Source: http://oliviana.revues.org/330?id=330
Timestamp: 2013-06-19 07:52:28+00:00

Document:
La consultation demandée à François de Meyronnes sur la Lectura super Apocalipsim
Mouvements et dissidences spirituels XIIIe-XIVe siècles
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Le manuscrit trouvé dans l’armoire
La consultation demandée à François de Meyronnes sur la Lectura super Apocalipsim*
Index | Plan | Texte | Annexe | Notes | Citation | Auteur
Manuscrits :Avignon Bibliothèque municipale 1087, Fribourg Cordeliers 26, Paris BNF lat. 713Haut de page
Étapes du procès
Identification de l’auteur
Structure de l’avis
Un ajout à la liste des articles
(Encore) une bulle perdueHaut de page
1 En dernier lieu, voir Sylvain Piron, « Censures et condamnation de Pierre de Jean Olivi : enquête d (...)
1Le Sexdequiloquium est un texte gigogne. Il contient en son sein une autre œuvre qui était tout aussi inconnue. Le traité en seize parties est en effet conçu comme une réplique à l’avis rendu par un certain magister Franciscus sur quelques extraits de la Lectura super Apocalipsim de Pierre de Jean Olivi, à l’occasion de la dernière phase du procès mené contre cette œuvre, en 1325. La mise au jour de ce document est d’autant plus précieuse que le procès n’est connu par des documents incomplets et que sa sentence finale n’a pas été conservée. Avant d’examiner l’identité de l’auteur et de montrer ce que ce document apporte de neuf à l’histoire de la condamnation d’Olivi, il faut rappeler brièvement l’enchaînement des procédures antérieures1.
2 Petrus Johannis Olivi, Lectura super Apocalipsim, ed. Warren Lewis (édition en préparation), cap. 2 (...)
3 Ubertinus de Casali, Sanctitati Apostolicae, Franz Ehrle ed., Archiv für Litteratur- und Kirchenges (...)
4 Marie-Henriette Jullien de Pommerol et Jacques Monfrin, La Bibliothèque pontificale à Avignon et à (...)
5 Leo Amoros, « Aegidii Romani impugnatio doctrinae P. I. Olivi an. 1311-1312 », Archivum franciscanu (...)
2Achevée en 1297, la Lectura se conclut avec une reprise littérale les formules finales par lesquelles Richard de Saint-Victor et Joachim de Fiore, ses deux sources principales, soumettaient leurs commentaires respectifs au jugement de l’Église2. Le fait qu’Olivi n’y ajoute pas un mot propre ne doit pas être compris comme une absence d’implication personnelle, mais au contraire comme un surcroît d’humilité. La demande de correction fut répétée l’année suivante, sur son lit de mort3. Certains volumes autrefois conservés dans la bibliothèque pontificale d’Avignon contenaient peut-être une version des œuvres complètes d’Olivi, envoyées après son décès à Boniface VIII4. C’est sans doute à la suite de cet envoi que Gilles de Rome fut chargé par le pape d’examiner le texte5. Aucune trace n’a été retrouvée de cet examen doctrinal qui ne porta pas à conséquence.
6 Cf. Michael Monachus, « Inquisitoris sententia contra combustos in Massilia », ed. S. Piron, Olivia (...)
7 L’avis est publié dans José Pou y Marti, Visionarios, beguinos y fraticelos catalanes (Siglos xiii- (...)
3Au cours de la première décennie du xive siècle et dans les discussions des années 1309-1311, la Lectura ne fut pas un enjeu central des débats sur l’orthodoxie d’Olivi. Elle ne fut prise comme cible principale qu’après la convocation des Spirituels à Avignon, pendant l’été 1317, et la condamnation de quatre d’entre eux qui furent brûlés à Marseille en mai 13186. Dans un premier temps, un « abrégé catalan » fut soumis à l’examen de Guido Terreni et Pierre de la Palud, au cours de l’année 1318. La désignation d’« abrégé » correspond assez bien à la forme de l’ouvrage, telle qu’on peut l’entrevoir au moyen des quarante-deux extraits réunis : une traduction de morceaux choisis, rassemblés dans un ordre qui n’est pas exactement celui de l’exposition continue7. En revanche, l’appellation « catalane » peut être trompeuse. Les mots in vulgaro cathalanico employés par le Catalan Guido décrivent un idiome qui ne diffère pas substantiellement de celui parlé dans la région de Narbonne, où le traité aurait aussi bien pu être composé. Les dépositions des béguins, interrogés par l’inquisition à partir de 1319, montrent la très large diffusion en Languedoc d’une version en vernaculaire de la Lectura qui n’est peut-être pas autre chose que ce même abrégé.
8 Josef Koch, « Der Prozess gegen die Postille Olivis zur Apokalypse », Recherches de Théologie Ancie (...)
9 David Burr, « Ecclesiastical condemnation and exegetical theory : the case of Olivi’s Apocalypse co (...)
4La procédure menée contre la Lectura elle-même a dû commencer au cours de la même année. Dans une première phase, un seul théologien fut invité à réaliser une lecture complète de l’œuvre et à en choisir quelques extraits, en indiquant les difficultés qu’ils posaient. Ce travail préparatoire a été heureusement conservé dans le cod. Paris lat. 3381A. Josef Koch proposait d’identifier son auteur au lecteur du sacré palais, le dominicain Guillaume de Laudun, sans donner d’autres preuves qu’un argument de convenance institutionnelle8. David Burr n’a pas retenu ce choix, sans proposer d’alternative9. Dans un second temps, une commission formée de huit maîtres procéda à un examen des articles ainsi sélectionnés. Elle en retira quelques-uns et proposa des qualifications plus synthétiques des erreurs ou inconvenances qui s’y trouvaient. Au cours de l’année 1319, le rapport des huit maîtres, connu sous le nom de Littera magistrorum, fut soumis au pape en consistoire, qui l’approuva oralement sans pour autant lui donner de suite écrite, laissant ainsi la persécution des Spirituels et des béguins se développer sans que leur erreur eût été doctrinalement définie par le Saint Siège.
5C’est de cette situation incertaine qu’est issue la controverse sur la pauvreté du Christ et des apôtres. Lors d’un procès au début de l’année 1322, l’inquisiteur dominicain Jean de Beaune reprocha à un béguin de soutenir une affirmation qui, selon le lecteur de Narbonne Bérenger Talon, n’avait rien d’hérétique, mais avait au contraire été établie par la bulle de Nicolas III, Exiit qui seminat. Il est difficile d’estimer à quel point la lenteur du pape à prononcer la condamnation de la Lectura super Apocalipsim était ou non calculée ; il est en tout cas notable que le texte ne fut déclaré hérétique qu’après l’éclaircissement apporté par Jean XXII sur la question de la pauvreté du Christ, et probablement sur la base de ces nouvelles déclarations pontificales.
10 S. Piron, « Censures », p. 365-367. Bonagrazia fait usage de sa lecture détaillée des Quaestiones d (...)
6Entre temps, le débat théorique avait pris une forte coloration politique, puisque le duc Louis de Bavière, empereur élu que le pape refusait de reconnaître, prit argument des interventions de Jean XXII pour appeler à un concile destiné à destituer un pape devenu hérétique. Le fameux appel de Sachsenhausen (22 mai 1324) argumentait en ce sens en faisant usage aussi bien d’extraits d’Olivi que de Bonagrazia de Bergame. Ce dernier, pour se disculper de toute collusion avec le duc de Bavière, rechercha sur un exemplaire des Quaestiones de perfectione evangelica les passages utilisés dans l’appel afin de préparer un mémoire d’accusation destiné à inciter Jean XXII à reprendre le procès laissé en suspens10. L’avocat franciscain, qui avait passé près d’une année en prison à Avignon pour avoir déclaré son opposition à la première formulation de la bulle Ad conditorem canonum, pouvait trouver sur ce terrain une bonne occasion de renouer avec le souverain pontife, en pointant un ennemi commun dont la condamnation ne présentait plus de difficultés et qui procurait un avantage politique, en privant Louis de Bavière d’un point d’appui doctrinal.
11 Paolo Vian, « I codici vaticani della Lectura super Apocalipsim di Pietro di Giovanni Olivi », Misc (...)
12 Patrick Nold prépare actuellement une étude sur Silvestri et son rôle d’expert théologique. Je le r (...)
13 J. Koch y voyait un ajout de la main de Silvestri. Voir les objections d’Edith Pásztor, « Le polemi (...)
14 S. Piron, « Bonagrazia de Bergame, auteur des Allegationes sur les articles extraits par Jean XXII (...)
15 Bonagratia Pergamensis, Allegationes super articulis, Paris, BnF lat. 4190, fol. 40r : « ostendam q (...)
7De fait, le procès reprit peu après. Après avoir mené lui-même un examen de la Lectura dont les traces sont conservées sur le cod. Paris, BnF lat. 71311, Jean XXII sélectionna quelques articles qu’il soumit à une nouvelle expertise. On connaissait à ce jour trois interventions liées à ce stade de la procédure. L’une, depuis longtemps identifiée, est due à l’évêque de Florence Francesco Silvestri et porte sur quatre articles qui sont apparemment les seuls soumis à l’expert12. Le document qui conserve cet avis pose toutefois un problème textuel ; il contient un développement supplémentaire, concernant le troisième article, inséré à la suite de l’avis, dont il n’est pas certain qu’il faille l’attribuer à Silvestri13. Une autre intervention, anonyme, a pu être restituée à Bonagrazia de Bergame14. L’exemplaire conservé ne rapporte que le traitement des deux premiers articles abordés par Silvestri. Cependant, le prologue laisse entendre que l’intervention était plus étendue : il s’agissait à la fois de traiter les articles choisis par le pape et ceux retenus par la commission des maîtres15. Cette précision est importante car elle permet de comprendre que la sélection d’articles réalisée par Jean XXII n’a pas eu pour objet de remplacer la Littera magistrorum mais plutôt de la compléter. 16 S. Piron, « Un avis retrouvé de Jacques Fournier », Médiévales, 54, 2008, p. 113-134.
