Source: http://questes.revues.org/2870
Timestamp: 2017-10-18 11:12:00+00:00

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5 Cette fonction de faire-valoir de l’opposant – qu’il soit bon ou méchant, d’ailleurs – a été soulignée pour le Morhout dans le Tristan en prose par Barbara Wahlen (L’Écriture à rebours. Le Roman de Méliadus du XIIIe au XVIIIe siècle, Genève, Droz, « Publications romanes et françaises », 252, 2010, p. 114‑116).
6 Anne Berthelot, « Notice de La Marche de Gaule », in Le Livre du Graal, t. II, Daniel Poirion et Philippe Walter (éd.), Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 498, 2003, p. 1726.
7 Il prend la fuite au cours de la guerre que mènent contre lui les chevaliers de la Table Ronde venus venger l’honneur de Guenièvre, qu'il a bafouée (cf. La Seconde Partie de la quête de Lancelot, in Le Livre du Graal, t. III, Daniel Poirion et Philippe Walter (éd.), Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 554, 2009, § 651‑653, p. 741‑743). Les trois tomes du Livre du Graal seront désormais cités sous l’abréviation « LG ».
8 Le personnage de Claudas est en cela l’un des éléments qui distinguent le Lancelot propre de La Queste – qui lui fait suite – dont la visée, clairement édifiante, ne s’accomoderait pas d’une telle ambiguïté.
9 De telles contradictions étaient déjà soulignées par Anne Berthelot, dans sa « Notice ». Selon elle, « elles correspondent au changement de perspective introduit par le choix de la forme prose, et aussi, plus “localement”, à la situation globale des royaumes de Gaule ». Abandonnés par Arthur, ces royaumes témoignent de la « faute originelle » du roi de Logres : Claudas serait alors l’un des signes de cet « univers qui devrait être arthurien, mais ne l’est pas » (Anne Berthelot, « Notice de La Marche de Gaule », in LG, t. II, éd. cit., p. 1727).
14 « […] si le vit de toutes valours si plain et si entechié de cuer et de cors qu’il ne prisoit envers lui nul home dont on eüst parole oïe » (ibid., § 58).
16 Pharien est un personnage complexe : d’abord sénéchal du roi Bohort de Gaunes, il trahit celui‑ci pour se mettre au service de Claudas. Cependant l’adultère de sa femme avec Claudas le retourne contre ce dernier. Par ailleurs, il a la charge des héritiers de Gaunes – Lionel et Bohort, fils du roi Bohort – que Claudas a dépossédés de leurs terres et séquestrés. Au moment de son revirement contre Claudas, Pharien prend activement la défense de leurs droits bafoués (cf. Jean Dufournet, « Un personnage exemplaire et complexe du Lancelot : Pharien », in Jean Dufournet (dir.), Approches du Lancelot en prose, Paris, Champion, 1984, p. 137‑156).
19 Alexandre Micha, « L’épisode de Pharien-Claudas dans le Lancelot », in Danielle Buschinger (dir.), Histoire et littérature du Moyen Âge. Actes du colloque du Centre d'études médiévales de l'Université de Picardie (Amiens, 20‑24 mars 1985), Göppingen, Kümmerle, 1991, p. 311‑329 (cit. p. 318). L’article examine en détail les situations et événements historiques qui ont pu inspirer cet épisode romanesque. Un point de vue similaire est adopté par Jean Dufournet, « Un personnage exemplaire et complexe du Lancelot : Pharien », art. cit., en particulier p. 144.
23 Voir en particulier La Marche de Gaule, in LG, t. III, éd. cit., § 203. La hache, cependant, n’est pas à elle seule signe de barbarie. Elle est également utilisée par Pharien, dont nous avons déjà évoqué la complexité en note 16 (cf. Jean Dufournet, « Un personnage exemplaire et complexe du Lancelot : Pharien », art. cit., en particulier p. 140).
27 Anne Berthelot traduit l’expression que nous avons soulignée dans la citation par « Et quoi qu’il en soit du reproche de trahison, […] » (ibid., p. 210).
32 Sur la peur de la mort, voir Jean Flori, « Le Héros épique et sa peur (du Couronnement de Louis à Aliscans) », PRIS-MA, X (1994), p. 26‑44 ; Bernard Ribémont, « La “Peur épique”. Le sentiment de peur en tant qu’objet littéraire dans la chanson de geste française », in Pascal Debailly et Florence Dumora (dir.), Peur et littérature du Moyen Âge au XVIIe siècle, Textuel, 51 (2007 ), p. 13‑28.
33 Cette soif de domination s’exacerbe ainsi chez lui jusqu’à la folie. Cette évolution psychologique est celle décrite par saint Augustin en termes moraux : selon lui une telle folie est une manifestation de la libido dominandi, qui menace toute concupiscence non maîtrisée par une volonté bonne (cf. saint Augustin, La Cité de Dieu, XIV, 15).
37 Voir le duel judiciaire de Lancelot et Méléagant, dont Baudemagu refuse à deux reprises l’achèvement par crainte d’un déshonneur pour son fils (Galehaut, in LG, t. II, éd. cit., § 443-463).
39 Alexandre Micha souligne que « c’est encore une originalité de notre épisode que la peinture des sentiments naturels, de l’amour d’un père pour son fils » et que ces « scènes pathétiques […] renforcent le caractère dramatique de l’action » (Alexandre Micha, « L’épisode de Pharien-Claudas dans le Lancelot », art. cit., p. 318).
40 « Claudas avoit perdu moult de son sanc, et nonpouquant ot il repris cuer et alainne et force, et se desfent durement com li cuers li pot sostenir. Si l’em proisent moult et li un et li autre » (La Marche de Gaule, in LG, t. III, éd. cit., § 131).
43 « […] et moult blasmerent Pharien de ce qu’il n’avoit a Claudas copé la teste ou il eüst sousfert que autres li eüst copé. Et il lor dist : “Certes, signour je le fis pour ce que ce fust grans damages, car a merveilles est prodom” » (ibid., § 135).
45 La théologie chrétienne, réfléchissant sur l’éternel problème du succès des « méchants », a développé l’idée que Dieu s’abstient de les punir et leur laisse la vie sauve pour leur permettre de se convertir (cf. saint Augustin, De Catechizandis rudibus, XXVIII, 31).
46 Cf. supra, note 16. La haine que Pharien développe contre Claudas – à cause de l’adultère de sa femme avec ce dernier – ne l’empêche pas de lui rester publiquement fidèle ; en particulier il ne s’associe pas ouvertement à la révolte des habitants de Gaunes venus tenter de délivrer les jeunes héritiers. Il œuvre en faveur de ces derniers, mais secrètement.
47 Même Pharien, malgré ses protestations d’affection et de fidélité à celui qui reste son suzerain, doute de sa capacité à tenir parole (ibid., § 144).
Servane Michel, « L’impossible identité narrative de Claudas, l’admirable méchant du Lancelot en prose », Questes, 24 | 2012, 96-111.
Servane Michel, « L’impossible identité narrative de Claudas, l’admirable méchant du Lancelot en prose », Questes [En ligne], 24 | 2012, mis en ligne le 01 janvier 2014, consulté le 18 octobre 2017. URL : http://questes.revues.org/2870 ; DOI : 10.4000/questes.2870
10.4000/questes.2870

References: § 651
 § 58
 § 203
 § 443
 § 131
 § 135
 § 144