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Timestamp: 2020-01-23 17:49:44+00:00

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12 – LA ROYAUTÉ DU CHRIST (formation)
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L’année liturgique se termine par la solennité du Christ, Roi de l’univers. Le Christ est notre Roi.
– 1) De quelle royauté s’agit-il ?
– 2) Comment Jésus exerce-t-il sa royauté ?
Tu le dis : Je suis Roi. (Jn 18, 37)
Roi ? Cette loque humaine qui se tient là, devant Pilate, défiguré, tout sanglant après la flagellation, la tête coiffée d’une couronne d’épines, vêtu d’un manteau de dérision ? Étrange, ce roi…
Et pourtant, quelle dignité dans son maintien et, même, quelle noblesse…
et je suis né, je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité.
Quiconque est de la vérité écoute ma voix. (Jn 18, 37)
Perplexité de Pilate : Qu’est-ce que la vérité ? (Jn 18, 38). Il pressent bien qu’il n’a pas là en face de lui un condamné ordinaire. Mais… roi ?
1 – De quelle royauté s’agit-il ?
Jésus est Roi à un double titre
Comme Fils de Dieu, le Verbe créateur
En tant que Fils de Dieu…
C’est Moi qu’Il a établi Roi en Sion, sa montagne sainte, et je veux annoncer son décret.
Le Seigneur M’a dit : “Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré.
et pour domaine les extrémités de la terre ! “ (Ps 2, 6-8)
Il Me dira : “Tu es mon Père, mon Dieu, et le garant de mon salut”.
J’assurerai à sa postérité une durée éternelle,
et son trône aura les jours des cieux. (Ps 88, 27-30)
…et en tant qu’homme
Le Verbe Créateur, image du Dieu invisible (Col 1, 15), s’est incarné, s’est fait homme, pour nous sauver : aussi est-ce non seulement comme DIEU, mais aussi en tant qu’HOMME, né dans le temps, qu’Il exerce sa royauté sur nous :
Et toi, Bethléem,(…) c’est de toi que sortira le chef qui régira Israël, mon peuple. (Mi 5, 1)
Dans le message de l’Annonciation, l’Ange insiste sur la royauté du Messie en reprenant, à très peu de chose près, les expressions mêmes des prophéties, que Marie connaissait bien :
“Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu.
Voilà que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, et on l’appellera Fils du Très-Haut.
Il règnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n’aura pas de fin. (Lc 1, 30.34)
La fête de l’Épiphanie, qui célèbre la manifestation de Dieu aux “nations”, témoigne elle aussi de la royauté de l’Enfant-Dieu :
Où est le roi des Juifs, qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile en Orient,
et nous sommes venus lui rendre hommage. (Mt 2, 2)
Comme Rédempteur
Il faut bien remarquer que, pour affirmer explicitement sa royauté, Jésus choisit le moment où Il souffre les plus cruelles humiliations, alors qu’il porte la couronne d’épines et la chlamyde du simple soldat, en pleine Passion. Il choisit le moment où il accomplit sa mission surnaturelle de Rédempteur par la Croix. Et Il a voulu que ce titre de roi figure sur la croix.
Son Royaume, c’est celui de la Rédemption. Par son œuvre de rédemption, Jésus nous a rachetés, arrachés au démon. Il nous a conquis au prix de son sang :
Dieu le Père nous a arrachés à la puissance des ténèbres
et nous a fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé,
en qui nous avons la rédemption par son sang, et la rémission des péchés. (Col 1, 13-14)
C’est donc à Lui que nous appartenons désormais. N’est-il pas juste que Celui qui a payé la RANÇON pour délivrer tous les hommes de l’esclavage du démon exerce sur eux une royauté absolue :
Ne savez-vous pas que vous n’êtes plus à vous-mêmes ?
Car vous avez été rachetés à grand prix. (1 Co 6, 19-20)
Jésus est Roi parce qu’il est SAUVEUR : “Jésus” veut dire Sauveur.
Il est la pierre que vous, les bâtisseurs, avez méprisée et qui est devenue
la pierre d’angle, et le salut ne se trouve en aucun autre.
