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Timestamp: 2016-10-24 03:45:31+00:00

Document:
4C.298/2005 (03.01.2006)
Greffi�re: Mme Cornaz
X.________ SA, d�fenderesse et recourante, repr�sent�e par Me Xavier Mo Costabella, a
A.________, demandeur et intim�, repr�sent� par Me Susannah L. Maas,
la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve du 1er juillet 2005.
Courant 2000, B.________ et A.________ ont d�cid� de s'associer dans le domaine du recrutement et du placement de personnel. A cette fin, ils ont acquis une soci�t� anonyme pour le prix de 7'000 fr. qu'ils ont financ� par moiti� chacun.
B.________ et A.________ sont devenus actionnaires � parts �gales, soit pour 50 % des actions de ladite soci�t�, dont ils ont chang� la raison sociale en X.________ SA.
Au bilan de la soci�t� nouvellement reprise, ils apparaissaient � l'actif comme d�biteurs du capital social.
Le but social de X.________ SA est les �tudes, la recherche, l'obtention, l'exploitation directe ou indirecte, la cession de brevets, de licences, de proc�d�s, de mod�les ou de marques, le consulting, le recrutement et placement priv� de personnel, de ressources humaines, de consultants en informatique, en outsourcing et en t�l�communications.
Dans un premier temps, X.________ SA a �t� administr�e par un avocat genevois, en qualit� d'administrateur unique. A la suite de sa d�mission, il a �t� remplac� par B.________, �galement en qualit� d'administrateur unique.
D�s la reprise de la soci�t�, B.________ et A.________ ont �t� engag�s comme employ�s de cette entit� avec le m�me statut, les m�mes pouvoirs et les m�mes fonctions directoriales. Tous deux avaient la signature sur les comptes bancaires.
A.________ s'occupait du recrutement des candidats, de leur s�lection et de leur pr�sentation aux clients. B.________ se chargeait de chercher des clients.
L'organisation des rapports de travail entre B.________ et A.________ a �t� discut�e mais n'a pas fait l'objet de documents formels. Tous deux �taient engag�s sur la base d'un contrat de travail pr�voyant une r�mun�ration mensuelle de 8'500 fr. brut. Ils partageaient le m�me bureau.
S'agissant de la gestion du personnel de X.________ SA, elle �tait assur�e en commun par B.________ et A.________, qui engageaient et licenciaient le personnel de l'entreprise.
Le dernier salaire vers� �tait de 8'600 fr., pour le mois d'octobre 2002, auquel s'ajoutait un montant de 688 fr. � titre d'"indemnit� forfaitaire de frais".
S'agissant des r�sultats de X.________ SA, B.________ a expliqu� qu'ils avaient �t� excellents en 2001. Selon lui, ces bons r�sultats �taient dus, pour une bonne part, � A.________. B.________ a estim� qu'en 2001, 60 % du r�sultat de X.________ SA �tait d� � A.________, 20 % aux autres collaborateurs de l'entreprise et les 20 % restant � sa propre activit�. Toujours selon B.________, la part respective dans les r�sultats 2002 s'�tait invers�e: 60 % provenaient de son travail, 30 % des collaborateurs et 10 % de A.________.
Au mois de mars 2002, suite � un diff�rent d'ordre familial chez B.________, la soci�t� a pris la d�cision de cesser ses activit�s de recrutement en Alg�rie.
D'une mani�re g�n�rale, les relations entre B.________ et A.________ se sont d�t�rior�es, chacun accusant l'autre d'avoir adopt� un comportement nuisant au bon fonctionnement de la soci�t�.
