Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/lesotho.htm
Timestamp: 2016-09-29 15:14:12+00:00

Document:
2,1 millions (est. 2004)
Langues officielles: sotho et anglais Groupe majoritaire: sotho (96,7 %)
Groupes minoritaires: zoulou (2,3 %), xhosa (0,4 %), anglais, afrikaans, chinois, hindi, etc.
Syst�me politique: monarchie parlementaire
art. 3, 4, 6, 12 18, 21, 26 et 58 de la Constitution du 2 avril 1993
Le Lesotho, appel� officiellement royaume du Lesotho, est un pays d'Afrique australe, enti�rement enclav� dans l'Afrique du Sud. C'est un petit pays de 30 355 km�, l'�quivalent de la Belgique (32 545 km�). Le Lesotho correspond � l'ancien Basutoland qui est devenu ind�pendant en 1966 dans le cadre du Commonwealth. Maseru, la capitale, est la ville la plus importante, avec une population estim�e � quelque 120 000 habitants. Les autres villes importantes sont Teyateyaneng, Mafeteng et Hlotse. Le Lesotho est divis� en 10 districts administratifs (Berea, Butha-Buthe, Leribe, Mafeteng, Maseru, Mohale's Hoek, Mokhotlong, Qacha's Nek, Quthing et Thaba-Tseka), subdivis�s en
wards (ou sections �lectorales), pr�sid�s par des chefs h�r�ditaires et administr�s par des coordinateurs de district.
Le Lesotho poss�de une g�ographie particuli�re dans la mesure o� il b�n�ficie de fronti�res naturelles, sur plus de 900 km. En effet, ce petit pays, totalement enclav� en Afrique du Sud, est d�limit� du nord au sud-ouest par le fleuve Caledon, la cha�ne de montagnes Drakensberg � l'est et les hautes terres du Sud, qui forment la fronti�re orientale du Lesotho (et partiellement celle de l'�tat libre d'Orange en Afrique du Sud); ce pays se situe en son point g�ographique le plus bas � 1400 m�tres d'altitude (au croisement de la Caledon et de la rivi�re Orange), le point le plus haut �tant le mont Thabana Ntlenyana � 3482 m�tres au nord-est. C'est le seul pays du monde a �tre situ� aussi haut en altitude sur l'ensemble de son territoire. Cette configuration constitue autant de barri�res faisant du Lesotho une sorte de forteresse naturelle. � l'ouest, des terres vallonn�es occupent environ un tiers du pays, entre 1525 et 1830 m�tres d'altitude. Les routes sont presque inexistantes dans le pays, les voyages se faisant surtout � cheval. La circulation nord-sud est particuli�rement difficile au nord-est en raison de la cha�ne du Drakensberg. L'Orange, fleuve qui traverse le pays, y prend sa source; on y trouve �galement le point culminant du pays, le Thabana Ntlenyana. Environ 80 % de la population active d�pend de l'agriculture. �conomiquement, le Lesotho reste tr�s d�pendant de son grand voisin, l'Afrique du Sud. 2 Donn�es d�molinguistiques
La population du Lesotho �tait estim�e � 2,1 millions d'habitants en 2004. Ce sont les districts de Leribe (17,5 %) et de Maseru (19,0 %), qui sont les plus peupl�s. On ne compte que trois ethnies autochtones au Lesotho: les Sothos du Sud (tr�s majoritaires), les Zoulous et les Xhosa, auxquels s'ajoutent deux petites communaut�s d'Afrikaners (anciennement les Boers, ces descendants des colons n�erlandais)
et de Britanniques. On compterait aussi quelque 3000 Chinois et Indo-Pakistanais.
