Source: http://frederic.berjaud.free.fr/Articles_de_Didier_Davin/006edeLigne/6e_de_ligne.htm
Timestamp: 2019-09-23 02:01:19+00:00

Document:
Le 6e Régiment d'infanterie de ligne, 1800-1815
Le 6e Régiment d'Infanterie de Ligne
Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue et ami du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.
Voila un Régiment qui n’a pas trop tenté les historiens de l’Empire, ayant servi la plupart du temps hors du territoire national pendant cette période. Réparons cette injustice.
Créée 6e Demi-brigade de Ligne au second amalgame avec la 196e Demi-brigade de bataille, la 6ème bis Demi-brigade de bataille dite de l’Ouest, des Bataillons de Paris pour la Vendée, le 4e bis Bataillon de Volontaires de la Sarthe et le 3e d’Eure et Loir, elle combat en 1797 aux Armées d’Italie puis d’Allemagne.
Revenue en Italie en 1798, on en envoie la plus grande partie aux Iles ioniennes dans la Division du Levant, et un détachement va renforcer la garnison de Malte.
La 6e Demi-brigade sert à Corfou et aux iles ioniennes en 1798-1799 où elle est en grande partie anéantie par les Turcs ou prisonnière des Russes et des Britanniques.
Une autre partie de la Demi-brigade sert brillamment avec Masséna à l’Armée d'Helvétie. Cette fraction rentre en France en septembre 1799 pour s’y reconstituer. Elle soutient le coup d’état du 18 Brumaire de Bonaparte et Sieyès.
Bonaparte presse la remise à niveau de l’unité. Il écrit à Berthier le 24 novembre 1799 : "… Il faudrait également songer de réorganiser le plus promptement possible la 6e de Ligne et la 79e de Ligne qui sont à Paris ...".
Reconstituée, elle retrouve son Chef de Brigade, François Marie Dufour, revenu de captivité, le 30 novembre 1799.
François Marie Dufour
Né en 1769. Officier au 8e bataillon de Volontaires du Pas de Calais en 1792. Ancien Chef de Bataillon de la 198e Demi-brigade en 1795, puis à la 79e en 1796 ; envoyé aux iles ioniennes en 1797, nommé provisoirement Chef de Brigade en octobre 1798 ; prisonier de guerre en mars 1799 ; Confirmé Chef de Brigade à la 6e Demi-brigade durant sa captivité en novembre 1799.
A son retour en 1800, employé à l’Armée de Réserve puis à celle d’Observation du Midi en 1801 ; Armée d’Italie 1802, Armée de Naples 1803, sous Gouvion Saint-Cyr, Division Montrichard en novembre 1803. Armée de Naples avec Joseph Bonaparte 1806-1811.
Sera promu Général de Brigade en janvier 1807 au service du Royaume de Naples; Général de Division en mars 1807.
Reprend du service dans l’Armée française en janvier 1811 au Corps d’Observation de l’Elbe ; fera la campagne de Russie et s’emparera du Kremlin ... Campagne de 1813 1814.
Mort de maladie à Lille en avril 1815 (voir Six). Baron de l’Empire en juin 1812.
1800-1803, LE CONSULAT
Fig. 1 Officier de Fusiliers du 6e de Ligne, vers 1803
Le Premier Consul envoie la Demi-brigade, revenue à 2105 hommes, stationner dans l’Ouest, en Normandie, où les restes de la chouannerie sont toujours actifs.
Le 26 décembre 1799 (5 nivôse an 8) selon Chuquet, ou le 30 décembre 1799 (9 nivôse an 8) selon la CGN, le Premier Consul écrit, depuis Paris, à Berthier, Ministre de la Guerre : "... Faire partir pour Blois la 6e de ligne à la disposition du général d'Hédouville ...
Nommer le général de brigade Gardanne pour marcher à sa tête ; lui donner une instruction de se porter à Blois ; qu'arrivé à Chartres, s'il est instruit qu'il y a des chouans, il s'y arrête quelques jours et envoie différents détachements à leur poursuite, et que de Blois, il doit être en réserve pour se porter de là sur Tours, Orléans, La Flèche et tout autre point où les mouvements des chouans rendraient sa présence nécessaire" (Chuquet A. : « Ordres et apostillesde Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 51).
On la retrouve dispersée entre Valognes, Caen, Avranches et Alençon.
Le 20 juillet 1800, elle tient garnison à Cherbourg, Coutances et Granville.
Pendant ce temps, Bonaparte, avec son Armée de Réserve, était entré en Italie et avait difficilement vaincu les Autrichiens à Marengo le 14 juin. Un armistice était signé, stabilisant provisoirement la situation en Italie.
La 6e Demi-brigade, parmi d’autres, est chargée de regrouper ses Grenadiers et des Fusiliers d’élite appelés "éclaireurs". Puis ceux-ci sont formés en Bataillon spécifique.
"Paris, 1er août 1800
ARTICLE ler. – Les grenadiers et éclaireurs des 5e, 6e, 35e, 64e ligne et 26e légère seront campé entre Beauvais et Amiens. Les compagnies de grenadiers et d’éclaireurs de chaque demi-brigade fourniront un seul bataillon.
ART. 2. – Ils seront commandés par le général Murat.
ART. 3. – l1 y aura à ce camp deux escadrons du 24e de chasseurs, deux escadrons du 5e de dragons, et douze pièces d’artillerie dont six servies par l’artillerie légère.
ART. 4. – Toutes les compagnies de grenadiers et d’éclaireurs passeront à Paris pour s’habiller ; elles n’en partiront qu’après avoir passé la revue du ministre de la guerre.
ART. 5. – An 20 thermidor (8 août), le camp entre Beauvais et Amiens sera formé. Les troupes seront baraquées si le local est favorable sinon elles seront campées.
ART. 6. – Les troupes composant ce camp jouiront d’un supplément de solde pour remplacer la viande. I1 leur sera donné de l’eau-de-vie toutes les fois qu’elles manœuvreront.
ART. 7. – 11 y aura deux généraux de brigade attachés au camp" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 5045).
En septembre, après Marengo et la fusion de l’Armée de Réserve et de celle d’Italie désormais sous le Général Brune, les hostilités avec l’Autriche sont suspendues mais non terminées. Bonaparte renforce alors ses troupes en Italie.
Le 5 septembre 1800, il écrit à Carnot, Ministre de la Guerre : "Ordre à la 6e de Ligne de partir de la 14e division militaire et de se rendre à Dijon en toute diligence aussitôt que la 63e sera arrivée à Caen …".
Le congrès de Lunéville, qui doit décider de la future paix, doit être protégé. Le Bataillon d’élite de la 6e de Ligne, en passant par Paris, y est envoyé en octobre. Le 24 octobre 1800 (2 brumaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par intérim : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre aux bataillons d'élite de la 26e légère et de la 6e de ligne de partir demain pour se rendre en toute diligence à Lunéville et formera [sic] la garnison de cette ville pendant la tenue du Congrès" (Correspondance générale, t.3, lettre 5714). Cette garnison doit être commandée par le Général Clarke.
Puis le Bataillon d’élite rejoint sa Demi-brigade en passant par Genève.
Le 17 novembre 1800, Bonaparte écrit à Berthier, nouveau Ministre de la Guerre : "Je vous prie citoyen ministre de donner ordre au bataillon d’élite de la 6e demi brigade, qi est à Lunéville, d’en partir 24 heures après la réception de votre ordre pour rejoindre à Dijon la demi brigade …".
Les hostilités reprennent le 27 novembre. Les armées d’Allemagne de Moreau et d’Italie de Brune vont coordonner leurs offensives, tandis qu’un Corps d’Observation de 10.000 hommes est confié à Murat le 20 novembre pour surveiller le Royaume de Naples. La 6e Demi-brigade en fait partie.
A Berthier, le même jour : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre au général Murat de faire partir le 4 frimaire pour se rendre à Chambéry en toute diligence et par le plus court chemin la 1re demi-brigade de de sa division ; elle sera composée :
1° des 21 compagnies des grenadiers de la Marine
2° des 3 bataillons de la 6e demi-brigade de Ligne.
... 3° d'une compagnie de grenadiers composée des carabiniers des 16e et 23e légères et des grenadiers de la 47e de ligne ... Vous me ferez connaître le jour où la 1re brigade arrivera à Chambéry, afin qu'on puisse ordonner sa marche ultérieure ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5791).
Le 3 décembre 1800, Moreau a remporté la victoire de Hohenlinden. Le 25 décembre, l’armée d’Italie celles de Pozzolo puis Monzebano.
Le 6 février 1801, Murat forçait les Napolitains à un armistice à Foligno. Le 9 février, la paix est signée entre la France et l’Autriche à Lunéville.
Le Bataillon d’élite gagne Florence le 20 février 1801 pour faire partie de la Division de Réserve du Général Mathieu. Tandis que les autres Bataillons de la Demi-brigade, avec la 1ère Division du Corps d’Observation, sous les ordre du Général Tharreau, occupent successivement Florence, Perrugia, Macerata, Forli et Rimini.
En septembre 1801, toute la Demi-brigade était à Rimini. Puis elle remonte sur Milan le 22 décembre où elle restera jusqu’à la rupture de la Paix d’Amiens en mars 1803. C’est une période de calme où la Demi-brigade peut se vêtir et se rééquiper correctement.
Le 13 mars 1803, une chronique de Modène fait état du passage de la 6e Demi-brigade ; la musique impressionne fort le rédacteur ; il écrit : "La 6e demi-brigade de Ligne a habillé son Tambour Major avec une tenue qui coûte 3000 Francs. La musique a été habillée à neuf ; le chapeau chinois et les cymbaliers sont habillés « à l’égyptienne »". Ce qui signifie que la Demi-brigade a une musique plus importante que les règlements ne le prévoient.
En mars 1803, avec la rupture de la Paix avec les Britanniques, pour contrôler le Royaume de Naples, très inféodé aux Anglais, Bonaparte réunit alors à Faënza, dans les Romagnes, une Division de dix mille hommes et vingt et une bouches à feu, sous les ordres du Général Gouvion Saint-Cyr. Il doit réoccuper sans délai le golfe de Tarente, soit pour empêcher les Anglais de débarquer par là sur le continent, soit pour préparer une nouvelle expédition en Egypte. Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l'ordre au général Murat de réunir à Faenza une division, qui devra être toujours prête à se porter, au premier ordre, partout où les circonstances l'exigeront. Ce corps sera commandé par un général de division et sera composé : Des deux premiers bataillons de la 42e complétés au grand pied de paix; des deux premiers bataillons de la 6e de ligne portés au grand complet de paix; des deux premiers bataillons de la 1re légère également portés au grand complet de paix; de trois escadrons du 7e régiment de dragons et de trois escadrons du 9e régiment de chasseurs portés au grand complet de paix; Du premier bataillon de la 4e demi-brigade de ligne italienne complété à 700 hommes; du premier de la 2e helvétique complété à 700 hommes; du premier bataillon de la 1re légère italienne complété à 700 hommes, et de deux escadrons du 1er régiment de hussards italiens complétés à 300 hommes; des deux premiers bataillons de la demi-brigade polonaise complétés au pied de guerre, et de deux escadrons du régiment de cavalerie polonais complétés à 300 hommes; De trois divisions d'artillerie française avec un approvisionnement et demi (chacune de six pièces) ; Et d'une division de six pièces d'artillerie de la République italienne avec un double approvisionnement. Les troupes italiennes seront sous les ordres du général Lechi, lequel aura sous ses ordres deux généraux de brigade, qui seront désignés par le ministre de la guerre de la République italienne. Pour les troupes françaises, indépendamment du général commandant, il y aura un général pour commander la cavalerie et deux généraux de brigade; et, comme il est inutile de faire des camps, qui d'ailleurs sont toujours coûteux, toutes ces troupes seront cantonnées à Faenza et dans les environs. Ce qui restera des corps de troupes françaises et italiennes cantonnées à Faenza sera mis en garnison dans les différentes places de la Romagne" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6689).
