appliqués et industriels, le secondaire du supérieur, les écoles des universités, chacun se construisant son espace institutionnel.
L’architecture des études et les diplômes
Les écoles supérieures d’art placées sous la tutelle pédagogique du ministère de la Culture et de la Communication sont au nombre de 46, réparties en 59 sites sur le territoire national. Dans la plupart de ces écoles, nationales et territoriales, les études sont construites de la manière suivante :
• un 1er cycle sanctionné par un diplôme national, Diplôme National d’Arts Plastiques (DNAP) ou Diplôme National d’Arts et Techniques (DNAT), de niveau Licence (semestres 1 à 6) composé d’une première année généraliste et de deux années dans l’une des trois options suivantes : art, design, communication ;
• un 2e cycle sanctionné par un diplôme national, le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP), en art, design ou communication, conférant grade de Master (semestres 7 à 10).
• Certaines écoles proposent des 3es cycles ou des post-diplômes, sanctionnés ou non par des diplômes d’école, ou, conjointement avec des universités, des 3es cycles sanctionnés par un diplôme de Doctorat.
Cinq écoles du réseau délivrent des diplômes d’établissement spécifiques : les trois écoles nationales supérieures parisiennes (ENSBA, ENSAD et ENSCI), l’École nationale de la photographie d’Arles et Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Tourcoing.
L’entrée dans une école supérieure d’art se fait par concours d’admission pour la première année. Les étudiant-e-s sont recruté-e-s à l’issue d’un examen ouvert à tous les élèves ayant accompli leurs études secondaires et passé leur Baccalauréat ou diplôme équivalent pour les étudiant-e-s étrangers/ères. Des dérogations peuvent être accordées aux candidat-e-s non titulaires du Baccalauréat.
Les épreuves d’admission sont organisées en deux phases :
• une première phase comprenant les trois épreuves suivantes: pratique artistique, culture générale, langue étrangère;
• une deuxième phase décisive consistant en un entretien de motivation avec le jury d’admission à partir d’un dossier artistique présenté par le/la candidat-e.
L’organisation du concours — pouvant comprendre une épreuve d’admissibilité — relève de chaque école. Les admissions en cours de cursus s’effectuent par commissions d’équivalence internes à l’établissement.
Le protocole de Bologne (1999) qui visait à harmoniser les enseignements à l’échelle européenne a conduit les écoles d’art à se constituer en établissements autonomes et à se conformer à l’architecture européenne de l’enseignement supérieur. Les enseignements fonctionnent par semestre et sont sanctionnés par des crédits ECTS (unités d’enseignement capitalisables et transférables) reconnus dans l’espace européen. Le DNSEP confère grade de Master.
L’école d’art comme milieu
L’école d’art se caractérise par :
• une équipe enseignante, fortement diverse, dont les membres sont des acteurs dans le champ culturel, industriel, scientifique ou technique (artistes, designers, théoriciens, critiques d’art, commissaires, chercheurs en art et d’autres champs scientifiques ou techniques),
• une pratique collégiale du jugement et de l’appréciation, des pôles techniques dans les domaines de
la fabrication et des médias (métal, bois, plastique, sculpture, céramique, fusion, reprographie, sérigraphie, photo, vidéo, son, 3D, modélisation, web, réseau, synthèse…),
• un lien avec le monde professionnel qui est assuré par un fort contingent d’intervenants diversifiés et renouvelés (artistes, designers, chercheurs, cinéastes, philosophes, musiciens, écrivains, chorégraphes…) mais également par des collaborations avec les musées, les FRAC, les centres d’art, les associations et les structures de diffusion et de production sur les scènes locales, nationales et internationales,
• des locaux et des équipements différenciés, qui créent des communautés et qui servent la pédagogie: ateliers (peinture, sculpture, impressions…), salles
de cours, amphithéâtres, studios, labos (photo, audio, vidéo, info…), ateliers individuels, bibliothèques, salles de projection ou de concert, open spaces,
galeries d’expositions…
• une activité autant pratique que théorique, autant individuelle que collective.
Outre ce qui fait l’unité du réseau des 46 écoles supérieures d’art publiques, existe une diversité dans l’organisation générale, les stratégies et la définition des seuils et des champs de savoirs et d’expériences, mais également dans l’architecture des maquettes pédagogiques. Cette diversité de l’école de l’art, en ses différentes écoles, constitue la richesse profonde du système français et de son histoire.
La singularité des écoles supérieures d’art et de design françaises
En école d’art, les formations et les activités de recherche sont étroitement liées à la création et à la pratique et se caractérisent par des protocoles et modes de légitimation qui sont ceux du monde de l’art et du design:
• enseignement de l’art par l’art,
• primat du sensible et de l’expérimentation,
• appréhension globale et collégiale du parcours de l’étudiant-e,
• légitimation par les œuvres et le jugement des pair-e-s,
• culture du projet.
L’enseignement de l’art modifie la situation habituelle de l’éducation par une approche centrée sur la singularité de chaque étudiant-e, pour en déployer toutes les potentialités. Développant une pédagogie alternative, les écoles d’art ont accompagné les mouvements artistiques contemporains, les avant-gardes et notamment les pratiques conceptuelles de déconstruction. L’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes après 1968 a contribué à sortir les écoles de leur repli, certaines adoptant des positions pédagogiques radicales et se composant une identité propre. Dans certains établissements, l’enseignement du design a été développé dans le contexte de la pédagogie généraliste des écoles d’art, celle-ci étant intimement liée à l’art contemporain et à l’étude du temps présent.
Des formations d’excellence inscrites au cœur du monde professionnel
La spécificité des écoles d’art dans le paysage de l’enseignement supérieur, tant pour les filières recherche que professionnelles, est étroitement liée à leur histoire. Leur position au sein du monde de l’art les a conduites à déployer des procédures particulières, issues du champ artistique. Les écoles d’art séparent nettement la formation, qu’elles assurent, de la légitimation, qu’elles réservent à l’appréciation des acteurs du monde de l’art: s’il est majoritairement dispensé par des artistes, l’enseignement, pas plus que le diplôme qui le sanctionne, ne suffit jamais à faire l’artiste.
