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Timestamp: 2017-09-21 09:32:54+00:00

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Proposition de loi. réglementant la vente des substances stupéfiantes et psychotropes dans le cadre d une expérience de santé publique - PDF
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Grégoire Gignac
1 [1] Proposition de loi réglementant la vente des substances stupéfiantes et psychotropes dans le cadre d une expérience de santé publique (modifiant la loi du 24 février Loi concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques et des substances pouvant servir à la fabrication illicite de substances stupéfiantes et psychotropes)
3 [3] Introduction D une proposition à l autre «Il ne suffit pas de se prononcer éthiquement à propos d'un problème de société. Il convient également de tenter d'apporter une nouvelle réponse. Ce pragmatisme est conforme à l'engagement philosophique. Les situations que la méthode et la réflexion laïques dénoncent doivent être modifiées. Les lois étant inadéquates en cette matière, c'est donc par une proposition de loi modifiant le régime actuel qu'il faut passer.» 1 Anne Cugnon Groupe de travail «Drogues» du CAL Fort du constat que la lutte répressive contre l usage des drogues a largement montré ses limites et que la prohibition en vigueur a davantage aggravé les problèmes sociaux, sanitaires et sécuritaires qu elle ne les a réglés, le Centre d Action Laïque, dans une perspective résolument progressiste, a élaboré, en 2002, une proposition de loi modifiant la loi du 24 février 1921 concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, désinfectantes ou antiseptiques assortie d un projet d arrêté royal visant le contrôle et la réglementation du commerce de toutes les drogues actuellement illicites, dans le cadre d une expérience de santé publique. Dès ce moment, colloques, campagnes de sensibilisation et prises de position dans les médias se sont succédé en vue de faire connaître publiquement la position défendue par le CAL et d alimenter le débat, sans tabou. Au cours de diverses rencontres avec le public, des mandataires 1 Christophe MARCHAND, «L'implication du mouvement laïque dans une question de société relative aux assuétudes : la campagne Réglementons les drogues du Centre d'action Laïque», dans Morale Laïque, juin 2005.
4 [4] politiques, mais aussi de consultations auprès d acteurs de terrain (thérapeutes d usagers de drogues, acteurs de la prévention) et de juristes, des questions ont émergé quant à l application pratique et les implications de la mise en œuvre de cette proposition de modification législative. Une proposition peaufinée Afin d y apporter des réponses concrètes, tout en conservant la philosophie initiale du projet, le groupe de travail «Drogues» du CAL, composé de juristes et de professionnels de la santé, a entrepris un important travail de refonte de sa proposition de loi initiale. Il présente aujourd hui un nouveau texte, plus détaillé, intégrant de manière plus précise les aspects relatifs à la prévention et à la réduction des risques. Ce texte modifie la loi de 1921 en la maintenant, mais en organisant une série de dérogations qui vont permettre d améliorer la santé des usagers. L optique de base restant de briser le marché noir et le monopole maffieux des trafiquants de drogues, il prévoit une réglementation rigoureuse tant de la production que de la vente des différents produits psychotropes. Un article spécifique en dépénalise la détention. Une des principales nouveautés consiste à ne plus traiter tous les produits indifféremment, mais bien de proposer des dispositions distinctes pour le cannabis (associé au tabac et à l alcool), les drogues dites «récréatives» (stimulants et hallucinogènes), les opiacés et leurs dérivés. Une attention particulière est portée aux mineurs d âge, au contrôle des produits, à leur commerce ainsi qu à l information pour les consommateurs, y compris d alcool. Ainsi, la vente est interdite au moins de 18 ans et aux non-résidents, sauf pour le cannabis, où la limite d âge est abaissée à 16 ans, ce qui correspond, comme pour l alcool et les cigarettes, à une réalité sociologique de consommation. À chaque catégorie de produits son modus operandi Les dispositions relatives au cannabis font évoluer les législations tabac et alcool existantes vers un renforcement de la prévention. En effet, la vente
