Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/grenade.htm
Timestamp: 2016-12-06 12:05:30+00:00

Document:
(Grenada) Capitale: Saint George's
Population: 96 000 (est. 2004)
Groupe majoritaire: anglais grenadien (95 %) Groupes minoritaires: anglais standard (5 %), créole anglais, patois français Système politique: monarchie constitutionnelle
Articles constitutionnels (langue): art. 3, 8, 15, 25 et 30 de la
Constitution du 19 décembre 1973
Lois linguistiques: Loi sur le développement de la Banque caribéenne (1969);
Loi sur les services bancaires extraterritoriaux (1996);
Loi sur les sociétés de gestion (1996);
Loi sur les sociétés internationales (1998).
La Grenade (Grenada en anglais) est un pays des Petites Antilles (voir la carte d'ensemble), membre du Commonwealth, situé dans le sud-est de la mer des Caraïbes, au sud de l'arc formé par les îles-du-Vent, à plus de 160 km des côtes du Venezuela. Son territoire englobe l'île de Grenade proprement dite et les îles du sud de l'archipel dites «Les Grenadines» (Carriacou et Petite-Martinique prononcé [Piti-mar-ti-nik]). La Grenade est connue aussi sous le nom de «Isle of Spice» (ou île aux Épices) en raison de la culture de la muscade et autres épices. L'île de Carriacou tient son nom d'un mot amérindien (ou caraïbe) signifiant «terre de récifs». La superficie totale du pays est l'une des plus petites au monde avec 344 km², l'île de Grenade seule s'étendant sur 311 km². Les autres petits pays de la même catégorie sont Saint-Vincent-et-les-Grenadines (389 km²), l'île de Malte (316 km²) en Europe et les Maldives (300 km²) dans l'océan Indien. La ville de Saint George's, la capitale de la Grenade, est le plus grand centre urbain ainsi que le principal port du pays; la ville comprend plus de 30 % de la population totale de l'île. La Grenade est constituée de six «paroisses» (Parishes) ou communes : Saint Andrew, Saint David, Saint George, Saint John, Saint Mark et Saint Patrick) et d'une dépendance (Carriacou-Petite-Martinique).
Le pays a connu plusieurs changements de noms au cours de ses 500 ans d'histoire. Les premiers habitants autochtones de l'île l'avait appelée en langue kalinago Camerhogne. Christophe Colomb l'a rebaptisée Concepción en espagnol, mais ce nom a été très tôt changé en Mayo sur les cartes. Plus tard, les Espagnols ont donné à l'île le nom de Granada en souvenir d'une région du même nom en Espagne. Les Français ont traduit ce nom par la Grenade. Finalement, les Britanniques l'ont adapté en Grenada.
Saint Andrew Grenville
24 135 99,0 km2 Saint David
11 011 44,0 km2 Saint George Saint George's
31 994 (4400, cap.)
65,0 km2 Saint Mark
3 861 25,0 km2 Saint John
8 752 35,0 km2 Saint Patrick Sauteurs
10 118 42,0 km2 Carriacou-
Petite-Martinique
95 597 344,5 km2 2 Données démolinguistiques
La population grenadienne est constituée de Noirs dans une proportion de 82 %, puis de Métis (13 %), de Blancs (2 %) et d'Indo-Pakistanais (3 %). La population était estimée à près de 96 000 habitants en 2004, la commune de Saint George (31 994 hab.) comptant, à elle seule avec la capitale (4400 hab.), quelque 38 % du total du pays. On ne dénombre que 8000 habitants à Carriacou et 600 à Petite-Martinique. La langue officielle de la Grenade est l'anglais, mais cette langue ne constitue pas la langue maternelle de la majorité de la population, bien qu'elle soit employée dans les secteurs du tourisme, de l'éducation, de l'administration publique, des affaires et des médias. Seuls les Blancs d'origine britannique (ou américaine) parlent l'anglais comme langue maternelle, ce qui correspond à environ 5 % de la population.