Dans ce contexte, � l'issue d'une rencontre, le 21 ao�t 2002, entre A.________ et B.________, celui-ci a adress� � celui-l� un courrier �lectronique dont il ressort en particulier que "l'un ne s'occupe pas de ce que fait l'autre il n'y a pas besoin". A cet �gard, B.________ a pr�cis� en cours d'instance que lors de r�unions ayant pr�c�d� ce message, A.________ et lui s'achoppaient sur des demandes r�ciproques portant sur les d�tails de leurs activit�s respectives, sur leurs agendas, etc. Ils avaient d�cid� lors de cette r�union de ne plus se poser d�sormais de questions sur ces points.
Le 28 octobre 2002, l'�pouse de B.________ a adress� � celui-ci un long courrier �lectronique l'incitant en substance � licencier A.________.
Par lettre remise en mains propres le 31 octobre 2002, B.________ a r�sili� les rapports de travail de A.________ avec effet imm�diat. Selon ce courrier, le cong� �tait donn� principalement pour les motifs suivants: A.________ avait poursuivi, sur son temps de travail, mais pour son compte, des op�rations de placement en Alg�rie, apr�s que X.________ SA ait cess� toute activit� dans ce pays; A.________ y avait �galement vendu des programmes informatiques; une procuration avait �t� �tablie sans droit par A.________; deux jours de cong� avaient �t� pris ind�ment par A.________ au mois d'ao�t 2002 durant une p�riode d'absence en raison d'une pr�tendue maladie; A.________ n'avait pas annonc� � la soci�t� d'assurance qu'un ordinateur d�clar� vol� avait �t� retrouv�.
Par demande du 8 novembre 2002, A.________ a assign� X.________ SA devant la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve en paiement de la somme de 57'130 fr., int�r�t moratoire � 5 % l'an compris. Il a en outre r�clam� le paiement d'une somme de 20'000 fr. � titre de r�paration d'un tort moral.
Par la suite, il a amplifi� ses conclusions � plusieurs reprises, pour r�clamer finalement 54'600 fr. correspondant � six mois de salaire pour licenciement imm�diat injustifi� ou renvoi abusif, 18'200 fr. correspondant � deux mois de pr�avis, 20'000 fr. � titre de tort moral et 2'416 fr. 75 correspondant � deux factures de t�l�phone.
Il soutenait que les �l�ments all�gu�s par X.________ SA n'�taient pas propres � justifier le licenciement. Il plaidait aussi que ce licenciement �tait abusif car li� � des motifs d'ordre personnels. Selon lui, son licenciement avait �t� dict� par l'�pouse de B.________.
X.________ SA a contest� int�gralement les conclusions de A.________. Sur demande reconventionnelle, elle a conclu notamment au versement de 41'299 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002. Elle a par ailleurs conclu � ce que A.________ soit condamn� � produire des d�comptes de son activit� en Alg�rie, ainsi qu'� restituer tout profit ayant r�sult� de ladite activit�.
Elle a expliqu� en substance qu'elle �tait fond�e � r�silier le contrat de travail avec effet imm�diat au vu des actes graves et r�p�t�s de A.________. Elle r�clamait en cons�quence la r�paration du dommage subi, soit la contre-valeur de l'ordinateur portable, la remise du gain r�alis� par A.________, le remboursement d'un quart du salaire de celui-ci ainsi que le remboursement des vacances prises en trop.
A.________ a conclu au d�boutement des conclusions reconventionnelles de son adverse partie.
Par courriers d�pos�s les 25 juillet et 12 ao�t 2003, la Caisse Y.________ a expliqu� �tre subrog�e � A.________ pour un montant total net de 4'325 fr. 85 correspondant aux indemnit�s vers�es pour la p�riode du 1er janvier au 15 f�vrier 2003.
Dans deux lettres re�ues le 4 ao�t 2003, le Service des mesures cantonales a �galement indiqu� �tre subrog� dans les droits de A.________ pour une somme globale de 13'518 fr. 95 correspondant aux indemnit�s vers�es.
