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Synthèse informatique déloyale : Différence entre versions — April MediaWiki
Synthèse informatique déloyale : Différence entre versions
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(→‎Le projet Palladium : une technologie consubstantielle à l'architecture Microsoft)
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Jtadeusz (discussion | contributions)
(→‎Les enjeux concurrentiels : vers un verrouillage progressif du marché ?)
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De manière générale, le terme d'informatique « de confiance » désigne aujourd'hui de nombreux projets, parallèles et/ou concurrents, qui cherchent à étendre le contrôle d'usage en direction du matériel<ref>on étend donc les mesures de contrôle d'usage déjà existantes avec les DRM sur des œuvres données au contrôle de l'équipement : par exemple, une licence OEM Windows ne peut être valable que pour une carte mère et (parfois) un disque dur donnés : toute modification du système sera refusée par le système d'exploitation. </ref>.
Les plus connus sont Palladium, devenu [http://fr.wikipedia.org/wiki/Next-generation_secure_computing_base NGSCB] (« ''Next Generation Secure Computing Base'' » Base d'information sécurisée de nouvelle génération) et [http://fr.wikipedia.org/wiki/Trusted_Computing_Group TCG] (Trusted Computing Group, ex TCPA pour « ''Trusted Computing Platform Alliance'' », Plateforme d'Alliance de l'informatique de confiance).
=== L'origine de l'informatique déloyale ===
==== Le « Trusted Computing Plateform Alliance » ====
=== Les dangers de l'informatique déloyale ===
Depuis, plus d'une décennie maintenant, les plus importants fournisseurs et constructeurs de matériels informatiques et de logiciels pour PC s'efforcent de construire « une informatique de confiance » En 1999 émerge le consortium d'entreprises « Trusted computing plateform alliance » ( puis rebaptisée à partir de 2003 » Trusted Computing Group » TPG ) qui sera à l'origine d'une nouvelle industrie visant à sécuriser l'informatique, mais sécuriser pour qui et contre qui ?
L'origine du projet en dit long sur sa raison d'être, il s'agit d'une alliance d'entreprises informatiques parmi lesquelles se retrouvent Compaq, HP, IBM, Intel, Microsoft, AMD, etc. afin de bâtir une informatique dite de « confiance » dont le principe de base repose sur une mesure technique à savoir assigner une signature à chaque objet informatique et déléguer par la suite à un « tiers de confiance » le soin de vérifier si l’objet manipulé est autorisé à être utilisé sur un système informatique donné. Mais conscient des enjeux concurrentiels, le projet TCPA a publié des spécifications « open source » c'est-à-dire libres de tout son système, disponible en téléchargement sur son site web[http://www.trustedcomputinggroup.org/]. Reste que la disponibilité des codes ne garantie pas la liberté des usages. En effet il peut s'agir d'un "trompe l'oeil" s'il existe par ailleurs des brevets apportant de nombreuses restrictions à la mise en oeuvre de ces derniers.
==== Le projet Palladium : une technologie consubstantielle à l'architecture Microsoft ====
Officiellement, selon Microsoft l'objectif du déploiement d'un tel dispositif technique est de résoudre l'ensemble des problèmes de sécurités informatiques « et de créer des applications distribuées d'un type nouveau où chaque composant puisse faire confiance aux autres parties du système à savoir logicielles ou matérielles » <ref> http://fr.wikipedia.org/wiki/Next-generation_secure_computing_base </ref>. La NGSCB permet de sécuriser l'ensemble du système contre les virus et autres malwares dès lors le concept reste le même. Mais, l’usage fait de la technologie a perdu chez Microsoft toute notion de transparence. Et pour cause, le décalage entre les déclarations et les faits,peut laisser perplexes. Au moment du lancement du projet et face aux craintes de nombreux acteurs dont le monde du logiciel libre, Microsoft a souhaité rassurer en déclarant que le dispositif technique matériel du projet offrirait une spécification publique et qu’ainsi un acteur du logiciel libre tel que le noyau Linux, par exemple, pourra accéder à la technologie et fonctionner ainsi sur le matériel implémenté. Ceci étant, il n’existe à l'heure d'aujourd'hui, aucune certitude sur la question. Par ailleurs, Microsoft dispose d’un grand nombre de brevets sur l’utilisation de cette technologie de sorte que la société pourrait interdire l’accès aux fonctions de la technologie en question à tous concurrents, comme le noyau Linux qui gagne de plus en plus de part de marché.
Aussi d'un point de vue technique, Microsoft va encore plus loin que le projet initial. En effet, NGSCB utilise extensivement le processeur cryptographique connu sous le nom de Trusted Plateform Module (TPM) ou encore surnommé puce Fritz <ref> Du nom du sénateur américain Ernest Fritz Hollings ayant soutenu les amendements de la loi américaine favorisant ce projet </ref>.
=== Les risques de l'informatique déloyale ===
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* malgré son but affiché de sécurité privée, l'informatique déloyale sert d'abord à mettre en place des dispositifs de contrôle d'usage, notamment pour renforcer les [[Synthèse_drm|DRM]] mis en place par les majors de l'industrie du divertissement ;
* elle interdit aux utilisateurs de choisir leurs logiciels ou de désactiver des mesures de contrôle d'usage, et leur fait encourir un risque de blocage de la machine en cas de tentative de désactivation<ref>Voir ci-dessous les exemples de l'iPhone et d'eFuse</ref> ;
* elle exclut les produits concurrents sans possibilité de recours, et notamment tout Logiciel Libre, [[empêchant ainsi l'utilisation de toute alternative libre]].
* elle exclut les produits concurrents sans possibilité de recours, et notamment tout Logiciel Libre.
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=== La restriction des droits de l'utilisateur ou la perte de contrôle de son propre matériel===
Le premier danger de l'informatique déloyale est la perte du contrôle de sa propre machine et donc une régression de la liberté primaire du consommateur de pouvoir faire l'usage qu'il souhaite de son propre matériel. Les constructeurs affirment actuellement qu'il y a une possibilité de contournement<ref> voir par exemple : « Activer ou désactiver le module de plateforme sécurisée » http://technet.microsoft.com/fr-fr/library/cc754524.aspx </ref> des mesures mises en place, et que l'utilisateur pourra faire fonctionner un programme affiché comme n'étant pas de confiance. Mais rien ne garantit que ces possibilités seront maintenues dans le temps, d'autant que l'idée de publier les spécifications techniques est rejetée en bloc par les entreprises commercialisant ces verrous. De plus, une telle attitude est aussi inacceptable ethniquement : elle revient à demander aux utilisateurs de se mettre volontairement dans une situation de dépendance vis-à-vis de ses « fournisseurs », sous prétexte qu'ils sont pour l'instant de bonne volonté.
Le premier danger de l'informatique déloyale est la perte du contrôle de sa propre machine et donc une régression de la liberté du consommateur de pouvoir faire l'usage qu'il souhaite de son propre matériel. Les constructeurs affirment qu'il y a une possibilité de contournement<ref> voir par exemple : « Activer ou désactiver le module de plateforme sécurisée » http://technet.microsoft.com/fr-fr/library/cc754524.aspx </ref> des mesures mises en place. Mais rien ne garantit que ces possibilités seront maintenues dans le temps, alors même que les utilisateurs se retrouvent dans une situation de dépendance.
