Source: http://www.ethnonet-africa.org/pubs/ictgami.htm
Timestamp: 2017-06-26 22:35:07+00:00

Document:
Conflits ethnico-politiques, guerres civiles à répétition
Situation en 2000, 2001 et perspectives d'avenir
S/C Projet Forafri
BP 4035 Libreville (Gabon)
E-mail: gaminorb@yahoo.fr
Une analyse réaliste des conflits ethnico-politiques au Congo-Brazzaville en 2000 et 2001 ne peut être comprise sans un détour par l'histoire de la vie politique Congolaise.
Le Congo-Brazzaville qui se remet à peine des trois dernières guerres civiles meurtrières de Novembre 1993, juin 1997 et décembre 1998 n'a pas connu de conflits ethniques majeurs en 2000 et 2001, mais plutôt des événements conduisant à retrouver la paix et la sécurité dans le pays. Néanmoins quelques conflits mineurs ont subsisté suite aux méfiances entre différents acteurs de la vie politique Congolaise. Cette méfiance se fonde sur l'appartenance ethnique de l'interlocuteur que l'on a en face de soi.
Les années 2000 et 2001 ont été marqué par une préparation à un retour à la vie démocratique. Les conflits ethniques sont masqués par les déclarations des différents leaders politiques partisans ou non du boycott du processus électoral en cours.
En effet, les conflits ethniques actuels ne sont que la continuité ou la résurgence des antagonistes entre les leaders politico-ethniques des partis politiques Congolais. La construction de ces partis se fonde sur un schéma ethnique, tribale ou régional en premier.
Le leader du Parti est avant tout celui de son ethnie, le recrutement des membres du parti se fait prioritairement au sein de l'ethnie ou la tribu.
Ainsi, à la tête de chaque parti politique se trouve le leader de l'ethnie. Tout conflit opposant ce dernier avec les autres leaders politiques sur le plan idéologique (quand il y en a en une) est vu comme une atteinte à l'honneur de la tribu.
Ainsi, selon un proverbe de l'ethnie Téké-Kukuya du Congo " Muana oula ka ba saa mu tsiè ni ", cela signifie littéralement ceci :un enfant du village on le dépèce pas par terre. Cela signifie en d'autres termes que, quelque soit le mal que fait quelqu'un de la même appartenance ethnie que vous, il ne faut pas le vendre entièrement aux autres, ni le répudié. Car au Congo l'identité culturelle à travers l'appartenance ethnique est encore très forte.
Nous analyserons les conflits ethniques en 2000 en 2001 au Congo-Brazzaville avec ce regard sur le passé pour mieux comprendre le présent et peut être anticipé sur l'avenir.
Notre analyse se basera sur les articles des journaux nationaux et internationaux et surtout sur le vécu au quotidien. Etant nous mêmes Congolais, observateurs au quotidien des conflits ethnico-politiques.
Les conséquences économiques de ces conflits sur la vie au quotidien des populations Congolaises n'est pas à négliger dans cette analyse et de la perte du rôle de pays transit pour les autres pays : la République Centrafricaine et le Tchad. Nous essayerons de faire une analyse le plus impartialement possible en adoptant le profil "ethique" de l'anthropologue dans ce genre d'exercice.
On ne peut envisager l'avenir sans tenir compte du passé. Ainsi, nous reviendrons sur l'histoire politique du Congo depuis les émeutes de 1959 jusqu'à cette période récente caractérisée par le dialogue nationale sans 'exclusive' (11 au 14 avril 2001).
Bref aperçu sur le Congo-Brazzaville
La République du Congo-Brazzaville est située en Afrique Centrale à cheval sur l'équateur. La capitale Brazzaville est bâtie au bord du fleuve dont le pays porte le nom.
Deux tiers des Congolais vivent en milieu urbain selon VENNETIER ( 1977).
D'après les estimations de 1997 (Encyclopédie, 2000), 70% de la population se concentre dans le sud du pays. Le Congo est limité dans sa partie nord par la République Centrafricaine, le Cameroun à l'ouest par le Gabon à l'est et au sud Par la République Démocratique du Congo et l'Angola (enclave du Cabinda).
Cette population inégalement répartie sur l'ensemble du territoire, selon les groupes ethniques est l'objet de sollicitations de la part des hommes politiques. Ces derniers s'appuient sur le groupe ethnique pour gagner les élections ou influencer le cours de celles-ci. Ces conflits ethnico-politiques ont fait perdre sur le plan économique au pays son rôle de transit des produits divers d'exportation ou d'importation vers la République Centrafricaine et du Tchad.
Il ne est de même de l'évacuation du bois de la partie Nord du pays qui se fait par le Cameroun en lieu et place du fleuve Congo et le chemin de fer Brazzaville Pointe-Noire.
Le Congo en chiffres
Population : 2.800.000 hab. (estimation 1999)
Taux de croissance demographique: 2,8%;
Densite: 8,2 hab/km2
Population Urbaine: 57% environ
Subdivision admistrative: 10 régions, 83 Sous-préfectures et 6 communes urbaines;
Richesses principales: pétrole et bois
Couverture forestière: 60% du pays Façade maritime: 170 km
-2 routes nationales; 2 voies ferrées
Brazza-Pointe (512 km) et Mont Bélo-Mbinda (frontière avec le Gabon), 285 km.
-Fleuve Congo (reliant Brazza à Bangui)
-PNB par habitant (2000): 1044 $US
-Taux de croissance du PIB rèel (1999): -4,3%
(Source PIPC, 2000)
Principaux groupes ethniques:
Teke: 22%
Mbochis: 17% (source Vennetier 1997)
Grandes étapes politiques depuis l'indépendance
1- l'Indépendance en 1960
2- le Marxisme-Léninisme (1963-1990)
3- la transition vers un régime semi-présidentiel (91-92)
4- les guerres civiles (1993 et 1997)
Estimation du pourcentage par rapport à l'ensemble de la population
Lari, Soundi, Kongo, Mikengué, Bahangala, Bembé, Kugni, Kamba, Dondo, Soundi, Yombé, Vili
48 % (Vennetier, 1977) Sud - Congo
Atio, Aoumou, Bantsintséké, Ndzi-ndziu, Abum (ou Boma), Boma, Ngangulu, Tegue, Djikini, Laali Yaka, Atié, Bavoumbou, Tsaayi, Mpumi (ou Mpumu), Kukuya, Tégé -Alima, Afum
22% (Vennetier, 1977)
Centre -Congo(transition entre le Sud et le Nord pour beaucoup de sous-groupes) M'BOCHI
M'bochi, Bobangui, Moye, Likouala, Bonga, Makoua, Kouyou, Ngaré, M'boko
13% (Vennetier, 1977)Nord - Congo
Bangala, Bonguili, Bondjo, Bomitaba, Pomo, Bomassa, Bondongo, Bandjongo, Kaka, Enyelle, Bakono, Ikengué, Pandé
Extrême Nord-Congo
Lino, Bomouali, Kwélé, Djem
Extrême Nord-Congo (Ouest)
Ongom, Kota
Bouissi, Punu, Lumbu
Sud-Ouest - Congo
M'BEDE-NZABI
Nzabi, Batsangui, Bambama, M'béti
Sud-Ouest - Congo et Nord-Ouest
Ngbaka, Bandza, Mondjombo
Tableau 1 : Composition ethnique par grands groupes et sous-groupes Nous nous référons au dictionnaire de l'ethnologie qui définit l'ethnie (du grec ethnos : peuple nation) comme " un groupement d'individus appartenant à la même culture (même langue, mêmes coutumes, etc.) et se reconnaissant comme tels. On dit aussi groupe ethnique ".