Par jugement du 13 mai 2004, le Tribunal des prud'hommes du canton de Gen�ve a, sur demande principale, condamn� X.________ SA � payer � A.________ la somme brute de 846 fr. 80 et, sur demande reconventionnelle, condamn� celui-ci � payer � celle-l� la somme brute de 2'278 fr. (soit 1'003 fr. + 1'275 fr.) avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002 et la somme nette de 10'000 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002, ordonn� la restitution de l'ordinateur portable, de son chargeur, d'un lecteur CD/CD-ROM-DVD et d'une fourre d'ordinateur qu'il tenait � disposition � son greffe, d�bout� les parties de toute autre conclusion et invit� la partie qui en avait la charge � op�rer les d�ductions sociales et l�gales usuelles.
S'agissant de la demande principale, le Tribunal a consid�r� que X.________ SA avait apport� la preuve que A.________ avait d�velopp� une activit� pour son propre compte en Alg�rie, qui �tait exerc�e en partie sur son temps de travail, et avait particip� au commerce de programmes informatiques, ce qui fondait la r�siliation du contrat de travail avec effet imm�diat. Il a aussi consid�r� que ni l'absence de A.________ pour un s�jour � Paris avec sa compagne, ni la d�claration � l'assurance du vol de l'ordinateur portable n'�taient propres � justifier un licenciement avec effet imm�diat.
Concernant la demande reconventionnelle, le Tribunal a ordonn� la restitution de l'ordinateur et condamn� A.________ au versement d'une indemnit� de 10'000 fr. pour les activit�s accessoires pour son propre compte et de 2'278 fr. pour les jours de maladie et de cong� pris ind�ment.
Statuant sur appel de A.________ par arr�t du 1er juillet 2005, la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a annul� le jugement du 13 mai 2004. Sur demande principale, elle a condamn� X.________ SA � payer � A.________ la somme brute de 36'400 fr. plus int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002, sous d�duction de la somme nette de 4'325 fr. 85 plus int�r�t � 5 % l'an d�s le 15 f�vrier 2003, condamn� X.________ SA � payer � la Caisse Y.________ la somme nette de 4'325 fr. 85 plus int�r�t � 5 % l'an d�s le 15 f�vrier 2003 et invit� la partie qui en avait la charge � op�rer les d�ductions sociales et l�gales usuelles. Sur demande reconventionnelle, elle a ordonn� la restitution de l'ordinateur portable, de son chargeur, d'un lecteur CD/CD-ROM-DVD et d'une fourre d'ordinateur, condamn� X.________ SA � rembourser � A.________ 2'000 fr. correspondant � l'�molument d'appel vers� par celui-ci et d�bout� les parties de toutes autres conclusions. Les motifs sur lesquels repose cette d�cision seront expos�s plus loin dans la mesure utile.
X.________ SA (la d�fenderesse) interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t de la Cour d'appel, � la confirmation du jugement du Tribunal des prud'hommes, en particulier en ce que, sur demande reconventionnelle, il condamne A.________ � lui payer la somme brute de 2'278 fr. (soit 1'003 fr. + 1'275 fr.) avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002 et la somme nette de 10'000 fr. avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 1er novembre 2002, ordonne la restitution d'un ordinateur portable, de son chargeur, d'un lecteur CD/CD-ROM-DVD et d'une fourre d'ordinateur, et enfin au d�boutement de A.________ de toutes autres ou contraires conclusions, avec suite de d�pens.
A.________ (le demandeur) conclut � la confirmation de l'arr�t entrepris et au d�boutement de X.________ SA de toutes autres conclusions, avec suite de d�pens.
Pour sa part, la Caisse Z.________, qui a succ�d� � Y.________ ensuite de fusion au 1er janvier 2005, a expliqu� qu'elle n'entendait pas prendre de fa�on d�taill�e position sur les arguments de la partie recourante et se rangeait int�gralement � l'avis de la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes tel qu'exprim� dans son arr�t du 1er juillet 2005.
