Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021002-242587
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France, Conseil d'État, 02 octobre 2002, 242587
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 242587Numéro NOR : CETATEXT000008135168 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-10-02;242587 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 1er février et 2 avril 2002, présentés par M. Cyrille Bienvenu X..., ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat : 1°) d'annuler le jugement du 2 janvier 2002 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 18 décembre 2001 du préfet du Val d'Oise ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'aux termes de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "L'étranger qui fait l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière peut, dans les quarante-huit heures suivant sa notification lorsque l'arrêté est notifié par voie administrative ou dans les sept jours lorsqu'il est notifié par voie postale, demander l'annulation de cet arrêté au président du tribunal administratif ..." ; Considérant que d'après les mentions figurant sur l'avis postal de réception de l'arrêté du 18 décembre 2001 par lequel le préfet du val d'Oise a ordonné la reconduite à la frontière de M. X..., ledit arrêté a été présenté au domicile de l'intéressé le 21 décembre 2001 ; que ledit avis porte un cachet postal de réexpédition au préfet du Val d'Oise en date du 28 décembre 2001 ; qu'en l'absence de mention de la date de distribution, M. X... doit être regardé comme ayant reçu notification de l'arrêté le 28 décembre 2001 ; qu'ainsi la demande de M. X... tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, enregistrée au greffe du tribunal administratif le 31 décembre 2001, était encore recevable ; que, par suite, M. X... est fondé à soutenir que c'est à tort que, par son jugement du 2 janvier 2002 le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande comme tardive ;
Considérant qu'il y lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité congolaise, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 31 août 2001, de la décision du 29 août 2001 du préfet du Val d'Oise lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué a été signé par M. Hugues Y..., secrétaire général de la préfecture du Val d'Oise qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature en date du 3 décembre 2001 régulièrement publiée le même jour au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département ; que, dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit : "( ...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ( ...)." ; que si M. X... soutient qu'il a résidé en France en qualité d'étudiant et qu'il résidait habituellement en France depuis dix-sept ans à la date de l'arrêté attaqué, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations ; que par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Val d'Oise ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions précitées ne peut qu'être écarté ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir qu'il est le père d'un enfant né en France le 4 avril 2001, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté ; Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la demande de M. X... doit être rejetée ;
Article 1er : Le jugement du 2 janvier 2002 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le surplus des conclusions de sa requête sont rejetés.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. Cyrille Bienvenu X..., au préfet du Val d'Oise et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-12-03Arrêté 2001-12-18Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22 bis, art. 22, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 02 octobre 2002, n° 242587Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. Le ChatelierOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 02/10/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

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