2 110 000 Zoulous zoulou
51 000 Xhosa xhosa famille bantoue
10 000 Afrikaners afrikaans langue germanique
2 100 Britanniques anglais
2 100 Asiatiques
Les Sothos du Lesotho sont des Basothos appartenant � l'ethnie des Sothos du Sud. On distingue les Sothos du Sud (Lesotho) des Sothos de l'Ouest (les Tswana du Swaziland) et des Sothos du Nord (ou (ou Sepedi habitant dans la province du Nord en Afrique du Sud). Les trois langues autochtones du Lesotho appartiennent toutes � la famille bantoue, comme c'est le cas pour la plupart des langues indig�nes d'Afrique du Sud. Le sotho constitue la langue massivement majoritaire parce qu'elle est parl�e par 96,7 % des locuteurs du pays. Les langues minoritaires sont le zoulou, le xhosa, l'anglais, l'afrikaans, le chinois et l'hindi ou l'ourdou. L'anglais et l'afrikaans, deux langues germaniques, ont �t� apport�s lors de la colonisation europ�enne, alors que le chinois (famille sino-tib�taine) et l'hindi (langue indo-iranienne) r�sulte de l'immigration caus�e par les politiques britanniques en mati�re de main-d'oeuvre. L'anglais et le sotho (appel� �galement s�sotho) sont les langues officielles du Lesotho. L'anglais a conserv� son statut au moment de l'ind�pendance, mais les Lesothans ont estim� qu'il �tait inconcevable que leur langue nationale ne b�n�ficie pas de ce statut � c�t� de l'anglais. 2.1 Le sotho du Sud
La langue des Sothos du Lesotho est connue sous le nom de sotho du Sud ou s�sotho. En Afrique du Sud, on l'appelle sotho du Nord ou pedi; ces deux vari�t�s sont consid�r�es, au point de vue juridique et politique, comme deux langues distinctes. Mais l'intercompr�hension entre les Sothos du Nord et les Sothos du Sud, de m�me qu'avec les Tswanas d�Afrique du Sud et du Botswana, �tant relativement ais�e, on peut consid�rer que le sotho du Nord, le sotho du Sud et le tswana (ou setswana) constituent trois variantes d'une m�me langue. Il semble que ces distinctions de statut proviennent des autorit�s sud-africaines de l'�poque de l�apartheid afin de fragmenter politiquement et id�ologiquement le plus possible la population noire du pays. L�ensemble des Sotho-Tswanas repr�sente quelque 12 millions de locuteurs, ce qui n'est pas rien.
Peu importe le nom qu'on leur donne, ces vari�t�s de sotho sont parl�es en Afrique du Sud, au Lesotho, au Botswana, en Namibie et au Zimbabwe. De plus, le
sotho du Nord, appel� pedi ou sotho du Transvaal, est fragment� en de multiples dialectes: masemola, kgaga, koni, tswene, gananwa, pulana, phalaborwa, khutswe, lobedu, tlokwa, pai, dzwabo, kopa et matlala-moletshi. Quant au tswana, on distringue le tlharo, le tlhaping et le tawana. Pour sa part, le
sotho du Sud parl� au Lesotho est souvent consid�r� comme le �sotho correct�. Toutes les vari�t�s ont leur propre orthographe, car elles n'ont jamais �t� normalis�es. Il existe deux formes principales de repr�sentation orthographique pour le sotho, l'une pour le sotho du Sud au Lesotho et l'autre pour le sotho du Nord en Afrique du Sud. Voici quelques exemples qui montrent comment les deux orthographes diff�rent :
aller (verbe)
morutwa
morutuoa
�l�ve/�tudiant
O phela
jwang?
En 1945 Jacob M. Nhlapo, membre du Parti du Congr�s national africain (African National Congress), avait sugg�r� une orthographe commune pour les trois variantes du sotho (sotho du Sud, sotho du Nord et twana), mais le projet n'a jamais abouti, le gouvernement sud-africain n'ayant jamais voulu coop�rer. R�cemment, des universitaires tels Neville Alexandre et C. T. Msimang ont de nouveau soulev� la question de l'harmonisation de certaines langues africaines, dont le sotho, en vain.
