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Timestamp: 2016-10-24 07:07:53+00:00

Document:
1C_530/2008 (30.06.2010)
1C_530/2008
MM. les Juges F�raud, Pr�sident, Reeb, Raselli, Fonjallaz et Eusebio.
les �poux B.________, recourants, repr�sent�s par Me Christophe Schaffter, avocat,
Syndicat pour la gestion des biens propri�t� des communes des Franches-Montagnes apr�s cession de l'H�pital St-Joseph au Centre de gestion hospitali�re,
intim�, repr�sent� par Me Vincent Paupe, avocat,
D�partement de l'environnement et de l'�quipement de la R�publique et canton du Jura, Section des permis de construire, rue des Moulins 2, 2800 Del�mont.
transformation du stand de tir des Breuleux,
recours contre l'arr�t de la Chambre administrative du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura du 14 octobre 2008.
Le Syndicat pour la gestion des biens propri�t� des communes des Franches-Montagnes apr�s cession de l'H�pital St-Joseph au Centre de gestion hospitali�re (ci-apr�s: le Syndicat) est propri�taire du stand de tir � 300 m�tres des Breuleux sur le territoire de la commune du m�me nom, au lieu-dit "Es Chaux". Le b�timent abritant les places de tir est implant� en zone de sports et loisirs A avec un degr� de sensibilit� III au bruit. Il comprend un local de tir de huit places, dont six sont �quip�es, une buvette et une annexe qui abrite un compresseur. La ciblerie, dot�e de six cibles �lectroniques, est situ�e en zone agricole � l'int�rieur d'un p�rim�tre de protection de la nature. Une route de 3�me classe passe devant le stand de tir et rejoint la route cantonale reliant le centre de la localit� des Breuleux aux Reussilles. les �poux B.________ occupent avec leurs enfants une ancienne ferme situ�e � environ 150 m�tres � l'est du stand de tir. Les �poux A.________ exploitent quant � eux la ferme du Pr� Gar�on situ�e au sud-ouest du stand, derri�re la butte de tir.
Le stand de tir des Breuleux est l'un des deux stands r�gionaux avec celui de Soubey retenus par le plan directeur cantonal pour le district des Franches-Montagnes; il est destin� � accueillir les tireurs des communes des Breuleux, du Noirmont, des Bois, de Lajoux, de La Chaux-des-Breuleux, de Peuchapatte, de Muriaux et des Genevez.
Le 14 d�cembre 2005, le Syndicat a mis � l'enqu�te publique un projet d'agrandissement du stand de tir des Breuleux et de mise en conformit� aux normes f�d�rales de s�curit� et de protection contre le bruit en vue de son utilisation au niveau r�gional. Ce projet consiste � agrandir la partie nord du stand sur une largeur de 2,80 m�tres, apr�s d�molition de l'annexe existante, pour permettre la pose d'un caisson d'insonorisation � l'arri�re des places de tir et � augmenter la capacit� de la buvette.
Le 14 juillet 2006, l'Office des eaux et de la protection de la nature de la R�publique et canton du Jura a d�livr� l'autorisation sp�ciale en mati�re de protection des eaux et de l'environnement requise par le projet en l'assortissant de plusieurs conditions.
Le 9 novembre 2006, la Section des permis de construire du Service de l'am�nagement du territoire de la R�publique et canton du Jura a accord� au Syndicat, sous diverses charges et conditions, le permis de construire sollicit� et a lev� l'opposition form�e contre ce projet par les �poux B.________ et A.________.
Par jugement du 11 juillet 2007, la juge administrative du Tribunal de premi�re instance de la R�publique et canton du Jura a rejet� le recours interjet� par les opposants contre cette d�cision qu'elle a confirm�e en l'assortissant de la condition suppl�mentaire relative � l'am�nagement d'un m�t avec suspension d'une manche � air lors des tirs, � hauteur du panneau "piste cavalier", � l'est du projet.
Statuant par arr�t du 14 octobre 2008, la Chambre administrative du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura (ci-apr�s: le Tribunal cantonal ou la cour cantonale) a partiellement admis le recours d�pos� contre ce jugement par les �poux B.________ et A.________ et a subordonn� le permis de construire accord� au Syndicat � la mise en place d'une cha�ne munie du signal "Danger de tir, passage interdit" sur le chemin qui conduit � la ciblerie en partant de la route menant � la ferme du Pr� Gar�on et � la mise en place d'un signal identique en bordure de la cr�te bois�e se trouvant au sud des cibles, de part et d'autre de la zone de protection 4. Elle a confirm� pour le surplus la d�cision du 9 novembre 2006 de la Section des permis de construire et le jugement attaqu� de la juge administrative.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, les �poux A.________ et les �poux B.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler cet arr�t et toutes autres d�cisions allant dans le sens de l'octroi du permis de construire.
Le Tribunal cantonal et le Syndicat concluent au rejet du recours. La Section des permis de construire de la R�publique et canton du Jura a renonc� � d�poser des observations.
L'Office f�d�ral de l'environnement a produit des d�terminations au sujet desquelles les parties et autorit�s int�ress�es ont eu l'occasion de prendre position.
Dirig� contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale dans le domaine du droit public de l'am�nagement du territoire et des constructions, le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF et 34 al. 1 de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire (LAT; RS 700) dans sa teneur actuelle au sens du ch. 64 de l'annexe � la loi sur le Tribunal administratif f�d�ral (ATF 133 II 249 consid. 1.2 p. 251). Aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'est r�alis�e. Les recourants ont pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal. les �poux B.________ sont propri�taires d'une ferme situ�e � proximit� du stand de tir des Breuleux et per�oivent distinctement le bruit des tirs; ils sont directement touch�s par les nuisances en provenance de cette installation et peuvent se pr�valoir d'un int�r�t digne de protection � s'opposer � sa transformation (cf. ATF 133 II 181 consid. 3.2.2 p. 188 et les arr�ts cit�s). Les �poux A.________ exploitent le domaine du Pr� Gar�on, au sud de la butte de tir, qui comprend une ferme abritant le b�tail, les chevaux et les machines ainsi qu'un logement de quatre pi�ces lou� � des tiers. Ils poss�dent en outre des terres agricoles dans la zone dangereuse 4 sise derri�re la cr�te, dans l'arri�re-terrain. Ils sont d�s lors particuli�rement touch�s par l'arr�t attaqu� confirmant la d�livrance d'un permis de construire pour l'agrandissement et la mise en conformit� d'un stand de tir qu'ils tiennent pour non conformes aux normes de s�curit� et � la l�gislation f�d�rale en mati�re de protection de l'environnement. Ils peuvent ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � l'annulation de l'arr�t attaqu� et du permis de construire d�livr� � l'intim�. Leur qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF doit �tre reconnue. Les autres conditions de recevabilit� sont par ailleurs r�unies de sorte qu'il convient d'entrer en mati�re sur le recours.
Les recourants soutiennent que les exigences fix�es � l'art. 15 de l'ordonnance sur les installations de tir (OITir; RS 510.512) et les principes g�n�raux du plan directeur cantonal n'ont pas �t� respect�s. Une pes�e correcte des int�r�ts en pr�sence aurait command� de choisir un autre emplacement pour accueillir un stand de tir r�gional, compte tenu des activit�s de d�tente et de loisirs pratiqu�es dans le secteur, de la pr�sence d'une doline et d'un �tang sur la ligne de tir dans un p�rim�tre de protection de la nature, de l'existence d'une route et d'une piste balis�e du r�seau �questre passant devant la ligne de tir, d'une carri�re et d'une d�charge contr�l�e exploit�es � proximit� imm�diate du stand ainsi que de terres accessibles au public dans les zones dangereuses 4 et 5, de l'obligation d'assainir le site et des probl�mes de s�curit� publique mis en �vidence par l'expert de tir. Ils se r�f�rent � cet �gard � l'arr�t publi� aux ATF 114 Ib 125 consid. 4 p. 129. Ce grief doit �tre examin� en premier lieu dans la mesure o� son admission pourrait conduire � l'annulation du permis de construire d�livr� au Syndicat, ind�pendamment du fait que les travaux projet�s respecteraient les prescriptions du droit public de l'environnement et de l'am�nagement du territoire.
Les recourants ne remettent pas en cause avec raison la volont� des autorit�s cantonales de ne conserver que deux stands de tir r�gionaux dans les Franches-Montagnes et de fermer les installations existantes qui ne respectent pas les exigences en mati�re de bruit et de s�curit�. A teneur de l'art. 125 al. 2 de la loi f�d�rale sur l'arm�e et l'administration militaire (LAAM; RS 510.10) et de l'art. 5, 1�re phrase, OITir, il incombe aux cantons de statuer sur l'exploitation des installations pour le tir hors du service, de les attribuer aux soci�t�s de tir et de veiller � leur compatibilit� avec la protection de l'environnement en encourageant les installations collectives et r�gionales.