17 Johannes Hiltalingen, Responsiones, q. 3, Fribourg, Cordeliers, 26, fol. 42rb-42vb.
8Un troisième document, plus récemment mis au jour, permet de confirmer cette analyse. Cet avis anonyme peut être daté de l’année 1325. Son auteur, nettement plus prolixe que les deux experts précédents, est probablement Jacques Fournier, alors évêque de Pamiers16. La copie partielle du manuscrit 1087 de la bibliothèque municipale d’Avignon ne conserve que l’examen du deuxième des quatre articles ; il est suivi d’un avis sur les premiers articles de la lettre des maîtres. Rien ne permet de savoir si l’auteur a porté un jugement sur l’ensemble des soixante-huit articles ou s’il s’est contenté d’en survoler les principaux points. L’examen par Jacques Fournier du premier article n’est pas conservé dans le même manuscrit, mais il est partiellement connu par des citations qu’en fait le théologien augustin Johannes Hiltalingen de Bâle17.
9L’avis auquel répond Roquetaillade porte sur un nombre plus important d’articles que ceux pris en compte par les autres interventions dans cette dernière phase du procès. Il permet de résoudre quelques interrogations que cette documentation fragmentaire laissait subsister et notamment d’appréhender pour la première fois dans leur totalité les articles choisis par Jean XXII. Avant d’entrer dans l’examen de son contenu, il est nécessaire d’identifier son auteur.
18 Sexdequiloquium, fol. 143r (V, 2.3-4) : « Et tamen sicut frater Franciscus allegavit […] Patet ergo (...)
10La question pose peu de difficultés. Magister Franciscus, comme son titre l’indique, est assurément un maître en théologie. Roquetaillade le nomme généralement de la sorte, sans jamais associer à son prénom un patronyme ou un toponyme. Cependant, il le désigne deux fois comme frater Franciscus18, dans des formules qui n’impliquent pas nécessairement une appartenance à l’ordre des frères mineurs. Le texte ne contient aucun élément de datation autonome, mais comme il fait assurément partie de cette phase du procès, la date de 1325 est certaine. Si l’on cherche un maître en théologie prénommé François, appartenant à un ordre religieux et présent à la cour d’Avignon à cette époque, les regards ne peuvent se concentrer que sur un unique personnage.
19 Samantha Kelly, The New Solomon. Robert of Naples (1309-1343) and Fourteenth-Century Kingship, Leyd (...)
20 Pierre Péano, « Les ministres provinciaux de la primitive province de Provence (1217-1517) », Archi (...)
11Après avoir obtenu la licence en théologie à l’université de Paris en 1323, à la suite d’une intervention de Jean XXII, faisant elle-même écho à une recommandation de Robert d’Anjou, François de Meyronnes fut élu ministre provincial de Provence au printemps 1324 ; à peine arrivé sur place, il fut chargé par le pape de mener une mission diplomatique en Gascogne. Par la suite, il semble avoir résidé pour l’essentiel à Avignon, fréquentant aussi bien l’entourage du pape que celui du roi de Naples, dont il était familier depuis longtemps19. L’année de son décès n’est pas connue avec certitude ; on sait seulement qu’il mourut à Piacenza un 26 juillet. Si le millésime est 1327, il est possible qu’il ait été envoyé en mission diplomatique par le pape. Mais s’il s’agit de l’année 1328, il faudrait en conclure que François avait suivi Michel de Césène dans sa rupture avec la papauté20. Quoi qu’il en soit, en 1325, il était encore dans les meilleurs termes avec Jean XXII.
21 Sexdequiloquium, fol. 139r (IX, 1) : « utrum isti statui attribuatur noticia intuitiva divine essen (...)
12Outre cette convenance spatio-temporelle, d’autres indices plaident en faveur d’une telle identification. D’un point de vue stylistique, magister Franciscus manie avec une grande habileté le vocabulaire logique et philosophique ; or François de Meyronnes est l’auteur de nombreux traités de logique et de commentaires aristotéliciens. Plus précisément, on discerne l’emploi d’un lexique caractéristique des élèves de Duns Scot dont Meyronnes fut l’un des premiers continuateurs, tels que l’adverbe formaliter ou la notion d’une « connaissance intuitive »21. La très grande fréquence des citations du pseudo-Denys paraît elle aussi conforme à un intérêt connu pour cet auteur, François ayant rédigé dans les mêmes années à l’attention du roi Robert un commentaire sur la Hiérarchie céleste.
22 Sexdequiloquium, fol. 27r-v (II, 4,1,1,1) : « Ista autem conclusio, ait Franciscus, confirmatur qua (...)
23 Sexdequiloquium, fol. 27v (II, 4,1,1,2-3) : « dicitur in eadem philosophia quod melior est ordo toc (...)
24 Sexdequiloquium, fol. 222r (XV, 1,4,2,4) : « quia sicut ordo parcium excercitus ad invicem est prop (...)
25 Pierre de Lapparent, « L’œuvre politique de François de Meyronnes. Ses rapports avec celle de Dante (...)
26 François de Meyronnes, De principatu temporali, ed. Friedrich Baethgen, « Dante und Franz von Mayro (...)
27 Ibid., p. 123 : « ordo partium exercitus ad invicem est propter ordinem totius exercitus ad ducem (...)
13La preuve la plus nette est fournie par un parallèle textuel exact. Dans la quatrième question, l’auteur invoque des arguments métaphysiques en faveur de la nécessité d’un souverain universel. Le premier argument s’appuie sur une formule classique de la pensée politique médiévale, reprenant les dernières phrases du livre Lambda de la Métaphysique dans lesquelles Aristote cite un vers de l’Iliade : « les étants ne veulent pas être mal disposés ; il faut donc un seul prince »22. Les deux arguments suivants s’inspirent d’une formule du même chapitre de la Métaphysique, moins souvent citée, qui compare le rapport entre le souverain Bien et le Tout à celui qui existe entre une armée et son chef, qui en est à la fois séparé et inclus en elle en tant qu’il en est la finalité23. La même formule est employée dans la quinzième question, dans un nouveau développement sur le même sujet24. Les écrits politiques de François de Meyronnes ont retenu l’attention depuis longtemps en raison de leur affinité argumentative avec la Monarchia de Dante, précisément au sujet de cette démonstration d’une unité politique nécessaire du monde. Toutefois, à la différence du poète florentin, le franciscain provençal défend la supériorité du pouvoir spirituel sur le temporel25. Dans le Tractatus de principatu temporali, rédigé vers 1324, il fait usage en ce sens du premier argument issu de la Métaphysique, ce que l’on ne peut prendre comme une preuve décisive26. En revanche, il est bien plus déterminant d’y trouver, à la lettre, la même formule concernant l’ordonnancement de l’armée27. Joint aux indices précédents, ce parallèle textuel rend l’identification indiscutable.
28 La rubrique du cod. Assise, 684 suggère que Meyronnes aurait rédigé cet avis à Avignon alors qu’il (...)
29 Franciscus de Meyronnes, Utrum sortilegi sint heretici reputandi, Paris, BnF, lat. 3655, fol. 45v-4 (...)
30 August Pelzer, « Les 51 articles de Guillaume d’Occam censurés en Avignon en 1326 », Revue d’Histoi (...)
14Il n’y a rien de suprenant à ce qu’une intervention sur la Lectura ait été demandée à François de Meyronnes. Son expertise avait déjà été requise dans d’autres dossiers. Il était intervenu à distance, depuis Paris, dans la consultation de 1322 sur la pauvreté du Christ et des apôtres28. Une question consacrée à la sorcellerie comme hérésie, conservée dans un manuscrit copié au début du xve siècle à Montpellier, peut être rapprochée de la consultation demandée sur ce thème par Jean XXII en 132029. Toutefois, cet avis ne semble pas appartenir au dossier de la consultation pontificale de 1320 et pourrait avoir été rédigé soit à distance, durant le séjour parisien de François, soit après coup. Par la suite, durant son séjour à Avignon, François fut également requis dans le cadre du procès contre Guillaume d’Ockham30. Conseiller habituel du pape et franciscain de Provence, il était particulièrement bien placé pour examiner la Lectura super Apocalipsim. Structure de l’avis
31 On trouvera en annexe le détail des articles et des différentes questions posées dans les quatre in (...)
15Dans les trois avis que l’on connaissait à ce jour, chaque article extrait par le pape fait l’objet d’une seule question, qui est parfois subdivisée en interrogations successives comme dans le cas de la discussion menée par Jacques Fournier. François de Meyronnes procède différemment, de façon plus analytique, en posant des questions distinctes concernant un même énoncé suspect31.
