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Timestamp: 2013-05-19 16:02:51+00:00

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Nouvelle-Calédonie - Encyclopédie par Wikipédia - Voila
Aide Nouvelle-Calédonie
245 580 hab. (2009)
Franc CFP ([[ISO 4217|XPF]]​) [2];
Distante de la métropole de près de 17 000 kilomètres et d'une superficie de 18 575,5 km2, cette collectivité (ancien territoire d'outre-mer) située en Mélanésie relève de la souveraineté française depuis 1853. Elle dispose d'un statut particulier de large autonomie sui generis (ou « de son propre genre ») instauré par l'accord de Nouméa, différent des collectivités d'outre-mer (COM)[3],[4]. Un référendum local portant sur son statut institutionnel est prévu au cours de la quatrième mandature du Congrès, soit entre 2014 et 2018. L'accord de Nouméa précise que : « La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité ». Ainsi, s'offre à la Nouvelle-Calédonie un ensemble de choix sur son futur statut (État associé à la France, indépendance, large autonomie au sein de la République française, etc.).
Peuplé depuis au moins 3 200 à 3 300 ans, l'archipel était habité avant l'arrivée des Européens par des Mélanésiens aujourd'hui appelés Kanaks, qui forment le peuple autochtone et constituent la première communauté de la Nouvelle-Calédonie, néanmoins minoritaire, avec en 2009 40,34 % des Néo-calédoniens. La colonisation de peuplement, tant pénale (avec la présence d'un bagne de 1864 à 1924, la déportation s'étant arrêtée en 1894) que libre, est à l'origine de la population d'origine européenne, fortement métissée, soit 29,2 % des habitants se déclarant « Européens » en 2009 (natifs ou non) à quoi peuvent s'ajouter les 8,3 % de métis et les 4,96 % se définissant simplement comme « Calédoniens ». Enfin, le développement économique, surtout à travers l'exploitation minière du nickel et les secteurs liés (la métallurgie mais aussi le bâtiment et l'énergie) a entraîné l'apport de mains-d'œuvre asiatiques d'abord (indonésienne, vietnamienne et japonaise) à partir de la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle (leurs descendants représentant 3,34 % de la population locale en 2009), puis polynésiennes (essentiellement wallisienne et futunienne) depuis les années 1950 (10,69 % des habitants en 2009). L'accord de Nouméa reconnaît dans son préambule une double légitimité reconnue d'une part à la population kanak (celle du premier occupant) et d'autre part aux autres communautés au titre de leur participation à la construction de la Nouvelle-Calédonie contemporaine, devant « poser les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun »[5], et ce quelle que soit la solution institutionnelle finalement adoptée.
Son chef-lieu ou capitale, Nouméa, en est aussi la principale commune et la seule grande ville. Elle compte 97 579 habitants au dernier recensement de 2009. Le Grand Nouméa (avec les communes voisines de Païta, Dumbéa et Mont-Dore) compte 163 723 habitants, soit les deux tiers des 245 580 personnes peuplant l'archipel. Son organisation territoriale, mise en place en 1989 et confirmée par le statut de 1999, repose sur un « fédéralisme interne » dit « asymétique » (d'après Robert Bertram)[6] ou « gigogne » (selon Jean-Yves Faberon)[7], incarné par trois provinces (Nord, Sud, qui est la plus peuplée et la plus développée, et Îles Loyauté) disposant de champs de compétences très étendus. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, formé par la réunion d'une partie des élus des assemblées provinciales, est un « Parlement local » disposant depuis 1999 d'un réel pouvoir législatif (préparant et votant des lois du pays) et de contrôle sur l'exécutif néo-calédonien incarné par un gouvernement collégial.
Histoire Pour un article plus général, voir Peuplement de l'Océanie.
Comme l'attestent des fragments de poterie Lapita retrouvés, les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie auraient posé le pied sur le territoire il y a environ 3 000 ans. On appelle Lapita la période de 1300 à 200 av. J.-C. C'est à Koné sur la côte ouest de Grande Terre que furent découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita. Selon l'archéologue Christophe Sand : « si les Lapitas sont bien les ancêtres des Kanaks, leur culture n’était pas du tout la même, ce qui n’est pas non plus facile à admettre »[8].
Durant la période suivante, Naia Oundjo, ce qui est appelé aujourd'hui la culture kanake commence à se différencier des autres cultures mélanésiennes, elles aussi issues de cette migration austronésienne. Ils maîtrisent l'art de la pierre polie, et fondent leur civilisation sur la culture de la terre (principalement ignames et taros) et une organisation sociale basée sur une structure clanique. Lors de rituels guerriers, des clans pratiquent aussi l'anthropophagie[9]. Il est à noter que le terme de « kanak », longtemps péjoratif et véhiculé à la colonisation sous la graphie « canaque », vient de l'hawaïen[10] kanaka. Le chef historique de la revendication nationaliste et indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, à travers sa pièce Kanaké écrite pour le festival Mélanésia 2000 en 1975, a joué sur l'homonymie de ce terme avec le nom du héros d'un mythe régional de l'aire paicî, « Tein Kanaké », afin, selon Mounira Chatti, maître de conférences en littérature comparée à l'université de la Nouvelle-Calédonie, « de réaliser le glissement de Kanaké, code onomastique donné au héros dans les différentes versions du récit originel, vers un nouveau Kanaké, héros national qui parle au nom de la nation kanak. L'obsession de l'unité kanak amène le futur chef de file du mouvement indépendantiste à purger le mythe d'origine de son caractère régionaliste pour "le hisser au rang d'épopée nationale" (Bensa, 1987 : 428) »[11].
Les deux organisations missionnaires, pour assurer leur assise sur l'archipel, en appellent alors aux deux puissances européennes susceptibles de les aider: les protestants au Royaume-Uni et les maristes à la France. La Nouvelle-Calédonie est finalement proclamée colonie française à Balade le 24 septembre 1853 par le contre-amiral français Febvrier-Despointes. En fait, c'est Edmond de Bovis qui mènera l'opération car l'amiral, fort malade, ne quitte guère son carré[12].
En 1931, des Kanaks sont exposés, dans un enclos de cases, au Bois de Vincennes, à l'occasion de l'exposition coloniale de Paris[13].
La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles et d'archipels mélanésiens de l'océan Pacifique Sud, situé dans la mer de Corail autour des coordonnées 21° 30' Sud 165° 30' Est, à environ 1 200 km à l'est de l'Australie et 1 500 km au nord-est de la Nouvelle-Zélande. Le pays insulaire de Vanuatu la borde au nord-est. Elle couvre une superficie terrestre totale de 18 575,5 km2[14] et environ 3 400 km de côtes[15]. Sa Zone économique exclusive (ZEE) est de 1 422 543 km2, soit près de 13 % du total de la ZEE française, la deuxième plus importante pour un territoire français après celle de la Polynésie française et la 9e d'Océanie. Elle a des frontières maritimes avec les îles Salomon au nord, le Vanuatu au nord-est, Fidji à l'est, Norfolk (territoire autogouverné de l'Australie) au sud et l'Australie à l'ouest.
Les îles La Nouvelle-Calédonie est centrée autour d'une île principale, la Grande Terre. Elle comprend également plusieurs ensembles d'îles plus petites, les îles Belep au nord de la Grande Terre, l'île des Pins au sud, les îles Loyauté à l'est (Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré) et plus loin à l'ouest l'archipel des îles Chesterfield et les récifs de Bellone.