La notion de tribu reviendra souvent dans nos analyses. Nous retiendrons qu'une tribu est composée de groupes plus réduits, tels que les clans.
Selon le dictionnaire de l'ethnologie, une tribu peut s'associer temporairement ou en permanence avec d'autres tribus pour former une confédération à des fins militaires ou religieuses. Cette hypothèse se vérifie sans ambiguïté dans les différents guerres civiles qu'a connu le Congo-Brazzaville. Période
Cause de départ du pouvoir
Abbé Fulbert Youlou Lari (groupe Kongo) Sud - Congo
Révolution des 13, 14, 15 août 1963, menée par les syndicats a leur tete un certain Okemba (Mbohi - Nord Congo)
Alphonse Massambat-Debat
Kongo (groupe Kongo) Sud - Congo
Coup d'Etat militaire conduit par Marien N'Gouabi un officier Kouyou (Mbochi -Nord)
Marien N'Gouabi Kouyou (groupe Mbochi) Nord - Congo
Assassinat non élucidé malgré un procès peu convaincant qui s'est solde par la condamnation a mort de 11 Congolais tous du Sud (précisément du Pool) - Suivi de l'assassinat de l'ancien Président Alphonse Massamba Debat et du Cardinal Emile Biayenda tous originaires du Pool (Lari et Kongo)
Kouyou (groupe Mbochi) Nord - Congo
Forcer à démissionner par le Comité Central du Parti Congolais du Travail dont il n'était plus membre. Le chef de fil de ce mouvement n'était autre que Denis Sassou Nguesso (Mbochi - Nord Congo)
Mbochi (groupe Mbochi) Nord - Congo
Echec aux élections libres et démocratiques organisées suite à la conférence nationale de 1991, scrutin remporté par Pascal Lissouba (Nzabi) sud - Congo
Nzabi (groupe M'bede-Nzabi) Sud - Congo
Guerre civile du 5 juin 1997, remportée par Denis Sassou Nguesso avec l'appui de l'armée angolaise qui s'autoproclame Président de la République le 25 octobre 1997
Sassou Nguesso est le seul candidat favori aux élections présidentielles du 10 mars après le retrait d'André Milongo candidat de l'opposition. Les autres poids lourds de l'opposition étant éliminés de la course par les condamnations judiciaires. Il s'agit de Pascal Lissouba (ancien Président) et Bernard Kolélas (ancien Premier Ministre de Pascal Lissouba) et chef de l'opposition avant la guerre de 1997
Officiellement élu Président de la République à 89% des suffrages suite à la proclamation des résultats du scrutin du 10 mars 2002 ce mercredi 13 mars à la radio nationale par M. Pierre Oba (Ministre de l'intérieur)
.Tableau 2 : Ethnie et occupation de la Présidence du Congo de l'indépendance à ce jour
L'analyse des conflits ethniques actuels (année 2000 et 2001) ne peut se comprendre sans un bref rappel historique des conflits et grands événements qui ont marqué le Congo depuis la période coloniale et post-coloniale.
Nous mettrons en annexe un tableau détaillé de ces événements.
Le Congo vit depuis la veille des indépendances avec cette division Nord - Sud en général et très marqué entre certaines ethnies en particulier les Kongo - Lari (Sud) et les Mbochi (Nord). Si le monopartisme a semblé faire oublier aux Congolais cet état de chose, la démocratie bien que salutaire est venue réveiller le démon qui sommeillait en chaque Congolais. En effet, face au manque de culture démocratique des Congolais, aux partis politiques sans idéologie et recrutant les membres de base dans le groupe ethnique, il n'était pas surprenant d'assister aux dérives de 1959, 1963, 1968, 1977, 1993, 1997, 1998 car le fanatisme ethnique (ethnocentrisme) quelque soit la cause l'emporte sur l'esprit de la nation.
L'homme politique Congolais pour ses intérêts matériels et financiers a toujours usé de l'arme ethnique, tribale et régionale pour arriver à ses fins.
Les termes Bangala désignant les ressortissants du Nord et Kongo tous ceux du Sud ont toujours été exploites de façon péjorative par le politique. Bref rappel historique
1880 (10 septembre): Signature du traité entre Savorgnan De Brazza et le Roi Téké Makoko
1880 (3 octobre) : Création de Brazzaville
1926 : André Grénard Matsoua (Prophète et libérateur du peuple 'Lari " du colonialisme) fonde à Paris l'Amicale, une association mutualiste des originaires de l'Afrique centrale,
1941 (février) : Matsoua est condamné à la prison à perpétuité et incarcéré à Mayama une localité de la région du Pool au sud Congo. Ceci après sa fuite en 1935 du Tchad sous une fausse identité et une participation à la guerre de 1940.
1942 (3 janvier) : mort en prison de Matsoua, inhumation clandestine par l'administration coloniale. D'ou l'origine du mouvement matsouanisteDepuis, son souvenir reste presque intact et influence encore le peuple Lari. 1958 : De Gaulle élabore une nouvelle constitution Communautaire
1958 : Apparition de deux partis à forte connotation tribale
1. Le Mouvement Socialiste Africain (MSA) de Jacques Opangault (Mbochi, région de la Cuvette) regroupant la majorité des Congolais originaires du Nord,
2. Le Parti Progressiste Congolais (PPC) de Félix Tchicaya (Vili, groupe Kongo, région du Kouilou), les ressortissants du Sud-Congo sont majoritaires.
3. L'Union pour la Défense des Intérêts Africains (UDDIA) de Fulbert Youlou (Lari, groupe Kongo région du Pool), parti rassemblant les ressortissants du Pool et se référant au mythe de André Grenard Matsoua
1958 (28 juillet) : Le Congo et la France ratifient les accords de transfert des compétences. 1958 (28 novembre) Proclamation de la République du Congo (autonome) par l'assemblée territoriale, Youlou devient le Premier Ministre.
1959 (février) : Première guerre civile entre les partisans du MSA et de l'UDDIA
Le MSA regroupant dans sa majorité les ressortissants du Nord-Congo et le PPC et l'UDDIA regroupant dans leur majorité les ressortissants du Sud-Congo. Trois jours de conflits dont la fin est intervenu grâce à la sagesse de l'Abbé Fulbert Youlou.
1959 (27 juin) : Alphonse Massamba-Débat élu premier Président de l'Assemblée nationale Congolaise (élection en session extraordinaire) " Journal La Rue, N°317, 20 Nov 2000 "
1960 (15 août): Indépendance du Congo, Youlou, 1er Président (Sudiste - Pool)
1963 (13, 14, 15): grève générale dirigée par un certain Okemba (Nordiste - Syndicaliste), 3 morts (3 martyrs).
