Source: http://www.wallonie-en-ligne.net/Wallonie_Politique/1995-CIFE_Wallonie-Region_Europe/1995_CIFE09_Minke_Alfred.htm
Timestamp: 2014-03-12 04:46:07+00:00

Document:
La wallonie, une r�gion en Europe - Alfred Minke
Institut-Destree.org Coll�ge Prospective Wallonie IntelliTerWal Millennia2015 Coordonn�es
La Wallonie, une r�gion en Europe
La Communaut� germanophone: l'�volution d'une terre d'entre-deux
Professeur � l'Universit� catholique de Louvain
Conservateur aux Archives de l'Etat � Eupen
La gen�se de la Communaut� germanophone de Belgique est � la fois semblable et diff�rente de celle de ses partenaires dans l'Etat f�d�ral belge.
La relater n'est pas chose ais�e. D'abord, parce qu'on risque d'ennuyer le lecteur en lui pr�sentant des faits qu'il conna�t par l'histoire g�n�rale ou r�gionale et qui recoupent des �v�nements qui ont marqu� le pass� des germanophones de Belgique �galement. Ensuite, parce que les aspects vraiment caract�ristiques de ce pass� sont souvent si complexes ou d'une coloration tellement locale que leur compr�hension par un plus large public n�cessite un long retour en arri�re et de plus amples explications qui menacent de devenir fastidieuses.
Je m'efforcerai d'�viter cet �cueil en me tenant � une description des faits aussi succincte que possible, ce qui, j'en conviens, peut �ventuellement engendrer une certaine s�cheresse de l'expos�.
J'en demande d'avance l'indulgence du lecteur (1).
Situ�e aux confins orientaux de la Belgique, la r�gion dite de langue allemande occupe une bande de territoire longue d'environ 70 km et d'une largeur moyenne de 20 km; sa superficie est de 868 km�. Au nord, la commune de Kelmis - La Calamine touche le Royaume des Pays-Bas, alors qu'au sud, la commune de Burg Reuland jouxte le Grand-Duch� de Luxembourg. A l'est s'�tend la R�publique f�d�rale d'Allemagne.
Cette situation aux fronti�res politiques, mais aussi au point de rencontre des cultures germanique et romane a marqu� de mani�re variable et vari�e l'histoire des quelque 68.000 Belges de langue allemande. Suivant les p�riodes, elle a soit enrichi leur h�ritage culturel soit laiss� des traces douloureuses.
L'expos� qui suit voudrait r�sumer ce pass� mouvement�, expliquer l'existence d'une Communaut� germanophone en Belgique et montrer comment elle a acquis ses traits caract�ristiques. Il est divis� en cinq parties : l'Ancien R�gime, l'Etat centralis� du XIX�me si�cle, la p�riode des d�chirements de 1920-1944, les Cantons de l'Est, l'autonomie.
Le pass� pr�historique et romain de la r�gion n'a �t� gu�re explor� jusqu'ici. Un grand axe routier romain, la voie Reims-Cologne, a tr�s certainement travers� le sud de la r�gion de langue allemande, le pays de Saint-Vith, o� les traces de cette �poque sont particuli�rement nombreuses. C'est le long de cette voie que s'install�rent les Francs d�s le V�me si�cle.
Au VII�me si�cle se situe la fondation de l'abbaye de Stavelot-Malmedy par le roi Sigebert III d'Austrasie. Les disciples du premier abb�, Saint Remacle, ont sans doute �t� � l'origine de l'�vang�lisation du sud de la r�gion de langue allemande.
Deux si�cles plus tard, nous retrouvons celle-ci au coeur de l'empire de Charlemagne. Les domaines royaux y �taient nombreux et progressivement les souverains carolingiens en transf�r�rent l'avouerie au chapitre de l'�glise Notre-Dame � Aix-la-Chapelle. Au pays d'Eupen, des liens avec cette institution subsist�rent d'ailleurs jusqu'� la fin de l'Ancien R�gime.
Le d�mant�lement de l'empire carolingien et les invasions normandes ayant affaibli le pouvoir central, de nouvelles entit�s politiques virent le jour. Parmi celles-ci, les duch�s de Limbourg et de Luxembourg ont tenu une place particuli�re dans l'histoire de la r�gion de langue allemande.
L'�volution territoriale du duch� de Limbourg (2) � qui tire son nom d'un ch�teau fort situ� sur un rocher escarp� surplombant la Vesdre et qui est donc sans rapport avec la province belge de m�me nom � �tait frein�e au sud et � l'ouest par la principaut� de Li�ge et le duch� de Brabant. Les ducs de Limbourg exerc�rent d�s lors une pression croissante sur le pays d'Eupen au nord, o� le chapitre de Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle ne put sauvegarder tous ses droits souverains.
Suite � la bataille de Worringen le 5 juin 1288, le duch� de Limbourg fut uni au Brabant dont il partagea les destin�es jusqu'� la fin de l'Ancien R�gime, tout en conservant une certaine autonomie administrative et judiciaire.
La dynastie luxembourgeoise (3), quant � elle, tenta en vain d'agrandir son territoire vers l'est. Elle r�ussit mieux � l'ouest au d�triment des grandes abbayes d'Echternach, de Saint-Maximin de Tr�ves et de Stavelot-Malmedy. Les seigneurs de B�tgenbach, de St-Vith et de Reuland, qui se partageaient le sud de l'actuelle r�gion de langue allemande, pass�rent progressivement dans la sph�re d'influence des ducs de Luxembourg et y rest�rent jusqu'� la conqu�te fran�aise en 1794.
La r�gion de B�llingen-Manderfeld constitue un cas sp�cial. Le territoire de Manderfeld devint la propri�t� des seigneurs de Sch�nberg et passa en 1374 � l'�lectorat de Tr�ves. Quant � la terre de B�llingen, elle finit par �tre �cartel�e entre trois seigneurs, la souverainet� y �tant toutefois exerc�e par le seul Luxembourg.
Voil� pour la carte politique assez bigarr�e sous l'Ancien R�gime.
Pour ce qui est des aspects �conomiques, il faut constater d'abord que les branches principales de l'�conomie �taient � on est tent� de dire : comme partout ailleurs � l'agriculture et l'�levage (4). N�anmoins, une activit� pr�-industrielle relativement importante m�rite d'�tre signal�e dans les villages de Kelmis - La Calamine, de Raeren et surtout dans le bourg d'Eupen, trois localit�s situ�es dans la partie nord de la r�gion de langue allemande (5).
