Source: http://ldhrennes.blogspot.com/2013/12/
Timestamp: 2017-05-27 10:00:12+00:00

Document:
La Ligue des droits de l'Homme - Section de Rennes: décembre 2013
de conférences ouverte à tout public
« Militer
2014, cela fera exactement 70 ans que Victor Basch et son épouse
Ilona furent assassinés par un commando de la Milice de Vichy,
flanqué de Gestapistes. A cette occasion, la section de Rennes de la
Ligue des droits de l’Homme, en collaboration avec le lycée Victor
et Hélène Basch, la Ville de Rennes, et la Ligue de l’Enseignement
organise une journée d’hommage qui aura lieu au lycée Victor et
Hélène Basch, 15 avenue Charles Tillon à Rennes. Placée sous le
signe de l’engagement citoyen et du militantisme hier et
aujourd’hui, cette journée de conférences et de débats se
déroulera en deux temps. La matinée sera consacrée au parcours
militant de Victor Basch, depuis son engagement à Rennes pour la
défense du capitaine Dreyfus, (André Hélard : « à Rennes au
temps de l’affaire Dreyfus »), jusqu’à ses années à la tête
de la Ligue des droits de l’Homme (Emmanuel Naquet : « Ligueur,
rien que ligueur, depuis toujours et pour toujours : Victor Basch,
président de la Ligue des Droits de l’Homme, 1926-1944 »), et à
sa fin tragique (Pascal Ory : « L’assassinat »), sans oublier le
rôle d’Ilona, à ses côtés tout au long de ces années
d’engagement (Colette Cosnier : « Ilona Fürth, Madame Victor
Basch »).
L’après-midi, après
le dévoilement d’une plaque commémorative dans l’enceinte du
lycée, le film de Vincent Lowy « Victor Basch, dreyfusard de combat
» sera projeté en présence de son réalisateur. Puis le sénateur
Edmond Hervé évoquera ce que représenta la figure de Victor Basch
pour le maire de Rennes qu’il fut de 1977 à 2008 (« Victor
Basch - un engagement citoyen »).
Après le parcours du
militant Victor Basch, c’est de l’engagement et du militantisme
au temps présent dont il sera ensuite question au cours d’une la
table ronde animée par Gilles Manceron : « Victor Basch, modèle
pour un engagement d’aujourd’hui ? » avec la participation
d’Edmond Hervé, Pierre Tartakowsky, Pascal Ory, Emmanuel Naquet et
Vincent Lowy.
Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des
droits de l’Homme, conclura cette journée « Militer hier et
aujourd’hui » pour rappeler la nécessité de continuer à assurer
la défense des droits pour tous et partout. Des textes de Victor Basch, lus par des élèves du
lycée et des auditions d’archives sonores ponctueront la journée.
L'affaire Dreyfus et la ligue des droits de l'homme - Journée de formation 7 décembre 2013
Cette formation, animée par André Hélard, de la section rennaise de la LDH et spécialiste de l’affaire Dreyfus, et Emmanuel Naquet, historien et auteur de plusieurs ouvrages sur l’affaire Dreyfus, s’est déroulée en quatre modules, dont vous pouvez voir ci-dessous les captations vidéo. L'AFFAIRE DREYFUS, PAR ANDRE HELARD
LA CREATION DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME ET L'AFFAIRE DREYFUS,
LA NAISSANCE DE LA SECTION DE RENNES DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME, PAR ANDRE HELARD
L'HISTOIRE DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME, DEPUIS 1906, PAR EMMANUEL NAQUET
Bulletin de la section de Rennes de la Ligue des droits de l’Homme novembre 2013
· À vos agendas ! Assemblée
Comme le chante Charlélie Couture « …Tant de richesses accumulées
Il est constitué une association française
destinée à défendre les principes énoncés dans les Déclarations
des droits de l’Homme de 1789 et de 1793, la Déclaration
universelle de 1948 et la Convention européenne de sauvegarde des
droits de l’Homme et ses protocoles additionnels.Elle oeuvre à
l’application des conventions et des pactes internationaux et
régionaux en matière de droit d’asile, de droit civil, politique,
économique, social et culturel.Elle combat l’injustice,
l’illégalité, l’arbitraire, l’intolérance, toute forme de
racisme et de discrimination fondée sur le sexe, l’orientation
sexuelle, les moeurs, l’état de santé ou le handicap, les
opinions politiques, philosophiques et religieuses, la nationalité,
et plus généralement toute atteinte au principe fondamental
d’égalité entre les êtres humains, toutes les violences et
toutes les mutilations sexuelles, toutes les tortures, tous les
crimes de guerre, tous les génocides, et tout crime contre
l’humanité.Elle lutte en faveur du respect des libertés
individuelles en matière de traitement des données informatisées,
etcontre toute atteinte à la dignité, à l’intégrité et à
la liberté du genre humain pouvant notamment résulter de l’usage
de techniques médicales ou biologiques.Elle concourt au
fonctionnement de la démocratie et agit en faveur de la laïcité. (…) »
Nous sommes une association civique, laïque,
politique et donc généraliste qui entend lutter contre
l’ensemble des atteintes aux droits de l’individu dans tous les
domaines de la vie civique, politique et sociale, d’où là
diversité et la complexité de nos champs de compétence. De plus
nous voulons promouvoir la citoyenneté politique et sociale de tous
et garantir l’exercice entier de la démocratie. Nous considérons
que la défense des libertés politiques et celle des droits
économiques et sociaux sont inséparables.
Nous sommes sur tous les fronts défense des
droits sociaux, respect de la vie privée, lutte contre les
discriminations, le racisme et l’antisémitisme, défense des
« LDH maintient, autant que cela est possible,
un dialogue permanent avec les pouvoirs publics. Ceux-ci ne sont
jamais des « ennemis » a priori. Elle se donne le droit de
contrôler l’activité des structures de l’État lorsque la
défense des droits est en cause : elle exerce un droit de critique
et fait connaître ses critiques à l’opinion publique.La Ligue
des droits de l’Homme, enfin, propose les changements ou évolutions
qui lui paraissent nécessaires. Elle sensibilise les pouvoirs
publics et l’opinion publique à ces sujets ». Nous avons là, notre ligne de conduite, notre
légitimité à dénoncer, à agir, à proposer.
journée de formation du 19 octobre dernier, notre président nous a
exhorté à sortir de la sidération, il nous a demandé de
verbaliser, d’échanger, de réfléchir afin de nous donner
« Nous devons être présents dans les
débats publics lors des élections municipales et européennes, afin
de faire connaître nos propositions pour nous adresser aux forces
démocratiques pour permettre à notre pays de résister aux idées
d’extrême droite » - Pierre Tartakowsky.
Voilà donc un ordre de mission et d’action.
