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L'Énigme des Invalides • Consulter le sujet - Pas une "épopée", mais une SEDITION !
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Pas une "épopée", mais une SEDITION !
Publié : 14 Juin 2005 17:58
Réception d’une députation du gouvernement provisoire et d’un aide de camp de Pelage. Accueil glacial de Richepance. Les députés s’offrent en otages.L’escadre entre dans le port de Point-à-Pitre. Il est ordonné à Pelage de faire disperser la garde d’honneur qu’il avait réuni pour l’occasion. Richepance, sur le point de débarquer, préfère s’en retourner à bord de la Pensée et attendre la descente de l’ensemble des troupes.
Les postes occupés par les Noirs sont relevés et leurs défenseurs désarmés. Ordre est donné d’en faire de même avec les garnisons des principaux forts. A celui de la Victoire, considérant l’évacuation comme déshonorante, Ignace refuse d’obéir. Face à l’avancée des troupes du capitaine Rougier, la garnison s’enfuit. Grande revue du restant des troupes coloniales dans la plaine de Stiwenson. Les Noirs sont désarmés et embarqués sans ménagement sur les navires de l’escadre. Une petite partie préfère se répandre dans la campagne.Les députés otages sont libérés. Pelage est placé sous surveillance.
Proclamation de Richepance où ce dernier annonce son intention de maintenir l’ordre et de châtier toute forme de résistance.Richepance décide d’embarquer pour Basse-Terre, mais les vents ne sont pas favorables. Arrivée à Basse-Terre d’un soldat noir fuyant la Pointe-à-Pitre. Ce dernier annonce l’arrivée de Lacrosse et le commencement des pires représailles.L’officier noir Noël-Corbet rejoint Basse-Terre. La vérité est rétablie. Le désarmement et l’embarquement forcée des troupes jettent l’effroi.Annonce à Basse-Terre de la proclamation de Richepance, comprise comme l’avant-goût du retour au pouvoir de Lacrosse.
Basse-Terre est mise en état de défense.
Comme les vents sont toujours mauvais, on opte pour le transbordement des troupes des frégates sur les navires mouillés au Gosier.Arrivée d’Ignace à Basse-Terre.
Le transbordement est achevé, l’escadre peut faire voile sur Basse-Terre.
Harangue de Delgrès : « Mes amis, on en veut à notre liberté ; sachons la défendre en gens de cœur, et préférons la mort à l’esclavage ! »
10 mai : Proclamation de Delgrès.
Publié : 14 Juin 2005 18:35
Réception d’une députation du gouvernement provisoire et d’un aide de camp de Pelage. Accueil glacial de Richepance. Les députés s’offrent en otages.
Les instructions de Richepance portaient de mettre fin aussi vite que possible à l'autorité de l'administration provisoire.
L’escadre entre dans le port de Point-à-Pitre. Il est ordonné à Pelage de faire disperser la garde d’honneur qu’il avait réuni pour l’occasion.
Richepance, sur le point de débarquer, préfère s’en retourner à bord de la Pensée et attendre la descente de l’ensemble des troupes.
C'était clairement dire qu'on ne faisait pas beaucoup de cas du "proconsulat" de Pelage
Les postes occupés par les Noirs sont relevés et leurs défenseurs désarmés. Ordre est donné d’en faire de même avec les garnisons des principaux forts. A celui de la Victoire, considérant l’évacuation comme déshonorante, Ignace refuse d’obéir. Face à l’avancée des troupes du capitaine Rougier, la garnison s’enfuit.
Ceci allait de pair avec le comportement à adopter envers les anciennes autorités provisoires. Les mêmes instructions avaient été données à Leclerc par Bonaparte (mais seulement pour les généraux).
Grande revue du restant des troupes coloniales dans la plaine de Stiwenson. Les Noirs sont désarmés et embarqués sans ménagement sur les navires de l’escadre. Une petite partie préfère se répandre dans la campagne.Les députés otages sont libérés. Pelage est placé sous surveillance.
Pour le moins, un manque de diplomatie évident.