1963 (15 août): démission du Président Youlou
1963 (8 décembre): Alphonse Massamba Débat devient Président de la république (Sudiste - Pool).
1968 (31 décembre): Marien N'Gouabi (Nordiste - Cuvette), militaire devient Président suite au coup de forces qui a opposé les milices du pouvoir (JMNR) et l'armée régulière.
1977 (18 mars): Marien N'Gouabi est assassiné, son clan est accusé d'être responsable de cet acte.
1977: Assassinat du Président Massamba Débat suit à un interrogatoire musclé avec les militaires. Assassinat du Cardinal Emile Biyenda par les militaires du Nord (Le Cardinal est suspecté de complicité avec le clan Massamba Débat), Condamnation et exécution de onze (11) partisans du Président Massamba Débat suite à un procès douteux (tous originaires du sud). 1979 (5 février): Sassou Nguesso devient Président après démission de Yhombi par un congrès extraordinaire du PCT
1990: Instauration du multipartisme
1991 (21 février -10Juin): Conférence nationale souveraine - multipartisme
1992 (15 mars): Référendum constitutionnelle - vote d'une nouvelle constitution
1992 (31 août): Pascal Lissouba (Sudiste - Niari) devient officiellement le premier Président élu démocratiquement
1992 (30 novembre): Fusillade au rond du Centre Culturel Français (CCF) de Brazzaville sur les partisans de Bernard Kolélas (Sudiste) au cours d'une manifestation de protestation contre le pouvoir de Lissouba (Sudiste), 3 morts.
1993 (5 Novembre): Emeutes (guerre civile) entre les partisans de Bernard Kolélas (Sud - Pool) et ceux de Lissouba (Sud - grand Niari), bilan, des milliers de morts.
1997 (5 juin): Guerre civile entre les partisans de Sassou et ceux de Lissouba et ses alliés. A cette date, les dispositions préélectorales n'étaient pas prises en vue d'organiser les élections présidentielles qui devaient avoir lieu au plus tard le 27 juillet 1997.
1997 (15 octobre): Fin de la guerre par la victoire des partisans de Sassou avec l'appui des forces angolaises. Bilan des affrontements estimés entre 4 à 10. 000 morts.
1997 (25 octobre): Sassou s'autoproclame Président du Congo 1997 (3 novembre): Sassou Nguesso forme le gouvernement le gouvernement d'union nationale et de salut public dont lequel figure certains membres des partis de l'opposition restés au pays.
1998 (5-11 janvier): Déroulement du forum national pour la réconciliation, l'unité, la démocratie et la reconstruction du Congo à Brazzaville avec l'exclusion des leaders charismatiques de la vie politique Congolaise. Il s'agit de Pascal Lissouba, Bernard Kolélas, Joachim Yhombi Opango. A l'issue des assises de forum un Conseil National de Transition " CNT " ou Parlement de transition " de 75 membres est mis en place.
1998 (18 décembre): Déclenchement des hostilités entre les partisans de Sassou (Cobras et le reste de l'armée) et ceux de Kolélas et Lissouba - Contrôle du territoire par Sassou. Les rebelles Ninjas attaquent Brazzaville, par les quartiers sud, Makélékélé et Bacongo. La guerre qui sévissait déjà dans le Pool arrive à Brazzaville avec toutes les horreurs.
Dans les régions de la Bouenza, du Niari et de la Lékoumou la guerre a également éclatée entre l'armée et rebelles Cocoyes de Pascal Lissouba.
1999 : Condamnation du Président Lissouba à 20 ans de réclusion, officiellement pour complot visant à assassiner son successeur.
1999 (29 décembre) : signature des accords de cessez le feu entre le Gouvernement du Congo et le CNR (Conseil National de la Résistance).
Le Congo n'est pas à son premier conflit politico-ethnique. Les hommes politiques actuels furent pour beaucoup les acteurs des conflits qu'a vécu le pays avant et après les indépendances. Ils continuent à se régler les comptes par le peuple interposé. Des efforts restent à fournir par tout Congolais en particulier ceux qui s'engagent à conduire les destinés du pays (homme politique).
Analyse des événements, conflits ethniques et politiques survenus au Congo en 2000 et 2001
Le Congo-Brazzaville qui se remet à peine des trois dernières guerres civiles meurtrières de Novembre 1993, juin 1997 et décembre 1998 n'a pas connu de conflits ethniques majeurs en 2000 et 2001, mais plutôt des événements conduisant à retrouver la paix et la sécurité dans le pays. Néanmoins quelques conflits mineurs ont subsisté suite aux méfiances des différents acteurs. Les années 2000 et 2001 ont été marqué par une préparation à un retour à la vie démocratique. Les conflits ethniques sont masqués par les déclarations des différents leaders politiques partisans ou non du boycott du processus électoral en cours.
En effet, les conflits ethniques actuels ne sont que la continuité ou la résurgence des antagonistes entre les leaders politico-ethniques des partis politiques Congolais dont la construction est basée sur un schéma ethnique, tribale ou régional.
2000 (14 février) : publication du décret du Président de la république sur la mise en place d'un comité exécutif du comité de suivi des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités.
Ce décret a été suivi de la signature d'un accord de cessation des hostilités le 29 décembre 1999 entre le pouvoir de Brazzaville et les rebelles. Le comité de suivi regroupe les représentants des Forces d'autodéfense de la Résistance (FADR), qui n'est autre que le bras arme du Conseil National de Résistance. Ce dernier est une sorte de gouvernement mixte rassemblant les miliciens Cocoyes de l'ex-President Lissouba (Nzabi, Sud-Congo) et les Ninjas de l'ancien Premier Ministre Bernard Kolelas (Lari - Sud-Congo). La résistance ici est vu sous l'angle tribale de l'éternel division Nord-Sud qui existe au Congo. Il faut résister a la domination d'un leader Nordiste sur le Sud. Voici a ce propos l'analyse d'un lecteur dans le journal Observateur du Congo : " Il ya deux formes de tribalisme au Congo : le " macro tribalisme " et le " micro tribalisme " . Le premier divise le Congo en deux zones géographiques et oppose le nord, avec le groupe Mbochis-Boubangui, au sud avec le groupe Kongo sous l'arbitrage du groupe Téké au centre.
Le second micro tribalisme, bien que moins voyant, n'en demeure pas moins virulent. Celui-ci oppose au sein d'un même groupe, des sous-groupes linguistiques. Tel est le cas de la contradiction qui oppose dans le Pool les Laris aux Kongo, dans la cuvette les Kouyous aux Mbochis, dans les Plateaux les Nzikou aux Boma, dans le Kouilou les Mvilis aux Bayombés, et dans la Bouenza, les Kamba-Ndondo aux Bembé. (Alphonse Mabiala, Journal Observateur n° 39 du 23 au 29 mars 2000)
Les populations de cette partie sud du pays ont souffert durant ces hostilités post-guerre du 5 juin 1997. L'activité économique était paralysée. La capitale Brazzaville en payait aussi un prix lourd. Bernard Kolélas dont les miliciens Ninjas sont l'uvre de sa création soutenait cette résistance des Ninjas : " Les Ninjas et tous ces jeunes qui se sont soulevés dans le sud du pays réagissent a la suite des exécutions sommaires perpétrés par le régime en place. On ne peut pas accepter ce tribalisme meurtrier, un génocide il n'y a pas d'autre mot " (Bernard Kolélas dans Africa International numéro 330 décembre/janvier 200)
2000 (mai) : Bernard Kolélas est condamné à mort par contumace par la justice Congolaise à la suite d'un procès pour " tortures et séquestrations " commises dans les prisons privées de ces milices Ninjas.
