Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/philippines-3-politique_lng.htm
Timestamp: 2019-05-19 11:29:58+00:00

Document:
Philippines: 3. La politique linguistique
3. La politique linguistique
Aux prises avec plus de 175 langues, l'État philippin utilise, selon la Constitution de 1987, le filipino (ou philippin) comme langue nationale officielle, mais se sert aussi de l'anglais comme langue véhiculaire, car plus de 70 % de la population ne parle pas le filipino comme langue maternelle. C'est la Constitution de 1987 qui a rebaptisé le pilipino (à base de tagalog) en filipino. Larticle 14 (par. 6) proclame que le filipino est la «langue nationale»:
Les paragraphes 8 et 9 de la la Constitution méritent d’être rapportés, ne serait-ce parce qu’ils traduisent les intentions du législateur à l’égard du filipino:
Le Congrès doit mettre sur pied une Commission nationale de la langue composée de représentants de différentes régions et de plusieurs disciplines, qui doit coordonner et encourager les recherches pour le développement, la diffusion et la préservation du filipino et d'autres langues.
Selon les linguistes philippins, le filipino serait la combinaison de toutes les langues qui existent dans l'archipel. La loi n° 07104 du 14 août 1991 créait la Commission sur la langue filipino (Komisyon sa Wikang Filipino). L'article 4 de la loi présente ainsi la commission :
L'article 14 présente les pouvoirs, les fonctions et les obligations de la Commission:
1) Élaborer des politiques, plans et programmes pour assurer davantage de développement, d'enrichissement, de propagation et de préservation du filipino et des autres langues philippines;
2) Édicter des règles, règlements et directives pour mettre en œuvre ses politiques, plans et programmes;
3) Entreprendre ou recevoir des recherches et autres études pour promouvoir l'évolution, le développement, l'enrichissement et la normalisation éventuelle du filipino et des autres langues philippines.
4) Proposer des lignes directrices, des normes linguistiques et des expressions dans toutes les communications officielles, publications, manuels et autres lectures et documents pédagogiques;
5) Encourager et promouvoir, grâce à un système de primes, des subventions et des bourses, l'écriture et la publication, en filipino et en d'autres langues philippines, d'œuvres originales, y compris des manuels et documents de référence dans diverses disciplines;
6) Créer et maintenir dans la Commission un service de traduction qui encourage par des primes, entreprend et soutient vigoureusement la traduction en filipino et en d'autres langues philippines d'importants ouvrages historiques et les traditions culturelles de groupes ethnolinguistiques, des lois, des résolutions et autres textes législatifs, des éditions exécutives, des déclarations de politique gouvernementale et des documents officiels, des manuels et documents de référence dans diverses disciplines et autres documents étrangers que ladite commission peut juger nécessaires à des fins éducatives et autres;
7) Rappeler à un ministère, un bureau, un service, une agence ou toute institution gouvernementale ou une entité privée, un établissement ou une organisation de coopération et d'aide dans le cadre de ses fonctions, ses obligations et responsabilités;
8) Diriger, aux niveaux national, régional et local, des auditions publiques, des conférences, des séminaires et autres discussions de groupe pour identifier et aider à résoudre des problèmes et des questions concernant le développement, la propagation et la préservation du filipino et des autres langues philippines;
9) Formuler et adopter des lignes directrices, des normes et des systèmes de suivi en faisant rapport sur leurs exécutions aux niveaux national, régional et local; et soumettre au Bureau du président et au Congrès un compte rendu annuel de la mise en œuvre de ses politiques, plans et programmes;
10) Nommer, sous réserve des dispositions des lois existantes, ses fonctionnaires, employés et autres membres du personnel nécessaires pour s'acquitter efficacement de ses fonctions, obligations et responsabilités; et les révoquer si besoin est;
11) Organiser et réorganiser la structure de la Commission, créer ou abolir des postes, changer la désignation des postes existants pour répondre à l'évolution des conditions ou lorsque le besoin s'en fait sentir à cet effet: à la condition que ces changements n'affectent pas le statut d'emploi des titulaires, ni ne réduisent leur niveau, diminuent leur salaire ou aboutissent à la suppression de leur service;
L’influence américaine est si importante qu’elle marque l’univers culturel philippin : la langue, la culture, la restauration, la musique, le sport, le cinéma, etc. Bien que l’on compte plus de 175 langues aux Philippines, la langue officielle du pays est le filipino, une variante du tagalog parlé dans la région de Manille, la capitale. Toutefois, les Philippins semblent lentement délaisser le filipino pour parler le taglish, un mélange entre l’anglais et le tagalog.
Certains Philippins vont même jusqu’à parler seulement l’anglais. Ce cas est particulièrement répandu dans les universités, puisque l’anglais est associé à l’éducation, à la richesse, voire à la «noblesse» ou à l'élite. Si l'on écoute la télévision, on se rend vite compte que la plupart des téléromans sont en taglish. À la radio, les émissions sont généralement diffusées en taglish ou même en anglais. La musique qui y est diffusée est souvent américaine. La majorité des mannequins sur les panneaux publicitaires sont occidentaux et, lorsqu’ils sont Philippins, leur teint est si pâle qu’on pourrait presque croire que ce sont des Blancs. Encore une fois, le fait d’avoir le teint pâle est un standard de beauté bien établi auquel les Philippins associent l’argent et la bourgeoisie. L'anglais fait international; le filipino, régional.
