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﻿ Bulle "Auctorem Fidei" — Salve Regina
Bulle "Auctorem Fidei"
28 août 1794
La bulle Auctorem condamne, le jansénisme et le gallicanisme.
1 LA BULLE « AUCTOREM FIDEI »
1.2 Analyse de la bulle « Auctorem »
1.3 Texte de la Bulle « Auctorem Fidei »
1.3.1 I. Erreurs sur l’Église (propos. 1-15).
1.3.2 II. Erreurs sur les différents états de l’homme (propos. 16 à 20).
1.3.3 III. Erreurs sur la grâce (propos. 21-26).
1.3.4 IV. Erreurs sur les sacrements (propos. 27-60).
1.3.5 V. Erreurs sur les offices, les exercices, les institutions relatives an culte religieux (propos. 61-79).
1.3.6 VI. Erreurs sur la réforme des réguliers (propos. 80­-84).
1.3.7 VII. Erreurs sur la convocation du concile national (propos. 85).
1.3.8 VIII. Observations terminales.
LA BULLE « AUCTOREM FIDEI »
C’est le 28 août 1794, jour de la fête de saint Augustin, que parut la bulle Auctorem fidei. Elle est le terme d’un long travail dont le prologue indique les étapes successives : tout d’abord les Actes du synode de Pistoie ont été examinés par quatre évêques et par trois théologiens ; puis une commission, composée de cardinaux et d’évêques, a examiné les décrets d’une manière plus approfondie : des passages ont été extraits, collationnés et discutés, et chacun des juges a transmis son suffrage au pape, de vive voix et par écrit ; tous ont été d’accord pour condamner les Actes du synode et censurer des propositions plus ou moins nombreuses. Le pape, avec quelques conseillers, examina ces rapports et les propositions qu’ils signalent. Enfin, sous sa direction et son contrôle, il s’est fait un dernier travail de rédaction et de mise au point. Un certain nombre de propositions, extraites des Actes du synode ou des documents qui les ont préparés, ont été groupées et coordonnées. Les passages sont cités textuellement et qualifiés avec les notes précises qu’ils méritent, si on les prend dans un sens nettement spécifié.
La bulle Auctorem occupe une place privilégiée parmi les bulles doctrinales relatives au jansénisme, d’abord à cause de la date où elle a paru ; c’est l’époque où le jansénisme et son allié le gallicanisme avaient porté tous leurs fruits, et ensuite à cause des travaux minutieux qui avaient préparé sa publication.
La bulle Auctorem précise le sens exact dans lequel chaque proposition, extraite des Actes de Pistoie, est condamnée et attache la condamnation à ce sens, en sorte que la condamnation porte formellement sur un sens déterminé, quelle qu’ait pu être l’intention de l’auteur. Il n’y a plus d’échappatoire possible, puisque la bulle ne juge pas les intentions. Le premier décret du synode avait déclaré que les jugements doctrinaux de Rome, parce qu’ils étaient vagues et indéterminés, n’instruisaient pas d’une manière précise et, dès lors, ne pouvaient obliger en conscience les fidèles. Cette critique ne pourrait pas s’appliquer à la nouvelle bulle.
Aussi, dès le prologue de la bulle, on lisait : « S’il reste encore des sectateurs obstinés du synode, ils ne pourront plus, fauteurs de nouveaux troubles, tirer à leur parti, sur des ressemblances purement verbales des écoles théologiques, qui, sous des mots semblables, attestent qu’elles n’ont pas la même pensée, ni les associer injustement à leur juste condamnation. D’autres, qui, par inconscience et simple préjugé, gardent encore une trop bonne idée du synode, ne pourront se plaindre, puisque la condamnation ne tombe que sur des erreurs, dont eux-mêmes se décla­rent fort éloignés. »
Analyse de la bulle « Auctorem »
La bulle Auctorem condamne, en les qualifiant de notes théologiques, 85 propositions : les 15 premières ont pour objet l’Église et la hiérarchie ; elles sont la condamnation formelle du richérisme et du gallicanisme et elles préparent la voie au concile du Vatican. Les propositions 16 à 20 ont pour objet les différents états de l’homme ; elles visent les thèses proprement jansénistes. Les propositions 21 à 26 se rapportent à la grâce et les propositions 27 à 60 ont trait aux sacrements et elles condamnent des pratiques que le jansénisme, sous prétexte de revenir à la vénérable antiquité, aurait voulu restaurer, en particulier pour la discipline péni­tentielle. Les propositions 61 à 79 ont pour objet les cérémonies et le culte extérieur, les propositions 80 à 84 visent la réforme des ordres religieux et enfin la pro­position 85 se rapporte au concile national. Sur toutes ces questions délicates, la bulle Auctorem donne des notes extraordinairement nettes et elle exprime les thèses théologiques avec une vigueur qu’on ne ren­contre dans aucun autre document officiel.