En effet, la très grande majorité des Grenadiens, probablement environ 95 %, parle l'anglais grenadien
Grenadian English), un anglais assez éloigné de l'anglais standard en raison des prononciations particulières et d'emprunts massifs au créole français et à l'espagnol, sans oublier les nombreuses différences de sens par rapport à l'anglais; on peut consulter le tableau de droite pour quelques exemples disponibles. Certains Grenadiens parlent aussi le
créole anglais caribéen des îles-du-Vent (Windward Caribbean Creole English), ce qui est différent de l'anglais grenadien. On ignore le nombre de ses locuteurs, mais il devrait être infime. Il existe à la Grenade un autre créole à base lexicale française appelé de plusieurs façons: patois français (French patois),
créole franco-antillais (Antillean Creole French) ou patois africain franco-anglais (French-English African patois). Cette langue est parlée par les Noirs depuis le XVIIIe siècle, mais elle pratiquement éteinte aujourd'hui, sauf dans les zones rurales chez les personnes plus âgées. On dit qu'elle parlent le «patois»; celui-ci est facilement intelligible avec celui parlé certaines régions de Sainte-Lucie et de la Dominique. Ceux qui parlent le créole sont bilingues. À peu près plus personne n'est unilingue créole, que ce soit le créole franco-antillais ou le créole anglo-caribéen. Ces dernières années, toutes les langues parlées à la Grenade, comme l'anglais grenadien, le patois français ou le créole anglo-caribéen, ont été envahies d'emprunts à l'espagnol.
Anglais grenadien
Allo, bonjour!
Message/make provisions
Dishes Wares
Generator Delco
Cet apport s'explique parce que de nombreux Grenadiens sont partis travailler dans des pays hispanophones tels que Cuba, Panama, le Venezuela ou le Costa Rica avant de revenir à la Grenade. Les habitants de la Grenade pratiquent la religion catholique dans une proportion de 53 %, l'anglicanisme, 13,8 %, et d'autres religions protestantes (33,2 %).
Avant l'arrivée des Européens, la Grenade était peuplée par les Arawaks. Il y a environ 1500 ans, ceux-ci avaient immigré du Venezuela pour se disperser dans les différentes îles des Antilles, incluant l'île de la Grenade. Un peu plus tard, soit vers 1200 de notre ère, les Arawaks entrèrent en conflit avec les Kalinago (appelés Caraïbes par les Européens), des Amérindiens plus agressifs qui les chassèrent en totalité. Les autochtones avaient appelé leur île Camerhogne en kalinago.
En 1498, Christophe Colomb découvrit l'île Camerhogne (la Grenade) qu'il baptisa alors Concepción. La population kalinago se montra farouchement hostile à la colonisation espagnole. Les Espagnols abandonnèrent l'île après lui avoir donné un nouveau nom, Granada, du nom d'une province d'Espagne (en Andalousie). En 1609, les Britanniques tentèrent de s’y établir, mais les Kalinago, réputés pour être cannibales, les chassèrent rapidement.
En 1650, les Français, qui chassaient déjà la tortue dans les parages, achetèrent l'île des Britanniques et s'y installèrent grâce à une société fondée par le cardinal de Richelieu. Les Français distribuèrent aux autochtones des boissons alcoolisées afin de les amadouer et les rendre plus pacifiques. La tactique ne donna pas l’effet escompté, car les Français durent se battre pour obtenir le contrôle de l’île. Ils fondèrent la ville de Saint-Georges en 1650 et donnèrent à l'île le nom de la Grenade (traduction de Granada). L'année suivante, l'escalade finale contre les autochtones eut lieu dans le nord de l'île, à la baie des Sauteurs, un toponyme resté parce que les Kalinago avaient préféré se jeter du haut des falaises plutôt que de se soumettre à la colonisation européenne. On peut dire que ce sont les Français qui liquidèrent les Kalinago caraïbes, ce qui correspondrait aujourd'hui à une forme de génocide.
Par la suite, les Français amenèrent des esclaves noirs pour les faire travailler dans les plantations de canne à sucre. D'innombrables toponymes français ou créoles témoignent de cette occupation qui favorisa la construction de nombreuses voies de communication et de plusieurs fortifications destinées à se défendre des Anglais: île Ronde, île Caille, île Saline, Petite-Martinique, baie des Sauteurs, baie Grand-Roy, baie Beauséjour, Grande-Anse, Mardigras, Grand-Étang, Lance-aux-Épines, Saint-Georges, Saint-David, Saint-Jean (devenu St John),
Saint-André (devenu St Andrew), Saint-Marc (devenu St Mark), Mome Docteur, Fort Jeudy, Belmont, etc. L'île est restée sous contrôle français jusqu'à sa capture par les Britanniques en 1762 lors de la guerre de Sept Ans.
La Grenade fut officiellement cédée à la Grande-Bretagne en 1763 par le traité de Paris. Les habitants continuèrent de parler le français et le créole français dans toute l'île. Puis, après une bataille sanglante à Saint-Georges qui fut mise à sac, les Français reprirent l'île en 1779. La langue et les traditions françaises restèrent prédominantes, mais le traité de Versailles de 1783 rendit l'île aux Anglais. La situation linguistique ne changea guère.
