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Timestamp: 2018-12-10 05:30:56+00:00

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DECRET n° 2005-984 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-984 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en mankaañ
L’écriture du mankaañ a déjà bénéficié d’efforts isolés comme ceux de missionnaires chrétiens qui ont travaillé sur les langues dites à usage localisé.
Avec la décision de l’Etat d’étendre le statut de langue nationale à toutes les langues parlées dans le pays, dès lors qu’elles sont codifiées, le code graphique du mankaañ a été validé en 2001 afin d’avoir une base conventionnelle qui puisse régir cette langue et permettre son développement.
Ce sont les résultats de cette codification, révisés et corrigés à l’occasion de la 29e Semaine nationale de l’Alphabétisation (atelier des 7 et 8 septembre 2004), qui sont à la base du présent décret.
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation de mots en mankaañ sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet mankaañ comprend vingt-huit lettres, dont vingt deux consonnes et six voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
bdëk
uhiib
unekan
ñaan
pŋaat
nrisia
rosaadi
usuubal
utaakal
piiŧ
pyimal
·	Les consonnes sont : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ñ, ŋ, p, r, s, s, t, t, t, w, y.
·	Les voyelles sont : a, e, ë, i, o, u.
Art. 3. - La prénasalisation existe en mankaañ. Pour l’orthographier, la nasale m est retenue devant b et p, et la nasale n devant toutes les autres consonnes :
ulemp
pndën
« pouce »
unsinu
« fontanelle »
pnkant
« cuisse »
« épervier »
nanguran
« prêtre »
napuunk
« coiffeur ».
Art. 4. - La fricative interdentale sourde est orthographiée t /T. L’occlusive et la fricative rétroflexes sourdes sont respectivement orthographiées t /T et s /S.
Art. 5. - La longueur vocalique est pertinente en mankaañ. Chacune des voyelles du système vocalique a sa correspondante longue, à l’exception de la voyelle centrale ë. La longueur vocalique est notée par le redoublement de la voyelle.
ya « il va »
pkaar « écarter »
btëk « le mortier »
pde « le repas »
bteem « pirogue »
iwi « toi »
atii « il a couru »
mbon « maigreur »
ptool « dysenterie »
ulaar « araignée »
pjuuk « misère »
Art. 6. - Lorsque la voyelle longue (suite de deux brèves identiques) est accentuée, seule la première porte l’accent.
Pyúuf « rincer ».
Art. 7. - Il y a 2 voyelles /u/ qui se distinguent par la tension. La tendue est notée avec un accent aigu.
Pjuk « apprendre » /
pjúk « front »
Pbuur « échapper » /
pbúur « effrayer ».
Art. 8. - Le mankaañ n’admettant pas la séquence de deux voyelles distinctes, la langue utilise des consonnes d’appui (épenthétiques) telles que : w, y et h pour éviter la rencontre de deux voyelles.
Ubi + ul	=>
ubiwul
« son arrivée »
Pde + ala =>
pdeyala
« le fait de grignoter »
Kato + u =>
katohu
Art. 9. - Le mankaañ est une langue à classes nominales. Elle compte 9 classes nominales (5 de singulier et 4 de pluriel) représentées par les morphèmes de classe (ou classificateurs). Ces morphèmes de classe sont toujours préfixés au radical nominal. Le nom défini se compose ainsi du radical préfixé du morphème de classe :
bañaan
« les noix, graines »
« le mancagne (personne) »
« le chien ».
Art. 9. - A l’indéfini le nom est formé de deux éléments séparés : le nom défini suivi de la particule -lon (préfixée, elle aussi, du morphème de classe).
ubus « le chien » /
ubus ulon « un chien »
nbus « les chiens » /
nbus nlon	« des chiens ».
Art. 10. - L’adjectif qualificatif est une sous-catégorie du système nominal. Il s’accorde en classe avec le nom qu’il détermine et s’écrit séparément.
umbeman uweek ujënal « la grande case noire ».
