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Timestamp: 2016-10-22 19:56:23+00:00

Document:
4P.173/2005 (09.01.2006)
4P.173/2005 /ech
recourant, repr�sent� par Me Fid�le Joye,
intim�s, repr�sent�s par Me David Lachat,
art. 9 et 29 al. 1 Cst.; proc�dure civile genevoise,
A.b En 1998, un projet de construction, � Z.________, de huit villas jumelles, livrables cl�s en main, a �t� �labor�. La promotion devait �tre r�alis�e par B.________. Les travaux de construction seraient ex�cut�s, pour l'essentiel, par X.________ S�rl. Cependant, la banque appel�e � financer le projet a refus� que B.________ agisse comme promoteur et elle a exig� que l'architecte C.________ assure la direction du chantier. Le pr�nomm� s'est, d�s lors, retir� de la promotion contre paiement de ses honoraires de pilotage.
Le 9 mai 1999, C.________ a �tabli un devis g�n�ral pour chacune des huit villas. Les travaux de gros oeuvre � effectuer par "X.________" y �taient mentionn�s, sous la rubrique n� 211, pour un total de 157'862 fr. Une s�rie d'autres travaux, � ex�cuter par "X.________", y �taient �galement indiqu�s.
Le 10 septembre 1999, un contrat d'entreprise SIA, portant sur la construction des huit villas et devant lier C.________, en tant que repr�sentant des ma�tres de l'ouvrage, d'une part, ainsi que X.________ S�rl, en qualit� d'entrepreneur, d'autre part, a �t� r�dig�. Selon ce contrat, qui renvoyait syst�matiquement au devis g�n�ral du 9 mai 1999, les travaux �num�r�s sous la rubrique n� 211 �taient adjug�s � cette entreprise pour un prix de 157'862 fr. par villa. Le contrat en question n'a pas �t� sign� par les parties. Toutefois, X.________ S�rl a sign� le cahier des charges sp�ciales et A.________ les plans, toutes pi�ces faisant partie int�grante du contrat d'entreprise.
A.c Par acte notari� pass� en �t� 1999, les �poux D.________ ont acquis la propri�t� d'une parcelle sur laquelle devait �tre construite l'une des huit villas. Ils avaient sign� auparavant, en date du 19 mai 1999, une convention de r�servation de la villa qu'ils entendaient acqu�rir.
Le 23 ao�t 1999, C.________ a conclu avec les �poux D.________ un contrat d'architecte SIA auquel �tait annex� le devis g�n�ral du 9 mai 1999. Les travaux de ma�onnerie figuraient sur ce contrat, sous le poste n� 211, pour le montant de 157'862 fr., avec r�f�rence au devis du 9 mai 1999.
A titre de travaux compl�mentaires, A.________ a r�alis� le cr�pissage des fa�ades, devis� � 16'800 fr. L'ex�cution de cette partie de l'ouvrage s'est r�v�l�e d�fectueuse.
A.d Les �poux D.________ ont emm�nag� dans leur villa en ao�t 2000.
Les premi�res factures ont toutes �t� adress�es par X.________ S�rl � l'architecte qui envoyait ensuite des bons de paiement � les �poux D.________, en faisant correspondre les prestations de l'entrepreneur aux postes contenus dans le devis g�n�ral, avec r�f�rence syst�matique � ce devis. Les ma�tres de l'ouvrage ont sign� tous ces bons et ont vers� la totalit� des montants y relatifs.
Le 6 avril 2001, A.________ a adress� � C.________ une facture de 150'150 fr. et fix� � 15'000 fr. le solde d� apr�s imputation des acomptes vers�s. Il lui a envoy�, le m�me jour, une seconde facture, d'un montant global de 9'000 fr., pour d'autres travaux.
Apr�s avoir mis les �poux D.________ en demeure, le 19 juin 2001, de payer le solde de ses factures, A.________ a �tabli, le 25 septembre 2001, un d�compte final faisant appara�tre un montant total � payer de 160'960 fr. et un solde d� de 26'233 fr. 60.
