Source: http://amisdemontaigne.fr/spip.php?article50
Timestamp: 2017-05-24 06:03:18+00:00

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mercredi, 24 mai 2017| 2 visiteurs en ce moment
Extraits de la restitution du débat du café-philo de Chevilly-Larue, le 28 mars 2013, sur le thème :
« Montaigne ou la Renaissance de la philosophie »
Animateurs : Edith Perstunski-Deléage, philosophe. Guy Louis Pannetier. Danielle Vautrin. France Laruelle. Lionel Graffin.
Le contexte politique et social de l’époque
On ne peut appréhender l’œuvre de Montaigne, sa pensée, sans connaître les grandes lignes de sa vie, et sans prendre en compte l’époque dans laquelle il a écrit.
Réveil et Renaissance de la philosophie, Montaigne, redonne vie aux philosophes grecs et romains qui avaient été occultés pendant dix siècles ; période où seuls Aristote et Platon étaient cités et commentés. Les écrits concernant Montaigne, sa vie, son œuvres, pourraient remplir des bibliothèques. Mais ceci n’empêche surtout pas, des personnes qui ne sont, ni historiens, ni tous philosophes « patentés », de chercher à débattre autour de ce « monument » de la philosophie française. De son enfance jusqu’à ses derniers jours il va vivre dans un monde chaotique, un monde en effervescence, un monde de confusion dira t-il. Imaginez ! on vient de découvrir : un nouveau monde, peuplé de « sauvages », d’autres coutumes, d’autres croyances – avec l’adoption du calendrier grégorien en France, le 9 décembre 1852, le premier jour de l’année est passé du 1er avril au 1er janvier - les protestants introduisent une réforme dans le dogme catholique. L’Eglise étant la première structure sociale vraiment pérenne, voilà que des vérités de la Bible sont controversées ; les guerres de religion se succèdent les unes aux autres. Ces guerres vont durer 35 ans, avec le 24 août 1572 la Saint-Barthélemy ; on torture, on tue les hérétiques, on brûle des gens lors de processions expiatoires… C’est le même « programme des réjouissances » que lors des siècles précédents. C’est l’époque où la médecine procède à de premières expériences sur les corps humains. Ce sera la grande peste noire, pandémie de peste bubonique qui sévit dans toute l’Europe de 1747 à 1751 tuant 30 à 50% de la population, dont 14000 personnes rien que pour la région de Bordeaux. « Quel destin » lui écrit son ami La Boétie, « nous a fait naître précisément dans cette époque ». Ceci met en relief cette expression si célèbre de Montaigne : « le monde est un branloire pérenne » (dont une des interprétations serait : un monde en bouleversement permanent). Comme tous ceux qui veulent s’instruire de leur temps, il a connaissance du génocide perpétré par les Conquistadores, il a connaissance des crimes de l’Inquisition, il a lu Las Casas ; il appelle l’évangélisation espagnole « la boucherie ». Il assiste aux révoltes contre la gabelle (taxe sur le sel) en 1584, et aux cruelles répressions qui s’en suivent. Celui qui avait été élevé presque exclusivement dans la sagesse des anciens, celui qui avait fait ce qu’on appellera ses « Humanités » va se trouver projeté dans un monde qu’il ne comprend pas. Ce décalage est total ; c’est peut-être là, un des points qui l’amènera à se questionner, à questionner ce monde, avec son œuvre. Finalement ce retour sur soi, cette introspection, est pour connaître l’homme, pour comprendre ce monde : « Je ne peints pas l’estre » dit-il « je peints le passage ». Il nous dépeint son époque. Le regard dans le miroir que va critiquer, entre autres Pascal : « le sot projet qu’il a eu se peindre », cette démarche socratique, est aussi un regard altruiste. Alors que tout ou partie de la pensée médiévale n’avait eu pour but que d’asseoir le dogme catholique, en utilisant Platon et Aristote, en commentant ces derniers avec le prisme d’une vérité révélée, Montaigne va déchirer le voile, libérer la pensée au point qu’il va intituler le chapitre IX du livre 2, « de la liberté de conscience », ce qui est osé en ces temps. Il sera, dira Stephan Zweig dans son ouvrage sur Montaigne, « un libre penseur ». On peut penser qu’il fallait qu’en son époque Montaigne soit sérieusement protégé, par le roi, par les Médicis, par Henri de Navarre et d’autres, pour pouvoir oser les écrits que sont « Les essais » et qu’ils ne soient pas censurés.