Rassemblons-nous, échangeons, proposons, faisons avancer les idées
républicaines, laïques, démocratiques pour le respect des droits
Faisons nôtres, les grandes campagnes de la Ligue
des Droits de l’Homme en nous appuyant sur les 35 propositions du
pacte pour les droits et la citoyenneté, soutenons les campagnes
pour l’inscription sur les listes électorales, sans oublier notre
devoir de mémoire, je pense, au lendemain de la commémoration du 11
novembre, à la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
Plus que jamais nous avons besoin de la présence de
chacun. Nous devons améliorer la promotion de nos idées afin de
susciter de nouvelles vocations militantes.
Gardons espoir dans l’adversité en songeant à la
volonté et au courage de celles et de ceux qui nous ont précédés.
Le 10 janvier prochain, nous allons commémorer le 70ème
anniversaire de l’assassinat de Victor et d’Ilona Basch. Que
l’engagement de nos aînés nous serve de modèle !
Je dédie ce rapport moral et nos actions futures, à
notre ami Yves Quéau, à madame Simone Alizon et à Clara
Kasekera-Mokango, jeune femme mariée à un réfugié angolais et
renvoyée en RDC, en grève de la faim, après 45 jours de rétention
Deux ligueurs nous ont quittés cette année. Notre
cher trésorier et ami, Yves QUEAU, en avril et madame Simone ALIZON
Nous les avons accompagnés dans un dernier hommage.
Nous ne les oublions pas. L'un comme l'autre auront honoré notre
section de leur présence.
Yves, par son engagement citoyen
exemplaire, sa gentillesse, sa courtoisie et son dévouement au
service de tous les ligueurs de la section, Madame Alizon, rescapée
du convoi du 24 janvier 1943 pour Auschwitz-Birkenau, par son courage
exemplaire et son témoignage remarquable au retour de sa
présentées par des élèves du lycée Victor et Hélène Basch –
en février dernier à écouter les plaidoiries présentées par une
classe de seconde à l’occasion du concours de plaidoirie du
« Châtiments virtuels
mais dégâts bien réels »
« Maman, au départ,
ce n’était qu’un jeu : il enlevait ses vêtements devant sa
webcam et je faisais de même. Et puis il m’a menacée de divulguer
les photos. Je ne l’ai pas cru. Ensuite, mes amis m’ont tourné
le dos un à un. Il l’avait fait maman, il leur avait envoyé les
photos. J’étais seule, tellement seule, on se moquait de moi, on
m’insultait, on me prenait à part à la sortie du lycée. C’en
était trop, je ne pouvais plus continuer à respirer, à dormir, à
parler, à vivre. ».
C'est par ces mots, qu’Amanda Todd
aurait pu adresser à sa mère ses derniers adieux avant de se
suicider à l’âge de 15 ans. Cependant, elle laisse tout de
même des questions sans réponse derrière elle :
Amanda avait-t-elle pu cacher cela à ses proches ?
pas leur en avoir parlé ?
En effet, cette jeune
adolescente a été harcelée, traquée, tourmentée, malmenée. Elle
a déménagé plusieurs fois, recommencé une nouvelle vie mais
toujours, son harceleur retrouvait sa trace. Elle a lancé un appel
au secours le 7 septembre dernier sur Youtube. 13 millions de
personnes ont vu cette vidéo. 13 millions de personnes ont reçu
cette bouteille à la mer. Mais parmi ces 13 millions de personnes,
aucune n'a su l'empêcher de mettre fin à ces jours le 10 octobre
2012 à l'âge de 15 ans.
Pire encore, aujourd'hui, deux mois
après le battage médiatique suscité par son acte, plus personne
n'évoque
aujourd’hui pour relayer le message qu'Amanda, canadienne de 15
ans, Gauthier, brestois de 18 ans, Megan, américaine de 13 ans et
que des milliers d’autres personnes à travers le monde ont tenté
de transmettre. Ces personnes peuvent être n'importe qui : vous, moi
mais aussi vos enfants, vos frères, vos soeurs, vos amis.
évident, mais ces personnes ont en réalité un point commun : elles
naviguent toutes sur les flots tumultueux d’Internet et plus
particulièrement des réseaux sociaux.
En 2012, l’agence
spécialisée de l’ONU sur les télécommunications chiffrait à
plus de 2.3 milliards le nombre d’internautes dans le monde. Soit
plus de 2.3 milliards de cibles potentielles pour des
cyber-harceleurs malveillants.
Le magazine Paris Berlin en 2010 a,
quant à lui, réalisé le constat alarmant qu’« un jeune sur
trois a déjà été victime de harcèlement sur Internet » et
qu’ « un jeune sur cinq déclare en avoir été l'auteur. »
se manifeste par des moqueries, des commentaires discriminants, du
chantage ou des menaces via Internet, les réseaux sociaux ou encore
les blogs. Ce fléau se propage parfois jusque dans les cours
d’écoles et les lieux de travail.
victimes, que certains pensent naïves, ne se rendent pas compte
qu’elles sont en train d’être prises au piège par les filets
vicieux de la toile. Une fois ce piège refermé, elles essayent de
se débattre, en vain.
Elles parlent, elles
crient, elles hurlent, sans que, presque jamais, leur voix ne soit
entendue. Alors elles finissent par subir, en silence, la torture qui
Il me semble pourtant qu’il est formellement
stipulé dans l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits
de l’Homme et du Citoyen que « nul ne sera soumis à la
torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
N’est-ce pas, pourtant,
de la torture que de recevoir chaque jour des emails d’insultes
envoyées par un corbeau trop lâche pour dévoiler son identité
N’est-ce pas, pourtant, un traitement cruel que de persécuter
un adolescent gratuitement et de créer une page Facebook pour le
ridiculiser juste pour le plaisir de lui faire du mal ?
pas, pourtant, inhumain de provoquer la mort d’un individu à coup
de menaces, d’injures et d’intimidation ?
pourtant, dégradant, enfin de voir son intimité dévoilée et de
fausses rumeurs vous concernant lancées sur internet ?
Un second article de la
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen attire
mon attention et nourrit ma révolte contre cette injustice. Il
s’agit de l’article 12 qui énonce que « Nul ne sera l'objet
d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son
domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa
réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre
de telles immixtions ou de telles atteintes. ».
dire que les harceleurs d’internet s’immiscent, le plus souvent,
dans la vie privée de leur victime.
dire que les harceleurs d’Internet s’attaquent à l’honneur et
à la réputation de leur victime.
Nous serons donc d'accord pour
dire que, conformément à l’article 12 de la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen, les victimes des
harceleurs d’Internet auraient droit à la protection de la loi.
En France, aucune loi, je dis bien aucune, n’indique clairement que
le harcèlement sur Internet à proprement dit soit passible d’une
peine quelconque. Certes, il y a des recours judiciaires possibles.
