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Timestamp: 2016-10-23 01:37:04+00:00

Document:
5A_558/2016 (13.09.2016)
5A_558/2016 � � Arr�t du 13 septembre 2016
repr�sent�e par Me Gabrielle Weissbrodt, avocate,
recours contre la d�cision du Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais du 14 juillet 2016.
A.A.________ (1982) et B.A.________ (1983), tous deux de nationalit� roumaine, se sont mari�s le 9 septembre 2007. De leur union est issue une fille, C.A.________, n�e en 2008.
La famille a d'abord v�cu en Roumanie, puis les �poux A.________ sont venus s'installer en Suisse au mois d'octobre 2012. L'enfant est demeur�e chez sa grand-m�re paternelle en Roumanie, jusqu'� l'automne 2013, o� elle a rejoint ses parents en Suisse.
Les �poux A.________ ont suspendu d�finitivement la vie commune le 17 octobre 2013. Le p�re est retourn� seul en Roumanie.
A.a.�Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 22 novembre 2013, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, saisi par la m�re, a attribu� la garde de l'enfant commun � la m�re et suspendu le droit aux relations personnelles entre l'enfant et le p�re.
A.b.�A la fin de l'ann�e 2013, la m�re a introduit action en divorce en Roumanie. Par jugement du 30 janvier 2014, ex�cutoire d�s son prononc�, le Tribunal civil de Y.________ (RO) a ratifi� l'accord de m�diation survenu le 17 d�cembre 2013 et, partant, a prononc� le divorce des �poux A.________, maintenu l'autorit� parentale conjointe des p�re et m�re, attribu� la garde de l'enfant au p�re, sous r�serve d'un droit de visite de la m�re, et fix� le lieu de r�sidence de l'enfant aupr�s du p�re.
A.c.�Le 20 d�cembre 2013, la fille des parties a �t� confi�e � son p�re en Roumanie. L'enfant est demeur�e vivre aupr�s de son p�re et la m�re a exerc� son droit de visite � deux ou trois reprises. La fille a fr�quent� l'�cole maternelle de Y.________ (RO) jusqu'au 1
er�avril 2015. En 2014 et d�but 2015, le p�re a cependant s�journ� en Suisse. Durant l'absence du p�re de Roumanie, le Tribunal civil de Y.________ (RO) a "d�l�gu�" l'autorit� parentale sur l'enfant � la grand-m�re paternelle. Lorsque le p�re a regagn� la Roumanie, il a � nouveau v�cu avec sa fille, aupr�s de sa m�re.
A.d.�Par ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 10 f�vrier 2014, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a confi� la garde de l'enfant � la m�re et institu� un droit de visite surveill� du p�re.
La m�re a sollicit� la reconnaissance de ce prononc� aupr�s des autorit�s roumaines. Statuant le 3 mars 2015, la Cour d'appel de Z.________ (RO) a rejet� la demande, consid�rant que la cause avait d�j� �t� jug�e par le tribunal roumain, dont le jugement ex�cutoire l'emportait sur le prononc� post�rieur de l'autorit� suisse.
A.e.�Par ordonnance p�nale du 24 avril 2014, le Minist�re public de l'arrondissement de La C�te a reconnu le p�re coupable de voies de fait qualifi�es, d'injure et de menaces qualifi�es � l'endroit de son ex-�pouse.
A.f.�Le 15 octobre 2014, la m�re a introduit une action en modification du jugement de divorce en Roumanie, tendant � obtenir l'autorit� parentale et le transfert, chez elle, du lieu de r�sidence de la fille.
A.g.�Le 17 avril 2015, le p�re a subi, lors d'une agression, un traumatisme cr�nien, des contusions c�r�brales, ainsi qu'une h�morragie sous-anachno�dienne. Lors de son admission � l'h�pital, il �tait en �tat d'�bri�t� avanc�, �tait agit� et pr�sentait des " ph�nom�nes de sevrage (alcool + drogues) ". Il est demeur� hospitalis� jusqu'au 21 avril 2015.
A.h.�Le 28 avril 2015, le p�re a d�clar�, par �crit, qu'il consentait � ce que sa fille " voyage en Suisse, accompagn�e de sa m�re ", sp�cifiant que ce document " lui �tait n�cessaire � la Police des fronti�res, afin de sortir du pays, ainsi que partout o� il sera n�cessaire ". L'autorisation �tait d�livr�e pour une ann�e, du 28 avril 2015 au 28 avril 2016. Ce titre a �t� �tabli et l�galis� en l'�tude d'un notaire de Y.________ (RO), lequel a certifi� que le p�re avait compris le contenu de sa d�claration et qu'elle repr�sentait sa volont�.
Par d�claration notari�e du 12 ao�t 2015, le p�re a r�voqu� l'autorisation pr�cit�e du 28 avril 2015.
A.i.�Au mois d'avril 2015, l'enfant est revenue en Suisse avec sa m�re. D�s le mois d'ao�t 2015, elle a �t� scolaris�e � l'�cole primaire de U.________ (VS), en Suisse.
A.j.�Le 14 ao�t 2015, le p�re a d�pos� une requ�te en retour de l'enfant aupr�s de l'autorit� centrale roumaine.
Le 29 f�vrier 2016, le Minist�re de la justice de Roumaine a signifi� � l'Office f�d�ral de la justice de la Conf�d�ration suisse la " demande de restitution " de l'enfant pr�sent�e par le p�re.
A.k.�Par arr�t du 3 mars 2016, le Tribunal civil de Y.________ a, apr�s avoir proc�d� � l'audition de t�moins et sollicit� un rapport de l'autorit� de protection de l'enfant, attribu� l'autorit� parentale et la garde de la fille des parties � la m�re, mettant en �vidence les ant�c�dents judiciaires du p�re, sa consommation fr�quente d'alcool et de stup�fiants, sa pr�disposition au scandale, et sa violence verbale et physique manifest�e � l'encontre de son ex-femme. Le tribunal roumain a �galement expos� que, � la suite du traumatisme cr�nien subi en avril 2015, le p�re n'�tait plus � m�me de prendre soin de sa fille, que la r�vocation de l'autorisation du 28 avril 2015, peu de temps apr�s l'avoir consentie, constituait un comportement incons�quent, qu'il �tait incapable de prendre les d�cisions de nature � servir le bien de l'enfant et qu'il b�n�ficiait de l'aide de ses parents.
Le 21 avril 2016, A.A.________ a adress� une requ�te en retour de l'enfant mineur au Tribunal cantonal du canton du Valais et sollicit� le prononc� de mesures provisoires imm�diates.
