Source: http://fnesi.org/la-stss/
Timestamp: 2019-09-19 16:55:11+00:00

Document:
La STSS | FNESI
Tu as déjà entendu parler de la STSS ? C’est la Stratégie de Transformation du Système de Santé, se traduisant notamment par le Plan “Ma Santé 2022”, projet du quinquennat d’Emmanuel Macron. Elle vise à faire évoluer le domaine de la santé en fonction des enjeux actuels. Nous avons mis en lumière quelques axes de ce grand projet et te partageons ici le point de vue de la FNESI !
Retrouve cet article dans le numéro du Sérum dédié à ce sujet !
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 1
La suppression du numerus clausus pour les études de Médecine, Maïeutique, Odontologie et Pharmacie (MMOP) ;
La prise en compte du projet de l’étudiant.e. dans l’orientation ;
De permettre l’accès aux filières MMOP par différentes voies ;
De garantir la diversification des profils dans les études MMOP ;
De favoriser les réorientations, les enseignements transversaux et la découverte de l’ensemble des professions en santé.
A partir de 2020, des expérimentations pourront être mises en place pour renforcer les échanges entre les formations médicales et paramédicales.
Ce qu’en pense la FNESI :
La scission entre “médical” et “paramédical” doit prendre fin au profit d’une entité à part entière : la santé. La réforme des études de santé doit aller plus loin pour intégrer l’ensemble de ces professions ! La filière en soins infirmiers doit être intégrée dans les différentes voies d’accès des filières MMOP. D’autre part, un travail sur les passerelles entrantes et sortantes des différents cursus, doit être effectué au vu de leur nombre et de leur manque d’accessibilité : supprimer les deux ans d’exercice obligatoire après le DE d’infirmier, par exemple !
La santé étant un domaine complexe, il est nécessaire d’accepter que des jeunes aient besoin de plus d’un an pour choisir la profession qu’ils/elles vont exercer tout au long de leur vie. Pour cette raison, la FNESI prône la mise en place d’une orientation progressive notamment à travers la création d’une licence Santé, qui permettrait à l’étudiant.e de se spécialiser tout au long de son premier cycle.
Afin de favoriser l’interprofessionnalité, il faut que les futur.e.s professionnel.le.s de santé apprennent à se connaître et ce dès leur formation. Cela passe par des partages d’enseignements et d’expériences, la dispensation de cours par des professionnel.le.s de santé à des étudiant.e.s de filières différentes ou la mutualisation des dispositifs d’évaluation.
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 3
Le processus de certification des professionnel.le.s de santé est un dispositif mis en place afin d’actualiser leurs connaissances, leurs pratiques et de maintenir un niveau de compétence pour pouvoir exercer. Ce procédé concernera les médecins et sera élargi à plusieurs professionnel.le.s de santé dès 2022.
L’enjeu de la certification est de toujours mieux répondre aux besoins du/de la patient.e et d’être au plus proche de la réalité du terrain. En ce sens, ce dispositif doit être étendu à l’ensemble des professionnel.le.s de santé, la responsabilité de la prise en soins du/de la patient.e étant l’affaire de chacun.e. Pour autant, des moyens financiers et humains doivent être mis en place en tenant compte de la démographie des professionnel.le.s de santé, pour leur permettre se recertifier : ces dernier.e.s n’ont pas à être privé.e.s de leur droit d’exercice sans avoir eu la possibilité d’accéder au dispositif d’actualisation des compétences.
SOINS COORDONES
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 4
Pour faciliter le début de carrière des professions MMOP et répondre aux besoins des déserts médicaux, des dispositifs facilitant les débuts de carrière seront mis en place.
Les dispositifs qui facilitent les débuts de carrière doivent être élargis à tou.te.s les professionnel.le.s de santé en manque sur le territoire. Les IPA, Infirmier.e.s de Pratique Avancée doivent aussi bénéficier d’un accompagnement à l’installation et de moyens financiers pour les soutenir durant leurs études. Ces professionnel.le.s aux compétences élargies sont censé.e.s agir directement autour du/de la patient.e, sous la coordination d’un médecin. Comment les IPA pourraient devenir des ressources et des facilitateurs/trices de l’accès aux soins dans les déserts médicaux, qui par définition ne disposent pas de médecin, alors qu’ils/elles doivent être coordonné.e.s par ces derniers ? Mutualiser les compétences de chacun.e permet notamment de répondre aux enjeux des déserts médicaux.
