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Timestamp: 2016-10-23 12:14:09+00:00

Document:
tous les trois repr�sent�s par Me Denis Merz, avocat,
D�partement des infrastructures du canton de Vaud, Service des routes, rue de l'Universit� 3, 1014 Lausanne, intim�,
Commune de Roche, 1852 Roche, partie int�ress�e.
recours contre l'arr�t du Tribunal administratif du canton de Vaud du 14 septembre 2007.
Le Service des routes du D�partement des infrastructures du canton de Vaud a �labor� un projet de construction de route (au sens des art. 11 ss de la loi cantonale sur les routes [LRou]) pour un nouvel axe routier de transit entre la r�gion de Villeneuve (canton de Vaud) et le canton du Valais, au-del� du Rh�ne. Ce projet porte la d�nomination "projet routier H144". Il consiste, plus pr�cis�ment, � cr�er une nouvelle route principale de premi�re classe entre Rennaz (jonction � la route cantonale vaudoise RC 780) et l'entr�e sud des Evouettes (jonction � la route cantonale valaisanne RC 302). La longueur totale de la route est de 4'300 m, dont 3'957 m sur le territoire du canton de Vaud. Plusieurs ouvrages d'art sont pr�vus (viaduc sur l'autoroute A9 et la RC 780, galerie couverte � Crebelley, pont sur le Grand Canal, viaduc sur le Rh�ne et le canal Stockalper). La route comprend deux voies de circulation de 3.75 m chacune, sans acc�s lat�raux � l'exception d'un giratoire interm�diaire � Crebelley. Elle ne serait pas ouverte au trafic agricole ni cycliste (trafic non mixte).
Le projet routier H144 a �t� mis � l'enqu�te publique du 20 avril au 21 mai 2002. Comme il doit faire l'objet d'une �tude d'impact (cf. ch. 11.2 de l'annexe � l'ordonnance relative � l'�tude de l'impact sur l'environnement [OEIE; RS 814.011]), un rapport d'impact �tait au dossier. Ce rapport (ci-apr�s: RIE) contient notamment un chapitre "Justification du projet" qui se r�f�re � une "�tude multicrit�re" r�alis�e en 1999, o� "plusieurs variantes ont �t� compar�es et optimis�es" (p. 25 du RIE). Un r�sum� de l'"�tude multicrit�re" et des variantes examin�es y figure �galement, avec les conclusions d'un "comit� de pilotage" recommandant un trac� correspondant � celui du projet mis � l'enqu�te publique (p. 25 � 29 du RIE).
C.________ et ses enfants D.________ et E.________ (ci-apr�s: les consorts C.________) ont form� opposition au projet lors de l'enqu�te publique.
C.________ est propri�taire d'un domaine agricole d'une vingtaine de parcelles, r�parties sur les territoires des communes de Roche, Chessel, Rennaz et Noville. La plus importante parcelle du domaine (bien-fonds n� 411 du registre foncier, � Roche pr�s du hameau de Crebelley), de plus de 9 ha, avec des b�timents d'habitation et d'exploitation, serait travers�e par la nouvelle route. D.________ et E.________ sont quant � eux copropri�taires de la parcelle n� 82 du registre foncier, sur le territoire de la commune de Rennaz.
Ces trois opposants ont critiqu� le trac� retenu, � cause notamment de l'atteinte � la parcelle principale du domaine o� se trouve le centre d'exploitation (n� 411 � Crebelley). Ils faisaient �galement valoir que la r�alisation du projet routier mettrait hors d'usage des installations de pompage et d'arrosage.
Le 26 mai 2005, le D�partement des infrastructures (ci-apr�s: le d�partement cantonal) a adopt� le projet routier H144, partie vaudoise, en levant les oppositions, dont celle des consorts C.________. Cette d�cision, intitul�e "d�cision finale relative � l'�tude de l'impact sur l'environnement", reprend les pr�avis de tous les services, cantonaux et f�d�raux, qui se sont prononc�s durant la proc�dure. Elle contient en outre une r�ponse � chaque opposition. Elle se r�f�re par ailleurs � une autorisation de d�fricher, concernant une surface globale de 19'072 m�, accord�e pour ce m�me projet routier le 10 janvier 2005 par le service cantonal des for�ts, de la faune et de la nature (du D�partement de la s�curit� et de l'environnement).
Les consorts C.________ ont recouru contre ces deux d�cisions - d�cision finale et autorisation de d�fricher - aupr�s du Tribunal administratif du canton de Vaud.