Montaigne pendant les guerres de religion
A l’époque de Montaigne, outre les soubresauts féodaux, un profond mouvement religieux, « la Réforme » voit le jour. Il a pour but de convaincre les prélats et la papauté d’exercer la piété de façon plus simple, plus sobre.
Ce mouvement mal comprit aboutit à de violentes guerres de religion (au nombre de huit) qui vont durer 35 ans, aboutissant à l’Edit de Nantes le 13 avril 1598, qui instaure une tolérance limitée.
Pour mieux comprendre ces guerres, il paraît bon de rappeler un peu d’histoire relatant les intrigues entre les dynasties et les religieux, où chacun veut garder ou prendre le pouvoir.
C’est sous le règne d’Henri II (1519-1559), roi depuis 1547 que les tensions religieuses s’aggravent dangereusement à cause d’une législation antiprotestante multipliant les édits restrictifs.
En effet, le roi n’admet pas qu’une grande partie de la noblesse adhère aux idées de la Réforme, c’est-à-dire au protestantisme.
A la mort d’Henri II, ses fils, d’abord François II (1544-1560, roi depuis 1559, à l’âge de 15 ans), puis Charles IX (1550-1574), roi depuis 1560 à l’âge de 10 ans) se succédèrent comme rois ; trop jeunes pour gouverner, ils seront sous la régence de leur mère Catherine de Médicis, opposée à la Réforme
Ces deux rois furent sous l’influence du duc de Guise (catholique), lequel dirigeait de fait le gouvernement depuis 1559.
Cette situation déplaisait au roi de Navarre (futur Henri IV) et à son frère, tenus à l’écart parce qu’ils étaient protestants.
La famille de Guise était féroce et impitoyablement opposée au mouvement des protestants. Ces derniers, désireux d’obtenir le droit d’exercer librement leur culte et l’obtention des droits égaux à ceux des catholiques, furent persécutés et massacrés en grand nombre. Le duc François de Guise, initiateur et responsable de ces massacres, meurt le 24 février 1563 à la suite d’un coup de pistolet reçu six jours avant au siège d’Orléans. Le chef des protestants, Louis de Condé, frère du roi de Navarre et oncle du futur Henri IV, est tué à son tour à Jarnac le 13 mars 1669.
L’amiral Coligny, nouveau chef protestant qui était également conseillé du roi Charles IX, tenta de l’entraîner dans une guerre contre l’Espagne.
Catherine de Médicis craignant pour la dynastie, donne sa fille Marguerite de Valois, dite Margot, en mariage au protestant Henri de Navarre.
Les de Guise se faisaient alors menaçants, Catherine de Médicis change alors, de nouveau, de camp.
Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, le carillon de l’église de Saint-Germain l’Auxerrois à Paris donne le signal du gigantesque massacre des protestants, tant à Paris que dans le reste du pays ; on dénombre plusieurs milliers de victimes, dont l’amiral de Coligny. Henri de Navarre, prince de sang, sauve sa tête, mais est retenu en otage à la cour.
A la mort de Charles IX en 1574, son frère Henri (1551-1589) lui succède sous le nom d’Henri III ; celui-ci, intelligent mais indécis, reprend les hostilités. En 1584, la mort prématurée à 29 ans du duc d’Alençon, dit « Monsieur », le frère du roi et dernier fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, entraîne que le prochain héritier légitime de la couronne sera son cousin, Henri de Navarre.