B.a.�Le 25 avril 2016, le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais a fait interdiction � la m�re de quitter le territoire du Valais avec l'enfant des parties ou de faire d�placer celle-ci en dehors du territoire du canton du Valais, jusqu'� droit connu sur le sort de la requ�te en retour de l'enfant.
L'enfant a �t� entendue par sa curatrice au mois de mai 2016, sans donner l'impression d'avoir �t� instrumentalis�e, et d�clar� qu'elle souhaitait demeurer aupr�s de sa m�re, qu'elle �tait certes attach�e � son p�re et � sa grand-m�re paternelle, mais qu'elle craignait que son p�re la ram�ne en Roumanie.
Le 6 juin 2016, le p�re a vers� � la cause la d�claration d'appel qu'il avait d�pos�e le 26 mai 2016 contre le jugement du 3 mars 2016 du Tribunal civil de Y.________.
B.b.�Statuant par d�cision du 14 juillet 2016, le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais a rejet� la requ�te en retour de l'enfant.
Par acte du 27 juillet 2016, A.A.________ interjette un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � l'annulation du jugement querell� et � sa r�forme en ce sens que le retour de l'enfant C.A.________ en Roumanie est ordonn�, aux frais de la m�re, le cas �ch�ant, avec le concours de la force publique. Il requiert en outre la gratuit� de la proc�dure f�d�rale, une indemnit� de d�pens � la charge du Tribunal f�d�ral et le remboursement de ses frais (voyage, repr�sentation, recherche de l'enfant), par la m�re.
Invit�es � se d�terminer sur le recours, l'intim�e, de m�me que la curatrice de l'enfant, ont conclu toutes deux au rejet du recours, sous r�serve toutefois de l'admission de la conclusion tendant � ce qu'il ne soit pas per�u de frais de proc�dure. Quant au juge cantonal, il a d�clar� se r�f�rer aux consid�rants de son arr�t.
La d�cision statuant sur la requ�te en retour d'un enfant � la suite d'un d�placement international d'enfant est une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en application de normes de droit public dans une mati�re connexe au droit civil, singuli�rement en mati�re d'entraide administrative entre les �tats contractants pour la mise en oeuvre du droit civil �tranger (art. 72 al. 2 let. b ch. 1 LTF; ATF 133 III 584 consid. 1.2; 120 II 222 consid. 2b; arr�ts 5A_429/2015 du 22 juin 2015 consid. 1; 5A_584/2014 du 3 septembre 2014 consid. 1.1; 5A_880/2013 du 16 janvier 2014 consid. 1). Le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais a statu� en instance cantonale unique conform�ment � l'art. 7 al. 1 de la loi f�d�rale sur l'enl�vement international d'enfants et les Conventions de La Haye sur la protection des enfants et des adultes du 21 d�cembre 2007 (LF-EEA, RS 211.222.32); il y a ainsi exception l�gale au principe du double degr� de juridictions cantonales (art. 75 al. 2 let. a LTF; arr�ts 5A_584/2014 du 3 septembre 2014 consid. 1; 5A_799/2013 du 2 d�cembre 2013 consid. 1 et 5A_822/2013 du 28 novembre 2013 consid. 1.1). Le recours a en outre �t� interjet� dans la forme (art. 42 LTF) et le d�lai de dix jours (art. 100 al. 2 let. c LTF) pr�vus par la loi, par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et justifiant d'un int�r�t digne de protection � la modification ou � l'annulation de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF), de sorte que le recours en mati�re civile est en principe recevable.
Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral et du droit international (art. 95 let. a et b LTF). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de l'autorit� pr�c�dente, ni par les moyens des parties; il peut donc admettre le recours en se fondant sur d'autres arguments que ceux invoqu�s par le recourant, comme il peut le rejeter en op�rant une substitution de motifs (ATF 139 II 404 consid. 3; 135 III 397 consid. 1.4). Cela �tant, eu �gard � l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, il n'examine en principe que les griefs soulev�s (ATF 140 III 86 consid. 2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 III 397 consid. 1.4). Le recourant doit par cons�quent discuter les motifs de la d�cision entreprise et indiquer pr�cis�ment en quoi il estime que l'autorit� pr�c�dente a m�connu le droit (ATF 140 III 86 consid. 2 et les r�f�rences). De surcro�t, le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation de droits fondamentaux que si un tel grief a �t� invoqu� et motiv� � cet �gard par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF; ATF 139 I 229 consid. 2.2; 137 II 305 consid. 3.3; 135 III 232 consid. 1.2, 397 consid. 1.4�
in fine), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de fa�on claire et d�taill�e (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 133 II 249 consid. 1.4.2; arr�t 5A_223/2016 du 28 juillet 2016 consid. 2.1).
Le recours a pour objet le retour imm�diat de l'enfant mineure C.A.________ en Roumanie aupr�s de son p�re, au regard des dispositions de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enl�vement international d'enfants (CLaH80, RS 0.211.230.02).
3.1.�La CLaH80 a pour but d'assurer le retour imm�diat des enfants d�plac�s ou retenus illicitement dans tout �tat contractant et de faire respecter de mani�re effective dans les autres �tats contractants les droits de garde et de visite existants dans un autre �tat contractant (art. 1
er�CLaH80). A teneur de l'art. 4 de la CLaH80, la Convention s'applique � tout enfant qui avait sa r�sidence habituelle dans un �tat contractant imm�diatement avant l'atteinte aux droits de garde ou de visite (art. 5 CLaH80). Le retour de l'enfant dans son pays de provenance ne peut �tre ordonn� que si le d�placement est illicite au sens de l'art. 3 CLaH80 et si aucune des exceptions au retour pr�vues par l'art. 13 CLaH80 n'est r�alis�e, en d'autres termes, uniquement dans les cas pr�vus par la convention.
3.2.�Dans l'arr�t d�f�r�, le juge cantonal retient que " la r�sidence habituelle de C.A.________ �tait � Y.________, au domicile de son p�re lorsque sa m�re l'a d�plac�e au mois d'avril 2015", alors que le p�re �tait seul titulaire du droit de garde. L'autorit� pr�c�dente a ensuite retenu que, par d�claration �crite du 28 avril 2015, le p�re avait consenti � un d�placement temporaire de l'enfant - indiquant la dur�e du 28 avril 2015 au 28 avril 2016 -, qu'il n'avait certes pas donn� son accord � une modification du lieu de r�sidence, mais n'avait pas pour autant sp�cifi� que l'autorisation ne portait que sur l'exercice du droit de visite, ni fix� une date de retour. Le juge cantonal a expos� qu'une fois donn�, le consentement ne pouvait pas �tre r�tract�. Il en a conclu que l'autorisation de s�journer en Suisse durant un an n'avait pas cess� de d�ployer ses effets, partant, que le refus de la demande de retour �tait justifi� en vertu de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80, pour ce motif d�j�.