Généraliste et non-disciplinaire, centrée sur les figures de l’artiste et de l’auteur, la pédagogie opère une circulation entre pensée et fabrique. C’est cette pédagogie-là, qui vise au développement d’un regard critique et d’une intelligence productive, qui garantit l’excellence des formations, l’attractivité des établissements et le haut niveau d’insertion professionnelle des diplômés dans le champ de la création artistique et du design et plus largement dans le secteur culturel. C’est aussi ce savoir spécifique
que représente le champ des arts plastiques, des arts visuels et du design, et la valeur sui generis des pratiques à l’œuvre dans les écoles d’art, qui font l’unité du réseau des 46 établissements. La sélectivité des formations et le fort taux d’encadrement contribuent enfin à donner aux écoles d’art une place d’excellence dans le panorama européen.
Les écoles ont en outre depuis toujours développé un intérêt pour la recherche. La force, la vitalité et la qualité des écoles reposent sur les relations étroites et privilégiées qu’elles entretiennent avec le monde professionnel de l’art et du design, mais aussi avec la recherche universitaire, notamment en sciences humaines et sociales. Ces collaborations doivent l’essentiel de leur richesse et de leur fécondité à la rencontre de champs bien différenciés — c’est-à-dire aux vertus de l’altérité.
Les enseignements supérieurs artistiques, tels qu’ils sont à l’œuvre dans le modèle singulier des écoles d’art, constituent aujourd’hui un enjeu majeur. Ils se situent
en effet au carrefour de trois tendances fortes, qui informent les temps présents et à venir :
• l’importance croissante de l’image et de l’interrogation du sensible dans la société contemporaine,
• l’importance croissante accordée par le monde 15 économique, les politiques européennes et plus largement par la société aux valeurs et aux processus de création issus du monde de l’art,
• l’importance croissante des notions d’autonomie, de projet et de professionnalisation dans le champ de l’enseignement supérieur.
Une approche généraliste et contemporaine
Le savoir disciplinaire aborde la connaissance en termes de corpus et de sédimentation historique. En école d’art, c’est au contraire l’approche généraliste qui est privilégiée, non pour révolutionner à tout prix un savoir donné, mais simplement parce que le regard contemporain et transversal est préféré à la perspective historienne et compartimentée. Cette manière d’orienter la pédagogie et la recherche repose sur la création d’une œuvre singulière, exigeant un décloisonnement, une transversalité et une approche anachronique des contenus. Le point de départ, les matériaux, les outils et la finalité ne résident que dans la création elle-même. Par exemple, l’enseignement théorique se base sur l’apprentissage de la lecture critique, le développement de la capacité à analyser un objet, une exposition, une contribution écrite, à nommer ce qui est à l’œuvre, en prenant en compte le contexte. C’est
en ce sens que l’Histoire est, en école d’art, une matière enseignée à partir du temps présent, à la manière dont Walter Benjamin parle du fait d’«arracher une époque déterminée au cours homogène de l’histoire» et de saisir « la constellation que sa propre époque forme avec telle époque antérieure». Walter Benjamin, Œuvres III,
«Sur le concept d’histoire », Paris, Gallimard, 2000, p. 441-443.
Enfin, la création artistique se distingue d’autres activités créatives et sensibles par une approche particulière de la pratique de la forme. Penser et créer la forme présupposent une remise en question constante du procès de réalisation. Contrairement à d’autres expressions créatives, en arts plastiques et visuels l’outil et la forme produite résultent toujours d’une refondation du processus à l’œuvre. L’instrument de travail est produit en même temps que l’objet artistique. En d’autres termes, en école d’art on n’apprend pas comment appliquer la peinture sur la toile, on apprend à questionner la peinture et à se demander comment et pourquoi la poser sur la toile. C’est notamment cela qui distingue les écoles d’art des établissements formant aux métiers d’art et aux arts appliqués. En école d’art, sont formés des individus capables de créer de nouvelles formes plastiques, de s’émanciper des codes et d’inventer leurs propres métiers. Les écoles d’art offrent un cadre et des ressources afin que les étudiant-e-s soient mis-es en situation de chercher, sans savoir à l’avance quel en sera le résultat.
En outre, elles préparent des créateurs et des auteurs pluri-média responsables, sensibilisés au contexte et au monde de l’art. Différents corps de métiers y ont toujours été associés: arts appliqués, communication, design…
La formation étant délivrée par des artistes et des créateurs issus du monde professionnel, mais aussi par des théoriciens, l’enseignement du design gagne en école d’art une valeur ajoutée par rapport à son enseignement dans d’autres types d’établissements (formations à dominante industrielle ou théorique). Si les designers soulignent l’importance de la connaissance des métiers et des techniques dans toute approche de la création industrielle, ils affirment avec force que, à une époque où le design s’est affranchi du seul souci de la fonction, l’approche généraliste et transdisciplinaire d’une école d’art favorise un design critique. Cette approche garantit en effet des projets qui interrogent à la fois les dimensions pratiques et fonctionnelles des artéfacts conçus, ainsi que leurs enjeux sociaux, culturels et immatériels. Les regards d’auteur et les projets de recherche communs aux différentes options permettent ainsi d’associer la prospective, l’innovation, l’ingénierie et la création proprement artistique.
Une pédagogie collégiale et polarisée par les regards singuliers
Les écoles françaises ont réussi le pari de créer des filières artistiques principalement construites autour d’un groupe collégial d’enseignant-e-s plasticien-ne-s et théoricien-ne-s et ainsi ont-elles inventé des pratiques pédagogiques uniques en Europe. Centrée autour de la figure de l’artiste, la pédagogie s’articule à partir de sa pratique, le dispositif de transmission alliant accompagnement technique, oralité et monstration. L’enseignant en art invente des situations d’interlocution et fait advenir des contextes de pratique et de recherche, cette recherche étant toujours déjà en jeu dans le cursus, et ce dès le 1er cycle. C’est le regard d’auteur irréductible, incarné par l’enseignant, qui génère des formes de dialogue entre personnalités singulières, l’étudiant-e étant alors considéré-e comme artiste
ou créateur/trice potentiel-le.