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 7
L’élaboration de projet territorial de santé initié par plusieurs professionnel.le.s de santé ayant la volonté de se regrouper. Ces projets doivent tenir compte des besoins des territoires. Ils seront soumis à des accréditations des Agences Régionales de Santé en fonction de leurs réponses aux enjeux de santé publique. Cela se traduit par la création d’équipes de soins primaires, de maisons de santé pluriprofessionnelles, d’hôpitaux de proximité etc.
Ce que pense la FNESI :
Aujourd’hui, la santé coûtant de plus en plus cher, les professionnel.le.s de santé ressentent le besoin de se regrouper. La prise en soin des patient.e.s, au-delà de l’évolution des pathologies, se complique au fil du temps. C’est pour cela que l’on remarque une volontée de mutualiser les ressources de terrain.
Alors que l’on parle d’attractivité territoriale, d’attirer les professionnel.le.s dans les zones sous denses, l’attirance pécuniaire ne suffit plus. En effet, il faut ajouter dans le projet d’accréditation la politique d’encadrement en stage : un.e étudiant.e bien accueilli.e et encadré.e est un.e étudiant.e qui sera fidélisé.e. La probabilité qu’il/elle se tourne vers ce lieu de stage pour commencer sa vie professionnelle est donc plus élevée. L’objectif n’est pas de rajouter des contraintes aux professionnel.le.s, mais de valoriser une réflexion autour de cette thématique. Le temps qui sera dédié pour l’apprentissage et l’ancrage de l’étudiant.e sur le lieu de stage est un élément phare à prendre en considération
Suite à des analyses de données biologiques médicales, les infirmier.e.s, seront autorisé.e.s à adapter la posologie de certains traitements, dans le cadre d’un exercice coordonné. Il/elle sera également en mesure de prescrire des solutions et produits antiseptiques. De plus, certains médicaments pourront être dispensés sous protocole par les pharmacien.ne.s.
Ces mesures vont être mises en place pour répondre à des besoins d’accès aux soins. Aujourd’hui, pour pallier les déserts médicaux, nous sommes dans l’obligation de créer des protocoles de coopération qui vont notamment permettre aux professionnel.le.s d’exploiter pleinement leurs compétences. Sur le terrain, cela se traduirait par une adaptation des posologies par les IDE pour certaines pathologies, après bilan sanguin.
Faut-il s’arrêter là ? En permettant aux IDEL d’effectuer un bilan de plaie, on reconnaît ainsi leur expertise dans ce domaine. Cependant, on ne leur permet pas d’adapter la prescription qui découle de ce bilan. L’étape du droit à la prescription pour le soin des plaies est primordiale et coule de source en fonction des compétences quotidiennes que montre l’IDE dans ce domaine.
Enfin, l’IDE dans sa manière de questionner le/la patient.e peut être amené.e à entendre ses douleurs. Pouvoir agir sur celle-ci directement, au travers d’antalgiques de palier 1, c’est agir sur un symptôme en relayant la cause vers le/la bon.ne professionnel.le, principalement le médecin traitant. Cette article montre de grandes avancées pour la profession infirmière, notamment dans le milieu libéral. Cependant, il faut être vigilant à ne pas créer une profession à deux vitesses.
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 12
L’Espace Numérique de Santé est envisagé gratuitement pour chaque usager. Il devra leur permettre d’accéder entre autre, à leurs données de santé (compte rendu d’hospitalisation, résultats d’examens, prescriptions dématérialisées), à leur Dossier Médical Partagé (DMP) ou encore à des informations sur leurs droits à l’assurance maladie et sur l’offre de soins de leur territoire.
Il est primordial, pour faciliter la coordination entre les professionnel.le.s de santé, sans perte d’informations, d’optimiser les outils numériques.
Actuellement, la rédaction du volet “synthèse” du DMP est réservée à l’unique usage du médecin. Or, chaque professionnel.le de l’équipe de soins primaires, formé.e.s à celle-ci, devraient être en mesure de la réaliser. Cela permettrait également de libérer du temps médical dans ces équipes. La responsabilité du DMP concerne l’ensemble des professionnel.le.s de santé, une valorisation de leur implication dans ce dispositif est donc requise.
Ce que prévoit, entre autre, l'Article 13
Et si au lieu de parler de télémédecine on parlait de télésanté ? Ce nouveau terme englobera alors la télémédecine mais également le télésoin, pratique de soins à distance avec différent.e.s professionnel.le. de santé.
Les professions actuelles ne seront plus les mêmes dans 10 ans. Alors, comment mutualiser les avancées et professions au service du/de la patient.e ? Demain, quelle sera notre manière d’exercer ?
