Source: http://mjp.univ-perp.fr/constit/lux1868.htm
Timestamp: 2019-04-25 00:04:48+00:00

Document:
Constitution luxembourgeoise 1868, MJP
Chapitre premier - De l'État, de son territoire et du Grand-Duc
Chapitre II - Des libertés publiques et des droits fondamentaux
Chapitre III - De la Puissance souveraine
Chapitre V bis - Du Conseil d'État
Chapitre VII - De la force publique
Chapitre VIII - Des finances
Chapitre IX - Des communes
Chapitre X - Des établissements publics
Chapitre XI - Dispositions générales
Chapitre XII - Dispositions transitoires et supplémentaires
La Constitution du 17 octobre 1868 est restée inchangée durant cinquante ans, mais depuis la fin des années 1980 le constituant a été frappé de frénésie révisionniste. La Constitution a été ainsi modifiée par les lois constitutionnelles des 15 mai 1919, 28 avril 1948, 6 mai, 15 mai et 21 mai 1948, 27 juillet 1956 et 25 octobre 1956, 27 janvier 1972, 13 juin 1979, 25 novembre 1983, 20 décembre 1988, 31 mars et 20 avril 1989, 13 juin, 16 juin et 19 juin 1989, 23 décembre 1994, 12 juillet 1996, 12 janvier 1998, 29 avril et 2 juin 1999, 8 août 2000, 18 février et 19 décembre 2003, 26 mai et 19 novembre 2004, 21 juin 2005, 1er juin 2006 (deux lois), 29 mars et 24 octobre 2007, 31 mars 2008, 23 octobre 2008 (deux lois), 12 mars 2009.
Voir la version initiale de la Constitution.
De l'État, de son territoire et du Grand-Duc
Le Grand-Duché de Luxembourg est un État démocratique, libre, indépendant et indivisible.
Les limites et chefs-lieux des arrondissements judiciaires ou administratifs, des cantons et des communes ne peuvent être changés qu'en vertu d'une loi.
La Couronne du Grand-Duché est héréditaire dans la famille de Nassau, conformément au pacte du 30 juin 1783, à l'article 71 du traité de Vienne du 9 juin 1815 et à l'article premier du traité de Londres du 11 mai 1867.
La personne du Grand-Duc est inviolable.
[Révision du 12 janvier 1998]
(1) Le Grand-Duc de Luxembourg est majeur à l'âge de dix-huit ans accomplis. Lorsqu'il accède au trône, il prête, aussitôt que possible, en présence de la Chambre des députés ou d'une députation nommée par elle, le serment suivant :
(2) « Je jure d'observer la Constitution et les lois du Grand-Duché de Luxembourg, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire ainsi que les libertés publiques et individuelles. »
[Révision du 25 novembre 1983]
Si à la mort du Grand-Duc son successeur est mineur, la régence est exercée conformément au pacte de famille.
Si le Grand-Duc se trouve dans l'impossibilité de régner, il est pourvu à la régence comme dans le cas de minorité.
En cas de vacance du trône, la Chambre pourvoit provisoirement à la régence. Une nouvelle Chambre, convoquée en nombre double dans le délai de trente jours, pourvoit définitivement à la vacance.
(1) Lors de son entrée en fonctions, le Régent prête le serment suivant :
(2) « Je jure fidélité au Grand-Duc. Je jure d'observer la Constitution et les lois du pays. »
Des libertés publiques et des droits fondamentaux
[Titre modifié. Révision du 2 juin 1999]
La qualité de Luxembourgeois s'acquiert, se conserve et se perd d'après les règles déterminées par la loi civile.
[Révision du 23 octobre 2008]
La présente Constitution et les autres lois relatives aux droits politiques déterminent quelles sont, outre cette qualité, les conditions nécessaires pour l'exercice de ces droits.
Par dérogation à l'alinéa qui précède, la loi peut conférer l'exercice de droits politiques à des non Luxembourgeois.
[Révision du 23 décembre 1994]
(1) La naturalisation est accordée par le pouvoir législatif.
(2) La loi détermine les effets de la naturalisation.
[Révision du 6 mai 1948] [Article abrogé par la loi de révision du 23 octobre 2008]
(1) Les Luxembourgeois sont égaux devant la loi.
(2) Ils sont admissibles à tous les emplois publics, civils et militaires ; la loi détermine l'admissibilité des non luxembourgeois à ces emplois.