Pour le surplus, le magistrat cantonal a relev� que l'arr�t en modification du jugement de divorce du 3 mars 2016 du Tribunal civil de Y.________ attribuant � la m�re l'autorit� parentale sur l'enfant et d�pla�ant le lieu de r�sidence habituelle de la fille au domicile de sa m�re, avait �t� entrepris par le p�re, en sorte que ce jugement ne pouvait pas valoir acquiescement post�rieur au d�placement, mais qu'il convenait n�anmoins d'�viter d'exposer l'enfant � un double retour en cas de rejet de l'appel par les juges roumains. Le juge cantonal a enfin rappel� que la demande en retour avait �t� introduite une semaine avant l'�coulement du d�lai d'un an de l'art. 12 CLaH80, en sorte qu'� quelques jours pr�s, il lui aurait appartenu de d�terminer si l'enfant s'�tait int�gr� � son nouveau milieu, mais que cette question pouvait n�anmoins souffrir de rester ind�cise.
3.3.�En l'esp�ce, la cour de c�ans constate que tant la Suisse que la Roumanie ont toutes deux ratifi� la CLaH80 (art. 1
er�CLaH80) et que l'enfant mineure C.A.________ se trouvait en Roumanie imm�diatement avant le d�placement en Suisse, aupr�s de son p�re, titulaire du droit de garde (art. 4 et 5 CLaH80), selon le jugement du 30 janvier 2014 du Tribunal civil de Y.________ (�
cf. supra�consid. 3.2). Il s'ensuit que les dispositions de la CLaH80 sont applicables au cas d'esp�ce.
Le recourant s'en prend d'abord � l'�tablissement des faits par le juge cantonal, exposant qu'il s'est fond� sur des faits constat�s arbitrairement ou que les constatations de fait sont manifestement incompl�tes (art. 9 Cst.).
Le p�re entend faire corriger l'�tat de fait en relation avec le d�roulement de la m�diation effectu�e en Roumanie dans le cadre du jugement de divorce, estimant que l'�tat de fait tel qu'il est actuellement r�dig� - il pr�cise que la m�re "ignorait, en outre, que le m�diateur �tait un ami de�
son�mari" - jette le discr�dit sur sa personne, alors que le m�diateur �tait en r�alit� un ami�
de l'avocat�du p�re. Le recourant soutient aussi que le contenu de l'autorisation notari�e du 28 avril 2015 n'a pas �t� reproduit de mani�re exhaustive, menant � une interpr�tation erron�e de la volont� exprim�e dans ce document, alors que le consentement ou l'acquiescement au d�placement de l'enfant est une question de fait. A cet �gard, il rel�ve que le texte clair et exhaustif du document indique qu'il a donn� son consentement � ce que sa fille voyage en avion, de Roumanie en Suisse, accompagn�e de sa m�re, aux fins d'exercer le droit de visite, mais qu'il n'a nullement consenti � un transfert de la garde ou au d�placement du lieu de r�sidence. Le recourant affirme en outre que la r�vocation de cette autorisation de voyage a eu lieu le 11 juin 2015 d�j� et non le 12 ao�t 2015 comme cela ressort de mani�re erron�e de l'�tat de fait du juge cantonal.
Le p�re estime aussi que l'�tat de fait est incomplet sur trois points. En premier lieu, le p�re d�nonce l'absence de mention que la dur�e de l'autorisation de voyager du 28 avril 2015, jusqu'au 28 avril 2016, est identique � la date de validit� du passeport de sa fille. Deuxi�mement, l'�tat de fait ne retranscrirait arbitrairement pas les d�clarations de la m�re � teneur desquelles elle a expos� que "lorsque j'ai pris ma fille pour m'�tablir avec elle en Suisse, je n'ai pas invit� mon ex-mari � signer des documents portant sur le transfert de garde". Ces all�gations seraient pourtant cruciales car elles attesteraient du fait que la m�re savait que le recourant n'avait pas consenti au d�placement du lieu de r�sidence de leur fille. L'arr�t querell� serait aussi lacunaire sur les constatations et l'examen de la question d'un �ventuel acquiescement de sa part au non-retour de l'enfant en Roumanie.
4.1.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). En tant que cour supr�me, il est instance de r�vision du droit et non pas juge du fait. Il ne peut donc rectifier ou compl�ter les faits, partant s'en �carter, que si ceux-ci ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - soit de mani�re arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 140 III 115 consid. 2; 137 III 226 consid. 4.2; 135 III 397 consid. 1.5; 134 IV 36 consid. 1.4.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF) et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1
in fine�LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte doit soulever ce grief en pr�sentant une argumentation claire et d�taill�e ("principe d'all�gation, art. 106 al. 2 LTF,�
4.2.1.�S'agissant de la m�diation intervenue dans le cadre du divorce des parents en Roumanie, cet �l�ment de fait, qui constate ce qu'a compris la m�re, ne contient en cons�quence aucun jugement de valeur; il n'a manifestement aucune incidence sur l'application de la CLaH80 au cas d'esp�ce, partant sur le sort de la pr�sente cause (�
cf. supra�consid. 4.1). De surcro�t, une action en modification du jugement de divorce est actuellement pendante en Roumanie, dont l'audience d'appel se tiendra le 14 octobre prochain selon les all�gations du recourant lui-m�me, de sorte que le jugement de divorce initial n'est en l'�tat pas pertinent pour examiner le droit de garde et l'attribution parentale de l'enfant C.A.________; tel est�
a fortiori�aussi le cas des circonstances dans lesquelles ce jugement est intervenu. Enfin, il sied de relever qu'il r�sulte uniquement de l'appr�ciation du recourant que ce constat jetterait le discr�dit sur sa personne. Vu ce qui pr�c�de, cet �l�ment est d�nu� de pertinence; partant, il n'y a pas lieu d'examiner si cette insertion factuelle est ou non conforme aux d�clarations protocol�es de l'intim�e, et, le cas �ch�ant, de corriger l'�tat de fait sur ce point (�
4.2.2.�En tant que le recourant se plaint d'un �tat de fait incomplet s'agissant de l'autorisation qu'il a r�dig�e le 28 avril 2015, son grief doit �tre admis. Le juge cantonal a manifestement reproduit uniquement certaines phrases de ce document, qu'il consid�rait comme essentielles. Or, cette autorisation constituerait, � teneur de l'arr�t d�f�r�, la preuve du consentement du p�re � "un d�placement temporaire de l'enfant", sans "date de retour ant�rieure au 28 avril 2016". La correcte application du droit, singuli�rement de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 n�cessite toutefois que le consentement du p�re, chez qui l'enfant �tait domicili�e, soit �tabli. Dans cette optique, la pi�ce attestant de la pr�tendue approbation du recourant au d�placement et au non-retour de sa fille rev�t une importance particuli�re pour le sort de la pr�sente cause, impliquant la prise en consid�ration de l'int�gralit� du texte. Il s'ensuit que l'�tat de fait doit �tre compl�t�, en ce sens que la pi�ce n� 9 est reproduite�
in extenso, � tout le moins s'agissant du contenu de la d�claration du p�re : "Le soussign� A.A.________ [�
n� passeport, adresse, identification et avertissement des sanctions d'un faux t�moignage] d�clare son consentement que sa fille mineure C.A.________ [�
n� passeport], n�e le 22.04.2008, dans la ville de Y.________, d�partement de Y.________, voyage en SUISSE, par avion, sur la route Bucarest-Gen�ve, entre 28.04.2015 et 28.04.2016, accompagn�e par sa m�re, Mme B.A.________ [�
n� passeport, adresse et identification]. La pr�sente d�claration lui est n�cessaire � la Police des fronti�res, afin de sortir du pays, ainsi que partout o� il sera n�cessaire".
