Source: http://audit-accessibilite.com/fr/component/content/article/485
Timestamp: 2018-06-21 09:59:05+00:00

Document:
Vendredi, 24 Avril 2015 09:38
Publics concernés: maîtres d’ouvrage et promoteurs, architectes, maîtres d’oeuvre, constructeurs.
Objet: accessibilité des établissements recevant du public (ERP) et des installations ouvertes au public (IOP).
Entrée en vigueur: les dispositions du présent décret sont applicables le jour suivant sa publication, à l’exception des dispositions qui nécessitent la prise d’un arrêté, qui sont applicables à la date d’entrée en vigueur de l’arrêté concerné.
Notice: ce décret prévoit, premièrement, l’introduction d’une réglementation spécifique applicable pour la mise en accessibilité des ERP situés dans un cadre bâti existant et des installations ouvertes au public existantes ainsi que lors de la réalisation de travaux dans ces établissements et dans ces installations. Deuxièmement, il apporte des modifications et des précisions à la procédure de dérogation aux règles d’accessibilité pour motif de disproportion manifeste entre les améliorations apportées et leurs conséquences, prévue à l’article L.111-7-2 du code de la construction et de l’habitation, et il introduit un nouveau motif de dérogation pour traiter le cas des établissements situés dans des immeubles d’habitation soumis au régime de la copropriété. Troisièmement, il modifie la procédure d’autorisation de construire, d’aménager ou de modifier un ERP, pour en réduire le délai et pour préciser, selon les cas, le régime applicable en cas de décision implicite.
Références: ce décret modifie le décret no 2006-555 du 17 mai 2006, modifié par le décret no 2007-1327 du 11 septembre 2007, et le décret no 2009-500 du 30 avril 2009 relatif à l’accessibilité des établissements recevant du public, des installations ouvertes au public et des bâtiments d’habitation, modifiant les articles R.111-19, R.111-19-4 à R.111-19-8, R.111-19-10, R.111-19-23 à R.111-19-24 du code de la construction et de l’habitation. Le code de la construction et de l’habitation qu’il modifie peut être consulté, dans sa rédaction issue de cette modification, sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr). Le Premier ministre, Sur le rapport de la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, Vu le code de la construction et de l’habitation, notamment ses articles L. 111-7-3, L. 111-7-5 à L. 111-7-11 et R. 111-19 à R. 111-19-25; Vu le code du patrimoine, notamment ses articles L. 621-1, L. 621-5 et L. 642-1; Vu le code de l’urbanisme, notamment ses articles L. 123-1-5 et L. 313-1; Vu la loi no 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis; Vu la loi no 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, notamment son article 21; Vu l’ordonnance no 2014-1090 du 26 septembre 2014 relative à la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d’habitation et de la voirie pour les personnes handicapées, notamment son article 16; Vu la lettre en date du 30 juin 2014 par laquelle le conseil général de Mayotte a été saisi pour avis; Vu l’avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées en date du 10 juillet 2014; Vu l’avis du Conseil national d’évaluation des normes en date du 10 juillet 2014; Le Conseil d’Etat (section des travaux publics) entendu,
Art. 1er. – Le code de la construction et de l’habitation est modifié conformément aux articles 2 à 15.
Art. 2. – L’intitulé de la sous-section 4 de la section 3 du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier devient: «Dispositions applicables lors de la construction d’établissements recevant du public ou de l’aménagement d’installations ouvertes au public».
Art. 3. – L’article R. 111-19 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. R. 111-19. – La présente sous-section est applicable lors de la construction d’établissements recevant du public et l’aménagement d’installations ouvertes au public.»
Art. 4. – Dans le premier alinéa de l’article R. 111-19-4 ainsi que dans le II de l’article R. 111-19-11, le mot: «supplémentaires» est remplacé par le mot: «spécifiques».
Art. 5. – L’article R. 111-19-6 est abrogé.
Art. 6. – L’intitulé de la sous-section 5 de la section 3 du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier devient: «Dispositions applicables aux établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et aux installations ouvertes au public existantes».
Art. 7. – L’article R. 111-19-7 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. R. 111-19-7. – I. – La présente sous-section est applicable aux établissements recevant du public existants ou créés dans un cadre bâti existant et aux installations ouvertes au public existantes.