Cette condamnation, n'arrange pas la situation des conflits au Congo. Kolélas reste jusqu'à preuve de contraire le seul leader charismatique de la région du Pool donc du peuple Lari. Kolélas incarne pour les Lari les idées du prophète André Grenard Matsoua qui fut l'un des rares Congolais qui a eut le mérite de s'opposer avec courage à la colonisation Française. Kolélas est considéré par ses partisans comme un messie. La popularité de Bernard Kolélas au Congo n'est pas à négliger. Car ce dernier est arrivé en deuxième position à l'élection Présidentielle de 1992 derrière le Président élu Pascal Lissouba. Le parti politique de Kolélas, le Mouvement Congolais pour le Développement Intégral (MCDDI) a remporté 29 sièges au élections législatives de 1992 alors que le Parti Congolais du Travail de Denis Sassou Nguesso n'en avait que 20 (source http://www.brazzaville-adiac.com, voir tableau en annexe).
Cette condamnation par une justice qualifiée à tort ou à raison par les opposants Congolais en exil de partial, loin de renforcer l'unité nationale vient au contraire renforcer les rancurs ethniques Nord-Sud, plus précisément Mbochi-Lari. Car les émeutes de 1959 entre les Mbochi (Nord) et les Lari et Bembé (Sud) ont laissé des séquelles.
L'attitude des Ninjas (milice de Bernard Kolélas) pendant et après la guerre de 1997 le confirme. Ils n'ont pas hésiter à assassiner leurs frères Lari qui collaboraient avec le pouvoir de Sassou. " Parallèlement à ce face-à-face entre Ninjas et forces gouvernementales, les premiers allaient, depuis le Pool et sur tout leur passage, exécuter toutes les personnes de leur ethnie reconnues comme collaborateurs du régime " (Francis Laloup, Nouvel Afrique Asie, numéro 113, février 1999)
2000 (août) :Relance du premier train marchandise entre Brazzaville et Pointe-Noire.
L'occupation par les milices rebelles des cinq régions dans le sud Congo a beaucoup paralysé l'activité économique tant dans la capitale Brazzaville et les quatre régions dont l'une est qualifiée de grenier du Congo. Il s'agit de la région du Niari dont est originaire l'ancien Président Lissouba.
Ces quatre régions (Pool, Bouenza, Niari, Kouilou) sont traversées par l'unique chemin de fer (510 km) qui relie la Capitale économique Pointe-Noire (au bord de l'océan atlantique) à Brazzaville.
La fermeture du chemin de fer Congo-Océan a provoqué la hausse des prix des denrées alimentaires à Brazzaville en particulier les vivres frais " Poisson de mer, Poulet " et certains produits agricoles produits par les ethnies du sud (Bembé, Kamba, Ndondo, Yombé, Kuni, Punu) tels que : bananes plantain, arachidesEn effet, le transport de ces denrées en provenance de Pointe-Noire se faisait par avion en remplacement du train.
On a assisté aussi à une augmentation des prix du carburant et en particulier du pétrole lampant dans le prix est passe de 170 Fcfa à 700 Fcfa le litre chez les détaillants soit une augmentation de plus de 400%.
2000 (novembre): Le comité de suivi remet son rapport au Président de la République et au médiateur International. Le rapport conclut que les conditions sont réunies pour organiser le dialogue nationale sans exclusive, recommandé par l'article 13 des accords de Brazzaville. 2000 (1er décembre) : 13 000 armes ramassées auprès des anciens miliciens Cobras (de Denis Sassou-Nguesso), Ninjas (de Bernard Kolélas), Zoulou, Cocoyes (de Pascal Lissouba) dont 12 000 démobilisés.
2000 (décembre): campagne d'explication d'amendements du projet constitution dans les villes et l'intérieur du pays.
Cette constitution tire les leçons des guerres ethnico-politiques que vit le Congo avant et après son indépendance en 1960. Un accent particulier est mis sur les qualités non tribale d'un parti politique. Voici en résumé quelques articles de ce projet de constitution.
Art. 51 : Le parti politique est une association dotée de la personnalité morale qui rassemble des citoyens autour d'un projet de société démocratique dicté par le souci de réaliser l'intérêt général.
Art. 52 : Les partis politiques ont un caractère national et ne sauraient s'identifier dans la forme, dans l'action ou, d'une manière quelconque, à une ethnie, à un département, à une religion ou à une secte.
Art. 53 : Les partis politiques sont reconnus conformément à la constitution et à la loi.
Pour être reconnus, ils sont tenus notamment d'adhérer aux principaux fondamentaux suivants :
- Le respect, la sauvegarde et la consolidation de l'unité nationale
- Le caractère laïc de l'Etat
2001 (3 janvier): Relance de la circulation du premier train passagers entre Brazzaville et Pointe-Noire après deux ans d'interruption.
C'est un soulagement pour toute la population Congolaise, car tout le monde ne peut payer le billet d'avion entre Brazzaville et Pointe-Noire à 40 000 Fcfa alors que le train coûte de 10 à 15 000 Fcfa.
2001 (17 mars-14 avril): Début de lancement officiel du dialogue national sans exclusive à Brazzaville par le Président Omar Bongo (Gabon, Médiatuer International) et Denis Sassou Nguesso (Président auto-proclamé du Congo) en l'absence des poids lourds de l'opposition Congolaise (Pascal Lissouba, Bernard Kolélas, Jacques Joachim Yhombi Opango). Au cours de ce dialogue le projet de constitution et la convention pour la paix et la reconstruction sont adoptés.
Mais les grands leaders en exil des deux grands partis du Congo sont exclus de ce débat car condamnés auparavant par la justice Congolaise de crimes de guerre.
Bernard Kolélas le chef du parti MCDDI (Lari) tentera de rejoindre Brazzaville via Kinshasa en provenance de la Cote d'Ivoire sous une fausse identité. Il sera reconnu et refoulé vers Abidjan par les autorités de la République Démocratique du Congo.
N'empêche que dans les quartiers sud de Brazzaville ou Kolélas est très populaire et est affectueusement appelé Ya Bekol, les habitants attendaient son arrivée, comme le témoigne François Katendi (Africa international, N°344, juin 2001) " Viendra ? viendra pas ? Jusqu'à la dernière minute, beaucoup d'habitants des quartiers sud de Brazzaville ont guetté la présence de l'ancien Premier ministre, Bernard Kolélas " La popularité incontestée de ce leader malgré les condamnations par la justice Congolaise a fait craindre aux autorités de Brazzaville la perturbation du dialogue par sa présence. Alors que ce dernier, nous pouvons le dire, a voulu volontairement se faire prisonnier en quelque sorte.
