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Timestamp: 2016-10-25 12:12:15+00:00

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5A_679/2011 (10.04.2012)
repr�sent� par Me Monique Stoller F�llemann,
repr�sent�e par Me Genevi�ve Carron, avocate,
A.________, n� en 1962, et dame A.________, n�e en 1962, se sont mari�s le 20 janvier 2001. De cette union sont issus deux enfants, B.________, n� le 19 d�cembre 2001, et C.________, n� le 9 mars 2003.
Les �poux vivent s�par�s depuis la mi-janvier 2008. Dame A.________ et les enfants sont demeur�s dans la villa familiale, alors que A.________ s'est install� avec sa compagne.
La vie s�par�e des �poux a �t� r�gie par des mesures protectrices de l'union conjugale, prononc�es le 18 f�vrier 2009 par le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve. Celles-ci ont �t� modifi�es par arr�t du 12 f�vrier 2010 rendu sur appel par la Cour de justice du canton de Gen�ve. A.________ a alors �t� condamn� � verser � son �pouse, d'avance et par mois, allocations familiales non comprises, la somme de 6'400 fr. � titre de contribution � l'entretien de la famille d�s le 1er mars 2008. La garde des enfants a �t� attribu�e � la m�re, un droit de visite �tant r�serv� au p�re � exercer, sauf accord contraire, un jour par semaine, du mardi 18h00 au mercredi 18h00, un week-end sur deux, du vendredi 18h00 au dimanche 18h00, ainsi que durant la moiti� des vacances scolaires.
C.a Le 5 mars 2010, la compagne de A.________ a donn� naissance � des jumeaux, dont ce dernier a reconnu �tre le p�re.
C.b Le 21 avril 2010, A.________ a d�pos� une demande unilat�rale en divorce et une demande de mesures provisionnelles. Par prononc� de mesures provisionnelles du 12 mai 2011, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve l'a enti�rement d�bout�.
C.c Par acte du 30 mai 2011, A.________ a form� appel contre cette d�cision devant la Cour de justice du canton de Gen�ve. Il a conclu au versement, � titre de contribution d'entretien, pour la p�riode d'avril au 14 d�cembre 2010, de la somme de 2'000 fr. par mois en faveur de la famille et, pour la p�riode du 14 d�cembre 2010 au 30 mars 2011, de la somme de 600 fr. par mois en faveur de chacun des enfants; apr�s cette date, il demandait la garde de ceux-ci, ainsi que le montant de 600 fr. � titre de contribution � leur entretien par la m�re. Statuant le 26 ao�t 2011, la cour cantonale a rejet� l'appel. En substance, elle a retenu que dame A.________ travaillait comme employ�e d'une entreprise � 50% pour un salaire mensuel net de 2'250 fr. et que ses charges se montaient, jusqu'au 31 ao�t 2011, � 5'100 fr, puis, d�s le 1er septembre 2011, � 6'575 fr., son loyer ayant augment�. S'agissant de A.________, elle a imput� � ce dernier un revenu hypoth�tique de 15'000 fr. pour une activit� � plein temps comme administrateur unique (salari�) d'une entreprise, s'�cartant ainsi du salaire de 7'028 fr. que ce dernier all�guait gagner pour une activit� � 80%, et des charges de 4'156 fr. 80; elle a retenu que ses charges se montaient � 4'156 fr. 80, compte tenu notamment de la charge fiscale de 100 fr. par mois que A.________ avait d�montr� par pi�ces. Arr�tant ainsi que dame A.________ supportait un d�ficit de l'ordre de 2'900 fr. jusqu'au 30 ao�t 2011 et de 4'400 fr. par la suite, alors que A.________ b�n�ficiait d'un disponible de 10'000 fr. environ, elle a jug� qu'il n'y avait pas lieu de modifier la contribution d'entretien de 6'400 fr.
