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Décision du 8 septembre PDF
Décision du 8 septembre 2005
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Christian Jérémie Doucet
1 Eidgenössische Rekurskommission für das öffentliche Beschaffungswesen Commission fédérale de recours en matière de marchés publics Commissione federale di ricorso in materia di acquisti pubblici Avenue Tissot Lausanne Tél. 021/ Président : André Moser Juges : Evelyne Clerc ; Erina Guzzi Greffière : Anne Tissot Benedetto CRM Décision du 8 septembre 2005 en la cause Team X, groupement composé des sociétés ( ), représenté par ( ), contre Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF), Immobilier, Portfolio Management Développement Ouest, Avenue de la Gare 41, 1003 Lausanne, représentés par Me Denis Esseiva, avocat, Etude Gillon, Perritaz, Esseiva & Overney, boulevard de Pérolles 21, Case postale 656, 1701 Fribourg, et Team Y, groupement composé de ( ), représenté par ( ), concernant I. En fait : marché de services ; mandat d'études parallèles ; adjudication en procédure sélective A. En date du 10 juin 2003, les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) publièrent dans la Feuille officielle suisse du commerce (FOSC) un appel à candidatures dans le cadre d une procédure sélective concernant la planification de la transformation par étapes de l'ensemble de la gare de Genève-Cornavin. L'objet du marché avait pour particularité de consister en un mandat d'études parallèles : les soumissionnaires retenus à l'issue de la première phase de sélection devaient fournir (i) un concept architectural global ; (ii) un avant-projet sommaire de la partie A de la gare et (iii) une esquisse de développement pour les parties C, D, E, F et G de la gare. Pour des raisons budgétaires, il était prévu que la partie A (aile Est du bâtiment voyageurs) serait réalisée dans un premier temps. L'appel à candidatures limitait à cinq le nombre de candidats qui seraient admis à déposer une offre dans la seconde phase de la procédure sélective. Il réservait la possibilité de négociations et excluait le dépôt de variantes. L'appel à candidatures ne contenait aucune mention concernant des options portant sur des marchés complémentaires.2 - 2 - La documentation d'appel d'offres (à savoir les directives et instructions du 5 juin 2003 relatives au 1 er tour de la procédure sélective, le règlement-programme du 29 octobre 2003 relatif au 2 e tour de la procédure sélective ainsi que le règlement-programme révisé du 1 er juillet 2004 pour la poursuite des mandats d'études parallèles) précisait que le mandat d'études parallèles portait sur les prestations correspondant aux phases 3, 4, 5 et 6 du règlement SIA 112 (édition 2001). En conséquence, le marché à adjuger comprenait la phase N 3 d'étude du projet (à savoir l'avant-projet, le projet d'ouvrage, la procédure de demande d'autorisation et de dossier de mise à l'enquête), la phase N 4 d'appel d'offres (à savoir l'appel d'offres, la comparaison des offres et la proposition d'adjudication), la phase N 5 de réalisation (à savoir le projet d'exécution, l'exécution de l'ouvrage ainsi que la mise en service et achèvement) et la phase N 6 d'exploitation (à savoir le fonctionnement de l'ouvrage et sa maintenance pour une période définie), cela pour toutes les parties (A, C, D, E, F et G) de la gare de Genève-Cornavin. A l'issue de la première phase de procédure sélective, six équipes de planification furent qualifiées et invitées à déposer une offre dans la seconde phase de la procédure, moyennant une rémunération forfaitaire de Fr. 30'000. par équipe. Le règlement-programme du 29 octobre 2003 relatif au 2 e tour de la procédure sélective (ci-après : le règlement-programme 2 e tour) contenait notamment une grille d'évaluation comprenant les critères d'adjudication et leur pondération respective. L'évaluation des offres effectuée par le collège d'experts dans un rapport du 28 mai 2004, sur la base des critères d'adjudication, montra que les deux meilleures propositions émanaient du team Y et du team X. Les notes finales arrondies au dixième de point étaient identiques pour les deux teams (3.3). Toutefois, le collège d'experts observa que les avant-projets des deux teams étaient encore à un stade sommaire du point de vue technique et nécessitaient d'être précisés avant qu'une adjudication ne soit envisageable. Ces précisions devaient aussi permettre de départager les deux offres. Les CFF suivirent la recommandation du collège d'experts. Ils adressèrent aux deux teams, le 1 er juin 2004, un extrait du rapport d'évaluation et des critiques spécifiques du collège d'experts et demandèrent aux deux teams d'approfondir leurs projets dans le cadre d'une poursuite des mandats d'études parallèles». A cette fin, les CFF élaborèrent un règlement-programme révisé du 1 er juillet 2004 pour la poursuite des mandats d'études parallèles (ci-après : le règlement-programme révisé) qui fut remis aux deux teams le 6 juillet 2004, accompagné d'un cahier des charges spécifique à chaque team et contenant une critique succincte du projet présenté et une liste des «points à traiter et axes à travailler». En outre, chaque team reçut une liste des «questions CVSE», elle aussi spécifique à son projet. Les CFF ayant décidé de réaliser d'abord la partie A de l'ouvrage, le règlement-programme révisé priait les teams Y et X de développer leurs projets pour cette partie seulement, en adaptant si nécessaire leur concept global pour éviter des impacts sur les autres parties de l'ouvrage. Les critères d'adjudication restaient identiques à ceux mentionnés dans le règlement-programme 2 e tour. Y et X purent prendre connaissance des avant-projets de leurs concurrents lors d'une séance du 6 juillet Le règlement-programme révisé prévoyait une rémunération complémentaire pour la poursuite des mandats d'études parallèles par les deux teams, à hauteur d'un montant maximal3 - 3 - correspondant à 15% du montant offert par chaque team pour l'avant-projet définitif (offre du 27 février 2004). Ce point ayant été contesté lors de la réunion du 6 juillet 2004, les CFF ont augmenté cette rémunération à 25% au maximum du montant offert pour l'avant-projet définitif, frais inclus (soit Fr. 171' pour Y et Fr. 113' pour X). Pour l'adjudicataire, cette rémunération devait être déduite du montant global offert pour la phase d'avant-projet de la partie d'ouvrage A. Dans le délai imparti au 5 octobre 2004, les teams Y et X remirent leurs offres. Le collège d'experts évalua les deux offres avec l'assistance de la société Z. SA pour le critère VO1 de l'économie globale du projet et de W. SA pour le critère VO3 des techniques de réalisation ; il entendit aussi les deux teams. Les notes pour les critères et sous-critères d'adjudication furent attribuées comme suit, selon une échelle de 1 à 5 : Critères / sous-critères Poids Y X Analyse des valeurs opérationnelles (VO) 55% VO1 Economie globale du projet 22% VO2 Exploitation et circulations 16.5% VO3 Techniques et réalisation 16.5% Analyse globale des valeurs urbanistiques et architecturales (VUA) 40% VUA1 Dimension fonctionnelle 16% VUA2 Dimension sociale et urbaine 12% VUA3 Dimension symbolique, sensorielle et patrimoniale 12% Analyse de la valeur financière VF1 Offre d'honoraires 5% Note globale 100% A l'issue de l'attribution des notes, le collège d'experts constata, le 4 novembre 2004, que la note moyenne arrondie au dixième était identique pour les deux teams (3.8). Le collège d'experts décida alors à l'unanimité de ne pas prendre en considération la note moyenne au centième et de ne pas revoir les notes attribuées à chaque critère. Sur proposition du président du collège d'experts, M. V., le collège décida de choisir le meilleur projet par un vote nominatif portant sur la synthèse des évaluations établies pour les critères d'adjudication. Sur la base de ce vote, le collège recommanda aux CFF, par 7 voix contre 5, de retenir et poursuivre la planification du projet du team Y. Les CFF suivirent cette proposition et adjugea le marché au team Y (ci-après également : l'adjudicataire) par décision du 4 novembre 2004, notifiée par courrier du 12 novembre 2004 aux teams Y et X, et publiée dans la FOSC du ( ). A la demande du team X, les CFF lui exposèrent, lors d'une séance du 19 novembre, les motifs de l'adjudication, ainsi qu'une synthèse des forces et faiblesses des propositions des deux teams. Outre le rapport d'évaluation du collège d'experts du 11 novembre 2004 transmis aux deux teams avec le courrier du 19 novembre 2004, les CFF adressèrent à X, le 24 novembre 2004, la synthèse de l'évaluation des propositions. B. Par courrier du 6 décembre 2004, le team X (ci-après également : le recourant) a formé recours contre la décision d adjudication auprès de la Commission