[Article additionnel. Révision du 29 avril 1999]
[Révision du 21 mai 1948]
(1) Il n'y a dans l'État aucune distinction d'ordres.
L'État garantit les droits naturels de la personne humaine et de la famille.
[Révision du 29 mars 2007]
(2) Les femmes et les hommes sont égaux en droits et en devoirs.
L’Etat veille à promouvoir activement l’élimination des entraves pouvant exister en matière d’égalité entre femmes et hommes.
[Disposition initiale abrogé par la loi de révision du 29 avril 1999. Texte nouveau établi par la loi de révision du 13 juillet 2006]
(3) L'État garantit les droits naturels de la personne humaine et de la famille.
L’Etat garantit la protection de la vie privée, sauf les exceptions fixées par la loi.
(4) La loi garantit le droit au travail et l’Etat veille à assurer à chaque citoyen l’exercice de ce droit. La loi garantit les libertés syndicales et organise le droit de grève.
(5) La loi règle quant à ses principes la sécurité sociale, la protection de la santé, les droits des travailleurs, la lutte contre la pauvreté et l’intégration sociale des citoyens atteints d’un handicap.
(6) La loi garantit la liberté du commerce et de l'industrie, l'exercice de la profession libérale et du travail agricole, sauf les restrictions à établir par le pouvoir législatif.
La liberté du commerce et de l’industrie, l’exercice de la profession libérale et du travail agricole sont garantis, sauf les restrictions à établir par la loi.
En matière d’exercice de la profession libérale elle peut accorder à des organes professionnels dotés de la personnalité civile le pouvoir de prendre des règlements.
La loi peut soumettre ces règlements à des procédures d’approbation, d’annulation ou de suspension, sans préjudice des attributions des tribunaux judiciaires ou administratifs.
[Révision du 19 novembre 2004]
L’Etat garantit la protection de l’environnement humain et naturel, en oeuvrant à l’établissement d’un équilibre durable entre la conservation de la nature, en particulier sa capacité de renouvellement, et la satisfaction des besoins des générations présentes et futures.
Il promeut la protection et le bien-être des animaux.
Nul ne peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu'elle prescrit.
Nul ne peut être arrêté ou placé que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu'elle prescrit
Toute personne doit être informée sans délai des moyens de recours légaux dont elle dispose pour recouvrer sa liberté.
[Révision du 2 juin 1999]
Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique, dans les cas et de la manière établis par la loi et moyennant une juste et préalable indemnité, dans les cas et de la manière établis par la loi.
[Révision du 24 octobre 2007 !]
La peine de mort ne peut être établie.
[Révision du 29 avril 1999]
La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions religieuses sont garanties, sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés.
Nul ne peut être contraint de concourir d'une manière quelconque aux actes et aux cérémonies d'un culte ni d'en observer les jours de repos.
Le mariage civil devra toujours précéder la bénédiction nuptiale.
L'intervention de l'État dans la nomination et l'installation des chefs des cultes, le mode de nomination et de révocation des autres ministres des cultes, la faculté pour les uns et les autres de correspondre avec leurs supérieurs et de publier leurs actes, ainsi que les rapports de l'Église avec l'État, font l'objet de conventions à soumettre à la Chambre des députés pour les dispositions qui nécessitent son intervention.
L'État veille à l'organisation de l'instruction primaire, qui sera obligatoire et gratuite et dont l'accès doit être garanti à toute personne habitant le Grand-Duché. L'assistance médicale et sociale sera réglée par la loi.
Il crée des établissements d'instruction moyenne gratuite et les cours d'enseignement supérieur nécessaires.
La loi détermine les moyens de subvenir à l'instruction publique ainsi que les conditions de surveillance par le Gouvernement et les communes ; elle règle pour le surplus tout ce qui est relatif à l'enseignement et prévoit, selon des critères qu'elle détermine, un système d'aides financières en faveur des élèves et étudiants.
Chacun est libre de faire ses études dans le Grand-Duché ou à l'étranger et de fréquenter les universités de son choix, sauf les dispositions de la loi sur les conditions d'admission aux emplois et à l'exercice de certaines professions.
La liberté de manifester ses opinions par la parole en toutes matières, et la liberté de la presse sont garanties, sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'exercice de ces libertés.
La censure ne pourra jamais être établie.
Il ne peut être exigé de cautionnement des écrivains, éditeurs ou imprimeurs.