2 Le bilinguisme de la législature et de la justice
Au Parlement de Manille, les députés peuvent sexprimer en filipino ou en anglais, mais ils utilisent très majoritairement la langue anglaise. Toutes les lois sont rédigées et promulguées en anglais, mais elle ne sont pas toutes traduites en filipino qui demeure une «langue de la traduction» des lois. En cas de conflit éventuel dinterprétation, c'est la version anglaise qui fait foi. L'article 4 du Règlement de la Chambre des représentants (2016) mentionne que le président de la Chambre des représentants doit «faciliter l'accès et la diffusion des données et des informations nécessaires à la législation dans les principaux dialectes et les principales langues des Philippines»:
Cette disposition ne signifie pas que les lois et les règlements doivent être disponibles dans les principales langues et principaux dialectes du pays, mais que des informations concernant les lois et règlements doivent être disponibles, ce qui n'est pas vraiment toujours le cas.
Dans les faits, il existe deux langues officielles de statut inégal aux Philippines: langlais dabord, le filipino ensuite. Évidemment, cela ne correspond pas au paragraphe 6 de larticle 14 de la Constitution de 1987 qui déclare que «la langue nationale des Philippines est le filipino» et qu«à mesure qu'elle évoluera, elle se développera davantage et s'enrichira à partir des langues existant aux Philippines et des autres langues». Ce que lon peut comprendre, cest quaprès de nombreuses années le filipino ne sest pas encore suffisamment développé.
Il nexiste aucune législation en ce qui a trait à lemploi des langues en matière de justice, mais la priorité est encore accordée à la langue anglaise puisque celle-ci reste la langue dominante dans tous les tribunaux des Philippines, y compris les cours dappel. Il est toutefois possible dutiliser le filipino et, dans les tribunaux inférieurs, une langue philippine régionale, mais ce n’est pas l’usage habituel. D'ailleurs, l'article 44 du Code pénal (2014) ne fait que préciser qu'une personne détenue a le droit d'être informée de l'accusation portée contre elle dans une langue qu'elle connaît et comprend:
Cette disposition ne donne pas le droit de parler au juge dans sa langue maternelle. Dans tous les cas, les juges seront portés à rendre leurs sentences uniquement en anglais, ils le font parfois en filipino ou en une autre langue si cela paraît nécessaire.
Dans un testament, la Loi ordonnant et instituant le Code civil des Philippines (1949) impose l'usage d'une langue connue du testateur:
Il faut surtout comprendre que le filipino, sinon l'anglais, doit être obligatoirement connu par un citoyen philippin.
3 La dominance de langlais dans ladministration
Les Américains avaient habitué les Philippins à recevoir des services uniquement en anglais, sinon en espagnol. Avec lindépendance, seules les pratiques réelles ont défini la politique linguistique du gouvernement philippin dans ladministration. Langlais demeure encore la langue dominante, que ce soit à loral ou à lécrit. Certains ministères ne disposent dailleurs que de la version anglaise de leurs documents officiels (Santé, Finance, etc.). Dautres rendent disponibles leurs documents en filipino; seul le ministère de la Justice émet certains documents dans quelques langues locales (cebuano, ilocano, bicolano, etc.). Les services municipaux sont toujours assurés en anglais, sinon en filipino, assez souvent en une langue locale dans les régions où lon ne parle pas le filipino. Dans les soins de santé, la priorité est généralement accordée aux langues locales, ensuite à langlais, occasionnellement au filipino.
6.1 La politique de filipinisation
La Constitution de 1987 oblige en principe le gouvernement philippin à prendre des mesures pour soutenir l'emploi du filipino comme moyen de communication officiel et comme langue d'enseignement dans le système d'éducation. En effet, les paragraphes ou sections 6 à 9 de l'article 14 définissent la politique linguistique du pays. La section 6 énonce que la langue nationale des Philippines est le filipino, La section 7 du même article précise qu'aux fins de la communication et de l'instruction, le filipino et l'anglais, sauf disposition contraire de la loi, sont les langues officielles des Philippines. En outre, les autres langues régionales des Philippines doivent être des langues officielles auxiliaires et servir de moyen additionnel d'enseignement dans les régions où elles sont parlées. Enfin, la section 9 prescrit la création d'une Commission sur la langue nationale chargée d'entreprendre, de coordonner et de promouvoir des recherches pour le développement, la propagation et la préservation des langues philippines. Il est pertinent de se demander que les dirigeants philippins ont fait exactement pour s'acquitter de ces obligations constitutionnelles. Ce sont là des éléments d'une politique dite de filipinisation.
C'est d'ailleurs dans cette voie qu'en 1988 la présidente Cory Aquino avait signé le Décret présidentiel n° 335 prescrivant des mesures pour améliorer l'emploi du filipino dans toutes les communications officielles, les transactions et la correspondance dans leurs bureaux respectifs, qu'ils soient de juridiction nationale ou locale. Dans les faits, ce n'est pas ce qui s'est produit, sauf dans les collectivités locales.
6.2 Les collectivités locales
L'archipel des Philippines est divisée en plusieurs unités administratives locales : les "Local Government Units" ou LGU:
1. Les régions autonomes: la Région autonome en Mindanao musulmane et la Région administrative de la Cordillère ;
2. les provinces (lalawigan, probinsiya) et les villes indépendantes (lungsod, siyudad / ciudad, dakbayan, lakanbalen);
3. les municipalités (bayan, balen, bungto, banwa, ili) et villes composantes (lungsod, siyudad / ciudad, dakbayan, dakbanwa, lakanbalen);
4. Les barangays: l'unité administrative la plus petite s'appliquant aussi bien à un village, un district ou un quartier.
