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5A_985/2014 (25.06.2015)
5A_985/2014 � � Arr�t du 25 juin 2015
repr�sent�e par Me Doris Leuenberger, avocate,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la
Cour de justice du canton de Gen�ve du 7 novembre 2014.
A.a.�A.________, n�e en 1967, et B.________, n� en 1965, tous deux de nationalit� italienne, se sont mari�s le 12 septembre 1998 � Stazzona (Italie), sous le r�gime matrimonial italien de la s�paration de biens. A cette date, l'�pouse �tait d�j� domicili�e � Gen�ve, o� elle travaillait comme fonctionnaire internationale aupr�s des Nations Unies, alors que le mari vivait en Italie, dans la r�gion de Milan, o� il exer�ait la profession d'avocat. Deux enfants sont issus de cette union: C.________, n�e le 12 janvier 2001 � Meyrin (GE), et D.________, n�e le 4 octobre 2002 � Meyrin (GE) �galement. Durant la vie commune, l'�pouse a continu� � r�sider dans le canton de Gen�ve avec ses deux filles, alors que le mari vivait dans la r�gion milanaise pendant une partie de la semaine, passant l'autre partie (g�n�ralement du jeudi au dimanche) aupr�s de sa famille � Gen�ve.
�Les �poux se sont s�par�s en juin 2009.
A.b.�Le 22 f�vrier 2012, l'�pouse a form� une demande unilat�rale en divorce.
Par jugement du 11 mars 2014, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, notamment, prononc� le divorce, attribu� l'autorit� parentale et la garde des enfants � leur m�re, r�serv� le droit de visite du p�re et condamn� celui-ci � verser mensuellement, d�s le 22 f�vrier 2012, des contributions � l'entretien de chacune de ses filles d'un montant de 600 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 700 fr. jusqu'� la majorit�, voire au-del� mais jusqu'� 25 ans au plus si l'enfant b�n�ficiaire poursuit des �tudes s�rieuses et suivies, allocations familiales non comprises. Concernant la garde et l'autorit� parentale, le Tribunal a consid�r�, en substance, que chacune des parties disposait de qualit�s parentales �gales, mais qu'il convenait d'�viter aux enfants toute modification de leur cadre de vie.
Par arr�t du 7 novembre 2014, la Cour de justice du canton de Gen�ve a partiellement annul� le jugement de premi�re instance et, statuant � nouveau, a maintenu l'autorit� parentale conjointe, attribu� la garde des enfants au p�re et autoris� celui-ci � transf�rer le lieu de r�sidence de ses filles en Italie, r�serv� � la m�re un droit de visite s'exer�ant d'entente entre les parties, mais � d�faut, un week-end sur deux et pendant la moiti� des vacances scolaires, enfin, condamn� la m�re � payer mensuellement, allocations familiales non comprises, � titre de contribution � l'entretien de ses filles, d�s le moment o� leur r�sidence en Italie serait effective, 1'000 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 1'400 fr. jusqu'� la majorit�, en mains du p�re puis de chaque enfant devenu majeur jusqu'� 25 ans au plus, en cas de formation professionnelle ou d'�tudes suivies et r�guli�res.
Par acte post� le 15 d�cembre 2014, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 7 novembre 2014. Elle conclut, principalement, � ce que l'autorit� parentale et la garde des enfants lui soient attribu�es, sous r�serve d'un droit de visite du p�re s'exer�ant d'entente entre les parties, mais � d�faut un week-end sur deux et pendant la moiti� des vacances scolaires, et � ce que l'intim� soit condamn� � payer mensuellement, d�s le 22 f�vrier 2012, � titre de contribution � l'entretien de chacune de ses filles, allocations familiales non comprises, 600 fr. jusqu'� l'�ge de 15 ans et 700 fr. jusqu'� la majorit�, voire au-del� mais jusqu'� 25 ans au plus si l'enfant b�n�ficiaire poursuit des �tudes s�rieuses et suivies. Subsidiairement, elle demande l'annulation de l'arr�t querell� et le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Par ordonnance pr�sidentielle du 16 d�cembre 2014, l'effet suspensif a �t� attribu� � titre superprovisoire s'agissant de l'attribution de la garde et du transfert du lieu de r�sidence des enfants. Apr�s avoir recueilli les d�terminations de l'intim� et celles de l'autorit� cantonale, le Pr�sident de la cour de c�ans a admis la requ�te d'effet suspensif dans la m�me mesure par ordonnance du 13 janvier 2015.