Ainsi, force est de constater que l'informatique dite de confiance est un leurre, qui sous-couvert d'offrir un environnement sécurisé à l'utilisateur, en contrôle les usages. En d'autres termes , à travers la technologie secure boot , les fabricants ont désormais en main les moyens techniques d'empêcher les usages qu'ils n'avaient pas prévus. Et pour cause, le démarrage sécurisé s'étend du processus primaire de démarrage et perdure jusqu'au noyau du système d'exploitation. Il innerve ainsi l'ensemble de l'infrastructure de la machine et non seulement le démarrage tel que ce système se présente. Ainsi la vérification des signatures s'enclenche pour le moindre logiciel s'exécutant sur l'ordinateur. Ces dangers pour le consommateur sont tout aussi valables pour les auteurs/éditeurs de logiciels.L'informatique déloyale ne permet pas l'intéropérabilité et donc la possibilité de proposer des programmes qui puissent fonctionner avec le système verrouillé; en d'autres termes, il devient alors nécessaire de faire de la rétro-ingéniérie pour proposer de nouveaux programmes.
Bien sûr, certains continueront d'étudier le matériel et le logiciel pour comprendre leur fonctionnement par ingénierie inverse. Mais étant donné la complexité de ce système ainsi que les coûts de telles études (le premier étant l'achat du matériel), ces études seront de moins en moins nombreuses, de plus en plus coûteuses et décourageront un grand nombre d'utilisateurs qui ne souhaitaient pourtant pas un tel contrôle. La liberté d'usage serait alors limitée à un très petit nombre, créant ainsi des discriminations entre les experts du domaine et le grand public.
Ces dangers pour le consommateur sont tout aussi valables pour les auteurs/éditeurs de logiciels, en empêchant l'interopérabilité et toute possibilité de proposer des programmes qui puissent fonctionner avec le système verrouillé.
Bien sûr, certains continueront d'étudier le matériel et le logiciel pour comprendre leur fonctionnement, notamment par ingénierie inverse. Mais étant donnés la complexité et les coûts de telles études, celles-ci seront de moins en moins nombreuses et décourageront un grand nombre d'utilisateurs. La liberté d'usage serait alors limitée à un très petit nombre, créant ainsi des discriminations entre les experts du domaine et le grand public.
Mais pourquoi le consommateur devrait il remettre le droit d'user de son bien au bon vouloir d'un tiers, quand bien même serait-il de « confiance » ? Le seul qui devrait légitimement avoir la liberté du contrôle de sa machine est le consommateur, ce qui suppose qu'il soit seul à décider de la création, de l'octroi et de la suppression des clés cryptographiques, des certificats et des signatures numériques. Or le système actuel que Microsoft propose ne satisfait pas à ses libertés primaires. Microsoft laisse, certes, le consommateur libre de désactiver le démarrage sécurisé mais selon les dires de Microsoft même, cette desactivation se fait « à vos propres risques » [http://blogs.msdn.com/b/b8_fr/archive/2011/09/26/protection-de-l-environnement-pr-233-syst-232-me-d-exploitation-avec-uefi.aspx]. Ainsi il est à craindre que cette faculté ne soit que « poudre aux yeux ». En effet d'une part , cette faculté n'existe que sur les PC et ne couvre donc pas l'ensemble des marchés affectés par le système de verrouillage. Puis, d'autre part d'un point de vue pratique, la faculté de désactiver le secure boot n'est pas à la portée de tous, même des informaticiens avertis ont démontré par leurs expériences qu'il n'était pas si aisé de le désactiver et encore moins d'installer des solutions libres au sein des machines implémentés de la technologie. Pire encore, des retours d'expériences démontrent qu'il est impossible de réaliser un dual-boot avec Linux c'est-à-dire de disposer sur sa machine de deux systèmes d'exploitations, ce qui était possible avant cette nouvelle technologie. Ainsi force est de constater que cette technologie semble brider l'essence même de l'ordinateur personnel qui offre la liberté de tous les usages, pour en faire un ordinateur verrouillé certifié 100 % Windows.
Pire encore, dans le cas d'une machine connectée à internet, cette connexion permet aux fabricants de modifier les restrictions d'usages à tout moment, à l'insu même de l'utilisateur, par exemple sous la forme d'une mise à jour qu'il accepte sans véritablement savoir ce qu'elle renferme précisément.
En 2006, le député Pierre LASBORDES qui fut chargé par le Premier ministre d'une étude sur le renforcement de la sécurité des systèmes d'information avait pourtant rendu un rapport pointant du doigt les dangers du secure booot, il énonçait alors que « pour certains ces limitations d'usage sont justifiées par le développement du commerce électronique et la gestion sûre des droits de propriété intellectuelle. Mais en restreignant les droits des utilisateurs, NGSCB (Next Generation Secure Computing Base), donne un droit de regard aux constructeurs de matériels et de logiciels, de l'usage fait des ordinateurs personnels. Cette émergence d'une informatique de confiance conduirait un nombre très limité de sociétés à imposer leur modèle de sécurité à la planète, en autorisant ou non, par la délivrance de certificats numériques, des applications à s'exécuter sur des PC donnés. Il en résulterait une mise en cause de l'autonomie des individus et des organisations (restriction des droits de l'utilisateur sur sa propre machine). Cela constitue une menace évidente à la souveraineté des États » <ref>Page 80 Rapport rendu au Premier ministre le 13 janvier 2006, « La sécurité des systèmes d'information : un enjeu majeur pour la France » par Pierre LASBORDES, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/064000048/index.shtml </ref>.
=== Dissimulation des objectifs et absence de choix : comment l'informatique déloyale se fait accepter auprès du grand public ===
Certains programmes ou fichiers pourraient n'être ouverts que par des logiciels répondant aux normes de contrôle de l'informatique déloyale. En d'autres termes, vous ne pourriez plus jouer à votre jeu préféré, ou même lire des DVD ou des albums musicaux distribués par certaines compagnies, si vous ne possédez pas d'ordinateur tatoué ; peut-être que vous seriez contraints de choisir un éditeur particulier pour tous les contenus numériques que vous voulez lire, ou vous ne pourriez plus communiquer avec vos proches utilisant un équipement différent. Difficile pour beaucoup de résister...
Ces régressions des libertés au nom d'une sécurité largement illusoire (des moyens de contournement seront sans doute créés par la suite) sont inacceptables et mettent en danger l'existence même d'un choix libre concernant les programmes et logiciels.
De telles mesures pourraient porter atteinte à l'ensemble du logiciel libre, par exemple par la mise en place d'un catalogue de programmes émanant d'un seul groupe d'entreprises et qui interdirait tout autre programme<ref> Comme c'est déjà le cas avec l'Appstore d'Apple par exemple</ref>.
Le seul moyen de « compenser » le piétinement de cette liberté reste le renforcement de l'information due au consommateur. La Free Software Foundation Europe (FSFE) demande à ce titre qu'il y ait une obligation d'information préalable à l'achat d'un appareil afin que le consommateur soit informé de l'ensemble des mesures techniques ainsi que des restrictions d'usages spécifiques et leurs conséquences pour les usages du propriétaire.
Pire encore, certains utilisateurs se satisferaient sans doute d'être soumis à ces techniques au nom de la sécurité. Puisque tous les processus sont vérifiés au préalable, la présence de logiciels malveillants serait limitée par la mise en place d'une liste pré-établie.