En 2002, il y avait 79 provinces dans le pays, regroupées en 17 régions administratives ("rehiyon"), elles-mêmes subdivisées en villes et municipalités, ces dernières étant composées de barangays, la plus petite unité administrative. Pour différentes raisons, les 17 régions sont généralement organisées de telle sorte que les provinces regroupent les mêmes caractéristiques culturelles et ethniques dans la population. De façon générale, l'administration centrale possède des bureaux régionaux dans tout l'archipel. Les deux régions autonomes bénéficient en principe d'organismes gouvernementaux distincts, de même que la Région de la capitale nationale. Contrairement à d'autres régions administratives, les régions autonomes ont un pouvoir politique supplémentaire et disposent d'un gouverneur et d'une assemblée régionale. Cependant, seule la Région autonome en Mindanao musulmane a été approuvée par ses électeurs lors d'un référendum. Par conséquent, les autres régions dites autonomes demeurent des régions administratives régulières, sans pouvoirs ni fonctionnaires supplémentaires.
Ce sont donc dans les collectivités locales que les langues régionales peuvent être utilisées. Ainsi, la Loi prévoyant un Code sur les collectivités locales (1991) prescrit l'usage d'une langue locale dans les avis d'élection, les ordonnances, les résolutions, les règlements, etc., que ce soit en plus ou non du filipino et/ou de l'anglais, mais à la condition que la langue en question soit connue des parties:
Tous les règlements à l'amiable doivent être signifiés par écrit, dans une langue ou un dialecte connu des parties, et être attestés par le président du lupon [comité de contrôle] ou le président du pangkat [comité de conciliation], selon le cas. Lorsque les parties au différend n'utilisent pas la même langue ou le même dialecte, le règlement doit être rédigé dans la langue qu'elles connaissent.
En vertu de la Loi n° 8371 sur les peuples autochtones (1997), les communautés culturelles autochtones ont le droit, dans certains cas, de recevoir une traduction des documents «dans leur langue maternelle»:
Un exemplaire de chaque document, y compris une traduction dans la langue maternelle des CCI/PI concernés, doit être affiché dans un endroit bien pour au moins quinze jours.[...]
L'article 26 de la loi énonce que, «autant que possible, l'État s'assure que les femmes autochtones aient accès à tous les services dans leurs propres langues». Le problème, c'est de transposer ces droits dans la réalité, car les plus petites langues ont peu de possibilités en ce sens, les risques d'être submergées par le filipino et l'anglais étant très grands.
6.3 Le bilinguisme
La plupart des édifices gouvernementaux portent des inscriptions unilingues anglaises: Department of Finance, Bureau of Customs, Department of Education, etc. On peut voir aussi certaines dénominations à la fois en anglais et en filipino: National Museum / Pambansang Museo.
Dans la signalisation routière, seul l'anglais est utilisé (sauf exception: Bawal lumusot), de même pour l'odonymie en ce qui concerne les termes génériques (Street, Boulevard, Higway, Avenue, etc.), mais les spécifiques peuvent être en anglais (MacArthur, Eisenhower), en filipino (Maginhawa, Ayala, Rizal, etc.) ou rarement en espagnol (San Pedro). En dehors de la capitale, les termes spécifiques sont en cebuano, en ilocano ou en toute autre langue locale.
Dans la publicité commerciale, l'anglais prédomine nettement, que ce soit pour les restaurants (Marufuku Japanese Restaurant), les hôtels (New World Renaissance Hotel), les commerces (Ang Kat Tea, Malagos Chocolate Museum), etc.
La plupart des principales agences de publicité du pays sont affiliées à des agences internationales. Les annonceurs locaux utilisent de plus en plus des panneaux d’affichage électroniques, de la publicité sur le Web ou dans les transports en commun, etc. Dans ce domaine, tout se fait généralement en anglais aux Philippines.
Si l'unilinguisme filipino, la langue nationale, est un phénomène rare dans l'administration publique, l'unilinguisme anglais est plus fréquent, voire davantage que le bilinguisme. Par exemple, la Loi sur le protecteur du citoyen (1989) ne précise pas dans quelle langue le protecteur du citoyen doit s'adresser à celui-ci, mais indique seulement que les règlements internes doivent être publiés dans trois journaux à grand tirage aux Philippines, dont l'un est imprimé dans la langue nationale :
On peut supposer que les citoyens peuvent porter plainte auprès du protecteur du citoyen en filipino ou en anglais.
Si l'on se fie à l'article 4 du Code de conduite et normes éthiques pour les fonctionnaires et les employés (1989), il n'existe pas de précision concernant la ou les langues employées auprès des citoyens de la part des fonctionnaires. puisqu'on exige d'eux seulement qu'ils transmettent des informations «dans un langage clair et compréhensible»:
(A) Tout agent public et employé doit respecter les règles suivantes en matière de conduite dans l'accomplissement et l'exécution des tâches officielles:
C'est la Loi sur le consommateur (1992) qui peut nous donner une idée plus précise dans la mesure où la mention «Tenir hors de la portée des enfants», par exemple, ou d'autres messages de sécurité peuvent être rédigés en anglais ou en filipino :
Substances dangereuses mal étiquetées
Les substances dangereuses doivent être considérées comme mal étiquetées lorsque:
a) elles ont été conçues ou emballées sous une forme appropriée pour un usage dans les ménages, en particulier pour les enfants, dont l'emballage ou l'étiquetage est en violation des règlements d'emballage spéciaux publiés par le département concerné;
1) qui stipule clairement:
x) la mention «Tenir hors de la portée des enfants», ou son équivalent pratique, si l'article n'est pas destiné à être utilisé par les enfants et n'est pas une substance dangereuse interdite, avec des instructions adéquates pour protéger les enfants du danger. Les mentions précitées, les affirmations, la description des mesures de précaution, les instructions nécessaires ou d'autres mots ou déclarations peuvent rédigés en anglais ou dans son équivalent en filipino;
Il est quand même surprenant que, dans l'ensemble, les Philippines puissent présenter un visage aussi anglais dans un pays qui, pourtant, possède une langue nationale.