Le droit de timbre des journaux et écrits périodiques indigènes est aboli.
L'éditeur, l'imprimeur ou le distributeur, ne peut être poursuivi si l'auteur est connu, s'il est Luxembourgeois et domicilié dans le Grand-Duché.
[Révision du 26 mai 2004]
La Constitution garantit le droit de s'assembler paisiblement et sans armes, dans le respect des lois qui règlent l'exercice de ce droit, sans pouvoir le soumettre à une autorisation préalable.
Cette disposition ne s'applique pas aux rassemblements en plein air, politiques, religieux ou autres ; ces rassemblements restent entièrement soumis aux lois et règlements de police.
La Constitution garantit le droit d'association, dans le respect des lois qui règlent l'exercice de ce droit, sans pouvoir le soumettre à une autorisation préalable.
Chacun a le droit d'adresser aux autorités publiques, des pétitions signées par une ou plusieurs personnes.
La loi réglera la garantie à donner au secret des télégrammes.
La loi réglera l'emploi des langues en matière administrative et judiciaire.
[Révision du 6 mai 1948]
Nulle autorisation préalable n'est requise pour exercer des poursuites contre les fonctionnaires publics, pour faits de leur administration, sauf ce qui est statué à l'égard des membres du Gouvernement.
Les fonctionnaires publics, à quelque ordre qu'ils appartiennent, les membres du Gouvernement exceptés, ne peuvent être privés de leurs fonctions, honneurs et pensions que de la manière déterminée par la loi.
De la puissance souveraine
(1) La puissance souveraine réside dans la Nation.
Le Grand-Duc l'exerce conformément à la présente Constitution et aux lois du pays.
(2) Le Grand-Duc n'a d'autres pouvoirs que ceux que lui attribuent formellement la Constitution et les lois particulières portées en vertu de la Constitution même, le tout sans préjudice de l'article 3 de la présente Constitution.
(3) Dans les matières réservées à la loi par la Constitution, le Grand-Duc ne peut prendre des règlements et arrêtés qu’aux fins, dans les conditions et suivant les modalités spécifiées par la loi.
(4) Toutefois, en cas de crise internationale, le Grand-Duc peut, s’il y a urgence, prendre en toute matière des règlements, même dérogatoires à des dispositions légales existantes. La durée de validité de ces règlements est limitée à trois mois.
[Révisions du 15 mai 1919 (al. 1 et 2) et du 19 novembre 2004 (al. 3 et 4)]
Paragraphe premier - De la prérogative du Grand-Duc
Le Grand-Duc est le chef de l'État, symbole de son unité et garant de l'indépendance nationale. Il exerce le pouvoir exécutif conformément à la Constitution et aux lois du pays.
Le Grand-Duc sanctionne et promulgue les lois. Il fait connaître sa résolution dans les trois mois du vote de la Chambre.
[Révisions du 6 mai 1948 et du 12 mars 2009]
Le Grand-Duc nomme aux emplois civils et militaires, conformément à la loi, et sauf les exceptions établies par elle.
Aucune fonction salariée par l'État ne peut être créée qu'en vertu d'une disposition législative.
Le Grand-Duc prend les règlements et arrêtés nécessaires pour l'exécution des lois, sans pouvoir jamais ni suspendre les lois elles-mêmes, ni dispenser de leur exécution.
Le Grand-Duc fait les traités. Les traités n'auront d'effet avant d'avoir été approuvés par la loi et publiés dans les formes prévues pour la publication des lois.
Les traités visés au chapitre III, paragraphe 4, article 49 bis, sont approuvés par une loi votée dans les conditions de l'article 114, al. 5 2.
[Numéro modifié, 21 juin 2005]
Les traités secrets sont abolis.
Le Grand-Duc fait les règlements et arrêtés nécessaires pour l'exécution des traités dans les formes qui règlent les mesures d'exécution des lois et avec les effets qui s'attachent à ces mesures, sans préjudice des matières qui sont réservées par la Constitution à la loi.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une loi.
Le Grand-Duc commande la force armée ; il déclare la guerre et la cessation de la guerre après y avoir été autorisé par un vote de la Chambre émis dans les conditions de l'article 114, al. 5 1 de la Constitution.
[Révision du 25 octobre 1956. Numéro modifié, 21 juin 2005]
Le Grand-Duc a le droit de remettre ou de réduire les peines prononcées par les juges, sauf ce qui est statué relativement aux membres du Gouvernement.