1.1 Interjet� par la d�fenderesse, qui a �t� d�bout�e de ses conclusions, et dirig� contre un jugement final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe valable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 32, 34 al. 1 let. b et 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ).
L'existence d'un contrat de travail liant la d�fenderesse, personne morale, et le demandeur, directeur de celle-ci, n'est pas remise en cause devant le Tribunal f�d�ral, de sorte que la Cour de c�ans n'a pas � revenir sur ce point (art. 55 al. 1 let. b et c OJ).
La d�fenderesse reproche premi�rement � la cour cantonale d'avoir viol� l'art. 337 CO en consid�rant que les motifs de r�siliation qu'elle avait invoqu�s � l'appui du licenciement du demandeur ne suffisaient ni individuellement, ni collectivement pour justifier une r�siliation du contrat de travail avec effet imm�diat.
3.1 Selon l'art. 337 al. 1 1e phrase CO, l'employeur et le travailleur peuvent r�silier imm�diatement le contrat en tout temps pour de justes motifs. Doivent notamment �tre consid�r�es comme tels toutes les circonstances qui, selon les r�gles de la bonne foi, ne permettent pas d'exiger de celui qui a donn� le cong� la continuation des rapports de travail (cf. art. 337 al. 2 CO).
Mesure exceptionnelle, la r�siliation imm�diate pour justes motifs doit �tre admise de mani�re restrictive (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 31, 213 consid. 3.1 p. 220; 127 III 351 consid. 4a p. 353). D'apr�s la jurisprudence, les faits invoqu�s � l'appui d'un renvoi imm�diat doivent avoir entra�n� la perte du rapport de confiance qui constitue le fondement du contrat de travail. Seul un manquement particuli�rement grave du travailleur justifie son licenciement imm�diat; si le manquement est moins grave, il ne peut entra�ner une r�siliation imm�diate que s'il a �t� r�p�t� malgr� un avertissement (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 31, 213 consid. 3.1 p. 221; 129 III 380 consid. 2.1). Par manquement du travailleur, on entend en r�gle g�n�rale la violation d'une obligation d�coulant du contrat de travail (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 31; 127 III 351 consid. 4a p. 354), comme par exemple le devoir de fid�lit� (ATF 127 III 351 consid. 4a p. 354; 121 III 467 consid. 4d).
Le juge appr�cie librement s'il existe de justes motifs (art. 337 al. 3 CO). Il applique les r�gles du droit et de l'�quit� (art. 4 CC). A cet effet, il prendra en consid�ration tous les �l�ments du cas particulier, notamment la position et la responsabilit� du travailleur, le type et la dur�e des rapports contractuels, ainsi que la nature et l'importance des manquements (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 32; 127 III 351 consid. 4a p. 354). Le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec r�serve la d�cision d'�quit� prise en derni�re instance cantonale. Il intervient lorsque celle-ci s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, ou lorsqu'elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le, ou � l'inverse, lorsqu'elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; il sanctionnera en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 130 III 28 consid. 4.1 p. 32, 213 consid. 3.1 p. 220; 129 III 380 consid. 2 p. 382).
C'est � l'employeur qui entend se pr�valoir de justes motifs de licenciement imm�diat de d�montrer leur existence (arr�t 4C.174/2003 du 27 octobre 2003, consid. 3.2.3 et les r�f�rences cit�es; plus r�cemment Brunner/B�hler/Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3e �d., Lausanne 2004, n. 13 ad art. 337 CO).
3.2 Au contraire du Tribunal des prud'hommes, la cour cantonale a consid�r� qu'en l'esp�ce, s'agissant du grief li� � l'activit� que le demandeur aurait d�ploy�e pour son propre compte en Alg�rie en partie sur son temps de travail, il ressortait de l'instruction que ni la r�partition des t�ches, ni le temps que chacun des deux directeurs de la d�fenderesse devaient lui consacrer n'avaient �t� strictement d�finis et formalis�s entre les deux dirigeants et propri�taires de celle-ci. A cet �gard, B.________ avait admis qu'en 2001, l'activit� du demandeur avait g�n�r� 60 % du chiffre d'affaires et sa propre activit� 20 %. Selon lui, cette r�partition s'�tait invers�e en 2002.