Quatre autres recours, dirig�s contre le projet routier H144, ont �t� instruits simultan�ment par le Tribunal administratif jusqu'au 11 septembre 2007. A cette date, le juge instructeur a ordonn� une disjonction des causes. Auparavant, le juge instructeur avait notamment ordonn� une expertise, confi�e � l'ing�nieur Pedro de Aragao, pour "d�terminer si la m�thodologie appliqu�e dans l'�tude multicrit�res comparative r�pondait aux standards techniques g�n�ralement reconnus, si l'ensemble des param�tres d�terminants avait �t� pris en compte et si les choix �voqu�s par les recourants paraissaient opportuns et faisables". L'expert a d�pos� son rapport le 22 mars 2007 ("Expertise portant sur l'�tude de comparaison de variantes et sur le choix du trac�"). Le Tribunal administratif a tenu une audience � Roche le 26 mars 2007, suivie d'une inspection des lieux. A cette occasion, le rapport de l'expert a �t� remis aux parties. Les recourants ont encore pu ensuite d�poser un m�moire (observations finales).
Par un arr�t rendu le 14 septembre 2007, le Tribunal administratif a rejet� le recours form� par les consorts C.________, en disant que les deux d�cisions relatives au projet routier H144 (d�cision finale dans le cadre de l'�tude d'impact et autorisation de d�fricher) �taient maintenues.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public (art. 82 ss LTF), subsidiairement par celle du recours constitutionnel (art. 113 ss LTF), les consorts C.________ demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif et de renvoyer l'affaire � l'autorit� cantonale vaudoise comp�tente pour nouvelle d�cision. Ils se plaignent, sur plusieurs points, de violations de garanties de proc�dure. Sur le fond, ils d�noncent une mauvaise application de certaines normes du droit f�d�ral de l'am�nagement du territoire ainsi qu'une violation de la garantie de la propri�t�.
Le d�partement cantonal conclut au rejet des recours. Le Tribunal administratif propose �galement leur rejet. La Municipalit� de la commune de Roche, autorit� int�ress�e, se prononce dans le m�me sens.
Par une ordonnance du 1er novembre 2007, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a rejet� la requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par les recourants.
La d�cision attaqu�e a �t� rendue dans une cause de droit public, au sens de l'art. 82 let. a LTF, sans qu'une des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF ne soit r�alis�e, de sorte que la voie du recours en mati�re de droit public est ouverte (art. 82 � 89 LTF). Le recours constitutionnel, qui n'est ouvert que contre les d�cisions qui ne peuvent faire l'objet d'aucun recours selon les art. 72 � 89 LTF (recours subsidiaire, art. 113 LTF), est donc irrecevable.
C.________, en tant que propri�taire d'un immeuble sur lequel la route litigieuse devrait empi�ter, a manifestement qualit� pour recourir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF: il a pris part � la proc�dure devant le Tribunal administratif, il est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e et il a un int�r�t digne de protection � son annulation. Ses enfants D.________ et E.________ sont propri�taires fonciers dans la r�gion mais leur parcelle ne devrait pas �tre directement touch�e par le projet routier. Ils peuvent sans doute se plaindre d'une violation des droits qu'ils avaient comme parties � la proc�dure cantonale mais, sur le fond, ils n'expliquent pas en quoi ils seraient particuli�rement atteints, dans leurs int�r�ts factuels ou juridiques, par la d�cision attaqu�e (cf. ATF 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253, 353 consid. 1 p. 356). La question de leur qualit� pour recourir peut toutefois demeurer ind�cise, vu le sort � r�server � leurs conclusions. Il y a donc lieu d'entrer en mati�re.
Les recourants soul�vent de nombreux griefs � l'encontre de l'arr�t du Tribunal administratif ou du projet routier. Certains d'entre eux sont d'ordre formel et concernent la conduite de la proc�dure. Dans d'autres griefs, les recourants d�noncent des violations de la l�gislation sur l'am�nagement du territoire et de la garantie constitutionnelle de la propri�t�.
3.1 Le recours en mati�re de droit public peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral, y compris le droit constitutionnel f�d�ral (art. 95 let. a LTF - cf. ATF 133 II 249 consid. 1.2.1 p. 252; 133 III 446 consid. 3.1 p. 447), et pour violation de droits constitutionnels cantonaux (art. 95 let. c LTF). Quels que soient les griefs, le recours doit �tre motiv� en ce sens qu'il doit exposer au moins succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit (art. 42 al. 2 LTF). S'agissant des griefs de violation des droits fondamentaux (art. 7 � 36 Cst.), l'art. 106 al. 2 LTF pr�voit pour la motivation du recours des exigences qualifi�es, qui correspondent � celles prescrites par l'ancien art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254; 133 III 439 consid. 3.2 p. 444; 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le Tribunal f�d�ral, qui n'est pas une juridiction d'appel, n'examine pas d'office si la d�cision attaqu�e retient les faits pertinents ni si elle est conforme aux r�gles de droit applicables; il incombe au recourant d'expliquer de mani�re claire et pr�cise en quoi cette d�cision pourrait �tre contraire aux garanties de la Constitution.