Mais le délit est difficile à prouver. Les procédures sont, quand
à elles, longues, éprouvantes et n'aboutissent que dans de très
rares cas, qui font offices d'exceptions, à un jugement
Internet est censé être
un progrès en terme de technologie et de communication hors, il se
révèle être une régression quand il en va des droits fondamentaux
Essayez d’imaginer,
tout d’abord, la peine ressentie par les proches d’une victime
dont un cyber-harceleur a causé la mort.
ensuite, leur réaction quand ils apprennent que ce dernier pourra
continuer à mener une vie paisible, sans être inquiété, avec tout
de même un léger détail sur la conscience : la mort d’un être
Maintenant essayez d’imaginer que la victime soit votre
fille, votre fils, votre sœur ou votre frère.
Oui, « essayer
d’imaginer » c’est bien la seule chose que nous puissions faire
tant que nous n’avons pas vécu une telle situation.
Le pays des droits de
l’homme n'est malheureusement pas le seul à laisser passer de
telles conduites. Dans des pays tels que l'Allemagne, l'Espagne ou
encore le Canada où les technologies informatiques sont
omniprésentes, les harceleurs ne sont pas punis non
Certes, des numéros
d'écoute existent : notamment « net écoute », créé en octobre
2011 en France qui
permet de répondre aux questions des
Mais soyons réalistes ! Se contenter d'être à
l'écoute des victimes n'a jamais arrêté les bourreaux
Qu'attendons nous alors pour suivre l'exemple de l’État
américain de Californie qui depuis 2008 déjà punit le
Qu'attendons nous alors pour suivre l'exemple de la
Pologne qui depuis juin 2011 déjà punit les internautes qui créent
de faux profils sur les réseaux sociaux dans le but de nuire?
Je profite donc, d’être
face à vous aujourd’hui pour demander au gouvernement français et
à tous les autres gouvernements ayant adopté la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de prendre des
mesures pour enrayer ce fléau et pour que les harceleurs d’internet
soient enfin traités comme des criminels et qu’ils écopent d’une
peine à la mesure de celle qu’ils ont fait subir à leur
Car Gauthier, Amanda et Megan ne sont pas des cas isolés
et ne peuvent être classés au rang d’anecdotes dans la rubrique
des faits divers. Alors agissons avant qu’un autre nom vienne se
rajouter à la liste déjà trop longue des victimes. Car sur
Internet les châtiments sont, certes, virtuels, mais les dégâts,
eux, sont biens réels.
de seconde au Lycée Victor et
Moi, 12 ans, victime
d'être criminel
« Je ne ressentais
rien pour lui, je ne pensais pas vraiment à ce que j'allais faire,
j'attendais simplement l'ordre du caporal. Le prisonnier n'était
qu'un rebelle de plus, responsable de la mort de ma famille, comme
j'avais fini par m'en persuader. Quand le caporal a donné le signal
d'un coup de pistolet, j'ai saisi la tête du prisonnier et je l'ai
égorgé d'un geste souple».
Ces mots font froid dans
le dos. Il serait déjà effroyable s'il sortait de la bouche d'un
adulte, d'un militaire aguerri. Mais ce n'est pas le cas. Ces mots
sont ceux d'un enfant. Ce sont les mots d'Ishmaël. Il n'a que 12
ans. Il est un enfant-soldat. Ils sont des centaines de milliers
comme lui à prendre part aux horreurs de la guerre. Peut-on
seulement imaginer leur quotidien ?
D'autres s'appellent
Alexis, Juan, Moussa, Ming ou encore Yanis. Ils ont 7, 10, 14 ou 16
ans. Certains sont combattants de première ligne, d'autres sont
espions, esclaves sexuels ou détecteurs de mines. Ils vivent en
Tchétchénie, en Colombie, en République Démocratique du Congo, en
Birmanie ou en Somalie. On pourrait penser qu'ils sont tous
…Et pourtant, ils
ont tous comme point commun d'être des enfants. Ils ont tous comme
point commun d'être des soldats. Ils ont tous comme point commun
d'être des enfants-soldats.
Ces enfants, filles et
garçons, sont arrachés à leurs familles, quand elles n'ont pas
déjà été massacrées. Ils sont intégrés de force dans des
armées ou des guérillas. Leur quotidien c'est la mort. Ils tuent.
Le plus souvent, sans même savoir pour qui ou pour quoi.
D'autres prennent les
armes volontairement. Par besoin de protection ou par envie de
vengeance. Parfois pour les deux. Mais après tout qu'importe leurs
raisons. Pour eux aussi, le quotidien, c'est la mort. Eux aussi
tuent. Eux non plus, ne savent pas vraiment pour qui ou pour quoi.
volontaire, c'est le chemin qu'a emprunté Ishmaël, Il a choisi de
s'enrôler dans un groupe combattant au Sierra Leone. Mais peut-on
vraiment parler d'un choix ? Il errait loin de son village depuis
près d'un an lorsqu'il a croisé le chemin d'un groupe militaire. Il
a décidé de les suivre. Mais cela fait-il de lui un criminel ?
Il raconte : « Quand
mes parents et mes deux frères ont été tués, je n’avais plus
nulle part où aller. Aucun moyen de trouver un abri ou de quoi
manger. Aucune protection. Pour survivre, il fallait rejoindre un
groupe armé. C’est ce que j’ai fait, comme les autres enfants de
mon âge. Mais en réalité, je n’ai rien choisi ».
d'Ishmaël. Ils nous poussent à réfléchir.
Son témoignage nous aide
à mieux comprendre que la décision de s'engager dans la guerre est
tout sauf un choix. Le choix qui lui était proposé n'est pas celui
d'intégrer, on non, un groupe armé. Le choix qui lui était donné
était celui de vivre, ou celui de mourir.
Est-ce condamnable de
choisir de vivre ?
nous devons répondre NON. Ce qu'il faut juger, ce ne sont pas les
enfants. Ce qu'il faut dénoncer, ce ne sont pas les actes qu'ils ont
pu commettre. Leurs actes ne sont que des conséquences. Ce qu'il
faut combattre, ce sont au contraire les causes de cette situation,
car ce sont elles qui sont criminelles:
La faim qui les tiraille
est criminelle. La misère dans laquelle ils vivent est
L'endoctrinement qu'on leur inculque est criminel.
Leur faire consommer des drogues est criminel. Les violences
sexuelles qu'ils subissent et la prostitution à laquelle ils sont
soumis sont criminelles.
Plus qu'un enfant-soldat,
Ishmaël était surtout, et avant tout, un enfant-victime. En fait,
Ishmaël a toujours été
une victime. Il a été victime
lorsqu'il a été séparé de sa famille dans une guerre à laquelle
il ne comprenait rien. Il a été une victime quand il était soldat
et qu'il a dû assister à des exécutions, des viols et des
pillages. Il a été une victime lorsqu'il a fallu qu'il y participe
lui-même. Il est même resté une victime lorsque tout cela a cessé.