Les langues autochtones telles que le zoulou et le xhosa sont des langues bantoues, comme le sotho. Ainsi, les L�sothans d'origine partagent des �l�ments culturels et historiques importants. Il n'en est pas ainsi de l'anglais et de l'afrikaans parl�s par les minorit�s blanches, mais ces langues, surtout l'anglais, ont un prestige ind�niable. Il est relativement rare qu'un Britannique connaisse le sotho, mais il est fr�quent qu'un Sotho sache ou baragouine l'anglais. Enfin, 93 % des L�sothans sont des chr�tiens (catholiques, �vang�liques ou anglicans), les autres ayant conserv� leurs croyances traditionnelles.
Depuis des milliers d'ann�es, les Bochimans habitent l'Afrique du Sud et, par cons�quent, le Lesotho totalement enclav� dans ce pays. Ces chasseurs-cueilleurs ont �cu de fa�on plus ou moins isol�e jusqu'au
XVIIe si�cle, alors que des groupes d'�leveurs sothos virent s'�tablir sur ce territoire montagneux afin de s'�chapper � l'expansion des Zoulous et � la progression des colons hollandais (Afrikaners). Au XIXe si�cle, l'un des chefs sothos (de la tribu kwena: �crocodile�) les plus remarquables de l'Afrique m�ridionale, Moshoeshoe Ier (vers 1786-1870), r�ussit � unifier les 23 ethnies de Sothos du Sud lors du Mfecane, une s�rie de conflits n�s de la rencontre des expansionnismes boers et zoulous. Le roi Moshoeshoe parvint � composer avec les missionnaires qui cherchaient � �vang�liser le pays. Ce sont les missionnaires qui, en 1833, ont cr�� la forme �crite et l'orthographe du sotho, en particulier, les fran�ais Thomas Arbousset, Eug�nie Casalis et Constant Gosselin, de la Soci�t� missionnaire �vang�lique de Paris (Paris Evangelical Missionary Society). Puis, plus tard, Moshoeshoe s'allia aux Britanniques pour lutter contre l'expansion des Boers pr�s de ses terres (l'�tat libre d'Orange). Mais les d�fenseurs du pays se trouvaient trop peu nombreux et moins bien arm�s que les troupes adverses, le royaume se pla�a alors sous la protection britannique en 1868. Devenu un protectorat au sein de l'Empire britannique, le royaume prit le nom de Basutoland. Les Sothos refus�rent de rendre les armes et commenc�rent en 1881 une guerre contre leurs �protecteurs�. Toutefois, un compromis fut trouv� la m�me ann�e: les armes furent conserv�es, moyennant une taxe, et il fut assur� que les Blancs ne pourraient acqu�rir de terre dans le pays. Pr�cocement christianis�e, les Sothos durent aux missions chr�tiennes un degr� d'instruction assez �lev�.
3.1 Du protectorat britannique � l'ind�pendance En 1871, le Basutoland fut plac� par les Britanniques sous le contr�le de la colonie du Cap, contre l'assentiment des Sothos qui se soulev�rent. La Grande-Bretagne reprit rapidement le contr�le direct du territoire en 1884. � l'encontre des exigences des chefs sothos, la Loi de l'union sud-africaine (South African Act of Union) de 1910 pr�voyait l'int�gration de la r�gion � l'Afrique du Sud. N�anmoins, le Basutoland r�ussit � conserver son autonomie et s'opposa � son annexion forc�e.
La fondation du Parti du Congr�s des Basothos (Basotho Congress Party: BCP) en 1952 marqua la naissance d'une vie politique moderne au Lesotho. Le BCP remporta les premi�res �lections de 1960, mais fut battu en 1965 par le Parti national basotho (Basotho National Party: BNP), fond� en 1958. Son dirigeant, le chef Joseph Leabua Jonathan, fut nomm� premier ministre. Le Basutoland devint ind�pendant sous le nom de
royaume du Lesotho, le 4 octobre 1966.