3.2 Les m�mes exigences de motivation s'appliquent, en vertu de l'art. 106 al. 2 LTF, aux griefs de violation du droit constitutionnel cantonal. En l'esp�ce, les recourants invoquent � plusieurs reprises des normes de la Constitution du canton de Vaud (Cst./VD [RS 131.231]), conjointement avec des normes de la Constitution f�d�rale dont la teneur est identique ou similaire: l'art. 11 Cst./VD en relation avec l'art. 9 Cst. (protection contre l'arbitraire et protection de la bonne foi); l'art. 27 Cst./VD en relation avec l'art. 29 Cst. (garanties g�n�rales de proc�dure); l'art. 28 Cst./VD en relation avec l'art. 30 Cst. (garanties de proc�dure judiciaire); l'art. 25 Cst./VD en relation avec l'art. 26 Cst. (garantie de la propri�t�); l'art. 38 Cst./VD en relation avec l'art. 36 Cst. (conditions pour la restriction des droits fondamentaux). Les recourants ne pr�tendent pas que ces normes du droit constitutionnel cantonal auraient, dans le cas particulier, une port�e plus �tendue que les normes correspondantes de la Constitution f�d�rale. Dans ces conditions, les griefs de violation de la Constitution cantonale se confondent avec ceux de violation de la Constitution f�d�rale.
Certains griefs des recourants sont irrecevables, � d�faut d'une motivation r�pondant aux exigences art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF (cf. supra, consid. 3.1).
4.1 Tel est le cas quand les recourants reprochent au d�partement cantonal un comportement arbitraire et contraire � la bonne foi, parce qu'il a statu� sur leur opposition en 2005, soit � une date o� la voie de la requ�te en r�examen de l'opposition par un autre d�partement cantonal n'�tait plus ouverte, de sorte que seul �tait possible un recours au Tribunal administratif. L'ancienne proc�dure, avec un recours administratif puis un recours judiciaire au niveau cantonal, leur aurait �t� plus favorable. Or les recourants ne cherchent pas � d�montrer que le droit de proc�dure administrative cantonal, notamment le r�gime de droit transitoire au moment de la suppression de la proc�dure de requ�te, aurait �t� appliqu� de mani�re manifestement insoutenable (� propos de la port�e de l'art. 9 Cst., cf notamment ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17).
4.2 Il en va de m�me lorsque les recourants d�noncent une violation du droit d'�tre entendu parce qu'aucune audience de jugement n'a �t� fix�e par le Tribunal administratif. Ils ne contestent cependant pas avoir pu s'exprimer avant la fin de l'instruction, lors de l'audience tenue le 26 mars 2007 � Roche, suivie d'une inspection des lieux. Ils ne pr�tendent pas que le droit constitutionnel f�d�ral (art. 29 al. 2 Cst. en particulier) ni que le droit cantonal de proc�dure administrative imposeraient � la juridiction comp�tente d'entendre les parties au cours de deux audiences successives, dont une audience de jugement.
4.3 Les recourants reprochent en outre, sans motivation suffisante, � l'expert du Tribunal administratif de ne pas les avoir entendus avant qu'il ne d�pose son rapport. Ils n'expliquent en effet pas de mani�re claire sur quelle base juridique ils auraient pu exiger cette audition.
4.4 Invoquant l'art. 29 Cst., les recourants se plaignent d'une violation du droit d'�tre entendu parce que le Tribunal administratif a �cart� leur requ�te tendant � ce que soit effectu�e une �tude compl�mentaire pour le giratoire de Crebelley, d�s lors que la "configuration" de cet ouvrage "joue[rait] un r�le dans le choix de la route s'agissant entre autres de l'analyse du trafic perpendiculaire, notamment agricole". Devant le Tribunal administratif, les recourants avaient effectivement demand� "la mise en oeuvre d'une �tude aff�rente � la n�cessit� de mettre en oeuvre un giratoire � Crebelley", et il n'a pas �t� donn� suite � cette requ�te.
Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu selon l'art. 29 al. 2 Cst. comprend le droit de faire administrer des preuves, notamment d'obtenir une expertise. Ce droit suppose que le fait � prouver soit pertinent, que le moyen de preuve propos� soit n�cessaire pour constater ce fait et que la demande soit pr�sent�e selon les formes et d�lais prescrits par le droit cantonal. Par ailleurs, la garantie constitutionnelle n'emp�che pas le juge de mettre un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de former sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, il a la certitude qu'elles ne pourraient l'amener � modifier son opinion (cf. notamment ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157). En l'esp�ce, le m�moire de recours n'indique pas de mani�re claire et pr�cise les questions que ce rapport ou expertise compl�mentaire aurait d� traiter. Les recourants n'expliquent pas non plus la n�cessit� d'une telle mesure d'instruction apr�s que l'administration cantonale a d�crit les diff�rents �l�ments du projet routier de fa�on d�taill�e, notamment dans le rapport d'impact. Le grief de violation de l'art. 29 Cst. est donc irrecevable, faute d'une motivation suffisante.