5 [5] en est libre, mais en comptoir spécifique, et toute publicité est interdite. Le texte prévoit de manière détaillée les conditions de production et de vente du cannabis. La vente des drogues dites «festives» est quant à elle confiée à des ASBL compétentes en matière de réduction des risques et contrôlées par l État. Cela permet de renseigner les consommateurs sur la composition des produits et sur leurs effets. En matière de production, la réglementation se fonde sur les conditions requises pour les médicaments. La présence d un médecin est prévue dans chaque ASBL et un bilan de santé est demandé avant l accès à la consommation. Les opiacés et leurs dérivés, quant à eux, seront vendus dans des dispensaires disposant d une salle de consommation attenante, sous contrôle de l État. Les salles de consommation supervisées qui existent déjà en Europe ont largement montré leurs bénéfices pour la santé. L intérêt de la réglementation proposée par le CAL est que le produit consommé ne provienne plus du «deal», mais soit issu d une filière de fabrication contrôlée. La délivrance devra être pratiquée par un médecin et un bilan de santé sera exigé. Accent sur la réduction des risques Enfin, le texte organise la protection des usagers et des professionnels de santé ainsi qu une récolte des données relatives à la délivrance des produits. Il met également en place une commission fédérale de contrôle sur le modèle de celle existant pour l euthanasie dont le fonctionnement a fait ses preuves. Au-delà d une simple réglementation de la vente des drogues, une telle modification législative permettrait de mieux informer les consommateurs potentiels ou usagers de drogues sur les risques qu ils courent pour leur santé (réduction de risques), de faire de la prévention efficace auprès du public non consommateur de drogues actuellement illégales et tout particulièrement auprès des jeunes. Les avantages d une telle réglementation sont innombrables : éradication du marché noir et de l enrichissement des dealers, libération des moyens
6 [6] policiers et judiciaires pour d autres tâches, amélioration de la santé des consommateurs grâce au contrôle de qualité des produits psychotropes, diminution du nombre de détenus en prison, accroissement de ressources financières pour l État grâce aux taxes et accises (cannabis), augmentation de moyens pour la prévention de la toxicomanie, et, pourquoi pas, mise sur pied d un réseau de commerce équitable avec les pays producteurs. La proposition est dans les cartons. Qui, de nos mandataires politiques, osera s en saisir?
7 [7] Principes Le cadre répressif est conservé, mais des dérogations sont aménagées dans le but d améliorer la santé publique. La loi du 24 février 1921 concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques et des substances pouvant servir à la fabrication illicite de substances stupéfiantes et psychotropes est donc modifiée. La nouvelle règlementation ne vaut que pour les Belges ou les personnes inscrites au registre national, au registre d attente, au registre des étrangers ou détentrice d un acte de demande de régularisation (dénommés dans les commentaires «résidents de plus de trois mois»). Pour le cannabis À l instar de l alcool, une loi particulière devrait être adoptée pour déterminer les taux des droits d accises (cf. Loi concernant la structure et les taux des droits d accise sur l alcool et les boissons alcoolisées du 7 janvier 1998, MB 4 février 1998). Pour les autres substances stupéfiantes et psychotropes La proposition de loi vise à améliorer la santé publique. Pour ce faire, elle met en place deux mécanismes majeurs : o la délivrance d informations claires et précises aux consommateurs sur les produits visés et les modes de consommations, et particulièrement sur les risques encourus ; o le renforcement du lien entre le médecin et le consommateur : la délivrance est conditionnée à la production d une attestation qu un bilan de santé a été réalisé. Le patient aura donc nécessairement parlé de sa consommation au médecin qu il aura consulté.
8 [8] La création des comptoirs spécialisés et des dispensaires est réalisée par l ajout de deux à l art. 3 de la loi du 24 février Le nouveau 4bis concerne les dispensaires et fait suite aux traitements de substitution dans la loi actuelle. Le nouveau 5 concerne les comptoirs spécialisés. Un organe est créé (la commission de contrôle) qui permettra d analyser les données statistiques. L objectif est d évaluer l amélioration effective de la santé publique et de mesurer les effets de cette nouvelle politique relative aux stupéfiants.