fédérale de recours en4 - 4 - matière de marchés publics (ci-après : la Commission de recours ou de céans). Il y allègue d'abord que le pouvoir adjudicateur a violé la règle de l'adjudication à l'offre économiquement la plus avantageuse (art. 21 de la loi fédérale du 16 décembre 1994 sur les marchés publics ([LMP ; RS ) et le principe de la transparence en ne lui adjugeant pas le marché, alors même que sa note moyenne calculée au centième était de 3.81, soit supérieure à celle du team Y qui était de En deuxième lieu, il estime que les CFF ont aussi violé l'art. 21 LMP en attribuant le marché non pas sur la base des notes résultant des critères d'évaluation, mais en fonction d'un vote à main levée des membres de son collège d'experts. Le pouvoir adjudicateur se serait ainsi écarté des critères d'adjudication préalablement fixés, en violation du principe de transparence, et aurait agi de manière arbitraire. Troisièmement, le recourant dénonce une évaluation incohérente et discriminatoire des deux offres, en ce sens que son offre aurait été notée avec sévérité alors que celle de l'adjudicataire aurait été systématiquement favorisée par le collège d'experts. Le groupe d'experts aurait passé sous silence divers défauts de l'offre de l'adjudicataire concernant en particulier la comptabilisation inexacte entre surfaces commerciales et de stockage, l'aménagement des chemins de fuite, la mention d'un escalier qui n'existerait pas en réalité, l'absence d'un plan des sous-sols au 1/200 e, l'absence des cheminées de chauffage du sous-sol sur les plans du rez-de-chaussée, une verrière dont la hauteur dépasserait la cote de toiture autorisée, l'ajout (contraire aux conditions posées par les CFF) d'un troisième niveau de bureaux dans les combles du bâtiment faisant pont sur le passage des Alpes, des escalators en zone A qui empiéteraient sur la zone C, la suppression à tort d'un local technique à l'entresol au profit d'une surface commerciale et l'absence de sanction y relative par le collège d'experts, ainsi que la comptabilisation de surfaces commerciales dans des combles dont les plafonds seraient trop bas pour une telle affectation. Par ailleurs, le fait que les plans de l'adjudicataire attribuent au groupe U une surface commerciale du rez-de-chaussée, destinée à accueillir un commerce leader, pourrait indiquer que l adjudicataire aurait bénéficié d'informations privilégiées, en violation du principe d'égalité de traitement. S'agissant de l'évaluation de sa propre offre, le recourant considère en particulier que sa solution technique a été critiquée à tort et que son programme CVSE a été évalué de manière arbitraire en ce qui concerne la climatisation. Le recourant a requis l octroi de l effet suspensif à son recours, la communication de l'ensemble des rapports d'évaluation et d'une copie de l'offre de l'adjudicataire. Sur le fond, il demande l annulation de la décision contestée et une nouvelle adjudication en sa faveur, ou subsidiairement une annulation avec renvoi aux CFF en vue d'une adjudication en sa faveur, ou plus subsidiairement encore à une constatation d'illicéité, ainsi qu'à des dépens. C. Par courrier du 7 décembre 2004, le Président de la Commission de recours a informé les CFF et l adjudicataire du dépôt d un recours contre la décision d adjudication et les a invités à se prononcer jusqu au 5 janvier 2005 sur la requête d effet suspensif et les mesures d'instruction et jusqu au 17 janvier 2005 sur le fond de l affaire. Il a ordonné à titre superprovisoire qu aucune mesure d exécution ne soit entreprise jusqu à décision sur la requête d effet suspensif. Par courriers des 22, respectivement 29 décembre 2004, les CFF et l adjudictaire ont informé la Commission de céans qu'un accord avait été trouvé entre les parties en ce qui concernait la communication des rapports d'évaluation et des offres respectives du5 - 5 - recourant et de l adjudicataire et que, pour le surplus, ni les CFF ni l adjudicataire ne s'opposaient à la demande d'effet suspensif. Par décision incidente du 10 février 2005, la Commission de céans a accordé l'effet suspensif au recours. D. Par déterminations sur le fond du 13 janvier 2005, les CFF concluent au rejet du recours. Ils exposent d'abord ne pas avoir violé la règle de l'adjudication à l'offre économiquement la plus avantageuse (art. 21 LMP), en considérant que les offres de l adjudicataire et du recourant étaient équivalentes sur la base de la moyenne des notes pondérées au dixième de point, attribuées aux différents critères d'adjudication. La différence de scores en cas de moyenne calculée au centième de point aurait été minime (0,02, soit 3.79 pour l adjudicataire et 3.81 pour le recourant), ce qui ne permettrait pas d'apporter une information utilisable pour départager les propositions. Cela se justifierait d'autant plus que les notes attribuées représentaient elles-mêmes la synthèse d'éléments d'appréciations, plutôt qu'une évaluation d'une précision scientifique, et qu'elles portaient de surcroît sur des prestations de services de construction au stade d'avant-projets. Le collège d'experts aurait décidé à l'unanimité de trancher au vote nominal, à la majorité simple, après avoir évalué les offres selon les critères d'adjudication et les avoir considérées équivalentes sur la base des notes attribuées. Les CFF considèrent par ailleurs que le recours au vote à la majorité simple par le collège d'experts ne viole ni le principe de la transparence prescrivant une adjudication sur la base des critères publiés, ni l'interdiction de l'arbitraire. Le pouvoir adjudicateur pourrait choisir librement l'adjudicataire en cas d'équivalence des offres selon les critères publiés, en recourant notamment aux négociations (art. 20 al. 1 let. b LMP), au tirage au sort, à la voix prépondérante du président, à une nouvelle notation des offres, au choix du soumissionnaire présentant la meilleure aptitude ou encore au vote. Le vote serait le seul processus permettant de départager de manière équitable et adéquate deux offres équivalentes, en particulier lorsqu'il émane de personnes compétentes et connaissant mieux que quiconque les caractéristiques des deux offres. Enfin, les CFF considèrent que les offres ont été évaluées correctement, sans abus du pouvoir d'appréciation. L'offre du recourant contiendrait un nombre relativement faible de surfaces commerciales pour la partie A de l'ouvrage, et ces surfaces ne seraient pas réparties de manière optimale quant à leur accessibilité et leur visibilité, ce qui justifiait la moins bonne note attribuée à l'économie globale du projet soumis par le recourant. En revanche, le projet de l adjudicataire prévoyait un commerce leader au rez-de-chaussée et permettait globalement un meilleur rendement locatif (valeur actuelle nette évaluée à Fr millions pour le projet Y et à Fr. 26 millions pour le projet X). Le cahier des charges spécifique au recourant, annexé au règlementprogramme révisé, signalait expressément que la distribution des surfaces adoptées ne permettait pas, en l'état, d'envisager un grand commerce. De plus, en réponse à une question du recourant lors de la séance du 6 juillet 2004, les CFF lui avaient confirmé que la locomotive commerciale du projet correspondait à un grand distributeur. L'expert Z. SA aurait évalué le rendement locatif potentiel de chacune des offres, en optimisant la répartition des surfaces affectées aux commerces, bureaux et stocks respectivement, sans être liés aux affectations proposées par les deux teams concurrents. La solution technique proposée par le recourant (planchers suspendus à des poutres métalliques au niveau du toit) présentait des faiblesses en ce qui concerne le caractère isostatique de la structure, la protection contre le feu et les vibrations causées par les6 - 6 - trains. Pour remédier notamment au risque d'effondrement d'une travée en cas de rupture d'un pilier, l'expert W. SA a proposé des mesures correctives notamment par ajout d'une poutre longitudinale destinée à solidifier la structure. En revanche, le projet de l'adjudicataire ne nécessitait aucune protection supplémentaire du fait de sa structure traditionnelle en béton armé. Le concept CVSE de l'offre du recourant serait minimaliste par rapport à celui de l adjudicataire, puisqu'il ne prévoit pas d'assurer la réfrigération de la totalité des surfaces de bureaux ; de plus, la puissance électrique prévue serait insuffisante pour la réfrigération des surfaces CFF. Les diverses autres informalités reprochées au projet de l adjudicataire ne portaient pas à conséquence. Ainsi, le plan des sous-sols au 1/200 e manquant dans le projet déposé en octobre 2004 figurait dans le projet déposé en février Le recourant n'aurait du reste pas fourni ce même plan avec son projet de février 2004 sans être éliminée. Le fait