1.1.�Le pr�sent recours a �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 al. 1 LTF) rendue en mati�re matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF) par une autorit� cantonale sup�rieure statuant en derni�re instance et sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le litige porte sur l'attribution des droits parentaux et sur les contributions � l'entretien des enfants, en sorte que la cause est non p�cuniaire dans son ensemble (arr�ts 5A_724/2014 du 27 mars 2015 consid. 1.1; 5A_324/2014 du 9 octobre 2014 consid. 1 et la jurisprudence cit�e). La recourante a en outre qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
1.2.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les moyens des parties ni par les motifs de l'autorit� cantonale (ATF 135 III 397 consid. 1.4). Cependant, vu l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit�, il n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2; 135 III 397 consid. 1.4). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t en outre de la violation des droits fondamentaux que si ce grief a �t� invoqu� et d�ment motiv� par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 II 305 consid. 3.3), c'est-�-dire express�ment soulev� et expos� de fa�on claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 139 II 404 consid. 10.1 et les arr�ts cit�s).
1.3.�Le Tribunal f�d�ral statue en principe sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF), sous r�serve des cas pr�vus � l'art. 105 al. 2 LTF. Selon l'art. 97 al. 1 LTF, la partie recourante ne peut critiquer la constatation de faits que si ceux-ci ont �t� �tablis en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF ou de mani�re manifestement inexacte - autrement dit arbitraire (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 III 226 consid. 4.2; 136 II 304 consid. 2.4) - et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Si le recourant entend se pr�valoir de constatations diff�rentes de celles de l'autorit� pr�c�dente, il doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 97 al. 1 LTF seraient r�alis�es. A d�faut, il n'est pas possible de tenir compte d'un �tat de fait divergent de celui retenu dans l'acte attaqu�. En particulier, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur des critiques de type appellatoire portant sur l'�tat de fait ou sur l'appr�ciation des preuves (ATF 137 II 353 consid. 5.1; 136 II 101 consid. 3 et les arr�ts cit�s).
1.4.�La cause rev�t un caract�re international, compte tenu de la nationalit� italienne des parties et de leurs enfants ainsi que du domicile du mari en Italie.
1.4.1.�La Cour de justice a admis, � bon droit, la comp�tence des tribunaux genevois pour conna�tre de l'action en divorce introduite par l'�pouse (art. 59 let. b LDIP) et se prononcer sur les effets accessoires (art. 63 al. 1 LDIP), en particulier sur l'attribution de l'autorit� parentale et de la garde ainsi que sur la r�glementation des relations personnelles entre parents et enfants (art. 1er de la Convention de La Haye du 5 octobre 1961 concernant la comp�tence des autorit�s et la loi applicable en mati�re de protection des mineurs [RS 0.211.231.01; CLaH 61], applicable ici [arr�ts 5A_146/2014 du 19 juin 2014 consid. 3.1.1; 5A_809/2012 du 8 janvier 2013 consid. 2.3.1 publi� notamment in FamPra.ch 2013 p. 519], en relation avec l'art. 85 al. 1 LDIP), de m�me que sur les prestations d'entretien dues aux enfants du couple (art. 63 al. 1 LDIP; cf. aussi art. 5 ch. 2 CL). Ces points ne sont pas remis en cause.
