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Document:
5A_385/2012 (21.09.2012)
5A_385/2012
5A_389/2012
repr�sent� par Me Vincent Spira, avocat,
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 13 avril 2012.
A.a X.________, n� en 1971 � F.________ (Arabie Saoudite), ressortissant d'Arabie Saoudite, et dame X.________, n�e en 1972 au Caire (Egypte), ressortissante de Jordanie, se sont mari�s en 1992 � F.________. Les �poux, qui s'�taient connus durant leurs �tudes en Suisse, se sont install�s dans l'appartement du sixi�me �tage de l'immeuble rue G.________ � H.________, propri�t� du p�re de l'�poux. Trois enfants, n�s � Meyrin, sont issus de leur union, � savoir A.________ le ***1996, B.________ le ***1999 et C.________ le ***2000. Ils ont �t� scolaris�s dans la section anglophone du Coll�ge D.________, � Y.________.
A.b Au cours de l'ann�e 2008, les �poux ont connu des difficult�s conjugales croissantes qui les ont amen�s � vivre s�par�s.
S'agissant des enfants, il r�sulte des faits retenus par la cour cantonale que les parties avaient eu initialement l'intention commune de scolariser les enfants en Arabie Saoudite, � F.________, pour l'ann�e scolaire 2009-2010. Les formulaires d'inscription ont �t� re�us le 5 mai 2009 par l'�cole E.________ de F.________ et les enfants ont pass� des tests d'�valuation au sein de celle-ci entre les 21 et 23 mai 2009, avant de rentrer le lendemain 24 mai 2009 � H.________. Ils ont ensuite effectu� des s�jours � F.________ (du 26 juin au 6 juillet 2009), � Cannes (du 6 au 10 juillet 2009), en Ecosse (du 10 au 27 juillet 2009), � Cannes (du 27 juillet au 18 ao�t 2009), � F.________ (du 18 ao�t 2009 au 20 septembre 2009) et � H.________ (du 20 septembre au 19 octobre 2009), avant de se rendre le 19 octobre 2009 � F.________ pour d�buter, le 24 octobre 2009, l'�cole internationale. Pourtant, apr�s les tests d'�valuation pass�s en mai 2009, les parties n'avaient plus manifest� d'int�r�t � l'inscription des enfants au sein de l'�cole internationale de F.________; le directeur de celle-ci a confirm� que c'est au mois de septembre 2009 seulement que le repr�sentant du p�re l'avait inform� qu'il proc�dait aux demandes d'autorisations et voulait confirmer leur int�r�t dans l'obtention de places au sein de l'�cole. L'annulation des inscriptions des enfants au Coll�ge D.________, par le p�re seul, a eu lieu le 20 ao�t 2009. Les enfants �taient toutefois retourn�s � H.________ le 20 septembre 2009 en raison du report de la rentr�e scolaire � F.________.
Enfin, ce n'est que le 17 novembre 2009 que le p�re seul a inform� l'Office cantonal de la population de leur d�part, au demeurant non d�finitif, de H.________.
Depuis cette date, les enfants ont v�cu principalement en Arabie Saoudite, o� ils n'avaient que tr�s peu de contacts avec leur m�re. Ils sont revenus s'installer � H.________, aupr�s de leur p�re d�s le mois d'ao�t 2011. Ils ont int�gr� un coll�ge � I.________ au mois de septembre 2011, o� ils poursuivent leur scolarit� en internat. Ils passent depuis lors leurs week-ends alternativement avec leur p�re et leur m�re.
A.c Dans l'intervalle, l'�poux a saisi la Cour de F.________ d'une demande en divorce, le 30 ao�t 2009. L'issue de cette proc�dure n'est pas connue.
B.a Le 5 octobre 2009, l'�pouse a d�pos� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale aupr�s du Tribunal de premi�re instance de Gen�ve, concluant notamment � l'attribution de la garde des enfants et � une contribution � l'entretien de la famille, � charge du mari, de 90'000 fr. par mois. Cette proc�dure a donn� lieu � un jugement partiel du 27 janvier 2010 sur la comp�tence pour statuer sur le sort des enfants, par lequel le tribunal a d�ni� sa comp�tence, les enfants ayant leur r�sidence � F.________.
