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Timestamp: 2016-10-25 08:29:45+00:00

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1C_95/2015 � � Arr�t du 3 juin 2015
A.A.________et B.A.________, repr�sent�s par Me Henri Baudraz, avocat,
tous les 2 repr�sent�s par Me Jacques Haldy, avocat,
Municipalit� de Lausanne, place de la Palud 2, 1003 Lausanne, repr�sent�e par Me Raymond Didisheim, avocat,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, du 9 janvier 2015.
C.________ et D.________ sont propri�taires de la parcelle n� 468 du cadastre de la Commune de Lausanne. D'une surface de 955 m
2, ce bien-fonds supporte un b�timent d'habitation ainsi qu'un garage pour 448 m
2, le solde de la parcelle �tant en nature de place-jardin. Il est colloqu� en zone urbaine par le plan g�n�ral d'affectation et son r�glement (ci-apr�s: le RPGA) approuv�s le 4 mai 2006 par le d�partement comp�tent.
�Cette parcelle constitue la pointe nord du triangle qu'elle forme avec les parcelles construites adjacentes n
os�586 et 587, triangle bord� � l'est par l'avenue de la Confr�rie et au sud par l'avenue de Morges.
�Le 20 juin 2012, C.________ et D.________ ont d�pos� une demande de permis de construire portant sur la d�molition du garage, d'une surface au sol de 128 m
2, et la construction, en lieu et place, d'un immeuble d'habitation de 17 studios d'une surface de 138 m
2. La demande d'autorisation porte �galement sur la transformation int�rieure de l'immeuble d'habitation existant, la modification de l'emplacement d'une place de parc et des am�nagements ext�rieurs. Les int�ress�s ont par ailleurs requis une d�rogation au respect de l'ordre contigu impos� par la zone urbaine.
�De forme triangulaire, le b�timent projet�, de cinq niveaux et attique sur rez-de-chauss�e, serait implant� sur la limite des constructions sur l'avenue de la Confr�rie (fa�ade nord-est, longue de 21,32 m) et contigu (fa�ade nord-ouest) au b�timent d'habitation existant sur la parcelle n
o�468; sa fa�ade sud-ouest, longue de 17,21 m, ferait face aux b�timents �rig�s sur les parcelles voisines n
os�586 et 587; sa fa�ade sud-est, qui en compose la pointe, pr�senterait une largeur de 1,67 m et serait d�pourvue d'ajours.
�Mis � l'enqu�te publique du 4 septembre au 4 octobre 2012, le projet a notamment suscit� l'opposition de A.A.________ et B.A.________, propri�taires de la parcelle contigu� n� 586.
�Le 17 juillet 2014, la municipalit� a lev� les oppositions et a d�livr� le permis de construire. Le projet a en outre fait l'objet d'une synth�se de la centrale des autorisations de construire (CAMAC) du 27 mai 2014 contenant notamment l'autorisation sp�ciale du service des communes et du logement requise par la loi vaudoise concernant la d�molition, la transformation et la r�novation de maisons d'habitation ainsi que l'utilisation de logements � d'autres fins que l'habitation du 4 mars 1985 (LDTR; RSV 840.15).
�Par arr�t du 9 janvier 2015, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours form� par A.A________ et B.A.________ � l'encontre de la d�cision communale. La cour cantonale a en substance jug� que la hauteur de la construction projet�e de m�me que les d�rogations portant sur la v�g�talisation du toit, l'insuffisance de places de stationnement et l'absence de fen�tres sur la fa�ade sud-est �taient admissibles au regard du RPGA.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.A.________ et B.A.________ demandent principalement au Tribunal f�d�ral d'annuler la d�cision communale du 17 juillet 2014 levant leur opposition et autorisant le projet; subsidiairement, ils concluent � l'annulation de l'arr�t du 9 janvier 2015 et au renvoi de la cause au Tribunal cantonal pour nouvelle instruction au sens des consid�rants.
�Au terme de ses observations, la Municipalit� de Lausanne conclut au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�. C.________ et D.________ demandent �galement au Tribunal f�d�ral de rejeter le recours. Le Tribunal cantonal renonce � se d�terminer et se r�f�re aux consid�rants de son arr�t. Les recourants ont r�pliqu�.