À ce titre la France semble faire un premier pas dans ce sens. L'actuel projet de loi relatif à la consommation <ref> http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl1015.asp </ref>, prévoit de renforcer l'information due au consommateur, renforçant par la même occasion sa liberté d'usage des biens. En effet, en guise de transposition de l'article 5 de la directive 2011/83/UE du 25 octobre 20113 relative aux droits des consommateurs, l'article 4 du projet prévoit d'ajouter à l'article L 111-1 du code de la consommation , relatif aux informations générales précontractuelles, plusieurs obligations d'informations nouvelles concernant les mesures techniques de protection ainsi que l'interopérabilité. Cette nouvelle obligation d'information pourrait ainsi à l'avenir contrainte les fabricants à mentionner la présence du secure boot au sein des machines vendues. Par ailleurs,le projet de loi prévoit également la mise en place d'une class action <ref> Action de groupe: une procédure par laquelle une association ou un groupe d'individus saisit seul un juge pour le compte d'un groupe d'individus qui ont le même litige </ref> française. Une class action qui pourrait dissuader à l'avenir les professionnels au profit d'une meilleure protection du consommateur.
== La Tivoïsation du monde — la tentative d'éviction des libertés du logiciel ==
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=== La GPL v3, réponse à la tivoïsation ===
Pour écarter les dangers de la tivoïsation, la GPL<ref> <em>General Public License</em>, Licence Publique Générale http://www.april.org/fr/quest-ce-que-la-gpl </ref> v3<ref> pour plus d'informations, voir notamment http://www.gnu.org/licenses/rms-why-gplv3.fr.html </ref> a été écrite en posant comme principe que si la mise en place de DRM n'est pas interdite en tant que telle, il doit être possible d'enlever toute fonctionnalité non souhaitée. En d'autres termes, plutôt que d'interdire les mesures de contrôle d'usage, elle s'assure de la possibilité pour les utilisateurs de contourner de telles mesures. Il s'agit donc de maintenir les libertés de tous les utilisateurs : ceux qui souhaitent garder l'environnement limité et contrôlé peuvent le faire, mais ceux qui souhaitent s'en affranchir ne sont plus empêchés de le faire. C'est, pour reprendre les termes des rédacteurs de la licence, le moyen d'éviter que « le droit de modifier votre logiciel [ne devienne] caduc si aucun de vos ordinateurs ne vous le permet »<ref> http://www.gnu.org/licenses/quick-guide-gplv3.fr.html </ref>.
Pour écarter les dangers de la tivoïsation, la GPL<ref> <em>General Public License</em>, Licence Publique Générale http://www.april.org/fr/quest-ce-que-la-gpl </ref> v3<ref> pour plus d'informations, voir notamment http://www.gnu.org/licenses/rms-why-gplv3.fr.html </ref> pose comme principe que si la mise en place de DRM n'est pas interdite en tant que telle, il doit être possible d'enlever toute fonctionnalité non souhaitée. En d'autres termes, plutôt que d'interdire les mesures de contrôle d'usage, elle s'assure de la possibilité pour les utilisateurs de contourner de telles mesures. Il s'agit donc de maintenir les libertés de tous les utilisateurs : ceux qui souhaitent garder l'environnement limité et contrôlé peuvent le faire, mais ceux qui souhaitent s'en affranchir ne sont plus empêchés de le faire. C'est, pour reprendre les termes des rédacteurs de la licence, le moyen d'éviter que « le droit de modifier votre logiciel [ne devienne] caduc si aucun de vos ordinateurs ne vous le permet »<ref> http://www.gnu.org/licenses/quick-guide-gplv3.fr.html </ref>.
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=== Un exemple de tivoïsation : le modèle de Symbian ===
L'OS développé par Symbian exige que tous les programmes soient signés par l'entreprise pour pouvoir fonctionner sur les appareils vendus sous sa marque. Ainsi, bien que Symbian OS soit sous licence libre et que le code source soit disponible, les libertés perdent toute valeur, car les appareils exigent d'utiliser exclusivement les programmes proposés par l'entreprise. Pour pouvoir faire des modifications, il faut ainsi demander la permission à Symbian. Cette demande d'autorisation est payante, et peut être limitée par Symbian à la modification du code sur un seul téléphone précis (identification par numéro IMEI)<ref>Pour plus d'information, voir le site de Symbian : https://www.symbiansigned.com/app/page</ref>.
Symbian OS est pourtant sous licence libre : mais celle-ci perd toute valeur, car les appareils sont toujours bloqués et exigent d'utiliser exclusivement les programmes proposés par l'entreprise. Pour pouvoir faire des modifications, il faut ainsi demander la permission à Symbian, qui propose des régimes plus ou moins restrictifs selon le domaine concerné. Cette demande d'autorisation est payante, et surtout peut être limitée par Symbian à la modification du code sur un seul téléphone précis (identification par numéro IMEI)<ref>Pour plus d'information, voir le site de Symbian : https://www.symbiansigned.com/app/page</ref>. Ainsi, la licence libre du système d'exploitation perd toute pertinence : la liberté n'est plus que théorique et ne peut plus être mise en pratique.
=== L'éviction patente des logiciels libres ===
L'éviction des logiciels et des systèmes d'exploitations libres est patente. En effet, si les mesures de sécurité ne sont pas en elles-mêmes contraires au logiciel libre, les modalités actuelles de sa mise en œuvre renferment des dangers inéluctables pour le développement du logiciel libre.
L'éviction des logiciels et des systèmes d'exploitations libres est patente. En effet, si les mesures de sécurité ne sont pas en elles-mêmes contraires au logiciel libre, les modalités de mise en œuvre renferment des dangers pour son développement.
La technologie est a priori neutre, mais l'usage qui en est fait ne l'est pas toujours. Cette nouvelle technologie qui a vocation à étendre ses tentacules à l'ensemble du marché informatique, porte potentiellement en germe d'importants dangers pour la libre concurrence et l'innovation. Et pour cause, à ce jour aucune information complémentaire n'a été donné sur ce « tiers de confiance » ni sur la manière dont il est désigné. Pire encore, à l'heure d'aujourd'hui, seul Microsoft, répond à cette appellation. Dès lors quid de sa neutralité, peut-il être à la fois régulateur privé et acteur du marché ?
Ainsi, force est de constater, que de facto, un logiciel quelconque qui n'aurait pu obtenir au préalable une signature référencée chez le « tiers de confiance » comme étant habilité à un usage sur le matériel informatique sera purement et simplement rejeté et donc hors de portée du consommateur. N'y a t-il pas là une absurdité aberrante ? Comment peut-on octroyer à une entreprise hégémonique sur le marché, les clés pour agréer ses propres concurrents ?
Une barrière tarifaire doit également être soulignée ; les développeurs du Libre n'ont pas forcément les moyens ni la possibilité même de payer une certification. La lumière n'a pas encore été faite sur les conditions d'obtention d'une certification : personnalité morale, obligation de commercialisation ? À ce jour, seuls deux éditeurs de logiciels libres ont cédé : Canonical et de Red Hat ont payé pour obtenir une clé et permettre ainsi aux ordinateurs de pouvoir lancer leurs systèmes d'exploitation.
Le reste des solutions libres ne pourront pas démarrer en mode sécurisé. Et même un logiciel libre installé sur un système d'exploitation propriétaire certifié ne pourra pas démarrer dans le sous-système TCG / NGSCB de la machine. Ainsi l'existence même des logiciels libres sur le marché est gravement menacée.
== Vers un environnement entièrement contrôlé ? ==
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==== La tentative de contrôle du marché des technologies de l'information ? ====
Microsoft a de tout temps eu une place hégémonique sur le marché du secteur des technologies de l'information, lui offrant toutes les commodités rêvées pour son épanouissement. Dès lors cet acteur à tout intérêt à mettre l'ensemble des moyens nécessaires afin d'asseoir cette position: du loobying auprès de l'éducation nationale pour ainsi prendre le consommateur au berceau, jusqu'aux mesures techniques, aujourd'hui, pour clôturer sa stratégie.