Le Corps d'occupation comprend deux Divisions : une Division française (Général Verdier) et une Division italienne (Général Lecchi), une Brigade de cavalerie et de l'artillerie. La 1ère Division Verdier se compose de la 1ère Demi-brigade légère (voir historique sur le site), des 6e et 42e Demi-brigades de ligne (voir historique sur le site), de la 2e Demi-brigade helvétique et d'un Bataillon d'infanterie légère ligurienne (voir historique 32e Léger). Ce corps expéditionnaire est soutenu par une Division réunie à Pescara, sous les ordres du Général Reynier.
Le 27 juin 1803 (8 messidors an 11), Bonaparte écrit depuis Amiens au Général Lacuée, Président de la Section de la Guerre du Conseil d'Etat : "Citoyen Lacuée etc., j'ai lu avec attention votre dernière lettre. J'ai remarqué que ... par l'arrêté du 1er floréal, vous avez donné sur la réserve : ... à la 6e qui est en Italie qui est en Italie : 727 hommes ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7771).
Le 6 septembre 1803, depuis Saint-Cloud, Bonaparte écrit au Général Berthier, Ministre de la guerre : "On a envoyé, Citoyen Ministre, les 6e et 42e de ligne et la 1e légère dans le royaume de Naples. Faites-moi connaître les mesures qu'on a prises pour l'habillement et surtout pour l'armement des conscrits. Je suis instruit qu'on n'en a pris aucune pour l'armement.
Il me semble qu'il aurait été convenable de faire arrêter ces conscrits dans la Romagne, et là, de les armer et habiller avant de les envoyer dans le royaume de Naples. S'ils étaient arrivés à Tarente, il serait convenable d'y faire passer des fusils dans le plus court délai ...".
La 6e de Ligne se retrouve à Brindisi d'après l’Etat Militaire de l’an XI : Colonel Dufour; Chefs de bataillon Boyer, Lucas, Mialet, Fairin; Quartier Maitre trésoriers Balthazar et Limouzain; Chirurgien major Dizac.
Par arrêté du 1er vendémiaire an XII (23 septembre 1803), le Premier Consul modifie la composition de l'armée. Dans l'infanterie, il supprime la dénomination de Demi-brigade et rétablit celle de Régiment ; et le Chef de Brigade retrouve son titre de Colonel.
Le 28 décembre 1803 (6 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Recommandez, citoyen ministre, au général Saint-Cyr de faire exercer le 7e régiment de dragons aux manœuvres à pied et de lui donner des adjudants tirés du 6e ou du 42e régiment pour l'instruire : les dragons doivent manœuvrer à pied aussi bien que l'infanterie" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1363; Correspondance générale, t.4, lettre 8478).
Le détachement de Malte
Pendant que se déroulaient les évènements en Italie et en France, le détachement de la 6e de Ligne à Malte tenait toujours en état de siège, retranché dans les fortifications de l’île.
Au cours d’un combat le 5 septembre 1800, les Capitaines Potot, Carrière et Hardyaux étaient faits prisonniers puis relâchés sur parole. Le détachement regagnera la France en novembre 1800 et les hommes retrouveront leur Demi-brigade.
1804-1806, ROYAUME DE NAPLES
Fig. 2 Caporal de Fusiliers du 6e de Ligne vers 1807-1808
Le 18 Mai 1804, l'Empire est proclamé en France.
Dans la deuxième quinzaine de thermidor (août 1804), un détachement d'honneur est organisé dans l'Armée de Naples, pour aller en députation à Paris recevoir des mains de l'Empereur de nouveaux drapeaux et les Aigles qui les surmontent. La députation de l'Armée de Naples est conduite par le Chef d'escadron Schnetz, Aide de camp du Lieutenant-général (sic) Gouvion Saint-Cyr. Elle comprend 16 hommes de chacun des Régiments ci-après : 1er Léger, 6e et 42e de Ligne, 7e Dragons et 11e Chasseurs, et 8 hommes du Bataillon du train, soit en tout 88 hommes.
En 1805, une nouvelle coalition se forme contre la France. Fin août, Napoléon fait pivoter ses troupes en direction de la Bavière. Il doit fixer les Autrichiens sur l’Italie du Nord avec l’armée du même nom sous le Maréchal Masséna. Les forces dans la sud de la péninsule doivent venir les épauler.
Le 23 août, Napoléon prescrit à Gouvion Saint-Cyr de quitter Tarente, et d'occuper la Toscane, d'où il ralliera plus facilement, le cas échéant, la Division de Pescara, et pourra se porter au secours des forces françaises sur l'Adige
Un nouveau traité avec la cour de Naples le 21 Septembre 1805, stipule le retrait des troupes françaises du Royaume. De son côté, la Reine de Naples s'engage à fermer ses ports aux Anglais et aux Russes. Le Corps de Saint-Cyr reçoit donc l'ordre de se rendre en Lombardie, mais la duplicité de la cour de Naples va faire revenir notre Régiment.
Le repli commence le 9 octobre. Les forces françaises de Naples arrivent à Padoue à la mi-novembre. Le 6ème de Ligne a été envoyé renforcer la garnison d’Ancône.
Fin octobre, Masséna a franchi l'Adige et le Corps de Saint-Cyr, qui a rejoint son aile droite, est envoyé faire le blocus de Venise. Mais pendant ce temps, les flottes russe et anglaises mouillent devant Naples, dont les souverains ont rompu leur parole.
Austerlitz entraine la fin des hostilités en Italie du Nord. Les Napolitains doivent maintenant répondre de leur trahison alors que leurs chers alliés se rembarquaient sans avoir rien fait.
Une nouvelle armée de 40000 hommes, mise sous le commandement de Masséna, se répand dans le Royaume de Naples afin de remplacer ses souverains par le frère de l'Empereur, Joseph qui, pour le moment, a le titre de Lieutenant général de l'Empereur pour la campagne qui s'annonce.
Le 23 janvier, tandis que son armée se retirait dans le sud de la péninsule, laissant des garnisons à Gaète, Civitella del Tronto et Pescara, le Roi de Naples embarquait courageusement pour la Sicile sous la protection des Anglais.
L’armée de Naples, franco-italo-polonaise, de Masséna se préparait aux frontières du Royaume et y pénétrait, sur trois colonnes, le 8 février. Le 14 février, les Français entraient dans Naples, laissant des troupes au siège de Gaète et de Civitella del Tronto. Le 6e de Ligne se retrouvait, avec 1833 hommes et Officiers, au 2e Corps de Reynier, Division Verdier.
Du 15 mai au 18 juillet 1806, le 6e de Ligne est au siège de Gaète. Mais pendant ce temps les forces françaises enfoncées dans les Calabres faisaient face à une insurrection massive et à un débarquement anglais. Les Français battus à Maida, le 4 juillet, étaient obligés de remonter vers le Nord. Les forces libérées par la fin du siège de Gaète sous Masséna viennent en renfort.
Le 12 août, les Français se réunissent à Cosenza dont Masséna fait son quartier général pour ses opérations. Il lance des colonnes sous Reynier, Mermet et Verdier contre les insurgés des Calabres.
Le 20 août 1806, depuis Rambouillet, l'Empereur écrit à Joseph, Roi de Naples : "Mon frère ... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ... L'armée une fois placée ainsi, pas un homme ne débarquera en Calabre, et on pourra punir sévèrement les brigands; cela est plus nécessaire que tout le reste ... Aujourd'hui la question est tout entière dans la Calabre. Il faut que tout le monde soit dans la conscience qu'on y est assis de manière à ne pouvoir être ébranlé. Cela encouragera l'armée et commencera à influer sur la Sicile, et même sur les négociations ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10673; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12752).
Cette lettre est suivie d'un "Projet de placement de l'Armée de Naples ...
A Salerne serait placée une division sous les ordres du général Girardon, qui serait composée de la Garde royale à cheval et à pied, du 6e et 62e de ligne et du 2e régiment d’infanterie italienne. Ce corps serait cantonné de manière à pouvoir se réunir et manœuvrer. Une autre division, commandée par le général Espagne, et composée du 1e de ligne, du 42e et du le d’infanterie légère, serait placée dans une bonne position, à deux heures de distance de Naples. S’il y a des bois et une localité favorable, on la ferait camper" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10674; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12752).
Les troupes sont ravagées par les fièvres et manquent de matériel, mais fin Août, la situation est stabilisée en Calabre Citérieure.
Plaque en cuivre de Voltigeur du 6e de Ligne, modèle 1806
1807, CALABRES ET RETOUR A CORFOU
Fig. 3 Voltigeur du 6e de Ligne à Corfou en 1808
Après avoir vaincu les Prussiens et s’opposant désormais aux Russes, l’Empereur écrit de Varsovie, le 6 janvier 1807, au Roi de Naples : "Mon Frère ... Sur les états de l'armée de Naples, du 1er décembre, je vois que les bataillons provisoires existent encore. Votre ministre de la guerre et votre chef d'état-major ne font donc rien. Faites dissoudre sur-le-champ ces bataillons et faites incorporer les détachements dans les régiments. Vous verrez que je vous envoie 5,000 hommes de vos dépôts, armés et équipés. Avant le mois de juin, vous en aurez 6,000 autres. Faites renvoyer exactement les officiers et sous-officiers des 3e bataillons. Le 6e de ligne est bien faible. Il serait économique et utile au service d'incorporer les officiers dans le 1er bataillon, et de renvoyer le cadre du second au dépôt. Je pense que vous devriez faire cela pour tous les régiments qui, avec les renforts que je vous envoie n'auront pas leurs bataillons à 800 hommes ..."
Après la Paix signée avec les Russes en juillet 1807, ceux-ci doivent évacuer les iles ioniennes ou république des Sept Iles qu’ils protègent depuis 1799. Un petit corps expéditionnaire, mis sous les ordres du Général Cesar Berthier, est chargé d’en prendre possession. Les 1er et 2e Bataillons du 6e de Ligne en font partie.
