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Régime comptable et fiscal des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site internet. - PDF
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1 Présente : Régime comptable et fiscal des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site internet. Par Julien Hans Travail réalisé dans le cadre du cours de droit fiscal à l université de Liège Professeur : X. Parent Année académique Date de mise en ligne : 1 décembre 2003
2 Compte tenu de l actualité grandissante du sujet et de l absence d étude de droit belge en la matière, nous avons entrepris d examiner le régime comptable et fiscal des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site Internet. Le présent dossier s articule autour d une comparaison entre le régime belge et le régime français tel que modifié par le projet d instruction relatif au régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites web par les entreprises. Il ne traite que des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site Internet par une entreprise pour son propre compte. Nous n examinerons donc pas le régime des dépenses engagées par les prestataires qui conçoivent et réalisent des sites web pour le compte de leurs clients.
3 REGIME COMPTABLE ET FISCAL DES FRAIS LIES A LA CREATION, L ACQUISITION OU L EXPLOITATION D UN SITE INTERNET 1 INTRODUCTION SITUATION ACTUELLE INTRODUCTION Définition du site Internet Détour obligatoire par les logiciels ANALYSE Distinction entre création, acquisition et exploitation Introduction Création et acquisition d un site Internet ou d un logiciel Exploitation d un site Internet ou d un logiciel Régime des frais de création Distinction entre la phase de recherche préalable et la phase de développement Phase de recherche préalable Définition des limites de la phase de recherche préalable Régime de la phase de recherche préalable...9 A. Régime comptable... 9 a. Logiciels...9 1) En France ) En Belgique b. Sites Internet ) En France ) En Belgique B. Régime fiscal a. Logiciels ) En France ) En Belgique b. Sites Internet ) En France ) En Belgique Phase de développement Définition des limites la phase de développement Régime de la phase de développement A. Régime comptable a. Logiciels
4 1) En France ) En Belgique b. Sites Internet ) En France ) En Belgique B. Régime fiscal a. Logiciels ) En France ) En Belgique b. Sites Internet ) En France ) En Belgique Régime des frais d acquisition Définition des limites la phase d acquisition Régime comptable Logiciels A. En France...18 B. En Belgique Sites Internet A. En France...19 B. En Belgique Régime fiscal Logiciels A. En France...20 B. En Belgique Sites Internet A. En France...20 B. En Belgique Régime fiscal des frais d exploitation Définition des limites la phase d exploitation Logiciels A. Frais de formation du personnel...21 B. Frais d adaptation des services de l entreprise...21 C. Frais de maintenance et d actualisation du logiciel Sites Internet A. Frais d accès au réseau et aux frais d hébergement...23 B. Frais d enregistrement du nom de domaine C. Frais de référencement sur les sites annuaires et moteurs de recherche...24 D. Frais de maintenance et d actualisation du du site Régime de la phase d exploitation Régime comptable A. Logiciels
5 a. En France b. En Belgique B. Sites Internet a. En France b. En Belgique Régime fiscal A. Logiciels...26 a. En France b. En Belgique B. Sites Internet a. En France b. En Belgique TABLEAU RECAPITULATIF CONCLUSION
6 1 Introduction Le ministère de l Economie, des Finances et de l Industrie en France a proposé récemment sur son site Internet la consultation préalable d un projet d instruction établi par la Direction de la législation fiscale relatif au régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites web par les entreprises 1. Compte tenu de l actualité grandissante du sujet et de l absence d étude de droit belge en la matière, nous avons entrepris d examiner le régime comptable et fiscal des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site Internet. Le présent dossier s articule autour d une comparaison entre le régime belge et le régime français tel que modifié par le projet d instruction relatif au régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites web par les entreprises. Il ne traite que des frais liés à la création, l acquisition ou l exploitation d un site Internet par une entreprise pour son propre compte. Nous n examinerons donc pas le régime des dépenses engagées par les prestataires qui conçoivent et réalisent des sites web pour le compte de leurs clients. 2 Situation actuelle 2.1 INTRODUCTION Définition du site Internet Un site Internet est un ensemble de fichiers stocké sur un ordinateur relié au réseau Internet par l intermédiaire d un fournisseur d accès à Internet et accessible à un tous les utilisateurs connectés au réseau Internet. Le site Internet doit être distingué du site Intranet et du site Extranet : Un site Intranet est un ensemble de fichiers stocké sur un ordinateur relié au réseau local d une entreprise et accessible aux utilisateurs de l entreprise par l intermédiaire du réseau local. Un site Extranet est un ensemble de fichiers stocké sur un ordinateur relié au réseau local d une entreprise et accessible aux utilisateurs de l entreprise par l intermédiaire du réseau Internet. Dans le cadre de cette étude, nous utiliserons le terme site Internet de manière générique, sans le différencier des sites Intranet ou Extranet Détour obligatoire par les logiciels La législation comptable et fiscale belge ne contenant pas de disposition régissant spécifiquement le régime des sites Internet, nous avons choisi de commencer par examiner en détail le régime des frais exposés pour les logiciels avant de l appliquer par analogie à ceux exposés pour les sites Internet. En effet, si la législation belge ne traite pas non plus des logiciels, il existe cependant des commentaires de l administration sur le sujet 2. 1 Proposition d'instruction ayant pour objet de préciser le régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites Internet par les entreprises (BOI 4 C- -01), 4 Novembre Commentaire du Code des Impôts sur les revenus 1992, n 61/117 4