Toutefois, la collégialité est essentielle à la conduite de l’enseignement. C’est dans les moments de restitution collective (accrochages, workshops, séminaires et bilans) que la confrontation des projets et des méthodologies devient véritablement productive. Le travail commun de lecture d’œuvres, de discussions sur les méthodes
et les références, et de remise en question des acquis de l’histoire de l’art met au jour des postures inconciliables et des domaines contradictoires. Ainsi favorise-t-il l’émergence de schémas inédits chez les étudiant-e-s. Cette collégialité se construit sur la durée au sein des équipes pédagogiques permanentes. Mais les écoles,
en lien direct avec le monde de l’art, bousculent aussi perpétuellement ces équipes en tissant des partenariats avec des organisations extérieures et surtout en invitant
de nombreux intervenants et professeurs associés, acteurs de l’art, du design et de tout autre champ de la création : en effet, enseigner l’art, c’est enseigner ce qu’on ne connaît pas encore, puisqu’on ne sait
pas ce que sera l’art.
Le jugement artistique et l’appréciation par les pair-e-s
La question de l’évaluation au sens d’un jugement artistique est au cœur du processus de l’enseignement, pour apprécier le parcours de l’étudiant-e au sein de l’institution et la qualité de son travail. La liberté de créer, le droit à l’erreur par l’expérimentation ou encore l’autoformation caractérisent en propre la pédagogie
en école d’art, laquelle est structurée par un cursus individualisé, mais également par des moments de jugement plutôt que d’évaluation. Car ce qu’on appelle « évaluation » n’est possible qu’au vu d’une échelle qui permet de mesurer l’avancement, la maîtrise d’une connaissance ou les capacités acquises. C’est dans
les formes les plus rétrogrades de l’enseignement artistique que ce type d’évaluation a eu cours — celle de la maîtrise technique par exemple, ou celle de la conformation
de l’œuvre à une histoire de l’art préétablie ou à un moment de l’art. Contrairement à l’enseignement académique, celui de la création ne permet nullement d’être étalonné, puisque le travail à apprécier est justement noté pour sa qualité inédite et sa capacité à renouveler le champ de l’art.
Il est d’usage dans les écoles de juger l’étudiant-e face à ses œuvres. On apprécie donc le travail, la capacité critique, l’inscription de la personne dans une démarche cohérente, c’est-à-dire la qualité du territoire à l’œuvre.
La qualité du jugement se fonde sur la reconnaissance des pair-e-s du milieu professionnel dans l’exercice collégial de l’appréciation.
— Le premier cycle —
L’année 1 est conçue comme une année d’orientation commune aux différentes filières. Pratiques et théoriques, les études visent à donner aux étudiant-e-s l’ouverture la plus vaste possible sur le domaine de la création et les bases d’une formation culturelle solide et autonome.
Durant ce temps de découverte et d’expérimentation,
où il s’agit aussi bien d’apprendre que de désapprendre, les étudiant-e-s sont initié-e-s aux médiums et à des pratiques et méthodologies variées, à travers un large choix d’ateliers et de studios, eux-mêmes souvent distribués entre plusieurs pôles (image, volume, son, performance, spécificité technique de type céramique, textile, illustration, et design graphique, objet ou espace…). Il s’agit aussi d’un temps d’immersion dans le monde de l’art et du design, et ce d’abord sur la scène locale, en lien avec les autres acteurs que sont les lieux de production et de diffusion : musées, FRAC, centres d’art, associations, galeries… L’année 1 est une année probatoire, dans la mesure où l’étudiant-e y fait le constat de ses aptitudes ou non à s’engager dans un cursus artistique de plusieurs années. Elle éveille
des questionnements plus qu’elle ne transmet un corpus de connaissances ou un socle défini de fondamentaux. C’est une année de rupture et d’orientation décisive.
Les années 2 et 3 se caractérisent par un passage progressif d’une phase d’initiation et d’expérimentation à la construction des prémices d’une proposition personnelle. Elles se structurent autour de l’apprentissage de méthodologies de travail (pour la conduite du projet, la recherche d’œuvres de référence, le développement d’un regard critique et d’une connaissance historique). 21 Une grande importance est accordée à la relativité des méthodologies, visant à apprendre aux étudiant-e-s à faire la distinction entre une méthodologie apprise auprès des professeurs et reprise chez d’autres artistes et une méthodologie singulière relative à leur propre projet. C’est bien cette dernière qui est privilégiée, notée et appréciée.
Les années 2 et 3 consistent en l’acquisition de connaissances pratiques et d’outils techniques, conceptuels et sensibles. Elles ouvrent des processus et installent
un temps dédié à l’observation et à l’invention des formes. Cette partie du cursus peut se définir aussi comme une initiation aux fondamentaux de l’œuvre (pratiques, concepts, matériaux, outils, modes d’existence), déclinant notamment des savoirs en histoire de l’art, en art contemporain et en théorie de l’art, mais aussi des savoir- faire en termes d’analyse de l’image et de lecture critique. C’est enfin un moment où l’étudiant-e est confronté-e au milieu professionnel extérieur par le biais du stage.
L’année 2 répartit souvent le temps de travail entre les ateliers ou studios et les workshops, permettant aux étudiant-e-s de commencer à choisir une voie prédominante. L’année 3 est une année d’orientation axée sur l’émergence du parcours individuel. Elle est aussi une ouverture sur la recherche. La participation plus intense aux Ateliers de recherche et de création (ARC) et aux workshops
permet de faire émerger une proposition personnelle et oriente le Diplôme National d’Arts (Plastiques ou Techniques) dans lequel sont rassemblés des travaux accomplis tout au long des trois années du cycle.
Le diplôme consiste en une sélection de propositions plastiques qui s’accompagne d’une présentation orale et d’un dossier de documentation. Celui-ci vient rendre compte de trois ans de travail et de l’émergence d’un projet personnel. Le diplôme est en effet un bilan de trois ans d’études. Les étudiant-e-s se posant comme créateurs/trices potentiel-le-s dans le champ contemporain, ils/elles doivent savoir formuler l’origine, l’enjeu et l’évolution d’une démarche et l’inscrire dans un champ référentiel.