La cour cantonale n'�tait pas dispens�e pour autant d'examiner dans la pr�sente proc�dure, qui porte sur des travaux d'agrandissement et de mise en conformit� impliquant une modification notable de l'installation, si le stand de tir des Breuleux choisi pour accueillir l'un des deux stands de tir r�gionaux des Franches-Montagnes �tait favorable (cf. ATF 119 Ib 463 consid. 7d p. 478). L'intim� conclut donc en vain � l'irrecevabilit� du recours sur ce point. Dans cet examen, l'autorit� devait notamment v�rifier l'�ventualit� d'un emplacement alternatif (cf. art. 2 al. 1 let. b de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire et 15 al. 1 let. a OITir; CHRISTOPH IGNAZ LANG, Umweltschutz und Milit�r, 1997, p. 155 et l'arr�t cit� en note 68), en tenant tout particuli�rement compte des aspects li�s � la s�curit� publique et � la protection contre le bruit (ATF 114 Ib 125 consid. 4 p. 129).
Le choix de conf�rer une vocation r�gionale au stand de tir � 300 m�tres des Breuleux repose sur les constatations du rapport final �tabli le 26 novembre 2001 par un groupe de travail cantonal charg� de d�finir un concept global de r�gionalisation des installations de tir sur le territoire de la R�publique et canton du Jura. Les auteurs de ce rapport se sont fond�s sur le r�sultat de deux questionnaires adress�s aux soci�t�s de tir en 1995 et en 2000 et de s�ances tenues, d'une part, avec les pr�sidents des associations de district et des soci�t�s de tir et, d'autre part, avec les repr�sentants des Services cantonaux concern�s pour les probl�mes li�s � l'am�nagement du territoire, � la protection de l'environnement et aux nuisances sonores, ainsi qu'� la qualit� et � la s�curit� des installations. Ce choix a �t� ent�rin� dans le plan directeur cantonal, approuv� par le Conseil f�d�ral le 28 septembre 2007, qui reconna�t une dimension r�gionale au stand de tir des Breuleux dans les principes d'am�nagement (fiche 1.09.3), et a force obligatoire pour les autorit�s selon l'art. 9 al. 1 LAT.
Les recourants ne cherchent pas � d�montrer que les donn�es sur lesquelles s'est appuy� le groupe de travail pour ent�riner le choix du stand des Breuleux pour accueillir l'un des deux stands de tir r�gionaux pr�vus dans les Franches-Montagnes reposeraient sur des constatations de faits inexactes. Les inconv�nients li�s � l'implantation d'un stand r�gional sur le site des Breuleux dont ils font �tat ne sont pas de nature � tenir ce choix pour arbitraire ou discutable. Le stand de tir des Breuleux est le seul � �tre �quip� de cibles �lectroniques. Il ne se situe pas � proximit� de la localit� et est facilement accessible depuis la route cantonale. L'inconv�nient li� � la pr�sence d'une ancienne ferme affect�e au logement proche du stand est commun � d'autres sites. Au demeurant, les valeurs limites d'immission applicables � ce type d'installations sont respect�es pour la ferme en question. Les mesures n�cessaires ont �t� prises afin de garantir la s�curit� du stand et de ses environs. Du point de vue de la protection contre le bruit et de la s�curit�, il peut �tre consid�r� comme ad�quat sous r�serve de l'adoption �ventuelle de mesures suppl�mentaires de s�curit� visant � �viter le risque de l�sions par une balle qui ricocherait sur les arbres situ�s sur la cr�te dominant la butte (cf. infra, consid. 3 et 4). Le fait que la ciblerie et la ligne de tir sont implant�es dans un p�rim�tre de protection de la nature ne fait pas n�cessairement obstacle � la transformation et � la r�gionalisation du stand de tir des Breuleux. Les recourants ne pr�tendent d'ailleurs pas que le but de protection serait compromis par la r�gionalisation du stand. Enfin, les questions d'assainissement n'ont pas �t� prises en compte dans l'�valuation du groupe de travail et feront l'objet d'une proc�dure particuli�re ult�rieure. Selon la grille d'�valuation annex�e au rapport du groupe de travail (annexe 8), la plupart des stands de tir des Franches-Montagnes sont soit hors normes et ont �t� d�saffect�s, soit trop petits pour accueillir les tireurs d'autres communes et n�cessitent des investissements consid�rables. Les recourants n'indiquent d'ailleurs pas quel autre stand pourrait accueillir les tireurs des autres communes en principe astreints � effectuer leurs tirs obligatoires au stand de tir des Breuleux ou quel autre site comparable du point de vue des avantages et des inconv�nients serait susceptible d'accueillir un stand r�gional. Ils ne d�montrent pas davantage que le stand de tir de Soubey, �galement � vocation r�gionale, pourrait accueillir les tireurs actuellement affili�s au stand de tir des Breuleux. Cela �tant, les recourants ne sauraient s'opposer aux travaux litigieux au motif que le stand de tir ne r�unirait pas les conditions requises pour lui donner une vocation r�gionale.
Les recourants estiment que l'examen du dossier au niveau du bruit aurait d� se faire au regard des exigences de l'art. 25 de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement (LPE; RS 814.01), applicable aux nouvelles installations bruyantes, sur la base d'une �valuation des immissions conforme � l'art. 40 al. 3 de l'ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB; RS 814.41). Les juges cantonaux n'auraient � tort pas tenu compte du bruit en provenance de l'exploitation de la carri�re de pierres et de la d�charge pour mat�riaux inertes situ�es derri�re le stand et de la route cantonale qui passe � proximit� de la ferme des �poux B.________. Les mesures de protection contre les nuisances seraient en outre insuffisantes au regard du principe de pr�vention ancr� aux art. 1er al. 2 et 11 al. 2 LPE.
3.1 Un stand de tir est une installation fixe dont l'exploitation produit du bruit ext�rieur. Cette installation est donc soumise aux r�gles du droit f�d�ral sur la protection contre le bruit (cf. art. 2 al. 1 OPB en relation avec l'art. 7 al. 7 LPE). La loi f�d�rale sur la protection de l'environnement et l'ordonnance sur la protection contre le bruit posent des exigences diff�rentes en mati�re de limitation des �missions de bruit suivant qu'il s'agit d'une installation existante ou d'une installation nouvelle; alors que les nouvelles installations ne doivent en principe pas produire d'�missions exc�dant les valeurs de planification dans le voisinage, conform�ment aux art. 25 al. 1 LPE et 7 al. 1 let. b OPB, seules les valeurs limites d'immissions doivent �tre respect�es par les installations existantes, selon l'art. 8 al. 2 OPB.
Le stand de tir des Breuleux �tait d�j� exploit� lors de l'entr�e en vigueur de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement, le 1er janvier 1985, de sorte qu'il ne s'agit pas d'une installation nouvelle d'un point de vue temporel. La jurisprudence assimile toutefois � de telles installations celles qui ont �t� modifi�es apr�s cette date, sur un plan fonctionnel, dans une mesure telle que les �l�ments subsistants apparaissent secondaires par rapport aux �l�ments nouveaux, et les soumet au m�me r�gime que les installations nouvelles. De m�me, la transformation, par des travaux de construction ou par un changement du mode d'exploitation, d'une installation existante silencieuse ou peu bruyante en une installation provoquant des nuisances dans le voisinage peut �tre trait�e de la m�me mani�re que la construction d'une nouvelle installation du point de vue de la limitation des �missions de bruit (ATF 133 II 181 consid. 7.2 p. 201; 125 II 643 consid. 17a p. 670; 123 II 325 consid. 4c/aa p. 329; arr�t 1A.111/1998 du 20 novembre 1998 consid. 3a in DEP 1999 p. 264). Pour trancher cette question, il importe notamment de conna�tre les caract�ristiques de l'exploitation avant et apr�s la date d�terminante du 1er janvier 1985, en se fondant sur diff�rents crit�res tels que les �tapes de d�veloppement de l'installation en cause, les prestations fournies, la capacit� d'accueil ou encore le nombre de places de stationnement disponibles (cf. arr�t 1C_460/2007 du 23 juillet 2008 consid. 2.1).