3.2 Le Lesotho ind�pendant Le Lesotho devint officiellement une monarchie au moment de l'ind�pendance avec comme chef supr�me des Sothos, le roi Moshoeshoe II (1938-1996). Le sotho fut choisi comme langue co-officielle avec l'anglais, mais l'anglais a �t� utilis� comme langue principale au gouvernement, en �ducation et dans les tribunaux durant plusieurs ann�es apr�s l'ind�pendance. Les dirigeants du Lesotho durent faire preuve de pragmatisme � l'�gard de l'Afrique du Sud, dont ils recevaient le soutien, tout en rejetant l'apartheid. Au moment des �lections pr�vues pour janvier 1970, le premier ministre Joseph Jonathan annula le scrutin et d�clara l'�tat d'urgence, puis dirigea le pays par d�cret jusqu'en 1973. De plus, il suspendit la Constitution et le Parlement, interdit les partis d'opposition et fit arr�ter leurs chefs. Il gouverna en dictateur jusqu'� ce qu'il soit renvers� par un coup d'�tat en 1986 foment� par le g�n�ral de division Lenkhanya. Les pouvoirs ex�cutif et l�gislatif furent officiellement confi�s au roi Moshoeshoe II, mais, dans les faits, ils furent exerc�s par un conseil militaire dirig� par le g�n�ral Justin Lekhanya. Finalement, l'arm�e d�posa le roi Moshoeshoe II qui dut s'exiler en mars 1990. En novembre de la m�me ann�e, son fils a�n� lui succ�da sous le nom de Letsie III. La lib�ralisation de l'Afrique du Sud permit un essor du processus de d�mocratisation qui aboutit � la tenue d'�lections pluralistes en avril 1993, � la suite desquelles Ntsu Mokhehle devint premier ministre. � la suite d'une grave crise politique, Letsie III suspendit la Constitution et le Parlement, puis d�mit de ses fonctions le gouvernement. Gr�ce � l'intervention du Botswana, de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe, le roi Letsie III r�tablit le gouvernement de Ntsu Mokhehle, la Constitution, ainsi que le Parlement, pour abdiquer en faveur de son p�re, le vieux Moshoeshoe II. Celui-ci rentra au Lesotho au d�but de 1995 et retrouva son tr�ne le 25 janvier. Apr�s le d�c�s de son p�re en janvier 1996, Letsie III revint au pouvoir et dirigea une monarchie parlementaire. Le Lesotho demeure fortement d�pendant de l�Afrique du Sud � qui il vend la plus grande partie de ses produits agricoles, seule ressource du pays avec l�hydro-�lectricit�. Tr�s pointilleuse sur la nature de ses relations avec Pretoria, la population sotho craint toujours que son puissant voisin consid�re le Lesotho comme sa �onzi�me province�, alors que le ch�mage touche 45 % de la population active et que la plupart des L�sothans travaillent chez le voisin sud-africain. 4 La politique linguistique
Le Lesotho est un �tat officiellement bilingue. En principe, l'�tat devrait se pr�occuper de la promotion et de l'usage des deux langues. En vertu de l'article 3 de la Constitution du 2 avril 1993, les langues officielles du Lesotho sont le sotho (ou sesotho) et l'anglais: Article 3
Official languages, National Seal, etc. (1) The official languages of Lesotho shall be Sesotho and English and, accordingly, no instrument or transaction shall be invalid by reason only that it is expressed or conducted in one of those languages. [...] Article 3
Langues officielles, sceau national, etc. (1) Les langues officielles du Lesotho sont le sotho et l'anglais et, en cons�quence, aucune transaction ou document ne sera d�clar� ill�gal pour l'unique raison qu'il est r�dig� ou men� dans l'une de ces langues. [...] Dans les faits, le sotho du Sud est consid�r� comme la langue nationale et la premi�re langue officielle, alors que l'anglais est la seconde langue officielle. L'�tat interdit �galement la discrimination dont celle en mati�re linguistique. L'article 4 pr�voit une disposition � cet �gard:
Fundamental human rights and freedoms (1) Whereas every person in Lesotho is entitled, whatever his race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status to fundamental human rights and freedoms, that is to say, to each and all of the following - [...]
