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Timestamp: 2020-08-15 16:40:47+00:00

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Catéchisme de l'Église catholique -- §800 à §899
Les charismes sont à accueillir avec reconnaissance par celui qui les reçoit, mais aussi par tous les membres de l'Église. Ils sont, en effet, une merveilleuse richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le Corps du Christ; pourvu cependant qu'il s'agisse de dons qui proviennent véritablement de l'Esprit Saint et qu'ils soient exercés de façon pleinement conforme aux impulsions authentiques de ce même Esprit, c'est-à-dire selon la charité, vraie mesure des charismes (cf. 1 Co 13).
C'est dans ce sens qu'apparaît toujours nécessaire le discernement des charismes. Aucun charisme ne dispense de la référence et de la soumission aux Pasteurs de l'Église. «C'est à eux qu'il convient spécialement, non pas d'éteindre l'Esprit, mais de tout éprouver pour retenir ce qui est bon» (LG 12), afin que tous les charismes coopèrent, dans leur diversité et leur complémentarité, au «bien commun» (1 Co 12, 7) (cf. LG 30; CL 24).
«Le Christ Jésus s'est livré pour nous afin de nous racheter de toute iniquité et de purifier un Peuple qui lui appartienne en propre» (Tt 2, 14).
«Vous êtes donc une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un Peuple acquis» (1 P 2, 9).
On entre dans le Peuple de Dieu par la foi et le Baptême. «Tous les hommes sont appelés à faire partie du Peuple de Dieu» (LG 13), afin que, dans le Christ, «les hommes constituent une seule famille et un seul Peuple de Dieu» (AG 1).
L'Église est le Corps du Christ. Par l'Esprit et son action dans les sacrements, surtout l'Eucharistie, le Christ mort et ressuscité constitue la communauté des croyants comme son Corps.
Dans l'unité de ce Corps, il y a diversité de membres et des fonctions. Tous les membres sont liés les uns aux autres, particulièrement à ceux qui souffrent, sont pauvres et persécutés.
L'Église est ce Corps dont le Christ est la Tête: elle vit de Lui, en Lui et pour Lui; Il vit avec elle et en elle.
L'Église est l'Épouse du Christ: Il l'a aimée et s'est livré pour elle. Il l'a purifiée par son sang. Il a fait d'elle la Mère féconde de tous les fils de Dieu.
L'Église est le Temple de l'Esprit Saint. L'Esprit est comme l'âme du Corps Mystique, principe de sa vie, de l'unité dans la diversité et de la richesse de ses dons et charismes.
«Ainsi l'Église universelle apparaît comme 'un Peuple qui tire son unité de l'unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint' (S. Cyprien, Dom. orat. 23: PL 4, 535C-536A)» (LG 4).
Paragraphe 3. L'ÉGLISE EST UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE
«C'est là l'unique Église du Christ, dont nous professons dans le symbole qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique» (LG 8). Ces quatre attributs, inséparablement liés entre eux (cf. DS 2888), indiquent des traits essentiels de l'Église et de sa mission. L'Église ne les tient pas d'elle-même; c'est le Christ qui, par l'Esprit Saint, donne à son Église, d'être une, sainte, catholique et apostolique, et c'est Lui encore qui l'appelle à réaliser chacune de ces qualités.
Seule la foi peut reconnaître que l'Église tient ces propriétés de sa source divine. Mais leurs manifestations historiques sont des signes qui parlent aussi clairement à la raison humaine. «L'Église, rappelle le premier Concile du Vatican, en raison de sa sainteté, de son unité catholique, de sa constance invaincue, est elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et une preuve irréfragable de sa mission divine» (DS 3013).
I. L'Église est une
«Le mystère sacré de l'Unité de l'Église» (UR 2)
L'Église est une de par sa source: «De ce mystère, le modèle suprême et le principe est dans la trinité des personnes l'unité d'un seul Dieu Père, et Fils, en 'l'Esprit Saint» (UR 2). L'Église est une de par son Fondateur: «Car le Fils incarné en personne a réconcilié tous les hommes avec Dieu par sa Croix, rétablissant l'unité de tous en un seul Peuple et un seul Corps» (GS 78, §3). L'Église est une de par son «âme»: «L'Esprit Saint qui habite dans les croyants, qui remplit et régit toute l'Église, réalise cette admirable communion des fidèles et les unit tous si intimement dans le Christ, qu'il est le principe de l'Unité de l'Église» (UR 2). Il est donc de l'essence même de l'Église d'être une:
Quel étonnant mystère! Il y a un seul Père de l'univers, un seul Logos de l'univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique; il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j'aime l'appeler l'Église (S. Clément d'Alexandrie, paed. 1, 6).
Dès l'origine, cette Église une se présente cependant avec une grande diversité qui provient à la fois de la variété des dons de Dieu et de la multiplicité des personnes qui les reçoivent. Dans l'unité du Peuple de Dieu se rassemblent les diversités des peuples et des cultures. Entre les membres de l'Église existe une diversité de dons, de charges, de conditions et de modes de vie; «au sein de la communion de l'Église il existe légitimement des Églises particulières, jouissant de leurs traditions propres» (LG 13). La grande richesse de cette diversité ne s'oppose pas à l'unité de l'Église. Cependant, le péché et le poids de ses conséquences menacent sans cesse le don de l'unité. Aussi l'apôtre doit-il exhorter à «garder l'unité de l'Esprit par le lien de la paix» (Ep 4, 3).
Quels sont ces liens de l'unité? «Par-dessus tout [c'est] la charité, qui est le lien de la perfection» (Col 3, 14). Mais l'unité de l'Église pérégrinante est assurée aussi par des liens visibles de communion:
-- la profession d'une seule foi reçue des apôtres;
-- la célébration commune du culte divin, surtout des sacrements;
-- la succession apostolique par le sacrement de l'ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu (cf. UR 2; LG 14; CIC, can. 205).