Les conditions pos�es par la jurisprudence pour assimiler le stand de tir des Breuleux � une nouvelle installation fixe d'un point de vue fonctionnel ou en raison des nuisances sonores qu'il provoque ne sont pas r�alis�es en l'esp�ce. En 1989, le stand de tir a certes subi des modifications consistant dans le remplacement des cibles manuelles par des cibles �lectroniques, dans l'am�nagement d'une buvette et de sanitaires ainsi que dans la cr�ation d'un chemin d'acc�s aux cibleries; la capacit� de la buvette a en outre �t� augment�e et une annexe r�alis�e en 1996 � la faveur d'un permis de construire d�livr� le 13 d�cembre 1994. Ces travaux n'ont toutefois pas modifi� de mani�re sensible la situation du point de vue du bruit puisque le stand de tir �tait d�j� exploit� et source de nuisances sonores pour le voisinage en 1985, lors de l'entr�e en vigueur de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement. Ils n'ont pas davantage atteint l'ampleur suffisante pour assimiler le stand de tir � une installation nouvelle d'un point de vue fonctionnel; tout au plus doivent-ils �tre qualifi�s de modification notable selon la jurisprudence (cf. ATF 117 Ib 101 consid. 4 p. 104). Les travaux d'agrandissement qui font l'objet du permis de construire litigieux visent � rendre l'installation de tir conforme aux normes de s�curit� et de protection contre le bruit, gr�ce � la pose d'un caisson d'insonorisation derri�re les stalles, et � augmenter la capacit� d'accueil de la buvette. Ils n'impliquent en tant que tels aucune augmentation de la charge sonore et s'inscrivent tout au plus dans le cadre d'une modification notable, au sens de l'art. 8 al. 3 OPB, d'un point de vue fonctionnel (cf. ATF 133 II 181 consid. 7.2 p. 201). En revanche, la r�gionalisation du stand de tir des Breuleux d�cid�e au d�but des ann�es 2000 a entra�n� une hausse de la fr�quentation du stand et une utilisation plus importante des installations de tir, avec une augmentation correspondante des coups tir�s et du bruit pour le voisinage. Toutefois, en l'absence de donn�es permettant une comparaison fiable des niveaux sonores avant et apr�s la r�gionalisation, on ne saurait assimiler de ce seul fait le stand de tir � une nouvelle installation. Aussi, pour �tre autoris�, il suffit que le projet litigieux respecte les valeurs limites d'immission fix�es � l'annexe 7 de l'OPB, en vertu de l'art. 8 al. 2 OPB, et non pas les valeurs de planification plus s�v�res selon l'art. 25 al. 1 LPE.
3.2 Les recourants ne sauraient �tre suivis lorsqu'ils soutiennent que les juges cantonaux auraient d� se fonder sur les principes de l'art. 15 LPE, conform�ment � l'art. 40 al. 3 OPB, pour �valuer le bruit de l'installation de tir des Breuleux (cf. ATF 133 II 292 consid. 3.3 p. 296 et les arr�ts cit�s). Le l�gislateur f�d�ral a fix� � l'annexe 7 de l'OPB des valeurs limites d'exposition au bruit des installations de tir qui tiennent compte de la nature particuli�re et sp�cifique du bruit des tirs provenant de ces installations. Les recourants n'avancent aucune raison s�rieuse qui justifierait de s'en �carter au profit d'autres valeurs limites ou d'une �valuation du caract�re nuisible ou incommodant des atteintes fond�e sur les crit�res g�n�raux de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement (cf. arr�t 1A.34/1997 du 18 mars 1998 consid. 4b in ZBl 101/2000 p. 36). L'arr�t du Tribunal administratif genevois auquel ils se r�f�rent concernait le bruit caus� par le camion postal lors de la livraison matinale du courrier � l'office de poste de Champel; cette juridiction a vu un motif de ne pas appliquer les valeurs limites d'immission de l'annexe 6 de l'OPB, relatives au bruit de l'industrie et des arts et m�tiers, au profit d'une appr�ciation au cas par cas dans le fait qu'il ne s'agissait pas d'un bruit continu, mais d'un �v�nement sonore unique, soudain, � forte �mergence, survenant durant la p�riode de tranquillit� nocturne quatre fois par semaine dans un quartier calme. La pertinence de cet arr�t, qui n'a pas �t� d�f�r� au Tribunal f�d�ral, peut demeurer ind�cise car le bruit provenant d'une installation de tir ne saurait en effet �tre compar� de par sa nature � celui li� au d�chargement du courrier. La cour cantonale n'avait ainsi aucune raison de s'�carter des valeurs limites d'immission de l'annexe 7 de l'OPB.
3.3 La cour cantonale s'est fond�e sur l'autorisation sp�ciale d�livr�e le 14 juillet 2006 par l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature, dont elle a fait siennes les conclusions, pour admettre que ces valeurs limites �taient respect�es. Ledit office s'est bas� sur les r�sultats de l'�tude de bruit r�alis�e le 31 janvier 2002 par le bureau Stampbach. Il a cependant pr�cis� que le nombre de demi-jours de tir ne devra pas exc�der annuellement 35 demi-jours en semaine et 2 demi-jours le dimanche afin d'�viter tout d�passement des valeurs limites d'immission. Cette �tude de bruit se base sur les r�sultats d'une enqu�te men�e en 1999 et 2000 aupr�s des soci�t�s de tir de la R�publique et canton du Jura. Le calcul de bruit sp�cifique au stand de tir des Breuleux prend en consid�ration une moyenne de 9'600 coups tir�s par ann�e sur la base de 17 demi-jours de tir en semaine et d'un demi-jour le dimanche. L'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature a proc�d� ult�rieurement � de nouveaux calculs de l'exposition au bruit sur la base des conditions d'exploitation fix�es dans l'autorisation sp�ciale, � l'aide du programme SL 2000 mis en place par l'Office f�d�ral de l'environnement. S'il rel�ve un d�passement de la valeur limite d'immission s'agissant du b�timent Sur Angosse, il pr�cise toutefois que ce r�sultat ne tient pas compte de l'effet d'obstacle provoqu� par le talus bois� � hauteur de la ligne des cibles, qui implique une att�nuation du bruit �valu�e � 7 dB(A) au minimum pour les deux b�timents situ�s au sud et au sud-est, de sorte que les valeurs limites d'immission sont observ�es. A l'audience tenue le 3 mai 2007 par la Juge administrative, le collaborateur dudit office a indiqu� �tre parvenu � la m�me conclusion apr�s avoir refait ses calculs selon le nouveau mod�le de calcul SonGun, qui prend en consid�ration les param�tres du terrain, compte tenu des donn�es d'exploitation du stand fournies en 2005 et 2006, qui ont vu une augmentation du nombre de demi-jours de tir par rapport � la situation qui pr�valait en 2000, et des horaires d'exploitation fix�s dans l'autorisation sp�ciale du 14 juillet 2006. Il a enfin pr�cis� � l'audience du Tribunal cantonal du 4 juin 2008 ne pas avoir pris en consid�ration l'effet r�flecteur de la for�t situ�e � l'ouest de la route menant � la ferme du Pr� Gar�on. Toutefois, cela repr�senterait au plus une diff�rence de 1 dB(A) et il existe une marge de s�curit� suffisante pour admettre que les valeurs limites d'immission seraient encore respect�es. Les recourants ne pr�tendent pas que l'�valuation du bruit op�r�e par l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature serait incorrecte ou qu'elle serait fond�e sur des �l�ments de fait pertinents pour la d�termination du bruit qui seraient inexacts. Il n'y a d�s lors aucune raison de s'�carter de l'avis de cet office sp�cialis� ou de le tenir pour incomplet, comme le rel�ve d'ailleurs l'Office f�d�ral de l'environnement.
La cour cantonale n'a pas davantage viol� le droit f�d�ral en ne tenant pas compte du bruit inh�rent � l'exploitation de la carri�re et de la d�charge pour mat�riaux inertes am�nag�es derri�re le stand et au trafic automobile sur la route cantonale. Le bruit en provenance de la carri�re et de la d�charge contr�l�e ne se cumule pas avec celui des tirs puisque, selon les recourants, le stand de tir des Breuleux ne peut �tre exploit� simultan�ment avec la carri�re pour des raisons de s�curit�. Au demeurant, vu la nature fondamentalement diff�rente du bruit issu de ces deux exploitations, aucune �valuation collective de bruit ne serait requise en pareille hypoth�se. La jurisprudence a en effet pr�cis� qu'� d�faut d'outils scientifiquement s�rs et fiables, il n'�tait pas possible d'appr�cier correctement le cumul de bruits de diff�rents types et que l'appr�ciation globale des nuisances pr�vue par l'art. 8 LPE se limitait � la prise en consid�ration de la somme des bruits de m�me genre provenant de plusieurs installations conform�ment � l'art. 40 al. 2 OPB (ATF 126 II 522 consid. 37e p. 565; arr�t 1A.123/2003 du 7 juin 2004 consid. 3.4 in DEP 2004 p. 633). La m�me conclusion s'impose s'agissant du bruit provenant de la route cantonale.
Les recourants estiment enfin � tort que les valeurs limites d'immission seraient d�pass�es pour la derni�re heure d'exploitation situ�e entre 19h00 et 20h00, celle-ci �tant soumise � des valeurs limites plus s�v�res. L'annexe 7 de l'OPB ne fait en effet aucune distinction en ce qui concerne les valeurs limites d'immission � respecter selon que le bruit des tirs se produit le jour ou la nuit. Contrairement � ce qui pr�vaut pour le bruit de l'industrie, des arts et m�tiers et autres bruits semblables (cf. annexe 6 de l'OPB), il n'existe pas de valeurs limites d'exposition nocturnes pour les installations de tir ou de facteur de correction pour la p�riode allant de 19h00 � 20h00. Les recourants se fondent sur une lecture erron�e de l'arr�t 1A.252/1995 du 9 octobre 1996 in DEP 1997 p. 35. Dans cet arr�t, le Tribunal f�d�ral a refus� de voir un motif pertinent de s'�carter des valeurs de planification fix�es � l'annexe 7 de l'OPB dans l'absence de distinction faite entre les tirs pratiqu�s avant ou apr�s 19h00. Tout au plus, a-t-il admis qu'il puisse �tre tenu compte, selon les circonstances, du fait que la derni�re heure d'exploitation co�ncide avec celle o� le repos doit �tre m�nag� pour appr�cier l'ampleur d'�ventuelles mesures pr�ventives (consid. 3c).
