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Timestamp: 2017-02-26 14:44:58+00:00

Document:
Synode sur la famille : le document de travail en français : États d'âme
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Synode sur la famille : le document de travail en français
Le Vatican avait rendu public, le 23 juin 2015, l'Instrumentum laboris, le document de travail qui sera utilisé à la prochaine assemblée synodale, du 4 au 25 octobre. Ce document est disponible en français.
Nous avions annoncé la publication de ce document le 24 juin.
La version complète, traduite en français par la salle de presse du Saint-Siège, est maintenant disponible.
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Un texte en lévitation.
Ce qui frappe dans ce texte , c'est sa construction totalement "hors sol " qui obère d'ores et déjà et indépendamment de son contenu ,la possibilité qu'il puisse avoir une quelconque portée pratique.
Cette fois encore ce document prend comme hypothèse de départ une vision totalement idéalisée et abstraite de la famille qu'il considère comme la norme et il étudie ensuite les cas et situations "hors norme"(causes , conséquences et moyens d'y remédier) qu'il convient de traiter avec miséricorde. Tout ce texte envisage la réalité comme une exception à la vision idéale de la famille considérée comme celle de l'origine.
Exemple : point 11 "dans les relations familiales , conjugales, filiales et fraternelles tous les membres de la famille tissent des liens solides et gratuits, dans la concorde et le respect réciproque, qui permettent de dépasser les risques d'isolement et de solitude".
Cette définition ,donnée de départ de la famille, ne résiste pas une seule seconde à l'examen y compris dans les familles les plus unies et les plus "exemplaires" tant elle fait l'impasse sur ces réalités que sont l'inconscient et l'histoire familiale antérieure qui déterminent aussi et parfois lourdement, les relations familiales réelles.
Exemple : point 39 "Il faut comprendre la nouveauté du sacrement nuptial chrétien dans la continuité avec le mariage naturel des origines"
Le texte amalgame ici le plan symbolique (le mariage des origines qui n'a aucune réalité historique) et le plan historique concret : le sacrement de mariage pour un couple en chair et en os. Comme si le mariage concret devait obligatoirement se vivre en fonction des critères du mariage symbolique "des origines". Cela le rend au sens propre incompréhensible.On ne peut pas fonder la vision et les exigences concrètes d'une vie de couple en les déduisant d'une vision symbolique abstraite :" le mariage des origines."
C'est donc toute l'épistémologie du discours du magistère qui empêche structurellement qu'il puisse faire sens dans l'histoire concrète des hommes et qui le rend , malgré tous les efforts consentis et la bonne volonté de ses rédacteurs ,totalement inaudible.
Ce qui m'étonne le plus c'est que la méthode du magistère (rappeler un idéal et attendre que le réel s'y conforme) est antinomique avec la méthode de l'intervention de Dieu dans l'histoire des hommes telle que nous la rapporte l'Ecriture tant dans la première alliance que dans la deuxième .
Au risque de la provocation , on peut se surprendre à penser que l'épistémologie du magistère est antinomique avec la notion même de l'incarnation (coeur de notre foi chrétienne); Dieu ne répète pas de manière incantatoire sa Loi et ses commandements ,il se fait homme pour la vivre, les vivre concrètement au milieu des hommes.
Écrit par : guy legrand | 09 juillet 2015
Ah là,là, Guy ,avec vous ce n'est jamais çà,absolument jamais puisque vous ,apparemment vous savez. Je trouve cela un peu fatiguant à la longue
Votre commentaire me fait encore une fois bien sourire; à vous lire, et des votre premier paragraphe, les Pères du Synode et l'Église n'ont plus qu'aller se rhabiller ! Et hop, fermez le ban ! Moi il me va très bien ce texte. C'est une très bonne base de travail qui a le mérite d'avoir levé toute les ambiguïtés que pouvaient comporter le premier document de synthèse (qui n'avait d'ailleurs pas vocation à être publié). Je suis pour ma part très joyeux de retrouver toute la cohérence du message de l'Evangile et l'appel à la Miséricorde que ce document comporte. Le Saint Esprit est manifestement a l'oeuvre. Cohérence aussi avec tout le corpus du message du Pape contenu dans sa récente encyclique et les appels fermes et pressants qu 'il nous adresse en ce moment depuis l'Amérique du Sud.