1.4.2.�En ce qui concerne le droit applicable au litige - que le Tribunal f�d�ral doit contr�ler d'office sur la base du droit international priv� suisse en tant que�
lex fori�(ATF 135 III 259 consid. 2.1; 133 III 323 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s) -, l'autorit� cantonale a consid�r� � juste titre qu'il s'agissait du droit suisse. Vu la r�sidence habituelle des enfants � Gen�ve, le droit suisse est en effet applicable concernant l'attribution de l'autorit� parentale et de la garde ainsi que la r�glementation du droit de visite, qui constituent des mesures de protection de l'enfant (art. 1eret 2 CLaH 61 en relation avec l'art. 85 al. 1 LDIP; ATF 132 III 586 consid. 2.2.1; 126 III 298 consid. 2a/bb; 124 III 176 consid. 4; 123 III 411 consid. 2a/bb; 114 II 412 consid. 1c et les r�f�rences); il en va de m�me s'agissant de l'obligation d'entretien des enfants (art. 4 de la Convention de La Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations alimentaires [RS 0.211.213.01] en relation avec les art. 63 al. 2 et 83 al. 1 LDIP). Quant au divorce lui-m�me, auquel le droit italien serait susceptible de s'appliquer (art. 61 al. 2 LDIP), il n'est pas litigieux � ce stade de la proc�dure; au reste, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, par jugement du 8 janvier 2013 - aujourd'hui d�finitif et ex�cutoire -, d�clar� le droit suisse applicable au divorce selon l'art. 61 al. 3 LDIP.
1.5.�Les nouvelles dispositions du Code civil relatives � l'autorit� parentale du 21 juin 2013 sont entr�es en vigueur le 1er juillet 2014 (RO 2014 357). Selon l'art. 12 al. 1 Tit. fin. CC, elles sont d'application imm�diate. Pour les proc�s en divorce pendants, l'art. 7b Tit. fin. CC pr�voit toutefois que le nouveau droit n'est applicable que par les autorit�s cantonales (al. 1), alors que le Tribunal f�d�ral applique l'ancien droit lorsque la d�cision attaqu�e a �t� prononc�e avant l'entr�e en vigueur du nouveau droit (al. 3); la modification de la loi concernant l'autorit� parentale n'a pas d'effet anticip� (arr�ts 5A_46/2015 du 26 mai 2015 consid. 4.3; 5A_724/2014 du 27 mars 2015 consid. 2; 5A_92/2014 du 23 juillet 2014 consid. 2.1 et 2.3).
�En l'esp�ce, la d�cision querell�e a �t� rendue apr�s l'entr�e en vigueur du nouveau droit; la pr�sente affaire s'analyse d�s lors � l'aune de celui-ci.
La recourante se plaint de constatation manifestement inexacte des faits et d'appr�ciation insoutenable des preuves. Elle reproche � la cour cantonale d'avoir retenu que les enfants avaient plus ou moins de la peine � nouer des contacts dans leur cadre scolaire et n'avaient que peu de liens avec Gen�ve, compte tenu de leur environnement presque exclusivement international. Les juges pr�c�dents auraient aussi arbitrairement retenu que le p�re pr�sentait une disponibilit� personnelle plus grande que celle de la m�re, qui devait parfois effectuer des voyages professionnels plusieurs jours de suite, et que les "nounous" des enfants seraient des "employ�s instables".
2.1.�Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales (parmi plusieurs: ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons s�rieuses de tenir compte de preuves pertinentes ou encore a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables, ce qu'il appartient � la partie recourante de d�montrer (ATF 140 III 264 consid. 2.3; 137 III 226 consid. 4.2).
