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Codes et Lois - Actualité juridique et législative - Constitution du 14 janvier 1852
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- wikisource:fr, 8/07/2010
1 Proclamation du 14 janvier 1852
2 Constitution du 14 janvier 1852
2.1 Titre premier
2.2 Titre II - Formes du gouvernement de la République
2.3 Titre III - Du président de la République
2.3.1 Article 5
2.3.2 Article 6
2.3.3 Article 7
2.3.4 Article 8
2.3.5 Article 9
2.3.6 Article 10
2.3.7 Article 11
2.3.8 Article 12
2.3.9 Article 13
2.3.10 Article 14
2.3.11 Article 15
2.3.12 Article 16
2.3.13 Article 17
2.3.14 Article 18
2.4 Titre IV - Du Sénat
2.4.1 Article 19
2.4.2 Article 20
2.4.3 Article 21
2.4.4 Article 22
2.4.5 Article 23
2.4.6 Article 24
2.4.7 Article 25
2.4.8 Article 26
2.4.9 Article 27
2.4.10 Article 28
2.4.11 Article 29
2.4.12 Article 30
2.4.13 Article 31
2.4.14 Article 32
2.4.15 Article 33
2.5 Titre V - Du Corps législatif
2.5.1 Article 34
2.5.2 Article 35
2.5.3 Article 36
2.5.4 Article 37
2.5.5 Article 38
2.5.6 Article 39
2.5.7 Article 40
2.5.8 Article 41
2.5.9 Article 42
2.5.10 Article 43
2.5.11 Article 44
2.5.12 Article 45
2.5.13 Article 46
2.6 Titre VI - Du Conseil d'Etat
2.6.1 Article 47
2.6.2 Article 48
2.6.3 Article 49
2.6.4 Article 50
2.6.5 Article 51
2.6.6 Article 52
2.6.7 Article 53
2.7 Titre VII - De la Haute Cour de justice
2.7.1 Article 54
2.7.2 Article 55
2.8 Titre VIII - Dispositions générales et transitoires
2.8.1 Article 56
2.8.2 Article 57
2.8.3 Article 58
3 Sénatus-consulte du 7 novembre 1852
4 Décret impérial du 2 décembre 1852
4.1 Article premier
5 Sénatus-consulte du 12 décembre 1852
5.1 Titre premier
5.1.1 Section première - De la liste civile de l'empereur et de la dotation de la couronne.
5.1.1.1 Article premier
5.1.1.2 Article 2
5.1.1.3 Article 3
5.1.1.4 Article 4
5.1.1.5 Article 5
5.1.1.6 Article 6
5.1.2 Section 2. - Conditions de la jouissance des biens formant la dotation de la couronne.
5.1.2.1 Article 7
5.1.2.2 Article 8
5.1.2.3 Article 9
5.1.2.4 Article 10
5.1.2.5 Article 11
5.1.2.6 Article 12
5.1.2.7 Article 13
5.1.2.8 Article 14
5.1.2.9 Article 15
5.2 Titre II - Du douaire de l'impératrice et de la dotation des princes de la famille impériale
5.3 Titre III - Du domaine privé
5.3.3 Article 20
5.4 Titre IV - Des droits des créanciers et des actes judiciaires
5.4.1 Article 21
5.4.2 Article 22
5.4.3 Article 23
6 Sénatus-consulte du 25 décembre 1852
6.1 Article premier
6.5 Article 5
6.6 Article 6
6.7 Article 7
6.8 Article 8
6.9 Article 9
6.10 Article 10
6.11 Article 11
6.12 Article 12
6.13 Article 13
6.14 Article 14
6.15 Article 15
6.16 Article 16
6.17 Article 17
7 Sénatus-consulte du 23 avril 1856
7.1 Article unique
8 Sénatus-consulte du 17 juillet 1856
8.1 Titre premier - De la régence
8.1.1 Article premier
8.1.2 Article 2
8.1.3 Article 3
8.1.4 Article 4
8.1.5 Article 5
8.1.6 Article 6
8.1.7 Article 7
8.1.8 Article 8
8.1.9 Article 9
8.1.10 Article 10
8.1.11 Article 11
8.1.12 Article 12
8.1.13 Article 13
8.1.14 Article 14
8.1.15 Article 15
8.1.16 Article 16
8.1.17 Article 17
8.2 Titre II - Du Conseil de régence
8.2.1 Article 18
8.2.2 Article 19
8.2.3 Article 20
8.2.4 Article 21
8.2.5 Article 22
8.3 Titre III - Dispositions diverses
8.3.1 Article 23
8.3.2 Article 24
8.3.3 Article 25
9 Sénatus-consulte du 2 février 1861
10 Sénatus-consulte du 18 juillet 1866
10.1 Article premier
11 Sénatus-consulte du 14 mars 1867
12 Sénatus-consulte du 8 septembre 1869
12.1 Article premier
13 Sénatus-consulte du 21 mai 1870
14 Sénatus-consulte fixant la Constitution de l'Empire
14.1 Titre premier
14.1.1 Article premier
14.2 Titre II - De la dignité impériale et de la régence
14.2.1 Article 2
14.2.2 Article 3
14.2.3 Article 4
14.2.4 Article 5
14.2.5 Article 6
14.2.6 Article 7
14.2.7 Article 8
14.2.8 Article 9
14.3 Titre III - Formes du gouvernement de l'empereur
14.3.1 Article 10
14.3.2 Article. 11
14.3.3 Article 12
14.4 Titre IV - De l'empereur
14.4.1 Article 13
14.4.2 Article 14
14.4.3 Article 15
14.4.4 Article 16
14.4.5 Article 17
14.4.6 Article 18
14.4.7 Article 19
14.4.8 Article 20
14.4.9 Article 21
14.4.10 Article 22
14.5 Titre V - Du Sénat
14.5.1 Article 23
14.5.2 Article 24
14.5.3 Article 25
14.5.4 Article 26
14.5.5 Article 27
14.5.6 Article 28
14.5.7 Article 29
14.5.8 Article 30
14.6 Titre VI - Du Corps législatif
14.6.1 Article 31
14.6.2 Article 32
14.6.3 Article 33
14.6.4 Article 34
14.6.5 Article 35
14.6.6 Article 36
14.7 Titre VII - Du Conseil d'Etat
14.7.1 Article 37
14.7.2 Article 38
14.7.3 Article 39
14.7.4 Article 40
14.8 Titre VIII - Dispositions générales
14.8.1 Article 41
14.8.2 Article 42
14.8.3 Article 43
14.8.4 Article 44
14.8.5 Article 45
14.9 Voir aussi
14.10 Contexte historique
14.11 Liens externes
Lorsque, dans ma proclamation du 2 décembre, je vous exprimai loyalement quelles étaient, à mon sens, les conditions vitales du Pouvoir en France, je n'avais pas la prétention, si commune de nos jours, de substituer une théorie personnelle à l'expérience des siècles. J'ai cherché, au contraire, quels étaient dans le passé les exemples les meilleurs à suivre, quels hommes les avaient donnés, et quel bien en était résulté.