32 Ce développement résume une question traitée peut auparavant, in Petrus Johannis Olivi, Quodlibeta (...)
16Le premier article, extrait du septième « point notable » du prologue de la Lectura, porte sur la conclusion d’une concordance biblique de type joachimite, propre à Olivi. De même que la lignée des prêtres issue d’Aaron est passée pour un temps de la descendance d’Eleazar à celle d’Ithamar32, le pontificat du Christ a d’abord été transmis en Pierre à la lignée de la vie apostolique, puis transféré à un état possédant des biens temporels ; il devra finalement revenir, par droit de primogéniture et de perfection majeure, à un ordre évangélique. Sans considérer la seconde partie du paragraphe retenu par le pape qui expose de quelle façon la corruption de l’Eglise dans son état actuel coopère à ce retour à la première lignée, François de Meyronnes ne s’intéresse qu’au problème du fondement du pouvoir pontifical et de son éventuel transfert, en posant cinq questions. Il se demande tour à tour s’il est correct de dire (q. 1) que le pontificat a d’abord été donné à une lignée évangélique, et plus radicalement encore (q. 2) qu’il a été donné à Pierre et aux apôtres ; à supposer que ce soit le cas, (q. 3) a-t-il pu être raisonnablement transmis (collatus) à un état possédant des biens temporels ? question cruciale, (q. 4) peut-on dire qu’il a-t-il été de la sorte changé (commutatus) ? La cinquième question en vient enfin à l’idée d’un transfert futur de ce pontificat à un petit nombre d’élus de l’ordre de saint François. Les réponses à ces questions sont relativement brèves, mais à la fin de sa consultation, François de Meyronnes revient plus longuement sur le sujet. La quinzième question soulève en effet un point sous-entendu dans l’ensemble de cette discussion : de quelle façon est-il légitime de dire que le pontificat du Christ a pu être donné à quelqu’un d’autre, par le Christ lui-même ? De façon parlante, alors que qu’il prend à chaque fois le contre-pied des positions défendues par François de Meyronnes, dans ce dernier chapitre du Sexdequiloquium Jean de Roquetaillade n’a rien à répliquer à un développement qui n’implique aucun jugement sur le commentaire de l’Apocalypse. Sous couvert d’une intervention comme expert théologique, François de Meyronnes a ici prolongé pour lui-même sa réflexion ecclésiologique.
33 Aucun manuscrit de la Lectura ne comporte cette erreur. Je remercie Warren Lewis d’avoir bien voulu (...)
17Le traitement des articles suivants ne correspond pas à l’ordre dans lequel ils apparaissent chez Bonagrazia de Bergame et Francesco Silvestri. Dans la mesure où ce dernier numérote explicitement les quatre articles qui lui sont soumis et que ceux-ci s’enchaînent conformément à la continuité de la Lectura super Apocalipsim, il n’y a de raison de remettre cet ordre en question. Aucun indice textuel ne permet de comprendre si cette interversion provient d’un accident de copie ou si elle était présente dès la remise de l’avis de François de Meyronnes. Toujours est-il que ce dernier examine d’abord, en deux questions, le quatrième article qui porte sur la place privilégiée reconnue à saint François comme plus parfait observateur de l’Évangile après le Christ et sa mère, article qui correspond au vingt-huitième de la Littera magistrorum. Comme chez Silvestri, le terme exact employé par Olivi, renovator, est remplacé dans l’intitulé de la question par le terme revelator, ce qui conduit à penser que la variante était présente dans le manuscrit à partir duquel la liste des articles a été dressée33. François de Meyronnes parvient à rectifer cette erreur, examinant d’abord (q. 6) les qualifications de plus parfait observator et revelator de l’Évangile attribuées à saint François, puis (q. 7) celles de principal fundator et exemplator après le Christ, termes absents de l’extrait qui permettent de retrouver le sens du mot renovator. Sur ces questions, la position du maître franciscain est relativement modérée : si l’excellence de saint François est indéniable, sa supériorité absolue sur tous les autres saints est invérifiable et la comparaison est odieuse à leur égard.
34 Sexdequiloquium, fol. 139r (VIII, 1) : « … iste titulus non potest clare investigari quia non habet (...)
18Est ensuite traité, en deux questions, le deuxième article, portant sur le surcroît de connaissance accordé aux hommes du troisième âge, annoncé par la promesse de la venue du Paraclet (Jean 16,13), qui leur donnera une expérience « tangible et gustative » (palpativa et gustativa) de la sagesse du Verbe et de la puissance du Père. Dans un premier temps (q. 8), Meyronnes montre que la promesse de la mission de l’Esprit s’est achevée lors de la Pentecôte, avant (q. 9) de s’intéresser au type de connaissance attendue. Les termes employés dans l’intitulé étant jugés métaphoriques et non conformes à l’art, ils sont interprétés au sens d’une « connaissance intuitive » de Dieu donnée en cette vie, ce qui est manifestement erroné pour tout théologien34. Le troisième article, concernant la prédétermination du nombre des élus, est ensuite abordé par une question (q. 10) sur laquelle on reviendra plus loin.
35 Sexdequiloquium, fol. 190r-v: « … cum queritur utrum sit erronem dicere quod status ecclesie ad dam (...)
19Les quatre questions suivantes abordent des points qui ne sont pas traités dans les autres avis connus. Tout d’abord, la q. 11 revient sur un passage du troisième chapitre de la Lectura, qui correspond au quinzième article de la Littera magistrorum, au sujet de la supériorité du sixième état de l’Église sur les cinq précédents. La q. 12 pose un problème particulier, dans la mesure où l’intitulé de la question est abrégé par un « etc. » qui empêche d’identifier précisément le passage d’où est issu l’article. Comme le remarque Jean de Roquetaillade, l’intitulé a peut-être été proposé de façon tronquée à Meyronnes lui-même35. Il est difficile d’identifier un passage spécifique parmi les très nombreux lieux de la Lectura où Olivi annonce que l’Église charnelle est une nouvelle Babylone qui sera prochainement condamnée. La discussion qu’apporte sur ce thème François de Meyronnes ne permet pas davantage de reconstituer l’extrait choisi par Jean XXII. La q. 13 porte sur un thème voisin, en demandant s’il est catholique d’affirmer, comme le dit un passage du prologue de la Lectura, que coexistent une Église des élus et une troupe des réprouvés. Quant à la matière de la q. 14, elle provient encore une fois du troisième chapitre de la Lectura, également source des articles 2, 3 et 5. Il s’agit ici d’examiner l’affirmation selon laquelle le propre du troisième âge consistera à accomplir en tant que préceptes les conseils de perfection évangélique.
20Si l’on considère que chacune de ces quatre questions se rapporte comme les précédentes à des articles choisis par le pape, il faudrait en conclure que Jean XXII n’a pas choisi quatre, mais huit extraits de la Lectura, deux d’entre eux coïncidant avec des articles du rapport rendu par les huit maîtres. Il faudrait alors se demander pour quelles raisons l’évêque de Florence n’a eu à traiter que les quatre premiers, tandis que les huit auraient été transmis à François de Meyronnes. Quant à Jacques Fournier et Bonagrazia de Bergame, ils semblent avoir reçu une mission distincte, puisqu’il leur était également demandé d’émettre un avis sur la Littera magistrorum. Un examen détaillé de l’ensemble des annotations laissées par le souverain pontife sur le cod. Paris lat. 713 permettra sans doute d’apporter des précisions. Pour résoudre les contradictions apparentes, l’hypothèse la plus simple serait d’envisager que la consultation se soit déroulée en plusieurs temps. Il reste à considérer un indice important qui incite à aller dans ce sens.
36 Sexdequiloquium, fol. 167r (X, 1, 3) : « Prima conclusio est quod accipiendo istam complexionem hui (...)
37 Ibid. (X, 1, 4) : « Sed occurrit difficultas quia questio solet fieri, utrum predestinatus possit d (...)
38 L’exemple de l’âne volant figure dans les Auctoritates Aristotelis. Un florilège médiéval, ed. Jacq (...)
21La seizième et dernière question posée par François de Meyronnes revient sur un point abordé précédemment dans la dixième question. Comme pour la question 15, on pourrait être tenté de penser que François de Meyronnes a rajouté cette question pour résoudre une difficulté qu’il se posait lui-même. En réalité, il n’en est rien. La question 10 demandait s’il est erroné de dire que le nombre des élus, prédestinés à former la cité céleste, est fixé d’une façon si précise que si l’un chûtait, un autre devrait lui être substitué, afin que la fabrique de la cité ne demeure incomplète. La réponse de Meyronnes est d’ordre logique. Des propositions conditionnelles peuvent être comprises deux façons, selon que l’on tient compte ou non de leur vérité propositionnelle. D’un point de vue formel, dans une proposition hypothétique conditionnelle, l’enchainement logique peut être correct, même si chaque partie de la proposition prise en soi est fausse, comme dans l’exemple « si un âne vole, il a des ailes »36. Quant à la vérité de la proposition, François se contente de dire en un mot qu’il y a une difficulté, car c’est une question habituellement posée (questio solet fieri) en théologie de savoir si les prédestinés peuvent chûter37. Dans son traitement du même problème, Francesco Silvestri suit le cheminement inverse. Après avoir traité du fond, il rappelle dans son dernier paragraphe avoir entendu dire autrefois dans les écoles de logique qu’une proposition hypothétique conditionnelle telle que « si un âne vole, il a des ailes », peut être vraie même si chacune de ses parties est fausse. La formule étant en effet un classique des écoles38, il n’y pas lieu de penser à une concertation entre les deux experts, même s’il n’y a pas non plus de raison d’en exclure la possibilité.
39 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 91v.
40 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « Ad premissa quesita, respondeo quod sive illa uerba “N (...)