4.2.3.�Certes, il ressort de l'arr�t entrepris que "[p]ar d�claration notari�e du 12 ao�t 2015, A.A.________ a r�voqu� l'autorisation donn�e le 28 avril pr�c�dent", alors que le recourant all�gue avoir r�voqu� son autorisation le 11 juin 2015 d�j�; n�anmoins, la modification de cette pr�tendue erreur n'est nullement susceptible d'influer sur le sort de la cause, le juge cantonal ayant retenu que "[u]ne fois le consentement donn�, il ne pouvait �tre r�tract�", de sorte que la date de la r�vocation de l'autorisation n'est pas un �l�ment pertinent pour statuer sur la pr�sente affaire. Dans ces circonstances, faute de pertinence, cette constatation n'est pas un �l�ment essentiel de l'�tat de fait, en sorte qu'il n'y a pas lieu de le corriger � cet �gard (�
4.2.4.�La correspondance de date, � savoir le 28 avril 2016, entre l'�ch�ance de l'autorisation et la date d'�ch�ance du passeport de l'enfant, ne figure en effet nul part dans l'arr�t d�f�r�. Toutefois, l'on ne voit pas en quoi cet �l�ment aurait une quelconque incidence sur l'interpr�tation de la port�e de l'autorisation - dont le contenu est d�sormais reproduit dans son int�gralit� (�
cf. supra�consid. 4.2.2) -, singuli�rement en quoi une date diff�rente serait un indice de la volont� du p�re d'accepter une modification du lieu de r�sidence de l'enfant. Au demeurant, le recourant ne motive pas plus avant son grief, se limitant � qualifier cette constatation d' "indispensable pour d�terminer [ses] all�gations". Autant qu'il r�pond � l'exigence minimale de motivation (art. 106 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid.2), le grief est mal fond�, la constatation n'ayant aucune influence pour l'issue de l'affaire (�
cf. supra�consid.4.1).
4.2.5.�Il faut conc�der au recourant que lors de l'audience du 17 mai 2016 devant le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan, la m�re a d�clar� que "lorsque j'ai pris ma fille pour m'�tablir avec elle en Suisse, je n'ai pas invit� mon ex-mari � signer des documents portant sur le transfert de garde", et que ces propos n'ont pas �t� retranscrits dans l'�tat de fait de la d�cision querell�e. Prise isol�ment, cette d�claration peut sembler pertinente pour le sort de la cause. Toutefois, il convient de replacer cette phrase dans le contexte dans lequel elle a �t� prononc�e, � savoir que la m�re expliquait qu'elle avait vers� 3'000 fr. au recourant lorsqu'elle a pris sa fille en Suisse, qu'elle n'a ni quittance pour ce versement, ni fait signer � celui-ci de documents sur le transfert de la garde. Il ressort donc de ces affirmations que la m�re a toujours consid�r� �tre en droit de d�placer la r�sidence de leur fille en Suisse, position proc�durale qu'elle a d�fendue depuis le d�p�t de l'action en retour de l'enfant. Aussi, l'on ne voit pas en quoi la mention de ces d�clarations dans l'�tat de fait serait en d�finitive propre � influer sur la cause, �tant pr�cis� que les conclusions en rejet de la requ�te de retour de l'enfant figurent dans l'expos� des faits de la d�cision du juge pr�c�dent (�
cf. supra�consid. 4.1). Partant, le grief est �galement rejet� sur ce point.
4.2.6.�Enfin, s'agissant de la question d'un �ventuel consentement au non-retour de la fille en Roumanie, la critique du recourant est d'embl�e irrecevable (art. 106 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid. 2). Se limitant � citer de la jurisprudence, � reprocher � l'autorit� pr�c�dente de ne pas avoir proc�d� � un tel examen et � pr�senter sa propre appr�ciation juridique, le p�re n'�num�re ainsi pas les �l�ments de faits qui auraient �t� rendus objectivement vraisemblables et qui n'auraient pas �t� relat�s dans l'�tat de fait, alors qu'ils auraient permis l'examen d'un �ventuel acquiescement post�rieur au d�placement du lieu de r�sidence de l'enfant. E�t-elle �t� recevable, la critique aurait quoi qu'il en soit �t� d�nu�e de pertinence, d�s lors que le juge cantonal, ayant admis l'existence d'un consentement au d�placement de l'enfant, pouvait s'�pargner, dans ces conditions, l'examen d'un acquiescement post�rieur au d�placement ou l'acceptation du non-retour de l'enfant.
Le recourant expose que le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan a viol� l'art. 12 al. 1 CLaH80, en proc�dant � l'examen de l'int�gration de la fille en Suisse et de int�r�t de l'enfant � demeurer dans le pays dans lequel il a �t� d�plac�, alors que le juge n'avait pas � effectuer cette appr�ciation pr�vue � l'art. 12 al. 2 CLaH80, d�s lors que sa requ�te en retour de l'enfant a �t� d�pos�e dans l'ann�e suivant le non-retour litigieux et m�me le d�placement contest�. Le p�re fait valoir que, lorsque la demande en retour de l'enfant est d�pos�e dans le d�lai d'un an fix� � l'art. 12 al. 1 CLaH80, cette norme prescrit le retour automatique de l'enfant, sans examen de l'adaptation de l'enfant dans le nouveau pays.
