Source: https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/treaty/046/declarations?p_auth=bWEFAkCm&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_enVigueur=false&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_searchBy=state&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codePays=U&_coeconventions_WAR_coeconventionsportlet_codeNature=10
Timestamp: 2019-09-23 01:07:13+00:00

Document:
Déclaration consignée dans l'instrument de ratification de la Convention déposé le 11 septembre 1997 – Or. fr.
L'Ukraine reconnaît sans réserves sur son territoire la validité
- de l'article 25 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales de 1950, en ce qui concerne la reconnaissance de la compétence de la Commission européenne des Droits de l'Homme de recevoir des requêtes adressées au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe par toute personne physique, toute organisation non gouvernementale ou tout groupe de particuliers concernant la violation par l'Ukraine des droits garantis par la Convention;
- et de l'article 46 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales de 1950 [cf. article 34 de la Convention depuis l'entrée en vigueur du Protocole n° 11], en ce qui concerne la reconnaissance de la juridiction de la Cour européenne des Droits de l'Homme comme obligatoire de plein droit et sans convention spéciale sur toutes les affaires concernant l'interprétation et l'application de la Convention.
L'Ukraine reconnaît sans réserves sur son territoire la validité des articles 25 et 46 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales de 1950 en ce qui concerne les Protocoles nos 4 et 7 à la Convention.
Période couverte: 11/09/1997 - 31/10/1998
Dérogation consignée dans une Note Verbale de la Représentation Permanente de l'Ukraine, en date du 5 juin 2015, enregistrée au Secrétariat Général le 9 juin 2015 - Or. angl.
Le 21 mai 2015, le Parlement de l’Ukraine a approuvé la Résolution n° 462-VIII par laquelle il a adopté la Déclaration « Sur la dérogation à certaines obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales », qui stipule ce qui suit.
Dérogation aux obligations
1. En raison de l'annexion et de l'occupation temporaire par la Fédération de Russie de la partie intégrante de l'Ukraine – la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol – du fait d'une agression armée contre l'Ukraine, la Fédération de Russie est entièrement responsable du respect des droits de l’homme et de la mise en œuvre des traités pertinents dans les territoires annexés et temporairement occupés de l'Ukraine.
2. Eu égard à l’agression armée de la Fédération de Russie contre l'Ukraine, impliquant à la fois les forces armées régulières de la Fédération de Russie et des groupes armés illégaux guidés, contrôlés et financés par la Fédération de Russie, une opération anti-terroriste est menée par les unités du Service de sécurité de l’Ukraine, le Ministère des Affaires intérieures de l'Ukraine et les forces armées de l’Ukraine depuis avril 2014, sur le territoire de certaines zones des oblasts de Donetsk et Louhansk de l'Ukraine. L'opération anti-terroriste est un élément du droit inaliénable de l'Ukraine à la légitime défense individuelle contre une agression conformément à l'article 51 de la Charte des Nations Unies. La Fédération de Russie, qui occupe réellement et exerce un contrôle sur certains territoires des oblasts de Donetsk et Louhansk, est entièrement responsable du respect et de la protection des droits de l'homme dans ces territoires en vertu du droit international humanitaire et du droit international en matière de droits de l'homme.
3. L’agression armée en cours de la Fédération de Russie contre l'Ukraine associée aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis à la fois par les forces armées régulières de la Fédération de Russie et par les groupes armés illégaux guidés, contrôlés et financés par la Fédération de Russie, constitue un danger public menaçant l’existence de la nation au sens de l'article 4, paragraphe 1, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et de l'article 15, paragraphe 1, de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales.
4. Afin d'assurer les intérêts vitaux de la société et de l'Etat en réponse à l'agression armée de la Fédération de Russie, le Parlement de l'Ukraine, le Cabinet des Ministres de l'Ukraine et d'autres autorités ont dû adopter des actes juridiques, qui constituent la dérogation à certaines obligations de l'Ukraine au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales.