Napoléon va tâcher de transformer Corfou en une véritable citadelle pour contrôler la navigation entre les Balkans et l’Italie. Aussi sa correspondance est nombreuse sur le sujet avec le Vice-roi d’Italie et le Roi de Naples.
Le 1er septembre 1807, il écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène Napoléon, Vice-roi d'Italie : "Mon fils, le 6e régiment de ligne français tient garnison à Corfou. Je désire que les trois compagnies de 250 hommes appartenant à ce régiment, qui font partie du 5e régiment de grenadiers, se rendent à Ancône, où on saisira la première occasion de les faire embarquer pour Corfou. Je désire également que, du 3e bataillon de ce même régiment qui est fort de 700 hommes et qui se trouve à Bologne, vous vous détachiez 500 hommes qui, avec les 230 hommes indiqués ci-dessus, formeront un bataillon de plus de 700 hommes, qui se rendra également à Ancône, pour de là être envoyés à Corfou à la première occasion".
Le 25 septembre 1807, depuis Fontainebleau : "Mon intention est qu'il y ait deux généraux de brigade à Corfou. Le général Donzelot est destiné à y commander en cas de mort du général César Berthier.
Vous portez dans l'état de la garnison de Corfou 1,600 hommes pour le 6e de ligne. Vous savez que les grenadiers et une compagnie ont été pris, c'est-à-dire 300 hommes; il ne reste donc plus guère que 1,200 hommes".
Le 6 octobre 1807, depuis Fontainebleau, l'Empereur écrit à Joseph Napoléon, Roi de Naples : "Voici de quelle manière je désire que mes troupes soient placées. Le général César Berthier, gouverneur général, à Corfou, avec un bataillon du 14e d'infanterie légère, les deux bataillons du 6e, le 5e régiment italien et les troupes du pays. Il aura sous ses ordres le général Cardenau, pour commander en second en cas qu'il lui arrive un événement; un adjudant général, six adjoints d'état-major, un colonel pour faire fonctions de commandant d'armes de Corfou, indépendamment des colonels des 6e et 14e régiments (le colonel du 6e étant prisonnier, le major ira le remplacer); un colonel du génie ; un colonel d'artillerie ; un chef de bataillon d'artillerie faisant fonctions de directeur du parc; un chef de bataillon et quatre autres officiers du génie. (en tout six officiers du génie pour Corfou) ; et quatre capitaines en second d'artillerie, également six officiers d'artillerie en tout pour l'état-major de Corfou.
La garnison de Corfou fournira à la position de Parga un détachement de 600 hommes, qui sera relevé toutes les fois qu'on le jugera convenable. Ce détachement sera composé, savoir : de 3 compagnies du 6e, qui, au moment du départ, seront toujours complétées à plus de 100 hommes présents sous les armes par compagnie, ce qui fera 300 hommes; 6 pièces d'artillerie de campagne avec une demi-compagnie d'artillerie; 100 Grecs et 2 compagnies du 5e régiment italien, qui également seront toujours complétées à 100 hommes présents. Ces forces seront sous les ordres d'un général de brigade français, d'un chef de bataillon et d'un capitaine hors de ligne, faisant fonctions de commandant d'armes à Parga, d'un officier du génie et d'un officier d'artillerie en résidence. Indépendamment des pièces de campagne, on enverra à Parga 18 ou 20 pièces de fer, et l'on travaillera sans délai à faire là un point d'appui qui soit à l'abri des efforts des Turcs et de qui que ce soit; on y élèvera des batteries battant la mer, pour empêcher les Anglais d'en approcher".
Le 7 novembre 1807, depuis Fontainebleau, toujours à Joseph Napoléon, Roi de Naples : "Mon Frère, je vous ai fait connaître que mon intention était que Céphalonie fût garnie de troupes albanaises, et qu'il n'y eût dans cette île, de mes troupes françaises, qu'un ou deux officiers ; également à Zante.
Deux de mes frégates et une corvette doivent être arrivées à Corfou. Elles sont parties le 7 octobre de Toulon. Quand vous lirez cette lettre, il y aura quarante jours qu'elles seront parties; vous devez donc en avoir des nouvelles. Ces frégates sont propres à favoriser le passage de mes troupes à Corfou.
J'espère que toutes les troupes que le vice-roi a envoyées à Corfou pour compléter le 6e et le 14e sont arrivées.
Mon intention est que, à la réception de cette lettre, vous envoyiez à Corfou un bataillon du 12e régiment italien, que vous compléterez le plus possible. Vous y ferez passer également un bataillon napolitain, que vous compléterez à 140 hommes par compagnie. Vous y ferez passer aussi deux bataillons de la Tour d'Auvergne, que vous compléterez de manière à former ensemble 1,800 hommes. Vous y joindrez 900 hommes d'artillerie française et italienne. Ainsi vous enverrez à Corfou un renfort de 3,600 hommes, qui, joint au 6e de ligne, au 14e léger, au 5e italien, à l'artillerie, fera une division de plus de 8,000 hommes".
Napoléon se préoccupe toujours de la situation des Iles Ioniennes en correspondant avec Eugène, en Italie du Nord et Joseph, à Naples. Il fait remplacer César Berthier, considéré comme incapable, par le Général Donzelot, au commandement des îles.
Le 6e Régiment de Ligne passe cette année à 5 Bataillons : les deux premiers sont à Corfou, le 3e est à Bologne et va rejoindre Corfou, le 4e se forme à Rome à partir de juillet 1808 en commençant par ses Compagnies d’élite, et le 5e de Dépôt est à Turin. Le gros du Régiment est tributaire de l’Armée de Naples.
L’Empereur écrit, depuis Paris, à son frère Joseph, Roi de Naples, le 26 janvier 1808 : "Répétez, je vous prie, au général César Berthier qu'il faut qu'il ne mette pas de troupes françaises à Céphalonie ni à Zante, et que tout ce qu'il a de troupes françaises doit être réuni à Corfou et à Sainte-Maure. J'attends avec impatience la nouvelle que le 14e, les détachements du 6e et les Italiens sont arrivés. Du moment que l'on pourra compter sur la réunion de 6,000 hommes à Corfou, il n'y aura plus à craindre que les Anglais viennent y débarquer, puisqu'ils ne pourraient pas le faire avec 12,000 hommes, force qui n'est pas en proportion avec les moyens de l'Angleterre".
Le 7 février, tout en pensant à une opération en Sicile, Napoléon précise à Joseph sur Corfou : "Corfou est tellement importante pour moi que sa perte porterait un coup funeste à mes projets ... Tout ce qui appartient au 6e de Ligne, au 14e Léger, au 5e de Ligne italien, un bataillon napolitain et un autre bataillon italien devront y passer pour renforcer la garnison, afin qu il y ait dans la seule île de Corfou 6000 hommes ...".
Le 23 février, la flotte de Ganteaume, partie de Toulon, ravitaillait Corfou et était rejointe le 8 mars par l’escadre de Cosmao.
Le 11 mai 1808, à Bayonne, à la question : "Deux compagnies de grenadiers du 6e de ligne et une compagnie de voltigeurs du 14e léger, destinées à Corfou, ont été faites prisonnières par les Anglais. Faut-il, comme le demande le gouverneur-général, envoyer à Corfou une autre compagnie de grenadiers du 6e et une autre compagnie de voltigeurs du 14e léger ? Ou ne vaut-il pas mieux former de nouvelles compagnies ?", l'Empereur répond : "On peut former une nouvelle compagnie ; il ne faut point que de nouvelles compagnies se rendent à Corfou" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 759).
Le 20 Mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Les comptes que vous me rendez, en forme d'états, doivent être en petits carnets de la grandeur de quatre à six pouces, parce qu'alors je les garde sur ma table. Il faut distinguer sur vos états de situation les conscrits de 1809. Faites-moi connaître les mouvements qui se sont opérés dans vos dépôts. Vous devez avoir dans votre gouvernement : à Turin, les dépôts des 6e, 7e, 37e de ligne et l4e léger; à Plaisance, celui du 10e de ligne; à Verceil, celui du 20e de ligne; à Asti, celui du 29e; à Gênes, ceux du 52e et du 101e; à Savone, celui du 102e; à Mondovi, celui du 23e léger; à Alexandrie, ceux des 2e, 56e et 93e de ligne, et à Parme, celui du 3e léger. Ces dépôts sont-ils arrivés dans votre gouvernement, ou sont-ils annoncés ? Faites-vous remettre par les majors l'état des effets d'habillement qu'ils ont aux anciens dépôts, la quantité de conscrits qu'ils ont à recevoir et celle qu'ils ont déjà reçue, le nombre de conscrits de 1809 arrivés aux nouveaux dépôts et ce qui y est attendu. Vous donnerez l'ordre que les corps qui auraient des conscrits à leur nouveau dépôt et des effets d'habillement à l'ancien fassent marcher des conscrits, en proportion de ces effets d'habillement, sur les anciens dépôts, pour y être habil1és et incorporés dans les 4e bataillons".
Fig. 1 Caporal de Fusiliers du 6e de Ligne vers 1809, d'après une miniature d'époque (Musée de l'Emperi, Salon de Provence)
Le même 20 mai 1808, toujours depuis Bayonne, l'Empereur écrit cette fois à Eugène Napoléon, Vice-roi d'Italie, à Milan : "Mon fils, je ne vois pas dans votre état de situation du 1er mai les conscrits que chaque corps doit recevoir sur 1809. Vous ne me parlez point encore de la nouvelle organisation. Vous avez déjà dû recevoir une grande quantité de conscrits, mais ils auront été dirigés sur leurs nouveaux dépôts. Par la nouvelle organisation, les 9e, 13e, 55e, 42e, 53e et 84e doivent avoir leurs dépôts à Milan ; le 92e à Côme, le 1er léger à Novare. Il serait donc possible que les conscrits eussent été dirigés sur les nouveaux dépôts ; mais, comme ces régiments sont dans votre commandement, vous arrangerez cela pour le mieux. Je désirerais que les effets d'habillement voyageassent le moins possible, et que les hommes des nouveaux dépôts fussent envoyés dans les anciens dépôts, où il y aurait des effets d’habillement ; mais il serait bon de faire venir aussi les effets d'habillement aux nouveaux dépôts. Le 1er régiment de ligne a son dépôt à Marseille, le 6e à Turin, le 10e à Plaisance, le 20e à Verceil, le 29e à Astie, le 52e à Gènes, le 102e à Savone, le 14e léger à Turin, le 22e léger à Gênes, et le 23e de ligne à Mandoni. Ces 12 régiments ont 3 bataillons à l'armée de Naples; le 4e bataillon reste pour former la division de Rome, et, dans l'emplacement actuel des dépôts, les 4 compagnies de dépôt de ces régiments se rendront dans les nouveaux emplacements".
Fin mai, Joseph quittait Naples pour devenir Roi d’Espagne.
Joachim Murat est désigné en juillet 1808 pour monter sur le trône de Naples. Il aura désormais les iles ioniennes sous sa responsabilité.