4 L'anglais, langue de léconomie
En ce qui concerne la langue de léconomie aux Philippines, langlais conserve largement tous ses privilèges là aussi, mais il le partage parfois avec le filipino. Dans les petites transactions commerciales, certaines langues régionales ont également droit de cité. La plupart des produits manufacturés sont bilingues (anglais-filipino), mais langlais a tendance à conserver sa première place. Dans ce domaine non réglementé, le libre choix règne partout.
L'affichage commercial est très largement unilingue anglais, mais les commerçants peuvent utiliser l'unilinguisme filipino, le bilinguisme anglais-filipino (ou filipino-anglais) ou un «code switching», c'est-à-dire un mélange de langues (anglais + filipino ou toute autre combinaison). Dans la région de Manille, la capitale, le filipino est plus fréquent que partout ailleurs où l'anglais demeure souvent la seule langue de l'affichage et de la publicité. Toujours dans la capitale, le filipino est parfois plus employé que l'anglais dans la publicité, mais il semble que les grandes entreprises aient plutôt tendance à n'employer que l'anglais, tandis que les moyennes entreprises préfèrent le bilinguisme ou un mélange d'anglais et de filipino. Quant aux petites entreprises, elles choisissent plus facilement l'unilinguisme filipino.
Généralement, les commerçants ont recours au système qu'ils estiment le plus rentable pour leur établissement: dans certains cas, ce peut être l'unilinguisme anglais, dans d'autres, l'unilinguisme filipino, ou bien le bilinguisme filipino-anglais ou anglais-filipino, voire dans les régions éloignées des grands centres urbains l'unilinguisme cebuano, bicol, ilongo, pamgagan, etc. Bref, les Philippines connaissent une situation très diversifiée au chapitre de l'affichage, comme c'est souvent le cas dans des pays multilingues.
En 2013, un sondage a été effectué pour le compte du Journal of Global Business Management. Pour ce faire, la publicité aux Philippines as fait l'objet de recherches auprès de 30 magazines et de 1257 publicités. L'anglais a été utilisé dans les contextes suivants :
• 98,6% ont communiqué le nom de l'entreprise en anglais ;
• 99,3% ont communiqué le nom du produit en anglais ;
• 99,0% avaient un logo distinct écrit en anglais ;
• 99,8% utilisent l'anglais dans les phrases en anglais ;
• 11,5% ont approuvé une organisation en anglais ;
• 43,0% ont utilisé l'anglais pour les mots d'action (par exemple, "grimper", "courir");
• 36,1% ont indiqué une localité en anglais ;
• 1,9% a parlé d'un événement en anglais.
Avec des pourcentages aussi élevés en anglais dans la publicité, les Philippines pourraient ressembler étrangement à celle des États-Unis. Sur les 200 photographies de vitrines analysées, 98% présentaient un visage résolument anglais. Plus précisément, l'anglais a été utilisé de la manière suivante:
• 96% des vitrines affichent le nom de leur entreprise en anglais ;
• 64% ont écrit les produits primaires qu'ils transportaient en anglais ;
• 89% ont utilisé l'anglais dans un slogan quelconque ;
• 8% ont affiché des événements (par exemple, des ventes) en anglais.
La raison la plus couramment invoquée pour utiliser l'anglais, c'est parce que c'est une «langue globale» ("a global language"), c'est-à-dire une langue mondiale, voire internationale qui bénéficie d'un public plus étendu. L'anglais est omniprésent aux Philippines pour diverses raisons. L'anglais est perçu comme une langue internationale, une raison suffisante pour être acceptée par le consommateur philippin. Beaucoup d'expressions courantes provenant des nouvelles ou du cinéma paraissent plus faciles à utiliser et à écrire en anglais, surtout parce que ces termes arrivent d'abord dans cette langue plutôt qu'en filipino. L'archipel reçoit de nombreux visiteurs et touristes étrangers, et l'anglais est fait pour eux. Enfin, l'anglais est vu comme une «langue occidentale exotique» et est utilisé comme stratégie de marketing.
5 La politique d'enseignement bilingue
La scolarisation est obligatoire et gratuite de 6 à 16 ans. Les enfants peuvent aller à la "Nursery school" (le pré
à l’âge de 4 ans, puis ils entrent à l’école primaire ("Elementary School"), pour six ans. Les jeunes entrent en "high school" où ils restent quatre ans, à l’issue de laquelle ils ont un examen, la "College Entrance examination" qui leur permet, en cas de réussite, de faire deux ans de "college".
5.1 Le système scolaire
L'enseignement primaire constitue la première partie du système d'éducation philippin et comprend les six premières années de la scolarité obligatoire, de la première à la sixième année, avec une septième année facultative offerte par certaines écoles. Les matières principales incluent les mathématiques, les sciences, l'anglais, le filipino et les sciences sociales. Les matières facultatives comprennent la musique, les arts, l'éducation physique et la santé. Les élèves des écoles privées peuvent sélectionner les matières d'un programme d'études plus étendu, y compris l'enseignement religieux dans la confession de leur choix.