5. Le 12 août 2014, le Parlement de l’Ukraine a adopté la Loi de l’Ukraine « Sur les amendements à la loi de l'Ukraine « Sur la lutte contre le terrorisme » en ce qui concerne la détention préventive de personnes, impliquées dans des activités terroristes dans la zone d'opération anti-terroriste, pour une période excédant 72 heures ». Conformément à la loi, dans la zone où une opération anti-terroriste à long terme est conduite, des personnes, impliquées dans des activités terroristes, peuvent être détenues, à titre exceptionnel, pour une période excédant 72 heures mais ne dépassant pas 30 jours, avec le consentement d’un procureur et sans la décision du tribunal. L’application des dispositions de cette Loi justifie la nécessité de déroger à certaines obligations de l’Ukraine au titre du paragraphe 3 de l’article 2 et des articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et des articles 5, 6 et 13 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales. En même temps, l'application de cette Loi, exclusivement pendant la conduite de l'opération anti-terroriste dans des cas exceptionnels aux fins de la prévention des crimes graves, est la limite requise par l'acuité du danger causé par l'agression armée de la Fédération de Russie et les actions des groupes terroristes soutenus par la Fédération de Russie.
6. Le 12 août 2014, le Parlement de l’Ukraine a adopté la Loi de l’Ukraine « Sur les amendements au Code de procédure pénale de l'Ukraine concernant le régime spécial d'enquête préliminaire sous la loi martiale, en état d'urgence ou dans la zone d'opération anti-terroriste ». Conformément à la loi, un régime spécial d’enquête préliminaire est introduit pour la durée de la conduite de l’opération anti-terroriste. Dans le cadre de ce régime, les pouvoirs des juges d'instruction, prescrits par le Code de procédure pénale en vigueur, sont transférés temporairement aux procureurs correspondants, qui obtiennent des droits procéduraux supplémentaires. Le régime spécial d'enquête préliminaire est appliqué uniquement dans la zone de l'opération anti-terroriste, et à la condition qu’il soit impossible pour le juge d'instruction d'exercer ses fonctions telles que prescrites par le Code de procédure pénale en vigueur. L'application des dispositions de cette loi justifie la nécessité de déroger à certaines obligations de l'Ukraine au titre du paragraphe 3 de l'article 2 et des articles 9, 14 et 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et des articles 5, 6, 8 et 13 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales. Cependant, le fait que les tribunaux ne soient pas effectivement en fonction dans certaines zones des oblasts de Donetsk et Louhansk, en raison de l'agression armée de la Fédération de Russie et des actions des groupes terroristes soutenus par la Fédération de Russie, constitue la limite autorisant le transfert des pouvoirs des juges d'instruction aux procureurs sous la condition de menace pour l’existence de la nation.
7. Le 12 août 2014, le Parlement de l'Ukraine a adopté la Loi de l'Ukraine « Sur l'administration de la justice et la conduite des procédures pénales en relation avec l'opération anti-terroriste ». Selon la loi sur la durée de la conduite de l'opération anti-terroriste, la juridiction territoriale des affaires judiciaires attribuée à des tribunaux situés dans la zone d'opération anti-terroriste et la compétence d'enquête sur les infractions pénales, perpétrées dans la zone d'opération anti-terroriste, en cas d'impossibilité de procéder à l'enquête préliminaire, a été modifiée. L'application des dispositions de cette loi justifie la nécessité de déroger à certaines obligations de l'Ukraine au titre de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et de l’article 6 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales. Cependant, le fait que les tribunaux et les organismes d’enquête préliminaire ne soient pas effectivement en fonction dans certaines zones des oblasts de Donetsk et Louhansk, en raison de l'agression armée de la Fédération de Russie et des actions des groupes terroristes soutenus par la Fédération de Russie, constitue la limite autorisant de modifier la compétence territoriale des procédures judiciaires et la compétence d'enquête sur les infractions pénales sous la condition de l'état de menace pour l’existence de la nation.