Et il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes
par lequel nous devions être sauvés. (Ac 4, 11-12)
Il a aimé l’Église et s’est livré pour elle. (Ep 5, 25)
Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort, c’est pourquoi Dieu l’a exalté,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre et dans les enfers,
et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur,
dans la gloire de Dieu le Père. (Ph 2, 10)
Une royauté surnaturelle
Le “royaume de Dieu“, le “royaume des Cieux“, c’est le thème central de tout l’enseignement de Jésus. En toute circonstance, il parle de son royaume, il affirme sa royauté.
Tout pouvoir M’a été donné au ciel et sur la terre. (Mt 28, 18)
Mais, à la différence de tous les autres rois, ce pouvoir, chez Lui, concerne d’abord les choses de l’âme, l’intime du cœur, la vie de la grâce. Ce pouvoir s’étend à tous les humains et aux esprits célestes eux-mêmes, il domine sur tous les temps et tous les lieux, mais il se rapporte avant tout aux réalités de la vie divine : sa royauté est d’ordre surnaturel.
La puissance royale du Seigneur Jésus a pour mission première le rachat du péché : elle ne cherche donc pas à instituer une dynastie charnelle et périssable, mais à établir le royaume de la vie surnaturelle.
Son intention n’est pas de fonder une famille mortelle, mais la communauté de ceux qui rachetés par son sang, renaissent à la vie même de Dieu. Elle n’est pas de bâtir un empire, fût-il aux dimensions de la planète, mais la cité de la grâce : l’Église, une, sainte, catholique et apostolique, royaume spirituel, qui doit vivifier et purifier les royaumes temporels, mais en demeure essentiellement distinct…
Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. (Mt 22, 21)
Le royaume du Christ est celui où règnent la vérité et la vie, la sainteté, la grâce, l’amour et la paix (cf. LG 36). Ce royaume ne se défend pas par l’épée, mais il s’établit en écoutant la vérité et en lui rendant hommage, et il s’étend grâce à l’amour par lequel Jésus, cloué sur la Croix, attire à Lui tous les hommes. (Jn 12, 32)
Oui, vraiment, son royaume n’est pas de ce monde. (Jn 18, 36)
Jésus a accueilli la profession de foi de Pierre (qui Le reconnaissait comme le Messie) en annonçant la passion prochaine du Fils de l’Homme.
Il a dévoilé le contenu authentique de sa royauté messianique, à la fois
– dans l’identité transcendante du Fils et de l’Homme qui est descendu du ciel (Jn 3, 13) et
– dans sa mission rédemptrice comme Serviteur souffrant : Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. (Mt 20, 28)
C’est pourquoi le vrai sens de sa royauté n’est manifesté que du haut de la Croix.
C’est seulement après sa Résurrection que sa royauté messianique pourra être proclamée par Pierre devant le Peuple de Dieu (Ac 2, 36). (CEC 440)
Une royauté universelle… qui s’étend aussi sur les sociétés
Tous les rois de la terre l’adoreront, et tous les peuples le serviront. (Ps 71, 11)
La royauté de Jésus est, d’abord et fondamentalement, d’ordre intérieur et sacerdotal. Mais il importe qu’elle s’étende aussi à l’ensemble des institutions temporelles – familles, nations, peuples – et d’une manière générale sur toute la cité, de manière à les imprégner de l’esprit de l’Évangile, jusque dans leurs applications les plus profanes.
Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là “la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ”. (DH 1)
En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent.
(…) L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines. (CEC 2105)
La mission de l’Église est de construire et orienter l’ordre temporel vers Dieu, par le Christ :
C’est le travail de toute l’Église de rendre les hommes capables de bien construire l’ordre temporel et de l’orienter vers Dieu par le Christ.
(Décret sur l’apostolat des laïcs – 18-11-1965 § 7)
C’est cette vérité que l’Église veut affirmer solennellement dans la fête du Christ-Roi.
La fête du Christ-Roi nous donne le plus vif espoir de hâter le retour si désirable de l’humanité à son très aimant Sauveur. (…) Une fête célébrée chaque année chez tous les peuples en l’honneur du Christ-Roi sera souverainement efficace pour dénoncer et réparer en quelque manière cette apostasie si désastreuse pour la société qu’a engendrée le laïcisme.