Le DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques) sanctionne une étape dans un processus continu et immergé dans l’école, ouvrant le développement d’une recherche personnelle.
Le DNAT (Diplôme National d’Arts et Techniques) sanctionne le cycle court dans les options design et communication, en fin d’année 3 (niveau II de la certification professionnelle, Licence). Il a une finalité professionnalisante affirmée dans le champ du design, ce qui explique son architecture dense et orientée vers le monde du travail et la place importante accordée au projet et au stage professionnel.
— Le deuxième cycle —
Le 2e cycle se conclut en cinquième année par le passage du DNSEP, diplôme conférant grade de Master. Regroupant les années 4 et 5, il est destiné à structurer et affirmer une recherche personnelle de haut niveau. Conçue comme un véritable accompagnement « sur mesure », la pédagogie qui y est déployée alterne des apprentissages et des suivis personnalisés. Une pluralité de méthodologies résulte
de la multiplicité des projets des étudiant-e-s. Si l’on peut affirmer que des domaines de savoir disciplinaire existent dans l’art contemporain (l’histoire de l’art, la théorie
de l’art, le savoir et les compétences techniques par exemple), l’enseignement artistique en 2e cycle ne se pratique jamais à partir des disciplines mêmes.
C’est sous la forme de séminaires, d’accompagnement en atelier et surtout de rendez-vous individuels que se structure l’enseignement en 2e cycle. L’apport de connaissances de la part des professeurs se présente sous forme de dialogues, non plus à partir d’un savoir commun mais précisément à partir du projet et du savoir singulier indispensable à la conduite du travail de création de chaque étudiant-e. Une importance prépondérante est à ce niveau donnée à la définition d’un territoire de recherche et à la création d’une œuvre inédite. Le 2e cycle confère une place centrale aux mécanismes de création, au regard critique et aux processus d’invention dans le domaine du sensible.
Le DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) sanctionne le 2e cycle en art, design ou communication à l’issue de l’année 5. Inscrit au niveau I de la certification professionnelle, il est accrédité par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, conférant grade de Master. Certaines options peuvent avoir des orientations spécifiques qui sont alors précisées par des mentions.
Le DNSEP permet de se présenter aux concours de l’Agrégation, du Capes et du Capet.
L’épreuve du DNSEP consiste en la réalisation d’un travail plastique et la présentation d’un « mémoire », développé en regard du travail plastique. Il accompagne celui-ci et donne une lecture du territoire de recherche à l’œuvre, à travers des formes d’écriture à large spectre, pouvant aller du plus conceptuel au plus expérimental. Le mémoire est une manière d’articuler la forme et le fond, en réinventant les outils de l’écriture afin de les adapter au mieux à un contenu spécifique. De la même manière que pour le projet plastique, il fait l’objet d’un accompagnement collégial. Le passage devant un jury de DNSEP n’est pas
un moment d’évaluation, mais la mise à l’épreuve du travail par un collège de pair-e-s. Ce dernier juge de la capacité critique de l’étudiant-e et de l’efficacité de l’œuvre à produire une attention esthétique. Il juge l’intelligence et le territoire déployé, un espace de sensibilité, une production originale. Rappelons aussi que la tradition des écoles d’art ne repose pas sur un examen d’État qui serait une habilitation à exercer une profession. L’école n’évalue pas l’aptitude professionnelle d’un jeune créateur, elle ne juge que la nature inédite du travail accompli.
— Le post-Master —
Les écoles supérieures d’art accompagnent les jeunes créateurs, artistes, designers et théoriciens dans la poursuite de leur formation après le Master, développant 25 aujourd’hui une variété de programmes de haut niveau, sélectifs et spécialisés, qui visent notamment à favoriser l’insertion dans le champ professionnel de l’art et du design. Aux programmes traditionnellement appelés des «post-diplômes» ou «sixièmes années» professionnalisantes, implantés depuis les années 80 dans divers établissements, s’ajoutent des 3es cycles spécifiques aux écoles d’art. Ceux-ci sont mis en place dans le cadre des unités de recherche (près de 30) et des programmes de recherche (plus de 80) que développent les écoles d’art depuis une dizaine d’années.
• une vingtaine de post-diplômes professionnalisants une dizaine de 3es cycles spécifiques
• des 3es cycles conduits conjointement avec des universités et sanctionnés par un diplôme de Doctorat
Le paysage de ces formations post-Master, sanctionnées ou non par des diplômes ou certificats d’établissement, est diversifié et en évolution. De plus, professionnalisation et recherche en art — par les artistes et à partir de l’art — étant étroitement liées, les différents types de formations post-Master peuvent s’hybrider.
Les post-diplômes sont des dispositifs resserrés sur une durée courte (un an en général, mais certains peuvent s’articuler sur plusieurs années). Soit ils consistent en une 6e année de formation complémentaire de professionnalisation, soit ils s’apparentent à des résidences de création associées à des bourses, et non plus à de l’enseignement au sein du cursus. À dimensions variables, les post-diplômes permettent à des professionnels déjà engagés dans leur carrière de poursuivre une spécialisation ou de réaliser un projet en s’appuyant sur les ressources de l’école et sur son réseau artistique et culturel (logistique de production, possibilité d’exposition dans des conditions professionnelles…).
Le 3e cycle spécifique aux écoles d’art
La recherche dans les écoles d’art est présente à tous les niveaux de l’enseignement. Les trois cycles de formation intensifient progressivement la place de la recherche : si la question de la recherche apparaît en 1er cycle, c’est en 2e cycle qu’est véritablement développée «l’initiation à la recherche», et c’est en 3e cycle que les étudiant-e-s deviennent des chercheurs. Le 3e cycle est une formation par la recherche qui articule la réalisation individuelle et collective de productions
dans le champ de la création.