9 [9] Titre I : Disposition générale Art. 1 er la présente loi règle une matière visée à l article 78 de la Constitution. De nouveaux outils : une commission fédérale de contrôle, des comptoirs spécialisés dans la vente de certaines drogues et des dispensaires pour les drogues les plus addictives. Titre II : Définitions Art. 2 Pour l application de la présente loi, on entend par : a) Commission fédérale de contrôle : commission fédérale de contrôle et d évaluation sur les substances stupéfiantes et psychotropes ; b) loi du 24 février 1921 : Loi du 24 février 1921 concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes, désinfectantes ou antiseptiques et des substances pouvant servir à la fabrication illicite de substances stupéfiantes et psychotropes ; c) substances stupéfiantes et psychotropes : substances stupéfiantes et psychotropes, telles que définies dans la Convention unique sur les stupéfiants de l ONU de 1961 et la Convention de Vienne de 1971 ; d) comptoir spécialisé : centre spécialisé dans la délivrance de produits psychotropes, agréé par les autorités compétentes et qui ne peut délivrer que des substances stupéfiantes hallucinogènes et stimulantes ; e) dispensaire : centre agréé par les autorités compétentes qui délivre exclusivement des opiacées, de la cocaïne et dispense des traitements de substitution.
10 [10] Titre III : Principes généraux Art. 3 À l article 1 er de la loi du 24 février 1921, les modifications suivantes sont apportées : - le texte existant est complété par deux alinéas rédigés comme suit : Alinéa 6 nouveau - En vue de prévenir l abus des substances stupéfiantes et psychotropes et afin d assurer le prompt dépistage ainsi que le traitement, l éducation, la postcure, la réadaptation et la réintégration des Les dérogations sont aménagées pour prévenir l abus de drogues, dépister plus rapidement, assurer une prévention plus efficace, faciliter les soins et la réinsertion. Ceci permettra de s appuyer sur des données scientifiques plus fiables et d améliorer la santé publique. personnes concernées, en vue d améliorer la santé publique et aux fins de recherches scientifiques visant à mesurer les effets sanitaires, sociaux, pénaux et économiques de la politique relative aux stupéfiants, le Roi organise l importation, la fabrication, la conservation, l étiquetage, le transport, la détention, le courtage, la vente et l offre en vente, la délivrance et l acquisition, à titre onéreux (ou gratuit) des substances stupéfiantes et psychotropes susceptibles d engendrer une dépendance, visées par la présente loi et ses arrêtés d application. 3 nouveau Le Roi organise le recueil des statistiques scientifiques qu il transmet à la Commission fédérale de contrôle.
11 [11] Art. 4 Il est ajouté un 1 er bis et un 1 er ter à l art. 2bis de la loi du 24 février 1921 rédigés comme suit Art. 2bis, 1 er bis Ne commet pas d infraction la personne physique âgée de 16 Cannabis Dépénaliser la détention du cannabis pour un usage personnel. Âge de consommation : 16 ans. ans accomplis, qui, en vue de sa consommation personnelle, détient ou a détenu du cannabis ou des produits à base de cannabis.
12 [12] Art. 2bis, 1 er ter Ne commet pas d infraction la personne physique âgée de 18 ans accomplis, titulaire d une carte d identité belge en cours de validité ou inscrite au registre national, au registre d attente, au registre des étrangers ou détentrice d un acte de demande de régularisation qui, en vue de sa consommation personnelle, détient ou a détenu des substances visées à l article Autres substances Dépénaliser la détention de certaines drogues pour un usage personnel ou dans le cadre de la production et de la vente prévues par la loi. Mesure pour les Belges ou résidents de plus de trois mois. Âge de consommation : 18 ans. 1 er al. 6 qu elle a acquis personnellement dans un comptoir spécialisé ou un dispensaire visé à l art. 3 4bis et 5 de la présente loi. Elle en détient la preuve à disposition des services de police.
13 [13] Titre IV : Règlementation de la vente de tabac, d alcool, de cannabis Chapitre 1 er De la vente de cannabis Cannabis VENTE Vendre aux commerçants ou aux particuliers nécessite une autorisation. La vente est réservée aux producteurs, commerçants (personnes physiques) ou aux sociétés commerciales. Conditions : être belge ou avoir son siège social en Belgique, avoir 18 ans. Art. 5 Par dérogation à la loi du 24 février 1921, la personne physique ou morale (opérateur économique) qui vend du cannabis, les graines du cannabis, les produits de base du cannabis, les produits dérivés du cannabis en vue de sa vente au commerce de détail et aux particuliers ne commet pas d infraction au sens de la loi du 24 février 1921 si elle souscrit aux conditions suivantes : 1 être autorisée à cette vente par le Roi ; 2 être inscrite au registre du commerce et des entreprises et en sus : a) pour les personnes physiques, être âgée de 18 ans ou plus, être domiciliée en Belgique et détenir une carte d identité en cours de validité ou être inscrite au registre national ou au registre des étrangers ; b) pour les personnes morales, avoir son siège social en Belgique ;
14 [14] 3 vendre exclusivement aux commerçants autorisés ou aux particuliers pour un usage personnel, dans les limites définies à l art. 6 ; 4 ne pas modifier les conditionnements du cannabis, les produits de base du cannabis, les produits dérivés du cannabis, tels que réalisés par le fabriquant ; 5 se soumettre aux contrôles, tels qu organisés par le Roi ; 6 organiser la traçabilité de ses transactions, dans les conditions définies par le Roi. Cannabis VENTE Seuls les commerçants ou les particuliers autorisés par la loi peuvent acheter le cannabis. Conditionnement particulier : il ne peut être modifié entre le producteur et le consommateur. Les contrôles sont organisés par l État. La traçabilité des transactions et donc des produits est assurée.