Contre cet arr�t, A.________ interjette un recours en mati�re civile. Il renonce � contester l'attribution de la garde des enfants � la m�re mais conclut en revanche, principalement, � ce qu'il lui soit donn� acte de son engagement de payer la somme de 2'000 fr. par mois d'avril 2010 au 14 d�cembre 2010 et, d�s cette date, une contribution d'entretien de 600 fr. par mois pour chacun des enfants; subsidiairement, il conclut au renvoi de la cause � la Cour de justice pour nouvelle d�cision. En substance, il se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application du droit tout d'abord, la cour lui ayant imput� un revenu hypoth�tique et ayant viol� les crit�res de l'art. 125 CC en attribuant une contribution d'entretien � l'�pouse, et dans l'appr�ciation des preuves ensuite, la cour ayant mal �tabli les revenus et charges des parties.
Invit�es � se d�terminer, l'intim�e conclut au rejet du recours et l'autorit� cantonale s'en remet aux consid�rants de son arr�t.
Le recours est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), par une autorit� de derni�re instance cantonale statuant sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Comme le litige porte uniquement sur la contribution d'entretien, la cause est de nature p�cuniaire (ATF 133 III 393 consid. 2) et sa valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Par ailleurs, le recours a �t� interjet� dans le d�lai (art. 46 al. 2 et 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1; 585 consid. 3.3), de sorte que la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de ses droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s). Il ne peut proc�der � une substitution de motifs que pour autant que la nouvelle motivation, conforme � la Constitution, n'ait pas express�ment �t� r�fut�e par l'autorit� cantonale (ATF 128 III 4 consid. 4c/aa; arr�t 5A_652/2009 du 18 janvier 2010 consid. 1.4). Par ailleurs, en vertu des principes de la bonne foi et de l'�puisement des griefs (art. 75 al. 1 LTF), tous les moyens nouveaux sont exclus dans le recours en mati�re civile au sens de l'art. 98 LTF, que ceux-ci rel�vent du fait ou du droit, sauf dans les cas o� seule la motivation de la d�cision attaqu�e donne l'occasion de les soulever (ATF 133 III 639 consid. 2; arr�ts 5A_577/2010 du 18 octobre 2010 consid. 1.2. publi� in SJ 2011 I 101; 5A_871/2009 du 2 juin 2010 consid. 2).
Le jugement de premi�re instance a �t� notifi� aux parties apr�s le 1er janvier 2011. L'autorit� cantonale a donc jug� que la proc�dure de recours �tait r�gie par le Code de proc�dure civile (cf. art. 405 al. 1 CPC). Elle a toutefois aussi appliqu� � la cause l'art. 276 al. 2 in fine CPC, qui pr�voit que "le tribunal du divorce est comp�tent pour prononcer [la] modification ou [la] r�vocation [des mesures protectrices de l'union conjugale ordonn�es avant l'introduction de la proc�dure en divorce]". En r�alit�, le recourant ayant introduit sa requ�te en modification des mesures provisoires en 2010, le tribunal de premi�re instance a appliqu� � la cause l'art. 137 al. 2 aCC (cf. art. 404 al. 1 CPC). L'autorit� cantonale aurait donc d�, en sa qualit� d'instance de recours, v�rifier si le magistrat pr�c�dent avait correctement appliqu� l'ancienne disposition alors encore en vigueur. N�anmoins, le r�sultat du litige n'�tant en rien modifi� pour cette raison, il n'y a pas lieu de r�former l'arr�t attaqu� sur ce point.
Le recourant se plaint tout d'abord d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'application de l'art. 125 CC en tant que l'�pouse s'est vu accorder une contribution d'entretien, comprise dans celle de 6'400 fr. globalement attribu�e � la famille.
4.1 La cour cantonale a retenu que l'obligation d'entretien des �poux se fondait sur l'art. 163 CC mais que, lorsque la s�paration apparaissait d�finitive, il fallait appliquer les crit�res de l'art. 125 CC pour fixer la contribution d'entretien. Dans sa subsomption, elle a n�anmoins d�termin� celle-ci uniquement en fonction du revenu effectif de l'�pouse, de 2'250 fr. pour une activit� � 50%, et hypoth�tique de l'�poux, de 15'000 fr. pour une activit� � 100%, et des charges de chacun d'eux.