Droits de l'homme et libert�s fondamentales (1) Attendu que quiconque au Lesotho a droit aux libert�s fondamentales et aux droits de l'homme, ind�pendamment de sa race, sa couleur, son sexe, sa langue, sa religion, ses opinions politiques ou autres, son origine nationale ou sociale, ses titres de propri�t�, sa naissance ou tout autre statut, c'est-�-dire � chacun et ci-apr�s - [...]
D'ailleurs, l'article 18 d�finit ce que signifie le mot �discriminatoire�. Quant � l'article 26, il pr�voit uns disposition en mati�re d'�galit� et de justice: Article
Equality and justice (1) Lesotho shall adopt policies aimed at promoting a society based on equality and justice for all its citizens regardless of race, colour, sex, language, religion, political or other opinion, national or social origin, property, birth or other status. (2) In particular, the State shall take appropriate measures in order to promote equality of opportunity for the disadvantaged groups in the society to enable them to participate fully in all spheres of public life. Article
�galit� et justice (1) Le Lesotho adoptera la politique vis�e promouvant une soci�t� bas�e sur l'�galit� et la justice pour tous ses citoyens, ind�pendamment de sa race, sa couleur, son sexe, sa langue, sa religion, son opinion politique ou autre, son origine nationale ou sociale, ses titres de propri�t�, sa naissance ou de tout autre statut. (2) De fa�on particuli�re, l'�tat prendra des mesures appropri�es pour promouvoir l'�galit� des chances � l'�gard des groupes d�savantag�s dans la soci�t� pour leur permettre de participer enti�rement � toutes les sph�res de la vie publique. 4.1 Le bilinguisme de l'�tat
Le sotho et l'anglais �tant les langues co-officielles, l'article 58 pr�voit que la connaissance d'une des deux langues est une condition n�cessaire pour �tre nomm� au S�nat ou �lu � l'Assembl�e nationale:
58Qualifications for membership of Parliament (1) Subject to the provisions of section 59 of this Constitution, a person shall be qualified to be nominated as a Senator by the King acting in accordance with the advice of the Council of State or designated by a Principal Chief as a Senator in his place if, and shall not be so qualified unless, at the date of his nomination or designation, he - (a)
is a citizen of Lesotho; and (b) is able to speak and, unless incapacitated by blindness or other physical cause, to read and write either the Sesotho or English languages well enough to take an active part in the proceedings of the Senate. 2) Subject to the provisions of section 59 of this Constitution, a person shall be qualified to be elected as a member of the National Assembly if, and shall not be so qualified unless, at the date of his nomination for election, he - (a)
is a citizen of Lesotho; and (b)
is registered in some constituency as an elector in elections to the National Assembly and is not disqualified from voting in such elections; and (c)
is able to speak and, unless incapacitated by blindness or other physical cause, to read and write either the Sesotho or English language well enough to take an active part in the proceedings of the National Assembly. Article
Qualifications pour devenir membre du Parlement (1) Conform�ment aux dispositions de l'article 59 de la pr�sente Constitution, toute personne pourra se qualifier pour �tre nomm�e s�nateur par le roi agissant conform�ment � l'avis du Conseil d'�tat ou d�sign� par un chef principal comme s�nateur � sa place, si et seulement, � la date de sa mise en nomination, elle :
(b) est capable de parler et, � moins d'�tre handicap�e par la c�cit� ou une autre cause physique, peut lire et �crire dans les langues sotho ou anglaise, assez bien pour prendre un part active aux d�lib�rations du S�nat. (2) Conform�ment aux dispositions de l'article 59 de la pr�sente Constitution, toute personne pourra se qualifier pour �tre �lue membre de l'Assembl�e nationale si, et seulement si, � la date de sa mise en nomination en vue de l'�lection, elle: - (a) est un citoyen du Lesotho; et
(b) figure au registre des �lecteurs d'une circonscription dans le cadre d'�lections � l'Assembl�e nationale et n'a pas �t� disqualifi�e; et (c) est capable de parler et, � moins d'�tre handicap�e par la c�cit� ou une autre cause physique, peut lire et �crire dans les langues sotho ou anglaise, assez bien pour prendre un part active aux d�lib�rations de l'Assembl�e nationale. Dans les faits, les membres du S�nat et de l'Assembl�e nationale emploient les deux langues, mais dans les d�lib�rations le sotho est plus utilis�. Les lois sont r�dig�es en sotho, puis traduite en anglais.