Les nombreux sanctuaires et potales �rig�s surtout au XVII�me et au XVIII�me si�cles t�moignent de l'attachement profond des habitants aussi bien du pays d'Eupen que de la r�gion de B�llingen-Saint-Vith � la religion catholique (6). La r�forme protestante ne s'implanta qu'� Eupen, o� une communaut� r�form�e sut se maintenir tout au long de l'Ancien R�gime gr�ce � la protection des Provinces-Unies des Pays-Bas (7). Elle existe encore de nos jours.
Dans l'enseignement et la cat�ch�se organis�s par l'Eglise, l'utilisation de l'allemand est attest�e d�s le XVII�me si�cle. La langue "parl�e" semble avoir �t� partout le dialecte (8).
L'Etat centralis� du XIX�me si�cle
Cette petite soci�t� rurale fig�e dans ses habitudes s�culaires dut faire face � la fin du XVIII�me si�cle aux bouleversements qui engendr�rent l'Etat moderne. Il est � signaler que le Limbourg tout comme le Luxembourg prirent d'embl�e leurs distances vis-�-vis de la R�volution braban�onne dirig�e contre Joseph II, l'empereur philosophe (9).
L'annexion le 1er octobre 1795 par la R�publique fran�aise y fut regard�e par bon nombre comme une catastrophe. A quelques exceptions pr�s, toutes les localit�s de l'actuelle r�gion de langue allemande faisaient d�sormais partie d'une m�me circonscription administrative, le d�partement de l'Ourthe, chef-lieu : Li�ge. Tr�s vite, la politique religieuse du gouvernement fran�ais exasp�ra les habitants (10). L'introduction du service militaire obligatoire en septembre 1798 d�clencha un soul�vement spontan�, auquel participa une notable partie du pays de Saint-Vith. La r�volte fut rapidement �cras�e, mais longtemps encore les conscrits continu�rent � se soustraire au service militaire par la fuite (11).
Sous le Consulat et l'Empire, le r�gime fran�ais fut cependant mieux accept�. Y contribuaient le r�tablissement de la paix religieuse et le redressement �conomique. L'industrie drapi�re d'Eupen, par exemple, connut un essor sans pareil. N�anmoins, aucun attachement profond � la France ne se d�veloppait. Au contraire, � la fin de l'Empire, le lourd tribut humain pay� sur les champs de bataille, le conflit entre Napol�on et le pape ainsi que les difficult�s �conomiques firent resurgir le m�contentement.
La chute de Napol�on amena une r�organisation de la carte politique de l'Europe. Lors du Congr�s de Vienne, r�uni pour r�gler le sort des territoires abandonn�s par la France, la Prusse fixa finalement ses objectifs sur la ligne de la Meuse et le Luxembourg. De l'ancien d�partement de l'Ourthe, elle obtint en d�finitive, entre autres, les cantons d'Eupen, de Malmedy et de Saint-Vith ainsi que le territoire de Moresnet. A propos du g�te calaminaire que ce dernier contenait, la Prusse et le nouveau royaume des Pays-Bas ne purent se mettre d'accord. En fin de compte, Moresnet fut divis� en trois parties : une hollandaise (belge � partir de 1830), une prussienne et une neutre g�r�e conjointement (12). Les territoires annex�s par la Prusse furent r�partis en trois "Kreise" � cercles administratifs �, � savoir Eupen, Malmedy et Saint-Vith. Le cercle de Saint-Vith disparut d�s 1820; ces communes pass�rent au cercle de Malmedy (13).
Au pays d'Eupen surtout, on accueillit le r�gime prussien avec une certaine r�serve. D'abord, parce que la Prusse �tait consid�r�e comme la championne du protestantisme et que son attitude � l'�gard du clerg� catholique � telles ses h�sitations � am�liorer le sort mat�riel des pr�tres � fut mal per�ue. Ensuite, parce que la discipline et l'ordre, deux valeurs fondamentales de l'Etat prussien, �taient difficilement accept�es par les Rh�nans dans leur ensemble, habitu�s � vivre sous un r�gime politique plus rel�ch�. En dernier lieu, la d�ception fut grande de voir la Prusse reprendre des mesures consid�r�es comme odieuses sous le r�gime fran�ais, telle la conscription militaire. Un revirement en profondeur de l'esprit public ne s'op�ra qu'� partir des ann�es 1860. Entre-temps, les g�n�rations ayant connu le r�gime autrichien avaient disparu et la scolarit� obligatoire contribua certainement au d�veloppement d'un sentiment national prussien. A Eupen-Malmedy comme partout ailleurs en Allemagne, la politique de Bismarck suscita l'enthousiasme patriotique. Toutefois, l'unification de l'Allemagne une fois accomplie, le Kulturkampf d�clench� par "le chancelier de fer" contre l'Eglise catholique provoqua une crise de confiance passag�re.
Dans le domaine �conomique, le changement de nationalit� d�cid� en 1815 avait provoqu� une premi�re crise tr�s grave dans l'industrie textile d'Eupen oblig�e tout d'un coup de trouver de nouveaux march�s. Progressivement, de nouvelles industries s'install�rent, mais elles ne purent r�sorber enti�rement le trop-plein de main-d'oeuvre, cons�quence des probl�mes dans le secteur textile (14). Par ailleurs, la construction d'un r�seau ferroviaire pendant la seconde moiti� du XIX�me si�cle procurait du travail � bon nombre d'hommes, surtout dans la r�gion de Saint-Vith, o� une activit� industrielle de quelque importance faisait toujours d�faut (15).
Les d�chirements
Cette longue p�riode calme prit fin avec la Premi�re Guerre mondiale. La d�faite de l'Allemagne fut accueillie dans les cercles d'Eupen et de Malmedy avec un sentiment de stupeur incr�dule et de r�signation que les privations subies durant le conflit avaient encore renforc�. Lors des n�gociations de paix � Versailles, la Belgique, tr�s �prouv�e par la guerre, revendiqua d'embl�e des r�parations cons�quentes et des mesures de s�curit� pour se pr�munir contre une nouvelle agression allemande.
Toutefois, la d�l�gation belge � Versailles, soutenue surtout par la France, dut rapidement d�chanter. Malgr� certaines assurances donn�es auparavant, elle n'occupa pas de place privil�gi�e � la table des n�gociations et dut en fin de compte abandonner l'espoir de grandes compensations. Tout au plus fut-elle associ�e � l'occupation de la Rh�nanie.