L'enseignement secondaire connu sous le nom de Paaralang Sekundarya comprend quatre années scolaires qui ont peu changé depuis la Seconde Guerre mondiale. Le programme est prescrit pour les écoles privées et publiques. Les matières principales sont les suivantes:
• Année 1 - Filipino 1, Algèbre 1, Sciences intégrées, Anglais 1, Histoire philippine
• Année 2 - Filipino 2, Algèbre 2, Biologie, Anglais 2, Histoire asiatique
• Année 3 - Filipino 3, Géométrie, Chimie, Histoire mondiale, Géographie
• Année 4 - Filipino 4, Calcul, Trigonométrie, Physique, Littérature, Économie
Les matières facultatives mineures comprennent la santé, la musique, les arts, l'éducation physique, l'économie domestique et la technologie. Les écoles sélectionnées présentent des matières supplémentaires.
Les établissements agréés, principalement privés, connus sous le nom de «collèges», offrent un enseignement technique et professionnel. Les programmes proposés durent de quelques semaines à deux ans. À la fin des études, les étudiants peuvent passer des examens administrés au niveau central pour obtenir leur diplôme ou leur certificat. En règle générale, les collèges d’enseignement professionnel n’exigent pas d’examen d’entrée, mais seulement un diplôme d’études secondaires et des frais d’inscription.
La plupart des établissements d'enseignement supérieur sont réglementés par la Commission de l'enseignement supérieur. Les collèges offrent généralement un ou plusieurs programmes spécialisés, tandis que les universités doivent offrir au moins huit programmes de premier cycle différents dans un large éventail de matières et au moins deux programmes d'études supérieures. Les universités publiques sont toutes non confessionnelles et proposent un large éventail de programmes, l'anglais étant la langue d'enseignement. Les universités publiques sont financées par le gouvernement, la plus importante, l'Université des Philippines, recevant la majeure partie du budget annuel.
Il existe également un certain nombre d'établissements privés d'enseignement supérieur, sectaires ou non sectaires, à but lucratif ou non. La plupart des établissements privés sont des organismes catholiques à but non lucratif.
5.2 La législation scolaire
La Constitution de 1987 est le texte juridique le plus important dans la législation scolaire parce qu'elle prescrit le filipino et l'anglais dans l'enseignement, ainsi que les langues régionales qui doivent servir de véhicule auxiliaire dans les régions:
Bref, le paragraphe 7 de l’article 14 déclare que le filipino et l’anglais sont les langues officielles de l’enseignement, que les langues régionales sont également officielles et que la promotion de l’arabe et de l’espagnol se fera sur une base volontaire.
Par ailleurs, l'article 30 de la Loi sur les droits des communautés autochtones de 1997 précise que les membres des Communautés culturelles autochtones et des peuples autochtones (CCI/PI) ont le droit de recevoir leur «instruction dans leur propre langue, de façon adaptée à leurs méthodes culturelles d'enseignement et d'apprentissage»:
En 1996, la Circulaire n° 59, sur le programme d'enseignement général décrivait ainsi les objectifs des cours:
Nous devons comprendre que, malgré les prescriptions constitutionnelles en matière d'enseignement, seuls l'anglais et le filipino semblent faire partie des programmes d'études. Cependant, il faut vérifier auprès des autres textes similaires. L'article 4 de la Loi sur l'éducation fondamentale améliorée (2013) prescrit un enseignement dans la langue régionale ou maternelle des élèves pour les trois premières années du primaire pour ensuite introduire progressivement le filipino et l'anglais:
Pour la maternelle et les trois premières années de l'enseignement primaire, la formation, le matériel pédagogique et l'évaluation doivent être dans la langue régionale ou maternelle des élèves. Le ministère de l'Éducation (DepED) doit élaborer un programme de transition linguistique de la 4e à la 6e année afin que le filipino et l'anglais soient progressivement introduits comme langues d'enseignement jusqu'à ce que ces deux langues puissent devenir les principales langues d'enseignement au niveau secondaire.
Aux fins de la présente loi, la langue maternelle ou la première langue (L1) désigne une langue ou des langues apprises en premier lieu par un enfant avec laquelle il s'identifie ou est identifié comme locuteur d'une langue maternelle par d'autres, celle qu'il connaît le mieux ou qu'il utilise davantage. Cela inclut le langage des signes philippins utilisé par les personnes ayant des handicaps significatifs. La langue régionale ou maternelle désigne la variété de langue traditionnelle ou la variété de langue des signes philippins existant dans une région, un district ou une localité.
Le Règlement et règles d'application sur la Loi sur l'éducation fondamentale améliorée (2013) ne fait que préciser quelque peu les principes qui guident l'enseignement des langues:
5.3 Les pratiques scolaires
Quen est-il dans les faits? Soulignons d'abord que l'école aux Philippines est gratuite et obligatoire pour tous les enfants âgés de 7 à 12 ans. Les écoles maternelles sont généralement en langue anglaise, mais parfois en filipino ou dans une langue régionale. Les écoles primaires et secondaires pratiquent systématiquement un enseignement bilingue.
