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Timestamp: 2018-01-19 19:25:20+00:00

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CAMPAGNE DE L'ARMÉE DE RÉSERVE EN 1800: PARTIE 1, CHAPITRE II
Research | Napoleonic | Cugnac | Campagne de L’Armée de Réserve en 1800 | French | Partie 1 Chapitre 2
L'ARMÉE DE RÉSERVE A DIJON
Organisation générale de l'armée. – Division Chabran à Mâcon et Chalon-sur-Saône. – Légion italique à Bourg. – Troupes de Paris et de l'Ouest réunies autour de Dijon. – Artillerie. – Approvisionnements.
Les arrêtés du 8 mars 1800 fixent les bases de la formation de l'armée de réserve.
Paris, le 17 ventôse an 8 (8 mars 1800) (1).
Art. 1er. – Il sera créé une armée de réserve forte de 60,000 hommes.
Art. 2. – Elle sera directement commandée par le Premier Consul (2).
Art. 3. – L'artillerie sera commandée par le général Saint-Remy; le parc par le chef de brigade Gassendi; le génie par le premier inspecteur du génie Marescot.
Art. 4. – L'ordonnateur Dubreton remplira les fonctions d'ordonnateur en chef.
Art. 5. – Les différents corps et les conscrits qui doivent composer cette armée se mettront sur-le-champ en marche {p.38} pour Dijon; ils seront cantonnés dans les villes, à 20 lieues à la ronde (3).
Art, 6. – Le Ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté. Il prendra toutes les mesures pour faire réunir à Dijon tous les objets nécessaires pour l'armement, l'habillement, et l'équipement de l'armée de réserve (4).
Cet arrêté était prêt dès le 3 et adressé le même jour au Ministre (5).
Paris, le 12 ventôse an 8 (3 mars 1800).
Vous trouverez ci-joint, citoyen Ministre, un arrêté pour la formation de l'armée de réserve.
Vous regarderez sans doute comme nécessaire de diriger le plus tôt possible sur Dijon 100,000 paires de souliers, 40,000 habits ou capotes et autres effets d'habillement. {p.39}
Vous pourrez faire faire à Auxonne les traîneaux que je vous avais demandés pour Grenoble.
Le Ministre de la guerre au général Dupont.
Paris, le 17 ventôse an 8 (8 mars 1800).
L'armée de réserve est composée de six divisions (6) :
11e et 12e de hussards.
2e, 7e, 5e et 21e de chasseurs.
5e, 8e et 9e de dragons.
1er, 5e et 18e de cavalerie,
et les 7 escadrons de l'armée d'Orient.
{p.40} Il sera donné des ordres pour que ces corps soient mis, de préférence dans les lieux où ils se trouvent, en état de faire la campagne (a).
Faire un tableau pour le Premier Consul de la route que doit suivre chacun de ces corps pour se rendre à Dijon, et la ville où sera placé le quartier général de chaque division.
Note de la main de Berthier:
(a) C'est-à-dire qu'il sera donné des ordres pour donner à ces corps tous les objets dont ils auraient besoin pour faire la guerre, de préférence en épuisant toutes les ressources des lieux où ils se trouvent.
Divers projets avaient été faits relativement à la zone des cantonnements.
Berthier, le 7 mars, voulait les étendre de Bar-sur-Aube, Chaumont et Tonnerre à Nevers, Mâcon et Dôle.
L'ordonnateur en chef Dubreton avait proposé une zone moins étendue, surtout à l'Ouest.
Ils sont fixés le 12 mars par une note de Duroc, aide de camp de Bonaparte:
Citoyen Ministre, j'ai l'honneur de vous envoyer la note des emplacements que le Premier Consul désirerait pour chacune des divisions de réserve (8). {p.41}
Emplacement des divisions.
1re Division. – Dijon.
2e Division. – Semur et Saulieu.
3e Division. – Langres.
4e Division. – Beaune et Nuits.
5e Division. – Gray.
6e Division. – Bourg en Bresse.
La cavalerie: Dôle, Saint-Jean-de-Losne, Seurre et Verdun.
Le parc d'artillerie à Auxonne.
A la même date, 17 ventôse (8 mars), le Corps législatif vote une « loi relative au complément de l'armée de terre », et dont l'article capital est ainsi conçu: « Tous les Français qui ont terminé leur vingtième année au 1er vendémiaire dernier et qui, depuis cette époque, forment la première classe de la conscription militaire, sont à la disposition du Gouvernement, pour être mis en activité de service à mesure que les besoins de l'armée le requerront. »
Le même jour, les Consuls prennent un arrêté constituant « Règlement relatif au complément de l'armée de terre ». Aux termes du premier article: « Les conscrits mis à la disposition du Gouvernement par la loi du 17 ventôse an 8 fourniront, pour l'armée de réserve, un détachement de 30,000 hommes. »
Les autres articles déterminent le mode d'appel des conscrits, qui doivent être réunis avant le 5 avril au chef-lieu de leur département, et, de là, encadrés par des officiers réformés, être dirigés sur Dijon.
Le remplacement est admis sous certaines conditions et moyennant un versement de 100 francs destinés à l'habillement du suppléant.
{p.42} Des peines sévères sont édictées contre tout conscrit, réquisitionnaire ou suppléant, qui ne rejoindrait pas dans les délais fixés (9).
En même temps, le Gouvernement cherche à exciter le patriotisme:
Vous désirez la paix . . . . .
Pour la commander, il faut de l'argent, du fer et des soldats. Que tous s'empressent de payer le tribut qu'ils doivent à la défense commune. Que les jeunes citoyens se lèvent! Ce n'est plus pour des factions, ce n'est plus pour le choix des tyrans qu'ils vont s'armer : c'est pour la garantie de tout ce qu'ils ont de plus cher; c'est pour l'honneur de la France! c'est pour les intérêts sacrés de l'Humanité!
Les consuls arrêtent
Art. 2. – Tous les anciens soldats qui auraient obtenu leur congé; tous ceux qui, même faisant partie des compagnies de vétérans, sont encore en état de faire la campagne; tous les jeunes gens (10) de la réquisition et de la conscription, seront sommés, au nom de l'honneur, par une proclamation des préfets et des généraux commandant les divisions, de rejoindre leurs drapeaux avant le 15 germinal (11).
Ceux qui ne seraient attachés à aucun corps se rendront au quartier général de l'armée de réserve, à Dijon, où ils seront armés et habillés. Le Premier Consul les passera en revue dans le courant de germinal.
Art. 3. – Les citoyens français autres que ceux nommés à l'article 2 qui, dans cette circonstance extraordinaire, voudront accompagner le Premier Consul et participer aux périls et à la gloire de la campagne prochaine, se feront inscrire chez les préfets et sous-préfets.
{p.43} Le Ministre de la guerre donnera les ordres nécessaires pour qu'ils soient formés en bataillons volontaires (12).
Ceux qui auraient le moyen de se procurer des chevaux seront formés en escadrons volontaires. Ils seront définitivement organisés à Dijon et les officiers seront nommés par le Premier Consul (13).
Le Premier Consul aux jeunes Français.
Paris, le 29 ventôse an 8 (20 mars 1800).
Le Premier Consul reçoit beaucoup de lettres de jeunes citoyens empressés de lui témoigner leur attachement à la République et le désir qu'ils ont de s'associer aux efforts qu'il va faire pour conquérir la paix. Touché de leur dévouement, il en reçoit l'assurance avec un vif intérêt; la gloire les attend à Dijon. C'est lorsqu'il les verra réunis sous les drapeaux de l'armée de réserve qu'il se réserve de les remercier et d'applaudir à leur zèle (14).
Proclamation aux Jeunes Français.
Jeunes Français, si vous êtes jaloux de participer à tant de gloire, de contribuer à des succès qui doivent à la fois confondre les malveillants intérieurs et la politique machiavélique du cabinet de Saint-James; si vous êtes jaloux d'être d'une armée destinée à finir la guerre de la Révolution, en assurant l'indépendance, la liberté et la gloire de la grande nation Aux armes! aux armes! accourez à Dijon (15).
Le général Mathieu Dumas est chargé de l'organisation des volontaires. Un règlement sur leur recrutement, leur habillement, leur solde, etc., est publié le 20 mars (16).
Quatre jours après, il est créé un corps de vétérans nationaux (17), comprenant 10 demi-brigades, chacune de 3 bataillons à 6 compagnies.
Volontaires et vétérans ne figurèrent pas en grand nombre à la première armée de réserve. La situation du 25 avril ne présente que 353 vétérans et 120 hussards volontaires et celle du 21 mai porte 150 hussards volontaires et pas un seul vétéran (18). Quelques compagnies de vétérans figurent aux mois de mai et juin sur la situation de l'armée de réserve de seconde ligne, dans l'intérieur de la France. {p.45}
Le 10 ventôse (1er mars). le Premier Consul indique au Ministre les principaux officiers généraux devant faire partie de l'armée de réserve:
. . . . . Vous enverrez le général Sauret commander à Genève.
Vous donnerez l'ordre aux généraux Bernadotte, Macdonald, Chambarlhac, Lannes, Broussier, Marescot et Saint-Rémy pour former leurs équipages, pour entrer incessamment en campagne, ainsi qu'aux adjudants généraux Hulin, Herbin et Noguès. . . . .
Le général de brigade Vignolle est envoyé le 12 mars à Dijon, avec le titre de « chef provisoire de l'état-major général ».
A votre arrivée à Dijon, citoyen Général, lui écrit le Ministre, vous établirez une correspondance active avec les généraux commandant les différentes divisions de l'armée de réserve, sur tous les objets du service . . . . .(19).
Tandis que les troupes sont en marche vers Dijon, le haut personnel de l'armée est complété.
Le Ministre de la guerre au citoyen Daru.
Paris, le 8 germinal an 8 (29 mars 1800).
Vous expédierez l'ordre aux généraux ci-après de se rendre à Dijon, quartier général de l'armée de réserve, où ils sont employés et où ils recevront des ordres sur leurs destinations particulières et sur les troupes qu'ils doivent commander:
Le général Victor, le général Macdonald, le général Duhesme, le général {p.46} Watrin, le général Broussier, le général Rivaud, le général Gobert, le général Houdetot, le général Malher, le général Musnier, le général Gilly jeune, le général Gency; les adjudants généraux Delort, Colin et Mériage; le général Lannes, le général Duvignau, le général Kellermann, le général Simon.
Il faudra que ces généraux soient rendus à Dijon le 15 germinal.
Paris, le 11 germinal an 8 (1er avril 1800)
Expédiez des lettres de service au général de division Dupont, pour le nommer chef de l'état-major général de l'armée de réserve (20).
Lettre de service au général de brigade Vignolle, adjoint au chef de l'état-major de l'armée de réserve.
Commission, pour le général Macdonald (21), de lieutenant du général en chef de l'armée de réserve.
Commission, pour le général Victor, de lieutenant du général en chef de l'armée de réserve.
Commission, pour le général de division. . . . .(22), de lieutenant du général en chef de l'armée de réserve (23).
Paris, le 12 germinal an 8 (2 avril 1800).
Bonaparte, Premier Consul de la République, arrête ce qui suit:
Le général Berthier, Ministre de la guerre, est nommé général en chef de l'armée de réserve (24).
Le citoyen Carnot (25), inspecteur général aux Revues, est nommé Ministre de la guerre.
Signé: BONAPARTE, etc.
Les talents militaires dont vous avez donné tant de preuves, citoyen Général, et la confiance du Gouvernement, vous appellent au commandement d'une armée. Vous avez, pendant l'hiver, réorganisé le Ministère de la guerre; vous avez pourvu, autant que les circonstances l'ont permis, aux besoins de nos armées. Il vous reste à conduire, pendant le printemps et l'été, nos soldats à la victoire, moyen efficace d'arriver à la paix et de consolider la République.
Recevez, je vous prie, citoyen Général, les témoignages de satisfaction du Gouvernement sur votre conduite au Ministère (26).
Alexandre Berthier, général en chef, au général Dupont, chef de l'État-major de l'armée de réserve.
Paris, le 16 germinal an 8 (6 avril 1800).
