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Timestamp: 2019-01-23 00:04:19+00:00

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DECRET n° 2005-980 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-980 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en hassaniya.
Afin d’avoir une base convention, celle qui puisse régir cette langue et permettre son développement, le hassaniya a été codifié en 1995.
Depuis lors, le développement de recherches appliquées sur cette langue a rendu nécessaires la révision et la mise à jour de l’ancien projet de décret.
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation de mots en hassaniya sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet hassaniya compte trente sept lettres, dont trente et une consonnes et six voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
ëhnë
huwwë
tikiit
këlmë
ñalaas
sëms
tëwd
xamsë
Yëwm
zëyt
Zalmë
. Les consonnes sont : b, c , d, c, f, g, h, h, j, k, l, m, i, ñ, q, r, s, S, s, t, t, t, v, w, x, X, y, z, z, Z.
. Les voyelles sont : i, e, ë, a, o, i.
Art. 3. - La prénasalisation existe en hassaniya. Elle concerne certaines occlusives (sourdes et sonores). Elle se note par m devant b, et n devant les autres consonnes.
Les prénasales apparaissent en position initiale et interne.
mb => mbatt
« il a été frappé »
tëmbaas « recherche »
nd => ndë
« mouille »
mindriis
« rat palmiste »
nj => njaagu
« (nom de village) »
ng => ngra
« détourne-toi »
mëngaas
« arrachoir »
nk => nkiss
« balayez »
mënkëb
« épaule »
nt => ntë
kënt « j’étais »
Art. 4. - La gémination existe en hassaniya. Elle apparaît en positions interne et finale. Elle se note par le redoublement de la consonne.
valaah
/ vallaah =>
« faute/erreur »
/ xatta =>
« tiret »
sëbër
« coudée »
/ sëbbër =>
« essayer ».
Art. 5. - En hassaniya, il y a une opposition pertinente de longueur vocalique à l’exception de la voyelle centrale ë. La longueur est notée par le redoublement de la voyelle.
« frapper »
« aisselle »
« nombril »
« cesser »
Art. 6. - Le genre (masculin, féminin) existe en hassaniya. Tous les substantifs qui se terminent au singulier par le son [a] sont du genre féminin.
xaayib
« absent »
xaayiba
« musulmane »
na’ja
Il y a certains substantifs qui sont du genre féminin mais qui ne se terminent pas par - a.
Art. 7. - Le nom défini est déterminé par la présence de l’article ël. Celui-ci est séparé du nom.
ël bagra
ël ktaab
Cet article peut se réduire à la seule consonne -I en attaque syllabique . Il est alors rattaché au nom.
La finale -I du déterminant défini ël s’assimile aux consonnes dentales initiales des noms qu’il détermine, donnant une consonne géminée. L’assimilation se fait au profit de la consonne initiale du nom.
ël salaam => ëssalaam
ël raajil => ërraajil
ël ziib => ëzziib
« le chacal ».
Art. 8. - Le déterminant possessif est suffixé au nom. Les déterminants possessifs sont présentés dans le tableau suivant :
Personnes Déterminants Exemples Traduction Possessifs
ktaabi
« mon livre »
2ème masc.sg.
ktaabak
« ton livre »
2ème fém. sg.
ktaabik
« ton livre (fém.) »
3ème masc. sg.
ktaabu
« son livre (à lui) »
3ème fém. sg
ktaabhë
« son livre (à elle) »
ktaabnë
« notre livre »
ktaabkun
« votre livre »
ktaabhum
« leur livre ».
Art. 9. - Le déterminant démonstratif s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il détermine. Il s’écrit séparément.
Zë ërraajil
Zi ël mra
Haazu ërrajjaalë
« ces hommes »
Haazu lë’ laayaat
« ces femmes ».
Le démonstratif peut s’amalgamer avec la marque de l’éloignement/proximité hock pour donner une forme contractée qui s’écrit aussi séparément.
zi + hook => Zook tërkë
« ces enfants là-bas »
zu + hook => Zuuk ënnaas
« ces gens-là-bas ».
Le démonstratif peut aussi se réduire à sa dernière syllabe.
haazë
zë rraajil
« cet homme-ci »
zë lmra
« cette femme-ci »
zu ënnaas
« ces gens-ci »
Art. 10. - Le déterminant numéral, qui s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il détermine, s’écrit séparément de celui-ci, qu’il peut précéder ou suivre.
ktaab « livre » => ktaab waahid « un livre »
xëms ktuub « cinq livres »
ktaab lëwwël « premier livre »
Wahd « un » => raajil waahid « un homme »
mra wahdë « une femme ».