D'autre part, les enqu�tes n'avaient pas permis d'�tablir si les activit�s du demandeur en Alg�rie apr�s mars 2002 allaient au-del� de la simple terminaison des relations en cours au moment de la d�cision.
L'instruction avait en revanche �tabli que les activit�s et agendas respectifs de B.________ et du demandeur faisaient probl�me entre eux bien avant la date de licenciement imm�diat. Ainsi, lors des r�unions avec le personnel de la d�fenderesse, ils avaient d'un commun accord d�cid� de ne plus s'occuper de ce que faisait l'autre, ce que B.________ avait confirm� par �crit au demandeur le 21 ao�t 2002.
Dans ces circonstances, les activit�s que le demandeur aurait continu�es d'avoir en Alg�rie apr�s la d�cision de mars 2002 de mettre un terme � celles-ci ne justifiaient pas un licenciement imm�diat au sens de l'art. 337 CO.
Ne constituaient pas davantage un motif de licenciement imm�diat, compte tenu de toutes les circonstances, les autres reproches contenus dans la lettre de la d�fenderesse. Avec les premiers juges, la cour cantonale a consid�r� que ni le d�placement � Paris du demandeur pendant son cong� maladie, ni l'absence de d�claration imm�diate � l'assurance au sujet du vol de l'ordinateur portable, ni l'existence d'une procuration contrefaite en faveur du demandeur ne pouvaient fonder, dans le cas d'esp�ce, un juste motif de licenciement.
3.3 Dans son �criture, la d�fenderesse pr�sente une argumentation de type appellatoire inadmissible dans le cadre d'un recours en r�forme. En effet, pour chacun des cinq griefs invoqu�s � l'appui du licenciement du demandeur, elle se limite � discuter l'appr�ciation des preuves recueillies et � exposer sa propre version des faits.
Ainsi, s'agissant de l'activit� pr�tendument concurrente et du suppos� commerce de programmes informatiques en Alg�rie, elle m�conna�t que la cour cantonale a en particulier retenu, de mani�re souveraine, que le demandeur b�n�ficiait d'une grande libert� dans l'organisation de son temps et de son travail et qu'il n'avait pas �t� possible d'�tablir si ses activit�s allaient au-del� de la simple terminaison des relations en cours, faits qu'il incombait le cas �ch�ant � la d�fenderesse de contester par le biais d'un recours de droit public. Quoi qu'en dise la d�fenderesse, l'on ne se trouve en l'occurrence pas dans une situation similaire � celle de l'employ� qui aurait commenc� une activit� concurrente en cours d'emploi ou aurait cherch� � d�baucher d'autres collaborateurs, violant par-l� son devoir de fid�lit�, de telle sorte que l'employeur serait fond� � le licencier avec effet imm�diat (cf. ATF 117 II 72 consid. 4a; plus r�cemment arr�t 4C.98/2005 du 27 juillet 2005, consid. 3.1).
Pour ce qui est de la procuration soi-disant �tablie sans droit par A.________, du d�placement de celui-ci � Paris pendant son cong� maladie et l'absence d'annonce � la soci�t� d'assurance de ce que l'ordinateur avait �t� retrouv�, la cour cantonale s'est implicitement r�f�r�e aux consid�rations du Tribunal des prud'hommes.