4.2 Se r�f�rant � l'ATF 128 III 65, le recourant soutient que, comme il n'y a pas d'espoir de r�conciliation entre les parties, l'autorit� cantonale aurait d� appliquer les crit�res de l'art. 125 CC. Elle aurait alors d� refuser toute contribution d'entretien � l'intim�e au motif que le mariage n'aurait pas eu d'influence concr�te sur la situation financi�re de cette derni�re et que, m�me occup�e � 50%, l'intim�e pourrait r�aliser un revenu d'au moins 5'000 fr. Pour justifier ce montant, le recourant soutient qu'il correspond � celui que l'intim�e r�alisait en 2003 alors qu'elle travaillait pour une autre soci�t�, que, si l'on se r�f�re � l'Enqu�te suisse sur la structure des salaires, le revenu effectif de l'intim�e "est inf�rieur au revenu d'un ouvrier dans l'horticulture" et, enfin, que la diff�rence entre leurs salaires respectifs ne se justifie pas en tant qu'ils ont le m�me �ge, qu'ils ont tous deux une formation universitaire et qu'il a lui-m�me deux enfants de plus.
4.3 Il s'agit tout d'abord de d�terminer si une modification de la contribution d'entretien entre en consid�ration.
4.3.1 Lorsque des mesures protectrices ont pr�c�d� la proc�dure de divorce, elles d�ploient leurs effets jusqu'� leur �ventuelle modification par le juge des mesures provisoires, aux conditions de l'art. 179 CC (par renvoi de l'art. 137 al. 2 3e phr. aCC; ATF 129 III 60 consid. 4.2 in fine). Ainsi, ces mesures ne peuvent �tre modifi�es que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, notamment en mati�re de revenus, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, si les faits qui ont fond� le choix des mesures protectrices dont la modification est sollicit�e se sont r�v�l�s faux ou ne se sont par la suite pas r�alis�s comme pr�vus. Une modification peut �galement �tre demand�e si la d�cision de mesures protectrices s'est r�v�l�e par la suite injustifi�e parce que le juge appel� � statuer n'a pas eu connaissance de faits importants (ATF 129 III 60 consid. 2; arr�ts 5A_522/2011 du 18 janvier 2012 consid. 4.1; 5A_730/2008 du 22 d�cembre 2008 consid. 3.1; 5P.473/2006 du 19 d�cembre 2006 consid. 3, r�sum� in FamPra.ch 2007 373).
4.3.2 En l'esp�ce, il est incontest� que la naissance des jumeaux du recourant repr�sente une charge suppl�mentaire pour ce dernier qui peut justifier une modification de la contribution d'entretien due � la famille.
4.4 Il s'agit ensuite de v�rifier si la cour cantonale a correctement d�termin� les crit�res pertinents pour admettre et fixer la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse.
4.4.1 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux pour la vie commune (art. 163 al. 2 CC). Il doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de cette communaut�, le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux de participer, selon ses facult�s, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative. Ainsi, le juge doit examiner si, et dans quelle mesure, au vu de ces faits nouveaux, on peut attendre de l'�poux d�sormais d�charg� de son obligation de tenir le m�nage ant�rieur, en raison de la suspension de la vie commune, qu'il investisse d'une autre mani�re sa force de travail ainsi lib�r�e et reprenne ou �tende son activit� lucrative, eu �gard notamment � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�. Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune pour l'adapter � ces faits nouveaux. En revanche, le juge des mesures provisionnelles ne doit pas proc�der � un "mini-proc�s" en divorce: il ne doit pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'ATF 128 III 65; arr�ts 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1, publi� in FamPra.ch 2011 993; 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2.3; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4; 5A_591/2011 du 7 octobre 2011 consid. 4.1.1; 5A_122/2011 du 6 juin 2011 consid. 4).
Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est pas possible de le conserver, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1, non publi� aux ATF 136 III 257).