Sur une superficie d'environ 16 360,8 km2[16], la Grande Terre est de loin la plus grande de toutes les îles néo-calédoniennes. Elle s'étire du nord-ouest au sud-est sur près de 400 km en longueur et 50 à 70 km en largeur. Elle est parcourue sur toute sa longueur par une chaîne montagneuse, dont le point culminant, le mont Panié, s'élève à 1 629 mètres[17] (5 344 pieds) d'altitude.
Les îles Loyauté sont situées à une centaine de kilomètres à l'est. Lifou est la plus vaste de ces îles, avec 1 196,1 km2, et est plus étendue que la Martinique. Viennent ensuite Maré (641,7 km2), Ouvéa (132,1 km2) et Tiga (11 km2[18]).
À environ 45 km au large de la pointe nord-ouest de la Grande Terre, les îles Belep couvrent 69,5 km2 répartis en trois îles : Art (la plus grande, avec 52 km2[19], et la seule à être peuplée), Pott, Dau Ac et les îlots rocheux Daos du Nord et Daos du Sud.
Limite sud du lagon néo-calédonien, l'île des Pins, située à environ 50 km de la pointe sud-est de la Grande Terre, couvre quant-à-elle 152,3 km2[20].
l'archipel des Chesterfield, à 550 km à l'ouest-nord-ouest de la pointe nord de la Grande-Terre, qui sert essentiellement pour la récolte de données météorologiques et de réserve naturelle pour les oiseaux marins et les tortues[21], et qui comprend[22] :
les récifs d'Entrecasteaux, à 180 km de la pointe nord-ouest de la Grande Terre, dans le prolongement des îles Belep desquelles ils sont séparés par le « Grand Passage », détroit de 500 à 600 mètres de fonds. Il comprend les atolls de Huon, de la Surprise (les deux plus importants, avec les îles Fabre, Huon, Le Leizour et Surprise[23]), Pelotas et du Portail[24], ainsi que les récifs Guilbert et du Mérite[25]. Ils constituent la limite nord du lagon de la Nouvelle-Calédonie.
Certaines cartes indiquent la présence d'une grande Île de Sable (en anglais Sandy Island ou Sable Island) située à l'ouest-nord-ouest de l'île principale, mais des scientifiques australiens ont déclaré, en novembre 2012, ne pas avoir trouvé cette île lors d'une expédition sur place[26].
Les lagons Lagon de Poé
Le lagon néo-calédonien a une surface totale de 24 000 km2, ce qui en fait l'un des plus grands lagons du monde (et que l'on présente également généralement comme « le plus beau lagon du monde »[27]).
En dehors de la Grande Terre, plusieurs atolls possèdent leurs propres lagons, le plus important d'entre eux étant Ouvéa avec un lagon de 850 km2[28].
Le 7 juillet 2008, une grande partie des lagons de Nouvelle-Calédonie, soit 6 sites formant une totalité de 15 743 km2, ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO[29]. Il s'agit du 33e site inscrit au patrimoine mondial pour la France, et plus particulièrement de son second site naturel après le golfe de Porto (inscrit en 1983) et le premier d'outre-mer.
Climat Photographie satellite de la Nouvelle-Calédonie
Le territoire jouit d'un climat tropical, tempéré par l'influence océanique et influencé périodiquement par les phénomènes El Niño et La Niña, avec des vents dominant à l'est et au sud-est (les alizés). Il comprend des températures relativement chaudes (la moyenne des températures moyennées sur 12 mois pour la période 1952-1965 est d'environ 23,2 °C, avec un pic inférieur à 22,3 °C en 1965 et supérieur à 25 °C en 1998[30]) et une humidité assez forte (la moyenne annuelle du taux d'humidité de l'air oscillant entre 73 et 81 %)[31].
la saison chaude et humide, ou été austral, ou encore « saison des cyclones », de mi-novembre à mi-avril. Elle est caractérisée par des températures maximales de 28 °C à 32 °C, mais pouvant aisément dépasser les 30 °C (la plus forte température jamais enregistrée étant ainsi de 39,1 °C à Bouraké, sur la commune de Boulouparis, le 8 janvier 2002) et un fort taux d'humidité. Le mois le plus chaud de l'année est généralement février, avec des températures moyennes entre 24 et 29 °C, et le plus pluvieux est janvier, avec des précipitations moyennes de 244,1 mm[32]. La ZCIT étant dans l'hémisphère sud, de nombreux cyclones ou dépressions tropicaux se succèdent à cette période et peuvent parfois être violents. Ainsi, le cyclone Erica, qui a frappé la Nouvelle-Calédonie les 13 et 14 mars 2003, a offert au Territoire ses records de vents et de pressions minimales (tous enregistrés à la pointe de Vavouto, au sud de Voh, le 14 mars 2003), soit un vent moyenné sur 10 minutes de 166 km/h, des rafales de 234 km/h et une pression de 952,3 hPa[33]. Ce cyclone a alors fait deux morts, près de 3000 sans-abris momentanés et des dégâts matériels estimés à 5,692 milliards de Francs Pacifique (47,7 millions d'euros environ).
la saison fraîche, ou hiver austral, de mi-mai à mi-septembre. C'est une saison douce autant pour ses températures que pour sa pluviométrie, la ZCIT étant alors dans l'hémisphère nord et le Territoire étant sous l'influence des perturbations d'origine polaire qui remontent la mer de Tasman et qui amènent des « coups d'ouest » (vents froids et forts d'ouest, entraînant des phases d'importantes précipitations sur la côte ouest de la Grande Terre). Les températures oscillent généralement entre 15 °C et 25 °C, avec toutefois des minimales pouvant descendre en dessous des 15 °C en altitude (le record de la température la plus basse enregistrée en Nouvelle-Calédonie est de 2,3 °C à Bourail le 17 juin 1965[33]). Le mois le plus frais de l'année est en général août, avec des températures moyennes entre 17 et 24 °C[32].
la deuxième saison de transition, ou saison sèche, de mi-septembre à mi-novembre. C'est à cette période que l’anticyclone de l'île de Pâques atteint son étendue maximale, faisant remonter les températures (qui oscillent entre 18 et 26 °C) et protégeant l'archipel des perturbations polaires. Cela se traduit par des alizés largement dominantes et de très faibles précipitations, le mois le plus sec étant octobre avec des précipitations moyennes de 60,5 mm[32]. De nombreux « feux de brousse » et incendies se déclenchent généralement à cette époque de l'année.
Il y a en moyenne entre 2500h et 2800h d'ensoleillement par an en Nouvelle-Calédonie[34].
Paysages Paysage de savane à niaoulis au nord de la côte ouest
Toponymie Le terme Calédonie dérive du nom donné par les Romains au massif montagneux du nord de l'Écosse. James Cook lui-même d'origine écossaise par son père, baptisa ainsi l'île qu'il venait de découvrir en 1774 en référence à cette région. Avec le temps, le nom s'applique progressivement à l'ensemble de l'archipel tandis que l'île principale est progressivement appelée Grande Terre. Le nom du pays fait néanmoins partie des signes identitaires qui doivent être définis et adoptés à la majorité des trois cinquièmes du Congrès selon l'accord de Nouméa : « La loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie prévoira la possibilité de changer ce nom, par « loi du pays » adoptée à la majorité qualifiée. » (article 1.5 alinéa 2)
En avril 2013, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie décide d'interdire la pêche aux requins dans toute sa zone économique exclusive[35].
Population Évolution de la population entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.