Vous donnerez les ordres nécessaires pour faire partir le 18 pour Dijon tous les équipages du quartier général, à l'exception d'un aide de camp pour vous et d'un pour moi; tous les autres partiront avec les équipages. Vous ferez expédier des ordres de route en conséquence. {p.49}
Donnez des ordres à tous les généraux et adjudants généraux, faisant partie de l'armée de réserve, d'être rendus à Dijon le 20 germinal.
Le 8 avril, Berthier convoque à Dijon, pour le 15 avril, les généraux Saint-Remy (27), commandant l'artillerie, et Marescot, commandant le génie, avec tous les officiers de leurs états-majors.
Il fait écrire par Dupont au général commandant l'artillerie:
Recommandez de faire filer sur Auxonne tout ce qui peut encore être sur les derrières.
Prévenez-le que la campagne va s'ouvrir et qu'il active tous les objets nécessaires, et particulièrement tout ce qui est relatif aux équipages de montagne.
La réunion des dépôts de l'armée d'Orient et des débris des demi-brigades les plus éprouvées de l'armée d'Italie fut le premier groupement de l'armée de réserve.
Dès le 5 décembre 1799, le Premier Consul avait prévenu le général Clarke:
. . . . . Mon intention est de former quatorze bataillons de 1000 à 1200 hommes, portant chacun le nom d'une des demi-brigades qui sont en Égypte, et d'incorporer dans ces bataillons tous les individus de ces corps qui se trouvent présentement en France. . . . .
Quelques jours après, les différents dépôts de l'armée {p.50} d'Orient étaient dirigés sur Chalon-sur-Saône et Mâcon, et le général Gaultier, inspecteur général aux revues, devait les organiser « en bataillons et escadrons avec les bataillons dé conscrits destinés à en compléter les cadres (28) ».
Le 19 décembre paraissait l'arrêté qui créait les 14 nouveaux bataillons, composés chacun de 12 compagnies (29).
A la fin de janvier, il est décidé que ces bataillons seront de suite portés à 1000 hommes, au moyen des conscrits arrivant à Lyon, à mesure qu'ils seront armés et habillés (30).
De plus, le général Gaultier reçoit, le 11 février, 4,000 hommes du département de Saône-et-Loire et les conscrits restés dans l'Yonne et la Nièvre.
Les bataillons de l'armée d'Orient sont groupés, le 14 février, en 4 demi-brigades, réparties dans les cantonnements de Mâcon, Chalon, Seurre et Saint-Jean-de-Losne (31).
{p.51} Le général Chabran (32), dont le « quartier général sera à Chalon-sur-Saône », commandera cette division, qui « portera le nom de 1re division de l'armée de réserve (33) », et à laquelle seront attachés « trois pièces de 8 et un obusier de 6 pouces, servis par l'artillerie légère; deux pièces de 12, quatre de 8 et deux obusiers, servis par l'artillerie à pied ».
Le 21 mars, 5 bataillons seulement avaient rejoint. {p.52}
ARMÉE DE RÉSERVE. – 1re Division.
Tableau de la force et de l'emplacement de ladite division au 30 ventôse an 8 de la République française une et indivisible.
CHABRAN, général divisionnaire.
TESTE et BERGER, chefs de bataillon.
Adjudant général, chef de l'état-major provisoire.
PRÉVOST, général de brigade.
Adjoints aux adjudants généraux.
QUESNEL et COLIN, lieutenants.
PRÉSENTS sous les armes: sous-officiers et soldats.
COMPRIS dans l’effectif.
TOTAL DE L’EFFECTIF, officiers compris.
CHEVAUX d’officiers.
EMPLACEMENT des corps.
en congé ou détachés.
Bataillon complé-
de la 9e de ligne 38 4 466 436 25 » 533 9 à Givry.
de la 13e de ligne 60 6 634 610 24 63 787 15 à Mâcon.
de la 69e de ligne 45 6 528 579 110 29 719 7 à Chalon.
de la 75e de ligne. 42 4 724 669 25 30 770 » à Sennecv.
de la 21e légère. » » » 600 (1) » » » » à Cluny.
12e compagnie du
5e d'artillerie à pied 2 2 41 40 9 21 85 4 à Bourg-Neuf.
Détachement d'artillerie,
Ecole de Grenoble » » 16 16 » » 16 » à Bourg-Neuf.
TOTAUX. 187 22 2,409 2,950 193 143 2,910 35
(1) Malgré les demandes réitérées faites au commandant de la 21e légère, il n'a pas été possible d'obtenir la situation du corps qu'il commande.
Les généraux de brigade, adjudants généraux et chefs de brigade qui sont annoncés n'ont point encore paru.
Les armes manquent, surtout depuis l'incorporation des bataillons auxiliaires, qui n'en ont point reçu.
Le 22 mars, il y avait 4,500 fantassins présents les armes à Mâcon, Chalon et environs (34). {p.53}
En vue de grossir les effectifs, il est ordonné, le 26, que « tous les officiers et soldats qui sont revenus ou qui reviendront de l'armée d'Orient, seront dirigés de Toulon sur Chalon-sur-Saône, pour rejoindre leurs demi-brigades ».
Malgré ces mesures, l'organisation se poursuit lentement.
Le 22 mars, le général Chabran se plaint au Ministre:
. . . . . Je tiens beaucoup à former des soldats et je désirerais les avoir sous les yeux autant que possible. Instruisez-moi, citoyen Ministre, s'il n'entre pas dans l'intention du Premier Consul et dans la vôtre de faire camper les troupes sous mes ordres, et, dans ce cas, donnez, je vous prie, des ordres précis, pour que cette mesure s'effectue. J'y vois beaucoup d'avantages pour le militaire et un grand soulagement pour les habitants du pays.
Les armes manquent (35). . . . .
La solde des officiers est toujours en retard et les plaintes redoublent. . . . . Hier matin, une espèce de révolte s'est manifestée parmi les conducteurs d'un convoi d'artillerie. Le motif était l'arriéré de solde. . . . .
Le 6 avril, il renouvelle ses doléances (36) :
. . . . . Les troupes sont sans solde.
Les officiers, infiniment arriérés à cet égard, n'ont plus de moyens de subsister.
. . . . . Il est impossible aux militaires de faire face à leurs engagements. . . . . .
. . . . . Je n'ai pu encore obtenir des armes. Ce retard fait beaucoup languir l'instruction. {p.54}
L'ordre de former une légion italique à Dijon fut donné le 19 décembre 1799; le général italien Lechi était mis à sa tête et le Commissaire des guerres, Bondurand, chargé de son organisation.
Sur l'observation des administrateurs du département de la Côte-d'Or, le Ministre autorisait, le 13 février, le général commandant la 18e division militaire (37) « à répartir une portion de ces troupes dans les communes les plus rapprochées de Dijon et les plus susceptibles d'offrir des emplacements convenables ….. »
Le 1er mars, le Premier Consul écrit au Ministre de la guerre:
. . . . . Vous activerez l'organisation des légions italiennes, de manière qu'elles puissent entrer en campagne en germinal (38). S'il existait des détachements de ces légions dans la ci-devant Provence; vous les ferez mettre sur-le-champ en marche pour les réunir dans les différentes places de la Saône et dans la ci-devant Bourgogne (39).
Le général Lechi avait auprès de lui un général français; c'était, le 12 mars, le général Monnier (40), qui était bientôt remplacé par le général Rey « chargé {p.55} supérieurement de l'organisation de la légion italique (41) ».
Le 13, afin de laisser la place libre a Dijon pour les nombreuses troupes qui allaient y arriver, le Ministre ordonne d'en faire partir la légion italique, le 21, pour Bourg.
Le départ s'effectua en deux ou trois colonnes.
Lechi, général commandant la légion italique et A. Bondurand, Commissaire des guerres au Ministre de la guerre.
Dijon, le 2 germinal an 8 (23 mars 1800).
Les troupes de la légion italique sont partis pour Bourg, d'après vos ordres; la dernière colonne s'est mise aujourd'hui en marche. Elles sont animées du meilleur esprit. Quelques jours de repos, des habits pour couvrir leur nudité, des armes pour combattre, et le Gouvernement peut compter sur le dévouement des hommes qui, jusqu'à ce jour, ont éprouvé toutes sortes de privations sans murmurer.
Le conseil d'administration reste ici trois jours, pour recevoir les comptes des conseils d'administration des corps des troupes italiennes dissous et pour ouvrir tous ses registres. Nous vous instruirons successivement de toutes ses opérations.
Bientôt, le général Lechi demande que la légion italique (42) soit concentrée. {p.56}
Lechi, général de brigade, commandant la légion italique, au Ministre de la guerre.
La légion italique, au moment de son organisation, aurait dû sans doute être réunie dans une seule place; alors on aurait pu s'occuper avec fruit de son instruction. Elle a été envoyée à Bourg; le préfet du département de l'Ain l’a fait répartir dans toutes les communes de son arrondissement, et elle y est divisée par compagnies. Je ne vous peindrai point les inconvénients de cette mesure; il est aisé de sentir qu'elle nuit énormément à l'ordre et à la discipline qui doivent régner dans un corps nouvellement formé. Le moment où la légion sera armée et habillée approche, et il serait bien nécessaire alors qu'elle fût réunie dans un seul et même lieu.
J'ai l'honneur de vous prier, en conséquence, d'envoyer le corps que j'ai l'honneur de commander à Moulins ou à Besançon. Il y a dans l'une et l'autre de ces deux villes les casernes suffisantes pour tous les hommes qui le composent, et elles se trouvent dans l'arrondissement de l'armée de réserve.
P. S. – Le dénuement dans lequel se trouve la légion, qui est dans une nudité effrayante et sans armes, fait craindre qu'elle ne se croie abandonnée et livrée à sa misère. Il est donc instant qu'elle soit placée dans une place forte, afin d'empêcher les désertions, si l'excès de la misère des hommes qui la composent pouvait y porter quelques-uns d'entre eux, et si l'armée de réserve venait à s'ébranler et que la légion fût dans l'impossibilité d'opérer son mouvement.
Dès le surlendemain, le Ministre ordonne de réunir la légion italique dans une même ville, en laissant le choix au général Berthier.
Elle fut concentrée à Bourg, où se compléta son organisation.
Le général en chef, considérant qu'il existe un nombre considérable d'officiers de tous grades (43) qui n'ont pu trouver place dans l'organisation de la légion {p.57} italique, et voulant offrir à ces braves Italiens une nouvelle occasion d'être utiles à la cause commune;
Considérant le voeu qu'ils ont exprimé d'être armés de fusils comme volontaires, arrête:
Art. 1er. – Les officiers de tous grades qui se trouvent à la suite de la légion italique seront armés et formés en compagnies, à l'instar des compagnies d'infanterie de la légion.
Art. 2. – Ces compagnies d'officiers seront répartis dans les bataillons de la légion italique et feront le même service.
Art. 3. – Les officiers qui composeront ces compagnies continueront à recevoir leur traitement de réforme et seront payés de la totalité des appointements de leur grade lorsqu'ils se trouveront sur le territoire actuellement occupé par l'ennemi.
Art. 4. – Le général (44) est chargé de leur organisation; il soumettra son travail au général en chef dans la seconde décade de floréal.
Le général en chef arrête:
Les sous-officiers, qui faisaient partie des corps italiens et qui n'ont pas été compris dans l'organisation de la légion italique, seront répartis dans les compagnies des bataillons de la légion et serviront à la suite. Ils seront placés en pied à mesure qu'il vaquera des emplois de leur grade.
Art. 1er. – Tous les Italiens réfugiés en France, par suite de l'invasion de l'Italie par les armées impériales se rendront à Bourg, département de l'Ain.
Art. 2. – Sont exceptés de cette disposition, les femmes, les enfants et les hommes âgés de plus de soixante ans.
Art. 3. – Le Ministre de la guerre donnera des ordres pour que tous les corps, dépôts et détachements de troupes italiennes se rendent à Bourg (45).
Art. 4. – Les secours accordés aux réfugiés italiens ne seront payés qu'à Bourg.
Art. 5. – Les Ministres de la guerre, de la police et des relations extérieures sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté (46).
{p.58} La situation suivante était établie au Ministère de la guerre, au bureau du mouvement des troupes, à la date du 14 floréal an 8 (4 mai 1800).
Troupes italiques stationnées sur le territoire de la République.
DÉNOMINATION DES CORPS.