22Quoi qu’il en soit, il semble que cette convergence logicienne ait poussé le souverain pontife à poser à nouveaux frais la question du nombre des élus et de leur éventuelle substitution. C’est là le sens de la question ajoutée à l’avis rendu par Francesco Silvestri. Cet ajout se présente de la façon suivante : sur une page entière figure un long extrait de la Lectura correspondant aux derniers paragraphes du chapitre 3, articulés autour d’une interprétation du verset 3, 11, Tene quod habes ut nemo coronam tuam accipiat (« Tiens ce que tu as, que personne ne te prenne ta couronne »). Cet extrait est suivi d’une note annonçant que le pape attend un avis écrit concernant ce passage : « Reverende pater et dominus noster vult quod super hoc deliberetis et scribatis»39. Les trois feuillets précédents contiennent une réponse anonyme, dont le premier paragraphe révèle que la question a été cette fois posée avec une précision, « que ces mots soient compris de façon conditionnelle ou modale ». L’auteur répond que cette distinction ne lui importe pas car, à ce qu’il lui semble, le sens et l’intention de frère Petrus Johannis sont toujours faux et erronés40. 41 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « sicut alias probavi et ostendi respondendo ad tertium (...)
42 On relève pas moins de dix-neuf citations de sources juridiques.
43 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « Et quia frater Petrus Iohannis predictus multa falsa e (...)
44 Patrick Nold examinera ce point dans son étude du manuscrit ASV, Arm. XXXI, t. 42.
23L’identité de l’auteur de cette réponse peut être établie facilement. Comme l’avait déjà noté Edith Pásztor, seul un religieux est spontanément porté à désigner Olivi comme un « frater », ce que Silvestri ne fait jamais. L’auteur dit avoir lui-même déjà traité le troisième article auparavant41. Les autorités qu’il cite sont principalement juridiques, non seulement le Décret de Gratien, les Décrétales de Grégoire IX et le Liber Sextus, mais également les gloses de Jean le Teutonique42. Or l’on sait qu’un juriste franciscain a pris part à cette dernière phase du procès, en l’occurrence Bonagrazia de Bergame. Les Allegationes, telles qu’elles sont conservées, ne portent que sur les deux premiers articles, mais le prologue laisse penser que tous les articles soumis par le pape avaient été abordés, y compris le troisième. Dans les mêmes considérations préliminaires de son avis, Bonagrazia insiste longuement sur le fait que tous les écrits d’Olivi doivent être réputés hérétiques, car issus d’une intention perverse ; c’est également ce qui est dit par l’auteur de ce supplément, qui considère, tout comme Bonagrazia, que la condamnation de la Lectura est déjà acquise43. Une fois obtenue cette identification, il restera à comprendre pour quelle raison ce complément a été ajouté à l’avis rendu par Silvestri44.
24La seizième question posée par François de Meyronnes est issue des mêmes circonstances. Lui aussi a dû, dans un second temps, revenir de façon plus complète sur ce qui était le troisième article de la consultation initiale. Dans un premier temps, le pape avait pointé une unique phrase de la Lectura. C’est à présent un passage plus volumineux qui est soumis à examen. François y répond sur le fond, tout en maintenant dans le cours de sa réponse des distinctions concernant les propositions conditionnelles. Pour sa part, Jean de Roquetaillade ne se donne pas la peine de reprendre une discussion qu’il avait abordée sur le fond dans le dixième traité du Sexdequiloquium. Conservant malgré cela une structure en quatre parties, il tire parti de ce dernier traité pour présenter une courte apologie personnelle qui sert de conclusion à l’ensemble de l’ouvrage.
(Encore) une bulle perdue
25Pour conclure cet aperçu, il reste à comprendre les raisons pour lesquelles frère Bertrand a demandé à Jean de Roquetaillade de répondre à cette consultation de François de Meyronnes. Le prisonnier prend un grand soin à donner le titre exact des questions et les réponses données par magister Franciscus, mais sans jamais indiquer le contexte dans lequel ces questions ont été posées. Dans presque tous les traités, il affirme citer intégralement les réponses de François ; or ce dernier, à la différence de Bonagrazia, ne personnalise jamais ses interventions et traite des problèmes qui lui sont soumis en faisant abstraction de la personne qui a défendu ces thèses et du texte dont elles proviennent. Jusqu’à un certain point, le débat théorique semble déconnecté de toute appréciation sur la Lectura super Apocalipsim. En réalité, comme on va le voir, Jean de Roquetaillade savait très bien de quoi il retournait. On le comprend en observant les références à Olivi qui apparaissent dans le Sexdequiloquium.
45 Sexdequiloquium, fol. 152r : « Ioachim abbas et frater Petrus Iohannis qui super ceteros expositore (...)
46 Une polémique semblable apparaît dans le Liber secretorum eventuum, p. 192, à propos de ceux qui on (...)
26Son nom est mentionné une première fois, en compagnie de Joachim, dans une référence qui paraît étrangement erronée : l’un et l’autre auteurs sont présentés comme les premiers commentateurs de l’Apocalypse qui aient affirmé que le monde ne finirait pas immédiatement après la mort de l’Antéchrist ; ils se sont néanmoins trompés en pensant que le monde durerait encore deux cent cinquante ans, alors que sa durée future sera pour Roquetaillade de mille ans ; les disciples de Joachim et d’Olivi méprisent cette position, mais le visionnaire emprisonné affirme avec conviction que l’expérience finira par lui donner raison45. En réalité, on ne trouve l’indication d’une telle durée, ni chez l’un ni chez l’autre. Il semble donc nécessaire de voir ici l’écho d’un débat qui opposait Roquetaillade à d’autres joachimistes et oliviens de son temps46.
47 Sexdequiloquium, fol. 178r : « Et ideo in foro recte conscientie omni habenti occulos, claret quod (...)
27À la suite de cette première référence explicite, d’autres allusions apparaissent. Ainsi, dans le onzième traité, Roquetaillade prend ses distances avec la façon de parler de « frère Pierre Jean » lorsqu’il affirme que le sixième état de l’Église est supérieur aux précédents et marque le début d’un nouveau temps et la fin d’un ancien, de même que l’état du Christ a évacué l’ancien testament47. Tout en défendant la supériorité du sixième état sur les précédents, Roquetaillade rejette cette similitude qui pourrait être comprise comme l’annonce d’une caducité de l’Église romaine. L’effort du franciscain emprisonné vise au contraire à montrer que le schéma de rénovation de l’Église n’implique aucune rupture de sa continuité historique, ni nulle remise en cause, à aucun moment, de l’autorité détenue par des titulaires légitimes.
48 Bullarium Franciscanum, C. Eubel, éd., Quaracchi, Coll. S. Bonaventurae, 1898, t. 5, n° 302, p. 137 (...)
49 Sexdequiloquium, fol. 201-202r : « Et quia de hac materia edidi iuvenis existens librum alium extra (...)
50 Sexdequiloquium, fol. 202r-v : « Et quia audivi decretalem olim fuisse factam a domino Johanne papa (...)
51 Sexdequiloquium, fol. 232v : « Protestor ego frater Iohannes de Rupecissa ordinis fratrum minorum, (...)
28Une autre référence précise apparaît dans le douzième traité. Celui-ci aborde le thème très sensible de la damnation future de l’Église charnelle, qui avait été censuré par une bulle de Jean XXII, Gloriosam ecclesiam, de janvier 1318, dirigée contre les dissidents enfuis en Sicile48. Le traité s’achève par une profession de foi, dans laquelle Jean rappelle avoir écrit dans sa jeunesse un livre sur le même sujet. Ce Deffensorium immaculate virginis ecclesie, explique-t-il, lui a été soustrait par les frères sans qu’il ait pu le corriger ; il en rétracte le contenu au cas où il contiendrait des erreurs49. De la même façon, Roquetaillade dit avoir entendu parler d’une décrétale de Jean XXII contre les erreurs doctrinales d’Olivi, qui aurait contenu la détermination du présent article et de certains des précédents ou des suivants ; il jure alors avoir recherché ce texte avec la plus grande diligence, l’avoir fait chercher par ses « procureurs » et ne pas encore l’avoir trouvé à ce jour. Ce n’est pas par négligence s’il ignore ce texte, auquel il adhère sans le connaître et qu’il ne veut en rien contredire50. La protestation de foi qui occupe la quatrième considération du seizième et dernier traité commence par revenir sur ce même point51. 52 Les deux passages sont publiés par Étienne Baluze, Vitae paparum Avenionensium, ed. G. Mollat, Pari (...)
53 Sur cette bulle, et les controverses concernant son authenticité, cf. Alain Boureau, Satan hérétiqu (...)
54 Étienne Anheim, « Une controverse médiévale sur la musique : la décrétale Docta sanctorum (1324/132 (...)
55 Je remercie Étienne Anheim d’avoir partagé ses impressions sur ce point avec moi.
29Dans deux de ses chroniques, Bernard Gui, témoin direct des événements, indique le jour exact où fut enfin promulguée la condamnation définitive de la Lectura super Apocalipsim, le 8 février 132652. Un quart de siècle plus tard, le document était introuvable à Avignon. Ce n’est pas le seul cas d’une décrétale perdue. Une autre détermination importante de Jean XXII, qui date de 1326 ou 1327, n’est connue que de façon indirecte : il s’agit de la fameuse bulle Super illius specula, caractérisant la sorcellerie comme hérésie, qui est uniquement transmise par des reprises ultérieures, notamment de la part de Nicolas Eymerich dans son Directorium inquisitorum53. De même, la décrétale Docta sanctorum, des années 1324-1325, critiquant les usages de la musique polyphonique, n’a pas été retrouvée dans les registres pontificaux54. Il y a plusieurs façons de rendre compte de la disparition rapide de tels documents, que ce soit par une lacune de l’enregistrement ou la perte d’un registre qui aurait pu survenir à l’occasion du transfert de l’administration pontificale du palais de l’évêque, où elle était installée sous Jean XXII, vers le palais des papes, construit pendant les pontificats ultérieurs. Le rassemblement des archives du Saint-Siège à Avignon s’est étalé sur plusieurs décennies et dans cette phases d’installation, des pertes documentaires importantes sont compréhensibles55. 56 Voir dans le même numéro d’Oliviana, « Le mouvement clandestin des dissidents franciscains ». (...)