A.f Sur requ�te de A.________ du 18 juillet 2001, l'autorit� comp�tente a ordonn�, en date du 3 octobre 2001, l'inscription provisoire d'une hypoth�que l�gale des artisans et entrepreneurs sur la parcelle propri�t� des �poux D.________.
B.a Le 12 novembre 2001, A.________ a assign� les �poux D.________ devant les tribunaux genevois en vue d'obtenir le paiement du montant de 15'733 fr. 60, avec int�r�ts � 5% d�s le 11 avril 2001, ainsi que l'inscription d�finitive de l'hypoth�que l�gale � due concurrence.
Les d�fendeurs ont conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au paiement de 22'030 fr. plus int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2003.
Par jugement du 16 septembre 2004, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a rejet� la demande principale et condamn� le demandeur � verser aux d�fendeurs la somme de 16'242 fr. 50 avec int�r�ts � 5% d�s le 15 d�cembre 2003.
B.b Statuant par arr�t du 13 mai 2005, sur appel du demandeur, la Cour de justice a confirm� le jugement de premi�re instance. Pour ce faire, elle s'est fond�e sur les motifs r�sum�s ci-apr�s.
En l'esp�ce, X.________ S�rl, dont le demandeur a repris tous les droits et obligations se rapportant au contrat d'entreprise litigieux, s'est vu confier les travaux pr�vus dans ce contrat pour un prix forfaitaire de 157'862 fr. par villa. Telle est, en effet, la conclusion qui s'impose eu �gard aux circonstances du cas concret. Les documents pr�contractuels de m�me que le comportement des diff�rents protagonistes, avant et apr�s la conclusion du contrat, d�montrent clairement que le devis g�n�ral du 9 mai 1999 constituait la pierre angulaire des relations juridiques �tablies entre les diff�rents int�ress�s et que le contrat d'entreprise SIA, qui se r�f�rait � ce devis, m�me s'il n'a pas �t� sign�, refl�tait la commune intention des parties de fixer un prix ferme. L'analyse chronologique des pi�ces vers�es au dossier confirme, du reste, que le tableau dress� le 4 mai 1999 par le demandeur n'a jamais �t� admis par quiconque comme base de calcul du prix de l'ouvrage.
Le demandeur, qui a encore effectu� le cr�pissage des fa�ades, a droit, pour ce travail hors devis, � une r�mun�ration suppl�mentaire de 16'800 fr. S'agissant des autres travaux ex�cut�s par lui, il n'a pas all�gu� de mani�re suffisante qu'ils ne seraient pas inclus dans le devis g�n�ral. Le prix global th�orique de l'ouvrage doit ainsi �tre arr�t� � 174'662 fr. Il y a lieu d'en d�duire la somme de 28'000 fr. pour divers travaux, mentionn�s dans ce devis, qui n'ont pas �t� r�alis�s par le demandeur. D'o� un solde de 146'662 fr.
Les enqu�tes ont d�montr� l'existence de d�fauts dans le cr�pi de la fa�ade de la villa des d�fendeurs. Le devis d'un entrepreneur, produit sous pi�ce n� 52, dont le demandeur requiert � tort qu'il n'en soit tenu aucun compte, permet de chiffrer � 16'178 fr. 50 le co�t des travaux de r�fection. Ce montant sera d�duit de la r�mun�ration de l'entrepreneur, qu'il convient de ramener � 130'483 fr. 50.
Apr�s imputation des acomptes de 146'726 fr. vers�s par les d�fendeurs, il subsiste un solde de 16'242 fr. 50 en faveur de ceux-ci. Par cons�quent, les conclusions principales du demandeur seront rejet�es et la conclusion reconventionnelle des d�fendeurs sera admise dans cette mesure.
B.c Parall�lement � un recours en r�forme, le demandeur a d�pos�, dans la m�me �criture, un recours de droit public au Tribunal f�d�ral aux fins d'obtenir l'annulation de l'arr�t cantonal. Les griefs qu'il y articule seront expos�s plus loin � l'occasion de leur examen.