2.2.�Selon la recourante, l'autorit� cantonale a retenu de mani�re contraire aux faits expos�s et aux documents produits que les enfants avaient peu de liens � Gen�ve. Elle pr�tend que ces constatations vont � l'encontre des �l�ments du dossier, des pi�ces et des d�clarations de ses filles, mais sans mentionner lesquels. Elle soutient en outre que la cadette de ses filles a expos� au Tribunal qu'elle avait nou� des relations amicales dans sa pr�c�dente �cole et gard� des contacts avec d'anciens camarades, que, post�rieurement � son audition par cette juridiction, elle a �t� nomm�e repr�sentante de sa classe et qu'elle pratique le th��tre au sein de son �cole, activit� qui l'a beaucoup �panouie. Elle a une vie sociale parfaitement adapt�e � son �ge, allant dormir chez des camarades ou les invitant chez elle. L'a�n�e a elle aussi augment� son cercle de relations; elle pratique le kung-fu, prend des cours d'italien et va parfois dormir chez des amies. La recourante affirme par ailleurs qu'elle et ses enfants ont r�guli�rement partag� des activit�s avec d'autres familles rencontr�es soit � l'�cole, soit dans son travail. En se bornant � exposer sa propre version des faits, sans pr�ciser de quel �l�ment du dossier elle tire ses all�gations, la recourante �met une critique purement appellatoire, partant irrecevable.
�Il en va de m�me dans la mesure o� elle s'en prend � la constatation selon laquelle l'intim� pr�sente une disponibilit� plus grande que la sienne. Sur ce point, elle se contente d'opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, affirmant, en bref, qu'elle a toujours exerc� une activit� lucrative d'entente avec son mari, lequel n'a jamais assum� l'entretien de la famille de mani�re r�guli�re, et que son employeur a attest� qu'elle b�n�ficiait d'horaires souples et que ses d�placements professionnels �taient peu fr�quents, de tr�s courte dur�e et souvent fix�s pendant les vacances scolaires. Elle soutient en outre que l'intim� ne l'a jamais assist�e dans les t�ches familiales lorsque les enfants �taient petits puisqu'il se contentait de venir � Gen�ve en fin de semaine et que son activit� d'avocat ind�pendant ne lui permet pas d'�tre plus disponible qu'elle pour ses filles en fin de journ�e. Une telle argumentation ne r�pond pas non plus aux exigences de motivation requises, de sorte qu'elle ne peut �tre prise en consid�ration.
�Tel est aussi le cas en tant qu'elle conteste que les personnes engag�es pour s'occuper des enfants seraient instables, ses all�gations, au demeurant non document�es, selon lesquelles elle n'en a employ� qu'une seule en 2013 puis une autre � partir de 2014, ne suffisant pas � d�montrer l'arbitraire de la constatation incrimin�e.
La recourante se plaint d'une application arbitraire de l'art. 133 CC. Elle soutient en substance que la d�cision querell�e est insoutenable, en tant qu'elle attribue la garde des enfants � l'intim� et prononce le maintien de l'autorit� parentale conjointe.
3.1.�Selon l'art. 133 CC, le juge du divorce r�gle les droits et les devoirs des p�re et m�re conform�ment aux dispositions r�gissant les effets de la filiation. Cette r�glementation porte notamment sur l'autorit� parentale, la garde de l'enfant, les relations personnelles, la participation de chaque parent � la prise en charge de l'enfant et la contribution d'entretien (al. 1). Le juge tient compte de toutes les circonstances importantes pour le bien de l'enfant; il prend en consid�ration une �ventuelle requ�te commune des parents et, autant que possible, l'avis de l'enfant (al. 2).