Ma conviction était formée depuis longtemps, et c'est pour cela que j'ai soumis à votre jugement les bases principales d'une constitution empruntée à celle de l'an VIII. Approuvées par vous, elles vont devenir le fondement de notre Constitution politique.
Dans notre pays, monarchique depuis huit cents ans, le pouvoir central a toujours été en s'augmentant. La royauté a détruit les grands vassaux ; les révolutions elles-mêmes ont fait disparaître les obstacles qui s'opposaient à l'exercice rapide et uniforme de l'autorité. Dans ce pays de centralisation, l'opinion publique a sans cesse tout rapporté au chef du gouvernement, le bien comme le mal. Aussi, écrire en tête d'une charte que ce chef est irresponsable, c'est mentir au sentiment public, c'est vouloir établir une fonction qui s'est trois fois évanouie au bruit des révolutions.
La Constitution actuelle proclame, au contraire, que le chef que vous avez élu est responsable devant vous ; qu'il a toujours le droit de faire appel à votre jugement souverain, afin que, dans les circonstances solennelles, vous puissiez lui continuer ou lui retirer votre confiance.
Etant responsable, il faut que son action soit libre et sans entraves. De là l'obligation d'avoir des ministres qui soient les auxiliaires honorés et puissants de sa pensée, mais qui ne forment plus un Conseil responsable, composé de membres solidaires, obstacle journalier à l'impulsion particulière du chef de l'Etat, expression d'une politique émanée des Chambres, et par là même exposée à des changements fréquents, qui empêchent tout esprit de suite, toute application d'un système régulier.
Néanmoins, plus un homme est haut placé, plus il est indépendant, plus la confiance que le Peuple a mise en lui est grande, plus il a besoin de conseils éclairés, consciencieux. De là la création d'un Conseil d'Etat, désormais véritable Conseil du gouvernement, premier rouage de notre organisation nouvelle, réunion d'hommes pratiques élaborant les projets de loi dans des commission spéciales, les discutant à huis clos, sans ostentation oratoire, en assemblée générale, et les présentant ensuite à l'acceptation du Corps législatif.
Une Chambre, qui prend le titre de Corps législatif, vote les lois et l'impôt. Elle est élue par le suffrage universel, sans scrutin de liste. Le Peuple, choisissant isolément chaque candidat, peut plus facilement apprécier le mérite de chacun d'eux.
La Chambre n'est plus composée que d'environ deux cent soixante membres. C'est là une première garantie du calme des délibérations, car trop souvent on a vu dans les Assemblées la mobilité et l'ardeur des passions croître en raison du nombre.
Le compte rendu des séances qui doit instruire la Nation n'est plus livré, comme autrefois, à l'esprit de parti de chaque journal ; une publication officielle, rédigée par les soins du président de la Chambre, en est seule permise.
Le Corps législatif discute librement la loi, l'adopte ou la repousse ; mais il n'y introduit pas à l'improviste de ces amendements qui dérangent souvent toute l'économie d'un système et l'ensemble du projet primitif. A plus forte raison n'a-t-il pas cette initiative parlementaire qui était la source de si graves abus, et qui permettrait à chaque député de se substituer à tout propos au Gouvernement en présentant les projets les moins étudiés, les moins approfondis.
La Chambre n'étant plus en présence des ministres, et les projets de loi étant soutenus par les orateurs du Conseil d'Etat, le temps ne se perd pas en vaines interpellations, en accusations frivoles, en luttes passionnées dont l'unique but était de renverser les ministres pour les remplacer.
Ainsi donc, les délibérations du Corps législatif seront indépendantes ; mais les causes d'agitations stériles auront été supprimées, des lenteurs salutaires apportées à toute modification de la loi. Les mandataires de la Nation feront mûrement les choses sérieuses.
Le Sénat n'est plus, comme la Chambre des pairs, le pâle reflet de la Chambre des députés, répétant, à quelques jours d'intervalle, les mêmes discussions sur un autre ton. Il est le dépositaire du pacte fondamental et des libertés compatibles avec la Constitution ; et c'est uniquement sous le rapport des grands principes sur lesquels repose notre société, qu'il examine toutes les lois et qu'il en propose de nouvelles au pouvoir exécutif. Il intervient, soit pour résoudre toute difficulté grave qui pourrait s'élever pendant l'absence du Corps législatif, soit pour expliquer le texte de la Constitution et assurer ce qui est nécessaire à sa marche. Il a le droit d'annuler tout acte arbitraire et illégal, et, jouissant ainsi de cette considération qui s'attache à un corps exclusivement occupé de l'examen de grands intérêts ou de l'application de grands principes, il remplit dans l'Etat le rôle indépendant, salutaire, conservateur, des anciens parlements.
Le Sénat ne sera pas, comme la Chambre des pairs, transformé en Cour de justice : il conservera son caractère de modérateur suprême, car la défaveur atteint toujours les corps politiques lorsque le sanctuaire des législateurs devient un tribunal criminel. L'impartialité du juge est trop souvent mise en doute, et il perd son prestige devant l'opinion, qui va quelquefois jusqu'à l'accuser d'être l'instrument de la passion ou de la haine.
Une Haute Cour de justice, choisie dans la haute magistrature, ayant pour jurés des membres des conseils généraux de toute la France, réprimera seule les attentats contre le chef de l'Etat et la sûreté publique.