Théoriquement, la place de leadership sur le marché ou encore mieux, de « monopoliste » offre un grand nombre d'avantages : agir sur la structure même du prix, puisqu'on a une multitude de demandeurs face à un offreur unique, sans concurrence possible.
Quels sont les intérêts d'une telle position, tant convoitée ?
Théoriquement, la place de leadership sur le marché ou encore mieux, de « monopoliste » offre un grand nombre d'avantages. Premièrement quant au pouvoir non négligeable d'agir sur la structure même du prix. En effet, nul ne peut ignorer la règle économique élémentaire de l'offre et de la demande à savoir que le prix résulte de la rencontre de l'offre et de la demande sur un marché donné.Or appliqué au monopole, celle-ci débouche sur le constat suivant :une multitude de demandeur face à un offreur unique. L'offreur unique est alors roi car libre d'imposer le prix qu'il souhaite. Il est « price maker » <ref> littéralement faiseur de prix </ref>. Cette situation s'oppose à celle qui existerait dans le cadre d'une concurrence pure et parfaite où l'atomicité de l'offre et de la demande évite qu'un offreur du marché soit en mesure d'influencer sa structure et le prix résulte alors de la rencontre de la multitude d'offre et de demande sur le marché. Chaque offreur est alors « price taker » <ref> littéralement « preneur de prix » </ref>, tout en sachant que la demande est une fonction décroissante du prix.
En l'espèce, c'est-à dire appliqué au cas de Microsoft, on observe que le prix des licences c'est-à dire le droit d'utiliser les produits Microsoft, n'ont eu de cesse de croître. La première version de Windows connue sous le nom de Windows 1.01, sortie le 20 novembre 1985, était commercialisé à 99 dollars. Aujourd'hui, la dernière version commercialisé à partir du 26 octobre 2012 sous le nom de Windows 8 est disponible pour un prix moyen de 119,99 euros et 279,99 euros pour la version professionnelle. Autrement dit , entre 1985 et 2012 le prix de de la licence n'a pas fléchi mais a au contraire augmenté. Alors même que normalement le coût des technologies classiquement diminuent avec le temps et que dès lors le prix de vente devrait, dans un idéal de concurrence pure et parfaite, baisser face à la concurrence et à la démocratisation du produit. La seule exception concerne l'éducation nationale où les coûts de licence sont minimes voir dérisoires, qu'on pourrait assimiler d'ailleurs à des « prix prédateurs » à savoir un prix inférieur au coût de production marginal. Or dans le cadre d'un bien immatériel le coût de production marginal est quasi nul, ce qui permet à Microsoft, d'user et d'abuser de telle campagne de prix. En l'occurrence, il s'agit d'une offre de licence spécifique à l'éducation nationale, dont on peut comprendre l'intérêt. Au delà de l'idée d'accompagner le développement du numérique à l'école de manière totalement désintéressée , on peut noter que l'avantage pour Microsoft est bien entendu de permettre l'apprentissage des outils Microsoft dans les collèges et les lycées de la planète entière, pour mieux permettre l'accoutumance des consommateurs voire une addiction aux produits Microsoft dès le plus jeune âge afin d'assurer la pérennité de l'éditeur unique au fil des générations. Cela témoigne bien d'une emprise, si ce n'est d'une maîtrise quasi parfaite, du marché par Microsoft.
Au delà même des préoccupations économiques et concurrentiels, l'enjeu est celui de la préservation de la démocratie même. Le secteur des technologies de l'information est un secteur stratégique à l'ère d'un monde ultra connecté. Ainsi la main mise d'un seul acteur, quel qui soit sur l'ensemble de ce secteur est plus que dangereux. Les technologies de l'information ont pénétré l'ensemble des foyers de la planète, ou du moins des pays développés. L'ensemble des consommateurs du monde utilisent donc au quotidien ces technologies de l'information (téléphonie mobile, email, réseaux sociaux, traitement de texte pour planifier son quotidien …).Ces profils de consommation constituent une mine d'or qui attise l'intérêt des professionnels du monde entier et on a pu l'observer ces dernières années par le développement du marketing comportemental. Les entreprises elles mêmes investissent des sommes astronomiques afin de développer leurs réseaux informatiques sur lequel repose toutes leurs activités.La technologie est aujourd'hui, plus que jamais, devenue « le nerf de la guerre ». Un marché à conquérir et pour Microsoft un marché à conserver. Dans cette optique, le secure boot n'est qu'une illustration de plus, de sa stratégie. Pour avoir une illustration concrète des stratégies d'évictions passées, nous pouvons prendre l'exemple emblématique de Netscape.
Netscape était le navigateur web qui dominait le marché dans les années 1990, son activé était pour le moins pérenne et rien ne présageait sa sortie du marché. Reste que l'arrivée d'Internet explorer sur le marché, autrement dit le navigateur web de Microsoft, a permis l'éviction de Netscape du marché. Comment ? Microsoft aurait convaincu -ou imposer - à une grande parties des éditeurs web de contenu que « Exporer était devenu le standard, et qu'ils avaient donc intérêt à y adapter leur sites web » <ref> Hold up planétaire:Roberto Di Cosmo et Dominique Nora, Éditions zéro heure,page 19 </ref>. Quid de la véracité de ces propos ? Microsoft est il devenu un standard ? Un standard de fait, sûrement, mais quant est-il légalement ? Il n'existe aucun standard obligatoire légalement. Mais une concurrence saine supposerait sûrement de se référer au standard ouvert définit à l'article 4 de la loi pour la confiance en l'économie numérique (LCEN)<ref> voir: http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000801164&dateTexte=&categorieLien=id </ref>, laquelle définit les standards ouverts comme « tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre. ». Or le standard de fait que représente Microsoft est loin de se plier à cette définition légale au service d'une concurrence saine sur le marché, le standard de Microsoft en serait même l'antithèse en personne. Windows ne respecte pas la normalisation des formats de document et impose ses propres formats fermés qui lui offre ainsi un contrôle sur le marché. Force est de constater que, « Microsoft entrave d'interopérabilité entre les systèmes, asséchant la concurrence et ralentissant l'innovation » <ref> Windows seven : contrôle d'usage et captation de clientèle livrés en standard », Communiqué de Presse April,le 22 octobre 2009 [http://www.april.org/windows-seven-contr-le-dusage-et-captation-de-client-le-livr-s-en-standard]</ref>.