Les intim�s concluent, principalement, � l'irrecevabilit� du recours et, subsidiairement, au rejet de celui-ci. La Cour de justice se r�f�re, quant � elle, aux motifs �nonc�s dans son arr�t.
2.1 Exerc� en temps utile (art. 89 al. 1 OJ), dans la forme pr�vue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), pour violation de droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ), contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale, le recours de droit public soumis au Tribunal f�d�ral est recevable sous cet angle. Il ne le serait pas, en revanche, en vertu de l'art. 84 al. 2 OJ, si son auteur y soulevait des moyens relevant du recours en r�forme.
Le recourant, qui a �t� d�bout� de ses conclusions au fond, a un int�r�t personnel, actuel et juridiquement prot�g� � ce que la d�cision attaqu�e n'ait pas �t� adopt�e en violation de ses droits constitutionnels; en cons�quence, la qualit� pour recourir doit lui �tre reconnue (art. 88 OJ).
2.2 Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel soulev�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 26 consid. 2.1. p. 31, 258 consid. 1.3 p. 261/262; 129 I 113 consid. 2.1 p. 120; 128 III 50 consid. 1c p. 53/54 et les arr�ts cit�s). Il n'entre pas en mati�re sur les griefs insuffisamment motiv�s ou sur les critiques purement appellatoires. Le recourant ne peut se contenter de critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait dans une proc�dure d'appel o� l'autorit� de recours peut revoir librement l'application du droit (ATF 128 I 295 consid. 7a). L'art. 90 al. 1 let. b OJ n'autorise pas l'auteur d'un recours de droit public � pr�senter sa propre version des �v�nements (ATF 129 III 727 consid. 5.2.2).
Le pr�sent recours, �tant donn� son caract�re essentiellement appellatoire, ne satisfait gu�re � ces exigences, comme on le d�montrera en analysant les moyens qui y sont soulev�s.
Dans un premier moyen, le recourant reproche � la cour cantonale une application insoutenable du droit de proc�dure civile genevois. A son avis, les pi�ces nos 52 et 53 du charg� des intim�s - � savoir deux devis de l'entrepreneur V.________, dat�s respectivement des 2 et 8 d�cembre 2003 - ne pouvaient pas �tre prises en compte comme �l�ments de preuve pour fixer le co�t de r�fection du cr�pi appliqu� sur les fa�ades de la villa des intim�s.
Force est d'observer, � titre liminaire, que la pi�ce n� 53 n'a pas trait aux frais de r�fection des fa�ades de la villa des intim�s, mais concerne la r�paration d'autres d�fauts dont la cour cantonale n'a pas tenu compte dans ses calculs. Le recourant n'a ainsi aucun int�r�t � ce qu'elle soit �cart�e du dossier.
3.1 Le Tribunal f�d�ral revoit l'interpr�tation et l'application du droit cantonal uniquement sous l'angle de l'arbitraire (ATF 131 I 217 consid. 2.1 p. 219; 128 II 311 consid. 2.1 p. 315 et les arr�ts cit�s). Il ne s'�carte de la solution retenue que si celle-ci appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Dans le cas contraire, il n'intervient pas, m�me si une autre solution para�t aussi concevable, voire pr�f�rable (ATF 131 I 217 consid. 2.1 p. 219; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9 et les arr�ts cit�s). Au demeurant, seule doit �tre annul�e la d�cision qui est arbitraire dans son r�sultat (ATF 131 I 217 consid. 2.1 p. 219; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9, 173 consid. 3.1 p. 178 et les arr�ts cit�s).
3.2 Le recourant se contente, pour l'essentiel, de citer un certain nombre de dispositions de la loi de proc�dure civile genevoise (LPC gen.), ainsi que des extraits des commentaires qui en ont �t� faits, pour en d�duire, sans plus ample d�monstration, que ces dispositions, telles qu'interpr�t�es par la doctrine, ont �t� m�connues dans le cas particulier. Cette mani�re d'argumenter ne suffit �videmment pas � fonder un grief d'arbitraire, au sens - restrictif - donn� � cette notion par la jurisprudence f�d�rale susmentionn�e. Pour le reste, les motifs avanc�s par le recourant appellent les quelques remarques formul�es ci-apr�s.