30On comprend ainsi pour quelle raison frère Bertrand a jugé bon de soumettre à Jean de Roquetaillade l’avis de François de Meyronnes. Lui non plus ne parvenait pas davantage à mettre la main sur l’original de la condamnation définitive de la Lectura. À défaut, l’expertise du maître franciscain pouvait lui sembler devoir en tenir efficacement lieu. Espérant obtenir de la sorte une confirmation des soupçons d’une inspiration olivienne de Roquetaillade, que les événements récents pouvaient avoir relancés56, il demanda au prisonnier de s’exprimer sur les seize questions traitées. Par malchance pour lui, et bonheur pour nous, il est tombé sur un débatteur exceptionnel qui a réussi à se sortir avec brio de la difficulté.
57 Liber ostensor, p. 437 : « Hodie decretalis existit, que incipit Gloriosam ecclesiam, quam per Joha (...)
31Trois ans plus tard, dans le Liber ostensor, Jean de Roquetaillade a changé d’opinion. Il considère désormais que la Lectura super Apocalipsim a été condamnée par la décrétale Gloriosam ecclesiam57. Le fait que cette bulle, promulguée en janvier 1318, soit ici datée de 1325 signale que le document a été choisi par raccroc, pour tenir lieu de la condamnation cherchée et non retrouvée. Il manque trop d’informations pour que l’on comprenne clairement tous les sous-entendus de cette substitution. Il se pourrait, une fois de plus, que l’erreur apparente ait recouvert un choix tactique plus subtil. Le choix de faire reposer la condamnation de la Lectura sur cette seule bulle avait pour avantage d’en circonscrire le point d’application, en exonérant la plupart des autres thèmes défendus dans le Sexdequiloquium.
Les articles extraits par Jean XXII
Article 1Extrait : « Pontificatus Christi fuit primo stirpi evangelice vite et apostolice in Petro et apostolis datus, ac deinde utiliter et rationabiliter fuit ad statum habentem temporalia commutatus, saltem a tempore Constantini usque ad finem quinti statui. Et per quanto autem multi sanctorum pontificum fuerint regulares et in suis scriptis et habitu ordinis sui preferentes Christi paupertatem et apostolorum omnibus temporalibus ecclesie datis, pro tanto quia usque ad duplum preheminuit primus ordo sacerdotii apostolici, congruum est ergo in fine omnino redeat et assurgat, ad ordinem primum ad quem spectat iure primogeniture et perfectionis maioris, et Christo conformioris. Ad istum autem reditum valde quamvis per accidens cooperabitur non solum multiplex imperfectio in possessione et dispensatione temporalium ecclesie in pluribus comprobata, sed etiam per multiplex enormitas superbie et luxurie et symoniam et causidicationum et litigiorum et fraudum et rapinarum ex ipsis occasionaliter accepta. Ex quibus circa finem quinti temporis a planta pedis usque ad verticem, est fere tota ecclesia infecta et confusa et quasi nova Babillon effecta », Lectura super Apocalipsim, Prologue, Septimum Notabile, § 145-14658.
Bonagrazia de Bergame, Allegationes super articulis, q. 1 : « Utrum erroneum sive hereticum sit censendum dicere quod scribit fr. P. predictus, in prologo dicte postille, x et xi folio, videlicet quod pontificatus Christi fuit primo stirpi evangelice vite et apostolice in Petro et apostolis datus … est fere tota ecclesia infecta et confusa et quasi nova Babillon effecta. », Paris, BnF lat. 4190, fol. 41r-45r.
Francesco Silvestri, Super articulis michi trasmissis, q. 1 : « Utrum catholice possit dici quod pontificatus Christi fuerit primo stirpi vite evangelice et apostolice in Petro et aliis apostolis datus ac deinde ad statum habentem temporalia utiliter et rationabiliter commutatus », Archivio Segreto Vaticano, Arm. XXXI, t. 42, fol. 82v-83v.
Jacques Fournier, q. 1, fragments cités par Johannes Hiltalingen de Bâle, Responsiones, q. 3, Fribourg, Cordeliers, 26, fol. 42rb-42vb.
François de Meyronnes, cité par Jean de Roquetaillade, Sexdequiloquium, q. 1 : « Utrum erroneum sit dicere quod pontificatus Christi datus sit stirpi euvangelice vite », in Sexdequiloquium, fol. 3r-6r.
– q. 2 : « Utrum sit erroneum dicere quod pontificatus Christi fuerit datus Petro et apostolis », in Sexdequiloquium, fol. 27r-28v.
– q. 3 : « Supposito quod Christi pontificatus fuit datus stirpi euvangelice vite, utrum fuerit racionabiliter et utiliter statui habencium temporalia collatus et pono hic scienter collatus et non commutatus, quia sequens questio erit de commutatione », in Sexdequiloquium, fol. 38r-39v.
– q. 4 : « Utrum pontificatus Christi fuerit commutatus a statu perfectionis euvangelice vite ad statum habencium temporalia. », in Sexdequiloquium, fol. 43r, 44v-47r.
– q. 5 : « utrum sit erroneum dicere quod primatus ecclesie romane auferendus sit illi in fine quinti status et ad paucos viros electos ordinis beati Francisci, qui se subtrahent ab obedientia ecclesie Romane, sit transfferendus », in Sexdequiloquium, fol. 58v-59v.
– q. 15 : « Quintadecima questio fuit data incidentaliter, accepta occasione ex dicto eiusdem doctoris, utrum sit erroneum dicere quod pontificatus Christi fuerit alicui datus alteri ab ipso Christo », in Sexdequiloquium, fol. 214v-226v.
Article 2Extrait : « Item in tertio tempore huius vite non solum simplici intelligentia, sed etiam gustativa et palpativa experientia videbitur omnis sapientia verbi dei incarnati, et potentia dei patris, quia Christus promisit quod cum venerit ille spiritus veritatis, docebit vos omnes veritatem, et ille clarificabit me, etc. Significatur etiam per hoc proprium donum et singularis proprietas tertii status mundi, sub sexto statu ecclesie inchoando et spiritui sancto per quandam antonomasiam appropriati. Sicut enim in primo statu scilicet ante Christum studium fuit patribus enarrare magna opera domini inchoata ab origine mundi, in secundo vero statu a Christo usque ad tertium statum cura fuit filiis querere sapientiam misticarum rerum et misteria occulta a generationibus seculorum, sic in tertio statu nil restat nisi ut psallamus et iubilemus Deo laudantes eius opera magna, etiam eius multiformem sapientiam et bonitatem in suis operibus et scripturarum sermonibus clare manifestatam. Sicut etiam in primo tempore exhibuit se Deus pater ut terribilem et metuendum, ut tunc claruit eius timor, sic in secundo exhibuit se Deus filius ut magistrum et reseratorem et ut verbum expressivum sapientie sui patris, ergo in tertio tempore Spiritus Sanctus exhibebit se sicut flammam et fornacem divini amoris et ut cellarium spiritualis ebrietatis et ut apothecam divinorum aromatum et spiritualium unctionum et unguentorum et ut tripudium spiritualium iubilationum et iocunditatum, per quam non solum simplici intelligentia sed etiam gustativa et palpativa experientia videbitur omnis veritas sapientie verbi Dei incarnati et potentie Dei patris, quia Christus promisit quod cum venerit ille spritus etc. (Jn 16,13) », Lectura super Apocalipsim, cap. 3, § 23.
Francesco Silvestri, Super articulis, q. 2, « Secundus articulus est utrum catholice possit dici quod in sexto statu huius vite non solum simplici intelligentia sed palpativa et gustativa experientia videbitur omnis sapientia verbi incarnati et potentia Dei patris, quia Christus promisit quod cum venerit ille spiritus veritatis docebit vos omnem veritatem », fol. 84r-85r.
Bonagrazia de Bergame, Allegationes, q. 2, « Sequitur secundus articulus per vestram sanctitatem de dicta postilla extractus », fol. 45r-49v.
Jacques Fournier, q. 2 : « An in tertio tempore huius vite inchoando in sexto statu ecclesie non solum simplici intelligentia sed et palpativa et gustativa experiencia videatur omnis sapiencia verbi Dei incarnati ac potentia Dei patris, quia Christus promisit quod cum venerit illud spiritus veritatis docebit vos omnem veritatem », Avignon, BM, 1087, fol. 220r-242r.
François de Meyronnes, q. 8 : « Utrum sit erroneum dicere quod promissio de missione Spiritus Sancti non sit perfecta in apostolis vel in aliis cuiuscumque status sit plenius adimplenda », in Sexdequiloquium, fol. 129v-141.
– q. 9 : « Utrum sit erroneum dicere quod in tercio tempore huius vite non solum simplici intelligentia sed eciam gustativa et palpativa experiencia videbitur omnis sapiencia verbi Dei incarnati et potencia Dei patris », in Sexdequiloquium, fol. 141-154.
Article 3« Notandum tamen quod per hoc verbum docemur numerum electorum ad complendam fabricam civitatis superne sic esse prefixum, quod si unus per suam culpam corruat, alterum oportet substitui, ne illa fabrica remaneat incompleta », Lectura super Apocalipsim », cap. 3, § 52.
Francesco Silvestri, q. 3 : « Tertius articulus talis est : “Utrum catholice possit dici quod numerus electorum ad implendam fabricam civitatis superne sit sic prefixus quod si unus per culpam suam corruat alterum oporteat substitui, ne illa fabrica remaneat incompleta” », fol. 85v.