Même si dans la région du Pool (dont Bernard Kolélas est originaire) certains mouvements de la jeunesse telle que l'Association des Jeunes Ressortissants du Pool (AJRP) tiennent des propos très durs envers Kolélas " par rapport à ce que la région du Pool a subi, les jeunes ont pris position face à la politique sanguinaire de Bernard Kolélas. " extrait de l'interview de Didier Clotaire Boutsindi, Président exécutif de l'AJRP dans le journal la Nouvelle République numéro 015 du 20 mars 2000.
On peut s'interroger sur le poids réel de ce genre d'association, au regard de l'enracinement historique, ethnique du mouvement politique de Bernard Kolélas. N'est-il pas considéré à tort ou a raison par ses partisans comme le seul qui perpétue le souvenir de André Matsoua, prophète libérateur comme l'écrit François Soudan (Jeune Afrique l'Intelligent numéro 2070 du 12 au 18 septembre 2000).
2001 (31 août): Les autorités du Parlement de transition sous la pression des ONGS de défense des Droits de l'homme dont l'OCDH " Observatoire Congolais des Droits de l'Homme " et certaines familles des disparus, instituent une commission d'enquête pour faire la lumière sur les allégations de disparitions de personnes lors des guerres civiles.
2001 (2 septembre): Adoption par le CNT " Conseil National de Transition : Parlement de transition " après amendement du projet de la nouvelle constitution proposé par le gouvernement. Cette nouvelle constitution prévoit un régime de type présidentiel, conférant au Président de la République de larges pouvoirs.
2001 (Octobre): Le pasteur Ntoumi annonce sa sortie du maquis pour regagner Brazzaville. Le pasteur Ntoumi était retranché dans son fief de Mihété à Vindza (Région du Pool) avec une poignée de miliciens Ninzas.
2001 (4 novembre): Médecins sans frontières dans un ouvrage consacré à la guerre civile de 1998, dénoncent les cruautés et humiliations subis par les civils qui furent massives. De même que les expulsions, déplacements forcés, pillages, brutalités, tueries, exécutions sommaires, viols. Ces exactions sont attribuées aussi bien aux forces régulières qu'aux miliciens de toutes appartenances.
2001 (17 décembre): Adoption du calendrier des élections générales : référendum sur le projet de la nouvelle constitution (20 janvier 2002), élection présidentielle en mars et avril, législatives, locales et sénatoriales en mai et juin.
2001 (28 décembre): L'ancien Président Pascal Lissouba est condamné par contumace par la justice Congolaise à 30 ans de travaux forcés pour " haute trahison ".
2002 (5 janvier): Une dizaine de partis appellent au boycott du référendum du 20 janvier en raison de l'absence de transparence du processus électoral.
2002 (20 janvier): Référendum nationale sur l'adoption de la nouvelle constitution. Le oui l'a emporté avec 85% des suffrages selon le gouvernement Congolais. L'opposition tant intérieur qu'extérieur rejette les résultats de ce scrutin.
2002 (10 mars) : élection présidentielle, on note le désistement au dernier moment du principal challenger de Sassou Nguesso, André Milongo. Ce dernier explique sa décision par le manque de transparence.
Quelques conflits mineurs au cours des années 2001 et 2002
1- Le conseiller à la sécurité du Pasteur Ntumi agressé par la garde Républicaine le samedi 11 novembre 2000 à Brazzaville
Ce dernier à Brazzaville pour vérifier les conditions de sécurité en vue de la sortie éventuelle du (Journal La Rue n° 317, 20 novembre 2000) Révérend Pasteur Ntumi attendu à Brazzaville. Cela s'explique par la méfiance qui règne encore entre les anciens miliciens Cobras de Sassou Nguesso et les Ninjas de Bernard Kolélas.
2- Le grand Baobab de Kindamba (région du Pool, Sud-Congo) est tombé : le sage Milongo a-t-il été empoisonné ?
Le Président du comité des sages de Kindamba fervent défenseur de la pacification de la région du Pool est décédé le 14 novembre 2000 d'une brusque maladie.
Pour la population il a été empoisonné, par qui ? Il avait dénoncé il y a deux semaines les exactions causées sur les populations par les troupes militaires étrangères (viols, vols, sévices corporels sur les populations jusqu'aux vieilles femmes.
D'aucuns notent, par ailleurs, une cruelle rivalité, dans la zone de Kindamba, entre les forces de paix que représentait le sage Milongo, et les Promoteurs de la soit-disant région des " Pays de Mpangala " qui n'ont guère apprécié son activisme. Les populations de Kindamba refusent de concevoir cette mort comme naturelle. (article 1 et 2, La Rue n°317 du Lundi 20 novembre 2000, p3) 3- La guerre des sardines a failli embraser Boko (localité située dans la région du Pool)
Il y aurait au sein de la force publique une ségrégation manifeste entre les " vrais militaires ", bien nourris, et les " anciens miliciens " qui traînent continuellement l'estomac dans les talons.
Une partie de la population a été contrainte de regagner la forêt à la suite d'une escarmouche entre éléments de la force publique. Cause : les anciens miliciens mal nourris selon eux (un bol de riz et un boîte de sardine/jour) ce sentiraient brimés. Un des chefs de ces anciens miliciens appelé Korombo séquestra un chef militaire.
Les anciens miliciens ont en profité pour se servir dans le magasin d'armes avant de se réfugier en forêt.. Alerté, l'autorité militaire a délégué sur les lieux quatre hélicoptère de combat suite à des versions mensongères selon lesquelles les anciens miliciens seraient partis rejoindre le Pasteur Ntumi. (article 1 et 2, La Rue n°317 du Lundi 20 novembre 2000, p3) 4- Représailles à Mindouli (Région du Pool), morts et blessés
Une altercation entre un militaire et un Ninja (milicien de Bernard Kolélas) qui en seraient arrivés aux mains, puis usage des armes à feu Un groupe de Ninjas seraient sortis de la forêt en représailles rafalant à l'aveuglette.
Cette version est largement ventilée de Moungali à Bacongo de Brazzaville (quartiers à dominance Lari et Kongo) où elle renforce la psychose des populations du Pool résidents à Brazzaville. (article 1 et 2, La Rue n°317 du Lundi 20 novembre 2000, p3) Ces incidents témoignent de la méfiance persistante entre les différentes milices, les populations du Nord et du Sud. Toutefois leur influence est le plus souvent circonscrite à une localité et vite arrangée.
Effets transfrontaliers du conflit Congolais (cas du Gabon)
Mais le conflit Congolais avec ces lots de réfugies au Gabon est à l'origine du malaise Gabonais comme le témoigne ce commentaire :
Insécurité, Peur sur le Gabon : Lissouba frappe !
Bon nombre de ressortissants de ce pays frère, qui se sont réfugiés chez nous, trouvent les efforts du Président Bongo dans la médiation insuffisants. D'où la quasi-occupation de certaines localités du Gabon par ces frères devenus à longue encombrants.
Il ne se passe plus un seul jour sans, dans une ville ou une autre de notre pays, qu'un acte condamnable ne soit attribué, à tort ou à raison, à nos " Bokilos "
Les provinces de la Nyanga, la Ngounié et le Haut Ogooué et, dans une moindre mesure l'Ogooué Ivindo paient régulièrement le tribut de leur hospitalité.