Les catholiques ne voulant pas qu’un protestant puisse un jour accéder au trône, les de Guise signent avec les Espagnols le 31 décembre 1584 le traité de Joinville prévoyant qu’à la mort de Henri III, son successeur sera le cardinal de Bourbon (Catholique) Henri III, sentant le danger, publie l’édit de Nemours du 18 juillet 1585, interdisant le culte aux protestants. En outre, il déchoit Henri de Navarre de ses droits. Henri de Guise se fait acclamer par le peuple de Paris, humiliant ainsi Henri III, lequel le fera assassiner à Blois le 23 décembre 1588, ainsi que son frère Louis, cardinal de Lorraine, le 24.
Après ces deux meurtres, la « Sainte Ligue » catholique reprend les luttes et Henri III n’a pas d’autre solution que de s’allier aux protestants ; il se réconcilie avec le roi de Navarre.
Le 1er août 1589, Henri III est poignardé par un moine fanatique, Jacques Clément, il décède le lendemain. Henri de Navarre devient alors roi de France, sous le nom d’Henri IV.
Sous l’influence de Montaigne, Henri IV proclame son intention de se faire instruire dans la religion catholique et il se convertira, ce qui lui ouvre les portes de Paris. Il en reste cette expression : « Paris vaut bien une messe ».
Alors se pose la question, pourquoi Montaigne n’a-t-il pas pris ouvertement position sur les horreurs du massacre de la Saint-Barthélemy ? On ne peut répondre que par des hypothèses : 1° Elevé dans une famille catholique, il considère sa religion au même titre que sa nationalité, et il ne peut la renier. 2° Il est fidèle à sa foi, et à son roi, à son camp.
3° Il est tolérant (comme l’était son ami la Boétie qui avait des amis protestants, dont le célèbre Michel de l’Hospital)
4° Il condamne aussi bien les guerres de religion en France qu’il condamne les exactions dans la conquête du nouveau monde ; mais curieusement, lors du massacre de la Saint-Barthélemy, il reste silencieux sur cette affaire.
Il y a, là, un comportement paradoxal, pas facile à comprendre. Son silence est-il dû aux fonctions qu’il occupe au Parlement de Bordeaux, où, non seulement il rend la justice, mais où il participe au maintien de l’ordre public, tout en assumant également des missions qu’il ne peut renier ? Dès lors, considère-t-il qu’il est tenu au silence, non seulement eu égard à sa fonction, mais également par le serment de fidélité à l’Eglise catholique qu’il a prêté au Parlement de Paris le 12 juin 1562 ?
Ou bien, son silence sur les massacres est-il une stratégie en vue d’avoir la confiance du Parlement pour jouer un rôle de médiateur ?
Ou encore agit-il tel un diplomate qui, en n’étalant pas les intrigues de tous bords (politiques et religieuses), apaise les tensions de façon à faciliter les négociations permettant d’espérer un accord de paix ?
Outre cela, Montaigne, bien que tolérant, serait-il inconstant ? En effet, il dit de lui qu’il n’est pas toujours « cohérent » dans ses analyses, précisant qu’il peut dire une chose à un moment de la journée et penser le contraire à un autre. Par ailleurs, il compte des protestants tant dans ses amis que dans sa famille ; sa sœur Jeanne, son frère Thomas se sont convertis au protestantisme.
Alors ! N’est-il pas gêné d’appartenir à une religion faisant preuve d’intolérance, mais dont il ne peut, ni ne veut renier la foi ? Pourtant il ne peut ignorer le massacre de la Saint-Barthélemy. A-t-il été lâche, sage, ou laxiste ? Lui seul pourrait répondre à cette question, à moins que l’un d’entre vous ait la réponse.
La philosophie de Montaigne est-elle un art de vivre ? Montaigne présente ses écrits (des essais) comme un art de bien vivre.
En effet il écrit : « Notre grand et glorieux chef d’œuvre, c’est vivre à propos » -Livre III. § 13). C’est pourquoi sa philosophie est dans le sillage de l’épicurisme, et aussi à une parenté avec le stoïcisme en même temps qu’avec le scepticisme parce qu’il s’agit toujours, pour Montaigne de ne pas aller aux excès : le bonheur est dans l’absence de troubles et dans l’abandon des illusions et « il faut apprendre à souffrir ce qu’on ne peut éviter » (Livre III. § 13) sans plus !