Franchement, tout cela ne vaut - il pas mieux que cette condamnation définitive que vous portez ? Ne vous posez vous donc pas la question d'une certaine remise en cause à opérer , ou tout au moins d'un certain recul à prendre, tant je vous lis depuis quelques jours sur ce blog, qui êtes semble-t - il en rébellion ou en révolte contre tout ce qui vient de l'Église depuis environ un siècle? Vous ne devez pas rigoler tous les jours, et c'est bien dommage car la vie est trop courte pour la vivre ainsi...
Ken avoir.
Écrit par : Fustige | 09 juillet 2015
Guy, je partage pleinement votre analyse.
On est "dans la vapeur vaticane" des vieux célibataires qui rêvent totalement et sont déjà dans les nuages des cieux...
Je n'oserai même pas montre ce texte à quiconque tant c'est un tissu de lieux communs et d'erreurs psychologiques et psychanalytiques....
Dire qu'il suffit de dire aux couples "qu'il faut partir de la conviction que l’homme vient de Dieu" (35) et que dès lors tout ira mieux chez les Bisounours cathos... c'est un raccourci saisissant !!! ... qui n'apporte rien à Mr etMme Toutlemonde....
Tout ça pour "ça" ... !
« … toute la cohérence du message de l’Évangile et l'appel à la Miséricorde que ce document comporte. » écrivez-vous.
L’hypocrisie et la méchanceté sont-elles donc cohérentes avec l’Évangile ? (voir à ce propos mon post précédent concernant l'article 130 du document de travail).
En espérant témoigner de sa miséricorde, d’entrée de jeu le Magistère retombe dans ses travers et autres péchés mignons.
Écrit par : Robert | 10 juillet 2015
Bonjour Le Voyageur, J'apprécie la réflexion et l'introspection qui structurent vos différents commentaires. Lors d'une deuxième lecture en diagonal de vos messages mon oeil accroche les mots les plus importants avec leurs articulations, certaines de vos idées me touchent particulièrement. Je me permets de vous demander d'expliquer un peu plus votre avis:
"Je n'oserai même pas montrer ce texte à quiconque tant c'est un tissu de lieux communs et d'erreurs psychologiques et psychanalytiques..."
Pouvez-vous donner un exemple flagrant (d'erreur) du domaine de la psychologie, de la psychanalyse? j'ignore la définition précise (qui dépasse les 3 premières lettres ;-) ) des deux disciplines et leurs domaines d'intervention ; mon Église se présente "experte en humanité" mais apprécie modérément les avis d'autres experts. Cela ne facilite pas la compréhension de l'ensemble... Avec cette question, je vous offre un bon blouson enveloppant qui protège des jets d'avis lapidaires "c'est faux!", "c'est triste!", "c'est mal!", etc. à la limite de l'attaque personnelle. Tout dialogue à besoin d'un minimum de confort! Bien cordialement.
Écrit par : FXM | 10 juillet 2015
Voilà le texte auquel on aboutit lorsqu’on conçoit d’élaborer la théologie en vase clos, la pastorale n’en étant que le champ d’application, alors que si on suivait l’intuition de la théologie de la libération, on partirait de la praxis, du vécu. De plus cette théologie est élaborée par des personnes n’ayant absolument aucune expérience concrète des joies et des peines, des hauts et des bas d’une vie familiale. Par contre ils ont le culot de vouloir dire à ceux qui ont une vie familiale, comment il faut se comporter. Ces personnes n’ont non plus aucune expérience de la consultation de la base. C’est un très bon coup médiatique de demander à la base ce qu’elle pense, mais si on n’en tient pas compte, ou si éventuellement on en tient compte pour s’efforcer de rectifier le tir, parce que la seule approche possible est la leur, on continue à vouloir infantiliser les croyants et in fine on exprime un profond mépris vis-à-vis d’eux. Au risque de choquer, je vais jusqu’à affirmer que la famille idéale telle que la conçoit la tradition catholique n’existe plus guère. Mais lisez d’abord le texte avant de sauter au plafond.
Écrit par : Georges Heichelbech | 09 juillet 2015
à Fustige et Dominique,
Je n'ai pas parlé du contenu du texte mais de sa méthode. Pour faire simple: cela me fait penser à ce dessin ou l'on voit une cascade qui s'autoalimente du fait d'une faute de perspective. La magistère prend ce dessin comme référence et demande aux fidèles de construire leur propre cascade (famille ,mariage ) sur ce modèle.