L'Empereur disait au Conseil d'Etat : " Une Constitution est l'œuvre du temps ; on ne saurait laisser une trop large voie aux améliorations. " Aussi la Constitution présente n'a-t-elle fixé que ce qu'il était impossible de laisser incertain. Elle n'a pas enfermé dans un cercle infranchissable les destinées d'un grand peuple, elle a laissé aux changements une assez large voie pour qu'il y ait, dans les grandes crises, d'autres moyens de salut que l'expédient désastreux des révolutions.
Telles sont les idées, tels sont les principes dont vous m'avez autorisé à faire l'application. Puisse cette constitution donner à notre patrie des jours calmes et prospères ! Puisse-t-elle prévenir le retour de ces luttes intestines où la victoire, quelque légitime qu'elle soit, est toujours chèrement achetée ! Puisse la sanction que vous avez donnée à mes efforts être bénie du ciel ! Alors la paix sera assurée au-dedans et au-dehors, mes vœux seront comblés, ma mission sera accomplis.
Faite en vertu des pouvoirs délégués par le peuple français à Louis Napoléon Bonaparte par le vote des 20 et 21 décembre 1851.
Le Président de la République, considérant que le Peuple français a été appelé à se prononcer sur la résolution suivante :
" Le peuple veut le maintien de l'autorité de Louis Napoléon Bonaparte, et lui donne les pouvoirs nécessaires pour faire une Constitution d'après les bases établies dans sa proclamation du 2 décembre " ;
Considérant que les bases proposées à l'acceptation du Peuple étaient :
" 1° Un chef responsable nommé pour dix ans ;
" 2° Des ministres dépendant du pouvoir exécutif seul ;
" 3° Un Conseil d'Etat formé des hommes les plus distingués, préparant les lois et en soutenant la discussion devant le Corps législatif ;
" 4° Un Corps législatif discutant et votant les lois, nommé par le suffrage Universel sans scrutin de liste qui fausse l'élection ;
" 5° Une seconde Assemblée formée de toutes les illustrations du pays, pouvoir pondérateur, gardien du pacte fondamental et des libertés publiques. "
Considérant que le Peuple a répondu affirmativement par sept millions cinq cent mille suffrages.
Titre II - Formes du gouvernement de la République
Le Gouvernement de la République française est confié pour dix ans au prince Louis Napoléon Bonaparte, président actuel de la République.
Le président de la République gouverne au moyen des ministres, du Conseil d'Etat, du Sénat et du Corps législatif.
La puissance législative s'exerce collectivement par le président de la République, le Sénat et le Corps législatif.
Le président de la République est le chef de l'Etat ; il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d'alliance et de commerce, nomme à tous les emplois, fait les règlements et décrets nécessaires pour l'exécution des lois.
Il a seul l'initiative des lois.
Il sanctionne et promulgue les lois et les sénatus-consultes.
Il présente, tous les ans, au Sénat et au Corps législatif, par un message, l'état des affaires de la République.
Il a le droit de déclarer l'état de siège dans un ou plusieurs départements, sauf à en référer au Sénat dans le plus bref délai.
Les conséquences de l'état de siège sont réglées par la loi.
Les ministres ne dépendent que du chef de l'Etat ; ils ne sont responsables que, chacun en ce qui le concerne, des actes du gouvernement ; il n'y a point de solidarité entre eux ; ils ne peuvent être mis en accusation que par le Sénat.
Les ministres, les membres du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat, les officiers de terre et de mer, les magistrats et les fonctionnaires publics prêtent le serment ainsi conçu :
" Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au président. "
Un sénatus-consulte fixe la somme allouée annuellement au président de la République pour toute la durée de ses fonctions.
Si le président de la République meurt avant l'expiration de son mandat, le Sénat convoque la Nation pour procéder à une nouvelle élection.
Le chef de l'Etat a le droit, par un acte secret et déposé aux archives du Sénat, de désigner le nom du citoyen qu'il recommande, dans l'intérêt de la France, à la confiance du Peuple et à ses suffrages.
Jusqu'à l'élection du nouveau président de la République, le président du Sénat gouverne avec le concours des ministres en fonctions, qui se forment en Conseil de gouvernement, et délibèrent à la majorité des voix.
Le nombre des sénateurs ne pourra excéder cent cinquante : il est fixé pour la première année, à quatre-vingts.
1° Des cardinaux, des maréchaux, des amiraux ;
2° Des citoyens que le président de la République juge convenable d'élever à la dignité de sénateur.
Les fonctions de sénateur sont gratuites ; néanmoins le président de la République pourra accorder à des sénateurs, en raison de services rendus et de leur position de fortune, une dotation personnelle, qui ne pourra excéder trente mille francs par an.
Le président et les vice-présidents du Sénat sont nommés par le président de la République et choisis parmi les sénateurs.
Ils sont nommés pour un an.
Le traitement du président du Sénat est fixé par un décret.
Le président de la République convoque et proroge le Sénat. Il fixe la durée de ses sessions par un décret.
Le Sénat est le gardien du pacte fondamental et des libertés publiques. Aucune loi ne peut être promulguée avant de lui avoir été soumise.
Le Sénat s'oppose à la promulgation.
1° Des lois qui seraient contraires ou qui porteraient atteinte à la Constitution, à la religion, à la morale, à la liberté des cultes, à la liberté individuelle, à l'égalité des citoyens devant la loi, à l'inviolabilité de la propriété et au principe de l'inamovibilité de la magistrature ;
2° De celles qui pourraient compromettre la défense du territoire.
Le Sénat règle par un sénatus-consulte :
1° La constitution des colonies et de l'Algérie ;
2° Tout ce qui n'a pas été prévu par la Constitution et qui est nécessaire à sa marche ;
3° Le sens des articles de la Constitution qui donnent lieu à différentes interprétations.
Ces sénatus-consultes seront soumis à la sanction du président de la République et promulgués par lui.
Le Sénat maintient ou annule tous les actes qui lui sont déférés comme inconstitutionnels par le gouvernement, ou dénoncés, pour la même cause, par les pétitions des citoyens.
Le Sénat peut, dans un rapport adressé au président de la République, poser les bases de projets de loi d'un grand intérêt national.
Il peut également proposer des modifications à la Constitution. Si la proposition est adoptée par le pouvoir exécutif, il y est statué par un sénatus-consulte.
En cas de dissolution du Corps législatif, et jusqu'à une nouvelle convocation, le Sénat, sur la proposition du président de la République, pourvoit, par des mesures d'urgence, à tout ce qui est nécessaire à la marche du gouvernement.