Dans les conférences internationales et dans les Parlements, on couvre d’un lourd silence le nom très doux de notre Rédempteur : plus cette conduite est indigne et plus haut doivent monter nos acclamations, plus doit être propagée la déclaration des droits que confèrent au Christ sa dignité et son autorité royale… (Pie XI, encyclique Quas primas, 11-12-1925)
Les rois de la terre se dressent, les grands se liguent entre eux contre le Seigneur
et son messie : “Faisons sauter nos chaînes, rejetons ces entraves !” (Ps 2, 1-3)
Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous… (Lc 19, 14)
Certes, cette royauté du Christ sur le “temporel” n’est pas le caractère premier de ses prérogatives royales : c’est un aspect second (ce qui ne veut pas dire secondaire et négligeable), mais un aspect tout aussi nécessaire.
Que signifierait le plein pouvoir de Jésus dans son domaine premier – la sanctification des âmes et la vie de l’Eglise – s’il n’avait pas le droit strict et imprescriptible à ce que les mœurs familiales et les structures de la cité coopèrent – à leurs places respectives – au bien éternel des âmes, à la paix et à la liberté de l’Église véritable ?
C’est Moi que le Seigneur a établi Roi sur Sion, sa sainte montagne,
pour énoncer ses préceptes. (Ps 2, 6)
Familles et nations jouissent sans doute d’une autorité sacrée et possèdent dans leur domaine propre des droits inaliénables (mais qui, en définitive, viennent du Créateur).
Mais elles ne sauraient avoir de droits opposés à ceux de Jésus-Christ : la vie des âmes.
Un seul exemple, l’un des plus dramatiques de notre époque : la libéralisation de l’avortement s’oppose radicalement, non seulement au bien des âmes, mais encore à celui des sociétés qui le pratiquent.
L’ordre temporel est à renouveler de telle manière que, dans le respect de ses lois propres et en conformité avec elles, il devienne plus conforme aux principes supérieurs de la vie chrétienne et soit adapté aux conditions diverses des lieux, des temps et des peuples.
Parmi les tâches de cet apostolat, l’action sociale chrétienne a un rôle éminent à jouer. Le Concile désire le voir s’étendre aujourd’hui à tout le secteur temporel sans oublier le plan culturel. (Décret sur l’apostolat des laïcs – 18-11-1965 § 7)
Voilà pourquoi l’Église a autorité, quand il s’agit de la vie des âmes, sur la société du bien commun temporel, sur les royaumes de ce monde.
Non pas pour les gouverner directement, mais pour les vivifier, les purifier : il est nécessaire que les nations soient gouvernées selon la loi naturelle, et une loi naturelle éclairée par la foi.
L’Église, pourvue des dons de son fondateur, et fidèlement appliquée à garder ses préceptes de charité, d’humilité et d’abnégation, reçoit mission d’annoncer le royaume du Christ et de Dieu, et de l’instaurer dans toutes les nations, formant de ce royaume le germe et le commencement sur la terre.
(Constitution dogmatique sur l’Eglise, Lumen gentium § 5 – 21-11-1964)
Imprégner le temporel par le spirituel, c’est cela qui a donné, au cours de l’histoire, une société chrétienne, ce qu’on a appelé la “Chrétienté”.
Et c’est ainsi que Jésus, Roi des âmes, est nécessairement, par une extension inévitable, Roi des familles et des nations.
Un grand nombre de contemporains semblent redouter un lien étroit entre l’activité concrète et la religion : ils y voient un danger pour l’autonomie des hommes, des sociétés et des sciences.
Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs valeurs propres (…) une telle exigence d’autonomie est pleinement légitime (…) et correspond à la volonté du Créateur.
Mais si, par “autonomie du temporel”, on veut dire que les choses créées ne dépendent pas de Dieu et que l’homme peut en disposer sans référence au Créateur, la fausseté de tels propos ne peut échapper à quiconque reconnaît Dieu. En effet, la créature sans Créateur s’évanouit… et l’oubli de Dieu rend opaque la créature elle-même.