3.4 Le fait que l'installation de tir des Breuleux respecte les valeurs limites d'immission ne dispensait pas pour autant le Syndicat de prendre les mesures de pr�vention fond�es sur l'art. 11 al. 2 LPE, qui sont techniquement envisageables et �conomiquement supportables et qui peuvent raisonnablement �tre exig�es en vertu du principe de la proportionnalit� (ATF 126 II 480 consid. 6c p. 492; arr�t 1A.34/1997 du 18 mars 1998 consid. 3c in ZBl 101/2000 p. 35; arr�t 1A.252/1995 du 9 octobre 1996 consid. 3b in DEP 1997 p. 37).
Le Tribunal cantonal a consid�r� � cet �gard que les mesures prises sous la forme d'une limitation du nombre de demi-jours de tirs, de mani�re � �viter tout d�passement des valeurs limites d'immission, et de l'installation d'un caisson d'insonorisation � l'arri�re du stand, afin de diminuer le bruit int�rieur, respectaient � suffisance le principe de pr�vention et qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner d'autres mesures, co�teuses, pour r�duire davantage le bruit produit lors de l'exploitation du stand de tir. Les recourants contestent cette appr�ciation sans toutefois pour autant indiquer les mesures qu'il conviendrait encore d'adopter pour satisfaire au principe de pr�vention. La recevabilit� du recours sur ce point au regard des exigences de motivation requises aux art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF peut demeurer ind�cise car l'arr�t attaqu� �chappe sur ce point � toute critique.
Des mesures pr�ventives suppl�mentaires ne se justifient au regard du principe de la proportionnalit� que si l'on peut s'attendre � une r�duction sensible des �missions de bruit avec des d�penses peu importantes (ATF 127 II 306 consid. 8 p. 318; 124 II 517 consid. 5a p. 523; arr�t 1A.31/1997 du 26 novembre 1997 consid. 2c in DEP 1998 p. 236). S'agissant d'une installation existante, les exigences d�coulant du principe de pr�vention ne peuvent pas �tre aussi �lev�es que pour une installation nouvelle; il faut tenir compte des investissements consentis dans la construction et l'exploitation de l'installation ainsi que pour sa mise en conformit� aux normes f�d�rales (arr�t 1A.34/1997 du 18 mars 1998 consid. 3c in fine in ZBl 101/2000 p. 35). Il convient �galement de prendre en consid�ration le fait que l'installation est exploit�e non pas par une entreprise orient�e vers le profit, mais par une collectivit� publique ou une association de tir � but non lucratif (ATF 127 II 306 consid. 8 p. 319; arr�t 1A.159/2005 du 20 f�vrier 2006 consid. 2.5; arr�t 1A.240/2002 du 13 mai 2003 consid. 3.5). Le nombre peu important de personnes touch�es par le bruit peut �galement faire appara�tre disproportionn�e l'ex�cution d'une mesure technique d'un co�t �lev� (cf. ANNE-CHRISTINE FAVRE, note relative � l'arr�t 1A.252/1995 du 9 octobre 1996, RDAF 1998 I p. 624; voir aussi ATF 120 Ib 89 consid. 3c p. 93; arr�t 1A.240/2002 du 13 mai 2003 consid. 3.6). Enfin, les caract�ristiques de la zone dans laquelle se trouvent les pi�ces habitables des voisins touch�s doivent �galement �tre prises en compte dans l'examen des mesures pr�ventives � prendre (ATF 123 II 74 consid. 5a p. 86). Sur la base de ces principes, le Tribunal f�d�ral a jug� que d'autres mesures pr�ventives sous la forme de tunnels antibruits ou d'une limitation du programme d'exploitation ne s'imposaient pas s'agissant d'un petit stand de tir dot� d'un programme d'utilisation annuel modeste de six demi-jours et de 3'200 coups, dans la mesure o� la publication � l'avance du programme annuel des tirs permettait aux personnes incommod�es de prendre leurs dispositions pour �chapper au bruit, le cas �ch�ant en s'absentant quelques heures de leur domicile six fois par ann�e (ATF 126 II 480 consid. 7 p. 494).
Des mesures techniques sont en principe possibles de mani�re � r�duire le bruit des tirs. La mise en place de tunnels de tir, qui n'att�nuent que le bruit de la d�tonation de bouche et non celui de la d�tonation de projectile sur la ligne de tir, serait en l'occurrence excessive au terme d'une comparaison du co�t de telles installations, estim� par l'intim�e � 10'000 fr. par place de tir, et des effets b�n�fiques qu'il y aurait lieu d'en attendre du point de vue des nuisances sonores, dont seuls les �poux B.________ profiteraient; elle ne saurait d�s lors �tre exig�e du Syndicat en vertu des art. 11 al. 2 LPE et 13 al. 2 let. a OPB (ATF 119 Ib 463 consid. 4b p. 466). On ne se trouve en effet pas dans l'hypoth�se d'un assainissement o� l'on peut se montrer plus exigeant dans les mesures pr�ventives � prendre (cf. arr�t 1A.41/2005 du 4 novembre 2005 consid. 4 non publi� in DEP 2006 p. 163). Les recourants ne le contestent d'ailleurs pas. Reste � examiner si une limitation plus s�v�re des demi-jours de tir s'impose au regard de l'art. 11 al. 2 LPE.
La fixation du nombre de demi-jours de tir � 35 en semaine et � 2 le dimanche se fonde sur l'autorisation sp�ciale d�livr�e le 14 juillet 2006 par l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature et sur la convention pass�e les 7 juin et 1er juillet 2004 entre le Syndicat et la Commune des Breuleux concernant la mise � disposition des installations de tir � 300 m�tres aux Breuleux et � Soubey, � teneur de laquelle l'intim� s'engage � mettre les installations � disposition des tireurs deux soirs par semaine de 17h00 � 20h00, les manifestations et f�tes de tir �tant r�serv�es.
Le nombre de demi-jours de tir autoris�s doit en tous les cas �tre suffisant pour permettre l'ex�cution des exercices de tir et des cours d'instruction dans l'int�r�t de la d�fense nationale dans le cadre du tir hors du service, tels qu'ils sont d�finis � l'art. 4 al. 1 de l'ordonnance sur le tir hors du service (Ordonnance sur le tir; RS 512.31; cf. ATF 119 Ib 463 consid. 6a p. 471; arr�t 1A.105/1990 du 4 juillet 1991 consid. 3b). Il s'agit des exercices f�d�raux, soit des programmes obligatoires et du tir en campagne (let. a), des exercices de tir volontaires, � savoir les entra�nements de soci�t�s, les concours de tir, les exercices pr�liminaires aux exercices f�d�raux, ainsi que les concours de tir des associations et des soci�t�s militaires (let. b), et des cours de tir, soit des cours pour moniteurs de tir, des cours pour moniteurs de tir de jeunes tireurs, des cours de r�p�tition pour moniteurs de tir et pour moniteurs de tir de jeunes tireurs, des cours pour jeunes tireurs, des cours pour retardataires et des cours pour rest�s (let. c). En revanche, les tirs sportifs effectu�s � titre priv� ne sont pas d'int�r�t public et ne justifient pas l'octroi d'un all�gement en cas d'assainissement (ATF 133 II 181 consid. 7.1 p. 200; arr�t 1A.41/2005 du 4 novembre 2005 consid. 3 in DEP 2006 p. 166; arr�t 1A.187/2004 du 21 avril 2005 consid. 3.3 in DEP 2005 p. 758). La jurisprudence a cependant admis d'en tenir compte s'il n'est pas possible de les pratiquer dans un autre stand afin d'�viter une entrave excessive de l'exploitation du stand litigieux (cf. ATF 119 Ib 463 consid. 7c p. 477).
Aux termes de l'art. 4 al. 1 let. b ch. 1 de l'ordonnance sur le tir, le nombre de demi-jours de tir est fonction de la taille de l'installation de tir, du nombre de tireurs qui le fr�quentent, du nombre de membres des soci�t�s de tir qui s'y entra�nent et de l'exposition au bruit. Sont autoris�s, pour une installation de tir de taille moyenne en sus des tirs obligatoires, 4 demi-jours de tir pour les exercices pr�liminaires aux exercices f�d�raux et 7 demi-jours de tir pour les entra�nements de la soci�t� et pour les concours de tir. Selon l'art. 27 de l'ordonnance sur le tir, les exercices f�d�raux de tir et les cours pour jeunes tireurs doivent �tre termin�s le 31 ao�t (al. 1). Les soci�t�s de tir doivent fixer au minimum une demi-journ�e de tir avant et apr�s le mois de juillet pour l'ex�cution du programme obligatoire (al. 2).