«II. – Est considéré comme accessible aux personnes handicapées un établissement recevant du public existant ou créé dans un cadre bâti existant ou une installation ouverte au public existante permettant, dans des conditions normales de fonctionnement, à des personnes handicapées, avec la plus grande autonomie possible, de circuler, d’accéder aux locaux et équipements, d’utiliser les équipements, de se repérer, de communiquer et de bénéficier des prestations en vue desquelles cet établissement ou cette installation a été conçu. Les conditions d’accès des personnes handicapées doivent être les mêmes que celles des personnes valides ou, à défaut, présenter une qualité d’usage équivalente.
«III. – Le ministre chargé de la construction fixe, par arrêté, les obligations auxquelles doivent satisfaire les constructions et les aménagements propres à assurer l’accessibilité de ces établissements et de leurs abords en ce qui concerne les cheminements extérieurs, le stationnement des véhicules, les conditions d’accès et d’accueil dans les bâtiments, les circulations horizontales et verticales à l’intérieur des bâtiments, les locaux intérieurs et les sanitaires ouverts au public, les portes et les sas intérieurs et les sorties, les revêtements des sols et des parois ainsi que les équipements et mobiliers intérieurs et extérieurs susceptibles d’y être installés, notamment les dispositifs d’éclairage et d’information des usagers. «Cet arrêté prévoit la possibilité pour le maître d’ouvrage de satisfaire à ces obligations par des solutions d’effet équivalent aux dispositions techniques de l’arrêté dès lors que celles-ci répondent aux objectifs poursuivis. Il prévoit également des conditions particulières d’application des règles qu’il édicte lorsque les contraintes liées à la structure du bâtiment l’imposent.
«IV. – Le ministre chargé de la construction et, le cas échéant, le ou les ministres intéressés fixent, par arrêté, les obligations particulières auxquelles doivent satisfaire, dans le but d’assurer leur accessibilité, les établissements et installations recevant du public assis, les établissements disposant de locaux d’hébergement ouverts au public, les établissements et installations comportant des douches, des cabines d’essayage, d’habillage ou de déshabillage ou des espaces à usage individuel et les établissements et installations comportant des caisses de paiement disposées en batterie.»
Art. 8. – Les I, II et III de l’article R. 111-19-8 sont remplacés par les dispositions suivantes :
«I. – Les travaux de modification ou d’extension, réalisés dans les établissements recevant du public existants ou créés dans un cadre bâti existant et les installations ouvertes au public existantes doivent être tels que :
«a) S’ils sont réalisés à l’intérieur des volumes ou surfaces existants, ils permettent au minimum de maintenir les conditions d’accessibilité existantes ;
«b) S’ils entraînent la construction de surfaces ou de volumes nouveaux à l’intérieur du cadre bâti existant, les parties de bâtiments ainsi créées respectent les dispositions prévues à l’article R. 111-19-7.
«II. – Les établissements recevant du public existants ou créés dans un cadre bâti existant autres que ceux de cinquième catégorie au sens de l’article R. 123-19 doivent être rendus accessibles aux personnes handicapées, quel que soit leur handicap, conformément aux dispositions du III de l’article R. 111-19-7. Toutefois, la conformité des établissements pour lesquels des travaux de mise en accessibilité ont été autorisés avant la date d’entrée en vigueur de l’arrêté prévu au III de l’article R. 111-19-7, est appréciée au regard du a du II de l’article R. 111-19-8 en vigueur jusqu’à cette date. «En cas de modifications ou de renouvellement d’équipements dans ces établissements, l’opération est réalisée en assurant la conformité des éléments du bâtiment ou des équipements qui en font l’objet aux règles d’accessibilité prévues par l’article R. 111-19-7 qui leur sont applicables.
«III. – Les établissements recevant du public existants ou créés dans un cadre bâti existant classés en cinquième catégorie ainsi que les installations ouvertes au public existantes doivent satisfaire aux obligations suivantes :
«a) Une partie du bâtiment ou de l’installation assure l’accessibilité des personnes handicapées, quel que soit leur handicap, à l’ensemble des prestations en vue desquelles l’établissement ou l’installation est conçu. Toutefois, une partie des prestations peut être fournie par des mesures de substitution.