Concernant le premier point, celui-ci a retenu qu'en l'absence de tout �l�ment probant, il n'�tait pas en mesure de d�terminer l'identit� de l'auteur de la pi�ce litigieuse et que, par ailleurs, il n'avait pas �t� d�montr� que le demandeur en ait fait usage, en particulier apr�s le 31 mars 2002. En d'autres termes, aucun �l�ment concret ne tendait a priori � d�montrer l'existence d'une infraction pour faux dans les titres au sens du Code p�nal. Il seyait toutefois de relever qu'un tel document �tait propre � faciliter la conclusion d'affaires en Alg�rie, notamment apr�s que la d�fenderesse ait cess� son activit� dans ce pays.
Au sujet du s�jour � Paris, les premiers juges ont consid�r� que l'absence du demandeur �tait strictement li�e � la n�cessit� m�dicale et av�r�e, pour sa compagne, d'�tre accompagn�e � raison d'une op�ration de la r�tine, et ne saurait en aucun cas constituer un juste motif de licenciement avec effet imm�diat, du moins en l'absence de tout avertissement ant�rieur pour des faits similaires.
S'agissant du dernier point, le Tribunal a retenu qu'aucune infraction telle qu'une escroquerie � l'assurance n'avait �t� commise, ni m�me tent�e, et que ce grief n'�tait donc pas propre � justifier un licenciement avec effet imm�diat. A cela s'ajoutait le fait qu'il n'existait aucune proximit� temporelle entre le moment du sinistre et la d�claration de vol d'une part, et la d�cision de licenciement d'autre part.
3.4 En d�finitive, il appara�t que la d�fenderesse n'est parvenue � d�montrer ni l'existence de motifs d'une gravit� telle qu'ils auraient permis de justifier une r�siliation imm�diate, ni celle d'un avertissement en d�pit duquel le demandeur aurait persist� dans les manquements reproch�s. Ainsi, l'on ne voit pas que, sur la base de l'�tat de fait souverain, la cour cantonale ait m�connu l'art. 337 CO en consid�rant que la d�fenderesse n'�tait pas fond�e � r�silier le contrat de travail du demandeur avec effet imm�diat. Partant, le premier grief de la d�fenderesse ne peut qu'�tre rejet�.
3.5 La r�siliation imm�diate n'�tant pas justifi�e, c'est � bon droit que la d�fenderesse a �t� condamn�e � verser au demandeur l'�quivalent de ce qu'il aurait gagn� si les rapports de travail avaient pris fin � l'�ch�ance du d�lai de cong� (cf. art. 337c al. 1 CO), ainsi qu'� une indemnit� au sens de l'art. 337c al. 3 CO, dont la d�fenderesse n'a d'ailleurs pas remis le montant en cause � titre subsidiaire.
La d�fenderesse expose ensuite qu'en conduisant divers projets en Alg�rie, dans son seul int�r�t et au d�triment de son employeur, le demandeur s'est conduit en g�rant d'affaires sans mandat, de sorte qu'en application de l'art. 423 al. 1 CO, les profits r�sultant de cette gestion d'affaires reviendraient exclusivement au ma�tre, soit en l'esp�ce � la d�fenderesse. Le comportement du demandeur serait �galement constitutif de concurrence d�loyale � l'encontre de son employeur, de sorte que la d�fenderesse serait l�gitim�e � exiger la remise du gain, en application de l'art. 9 al. 3 LCD. En d�finitive, elle conclut � la confirmation du montant de 10'000 fr. qui lui avait �t� allou� par le Tribunal des prud'hommes � titre de remise du gain et de remboursement des salaires.
4.1 S'agissant de l'indemnit� que les premiers juges avaient octroy�e � la d�fenderesse en application des art. 321b, 321e et 42 al. 2 CO, la cour cantonale a retenu que la d�fenderesse, qui supportait le fardeau de la preuve, n'avait �tabli ni l'existence d'une violation du devoir de fid�lit� ni l'existence d'un dommage. Il ressortait notamment de l'instruction de la cause que la r�partition des t�ches au sein de la d�fenderesse entre B.________ et le demandeur �tait impr�cise et laissait une large autonomie � chacun d'eux dans l'ex�cution de celles-ci. Ils avaient en outre convenu de ne pas s'immiscer dans ce que faisait l'autre.