3.2.1 En tant qu'il s'en prend � l'existence m�me de d�fauts dans le cr�pi et d�plore qu'une expertise judiciaire n'ait pas �t� ordonn�e sur ce point, le recourant ignore le consid�rant 5 de la d�cision attaqu�e o� la cour cantonale constate qu'il a admis ce fait devant le premier juge et consid�re qu'il est li� par cet aveu, nonobstant sa contestation tardive en appel. Il n'y a donc pas lieu d'examiner plus avant cette question.
3.2.2 Pour fixer le montant de la r�duction du prix de l'ouvrage d�fectueux, la Cour de justice s'est fond�e sur la pi�ce n� 52 du charg� des intim�s. Apr�s avoir soulign� que chaque �criture autoris�e peut �tre accompagn�e de pi�ces nouvelles, en vertu des art. 127 et 135 LPC gen., et que, selon sa jurisprudence, il est possible pour une partie de produire de nouvelles pi�ces dans le cadre d'un appel ordinaire, la cour cantonale indique ne pas voir � quel titre cette pi�ce, admise sans protestation par l'ancien conseil du recourant en d�cembre 2003, pourrait �tre �cart�e.
3.2.2.1 Le recourant r�torque qu'il aurait suffi aux juges cantonaux d'appliquer leur propre jurisprudence relative � l'art. 186 LPC gen. pour se convaincre du caract�re non probant de ladite pi�ce. En effet, selon cette jurisprudence, la production d'une pi�ce apr�s la cl�ture des enqu�tes reste sans port�e si le fait qu'elle tend � d�montrer aurait pu ou d� faire l'objet d'une confirmation ou d'une infirmation par t�moignage (Bernard Bertossa/Louis Gaillard/Jacques Guyet/Andr� Schmidt, Commentaire de la loi de proc�dure civile du canton de Gen�ve du 10 avril 1987, vol. II, n. 4 ad art. 186 et les arr�ts cit�s). Tel serait le cas de la pi�ce litigieuse, cens�e prouver des faits qui n'ont pas donn� lieu � des enqu�tes, d'autant plus qu'elle �mane d'une entreprise qui n'est pas sp�cialis�e dans le cr�pissage des fa�ades. Ainsi, faute d'avoir �t� confirm�e par son auteur, la pi�ce n� 52 aurait d� �tre �cart�e du dossier cantonal.
Toujours selon le recourant, la Cour de justice, en pr�sence d'une expertise priv�e n'ayant que la valeur d'un all�gu�, au demeurant contest� par la partie adverse, aurait d� permettre � celle-ci d'apporter la contre-preuve des faits relat�s dans cette pi�ce et ordonner, � cette fin, une expertise judiciaire ou d'autres mesures probatoires, en application de l'art. 307 LPC gen. En refusant de compl�ter les preuves administr�es, elle aurait, d�s lors, viol� le droit d'�tre entendu de l'entrepreneur.
3.2.2.2 Force est de constater que le recourant ne formule aucune critique digne de ce nom quant aux motifs, tir�s des art. 127 et 135 LPC gen. ainsi que de la jurisprudence cantonale, pour lesquels la Cour de justice a consid�r� qu'il n'y avait pas mati�re, en l'occurrence, � �carter du dossier la pi�ce n� 52, produite in fine litis par les intim�s.