Cet enseignement bilingue est donné à la fois en anglais et en filipino de façon bien particulière. En effet, l’enseignement bilingue est conçu en fonction d'une répartition distincte selon qu'on utilise le filipino ou l'anglais comme langue d’enseignement dans les différentes disciplines. Le filipino doit être utilisé comme langue d’instruction dans les disciplines suivantes: les sciences sociales, la musique, les arts, l’éducation physique. Quant à l'anglais, il est consacré aux matières scientifiques, aux mathématiques et aux technologis.
Bien que le filipino soit enseigné et que, dans les plus petites classes du primaire, des langues locales soient en usage, l'anglais n'en demeure pas moins, et de loin, la première langue enseignée dans tout le pays. Dans les faits, on estime que 75 % des Philippins ne reçoivent pas leur instruction dans leur langue maternelle, puisque l'anglais et le filipino sont les seules langues d'enseignement dans un pays qui compte environ 175 langues. Lenseignement de lespagnol comme langue seconde est toujours facultatif dans les écoles publiques; il peut être obligatoire dans les écoles privées et il est réservé à une certaine élite. Quant à larabe, il nest enseigné que dans certaines écoles musulmanes.
Dans la majorité des écoles privées, le programme d'études, qui se veut pourtant national, nest pas respecté, car lenseignement de langlais peut être donné sans avoir recours au filipino. Jusquà présent, aucune sanction na été imposée pour le non-respect des programmes détudes.
Enfin, dans la plupart des universités, langlais assure encore sa dominance bien que lenseignement puisse se dérouler parfois en filipino, voire en espagnol, notamment dans les universités détenues par lÉglise catholique. Noublions pas que lÉglise contrôle encore plus dune centaine duniversités aux Philippines, ce qui nest pas peu.
Selon des statistiques de la Banque mondiale, les Philippines dépensent 138 $ US par élève et par an. En comparaison, ce chiffre s’élève à 853 $ pour la Thaïlande, 1800 $ pour Singapour et 5000 $ pour le Japon. Bref, bien que l’enseignement soit considéré comme une priorité, le gouvernement philippin n’y consacre que 2,19 % de son budget, un pourcentage bien inférieur aux 6 % réclamés par les enseignants.
6 Les langues des médias
Avec la chute du régime de Marcos en 1986, un système de contrôle des médias qui fonctionnait depuis quatorze ans s’est effondré du jour au lendemain. Devant un tel vide, des dizaines de nouveaux journaux et de nouvelles stations de radio et de télévision ont été lancés. Pendant ce temps, les anciens médias contrôlés par Marcos ont disparu ou ont été repris par le nouveau gouvernement et les entreprises privées. Une industrie de médias pluralistes est apparue, même quelque peu anarchique, il est vrai. Depuis lors, il existe un fort soutien populaire pour une presse libre parmi les Philippins. Certains observateurs croient que cette situation est due à la tradition d’une presse anticoloniale après les vagues successives de colonisateurs espagnols, américains et japonais.
À l'exemple d'autre pays, les médias philippins sont avant tout des entreprises commerciales contrôlées par des groupes d'intérêts politiques et économiques. En tant qu'entreprises commerciales, elles se concentrent sur la rentabilité ou du moins la minimisation des pertes, ce qui crée au départ un conflit entre les intérêts privés des médias et leur fonction de service public. Entre autres conséquences, l’impératif commercial a poussé les médias à devenir sensationnalistes, en mettant l’accent sur ce qui fera vendre des copies ou en augmentant les cotes, ainsi que sur la suppression ou la diffusion de nouvelles défavorables aux intérêts qui contrôlent les médias. Cela signifie aussi que les intérêts économiques de entreprises font en sorte que l'emploi de certaines langues paraît plus rentable que d'autres, notamment les langues de plus grande diffusion.
La Commission nationale des télécommunications (NTC) a signifié que les médias de radiodiffusion aux Philippines comprenaient 132 stations de radio AM et 349 stations de radio FM en décembre 2015. La NTC signale également que six grands réseaux de télévision exploitent 285 stations. La presse écrite comprend plus de neuf quotidiens, 19 tabloïds nationaux, plus de 100 journaux régionaux et plus de 100 magazines et publications couvrant un large éventail de thèmes (par exemple, divertissement, loisirs et mode de vie, sports, loisirs et loisirs, affaires et commerce), religion, mode, cuisine, segments de marché spécifiques, santé, voyages, informatique, agriculture, etc. Ces publications sont diffusées dans des numéros hebdomadaires, bimensuels, mensuels, semestriels ou annuels. Des journaux provinciaux et des publications régionales sont également disponibles.
Les médias philippins sont le produit d'une histoire mouvementée, reflétant les bouleversements et les changements qui ont secoué le pays depuis l'avènement du colonialisme au XVIe siècle. Ils ont été façonnés par une succession de régimes coloniaux, qui ont implanté aux Philippines un système de presse très semblable à celui des États-Unis. Les aspirations et les ambitions des élites philippines ont également façonné les médias. En somme, les Philippines bénéficient d'une presse dynamique et souvent tapageuse qui se veut la plus libre d'Asie. Aux Philippines, la radio a la plus grande audience parmi tous les médias (85 %), suivie par la télévision (74 %) et la presse écrite (32 %).