B.b Le 12 ao�t 2010, la Cour de justice du canton de Gen�ve a, statuant sur la base de l'art. 10 LDIP, r�form� ce jugement et admis la comp�tence des autorit�s suisses, les enfants ayant leur r�sidence habituelle � H.________. Le recours interjet� par le mari au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t a �t� rejet� le 2 d�cembre 2010 (5A_665/2010).
Dans l'intervalle, le 22 d�cembre 2009, l'�pouse a d�pos� devant le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve une demande unilat�rale en divorce.
Dans le cadre de cette proc�dure, elle a form� une requ�te de mesures provisionnelles, le 11 mai 2010, concluant � nouveau � ce que la garde sur les enfants lui soit attribu�e et � ce que le mari soit condamn� au paiement de contributions d'entretien respectivement pour les enfants et pour elle.
Le 24 octobre 2011, elle a form� une nouvelle requ�te de mesures provisionnelles, requ�rant � nouveau l'attribution de la garde et une contribution de 350'000 fr. par mois pour l'entretien de la famille. Le tribunal a rejet� cette requ�te le 25 octobre 2011 pour le motif qu'elle se confondait avec celle form�e le 11 mai 2010.
Les proc�dures de divorce et de mesures provisionnelles sont toutes encore pendantes devant les autorit�s judiciaires genevoises.
D.a Reprenant, apr�s d�cision du Tribunal f�d�ral, la cause de mesures protectrices de l'union conjugale introduite le 5 octobre 2009 (cf. supra B), le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a, par jugement du 30 novembre 2011, d�clar� sans objet les conclusions relatives au sort des enfants et fix� la contribution d'entretien de l'�pouse � 100'000 fr. par mois pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009, tout en pr�cisant que cette mesure �tait susceptible de d�ployer des effets au-del�.
D.b Statuant sur appel des deux parties par arr�t du 13 avril 2012, la Cour de justice a confirm� qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur le sort des enfants pour le motif que l'�pouse avait form� une demande en divorce ainsi qu'une demande de mesures provisionnelles et que la comp�tence du juge des mesures protectrices de l'union conjugale �tait limit�e � la p�riode pr�c�dant le d�p�t de la demande en divorce. Elle a, par ailleurs, r�duit la contribution d'entretien due par le mari d�s le 5 octobre 2009 � 80'000 fr., le juge du divorce devant d�terminer le montant �ventuellement d� pour la p�riode suivant le d�p�t de la demande en divorce le 22 d�cembre 2009.
Contre cet arr�t, les �poux X.________ interjettent chacun un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral respectivement les 21 et 23 mai 2012.
L'�pouse conclut � l'attribution de la garde des trois enfants, un droit de visite, exerc� en Suisse, apr�s d�p�t du passeport et sous surveillance, �tant r�serv� en faveur du p�re, � l'instauration d'une curatelle de surveillance des relations personnelles et � l'allocation d'une contribution � l'entretien de la famille � charge du mari, payable d'avance et allocations familiales non comprises, de 950'000 fr. par mois. Subsidiairement, elle demande le renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Elle invoque l'arbitraire dans l'application des art. 172 ss CC et 137 aCC, dans l'application de l'ancien droit cantonal de proc�dure, ainsi que dans l'appr�ciation des preuves
L'�poux conclut � la r�duction de la contribution d'entretien � 15'000 fr. par mois du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009. Subsidiairement, il requiert le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il se plaint d'arbitraire dans l'application de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC.
2.1 La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 et les r�f�rences cit�es). Les recours ont pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Ils ont par ailleurs �t� d�pos�s en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale par le tribunal sup�rieur du canton de Gen�ve (art. 75 LTF) et par des parties qui ont pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ont un int�r�t � la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 LTF). Les recours en mati�re civile sont donc en principe recevables.
2.2 Comme l'arr�t attaqu� porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5, 585 consid. 3.3), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e; il ne peut proc�der � une substitution de motifs que pour autant que la nouvelle motivation n'ait pas express�ment �t� r�fut�e par l'autorit� cantonale et qu'elle r�siste, � son tour, au grief de violation des droits constitutionnels (arr�t 5A_652/2009 du 18 janvier 2010 consid. 1.4; ATF 128 III 4 consid. 4c/aa).