Il faut souligner, par ailleurs, que le recourant, via son ancien mandataire, avait admis sans protestation le d�p�t de cette pi�ce en premi�re instance. Venir en contester ult�rieurement la force probante, du seul fait qu'elle n'a pas �t� confirm�e par son auteur, appara�t donc peu compatible avec les r�gles de la bonne foi. Le recourant ne d�montre pas, du reste, que, tout en admettant la production de cette pi�ce, il aurait fait valoir, devant le premier juge, des arguments concrets, relatifs � l'auteur, � l'�tablissement ou au contenu du devis du 2 d�cembre 2003, de nature � mettre en doute la valeur probante de ce document. Que l'auteur de celui-ci n'ait pas �t� entendu par le juge n'appara�t, d�s lors, pas critiquable, d'autant moins que le recourant ne pr�tend pas avoir requis alors l'audition de cette personne. En cela, la pr�sente cause se distingue clairement d'une r�cente affaire genevoise, soumise � l'examen du Tribunal f�d�ral, o� la cour cantonale avait jug� que des reproches formul�s � l'encontre d'un locataire dans une plainte adress�e par ses voisins au repr�sentant du bailleur - reproches dont l'int�ress� contestait cat�goriquement le bien-fond� - ne pouvaient pas �tre tenus pour av�r�s du seul fait de l'existence de cette plainte, mais auraient d� �tre confirm�s par les auteurs de celle-ci (arr�t 4C.273/2005 du 22 novembre 2005, consid. 2.2).
Par identit� de motif, le recourant ne saurait se plaindre de ce que le Tribunal de premi�re instance, suppos� qu'il en ait �t� r�guli�rement requis, n'a pas ordonn� une expertise destin�e � �tablir le co�t de r�fection de l'ouvrage.
S'agissant de la Cour de justice, il sied de rappeler qu'elle dispose d'une large marge de manoeuvre pour ce qui est d'ordonner ou non des mesures probatoires en appel, en application de l'art. 307 LPC gen., disposition qui ne permet pas � une partie d'exiger en appel l'administration de preuves qu'elle n'aurait pas sollicit�e devant le premier juge en temps utile et selon les formes ad�quates (arr�t 4P. 206/2005 du 11 novembre 2005, consid. 2.3.1 et les r�f�rences). Le recourant ne d�montre pas, et l'on ne discerne pas non plus, en quoi cette autorit� aurait abus� arbitrairement de son pouvoir d'appr�ciation en la mati�re dans la pr�sente esp�ce. Il �tait � tout le moins soutenable de ne pas ordonner de nouvelles preuves en appel, comme elle l'a fait, d�s lors que le recourant n'avait pas �lev� de protestation en premi�re instance contre le d�p�t de la pi�ce n� 52, ni fourni d'explications concr�tes propres � d�nier tout caract�re probant � cette pi�ce.
Pour le surplus, il convient d'observer, avec les intim�s, que le recourant n'explique pas pourquoi les juges cantonaux ne pouvaient pas faire fond sur ladite pi�ce, en vue de d�terminer le co�t de la r�fection de l'ouvrage, sans s'exposer au grief d'arbitraire. Aussi bien, on cherche en vain, dans son m�moire, une critique concernant la somme retenue par l'auteur du devis litigieux pour la r�fection de la fa�ade de la villa des intim�s et les modalit�s de son calcul. Tout au plus le recourant met-il en doute l'aptitude de l'entreprise V.________ � se prononcer sur la qualit� d'un cr�pissage, au motif qu'elle serait "une entreprise g�n�rale de carrelage, peinture, parquets" sp�cialis�e dans les travaux d'int�rieurs. Ce faisant, l'int�ress� ne d�crit pas correctement le secteur d'activit�s dans lequel oeuvre l'entreprise en question. Il ressort, en effet, de l'en-t�te de la pi�ce n� 52 qu'il ne s'agit pas d'une "entreprise g�n�rale de carrelage", mais bien d'une raison individuelle s'occupant de mandats d'"entreprise g�n�rale", ainsi que de "carrelage-peinture-parquet". La Cour de justice observe, d'ailleurs, sans �tre v�ritablement contredite par le recourant, que "rien ne permet de dire que [l'entrepreneur V.________] ne serait pas comp�tent pour les [i.e. les travaux de r�fection des fa�ades de la villa] effectuer, et donc d'appr�cier l'ampleur de la t�che � accomplir" (cf. arr�t attaqu�, consid. 5.3).
