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Timestamp: 2016-10-28 17:47:18+00:00

Document:
5A_522/2014 (16.12.2015)
5A_522/2014, 5A_569/2014, 5A_573/2014 � � Arr�t du 16 d�cembre 2015
MM. les Juges f�d�raux von Werdt, Pr�sident, Herrmann, Marazzi, Sch�bi et Bovey.
les deux derniers �tant repr�sent�s par Me Alexandre Montavon, avocat,
tous les deux repr�sent�s par Me Alexandre Montavon, avocat,
7. G.________, repr�sent� par Me Michel Bergmann, avocat,
responsabilit� des ex�cuteurs testamentaires,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 23 mai 2014.
A.a.�Par dispositions testamentaires, J.B.________, n�e le 19 novembre 1911, a institu� neuf h�ritiers: K.A.________, C.A.________, D.A.________ et L.A.________-C.________, qui �taient ses petits-neveux et petite-ni�ce; A.A.________, M.A.________, N.________ et F.B.________, qui �taient ses ni�ces et petites-ni�ces par alliance; enfin E.B.________, son neveu par alliance. Elle a nomm�, en qualit� d'ex�cuteurs testamentaires, H.________ (son expert-comptable), G.________ (son notaire), et I.________ (son gestionnaire de fortune au sein de O.________ SA, qui g�rait son portefeuille d'actions), leur donnant tous pouvoirs pour proc�der � la liquidation de sa succession, sans prendre de disposition concernant leur r�mun�ration. Leurs pouvoirs n'incluaient cependant pas celui de liquider un bien immobilier sis en France, cette mission ayant �t� confi�e � un notaire fran�ais.
J.B.________ est d�c�d�e le 25 septembre 2000, sans laisser d'h�ritiers r�servataires. Sa succession s'est ouverte � Gen�ve, o� elle �tait alors domicili�e. Le 6 octobre 2000, G.________ a notifi� les dispositions testamentaires aux h�ritiers. Les ex�cuteurs testamentaires ont accept� leur mission.
A.b.�Le 31 octobre 2000, l'administration fiscale cantonale genevoise (ci-apr�s: l'AFC) a tenu une s�ance d'inventaire des biens au domicile de la d�funte, en pr�sence de H.________. Elle a dress� un proc�s-verbal d'inventaire dont il ressort les �l�ments suivants:
Mobilier�������������60'000�������fr.
V�hicule: Renault Clio 1992�������2'000�������fr.
Argent comptant�������4'300�������fr.
Cr�ances / Titres
- UBS xxxxx au d�c�s�������191'101�������fr. 55
- UBS yyyyy au d�c�s�������259'481�������fr.
- O.________ SA xxxx, yyyy�������11'830'294�������fr. 89
- 50 actions SI P.________�������1'000'000�������fr.
- c�dule hypoth�caire SI P.________�������130'000�������fr.
- 80 part S.________ valeur fiscale au 1.1.2000�������36'720�������fr.
- CREDIT AGRICOLE de France au 1.9.2000�������229'604�������FF
- CREDIT AGRICOLE de France au 3.10.2000�������268'874�������FF
- 2 Assurances vie " T.________ " - A.________ et�������
M.A.________�������� pr�ciser
Immeuble hors canton: maison villageoise � U.________ et diverses parcelles agricoles.
Ce proc�s-verbal mentionne en outre que tous les h�ritiers institu�s �taient des neveux et ni�ces, petits-neveux et petites-ni�ces par alliance de la d�funte.
A.c.�A plusieurs reprises, A.A.________, K.A.________, C.A.________ et D.A.________ ont demand� aux ex�cuteurs testamentaires des explications sur la liquidation de la succession, en particulier sur la r�alisation des titres, les dettes, la prise en charge des honoraires et les imp�ts. Ils se sont en outre oppos�s � certaines d�cisions, comme la prise en charge des frais des avocats fiscalistes.
En r�ponse aux h�ritiers, les ex�cuteurs testamentaires leur ont adress� un d�compte final le 22 novembre 2005, comprenant les op�rations de liquidation de la succession termin�es, un tableau de r�partition des dettes de la succession entre ses membres, un d�compte individuel des montants cr�dit�s et d�bit�s � chaque h�ritier, ainsi qu'un d�compte de l'�volution du portefeuille de titres. Apr�s r�alisation notamment du portefeuille de titres et la vente du capital-actions de la SI P.________, les actifs successoraux bruts s'�levaient � 13'727'831 fr. (soit 13'774'018 fr. - 10'6081 fr. [recte 106'081 fr.] pour la vente du portefeuille + 59'984 fr.). Les passifs successoraux, apr�s paiement des imp�ts successoraux suisses et fran�ais et pr�l�vement des honoraires des ex�cuteurs testamentaires, totalisaient 6'680'225 fr. 90 (imp�ts globaux de 6'321'422 fr. 90; dettes de 358'803 fr.). L'actif successoral net revenant aux h�ritiers aurait donc d� s'�lever � 7'047'605 fr. Le portefeuille de titres qui faisait partie de la succession valait 11'151'528 fr. 65 au 30 septembre 2000; il avait �t� int�gralement vendu pour un montant global de 10'270'982 fr. 50 entre 2001 et 2003.
A l'exception de K.A.________, C.A.________ et D.A.________, les h�ritiers ont express�ment accept� le d�compte du 22 novembre 2005.
B.a.�Dans le cadre d'une action en paiement introduite le 29 juin 2007, A.A.________, K.A.________, C.A.________, D.A.________, E.B.________ et F.B.________ (ci-apr�s: les h�ritiers) ont conclu � ce que les ex�cuteurs testamentaires soient condamn�s � leur payer, solidairement entre eux, des dommages-int�r�ts de 2'029'439 fr. avec int�r�ts moratoires � 5% l'an d�s le 1er avril 2001.
Dans un premier temps, les ex�cuteurs testamentaires ont contest� la l�gitimation active des h�ritiers ayant introduit l'action. Par arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: la Cour de justice) du 19 septembre 2008 confirmant un jugement du Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve (ci-apr�s: le Tribunal de premi�re instance) du 13 d�cembre 2007, leur l�gitimation active a �t� admise, pour le motif que les trois derniers h�ritiers institu�s, � savoir M.A.________ (d�c�d�e en cours de proc�dure et � laquelle s'est substitu�e son unique h�riti�re L.A.________-C.________), L.A.________-C.________ et N._________ ont renonc� � leurs droits e n faveur de leurs coh�ritiers.
Les ex�cuteurs testamentaires ont produit, le 4 d�cembre 2009, un d�compte final audit� par un expert-comptable ind�pendant indiquant, pour la premi�re fois avec exactitude et clairement, la masse successorale brute au jour du d�c�s et nette apr�s les op�rations de liquidation, les montants revenant � chacun des membres de l'hoirie et les distributions op�r�es. Il se pr�sente ainsi:
Total des actifs success. apr�s liquidation,
hors immeuble (FR.)��������13'797'066�������fr. 25
liquidit�s et assurances vie " T.________ "�������612'529�������fr. 85�������
portefeuille de titres O.________ SA�������10'960'300�������fr. 55
cr�ance en compte courant-actionnaire de SI�������������
P.________�������130'000�������fr.
capital-actions de la SI P.________�������1'967'843�������fr. 45
remise de dette par l'acqu�reur du capital-actions�������21'842�������fr.
remboursement des droits de succ. pay�s double
���sur S.________�������21'022�������fr. 30
mobilier et v�hicule�������62'000�������fr.
divers frais et remboursements�������21'528�������fr. 10
Total passifs successoraux apr�s liquidation��������7'193'672�������fr. 85
dettes successorales d�clar�es dans la
���d�claration de succession�������358'803�������fr.
dettes en francs fran�ais et francs suisses
���selon listes�������206'961�������fr.
���P.________�������151'842�������fr.
droits de succession en France�������555'532�������fr.
droits de successions nets en Suisse�������5'563'309�������fr.
honoraires des ex�cuteurs�������550'960�������fr. 80
frais et proc�dure du litige fiscal en Suisse�������165'068�������fr. 05
Solde revenant � la succession
���(hors immeuble en France)�������6'603'393�������fr. 40
B.b.�Par jugement du 26 novembre 2012, le Tribunal de premi�re instance a constat� que les ex�cuteurs testamentaires avaient viol� certains de leurs devoirs, causant ainsi un dommage patrimonial global aux h�ritiers de 1'515'445 fr., et les a condamn�s � rembourser ce montant. Il a rejet� les pr�tentions des h�ritiers en paiement d'honoraires d'avocat avant proc�s (14'366 fr.), a ni� qu'ils aient subi un dommage du fait de la mauvaise estimation du mobilier et a fix� les honoraires des ex�cuteurs testamentaires, en �quit�, � 150'000 fr.
B.c.�Par arr�t du 23 mai 2014, la Chambre civile de la Cour de justice a constat� la substitution de B.A._______ � K.A.________, d�c�d� le 21 mai 2013, en sa qualit� d'h�riti�re unique de celui-ci. Elle a annul� le premier jugement et l'a r�form�, en ce sens que les ex�cuteurs testamentaires, conjointement et solidairement, sont condamn�s � payer aux h�ritiers pris solidairement les montants suivants:
- 165'070 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2005, � titre de remboursement des honoraires des avocats fiscalistes;
- 870'000 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2001, en raison de la mauvaise gestion du portefeuille de titres;
- 8'470 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2005, � titre de restitution du solde non distribu� de la succession;
- 7'650 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 mai 2008, � titre de remboursement des frais de l'expertise priv�e;
- 1'365 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 31 mars 2011, � titre de remboursement des frais de l'expertise priv�e;
- 3'150 fr., avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 juin 2011, � titre de remboursement des frais de l'expertise priv�e.
C.a.�Par m�moire du 11 juillet 2014, H.________ et I.________ interjettent un recours en mati�re civile, assorti d'une requ�te d'effet suspensif, au Tribunal f�d�ral (5A_573/2014). Ils concluent � l'annulation de l'arr�t entrepris, tant s'agissant de leur condamnation � verser aux h�ritiers les sommes figurant dans son dispositif, que de celle � payer les frais et d�pens de l'instance cantonale. Ils demandent aussi que les h�ritiers soient d�bout�s de toutes leurs conclusions.
Par �criture du 11 juillet 2014, G.________ exerce un recours en mati�re civile assorti d'une requ�te d'effet suspensif au Tribunal f�d�ral (5A_569/2014), sollicitant l'annulation de l'arr�t rendu par la Cour de justice et demandant que les h�ritiers soient d�bout�s de toutes leurs conclusions.
Par m�moire du 25 juin 2014, A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________, E.B.________ et F.B.________ exercent aussi un recours en mati�re civile assorti d'une requ�te d'effet suspensif au Tribunal f�d�ral (5A_222/2014). Ils concluent � l'annulation de l'arr�t attaqu� et � sa r�forme en ce sens que H.________, I.________ et G.________, conjointement et solidairement, sont condamn�s � leur payer, en sus des montants d�j� octroy�s par la Cour de justice:
- 49'570 fr. " avec int�r�ts 5% d�s le 30 juin 2001" � titre de remboursement des int�r�ts de retard pay�s au fisc;
- 151'842 fr. " avec int�r�ts 5% d�s le 1er juillet 2002" � titre de " dette en compte courant actionnaire SI P.________ effac�e par compensation puis ind�ment d�duite des parts des h�ritiers ";
- 400'960 fr. " avec int�r�ts 5% d�s le 1er novembre 2005" � titre de remboursement des honoraires pr�lev�s ind�ment.
Ils demandent aussi que les frais et d�pens de la proc�dure cantonale soient mis enti�rement � la charge des ex�cuteurs testamentaires.
C.b.�Les parties et la cour cantonale ont �t� invit�es � se d�terminer sur le fond des recours.
Les h�ritiers ont conclu, " � la forme ", � ce que les recours des ex�cuteurs testamentaires soient d�clar�s irrecevables, et, " au fond ", � ce qu'ils soient d�clar�s " infond�s dans la mesure o� ils sont recevables ".
H.________ et I.________ ont conclu � ce que le recours des h�ritiers soit d�clar� irrecevable, en tant qu'il conclut au paiement de 151'842 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er juillet 2012; ils ont sollicit� le rejet du recours, en tant qu'il concerne les points 6.3, 8, 10, 11 et 12 de l'arr�t entrepris, et ont requis que les avantages patrimoniaux de 326'750 fr. procur�s par les ex�cuteurs testamentaires aux h�ritiers soient imput�s sur le pr�judice �ventuellement pris en consid�ration.
G.________ a conclu � ce que le recours des h�ritiers soit d�clar� irrecevable, en tant qu'il conclut au paiement de 151'842 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er juillet 2012; il a sollicit� pour le surplus le rejet du recours.
Par lettre du 21 septembre 2015, les h�ritiers ont indiqu� qu'ils n'avaient pas d'observation � formuler sur les d�terminations des ex�cuteurs testamentaires.
Le 27 juin 2014, le Pr�sident de la Cour de c�ans a rejet� la requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par les h�ritiers. Par ordonnances pr�sidentielles du 29 ao�t 2014, les requ�tes d'effet suspensif form�es par les ex�cuteurs testamentaires ont �t� admises.
1.1.�Les trois recours sont dirig�s contre la m�me d�cision, reposent sur les m�mes faits et opposent les m�mes parties dont les droits d�rivent de la m�me cause juridique; dans ces conditions, il y a lieu, par �conomie de proc�dure, de les joindre et de statuer � leur sujet par un seul arr�t (art. 24 PCF, applicable par analogie vu le renvoi de l'art. 71 LTF; ATF 131 V 59 consid. 1 p. 60 s.).
1.2.�L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), par une autorit� cantonale sup�rieure de derni�re instance statuant sur recours (art. 75 LTF), dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse requise est largement atteinte (art. 74 al. 1 let. b LTF). Les recourants, qui ont qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), ont agi dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) pr�vu par la loi, de sorte que leurs recours en mati�re civile respectifs sont en principe tous trois recevables.
1.3.�Le recours en mati�re civile des art. 72 ss LTF �tant une voie de r�forme (art. 107 al. 2 LTF), le recourant ne doit pas se borner � demander l'annulation de la d�cision attaqu�e; il doit �galement, sous peine d'irrecevabilit�, prendre des conclusions sur le fond du litige. Les conclusions r�formatoires doivent de surcro�t �tre d�termin�es et pr�cises, c'est-�-dire indiquer exactement quelles modifications sont demand�es (arr�ts 5A_913/2014 du 5 f�vrier 2015 consid. 2.1; 5A_218/2014 du 25 juin 2014 consid. 1.2; 5A_623/2011 du 20 f�vrier 2012 consid. 1.2). Exceptionnellement, des conclusions ind�termin�es et impr�cises suffisent lorsque la motivation du recours ou la d�cision attaqu�e permet de comprendre d'embl�e la modification requise (ATF 134 III 235 consid. 2 p. 236 s.).
En l'esp�ce, les trois ex�cuteurs testamentaires, qui ont pourtant proc�d� avec le concours de mandataires professionnels, se limitent � prendre des conclusions purement cassatoires, sans m�me solliciter le renvoi de la cause � une autorit� inf�rieure. Cela �tant, on comprend du contenu de leurs actes respectifs qu'ils demandent en r�alit� la r�forme de l'arr�t rendu par la Cour de justice, en ce sens que la demande en paiement form�e � leur encontre par les h�ritiers le 29 juin 2007 est enti�rement rejet�e. On discerne donc ce � quoi tendent globalement leurs recours, de sorte qu'il y a lieu d'entrer en mati�re.