5.1.�Il ressort de la d�cision entreprise que le juge cantonal a constat� que " la demande a �t� introduite une semaine avant l'�coulement du d�lai d'une ann�e de l'article 12 al. 1 CLaH80 " et que "[ �] quelques jours pr�s, il [ lui] aurait appartenu de d�terminer si l'enfant s'�tait int�gr�e � son nouveau milieu. Le cas �ch�ant, C.A.________ n'aurait vraisemblablement pas pu �tre renvoy�e". L'autorit� pr�c�dente a soulign� que "depuis plus d'une ann�e ", l'enfant avait nou� des liens culturels et sociaux en Suisse, et a estim� que le laps de temps de pr�s d'un an avant de saisir le Tribunal cantonal d'une requ�te en retour de sa fille n'�tait pas insignifiant et que, m�me si les enfants en bas �ge avaient une grande facult� d'adaptation, le d�racinement de la fille de son nouveau milieu habituel durant la proc�dure d'appel en Roumanie �tait susceptible de provoquer chez elle un trouble dans son esprit, qu'il y avait lieu de pr�venir. Le juge cantonal en a conclu que, pour ce motif d�j�, la demande en retour devait �tre rejet�e.
5.2.�Lorsqu'un enfant a �t� d�plac� ou retenu illicitement et qu'une p�riode de moins d'un an s'est �coul�e � partir du d�placement ou du non-retour au moment de l'introduction de la demande, l'autorit� saisie ordonne son retour imm�diat (art. 12 al. 1 CLaH80). Dans la syst�matique de la CLaH80, la question de l'int�gration de l'enfant dans son nouveau milieu n'est pertinente que si l'autorit� est saisie d'une requ�te en retour de l'enfant apr�s l'expiration d'un d�lai d'un an depuis le d�placement illicite (art. 12 al. 2 CLaH80; arr�t 5A_617/2015 du 24 septembre 2015 consid. 3.3.1.3).
5.3.�Nonobstant le constat que la requ�te en retour avait �t� d�pos�e avant l'�ch�ance de la p�riode d'un an fix�e par l'art. 12 CLaH80 - compt�e � partir du d�placement de la fille d�j� -, le juge pr�c�dent a estim�, de mani�re contradictoire, que l'int�gration de l'enfant dans son nouveau milieu " depuis plus d'une ann�e " justifiait que l'on �vite un nouveau d�racinement de la fille pour la dur�e de la proc�dure d'appel. En examinant les cons�quences d'un retour de la fille en Roumanie pour son bien-�tre, en d�pit du constat que le d�lai d'un an n'�tait pas �chu, l'autorit� pr�c�dente a appliqu� par anticipation l'art. 12 al. 2 CLaH80 et fond� sa d�cision sur ce motif. Ce faisant, le Juge unique a viol� l'art. 12 al. 1 CLaH80, qui impliquait le retour imm�diat de la fille, sans examen de l'int�gration de celle-ci en Suisse.
Le recourant soutient que le juge cantonal a viol� l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80, exposant, d'une part, qu'il n'a pas consenti - singuli�rement par sa d�claration du 28 avril 2015 aupr�s du notaire roumain - au d�placement et au non-retour de sa fille, et, d'autre part, que l'arr�t roumain en modification du jugement de divorce du 3 mars 2016 n'est pas d�finitif, partant, pas ex�cutoire, car il fait l'objet d'un appel qui sera jug� en s�ance le 14 octobre 2016, en sorte qu'en l'�tat il n'y a ni acquiescement post�rieur, ni risque de double retour si le jugement roumain devait lui attribuer la garde de l'enfant.
6.1.�En principe, lorsqu'un enfant a �t� d�plac� ou retenu illicitement, l'autorit� saisie ordonne son retour imm�diat (art. 1 let. a, 3 et 12 al. 1 CLaH80), � moins que l'une des exceptions pr�vues � l'art. 13 CLaH80 ne soit r�alis�e (arr�ts 5A_1003/2015 du 14 janvier 2016 consid. 5.1; 5A_705/2014 du 15 octobre 2014 consid. 3.1). Les exceptions au retour pr�vues � l'art. 13 CLaH80 doivent �tre interpr�t�es de mani�re restrictive, le parent ravisseur ne devant tirer aucun avantage de son comportement ill�gal (arr�ts 5A_479/2012 du 13 juillet 2012 consid. 5.1, publi�
in�PJA 2007 p. 1585).
6.2.�Sous le grief de violation de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80, le recourant soutient premi�rement que l'autorisation de voyager qu'il a r�dig�e le 28 avril 2015 ne constitue pas un consentement au d�placement de l'enfant, au sens de l'exception pr�vue � l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 et que la m�re n'a pas d�montr� l'accord du p�re. Il expose avoir donn� son accord � un d�placement temporaire et non pas � un changement de r�sidence de l'enfant, selon le texte de la d�claration du 28 avril 2015. Le p�re souligne aussi que, contrairement � ce qu'� retenu le juge cantonal, lorsqu'il a r�voqu� l'autorisation de voyage du 28 avril 2015, il n'a pas r�voqu� son consentement � l'�tablissement de sa fille en Suisse, d�s lors qu'il ne l'avait jamais donn�, mais a exprim� sans d�lai son refus de modifier le lieu de r�sidence habituel de l'enfant.
6.2.1.�Il ressort de l'arr�t entrepris que le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan a consid�r� que le p�re avait donn� son accord � un d�placement temporaire de sa fille en Suisse, qu'il n'avait certes pas consenti � une modification du lieu de r�sidence, mais que celui-ci n'avait pas pour autant sp�cifi� que l'autorisation ne portait que sur l'exercice du droit de visite et n'avait ainsi pas fix� de date de retour. L'autorit� pr�c�dente a jug� que, vu le traumatisme cr�nien du p�re, cet �l�ment nouveau avait impos� une r�glementation diff�rente de la garde de l'enfant, command�e par le bien de la fille : le p�re n'�tant plus � m�me, provisoirement, de prendre soin de celle-ci, il a donn� son accord � ce qu'elle s�journe avec sa m�re et que, contrairement � ce que le p�re avait pr�tendu, il ne s'agissait donc pas d'un accord sur l'exercice du droit aux relations personnelles, mais d'un document devenu n�cessaire par son impossibilit� d'exercer la garde.