Dans les cours de justice, les deux langues sont admises. Certaines dispositions (art. 6, 12 et 21) pr�voient que quiconque est arr�t� ou d�tenu sera inform�, aussit�t qu'il est raisonnable de le faire, dans une langue qu'il comprend, des motifs de son arrestation ou de sa d�tention: Article
Right to personal liberty [...](2) Any person who is arrested or detained shall be informed as soon as is reasonably practicable, in a language that he understands, of the reasons for his arrest or detention. Article
Right to fair trial, etc. [...]
(2) Every person who is charged with a criminal offence - (a)
shall be presumed to be innocent until he is proved or has pleaded guilty; (b) shall be informed as soon as reasonably practicable, in language that he understands and in adequate detail, of the nature of the offence charged; [...]
(f) shall be permitted to have without payment the assistance of an interpreter if he cannot understand the language used at the trial of the charge, [...]
Derogation from fundamental human rights and freedoms [...]
(2) When a person is detained by virtue of any such law as is referred to in subsection (1) the following provisions shall apply, that is to say (a) he shall, as soon as reasonably practicable after the commencement of his detention, be furnished with a statement in writing in a language that he understands specifying in detail the grounds upon which he is detained; [...]
Droit � la libert� personnelle [...](2) Quiconque est arr�t� ou d�tenu sera inform�, aussit�t qu'il est raisonnable de le faire, dans une langue qu'il comprend, des motifs de son arrestation ou de sa d�tention. Article
Droit � un proc�s juste, etc. [...]
(2) Quiconque est accus� d'un d�lit : (a) sera pr�sum� innocent � moins qu'il ne soit trouv� coupable ou ait plaid� coupable;
(b) sera inform�, aussit�t qu'il sera raisonnable de le faire, dans une langue qu'il comprend et en d�tails suffisants, de la nature de l'infraction dont il est accus�; [...]
(f) aura l'autorisation de recourir sans frais aux services d'un interpr�te s'il ne peut pas comprendre la langue employ�e lors du proc�s o� il est accus�, [...]
D�rogation de droits de l'homme fondamentaux et libert�s [...]
(2) Lorsqu'une personne est d�tenue en vertu de la pr�sente loi tel qu'il est mentionn� dans le paragraphe (1), les dispositions suivantes s'appliqueront, c'est-�-dire :
(a) Aussit�t qu'il sera raisonnable de le faire apr�s le d�but de sa d�tention, il lui sera fourni une d�claration �crite, dans une langue qu'elle comprend et en d�tails, des motifs pour lesquels elle est d�tenue; [...]
Ces dispositions laissent entendre, par exemple, qu'un Zoulou ou un Xhosa pourrait recourir aux services d'un interpr�te, s'il ne comprend pas l'une des deux langues officielles.
Recto unilingue anglais d'un billet de banque de 20 maloti
Dans les services publics, les fonctionnaires r�pondent dans la langue du client, c'est-�-dire en sotho, rarement en anglais. Les autres langues ne sont pas prises en consid�ration, les fonctionnaires n'�tant tenus que de conna�tre le sotho et l'anglais. Pour un �tat bilingue, il est quand m�me curieux que les billets de banque soient en anglais au recto, et non pas dans les deux langues; au verso, on trouve MALOTI A MASHOME A MABELI, le premier mot �tant le nom de la monnaie nationale (ici: 20 maloti).