que l'on ne voit pas sur les plans de l adjudicataire où devrait aboutir la cheminée de chauffage du sous-sol s'explique par le fait qu'il ne s'agit encore que d'un avant-projet, lequel sera précisé ultérieurement dans la phase de projet. La suppression d'un local technique par le projet de l adjudicataire a été prise en compte lors de l'évaluation. Le non-respect du gabarit d'évolution de la toiture par le projet de l'adjudicataire est minime (3 cm) au niveau de la façade avant du bâtiment, et n'est de 1.4 mètres qu'au niveau de la façade arrière, laquelle mérite une protection architecturale moins importante que l'avant du bâtiment. S'agissant du rehaussement de l'emplacement situé sur le passage des Alpes, tous les soumissionnaires avaient reçu une réponse faite par le pouvoir adjudicateur, à la suite d'une question posée, qui autorisait ce rehaussement. L'escalator proposé par l adjudicataire présenterait une inclinaison conforme aux règles. Au surplus, le projet du recourant présenterait aussi différentes violations, comme celles des règles en matière de gabarits d'évolutions pour ce qui concerne les verrières. Les experts n'auraient pas sanctionné le fait que le tapis roulant du projet X se trouvait à cheval sur les parties A et C. Ainsi, l'égalité de traitement dans l'évaluation des offres aurait été respectée. E. L adjudicataire s'est prononcé et a pris des conclusions indépendantes sur le recours par courrier du 17 janvier Il conclut au rejet du recours, avec suite de frais et dépens. S'agissant des différents griefs soulevés par le recours, la réponse de l'adjudicataire rejoint en substance celle du pouvoir adjudicateur. Il observe, au surplus, que la composition du collège d'experts chargé de l'évaluation des offres (six membres des CFF et six experts indépendants) donnait des garanties d'indépendance nécessaires. La meilleure note attribuée à son offre quant au critère de l'économie globale du projet résulterait du fait qu'il présente une valeur actuelle nette de 33% supérieure à celle de l'offre du recourant. Mesurer la longueur des chemins de fuite serait impossible du fait que l'offre serait un avant-projet, dans lequel la division interne des surfaces locatives ne serait pas encore déterminée. Par ailleurs, l'offre du recourant violerait une norme de protection incendie, en raison du fait que l'escalier le plus proche du hall central serait trop éloigné de l'extrémité du bâtiment. Les escalators du projet déposé par l'adjudicataire auraient une pente conforme aux normes techniques. Enfin, l adjudicataire réfute les insinuations de plagiat du projet du recourant, alléguées par ce dernier. Il rappelle le large pouvoir d'appréciation dont dispose le pouvoir adjudicateur lors de l'adjudication d'un marché. Tel serait d'autant plus le cas lorsque la procédure porte sur des avant-projets, où les points de détail seront réglés à un stade ultérieur, notamment au travers de négociations avec les autorités chargées de7 - 7 - la mise en œuvre. Enfin, le recourant n'aurait pas établi de lien de causalité entre les appréciations critiquées et le rejet de son offre. Lors de l'évaluation des premières offres, en avril 2004, le collège d'experts aurait déjà utilisé des notes pondérées au dixième de point, sans que le recourant ne s'en plaigne. Au surplus, si la méthode de notation au centième de point avait été appliquée lors de l'évaluation d'avril 2004, c'est l'offre de l adjudicataire qui aurait obtenu une meilleure note (note de 3.32 pour Y contre 3.29 pour X) et aurait dû obtenir l'adjudication. Enfin, le vote du collège d'experts n'était pas arbitraire. F. Par réplique, déposée dans le délai prolongé au 28 février 2005, le recourant confirme les griefs du recours. Il précise son troisième grief relatif à la mauvaise application des critères d'adjudication et à la discrimination opérée à ce titre à son égard, en identifiant trois problèmes majeurs. En premier lieu, il invoque une évaluation incomplète et erronée du critère VO1 (économie globale du projet). Le collège d'experts aurait simplement repris les notes proposées par le rapport de l'expert externe Z. SA, de surcroît sans que tous les membres du collège n'aient examiné en détail ce rapport. Le rapport de Z. SA contiendrait plusieurs erreurs en défaveur de son offre (erreurs dans l'allocation et le calcul des surfaces, prise en compte indue du risque lié à la stabilité des surfaces dans la notation, autres critères discriminants). Ainsi, la surface commerciale située à l'est de la partie A dans le projet de l adjudicataire se serait vue attribuer une valeur locative trop élevée (Fr. 2'000. par m 2 ), compte tenu en particulier de sa faible visibilité qui nuirait à son attractivité. Rien ne justifierait que la surface localisée au même endroit dans le projet du recourant soit moins valorisée (Fr. 1'200. par m 2 ). En deuxième lieu, le recourant invoque une évaluation partiale du critère VO3 (techniques et réalisation) quant aux critiques adressées à la structure proposée dans son offre, quant aux critiques des installations CVSE de son offre et quant à l'absence de corrections de postes du devis manifestement faux dans l'offre de l adjudicataire. En particulier, les rapports techniques soumis par le recourant démontreraient la stabilité de la structure offerte et l'expert externe W. SA ne pouvait s'en écarter sans raison. Les transformations de l'aile ouest de la gare comme celles de l'hôtel Cornavin adjacent à la gare auraient été réalisées en 1999 et 2000 avec une structure métallique, sans que cela ne pose aucun problème de vibration. Le concept de production de chaleur du projet du recourant serait simple et fonctionnel, alors que celui proposé par l adjudicataire serait compliqué, cher et peu rentable. Le système de ventilation centralisé utilisé par ce dernier serait mauvais du point de vue énergétique et écologique, par rapport au concept décentralisé proposé par le recourant. L'absence de solution dans l'avant-projet de l adjudicataire pour la cheminée de chauffage du sous-sol constituerait un défaut grave. Le projet de ce dernier impliquerait de déplacer les installations électriques du sous-sol et de remplacer les installations de télécommunications, occasionnant d'importantes perturbations. En troisième lieu, le recourant dénonce plusieurs violations de moindre importance des conditions du concours par l adjudicataire, lesquelles n'auraient pas été prises en compte par les CFF. Ainsi, la dalle de la halle nord et les dalles au-dessus du hall devraient s'effondrer si l on suivait les plans proposés par l adjudicataire. Les devis de celui-ci comporteraient plusieurs omissions. L'adjudicataire n'aurait pas respecté plusieurs exigences relatives à la protection patrimoniale de la gare Cornavin. Dans son projet, il aurait repris, quasiment sous forme de «copier-coller» certaines des solutions retenues par le recourant. Les CFF auraient favorisé l adjudicataire en lui adressant8 - 8 - une remarque relative à l'aménagement de la surface commerciale par un «commerce leader», alors qu'ils n'auraient communiqué au recourant que le fait que sa proposition ne permettait pas d'envisager un «grand commerce». Si l'existence d'une surface commerciale d'un seul tenant, occupant tout le secteur est de la partie A, était essentielle pour les CFF, ils auraient dû le communiquer aux deux concurrents pour respecter l'égalité de traitement. Le recourant développe enfin ses griefs portant sur le non-respect par le projet de l adjudicataire des règles sur les gabarits et sur les sorties de secours. Ces erreurs ont eu pour conséquence une surévaluation de l'offre de ce dernier et une sous-évaluation de celle du recourant. G. A l appui de sa duplique du 18 mars 2005, les CFF confirment leurs conclusions et prennent position sur les différentes violations alléguées dans l'application des critères d'adjudication. Au surplus, ils soulignent que l'évaluation des offres consistait avant tout à juger des potentialités respectives des avant-projets sommaires et non de détails. Ils rappellent que les offres portaient sur un avant-projet sommaire pour la partie A et qu'elles devaient être encore plus sommaires pour les autres parties de l'ouvrage. Les prestations d'avant-projet sommaire ne sont qu'une partie des prestations d'avant-projet ; elles peuvent encore moins être qualifiées de projet et ne représentent qu'une faible proportion des prestations totales attendues des mandataires. Pour la partie d'ouvrage A, le pouvoir adjudicataire évalue que les prestations requises dans la mise en concurrence représentent moins de 3% des prestations totales attendues. H. Par duplique du 18 mars 2005, l adjudicataire prend également position sur les différentes violations spécifiques alléguées par le recourant dans l'évaluation de