Données démographiques Article détaillé : Démographie de la Nouvelle-Calédonie.
La population de la Nouvelle-Calédonie est de 245 580 habitants lors du recensement de 2009[36]. Entre 1996 et 2004, la population calédonienne s’est accrue de 33 953 personnes (soit une croissance moyenne par an pendant cette période de 2,16 %), dont 28 000 au titre du solde naturel (naissances moins décès) et 6 000 au titre du solde migratoire apparent. Cette augmentation est de 14 791 entre 2004 et 2009 (1,28 % de croissance moyenne par an), soit 14 000 d'accroissement naturel et 1 000 de solde migratoire apparent.
Inégale répartition de la population La densité y est particulièrement faible, notamment beaucoup plus faible qu'à Tahiti ou que dans les départements d'Outre-mer, avec 13,22 hab./km2, mais en vérité la population néo-calédonienne est très inégalement répartie. Ainsi, sur ces 245 580 habitants, seulement 17 436 (7,1 %) vivent aux îles Loyauté (8,8 hab./km2) et 45 137 (18,38 %) dans la province Nord (pourtant la plus étendue des trois provinces, et où la densité n'est donc que de 4,71 hab./km2) contre 183 007 (74,52 %) dans la province Sud (26,1 hab./km2) qui regroupe ainsi environ trois quarts de la population calédonienne sur seulement un peu plus d'un tiers du territoire. Et au sein même de cette dernière province la répartition de la population est très déséquilibrée, avec une forte concentration à Nouméa et dans son agglomération. Le chef-lieu Nouméa, avec 97 579 habitants, rassemble ainsi 39,73 % des habitants du territoire (2 135 hab./km2) sur à peine 0,35 % de sa superficie, et le Grand Nouméa pèse 163 723 personnes, soit 66,67 % de la population totale sur moins d'1/10e de la surface de l'archipel.
Et ce déséquilibre s'est accentué depuis la fin des années 1990 : si la part respective des trois provinces dans la population calédonienne était restée globalement stable entre 1983 et 1996, avec 68 % de la population dans le Sud, 21 % au Nord et 11 % aux îles, la part du Sud n'a cessé ensuite de se renforcer (71,2 % en 2004 et presque 75 % en 2009) tandis que celles des Îles et du Nord se sont affaiblies. Depuis 1996, la Province Sud a connu un taux d'accroissement annuel moyen de 2,4 % contre 0,65 % dans le Nord et une chute de 1,38 % dans les Îles. Le Grand Nouméa passe ainsi de 60 % de la population calédonienne en 1996 à 66,67 % en 2009. Nouméa maintient notamment une croissance assez forte entre 1996 et 2009, à 1,91 %, soit un taux à peu près égal que ce que le chef-lieu avait connu entre 1989 et 1996, mais ce sont surtout les communes de banlieue qui connaissent alors une croissance considérable, à l'image des autres agglomérations, d'abord pour celles de la proche banlieue (Dumbéa et Mont-Dore) puis pour Païta. Dumbéa a vu ainsi sa population augmenter en moyenne de 4,7 % annuellement entre 1989 et 1996 puis de 4,33 % de 1996 à 2009, le Mont-Dore de 3,4 % entre 1989 à 1996 puis seulement de 1,64 % de 1996 à 2009 et surtout Païta qui est passé d'une croissance annuelle moyenne de 3,8 % entre 1989 et 1996 à 5,8 % entre 1996 et 2009. Ainsi, le Grand Nouméa a grandi, mais Nouméa, comme pour la plupart des villes-centres, a vu sa proportion en son sein diminuer : elle représentait 75 % de la population de son agglomération en 1976, 67 % en 1989 et plus que 59,6 % en 2009[37],[38].
Une population jeune La population de la Nouvelle-Calédonie continue à rester particulièrement jeune comparativement à la moyenne nationale. Ainsi, la part des moins de 20 ans dans la population totale était de 39,5 % en 1996 (20 % de la population néo-calédonienne dans la classe des moins de 10 ans) contre 7,5 % alors pour les plus de 60 ans et un âge moyen de 27 ans et 10 mois[39]. Toutefois, la population connaît depuis ces 20 dernières années un phénomène de vieillissement: la part des moins de 20 ans est ainsi passée de 47 % en 1983 à 43,9 % en 1989, 39,6 % donc en 1996, 37 % en 2004 et 34,4 % en 2009, tandis que les plus de 60 ans ont augmenté de 6,2 % en 1983 à 6,9 % en 1989, 7,5 % en 1996, 9,4 % en 2004 et surtout 11,2 % en 2009. L'âge moyen est ainsi aujourd'hui de 30 ans, soit légèrement plus élevé que dans les autres territoires français du Pacifique (28 ans en Polynésie française et 24 ans à Wallis-et-Futuna) mais nettement moins qu'en métropole où l'âge moyen est de 40 ans et où 20 % de la population a 60 ans ou plus et 25 % moins de 20 ans. La pyramide des âges néo-calédonienne reste donc globalement triangulaire, même si sa base a tendance à rétrécir.
Là encore on observe de grosses disparités entre les Provinces. Dans le Nord et surtout aux Îles Loyauté, la jeunesse de la population est particulièrement visible : l'âge moyen est ainsi de 27,5 ans dans les îles et près de 42 % de la population y a moins de 20 ans, pour 37 % de la population dans la même tranche d'âge dans le Nord. Toutefois, on voit apparaître dans ces deux provinces également un léger phénomène de vieillissement avec une augmentation des plus de 60 ans, mais aussi par la chute des tranches d'âge entre 15 et 30 ans, surtout dans les Îles, du fait du départ des jeunes vers Nouméa pour poursuivre leur scolarité ou trouver du travail[37].
Pyramide des âges de la Nouvelle-Calédonie en 2009 en pourcentage[40].
16,3 Une croissance dynamique mais de moins en moins forte Cette jeunesse s'associe à une assez forte croissance démographique naturelle, là encore toutefois avec une tendance à la stagnation, voire à la baisse : le taux d'accroissement naturel était ainsi de 1,77 % en 1996 et de 1,24 % en 2004 et de même en 2005, les estimations de l'ISEE établissant un taux de 1,3 % pour 2006, 1,2 % pour 2007 et seulement 1,1 % pour 2009[41] (rappelons que le taux de croissance naturelle pour la France était de 0,35 % en 2003). Deux raisons à cette forte croissance : une assez importante natalité qui a tendance toutefois a décroître, et une assez faible mortalité.
Groupes principaux Groupe de femmes kanakes
Les recensements enregistrant les données faisant apparaître « l'origine ethnique » des personnes est admise, par dérogation, en Nouvelle-Calédonie. Ainsi, la CNIL a donné un avis favorable au recensement de 2009 pour la Nouvelle-Calédonie, qui fait apparaître « l'origine ethnique » des personnes. Ces données étaient enregistrées jusqu'en 1996, mais ne l'avaient pas été pour le recensement de 2004. La CNIL rappelle une délibération de 2002, dans laquelle elle avait affirmé que « le recueil de l'appartenance ethnique des personnes, compte tenu des caractéristiques sociodémographiques propres au territoire de Nouvelle-Calédonie, répond à un motif d'intérêt public [...] »[42].
Selon le recensement de 2009, la répartition ethnique de la population était la suivante[43] :
les Kanaks[44] (Mélanésiens) : 99 078 personnes et 40,34 % de la population néo-calédonienne (contre 86 788 individus et 44,09 % en 1996) s'étant déclarés comme tels lors du recensement de 2009. Peuvent néanmoins s'y ajouter une partie des personnes ayant préféré se définir comme « Calédoniens », ou comme appartenant à la catégorie des « plusieurs communautés (métis) ».