Légion italique. 6 bataillons d'infanterie. à Bourg. 3,130
2 escadrons de chasseurs (47). à Bourg 391
1re compagnie d'artillerie. à Bourg 75
la légion italique,
de réserve). Hussards adriatiques. à Aix. 41
Canonniers cisalpins. à Antibes. 41
Canonniers piémontais. à Antibes. 15
Vétérans piémontais. à Sassenaye. 71
Dépôt de la légion maltaise. à Condrieux. 40
Grenadiers piémontais. à Bussala. 46
Canonniers lucquois et cisalpins. à Nice. 55
Dans les hôpitaux. 371
1er régiment. Hussards cisalpins. (47) à Auxerre. 350 Partile 1er floréal
pour Bourg.
Hussards cisalpins. à Aix. 34
TOTAL DE L'EFFECTIF (48).
De Paris partirent pour l'armée de réserve (49) :
La 1re division, devenue division Chambarlhac;
La 5e division, devenue division Boudet;
La majeure partie de la cavalerie;
La garde des Consuls. {p.59}
Paris, le 18 ventôse an 8 (9 mars 1800).
La 1re division de l'armée de réserve, composée des:
43e et 96e de ligne;
de 12 pièces d'artillerie,
commandée par le général de brigade Chambarlhac, passera la revue du Premier Consul (50) le 25 et partira le 26 pour Dijon.
Les 11e et 12e de hussards;
Les 8e et 9e de dragons.
commandés par le général de brigade Nansouty, passeront la revue le 25 et partiront le 28.
Les 1er, 5e et 18e de cavalerie.
Les 5e et 7e de dragons;
Le 15e de chasseurs,
passeront la revue le 25 et partiront le 2 germinal (51).
Division Chambarlhac.
La division Chambarlhac (52) part tout entière de Paris, le 17 mars, se rendant à Dijon, par la route de Bourgogne, {p.60} en 12 étapes, soit, avec 2 séjours, en 14 jours (53).
Le général Chambarlhac au général Lefebvre commandant en chef les 14e, 15e et 17e divisions militaires.
Avallon, le 5 germinal an 8 (26 mars 1800).
Je m'empresse, mon cher Général, de vous annoncer que depuis le départ de la colonne dont j'ai le commandement, de Paris en cette ville, notre perte en déserteurs n'est pas ce que la renommée aura pu vous porter. Elle est faible, et encore puis-je compter sur beaucoup de soldats absents, que la proximité de leur pays a appelé, mais que l'amour pour la République rappellera aux drapeaux à Dijon.
La colonne a bivouaqué (54). Quelques municipalités, qui, n'ayant été prévenues que par moi, n'ont pas eu le temps de fournir les objets nécessaires au bivouac, m'ont fait cantonner.
P. S. – État des hommes désertés:
La 43e
La 96e
État de situation de la 1re division de l'armée de réserve à l'époque du 5 germinal an 8 (26 mars 1800) (56).
Adjudant général, chef de l'état-major.
BOUDINHON, chef d'escadron.
PRADEL, capitaine.
Adjoints aux adjudants généraux
BOREL, chef d'escadron.
OFFICIERS y compris l’etat-major.
FORCE au départ de Paris.
ENTRÉS aux hôpitaux.
24e Demi-brigade d'infanterie légère 83 2,531 54 37 2,440 Les charretiers d'artillerie
complets au départ
de Paris, le général
commandant a autorisé
le chef de cette
arme à prendre dans
le corps composant la
colonne les hommes
de bonne volonté qui,
arrivés à Dijon, rentreront
corps respectifs.
43e Demi-brigade d'infanterie de ligne 131 2,749 194 77 2,478
96e Demi-brigade d'infanterie de ligne 93 2,775 50 84 2,641
Matériel de l'équipage, chevaux
Canons de 8.
Obusiers de 6 pouces.
Affûts de rechange de 8.
d'obusiers.
Caissons chargés de 8.
d'obusiers
de cartouches de fusil
de cartouches de pistolet
Chariots de division
A Avallon, le 5 germinal an 8 républicain.
Certifié l'état ci-dessus véritable, conforme à ceux qui m'ont été remis par les chefs de corps.
L'Adjudant général, DELORT. {p.62}
Le général Vignolle (57), chef provisoire de l'état-major, écrit à cette date:
. . . . . Je vais au-devant de la 1re division, qui va arriver; tout est prêt subsistance et logement. . . . .
Ce n'était pas sans difficultés que le logement avait pu être préparé par l'ordonnateur Dubreton , qui rendait compte l'avant-veille des mesures prises:
. . . . . J'ai emprunté hier trois mille francs, je vous en préviens, citoyen Ministre, pour faire nettoyer, vider, réparer les casernes de la place. Les prisonniers, les cisalpins, à qui il n'a pas été possible de faire toujours des distributions, et qui, sans doute, n'ont pas été suffisamment surveillés, y ont tout écrasé, brûlé, abîmé . . . . .
Mais ces 8,000 hommes parurent une trop lourde charge aux habitants de Dijon et, le 2 avril, le général Vignolle écrivait au Ministre:
. . . . . Après m'être concerté avec le général Chambarlhac et l'ordonnateur, j'ai placé à le-sur-Tille la 24e demi-brigade d'infanterie légère (58), d'après les instances du préfet, pour soulager la ville de Dijon. . . . .
Peu après, la 43e fut placée à Gevrey. La 96e seule demeurait à Dijon avec l'artillerie. {p.63}
Les dépôts des 24e légère, 43e et 96e de ligne étaient . restés provisoirement à Paris. Le 13 avril, le Premier Consul ordonnait de les diriger sur Dijon, où, d'après les instructions du Ministre, ils durent arriver le 4 mai.
Division Boudet.
D'après l'ordre de bataille du 8 mars, la 5e division, sous les ordres du général Boudet, comprend la 17e légère, les 14e et 30e de ligne.
Ces deux dernières doivent, avant le 22 mars, être « portées au moins à 1500 hommes et l'habillement et armement en bon état (59) ».
La 14e reçoit contre-ordre (60).
Deux bataillons de la 30e partent de Paris le 21 avril (61) et arrivent le 2 ou 3 mai à Dijon (62), où les rejoint le 3e bataillon, parti d'Embrun (63).
La 17e légère quitte Aix en Provence le 22 mars et doit atteindre Dijon au milieu d'avril (64). On l'arrête une étape avant cette ville et on la fait cantonner à Beaune et « dans les villages environnants (65) », le 16 avril.
Le 28, elle se rend à Dijon, où elle est passée en revue par le Premier Consul le 7 mai; le 16 , elle revient {p.64} à Beaune et est destinée à entrer dans la formation d'une nouvelle division avec 6 bataillons de l'armée d'Orient (66).
Mais cette mesure n'est pas appliquée et la 17e légère ne quitte Beaune que le 13 juillet, pour aller à Genève et, de là, à l'armée du Rhin (67).
La 39e de ligne qui, comme la précédente, faisait partie de l'armée d'Italie et avait été désignée le 14 avril, ne rejoignit pas non plus l'armée de réserve.
Par contre, le Premier Consul avait décidé, le 8 mars, que la 59e demi-brigade entrerait dans la composition de cette armée. Il fait diriger « en droite ligne sur Dijon le bataillon qui est dans la 1re division (68) » et appelle de suite à Paris « les deux bataillons qui sont dans la 15e division, afin de compléter leur habillement et armement (69) ».
Le 6 avril, il fait donner l'ordre de partir « aux deux bataillons de la 59e qui sont dans la 17e division et à son dépôt (70) », et il ajoute: « Vous ferez partir également {p.65} six pièces de 4 et de 8, prises parmi celles de Paris, attelées et avec leur approvisionnement, pour le parc d'Auxonne ».
L'ordre du Premier Consul reçut une exécution immédiate, car le Ministre écrivait le 9 avril au général Berthier:
« . . . . . Deux bataillons de la 59e demi-brigade et son dépôt, qui arriveront à Dijon le 30 germinal (71). . . . .» .
A la fin de leur marche, ces deux bataillons reçurent, le 18 avril, l'ordre de « brûler l'étape de Sombernon » et de venir, le 19, de Vitteaux à Dijon. Le lendemain 20, ils étaient envoyés à Mirebeau, où le 3e bataillon était cantonné depuis le 2 avril.
Les 59e et 30e de ligne formèrent la division Boudet (72), avec la 9e légère (73).
Le général Nansouty, commandant les 4 régiments de cavalerie (74), auxquels une compagnie d'artillerie légère était adjointe, est remplacé, le 15 mars, par le général de brigade Rivaud, qui reçoit les instructions suivantes :
. . . . . Ces troupes devront marcher en colonne de route et en ordre de guerre. . . . .; elles marcheront réunies {p.66} jusqu'à Dôle. Arrivés dans cette commune, les 8e et 9e régiments. de dragons se dirigeront sur Seurre; où ils demeureront stationnés, et 1e 11e régiment de hussards, les deux escadrons du 12e de hussards, ainsi que la compagnie d'artillerie légère, resteront dans la commune de Dôle, où vous attendrez de nouveaux ordres.
Cette division de cavalerie comprenait (75) :
escadrons du
de chasseurs (76).
hommes (77).
Elle est mise en mouvement en deux colonnes, les 28 et 29 ventôse (19 et 20 mars) (78).
L'itinéraire, qui devait d'abord être le même que celui de l'infanterie, fut modifié le 12 mars (79).
« . . . . . Il (le Premier Consul) désirerait aussi que la cavalerie prît la route de la Champagne pour se rendre dans ses cantonnements de Dôle, Saint-Jean-de-Losne, Seurre et Verdun (80). . . . .» {p.67} La cavalerie de Rivaud arriva dans ses cantonnements aux jours ci-dessous (81) :
8e (83) et 9e de dragons (82), à Seurre, le 5 avril.
11e (83) et 12e de hussards, à Dôle, le 4 avril.
Artillerie, à Dôle, le 4 avril.
Le 15e de chasseurs devait arriver à Verdun-sur-Saône le 6 avril. Son départ ayant été retardé de sept jours, on peut admettre qu'il arriva en ce point le 13.
Ces régiments étaient partis bien incomplets, et ce n'était pas sans peine qu'on parvenait à leur envoyer des renforts.
. . . . . Les régiments de cavalerie, citoyen Ministre, ont de très grands besoins. Mon aide de camp, qui vient de parcourir les dépôts, m'assure que nous avons 3,000 hommes qui ne peuvent pas entrer en campagne, à défaut de selles et d'habits. . . . .(84)
Le 6 avril, le dépôt du 12e de hussards et les « hommes montés » des 12e de hussards, 15 e de chasseurs, 9e de dragons, reçurent l'ordre « de partir dans la décade, pour se rendre à Dijon pour faire partie de l'armée de réserve ».
Après plusieurs contre-ordres, ils se mirent en route: {p.68} ceux du 12e de hussards, le 10 avril; ceux des 9e de dragons, 15e de chasseurs et 11e de hussards, le 2 mai.
En dehors du 15e de chasseurs et des 4 régiments de la colonne Rivaud, d'autres troupes à cheval partent successivement des environs de Paris.
« Le 2e de cavalerie et son dépôt » (85) arrive à Dijon le 21 avril (86), et est envoyé le 22 à Genlis, où il demeure jusqu'au 8 mai.
Le 3e de cavalerie quitte Compiègne le 2 mai, ainsi que son dépôt (87).
Partent le même jour, sans faire de séjour: deux escadrons du 5e de dragons, un escadron du 1er de hussards, un escadron des 1er et 5e de cavalerie (88).
Le nombre des régiments de cavalerie envoyés en totalité ou en partie, des environs de Paris à l'armée de réserve, est ainsi de onze (89).
Enfin, le 7e de chasseurs, stationné à Dijon, passe de l'armée d'Italie à l'armée de réserve, le 27 mars (90). Le 20 avril, il est dirigé sur Plombières (91).
Garde des Consuls.
Un premier détachement de la garde part de Paris le {p.69} 11 avril. L'aide de camp Lauriston (92) est chargé d'annoncer « sur toute la route. . . . . qu'une partie des gardes doit partir de Paris primidi » (21 germinal – 11 avril), et de faire « préparer le logement pour 300 grenadiers à pied et 200 grenadiers ou canonniers à cheval. . . . .»
Tout n'était pas parfaitement organisé sur cette route, et Lauriston écrivait, de Corbeil, le 10 avril:
Le service des étapes se fait très mal dans ce département.