leurs offres respectives. Par ailleurs, il considère que le débat technique engagé par le recourant serait non pertinent, car il ferait fi de la nature des offres comme avant-projets sommaires (partie A), esquisses de développement (parties C, D, E, F et G) et concept global et ignorerait le poids prépondérant des opinions des bureaux spécialisés et le pouvoir d'appréciation important du pouvoir adjudicateur. L'offre du recourant ne présenterait pas un degré de détail supérieur à celle de l adjudicataire, mais se contenterait souvent d'indications plus sommaires encore. Le recourant critiquerait l'offre de l adjudicataire en se plongeant dans des détails relevant de la phase d'exécution du marché. S'agissant de la notation au dixième de point, l adjudicataire considère que, en l'absence de disposition topique dans le règlement-programme, ce choix était couvert par le pouvoir d'appréciation du collège d'experts. I. Aucune des parties n'a requis de débats publics dans le délai imparti à cet effet au 14 avril J. Par courrier du 2 juin 2005, la Commission de recours a pris des mesures d'instruction complémentaires en interrogeant le pouvoir adjudicateur, le recourant et l'adjudicataire sur la nature de la procédure de passation appliquée, ainsi que sur l'étendue précise du marché en cause, en leur impartissant un délai au 20 juin 2005 pour se prononcer. Par envoi du 20 juin 2005, les CFF ont confirmé que la procédure utilisée était la procédure sélective et non un concours de projets, ni un concours portant sur les études et la9 - 9 - réalisation. Ils ont exposé en quoi consistaient les phases N 3, 4, 5 et 6 du modèle de prestation du règlement SIA 112, avec une copie des éléments pertinents de ce règlement, et ont exposé que l'adjudication portait sur la transformation de toutes les parties (A, C, D, E, F et G) de la gare de Genève-Cornavin. Une adjudication portant sur la seule partie A ne serait pas envisageable. Les CFF ont donné des indications chiffrées sur les rémunérations versées ou promises aux soumissionnaires pour le dépôt des offres. Ils considèrent que la procédure de passation utilisée est conforme à la loi : les particularités de la procédure de mandats d'études parallèles seraient conforme aux règles de la procédure sélective selon la jurisprudence cantonale et une partie de la doctrine. Par ailleurs, la procédure de passation choisie ne pourrait plus être annulée à ce stade, en raison de l'absence de recours contre l'appel d'offres et de l'absence d'une cause de nullité absolue. Il s'agirait par ailleurs d'un comportement contraire à la bonne foi de la part du recourant et une telle annulation violerait le principe de proportionnalité en raison des moyens importants engagés et de l'urgence à réaliser le marché en cause. Elle porterait atteinte à la sécurité juridique au vu des autres projets lancés actuellement selon une procédure identique, laquelle serait courante en Suisse. Enfin, une telle annulation n est pas envisageable compte tenu du fait que les principes essentiels du droit fédéral des marchés publics ont été respectés. Les CFF ont encore adressé deux courriers à la Commission de recours les 6 et 27 juillet Par courrier du 20 juin 2005, l adjudicataire a exposé que la procédure suivie était la procédure sélective et que le marché portait sur la transformation de toutes les parties de la gare, pour les prestations correspondant aux phases N 3 à 6 de la norme SIA 112. Les critères d'adjudication portaient sur l'ensemble de l'ouvrage et le prix offert concernait aussi la totalité de l'ouvrage. La rémunération versée aux soumissionnaires pour l'élaboration de leurs offres ne représenterait que 1.5% de la valeur du marché et ne couvrirait au surplus pas leurs frais effectifs. Ainsi, l adjudicataire évaluerait les frais d'élaboration de son offre à Fr. 1.7 millions, alors qu'il se verrait attribuer une indemnité totale de Fr. 201' Il en résulterait que c'est bien la totalité de la planification qui aurait fait l'objet du marché, et non le choix de six, puis deux soumissionnaires touchant une indemnité symbolique. Les soumissionnaires n'auraient consenti à de tels frais d'élaboration de l'offre que dans la perspective de l'adjudication d'un marché d'une valeur d'environ Fr. 15 millions. L'interdépendance des différentes parties de l'ouvrage rendrait incontournable l'élaboration d'un concept global, élaboré par un team multidisciplinaire. Par envoi dans le délai prolongé au 20 juillet 2005, le recourant a indiqué qu'il avait initialement considéré que la procédure de passation était un concours de projets en procédure sélective. Toutefois, le pouvoir adjudicateur avait suivi une procédure sélective, sans anonymat des offres et ni fonctionnement du jury selon les règles du concours. Le recourant n'aurait toutefois pas contesté ce choix du pouvoir adjudicateur, mais uniquement la décision d'adjudication selon les règles appliquées par le pouvoir adjudicateur pour fonder sa décision. A titre d'information, le recourant indique que ses frais d'élaboration de l'offre s'élèvent à Fr. 594'10 Les autres faits seront repris, en tant que de besoin, dans la partie «En droit» de la présente décision. II. En droit : 1. a) Le marché en cause est passé par les CFF, lesquels constituent une «entreprise publique» active dans la construction ou l exploitation d'installations ferroviaires et sont à ce titre assujettis à l Accord du 21 juin 1999 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne sur certains aspects relatifs aux marchés publics (avec annexes et acte final) (Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics ; RS ), entré en vigueur le 1 er juin 2002 (art. 3 par. 1, par. 2 pt (d) et par. 3 et Annexe II B de l Accord bilatéral CH CE sur les marchés publics) et à la LMP (art. 2 al. 2 LMP ; art. 2a al. 1 et al. 2 let. b de l ordonnance du 11 décembre 1995 sur les marchés publics [OMP ; RS ]). Font exception les activités d'une telle entreprise n'ayant pas de relation directe avec le secteur des transports (note 11 à l'annexe II B de la Suisse à l'accord bilatéral CH-CE ; art. 2a al. 2 let. b in fine OMP). Le marché en cause porte sur la planification de la transformation par étapes de l'ensemble de la gare de Genève- Cornavin. Il concerne ainsi la construction d'installations ferroviaires servant à l'exploitation du réseau ferroviaire par les CFF (voir aussi décision de la Commission de céans du 30 juin 2004, in Jurisprudence des autorités administratives de la Confédération [JAAC] 68,119 consid. 1a non publié ; de même en droit européen, arrêt non encore publié de la Cour de justice des Communautés européennes [CJCE] du 16 juin 2005, dans els affaires jointes Strabag AG et Kostmann GmbH c/ österreichische Bundesbahnen, C-462/03 et C-463/03, points 34-39). Le marché public litigieux ayant fait l objet d un appel d'offres publié le 10 juin 2003, il est soumis ratione temporis à l Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics et au droit fédéral en la matière (art. 37 LMP ; art. 72a al. 1 OMP). b) L Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics ne s applique pas à tous les services, mais uniquement à certains services exhaustivement énumérés à l Annexe VI à l Accord (art. 3 par. 6 et 7 de l Accord bilatéral en cause). L Annexe VI dudit Accord bilatéral contient une brève description résumée des types de services visés et est identique à l Annexe 4 de l Appendice I à l'accord GATT/OMC sur les marchés publics du 15 avril 1994 (AMP ; RS ) déposée par la Suisse. Comme l Annexe 4 à l AMP, la liste de services assujettis à l Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics est basée, par l intermédiaire du document MTN.GNS/W/120, sur la classification centrale provisoire des produits (CPC) établie par l ONU (New York 1991). Il faut dès lors se référer à cette classification CPC pour vérifier la portée de chaque type de services assujettis (décisions de la Commission de recours du 28 septembre 2001 et du 3 novembre 2000, in JAAC 66.5 consid. 2c/aa, respectivement consid. 