En tant qu'il s'en prend � l'arr�t du Tribunal cantonal du 9 janvier 2015, le recours est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) dans le domaine du droit public des constructions (art. 82 let. a LTF); il est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e. Les recourants ont pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal. En tant que propri�taires d'une parcelle directement voisine du projet, ils sont particuli�rement touch�s par l'arr�t attaqu� confirmant l'octroi d'un permis de construire pour un projet de construction qu'ils tiennent pour non conforme au RPGA. Ils peuvent ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � l'annulation de l'arr�t attaqu�. Ils ont d�s lors qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. Les autres conditions de recevabilit� sont remplies si bien qu'il y a lieu d'entrer en mati�re.
�En revanche, dans la mesure o� les recourants attaquent la d�cision communale du 17 juillet 2014, dont ils demandent l'annulation, leur recours est irrecevable en raison de l'effet d�volutif complet du recours d�pos� aupr�s du Tribunal cantonal (cf. ATF 136 II 101 consid. 1.2 p. 104).
Dans la premi�re partie de leur m�moire, les recourants reprochent - de mani�re confuse - � la cour cantonale d'avoir �tabli les faits de fa�on lacunaire.
2.1.�Le Tribunal f�d�ral fonde son raisonnement sur les faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sauf s'ils ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266; 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Si les recourants entendent s'�carter des constatations de fait de l'autorit� pr�c�dente, ils doivent expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions de l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es et la correction du vice susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62). A d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui qui est contenu dans l'acte attaqu�. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 139 II 404 consid. 10.1 p. 444; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356 et les arr�ts cit�s).
2.2.�Les recourants font grief � la cour cantonale de n'avoir mentionn� certains faits essentiels que dans la partie "en droit" de l'arr�t attaqu�. Si l'on peut avec les recourants reconna�tre que le proc�d� n'est pas exempt de critiques, il n'appara�t pas r�dhibitoire que certains �l�ments factuels ne soient retranscrits que dans le cadre des d�veloppements juridiques, sans figurer formellement dans l'�tat de fait du jugement (cf. arr�t 4A_231/2010 du 10 ao�t 2010 consid. 2.2, in SJ 2010 I 497). Les recourants reconnaissent d'ailleurs qu'en "ne [s'en] tenant pas strictement aux �l�ments r�sultant de la partie fait" le Tribunal f�d�ral devrait n�anmoins �tre en mesure de statuer sur le recours; on peine d�s lors � comprendre ce que ceux-ci entendent d�duire de leur critique.
�Le Tribunal cantonal aurait par ailleurs fautivement omis d'indiquer le nombre de garages et places de stationnement supprim�s par le projet. Les recourants lui reprochent aussi de n'avoir pas pr�cis� que la fa�ade sud-est du nouveau b�timent - sur laquelle aucun ajour n'est pr�vu - donnerait sur la parcelle dont ils sont propri�taires. En tout �tat et pour autant que leur argumentation r�ponde aux exigences de motivation des art. 42 al. 2 LTF, respectivement 106 al. 2 LTF (cf. ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62), il n'appara�t pas que ces �l�ments soient de nature � influer sur le sort de la cause: ni sous l'angle de l'art. 63 RPGA d�finissant les exigences en mati�re de places de stationnement�
(infra�consid. 8), ni de l'art. 98 al. 2 RPGA imposant des fa�ades ajour�es (�
infra�consid. 7); il n'y a d�s lors pas lieu de s'�carter des constatations de la cour cantonale sur ces points (art. 97 al. 1
i.f.�LTF).
�Enfin, l'�tat de fait pr�tendument lacunaire de l'arr�t attaqu� r�sulterait, selon les recourants, de ce qu'ils n'ont pas �t� invit�s � se prononcer par oral � l'occasion d'une "audience comportant une inspection locale". Ils invoquent � cet �gard une violation de leur droit d'�tre entendus. Outre que cette garantie constitutionnelle ne leur conf�re pas le droit d'�tre entendus oralement (cf. ATF 134 I 140 consid. 5.3 p. 148; 130 II 425 consid. 2.1. p. 428), le recours ne contient aucune motivation � l'appui de cette critique, laquelle appara�t ainsi irrecevable (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF).