1.4.�G._______ mentionne, dans l'intitul� de son recours, L.A.________-C.________ et N.________. Cela �tant, comme il le reconna�t d'ailleurs lui-m�me (recours p. 43), ces personnes ne sont pas parties � la pr�sente proc�dure (�
cf. supra�let. B.a 2�me �).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral doit conduire son raisonnement juridique sur la base des faits constat�s dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 1 LTF). Il peut compl�ter ou rectifier, m�me d'office, les constatations de fait qui se r�v�lent manifestement inexactes, c'est-�-dire arbitraires aux termes de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 133 II 249 consid. 1.1.2 p. 252), ou �tablies en violation du droit (art. 105 al. 2 LTF), si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Cette partie ne peut toutefois pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; elle doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas au principe d'all�gation susmentionn� (�
cf. supra�consid. 2.1) est irrecevable (ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254; ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.; 125 I 492 consid. 1b p. 495).
Dans un premier grief, H.________ et I.________ contestent l'irrecevabilit� des pi�ces qu'ils ont produites en appel.
3.1.�Il ressort de l'arr�t attaqu� que ceux-ci ont produit aupr�s de l'autorit� cantonale une analyse de la gestion du portefeuille de la d�funte pour la p�riode de septembre 2000 � septembre 2001, qui a �t� r�alis�e le 12 f�vrier 2013 par Q.________, gestionnaire de fortune dipl�m�. G.________ a lui aussi produit des pi�ces nouvelles en instance cantonale, toutes ant�rieures � la date � laquelle la cause a �t� gard�e � juger par le premier juge. Il s'agit de pi�ces relatives aux cours des actions Nestl�, de titres UBS, d'un calcul des droits de succession en 2005 et une d�cision d'une Chambre des notaires datant de 1957. Examinant la recevabilit� de ces pi�ces au regard de l'art. 317 CPC, la Cour de justice a consid�r� que la diligence commandait qu'elles fussent produites devant le premier juge. A l'argument selon lequel l'analyse de la gestion du portefeuille serait une pi�ce " compl�mentaire " � celles produites en premi�re instance, et qui aurait d� conduire � retenir les all�gu�s de fait des ex�cuteurs testamentaires, la Cour de justice a r�pondu que s'ils entendaient d�montrer leurs all�gu�s et contester l'expertise judiciaire, ils auraient d� solliciter une contre-expertise devant le premier juge, ou produire leur propre pi�ce avant que le jugement de premi�re instance ne soit prononc�. Ils avaient toutefois renonc� � solliciter une contre-expertise en premi�re instance, de sorte qu'ils ne pouvaient pas se pr�valoir en appel d'une pi�ce nouvellement produite en vue de remettre en cause l'expertise judiciaire. Pour ces motifs, les pi�ces nouvelles produites en appel �taient irrecevables.
3.2.�Dans le cadre de leur recours, H.________ et I.________ affirment que les pi�ces produites en appel �taient recevables. Il ne s'agirait pas de pi�ces nouvelles, puisqu'elles contiendraient uniquement des informations qui �taient " notoires ", � savoir des articles parus dans la presse, des cours de titres publi�s sur internet, et une d�cision d'une chambre des notaires.
3.3.�Dans l'hypoth�se o� les pi�ces dont il est question contiendraient effectivement des faits notoires, on ne voit pas en quoi l'issue du litige serait influenc�e par le fait que ces documents ont �t� consid�r�s comme irrecevables par l'autorit� cantonale, d�s lors que les faits notoires n'ont pas besoin d'�tre all�gu�s, ni m�me prouv�s (ATF 135 III 88 consid. 4.1; 130 III 113 consid. 3.4). La critique n'est donc pas de nature � d�montrer une violation de l'art. 317 CPC.
Responsabilit� des ex�cuteurs testamentaires
Les ex�cuteurs testamentaires soutiennent qu'ils ne sont responsables d'aucun dommage envers les h�ritiers.
4.1.�Le disposant peut, par une disposition pour cause de mort, charger un ex�cuteur testamentaire d'ex�cuter ses derni�res volont�s (art. 517 al. 1 CC). La responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire � l'�gard des h�ritiers s'appr�cie comme celle d'un mandataire, auquel on l'assimile (ATF 101 II 47 consid. 2 p. 53; arr�t 5C.119/2004 du 23 d�cembre 2004 consid. 2.2�
in fine). Il appartient aux h�ritiers qui s'estiment l�s�s de prouver la violation de ses devoirs par l'ex�cuteur testamentaire, le dommage et la relation de causalit� entre ces deux �l�ments. La faute de l'ex�cuteur testamentaire est pr�sum�e (art. 97 CO); il appartient � celui-ci d'�tablir qu'il n'a pas commis de faute pour �chapper � sa responsabilit� (ATF 101 II 47 consid. 2 p. 53 s.; arr�t 5C.311/2001 du 6 mars 2002 consid. 2b).
S'il y a plusieurs ex�cuteurs testamentaires, ils sont solidairement responsables (art. 403 al. 2 CO par renvoi de l'art. 518 al. 3 CC), sauf si le d�funt avait clairement r�parti entre eux les t�ches � accomplir (KARRER/VOGT/LEU, Basler Kommentar Zivilgesetzbuch II, 5e �d., 2015, n� 94
ad�art. 518 CC; PAUL-HENRI STEINAUER, Le droit des successions, 2e �d., 2015, n� 1186 p. 609; HANS REINER K�NZLE, in: Berner Kommentar, Die Willensvollstrecker, Art. 517-518 ZGB, 2011, n� 429 p. 306).
4.2.�L'ex�cuteur testamentaire doit en principe exercer ses fonctions personnellement; il r�pond des actes de celui qu'il s'est ind�ment substitu� comme s'ils �taient les siens (art. 399 al. 1 CO par analogie). Il peut cependant recourir � des auxiliaires, sous sa propre responsabilit�, pour l'ex�cution de t�ches sp�ciales (arr�t 5A_414/2012 du 19 octobre 2012 consid. 8.2.2). Lorsque la substitution est licite, il r�pond � tout le moins du soin avec lequel il a choisi le tiers et donn� des instructions (art. 399 al. 2 CO par analogie; JEAN LOB, Les pouvoirs de l'ex�cuteur testamentaire en droit suisse, 1952, p. 120; MARC'ANTONIO ITEN, D�l�gation de t�ches � des tiers: Quelle est la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire? TREX 2014 p. 104). Selon certains auteurs, l'ex�cuteur testamentaire a en outre le devoir de surveiller l'auxiliaire (CHRIST/EICHNER, in: Praxiskommentar Erbrecht, 3e �d., 2015, n� 15
ad�art. 518 CC; FIORENZO COTTI, in: Commentaire du droit des successions, 2012, n� 72
ad�art. 518 CC; K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 175 p. 183; DANIEL W�RMLIN, Questions pratiques en relation avec la repr�sentation d'h�ritiers et l'ex�cution testamentaire, TREX 2009, p. 227
4.3.�L'ex�cuteur testamentaire est responsable de la bonne et fid�le ex�cution des t�ches qui lui sont confi�es (art. 398 al. 2 CO par analogie; arr�t 5A_414/2012 du 19 octobre 2012 consid. 8.2.2). La premi�re condition de la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire est ainsi la�
violation de ses devoirs.
4.3.1.�En principe, l'ex�cuteur testamentaire a les droits et les devoirs de l'administrateur officiel d'une succession (art. 518 al. 1 CC). Cette r�gle �tant de nature dispositive, le�
de cujus�peut �tendre les pouvoirs de l'ex�cuteur testamentaire ou, au contraire, les limiter � certains aspects de la liquidation de la succession, � certains biens ou � une certaine dur�e (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 195-196 p. 191; STEINAUER, op. cit., n� 1179-1179b p. 602). Lorsque le testateur n'en dispose pas autrement, l'ex�cuteur testamentaire est charg� de faire respecter la volont� du d�funt, notamment de g�rer la succession, de payer les dettes, d'acquitter les legs et de pr�parer le partage conform�ment aux ordres du disposant ou suivant la loi (art. 518 al. 2 CC).
L'ex�cuteur testamentaire doit commencer son activit� sans tarder, la mener rapidement et sans interruption (COTTI, op. cit., n� 18
ad�art. 518 CC; CHRIST/EICHNER, op. cit., n� 28
ad�art. 518 CC; KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 16
ad�art. 518 CC). Il doit identifier les affaires les plus urgentes et prendre les mesures conservatoires n�cessaires pour sauvegarder au mieux les droits des h�ritiers (CHRIST/EICHNER, op. cit., n� 41 s.�
ad�art. 518 CC; K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 102 p. 149). Il est tenu de dresser un inventaire des actifs et passifs de la succession (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 102 p. 149 et n� 107 p. 155). Il a de surcro�t pour devoir d'administrer le patrimoine successoral, c'est-�-dire de prendre toutes les mesures utiles � la conservation de celui-ci et � sa liquidation (STEINAUER, op. cit., n� 1173 p. 598). Dans ce cadre, il peut proc�der aux ali�nations n�cessaires pour conserver le patrimoine du d�funt, pour payer les dettes et pour acquitter les legs; en revanche, il ne peut pas, sans l'accord des h�ritiers, r�aliser des biens en vue du partage (STEINAUER, op. cit., n� 1180a p. 604). Assumant une position ind�pendante, l'ex�cuteur testamentaire peut ainsi d�cider, m�me contre l'accord des h�ritiers, de vendre les biens appartenant � la succession, d�s l'instant que la vente entre dans le cadre de sa mission, par exemple si elle est n�cessaire au paiement des dettes de la succession (ATF 101 II 47 consid. 2-3 p. 53 ss). Il n'est en principe pas li� par la volont� des h�ritiers, sauf au moment du partage des biens de la succession o� il doit tenir compte de leurs d�sirs, pour autant que ceux-ci soient compatibles avec la loi et avec les dispositions testamentaires du�
de cujus�(arr�t 5C.277/2000 du 22 juin 2001 consid. 4b).
En d�finitive, l'ex�cuteur testamentaire doit agir au mieux des int�r�ts de la succession (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 98 p. 146; LOB, op. cit., p. 51); il jouit � cet �gard d'un grand pouvoir d'appr�ciation (arr�t 5P.440/2002 du 23 d�cembre 2002 consid. 2.2), limit� d'une part par le droit de recours des h�ritiers � l'autorit� de surveillance, d'autre part, par son devoir de diligence sanctionn� par sa responsabilit� � leur �gard (ATF 101 II 47 consid. 2b�
in fineet 2c�
in fine�p. 56 s.).
4.3.2.�L'ex�cuteur testamentaire est tenu de renseigner les h�ritiers sur les faits importants pour le partage de la succession et sur les activit�s d�ploy�es dans le cadre de sa mission (ATF 90 II 365 consid. 3a et 3b p. 372 s.; K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 65 p. 130 et n� 215 ss p. 199 ss; KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 17
ad�art. 518 CC). L'absence de renseignements ou des renseignements erron�s peuvent engager sa responsabilit� (arr�t 5C.311/2001 du 6 mars 2002 consid. 2b).
4.4.�La deuxi�me condition de la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire est la survenance d'un�
dommage. Consistant dans la diminution involontaire de la fortune nette, le dommage correspond � la diff�rence entre le montant actuel du patrimoine du l�s� et la valeur � laquelle s'�l�verait ce m�me patrimoine si l'�v�nement dommageable - ou la violation du contrat - ne s'�tait pas produit. Il peut survenir sous la forme d'une diminution de l'actif, d'une augmentation du passif, d'une non-augmentation de l'actif ou d'une non-diminution du passif (ATF 133 III 462 consid. 4.4.2 p. 471; 132 III 359 consid. 4 p. 366). Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait qui lie en principe le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 et 2 LTF). C'est en revanche une question de droit (art. 106 al. 1 LTF) que de dire si la notion juridique du dommage a �t� m�connue et de d�terminer si l'autorit� cantonale s'est fond�e sur des principes de calcul admissibles pour le fixer (ATF 139 V 176 consid. 8.1.3 p. 188 et les r�f�rences).
4.5.�Pour que l'ex�cuteur testamentaire engage sa responsabilit� civile, il faut encore que le dommage soit en relation de�
causalit� naturelle et ad�quate�avec la violation de ses devoirs.
Un fait est une cause naturelle d'un r�sultat dommageable s'il constitue une condition�
sine qua non�de la survenance de ce r�sultat. Le constat d'un lien de causalit� naturelle rel�ve du fait (ATF 133 III 462 consid. 4.4.2 p. 470; 133 IV 158 consid. 6.1 p. 167; 128 III 174 consid. 2b p. 177, 180 consid. 2d p. 184). L'existence d'un lien de causalit� naturelle entre le fait g�n�rateur de responsabilit� et le dommage est une question de fait que le juge doit trancher selon la r�gle du degr� de vraisemblance pr�pond�rante. En pareil cas, l'all�gement de la preuve se justifie par le fait que, en raison de la nature m�me de l'affaire, une preuve stricte n'est pas possible ou ne peut �tre raisonnablement exig�e de celui qui en supporte le fardeau (ATF 133 III 81 consid. 4.2.2 p. 88).
Le rapport de causalit� est ad�quat lorsque le comportement incrimin� �tait propre, d'apr�s le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, � entra�ner un r�sultat du genre de celui qui s'est produit. Pour savoir si un fait est la cause ad�quate d'un pr�judice, le juge proc�de � un pronostic r�trospectif objectif: se pla�ant au terme de la cha�ne des causes, il lui appartient de remonter du dommage dont la r�paration est demand�e au chef de responsabilit� invoqu� et de d�terminer si, dans le cours normal des choses et selon l'exp�rience g�n�rale de la vie humaine, une telle cons�quence demeure dans le champ raisonnable des possibilit�s objectivement pr�visibles (ATF 129 II 312 consid. 3.3 p. 318 et les r�f�rences). Pour qu'une cause soit ad�quate, il n'est pas n�cessaire que le r�sultat se produise r�guli�rement ou fr�quemment. Si un �v�nement est en soi propre � provoquer un effet du genre de celui qui est survenu, m�me des cons�quences singuli�res, c'est-�-dire extraordinaires, peuvent constituer des cons�quences ad�quates de cet �v�nement (ATF 139 V 176 consid. 8.4.2 p. 190; 119 Ib 334 consid. 5b p. 344).
Lorsqu'il s'agit de juger de l'existence d'un lien de causalit� ad�quate entre une ou des omissions et un dommage, il convient de s'interroger sur le cours hypoth�tique qu'auraient pris les �v�nements si le d�fendeur avait agi conform�ment � ses devoirs (ATF 139 V 176 consid. 8.4.2 in fine p. 190; 127 III 453 consid. 5d p. 456). Le lien de causalit� n'est pas donn� si un comportement conforme aux devoirs n'aurait pas emp�ch� la survenance du dommage. Cependant, la simple hypoth�se que le dommage ne serait pas survenu ne suffit pas � exclure la causalit�. Le fait que le dommage serait en tout �tat de cause survenu doit bien plut�t �tre �tabli avec certitude ou, � tout le moins, avec un haut degr� de vraisemblance (arr�t 9C_442/2014 du 24 novembre 2014 consid. 4.2).
4.6.�La derni�re condition de la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire est l'existence d'une�
faute, celle-ci �tant pr�sum�e (art. 97 al. 1 CO). L'ex�cuteur testamentaire r�pond de toute faute (art. 99 al. 1 CO), qu'elle soit intentionnelle ou r�sulte de sa n�gligence, grave ou l�g�re. Sa responsabilit� s'examine notamment au regard de la nature de l'affaire et de sa complexit� (art. 99 al. 2 CO; FLORENCE GUILLAUME, La responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire, in Quelques actions en responsabilit�, 2008, p. 25 s.), mais aussi en fonction de crit�res subjectifs (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 427 p. 304 s.). Ainsi, lorsqu'il s'agit d'un mandataire au b�n�fice d'un dipl�me de capacit� professionnelle, qui s'est vu d�livrer une autorisation officielle de pratiquer et qui exerce son activit� contre r�mun�ration, tel qu'un avocat et/ou un notaire, on doit pouvoir attendre de lui une diligence particuli�re en relation avec ses connaissances sp�cifiques (ATF 117 II 563 consid. 2a p. 566 s.; arr�t 5C.311/2001 du 6 mars 2002 consid. 2b). L'ex�cuteur testamentaire qui, plac� devant un choix d�licat, sollicite l'accord de l'autorit� de surveillance ne commet pas de faute s'il ex�cute ponctuellement les instructions de cette autorit� (ATF 101 II 47 consid. 3 p. 58).