Dans la mesure enfin o� le recourant se plaint de la violation de son droit � la contre-preuve en tant que tel, il n'est pas recevable � soulever semblable grief dans la proc�dure du recours de droit public, en vertu de l'art. 84 al. 2 OJ, �tant donn� que ce droit d�coule directement de l'art. 8 CC (ATF 126 III 315 consid. 4a).
Dans un second moyen, le recourant reproche � la Cour de justice de s'�tre livr�e � une appr�ciation arbitraire des preuves et d'avoir ainsi viol� l'art. 9 Cst.
4.1 Selon la jurisprudence, en mati�re d'appr�ciation des preuves, il y a arbitraire lorsque l'autorit� ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur le sens et la port�e d'un tel �l�ment, ou encore lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des �l�ments recueillis (ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 I 208 consid. 4a). Il appartient au recourant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi la d�cision incrimin�e est arbitraire (ATF 130 I 258 consid. 1.3; 129 I 113 consid. 2.1; 125 I 71 consid. 1c p. 76).
4.2.1 Sous chiffre 2.3 de son m�moire, le recourant commence par faire un proc�s d'intention � la Cour de justice, qui aurait rendu un arr�t "tendancieux" et, apparemment, "empreint de pr�vention" � son endroit, n'h�sitant pas � le faire appara�tre comme le promoteur de l'affaire, alors qu'il est simplement ma�on. Les remarques d'ordre g�n�ral, formul�es par l'int�ress� dans ce pr�ambule, sont totalement impropres � fonder un grief d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves.
4.2.2.1 Le recourant s'emploie ensuite � d�montrer que la cour cantonale se serait livr�e � une appr�ciation arbitraire des preuves pour aboutir � la constatation que les parties s'�taient mises d'accord sur la liste des travaux et les prix fix�s dans le devis g�n�ral du 9 mai 1999 (ch. 2.4 du m�moire de recours). Il le fait toutefois, ici aussi, de mani�re essentiellement appellatoire, en se contentant de critiquer certaines constatations isol�es de l'arr�t attaqu�, qu'il extrait du contexte dans lequel elles s'ins�rent, et en ne d�montrant pas pourquoi l'appr�ciation globale des preuves, telle qu'elle a �t� op�r�e par les juges cantonaux, n'autorisait en aucun cas ceux-ci � poser la constatation de fait incrimin�e. Cette mani�re d'argumenter, contraire � la nature du recours de droit public, permet de douter s�rieusement de la recevabilit� des griefs articul�s dans ce second moyen. Quoi qu'il en soit, ceux-ci ne sauraient �tre accueillis pour les motifs indiqu�s ci-apr�s.
4.2.2.2 En premier lieu, le recourant s'en prend � la constatation selon laquelle il aurait n�cessairement particip� � l'�laboration de la brochure de vente des villas en sa qualit� d'associ� de X.________ S�rl (ch. 2.4.1 du m�moire de recours). La constatation incrimin�e, justifi�e par l'existence d'une brochure � l'en-t�te de X.________, est peut-�tre discutable dans la mesure o� la qualit� d'associ� non g�rant que rev�tait le recourant au sein de ladite soci�t� n'impliquait pas forc�ment qu'il avait particip� � l'�laboration du projet r�alis� par celle-ci. Cependant, cette constatation, faite d'ailleurs � titre de remarque incidente (cf. ch. 2.3.1, 2�me �, de l'arr�t attaqu�), n'est pas d�terminante pour la solution du litige. Peu importe, en effet, de savoir si le recourant a pris ou non une part active dans l'�laboration de la promotion mise sur pied par X.________ S�rl du moment qu'il a admis lui-m�me avoir repris ensuite tous les droits et obligations de l'entreprise g�n�rale X.________ S�rl.