2.3.�Mal fond�s, les griefs relatifs � l'�tablissement des faits doivent �tre rejet�s, dans la mesure de leur recevabilit�; le Tribunal f�d�ral s'en tiendra donc aux faits retenus par l'instance pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF).
Sur le fond, le recours porte sur une application arbitraire de diff�rentes dispositions du RPGA.
�Appel� � revoir l'application ou l'interpr�tation d'une norme cantonale ou communale sous l'angle de l'arbitraire, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue par l'autorit� cantonale de derni�re instance que si celle-ci appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain (ATF 139 I 57 consid. 5.2 p. 61). En revanche, si l'application de la loi d�fendue par l'autorit� cantonale n'est pas d�raisonnable ou manifestement contraire au sens et au but de la disposition ou de la l�gislation en cause, cette interpr�tation sera confirm�e, m�me si une autre solution �ventuellement plus judicieuse para�t possible (ATF 138 I 305 consid. 4.3 p. 319; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). En outre, il ne suffit pas que les motifs de la d�cision critiqu�e soient insoutenables, encore faut-il que cette derni�re soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 138 I 305 consid. 4.4 p. 319; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379). La recevabilit� du grief d'arbitraire, � l'instar de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel, suppose l'articulation de critiques circonstanci�es, claires et pr�cises, r�pondant aux exigences de motivation accrues pr�vues par l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287).
�Aux termes de l'alin�a premier de cette disposition, la hauteur des fa�ades, qui bordent les voies publiques ou priv�es, existantes ou projet�es, est d�termin�e par la distance entre les limites des constructions. En l'esp�ce, il est constant que la distance des alignements situ�s de part et d'autre de l'avenue de la Confr�rie est sup�rieure � 18 m, de sorte que la hauteur de fa�ade admissible est de 17 m (art. 101 al. 1
in fine�RPGA).
�Les recourants ne remettent pas en cause cette distance ni la hauteur maximale applicable. Ils soutiennent en revanche que la cour cantonale ne pouvait mesurer cette derni�re � partir du niveau du trottoir de l'avenue de la Confr�rie. Ils affirment que l'�tat de fait cantonal tairait l'existence d'un foss� s�parant l'immeuble projet� de ce trottoir, foss� � la base duquel aurait, selon eux, d� �tre plac� le niveau de r�f�rence pour la mesure de cette hauteur.
�Nonobstant le fait que cette argumentation vise en r�alit� l'�tablissement des faits et non l'application arbitraire d'une disposition communale, elle se r�v�le sans fondement. En effet, l'instance pr�c�dente n'a pas omis cet �l�ment, mais a jug� que le tout-venant formant la base de la fosse s�parant l'immeuble du trottoir (situ�e � 170 cm sous le niveau de celui-ci) ne pouvait servir de point de r�f�rence pour la mesure de la hauteur de fa�ade. L'art. 21 let. b RPGA pr�voit � cet �gard que, "si le b�timent est implant� sur une limite des constructions et jusqu'� une distance de 6,00 m en retrait de celle-ci, le niveau de r�f�rence est fix� par la municipalit�. Il correspond au niveau de la voie ou du trottoir existants ou projet�s calcul� sur la limite des constructions"; placer le niveau de r�f�rence � la hauteur du trottoir de l'avenue de la Confr�rie, comme l'a fait la cour cantonale, n'appara�t ainsi pas manifestement contraire au sens et au but de cette disposition. Si les recourants jugeaient cette interpr�tation arbitraire, il leur appartenait de le d�montrer par une argumentation pr�cise et circonstanci�e (cf. art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF); celle-ci fait en l'esp�ce d�faut, leur grief se limitant, comme on l'a vu, � une critique - au demeurant sans pertinence - des faits.