Le 7 septembre 1808 (ou le 8 septembre selon L. de Brotonne et la CGN), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "... Dans la 27e division, le 6e de ligne a 30 hommes habillés en paysans ... Cela me paraît très-abusif. Faites-moi connaître pourquoi ces hommes n'ont pas sur-le-champ des culottes et vestes d'uniforme" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14298 ; Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 772 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18859).
En novembre 1808, le 3e Bataillon du Régiment est sorti de Corfou et replacé en Italie. Napoléon écrit à Clarke le 26 novembre 1808 d'Aranda en Espagne : "Monsieur le général Clarke, Je désire que vous ordonniez les dispositions suivantes …
Donnez également l’ordre que les cadres des 3eme bataillons des 6e de Ligne et 14e Léger qui sont à Corfou rentrent à l’Armée d'Italie. A cet effet, tous les soldats disponibles de ces troisièmes bataillons seront versés dans les deux premiers en ayant soin de ne retirer des compagnies de grenadiers et voltigeurs que ce qui est nécessaire à ces compagnies de ces deux premiers bataillons à 140 hommes …".
Napoléon est parti en Espagne conforter la couronne de son frère Joseph. Pendant ce temps, l’Autriche se prépare à prendre sa revanche militaire. L'Empereur le sait et commence à mobiliser ses troupes en Allemagne et à l’Armée d’Italie. Il rentre bientôt en France.
Le 6e de Ligne fait repasser les cadres de son 3e Bataillon de Corfou à Ancône pour s’y reconstituer. Le 4e Bataillon est à Bologne. Le 5e Bataillon va envoyer 3 Compagnies à la 15e Demi-brigade de Réserve. Les deux premiers Bataillons restent à Corfou.
Napoléon écrit, depuis Valladolid, le 7 janvier 1809, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, je reçois votre état de situation du 15 décembre ... La 6e division doit avoir dix bataillons, vu que les 3e et 14e d'infanterie légère et le 6e de ligne partent de Corfou pour revenir à l'armée d'Italie. Cette division doit avoir 8,400 hommes présents sous les armes. Écrivez au prince Borghese de faire partir tout ce qui est disponible de ces régiments".
Le 13 février 1809, depuis Paris, Napoléon écrit à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, j'écris au prince Borghèse pour qu'il fasse partir un grand nombre de conscrits des dépôts de Naples pour recruter vos 4e bataillons. De forts convois de conscrits, réunis en régiments de marche, sont déjà partis de la 7e et de la 8e division militaire. Je pense que la division Barbou doit être composée de seize bataillons formés en quatre brigades. Il résulte des états du prince Borghèse, du 15 janvier, que le 6e de ligne peut fournir 300 hommes; le 20e, 100 hommes; le 29e, 100 hommes; le 112e, 200 hommes; le 14e d'infanterie légère, 50 hommes; le 23e, 400 hommes; le 10e, 100 hommes; le 52e, 300 hommes; le 101e, 300 hommes; le 102e, 300 hommes. Je ne sais pas pourquoi ces hommes ne sont pas mis en marche et ne vont pas renforcer la division Miollis, dont les cadres sont bien faibles; par exemple, le23e d'infanterie légère, qui a deux bataillons dans la division Miollis, n'a qu'un présent sous les armes de 350 hommes; les 4 à 500 hommes qu'il a au dépôt seraient donc bien utiles à ces bataillons. Savez-vous si les cadres des 3e bataillons du 14e d'infanterie légère et du 6e de ligne sont de retour en Italie ? Le 22e d'infanterie légère n'a que 428 hommes dans ses bataillons de guerre; il a 1,200 hommes au dépôt à Nice; écrivez au commandant à Nice pour savoir quand ces hommes partiront; ils sont bien nécessaires pour former et donner couleur à ces bataillons".
En avril 1809, on retrouve les 3e et 4e Bataillons du 6e de Ligne à la Division Miollis ou Division d’Observation de l’Adriatique.
Le 10 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, à Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, à Naples : "Je reçois votre lettre du 29 juillet. J'ai vu avec plaisir que l'expédition des Anglais est retournée en Sicile.
Envoyez à Bologne une colonne de 4,000 hommes, composée de deux bataillons du 1e léger, de deux bataillons du 6e de ligne, de deux bataillons du 101e, d'un bataillon de la Tour d'Auvergne ou d'Isembourg et d'un escadron de cavalerie napolitaine. Cette colonne sera sous les ordres du général Caffarelli et formera un corps central de réserve pour la protection de l'Italie".
Le 24 octobre 1810, le Duc de Feltre, depuis Paris, écrit à l'Empereur : "Sire, J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté qu'un bataillon de marche fort de 495 hommes tirés du 14e régiment d'infanterie légère et du 6e de ligne parti de Rome le 1er juin, en exécution de l'ordre de Votre Majesté du 15 mai, a été expédié le 27 juillet d'Otrante sur Corfou. 206 hommes seulement sont arrivés à Corfou, le reste du convoi ayant été forcé par le gros temps de regagner Otrante.
Le capitaine Coquerel, commandant ce bataillon de marche, me mande par une lettre qu'il m'écrit d'Otrante, en date du 26 septembre, que tout son bataillon aurait pu arriver à sa destination sans le mauvais état des barques et l'impéritie des marins employés au transport des troupes. Beaucoup de malades sont morts dans ces translations". Napoléon lui répond, de Fontainebleau, le 25 octobre 1810 : "Témoigner mon mécontentement au roi et aux ministres de Naples de ce qu'ils n'ont pas pris les mesures convenables pour faire passer ce détachement. Sans quoi, ils seront responsables de la prise de Corfou" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 1164).
Le 12 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître les ordres que vous avez donnés pour renforcer le 6e de ligne et le 14e léger qui sont à Corfou, ainsi que le reste de la garnison de cette île" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25218).
Le 22 décembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, la 2e expédition qui doit partir de Toulon pour Corfou, composée de la frégate La Pomone et de la flûte La Persane, doit embarquer à bord cent hommes pris au dépôt du fort Lamalgue. Ces cent hommes seront, à leur arrivée à Corfou, incorporés dans le 6e de ligne. Ils seront habillés avant leur départ. Donnez des ordres pour que l'habillement de ces cent hommes en uniforme d'infanterie de ligne soit prêt à Toulon sans perdre de temps" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25534).
Le 1er janvier 1811, le Duc de Feltre, depuis Paris, écrit à l'Empereur : "Sire, Votre Majesté, en me faisant connaître par son ordre du 22 décembre que la 2e expédition composée de la Pomone et de la Persane, qui doit partir de Toulon au 20 janvier, ne passerait point à Porto-Ferrajo pour y prendre le 2e détachement de 500 hommes du régiment de la Méditerranée, m'a prescrit de faire mettre à la disposition de la marine à Toulon, pour être embarqués sur cette expédition, cent hommes tirés du dépôt de conscrits réfractaires du fort Lamalgue". L'Empereur lui répond, depuis Paris, le 2 janvier 1811 : "On ne met que 100 hommes en tout afin de pouvoir mettre le plus d'objets possible. Cependant le ministre de la marine laissera maître le préfet maritime d'en mettre jusqu'à 200, si cela ne gêne point pour les autres objets qu'on embarque" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1229).
1811-1812, LA GARDE DE L’ITALIE DU NORD, CORFOU ET L’ILE D’ELBE
Le Régiment, désormais à 7 Bataillons, repartit ses effectifs, régulièrement renforcés par les conscrits réfractaires du 1er Régiment de la Méditerranée.
Au début de l’année 1811, les 1er et second Bataillon sont à Corfou avec le Colonel. Les 3e, 4e et 5e Bataillons sont à Rome la première partie de l’année.
Le 27 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai lu avec attention les états de répartition de la conscription ... Quant à l'état n° 1, voici mes observations : il ne faut pas envoyer au 6e de ligne qui est à Rome des conscrits de la Belgique ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26017).
Le 15 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, écrivez au général Donzelot qu'il ménage trop Ali Pacha ; qu'il faut qu'il culbute et brûle sa marine à la moindre insulte qu'il fera. Il faut rendre a cet homme outrage pour outrage. Aussitôt qu'il verra de la fermeté, il deviendra humble et soumis. Vous lui ferez connaître que j'ai pris des mesures pour approvisionner sa place pour deux ans pour 12 000 hommes. J'ai donné ordre d'augmenter sa garnison : 1° de 800 hommes d'infanterie légère ; 2° de tout ce qui sera nécessaire pour compléter le 6e de ligne. Avec ces forces, si le pacha se fâche, il pourra lui déclarer la guerre et s'emparer de Butrinto. Ali sentira le danger de sa position et celui d'être attaqué en même temps par le continent ; il craindra aussi l'indignation de la Porte. Les Turcs ne se mènent point par la douceur ; il faut les forcer à craindre. Aujourd'hui que je ne possède plus Sainte-Maure ni Céphalonie, il est inutile de rien ménager ; il ne peut rien sur Corfou" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17468 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26236).
Le 2 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre … Vous lui ferez connaître (au Général Donzelot) que je vois avec peine qu'il ait mis dans l'île de Fano des hommes du 6e de ligne ; quelques officiers français avec des Albanais de choix suffisent. Quant aux trois bataillons du 14e, aux deux du 6e et au bataillon italien, il doit toujours les tenir unis sans en ôter un homme …" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17551; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26481).
Le 2 avril 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois enfin la 1re lettre du général Decouz, datée d'Otrante, que vous m'envoyez avec votre rapport du 31 de ce mois. Mandez-lui de renvoyer à leurs compagnies les ouvriers des 1er de ligne et 22e légère. Il peut faire passer ceux du 62e et du 101e.
Il doit faire passer tous les hommes du 14e et du 6e" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26484).
Le 4 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministe de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre … il s'agglomérera à Brindisi et Otrante beaucoup d'hommes du 14e régiment et du 6e, des détachements d'artillerie, des détachements italiens et aussi des détachements napolitains. Mais, quand j'ordonne de retenir ici tous les hommes, il est bien entendu que cela ne s'applique pas aux officiers qui seraient expédiés par vous ou par le roi de Naples …" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17560 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26512).
Le 4 avril 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous donnerez ordre au général Donzelot de compléter toutes les compagnies d'artillerie françaises qu'il a à Corfou à 140 hommes. A cet effet, il doit tirer les plus beaux hommes des conscrits réfractaires envoyés pour renforcer le 14e régiment et le 6e d'infanterie légère...
En général, le gouverneur ne tire pas assez grand parti des ressources de l'île où il devrait en trouver beaucoup : son administration n'est pas assez forte" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26515 - il faut comprendre ici 6e de Ligne et non 6e Léger).
Napoléon écrit, depuis Paris, le 8 avril 1811, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Mon intention est que le 6e de ligne et le 14e léger soient également portés à sept bataillons. Le décret que j'ai pris explique suffisamment mes intentions; je n'ai rien à y ajouter. Vous verrez qu'en conséquence des dispositions de ce décret je retire ... du 2e régiment de la Méditerranée, pour le 6e de ligne, 2,150 hommes ...