Le français et le créole français restèrent les langues de la grande majorité des habitants, c'est-à-dire des esclaves et des propriétaires terriens. Plus précisément, les esclaves utilisèrent le créole afin de pouvoir communiquer entre eux sans être compris par leurs maîtres britanniques, alors que les propriétaires terriens parlaient français. Bien que les nouveaux administrateurs britanniques utilisaient l'anglais, le français resta prédominant, du moins jusqu'en 1795, alors que les colons français se soulevèrent et organisèrent leur propre révolution inspirée de la Révolution française de 1789.
Déjà, l'économie de la Grenade avait subi des changements importants. Des catastrophes naturelles avaient détruit les plantations de canne à sucre. Un botaniste du nom de Joseph Banks conseilla au roi George III d'y introduire la culture de la muscade et d'autres épices.
Le sol de l'île paraissait idéal pour cultiver de telles épices. La réduction de la canne à sucre et la culture intensive de la muscade et du cacao favorisèrent la partition des terres en propriétés plus petites, ce qui entraîna aussi l'arrivée de nouveau fermiers anglais. Ceux-ci acquirent de nouveaux esclaves qui, cette fois-ci, développèrent un autre créole à base lexicale anglaise.
Mais l'esclavage fut aboli par la Grande-Bretagne en 1834. La Grenade devint une colonie régie par la British Windward Islands Administration (Administration britannique des Îles-du-Vent). Un gouverneur britannique administra l'île jusqu'à la fin des années soixante, ce qui favorisa définitivement l'essor de la langue anglaise et l'introduction de mots anglais dans le créole. Le français disparut, sauf sous sa forme créolisée restée répandue parmi les descendants des esclaves amenés par les Français. En 1958, la
British Windward Islands Administration fut dissoute et la Grenade rejoignit pour quelques années la Fédération des Antilles britanniques (Federation of the West Indies). La fédération s'effondra en 1962, mais le gouvernement britannique tenta de former une petite fédération à partir de ses dépendances des Caraïbes orientales. Ce fut aussi un échec, puis les Britanniques développèrent le concept de d'«État associé». En 1967, la Grenade devint un État associé au sein du Royaume-Uni et resta responsable de ses affaires internes, laissant à la Grande-Bretagne les affaires extérieures et la défense.
La colonie de la Grenade obtint son indépendance le 7 février 1974, avec pour leader Eric Gairy, une figure charismatique et controversée placée sur la scène publique au cours des années 1950. Dès lors, la Grenade adopta le modèle du système parlementaire britannique avec une monarchie constitutionnelle (le souverain britannique) et un gouverneur général nommé par Londres pour représenter la couronne; l'anglais resta la langue officielle par tradition. Eric Gairy fut le premier premier ministre de la Grenade. Il créa une police secrète nommée les «gangs des mangoustes».
En mars 1979, le régime de Gairy fut renversé par un coup d'État, alors que le leader était absent du pays. L'initiateur du renversement fut son opposant, Maurice Bishop, le dirigeant du New Jewel Movement, une formation radicale favorable au régime cubain.
Inspiré par le modèle cubain, le régime révolutionnaire de Bishop adopta des mesures sociales (réforme agraire, programme d'éducation populaire, etc.) et reçut l'appui de Cuba, de la Libye et de l'URSS. La Constitution et le Parlement furent suspendues.
Maurice Bishop régna sur l'île jusqu'à sa mort survenue lors d'un coup d'État qui le renversa en octobre 1983; en réalité, Bishop fut exécuté avec ses complices. Tout ce tumulte et la menace des étudiants en médecine américains reclus sur l’île agirent comme catalyseur pour la «mission de sauvetage» par les forces américaines survenue un peu plus tard. En effet, le 23 octobre, à la demande de l'Organisation des pays des Caraïbes orientales, les États-Unis lancèrent dans l'île une opération militaire pour permettre la mise en place d'un nouveau régime plus démocratique. La Grenade fut alors gouvernée par un conseil exécutif provisoire jusqu'aux élections législatives de 1984. Herbert A. Blaize, à la tête d'une coalition, le Nouveau Parti national, devient premier ministre. Après sa mort, en 1989, des élections furent organisées en mars 1990 et une coalition gouvernementale dirigée par Nicholas Brathwaite se mit en place. Au début de l’année 1995, Nicholas Brathwaite démissionna et fut remplacé par Keith Mitchell en juin 1995. Son gouvernement, jugé autoritaire, s’attira les violentes critiques de l’opposition. En avril 1997, l’île rétablit ses relations diplomatiques avec Cuba.