15 [15] Art. 6 Les personnes physiques ou morales qui ont été autorisées à vendre conformément à l art. 4 visé ci-dessus sont soumises à la loi du 24 janvier 1977 relative à la protection de la santé des consommateurs en ce qui concerne les denrées alimentaires et les autres produits qui est modifiée comme suit : 1 er. ajouter à l art. 1 er, 2, un d) bis Cannabis VENTE : Mesures de protection du consommateur S assurer que le produit est conforme et s assurer de la qualité de la fabrication, réglementer l étiquetage et le conditionnement. d) bis : le cannabis, les produits de base du cannabis, les produits dérivés du cannabis ; 2. ajouter un 7 à l art. 3 libellé comme suit : 7 règlementer la fabrication du cannabis, des produits de base du cannabis, de produits dérivés du cannabis, en ce compris le mode de fabrication ou de préparation, le conditionnement et l étiquetage. 3. ajouter à l art. 6 1 er, a) : au cannabis, produits de base du cannabis, produits dérivés du cannabis.
16 [16] 4. Ajouter un 7 à l art. 6, libellé comme suit : 7. Il est interdit de vendre du cannabis ou un produit de base du cannabis ou un produit dérivé du cannabis aux personnes n étant pas titulaires d une carte d identité belge en cours de validité ou n étant pas inscrites au registre national, au registre d attente, au registre des étrangers ou n étant pas détentrices d un acte de demande de régularisation. Il est interdit de vendre, de servir ou d offrir du cannabis ou un produit de base du cannabis ou un produit dérivé du cannabis aux jeunes de moins de seize ans. Cannabis VENTE : Mesures de protection du consommateur Le producteur ou le commerçant devra s assurer que le consommateur est belge ou est résident de plus de trois mois. Il devra également s assurer que le consommateur a 16 ans ou plus. Il peut être exigé de toute personne qui entend acquérir des produits à base de cannabis ou d en user de prouver qu elle appartient aux catégories autorisées par une carte d identité, un titre de séjour en cours de validité ou un acte de demande de régularisation.
17 [17] Dans l intérêt de la santé publique, les lieux où sont mis dans le commerce du cannabis, des produits de base du cannabis, des produits dérivés du cannabis, sont soumis à l obligation d afficher des avertissements concernant la nocivité de ces produits et les mentions concernant les conditions de vente visées aux alinéas 1 er et 2. Le Roi en détermine les modalités. 5. Ajouter un art. 6ter libellé comme suit : Art. 6ter Dans l intérêt de la santé publique, la vente des boissons spiritueuses comme définie à l article 16 de la loi du 7 janvier 1998 concernant la structure et les taux des droits d accise sur Cannabis VENTE : Mesures de protection du consommateur Informer de la nocivité du cannabis. La loi prévoit également que l alcool et le tabac ne soient plus vendus en libreservice. Le cannabis est vendu dans un lieu spécifique : magasin spécialisé ou comptoir à part dans un magasin qui vend d autres produits. l alcool et les boissons alcoolisées, du tabac, des produits à base de tabac et des produits similaires, du cannabis, des produits de base du cannabis, des produits dérivés du cannabis en libre-service est interdite. La vente dans le même lieu de boissons alcoolisées et du cannabis, des produits de base du cannabis, des produits dérivés du cannabis est interdite sauf si la vente du cannabis, des produits de base du cannabis, des produits dérivés du cannabis se réalise dans un lieu spécifique au sein du magasin visé.