Car ni lui, ni personne, ne peut sortir indemne d'une expérience
comme celle qu'il a vécu.
Aujourd'hui, Ishmaël
n'est plus un enfant soldat. Mais pourtant, il mène toujours un
combat. Il mène une nouvelle guerre. Une guerre sans arme. Ou plutôt
avec d'autres armes. Ses armes, c'est son histoire, son témoignage.
Il combat désormais aux côtés de l'UNICEF.
Mais si Ishmaël a pu
trouver de l'aide, combien d'autres sont laissés à leur triste sort
? Combien doivent survivre avec de lourdes séquelles physiques et
doivent porter pour le restant de leur vie le poids de blessures
profondes, ou même de mutilations ? Combien d'autres doivent
surmonter des traumatismes psychologiques irréparables ?
doivent maintenant se battre contre la dépression, contre une
anxiété permanente, contre des phobies, contre leur dépendance à
la drogue ou à l'alcool, contre le sentiment de culpabilité ?
Combien de filles doivent élever un enfant, seules et sans un toit
C'est pour cela que la
réinsertion des enfants soldats doit être une priorité.
une nécessité. C'est un devoir. Les abandonner, c'est les laisser à
leur seule condition de soldats, les laisser à leur seule condition
de criminels et de bourreaux. Les aider, c'est au contraire
reconnaître leur statut de victime, c'est reconnaître qu'ils se
sont juste trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment.
humanitaires comme celle d'Ishmaël sont indispensables.
conventions internationales pour condamner la participation des
enfants à la guerre sont nécessaires. Mais malheureusement, cela ne
suffit pas. C'est pour cela que, individuellement, nous devons tous
plaider pour eux, pour rappeler sans cesse qu'un enfant-soldat, même
enfant-bourreau, sera toujours un enfant-victime. En plaidant cela, nous plaidons pour eux. En réalité, en plaidant pour eux, nous
faisons même mieux... Nous leur donnons la parole.
Être femme au Mali,
aucunechance de survie.
Hadja, Youssouffa,
Animata. C'est pour elles et toutes ses femmes maliennes que je suis
devant vous aujourd'hui. Elles étaient professeurs, commerçantes,
ou bien étudiantes.
A présent elles sont maltraitées, violées,
et pour certaines tuées.
Le Mali, ancienne colonie
Depuis son indépendance en 1960, le pays enchaîne
les coups d'états et dictatures.
Comme ce dernier, du 22 mars
2012 qui a amené les islamistes au pouvoir. En connaissez-vous les
lors, les femmes sont devenues les principales victimes de ce coup
Un seul pas de travers, et elles peuvent voir leur vie
s'arrêter. Chaque jour la vie de ses femmes repose sur un fil
ténu !
5797 femmes maltraitées,
329 femmes violées, 261 femmes tuées d'après le service de
sécurité international.
un sentiment de révolte est monté en moi quand j'ai pris conscience
des atrocités se cachant
pouvons-nous laisser une telle situation se produire ?
devrions-nous pas en tant qu'homme que femme, agir pour les droits
des ses maliennes !
5797 femmes maltraitées, 329 femmes violées,
261 femmes tuées ! Tout cela en l'espace de quelques mois !
Ce pays est le théâtre
systématique de violations des droits de l'Homme, droit du mâle...
yeux, le prix d'un voyage à New York ? D'un vêtement de grande
Figurez vous que c'est le prix d'une femme Malienne
20 ans a connu tout cela.
« J'étais souriante,
j'étudiais, j'étais heureuse. J'avais la vie devant moi. Je me
promène en ville, non voilée à cause de la chaleur.Des
islamistes viennent alors vers moi et commencent à me frapper avec
une force inimaginable.A force, je ne sens plus les coups. Je
vois déjà la mort devant mes yeux. Puis ils me lient les mains avec
un tel acharnement qui me laisse penser que je ne suis même plus une
femme mais une bête.Ils me jettent dans un camion.Je suis
terrassée par la peur, je tremble, je souffre.Après de longs
moments d'atroce souffrance, nous arrivons devant un camp.Ils me
poussent dans ce tas de femmes agonisantes.A présent l'heure de
ma punition est venue. On me tranche une oreille, avec un tel
plaisir.Je pleure, je cris, je veux me révolter. Mais comment,
une femme contre ses hommes si puissants ? Impossible !Alors je
souffre dans le silence.Puis deux hommes viennent me voir et me
présentent la terrible situation que je vais devoir affronter. Je
vais devoir dire oui.Oui au début de nouvelles longues heures
d'agonie, oui à la fin de ma vie.Cette vie, je ne voulais même
plus me battre pour elle. On vient de me vendre à un homme que je
vais devoirépouser. On vient de me vendre !Je viens de
passer de l'état d'humaine à l'état animal !Puis on me
présente l'homme, le tyran qui fait de moi sa chose.Il m'emmène,
et déjà abuse de moi sexuellement.Voici mon quotidien durant
des mois et des mois.Je dois lui donner tout ce dont il a besoin,
et le soir, il me mord, me frappe pour son plaisir, puis me viole. Je tente de m'enfuir
le 8 octobre 2012.J'ai tout prévu pour m'échapper. Je vais
retourner dans le sud du pays. Il vient de me surprendre et devient
incontrôlable. Il jubile en me donnant des coups. Il me frappe à
coups de poings, puis de pieds.Sur les bras, les jambes, les
cuisses, la tête.Il me frappe de plus en plus fort. Je crie, lui
rit, je souffre, lui jubile, je tremble, lui s'amuse.Lassé, il
prend son arme et la pointe devant mes yeux.Alors je prend
conscience que ma courte vie s'achève ici le 8 octobre 2012.Je
suis morte.Ma vie s'est arrêtée à cause d'un voile. »
Cette pauvre vie s'est
réduite à une surdose d'agonie.
Aucun droit d'expression, aucun
droit de révolte, aucun droit tout simplement n'est même
envisageable pour ces femmes.
Comment un pays se prétendant
démocratique peut-il laisser agir de telles violations aux droits de
La guerre dans le pays a trop longtemps caché ces
atrocités, il est temps que ces faits transparaissent, il est
temps d'aider ces femmes ! Il nous faut agir.
Ne devrions-nous pas en
tant qu'êtres humains sauver ces femmes ?
Une aide humanitaire,
une simple aide humanitaire pour sortir ces femmes de cette
situation. Pour une fois ne pas intervenir pour la guerre mais pour
ses femmes qui vivent un tel enfer !
Ne devrions-nous pas faire
respecter la Déclaration des droits de l'homme dans ce pays ?
article n'est respecté !
L'article 3 de la
Déclaration des droits de l'homme : « Tout individu a le droit à
la vie, la liberté et la sûreté de sa personne ».