En l'absence de toute indication sur le nombre de demi-jours de tir n�cessaire pour garantir la r�alisation des exercices de tir et des cours d'instruction dans l'int�r�t de la d�fense nationale des tireurs astreints qui viennent tirer au stand de tir des Breuleux, il n'est pas possible de d�terminer si le nombre fix� par l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature est incompressible ou s'il peut encore �tre diminu�. Cela ne signifie pas encore que le recours doive �tre admis et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale pour qu'elle prenne une nouvelle d�cision apr�s avoir instruit ce point.
Des restrictions dans le programme d'utilisation d'un stand de tir au sens de l'art. 12 al. 1 let. c LPE ne se justifient en effet en application du principe de pr�vention que si les valeurs limites d'immission sont d�pass�es ou, � d�faut de telles valeurs, si le bruit est g�nant ou incommodant (art. 15 LPE en relation avec l'art. 40 al. 3 OPB). Dans le cas contraire, elles ne sauraient en principe �tre impos�es, sauf si elles permettent une r�duction sensible de la charge sonore (arr�t 1A.183/2001 du 18 septembre 2002 consid. 7.6.1 in fine). Dans le cas particulier, le repr�sentant de l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature a confirm� � l'audience du Tribunal cantonal que les valeurs limites d'immission fix�es � l'annexe 7 de l'OPB �taient respect�es pour tous les locaux sensibles au bruit les plus expos�s dans les conditions d'exploitation fix�es dans son autorisation sp�ciale du 14 juillet 2006. Il a certes admis que le nombre de demi-jours de tirs puisse �tre r�duit, mais il a mis en doute l'efficacit� d'une telle mesure puisqu'il faudrait le diminuer d'une dizaine d'unit�s pour aboutir � une r�duction perceptible du bruit sup�rieure � 1 dB(A). Cela �tant, une limitation plus s�v�re des heures d'exploitation du stand ou du nombre de demi-jours de tirs ne s'impose pas au regard du gain r�duit que l'on peut attendre d'une telle mesure sur la charge sonore et des contraintes d'organisation qu'elle induirait pour le Syndicat, s'agissant d'un stand de tir � vocation r�gionale. On rel�vera que les occupants de la ferme Sur Angosse, les plus expos�s au bruit des tirs, n'ont pas recouru contre l'autorisation litigieuse. En ce qui concerne les recourants, les valeurs limites d'immission sont respect�es avec une marge suffisante pour admettre que les restrictions d'exploitation d�j� ordonn�es atteignent l'objectif de pr�vention poursuivi par l'art. 11 al. 2 LPE sans qu'une limitation plus s�v�re du nombre de demi-jours de tir ne s'impose. Si le niveau des nuisances sonores devait se modifier de mani�re sensible en raison de l'accueil de nouveaux tireurs, les conditions d'exploitation du stand de tir des Breuleux pourraient �tre revues et, le cas �ch�ant, de nouvelles mesures techniques �tre ordonn�es (ATF 130 II 32 consid. 2.4 p. 39; arr�t 1C_165/2009 du 3 novembre 2009 consid. 2.4 in DEP 2009 p. 923).
Les recourants tiennent les mesures de s�curit� prises en l'occurrence pour insuffisantes au regard des exigences techniques �mises dans les Directives pour les installations de tir �dict�es par la Conf�d�ration dans leur teneur valable d�s le 1er octobre 2006. Ils �voquent � ce propos le risque de blessures par ricochet ou cons�cutif � une balle perdue qui pourrait toucher directement une personne se trouvant au sud de la cr�te, dans l'arri�re-terrain. Les conclusions de l'expert f�d�ral des installations de tir, confirm�es par l'Officier f�d�ral de tir, ne seraient pas concluantes � cet �gard. De m�me, les mesures de s�curit� compl�mentaires ordonn�es par la juge administrative et la cour cantonale seraient insuffisantes, en particulier en ce qui concerne la zone dangereuse 4 accessible par balle directe. Aucun plan de barrage ou signal d'avertissement n'ont �t� exig�s pour cette zone qui comprendrait plusieurs hectares de terres au sud du domaine du Pr� Gar�on. Le chemin qui m�ne au hameau de Sur Angosse � celui des Envers et qui traverse la zone dangereuse 4 au sud-est de la ferme du Pr� Gar�on n'a jamais �t� mentionn� par les experts alors qu'il est inscrit sur la carte au 1:25'000. Il existe un risque, qualifi� de tr�s minimal par l'expert f�d�ral des installations de tir, de blessures par balles par ricochet dans le rapport �tabli le 8 d�cembre 2003. Il serait exclu de s'en satisfaire pour les recourants A.________, dont le b�tail p�ture dans cette zone ou qui travaillent � proximit� sur le domaine du Pr� Gar�on, respectivement pour les cyclistes VTT qui pratiquent leur sport aux alentours. La construction de pare-balles aurait ainsi d� �tre ordonn�e comme le pr�conisait l'expert f�d�ral des installations de tir.
4.1 Les mesures de s�curit� � prendre lors des exercices de tir aux abords de l'installation de tir sont d�finies dans les directives pour les installations de tir �dict�es par la Conf�d�ration le 29 septembre 2006 (Documentation 51.065 f). Ces directives d�limitent cinq zones r�put�es dangereuses et fixent les mesures de s�curit� � prendre pour chacune d'elles. La zone dangereuse 1 comprend tout le champ de tir entre le stand et la butte (chiffre 5.1 des directives). La zone dangereuse 2 s'�tend aux espaces situ�s � gauche et � droite du champ de tir, dans un angle de 20% de la distance de tir, jusqu'� la hauteur de la butte (chiffre 5.2 des directives). Les zones dangereuses 3 co�ncident avec les espaces situ�s � gauche et � droite du champ de tir, dans un angle de 20 � 40% de la distance de tir, jusqu'� la hauteur de la butte (chiffre 5.3 des directives). Est consid�r�e comme zone dangereuse 4 la prolongation des zones 1 et 2 au-del� de la butte, parall�lement � la direction de tir et jusqu'� la prochaine cr�te, cela pour autant que le tireur puisse atteindre ce secteur en tir direct ou qu'il ne se situe pas � plus de 20% au-dessus de la ligne de mire (chiffre 5.4 des directives). La zone dangereuse 5 s'�tend � la bande de terrain situ�e derri�re la zone 4 dans le prolongement de la zone 1, parall�lement � la direction de tir, jusqu'� 5,5 kilom�tres de profondeur (chiffre 5.5 al. 1 des directives). Lorsque des constructions, des lignes ferroviaires et des routes � grand trafic sont situ�es dans cette zone et que celles-ci suivent sur une longue distance la direction de tir, l'expert f�d�ral des installations de tir veille � en assurer la s�curit� par des pare-balles de hauteur (chiffre 5.5 al. 2 des directives).
A teneur du chiffre 5.6 des directives, il est interdit de p�n�trer et de s�journer dans les zones dangereuses 1, 2 et 4 pendant les tirs (al. 1). Le b�tail, les v�hicules et les engins doivent �tre �vacu�s de ces zones avant le tir (al. 2). Selon le chiffre 6.1 des directives, les routes, les chemins et les sentiers situ�s dans les zones dangereuses 1, 2 et 4 qui ne sont pas abrit�s par des dispositifs de protection doivent �tre barr�s, pendant les exercices de tir, au moyen de cha�nes ou de barri�res munies de panneaux d'avertissement identiques. L'officier f�d�ral de tir d�signe l'emplacement des barrages n�cessaires. Les syst�mes ne fermant pas r�ellement les routes et les chemins ne sont pas autoris�s (al. 1). Dans les terrains difficiles � l'�cart des routes et des chemins, un nombre suffisant de panneaux bien visibles et au texte clair sont � placer pour interdire l'acc�s dans les zones dangereuses (al. 2). Les barrages sont report�s sur un plan affich� visiblement � l'int�rieur du stand (al. 3). Une d�viation doit �tre signal�e pour les cheminements et les sentiers p�destres situ�s en zones dangereuses (al. 4). En vertu du chiffre 6.2 des directives, un sac rouge et blanc est hiss� pour signaler le danger qui existe dans les environs de l'installation de tir lors de chaque exercice de tir. L'Officier f�d�ral de tir fixe la hauteur et d�signe l'emplacement du m�t dress� g�n�ralement pr�s du stand et de fa�on que le signal soit nettement visible avant de p�n�trer dans la zone dangereuse. Dans certains cas, il peut �tre indiqu� de hisser un second sac rouge et blanc dans le secteur de la ciblerie. L'utilisation d'autres moyens n'est pas autoris�e.
