Source: http://jesusmarie.free.fr/1a2ae_q080.htm
Timestamp: 2018-10-18 18:22:10+00:00

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Question 80 : De la cause du péché par rapport au démon
Après avoir considéré la cause du péché par rapport à Dieu, nous devons maintenant la considérer par rapport au démon. — A ce sujet quatre questions se présentent. — 1° Le diable est-il directement la cause du péché ? (Cet article est une réfutation de l’erreur de Manès et des arméniens, qui prétendaient que le péché n’est pas produit par le libre arbitre, mais par l’impulsion du démon qui en est lui-même l’auteur.) — 2° Le diable porte-t-il l’homme au péché en le persuadant intérieurement ? (D’après l’Ecriture on ne peut douter que le démon n’agisse sur l’homme intérieurement. (1 Pierre, 5, 8) : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui il pourra dévorer. (Actes, 5, 3) : Ananie, pourquoi Satan a-t-il tenté ton cœur, pour te faire mentir à l’Esprit-Saint, et frauder sur le prix du champ ? (Apoc., 12, 9) : Satan, qui séduit le monde entier.) — 3° Peut-il nécessairement contraindre au péché ? — 4° Tous les péchés proviennent-ils de la tentation du diable ? (L’Ecriture indique que le démon n’est pas seul l’auteur de nos fautes (Jacq., 1, 14) : Mais chacun est tenté par sa propre concupiscence.)
Article 1 : Le diable est-il par rapport à l’homme la cause directe du péché ?
Objection N°1. Il semble que le diable soit la cause directe du péché de l’homme. Car le péché consiste directement dans l’affection. Or, d’après saint Augustin (De Trin., liv. 4, chap. 12) le diable inspire à sa société de malignes affections. Bède à l’occasion du fait d’Ananie (Actes, chap. 5) dit que le diable entraîne l’âme à des affections perverses. Saint Isidore ajoute (De summo bono, liv. 2, chap. 41, et liv. 3, chap. 5) que le diable remplit les cœurs des hommes de convoitises occultes. Donc le diable est directement la cause du péché.
Réponse à l’objection N°1 : Ces passages et tous ceux qui leur ressemblent doivent s’entendre de l’influence du démon qui nous porte au mal, en suggérant ou en proposant des objets qui flattent l’appétit (Mais ils ne prouvent pas que le démon soit la cause directe du péché.).
Objection N°2. Saint Jérôme dit (Cont. Jovin., liv. 2, chap. 2) que comme Dieu est le consommateur du bien, de même le diable est le consommateur du mal. Or, Dieu est directement la cause de nos bonnes œuvres. Donc le diable est directement la cause de nos péchés.
Réponse à l’objection N°2 : Cette ressemblance doit se considérer sous ce rapport, c’est que le diable est en quelque sorte cause de nos péchés, comme Dieu est d’une certaine manière cause de nos bonnes actions ; mais on ne doit pas l’admettre relativement au mode de causalité. Car Dieu produit le bien en mettant intérieurement notre volonté en mouvement, ce que le diable ne peut faire.
Objection N°3. Suivant Aristote (Eth., liv. 7, chap. 18), il faut au conseil de l’homme un principe extrinsèque. Or, le conseil de l’homme porte non seulement sur les biens, mais encore sur les maux. Par conséquent comme Dieu donne à l’homme le bon conseil et qu’il est par là cause directe du bien ; de même le diable le porte au mauvais conseil, et il résulte de là qu’il est directement la cause du péché.
Réponse à l’objection N°3 : Dieu est à la vérité le principe universel de tous les mouvements intérieurs de l’homme ; mais si la volonté humaine s’arrête à un mauvais conseil, c’est un fait qui relève d’elle directement ; le diable n’y contribue que par la persuasion ou en offrant aux sens des choses qui les séduisent.
Mais c’est le contraire. Saint Augustin prouve (De lib. arb., liv. i, chap. 11, et liv. 3, chap. 17 et 18) que l’âme humaine n’est esclave de la passion que par sa propre volonté. Or, l’homme ne devient esclave de la passion que par le péché. Donc la cause du péché ne peut pas être le diable ; elle n’est que la volonté propre de l’homme.
