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Timestamp: 2017-07-23 04:52:31+00:00

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GUIDE D ELABORATION d une CHARTE D UTILISATION des MOYENS INTRANET ET INTERNET - PDF
GUIDE D ELABORATION d une CHARTE D UTILISATION des MOYENS INTRANET ET INTERNET
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1 ESPACE RSSI GUIDE D ELABORATION d une CHARTE D UTILISATION des MOYENS INTRANET ET INTERNET Avril 2002 Version 1.0 CLUB DE LA SECURITE DES SYSTEMES D INFORMATION FRANÇAIS 30 rue Pierre Semard, PARIS Tél : Fax : Web :2 Remerciements Sous l'impulsion de Pierre SINOQUET, Président de l'espace RSSI, et Denis LEFEUVRE, Coordinateur des Travaux du CLUSIF, ce document a été réalisé dans un contexte législatif et sécuritaire très mouvementé en 2001, notamment dans les conséquences sur la vie économique des diverses jurisprudences et lois sur la sécurité. Nous tenons donc à souligner la contribution importante des membres de l'espace RSSI à la production de ce document unique en France : Jean-Pierre CAZAUX ROCHER Gérard COUTANT Marie-Agnès COUWEZ Paul GRASSART Albert GUILIANO Denis LEFEUVRE Patrick MERY Jean-Laurent SANTONI Constanza SEMILLA Pierre SINOQUET Régine WAGNER GROUPE MALAKOFF G.I.E. HENNER CLUSIF CLUSIF MINISTERE DE LA DEFENSE PREDICA CNAV - DSINDS MARSH CONSEIL CLUSIF MAIRIE D AMIENS MAIRIE DE PARIS Nous tenons également à remercier la Commission Nationale Informatique et Libertés, et en particulier Madame Sandrine MATHON, pour les précisions juridiques qu elle nous a apportées. 1 Guide d élaboration d une charte3 Table des matières AVERTISSEMENT... 3 PARTIE 1 : LA PROBLEMATIQUE POTENTIELS DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (NTIC) LES DROITS FONDAMENTAUX DU SALARIE LA PRISE DE POSITION PUBLIQUE DU CLUSIF POURQUOI UNE CHARTE D UTILISATION DES MOYENS INTRANET ET INTERNET? LES FONDAMENTAUX LES BASES LEGALES LES RISQUES ET CONSEQUENCES FINALITE D'UNE CHARTE D UTILISATION DES MOYENS INTRANET ET INTERNET CONTENU-TYPE D UNE CHARTE D UTILISATION DES MOYENS INTRANET ET INTERNET SITUER LA CHARTE DANS LE FONCTIONNEMENT DE L ENTREPRISE PERIMETRES D'APPLICATION MODALITES D'APPLICATION ELEMENTS DE CONTENU D UNE CHARTE COMMENT ELABORER UNE CHARTE ASSURER LE SUCCES D UNE CHARTE DEPLOYER UNE CHARTE COMMENT FAIRE VIVRE LA CHARTE ANNEXES TEXTES APPLICABLES ET JURISPRUDENCE Guide d élaboration d une charte4 Avertissement Ce document a pour objectif d'aider à l'élaboration d'une charte d utilisation des moyens Intranet et Internet en entreprise. Il est conçu davantage comme une «boîte à outils» pour le RSSI que comme une charte-type prête à l'emploi. En effet, deux éléments clés doivent rester présents à l'esprit du lecteur afin de tirer le meilleur bénéfice de ce guide : 1. Avec l'usage massif des techniques Internet dans l'environnement économique, la législation applicable est en pleine évolution. Les échanges économiques européens et internationaux, le commerce BtoC transfrontalier génèrent une évolution parallèle des législations concernées. 2. Selon la législation du travail actuellement applicable en France, la culture d'entreprise est un élément incontournable 1 à prendre en compte dans l'élaboration d'une charte de ce type. Nous envisageons de remettre ce guide périodiquement à jour en fonction des évolutions juridiques, telles que lois, décrets et jurisprudences, qui impacteront significativement sur le fonctionnement de l'entreprise. 1 Cet axe social est amplement recommandé par la CNIL (2001). 3 Guide d élaboration d une charte5 Partie 1 : La problématique L'objectif immédiat d'une telle charte d utilisation est de fournir à tous les intervenants de l'entreprise un support définissant les bonnes pratiques comportementales en entreprise : comportement loyal et responsable, règles élémentaires de sécurité, règles déontologiques et législations générales applicables. Ces points se déclineront par rapport aux activités classiques effectuées depuis un poste de travail informatisé et connecté au réseau de l entreprise. Les bonnes pratiques donneront un cadre de référence et non un périmètre défini et précis, pour utiliser au mieux les outils informatiques que sont la messagerie, le Web et de façon générale tous les outils d échange numérique. La charte sera une synthèse entre le respect de la Loi par l'entreprise et par les salariés, les exigences de protection des intérêts vitaux de l'entreprise et les besoins personnels fondamentaux du salarié à l'intérieur de l'entreprise. 