4.7.�Selon l'art. 43 al. 1 CO, applicable par analogie en mati�re de responsabilit� contractuelle (art. 99 al. 3 CO) - � laquelle la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire est assimil�e (�
cf. supra�consid. 4.1) -, le juge d�termine le�
mode et l'�tendue de la r�paration�d'apr�s les circonstances et la gravit� de la faute. Il peut r�duire les dommages-int�r�ts ou m�me ne pas en allouer, notamment lorsque des faits dont la partie l�s�e est responsable ont contribu� � cr�er le dommage, � l'augmenter ou qu'ils ont aggrav� la situation du d�biteur (art. 44 al. 1 CO; ATF 127 III 453 consid. 8c p. 459; arr�t 5C.311/2001 du 6 mars 2002 consid. 2d). Par exemple, il peut r�duire ou supprimer l'indemnit� si les h�ritiers ont consenti aux actes de l'ex�cuteur testamentaire (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 428 p. 306 et n� 442 p. 309; COTTI, op. cit., n� 178
ad�art. 518). Ces dispositions laissent un large pouvoir d'appr�ciation � celui qui est charg� de les mettre en oeuvre (ATF 127 III 453 consid. 8c p. 459).
Les ex�cuteurs testamentaires contestent devoir verser aux h�ritiers 870'000 fr. en raison d'une mauvaise gestion du portefeuille de titres.
5.1.�Il ressort de l'arr�t attaqu� qu'avant son d�c�s, J.B.________ avait confi� son portefeuille de titres � O.________ SA, dont I.________ �tait administrateur et pr�sident. Apr�s le d�part � la retraite de celui-ci et la fin de son mandat d'administrateur le 14 novembre 1997, J.B.________ a continu� � confier la gestion de son portefeuille � cette soci�t�. Le mandat de gestion pr�voyait une strat�gie de placement orient�e croissance, c'est-�-dire une strat�gie d'investissement agressive (plus de 60% d'actions volatiles par nature) plut�t que conservatrice, caract�ris�e par une proportion tr�s �lev�e d'actions de la soci�t� Nestl� principalement. O.________ SA disposait d'un compte global aupr�s de la banque R.________, devenue son unique actionnaire d�s 1997, sur lequel elle d�posait la totalit� des avoirs de ses clients. Elle poursuivait le m�me type de gestion agressive et dirig�e vers la croissance pour chacun des portefeuilles de titres de ses clients. Les avoirs d�pos�s faisaient l'objet d'une gestion unique et non individualis�e, dont O.________ SA revoyait trimestriellement les param�tres globaux, sur la base des recommandations de R.________. Celle-ci imputait ensuite � chacun de ses clients la part de r�sultats lui revenant, en informant O.________ SA � sa demande ou en lui soumettant des relev�s et avis de transactions qu'elle �tablissait elle-m�me.
La valeur du portefeuille de titres laiss� par la d�funte s'�levait � 11'830'925 fr. au 30 septembre 2000. Il �tait compos� de 11'151'528 fr. 65 de titres g�r�s par O.________ SA, de 80 parts S.________ d'un montant de 36'720 fr., de 5'140 fr. de liquidit�s, de 567'615 fr. 80 de placements fiduciaires et de 106'010 fr. 40 d'int�r�ts courus (let. D.a p. 6 de l'arr�t entrepris). A teneur de l'expertise judiciaire du 4 avril 2011, les investissements g�r�s par O.________ SA �taient r�partis, � cette date, � raison de 4,86% en compte courant et tr�sorerie, 61,50% d'actions, 23,52% d'obligations, 5,32% d'obligations convertibles et 0,29% d'un fond de placement immobilier; 4,5% de fonds de placements en actions. Il y avait donc 71,32% de risque " actions " (actions, obligations convertibles et fonds de placement en actions) tr�s sp�culatif et orient� vers le gain en capital plut�t que le rendement d'int�r�ts. En outre, les risques �taient concentr�s dans la titularit� de 43,75% d'actions Nestl�. Selon l'expert, les ex�cuteurs testamentaires auraient d� r�duire ce nombre � 5%. En effet, quand bien m�me Nestl� �tait une soci�t� renomm�e, jamais une telle exposition sans contrepartie ne devait se trouver dans un portefeuille de titres au regard des Directives de l'Association Suisse des Banquiers en mati�re de gestion de fortune, sauf instruction �crite de la titulaire du compte. Toujours selon l'expertise, la perte r�sulte essentiellement de la strat�gie de gestion agressive et risqu�e par la d�funte de son vivant et poursuivie par O.________ SA apr�s son d�c�s, en conjonction avec une vive d�gradation des march�s boursiers dans le secteur des nouvelles technologies au premier semestre 2001, d�j� pr�sente en 2000 mais qui n'avait pas �t� anticip�e par le gestionnaire de fortune. L'expert judiciaire consid�re que si le portefeuille avait �t� liquid� rapidement apr�s l'ouverture de la succession, soit entre fin septembre et fin d�cembre 2000, il n'aurait connu aucune diminution de sa valeur.
La juridiction pr�c�dente a relev� qu'apr�s le d�c�s de J.B.________, les ex�cuteurs testamentaires n'ont pas inform� les h�ritiers de la composition du portefeuille de titres (mais uniquement de sa valeur globale), ni de sa gestion par O.________ SA orient�e sur une strat�gie agressive. En outre, ils n'ont pas instruit O.________ SA de modifier la strat�gie de gestion orient�e croissance choisie par la d�funte, sous r�serve de la vente d'actions Nestl� � laquelle ils ont proc�d� pour obtenir des liquidit�s en vue du paiement des imp�ts successoraux les 26 et 29 mars 2001 (vente de 300 et 373 actions Nestl� pour 1'047'300 fr. et 1'303'262 fr), quand bien m�me il n'�tait pas contest� que les h�ritiers souhaitaient la vente des titres, et non le partage entre eux de ceux-ci. O.________ SA a poursuivi la gestion agressive du portefeuille en effectuant sept op�rations de change les 30 mars, 18 avril, 25 mai, 29 juin, 27 septembre et 10 octobre 2001, en achetant des actions et fonds de placement les 5 mars et 21 mai 2001, ainsi que des obligations en USD les 22 novembre 2000 et 28 f�vrier 2001. Les ex�cuteurs testamentaires ont laiss� O.________ SA proc�der � la vente du solde des titres, soit:
- 3'000 actions UBS (690'000 fr.) les 20 avril, 17 mai, 28 juin et 5 novembre 2001 et le 19 ao�t 2003;
Selon l'autorit� cantonale, en l'absence d'instruction pr�cise de la d�funte sur la gestion � suivre apr�s son d�c�s et d�s lors que les h�ritiers n'avaient pas manifest� la volont� de conserver les titres pour eux mais voulaient qu'ils soient vendus et que le b�n�fice soit partag�, il appartenait aux ex�cuteurs testamentaires de d�finir la strat�gie de placement selon leur propre libert� d'appr�ciation dans le cadre de crit�res objectifs et en tenant compte des int�r�ts � prot�ger pour toutes les personnes impliqu�es. L'on ne pouvait reprocher aux ex�cuteurs testamentaires d'avoir laiss� le portefeuille de titres entre les mains de O.________ SA. Se posait toutefois la question de savoir s'ils n'auraient pas d�, dans l'int�r�t des h�ritiers, instruire celle-ci de vendre les titres au plus vite sans persister dans une gestion dite agressive. Ils �taient en effet charg�s de r�aliser les actifs de la succession et de partager le r�sultat de la vente entre les h�ritiers, non pas de r�aliser seulement les actifs utiles au paiement des imp�ts successoraux. Le choix de la date de vente leur appartenait. Le but �tait de conserver la substance de la succession. Les ex�cuteurs testamentaires n'avaient pas all�gu� avoir attendu le moment le plus propice pour vendre les titres. Ils avaient toutefois expos� avoir �t� surpris par la crise de 2001, et demand� � O.________ SA de vendre les titres lorsqu'ils avaient besoin de liquidit�s, laissant pour le surplus celle-ci g�rer le portefeuille. Selon la cour cantonale, conform�ment � l'expertise judiciaire dont il n'y avait pas lieu de s'�carter sur ce point, s'ils avaient instruit O.________ SA de vendre l'int�gralit� du portefeuille � la fin 2000, les titres n'auraient pas connu la perte de valeur qu'ils ont connue � la suite des crises boursi�res du printemps et de l'automne 2001. Aussi, sans reprocher aux ex�cuteurs testamentaires ou � O.________ SA de ne pas avoir anticip� la crise boursi�re du d�but 2001, il fallait constater que les ex�cuteurs testamentaires savaient que le portefeuille de titres �tait compos� � 60% d'actions, dont il est notoire qu'elles sont volatiles. Ils ont tard� � les vendre et O.________ SA a persist� dans la gestion du portefeuille. Ils n'avaient pas pour mission d'obtenir un profit sur la vente de ces titres, mais devaient, � l'instar d'un mandataire diligent, vendre ces titres volatiles susceptibles de perdre rapidement de leur valeur.
Rappelant que la succession s'est ouverte en septembre 2000 et que les ex�cuteurs testamentaires ont accept� leur mission le mois suivant, la cour cantonale a retenu qu'ils avaient connaissance de l'existence et des titres composant le portefeuille, puisqu'ils l'ont indiqu� � l'administration fiscale, le 31 octobre 2000. Ils n'avaient certes, en tant qu'ex�cuteurs testamentaires, ni � obtenir un profit de la vente de ces titres (ce qui aurait pu �ventuellement expliquer leur inaction) ni � anticiper la crise boursi�re de 2001, mais devaient pr�parer le partage successoral et r�aliser les actifs d�s qu'ils �taient en mesure de le faire. On devait admettre qu'ils pouvaient avoir besoin d'un d�lai de quelques semaines entre leur prise de fonction en qualit� d'ex�cuteurs testamentaires et le moment o� ils devaient instruire O.________ SA de vendre l'ensemble des titres. En restant cependant passifs, sans donner d'instruction, sauf lorsqu'ils avaient besoin de liquidit�s pour payer des imp�ts, ils ont manqu� � leur devoir de diligence et � celui de conserver, dans l'int�r�t de l'ensemble des h�ritiers, la substance de la succession. La violation de ces devoirs a eu pour cons�quence qu'� l'issue de la vente du portefeuille de titres, un produit global net de 10'960'300 fr. 55 a �t� obtenu alors que les titres auraient rapport� 11'330'295 fr. [recte: 11'830'295 fr.] s'ils avaient �t� vendus entre fin septembre et fin d�cembre 2000, sans que O.________ SA n'en poursuive la gestion durant l'ann�e 2001. La succession avait donc subi une perte de 869'994 fr. 45. Le jugement de premi�re instance, en tant qu'il condamne les ex�cuteurs testamentaires � verser 870'000 fr. aux h�ritiers, devait donc �tre confirm�.
5.2.1.�Lorsque la valeur de la succession est importante, et en particulier lorsque la succession comprend des titres, l'ex�cuteur testamentaire doit d�finir une strat�gie de placement pour la dur�e de son activit� (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 133 p.169), � tout le moins dans l'hypoth�se o� les h�ritiers ne se seraient pas mis d'accord sur une nouvelle strat�gie, et o�, par ailleurs, le d�funt n'aurait donn� aucune instruction � ce sujet (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 165 p. 179; cf. aussi THOMAS GEISER, Sorgfalt in der Verm�gensverwatung durch den Willensvollstrecker, successio 2007, p. 182; W�RMLIN, op. cit., p. 228). L'ex�cuteur testamentaire dispose � cet �gard d'une certaine libert� d'appr�ciation, mais doit fonder sa strat�gie sur des crit�res objectifs (arr�t 5P.440/2002 du 23 d�cembre 2002 consid. 2.3; � propos de la libert� d'appr�ciation, parmi plusieurs PETER BREITSCHMID, Die Stellung des Willensvollstreckers in der Erbteilung, in Gesammelte Schriften aus Anlass seines 60. Geburtstages, 2014, p. 349). Il doit garder � l'esprit qu'il lui incombe de conserver au mieux la substance de la succession (cf. pour le surplus supra consid. 4.3.1) mais aussi, en principe, de remettre aux h�ritiers la succession en nature (GEISER, op. cit., p. 183; KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 27a�
ad�art. 518 CC). Lorsqu'il d�finit la strat�gie de placement, il doit aussi tenir compte, dans son appr�ciation, de la capacit� de la succession, respectivement des h�ritiers, de prendre des risques, de l'importance de la succession et des besoins de liquidit�s (HANS REINER K�NZLE, Die Anlagestrategie des Willensvollstreckers, successio 2009 p. 54-55). La n�cessit� de conserver la substance de la succession et l'horizon de temps limit� � disposition pour liquider la succession ont pour cons�quence une capacit� r�duite en mati�re de prise de risque (GEISER, op. cit., p. 181; W�RMLIN, op. cit., p. 228). Dans le cadre de la d�finition de la strat�gie de placement, l'ex�cuteur testamentaire doit aussi prendre en compte la dur�e pr�visible de la liquidation (jusqu'au partage), qu'il lui appartient d'�valuer (K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 55). En l'absence d'indices particuliers � cet �gard, il peut s'attendre � ce que, suivant l'importance de la succession, la liquidation soit termin�e en l'espace d'un � trois ans (K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 55). Enfin, dans la mesure du possible, la strat�gie de placement devrait �galement prendre en consid�ration la mani�re dont les h�ritiers pr�voient d'utiliser leur part de la succession au terme du partage (W�RMLIN, op. cit., p. 228).
Au regard des diff�rents crit�res pr�cit�s, selon les circonstances, l'ex�cuteur testamentaire devra adapter la strat�gie de placement, en d'autres termes, adopter une strat�gie diff�rente de celle du d�funt (KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 29a�
ad�art. 518 CC; GEISER, op. cit., p. 181 s.); parfois, en revanche, il pourra maintenir la strat�gie de placement du disposant (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 166 p. 179; GEISER, op. cit., p. 181 s.), sans que l'on ne puisse lui reprocher d'avoir exc�d� son pouvoir d'appr�ciation. En effet, la restructuration du patrimoine engendre en principe des co�ts importants (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 166 p. 179 s.), de sorte qu'elle n'est pas forc�ment apte � maintenir la substance de la succession; il n'est donc pas toujours judicieux pour l'ex�cuteur testamentaire, en pr�sence d'un patrimoine compos� d'actions solides, de le restructurer de mani�re conservatoire (dans le m�me sens CHRIST/EICHNER, op. cit., n� 50
ad�art. 518 CC). Il en r�sulte que, selon les circonstances, dans une optique de conservation g�n�rale de la valeur de la succession, les h�ritiers doivent pouvoir supporter, jusqu'au partage, des fluctuations de la valeur des titres (PETER BREITSCHMID, op. cit., n� 12.3 p. 355; K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 166 p. 180). Cependant, s'il devient n�cessaire de r�investir ou de liquider certains �l�ments du portefeuille pour obtenir des liquidit�s, l'ex�cuteur devra tendre vers une strat�gie de conservation du revenu et du capital (" Einkommen und reale Kapitalerhaltung "; K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 59: selon cet auteur, il faudrait ainsi tendre vers une composition du portefeuille � raison de 15-35% d'actions, 65-85% d'obligations, et moins de 50% de devises �trang�res).
