Source: http://nptdumois.blogspot.fr/2014/06/
Timestamp: 2017-11-23 01:29:31+00:00

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La Nouvelle Presse du Thé: l'édition mensuelle: juin 2014
Le Numéro 46 du 28 juin 2014: le Sommaire
N°46 Article 1 : Thé et Café, nos tasses préférées.
N°46 Article 2 :Faire revivre les petits producteurs de thé au Darjeeling,
Portrait de Binod Mohan.
N°46 Article 3 : Les Jardins de Gaïa fêtent leurs 20 ans dans le thé.
N°46 Article 4 :Les thés du Japon, point à date.
N°46 Article 5 : Le Gingembre, par Dominique Cairol.
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Labels: N° 46
N°46 Art.1 Thé et Café, nos tasses préférées.
Quelques éléments de comparaison et d’appréciation pour ces deux breuvages que nous consommons pour leurs effets stimulants et pour leurs saveurs gustatives.
crédit photo "tea&coffee trade journal"
Ces deux cultures se partagent les zones tropicales et subtropicales du monde,
avec comme principaux pays producteurs :
** pour le thé : la Chine et l’Inde qui fournissent 63% de la production mondiale
**pour le café : le Brésil et le Vietnam, qui fournissent 50% de la production mondiale.
NB : tous les chiffres viennent de statistiques publiées par l’ITC pour 2012 : http://www.inttea.com
par l’CO pour 2013/13: www.ico.org
En ce qui concerne la consommation les plus grands
** buveurs de thé se trouvent au Royaume Uni, en Irlande, en Turquie et au Maroc, avec une consommation annuelle par habitant respectivement de : 1,97kg, 1,9kg, 2,04kg et 1,74 kg)
** buveurs de café se trouvent en Finlande et au Danemark, avec plus de 10kg de café vert par habitant et par an.
**de thé en 2012 a été de 4,624 million de tonnes de thé manufacturé,
production de thé en 2008, wikipedia
**pour le café il s’agit de 8,68 million de tonnes de café vert.
En tenant compte des freintes – pertes de masse- que subit le café au cours des étapes de transformation successifs du café vert jusqu’au café torréfié et moulu qui sert à préparer la tasse,
le monde consomme actuellement , en moyenne,et par jour :
**265 million de tasses de café ( sur la base de 7gr de café torréfié et moulu)
**633 million de tasses de thé (sur la base de 2gr de feuilles sèches)
Pour en savoir plus sur le marché mondial du thé : à la rentrée sortira
le « Annual Bulletin of Statistics 2014 » de l’International Tea Committee,
ITC Board, mai 2014,
Chairman Norman Kelly, Vice chairs:Sonali Wijeratne et Ian Gibbs
Chairman sortant: Mike Bunston
**avec ses pages bleues listant les diverses organisations professionnels des pays producteurs et consommateurs qui en sont membres ainsi que les membres associés et corporate
**avec plus de cents pages de statistiques détaillées, couvrant les diverses aspects de la production, export/import et consommation.
Un « must » pour s’informer, au prix de 240 GBP.
N° 46 Art.2 Faire revivre les petits producteurs de thé au Darjeeling / Portrait de Binod Mohan, DG de TPI.
C’est le père de Binod Mohan, qui a crée le groupe familial Tea Promoters of India en 1990.
Binod Mohan
En achetant des plantations abandonnées depuis des décennies TPI s’est alors engagé à les réhabiliter en instaurant la culture bio en en s’engageant dans le commerce équitable. Tous leurs thés, épices et autres produits agricoles produits sur place sont actuellement certifiés »bio ». Par ailleurs TPI a dés le départ apporté son soutien actif aux petits fermiers locaux en les encourageant à cultiver à nouveau du thé. Au fil des années TPI a acquis 5 jardins au Darjeeling , auxquels sont rattachées 4 coopératives de petits fermiers.
