Source: https://ecritsperdus.wordpress.com/2018/07/10/chanter-dans-les-regles/
Timestamp: 2018-12-14 09:36:07+00:00

Document:
Chanter dans les règles | Écrits perdus…
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Publié le 10 juillet 2018 par balbecq
Le document que nous reproduisons ci-dessous est calligraphié sur un rectangle de carton fort à bordure dorée, agrémenté d’un nœud de tissu vert. Il était évidemment destiné à être exposé de manière bien visible dans le local où se réunissaient les « demoiselles qui font partie du chant ».
Ces jeunes filles étaient l’objet de soins attentifs de la part des religieuses de la congrégation qui leur donnait l’occasion de chanter aux offices et aux grandes fêtes. Elles avaient aussi sans doute besoin d’un peu de discipline, appliquée comme on le verra avec bonté, comme le veut le dernier des dix articles (comme il y a dix commandements).
Cet écriteau ne fournit pas d’indication sur le nom ou la nature de la congrégation en question, mais les références au Mois de Marie et à la Fête de la Purification de la Vierge (cf. nos notes) laissent penser qu’il s’agissait de Servantes de Marie (enseignantes), ou de Bernardines (contemplatives).
Cette congrégation (ce qui n’était pas un Ordre) avait été fondée en 1842 et la communauté des Bernardines en 1851, « à Anglet, par un prêtre du diocèse de Bayonne, le Père Louis Edouard Cestac (1801-1868 ». La graphie du document évoque une rédaction de la fin du XIXe s. ou des premières années du XXe s, c’est-à-dire avant les expulsions de 1903, à moins que cette congrégation n’ait fait partie des exemptées.
Pour le chant de la congrégation
Art. 1er. Les demoiselles qui font partie du chant commencent à chanter aussitôt leur arrivée au lieu des exercices.
Art. 2ème. Afin de pouvoir chanter aussitôt l’arrivée au lieu des exercices les cantiques du dimanche suivant seront toujours indiqués à l’exercice du dimanche précédent. Mlle la Directrice a la bonté de les préparer dans la semaine et les présente à l’acceptation de ses compagnes à la réunion du dimanche.
Art. 3ème. Les répétitions ne passeront jamais trois quarts d’heure, pour le mois de Marie[1] surtout.
Art. 4èeme. On s’y prendra plusieurs dimanches à l’avance lorsqu’il s’agira d’apprendre de nouveaux cantiques, afin de ne pas fatiguer et d’éviter le plus possible les répétitions dans la semaine surtout encore dans le mois de Marie.
Art. 5ème. Dans le mois de Marie, on indiquera le dimanche tous les cantiques que l’on devra chanter chaque jour de la semaine, on les mettra même par écrit, s’il est nécessaire, afin d’éviter à l’église, à l’exercice du soir, toute raison de causer et de se distraire, ce qui malédifie toujours l’assistance.
Art. 6ème. Quand nonobstant les précautions suggérées dans les articles précédents, un cantique nouveau ne sera pas suffisamment su pour être chanté convenablement, on ne le chantera pas., et on ne prolongera jamais les répétitions à ce sujet.
Art. 7ème. On va aux répétitions chez Mme Clercq deux fois l’année pour la fête de la Purification[2] et pour la fête de la Congrégation. Ces réunions auront lieu immédiatement après les Vêpres : Mme Clercq en sera toujours avertie à l’avance. Pour la fête de la Purification, les répétitions commenceront le 1er dimanche de Janvier et pour la fête de la Congrégation le 1er dimanche de Juillet.
Art. 8ème. Mlle la Directrice du chant connaîtra les demoiselles sur lesquelles elle peut le plus compter pour l’exactitude à se rendre aux exercices : cela est nécessaire pour former par avance les diverses parties du chant et par là pouvoir commencer aussitôt que l’on est arrivé au lieu des exercices. Toujours pour la même raison, si Mlle la Directrice n’avait pu se rendre à l’heure fixe pour la classe du chant, Mlle la Directrice tiendra sa place, et à son défaut, la plus ancienne des chanteuses. Quant aux chanteuses qui ne peuvent se rendre exactement à la classe de chant, comme nous savons que ce n’est pas la bonne volonté qui leur manque pour une plus grande régularité, elles seront toujours accueillies avec bonté et reconnaissance, lorsqu’elles pourront venir se joindre à la partie du chant qui leur aura été assignée.
Art. 9ème. Comme les jeunes enfants qui désirent faire partie un jour du corps des chanteurs forment l’espérance future du chant, il est très important de s’en occuper d’une manière toute spéciale. Cette mission, si agréable à la Sainte Vierge et en même temps si méritoire, sera confiée à l’une des chanteuses, bien connue pour son zèle pour la gloire de Marie, et la bonté, il faut dire, toute maternelle, pour ces enfants : elle y consacrera autant que possible, chaque dimanche, un quart d’heure.
Art. 10ème. Les demoiselles qui font partie du chant auront la plus grande charité les unes pour les autres. Il faut qu’une bonne et franche cordialité soit constamment l’âme de leurs réunions. Cette douce intimité, jointe à beaucoup de bonté pour les jeunes aspirantes du chant, sera d’une grande édification pour ces enfants, et un puissant attrait pour leur faire aimer la classe de chant, qui deviendra ainsi pour elles, après leur première communion, le moyen le plus efficace de persévérance.
[1] « Mai, mois de Marie, est le plus ancien et le plus connu des mois consacrés, officiellement depuis 1724. (…) Cette consécration est née à Rome. La promotion du mois de Marie doit beaucoup aux Jésuites. Au XIIIe siècle, le roi de Castille avait déjà associé dans son chant la beauté de Marie et le mois de mai. Au siècle suivant, mai étant le mois des fleurs, un dominicain avait l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir à la Vierge le 1er mai. Au XVIème siècle, St Philippe Néri exhortait les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai. Marie n’est pas le terme de la prière, elle en est l’occasion. C’est parce qu’il se termine par la fête de la Visitation, que le mois de mai nous invite à nous rapprocher de Marie pour la prier, la chanter et nous confier à sa médiation. » http://arras.catholique.fr/page-35760.html
[2] La Légende Dorée donne une explication complète des origines et de la signification de cette fête, mieux connue comme fête de la Chandeleur, célébrée le 2 février. https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/La_Purification_de_la_Bienheureuse_Vierge_Marie
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References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10