4.4.2 En l'esp�ce, en tant que le recourant soutient que la cour aurait d� appliquer les crit�res de l'art. 125 CC et tenir compte de l'influence du mariage sur la situation financi�re de l'intim�e pour refuser � celle-ci toute contribution d'entretien, il m�conna�t les principes sus-expos�s; cette question n'a pas � �tre tranch�e lors de mesures provisionnelles et n'influence pas le droit � l'entretien du conjoint. Partant, le grief d'arbitraire dans l'application du droit f�d�ral doit �tre rejet�, par substitution de motifs (cf. supra consid. 2).
Quant � l'affirmation selon laquelle l'intim�e, travaillant � mi-temps, pourrait r�aliser un revenu de 5'000 fr. au lieu de celui de 2'250 fr. admis par la cour, il s'agit d'une critique de fait. Pour s'en prendre au montant de ce revenu, le recourant aurait donc d� d�montrer que la cour l'a �tabli de mani�re arbitraire (art. 9 Cst.). Or, � cet �gard, il se borne � affirmer que l'intim�e gagnait plus lorsqu'elle �tait employ�e d'une autre entreprise et que son salaire est inf�rieur � celui d'un ouvrier dans l'horticulture; il ne pr�tend pas que son �pouse se trouverait actuellement � un poste qui ne correspondrait pas � ses qualifications ou qu'elle travaillerait � un taux d'activit� trop bas. Quant � sa comparaison avec son propre revenu hypoth�tique de 15'000 fr., elle revient � affirmer de mani�re toute g�n�rale qu'un homme et une femme du m�me �ge et de formation universitaire devraient, proportionnellement, gagner le m�me salaire et ce peu importe la formation en cause, le domaine d'activit� et le poste de travail o� ces personnes se trouvent effectivement. Cette argumentation ne satisfait manifestement pas aux exigences du principe d'all�gation et doit d�s lors �tre d�clar�e irrecevable (cf. supra consid. 2).
Le recourant se plaint ensuite d'arbitraire dans l'application du droit (art. 9 Cst.) en tant que la cour cantonale lui a imput� un revenu hypoth�tique de 15'000 fr. pour une activit� � plein temps au lieu de s'en tenir � son revenu effectif de 7'083 fr. pour une activit� effectu�e � 80%.
5.1 Pour fixer la contribution d'entretien, le juge doit en principe tenir compte du revenu effectif du d�birentier. Il peut toutefois lui imputer un revenu hypoth�tique sup�rieur. Il s'agit d'inciter la personne � r�aliser le revenu qu'elle est en mesure de se procurer et dont on peut raisonnablement exiger qu'elle obtienne afin de remplir ses obligations. C'est pourquoi, on laisse en principe un certain d�lai � la personne concern�e pour se r�ins�rer professionnellement (ATF 128 III 4 consid. 4a; arr�ts 5A_99/2011 du 26 septembre 2011 consid. 7.4.1, non publi� aux ATF 137 III 604 mais in FamPra.ch 2012 228; 5A_18/2011 du 1er juin 2011 consid. 3.1.1; 5A_290/2010 du 28 octobre 2010 consid. 3.1, publi� in SJ 2011 I 177). Toutefois, lorsque le d�birentier diminue volontairement son revenu alors qu'il sait, ou doit savoir, qu'il doit assumer des obligations d'entretien, il n'est pas insoutenable de lui imputer le revenu qu'il gagnait pr�c�demment, ce avec effet r�troactif au jour de la diminution (arr�t 5A_317/2011 du 22 novembre 2011 consid. 6.2 in fine, non publi� aux ATF 137 III 614; cf. ATF 128 III 4 consid. 4a in fine, o� la question a �t� laiss�e ouverte, et les auteurs cit�s).
5.2 L'autorit� cantonale a retenu que le recourant �tait �g� de 49 ans et en bonne sant�. Il �tait dipl�m� de l'Ecole polytechnique f�d�rale et titulaire d'un Master in Business and Administration. Depuis plusieurs ann�es, il �tait � la t�te d'une entreprise d'une vingtaine de collaborateurs. Il travaillait aupr�s de la soci�t� dont il �tait administrateur unique depuis 2008, apr�s qu'une autre soci�t�, dont il �tait �galement administrateur unique depuis 2006, avait repris cette derni�re. Le secteur de la distribution pharmaceutique, o� �tait active cette soci�t�, n'�tait en principe pas touch� par la crise. Sur la base de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a jug� que, m�me si le recourant �tait p�re de deux enfants en bas �ge, il devait assumer une obligation d'entretien envers son �pouse et ses deux premiers enfants; pour ce motif, il n'�tait pas habilit� � r�duire son temps de travail � sa seule convenance, mais devait continuer � mettre pleinement � profit sa capacit� contributive. Un revenu pour un emploi � plein temps devait donc �tre retenu.