5.2.2.�En vertu de son devoir g�n�ral d'information (�
cf. supra�consid. 4.3.2), dans le cadre de la gestion de titres, l'ex�cuteur testamentaire doit informer les h�ritiers de la composition du portefeuille, de la strat�gie de placement adopt�e par le�
de cujuset des mesures qu'il envisage de prendre (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 217 et 219 p. 200 et 202). Dans l'hypoth�se o� tous les h�ritiers exprimeraient une position commune, l'ex�cuteur testamentaire devrait, dans la mesure du possible, en tenir compte, bien que les h�ritiers n'aient pas le pouvoir de lui donner des instructions (KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 27a�
ad�art. 518 CC; K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 53). Lorsqu'il vend des biens de la succession pour g�n�rer des liquidit�s afin de payer les dettes, l'ex�cuteur testamentaire doit en principe tenir compte des souhaits des h�ritiers et des besoins de la succession (GEISER, op. cit., p. 181). Le devoir d'information est viol� si l'ex�cuteur testamentaire refuse de donner des renseignements aux h�ritiers (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 217 p. 200).
5.2.3.�S'il outrepasse le pouvoir d'appr�ciation dont il dispose concernant la strat�gie de placement, l'ex�cuteur testamentaire engage sa responsabilit� civile (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 175 p. 183). Pour d�terminer si la strat�gie adopt�e �tait conforme aux devoirs de l'ex�cuteur testamentaire, il faut se placer au moment o� elle a �t� adopt�e ou devait �tre modifi�e. Les h�ritiers ne sauraient reprocher une quelconque violation de ses devoirs � l'ex�cuteur testamentaire sur la base d'informations qui n'�taient pas disponibles � ce moment-l�, par exemple, la variation future et impr�visible des cours de la bourse (BREITSCHMID, op. cit., n �12.3 p. 355).
5.3.�Les ex�cuteurs testamentaires contestent toute violation de leur devoir en relation avec la gestion du portefeuille de titres, invoquant � cet �gard des griefs de violation du droit (art. 517 et 518 CC, art. 399 CO) et de constatation manifestement inexacte des faits.
5.3.1.�Ils contestent tout d'abord que l'explosion de la bulle technologique de 2001 et l'ampleur de la crise boursi�re qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001 eussent pu �tre anticip�s. Or, le passage de l'arr�t attaqu� auquel ils renvoient (arr�t entrepris p. 7 � 5) ne fait que constater que O.________ SA n'a pas anticip� ces �v�nements, et r�sumer la position des ex�cuteurs testamentaires � ce sujet, � savoir que de tels �v�nements �taient impr�visibles. En outre, il ressort express�ment des consid�rants dudit arr�t que cette absence d'anticipation ne leur est pas reproch�e en tant que telle, la cour cantonale leur faisant grief, en substance, de ne pas avoir vendu les titres rapidement, vu la composition risqu�e du portefeuille, ceci ind�pendamment de l'�volution des cours (arr�t entrepris, p. 24 � 5). La critique est ainsi d�nu� de pertinence.
5.3.2.�Les ex�cuteurs testamentaires pr�tendent que si les h�ritiers consid�raient que la proportion d'actions �tait trop �lev�e � un moment donn�, ils auraient d� faire valoir leurs griefs exclusivement � l'encontre de O.________ SA, en vertu de l'art. 399 al. 3 CO, puisque cette soci�t�, qui avait agi de mani�re ind�pendante et en qualit� de sp�cialiste, �tait seule responsable de la situation. Ce serait en effet au sous-mandataire qu'il incombait de composer le portefeuille de titres en ad�quation avec la strat�gie de placement choisie par le mandataire.
D�s lors que la pr�sente cause oppose les ex�cuteurs testamentaires aux h�ritiers, la Cour de c�ans ne saurait se prononcer sur la question d'une �ventuelle responsabilit� de O.________ SA, qui n'est pas partie � la proc�dure. Au demeurant, les ex�cuteurs testamentaires r�pondaient de toute mani�re envers les h�ritiers des instructions qu'ils ont donn�es ou auraient d� donner � cet auxiliaire (�
cf. infra�consid. 5.4.3).
5.3.3.�Les ex�cuteurs testamentaires pr�tendent que la gestion du portefeuille de titres, telle qu'elle a �t� men�e, �tait propre � maintenir la substance de la succession. Ils affirment que cette gestion ne peut �tre qualifi�e d'agressive et rappellent que la strat�gie de placement qui a �t� suivie n'�tait autre que celle voulue par la d�funte, et qui avait �t� couronn�e de succ�s durant de nombreuses ann�es. Selon eux, les sept op�rations effectu�es par O.________ SA entre 2000 et 2001 ne peuvent pas �tre qualifi�es d'agressives ou sp�culatives, sous peine d'arbitraire. Elles seraient au contraire conformes � leur devoir. A cet �gard, ils se r�f�rent � la p. 40 et � l'annexe 17 de l'expertise judiciaire du 31 mars 2011, selon laquelle " en fait seules les trois derni�res transactions (e, f et g) ont rev�tu un caract�re de protection du risque de change par rapport aux CHF, trois des autres �taient dict�es par des besoins de paiement d'imp�ts (a, b et d) et 1 d'elle (la c) pour payer un investissement inutile pour la succession ". Ainsi, sur les sept op�rations de change, trois �taient destin�es � prot�ger les investissements en monnaies �trang�res par rapport au franc suisse, et trois autres �taient destin�es � convertir des ventes de titres effectu�es en monnaies �trang�res en francs suisses, pour g�n�rer des liquidit�s en vue de payer les imp�ts. Les ex�cuteurs testamentaires contestent que la derni�re op�ration soit inutile, exposant qu'elle paraissait appropri�e aux gestionnaires de fortune. Quant aux actions dont �tait compos� le portefeuille, il s'agissait de titres tels que Nestl�, ABB, Zurich, Royal Dutch ou Roche, � savoir, en l'an 2000, des titres r�put�s s�rs. D'une part, les termes utilis�s aujourd'hui (gestion conservatrice, �quilibr�e et croissance) n'�taient pas utilis�s � l'�poque et n'avaient pas la m�me port�e qu'aujourd'hui. D'autre part, selon la conception actuelle de r�partition des risques, une gestion agressive comporterait selon eux un minimum de 75% d'actions.
Les ex�cuteurs testamentaires s'en prennent aussi � la constatation de fait selon laquelle " il n'est pas contest� que les h�ritiers souhaitaient la vente des titres et non le partage entre eux de ceux-ci ", estimant qu'elle rel�ve de l'arbitraire. Selon eux, les h�ritiers n'auraient en r�alit� jamais exprim� le souhait que le portefeuille de titres soit vendu imm�diatement, � savoir d�s que les mandats d'ex�cuteurs testamentaires ont �t� accept�s, pas plus qu'ils n'auraient donn� d'instruction tendant � la vente des actions " sans d�lai ". Ils se seraient totalement d�sint�ress�s de la gestion du portefeuille et n'auraient jamais demand� d'information � son sujet; on pouvait donc consid�rer qu'ils l'avaient tacitement accept�e. Ils auraient par ailleurs eux-m�mes all�gu�, dans leur demande du 29 juin 2007, que les ex�cuteurs testamentaires auraient d� donner au g�rant de fortune une instruction " stop loss ", c'est-�-dire un ordre de vente si les titres atteignaient un certain plancher, celui-ci �tant fix� � 2% de moins que la valeur des titres au moment de l'acceptation du mandat. Cette all�gation, que les ex�cuteurs testamentaires rappellent avoir toujours contest�e, d�montrerait toutefois que les h�ritiers voulaient si possible conserver les titres, et ne les vendre que si leur valeur baissait de plus de 2%. Les h�ritiers n'auraient eu aucune raison de souhaiter la vente imm�diate des titres, puisque la gestion telle qu'elle �tait pratiqu�e avant le d�c�s de J.B.________ avait toujours donn� de bons r�sultats; leur position ne serait donc pas cr�dible et on pourrait pour le moins douter du fait que, s'ils avaient �t� inform�s de mani�re d�taill�e de la composition du portefeuille, ils auraient unanimement demand� la vente imm�diate de l'ensemble des titres, celle-ci ayant forc�ment pour cons�quence des pertes d�finitives. Enfin, il serait arbitraire de retenir que les h�ritiers n'ont jamais �t� inform�s, ceux-ci n'ayant jamais demand� � l'�tre; leur comportement rel�verait de la mauvaise foi.
5.4.1.�En l'esp�ce, rien n'indique que la d�funte aurait souhait� restreindre les pouvoirs des ex�cuteurs testamentaires, de sorte que l'on doit retenir - et cela n'est pas contest� - qu'ils avaient tout pouvoir pour administrer la succession et pr�parer le partage, tel que le pr�voit le Code civil (�
cf. supra�consid. 4.3.1), except� s'agissant d'un immeuble sis en France, pour lequel J.B.________ a express�ment d�sign� un notaire fran�ais.
5.4.2.�En qualit� d'ex�cuteurs testamentaires, H.________, I.________ et G.________ avaient pour t�ches d'administrer la succession et de pr�parer le partage (�
cf. supra�consid. 4.3.1). Contrairement � ce qui ressort de l'arr�t entrepris, on ne saurait leur reprocher de ne pas avoir termin� de liquider la succession et de pr�parer le partage quelques semaines apr�s leur prise de fonction. D'une part, il est admissible et m�me usuel que la liquidation d'une telle succession, eu �gard notamment � sa valeur importante, prenne davantage de temps (�
cf. supra�consid. 5.2.1). D'autre part, les ex�cuteurs testamentaires ne pouvaient, sans l'accord des h�ritiers, r�aliser des biens en vue du partage (�
cf. supra�consid. 4.3.1). En l'esp�ce, il a �t� constat� que les h�ritiers voulaient la vente des titres et le partage du b�n�fice ainsi obtenu, constatation dont le caract�re arbitraire n'a pas �t� d�montr� et qui, partant, lie le Tribunal f�d�ral (�
cf. supra�consid. 2.2). Cependant, on ignore � quel moment les h�ritiers ont inform� les ex�cuteurs testamentaires de leur volont� unanime de ne pas proc�der � un partage des titres en nature, mais d'en obtenir la valeur. Rien n'indique, en particulier, qu'ils l'auraient fait imm�diatement apr�s le d�c�s de J.B.________, ni qu'ils auraient demand� aux ex�cuteurs testamentaires de proc�der � la vente des titres en vue du partage dans un certain d�lai. Il en d�coule que l'on ne peut suivre la Cour de justice, en tant qu'elle a retenu que les ex�cuteurs testamentaires auraient d� faire vendre l'ensemble des titres quelques semaines apr�s leur prise de fonction. Aucune violation de leur devoir ne peut leur �tre reproch�e en relation avec la dur�e de la liquidation de la succession en vue du partage.
5.4.3.�Il reste � examiner si les ex�cuteurs testamentaires ont viol� leur devoir, dans le cadre de l'administration courante de la succession, en g�rant le portefeuille de titres comme ils l'ont fait. En particulier, se pose la question de savoir s'ils auraient d� vendre le contenu du portefeuille, voire restructurer celui-ci, pour �viter qu'il ne perde de la valeur.
Les ex�cuteurs testamentaires pouvaient, en l'occurrence, recourir � un auxiliaire sp�cialiste de la gestion de fortune pour proc�der aux actes de gestion du portefeuille de titres, eu �gard notamment � sa valeur de plus de 13 mios de fr. Le point de savoir si le choix de O.________ SA fut judicieux � cet �gard peut rester ind�cis: les ex�cuteurs r�pondaient de toute mani�re, outre du choix de cet auxiliaire, � tout le moins aussi des instructions qu'ils lui ont donn�es ou qu'ils ont omis de lui donner, en violation de leur devoir (�
cf. supra�consid. 4.2). En effet, le fait de d�l�guer la gestion � un auxiliaire ne signifie pas que l'ex�cuteur testamentaire peut sans autre laisser celui-ci d�finir lui-m�me la strat�gie de placement (K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 54).
En l'esp�ce, apr�s l'ouverture de la succession, aucune instruction n'a �t� donn�e � O.________ SA aux fins de modifier la strat�gie de gestion du portefeuille, telle que men�e du vivant de J.B.________. Les ex�cuteurs testamentaires ne pr�tendent d'ailleurs pas le contraire. Ils estiment toutefois que cette absence d'instruction n'est pas constitutive d'une violation de leur devoir, puisqu'il serait tout � fait admissible, selon eux, de conserver apr�s le d�c�s la m�me gestion du portefeuille qu'auparavant, cette mani�re de g�rer ayant de surcro�t, durant de nombreuses ann�es, donn� de bons r�sultats. Il faut ainsi d�terminer si la strat�gie de gestion qui a effectivement �t� suivie - par les ex�cuteurs testamentaires et / ou O.________ SA, qu'ils devaient instruire - �tait conforme � leurs devoirs, ceux-ci disposant � cet �gard d'un large pouvoir d'appr�ciation (�
cf. supra�consid. 5.2.1).
Dans son testament, J.B.________ n'avait pas formul� de directive concernant la strat�gie de placement qu'il convenait d'adopter apr�s son d�c�s; � tout le moins cela ne ressort-il pas de l'arr�t attaqu�. Il n'est pas non plus �tabli que les h�ritiers auraient voulu, unanimement, adopter une autre strat�gie de placement que celle qui a �t� men�e. A ce sujet, il faut pr�ciser que si, dans le cadre de la pr�paration du partage, les ex�cuteurs testamentaires devaient, dans la mesure du possible, respecter les voeux des h�ritiers, dans le cadre de l'administration courante de la succession, ils n'avaient pas forc�ment � suivre leurs instructions (�
cf. supra�consid. 4.3.1). Il en r�sulte que le grief soulev� par les ex�cuteurs testamentaires en relation avec la volont� des h�ritiers n'a pas v�ritablement d'influence sur l'issue du litige. Au demeurant, la constatation de la cour cantonale selon laquelle les h�ritiers souhaitaient la vente des titres, non pas le partage de ceux-ci en nature, permet uniquement de d�celer quelle �tait leur volont� s'agissant du partage. Cela ne signifie toutefois pas qu'ils auraient unanimement exprim� le souhait de modifier la strat�gie de placement de la d�funte dans le sens d'une vente�
imm�diate�de l'ensemble des titres.
Dans le cadre de l'administration courante de la succession, vu notamment l'importance de celle-ci, l'absence de directive de la part de la d�funte, et l'absence de strat�gie unanime exprim�e par les h�ritiers (�
cf. supra�consid. 5.2.1), les ex�cuteurs testamentaires devaient imp�rativement d�finir une strat�gie de placement pour la dur�e de la liquidation. Ils devaient en particulier �valuer le risque que repr�sentait le choix de conserver le portefeuille de titres, au regard de l'ensemble des circonstances, notamment, de la composition du portefeuille, de la dur�e pr�visible de la liquidation, de la mani�re dont les h�ritiers pr�voyaient d'utiliser leur part successorale au terme du partage, et de l'importance de la succession (�
cf. supra�consid. 5.2.1). Le fait qu'une �ventuelle vente des titres engendre des frais devait �galement �tre pris en consid�ration (�
cf. supra�consid. 5.2.1), ce crit�re ayant cependant peu d'importance en l'esp�ce, puisque les h�ritiers ne souhaitaient de toute mani�re pas obtenir le partage titres en nature, de sorte que ceux-ci auraient de toute mani�re d� �tre vendus � un moment ou � un autre. Compte tenu du pouvoir d'appr�ciation dont ils disposaient, et en l'absence de circonstances particuli�res, les ex�cuteurs testamentaires pouvaient partir du principe que la succession pourrait �tre liquid�e en l'espace d'un � trois ans et que, par cons�quent, il n'�tait pas judicieux de restructurer le portefeuille ni,�
a fortiori, de le vendre rapidement dans son int�gralit�. Ils pouvaient ainsi d�cider de conserver les titres, y compris les actions (�
cf. supra�consid. 5.2.1 et 5.2.3), sans que l'on puisse leur reprocher une violation de leur devoir. L'arr�t attaqu� retient que toutes les actions devaient �tre vendues imm�diatement, sous pr�texte que toute action serait " volatile par nature ". Un tel argument n'est pas convaincant: selon les circonstances, la vente des actions ne permet pas de conserver au mieux la substance de la succession; � tout le moins n'est-elle pas le seul moyen de la conserver (�
cf. supra�consid. 5.2.1). En outre, la Cour de justice ne pr�cise pas pour quel motif il eut fallu ali�ner non seulement les actions, mais aussi l'ensemble du portefeuille, qui �tait en outre compos� d'obligations, d'obligations convertibles et de fonds de placement. Compte tenu de l'ensemble des circonstances, les ex�cuteurs testamentaires n'�taient en d�finitive pas tenus de vendre � court terme l'int�gralit� du portefeuille, ni d'adapter de mani�re g�n�rale et imm�diate la strat�gie de placement.