Le Grand-Duc a le droit de battre monnaie en exécution de la loi.
Le Grand-Duc a le droit de conférer des titres de noblesse, sans pouvoir jamais y attacher aucun privilège.
Le Grand-Duc confère les ordres civils et militaires, en observant à cet égard ce que la loi prescrit.
Le Grand-Duc peut se faire représenter par un Prince du sang, qui aura le titre de Lieutenant du Grand-Duc et résidera dans le Grand-Duché.
Ce représentant prêtera serment d'observer la Constitution avant d'exercer ses pouvoirs.
La liste civile est fixée à trois cent mille francs-or par an.
Elle peut être changée par la loi au commencement de chaque règne. La loi budgétaire peut allouer chaque année à la Maison Souveraine les sommes nécessaires pour couvrir les frais de représentation.
Le Palais grand-ducal à Luxembourg et le Château de Berg sont réservés à l'habitation du Grand-Duc.
Les dispositions du Grand-Duc doivent être contresignées par un membre du Gouvernement responsable.
[Révision du 13 juin 1989]
Paragraphe 2. - De la Législation
L'assentiment de la Chambre des députés est requis pour toute loi.
Le Grand-Duc adresse à la Chambre les propositions ou projets de lois qu'il veut soumettre à son adoption.
La Chambre a le droit de proposer au Grand-Duc des projets de lois.
L'interprétation des lois par voie d'autorité ne peut avoir lieu que par la loi.
Paragraphe 3. - De la Justice
La justice est rendue au nom du Grand-Duc par les cours et tribunaux.
Les arrêts et jugements sont exécutés au nom du Grand-Duc.
Paragraphe 4. - Des pouvoirs internationaux
Article 49 bis.
L'exercice d'attributions réservées par la Constitution aux pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire peut être temporairement dévolu par traité à des institutions de droit international.
[Article et paragraphe ajoutés par la révision du 25 octobre 1956]
La Chambre des députés représente le pays. Les députés votent sans en référer à leurs commettants et ne peuvent avoir en vue que les intérêts généraux du Grand-Duché.
(1) Le Grand-Duché de Luxembourg est placé sous le régime de la démocratie parlementaire.
(2) L'organisation de la Chambre est réglée par la loi.
(3) La Chambre se compose de 60 députés. Une loi votée dans les conditions de l'article 114, al. 5 2 fixe le nombre des députés à élire dans chacune des circonscriptions.
[Révision du 20 décembre 1988. Numéro modifié, 21 juin 2005]
(4) L'élection est directe.
(5) Les députés sont élus sur la base du suffrage universel pur et simple, au scrutin de liste, suivant les règles de la représentation proportionnelle, conformément au principe du plus petit quotient électoral et suivant les règles à déterminer par la loi.
(6) Le pays est divisé en quatre circonscriptions électorales :
- le Sud avec les cantons d’Esch-sur-Alzette et Capellen ;
- le Centre avec les cantons de Luxembourg et Mersch ;
- le Nord avec les cantons de Diekirch, Redange, Wiltz, Clervaux et Vianden ;
- l’Est avec les cantons de Grevenmacher, Remich et Echternach.
[Révision du 18 février 2003]
(7) Les électeurs pourront être appelés à se prononcer par la voie du référendum dans les cas et sous les conditions à déterminer par la loi.
1° être Luxembourgeois ou Luxembourgeoise ;
[Révision du 27 janvier 1972]
3° être âgé de dix-huit ans accomplis ; [Révision du 18 février 2003]
Aucune autre condition d'éligibilité ne pourra être requise.
2° ceux qui, en matière correctionnelle, sont privés du droit de vote par condamnation ;
Aucun autre cas d'exclusion ne pourra être prévu.
Le droit de vote peut être rendu par la voie de grâce aux personnes qui l'ont perdu par condamnation pénale.
(1) Le mandat de député est incompatible :
1° avec les fonctions de membre du Gouvernement ;
2° avec celles de membre du Conseil d'État ;
3° avec celles de magistrat de l'ordre judiciaire ;
4° avec celles de membre de la Cour des comptes (note : L'expression Chambre des comptes est ainsi remplacée à partir du 1er janvier 2000, en vertu de l'article 13 (2) de la loi du 8 juin 1999 portant organisation de la Cour des comptes) ;
5° avec celles de commissaire de district ;
6° avec celles de receveur ou agent comptable de l'État ;
7° avec celles de militaire de carrière en activité de service.