Le recourant objecte que son fils avait particip� � la promotion immobili�re � titre personnel, �tant r�tribu� sp�cialement pour l'activit� d�ploy�e dans ce cadre-l�. Toutefois, cette circonstance, f�t-elle av�r�e, ne modifierait pas fondamentalement les donn�es du probl�me. Rien n'emp�chait, en effet, le pr�nomm� d'agir � la fois comme promoteur, � titre individuel, et comme repr�sentant de X.________ S�rl pour la conclusion du contrat d'entreprise portant sur les travaux adjug�s � cette soci�t�.
La cour cantonale constate que le projet �tait consid�r� par tous les intervenants comme un projet de construction � forfait. Le recourant lui fait grief d'avoir m�connu la distinction qui s'imposait entre les rapports contractuels liant les intim�s aux promoteurs, d'une part, et ceux qui avaient �t� nou�s par lui avec les intim�s, d'autre part. Cet argument, de nature non constitutionnelle, n'a pas sa place dans un recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ). De toute fa�on, il n'infirme en rien la constatation factuelle incrimin�e par laquelle les juges cantonaux se limitent � indiquer quelle �tait l'opinion commune de l'ensemble des intervenants quant � la nature du projet de construction.
Savoir si la pr�cision d'un descriptif est un �l�ment qui milite en faveur du concept de prix ferme, ainsi que le retient la Cour de justice, est une question qui rel�ve de l'appr�ciation juridique des faits et de l'application des dispositions du droit f�d�ral r�gissant la r�mun�ration de l'entrepreneur. Par cons�quent, le recourant s'en prend de mani�re irrecevable aux consid�rations �mises sur ce point par les juges d'appel.
S'agissant du devis g�n�ral du 9 mai 1999, le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir fait � nouveau un amalgame insoutenable entre les diff�rents rapports juridiques liant les diff�rents protagonistes de cette affaire (ch. 2.4.2 du m�moire de recours). Il soul�ve derechef un point de droit, en argumentant de la sorte, ce qui rend son grief irrecevable (art. 84 al. 2 OJ).
Au sujet de son tableau, dress� le 4 mai 1999, le recourant soutient que les pi�ces d�montreraient que l'architecte C.________ a vis� chaque poste des factures �tablies par lui conform�ment � ce tableau, puis les a transmises sans r�serve aux intim�s qui les ont acquitt�es. Il y voit la preuve de l'acceptation, par ceux-ci, du mode de r�mun�ration propos� par lui (ch. 2.4.3 du m�moire de recours). Savoir si le comportement de l'architecte, en sa qualit� de repr�sentant des ma�tres de l'ouvrage, impliquait la cons�quence qu'en tire le recourant est � nouveau un point de droit, soustrait, comme tel, � l'examen de la juridiction constitutionnelle. Pour le reste, la simple r�f�rence � des "factures", sans plus ample pr�cision, ne suffit pas � infirmer les constatations d�taill�es faites � la page 8, lettre o, de l'arr�t attaqu�, en ce qui concerne les modalit�s de la facturation du travail ex�cut� par l'entrepreneur.
La Cour de justice a admis que le contrat d'entreprise �tabli en septembre 1999 entre l'architecte C.________, en tant que repr�sentant des ma�tres de l'ouvrage, et X.________ S�rl, en qualit� d'entrepreneur pouvait �tre consid�r� comme le reflet de la commune intention des parties, bien qu'il n'e�t pas �t� sign�. Elle a tir� cette conclusion du fait que deux �l�ments essentiels pour la construction envisag�e - le cahier des charges sp�ciales et les plans -, qui �taient annex�s audit contrat et express�ment mentionn�s dans celui-ci, avaient �t� sign�s par B.________. Quoi qu'en dise le recourant (ch. 2.4.4 du m�moire de recours), cette conclusion n'a rien d'insoutenable. Certes, comme les intim�s le conc�dent dans leur r�ponse au recours, les plans n'ont pas �t� sign�s par B.________ mais par le recourant lui-m�me. Cependant, l'inadvertance commise sur ce point par la cour cantonale dans la partie en droit de son arr�t ne porte pas � cons�quence, car elle tendrait plut�t � �tayer la th�se d�fendue par la cour cantonale au sujet de la commune intention des parties en ce sens que cette intention aurait alors �t� manifest�e, du c�t� de l'entrepreneur, s'agissant des plans, par l'int�ress� en personne et non par le fils de ce dernier.
