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Timestamp: 2018-08-14 23:52:56+00:00

Document:
Larmor-Plage - Pont suspendu
Le pont en service
Rachat du péage
En 1871, la gestion des routes vicinales est placée sous l'entière responsabilité des départements. Le service vicinal, créé en 1836, sous l'autorité du préfet, qui jusqu'à présent coexistait avec le service des ponts et chaussée, est chargé des chemins vicinaux de toutes catégories, des chemins ruraux et des rues. Il est dirigé par l'agent voyer en chef.
Le chemin vicinal ordinaire n° 4 de Lorient à Larmor est maintenant du ressort du service vicinal. Toutefois, la surveillance du pont de Kermélo reste dans les attributions du service des ponts et chaussées.
◊ Le 16 février 1876, la société propriétaire du pont de Kermélo évalue à 77 876,90 francs l'indemnité de rachat du péage. Elle précise qu'elle est disposée à traiter amiablement sur cette base.
Le 22 mars 1878 les usagers du pont adressent au conseil général une pétition signée par 238 personnes pour demander la gratuité du passage.
En conséquence, nous soussignés avons l'honneur de proposer au conseil général du Morbihan de vouloir bien prendre la présente pétition en bonne considération et d'émettre un vœu, dans sa session du 8 avril prochain en faveur du rachat de la passerelle de Kermélo.
Le 8 mai, le conseil municipal de Plœmeur repousse la pétition des habitants de Larmor en faveur du rachat du pont et se prononce pour sa reconstruction par l'état.
A l'inverse, le 17 juin, le conseil municipal de Lorient se déclare très favorable au rachat par l'Etat de la concession du péage au pont de Kermélo. Il réserve la question de subvention qui pourrait être fournie par la ville jusqu'au moment où l'état aura fait connaître son intention de faire suivre le rachat de la passerelle actuelle de la construction immédiate d'un pont donnant satisfaction à tous les besoins.
Le 22 août, le conseil général se prononce sur la question du rachat du péage.
La deuxième commission a étudié la pétition signée d'industriels, d'agriculteurs et de pêcheurs… visant à obtenir la gratuité du pont qui réunit les 2 rives du Ter sur le chemin vicinal de Lorient à Larmor qui dessert non seulement de nombreux villages, mais encore 11 usines fondées depuis quelques années dont 10 sont consacrées à la conserve du poisson et une à la fabrication d'engrais. Elles font venir leurs matières premières de Lorient et y envoient leurs produits manufacturés.
Le conseil général du Morbihan émet le vœu que l'état rachète le péage et mette à l'étude la construction d'un nouveau pont dont la largeur et la solidité donnent satisfaction aux besoins actuels de la circulation.
Quatre années se sont écoulées depuis la dernière consultation des communes sans que les choses évoluent. Le 7 août 1882 le sous-préfet de Lorient demande l'avis de Lorient et Plœmeur quant au rachat du pont et la part qu'elles pourraient prendre à leur charge.
Le conseil municipal de Lorient, compte tenu du mauvais état du pont émet le vœu qu'il soit reconstruit par l'état et est disposé à contribuer à sa construction dans la limite de ses moyens, mais sans avancer de chiffre.
Celui de Plœmeur ne disposant d'aucune ressource en ce moment, décide que la commune ne peut s'engager dans une pareille dépense.
Le conseil d'arrondissement de Lorient convoqué par le sous-préfet se réunit le 20 août 1883. Il émet le vœu que l'administration supérieure fasse étudier un projet de classement comme route départementale, du chemin de Larmor à Lorient par Kermélo et que le pont qui s'y trouve actuellement soit supprimé et remplacé par un pont en pierres.
Le 20 août également, plus de 200 habitants du quartier de Larmor adressent une pétition à MM. les membres du conseil général à Vannes.
Dans le cadre de la loi relative à la suppression des ponts à péage, nous tous, habitants du quartier de Larmor, nous venons vous demander aujourd'hui le rachat du pont de Kermélo et la libre circulation de la route qui relie nos villages à Lorient.
L'étroitesse de ce pont, son peu de solidité, obligent chaque jour nos commerçants à faire passer leurs marchandises par Plœmeur, ce qui occasionne des frais considérables et une perte de temps énorme.
L'industrie souffre et se plaint de cet état de choses si préjudiciable à ses intérêts.
Le cultivateur lui-même, obligé de se rendre chaque matin à la ville et de passer par Kermélo, se plaint de cet impôt exorbitant qui vient s'ajouter aux charges nombreuses qui pèsent déjà sur lui.
Ce n'est pas tout : le système de défense des côtes inauguré ces dernières années, le système de relier les forts de la côte à un centre au moyen de routes stratégiques, de manière à y faire parvenir des renforts le plus promptement possible, ce système condamne absolument le pont de Kermélo.