«L'unique Église du Christ, (...) est celle que notre Sauveur, après sa Résurrection, remit à Pierre pour qu'il en soit le pasteur, qu'il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (...). Cette Église comme société constituée et organisée dans le monde est réalisée dans (subsistit in) l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui» (LG 8):
Le Décret sur l'Oecuménisme du deuxième Concile du Vatican explicite: «C'est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est 'moyen général de salut', que peut s'obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car c'est au seul collège apostolique, dont Pierre est le chef, que le Seigneur confia, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance, afin de constituer sur la terre un seul Corps du Christ auquel il faut que soient pleinement incorporés tous ceux qui, d'une certaine façon, appartiennent déjà au Peuple de Dieu» (UR 3).
Les blessures de l'unité
De fait, «dans cette seule et unique Église de Dieu apparurent dès l'origine certaines scissions, que l'apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables; au cours des siècles suivants naquirent des dissensions plus amples, et des communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l'Église catholique, parfois de par la faute des personnes de l'une et de l'autre partie» (UR 3). Les ruptures qui blessent l'unité du Corps du Christ (on distingue l'hérésie, l'apostasie et le schisme [cf. CIC, can. 751]) ne se font pas sans les péchés des hommes:
Où se trouve le péché, là aussi la multiplicité, là le schisme, là l'hérésie, là le conflit; mais où se trouve la vertu, là aussi l'unité, là l'union qui faisait que tous les croyants n'avaient qu'un corps et une âme (Origène, hom. in Ezech. 9, 1).
Ceux qui naissent aujourd'hui dans des communautés issues de telles ruptures «et qui vivent la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division, et l'Église catholique les entoure de respect fraternel et de charité (...). Justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l'Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur» (UR 3).
Au surplus, «beaucoup d'éléments de sanctification et de vérité» (LG 8) existent en dehors des limites visibles de l'Église catholique: «la parole de Dieu écrite, la vie de la grâce, la foi, l'espérance et la charité, d'autres dons intérieurs du Saint-Esprit et d'autres éléments visibles» (UR 3; cf. LG 15). L'Esprit du Christ se sert de ces Églises et communautés ecclésiales comme moyens de salut dont la force vient de la plénitude de grâce et de vérité que le Christ a confié à l'Église catholique. Tous ces biens proviennent du Christ et conduisent à lui (cf. UR 3) et appellent par eux-mêmes «l'unité catholique» (LG 8).
L'unité, «le Christ l'a accordée à son Église dès le commencement. Nous croyons qu'elle subsiste de façon inamissible dans l'Église catholique et nous espérons qu'elle s'accroîtra de jour en jour jusqu'à la consommation des siècles» (UR 4). Le Christ donne toujours à son Église le don de l'unité, mais l'Église doit toujours prier et travailler pour maintenir, renforcer et parfaire l'unité que le Christ veut pour elle. C'est pourquoi Jésus lui-même a prié à l'heure de sa passion, et Il ne cesse de prier le Père pour l'unité de ses disciples: «... Que tous soient un. Comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu'eux aussi soient un en Nous, afin que le monde croie que Tu M'as envoyé» (Jn 17, 21). Le désir de retrouver l'unité de tous les chrétiens est un don du Christ et un appel de l'Esprit Saint (cf. UR 1).
Pour y répondre adéquatement sont exigés:
-- un renouveau permanent de l'Église dans une fidélité plus grande à sa vocation. Cette rénovation est le ressort du mouvement vers l'unité (cf. UR 6);
-- la conversion du coeur «en vue de vivre plus purement selon l'Évangile» (cf. UR 7), car c'est l'infidélité des membres au don du Christ qui cause les divisions;
-- la prière en commun, car «la conversion du coeur et la sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l'unité des chrétiens, doivent être regardées comme l'âme de tout oecuménisme et peuvent être à bon droit appelées oecuménisme spirituel» (UR 8);
-- la connaissance réciproque fraternelle (cf. UR 9);
-- la formation oecuménique des fidèles et spécialement des prêtres (cf. UR 10);
-- le dialogue entre les théologiens et les rencontres entre les chrétiens des différentes Églises et communautés (cf. UR 4; 9; 11);
-- la collaboration entre chrétiens dans les divers domaines du service des hommes (cf. UR 12).
Le souci de réaliser l'union «concerne toute l'Église, fidèles et pasteurs» (UR 5). Mais il faut aussi «avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Église du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines» C'est pourquoi nous mettons tout notre espoir «dans la prière du Christ pour l'Église, dans l'amour du Père à notre égard, et dans la puissance du Saint-Esprit» (UR 24).
II. L'Église est sainte
«L'Église (...) est aux yeux de la foi indéfectiblement sainte. En effet le Christ, Fils de Dieu, qui, avec le Père et l'Esprit, est proclamé 'seul Saint', a aimé l'Église comme son épouse, il s'est livré pour elle afin de la sanctifier, il se l'est unie comme son Corps et l'a comblée du don de l'Esprit Saint pour la gloire de Dieu» (LG 39). L'Église est donc «le Peuple saint de Dieu» (LG 12), et ses membres sont appelés «saints» (cf. Ac 9, 13; 1 Co 6, 1; 16, 1).
L'Église, unie au Christ, est sanctifiée par Lui; par Lui et en Lui elle devient aussi sanctifiante. «Toutes les oeuvres de l'Église tendent comme à leur fin, à la sanctification des hommes dans le Christ et à la glorification de Dieu» (SC 10). C'est dans l'Église qu'est déposée «la plénitude des moyens de salut» (UR 3). C'est en elle que «nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu» (LG 48).
«Sur terre, l'Église est parée d'une sainteté véritable, bien qu'imparfaite» (LG 48). En ses membres, la sainteté parfaite est encore à acquérir: «Pourvue de moyens salutaires d'une telle abondance et d'une telle grandeur, tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père» (LG 11).
La charité est l'âme de la sainteté à laquelle tous sont appelés: «Elle dirige tous les moyens de sanctification, leur donne leur âme et les conduit à leur fin» (LG 42):
Je compris que si l'Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l'Église avait un Coeur, et que ce Coeur était brûlant d'amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang (...). Je compris que l'Amour renfermait toutes les vocations, que l'amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux (...) en un mot, qu'il est éternel! (Ste. Thérèse de l'Enfant-Jésus, ms. autob. B 3v).