7 2.2 ANALYSE Distinction entre création, acquisition et exploitation Introduction Il tient compte de faire une distinction selon que les frais engagés par l entreprise résultent de la création, de l acquisition ou de l exploitation d un site Internet ou d un logiciel informatique. Effectivement, le dépenses de création, d acquisition et d exploitation subissent un traitement fiscal différent. Cette distinction constitue d ailleurs la ligne directrice du projet d instruction établi par la Direction de la législation fiscale relatif au régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites web par les entreprises 3. Nous attacherons donc beaucoup d importance à définir les limites des hypothèses de création, d acquisition et d exploitation d un site Internet ou d un logiciel Création et acquisition d un site Internet ou d un logiciel La conception et la réalisation d'un site web ou d un logiciel peuvent se faire en ayant exclusivement recours aux ressources internes de l'entreprise. Les cas échéant, les frais engendrés par sa création correspondent à la rémunération versée aux travailleurs de l entreprise pour le temps où ils ont été mis aux services de la réalisation du site Internet ou du logiciel en question. Mais, lorsque l entreprise ne dispose pas des ressources internes suffisantes ou ne désire pas les affecter à cette tâche, la conception et la réalisation d'un site web ou d un logiciel peuvent aussi se faire en faisant appel à un prestataire externe. Les frais dont il s agit d examiner le statut fiscal correspondent alors au prix d acquisition de l application facturé par l entreprise au prestataire du service. Si cette distinction ne paraît poser aucun problème, il est des situations où elle peut pourtant s avérer problématique. En effet, il arrive fréquemment que la réalisation d un site Internet ou d un logiciel soit le fruit d un travail partagé entre des travailleurs de l entreprise en question et un prestataire de service externe. C est notamment le cas lorsque l architecture générale de l application est réalisée en interne mais que l entreprise doit faire appel à un tiers pour réaliser sa charte graphique, En outre, la complexité des logiciels et des sites Internet grandit avec l évolution des nouvelles technologies de telle sorte que l entreprise qui souhaite faire réaliser une application parfaitement adaptée à ses besoins se voit généralement obligée de définir ses objectifs dans un cahier des charges dont la réalisation peut parfois s avérer plus coûteuse que la réalisation de l application elle-même. 3 F. BROUSSE, L. DEBUS, "Amortissement et déductibilité des dépenses liées à la création, l'acquisition et l'exploitation d'un site web", 2 Janvier
8 Enfin, certaines entreprises, soucieuses de vouloir trouver un compromis entre les coûts excessifs que peuvent engendrer l acquisition d un site Internet et la difficulté de trouver les compétences internes propres à sa réalisation, optent pour l acquisition d une application dite «dynamique» 4 qui leur permet de définir la charte graphique, la hiérarchie et le contenu de leur site Internet, Intranet et Extranet sans compétence technique. Ces exemples font apparaître des hypothèses dans lesquelles la réalisation d un site Internet ou d un logiciel engendre à la fois des frais qualifiés de création et des frais qualifiés d acquisition. Le cas échéant, la question se pose de savoir s il est judicieux que ces frais subissent un traitement fiscal différent alors qu ils procèdent d un ensemble. Mais l analyse de cette question ne peut-être réalisée qu après l étude du régime des frais de création et des frais d acquisition Exploitation d un site Internet ou d un logiciel Une fois le site Internet ou le logiciel entre les mains de l entreprise, cette dernière doit encore exposer des frais pour le maintenir en activité. Pour les sites Internet, ces dépenses correspondent généralement aux frais de maintenance et d actualisation du contenu du site, aux frais de référencement sur les sites annuaires et moteurs de recherche, aux frais d enregistrement du nom de domaine, aux frais d accès au réseau et aux frais d hébergement. Pour les logiciels, il s agit principalement des frais de formation du personnel, des frais d adaptation des services de l entreprise et des frais de maintenance et d actualisation du logiciel. Une attention toute particulière doit être portée aux frais de maintenance et d actualisation. En effet, si ces derniers se traduisent par une «modification des caractéristiques essentielles» 5 du site Internet ou du logiciel, ils devront être traités comme des frais de création ou des frais d acquisition selon qu ils résultent du travail du personnel de l entreprise ou d un prestataire extérieur. On peut déjà s interroger sur la manière dont cette notion de «caractéristiques essentielles» doit être appréhendée. Il est évident qu une entreprise qui entreprend de transformer un site Internet sur lequel elle présentait simplement ses activités commerciales en un site de commerce électronique permettant la prise de commandes en ligne engage des dépenses de création ou d acquisition. Par contre, la situation de l entreprise qui élargit considérablement la nature de ses activités et qui désire adapter son site Internet ou son logiciel de gestion en conséquence est nettement plus ambiguë. 4 Pour plus de détails, voy. infra. 5 Proposition d'instruction ayant pour objet de préciser le régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites Internet par les entreprises (BOI 4 C- -01), 4 Novembre