voilà le plan,photo JdeG
**Le premier jardin, acheté en 1990, est Samabeong, situé à l’extrémité nord est du district du Darjeeling, non loin de la frontière indo chinoise. Ce jardin avait été à l’époque abandonné depuis plus de vingt ans suite au conflit indo-chinois qui avait stoppé net le fructueux commerce de thé avec le Tibet. Privés de leur clientèle les cultivateurs ont arrêté la production du thé, par la suite, privés ainsi de leurs revenus les paysans se sont révoltés contre les patrons et ont incendié l’usine et le bungalow du planteur en 1987.Tout était donc à reconstruire, les cultures de thé et la nouvelle usine. Du fait de ces longues années d’abandon le sol est resté vierge de tout produit chimique et s’est enrichi par le compost végétal accumulé. Vraiment très excentré et loin de tout, Samabeong est le jardin le plus en altitude et où les températures sont les plus fraîches ; la cueillette y commence donc plus tardivement et les thés primeurs sont particulièrement aromatiques.
S’y trouve rattachée la petite coopérative de Subarna, avec ses 9 hameaux et environ 100 familles ; ils récoltent leurs feuilles de thé 3 fois par semaine et les portent à la nouvelle usine de Samabeong.
**Il y a ensuite le Jardin de Selimbong, célèbre pour ses « silver pearls » et moon drops », des thés artisanaux entièrement faits main avec les tendres feuilles du printemps.
S’y trouve rattachée la coopérative de Mineral Springs, qui compte plus de 450 familles, installées dans 3 villages, en partie sur les terres qui appartenaient jadis au Harrison’s and Mineral Spring Tea Estate, qui a fermé en 1956. En 2013 un thé de Mineral Springs a été primé comme le meilleur thé noir lors du Great Taste Award britannique, un superbe gage de qualité !
FF Mineral Springs 2013
**le jardin de Singell, situé entre Ambootia et Margaret’s Hope a fêté ses 150 ans d’existence en 2012 ; avec environ 680 cueilleurs ce jardin fait vivre 3000 villageois.
Y est rattachée la coopérative de Potong, avec ses 343 familles qui portent leurs feuilles à l’usine de Singell pour être manufacturées.
Y est également rattachée la toute petite coopérative Teesta small farmers, qui ne compte pour le moment que 30 familles, qui cultivent le thé depuis quelques années seulement ; eux aussi portent leurs 2 cueillettes hebdomadaires à Singell.
**le jardin de Seeyok, sur une pente de colline en bordure du Népal est situé en face de Selimbong ; c’est là que l’on prépare les « Seeyok sun buds » et les « Seeyok silver pearls »
**et puis le jardin de Snowview, appelé aussi Kumai, en bordure de la région des Dooars, qui est le plus grand et les moins en altitude de TPI. Il comporte 310 ha de thé sur une surface totale de 550 ha. Dans ses 34 hameaux vivent plus de 7 000 villageois. Repris par TPI en 2002 ce jardin a été mis progressivement en culture ‘bio’ et a été certifié en 2006. Parmi ses spécialités il y a un superbe thé blanc, les griffes de Snowview, fabriqué artisanalement à partir d’une variété clonale : une cueillette de « 1 bourgeon et 2
les griffes de Snowview
feuilles » et puis 2 a 3 brins sont tressés et noués par un lien avant un bref flétrissage et séchage à basse température. Ce thé est magnifique et surprenant ; demandant une grande dextérité pour sa préparation une ouvrière n’en produira qu’environ 50gr par jour.
Rencontré à la grande fête des 20 ans de Jardins de Gaïa Binod Mohan nous dit que les thés de TPI sont très appréciés en Europe et au Japon.Etant donné la production limitée, il ne voit aucune nécessité pour leur faire soit « pub » soit « com ». La météo est cruciale, car elle peut affecter les volumes récoltés, d’où parfois une inquiétude des fidèles clients, raison de plus pour ne pas mettre ni argent ni énergie dans une publicité totalement superflue ! TPI n’a même pas un site web ! Heureux des progrès notables enregistrés au cours des années passées, récompensés par la réputation d’excellence et les revenus valorisants pour ces thés, Binod Mohan considère que TPI a apporté une vraie améliorations à la vie des cultivateurs ; cela était l’objectif principal et il est donc en voie d’être accompli .