«Tandis que le Christ saint, innocent, sans tache, venu uniquement pour expier les péchés du peuple, n'a pas connu le péché, l'Église, elle, qui renferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement» (LG 8; cf. UR 3; 6). Tous les membres de l'Église, ses ministres y compris, doivent se reconnaître pécheurs (cf. 1 Jn 1, 8-10). En tous, l'ivraie du péché se trouve encore mêlée au bon grain de l'Évangile jusqu'à la fin des temps (cf. Mt 13, 24-30). L'Église rassemble donc des pécheurs saisis par le salut du Christ mais toujours en voie de sanctification:
L'Église est sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu'elle n'a elle-même d'autre vie que celle de la grâce: c'est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient; c'est en se soustrayant à sa vie qu'ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C'est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ces fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l'Esprit Saint (SPF 19).
En canonisant certains fidèles, c'est-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, l'Église reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle et elle soutient l'espérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs (cf. LG 40; 48-51). «Les saints et les saintes ont toujours été source et origine de renouvellement dans les moments les plus difficiles de l'histoire de l'Église» (CL 16, 3). En effet, «la sainteté est la source secrète et la mesure infaillible de son activité apostolique et de son élan missionnaire» (CL 17, 3).
«En la personne de la bienheureuse Vierge l'Église atteint déjà à la perfection qui la fait sans tache ni ride. Les fidèles du Christ, eux, sont encore tendus dans leur effort pour croître en sainteté par la victoire sur le péché: c'est pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie» (LG 65): en elle, l'Église est déjà la toute sainte.
III. L'Église est Catholique
Que veut dire «catholique «?
Le mot «catholique» signifie «universel» dans le sens de «selon la totalité» ou «selon l'intégralité». L'Église est catholique dans un double sens:
Elle est catholique parce qu'en elle le Christ est présent. «Là où est le Christ Jésus, là est l'Église Catholique» (S. Ignace d'Antioche, Smyrn. 8, 2). En elle subsiste la plénitude du Corps du Christ uni à sa Tête (cf. Ep 1, 22-23), ce qui implique qu'elle reçoive de lui «la plénitude des moyens de salut» (AG 6) qu'Il a voulus: confession de foi droite et complète, vie sacramentelle intégrale et ministère ordonné dans la succession apostolique. L'Église était, en ce sens fondamental, catholique au jour de la Pentecôte (cf. AG 4) et elle le sera toujours jusqu'au jour de la Parousie.
Elle est catholique parce qu'elle est envoyée en mission par le Christ à l'universalité du genre humain (cf. Mt 28, 19):
Tous les hommes sont appelés à faire partie du Peuple de Dieu. C'est pourquoi ce Peuple, demeurant un et unique, est destiné à se dilater aux dimensions de l'univers entier et à toute la suite des siècles pour que s'accomplisse ce que s'est proposé la volonté de Dieu créant à l'origine la nature humaine dans l'unité, et décidant de rassembler enfin dans l'unité ses fils dispersés (...). Ce caractère d'universalité qui brille sur le Peuple de Dieu est un don du Seigneur lui-même, grâce auquel l'Église catholique, efficacement et perpétuellement, tend à récapituler l'humanité entière avec tout ce qu'elle comporte de biens sous le Christ chef, dans l'unité de son Esprit (LG 13).
Chaque Église particulière est «catholique»
«L'Église du Christ est vraiment présente en tous les légitimes groupements locaux de fidèles qui, unis à leurs pasteurs, reçoivent, dans le Nouveau Testament, eux aussi, le nom d'Églises (...). En elles, les fidèles sont rassemblés par la prédication de l'Évangile du Christ, le mystère de la Cène du Seigneur est célébré (...). Dans ces communautés, si petites et pauvres qu'elles puissent être souvent ou dispersées, le Christ est présent par la vertu de qui se constitue l'Église une, sainte, catholique et apostolique» (LG 26).
On entend par Église particulière, qui est d'abord le diocèse (ou l'éparchie), une communauté de fidèles chrétiens en communion dans la foi et les sacrements avec leur évêque ordonné dans la succession apostolique (cf. CD 11; CIC, can. 368-369; CCEO 177, 1; 178; 311, 1; 312). Ces Églises particulières «sont formées à l'image de l'Église universelle; c'est en elles et à partir d'elles qu'existe l'Église catholique une et unique» (LG 23).
Les Églises particulières sont pleinement catholiques par la communion avec l'une d'entre elles: l'Église de Rome «qui préside à la charité» (S. Ignace d'Antioche, Rom. 1, 1). «Car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout» (S. Irénée, haer. 3, 3, 2: repris par Cc. Vatican I: DS 3057). «En effet, dès la descente vers nous du Verbe incarné, toutes les Églises chrétiennes de partout ont tenu et tiennent la grande Église qui est ici [à Rome] pour unique base et fondement parce que, selon les promesses mêmes du Sauveur, les portes de l'enfer n'ont jamais prévalu sur elle» (S. Maxime le Confesseur, opusc.: PG 91, 137-140).
«L'Église universelle ne doit pas être comprise comme une simple somme ou fédération d'églises particulières. Mais c'est bien plus l'Église, universelle par vocation et mission, qui prend racine dans une variété de terrains culturels, sociaux et humains, prenant dans chaque partie du monde des aspects et des formes d'expression diverses» (EN 62). La riche variété de disciplines ecclésiastiques, de rites liturgiques, de patrimoines théologiques et spirituels propres aux Églises locales «montre avec plus d'éclat, par leur convergence dans l'unité, la catholicité de l'Église indivise» (LG 23).
Qui appartient à l'Église catholique?
«A l'unité catholique du Peuple de Dieu (...) tous les hommes sont appelés; à cette unité appartiennent sous diverses formes ou sont ordonnés, et les fidèles catholiques et ceux qui, par ailleurs, ont foi dans le Christ, et finalement tous les hommes sans exception que la grâce de Dieu appelle au salut» (LG 13):
«Sont incorporés pleinement à la société qu'est l'Église ceux qui, ayant l'Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut institués en elle, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion, sont unis, dans l'ensemble visible de l'Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques. L'incorporation à l'Église, cependant, n'assure pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien 'de corps' au sein de l'Église, mais non 'de coeur'»(LG 14).