Titre V - Du Corps législatif
L'élection a pour base la population.
Il y aura un député au Corps législatif à raison de trente-cinq mille électeurs.
Ils ne reçoivent aucun traitement.
Ils sont nommés pour six ans.
Le Corps législatif discute et vote les projets de loi et l'impôt.
Tout amendement adopté par la commission chargée d'examiner un projet de loi sera renvoyé, sans discussion, au Conseil d'Etat par le président du Corps législatif.
Si l'amendement n'est pas adopté par le Conseil d'Etat, il ne pourra pas être soumis à la délibération du Corps législatif.
Le compte rendu des séances du Corps législatif par les journaux ou tout autre moyen de publication, ne consistera que dans la reproduction du procès-verbal, dressé, à l'issue de chaque séance, par les soins du président du Corps législatif.
Le président et les vice-présidents du Corps législatif sont nommés par le président de la République pour un an ; ils sont choisis parmi les députés. Le traitement du président du Corps législatif est fixé par un décret.
Les ministres ne peuvent être membres du Corps législatif.
Le droit de pétition s'exerce auprès du Sénat. Aucune pétition ne peut être adressée au Corps législatif.
Le président de la République convoque, ajourne, proroge et dissout le Corps législatif. En cas de dissolution, le président de la République doit en convoquer un nouveau dans le délai de six mois.
Titre VI - Du Conseil d'Etat
Le nombre des conseillers d'Etat en service ordinaire est de quarante à cinquante.
Les conseillers d'Etat sont nommés par le président de la République, et révocables par lui.
Le Conseil d'Etat est présidé par le président de la République, et, en son absence, par la personne qu'il désigne comme vice-président du Conseil d'Etat.
Le Conseil d'Etat est chargé, sous la direction du président de la République, de rédiger les projets de loi et les règlements d'administration publique, et de résoudre les difficultés qui s'élèvent en matière d'administration.
Il soutient au nom du gouvernement, la discussion des projets de loi devant le Sénat et le Corps législatif.
Les conseillers d'Etat chargés de porter la parole au nom du gouvernement sont désignés par le président de la République.
Le traitement de chaque conseiller d'Etat est de vingt-cinq mille francs.
Les ministres ont rang, séance et voix délibérative au Conseil d'Etat.
Titre VII - De la Haute Cour de justice
Une Haute Cour de justice juge, sans appel ni recours en cassation, toutes personnes qui ont été renvoyées devant elle comme prévenues de crimes, attentats ou complots contre le président de la République et contre la sûreté intérieure ou extérieure de l'Etat.
Elle ne peut être saisie qu'en vertu d'un décret du président de la République.
Un sénatus-consulte déterminera l'organisation de cette Haute Cour.
Les dispositions des codes, lois et règlements existants, qui ne sont pas contraires à la présente Constitution, restent en vigueur jusqu'à ce qu'il y soit légalement dérogé.
Une loi déterminera l'organisation municipale. Les maires seront nommés par le pouvoir exécutif, et pourront être pris hors du conseil municipal.
La présente Constitution sera en vigueur à dater du jour où les grands Corps de l'Etat qu'elle organise seront constitués.
Les décrets rendus par le président de la République, à partir du 2 décembre jusqu'à cette époque, auront force de loi.
Fait au palais des Tuileries, le 14 janvier 1852.
La dignité impériale est héréditaire dans la descendance directe et légitime de Louis Napoléon Bonaparte, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
Louis Napoléon Bonaparte, s'il n'a pas d'enfants mâles, peut adopter les enfants et descendants légitimes, dans la ligne masculine des frères de l'Empereur Napoléon Ier.
Si, postérieurement à l'adoption, il survient à Louis Napoléon des enfants mâles, ses fils adoptifs ne pourront être appelés à lui succéder qu'après ses descendants légitimes.
Louis Napoléon Bonaparte règle, par un décret organique adressé au Sénat et déposé dans ses archives, l'ordre de succession au trône dans la famille Bonaparte, pour le cas où il ne laisserait aucun héritier direct, légitime ou adoptif.
A défaut d'héritier légitime ou d'héritier adoptif de Louis Napoléon Bonaparte, et des successeurs en ligne collatérale qui prendront leur droit dans le décret organique sus-mentionné, un sénatus-consulte proposé au Sénat par les ministres formés en Conseil de gouvernement, avec l'adjonction des présidents en exercice du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat, et soumis à l'acceptation du Peuple, nomme l'Empereur et règle dans sa famille l'ordre héréditaire de mâle en mâle, à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
Jusqu'au moment où l'élection du nouvel empereur est consommée, les affaires de l'Etat sont gouvernées par les ministres en fonctions, qui se forment en Conseil de gouvernement et délibèrent à la majorité des voix.
Les membres de la famille de Louis Napoléon Bonaparte appelés éventuellement à l'hérédité, et leur descendance des deux sexes, font partie de la famille impériale. Un sénatus-consulte règle leur position. Ils ne peuvent se marier sans l'autorisation de l'Empereur. Leur mariage fait sans cette autorisation emporte privation de tout droit à l'hérédité, tant pour celui qui l'a contracté que pour ses descendants.
Louis Napoléon Bonaparte fixe les titres et la condition des autres membres de sa famille.
Décret impérial du 2 décembre 1852
‘‘Qui promulgue et déclare Loi de l'Etat le sénatus-consulte du 7 novembre 1852, ratifié par le plébiscite des 21 et 22 novembre.
" Le peuple veut le rétablissement de la dignité impériale dans la personne de Louis Napoléon Bonaparte, avec hérédité dans sa descendance directe, légitime ou adoptive, et lui donne le droit de régler l'ordre de succession au trône dans la famille Bonaparte, ainsi qu'il est prévu par le sénatus-consulte du 7 novembre 1852. "
Soixante-trois mille trois cent vingt-six (63 326) bulletins nuls ; - Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Le sénatus-consulte du 7 novembre 1852, ratifié par le plébiscite des 21 et 22 novembre, est promulgué et devient loi de l'Etat.
Louis Napoléon Bonaparte est Empereur des Français sous le nom de Napoléon III.
‘‘Sur la liste civile et la dotation de la couronne.
