Source: http://accesnomade.blog.lemonde.fr/2012/11/22/laffaire-bourbaki/
Timestamp: 2018-07-21 11:31:07+00:00

Document:
L’AFFAIRE BOURBAKI | TELLE EST LA SUISSE
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L’AFFAIRE BOURBAKI (suite) →
Bon nombre de lecteurs resteront interloqués devant le texte suivant :
Entre Monsieur le général Herzog, général en chef de l’armée de la Confédération suisse, et Monsieur le général de division Clinchant, général en chef de la 1ère armée française, il a été fait les conventions suivantes:
Art. 1er : L’armée française demandant à passer sur le territoire suisse déposera ses armes, équipements et munitions en y pénétrant.
Art. 3 : Il en sera de même pour le matériel d’artillerie et ses munitions.
Art. 5 : Des dispositions ultérieures seront prises à l’égard des chevaux de troupe.
Art. 8 : L’exécution de ces dispositions aura lieu en présence d’officiers français et suisses désignés à cet effet.
Art. 9 : La Confédération se réserve la désignation des lieux d’internement pour les officiers et pour la troupe.
Art. 10 : Il appartient au Conseil fédéral d’indiquer les prescriptions de détail destinées à compléter la présente Convention.
Entrée de l’armée Bourbaki en Suisse (panorama Bourbaki de Lucerne)
Ce curieux document a été signé en trois exemplaires le 1er février 1871, vers 3h du matin, à la frontière suisse, entre le général Justin Clinchant, adjoint du général français Bourbaki et Hans Herzog, général suisse, c’est à dire en fait président de la Suisse disposant de pouvoirs exclusifs et nommé comme tel en cas de guerre aux frontières.
Cette convention est à la base de l’internement en Suisse de l’Armée de l’Est dite armée Bourbaki, abandonnée à son sort et poursuivie par les uhlans de Bismarck à la fin de 1870. La retraite de l’armée française eut lieu par un froid sibérien (jusqu’à moins 20 degrés centigrades) et dans des circonstances dramatiques. Ce sont près de 88 000 hommes qui franchirent la frontière suisse en déposant leurs armes, abandonnant 11 8oo chevaux et 285 canons et mortiers. 5000 hommes au moins furent hospitalisés, mais en fait tous durent être secourus. Et ils le furent admirablement.
L’une des rares photos des troupes françaises internées en Suisse (début 1871)
2 réponses à L’AFFAIRE BOURBAKI
J’ignorais cet « épisode » où la Suisse a montré qu’elle était douée pour son rôle de Croix rouge…
Pour moi, Bourbaki était un mathématicien : mais le calcul fut, là aussi, réussi.
Merci Dom. Cet épisode aura une suite.

References: Art. 1

Art. 3

Art. 5

Art. 8

Art. 9

Art. 10