La "r�int�gration" des cercles d'Eupen et de Malmedy appara�t donc comme une revendication belge minimale justifi�e par ce que les d�l�gu�s belges appelaient des "droits historiques" � c'est-�-dire le pass� commun �, des motifs linguistiques � �vidents dans le cas de la Wallonie malm�dienne � et des raisons �conomiques. Les alli�s ne purent cependant �tre convaincus qu'apr�s de longues discussions. Le cas du territoire de Moresnet neutre fut examin� � part et, ici, les revendications belges ne rencontr�rent pratiquement pas de r�sistance, vu que, depuis plus d'un si�cle, la localit� �tait cog�r�e par la Prusse et la Belgique.
En d�finitive, les articles 32 et 33 du trait� de Versailles stipulaient la cession du territoire de Moresnet neutre au royaume de Belgique. L'article 34 en fit de m�me pour les cercles d'Eupen et de Malmedy. Mais, durant une p�riode de six mois, les habitants des deux cercles auraient la possibilit� de se prononcer contre cette annexion en inscrivant leur nom dans des registres ouverts � cet effet par la Belgique. Le gouvernement belge devrait communiquer le r�sultat de cette consultation � la Soci�t� des Nations, dont il s'engageait � respecter la d�cision. L'article 35 du trait� de paix pr�voyait enfin la cr�ation d'une commission charg�e de fixer le trac� d�finitif de la nouvelle fronti�re belgo-allemande (16).
Le 15 septembre 1919, une loi-cadre fixait le statut juridique de la r�gion annex�e et les modalit�s de l'introduction progressive de la l�gislation et de l'administration belges. Pour Moresnet aucune phase transitoire n'�tait pr�vue. L'autorit� sup�rieure � Eupen-Malmedy appartenait d�sormais � un haut commissaire responsable devant le seul Premier ministre. Son choix posa d'ailleurs quelques probl�mes, entre autres pour des raisons d'ordre linguistique. Finalement, on confia ce poste important au lieutenant-g�n�ral Herman Baltia, d'origine luxembourgeoise.
Le 10 janvier 1920, le trait� de Versailles entra en vigueur. La Belgique obtint la souverainet� provisoire sur Eupen-Malmedy. Entre le 26 janvier et le 23 juillet eut lieu la consultation populaire pr�vue par l'article 34 dudit trait�. Mais la mani�re dont elle fut organis�e reste � plus d'un point de vue critiquable (17). En d�finitive, sur 33.726 personnes ayant droit au vote, 271, dont une grande partie de fonctionnaires allemands, se d�claraient contre l'annexion. Malgr� les protestations de l'Allemagne, la Soci�t� des Nations ent�rina l'annexion le 16 septembre suivant.
La r�gion fut � nouveau divis�e en trois cantons : Eupen, Malmedy et Saint-Vith. Dans la mesure o� ils pr�taient serment � la constitution et faisaient preuve de loyaut� � l'�gard de l'Etat belge, les bourgmestres et fonctionnaires �taient maintenus dans leurs fonctions.
L'industrie textile d'Eupen supporta tr�s mal ce nouveau changement politique qui la coupait une fois de plus de ses d�bouch�s et la r�gression du trafic ferroviaire provoqua d'importantes pertes d'emploi dans la r�gion de Saint-Vith.
Avec le recul, le gouvernement du g�n�ral Baltia appara�t comme fort ind�pendant et autoritaire, voire paternaliste. Il n'en reste pas moins que le gouverneur s'effor�a de tenir compte, dans le cadre des possibilit�s administratives et financi�res existantes, des particularit�s linguistiques et autres de la r�gion annex�e. Le 6 mars 1925, une nouvelle loi mit fin au r�gime de transition et int�gra les trois cantons d�finitivement au territoire national. Lors des d�bats au Parlement belge, deux tendances oppos�es �taient apparues. Les socialistes pr�naient le respect de la volont� populaire, qu'ils estimaient avoir �t� bafou�e par une consultation populaire tronqu�e. Ils revendiquaient par ailleurs un arrondissement d'Eupen-Malmedy autonome. Leur point de vue �tait violemment combattu par le Parti catholique qui d�fendait l'int�gration pure et simple des "nouveaux Belges" dans l'arrondissement de Verviers et la province de Li�ge. Le texte de la loi du 6 mars 1925 consistait finalement en quelques dispositions g�n�rales, les points de d�tail devant �tre r�gl�s dans la suite par arr�t�s d'ex�cution. Le 1er juin 1925, le gouvernement Baltia fut dissous; l'introduction de la constitution et des lois non encore en vigueur fut pr�vue pour le 1er janvier 1926 (18).
C'est au courant de cette m�me ann�e qu'eurent lieu des tractations officieuses et secr�tes entre, d'une part, le pr�sident de la banque nationale allemande agissant en accord avec son ministre des affaires �trang�res et, d'autre part, le gouverneur de la banque nationale de Belgique ainsi que l'ancien Premier ministre belge Delacroix. Ces contacts avaient pour but de r�troc�der Eupen-Malmedy � l'Allemagne contre une substantielle compensation financi�re. Le secret ne fut pas gard� et le projet �choua surtout � cause de l'opposition �nergique de la France qui refusa toute r�vision du trait� de Versailles dans son ensemble et dans ses d�tails (19).
L'espoir d'une telle r�vision �tait pourtant rest� vif � Eupen-Malmedy et il �tait aliment� chaque jour davantage par la d�ception d'une population qui reprochait au Parti catholique, le grand vainqueur des �lections l�gislatives de 1925, d'ignorer ses revendications d'autonomie. Les m�contents pouvaient compter sur le soutien du Parti ouvrier belge qui continuait � d�fendre le principe de l'autod�termination et le projet d'un arrondissement d'Eupen-Malmedy.
