Source: http://mailto:press@icty.org/x/cases/karadzic/trans/fr/121114FE.htm
Timestamp: 2013-05-25 03:32:36+00:00

Document:
Page 30237 ��1�� Le mercredi 14 novembre 2012
� 4�� --- L'audience est ouverte � 14 heures 26.
� 5�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Bonjour � tous et � toutes. Nous sommes � 6�� en train de si�ger aujourd'hui en application de l'article 15 bis, le Juge � 7�� Morrison est absent pour des raisons de service.
� 8�� Oui, Monsieur Robinson.
� 9�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Oui, Monsieur le Pr�sident. Nous voudrions �10�� pr�senter une requ�te pour demander aux Juges de la Chambre de r�examiner �11�� une d�cision rendue au sujet des modalit�s de t�moignage pour ce qui est du �12�� t�moin suivant, M. Dusan Zurovac. La raison est tout simplement celle-ci, �13�� pour des raisons techniques et difficult�s techniques que nous avons eues �14�� cette semaine, nous avons encore quatre t�moins qui sont encore � La Haye �15�� et qui sont cens�s t�moigner dans les deux journ�es qui viennent et nous �16�� avons �court� leur t�moignage -- enfin �a fait des journ�es qui sont l� et �17�� il y aurait des difficult�s � les faire revenir. Ce sont des gens qui �18�� travaillent, et donc il leur est difficile de rester aussi longtemps sans �19�� avoir encore t�moign� et leur demander de revenir ult�rieurement.
�20�� Donc nous sommes parfaitement conscients du fait que nous ne pouvons �21�� pas faire plus d'une d�claration r�vis�e, chose que nous avons faite pour �22�� M. Zurovac, et nous n'allons pas le faire une fois de plus; mais nous �23�� comprenons parfaitement bien qu'il y a des documents aux paragraphes 2 � 11 �24�� qui ne sont pas pertinents pour ce qui est de sa d�claration, qui n'ont pas �25�� � �tre vers�s au dossier. On a appris ces le�ons entre-temps. Donc nous �26�� voudrions proc�der en application de l'article 92 ter pour minimiser le �27�� temps � utiliser et pour entendre les t�moignages des autres t�moins pour �28�� la semaine. Et nous vous serions reconnaissants de proc�der ainsi, nous Page 30238 � 1�� nous excusons �galement pour ce qui est des erreurs qui ont �t� commises � 2�� lors de la pr�sentation de la documentation li�e � ces t�moins.
� 3�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Tieger, voudriez-vous dire � 4�� quelque chose en r�plique ?
� 5�� M. TIEGER : [interpr�tation] Oui, Monsieur le Pr�sident, merci. Je suis en � 6�� train de me d�placer pour �tre � m�me de voir la totalit� des membres de la � 7�� Chambre.
� 8�� Alors je voudrais dire, � titre pr�liminaire, que nous ne sommes pas � 9�� d'accord pour ce qui est de ces circonstances pr�tendument exceptionnelles �10�� qui justifieraient un r�examen de la d�cision. Nous sommes tout le temps en �11�� train de nous pencher sur des questions d'organisation du calendrier, des �12�� fois �a se fait mieux, des fois c'est plus difficile. Mais nous pensons que �13�� ceci aurait n�cessit� � des ajustements relativement courts. Et il s'entend �14�� que M. Robinson avait anticip� quelque 30 � 45 minutes pour ce qui est du �15�� viva voce, et dans ce cas-l� toute cette situation viendrait � modifier les �16�� t�moignages puisqu'on prendrait les 92 ter et les r�sum�s, �a prendrait dix �17�� � 15 minutes, donc l'impact serait n�gligeable. En tout �tat de cause, ce �18�� type de fa�on de proc�der pour ce qui est des modifications � l'agenda ne �19�� sont pas de nature � exiger un r�examen de la part des Juges de la Chambre.