En effet l'artillerie de marine, qui fait l'été ses exercices de tir à Locqueltas est obligée de faire passer ses canons par Plœmeur, faute d'un pont assez solide pour les supporter. L'avenir de notre cité dépend entièrement de la décision que va prendre le conseil général : c'est lui qui va donner un nouvel essor à un commerce ou le laisser au contraire végéter dans l'état léthargique qui pèse depuis si longtemps sur lui.
Extrait des 4 pages de signatures
◊ Le conseil général tient sa session d'été le 22 août 1883.
Monsieur Paul Guieysse lit le rapport qui débute par la part contributive des intéressés au projet :
Commune de Lorient 22 275 F
Commune de Plœmeur 17 325
Département 9 900
Etat 25 000
Le conseil estime qu'il est urgent :
1° de poursuivre la question du rachat de péage, en mettant les communes intéressées en mesure de prendre une décision ferme à ce sujet.
2° de renouveler le vœu de la reconstruction du pont par l'Etat.
◊ A Lorient, le conseil municipal se réunit le 10 avril 1884, M. Raoul, rapporteur de la "commission du pont de Kermélo" lit son rapport.
La question du rachat du péage est très importante, je ne dirai pas pour ce petit village éloigné seulement de quelques kilomètres de Lorient, mais au point de vue de la population de notre cité.
Il souligne tous les avantages que la ville retirerait en acceptant cette participation, mais :
La commune de Plœmeur pour des questions de clocher et de personnes, en raison peut être des élections prochaines, n'a pas cru devoir répondre à la demande de M. le préfet, en se retranchant derrière des exceptions inadmissibles.
L'offre du département et celle de la commune de Lorient resteraient seules fermes, en présence de l'inertie de Plœmeur, […] préoccupée de questions locales plutôt que des besoins généraux du pays.
Les propositions de la commission sont adoptées à l'unanimité :
- demander l'épreuve du pont et y procéder dans le plus bref délai ;
- demander à la compagnie si elle accepte de transiger à l'amiable sur le prix de rachat du péage et à quelles conditions ;
- prendre pour base les données de monsieur l'agent voyer en chef du Morbihan, pour fixer l'indemnité à payer par la ville de Lorient
◊ A Plœmeur, le 8 juin
MM. Goulven, Philippe et Le Guin appuient les conclusions du rapporteur de Lorient tandis que le maire répond que ce rapport n'a aucune valeur, que ce n'est qu'un vaste réquisitoire contre la commune de Plœmeur.
Larmor, Kernével et les villages intéressés ont une population de 1200 habitants, tandis que celle de Plœmeur est de 10 800 ce qui fait exactement le neuvième. Il n'y a donc pas d'intérêt général sacrifié à des questions locales.
Cependant le maire est d'avis de faire quelque chose. Et finalement le rapport de Lorient mis aux voix, est adopté par 13 voix contre 11.
◊ Le 9 juillet 1884 l'ingénieur des ponts et chaussées, en présence de M. Besné représentant des concessionnaires procède à la visite annuelle du pont. N'ayant pu visiter les câbles d'amarrage dans leurs parties enfouies dans les puits d'amarre situés au-dessous du sol, il demande au préfet d'inviter les concessionnaires à prendre dans les 2 mois toutes dispositions pour lui permettre d'effectuer cette vérification. Un arrêté préfectoral du 30 juillet reprend cette proposition appuyée par le ministre de l'intérieur le 26 septembre.
Le 30 septembre, le gérant de la Société Générale des Ponts à Péage intervient auprès du préfet.
Dans le but de nous conformer à votre arrêté nous avons envoyé sur les lieux, monsieur Arnodin notre inspecteur des ponts pour voir ce qui doit être fait, dans l'intérêt bien entendu de la sécurité publique si elle est menacée et des concessionnaires.
M. Arnodin qui est un spécialiste très occupé, est en ce moment à Lorient, et il nous prie de vous demander un sursis de un mois au moins pour pouvoir achever ses études, faire son rapport et proposer ce qu'il croira le plus sérieusement nécessaire.
Il affirme tout d'abord que la sécurité n'est nullement en danger.
Ferdinand Arnodin né le 9 octobre 1845 à Sainte-Foy-les-Lyon, est fils de Thomas, conducteur de travaux chez Seguin frères, et de Rose Dupont.
A 9 ans il ne savait pas lire, mais observait son père sur les chantiers. Puis il rattrapa rapidement son retard scolaire jusqu'à suivre les cours du soir du Conservatoire National des Arts et Métiers.
En 1861, Ferdinand âgé de 16 ans habite avec sa famille à Lorient. En 1866 il rencontre sa future épouse Charlotte Isabelle Kerihuel qui demeure dans la maison proche du pont de Kermélo.
Inspecteur de la société générale des ponts à péage des frères Seguin, en 1872 à 27 ans il fonde sa propre entreprise. Il invente le câble à torsion alternative particulièrement révolutionnaire. Il s'attache à augmenter la solidité et la stabilité des ponts suspendus grâce à de nouveaux modèles de câbles et de poutres. Il est le principal inventeur du pont à transbordeur.