8. Le 3 février 2015, le Parlement de l’Ukraine a adopté la Loi de l’Ukraine « Sur les administrations civiles et militaires ». Selon cette loi, les administrations civiles et militaires ont été établies comme des organes temporaires de l’Etat qui fonctionnent dans les oblasts de Donetsk et Louhansk, au sein du Centre anti-terroriste du Service de sécurité de l'Ukraine, et étaient destinées à assurer le fonctionnement de la Constitution et de la loi de l'Ukraine, en assurant la sécurité et la normalisation de l'activité soutenant la vie de la population, le maintien de l'état de droit, la participation à la prévention des actes de sabotage et des actes terroristes, et la prévention de la catastrophe humanitaire dans la zone d'opération anti-terroriste. La loi susmentionnée accorde des pouvoirs aux administrations civiles et militaires, en particulier, ceux de fixer des limites au fait de rester dans les rues et dans d'autres lieux publics sans documents spécifiques durant une période de 24 heures; de restreindre ou d'interdire temporairement la circulation des véhicules et des piétons dans les rues, les routes et les zones de terrain ; d'organiser le contrôle des documents d'identification des personnes et, si nécessaire, la fouille des effets personnels, des véhicules, des bagages et du fret, des espaces de bureaux et des logements privés des citoyens, à l’exception des restrictions établies par la Constitution de l'Ukraine. L’application des dispositions de cette loi justifie la nécessité de déroger à certaines obligations de l’Ukraine au titre des articles 9, 12 et 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, des articles 5 et 8 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, et de l’article 2 du Protocole n° 4 à la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales. Cependant, la conduite de l'opération anti-terroriste en vue de prévenir la menace de destruction de la nation du fait de l'agression armée par la Fédération de Russie, constitue la limite autorisant à restreindre temporairement la liberté de mouvement et le droit à la vie privée.
9. Par conséquent, l'Ukraine exerce le droit de déroger à ses obligations, établi à l'article 2, paragraphe 3, et aux articles 9, 12, 14 et 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et aux articles 5, 6, 8 et 13 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, dans certaines zones des oblasts de Donetsk et Louhansk de l'Ukraine, qui sont déterminées par le Centre anti-terroriste du Service de sécurité de l'Ukraine en liaison avec l'opération anti-terroriste, pour la période allant jusqu'à la cessation complète de l'agression armée par la Fédération de Russie, la restauration de l'ordre constitutionnel et du bon ordre dans le territoire occupé de l'Ukraine, et jusqu'à nouvelle notification au Secrétaire-Général de l'Organisation des Nations Unies et au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe de la reprise de la pleine application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales.
10. Dans le même temps, sans préjudice de l'application des autres dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, et gardant à l'esprit l'existence continue de la situation dangereuse, désormais durant l'opération anti-terroriste conduite en réponse à l'agression armée de la Fédération de Russie, l'Ukraine se réserve le droit de prendre des mesures qui peuvent constituer des motifs de dérogations à ses obligations en vertu d'autres articles du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales, sur la base de et de la manière déterminée par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales et la présente Ordonnance. Dans ce cas, l'Ukraine informera en temps voulu le Secrétaire-Général de l'Organisation des Nations Unies et le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe.
Informations sur l'état de la sécurité dans les oblasts de Donetsk et Louhansk et les changements au territoire couvert par la dérogation
L'Ukraine informera le Secrétaire-Général de l'Organisation des Nations Unies et le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe sur l'état de la sécurité dans les oblasts de Donetsk et Louhansk, et sur le changement de territoire couvert par la dérogation de l’Ukraine aux obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales. »
Les limites exactes de certaines zones des oblasts de Donetsk et Louhansk de l’Ukraine, couvertes par cette dérogation, seront communiquées au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe ultérieurement, une fois celles ci déterminées conformément à la législation de l’Ukraine.
La Représentation Permanente de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe, conformément à l’article 15, paragraphe 3, de la Convention, informera le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe des développements futurs et lui notifiera lorsque ces mesures d'urgence auront cessé d'opérer et que les dispositions de la Convention seront pleinement mises en œuvre à nouveau.
Période couverte: 09/06/2015 -

References: l'article 25
 l'article 46
 l'article 51
 l'article 4
 l'article 15
 l'article 2
 l'article 2