5.3 En l'esp�ce, en tant que le recourant soutient qu'il est choquant de ne pas tenir compte de la r�duction de son temps de travail, �tant donn� qu'il a quatre enfants et qu'il est l�gitime qu'il adapte son temps de travail � cette situation, son grief est manifestement infond� au vu des principes qui pr�c�dent et de ses obligations d'entretien.
En tant que le recourant affirme ensuite qu'il aurait le droit de r�duire son taux d'activit� parce que l'intim�e travaille elle-m�me � 50%, sa critique n'est pas fond�e. En effet, cette diff�rence entre le taux d'activit� qu'on peut raisonnablement attendre de chaque �poux se justifie en vertu de la convention que ceux-ci ont conclu pour la dur�e de la vie commune. Selon cet accord, le recourant travaillait � plein temps alors que l'intim�e ne le faisait qu'� un pourcentage restreint. Il n'est donc pas arbitraire de consid�rer que le recourant doit maintenir un taux d'activit� � plein temps, comme le pr�voyait la convention, pour subvenir aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e (cf. supra consid. 4.4.1).
Enfin, en tant que le recourant se borne � pr�tendre que, depuis 2009, il ne per�oit plus d'honoraires de gestion � hauteur de 333 fr., il ne donne aucune explication sur les raisons qui ont conduit � ce changement. Il n'est donc pas arbitraire de consid�rer qu'il aurait pu continuer � percevoir ces honoraires.
Le recourant se plaint ensuite d'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.) en tant que la cour cantonale a fix� � 15'000 fr. le montant de son revenu hypoth�tique.
6.1 D�terminer si une personne a la possibilit� effective d'exercer une activit� d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir est une question de fait (ATF 137 III 118 consid. 3.2; 128 III 4 consid. 4c/bb; 126 III 10 consid. 2b). En la mati�re, comme pour toute autre constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9). Cette retenue est d'autant plus grande puisque le juge des mesures provisionnelles n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3). Il n'y a arbitraire (art. 9 Cst.) en mati�re d'appr�ciation des preuves que lorsque le juge ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'il se trompe manifestement sur son sens et sa port�e ou encore lorsque, en se fondant sur les �l�ments recueillis, il en tire des constatations insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2; 134 V 53 consid. 4.3; 129 I 8 consid. 2.1; 118 Ia 28 consid. 1b).
6.2 L'autorit� cantonale a retenu qu'en tant qu'administrateur unique de la soci�t� qui l'employait, le recourant �tait en mesure de d�terminer directement les r�sultats de son entreprise et de fixer son revenu. En outre, le recourant avait d�clar� publiquement que son entreprise connaissait un d�veloppement exponentiel. Son revenu devait donc logiquement augmenter. Par ailleurs, le recourant avait admis r�aliser des revenus de l'ordre de 20'000 fr. en 2007 et de 15'000 fr. en 2008. Sa compagne, employ�e de la m�me soci�t�, obtenait un revenu de l'ordre de 8'000 fr. avant son accouchement en mars 2010. Sur la base de ces �l�ments, la cour cantonale a estim� que le montant de 8'785 fr. pour un emploi � plein temps (20% de plus que le revenu de 7'028 fr. all�gu� par le recourant pour un travail � 80%) n'apparaissait pas vraisemblable pour les trois raisons suivantes: d'abord, ce montant �tait presque le m�me que celui que per�oit une employ�e, alors qu'il est notoire qu'un chef d'entreprise r�alise des revenus sup�rieurs. Ensuite, ce montant �tait tr�s largement inf�rieur � ceux admis par le recourant pour 2007 et 2008 alors que l'entreprise s'�tait, dans l'intervalle, d�velopp�e. Enfin, le train de vie du recourant qui ressortait du dossier n�cessitait un revenu sup�rieur. La cour cantonale a donc admis, au stade de la vraisemblance, que le recourant �tait en mesure de percevoir un revenu au moins �quivalant � celui r�alis� en 2008, soit de 15'000 fr. environ.