9 Il semble qu il s agisse là d une question de faits qui doit donc être laissée à la libre appréciation du contribuable selon les circonstances de l espèce. Néanmoins, certains critères objectifs peuvent aider le contribuable à déterminer la qualification des frais qu elle engage lors de l adaptation de son site Internet ou d un de ses logiciels. Il s agit premièrement de l importance des frais engendrés par cette actualisation par rapport au coût global du site Internet ou du logiciel lors de sa création ou de son acquisition. Il nous semble qu une entreprise qui engage des dépenses équivalent, par exemple, à la moitié du prix d achat du site Internet ou du logiciel qu elle a acquis pour en faire l actualisation, en modifie généralement les caractéristiques essentielles et doit donc qualifier ces frais de dépenses de création ou d acquisition. Mais il ne s agit en aucun cas d un critère absolu. Le contribuable devra avoir aussi égard à la nature et l importance des services rendus par le site Internet ou le logiciel avant et après son actualisation. Ainsi, une entreprise possédant une application lui permettant de stocker les informations relatives à ses clients et fournisseurs et qui désire y intégrer un module de gestion des commandes modifie sans conteste les caractéristiques essentielles de cette application. Enfin, pour apprécier la nature des dépenses qu il engage, le contribuable pourra avoir égard à la manière dont l adaptation en question s intègre dans le site Internet ou le logiciel en question. Ainsi, une entreprise qui a fait réaliser un site Internet statique 6 pour présenter les produits et services qu elle propose et qui désire faire changer le contenu de l ensemble des pages du site Internet pour qu elles correspondent à l évolution de ses activités réalise alors une modification des caractéristiques essentielles de ce site Internet. Par contre, une entreprise qui a fait réaliser un site Internet dynamique 7 (ASP, PHP, EASI Web Content Manager, ) peut modifier le contenu voire la charte graphique ou la hiérarchie de son site Internet sans que les dépenses qu elle engage pour ce faire doivent être qualifiées de frais de création ou d acquisition. Le cas échéant, tout dépend du «degré de dynamisation» choisi lors de la conception du site Internet. Il semble donc que le contribuable dispose de certains critères objectifs relativement fiables dont l accumulation lui permettra généralement de qualifier sans erreur la nature des frais qu il engage pour mettre à jour son site Internet ou un de ses logiciels. 6 Un site Internet statique est une succession de pages au contenu figé dont la modification doit être confiée à une personne qui a la maîtrise du langage de conception de ces pages ou du logiciel avec lequel elles ont été créées. 7 Un site Internet dynamique est une application informatique reliée à une ou plusieurs bases de données et permettant à une personne, qui ne maîtrise pas le langage de conception des pages du site Internet ou le logiciel avec lequel elles ont été créées, de les modifier par l intermédiaire d une interface d administration. 7
10 2.2.2 Régime des frais de création Distinction entre la phase de recherche préalable et la phase de développement L élaboration d un site Internet ou d un logiciel se déroule généralement en deux étapes. Dans une première phase, l entreprise commence par définir les objectifs à atteindre et par rechercher les moyens requis pour les atteindre. Dans une deuxième phase, l entreprise développe l application sur base du cahier des charges défini au cours de la phase de recherche Phase de recherche préalable Définition des limites de la phase de recherche préalable La réalisation du cahier des charges est une étape très importante dans le processus de réalisation d un site Internet ou d un logiciel. On distingue le cahier des charges fonctionnel du cahier des charges opérationnel 8. Dans le cahier des charges fonctionnel, l entreprise maître de l ouvrage décrit ses besoins et les fonctionnalités qu elle attend du site Internet ou du logiciel. Dans certaines hypothèses, pour parvenir à exprimer ses besoins, l entreprise doit effectuer la synthèse de processus de gestion documentaire complexes (entreprises multi-nationales, administrations, études notariales, ) qui peut exiger de sa part un investissement considérable. La précision avec laquelle le cahier des charges fonctionnel est rédigé a une incidence directe sur les coûts de développement du site Internet ou du logiciel. En effet, si les fonctionnalités demandées ont été mal définies, les corrections éventuelles à apporter au produit terminé peuvent s avérer catastrophiques en termes de temps et de coût de développement. Dans le cahier des charges opérationnel, l entrepreneur décrit les ressources nécessaires (matériel, logiciel, temps de développement et temps de formation des utilisateurs) pour atteindre les objectifs définis dans le cahier des charges fonctionnel. Dans la perspective d une analyse du régime fiscal des frais de création d un logiciel ou d un site Internet, nous supposons ici que les cahiers des charges fonctionnel et opérationnel sont réalisés par un ou plusieurs travailleurs de l entreprise maître de l ouvrage. 8 «Le cahier des charges ou le document contractuel de conception», 8