(Gaudium et spes § 36)
2 – Comment Jésus exerce-t-il sa royauté ?
Une royauté sacerdotale : Il est notre Médiateur entre Dieu et nous
Une royauté de Miséricorde
Une royauté de Justice
Roi-Prêtre, Médiateur entre Dieu et nous
La royauté de Jésus, qui est la seule à pénétrer l’intime des âmes en vue de leur conversion, est aussi la seule à être sacerdotale : si elle rachète et divinise les âmes, c’est par l’offrande du sacrifice parfait sur l’autel de la croix, le sacrifice de l’Agneau de Dieu.
Il a offert pour les péchés un sacrifice unique ;
puis, Il s’en est allé siéger pour toujours à la droite de Dieu,
attendant désormais que de ses ennemis lui soit fait un marchepied.
Car, par une oblation unique, Il a rendu parfaits pour toujours ceux qui sont sanctifiés.
(He 10, 12-14)
Cette oblation unique, ce sacrifice pour la rédemption des péchés, Jésus, désormais assis à la droite du Père, Jésus Souverain Prêtre, la renouvelle Lui-même, chaque jour et en tous lieux de la terre, “jusqu’à son retour dans la gloire”, par l’intermédiaire des prêtres catholiques, dans le Saint Sacrifice de la Messe.
Jésus est le Roi-Prêtre, le MÉDIATEUR entre Dieu et nous. La fin de la prière eucharistique (canon) de la messe exprime bien ce double mouvement qui ne s’opère que par Jésus, notre Roi :
– DE DIEU A NOUS :
Par Lui, Seigneur, Tu ne cesses de créer tous ces biens,
les sanctifies, les bénis et nous en fais le don.
– ET DE NOUS A DIEU :
C’est par Lui, avec Lui et en Lui que,
ô Dieu, Père Tout-puissant, en l’unité du Saint-Esprit,
Te sont rendus tout honneur et toute gloire, dans tous les siècles des siècles. Amen.
Dans sa Miséricorde, Il se met à notre portée : “J’ai pitié de cette foule…” (Mt 15, 32)
Il nous attire à Lui avec bonté…
Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je referai vos forces.
…pour nous élever, et nous encourager à porter notre croix, à sa suite, avec Lui :
Prenez sur vous mon joug… Mon joug est doux, et mon fardeau léger. (Mt 11, 29-30)
Roi de Douceur :
Apprenez de Moi que je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour vos âmes. (Mt 11,29)
Roi de simplicité, Il nous apprend à donner plus d’importance aux choses spirituelles, les choses d’En-Haut, qu’à celles qui passent ici-bas…
Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux,
humble et monté sur un ânon, le petit d’une ânesse… (Za 9, 9, repris dans Mt 21, 5)
Enfin, Il est notre Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. (Jn 10, 11)
Il nous a aimés et s’est livré pour nous. (Ep 5, 2)
Le premier, Il a mis en pratique toutes les béatitudes, Il nous a donné l’exemple pour nous entraîner à sa suite : Il ne nous demande rien qu’Il ne l’ait fait Lui-même dans son Humanité.
Mais, après avoir été, tout au long de sa vie terrestre, le ROI DE MISÉRICORDE, bon et compatissant, surtout pour les pécheurs, Il reviendra, dans la Gloire, comme le ROI DE JUSTICE, pour exercer sa Toute-Puissance et rendre à chacun selon ses œuvres. (Rm 2, 6)
Roi de Justice
Le Royaume des Cieux est semblable à un roi
qui voulut faire rendre leurs comptes à ses serviteurs… (Mt 18, 23)
Pourquoi le pouvoir de juger le genre humain est-il attribué au Christ ?
Jésus Lui-même fait connaître qu’Il tient de son Père le pouvoir judiciaire, lorsqu’Il répond aux Juifs qui Lui font un crime de violer le repos du sabbat par la guérison miraculeuse d’un infirme : Le Père ne juge personne, mais Il a remis tout jugement au Fils (Jn 5, 22).
Il faut entendre par là, car il est impossible de séparer sanction et jugement, qu’Il décerne de sa propre autorité aux hommes encore vivants, récompenses et punitions.