4 Guide d élaboration d une charte6 1. Potentiels des nouvelles technologies de l information et de la communication (NTIC) L'objet de ce chapitre est d'éclairer le lecteur sur les potentialités de contrôles fournies en standard par les NTIC Possibilités de traces offertes par la technologie La mise en œuvre de l informatique s est toujours accompagnée de la création de fichiers "traces", constitués de l enregistrement automatique et systématique des actions informatiques élémentaires effectuées par les systèmes, sous-systèmes et logiciels lors de leur fonctionnement. L évolution des technologies a amplifié ce phénomène, et aujourd hui les traces peuvent se scinder en trois catégories : Pour le fonctionnement du système et des logiciels eux-mêmes, à titre préventif ou curatif : détecter les pannes, améliorer les performances. Pour la sécurité des données de l'entreprise : maîtriser les autorisations d accès, suivre et contrôler l activité. Pour que l entreprise et ses dirigeants puissent assumer correctement leurs responsabilités : restreindre par filtrage certains accès ou actions, considérés comme étant hors du champ professionnel de l entreprise De l'usage technique des traces La prise de traces peut être obligatoire, recommandée, facultative, ponctuelle, selon les traitements ou le but recherchés. Le revers de la médaille est que ces traces, appelées aussi fichiers de journalisation ou fichiers «logs», constituent de fait un élément permanent de cyber-surveillance de l activité des utilisateurs. Elles enregistrent à tout instant «qui fait quoi, quand et comment», sans que les utilisateurs en aient forcément conscience. Sans entrer dans les détails techniques, les quelques exemples de "logs" ci-après illustrent cette situation Au niveau applicatif : Les logiciels de gestion du travail de groupe, ou workflow, imposent l enregistrement permanent pour établir la circulation des documents entre les acteurs du groupe. Le fichier «logs» ainsi constitué permet de : - contrôler et suivre l avancement d un dossier donné, - constituer le fichier historique qui pourra être potentiellement exploité à n'importe quelle fin, y compris un contrôle de productivité individuelle. Dans d autres cas, la trace est constituée à des fins de preuve (passage d'ordres de bourse), ou pour un besoin pédagogique (télé-vendeurs dans un centre d appel). Il est clair que le contenu du fichier «logs» permet d établir l activité détaillée, exhaustive et datée des utilisateurs. 5 Guide d élaboration d une charte7 Moniteurs de télétraitement et SGBD/R Les moniteurs de télétraitement (exemple CICS) et les gestionnaires de bases de données (exemple DB2, Oracle) utilisent les techniques de fichiers ou «logs» afin de ne pas perdre les dernières transactions des utilisateurs en cas d'incident. Ce dispositif contribue à l intégrité des fichiers et des applications associées. Il enregistre en permanence toutes les données qui ont fait passer un système applicatif d'un état stable à un autre (quelles données et suivant quels éléments chronologiques) Réseaux informatiques La surveillance du réseau informatique permet de détecter les pannes, de déceler les engorgements, de répartir les charges. Elle consiste également à utiliser des sondes placées aux points sensibles. L analyse des données est ensuite effectuée soit en temps réel (détection d'intrusion), soit en différé (analyse d'activités). Généralement un logiciel spécialisé réalise en continue la collecte des informations élémentaires des échanges dans un fichier «logs». Ces outils qui mesurent les débits, surveillent certains matériels (routeurs, pare-feux), comptabilisent le nombre et la durée des appels, permettent également de savoir quelle personne est connectée, quelle est ou a été son activité en reconstituant le chemin parcouru. En cas d incident, l examen du fichier «logs» permet de dérouler le fil des opérations et d aider à la compréhension du problème Télémaintenance Les techniques de télémaintenance et les outils de prise de main à distance sont souvent utilisés pour la gestion d un parc de terminaux important ou géographiquement dispersé, ainsi que pour la détection des pannes et leur correction. Ces logiciels permettent de suivre en temps réel tous les faits et gestes d un usager distant, ou d avoir accès aux fichiers disponibles sur son disque local Firewalls La mise en place d une fonction pare-feu (firewall) répond au besoin de protection des réseaux internes des entreprises contre les attaques extérieures issues d Internet, ainsi qu au filtrage des communications, à l authentification des personnes qui se connectent, au chiffrement et au contrôle des accès utilisateurs entrants ou sortants. Cette fonction, reposant sur des produits logiciels et/ou matériels, collecte et analyse une énorme masse de données. 