4.2 L'�ducation bilingue
L'�ducation est obligatoire de 6 � 13 ans et gratuit au niveau primaire (pour un cycle de sept ans). Le taux d'alphab�tisation est de 90,7 %, ce qui place le Lesotho au premier rang des pays d'Afrique en ce domaine. Si le taux de scolarisation dans le secondaire est de 73 %, il n'est que de 1,3 % au niveau universitaire. Contrairement � ce qu'on observe dans beaucoup d'autres pays africains, la participation des femmes dans l'enseignement primaire et secondaire est bien sup�rieure � celle des hommes. Dans les �coles primaires, le sotho reste la principale langue d'enseignement jusqu'� l'�ge de neuf ans (environ), soit la 5e ann�e; durant les 6e et 7e ann�es, l'anglais est introduit progressivement comme langue d'enseignement. Au secondaire, l'anglais devient la seule langue d'enseignement, tandis que le sotho reste une mati�re d'enseignement. � l'universit�, l'anglais demeure �galement la langue d'enseignement, mais le sotho peut �tre �tudi� comme mati�re. 4.3 Les m�dias
Le gouvernement sud-africain contr�le les m�dias officiels (une station d'�mission, des actualit�s quotidiennes d'une dur�e d'une heure sur un canal local de t�l�vision et deux journaux hebdomadaires) et s'assure qu'ils refl�tent fid�lement les positions officielles. En 1970, le Lesotho ne disposait d'aucun quotidien. Les journaux disponibles �taient tous bilingues et paraissaient en sotho et en anglais. Il existe aujourd'hui moins d'une vingtaine de journaux hebdomadaires et des magazines. Les journaux hebdomadaires tels que Makatolle, MoAfrica et Mohlanka sont publi�s en sotho, mais The Mirror est en anglais, alors que Mopheme-The Survivor est bilingue. Du c�t� des p�riodiques, Leselinyana, Leseli Ka Sepolesa, Litsoakotleng et Moeletsi oa Basotho paraissent en sotho; mais Justice and Peace, Shoeshoe et NGO Web News sont bilingues. Quelques autres sont en anglais.
Dans les m�dias �lectroniques, la radio nationale (Radio Lesotho) diffuse en sotho, mais �galement en anglais (bulletins d'informations). Il est est ainsi pour la t�l�vision (National TV Station), sauf que plusieurs �missions produites � l'ext�rieur du pays sont diffus�es uniquement en anglais. Le Lesotho a d�velopp� une certaine politique de bilinguisme qui consiste � promouvoir la langue nationale (le sotho) sans pour autant abandonner la langue coloniale (l'anglais). Cet aspect de la politique linguistique semble avoir relativement r�ussi, mais le sotho n'a pas encore trouv� la place qui lui revient, l'anglais ayant encore pr�s�ance, alors qu'il est la �seconde langue officielle�. Pour ce qui est des minorit�s nationales, la politique linguistique en est � ses balbutiements. Il est vrai que la langue nationale est parl�e par 96 % de la population, mais les minorit�s zouloues sont n�anmoins laiss�es � elles-m�mes. Par ailleurs, les petites minorit�s asiatiques telles que les Chinois et les Indo-Pakistanais, tous tr�s actives dans la vie commerciale du pays, ont d�velopp� certaines rancoeurs en raison de la discrimination qu'ils disent subir. La probl�me n'est pas linguistique, car ces communaut�s ne demandent pas d'imposer l'usage de leur langue, mais d'ordre socio-�conomique. Bref, le Lesotho pratique une politique de bilinguisme institutionnel pour les langues officielles, mais la non-intervention en mati�re de langues non officielles.
Derni�re r�vision: 24 d�cembre, 2015
ENCYCLOP�DIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. �Lesotho� pour la partie historique.
GERVAIS-LAMBONY, Philippe. L�Afrique du sud et les �tats voisins, Paris, Arman Colin, coll. �U G�ographie�, 1998, 240 p.
GILL, Stephen. A short history of Lesotho, Morija (Lesotho), Morija Museum and Archives, 1993.

References: art. 3
 l'article 3
 L'article 4
 l'article 18
 l'article 26
 l'article 58
 l'article 59
 l'article 59