François de Meyronnes, q. 10 : « Utrum sit erroneum dicere quod numerus electorum ad complendam fabricam civitatis superne sic est prefixus quod si unus per suam culpam corruat alterum oportet sustitui, ne illa fabrica remaneat incompleta », in Sexdequiloquium, fol. 166v-167r.
Article 4Extrait : « Hic ergo angelus est Franciscus, evangelice vite et Regule sexto et septimo tempore propagande et magnificande renovator et summus post Christum et eius matrem observator », Lectura super Apocalipsim, cap. 7, § 9.
Francesco Silvestri, q. 4 : « Utrum catholice possit dici quod beatus Franciscus sit evangelicae vite et regule sexto et septimo tempore propagande revelator et summus post Christum et eius matrem observator », fol. 86v-88v.
François de Meryonnes, q. 6 : « Utrum sit erroneum dicere quod beatus Franciscus fuit euvangelice vite revelator et summus post Christum et eius matrem observator », in Sexdequiloquium, fol. 87v-88r.
-, q. 7 : « Utrum sit erroneum dicere quod beatus Franciscus fuit post Christum principalis fundator et exemplator euvangelice vite », in Sexdequiloquium, fol. 123v-124r.
Article 5Extrait : « Consurgitque ex hoc quoddam mirabile et valde notabile, videlicet quod status sextus, quanto maior erit precedentibus in susceptione gratiarum et familiarium signorum amoris Christi ad eum, tanto habebit unde plus Christo et statibus precedentibus humilietur, quia potius prefertur eis in pati se recipere quam in agere vel dare, et potius in felicitate habente speciem premii quam in laborioso opere habente rationem meriti. Hec tamen per antonomasiam et per quandam appropriationem sunt intelligenda », Lectura super Apocalipsim, cap. 3, § 31.
François de Meyronnes, q. 11 : « Utrum sit erroneum dicere quod sextus status ecclesie maior erit precedentibus in suscepcione gratiarum et familiarium signorum », in Sexdequiloquium, fol. 173v-174r.
Article 6Extrait : prologue ? François de Meyronnes, « Utrum sit erronem dicere quod status ecclesie ad dampnacionem babilonis idest ecclesie carnalis, etc », in Sexdequiloquium, fol. 190v-191r.
Article 7Extrait : « Ne autem propter distinctionem septem ecclesiarum vel septem signaculorum vel septem tubarum vel phialarum crederetur tota ecclesia sanctorum ab initio Christi, et etiam seculi usque ad finem, non esse una, aut consimiliter ecclesia seu generatio reproborum non esse una, idcirco quarta visio demonstrat in omnibus septem statibus unam ecclesiam esse electorum, quasi unam mulierem sole amictam, ac tamen habentem variam prolem et varios exercitus correspondentes septem capitibus draconis. Sexta vero docet totam catervam reproborum esse unam meretricem et unam Babilonem et unam bestiam habentem tamen capita septem », Lectura super Apocalipsim, Prol. § 114.
François de Meyronnes, q. 13 : « Utrum sit erroneum dicere quod ab inicio seculi usque ad finem est una ecclesia electorum et una cathena reproborum que una meretrix et una babilon et una bestia dicitur », in Sexdequiloquium, fol. 190v-191r.
Article 8Extrait : « Nota quomodo hoc preclare competit sexto statui, cuius proprie est profiteri et servare evangelicam legem seu Regulam non solum preceptorum sed etiam consiliorum Christi », Lectura super Apocalipsim, cap. 3, § 36 (Litt. Mag., § 16)
François de Meyronnes, q. 14 : « Utrum sit erroneum dicere quod proprium erit sexto statu eidem profiteri et servare euvangelicam regulam, non solum preceptorum sed eciam consiliorum Christi », in Sexdequiloquium, fol. 208r-v.
Article 9 (Supplémentaire)Extrait : « Tene quod habes, scilicet fidem et bona opera, et in eis longanimiter persevera, ut nemo accipiat coronam tuam, quasi dicat: “Si non perseveraveris, perdes coronam tuam,” id est “a te promeritam et tibi debitam et tibi paratam, et alter tibi substituetur ut habeat eam.” Nota quod sicut solum angelum sextum et secundum de nullo increpat, sic solum ambobus coronam dicit esse paratam si perseverent. Cuius una ratio est quia amborum est sustinere summum certamen martiriorum, quibus non est superaddendum honus divine increpationis sed potius dulcor promissionis et confortationis. Item soli sexto et quarto quoad eius electos dicit quod teneant illud quod habent, in quo innuit eos tantum cumulum perfectionis habere quod sufficiet sibi, solum quod in eis irremisse perseverint.
Item sicut soli primo comminatus est translationem ecclesie sue de loco suo, sic soli sexto significat quod, si non perseveraverit, eius corona ad alium transferetur. Cuius mistica ratio est quia sicut primus status habuit primatum respectu totius secundi generalis status mundi, qui ab Apostolo vocatur tempus seu ingressus plenitudinis gentium, sic sextus habebit primatum respectu totius tertii generalis status mundi duraturi usque ad finem seculi. Ne ergo de suo primatu superbiant aut insolescant, quasi non possint ipsum perdere aut quasi alius nequeat substitui eis et fieri eque dignus, insinuatur eis predicta translatio. Secunda ratio est quia uterque eorum substitutus est alteri. Nam gloria, que fuerat synagoge parata et pontificibus suis, si in Christum credidissent, translata fuit ad primitivam ecclesiam et ad pastores eius. Sic etiam gloria parata finali ecclesie quinti status transferetur propter eius adulteria ad electos sexti status; unde et in hoc libro vocatur “Babilon meretrix” circa initium sexti status dampnanda. Notandum tamen quod per hoc verbum docemur numerum electorum ad complendam fabricam civitatis superne1 sic esse prefixum, quod si unus per suam culpam corruat, alterum oportet substitui, ne illa fabrica remaneat incompleta. “Qui vicerit,” et cetera. Hoc expositum est supra. Nota tamen quod iste victor signanter dicitur fiendus “columpna templi Dei,” quia sicut primi apostoli Christi fuerunt fundamenta ecclesie, vii sic iste debet esse columpna tecti ipsius, id est erectus et pertingens ad sublimem consummationem ipsius, debetque esse firmum et decorum substentaculum alte et finalis perfectionis ipsius », Lectura super Apocalipsim, cap. 3, § 47-53 (passage reproduit in Archivio Segreto Vaticano, Arm. XXXI, t. 42, fol. 91v).
Bonagrazia de Bergame, « Super tertio capitulo super verbo Tene quod habes », Archivio Segreto Vaticano, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r-91r.
François de Meyronnes, q. 16 : « sextadecima questio fuit data, utrum notabile quod fuit positum in titulo questionis decime sit intelligendum condicionaliter vel modaliter », in Sexdequiloquium, fol. 228r-231v.
* Cet article doit beaucoup à des discussions et échanges fructueux avec Patrick Nold.
1 En dernier lieu, voir Sylvain Piron, « Censures et condamnation de Pierre de Jean Olivi : enquête dans les marges du Vatican », Mélanges de l’École française de Rome-Moyen Âge, 118/2, 2006, p. 313-373, dont je résume les principales conclusions dans la première section du présent article.
2 Petrus Johannis Olivi, Lectura super Apocalipsim, ed. Warren Lewis (édition en préparation), cap. 22 : « Ut autem verbis Ioachim utar : “Referamus et nos gratias ei qui nos decursis tantis pelagis perduxit ad portum, orantes ut si in aliquibus locis aliter loquuti sumus quam ipse voluit, prestet indulgentiam delinquenti. Quod si est qui pie corrigat, dum adhuc vivo paratus sum suscipere correctionem. Si autem velox vocatio Domini me subtraxerit ex hac luce, Romana Ecclesia cui datum est universale magisterium, si qua indigna esse perspexerit, dignetur obsecro emendare.” Et ut verbis Ricardi utar : “Quicquid in hiis que scripsimus minus bene diximus, nobis imputamus. Si quid vero digne, illius dono fideliter ascribendum iudicamus qui nec loco capitur nec tempore mutatur, immensus, eternus, et Deus benedictus,” ac benedicendus in secula seculorum. Amen. »
3 Ubertinus de Casali, Sanctitati Apostolicae, Franz Ehrle ed., Archiv für Litteratur- und Kirchengeschichte des Mittelalters, 2, 1886, p. 411 : « et dum esset in lecto mortis, romano pontifici qui tunc preerat, reliquit corrigenda omnia dicta sua ». Cette formule n’apparaît pas dans les deux versions conservées du Transitus sancti patris qui sont probablement l’une et l’autre abrégées.
4 Marie-Henriette Jullien de Pommerol et Jacques Monfrin, La Bibliothèque pontificale à Avignon et à Peñiscola pendant le grand schisme d'Occident et sa dispersion. Inventaires et concordances, Rome, École française de Rome, 1991, voir en particulier t. 1, p. 293, un volume qui contenait les « tabulas fratri Petri predicti in operibus suis ».
5 Leo Amoros, « Aegidii Romani impugnatio doctrinae P. I. Olivi an. 1311-1312 », Archivum franciscanum historicum, 27, 1934, p. 403.
6 Cf. Michael Monachus, « Inquisitoris sententia contra combustos in Massilia », ed. S. Piron, Oliviana, 2, 2006, http://oliviana.revues.org/document33.html.