Cela dit il compte bientôt céder la direction de TPI à son fils, mais restera très proche des opérations.
N°46 Art.3 Les Jardins de Gaïa fêtent 20 ans dans le thé.
Une grande maison de thé entourée d’un jardin japonais traditionnel ;
un grand magasin de vente aux rayons remplis de thés, tisanes et épices du sol au plafond ;
au fond les bureaux, le bâtiment de fabrication, les installations de stockage ;
et puis devant une immense tente pour accueillir la fête.
Et c’est où ? A Wittisheim, un petit village au milieu de la campagne alsacienne, entre Strasbourg et Colmar.
C’est ici que la fondatrice et gérante de la société, Arlette Rohmer, a réuni ses amis et clients, ses fournisseurs et invités d’honneur pour célébrer les 20 ans de son cheminement - fructueux et passionnant – sur la Route du Thé.
Un petit journal, édité pour cette occasion, fait le point : en 20 années de travail cette société atypique et totalement ciblée « bio » et équitable est devenue aujourd’hui le numéro 1 du »bio » en Europe, avec un référencement de plus de 500 thés et tisanes « bio ». Plus d’un tiers du volume provient de structures de petits producteurs et 10% des produits sont issus de l’agriculture bio dynamique.
Depuis la première embauche d’une personne en 1994 « Jardins de Gaïa » emploie actuellement plus de 60 salariés ; depuis la vente à l’étal sur les marchés la société compte maintenant plus de 1 800 points de vente, en France et à l’étranger.
Arlette Rohmer avec Alida Strauss
Un tel accomplissement mérite la fête !! les éloges, qui ne tarissent pas ! des félicitations sincères !
**de la part des élus, tout d’abord Monsieur le Maire et puis le Conseiller Général du Bas Rhin et le Député du Bas Rhin, tous fiers de cette belle société, qui s’est développée loin de tout, au milieu des champs, proposant des produits exceptionnels venant d’horizons lointains, un peu exotique , un peu comme un oiseau de paradis.
**de la part des fournisseurs des thés bios et de Rooibos bio, tous venus d’Inde, de Chine, du Sri Lanka et de l’Afrique du Sud pour participer à cet événement chaleureux et pour apporter leurs témoignages, intéressants et émouvants, sur ces années vécues à coopérer et à progresser sur la Route du Thé.
**de la part de clients et amis, qui tous admirent la passion d’Arlette Rohmer, qui va chercher ces tasses au lointain tout en apportant pa du progrès,du mieux vivre et de la reconnaissance aux petits producteurs.
Les représentants des producteurs sont tous invités à la tribune, pour dire quelques mots sur leur cheminement avec Arlette et les Jardins de Gaïa au fil des années :
**Binod Mohan, DG de « Tea Promoters of India- TPI » , premier partenaire des Jardins de Gaïa en Inde, et cela depuis 15 ans, souligne le dynamisme et la créativité d’Arlette, qui a su établir une relation durable avec les petits producteurs en encourageant leur créativité et en misant sur l’avenir des jardins réhabilités et des nouvelles structures coopératives.
**Bernard Ranaweera, le président du SOFA , qui regroupe des petits producteurs de thés bio au Sri Lanka, rappelle qu’ils ont été 200 au départ et 2 000 aujourd’hui, heureux et fiers de travailler ainsi en partenariat.
**HONG Peng, président de la coopérative de Da Zhang Shan, dans le Jiang Xi, en Chine se souvient d’avoir rencontré Arlette en 1998 pour la première fois ; depuis la coopérative a été certifié pour la production de thés bio en 2000 et « fair trade « en 2001. Plus de 5 500 familles y cultivent du thé parmi leurs autres plantes vivrières.