3a). En droit fédéral également, la LMP ne s'applique qu à cette liste limitative de services, reprise à l'annexe 1 à l'omp (art. 1 al. 1 let. a et art. 5 al. 1 let. b LMP, ainsi que l art. 3 al. 1 OMP renvoyant à l Annexe 1 à l OMP).11 En l espèce, les prestations demandées à la communauté de mandataires (architecte, ingénieur civil, ingénieur CVSE et spécialiste en physique du bâtiment) pour la planification de la transformation par étapes de l'ensemble de la gare de Genève-Cornavin constituent des prestations de services assujetties à l Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics et à la LMP. Elles relèvent des «services d architecture ; services d ingénierie et services intégrés d ingénierie ; services d aménagement urbain et d architecture paysagère ; services connexes de consultations scientifiques et techniques ; services d essais et d analyses techniques (Annexe VI à l'accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics, CPC 867 : architectural, engineering and other technical services ; art. 5 al. 1 let. b LMP ; art. 3 al. 1 OMP et pts 11 à 12 de l Annexe 1 à l OMP). L'objet du marché consiste plus spécifiquement en un mandat d'études parallèles (pt 2.5 de l'appel d'offres). Le mandat d'études parallèles («Studienauftrag») désigne traditionnellement dans la pratique une forme de mise en concurrence par laquelle le pouvoir adjudicateur confie parallèlement à plusieurs mandataires une mission d'étude portant sur la même tâche, afin d'obtenir plusieurs propositions de solutions à un problème donné, et fréquemment avec l'objectif d'attribuer subséquemment directement un marché supplémentaire de poursuite d'études («Folgeauftrag») à l'un des prestataires mandatés pour les études parallèles, à savoir celui dont la proposition aura été jugée la meilleure (Jacques Dubey, Le concours en droit des marchés publics, thèse Fribourg 2005, ch ; Jean-Baptiste Zufferey/Jacques Dubey, La procédure de concours et les autres procédures applicables aux marchés incluant des prestations intellectuelles, Fribourg 2005, p. 41 ; Beat Messerli, Der Planungs- und Gesamtleistungs wettbewerb im öffentlichen Beschaffungsrecht, Berne 2004, p ; Peter Galli/André Moser/Elisabeth Lang, Praxis des öffentlichen Beschaffungsrechts, Zurich 2003, ch. 502 ; Denis Esseiva, Concours et marchés publics, Journées du droit de la construction 2003, Fribourg 2003, p. 207 ; Simon Ulrich, Öffentliche Aufträge an Architekten und Ingenieure, in Alfred Koller (éd.), Bau- und Bauprozessrecht : Ausgewählte Fragen, St-Gall 1996, p. 165 s.). Le chiffre 13 de l'annexe 1 à l'omp mentionne spécifiquement les «travaux d'étude» («Studienauftrag») parmi les services soumis à la LMP, au titre de la classification CPC 867, en les définissant entre parenthèses comme une «adjudication de marchés identiques à plusieurs soumissionnaires en vue d'obtenir différentes propositions de solutions». La classification CPC 867 elle-même ne mentionne pas expressément les mandats d'études parallèles. Toutefois, les notes explicatives jointes à plusieurs des sous-classes du CPC 867 incluent la réalisation d'études préliminaires et autres questions liées à la conception ou à la réalisation d'un projet (voir <http://unstats.un.org/unsd/cr/registry/regcs.asp?cl=9&lg=2&co=867>). Tel est en parti culier le cas de la sous-classe «Services de conseils et d'établissement d'avant-projets d'architecture» (qui comprend selon sa note explicative «par exemple la réalisation d'études préliminaires sur des questions telles que la philosophie du projet, la stratégie de développement, les conditions climatiques et environnementales, les exigences en matière d'occupation, les contraintes financières, l'analyse du choix du site, la fixation d'un calendrier pour l'établissement des plans et la construction ainsi que toutes les autres questions liées à la conception ou à la réalisation d'un projet. Ces services ne concernent pas obligatoirement un projet de construction neuve. Il peut s'agir par exemple de conseils sur la manière d'assurer, l'entretien, la réfection, la12 restauration ou le recyclage de bâtiments, [ ]»), de la sous-classe «Services d'établissement de plans de génie civil pour la construction des fondations et de l'ossature des bâtiments» (qui comprend selon sa note explicative un ou plusieurs des éléments suivants : «avant-projets, spécifications techniques sommaires et première estimation des coûts : ceux-ci doivent permettre de définir les caractéristiques principales du projet d'ingénierie ; plans, spécifications techniques et coûts définitifs : ceux-ci comprennent non seulement les plans d'exécution et les spécifications techniques concernant les matériaux à mettre en œuvre, les modes de pose, les délais et les autres renseignements nécessaires pour pouvoir lancer les appels d'offres et réaliser la construction mais également le conseil au client lors du lancement des appels d'offres ou de l'acceptation des offres; services fournis pendant la phase de construction») et de la sous-classe «Services d'établissement de plans techniques pour les installations mécaniques et électriques des bâtiments» (qui concerne, selon sa note explicative, des installations telles que «réseau d'alimentation électrique, système d'éclairage, installation d'avertissement d'incendie, système de communication et autres installations électriques pour tous les types de bâtiments, et/ou installations de chauffage, de ventilation, de climatisation et de réfrigération et autres installations mécaniques pour tous types de bâtiments» et qui comprend un ou plusieurs des éléments déjà énumérés dans la note explicative relative à la sous-classe 86722). Le type de service en cause dans le cas d'espèce étant assujetti à l'accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics et à la LMP, cet assujettissement s'étend a fortiori à l'hypothèse où le pouvoir adjudicateur entend acquérir non pas un seul projet, mais plusieurs projets simultanés relatifs au même objet. En conséquence, le mandat d'études parallèles portant sur la planification de la transformation par étapes de l'ensemble de la gare de Genève-Cornavin constitue un ensemble de plusieurs marchés de services identiques assujettis, quant à leur type, à la LMP. c) En l'espèce, la rémunération totale que le pouvoir adjudicateur s'est engagé à verser aux six soumissionnaires pour l'élaboration de leurs offres s'élève à Fr. 464' (dont à déduire la rémunération due à l'adjudicataire pour l'élaboration de son offre révisée, soit Fr. 171'745.20, imputée sur ses honoraires). Ce montant n'est toutefois pas pertinent. Selon l'art. 6 al. 1 LMP, la valeur déterminante pour l'application de la loi est la valeur estimée du marché faisant l'objet de l'appel d'offres. L'art. 44 al. 1 let. b OMP prévoit ainsi que la valeur déterminante d'un concours de projets consiste en la somme totale des prix et de la valeur estimée des travaux d'étude supplémentaires définis dans le programme de concours (décision de la Commission de recours du 26 mars 1997, in JAAC consid. 1a). Est déterminante la valeur de toutes les prestations de services que le pouvoir adjudicateur a entendu adjuger (dans le même sens, décision du Tribunal administratif du canton de Zurich du 13 avril 2000 [VB ], consid. 2b/dd). Le marché adjugé en l'espèce porte sur la planification (phases N 3 à 6) de la transformation de la totalité de la gare de Genève. L'offre soumise par l'adjudicataire pour la réalisation de la planification intégrale de la transformation des différentes parties de la gare s'élève à Fr. 14'579'384.. La valeur du marché est ainsi supérieure au seuil de Fr. 640'000. (soir la somme de EUR 400'000. ) applicable pour les services acquis par des pouvoirs adjudicateurs actifs dans la construction ou l exploitation d installations ferroviaires,13 tels les CFF (art. 3 par. 4 pt b/i de l Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics ; art. 2a al. 3 let. b OMP). d) Enfin, aucun des cas d'exception de l'art. 3 LMP n'est rempli en l'espèce. En conséquence, le présent marché est soumis à la LMP et la Commission de recours est compétente pour statuer sur le présent recours. 2. a) Selon l'appel d'offres et la documentation y relative, le marché est passé en procédure sélective. La décision attaquée est celle d adjudication du marché, laquelle est sujette à recours selon l art. 29 let. a LMP. b) Selon l art. 48 let. a de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA ; RS ), auquel renvoie l art. 26 al. 1 LMP, la qualité pour recourir appartient à quiconque est touché par la décision et a un intérêt digne de protection à ce qu elle soit annulée ou modifiée. En outre, le droit de recourir présuppose la capacité d être partie et d ester en justice. En matière de marchés publics, le soumissionnaire évincé est destinataire de la décision d adjudication attaquée et est directement touché par celle-ci, de sorte que sa qualité pour agir est admise (ATF 125 II 95 consid. 4 concernant la qualité pour agir en cas de recours de droit public, 123 V 115 consid. 5a ; décisions de la Commission de recours du 22 janvier 2001, in JAAC consid. 1b/aa et du 16 août 1999, in JAAC consid. 