7 L’avis est publié dans José Pou y Marti, Visionarios, beguinos y fraticelos catalanes (Siglos xiii-xv), Vich, Edittorial Serafica, 1930, p. 483-512. Il y aurait lieu de mener une confrontation précise avec les passages correspondants de la Lectura. 8 Josef Koch, « Der Prozess gegen die Postille Olivis zur Apokalypse », Recherches de Théologie Ancienne et Médiévale, 5 (1933), p. 302-315, repris in Id., Kleine Schriften, Vatican, Studi e testi, 1973, t. 2, p. 261-262.
9 David Burr, « Ecclesiastical condemnation and exegetical theory : the case of Olivi’s Apocalypse commentary », in R. E. Lerner, ed., Neue Richtungen in der hoch- und spätmittelalterlichen Bibelexegese, München, Oldenbourg, 1996, p. 149-162.
10 S. Piron, « Censures », p. 365-367. Bonagrazia fait usage de sa lecture détaillée des Quaestiones de perfectione evangelica dans son intervention contre la Lectura super Apocalipsim, cf. Bonagratia Pergamensis, Allegationes super articulis, Paris, BnF lat. 4190, fol. 43r-44r.
11 Paolo Vian, « I codici vaticani della Lectura super Apocalipsim di Pietro di Giovanni Olivi », Miscellanea Bibliothecae Apostolicae Vaticanae, 1, 1987, p. 229-257.
12 Patrick Nold prépare actuellement une étude sur Silvestri et son rôle d’expert théologique. Je le remercie de m’avoir transmis sa transcription de l’avis sur la Lectura. Le quatrième article s’achève par une conclusion d’ensemble : « Et hec de quarto articulo ac tribus premissis dicta sint per me factum vestrum Franciscum episcopum Florentinum omnibus et singulis vestre sanctitatis examinationi et iudicio cum omni fidei firmitate subditis et submissis », Vatican, ASV, Arm. XXXI, 42, fol. 88v.
13 J. Koch y voyait un ajout de la main de Silvestri. Voir les objections d’Edith Pásztor, « Le polemiche sulla Lectura super Apocalypsim di Pietro di Giovanni Olivi fino alla sua condanna », Bulletino dell’Istituto Storico Italiano per il Medioevo, 70, 1958, p. 397-401 et David Burr, Olivi’s Peaceable Kingdom. A Reading of the Apocalypse Commentary, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1993, p. 228-231.
14 S. Piron, « Bonagrazia de Bergame, auteur des Allegationes sur les articles extraits par Jean XXII de la Lectura super Apocalipsim d’Olivi », in Alvaro Cacciotti, Pacifico Sella ed., Revirescunt chartae, codices, documenta, textus. Miscelleana investigationum medioevalium in honorem Caesaris Cenci OFM collecta, Roma, Edizioni Antonianum, 2002, t. 2, p. 1065-1087.
15 Bonagratia Pergamensis, Allegationes super articulis, Paris, BnF lat. 4190, fol. 40r : « ostendam quos articulos reputo hereticos et quare reputo eos hereticos, et premictam illos quos vestra sanctitas extraxit de postilla, quam frater Petrus Johannis composuit super Apocalipsim, postea ponam aliquos articulos qui per duodecim magistros in sacra pagina, quibus sanctitas vestra commisit, sunt heretici reputati. »
16 S. Piron, « Un avis retrouvé de Jacques Fournier », Médiévales, 54, 2008, p. 113-134.
18 Sexdequiloquium, fol. 143r (V, 2.3-4) : « Et tamen sicut frater Franciscus allegavit […] Patet ergo ex istis quod frater Franciscus salva reverencia sua non intellexit veram mentem beati Dionisii… »
19 Samantha Kelly, The New Solomon. Robert of Naples (1309-1343) and Fourteenth-Century Kingship, Leyde, Brill, 2003, p. 34-36. Sur l’œuvre de Meyronnes, les deux études de références sont encore Bartholomäus Roth, Franz von Mayronis OFM. Sein Leben, seine Werke, seine Lehre vom Formalunterschied in Gott, Werl i. Westf., Frankizkus-Druckeri, 1936, et Heribert Rossmann, Die Hierarchie der Welt. Gestalt und System des Franziskus von Mayronnes OFM, mit besonderer Berücksichtigung seiner Schöpfungslehre, Werl i. Westf., Coelde, 1972.
20 Pierre Péano, « Les ministres provinciaux de la primitive province de Provence (1217-1517) », Archivum franciscanum historicum, 79, 1986, p. 47-48, suggère un tel retournement de situation, sur la base d’indications très minces.
21 Sexdequiloquium, fol. 139r (IX, 1) : « utrum isti statui attribuatur noticia intuitiva divine essentie ». François est l’auteur d’un Tractatus de intuitiva et abstractiva notitia, partiellement édité in Gerald J. Etzkorn, « Franciscus de Mayronis : A newly-discovered treatise on intuitive and abstractive cognition », Franciscan Studies, 54, 1994-1997, p. 15-50.
22 Sexdequiloquium, fol. 27r-v (II, 4,1,1,1) : « Ista autem conclusio, ait Franciscus, confirmatur quadrupliciter racione philosophica, quarum prima est quia dicitur in prima philosophia quod “encia que sunt in universo nolunt male disponi”, et ideo oportet dare in universo unicum principem primum. » La même source, Aristote, Metaphysique, 12, 10, (1076a3-4), est notamment reprise par Dante, Monarchia 1.10.6. La première réfutation médiévale de cet argument métaphysique est fournie par Nicole Oresme, cf. S. Piron, Nicolas Oresme : violence, langage et raison politique, Firenze, European University Institute (Working Paper HEC n° 97/1), 1997, p. 30-42.
23 Sexdequiloquium, fol. 27v (II, 4,1,1,2-3) : « dicitur in eadem philosophia quod melior est ordo tocius excercitus ad ducem quam ordo parcium tocius adinvicem, et ideo ibi concluditur unus princeps tocius in universo … dicitur in eadem philosophia ordo parcium excercitus ad invicem est propter ordinem tocius excercitus ad ducem sicut propter finem, nunc autem si fuissent XII apostoli principes ecclesie summi, tunc esset invicem coordinati et non subordinati alicui… ». La source alléguée est Metaphysique 12, 10, (1075a12-15), l’attention sur ce passage ayant sans doute été attirée par l’intermédiaire du commentaire de Thomas d’Aquin.
24 Sexdequiloquium, fol. 222r (XV, 1,4,2,4) : « quia sicut ordo parcium excercitus ad invicem est propter ordinem tocius excercitus ad ducem, ut habetur in prima philosophia, ita ordo eorum qui sint de eodem ierachatu ad invicem sunt propter ordinem tocius ierarchie ad suum principem ».
25 Pierre de Lapparent, « L’œuvre politique de François de Meyronnes. Ses rapports avec celle de Dante », Archives d’Histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, 15-17, 1940-1942, p. 1-152. En dernier lieu, S. Kelly, The New Solomon, p. 107-119.
26 François de Meyronnes, De principatu temporali, ed. Friedrich Baethgen, « Dante und Franz von Mayronis », Deutsches Archiv, 15, 1959, p. 121 : « … quantum ad suppositionem, scilicet quod in universo secundum obtimam sui dispositionem sit dare unum monarcham respectu rerum temporalium, adducitur prima ratio, quia supponitur in philosophia prima quod entia que sunt in universo nolunt male disponi, pro eo quod omnia bonum desiderant. »
27 Ibid., p. 123 : « ordo partium exercitus ad invicem est propter ordinem totius exercitus ad ducem sicut partes sunt propter totum, ut declaratur in prima philosophia ».
28 La rubrique du cod. Assise, 684 suggère que Meyronnes aurait rédigé cet avis à Avignon alors qu’il était provincial (cf. Cesare Cenci, Bibliotheca manuscripta ad sacrum conventum Assisiensem, Assisi, Ed. Francescana, t. 1, p. 242). Il est plus vraisemblable d’y voir une contribution rédigée à distance, depuis Paris. Jacqueline de Lagarde-Sclafer, « La participation de François de Meyronnes à la querelle de la pauvreté (1322-1324) », Études franciscaines, 10, 1960, p. 53-73, contrairement au titre annoncé, ne dit rien des écrits de François. Voir H. Rossmann, Die Hierarchie, p. 106-113 ; P. Nold, Pope John XXII and his Franciscan Cardinal. Bertrand de la Tour and the Apostolic Poverty Controversy, Oxford, Clarendon Press, 2003, p. 30.
29 Franciscus de Meyronnes, Utrum sortilegi sint heretici reputandi, Paris, BnF, lat. 3655, fol. 45v-47v. Je prépare, avec Alain Boureau, une édition et un commentaire de ce texte. Le dossier de la consultation a été publié par Alain Boureau, Le pape et les sorciers. Une consultation de Jean XXII sur la magie en 1320 (Manuscrit B.A.V Borghese 348), Rome, École française de Rome, 2004.
30 August Pelzer, « Les 51 articles de Guillaume d’Occam censurés en Avignon en 1326 », Revue d’Histoire ecclésiastique, 18, 1922, p. 240-270.
31 On trouvera en annexe le détail des articles et des différentes questions posées dans les quatre interventions.
32 Ce développement résume une question traitée peut auparavant, in Petrus Johannis Olivi, Quodlibeta quinque, Stefano Defraia, ed., q. III, 3, p. 97-99 : « An circa tempus Heli fuerit pontificium a Deo convenienter translatum a stirpe Phinees, filii Eleazari, ad stirpem Ithamar de qua fuit Heli. »
33 Aucun manuscrit de la Lectura ne comporte cette erreur. Je remercie Warren Lewis d’avoir bien voulu vérifier ce point.