6 Guide d élaboration d une charte8 Si elle est le meilleur gardien de l entreprise de par sa nature, elle peut devenir son meilleur «espion», dans la mesure où elle détient toutes les traces de l activité qui transite obligatoirement sous son contrôle (navigation sur Internet, envoi et réception de mails) Proxy Les fonctions de serveur proxy permettent, en mémorisant les pages web consultées par les internautes, d optimiser les temps de connexion en retrouvant rapidement une page précédente dans un espace disque proche de l'utilisateur. Cette fonction de mémorisation des pages permet techniquement à une entreprise de surveiller l utilisation d Internet par ses salariés et autres intervenants Messageries La création d une adresse électronique nécessite l utilisation des services de serveurs de messageries. Lorsqu un internaute émet ou reçoit un message, une trace en est conservée sur le disque de son ordinateur et sur divers composants du réseau utilisé. D autre part le serveur de messagerie prend lui-aussi une trace du mail entrant ou sortant. Il est tout à fait possible, directement ou via des outils spécialisés d analyse du contenu des messages, d accéder à ces différents niveaux de traces et de prendre connaissance de l identité des auteurs et de la nature de leurs échanges Navigation Web La navigation sur Internet (web) s accompagne souvent, à des fins de performance, d enregistrements sur le disque dur de l internaute à trois niveaux : en mémoire cache des pages accédées (temporary Internet files), dans le fichier historique des consultations Internet (adresses ou URL), et via l écriture de cookies (petits fichiers texte). Effectués plus ou moins discrètement, ils sont révélateurs de l activité de l internaute. Les cookies permettent de plus d établir un comportement type de l internaute. 7 Guide d élaboration d une charte9 2. Les droits fondamentaux du salarié Dans ce chapitre, nous proposons une synthèse sur les droits fondamentaux du salarié en matière de vie privée en environnement professionnel La problématique Les nouvelles technologies de l information, de part leur facilité de mise en œuvre sont devenues un moyen de communication en entreprise, et à moindre titre dans les foyers, à l instar de la lettre ou du téléphone. Si les facilités de communications personnelles, accordées ou tolérées jusqu ici en entreprise peuvent, de principe, également s'appliquer à ces nouveaux moyens, il apparaît néanmoins un changement très important dans les conséquences de l'utilisation de ceux-ci. En effet, l'extrême rapidité des échanges électroniques favorise une accélération des volumétries échangées. Le fait que ces nouveaux outils soient bien intégrés dans le poste de travail génère légitimement trois craintes majeures chez les responsables d'entreprise : - La fuite matérialisée d'informations plus ou moins sensibles lors des échanges personnels ; - Une contre-productivité préjudiciable au bon fonctionnement de l'entreprise, soit par une distraction importante du temps de travail au profit d'échanges personnels, soit par une obligation d'accroître la puissance et la capacité des moyens informatiques ; - La complicité, même involontaire, et l infraction pénale ; L objet de cette partie est de présenter, le plus complètement possible, ce que nous désignons généralement par «vie privée résiduelle en entreprise». A partir des raisons objectives qui ont fait naître cette appellation, comment cette «vie privée» peut s'exprimer avec les nouveaux moyens de communication? 2.2. La nécessité de disposer d'une «vie privée résiduelle» en entreprise L'existence d'une vie privée dans l'entreprise s'explique au premier chef par le besoin d'équilibre psychologique du salarié. En effet, en moins d'un demi-siècle, le fonctionnement de la vie économique a profondément évolué. Malgré une baisse constante du temps de travail, les bénéfices ou les bienfaits attendus ne sont pas toujours au rendez-vous. A titre d'illustration, nous citerons quelques-unes de ces évolutions qui nécessitent, voire imposent, une vie privée résiduelle en entreprise : - La taille de l'unité familiale est très majoritairement réduite au couple avec ses enfants et nous notons que la famille mono-parentale devient un fait de société incontournable. En contre-partie, nous voyons que les ascendants, lorsqu'ils deviennent dépendants, doivent être souvent pris en charge par des solutions externes 2 à la famille. 