1b ; André Moser, in Moser/Uebersax, Prozessieren vor eidgenössischen Rekurskommissionen, Bâle et Francfortsur-le-Main 1998, ch et 2.26 ; Galli/Moser/Lang, op. cit., ch. 637 ; Evelyne Clerc, L ouverture des marchés publics : Effectivité et protection juridique, Fribourg 1997, p. 524 à 527 ; Alfred Kölz/Isabelle Häner, Verwaltungsverfahren und Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2 e éd., Zurich 1998, ch. 535 à 546, 555 ; Ulrich Zimmerli/Walter Kälin/Regina Kiener, Grundlagen des öffentlichen Verfahrensrechts, Berne 1997, p. 117 à 121 ; Fritz Gygi, Bundesverwaltungsrechtspflege, 2 e éd., Berne 1983, p. 181 s.). En tant que soumissionnaires évincés, les membres du team recourant sont destinataires de la décision d adjudication attaquée. De plus, tous les membres de ce team recourent conjointement, de sorte que leur intérêt pratique à agir ne fait aucun doute (décision de la Commission de céans du 22 janvier 2001, in JAAC consid. 1b). Informé par la Commission de céans du dépôt d un recours, le team adjudicataire a pris position sur le recours, après avoir consulté les écritures des parties, ainsi que les pièces déposées par le recourant et le pouvoir adjudicateur. L adjudicataire a pris des conclusions indépendantes et a soumis des pièces complémentaires à l'appui de ses observations. En conséquence, l adjudicataire a acquis la qualité de partie adverse (art. 57 al. 1 et 64 al. 3 PA ; Clerc, op. cit., Protection juridique, p. 533 ; Moser, op. cit., ch. 3.1 ; décision de la Commission de céans du 16 août 1999, in JAAC consid. 1c).14 c) Déposé dans le délai de vingt jours dès la publication de l'avis d'adjudication (art. 30 LMP), le recours est recevable. d) Dans le cadre d un recours devant la Commission de recours peuvent être invoquées la violation du droit fédéral, y compris l excès ou l abus du pouvoir d appréciation (art. 49 let. a PA), ainsi que la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (art. 49 let. b PA). En revanche, conformément à l art. 31 LMP, la Commission de recours ne peut se prononcer sur le motif de l inopportunité (art. 49 let. c PA). En l espèce, le recourant allègue en substance d'abord que le pouvoir adjudicateur a violé la règle de l'adjudication à l'offre économiquement la plus avantageuse (art. 21 LMP) et le principe de la transparence en ne lui adjugeant pas le marché, alors même que sa note moyenne calculée au centième était supérieure de 0.02 à celle du team adjudicataire. En deuxième lieu, il estime que les CFF ont aussi violé l'art. 21 LMP en attribuant le marché non pas sur la base des notes résultant des critères d'évaluation, mais en fonction d'un vote à main levée des membres de son collège d'experts. Le pouvoir adjudicateur se serait ainsi écarté des critères d'adjudication préalablement fixés, en violation du principe de transparence, et aurait agi de manière arbitraire. Troisièmement, le recourant dénonce une évaluation incohérente et discriminatoire des deux offres, en ce sens que son offre aurait été notée avec sévérité, alors que celle de l'adjudicataire aurait été systématiquement favorisée par le collège d'experts, lequel aurait, de surcroît, omis de tenir compte de graves défauts de cette dernière offre. 3. a) La Commission de recours revoit d office l application du droit fédéral, sans être liée par les conclusions et motifs invoqués par les parties (art. 26 al. 1 LMP et art. 62 al. 4 PA). Elle peut admettre un recours pour d autres motifs que ceux indiqués par le recourant ou rejeter le recours et confirmer la décision litigieuse avec une motivation différente de celle retenue par le pouvoir adjudicateur (substitution de motifs) (décision de la Commission de recours du 22 janvier 2001, in JAAC 65,78 consid. 4a ; Galli/Moser/Lang, op. cit, ch. 690 et les références citées). L'autorité de recours peut en particulier examiner des questions de droit non soulevées par les parties lorsque des raisons suffisantes découlant des allégués des parties ou d'autres indices figurant dans le dossier l'y conduise (ATF 119 V 347 consid. 1a ; décision de la Commission de recours du 11 mars 2005, in JAAC consid. 1a non publié). En règle générale, le droit d'être entendu se limite aux questions de fait pertinentes. Les parties ne doivent être entendues sur l'appréciation juridique que si l'autorité entend se fonder sur des dispositions dont les parties ne pouvaient escompter l'application ou si le droit s'est modifié ou s'il confère un très grand pouvoir d'appréciation (ATF 129 II 505 consid. 2.2). En l espèce, la Commission de recours observe que la motivation du recours tant en ce qui concerne l'utilisation du vote à la majorité qualifiée (résultant de la difficulté à départager les offres des teams concernées) qu'en ce qui concerne l'évaluation de l'offre de l adjudicataire au regard des critères d'adjudication ou les défauts allégués de dite offre est étroitement liée à la procédure de passation appliquée et à l'étendue du marché en cause. Comme l'ont souligné15 eux-mêmes le pouvoir adjudicateur et l'adjudicataire dans leurs dupliques, les offres déposées constituent des avant-projets sommaires (partie A de l'ouvrage), voire de simples esquisses de développement (parties C à G de l'ouvrage), basés sur un concept global de planification propre à chaque team concurrent, sur les potentialités desquelles le pouvoir adjudicateur doit se fonder pour adjuger un marché très étendu couvrant les phases N 3 à 6 du règlement SIA 112, à savoir les prestations d'élaboration d'un avant-projet, d'un projet, du dossier de mise à l'enquête, de l'organisation complète de l'appel d'offres pour l'exécution des travaux jusqu'aux propositions d'adjudication, du projet d'exécution, de la direction des travaux jusqu'à l'achèvement du chantier, ainsi que du bon fonctionnement de l'ouvrage, et cela pour toutes les parties (A et C à G) à rénover de la gare de Genève-Cornavin. Pour adjuger ce marché, le pouvoir adjudicateur s'est de plus fondé sur une «procédure sélective de mandats d'études parallèles» présentant des particularités et dont la légalité doit être examinée. La Commission de céans a informé les parties et le pouvoir adjudicateur, par une mesure d'instruction du 2 juin 2005, qu'elle considérait comme pertinentes pour l'issue du présent recours les questions de la légalité de la procédure de passation utilisée et de l'étendue du marché adjugé et leur a donné la possibilité de s'exprimer à ce sujet. b) aa) Les CFF objectent qu'une mise en cause de la légalité de la procédure de passation serait tardive faute d'avoir été contestée immédiatement par un recours contre l'appel à candidatures. Selon le pouvoir adjudicateur, il ressortirait de l'appel à candidatures publié dans la FOSC du 10 juin 2003 que la procédure de passation utilisée était une «procédure sélective (chiffre 1.5) de mandat d'étude parallèle (chiffre 2.5)» (p. 10 du courrier des CFF du 20 juin 2005 en réponse à la mesure d'instruction de la Commission de recours). Dès lors, une mise en cause ultérieure au stade de l'adjudication ne serait plus possible, sous réserve de l'hypothèse où le vice invoqué serait propre à entraîner la nullité absolue de la décision (décision de la Commission de recours du 8 octobre 1998, in JAAC consid. 4). Or, aucune cause de nullité absolue n'existerait en l'espèce. bb) La Commission de recours observe que l'appel à candidatures prévoit, d'une part, que le marché doit être passé en procédure sélective (pt 1.5) et, d'autre part, que l'objet du marché consiste en un mandat d'études parallèles, à savoir la planification de la transformation de l'ensemble de la gare de Genève-Cornavin (pt 2.5). Le règlement SIA 112 n'est mentionné dans l'appel à candidatures que sous la forme d'un renvoi et uniquement pour indiquer que le pouvoir adjudicateur recherche une communauté de mandataires (pt 2.5). Le point 2.10 de l'appel à candidatures énumère différentes étapes sous le titre de «délai d'exécution», avec le libellé suivant : «2.10 Délai d'exécution: du jusqu'au Choix des cinq teams qualifiés : septembre 2003 Mandat d'études parallèles pour les teams retenus : septembre à novembre 2003 Avant-projet définitif : mai 2004 Projet d'ouvrage : avril 2005 Début des travaux : mai 2006»16 La Commission de recours observe que le sens usuel du terme «exécution» se rapporte à l'exécution du contrat et non à la procédure de passation. De plus, le point 2.10 n'indique pas la date envisagée pour l'adjudication, de sorte qu'il ne permet pas de distinguer clairement les étapes relevant de la procédure de passation de celles relatives à l'exécution du marché. En conséquence, l'amalgame opéré par le pouvoir adjudicateur entre type de procédure et objet du marché, aboutissant à une procédure ad hoc dénommée «procédure sélective de mandat d'étude parallèle», ne résulte pas de l'appel à candidatures. Les particularités de la procédure de passation suivie, lesquelles posent problème en l'espèce, découlent entièrement de la documentation d'appel d'offres. C'est dans les directives et instructions relatives au 1 er tour du 5 juin 2003, puis dans le règlement-programme 2 e tour du 29 octobre 2003 et enfin dans le règlement-programme révisé du 1 er juillet 2004 que