Suivant le chiffre 4.1 des directives, une attention toute particuli�re doit �tre port�e au danger que repr�sentent les ricochets pour l'arri�re-terrain des installations de tir. Le risque de ricochets est consid�rablement diminu� par la construction et la maintenance d'une butte et d'une pr�butte adapt�es et par l'am�nagement r�glementaire de la plaque blind�e. En vertu du chiffre 4.2 des directives, des pare-balles de hauteur doivent, si n�cessaire, prot�ger l'arri�re-terrain sur une profondeur allant jusqu'� 5,5 km pour les armes � feu portatives et 1,9 km pour les armes � feu de poing. Selon le chiffre 10.1 des directives, les pare-balles doivent prot�ger des coups directs et des ricochets les objets et les portions de terrain pouvant �tre mis en danger. Les exigences relatives aux zones dangereuses ne sont de ce fait plus applicables (al. 1). La largeur et la hauteur des pare-balles de profondeur sont d�termin�es en fonction des in�galit�s du terrain et des objets � prot�ger situ�s dans le champ de tir sous la ligne de mire selon le chiffre 5 des pr�sentes directives (al. 2). La largeur et la hauteur des pare-balles lat�raux et de hauteur sont dimensionn�es en fonction de la protection � apporter aux zones lat�rales et � l'arri�re-terrain selon les chiffres 4 et 5 (al. 3). Aux termes du chiffre 10.2 al. 2 des directives, la protection de l'arri�re-terrain (zone dangereuse 5 et/ou secteur sup�rieur de la zone dangereuse 4) peut �tre r�alis�e en r�gle g�n�rale par l'implantation d'un pare-balles rapproch�, � une distance inf�rieure ou �gale � 10 m�tres du stand. Pour assurer la protection du secteur inf�rieur de la zone dangereuse 4, il est aussi possible de placer des pare-balles rapproch�s � des distances sup�rieures � 10 m�tres.
4.2 Les recourants critiquent en premier lieu la d�limitation des zones dangereuses. Selon eux, la zone dangereuse 4 ne se limiterait pas � une zone de 100 m�tres situ�e derri�re les cibles, comme l'a retenu la cour cantonale en se fondant sur le plan �tabli par l'Officier f�d�ral de tir en annexe � sa prise de position du 11 janvier 2007, mais elle comprendrait toutes les surfaces atteignables en coup direct jusqu'� la prochaine cr�te, soit celle du Mont Crosin, conform�ment au chiffre 5.4 des directives sur les installations de tir. Elle s'�tendrait ainsi sur plusieurs hectares suppl�mentaires et concernerait des terres situ�es au sud de la ferme du Pr� Gar�on ainsi que le chemin reliant celle-ci au hameau de Sur Angosse. Or, aucun plan de barrage ou signal d'avertissement n'a �t� exig� pour cette portion de territoire.
L'expert f�d�ral des installations de tir a pour sa part pr�cis� � l'audience du Tribunal cantonal du 4 juin 2008 que le secteur situ� derri�re la butte qui domine les cibles devrait �tre class� dans la zone dangereuse 5 plut�t que dans la zone dangereuse 4, la limite de celle-ci �tant la cr�te bois�e situ�e au-dessus des cibles.
Le Tribunal f�d�ral statue en principe sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sous r�serve des cas pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. La partie recourante ne peut ainsi critiquer la constatation de faits importants pour le jugement de la cause que si ceux-ci ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte, c'est-�-dire arbitraire, ce qu'il lui appartient de d�montrer par une argumentation r�pondant aux exigences de l'art. 42 al. 2 LTF, respectivement de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 135 II 313 consid. 5.2.2 p. 322; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254). Par ailleurs, la correction du vice doit �tre de nature � influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
Selon le chiffre 5.4 des directives, la zone dangereuse 4 comprend les terrains sis dans la prolongation des zones 1 et 2 au-del� de la butte, parall�lement � la direction de tir et jusqu'� la prochaine cr�te, cela pour autant que le tireur puisse atteindre ce secteur en tir direct ou qu'il ne se situe pas � plus de 20% au-dessus de la ligne de mire. La limite de cette zone co�ncide avec la limite arri�re du compartiment de terrain le plus proche visible par le tireur (cf. Appendice 6 aux "Bases de l'instruction pour moniteurs de tir, moniteurs cours de jeunes tireurs et jeunes tireurs", �tablies par les Forces terrestres, Groupe de la direction de l'instruction, dans leur teneur en janvier 2003, Formulaire 27.219 f). Elle devrait donc correspondre en l'occurrence avec la cr�te bois�e situ�e derri�re la butte de tir, comme l'a retenu l'expert f�d�ral des installations de tir, d�s lors que le secteur situ� derri�re la cr�te n'est pas visible par le tireur dans l'axe de la ligne de tir selon le profil en long �tabli par l'officier de tir. Certes, les recourants contestent qu'il en aille de m�me en ce qui concerne les terrains situ�s au sud de la ferme du Pr� Gar�on, visibles depuis le stand. On peut se demander si les conditions pos�es pour que le Tribunal f�d�ral puisse s'�carter des constatations de fait retenues dans l'arr�t attaqu� sont r�unies. Cette question peut en d�finitive demeurer ind�cise car la correction du vice doit �tre de nature � influer sur le sort de la cause selon l'art. 97 al. 1 LTF.
Suivant le profil en long �tabli par l'Officier f�d�ral de tir, une balle en tir direct survolerait le chemin de randonn�e reliant le hameau de Sur Angosse � la ferme du Pr� Gar�on de plus de vingt m�tres. L'expert f�d�ral des installations de tir a confirm� qu'une balle qui passerait au-dessus des arbres situ�s sur la deuxi�me butte suivrait une trajectoire ascendante pendant trois kilom�tres avant de redescendre et qu'elle ne pourrait toucher un randonneur ou un cycliste qui emprunterait ce chemin. Cela �tant, il n'est pas n�cessaire de prendre des mesures de s�curit� visant � interdire l'acc�s au chemin de randonn�e reliant le hameau de Sur Angosse � la ferme du Pr� Gar�on durant les tirs, m�me si celui-ci devait se trouver en zone dangereuse 4 comme le pr�tendent les recourants. De m�me, l'expert a exclu tout risque qu'un coup direct atteigne la ferme du Pr� Gar�on et ses abords, car si une balle devait d�passer la cr�te, la trajectoire ferait survoler le b�timent de treize m�tres. Il en va de m�me en ce qui concerne les terres que ces derniers exploitent derri�re la butte et qui se situent hors d'atteinte d'une balle en tir direct. Au demeurant, les recourants re�oivent le programme des tirs en d�but de saison, de sorte qu'ils sont en mesure de prendre suffisamment t�t leurs dispositions pour ne pas travailler sur ces terres durant les p�riodes de tir et �viter que le b�tail n'y p�ture (cf. ATF 126 II 480 consid. 7 p. 494). Aucune mesure de s�curit� suppl�mentaire ne s'impose donc pour prot�ger la ferme du Pr� Gar�on et ses abords des dangers d'un coup direct.
4.3 Les recourants �voquent �galement le risque de l�sions par une balle qui ricocherait sur un arbre situ� sur la cr�te dominant les cibles pour un promeneur sur le chemin de randonn�e reliant le hameau de Sur Angosse � la ferme du Pr� Gar�on ou pour un habitant de cette ferme. Ils critiquent l'absence de butte pare-balles derri�re et devant les cibles destin�es � pallier ce risque et d�noncent une violation de l'art. 7 al. 1 let. b ch. 6, 7 et 8 de l'ordonnance sur les installations de tir.
L'expert f�d�ral des installations de tir a effectivement retenu un risque tr�s minimal de l�sions par ricochets d� � la pr�sence d'arbres plus hauts que la cr�te, dans le talus derri�re les cibles, ainsi qu'� gauche et � droite des cibles. Pour parer ce risque, il a �voqu� la possibilit� soit d'installer un pare-balles de hauteur d'une largeur de 23 m�tres, � une trentaine de m�tres du parapet du stand, soit de poser des pare-balles lat�raux devant chaque place de tir � 2,5 m�tres du parapet et de couper les arbres situ�s derri�re les cibles sur toute la largeur de la zone dangereuse 1 et jusqu'� la cr�te sur une profondeur de 24 m�tres. Il a confirm� � l'audience du Tribunal cantonal que l'am�nagement de pare-balles �tait envisageable techniquement, mais qu'il n'�tait pas indispensable pour garantir la s�curit� de l'installation et r�pondre aux exigences des directives. Il a qualifi� de tr�s faible le risque qu'une balle touche par ricochet une personne au sud de la butte ou aux abords de la ferme du Pr� Gar�on, car il suppose une n�gligence tr�s grave d'un tireur non pas lors d'un tir mais dans la manipulation de son arme.
Les autorit�s cantonales ont jug� le risque trop faible pour ordonner les mesures techniques pr�conis�es par l'expert. Ce dernier ne s'est pas prononc� sur le co�t de ces mesures, mais s'est born� � relever que les frais d'am�nagement d'un pare-balles de hauteur �taient plus �lev�s que ceux li�s � la pose de pare-balles individuels et � la coupe des arbres. Quand bien m�me le risque de l�sion par balles en cas de ricochet sur un arbre d�passant la cr�te situ�e derri�re la butte est qualifi� de tr�s faible � dires d'expert, les autorit�s cantonales n'�taient pas pour autant dispens�es d'examiner si de tels am�nagements pouvaient n�anmoins raisonnablement �tre exig�s de l'intim� en vertu du principe de la proportionnalit�, qui peut aller plus loin que le strict respect des directives. Sur ce point, le recours est fond�. Le Tribunal f�d�ral n'est pas en mesure de se prononcer � ce propos faute de disposer de tous les �l�ments n�cessaires � cet effet. Cela �tant, il convient d'annuler l'arr�t attaqu� et de renvoyer la cause � l'autorit� pour qu'elle instruise cette question et rende une nouvelle d�cision.