La faute de perspective étant d'une part le fait de considérer un récit symbolique (la Genèse ) comme un impératif catégorique moral et d'autre part d'entendre le mot origine comme un moment du temps alors qu'il signifie ce qui caractérise la vie de chacun à son début, l'incomplétude qui est propre à la condition humaine. Si vous y arrivez , tant mieux pour vous. Pour ma part (avec quelques autres aussi ) non seulement je ne sais pas faire, mais de plus cela ne m'ouvre aucun chemin pour m'améliorer.
Écrit par : legrand guy | 09 juillet 2015
Il n'est nullement indispensable d'analyser les textes du magistère pour s'améliorer ,car qu'est-ce qui nous permet en premier lieu de nous améliorer c'est le Saint Esprit.Les textes du magistère ne vous parlent pas ,vraiment pas.Jusqu'à un certain point ce n'est pas fondamental me semble-t-il,et admettez donc que tout le monde ne soit pas de votre avis.
Ah bon?les hommes d'Eglise sont donc des extra-terrestres n'ayant bien évidemment aucune famille et ce depuis le départ donc ils ne savent rien, absolument rien qu'ils se taisent donc et tout ira mieux
Réponse à G heichelbech
Les prélats ont l’expérience lointaine de leur vie de famille lorsqu'ils étaient enfants. Mais vous ne pouvez pas nier qu'ils n'ont absolument aucune expérience de ce qu'est une vie couple. De la vie de couple, ils ne connaissent que ce que leur en disent les couples qu'ils côtoient. Ce qui est fort différent. J'ai un couple d'amis depuis 30 ans, nous sommes, mon mari et moi leurs témoins de mariage, et ils sont nos témoins de mariage. Nous sommes très liés mais je ne prétendrais jamais savoir ce qui fait leur vie de couple. J'en connais quelques éléments mais pas la totalité.
Écrit par : Mathilde | 09 juillet 2015
A propos des personnes homosexuelles, l’article 130 {55} du document de travail réutilise les mêmes termes et les mêmes expressions que l’article 2358 du Catéchisme de l’Église catholique.
En particulier, en stipulant que « A leur égard, on évitera toute marque de discrimination injuste », l’article 130 {55} du document de travail présente la même ambiguïté que l’article 2358 du Catéchisme de l’Eglise catholique.
L’ambiguïté réside dans l’expression « discrimination injuste ».
Ce qu’il faut savoir – mais ce que le document passe intentionnellement sous silence – c’est que l’Église fait la distinction entre les personnes homosexuelles, selon qu’elles sont chastes ou non chastes. A l’égard des personnes homosexuelles qui sont chastes, toute marque de discrimination doit être évitée (cas de la discrimination injuste).
En revanche, à l’égard de toute personne homosexuelle qui n’est pas chaste, la discrimination doit être exercée (cas de la discrimination juste).
Par cette formulation pudique pour s’exprimer sur la chasteté des personnes homosexuelles, le Catéchisme de l’Église catholique est lui-même en infraction avec son huitième commandement, en particulier avec son article 2468, qui précise que «… La vérité ou véracité est la vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et à dire vrai en ses paroles, en se gardant de la duplicité, de la simulation et de l’hypocrisie. »
En maintenant intentionnellement cette ambiguïté et donc par son hypocrisie, l’article 130 {55} du document de travail est en opposition avec le huitième commandement.
En outre, en prêchant la discrimination à l’égard d’une frange de personnes homosexuelles, l’Église catholique prêche la méchanceté à leur égard, strictement aux antipodes de l’enseignement du Christ.