4.5 Un autre grief de violation du droit d'�tre entendu est irrecevable pour des raisons semblables. Les recourants reprochent au Tribunal administratif d'avoir rejet� leur requ�te tendant � la r�alisation d'une "�tude aff�rente � la n�cessit� �conomique de mettre en oeuvre la route H144". Ils souhaitaient ainsi apporter la preuve de l'absence d'int�r�t �conomique ou industriel r�el � la cr�ation de la nouvelle route. Sur ce point �galement, les recourants n'expliquent pas de mani�re claire et pr�cise ce que cette �tude ou expertise aurait d� traiter, ni en quoi il aurait �t� arbitraire de renoncer � compl�ter ainsi le dossier. Au demeurant, on ne discerne pas le sens exact de la notion d'int�r�t �conomique ou industriel d'une infrastructure publique de transport, �tant rappel� que le rapport d'impact et ses annexes ont analys� l'int�r�t public � la r�alisation de la route (ou la justification du projet).
4.6 Les recourants reprochent, �galement de mani�re insuffisamment motiv�e, au Tribunal administratif d'avoir ordonn� en fin d'instruction la disjonction de leur cause et des quatre autres recours form�s contre la d�cision du d�partement cantonal. Selon eux, le poids de leurs arguments et de leurs revendications aurait �t� sensiblement augment� si les causes n'avaient pas �t� disjointes, car ils s'�taient eux-m�mes pr�valu en cours d'instruction des arguments et pi�ces des auteurs de recours s�par�s. En rendant un arr�t dans leur seule cause, et des arr�ts distincts dans les causes des autres recourants, le Tribunal administratif aurait "jou� le jeu de l'Etat", en violation de la s�paration des pouvoirs. Les recourants invoquent � ce propos les art. 9, 29 et 30 Cst. mais sans d�crire avec pr�cision la port�e de ces droits constitutionnels dans cette hypoth�se et sans se pr�valoir d'une norme du droit cantonal de proc�dure administrative qui emp�cherait le cas �ch�ant d'instruire et de juger s�par�ment diff�rents recours dirig�s contre une m�me d�cision administrative. Les exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF ne sont pas satisfaites. Quoi qu'il en soit, l'argument selon lequel les moyens et preuves invoqu�s par d'autres parties auraient d� �tre retenus en leur faveur par le Tribunal administratif dans leur propre affaire, alors qu'ils avaient eux-m�mes renonc� � s'en pr�valoir directement, n'est �videmment pas concluant.
Les recourants critiquent l'�tat de faits de l'arr�t attaqu�, bas� sur un dossier dont la teneur r�elle leur serait inconnue et qui serait de surcro�t incomplet. Ils se plaignent de violations des art. 9 et 29 Cst., ainsi que de l'art. 44 al. 4 de la loi cantonale sur la juridiction et la proc�dure administratives (LJPA).
Le droit d'�tre entendu, selon l'art. 29 al. 2 Cst., comporte le droit de consulter le dossier moyennant une requ�te � cet effet (cf. notamment ATF 132 II 485 consid. 3.2 p. 494; 132 V 387 consid. 6.2 p. 391). Les recourants ne pr�tendent pas que la possibilit� leur aurait �t� refus�e, par le juge instructeur du Tribunal administratif, de consulter le dossier de la cause avant le jugement. L'instruction a dur� plus de deux ans, les parties ayant pu � plusieurs reprises d�poser des d�terminations ou des requ�tes, tout en �tant inform�es d'office des actes accomplis par les parties adverses. Une audience avec inspection locale a eu lieu environ six mois avant la d�cision finale du Tribunal. Si les recourants d�clarent ignorer "quelle est la consistance du dossier ayant abouti � l'arr�t cantonal", cela para�t r�sulter uniquement d'une renonciation de leur part � le consulter, et les garanties de proc�dure d�coulant de l'art. 29 Cst. n'ont � l'�vidence pas �t� viol�es. Dans ce contexte, on saisit au demeurant mal le sens du grief de violation de l'art. 44 al. 4 LJPA, disposition consacr�e � l'�change d'�critures selon laquelle "les parties joignent � leurs m�moires le dossier et les pi�ces en leur possession"; seule l'application arbitraire (art. 9 Cst.) de cette disposition pourrait au demeurant �tre d�nonc�e dans le cadre de l'art. 95 let. a LTF.
