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Timestamp: 2017-01-24 11:33:41+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 3 ss, 04 juillet 2001, 225251
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 225251Numéro NOR : CETATEXT000008033115 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-07-04;225251 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 21 septembre 2000 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M Mohamed X..., demeurant auprès de l'ASAF, ... ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 30 juin 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 6 août 1999 par lequel le Préfet des Hauts-de-Seine a ordonné sa reconduite à la frontière ;
- le rapport de Mme Burguburu, Conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Seners, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'il ressort des termes mêmes du jugement attaqué que M. Mohamed X... a présenté au tribunal administratif de Paris une requête non motivée le 19 août 1999, puis un mémoire complémentaire le 18 juin 2000 contenant l'exposé des faits et moyens invoqués ; qu'en outre, M. X... a présenté des observations orales à l'audience le 30 juin 2000 ; qu'en vertu des dispositions des articles R. 241-1 et suivants du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel relatifs au contentieux des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière, reprises par les articles R. 776-1 et suivants du code de justice administrative, une requête écrite non motivée, dirigée contre un arrêté de reconduite à la frontière, peut être ultérieurement régularisée notamment par la présentation orale des moyens à l'audience ; que, dès lors, c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable sa demande au motif que la requête enregistrée le 19 août 1999 n'était pas motivée ; que, par suite, le jugement du tribunal administratif de Paris du 30 août 2000 doit être annulé ;
Considérant qu'aux termes de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ; qu'aux termes de l'article 12 bis de la même ordonnance : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit ( ...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ;Considérant qu'indépendamment de l'énumération faite par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il s'agisse d'un arrêté d'expulsion pris en dehors des cas d'urgence absolue ou de nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour ; que, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, M. X..., de nationalité marocaine, justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans et pouvait donc prétendre de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, par suite, le préfet des Hauts-de-Seine ne pouvait, sans méconnaître ces dispositions, prendre à son encontre l'arrêté attaqué ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 août 1999 du préfet des Hauts-de-Seine ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Article 1er : Le jugement du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris en date du 30 juin 2000 et l'arrêté du 6 août 1999 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné la reconduite à la frontière de M. X... sont annulés.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Mohamed X..., au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1999-08-06Code de justice administrative R776-1Code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel R241-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 04 juillet 2001, n° 225251Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BurguburuRapporteur public : M. SenersOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 04/07/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 12
 l'article 25
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