Conclusion Puisque le diable ne peut être la cause du péché qu’autant qu’il propose aux sens quelque chose qui les flatte ou qu’il s’efforce de persuader la raison, et puisqu’il ne meut pas nécessairement la libre volonté de l’homme, il ne peut pas être la cause directe ou suffisante du péché.
Il faut répondre que le péché est un acte. Par conséquent une chose peut être la cause directe du péché de la même manière qu’elle peut être la cause directe d’un acte ; et le péché ne peut avoir de cause directe que celle qui porte le principe propre de l’acte à agir. Or, le principe propre de l’acte du péché est la volonté, parce que tout péché est volontaire. Le péché ne peut donc pas avoir d’autre cause directe que ce qui peut porter la volonté à agir. Or, la volonté, comme nous l’avons dit (quest. 9, art. 3, 4 et 6), peut être mue par deux choses : 1° par l’objet : c’est ainsi que les choses appétit blés meuvent l’appétit une fois qu’elles sont perçues ; 2° par ce qui porte intérieurement la volonté à vouloir ; ce qui ne peut être que la volonté elle-même ou Dieu, comme nous l’avons prouvé (loc. cit.). Dieu ne pouvant pas être la cause du péché, ainsi que nous l’avons vu (quest. 79, art. 1), il en résulte que sous ce rapport la volonté seule de l’homme est la cause directe de son péché. — A l’égard de l’objet on peut concevoir que la volonté soit mue de trois manières : 1° elle peut être mue par l’objet même qui lui est proposé ; c’est ainsi que nous disons que les aliments excitent dans l’homme le désir de manger ; 2° par celui qui propose ou qui offre l’objet ; 3° par celui qui persuade que l’objet proposé est bon ; parce que ce dernier propose en quelque sorte à la volonté son objet propre qui est le bien réel ou apparent. De la première manière, les choses sensibles par leur apparence extérieure portent la volonté de l’homme au péché ; de la seconde et de la troisième manière le diable ou l’homme peut exciter au péché, soit en présentant aux sens quelque chose qui les flatte, soit en agissant par la persuasion sur la raison. Mais dans ces trois hypothèses aucune de ces choses ne peut être la cause directe du péché ; parce que la volonté n’est mue nécessairement par aucun objet, sinon par sa fin dernière, comme nous l’avons dit (quest. 10, art. 1 et 2). Par conséquent ni les choses extérieures, ni la persuasion du tentateur, ne suffisent pour produire le péché. D’où il suit que le diable n’en est ni la cause directe, ni la cause suffisante, mais qu’il y contribue seulement par la persuasion ou en présentant à l’esprit l’objet qui peut le séduire.
Article 2 : Le diable peut-il tenter l’homme en le poussant au péché intérieurement ?
Objection N°1. Il semble que le diable ne puisse pas tenter l’homme en le poussant au péché intérieurement. Car les mouvements intérieurs de l’âme sont des opérations vitales. Or, une œuvre vitale ne peut venir que d’un principe intrinsèque, ce qui est vrai même de l’opération de l’âme végétative, qui est la plus humble de toutes les opérations de l’âme. Donc le diable ne peut pas intérieurement porter l’homme au mal.
Réponse à l’objection N°1 : Quoique les opérations vitales procèdent toujours d’un principe intrinsèque, cependant un agent extérieur peut coopérer à leur développement. C’est ainsi que la chaleur extérieure, en facilitant la digestion des aliments, contribue aux opérations de l’âme végétative.
Objection N°2. Tous les mouvements intérieurs ont selon l’ordre de la nature leur origine dans les sens extérieurs. Or, il n’y a que Dieu qui puisse agir en dehors de l’ordre de la nature, comme nous l’avons dit (1a pars, quest. 110, art. 4). Donc le diable ne peut pas agir sur les mouvements intérieurs de l’homme sinon au moyen des objets qui frappent extérieurement les sens.