Langues Articles détaillés : Français de Nouvelle-Calédonie et Langues kanakes.
Religion La Nouvelle-Calédonie est régie, en matière de cultes, par les décrets Georges Mandel des 16 janvier et 6 décembre 1939, qui aménagent la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Ces décrets permettent dans certaines colonies d'alors (et encore aujourd'hui dans les collectivités de Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et des TAAF, mais aussi en Polynésie française pour les autres religions que le protestantisme tandis que seulement le premier décret s'applique à Mayotte) la constitution de missions religieuses, dont le choix du président et des membres du conseil d'administration doit être soumis à agrément du représentant de l'État dans le Territoire (art. 2 du premier décret), sauf s'il s'agit « du chef même de la circonscription missionnaire » du culte catholique car alors sa nomination comme président du conseil d'administration doit seulement être notifiée à l'autorité publique locale[45].
Couleur électorale Le corps électoral de Nouvelle-Calédonie s'ancre très majoritairement à droite. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy obtient 49,63 % des suffrages, loin devant François Hollande (à 24,91 %)[46]. Lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007, l'île avait voté pour le candidat UMP à 62,89 %, contre 37,11 % à Ségolène Royal[47]. En 2002, Jacques Chirac avait obtenu 80,42 % des suffrages contre 19,58 % à Jean-Marie Le Pen[48].
Institutions L'histoire institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie est particulièrement complexe, l'île ayant connu une multitude de statuts différents. Colonie française de 1853 à 1946, elle sera ensuite Territoire d'outre-mer de 1946 à 1999 et enfin une Collectivité sui generis d'Outre-mer spécifiquement régie par le titre XIII de la Constitution française (articles 76 et 77)[49]. De plus, dans les années 1980, les statuts d'autonomie interne se sont succédé pour essayer de faire face à la revendication indépendantiste croissante puis aux Événements : statut Lemoine de 1984, statut Fabius-Pisani de 1985, statuts Pons I et II respectivement en 1986 puis 1988, enfin le statut de l'Accord de Matignon puis celui de Nouméa[50]. Un Comité des signataires réunit régulièrement (tous les 12 ou 18 mois généralement) les partenaires historiques de l'Accord de Nouméa (représentants de l'État et tout ou partie des signataires historiques) ainsi que les dirigeants des institutions locales (depuis 2006) ou des représentants des formations politiques représentées au Congrès (depuis 2011), cela afin de suivre l'application des dispositions de cet accord.
Actuellement, les institutions de la Nouvelle-Calédonie sont définies par la loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie[51].
Subdivisions Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie
Provinces Article détaillé : Provinces de la Nouvelle-Calédonie.
L'État est représenté dans chaque province, appelée alors « subdivision administrative », par un « commissaire délégué de la République » nommé par arrêté du ministre chargé de l'outre-mer. Les commissaires ont tous leurs locaux dans le chef-lieu de la province où il est en poste, sauf celui de la Subdivision administrative Sud qui lui siège à La Foa tout en ayant une antenne à Nouméa. Actuellement, les trois commissaires délégués sont[52] :
Communes Article détaillé : Communes de la Nouvelle-Calédonie.
Congrès Logo du Congrès
Gouvernement L'exécutif de la Nouvelle-Calédonie est le gouvernement. Il est élu par le Congrès et responsable devant lui. (Article 108 de la loi organique)
Lorsqu'un membre du gouvernement démissionne ou meurt (à l'exception du président), il est immédiatement remplacé par un autre membre de la liste déposée au départ lors de l'élection du gouvernement[53].
Sénat coutumier Le sénat coutumier est composé de seize membres désignés par chaque conseil coutumier, selon les usages reconnus par la coutume, à raison de deux représentants par aire coutumière de la Nouvelle-Calédonie. (article 137).
Le président du sénat coutumier est élu pour un an, avec un système de roulement entre les aires[54].
Conseils coutumiers Un conseil coutumier est institué dans chaque aire coutumière. La composition de ce conseil est fixée selon les usages propres à celle-ci. (article 149) Ces aires coutumières sont au nombre de huit[55].
Conseil économique et social Le conseil économique et social de la Nouvelle-Calédonie comprend trente-neuf membres (article 153) pour un mandat de 5 ans, à savoir:
Signes identitaires Articles détaillés : Signes identitaires de la Nouvelle-Calédonie et Citoyenneté néo-calédonienne.
L'article 5 du premier titre prévoit que : Des signes identitaires du pays, nom, drapeau, hymne, devise, graphismes des billets de banque devront être recherchés en commun pour exprimer l'identité kanake et le futur partagé entre tous.[56] Ceux-ci doivent être définis alors comme une marque de l'autonomie de la collectivité de Nouvelle-Calédonie, et non pas comme une accession à l'indépendance.
Un premier échantillon de billets a également été présenté ce jour-là, le choix devant encore s'affiner. Enfin, ces signes devront encore être approuvés par le Conseil d'État et par le Congrès avant de devenir officiels[57].
Représentation nationale et européenne Articles connexes : Liste des députés de Nouvelle-Calédonie, Liste des sénateurs de Nouvelle-Calédonie et Section Pacifique de la circonscription Outre-Mer.
Représentants de l'État Haut-Commissaire de la République Article détaillé : Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
L'État est représenté en Nouvelle-Calédonie par un haut-commissaire de la République, qui a rang de préfet et est « nommé par décret du président de la République délibéré en Conseil des ministres » (Article 200 de la loi organique). Depuis l'Accord de Nouméa, les prérogatives du haut-commissaire sont nettement moindres qu'auparavant : seul chef de l'exécutif de 1989 à 1999, il se contente depuis lors de faire publier les lois de pays avec le contreseing obligatoire du président du gouvernement. La loi organique définit son rôle, à l'article 200, ainsi rédigé : « Le haut-commissaire veille à l'exercice régulier de leurs compétences par les institutions de la Nouvelle-Calédonie et des Provinces et à la légalité de leurs actes ». Il est surtout chargé d'organiser et de gérer les services relevant des pouvoirs régaliens de l'État : les relations extérieures, le contrôle de l'immigration et des étrangers présents sur le Territoire, la monnaie (donc le Trésor public qui contrôle des recettes et des dépenses de l'État dans le territoire) et les changes, la défense (il peut ainsi notamment déclarer l'état d'urgence après avoir consulté le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie), mais surtout la justice, la fonction publique de l'État, ainsi que le maintien de l'ordre et de la sécurité civile. C'est le haut-commissariat notamment qui décide de déclencher les différents niveaux d'alerte en cas de cyclone et le haut-commissaire préside les cellules de crise en cas de catastrophes naturelles ou d'évènements climatiques. Il est enfin président du Conseil des Mines[58]. Le haut-commissaire est actuellement Jean-Jacques Brot, depuis le 27 février 2013 (nommé le 23 janvier précédent).
Le Haut-commissaire envoie pour le représenter et relayer les services du haut-commissariat des Commissaires Délégués de la République (CDR), qui ont rang de sous-préfets, dans trois subdivisions administratives qui correspondent aux trois Provinces. Ils ont respectivement leurs bureaux à La Foa en Province Sud (avec une antenne à Nouméa) chargé essentiellement de traiter des dossiers relatifs aux communes de Brousse, à Koné en Province Nord (avec une antenne à Poindimié) et à Wé sur Lifou pour les Îles Loyauté[59].