En outre, il faut attribuer au Christ le pouvoir appelé exécutif, en tant que tous sont nécessairement soumis à son empire. Les rebelles connaîtront cette puissance en étant condamnés à des supplices inéluctables. (Pie XI, encyclique Quas primas, 11-12-1925)
Après le temps de la Miséricorde, ce sera l’heure du Jugement
Venez à moi, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. (…)
Retirez-vous de maudits, et allez au feu éternel
qui a été préparé pour le diable et pour ses anges…(Mt 25, 31. 46)
Aussi, avant qu’il ne soit trop tard, profitons de ce que nous sommes, sur cette terre, dans le temps de la Miséricorde, pour ne pas laisser passer toutes les grâces que nous offre le Seigneur :
Le message du jugement dernier appelle à la conversion pendant que Dieu donne encore aux hommes “le temps favorable, le temps du salut” (2 Co 6, 2).
Il annonce la “bienheureuse espérance” (Tt 2, 13) du retour du Seigneur qui “viendra pour être glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui auront cru” (2 Th 1, 10). (CEC 1041)
Se mettre au service de Jésus, notre Roi
Au baptême, Jésus devient notre Roi
Ceux qui, par le baptême, entrent librement dans l’Église, s’engagent à travailler au règne du Christ, Chef suprême de l’Église : Il est la tête (= le “chef”) de son Corps qui est l’Eglise. (Col 1, 18)
Le baptême a fait de nous les ENFANTS DE DIEU.
La confirmation, ensuite, en nous remplissant de la surabondance des dons du Saint-Esprit, fait de nous les TÉMOINS et APÔTRES de Jésus-Christ.
La confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale (…).
Elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit-Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action, en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l’égard de la Croix. (CEC 1303)
“La royauté de Jésus n’est que la forme humaine et authentique de la souveraineté de Dieu sur nous tous. (…). Si “nul ne vient au Père que par le Fils”, si “nul n’honore le Père qu’il n’honore le Fils”, nul non plus n’est assuré d’obéir au Père et vraiment ne lui obéit que s’il est volontairement et fidèlement soumis au roi Jésus.”
(Mgr GAY. Entretien sur les Mystères du Rosaire. II. Le couronnement d’épines)
Etre témoins et apôtres de Jésus-Christ : un devoir et un droit
Les laïcs tiennent de leur union même avec le Christ Chef le devoir et le droit d’être apôtres. Insérés qu’ils sont par le baptême dans le Corps mystique du Christ, fortifiés grâce à la confirmation par la puissance du Saint-Esprit, c’est le Seigneur Lui-même qui les députe à l’apostolat. (…) L’apostolat se vit dans la foi, l’espérance et la charité que le Saint-Esprit répand dans les cœurs de tous les membres de l’Eglise. (…)
A tous les chrétiens incombe la très belle tâche de travailler sans cesse pour faire connaître et accepter le message divin du salut par tous les hommes sur la terre.
(Décret sur l’apostolat des laïcs – 18-11-1965 § 3)
Cette tâche n’est pas toujours facile.
Se mettre au service du Roi Jésus, c’est accepter de travailler à l’avancement de son règne… et cela ne se fait pas sans combat : oui, notre Roi nous demande de prendre part au combat terrible qu’Il a mené, pour nous, contre “les puissances des ténèbres” (Col 1, 13).
Ce combat, nous savons qu’Il en est déjà victorieux : “Courage, j’ai vaincu le monde” (Jn 16, 33).
Avec Lui, nous sommes donc assurés de la victoire, mais à la condition de participer, nous aussi, au combat, à cette lutte quotidienne contre “le monde, le démon et nous-mêmes” : c’est tout le combat de l’Église “militante”, l’Église qui est, sur la terre, en marche vers le Ciel.
Servir notre Roi – c’est-à-dire “vivre en chrétien” – c’est affirmer avec foi notre dépendance et notre soumission à son pouvoir, et savoir en même temps rester libres et indépendants vis-à-vis des servitudes du monde : “Ne vous conformez pas au monde présent…” (Rm 12, 2).
C’est vivre selon les Béatitudes.