(2) Les fonctionnaires se trouvant dans un cas d'incompatibilité ont le droit d'opter entre le mandat et leurs fonctions.
(3) Le député qui a été appelé aux fonctions de membre du Gouvernement et qui quitte ces fonctions, est réinscrit de plein droit comme premier suppléant sur la liste sur laquelle il a été élu.
Il en sera de même du député suppléant qui, appelé aux fonctions de membre du Gouvernement, aura renoncé au mandat de député lui échu au cours de ces fonctions.
En cas de concours entre plusieurs ayants droit, la réinscription sera faite dans l'ordre des voix obtenues aux élections.
[Révision du 15 mai 1948]
Les incompatibilités prévues par l'article précédent ne font pas obstacle à ce que la loi n'en établisse d'autres dans l'avenir.
Les députés sont élus pour cinq ans.
[Révision du 27 juillet 1956]
(1) La Chambre vérifie les pouvoirs de ses membres et juge les contestations qui s'élèvent à ce sujet.
(2) A leur entrée en fonctions, ils prêtent le serment qui suit :
« Je jure fidélité au Grand-Duc, obéissance à la Constitution et aux lois de l'État. »
(3) Ce serment est prêté en séance publique, entre les mains du président de la Chambre.
Le député, nommé par le Gouvernement à un emploi salarié qu'il accepte, cesse immédiatement de siéger et ne reprend ses fonctions qu'en vertu d'une nouvelle élection.
Toutes les lois sont soumises à un second vote, à moins que la Chambre, d'accord avec le Conseil d'État, siégeant en séance publique, n'en décide autrement.
Il y aura un intervalle d'au moins trois mois entre les deux votes.
A chaque session, la Chambre nomme son président et ses vice-présidents et compose son bureau.
Les séances de la Chambre sont publiques, sauf les exceptions à déterminer par le règlement.
Toute résolution est prise à la majorité absolue des suffrages. En cas de partage de voix, la proposition mise en délibération est rejetée.
La Chambre ne peut prendre de résolution qu'autant que la majorité de ses membres se trouve réunie.
Sur l'ensemble des lois le vote intervient toujours par appel nominal.
[Révision du 31 mars 1989. Abrogé par la révision du 26 mai 2004]
La Chambre a le droit d'enquête. La loi règle l'exercice de ce droit.
Un projet de loi ne peut être adopté par la Chambre qu'après avoir été voté article par article.
La Chambre vote sur l'ensemble de la loi. Ce vote intervient toujours par appel nominal.
A la demande de cinq députés au moins, le vote sur l'ensemble de la loi peut être précédé par un vote portant sur un ou plusieurs articles de la loi.
Le vote par procuration est admis. Nul ne peut toutefois recevoir plus d'une procuration.
La Chambre a le droit d'amender et de diviser les articles et les amendements proposés.
Il est interdit de présenter en personne des pétitions à la Chambre.
La Chambre a le droit de renvoyer aux membres du Gouvernement les pétitions qui lui sont adressées. Les membres du Gouvernement donneront des explications sur leur contenu, chaque fois que la Chambre le demandera.
La Chambre ne s'occupe d'aucune pétition ayant pour objet des intérêts individuels, à moins qu'elle ne tende au redressement de griefs résultant d'actes illégaux posés par le Gouvernement ou les autorités, ou que la décision à intervenir ne soit de la compétence de la Chambre.
Aucun député ne peut être poursuivi ou recherché à l'occasion des opinions et votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions.
Aucune action, ni civile, ni pénale, ne peut être dirigée contre un député à l’occasion des opinions et votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.
[Révision du 1 juin 2006]
Aucun député ne peut, pendant la durée de la session, être poursuivi ni arrêté en matière de répression, qu'avec l'autorisation de la Chambre, sauf le cas de flagrant délit.
Aucune contrainte par corps ne peut être exercée contre un de ses membres, durant la session, qu'avec la même autorisation.
La détention ou la poursuite d'un député est suspendue pendant la session et pour toute sa durée, si la Chambre le requiert.
A l’exception des cas visés par l’article 68, les députés peuvent être poursuivis en matière pénale, même durant la session.
Cependant, l’arrestation d’un député pendant la durée de la session est, sauf le cas de flagrant délit, soumise à l’autorisation préalable de la Chambre.