Les 3es cycles alimentent et sont alimentés par les nombreux programmes de recherche ponctuels que mènent les écoles, seules ou associées entre
elles ou avec d’autres partenaires, et par les unités de recherche, structures pérennes dédiées à des problèmes fondamentaux de l’art ou du design et qui entendent créer des espaces de capitalisation de connaissances et de savoir-faire. Ils radicalisent, sur des durées courtes ou longues allant de un, deux, trois voire plus de trois années, les démarches déjà à l’œuvre en DNSEP et sont construits pour et avec de jeunes artistes, designers et théoriciens qui sont insérés dans le champ professionnel de l’art et du design. Certaines écoles délivrent un diplôme d’établissement.
Le 3e cycle conjoint
Certaines écoles, en partenariat avec des universités, dispensent des formations de 3e cycle sanctionnées par un diplôme de Doctorat, le cycle étant co-habilité
et appuyé sur une école doctorale. Souvent, ces formations s’apparentent à des «doctorats de pratique», faisant d’un objet artistique et de l’activité de création le cœur de la thèse, avec des artistes intégrés au jury universitaire.
Cette charte a pour but de soutenir la recherche que les écoles supérieures d’art ont mise en place depuis 2006 en donnant un cadre et en fixant des critères qui, comme pour le reste de l’organisation des études, permettent de garantir la qualité de l’activité qui y est menée.
Ce document se veut donc une charte des bonnes pratiques, donnant le ton pour l’implication des écoles d’art dans la recherche nationale et internationale, mais c’est également un document manifeste pour asseoir ce que celles-ci ont fait apparaître d’inédit, de prospectif et d’émancipateur ces dernières années, alors qu’elles expérimentaient tous azimuts pour l’invention d’une recherche spécifique.
C’est un document structurant, qui entend à la fois établir une synthèse de l’existant, fixer et décrire le territoire de la recherche qui a lieu aujourd’hui, mais également, poursuivant l’effort prospectif, proposer des solutions pour l’organisation concrète d’un dispositif national qui fait aujourd’hui défaut.
La recherche dans les écoles supérieures d’art
Définition générale
La recherche dans les écoles d’art a plusieurs points de spécificité, parce que son champ de référence, l’art, est spécifique.
• Elle n’a pas obligatoirement de prérequis techniques et technologiques. Mais elle sait donner à voir ses méthodes, ses protocoles, ses expériences, et sait en vérifier la pertinence, les questionner et les repenser.
• Elle reconnaît au sensible, à l’intuition, au sauvage, une immense capacité prospective — et en cela, comme toute activité créative, ne dialectise et ne sépare jamais l’intelligible et le sensible à quelque moment que ce soit de la chaîne de l’activité (du temps de production jusqu’au temps de la mise en partage de ce qui est produit).
• Elle puise en dehors de son champ propre une grande partie de ses ressources — et comme l’art, elle est un agencement d’éléments en provenance de la totalité des activités et des données du monde.
• Elle assume un rapport à l’histoire peu linéaire, et bien que capitalisant les formes et les idées du passé, connaissant les autres recherches déjà menées (au moins depuis la Renaissance et le Traité de la peinture de Léonard de Vinci) pour pouvoir
y ajouter de l’inédit, elle ne présume d’aucun progrès : comme l’art, elle aide simplement l’homme à «être au monde», dans toutes les dimensions que sous-tend cette expression.
Articulation de la recherche et de l’enseignement
La recherche est présente à tous les niveaux de l’enseignement, avec une intensité différente, comme dans le reste de l’enseignement supérieur où les enseignant-e-s sont des chercheurs transmettant dès le 1er cycle des connaissances et des savoir-faire directement issus du champ de leur pratique. Comme dans le reste de l’enseignement supérieur également, les trois cycles de formation aboutissant aux trois diplômes LMD intensifient progressivement la place de la recherche dans l’enseignement: si la question de la recherche apparaît en 1er cycle, c’est en 2e cycle qu’est véritablement développée « l’initiation à la recherche », et c’est en 3e cycle que les étudiant-e-s deviennent des chercheurs. Les écoles d’art ont coutume d’appeler le 1er cycle «phase programme», le 2e cycle «phase projet», le 3e cycle se constituant donc comme une «phase recherche ».
Plus spécifiquement, parce que la recherche produite dans les écoles d’art porte sur l’art et donc sur l’être au monde, il arrivera régulièrement que des étudiant-e-s, quel que soit leur niveau d’études, apparaissent comme des « concerné-e-s » de la recherche, voire comme des expert-e-s — et en tant que tels seront associé-e-s à cette recherche. Les écoles d’art ont développé des formes émancipatrices de pédagogie qui permettent de dépasser la dialectique du maître et de l’élève, et dans l’activité de recherche, il s’agit de continuer de s’appuyer sur cette puissance effective : des artistes, des designers et des théoriciens enseignants- chercheurs, des étudiants émancipés, de la recherche qui sait associer tous les individus concernés par la construction du problème sur lequel elle porte.
Temporalité de la recherche
Comme l’art, la recherche exige des durées variées. Ainsi, dans les écoles d’art, nous pouvons distinguer:
• les «unités de recherche» dédiées à un problème fondamental de l’art ou du design et qui entendent créer des lieux de capitalisation des connaissances et des savoir-faire sur ce problème,
• les «programmes de recherche» inscrits dans une temporalité définie (de deux à quatre années) et qui rassemblent ponctuellement une équipe spécifique.
Les unités de recherche structurent la recherche au niveau artistique et scientifique de la vie des formes et des idées, mais également à un niveau matériel et technique. Elles sont portées par une ou plusieurs écoles et sont aussi diverses que le sont les écoles d’art elles-mêmes, chacune se caractérisant par un projet qui lui est propre — projet dont les coordonnées artistiques, thématiques, esthétiques, politiques, ou encore, à l’occasion, stylistiques, sont élaborées et coordonnées dans le cadre de l’activité de recherche de chaque école. En ce qui concerne leur rôle dans la construction des contenus de la recherche, les unités:
• rassemblent tous les chercheurs, artistes, designers et théoriciens concernés par le projet défini par l’école ou les écoles impliquée(s);
• travaillent régulièrement avec les conseils scientifiques des établissements (selon des modalités fixées par chaque école);
• animent la vie des formes et des idées en étant un lieu où est discuté, croisé et donc évalué ce qui est produit dans les différents «programmes de recherche» soutenus par le ou les établissements ;
• réfléchissent aux différents formats et régimes de la recherche, ainsi qu’à ses définitions et méthodologies ;
• organisent les partenariats structurels en ce qui concernent la recherche.