@Robert. Merci, Robert, de souligner cette curieuse association "discrimination injuste". Pour moi, c'est un pléonasme. Le catéchisme n'étant pas suspect de commettre des fautes de langage, cela sous-entend qu'il existe, selon l'Église catholique, des "discriminations justes". Ce que, personnellement, je ne comprends pas. Sur le sujet de l'homosexualité, voici ce que l'Église de France met en ligne :
Écrit par : François VERCELLETTO | 10 juillet 2015
C'est dingue de vouloir remettre sans cesse le sujet de l'homosexualité sur le tapis ! Et puis si vous voulez un cathechisme qui ne soit ni hypocrite ni ambigu, référez vous à ceux d'avant le concile, celui de Saint Pie X est par exemple très bien
"cela sous-entend qu'il existe, selon l'Église catholique, des "discriminations justes""
Et bien oui, il existe des discriminations justes. Lorsque vous avez besoin d'une cuillère pour manger votre yahourt, vous n'acceptez pas une cuillère à servir. C'est pourtant une forme de discmination, la discrimination n'étant que le fait de choisir selon des critères particuliers.
C'est pareils dans la vie de tous les jours. Lorsque vous recherchez un éboueur, vous ne prenez pas quelqu'un qui ne peut se déplacer qu'en chaise roulante, même s'il le demande. Pourquoi? Parce que vous savez qu'il ne pourra pas accomplir son travail. Et pourtant, en faisant ce choix, vous faites de la discrimination.
La discrimination peut être juste si elle est faite au regard du besoin et non d'une forme d'intolérance.
Après, concernant l'homosexualité, c'est plus délicat, c'est certain. Et ce n'est pas tant à l'Eglise qu'à chacun d'entre nous de savoir où est la limite dans notre vie de tous les jours.
Écrit par : Roland | 10 juillet 2015
Merci Roland d'éclaircir cette formulation de "discrimination injuste". Effectivement discriminer n'est pas mauvais en soi. Étant étudiant en statistiques, j'ai même appris des techniques de discrimination :)
"sinon effectivement le qualificatif injuste ne servirait à rien" dites-vous :
L'expression "discrimination injuste" ne sert qu'à tromper le lecteur lambda, qui l'interprète en lisant que "toute discrimination doit être évitée parce qu'elle serait injuste".
Or, en interprétant ainsi, le lecteur est mené en bateau.
L’Église fait même une liste des discriminations "justes" pour les homos qui ont l'outrecuidance de ne pas cacher leur homosexualité. Logement, allocations familiales, emplois.... doivent leur être refusés. http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19920724_homosexual-persons_fr.html
Écrit par : Mathilde | 10 juillet 2015
@ Georges : en quoi est-ce "dingue" de remettre le sujet de l'homosexualité sur le tapis ? il se trouve que c'est un des points sur lesquels le synode est attendu, sur lesquels l'Eglise est interpelée depuis longtemps, sur lesquels de nombreux chrétiens catholiques pensent la conception défendue par le magistère comme erronée. Pourquoi ne pas en parler ? Parce que l'Eglise ne changera jamais d'avis (je crois au contraire qu'elle le fera) et que vous considérez qu'elle a bien raison ? Dites-nous donc quels sont les sujets qui peuvent "être mis sur le tapis" et qui présentent un intérêt à vos yeux ? Si cela vous soûle, rien ne vous oblige à en parler, que je sache.
Écrit par : Véro | 10 juillet 2015
A l'attention de François V.
« La chasteté ne se réduit pas à l’abstinence sexuelle ou à la continence ».
En disant cela, le Père Dominique Foyer affirme qu’à son sens (et au sens de l’Eglise de France ?), l’abstinence sexuelle ne suffit pas pour faire preuve de chasteté.
Quant à affirmer que l’abstinence sexuelle s’imposerait pour faire preuve de chasteté, le Père D. Foyer ne s’avance pas, préférant mettre l’accent sur la charité.
Ne considérant l’abstinence sexuelle ni comme une condition suffisante ni comme une condition nécessaire pour faire preuve de chasteté, le Père D. Foyer semble donc vouloir démontrer que l’Eglise aurait une autre définition de la « chasteté » que la définition couramment admise.
Et si, au sens de l’Eglise, « chasteté » peut s’identifier à « charité », la question de savoir si l’abstinence sexuelle est requise serait alors évacuée.
Mais n’anticipons pas, car ce serait faire abstraction de l’avis de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, porte-parole officiel du Magistère en la matière.