Le Tribunal f�d�ral n'examine en outre les griefs de violation de droits constitutionnels que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 III 589 consid. 2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les r�f�rences cit�es). L'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst. ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de cette d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1; 133 II 257).
2.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences cit�es). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause. Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 et les r�f�rences cit�es). Ainsi en va-t-il dans le domaine des mesures protectrices de l'union conjugale, qui sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb et les r�f�rences cit�es; sous l'empire du CPC: cf. arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 2.3).
En substance, la cour cantonale a jug� que, l'�pouse ayant form� une demande en divorce ainsi qu'une requ�te de mesures provisionnelles, il n'y avait pas lieu de statuer sur le sort des enfants par des mesures protectrices de l'union conjugale qui visaient d�sormais � r�gler une situation pass�e puisqu'elles n'avaient pas pu �tre rendues avant la saisine du juge du divorce. Elle a consid�r� que le juge des mesures protectrices n'�tait comp�tent pour statuer sur la contribution d'entretien que pour la p�riode pr�c�dant le d�p�t de la demande en divorce et a arr�t� le montant de celle-ci � 80'000 fr. L'�pouse conteste qu'il ne puisse �tre statu� que pour la p�riode ant�rieure au d�p�t de la demande de divorce et requiert que la garde sur les enfants lui soit attribu�e et que la contribution en faveur de la famille soit augment�e � 950'000 fr. par mois. Le mari ne remet en cause que le montant de la contribution; il conclut � ce que celle-ci soit fix�e � 15'000 fr. mensuellement.
En l'occurrence, la Cour de justice a converti le jugement partiel du Tribunal de premi�re instance du 27 janvier 2010 en prononc� de mesures provisoires selon l'art. 10 LDIP. Aussi, � la suite du rejet du recours de l'�poux par le Tribunal f�d�ral, le Tribunal de premi�re instance, lorsqu'il a repris la cause, ne pouvait statuer que dans le cadre des mesures provisoires de l'art. 10 LDIP. De telles mesures peuvent �tre ordonn�es par le juge suisse, alors m�me qu'une action en divorce est pendante � l'�tranger, quand le droit du juge du divorce ne conna�t pas une r�glementation provisoire, analogue � celle du droit suisse, de la situation des �poux en instance de divorce; quand des mesures ordonn�es par le juge �tranger ne peuvent pas �tre ex�cut�es au domicile des parties en Suisse; quand doivent �tre ordonn�es des mesures pour garantir une ex�cution future sur des biens sis en Suisse; quand il y a p�ril en la demeure; ou quand on ne saurait esp�rer que le tribunal � l'�tranger prendra une d�cision dans un d�lai convenable (ATF 134 III 326 consid. 3.5.1; arr�t 5C.243/1999 du 5 mars 1991 consid. 5a et b in SJ 1991 p. 465 s.). La question de savoir si ces conditions sont r�alis�es peut demeurer ind�cise en l'esp�ce compte tenu de ce que suit (cf. consid. 5.3).
Invoquant l'arbitraire dans l'application des art. 172 ss CC et 137 aCC, l'�pouse se pr�vaut de ce que, selon la jurisprudence, les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur dans la proc�dure de divorce tant qu'elles n'ont pas �t� supprim�es ou modifi�es par des mesures provisoires, m�me si elles n'ont �t� ordonn�es qu'apr�s l'ouverture de l'action en divorce. Elle en d�duit que, en l'esp�ce, le juge des mesures protectrices de l'union conjugale est comp�tent pour r�gler tous les aspects de la vie s�par�e des parties - y compris le sort des enfants - entre le 5 octobre 2009 et le 22 d�cembre 2009, les effets de sa d�cision devant perdurer jusqu'� leur modification �ventuelle par des mesures provisoires prononc�es dans le cadre de la proc�dure de divorce.