11 Régime de la phase de recherche préalable A. REGIME COMPTABLE a. Logiciels 1) En France L article II du Plan comptable général prévoit que les logiciels créés par l'entité et destinés à un usage interne sont inscrits en immobilisations à leur coût de production si le projet est considéré comme ayant de sérieuses chances de réussite technique et si l'entité manifeste sa volonté de produire le logiciel, indique la durée d'utilisation minimale estimée et précise l'impact attendu sur le compte de résultat. Le même article précise que le coût de production comprend aussi les coûts liés à la conception détaillée de l'application (analyse organique). Dans son avis n 31 de 1987 relatif au traitement comptable des dépenses de logiciel, le Conseil national de la comptabilité (CNC) distingue différentes sous-catégories au sein de la phase de recherche préalable : l étude préalable (définition des objectifs globaux et des contraintes), l analyse fonctionnelle (conception générale de l application) et l analyse organique (conception détaillée de l application). Selon le CNC, compte tenu de la faible probabilité de succès technique aux stades de l étude préalable et de l analyse fonctionnelle, seuls frais engagés lors de l analyse organique sont inclus dans le coût de production du logiciel et doivent donc être immobilisés 9. On peut déduire du prescrit de l article II du Plan comptable général tel qu interprété par le CNC dans son avis n 31 de 1987 que tous les frais engagés par l entreprise, avant qu elle ne s attache à définir avec précision les caractéristiques du logiciel qu elle entreprend de réaliser, peuvent être inscrits dans les charges de l exercice de leur engagement. Par contre, à partir du moment où l entreprise s engage dans cette phase de conception détaillée de l application et que toutes les conditions prévues à l article II du Plan comptable général sont remplies, les dépenses qu elle engage constituent le coût de production du site et doivent à ce titre être inscrites à l actif immobilisé. Ces dépenses doivent être amorties à dater de la date d achèvement du logiciel et pendant toute la durée probable de son utilisation. Selon l'avis n 31 de 1987 du CNC, «il faut déterminer, avec une probabilité raisonnable, la date à laquelle le logiciel cessera de répondre aux propres besoins de l'entreprise, compte tenu de l'évolution prévisible des connaissances techniques en matière de conception et de production de logiciels». 9 X. PAPER, «Coûts de conception d un site Internet : quel traitement comptable?», Les cahiers de l Agefi, 15 décembre
12 2) En Belgique Il n existe aucun article dans la législation comptable belge qui précise le régime comptable des logiciels. Mais, depuis l adoption de la loi du 30 juin 1994 transposant en droit belge la directive européenne du 14 mai 1991 concernant la protection juridique des programmes d'ordinateur, on peut considérer avec certitude qu un logiciel est un élément du patrimoine susceptible d'être inscrit à l'actif s il contribue au fonctionnement de l entreprise et qu il est susceptible d avoir une utilité économique future. 10 En outre, en vertu de la loi du 30 juin 1994, le droit de propriété sur un logiciel ne porte pas sur le support matériel dans lequel il est déposé mais bien sur la prestation intellectuelle qui a donné naissance à sa réalisation. Le logiciel est donc une immobilisation incorporelle. Or, en vertu de l art. 60 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés, les immobilisations incorporelles autres que celles acquises de tiers ne sont portées à l'actif pour leur coût de revient que dans la mesure où celui-ci ne dépasse pas une estimation prudemment établie de la valeur d'utilisation de ces immobilisations ou de leur rendement futur pour la société. Seuls les frais dont le caractère d investissement est certainement établi sont donc susceptibles d êtres inscrits aux actifs immobilisés. Dans son avis 138-5, la Commission des normes comptables (CNC) a dégagé une série de critères dont la satisfaction simultanée est un indicateur fiable de ce caractère d investissement 11 : L utilité du logiciel pour l entreprise doit être démontrée. Le logiciel doit être défini avec précision et être individualisé. Les charges en question doivent être mises en relation avec le projet et doivent pouvoir être déterminées séparément. La praticabilité technique du logiciel doit être démontrée. La faisabilité financière du projet doit être démontrée. A la lecture de ces différents critères, on constate qu ils on un rapport très étroit, sinon d équivalence, avec ceux définis dans la législation comptable française examinée ci-dessus si bien que les sous-catégories établies en droit français sur base de ces critères en matière de frais engagés lors de la phase de recherche préalable (étude préalable, analyse fonctionnelle et analyse organique) peuvent être transposées en droit belge. Cet avis est d ailleurs partagé par la CNC. Néanmoins, la CNC considère que les frais correspondant à l établissement précis du concept de l application (analyse organique en droit français) ne constituent pas encore le coût de production du site et ne doivent donc pas être inscrits à l actif immobilisé. Nous pensons qu il s agit là d une erreur d appréciation de la part de la CNC. 10 Bulletin de la Commission des normes comptables (CNC), n 35, octobre 1995, p Op. cit.. 10