figurent pour la première fois la mention que le mandat d'études parallèles faisant l'objet du marché couvre les phases N 3 à 6 du règlement SIA 112. Le degré de précision attendu des offres (concept architectural global, avant-projet sommaire pour la partie A du bâtiment et esquisses de développement pour les parties C, D, E, F et G du bâtiment), ainsi que les critères d'adjudication sont mentionnés pour la première fois dans le règlement-programme 2 e tour. Apparaissent enfin pour la première fois dans le règlement-programme révisé du 1 er juillet 2004 les étapes additionnelles consistant en l'élimination intermédiaire des quatre offres les moins bien classées au regard des critères d'adjudication et en l'instauration d'une forme particulière de dialogue ou négociation entre le pouvoir adjudicateur et les deux derniers soumissionnaires en lice, visant à ce que les teams X et Y approfondissent leurs projets avant le dépôt d'une offre définitive. Selon la jurisprudence de la Commission de recours, l obligation de contestation immédiate ne concerne que les éléments de l appel d offres dont le sens et la portée apparaissent d emblée suffisamment clairement pour que le soumissionnaire puisse en reconnaître la possible illicéité. De plus, la documentation d appel d offres n'est pas englobée dans la notion d appel d offres au sens de l art. 29 let. b LMP et ne figure pas parmi les autres décisions limitativement énumérées à l art. 29 LMP. D éventuelles illégalités contenues dans cette documentation ne doivent pas faire l objet d un recours immédiat, sous peine de forclusion, mais peuvent au contraire être contestées à un stade ultérieur de la procédure de passation, lors de la notification d une autre des décisions énumérées à l art. 29 LMP, notamment lors de l'adjudication (décision de la Commission de recours du 16 novembre 2001, in JAAC consid. 3b à d ; Galli/Moser/Lang, op. cit., ch. 610). La mention par les CFF d'une voie de recours dans les règlements relatifs au 1 er tour, au 2 e tour et au 2 e tour révisé n'est pas susceptible de modifier la liste exhaustive des décisions finales figurant à l'art. 29 LMP. Dès lors que les particularités de la procédure et de l'étendue du marché découlent de la documentation d'appel d'offres, l'objection de tardiveté soulevée par le pouvoir adjudicateur doit être rejetée. La Commission de recours peut valablement examiner la légalité de la procédure de passation suivie et de l'étendue du marché adjugé. Dès lors qu'une annulation de la décision d'adjudication entre en ligne de compte, la recherche d'une éventuelle cause de nullité absolue est superflue. Il n'est pas plus nécessaire de discuter les arguments développés par les CFF tendant à nier en l'espèce les conditions d'une nullité absolue.17 c) aa) Les CFF plaident aussi que le principe de la bonne foi rendrait impossible la remise en cause, à ce stade, de la validité de la procédure de passation utilisée. Citant partiellement un arrêt du Tribunal fédéral (ATF 130 I 241 consid. 4.3), ils arguent que le soumissionnaire aurait l'obligation de signaler sans attendre une irrégularité au pouvoir adjudicateur, sauf à adopter un comportement contraire à la bonne foi. Or, le team recourant n'aurait jamais invoqué une éventuelle irrégularité de la procédure de passation, malgré les occasions offertes en particulier par la réception du règlement-programme 2 e tour et du règlement-programme révisé. Le team recourant aurait au contraire accepté en particulier la rémunération prévue pour la continuation de la seconde phase de la procédure sélective et le déroulement de celle-ci avec l'annonce d'une séance d'information du 6 juillet 2004 et une audition du 3 novembre bb) La Commission de recours observe que la forclusion tirée du principe de la bonne foi est modérée dans la partie non reproduite par les CFF de l'arrêt précité, en ce sens qu'elle ne peut être opposée à une partie que pour les irrégularités qu'elle a effectivement constatées ou, à tout le moins, qu'elle aurait dû constater. Selon le Tribunal fédéral, on ne saurait exiger des soumissionnaires qu'ils procèdent à un examen juridique approfondi de l'appel d'offres et des documents de l'appel d'offres, vu leurs connaissances généralement limitées en la matière et le délai relativement court qui leur est imparti pour déposer leurs offres. Il convient, au contraire, de ne pas se montrer trop strict à cet égard et de réserver les effets de la forclusion aux seules irrégularités particulièrement évidentes ou manifestes. Cette solution offre par ailleurs l'avantage de garantir une certaine effectivité à la protection juridique dont doivent bénéficier les soumissionnaires, l'expérience enseignant que, par crainte de compromettre leurs chances d'obtenir un marché, très rares sont ceux qui, en pratique, contestent l'appel d'offres ou les documents de l'appel d'offre avant l'adjudication (ATF 130 I 241 consid. 4.3 in fine ; Vincent Carron/Jacques Fournier, La protection juridique dans la passation des marchés publics, Fribourg 2002, p ). En l'espèce, on ne saurait considérer que les irrégularités de la procédure de passation étaient évidentes ou patentes pour le team recourant, compte tenu en particulier de la jurisprudence émanant de certains tribunaux administratifs cantonaux qui ont admis la validité d'une procédure sélective visant l'adjudication de mandats d'études parallèles comprenant l'attribution d'un marché d'étude complémentaire. Par ailleurs, l'inclusion par les CFF dans les règlements-programmes d'une clause prévoyant que «à l'expiration du délai fixé pour les questions, la participation à la procédure vaut acceptation du présent règlement-programme» (pt 5.7 du règlement-programme 2 e tour ; pt. 5.3 du règlement-programme révisé) ne saurait non plus fonder une mauvaise foi automatique des soumissionnaires soulevant ultérieurement des motifs de recours contre des éléments figurant dans la documentation d'appel d'offres. Par ailleurs, comme le soulignent tant le recourant que les CFF, le team recourant n'a jamais contesté la validité de la procédure de passation, mais uniquement le bien-fondé de l'adjudication. Si le recourant considère dans son recours que la procédure de passation s'était déroulée en trois phases, alors que les CFF considèrent plutôt que la seconde phase de la procédure sélective a été prolongée, il n'en tire aucune conséquence juridique, ni aucun motif de recours. Dans sa prise de18 position du 20 juillet 2005 sur les mesures d'instruction ordonnées par la Commission de recours, le recourant indique avoir initialement interprété les documents d'appel d'offres remis par les CFF comme établissant un concours de projets en procédure sélective selon l'art. 43 OMP, puis avoir constaté que les CFF suivaient en pratique une procédure sélective ordinaire ; le recourant précise à nouveau ne pas avoir contesté ce choix. En conséquence, dès lors que le vice affectant la procédure de passation n'était pas patent et qu'il n'est de surcroît pas invoqué par le recourant, mais examiné d'office par la Commission de recours, on ne voit pas comment on pourrait reprocher au recourant un quelconque comportement contraire au principe de la bonne foi. L'objection des CFF est mal fondée à cet égard. 4. Les CFF considèrent que la «procédure sélective de mandat d'étude parallèle» utilisée et l'étendue de l'objet du marché sont conformes au système légal. La limitation du nombre de soumissionnaires était nécessaire du fait de la rémunération offerte pour le dépôt des offres, ce qui imposait l'usage de la procédure sélective. Le pouvoir adjudicateur pourrait choisir librement entre procédure sélective et concours de projets. Si la procédure présente certaines particularités (contacts entre le pouvoir adjudicateur et les soumissionnaires durant la procédure de passation visant à définir l'objet du marché; rémunération aux soumissionnaires pour le dépôt des offres), celles-ci seraient prévues par le législateur au chiffre 13 de l'annexe 1 à l'omp et à l'art. 23 al. 2 OMP. Le fait de retenir plusieurs concurrents pour un mandat d'études parallèles ne constituerait pas une adjudication, laquelle ne pourrait avoir lieu qu'à un seul soumissionnaire selon l'art. 21 al. 1 LMP. La seule adjudication serait la décision du 4 novembre 2004 attribuant à l adjudicataire la totalité des prestations faisant l'objet de la mise en soumission. Après le dépôt des offres des six soumissionnaires, les CFF n'auraient pas lancé une nouvelle procédure de passation, mais continué la seconde phase de la procédure sélective avec deux des soumissionnaires afin de départager leurs offres équivalentes. Enfin, les principes fondamentaux du droit des marchés publics (mise en concurrence, transparence, égalité de traitement et adjudication à l'offre économiquement la plus avantageuse) auraient été respectés. a) Le pouvoir adjudicateur dispose d une très grande marge de liberté dans la définition de l'objet du marché (décision de la Commission de recours du 17 avril 2002, in JAAC consid. 