5.1 Dans l'ATF 129 III 60, le Tribunal de c�ans a d�limit� les comp�tences respectives du juge des mesures protectrices et de celui des mesures provisionnelles lorsque l'action en divorce est introduite. Il a tout d'abord rappel� les principes d�j� d�gag�s par la jurisprudence et toujours applicables: le juge des mesures protectrices est comp�tent pour la p�riode ant�rieure � la litispendance de l'action en divorce, tandis que le juge des mesures provisionnelles l'est d�s ce moment pr�cis; les mesures protectrices ordonn�es avant la litispendance continuent toutefois de d�ployer leurs effets tant que le juge des mesures provisionnelles ne les a pas modifi�es (consid. 2). Dans cet arr�t de principe, le Tribunal f�d�ral a ensuite tranch� la question du sort de la proc�dure de mesures protectrices lorsque le juge des mesures provisionnelles est saisi: la proc�dure de mesures protectrices ne devient pas sans objet, le juge des mesures protectrices demeurant en effet comp�tent pour la p�riode ant�rieure � la litispendance, et ce, m�me s'il ne rend sa d�cision que post�rieurement (consid. 3).
Dans l'arr�t 5A_139/2010, le Tribunal f�d�ral a consid�r� qu'il n'�tait pas arbitraire d'admettre l'incomp�tence du juge saisi d'une requ�te de modification des mesures protectrices introduite quelques jours seulement avant l'ouverture de l'action en divorce, la recourante n'ayant effectivement pas d'int�r�t � obtenir une modification pour une dur�e de quelques jours (consid. 2.5). Le r�sum� de l'ATF 129 III 60 figurant au consid. 2.3 est cependant erron�. En vertu de la jurisprudence publi�e aux ATF, la d�cision de mesures protectrices d�ploie ses effets - au-del� de la litispendance - jusqu'� ce que le juge des mesures provisionnelles l'ait modifi�e (ATF 101 II 1 p. 3 cit� dans l'ATF 129 III 60 consid. 2); s'il n'y a pas de conflit de comp�tences, il importe peu que, en raison du temps n�cessaire au traitement du dossier par le tribunal, la d�cision de mesures protectrices ait ainsi �t� rendue avant ou apr�s la litispendance de l'action en divorce (arr�t 5A_324/2012 du 15 ao�t 2012 consid. 3.3.2 destin� � la publication).
5.2 � l'aune de la jurisprudence susmentionn�e (cf. consid. 5.1 supra), l'�pouse conserve en principe un int�r�t � ce qu'il soit statu� sur les mesures protectrices de l'union conjugale. Cela �tant, lorsque, comme en l'esp�ce, une partie saisit le juge des mesures protectrices de l'union conjugale et qu'ensuite, elle d�pose devant le juge du divorce une requ�te de mesures provisionnelles; que manifestement les circonstances se sont modifi�es depuis - puisque les enfants ont quitt� la Suisse, qu'ils y sont revenus et que l'�pouse a pris un emploi -; et que le juge du divorce a instruit sur mesures provisionnelles et est sur le point de statuer, il se justifie de fixer la limite des comp�tences entre les deux juges au jour de l'ouverture de la proc�dure de divorce. En cons�quence, les mesures protectrices de l'union conjugale ne peuvent �tre prononc�es in casu que pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009.
5.3 En l'occurrence, les mesures protectrices requises concernant les enfants ne d�ploieraient aucun effet, compte tenu des circonstances particuli�res du cas d'esp�ce, au-del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce; elles sont destin�es � r�gler une p�riode �coul�e bien d�termin�e (cf. consid. 5.2 supra), durant laquelle il est �tabli que les enfants r�sidaient en Arabie Saoudite. Aussi, quelle que soit la mesure ordonn�e, elle ne pourrait modifier cette situation pass�e, sur laquelle il n'y a donc pas lieu de revenir. Il s'ensuit que la d�cision de la cour cantonale de d�clarer sans objet les conclusions de l'�pouse relatives au sort des enfants n'est pas arbitraire dans son r�sultat. Le recours de l'�pouse doit donc �tre rejet� sur ce point.
En revanche, la proc�dure conserve tout son int�r�t en ce qui concerne la contribution d'entretien due par l'�poux pour la p�riode du 5 octobre 2009 au 22 d�cembre 2009; les parties n'ont d'ailleurs jamais contest� la comp�tence du juge suisse des mesures protectrices de l'union conjugale � ce sujet, l'incident de proc�dure soulev� par l'�poux n'ayant port� que sur le sort des enfants.
Chacun des �poux conteste la quotit� de la contribution d'entretien d� � l'�pouse du 5 octobre au 22 d�cembre 2009; ils s'en prennent en particulier � la d�termination du niveau de vie du couple durant la vie commune.