3.1.1.�Contrairement � ce qui pr�valait pr�c�demment, le divorce n'a g�n�ralement plus d'influence sur la titularit� de l'autorit� parentale. L'attribution de l'autorit� parentale conjointe - dont le principe est pos� � l'art. 296 al. 2 CC - aux parents divorc�s (art. 133 CC) ou non mari�s (art. 298a CC) est d�sormais la r�gle, sans qu'un accord des parents ne soit n�cessaire sur ce point. Il n'est qu'exceptionnellement d�rog� au principe du maintien de l'autorit� parentale conjointe, lorsqu'il appara�t que l'attribution de l'autorit� exclusive � l'un des parents est n�cessaire pour prot�ger le bien de l'enfant. Le parent qui ne veut pas de l'autorit� parentale conjointe doit d�montrer le bien-fond� de sa position. Si rien ne s'y oppose, l'autorit� parentale sera attribu�e aux deux parents (notamment: Hausheer/Geiser/Aebi-M�ller, Das Familienrecht des Schweizerischen Zivilgesetzbuches, 5e �d., 2014, n� 10.135 p. 188; Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e �d., 2014, n� 488 p. 328; Message du 16 novembre 2011 concernant une modification du Code civil suisse [Autorit� parentale], FF 2011 8339 ch. 2.1). Le juge doit ainsi s'assurer que les conditions � l'exercice de l'autorit� parentale conjointe sont toujours remplies, ce qui n'est plus le cas si la sauvegarde des int�r�ts de l'enfant exige que l'autorit� parentale soit retir�e � l'un des parents (FF 2011 8340 ch. 2.1). A cet effet, l'art. 298 al. 1 CC pr�voit que le juge confie l'autorit� parentale exclusive � l'un des parents si le bien de l'enfant le commande (cf. parmi plusieurs: Schwenzer/Cottier, in Basler Kommentar, n� 14 ad art. 298 CC; Meier/Stettler, op. cit., n� 510 p. 343; Hausheer/Geiser/ Aebi-M�ller, op. cit., n� 17.88 p. 390/391 et, pour l'art. 298d CC, n� 17.168 p. 413).
3.1.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'il ne se justifiait pas de retirer � l'un ou l'autre des parents l'autorit� parentale exerc�e actuellement de fa�on conjointe par les parties. A cet �gard, la recourante fait valoir sa propre conception de l'int�r�t des enfants, en se fondant sur des faits non �tablis, et la substitue � celle de l'autorit� cantonale, sans mettre en �vidence de violation du droit f�d�ral. Tel est en particulier le cas lorsqu'elle soutient que les perspectives professionnelles de ses filles seraient mieux assur�es si elles continuaient leurs �tudes � Gen�ve plut�t qu'en Italie. Quant � ses all�gations selon lesquelles, vu le conflit majeur opposant les parties sur toutes les d�cisions concernant l'avenir de leurs filles, il serait dans l'int�r�t bien compris de celles-ci que seule leur m�re puisse exercer l'autorit� parentale et prendre les d�cisions les concernant, elles ne se fondent sur aucun fait �tabli et ne permettent pas non plus de consid�rer que l'autorit� cantonale aurait viol� les dispositions applicables en la mati�re. En effet, il ne r�sulte pas de l'arr�t querell� - sans que la recourante n'ait d�montr� d'arbitraire dans la constatation des faits - que les d�saccords entre les parties seraient � ce point graves et fr�quents que la d�cision d'attribuer l'autorit� parentale exclusive � l'un des parents, en application de l'art. 298 al. 1 CC, serait n�cessaire � la sauvegarde du bien des enfants (cf. supra consid. 3.1.1).
�Au demeurant, par son argumentation, la recourante ne critique en r�alit� le maintien de l'autorit� parentale conjointe que pour le cas o�, comme elle le requiert, la garde des enfants lui serait attribu�e. Or cette conclusion doit �tre rejet�e, comme il sera expos� ci-apr�s (cf. infra consid. 3.2.2).
3.2.�L'art. 298 al. 2 CC - auquel renvoie l'art. 133 al. 1 CC - pr�voit que lorsqu'aucun accord entre les parents ne semble envisageable sur ce point, le juge peut aussi se limiter � statuer sur la garde de l'enfant ainsi que sur les relations personnelles ou la participation de chaque parent � sa prise en charge.