«Avec ceux qui, étant baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans professer pourtant intégralement la foi ou sans garder l'unité de communion avec le successeur de Pierre, l'Église se sait unie pour de multiples raisons» (LG 15). «Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu'imparfaite, avec l'Église catholique» (UR 3). Avec les Églises orthodoxes, cette communion est si profonde «qu'il lui manque bien peu pour qu'elle atteigne la plénitude autorisant une célébration commune de l'Eucharistie du Seigneur» (Paul VI, discours 14 décembre 1975; cf. UR 13-18).
L'Église et les non-chrétiens
«Quant à ceux qui n'ont pas encore reçu l'Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au Peuple de Dieu» (LG 16):
Le rapport de l'Église avec le Peuple Juif. L'Église, Peuple de Dieu dans la Nouvelle Alliance, découvre, en scrutant son propre mystère, son lien avec le Peuple Juif (cf. NA 4). «à qui Dieu a parlé en premier» (MR, Vendredi Saint 13: oraison universelle VI). A la différence des autres religions non-chrétiennes la foi juive est déjà réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance. C'est au Peuple Juif qu'«appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair le Christ» (Rm 9, 4-5) car «les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance» (Rm 11, 29).
Par ailleurs, lorsque l'on considère l'avenir, le Peuple de Dieu de l'Ancienne Alliance et le nouveau Peuple de Dieu tendent vers des buts analogues: l'attente de la venue (ou du retour) du Messie. Mais l'attente est d'un côté du retour du Messie, mort et ressuscité, reconnu comme Seigneur et Fils de Dieu, de l'autre de la venue du Messie, dont les traits restent voilés, à la fin des temps, attente accompagnée du drame de l'ignorance ou de la méconnaissance du Christ Jésus.
Les relations de l'Église avec les musulmans. «Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, en déclarant qu'ils gardent la foi d'Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour» (LG 16; cf. NA 3).
Le lien de l'Église avec les religions non-chrétiennes est d'abord celui de l'origine et de la fin communes du genre humain:
En effet, tous les peuples forment une seule communauté; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s'étendent à tous, jusqu'à ce que les élus soient réunis dans la cité sainte (NA 1).
L'Église reconnaît dans les autres religions la recherche, «encore dans les ombres et sous des images», du Dieu inconnu mais proche puisque c'est Lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses et puisqu'il veut que tous les hommes soient sauvés. Ainsi, l'Église considère tout ce qui peut se trouver de bon et de vrai dans les religions «comme une préparation évangélique et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie» (LG 16; cf. NA 2; EN 53).
Mais dans leur comportement religieux, les hommes montrent aussi des limites et des erreurs qui défigurent en eux l'image de Dieu:
Bien souvent, trompés par le malin, ils se sont égarés dans leurs raisonnements, ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, en servant la créature de préférence au Créateur ou bien vivant et mourant sans Dieu en ce monde, ils sont exposés à l'extrême désespoir (LG 16).
C'est pour réunir de nouveau tous ses enfants que le péché a dispersés et égarés que le Père a voulu convoquer toute l'humanité dans l'Église de son Fils. L'Église est le lieu où l'humanité doit retrouver son unité et son salut. Elle est «le monde réconcilié» (S. Augustin, serm. 96, 7, 9: PL 38, 588). Elle est ce navire qui «navigue bien en ce monde au souffle du Saint-Esprit sous la pleine voile de la Croix du Seigneur» (S. Ambroise, virg. 18, 118: PL 16, 297B); selon une autre image chère aux Pères de l'Église, elle est figurée par l'Arche de Noé qui seule sauve du déluge (cf. déjà 1 P 3, 20-21).
«Hors de l'Église point de salut»
Comment faut-il entendre cette affirmation souvent répétée par les Pères de l'Église? Formulée de façon positive, elle signifie que tout salut vient du Christ-Tête par l'Église qui est son Corps:
Appuyé sur la Sainte Écriture et sur la Tradition, le Concile enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut: or, il nous devient présent en son Corps qui est l'Église; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du Baptême, c'est la nécessité de l'Église elle-même, dans laquelle les hommes entrent par la porte du Baptême, qu'il nous a confirmée en même temps. C'est pourquoi ceux qui refuseraient soit d'entrer dans l'Église catholique, soit d'y persévérer, alors qu'ils la sauraient fondée de Dieu par Jésus-Christ comme nécessaire, ceux-là ne pourraient être sauvés (LG 14).
Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans leur faute, ignorent le Christ et son Église:
En effet, ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église, mais cherchent pourtant Dieu d'un coeur sincère et s'efforcent, sous l'influence de sa grâce, d'agir de façon à accomplir sa volonté telle que leur conscience la leur révèle et la leur dicte, ceux-là peuvent arriver au salut éternel (LG 16; cf. DS 3866-3872).
«Bien que Dieu puisse par des voies connues de lui seul amener à la foi 'sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu' (He 11, 6) des hommes qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile, l'Église a le devoir en même temps que le droit sacré d'évangéliser» (AG 7) tous les hommes.
La mission -- une exigence de la catholicité de l'Église
Le mandat missionnaire. «Envoyée par Dieu aux nations pour être le sacrement universel du salut, l'Église, en vertu des exigences intimes de sa propre catholicité et obéissant au commandement de son fondateur est tendue de tout son effort vers la prédication de l'Évangile à tous les hommes» (AG 1): «Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 19-20).
L'origine et le but de la mission. Le mandat missionnaire du Seigneur a sa source ultime dans l'amour éternel de la Très Sainte Trinité: «De par sa nature, l'Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu'elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père» (AG 2). Et but dernier de la mission n'est autre que de faire participer les hommes à la communion qui existe entre le Père et le Fils dans leur Esprit d'amour (cf. Jean-Paul II, RM 23).
Le motif de la mission.. C'est de l'amour de Dieu pour tous les hommes que l'Église a de tout temps tiré l'obligation et la force de son élan missionnaire: «car l'amour du Christ nous presse...» (2 Co 5, 14; cf. AA 6; RM 11). En effet, «Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Tm 2, 4). Dieu veut le salut de tous par la connaissance de la vérité. Le salut se trouve dans la vérité. Ceux qui obéissent à la motion de l'Esprit de vérité sont déjà sur le chemin du salut; mais l'Église à qui cette vérité a été confiée, doit aller à la rencontre de leur désir pour la leur apporter. C'est parce qu'elle croit au dessin universel de salut qu'elle doit être missionnaire.