�20�� Et encore plus importante comme chose, ce serait la proposition �21�� d'�liminer les paragraphes 2 � 11, qui ne r�soudraient qu'une petite partie �22�� du probl�me, et c'est la moindre des parties du probl�me. La pr�occupation �23�� principale des Juges de la Chambre c'est ce qui aurait un impact assez �24�� important sur l'Accusation parce que nous aurions de plus en plus �25�� d'�l�ments de preuve qui feraient leur apparition au fil de la semaine. Et �26�� je souligne que ceci se pr�sente dans un contexte de centaines et de �27�� centaines d'enfreintes au R�glement pr�vues aux dispositions du 65 ter �28�� parce qu'il n'y a eu carence du point de vue de la pr�sentation de r�sum�s Page 30239 � 1�� factuels au sujet des t�moins, au sujet des faits donc, que l'on pense � 2�� pouvoir entendre �tre expos�s par les t�moins lors de leurs t�moignages, et � 3�� c'�tait quelque chose qui aurait du �tre fait si on avait souhait� � 4�� v�ritablement se pr�parer en vue du t�moignage. Tout ne d�pendait donc de � 5�� ces d�positions ou de ces d�clarations pr�alables. Alors, il aurait pu y � 6�� avoir un rem�de juridique qui emp�cherait la pr�sentation d'information � 7�� tardive. Les Juges de la Chambre ont opt� pour un compromis, et nous � 8�� esp�rons que ceci fera en sorte que la D�fense �vitera ce type de pratique � 9�� afin que de les voir ne pas pr�senter tous les �l�ments de preuve de la �10�� sorte.
�11�� La solution propos�e par M. Robinson est en train d'�liminer ce �12�� compromis. Parce que si l'on �limine la documentation qui se trouverait �13�� �tre marginale ou d�nu�e d'importance, �a permettrait � l'accus� de �14�� profiter de cette pratique qui a �t� si critiqu�e ici et impose � �15�� l'Accusation un fardeau entier pour ce qui est des rem�des � rechercher, et �16�� il aurait d� y avoir emp�chement de ce type de comportement.
�17�� Donc de notre avis, il y a deux alternatives possibles de fa�on
�18�� l�gitime. L'un, c'est de maintenir la d�cision des Juges de la Chambre et �19�� pr�senter la totalit� des �l�ments de preuve viva voce. Et si la D�fense �20�� n'est pas satisfaite de cette solution, le seul recours juridique, ce �21�� serait celui de revenir � la situation qui existait avant la proposition de �22�� pr�senter des informations ou des �l�ments de preuve � titre tardif, et de �23�� pr�senter des �l�ments de preuve qui sont contenus dans la premi�re des �24�� d�clarations en application du 92 ter, � savoir ce qui est contenu dans le �25�� 1 � 20. Tout autre solution serait d�nu�e de fondement et in�quitable.
�26�� Je voudrais �galement faire savoir que Mme West sera la personne qui �27�� contre-interrogera le t�moin. Je ne sais pas si elle a quelque chose � �28�� ajouter � cette analyse, mais je pense avoir dit ce que j'avais � dire.
Page 30240 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, je m'excuse de vous avoir demand� � 2�� de prendre la parole, Monsieur Tieger.
� 3�� Madame West, est-ce que vous avez quelque chose � ajouter ?
� 4�� Mme WEST : [interpr�tation] Non, Monsieur le Pr�sident. Merci.
� 5�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Bien, je ne vais pas chercher � en rajouter � 6�� au sujet de ce d�bat, Monsieur le Pr�sident.