Or le 29 décembre 1975, le Magistère a pris officiellement position dans sa Déclaration « Persona Humana » et n’a guère changé d’avis depuis lors (voir ci-dessous).
http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_fr.html
De plus, le Magistère a également publié, en 1992, la liste des « discriminations » qu’il estime devoir être exercées à l’encontre des personnes homosexuelles (voir ci-dessous) :
Tant que le Magistère de l’Eglise catholique n’aura pas abandonné son postulat selon lequel toute relation sexuelle doit être « ouverte à la vie » et donc susceptible de procréer, il me semble très difficile – voire impossible – de concilier l’avis du Père Dominique Foyer avec la position officielle du Magistère en la matière.
Ne nous voilons pas la face : si Monsieur Stefanini n’a toujours pas été nommé au poste d’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, la « charité » n’est probablement pas l’unique critère retenu par le Magistère…
Le 10 avril 2010, l’évêque de Poitiers Mgr Rouet s’exprimait ainsi : « L’Eglise est menacée de devenir une sous-culture (…). Ce n’est pas en accusant la société de tous les maux qu’on éclaire les gens. »
Écrit par : Robert | 11 juillet 2015
@Roland. On peut jouer sur les mots. J'aime bien d'ailleurs... Plus sérieusement, il ne vous a pas échappé, j'espère, que la discrimination est connotée péjorativement et s'entend communément comme un "traitement différencié, inégalitaire, appliqué à des personnes sur la base de critères variables".
Sauf que visiblement ce n'est pas ce sens du mot discrimination qui est employé ici, sinon effectivement le qualificatif injuste ne servirait à rien
On peut donner le sens péjoratif que l'on veut à n'importe quel mot, comme le font de nombreuses personnes désirant manipuler le sens des mots et le discours. Mais franchement, ce manque de rigueur est affligeant, et je vomi ce relativisme
Écrit par : Roland | 13 juillet 2015
Vomissez sur ce que vous voulez, mais ce mot a une connotatio péjorative:
Écrit par : Mathilde | 14 juillet 2015
C'est bizarre, quand j'ai appris les techniques de discrimination en cours de statistiques on ne m'a jamais parlé de la connotation péjorative. Et sinon citer Wikipedia n'a jamais été un argument, ça peut très bien être vous qui avez écrit ce que vous vouliez nous faire lire avant de nous renvoyer vers l'article en question
Écrit par : Georges | 14 juillet 2015
Et l'expérience m'a prouvée que ce sont ceux qui se disent le plus "tolérant" qui pratiquent le plus la discrimination
Écrit par : Koopa Troopa | 10 juillet 2015
Le piège de l'injonction paradoxale.
En se gardant de tout préjugé , la lecture attentive de cet "intrumentum laboris" suscite cependant un certain malaise,né de la contradiction initiale qui le sous tend et qu'il n'arrive pas à résoudre.En effet, ce texte ( l'honnêteté et la bonne volonté des auteurs ne sont pas en cause) affirme simultanément la primauté de l'absolu de la règle et la volonté de prendre en compte la réalité avec miséricorde. Cette contradiction il la résume lui même parfaitement au §137 à propos d'Humanae Vitae:"D'une part le rôle de la conscience conçue comme voix de Dieu ... de l'autre l'indication morale objective..."
Ce type d'approche conduit le texte à s'engluer dans l'injonction paradoxale , ce qui obère sa portée pratique.
§130: "Il n'y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies même lointaines , entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille" et l'importance de l'accueil des personnes homosexuelles qui "doivent être accueillies avec respect et délicatesse".
§125 sur la communion spirituelle: "qui suppose la conversion et l'état de grâce et qu'elle est liée à la communion sacramentelle."Ce qui conduit à exclure les divorcés remariés dont la pérennité de la "situation désordonnée " est incompatible avec l'état de grâce. Et simultanément " en évitant tout langage et toute attitude qui fassent peser sur eux un sentiment de discrimination"(§120) Comme le concile de Trente avait échoué à pouvoir penser les évolutions de la société du XVI° siècle avec les seuls outils obsolètes de la pensée scolastique, ce texte révèle le même type de difficultés:
Le §141 affirme le "droit à la mort naturelle" alors que toute la question aujourd'hui est bien de définir les critères de la mort naturelle et plus encore de savoir si cette notion a encore un sens.