S’agissant de l’aspect matériel et technique de l’activité de l’unité de recherche, et en fonction du projet, celle-ci peut se doter:
• d’espaces de travail spécifiques, qu’ils soient physiques (résidence, laboratoires, ateliers, bureaux, salles de réunion…) ou dématérialisés (plateforme, blog, forum de discussion, site internet…) — ces espaces permettent à l’activité de recherche, quelle qu’elle soit, de se tenir et de se développer in situ, dans les écoles d’art ;
• d’un budget défini (pour l’organisation d’événements, d’éditions, pour les missions et les frais de déplacement de ses membres…);
• d’une administration et d’un service de communication 35 et de valorisation — à la fois pour accompagner et soutenir l’activité (de la constitution des dossiers de réponses aux appels à projet jusqu’à l’organisation concrète d’événements) et pour archiver et redistribuer ce que la recherche produit.
Il est important de noter qu’en aucun cas il n’est souhaitable qu’une unité de recherche soit séparée du reste de l’école (ou des écoles) dont elle dépend. Au contraire, c’est dans les frottements incessants entre l’activité de l’unité de recherche et celle de l’école (ses artistes, ses designers, ses techniciens, ses enseignant-e-s et ses étudiant-e-s) que des formes s’inventent. Cette spécificité qui a à voir avec l’écosystème des écoles d’art est un atout précieux pour la recherche.
Les programmes de recherche quant à eux sont produits pour abonder au capital des unités, mais aussi pour nourrir la pédagogie, l’activité d’un département spécifique d’une école, un événement important dans un territoire, etc.
Entre ces deux pôles (programme ponctuel et unité de recherche pérenne) et ces deux temporalités, les écoles d’art règlent le curseur de leur activité, s’appuyant sur leur permanente inventivité prospective.
Les acteurs de la recherche dans les écoles supérieures d’art travaillent selon une logique d’agencement qui privilégie la complémentarité et la mise en tension des différences. Aussi, toute personne engagée dans un processus de travail, reconnue par ses pair-e-s comme ayant une compétence suffisante, pourra participer ou porter de la recherche. Pas plus que dans le reste de leur activité, les écoles d’art ne souhaitent qu’à cet endroit soit mise en place une modélisation. Elles promeuvent un modèle ouvert, essayiste, qui permet la création d’équipes ad hoc, au niveau national et international, en fonction de ce qu’il est envisagé de construire. Aussi, la structuration réglementaire de la reconnaissance par les pair-e-s tiendra compte de cette légèreté et de la fondamentale logique d’agencement qui régit le monde de l’art et du design.
Ainsi, pourront travailler ensemble des artistes, des designers, des doctorants ou enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales (sociologues, philosophes, historiens, ethnologues…) ou en sciences de la nature (biologistes, botanistes, physiciens…), des ingénieurs, et puis des directeurs de centres d’art et de design ou d’institutions culturelles, des commissaires d’exposition ou conservateurs de musée, mais aussi des professionnels, artisans, écrivains ou toute autre personnalité en France et à l’étranger, en capacité d’apporter quelque chose
aux projets de recherche.
La recherche dans les écoles supérieures d’art est définie et menée depuis les structures de recherche qui y sont installées, mais régulièrement, parce que l’art est une activité qui se nourrit de tous types d’activités humaines, elle collabore avec des chercheurs d’autres disciplines
et génère des associations avec d’autres laboratoires et centres de recherche, universitaires ou non, en France et à l’étranger. Des programmes ou des unités de recherche peuvent être ainsi mis en place entre plusieurs structures, et des espaces inédits de recherche voir le jour. En cela, la recherche est le lieu ouvert des rencontres et des déplacements, mais aussi des agencements institutionnels entre écoles d’art et universités, centres de recherche et autres laboratoires.
Cependant, parce que la recherche vise toujours une augmentation de son champ référentiel propre, même en cas de recherche commune avec d’autres disciplines, la valeur de cette recherche en art et par l’art ne saurait être déterminée en dehors du champ de l’art. Il faut comprendre que comme pour tous les autres champs disciplinaires, la présence de partenariats ne saurait garantir la valeur d’une recherche — une recherche en philosophie des sciences, par exemple, n’est pas d’emblée pertinente 37 parce qu’un philosophe travaille avec une UMR CNRS
de physique. Il en va de même pour la recherche menée depuis le champ de l’art ou du design.
La recherche dessine donc régulièrement de nouveaux territoires, des tiers territoires, inventés dans de multiples partenariats, à l’intersection des écoles d’art et des structures avec lesquelles elles collaborent. Mais en aucun cas l’absence de partenaires extérieurs ne peut disqualifier un projet de recherche.
Troisième cycle
Certaines écoles dispensent des formations post-Master de haut niveau, sélectives et spécialisées : des 3es cycles spécifiques, sanctionnés ou non par des diplômes
ou certificats d’établissement, ou des Doctorats, élaborés conjointement avec des universités.
Parce qu’après la phase «d’initiation à la recherche» en Master il est nécessaire de pouvoir poursuivre une activité à laquelle on a été initié et donc de travailler véritablement avec un régime de recherche, les écoles supérieures d’art développent des 3es cycles qui leur sont propres. Et comme le DNAP est un diplôme spécifique
au niveau de la Licence, comme le DNSEP a le grade de Master tout en étant conduit depuis le champ de la création contemporaine, les 3es cycles s’inventent au plus près du champ référentiel qu’est le monde de l’art et du design.