Dans l'hypoth�se o� ils auraient cependant d�cid� de l'adapter dans une certaine mesure, par exemple en proc�dant � une diversification des titres, ils devaient alors tendre vers une gestion conservatoire de la succession (�
cf. supra�consid. 5.2.1�
in fine). A ce sujet, l'arr�t entrepris retient sans plus de pr�cision que O.________ SA a poursuivi la gestion agressive du portefeuille en effectuant sept op�rations de change les 30 mars, 18 avril, 25 mai, 29 juin, 27 septembre et 10 octobre 2001, et en achetant des actions et des fonds de placement les 5 mars et 21 mai 2001, ainsi que des obligations en USD les 22 novembre 2000 et 28 f�vrier 2001. On ignore toutefois quels titres ont �t� ali�n�s, respectivement vendus � cette occasion. Ces constatations peu explicites ne permettent pas de d�terminer si les op�rations pr�cit�es ont eu pour effet d'accroitre les risques que pr�sentait le portefeuille ni si, au moment o� les op�rations ont �t� effectu�es, les ex�cuteurs testamentaires savaient d�j� que les h�ritiers ne souhaitaient pas un partage en nature. D�s lors que ces �l�ments sont indispensables pour pouvoir d�terminer si les op�rations pr�cit�es �taient compatibles avec le devoir de diligence des ex�cuteurs testamentaires, en particulier, si elles avaient pour effet de tendre vers une gestion conservatoire du portefeuille, il convient de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale pour instruction sur ce point.
Les ex�cuteurs testamentaires devaient aussi tendre vers une gestion conservatoire de la succession lorsqu'il devenait n�cessaire de vendre des titres pour obtenir des liquidit�s, notamment pour payer les dettes de la succession, y compris, en l'esp�ce, les imp�ts successoraux (�
cf. supra�consid. 5.2.1 in fine). Par cons�quent, lorsqu'ils ont demand� � O.________ SA de vendre des titres pour obtenir ces liquidit�s, ils auraient d� l'instruire d'ali�ner en priorit� les titres les plus risqu�s. Il ressort de l'arr�t entrepris que les liquidit�s n�cessaires au paiement des imp�ts successoraux ont �t� obtenues notamment gr�ce � la vente d'actions Nestl�. Or, d'apr�s les constatations de l'expert, la proportion tr�s importante d'actions Nestl� (43,75%) avait pour effet de concentrer les risques. Par cons�quent, le choix de vendre ces actions en priorit�, en mars 2001, �tait conforme aux devoirs des ex�cuteurs testamentaires de g�rer la succession de mani�re diligente. Cela �tant, les faits de la cause ne permettent pas de d�terminer si le choix des autres titres qui auraient �t� ali�n�s pour obtenir des liquidit�s �tait conforme avec le devoir des ex�cuteurs testamentaires de conserver au mieux la substance de la succession. La cause doit ainsi �tre renvoy�e sur ce point �galement.
Pour le surplus, on rel�vera que le seul fait que les ex�cuteurs testamentaires n'ont pas inform� r�guli�rement les h�ritiers de la composition exacte du portefeuille, ni de la strat�gie de gestion adopt�e, ne suffit pas, en soi, � les rendre responsable de l'ensemble de la perte de valeur des titres.
En d�finitive, dans l'hypoth�se o� l'autorit� cantonale consid�rerait que certaines op�rations de gestion du portefeuille ont �t� faites en violation des devoirs des ex�cuteurs testamentaires, le dommage devra �tre �valu� en calculant la diff�rence entre la valeur du portefeuille administr� en violation de ces devoirs et celle d'un portefeuille hypoth�tique g�r� pendant la m�me p�riode conform�ment � leurs devoirs (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 175 p. 183; concernant le gestionnaire de fortune: THOMAS GROSS, Fehlerhafte Verm�gensverwaltung - Klage des Anlegers auf Schadenersatz, PJA 15/2006, p. 165 s.; arr�ts 4A_481/2012 du 14 d�cembre 2012 consid. 3; 4A_351/2007 du 15 janvier 2008 consid. 3.2.2; 4C.18/2004 du 3 d�cembre 2004 consid. 2, Pra 2005 n� 73 p. 566, tous rendus en mati�re de responsabilit� civile du g�rant de fortune). Cette m�thode permettra de prendre en consid�ration, � l'avantage des ex�cuteurs testamentaires fautifs, la perte que la masse successorale aurait probablement subie m�me avec des ex�cuteurs testamentaires consciencieux, par l'effet d'une baisse g�n�ralis�e des cours dans la p�riode en cause (arr�t 4C.158/2006 du 10 novembre 2006 consid. 4), ce qui se justifie, car une perte de ce genre ne se trouve pas en lien de causalit� avec la violation du devoir (arr�t 4A_481/2012 du 14 d�cembre 2012 consid. 3; cf. aussi consid. 5.2 in fine). Elle permettra aussi de tenir compte des frais engendr�s par la vente des titres.
5.4.4.�Vu la port�e du renvoi (�
cf. supra�consid. 5.4.3), il n'y a pas lieu d'examiner les griefs soulev�s � propos des questions de la faute des ex�cuteurs testamentaires, de l'�ventuelle faute concomitante des h�ritiers, ni du calcul du dommage. Quant aux griefs formul�s � l'encontre de l'expertise judiciaire, qui consistent pour l'essentiel � affirmer que l'expert a donn� un avis juridique (erron�), ce qu'il ne lui appartenait pas de faire, ils sont sans influence sur l'issue du litige; en effet, dans le cadre du renvoi, la Cour de justice devra appliquer les r�gles juridiques rappel�es dans le pr�sent arr�t, sans tenir compte de l'avis " juridique " de l'expert � cet �gard, les recourants ne critiquant au demeurant pas, pour le surplus, les �l�ments de fait retenus dans l'expertise.
Frais et honoraires des avocats fiscalistes
Les ex�cuteurs testamentaires contestent devoir payer 165'070 fr. aux h�ritiers � titre d'indemnit� pour les honoraires des avocats fiscalistes.
6.1.�Il ressort de l'arr�t attaqu� que les ex�cuteurs testamentaires ont indiqu� � tort, dans la premi�re d�claration fiscale, que tous les h�ritiers �taient des neveux, ni�ces, petits-neveux et petites-ni�ces par alliance de la d�funte, alors que quatre d'entre eux avaient un lien de sang avec celle-ci; ils ont ainsi fautivement viol� leur devoir, et les droits de succession ont �t� calcul�s de mani�re erron�e, au taux global de 54,6% applicable aux h�ritiers sans lien de sang, alors que le taux applicable aux neveux, ni�ces, petits-neveux et petites-ni�ces ayant un lien de sang avec la d�funte �tait de 27,3%. La d�cision de taxation du 28 mai 2001 fixait ainsi un montant d'imp�ts de 7'561'088 fr. 45, int�r�ts de retard compris. Le 1er novembre 2001, G.________ a inform� l'AFC que L.A.________-C.________, D.A.________, K.A.________ et C.A.________ �taient des parents de sang en ligne collat�rale de J.B.________. L'AFC a refus� de rectifier sa d�cision. Reconnaissant leur erreur, les ex�cuteurs testamentaires ont alors mandat� deux avocats fiscalistes pour entamer la proc�dure administrative n�cessaire pour r�tablir une taxation conforme � la situation de fait de l'hoirie. A l'issue de cette proc�dure, le montant d'imp�ts pay� en trop a �t� restitu� � la succession. Dans le cadre de cette m�me proc�dure, l'AFC a renonc�, pour des motifs d'�quit�, � notifier � la succession un suppl�ment d'imp�ts successoraux en relation avec la vente du capital-actions de la SI P.________ en juin 2002 pour un prix plus �lev� que celui estim� par les ex�cuteurs testamentaires (soit 1'864'000 fr. au lieu de 1'091'815 fr.).
L'autorit� cantonale a consid�r� que, d�s lors que les frais et honoraires (165'068 fr. 05) relatifs � cette proc�dure r�sultent d'une erreur des ex�cuteurs testamentaires, dont ceux-ci sont les seuls responsables, ils constituent un dommage au pr�judice des h�ritiers. Sans cette erreur, ni la proc�dure administrative, ni l'intervention d'avocats fiscalistes n'auraient �t� n�cessaires, ind�pendamment de la d�cision de l'AFC de renoncer � taxer la vente subs�quente des actions de la SI P.________. L'exon�ration d'imp�ts consentie par l'AFC aux h�ritiers en relation avec la vente desdites actions ne trouvait pas sa cause naturelle ni ad�quate dans l'activit� des ex�cuteurs testamentaires, mais constituait une d�cision discr�tionnaire de l'AFC sans lien avec leur activit�. Selon la cour cantonale, c'est donc � bon droit que le Tribunal de premi�re instance a condamn� les ex�cuteurs testamentaires � rembourser 165'070 fr.
6.2.�Il n'est pas contest� qu'en remplissant de mani�re erron�e la d�claration fiscale, les ex�cuteurs testamentaires ont fautivement viol� leur devoir, ni qu'il en est r�sult� des frais correspondant aux honoraires des avocats fiscalistes qui ont d� �tre mandat�s (165'068 fr. 65). En revanche, les ex�cuteurs testamentaires exposent que le dommage a �t� calcul� en violation du droit f�d�ral. Selon eux, la cour cantonale aurait d� imputer les avantages patrimoniaux qui ont d�coul� de la violation de leurs devoirs, � savoir une �conomie de 326'750 fr. correspondant � un " cadeau " fait par l'administration fiscale. Par ailleurs, la succession aurait r�cup�r� tous les imp�ts vers�s en trop dans un premier temps suite � l'erreur des ex�cuteurs testamentaires. L'hoirie aurait donc, en d�finitive, r�alis� un b�n�fice net. Les ex�cuteurs testamentaires affirment, pour le surplus, qu'en vertu de la " Schadenminderungspflicht ", les h�ritiers devaient contribuer aux efforts visant � r�duire le dommage.
Dans leur d�termination, H.________ et I.________ pr�cisent qu'il serait dans le cours ordinaire des choses que l'AFC ne proc�de � une exon�ration d'imp�ts que " sur la base d'une intervention des concern�s ". En l'occurrence, le D�partement des finances aurait indiqu� agir non seulement par �quit�, mais aussi sur la base de demandes formul�es par les fiscalistes mandat�s par les ex�cuteurs testamentaires, en indiquant ceci: " En l'esp�ce et par �quit� compte tenu des rejets oblig�s des demandes examin�es sous les points 1, 2 et 3 ci-dessus, nous renon�ons � notifier ce suppl�ment de droits de succession " (pi�ce 92 du charg� du 20 f�vrier 2009). Sans l'activit� des ex�cuteurs testamentaires, cette exon�ration n'aurait donc pas �t� accord�e. En d�finitive, ils estiment que si par impossible un dommage devait �tre retenu par le Tribunal f�d�ral, notamment dans le cadre de la vente des titres ou des honoraires des avocats fiscalistes, il faudrait alors imputer les avantages patrimoniaux de 326'750 fr. qu'ils ont procur�s � l'hoirie.
6.3.�Dans le cadre du calcul du dommage, l'imputation des avantages n'est justifi�e que si ceux-ci sont en lien de causalit� ad�quate avec l'�v�nement dommageable (ATF 112 Ib 322 consid. 5a p. 330; arr�t 4A_99/2015 du 21 juillet 2015 consid. 1.2; FRANZ WERRO, in: Commentaire romand, Code des obligations I, 2e �d. 2012, n� 18
ad�art. 42 CO; HANS MERZ, Trait� de droit priv� suisse, Volume IV, Droit des obligations, Partie G�n�rale, Tome I, 1993, p. 186).
6.4.�En l'occurrence, l'avantage fiscal consenti par l'AFC ne se trouve pas en lien de causalit� ad�quate avec les erreurs des ex�cuteurs testamentaires, ni, de mani�re plus g�n�rale, avec les activit�s qu'ils ont d�ploy�es. Il ne rel�ve pas du cours ordinaire des choses et de l'exp�rience de la vie que, dans le cadre d'un litige fiscal, le fisc, charg� par la loi de recouvrer les imp�ts dus � la collectivit�, accorde sans raison des avantages fiscaux aux contribuables. Enfin, on ne voit pas en quoi les h�ritiers auraient viol� leur devoir de diminuer le dommage, et les ex�cuteurs testamentaires ne fournissent aucune explication � ce sujet. Mal fond�s, les recours des ex�cuteurs testamentaires doivent �tre rejet�s sur ce point. En d�finitive, d�s lors que l'absence d'une nouvelle taxation de la vente des actions de la SI de P.________ ne r�sulte pas d'une activit� des ex�cuteurs testamentaires, il n'y a pas lieu d'imputer un quelconque avantage patrimonial sur le dommage qu'ils ont caus�.
I.3�
Int�r�ts de retard r�clam�s par l'AFC
Les h�ritiers demandent 49'570 fr. aux ex�cuteurs testamentaires, correspondant aux int�r�ts de retard qui leur ont �t� r�clam�s par l'administration fiscale cantonale.
7.1.�Examinant tout d'abord si une faute �tait �tablie, l'autorit� cantonale a retenu qu'en vertu de leur obligation de gestion d�coulant de l'art. 518 al. 2 CC, les ex�cuteurs testamentaires �taient tenus d'�tablir la d�claration fiscale et de payer les imp�ts successoraux, dans un d�lai de quatre mois d�s la date du d�c�s, ou un acompte de l'imp�t estim� pour �viter le paiement d'int�r�ts (art. 60 et 61A de la loi genevoise sur les droits de succession [LDS], RS/GE D 3 25). Ils n'ont vers� que 4 mios fr. le 4 avril 2001 (en partie gr�ce � la vente d'actions Nestl� pour plus de 2 mios fr. en mars 2001), tout en sachant que ce montant serait insuffisant au paiement de l'int�gralit� des imp�ts successoraux. Or, ils pouvaient estimer les imp�ts successoraux d�s l'inventaire du 31 octobre 2000, puisque tous les actifs et leur valeur y figuraient. En outre, ils ont eux-m�me expliqu� avoir vers� un acompte inf�rieur au montant d'imp�t estim�.