� 7�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] � 8�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Ayant pris en consid�ration les � 9�� arguments pr�sent�s par les parties, les Juges de la Chambre vont rendre �10�� une d�cision. Du fait d'avoir rendu une d�cision orale � la date du 12 �11�� novembre afin de faire en sorte que Dusan Zurovac soit interrog� viva voce, �12�� la Chambre s'est pench�e sur toute une s�rie de rajouts substantiels qui �13�� ont �t� faits � la d�claration fournie au pr�alable et sur le fait qu'une �14�� grande partie des �l�ments pr�sent�s par le t�moin couvrent des sujets qui �15�� ne sont pas pertinents dans cette affaire. La Chambre est d'avis que �16�� l'accus� a fourni un fondement pour ce qui est d'un r�examen, qui ne �17�� diminue en rien les pr�occupations des Juges de la Chambre pour ce qui est �18�� du t�moignage de ce t�moin en application du 92 ter qui ont conduit les �19�� Juges de la Chambre � d�cider � le faire t�moigner viva voce. �20�� Bien que les Juges de la Chambre prennent bel et bien en �21�� consid�ration le fait que ceci serait peut-�tre peu arrangeant pour ce qui �22�� est des t�moins parce que �a les ferait revenir une deuxi�me fois vers le �23�� Tribunal, malheureusement, c'est une des r�alit�s des proc�s en justice et �24�� cela ne justifierait pas le fait de ne pas entendre le t�moin viva voce �25�� puisque les Juges de la Chambre ont d�cid� de faire ainsi. La Chambre �26�� d�cide donc de ne pas r�examiner sa d�cision et de faire en sorte que Dusan �27�� Zurovac soit interrog� viva voce.
�28�� Autre question que je voudrais aborder avant que de continuer. Monsieur Page 30241 � 1�� Karadzic, le 12 novembre 2012, vous avez pr�sent� une requ�te pour ce qui � 2�� est de ce T�moin Miladin Trifunovic afin de lui accorder des mesures de � 3�� d�formation des traits du visage. Sa r�f�rence est le KV505 [comme � 4�� interpr�t�]. Au paragraphe 4 de la requ�te, il est dit par l'accus� que : � 5�� "Le Dr Karadzic s'excuse de cette notification tardive pour ce qui est des � 6�� mesures requises, �tant donn� que M. Trifunovic n'a pas �voqu� la question � 7�� avant que d'�tre arriv� � La Haye."
� 8�� Cependant, la Chambre a �t� inform�e par le Service de la Protection des � 9�� T�moins et des Victimes qu'� son arriv�e � La Haye, ce t�moin a �t� surpris �10�� qu'il n'y ait pas eu de demande de mesures de protection � son �gard, �tant �11�� donn� qu'il avait explicitement demand� de telles mesures lorsqu'il a �12�� rencontr� un membre de l'�quipe de la D�fense en d�but ou mi-octobre.
�13�� Alors, Monsieur Robinson, est-ce que vous pouvez nous apporter une �14�� explication � ce sujet ?
�15�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Oui, Monsieur le Pr�sident. Il est vrai que �16�� les enqu�teurs s'enqui�rent aupr�s des t�moins pour ce qui est �17�� d'�ventuelles mesures de protection lorsqu'il y a un premier contact. Et �18�� d'habitude, �a se fait bien avant qu'ils n'aient � compara�tre devant les �19�� Juges de la Chambre et avant que les Juges de la Chambre n'aient refus� des �20�� mesures de protection pour d'autres t�moins qui avaient �t� dans des �21�� circonstances tout � fait similaires. Alors nous avons demand� � notre �22�� personne charg�e de contacter les t�moins d'essayer d'arranger les choses �23�� avant qu'ils ne viennent � La Haye, et on leur demande s'ils demandent des �24�� mesures de protection ou pas afin que nous puissions pr�senter une requ�te �25�� appropri�e. Or, lorsque notre commis � l'affaire a pos� la question � M. �26�� Trifunovic pour savoir s'il voulait des mesures de protection, il avait dit �27�� que non, et c'est la raison pour laquelle il n'y a pas eu de requ�te � ce �28�� sujet. Et lorsqu'il est venu � La Haye, il s'est dit d��u de ne pas avoir Page 30242 � 1�� b�n�fici� de mesures de protection. Donc nous avons d�battu de la question � 2�� avec lui, et il a dit que de toute fa�on il est dispos� � t�moigner, ne � 3�� serait-ce qu'avec d�formation des traits du visage, puisqu'il se d�place � 4�� souvent vers des secteurs o� il redoute d'avoir des probl�mes. Donc, c'est � 5�� la raison pour laquelle vous n'avez pas obtenu de requ�te � ce sujet � 6�� pendant cette semaine-ci.
� 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais pourquoi a-t-il �t� d��u, �tant � 8�� donn� qu'il avait dit auparavant qu'il ne trouvait pas n�cessaires les � 9�� mesures de protection ?