L’autorisation de la Chambre n’est pas requise pour l’exécution des peines, même celles privatives de liberté, prononcées à l’encontre d’un député.
Les séances de la Chambre sont tenues dans le lieu de la résidence de l'administration du Grand-Duché.
(1) La Chambre se réunit chaque année en session ordinaire à l'époque fixée par le règlement.
(2) Le Grand-Duc peut convoquer la Chambre extraordinairement ; il doit le faire sur la demande d'un tiers des députés.
(3) Toute session est ouverte et close par le Grand-Duc en personne, ou bien en son nom par un fondé de pouvoirs nommé à cet effet.
[abrogé par la révision du 12 janvier 1998]
Il est procédé à de nouvelles élections dans les trois mois au plus tard de la dissolution.
Les membres de la Chambre des députés toucheront, outre leurs frais de déplacement, une indemnité, dont le montant et les conditions sont fixés par la loi.
Du Gouvernement du Grand-Duché
Le Grand-Duc règle l'organisation de son Gouvernement, lequel est composé de trois membres au moins.
Dans l’exercice du pouvoir lui attribué par les articles 36 et 37, alinéa 4 de la Constitution, le Grand-Duc peut, dans les cas qu’il détermine, charger les membres de son Gouvernement de prendre des mesures d’exécution.
[alinéa 2 abrogé par la révision du 13 juin 1989. Nouvel alinéa établi par révision du 19 novembre 2004]
Le Grand-Duc nomme et révoque les membres du Gouvernement.
Les membres du Gouvernement sont responsables.
Il n'y a entre les membres du Gouvernement et le Grand-Duc aucune autorité intermédiaire.
Les membres du Gouvernement ont entrée dans la Chambre et doivent être entendus quand ils le demandent.
La Chambre peut demander leur présence.
En aucun cas, l'ordre verbal ou écrit du Grand-Duc ne peut soustraire un membre du Gouvernement à la responsabilité.
La Chambre a le droit d'accuser les membres du Gouvernement.
Une loi déterminera les cas de responsabilités, les peines à infliger et le mode de procéder, soit sur l'accusation admise par la Chambre, soit sur la poursuite des parties lésées.
Le Grand-Duc ne peut faire grâce au membre du Gouvernement condamné que sur la demande de la Chambre.
Article 83 bis.
Le Conseil d'État est appelé à donner son avis sur les projets et propositions de loi et les amendements qui pourraient y être proposés, ainsi que sur toutes autres questions qui lui seront déférées par le Gouvernement ou par les lois. Sur les articles votés par la Chambre conformément à l'article 65, il émet son avis dans le délai fixé par la loi.
[Chapitre ajouté par la révision du 12 juillet 1996]
Nul tribunal, nulle juridiction contentieuse ne peuvent être établis qu'en vertu d'une loi. Il ne peut être créé de commissions ni de tribunaux extraordinaires, sous quelque dénomination que ce soit.
Il est pourvu par une loi à l'organisation d'une Cour supérieure de justice.
Les audiences des tribunaux sont publiques, à moins que cette publicité ne soit dangereuse pour l'ordre ou les moeurs, et, dans ce cas, le tribunal le déclare par un jugement.
Les juges de paix et les juges des tribunaux sont directement nommés par le Grand-Duc.
Les conseillers de la Cour et les présidents et vice-présidents des tribunaux d'arrondissement sont nommés par le Grand-Duc, sur l'avis de la Cour supérieure de justice.
Les juges de paix, les juges des tribunaux d'arrondissement et les conseillers de la Cour sont inamovibles.
[Révision du 20 avril 1989]
Aucun d'eux ne peut être privé de sa place ni être suspendu que par un jugement.
Le déplacement d'un de ces juges ne peut avoir lieu que par une nomination nouvelle et de son consentement.
Toutefois, en cas d'infirmité ou d'inconduite, il peut être suspendu, révoqué ou déplacé, suivant les conditions déterminées par la loi.
La loi règle aussi l'organisation des juridictions du travail et des juridictions en matière d'assurances sociales, leurs attributions, le mode de nomination de leurs membres et la durée des fonctions de ces derniers. [al. 2 révision du 19 juin 1989]
Les cours et tribunaux n'appliquent les arrêtés et règlements généraux et locaux qu'autant qu'ils sont conformes aux lois.
La Cour supérieure de justice réglera les conflits d'attribution d'après le mode déterminé par la loi.