6.1 La cour cantonale a tout d'abord jug� que l'�pouse avait droit au maintien de son niveau de vie d'avant la s�paration. Elle a en outre constat� que l'�poux r�alisait d'importants revenus, lesquels �taient vraisemblablement bien sup�rieurs � ceux all�gu�s. Se r�f�rant au d�compte de d�penses pour le mois de septembre 1999 fourni par la recourante - selon lequel 251'000 fr. �taient consacr�s � l'entretien de la famille -, elle a estim� que, cette pi�ce �tant ancienne, il y avait lieu �galement de consid�rer les d�penses encourues par celle-ci depuis la s�paration, � savoir un montant mensuel moyen de 27'325 fr., pr�cisant cependant que cette somme n'�tait pas repr�sentative de son train de vie ant�rieur. En d�finitive, elle a jug� qu'il fallait allouer � l'�pouse une contribution d'entretien �quivalant au tiers des d�penses du couple selon le document fourni par celle-ci, � savoir 80'000 fr.; elle n'a pas tenu compte des revenus de l'�pouse puisqu'elle ne travaillait pas durant la p�riode en cause.
6.2 L'�pouse se plaint d'arbitraire dans la d�termination du train de vie des �poux durant la vie commune; elle reproche � la cour cantonale de s'�tre bas�e de fa�on pr�pond�rante sur une pi�ce datant de 1999, soit de plus de dix ans. Elle estime que le train de vie du couple, qu'il lui est difficile de d�terminer de mani�re chiffr�e, ne peut �tre �tabli sur la base de cette unique pi�ce, qu'elle ne conteste cependant pas, mais doit �tre fix� en tenant compte �galement des revenus et de la fortune de l'�poux.
6.3 L'�poux reproche aussi � la cour cantonale de s'�tre fond�e sur une pi�ce datant de plus de dix ans, concernant, selon lui, les d�penses de feu son p�re et non express�ment invoqu�e par l'�pouse pour �tablir le train de vie du couple. Il fait ensuite valoir que son �pouse n'a pas expliqu� quelles d�penses �taient n�cessaires au maintien du niveau de vie ni rendu vraisemblable leur caract�re effectif puisque la seule charge �tablie consiste en son loyer. Il invoque encore que, dans sa requ�te, la recourante avait fait une premi�re estimation du co�t de l'entretien de la famille � 69'950 fr., incluant les frais d'�colage priv� des enfants et les salaires des trois employ�s de maison alors que lui-m�me avait exerc� la garde sur les enfants durant cette p�riode et que des charges li�es � la s�curit� et au personnel de maison n'avaient jamais �t� all�gu�es par l'�pouse. Enfin, il argue que, les d�penses effectives de la recourante �tant pour la p�riode en cause de 27'325 fr. par mois, il serait arbitraire d'arr�ter le montant de la contribution au triple de cette somme.
6.4 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, ce que le juge du fait doit constater, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux. Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties (ATF 121 I 97 consid. 3b et les r�f�rences; 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3, publi� in FamPra.ch 2010 p. 894). Il incombe au cr�ancier de la contribution d'entretien de pr�ciser les d�penses n�cessaires au maintien de son train de vie et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2; arr�t 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257).
6.5 Les parties ne sauraient reprocher � la cour cantonale d'avoir �tabli leur train de vie sur la base du document fourni par l'�pouse et inventoriant des d�penses mensuelles pour le mois de septembre 1999. Tout d'abord, ni l'une ni l'autre ne pr�tendant que leur niveau de vie se serait modifi� depuis cette date, on ne saisit pas en quoi il serait insoutenable de se fonder sur ce document m�me s'il date de plus de dix ans. Par ailleurs, il s'agit de la seule pi�ce produite par l'�pouse pour d�terminer son train de vie ant�rieur alors qu'il lui incombe de rendre vraisemblable les d�penses n�cessaires au maintien de celui-ci; elle est en cons�quence malvenue de pr�tendre que cette pi�ce n'�tait pas suffisante. Quant � l'�poux, il ne s'en prend pas aux consid�rants de l'arr�t cantonal, qui lui reprochent de n'avoir produit aucun autre �l�ment permettant d'�tablir le niveau de vie du couple. En outre, en tant qu'il pr�tend avoir d�montr�, renvoyant � ses �critures d'appel, que cette pi�ce concernerait les d�penses de son p�re, il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de compl�ter lui-m�me l'acte de recours en allant consulter les m�moires produits sur le plan cantonal; un renvoi aux actes cantonaux ne suffit donc pas au regard des exigences l�gales en mati�re de motivation des recours (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 396 consid. 3.2; 131 III 384 consid. 2.3; 130 I 290 consid. 4.10). Enfin, la pi�ce en cause a �t� produite par l'�pouse � l'appui de sa requ�te de sorte que l'�poux ne peut se pr�valoir de ce qu'elle n'�tait pas invoqu�e pour d�terminer le niveau de vie du couple.