�10�� M. ROBINSON : [interpr�tation] A parler franchement, Monsieur le Pr�sident, �11�� je ne le sais pas. Il y a peut-�tre eu un malentendu entre lui et le commis �12�� � l'affaire. Parce qu'il avait sembl� penser qu'il b�n�ficierait de mesures �13�� de protection, or le commis � l'affaire qui s'est entretenu avec ce t�moin �14�� et toute une autre s�rie de t�moins a pr�cis� qu'il y avait un strict �15�� protocole pour ce qui est de l'accomplissement de ce type de fonction. Et �16�� il y a eu un malentendu ou une mauvaise communication entre les deux.
�18�� En tout �tat de cause, la Chambre trouve inacceptable de voir pr�sent�es de �19�� fa�on inexacte les opinions des t�moins au sujet des mesures de protection �20�� pour faire figurer les choses au niveau de requ�tes pr�sent�es � la Chambre �21�� avant qu'ils ne comparaissent. Alors, � l'avenir, la Chambre s'attend � ce �22�� que l'accus� s'assure d'une communication ad�quate avec son �quipe, et �23�� veillez donc � ce qu'une attention tout � fait appropri�e soit accord�e aux �24�� mesures de protection. Les t�moins ne peuvent pas �tre laiss�s dans �25�� l'obscurit� jusqu'� leur arriv�e � La Haye, et on ne saurait s'attendre � �26�� ce que des mesures de protection leur soient accord�es d�s que requises. �27�� Par cons�quent, il appartient � l'�quipe de la D�fense d'informer de fa�on �28�� ad�quate et de conseiller les t�moins en temps utile au sujet des requ�tes Page 30243 � 1�� � pr�senter au sujet des mesures de protection ou pas.
� 2�� Alors, ceci �tant dit, la Chambre va rendre une d�cision �crite au sujet de � 3�� la requ�te en question.
� 4�� S'il n'y a pas d'autres sujets � aborder, je voudrais qu'on fasse entrer le � 5�� t�moin.
� 6�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je voudrais juste dire � 7�� que ce t�moin doit faire l'objet d'une mise en garde en application du � 8�� 90(E).
� 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci.
�10�� [Le t�moin est introduit dans le pr�toire]
�11�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Bonjour, Monsieur.
�12�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Bonjour.
�13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je vous prie de donner lecture de la �14�� d�claration solennelle.
�15�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Je d�clare solennellement que je dirai la �16�� v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit�.
�17�� LE T�MOIN : DUSAN ZUROVAC [Asserment�]
�19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci. Installez-vous, mettez-vous � �20�� l'aise.
�21�� Monsieur Zurovac, avant que de commencer � t�moigner, je voudrais attirer �22�� votre attention sur une r�gle qui est en vigueur au niveau de ce Tribunal. �23�� Cette R�gle d�coule de l'article 90(E), et cet article dit que vous pouvez �24�� faire objection � des r�ponses pour ce qui est des questions pos�es par �25�� l'Accusation, l'accus� ou les Juges si vous estimez que la r�ponse serait �26�� susceptible de vous incriminer. Et quand je dis "incriminer", je veux dire �27�� que vous pourriez dire quelque chose qui pourrait constituer une �28�� reconnaissance de culpabilit� pour ce qui est du t�moignage fourni ou Page 30244 � 1�� indiquer ou laisser entendre que vous avez commis un d�lit quelconque. � 2�� Alors, quand bien m�me vous penseriez que votre r�ponse serait susceptible � 3�� de vous incriminer et si vous venez � ne pas souhaiter r�pondre, la Chambre � 4�� a le droit discr�tionnaire de vous contraindre � r�pondre � cette question. � 5�� Mais dans ce cas concret, le Tribunal veillera � ce que ce t�moignage ainsi � 6�� obtenu de votre part ne puisse pas �tre utilis� comme �l�ment de preuve � 7�� dans une autre affaire, dans un autre proc�s, et vous ne sauriez �tre � 8 ��poursuivi pour rien sauf pour le cas d'un faux t�moignage. � 9�� Est-ce que vous avez compris ce que je vous ai dit, Monsieur ?