4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude »
5 : « Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou
traitements dégradants pour sa personne »
L'article 9,
l'article 16, l'article 27, l'article 28, l'article 29 et tant
Moi Marie Pengam m'engage
à plaider pour le respect des droits humains au Mali.
citoyenne, m'engage à donner une chance à ces Maliennes qui ne
méritent en rien ces atrocités !
Oui moi, je m'engage à laisser
de coté cette guerre incessante, pour sauver ces femmes !
de notre humanité, de notre relation franco-malienne, Nous, Vous,
Toi devons les sortir de cette situation !
Nous, chacun d'entre
nous doit agir pour ces femmes !
Il nous faut aider les femmes au
Mali, pour donner à celles encore en vie, une chance de survie.
à l'enfermement des enfantsdans les centres de rétention.A
Rennes, le 25 juillet.
Une fois encore, et une
fois de trop, des enfants sont enfermés au Centre de Rétention de
condamnations répétées de la Cour Européenne des Droits de
l’Homme, et des courriers de protestation de nos députés d’Ille
et Vilaine, François ANDRÉ, Nathalie APPÉRÉ, Marie-Anne HAPDELAINE, René MARSAC et Marcel ROGEMONT, en date du 21 février
2013, une famille tchétchène avec ses deux enfants de 3 et à peine
4 ans est retenue au Centre de Rétention de Rennes depuis le
dimanche 21 juillet 2013 après s’être opposée à son expulsion
vers la Pologne, pays par lequel elle avait transité et où le droit
d’asile n’est pas respecté.
Après avoir été interpellée à
son hôtel à Nantes à 5 heures du matin le dimanche 21 juillet, la
famille MEJIDOV a été conduite au Centre de Rétention de Rennes.
Le lundi 22 juillet, la famille a été réveillée dès 4 heures du
matin pour être conduite à Nantes où un vol leur était réservé
pour être expulsée vers la Pologne.
Après son refus
d’embarquement vers l’aéroport de Nantes, la famille est restée
placée en rétention. Auprès du Tribunal Administratif de Rennes,
elle a demandé l’annulation de la décision du préfet de la
placer en rétention. Les enfants sont particulièrement choqués par
la succession d’interpellations brutales et par leur séjour au
Centre de Rétention dans un environnement particulièrement
stressant, (enfermement derrière des grilles, présence des détenus
eux mêmes en situation de stress…) conduisant à une perte de 2 à
3 kg, et une perte de sommeil.
Les parents, qui ont déjà deux
membres de leur famille en France bénéficiant de la nationalité
française, s’opposent à leur expulsion vers la Pologne où les
conditions d’accueil des réfugiés, en particulier tchétchènes,
(voir le rapport de Jenia Waschewko «La situation des réfugiés
tchétchènes en Pologne » publié par la Society for Threatened
People en 2011) et la prise en charge médicale sont sévèrement
condamnées par les organisations internationales.
tant que réfugiés tchétchènes en Pologne, leur sécurité ne peut
être garantie, et plus de la moitié des demandeurs d’asile est
réacheminée de la Pologne vers la Tchétchénie.
l’audience, l’ensemble des justifications présentées par la
famille n’a pas suffi à convaincre le juge du Tribunal
Administratif. Après avoir demandé à la famille pourquoi elle
n’avait pas confié ses enfants à des tierces personnes avant
d’être amenée au CRA, et « s’ils avaient fait l’objet de
traitements inhumains au CRA », le juge arenvoyé la famille au
Une fois encore, devant cette situation affligeante permise
par l’application de la circulaire du 6 juillet 2012, nous
demandons la refonte de cette circulaire afin que plus aucun enfant
ne puisse être incarcéré, et que cette circulaire ne puisse
continuer à être utilisée comme un leurre pour habiller une
situation inchangée depuis le changement de majorité, en dépit de
l’engagement de François HOLLANDE pendant sa campagne électorale.
A propos du Grand
sondage « Municipales 2014 »
lancé par Gérard de Mellon Alerte à la
manipulation !Par Philippe Blanchet
luxueux document de quatre pages en
couleurs qui a été distribué dans les boites aux lettres de
certains quartiers de Rennes (et d’autres communes de France ?),
additionne trois moyens de manipulation : l’opacité de son
origine, un système de questions-réponses imposant des implicites
idéologiques, une incitation à la discrimination et à la
xénophobie à travers certaines des réponses proposées à cocher.
seuls indices qui permettent d’identifier l’origine politique ou
institutionnelle de ce sondage sont à la fin d’un avant-propos la
signature d’un certain Gérard de Mellon accompagnée de la mention
« Rennes Bleu Marine » et, dans un coin, une vague transformation
d’une écharpe de Marianne en flamme bleu-blanc-rouge (la flamme est
le symbole de plusieurs partis fascistes en Europe et la
bleue blanche- rouge celle du Front National). Beaucoup
de gens, peu attentifs au fait que la mention « Bleu Marine »
est l’expression derrière laquelle se cache désormais le nom du
Front National, peuvent penser qu’il s’agit là d’un sondage de
la ville de Rennes, d’autant que le document mentionne plusieurs
« l’équipe municipale ».
réponses imposant des accords implicites
la plupart du questionnaire, les réponses impliquent des
consentements à des affirmations implicites.
exemple : pour la question « Face au fléau du chômage et des
destructions d’emplois, quelle(s) action(s) attendez-vous des
pouvoirs publics ? » l’une des quatre réponses possibles est «
Diminuer les impôts locaux pour donner de l’oxygène aux
entreprises de la ville », sous-entendu « les impôts locaux
étouffent les entreprises
la ville ». Deuxième exemple : sur le thème « sécurité » la
seule question portant sur ce qui pourrait insécuriser est «
Avez-vous été victime d’une agression ou d’un vol ? »
laisser la possibilité de mentionner d’autres sources d’insécurité
comme la présence de militaires et de policiers armés ou de
conducteurs/-trices dangereux. Troisième exemple : la question
fermée (seules réponses possibles « oui / non ») « Considérez
votre sécurité est bien assurée dans les transports collectifs ? »
implique qu’il faille indiscutablement assurer la sécurité dans
ces transports et donc qu’on y serait dans tous les cas en
insécurité possible. Quatrième exemple enfin : pour la question «
Y a t- il des problèmes persistants dans l’établissement scolaire
? » les réponses fermées à cocher sont « racket, drogue, vol,
violence, communautarisme », qui amalgament une façon de vivre
supposée (« communautarisme ») avec des délits et qui
n’envisagent pas les inégalités sociales, les injustices, le
manque de moyens, la ghettoïsation, etc. comme des « problèmes
persistants ». Répondre à ces questions, c’est ouvrir la porte à
d’évidentes manipulations des réponses et des sous-entendus ainsi
validés même inconsciemment.