Proclamation de Richepance où ce dernier annonce son intention de maintenir l’ordre et de châtier toute forme de résistance.Richepance décide d’embarquer pour Basse-Terre, mais les vents ne sont pas favorables.Arrivée à Basse-Terre d’un soldat noir fuyant la Pointe-à-Pitre. Ce dernier annonce l’arrivée de Lacrosse et le commencement des pires représailles.L’officier noir Noël-Corbet rejoint Basse-Terre. La vérité est rétablie. Le désarmement et l’embarquement forcée des troupes jettent l’effroi.Annonce à Basse-Terre de la proclamation de Richepance, comprise comme l’avant-goût du retour au pouvoir de Lacrosse.
C'est là que tout se joue. A la base, il y a l'exagération d'un fuyard, involontaire ou dans l'intention de nuire. L'histoire a-t-elle retenu le nom de ce soldat ? N'aurait-il pas été un agent anglais ? Ce n'est qu'une supposition. Mais il annonce deux fausses nouvelles: l'arrivée de Lacrosse, honni par toute la colonie et le commencement des massacres, ce qui est totalement faux.
Même si l'officier Noël-Corbet rétablit la vérité, les premières mesures prises par Richepance sont bien de nature à accentuer la fermentation des esprits. Sa déclaration -toute martiale- ne pouvait séduire les noirs...
Où il rencontre Delgrès et se concerte avec lui.
C'est une déclaration de guerre. Delgrès n'a pas la moindre preuve que Richepance a pour mission de rétablir l'esclavage. Sur de simples soupçons, il prend la responsabilité d'une révolte contre l'autorité légitime. C'est bien une entreprise de sédition. A cette date, des noirs ont-ils été passés par les armes ? Pendus ? C'est là un point crucial.
Dans quelle mesure s'est-il concerté avec Pelage ? Avait-il un plan ? Pensait-il pouvoir venir à bout de 4 000 Français, commandés par un des généraux les plus habiles ?
Proclamation de Delgrès.
C'est une belle proclamation, dans le style de l'époque. Mais c'est un acte de sédition, à n'en pas douter. Delgrès y affirme la collusion de Richepance et de Lacrosse. Or, il n'en est rien. A moins de me tromper, à cette date, Lacrosse est encore réfugié à la Dominique.
Dans ces conditions, Delgrès ne pouvait s'attendre à être traité par Richepance autrement que le furent les Vendéens.
Blancs ou Noirs, pour les "Bleus", c'était la même chose: des brigands qu'il fallait réduire par tous les moyens...
Ajoutons que le 20 mai, à Paris, l'esclavage n'est pas rétabli en Guadeloupe, ni même à Haïti (pas plus qu'en Guyane). Il est seulement maintenu là où il n'a pas été aboli...
Publié : 15 Juin 2005 9:32
« Les instructions de Richepance portaient de mettre fin aussi vite que possible à l'autorité de l'administration provisoire. »
Les nouvelles que l’on recevait à Paris de la part de Lacrosse n’allaient effectivement guère de paire avec ce que l’on pouvait lire dans cette proclamation du Gouvernement provisoire en date du 4 mai :
« La division qui vous apporte un nouveau Capitaine-général va paraître : le général Richepance est celui qu’envoie le Gouvernement consulaire. Il vient avec la nouvelle officielle de la signature du traité définitif de paix. Quel moment plus beau pouvait-il désirer pour son entrée ! Sous quels plus heureux auspices pouvions-nous l’attendre ?
[…] Livrons-nous donc à la joie ; tout nous y invite. Ainsi cet heureux dénouement, que nous avons tant de fois annoncé, achèvera de convaincre de la pureté de tous les cœurs. Que les campagnes restent calmes et n’interrompent pas d’un instant leurs travaux.