4.4 La cour cantonale a constat� lors de la visite des lieux que des barri�res permettaient de mettre hors service durant les tirs la route de 3�me classe et la piste des cavaliers qui traversent la ligne de tir, le passage se faisant ainsi au nord et � l'ouest du stand. Les recourants ne contestent pas ces faits. Ils soutiennent qu'au regard de la loi f�d�rale sur la circulation routi�re, la route passant devant le stand de tir ne pourrait pas �tre barr�e deux fois par semaine, d'avril � octobre, sans qu'aucune route de d�viation ne soit r�alis�e ou pr�vue par un cr�dit vot� ou par une modification de la zone carri�re-d�chetterie. Ils reprochent � la cour cantonale de ne pas avoir trait� cette question. Ils n'indiquent toutefois pas quelle disposition de la l�gislation f�d�rale sur la circulation routi�re imposerait pareille interdiction ou aurait �t� viol�e. Il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral d'examiner d'office ce qu'il en est. Le recours ne r�pond donc pas sur ce point aux exigences de motivation requises et est irrecevable.
Les �poux A.________ voient une violation de l'art. 7 al. 2 OITir dans le fait qu'aucun contrat de servitude n'a �t� conclu avec eux alors m�me qu'ils disposent de terrains compris dans la zone dangereuse 4. Cette question ressortirait au droit public et non au droit priv� comme le retient � tort l'arr�t attaqu�. Ils d�noncent � ce propos une violation de l'art. 32 al. 1 du D�cret cantonal concernant le permis de construire du 11 d�cembre 1992 (DPC), � teneur duquel un projet est accept� lorsqu'il n'est pas contraire aux prescriptions de droit public, qu'il ne compromet pas l'ordre public et que rien ne s'y oppose au titre de l'am�nagement du territoire.
L'art. 7 al. 2 OITir pr�voit que si le terrain accueillant l'installation de tir et les zones dangereuses n'est pas la propri�t� de la commune ou de la soci�t� de tir, la commune conclut les contrats de servitude n�cessaires et les inscrit au registre foncier.
En l'occurrence, le Syndicat est propri�taire des parcelles accueillant le stand de tir et la ciblerie; en revanche les terrains situ�s dans la zone dangereuse 4 appartiennent � des particuliers, de sorte que des servitudes doivent �tre conclues avec les propri�taires de ces terrains en vertu de l'art. 7 OITir, et plus particuli�rement, avec les recourants A.________ qui poss�dent des terres agricoles dans cette zone.
Selon l'intim�, il existerait une servitude de ligne de tir depuis la construction du stand dans les ann�es 1900. Cette servitude serait toujours valable conform�ment � l'art. 44 al. 1 du Titre final du Code civil suisse, alors m�me qu'elle n'est pas inscrite au registre foncier, faute pour le canton de Berne d'avoir fait usage de la facult� d'�purer les servitudes non inscrites dans les registres cantonaux, r�serv�e par l'alin�a 2 de cette disposition. L'existence d'une telle servitude n'est toutefois pas �tablie. Aucun �l�ment ne permet d'admettre qu'elle concernerait aussi les parcelles sises dans les zones dangereuses. Il est au surplus douteux qu'elle puisse �tre oppos�e aux recourants (cf. arr�t 5C.137/2004 du 17 mars 2005 consid. 5.2 in RNRF 2006 p. 150). La cour cantonale a laiss� cette question ind�cise. Il peut en aller de m�me en l'occurrence.
Le 9 novembre 2006, la Section des permis de construire a octroy� le permis de construire "sous r�serve de l'obtention par le requ�rant d'une servitude de tir". Le Syndicat n'a pas recouru contre cette d�cision de sorte que la r�serve assortie � la d�livrance du permis de construire est contraignante. Il lui appartiendra ainsi de prendre les dispositions qui s'imposent pour acqu�rir les servitudes n�cessaires � l'exploitation du stand de tir dans les zones dangereuses en concluant un contrat de servitude avec les �poux Wermeille, inscrit au registre foncier afin de lui conf�rer un effet r�el (cf. arr�t 5C.270/2000 du 12 avril 2001 consid. 2a in RNRF 2003 p. 40), ou en recourant � l'expropriation si les parties ne devaient pas trouver un terrain d'entente (art. 133 al. 2 de la loi f�d�rale sur l'arm�e et l'administration militaire; RS 510.10; cf. ATF 135 III 633 consid. 3.2 p. 635). Que cette servitude n'ait pas encore �t� constitu�e � ce jour ne fait pas obstacle � la d�livrance du permis de construire. Une telle autorisation est accord�e aux projets qui sont conformes aux dispositions l�gales en mati�re de police des constructions et d'am�nagement du territoire (cf. DFJP/OFAT, Etude relative � la LAT, 1981, n. 16 ad art. 22, p. 268 et les r�f�rences cit�es � la note 122). Tel est le cas en l'esp�ce sous r�serve des mesures suppl�mentaires de s�curit� qui pourraient, le cas �ch�ant, �tre requises de l'intim� pour parer au risque de blessures par une balle qui ricocherait sur un arbre situ� sur la cr�te dominant la butte. Les recourants ne d�montrent pas que l'obligation faite � la commune de conclure avec les propri�taires fonciers concern�s les servitudes requises � l'art. 7 OITir rel�verait du droit public des constructions et qu'elle devrait imp�rativement �tre ex�cut�e de mani�re coordonn�e � la proc�dure d'autorisation de construire relative � des travaux de transformation d'une installation de tir en exploitation. On ne saurait faire d�pendre la r�alisation des travaux litigieux de la constitution pr�alable de la servitude pr�vue � l'art. 7 OITir.
Les recourants tiennent enfin pour insuffisantes les mesures prises pour �viter une pollution des eaux ou des sols par des m�taux lourds ou une contamination de leur b�tail p�turant dans une zone tr�s proche de la ciblerie. La butte de tir et ses abords imm�diats auraient d� �tre cl�tur�s de mani�re � emp�cher le b�tail d'y acc�der. Une autorisation de construire exceptionnelle au sens de l'art. 24 LAT s'imposait pour la pose de r�cup�rateurs de balles derri�re les cibles en zone agricole. La cour cantonale leur aurait ind�ment d�ni� la qualit� pour invoquer ces griefs.
6.1 En vertu de l'art. 33 al. 3 let. a LAT, dans sa teneur actuelle selon le ch. 64 de l'annexe � la loi sur le Tribunal administratif f�d�ral, la qualit� pour recourir devant les instances cantonales doit �tre reconnue dans les m�mes limites que pour le recours en mati�re de droit public devant le Tribunal f�d�ral contre les d�cisions et les plans d'affectation fond�s sur la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire et sur les dispositions cantonales et f�d�rales d'ex�cution de cette loi. Une exigence analogue ressort de l'art. 111 al. 1 LTF. L'art. 120 let. a du Code de proc�dure administrative jurassien reconna�t, � l'instar de l'art. 89 LTF, la qualit� pour recourir � quiconque est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e et a un int�r�t digne de protection � ce qu'elle soit annul�e. La qualit� pour agir des particuliers contre un permis de construire est r�gie de mani�re concordante pour les proc�dures devant le Tribunal cantonal et devant le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en mati�re de droit public. Le recourant doit se trouver dans une relation sp�ciale, �troite et digne d'�tre prise en consid�ration avec l'objet de la contestation. Tel est en principe le cas, en mati�re d'autorisation de construire, du voisin du projet litigieux. La proximit� avec l'objet du litige ne suffit toutefois pas � lui conf�rer la qualit� pour recourir contre la d�livrance d'une telle autorisation. En effet, il doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de l'arr�t contest�, qui permette d'admettre qu'il est touch� dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la commune de mani�re � exclure l'action populaire (ATF 133 II 249 consid. 1.3.1 p. 252). Si les normes dont le recourant all�gue la violation ne doivent pas n�cessairement tendre, m�me accessoirement, � la protection de ses int�r�ts de propri�taire voisin, ce dernier n'est pas pour autant libre d'invoquer n'importe quel grief. Il ne peut se pr�valoir d'un int�r�t digne de protection � invoquer des dispositions �dict�es dans l'int�r�t g�n�ral ou dans l'int�r�t de tiers que si elles peuvent avoir une influence sur sa situation de fait ou de droit (ATF 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253; arr�t 1C_267/2007 du 28 f�vrier 2008 consid. 8).