Des post-diplômes existent déjà dans certaines écoles depuis de nombreuses années et peuvent être des points de départ pour la mise en place de 3es cycles. Cependant, en aucun cas les 3es cycles ne visent à remplacer les post- diplômes qui sont à visée strictement professionnalisante : dispositifs resserrés sur une durée courte (un an en général) les post-diplômes s’apparentent à des résidences de création et non plus à de la formation. À dimensions variables, ils permettent à des professionnels déjà engagés dans leur carrière de réaliser un projet en s’appuyant sur les ressources d’une école et sur son réseau artistique et culturel (logistique de production, possibilité d’exposition dans des conditions professionnelles…).
Au contraire, le 3e cycle est proprement un cycle de formation par la recherche, venant compléter le cursus pour les diplômés de DNSEP et de Master, avec des dispositifs spécifiques à la recherche, sur des durées plus longues qui radicalisent les démarches de projet déjà à l’œuvre en DNSEP. Ces 3es cycles et leurs acteurs (artistes et théoriciens étudiants-chercheurs, encadrés par des équipes référentes) participent en plein à l’activité de recherche dans les écoles. Ils alimentent les unités de recherche et les projets ponctuels. Ils aident au développement d’une recherche spécifique par l’exemple de leur activité également spécifique — en se situant dans le prolongement de ce que les deux premiers cycles ont ouvert.
Les 3es cycles sont donc construits pour et avec de jeunes artistes, designers et théoriciens insérés dans le champ de l’art, communauté de référence pour les écoles.
Ils permettent la mise en place structurelle d’un espace de recherche régi par une temporalité et un régime spécifiques. Et ce qu’ils produisent de prospectif, émancipateur et aventureux est évalué par des acteurs compétents du monde de l’art, afin le cas échéant de garantir la remise d’un diplôme d’école spécifique établi à un niveau doctorat, à la suite des DNAP et DNSEP.
Production et évaluation de la recherche
Ce que produit la recherche peut se nommer de manière générale, et presque systématiquement dans cet ordre, comme suit :
• l’identification d’un problème,
• le travail sur ce problème grâce à des pratiques et des outils divers,
• la production d’une forme (de savoir et d’expérience) permise par le travail,
• le partage de cette forme qui est diffusée et réceptionnée par les concerné-e-s par le problème,
•le constat d’un résultat, d’une résolution ou d’un déplacement du problème : in fine, la présence de quelque chose de plus, en excédent, par rapport à la situation de départ.
Tous les moments et toutes les dimensions de la production de la recherche peuvent être restitués, partagés et valorisés — et cela avec des formes toujours choisies ad hoc.
En ce qui concerne l’évaluation, la qualité de la production de la recherche est déterminée par des pair-e-s issu-e-s
de la communauté de référence, en France et à l’étranger, auxquel-le-s s’ajoutent les concerné-e-s par le problème traité. Comme dans les autres lieux de l’activité artistique, l’évaluation se fait de manière située, c’est-à-dire en évaluant les objets à partir de ce à quoi ils postulent.
La structuration nationale de la recherche
Pour pouvoir soutenir efficacement l’activité de recherche développée par les écoles supérieures d’art, est proposée la mise en place des dispositifs et statuts suivants.
Conseil National des Écoles Supérieures d’Art
Parce que la recherche est inventée et menée depuis le champ de l’art, ce champ met en place une structure légitime et co-construite qui établit les bonnes pratiques : le Conseil National des Écoles Supérieures d’Art (CNESA) qui rassemble et représente les acteurs concernés.
Ce conseil permet d’organiser la conduite de la recherche en intervenant sur les points suivants :
• statuts d’étudiant-chercheur et régime d’enseignant- chercheur, pour les artistes, les designers, les praticiens et les théoriciens, et habilitation à diriger des unités
de recherche, des programmes de recherche et des 3es cycles;
•création puis participation au fonctionnement d’un nouveau dispositif de répartition des budgets alloués à la recherche;
• évaluation des unités de recherche, des programmes de recherche et des 3es cycles;
• coordination nationale de la recherche.
La gouvernance et le fonctionnement du CNESA seront déterminés collégialement lors de sa création, entre autre à partir de propositions faites par la «commission recherche » de l’ANdÉA — Association nationale des écoles supérieures d’art. D’ores et déjà, il découle de ce qui précède que, pour pouvoir mener à bien ses missions, le CNESA se réunira plusieurs fois par an et devra être un conseil particulièrement actif.
Les écoles représentent un maillon essentiel du monde 43 de l’art et du design. La communauté des pair-e-s d’où peuvent provenir la légitimation et l’évaluation des activités des écoles (formation et recherche) est ce milieu même et ses différents acteurs. Les pair-e-s se composent de trois catégories de personnes :
• les impliqué-e-s: artistes, designers et théoriciens impliqués dans la recherche dans les écoles ;
• les concerné-e-s en France: critiques, commissaires, institutionnels du monde de la création, artistes et designers;
• les concerné-e-s à l’international: critiques, commissaires, institutionnels du monde de la création, artistes et designers.
Catégories d’expert-e-s et proportions à respecter pour le CNESA et les organes d’évaluation en général :
• homme / femme: 1/1;
• design / art : 2/5 ;
• théoricien / praticien : 1/5 ;
• impliqué-e-s / concerné-e-s en France / concerné-e-s à l’international: 8/6/1.
Le CNESA pourrait rassembler:
• 12 impliqué-e-s (6 hommes et 6 femmes): 5 artistes, 2 designers, 1 théoricien ou 1 critique, 4 directeurs d’écoles supérieures d’art;
• 8 concerné-e-s en France (4 hommes et 4 femmes):
3 artistes, 1 designer et 4 commissaires ou critiques ;
• 2 concerné-e-s à l’international (1 homme et 1 femme): 1 artiste et 1 commissaire ou critique;
• des représentants du ministère de la Culture et de la Communication.