3.2.1.�Cette disposition habilite le juge � d�cider uniquement du lieu de s�jour et de la prise en charge de l'enfant, sans que l'autorit� parentale ne soit remise en cause, lorsqu'il appara�t que les parents ne parviendront pas � surmonter leurs divergences sur ces questions (FF 2011 8340 s. ch. 2.1; Meier/Stettler, op. cit., n� 885 p. 595). Le terme "garde" se r�f�re � la prise en charge effective de l'enfant (FF 2011 8339 ch. 2.1; sur la signification de cette notion sous le nouveau droit, cf. Nino Gloor, Der Begriff der Obhut, in FamPra.ch 2015 p. 331 ss). Conform�ment � l'art. 301 al. 1bis CC, le parent qui a la charge de l'enfant peut prendre seul les d�cisions courantes ou urgentes (ch. 1) ou d'autres d�cisions, si l'autre parent ne peut �tre atteint moyennant un effort raisonnable (ch. 2).
�L'art. 301a al. 1 CC pr�voit toutefois que l'autorit� parentale inclut le droit de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant. Ainsi, alors que pr�c�demment, le droit de garde comprenait la facult� de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant, de sorte que son titulaire unique pouvait en r�gle g�n�rale d�m�nager, m�me � l'�tranger, sans l'accord de l'autre parent (en particulier: ATF 136 III 353 consid. 3.2), l'art. 301a CC rattache d�sormais ce droit � l'autorit� parentale. Il en r�sulte qu'en cas d'autorit� parentale conjointe, les deux parents d�tiennent le droit de fixer la r�sidence de l'enfant sans �gard � l'attribution de la garde, sous r�serve des limitations pr�vues � l'art. 301a al. 2 CC (Andreas Bucher, op. cit., n� 80 p. 32; Patrick Fassbind, Inhalt des gemeinsamen Sorgerechts, der Obhut und des Aufenthaltsbestimmungsrechts, in PJA 2014 p. 692 ss, 694). Ils doivent d�s lors d�cider ensemble chez lequel d'entre eux l'enfant va habiter, les exceptions �tant r�gl�es aux art. 298 al. 2 et 298b al. 3 CC (FF 2011 8344 ch. 2.1).
�Selon l'art. 301a al. 2 CC, un parent exer�ant conjointement l'autorit� parentale ne peut modifier le lieu de r�sidence de l'enfant qu'avec l'accord de l'autre parent ou sur d�cision du juge ou de l'autorit� de protection de l'enfant lorsque le nouveau lieu de r�sidence se trouve � l'�tranger (let. a) ou quand le d�m�nagement a des cons�quences importantes pour l'exercice de l'autorit� parentale par l'autre parent et pour les relations personnelles (let. b). Le d�m�nagement d'un parent � l'�tranger fait ainsi l'objet d'une r�gle sp�ciale: � la diff�rence d'un d�m�nagement en Suisse, un d�part n'est possible qu'avec le consentement de l'autre parent m�me s'il n'en r�sulte pas de cons�quence significative pour l'exercice de l'autorit� parentale (FF 2011 8345 ch. 2.1). Quand le consentement d'un parent est sollicit� et qu'il le refuse, son opposition sera priv�e de tout effet si l'autorit� accepte le d�placement, conform�ment � l'alin�a 2 de l'art. 301a CC. La d�cision d'autoriser un changement de lieu de r�sidence de l'enfant est prise par le tribunal dans le cadre de la proc�dure matrimoniale lorsque, dans le m�me temps - ce qui est g�n�ralement le cas -, il est n�cessaire de r�glementer ou de modifier l'autorit� parentale, la garde, les relations personnelles, la prise en charge ou l'entretien de l'enfant (Schwenzer/Cottier, op. cit., n� 23 ad art. 301a CC). Le juge du divorce - et l'autorit� de protection de l'enfant - peuvent ainsi d�cider du lieu o� vivra l'enfant m�me dans l'hypoth�se d'un d�m�nagement � venir (Andreas Bucher, op. cit., n� s 178 et 179 p. 62).