13 En effet, rappelons que l investissement effectué lors de la phase de recherche préalable peut s avérer très important, même lorsqu il est apprécié par rapport au coût global du logiciel (phase de recherche préalable et phase de développement). Il semble donc inopportun de considérer qu il s agit toujours de dépenses «en amont» qui ne doivent pas être immobilisées. La CNC considère d ailleurs que les frais dont le caractère d investissement est certainement établi sont susceptibles d êtres inscrits aux actifs immobilisés. Ainsi, comme en droit comptable français, les frais exposés par l entreprise, avant qu elle ne s attache à définir avec précision les caractéristiques du logiciel qu elle entreprend de réaliser, peuvent être inscrits dans les charges de l exercice de leur engagement. Mais, à partir du moment où l entreprise s engage dans l analyse organique du logiciel et que les dépenses qu elle engage remplissent les conditions prévues à l art. 60 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés, ces dépenses doivent être inscrites à l actif immobilisé. S agissant d immobilisations incorporelles dont l utilisation est limitée dans le temps, ces dépenses doivent être amorties dans le respect des critères de prudence, de sincérité et de bonne fois conformément aux articles 45 et 46 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés. Elles doivent donc être amorties sur toute la durée probable d utilisation de logiciel. b. Sites Internet 1) En France Interrogée sur le traitement comptable des coûts de conception de sites Internet, la Commission des études comptables de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a affirmé que la réalisation d un site Internet était assimilable à la réalisation d un logiciel à usage interne 12. Cette position renvoie à l avis n 31 de 1987 du Conseil national de la comptabilité relatif au traitement comptable des dépenses de logiciel examiné ci-dessus. Le CNC élabore actuellement un avis relatif au traitement comptable des activités Internet s appuyant sur les normes comptables internationales (IAS) et américaines et prévoit, en l état actuel, que les dépenses de création de sites Internet sont considérées comme des actifs incorporels dès lors que les dépenses attribuables à l immobilisation en cause peuvent être évaluées de façon fiable et que cette immobilisation génèrera des avantages économiques futurs. Dans sa proposition d'instruction ayant pour objet de préciser le régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites Internet par les entreprises, la Direction de la législation fiscale semble considérer que, eu égard à ce dernier avis du CNC, tous les frais engagés au cours de la phase de recherche préalable doivent être inscrites parmi les charges de l exercice au cours duquel elles sont engagées Commission des études comptables de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, Bulletin trimestriel, n 114, juin Proposition d'instruction ayant pour objet de préciser le régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites Internet par les entreprises (BOI 4 C- -01), 4 Novembre
14 En effet, selon la Direction de la législation fiscale, ces dépenses étant exposées en amont de la création du logiciel, elles ne constituent pas encore le coût de production du site et ne doivent pas être amorties sur la durée de vie du site. Nous pensons qu il s agit là d un oubli de la part de la Direction de la législation fiscale de l existence des sous-catégories de la phase de recherche préalable définies précédemment par le CNC sur base des termes de l article II du Plan comptable général. En effet, dans sa proposition d instruction, cette dernière envisage l assimilation du régime fiscal des frais liés à la création d un site Internet au régime des frais liés à la création d un logiciel sans mentionner l existence d une différence de traitement comptable des frais exposés lors de la phase de recherche. Selon nous, il faut donc considérer que, dans l état actuel de la législation, à partir du moment où l entreprise s engage dans la phase de conception détaillée du site Internet qu elle entreprend de réaliser et que toutes les conditions prévues à l article II du Plan comptable général sont remplies, les frais qu elle expose constituent le coût de production du site et doivent à ce titre être inscrites à l actif immobilisé. Ces frais doivent être amortis à dater de la date d achèvement du site Internet et pendant toute la durée probable de son utilisation déterminée de manière prudente compte tenu du manque de visibilité inhérent aux activités commerciales nouvelles gérées grâce aux sites Internet 14. 