34 Sexdequiloquium, fol. 139r (VIII, 1) : « … iste titulus non potest clare investigari quia non habet verba propria artis sed verba methaphorica cum gustare et palpare proprie non sint nisi sensuum particularium , tamen intencio huius titulus esse videtur utrum isti statui attribuatur noticia intuitiva divine essentie, que dicitur beatiffica in vita. »
35 Sexdequiloquium, fol. 190r-v: « … cum queritur utrum sit erronem dicere quod status ecclesie ad dampnacionem babilonis idest ecclesie carnalis, etc. cuilibet intuenti est clarum quod Franciscus istum titulum posuit truncum et diminitum, vel forsitan talis datus est ei. »
36 Sexdequiloquium, fol. 167r (X, 1, 3) : « Prima conclusio est quod accipiendo istam complexionem huius questionis sicut condicionales que tenent tantum gracia forme, tunc iste articulus non videtur pati calumpnias quia antecedens potest esse falsum de electi ruina et eciam consequens de non electi substitutione et tamen tota consequencia est vera, ac si diceretur si per impossibilem “unus electus reprobaretur”, alius non electus eligeretur quemadmodum dicitur in ista consequencia, “si asinus volat, asinus habet alas”. »
37 Ibid. (X, 1, 4) : « Sed occurrit difficultas quia questio solet fieri, utrum predestinatus possit dampnari. Secunda difficultas quod eodem modo solet queri utrum prescitus possit salvari. »
38 L’exemple de l’âne volant figure dans les Auctoritates Aristotelis. Un florilège médiéval, ed. Jacqueline Hamesse, Louvain, Publications universitaires; Paris, Bétrice-Nauwelaerts, 1974, p. 195 (je remercie Patrick Nold de m’avoir indiqué cet emploi). Le même exemple est donné par Jean Buridan, Summulae de propositionibus, Ria van der Lecq, ed., Turnhout, Brepols, 2005, p. 72.
40 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « Ad premissa quesita, respondeo quod sive illa uerba “Notandum tamen quod pro hoc verbum” et cetera, sint intelligenda conditionaliter sive modaliter quia in hoc nullam vim facio, semper sensus et intentio fratris Petri Iohannis, cuius illa verba esse censentura, fuit falsa et erronea, ut mihi videtur, salvo semper iudicio vestre sanctitatis. Sunt autem duo primitus consideranda. »
41 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « sicut alias probavi et ostendi respondendo ad tertium articulum mihi missum ».
43 Vatican, ASV, Arm. XXXI, t. 42, fol. 90r : « Et quia frater Petrus Iohannis predictus multa falsa et erronea ac heretica scripsit in sua Postilla super Apocalypsim prout iam incipit innotescere toti ecclesie fidelium in Romana Curia et alibi per diuersas mundi partes et nationes, ideo uerba premissa in dicto notabili credo esse trahenda et intelligenda secundum suum sensum perversum et corruptum, quoniam qui semel malus in eodem genere malitie semper presumitur malus. » Comparer avec Bonagrazia, Allegationes, Paris, BnF, lat. 4190, fol. 40v : « Verba etiam tracta de scriptura dampnata, ut sunt verba dictorum articulorum que tracta sunt de postilla, iam per ecclesiam condempnata, tanquam multa heretica continente, non sunt interpretanda nec trahenda sive exponenda secundum intellectum sumptum ex verbis que alibi ex eadem postilla a compositore dicte postille catholice proferri videantur. Ex quo enim dampnata est postilla sicut multa heretica continens tota redditur suspecta, IX di. c. Si ad scripturas. »
45 Sexdequiloquium, fol. 152r : « Ioachim abbas et frater Petrus Iohannis qui super ceteros expositores affirmare temptaverunt mundum post antichristum non cito debere finire, dicunt quod durabit per CCL annos vel circa mundus antichristo occiso, et sequaces eorum hanc textus sacri positionem de mille annis contempnent intelligere donec experiencia doceat quod ego verum dico. »
46 Une polémique semblable apparaît dans le Liber secretorum eventuum, p. 192, à propos de ceux qui ont pensé à tort que 1335 serait la date de la mort de l’antéchrist. Robert Lerner me signale que la durée pourrait correspondre à une indication fournie par la prophétie Columbinus.
47 Sexdequiloquium, fol. 178r : « Et ideo in foro recte conscientie omni habenti occulos, claret quod modus loquendi fratris Petri Iohannis cum dixit quod sextus status describitur ut notabiliter preeminens quinque primis et sicut finis primorum et tanquam inicium novi seculi evacuans quoddam vetus seculum sicut status Christi evacuavit vetus testamentum et vetustatem humani generis, est secundum verborum sonum tanquam erroneus evitandus. »
48 Bullarium Franciscanum, C. Eubel, éd., Quaracchi, Coll. S. Bonaventurae, 1898, t. 5, n° 302, p. 137-142.
49 Sexdequiloquium, fol. 201-202r : « Et quia de hac materia edidi iuvenis existens librum alium extra istum quem intitulatum Deffensorium immaculate virginis ecclesie contra malignantium ecclesiam babilonicam meretricem qui liber incipit Pandam tibi, ubi docui quod licet in scriptura sacra hoc vocabulum ecclesia septem significaciones habeat, in nulla significacione de hoc vocabulo ecclesia possunt dici hec vocabula babilon meretrix et carnalis nisi iuxta Psalmistam, odivi ecclesiam malignantium, in quo libro de hiis omnibus habundancius pertractavi, ideo hic ampliora non dicam. Quia tamen librum illud amisi quia fuit michi eciam ante correccionem substractus a quibusdam fratribus, placuit in hoc opere presentem materiam breviare succinte cum protestacione quod si in predicto libro aut in isto aut in quocumque alio per me edito vel edendo aliquid contra veritatem et determinacionem sacrosancte romane ecclesie assero in hiis scriptis revoco et habeo pro non dicto, subscribens in hiis dictis illam determinacionem immobiliter me tenere quam tenet aut tenebit romana ecclesia, et ex hoc insuper quia firmiter credo quod extra confessionem et determinacionem fidei romane ecclesie non est salus. »
50 Sexdequiloquium, fol. 202r-v : « Et quia audivi decretalem olim fuisse factam a domino Johanne papa xxii contra dogmata fratris Petri Iohannis continentem determinacionem huius articulis et quorumdam precedencium aut subsequencium, iuro in hiis scriptis per deum omnipotentem quod cum maxima diligencia ipsam inquisivi tam per quam per procuratores meos et usque in hanc horam impetrare non potui ut copiam decretalis haberem. Protestor igitur, cum non sit negligencia mea super noticia decretalis predicte quod si in hoc libro aut in alio extra istum aliquid doceam contra veritatem determinacionis decretalis predicte … quia sicut dixi immobiliter teneo determinacionem decretalis non meam in quantum mea sentencia reperiatur adversari veritati decretalis predicte. »
51 Sexdequiloquium, fol. 232v : « Protestor ego frater Iohannes de Rupecissa ordinis fratrum minorum, conditor huius libri, quod ego non habebam libros michi necessarios pro opere tanto nec habere potui decretalem pape Iohannis vicesimi secundi quam ut audivi fecit contra quosdam articulos postille Apocalipsis fratris Petri Iohannis, que multum in constructione presentis libri neccessaria erat, quamquam ut supra memoravi habuerim inquirendo diligenciam magnam ; et ideo si minus sufficienter loqutus sum aut si contra veritatem predicte decretalis aut qualitercumque contra veritatem aliquid scripsi, quia non provenit de ignorancia crassa ac voluntaria, michi peccatori imputari non debet, quia si quid contra veritatem scripture sacre aut decretalis predicte et determinationis ecclesie expressi in hiis scriptis, retracto generaliter et singulariter et habeo pro non dicto. Et subscribo hic me firma fide tenere non meas oppiniones si false iudicantur sed sentencias ecclesie universalis romane que orante Christo pro ea non potest defficere nec errare. Et si volente Deo ad manus meas pervenit decretalis aut si magis illuminatus a Spiritu aut doctus a doctis fuero ut cognoscam errores, si in hoc libro vel quocumque alio per me edito vel edendo fuerint, librum retractatorium condarem auxilio Ihesu Christi. »
52 Les deux passages sont publiés par Étienne Baluze, Vitae paparum Avenionensium, ed. G. Mollat, Paris, Letouzey et Ané, 1916, t. 1, p. 142 et 166.
53 Sur cette bulle, et les controverses concernant son authenticité, cf. Alain Boureau, Satan hérétique. Naissance de la démonologie dans l’Occident médiéval (1280-1330), Paris, Odile Jacob, 2004, p. 19-24.
54 Étienne Anheim, « Une controverse médiévale sur la musique : la décrétale Docta sanctorum (1324/1325) de Jean XXII et le débat sur l’ars nova dans les années 1320 », Revue Mabillon, n. s. 11, 2000, p. 221-246.
56 Voir dans le même numéro d’Oliviana, « Le mouvement clandestin des dissidents franciscains ».
57 Liber ostensor, p. 437 : « Hodie decretalis existit, que incipit Gloriosam ecclesiam, quam per Johannem papam XXII dum procuravit fieri anno MCCCXXV contra Postillam Apocalipsis fratris Petri Johannis ordo fratrum minorum. In qua decretali dampnatur tanquam hereticum dicere Ecclesiam meretricem… »
58 Je fais référence à la numérotation par paragraphe de l’édition à paraître de Warren Lewis.Haut de page
Sylvain Piron, « La consultation demandée à François de Meyronnes sur la Lectura super Apocalipsim », Oliviana [En ligne], 3 | 2009, mis en ligne le 03 avril 2009, consulté le 19 juin 2013. URL : http://oliviana.revues.org/330 Haut de page
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