Section première - De la liste civile de l'empereur et de la dotation de la couronne.
Les biens meubles et immeubles de la couronne sont inaliénables et imprescriptibles. - Ils ne peuvent être donnés, vendus, engagés ni grevés d'hypothèques.
Néanmoins, les objets inventoriés avec estimation aux termes de l'article 5, peuvent être aliénés moyennant remplacement.
Il ne peut y être fait aucune coupe extraordinaire quelconque, ni aucune coupe des quarts en réserve ou de massifs réservés par l'aménagement pour croître en futaie, si ce n'est en vertu d'un sénatus-consulte.
Les propriétés de la couronne ne sont pas soumises à l'impôt ; elles supportent néanmoins toutes les charges communales et départementales.
Titre II - Du douaire de l'impératrice et de la dotation des princes de la famille impériale
Titre III - Du domaine privé
L'empereur peut disposer de son domaine privé sans être assujetti aux règles du Code Napoléon sur la quotité disponible.
S'il n'en a pas disposé, les propriétés du domaine privé font retour au domaine de l'Etat et font partie de la dotation de la couronne.
Titre IV - Des droits des créanciers et des actes judiciaires
Les unes et les autres sont d'ailleurs instruites et jugées dans les formes ordinaires, sauf la présente dérogation à l'article 69 du Code de procédure civile.
Suit le tableau des immeubles affectés à la dotation de la couronne
Portant interprétation et modification de la Constitution du 14 janvier 1852.
L'empereur préside, quand il le juge convenable, le Sénat et le Conseil d'Etat.
Les traités de commerce faits en vertu de l'article 6 de la Constitution ont force de loi pour les modifications de tarif qui y sont stipulées.
Tous les travaux d'utilité publique, notamment ceux désignés par l'article 10 de la loi du 21 avril 1832 et l'article 3 de la loi du 3 mai 1841, toutes les entreprises d'intérêt général, sont ordonnés ou autorisés par décrets de l'Empereur.
Ces décrets sont rendus dans les formes prescrites pour les règlements d'administration publique.
Néanmoins, si ces travaux et entreprises ont pour condition des engagements ou des subsides du Trésor, le crédit devra être accordé ou l'engagement ratifié par une loi avant la mise à exécution.
Lorsqu'il s'agit de travaux exécutés pour le compte de l'Etat, et qui ne sont pas de nature à devenir l'objet de concessions, les crédits peuvent être ouverts, en cas d'urgence, suivant les formes prescrites pour les crédits extraordinaires : ces crédits seront soumis au Corps législatif dans sa plus prochaine session.
Les dispositions du décret organique du 22 mars 1852 peuvent être modifiées par des décrets de l'empereur.
Les membres de la famille impériale appelés éventuellement à l'hérédité et leurs descendants, portent le nom de princes français.
Le fils aîné de l'empereur porte le titre de prince impérial.
Les princes français sont membres du Sénat et du Conseil d'Etat quand ils ont atteint l'âge de dix-huit ans accomplis.
Ils ne peuvent y siéger qu'avec l'agrément de l'empereur.
Les actes de l'état civil de la famille impériale sont reçus par le ministre d'Etat, et transmis, sur un ordre de l'empereur, au Sénat, qui en ordonne la transcription sur ses registres et le dépôt dans ses archives.
La dotation de la couronne et la liste civile de l'empereur sont réglées, pour la durée de chaque règne, par un sénatus-consulte spécial.
Le nombre de sénateurs nommés directement par l'empereur ne peut excéder cent cinquante.
Une dotation annuelle et viagère de trente mille francs est affectée à la dignité de sénateur.
Le budget des dépenses est présenté au Corps législatif avec ses subdivisions administratives, par chapitres et par articles.
Il est voté par ministère.
La répartition par chapitres du crédit accordé pour chaque ministère est réglée par décret de l'empereur, rendu en Conseil d'Etat.
Des décrets spéciaux, rendus dans la même forme, peuvent autoriser des virements d'un chapitre à un autre. Cette disposition est applicable au budget de l'année 1853.
Le compte rendu prescrit par l'article 42 de la Constitution est soumis, avant sa publication, à une commission composée du président du Corps législatif et des présidents de chaque bureau. En cas de partage d'opinions, la voix du président du Corps législatif est prépondérante.
Le procès-verbal de la séance, lu à l'Assemblée, constate seulement les opérations et les votes du Corps législatif.
Les députés au Corps législatif reçoivent une indemnité qui est fixée à deux mille cinq cents francs par mois pendant la durée de chaque session ordinaire ou extraordinaire.
Les officiers généraux placés dans le cadre de réserve peuvent être membres du Corps législatif. Ils sont réputés démissionnaires, s'ils sont employés activement, conformément à l'article 5 du décret du 1er décembre 1852, et à l'article 3 de la loi du 4 août 1839.
Le serment prescrit par l'article 14 de la Constitution est ainsi conçu : " Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'empereur. "
Les articles 2, 9, 11, 15, 16, 17, 18, 19, 22 et 37 de la Constitution du 14 janvier 1852 sont abrogés.
‘‘Interprétatif de l'article 22 du sénatus-consulte du 12 décembre 1852, sur la liste civile et la dotation de la couronne.
L'administrateur de la dotation de la couronne a seul qualité pour procéder en justice, soit en demandant, soit en défendant, dans les instances relatives à la propriété des biens faisant partie de cette dotation ou du domaine privé.
Il a pareillement qualité, dans les cas prévus par les articles 13 et 26 de la loi du 3 mai 1841, pour consentir seul les expropriations et recevoir les indemnités, sous la condition de faire emploi desdites indemnités, soit en immeubles, soit en rentes sur l'Etat, sans toutefois que le débiteur soit tenu de surveiller le remploi.
Sénatus-consulte du 17 juillet 1856
‘‘Sur la régence de l'Empire.
Titre premier - De la régence
L'empereur est mineur jusqu'à l'âge de dix-huit ans accomplis.
Si l'empereur monte sur le trône sans que l'empereur son père ait disposé, par acte rendu public avant son décès, de la régence de l'Empire, l'impératrice mère est régente et a la garde de son fils mineur.
L'impératrice-régente qui convole à de secondes noces perd de plein droit la régence et la garde de son fils mineur.