. . . . . L'étapier de Corbeil ne pouvait plus fournir les vivres et fourrages, faute de moyens, étant en avance de 4 à 5,000 francs avec cette Compagnie (Ce Ribet).
L'étapier de Villeneuve-Saint-Georges, où je suis passé hier, ne peut plus rien fournir pour la même raison. . . . .
Ce détachement de la garde arrive à Dijon le 25 ou le 26 avril et s'établit le 30 à l'ancienne intendance. aménagée pour le Premier Consul (93).
Une autre fraction suit bientôt:
Paris, le 22 germinal an 8 (12 avril 1800).
Je vous prie, citoyen Ministre, de donner l'ordre à un détachement de la garde des Consuls, composé de 300 grenadiers à pied, 100 grenadiers à cheval, la moitié de la compagnie {p.70} d'artillerie légère, avec 6 pièces d'artillerie et tous les caissons, approvisionnements, forges, etc., qui sont au parc de la garde, de partir le 24 de ce mois pour se rendre à Dijon.
Je désire que vous preniez les mesures les plus économiques pour recomposer une division de 6 pièces d'artillerie attelées.
Cette division sera attachée à la garde qui reste à Paris, remplacera celle qui part et sera servie par la moitié restante de la compagnie d'artillerie à cheval (94).
Le dernier détachement de la garde (95), 200 hommes à cheval, 400 à pied et 6 pièces, sous les ordres du chef de brigade Bessières, partit de Paris le 29 avril (96).
Les troupes venant de l'armée de l'Ouest furent (97) :
La 2e division, devenue division Watrin (trois demi-brigades);
La 3e division, devenue division Loison (deux demi-brigades) ;
La 7e division, devenue division Monnier (deux demi-brigades);
Une demi-brigade de la division Boudet;
Trois régiments de cavalerie;
Divisions Watrin et Loison.
Le Premier Consul au général Brune (98), commandant l'armée de l'Ouest.
Paris, le 11 ventôse an 8 (2 mars 1800).
. . . . . Il sera décidé dans quinze jours si la campagne s'ouvrira ou non; et, en cas que nous devions la faire, j'ai de très vastes projets. Une armée de réserve que je vais former et dont je me réserverai le commandement, et dans laquelle vous serez employé, doit être composée des 40e, 58e, 6e légère, 60e, 22e demi-brigades.
Ces cinq demi-brigades sont à votre armée. Si les événements le permettent, faites-les partir dans la décade prochaine, en en formant deux divisions. Fournissez à chaque division 6 pièces d'artillerie. A l'une vous attacherez le 22e (99) de chasseurs, et à l'autre, le 2e de chasseurs. Dirigez-les sur Dijon. Faites-les marcher par division; c'est le meilleur moyen qu'il n'y ait pas de désertion. Passez-en la revue et faites-moi connaître l'état de leurs besoins et leur nombre. Mettez leur solde à jour. Nantes doit pouvoir vous offrir quelques ressources en capotes, souliers, etc.
Faites commander les divisions ci-dessus par un très bon général de brigade et un bon adjudant général (100).
Je fais partir de la 17e ou 14e division militaire, la 24e légère, la 43e et la 96e, ainsi qu'une douzaine d'escadrons. Cette division part également primidi pour former l'armée de réserve.
Envoyez au Ministre de la guerre l'ordre de route que vous donnerez à vos divisions, afin de savoir où les prendre, pour les diriger sur les points précis qu'elles devront occuper.
Faites-moi connaître si vous croyez qu'il y ait possibilité d'ôter d'autres troupes de l'Ouest, et, dans ce cas, quels seront les corps les plus propres à faire la grande guerre. {p.72}
Ce mouvement doit vous faire sentir combien il est nécessaire d'activer toutes les mesures. L'herbe va bientôt commencer à croître, et l'heure de l'ouverture de la campagne va sonner (101).
Ces dispositions sont portées à la connaissance du Ministre, qui est avisé, en outre, que la 6e légère, la 22e et la 40e formeront la 2e division de l'armée de réserve; les 60e et 58e, la 3e division. Le 12 mars, le Premier Consul écrit au général Brune:
. . . . . Vous savez combien les mots font aux soldats: ainsi, faites connaître aux différentes demi-brigades qu'elles composent les 2e et 3e divisions de l'armée de réserve.
Les corps convergèrent de Tours et de Rennes (102) vers Orléans, d'où ils prirent l'itinéraire commun (103):
De Courtenay, la 3e division se dirigea sur Langres par Sens, Villeneuve-sur-Vanne, Troyes, Vendeuvre, Bar-sur-Aube et Chaumont. {p.73}
La 60e s'installe à Chaumont vers le 10 avril; la 58e à Langres vers le 13 du même mois.
En quittant Courtenay, la 2e division prit la route de Dijon par Joigny, Auxerre, Vermenton, Avallon, Semur ou Saulieu et Chanceaux (104).
La 40e arrive à Semur vers le 6 avril, la 6e légère à Saulieu vers le 8 et la 22e à Chanceaux le 12 (105).
Les 2e et 21e de chasseurs étaient un peu en arrière; ils atteignent ensemble Dijon le 16 avril et cantonnent le lendemain, le 2e à Tolmay, le 21e à Pontailler-sur-Saône, où ils restent jusqu'aux premiers jours de mai.
Quant à l'artillerie, on manque de renseignements sur sa marche; mais il paraît certain qu'elle cantonna à Auxonne.
La route ne se fit pas sans incidents:
Mériage, adjudant général au Ministre de la guerre.
Orléans, le 8 germinal an 8 (29 mars 1800).
. . . . . Ainsi, la 6e légère et la 60e, faisant la même marche, seraient parties demain pour Chàteauneuf, sans un ordre du général Santerre, commandant à Orléans, qui a donné séjour le 9 à la 60e demi-brigade, afin d'éviter l'encombrement des deux corps partant le même jour pour les mêmes logements. . . . . .
Sens, le 15 germinal an 8 (5 avril 1800).
Dans la marche que j'ai faite depuis Rennes avec la 60e demi-brigade, formant l'avant-garde de la 3e division de l'armée de réserve, j'ai reconnu la {p.74} grande nécessité de nommer un chef de brigade à ce corps, pour y rétablir l'ordre et la discipline et arrêter les progrès de la désertion.
Ce n'a été qu'à force de soins que les chefs de bataillon ont mis un terme au désordre de la marche. Ces officiers avaient senti qu'il était imprudent de donner, en un seul payement, un mois et demi d'arriéré de fructidor, touché par le soldat. Ils désiraient le donner par prêts successifs, ou à la destination. Mais à La Flèche, une espèce d'insurrection s'est manifestée; en vain les chefs ont emporté les drapeaux, le corps ne voulait point partir et les ramena. Je fus prévenu par le commandant; je fis venir les grenadiers qui montraient le plus de résistance et je leur en imposai de manière que la troupe partit. Je fis distribuer à Vendôme l'arriéré de solde.
D'un autre côté, j'ai l'honneur de vous rendre compte que près de cent hommes sont partis, sans permission, pendant la marche, pour aller dans leur pays, à mesure qu'ils en passaient à proximité; c'est surtout à côté de la Mayenne et de Chartres. Si l'on ne donne pas des ordres précis aux préfets pour les faire arrêter, cet exemple sera funeste pour les corps (106).
Je vous invite donc, citoyen Ministre, à prendre en considération l'état de ce corps, composé d'ailleurs de vieux soldats ayant fait la guerre et sur lesquels on peut compter, et commandé par de bons officiers, mais auquel le défaut de chef est très désavantageux. Le chef de bataillon Gouault, qui commande la demi-brigade depuis sept mois, officier supérieur depuis 1793, mérite à tous égards cet avancement, dans le cas où vous n'auriez pas jeté les yeux sur un autre officier.
Annotation mise en marge:
Renvoyé au général Dupont.
Division Monnier.
Paris, le 1er germinal an 8 (22 mars 1800).
Le 20e de cavalerie, la 13e d'infanterie légère et la 70e de ligne sont à l'armée de l'Ouest depuis le commencement de la guerre; il est convenable, sous tous les rapports, que ces trois corps en sortent et soient mis en ligne.
Envoyez l'ordre, par un courrier extraordinaire, au général Brune de faire partir ces trois corps sous la dénomination de 7e division de l'armée de réserve (107), pour Dijon, avec 6 pièces d'artillerie. {p.75}
Le général Brune nommera un général de brigade et un adjudant général pour conduire ces troupes.
Ainsi, le général Brune aura fourni de l'armée de l'Ouest pour l'armée de réserve les 2e et 21e de chasseurs, et le 20e de cavalerie.
La 6e, deux bataillons de la 9e et la 13e d'infanterie légère. Les 22e, 40e, 58e, 60e et 70e de ligne.
Le même ordre est renouvelé le 6 avril, et le Premier Consul ajoute: « Ces corps (13e légère, 70e de ligne, 20e de cavalerie) (108) marcheront successivement les uns après les autres, afin d'éviter les dégâts que font nécessairement une troupe qui bivouaque. »
Ces éléments ne restèrent pas groupés.
Le 20e de cavalerie (109) passa à la division de cavalerie Murat.
La 13e légère alla dans la division Loison.
La 70e forma la division Monnier avec la 44e, venue de l'armée du Rhin, la 72e et la 19e légère.
En effet, la 72e de ligne, en garnison à Caen, est mise en route à la même époque pour Dijon, afin d'entrer dans la composition de la 7e division; tandis que la 19e légère part pour faire partie de la division Loison.
Le 28 avril, le Ministre ordonne aux 72e, 70e de ligne, 19e et 13e légère, de hâter leur marche et de doubler les étapes (110). {p.76}
La 13e légère a « un bataillon arrivant à Dijon le 10 floréal, suivi par les deux autres bataillons de ce corps (111) ». Arrivée ainsi plus tôt sur la base de concentration, elle remplace la 19e légère dans la division Loison, par ordre du Premier Consul du 26 avril.
Le même ordre fixe la nouvelle composition de la 7e division, devenue 6e, la légion italique n'ayant plus de numéro.
La 70e passe à Dijon le 8 mai et atteint le lac de Genève le 14.
La 19e légère devait être à Langres vers le 10 mai; elle ne séjourne pas non plus dans la région de la Saône et arrive sur le lac le 17.
La 72e gagne Dijon, par bataillon isolé, entre le 14 et le 18 mai, et en repart de suite pour le Grand-Saint-Bernard.
Le général Schilt commande cette division pendant quelques semaines; il fait écrire de Paris au Ministre, le 28 avril, pour réclamer la mise en route de détachements de la 70e et de la 13e légère, qui étaient restés en Bretagne (112). {p.77} Il est remplacé, le 29 avril, par le général Gardanne (113).
Je vous prie, citoyen Ministre, de donner l'ordre au général Gardanne de se rendre à Dijon pour y prendre le commandement de la 6e division de l'armée de réserve, composée des 19e, 70e et 72e demi-brigades de ligne.
Le général Monnier (114) lui succède le 14 mai à la tête de cette division, qui est renforcée par la 44e demi-brigade, déjà établie dans le Valais.
La 9e légère avait à l'armée du Rhin un bataillon qui fut « dirigé sur Lausanne, où il restera jusqu'à nouvel ordre (115) ». Ce bataillon, fort de 800 hommes, passe le 16 avril à Vevey, allant en Valais (116).
Les deux autres bataillons qui étaient à l'armée de l'Ouest sont dirigés sur Dijon (117). où ils arrivent le 20 avril. Ils en partent le lendemain, marchant par Auxonne, Dôle, Mont-sous-Vaudrey et Salins (118) sur {p.78} Poligny, qu'ils atteignent le 24, à l'effectif de 1200 hommes (119). La municipalité de cette ville écrit au général Berthier pour exposer que les vivres ne sont pas assurés et pour demander « des denrées et de l'argent (120) ».
La 9e légère forme la division Boudet, avec la 59e et la 30e de ligne (voir p. 63 et 65).
L'effectif de la plupart des détachements d'artillerie est donné par le « tableau indicatif des corps en marche pour se rendre à l'armée de réserve » et leurs dates de départ et d'arrivée par une lettre d'avis du 29 mars du Ministre à Vignolle.
Le tableau ci-dessous résume ces divers renseignements:
Détachement d'artillerie conduisant 12 pièces et 6 caissons.