Une cons�quence imm�diate du m�contentement croissant fut la fondation en janvier 1929 du "Christliche Volkspartei
Eupen - Malmedy - Saint-Vith" qui remporta un grand succ�s �lectoral quelques mois plus tard, obtenant 52,1 % des voix pour l'ensemble des trois cantons, contre 19,4 % pour le Parti catholique et 23,3 % pour le Parti ouvrier belge. La nouvelle formation, qui trouvait sa principale raison d'�tre dans les tensions n�es du centralisme bruxellois, revendiqua d'embl�e une nouvelle consultation populaire et une �ventuelle r�trocession d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith � l'Allemagne. Face � cette radicalisation, le gouvernement belge n'eut, aux dires du g�n�ral Baltia, jamais une ligne de conduite et une politique bien trac�es. Il faut cependant mentionner la fondation en 1927 d'un quotidien en langue allemande, le Grenz-Echo, � il existe toujours �, qui d�fendait la politique de la Belgique en g�n�ral, et du Parti catholique en particulier, face � une presse locale neutre ou r�visionniste.
En 1933, fut fond� � Eupen-Malmedy un groupement ayant comme principal objectif d'y r�pandre l'id�ologie national-socialiste, qui n'avait gu�re p�n�tr� la r�gion jusque-l�. Progressivement, le Christliche Volkspartei
glissait vers le national-socialisme et son pr�sident fut d'ailleurs expuls� en 1935.
Lors des �lections l�gislatives de 1936, ce parti ne pr�senta plus de candidats et exhorta ses �lecteurs � rejoindre le "Heimattreue Front", nouvelle formation r�gionale dont les activit�s �taient ouvertement t�l�guid�es et financ�es par l'Allemagne de Hitler. A ces m�mes �lections de 1936, le Parti catholique r�ussit, contre toute attente, � maintenir sa position reconquise en 1932 qui oscillait autour de 30 % de l'�lectorat. Le Parti ouvrier, par contre, qui sous l'impression des pers�cutions contre les socialistes allemands avait abandonn� sa politique r�visionniste, tout en continuant � d�fendre l'�galit� en droit des nouveaux Belges, tomba � 12,6 %. Le Heimattreue Front, qui avait incit� au vote "blanc", fut, quant � lui, suivi par la majorit� absolue des �lecteurs. Dans les ann�es qui suivirent, le foss� entre ceux qu'on appela d�sormais les "pro-belges" ou les "pro-allemands" se creusait de plus en plus. L'historien prendra cependant garde d'�pouser cette vision manich�enne des choses, r�sultat de conflits tr�s douloureux divisant familles et amis. Ainsi, tous les "pro-allemands" n'�taient pas a fortiori des "pro-nazis" et, parmi les "pro-belges", beaucoup s'�taient d�tourn�s de l'Allemagne, moins suite � un coup de foudre subit pour leur nouvelle patrie que par aversion pour le r�gime hitl�rien. Il n'en reste pas moins que les �lections l�gislatives de 1939 se d�roul�rent dans un climat proche de la guerre civile. Le Parti catholique obtint pour l'ensemble des trois cantons 38,6 %, le Parti ouvrier belge plus que 4 % et le Parti lib�ral 3,4 %. Le Heimattreue Front recueillit 45,1 % des suffrages. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, les deux camps �taient donc de force sensiblement �gale.
Le 10 mai 1940, les troupes allemandes investirent la r�gion. La conqu�te fut rapide et elle se fit pratiquement sans dommages et pertes. Bon nombre de fonctionnaires, d'instituteurs et de particuliers connus pour leurs opinions pro-belges avaient pris la fuite; mais plusieurs � dont le directeur du Grenz-Echo
� furent arr�t�s et conduits dans les camps de concentration.
D�s le 18 mai, un arr�t� du F�hrer incorpora les trois cantons d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith � l'Allemagne (20). Cette annexion, effectu�e alors que la Belgique �tait encore en guerre avec le Reich, �tait tout � fait contraire au droit international. Cependant, le gouvernement belge ne protesta contre cette mesure qu'en juillet 1943, et encore, de mani�re indirecte via Radio Londres. Les habitants d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith �taient d�s lors amen�s dans leur grande majorit� � consid�rer l'annexion comme normale et irr�vocable. La plupart d'entre eux re�urent officiellement la nationalit� allemande le 23 septembre 1941. Peu apr�s commen�ait, comme en Alsace - Lorraine et au Grand-Duch� de Luxembourg, l'enr�lement forc� de la population masculine dans l'arm�e allemande. Sur environ 8.000 enr�l�s, plus de 3.400 furent, en fin de compte, tu�s ou port�s disparus. Peu nombreux furent les jeunes gens qui surent �chapper � l'enr�lement de force par la fuite � l'int�rieur de la Belgique, o� ils men�rent une existence clandestine et dangereuse.
Bien que les lourdes pertes humaines provoqu�rent un revirement certain de l'opinion publique contre l'Allemagne, la r�sistance au r�gime hitl�rien resta surtout l'oeuvre de combattants isol�s. Elle fut particuli�rement vive surtout dans la r�gion de Kelmis - La Calamine. Ailleurs, � la fin de la guerre, le m�contentement, tout en �tant quasi unanime, ne s'�tendit m�me pas � un mouvement g�n�ral de r�sistance passive.
A la mi-septembre 1944, les troupes am�ricaines entr�rent dans Eupen - Malmedy - Saint-Vith. Mais, d�s le 16 d�cembre d�buta l'offensive allemande dans les Ardennes qui dura jusqu'au 2 f�vrier 1945 et au cours de laquelle la ville de Saint-Vith fut compl�tement d�truite par un bombardement alli� (21).
L'apr�s-guerre imm�diat se caract�risa par une atmosph�re de suspicion et de d�lation qu'un auteur belge francophone a d�crit comme suit : La libert� individuelle, le respect du domicile et des biens n'existent plus. Dans les cantons il n'y a que des coupables : m�me les citoyens paisibles sont coupables, il faut �tre belge cocardier. C'est qu'ils ont �t� forts les ouvriers de la onzi�me heure. Ils ran�onnent, r�quisitionnent, plastronnent et emprisonnent. Les prisons de Tongres, d'Alost, de Louvain regorgent d'Eupenois et de Malm�diens. On ne sait plus o� les fourrer; on �quipe des centres d'internement (22).
Entre f�vrier 1946 et juin - juillet 1947, des tribunaux de guerre si�g�rent � Eupen et � Malmedy, o� sans tenir suffisamment compte de la situation sp�ciale de la r�gion pendant la guerre � on ne rappellera jamais assez qu'elle avait �t� annex�e et non pas, comme l'int�rieur du pays, occup�e par l'Allemagne �, on avait ouvert 15.626 dossiers d'instructions touchant ainsi 25 % de la population, chiffre qui est loin au-dessus de la moyenne nationale se situant � 4,15 % (23). M�me si, en d�finitive, le nombre de proc�s et de condamnations par rapport aux dossiers ouverts fut inf�rieur � la moyenne nationale, cette "�puration" peu diff�renci�e laissa des cicatrices profondes qui mirent longtemps � s'estomper (24).