Les chemins de la mission.«L'Esprit Saint est le protagoniste de toute la mission ecclésiale» (RM 21). C'est lui qui conduit l'Église sur les chemins de la mission. Celle-ci«continue et développe au cours de l'histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle; c'est donc par la même route qu'a suivi le Christ lui-même que, sous la poussée de l'Esprit du Christ, l'Église doit marcher, c'est-à-dire par la route de la pauvreté, de l'obéissance, du service et de l'immolation de soi jusqu'à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection» (AG 5). C'est ainsi que «le sang des martyrs est une semence de chrétiens» (Tertullien, apol. 50).
Mais dans son pèlerinage l'Église fait aussi l'expérience de la «distance qui sépare le message qu'elle révèle et la faiblesse humaine de ceux auxquels cet Évangile est confié» (GS 43, § 6). Ce n'est qu'en avançant sur le chemin «de la pénitence et du renouvellement» (LG 8; cf. 15) et «par la porte étroite de la Croix» (AG 1) que le Peuple de Dieu peut étendre le règne du Christ (cf. RM 12-20). En effet, «comme c'est dans la pauvreté et la persécution que le Christ a opéré la Rédemption, l'Église elle aussi est appelée à entrer dans cette même voie pour communiquer aux hommes les fruits du salut» (LG 8).
Par sa mission même «l'Église fait route avec toute l'humanité et partage le sort terrestre du monde; elle est comme le ferment et, pour ainsi dire, l'âme de la société humaine appelée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu» (GS 40, § 2). L'effort missionnaire exige donc la patience. Il commence par l'annonce de l'Évangile aux peuples et aux groupes qui ne croient pas encore au Christ (cf. RM 42-47); il se poursuit dans l'établissement de communautés chrétiennes qui soient des «signes de la présence de Dieu dans le monde» (AG 15), et dans la fondation d'Églises locales (cf. RM 48-49); il engage un processus d'inculturation pour incarner l'Évangile dans les cultures des peuples (cf. RM 52-54); il ne manquera pas de connaître aussi des échecs. «En ce qui concerne les hommes, les groupes humains et les peuples, l'Église ne les atteint et ne les pénètre que progressivement, et les assume ainsi dans la plénitude catholique» (AG 6).
La mission de l'Église appelle l'effort vers l'unité des chrétiens (cf. RM 50). En effet «les divisions entre chrétiens empêchent l'Église de réaliser la plénitude de catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le Baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion. Bien plus, pour l'Église elle-même, il devient plus difficile d'exprimer sous tous ses aspects la plénitude de la catholicité dans la réalité même de sa vie» (UR 4).
La tâche missionnaire implique un dialogue respectueux avec ceux qui n'acceptent pas encore l'Évangile (cf. RM 55). Les croyants peuvent tirer profit pour eux-mêmes de ce dialogue en apprenant à mieux connaître «tout ce qui se trouvait déjà de vérité et de grâce chez les nations comme par une secrète présence de Dieu» (AG 9). S'ils annoncent la Bonne Nouvelle à ceux qui l'ignorent, c'est pour consolider, compléter et élever la vérité et le bien que Dieu a répandus parmi les hommes et les peuples, et pour les purifier de l'erreur et du mal «pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l'homme» (AG 9).
IV. L'Église est apostolique
L'Église est apostolique parce qu'elle est fondée sur les apôtres, et ceci en un triple sens:
-- elle a été et demeure bâtie sur «le fondement des apôtres» (Ep 2, 20; Ap 21, 14), témoins choisis et envoyés en mission par le Christ lui-même (cf. Mt 28, 16-20; Ac 1, 8; 1 Co 9, 1; 15, 7-8; Ga 1, 1; etc.);
-- elle garde et transmet, avec l'aide de l'Esprit qui habite en elle, l'enseignement (cf. Ac 2, 42), le bon dépôt, les saines paroles entendues des apôtres (cf. 2 Tm 1, 13-14);
-- elle continue à être enseignée, sanctifiée et dirigée par les apôtres jusqu'au retour du Christ grâce à ceux qui leurs succèdent dans leur charge pastorale: le collège des évêques, «assisté par les prêtres, en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l'Église» (AG 5):
Père éternel, tu n'abandonnes pas ton troupeau, mais tu le gardes par tes bienheureux apôtres sous ta constante protection. Tu le diriges encore par ces mêmes pasteurs qui continuent aujourd'hui l'oeuvre de ton Fils (MR, Préface des apôtres).
Jésus est l'Envoyé du Père. Dès le début de son ministère, il «appela à lui ceux qu'il voulut, et il en institua Douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher» (Mc 3, 13-14). Dès lors, ils seront ses «envoyés» (ce que signifie le mot grec apostoloi). En eux continue sa propre mission: «Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie» (Jn 20, 21; cf. 13, 20; 17, 18). Leur ministère est donc la continuation de sa propre mission: «Qui vous accueille, M'accueille», dit-il aux Douze (Mt 10, 40; cf. Lc 10, 16).
Jésus les unit à sa mission reçue du Père: comme «le Fils ne peut rien faire de Lui-même» (Jn 5, 19. 30), mais reçoit tout du Père qui l'a envoyé, ainsi ceux que Jésus envoie ne peuvent rien faire sans Lui (cf. Jn 15, 5) de qui ils reçoivent le mandat de mission et le pouvoir de l'accomplir. Les apôtres du Christ savent donc qu'ils sont qualifiés par Dieu comme «ministres d'une alliance nouvelle» (2 Co 3, 6), «ministres de Dieu» (2 Co 6, 4), «en ambassade pour le Christ» (2 Co 5, 20), «serviteurs du Christ et dispensateurs des mystères de Dieu» (1 Co 4, 1).
Dans la charge des apôtres, il y a un aspect intransmissible: être les témoins choisis de la Résurrection du Seigneur et les fondements de l'Église. Mais il y a aussi un aspect permanent de leur charge. Le Christ leur a promis de rester avec eux jusqu'à la fin des temps (cf. Mt 28, 20). «La mission divine confiée par Jésus aux apôtres est destinée à durer jusqu'à la fin des siècles, étant donné que l'Évangile qu'ils doivent transmettre est pour l'Église principe de toute sa vie, pour toute la durée du temps. C'est pourquoi les apôtres prirent soin d'instituer (...) des successeurs» (LG 20).