Microsoft mise ainsi sur les effets de réseaux c'est-à-dire sur un mécanisme d'externalité positif économique qui met en évidence le fait que l'utilité d'un bien pour un utilisateur est fonction du nombre des autres utilisateurs de ce même bien. Et les effets de réseaux sont fondamentaux dans le cadre des nouvelles technologies de l'information et de la communication. En effet, concrètement, quel serait l'intérêt d'utiliser un format de traitement de texte que je serais seul à pouvoir ouvrir rendant ainsi impossible la communication du fichier à un tiers.Microsoft en imposant son format propriétaire à la planète entière mise clairement sur les effets de réseaux lui permettant d'éliminer sans mal les formats concurrents dont le format ouvert. Pire encore, une entreprise qui commercialiserait par exemple un convertisseur de fichier pour permettre la lecture d'un format Microsoft se rendrait coupable de violation de Copyright <ref> Terme anglais signifiant " droit de reproduction" utilisé pour désigner, dans les pays de Common Law, l'ensemble des prérogatives exclusives dont dispose une personne physique ou morale sur une oeuvre de l'esprit </ref>. En somme, Microsoft ruine ainsi, consciemment d'interopérabilité pour imposer une d'interopérabilité « Microsoftienne ». Et le pire étant qu'au fil des années cette idée a pénétré les habitus de l'ensemble des consommateurs persuadés que Microsoft constitue le standard et qu'il faut donc se procurer Microsoft. Un exemple frappant, est celui de l'accord-cadre entre Microsoft et le Ministère de la défense, où pour justifier la passation sans mise en concurrence de ce marché, le ministre de la défense avançait l'argument de l'interopérabilité et l'existence du standard Microsoft. Est ce là un aveu d'échec au plus haut sommet de l'État ? Le rapport final du groupe de travail du ministère de la défense, réunissant des représentants de l'état-major des armées, la direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information, du secrétariat général de l'administration et de la délégation générale pour l'armement, a été amené à se pencher sur l'analyse de la valeur du projet de contrat – cadre avec la Société Microsoft à la demande du cabinet du ministre de la défense. Et ce rapport pointe du doigt cette stratégie d'interopérabilité de la société, sous l'intitulé « 1.1.4 Interopérabilité et stratégie » on peut lire :
« Dans sa vision à 10 ans, la société Microsoft n'a aucune stratégie multi-plateforme (Office 2007 sur la distribution Linux par exemple). Elle aborde la question de l'intéropérabilité sous l'angle de la compatibilité avec ses propres produits. De par son poids sur le marché, la société considère qu'elle représente un standard de fait. Alors que les pouvoirs publics se sont dotés de moyens pour traiter de la question de l'interopérabilité au sein de l'administration française. Microsoft s'est crée son propre conseil national pour sonder les besoins de ses clients en matière d'interopérabilité. » <ref> « Rapport Final du groupe de travail ministériel « partenariat sur les logiciels » ,rendu le 15 juin 2007, page 13 </ref> .
L'interopérabilité est ainsi devenue une arme de marché procurant un avantage concurrentiel dangereux à un éditeur unique....
==== Le risque d'une généralisation par la contamination des marchés dérivés ====
Une étude de terrain menée en 2006 <ref> https://linuxfr.org/news/tcpatpm-la-d%C3%A9ferlante-silencieuse </ref> par Benoît Sibaud <ref> Benoit Sibaud, ingénieur, Président de l'April de 2004 à 2010 </ref> révélait qu'en 2006 déjà, les modèles de pc professionnels étaient équipés de la puce TPM chez Sony, ASUS, Toshiba, HP Compaq, Lenovo, DELL, Fujitsu-Siemens et bien évidemment Apple dont tous les modèles sont équipés de cette technologie. Par aillleurs, l'étude révèle que les fabricants ne communiquent pas sur l'implémentation de cette technologie au sein de leurs machines ou alors présentent la technologie sous un autre jour, notamment comme étant une mesure de protection des données personnelles de l'utilisateur mais sans donner de précision quant aux éventuelles restrictions entraînées.
Une étude de terrain menée en 2006 <ref> https://linuxfr.org/news/tcpatpm-la-d%C3%A9ferlante-silencieuse </ref> par Benoît Sibaud <ref> Benoit Sibaud, ingénieur, Président de l'April de 2004 à 2010 </ref> révélait qu'en 2006 déjà, les modèles de pc professionnels étaient équipés de la puce TPM chez Sony, ASUS, Toshiba, HP Compaq, Lenovo, DELL, Fujitsu-Siemens et bien évidemment Apple dont tous les modèles sont équipés de cette technologie. Or quid de la transparence vis à vis des consommateurs ? L'étude révèle que les fabricants ne communiquent pas sur l'implémentation de cette technologie au sein de leurs machines ou alors présente la technologie sous un autre jour, notamment comme étant une mesure de protection des données personnelles de l'utilisateur.
Il ne s'agit pa seulement du marché des systèmes d'exploitation pour PC mais sont également concernés les systèmes d'exploitation pour serveurs, smartphones, tablettes, etc. À l'avenir Microsoft pourrait étendre ce système à tout matériel informatique : par exemple le marché des tablettes tactiles que Microsoft entend bien conquérir dans un futur proche (sa part de marché est passée de 0 % au premier trimestre 2012 à 7,5 % au premier trimestre 2013 <ref> http://frawin.com/constructeur-2/microsoft/2013/14900_windows-8-represente-7-5-du-marche-des-tablettes.html </ref>).
Par ailleurs, force est de constater que du fait de la généralisation de l'outil informatique, de plus en plus de marchés sont de facto affectés. Il ne s'agit plus seulement du seul marché des systèmes d'exploitation pour PC mais sont également concernés les systèmes d'exploitation pour serveurs, smartphones, tablettes, etc. À l'avenir Microsoft pourrait étendre ce système à tout matériel informatique : par exemple le marché des tablettes tactiles que Microsoft entend bien conquérir dans un futur proche (sa part de marché est passée de 0 % au premier trimestre 2012 à 7,5 % au premier trimestre 2013 <ref> http://frawin.com/constructeur-2/microsoft/2013/14900_windows-8-represente-7-5-du-marche-des-tablettes.html </ref>).
==== Le secure boot dans le viseur ====
L'ultime consécration de l'informatique déloyale est connue sous le nom de « secure boot » chez Microsoft, littéralement « démarrage sécurisé » et prend le nom de « Trusted Boot » (littéralement « démarrage de confiance ») dans le projet initial du groupe TCPA. Par ce projet Microsoft est sans aucun doute sur le point de s'octroyer une mainmise stratégique au cœur de la machine, lui permettant de piloter l'ensemble du marché.
===== Analyse technique du secure boot : « des verrous invisibles» =====
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Concrètement, le secure boot qu'exige Microsoft prend la forme d'un composant cryptographique matériel, qui a vocation à être implémenté au sein de tout type de matériel électronique ou informatique. Lors des premières versions de chez IBM la puce était soudée à la carte mère. Aujourd'hui Microsoft implémente les puces au sein des processeurs, donc au cœur même de la machine. La force de cette nouvelle technologie réside dans le fait qu'elle soit implémentée, ancrée, au cœur du matériel conçu pour résister à toutes les attaques extérieures
L'objectif technique de cette nouvelle technologie est précisément d'empêcher le lancement de programme malveillant au démarrage ayant pour objet de désactiver les logiciels anti-programmes malveillants. Le secure boot, qui au sein de l'interface UEFI prend la forme d'une fonction, renferme ainsi la promesse d'une sécurité informatique renforcée. Et il s'agit , à juste titre, d'un moyen d'assurer une sécurisation dès le démarrage de la machine et contourner ainsi l'ingéniosité des nouveaux programmes malveillants qui s'attaquent directement à la machine au cours du chemin de démarrage en désactivant l'ensemble des logiciels ayant pour objets d'assurer la sécurité de la machine.
Et pour ce faire, Microsoft à mis au cœur du secure boot un processus de certification numérique en cascade afin de s'assurer que seuls les programmes mais aussi les composants, signés et authentifiés, seront susceptibles de s'exécuter sur la machine. Cela suppose donc l'existence d'une base de donnée capable d'enregistrer l'ensemble des signatures numériques de l'UEFI, avant que l'élément signé puisse démarrer sur l'appareil informatique équipé du secure boot.
Et pour ce faire, Microsoft a mis au cœur du secure boot un processus de certification numérique en cascade afin de s'assurer que seuls les programmes mais aussi les composants, signés et authentifiés, seront susceptibles de s'exécuter sur la machine. Cela suppose donc l'existence d'une base de données capable d'enregistrer l'ensemble des signatures numériques de l'UEFI, avant que l'élément signé puisse démarrer sur l'appareil informatique équipé du secure boot.