Les crit�res d�gag�s par la jurisprudence concernant notamment l'attribution de la garde demeurent applicables,�
mutatis mutandis, au nouveau droit (Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5e �d., 2014, nos 498 et 499 p. 334 s.; Schwenzer/Cottier, op. cit., n� s 5 et 15 ad art. 298 CC). Ainsi, la r�gle fondamentale en ce domaine est le bien de l'enfant, les int�r�ts des parents devant �tre rel�gu�s au second plan. Au nombre des crit�res essentiels, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre parents et enfants, les capacit�s �ducatives respectives des parents, leur aptitude � prendre soin de l'enfant personnellement, � s'en occuper, ainsi qu'� favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution qui, au regard des donn�es de l'esp�ce, est la mieux � m�me d'assurer � l'enfant la stabilit� des relations n�cessaires � un d�veloppement harmonieux des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel. En cas de capacit�s d'�ducation et de soin �quivalentes des parents, le crit�re de la stabilit� des relations, selon lequel il est essentiel d'�viter des changements inutiles dans l'environnement local et social des enfants propres � perturber un d�veloppement harmonieux (ATF 114 II 200 consid. 5a), est important (ATF 136 I 178 consid. 5.3; arr�ts 5A_529/2014 du 18 f�vrier 2015 consid. 2.2; 5A_26/2014 du 2 f�vrier 2015 consid. 5.3.1; 5A_105/2014 du 6 juin 2014 consid. 4.2.1 et les r�f�rences).
�L'autorit� cantonale, qui conna�t le mieux les parties et le milieu dans lequel vit l'enfant, dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation dans ce domaine (art. 4 CC); le Tribunal f�d�ral n'intervient que lorsque cette autorit� a �cart�, sans aucun motif, des crit�res essentiels en la mati�re ou, � l'inverse, s'est fond�e sur des �l�ments d�pourvus d'importance au regard du bien de l'enfant. Il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2; 133 III 201 consid. 5.4; 132 III 97 consid. 1; 117 II 353 consid. 3; arr�t 5A_653/2013 du 30 janvier 2014 consid. 2.1).
3.2.2.�En l'occurrence, l'autorit� cantonale a consid�r� que chacun des parents pr�sentait de bonnes capacit�s parentales et souhaitait le bien des enfants. La disponibilit� personnelle du p�re, qui travaillait � domicile et � son compte comme avocat, �tait cependant nettement plus importante que celle de la m�re. Il �tait en outre soutenu dans sa t�che �ducative et dans les travaux m�nagers par sa propre m�re, qui vivait dans la m�me maison familiale. De surcro�t, tant la famille maternelle que la plupart des membres de la famille paternelle habitaient � proximit� du p�re, mais loin de la m�re qui devait s'organiser seule � Gen�ve, avec l'aide d'employ�s instables, alors qu'elle travaillait � plein temps et devait parfois s'absenter de son domicile plusieurs jours de suite. Or, la disponibilit� restreinte de leur m�re pesait d�j� sur ses filles quand ni les parents, ni la fratrie n'�taient s�par�s. Les besoins particuliers des enfants, qui souffraient d'anxi�t�, avaient plus ou moins de la peine � nouer des contacts dans leur environnement scolaire et qui, s'agissant de la cadette, rencontrait des difficult�s d'apprentissage, plaidaient pour un entourage familial renforc�, afin de leur assurer une pr�sence affective r�guli�re et s�curisante. Une telle solution s'imposait d'autant plus que les relations entre la m�re et sa fille a�n�e s'�taient d�t�rior�es au point de rendre n�cessaire un placement de cette derni�re en internat et, partant, une s�paration des deux soeurs ainsi qu'un isolement de l'enfant concern� hors de la cellule familiale, isolement potentiellement compromettant pour son d�veloppement. Enfin, le placement des deux enfants aupr�s de leur p�re en Italie correspondait � leur souhait de changer d'environnement et ne leur ferait perdre que tr�s peu de liens avec Gen�ve, compte tenu de leur enfance pass�e dans un milieu presque exclusivement international.