La paix ! La paix ! vive à jamais la République ! vive le Gouvernement consulaire ! vivent nos frères d’Europe ! »
« Dans quelle mesure s'est-il concerté avec Pelage ? »
Pelage a largement contribué à la relève des forts et à la tenue de la grande revue de Stiwenson. Il convient également de rappeler cette lettre écrite par Pelage à l’intention de Delgrès après que l’escadre ait essuyé quelques bordées de la part des insurgés :
« Quel est mon étonnement de voir tirer sur le pavillon national ? Ce ne peut être sans doute que l’effet d’un mal-entendu. Je vous rappelle le serment que nous avons fait ensemble d’être fidèles à la mère patrie, et de remettre la colonie intacte au premier envoyé du Gouvernement consulaire. »
« Delgrès y affirme la collusion de Richepance et de Lacrosse. Or, il n'en est rien. A moins de me tromper, à cette date, Lacrosse est encore réfugié à la Dominique. »
Durant les hostilités, Lacrosse se tint en la rade de Saint-Louis de Marie-Galante, à bord de l’aviso L’enfant-Prodigue . Son retour à la Guadeloupe fut annoncé par Richepance, le 14 juillet, en ces termes :
« Cette arme [la perfidie] la plus efficace lorsqu’on l’emploie contre un homme d’honneur, la seule dont on pouvait se servir contre le Capitaine-général Lacrosse avec l’espoir du succès, vainquit ce général, en paralysant le courage et la grande volonté des citoyens les plus français, et les mis dans le cas de gémir, plus d’une fois, d’avoir ignoré, jusqu’à cette époque, à quel point le cœur de certains hommes pouvait s’emplir de perfidies. […]Le retour du Capitaine-général Lacrosse, dans cet état de choses, met le sceau à l’allégresse publique, puisqu’il achève la réparation qui était due au Gouvernement et à la nation, pour l’injure qui leur a été faite en sa personne, et que la colonie reverra en chef qu’elle estime. »
« Ajoutons que le 20 mai, à Paris, l'esclavage n'est pas rétabli en Guadeloupe, ni même à Haïti (pas plus qu'en Guyane). Il est seulement maintenu là où il n'a pas été aboli... »
Certes, mais c’était dans les cartons. Juste une question de temps...
Publié : 15 Juin 2005 10:02
Livrons-nous donc à la joie ; tout nous y invite. Ainsi cet heureux dénouement, que nous avons tant de fois annoncé, achèvera de convaincre de la pureté de tous les cœurs.
Que les campagnes restent calmes et n’interrompent pas d’un instant leurs travaux.
Pelage était l'homme de la situation. Ce fut évidemment une faute que de se priver de ses services.
J'ignorais ce détail. Quelle en est la date (toujours la chronologie)? Dans cette hypothèse, le 1er feu n'est pas parti des troupes françaises...
« Cette arme [la perfidie] la plus efficace lorsqu’on l’emploie contre un homme d’honneur, la seule dont on pouvait se servir contre le Capitaine-général Lacrosse avec l’espoir du succès, vainquit ce général, en paralysant le courage et la grande volonté des citoyens les plus français, et les mis dans le cas de gémir, plus d’une fois, d’avoir ignoré, jusqu’à cette époque, à quel point le cœur de certains hommes pouvait s’emplir de perfidies.
Le retour du Capitaine-général Lacrosse, dans cet état de choses, met le sceau à l’allégresse publique, puisqu’il achève la réparation qui était due au Gouvernement et à la nation, pour l’injure qui leur a été faite en sa personne, et que la colonie reverra en chef qu’elle estime. »
Durant les hostilités, Lacrosse demeure à l'écart. Ceci traduit bien une prévention de Richepance à son égard...
Est-on certain, sans cette déplorable évolution des évènements en Guadeloupe, que la loi du 20 mai aurait été aussi vite abandonnée ?
Le récit des évènements de mai en Guadeloupe a dû parvenir à Paris début juillet. C'était encore un argument de poids pour le lobby esclavagiste !
Publié : 15 Juin 2005 10:24
"Quelle en est la date (toujours la chronologie)? Dans cette hypothèse, le 1er feu n'est pas parti des troupes françaises... "
10 mai. Quand l'escadre filait sur Basse-Terre et le Baillif.
"Est-on certain, sans cette déplorable évolution des évènements en Guadeloupe, que la loi du 20 mai aurait été aussi vite abandonnée ? "
On ne peut être certain de rien. Mais il faut quand même préciser que, si le décret du 20 mai était muet sur la Guadeloupe, Bonaparte rédigeait des notes prévoyant le retour des esclaves partout dans les colonies dès la fin avril.