La presse philippine écrite pourrait être classée en deux catégories: la presse métropolitaine, imprimée et diffusée principalement dans la région métropolitaine de Manille, et la presse communautaire, basée et diffusée en grande partie dans les provinces. Parfois, les journaux des provinces sont appelés la «presse provinciale» ou la «presse locale», mais le terme le plus couramment utilisé et utilisé par les journalistes philippins est la «presse communautaire». L'expression «presse rurale» n'est généralement pas employée aux Philippines, car à proprement parler il n'y a pas de presse rurale. Il existe une presse métropolitaine, composée d'une trentaine de quotidiens (12 journaux et 18 tabloïds), de 4 hebdomadaires et de 41 magazines dont les deux tiers au moins sont diffusés dans la région métropolitaine de Manille. Les 30 quotidiens ont un tirage d’environ 7,2 millions et seulement 30 % de ce tirage est destiné à la «province». Ensuite, c'est la presse communautaire avec 552 publications locales qui circulent principalement dans les petites villes et les grandes villes. Dans les provinces, on compte au moins 55 quotidiens, 44 hebdomadaires et les autres sont publiés moins d'une fois par semaine. Au-delà de ces grandes villes, généralement les capitales provinciales, il n’existe pratiquement pas de médias imprimés.
Sur la trentaine de quotidiens de la région du Grand-Manille, neuf sont publiés en anglais et trois en chinois, tandis que dix-sept tabloïds sont en filipino et deux en anglais. Cela indique que les journaux grand format sont des articles de qualité qui s'adressent aux élites et à la classe moyenne de la société philippine éduquées en Angleterre, tandis que les tabloïds s'adressent aux lecteurs de classe moyenne et moins instruits.
La plupart des journaux nationaux publiés en grand format (les "broadsheets") sont en anglais (ensemble du pays): Malaya, Manila Bulletin, Manila Standard, Philippine Daily Inquirer, The Daily Tribune, The Manila Times, The Market Monitor, The Philippine Star, etc. Il existe des exceptions: le Chinese Commercial News (en chinois), le United Daily News (en chinois), le World News (en chinois) et le Manila Shimbun (en japonais). En revanche, la quasi-totalité des journaux nationaux en format tabloïd sont en filipino (environ 25) : Abante, Abante Tonite, Bagong Tiktik, Balita, Bandera, Bomba Balita, Bugso, Bulgar, Hataw, People's Journal, Pilipino Mirror, Pilipino Star Ngayon, Pinas, Pinoy Paparazzi, Pinoy Weekly, PM Ratsada, etc.
En ce qui concerne les journaux strictement régionaux, la majorités de ceux-ci sont en anglais: The Bohol Chronicle, The Bohol Standard, Business Week Mindanao, The Cagayan Times, Cebu Examiner, Golden Journal, The Daily Dipolognon, The Daily Sun, The Freeman, Maguindanao Network, Manila Channel, Mindanao Daily News, Mindanao Examiner, Mindanao Cross, Mindanao Gold Star Daily, Mindanao Star, Mindanao Times, MindaNews, Mindoro Bulletin, Moro Information Agency, The News Today, Olongapo News, Periodiko Metro, Pinoy Parazzi, The Negros Chronicle, Sunday Punch, SuperBalita, Visayan Daily Star, Voice of the South, Zambo Times, etc.
D'autres journaux sont publiés en langues régionales: Banat (cebuano), Brigada News (cebuano), Cebu Daily News (cebuano), Hublas nga Kamatuoran (cebuano), Inquirer Libre (tagalog/filipino). Certains journaux sont bilingues: The Daily Guardian (anglais-hiligaynon), Bicol Standard (anglais-bicol), Bohol Time (anglais-cebuano), Catanduanes Tribune (anglais-bicol), Eastern Visayas Examiner (anglais-waray), Eastern Visayas Mail (anglais-waray), Leyte-Samar Daily Express (anglais-waray), Panay News (anglais-hiligaynon), The Reporter (anglais-cebuano), Samar News (anglais-waray), Sinirangan News (anglais-waray), Southern Leyte Times (anglais-cebuano), Visayan Business Post (anglais-cebuano). Sur un ensemble de 175 langues, peu de langues bénéficient du support d'une presse écrite: le cebuano, le hiligaynon, le bicol et le waray. Quatre langues seulement en concurrence avec l'anglais!
Quant aux grands journaux de langue espagnole, ils sont tous disparus: La Esperanza, Diario de Manila, Ilustración Filipina, La Ilustración Filipina, etc. La liberté de la presse est garantie par la Constitution. Toutefois, les attaques violentes et les menaces contre les journalistes constituent de graves problèmes, selon l'ONG Freedom House.
La Commission nationale des télécommunications des Philippines (filipino: Pambansáng Komisyón sa Telekomunikasyón) ou NTC (National Telecommunication Commission) est une agence rattachée au département des Technologies de l’information et des communications; elle est chargée de superviser, de juger et de contrôler tous les services de télécommunication dans tout le pays. Cependant, elle ne traite pas des langues du pays.
Contrairement à beaucoup d’autres pays, il n’existe pas aux Philippines de législation spécifique concernant les médias. Cependant, certaines lois s’appliquent aux médias ainsi qu’à d’autres groupes et organismes. Il y a également une jurisprudence importante qui confirme, limite, modifie et interprète les dispositions constitutionnelles relatives à la liberté de parole et de presse (article III) ou affectant autrement les médias et la liberté d'expression (article IX sur la Commission des élections et article XVI interdisant la propriété des médias étrangers). L'un des rares textes de loi concernant les médias électroniques est la Loi de la République n° 9318 sur la franchise aux stations de radio et de télévision (2004), mais c'est pour interdire d'employer un «langage» ou des scènes obscènes et indécentes:
Par contre, la Loi sur la télévision pour enfants (1997) protège les enfants afin qu'ils bénéficient d'émissions télévisées dans leur culture et leurs langues:
La radio philippine est devenue aujourd'hui une industrie fort florissante. Il y a quelques années, on comptait au moins 970 radios, dont 375 AM et 596 FM. Parmi ces stations de radio, 51 stations (moins de 10%) appartiennent à des organismes gouvernementaux, éducatifs, militaires ou religieux. Il n'existe pas de réel service public de radiodiffusion aux Philippines. La propriété de radio à l'échelle nationale est estimée à 86%. Dans la région métropolitaine de Manille, neuf foyers sur dix possèdent un poste de radio. Il existe une cinquantaine de stations de radio dans la région métropolitaine de Manille, ce qui indique une concurrence féroce pour une «tarte publicitaire» forcément limitée. La plus grande concentration de stations de radio se situe à Luçon avec 40 %, suivie par Mindanao avec 35 % et Visayas avec 25 %.