9a) comme dans le choix et la pondération des critères d'adjudication, pour autant que ceux-ci permettent l'adjudication à l'offre économiquement la plus avantageuse (Galli/ Moser/Lang, op. cit., ch. 403). Le pouvoir adjudicateur choisit aussi librement entre la procédure ouverte ou sélective, alors que la procédure de gré à gré est limitée à des cas exceptionnels limitativement énumérés (art. 13 al. 1 et 2 LMP). Il peut en outre recourir au concours (art. 13 al. 3 LMP; art OMP), caractérisé par une certaine souplesse dans l'organisation et le déroulement qui en font une quatrième forme de procédure de passation (décision de la Commission de recours du 13 juin 1997, in JAAC consid. 3a). La définition de l'objet du marché constitue un élément indispensable à assurer la transparence des procédures de passation et l'égalité de traitement des soumissionnaires (décision de la Commission de recours du 8 octobre 1998, in JAAC consid. 1c). Il découle du principe de légalité (art. 5 al. 1 de la Constitution fédérale de la Confédération Suisse du 18 avril 1999 [Cst. ; RS 101]) que le pouvoir19 adjudicateur est lié par le numerus clausus des procédures de passation instauré par l'art. 13 LMP et les dispositions d'exécution de l'omp et qu'il doit en outre respecter les exigences instaurées par la loi pour chacune de ces procédures. Le pouvoir adjudicateur ne peut pas, selon son bon plaisir, mélanger des éléments de différentes procédures ou introduire une nouvelle procédure non prévue par la loi. Il est essentiel que soit toujours clairement reconnaissable quelle procédure de passation est applicable au cas d'espèce (en ce sens également, arrêt du Tribunal administratif zurichois du 9 juillet 2003 [VB ], consid. 2b). L'objet du marché ainsi que les critères retenus pour son attribution sont des éléments décisifs aux fins de déterminer quelle procédure de passation prévue par la loi doit être mise en œuvre et d'apprécier ensuite le respect des impératifs propres à la procédure ainsi retenue (en ce sens également en droit européen, arrêt non encore publié de la CJCE du 14 octobre 2004, en la cause Commission c/ France, C-340/02, point 34). L'Accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics se réfère en substance aux mêmes principes susmentionnés (art. 4 para. 1 de l'accord bilatéral). De plus, la «Déclaration commune des Parties contractantes sur les procédures de passation des marchés et de contestation» prévoit que la Suisse respecte les procédures de passation prévues par l'art. 4 de l'accord bilatéral si elle applique les règles découlant de l'amp (RO 2002, p. 1994). b) aa) La Commission de recours observe que le droit des marché public traite les mandats d'études parallèles comme un faisceau de marchés de services similaires. Il s'agit d'un type de marché, assujetti à la LMP en raison du fait que son objet figure dans la Liste suisse annexée à l'accord bilatéral CH-CE sur les marchés publics (comme dans l'annexe 4 déposée par la Suisse en Appendice I à l'amp) et est mentionné expressément au chiffre 13 de l'annexe 1 à l'omp. En revanche, il ne s'agit nullement d'une cinquième forme propre de procédure de passation qui serait autorisée par la réglementation fédérale sur les marchés publics (voir consid. 1b ci-dessus ; Dubey, op. cit., ch. 420 et 422 ; Zufferey/Dubey, op. cit., p. 41 ; dans le même sens, arrêt du Tribunal administratif zurichois du 9 juillet 2003 [VB ], consid. 2c/aa). Les arguments des CFF à ce dernier titre ne convainquent pas. D'une part, l'énumération de l'annexe 1 à l'omp, y compris son chiffre 13 sur les travaux d'étude, ne concerne que les types de services assujettis à la loi et à l'ordonnance, comme il ressort clairement de l'art. 3 al. 1 OMP et de l'art. 5 al. 1 let. b LMP. Même une interprétation large de l'explication figurant entre parenthèses au chiffre 13 de l'annexe 1 OMP qui parle «d adjudication de marchés identiques ( )» (en allemand : «Vergabe identischer Aufträge [ ]») ne saurait fonder une cinquième forme de procédure de passation, sauf à violer le principe de la hiérarchie des normes (art. 13 LMP) et l'exigence de base légale. D'autre part, le versement d'une indemnité aux soumissionnaires pour l'élaboration de leur offre constitue une simple modalité à disposition du pouvoir adjudicateur, quelle que soit la procédure de passation utilisée (art. 23 OMP). Les travaux d'études préliminaires ne sont mentionnés à l'art. 23 al. 2 OMP que comme motif justificatif exemplatif («notamment») et devraient essentiellement viser l'hypothèse où les soumissionnaires auraient dû mener une activité d'étude ou de conception avant («préliminaires») d'élaborer leur offre proprement dite et non les cas où le service de conception est l'objet même de l'offre (Zufferey/Dubey, op. cit., p. 59).20 bb) C'est la pratique (règlement des concours d'architecture et d'ingénierie SIA 142/1998 dont l'annexe est consacrée aux mandats d'études parallèles), suivie à des degrés divers par une partie de la doctrine (Ulrich, op. cit., p. 165 s. ; Esseiva, op. cit., Concours, p ; Messerli, op. cit., p ; d'un avis plus nuancé, Peter Rechsteiner, Die Wettbewerbe : Rechtslage und Praxis, Baurechtstagung 2003, Fribourg 2003, p ; très critiques : Dubey, op. cit., ch ; Zufferey/Dubey, op. cit., p ) et certaines jurisprudences cantonales (voir l'arrêt du Tribunal administratif argovien du 18 janvier 2000, AGVE 2000, p. 267 consid. 3 ; les arrêts du Tribunal administratif zurichois du 9 juillet 2003 [VB ], du 13 février 2002 [VB ], consid. 3a et du 13 avril 2000 [VB ], consid. 2a ; arrêt du Tribunal administratif fribourgeois du 6 septembre 2000 [2A 00 67], consid. 1c ; jurisprudences résumées par Galli/Moser/Lang, op. cit. ch et par Rechsteiner, op. cit., p ), qui a transformé cet objet du marché en une forme de procédure de passation particulière incluant l'attribution d'un marché subséquent («Folgeauftrag») à l'un des prestataires des études parallèles («Studienauftrag»). La terminologie utilisée pour décrire les mandats d'études parallèles témoigne du glissement opéré : «une procédure de mise en concurrence» (Esseiva, op. cit., Concours, p. 207), «als Studienauftrag ausgestalteter Planungswettbewerb» (arrêt du Tribunal administratif des Grisons du 2 novembre 2001 [U 01 55], consid. 1b) «eine eigenständige Form der Konkurrenz» (Galli/Moser/Lang, op. cit., ch. 503), «ein nicht anonymes Konkurrenzverfahren» (Zürcher Kommission für das öffentliche Beschaffungswesen, Handbuch für Vergabestelle, Zurich 2004, Kap. 8, Merkblat 15, disponible sous <http:// Art des Wettbewerbsverfahrens» (Bau-, Verkehrs- und Forstdepartement Graubünden, Handbuch öffentliches Beschaffungswesen im Kanton Graubünden, 31 mars 2005, ch , disponible sous <http://www.bvfd.gr.ch/submissionswesen/index.htm>). Les caractéristiques les plus importantes de cette forme particulière de mise en concurrence expliquent les avantages que lui reconnaît la pratique par rapport au concours (pour l'analyse approfondie de ces caractéristiques, voir Dubey, op. cit., ch ; Messerli, op. cit., p ). En premier lieu, la procédure n'est pas soumise à la règle de l'anonymat, qui constitue une caractéristique essentielle du concours (art. 48 OMP). Elle permet au contraire d'avoir des contacts et discussions intermédiaires durant la procédure de passation entre le collège d'experts et les concurrents qui pourraient ainsi approfondir et préciser leurs offres (Rechsteiner, op. cit., p. 170 ; Messerli, op. cit., p. 40). En deuxième lieu, les concurrents reçoivent une indemnité pour leurs prestations d'études parallèles, d'un montant proportionnellement égal et fixé par le pouvoir adjudicateur. Les mandats d'études parallèles permettraient ainsi au pouvoir adjudicateur d'acquérir les prestations de planification sans rémunérer intégralement leurs auteurs, la réduction du prix étant justifiée par la chance dont jouirait chacun d'eux de se voir attribuer un marché supplémentaire (Ulrich, op. cit., p ). En troisième lieu, les participants n'auraient pas de droit à un marché subséquent («Folgeauftrag»), contrairement à ce qui est le cas dans les concours ; il s'agirait d'une simple possibilité réservée par le pouvoir adjudicateur (Messerli, op. cit., p. 40). Enfin, le règlement SIA 142 prévoit que les droits d'auteurs demeurent la propriété des concurrents sauf cession formelle (Dubey, op. cit., ch. 428). Montrer encore
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 art. 29
 art. 29
 art. 29
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 Art. 1
 Art. 30
 l'article 30
 l'article 78
 l'article 42