La Cour de justice constate, par ailleurs, que le recourant n'a jamais all�gu� que les parties auraient �t� li�es par un autre contrat d'entreprise que celui dont il vient d'�tre question. Le recourant, qui se borne � soutenir le contraire (ch. 2.4.5 du m�moire de recours), n'indique pas o� et quand il aurait �mis semblable all�gation. Son grief est donc irrecevable, faute de toute motivation (art. 90 al. 1 let. b OJ).
Selon la cour cantonale, il n'y a aucune raison de retenir que l'entrepreneur n'aurait jamais �t� en possession du devis du 9 mai 1999. Le recourant soutient que cette constatation serait infirm�e par celle voulant que le devis en question n'ait �t� communiqu� � l'int�ress� qu'en novembre 2000, lorsqu'il a lui-m�me acquis une villa (ch. 2.4.6 du m�moire de recours). Dans la phrase incrimin�e, les juges cantonaux ne disent pas quand le recourant a eu en mains le devis du 9 mai 1999, puisqu'ils se contentent d'indiquer qu'il n'est pas possible d'admettre l'absence de toute remise de ce document � l'int�ress�. Il n'y a donc aucune contradiction entre la constatation critiqu�e par le recourant et celle, plus pr�cise, ayant trait � l'�poque � laquelle ce dernier s'est vu remettre ladite pi�ce.
En dernier lieu, le recourant affirme p�remptoirement que l'analyse chronologique, � laquelle la cour cantonale s'est livr�e au consid�rant 2.3.4 de son arr�t, ne permet pas non plus de conclure � l'existence d'un accord des parties sur la base du devis g�n�ral du 9 mai 1999. En effet, les seuls documents qui ont �t� �chang�s entre les parties seraient son tableau du 4 mai 1999 et les factures subs�quentes, � l'exclusion du devis g�n�ral du 9 mai 1999 (ch. 2.4.7 du m�moire de recours). Tel qu'il est pr�sent� et � supposer qu'il ait trait � une question relevant de la constatation des faits, le grief examin� tombe � faux. Il sied d'observer, � ce propos, que la remise du tableau du 4 mai 1999 aux intim�s n'a pas �t� d�montr�e, selon la cour cantonale, et que, toujours au dire de celle-ci, le recourant n'a pas fait r�f�rence audit tableau dans ses factures. En outre, les bons de paiement adress�s aux ma�tres de l'ouvrage faisaient syst�matiquement r�f�rence au devis g�n�ral du 9 mai 1999. Au demeurant, le recourant perd de vue, d'une part, que le contrat d'entreprise liant les ma�tres de l'ouvrage et X.________ S�rl, dont la cour cantonale retient sans arbitraire qu'il refl�tait la commune intention des parties bien qu'il n'ait pas �t� sign� par celles-ci, se r�f�rait au devis d�taill� du 9 mai 1999 et, d'autre part, qu'il a admis express�ment avoir repris tous les droits et obligations de X.________ S�rl, reprise qui, logiquement, concernait aussi les droits et obligations issus de ce contrat.
4.2.3 Enfin, les consid�rations g�n�rales �mises par le recourant en vue de d�montrer que la d�cision attaqu�e porterait atteinte au sentiment de la justice (ch. 2.5 du m�moire de recours) sont d�nu�es de pertinence. Si les intim�s ont pay�, pour l'ouvrage livr�, un prix sup�rieur � celui qui avait �t� convenu, ils sont en droit de r�clamer au recourant la restitution du trop-per�u. On ne voit pas en quoi pareille d�marche heurterait de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�.

References: art. 9
 ATF 
 art. 127
 art. 186
 art. 127
in fine