Vice-Recteur Sur le plan de l'éducation, la Nouvelle-Calédonie forme un vice-rectorat avec à sa tête un vice-recteur nommé par décret par le président de la République. Il s'agit depuis le 22 décembre 2011 de Patrick Dion. Par accord entre les autorités de l'État et de la Nouvelle-Calédonie, le vice-recteur et ses services assurent à la fois les compétences de l'État et celles de la Nouvelle-Calédonie. Du fait de sa spécificité, de son faible poids démographique et de son éloignement, le vice-rectorat n'est pas habilité à assurer lui-même la correction des examens et concours nationaux, à l'exception notable du diplôme national du brevet et des diplômes universitaires traditionnels. Ainsi, le baccalauréat et les concours de l'enseignement, notamment, sont corrigés en France métropolitaine auprès d'une académie de rattachement. Toutefois, le vice-rectorat gère directement les inscriptions à ces diplômes et se charge de les remettre[60]. L'enseignement primaire et l'enseignement secondaire sont de la compétence des autorités locales, depuis 2000 pour le primaire public, depuis 2012 pour le primaire privé et l'organisation de l'enseignement secondaire. Le vice-rectorat continue à gérer pour le compte de l'État, le recrutement des enseignants, par le biais des concours, la majeure partie de leurs salaires, l'inspection pédagogique et les programmes de l'enseignement secondaire, qui resteront fixés par l'État. L'enseignement supérieur relève entièrement de l'État et directement du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, sans passer par un chancelier des universités. Le vice-recteur n'exerce donc pas en Nouvelle-Calédonie, les compétences d'un recteur en matière d’enseignement supérieur[61].
Les forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) sont composées d'environ 2 000 hommes et femmes, dont 220 civils, tous corps confondus mais hors service militaire adapté (le groupement du service militaire adapté de Nouvelle-Calédonie GSMA-NC emploie environ 300 militaires inter-armes[62]) et hors gendarmerie (830 personnels, 33 brigades territoriales plus celle de Nouméa, 2 hélicoptères écureuils, 500 véhicules et 21 embarcations[63]). Elles sont dirigées par un commandant supérieur (COMSUP) qui a généralement au moins le grade de général de brigade. Depuis août 2009, il s'agit du général Olivier Tramond. Il est secondé par trois adjoints, un pour chaque armée (depuis 2008 colonel Hugues de Hauteclocque pour l'armée de terre, capitaine de vaisseau Philippe Long pour la marine et colonel Jean-Pascal Delcourt pour l'armée de l'air)
L'armée de terre en Nouvelle-Calédonie dispose de 990 hommes et femmes répartis en 7 compagnies et en 3 bases du régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie (Plum au Mont-Dore, Nouméa et Nandaï à Bourail)[64].
La marine fait stationner ou emploie en Nouvelle-Calédonie 592 hommes et femmes, dont 51 civils. La flotte est constituée de deux Patrouilleurs de type P400 (La Glorieuse P686 et La Moqueuse P686), du Bâtiment de transport léger Jacques Cartier-L9033 et de la Frégate de surveillance (FS) de Classe Floréal Vendémiaire - F734[65].
L'armée de l'air compte environ 200 hommes et femmes installés sur le territoire calédonien dont 163 militaires et 2 civils servant sur la base aérienne 186 "Lieutenant Paul Klein" à Tontouta (52 km au nord de Nouméa). Ce pôle aérien nouvellement restructuré est commandé depuis août 2011 par un officier de l'armée de l'air du grade de colonel. Outil de défense cohérent, cette base aérienne vient efficacement renforcer le dispositif militaire français déployé dans le Pacifique Sud. Elle abrite une flotte d'aéronefs constituée de 2 avions de transport tactique -CASA 235- et de 3 hélicoptères -PUMA[66]- au sein d'un escadron de transport unique : l'ET 52 "Tontouta". L'aéronautique navale y est également présente avec un détachement de la flottille 25F de Tahiti (2 aéronefs de surveillance maritime de type Gardian).
Diplomatie et coopération régionale Le 31 octobre 2012 aux îles Cook : le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Harold Martin (1er à g.), et un autre membre de l'exécutif local, Georges Mandaoué (2e à g.), posent en tant que représentants associés avec les délégués du Forum des îles du Pacifique et la secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton
Si les relations extérieures restent de la compétence de l'État français, le Territoire peut mener lui-même des actions de coopération régionale directe avec les pays voisins du Pacifique. Celle-ci n'a pris réellement forme qu'avec le Vanuatu, avec un premier accord relatif au développement de la coopération générale de cet État avec la Nouvelle-Calédonie le 19 novembre 1993, suivi par une convention de coopération signée par l'État français, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et celui du Vanuatu le 25 février 2002, et de deux passées directement entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu successivement le 26 juin 2006[67] et le 16 février 2010[68]. Les relations avec l'Australie ont également été renforcées, notamment lors d'une visite officielle du 9 au 11 mars 2010 d'une délégation emmenée par le Haut-commissaire de la République Yves Dassonville et le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie Philippe Gomès et comprenant huit personnes, dont les présidents des trois provinces (Pierre Frogier, Paul Néaoutyine et Néko Hnepeune) et celui du Congrès (Harold Martin). Il s'agissait d'une première historique de par le nombre de participants à ce déplacement. Ils rencontrent notamment le Premier ministre australien de l'époque Kevin Rudd. Le président du gouvernement, le Haut-commissaire et les trois dirigeants provinciaux signent avec le ministre australien de l'Environnement et des Arts une déclaration en faveur de la gestion durable de la mer de Corail le 10 mars 2010[69].
Plusieurs pays étrangers sont représentés en Nouvelle-Calédonie par l'intermédiaire d'un consul qui est rattaché à son ambassade de tutelle, laquelle siège à Paris. Il y a ainsi douze consulats à Nouméa, dont 4 dits « généraux » (ceux d'Australie[70], de Nouvelle-Zélande[71], du Vanuatu et d'Indonésie) et 8 consulats dits « honoraires » (ceux d'Allemagne, de Belgique, de Grande-Bretagne, d'Italie, du Japon, des Pays-Bas, des Philippines et de Suisse)[72]. Il s'agit généralement de pays qui disposent de communautés plus ou moins importantes implantées sur le Territoire.
Au début du mois d'octobre 2010, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie finalise avec le ministère des Affaires étrangères à Paris le processus de recrutement de « représentants consulaires », ou « délégués » (au début 2011 à travers des épreuves écrites et un grand oral), de formation (d'un an, de septembre 2011 à septembre 2012, à l'IEP de Paris en partenariat avec le Quai d'Orsay), puis de positionnement (à partir de janvier 2013). Ceux-ci seront chargés de porter la voix propre de la Nouvelle-Calédonie dans les cinq ambassades françaises en Océanie (en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Vanuatu, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Fidji), comme prévu par l'Accord de Nouméa[73]. La première convention officialisant l’hébergement et l’installation d'un de ces « délégués » est signée le 15 novembre 2012 avec l'ambassade de France en Nouvelle-Zélande, le premier titulaire de ce poste étant ainsi Yves Lafoy[74].