Les ponts et chaussées accueillent favorablement la demande de sursis et rappellent que l'arrêté préfectoral du 30 juillet 1884 ne leur a prescrit aucune amélioration de l'ouvrage, mais leur a seulement demandé de mettre les ingénieurs à même de visiter l'intérieur des câbles dans les parties situées au-dessous du sol.
Le 14 novembre M. Lacroix, gérant de la société, dans un long courrier au préfet cherche à le convaincre que son arrêté est principalement dû à des pressions administratives et locales.
La visite que vous indiquez ne peut avoir lieu sur toute la longueur des câbles qu'en modifiant la forme des massifs d'amarre ou celle des câbles. C'est une dépense qui ne peut être exigée sans revenir sur les conditions imposées au moment de la construction pour laquelle tous les plans ont été approuvés par l'administration… Sinon, on se retrouve en présence de l'épreuve.
M. Arnodin nous écrit que le pont peut supporter l'épreuve sans aucun danger de chute. Si l'épreuve est faite, elle aura pour effet un amoindrissement des forces du pont à tous les degrés, donc une augmentation des frais d'entretien.
Nous n'avons jamais entendu dire, par qui que ce soit de compétent, que la sécurité publique fut en danger et cependant il parait que cela ne suffit pas.
Il pense qu'en forçant la compagnie du pont à faire l'épreuve, le pont doit tomber, qu'alors la Cie sera dispensée de le reconstruire, qu'elle aura même à supporter des dommages-intérêts à payer aux intéressés qui y auraient droit en ce sens qu'ils seraient privés momentanément des avantages que leur donne la communication détruite. De sorte qu'à bien peu près, le prix de rachat serait absorbé et que la plus grande partie pourrait servir à la reconstruction.
En résumé, monsieur le préfet, vous voyez que l'épreuve ou la visite demandées n'ont pour but que d'arriver au rachat du pont, et qu'elles ne sont pas autrement nécessaires, que par conséquent, elles sont injustes puisqu'on veut démolir le pont pour diminuer le prix de la reconstruction, de celui du rachat.
Quant au rachat, nous sommes tout disposés à traiter à l'amiable …...notre chiffre n'est pas beaucoup plus élevé que celui de l'agent-voyer, fixé à 74 500 F. Nous espérons que vous vous en tiendrez à la négociation du rachat à l'égard duquel nous nous tenons à votre disposition.
Le 29 janvier 1885, l'ingénieur ordinaire Herpin chargé de l'arrondissement de l'ouest rend son rapport.
Il précise que la question du rachat sort des attributions des ponts et chaussées et fait ressortir la contradiction flagrante des assertions du gérant, demandant comment toutes les parties peuvent être entretenues avec soin alors que, de son aveu même, il est impossible de visiter les amarrages.
Les parties cachées des ponts suspendus se détériorent rapidement et puisqu'il est impossible de vérifier celles du pont de Kermélo, il ne reste plus comme moyen de contrôler leur état qu'à procéder à l'épreuve par chargement du tablier.
Cette épreuve parait inutile aux concessionnaires, puisque l'ouvrage est en bon état…mais elle n'a pas eu lieu depuis près de 19 ans.
L'épreuve par chargement du tablier ordonnée par le préfet le 2 février a lieu le 27 avril en présence de l'ingénieur Herpin, et de M. Arnodin représentant de la compagnie concessionnaire.
La 1ère opération de chargement de la travée rive gauche commencée à 8 heures a été terminée à midi.
La 2ème, côté rive droite commencée à une heure s'est achevée à 3 h 30.
Nous avons procédé aux nivellements des travées après ces chargements.
Le lendemain nous avons vérifié nos nivellements qui ont offert peu de divergence avec les précédents.
Nous avons constaté que les câbles avaient repris leurs positions premières et que d'autre part les maçonneries des culées, les appuis et les bois étaient en bon état et que par suite, le pont avait supporté les épreuves règlementaires.
◊ Suite à la demande du préfet la société générale des ponts fait une offre pour le rachat de la concession qui devrait s'achever le 8 avril 1921.
Prix de la concession 75 646,86 F
Indemnité de dépossession 6 923,14
Valeur du pavillon de recettes 430,00 (maison près du pont)
TOTAL 83 000,00
Sans comprendre l'indemnité qui peut être due au fermier du pont.
Le rapport de l'ingénieur du 25 juillet 1885 répond à la demande du préfet de lui faire connaître, en vue de la prochaine session du conseil régional, si la demande actuelle des concessionnaires ne parait pas exagérée et s'il y aurait lieu de proposer à l'assemblée départementale de traiter à l'amiable.
Il explique son calcul et trouve un prix de rachat de 75 642,03 F, qui concorde à quelques francs près avec celui des concessionnaires.
Par contre il n'est pas d'accord sur la valeur de dépossession basée sur une augmentation du prix de la ferme du pont qui ne lui parait pas justifiée.