La santé n’échappe pas au virage numérique mais le décalage entre l’évolution des technologies, le système de santé et la formation des professionnel.le.s est aujourd’hui trop important. Répondre aux enjeux de santé publique c’est anticiper dès la formation l’émergence de ces nouveaux dispositifs. Le/la patient.e doit être soigné.e avec les outils de son temps.
Cependant, le relationnel ne peut être remplacer par le numérique. C’est aux professionnel.le.s de terrain d’accompagner les nouvelles technologies auprès du/de le/la patient.e pour ne pas qu’elles deviennent anxiogènes. Quels que soient les outils utilisés, il faut aussi accompagner les professionnel.le.s de santé ayant les compétences pour les exploiter. L’IDE, via son maillage territorial complet, est au plus proche du/de la patient.e. Ainsi, il/elle est le/la plus à même d’amener ces dispositifs sur le terrain : une valorisation de l’IDE est donc indispensable dans l’intérêt de chacun.e.
Ce que prévoit, entre autre, Ma Santé 2022
“Mettre en place une politique de promotion de la santé incluant la prévention dans tous les milieux et tout au long de la vie” (Stratégie Nationale de Santé 2018/2022)
A l’heure où la population n’a jamais eu une espérance de vie aussi longue, où les pathologies chroniques connaissent une forte croissance, l’adage “mieux vaut prévenir que guérir” n’a jamais été aussi vrai. Pour autant, la santé n’est pas que la question des étudiant.e.s ou professionnel.le.s de santé, mais bien celle de tou.te.s les citoyen.ne.s.
Des dispositifs tels que le Service Sanitaire, mettant les étudiant.e.s au coeur de la prévention et répondant pleinement à ces enjeux de santé publique, sont à poursuivre et à améliorer. Notamment sur les moyens financiers pour ne pas mettre ces étudiant.e.s dans des situations précaires. Ils doivent d’être évalués afin de pouvoir mesurer leur impact. L’accès aux soins, et plus globalement à la santé, reste encore beaucoup trop disparate sur l’ensemble du territoire. Ces inégalités ne pourront s’équilibrer sans un déploiement massif de moyens visant à couvrir tous les sites.
Aujourd’hui, pour réussir à ancrer la prévention auprès de chaque individu, il faut l’implanter dans l’éducation dès la maternelle. Cette dynamique est à poursuivre tout au long du cursus scolaire en y incluant des modules d’éducation à la santé. Il est important que l’expertise infirmière en terme de prévention soit reconnue à sa juste valeur.
D’autre part pour élargir les moyens de prévention, il faut franchir un cap de plus dans la vaccination. La profession infirmière doit être un pilier dans la réalisation de tous les vaccins, geste primordial pour la protection, par la prévention, de toute la population.
“La pertinence des soins consiste à proposer la bonne intervention (le bon acte), au bon endroit, au bon moment et par le bon praticien. Elle concourt à réduire les inconvénients et les risques pour les patients, tout en répondant aux enjeux d’une gestion économe de la santé”
(Dossier de Presse Stratégie de Transformation du Système de Santé)
Pour réussir à trouver un système de prise en charge efficient, il faut parvenir à trouver un équilibre entre la rémunération à l’acte (T2A) et les rémunérations forfaitaires. Cela passe par un renforcement des fonds dédiés à la coordination des différent.e.s professionnel.le.s de santé. D’une part, cette coordination ne doit en aucun cas être rattachée à un.e professionnel.le défini.e mais à une compétence à part entière. Pour qu’une coordination soit efficace elle se base sur deux piliers : la compétence et la volonté à l’effectuer. D’autre part, la rémunération forfaitaire pour la prise en soin des pathologies chroniques doit prendre en compte l’implication de chacun.e des professionnel.le.s en fonction du/de le/la patient.e. En parallèle, les tâches administratives prennent de plus en plus de temps dans la prise en soins. Ces dernières se doivent d’être simplifiées notamment par les outils numériques. Elargir la coordination et investir dans celle ci c’est permettre une fluidification des tâches administratives et gagner du temps pour les professionnel.le.s. Ce temps pourra ainsi être réinvesti dans la pertinence des soins.
Clara HAMMER, 1ère Vice-Présidente en charge de la Stratégie de Communication et des Relations Presse
La STSS 06.25.2019

References: l'Article 1
 l'Article 3
 l'Article 4
 l'Article 7
 l'Article 12
 l'Article 13