380 Tours. »
comp. du
rég. d'artill.
100 Paris. »
67 Paris. »
100 d'Evreux, 16 mars. à Auxonne, 4 avril.
85 de Maestrich, 16 mars. à Auxonne, 6 avril.
102 du Havre, 17 mars. à Auxonne, 10 avril.
compagnie d'ouvriers
88 de Nantes, 17 mars. à Auxonne, 11 avril.
88 de Rennes, 20 mars. à Auxonne, 14 avril.
114 de Bréda, 22 mars. à Auxonne, 19 avril.
comp. de mineurs venant de Metz.
96 Metz. »
comp. du 3e bataillon de sapeurs venant des environs de Jamose.
300. Jamose. »
{p.79} Les divisions auraient dû arriver dans la zone de concentration:
La division Chambarlhac
La division Boudet
La division Watrin
La division Loison
La division Monnier
soit, au total, 54 bouches à feu.
Toutes ces pièces n'arrivèrent pas dans la région de Dijon; mais l'armée trouvait: à Besançon, deux obusiers; à Auxonne, cinq pièces de 8 et un assez grand nombre de pièces de 4 disponibles (121); et, plus tard, à Genève, quatre pièces de 4 (122).
Quant aux équipages et aux armes, ils font l'objet des ordres suivants:
Paris, le 21 ventôse an 8 (12 mars 1800).
Il y a, citoyen Ministre, au dépôt de Mons, 250 chevaux de trait qui n'ont point de destination. Ne pourrait-on pas les diriger sur Auxonne pour servir à l'équipage de l'armée de réserve?
. . . . . Faites partir également dans la décade les affûts traîneaux, qui ont été construits à Paris, ainsi que les fusils et autres objets nécessaires à l'artillerie de l'armée de réserve. . . . . .
Paris, le 24 germinal an 8 (14 avril 1800).
Les dix affûts-traîneaux, qui ont été faits à Paris, ne sont pas encore partis. Cependant, l'armée de réserve ne peut faire aucun mouvement que ces affûts ne soient arrivés, puisqu'ils doivent servir à son avant-garde. Je crois qu'il serait nécessaire que l'on chargeât ces dix affûts-traîneaux sur des chariots d'artillerie, et qu'on les fît partir demain, en les faisant marcher à grandes journées, sans séjour.
Prévenez le général commandant de l'armée de réserve de la route que tiendront ces voitures, afin que si le besoin était urgent, il leur envoyât l'ordre de venir par des moyens extraordinaires.
Le Premier Consul au Ministre de la marine.
Vous avez fait, citoyen Ministre, des marchés avec différents particuliers de Paris pour la fourniture d'une certaine quantité d'armes.
Comme nous en avons extrêmement besoin dans ce moment, je vous prie de remettre les armes qui seraient à votre disposition à celle du directeur du parc d'artillerie de l'armée de réserve.
{p.81} Les fusils (123) se firent attendre pendant longtemps; on trouvera presque à chaque page de la correspondance de Berthier des demandes pressantes pour faire armer ses conscrits. Le mouvement de Dijon vers Lausanne se fit sans que les soldats fussent tous armés; ce n'est que sur les bords du lac de Genève qu'un envoi de Saint-Étienne permit de distribuer des fusils. Le 12 mai, peu de jours avant le passage du Grand-Saint-Bernard. Berthier prescrivait qu'on « fasse tirer dès demain quelques coups de fusils à tous les conscrits, qu'on leur fasse connaître de quel oeil on mire pour ajuster et enfin de quelle manière on charge son fusil ».
En ce qui concerne les munitions, le Premier Consul , . . . . .« désirerait. . . . ., que chaque bataillon de l'armée eût son caisson de cartouches d'infanterie (124) ».
Le Ministre transmettait aussitôt au général de division Saint-Remy, commandant l'artillerie de l'armée de réserve, cet ordre, qui ne fut exécuté d'abord que pour la division Chambarlhac (125).
Le commissaire ordonnateur Dubreton (126) est nommé, {p.82} le 14 mars, ordonnateur en chef de l'armée de réserve, et envoyé à Dijon quelques jours avant l'arrivée des troupes.
Dubreton, ordonnateur en chef de l'armée de réserve au général Berthier, Ministre de la guerre.
Dijon, le 4 germinal an 8 (25 mars 1800).
Je n'entrerai pas dans de longs détails, citoyen Ministre, sur les dispositions dont je m'occupe ici pour assurer tous les services. Il vous suffira de savoir sommairement:
1° Que le service des vivres-pain (127), légumes, etc., sera fait nonobstant les observations de quelques sous-traitants, qui, après avoir exigé de la Compagnie Wanlerberg des prix énormes, voudraient encore faire annuler leurs engagements;
2° Que le service des vivres-viande (128) nous donnera toute satisfaction; il est entre les mains d'un traitant sur la vigilance duquel on peut toujours compter;
3° Que nonobstant tous mes soins, toutes mes instances, je ne vois rien s'effectuer pour les fourrages qui puisse tranquilliser. Je désire me tromper, mais j'ai bien lieu de craindre que ce service ne soit, avant peu, compromis. Je viendrai de toutes mes forces au secours de l'entrepreneur; mais il faudrait, de sa part, de grands moyens qu'il n'a pas, ou du moins qu'il ne déploie point. Les troupes vont arriver; je ne vois aucun magasin se former.
Dans le cas où, comme j'ai lieu de le penser, les équipages de Sampigny ne nous arriveraient point aussi promptement qu'il est désirable, mandez-moi si votre intention serait que je passasse des traités partiels pour l'exécution du service, ou si je dois m'arrêter à la voie des réquisitions, toujours fâcheuse, et qui produit un mauvais service.
En cas d'affirmative pour la proposition que je vous adresse, il faudrait, citoyen Ministre, quelques fonds disponibles.
Je vous préviens avoir ordonné l'évacuation de tous les hôpitaux de la ligne sur les places en arrière et notamment sur Lyon et Mâcon.
{p.83} Je (129) ne vous parle point, citoyen Ministre, du service qui m'occupe le plus dans cet instant et qui souffre davantage: je veux dire celui des étapes. Tous les agents en ont, pour ainsi dire, abandonné la direction le défaut de payement, le surhaussement excessif des prix des denrées, les a mis hors d'état (le faire aucun service; vous devez à cette partie de l'administration de prompts secours.
Dijon, le 7 germinal an 8 (28 mars 1800).
Les diverses sections du service des vivres s'organisent partout, citoyen Ministre, aussi bien qu'il est possible. Je me réfère à ce que je vous ai dit sur les fourrages. La paille nous manquera plus que toute autre chose; il ne faudra pas songer à en employer pour le couchage et le campement.
On me mande de Sampigny que, de suite, on pourrait m'envoyer trois brigades de caissons, s'il y avait des chevaux pour les enlever et des fonds pour soutenir le service. La créance des ouvriers et des fournisseurs était si considérable, que les premiers vingt mille francs payés ont été sur-le-champ absorbés.
Il est un service essentiel pour lequel je ne puis rien faire, parce que le fournisseur est aux abois, et que je n'ai pas un sol, vous le savez, pour venir à son secours: je veux parler du chauffage; cependant, le temps presse, les troupes arrivent le 9. Je vais voir si, sur mon crédit, je pourrais trouver quelque chose sur la place. . . . .
Restaient à assurer les transports et un approvisionnement spécial à Genève, conformément aux indications de la lettre du Premier Consul en date du 1er mars (130).
Le Ministre de la guerre au citoyen Boinod, inspecteur aux revues.
Vous vous rendrez sur-le-champ à Bourg, département de l'Ain; vous y lèverez un équipage de deux mille mulets de bât garnis et l'organiserez en compagnies conformément au train d'artillerie.
Je mets, à cet effet, à votre disposition un premier fonds de cent mille francs et vous ferai passer le restant des sommes nécessaires au fur et à mesure de vos besoins.
Vous verrez sur les lieux le meilleur mode à employer pour assurer cette levée. {p.84} Que ce soit à loyer, de réquisition ou par achat, elle doit être complète le 15 germinal. Si le train d'artillerie ou équipage des vivres ne peuvent fournir le nombre de muletiers nécessaires, je vous autorise à les prendre parmi les conscrits ou les réquisitionnaires non incorporés.
Vous suppléerez de la même manière aux bourreliers et maréchaux que l'artillerie ne pourra vous fournir, et vous choisirez parmi les officiers et sous-officiers du train ceux que vous croirez les plus propres à ce service; vous vous ferez aussi assister d'un vétérinaire.
Vous trouverez ci-joint des lettres pour les officiers généraux, les ordonnateurs et les fonctionnaires civils qui doivent vous seconder.
Le Premier Consul porte le plus grand intérêt à cette levée, destinée à un service extraordinaire; proposez-moi tout ce que vous jugerez utile pour l'exétion; je vous donne toute confiance et toute autorité.
Le 21 avril, Boinod n'avait que 900 mulets au lieu de 2,000.
L'ordonnateur Lambert fut chargé de l'approvisionnement extraordinaire de Genève. Il avait réuni le 21 avril:
836,000 rations de biscuit au lieu de 1,500,000, 3,000 sacs et 12,000 caisses, au lieu de 20,000, pour transporter le biscuit;
45,000 pintes, d'eau-de-vie au lieu de 100,000 et 1,500 barils, au lieu de 2,000 pour porter l'eau-de-vie;
41,500 boisseaux d'avoine au lieu de 100,000, 666 boeufs au lieu de 1,000 (131).
En résumé, dix demi-brigades d'infanterie, huit régiments de cavalerie et presque toute l'artillerie étaient réunis dans les environs de Dijon le 20 avril, indépendamment
de la division Chabran et de la légion italique organisées sur place; une demi-brigade était détachée à Lyon.
La garde, cinq demi-brigades et deux régiments de cavalerie devaient rejoindre à la fin d'avril ou au commencement de mai, ainsi que les seconds échelons et les dépôts des corps déjà arrivés.
Et Lauriston écrivait de Dijon, le 20 avril: « Les conscrits arrivent en grande quantité. »
D'après la situation du 24 mars (132), les troupes en marche vers Dijon s'élèvent à 43,419 fantassins et 5,838 cavaliers.
La situation du 10 avril, qui ne fait pas mention de la légion italique, mais qui fait entrer en ligne le premier détachement de la garde des Consuls, présente un total presque identique (43,000 fantassins, 5,800 cavaliers et 2 ,000 artilleurs).
La situation du 16 avril porte les troupes arrivées à 27,000 fantassins, 4,000 cavaliers et 800 artilleurs, soit environ 32,000 hommes, tandis que les troupes attendues s'élèvent à 19,000 fantassins et 2,000 cavaliers.
Créée le 8 mars, l'armée de réserve était à peu près constituée un mois et demi plus tard. Les armes, les munitions, les approvisionnements lui manquaient encore, mais déjà ses opérations futures avaient fait l'objet d'une étude approfondie.
Les Mémoires de Napoléon indiquent, par erreur, le 7 janvier 1800 comme date de cet arrêté.
Voir page 47 le passage des Mémoires de Napoléon à ce sujet. {p.38}
D'après les Mémoires de Napoléon, cette désignation officielle de Dijon aurait été faite pour tromper les espions des puissances étrangères. Cette assertion est difficilement conciliable avec la lettre suivante, dans laquelle le Premier Consul recommande le secret au Ministre. Elle est surtout en contradiction avec la réalité des faits, puisque l'armée se concentra effectivement à Dijon et aux environs.
Correspondance de Napoléon, n° 4651.
Le 6 mars, le Premier Consul écrit encore au Ministre de la guerre;
« Je vous prie de me remettre demain à 10 heures, citoyen Ministre, les noms des médecins en chef, chirurgiens en chef, pharmaciens en chef, agents en chef des vivres, pain et liquides, des viandes, agents en chef des hôpitaux de l'armée de réserve. Vous me présenterez également demain, à 10 heures, les commandants en chef du génie et de l'artillerie, le directeur du parc, l'ordonnateur en chef de cette armée. Vous ferez porter aussi les notes sur les officiers d'artillerie et du génie, qui doivent être attachés à cette armée. Il sera nécessaire qu'il y ait un bataillon d'artillerie d'un même régiment, une compagnie d'ouvriers, un régiment d'artillerie à cheval, un bataillon de sapeurs, une compagnie de mineurs, et, à la suite du génie, des ingénieurs géographes et deux ingénieurs des ponts et chaussées et deux pontonniers. » {p.39}
Par la suite, cet ordre de bataille subit de nombreuses modifications. Les divisions changèrent plusieurs fois de composition, furent toujours désignées par le nom de leur général, et jamais par leur numéro. {p.40}
Pendant toute la période de la République et du Consulat, il signe Alex. Berthier; en 1805, Mal Berthier; de 1806 à 1815, Alexandre.