Il serait peut-être convenable d'envoyer en Corse des boutons ... du 6e de ligne, pour les attacher aux habits de ces hommes avant leur départ; ce qui serait une économie ...
Vous voyez que j'aurai ainsi à Corfou six bataillons français ... Présentez-moi la nomination des majors en second, des chefs de bataillon et des sous-lieutenants à tirer de l'école de Saint-Cyr, et les différentes dispositions à ordonner en conséquence de mon décret ...." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17583 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26577).
Le 18 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 17 avril. Vous me demandez si les 7es bataillons du 6e régiment de ligne et du 14e d'infanterie légère, qui doivent être formés à Corfou, doivent être suspendus jusqu'à l'équinoxe d'octobre. Je pense que cette organisation doit être faite sans délai sur le papier, mais n'être exécutée qu'à l'équinoxe, lorsque les hommes qu'on tire du régiment de la Méditerranée pourront arriver à Corfou. Vous devez donc prendre des mesures pour qu'on vous envoie les noms des officiers et sous-officiers que les bataillons de guerre doivent fournir pour composer les cadres de ces bataillons et vous occuper de les compléter. Par ce moyen ce travail sera plus régulier, et tous les officiers qui doivent venir du continent, on profitera de l'équinoxe pour les faire passer avec les courriers qui partiront de Corse" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26728).
Dans la foulée, l'Empereur écrit, le même jour, 18 avril 1811, depuis Paris, au Vice-Amiral Ddcrès, Ministre de la Marine : "Je reçois votre rapport du 17 ... Le transport du 7e bataillon du 14e, du 6e bataillon du 6e de ligne et tout ce qui est relatif aux mouvements de ces corps à Civitavecchia peut sans inconvénient être suspendu jusqu'à l'automne. Ayez seulement soin de ne pas oublier cette remarque, et de me remettre mes ordres sous les yeux vers le 15 août ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26742).
Le 15 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le général comte Dumas, j'ai reçu les 13 états que vous m'avez envoyés. Je désire que vous y fassiez les changements suivants :
... Par l'état n° 4, je vois que le 6e régiment de ligne n'est porté, savoir : le 1er bataillon qu'à 480 hommes, le 2e et le 3e bataillon, idem. Je ne sais où vous avez pris cette situation. Vous portez le 7e bataillon à 484 hommes ; mais le 7e bataillon n'est pas formé, non plus que le 6e. Il n'y a de ce régiment à Corfou que le 1er et le 2e qui ont 1 600 hommes sous les armes ; le 3e et le 4e bataillon sont à Rome. Je ne sais où vous avez pris ces renseignements ...
Je garde vos états dont je suppose que vous avez les doubles. Rectifiez votre travail sur les observations que je vous ai faites. Vous pouvez le simplifier, en supprimant deux états. Après ces changements, on arrivera au résultat qu'avec la conscription de 1812, on aura beaucoup plus que le complet" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27069).
Les ordres sont déjà donnés et les dispositions prises pour qu'il soit envoyé à Corfou le 7e bataillon du 14e léger formé en Corse, ainsi que les 6e et 7e bataillons du 6e de ligne, en les tirant des deux régiments de la Méditerranée ; ce qui augmentera les forces qui sont à Corfou de trois bataillons français ou 2,700 hommes, et formera un total de 13,000 hommes ...
30e DIVISION MILITAIRE.
Il y aura dans cette division six bataillons du 14e léger et du 6e de ligne mis au complet par les régiments de la Méditerranée ; ce qui fera 4,800 hommes, sans compter les vétérans et la gendarmerie. En cas de besoin, le roi de Naples enverrait sa colonne de 5 à 600 hommes, la Corse détacherait les bataillons d'élite des régiments de la Méditerranée, enfin le royaume d'Italie et la Toscane feraient aussi marcher des troupes sur Rome ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).
Les 5e et 7e passent ensuite à l’ile d’Elbe.
Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, le 23 juin 1811 : "... Donnez ordre au 3e bataillon du régiment de la Méditerranée, qui vient d'arriver à l'île d'Elbe, et qui a 300 hommes nus, de former une compagnie de marche de ces 300 hommes, en ayant soin cependant de ne prendre que des hommes des départements français en deçà des Alpes, et de diriger ces hommes sur Rome, où ils seront incorporés dans le 6e de ligne, qui les habillera et les équipera ...
Donnez ordre également que les 3e, 4e et se bataillons du 6e de ligne forment le cadre du 6e bataillon ; que ce cadre se rende sans délai dans l'île d'Elbe et qu'il y soit complété à 840 hommes, moitié par des conscrits réfractaires de la France italienne et moitié par des conscrits anciens Français venant de Corse. Le major et le conseil d'administration du 6e de ligne auront donc soin de pourvoir à l'habillement de ces hommes et enverront même des ouvriers à l'île d'Elbe. Ce qui permet d'admettre des Italiens dans ces 2 cadres c'est que leur destination est pour Corfou où il y a des troupes italiennes.
Ces 6e et 7e bataillons resteront à l'île d'Elbe sous les ordres d'un major en second que vous y enverrez pour les commander et correspondre avec vous ainsi qu'avec les majors des 6e et 14e régiments. Enfin dans la mauvaise saison, ces 2 bataillons seront transportés par mer à Corfou où ils iront augmenter la garnison.
Le 5e bataillon du 14e d'infanterie légère et le 5e bataillon du 6e de ligne verseront dans leurs 3e et 4e bataillons tous les hommes qu'ils ont de disponibles ; ensuite les cadres de ces 5es bataillons, complétés en officiers et sous-officiers, partiront pour se rendre dans l'île d'Elbe et y seront complétés moyennant l'incorporation de 800 conscrits réfractaires dans chaque bataillon, ce qui fera pour les 2 bataillons 1 600 conscrits qui seront envoyés de l'île de Corse et seront habillés par les soins des majors des 6e et 14e régiments. Il est nécessaire qu'on n'admette dans ces 5es bataillons que des conscrits de la France en deçà des Alpes, vu que ces bataillons, après leur formation, seront envoyés à Rome.
Ainsi, dans le courant de septembre, j'aurai à Rome 6 bataillons, savoir 3 du 14e et 3 du 6e, chaque régiment ayant 2 100 hommes présents ; ce qui fera 4 000 hommes.
Par suite de ces dispositions, le 6e de ligne devra donc avoir le moyen d'habiller :
1° les 300 hommes de la compagnie de marche que le 3e bataillon de la Méditerranée 300
2° les 800 qui compléteront les cadres du 6e bataillon de l'île d'Elbe 800
3° les 560 qui compléteront également à l'ile d'Elbe le cadre du 5e bataillon 560
Total des conscrits à habiller 1 660 hommes ...
Vous autoriserez les majors des 6e de ligne et 14e d'infanterie légère à se rendre eux-mêmes à l'île d'Elbe, lorsque leurs conscrits y seront arrivés, pour en passer la revue et pourvoir à leur prompt habillement : comme ces régiments n'ont pas envoyé d'effets d'habillement à Corfou, il est probable qu'ils auront des ressources toutes prêtes du moins pour les premiers conscrits qui arriveront. Prévenez de ces dispositions le ministre de l'Administration de la guerre pour qu'il donne aux corps les moyens dont ils auraient besoin" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27406)
Puis le même jour : "Ordre d’envoyer à l’ile d’Elbe par Piombino, le cadre du 7e bataillon du 14e léger et du 6e de ligne pour y être complétés avec des conscrits réfractaires, pour y rester jusqu’à la mauvaise saison, époque où ils seront tous deux envoyés par mer à Corfou".
Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai lu avec intérêt le compte que vous m'avez rendu des déserteurs réfractaires au 1er juin ... Je relève ici par aperçu le nombre d'hommes dont j'ai disposé :
1er régiment de la Méditerranée en Corse
... Le 6e bataillon du 6e de ligne doit en envoyer prendre 840 à l'île d'Elbe. 840
... Le 3e bataillon du même régiment de la Méditerranée doit envoyer une compagnie de marche de 300 hommes à Rome pour y être incorporée dans le 6e de ligne. 300
Le cadre du 5e bataillon du 6e de ligne doit venir se compléter à l'ile d'Elbe où il emploiera 560 hommes. 560
... Vérifiez cet aperçu et remettez-moi un travail complet à cet égard" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27431).
Le même 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Elisa, Grande-Duchesse de Toscane : "... Le 3e bataillon de la Méditerranée qui vient d'arriver enverra également à Rome une compagnie de marche de 300 hommes non habillés mais tous français (on en ôtera les conscrits de l'Italie française). Ces 300 hommes dirigés sur Rome y seront incorporés dans le 6e de 1igne ...
Le général Miollis doit former les cadres du 6e bataillon du 6e de ligne, et celui du 7e bataillon du 14e d'infanterie légère, et envoyer ces deux cadres dans l'île d'Elbe où ils seront complétés chacun à 900 hommes ; savoir : moitié par des conscrits des départements romains et toscans et moitié par des conscrits français de 1'ancienne France et qui seront envoyés de Corse. Ces hommes seront habillés et équipés par les soins du major et du conseil d'administration du 14e léger et du 6e de ligne qui sont à Rome. Ecrivez au général Miollis pour presser le départ de ces deux cadres et l'envoi à l'île d'Elbe de tout ce qui est nécessaire pour habiller ces hommes. Ce qui permet d'admettre des Italiens dans ces deux bataillons, c'est que leur destination est pour Corfou, où il y a déjà des troupes italiennes. Le 6e et le 7e bataillon resteront à l'île d'Elbe sous les ordres d'un major en second que le ministre enverra pour les commander ; et dans la mauvaise saison, on les transportera à Corfou dont ils iront augmenter la garnison.
Enfin le cinquième bataillon du 14e et celui du 6e de ligne, après avoir versé tout ce qu'ils ont d'hommes disponibles dans leurs 3es et 4es bataillons, vont également envoyer leur cadre à l'île d'Elbe pour s'y compléter. Moyennant l'incorporation des 300 conscrits réfractaires dans chacun de ces ses bataillons, ce qui fera l'emploi de 1 600 autres conscrits qu'on enverra de l'île de Corse. Mais il est nécessaire de n'admettre dans ces ses bataillons que des conscrits de l'ancienne France vu que ces bataillons doivent après leur formation être renvoyés à Rome. Les majors et les conseils d'administration du 6e de ligne et 14e d'infanterie légère feront également babiller ces conscrits.
Envoyez-moi toutes les semaines des états détaillés de l'arrivée et du départ des conscrits réfractaires à l'île d'Elbe ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27433).