aux discriminations et à la xénophobie
xénophobie et la stigmatisation des « étrangers » et surtout des
« immigrés », et parmi eux surtout des Africains et Musulmans,
sont une constante du discours du Front National
sa fondation. Le sondage propose « stopper l’immigration » pour
résoudre le chômage (dont les immigrés seraient donc une cause), «
diriez- vous que l’insécurité est souvent liée à une
immigration incontrôlée »
immigrés seraient donc délinquants ou criminels par définition), «
diriez-vous que l’action culturelle municipale défend la culture
et l’identité françaises ? » (Supposée attaquées par des
non-Français ou non patriotes –y compris peut-être par une
culture et une identité régionales ?), « pensez-vous que les
différentes aides et prestations sociales accordées par les CCAS
devraient être réservées en priorité aux Français ? » (ouvrant
la porte à une discrimination officialisée), « Êtes-vous
favorable à l’intrusion d’interdits alimentaires religieux
(halal par exemple) dans les cantines scolaires ? » (ce qui vise
clairement la religion musulmane comme fautive dans cette «
intrusion » -terme négatif- et aucune autre, surtout pas la
religion chrétienne à laquelle on doit pourtant l’interdit de la
viande le vendredi d’où le poisson systématique dans les cantines
de nombreuses villes de France, Rennes comprise). Le « sondage »
invite ainsi clairement à tenir un discours xénophobe et à
soutenir des actions xénophobes, pourtant illégales. Interroger la
population sur la ville est une bonne chose, à condition que le
questionnement ne soit pas fondé sur une manipulation et ne serve
pas de prétexte à répandre ou à faire exprimer des idées
immorales ou illégales. Il faut avoir atteint une bassesse extrême
pour en arriver à une telle malhonnêteté intellectuelle.
Rennes, le 12 novembre.
Taubira a récemment été la cible d'injures racistes
immondes auxquelles elle a réagi avec une grande dignité. Attachés
à la défense des droits de l'homme et au respect de sa dignité,
nous nous élevons non seulement contre de tels actes mais aussi
relative indifférence avec laquelle ils sont reçus par notre
de ces insultes n'a d'égale que l'indigence intellectuelle de ceux
qui les profèrent ou les propagent par la bouche de leurs enfants.
C'est par incapacité à élaborer des argumentaires critiques à
l'encontre de leurs cibles que les racistes en sont réduits aux
insultes, apanage des faibles. Si d'aventure un semblant de
raisonnement apparaît, il se fonde sur un obscurantisme niant
l'unicité de l'espèce humaine et les droits fondamentaux de chacun
de ses individus. C'est cela qu'il faut dénoncer et combattre,
effet, ne rien dire, ne pas réagir, laisse entendre que ce n'est pas
grave, voire – pire - que l'on cautionne de tels actes. Mais le
racisme et les actes qui le manifestent ne doivent pas devenir «
ordinaires ». Contrairement à l'expression en vogue, il faut que le
ses complexes. Il est pour cela nécessaire que des voix s'élèvent
pour que ceux qui désapprouvent se sentent confortés et osent
manifester – même et surtout dans la vie de tous les jours –
l'écrivait déjà Jaurès en 1899 à propos des calomnies et des
préjugés racistes, « Il faut être prêt à une rude besogne de
destruction quotidienne. Il faut n’être ralenti ni par la
persévérance du mensonge, ni par les calomnies abominables, ni par
difficultés rencontrées au service de la nationalité de la
Marie-José Trinité-Confiant
rencontrées par les usagers du service de la nationalité et de
la préfecture d’Ille et Vilaine (31 octobre 2013)
député Matthias Felk a remis au premier ministre au mois de mai
dernier un rapport confirmant notamment les conditions d’accueil
inadmissibles des usagers du service préfectoral chargé de la
délivrance des titres et cartes de séjour et de la nationalité. La
préfecture de Rennes ne fait pas exception et semble même
actuellement être un modèle en matière de dysfonctionnement et de
refus de réelle concertation avec les diverses associations de
défense des ressortissants étrangers.
3 ans les conditions d’accueil au guichet ont changé à 3
un pré-accueil était organisé tous les matins destiné d’une
part à la vérification des dossiers et prises de rendez-vous et
d’autre part à la gestion des opérations considérées comme
rapides (renouvellement de cartes de séjour, renouvellement
récépissé) 6 guichets de rendez-vous étaient opérationnels
l’après-midi tous les jours pour les procédures normales et un
pour l’admission exceptionnelle au séjour.
le mois d’août la situation a changé : les rendez-vous pour
renouvellement sont pris par internet sur le site de la préfecture.
Délai moyen d’attente : 2 mois.
: - de
multiples difficultés pour les étrangers ne bénéficiant pas
d’accès au net. Obligation de se rendre dans un lieu public sans
aucune confidentialité et de plus accès au site particulièrement
Les usagers sont dans l’obligation d’avoir recours aux services
sociaux ou aux associations. Les risques de dépassement de délai
sont multipliés et bien entendu les usagers ne peuvent recevoir
aucune précision sur l’état d’avancement de leur dossier.
Pour les autres dossiers l’accueil n’est plus organisé que trois
et uniquement l’après-midi de 13
heures 30 à 15 heures 30 soit 6 heures par semaine. Conséquence
Multiplication des files d’attente dès le matin à l’extérieur
sans abri et incertitude quant à la possibilité de parvenir
jusqu’au guichet. Cette situation engendre une irritation
compréhensible pour les usagers qui se présentent pour la deuxième
ou troisième fois sans pouvoir être reçus et il faut parfois
constater des agressions verbales liées à cette inadmissible
encore les migrants subissent en raison de ce problème des retards
graves pour la régularisation de leur situation administrative.
multiplication des refus de guichet
refus de guichet est caractérisé par le refus pour le fonctionnaire
chargé de l’accueil de délivrer un dossier ou de refuser son
dépôt pour des motifs divers.
s’agit d’une décision
verbale prise par une personne incompétente,
seul le préfet ou toute personne jouissant d’une délégation de
signature peut prendre valablement une décision en matière de
séjour, cette décision devant de surplus être écrite. Ce
droit administratif est une liberté fondamentale, les décisions
préfectorales étant susceptibles de recours devant le tribunal
administratif. Les refus de
guichet privent les usagers de cette possibilité de recours. Il
s’agit donc d’une violation insupportable d’un principe de
légalité démocratique.
De multiples refus de délivrance de dossier sont constatés pour les
parents d’enfants français au motif que ceux-ci ne présentent pas
de visa long séjour
ce visa n’est pas prévu par le CESEDA.
usagers sont invités sans fondement à retourner dans leur pays
d’origine pour se voir délivrer le visa …
particulièrement visées les femmes comoriennes mères d’enfants
français : actuellement la délivrance des dossiers est
systématiquement refusée au motif qu’il existerait de nombreuses
fraudes à Mayotte. Les agents de la préfecture se prévalent d’une
fraude présumée incompatible avec les règles du droit français.