**Alida Strauss, DG de la coopérative de Rooibos du Heiveld, qui coopère avec Arlette depuis 14 ans ; « c’est grâce a cet accès au monde et au commerce internationale que nous avons trouvé l’énergie de continuer cette production artisanale et laborieuse d’un rooibos bio et villageois ! »
**Barend Salomo, responsable de le Wupperthal Organic Rooibos Cooperative , qui enchaine dans la même thématique et confirme que cette coopération avec les Jardins de Gaïa a ouvert « l'acces au grand monde » aux petits producteurs, en allégeant ainsi leur pauvreté et en leur apportant maintenant fierté et énergie de savoir leur labeur ainsi reconnu par des consommateurs en Europe et ailleurs.
De belles rencontres et un grand enrichissement à travers tous ces contacts,
merci à toute l’équipe des « Jardins de Gaïa » pour cette fête mémorable.
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N°46 Art.4 Les thés du Japon, point à date.
Plusieurs importateurs confirment qu’il n’y a plus besoin d’un certificat de contrôle pour la nouvelle récolte du printemps 2014. C’est une bonne nouvelle d’autant plus que certains thés primeurs sont rares et chers ; mettre tout 1kg à la disposition des douanes est donc « douloureux » !!
De beaux Shin Cha, en traduction : thé nouveau, sont arrivés un peu partout,
** chez Mariage Frères ,
** aux Jardins de Gaïa
**et bien sur chez Yasu Kakegawa, qui va les chercher lui-même sur place : yasukakegawa.com
La fête annuelle du Shin Cha a eu lieu chez Keiko, à côté de Brême, en Allemagne début juin. www.keikotee.de
La délégation japonaise à la réunion plénière de l’International Tea Committee, qui s’est tenue le 1er mai passé à Londres, a confirmé
** un léger recul de la production globale de thés au Japon
**d où une certaine augmentation des importations, pour faire face à la demande en hausse des consommateurs japonais,
**un certain transfert de la région productrice principale, qu’est Shizuoka, en faveur des thés cultivés dans l’île de Kyushu, plus au sud et donc aux récoltes plus précoces,
**une forte hausse de la demande pour les thés verts broyés, le matcha tout d’abord, mais selon les indications de la délégation japonaise on trouve maintenant aussi des senchas en poudre, souvent sous l’appellation « matcha » ce qui les inquiète et dénote le besoin d’une clarification, pour plus de transparence et de loyauté commerciale.
Il est donc conseillé de bien lire l’étiquetage avant de décider l’achat d’un thé du Japon couteux et donc de qualité d’exception : :
***le Shin Cha, ou thé nouveau est récolté pendant environ 4 semaines, à partir de la reprise de la végétation des théiers, qui se sont reposés pendant l’hiver ; parfois ces thés primeurs sont aussi appelés « ichi ban cha », en traduction :thés de la première récolte, celle-ci est suivi par les récoltes d’été et d’automne, sur les mêmes théiers et ces thés seront des « sencha » ordinaires, aux feuilles plus matures, parfaitement délicieuses mais un peu moins riches en saveur. C’est tout à fait comparable au célèbre First Flush des thés du Darjeeling, limité à une période de 4 semaines, suivi par les repousses d’été, de la mousson et de l’automne.
***le « vraie »Matcha, cette poudre de jade initialement réservée à la cérémonie du thé doit répondre à certains critères de fabrication, qui garantissent précisément sa finesse ;
tencha et matcha
** la tradition veut que les feuilles ne soient récoltées qu’une fois par an, au printemps,
**sur des théiers ayant été ombragés pendant au moins 15 jours, un stress qui oblige la plante à produire plus de théanine et de chlorophylle, ce qui rend ces feuilles plus tendres, d’un vert profond et plus riches en saveur, mais ce stress affecte la plante qui doit ensuite récupérer ses forces pendant 12 mois jusqu’au prochain printemps
**ces fines et délicieuses feuilles sont séchées à plat, les nervures sont enlevées, ce qui laisse uniquement des petits morceaux de chair, nommés « tencha »
**ce tencha est ensuite broyé dans des meules de pierre.
Ce processus sélectif est très couteux et la production de vrai matcha est estimée à environ 1 500t de poudre par an. Considérant que l’on utilise environ 1,5gr de matcha pour un bol, le calcul est vite fait : 150 million de bols par an, pour une population de 127 millions d’habitants, avec environ huit bols par tête et par an il n’en reste pas beaucoup pour les amateurs de matcha en Europe et en Amérique du Nord.