Encore le 24 juin 1811, l'Empereur écrit cette fois, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, le 3e bataillon du régiment de la Méditerranée est fort de 1100 hommes. On me mande que 800 hommes sont habillés et que 300 sont nus. J'ai ordonné que ces 300 hommes fussent habillés à Rome, et incorporés dans le 6e de ligne. J'ai ordonné que les 5es bataillons des 6e de ligne et 14e léger se rendissent à l'île d'Elbe pour recevoir des conscrits ; et que le 7e bataillon du 14e léger et le 6e bataillon du 6e de ligne se rendissent également à 1'île d'Elbe pour recevoir 840 conscrits chacun. C'est donc 16 à 1800 conscrits que vont recevoir ces deux régiments. Il faut qu'ils aient leurs effets d'habillement à l'île d'Elbe. Les 7es et 6es bataillons du 14e et du 6e attendront à l'île d'Elbe l'équinoxe pour passer à Corfou. Les deux cinquièmes bataillons rentreront à Rome, après qu'ils seront complétés. Mon intention est que les 3es, 4es et 5es bataillons des 6e et 14e qui sont à Rome soient complétés, afin que ces six bataillons aient 4 à 5 000 hommes que j'estime nécessaires pour la garnison de cette grande ville" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27434).
Le 25 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Présentez-moi quatre généraux de brigade à nommer parmi les colonels des corps de l'armée d'Aragon qui se sont le plus distingués, savoir : les 1er léger, 114e, 121e, 14e de ligne, 115e, 42e, 7e, 6e, 44e, 16e, 117e.
Remettez-moi les noms et les états de service de ces colonels avec des notes sur leur capacité" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27436). Le Colonel De Villiers sera nommé Général dans le courant de 1811.
Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai disposé 8560 conscrits des dépôts des conscrits réfractaires de l'île d'Elbe et de la Corse savoir : ... Pour le 6e de ligne, lesquels doivent se rendre de l'île d'Elbe à Corfou et être incorporés dans le 6e de ligne 300
Il est important que ces 800 hommes soient tous français et qu'il n'y ait parmi eux aucun homme des départements au-delà des Alpes.
J'ai de plus ordonné que les 7es bataillons du 14e léger et du 6e de ligne se rendissent à l'île d'Elbe où ils doivent recevoir chacun 840 hommes des conscrits réfractaires de la Corse. La moitié de ces conscrits peuvent être italiens ; l'autre moitié doit être française. 1680 hommes
Enfin, j'ai donné aux 5es bataillons du 6e de ligne et 14e léger 1120 hommes
Je désire que ces derniers soient français.
Envoyez ce tableau de 8 500 hommes à la grande-duchesse et au général commandant la 29e division militaire afin qu'ils fassent exécuter ces dispositions ...
Il faut que la grande-duchesse porte une attention particulière à ce que les 7es bataillons du 14e léger et du 6e de ligne soient mis en état de partir, à l'époque de l'équinoxe, de l'île d'Elbe pour se rendre à Corfou ...
Tenez-moi au courant de l'exécution de mes ordres au 1er juillet afin que lorsqu'il y aura plus de 8500 hommes destinés pour la, Corse et l'île d'Elbe, je puisse envoyer de nouveaux cadres pour recevoir ces conscrits" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27527).
Le même 4 juillet 1811, l'Empereur écrit également, depuis Saint-Cloud, à Élisa Napoléon, Grande-Duchesse de Toscane, à Florence : "Ma Sœur, j'ai disposé de 8,500 conscrits des dépôts de conscrits réfractaires de l'île d'Elbe et de la Corse, savoir : ... pour le 14e léger, 500 hommes qui doivent se rendre de Corse à Piombino et de là à Rome ; pour le 6e de ligne, 300 hommes qui doivent se rendre de l'île d'Elbe à Corfou pour être incorporés dans ce régiment. Il est important que les derniers 800 hommes soient tous Français, et qu'il n'y ait parmi eux aucun homme des départements au-delà des Alpes. J'ai de plus ordonné que les 7es bataillons du 14e léger et du 6e de ligne se rendissent à l'île d'Elbe, où ils doivent recevoir chacun 840 hommes. La moitié de ces conscrits peut être Italiens ; l'autre moitié doit être Français. Enfin j'ai donné aux 5es bataillons des 6e de ligne et 14e léger 1,120 hommes.
Le ministre de la guerre doit vous envoyer le tableau du nombre d'hommes dont j'ai disposé.
Faites-moi connaître si les ordres que j'ai donnés à cet égard sont exécutés. Les 5es bataillons des 6e de ligne et 14e léger sont-ils passés ? ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17885 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27536).
Le 24 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, répondez au général Berthier par duplicata ... Mandez-lui d'envoyer à l'île d'Elbe :
500 hommes au 6e bataillon du 14e léger
900 au 7e idem
500 au 6e du 6e de ligne.
Les cadres de ces 4 bataillons sont à l'île d'Elbe. Voilà 2 800 hommes qui le débarrasseront des conscrits qui l'encombrent, mais il est nécessaire que sur ce nombre il y en ait au moins 1/2 d'anciens Français. Vous ajouterez que vous supposez qu'il aura reçu cette instruction du ministre de la Guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27770).
Encore le 24 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le Comte de Cessac, faites-moi connaitre l’état de l’habillement des 1400 hommes que doivent recevoir les 6e et 7e bataillons du 14e léger et des 1400 hommes que doivent recevoir les 6e et 7e bataillons du 6e de ligne qui sont à l’ile d'Elbe ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27778).
Le 27 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Vous donnerez l'ordre ... Que le bataillon du 6e de ligne qui arrive le 14 à Toulouse y séjourne le 15 et en parte le 16 ...
Tout cela doit faire partie du corps d'observation de réserve" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27818).
Le 3 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, j'ai disposé sur le 1er régiment de la Méditerranée qui se trouve en Corse et à l'île d'Elbe de 8 520 hommes. Il était fort de 7 700 hommes. Il ne faut donc plus que 800 hommes pour remplir toutes les demandes que je lui ai faites. La 2e colonne mobile doit encore en fournir 3 000 et la 3e 27. Tous ces hommes doivent se diriger sur l'île d'Elbe et la Corse, ainsi il y aura de quoi faire face à tout, mais il est nécessaire que le ministre directeur de l'Administration de la guerre me fasse connaître si les ordres ont été bien donnés pour l'habillement de tous ces hommes. Le 6e de ligne recevra 1 500 hommes, le 14e léger 1750 et le 28e léger en recevra 900 pour son 6e bataillon. A-t-on bien déterminé qui doit leur fournir l'habillement ? Je désire que le ministre directeur m'adresse une note là-dessus ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27957).
Toujours le 3 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au général Donzelot de compléter les 11e, 15e, 16e et 22e compagnies du 2e régiment d'artillerie à pied à 140 hommes par compagnie en prenant des hommes dans le 6e régiment de ligne ; de compléter les 4e et 12e compagnies d'artillerie italienne à 140 hommes par compagnie en prenant des hommes dans le 2e régiment de ligne italien ; enfin de former une compagnie d'artillerie de 140 hommes du régiment d'Isembourg.
Par ce moyen il y aura 4 compagnies françaises d'artillerie formant 560 hommes, 2 compagnies formant 280 hommes et une compagnie tirée du régiment d'Isembourg, 140 hommes total, près de 1 200 hommes d'artillerie.
... Envoyez ces ordres au général Donzelot par duplicata et triplicata ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27960).
Le 15 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Lacuée : "Monsieur le comte de Cessac, ... qui est-ce qui a eu l'ordre de fournir l'habillement ... du 6e, du 20e ?
... En me rendant compte des mesures que vous avez prises, faites-moi connaître quand vous êtes fondé à penser que tous ces cadres seront habillés et équipés" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28178).
Le 22 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez les ordres suivants pour la répartition des compagnies destinées à former les garnisons de vaisseaux.
ESCADRE DE l'ADRIATIOUE
Les 2es compagnies du 5e bataillon des 84e, 92e, 6e et 23e de ligne, complétées à 140 hommes chacune, officiers, sous-officiers et soldats compris, tous originaires des anciens départements de France, se rendront à Venise ; les sous-officiers et les 30 premiers soldats de chaque compagnie devront avoir quatre ans de service. Pour le reste des soldats, ils seront admis sans avoir égard aux services, pour cette fois seulement, dérogeant pour cette première organisation à l'article 4 de mon décret du 7 juin ; il suffira qu'ils soient Français, condition qui est de rigueur.
La compagnie du 92e sera placée sur le Rivoli, celle du 6e sur le Mont-Saint-Bernard, celle du 23e sur le Castiglione, celle du 84e sur les frégates L’Uranie, la Flore et la Danaé.
Vous chargerez les colonels de porter un soin particulier à ce que les officiers, sous-officiers et soldats soient complets ; et que ces compagnies soient bien habillées, bien armées et en bon état ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6042 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28292).
Le 26 novembre 1811, à Rotterdam, "On propose de nommer colonel du 6e régiment d'infanterie, à la place de M. Devilliers promu général, M. Jean-Etienne Barré, colonel en second du régiment d'Isembourg, dont on joint l'état de services"; l'Empereur répond : "Cet état de services n'est pas en règle. Dans quel régiment a-t-il été capitaine et chef de bataillon ? Quelles campagnes a-t-il faites ?" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 971).
En 1812, la grande affaire est bien sûr la future campagne de Russie dès le début de l'année, puisque le conflit semble inévitable à moyen terme. Napoléon renforce ses bases arrières en Italie du Nord et en Méditerranée durant toute l'année, y compris la campagne lancée au passage du Niémen le 24 juin. Sur la fin de l'année, l'Italie renvoie des renforts en Allemagne, alors que l'Armée française retraite et se dissout dans les neiges russes.
Les 1er, 2e et 6e Bataillons sont à Corfou. Les 3e et 4e Bataillons sont à Rome au début de l’année puis passent à Vérone en Octobre.
Le 5e Bataillon, quant à lui, passe de l’Ile d’Elbe au Nord de la péninsule italienne sur Vérone. Y verse ses effectifs dans les Régiments présents et renvoie ses cadres à l’ile d’Elbe.
En avril 1812, le 5e Bataillon a 3 Compagnies à Rome, une sur le vaisseau «le Saint-Bernard».
Le 7e Bataillon à l’ile d’Elbe envoie une Compagnie à Corfou.
On peut suivre les péripéties des Bataillons du 6e de Ligne dans la Correspondance de Napoléon.
Le 14 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, témoignez mon mécontentement au général qui commande à l’île d’Elbe du peu d’instruction du 7e bataillon du 6e de ligne et du 14e léger; ces hommes savent à peine manier les armes ; c’est la faute de ce général : s’il leur avait fait faire l’exercice, et s’il en avait passé la revue lui-même toutes les semaines, ces hommes, qui n’avaient presque rien à faire, seraient aujourd’hui parfaitement instruits. Faites-lui les mêmes reproches pour les hommes tirés des bataillons de la Méditerranée".
Le 19 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie, à Milan : "Mon Fils, le 13, le 15 et le 17 février, le 5e bataillon du 6e de ligne, le 5e bataillon du 14e d’infanterie légère et le bataillon de marche du 1er régiment de la Méditerranée sont partis de l’île d’Elbe, faisant ensemble 1,800 hommes. Ils ont passé à Florence le 20, le 22 et le 24 ; ainsi ils ont dû arriver avant le 2 mars à Mantoue.