Ces refus entraînent une précarisation des parents
d’enfants français et également des enfants bénéficiant de la
nationalité française (pas de ressources, pas de droit au logement,
scolarisation difficile et socialisation aléatoire…).
situation constitue une mise en danger de familles particulièrement
vulnérables (familles monoparentales, avec le plus souvent une femme
isolée chef de famille et sans ressources ) A noter que la
préfecture de Rennes exige du parent isolé une attestation de
l’autre parent autorisant le demandeur à “avoir la garde “ de
l’enfant bien que la notion de garde ait été supprimée en droit
français depuis la loi Malhuret de 1987 au profit de celle
d’autorité parentale conjointe … (l’attestation demandée est
donc absurde mais non sans conséquence sur le plan de la situation
juridique des personnes concernées). Par ailleurs il est également
enjoint au parent demandeur de tire de séjour de saisir le juge aux
affaires familiales pour qu’il soit statué sur la situation de
l’enfant .Il s’agit d’une exigence contraire à l’intérêt
de l’enfant les parents pouvant librement décider d’exercer
conjointement leur autorité nonobstant une séparation sans
immixtion d’une autorité judiciaire et surtout d’une autorité
Difficultés pour les étrangers malades à obtenir la délivrance
d’un dossier sous des prétextes divers : Domiciliation incertaine,
absence de visa (non exigé par les textes), et avis du guichetier
quant à l’opportunité de la demande.
noter qu’à plusieurs reprises le préfet ou son délégataire n’a
pas estimé devoir suivre l’avis de l’ARS ! Les difficultés sont
accrues lorsque la demande de titre fait suite à une demande
d’asile, là encore prévaut la présomption de fraude.
Refus de traitement de dossier au motif qu’un enquête
administrative est nécessaire (procédure antérieure, enquête de
police intracommunautaire ...)
entendu cette enquête dure plusieurs mois pour ne pas écrire années
sans aucun résultat ...et sans délivrance de titre de séjour ou
sans décision concernant le droit au séjour ce qui prive l’usager
de tout recours.
Refus de délivrance du dossier de demande de titre de séjour vie
privée et de famille ART L.311 7° au motif tiré de l’absence de
visa long séjour ( Visa non exigé par les textes à la suite d’une
loi de 2007)Là encore les usagers se voient invités illégalement à
retourner dans leur pays d’origine .
systématique à l’égard des associations.
concertation est loin d’être la règle à la préfecture de
membres des associations doivent justifier de leur identité par la
production d’une pièce d’identité lorsqu’ils accompagnent au
guichet un usager. Les fonctionnaires des guichets semblent avoir
reçu l’instruction de photocopier cette pièce. En cas de refus
d’obtempérer les membres des associations ne peuvent accompagner
un usager au motif de la “sécurisation des titres de séjour “ A
noter que jusqu’à une date récente le motif allégué était le «
plan VIGIPIRATE ». Ce prétexte a suivi une autre
justification « La protection des étrangers ».
telles pratiques sont dénuées de tout fondement légal. Monsieur
CADOT précédent
préfet au cours d’une rencontre avec les associations avait
reconnu qu’il s’agissait d’une pratique « anormale ».
Pourtant aucune mesure n’a été prise pour la supprimer. Les
pouvoirs publics ne cessent de recommander la concertation avec les
associations. Il ne semble pas que ces recommandations soient
parvenues à la préfecture de Rennes.
liste de pratiques constituant des violations flagrantes des droits
des usagers du service public ne vise que les plus flagrantes et
concernent les conditions d’accueil. Il faudrait également évoquer
les insuffisances en matière de logement d’urgence, et
d’hébergement des demandeurs d’asile sous la responsabilité
directe des préfets ou encore les multiplications de la délivrance
de simples récépissés là ou un titre devrait être accordé ou
celles de titres de séjours à durée limitée sans réelle
justification mais aggravant la précarisation et les difficultés
d’intégration. Je
n’ai pas volontairement abordé le problème de l’admission
exceptionnelle au séjour qui répond sauf circulaire Valls à un
critère d’opportunité. Il s’agit ci-dessus de violations
de droit commis
par un service administratif.
avons alerté le service juridique de la LDH, le secrétariat
général, toutes les sections bretonnes ainsi que les élus. Un
courrier, cosigné par a été envoyé aux parlementaires.
préparons une saisine pour le Défenseur Des Droits.
un public d'une cinquantaine de personnes, Marie-Anne
Chapdelaine, députée PS, membre de la commission des lois à
l'Assemblée nationale défendait l'accès au droit de vote des
étrangers non communautaires tandis que Bruno Chavanat, membre de
l'Union des démocrates et indépendants, conseiller municipal de la
ville de Rennes et conseiller régional de Bretagne mettait en avant
la voie de la naturalisation comme la plus logique pour accéder au
de deux millions et demi d’étranger(e)s extracommunautaires vivent
et travaillent dans des communes où elles/ils participent à la vie
locale et paient des impôts. Nombre d’entre elles/eux sont
responsables d’associations, délégué(e)s de parents d’élèves,
délégué(e)s syndicaux (cales)...
vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il
n’existe aucune raison pour que toutes celles et tous ceux qui
résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale.
Il est temps de franchir une nouvelle étape pour l’élargissement
la démocratie, la cohésion sociale et pour l’égalité des
promesses électorales faites depuis plus de trente ans, approuvées
par les électeurs (trices) à au moins quatre reprises, depuis 1981,
doivent maintenant être tenues.
Michèle Fougeron du MRAP
amis, merci à tous d'être là cette année encore pour
cette commémoration d'un événement bien sombre de notre histoire.
Et merci d'avoir à cette occasion donné la parole au MRAP au nom
des associations appelantes que je rappelle ici avec mes excuses pour
les oublis et erreurs du communiqué de presse : 4ACG, ACBB, ARAC,
ASA, LDH,
Mouvement de la paix et Rennes Setif.
cela s'est produit à Paris et non à Rennes et certains s'étonnent
que les associations rennaises invitent à cette commémoration. Mais
n'est pas aussi notre histoire ? Ne peut-on tirer des enseignements
de ces fautes ?
s'agit il pas d'un événement historique qui a terni l'image de la
France et de notre démocratie et dont le souvenir perdure dans les
esprits, notamment des familles immigrées de l'Algérie ?
manifestation pacifique réprimée avec une rare violence; des
policiers lâchés dans les rues de Paris pour se livrer à de
sanglantes exactions ; des violences répétées dans les jours
suivants; un préfet de police de sinistre mémoire Maurice Papon,
minimisant ces violences (reconnaissant 3 morts !) et couvrant ses
séides ; une presse caviardée au mépris de la liberté et des
témoins de ces exactions, comme le Président du MRAP ou de la LDH
de l'époque, n'hésitant pas à aller constater dans la cour même
police les violences subies par les hommes qui y gisaient à même le
Chef de l'État et un gouvernement dont le silence vaut approbation ;
Et cela pendant des décennies : des pressions pour tenter de museler
les historiens qui refusaient de se taire ; des commissions d'enquête
parlementaires niant d'abord la réalité, puis la reconnaissant du
bout des lèvres et si tard : 300 morts ou disparus, qu'on a tout
fait en haut lieu pour faire oublier.
octobre 1961- 17 octobre 2012
aura fallu 51 ans pour que soit connue au plus haut niveau la
responsabilité d'État, donc politique, dans la violente répression
de la manifestation contre le couvre-feu des travailleurs algériens.