Comme c'est souvent le cas des petits États des Antilles, la Grenade n'a pas élaboré de politique linguistique spécifique. L'État pratique donc une politique de non-intervention en matière linguistique. L'anglais est le langue officielle du pays, même s'il n'a jamais été proclamé ni dans une loi ni même dans la Constitution. C'est par tradition (on dit de facto) que l'anglais a acquis ce statut depuis le début de la colonisation britannique. 4.1 La langue de l'État
À la Grenade, toutes les communications formelles, écrite et orales, se font en anglais standard. Que ce soit au Parlement (Chambre des représentants et Sénat), dans l'Administration, au tribunal, etc., seul l'anglais standard est admis. Les réunions du Cabinet et les débats parlementaires oraux, de même que la procédure judiciaire, peuvent se dérouler en «anglais grenadien», mais dès qu'il s'agit de l'écrit c'est le recours à l'anglais standard. Autrement dit, les lois sont discutées en anglais standard ou en «anglais grenadien», mais elles sont toujours adoptées et promulguées en anglais standard; la procédure judiciaire se déroule généralement en «anglais grenadien», mais la sentence est prononcée en anglais standard. Dans toute l'administration gouvernementale, les employés s'expriment en «anglais grenadien» entre eux et avec leurs concitoyens, mais n'écrivent qu'en anglais standard et passent aussitôt à cette variété avec un anglophone ou un étranger. 4.2 La langue de l'éducation
Dans les écoles, l'unique langue d'enseignement est l'anglais standard; le système d'éducation grenadien est calqué sur celui de la Grande-Bretagne, tant pour le primaire que pour le secondaire. Au primaire, les matières enseignée sont la lecture, l'écriture, la grammaire anglaise, l'arithmétique, la géographie, l'histoire et les sciences de base. Au secondaire, les élèves apprennent les mathématiques, la littérature anglaise, l'histoire, la géographie, la biologie, la physique, la chimie, le français et/ou l'espagnol. Pour la quasi-totalité des Grenadiens, l'anglais demeure une langue seconde.
Le seul document juridique où l'on mentionne la question de la langue, c'est dans la Constitution de 1973 En réalité, il s'agit de dispositions qui permettent, sans le dire de façon précise, d'utiliser l'anglais grenadien, voire le «French patois» lors d'une arrestation ou d'une détention, ou au tribunal. L'article 3.2 énonce ce qui suit:
Les article 8 et 15 reprennent les mêmes dispositions:
1) Quand un individu est détenu en vertu de la présente loi tel qu'il est mentionné à l'article 14 de la présente Constitution, les dispositions suivantes s'appliqueront, soit :a)
aussitôt qu'il sera possible de le faire, et en tout cas pas plus de sept jours après le début de sa détention, il lui sera fourni une déclaration écrite dans une langue qu'il comprend spécifiant en détail les motifs de sa détention; L'article 25 révèle que, pour être sénateur, un candidat doit être capable de parler et de lire la langue anglaise avec une maîtrise suffisante
pour lui permettre de prendre une part active aux débats du Sénat:
c) elle est capable de parler et lire la langue anglaise avec une compétence suffisante
pour lui permettre de prendre une part active aux débats du Sénat, à moins qu'elle ne frappée d'incapacité par cécité ou d'autres causes physiques. Il en est de même à l'article 30 pour être élu à la Chambre des représentants:
elle est capable de parler et lire la langue anglaise avec une compétence suffisante pour lui permettre de prendre une part active aux débats de la Chambre, à moins qu'elle ne soit
frappée d'incapacité par la cécité ou d'autres causes physiques. La Grenade possède plusieurs établissements post-secondaires pour la formation technique ou universitaire de ses citoyens : l'Institute for Further Education (l'Institut pour la formation continue), le Teacher Training College (l'École normale),
le collège Marryshow, la
Mirabeau Agricultural School (l'École agricole Mirabeau) et le Technical and Vocational Institute (l'Institut technique et professionnel). La seule langue d'enseignement est l'anglais standard. La St. George's Medical School (l'École de médecine de Saint-Georges), bien qu'administrée par la Grenade, sert surtout pour desservir des étudiants étrangers, la plupart de ceux-ci provenant des États-Unis. 4.3 La langue des affaires
Il n'existe que très peu de lois faisant allusion à la langue anglaise dans le domaine des affaires. Citons, entre autres, la
Loi sur le développement de la Banque caribéenne (1969), la