Je suis surpris que vous ne m’en parliez pas dans votre lettre du 4. Vous pouvez mettre en subsistance dans les 5e bataillons du 14e léger et du 6e de ligne les 500 bommes du bataillon de la Méditerranée, dont vous pourrez par ce moyen renvoyer le cadre à l’Ile d’Elbe. Les 5e bataillons du 14e et du 6e seront alors forts chacun de 900 hommes. Faites mettre ces deux bataillons en marche pour continuer leur route ; faites passer la revue de leur armement et de leur habillement à Vérone; qu’on leur donne des cartouches et qu’ils aillent rejoindre vos corps. Vous ferez la répartition de ces 1,800 hommes entre vos régiments qui sont à la Grande Armée; cela comblera à peu près la moitié du déficit qu’éprouvent vos régiments. Ayez soin d’incorporer les hommes d’infanterie légère dans les régiments d’infanterie légère, et ceux de la ligne dans la ligne. On me dit que l’habillement est en mauvais état ; faites rectifier tout cela avant leur départ de Mantoue. J’ai très à cœur que tous les régiments qui sont partis d’Italie soient portés au complet de 140 hommes par compagnie et y soient maintenus".
Fig. 5 Officier de la Compagnie d'Artillerie régimentaire du 6e de Ligne en 1812
Le 23 mai 1812, depuis Dresde, l'Empereur écrit au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, faites connaître à la Grande-Duchesse que l’ennemi a l’intention d’attaquer l’île d’Elbe, et qu’elle envoie le prince Félix inspecter la garnison de cette ile, ses moyens de défense, ses magasins, etc.
Le 7e bataillon du 6e de ligne, celui du 14e léger, le 3e bataillon de la Méditerranée, le bataillon colonial italien, forment quatre bataillons valant 3,000 hommes; ce qui, avec les deux compagnies d’artillerie, les deux compagnies garde-côtes et le bataillon de l’île d’Elbe, forme une garnison de 4,000 hommes. Il faut un bon commandant d’armes à Porto-Ferrajo, un chef de bataillon d’artillerie, un officier supérieur du génie et un bon général pour commander l’île. Je suppose que les magasins sont à l’abri de la bombe, et que la place est approvisionnée de tout ce qui est nécessaire ...
Instruisez de cette disposition le général Miollis, le général Vignolle commandant en Italie, le prince Borghèse commandant en Piémont.
Le général Miollis a trois bataillons du 6e de ligne, trois bataillons du 14e léger, le 2e bataillon de militaires étrangers et la cohorte des gardes nationales de Rome, en tout huit bataillons, qui formeraient une division de 8,000 hommes. Le général Miollis organiserait sur-le-champ douze pièces de canon, qu’il ferait servir par l’artillerie de ligne qu’il a à Rome, et cette colonne se porterait ou sur Rome, ou sur Livourne, ou sur Naples, ou sur Ancône, ou sur Venise, si ces points étaient attaqués. Il est nécessaire que les bataillons du 6e de ligne et du 14e léger soient portés au grand complet. Instruisez de cela la Grande-Duchesse, le maréchal Pérignon, le général commandant en Italie et le prince Borghèse.
Le général commandant en Italie se trouve avoir, par les dispositions que j’ai prises, trois divisions formant 18,000 hommes, savoir, une sur l’Adige, une du côté d’Ancône et une du côté de Milan, lesquelles se porteraient aussi sur les provinces illyriennes avec infanterie, cavalerie et artillerie". Les 3 Bataillons dont dispose le Général Miollis sont à cet instant les 3e, 4e et 5e .
Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Duc de Feltre : "Je reçois la situation au 15 juin de la division mobile de Rome. Je crois qu'il manque 500 hommes au 14e de ligne et 800 hommes au 6e de ligne : il faut les leur fournir le plus tôt possible ; ce qui portera alors cette division au delà de 6000 hommes" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2199).
Pendant l'hiver 1812, un second corps d'observation fut organisé en Italie, et en partit au commencement de 1813, sous les ordres du Général comte Grenier, pour se rendre sur les bords de l'Elbe. Afin de compléter cette petite armée, on prit non seulement les bataillons de guerre, restés pendant la campagne de 1812, mais on fit encore marcher un nombre de Bataillons de nouvelle formation, des Régiments qui avaient été en Russie. La plus grande partie des malades sortis des hôpitaux, et un bon nombre de vieux soldats des Dépôts partirent avec le Général Grenier.
Le 5 octobre 1812, l'Empereur fait expédier, depuis Moscou, une note qu'il a dictée, adressée au Prince Eugène : "La division Grenier, qui doit se réunir le 1er novembre à Vérone, sera composée de trois brigades, savoir : deux brigades françaises et une brigade italienne.
Première brigade : quatre bataillons du 22e léger, deux bataillons du 1er léger;
2e brigade : quatre bataillons du 112e de ligne, deux bataillons du 6e de ligne;
3e brigade : quatre bataillons du 5e régiment de ligne italien, un bataillon du 1er de ligne, un bataillon du 2e léger italien.
Chaque régiment aura son artillerie régimentaire ; on prendrait, pour ceux qui n’en auraient pas, l’artillerie des corps qui restent en Italie.
Chaque bataillon français sera porté à 900 hommes et chaque bataillon italien à 1,000 hommes; de cette manière, on suppose qu’ils arriveront sur l’Oder au complet de 840. Mais, pour porter les bataillons français à 900 hommes, il serait nécessaire de retirer des cinq dépôts français qui sont en Italie le nombre d’hommes néces­saire pour compléter les bataillons des 6e et 112e de ligne, et, comme il n’y a point d’infanterie légère en Italie, on prendra tout ce qui sera disponible dans le dépôt du 3e léger, qui est à Parme, et même dans le bataillon du 8e léger, qui est en Illyrie, s’il n’est pas trop loin. Enfin, si cela est nécessaire, on laisserait un cadre de bataillon du 22e léger.
L’intention de l’Empereur est que cette division, qu’on peut consi­dérer comme un corps d’armée, se mette en mouvement, de Vérone, de manière à passer le Brenner dans les premiers jours de décembre. Ce corps marcherait par brigades et serait dirigé, pour y être can­tonné jusqu’à nouveaux ordres, sur Nuremberg, Bamberg et Augsburg". Les Bataillons du 6e de Ligne mentionnés ici sont les 3e et 4e Bataillons.
Le 6 octobre 1812, l'Empereur écrit, depuis Moscou, au Duc de Feltre : "Vous avez fait partir le 22e léger, le 112e, le 6e de ligne et le 14e léger pour Vérone. Vous aurez retiré des 5es bataillons tout ce qui est disponible pour renforcer les bataillons de guerre. Si vous ne l’avez pas lait, faites-le sans délai. Cela aura d’ailleurs l'avantage que ces 5es bataillons seront disponibles pour recevoir les conscrits. Il faut verser, pour compléter la division Grenier, 4 à 500 hommes de chacun des 5es bataillons des six régiments qui ont leurs 5es bataillons en Italie. Pour compléter le 22e et le 14e, il faut prendre ce qu’il y a au dépôt du 3e léger à Parme et à celui du 4e léger à Alexandrie et, si cela ne suffit pas, tous les hommes du bataillon que le 4e léger a dans une demi-brigade provisoire ; par ce moyen, le cadre de ce bataillon pourra recevoir de nouveaux conscrits. Faites que la division Grenier passe les monts, forte de 900 hommes par bataillon, officiers non compris, présents sous les armes, sans compter les malades et l’effectif" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2530).
La Compagnie d’Artillerie régimentaire du 6e de Ligne, 1812-1813
La Compagnie fut créée, en octobre 1812, pour accompagner en Allemagne, les 3e et 4e Bataillons. Passée en revue le 17 novembre, elle compte un Lieutenant et trois escouades commandées par un Sergent, dont 1 escouade pour servir les pièces et deux pour les acheminer. Le personnel sert 2 pièces de 6, une forge, 3 caissons de munitions, 4 caissons de cartouches. On en profite aussi pour lui faire transporter les autres besoins du Régiments : 3 charriots de vivres et habillement, un charriot pour la solde et la comptabilité et un caisson d’ambulance
Le 25 décembre 1812, Napoléon, depuis Paris, écrit au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, écrivez au duc de Castiglione de retenir à Berlin la division Grenier, en ayant soin de prendre des mesures efficaces pour qu’elle soit bien casernée, bien nourrie, et de faire ce qui sera convenable pour organiser son artillerie, ses équipages militaires et toute son administration".
Fig. 6 Fusilier du 6e de Ligne en 1813
Au début de l’année, les positions du Régiment sont les suivantes : 1er et 2e Bataillons à Corfou; 3e et 4e Bataillons à la Division Grenier en Allemagne; 5e Bataillon, Dépôt à l’ile d’Elbe; 6e Bataillon à Corfou; 7e Bataillon Grande Armée, rejoint les 3e et 4e Bataillons dans la 35e Division d’infanterie au 11e Corps. Enfin, 8e Bataillon, au Corps d’Observation d’Italie à Rome, au sein de la 30e Demi-brigade provisoire.
- La campagne d’Allemagne
En Avril 1813, le 3e Bataillon (Chef de Bataillon Grangier) et le 4e Bataillon (Chef de Bataillon Bouzinac), du 6e de Ligne, sont à la 35e Division (Gérard) du 11e Corps (Gouvion Saint-Cyr). Les deux Bataillons alignant 1358 hommes et 42 Officiers, sont sous les ordres du Major Bizien. Ils vont combattre à Lützen, le 2 mai 1813. Puis le 11e Corps étant passé sous Mac Donald, à Bautzen les 20 et 21 mai 1813.
Rejoint par le 7e Bataillon, on retrouve le 6e de Ligne à Leipzig entre le 16 et le 19 octobre, toujours à la 35e Division Gérard. Après cette bataille sanglante, les forces françaises doivent retraiter sur le Rhin. En chemin, elles doivent s’opposer aux Bavarois qui ont changé de camp.
Les débris du Régiment combattent à Hanau (30 octobre) et se retrouvent début novembre à Bingen dans la 31e Division d’infanterie du Général Charpentier. Il ne reste plus que 24 Officiers et 466 hommes des trois Bataillons ! Aussi le 7e Bataillon est supprimé. Les effectifs du 7e et du 4e Bataillons sont versés dans le 3e et les cadres du 4e Bataillon repartent au Dépôt recréer un nouveau Bataillon.