Cela �tant, les recourants se plaignent singuli�rement de l'absence de deux documents dans le dossier du Tribunal administratif: "l'�tude multicrit�re du 4 avril 2001 concernant le giratoire de Crebelley", d'une part, et le plan directeur cantonal, d'autre part. Dans sa r�ponse au recours, le d�partement cantonal expose que "l'�tude multicrit�re compl�mentaire du 4 avril 2001 relative au giratoire de Crebelley" est un document qui ne figurait pas au dossier du projet mis � l'enqu�te publique; toutefois, son contenu �tait r�sum� dans deux pi�ces dudit dossier, l'annexe III au rapport d'impact sur l'environnement (p. 49 de cette annexe) et le rapport intitul� "examen du projet sous l'angle du d�veloppement durable" (p. 12 de ce rapport). Il en ressort que cette "�tude multicrit�re compl�mentaire" comparait quatre variantes pour la r�alisation de l'ouvrage concern�, en privil�giant celle d'un giratoire � trafic s�par� avec galerie couverte. En critiquant l'absence de ce document dans le dossier, les recourants ne pr�tendent pas que le rapport d'impact (cf. art. 10b de la loi f�d�rale sur la protection de l'environnement [LPE; RS 814.01]) �tait incomplet, ni que les dispositions du droit cantonal relatives � l'�tablissement des projets routiers (cf. art. 11 � 13 LRou) n'auraient pas �t� observ�es. En outre, il n'est pas contest� que le dossier d�pos� devant le Tribunal administratif est celui qui a �t� mis � l'enqu�te publique puis pris en consid�ration par la juridiction cantonale. On ne voit pas, sur la base de l'argumentation pr�sent�e par les recourants au Tribunal f�d�ral, en quoi les garanties du droit constitutionnel (art. 9 et 29 Cst.) auraient �t� viol�es � ce propos.
Quant � l'argument selon lequel le plan directeur cantonal - mentionn� dans l'arr�t attaqu� (notamment consid. 3b dudit arr�t) - n'aurait pas �t� vers� au dossier, il est manifestement d�pourvu de pertinence. Le plan directeur cantonal est un document officiel impos� par le droit f�d�ral (art. 6 ss de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire [LAT; RS 700]) ayant force obligatoire pour les autorit�s (art. 9 al. 1 LAT). Le droit cantonal pr�voit que le plan directeur cantonal est adopt� par le Grand Conseil, avant d'�tre soumis au Conseil f�d�ral pour approbation conform�ment � l'art. 11 LAT (art. 29 de la loi cantonale vaudoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions [LATC]), et qu'il doit �tre accessible au public en tout temps (art. 32 LATC). Il ne s'agit � l'�vidence pas d'une pi�ce ou d'une preuve qu'il incomberait � l'autorit� de produire dans chaque dossier concernant l'am�nagement du territoire, afin que les parties puissent en prendre connaissance et se d�terminer. Il importe donc peu qu'un exemplaire de ce document figure ou non au dossier d'une cause trait�e par la juridiction administrative. De ce point de vue, le grief de violation des art. 9 et 29 Cst. est mal fond�.
Les recourants se plaignent de ne pas avoir �t� entendus personnellement par le Tribunal administratif sur leur situation d'exploitants de domaines agricoles. Ce grief est manifestement mal fond�. En effet, les recourants ont pu s'exprimer � la fois dans leurs �critures (par l'interm�diaire de leur mandataire) et lors de l'audience du 26 mars 2007. Les exigences de l'art. 29 al. 2 Cst. n'ont � l'�vidence pas �t� viol�es.
Invoquant encore l'art. 29 al. 2 Cst., les recourants font valoir que l'instruction aurait d� �tre compl�t�e sur divers points. Le Tribunal administratif n'aurait pas d� rejeter leur requ�te tendant � ce que le d�partement cantonal r�actualise le co�t de l'ouvrage car "ne pas l'actualiser apr�s plusieurs d�cennies de proc�dure, c'est laisser croire que le projet peut �tre ex�cut� � un co�t largement inf�rieur � ce qu'il va co�ter en r�alit�". D'autres variantes auraient d� �tre �tudi�es avec la grille d'analyse de l'"�tude multicrit�re" de 1999. Enfin, l'expert du Tribunal administratif aurait d� v�rifier et expliciter les diff�rents crit�res ayant donn� lieu au choix de la variante retenue en d�finitive. Les recourants affirment avoir pr�sent� des requ�tes tendant � la mise en oeuvre d'�tudes sur ces divers points. En d�finitive, les recourants critiquent � ce propos l'appr�ciation anticip�e des preuves (cf. supra, consid. 4.4). Savoir si cette appr�ciation est ou non arbitraire est une question � examiner en relation avec le grief de violation de la garantie de la propri�t� (consid. 9 infra). Comme on le verra, les recourants ne parviennent pas � mettre en doute l'int�r�t public du projet, �tabli sur la base de nombreux �l�ments du dossier (cf. �galement consid. 8 infra). Dans ces conditions, on ne voit pas en quoi le Tribunal administratif aurait viol� leur droit d'�tre entendus en refusant d'exiger des �tudes ou rapports compl�mentaires.