Réponse à l’objection N°2 : Cette apparition des formes imaginatives n’est pas absolument en dehors de l’ordre de la nature ; elle n’a pas lieu par l’effet seul du commandement (Elle ne résulte pas seulement de l’ordre de la volonté, mais encore du mouvement local des espèces sur lequel un agent extérieur peut exercer de l’influence.), mais par le mouvement local, comme nous l’avons dit (dans le corps de l’article.).
Objection N°3. Comprendre et imaginer, tels sont les actes intérieurs de l’âme. Sous ce double rapport le diable ne peut avoir aucune action sur nous ; parce que comme nous l’avons vu (1a pars, quest. 111, art. 2, réponse N°2, art. 3, réponse N°2), il n’agit pas sur l’intellect humain. Il semble aussi qu’il ne puisse pas agir sur l’imagination, parce que les formes imaginatives par là même qu’elles sont plus spirituelles sont plus nobles que les formes qui résident dans la matière sensible Et puisque le diable n’a pas action sur ces dernières, ainsi que nous l’avons prouvé (1a pars, quest. 110, art. 2, et quest. 111, art. 2, et art. 3, réponse N°2), il s’ensuit qu’il ne peut agir sur les mouvements intérieurs de l’homme pour le porter au péché.
Mais c’est le contraire. Car s’il en était ainsi le diable ne tenterait jamais l’homme qu’en se montrant visiblement à lui ; ce qui est évidemment faux.
Conclusion Puisque le diable peut présenter à l’imagination certaines formes et exciter des passions dans l’appétit sensitif, il peut par là même porter l’homme au péché, en le tentant intérieurement.
Il faut répondre que la partie intérieure de l’âme est intelligentielle et sensitive. La partie intelligentielle comprend l’intellect et la volonté. A l’égard de la volonté nous avons déjà dit (art. préc., et 1a pars, quest. 111, art. 1) quels sont les rapports du diable avec elle. Pour l’intellect il est mû directement par l’objet qui l’éclaire, pour le faire arriver à la connaissance de la vérité. Ce n’est pas ce que se propose le diable à l’égard de l’homme ; il obscurcit plutôt la raison de celui qu’il fait consentir au péché. Cet obscurcissement provient de l’imagination et de l’appétit sensitif. Par conséquent l’action intérieure du diable paraît se rapporter tout entière à l’imagination et à l’appétit sensitif, et c’est en excitant ces deux facultés qu’il peut porter au péché. En effet, il peut faire que certaines formes se présentent à l’imagination et il peut faire aussi que l’appétit sensitif se porte vers une passion. Car nous avons dit (1a pars, quest. 110, art. 3) que la nature corporelle obéit naturellement à la nature spirituelle selon le mouvement local. Par conséquent le diable, s’il n’est retenu par la puissance divine, peut être cause de tous les effets qui peuvent résulter du mouvement local des corps inférieurs. D’ailleurs la représentation de certaines formes à l’imagination est quelquefois une conséquence du mouvement local (Ainsi le tempérament sanguin prédispose à l’impureté, le tempérament bilieux à la colère, le tempérament lymphatique à la frayeur.). Car Aristote dit (De somn. et vigilia) que durant le sommeil, le sang descendant en plus grande masse vers le principe sensible, tous les mouvements s’y rendent avec lui ainsi que les impressions laissées dans les veines par l’action des choses sensibles, et qu’elles affectent le principe intelligent de telle sorte qu’il lui semble que le principe sensible est alors affecté par les choses extérieures elles-mêmes. Comme les démons peuvent produire dans les hommes ce mouvement local des esprits ou des humeurs, soit pendant la veille, soit pendant le sommeil, il s’ensuit qu’ils agissent sur leur imagination. De même ce qui excite l’appétit sensitif, à certaines passions, c’est un mouvement déterminé du cœur et des esprits. Par conséquent le diable peut y coopérer. En effet quand les passions sont excitées dans l’appétit sensitif, il s’ensuit que l’homme perçoit mieux tout mouvement ou tout objet sensible qui parait se rapporter à ce qui préoccupe son esprit. Ainsi, comme le dit Aristote dans le même ouvrage (chap. 2), la moindre ressemblance rappelle à celui qui aime l’objet aimé. Quand la passion est soulevée, il arrive aussi que l’on croit devoir rechercher ce qui se présente à l’imagination ; parce que celui qui est l’esclave d’une passion regarde comme un bien l’objet vers lequel la passion l’entraîne. C’est ainsi que le diable nous porte intérieurement au péché.