Bien qu'invoquant une interpr�tation arbitraire des dispositions communales relatives, d'une part, � l'ordre contigu (art. 96 et 100 RPGA; cf.�
infra�consid. 6) et, d'autre part, � l'obligation d'ajourer les fa�ades (art. 98 al. 2 RPGA; cf.�
infra�consid. 7), les recourants critiquent en r�alit� les d�rogations � ces dispositions accord�es par la municipalit�; leurs griefs doivent �tre compris comme portant sur l'application arbitraire des art. 79 et 80 RPGA pr�voyant les conditions d'octroi de telles d�rogations.
�Figurant au chapitre 3.11 du RPGA, intitul� "D�rogations", l'art. 79 RPGA a la teneur suivante:
�1 La municipalit� peut accorder des d�rogations aux prescriptions r�glementaires des plans sp�ciaux et du pr�sent r�glement concernant l'ordre, la hauteur et la longueur des constructions, pour autant que des motifs d'int�r�t public le justifient ou lorsque la topographie, la forme des parcelles, les acc�s, l'int�gration ou la conception des constructions requi�rent des solutions particuli�res.
�2 L'octroi des d�rogations ne doit pas:
�a) augmenter de mani�re significative le total des surfaces brutes de plancher habitables,
�b) porter atteinte � un autre int�r�t public ou � des int�r�ts pr�pond�rants de tiers.
�3 Ces d�rogations peuvent �tre accord�es � titre temporaire ou d�finitif et �tre assorties de conditions et charges particuli�res telles qu'un am�nagement de jardin, une implantation en recul sur les limites des constructions, une cession gratuite de terrain, une r�duction de gabarit ou tout autre avantage d'int�r�t g�n�ral.
�Quant � l'art. 80 RPGA, il pr�voit ce qui suit:
�La municipalit� peut accorder des d�rogations d'importance mineure aux prescriptions r�glementaires des plans sp�ciaux et du pr�sent r�glement lorsque celles-ci ne portent pas atteinte aux objectifs principaux poursuivis.
Il n'est pas contest� que le projet litigieux se trouve en zone urbaine au sens des art. 95 ss RPGA et que l'ordre contigu y est en principe obligatoire (art. 96 RPGA). L'art. 100 al. 1 RPGA autorise toutefois express�ment une interruption de la contigu�t�; les espaces libres entre b�timents ou entre b�timents et limites de propri�t� sont alors d'au moins 12 m (al. 1, 2�me phr.).
6.1.�Les recourants font grief aux autorit�s pr�c�dentes d'avoir accord� aux intim�s une d�rogation � cette distance en autorisant une construction � une distance de 11 m du b�timent dont ils sont propri�taires. Ils soutiennent que l'art. 79 al. 1 RPGA interdit toute d�rogation portant sur la distance aux limites, ou la distance entre b�timents, cette possibilit� n'�tant pas express�ment mentionn�e par le texte l�gal. Selon eux, les exceptions ne peuvent viser que l'ordre des constructions, leur hauteur ainsi que leur longueur; tout autre interpr�tation serait arbitraire. Les recourants perdent cependant de vue que l'art. 100 RPGA, auquel il est en l'esp�ce d�rog�, s'inscrit dans la r�glementation de l'ordre des constructions. En effet, intitul� "interruption de l'ordre contigu", il pr�voit les conditions auxquelles une exception � l'ordre des constructions impos� par la zone urbaine (art. 96 RPGA) peut �tre admise, conditions au nombre desquelles figure la distance de 12 m entre b�timents. Dans ces circonstances, le principe de l'octroi d'une d�rogation � cette distance n'appara�t pas, sous l'angle de l'arbitraire, contraire � l'art. 79 al. 1 RPGA.
�Dans le cadre de l'application de cette disposition, le Tribunal cantonal a constat� - sans que cela ne soit remis en cause - que la d�rogation accord�e augmente la surface brute de plancher habitable d'environ 10 m2 (5 �tages, � raison de 1,8 m2 par �tage). Il a estim� que cette augmentation n'est pas significative au sens de l'art. 79 al. 2 let. a RPGA eu �gard au total des surfaces brutes de plancher habitables de l'immeuble projet� atteignant 761 m2. La cour cantonale a par ailleurs jug� qu'aucun "autre int�r�t public" n'apparaissait compromis par cette d�rogation (art. 79 al. 2 let. b RPGA). A teneur du dossier, cette appr�ciation n'appara�t pas arbitraire et les recourants ne le pr�tendent du reste pas explicitement.