A défaut de l'impératrice, qu'elle ait ou non exercé la régence, et si l'empereur n'en a autrement disposé par acte rendu public ou secret, la régence appartient au premier prince français, et, à son défaut, à l'un des autres princes français dans l'ordre de l'hérédité de la couronne.
L'empereur peut, par acte public ou secret, pourvoir aux vacances qui pourraient se produire dans l'exercice de la régence pendant la minorité.
S'il n'existe aucun prince français habile à exercer la régence, les ministres en fonctions se forment en Conseil et gouvernent les affaires de l'Etat jusqu'au moment où le régent est nommé.
Immédiatement après la mort de l'empereur, le Sénat est convoqué par le Conseil de régence.
Dans le cas où le Conseil de régence n'aurait pas été nommé par l'empereur, la convocation et la proposition sont faites par les ministres formés en Conseil, avec l'adjonction des présidents en exercice du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat.
Le régent et les membres du Conseil de régence doivent être français et âgés de vingt et un ans accomplis.
Les actes par lesquels l'empereur dispose de la régence ou nomme les membres du Conseil de régence sont adressés au Sénat et déposés dans ses archives.
Si l'empereur a disposé de la régence ou nommé les membres du Conseil de régence par un acte secret, l'ouverture de cet acte est faite immédiatement après la mort de l'empereur, au Sénat, par le président du Sénat, en présence des sénateurs qui auront pu répondre à la convocation, et en présence des ministres et des présidents du Corps législatif et du Conseil d'Etat dûment appelés.
Tous les actes de la régence sont au nom de l'empereur mineur.
Jusqu'à la majorité de l'empereur, l'impératrice-régente ou le régent exerce pour l'empereur mineur l'autorité impériale dans toute sa plénitude, sauf les droits attribués au Conseil de régence.
Toutes dispositions législatives qui protègent la personne de l'empereur sont applicables à l'impératrice-régente et au régent.
Les fonctions de l'impératrice-régente ou du régent commencent au moment du décès de l'empereur.
Mais si un acte secret concernant la régence a été adressé au Sénat et déposé dans ses archives, les fonctions du régent ne commencent qu'après l'ouverture de cet acte. Jusqu'à ce qu'il y ait été procédé, le gouvernement des affaires de l'Etat reste entre les mains des ministres en fonctions, conformément à l'article 55.
Si l'empereur mineur décède, laissant un frère héritier du trône, la régence de l'impératrice ou celle du régent continue sans aucune formalité nouvelle.
La régence de l'impératrice cesse si l'ordre d'hérédité appelle au trône un prince mineur qui ne soit pas son fils. Il est pourvu dans ce cas, à la régence, conformément à l'article 4 ou à l'article 55 du présent sénatus-consulte.
Si l'empereur mineur décède, laissant la couronne à un empereur mineur d'une autre branche, le régent reste en fonctions jusqu'à la majorité du nouvel empereur.
Lorsque le prince français désigné par le présent sénatus-consulte s'est trouvé empêché par défaut d'âge ou par toute autre cause légale, d'exercer la régence, au moment du décès de l'empereur, le régent en exercice conservera la régence jusqu'à la majorité de l'empereur.
La régence, autre que celle de l'impératrice, ne confère aucun droit sur la personne de l'empereur mineur.
La garde de l'empereur mineur, la surintendance de sa maison, la surveillance de son éducation sont confiés, à sa mère.
A défaut de la mère ou d'une personne désignée par l'empereur, la garde de l'empereur mineur est confiée à la personne nommée par le Conseil de régence.
Ne peuvent être nommés ou désignés, ni le régent, ni ses descendants.
Si l'impératrice-régente ou le régent n'ont pas prêté serment du vivant de l'empereur pour l'exercice de la régence, ils le prêtent, sur l'Evangile, à l'empereur mineur assis sur le trône, assisté des princes français des membres du Conseil de régence, des ministres, des grands officiers de la couronne et des grands-croix de la Légion d'honneur, en présence du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat.
Le serment peut aussi être prêté à l'empereur mineur en présence des membres du Conseil de régence, des ministres et des présidents du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat.
Dans ce cas, la prestation de serment est rendue publique par une proclamation de l'impératrice-régente ou du régent.
Le serment prêté par l'impératrice-régente ou le régent est conçu en ces termes :
" Je jure fidélité à l'empereur ; je jure de gouverner conformément à la Constitution, aux sénatus-consultes et aux lois de l'Empire ; de maintenir dans leur intégrité les droits de la nation et ceux de la dignité impériale ; de ne consulter, dans l'emploi de mon autorité, que mon dévouement pour l'empereur et pour la France, et de remettre fidèlement à l'empereur, au moment de sa majorité, le pouvoir dont l'exercice m'est confié "
Procès-verbal de cette prestation de serment est dressé par le ministre d'Etat. Ce procès-verbal est adressé au Sénat et déposé dans ses archives.
L'acte est signé par l'impératrice-régente ou le régent, par les princes de la famille impériale, par les membres du Conseil de régence, par les ministres et par les présidents du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat.
Titre II - Du Conseil de régence
Un Conseil de Régence est constitué pour toute la durée de la minorité de l'empereur.
1° Des princes français désignés par l'empereur ;
A défaut de désignation par l'empereur, des deux princes français les plus proches dans l'ordre d'hérédité ;
2° Des personnes que l'empereur a désignées par acte public ou secret.
Si l'empereur n'a fait aucune désignation, le Sénat nomme cinq personnes pour faire partie du Conseil de régence.
En cas de mort ou de démission d'un ou plusieurs membres du Conseil de régence, autres que les princes français, le Sénat pourvoit à leur remplacement.
Aucun membre du Conseil de régence ne peut être éloigné de ses fonctions par l'impératrice-régente ou le régent.
Le Conseil de régence est convoqué et présidé par l'impératrice-régente ou le régent.
L'impératrice-régente ou le régent peuvent déléguer, pour présider à leur place, l'un des princes français faisant partie du Conseil de régence ou l'un des autres membres de ce Conseil.
Le Conseil de régence délibère nécessairement, et à la majorité absolue des voix :
1° Sur le mariage de l'empereur ;
2° Sur les déclarations de guerre, la signature des traités de paix, d'alliance ou de commerce ;
3° Sur les projets de sénatus-consultes organiques.