La contribution d'entretien devant exclusivement �tre �tablie sur la base des d�penses n�cessaires au maintien du niveau de vie du couple, l'�pouse ne peut tirer aucun argument des revenus et de la fortune de son �poux, aussi importants soient-ils. De son c�t�, celui-ci ne saurait se fonder sur les d�penses effectives de son �pouse depuis la s�paration puisqu'elle a droit au maintien du niveau de vie qui �tait le sien durant la vie commune. � cet �gard, en tant que l'�poux soutient que l'�pouse n'a ni all�gu� ni �tabli des frais li�s au personnel de maison et de s�curit�, son grief est mal fond� d�s lors qu'il n'a jamais contest� que le couple ait eu recours � de tels services durant la vie commune. Concernant les frais relatifs aux enfants, la cour cantonale a tenu compte du fait que ceux-ci n'�taient pas pris en charge par la m�re durant la p�riode en cause puisqu'elle lui a allou� un montant correspondant au tiers des d�penses globales de la famille.
Il suit de l� que les critiques des parties concernant la d�termination du montant des d�penses n�cessaires au maintien du niveau de vie pour la p�riode du 5 octobre au 22 d�cembre 2009, essentiellement appellatoires, ne permettent pas de qualifier d'insoutenable l'appr�ciation de la cour cantonale et doivent donc �tre rejet�es dans la mesure o� elles sont recevables.
D�s lors que l'�pouse n'est pas parvenue � d�montrer que la contribution d'entretien aurait �t� arr�t�e de mani�re arbitraire, point n'est besoin d'examiner plus avant si elle pouvait amplifier ses conclusions en appel, le montant retenu �tant inf�rieur aux conclusions qu'elle a prises en premi�re instance.
Enfin, l'�poux requiert que le dispositif de l'arr�t cantonal soit pr�cis� en ce sens que la contribution soit express�ment limit�e � la p�riode du 5 octobre au 22 d�cembre 2009 comme il ressort sans doute possible des consid�rants dudit arr�t. Ce chef de conclusion est irrecevable, faute pour le recourant de disposer d'un int�r�t digne de protection � la modification de l'arr�t sur ce point (art. 76 al. 1 let. b LTF). Il est �vident � la lecture des consid�rants de l'arr�t entrepris que la validit� des mesures ordonn�es est limit�e � la p�riode susmentionn�e; c'est d'ailleurs dans ce sens que l'une et l'autre des parties l'ont compris. La modification sollicit�e se r�v�le ainsi inutile.
Sur le vu de l'ensemble de ce qui pr�c�de, le recours de dame X.________ ainsi que celui de X.________ doivent �tre rejet�s. Les frais judiciaires relatifs � chaque recours doivent �tre mis � la charge de leur auteur (art. 66 al. 1 LTF); ils sont arr�t�s � un montant de 3'000 fr. pour chacun des recours. Les parties n'ont pas droit � des d�pens d�s lors qu'aucune d'elles n'a �t� invit�e � se d�terminer sur le recours de l'autre (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Les causes 5A_385/2012 et 5A_389/2012 sont jointes.
Le recours form� par dame X.________ (5A_385/2012) est rejet�.
Le recours form� par X.________ (5A_389/2012) est rejet�.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr. pour la cause 5A_385/2012, sont mis � la charge de dame X.________.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr. pour la cause 5A_389/2019, sont mis � la charge de X.________.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve et au Tribunal tut�laire du canton de Gen�ve.

References: art. 172
 ATF 
 art. 172
in casu
 ATF 
 ATF