�Ils affirment en revanche �tre personnellement l�s�s par la d�rogation en question; s'ils devaient reconstruire leur immeuble, la distance r�glementaire devrait alors �tre respect�e, ce qui r�duirait la largeur de leur b�timent d'un m�tre, engendrant, selon eux, une perte de surface utile de 7 m2 pour chacun des cinq �tages le composant, soit 35 m2 au total. Les recourants ne fournissent toutefois aucune pr�cision quant � leurs mesures ni ne pointent des pi�ces ou plans du dossier susceptibles de les appuyer, de sorte que l'on peut douter de la recevabilit� de leur grief (art. 106 al. 2 LTF). En tout �tat, on ne saurait les suivre dans cette voie. Avec la cour cantonale on doit en effet reconna�tre qu'en cas de reconstruction - hypoth�se qui � ce stade rel�ve de la conjecture - les recourants pourront �riger leur b�timent jusqu'en limite de leur propre parcelle conform�ment aux art. 95 ss RPGA. Par ailleurs, comme l'a confirm� la municipalit� dans ses d�terminations, "m�me en cas de reconstruction, les recourants pourraient �difier leur nouveau b�timent [...] sur une aire d'implantation identique � celle pr�valant actuellement". Dans ces circonstances, la cour cantonale pouvait, sans que cela n'apparaisse arbitraire, juger que les int�r�ts pr�pond�rants des recourants n'�taient pas l�s�s au sens de l'art. 79 al. 2 let. b RPGA; ce grief doit d�s lors �tre rejet�.
6.2.�Les recourants reprochent �galement � la cour cantonale de n'avoir appliqu� la distance de 12 m entre les constructions pr�vue par l'art. 100 al. 1 RPGA qu'� la hauteur de l'interruption de l'ordre contigu, le long de l'avenue de la Confr�rie, n'exigeant pour le reste du projet qu'une distance de 6 m � la limite de propri�t�. Cette derni�re distance est pr�vue par l'art. 98 al. 1 RPGA - mentionn� par le Tribunal cantonal - pour les fa�ades qui ne se trouvent pas sur une limite des constructions. A l'appui de leur critique, les recourants produisent deux croquis dont la recevabilit� peut demeurer ind�cise (cf. art. 99 al. 1 LTF) d�s lors que leur grief appara�t en tout �tat mal fond�. En effet, au vu de la coexistence des deux dispositions pr�cit�es au sein du chapitre consacr� � la zone urbaine, il n'appara�t pas insoutenable de n'exiger le respect de la distance de 12 m que pour l'espace libre cr�� par l'interruption de l'ordre contigu (cf. art. 100 al. 1, 2�me phr. RPGA) et d'appliquer, en revanche et pour les autres fa�ades du projet, qui ne se trouvent pas sur une limite des constructions, la distance de 6 m � la limite de propri�t�. L'appr�ciation de la cour cantonale r�siste � cet �gard au grief d'arbitraire.
�Enfin, dans la mesure o� la d�rogation � la distance de 12 m - dont on a vu qu'elle n'�tait pas arbitraire - est exclusivement fond�e sur l'art. 79 RPGA, il est inutile d'examiner si celle-ci doit ou non �tre qualifi�e de mineure au sens de l'art. 80 RPGA.
6.3.�En d�finitive, les griefs li�s � la distance entre les constructions s'av�rent mal fond�s et doivent �tre rejet�s.
S'agissant de la d�rogation � l'obligation d'ajourer pr�vue � l'art. 98 al. 2 RPGA, l'arr�t attaqu� pr�cise que celle-ci n'a �t� accord�e que pour la fa�ade sud-est, situ�e au niveau de l'interruption de l'ordre contigu, et constituant la pointe du b�timent de forme triangulaire projet�. Compte tenu de la largeur r�duite de cette fa�ade (1,67 m), d'une part, et du fait que les deux fa�ades adjacentes seront largement ajour�es, d'autre part, la cour cantonale a consid�r� que cette d�rogation rev�tait une importance mineure au sens de l'art. 80 RPGA.