En cas de partage, la voix de l'impératrice-régente ou du régent est prépondérante. Si la présidence est exercée par délégation, l'impératrice-régente ou le régent décident.
Le Conseil de régence a seulement voix consultative sur toutes les autres questions qui lui sont soumises par l'impératrice-régente ou le régent.
Durant la régence, l'administration de la dotation de la couronne continue selon les règles établies. - L'emploi des revenus est déterminé dans les formes accoutumées, sous l'autorité de l'impératrice-régente ou du régent.
Les dépenses personnelles de l'impératrice-régente ou du régent et l'entretien de leur maison font partie du budget de la couronne. La quotité en est fixée par le Conseil de régence.
En cas d'absence du régent au commencement d'une minorité, sans qu'il y ait été pourvu par l'empereur avant son décès, les affaires de l'Etat sont gouvernées, jusqu'à l'arrivée du régent, conformément aux dispositions de l'article 5 du présent sénatus-consulte.
‘‘Qui modifie l'article 42 de la Constitution.
L'article 42 de la Constitution est modifié ainsi qu'il suit :
Les débats des séances du Sénat et du Corps législatif sont reproduits par la sténographie et insérés in extenso dans le Journal officiel du lendemain.
En outre, les comptes rendus de ces séances, rédigés par des secrétaires-rédacteurs placés sous l'autorité du président de chaque Assemblée, sont mis, chaque soir, à la disposition de tous les journaux.
Le compte rendu des séances du Sénat et du Corps législatif par les journaux, ou tout autre moyen de publication, ne consistera que dans la reproduction des débats insérés in extenso dans le Journal officiel, ou du compte rendu rédigé sous l'autorité du président, conformément aux paragraphes précédents.
Néanmoins, lorsque plusieurs projets ou pétitions auront été discutés dans une séance, il sera permis de ne reproduire que les débats relatifs à un seul de ces projets ou à une seule de ces pétitions. Dans ce cas, si la discussion se prolonge pendant plusieurs séances, la publication devra être continuée jusqu'au vote et y compris le vote.
Le Sénat, sur la demande de cinq membres, pourra décider qu'il se forme en comité secret.
L'article 13 du sénatus-consulte du 25 décembre 1852 est abrogé en ce qu'il a de contraire au présent sénatus-consulte.
‘‘Qui modifie la Constitution et notamment les articles 40 et 41.
La Constitution ne peut être discutée par aucun pouvoir public autre que le Sénat procédant dans les formes qu'elle détermine.
Une pétition ayant pour objet une modification quelconque ou une interprétation de la Constitution ne peut être rapportée en séance générale que si l'examen en a été autorisé par trois au moins des cinq bureaux du Sénat.
Est interdite toute discussion ayant pour objet la critique ou la modification de la Constitution, et publiée ou reproduite soit par la presse périodique, soit par des affiches, soit par des écrits non périodiques des dimensions déterminées par le paragraphe 1er de l'article 9 du décret du 17 février 1852.
Toute infraction aux prescriptions du présent article constitue une contravention punie d'une amende de cinq cents à dix mille francs.
L'article 40 de la Constitution du 14 janvier 1852 est modifié ainsi qu'il suit :
Art. 40. Les amendements adoptés par la commission chargée d'examiner un projet de loi sont renvoyés au Conseil d'Etat par le président du Corps législatif.
Les amendements non adoptés par la commission ou par le Conseil d'Etat, peuvent être pris en considération par le Corps législatif et renvoyés à un nouvel examen de la commission.
Si la commission ne propose pas de rédaction nouvelle, ou si celle qu'elle propose n'est pas adoptée par le Conseil d'Etat, le texte primitif du projet est seul mis en délibération.
La disposition de l'article 41 de la Constitution du 14 janvier 1852, qui limite à trois mois la durée des sessions ordinaires du Corps législatif, est abrogée. Un décret de l'Empereur prononce la clôture de la session.
L'indemnité attribuée aux députés au Corps législatif est fixée à douze mille cinq cents francs pour chaque session ordinaire, quelle qu'en soit la durée.
En cas de session extraordinaire, l'indemnité continue à être réglée conformément à l'article 14 du sénatus-consulte du 25 décembre 1852.
Sénatus-consulte du 14 mars 1867
‘‘Qui modifie l'article 26 de la Constitution.
L'article 26 de la Constitution est modifié de la manière suivante :
Art. 266. Le Sénat s'oppose à la promulgation :
Le Sénat peut en outre avant de se prononcer sur la promulgation d'une loi, décider, par une résolution motivée, que cette loi sera soumise à une nouvelle délibération du Corps législatif.
Cette nouvelle délibération n'aura lieu que dans une session suivante, à moins que le Sénat n'ait reconnu qu'il y a urgence.
Lorsque, dans une seconde délibération, le Corps législatif a adopté la loi sans changements, le Sénat, saisi de nouveau, délibère uniquement sur la question de savoir s'il s'oppose ou non à la promulgation de la loi conformément aux nos 1 et 2 du présent article.
‘‘Qui modifie divers articles de la Constitution, les articles 3 et 5 du sénatus-consulte du 22 décembre 1852 et l'article 1er du sénatus-consulte du 31 décembre 1861.‘‘
L'empereur et le Corps législatif ont l'initiative des lois.
Les ministres ne dépendent que de l'empereur.
Ils ont entrée dans l'une et l'autre assemblées, et doivent être entendus toutes les fois qu'ils le demandent.
Les séances du Sénat sont publiques. La demande de cinq membres suffit pour qu'il se forme en comité secret.
Le Sénat peut, en indiquant les modifications dont une loi lui paraît susceptible, décider qu'elle sera renvoyée à une nouvelle délibération du Corps législatif.
Il peut, dans tous les cas, s'opposer à la promulgation de la loi.
La loi à la promulgation de laquelle le Sénat s'est opposé ne peut être présentée de nouveau au Corps législatif dans la même session.
A l'ouverture de chaque session, le Corps législatif nomme son président, ses vice-présidents et ses secrétaires.
Tout membre du Sénat ou du Corps législatif a le droit d'adresser une interpellation au gouvernement.
Le renvoi aux bureaux de l'ordre du jour motivé est de droit quand il est demandé par le gouvernement.
Les bureaux nomment une commission sur le rapport sommaire de laquelle l'Assemblée prononce.