6.3 En l'esp�ce, le recourant se borne � critiquer deux des �l�ments retenus par la cour soit, d'une part, les revenus qu'il avait r�alis�s en 2007 et 2008, et, d'autre part, le d�veloppement tr�s favorable de son entreprise. Cette argumentation ne satisfait pas aux exigences du principe d'all�gation; ce dernier impose en effet au recourant de critiquer tous les �l�ments pris en consid�ration dans l'appr�ciation des preuves.
Au demeurant, lorsqu'il attaque le montant de ses revenus pr�c�demment gagn�s, le recourant pr�tend, pour l'ann�e 2008, que ce sont les revenus cumul�s du couple qui ont totalis� 20'000 fr., et, pour l'ann�e 2007, que le montant de 15'000 fr. qu'il a d�clar� r�aliser lors de ses recherches d'appartement comprenait �galement le salaire de sa compagne. Or, dans son appel cantonal, le recourant n'a pas soulev� ces deux arguments pour tenter de d�montrer l'inexactitude du revenu hypoth�tique de 10'900 fr. que le juge de premi�re instance lui avait imput�, d�j� en tenant compte des revenus gagn�s depuis 2007 (cf. jugement du 12 mai 2011 p. 7 n� 16 et p. 11 let. F.; appel du 30 mai 2011 p. 7 ss, Ad ch. 15, Ad ch. 16 et let. F., Ad ch. 17). Ces arguments doivent donc �tre consid�r�s comme nouveaux, et donc irrecevables (cf. supra consid. 2).
Le recourant semble encore vouloir d�montrer l'arbitraire de la d�cision en se pr�valant du fait que, lors de la proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, la Cour de justice avait statu�, dans son arr�t sur appel du 12 mars 2010, sur la base d'un revenu de 9'110 fr. Cet argument n'est pas fond�: � cette �poque d�j�, cette autorit� avait consid�r� qu'au vu de son train de vie, son revenu, non d�terminable avec exactitude, ne se limitait vraisemblablement pas � 9'110 fr. Ce montant apparaissait comme un minimum, en outre gu�re compatible avec la formation et l'exp�rience professionnelle du recourant (cf. jugement de premi�re instance du 12 mai 2011 n� 5 p. 3 s.; arr�t attaqu� let. B. p. 3).
Au vu de ce qui pr�c�de, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits doit �tre rejet�, pour autant que recevable.
Le recourant se plaint ensuite d'arbitraire dans l'�tablissement des faits (art. 9 Cst.) s'agissant du montant de son loyer.
7.1 L'autorit� cantonale a retenu que le recourant devait participer � la moiti� du loyer de 4'350 fr. de l'appartement qu'il occupait avec sa compagne, soit 2'175 fr. Elle a jug� qu'aucun motif objectif ne permettait de s'�carter de ce montant et que les arrangements internes du couple, selon lesquels le recourant supportait 2/3 du loyer (2'750 fr.), �taient sans port�e pour arr�ter les charges incompressibles dans le cadre de la fixation de contributions d'entretien du droit de la famille.
7.2 Le recourant rel�ve qu'il a produit � titre de preuve une attestation sur l'honneur sign�e de sa compagne qui confirmerait la r�partition op�r�e, laquelle est selon lui justifi�e par le fait qu'une des chambres de l'appartement est destin�e exclusivement � ses deux premiers enfants, ainsi que des pi�ces bancaires d'o� ressortirait le remboursement mensuel de 2'750 fr. � sa compagne.