La réponse au troisième argument est par conséquent évidente, parce que ces formes viennent primitivement des sens (Les sens en fournissent la matière, mais l’imagination s’empare de ces notions positives et en fait des associations toutes particulières qui peuvent mettre en mouvement les passions.).
Article 3 : Le diable peut-il nécessairement contraindre quelqu’un à pécher ?
Objection N°1. Il semble que le diable puisse contraindre l’homme à pécher. Car une puissance supérieure peut violenter une puissance inférieure. Or, il est dit du diable (Job, 41, 24) : Il n’y a pas de puissance sur la terre qui puisse lui être comparée. Donc il peut contraindre l’homme à pécher.
Réponse à l’objection N°1 : Toute puissance supérieure à l’homme ne peut pas mouvoir sa volonté, mais qu’il n’y a que Dieu, comme nous l’avons vu (quest. 9, art. 6), qui puisse le faire.
Objection N°2. La raison de l’homme ne peut être mue que par les objets qui frappent extérieurement les sens et qui se présentent à l’imagination ; puisque toutes nos connaissances viennent des sens et que nous ne pouvons rien comprendre sans images, comme le dit Aristote (De animâ, liv. 3, text. 30 et 39). Or, le diable peut agir sur l’imagination de l’homme, comme nous l’avons vu (art. préc.) et sur ses sens extérieurs. Car saint Augustin dit (Quæst., liv. 83, quest. 12) que le mal qui vient du démon se glisse par toutes les ouvertures des sens ; il se communique aux figures, s’adapte aux couleurs, s’attache aux sons et se répand dans les saveurs. Donc le diable peut nécessairement porter la raison de l’homme au péché.
Réponse à l’objection N°2 : Ce qui est perçu par les sens ou l’imagination ne meut pas nécessairement la volonté, si l’homme a l’usage de sa raison et que cette perception ne le prive pas absolument de l’usage de cette faculté.
Objection N°3. D’après saint Augustin (De civit. Dei, liv. 19, chap. 4) il y a péché quand la chair convoite contre l’esprit. Or, le diable peut produire la concupiscence de la chair et toutes les autres passions, de la manière que nous avons dit (art. préc.). Donc le démon peut porter nécessairement l’homme au péché.
Réponse à l’objection N°3 : La concupiscence de la chair contre l’esprit, quand la raison lui résiste actuellement, n’est pas un péché, mais c’est un moyen d’éprouver la vertu. Et comme le diable n’a pas le pouvoir d’empêcher la raison de lui résister, il s’ensuit qu’il ne peut pas porter l’homme nécessairement au péché.
Mais c’est le contraire. Il est dit (1 Pierre, 5, 8) : Le démon votre ennemi tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant celui qu’il pourra dévorer, résistez-lui donc en demeurant ferme dans la foi. Or, il serait inutile de donner un pareil avis, si l’homme succombait nécessairement au démon. Donc il ne peut pas nous forcer à pécher.
Conclusion Saint Pierre nous avertirait inutilement de résister au démon, et saint Jacques aurait avancé une chose fausse en disant : Résistez au démon et il s’éloignera de vous, si l’homme succombait nécessairement à la tentation ; il ne peut donc pas se faire que le diable le porte nécessairement au péché.