«Pour que la mission qui leur avait été confiée pût se continuer après leur mort, les apôtres donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d'achever leur tâche et d'affermir l'oeuvre commencée par eux, leur recommandant de prendre garde au troupeau dans lequel l'Esprit Saint les avait institués pour paître l'Église de Dieu. Ils instituèrent donc des hommes de ce genre, et disposèrent par la suite qu'après leur mort d'autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère» (LG 20; cf. S. Clément de Rome, Cor. 42; 44).
«De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux apôtres d'être les pasteurs de l'Église, charge dont l'ordre sacré des évêques doit assurer la pérennité». C'est pourquoi l'Église enseigne que «les évêques, en vertu de l'institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l'Église, en sorte que, qui les écoute, écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoyé le Christ» (LG 20).
Toute l'Église est apostolique en tant qu'elle demeure, à travers les successeurs de S. Pierre et des apôtres, en communion de foi et de vie avec son origine. Toute l'Église est apostolique en tant qu'elle est «envoyée» dans le monde entier; tous les membres de l'Église, toutefois de diverses manières, ont part à cet envoi. «La vocation chrétienne est aussi par nature vocation à l'apostolat». On appelle «apostolat» «toute activité du Corps mystique» qui tend à «étendre le règne du Christ à toute la terre» (AA 2).
«Le Christ envoyé par le Père étant la source et l'origine de tout l'apostolat de l'Église», il est évident que la fécondité de l'apostolat, celui des ministres ordonnés comme celui des laïcs, dépend de leur union vitale avec le Christ (cf. Jn 15, 5; AA 5). Selon les vocations, les appels du temps, les dons variés du Saint-Esprit, l'apostolat prend les formes les plus diverses. Mais c'est toujours la charité, puisée surtout dans l'Eucharistie, «qui est comme l'âme de tout apostolat» (AA 3).
L'Église est une, sainte, catholique et apostolique dans son identité profonde et ultime, parce que c'est en elle qu'existe déjà et sera accompli à la fin des temps «le Royaume des cieux», «le Règne de Dieu» (cf. Ap 19, 6), advenu dans la Personne du Christ et grandissant mystérieusement au coeur de ceux qui Lui sont incorporés, jusqu'à sa pleine manifestation eschatologique. Alors tous les hommes rachetés par Lui, rendus en lui «saints et immaculés en présence de Dieu dans l'Amour» (cf. Ep 1, 4), seront rassemblés comme l'unique Peuple de Dieu, «l'Épouse de l'Agneau» (Ap 21, 9), «la Cité Sainte descendant du Ciel, de chez Dieu, avec en elle la Gloire de Dieu» (Ap 21, 10-11); et «le rempart de la ville repose sur les douze assises portant chacune le nom de l'un des douze apôtres de l'Agneau» (Ap 21, 14).
L'Église est une: Elle a un seul Seigneur, elle confesse une seule foi, elle naît d'un seul Baptême, elle ne forme qu'un Corps, vivifié par un seul Esprit, en vue d'une unique espérance (cf. Ep 4, 3-5) au terme de laquelle seront surmontées toutes les divisions.
L'Église est sainte: Le Dieu très saint est son auteur; le Christ, son Époux, s'est livré pour elle pour la sanctifier; l'Esprit de sainteté la vivifie. Encore qu'elle comprenne des pécheurs, elle est «la sans-péché faite de pécheurs». Dans les saints brille sa sainteté; en Marie elle est déjà la toute sainte.
L'Église est catholique: Elle annonce la totalité de la foi; elle porte en elle et administre la plénitude des moyens de salut; elle est envoyée à tous les peuples; elle s'adresse à tous les hommes; elle embrasse tous les temps; «elle est, de par sa nature même, missionnaire» (AG 2).
L'Église est apostolique: Elle est bâtie sur des assises durables: «les douze apôtres de l'Agneau» (Ap 21, 14); elle est indestructible (cf. Mt 16, 18); elle est infailliblement tenue dans la vérité: le Christ la gouverne par Pierre et les autres apôtres, présents en leurs successeurs, le Pape et le collège des évêques.
«L'unique Église du Christ, dont nous professons dans le Symbole qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique, (...) c'est dans l'Église catholique qu'elle existe, gouvernée par le successeur de Pierre et par les évêques qui sont en communion avec lui, encore que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures» (LG 8).
Paragraphe 4. LES FIDELES DU CHRIST -- HIERARCHIE, LAÏCS, VIE CONSACREE
«Les fidèles du Christ sont ceux qui, en tant qu'incorporés au Christ par le Baptême, sont constitués en peuple de Dieu et qui, pour cette raison, participant à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l'Église pour qu'elle l'accomplisse dans le monde» (CIC, can. 204, §1; cf. LG 31).
«Entre tous les fidèles du Christ, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe, quant à la dignité et à l'activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l'édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propre de chacun» (CIC, can. 208; cf. LG 32).
Les différences mêmes que le Seigneur a voulu mettre entre les membres de son Corps servent son unité et sa mission. Car «il y a dans l'Église diversité de ministères, mais unité de mission. Le Christ a confié aux apôtres et à leurs successeurs la charge d'enseigner, de sanctifier et de gouverner en son nom et par son pouvoir. Mais les laïcs rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ assument, dans l'Église et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du Peuple de Dieu tout entier» (AA 2). Enfin il y a «des fidèles qui appartiennent à l'une et l'autre catégorie [hiérarchie et laïcs] et qui, par la profession des conseils évangéliques (...) sont consacrés à Dieu et concourent à la mission salvatrice de l'Église à leur manière propre» (CIC, can. 207, § 2).
I. La constitution hiérarchique de l'Église
Pourquoi le ministère ecclésial?