***le Kabusecha est une variante récente et très intéressante, pour la quelle le théier n’est qu’à demi
un Kabuse Shincha
ombragé, ce qui l’épuise moins et demande moins de travail ; le résultat est parfaitement exquis et propose à la fois des shincha exquis et permet aussi de produire du Kabuse matcha, élargissant ainsi l’offre pour cette poudre de thé haut de gamme si convoitée. Cette manière de procéder est courante à Kagoshima, où cette production est en train de prendre un essor considérable.
A noter que la région d’origine est aussi un élément important ainsi que les cultivars utilisés ; un achat en comptoir de thé devra permettre de bien vous renseigner et de vous faire conseiller pour les saveurs et notes gustatives recherchées.
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N°46 Art.5 " Le Gingembre" par Dominique Cairol
Depuis une dizaine d'année un rhizome a fait son apparition (ou plutôt une réapparition) sur les étals de fruits et légumes, le gingembre. Le développement des échanges de produits alimentaires a fait connaître cette plante assez extraordinaire. En effet le gingembre possède une odeur très agréable, et une saveur à la fois chaude et piquante. Comme nous l'évoquerons rapidement ses multiples usages dans le domaine alimentaire et dans la pharmacopée, méritent cet engouement.
Cette plante est importante en Asie depuis des temps immémoriaux. Médicinale et condimentaire elle y est cultivée, ou entretenue depuis toujours. Son nom est dérivé du sanskrit « en forme de corne »(1), allusion probable à la forme des rhizomes. Son nom apparaît dans des textes de la Chine ancienne, et dans les textes en sanskrit.
Le gingembre est l'une des premières épices orientales à rallier le bassin méditerranéen, probablement grâce aux commerçants phéniciens . En Égypte antique, il entre dans le processus de momification. Au IIe siècle, il figure dans une liste de denrées transitant à Alexandrie et venant d'Asie par la Mer Rouge. Son origine était jalousement gardée par les marchands et pendant longtemps on a cru que le gingembre était la racine du poivre. Très utilisé au Moyen Âge, où l’on évoque déjà ses vertus aphrodisiaques, le gingembre avait une importance comparable à celle du poivre, notamment dans les plats en sauce. On trouve également mention du gingembre dans plusieurs recettes de bouillon, chapon… du Viandier de Taillevent (XIVème siècle). Au XVIIIe, jusque là courant dans la cuisine, il était colporté dans les campagnes sous le nom de l'épice blanche. Le gingembre perd ensuite du terrain jusqu'à presque totalement disparaître des tables européennes..
Botanique (1) : Le gingembre (Zingiber officinale) appartient à une famille, les Zingiberacées, contenant de nombreuses espèces dont certaines très connues comme épices (la cardamome, le curcuma, l'elettaria) .
D'autres ont des propriétés décoratives (Alpinia, Costus...). Vraiment une belle famille, à mieux connaître !
Le gingembre est une plante à rhizome aromatique horizontal, tubéreux. Les tiges feuillées font environ 1m de haut. Les feuilles engainantes, sont oblongues-lancéolées. Ses fleurs ont une corolle verdâtre au labelle pourpre. Son aire d'origine est indo-malaisien, mais de nos jours cette plante est cultivée dans toutes la zone tropicale et subtropicale, étant facile à multiplier grâce à son rhizome .
Le fait que cette plante soit toujours reproduite par voie asexuée explique le très petit nombre de variétés. A Madagascar (2) on en cultive deux variétés : Le gingembre blanc ou gingembre jaune appelé aussi « turmerie ginger » et le gingembre bleu appelé aussi « flint ginger ».