Ce dynamisme économique est lié aux ressources du sous-sol. La Nouvelle-Calédonie détient entre 20 % et 30 % des réserves mondiales connues de nickel[75]. Celui-ci est extrait de la garniérite, minerai devant son nom à Jules Garnier qui l'a découvert en 1864 sur l'île. La présence de ce minerai est due à des roches appelées ophiolites, constituées de péridotite altérée en serpentine, qui finit par donner de la garniérite[76]. Elle dispose d'une Zone économique exclusive de 1,74 million de kilomètres carrés. Avec la mise en œuvre récente de deux nouveaux projets métallurgiques (KNS et Vale Nouvelle-Calédonie), le nickel devrait contribuer pour 30 à 40 % du PIB local et faire travailler près de 12 % de la population active.
Il n'y a pas de TVA (bien qu'une loi de pays devant créée une Taxe générale sur les activités, ou TGA, ait été votée en 2011), taxe d'habitation et taxe sur la plus-value immobilière[77].
Infrastructures Santé Article détaillé : Santé en Nouvelle-Calédonie.
Science et éducation Éducation Article détaillé : Éducation en Nouvelle-Calédonie.
Science et recherche Article détaillé : Science et recherche en Nouvelle-Calédonie.
Énergie et gestion de l'environnement Énergie Le barrage de Yaté (2e plan, à dr.) et son lac de rétention
Le taux de dépendance énergétique de la Nouvelle-Calédonie était en 2008 de 94,9 % et était estimé pour 2009 à 95,7 %. Il a toujours été supérieur à 90 % (son minimum, atteint en 1988), et est depuis 1991 égal ou au-dessus de 94 %[78]. La consommation d'électricité est d'environ 1 800 GWh chaque année depuis 2005, dont environ les deux tiers concernent la seule SLN. La qualité du service de distribution publique s'est améliorée depuis les années 1980, avec une puissance de pointe d'environ 120 MW en 2009 (elle était d'un peu moins de 50 MW en 1988, 80 MW en 1997 et 100 MW en 2003)[79]. Les deux distributeurs sont EEC (filiale de GDF Suez, concessionnaire à Nouméa, au Mont-Dore, à Dumbéa, Lifou, Bourail, Koumac et Kaala-Gomen) et Enercal (pour le reste du territoire, soit 26 communes).
La production d'électricité (hors photovoltaïque) était en 2009 de 1 944 074 MWh. Plus des trois quarts (77,4 %) est issue de 22 centrales thermiques à flamme (4 principales : SLN-Doniambo à fioul et Ducos avec TAC kérosène à Nouméa, Jacques-Iekawé de Népoui avec fioul à Poya et Prony-Énergies à charbon au Mont-Dore, et 18 petites centrales thermiques autonomes à moteur diesel : Comagna à l'île des Pins, île Ouen au Mont-Dore, Nouméa, Borendy et Kouaré à Thio, Katricoin à Moindou, Wé à Lifou, Tadine à Maré, Ouenghé à Ouvéa, Waala aux îles Belep, Tiari et village à Ouégoa, Tiabet, Arama et village à Poum, Pouébo, Caavatch à Hienghène, Ouaté à Pouembout). Ceci, ainsi que la consommation des particuliers liée notamment à un parc automobile important, explique de fortes importations d'hydrocarbures (29,041 milliards de Francs pacifique CAF en 2009, et environ 13 % du coût des marchandises entrant en Nouvelle-Calédonie) et de charbon (1,881 milliards CAF en 2009)[80]. Vient ensuite l'hydroélectrique qui représente un peu plus du cinquième (20,4 %) de la production avec 12 barrages (dont le principal, avec une puissance de 68 MW et une production annuelle moyenne de 307 GWh, à Yaté, suivi de ceux de Néaoua et de la Tû à Houaïlou et de 9 micro-centrales hydroélectriques MCH : Ouégalé et village à Pouébo, Borendy et Kouaré à Thio, Gohapin à Poya, Caavatch à Hienghène, Wadiana à Yaté, Katricoin à Moindou et Ouaté à Pouembout).
L'éolien pour sa part constitue 2,1 % de ce total avec fermes éoliennes (Mont Négandi avec 15 Vestas et Éole-Prony I, II, III et Mont-Mau de respectivement de 10, 21, 20 et 15 Vergnet au Mont-Dore ; Lexö à Lifou avec 9 Vergnet[81] ; Mwiré à l’île des Pins avec 3 Vergnet[82] ; Kafeate I et II de Voh avec respectivement 22 et 20 Vergnet[83]). Une centrale au biocarburant (huile de coprah) existe depuis 2004 à Ouenghé sur l'île d'Ouvéa : sa production était de 209 MWh (0,01 %) en 2005, 101 MWh (0,005 %) en 2006, 1 MWh (0,00005 %) en 2007, et de très faible teneur par la suite. La puissance totale de ces installations électriques était en 2009 de près de 500 MW[84].
Le photovoltaïque reste souvent limité aux sites isolés ou habitations de particuliers et peu raccordés au réseau général. Des centrales hybrides ont été installées à l'île Ouen (N'Gi et Ouara) par EEC[85] et sur les îlots de Yenghébane et Yandé à Poum par Enercal. Cette dernière exploite également une petite ferme solaire à Tadine sur Maré (200 kW)[82]. Mais la principale infrastructure, première centrale solaire au sol de Nouvelle-Calédonie, est celle Helios-Bay de La Tontouta à Païta (9 560 panneaux solaires et 239 structures pour 17 000 m2 de capteurs, une puissance installée de 2,1 MWc et une capacité de production de 3 000 MWh par an)[86].
Gestion de l'environnement Article détaillé : Protection de l'environnement en Nouvelle-Calédonie.
Transports Article détaillé : Transport en Nouvelle-Calédonie.
Culture Article détaillé : Culture en Nouvelle-Calédonie.
Infrastructures culturelles La plupart des infrastructures culturelles sont concentrées sur le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa. On y trouve notamment :
les Archives territoriales dans la presqu'île de Nouville, à côté du campus[87],
la bibliothèque Bernheim, installée dans un bâtiment de style colonial ayant servi de pavillon de la Nouvelle-Calédonie lors de l'Exposition universelle de 1900 à Paris, démonté et reconstruit à Nouméa, en bordure du centre-ville, par l'homme d'affaires philanthrope Lucien Bernheim pour servir de bibliothèque-musée à la colonie (à partir d'une collection de livres réunies entre 1871 et 1874 par le gouverneur de La Richerie). En 1971, le musée est déplacé sur un site qui lui est propre, au Quartier-Latin, et la bibliothèque est agrandie d'un deuxième bâtiment en 1981[88],
la médiathèque municipale de Rivière-Salée a été ouverte en octobre 2000 dans le quartier populaire dont elle tire son nom, au nord de Nouméa[89],
le musée de Nouvelle-Calédonie, créé en 1971 à partir des collections jusqu'alors exposées à la bibliothèque Bernheim et de divers apports, il est consacré à l'archéologie et à l'ethnologie des populations océaniennes, essentiellement de la population kanake (sculptures anciennes, totems, masques funéraires, poteries, parures, bijoux, monnaies kanaks, sagaies, flèches faitières, reproduction de pirogues et d'une grande case installée dans sa cour intérieure) mais aussi avec des œuvres provenant d'autres sociétés insulaires du Pacifique, notamment de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Wallis-et-Futuna, Vanuatu ou Fidji[90].