Ce texte reste écartelé entre le souci véritable de la miséricorde et le principe de l'absolutisation de la norme qui conduit à vouloir objectiver toutes les situations de la vie réelle quand bien même leur complexité rend cette tentative vaine:
Au § 94 le texte rappelle à juste titre : "parmi elles (les vertus ) la chasteté apparait comme une condition précieuse pour la croissance authentique de l'amour interpersonnel ". Voilà l'exemple d'une proposition dont on mesure tout l'intérêt et la profondeur spirituelle et qui perd tout son sens en devenant une norme. Est il possible de réduire la chasteté à la préconisation de l'abstention de rapports sexuels avant le mariage alors que l'Evangile (Matthieu 5,27-30) nouis rappele avec force que le simple regard de désir sur une femme est constitutif de l'adultère?
Dans ce texte,le magistère constate que la vie spirituelle ne peut plus s'enfermer dans un cadre doctrinal et il faut s'en réjouir, mais il ne franchit pas encore le pas d'en tirer toutes les conséquences: renoncer à la primauté de la doctrine dans la conception et l'affirmation de son discours.
Le prochain synode voudra t il et pourra t il franchir cet obstacle là qui détermine pour une grande part la crédibilité de la Parole de l'Eglise dont le contenu pourtant peut continuer à donner sens à nos vies?
Écrit par : guy legrand | 10 juillet 2015
Comment est-ce possible qu'un gang d'hommes puissent décider de ce qui est bon pour une famille, ils n'ont aucune expérience de la famille, ils n'ont aucune idée de ce qu'est une famille, et vous croyez parce qu'au nom de Dieu ils vont savoir ce que vivent des couples depuis des années, c'est totalement ridicule, dans tous les autres domaines, il y a des experts qui connaissent leur expertise, et vous croyez parce qu'ils se targuent de connaître Dieu plus que nous les néophytes, qu'ils détiennent la vérité de la famille, eux qui sont sans aucune expertise. Nous n'avons aucunement besoin de l'avis d'homme en robe pour savoir ce que Dieu veut de nous, Dieu est en chacun de nous, et personne ne connaît mieux notre Dieu que nous-mêmes.
Écrit par : charles | 10 juillet 2015
Jésus n'avait aucune expérience de la vie conjugale et familiale. La référence à l'évangile est donc inutile.
Écrit par : Jules | 11 juillet 2015
Jésus connaissait cependant assez la famille pour dire:
3:25 Si une famille
Est divisée contre elle-même,
Ne pourra pas se maintenir. (Marc)
Écrit par : Jean Bescond | 11 juillet 2015
Vous n'allez tout de même pas comparer Jésus qui était Dieu à ce gang d'hommes en robes, Il n'y a aucune comparaison possible, et Jésus étant Dieu connaissait la famille dans son coeur, il connaissait les femmes puisqu'il les a mis sur la carte, votre comparaison est vraiment de mauvais goût, cela frise l'ignominie, car il n'y a aucune comparaison entre Jésus et cette église où les hommes modernes portent encore des robes.
Écrit par : charles | 11 juillet 2015
à Charles. Oui, Jésus est Dieu, mais il est homme aussi: vous ne pouvez pas utiliser votre foi en Jésus, Christ, Fils de Dieu fait homme, pour affirmer de Jésus des choses qui le feraient sortir de la condition humaine. L'homme Jésus n'était pas omniscient. IL avait, sur l'humanité, la connaissance que pouvait avoir un homme de son temps, un homme juste et bon. Il faut prendre l'incarnation au sérieux; si Jésus ne partage pas notre faiblesse, notre ignorance, notre obscurité, il ne partage pas notre humanité.
Écrit par : anne-marie H. | 12 juillet 2015
à Georges, Mathilde, Roland, qui discutent du mot "discrimination". Dans toutes les langues du monde, le même mot peut prendre des sens différents selon le contexte. Ainsi, le mot "langue" ne désigne pas la même chose (ou le même concept) dans les expressions suivantes:
- une langue de boeuf sauce tomate
- "Tiens ta langue!"
Et même quand le référent est le même, le contexte peut mettre en relief des connotations péjoratives ou mélioratives. Ainsi, lorsqu'un membre du parti socialsite emploie l'adjectif "socialiste", on peut supposer que la connotation est soit neutre, soit favorable. Mais quand Jacques Brel fait dire à la "dame patronesse" de sa chanson:
"j'ai dû rayer de ma liste une pauvresse qui fréquentait un socialiste", la connotation est clairement négative, bien que l'objet désigné (un socialiste) soit le même dans les deux cas. Pour revenir à la discrimination, ce mot ne veut carrément pas dire la même chose selon qu'il s'agit d'un phénomène statistique ou d'un comportement social. Celui qui fait semblant de croire qu'il s'agit de la même chose prend ses interlocuteurs pour des niais.