Certes une plaque avait déjà été apposée par le Maire de Paris
en mémoire des Algériens jetés à la Seine et bien d'autres villes
ont rendu hommage publiquement à ces morts algériens de leurs
villes de banlieue.
une satisfaction pour tous ceux qui ont milité pour cette
reconnaissance. Mais le communiqué de 4 lignes, publié par l’Élysée
du 17 octobre 2012, fait un peu figure de "service minimum",
de promesse satisfaite du bout des lèvres. La responsabilité est
reconnue, mais non la faute.
la politique française a du mal avec sa police à toutes les époques
: c'est la sale habitude de couvrir les fautes comme le prouve la
nomination de Papon au poste oh!
politique de préfet de police pendant cette période de la guerre
d'Algérie. Et les historiens ont démontré qu'il ne s'agissait pas
d'un hasard, d'un débordement de policiers imprévisible. En 1961,
Papon avait développé un véritable climat de vengeance qui
n'attendait que l'occasion pour passer à l'acte. Depuis des mois,
des Algériens de France étaient victimes de violences répétées,
des hommes disparaissaient dans le silence de l'indifférence.
en reste quelque chose aujourd'hui encore, comme le prouvent les
procès avortés des décennies plus tard chaque fois que sont mis en
cause des policiers pour des violences contre "des jeunes des
banlieues" comme à Villiers le Bel, à Dammarie les Lys ou à
il est de notre devoir de ne pas participer à cette tentation de
l'oubli, de transmettre et de garder vivants dans la mémoire
collective ces morts Algériens qui réclamaient simplement un droit
fondamental : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
n'oublions pas que ce sont des violences policières graves qui ont
conduit des jeunes des Minguettes, banlieue de Lyon, à s'engager
voici 30 ans dans la Marche de l'égalité et
le racisme le 15 octobre 1983. Le MRAP Ille-et-Vilaine a décidé de
marquer à Rennes cet anniversaire en ce mois de novembre et appelle
toutes les associations à le rejoindre dans ce projet.
allons maintenant jeter ces quelques fleurs au fil de la Vilaine en
hommage aux Algériens victimes des violences à Paris le 17 octobre
1961 dont beaucoup périrent dans la Seine.
même moment, le même geste est accompli comme chaque année à
Paris sur le pont St Michel.
« Je ne veux plus »
de Refus de la Misère
de la journée de refus de la misère du 17 octobre, des dizaines
de personnes ont signé une pétition afin de demander au
gouvernement que des dispositions législatives soient prises afin
que les actes de discrimination sociale subis par un grand nombre de
nos concitoyens soient réprimés comme tous les autres actes
ne veux plus voir d'enfants interdits de
cantine parce que leurs parents sont chômeurs.
ne veux plus entendre un maire considérer
que, de par la pauvreté de leurs habitants, les logements sociaux
seraient dangereux.
ne veux plus entendre un enfant traité de «
cas soc' » dans la cour de récré parce que ses parents touchent
ne veux plus qu'on refuse la location d’un
logement à une famille qui a les moyens de payer le loyer parce que
sa condition sociale est trop visible.
ne veux plus qu'on traite différemment des
personnes parce qu'elles portent les stigmates de la pauvreté.
ne veux plus qu'on leur refuse l'accès à
ne veux plus que des jeunes n'obtiennent pas
d'entretien d'embauche parce qu'ils viennent des banlieues.
ne veux plus que des médecins refusent de
soigner des malades sous prétexte qu'ils ont la CMU.
ne veux plus qu'on décide d'expulser une
famille d'un musée parce que son odeur incommoderait les autres
ne veux plus qu'un homme vivant à la rue se
voie refuser l'accès à un salon de coiffure.
demande à notre gouvernement, à nos parlementaires de remédier
rapidement à ces injustices.
leur demande de donner un signal fort d'une République où l'on ne
veut plus être discriminé en raison de sa pauvreté.
demande que les dispositions législatives appropriées soient prises
pour que soit reconnue la discrimination pour condition sociale,
signifiant ainsi à tous que les actes cités ci-dessus soient
moralement inacceptables et illégaux. Notre
section par un courrier conjoint avec ATD Quart-Monde s’est
adressée aux parlementaires rennais.
7 décembre 2013, de 9h30 à 16h à la MJC du Grand Cordel à Rennes.
régionale à l'histoire de la LDH avec comme intervenant Emmanuel
Naquet, (historien, responsable de la Commission LDH « Histoire,
Mémoire, Archives », co-auteur avec Gilles Manceron : Être
dreyfusard hier et aujourd'hui) et André Hélard, (vice président
de la section de Rennes, auteur de L’honneur d’une ville, la
naissance de la section rennaise de la LDH).
possible jusqu'au 30 novembre 2013.
10 janvier 2014, à l’auditorium du lycée Victor et Hélène Basch
partenariat avec la Ville de Rennes, le lycée Victor et Hélène
Basch, la Ligue de l'Enseignement, et la Région Bretagne, la section
rennaise de la Ligue des Droits de l’Homme organise une journée
d’hommage à Victor et Ilona Basch, présidée par leur
petite-fille, Madame Françoise Basch. La matinée sera consacrée à
l’évocation du parcours de Victor et Ilona Basch. Ainsi qu’à la
création de la section rennaise de la Ligue des Droits de l’Homme,
avec les interventions de Colette Cosnier, d’André Hélard et
d’Emmanuel Naquet.
Ory évoquera l’assassinat perpétré le 10 janvier 1944. Après la
projection du film de Vincent Lowy, Victor Basch, dreyfusard de
combat (2006), il sera question de l’engagement citoyen d’hier à
aujourd’hui, avec Edmond Hervé, Gilles Manceron et Pierre
Tartakowsky.
débats et des lectures ponctueront la journée.
silencieuse, contre les Centres de rétention administrative de 18 h
à 19 h, Place de La Mairie de Rennes.
nous contacter ou nous lire
– Section de Rennes
ldhrennes.blogspot.com

References: L'article 3

L'article 9

l'article 16
 l'article 27
 l'article 28
 l'article 29