Le d�dommagement des victimes de guerre se fit lui aussi fort lentement. Un trait� belgo-allemand sign� le 28 septembre 1960 pr�voyait le paiement par la RFA d'une somme de 80 millions de DM en faveur de citoyens belges victimes de mesures de pers�cutions national-socialistes. Cette somme �tait destin�e � l'ensemble des citoyens belges et donc pas sp�cifiquement aux habitants d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith. Le trait� belgo-allemand du 21 septembre 1962 stipula, � son tour, le paiement de 30 millions de DM en faveur des victimes de guerre des r�gions belges annex�es. Un autre probl�me rest� longtemps en suspens vient seulement d'�tre r�gl� par le parlement belge : � l'avenir, les enr�l�s de force dans l'arm�e allemande et leurs ayants droit jouiront d'une pension de guerre.
Les cons�quences de quatre ann�es d'annexion allemande et les nouvelles tentatives en vue d'arrimer Eupen - Malmedy -Saint-Vith une fois pour toutes � la Belgique avaient fait appara�tre la n�cessit� imp�rieuse de mesures administratives appropri�es, dont une des plus importantes fut certes la nomination, le 15 janvier 1945, d'un commissaire d'arrondissement adjoint pour les trois cantons de l'Est. Pendant de longues ann�es, ce fonctionnaire dot� de pouvoirs tr�s �tendus fit office d'agent de liaison entre les administrations locales d'une part, le gouvernement national et provincial d'autre part.
Mais, malgr� tous ses efforts, le respect de la langue allemande dans l'administration et l'enseignement laissa encore longtemps � d�sirer.
Par contre, la vie �conomique, apr�s une passe difficile due aux changements successifs d'ob�dience politique, reprit assez rapidement. Le lent d�clin de l'industrie textile, qui avait fait la gloire et prosp�rit� d'Eupen, fut heureusement compens� par la naissance ou l'extension d'autres entreprises, notamment les c�bleries, qui cr��rent de nouveaux emplois (25).
L'autonomie (26)
Entre 1946 et 1961, le Christlich-soziale Partei
(Parti social-chr�tien), h�ritier du Parti catholique, avait align� les succ�s �lectoraux spectaculaires se situant entre 70 et 80 % des voix pour la moyenne des cantons d'Eupen, de Malmedy et de Saint-Vith. Dans des conditions difficiles, les �lus r�gionaux d�fendirent le respect de la langue allemande et mirent en garde contre une �puration g�n�ralis�e.
N�anmoins, d�s 1961, un certain m�contentement se fit � nouveau jour au sein de l'�lectorat qui estimait, non sans raisons, que les probl�mes n�s de la guerre et de l'apr�s-guerre imm�diat n'�taient pas r�gl�s suffisamment vite. Aux �lections l�gislatives de 1965, le Parti social-chr�tien essuya une premi�re d�faite significative qui le vit r�gresser � 64,4 % des voix pour la moyenne des trois cantons.
D�j� dans les ann�es 50, dans certains milieux sociaux-chr�tiens avaient �t� formul�es des propositions tr�s concr�tes visant � la cr�ation d'un arrondissement d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith autonome, qui �tait regard� entre autres comme point de d�part d'une autonomie culturelle des germanophones de Belgique. Mais, lors de la circonscription des r�gions linguistiques en 1963, l'entit� "Cantons de l'Est" fut disloqu�e. L'article 5 de la loi du 2 ao�t 1963 d�finit la r�gion de langue allemande de Belgique comme suit : les neuf communes du canton d'Eupen, les 11 communes du canton de Saint-Vith, 4 des 10 communes du canton de Malmedy et Kelmis - La Calamine qui faisait partie du canton d'Aubel (27).
Aux �lections de 1968, le Parti social-chr�tien recula encore de mani�re dramatique. Il perdit plus de 4.000 voix. En m�me temps, les revendications d'une v�ritable autonomie culturelle se succ�daient � une cadence de plus en plus rapide et se pr�cisaient. Lors des �lections l�gislatives de 1971 se pr�senta pour la premi�re fois une nouvelle formation politique r�gionale, la Christlich-Unabh�ngige W�hlergemeinschaft, qui obtint d'embl�e 29,9 % des voix au canton d'Eupen, 11,3 % au canton de Malmedy et 16 % au canton de Saint-Vith. En 1972, elle donna naissance � un nouveau parti, le Partei der Deutschsprachigen Belgier, qui, aux �lections de 1974, remporta 22,8 % des voix au canton d'Eupen, 12,1 % au canton de Malmedy et 43,3 % au canton de Saint-Vith. Le Parti social-chr�tien perdit la majorit� absolue des voix; en dehors du Partei der Deutschsprachigen Belgier, d'autres formations politiques nationales, tels les socialistes et les lib�raux, gagn�rent sensiblement du terrain et r�ussirent � faire �lire des repr�sentants r�gionaux � la Chambre et au S�nat.
Entre-temps, l'article 3ter de la constitution belge r�vis�e de 1970 avait reconnu l'existence d'une Communaut� culturelle allemande en Belgique. En 1973 avait �t� install� le Rat der deutschen Kulturgemeinschaft
comprenant 25 repr�sentants �lus directement. Progressivement s'y r�alisait l'unanimit�, en vue de revendiquer un conseil communautaire disposant du pouvoir l�gislatif et jouissant des m�mes attributions que les Conseils des Communaut�s flamande et fran�aise, l'unanimit� �galement en vue de revendiquer un organe ex�cutif.
La nouvelle r�forme institutionnelle de 1980 ne combla cependant pas ces voeux. La deutsche Kulturgemeinschaft devint la Deutschsprachige Gemeinschaft, toutefois l'article 59ter de la constitution r�vis�e de 1970, qui pr�voyait un "parlement" pour la Communaut� germanophone, mais pas d'Ex�cutif, ne fut pas modifi�. Il fallut plusieurs ann�es de tractations et de discussions serr�es au Parlement belge pour aboutir � cette modification au cours de l'ann�e 1983. Le 30 janvier 1984, le premier Ex�cutif de la Communaut� germanophone de Belgique, comptant trois ministres, fut install� en pr�sence du Premier ministre et des repr�sentants en vue de la vie politique nationale, communautaire et r�gionale belge.