Loi sur les services bancaires extraterritoriaux (1996), la
Loi sur les sociétés de gestion (1996) et la
Loi sur les sociétés internationales (1998). La
Loi sur le développement de la Banque caribéenne (1969) est une loi adoptée par plusieurs États des Caraïbes. L'article 311 énonce que «l'anglais
est la langue officielle de la Banque». L'article 25 de la
Loi sur les services bancaires extraterritoriaux précise que certains termes, même en anglais, ne sont autorisés lors de l'obtention d'un permis qu'avec l'approbation du Ministre, mais l'article 34 stipule que les rapports administratifs doivent être rédigés en anglais, sinon une traduction certifiée doit être ajoutée:
Quant à la la
Loi sur les sociétés de gestion (1996), elle ne prescrit pas l'anglais en particulier dans le déroulement des activités commerciales, mais la
Loi sur les sociétés internationales (1998) traite des «statuts de continuation». Ce type de statuts est utilisé lorsqu’une compagnie ou une société commerciale, régie normalement par une loi sur les sociétés (compagnies), désire continuer son existence sous la même loi. Ces statuts doivent être accompagnés de l’avis établissant, par exemple, l’adresse du siège et la liste des administrateurs. À la Grenade, l'article 84 de la loi de 1998 établit clairement que ces statuts doivent être rédigée en anglais ou, s'ils sont dans une autre langue, être accompagnés d'une traduction certifiée conforme en anglais et être autorisés par les administrateurs: Article 84
(c) Les statuts de continuation, accompagnés d'un exemplaire de la charte et des statuts de l'entreprise ou de leur équivalent, sont rédigés en anglais ou, s'ils sont rédigés dans une autre langue, doivent être accompagnés d'une traduction certifiée conforme en anglais et être soumis au registraire qui doit les conserver et les consigner dans le registre;
Ces quelques textes démontent l'importance de la langue anglaise dans les affaires commerciales.
4.4 La langue des médias
Il n'existe aucun quotidien à la Grenade, mais le pays compte quelques hebdomadaires (Grenada Today, The Grenadain Voice, Grenada Lake Herald Newspaper, The Daily Star, etc.)
et plusieurs autres journaux périodiques, tous en langue anglaise. Du côté des médias électroniques, en principe seul l'anglais standard est admis, mais à la radio (Spice Capital Radio, CRFM, Harbour Light Radio,
YSFM, Quality Radio, Harbour Light Radio|on, etc.) certain bulletins de nouvelles, de nombreuses émissions religieuses ainsi que les programmes musicaux peuvent être en anglais grenadien, voire en French patois. Grenada TV est la principale chaîne de télévision, diffusée en anglais. La politique linguistique de la Grenade en est une de non-intervention qui consiste à perpétuer les pratiques en vigueur lors du colonialisme britannique. Les affaires publiques se déroulent en anglais, mais le peuple continue de parler son anglais local (grenadien). Le gouvernement n'a jamais tenté d'introduire officiellement l'usage de cette langue dans l'Administration, l'enseignement et les médias. Pour le moment, les tentatives d'introduire cet usage tardent encore, même si les locuteurs de l'anglais grenadien constituent la majorité linguistique dans le pays. S'il y tiennent vraiment, ils pourraient faire modifier la situation à la condition de bousculer les forces favorables à l'anglais. À court terme, on ne voit pas comment la Grenade pourrait changer de politique, laquelle joue sur la diglossie anglo-grenadienne et anglais standard. Il est quand même dommage que l'État ne fasse rien pour empêcher le créole français (le French patois) de s'éteindre. Certaines personnes âgées parlent encore ce créole, mais elles sont de plus en plus rares parce que, à la différence de Sainte-Lucie et de La Dominique, qui sont situées près des îles françaises de la Martinique et de la Guadeloupe, la Grenade n'a pas de voisins francophones pour tenir cette langue vivante. Dernière
BECK, Robert J. The Grenada invasion: politics, law, and foreign policy decisionmaking, Boulder, Colo. (USA), Westview Press, 1993, 263 p.
Alister. «Influences of French creole on the Grenadian language», conférence présentée à la Marryshow House lors de la «French Week», le 11 mai 1989.
LOPPNOW, Richard Edward. Deciding quickly and deciding well: a case study of Grenada, thèse de doctorat, University of Miami, Floride, 1996. 464 feuillets.

References: art. 3
 L'article 3
 l'article 14
 L'article 25
 l'article 30
 L'article 311
 L'article 25
 l'article 34
 l'article 84