Art. 11. - Le mankaañ compte six déterminants possessifs correspondant aux six personnes de la conjugaison verbale.
-a …nan /-na
-ul/nul
-un/nun
Les déterminants possessifs, lorsqu’ils portent le préfixe de classe, sont séparés du nom. Mais lorsqu’ils ne portent pas de préfixe de classe, ils sont rattachés au nom.
Abuknan / abukna
« mon fils / ma fille »
Babuknan / babukna
« mes fils / filles »
Katoh kinan
Itoh yinaŋ
Art. 12. - Les déterminants démonstratif, interrogatif et numéral, ainsi que le relatif sont séparés du nom qu’ils déterminent.
napot i
« cet enfant-ci »
bapot biki
« ces enfants-ci »
bko bhoŋ ?
« quel arbre »
katoh kahoŋ ?
« quelle maison »
pmana pi nji nden
« la mangue que j’ai mangée »
bmul bi nwaruŋ
« l’arbre que j’ai fait tomber »
kmana ktëp
« deux mangues »
upi uteek
« la première chèvre ».
Art. 13. - En mankaañ, le verbe à l’infinitif se forme par la préfixation de p- au radical verbal.
Plut « sauter ».
Art. 14. - Les pronoms personnels sujets simples sont préfixés aux bases verbales :
« je mange »
« tu manges »
« il/elle mangue »
« nous mangeons »
« vous mangez »
« ils/elles mangent »
Art. 15. - Les pronoms personnels sujets emphatiques sont séparés du verbe.
Iwi, iyeeh
« toi, tu chantes »
Nji dlut
« moi, je saute ».
Art. 16. - Les pronoms personnels objets sont suffixés aux bases verbales :
-in/-ën
akobin/akobën
« il t’a frappé »
« le/la (humain) »
« il l’a frappé »
-(cl.)+a
« le/la (non humain) »
akobna
« il nous a frappés »
akoban
« il vous a frappés »
les « (humains) »
akobbaka
« il les a frappés »
« les (non humain) »
Art. 17. - Les marques de la conjugaison sont affixées à la base verbale :
deeni !
(injonctif)
yeehan !
« il a cassé »
(accompli)
idelë
« tu avais mangé »
aankiti
« il n’a pas cassé »
(accompli négatif)
kdaan !
« ne bois pas ! »
(injonctif négatif)
dlunkayeeh
(futur).
Art. 18. - La dérivation se fait par affixation ou simplement par changement de catégorie grammaticale, le contexte permettant de faire la différence dans les énoncés.
« grignoter »
« le manguier »
ps,ub
« pleuvoir »
us,ubal
« contredire »
plat,ar
« discuter »
pjijës,
« débarquer ».
Art. 19. - Les éléments formant les mots composés sont séparés par un trait d’union.
Ubi-kakëra
« serpent rouge brun »
Kadun-ki-ubopal
« variété de chmpignon »
Uyoor-bapot
Kanal-baat/unal-baat
« coureur de jupons ».
Chapitre VI. - Les signes de ponctuation
Art. 20. - Pour limiter la phrase et ses composantes, le mankaañ adopte les signes et les valeurs de ponctuation en usage en français en tenant compte de la structure de la phrase mankaañ. Les signes employés sont :
Mankaañ
pheefëntaani
pnat,i kaheefënt,
pheparaani
pñonaraani
knat,i ktëb
knat,i
ugunt
ugunt-unaakrënaan
iboofi
Bniim bhula
Ti kateeku naniim na naniima mënt bajan balaar. Bahilan kameer jami bahilanun kawo ban banka winarara. Bajúg baka bajan ba nimandën baka. Nantohi ajan onti aka napot ñiint ambanka kës bniim as win napot alon, napot ambanka do pweegani ti ufët këme ti akintul alon o nanohul alon, asëten napot ñaat un bnuura. Awin le kë umënt un atiti akúta balid asëkak katen bajúgul. Awin le kë bawo bañaan ban balidun asëtini na baka kaji : « analad poonu abuk baka napot inul ». Bukun bakak katen kak nduba i bajakun na baka, kë alil baka, kë familiya di nduba da kaka, lil baka baba du familiya ditul, kabaa teem baka ti utúp wi batubun baka unurun kaji : « uko wi najakun ulilun maakan, nanale nyit uwo mnob-nob.