6.2.2.�La premi�re exception pr�vue � l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 pr�voit que l'autorit� judiciaire de l'�tat requis n'est pas tenue d'ordonner le retour de l'enfant lorsque le parent ravisseur qui s'oppose � ce retour �tablit que l'autre parent, qui avait le soin de l'enfant, avait consenti ou a acquiesc� post�rieurement � ce d�placement ou � ce non-retour. La CLaH80 ne pr�voit pas de pr�somption relative � l'accord au non-retour de l'enfant, mais exige la preuve de ce consentement (art. 13 al. 1 CLaH80), laquelle doit r�pondre � des exigences particuli�rement �lev�es (arr�ts 5A_1003/2015 du 14 janvier 2016 consid. 5.1.1; 5A_705/2014 du 15 octobre 2014 consid. 3.1 et les nombreuses r�f�rences cit�es; 5A_577/2014 et 5A_578/2014 du 21 ao�t 2014 consid. 4.4; 5A_822/2013 du 28 novembre 2013 consid. 3.3); des d�clarations conditionnelles ne suffisent pas (arr�ts 5A_705/2014 du 15 octobre 2014 consid. 3.1; 5A_577/2014 et 5A_578/2014 du 21 ao�t 2014 consid. 4.4; 5A_520/2010 du 31 ao�t 2010 consid. 3). Le consentement, respectivement, l'acquiescement (expr�s ou par actes concluants) du parent qui avait la garde dans le pays d'origine doit �tre exprim� clairement (arr�t 5A_705/2014 du 15 octobre 2014 consid. 3.1).
6.2.3.�Selon le texte complet de l'autorisation du 28 avril 2015 - eu �gard aux termes "voyage", "par avion, sur la route", "n�cessaire � la Police des fronti�res, afin de sortir du pays" (�
cf. supra�consid. 4.2.2) -, il appara�t que ce document fait r�f�rence � un voyage, non � l'�tablissement de l'enfant ou � une modification du lieu de r�sidence, notamment faute de pr�cision sur la dur�e du s�jour projet� en Suisse ou de d�signation d'un lieu de destination. D�s lors que le texte de l'autorisation n'est pas �quivoque et a �t� r�dig� par un notaire de mani�re claire, il n'y avait pas lieu de recourir � l'interpr�tation � laquelle le juge pr�c�dent a proc�d� au regard des circonstances, singuli�rement des s�quelles de l'agression du p�re (�
cf. supra�consid. 6.2.2). Il s'ensuit que la d�claration du 28 avril 2015 ne saurait �tre comprise comme une " autorisation de s�jour durant une ann�e ", ainsi que l'a retenu le juge cantonal, ni�
a fortiori�comme le consentement du p�re � la modification du lieu de r�sidence de sa fille. Le grief de violation de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 doit donc �tre admis sous cet angle.
6.2.4.�En l'absence de consentement donn� par le parent gardien de l'enfant avant le d�placement, le point de savoir si la r�vocation dudit consentement est licite ou non peut souffrir de demeurer ind�cis.
6.3.�En second lieu, le recourant conteste qu'il existe un acquiescement post�rieur au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 d�coulant de la d�cision rendue par la Roumanie, apr�s le d�placement de sa fille. Il admet qu'un jugement a certes �t� rendu le 3 mars 2016 par le Tribunal civil de Y.________ attribuant l'autorit� parentale � la m�re et d�pla�ant le lieu de r�sidence habituelle de l'enfant en Suisse, mais il soutient que ce jugement n'est pas constitutif d'un acquiescement, faute d'�tre entr� en force et ex�cutoire. Il expose avoir form� appel contre ce jugement, lequel sera jug� en s�ance le 14 octobre 2016 � 9h30, en sorte que la d�cision rendue le 3 mars 2016 en faveur de la m�re de l'enfant n'est pas ex�cutoire et ne peut donc avoir d'influence sur le prononc� ou le refus du retour de l'enfant. De surcro�t, le recourant ajoute que la m�re n'a ni all�gu�, ni�
a fortiori�d�montr�, l'existence d'une d�cision provisoire pour la dur�e de la proc�dure d'appel, qui serait imm�diatement ex�cutoire, selon laquelle la r�sidence de l'enfant serait fix�e aupr�s d'elle en Suisse.
6.3.1.�S'agissant de la d�cision roumaine, l'autorit� pr�c�dente a rappel� que le Tribunal civil de Y.________ avait attribu� l'autorit� parentale � la m�re et d�plac� le lieu de r�sidence habituelle de l'enfant du domicile de son p�re � celui de sa m�re, que le p�re avait entrepris ce jugement et qu'on ignorait si l'arr�t sur appel devait �tre rendu � br�ve �ch�ance. Le juge cantonal a ainsi retenu que le retour de l'enfant, dans l'intervalle, �tait de nature � l'exposer � un nouveau renvoi si l'appel devait �tre rejet�, partant, qu'il fallait pr�venir le risque de double retour.
6.3.2.�Lorsque l'�tat requ�rant rend, post�rieurement au d�placement, une d�cision accordant la garde au parent ravisseur, il y a lieu d'admettre que le retour de l'enfant ne doit pas �tre ordonn�, car une telle d�cision de l'autorit� de l'�tat de provenance de l'enfant prive alors de pertinence une argumentation fond�e sur le caract�re illicite du d�placement contest� au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 (arr�ts 5A_1003/2015 du 14 janvier 2016 consid. 5.1.1; 5A_584/2014 du 3 septembre 2014 consid. 6.2.1; 5A_884/2013 du 19 d�cembre 2013 consid. 4.2.2.2).