2 Les compagnies d assurance vie ont lancé récemment les premiers contrats d assurance Dépendance. 8 Guide d élaboration d une charte10 - Indépendamment de l'amélioration de la condition féminine, la capacité financière des ménages impose le salariat aux deux parents, ce qui implique une solution externe de garde d'enfants (crèches, activités encadrées, internat, baby-sitting, etc.). - L'organisation et l'implantation géographique des sociétés peuvent allonger artificiellement le temps de travail par les temps de transports ou des missions «longues distances».. Ces trois points montrent aisément que le salarié a besoin de conserver un lien de communication immédiat avec ses proches, même virtuel L'environnement familial L'environnement familial, tel qu'esquissé précédemment, implique que le salarié puisse être joint à tout moment en cas de problème d'un membre proche de sa famille, notamment pour exprimer et exercer sa responsabilité parentale à l égard de tiers (écoles, crèches, etc.). Que ce soit pour des raisons touchant au domaine de la santé ou pour la protection des enfants, le média téléphonique s'est révélé un moyen évident par sa facilité d'usage et sa rapidité intrinsèque pour joindre une personne. D autre part, le temps privé hors entreprise peut être réduit de façon si importante que le salarié ne puisse plus assumer son rôle obligatoire d'assistance, («non-abandon») de ses propres parents par exemple. Là aussi la communication par téléphone pendant les plages horaires adéquates est le moyen le plus facile. Dans la mesure où ces quelques conditions de vie ne changent pas dans des proportions importantes et généralisées, il est certain que tout nouveau moyen technologique qui apporte des facilités similaires ou plus grandes que le téléphone sera naturellement utilisé Réciprocité entreprise et salarié : l échange de bons procédés S'il apparaît qu'un salarié absent pour cause de maladie représente un certain coût pour la collectivité, il n'en demeure pas moins que l'absentéisme sous toutes ses formes pénalise sérieusement le fonctionnement de l'entreprise. Au-delà de la santé physique, il devient évident qu il est de l intérêt de l entreprise d offrir des conditions de travail décentes pour que les simples soucis de ses salariés ne génèrent pas un stress improductif, ou dans le pire des cas, un facteur de dégradation du climat social. Cet aspect est institutionnalisé avec le CHSCT (Comité d'hygiène, de Sécurité et des conditions de Travail - art L.262), entité représentative du personnel, qui est doté de pouvoirs délibératifs non seulement pour les questions de santé et de sécurité mais aussi de qualité de vie au travail. La mise à disposition par l'entreprise de moyens pour satisfaire les besoins privés de ses salariés va encore plus loin dans certains secteurs économiques. En effet, des sociétés dont le principal capital est la matière grise, n hésitent pas à créer des points d'accueil "laverie", "crèche", "contacts administratifs". Délivré de ces contraintes matérielles, le salarié gagne autant que l'entreprise en temps de travail effectif et efficace. 9 Guide d élaboration d une charte11 En contre partie, les nouveaux moyens de communication permettent au salarié d'entretenir et d'augmenter son savoir et son «savoir-faire» grâce aux échanges avec des homologues travaillant hors de son entreprise. Ces échanges sont de l'intérêt de l'entreprise, d autant que cette approche reflète une forte implication personnelle. L'entreprise commence à utiliser les possibilités de cette démarche avec le e-learning. Il devient alors évident que l'octroi naturel d'un espace privé résiduel en entreprise est un avantage qualitatif certain et partiellement mesurable pour les deux parties Matérialisation de cet espace de vie privée résiduelle Si le terme «résiduel» est utilisé cela signifie qu'il ne doit pas y avoir d'ambiguïté dans les rapports «temps de travail» et «temps privé». La législation française et le contrat de travail référencent contractuellement une quantité de temps qui doit être fourni. Il ne serait pas concevable qu'un pourcentage significatif vienne en déduction de ce temps. Mais alors, comment matérialiser un «temps résiduel» qui n'a pas de périmètre précis? Les pistes suggérées s'appuient sur le fonctionnement usuel de quelques activités, notamment dans les secteurs où les salariés