Aucun amendement ne peut être mis en délibération s'il n'a été envoyé à la commission chargée d'examiner le projet de loi et communiqué au gouvernement.
Lorsque le gouvernement et la commission ne sont pas d'accord, le Conseil d'Etat donne son avis et le Corps législatif prononce.
Les modifications apportées à l'avenir à des tarifs de douanes ou de postes par des traités internationaux ne seront obligatoires qu'en vertu d'une loi.
Les rapports constitutionnels actuellement établis entre le gouvernement de l'empereur, le Sénat et le Corps législatif ne peuvent être modifiés que par un sénatus-consulte.
Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent sénatus-consulte, et notamment les articles 8 et 133, le deuxième paragraphe de l'article 244, les articles 26 et 4040, le cinquième paragraphe de l'article 422, le premier paragraphe de l'article 433, l'article 44 de la Constitution, les articles 33 et 55 du sénatus-consulte du 25 décembre 1852 et l'article 1er du sénatus-consulte du 31 décembre 1861.
‘‘Suit la nomenclature annoncée par l'article 9 § 2‘‘
Sénatus-consulte du 21 mai 1870
‘‘Fixant la Constitution de l'Empire.‘‘
- " Le Peuple approuve les réformes libérales opérées dans la Constitution depuis 1860, par l'empereur, avec le concours des grands Corps de l'Etat, et ratifie le sénatus-consulte du 20 avril 1870 " ;
- Que les opérations du vote ont été régulièrement accomplies ;
- Que le recensement général des suffrages émis sur le projet de plébiscite a donné :
- Sept millions trois cent cinquante mille cent quarante-deux (7 350 142) bulletins portant le mot oui ;
- Quinze cent trente-huit mille huit cent vingt-cinq (1 538 825) bulletins portant le mot non ;
- Cent douze mille neuf cent soixante-quinze (112 975) bulletins nuls.
Avons sanctionné et sanctionnons, promulgué et promulguons comme loi de l'Etat le sénatus-consulte adopté par le Sénat, le 20 avril 1870, et dont la teneur suit :
Titre II - De la dignité impériale et de la régence
Napoléon III, s'il n'a pas d'enfant mâle, peut adopter les enfants et descendants légitimes dans la ligne masculine des frères de l'empereur Napoléon 1er.
Si, postérieurement à l'adoption, il survient à Napoléon III des enfants mâles, ses fils adoptifs ne pourront être appelés à lui succéder qu'après ses descendants légitimes.
L'adoption est interdite aux successeurs de Napoléon III et à leur descendance.
A défaut d'héritier légitime direct ou adoptif, sont appelés au trône le prince Napoléon (Joseph Charles Paul) et sa descendance directe et légitime, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, et à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
A défaut d'héritier légitime ou d'héritier adoptif de Napoléon III et des successeurs en ligne collatérale qui prennent leurs droits dans l'article précédent, le Peuple nomme l'empereur et règle, dans sa famille, l'ordre héréditaire, de mâle en mâle, à l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur descendance.
Les princes français sont membres du Sénat et du Conseil d'Etat quand ils ont atteint l'âge de dix-huit ans accomplis. Ils ne peuvent y siéger qu'avec l'agrément de l'empereur.
Titre III - Formes du gouvernement de l'empereur
L'empereur gouverne avec le concours des ministres, du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d'Etat.
L'empereur est le chef de l'Etat. Il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d'alliance et de commerce, nomme à tous les emplois, fait les règlements et décrets nécessaires pour l'exécution des lois.
" Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l'empereur. "
Les sénatus-consultes, sur la dotation de la couronne et la liste civile, des 12 décembre 1852 et 23 avril 1856, demeurent en vigueur.
Toutefois, il sera statué par une loi dans les cas prévus par les articles 88, 11 et 16 du sénatus-consulte du 12 décembre 1852.
A l'avenir, la dotation de la couronne et la liste civile seront fixées, pour toute la durée du règne, par la législature qui se réunira après l'avènement de l'empereur.
2° Des citoyens que l'empereur élève à la dignité de sénateur.
Les décrets de nomination des sénateurs sont individuels. Ils mentionnent les services et indiquent les titres sur lesquels la nomination est fondée.
Aucune autre condition ne peut être imposée au choix de l'empereur.
Le nombre des sénateurs peut être porté aux deux tiers de celui des membres du Corps législatif, y compris les sénateurs de droit.
L'empereur ne peut nommer plus de 20 sénateurs par an.
Le président et les vice-présidents du Sénat sont nommés par l'empereur et choisis parmi les sénateurs.
L'empereur convoque et proroge le Sénat. - Il prononce la clôture des sessions.
Les séances du Sénat sont publiques.
Néanmoins, le Sénat pourra se former en comité secret dans les cas et suivant les conditions déterminées par son règlement.
Titre VI - Du Corps législatif
L'empereur convoque, ajourne, proroge et dissout le Corps législatif
Les séances du Corps législatif sont publiques.
Néanmoins, le Corps législatif pourra se former en comité secret dans les cas et suivant les conditions déterminées par son règlement.
Titre VII - Du Conseil d'Etat
Le Conseil d'Etat est chargé, sous la direction de l'empereur, de rédiger les projets de lois et les règlements d'administration publique, et de résoudre les difficultés qui s'élèvent en matière d'administration.
Les conseillers d'Etat sont nommés par l'empereur et révocables par lui.
Titre VIII - Dispositions générales
Les changements et additions apportés au plébiscite des 20 et 21 décembre 1851, par la présente Constitution, seront soumis à l'approbation du Peuple, dans les formes déterminées par les décrets des 2 et 4 décembre 1851 et 7 novembre 1852.
Toutefois, le scrutin ne durera qu'un seul jour.
Seconde république vers Second Empire

References: l'article 5
 l'article 69
 l'article 6
 l'article 10
 l'article 3
 l'article 42
 l'article 5
 l'article 3
 l'article 14
 l'article 22
 l'article 55
 l'article 4
 l'article 55
 l'article 5
 l'article 42

L'article 42

L'article 13
 l'article 9

L'article 40

Art. 40
 l'article 41
 l'article 14
 l'article 26

L'article 26

Art. 266
 l'article 1
 l'article 244
 l'article 422
 l'article 433
 l'article 44
 l'article 1
 l'article 9
 § 2