Les Ninjas, les Zoulous sont bel et bien dans nos murs.
Dernière mesure prise par les autorités Gabonaises est l'interdiction d'importer du " fufu " Congolais. Raison invoquée : on dissimule facilement des armes dans ces sacs. (journal, Jeunesse Action du Gabon n°12, juillet 2001, p7).
Le réfugié Congolais reçu comme parent par les populations du Sud-Est Gabon devient à la durée (longue) du séjour un invité encombrant et suspect de poser des actes de banditisme.
En effet, s'est en s'appuyant sur les liens claniques et lignagères que la plupart des réfugiés du Sud-Ouest Congo (régions du Niari, Bouenza, Lékoumou voir Kouilou) ce sont retrouvés dans les régions de la Nyanga, Moyen Ogooué et Haut-Ogooué (Gabon).
Ce sont en particulier les membres ethnies Punu, Lumbu, Ndzabi, Kuni, Vili, Tékédu Congo qui sont venus chez leurs frères appartenant à la même ethnie mais du côté Gabonais.
Le Congo souffre depuis très longtemps avant l'accession à l'indépendance et jusqu'aujourd'hui de deux formes de tribalisme, le " macro tribalisme " et le " micro tribalisme " définit par Alphonse Mabiala (Journal Observateur n° 39 du 23 au 29 mars 2000)de la manière suivante :
Le premier divise le Congo en deux zones géographiques et oppose le nord, avec le groupe Mbochis-Boubangui, au sud avec le groupe Kongo sous l'arbitrage du groupe Téké au centre. Le second micro tribalisme, bien que moins voyant, n'en demeure pas moins virulent. Celui-ci oppose au sein d'un même groupe, des sous-groupes linguistiques. Tel est le cas de la contradiction qui oppose dans le Pool les Laris aux Kongo, dans la cuvette les Kouyous aux Mbochis, dans les Plateaux les Nzikou aux Boma, dans le Kouilou les Mvilis aux Bayombés, et dans la Bouenza, les Kamba-Ndondo aux Bembé. Depuis longtemps, l'homme politique a court d'idées et de vrais projets réalistes pour le développement du pays, profite de l'inculture démocratique des Congolais, de la fibre ethnique pour accéder au plus haut sommet de l'Etat.
Tous les partis politiques sont d'abord des partis ethniques. Ainsi, l'ethnie soutient première son leader peu importe sa vision globale pour le développement du Pays.
Au Congo, quelque soit vos opinions politiques favorables ou non au leader de votre ethnie, l'étiquette de son parti vous est assigné par les autres. Tu es Téké ? alors, tu dois voter pour GanaoC'est ce que l'entend dans la ville lors des élections.
Rares sont les partis qui ont une représentation nationale. Les résultats des élections législatives de 1992 l'atteste. L'UPADS le parti de Pascal Lissouba (originaire du Niari - Sud-Congo) fut l'un des rares a avoir des députés dans le Nord-Congo. Parti
Régions d'influence
Bouenza, Lékoumou, Niari (Sud-Ouest), quelques sièges dans la Cuvette-Ouest (Nord-Ouest)
Pool (Sud-Congo)
Plateaux, Cuvette ( Nord )
Jean Pierre Tchystère Tchicaya
Kouilou (Sud-Congo)
Cuvette (Nord)
Plateaux (Centre - Nord)
Autres petits partis: 20 sièges y compris les indépendants (au nombre de 5) - Nombre total de sièges : 125
Tableau 3 : Résultats des élections législatives Congolaises de 1992
(source http://www.brazzaville-adiac.com/textes/c_doc2)
Cela peut s'expliquer par les affinités ethniques d'une part car Lissouba de l'ethnie Nzabi fait partie du M'Bede-Nzabi qui a des ramifications chez les M'béti de la Cuvette-Ouest, le groupe Téké qui est aussi proche des Nzabi s'est naturellement allié à ce leader. D'autre part ce succès s'explique par la personnalité scientifique et politique de Lissouba qui est le premier Professeur en sciences au Congo et ancien premier ministre de Massamba Débat. Ces amis du nord ce sont alliés à lui pour encourager l'ouverture démocratique du pays. Mais, il y a aussi la vengeance des habitants de la région de la Cuvette-Ouest sur ceux de la Cuvette centrale dont appartient Denis Sassou Nguesso, car ils s'estimaient abandonnés et que tous les projets ou action de développement ne se faisaient que dans la cuvette centrale (zone dont étaient originaires les Présidents N'Gouabi " 1968-1977 ", Yhombi " 1977-1979 " et Sassou " 1979-1992 ").
Actuellement et peut être pour longtemps encore, la création et le rayonnement d'un parti politique au Congo se résume à la possession d'un forte base ethnique ou tribale et ensuite des moyens financiers.
Ainsi, les hommes politiques issus des 'minorités' ethniques, utilisent de gros moyens financiers pour recruter au delà de leur ethnie par l'intermédiaire des amis membres de ces groupes.
L'adhésion derrière un homme politique est d'abord ethnique et surtout pour satisfaire les besoins matériels personnels.
Ainsi, même la jeunesse actuelle n'inspire pas confiance pour renverser cet état de chose, comme le dit Eugène Sama, Enseignant chercheur à l'Université Marien N'Gouabi du Congo : "  Cette jeunesse ne pensait ni aux villas, ni au mercos, ni aux comptes bancaires comme celle d'aujourd'hui dont les titres de gloire sont le pillage, l'assassinat, le viol et le vol. Les jeunes dirigeants politiques Congolais, dont certains entretiennent des escadrons de la mort et des écuries, ne sont en réalité que des photocopies des anciens. Une photocopie peut-elle mieux servir que l'original ? " (Journal la semaine n° 2280 du jeudi 29 octobre 2000 p12).
La suspicion entre Congolais est très grande a en témoigné par ce commentaire tiré d'un journal Congolais : (Kantal Ignongo-Mbele.Aujourd'hui plus qu'hier, la fracture tribale s'est agrandie ; le séisme tribal doit être à sept (7) de degré sur l'échelle de Monseigneur Nkombo. Le pays est gangrené par un mauvais esprit, celui de la géopolitique de la tribu-classe Tel ou tel est considéré comme représentatif selon qu'il peut rallier 5%, 10% ou 50% de sa base régionale autour de son nom ( Journal Observateur n° 39 du 23 au 29 mars 2000)
Cette culture du tribalisme est très ancré chez le l'homme politique Congolais dans le discours d'unité nationale destiné à plaire aux observateurs extérieurs contrastent avec les faits qu'ils posent au quotidien. Voici ce commentaire relevé dans un jeune journal du Congo-Brazzaville : " Le problème de tout le monde s'est réussir à classifier l'observateur sur des pré-requis d'un autre âge : c'est le journal de quelle ethnie, de quelle région ? Quelle est sa tendance politique ? Pour qui roule-t-il ? Les gens sont habitués selon les camps, la provenance ethnique ". (Journal Observateur n° 39 du 23 au 29 mars 2000).