Statut d’étudiant-chercheur
Les jeunes artistes mais aussi les théoriciens, les designers, curateurs et autres créateurs, lorsqu’ils s’inscrivent dans une école pour y préparer un troisième cycle, obtiennent un statut d’étudiant-chercheur. En tant qu’étudiant-chercheur, ils bénéficient du statut d’étudiant, mais aussi de toutes les ressources de l’établissement dans lequel ils s’inscrivent. Par ailleurs, parce qu’ils sont aussi des chercheurs, ils peuvent mener des missions, conduire des projets pour les établissements et leurs unités de recherche, mais aussi délivrer divers enseignements. Pour chacune de ces missions, des contrats sont établis entre l’étudiant- chercheur et l’école concernée.
Ce statut est créé nationalement, à partir des recommandations du CNESA.
Mission d’enseignant-chercheur
Les enseignants des écoles supérieures d’art, théoriciens, artistes et autres créateurs qui souhaitent mener une activité de recherche au sein d’une école en font
la demande auprès de leur établissement et de son conseil scientifique — et sur avis du conseil scientifique, pour la durée déterminée du projet de recherche, le théoricien, l’artiste ou le designer obtient un aménagement ponctuel de son poste et devient enseignant-chercheur. La charge de recherche est donc accessible à tout enseignant dont les compétences sont reconnues par son établissement — les enseignants des écoles d’art sont en effet d’ores et déjà des enseignants de l’enseignement supérieur dont l’activité est évaluée et reconnue au moment de l’habilitation des diplômes LMD dont ils ont la charge, et ils peuvent donc solliciter le statut d’enseignant- chercheur au sein de leur établissement.
À noter que la définition du régime d’activité de l’enseignant-chercheur se fait dans le cadre de la refonte générale du statut des enseignants des écoles d’art
qui apparaît aujourd’hui indispensable pour parachever la réforme des enseignements supérieurs artistiques (annualisation du temps de face-à-face pédagogique et possibilité de décharge pour recherche validée par le conseil scientifique de l’établissement).
Fonds de finacement pour la recherche
Le financement de la recherche dans les écoles supérieures d’art se fait avant tout à partir du champ de l’art et avec les partenaires nationaux et internationaux qui sont traditionnellement les siens. En effet, parce que la recherche concerne un champ constitué, le financement de cette recherche se fait d’abord avec des dispositifs établis dans ce champ. Ainsi, en France, dans le cadre de leur mission de soutien à la création, le ministère de la Culture et de la Communication en premier lieu,
puis les directions des affaires culturelles des collectivités territoriales, poursuivent et développent l’accompagnement de l’activité de recherche. Ils mettent en place des fonds spécifiques de financement de la recherche, et tout en communiquant clairement sur une politique de recherche ambitieuse, ils l’articulent à un soutien réaffirmé à la création, autre volet essentiel de la politique en faveur
Les moyens rassemblés sont répartis en s’appuyant sur l’expertise du CNESA. Ces moyens visent à soutenir:
• les unités de recherche ainsi que les activités des enseignants et des étudiants chercheurs qui participent à leur rayonnement national et international (notamment les frais de mission, de déplacement et de diffusion des résultats en publications, les conférences et expositions…) — cela permet l’établissement de structures pérennes, véritables piliers de la recherche dans les écoles;
• les programmes de recherche ponctuels, établis pour un temps et pour un objectif défini — cela permet la constitution d’équipes inédites, ou bien qu’un problème spécifique et localisé soit traité, dans tous les cas cela stimule une activité située ;
• les 3es cycles spécifiques aux écoles d’art.
Dans les premier et troisième cas, le financement se fait par contrats pluriannuels renouvelables (4 ans minimum). Dans le second cas, des appels à projet sont proposés à rythme régulier, avec un cahier des charges défini et une transparence quant à l’attribution de ces aides.
L’activité de recherche peut secondairement trouver des financements en faisant des incursions dans le champ professionnel du monde de la créativité, de l’art, du design ou de la théorie, et en se rapprochant de la R&D. De la même façon, la recherche peut trouver quelques ressources en optimisant sa logique d’agencement, en particulier en partenariat avec d’autres lieux de recherche de l’enseignement supérieur éligibles à des financements propres (appels à projet ANR ou européens, bourses diverses…), et les écoles d’art peuvent dans ces cas monnayer leur partenariat. Mais cela ne saurait en aucun cas constituer la ressource principale de leur activité de recherche. Parce que la recherche dans les écoles d’art, tout comme
la recherche en général, n’est pas immédiatement rentable mais participe à l’innovation et à la transformation de notre société, il revient aux pouvoirs publics d’affiner leurs dispositifs de financement de cette recherche spécifique.
Évaluation de la recherche
Le principe de l’évaluation de la recherche menée dans les écoles d’art est le même que celui de toute l’activité de recherche : une évaluation par les pair-e-s. À cela s’ajoute, lorsque la recherche est particulièrement située et contextuelle, et donc lorsque cela fait partie des enjeux de cette recherche, une évaluation par les concerné-e-s.
Le CNESA, Conseil National des Écoles Supérieures d’Art, organise le dispositif de l’évaluation de la recherche dans les écoles:
• pour les unités de recherche et les 3es cycles, des missions d’évaluation peuvent être menées sur site, pour y rencontrer les équipes et leurs outils, et voir
les travaux qui y sont conduits ;
• pour les programmes de recherche, l’évaluation se fait sur présentation d’une documentation, en amont et en aval des projets.
Le CNESA peut également être sollicité pour accompagner 47 la démarche de structuration de la recherche dans une école. Dans tous les cas, l’évaluation est pensée comme un accompagnement de la pratique de recherche et pour stimuler l’avancée du développement d’une recherche spécifique.
Pour cela, l’évaluation :
• est effectuée par un collège de pair-e-s ;
• explicite ses méthodes, ses attendus, ses objectifs;
•rend systématiquement publiques ses conclusions (et plus généralement rend transparent son fonctionnement, par exemple en ce qui concerne
les conditions dans lesquelles a été conduite l’évaluation et par qui elle a été menée);
• est argumentative et relève de la force de proposition;
• privilégie le «rapport d’évaluation» plutôt que la notation chiffrée, et choisit la critique plutôt que le palmarès.

References: Art. 24
 Art. 25

Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4
 art. 137
sui generis
in fine