�Dans ces conditions, il y avait lieu de confier la garde des enfants - d�sormais �g�s de douze et treize ans et parlant couramment l'italien - � leur p�re, celui-ci pouvant d�terminer seul leur futur lieu de r�sidence en Italie.
3.2.3.�A l'appui de son moyen, la recourante soutient que ses filles ont toujours v�cu aupr�s d'elle et ont toujours �t� scolaris�es � Gen�ve, qu'elle s'en est continuellement occup� depuis leur naissance, en sorte qu'elles ne sauraient �tre mieux entour�es en vivant aupr�s de leur p�re, et qu'elle n'est pas moins disponible que celui-ci pour les prendre en charge. Le d�sir exprim� par les enfants d'aller vivre en Italie devrait en outre �tre replac� dans son contexte, soit les p�riodes de vacances pass�es dans ce pays, les difficult�s rencontr�es avec sa fille a�n�e s'�tant par ailleurs r�sorb�es depuis que celle-ci est plac�e en internat. L'autorit� cantonale n'aurait pas non plus tenu compte de l'instrumentalisation des filles par leur p�re, ni des difficult�s qu'elles rencontreraient si elles devaient changer de pays, de programmes scolaires et de langue, d'autant qu'il n'est pas �tabli qu'elles b�n�ficieraient d'une formation de qualit�. Les avantages li�s � son statut de fonctionnaire internationale s'agissant des soins dentaires et m�dicaux n'auraient pas davantage �t� pris en consid�ration, pas plus que les perspectives d'avenir indubitablement meilleures � Gen�ve qu'en Italie, en raison des difficult�s �conomiques que traverse ce pays.
Contrairement � ce que pr�tend la recourante, l'autorit� pr�c�dente a examin� la situation au regard de l'int�r�t des enfants, en tenant compte de toutes les circonstances. Elle a notamment d�ment pris en consid�ration la disponibilit� plus importante du p�re, l'absence pour la m�re de tout soutien familial � Gen�ve et l'avis des deux filles, selon lesquelles un changement d'environnement leur donnerait la possibilit� d'�tre plus entour�es. Sur la base des faits constat�s - dont la recourante a �chou� � d�montrer le caract�re insoutenable (cf. supra consid. 2) -, la Cour de justice n'a pas enfreint le droit f�d�ral, ni abus� de son pouvoir d'appr�ciation, en consid�rant que la garde des enfants devait �tre confi�e au p�re et en autorisant celui-ci � transf�rer leur lieu de r�sidence en Italie (cf. supra consid. 3.2.1�
in fine�), le crit�re de la stabilit� de leur lieu de vie n'�tant, vu les circonstances, pas d�terminant.
Vu ce qui pr�c�de, il n'y a pas lieu de se prononcer sur les all�gations de la recourante tendant au versement de contributions � l'entretien de ses filles.
En conclusion, le recours appara�t mal fond� et doit par cons�quent �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante supportera d�s lors les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � r�pondre sur le fond et qui, s'agissant de ses d�terminations sur l'effet suspensif, auquel il ne s'est pas oppos�, a agi sans �tre repr�sent� ni justifier de d�penses particuli�res (art. 68 al. 1 et 2 LTF; ATF 129 II 297 consid. 5 et les arr�ts cit�s).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 2'500 fr., sont mis � la charge de la recourante.

References: art. 95
 art. 106
 ATF 
 art. 5
 ATF 
 art. 63
 ATF 
 art. 298
 ATF 
 art. 298
 art. 301
 art. 298
in fine
 ATF