Les recourants se plaignent, sur plusieurs points, de violations du droit f�d�ral de l'am�nagement du territoire, � savoir de certaines normes de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire (OAT [RS 700.1]).
8.1 Les recourants d�noncent une violation de l'art. 6 OAT parce que la route litigieuse ne figure sur aucun plan (sous forme de repr�sentation graphique) du plan directeur cantonal. Ils ne contestent cependant pas que cet instrument fait tout de m�me r�f�rence � cette route (la "transchablaisienne"), mais seulement dans des textes (soit, d'apr�s l'arr�t attaqu�, dans la fiche P 4.3.15 du programme de coordination du plan directeur cantonal).
L'art. 6 OAT d�finit la forme du plan directeur cantonal ("une carte et un texte li�s par un syst�me de renvois r�ciproques"). L'autorit� qui se prononce sur un projet de plan routier selon les art. 11 ss LRou n'a, � l'�vidence, pas � appliquer cette norme du droit f�d�ral. Le grief est donc manifestement mal fond�. Cela �tant, l'arr�t attaqu� retient que la route principale H144 est pr�vue et planifi�e par le plan directeur cantonal en vigueur (plan adopt� le 20 mai 1987); cette affirmation demeure exacte quand bien m�me seul le texte, et non la carte (ou les cartes) du plan directeur cantonal mentionne le projet routier.
8.2 Les recourants se plaignent �galement d'une violation de l'art. 3 OAT. Aux termes de l'al. 1 de cette disposition, "lorsque, dans l'accomplissement et la coordination de t�ches ayant des effets sur l'organisation du territoire, les autorit�s disposent d'un pouvoir d'appr�ciation, elles sont tenues de peser les int�r�ts en pr�sence. Ce faisant, elles d�terminent les int�r�ts concern�s; appr�cient ces int�r�ts notamment en fonction du d�veloppement spatial souhait� et des implications qui en r�sultent; fondent leur d�cision sur cette appr�ciation, en veillant � prendre en consid�ration, dans la mesure du possible, l'ensemble des int�r�ts concern�s". L'art. 3 al. 2 OAT impose � ces autorit�s d'exposer "leur pond�ration dans la motivation de leur d�cision". Cet article r�sume ainsi le sens de la pes�e des int�r�ts que requiert l'application de nombreuses normes du droit f�d�ral et du droit cantonal en mati�re d'am�nagement du territoire, de protection de l'environnement ou encore de protection de la nature. L'adoption d'un plan routier selon les art. 11 ss LRou est une mesure d'am�nagement du territoire (cf. ATF 112 Ib 164 consid. 4b p. 168) que l'autorit� comp�tente ne peut adopter qu'apr�s une pes�e des int�r�ts.
La premi�re critique des recourants, sous l'angle de l'art. 3 OAT, est dirig�e non pas contre l'arr�t du Tribunal administratif mais contre la d�cision du d�partement cantonal du 26 mai 2005 (d�cision finale relative � l'�tude d'impact). Selon les recourants, le d�partement n'aurait pas lui-m�me proc�d� � une pes�e des int�r�ts; il ne leur aurait donc pas �t� possible de contester cette pes�e des int�r�ts devant le Tribunal administratif - lequel aurait "ent�rin� l'impossibilit� de quereller la pond�ration des int�r�ts impos�e par l'art. 3 OAT en premi�re instance d�j�" - et ils auraient donc perdu un "�tage de discussion" ou une instance, ce qui serait en outre contraire aux art. 29 Cst. et 110 LTF. Ce grief ne r�siste pas � l'examen. Il est manifeste que l'adoption du projet routier r�sulte d'une pes�e des int�r�ts et que la possibilit� �tait donn�e aux opposants d�bout�s de contester devant le Tribunal administratif la d�cision finale du d�partement cantonal, qui contenait une motivation sp�cifique sur chaque aspect trait� dans le cadre de l'�tude d'impact.
Les recourants soutiennent que dans la proc�dure d'adoption du projet routier, les "int�r�ts concern�s" n'auraient pas �t� d�termin�s (cf. art. 3 al. 1 let. a OAT). Selon eux, il n'y aurait pas dans le dossier de document permettant d'examiner ces int�r�ts. Cette critique elle aussi manque de s�rieux, tant il est manifeste qu'avec le rapport d'impact, les diff�rentes annexes � ce rapport et au dossier de plans, les oppositions, les consid�rations du d�partement cantonal dans la d�cision finale et, enfin, le rapport de l'expert du Tribunal administratif, la juridiction cantonale disposait de nombreux �l�ments lui permettant de se prononcer au sujet de la pes�e des int�r�ts.