A cet �gard, il ressortait des d�clarations de B.________ qu'aussi bien le demandeur que lui-m�me avaient contribu� de mani�re in�gale aux r�sultats de la d�fenderesse, B.________ ayant d�clar� qu'en 2001, l'activit� du demandeur avait g�n�r� 60 % du chiffre d'affaires et sa propre activit� 20 %, et que cette r�partition s'�tait invers�e en 2002.
La d�fenderesse n'avait pas prouv� que le demandeur avait g�n�r� un quelconque revenu en vendant des logiciels, ni que les activit�s d�ploy�es par le demandeur en Alg�rie apr�s mars 2002 avaient produit un quelconque profit.
Il d�coulait de ce qui pr�c�dait que faute d'avoir prouv� l'existence soit d'une violation des obligations contractuelles du demandeur � son �gard, soit d'un pr�judice r�sultant de telles violations, la d�fenderesse ne pouvait pr�tendre � l'indemnit� de 10'000 fr. retenue par les premiers juges.
4.2 Dans la mesure o� l'existence d'un gain n'a pas pu �tre �tablie, le grief de la d�fenderesse est vain, puisque l'application tant des art. 321b et 321e CO que celle des art. 413 al. 1 CO et 9 al. 3 LCD suppose pr�cis�ment l'existence d'un gain, respectivement d'un profit, qui fait d�faut en l'esp�ce. Fond� sur des faits qui ne correspondent pas aux constatations cantonales, le moyen de la d�fenderesse n'est pas recevable.
Dans un dernier grief tr�s succinctement motiv�, la d�fenderesse reproche � la cour cantonale de ne pas avoir confirm� le jugement du Tribunal des prud'hommes en ce qu'il lui allouait les sommes brutes de 1'003 fr. et 1'275 fr. � titre de vacances prises en trop et de salaire pour son absence du 29 ao�t au 2 septembre 2002, qui n'aurait en r�alit� pas �t� motiv�e par une maladie.
5.1 Sur le premier point, la cour cantonale a consid�r� que le demandeur avait droit � vingt jours de vacances par ann�e. D�s lors que le contrat de travail s'�tait termin� le 31 d�cembre 2002, le demandeur pouvait pr�tendre � l'entier de ses vacances pour 2002. Or, selon la d�fenderesse, il avait pris vingt jours de cong� entre le 1er janvier et le 31 octobre 2002, de sorte qu'il n'avait pas exc�d� son droit aux vacances en 2002.
L'argument de la d�fenderesse, qui repose sur l'hypoth�se de la confirmation de la validit� de la r�siliation imm�diate pour justes motifs au 31 octobre 2002, n'a plus raison d'�tre dans la mesure o� il a finalement �t� admis que la r�siliation imm�diate �tait injustifi�e, de sorte que le demandeur b�n�ficiait de son droit aux vacances jusqu'� l'�ch�ance normale de son contrat, le 31 d�cembre 2002.
5.2.1 Concernant le second point, les juges cantonaux ont consid�r� qu'il �tait �tabli que le demandeur avait accompagn� � Paris son amie qui devait subir une intervention chirurgicale � la r�tine du 29 ao�t au 2 septembre 2002. Bien qu'il n'ait pas produit de certificat m�dical, le demandeur soutenait qu'il �tait malade et n'aurait de toute fa�on pas pu travailler. Dans ces circonstances, l'absence en cause ne saurait �tre tenue pour fautive. Il ne ressortait pas du dossier que la d�fenderesse exigeait un certificat m�dical d�s le premier jour d'incapacit� de travail, ni qu'elle exigeait la compensation du temps pour les cong�s usuels ou l'imputait sur le salaire de l'employ�. Tant le demandeur que B.________ jouissaient d'une grande libert� dans l'organisation de leur temps de travail. Dans ces circonstances, il n'y avait pas lieu d'astreindre le demandeur au remboursement de la r�tribution touch�e pendant son d�placement � Paris.