Quant à la valeur du pavillon qui deviendra inutile après la suppression du péage elle devrait équitablement leur être remboursée. Le chiffre de 430 F est admissible.
En conclusion nous arrivons à un chiffre arrondi de 76 100 francs non compris l'indemnité qui peut être due au fermier du pont.
Deux jours plus tard, l'ingénieur en chef donne son avis :
Comme il n'est pas possible de prévoir quelle pourrait être l'annuité réelle à appliquer aux 35 années et 6 mois que doit encore durer la concession, nous serions d'avis de s'en tenir au chiffre de 74 500 francs déjà fixé antérieurement.
L'indemnité de plus-value dans la ferme n'est pas justifiée et nous ne voyons pas pourquoi le département rembourserait le prix du pavillon dont il n'a que faire.
◊ L'agent voyer en chef propose une répartition des charges de rachat du péage.
Le prix de rachat tel qu'il résulte de la lettre du 16 février 1876 (il y a donc près de 10 ans) de la compagnie est évalué à 74 500 F. Nous avions proposé de répartir cette somme comme suit :
Commune de Lorient 22 275
- d° - Plœmeur 17 325
Les communes ont accepté de fournir le concours qui leur était demandé.
La subvention de l'état, fixée au tiers, a été calculée selon la circulaire ministérielle du 15 août 1882.
La subvention départementale bien que suffisante n'est pas très élevée.
Mais si la compagnie consentait de traiter à l'amiable, le prix pourrait être de 76 100 francs avec une petite majoration de la part de l'état et du département.
La société des ponts n'est pas d'accord : nous le céderons à 80 000 francs. De son côté le conseil général maintient le chiffre de 74 500 F et pour le cas où la compagnie n'accepterait pas la fixation de cette indemnité, il y aurait lieu alors de procéder immédiatement au rachat, conformément aux règles prescrites par la loi relative au rachat des ponts à péage.
Le fermier du pont, M. Tréhan, écrit au gérant de la société au sujet de la rupture anticipée de son bail. Il lui reste encore 68 mois. En admettant une indemnité de 1000 F par année, cela produit 5666,44 F que l'administration aurait à me compter pour que j'accepte amiablement la résiliation.
◊ Les conseils municipaux contraints à se prononcer
- Réunion du conseil municipal de Plœmeur le 13 décembre 1885 sous la présidence de M. de Raime qui donne lecture d'une lettre du sous-préfet concernant l'affaire du pont de Kermélo.
Ce serait donc une somme de 11 166,44 F en plus, qu'il faudrait payer pour le rachat.
Les conseillers municipaux décident :
- de maintenir le chiffre le moins élevé qui avait été fixée à 74 500 F ;
- de demander la moitié pour participation de l'Etat ;
- d'accepter les 9500 du département ;
- et de répartir les 27 750 restants entre Plœmeur et Lorient sur les bases qui avaient servi à imposer ces 2 communes.
- Le conseil municipal de Lorient se réunit le 18 janvier 1886 sous la présidence de M. Charles, maire. Il annonce qu'un arrangement amiable n'est pas possible et qu'il faudra appliquer les dispositions résultant de la loi du 30 juillet 1880. Autrement dit, il conclut avant toute discussion afin de parvenir plus aisément à l'approbation de ses propositions.
Le conseil appelé à voter décide de ne prendre à sa charge aucune part dans l'indemnité nécessaire au rachat du péage du pont et de se déclarer disposé à prendre sa quote-part dans les frais de construction d'un pont en pierres, destiné à remplacer le pont actuel et répondant aux besoins agricoles des habitants de la côte et aux intérêts industriels de la population de Lorient.
En présence du refus de Lorient de participer au rachat du pont, et de la réduction de l'offre de participation de Plœmeur, le 5 mai 1886 le conseil général décide qu'il n'y a pas lieu en l'état de poursuivre le rachat du péage du pont de Kermélo.
Le pont sous surveillance
Le 6 septembre 1886, lors de la visite annuelle du pont par le sous-ingénieur des ponts et chaussées Bertin, il est constaté que :
1° Les maçonneries des culées et de la pile centrale ont besoin d'être rejointoyées à bref délai ;
2° Le tablier en charpente a besoin d'être réparé, les garde-corps dont les assemblages sont pourris et les pièces en bois qu'il y a lieu de changer ;
3° Les pièces d'appui en fonte sont en bon état d'entretien ;
4° Les câbles d'amarrage, les câbles de suspension et les tiges supportant le tablier ont éprouvé des effets de dilatation inégaux et une certaine oxydation existe. Ces parties métalliques devront être réparées par les ouvriers spéciaux du concessionnaire ;
5° Les galeries d'amarrage des câbles ont été visitées malgré leur exigüité, et nous avons constaté que les points d'amarrage sont en bon état.
On devra aussi opérer le nettoyage des galeries et leur assèchement.
Six mois plus tard, le 3 mars 1887, l'ingénieur des ponts et chaussées constate qu'aucune des réparations prescrites n'a été faite.