En mati�re d'�lection, le Conseil de la Communaut� germanophone disposait � l'�poque d'une longueur d'avance sur les autres Conseils communautaires et r�gionaux vu que ses 25 membres �taient les seuls � �tre �lus directement.
Depuis 1980, la Communaut� germanophone de Belgique est comp�tente pour les mati�res culturelles et "personnalisables", c'est-�-dire la politique de sant� publique et l'aide aux personnes. En 1988, l'enseignement s'y est ajout�. Elle dispose de moyens financiers propres, oscillant autour de 3 milliards de francs belges (28).
L'environnement, la politique du logement et de l'eau, la politique �conomique et �nerg�tique, l'emploi � pour ne citer que ces exemples-l� � d�pendent, aussi sur le territoire de la Communaut� germanophone, de la R�gion wallonne. N�anmoins, la Constitution belge pr�cise que le Conseil et le gouvernement de la Communaut� germanophone pourront, le cas �ch�ant, exercer en r�gion de langue allemande des comp�tences d�volues initialement � la R�gion wallonne, � condition qu'il y ait une d�cision commune du Conseil de la Communaut� germanophone et du Conseil r�gional wallon en ce sens.
Les �lections communautaires qui se sont d�roul�es en mai 1995 ont confirm� une nouvelle fois l'�tonnante stabilit� de l'�lectorat en Communaut� germanophone, dont le Conseil est compos� actuellement de 10 sociaux-chr�tiens, 5 lib�raux, 4 socialistes, 3 �colos et 3 repr�sentants d'une formation r�gionale h�riti�re du Partei der Deutschsprachigen Belgier, toutes et tous �lus pour cinq ans. La coalition gouvernementale comprend les sociaux-chr�tiens et les socialistes. Le ministre-pr�sident et un des ministres viennent du Parti social-chr�tien, le troisi�me membre du gouvernement appartient au Parti socialiste.
C'est ici que l'historien arr�tera tout naturellement sa description de l'�volution de la Communaut� germanophone de Belgique. Il se rend compte qu'elle est fatalement sommaire, il ose toutefois esp�rer qu'elle a suscit� l'int�r�t pour le pass�, le pr�sent et l'avenir du plus petit partenaire de la Belgique f�d�rale. Il vous laissera le soin de v�rifier notamment si cette Communaut� b�n�ficie effectivement, comme le titrait Le Soir du 11 mai 1995, d'une (sur) protection que lui envient de nombreuses minorit�s au monde.
(1) L'on dispose actuellement de plusieurs synth�ses de cette gen�se. La premi�re, due � un sociologue de l'Universit� d'Aix-la-Chapelle, rappelle un peu trop par endroits certaines positions allemandes � l'�gard de la r�gion d'Eupen - Malmedy - Saint-Vith formul�es dans les ann�es 1920-1940 : ROSENSTR�TER H., Deutschsprachige Belgier. Geschichte und Gegenwart der deutschen Sprachgruppe in Belgien, 2 vol., Aix-la-Chapelle, 1985. La seconde a vu le jour pr�cis�ment au cours de cette p�riode 1920-1940 et s'efforce de d�montrer � tout prix le caract�re "germanique" d'Eupen-Malmedy-Saint Vith et son appartenance imm�moriale � la sph�re politique et culturelle de l'Empire : REINERS H., Die Kunstdenkm�ler von Eupen-Malmedy, D�sseldorf, 1935, p. 1-42. La plus r�cente des synth�ses est un travail command� par l'Ex�cutif de la Communaut� germanophone plus sp�cialement � l'intention des �tudiants du secondaire. Utilisant le concept des biblio-cassettes �labor� par A. d'Haenens pour la maison d'�dition Artis, il vise � une symbiose aussi compl�te que possible du texte et de l'iconographie et dresse un �tat fort complet de la recherche : GRECC (Groupe de Recherche et d'Etudes sur la Communication culturelle), Grenzland seit Menschengedenken. Identit�t und Zukunft der Deutschsprachigen Gemeinschaft Belgiens, 4 biblio-cassettes, Eupen, 1990. Plusieurs articles donnent un aper�u succinct du pass� des Germanophones de Belgique. Ils constituent une entr�e en mati�re utile : MINKE A., Die Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens � Gestern und heute, dans Erstes deutsch-niederl�ndisch-belgisches Archivsymposion, 28 und 29 Mai 1991 in Eupen (Belgien), Annalen, Bruxelles, 1992, p. 11-23; ID., Des "Fr�res retrouv�s" aux "germanophones de Belgique", Une minorit� et son �volution, dans Cahiers de Clio, 109 (1992), p. 69-80; ID., Une terre aux fronti�res, un espace de rencontres, dans Louvain, Revue mensuelle de l'Universit� catholique de Louvain et de l'Association des anciens et amis de l'UCL, Juin 1994, p. 17-20; ID., Entre deux mondes : les "Cantons de l'Est", dans La Revue G�n�rale, octobre 1995. La bibliographie la plus r�cente est celle de MIESSEN W., Histoire, langue et litt�rature de la Communaut� germanophone de Belgique � Bibliographie 1945-1983, Bruxelles, 1986. Celle publi�e par REINERS H., Die Kunstdenkm�ler ..., op. cit., p. 43-61 reste utile. Les sources pour l'histoire de la Communaut� germanophone de Belgique sont r�sum�es dans MINKE A., Die Best�nde des Staatsarchivs Eupen. �bersicht, Bruxelles, 1993 et dans une s�rie de publications qui sont le r�sultat d'une mission de recherche men�e par les Archives de l'Etat � Eupen et financ�e conjointement par le Minist�re f�d�ral de la Politique scientifique et le gouvernement de la Communaut� germanophone : HERREBOUT E., Quellen zur Geschichte der Deutschsprachigen Gemeinschaft in ausl�ndischen Archiven. I. Bundesarchiv Koblenz, Bruxelles, 1993; ID., Quellen ..., op.cit., II. Hauptstaatsarchiv D�sseldorf, Bruxelles, 1993; ID., Quellen ..., op.cit., III. Landeshauptarchiv Koblenz, Bruxelles, 1993; ID., Quellen ..., op.cit., IV. Staatsarchiv Luxemburg/Archives Nationales de Luxembourg, Bruxelles, 1994; ID., Quellen ..., op.cit., V. Historisches Archiv des Erzbistums K�ln, Bruxelles, 1994; ID., Quellen ..., op.cit., VI. Bisch�fliches Di�zesanarchiv Aachen, Bruxelles, 1994; ID., Quellen ..., op.cit., VII. Domarchiv Aachen, Bruxelles, 1994; ID., Quellen ..., op.cit., VIII. Stadtarchiv Aachen, Bruxelles, 1994. Sont en pr�paration : IX. Bundesarchiv Potsdam und Stiftung Preu�ischer Kulturbesitz Dalhem, X.-XI. Archiv des Landschaftsverbandes Rheinland und Archiv des Ausw�rtigen Amtes in Bonn.