La détermination par le numéral cardinal deux, marque du duel, se fait par l’adjonction du suffixe - eyn au nom déterminé.
Ktaabeyn
« deux livres »
« deux femmes » ou « deux fois ».
Art. 11. - En hassaniya, l’adjectif s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il détermine. Il s’écrit séparément.
raajil kbiir
rajjaalë kbaar
« de grands hommes »
‘alayaat kbaaraat
« de grandes femmes ».
Art. 12. - Les principales modalités du verbe sont : l’aspect, le temps et la personne.
La marque de l’aspect est affixée au verbe.
Krëd « tenir » =>
krëdt « j’ai tenu » (accompli)
nëkrë « je tiens » (inaccompli).
Quelques marques lexicales de temps s’écrivent séparément.
Lëhi nëmsi
« je vais partir » (futur proche)
Ndoor nëmsi
« je vais partir » (futur éloigné)
Art. 13. - Il existe deux types de pronoms personnels en hassaniya : les pronoms disjoints et les pronoms conjoints. Les pronoms disjoints s’écrivent toujours séparément. Ce sont les pronoms emphatiques et les pronoms prépositionnels.
ntë
« toi (masculin) »
« toi (féminin) »
gaal li
« il a dit à moi »
ktëb lkum
« il a écrit à vous »
ktëb lëhë
« il a écrit à elle ».
Les pronoms conjoints s’écrivent toujours suffixés au verbe. Ce sont les pronoms sujets et les pronoms compléments.
Ktëbt
« j’ai écrit »
Ktëbni
« tu m’as inscrit »
Ktëbak
« il t’a inscrit »
Ktëbtu
« vous avez inscrit »
Ktëbtuulnë
« vous nous avez écrit ».
Le pronom relatif ëlli s’écrit séparément.
ël raadjil ëlli sift
« l’homme que j’ai vu »
shar li jaay Ramadaan
« le mois qui vient est le mois
du Ramadan ».
CHAPITRE IV. - LA DERIVATION ET LA COMPOSITION
Art. 14. - En hassaniya, la dérivation se fait par préfixation, infixation ou suffixation, avec parfois des modifications vocaliques internes.
Ktëb « écrire »	=>
mëktëb « bureau » Suffixation
Hrët « cultiver » =>
hriitë « champ » Infixation
Ktëb « écrire » =>
ktaab « livre ».
Art. 15. - La composition se marque par un trait d’union en hassaniya.
Bagra « vache » + lëxlë « forêt » =>
bagrët-lëxlë « buffle »
bu « qui a » + ja’raan « bouse » =>
bu-ja’raan « bousier »
hnuusët « serpents » + jëwv « ventre »
hnuusët-jëwv « vers/parasites ».
Art. 16. - On utilise les mêmes signes qu’en français, en tenant compte de la structure propre à la phrase hassaniya.
Les signes utilisés sont :
nëqta
vaaSël
nëqteyn
‘alaamët sëwlaan
‘alaamët ëtta’jub
qawseyn
hilaaleyn
Ëwwël mën sa’aadët linsaan : graaytu. Wë li gra yëhraar wë yënhallu ‘ ayniih. Wë yësuuv triig tëdmënlu ël hayaat wë të ‘arvu bil vaayit wël mustaqbël. Wë li bëyn ël gaari wël maahu gaari huwwë li bëyn. ë’më wë ëssaayiv. Hiyyë xiyaar li yëSbah soor hë wullaadëm walla yëssëd bë, hiyyë ël graayat. NwaSSi raasi kum ‘iliihë wë ndihu ‘iliihë tërkët kum wë msu ntuumë gëddaan hum.
Le premier bonheur de l’homme c’est apprendre. Celui qui apprend s’éveille et s’ouvre les yeux. Et il voit le chemin que lui trace la vie. Il connaît ce qui est apparent et ce qui est caché. La différence qu’il y a entre celui qui est instruit et celui qui ne l’est pas, c’est la différence entre l’aveugle et le voyant. La meilleure chose que l’homme doit chercher, c’est apprendre. Nous vous exhortons à apprendre vous-mêmes et à pousser vos enfants à apprendre, en leur servant de modèles.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16