2) En Belgique La législation comptable belge ne traite pas non plus du régime comptable des sites Internet. En outre, à notre connaissance, il n existe pas d avis de la CNC relatif à ce sujet. Néanmoins, si les logiciels doivent être assimilés à des immobilisations incorporelles pour leur traitement comptable, on peut considérer par analogie qu il en va de même pour les sites Internet. Le raisonnement que nous avons adopté lors de l analyse du régime comptable belge des logiciels trouve donc à s appliquer en l espèce. Seuls les frais exposés par l entreprise, avant qu elle ne s attache à définir avec précision les caractéristiques du site Internet qu elle entreprend de développer, peuvent être inscrits dans les charges de l exercice de leur engagement. A partir du moment où l entreprise s engage dans l analyse organique du site Internet et que les dépenses qu elle engage remplissent les conditions prévues à l art. 60 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés, ces dépenses doivent être inscrites à l actif immobilisé. S agissant d immobilisations incorporelles dont l utilisation est limitée dans le temps, ces dépenses doivent être amorties dans le respect des critères de prudence, de sincérité et de bonne fois conformément aux articles 45 et 46 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés. Elles doivent donc être amorties sur toute la durée probable d utilisation de logiciel. 14 X. PAPER, «Coûts de conception d un site Internet : quel traitement comptable?», Les cahiers de l Agefi, 15 décembre
15 B. REGIME FISCAL a. Logiciels 1) En France Sur le plan comptable, l entreprise n a pas le choix de déduire immédiatement ou d amortir les frais exposés lors de la phase de conception détaillée de son logiciel. Sur le plan fiscal, ce choix lui est offert 15. Effectivement, en vertu de l art. 236 I du Code général des impôts, pour l'établissement de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, les dépenses de fonctionnement exposées dans les opérations de conception de logiciels peuvent, au choix de l'entreprise, être immobilisées ou déduites des résultats de l'année ou de l'exercice au cours duquel elles ont été exposées. Ainsi, les frais qui sont exposés lors de la phase de conception détaillée du logiciel et qui doivent donc faire l objet d une inscription en immobilisations peuvent, soit être immédiatement déduits du résultat imposable, soit faire l objet d un amortissement selon les règles prescrites par le Plan comptable général. Par contre, lorsque sur le plan comptable, les dépenses présentent le caractère de charges (étude préalable et conception générale), elles doivent faire l objet d une déduction immédiate sur le plan fiscal. Exceptionnellement, il a cependant été admis que les dépenses comptabilisées en charge liées exclusivement à la préparation du passage à l'euro soient déduites dans les mêmes conditions que les frais d'établissement 16. 2) En Belgique La législation fiscale belge ne contient pas de disposition similaire à l art. 236 I du Code général des impôts en France. Les frais exposés lors de l analyse organique doivent donc toujours faire l objet d une inscription en immobilisation. En outre, s agissant d immobilisations incorporelles, ils doivent être amortis sur une période de cinq ans minimum comme le prévoit l art. 63 du Code des Impôts sur le revenu. L administration fiscale a d ailleurs rappelé dans un Commentaire du Code des Impôts sur le revenu 1992, que la période d amortissement de cinq ans s appliquait aussi aux logiciels comptabilisés comme immobilisations incorporelles. L administration a précisé, dans le même avis, que les logiciels ne pouvaient pas être assimilés à des œuvres audio-visuelles ou à des investissements en recherche en développement de telle sorte que les frais exposés pour leur création ne rentraient pas dans le cadre des exceptions prévues à l art. 63 du Code des Impôts sur le revenu 17. Tous les frais engagés lors de la phase de conception détaillée de l application doivent donc être amortis sur une période de cinq ans minimums. 15 Direction générale des impôts, «Traitement fiscal des dépenses d acquisition ou d adaptation des matériels nécessaires au passage à l euro des PME», Bulletin officiel des impôts, 4 D-3-02, 25 mars N. GARCIA et P.-E. DE BEER, «La fiscalité et l euro», Les notes bleues de Bercy, n 129, février Commentaire du Code des Impôts sur les revenus 1992, n 61/117 13
16 Quant aux dépenses engagées lors de la phase de recherche préalable et lors de la phase de conception générale de l application, elles présent le caractère de charges et doivent donc être déduites immédiatement sur le plan fiscal. b. Sites Internet 1) En France Dans la proposition d'instruction de la Direction de la législation fiscale ayant pour objet de préciser le régime fiscal des dépenses liées à la création ou à l acquisition de sites Internet par les entreprises, le régime fiscal des dépenses de création de sites Internet est assimilé au régime fiscal des dépenses de conception de logiciels utilisés pour les besoins propres de l entreprise. Seuls les frais exposés lors de la phase de conception détaillée du site Internet et qui doivent faire l objet d une inscription en immobilisations peuvent, au choix de l entreprise, être immédiatement déduits du résultat imposable ou faire l objet d un amortissement dans les conditions prévues par les règles comptables. Les frais exposés lors de la phase d étude préalable et de conception générale du site Internet doivent être déduits immédiatement du résultat imposable. Pour plus de détails, nous renvoyons à l examen du régime fiscal des logiciels en France réalisé ci-dessus. 2) En Belgique Dans notre entreprise d assimilation du régime fiscal des sites Internet au régime fiscal des logiciels, nous renvoyons à ce qui a été dit en matière de logiciels. Les frais engagés lors de l analyse organique du site Internet doivent être amortis sur une période de cinq ans minimums et les ceux engagés lors de la recherche préalable et l analyse fonctionnelle doivent être déduits immédiatement sur le plan fiscal Phase de développement Définition des limites la phase de développement Une fois que le cahier des charges du site Internet ou du logiciel est réalisé, l entreprise peut entamer le développement de l application en question. C est durant la phase de développement que sont exposés les coûts relatifs à la réalisation de l architecture et du contenu de l application. Les coûts de réalisation de l architecture correspondent aux frais exposés pour la programmation de l infrastructure du site Internet ou du logiciel. Cette infrastructure peut notamment comprendre les différents modules d accès au site Internet ou au logiciel, les liens entre ces différents modules, l intégration d un moteur de base de données, les outils de traitement des données, 14