7.3 En principe, les frais li�s � l'exercice des relations personnelles sont � la charge du parent ayant droit. Toutefois, des circonstances particuli�res peuvent justifier une r�partition de ces frais entre les parents, � condition que cette solution apparaisse �quitable au vu de la situation financi�re de chaque parent et qu'elle ne soit pas pr�judiciable � l'enfant, qui verrait les moyens indispensables � son entretien affect�s � la couverture des frais li�s � l'exercice des relations personnelles. En pr�sence de situations financi�res tendues des deux parents, un �quilibre doit �tre trouv� entre le besoin de l'enfant de conserver un contact avec le parent qui n'en a pas la garde et son int�r�t � voir son entretien couvert (arr�t 5A_292/2009 du 2 juillet 2009 consid. 2.3.1.3, publi� in FamPra.ch 209 1100; 5C.282/2002 du 27 mars 2003 consid 3.2, publi� in JdT 2003 I 193).
7.4 En l'esp�ce, contrairement � ce que semble soutenir le recourant, la cour cantonale a bien admis que ce dernier avait d�montr� payer une part plus �lev�e du loyer que sa compagne. Elle a toutefois estim� qu'elle n'avait pas � tenir compte des arrangements internes entre colocataires. Or, le fait qu'une chambre de l'appartement est enti�rement destin�e aux deux fils a�n�s du recourant ne suffit pas � d�montrer le caract�re arbitraire de la d�cision attaqu�e. Partant, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement du loyer doit �tre rejet�.
Le recourant soutient aussi que la cour cantonale a �cart� de mani�re arbitraire le revenu de 1'000 fr. que tirerait l'intim�e de la location d'une pi�ce meubl�e dans la villa familiale.
8.1 A cet �gard, l'autorit� cantonale a retenu qu'une telle location, si elle �tait av�r�e, serait tout au plus tr�s limit�e dans le temps et n'aurait donc pas d'incidence sur la fixation de la contribution d'entretien. En outre, la vente de la maison familiale emp�chait � l'avenir une sous-location. Enfin, les explications fournies par l'intim�e sur le caract�re gratuit de la mise � disposition �taient vraisemblables.
8.2 Le recourant soutient avoir produit une annonce d'o� il ressort que l'intim�e cherche � louer une chambre dans la villa familiale. Il en conclut que l'intim�e sous-loue donc bien une chambre au prix de 1'000 fr. Il rel�ve aussi que, bien que l'acte de vente autorise l'intim�e � rester dans la villa jusqu'au 31 ao�t 2011, celle-ci s'y trouve toujours.
8.3 En l'esp�ce, par sa critique, le recourant ne d�montre pas que la cour cantonale a retenu arbitrairement que l'intim�e n'est plus en droit de louer une partie de la villa depuis la vente et que celle-ci a rendu vraisemblable que la mise � disposition d'une chambre a eu lieu � titre gratuit. Par ailleurs, le fait que l'intim�e demeurerait encore dans la villa constitue un fait nouveau qui, pour autant qu'il soit prouv�, est irrecevable (cf. supra consid. 2). Partant, le grief d'arbitraire doit �tre rejet�, pour autant que recevable.
Le recourant semble aussi contester que l'intim�e paye un loyer de 3'750 fr. pour un nouveau logement. Cette critique est sans objet, dans la mesure o� l'autorit� cantonale a, elle aussi, estim� que, faute d'indication justifiant un tel montant, il fallait inclure dans les charges de l'intim�e un loyer de 2'175 fr. seulement, identique � la part de loyer retenue � charge du recourant.