le musée de la Ville de Nouméa, fondé en 1996 et installé dans un bâtiment de style colonial récemment rénové, en bordure de la place des Cocotiers. Celui-ci avait, par le passé, servi tout d'abord de local à la Banque Marchand, première banque locale, de 1874 à 1880, puis, après la faillite retentissante de cet établissement financier, d'hôtel de ville de 1880 à 1975[88]. Il accueille plusieurs objets retraçant l'histoire du chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie de sa création en 1854 à nos jours, issus de plusieurs collections privées (dont celle de la Société Le Nickel), mais aussi deux expositions permanentes : une au sous-sol sur la Nouvelle-Calédonie dans la Grande Guerre et la seconde à l'étage sur la Seconde Guerre mondiale.
le Musée d'histoire maritime, inauguré le 4 octobre 1999 dans les locaux de l'ancienne gare maritime sur les quais du port, à l'entrée de Nouville, et créé à l'initiative de deux associations de passionnés d'archéologie sous-marine : « Fortune de mer » (au champ d'action limité aux eaux territoriales néo-calédoniennes) et « Salomon » (qui s'intéresse au mystère de la disparition du navigateur Jean-François de La Pérouse près de l'île de Vanikoro aux îles Salomon en 1788). Le musée expose ainsi de manière permanente, sur 600 m2, les découvertes des différentes campagnes de fouilles réalisées par ces deux associations, selon 6 thèmes : les premiers navigateurs (sur les techniques de navigation des premiers peuples océaniens), l'ère des grands découvreurs, aventuriers et commerçants (sur les santaliers et baleiniers du début du XIXe siècle), de Port-de-France à Nouméa, sur la route du nickel et au temps des Américains. À cela s'ajoute des expositions temporaires, installées à l'étage du bâtiment[91],
le musée du Bagne, installé dans l'ancienne boulangerie en pierre du bagne sur la presqu'île de Nouville, qui passe pour être le plus ancien bâtiment construit par l'administration pénitentiaire sur ce site, a été créé par l'association « Témoignages d'un passé ». Il n'est pas ouvert en permanence, mais se visite à la demande et est le point de départ d'un tour guidé des différentes infrastructures du bagne de Nouville : la chapelle, les anciens ateliers qui abritent aujourd'hui le département de droit, économie et gestion de l'université de la Nouvelle-Calédonie, l'ancien magasin aux vivres devenu le théâtre de l'Île, l'ancien hôpital du marais et actuel CHS Albert-Bousquet, la ferme Nord et la laiterie[92],
le Théâtre de l'île, ouvert en 2000 dans un édifice massif en pierre taillée du bagne de Nouville construit en 1875 pour servir de cathédrale (fonction qu'il n'a jamais remplie) et qui a été successivement un magasin aux vivres de la pénitentiaire, lieu d'élevage de vers à soie à partir de 1930, salle de bal, centre de regroupement des prisonniers à partir de 1940 et salle de cinéma et de spectacle à partir de 1970. Entièrement réaménagé par la ville de Nouméa à partir de 1994 pour l'adapter aux normes acoustiques et d'organisation de l'espace (avec une salle de 354 places et l'aménagement de coulisses) d'un théâtre moderne. Dominant la mer, il est voisin du campus et des archives territoriales[93],
le théâtre de Poche est une salle de spectacle de petite taille et au caractère intimiste, et fait partie des locaux du Centre d'Art installés en 1996 dans les bâtiments de l'ancienne prison civile, à côté du palais de Justice. Le Centre d'Art, outre des locaux administratifs, accueille également des salles d'expositions et de répétitions mises à disposition des troupes de théâtre, chorales ou autre associations artistiques affiliées à cette institution[94],
le Conservatoire de musique de Nouvelle-Calédonie, ancienne École territoriale de musique (ETM), elle est installée dans l'ancien consulat britannique, grand bâtiment de style colonial datant du XIXe siècle situé dans le quartier de l'Artillerie Nord. L'École de musique de Nouméa, créée en 1974, s'y installe avant de se transformer en l'ETM puis en Conservatoire. Outre des leçons instrumentales et de solfège, le Conservatoire abrite également un auditorium servant à accueillir des concerts et récitals de musique orchestrale, classique ou non (notamment de jazz), ou de chants (choral, lyrique ...), réalisés par des artistes locaux ou internationaux[95]. Le conservatoire organise également des cours en dehors du chef-lieu du territoire, au Mont-Dore, à Dumbéa, Païta, Boulouparis, La Foa, Bourail, Koné, Koumac et Wé à Lifou[96],
la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) qui dispose, au sommet de la colline dite du Sémaphore qui domine le centre-ville, d'un bâtiment accueillant une salle de spectacle (où ont lieu essentiellement des représentations théâtrales, des manifestations comme l'élection de Miss Nouvelle-Calédonie, la plupart des spectacles de fin d'année des écoles nouméennes et des spectacles d'artistes ou d'humoristes locaux, métropolitains ou internationaux) de 550 places, et une salle d'exposition[97].
le Café musiques municipal « Le Mouv' », « monolithe habillé d'une résille en bois et en métal, comme une double peau » installé dans le parc municipal de Rivière-Salée au nord de la ville et inauguré en août 2001. Il consiste en une salle de concert de 200 m2 et de 400 places et en une scène de 100 m2[98],
12 salles de cinéma au sein du multiplexe CinéCity, en bordure du port et du centre-ville, soit un bâtiment de 5 niveaux comprenant un espace de jeux d'arcade, de restauration et la billetterie au rez-de-chaussée, les salles dans les trois premiers étages et enfin les bureaux de la société Hickson qui gère ce cinéma au dernier étage. Toutes les autres salles (celles du Rex, du City, l'autre cinéma Hickson à Nouméa, du Plaza et du Liberty) ont toutes été démolies ou reconverties. Le choix des films reste généralement limité et retardé vis-à-vis des sorties internationales et françaises[99],[100].
Un projectionniste itinérant parcourt également les différentes tribus et villages de la « Brousse »[99].
Enfin, le Chapitô[101] de Nouvelle-Calédonie est une structure itinérante de diffusion, de création et d’éducation des arts vivants, au sein d'un grand chapiteau.
Musique Article détaillé : Musique calédonienne.
À côté de cela se développe de plus en plus des groupes de jazz, musique soul ou rock. Des festivals musicaux se sont multipliés depuis les 10-15 dernières années: le festival Live en août[102] créé en 1991 par la Grande Brasserie de Nouvelle-Calédonie (GBNC) initialement pour mieux faire connaître les musiciens de jazz du territoire sous le nom de Jazz en août avant de prendre sa dénomination actuelle en 1998, il réunit des groupes locaux et internationaux (essentiellement de la zone Pacifique toutefois, notamment australiens ou néo-zélandais) de jazz, rock, soul et folk (notamment irlandaise) dans les bars, bistros, tavernes et restaurants essentiellement à Nouméa mais de plus en plus sur l'ensemble du Territoire. Le festival Femmes funk[103], créé en 1997 essentiellement pour promouvoir les artistes féminines de la zone Pacifique (mais pas seulement), organise sur un site à la fois des concerts d'artistes internationaux (soul, jazz, reggae, bossa nova, rock, slam, kaneka, hip-hop...) accompagné d'ateliers enfants ou d'initiation à l'artisanat traditionnel, tout d'abord sur Nouméa (généralement 4 jours sur le site du Centre culturel Tjibaou) puis en brousse à la fin du mois de septembre et au début du mois d'octobre.
Littérature La Nouvelle-Calédonie a produit plusieurs écrivains dont le plus célèbre localement reste Jean Mariotti[104]. Ses principales œuvres sont surtout :
Takata d'Aïmos[105], roman fantastique lui aussi inspiré d'une légende traditionnelle kanake[106].