(2) Orientation bibliographique : un ouvrage monumental vieilli mais toujours irrempla�able : ERNST S.-P., Histoire du Limbourg suivie de celle des comt�s de Dalhem et de Fauquemont, des annales de l'abbaye de Rolduc (�d. LAVALLEYE, E.), 7 vol., Li�ge, 1837-1852; sur les origines du duch� : SCHOPPMANN W., Entstehung und territoriale Entwicklung des Herzogtums Limburg vom 11. Jahrhundert bis zum Jahre 1288, Bonn, 1958; traduction fran�aise par PAUQUET F., dans Bulletin de la Soci�t� Vervi�toise d'Arch�ologie et d'Histoire, t. LI, 1964; un recueil de sources r�cent : WINTGENS L., Weist�mer und Rechtstexte im Bereich des Herzogtums Limburg � Quellen zur Regionalgeschichte des 14. bis 18. Jahrhunderts, Ostbelgische Studien, t. III, Eupen, 1988; sur les institutions centrales et locales : HOMMERICH L. van, Gouvern�s et gouvernants dans le duch� de Limbourg et les autres pays d'Outre-Meuse, dans Anciens Pays et Assembl�es d'�tats, t. XXXIII (1965), p. 109-117; THIELENS J., Les assembl�es d'�tats du duch� de Limbourg et des pays d'Outre-Meuse au XVIIe si�cle, ibid., t. XLIII, (1968); DUMONT B., Un cadre de vie mill�naire, dans Bailus 888-1988, Baelen, 1988, p. 53-90.
(3) Cfr par ex. : GOEDERT J., La formation territoriale du pays de Luxembourg depuis les origines jusqu'au milieu du XV�me si�cle, Luxembourg, 1963; PETIT R., Les Etats des Duch� de Luxembourg et Comt� de Chiny, dans Anciens Pays et Assembl�es d'�tats, t. XXXIII, (1965), p. 87-109; MARGUE P., Luxemburg in Mittelalter und Neuzeit, Luxembourg, 1974; TRAUSCH G., Le Luxembourg sous l'Ancien R�gime, Luxembourg, 1977.
(4) Pour le pays d'Eupen cfr par ex. : RUWET J., L'agriculture et les classes rurales au pays de Herve sous l'Ancien R�gime, Li�ge-Paris, 1943; pour la r�gion de St-Vith : Zwischen Ommerscheid und Wolfsbusch. Hof und Pfarre Amel im Wandel der Zeiten, St. Vith, 1986.
(5) Cfr par ex. : YANS M., Histoire �conomique du duch� de Limbourg sous la maison de Bourgogne. Les for�ts et les mines, M�moires couronn�s par l'Acad�mie royale de Belgique, t. XXXVIII, Bruxelles, 1937; PAUQUET F, Exploitation de la Vieille-Montagne au XVII�me si�cle, Li�ge, 1970; HELLEBRANDT H. � MAYER O.E., Raerener Steinzeug, Aix-la-Chapelle, 1977; KOHNEMANN M., Auflagen auf Raerener Steinzeug, s.l., 1982; HERMANNS L., Die Anf�nge der Feintuchmanufaktur, dans Geschichtliches Eupen, t. XV (1981), p. 163-169; MATHIEUX A.J., L'industrie drapi�re au pays de Verviers et au duch� de Limbourg, Verviers, 1954.
(6) Une synth�se de l'histoire religieuse de la r�gion de langue allemande fait toujours d�faut. On consultera utilement : JENNIGES H., Traditionelles Kirchenleben und neue Religiosit�t. Vom Einflu� der Kirche auf die Identit�tsfindung der deutschen Sprachminderheit in Belgien, dans Kolloquium �ber Kirchengeschichte und religi�ses Leben bei den deutschen Bev�lkerungsgruppen im Ausland, Referate, Flensburg, 1993, p. 157-171.
(7) Cfr surtout : BODEM O., La R�forme dans le duch� de Limbourg, dans Protestantisme aux fronti�res, Aubel, 1985, p. 23-53.
(8) Cfr par ex. : WINTGENS L., Grundlagen der Sprachgeschichte im Bereich des Herzogtums Limburg, Ostbelgische Studien, t. I, Eupen, 1982; HECKER H., Die deutsche Sprachlandschaft in den Kantonen Malmedy und St-Vith, Untersuchungen zur Lautgeschichte und Lautstruktur ostbelgischer Mundarten, G�ppingen, 1972.
(9) Cfr MINDER A., Le duch� de Limbourg et la R�volution braban�onne, Pepinster, 1940; TRAUSCH G., Le Luxembourg et la R�volution braban�onne, dans Actes du colloque sur la R�volution braban�onne, 13-14 octobre 1983, Bruxelles, 1984, p 187-206.
(10) Cfr MINKE A., Entre Meuse, Rhin et Moselle, dans Hommes de Dieu et r�volution, Turnhout, 1992.
(11) Cfr MINDER A., Un �pisode de la guerre des paysans. Le soul�vement dans le Pays de St-Vith et de Stavelot, dans Bulletin de la Soci�t� vervi�toise d'Arch�ologie et d'Histoire, t. XXX (1938), p. 6-99; � nuancer par TRAUSCH G., A propos du "Kleppelkrich". La r�pression des soul�vements paysans de 1798 dans le d�partement des For�ts, Publications de la Section historique de l'Institut grand-ducal de Luxembourg, t. 82 (1967), p. 9-245.
(12) Cfr par ex. : PAUQUET F., Le territoire contest� de Moresnet, dit Moresnet-Neutre, dans Bulletin de la Soci�t� Vervi�toise d'Arch�ologie et d'Histoire, t. XLVII (1960); PABST K., Neutral-Moresnet, ein Dorf ohne Staatszugeh�rigkeit, 1815-1915, dans 150 Jahre Regierung Aachen, Aix-la-Chapelle, 1967, p. 15-67.