L'atténuation de ce fléau ethnique passe par le courage des hommes politiques animés d'une vision écologique pour le Congo sans haine ni revanche pour redéfinir les critères de reconnaissance d'un parti politique a rayonnement national et non régional comme nous le vivons maintenant. La nouvelle constitution dans ces articles 51, 52, 53 met un accent sur le fait ethnique mais reste vague dans la désignation des critères d'un vrai parti national.
Un parti a défaut d'avoir des députés dans les 10 régions du pays doit avoir un minimum d'au moins un député dans 5 des 10 régions que compte le pays. Au vu de ce passé très sombre, il ressort qu'il faut au Congo des hommes politiques intègrent, animer d'un réel souci de faire oublier au Congolais ces événements tristes et de réfléchir pour garantir un pays sain aux générations futures.
La politique doit cesser d'être la seule boite qui paie bien au Congo, un lieu d'enrichissement facile dans l'impunité la plus totale au vu et au su de tout le monde comme cela est encore malheureusement le cas aujourd'hui. Principales références bibliographiques Projet de constitution, décembre 2000 (République du Congo, Présidence de la République - Secrétariat Général du Gouvernement).
Eveil d'Afrique, 2000 (N° 000, octobre) : Regard sur l'indépendance au Congo et en Afrique francophone (Urbain Ockh), p2.
Nouvelle République, 2000 (N° 015, 20 mars) : Vendredi noir pour la population de Nkayi (Mwana-Nsuka), p6; La jeunesse dit non à la mort (Raoul Toualakassa), p6 ; Brouille entre les membres du comité de suivi des accords de paix (Aurélien-Desprès Taty), p2.
Observateur, 2000 (N° 039, 23-29 mars) : Congo, la crise de croissance " Associer les sorciers ; Remettre le pays à Dieu ", article de Sylvia Dalouoni, p5 et l'Editorial de G.S. Ongouya : De l'intolérance, p1.
Semaine Africaine, 2000 (N° 2303, 29 mars) : De la dernière guerre à la recherche de la paix ! (J. Nsoni), p6-7
Rue " Bala bala ", 2000 (N° 333, 28 mars) : Le dialogue, ce filtre par lequel on veut transformer la victoire militaire en victoire politique, p1-2 et 4 ; L'opposition congolaise absente au dialogue national sans exclusive (Bakoumasset), p3.
Rue " Bala bala ", 2000 (N° 317, 20 novembre) : Pour une affaire de sardines, le ciel de Boko envahi par une armada d'hélicoptères de combat (Bakoumasset) p4, Le conseiller à la sécurité du Pasteur Ntumi agressé par la garde Républicaine (Nostradamus), p3 ; Le grand baobab de Kindamba est tombé, p3 ; Liste des projets économiques réalisés par le Président Alphonse Massamba-Debat (F. Matoko), p6. Journaux Gabonais
Jeunesse Action, 2001 (N° 12, juillet), Bimensuel Gabonais d'informations : Peur sur le Gabon : Lissouba frappe ! (Hortense Matsanga), p7.
Union, 2000 (N° 7195, 30 décembre), Quotidien Gabonais d'informations : Omar Bongo choisi comme médiateur, p.1.
Africa International, 2000 (N° 330, janvier - décembre) : Interview de Brenard Kolélas " Le Président Sassou n'est pas sincère " (Propos recueillis par Rachid N'diaye), pp36-37-38-39
Africa International, 2000 (N° 333, avril) Congo, la négociation ou la mort (article de Rachid N'diaye), p22-23.
Africa International, 2000 (N° 344, juin) : Congo-Brazzaville : Kolélas fait-il peur ? (François Katendi), pp20-21
AfriquEducation, 2001 (N° 82-83, avril) : Cap sur la réconciliation nationale, Denis Sassou Nguesso dit comment (Jean-Paul Tedga), pp12-13-14 AfriquEducation, 2000 (N° 70, juin) : Dialogue nationale Congolais, les masques tombent Raymond Timothée Mackitha), pp23-24 AfriquEducation, 2000 (N° 70, juin) : Conflit Congo-Brazzaville ; pourquoi le Gabon est menacé (pp23-24 Jeune Afrique l'Intelligent, 2002 (N° 2147, 4 au 10 mars) : La lettre du Congo : consolider la paix (DIFCOM) Jeune Afrique l'Intelligent, 2001 (N° 2094, 27-février au 5 mars) : Congo A l'heure du dialogue (Jean-Dominique Geslin) pp24-26
Jeune Afrique l'Intelligent, 2000-2001 (N° 2085-2086, 26 décembre 2000 au 8 janvier 2001) : Denis Sassou Nguesso " Le Président, c'est moi. " (François Soudan) pp40-46
Jeune Afrique l'Intelligent, 2001 (N° 2094, 27-février au 5 mars) : Congo A l'heure du dialogue (Jean-Dominique Geslin) pp24-26
Jeune Afrique l'Intelligent, 2001 (N° 2102-2103, 24 avril au 7 mai) : Congo. Retrouvailles à Brazza (Jean-Dominique Geslin) pp15-16
Jeune Afrique l'Intelligent, 2001 (N° 2110, 19 au 25 juin) : Congo. Qui paye ses dettes (Jean-Dominique Geslin) pp78-80
Jeune Afrique l'Intelligent, 2000 (N° 2035, 11 au 17 janvier) : Congo-BrazzavilleLa paix des braves (François Soudan) pp8-10
Jeune Afrique l'Intelligent, 2000 (N° 2070, 12 au 18 septembre) :Un Africain du siècle : André Matsoua, le messie du peuple Congo (François Soudan) pp 96-97
Jeune Afrique l'Intelligent, 2001 (N° 2126, 9 au 15 octobre) : Congo, la bataille des urnes est lancée (Jean-Dominique Geslin) pp38-40
Jeune Afrique l'Intelligent, 2000 (N° 2033-2034, 28 décembre 1999 au 10 janvier) : Congo-Brazza. La paix sous conditions (Jean-Dominique Geslin) p17.
Nouvel Afrique Asie, 2001 (N°144, septembre) : Congo-Brazzaville Ce qui menace la reconstruction (Francis Laloupo), pp12-14
http://www.multimania.com/ocdh/infos.html : site de l'Observatoire Congolais des droits de l'Homme (O.C.D.H)
Site du Cerdec : Cercle d'études pour le retour à la démocratie au Congo
1926 : André Grenard Matsoua (Prophète et libérateur du peuple 'Lari " du colonialisme) fonde a Paris l'Amicale, une association mutualiste des originaires de l'Afrique centrale,
1929 : Arrestation a Paris et transfert a Brazzaville de Matsoua et ses 5 compagnons alors que son association connaît un succès à Brazzaville, Pointe-Noire et Léopoldville (Kinshasa),
1930 (avril) : Matsoua est condamné après un procès à Brazzaville, 3 ans de prison ferme et 10 ans de déportation au Tchad,
1941 (février) : Matsoua est condamne a la prison a perpétuité et incarcéré à Mayama une localité de la région du Pool au sud Congo. Ceci après sa fuite en 1935 du Tchad sous une fausse identité et une participation a la guerre de 1940.