La composition du gingembre :Le rhizome est très riche en amidon (60%). Il contient des protéines, des graisses (10%), de l'huile essentielle et des résines. Le principal composé actif responsable du goût piquant du gingembre frais est le gingérol. La dégradation à la chaleur lors du séchage transforme le gingérol en gingerone, paradol et shogaol. L'impression de feu (pseudo-chaleur) lors de la consommation de gingembre est due à la présence de shogaol, de paradol et de zingérone. La concentration de gingérol est plus faible dans le gingembre séché, tandis que la concentration en shogaol augmente.
A partir du rhizome du gingembre sont extraites une oléorésine (6%) et une huile essentielle (1-3%). L'oléorésine contient les composés chimiques à l'origine de la saveur piquante, tels que le gingérol (15%). La composition de l'huile essentielle varie beaucoup suivant l'origine géographique mais on retrouve des composés odorants comme le zingiberène, le curcumène, le camphène, le bisabolène, le citral et le linalol.
Médicinales : Contrairement à d'autres épices, des travaux de recherche permettent de confirmer les effets médicinaux de cette plante.
Nausées et vomissements. Plusieurs études ont évalué l’effet antiémétique (la capacité de prévenir ou d'arrêter les nausées et les vomissements) attribué au gingembre. D’abord, deux études révèlent que la consommation de 0,5g à 1,5g de gingembre en poudre (sous forme de capsules) pourrait être efficace pour traiter les nausées et les vomissements durant la grossesse. (3) (4).
Ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes sont bien connues et son potentiel anti-cancer est démontré in-vitro. Chez l’humain, la consommation de gingembre a démontré des résultats prometteurs quant à la diminution des douleurs reliées à l’arthrite. (5)Durant la déshydratation du gingembre, les gingérols sont convertis en composés nommés shogaols. Une étude démontre que les shogaols pourraient protéger les cellules d’un composé impliqué dans le développement de la maladie d’Alzheimer.(6)
Contre-indications : La résine renferme, elle, des principes piquants phénoliques et cétoniques. En raison de ces caractéristiques, le gingembre doit être écarté de l'alimentation des personnes souffrant de gastrites ou ayant un système digestif sensible.
Alimentaires ; Le gingembre est largement utilisé dans la cuisine indienne et chinoise ; en Europe il est utilisé principalement en confiserie et en boissons, dont notamment le thé de Noël et le Masala Chai. Dans les pays anglo saxons on produit un bière au gingembre le « ginger beer » qui est en fait un soda sans alcool. Au Canada et au USA on consomme un soda gazeux et sans alcool, au gingembre, le célèbre Canada Dry.
(1) - Collectif- 1991- Le bon jardinier. Tome 3 . 153ème édition. La maison rustique. Flammarion. Paris.
(2) – Grepinet M. 2012- Madagascar: la belle histoire du gingembre bleu. Paris Match mai 2012
(3) Chrubasik S, Pittler MH, Roufogalis BD. Zingiberis rhizoma: a comprehensive review on the ginger effect and efficacy profiles. Phytomedicine 2005 September;12(9):684-701.
(4) Boone SA, Shields KM. Treating pregnancy-related nausea and vomiting with ginger. Ann Pharmacother 2005 October;39(10):1710-3.
(5) Grzanna R, Lindmark L, Frondoza CG.- 2005- Ginger--an herbal medicinal product with broad anti-inflammatory actions. J Med Food 2005;8(2):125-32.13.
(6) Kim DSHL, Kim D-S, Oppel MN.-2001- Shogaols from Zingiber officinale protect IMR32 human neuroblastoma and normal human umbilical vein endothelial cells from B-amyloid(25-35) insult. Planta Med 2001;68:375-6.
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N° 46 Art.2 Faire revivre les petits producteurs d...
N°46 Art.3 Les Jardins de Gaïa fêtent 20 ans dans...

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