18 [18] 6. Ajouter un 2ter à l art. 7 : 2ter Il est interdit, dans l intérêt de la santé publique, de faire de la publicité pour le cannabis, les produits de base du cannabis et les produits dérivés du cannabis. Est considérée comme publicité, toute Cannabis VENTE : Mesures de protection du consommateur Interdiction de la publicité communication ou action qui vise, directement ou indirectement, à promouvoir la vente, quels que soient l endroit, le support ou les techniques utilisés. L interdiction visée ne s applique pas à la publicité pour le cannabis, les produits de base du cannabis, les produits dérivés du cannabis faite dans des publications imprimées exclusivement destinées aux professionnels du commerce du cannabis. L interdiction visée ne s applique pas à l affichage d une production graphique ou un écrit qui fait référence au cannabis, aux produits de base du cannabis, aux produits dérivés du cannabis, ou à une marque de cannabis ou de produits à base de cannabis, pour autant qu ils ne soient pas proposés dans les lieux de vente du cannabis ou des produits à base de cannabis.
19 [19] 7. Modifie l article 13, 1 er comme suit : celui qui sans être le fabricant ou l importateur, introduit des denrées alimentaires ou autres produits visés par la présente loi, sans s être conformé à l art. 6, 4, 6 et 7 et à l article 8 et aux arrêtés pris en exécution des articles 2, 3, 2 e, 3 e, 6 e et 7 e, 4, 3 et 4, 5, 4, et Ajouter à l article 15, 1 er, 3 après les mots : des tabacs, produits à base de tabac ou produits similaires, du cannabis, des Cannabis VENTE Organisation des sanctions pénales pour les contrevenants et création d un Groupe scientifique d enquête à l instar d autres groupes scientifiques existants, ceci afin de récolter les statistiques. produits à base du cannabis, des produits dérivés du cannabis 9. Ajouter un art. 22quater : 22quater : Il est créé auprès du Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement, un Groupe scientifique d enquête sur la consommation du cannabis, des produits de base du cannabis, des produits dérivés du cannabis. Le Ministre qui a la Santé publique dans ses attributions transmet annuellement les résultats des enquêtes réalisées par le Groupe scientifique sur la consommation du cannabis, des produits à base de cannabis, des produits dérivés du cannabis à la Commission fédérale de contrôle.
20 [20] Chapitre 2 De la fabrication du cannabis Art. 7 1 er. Par dérogation à l art. 3, 2 de la loi du 24 février 1921, la personne physique de 18 ans et plus qui cultive du cannabis pour son usage personnel ne commet pas d infraction au sens de la loi du 24 février 1921, pour autant qu elle soit titulaire d une carte d identité belge en cours de validité ou qu elle soit inscrite au registre national, au registre d attente, au registre des étrangers ou qu elle soit détentrice d un acte de demande de régularisation. 2. Le Roi détermine les variétés et quantités admissibles. Cannabis FABRICATION PAR DES PARTICULIERS La culture de cannabis pour usage personnel est autorisée pour les Belges ou les résidents de plus de trois mois, pour autant qu ils aient 18 ans. Des quantités maximales sont arrêtées par le Roi pour éviter le développement du marché noir. La déclaration des surfaces cultivées permettra la tenue de statistiques. 3. Elle en fait déclaration auprès des autorités compétentes selon les modalités déterminées par le Roi.