Montaigne …ne veut pas être un héros, il « n’a d’autre fin que vivre et se réjouir » et à propos de la mort de Socrate qui l’impressionne mais qui ne l’édifie pas, il écrit « « Si les lois me menaçaient seulement le bout du doigt, je m’en irais incontinent en trouver d’autres où que ce fut. (Livre III. § 13)).
Ensuite quel est l’art de vivre de Montaigne ? Quels sont ses recommandations et ses conseils ?
D’abord « consentir à soi-même » (Livre I. § 10) ce qui veut dire à la fois ne pas justifier ses faiblesses ni non plus se proposer un idéal inatteignable : Il écrit « je suis comme je suis » ou « ma fortune le veut ainsi » et aussi : « la vie de l’insensé est sans joie, elle est inquiète, elle se porte tout entière dans l’avenir » (Livre III. § 13). La sagesse passe par le refus de subordonner l’action présente à quelque projet qui ajourne toujours sa réalisation et son existence. Et les Essais s’expliquent longuement sur les raisons que le philosophe a de préférer sa sphère privée aux activités publiques : « Je m’engage difficilement .Autant que je puis, je m’emploie tout à moi ….J’ai pu me mêler des charges publiques sans me départir de moi de la longueur d’un ongle, et me donner à autrui, sans m’ôter à moi » (Livre III. § X)
Ensuite avec cette valorisation du Moi résister aux mirages et au fanatisme « Quand ma volonté me donne à un parti ce n’est pas d’une si violente obligation que mon entendement s’en infeste » (Livre III. § X. « ménager sa volonté »)
Enfin vivre avec l’humilité du scepticisme Le : « Que sais-je ? » n’est pas en vue de découvrir le savoir ou la vérité mais il exprime l’inaptitude humaine au savoir, à la manière des Cyrénaïques de l’antiquité selon lesquels nous ne connaissons que nos sensations et nous ne savons même pas si elles ressemblent à celles des autres hommes.
Ce qui implique l’infinie présomption des faiseurs de systèmes philosophiques et au contraire la clairvoyance de ceux qui consentent à « entrer pour jamais « en défiance. »
Montaigne rajoute (et ce style aussi est significatif de la valorisation de l’opinion, toujours variable et fluctuante) : « Ce sont ici mes humeurs et mes opinions, je les donne pour ce qui est en ma créance et non pour ce qui est à croire »
De même les opinions des philosophes auxquels Montaigne se réfère ne sont pas arguments d’autorité et ne valent que pour autant qu’elles corroborent celles que forme Montaigne dans la « librairie » de son château.
Voici encore d’autres conséquences pour l’art de vivre que nous propose Montaigne :
Ouvert au monde l’opinion qui est son site obligé, l’être humain se doit pas se désespérer puisqu’au contraire il est, par là, à l’abri de la solitude orgueilleuse des dogmatiques et....il trouve motif à communiquer avec ses semblables .N’est-ce pas en effet parce qu’on est voué aux opinions qu’on est voué à débattre et argumenter, et, comme Montaigne et La Boétie, parfois à nouer amitié ?
En tous cas c’est l’ouverture à la diversité des opinions qui est, selon Montaigne, conforme à la nature ... et qui permet de dire que bien vivre c’est reconnaître la contingence des lois et des coutumes, et aussi... les hasards et les déterminations qui président au choix d’une religion, et aussi.. la valeur de la réflexion libre en même temps que l’utilité des traditions, enfin le goût pour les différences culturelles : c’est ce qui a conduit Montaigne à lire des récits de voyages et c’est ce qu’il nous invite à faire pour nous éduquer à la tolérance .. ;
Enfin Montaigne se déclare agnostique : ayant à remettre l’homme à sa juste valeur Montaigne tend malgré tout à le soumettre à quelque transcendance divine, à quelque « grand ouvrier » de la « machinerie universelle » qui doit pourtant nous rester incompréhensible.