Cette base de donnée qui contient les éléments autorisés à être exécutés sur la machine repose donc sur une agrégation de certificats numériques. Un certificat numérique étant concrètement un fichier qui contient une paire de clé privé et de clé publique de chiffrement. En l'espèce, cette certification repose sur la technologie Authenticode et une infrastructure à clés publiques.
Cette base de données qui contient les éléments autorisés à être exécutés sur la machine repose donc sur une agrégation de certificats numériques. Un certificat numérique étant concrètement un fichier qui contient une paire de clé privé et de clé publique de chiffrement. En l'espèce, cette certification repose sur la technologie Authenticode et une infrastructure à clés publiques.
Authenticode est une technologie Microsoft qui fait usage d'un chiffrement standard pour signer du code d'application avec des certificats numériques qui vérifient l'authenticité de l'éditeur du programme. Tandis que l'infrastructure à clés publiques désigne le processus permettant de gérer l'ensemble des certificats autrement dit de créer, gérer et révoquer les certificats en vue d'aboutir à un climat de confiance dans l'échange d'information. Parallèlement à cette base de donnée accueillant l'ensemble des clés des programmes « bienveillants », il existe une base de donnée contenant des bouts de codes issus de programme malveillants dont l'exécution sera bloquée par la fonction secure boot.
Authenticode est une technologie Microsoft qui fait usage d'un chiffrement standard pour signer du code d'application avec des certificats numériques qui vérifient l'authenticité de l'éditeur du programme. Tandis que l'infrastructure à clés publiques désigne le processus permettant de gérer l'ensemble des certificats autrement dit de créer, gérer et révoquer les certificats en vue d'aboutir à un climat de confiance dans l'échange d'information. Parallèlement à cette base de données accueillant l'ensemble des clés des programmes « bienveillants », il existe une base de données contenant des bouts de codes issus de programme malveillants dont l'exécution sera bloquée par la fonction secure boot.
Reste que cette dichotomie semble oublier - ou évincer – une troisième hypothèse qui n'est pas réellement prise en compte au cœur de ce mécanisme. Il s'agit des composants « bienveillants » mais non certifiés par Microsoft. Dans la quête d'une sécurisation croissante du système informatique ce mécanisme risque d'être préjudiciable à un ensemble de concurrent émergent. Un logiciel quelconque qui n'aurait pu obtenir au préalable une signature référencée chez le « tiers de confiance » comme étant habilité à un usage sur le matériel informatique sera purement et simplement rejeté et donc hors de portée du consommateur ce qui comme nous le verrons plus loin, peut poser d'importantes questions concurrentielles. Par ailleurs, la technologie NGSCB irait même plus loin en permettant de s'assurer que les fichiers enregistrés par une certaine application, ne puissent être lus ou modifiés que par cette même application ou par une autre application autorisée. Microsoft nomme ce système spécifique « Sealed Storage » littéralement « stockage scellé » on pourrait tout aussi bien appeler cela « verrouillage du marché ».
Reste que cette dichotomie semble oublier - ou évincer – une troisième hypothèse qui n'est pas réellement prise en compte au cœur de ce mécanisme. Il s'agit des programmes choisis par l'utilisateur mais non certifiés par Microsoft. Dans la quête d'une sécurisation croissante du système informatique ce mécanisme risque d'être préjudiciable à un ensemble de concurrent émergent. Un logiciel quelconque qui n'aurait pu obtenir au préalable une signature référencée chez le « tiers de confiance » comme étant habilité à un usage sur le matériel informatique sera purement et simplement rejeté et donc hors de portée du consommateur ce qui peut poser de délicates questions concurrentielles mais également relatives à la liberté du consommateur. Par ailleurs, la technologie NGSCB irait même plus loin en permettant de s'assurer que les fichiers enregistrés par une certaine application, ne puissent être lus ou modifiés que par cette même application ou par une autre application autorisée. Microsoft nomme ce système spécifique « Sealed Storage » littéralement « stockage scellé » on pourrait tout aussi bien appeler cela « verrouillage du marché ».
===== Analyse juridique du secure boot : les griefs de la technologie =====
Plusieurs arguments juridiques pourraient être invoqués dans le cadre d'un contentieux à venir et mettre ainsi à mal la légalité même du dispositif.
Premièrement quant à l'article 101 du Traité de Fonctionnement de l'Union Européenne <ref> http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2008:115:0047:0199:fr:PDFTFUE)</ref> relatif aux règles de concurrence. Force est de constater que le secure boot étant de facto contrôlé par Microsoft, il encourt le grief de l'article b) à savoir qu'il a pour effet de "limiter ou contrôler la production, les débouchés, le développement technique ou les investissements". Et pour cause, les concurrents ne sont pas à l'abri d'un refus discrétionnaire de la part de Microsoft. Ainsi la fameuse clé signée qu'il est nécessaire d'obtenir pour être reconnu par le secure boot et que Microsoft propose à la vente pour 99 dollars, pourrait très vite devenir la clé d'accès au marché dont Microsoft se ferait "douanier". Les dérives d'un tel système sont plus qu'inquiétant pour le marché.
L'article 101 du Traité de Fonctionnement de l'Union Européenne <ref> http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2008:115:0047:0199:fr:PDFTFUE)</ref> relatif aux règles de concurrence : Le secure boot étant contrôlé par Microsoft, il encourt le grief de l'article b) à savoir qu'il a pour effet de "limiter ou contrôler la production, les débouchés, le développement technique ou les investissements" car les concurrents ne sont pas à l'abri d'un refus discrétionnaire de la part de Microsoft. Ainsi la fameuse clé signée qu'il est nécessaire d'obtenir pour être reconnu par le secure boot et que Microsoft propose à la vente pour 99 dollars, pourrait très vite devenir la clé d'accès au marché dont Microsoft se ferait "douanier".
Par ailleurs, le point d) du même article trouverait certainement à s'appliquer dans le cadre d'un contentieux. En effet Microsoft pour se défendre avance l'argument selon lequel le secure boot serait aisément désactivable. Reste que même l'expérience des plus avisés à ce niveau montre que même en désactivant le secure boot sur les machines certifiées Microsoft, l'installation d'un système d'exploitation alternatif s'en trouve perturbé voir bloqué. Dès lors le grief pourrait être adressé aux fabricants de produits informatiques ayant implémentés le dispositif secure boot, "d'appliquer, à l'égard de partenaires commerciaux, des conditions inégales à des prestations équivalentes en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence". Et ce désavantage est d'autant plus avéré, qu'au delà de la difficulté technique pour désactiver le secure boot et installer un système d'exploitation libre, il s'avère que concernant les appareils portables ( smartphone, tablettes etc) et donc les architectures ARM <ref> Processeur dominant pour la téléphonie mobile et les tablettes </ref> il est impossible de désactiver le secure boot implémenté, la seule solution reste donc de "jailbreaker" son appareil mais il s'agit d'une pratique illégale et le consommateur perd dans ce cas le droit à la garantie du téléphone, ce qui peut dérouter plus d'un consommateur qui se résignera alors, contre son gré, au seul système qu'on lui impose.
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Nul ne peut ignorer la position dominante de Microsoft sur le marché en cause, puisque cet éditeur de logiciel hégémonique détient à lui seul 95 % des parts sur le marché du Pc depuis 20 ans <ref> http://economie.lefigaro.fr/_societes/pc-part-de-marche-microsoft.html </ref>. Dès lors l'abus de position dominante n'est jamais bien loin.
Nul ne peut ignorer la position dominante de Microsoft sur le marché en cause, puisque cet éditeur de logiciel hégémonique détient à lui seul 95 % des parts sur le marché du Pc depuis 20 ans <ref> http://economie.lefigaro.fr/_societes/pc-part-de-marche-microsoft.html </ref>.