La société concessionnaire du pont est mise en demeure d'exécuter dans le délai d'un mois les réparations et de prendre toutes les dispositions nécessaires pour ne pas interrompre la circulation sur le pont pendant la durée des travaux.
Mais le 17 août, lors de la visite annuelle du pont, le sous-ingénieur Bertin relève que les réparations n'ont pas été exécutées de façon sérieuse.
Un an après, l'ingénieur constate que les réparations ont enfin été correctement effectuées et que le pont parait être en bon état d'entretien.
En 1888, la surveillance des ponts suspendus établis au-dessus des rivières navigables passe sous la responsabilité du service vicinal. Toutefois les ingénieurs des ponts et chaussées conservent le droit de provoquer les mesures qu'ils jugeraient nécessaires pour sauvegarder les intérêts de la navigation. A partir de ce moment, tous les rapports émanent d'agents voyers.
En juillet 1889, visite en présence du gardien du pont.
1°) Les câbles de suspension devront être nettoyés et recouverts d'une couche de coaltar.
2°) Le tablier en bois est bien entretenu.
3°) Une contre-fiche de la culée du côté de Larmor est brisée et les autres ne sont fixées que par quelques pointes. Elle sera remplacée et fixée par des boulons.
4°) le garde-corps sur plusieurs points doit être réparé et consolidé.
Le ministre, ayant eu connaissance de ce rapport, écrit au préfet : cet ouvrage d'art a besoin de réparations. Il vous appartient de mettre la compagnie concessionnaire en demeure de les exécuter. Les travaux sont rapidement effectués.
Le service vicinal effectue une nouvelle visite annuelle en août 1890 et constate que toutes les parties visibles sont en bon état. Toutefois, depuis quelque temps, des craintes se sont manifestées sur la solidité du pont et ont pris une certaine consistance dans le public. Dans l'impossibilité de visiter certaines parties des câbles, nous ne pouvons affirmer que ces craintes soient mal fondées, et nous pensons que pour rendre confiance au public et sauvegarder la responsabilité de l'administration, il serait utile de procéder à une nouvelle épreuve de cet ouvrage.
Suite à l'instruction du ministère, en décembre le préfet Roger met en demeure les concessionnaires de prendre immédiatement et d'avoir terminé dans le délai de deux mois les dispositions nécessaires pour permettre la visite détaillée des câbles de retenue et d'amarre dans toute leur étendue surtout dans les parties situées en dessous du sol afin que MM. les agents voyers puissent s'assurer après l'enlèvement de quelques ligatures, si ces câbles n'ont éprouvé à l'intérieur aucune oxydation ou altération dangereuse.
Mais 3 mois plus tard, rien n'ayant été fait, le 3 mars 1891 le préfet prend un arrêté d'épreuve par chargement.
La compagnie concessionnaire, pressée par cet arrêté, charge M. Arnodin d'étudier dans quelle mesure il pourrait être praticable d'augmenter la facilité d'accès aux amarrages.
Cela lui parait impossible sans fragiliser inutilement l'ensemble, d'autant que le pont a été soumis aux épreuves il y a 6 ans, alors que c'est là une formalité qui est à peu près partout abandonnée aujourd'hui.
M. Arnodin se met à la disposition de l'administration pour procéder à une visite détaillée avec les ingénieurs du service vicinal, préférable selon lui à l'épreuve du pont.
L'administration se rallie à cette analyse et considérant que l'épreuve n'est pas urgente, propose d'accorder un nouveau délai d'un mois.
En avril, M. Arnodin informe le préfet qu'il va engager la compagnie à donner satisfaction dans toute la mesure du possible à l'accessibilité aux amarrages.
Le 20 mai, le préfet accompagné des représentants du service de la navigation (ponts et chaussées) et du service vicinal fait une visite détaillée du pont. Il peut ainsi se rendre compte de la situation de l'ouvrage et du différend qui oppose son administration au concessionnaire, l'obligeant à prendre de nombreux arrêtés.
Suite à une visite effectuée le 5 juin, l'agent voyer estime que la solidité de la pile ne peut être mise en doute et qu'il convient de sursoir à l'exécution des épreuves par chargement.
Puis des travaux d'accès aux points d'amarrage sont effectués donnant un meilleur accès aux câbles et l'ouvrage est déclaré en aussi bon état que possible.
Le rachat du pont à nouveau d'actualité
Le 16 août 1892 le conseil d'arrondissement relance l'affaire du rachat du pont, abandonnée depuis 1886, et émet le vœu que le conseil général vote les fonds nécessaires pour son acquisition
Suite à la visite annuelle de 1893 l'agent voyer d'arrondissement, monsieur Bidu, estime que plusieurs réparations sont nécessaires.
◊ En décembre 1893 l'agent voyer est chargé de faire une évaluation précise de la valeur de rachat du pont.