Texte de la Bulle « Auctorem Fidei »
3. De la dénomination de chef ministériel attribué au pon­tife romain.
4. De la condition de l’homme sous la loi (propos. 19­-20).
Pro­pos. 29ème. - Pour enseigner le rite de la consécration, le synode, afin d’écarter toutes les questions scolas­tiques touchant le mode suivant lequel Jésus se trouve dans l’eucharistie, exhorte les curés chargés d’instruire les fidèles à s’en tenir aux deux propositions suivantes : 1° le Christ, après la consécration, se trouve vrai­ment, réellement, substantiellement sous les espèces ; 2° alors toute la substance du pain et du vin a cessé, seules leurs espèces demeurent (De l’eucharistie, § 2). On omet de faire aucune mention de la transsub­stantiation ou conversion de toute la substance du pain au corps et de toute la substance du vin au sang, que le concile de Trente a définie comme un dogme et qui est contenu dans la profession solennelle de la foi. En tant que, par cette omission malencontreuse et suspecte, on soustrait la connaissance d’un article de foi et d’un terme consacré par l’Église pour professer la foi contre les hérésies, et on tend, par suite, à faire oublier ce terme, comme s’il s’agissait seulement d’une question scolastique, cette doctrine du synode est pernicieuse ; elle déroge à l’exposition de la vérité catholique touchant le dogme de la transsubstantia­tion et elle favorise les hérétiques.
Pro­pos. 30ème. - Le synode professe « croire que l’oblation du sacrifice s’étend à tous, de telle sorte pourtant que, dans la liturgie, une commémoraison spéciale puisse être faite de quelques fidèles soit vivants, soit défunts, parce qu’on prie spécialement pour eux » ; aussitôt après il ajoute : « Nous ne croyons pas cependant qu’il soit au pouvoir du prêtre d’appliquer les fruits du sacrifice à qui il veut ; bien plus, nous condamnons cette erreur comme lésant gravement les droits de Dieu, qui seul distribue les fruits du sacrifice à qui il veut et dans la mesure qui lui plait. » D’où et en consé­quence, il déclare comme « opinion fausse transmise dans le peuple la croyance que ceux qui donnent une aumône au prêtre à condition qu’il célèbre une messe, reçoivent un fruit spécial de cette messe » (De l’eucha­ristie, § 8 ; voir l’art. 14 proposé à l’assemblée de Flo­rence, VIIe sess., le 7 mai 1787). Entendue en ce sens que, outre la commémoraison et la prière spéciale, une oblation particulière ou une application du sacrifice faite par le prêtre ne sert pas davantage, toutes choses égales d’ailleurs, à ceux pour qui il offre le sacrifice. qu’aux autres, comme si aucun fruit spécial ne pro­venait de l’application particulière faite pour des personnes déterminées ou des ordres de personnes, sur les recommandations et les ordres de l’Église, spécialement par les pasteurs pour leurs brebis -ce qui découle d’un précepte divin, comme il est expressément dit par le concile de Trente (sess. XXIII, c. 1,. De reform. ; Benoît XIV, const.Cum semper oblatas, § 2) - cette doctrine du synode est fausse, téméraire, pernicieuse, injurieuse pour l’Église, et elle conduit à l’erreur déjà condamnée dans Wiclef.
Pro­pos. 37ème. - Le synode parle ainsi de ce pouvoir reçu par l’ordination : « Après l’institution des diocèses et des paroisses, il convenait que chacun exerçât ce pouvoir sur des personnes sujettes soit à raison du territoire, soit à raison d’un droit personnel » parce qu’autrement, il y aurait eu « trouble et confusion » (De la pénitence, § 10, n. 6) ; cette proposition énonce que c’est seulement après l’institution des diocèses et des paroisses « qu’il a été convenable, pour éviter des troubles, que le pouvoir d’absoudre s’exerçât sur des sujets » ; ainsi comprise, pour l’usage valide de ce pouvoir, une juridiction ordinaire ou déléguée n’est pas nécessaire et cependant le concile de Trente déclare que, sans elle, l’absolution donnée par un prêtre est sans valeur ; cette proposition est fausse, téméraire, pernicieuse, contraire et injurieuse au concile de Trente, erronée.