La domination est pour ainsi dire, une situation de fait que le droit tente d'appréhender. C'est dans cette optique que la Cour de Justice des Communautés Européennes <ref> devenue la Cour de Justice de l'Union Européenne depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre 2009 </ref> définie cette situation factuelle par un standard jurisprudentiel. Ce standard a été déterminé à l'origine dans la décision United Brands rendu par la Cour de Justice de la Communauté Européenne (CJCE) le 14 février 1978 <ref> http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:61976CJ0027:FR:HTML </ref> , reprise par celle d’Hoffmann - La Roche rendu par la même cour le 13 février 1979 <ref> http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:61976CJ0085:FR:HTML </ref>.
Version actuelle datée du 14 août 2013 à 14:47
2.1 Les dangers de l'informatique déloyale
5.2 eFuse[15], une altération du matériel en cas de contournement du contrôle d'usage
6.2.2 Le secure boot dans le viseur
6.2.2.1 Analyse technique du secure boot : « des verrous invisibles»
6.2.2.2 Analyse juridique du secure boot : les griefs de la technologie
Les dangers de l'informatique déloyale[modifier]
les conditions d'utilisation du matériel peuvent être modifiées a posteriori et sans aucun recours possible[4] ;
elle interdit aux utilisateurs de choisir leurs logiciels ou de désactiver des mesures de contrôle d'usage, et leur fait encourir un risque de blocage de la machine en cas de tentative de désactivation[5] ;
elle exclut les produits concurrents sans possibilité de recours, et notamment tout Logiciel Libre.
Quand la technique se retourne contre l'utilisateur[modifier]
La restriction des droits de l'utilisateur ou la perte de contrôle de son propre matériel[modifier]
Le premier danger de l'informatique déloyale est la perte du contrôle de sa propre machine et donc une régression de la liberté du consommateur de pouvoir faire l'usage qu'il souhaite de son propre matériel. Les constructeurs affirment qu'il y a une possibilité de contournement[6] des mesures mises en place. Mais rien ne garantit que ces possibilités seront maintenues dans le temps, alors même que les utilisateurs se retrouvent dans une situation de dépendance.
Ces dangers pour le consommateur sont tout aussi valables pour les auteurs/éditeurs de logiciels, en empêchant l'interopérabilité et toute possibilité de proposer des programmes qui puissent fonctionner avec le système verrouillé. Bien sûr, certains continueront d'étudier le matériel et le logiciel pour comprendre leur fonctionnement, notamment par ingénierie inverse. Mais étant donnés la complexité et les coûts de telles études, celles-ci seront de moins en moins nombreuses et décourageront un grand nombre d'utilisateurs. La liberté d'usage serait alors limitée à un très petit nombre, créant ainsi des discriminations entre les experts du domaine et le grand public.
Dissimulation des objectifs et absence de choix : comment l'informatique déloyale se fait accepter auprès du grand public[modifier]
La Tivoïsation du monde — la tentative d'éviction des libertés du logiciel[modifier]
Définition de la tivoïsation[modifier]
L'expression de « tivoïsation » vient de l'entreprise américaine Tivo, un des plus gros constructeurs de magnétoscopes numériques. Ces magnétoscopes reposent sur l'utilisation de logiciels libres sous licence GNU GPL. Mais même si les sources sont disponibles, il est impossible pour les utilisateurs de modifier le programme embarqué dans ces magnétoscopes pour en améliorer les usages ; le matériel contrôle en effet que le logiciel correspond bien à celui qui a été validé par la firme, par une signature numérique. Les utilisateurs ne peuvent donc pas utiliser leur logiciel modifié. En d'autres termes, c'est le matériel qui empêche l'exercice de la liberté sur le logiciel. La tivoïsation est donc un néologisme, qui désigne l'utilisation de logiciels libres sur un matériel verrouillé[7].
La GPL v3, réponse à la tivoïsation[modifier]
Pour écarter les dangers de la tivoïsation, la GPL[8] v3[9] pose comme principe que si la mise en place de DRM n'est pas interdite en tant que telle, il doit être possible d'enlever toute fonctionnalité non souhaitée. En d'autres termes, plutôt que d'interdire les mesures de contrôle d'usage, elle s'assure de la possibilité pour les utilisateurs de contourner de telles mesures. Il s'agit donc de maintenir les libertés de tous les utilisateurs : ceux qui souhaitent garder l'environnement limité et contrôlé peuvent le faire, mais ceux qui souhaitent s'en affranchir ne sont plus empêchés de le faire. C'est, pour reprendre les termes des rédacteurs de la licence, le moyen d'éviter que « le droit de modifier votre logiciel [ne devienne] caduc si aucun de vos ordinateurs ne vous le permet »[10].
Un exemple de tivoïsation : le modèle de Symbian[modifier]
L'OS développé par Symbian exige que tous les programmes soient signés par l'entreprise pour pouvoir fonctionner sur les appareils vendus sous sa marque. Ainsi, bien que Symbian OS soit sous licence libre et que le code source soit disponible, les libertés perdent toute valeur, car les appareils exigent d'utiliser exclusivement les programmes proposés par l'entreprise. Pour pouvoir faire des modifications, il faut ainsi demander la permission à Symbian. Cette demande d'autorisation est payante, et peut être limitée par Symbian à la modification du code sur un seul téléphone précis (identification par numéro IMEI)[11].
L'éviction patente des logiciels libres[modifier]
Vers un environnement entièrement contrôlé ?[modifier]
Le modèle intégré d'Apple[modifier]
Les fonctionnalités des appareils sont donc intentionnellement limitées par le constructeur : c'est pour cela qu'a été lancée la campagne « defective by design[12] » par la Free Software Foundation, qui démontre à quel point l'iPad est une régression intentionnelle par rapport à tout ce que l'informatique offre comme possibilités aujourd'hui [13].
Certes, les possibilités de contournement existent, comme le « jailbreak »[14] de l'iPhone d'Apple. Mais elles ne sont pas autorisées par l'entreprise, entraînent la perte de la garantie, sont difficiles à mettre en œuvre et n'offrent aucune certitude quant à leur pérennité dans le temps. Surtout, ce sont des solutions de contournement qui ne changent rien à l'existence du problème.
eFuse[15], une altération du matériel en cas de contournement du contrôle d'usage[modifier]
Apple, s'il est caractéristique, n'en reste pas moins un exemple parmi d'autres. La controverse autour du Droid X de Motorola en est d'ailleurs un bon exemple : ce smartphone intègre une puce eFuse qui permet d’empêcher de façon permanente l'allumage du mobile si les programmes installés ne correspondent pas à ce qui a été approuvé par Motorola. Ainsi, au nom de la lutte contre les logiciels malveillants, toute tentative de modification de programme qui ne serait pas approuvée par Motorola pourrait donc potentiellement entrainer l'impossibilité définitive d'utiliser l'appareil[16].
L'informatique déloyale ou la consécration des monopoles[modifier]
Le trou analogique, vendre la sécurité pour imposer le contrôle d'usage[modifier]
Les enjeux concurrentiels : vers un verrouillage progressif du marché ?[modifier]
La tentative de contrôle du marché des technologies de l'information ?[modifier]
Une étude de terrain menée en 2006 [17] par Benoît Sibaud [18] révélait qu'en 2006 déjà, les modèles de pc professionnels étaient équipés de la puce TPM chez Sony, ASUS, Toshiba, HP Compaq, Lenovo, DELL, Fujitsu-Siemens et bien évidemment Apple dont tous les modèles sont équipés de cette technologie. Par aillleurs, l'étude révèle que les fabricants ne communiquent pas sur l'implémentation de cette technologie au sein de leurs machines ou alors présentent la technologie sous un autre jour, notamment comme étant une mesure de protection des données personnelles de l'utilisateur mais sans donner de précision quant aux éventuelles restrictions entraînées.