Pour moi, les Essais de Montaigne proposent un art de vivre sans système philosophique. Cela a un endroit (toutes les facettes indiquées de cet art de vivre) mais aussi un envers : il est sans audace et sans ambition pour l’être humain.
Montaigne Rondeau
J’aime la poésie en sauts et en gambades
Ma pensée amusée, s’égare et s’escapade
Je suis stoïque, je suis sceptique, épicurien !
Ma langue est un voyage où je suis grammairien
Le françois est changeant, je vais en ambassade
Je vous tends le miroir d’un monde en débandade
Où le sauvage est là, caché en embuscade
Je croque mon prochain, en jouant mine de rien
La charge est un carcan et nul ne m’embrigade
Je vogue en bateau livre au gré de ma croisade
Et je ne sais rien faire, aux arts du quotidien
Mais je viens et j’accours, s’il faut, s’il est besoin
Les grands de ce monde me donnent l’accolade
Montaigne nous dit à sa façon comment il aime la poésie : « J’aime l’allure poétique, à sauts et à gambades. C’est un art, comme dit Platon, léger, volage, démoniacle (divin) [….] Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. Il faut avoir un peu de folie, qui ne veut avoir plus de sottise… » (L III. § 6. Page 270. Folio 1973)
Ultime intervention du débat
Il faut considérer l’époque, on vient de passer presque mille ans où la philosophie était entre parenthèse, absente au sens où nous l’entendons aujourd’hui, toutes les écoles de philosophies ayant été interdites, fermées au 6ème siècle par l’empereur Justinien. C’est un renouveau remarquable dans un langage simple, certes dans une pensée rationaliste, hors des dogmes, mais qui fait appel d’abord au bon sens, et que tout le monde peut comprendre. Bien sûr ce n’est pas une école comme nous l’avons vu auparavant avec les Epicuriens, ou les Stoïciens ; pas une philosophie existentialiste, et on ne peut pas être « Montaignain » comme on est Cartésien, Spinoziste ou Sartrien….
Cet écrit : « Les essais » dont on a tant dit, est la Renaissance littéraire, non tant sur la forme, car, comme avant lui, Montaigne commente beaucoup, mais c’est une nouveauté sur le fond, car avec lui c’est une réflexion sur des sujets que ne pouvaient traiter les laïcs. La philosophie dont on a dit qu’elle était durant l’époque médiévale « la servante de l’Eglise », est tout à coup affranchie, libérée, il est la rupture avec la scolastique.
C’est un véritable renouveau dans le sens où Montaigne parcourt librement, presque à contre courant tout le champ des idées, et ceci à partir qu’une question principale, qui va marquer toute la philosophie moderne : « Que sais-je ? (Poutre 1 dans sa librairie)
Nombre de réflexions de Montaigne, ont une résonnance qui sont de toutes les époques : pourquoi ne pouvons-nous pas atteindre cet idéal de l’homme, pourquoi ne sommes-nous que si peu nous-mêmes et à nous-mêmes, pourquoi notre société tombe dans sans cesse dans ses égarements. En 1676, les Essais de Montaigne seront mis à l’Index, suite aux attaques de penseurs catholiques qui sont entre autres, Bossuet, Malebranche, et Pascal. Il est reproché aux Essais de favoriser une philosophie, qui est, alors, celle des penseurs Libertins qui sont des précurseurs, et qui font connaître les essais. Les encyclopédistes vont saluer Montaigne comme le précurseur des Lumières. Incontournable dans notre culture française, incontournable dans l’histoire de la philosophie, Montaigne reste aussi vivant dans l’esprit des français que Rousseau ou Voltaire. Au sortir de siècles d’obscurantisme, il ose s’exprimer comme une conscience libre. Mon sentiment est que, nous sommes les enfants de Montaigne au même titre que nous sommes les enfants de Voltaire.
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