6.3.3.�Contrairement � ce que soutient le recourant, le Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal valaisan n'a pas retenu que le jugement roumain attribuait, de mani�re d�finitive, l'autorit� parentale � la m�re et d�pla�ait par cons�quent le lieu de r�sidence habituelle de l'enfant chez sa m�re, partant, que ce jugement serait constitutif d'un acquiescement post�rieur au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80. L'autorit� pr�c�dente a uniquement retenu que la date de l'arr�t sur appel �tait encore ind�finie, et que, au vu du contenu du jugement de premi�re instance, le renvoi de la fille en Roumanie dans l'intervalle - sur la base de la CLaH80 - exposait l'enfant � un nouveau renvoi si cet appel devait �tre rejet�. Le juge cantonal n'a donc pas consid�r� que le jugement du 3 mars 2016 constituait ainsi un acquiescement post�rieur, mais que la pr�vention du risque de double retour constituait, dans l'attente d'un arr�t d�finitif des autorit�s du pays de provenance sur ces questions, une exception au sens de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80. En l'occurrence, l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 n'a nullement trait � des questions d'opportunit�, partant, ne consacre pas le risque d'un double retour comme exception, mais se limite � la prise en consid�ration d'�l�ments factuels (�
cf. supra�consid. 6.3.2). Il s'ensuit qu'en admettant qu'il existait un risque de double retour induit par le jugement roumain du 3 mars 2016 dont est appel et que ce risque consacrait une forme d'acquiescement pour la dur�e de la proc�dure de deuxi�me instance, le juge cantonal a m�connu la port�e de cette disposition. Seul l'arr�t sur appel qui interviendra le 14 octobre 2016, lorsque cette d�cision sera entr�e en force et devenue ex�cutoire, sera constitutif d'un acquiescement post�rieur au d�placement et non-retour illicites de la fille. La violation de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 doit donc �galement �tre admise sous cet angle.
Saisie d'une requ�te en retour de l'enfant, l'autorit� judiciaire de l'�tat dans lequel l'enfant a �t� d�plac� ou est retenu illicitement n'est pas comp�tente pour proc�der � un examen approfondi de la situation compl�te afin de rendre une d�cision sur le fond de la cause statuant sur les questions d'autorit� parentale et de garde de l'enfant. Dans le cadre du m�canisme de la CLaH80, il suffit que les juridictions nationales examinent et motivent succinctement les �l�ments plaidant en faveur du retour de l'enfant dans le pays de provenance, ainsi que les motifs invoqu�s d'exclusion au rapatriement de l'enfant, � la lumi�re de l'int�r�t sup�rieur de l'enfant et en tenant compte des circonstances du cas d'esp�ce (arr�t 5A_584/2014 du 3 septembre 2014 consid. 6.2.3)
Vu ce qui pr�c�de, il appartient aux autorit�s suisses saisies du cas d'esp�ce d'examiner tous les �l�ments justifiant et excluant le retour de l'enfant dans le pays de provenance. D�s lors que le juge cantonal a admis que tant l'art. 12 al. 2 CLaH80 que l'exception de l'art. 13 al. 1 let. a CLaH80 constituaient des �l�ments justifiant le non-retour de la fille en Roumanie, il a laiss� ouverte l'exception de l'art. 13 al. 2 CLaH80 (�
cf. infr�a consid. 7.1) et n'a pas examin� l'exception pr�vue � l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80 (�
cf. infr�a consid. 7.2). Or, l'admission du recours s'agissant des griefs des art. 12 et 13 al. 1 let. a CLaH80 (�
cf. supra�consid. 5 et 6) a pour cons�quence que la r�alisation de l'un ou de l'autre de ces deux exceptions doit �tre examin�e, question de droit dont le Tribunal f�d�ral se pr�occupe d'office (art. 106 al. 1 LTF;�
7.1.1.�Le juge pr�c�dent a expos� que la fille s'�tait oppos�e � son retour et manifest� sa volont� de demeurer aupr�s de sa m�re. Le magistrat cantonal a cependant estim� que, en raison de son �ge (8 ans), l'enfant n'�tait " tr�s vraisemblablement pas � m�me de se forger une opinion personnelle � propos de la question sp�cifique du retour dans son pays d'origine ", en sorte que, au vu de l'issue de la requ�te en retour, la question de l'opposition de l'enfant pouvait souffrir de rester ind�cise.
7.1.2.�L'art. 13 al. 2 CLaH80 dispose que l'autorit� judiciaire de l'�tat requis peut aussi refuser d'ordonner le retour de l'enfant si elle constate que celui-ci s'oppose � son retour et qu'il a atteint un �ge et une maturit� o� il se r�v�le appropri� de tenir compte de cette opinion. Un enfant a atteint un degr� de maturit� suffisant au sens de cette disposition lorsqu'il est en mesure de comprendre le sens et la probl�matique de la d�cision portant sur le retour. Il doit en particulier �tre capable de saisir que la proc�dure ne concerne ni la question du droit de garde, ni celle de l'autorit� parentale, mais tend uniquement � r�tablir la situation ant�rieure au d�placement illicite; il doit aussi �tre conscient que le point de savoir dans quel �tat et aupr�s duquel de ses parents il vivra � l'avenir sera tranch�, apr�s son retour dans le pays d'origine, par les autorit�s judiciaires de ce pays (ATF 133 III 146 consid. 2.4). L'opposition de l'enfant constitue une exception au principe du retour en cas de d�placement illicite; elle ne conf�re pas � l'enfant le droit de choisir librement le lieu de s�jour de la famille. L'opposition au sens de l'art. 13 al. 2 CLaH80 doit �tre qualifi�e, c'est-�-dire �tre exprim�e avec une certaine fermet� et reposer sur des motifs particuliers et compr�hensibles (ATF 134 III 88 consid. 4; arr�ts 5A_930/2014 du 23 d�cembre 2014 consid. 6.1.3; 5A_799/2013 consid. 5.7). Selon la jurisprudence, un enfant de 8 ans n'est,�
a priori, pas capable de se forger une opinion personnelle � propos de la question sp�cifique du retour dans son �tat d'origine pour la dur�e de la proc�dure tendant � l'attribution du droit de garde (ATF 133 III 146 consid. 2.4; arr�t 5A_930/2014 du 23 d�cembre 2014 consid. 6.3.2).
7.1.3.�En l'occurrence, il ressort de l'arr�t d�f�r� que le juge cantonal a constat� que la fille des parties �tait �g�e de 8 ans et a indiqu� qu'elle ne semblait pas suffisamment mature pour exprimer son opinion sur cette question sp�cifique. Faute d'�l�ment propre au cas d'esp�ce permettant de consid�rer qu'exceptionnellement un enfant de 8 ans est capable d'exprimer son opposition qualifi�e � son retour, le magistrat cantonal ne pouvait pas, eu �gard � la jurisprudence pr�cit�e (�
cf. supra�consid. 7.1.2�
in fine), laisser la question ouverte, partant, sugg�rer que l'opposition de l'enfant aurait pu �tre une exception suppl�mentaire au retour. Sur la base de ses constatations, le juge pr�c�dent ne pouvait que conclure que l'exception consacr�e par l'art. 13 al. 2 CLaH80 n'�tait pas satisfaite.