Le Christ est lui-même la source du ministère dans l'Église. Il l'a instituée, lui a donné autorité et mission, orientation et finalité:
«Comment croire sans d'abord entendre? Et comment entendre sans prédicateur? Et comment prêcher sans être d'abord envoyé?» (Rm 10, 14-15). Personne, aucun individu ni aucune communauté, ne peut s'annoncer à lui-même l'Évangile. «La foi vient de l'écoute» (Rm 10, 17). Personne ne peut se donner lui-même le mandat et la mission d'annoncer l'Évangile. L'envoyé du Seigneur parle et agit non pas par autorité propre, mais en vertu de l'autorité du Christ; non pas comme membre de la communauté, mais parlant à elle au nom du Christ. Personne ne peut se conférer à lui-même la grâce, elle doit être donnée et offerte. Cela suppose des ministres de la grâce, autorisés et habilités de la part du Christ. De Lui, les évêques et les prêtres reçoivent la mission et la faculté (le «pouvoir sacré») d'agir in persona Christi Capitis, les Diacres, la force de servir le peuple de Dieu dans la «diaconie» de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l'évêque et son presbytérium. Ce ministère, dans lequel les envoyés du Christ font et donnent par don de Dieu ce qu'ils ne peuvent faire et donner d'eux-mêmes, la tradition de l'Église l'appelle «sacrement». Le ministère de l'Église est conféré par un sacrement propre.
Intrinsèquement lié à la nature sacramentelle du ministère ecclésial est son caractère de service. En effet, entièrement dépendant du Christ qui donne mission et autorité, les ministres sont vraiment «esclaves du Christ» (Rm 1, 1), à l'image du Christ qui a pris librement pour nous «la forme d'esclave» (Ph 2, 7). Parce que la parole et la grâce dont ils sont les ministres ne sont pas les leurs, mais celles du Christ qui les leurs a confiées pour les autres, ils se feront librement esclaves de tous (cf. 1 Co 9, 19).
De même, il est de la nature sacramentelle du ministère ecclésial qu'il ait un caractère collégial. En effet, dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus institua les Douze, «les germes du Nouvel Israël et en même temps l'origine de la hiérarchie sacrée» (AG 5). Choisis ensemble, ils sont aussi envoyés ensemble, et leur unité fraternelle sera au service de la communion fraternelle de tous les fidèles; elle sera comme un reflet et un témoignage de la communion des personnes divines (cf. Jn 17, 21-23). Pour cela, tout évêque exerce son ministère au sein du collège épiscopal, en communion avec l'évêque de Rome, successeur de S. Pierre et chef du collège; les prêtres exercent leur ministère au sein du presbyterium du diocèse, sous la direction de leur évêque.
Enfin il est de la nature sacramentelle du ministère ecclésial qu'il ait un caractère personnel. Si les ministres du Christ agissent en communion, ils agissent toujours aussi de façon personnelle. Chacun est appelé personnellement: «Toi, suis-moi» (Jn 21, 22; cf. Mt 4, 19. 21; Jn 1, 43) pour être, dans la mission commune, témoin personnel, portant personnellement responsabilité devant Celui qui donne la mission, agissant «en Sa personne» et pour des personnes: «Je te baptise au nom du Père... «; «Je te pardonne...».
Le ministère sacramentel dans l'Église est donc un service exercé au nom du Christ. Il a un caractère personnel et une forme collégiale. Cela se vérifie dans les liens entre le collège épiscopal et son chef, le successeur de S. Pierre, et dans le rapport entre la responsabilité pastorale de l'évêque pour son Église particulière et la sollicitude commune du collège épiscopal pour l'Église Universelle.
Le Christ, en instituant les Douze, «leur donna la forme d'un collège, c'est-à-dire d'un groupe stable, et mit à leur tête Pierre, choisi parmi eux» (LG 19). «De même que S. Pierre et les autres apôtres constituent, de par l'institution du Seigneur, un seul collège apostolique, semblablement le Pontife romain, successeur de Pierre et les évêques, successeurs des apôtres, forment entre eux un tout» (LG 22; cf. CIC, can. 330).
Le Seigneur a fait du seul Simon, auquel Il donna le nom de Pierre, la pierre de son Église. Il lui en a remis les clefs (cf. Mt 16, 18-19); Il l'a institué pasteur de tout le troupeau (cf. Jn 21, 15-17). «Mais cette charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre a été aussi donnée, sans aucun doute, au collège des apôtres unis à leur chef» (LG 22). Cette charge pastorale de Pierre et des autres apôtres appartient aux fondements de l'Église. Elle est continuée par les évêques sous la primauté du Pape.
Le Pape, évêque de Rome et successeur de S. Pierre, «est principe perpétuel et visible et fondement de l'unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles» (LG 23). «En effet, le Pontife romain a sur l'Église, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l'Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu'il peut toujours librement exercer» (LG 22; cf. CD 2; 9).
«Le collège ou corps épiscopal n'a d'autorité que si on l'entend comme uni au Pontife romain, comme à son chef». Comme tel, ce collège est «lui aussi le sujet d'un pouvoir suprême et plénier sur toute l'Église, pouvoir cependant qui ne peut s'exercer qu'avec le consentement du Pontife romain» (LG 22; cf. CIC, can. 336).
«Le Collège des Évêques exerce le pouvoir sur l'Église tout entière de manière solennelle dans le Concile Oecuménique» (CIC, can. 337, §1). «Il n'y a pas de Concile Oecuménique s'il n'est comme tel confirmé ou tout au moins accepté par le successeur de Pierre» (LG 22).
«Par sa composition multiple, ce collège exprime la variété et l'universalité du Peuple de Dieu; il exprime, par son rassemblement sous un seul chef, l'unité du troupeau du Christ» (LG 22).
«Les évêques sont, chacun pour sa part, principe et fondement de l'unité dans leurs Églises particulières» (LG 23). Comme tels ils «exercent leur autorité pastorale sur la portion du Peuple de Dieu qui leur a été confiée» (LG 23), assistés des prêtres et des diacres. Mais, comme membres du collège épiscopal chacun d'entre eux a part à la sollicitude pour toutes les Églises (cf. CD 3), qu'ils exercent d'abord «en gouvernant bien leur propre Église comme une portion de l'Église universelle», contribuant ainsi «au bien de tout le Corps mystique qui est aussi le Corps des Églises» (LG 23). Cette sollicitude s'étendra particulièrement aux pauvres (cf. Ga 2, 10), aux persécutés pour la foi, ainsi qu'aux missionnaires qui oeuvrent sur toute la terre.