Il faut répondre que le diable par sa propre puissance, s’il n’était retenu par Dieu, peut porter quelqu’un nécessairement à faire un acte (C’est ce qu’on voit dans ceux qui sont possédés du démon. Leurs actes sont nécessités par l’esprit malin qui s’est emparé d’eux.) qui est un péché dans son genre, mais il ne peut pas le contraindre nécessairement à pécher (Le péché ne peut être que matériel, mais il ne peut être formel, parce que sous ce dernier rapport il dépend exclusivement de la volonté.). En effet l’homme ne résiste à ce qui l’entraîne au mal que par la raison ; le diable peut complètement empêcher l’usage de cette faculté en agissant sur l’imagination et l’appétit sensitif, comme on le voit dans ceux qui sont sous son empire. La raison étant alors enchaînée, tout ce que l’homme fait dans cette circonstance ne lui est pas imputable à péché. Si la raison n’est pas totalement enchaînée, elle peut d’après ce qu’elle conserve de liberté résister au péché, comme nous l’avons dit (quest. 77, art. 7). Par conséquent, il est évident que le diable ne peut d’aucune manière contraindre nécessairement l’homme à pécher.
Article 4 : Tous les péchés des hommes proviennent-ils de la tentation du démon ?
Objection N°1. Il semble que tous les péchés des hommes proviennent de la tentation du démon. Car saint Denis dit (De div. nom., chap. 4) que la multitude des démons est cause de tous leurs maux et de tous ceux des autres.
Réponse à l’objection N°1 : La multitude des démons est cause de tous nos maux selon leur première origine, comme nous l’avons dit (dans le corps de l’article.).
Objection N°2. Quiconque pèche mortellement devient l’esclave du diable, d’après ces paroles de saint Jean (Jean, 8, 34) : Celui qui fait le péché est l’esclave du péché. Or, il est dit (2 Pierre, 2, 19) qu’on est esclave de celui par qui on a été vaincu. Donc celui qui pèche est toujours vaincu par le démon.
Réponse à l’objection N°2 : Non seulement on devient l’esclave de celui par lequel on est vaincu, mais encore de celui auquel on se soumet volontairement. C’est ainsi que celui qui pèche de son propre mouvement devient l’esclave du diable (Parce qu’il se soumet de lui-même à son empire.).
Objection N°3. Saint Grégoire dit (Moral., liv. 4, chap. 10) que le péché du diable est irréparable, parce qu’il est tombé sans que personne l’ait tenté. Si donc les hommes péchaient par leur libre arbitre sans être tentés, leur péché serait irrémissible, ce qui est évidemment faux. Donc tous les péchés des hommes sont l’effet de la tentation du démon.
Réponse à l’objection N°3 : Le péché du diable a été irrémissible, parce qu’il a péché sans être tenté par quelqu’un et sans avoir en lui quelque penchant au mal résultant d’une tentation antérieure ; ce qu’on ne peut dire d’aucun péché de l’homme.
Mais c’est le contraire. Car nous lisons (Lib. de Eccles. dogm., chap. 82) que toutes nos pensées mauvaises ne sont pas produites par le diable, mais qu’elles naissent quelquefois du mouvement de notre libre arbitre.
Conclusion Le démon est à la vérité l’occasion de tous les péchés, puisqu’il a porté le premier homme au mal, que la nature humaine a été par suite souillée tout entière et qu’elle a eu de l’inclination au péché ; mais tous les péchés en particulier ne sont pas l’effet de ses tentations.
Il faut répondre que le diable est la cause directe et occasionnelle de tous nos péchés, puisqu’il a porté le premier homme à pécher et que par suite de cette faute la nature humaine a été tellement corrompue que nous avons tous du penchant au mal ; comme si l’on disait que la cause de la combustion du bois est celui qui le coupe, parce qu’il résulte de là qu’il brûle facilement. Mais il n’est pas la cause directe de tous les péchés des hommes en ce sens qu’il leur persuade chacune des fautes qu’ils commettent. Origène le prouve (Periarch., liv. 3, chap. 2) par cette considération ; c’est que, quand même le diable n’existerait pas, les hommes auraient le désir des plaisirs de la table et de la chair, et ce désir pourrait être déréglé, s’il n’était réglé par la raison qui est soumise au libre arbitre.

References: art. 3
 art. 1
 art. 1
 art. 4
 art. 2
 art. 3
 art. 2
 art. 2
 art. 3
 art. 1
 art. 3
 art. 6
 art. 7