17 Rappelons que la manière dont a été conçue l infrastructure de l application est déterminante dans l appréciation de la nature des frais engagés lors de son adaptation. En effet, plus l infrastructure choisie par l entreprise est dynamique 18, plus vite les frais exposés pour l adaptation de l application seront considérés comme des frais d exploitation et non des frais de création ou d acquisition. Les coûts de réalisation du contenu du site Internet au logiciel ne correspondent plus aux frais exposés pour programmer les outils permettant le traitement des données mais bien aux frais exposés pour créer ces données en question. Il s agit des dépenses engagées pour l encodage ou l import des textes, images, graphiques, sons ou vidéos auquel l utilisateur a accès par l intermédiaire des modules composant l infrastructure de l application. Enfin, les frais de développement comprennent aussi les frais exposés pour tester le site Internet ou le logiciel en vue d y apporter d éventuelles corrections ou modifications ainsi que les frais exposés pour réaliser la documentation indispensable à son utilisation Régime de la phase de développement A. REGIME COMPTABLE a. Logiciels 1) En France Rappelons que l article II du Plan comptable général prévoit que les logiciels créés par l'entité et destinés à un usage interne sont inscrits en immobilisations à leur coût de production si le projet est considéré comme ayant de sérieuses chances de réussite technique et si l'entité manifeste sa volonté de produire le logiciel, indique la durée d'utilisation minimale estimée et précise l'impact attendu sur le compte de résultat. Le même article précise que le coût de production comprend aussi les coûts liés à la programmation (codification), à la réalisation des tests et jeux d'essais et à l'élaboration de la documentation technique destinée à l'utilisation du logiciel. Les dépenses engagées dans la phase de développement doivent donc toujours être immobilisées et amorties à dater de la date d achèvement du logiciel (article I du Plan comptable général) et pendant toute la durée probable de son utilisation. 2) En Belgique Lors de l examen du régime de comptable des frais exposés lors de la phase de recherche préalable, nous avons constaté que les dépenses dont le caractère d investissement était certainement établi étaient susceptibles d êtres inscrites aux actifs immobilisés. Contrairement aux frais exposés lors de la phase de recherche préalable, les dépenses engagées lors de la phase de développement présentent toujours un caractère d investissement établi. En effet, à ce stade du processus de réalisation du logiciel, tous les frais exposés remplissent les critères dégagés par la CNC dans son avis Pour plus de détails, voy. le titre «Exploitation d un site Internet ou d un logiciel» ci-dessus. 15
18 A ce titre, ces dépenses doivent être amorties dans le respect des critères de prudence, de sincérité et de bonne fois conformément aux articles 45 et 46 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés. Elles doivent donc être amorties sur toute la durée probable d utilisation de logiciel. En outre, en vertu de l art. 37 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés, les frais de fabrication qui ne font qu indirectement partie du produit considéré mais qui ont été exposés durant la période normale de fabrication font aussi partie du coût de revient du produit. Tous les frais accessoires au développement du logiciel (câblage, installation, ) mais nécessaires à sa mise en place sont donc compris dans son prix de production. b. Sites Internet 1) En France On peut déduire de l analyse des avis précités du CNC et la CNCC et du projet la Direction de la législation fiscale que ces derniers considèrent de manière unanime que le régime des frais de développement d un site Internet peut être entièrement assimilé au régime des frais de développement. L ensemble des dépenses liées à la programmation d un site Internet, de la codification à la confection de la documentation relative son utilisation, s il en est, doivent donc être inscrites aux actifs immobilisés. Ces frais doivent être amortis pendant toute la durée d utilisation du site Internet. 2) En Belgique En l absence de législation spécifique relative au régime comptable des frais de développement des sites Internet, nous nous référons à ce qui a été dit en matière de logiciel sur ce point 19. Toutes les dépenses (principales et accessoires) engagées lors de la phase de développement d un site Internet doivent être amorties être amorties dans le respect des critères de prudence, de sincérité et de bonne fois conformément aux articles 45 et 46 de l Arrêté Royal du 30 janvier 2001 portant exécution du Code des sociétés. Elles doivent donc être amorties sur toute la durée probable d utilisation du site Internet. 19 Pour plus de détails sur l assimilation du régime comptable des sites Internet au régime comptable des logiciels, voy. supra. 16