Écrit par : anne-marie H. | 14 juillet 2015
« Tant que le Magistère de l’Église catholique n’aura pas abandonné son « idée fixe » – selon laquelle une relation sexuelle doit forcément être « ouverte à la vie » c’est-à-dire doit être susceptible de procréer, sa suspicion et sa réprobation ataviques du plaisir sexuel des humains risquent d’éloigner ces derniers encore plus du message évangélique, dont la transmission est pourtant sa seule raison d’exister. » Le seul fait d’abandonner cette « idée fixe » permettrait, au moins, à l’Église catholique d’être ouverte et accueillante sur les points suivants : (a)	Plus rien n’empêcherait la régulation des naissances d’être chimiquement assistée (b)	Aucune personne homosexuelle ne devrait plus être victime de la moindre discrimination. P.S. Commentaires des Articles 2369, 2370 du Catéchisme de l’Église catholique (La fécondité du mariage)
www.aquarelles-expert.be/Article_2369_Article_2370.pdf
Écrit par : Robert | 17 juillet 2015
Vous avez peut-être raison, mais vous n'êtes ni Pape ni Cardinal, ni Evêque, et vous n'êtes pas non plus l'auteur des Encycliques...
Pour ma part, je ne m'en plaindrai pas !
Écrit par : Fustige | 17 juillet 2015
Merci, Fustige, pour cette réaction.
Vous avez raison, je ne suis ni Pape ni Cardinal :-) mais j’espère que mon évêque, Mgr Bonny – qui participera au Synode en octobre prochain – aura, lui, suffisamment d’impact.
A ce propos, ces lignes – extraites de la lettre qu'il avait adressée aux Pères synodaux avant la session d’octobre 2014 – me semblent très pertinentes :
« … Bref : dans le discours ecclésial à propos du mariage et de la famille doivent pouvoir résonner plus clairement les termes de "compagnon de route" et de "fraternité", comme le pape François écrit : "Il est nécessaire d’aider à reconnaitre que l’unique voie consiste dans le fait d’apprendre à rencontrer les autres en adoptant le comportement juste, en les appréciant et en les acceptant comme des compagnons de route, sans résistances intérieures. Mieux encore, il s’agit d’apprendre à découvrir Jésus dans le visage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes." »
Car je pense que c’est « la base » qui doit d’abord être convaincue de ce qu'il faudrait changer, et à lire ce que Mgr Bonny a écrit, je comprends qu’il souhaite que le discours ecclésial y soit attentif.
Malheureusement c'est pas gagné!Il suffit de lire l’interview de Mgr Sarah dans O-F de ce dimanche!
Mgr Bonny va devoir faire preuve de beaucoup d’opiniâtreté!
Écrit par : Mathilde | 20 juillet 2015
Oui, Mathilde, je sais que c’est loin d’être gagné.
Mais c’est le moment de changer de mentalité et de cesser de penser que nos actions n’ont pas d’impact. Car notre indifférence, notre abstention, notre inertie et notre apathie – étant contraires à l’espérance – risquent fort de s’identifier au péché.
Divorcés remariés, homosexualité, contraception : autant de questions concrètes qui posent problèmes.
Faire comme si on n’y pouvait rien serait contraire à l’espérance, à mon avis.
Dans « Je crois mais parfois autrement » (éd. L’Harmattan, 2010), Paul Abela a écrit : « L’avenir du christianisme dépend un peu de nous et de ce que nous ferons pour en traduire l’essentiel dans le langage d’aujourd’hui et le délester de ce qui l’encombre. »
Une recension de ce livre est accessible ci-dessous :
http://www.lautreparole.org/articles/555
Écrit par : Robert | 20 juillet 2015
C'est plutôt Mgr Sarah qui va devoir faire preuve d'opiniâtreté quand on voit Mgr Bonny...
Je soutiens à fond Mgr Sarah. L'avenir de l'Église est là. N'en déplaisent aux racistes.

References: l'article 130
in fine
 §137

§130

§125
 §141
 § 94