Cette pièce, d'où découle toute la concentration de l'armée de réserve, a été mise de côté par la commission qui a publié la Correspondance de Napoléon, bien qu'elle ait fait paraître un très grand nombre de documents n'émanant pas directement de l'Empereur, mais seulement écrits par son ordre. {p.42}
On songeait aussi à utiliser les contingents des pays récemment annexés. Le Ministre propose, les 3 et 4 mars, de lever des conscrits dans les « Départements réunis, ci-devant Belgique », comme dans les autres départements, puis dans les départements de la Roër, du Mont-Tonnerre, de la Sarre et du Rhin-et-Moselle. « On en aurait ainsi 50,000; on pourrait commencer par en lever 12,000, quatre demi-brigades, encadrées par des officiers français sachant parler l'allemand. »
L'appel simultané pour former l'armée de réserve, de vétérans et de jeunes gens fut sans doute l'origine de la caricature qui représentait un invalide donnant la main à un enfant avec la légende: Armée de Réserve de Bonaparte.
5 avril. {p.43}
En envoyant cette proclamation au Ministre de la guerre, le 6 mars, le Premier Consul lui écrivait:
En entrant dans ces détails, vous y mettrez:
1° Qu'ils formeront des corps particuliers et qu'ils auront des officiers particuliers; que, dans aucun cas, ils ne seront encadrés dans les autres corps;
2° Que, lorsque le Premier Consul quittera l'armée, ils rentreront aussi en France;
3° Que les extraits d'enrôlement dans un corps de volontaires, donnés par les conseils d'administration, seront les meilleures preuves de civisme qu'eux et leurs familles puissent fournir;
4° L'état de ce que doit avoir un citoyen qui voudrait faire partie d'un escadron volontaire: cheval, habillement à la hussarde, sabre, porte-manteau, harnachement à la hussarde, etc., etc.
Il sera donné à tous la subsistance, et la solde à ceux qui, par l'état de leur fortune, en auraient besoin.
Vous direz que pour ceux compris dans l'état 2, auxquels les préfets et généraux ne pourraient pas procurer d'habillement et équipement dans le pays, il leur en sera fourni à Dijon.
Vous arrêterez, pour les hussards, un costume qui soit très beau.
Dans les endroits où les sous-préfets ne seraient pas encore nommés, les citoyens qui voudront s'inscrire le feront aux Administrations militaires. Vous engagerez les généraux à seconder, autant que possible, l’inscription de ces citoyens.
Je vous prie de tenir la proclamation secrète.
Tous les soldats qui auraient déserté à l'intérieur, par une raison de mécontentement quelconque et qui voudront prouver qu'ils ne l'ont pas fait par lâcheté, devront déclarer, dans les cinq jours de la publication, aux préfets, leur intention de rejoindre, et ils prendront leur route pour Dijon.
Correspondance de Napoléon, nos 4619 et 4650.
Moniteur du 30 ventôse. {p.44}
Moniteur du 2 floréal. – Le début do cette pièce est au chapitre IV.
Moniteur du 11 germinal.
Moniteur du 10 germinal.
Voir aux annexes. {p.45}
Vignolle est à Dijon le 17 mars et rend compte au Ministre le 30 qu'il a établi un service de correspondance et « placé à cet effet, de quatre en quatre lieues, des postes sur les principales et les plus courtes communications, trois hussards, un brigadier ou maréchal des logis ». Il a utilisé pour cela « les hussards cisalpins qui ne sont en ce moment en état de faire aucun autre service ». {p.46}
Dupont était directeur du dépôt de la guerre.
Macdonald fut changé d'affectation.
En blanc dans le texte. – Outre Victor, les lieutenants généraux furent Duhesme, Lannes, et plus tard Desaix, sans parler de Moncey, qui commanda plutôt un corps détaché.
Duhesme fut nommé le 19 avril par une lettre de Dupont datée de Dijon et ainsi conçue:
« Le général en chef me charge, citoyen Général, de vous prévenir qu'il se propose de vous employer provisoirement comme son lieutenant, en attendant la confirmation de ce grade, qu'il a demandé pour vous au Premier Consul.
« Je m'empresse de vous donner avis de cette marque de confiance, due à vos talents militaires et à vos services.
« Salut et Fraternité
(Archives du général de division comte Duhesme.)
Des lettres de service sont aussi adressées, le 4 avril, aux généraux de division Loison et Boudet, aux généraux de brigade Herbin, Vaufreland, Sériziat, Béthencourt; elles sont rédigées ainsi qu'il suit:
« Je vous préviens, citoyen Général, que vous êtes destiné à être employé à l'armée de réserve.
« Je vous invite, en conséquence, à vous rendre le plus promptement possible au quartier général à Dijon, pour y prendre les ordres du général en chef. »
Le même jour, 4 avril, le citoyen Roy est nommé « vaguemestre général de l'armée de Réserve » et le « citoyen Faujas, ci-devant aide de camp du général Eblé et capitaine d'infanterie », est avisé qu'il doit se rendre « sans délai à Dijon, pour être employé dans le bureau topographique de l'armée de réserve ». {p.47}
Entre l'arrêté du 8 mars, par lequel Bonaparte se réserve le commandement de l'armée de réserve, et la nomination de Berthier, le 2 avril, a eu lieu l'entrevue avec le chef d'état-major Moreau, dont il sera question au chapitre suivant.
Dès le 25 mars, date de l'envoi des instructions du Gouvernement peur l'armée du Rhin, le Premier Consul a complètement abandonné l'idée d'une jonction en Suisse de cette armée avec celle de réserve, jonction qui seule lui permettait de commander directement la majeure partie des forces de la République.
Il est donc naturel qu'il se considère comme appelé à diriger les mouvements de trois armées distinctes et qu'il assigne un chef à celle de réserve comme aux deux autres, afin de conserver toute son indépendance.
Dans les Mémoires de Napoléon, on lit, tome VI, page 196 :
« . . . . . Le général Berthier, Ministre de la guerre, partit de Paris, le 2 avril, pour la commander (l'armée de réserve); car les principes de la Constitution de l'an 8 ne permettaient pas au Premier Consul d'en prendre lui-même le commandement.
« La magistrature consulaire étant essentiellement civile, le principe de la division des pouvoirs et de la responsabilité des ministres ne voulait pas que le premier magistrat de la République commandât immédiatement en chef une armée; mais aucune disposition, comme aucun principe, ne s'opposait à ce qu'il y fût présent.
« Dans le fait, le Premier Consul commanda l'armée de réserve, et Berthier, son major général, cut le titre de général en chef. »
Les articles de la Constitution se rapportant à cette question sont ainsi rédigés:
« . . . . . Art. 41. Le Premier Consul. . . . . nomme et révoque à volonté les officiers de terre et de mer.
« Art. 47. Le Gouvernement distribue les forces de terre et de mer, et en règle la direction. . . . .» (Moniteur du 25 frimaire an 8) [16 décembre 1799].
Ce texte paraît difficilement conciliable avec l'interprétation de Napoléon.
Carnot (Lazare), né le 13 mai 1753, avait été successivement : lieutenant en {p.48} deuxième à l'École du génie de Mézières, le 1er janvier 1771; ingénieur ordinaire, lieutenant en premier le 1er janvier 1773 (rang de capitaine d'infanterie en 1783); député du Pas-de-Calais à l'Assemblée législative en 1791, et à la Convention nationale en 1792; adjoint au Comité de Salut public en 1793; président à la Convention nationale en 1794; chef de bataillon sous-directeur du génie, le 21 mars 1795; membre du Conseil des Anciens et du Directoire exécutif en 1795, et président de ce Directoire en 1796; condamné à la déportation en 1797; autorisé à rentrer en France le 24 décembre 1799; inspecteur général aux Revues le 7 février 1800. Il était chevalier de Saint-Louis depuis 1792, Démissionnaire le 8 octobre 1800, il fut membre du tribunat en 1802; obtint une pension de retraite de 10.000 francs comme ancien Ministre de la guerre en 1809; fut remis en activité dans le grade de général de division et nommé gouverneur d'Anvers le 25 janvier 1814; devint Ministre de l'intérieur, pair de France et comte de l'Empire pendant les Cent jours, fut exilé en 1816 et mourut à Magdebourg, le 2 août 1823.
Correspondance de Napoléon, n° 4704,
Bourrienne prétend, dans ses Mémoires, tome 1V, p. 87 et 88, que le Premier Consul n'était pas content de Berthier comme ministre, et qu'il rit beaucoup en dictant cette lettre élogieuse. Cette version ne semble appuyée sur aucun fait; on doit remarquer, au contraire, que Berthier redevint Ministre de la guerre le 8 octobre 1800, et conserva ce poste jusqu'en 1807. {p.49}
Le général Saint-Remy, malade, fut remplacé par le général Marmont, par arrêté du 15 avril. {p.50}
Ordre du 10 décembre 1799.
Le général en chef de l'armée d'Orient venait de réduire de 9 à 5 le nombre des compagnies de chaque bataillon présent en Égypte. Des 12 compagnies formées en France, au titre de chaque demi-brigade, 4 étaient censées appartenir à chaque bataillon, ce qui reconstituait le nombre de 9 compagnies par bataillon. (Considérants de cet arrêté.)
Lettre du Ministre de la guerre à Moncey, commandant la 19e division militaire à Lyon, le 31 janvier.
Bataillons des 18e, 32e, 75e demi-brigades. – Chef de brigade: Taupin.
Bataillons des 13e, 25e, 85e demi-brigades. – Chef de brigade: Gaspard.
Bataillons des 61e, 69e, 888 demi-brigades. – Chef de brigade: Non désigné.
Bataillons des 4e, 21e, 22e demi-brigades légères. – Chef de brigade : Non désigné.
Plus tard, 17 mars, l'incorporation du bataillon de la 2e légère nécessite le dédoublement de la demi-brigade légère d'où résulte le groupement suivant:
Bataillons des 21e et 22e demi-brigades légères. – Chef de brigade: Magny.
Bataillons des 2e et 4e demi-brigades légères. – Chef de brigade: Citoyen Chavardès.
Les bataillons des 9e et 19e demi-brigades de ligne n'étaient pas embrigadés.
Le chef d'escadron du 7e de hussards (bis), Lecoq, était chargé de la formation et de l'organisation des escadrons de dépôt de l'armée d'Orient. {p.51}
(l) Chabran (Joseph), né le 21 juin 1763, capitaine au 5e bataillon des Bouches-du-Rhône le 4 août 1792, adjoint provisoire à l'État-major de l'armée d'Italie le 12 mai 1793, adjudant général chef de bataillon le 25 février 1794, adjudant général chef de brigade le 13 juin 1795, général de brigade le 23 mai 1797, général de division le 23 juin 1799. Plus tard, il commanda des divisions territoriales, fit la guerre d'Espagne, fut mis en congé pour raison de santé en 1810 et retraité en 1813.
Cet ordre du 14 février est antérieur de trois semaines à l'arrêté qui crée l'armée de réserve. {p.52}
Annexe n° 2. – Du total de 5,854 porté sur le tableau, il faut, en effet, diminuer les bataillons non encore arrivés dans la région de la Saône. {p.53}
Le 10 mars, le Premier Consul avait déjà donné des ordres au Ministre.
« . . . . . Les bataillons de l'armée d'Orient qui sont à Chalon et à Dijon ont besoin de fusils, d'habits, de souliers, etc. Un grand nombre d'officiers qui y ont été incorporés, provenant des bataillons de volontaires, sont hors d'âge de servir.
« Donnez les ordres pour que tous ceux qui seraient dans ce cas aient leur retraite et pour que l'on envoie promptement les fusils. Il en faudrait 5 à 6,000.
« Il manque un millier de chevaux pour monter les sept escadrons de l'armée d'Orient. Donnez les ordres pour qu'il leur en soit procuré, ainsi que des harnachements.