«La partie considérée du bâtiment doit être la plus proche possible de l’entrée principale ou d’une des entrées principales et doit être desservie par un cheminement usuel ;
«b) En cas de modifications dans des parties de bâtiment ou d’installation rendues accessibles conformément aux règles applicables avant le [date d’entrée en vigueur du présent décret], l’opération est réalisée en assurant la conformité des éléments du bâtiment qui en font l’objet aux règles d’accessibilité prévues par l’article R. 111-19-7 qui leur sont applicables. «Il en va de même lorsque les modifications sont réalisées dans les parties de bâtiment ou d’installation qui, situées au même niveau que ces parties accessibles, leur sont contiguës. «En cas de modifications dans des parties du bâtiment autres que celles visées aux deux alinéas précédents, l’opération est réalisée en améliorant l’accessibilité pour les personnes présentant une déficience autre que motrice.»
Art. 9. – L’article R. 111-19-10 est remplacé par les dispositions suivantes :
«1o En cas d’impossibilité technique résultant de l’environnement du bâtiment, notamment des caractéristiques du terrain, de la présence de constructions existantes ou de contraintes liées au classement de la zone de construction, notamment au regard de la réglementation de prévention contre les inondations ou en raison de difficultés liées à ses caractéristiques ou à la nature des travaux qui y sont réalisés ;
«2o En cas de contraintes liées à la conservation du patrimoine architectural dès lors que les travaux doivent être exécutés :
«a) A l’extérieur et, le cas échéant, à l’intérieur d’un établissement recevant du public classé au titre des monuments historiques en application de l’article L. 621-1 du code du patrimoine ou inscrit en application de l’article L. 621-25 du même code ou sur un bâtiment situé dans un secteur sauvegardé en application de l’article L. 313-1 du code de l’urbanisme dont la démolition, l’enlèvement, la modification ou l’altération sont interdits ou dont la modification est soumise à des conditions spéciales en application du b de cet article L. 313-1, ou sur un bâtiment identifié en application du 2o du III de l’article L. 123-1-5 du même code ;
«b) Sur un établissement recevant du public situé aux abords et dans le champ de visibilité d’un monument historique classé ou inscrit, ou dans une aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine au sens de l’article L. 642-1 du code du patrimoine ou dans un secteur sauvegardé, lorsque ces travaux sont de nature à porter atteinte à la qualité de ces espaces protégés ;
«3o Lorsqu’il y a une disproportion manifeste entre les améliorations apportées par la mise en oeuvre des prescriptions techniques d’accessibilité, d’une part, et leurs coûts, leurs effets sur l’usage du bâtiment et de ses abords ou la viabilité de l’exploitation de l’établissement, d’autre part, notamment: «a) Lorsque le coût ou la nature des travaux d’accessibilité sont tels qu’ils s’avèrent impossibles à financer ou qu’ils ont un impact négatif critique sur la viabilité économique de l’établissement et que l’existence de cette impossibilité ou de ces difficultés est établie notamment par le dépassement de seuils fixés par arrêté ; «b) Lorsqu’une rupture de la chaîne de déplacement au sein de l’emprise de l’établissement rend inutile la mise en oeuvre, en aval de cette rupture, d’une prescription technique d’accessibilité pour le ou les types de handicap déterminés ;
«4o Lorsque les copropriétaires d’un bâtiment à usage principal d’habitation existant au 28 septembre 2014 réunis en assemblée générale s’opposent, dans les conditions prévues par l’article 24 de la loi no 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, à la réalisation des travaux de mise en accessibilité d’un établissement recevant du public existant ou créé dans ce bâtiment. Lorsque ce refus est opposé à un établissement recevant du public existant dans ce bâtiment, la dérogation est accordée de plein droit. «Lorsqu’une dérogation a été accordée sur le fondement du a du 3o, une nouvelle demande doit être faite lorsqu’est déposée une demande de permis de construire portant sur cet établissement ou lorsque le propriétaire de cet établissement ou son exploitant dépose toute demande de permis de construire, sauf si ce permis a pour objet de satisfaire à une obligation réglementaire.» «II. – Dans le cas où l’établissement remplit une mission de service public, le représentant de l’Etat dans le département ne peut accorder une dérogation que si une mesure de substitution est prévue.