�Les recourants contestent cette appr�ciation. Ils soutiennent que les jours pr�vus sur les fa�ades adjacentes ne sauraient compenser l'absence d'ouverture sur le versant concern�. Sa largeur r�duite ne serait par ailleurs pas de nature � emp�cher la cr�ation de fen�tres. Ce faisant, les recourants ne d�montrent pas en quoi la solution adopt�e par le Tribunal cantonal serait insoutenable; ils se limitent � lui opposer leur propre appr�ciation de la situation; ils ne remettent en particulier pas en cause le caract�re mineur de la d�rogation ni n'affirment que celle-ci porterait atteinte aux objectifs poursuivis par la r�glementation communale au sens de la disposition pr�cit�e. Ils se contentent de faire valoir l'atteinte psychologique qu'occasionnerait une fa�ade "borgne" donnant sur leur immeuble. Largement appellatoire, on peut douter de la recevabilit� de ce grief. Quoi qu'il en soit, au regard de la forme particuli�re du b�timent projet� et de la faible largeur de la fa�ade consid�r�e, la d�rogation accord�e n'appara�t pas, sous l'angle de l'arbitraire, incompatible avec le texte de l'art. 80 RPGA.
Les recourants estiment que les conditions requises par l'art. 63 al. 2 RPGA pour r�duire le nombre de places de stationnement exig� par l'art. 61 RPGA ne seraient pas r�alis�es.
8.1.�Selon l'art. 61 al. 1 RPGA, les besoins en places de stationnement sont d�finis par le tableau figurant � l'annexe 1 du RPGA. Celui-ci d�termine les diff�rents besoins en fonction de la destination du b�timent consid�r� (logement, activit�s commerciales). En l'esp�ce, il est constant que le projet ne remplit pas les exigences d�finies par la r�glementation communale.
�Aux termes de l'art. 63 al. 2 RPGA, la municipalit� peut toutefois r�duire, voire supprimer, le nombre de places exigibles lorsque leur accessibilit� ne peut �tre r�alis�e dans de bonnes conditions de s�curit� (let. a), lorsque le terrain disponible est insuffisant, notamment pour satisfaire le quota d'espaces verts exigibles (let. b) ou encore lorsque la protection du patrimoine construit et non construit est en contradiction avec leur r�alisation (let. c).
8.2.�A teneur de l'arr�t attaqu�, une fois le b�timent litigieux construit, la parcelle n� 468, d'une surface de 955 m2, comportera une surface b�tie de 458 m2; le solde accueillera deux places de stationnement non couvertes, une place de jeux de 53 m2, les acc�s ainsi que le trottoir sur l'avenue de la Confr�rie. Compte tenu de ces circonstances, la cour cantonale a jug� que l'autorit� communale pouvait consid�rer le terrain disponible comme insuffisant pour l'am�nagement de places de stationnement, ce d'autant que l'immeuble se trouve dans le centre-ville, � proximit� d'un dense r�seau de transports publics � disposition des r�sidents.
�Les recourants affirment p�remptoirement qu'il est arbitraire d'autoriser la destruction des emplacements actuels (garage) au profit de l'�dification d'un b�timent d'habitation, pour ensuite solliciter une d�rogation aux exigences de l'art. 61 RPGA. Cette assertion n'est toutefois pas de nature � d�montrer le caract�re manifestement insoutenable de l'argumentation du Tribunal cantonal, qui a fond� son raisonnement sur les circonstances particuli�res du lieu de situation de l'immeuble litigieux, proche du r�seau de transports en commun. Il n'est par ailleurs pas contest� que la surface de la parcelle n� 468 sera effectivement insuffisante, apr�s r�alisation du projet. Il ressort en outre de la synth�se CAMAC que la construction litigieuse r�pond � un int�r�t public, les logements cr��s correspondant aux diff�rents besoins de la population de la commune. Enfin, le r�sultat auquel parvient la cour cantonale appara�t d'autant moins insoutenable qu'il est en accord avec les objectifs de d�veloppement de l'urbanisation vers l'int�rieur du milieu b�ti et de cr�ation d'un milieu b�ti compact pr�vus par le droit f�d�ral (cf. art. 1 al. 2 let. abis et b de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire du 22 juin 1979 [LAT; RS 700]; voir � ce propos Message du Conseil f�d�ral du 20 janvier 2010 relatif � une r�vision partielle de la loi sur l'am�nagement du territoire in FF 2010 959, p. 973).