21 [21] Cannabis FABRICATION Art. 8 1 er. Par dérogation à l art. 3, 2 de la PAR DES PRODUCTEURS loi du 24 février 1921, la personne physique ou Produire du cannabis en morale qui produit du cannabis, des graines de vue de sa commercialisation cannabis, des produits de base du cannabis, des nécessite une autorisation. produits dérivés du cannabis, en vue de leur Pour les particuliers, il faut commercialisation ne commet pas d infraction être belge ou être résident au sens de la loi du 24 février 1921 si elle en Belgique de plus de trois souscrit aux conditions suivantes : mois et avoir 18 ans. Pour les sociétés, il faut avoir son 1 être autorisée à cette fabrication par les siège social en Belgique. autorités compétentes ; La vente de la fabrication 2 ne peut se faire qu aux a) pour la personne physique, être âgée de 18 commerçants autorisés et ans ou plus, être domiciliée en Belgique et aux particuliers pour usage personnel. détenir une carte d identité en cours de validité ou être inscrite au registre national ou au registre des étrangers ; b) pour la personne morale, avoir son siège social en Belgique ; 3 vendre sa production exclusivement : a) aux commerçants autorisés, tel que prévu à l art. 5 ; b) aux particuliers pour un usage personnel, dans les limites définies à l art. 6 et selon les modalités fixées par le Roi ;
22 [22] 4 respecter les teneurs en principes actifs, telles que déterminées par le Roi ; 5 se soumettre aux contrôles, tels qu organisés par le Roi ; 6 organiser la traçabilité de ses produits, dans les conditions définies par le Roi ; 7 respecter les règles de conditionnement telles que prévues dans la loi du 24 janvier 1977 relative à la protection de la santé des consommateurs en ce qui concerne les denrées alimentaires et les autres produits, telle que modifiée par la présente loi. 2. Les personnes physiques ou morales qui ont été autorisées à produire et vendre leur productions sont soumises à la loi du 24 janvier 1977 relative à la protection de la santé des consommateurs en ce qui concerne les denrées alimentaires et les autres produits, telle que modifiée par l article 6 de la présente loi. Cannabis FABRICATION PAR DES PRODUCTEURS Le producteur doit fabriquer un produit conforme à la règlementation notamment pour les teneurs en principes actifs et se soumettre aux contrôles. Il doit respecter les règles de conditionnement et est soumis à la loi relative à la protection de la santé des consommateurs. La déclaration des surfaces cultivées permettra la tenue de statistiques. 3. Elles font déclaration des surfaces et variétés cultivées et de leur rendement auprès des autorités compétentes, selon les modalités déterminées par le Roi. Art. 9 Lesdites autorités transmettent les statistiques relatives aux surfaces et variétés cultivées à la Commission fédérale de contrôle visée au titre VI de la présente loi.
23 [23] Titre V : Règlementation de la vente de substances stimulantes, hallucinogènes, d opiacées et de cocaïne Autres substances IMPORTATION ET FABRICATION L importation et la fabrication sont réservées aux commerçants ou sociétés commerciales pour autant qu ils aient leur siège social en Belgique et qu ils aient reçu une autorisation de l État. Chapitre 1 De l importation, de la fabrication et de la vente des substances psychotropes et stupéfiantes Art er. Par dérogation à l art. 3 2 de la loi du 24 février 1921, la personne morale qui importe, fabrique et vend des produits psychotropes ou stupéfiants ou des produits servant à leur fabrication tels que visés à l art. 1 er al. 6 (nouveau) de la loi du 24 février 1921 ne commet pas d infraction au sens de la loi du 24 février 1921 pour autant qu elle souscrive aux conditions suivantes : 1 être inscrite au registre du commerce ou des entreprises et avoir son siège social en Belgique ; 2 être autorisée à cette importation, fabrication ou vente par les autorités compétentes ;
24 [24] 3 importer, fabriquer ou vendre ces produits en vue de leur dispensation par les comptoirs spécialisés et les dispensaires visés par la présente loi ; 4 respecter les dispositions déterminées par le Roi telles que visées au 2 du présent article ; 5 se soumettre aux contrôles tels qu organisés par le Roi. Autres substances IMPORTATION ET FABRICATION L importation ou la fabrication est réalisée pour les comptoirs spécialisés et les dispensaires et dans les conditions prévues par AR. Des contrôles sont organisés.
25 [25] 2. Le Roi détermine : 1 les produits psychotropes et stupéfiants concernés ; 2 les modalités d autorisation d importation, de fabrication et de vente des produits visés au 1 du présent ; 3 les conditions d entreposage, de conservation et de transport des produits visés au 1 du présent ; 4 les quantités de produits visés au 1 du présent importées, fabriquées et vendues ; 5 les formes manufacturées mises à la vente, leur conditionnement, leur étiquetage et leur traçabilité ; 6 les modalités de contrôle. Autres substances IMPORTATION ET FABRICATION La liste des produits concernés est arrêtée par le Roi. L objectif est que le marché des produits psychotropes et stupéfiants organisé soit strictement contrôlé par les autorités en ce qui concerne aussi bien leur circulation et leur conditionnement que leur qualité de fabrication et leur traçabilité.