Remords[107], roman psychologique sur les bagnards[108].
À bord de l'incertaine, éd. Stock, Delamain et Boutelleau, Paris, 283 p. (réédité à Papeete en 1981 puis à Nouméa en 1996 et en 2000), récit de fiction se situant dans un pays imaginaire mais inspiré de son enfance dans le petit village calédonien de Farino[109].
Le Dernier voyage du Thétis, éd. Stock, Paris, 1947, 251 p., recueil comprenant 7 nouvelles : Le Dernier Voyage du Thétis, Paysage, Le Porto du Drafn, Toi y'en a monnaie ?, Simple histoire, L'épopée accidentelle, Nuit calédonienne[110].
Pour ce qui est de la littérature kanake, les auteurs les plus représentatifs restent Déwé Gorodey, actuellement membre du Gouvernement local chargé de la Culture, ou encore l'écrivain, poète et dramaturge Pierre Gope[111]. Une de ses pièces, Les Champs de la Terre, fable poétique inspiré du folklore calédonien et surtout kanak, a ainsi été représentée au Festival d'Avignon en 2006 et a fait ensuite l'objet d'une tournée en Europe.
De plus, l'un des auteurs calédoniens les plus prolifiques aujourd'hui est Nicolas Kurtovitch[112], président fondateur depuis 1996 de l'Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, et dont le recueil de poésie Le Piéton du dharma[113] a reçu le prix du salon du livre insulaire d'Ouessant, catégorie poésie. On lui doit surtout des recueils de poésie, mais aussi un roman : Good night friends[114],[115], ainsi que plusieurs pièces de théâtres dont une en collaboration avec Pierre Gope : Les Dieux sont borgnes, éd. Grains de sable, Nouméa, 2002[116]. Frédéric Ohlen est un autre poète réputé, auteur de quatre recueils qui allient profondeur du message et acuité de la forme[117]. Le plus récent, La Lumière du Monde[118], a reçu le prix du gouvernement au Salon international du livre océanien (SILO 2005).
Architecture Case kanak Case traditionnelle kanak située au Centre culturel Tjibaou à Nouméa
L'architecture traditionnelle kanake comprend uniquement la case, véritable symbole de l'organisation de la société. Il en existe de plusieurs types : à la fois lieux des cérémonies ou palabres (grande case du clan ou des districts des Îles Loyauté, les plus représentatives et les plus chargées de symbolisme), d'habitat (avec des cases ordinaires pour les femmes) ou de stockage (greniers à igname). Ronde (forme qui représente un espace collectif de vie, propice aux palabres, aux échanges et au maintien d’un esprit communautaire) avec un toit conique offrant souvent une forte pente (pour permettre l'écoulement des eaux de pluie, tandis que la forme aérodynamique générale de l'édifice permet une forte résistance aux vents violents quelle que soit leur direction), elle est souvent construite, notamment sur la Grande Terre où les inondations sont courantes, sur un tertre surélevé par rapport au terrain naturel pour échapper aux dégâts des eaux. Sa construction n'utilise que des matériaux végétaux : murs et « pré-couverture » du toit (kötu en Xârâcùù)[119] en peau de niaouli (élément particulièrement étanche) généralement (et dans certaines régions avec du pandanus ou du cocotier), couverture du toit en paille (bon isolant qui permet de maintenir une température ambiante constante et douce tout au long de l'année, même en période de fortes chaleurs), attaches de la structure avec des lianes (rendent l'édifice flexible et donc résistant aux intempéries) et éléments importants (flèche faîtière, poteau central, poteaux de tour de case, chambranle, linteau de la porte) en bois de houp (arbre endémique à la Nouvelle-Calédonie, séculaire, représentant l'origine des clans et dont le bois est sacré). Chacune des pièces sculptées a une symbolique particulière[120],[121],[122] :
Maisons coloniales La colonisation de peuplement à partir du milieu du XIXe siècle a permis le développement d'un style architectural résidentiel particulier dit des « maisons coloniales » qui se retrouve, avec certaines variantes, dans d'autres anciennes colonies françaises (Réunion, Antilles, Polynésie française, Indochine) ou anglo-saxonnes (dans les États du Sud des États-Unis ou l'Inde). Bien que de factures variables, elle offre généralement un certain charme et un élément identitaire important pour les populations locales, notamment d'origine européenne ou Caldoches, qui poussent pour leur préservation. Toutefois, les intempéries (notamment les cyclones), l'usure (rouille des toits, pourrissement et attaque de termites sur les éléments en bois) ou divers projets immobiliers ont entraîné la disparition de la plupart de ces maisons. Présentes dans la plupart des communes ayant connu une certaine implantation européenne, surtout sur la côte ouest, les plus célèbres et représentatives restent l'ancienne Banque Marchand ou Ancienne Mairie (première banque locale de 1874 à sa faillite retentissante pour la colonie en 1880, avant de servir d'hôtel de Ville de 1880 à 1975 et reconverti en 1996 en Musée de la Ville[88]), la Maison Cellières du Faubourg Blanchot (délabrée depuis le décès de sa dernière propriétaire en 1995 et « squattée » par plusieurs familles pendant des années, elle a été rachetée par un promoteur qui a eu la charge, en échange de la construction d'un immeuble sur une partie du terrain, de la reconstruire à l'identique de l'originale)[123],[124], le « château Hagen » ou encore le bâtiment historique de la clinique Magnin à la Vallée des Colons pour Nouméa, le « Château Grimigni » à Pouembout. Elles comprennent généralement[125] :
Sports Article détaillé : Sport en Nouvelle-Calédonie.
La pratique du sport est importante en Nouvelle-Calédonie, avec en 2010 70 530 licenciés, soit 29 % de la population néo-calédonienne (contre une moyenne nationale de 24 %). C'est tout particulièrement vrai dans les Îles Loyauté et en Province Nord, avec des taux de pratique sportive s'établissant respectivement à 40 % et 31 %, mais aussi en Province Sud (27 %)[126].
La Nouvelle-Calédonie est l'un des archipels du Pacifique les mieux équipés en infrastructures sportives, avec un taux de 1,7 équipement pour 1 000 habitants (3,7 ‰ dans les Îles Loyauté, 2,9 ‰ dans le Nord et 1,2 ‰ dans le Sud), soit plus qu'en Polynésie française (1,2 ‰). L'organisation à trois reprises des Jeux du Pacifique (en 1966, 1987 et 2011), mais aussi d'autres évènements internationaux, est à l'origine de la construction des principales infrastructures de l'archipel, surtout dans le Grand Nouméa (stade Numa-Daly de Magenta, piscines olympiques du Ouen Toro puis de Ducos, l'Arène du Sud de Païta)[126].
Photographies "La poule" à Hienghène
Notes et références ↑ La solution controversée de deux drapeaux (tricolore français et drapeau Kanaky), a reçu le soutien du premier ministre, François Fillon, venu à Nouméa en juillet, et a fait l'objet d'un vœu du Congrès calédonien (vœu n° 1 du 13 juillet 2010, Congrès de Nouvelle-Calédonie). Elle s'écarte cependant de la procédure législative prévue par l'accord de Nouméa, qui recommande en outre l'élaboration d'un seul drapeau, illustrant la communauté de destin.
Bibliographie Alban Bensa, La Fin de l'exotisme, Anacharsis, 2006, (ISBN 2-914777-24-8), lekti-ecriture.com
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L'article 5
 l'article 200
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