« Sur les fonds destinés à l'armée de réserve, faites donner 1000 francs à la disposition des Conseils d'administration par chaque escadron, et 500 franca par chacun des quatorze bataillons.
« Prenez à Paris, sur les habillements destinés à l'armée du Rhin et à celle d'Italie, des habits pour ces quatorze bataillons; il leur en faudrait à peu près 3,000. »
L'effectif de la division Chabran en avril est donné par les situations des 10, 16 et 25 avril; voir les annexes n° 7 et suivantes. {p.54}
La 18e division militaire, dont le siège était à Dijon, comprenait l'Aube, la Haute-Marne, l'Yonne, la Côte-d'Or et la Saône-et-Loire.
20 mars au 20 avril.
Le 15 mars, un ordre du Ministre groupait à Bourg, dans la légion italique, « tous les détachements des troupes cisalpines, romaines, piémontaises, toscanes et napolitaines ».
« Le général de division Monnier ira prendre le commandement des légions italiennes; il prendra sur-le-champ toutes les mesures pour leur organisation et leur instruction.
(Le Premier Consul au Ministre de la guerre, 21 ventôse) [12 mars].
Berthier à Dupont, le 24 avril.
Il ne s'agit ici que de l'infanterie, car le 1er régiment de hussards cisalpins avait été excepté de « l'incorporation dans la légion italique », vu « les services qu'il avait rendus dans les dernières campagnes d'Italie », et, étant donné son « dénuement absolu d'habillement, d'équipement, d'armement et de chevaux »; il avait été envoyé à Auxerre dans le courant du mois de mars. (Rapport au Ministre, 25 mars.)
Quelques hussards avaient été gardés pour assurer la correspondance entre les divers cantonnements de l'armée de réserve. Dupont écrivait au Ministre le 21 avril :
« Il était indispensable d'établir des postes de correspondance pour celle du quartier général de l'armée avec ses principaux cantonnements. On y a placé une soixantaine de hussards cisalpins qui, pour le moment, n'étaient propres à aucun autre service. Mais, lorsque les chevaux de remonte destinés pour ce régiment seront rendus à Auxerre, ces soixante hussards s'y rendront pour se réunir à leur corps, qui s'y trouve en ce moment.
D'après une situation du 5 avril, la légion italique comprenait:
État-major général: 9 officiers;
Infanterie, (6 bataillons) : 264 officiers, et 2,624 sous-officiers et légionnaires;
Chasseurs à cheval (2 escadrons) : 25 officiers, et 346 sous-officiers et légionnaires;
Artillerie (1 compagnie) 5 officiers, et 72 sous-officiers et légionnaires;
Dépôt des trois armes: 555 officiers et 187 sous-officiers.
Au total: 4,087 présents, dont 858 officiers.
Avec 420 absents, l'effectif atteignait 4,507 hommes. {p.57}
Le Ministre ordonnait de diriger sur Bourg sept détachements adriatiques, cisalpins, piémontais ou lucquois, en tout 309 hommes, et envoyait de Versailles à Auxerre 300 hussards cisalpins. (9 mai. Le Ministre à Vignolle, sous-chef de l'état-major général à Dijon.)
Correspondance de Napoléon, n° 4752. {p.58}
Le 15 mai, le Premier Consul écrivait de Lausanne au Ministre:
« Le dépôt général des Italiens est à Bourg-en-Bresse. S'il n'y a pas de chevaux pour les monter, ils le seront en Italie. »
Voir aussi les effectifs portés sur les situations des 24 mars, 10, 16, 25 avril, etc. – Annexes n° 6 et suivantes.
L'annexe n° 3 donne le résumé de la concentration de ces troupes. {p.59}
La revue annoncée eut lieu sur le Champ-de-Mars. Le Moniteur en rendait compte en termes pompeux dans son numéro du 26 ventôse (17 mars).
Aujourd'hui, 25 ventôse, le Premier Consul a passé en revue toutes les troupes qui se trouvaient à Paris. Depuis longtemps un si beau spectacle, . . . . . Quinze à dix-huit mille hommes de différentes armes, dans la meilleure tenue, étaient disposés avec ordre. . . . . Bonaparte est arrivé à cheval, environné de généraux chers à la renommée, etc., etc.
Après la revue, la 3e colonne (cavalerie) qui devait partir de Paris le 23 mars (2 germinal), reçut contre-ordre;
Le 15e de chasseurs partit le 26;
Le 18e de cavalerie « trop faible pour pouvoir espérer qu'il fasse campagne avant messidor » était envoyé à Rouen pour se réorganiser;
Le 1er de cavalerie et le 7e de dragons étaient désignés « pour faire le service de la place de Paris » ;
Le 5e de cavalerie et le 5e de dragons ne rejoignirent que plus tard l'armée de réserve.
Chambarlhac (Vital-Jean-Jacques), né le 10 août 1754, soldat au régiment d'Auvergne le 1er mai 1769, caporal le 1er juillet 1769, sergent le 12 octobre 1769, sous-lieutenant le 26 mars 1770 jusqu'au 31 janvier 1776, chef de bataillon de la Haute-Loire le {p.60} 21 juin 1792, chef de bataillon des grenadiers de l'armée des Alpes le 1er mai 1793, chef de la 177e demi-brigade. devenue 75e, le 28 mai 1794, général de brigade le 6 décembre 1796.
Il devint général de division le 27 août 1803, fut retraité le 1er août 1815, et mourut le 5 février 1826.
D'après le « tableau indicatif des corps en marche « les étapes étaient 17 mars, Corbeil ; 18 mars, Melon; 19 mars, Montereau ; 20 mars, Sens; 21 mars, séjour; 22 mars, Joigny; 23 mars, Auxerre; 24 mars, Vermenton; 25 mars, Avallon; 26 mars, séjour; 27 mars, Semur; 28 mars, Vitteaux; 29 mars, Sombernon et pont de Passy; 30 mars, Dijon.
La moyenne des étapes était de 26 kil. 1/2, la plus longue atteignant 35 kilomètres, la plus courte n'étant que de 18.
Le capitaine Coignet, qui était alors grenadier à la 96e, raconte dans ses et cahiers » (p. 81), que la division campa « tout le long de la route », « coupa les peupliers » et se fit appeler « les brigands de Chambarlhac ».
« Cette vie, dit-il, dura jusqu'à Dijon où on nous logea chez le bourgeois. »
On reconnut vite les inconvénients de ce procédé de stationnement, et, le 6 avril, le Premier Consul prescrivait d'éviter le bivouac pour les corps de la 7e division.
Le 29 mars, le Ministre envoie un Commissaire des guerres pour constater sur les lieux les dégâts faits par la division Chambarlhac et faire indemniser les propriétaires par une retenue sur la solde des troupes coupables.
Si l'on rapproche cette perte en déserteurs, que le général Chambarlhac trouve « faible », des effectifs au moment du départ, on voit qu'en dix jours de route elle est cependant de 3,7 pour cent pour l'ensemble de la division et qu'elle atteint 7 pour cent pour le 43e de ligne. {p.61}
L'annexe n° 5 donne la situation du 15 mars et le détail de l'effectif pour la 24e légère d'après la revue passée le 16 mars.
Les annexes nos 6 et 7 donnent les effectifs les 24 mars et 10 avril. {p.62}
Vignolle (Martin), né le 18 mars 1763, volontaire au régiment de Barrois-Infanterie le 12 mars 1779, cadet dans ce régiment le 18 juin 1780, sous-lieutenant le 10 juillet 1784, lieutenant le 15 septembre 1791, capitaine le 22 mai 1792, adjoint provisoire à l'état-major de l'armée d'Italie le 24 juin 1793, nommé adjudant général chef de bataillon par les représentants du peuple près cette armée le 25 février 1794, adjudant général chef de brigade le 18 décembre 1794, confirmé dans ce grade le 13 juin 1795, général de brigade le 15 août 1796.
Il devint ministre de l'administration de la guerre le 12 avril 1803, général de division le 27 août 1803, fut retraité le 1er août 1815, et mourut à Paris le 14 novembre 1824, ayant cinq blessures dont une reçue à Wagram lui avait fait perdre l'oeil droit.
La 24e légère reçut à Is-sur-Tille 400 conscrits, ce qui portait son effectif à 2,824 hommes. {p.63}
Ordre du Premier Consul, 12 mars.
Le Premier Consul au Ministre, 14 avril. – La 14e fut de nouveau désignée pour l'armée de réserve par ordre du Premier Consul du 5 mai, mais elle ne prit point part à la campagne.
Le Premier Consul au Ministre, 14 avril, et proclamation du 21 avril.
.Le Ministre de la guerre à Berthier, 15 avril.
Le Premier Consul au Ministre, 22 mars.
Étapes: Lambesc, Orgon et Senas, Avignon, Orange, Saint-Paul, Montélimar (séjour), Livron, Valence, Saint-Vallier, Le Péage, Vienne (séjour), Lyon, Maximieux, Bourg, Romenay (séjour), Chalon, Beaune, Dijon.
Vignolle au Ministre, 16 avril. {p.64}
Le Premier Consul à Berthier, 26 avril.
Journal de marche de la 17e légère.
Ce bataillon quittait Arras le 16 mars et faisait étape à Cambrai, Saint-Quentin, La Fère, Laon, Craonne, Reims, Petites-Loges, Châlons, Vitry, Saint-Dizier, Joinville, Vignory, Chaumont, Langres, Pranthei, Thil-Chatel. Il ne faisait qu'un seul séjour sur 17 étapes et devait arriver à Dijon le 2 avril (Relevé des mouvements des troupes, Archives nationales, A. F., IV, 1102). Il reçut l'ordre le 1er avril de changer sa dernière étape, et, au lieu de venir à Dijon, il alla cantonner à Mirebeau. (Registre d'ordres de Vignolle. )
Ces deux bataillons arrivèrent à Paris les 13, 14, 15, 16 et 18 mars; un Commissaire des guerres en passait la revue d'arrivée le 19 mars et constatait l'effectif de 61 officiers et 1544 sous-officiers et soldats, dont 258 absents.
Un arrêté du Directoire du 15 juin 1799 avait créé, par demi-brigade, un dépôt commandé par le capitaine d'habillement et composé d'un lieutenant, d'un sergent, d'un caporal-fourrier, de quatre caporaux et d'un certain nombre d'ouvriers. Le dépôt était chargé de recevoir et d'habiller les recrues. (BELHOMME. – Histoire de l'infanterie en France. Revue d'infanterie, 2e sein. 1896, p. 182.) {p.65}
Dans cette lettre du Ministre au général Berthier, pas plus que dans une au général Vignolle, il n'est question de l'arrivée des six pièces d'artillerie.
Voir les effectifs sur les situations des 15 et 24 mars, 10, 16 et 25 avril, aux annexes n° 5 et suivantes.
La 9e légère venait, partie de l'armée de l'Ouest, partie de l'armée du Rhin. (V. p. 77.)
Ces régiments étaient en garnison: les 8e et 9e de dragons à Paris, le 11e de hussards à Saint-Germain, et le 12e de hussards à Caen et Paris. (Emplacement des régiments de troupes à cheval pendant le mois de pluviôse, an 8 [21 janvier -20 février 1800].) {p.66}
Ordre du Premier Consul, 16 mars.
Le 17 mars, le Premier Consul ordonnait au Ministre de suspendre jusqu'au 26 mars « le départ des 200 hommes du 15e de chasseurs. »
Ces chiffres diffèrent légèrement de ceux portés au « Relevé des mouvements de troupes par décade », pièce établie au Ministère, sur laquelle on lit: 8e dragons, 600 hommes; 9e dragons, 200 hommes; 11e hussards, 240 hommes; 12e hussards, 350 hommes; 15e chasseurs, 200 hommes; artillerie, 67 hommes.
Ordre du Ministre, 17 mars.
Duroc, aide de camp, au Ministre, 12 mars.
L'itinéraire était, d'après un « Tableau indicatif des corps en marche » Paris, Brie, Nangis et Rampillon, Provins, Nogent-sur-Seine (séjour), Méry, Troyes, Vendoeuvre, Bar-sur-Aube (séjour), Chaumont, Langres.