disposent d'un poste de travail hautement informatisé mais sans que cela soit un travail «posté» (type "hot line", "télévendeur", etc.) Encadrement de l'espace de vie privée : règlements internes et bons usages Généralement, les règles internes de l entreprise évoquent de façon plus ou moins précise les limites et tolérances accordées aux salariés quant aux aspects de communications personnelles : courrier traditionnel ou téléphonie. Ces règles peuvent être exprimées sous différentes formes : règlement intérieur, charte d'utilisation des moyens informatiques, notes de direction, guide d'accueil du personnel, etc. La teneur de ces documents ne peut en aucun cas être plus restrictive que les textes légaux et doit faire explicitement référence aux tolérances «vie privée», notamment pour certaines causes d'absentéisme Temps personnel Si le législateur n'a pas quantifié ce temps, nous essaierons d'approcher le problème par les temps improductifs naturels que sont, par exemple, les pauses «café», moment d échange avec les collègues. Ces temps soustraits au travail productif s ajoutent à l estimation des charges de travail. Dans le même esprit d'ouverture et de raison, il est nécessaire d'octroyer un temps similaire et proportionnel aux autres formes de communication personnelle. En revanche, il ne faut pas basculer dans l'excès qui consisterait à cumuler mécaniquement tous ces temps personnels. Le verdict serait immédiat : les métriques verraient une chute de leur 10 Guide d élaboration d une charte12 valeur utilisée et, à défaut de sanction managériale pour un travail non terminé dans un temps négocié, l'entreprise accuserait une contre-productivité Communications personnelles La vie privée en environnement professionnel est également matérialisée par les procédures d'utilisation des moyens de communication électronique. L'existence d'une adresse « » et d'un système de messagerie ouvert sur l'extérieur offrent de facto toutes les possibilités inhérentes à ce média. Toute restriction ou encadrement d'usages personnels doit faire l'objet d'une information aux salariés et de procédures automatisées supportant le fonctionnement encadré. Dans la négative, le salarié pourrait se prévaloir d'une erreur involontaire dans la mesure où aucun dispositif ne l'aurait alerté de son «oubli». A noter également que l'existence et l'usage (encadré ou non) des marqueurs spéciaux de messagerie (confidentiel, privé, etc.) et d un carnet d'adresses personnelles matérialisent une nouvelle fois l'espace de vie privée en entreprise Espaces électroniques personnels L'organisation des espaces disques sur les serveurs du réseau local d'entreprise est aussi une approche pour matérialiser l'espace de vie privé. De façon plus ou moins normalisée ou organisée, la destination des espaces disques personnels (disque local sur poste de travail, présence d'un lecteur de disquette ou autre support amovible, voire même un espace sur disque serveur) et l'existence ou non d'une classification des informations, matérialisent aussi les possibilités laissées à la discrétion du salarié. A noter que l'existence de telles possibilités doivent au minimum faire l'objet d une communication sur les obligations légales du salarié : respect des droits et licences, respect de la législation concernant le respect d'autrui et surtout être loyal envers l entreprise (ne pas exercer une activité de nature concurrentielle par exemple). 11 Guide d élaboration d une charte13 3. La prise de position publique du Clusif Le contenu de ce chapitre est la copie intégrale de la prise de position du CLUSIF lors de la consultation publique lancée par la CNIL en juin 2001, sur le thème de «la cyber-surveillance des salariés». Les entreprises doivent garder les moyens de faire respecter la loi La Commission Nationale Informatique et Libertés a lancé une consultation publique sur la «cyber-surveillance» des salariés dans l entreprise, matérialisée par le rapport d étude proposé sur son site. Elle y pose quatre questions : 1. Les technologies en réseau sont-elles différentes des technologies précédentes? 2. Y a-t-il une vie privée résiduelle du salarié dans l entreprise? 3. Quel usage à des fins privées des outils mis à disposition des salariés? 4. Quelles sont les limites à la surveillance des salariés? Le CLUSIF (Club de la Sécurité des Systèmes d Information Français) estime que si la CNIL rappelle bien le cadre juridique et indique quelques bonnes pratiques, il demeure nombre de lacunes par rapport à la réalité, qui interpellent le CLUSIF quant à la finalité du document et de la consultation lancée par la CNIL. Au-delà d'une multitude d aspects positifs : les possibilités offertes par les réseaux - et plus généralement ce qu on appelle les T.I.C.