Il serait oiseux de chercher à démontrer l'utilité de l'ouvrage dont il s'agit […] Le rachat se présenterait donc comme une mesure démocratique et libérale, au premier chef, et assurerait la liberté de la voie publique, en supprimant le péage.
La société concessionnaire, pressentie sur ses prétentions, au cas où il lui serait fait des propositions de rachat, fit connaitre (il y a près de 18 ans) un capital de 77 876,90 F puisqu'il restait encore à courir 45 ans pour l'expiration de la concession.
Au terme d'une longue démonstration, M. Bidu arrive au chiffre de 63 000 francs se décomposant en 60 805,31 pour le rachat et 2194,69 pour le pavillon. Il prévoit 10 000 F à la charge de Plœmeur et 20 000 pour Lorient.
Six mois plus tard le conseil municipal de Plœmeur déclare ne pas pouvoir faire le sacrifice d'une somme de 10 000 francs pour le rachat de ce pont.
Celui de Lorient, avant d'engager sa participation financière émet le vœu que le pont fasse d'abord l'objet des épreuves de résistance.
En janvier 1895 le ministère de l'intérieur consulté au sujet de l'opportunité d'imposer de nouvelles épreuves au pont de Kermélo estime que ce n'est pas le présent qui est en cause ; il s'agit de l'avenir. Il s'agit des garanties à prendre vis-à-vis des concessionnaires, en échange de l'exonération d'une responsabilité qui leur incomberait encore pendant un délai de 26 ans à l'échéance duquel ils auraient toujours à justifier de la solidité de leur œuvre.
En conséquence, s'il est donné suite au rachat du péage, il y aura lieu de soumettre préalablement cet ouvrage aux épreuves.
◊ Une fois de plus, en février, l'agent voyer estime que certains travaux sont nécessaires et que le concessionnaire doit présenter un projet de réfection des garde-corps.
Le concessionnaire se contente de faire des réparations mineures qui ne répondent pas aux exigences de l'administration, ce qui conduit le préfet à faire observer à la compagnie, qu'elle devra exécuter dans le délai de trois mois, les réparations qui lui ont été demandées.
Le manque de confiance de la population dans la solidité du pont est relayé par la presse et le conseiller général du canton qui rappellent la récente catastrophe de Bouzey causant la mort de 88 personnes.
Le 21 mai 1895, l'agent voyer d'arrondissement signale que le délai imparti au concessionnaire pour effectuer les réparations demandées depuis deux ans a expiré. Il n'est pas possible de tolérer plus longtemps, l'indifférence ou l'inertie qu'affecte la compagnie concessionnaire.
Une nouvelle mise en demeure est adressée au concessionnaire de prendre les mesures nécessaires pour effectuer l'épreuve par chargement du tablier.
Alors que le délai a expiré, et que rien n'a été fait, la presse commente : Nous connaissions bien le sans-gêne avec lequel le concessionnaire traite les voyageurs qui passent sur son pont, mais nous n'aurions jamais cru qu'il osât agir avec la même désinvolture à l'égard de monsieur le préfet !
Dans ces conditions, l'agent voyer fixe la date de l'épreuve au 17 juillet. Mais une fois de plus, le concessionnaire en conteste l'utilité et demande un nouveau sursis.
Néanmoins, le 18 l'agent voyer constate la présence de plusieurs ouvriers employés à la réfection des points d'amarre des haubans. En outre, le matériel destiné à l'épreuve, dont un wagonnet, est sur place.
Un habitant de Larmor écrit au préfet : Vous ne pouvez ignorer qu'une partie de la commune de Plœmeur, tout le territoire de Larmor et de Kernével sont frappés d'ostracisme par le fait d'un pont à péage dit pont de Kermélo.
Il évoque "l'impôt vexatoire" à acquitter pour emprunter la route de Lorient à Larmor, impôt ruineux pour certaines familles.[…] Nous ignorons de quelle influence disposent messieurs les concessionnaires près des autorités chargées de défendre nos intérêts. Mais toujours est-il que cette épreuve à l'heure qu'il est n'est encore pas faite. Et chose plus grave, c'est qu'une équipe de vingt hommes travaille chaque jour à la réfection complète du pont. Dans quelques jours vous pourrez commander l'expérience de résistance, monsieur le préfet. Le pont tiendra bon grâce à vous, et les concessionnaires vous en sauront le plus grand gré.
L'épreuve a enfin lieu les 8 et 9 août 1895. Les constatations faites ont permis de s'assurer que les organes de l'ouvrage se sont bien comportés ainsi que les massifs en maçonnerie des culées et de la pile, les tiges d'amarrage en fer, au pied des haubans avaient d'ailleurs été remplacées par des tiges neuves préalablement à l'épreuve, et les câbles suspenseurs renforcés de 40 fils neufs, sur 12 à 15 mètres de longueur.
◊ Le 11 janvier 1896, l'administration étudie à nouveau la valeur de rachat du pont.
La nouvelle évaluation pourrait être basée sur l'hypothèse de la suppression du péage à partir du 8 avril 1897, date à laquelle il resterait encore à courir 24 années pour atteindre le terme de la concession.