Escomptant que le rendement des actifs de la succession serait sup�rieur aux int�r�ts dus � l'AFC pour la part d'imp�t restant � payer entre le moment du paiement de l'acompte de 4 mios fr. et la d�cision de taxation, ils ont volontairement choisi de conserver une part du portefeuille de titres dont la vente devait servir au paiement des imp�ts, contrairement � leur devoir. Ils pouvaient en tout temps vendre le portefeuille de titres pour obtenir des liquidit�s n�cessaires au paiement des imp�ts et auraient d� le faire d�s que possible, soit avant la fin de l'ann�e 2000. Le montant de l'acompte vers� �tait insuffisant de pr�s de 2 mios fr., ce qui a donn� lieu � des int�r�ts moratoires de 49'567 fr. Le montant non provisionn� n'a en revanche produit qu'un rendement de 7'200 fr. Pour ces motifs, selon la Cour de justice, la d�cision des ex�cuteurs testamentaires de ne verser qu'une partie des imp�ts qu'ils avaient estim�s �tait contraire � leur devoir mais �galement objectivement erron�e, le rendement escompt� n'�tant pas suffisant pour couvrir les int�r�ts moratoires. La violation fautive de leur devoir �tait ainsi �tablie. Les imp�ts successoraux s'�taient �lev�s � 5'770'462 fr., de sorte que le montant de 4 mios de fr. vers� � titre d'acompte �tait insuffisant de 1'770'462 fr., correspondant � 15% du montant total des titres (15% de 11'830'295 fr.). Le portefeuille de titres d'un montant de 11'830'295 fr. (� la fin septembre 2000) n'avait g�n�r� qu'un rendement de 143'000 fr. entre fin septembre 2000 et d�but octobre 2001, c'est-�-dire 48'000 fr. durant les quatre mois litigieux (143'000 fr. / 12 x 4). Le 15% des titres avait en d�finitive produit un rendement de 7'200 fr. (48'000 fr. x 15%).
La cour cantonale a ensuite examin� le lien de causalit� entre cette violation fautive des devoirs et le dommage all�gu�. Elle a retenu que selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, il est particuli�rement difficile d'estimer et de payer l'int�gralit� des imp�ts successoraux qui seront finalement demand�s par l'AFC, dans le d�lai l�gal de quatre mois. Il ne pouvait d�s lors �tre retenu un lien de causalit� naturel ni ad�quat entre l'omission des ex�cuteurs testamentaires et le fait que l'AFC ait r�clam� 49'567 fr. d'int�r�ts aux h�ritiers sur des imp�ts successoraux de pr�s de 6 mios fr. Partant, ils n'avaient pas � r�parer le dommage.
7.2.�Les h�ritiers font valoir que lorsque, comme en l'esp�ce, l'un des ex�cuteurs testamentaires est notaire, celui-ci est en mesure de calculer les droits de succession sur la base du proc�s-verbal d'inventaire �tabli en l'occurrence le 31 octobre 2000, qui mentionnait tous les actifs de la succession ainsi que leur valeur. Ils �voquent la possibilit� pour l'ex�cuteur testamentaire de contacter le fisc pour obtenir un calcul pr�cis du montant de l'acompte � verser, ajoutant que l'autorit� cantonale se contredit s'agissant de la possibilit� ou non d'estimer le montant des imp�ts. Ils contestent l'estimation faite par la Cour de justice du rendement produit par les titres (7'200 fr.), pour le motif que le calcul de ce montant ne serait pas pr�cis� et que la cour cantonale n'indiquerait pas sur quels documents elle s'est bas�e pour y proc�der. Ils expliquent que le premier juge, qui avait estim� ce montant � 8'112 fr., ne l'avait pas imput� sur les int�r�ts de retard, pour le motif que ce montant n'�tait pas �tabli et que l'ensemble des revenus de titres avait �t� pris en compte dans la d�termination de la perte sur le portefeuille de titres.
Dans leurs d�terminations, les ex�cuteurs testamentaires reprennent pour l'essentiel l'argumentation de la cour cantonale, contestant cependant toute violation de leur devoir; ils exposent en substance que l'on ne saurait leur reprocher de ne pas avoir anticip� l'�volution d�favorable des march�s. Pour le cas o� ils seraient tenus pour responsables, ils affirment qu'il faudrait imputer sur le pr�judice un rendement effectif des actifs de 59'894 fr., montant qui aurait �t� constat� par le Tribunal de premi�re instance, de sorte qu'en d�finitive, les h�ritiers n'auraient droit � aucune indemnit�. Ils affirment qu'il est arbitraire d'avoir estim� le rendement de la fortune � 7'200 fr. (soit 15% x 48'000 fr.) durant les quatre mois litigieux.
7.3.1.�Parmi les devoirs de l'ex�cuteur testamentaire figure celui de payer les dettes de la succession (�
cf. supra�consid. 4.3.1); s'il ne paie pas ou paie avec retard les dettes exigibles du d�funt ou de la succession, il engage sa responsabilit� (GUILLAUME, op. cit., p. 22), pour autant qu'il e�t pu disposer des liquidit�s n�cessaires pour le faire. En l'esp�ce, les ex�cuteurs testamentaires ne contestent pas qu'il leur appartenait de veiller au paiement des imp�ts successoraux. En choisissant de verser un acompte d'imp�t successoral inf�rieur au montant de l'imp�t estim�, qu'ils connaissaient pour l'avoir calcul�, alors qu'ils auraient pu en tout temps vendre davantage de titres pour obtenir les liquidit�s n�cessaires (cf. pour le surplus GEISER, op. cit., p. 181; K�NZLE, Die Anlagestrategie, op. cit., p. 55 let. e), ils ont ainsi viol� leur devoir d'ex�cuteur testamentaire.
7.3.2.�Le dommage r�sultant de la violation de leur devoir correspond au montant des int�r�ts moratoires finalement r�clam�s par l'AFC (49'567 fr.;�
cf. supra�consid. 4.4). Il n'y a pas lieu d'imputer le pr�tendu rendement r�alis� par les titres qui n'ont pas �t� vendus pour provisionner les imp�ts, d�s lors qu'il ressort clairement de l'arr�t entrepris que le portefeuille de titres a en d�finitive r�alis� une perte globale importante.
7.3.3.�Pour que les ex�cuteurs testamentaires engagent leur responsabilit�, il faut encore que le dommage se trouve en lien de causalit� naturelle et ad�quate avec la violation du devoir (�
cf. supra�consid. 4.5). La cour cantonale a en l'occurrence retenu que la condition de la causalit� naturelle n'�tait pas r�alis�e, ce qui ne correspond toutefois en rien aux constatations de fait qui ressortent pourtant clairement de l'arr�t entrepris. Il a en effet �t� constat� que le paiement d'un acompte d'imp�t successoral suffisant dans les quatre mois suivant le d�c�s aurait permis de ne pas s'exposer � payer des int�r�ts moratoires, ceux-ci �tant dus d�s le d�but du cinqui�me mois; ces constatations de fait lient le Tribunal f�d�ral, faute de grief d'arbitraire � leur encontre (�
cf. supra�consid. 4.5 et 2.2). Il en r�sulte n�cessairement que l'omission de payer un acompte suffisant se trouve en lien de causalit� naturelle avec la r�clamation, par le fisc, d'int�r�ts moratoires. L'omission de verser un acompte conforme au montant estim� des imp�ts est par ailleurs de nature, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, � provoquer l'obligation de s'acquitter d'int�r�ts moratoires (sur la notion de causalit� ad�quate, qui peut �tre examin�e librement par le Tribunal f�d�ral puisqu'il s'agit d'une question de droit,�
cf. supra�consid. 4.5). En retenant le contraire sous pr�texte qu'il serait difficile d'estimer et de payer l'int�gralit� des imp�ts successoraux dans un d�lai de quatre mois apr�s le d�c�s, la Cour de justice se m�prend. Le point de savoir si les ex�cuteurs testamentaires pouvaient estimer et payer la totalit� des imp�ts en temps utile ne concerne pas la notion de causalit� ad�quate; il est seulement d�terminant pour savoir si les ex�cuteurs testamentaires ont viol� ou non leur devoir. Au demeurant, le fait qu'en r�gle g�n�rale, il serait difficile de proc�der � une telle estimation et de s'acquitter de tous les imp�ts, est sans influence sur l'issue du pr�sent litige. Il ressort des faits de l'arr�t entrepris qu'en l'esp�ce, les ex�cuteurs testamentaires ont choisi, d�lib�r�ment et en toute connaissance de cause, de payer un acompte insuffisant, alors qu'ils auraient pu avoir les liquidit�s n�cessaires en temps utile pour payer un acompte suffisant.
7.3.4.�Enfin, sur la base des faits qui ont �t� �tablis, les ex�cuteurs testamentaires ne parviennent pas � d�montrer qu'ils n'ont commis aucune faute. Rien n'indique qu'ils n'auraient pas pu disposer � temps des liquidit�s n�cessaires, pas plus qu'ils n'auraient interpell� ou inform� les h�ritiers de leur choix ni des cons�quences de celui-ci en mati�re d'int�r�ts moratoires. Si tel avait �t� le cas, les h�ritiers auraient eu l'occasion de s'adresser � l'autorit� de surveillance pour obtenir qu'elle ordonne aux ex�cuteurs testamentaires de payer l'int�gralit� des imp�ts estim�s dans le d�lai de quatre mois � compter du d�c�s. Il n'est pas non plus d�montr� que les ex�cuteurs testamentaires se seraient adress�s � l'autorit� de surveillance pour obtenir son accord. Pour le surplus, aucune circonstance particuli�re ne justifie une r�duction de l'indemnit� (�
cf. supra�consid. 4.7).
7.3.5.�Il d�coule de ce qui pr�c�de que s'agissant des int�r�ts de retard r�clam�s par le fisc, les ex�cuteurs testamentaires doivent r�parer le dommage caus� aux h�ritiers par la violation fautive de leur devoir, � savoir 49'567 fr.
Les h�ritiers ont conclu � ce que cette somme soit assortie d'int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 juin 2001. Toutefois, ils ne d�veloppent aucune motivation � l'appui de leur conclusion. En particulier, ils n'explicitent pas quel serait le fondement des int�r�ts qu'ils r�clament, ni pour quelle raison ils seraient dus d�s le 30 juin 2001. Sur ce point, leur recours doit ainsi �tre rejet�.
I.4.�
Frais d'expertise priv�e
Les ex�cuteurs testamentaires contestent devoir indemniser les frais d'expertise priv�e auxquels ont d� faire face les h�ritiers.
8.1.�Il ressort de l'arr�t querell� qu'en cours de proc�dure, les h�ritiers ont demand� � un expert priv� d'analyser la gestion et les op�rations de liquidation du portefeuille de titres, entre le d�c�s de J.B.________ et l'automne 2001, et d'�tablir le montant de leur dommage en relation avec cette liquidation. Ils l'ont �galement charg� de v�rifier l'exactitude du d�compte final audit� de la succession. Les honoraires de l'expert se sont �lev�s � 7'650 fr. selon la note d'honoraires exigible le 30 mai 2008, 1'365 fr. selon la note du 31 mars 2011 et 3'150 fr. selon celle du 30 juin 2011. Selon la cour cantonale, d�s lors que les conclusions de l'expert priv� ont �t� confirm�es par l'expertise judiciaire et que son expertise a �t� engag�e en vue de faire valoir des pr�tentions qui ont �t� admises � l'issue d'une proc�dure judiciaire, les frais ainsi engag�s par les h�ritiers �taient en rapport avec l'�v�nement dommageable et n�cessaires. Ils �taient en outre mesur�s au vu de la mission de l'expert. La premi�re tranche de 7'650 fr. et la derni�re tranche de 3'150 fr. correspondaient en effet au travail fourni par un sp�cialiste afin d'�tablir le montant d'un dommage de plus de 800'000 fr. lors de la vente d'actions et celui r�sultant d'autres activit�s des ex�cuteurs testamentaires au vu du tableau de distribution des droits de succession. La seconde tranche de 1'365 fr. correspondait � un entretien requis par l'expert judiciaire. Ces frais n�cessaires constitueraient par cons�quent un dommage pour les h�ritiers, que les ex�cuteurs testamentaires se devaient d'indemniser.
8.2.�En substance, les ex�cuteurs testamentaires font valoir que l'action �tait d�j� introduite lorsque le rapport d'expertise priv�e a �t� �tabli, de sorte que les h�ritiers n'en avaient pas besoin pour d�terminer s'ils allaient ouvrir action. Ils ajoutent que l'expertise priv�e (tout comme l'expertise judiciaire) �tait inutile, puisque la Cour de justice a consid�r� que les ex�cuteurs testamentaires devaient vendre tous les titres d�s l'acceptation de leur mission. Il n'�tait pas n�cessaire de mettre en oeuvre une expertise � propos d'une question juridique, qui rel�ve de la seule comp�tence du juge. Au demeurant, les ex�cuteurs testamentaires rel�vent que les conclusions de l'expertise litigieuse (p. 50 ch. 11.3) ne vont pas dans le m�me sens, l'expert priv� n'ayant pas retenu que l'ensemble des titres aurait d� �tre vendu imm�diatement. Selon eux, il n'y avait pas lieu de mandater un expert pour d�terminer la diff�rence entre la valeur des titres au 30 septembre 2000 et la valeur � laquelle ces titres ont r�ellement �t� vendus, ces montants ressortant des pi�ces du dossier. Ils expliquent ensuite que la note de 1'365 fr. de l'expert priv� a �t� �tablie par celui-ci en relation avec le fait que l'expert judiciaire V.________ l'avait invit� � participer � une r�union le 16 f�vrier 2011; or, celui-ci n'avait pas � se faire aider par l'expert priv�. La note de 3'150 fr. avait quant � elle �t� �tablie par l'expert priv� suite � son interpellation par les hoirs en 2011, � savoir durant la proc�dure, alors que ceux-ci, s'ils avaient besoin d'explications, devaient les demander dans le cadre de l'expertise judiciaire, non pas s'adjoindre les services d'un expert priv�. Enfin, le tarif horaire de 450 fr. demand� par l'expert priv� serait disproportionn�.
8.3.�De mani�re g�n�rale, la personne dont la responsabilit� contractuelle est engag�e peut �tre amen�e � indemniser son cocontractant pour les frais d'expertise priv�e que celui-ci a encourus, � condition que ces frais soient en rapport avec l'�v�nement dommageable. L'expertise doit �tre n�cessaire et son co�t mesur� (arr�t 4A_121/2011 du 17 mai 2011 consid. 3.3 et les r�f�rences). Cette jurisprudence peut trouver application en relation avec la responsabilit� de l'ex�cuteur testamentaire.
8.4.�En tant que la Cour de justice a retenu, au demeurant sans plus ample explication, que l'expertise priv�e �tait n�cessaire, elle ne peut �tre suivie. Il n'�tait pas n�cessaire de mettre en oeuvre cette expertise en cours de proc�s, alors qu'une expertise judiciaire �tait par ailleurs ordonn�e. La jurisprudence cit�e par la Cour de justice concerne, en particulier, les honoraires de l'expert mis en oeuvre pour la constatation d'un d�faut au sens de l'art. 367 al. 2 CO, dans un litige qui rel�ve du contrat d'entreprise (ATF 126 III 388 consid. 10b p. 392). Dans la pr�sente affaire, et ind�pendamment du point de savoir si les ex�cuteurs testamentaires �taient responsables d'une mauvaise gestion du portefeuille de titres, nul n'�tait besoin de mandater un expert pour constater que ceux-ci avaient perdu de la valeur entre le moment o� la succession s'est ouverte et le moment o� ils ont �t� vendus, ni pour �tablir quel �tait le montant de cette perte de valeur. On ne discerne pas non plus en quoi l'expertise priv�e aurait �t� n�cessaire pour �tablir le montant du dommage " r�sultant d'autres activit�s [des ex�cuteurs testamentaires] au vu du tableau de distribution des droits de succession ". Enfin, il faut relever que l'expertise priv�e a �t� demand�e alors que l'action en paiement �tait d�j� introduite, de sorte qu'elle n'�tait pas destin�e � permettre aux h�ritiers de savoir s'il �tait judicieux d'ouvrir action. Les recours des ex�cuteurs testamentaires doivent ainsi �tre admis sur ce point, en ce sens que les frais d�coulant de l'expertise priv�e ne peuvent �tre mis � leur charge.
Remboursement des honoraires per�us en trop par les ex�cuteurs testamentaires�
Les h�ritiers exposent que les honoraires des ex�cuteurs testamentaires auraient d� �tre fix�s � 150'000 fr. Partant, il aurait fallu condamner ceux-ci � restituer 400'960 fr. pr�lev�s ind�ment sur les biens de la succession.