Ajúg nduba ababi tiini na a kajaka kaji : « dwinaru napot annaami han, du uko ase annaami han, kë ankakado túp kabi kawujan ka do, kayuuja poonu mënt. Wal mënt wi ul nduba abaana bika jun jun plempar pyotan. Bajúg poonu baji woli baka uko wi plemp abi nata nata kalemp wa te ubaba. Woli kajaar kawo, pbool o ptukan këme pniw katoh. Asin ul asin nduba aba tuwa balemp uko ji nsubal ntëb këme nwajant. Ti nsubal mënt ni nduba akdolun bajúgul bañot poot du bajug poonu i ul awon ando bi meha te ankun tiki poonu ado hilan kabi kamehara me jami un ajan abi wo wo ti ulemp du katoh baka abi mehame kë unkontu winul ukan.
Bajúgul bakaka ya na poot pteek, kaya basin na basinul baat, na basinul biint kaya tiini na bajug poonu, bankan aji baduur psini na pnini, andolun adola na pmaar katiink unk tiiniyanun ji faan, kabot katuha na pya kame bayootan tiki kayit kabi nej nej tun bukun mëntan. Wi poot pteek (panjan pa wowo plinla) pa daananin bajug ñiint baba to kasë la poot pkës (ti ufamp wi nduba) kañoot. Bajúg poonu, kaduura jimi bayan uyas uteek.
Le mariage mancagne
Jadis, les futurs mariés ne se fréquentaient pas. Ils pouvaient se connaître comme ils pouvaient ne s’être jamais vus. Ce sont les parents qui les mariaient. C’est le père de famille qui, quand il avait chez lui un fils en âge de se marier et qu’il voyait dans le voisinage ou chez un de ses amis une fille pubère, l’observait attentivement. S’il la trouve intelligente et gentille, il observe aussi ses parents. S’il trouve que ce sont des gens convenables, il leur parle en ces termes : « Je demande la main de votre fille pour mon garçon. Ces derniers à leur tour observent le jeune homme et sa famille. Et s’ils les trouvent à leur goût, ils peuvent à ce moment leur répondre en disant : « Ce que vous avez dit nous fait réellement plaisir, et si vous le voulez, soyons unis et que cela soit tout miel ».
C’est à ce moment-là que le père parle à son fils en lui disant : « J’ai vu pour toi une fille chez un tel ». Et il s’en tient là, sans aller jusqu’à lui montrer la fille ou lui dire son nom. A partir de cet instant, le jeune homme commence à travailler pour sa belle-famille. Dès qu’il se présente une tâche chez ses beaux-parents, comme cultiver, clôturer ou poser une toiture, il l’exécute jusqu’au bout. Mais, au même moment, son père le fait travailler pendant 2 à 3 ans. Et durant toutes ces années, ses parents portent de temps à autre du vin aux parents de la fille encore méconnue du garçon ; mais cette dernière, du fait qu’elle le voit travailler régulièrement chez elle, peut l’identifier comme prétendant.
Les parents du garçon (ses oncles et ses tantes maternels ou paternels) portent alors le « premier vin », pour être témoins de ce qui se dira, et aussi pour connaître la belle famille, étant donné que la parenté est bien établie, maintenant que le vin est bu. Après que ce premier vin a été bu (il faut dire qu’il n’est pas en quantité importante), les parents du garçon prennent alors le temps, avec les revenus tirés du travail du garçon, de trouver suffisamment de vin qu’ils portent à la belle-famille avec la même délégation qui avait assisté à la première cérémonie.
Art. 21. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 19

Art. 20

Art. 21