Les munitions utilis�es pour les exercices de tir contiennent des m�taux lourds qui polluent le sol et peuvent nuire au b�tail qui pa�trait directement sur ces terres ou qui serait nourri par de l'herbage qui en proviendrait. C'est la raison pour laquelle il est recommand� (cf. ROLF KETTLER/KAARINA SCHENK, Indemnisations en vertu de l'OTAS pour les installations de tir, 2006, note 1, p. 15), respectivement exig� (cf. DDPS/OFEFP, Instructions concernant les installations de tir � 300 m: protection des sols et gestion des d�chets, 1997, p. 7; Directive du 26 septembre 2007 de l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature intitul�e "Installations de tir, Assainissements selon l'Osites et mise en place de r�cup�rateurs de balles", p. 2) de clore le p�rim�tre comprenant la butte pare-balles et la ciblerie ainsi qu'une bande de terrain de 5 � 10 m�tres de largeur entourant la butte. Les recourants ne pr�tendent pas qu'ils disposeraient de terres agricoles dans le secteur concern� par une �ventuelle pollution des sols � proximit� imm�diate de la butte de tir ou que leur b�tail serait nourri par de l'herbage qui en proviendrait. Ils ne sont donc pas directement touch�s par le refus de cl�turer les terres inscrites dans le pourtour imm�diat des buttes de tir. Le fait qu'ils poss�dent des terres agricoles destin�es � la p�ture du b�tail derri�re la cr�te dominant la butte pare-balles dans la zone dangereuse 4 ne suffit pas pour leur reconna�tre un int�r�t digne de protection � invoquer ce grief et c'est � juste titre que la cour cantonale leur a d�ni� la qualit� pour recourir � cet �gard.
La question est plus d�licate en ce qui concerne le moyen tir� de la n�cessit� d'obtenir un permis de construire et une autorisation sp�ciale hors des zones � b�tir au sens de l'art. 24 LAT pour la pose de r�cup�rateurs de balles derri�re les cibles. On ne voit en effet pas quel avantage pratique les recourants pourraient se voir gratifier d'une admission du recours sur ce point dans la mesure o� ils ne contestent pas le bien-fond� de ces am�nagements qui contribuent � �viter une aggravation de la pollution des sols. Il s'agit toutefois d'une question formelle dont les parties � la proc�dure sont en principe autoris�es � faire valoir une �ventuelle violation (ATF 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253). Quoi qu'il en soit, la recevabilit� du recours sur ce point peut demeurer ind�cise car le grief est de toute mani�re infond�.
6.2 La Section des permis de construire s'en est tenue au texte de la loi (art. 22 al. 1 LCAT et 34 al. 2 DPC) en statuant sur la demande de permis de construire par une d�cision unique qui reprend les exigences pos�es par l'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature � la d�livrance de l'autorisation sp�ciale en mati�re de protection des eaux et de l'environnement, relatives � la mise en place, derri�re chaque cible, de syst�mes pare-balles permettant de r�colter les projectiles afin d'�viter l'aggravation de la contamination des sols par de nouveaux tirs. Les recourants ne pr�tendent pas que cette autorit� �tait incomp�tente pour exiger de tels am�nagements. Il n'est par ailleurs nullement arbitraire de ne pas soumettre � une nouvelle enqu�te publique ou � une enqu�te compl�mentaire des modifications apport�es � un projet de construction apr�s l'enqu�te publique principale, lorsque celles-ci tendent � supprimer ou � corriger divers �l�ments critiqu�s par les opposants ou � rendre le projet conforme au droit (cf. ATF 99 Ia 126 consid. 3e p. 134; arr�t 1A.162/2004 du 3 mai 2005 consid. 5). L'art. 46 DPC va dans le m�me sens en tant qu'il dispose que si le requ�rant modifie son projet pendant la proc�dure d'octroi ou de recours afin de tenir compte des objections soulev�es par les autorit�s ou les opposants ou pour d'autres motifs importants, la proc�dure peut se poursuivre sans nouvelle publication, pour autant que la modification ne touche pas � des int�r�ts publics et que les opposants et les voisins �ventuellement touch�s par la modification soient entendus. Tel est le cas des recourants qui ont eu l'occasion de se prononcer sur l'opportunit� de ces am�nagements au cours de la proc�dure cantonale. On peut donc admettre que l'am�nagement des r�cup�rateurs de balles derri�re les cibles satisfait � l'obligation d'un permis de construire.
Pour le surplus, les recourants ne d�montrent pas qu'une autorisation sp�ciale fond�e sur l'art. 24 LAT �tait n�cessaire. A supposer que tel soit le cas, les conditions d'octroi d'une telle autorisation sont r�unies en l'occurrence. La pose de r�cup�rateurs de balles derri�re les cibles d'une installation de tir est impos�e par sa destination s'agissant d'installations existantes situ�es hors de la zone � b�tir. Elle vise � �viter l'aggravation de la contamination du sol et r�pond ainsi � un int�r�t public �vident et non contest� par les recourants. Par ailleurs, aucun int�r�t public ou priv� pr�pond�rant ne s'y oppose. Cela �tant, une annulation de l'arr�t attaqu� et un renvoi de la cause au Service cantonal de l'am�nagement du territoire, formellement comp�tent pour d�livrer une telle autorisation en vertu de l'art. 29c LCAT, afin qu'il se prononce � ce sujet ne s'impose pas et rel�verait d'un formalisme excessif.
6.3 Enfin, les critiques relatives � l'examen jug� insuffisant du projet au regard des exigences de protection des eaux sont infond�es, pour autant qu'elles soient suffisamment motiv�es �tant donn� que les recourants n'indiquent pas les prescriptions du droit f�d�ral de l'environnement qui auraient �t� viol�es (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.4.1 p. 254).
Le canton du Jura a class� toutes les buttes de tir dans les sites pollu�s n�cessitant un assainissement. L'inscription de la butte du stand de tir des Breuleux au cadastre des sites pollu�s a des incidences sur la cr�ation et la transformation des constructions et des installations qui s'y trouvent. Les sites pollu�s ne peuvent en effet �tre modifi�s par des travaux de construction qu'aux conditions pos�es par l'art. 3 de l'ordonnance sur les sites contamin�s (OSites; RS 814.680) (cf. arr�t 1A.239/2003 du 30 avril 2007 consid. 7 in DEP 2007 p. 816/817; voir �galement fiche 4.01 du plan directeur cantonal). Selon cette disposition, la modification de constructions ou d'installations implant�es sur le site est admissible lorsque le site ne n�cessite pas d'assainissement et que le projet n'engendre pas de besoin d'assainissement (let. a), ou lorsque le projet n'entrave pas de mani�re consid�rable l'assainissement ult�rieur du site ou ce dernier, dans la mesure o� il est assaini par le projet, est assaini en m�me temps (let. b).
Les recourants ne pr�tendent pas que la butte de tir et la ciblerie se trouveraient dans une zone de protection des eaux souterraines et que les travaux litigieux engendreraient un besoin d'assainissement imm�diat en vertu de l'art. 3 let. a OSites. Ils ne d�montrent pas davantage que les travaux litigieux seraient de nature � entraver consid�rablement l'assainissement ult�rieur du site au sens de l'art. 3 let. b OSites. L'installation de r�cup�rateurs de balles derri�re chaque cible, � laquelle le Syndicat ne s'est pas oppos�, est de nature � �viter une aggravation de la pollution du sol jusqu'� la d�contamination du site, laquelle doit intervenir au plus tard en l'espace d'une g�n�ration ou � la cessation de l'exploitation selon que le site se situe dans une zone avec ou sans mise en danger des eaux de surface. L'Office cantonal des eaux et de la protection de la nature a donc pris les mesures qui s'imposaient au regard du droit f�d�ral de la protection de l'environnement.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent � l'admission partielle du recours, dans la mesure o� il est recevable. Vu l'issue du recours, les frais judiciaires seront r�partis � parts �gales entre les recourants et le Syndicat (art. 65 et 66 al. 1 LTF). L'intim�, qui requiert des d�pens en all�guant la complexit� particuli�re de la proc�dure s'agissant des questions de fait et de droit, est un syndicat de communes au sens de l'art. 23 de la loi sur les communes, qu'il convient de traiter de la m�me mani�re qu'une commune ou une autre collectivit� publique s'agissant de l'application de l'art. 68 al. 3 LTF (cf. arr�t 1C_291/2009 du 21 juillet 2009 consid. 6). En l'esp�ce, il a agi �galement en tant que propri�taire priv� et requ�rant d'un permis de construire. Les d�pens auxquels il aurait droit seront compens�s avec ceux dus aux recourants
Le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable. L'arr�t attaqu� est annul� et la cause renvoy�e � la Chambre administrative du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura pour instruction compl�mentaire et nouvelle d�cision au sens des consid�rants.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis pour moiti� � la charge des recourants et pour moiti� � la charge de l'intim�.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties, au D�partement de l'environnement et de l'�quipement et au Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura, ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement.

References: art. 82
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 2
 art. 1
 art. 2
 art. 25
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 42
in fine
 ATF 
 art. 11
 ATF 
 ATF 
in fine
 ATF 
 ATF 
 art. 22
 ATF 
 ATF