Vivre en chrétien, cela doit se manifester, pas seulement le dimanche, mais tous les jours, et jusque dans notre vie temporelle, vie privée et vie sociale.
Car il est des questions sur lesquelles la “neutralité” n’existe pas. Par exemple :
– le choix de tout ce qui a trait à l’éducation de nos enfants, (écoles, lectures, films, amis…)
– le respect de la vie et la lutte contre des lois iniques (avortement, euthanasie…)
Suivant nos secteurs d’activités dans la cité, (corps médical, avocats, enseignants…), nous pouvons être appelés à nous prononcer fermement contre certaines actions incompatibles avec notre titre de chrétiens, et nous avons le devoir grave de le faire .
Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaître le culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Eglise catholique et apostolique.
Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde (Mt 5, 14). (CEC 2105)
Travailler au renouvellement chrétien de l’ordre temporel
La difficulté, pour nous chrétiens, vient de ce que nous vivons actuellement dans un monde d’où Dieu est officiellement absent. Oublié ou, au mieux, relégué dans la sphère étroite de la vie privée.
Les laïcs doivent assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l’ordre temporel. Éclairés par la lumière de l’Évangile, conduits par l’esprit de l’Église, entraînés par la charité chrétienne, ils doivent en ce domaine agir par eux-mêmes d’une manière bien déterminée.
Membres de la cité, ils ont à coopérer avec les autres citoyens suivant leur compétence particulière, en assumant leur propre responsabilité et à chercher partout et en tout la justice du royaume de Dieu. (Décret sur l’apostolat des laïcs – 18-11-1965 § 7)
Le combat nous semblera souvent inégal, voire décourageant.
Mais ce sera notre gloire, ayant accepté notre dépendance, d’affirmer par toute notre vie notre confiance totale, absolue, de recevoir de notre Roi tous les secours nécessaires dans ces différentes circonstances : ce sont les grâces d’état, la protection indéfectible de la Providence sur les familles qui lui sont fidèles.
Et si parfois le découragement nous guette, méditons l’admirable exemple des frères Macchabée :
“Comment pourrons-nous, étant si peu nombreux, lutter contre une multitude si forte ?
Nous sommes exténués et à jeun.” Judas (Macchabée) répondit :
“Il arrive facilement qu’une multitude tombe aux mains d’un petit nombre
et il importe peu au Ciel d’opérer le salut au moyen de beaucoup ou de peu d’hommes.
Car la victoire au combat ne tient pas à l’importance de l’armée,
mais à la force qui vient du Ciel.
Ceux-ci viennent contre nous, débordant d’orgueil et d’impiété, pour nous faire périr,
nous, nos femmes, nos enfants, et nous dépouiller.
Mais nous, nous combattons pour nos vies et pour nos lois, et Lui les brisera devant nous.
Quant à vous, ne les craignez donc pas.” (Livre des martyrs d’Israël – 1 M 3, 17-22)
“Les hommes d’armes batailleront, et Dieu donnera la victoire”. (sainte Jeanne d’Arc)
A nous de combattre, vaillamment, jour après jour. Nous travaillons au service de Jésus, notre Roi, étant assurés de sa victoire, au jour voulu par Dieu, lorsque,
une fois les temps révolus, se réalisera son dessein bienveillant :
réunir toutes choses dans le Christ, tout ce qui existe aux cieux et sur la terre. (Ep 1, 10)
Renouvellement de toutes choses à la fin des temps
Voici que Je fais toutes choses nouvelles… (Ap 21, 5)
Ce sera là le dernier effet de la puissance royale du Seigneur Jésus, lorsqu’Il se présentera devant son Père, en Roi triomphant, Lui remettant toute la création soumise à son très doux pouvoir.
Ce jour-là, Il régnera en plénitude aussi bien sur les choses de la nature que dans l’ordre qui lui est propre, celui de la grâce.
Et quand toutes choses lui auront été soumises,
alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis,
afin que Dieu soit tout en tous. (1 Co 15, 27-28)
Aussi, appelons de tous nos vœux et de nos prières ce retour du Christ :
“Viens, Seigneur Jésus”. (Ap 22, 20)
11 août 2017 at 19 h 55 min Partager par:

References: § 7
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 § 3
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