5.2.2 Selon l'art. 329 al. 3 CO in initio, l'employeur accorde au travailleur les heures et jours de cong� usuels. Les parties tiennent �quitablement compte des int�r�ts de l'employeur et du travailleur pour fixer les heures et jours de cong� (art. 329 al. 4 CO).
L'employeur doit, selon les circonstances, accorder au travailleur des cong�s pour rendre visite � des proches malades (arr�t 4C.459/1997 du 7 avril 1998, publi� in JAR 1999 p. 232, consid. 3 p. 233 et les r�f�rences cit�es; plus r�cemment Brunner/B�hler/Waeber/Bruchez, op. cit., n. 3 ad art. 329 CO). La date et la dur�e des cong�s doivent �tre fix�es en �quit� (art. 4 CC), selon les circonstances, en tenant compte, notamment, des besoins de l'employeur et du travailleur (arr�t 4C.459/1997 du 7 avril 1998, publi� in JAR 1999 p. 232, consid. 3 p. 233 et les r�f�rences cit�es).
L'art. 329 CO n'oblige pas l'employeur � verser le salaire au travailleur en cas de cong� au sens de cette disposition. Le salaire n'est d� qu'en vertu d'un accord ou de l'usage, selon l'art. 322 CO, ou en cas d'emp�chement de travailler inh�rent � la personne de l'int�ress�, selon l'art. 324a CO (arr�t 4C.459/1997 du 7 avril 1998, publi� in JAR 1999 p. 232, consid. 4 p. 234; plus r�cemment Wyler, Droit du travail, Berne 2002, p. 245; cf. �galement Brunner/B�hler/Waeber/Bruchez, op. cit., n. 3 ad art. 329 CO).
Selon l'art. 324a al. 1 CO, si le travailleur est emp�ch� de travailler sans faute de sa part pour des causes inh�rentes � sa personne, telles que maladie, accident, accomplissement d'une obligation l�gale ou d'une fonction publique, l'employeur lui verse le salaire pour un temps limit�, y compris une indemnit� �quitable pour le salaire en nature perdu, dans la mesure o� les rapports de travail ont dur� plus de trois mois ou ont �t� conclus pour plus de trois mois.
5.2.3 En l'occurrence, la cour cantonale a souverainement tenu pour �tabli que le demandeur avait �t� malade du 29 ao�t au 2 septembre 2005, de sorte que la d�fenderesse, qui n'a pas contest� cette constatation de fait par le biais d'un recours de droit public, n'est pas fond�e � pr�senter devant l'autorit� f�d�rale de r�forme une argumentation reposant sur la pr�misse inverse. D�s lors qu'il en d�coule que l'absence du demandeur n'�tait pas fautive, son salaire lui �tait d� sur la base de l'art. 324a CO, ce qui exclut toute restitution.
Comme la valeur litigieuse, calcul�e selon la pr�tention � l'ouverture de l'action (ATF 115 II 30 consid 5b p. 41), d�passe le seuil de 30'000 fr., la proc�dure n'est pas gratuite (art. 343 al. 2 et 3 CO). Compte tenu de l'issue du litige, les frais et d�pens seront mis � la charge de la d�fenderesse, qui succombe (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
L'intervenante, qui n'a pas formul� d'observations et n'est pas repr�sent�e par un avocat, ne sera pas prise en consid�ration dans la r�partition des frais et d�pens (cf. arr�t 4C.98/2005 du 27 juillet 2005, consid. 4).
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires de la d�fenderesse et du demandeur, ainsi qu'� l'intervenante et � la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve.

References: art. 337
 art. 337
 ATF 
 art. 337
 art. 321
 art. 321
 art. 413
 art. 329
 art. 329