Pro­pos. 61ème. - « Adorer directement l’humanité du Christ, et encore plus, une partie de cette humanité, est toujours rendre un honneur divin à la créature » (De la foi, § 3). Par le terme direct, le synode prétend réprouver le culte d’adoration que les fidèles rendent à l’humanité de Jésus-Christ, comme si cette adora­tion, par laquelle l’humanité et la chair vivifiante du Christ est adorée, n’était pas un honneur divin rendu à la créature, non point pour elle-même et en tant que chair humaine, mais en tant qu’unie à la divinité ; comme si ce n’était pas plutôt une seule et même adoration, par laquelle on adore le Verbe incarné avec sa propre chair (II° concile de Constantinople, Ve œcu., can. 9). Cette proposition est fausse, captieuse ; elle déprécie le culte pieux dû et rendu à l’humanité du Christ par les fidèles, et elle est injurieuse. (Cette même doctrine, condamnée par la bulle, se trouve dans la Lettre pastorale de Ricci, du 3 juin 1781 et au t. III du Recueil des écrits, imprimés par les soins du même évêque.)
(Ces propositions condamnées par la bulle se trou­vent dans de nombreux documents recommandés par Ricel, par son synode, et par l’art. 28 proposé à l’assemblée de Florence.)
Propos. 75ème. - Le synode pré­tend qu’aux heureux temps de l’Église naissante, les serments avaient paru étrangers aux enseignements du divin Maître et à la simplicité évangélique, à tel point que « jurer sans une extrême et inéluctable nécessité était regardé comme un acte irréligieux, indigne d’un chrétien ». De plus, « la suite continue des Pères démontre que les serments étaient regardés par le sens commun comme chose défendue » (Mémoire pour la réforme des serments, § 5, examiné à la XVIe, ses­sion de l’assemblée de Florence, le 30 mai 1787). Par là, le synode est amené à désapprouver les serments que la curie ecclésiastique, laquelle, dit-il, ayant suivi la loi de la jurisprudence féodale, adopta dans les investitures et dans les ordinations même des évêques ; il a établi qu’il fallait implorer de l’autorité séculière une loi pour abolir les serments exigés, même dans les curies ecclésiastiques, pour recevoir les fonctions et les charges et en général pour tout acte judiciaire. Cette doctrine est fausse, injurieuse pour l’Église, blessante pour le droit ecclésiastique et subversive de la disci­pline affirmée et approuvée par les canons.
Après la condam­nation respective des 85 propositions extraites des Actes, la bulle ajoute qu’elle n’entend nullement approuver les autres propositions contenues dans le même livre, car il y a beaucoup d’autres propositions où sont exposées des doctrines voisines de celles qui viennent d’être condamnées ou qui expriment le mépris téméraire de la doctrine et de la discipline communes et l’esprit le plus hostile aux pontifes romains et au Siège apostolique. La bulle signale tout particulièrement deux propositions relatives à l’au­guste mystère de la sainte Trinité (décret De la foi, § 2), qui, si elles ne sont pas inspirées du mauvais esprit, sont certainement imprudentes, car elles peuvent facilement conduire à l’erreur les esprits ignorants et sans défiance.
La bulle signale aussi la témérité insigne et frauduleuse du synode, qui a osé non seulement combler d’éloges la déclaration de l’assemblée du clergé de France de 1682, désapprouvée par le Saint-Siège, mais encore l’inscrire insidieusement comme un décret de foi, adopter ouvertement les articles de cette décla­ration, et signer par une profession publique et solen­nelle les articles qui y sont répandus. Par là, le synode inflige une grave offense à nos prédécesseurs, mais aussi à l’Église gallicane, à qui le synode attribue le patronage des erreurs dont ce décret est rempli.
Si donc Innocent XI, par ses lettres en forme de bref du 11 avril 1682 et, d’une manière plus expresse, Alexandre VIII, par la constitution Inter multiplices, du 4 août 1690, ont condamné et déclaré nuls de leur autorité apostolique les Actes de l’assemblée du clergé de France, la sollicitude pastorale exige encore plus fortement la condamnation de la doctrine du synode de Pistoie, laquelle est téméraire, scandaleuse et, sur­tout après les décrets des papes, souverainement inju­rieuse pour le Siège apostolique : c’est pourquoi la bulle réprouve et condamne formellement cette doctrine.
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References: § 2
 § 8
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 § 10
 § 3
 § 5
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