8.3 Les recourants mettent ensuite en doute l'int�r�t pr�pond�rant � la r�alisation du projet litigieux. Ils pr�sentent les arguments suivants: il n'y aurait aucune justification � la cr�ation d'une autoroute du type de la route H144; depuis plus de dix ans, on n'a pas constat� d'accroissement du trafic r�el dans cette r�gion; la diminution des nuisances dans les villages de Vionnaz et Vouvry serait report�e en augmentation sur le hameau de Crebelley; le plus simple aurait �t� d'�tudier une variante de contournement des villages de Noville et de Rennaz en mettant en oeuvre un trafic bidirectionnel � la Porte-du-Scex; en emp�chant les v�hicules agricoles d'utiliser la nouvelle route, on s�parerait la plaine en deux, avec une suppression du trafic transversal qui se concentrerait alors uniquement sur le giratoire de Crebelley; en France, les autorit�s auraient renonc� � am�liorer la route sur le trajet Gen�ve/Saint-Gingolph (au sud du lac L�man), ce qui enl�verait une justification � une nouvelle route transchablaisienne en Suisse; la route H144 n'am�liorerait pas l'acc�s au secteur du Bouveret depuis le reste du canton du Valais; les n�cessit�s de desserte de sites industriels (Le Bouveret, futur h�pital de Rennaz, zone industrielle de Roche) ne seraient pas �tablies. Il manquerait en outre dans le dossier des indications sur les co�ts r�els et actualis�s du projet. Enfin, il n'aurait pas �t� tenu compte de l'int�r�t de nombreux recourants � maintenir notamment leurs exploitations agricoles. En pr�sentant ces arguments, les recourants abordent des questions de fond ou d'appr�ciation; cela ne concerne en effet pas les modalit�s formelles de la pes�e des int�r�ts, telles qu'elles sont �nonc�es � l'art. 3 OAT. En d�finitive, les griefs de violation des dispositions de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire sont mal fond�s.
Les recourants invoquent la garantie de la propri�t� selon l'art. 26 Cst., en relation avec l'art. 36 Cst., en faisant valoir que le Tribunal administratif n'a pas �tabli l'existence d'un int�r�t public justifiant une restriction de leur droit de propri�t�.
9.1 Ce grief est recevable uniquement dans la mesure o� il est pr�sent� par C.________, propri�taire de la parcelle n� 411 � Roche. Les deux autres recourants n'ont en effet pas d�crit, dans le m�moire de recours, les restrictions qu'ils subiraient le cas �ch�ant dans l'exploitation de leur propre parcelle en cas de construction de la route; en d'autres termes, n'ayant pas all�gu� clairement une atteinte � leur droit de propri�t�, leur grief de violation de la garantie de la propri�t� est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
9.2 En vertu de l'art. 36 al. 2 Cst., toute restriction d'un droit fondamental - en particulier de la garantie de la propri�t�, selon l'art. 26 al. 1 Cst. - doit �tre justifi�e par un int�r�t public ou par la protection d'un droit fondamental d'autrui. Selon la jurisprudence, le Tribunal f�d�ral examine en principe librement si les mesures d'am�nagement du territoire r�pondent � un int�r�t public et respectent le principe de la proportionnalit�; il s'impose toutefois une certaine retenue lorsqu'il s'agit de tenir compte de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation (ATF 132 II 408 consid. 4.3 p. 416; 129 I 337 consid. 4.1 p. 344; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arr�ts cit�s). La jurisprudence reconna�t du reste une importante marge d'appr�ciation aux autorit�s cantonales, s'agissant de la planification de nouvelles routes cantonales (cf. notamment ATF 106 Ib 41 consid. 2 p. 44).
9.3 Le Tribunal administratif a consid�r�, apr�s avoir �voqu� l'analyse des variantes effectu�e par le d�partement cantonal puis par son expert, que le choix du type de route paraissait appropri� aux diff�rents buts assign�s � la H144, soit l'am�lioration de la liaison entre les p�les �conomiques du Chablais valaisan et vaudois, ou plus g�n�ralement entre la fronti�re fran�aise et le raccordement � l'autoroute N9, l'am�lioration des trajets de poids lourds par une diminution de quelques centaines de v�hicules par jour de 40 tonnes traversant les localit�s valaisannes de Vouvry et de Vionnaz, la suppression du trafic de transit dans les villages de Noville et de Rennaz, et l'augmentation de la s�curit� de tous les usagers, notamment � cause de la s�paration du trafic ordinaire et des v�hicules lents (consid. 4c et 7a/bb de l'arr�t attaqu�). Le Tribunal administratif s'est �galement prononc� au sujet du giratoire de Crebelley, en particulier sous l'angle du droit de la protection de l'environnement (consid. 5 de l'arr�t attaqu�), et il a abord� diverses autres questions, en concluant � l'existence d'un "int�r�t public important" � la r�alisation de la route, l'emportant sur l'int�r�t priv� des recourants (consid. 7a/bb de l'arr�t attaqu�). Il a consid�r� que les compl�ments d'instruction requis par les recourants ne permettraient pas de modifier les �l�ments d�terminants (consid. 11c de l'arr�t attaqu�).