(1) Le contentieux administratif est du ressort du tribunal administratif et de la Cour administrative. Ces juridictions connaissent du contentieux fiscal dans les cas et sous les conditions à déterminer par la loi.
[Article ajouté par la révision du 12 juillet 1996]
Article 95 ter.
(1) La Cour constitutionnelle statue, par voie d'arrêt, sur la conformité des lois à la Constitution.
L'organisation et les attributions des forces de l'ordre font l'objet d'une loi.
Il peut être formé une garde civique, dont l'organisation est réglée par la loi.
Aucun emprunt à charge de l'État ne peut être contracté sans l'assentiment de la Chambre.
Aucune propriété immobilière de l'État ne peut être aliénée si l'aliénation n'en est autorisée par une loi spéciale. Toutefois une loi générale peut déterminer un seuil en dessous duquel une autorisation spéciale de la Chambre n'est pas requise. [Révision du 16 juin 1989]
Toute acquisition par l'État d'une propriété immobilière importante, toute réalisation au profit de l'État d'un grand projet d'infrastructure ou d'un bâtiment considérable, tout engagement financier important de l'État doivent être autorisés par une loi spéciale. Une loi générale détermine les seuils à partir desquels cette autorisation est requise. [Révision du 16 juin 1989]
Aucune charge grevant le budget de l'État pour plus d'un exercice ne peut être établie que par une loi spéciale.
La loi détermine les exceptions dont l'expérience démontrera les nécessités relativement aux impositions communales.
Il ne peut être établi de privilège en matière d'impôts. Nulle exemption ou modération ne peut être établie que par une loi.
Hors les cas formellement exceptés par la loi, aucune rétribution ne peut être exigée des citoyens ou des établissements publics qu'à titre d'impôts au profit de l'État ou de la commune.
Aucune pension, aucun traitement d'attente, aucune gratification à la charge du trésor ne peuvent être accordés qu'en vertu de la loi.
Chaque année la Chambre arrête la loi des comptes et vote le budget.
(1) Une Cour des comptes est chargée du contrôle de la gestion financière des organes, administrations et services de l'État ; la loi peut lui confier d'autres missions de contrôle de gestion financière des deniers publics
(2) Les attributions et l'organisation de la Cour des comptes ainsi que les modalités de son contrôle et les relations avec la Chambre des députés sont déterminées par la loi.
(3) Les membres de la Cour des comptes sont nommés par le Grand-Duc sur proposition de la Chambre des députés.
(4) Le compte général de l'État est soumis à la Chambre des députés, accompagné des observations de la Cour des comptes.
Les traitements et pensions des ministres des cultes sont à charge de l'État et réglés par la loi.
(1) Les communes forment des collectivités autonomes, à base territoriale, possédant la personnalité juridique et gérant par leurs organes leur patrimoine et leurs intérêts propres. [Révision du 13 juin 1979]
(2) Il y a dans chaque commune un conseil communal élu directement par les habitants de la commune ; les conditions pour être électeur ou éligible sont réglées par la loi. [Révision du 23 décembre 1994]
(3) Le conseil établit annuellement le budget de la commune et en arrête les comptes. Il fait les règlements communaux, sauf les cas d'urgence. Il peut établir des impositions communales, sous l'approbation du Grand-Duc. Le Grand-Duc a le droit de dissoudre le conseil. [Révision du 13 juin 1979]
(4) La commune est administrée sous l'autorité du collège des bourgmestre et échevins, dont les membres doivent être choisis parmi les conseillers communaux. Les conditions de nationalité que doivent remplir les membres du collège des bourgmestre et échevins sont déterminées par une loi votée dans les conditions de l'article 114 al. 5 2 de la Constitution. [Révision du 23 décembre 1994. Numéro modifié, 21 juin 2005]
(5) La loi règle la composition, l'organisation et les attributions des organes de la commune. Elle établit le statut des fonctionnaires communaux. La commune participe à la mise en oeuvre de l'enseignement de la manière fixée par la loi. [Révision du 13 juin 1979]
(6) La loi règle la surveillance de la gestion communale. Elle peut soumettre certains actes des organes communaux à l'approbation de l'autorité de surveillance et même en prévoir l'annulation ou la suspension en cas d'illégalité ou d'incompatibilité avec l'intérêt général, sans préjudice des attributions des tribunaux judiciaires ou administratifs. [Révision du 13 juin 1979]
Article 108 bis.