-, d une part, et la nécessaire et inévitable interconnexion des systèmes d'information des entreprises, d autre part, ont pour effet immédiat de rendre les systèmes d information très vulnérables, tant en raison de la convergence totale entre «hacking» et infections informatiques, que de la dispersion géographique de tous les utilisateurs possibles. Sans multiplier les exemples, on peut ainsi évoquer celui des infections informatiques (tels que les virus, les vers, etc.) qui, introduits dans l entreprise par le biais des messageries (directes ou utilisées par des solutions de type CRM), peuvent ensuite constituer autant d accès illicites aux systèmes d information d une entreprise et mettre alors en danger ses données voire son activité complète. Par ailleurs, en cas d'accès illicite à des données nominatives, la responsabilité pénale de l entreprise elle-même et de ses cadres peut être engagée, l article du Code Pénal fixant en effet une obligation de résultat quant à la sécurité de ces informations. Dans ce contexte, si l on admet volontiers que l octroi naturel d un espace privé résiduel en entreprise est un avantage qualitatif certain, et même partiellement mesurable par l employeur et le salarié, on ne peut faire l impasse sur la mise en place de sécurités. Ces moyens de contrôle n'ont qu'une finalité : protéger le patrimoine informationnel de l'entreprise, son activité et son personnel tout en respectant les lois en vigueur. Dans le même esprit, outre les droits, les devoirs et les obligations des utilisateurs devraient pouvoir être clairement définis et intégrés sous une forme directe ou indirecte au contrat de travail. 12 Guide d élaboration d une charte14 Les outils de surveillance n'ont pas d autre but que de détecter les actions potentiellement dommageables pour l entreprise et son système d information. Toute autre finalité procéderait d'une certaine dérive. Si l on se rapporte - par comparaison - à la «norme simplifiée n 40» qui avait été défini par la CNIL pour les autocommutateurs téléphoniques, celle-ci constitue un exemple d équilibre entre les possibilités de recueil d informations par l entreprise et la protection des salariés. A contrario de ce texte qui pourrait être une base de réflexion intéressante, la tonalité générale du rapport d étude ne laisse-t-elle pas entrevoir une certaine inflexion, voire une régression dans la doctrine de la Commission? Enfin, concernant l exploitation éventuelle des fichiers associés à ces outils de surveillance, se pose avec acuité la question du statut réel et reconnu des administrateurs des systèmes informatiques et des responsables sécurité, et de leur protection contre d éventuelles dérives dans le cadre de leur responsabilité. Comment leur donner les moyens de s opposer au détournement de finalité d un système de contrôle, par ailleurs régulièrement déclaré à la CNIL? En conclusion, l affirmation de la notion de «vie privée résiduelle» ne peut se faire isolément : elle doit impérativement s'inscrire dans le contexte légal complet, à savoir : - Les droits et les obligations du salarié ; - Les obligations légales auxquelles l'entreprise doit répondre ; - Les moyens de protection légaux que l entreprise doit garder pour assurer sa pérennité, assumer ses responsabilités et faire respecter la loi. 13 Guide d élaboration d une charte15 Pourquoi une charte d utilisation des moyens Intranet et Internet? Etablir une telle charte d'entreprise correspond à la prise de conscience de l'accroissement des risques liés aux NTIC et à la volonté de clarifier l'approche pratique pour les circonvenir au mieux, dans l'intérêt de l'entreprise et de ses salariés. Cette charte trouvera donc son expression et sa finalité entre les bases légales et ses propres fondamentaux lui permettant d'assurer et d'assumer son activité et ses engagements. 