A Langres, la route bifurquait et allait à Champlitte, Gray (séjour), Pesmes, Dôle, Seurre, et, d'autre part, à Pranthoi, Thil-Châtel (séjour), Dijon, Auxonne, Seurre, Verdun.
Les étapes, variant de 19 à 40 kilomètres, avaient une longueur moyenne de 26 kilomètres. {p.67}
Relevé des mouvements des troupes par décade, Archives nationales, A. F., IV. 1102.
Le 9e de dragons ne resta pas à Seurre; avant la fin d'avril il était à Saint-Jean-de-Losne.
Des détachements des 8e de dragons et 11e de hussards avaient accompagné la division Chambarlhac. Ils restaient à Dijon du 30 mars au 26 avril, en partaient le 27 et rejoignaient leurs corps à Seurre et à Dôle. (Registre d'ordres de Dupont, 26 avril.)
Le Premier Consul au Ministre, 20 mars. – On manquait aussi de chevaux. Une loi du 4 vendémiaire, an 8 (26 septembre 1799), avait ordonné, la levée de 40,000 chevaux, mais elle donnait des résultats tellement insuffisants que le Ministre était contraint de passer des marchés avec des entrepreneurs pour fournir des chevaux à la garde des Consuls et aux régiments de cavalerie des environs de Paris (17e division). {p.68}
Le 2e de cavalerie était en garnison, en janvier et février 1800, à Dieppe, Rouen et Amiens. L'ordre de départ est du 8 avril.
Le Ministre à Berthier, 9 avril.
Le Premier Consul au Ministre, 22 avril.
Le Premier Consul au Ministre, 26 avril. Le 5e de cavalerie était en garnison à Mantes.
Le Ministre au général Meynier, commandant la 18e division militaire.
Le 7e de chasseurs ne resta pas à l'armée de réserve; il fut jugé incapable de faire campagne et envoyé à Bréda. (Le Ministre à Berthier, 3 mai.) {p.69}
Ordre du Premier Consul, 8 avril. – Marquis de Law de Lauriston (Jacques-Alexandre-Bernard), né le 1er février 1868, fut élève d'artillerie le 1er septembre 1784, lieutenant le 1er septembre 1785, capitaine le 22 août 1791, chef de brigade du 4e régiment d'artillerie à cheval le 7 février 1795, démissionnaire le 4 avril 1796, remis en activité le 5 mars 1800.
11 devint général de brigade le 13 septembre 1802, général de division le 1er février 1805, fut ambassadeur en Russie en 1811, et aide de camp de l'Empereur en 1812. La Restauration le fit Ministre de la maison du Roi, grand veneur de France et Ministre d'État. Il mourut le 11 juin 1828.
Les grenadiers montés sont de garde à cheval dans des guérites, ce qui excite particulièrement la curiosité publique. (Annuaire départementale de la Côte-d'Or, par Joseph GARNIER, p. 416.) {p.70}
Le départ eut lieu effectivement le 14 avril. (Lettre d'avis du Ministre à Berthier à cette date.)
Le 16 avril, un arrêté des Consuls nommait le général de division Lannes « commandant et inspecteur de la garde des Consuls ».
Ordres du Premier Consul au Ministre et au général Lannes, 26 avril. La veille Bonaparte écrit:
« Je vous prie, citoyen Ministre, de faire délivrer du dépôt de Versailles, 100 chevaux de chasseurs, 30 de grenadiers, pour la garde des Consuls.
« Je vous prie également de faire délivrer du dépôt de Versailles, 200 chevaux pour l'artillerie de la garde, sans cependant nuire aux différents envois qui doivent être faits pour l'artillerie de l'armée de réserve.
L'annexe n° 4 donne le résumé de la concentration de ces troupes. {p.71}
Le général Brune avait le siège de son commandement à Rennes.
Lisez: 21e. Le 2e. de chasseurs était en garnison à Rennes, et le 21e à Vannes. (Relevé des mouvements de troupes par décade.)
Brune donna le commandement de la colonne partant de Rennes à l'adjudant général Collin qu'il proposait pour général de brigade, et qui était secondé par l'adjudant général Mériage. La colonne partant de Nantes et Tours fut mise sous les ordres du général Gency et de l'adjudant général Dalton. (Le Ministre au Premier Consul, 13 mars.) {p.72}
Correspondance de Napoléon, n° 4631.
Ceux de Tours par Amboise, Blois, Beaugency; ceux de Rennes par Vitré, Laval, Meslay, Sablé, La Flèche, Le Lude, Château-du-Loir, Montoire, Vendôme, Marchenoir, Beaugency.
D'après le « Relevé des mouvements de troupes par décade », la colonne venant de Tours comprenait la 6e légère, 2,400 hommes; la 40e de ligne, 2,100 hommes; la 58e 2,900 hommes; le 2e de chasseurs, 593 hommes montés. Le même document donne les chiffres suivants pour la colonne de Rennes: 22e de ligne, 2,600 hommes; 60e 2,200 hommes; 21e de chasseurs, 820 hommes montés; 6 pièces et 3 caissons, 60 hommes. – Les situations, à partir de celle du 15 mars, montrent les modifications successives de ces effectifs; voir aux annexes n° 5 et suivantes. {p.73}
Étapes variant de 22 à 40 kilomètres pour la 2e et pour la 3e division. Moyenne des étapes 28 kilomètres; séjour, un jour sur cinq ou sur six.
Les dates ont été déduites approximativement de la lettre du 29 mars de l'adjudant général Mériage et du tableau indicatif du corps en marche qui donne l'échelonnement des diverses demi-brigades venant de Tours et de Rennes.
La date de l'arrivée de la 22e à Chanceaux, est connue d'une façon certaine par un ordre du général Vignolle du 11 avril, qui dirige cette demi-brigade le lendemain de Vitteaux sur Chanceaux. {p.74}
Il est utile de savoir de quel esprit étaient animées les troupes; le mérite de ceux qui les menèrent à la victoire n'en est que plus grand. Les faits racontés dans cette lettre peuvent d'ailleurs n'avoir été que des exceptions.
L'ordre du Ministre du 8 mars, voir p. 39, avait fixé la composition des 6 premières divisions. {p.75}
D'après le « Relevé des mouvements de troupes par décade », les effectifs de ces corps sont: 13e légère, 2,600 hommes; 70e de ligne, 2,400 hommes; 20e du cavalerie, 340 hommes montés. – La 19e légère, qui part peu après, a 1620 hommes.
Le 20e de cavalerie passe à Dijon le 28 avril et se rend le 30 à Seurre. (Registre d'ordres de Dupont, 28 avril.) 11 stationne en ce point jusqu'au 5 mai.
Il est ordonné, conformément aux intentions du Premier Consul, au 1er bataillon de {p.76} la 72e demi-brigade venant de Caen, pour se rendre à l'armée de réserve, d'activer sa marche de la manière la plus pressante, de ne faire aucun séjour jusqu'à Dijon et même d'abréger le temps de sa route en faisant deux journées d'étape en un seul jour toutes les fois que le commandant de cette troupe le jugera possible.
Dans ce dernier cas, ce bataillon sera traité comme s'il avait fait effectivement deux journées de marche et les subsistances lui seront délivréès à son passage dans le lieu de logement militaire où il aura dû s'arrêter conformément à son ordre de route. Le commandant de ce bataillon m'accusera sur-le-champ la réception du présent ordre et me tiendra exactement informé de sa marche et de son arrivée à sa destination.
Même ordre aux 2e et 3e bataillons.
Même ordre à la 70e demi-brigade venant de Tours.
Même ordre aux 1er, 2e et 3e bataillons de la 19e demi-brigade d'infanterie légère venant de Tours pour se rendre à Langres.
Même ordre au 1er et au 3e bataillons de la 13e légère venant de Tours pour se rendre à l'armée de réserve. CARNOT.
Le Ministre à Vignolle, 19 avril.
Delaage, adjudant général, au Ministre. {p.77}
Gardanne (Gaspard-Amédée), né le 24 avril 1758, lieutenant dans les canonniers gardes-côtes le 1er mars 1779, chef en 2e du 1er bataillon du Var le 16 septembre 1791, commandant de ce bataillon le 31 novembre 1792, adjudant général chef de brigade provisoire le 13 septembre 1793, confirmé dans ce grade le 12 avril 1794, général de division le 5 janvier 1800.
Fait prisonnier en 1799, il venait d'être échangé contre le général Mack.
Il mourut de maladie à Breslau, le 14 août 1807.
Monnier (Jean-Charles), né le 22 mars 1758, sous-lieutenant au 70 régiment d'infanterie le 1er juillet 1792, adjoint aux adjudants généraux de l'armée de l'intérieur le 30 octobre 1792, adjudant général chef de bataillon provisoire le 9 juillet 1793, confirmé dans ce grade le 6 décembre 1794, adjudant général chef de brigade le 10 février 1795, général de brigade le 23 mai 1797, général de division le 6 mars 1800.
Il fut admis au traitement de réforme le 13 septembre 1802, et retraité le 22 février 1815.
Il devint comte sous la Restauration et mourut le 30 janvier 1816.
Manuscrit Couvreu. Vevey, 16 avril.
Le Premier Consul au général Brune, 20 mars.
Registre d'ordres de Dupont. {p.78}
Ils avaient 1319 hommes à leur départ, d'après le « Relevé des mouvements de troupes par décade ».
25 avril, lettre des « administrateurs municipaux de Poligny faisant fonctions de maire audit lieu ». {p.79}
Lauriston au Premier Consul, 22 avril, et Marmont au Premier Consul, 24 avril.
Le calibre des canons désignait le poids du boulet exprimé en livres: 12 livres, 8 livres, 4 livres. Celui de l'obusier, le diamètre de l'âme : obusier de 6 pouces (165 millimètres).
Les attelages étaient de 6 chevaux pour la pièce de 12, de 4 chevaux normalement pour: les autres voitures.
Les projectiles employés étaient: pour le canon, le boulet plein et la boite en fer-blanc {p.80} contenant des balles, et pour l'obusier, l'obus, projectile creux avec mèche et la boîte à balles.
La hausse des obusiers était graduée jusqu'à 600 mètres seulement. Les canons avaient deux genres de tir: le tir à boulets roulants utilisé à partir de 1000 mètres environ; le tir à mitraille employé en deçà de 600 à 800 mètres, et dont l'efficacité croissait avec la diminution de la distance.
Le fusil d'infanterie était du modèle 1777; son calibre était de 17mm, 5; son poids, sans baïonnette, de 4 kil. 650.
La balle pesait 24 gr. 5; la charge de poudre de 12 gr. 2.
La portée efficace était de 135 mètres; la portée extrême de 974 mètres; mais, à partir de 234 mètres, tous les coups étaient incertains.
Ce fusil, légèrement modifié en 1800, fut dénommé fusil modèle 1777 corrigé, et arma toutes les troupes d'origine française pendant les guerres du premier Empire.
Duroc au Ministre, le 21 ventôse (12 mars).
D'autres caissons partent plus tard de Paris, en particulier les 15, 26 et 30 avril. (Rapport de Clarke du 27 avril, chap. V.)
Dubreton (Jacques-Paul-Toussaint), né le 25 mai 1758, commis à la liquidation de la {p.82} Compagnie des Indes le ler janvier 1776, admis en cette qualité aux bureaux de la guerre le 13 décembre 1778, sous-chef de bureau le 1er décembre 1791, commissaire ordonnateur le 25 novembre 1792, ordonnateur en chef le 6 mars 1793.
Il prit part à toutes les campagnes de 1792 à 1806 et fut retraité, le 8 août 1814.
Le prix moyen des rations de vivres-pain livrées à l'armée de réserve pendant le trimestre germinal, floréal, prairial (22 mars au 19 juin), y compris les frais d'achat, de transport et de manutention, fut de 21 cent. 42 (Archives nationales, A. F., IV, 1380). La ration était de 750 grammes.
La ration de viande était d'une demi-livre. (Le Premier Consul à Forfait, 12 mars 1800. – Corr. de Napoléon, n° 4663.) {p.83}
De la main de Dubreton.
Voir cette lettre au chapitre 3, p. 91. {p.84}
Voir sa correspondance et le détail de ses opérations au chapitre 12. {p.85}
Situation des 15 et 24 mars, 10 et 16 avril, voir annexes nos 5, 6, 7 et 8.

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 2

Art. 3
 l'article 2

Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5
 Art. 41
 Art. 47