(13) Cfr surtout GIELEN V., Der Kreis Eupen unter preu�ischer Herrschaft, 1815-1920, Eupen, 1972; KAUFMANN K.L., Der Kreis Malmedy, Geschichte eines Eifelkreises von 1865 bis 1920 (�d. NEU, H.), Bonn, 1961; ID., Der Grenzkreis Malmedy in den ersten f�nf Jahrzehnten der preu�ischen Verwaltung (�d. NEU, H.), Bonn, 1963; ainsi que deux inventaires �dit�s par les Archives de l'Etat � Eupen : PAULS, A.-MINKE A., Archiv des Kreises Malmedy (1803-1939), Bruxelles, 1994; PAULS, A.-HERREBOUT E., Das Archiv des Kreises Eupen (1815-1921), Bruxelles, 1994.
(14) Une synth�se historique sur l'industrie textile d'Eupen manque. Une approche sociologique de cette industrie au XIX�me si�cle est tent�e par RULAND H., "Gott segne die christliche Arbeit". Ein Lesebuch zur Geschichte der Eupener Arbeiterschaft in franz�sischer und preu�ischer Zeit (1792-1910), Aix-la-Chapelle, 1988.
(15) Cfr par ex. : NILLES L., Der Bau von Eisenbahnen im Lande zwischen Venn und Schneifel � Projekte, Entt�uschungen und Verwirklichungen, Schriftenreihe des Geschichtsvereins Zwischen Venn und Schneifel, t. 4, St. Vith, 1970.
(16) Cfr surtout : DOEPGEN H., Die Abtretung des Gebietes von Eupen-Malmedy an Belgien im Jahre 1920, Rheinisches Archiv. Ver�ffentlichungen des Instituts f�r geschichtliche Landeskunde der Rheinlande an der Universit�t Bonn, t. 60, Bonn, 1966; COLLINET R., L'annexion d'Eupen et Malmedy � la Belgique en 1920, Verviers, 1986; PABST K., Das Problem der deutsch-belgischen Grenze in der Politik der letzten 150 Jahre, dans Zeitschrift des Aachener Geschichtsvereins, t. 77, 1965, p. 183-210. (17) Cfr par ex. : VEITHEN P., Die Volksbefragung in Eupen-Malmedy-St. Vith und ihre unmittelbaren Folgen, dans F�d�ration arch�ologique, historique et folklorique de Belgique, XLII�me congr�s, Malmedy, 1972, Annales, t. II, Malmedy, 1974, p. 155-163.
(18) Sur les ann�es 1920-1940, cfr surtout : PABST K., Eupen-Malmedy in der belgischen Regierungs- und Parteienpolitik 1914-1940, dans Zeitschrift des Aachener Geschichtsvereins, t. 76 (1964), p. 206-515; ENSSLE M.J., Streseman's Territorial Revisionism, German-Belgium an the Eupen-Malmedy Question, 1919-1929, Wiesbaden, 1980; LEJEUNE C., Die deutsch-belgischen Kulturbeziehungen, 1925-1980, Cologne, 1992. Sur le r�le, tr�s important, de la presse � cette �poque : CHRISTMANN H., Presse und gesellschaftliche Kommunikation in Eupen-Malmedy zwischen den beiden Weltkriegen, Munich, 1974.
(19) Cfr BARIETY J., Le projet de r�trocession d'Eupen-Malmedy par la Belgique � l'Allemagne, et la France (1925-1926). Un cas d'utilisation de l'arme financi�re en politique internationale, dans Les relations franco-belges de 1830 � 1934, Metz, 1974, p. 325-348.
(20) L'ouvrage de r�f�rence pour les ann�es 1940-1944 reste : SCH�RER M.W., Deutsche Annexionspolitik im Westen. Die Wiedereingliederung Eupen-Malmedys im Zweiten Weltkrieg, Bern-Frankfurt am Main-Las Vegas, 1975, 2e �d., 1978.
(21) Sur cet �pisode, cfr : Der verh�ngnisvolle Irrtum, Eupen, 1984.
(22) MAXENCE P., Les atouts gaspill�s ou le drame des Cantons de l'Est, St-Nicolas, 1951, p. 52.
(23) Cfr GILISSEN J., Etude statistique sur la r�pression de l'incivisme, dans Revue de droit p�nal et de criminologie, n� 5 (1951), pp. 535, 537 et 564.
(24) Sur la p�riode 1945-1963, cfr surtout GRECC, Grenzland ..., op. cit., biblio-cassettes 2 et 4; CREMER F., Annexion, Assimilation, Autonomie. Zur Geschichte der Deutschsprachigen Gemeinschaft, dans Informationen und Meinungen aus Deutschbelgien, 3-4, Eupen, 1994.
(25) Cfr Industrie- und Handelskammer zu Eupen, 1804-1979, Eupen, 1979.
(26) Cfr surtout GRECC, Grenzland ..., op.cit., biblio-cassette 4.
(27) Cfr BERGMANS B., Die rechtliche Stellung der deutschen Sprache in Belgien, Louvain-la-Neuve, 1988 (�galement paru en fran�ais : Le statut juridique de la langue allemande en Belgique) et Deutsch als Umgangs- und Muttersprache in Belgien. Akten des Kolloquiums in Arel vom 17. bis 18. Januar 1987, Bruxelles-Eupen, 1988.
(28) Le statut de la Communaut� germanophone est par ex. �tudi� par VAN DE VELDE E., De Duitstalige Gemeenschap, dans Liber Amicorum R. Senelle : vraagpunten van Publiekrecht, Bruges, 1986, p. 53-67 et BRASSINNE J., Les nouvelles institutions politiques de la Belgique, Dossiers du CRISP, 30, Bruxelles, 1989.
Cfr. aussi deux brochures �dit�es par les instances de la Communaut� germanophone : Zu Haus im neuen Belgien, Deutschsprachige Gemeinschaft in Belgien, 1984-1994, Eupen, 1994 et Der Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft, Eupen, 1993. Alfred Minke, La Communaut� germanophone : l'�volution d'une terre d'entre-deux, dans La Wallonie, une r�gion en Europe, CIFE-IJD, 1997

References: L'article 34
 L'article 35
 l'article 34
 L'article 5
 l'article 3
 l'article 59