La dépense pourrait se répartir ainsi :
A la charge de l'état 19 500
du département 12 000
de la ville de Lorient 19 000
de la commune de Plœmeur 8 000 soit au total 58 500 francs
L'agent voyer en chef revoit ces chiffres à la baisse et fixe le prix de rachat à 50 500 F.
Le 16 juin 1896, M. Lacroix, gérant de la société générale des ponts à péage, intervient auprès du sous-préfet. Le pont vaut 85 984,296 F qui doivent être payés à notre société sans aucune réduction à quelque titre que ce soit.
Le désaccord est complet entre les deux parties. Confronté à une telle différence d'apprécia-tion, l'agent voyer en chef tranche :
Nous ne saurions souscrire à la prétention de la société ; le prix de rachat nous paraîtrait équitablement fixé à 50 500 francs au 8 avril 1897.
S'il était accepté, les deux communes auraient à payer 23 567 francs.
Dans le cas contraire, il y aurait lieu, après avoir pris l'avis des conseils municipaux des deux communes intéressées, si cet avis était favorable, de procéder aux formalités prescrites par l'article 2 de la loi du 30 juillet 1880, pour faire déclarer l'utilité publique du rachat de la concession.
Le 4 février 1897, suite à la visite annuelle du pont, un arrêté préfectoral met en demeure le concessionnaire de faire certaines réparations. Le mois suivant, la société n'ayant toujours pas remis son "projet de remplacement" des garde-corps en bois, et les délais accordés étant dépassés, il lui est adressé une nouvelle mise en demeure de procéder avant le 1er mai prochain à la réfection totale des garde-corps en bois, faute de quoi il sera pourvu directement par l'administration à ses frais à la réfection des garde-corps ainsi qu'à l'exécution de tous les autres travaux.
Le concessionnaire continue à faire de la résistance tout en s'engageant à procéder aux réparations en temps utile. Et il ajoute : Vous devez comprendre, monsieur le préfet, que comme gérant de la société concessionnaire avec mission de veiller à ses intérêts, nous faillirions à notre devoir le plus essentiel si nous allions faire ce à quoi nous ne sommes pas tenus, ce serait de plus abaisser son prix de rachat, le cas se présentant, tout en fournissant un pont meilleur, ce qui est absolument irrationnel.
Fin août, le gérant adresse enfin un projet de remplacement des garde-corps en bois par des garde-corps métalliques plus solides ce qui donnera également plus de rigidité à l'ouvrage. Il souligne que cela donnera une plus-value au pont et espère que l'administration en tiendra compte en cas de rachat.
Ce n'est qu'en juillet 1898 que les travaux sont effectués.
◊ Plœmeur enfin favorable au rachat du péage
Le 29 juillet 1900, le "Nouvelliste du Morbihan" annonce une bonne nouvelle pour ceux qui fréquentent la plage de Larmor. Un syndicat composé de propriétaires, de commerçants et de cultivateurs, a décidé de se mettre au lieu et place de la commune pour faire la subvention nécessaire au rachat du pont à péage de Kermélo.
On met en avant les noms de MM. Pereire, Le Coupanec, Ouizille, Gallice, Le Bras, etc.…
Le 19 août, le nouveau maire de Plœmeur, monsieur Eugène Le Coupanec, écrit au sous-préfet de Lorient.
J'ai cru bon de vous aviser de la nouvelle situation créée par l'offre des habitants de Larmor de faire la subvention nécessaire et aussi de vous demander quel est le chiffre exact de la somme nécessaire pour que le conseil municipal puisse demander la réalisation de ces offres, les faire siennes et tenir la somme à la disposition de l'administration.
Il y a là, je crois, une question d'intérêt général qui appelle une prompte solution.
Deux jours après, sur proposition de monsieur Nail, le conseil général du Morbihan émet le vœu que le péage du pont de Kermélo soit racheté dans le plus bref délai. Il invite M. le préfet à faire le nécessaire pour arriver le plus rapidement possible à la fixation du montant de l'indemnité à verser au concessionnaire.
La procédure s'accélère puisque le 23 août, le préfet interroge l'administration : quel sera le chiffre exact de cette dépense ?
Le 23 novembre M. Bidu, devenu agent voyer en chef, rédige un très long rapport au sujet du rachat du pont à péage au terme duquel il arrive à l'estimation suivante :
Le capital correspondant payable le 8 avril 1902 serait de 42 960
Le pavillon de recettes et le magasin peuvent être fixés à 840
Soit une offre totale de 43 800
L'outillage et les approvisionnements pourraient faire l'objet d'une évaluation contradictoire.
Si la question n'est pas nouvelle, elle se présente sous un aspect nouveau : la commune de Plœmeur se laisse substituer par les habitants de Larmor, et le département se désintéresse de la partie financière.
Dans ces conditions la dépense pourrait être répartie comme suit : 1/3 à la charge de l'Etat 14 600 F, à la charge de Plœmeur 10 700 F et à celle de Lorient 18 500 francs.