�Enfin, contrairement � ce que soutiennent les recourants, on ne saurait d�duire du texte de l'art. 63 al. 2 let. b RPGA qu'une d�rogation aux exigences en mati�re de places de stationnement pour un motif de surface insuffisante ne serait envisageable que pour autant qu'elle permette de garantir la r�alisation effective des espaces verts r�glementaires, ce qui n'est en l'esp�ce pas le cas (cf.�
infra�consid. 9) -; l'emploi de l'adverbe "notamment" indique qu'il ne s'agit pas d'une exigence dirimante, la municipalit� conservant, aux termes de cette disposition, un certain pouvoir d'appr�ciation dans ce domaine.
Selon les recourants, la cour cantonale aurait viol� les art. 50, 51 et 55 RPGA en autorisant la v�g�talisation de la toiture en remplacement des espaces verts r�glementaires.
�L'art. 50 al. 1 RPGA dispose que pour toute construction nouvelle ou b�timent faisant l'objet d'un agrandissement, de transformations ou d'un changement d'affectation, le propri�taire am�nage une surface appropri�e en espaces verts comprenant, cas �ch�ant, une ou plusieurs places de jeux pour enfants (let. b). L'art. 51 al. 1 RPGA pr�cise, en substance, que chaque tranche ou fraction de 100 m2 de surface de plancher brute habitable entra�ne l'obligation d'am�nager une surface de 20 m2 en espaces verts. Si le terrain disponible est insuffisant pour r�pondre � ces exigences, la municipalit� d�termine les conditions d'application imposables (cf. art. 55 RPGA).
�Au regard de l'insuffisance de surface disponible sur la parcelle concern�e (cf.�
supra�consid. 8.2) et de la situation de l'immeuble en zone urbaine fortement densifi�e, la cour cantonale a jug� que la municipalit� pouvait exiger, en remplacement de l'obligation d'am�nager 160 m2 d'espaces verts, la v�g�talisation en extensif de la toiture plate. Les recourants affirment qu'il ne serait nulle part fait mention qu'une toiture v�g�talis�e remplacerait les espaces verts. Ils perdent toutefois de vue que l'art. 55 RPGA permet � la municipalit� de d�terminer des conditions d'application diff�rentes lorsque, comme en l'esp�ce, la surface � disposition du propri�taire s'av�re insuffisante. Pour le surplus, en affirmant que cet am�nagement ne serait pas de nature � permettre aux r�sidents de l'immeuble de se d�tendre, les recourants se contentent d'opposer leur propre appr�ciation de la situation � celle du Tribunal cantonal sans toutefois fournir d'explication s�rieuse � cet �gard. Faute pour les recourants de d�montrer le caract�re arbitraire des consid�rations de la cour cantonale, ce grief doit �tre rejet�.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires sont mis � la charge des recourants qui succombent (art. 66 al. 1 LTF). Ils verseront en outre une indemnit� � titre de d�pens aux intim�s, qui obtiennent gain de cause avec l'assistance d'un avocat (art. 68 al. 1 LTF). La Municipalit� de Lausanne n'a en revanche pas droit � des d�pens (art. 68 al. 3 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Municipalit� de Lausanne ainsi qu'au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public.

References: art. 82
 ATF 
 ATF 
 art. 42
 ATF 
 ATF 
in fine
 art. 42
 art. 79
 art. 95
 art. 95
 art. 99
 art. 100
 art. 1
 art. 50
 art. 55