26 [26] Chapitre 2 De la délivrance de substances stimulantes et hallucinogènes. Art. 11 Il est ajouté un 5 e à l art. 3 de la loi du 24 février 1921 libellé comme suit : 5. Ne constitue pas une infraction la délivrance, à titre onéreux ou gratuit, de substances stupéfiantes et psychotropes aux vertus hallucinogènes ou stimulantes telles que définies par le Roi en vertu de l alinéa 2 du présent article, pour autant qu elle le soit dans un comptoir spécialisé au sens de la présente loi, en main propre, dans un but de consommation personnelle et que l acheteur produise une attestation de santé délivrée par un praticien de l art de guérir, telle que prévue à l alinéa 3. Les substances stimulantes et hallucinogènes DÉLIVRANCE La délivrance de ces produits se fait uniquement en comptoir spécialisé. Elle doit se faire en main propre (pas d achat par un tiers) et pour consommation personnelle. L acheteur doit produire une attestation de santé pour avoir accès aux produits. L attestation de santé prouve que l acheteur a consulté un médecin mais ne correspond pas à une autorisation de consommer.
27 [27] Le Roi détermine les produits psychotropes et stupéfiants concernés, les quantités admissibles maximales à la délivrance 2, les modalités d acquisition par les comptoirs spécialisés, des produits psychotropes concernés. Les substances stimulantes et hallucinogènes DÉLIVRANCE La liste des produits psychotropes et stupéfiants délivrés en comptoir spécialisé est arrêtée par le Roi. La quantité maximale délivrée par client est également déterminée par le Roi. Un AR définira également les règles qui présideront à l achat par les comptoirs spécialisés aux fabricants ou importateurs. 2 NB : un même produit peut être délivré dans le comptoir spécialisé et le dispensaire (voir infra), ce sont alors les quantités admissibles à la vente qui vont différer. Exemples : cocaïne.
28 [28] La délivrance doit être pratiquée dans les conditions suivantes : 1 la délivrance doit être pratiquée dans un comptoir spécialisé dans la délivrance de produits psychotropes tels que définis par le Roi en vertu de l alinéa 2 du présent article. 2 les modalités d organisation des comptoirs spécialisés sont déterminées par l autorité compétente; Les substances stimulantes et hallucinogènes DÉLIVRANCE Dans l esprit des rédacteurs de la proposition, les comptoirs spécialisés devraient être organisés en asbl agréées par l autorité compétente.. Les titres professionnels à orientation psycho-médico-sociale pourraient être exigés des employés.. Un accès à la profession devrait être organisé. L asbl devrait employer nécessairement au moins un médecin qui pourra délivrer les attestations de santé.
29 [29] 3 la délivrance ne peut être pratiquée qu après présentation d une attestation de santé réalisée par un praticien de l art de guérir. ; 4 la délivrance ne peut être pratiquée au mineur d âge ; 5 la délivrance ne peut être pratiquée aux personnes n étant pas titulaires d une carte d identité belge en cours de validité ou n étant pas inscrites au registre national, au registre d attente, au registre des étrangers ou n étant pas détentrices d un acte de demande de régularisation. Il peut être exigé de toute personne qui entend acquérir ces substances de prouver qu elle appartient à une de ces catégories par une carte d identité, un titre de séjour en cours de validité ou un acte de demande de régularisation. Les substances stimulantes et hallucinogènes DÉLIVRANCE Le client doit nécessairement détenir une attestation de santé. Il peut être réalisé chez le médecin traitant ou auprès du médecin de l asbl. Le recours au médecin de l asbl permet à l usager de choisir librement le médecin qui délivrera l attestation et au médecin traitant d invoquer la clause de conscience et évite la spécialisation de médecins dans la délivrance de ce type d attestation. L âge requis du client est de 18 ans et plus. Le client est belge ou résident de plus de trois mois. Il appartient aux comptoirs spécialisés de vérifier ces conditions auprès de leurs clients.

References: art. 3
 Art. 1
 Art. 2
 Art. 3
 Art. 4
 art. 2
 Art. 2
 Art. 2
 art. 3
 Art. 5
 art. 6
 Art. 6
 art. 4
 art. 1
 art. 3
 art. 6
 art. 6
 art. 6
 Art. 6
 art. 7
 art. 6
 art. 22
 Art. 7
 art. 3
 Art. 8
 art. 3
 art. 5
 art. 6
 Art. 9
 art. 3
 art. 1
 Art. 11
 art. 3