Publié : 15 Juin 2005 19:21
Richepanse me paraît avoir envoyé au premier consul sur la fin de la révolte à Basse-Terre un rapport digne d'un Turreau ou d'un Westermann.
"Ce fut un spectacle épouvantable ( l'explosion de la poudrière).Il y eut un moment de stupéfaction de part et d'autre ; mais bientôt nous pensâmes à mettre à profit le désordre qu'occasionne toujours un pareil événement , et la journée se termina par la destruction entière de tous les ennemis échappés à l'explosion...Cette dernière affaire a détruit la révolte dans sa source . Les chefs sont morts ; tout le reste est désarmé , soumis , et retourne au travail, qu'il n'aurait jamais dû quitter..."
Que n'a-t-on remis au travail avec les mêmes méthodes cette soldatesque révolutionnaire en France , et esclavagiste aux Antilles !
Publié : 15 Juin 2005 20:13
Si je ne m'abuse, les ordres de Richepance ressemblent bien plus à ceux de Westermann qu'à ceux de Turreau.
A noter qu'il y eu des Antillais en Vendée : les hussards américains. Ramassis d'assasins "oeuvrant" dans la région nantaise ou sur les quais de Loire dans l'ombre de Carrier.
Publié : 15 Juin 2005 20:18
"On ne peut être certain de rien. Mais il faut quand même préciser que, si le décret du 20 mai était muet sur la Guadeloupe, Bonaparte rédigeait des notes prévoyant le retour des esclaves partout dans les colonies dès la fin avril."
De toutes les colonies ? Ou simplement de celles qui étaient maintenues sous l'ancien régime ? Cad les colonies "anglaises" et celles de l'Océan Indien ?
Publié : 15 Juin 2005 20:51
Vous ignorez cette note du 27 avril ? Pluchon dans son Toussaint Louverture en parle (vous n'avez pas consulté cet ouvrage pour écrire votre manuscrit sur Saint-Domingue ?).
La voici (passage relatif aux colonies où l'esclavage a été aboli) :
"ARTICLE ler. - Sur les rapports faits au capitaine général de la colonie de . . . . . . .par les personnes qu'il commettra à cet effet, il sera formé une liste comprenant : 1° les noms des individus qui jouissaient de la liberté avant le 26 pluviôse an II ; 2° les des individus noirs qui ont concouru à défendre le territoire de la République contre ses ennemis, ou qui, de toute autre manière, ont servi l'État.
ART. 2. - Tous les individus portés sur cette liste seront déclarés libres.
ART. 3. - Ceux d'entre eux qui ne sont point propriétaire, et qui n'ont point d'art ou de métier qui puisse assurer leur subsistance, seront assujettis à des règlements de police qui les assigneront aux propriétaires pour les seconder dans les travaux de l'agriculture, qui détermineront leur salaire, et qui statueront sur toutes les dispositions pour prévenir le vagabondage et l'insubordination.
ART. 4. - Les insubordonnés et vagabonds opiniâtres seront, dans les cas déterminés par ces règlements, rayés de la liste et privés des avantages qui en résultent.
On pourrait substituer à cette disposition la déportation dans les colonies où les lois sur l'affranchissement n'ont point été publiées.
ART. 5. - Tous individus noirs non compris dans la liste mentionnée en l'article 1er sont assujettis aux lois et règlements qui, en 1789, composaient le code noir des colonies.
ART. 6. - Il sera permis d'importer des noirs dans la colonie de ...... en se conformant aux lois et règlements sur la traite qui étaient en vigueur en 1789."
Publié : 16 Juin 2005 7:26
Cette note a été contestée, non ? Du moins, sur sa date réelle ?
Sur Pluchon, non: je ne l'ai pas consulté, bien que l'ayant noté comme ouvrage référencé.
Peut-être la raison pour laquelle mon manuscrit a été refusé ?

References: ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 5
 l'article 1

ART. 6