9.1.�Il ressort de l'arr�t entrepris que, par courrier du 23 mai 2006, les ex�cuteurs testamentaires ont inform� les h�ritiers qu'ils estimaient leurs honoraires � environ 4% de 13'727'831 fr., vu le temps consacr�, la complexit� des affaires de la d�funte, la dur�e de la liquidation et la responsabilit� qui s'y attachait. A cet effet, ils avaient pr�lev� 550'960 fr. 80 sur les actifs de la succession, sans adresser de d�compte de leurs heures, ni de descriptif d�taill� de leurs activit�s, ni de note d'honoraires et de frais. Le montant des honoraires a �t� fix� par le premier juge � 150'000 fr., de sorte que, vu le montant pr�lev� par les ex�cuteurs testamentaires � ce titre, ceux-ci devaient restituer aux h�ritiers 400'960 fr. Pour sa part, la Cour de justice a relev� que les ex�cuteurs testamentaires, qui ont �t� par ailleurs condamn�s � r�parer l'int�gralit� du dommage qu'ils ont caus� aux h�ritiers, avaient droit � leurs honoraires pour les activit�s qu'ils ont exerc�es, qui ont �t� utiles et ont permis le partage de la succession. En particulier, ils ont �tabli l'inventaire de la succession, qui portait sur des actifs de plus de 13 mios fr.; ils ont proc�d� � la d�claration d'imp�ts successoraux et ont liquid� les actifs successoraux. Les h�ritiers n'avaient pas de rapports conflictuels qui auraient pu compliquer leurs t�ches. Les ex�cuteurs testamentaires n'ont pas eu � r�pondre � des probl�matiques complexes ni � proc�der � la vente d'un immeuble sis en France, dont la gestion avait �t� confi�e � un notaire fran�ais. Cela �tant, vu le montant de la succession et les nombreux actifs � liquider, la responsabilit� pour chacune de leurs actions �tait grande, justifiant ainsi des heures de travail importantes. Les honoraires qu'ils ont pr�lev� sur les actifs successoraux (550'960 fr. 80) repr�sentaient, � un tarif horaire moyen de 375 fr. conform�ment au jugement de premi�re instance, 1'470 heures de travail, soit 183 jours, ce qui n'apparaissait pas excessif au vu de la dur�e de la liquidation de la succession (5 ans), ni in�quitable au vu des circonstances et en particulier du fait que les h�ritiers seront enti�rement indemnis�s pour les dommages caus�s. Ils pouvaient donc conserver le montant pr�lev� � titre d'honoraires.
9.2.�Les h�ritiers soul�vent les griefs de violation de l'art. 517 al. 3 CC et de l'art. 397 al. 2 CO, applicable par analogie. Ils soutiennent, en substance, que seules les prestations utiles, effectu�es par les ex�cuteurs testamentaires conform�ment � leurs devoirs, devaient �tre r�mun�r�es. En outre, ils estiment qu'une fixation forfaitaire des honoraires � 4% de la valeur de la succession est excessive et in�quitable. Se r�f�rant � la doctrine cit�e par la cour cantonale, ils font valoir qu'une proportion se situant entre 1 et 2,5% serait tout au plus admissible. Ils ajoutent que le tarif horaire de 375 fr. qui a �t� pris en compte est excessif, et font valoir que selon le jugement de premi�re instance, un mandataire professionnel pourrait facturer son activit� � un tarif horaire de 250 fr. lorsque la succession ne comporte pas de difficult�s particuli�res. Ils rel�vent encore que selon les faits de l'arr�t attaqu�, les ex�cuteurs testamentaires ne leur ont jamais adress� de d�compte de leurs heures de travail ni de descriptif d�taill� de leurs activit�s. Afin de fixer leurs honoraires �quitablement, il faudrait d�terminer quelles sont les activit�s qu'ils ont exerc�es, et parmi elles, lesquelles ont �t� ex�cut�es correctement. Parmi les activit�s cit�es par la Cour de justice figurent: l'�tablissement de l'inventaire de la succession, dont les h�ritiers soulignent qu'il a �t� effectu� de mani�re erron�e, puisqu'il comporte � double les parts S.________, d�j� comprises dans le portefeuille de titres (p. 5 de l'arr�t entrepris); la r�daction de la d�claration de succession, qui serait cribl�e d'erreurs corrig�es par le fisc; la liquidation des actifs successoraux, avec des pertes s'agissant du portefeuille, et en-dessous du prix de vente autoris� par les h�ritiers pour les actions de la SI P.________; l'�tablissement du d�compte de succession du 22 novembre 2005, totalement erron�. Quant � la dur�e de la liquidation, les h�ritiers, reprenant les consid�rations du premier juge, font valoir qu'elle aurait pu �tre largement inf�rieure � 5 ans, et qu'elle r�sulte en grande partie du litige fiscal cons�cutif aux erreurs des ex�cuteurs testamentaires; sans cela, la liquidation aurait pu �tre termin�e en 2002, avec la vente des actions de la SI P.________.
Dans leurs d�terminations, les ex�cuteurs testamentaires exposent notamment qu'une partie de la doctrine admet une r�mun�ration forfaitaire de l'ordre de 1 � 5% de la masse successorale, ajoutant qu'en d�signant trois ex�cuteurs testamentaires, J.B.________ �tait consciente que sa succession pr�senterait des difficult�s et que les honoraires de ceux-ci seraient plus �lev�s que ceux qui auraient �t� requis par un seul ex�cuteur testamentaire. En r�alit�, les honoraires pr�lev�s (4% de la masse successorale) repr�senteraient 1,33% pour chaque ex�cuteur testamentaire. G.________ invoque encore une d�cision d'une Chambre des notaires, selon laquelle en cas d'intervention d'autres mandataires, le montant des honoraires r�clam�s par le notaire ne doit pas �tre r�duit.
9.3.1.�La r�mun�ration des ex�cuteurs testamentaires est r�glement�e par l'art. 517 al. 3 CC, qui dispose que ceux-ci ont droit � une indemnit� �quitable. Il s'agit d'une cr�ance de droit priv�, dont la d�termination intervient exclusivement sur la base du droit f�d�ral. Le montant de la r�mun�ration �quitable de l'ex�cuteur testamentaire ne peut �tre fix� qu'en fonction des circonstances du cas particulier; il doit tenir compte du temps employ�, de la complexit� des op�rations effectu�es, de l'�tendue et de la dur�e de la mission, ainsi que des responsabilit�s que celle-ci entra�ne. Sous l'angle de la responsabilit� assum�e, la valeur de la succession peut certes �tre prise en consid�ration dans le sens d'une augmentation de la r�mun�ration, mais � c�t� des autres �l�ments pr�cit�s: la r�mun�ration devant �tre avant tout objectivement proportionn�e aux prestations fournies (ATF 117 II 282 consid. 4c p. 284 s.), elle ne saurait d�pendre forfaitairement de la seule valeur de la succession (ATF 78 II 123 consid. 2 p. 127). En outre, il ne saurait �tre question de fixer la r�mun�ration de l'ex�cuteur testamentaire selon des principes diff�rents selon qu'il s'agisse - ou non - d'un avocat, d'un notaire, etc. (ATF 129 I 330 consid. 3.2�
in fine�p. 335). Sous l'angle de la complexit� des op�rations effectu�es et de la responsabilit� assum�e, le juge peut toutefois tenir compte, dans le sens d'une augmentation de la r�mun�ration, de comp�tences particuli�res qui profitent � la succession, par exemple dans le cas d'un avocat ou d'un administrateur de biens (arr�t 5C.91/1998 du 2 juin 1998 consid. 4b/bb et les r�f�rences).
Les tarifs cantonaux, notamment ceux relatifs � la fixation des honoraires d'avocat, ne lient pas le juge, car le droit de l'ex�cuteur testamentaire � une r�mun�ration �quitable rel�ve du seul droit f�d�ral (ATF 78 II 123 consid. 2 p. 127). Tout au plus ces tarifs peuvent-ils constituer un point de rep�re, dans la mesure o� ils refl�tent la r�mun�ration usuelle dans la profession (arr�t 5C.91/1998 du 2 juin 1998 consid. 4b/cc).
9.3.2.�S'agissant des cons�quences d'une ex�cution d�fectueuse des devoirs de l'ex�cuteur testamentaire sur son droit � une r�mun�ration, il convient de se r�f�rer � la jurisprudence rendue en mati�re de contrat de mandat.
En cas d'ex�cution d�fectueuse du mandat, le mandataire a droit � des honoraires pour l'activit� qu'il a exerc�e en conformit� avec le contrat; dans le cas o� l'ex�cution d�fectueuse du mandat est assimilable � une totale inex�cution, se r�v�lant inutile ou totalement inutilisable, le mandataire peut perdre son droit � la r�mun�ration (ATF 124 III 423 consid. 4a p. 427; arr�t 4A_364/2013 du 5 mars 2014 consid. 14.1). La r�mun�ration due au mandataire repr�sente une contre-prestation pour les services qu'il rend au mandant, plus pr�cis�ment pour l'activit� diligente qu'il exerce dans l'affaire dont il est charg�, de sorte que le mandataire qui ne rend pas les services promis, c'est-�-dire qui demeure inactif ou n'agit pas avec le soin requis, ne peut pr�tendre � l'entier des honoraires convenus ou � la m�me r�mun�ration qui serait �quitablement due � un mandataire diligent (ATF 124 III 423 consid. 3b p. 425). Selon les circonstances, lorsque le mandat est ex�cut� de mani�re d�fectueuse, il peut donc en r�sulter une r�duction des honoraires du mandataire, afin que l'�quilibre des prestations contractuelles �chang�es soit r�tabli (ATF 124 III 423 consid. 4a p. 427 et les r�f�rences; arr�ts 4A_322/2014 du 28 novembre 2014 consid. 3.2; 4A_89/2012 du 17 juillet 2012 consid. 3.1; dans le m�me sens, concernant en particulier l'ex�cuteur testamentaire: KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 29
ad�art. 517 CC; ANDREAS JERMANN, Honoraires et obligation de l'ex�cuteur testamentaire de rendre compte, TREX 2009, p. 170). Cependant, lorsque les effets de l'absence de diligence ont �t� corrig�s et qu'il n'en r�sulte aucun pr�judice pour le mandant, qui se trouve plac� dans la m�me situation qu'en cas d'ex�cution correcte du mandat, le travail du mandataire doit �tre honor� (ATF 124 III 423 consid. 3b p. 425). En d�finitive, il y a cumul entre le droit � la r�duction des honoraires et la r�paration du dommage caus� par la mauvaise ex�cution du mandat (ATF 124 III 423 consid. 3c p. 426), ce cumul ne devant toutefois pas conduire � un enrichissement du mandant (arr�t 4A_364/2013 du 5 mars 2014 consid. 14.1).
Il n'est pas n�cessaire, pour que le mandataire ait droit � une r�mun�ration, qu'il ait eu les meilleures id�es qui puissent se concevoir et qu'il ait eu les meilleures r�actions possibles; il suffit qu'il ait fourni de bonne foi les services promis, en suivant les instructions du mandant et en respectant les r�gles commun�ment admises pour l'activit� en cause (arr�t 4C.323/1999 du 22 d�cembre 1999 consid. 1b, in SJ 2000 I p. 485). Il appartient au mandataire de prouver les prestations qu'il a fournies, de mani�re � permettre la d�termination de la somme qu'il r�clame (art. 8 CC). En revanche, si le mandant entend faire valoir, par exception, que le mandataire n'a pas droit � ses honoraires en raison d'une mauvaise ex�cution, il lui incombe d'en apporter la preuve s'il n'a pas refus� la prestation (arr�ts 4A_267/2010 du 28 juillet 2010 c. 3 4C.61/2001 du 14 juin 2001 consid. 3b non publi� in ATF 127 III 543).
9.4.�D�s lors que les honoraires des ex�cuteurs testamentaires constituent une dette de la succession (arr�t 5A_881/2012 du 26 avril 2013 consid. 5.1; KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 33
ad�art. 517 CC; K�NZLE, op. cit., Berner Kommentar, n� 413 p. 298), l'action tendant au remboursement des honoraires vers�s en trop doit �tre introduite par l'ensemble des h�ritiers conjointement, m�me lorsque le partage a d�j� eu lieu (consorit� active n�cessaire, arr�t 5A_881/2012 du 26 avril 2013 consid. 5.2). Cela �tant, en l'occurrence, les h�ritiers qui n'ont pas particip� � la pr�sente proc�dure ont express�ment renonc� � leurs droits en faveur de leurs co-h�ritiers (�
cf. supra�let. B.a in fine). Il se justifie par cons�quent d'entrer en mati�re sur la question des honoraires.
9.5.�En l'esp�ce, m�me si le montant des honoraires pr�lev�s par les ex�cuteurs testamentaire correspond, de fait, � 4% de la valeur de la succession (550'960 fr.), il n'y a pas lieu de traiter les griefs des h�ritiers en lien avec la prohibition d'une fixation forfaitaire des honoraires. En effet, la cour cantonale a en r�alit� estim� qu'une r�mun�ration de 550'960 fr., repr�sentant 1'470 heures de travail, soit 183 jours, �tait �quitable compte tenu des circonstances du cas d'esp�ce, ce qu'il convient d'examiner. S'agissant l� d'une question d'appr�ciation (ATF 117 II 282 consid. 4a�
in fineet 4c p. 283 s.), le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue et n'intervient que si le juge a abus� de son pouvoir d'appr�ciation, en se r�f�rant � des crit�res d�nu�s de pertinence ou en ne tenant pas compte d'�l�ments essentiels, ou lorsque la d�cision, dans son r�sultat, est manifestement in�quitable ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice (ATF 141 V 51 consid. 9.2 p. 70).
En tant que les h�ritiers pr�tendent que la Cour de justice aurait d� retenir, comme l'ont fait les premiers juges, un tarif horaire de 250 fr., puisque la succession ne comportait pas de difficult�s particuli�res, ils ne parviennent pas � d�montrer que la cour cantonale a abus� de son pouvoir d'appr�ciation en consid�rant qu'en l'esp�ce, une r�mun�ration horaire moyenne de 375 fr. �tait objectivement proportionn�e aux prestations fournies. La simple r�f�rence au jugement de premi�re instance constitue une motivation insuffisante (art. 42 al. 2 LTF; cf. par ex. arr�t 4A_709/2011 du 30 mai 2012 consid. 1.1).
Cependant, la juridiction pr�c�dente ne pouvait consid�rer, sans plus ample examen, que le montant pr�lev� par les ex�cuteurs testamentaires � titre d'honoraires apparaissait �quitable, sous pr�texte que le dommage caus� allait par ailleurs �tre enti�rement indemnis�. S'il est vrai qu'une ex�cution d�fectueuse du mandat n'entra�ne en principe pas une suppression pure et simple des honoraires, il faut, selon les circonstances, allouer aux ex�cuteurs testamentaires des honoraires r�duits, ne tenant compte que des activit�s utiles et exerc�es en conformit� avec le devoir de diligence (�
cf. supra�consid. 9.3.2). En d'autres termes, les prestations qui se sont r�v�l�es inutilisables devaient �tre assimil�es � une inex�cution totale, partant, non r�mun�r�es, et celles qui �taient d�fectueuses pouvaient, selon les circonstances, donner lieu � une r�duction des honoraires. On ne saurait cependant suivre les h�ritiers, en tant qu'ils semblent pr�tendre que l'�tablissement de l'inventaire de la succession, celui du d�compte du 22 novembre 2005 et la r�daction de la d�claration de succession ne devraient pas �tre r�mun�r�s, vu les erreurs dont ils �taient entach�s. Ces activit�s n'�taient pas inutilisables, ce qui aurait justifi� une suppression des honoraires per�us pour le travail effectu� � ce titre; elles �taient, en soi, utiles et n�cessaires et faisaient partie des devoirs des ex�cuteurs testamentaires (�
cf. supra�consid. 4.3.1). En outre, si les ex�cuteurs testamentaires avaient accompli ces t�ches sans erreur, il n'appara�t pas n�cessairement que cela aurait n�cessit� moins d'heures de travail. Par exemple, on rel�vera que, s'il est certes constat� dans l'arr�t attaqu� que les ex�cuteurs testamentaires ont d�clar� � double les parts S.________ dans la d�claration fiscale, ce qui a entra�n� une surimposition de 21'022 fr. - montant que les ex�cuteurs ont rembours� aux h�ritiers - (arr�t entrepris, let. D p. 6), rien n'indique qu'ils auraient pris moins de temps pour remplir dite d�claration s'ils l'avaient remplie correctement. Ainsi, d�s lors qu'ils ont par ailleurs �t� enti�rement indemnis�s, les h�ritiers se trouveraient enrichis, si les honoraires relatifs � cette t�che �taient r�duits, voire supprim�s. En d�finitive, il n'est pas �tabli que les ex�cuteurs testamentaires auraient effectu� des op�rations totalement inutiles qui ne devraient donc pas �tre r�mun�r�es, ni que les d�fauts constat�s n�cessitaient imp�rativement une r�duction des honoraires. Il en r�sulte que la d�cision de la Cour de justice de ne pas r�duire le montant des honoraires en raison d'une ex�cution d�fectueuse du mandat ne constitue pas un abus ni un exc�s de son pouvoir d'appr�ciation.