9.4 Les recourants se bornent, dans leur contestation de l'int�r�t public du projet, � pr�senter des critiques d'ordre g�n�ral (voir le r�sum� de leurs arguments supra, consid. 8.3). Or, m�me sans augmentation significative du trafic dans cette r�gion - en particulier, dans l'hypoth�se o� du c�t� fran�ais du lac L�man, une nouvelle route Gen�ve/ Saint-Gingolph n'est pas cr��e � court ou moyen terme -, et m�me sans d�veloppement notable des activit�s industrielles dans les localit�s desservies, les objectifs retenus dans l'arr�t restent actuels. Le choix de ne pas ouvrir la nouvelle route au trafic agricole para�t �galement fond� et on ne voit pas, sur la base des arguments des recourants, quels inconv�nients sensibles les exploitants des domaines de la plaine du Rh�ne subiraient car d'autres routes resteront ouvertes � ce trafic. Par ailleurs, au cas o� le co�t de l'ouvrage aurait augment� � cause de l'�coulement du temps, on ne discerne pas en quoi cela en aurait diminu� l'int�r�t public; il n'�tait donc pas arbitraire de ne pas instruire plus avant sur cette question. Les d�cisions en mati�re de financement, qui rel�vent d'autres autorit�s (parlement cantonal comp�tent pour voter une d�pense, autorit� f�d�rale comp�tente pour accorder une subvention), n'ont pas � �tre r�examin�es dans le cadre de la proc�dure d'am�nagement du territoire (cf. ATF 117 Ib 35 consid. 3e p. 39).
Les recourants se plaignent encore d'une �tude insuffisante d'autres variantes. Aux termes de l'art. 2 al. 1 let. b OAT, "lors de la planification d'activit�s ayant des effets sur l'organisation du territoire, les autorit�s examinent en particulier, compte tenu du d�veloppement spatial souhait�, quelles possibilit�s et variantes de solution entrent en ligne de compte". Dans la pr�sente affaire, certaines variantes ayant effectivement �t� analys�es, la r�gle pr�cit�e n'a donc pas �t� ignor�e lors de l'adoption du plan. Il y a lieu de rappeler que le droit f�d�ral n'oblige pas, de fa�on g�n�rale, l'auteur du projet � �laborer des projets alternatifs et il n'exige de toute mani�re pas une analyse des variantes aussi d�taill�e que celle qui est faite pour le projet lui-m�me; en particulier, il n'impose pas une �tude de l'impact sur l'environnement pour chaque variante (cf. arr�t 1A.1/1998 du 22 d�cembre 1998 publi� in RDAF 1999 I 371 consid. 4c). En l'esp�ce, l'appr�ciation par les autorit�s cantonales du trac� litigieux n'est pas critiquable sous l'angle de l'int�r�t public, quand bien m�me d'autres variantes auraient �ventuellement pu entrer en consid�ration. Partant, il n'�tait pas arbitraire de renoncer, au stade du recours au Tribunal administratif, � une analyse plus d�taill�e ou � un r�examen de diff�rentes variantes.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la restriction de la propri�t� d�coulant de l'adoption du plan routier litigieux est justifi�e par un int�r�t public suffisant. En cons�quence, le grief de violation de l'art. 26 al. 1 Cst. est mal fond�.
Il s'ensuit que le recours en mati�re de droit public doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
Les recourants, qui succombent, doivent supporter les frais judiciaires (art. 65 al. 1 et 66 al. 1 LTF). L'Etat de Vaud n'a pas droit � des d�pens (art. 68 al. 3 LTF). Il en va de m�me de la Commune de Roche, qui n'a au demeurant pas consult� un avocat.
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire des recourants, au D�partement des infrastructures et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, ainsi qu'� la Commune de Roche.

References: art. 11
 art. 72
 art. 113
 ATF 
 ATF 
 art. 90
 art. 42
 ATF 
 ATF 
 art. 9
 art. 9
 ATF 
 art. 10
 art. 11
 art. 9
 art. 11
 art. 11
 ATF 
 art. 29
 art. 3
 ATF 
 ATF