Le recourant invoque encore bri�vement que "conform�ment � la jurisprudence, les enfants issus de diff�rentes unions doivent �tre trait�s sur un pied d'�galit�". Il n'explique pas en quoi cette �galit� serait concr�tement viol�e en l'occurrence. Pourtant, une in�galit� ne peut �tre admise du seul fait que le disponible dont b�n�ficie le recourant n'est pas r�parti de mani�re �gale entre les quatre enfants: premi�rement, il ressort du dossier que la moiti� du co�t d'entretien des jumeaux est d�j� comprise dans les charges du recourant (cf. jugement de premi�re instance du 12 mai 2011 p. 5 n� 10); secondement, le principe d'�galit� entre les enfants d'un m�me d�biteur ne signifie pas que ceux-ci doivent n�cessairement b�n�ficier du m�me montant � titre d'entretien; il impose seulement que ces enfants soient trait�s financi�rement de mani�re semblable, proportionnellement � leurs besoins objectifs; l'allocation de montants diff�rents n'est donc pas exclue, m�me si elle doit avoir une justification particuli�re. La quotit� de la contribution ne d�pend en outre pas uniquement de la capacit� contributive du parent d�biteur d'aliments, mais aussi des ressources financi�res de l'autre parent; le parent auquel incombe l'entretien de plusieurs enfants dont les besoins sont semblables peut ainsi avoir � payer des montants diff�rents, si ces enfants vivent dans des foyers disposant de moyens financiers dissemblables (ATF 137 III 59 consid. 4.2.1; 126 III 353 consid. 2b; arr�t 5A_352/2010 du 29 octobre 2010 consid. 6.2.1, publi� in FamPra.ch 2011 230). Or, le recourant ne tient compte d'aucun des �l�ments pr�cit�s dans sa critique; il se contente d'invoquer abstraitement le principe d'�galit� de traitement. Au vu de ce qui pr�c�de, cette argumentation ne r�pond donc pas aux exigences du principe d'all�gation et doit �tre d�clar�e irrecevable.
Enfin, le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement du montant de ses imp�ts.
10.1 La cour cantonale s'en est tenue � la charge fiscale effective du recourant, soit 100 fr. par mois, que ce dernier avait d�montr�e par pi�ces.
Le recourant soutient qu'il est arbitraire de proc�der ainsi, alors qu'un revenu hypoth�tique de 15'000 fr. lui est imput�. Il pr�tend qu'un tel revenu entra�ne un imp�t d'au moins 3'750 fr. (25% du revenu).
L'intim�e se borne pour sa part � pr�tendre que le montant de 100 fr. ne r�sulte pas d'une taxation d�finitive mais d'une n�gociation entre le recourant et l'administration fiscale en attendant que les chiffres d�finitifs annuels soient connus. Le montant de 100 fr. correspond donc, selon elle, � celui que le recourant a cru bon de pouvoir offrir � l'administration fiscale et il doit assumer les cons�quences de ce choix dans la proc�dure de divorce.
10.2 En l'esp�ce, la cour cantonale a vers� dans l'arbitraire en retenant la charge fiscale effective de 100 fr. dans les charges du recourant alors qu'elle a imput� � ce dernier un revenu hypoth�tique plus �lev� (15'000 fr.) que son revenu effectif (7'028 fr.). Elle aurait d� suivre la m�me m�thode, soit une m�thode abstraite, pour �tablir ces deux param�tres, le premier d�pendant du second, et, ainsi, estimer la charge fiscale en fonction du revenu hypoth�tique.
Partant, le recours doit �tre admis sur ce point et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle proc�de � l'estimation de la charge fiscale du recourant en fonction du revenu hypoth�tique de 15'000 fr. et, le cas �ch�ant, qu'elle fixe � nouveau la contribution d'entretien globale due � la famille en tenant compte du montant ainsi obtenu.
En conclusion, le recours doit �tre admis, dans la mesure de sa recevabilit�, l'arr�t attaqu� annul� et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle instruction et d�cision dans le sens des consid�rants. Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis pour 2'000 fr. � la charge du recourant, qui succombe sur la majorit� de ses griefs, et pour 1'000 fr. � la charge de l'intim�e (art. 66 al. 1 LTF). Le recourant versera en outre � l'intim�e une indemnit� de 2'000 fr. � titre de d�pens (art. 68 al. 1 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours est admis, dans la mesure de sa recevabilit�, l'arr�t attaqu� annul� et la cause renvoy�e � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle instruction et d�cision dans le sens des consid�rants.
Une indemnit� de 2'000 fr., � payer � titre de d�pens � l'intim�e, est mise � la charge du recourant.

References: ATF 
 art. 74
 art. 106
 art. 405
in fine
 art. 404
 ATF 
in fine
 ATF 
 ATF 
in fine
 ATF 
 ATF 
in fine