Il reste � examiner si la cour cantonale a abus� ou exc�d� son pouvoir d'appr�ciation en estimant qu'une dur�e de 1'470 heures de travail apparaissait justifi�e en l'esp�ce.
Parmi les activit�s des ex�cuteurs testamentaires donnant droit � des honoraires, la Cour de justice a cit� l'�tablissement de la d�claration d'imp�ts sur les successions et celui de l'inventaire successoral, ce qui ne pr�te pas le flanc � la critique. Cependant, elle a aussi mentionn� la liquidation des actifs successoraux, sans toutefois pr�ciser quel a �t� le r�le des ex�cuteurs testamentaires dans ce cadre. Elle a parall�lement constat� que ceux-ci, qui n'ont pas donn� d'instructions � O.________ SA quant � la gestion du portefeuille de titres, hormis celle de vendre des actions Nestl� en mars 2001, ont ensuite " laiss� O.________ SA proc�der � la vente du solde des titres " (arr�t attaqu�, p. 7). On ne discerne donc pas quelle fut leur activit� concernant la liquidation des titres, �tant rappel� que ceux-ci repr�sentent l'essentiel de la valeur de la succession. L'arr�t entrepris ne pr�cise pas non plus si O.________ SA a factur� ses prestations en relation avec la vente des titres ni, le cas �ch�ant, si ces honoraires ont �t� pay�s par la succession; dans une telle hypoth�se, il ne saurait �tre question, a priori, de r�mun�rer en sus les ex�cuteurs testamentaires pour lesdites prestations. Enfin, en tant que la Cour de justice justifie le nombre d'heures de travail estim� par la dur�e de la liquidation (5 ans), il faut souligner que cela ne peut �tre pris en consid�ration que pour autant qu'une telle dur�e f�t justifi�e et que, durant ces cinq ans, les ex�cuteurs aient ex�cut� des actes utiles � la liquidation. Vu ce qui pr�c�de, l'autorit� cantonale a fix� le montant des honoraires pr�lev�s par les ex�cuteurs testamentaires en se fondant en partie sur des crit�res d�nu�s de pertinence. Les all�gations des ex�cuteurs testamentaires selon lesquelles, dans la mesure o� la d�funte les a d�sign�s tous les trois, il serait justifi� de pr�lever un montant d'honoraires plus �lev� que si un seul ex�cuteur avait �t� d�sign�, n'y changent rien. S'il est vrai qu'une telle circonstance permet de tenir compte d'heures de travail suppl�mentaires, correspondant aux activit�s de coordination entre les ex�cuteurs testamentaires (K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 404 p. 296; KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 95
ad�art. 518 CC), elle ne saurait justifier � elle seule une augmentation substantielle des honoraires. Enfin, on ne discerne pas en quoi l'invocation d'une d�cision d'une Chambre des notaires serait de nature � d�montrer quels sont les principes d�gag�s par le droit f�d�ral � ce sujet.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la cause doit �tre renvoy�e � l'autorit� pr�c�dente pour qu'elle fixe � nouveau le montant de l'indemnit� �quitable due aux ex�cuteurs testamentaires � titre d'honoraires, en fonction de l'ensemble des circonstances, partant, l'�ventuel montant qu'ils devront restituer � ce titre; elle tiendra notamment compte du fait que la succession ne pr�sentait en d�finitive pas de difficult�s particuli�res et que les h�ritiers n'avaient pas de rapports conflictuels qui auraient pu compliquer la t�che, tout en gardant � l'esprit que le fardeau de la preuve des prestations fournies incombe aux ex�cuteurs testamentaires. Il conviendra d'indiquer quels sont les actes qui ont �t� accomplis conform�ment � leurs devoirs et qui, par cons�quent, doivent �tre r�mun�r�s, notamment de d�terminer quelles op�rations de liquidation ont �t� effectu�es par les ex�cuteurs testamentaires eux-m�mes, et d'estimer le nombre d'heures de travail n�cessaire. La Cour de justice devra aussi v�rifier si des actes utiles � la liquidation ont �t� ex�cut�s durant les cinq ans durant lesquelles celle-ci a dur�. Si la valeur importante de la succession peut certes �tre prise en compte dans une certaine mesure, le montant des honoraires doit surtout rester proportionn� aux prestations effectivement fournies (�
cf. supra�consid. 9.3.1), dont fait partie le travail de coordination raisonnablement admissible entre les trois ex�cuteurs testamentaires.
Solde non distribu� des actifs successoraux
Chacune des parties s'en prend aux consid�rations de la Cour de justice concernant le solde non distribu� de la succession.
10.1.�A la fin de son mandat, l'ex�cuteur testamentaire doit �tablir un d�compte final (KARRER/VOGT/LEU, op. cit., n� 16
ad�art. 518 CC; K�NZLE, Berner Kommentar, op. cit., n� 409 p. 297), � moins que les h�ritiers ne l'en dispensent (COTTI, op. cit., n� 122
ad�art. 518 CC; CHRIST/EICHNER, op. cit., n� 36
ad�art. 518 CC). S'il ne rend pas compte de sa gestion, les h�ritiers peuvent demander l'intervention du juge civil (COTTI, op. cit., n� 123
ad�art. 518 CC). Par application analogique de l'art. 400 al. 1 CO, l'ex�cuteur testamentaire doit aussi restituer tout ce qu'il a re�u dans le cadre de sa mission, � quelque titre que ce soit.
10.2.�Selon un d�compte final produit par les ex�cuteurs testamentaires le 4 d�cembre 2009 et audit� par un expert-comptable ind�pendant, les h�ritiers avaient droit, en tout, � un montant de 6'603'393 fr. Puisque 6'594'922 fr. leur avaient d�j� �t� vers�s, un solde de 8'471 fr. 40 devait encore leur �tre remis par les ex�cuteurs testamentaires. Le Tribunal de premi�re instance a condamn� ceux-ci � payer, au titre du versement du solde des actifs successoraux, la somme arrondie de 8'470 fr. avec int�r�ts � 5% d�s le 1er novembre 2005. Cela n'a pas �t� contest� par les parties en appel.
Les ex�cuteurs testamentaires affirment ne jamais avoir contest� devoir encore distribuer le solde de la succession, soit 8'480 fr., aux h�ritiers. Ils exposent toutefois que ce solde ne saurait �tre d�livr� aux seuls h�ritiers parties � la pr�sente proc�dure, mais devrait �tre partag� entre l'ensemble des h�ritiers, y compris L.A.________-C.________ et N.________.
Cela �tant, il ressort de l'arr�t entrepris que les h�ritiers qui ne sont pas partie � la pr�sente proc�dure ont " renonc� � leurs droits de succession " en faveur de leurs coh�ritiers (�
cf. supra�let. B.a�
in fine). La critique doit ainsi �tre rejet�e. Au demeurant, les ex�cuteurs testamentaires ne pr�tendent pas avoir critiqu� le montant du solde non distribu� en appel, la cour cantonale ayant d'ailleurs constat� que cette question ne lui a pas �t� soumise (art. 75 LTF).
10.3.�Les h�ritiers estiment qu'en plus du solde non distribu� de 8'480 fr., les ex�cuteurs testamentaires doivent encore leur verser 151'842 fr. Ils auraient en effet ind�ment d�duit ce montant des parts des h�ritiers, en compensant une dette avec le produit de la vente des actions de la SI P.________. La Cour de justice aurait �tabli les faits contrairement aux pi�ces du dossier, notamment les pi�ces comptables. En particulier, les h�ritiers rel�vent que le d�compte du 22 novembre 2005 comptabiliserait � double une dette de 151'842 fr., une fois comme dette en " compte courant SI P.________ " et une fois dans le cadre de la d�duction faite � titre de moins-value sur r�alisation d'actifs, le montant de 106'081 fr. d�duit � ce titre comprenant tant la dette de 151'842 fr. que la cr�ance de 130'000 fr. et la remise de dette de 21'842 fr. Exposant ensuite que le premier juge s'est en d�finitive bas� sur l'audit �tabli par W.________ SA par sondages le 4 d�cembre 2009, les h�ritiers tentent de d�montrer que, dans ce d�compte, la dette de 151'842 fr. aurait �t� comptabilis�e � double, de sorte qu'en d�finitive, les ex�cuteurs testamentaires devraient leur verser ce montant.
10.3.1.�S'agissant de cette pr�tention, il ressort de l'arr�t entrepris qu'� l'ouverture de la succession, la masse successorale comprenait une dette de la d�funte au passif du compte courant actionnaire de la SI P.________ (151'842 fr.) et une cr�ance de 130'000 fr. des actifs en compte courant. La vente des actions de la SI P.________ a entra�n� l'extinction de la dette et de la cr�ance pr�cit�es en juin 2002 conform�ment au contrat de vente, le solde ayant fait l'objet d'une remise de dette par l'acqu�reur. Le d�compte de succession du 2 novembre 2005 [recte: du 22 novembre 2005] mentionne cette dette et cette cr�ance, alors qu'elles ont �t� �teintes lors de la vente, sans pr�judice toutefois pour la succession qui a b�n�fici� au prix de vente et de la remise de dette. Faute de pr�judice, la Cour de justice a donc confirm� la d�cision du premier juge de rejeter la conclusion correspondante des h�ritiers.
10.3.2.�En tant que les h�ritiers se basent sur le d�compte du 4 d�cembre 2009, sous pr�texte que le premier juge en aurait tenu compte dans son raisonnement, ils omettent qu'il leur appartenait d'expliquer en quoi l'argumentation de la Cour de justice contreviendrait au droit f�d�ral ou r�sulterait d'un �tablissement arbitraire des faits (�
cf. supra�consid. 2.1 et 2.2; art. 42 al. 2 LTF). Une critique du premier jugement est irrecevable. Or, la Cour de justice ne s'est bas�e que sur le d�compte du 22 novembre 2005 pour en d�duire que la succession n'avait subi aucun pr�judice en relation avec la comptabilisation des op�rations relatives aux actions de la SI P.________. Les h�ritiers ne pr�tendent au demeurant pas qu'il serait arbitraire de se fonder sur les chiffres figurant dans ce d�compte plut�t que sur ceux r�sultant de l'audit du 4 d�cembre 2009, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'examiner plus avant cette question (�
Pour le surplus, autant que la critique en relation avec le d�compte du 22 novembre 2005 soit compr�hensible, elle ne permet pas de d�montrer que la dette de 151'842 fr. serait comptabilis�e � double au pr�judice des h�ritiers, pour les raisons expos�es ci-apr�s. Les h�ritiers pr�tendent que la dette serait comptabilis�e une premi�re fois en tant que dette au passif du compte courant actionnaire de la SI P.________ (comprise dans le total des dettes de 358'803 fr.). Ils reconnaissent cependant qu'� ce sujet, la Cour de justice a correctement �tabli que le d�compte contient parall�lement une cr�ance de 130'000 fr. des actifs en compte courant, le solde (21'842 fr.) ayant fait l'objet d'une remise de dette par l'acqu�reur; partant, il n'en r�sulte pas de pr�judice pour les h�ritiers. Ceux-ci affirment que la dette serait, d'autre part, incluse dans le montant de 106'081 fr. d�duit � titre de moins-value sur r�alisation d'actifs, puisque celui-ci comprendrait " la dette, la cr�ance et la remise de dette ". Or, si tel �tait le cas, on ne discerne pas en quoi il en d�coulerait un pr�judice pour les h�ritiers, puisque la cr�ance et la remise de dette correspondantes seraient �galement comprises dans le calcul de ce montant. Leur argumentation, qui n'explicite pas plus avant en quoi le raisonnement de la cour cantonale violerait le droit f�d�ral, ne satisfait quoi qu'il en soit pas aux exigences de motivation (art. 42 al. 2 LTF). Le recours doit ainsi �tre rejet� sur ce point, dans la mesure o� il est recevable.
Les h�ritiers s'en prennent � la mani�re dont ont �t� r�partis les frais et d�pens de la proc�dure cantonale. Il n'y a cependant pas lieu d'examiner leur critique, vu l'annulation de l'arr�t attaqu� et le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision. Dans le cadre du renvoi, il appartiendra � la Cour de justice de r�partir � nouveau les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
En conclusion, chacun des recours est partiellement admis, dans la mesure o� il est recevable, au sens des consid�rants. Les frais judiciaires sont fix�s � 80'000 fr., compte tenu de la valeur litigieuse, de l'ampleur et de la complexit� de la cause (art. 65 al. 2 LTF). Les ex�cuteurs testamentaires obtiennent gain de cause concernant la gestion du portefeuille de titres et les frais d'expertise priv�e, mais succombent concernant le calcul du dommage en relation avec les honoraires des avocats fiscalistes. Les h�ritiers obtiennent gain de cause s'agissant des honoraires des ex�cuteurs testamentaires, partiellement gain de cause concernant les int�r�ts de retard dus � l'AFC - leur conclusion en relation avec les int�r�ts moratoires �tant rejet�e -, mais succombent concernant le solde des actifs successoraux et la dette en relation avec les actions de la SI P.________. Par cons�quent, il se justifie de r�partir les frais � raison de 40'000 fr. � la charge des h�ritiers, solidairement entre eux, et de 40'000 fr. � la charge des ex�cuteurs testamentaires, solidairement entre eux. La r�partition des frais dans les rapports internes est r�gl�e par l'art. 66 al. 5 LTF. Les d�pens sont compens�s (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Chacun des recours est partiellement admis, dans la mesure o� il est recevable, l'arr�t attaqu� est annul� et il est partiellement r�form� en ce sens que, sous r�serve des questions faisant l'objet du renvoi, G.________, H.________ et I.________, solidairement entre eux, sont condamn�s � payer � A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________, E.B.________ et F.B.________, solidairement entre eux:
- 165'070 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2005;
- 49'570 fr., sans int�r�ts;
- 8'470 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2005.
S'agissant de la question de la responsabilit� des ex�cuteurs testamentaires en lien avec la gestion du portefeuille de titres, ainsi que de celle de la restitution d'honoraires per�us en trop par les ex�cuteurs testamentaires, la cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
En outre, la cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle statue � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Les recours sont rejet�s pour le surplus.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 80'000 fr., sont mis pour 40'000 fr. � la charge de G.________, H.________ et I.________, solidairement entre eux, et pour 40'000 fr. � la charge de A.A.________, B.A.________, C.A.________, D.A.________, E.B.________ et F.B.________, solidairement entre eux.

References: ATF 
 art. 72
 ATF 
in fine
 Art. 517
in fine
in fine
in fine
 ATF 
 art. 399
in fine
in fine
in fine
in fine
 ATF 
in fine
in fine
in fine
 art. 42