7.2.�La derni�re exception au retour de l'enfant (art. 13 al. 1 let. b CLaH80) n'a pas �t� trait�e dans la d�cision entreprise, le juge cantonal ayant d�j� admis trois motifs plaidant contre le rapatriement de la fille en Roumanie (�
cf. supra�consid. 5.1, 6.2.1 et 6.3.1). D�s lors qu'il appara�t que ces exceptions ne sont en d�finitive pas satisfaites (�
cf. supra�consid. 5.3, 6.2.3 et 6.3.3), de m�me que celle de l'art. 13 al. 2 CLaH80 (�
cf. supra�consid. 7.1.3), il convient d'examiner si l'hypoth�se vis�e par l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80 est r�alis�e et conduirait au rejet de la demande en retour de l'enfant.
7.2.1.�En vertu de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80, l'autorit� judiciaire de l'�tat requis n'est pas tenue d'ordonner le retour de l'enfant lorsque la personne qui s'oppose � son retour �tablit qu'il existe un risque grave que ce retour n'expose l'enfant � un danger physique ou psychique, ou de toute autre mani�re ne le place dans une situation intol�rable. Seuls des risques graves doivent �tre pris en consid�ration, � l'exclusion de motifs li�s aux capacit�s �ducatives des parents, d�s lors que la CLaH80 n'a pas pour but de statuer au fond sur le sort de l'enfant, notamment sur la question de savoir quel parent serait le plus apte � l'�lever et � prendre soin de lui; la d�cision � ce sujet revient au juge du fait de l'�tat de provenance et la proc�dure de retour tend uniquement � rendre possible une d�cision future � ce propos (�
cf.�art. 16 et 19 CLaH80; ATF 133 III 146 consid. 2.4; 131 III 334 consid. 5.3; arr�t 5A_705/2014 du 15 octobre 2014 consid. 4.1 et les r�f�rences cit�es).
L'art. 5 LF-EEA pr�cise l'application de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80, en �num�rant une s�rie de cas dans lesquels le retour de l'enfant ne peut plus entrer en ligne de compte parce qu'il placerait celui-ci dans une situation manifestement intol�rable (Message concernant la mise en oeuvre des conventions sur l'enl�vement international d'enfants ainsi que l'approbation et la mise en oeuvre des conventions de La Haye en mati�re de protection des enfants et des adultes, du 28 f�vrier 2007, FF 2007 p. 2433, n� 6.4). Le retour de l'enfant ne doit pas �tre ordonn� notamment lorsque: 1� le placement aupr�s du parent requ�rant n'est manifestement pas dans l'int�r�t de l'enfant; 2� le parent ravisseur, compte tenu des circonstances, n'est pas en mesure de prendre soin de l'enfant dans l'�tat dans lequel l'enfant avait sa r�sidence habituelle au moment de l'enl�vement ou que l'on ne peut manifestement pas l'exiger de lui; 3� le placement aupr�s de tiers n'est manifestement pas dans l'int�r�t de l'enfant (arr�ts 5A_479/2012 du 13 juillet 2012 consid. 5.1, publi�
in�SJ 2010 I p. 151). Les conditions pos�es � l'art. 5 LF-EEA n'ont pour objet que de clarifier les dispositions conventionnelles, et non pas de se substituer � elles. Le terme �notamment� signifie que ne sont �num�r�s que quelques cas de figure qui - bien qu'essentiels - n'emp�chent pas que l'on se pr�vale de la clause pr�vue dans la convention (Message pr�cit�, FF 2007 p. 2433, n� 6.4).
7.2.2.�L'�tat de fait de la d�cision entreprise laisse appara�tre que le p�re a des ant�c�dents judiciaires, consomme fr�quemment de l'alcool et des stup�fiants, a une pr�disposition au scandale, et a manifest� de la violence verbale et physique � l'encontre de son ex-femme. Il ressort aussi des faits que le tribunal de premi�re instance roumain a expos� que, � la suite du traumatisme cr�nien subi en avril 2015, le p�re n'�tait plus � m�me de prendre soin de sa fille. Au vu de ces constatations, il y a lieu de s'interroger sur l'aptitude du p�re � prendre soin de sa fille, sans mettre l'int�r�t et le bien-�tre de celle-ci, autrement dit, sans cr�er un risque concret et grave pour le d�veloppement de l'enfant. A tout le moins la r�alisation de cette exception n'est-elle pas d'embl�e exclue. En tant que cour supr�me, le Tribunal f�d�ral est juge du droit - il statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF;�
cf. supra�consid. 4.1) -, et, non juge du fait (arr�t 5A_339/2015 du 18 novembre 2015 consid. 2.3) et ne disposant manifestement pas de tous les �l�ments lui permettant de trancher cet aspect, la cour de c�ans n'est pas en mesure d'examiner cet aspect. Il convient d�s lors de renvoyer la cause au juge de l'instance cantonale unique (art. 7 al. 1 LF-EEA;�
cf. supra�consid.1) aux fins qu'il �tablisse les faits en relation avec l'�ventuelle r�alisation de l'exception de l'art. 13 al. 1 let. b CLaH80, puis qu'il statue � nouveau sur la cause, en particulier sur la r�alisation de l'une des exceptions de l'art. 13 al. 1 let. a et b CLaH80.
Vu ce qui pr�c�de, le recours est admis, l'arr�t annul� et la cause renvoy�e au Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais pour instruction et nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Conform�ment � l'art. 26 al. 2 CLaH80, il n'est pas per�u de frais judiciaires devant le Tribunal f�d�ral. Vu le sort du litige, l'intim�e, qui a succomb� dans ses d�terminations devant le Tribunal f�d�ral, versera au recourant une indemnit� de d�pens pour la proc�dure f�d�rale (art. 68 al. 1 et 2 LTF). La Caisse du Tribunal f�d�ral versera par ailleurs une indemnit� � la curatrice de l'enfant pour ses honoraires de repr�sentation.
Une indemnit� de 1'500 fr., � payer au recourant, � titre de d�pens pour l'instance f�d�rale, est mise � la charge de l'intim�e.
Une indemnit� de 1'000 fr. est allou�e � Me Gabrielle Weissbrodt, curatrice de l'enfant, � titre d'honoraires, qui lui sera pay�e par la Caisse du Tribunal f�d�ral.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � l'enfant mineur par sa curatrice de repr�sentation, au Juge unique de la Cour civile II du Tribunal cantonal du canton du Valais et � l'Autorit� centrale en mati�re d'enl�vement international d'enfants de l'Office f�d�ral de la justice.

References: ATF 
 art. 106
 ATF 
in fine
in fine
 art. 106
 l'article 12
 art. 12
in fine
 ATF