Il ne s'agit pa seulement du marché des systèmes d'exploitation pour PC mais sont également concernés les systèmes d'exploitation pour serveurs, smartphones, tablettes, etc. À l'avenir Microsoft pourrait étendre ce système à tout matériel informatique : par exemple le marché des tablettes tactiles que Microsoft entend bien conquérir dans un futur proche (sa part de marché est passée de 0 % au premier trimestre 2012 à 7,5 % au premier trimestre 2013 [19]).
Le secure boot dans le viseur[modifier]
Analyse technique du secure boot : « des verrous invisibles»[modifier]
Techniquement la mise sous tension d'une machine lance un processus de démarrage qui est préalable au lancement du système d'exploitation. En d'autres termes il s'agit du logiciel intermédiaire entre le micrologiciel aussi appelé Firmware et le système d'exploitation. Il a notamment pour objet de permettre à la machine de détecter l'ensemble des périphériques. Il est donc un élément essentiel de la machine . Et c'est justement ce programme de démarrage préalable essentiel au lancement de tout système d'exploitation mais aussi à la détection de tout périphérique, composant (etc.), qui est visé aujourd'hui par le projet secure boot. Microsoft a annoncé la mise en place du secure boot à partir de 2012 , plus précisément concomitamment à la commercialisation de Windows 8 lancée le 26 octobre 2012 et qui intègre bien évidemment le secure boot. Les constructeurs doivent désormais implémenter l'Unified Extensible Firmware Interface [20] (UEFI) secure boot qui succède au BIOS [21] , s'ils souhaitent obtenir une certification Windows 8 pour leurs appareils notamment pour pouvoir y mettre le logo «Compatible Windows 8 ».
Cette base de données qui contient les éléments autorisés à être exécutés sur la machine repose donc sur une agrégation de certificats numériques. Un certificat numérique étant concrètement un fichier qui contient une paire de clé privé et de clé publique de chiffrement. En l'espèce, cette certification repose sur la technologie Authenticode et une infrastructure à clés publiques. Authenticode est une technologie Microsoft qui fait usage d'un chiffrement standard pour signer du code d'application avec des certificats numériques qui vérifient l'authenticité de l'éditeur du programme. Tandis que l'infrastructure à clés publiques désigne le processus permettant de gérer l'ensemble des certificats autrement dit de créer, gérer et révoquer les certificats en vue d'aboutir à un climat de confiance dans l'échange d'information. Parallèlement à cette base de données accueillant l'ensemble des clés des programmes « bienveillants », il existe une base de données contenant des bouts de codes issus de programme malveillants dont l'exécution sera bloquée par la fonction secure boot. Reste que cette dichotomie semble oublier - ou évincer – une troisième hypothèse qui n'est pas réellement prise en compte au cœur de ce mécanisme. Il s'agit des programmes choisis par l'utilisateur mais non certifiés par Microsoft. Dans la quête d'une sécurisation croissante du système informatique ce mécanisme risque d'être préjudiciable à un ensemble de concurrent émergent. Un logiciel quelconque qui n'aurait pu obtenir au préalable une signature référencée chez le « tiers de confiance » comme étant habilité à un usage sur le matériel informatique sera purement et simplement rejeté et donc hors de portée du consommateur ce qui peut poser de délicates questions concurrentielles mais également relatives à la liberté du consommateur. Par ailleurs, la technologie NGSCB irait même plus loin en permettant de s'assurer que les fichiers enregistrés par une certaine application, ne puissent être lus ou modifiés que par cette même application ou par une autre application autorisée. Microsoft nomme ce système spécifique « Sealed Storage » littéralement « stockage scellé » on pourrait tout aussi bien appeler cela « verrouillage du marché ».
Analyse juridique du secure boot : les griefs de la technologie[modifier]
L'article 101 du Traité de Fonctionnement de l'Union Européenne [22] relatif aux règles de concurrence : Le secure boot étant contrôlé par Microsoft, il encourt le grief de l'article b) à savoir qu'il a pour effet de "limiter ou contrôler la production, les débouchés, le développement technique ou les investissements" car les concurrents ne sont pas à l'abri d'un refus discrétionnaire de la part de Microsoft. Ainsi la fameuse clé signée qu'il est nécessaire d'obtenir pour être reconnu par le secure boot et que Microsoft propose à la vente pour 99 dollars, pourrait très vite devenir la clé d'accès au marché dont Microsoft se ferait "douanier".
Par ailleurs, le point d) du même article trouverait certainement à s'appliquer dans le cadre d'un contentieux. En effet Microsoft pour se défendre avance l'argument selon lequel le secure boot serait aisément désactivable. Reste que même l'expérience des plus avisés à ce niveau montre que même en désactivant le secure boot sur les machines certifiées Microsoft, l'installation d'un système d'exploitation alternatif s'en trouve perturbé voir bloqué. Dès lors le grief pourrait être adressé aux fabricants de produits informatiques ayant implémentés le dispositif secure boot, "d'appliquer, à l'égard de partenaires commerciaux, des conditions inégales à des prestations équivalentes en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence". Et ce désavantage est d'autant plus avéré, qu'au delà de la difficulté technique pour désactiver le secure boot et installer un système d'exploitation libre, il s'avère que concernant les appareils portables ( smartphone, tablettes etc) et donc les architectures ARM [23] il est impossible de désactiver le secure boot implémenté, la seule solution reste donc de "jailbreaker" son appareil mais il s'agit d'une pratique illégale et le consommateur perd dans ce cas le droit à la garantie du téléphone, ce qui peut dérouter plus d'un consommateur qui se résignera alors, contre son gré, au seul système qu'on lui impose.
Nul ne peut ignorer la position dominante de Microsoft sur le marché en cause, puisque cet éditeur de logiciel hégémonique détient à lui seul 95 % des parts sur le marché du Pc depuis 20 ans [24].
La domination est pour ainsi dire, une situation de fait que le droit tente d'appréhender. C'est dans cette optique que la Cour de Justice des Communautés Européennes [25] définie cette situation factuelle par un standard jurisprudentiel. Ce standard a été déterminé à l'origine dans la décision United Brands rendu par la Cour de Justice de la Communauté Européenne (CJCE) le 14 février 1978 [26] , reprise par celle d’Hoffmann - La Roche rendu par la même cour le 13 février 1979 [27]. Dès lors ce standard jurisprudentiel [28] laisse place à des exemples diverses et variés d'abus potentiels qui peuvent inclure tant le refus de vendre, que des prix prédateurs ou encore la rupture abusive des relations commerciales.
Concernant Microsoft, la firme a déjà fait l'objet d'une condamnation par la Commission Européenne le 24 mars 2004 sur le fondement de l'ancien article 82 du Traité de la Communauté Européenne (TCE). En l'espèce une affaire dans laquelle Microsoft avait refusé de fournir à son concurrent Sun Microsystems, les informations nécessaires à l'interopérabilité de son système avec des systèmes concurrents et d'en autoriser l'utilisation aux fins du développement et de la distribution de systèmes d'exploitation pour serveur de groupe de travail. En d'autres termes Microsoft avait été alors condamnée pour l'usage de sa position dominante sur le marché afin de « limiter les choix des consommateurs sur certains marchés connexes de celui des systèmes d'exploitation des PC » [29] .
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References: l'article 5
 l'article 4
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 l'article 101

L'article 101

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