La loi peut créer des établissements publics, dotés de la personnalité civile, dont elle détermine l’organisation et l’objet. Dans la limite de leur spécialité le pouvoir de prendre des règlements peut leur être accordé par la loi qui peut en outre soumettre ces règlements à l’approbation de l’autorité de tutelle ou même en prévoir l’annulation ou la suspension en cas d’illégalité, sans préjudice des attributions des tribunaux judiciaires ou administratifs.
[Chapitre nouveau. Révision du 19 novembre 2004. Les deux chapitres suivants sont renumérotés XI et XII]
La ville de Luxembourg est la capitale du Grand-Duché et le siège du Gouvernement.
Le siège du Gouvernement ne peut être déplacé que momentanément pour des raisons graves.
(1) Aucun serment ne peut être imposé qu'en vertu de la loi ; elle en détermine la formule.
(2) Tous les fonctionnaires publics civils, avant d'entrer en fonctions, prêtent le serment suivant :
« Je jure fidélité au Grand-Duc, obéissance à la Constitution et aux lois de l'État. Je promets de remplir mes fonctions avec intégrité, exactitude et impartialité. »
Tout étranger qui se trouve sur le territoire du Grand-Duché, jouit de la protection accordée aux personnes et aux biens, sauf les exceptions établies par la loi.
Aucune loi, aucun arrêté ou règlement d'administration générale ou communale n'est obligatoire qu'après avoir été publié dans la forme déterminée par la loi.
Le pouvoir législatif a le droit de déclarer qu'il y a lieu de procéder à la révision de telle disposition constitutionnelle qu'il désigne.
Après cette déclaration, la Chambre est dissoute de plein droit.
Il en sera convoqué une nouvelle, conformément à l'art. 74 de la présente Constitution.
Cette Chambre statue, de commun accord avec le Grand-Duc, sur les points soumis à la révision.
Dans ce cas, la Chambre ne pourra délibérer, si trois quarts au moins des membres qui la composent ne sont présents, et nul changement ne sera adopté, s'il ne réunit au moins les deux tiers des suffrages.
Toute révision de la Constitution doit être adoptée dans les mêmes termes par la Chambre des députés en deux votes successifs, séparés par un intervalle d’au moins trois mois.
Le texte adopté en première lecture par la Chambre des députés est soumis à un référendum, qui se substitue au second vote de la Chambre, si dans les deux mois suivant le premier vote demande en est faite soit par plus d’un quart des membres de la Chambre, soit par vingt-cinq mille électeurs inscrits sur les listes électorales pour les élections législatives. La révision n’est adoptée que si elle recueille la majorité des suffrages valablement exprimés. La loi règle les modalités d’organisation du référendum.
[Révision du 19 décembre 2003]
Pendant une régence, aucun changement ne peut être apporté à la Constitution en ce qui concerne les prérogatives constitutionnelles du Grand-Duc, son statut ainsi que l'ordre de succession.
Dispositions transitoires et supplémentaires
Jusqu'à ce qu'il y soit pourvu par une loi, la Chambre des Députés aura un pouvoir discrétionnaire pour accuser un membre du Gouvernement, et la Cour supérieure, en assemblée générale, le jugera, en caractérisant le délit et en déterminant la peine. Néanmoins, la peine ne pourra excéder celle de la réclusion, sans préjudice des cas expressément prévus par les lois pénales.
[alinéa 2 abrogé par la loi de révision du 13 juin 1979]
A compter du jour où la Constitution sera exécutoire, toutes les lois, tous les décrets, arrêtés, règlements et autres actes qui y sont contraires, sont abrogés.
Les dispositions de la Constitution ne font pas obstacle à l’approbation du Statut de la Cour pénale internationale, fait à Rome, le 17 juillet 1998, et à l’exécution des obligations en découlant dans les conditions prévues par ledit Statut.
[article abrogé par la loi de révision du 29 avril 1999 - nouvel article créé par la loi de révision du 8 août 2000]
En attendant la conclusion des conventions prévues à l'article 22, les dispositions actuelles relatives aux cultes restent en vigueur.
Jusqu'à la promulgation des lois et règlements prévus par la Constitution, les lois et règlements en vigueur continuent à être appliqués.
[abrogé par la loi de révision du 31 mars 1989]
voir la fiche Luxembourg.
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References: l'article 71
 l'article 3
 l'article 114
 l'article 114
 l'article 114
 l'article 13
 l'article 65
 l'article 114
 l'article 22