19 B. REGIME FISCAL a. Logiciels 1) En France En vertu de l art. 236 I du Code général des impôts, pour l'établissement de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, les dépenses de fonctionnement exposées dans les opérations de conception de logiciels peuvent, au choix de l'entreprise, être immobilisées ou déduites des résultats de l'année ou de l'exercice au cours duquel elles ont été exposées. Les frais qui sont exposés lors de la phase de développement du logiciel peuvent donc, soit être immédiatement déduits du résultat imposable, soit faire l objet d un amortissement selon les règles prescrites par le Plan comptable général. 2) En Belgique Rappelons que la législation fiscale belge ne contient pas de disposition similaire à l art. 236 I du Code général des impôts en France. S agissant d immobilisations incorporelles, toutes les dépenses engagées lors de la phase de développement d un logiciel doivent donc être amorties sur une période de cinq ans minimum conformément à l art. 63 du Code des Impôts sur le revenu 20. b. Sites Internet 1) En France Dans une perspective d assimilation du régime des frais de développement d un site Internet au régime des frais de développement d un logiciel, nous renvoyons, pour l examen du régime fiscal des frais de développement d un site Internet, à ce qui a été dit en matière de logiciels. Ces frais peuvent donc, soit être immédiatement déduits du résultat imposable, soit faire l objet d un amortissement selon les règles prescrites par le Plan comptable général. 2) En Belgique Comme en matière de logiciels, tous les frais exposés lors de la phase de développement d un site Internet doivent être amortis sur une période de cinq ans minimum conformément à l art. 63 du Code des Impôts sur le revenu Régime des frais d acquisition Définition des limites la phase d acquisition Lorsque l entreprise ne dispose pas des ressources internes suffisantes ou ne désire pas les immobiliser à cette fin, elle peut recourir à un prestataire de services externe pour faire concevoir et réaliser son site Internet ou son logiciel. Pour l étude des frais d acquisition, nous avons choisi de ne pas envisager séparément le régime des frais exposés lors de la phase de recherche préalable à l acquisition et le régime des frais exposés lors de l acquisition sensu stricto. 20 Commentaire du Code des Impôts sur les revenus 1992, n 61/
20 En effet, les frais les plus importants dégagés au cours de la phase de recherche préalable le sont au cours de l analyse organique. Or, lors de l acquisition d un site Internet ou d un logiciel, il est bien souvent difficile, voir impossible, d isoler les frais liés à l analyse organique et les frais liés au développement, ces derniers étant généralement noyés dans un système de tarification au forfait ou de tarification horaire. En ce qui concerne les dépenses éventuellement dégagées par l entreprise maître de l ouvrage lors de l étude préalable ou de l analyse fonctionnelle du site Internet ou du logiciel qu elle désire acquérir, elles devront être traitées de la même manière que si elles avaient été exposées préalablement à la création du site Internet ou du logiciel en interne. Enfin, si l analyse organique préalable à l acquisition de l application devait aussi être réalisée par l entreprise maître de l ouvrage (situation extrêmement rare), les frais exposés lors de cette analyse devraient aussi subir le même régime que s ils avaient été dégagés préalablement à une création en interne Régime comptable Logiciels A. EN FRANCE L article I du Plan comptable général prévoit que les logiciels acquis sont amortis à compter de leur date d'acquisition et non de celle de leur mise en service. Les frais d acquisition d un logiciel destiné à être utilisé pendant plusieurs exercices doivent donc être inscrits aux actifs immobilisés. Il s agit d immobilisations incorporelles 21. Elles doivent être amorties à dater de leur date d acquisition et pendant toute la durée présumée de leur utilisation. En outre, le Plan Comptable Général, dans son art , prévoit que s'ajoutent au prix d'achat d'une immobilisation les dépenses nécessaires pour sa mise en état d'utilisation. Tous les frais liés au paramétrage éventuel (câblage, installation, ) rendus nécessaires pour la mise en service du logiciel sont donc compris dans son prix d achat et doivent, à ce titre, être immobilisés et amortis selon le même régime que le logiciel lui-même. Cependant, l art du Plan comptable général prévoit que les biens de peu de valeur peuvent être considérés comme entièrement consommés dans l'exercice de leur mise en service et par conséquent, ne pas être comptabilisés en immobilisations. En pratique, c est le montant de la tolérance fiscale en la matière qui est retenu, soit 380. Ainsi, les frais liés à l acquisition d un logiciel de bureautique simple, de Microsoft Windows XP Professionnel, d une mise à jour de Microsoft Office, ne doivent pas être immobilisés et peuvent être inscrits dans les charges de l exercice de leur engagement. 21 Pour plus de détails, voy. l examen du régime comptable belge des frais exposés lors de la phase de recherche préalable à la création d un logiciel. 18

References: art. 60
 art. 60
 art. 60
 art. 236
 art. 236
 art. 63
 art. 63
 art. 37
 art. 236
 art. 236
 art. 63
 art. 63