«III. – La demande de dérogation est transmise en trois exemplaires au représentant de l’Etat dans le département. «Elle indique les règles auxquelles le demandeur souhaite déroger, les éléments du projet auxquels elles s’appliquent, les justifications produites dont la nature est précisée par un arrêté du ministre chargé de la construction ainsi que les mesures de substitution proposées dans le cas où l’établissement remplit une mission de service public. «Le représentant de l’Etat dans le département se prononce selon les modalités prévues à l’arti-cle R. 111-19-23.»
Art. 10. – L’article R. 111-19-18 devient l’article D. 111-19-18 et il est complété par l’alinéa suivant :
«4o Le cas échéant, l’identification de l’agenda d’accessibilité programmée approuvé prévu par l’article L. 111-7-5.»
Art. 11. – L’article R. 111-19-22 est modifié comme suit: 1o Au premier et au deuxième alinéa, le mot: «cinq» est remplacé par le mot: «quatre»; 2o Au deuxième alinéa, après la première phrase, est ajoutée une phrase rédigée comme suit: «Si les pièces manquantes n’ont pas été transmises dans le délai fixé par l’autorité administrative ou, à défaut dans un délai d’un mois à compter de la date à laquelle la demande en a été faite au pétitionnaire, la demande d’autorisation est rejetée.»
Art. 12. – L’article R.111-19-23 est remplacé par les dispositions suivantes :
« Art. R. 111-19-23. – I. – L’autorité chargée de l’instruction transmet un exemplaire de la demande assortie du dossier mentionné au a de l’article R. 111-19-17 à la commission compétente en application de l’article R. 111-19-30, en vue de recueillir son avis sur les dispositions du projet au regard des règles d’accessibilité des personnes handicapées. Si la commission n’a pas transmis son avis dans un délai de deux mois à compter de sa saisine, elle est réputée avoir émis un avis favorable.
«II. – Lorsque la demande d’autorisation de travaux comporte une demande de dérogation en application de l’article R. 111-19-10 et que l’autorité compétente pour statuer sur la demande est le maire, celui-ci adresse sans délai, dès réception du dossier complet, un exemplaire de la demande et du dossier au préfet. «La commission d’accessibilité compétente pour émettre un avis sur cette demande d’autorisation comportant une demande de dérogation est la commission départementale. Cette compétence ne peut être déléguée. L’avis est adressé au préfet et à l’autorité chargée de l’instruction de la demande d’autorisation.
«Le préfet notifie sa décision motivée au demandeur de l’autorisation de travaux et en informe l’autorité chargée de l’instruction dans un délai de deux semaines suivant la décision. «A défaut de réponse du préfet dans le délai de trois mois et deux semaines à compter de la date à laquelle la demande d’autorisation a été reçue ou complétée, la dérogation sollicitée est réputée accordée lorsqu’elle concerne des établissements de troisième, quatrième et cinquième catégorie, et elle est réputée refusée lorsqu’elle concerne des établissements de première et deuxième catégorie.»
Art. 13. – L’article R. 111-19-24 est abrogé.
Art. 14. – A l’article R. 111-19-26, le mot: «cinq» est remplacé par le mot: «quatre».
Art. 15. – Le 7o de l’article R. 161-5 est remplacé par les dispositions suivantes: «7o
a) Le b du I de l’article R. 111-19-8 est remplacé par un paragraphe ainsi rédigé :
«b) S’ils entraînent la construction de surfaces ou de volumes nouveaux, les parties de bâtiments ainsi créées à partir du 1er janvier 2016 respectent les dispositions prévues à l’article R. 111-19-7.”;» «b) Les échéances mentionnées à l’article R. 111-19-9 sont reculées de sept ans.»
Art. 16. – Les dispositions du présent décret s’appliquent aux demandes de permis de construire et aux demandes d’autorisations de construire, aménager ou modifier un établissement recevant du public déposées à compter de sa date d’entrée en vigueur.
Art. 17. – La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Décret n°2014-1326 du 5 nopvembre 2014
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References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17