- La campagne d'Italie
Napoléon écrit, depuis Paris, le 4 avril 1813, à son Ministre de la Guerre, le Général Clarke, Duc de Feltre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, mon intention est qu’il soit préparé pour le 1er juin un second corps d’observation d’Italie, qui se réunira à Vérone. Ce corps sera composé, 1° de vingt-quatre bataillons des six régiments de la Grande Armée; 2° du 6e bataillon du 112e de ligne; de deux bataillons croates; de douze bataillons tirés des bataillons qui font partie des demi-brigades provisoires qu’on forme des Piémontais qui sont delà conscription de 1814; de quatre bataillons d’élite, deux de chaque régiment étranger ; du reste du contingent de Naples; du 8e bataillon du 14e léger; du 8e bataillon du 6e de ligne. Cela fera trois divisions, chacune de trois brigades, ou quarante-huit bataillons; plus une division de l’armée d’Italie, de seize bataillons; total, soixante-quatre bataillons".
Le Vice-Roi Eugène, revenu d’Allemagne, arrivé le 18 mai à Milan, doit reformer rapidement une nouvelle armée d’Italie pour contenir les Autrichiens. Ce sera le Corps d’Observation de l’Adige ou d’Italie, divisé en plusieurs Lieutenances.
Le 18 mai 1813, Napoléon écrivait à Eugène : "Mon fils ... écrivez à Corfou, par voie de terre, pour que l’on envoie à Rome des 14e Léger et 6e régiment (de Ligne) des officiers, sergent et caporaux pour former les 8eme bataillons de ces régiments ...".
Mais Eugène ne peut que constater la faiblesse des effectifs qui lui restent en Italie. Il rameute de la conscription avec peine et doit se fournir en équipements et armement divers. Le 17 juin 1813, il écrit à Napoléon : "Sire ... Les bataillons du 6e et du 14e (léger) qui devaient parti de Rome le 20 de ce mois ont écrit qu’ils avaient absolument besoin d’un délai de 35 à 40 jours pour la confection de leurs effets, et que la tête des conscrits n’arriverait que le 15. J’ai ordonné au général Miollis d’accélérer le plus tôt possible le départ de ces régiments ...".
Le 15 août 1813, les Autrichiens commencent à progresser dans les Provinces Illyriennes et Fouché, qui en est le nouveau gouverneur, ne peut que les évacuer et se replier sur Trieste où il arrive le 27 août.
Au 1er septembre, on retrouve notre 8e Bataillon du 6e de Ligne, aux effectifs de 21 Officiers et 780 hommes, dans la première Lieutenance (Général Grenier), 30e Demi-brigade provisoire, Brigade Campi, de la 1ère Division (Général Quesnel). Les Autrichiens ont progressé, entrent à Fiume fin septembre et menacent Laybach et Trieste, commandée par le Général Fresia.
Le 18 octobre, le Chef de Bataillon Léridon, du 6e de Ligne, est blessé à la défense de Trieste. La ville doit capituler après plusieurs assauts le 28 octobre.
La défection de la Bavière livre potentiellement la Haute-Italie à l’ennemi. Eugène doit redéployer son dispositif. Il se replie derrière la Piave le 30 octobre, puis l’Adige le 4 novembre, tout en livrant des combats de retardement. Venise était désormais assiégée.
Pendant ce temps, les troupes napolitaines remontent du sud de la Péninsule. Mais c’est pour se joindre aux ennemis de l’Empereur, Murat ayant changé de camp pour conserver sa couronne.
En décembre, les restes du 8e Bataillon se retrouvent à la 29e Demi-brigade provisoire, Brigade Jeanin, 4e Division Marcognet. Ils vont combattre à Bassano le 4 décembre où le Lieutenant Mariotti est blessé.
- Le siège de Corfou
Pendant ce temps, les deux premiers Bataillons sont à Corfou ...
- 1814, Italie
Au début 1814, le Prince Eugène a replié ses troupes derrière l’Adige, face aux forces autrichiennes. Le 8e Bataillon du 6e de Ligne est à la 4e Division Marcognet, Brigade Jeanin, Lieutenance du Général Verdier.
Pendant ce temps, les Napolitains de Murat ont marché sur Rome, avec ambiguïté : alliés ou ennemis ? Quelques troupes françaises se sont retranchées dans le château Saint-Ange, les autres ont évacué vers la Toscane. Les Napolitains occupent bientôt Modène, Ferrare et Bologne.
Eugène doit évacuer la ligne de l’Adige début février pour se placer derrière le Mincio. Le 8 février, les Autrichiens passent le fleuve tandis qu’Eugène fait de même. La Division Marcognet est en réserve à l’arrière.
Eugène réussit à repousser l’ennemi, stabilisant la situation, mais plus au Sud, les évènements défavorables s’enchainent. Le 15 février, la guerre est officielle avec les Napolitains. Les Austro-anglais ont pris Livourne le 19 février, Florence a été évacuée. Les troupes de Murat progressent en Toscane. Gênes, Parme et Plaisance sont menacées.
Le Général Grenier est détaché le 4 mars avec une partie de ses troupes pour la rive droite du Pô ; il réussit provisoirement à contenir les Austro-napolitains et à reprendre Parme.
En avril 1815, le Régiment est à Marseille où il redevient 6e de Ligne. Il est alors affecté au Corps d’Observation du Jura (il y recevra son drapeau le 24 juin) sous les ordres du Général Lecourbe. Il fait partie de la 18e Division d’Infanterie du Général Abbé, assistée d’un peu de cavalerie et de Gardes Nationaux. Le Corps occupe un front de Huningue au fort de l’Ecluse face à un ennemi en supériorité numérique écrasante.
Les hostilités commencent sur ce front dans la nuit du 25 juin. Dès le 27, les Français se sont repliés sur Dannemarie face à l’offensive autrichienne. Le 28, les Français sont retranchés à l'Est de Belfort et les 6e et 52e de Ligne, après une brillante résistance, doivent plier. Des contre-offensives infructueuses sont lancées.
Le 1er juillet, les Autrichiens lancent une attaque générale. Les Français, tout en combattant, se replient sous Belfort et Montbéliard qui finit par être prise. Pendant ce temps, autour de Belfort, la résistance continuait. Un bataillon du 6e de Ligne tenait à Pérouse le 3 juillet mais l’encerclement devenait inéluctable. Le 12, Lecourbe signait une suspension des hostilités.
Figure 1 : Officier de Fusiliers vers 1803.
Figure 2 : Caporal de Fusiliers du 6e de Ligne, 1807-1808 : A partir de 1807, le Régiment, qui portait comme coiffure, depuis le Consulat, un chapeau ou un bonnet d'oursin pour les Grenadiers, reçoit des shakos sans jugulaires selon un décret de Napoléon de février 1806. Les shakos sont ornés sur le devant d'une plaque losangique de cuivre avec une Aigle et le numéro du Régiment. Les Voltigeurs y rajoutent un cor de chasse (voir photo). Les Fusiliers, en grande tenue, rajoutent à leurs shakos un cordon tressé et des raquettes blanches. Les guêtres blanches sont portées en tenue d'Eté. Elles sont noires sinon. Le reste de la tenue est réglementaire et bien connu pour l'infanterie de Ligne.
Figure 3 : Voltigeur du 6e de Ligne à Corfou en 1808 :
Figure 4 : Caporal de Fusiliers du 6e de Ligne en 1809, d'après une miniature (Musée de l'Empéri, Salon de Provence) : Plusieurs détails sont à noter : le shako désormais est doté de jugulaires métalliques. La plaque losangique est simplement ornée du chiffre 6 pour les Fusiliers. Le Caporal a bien ses galons de manches de laine jaune bordés de rouge. Il porte son sabre briquet suspendu à une banderole blanche. Le pompon de sa Compagnie est orange. Enfin, sans doute en sortie, il porte un gilet de fantaisie rayé de bleu céleste. Sous le revers droit, on repèrera une petite floche d’accroche pour la chaine de montre.
Figure 5 : Officier de la Compagnie d’Artillerie régimentaire du 6e de Ligne en 1812, d'après un uniforme du Musée de l’Armée. Shako noir galonné d'or au sommet. Plaque dorée avec une Aigle surmontant deux canons croisés ; ganse dorée et cocarde nationale, pompon écarlate. Jugulaires en forme de gourmettes dorées. Habit à basques longues à la coupe Bardin 1812 (revers entièrement fermés) de fond bleu foncé. Collet et parements écarlates. Les pattes de parements à trois pointes sont blanches passepoilées de rouge. Les revers sont passepoilés de rouge. Tous boutons du Régiment dorés. Les retroussis sont écarlates sans ornements, les poches en long passepoilées d'écarlate. Epaulettes et contre-épaulette dorées. Hausse col doré. Culotte bleu foncé entrant dans des bottes noires. Ceinturon noir à plaque dorée, épée à dragonne dorée.
Figure 6 : Fusilier du 6e de Ligne en Allemagne, 1813.
DRAPEAUX DU 6E DE LIGNE, 1797-1815
Drapeau de la 6e Demi-brigade de Ligne, 1797, d'après Rigo
Drapeau de la 6e Demi-brigade de Ligne, 1802-1803
La 6e Demi-brigade de Ligne reçoit le 14 juillet 1797, 3 drapeaux modèle armée d'Italie, donnés par Bonaparte à ses troupes.
Stationnée aux iles ioniennes, elle perd celui du 2e Bataillon à Sainte-Maure le 16 novembre 1798. Capturé par les Russes, ceux-ci l'offrent à leurs alliés Turcs (drapeau conservé à Istambul). Le 3e Bataillon perd le sien à Corfou le 3 mars 1799, ainsi que le drapeau du 1er Bataillon. Ces drapeaux sont conservés à Vienne.
Ces drapeaux portent au revers les noms des batailles où s’est illustrée la Demi-brigade depuis 1796 en Italie soit : BATAILLE DE ST GEORGES / PRISE D’ASSAUT DU MONT ST OVIDE EN ROMANIE / PRISE DE MANTOUE.
A la reformation de la Demi-brigade en France, à la fin de 1799, elle touche vraisemblablement des drapeaux de Demi-brigade réglementaires, selon les modèles Chaillot.
En 1804, le Régiment reçoit 3 Aigles et trois drapeaux modèle Chaillot 1804 qui restent en service jusqu’en 1812. Deux Aigles sont alors renvoyées. La même année, un drapeau du nouveau modèle, sans inscriptions de bataille, est expédié à Corfou.
A la première Restauration, le 6e de Ligne devient Régiment de Berry. Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d'un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d'une pique dorée, ornée d'une fleur de lys découpée. A l'avers : au centre, en or bordé de noir, l'inscription : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE BERRI / 6EME D'INFANTERIE/ DE LIGNE.
L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur. Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.
La bénédiction de ce drapeau a lieu à Avignon le 26 décembre 1814 et la cérémonie est relatée dans le Moniteur le 19 janviers 1815.
Ce drapeau sera conservé aux Cent Jours par le Colonel Barre. L’avers de ce drapeau se trouve aujourd’hui au Musée de l'Armée.
Pour la campagne de 1815, l'Empereur fait délivrer au Régiment une nouvelle Aigle et un nouveau drapeau modèle 1815. Ils ne seront pas rendus pour être détruits après Waterloo.

References: ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 5

ART. 6

ART. 7
 l'article 4