Le 29 novembre 1900 le général de la Rivière, commandant la 43e brigade d'infanterie et les subdivisions du Morbihan, exprime officiellement au préfet la satisfaction qu'éprouveraient nos soldats de franchir individuellement le pont sans avoir à payer un droit. J'ajouterai que si les troupes sont exemptes de la taxe actuelle, elles trouveraient grand avantage à franchir, dans l'avenir, un pont large et solide présentant toutes les garanties de résistance que ne possède pas le pont suspendu en service.
En décembre, Monsieur Arnodin, répond au rapport de l'agent voyer en chef sur les éléments d'évaluation de la valeur du péage restant dans les 20 années à courir.
Après avoir détaillé les recettes et les dépenses des 7 dernières années, il arrive à une recette nette moyenne de 4451,196 F. C'est ce chiffre que nous retenons à titre transactionnel comme représentant l'annuité dont on dépossède la société pendant 20 années.
Puis il insiste sur le fait que la société n'est pas une expropriée comme les autres, et que le plus simple serait que l'administration lui serve pendant 20 ans l'annuité de 4451,196 F augmentée de l'indemnité de dépossession. Mais cela n'étant pas possible, il calcule le capital que représente une telle indemnité : 63 262,20 F. En y ajoutant une indemnité de dépossession, il estime le rachat du pont à 66 000 F.
Le passage du pont enfin sans péage
Le 11 avril 1901, un accord est enfin trouvé à la préfecture en présence du préfet. La société accepte la somme de 60 000 F comprenant toute indemnité de dépossession et la valeur du pavillon.
La dépense serait supportée pour un tiers par l'état 20 000
à 20 % par le département 12 000
quote-part de Lorient 18 000
quote-part de Plœmeur 10 000
Le conseil général et les communes de Lorient et de Plœmeur votent leur participation financière. MM. Georges Ouizille négociant à Lorient demeurant au Kernével, Cousyn médecin à Lorient, Pierre Le Bras négociant à Larmor et Eugène Le Coupanec avoué à Lorient adressent une lettre au maire de Plœmeur l'avisant qu'ils mettent à la disposition de la commune les 10 000 francs qui lui sont demandés. Le conseil à l'unanimité vote des remerciements aux souscripteurs.
La presse se félicite de l'issue des négociations : L'affaire est donc terminée et le 8 avril prochain, les habitants de Kernével et de Larmor ainsi que tous les Lorientais qui fréquentent ces plages, seront délivrés du lourd impôt qui les charge depuis près de 70 ans.
Afin d'obtenir la subvention de l'état il faut procéder à une enquête d'utilité publique
Elle est ouverte à la sous-préfecture pendant 20 jours à compter du 28 septembre.
Aucune objection n'étant formulée et les communes ayant reconnu la nécessité du rachat, la commission est d'avis que le rachat projeté est utile et qu'il y a lieu d'approuver le traité de cession du 21 octobre 1901.
Le 29 décembre, Emile Loubet, président de la République déclare d'utilité publique le rachat des droits de péage perçus au pont de Kermélo et que le privilège résultant de la concession sera définitivement éteint à la date fixée dans le traité.
Le 8 avril 1902 le pont de Kermélo est ouvert pour la première fois à la libre circulation du public, sans droit de péage.
Un mois plus tard le préfet règlemente le passage :
Art. 1. Les voitures qui circulent sur le pont suspendu de Kermélo ne peuvent être attelées :
- Celles servant au transport des marchandises, de plus de 5 chevaux si elles sont à 2 roues, et de plus de 8, si elles sont à 4 roues, sans qu'il puisse y avoir plus de 5 chevaux de file.
- Celles servant au transport des personnes, de plus de 3 chevaux si elles sont à 2 roues; de plus de 6, si elles sont à 4 roues.
Art. 2. Il est interdit de faire passer par convoi, les unes à la file des autres, les voitures attelées de moins de 5 chevaux.
Art. 3. Pendant la traversée du pont, les chevaux seront mis au pas, les voituriers ou rouliers tiendront les guides ou le cordeau, les conducteurs et postillons resteront sur leur siège.
Art. 4. Le nombre de chevaux, mulets, bœufs ou vaches passant à la fois sur le pont ne pourra être supérieur à 15, et un conducteur devra marcher en tête de chaque troupeau particulier.
Art. 5. Lors du passage de la troupe, les chefs du corps devront faire marcher : l'infanterie sur deux files seulement et à volonté, c'est-à-dire en rompant le pas ; la cavalerie sur une seule ligne et au pas.
Art. 6. Il est défendu de stationner et de fumer sur le pont; de monter sur les garde-corps, sur les câbles, sur les haubans, sur les dés, sur les obélisques et de se suspendre aux tiges, et généralement de toucher aux organes du pont autrement que pour l'usage auxquels ils sont destinés.

References: l'article 2

Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6