14 Guide d élaboration d une charte16 4. Les fondamentaux 4.1. Les périmètres fondamentaux d une charte d utilisation Via la formulation usuelle d encadrement de «l usage des moyens de communication sur les lieux de travail», la véritable problématique ciblée par une charte de sécurité d entreprise peut se résumer aux trois points suivants : - La preuve (par exemple : les fichiers «logs») de l usage qui est fait des moyens de l entreprise ; - Le contenu des échanges directs ; - Les échanges indirects, notamment les forums, qui ciblent les problèmes liés à l intelligence économique Charte et enjeux d'une politique de sécurité A ce jour, aucun processus de surveillance électronique de l activité des salariés ne peut être mis en œuvre sans appliquer les dispositions préalables prévues par la législation française. Ainsi, l entreprise doit avertir les organisations représentatives du personnel. Cette disposition peut entraîner une modification du climat social, une répercussion négative sur le fonctionnement interne ou affecter l image externe (cf. contre-sites de salariés ou sites externes spécialisés dans le recueil «d'humeurs» des salariés). Sur la base de principes de sécurité clairs et justifiés, la politique de sécurité générale de l'entreprise représente donc un fondement important dans l établissement du climat social et de la culture d entreprise. A défaut de supprimer les craintes légitimes des salariés, les modes d élaboration, de diffusion et de communication de la politique de sécurité générale permettront à chaque salarié d'appréhender la problématique sécuritaire de l'entreprise et de percevoir clairement les droits et devoirs de tous les acteurs concernés. Si la finalité majeure d une politique de sécurité générale est de garantir les services rendus par l entreprise ainsi que la protection des biens et des informations, les modalités pratiques se déclinent autour de l ensemble du personnel œuvrant au sein de la société. Pour illustrer le propos, nous citerons les deux objectifs majeurs usuellement retenus : - Fournir un cadre général pour aider les personnes chargées d élaborer et de mettre en œuvre les procédures de sécurité ; - Donner à tout le personnel les règles et les moyens pour bien utiliser les systèmes d information ; La «cyber-surveillance» des salariés est donc l une des mesures préventives qui sera mise en œuvre et expliquée suivant les principes retenus par l entreprise dans sa politique de sécurité générale. 15 Guide d élaboration d une charte17 Si la malveillance s exerce aussi bien de l extérieur que de l intérieur de l entreprise, nous ne retiendrons que la problématique interne dans le cadre de notre étude. La nécessité d une sécurité du personnel par la mise en œuvre d une cyber-surveillance s explique principalement par les objectifs suivants : - Protéger l entreprise de la fuite de ses informations ; - Dissuader d une certaine malveillance ; - Susciter la rigueur pour éviter les risques liés à la négligence. Dans ce contexte, les enjeux et la promotion d une politique de sécurité générale passent par l information et la sensibilisation du personnel en matière de risques et menaces encourus par l entreprise et ses salariés. Des dispositifs de cyber-surveillance, déclinés dans la politique de sécurité, n ont pour vocation que de matérialiser un code commun de bonne conduite auquel chaque salarié pourra se référer et s auto-contrôler. 16 Guide d élaboration d une charte18 5. Les bases légales Appliquer la loi en vigueur peut se schématiser comme suit : 5.1 Protéger la vie privée Ce principe est posé par différents textes : - Au plan général par l article 8 de la Convention européenne des Droits de l Homme ; - Par l article 9 du Code Civil ; - Par l article du Code Pénal, qui assimile la divulgation des informations portant atteinte à la vie privée à un délit, punissable d un an de prison et ( F) d amende. Dans ce dernier cas, l entreprise peut être déclarée civilement responsable (cf. art du Code Civil). 5.2 Protéger les autres droits des personnes SANCTIONS EN CAS DE MANQUEMENT Obligation Fondement légal personnes personnes morales physiques - Protéger les personnes Loi Informatique et Libertés du et Code Pénal Sanctions prévues par les articles et du Code pénal: Pour toutes les infractions, en général : - déclaration à la C.N.I.L. - L. art. 15 et 16 / CP art ans, 2 M.F. Amende appliquée pour les personnes physiques multipliée par 5. Peines complémentaires pouvant aller de la publication du jugement par tous moyens de presse, à la confiscation du matériel, jusqu à la fermeture définitive de l entreprise - droit de s opposer au traitement - L. art. 26 / CP art ans, 2 M.F. - ne pas détourner la finalité- L. art.19 / CP art ans, 2 M.F. du traitement - ne pas conserver les informations nominatives au-delà de la durée nécessaire - L art. 28 / C.P. art ans, 300 K.F. - obligation de sécurité - L. art. 29 / C.P. art ans, 2 M.F. - ne pas recourir à des moyens déloyaux ou illicites - L. art. 25 / C.P. art ans, 2 M.F. Les informations à caractère nominatif ainsi recueillies de façon irrégulière seront en outre juridiquement inexploitables (par ex. : contentieux prud hommal) - ne pas divulguer des informations portant atteinte à la vie privée - C.P. art an, 100 K.F. Dommages et intérêts versés par l entreprise, celle-ci étant responsable (Code Civil art. 1384) 17 Guide d élaboration d une charte19 SANCTIONS EN CAS DE MANQUEMENT Obligation Fondement légal personnes personnes morales physiques PROTEGER LES LOGICIELS ET LES DONNEES (EN TANT QU ŒUVRES ORIGINALES) Code de la Propriété Intellectuelle : L à L ans, 1 M.F. Amende 5 M.F. Peines complémentaires (cf. ci-dessus). PROTEGER LES BASES DE DONNEES Code de la Propriété Intellectuelle L342-1 à L 342-5, et L 343-1, L ans, 1 M.F. Amende 5 M.F. Peines complémentaires (cf. ci-dessus). PROTEGER LES INFORMATIONS CONFIDENTIELLES Code Pénal art L an, 100 K.F. Théoriquement, amende jusque 500 K.F. Dommages et intérêts (cf. ci-dessus). Pour les fonctionnaires : loi du art. 26, mais l art. 40 du Code de Proc. Pénale fait obligation de dénoncer les crimes et délits Sanctions statutaires en sus du pénal Idem PROTEGER LE SECRET DES CORRESPONDANCES PROTEGER L ORDRE PUBLIC Code Pénal art al. 2 1 an, 300 K.F. Théoriquement jusque 1,5 M.F. Code Pénal - protection des mineurs - art ans, 500 K.F. Responsabilité pénale de l employeur engagée Fourniture de moyens ; en principe, 5 fois l amende prévue pour les personnes physiques. - protection de la dignité humaine - art ans, 500 K.F. 5.3.Protéger les systèmes informatiques Sanctions en cas de manquement Obligation Fondement légal personnes physiques personnes morales PROTEGER LES SYSTEMES INFORMATIQUES Code Pénal (repris de la loi Godfrain ) Responsabilité des personnes morales : - ne pas accéder ou se maintenir frauduleusement - ne pas altérer les données ou le système - ne pas entraver ou fausser leur fonctionnement - ne pas modifier frauduleusement les données - art an, 100 K.F. art du Code Pénal - art al. 2 1 ans, 200 K.F. 5 fois l amende prévue pour les personnes physiques - art ans, 300 K.F. Peines complémentaires prévues par les art et (cf. ci-dessus) - art ans, 300 K.F. - art Peines complémentaires : - interdiction de droits civiques, civils, d exercice de l activité, publication du jugement par tous moyens de presse, etc. 18 Guide d élaboration d une charte20 5.4. Obligation de l employeur Sanctions en cas de manquement Obligation Fondement légal personnes physiques personnes morales Proportionner le contrôle au but recherché Informer le salarié Code du Travail - L Nullité des procédures. - Dommages et intérêts (contentieux prud homal). - Intervention possible de l Inspection du travail. Code du Travail - art L Nullité des procédures. - Dommages et intérêts (contentieux prud homal). Informer préalablement les organismes paritaires concernés Code du Travail (pour le secteur privé) Cadres dirigeants - L (consultation) 1 an, 25 K.F. Délit d entrave : - L (délit d entrave) - 5 fois l amende prévue pour les personnes physiques. - Nullité des procédures engagées. Décrets spécifiques pour les Administrations sur le fonctionnement des C.T.P. - Nullité des procédures engagées Transparence au niveau des instances représentatives Sanctions en cas de manquement Obligation Fondement légal personnes physiques personnes morales Information préalable des organismes paritaires concernés Code du Travail (pour le secteur privé ): Cadres dirigeants Délit d entrave : - art (consultation) 1 an, 25 K.F. - 5 fois l amende prévue pour les personnes physiques - art (délit d entrave) - nullité des procédures engagées Décrets spécifiques pour les Administrations sur le fonctionnement des C.T.P. - Nullité des procédures engagées 5.6. Loi sur la Sécurité Quotidienne : adoption de la loi le 31 octobre 2001 D un contenu sécuritaire très dense et couvrant de multiples domaines, la LSQ a des conséquences très importantes pour les entreprises et notamment pour les opérateurs et fournisseurs télécoms et les établissements financiers. Sans entrer dans les différents compartiments de cette loi, quelques points doivent être pris en compte dans l'élaboration de la charte d'utilisation : - La durée de conservation des logs ; - Les éléments de logging qui permettront de déterminer des profils divers : goûts et centres d'intérêts ; 19 Guide d élaboration d une charte Montrer encore
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 art. 1384
 art. 26
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