1. Le Parti Socialiste Africain (MSA) de Jacques Opangot (Mbochi, région de la Cuvette) regroupant la majorité des Congolais originaires du Nord,
2. Le Parti Progressiste Congolais (PPC) de Félix Tchicaya (Vili, groupe Kongo, région du Kouilou), les ressortisants du Sud-Congo sont majoritaires.
3. L'Union pour la Defense des Interets Africains (UDDIA) de Fulbert Youlou (Lari, groupe Kongo region du Pool), parti rassemblant les ressortissants du Pool et se referant au mythe de Andre Grenard Matsoua
1958 (28 juillet) : Le Congo et la France ratifient les accords de transfert des compétences. 1958 (28 novembre) Proclamation de la République du Congo par l'assemblée territoriale
1959 (27 juin) : Alphonse Massamba-Débat élu premier Président de l'Assemblée nationale Congolaise (élection en session extraodianire) " Journal La Rue, N°317, 20 Nov 2000 "
1961 (27 juin):Youlou nomme Massamba-Débat, Ministre du Planet de l'équipement par Décret Présidentiel n° 61-131
1977 (18 mars): Marien N'Gouabi est assassiné, son clan d'être responsable de cet acte.
1977: Joachim Yhombi Opangault (militaire - Nordiste) devient Président de la République.
1977: Assassinat du Président Massamba Débat suit un interrogatoire musclé avec les militaires. Assassinat de Monsieur Emile Biyenda par les militaires du Nord (suspecté de complicité avec le clan Massamba Débat), Condamnation et exécution de onze (11) partisans du Président Massamba Débat suite à un procès douteux (tous originaires du sud). 1979 (5 février): Sassou Nguesso devient Président après démi Yhombi par un congrès extraodinaire du PCT
1992 (15 mars): Référendum constitutionnelle
1992 (30 novembre): Fusillade au CCF de Brazzaville sur les partisans de Bernard Kolélas au cours d'une manifestation de protestation contre le pouvoir
1993 (5 Novembre): Emeutes (guerre civile) entre les partisans de Beranrd Kolélas (Sud - Pool) et ceux de Lissouba (Sud - grand Niari)
1997 (15 octobre):fin de la guerre par la victoire des partisans de Sassou avec l'appui des forces angolaises. Bilan des affrontements estimés à 4 à 10. 000 morts.
1997 (25 octobre): Sassou s'autoproclame Président du Congo 1997 (3 novembre): Sassou Nguesso forme le gouvernement le gouvernement d'union nationale et de salut public.
1998 (5-11 janvier):Déroulement du forum national pour la réconciliation, l'unité, la démocratie et la reconstruction du Congo à Brazzaville avec l'exclusion des leaders charismatiques de la vie politique Congolaise. Il s'agit de Pascal Lissouba, Bernard Kolélas, Joachim Yhombi Opango. A l'issue des assises de forum un Conseil National de Transition " CNT " ou Parlement de transition " de 75 membres est mis en place.
1998 (18 décembre):Déclenchement des hostilités entre les partisans de Sassou (Cobras et le reste de l'armée) et ceux de Kolélas et Lissouba - Contrôle du territoire par Sassou. Les rebelles Ninjas attaquent Brazzaville, par les quartiers sud, Makélékélé et Bacongo. La guerre qui sévissait déjà dans le Pool arrive à Brazzaville avec toutes les horreurs.
Dans les régions de la Bouenza, du Niari et de la Lékoumou la guerre a également éclatée entre l'armée et rebelles Cocoyes
1999 :Condamnation du Président Lissouba à 20 ans de réclusion, officiellement pour complot visant à assassiner son successeur.
1999 (29 décembre) : signature des accords de cessez le feu entre le Gouvernement du Congo et le CNR (Conseil National de la Résistance)
2000 (14 février) : publication du décret du Président de la république sur la mise en place d'un comité exécutif du comité de suivi des accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités. 2000 (mai) : Bernard Kolélas est condamné à mort par contumace par la justice Congolaise à la suite d'un procès pour " tortures et séquestrations " commises dans les prisons privées de ces milices Ninjas.
2000 (août) : Relance du premier train marchandise entre Brazzaville et Pointe-Noire.
2000 (novembre): Le comité de suivi remet son rapport au Président de la République et au médiateur International. Le rapport conclut que les conditions sont réunies pour organiser le dialogue nationale sans exclusive, recommandé par l'article 13 des accords de Brazzaville. 2000 (1er décembre) :13000 armes ramassées auprès des anciens miliciens (Cobras, Ninjas, Zoulou, Cocoyes) dont 12 000 démobilisés.
2001 (17 mars-14 avril): Début de lancement officiel du dialogue national sans exclusive à Brazzaville par le Président Omar Bongo (Gabon, Médiateur International) et Denis Sassou Nguesso (Président auto-proclamé du Congo) en l'absence des poids lourds de l'opposition Congolaise. Au cours de ce dialogue le projet de constitution et la convention pour la paix et la reconstruction sont adoptés.
2001 (31 août): Les autorités du Parlement de transition sous la pression des ONGS de défense des Droits de l'homme et certaines familles des disparus, instituent une commission d'enquête pour faire la lumière sur les allégations de disparitions de personnes lors des guerres civiles.
2001 (2 septembre): Adoption par le CNT " Conseil National de Transition : Parlement de transition " après amendement du projet de la nouvelle constitution proposé par le gouvernement. Il prévoit un régime présidentiel, conférant au Président de la République de larges pouvoirs.
2001 (Octobre) : Brazzaville. Le pasteur Ntoumi était retranché dans son fief de Mihété à Vindza (Région du Pool) avec une poignée de miliciens Ninzas.
2001 (17 décembre): Adoption d'un calendrier des élections générales : référendum sur le projet de nouvelle constitution (20 janvier 2002), élection présidentielle en mars et avril, législatives, locales et sénatoriales en mai et juin.
2002 (20 janvier): Référendum nationale sur l'adoption de la nouvelle constitution.
2002 (10 mars): Election Présidentielle
2002 (13 mars) : Sassou Nguesso réélu Président de la République à 89% des suffrages exprimés après avoir écarté tous les poids lourds de la démocratie Congolaise.
ANNEXE 2 Extraits du projet de Constitution soumis au Référendum du 20 janvier 2002
Art. 8 : Tous les citoyens sont égaux devant la loi.
La femme a les mêmes droits que l'homme.
Art. 10 : Les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité, le crime de génocide sont punis dans les conditions déterminées par la loi. Ils sont imprescriptibles.
Art. 19 : Tout citoyen a le droit d'exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, l'écrit, l'image ou tout autre moyen de communication.
Tout citoyen a droit à l'information et à la communication
Art. 22 : Le droit à la culture et au respect de l'identité culturelle de chaque citoyen est garanti.
Art. 31 : L'état a l'obligation d'assister la famille dans sa mission de gardienne de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la communauté
carte ethnique du Congo
Division ethnique de la ville de Brazzaville.

References: l'article 13

Art. 51

Art. 52

Art. 53
 l'article 13

Art. 8

Art. 10

Art. 19

Art. 22

Art. 31