Les Églises particulières voisines et de culture homogène forment des provinces ecclésiastiques ou des ensembles plus vastes appelés patriarcats ou régions (cf. Canon des Apôtres 34). Les évêques de ces ensembles peuvent se réunir en synodes ou en conciles provinciaux. «De même, les Conférences épiscopales peuvent, aujourd'hui, contribuer de façon multiple et féconde à ce que l'esprit collégial se réalise concrètement» (LG 23).
Les évêques, avec les prêtres, leurs coopérateurs, «ont pour première tâche d'annoncer l'Évangile de Dieu à tous les hommes» (PO 4), selon l'ordre du Seigneur (cf. Mc 16, 15). Ils sont «les hérauts de la foi, qui amènent au Christ de nouveaux disciples, les docteurs authentiques» de la foi apostolique, «pourvus de l'autorité du Christ» (LG 25).
Pour maintenir l'Église dans la pureté de la foi transmise par les apôtres, le Christ a voulu conférer à son Église une participation à sa propre infaillibilité, Lui qui est la Vérité. Par le «sens surnaturel de la foi», le Peuple de Dieu «s'attache indéfectiblement à la foi», sous la conduite du Magistère vivant de l'Église (cf. LG 12; DV 10).
La mission du Magistère est liée au caractère définitif de l'alliance instaurée par Dieu dans le Christ avec son Peuple; il doit le protéger des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique. La charge pastorale du Magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme d'infaillibilité en matière de foi et de moeurs. L'exercice de ce charisme peut revêtir plusieurs modalités:
«De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les moeurs (...). L'infaillibilité promise à l'Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre», surtout dans un Concile Oecuménique (LG 25; cf. Vatican I: DS 3074). Lorsque par son Magistère suprême, l'Église propose quelque chose «à croire comme étant révélé par Dieu» (DV 10) et comme enseignement du Christ, «il faut adhérer dans l'obéissance de la foi à de telles définitions» (LG 25). Cette infaillibilité s'étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine (cf. LG 25).
L'assistance divine est encore donnée aux successeurs des apôtres, enseignant en communion avec le successeur de Pierre, et, d'une manière particulière, à l'évêque de Rome, Pasteur de toute l'Église, lorsque, sans arriver à une définition infaillible et sans se prononcer d'une «manière définitive», ils proposent dans l'exercice du Magistère ordinaire un enseignement qui conduit à une meilleure intelligence de la Révélation en matière de foi et de moeurs. A cet enseignement ordinaire les fidèles doivent «donner l'assentiment religieux de leur esprit» (LG 25) qui, s'il se distingue de l'assentiment de la foi, le prolonge cependant.
L'évêque porte aussi «la responsabilité de dispenser la grâce du suprême sacerdoce» (LG 26), en particulier dans l'Eucharistie qu'il offre lui-même ou dont il assure l'oblation par les prêtres, ses coopérateurs. Car l'Eucharistie est le centre de la vie de l'Église particulière. L'évêque et les prêtres sanctifient l'Église par leur prière et leur travail, par le ministère de la parole et des sacrements. Ils la sanctifient par leur exemple, «non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau» (1 P 5, 3). C'est ainsi «qu'ils parviennent, avec le troupeau qui leur est confié, à la vie éternelle» (LG 26).
«Les évêques dirigent leurs Églises particulières comme vicaires et légats du Christ par leurs conseils, leurs encouragements, leurs exemples, mais aussi par leur autorité et par l'exercice de leur pouvoir sacré» (LG 27), qu'ils doivent cependant exercer pour édifier, dans l'esprit de service qui est celui de leur Maître (cf. Lc 22, 26-27).
«Ce pouvoir qu'ils exercent personnellement au nom du Christ est un pouvoir propre, ordinaire et immédiat: il est soumis cependant dans son exercice à la régulation dernière de l'autorité suprême de l'Église» (LG 27). Mais on ne doit pas considérer les évêques comme des vicaires du Pape dont l'autorité ordinaire et immédiate sur toute l'Église n'annule pas, mais au contraire confirme et défend la leur. Celle-ci doit s'exercer en communion avec toute l'Église sous la conduite du Pape.
Le Bon Pasteur sera le modèle et la «forme» de la charge pastorale de l'évêque. Conscient de ses faiblesses, «l'évêque peut se montrer indulgent envers les ignorants et les égarés. Qu'il ne répugne pas à écouter ceux qui dépendent de lui, les entourant comme de vrais fils (...). Quant aux fidèles, ils doivent s'attacher à leur évêque comme l'Église à Jésus-Christ et comme Jésus-Christ à son Père» (LG 27):
Suivez tous l'évêque, comme Jésus-Christ [suit] son Père, et le presbytérium comme les apôtres; quant aux diacres, respectez-les comme la loi de Dieu. Que personne ne fasse en dehors de l'évêque rien de ce qui regarde l'Église (S. Ignace d'Antioche, Smyrn. 8, 1).
«Sous le nom de laïcs, on entend ici l'ensemble des chrétiens excepté les membres de l'ordre sacré et de l'état religieux reconnu par l'Église, c'est-à-dire les chrétiens qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, faits participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exercent pour leur part, dans l'Église et dans le monde, la mission qui est celle de tout le peuple chrétien» (LG 31).
«La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu'ils ordonnent selon Dieu (...). C'est à eux qu'il revient, d'une manière particulière, d'éclairer et d'orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu'elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur» (LG 31).
L'initiative des chrétiens laïcs est particulièrement nécessaire lorsqu'il s'agit de découvrir, d'inventer des moyens pour imprégner les réalités sociales, politiques, économiques, les exigences de la doctrine et de la vie chrétiennes. Cette initiative est un élément normal de la vie de l'Église:
Les fidèles laïcs se trouvent sur la ligne la plus avancée de la vie de l'Église; par eux, l'Église est le principe vital de la société. C'est pourquoi eux surtout doivent avoir une conscience toujours plus claire, non seulement d'appartenir à l'Église, mais d'être l'Église, c'est-à-dire la communauté des fidèles sur la terre sous la conduite du Chef commun, le Pape, et des Évêques en communion avec lui. Ils sont l'Église (Pie XII, discours 20 février 1946: cité par Jean-Paul II, CL 9).

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