Pour la télévision, il y a une centaine de stations dans tout le pays, dont 12 dans la région métropolitaine de Manille. Parmi les stations nationales les plus importantes, citons la chaîne de télévision ABS-CBN Broadcasting Channel, qui compte 26 filiales à l’échelle nationale et GMA Network Channel 7, avec 42 filiales à l’échelle nationale (en 2009). Les technologies par satellite et par câble ont virtuellement rendu possible l'accès universel aux médias de diffusion. Par exemple, la télévision ABS-CBN atteint environ 90 % de la population. Le réseau est relié au satellite panaméricain (PANAMSAT), qui fournit son programme à tous les câblo-opérateurs et aux marchés de la vente directe dans les limites de la superficie du satellite. De même, le réseau GMA Radio Television Arts couvre tout le pays à travers ses 30 stations à travers le pays. Les Philippins d'Asie du Sud-Est, d'Hawaï, de Guam, de Saipan (la plus grande des îles Mariannes du Nord), du Canada et des États-Unis peuvent se connecter à GMA-7, via les systèmes de télévision par satellite ou par câble de Mabuhay.
La radiodiffusion télévisuelle UHF est également assez forte avec des chaînes telles que Southern Broadcasting Network (SBN Channel 21) et Molave ​​Broadcasting Network (Channel 23), qui ont été les premières stations commerciales à diffuser sur la bande UHF en 1992. D'autres ont suivi après le succès initial de ces stations: Byers Communications Channel 68 est devenue la première chaîne de télévision payante; Rajah Broadcasting TV 29 la première chaîne de télé-achat; et Radio Mindanao Network Channel 31, la première chaîne entièrement consacrée aux films. Il y a également deux stations UHF dans la ville de Baguio et la ville de Cebu.
En bref, on peut dire que les Philippins nont certainement pas réussi à se libérer de leur deuxième langue coloniale, langlais. Pour que cette langue conserve autant de droits et de privilèges, il faut que le gouvernement soit décidé à perpétuer cet état de fait issu de la colonisation américaine. Dailleurs, il est même surprenant quun demi-siècle de colonisation américaine ait réussi à effacer trois siècles de colonisation espagnole. Il est clair que lomniprésence de langlais accommode le gouvernement philippin, car il est plus facile de simposer avec langlais, la langue maternelle de pratiquement personne, quavec le filipino, une langue autochtone qui essaie de tirer son marron du feu en concurrence avec les autres langues locales. Il est difficile de comprendre comment un pays qui se veut aussi «moderne» permette que 75 % de ses citoyens ne reçoivent pas leur instruction dans leur langue maternelle, puisque l'anglais et le filipino sont pratiquement les seules langues d'enseignement dans un pays qui compte environ 175 langues. Il reste une quinzaine de langues locales dont les enfants, en nombre limité, reçoivent une petite partie de leur instruction dans leur langue maternelle.
La politique linguistique des Philippines sapparente à bien des égards à celle de plusieurs pays francophones ou anglophones dAfrique, qui tentent bien que mal à imposer une langue nationale à côté de la langue européenne officielle (le français ou l'anglais). De plus, la majorité de la population des Philippines accepte aisément la situation, dans la mesure où l'anglais sert de «langue d'évitement» de telle sorte que les langues locales ne sont pas en compétition entre elles. Pour la plupart des Philippins, les langues locales servent dans la vie de tous les jours, elles contribuent à assurer une couleur particulière à l'anglais philippin et enrichissent le filipino, la seconde langue officielle, avec l’anglais, la première langue officielle.
Il faut bien comprendre aussi que la situation actuelle du filipino par rapport à l’anglais constitue un progrès considérable comparativement aux pratiques en vigueur lors de l’administration américaine. En ce sens, on peut y voir une certaine libéralisation, mais il reste beaucoup de travail à faire avant que le filipino devienne un jour une langue égale à l'anglais. En somme, le jour où le filipino deviendra une langue dominante n'est pas pour demain. Pour le moment, le filipino est une langue subordonnée à l'anglais avec la complicité des dirigeants philippins et d'une bonne partie de la population qui croit que la prospérité passe obligatoirement par l'anglais. Les Philippins oublient qu'ils ne dépensent que 138$/an pour l'instruction d'un citoyen contre 5000$/an pour celui d'un Japonais, un écart tellement considérable qu'il se situe à des années-lumière des sommes allouées au Japon pour l'éducation. La prospérité passe avant tout par le niveau élevé de l'éducation, peu importe la langue d'enseignement.

References: L'article 4

L'article 14
 L'article 4
 l'article 44
 l'article 14

L'article 26
 l'article 4
 l'article 30
 L'article 4