�10�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui. �11�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci. �12�� Monsieur Karadzic, � vous. �13�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Bonjour, Excellence. Bonjour � tous. �14�� Interrogatoire principal par M. Karadzic :
�15�� Q.� [interpr�tation] Bonjour, Monsieur Zurovac. �16�� R.� Bonjour. �17�� Q.� Malheureusement, je vais devoir passer un peu plus de temps � vous �18�� interroger parce que c'est un interrogatoire viva voce, mais j'esp�re que �19�� personne ne verra un inconv�nient � ce que vous puissiez disposer du texte �20�� de votre d�claration sur votre pupitre.
�21�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je ne sais pas quelle est la proc�dure � mettre �22�� en �uvre � pr�sent. �23�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais je crois que vous devriez savoir �24�� comment conduire votre interrogatoire principal avec les conseils de M. �25�� Robinson ou de vos autres conseillers juridiques. �26�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Mais y a-t-il un probl�me, Monsieur le �27�� Pr�sident, pour ce qui est de le faire disposer de sa d�claration ? Parce �28�� que le t�moin est � m�me d'avoir sa d�claration pr�alable pour s'aider Page 30245 � 1�� avec, ind�pendamment du fait de savoir si c'est vers� en application d'un � 2�� 92 ter ou pas. � 3�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] � 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que vous avez des objections ou � 5�� observations � formuler, Monsieur Tieger -- ou, Madame West ?
� 6�� Mme WEST : [interpr�tation] Non. Nous n'avons pas d'objection. � 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Fort bien. � 8�� M. TIEGER : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, moi, j'aurais une � 9�� observation � faire � ce sujet. Je crois que la pratique devant les autres �10�� Chambres de ce Tribunal �tait celle de faire en sorte que le t�moin indique �11�� aux parties en pr�sence quand est-ce qu'il fait r�f�rence � cette �12 ��d�claration afin que les choses soient consign�es au compte rendu. �13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, mais je vais veiller � ce que l'on �14�� nous fasse savoir si le t�moin est en train de consulter sa d�claration, et �15�� nous allons assurer un monitoring � cet effet.
�16�� Que cela soit fait. Est-ce que vous avez une version en B/C/S �17�� d'imprim�e ? Si c'est le cas, vous pouvez la fournir au t�moin. �18�� Entre-temps, veuillez continuer, Monsieur Karadzic. �19�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. �20�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �21�� Q.� Est-ce que vous voulez bien dire aux Juges de la Chambre comment vous �22�� vous appelez.
�23�� R.� Je m'appelle Dusan Zurovac.
�24�� Q.� Moi, j'attends la fin de l'interpr�tation. Et je vous demande de faire �25�� pareil. �26�� Est-ce que vous pouvez nous dire quand est-ce que vous �tes n� et o� �27�� est-ce que vous �tes n� ?
�28�� R.� Je suis n� le 19 novembre 1941, � Nevesinje, en Herz�govine. Page 30246 � 1�� Q.� Merci. Quelle est votre profession ?
� 2�� R.� Je suis professeur de lettres. � 3�� Q.� Est-ce que c'est ce que vous avez exerc� comme m�tier au fil de votre � 4�� carri�re ?
� 5�� R.� Oui. � 6�� Q.� Merci. O� avez-vous r�sid� ?
� 7�� R.� J'ai r�sid� � Sarajevo et � Mostar. � 8�� Q.� Merci. Mais o� au juste dans Sarajevo ?
� 9�� R.� A Novo Sarajevo, rue Zagorska, num�ro 81.
�10�� Q.� Merci. Est-ce que c'est une maison priv�e ou est-ce que c'est un �11�� immeuble, une habitation collective ?
�12�� R.� C'est une maison priv�e � moi. �13�� Q.� Merci. Alors, dites-nous o� est-ce que vous vous trouviez lorsque la �14�� guerre a commenc� ?
�15�� R.� A Mostar. �16�� Q.� Merci. Quand �tes-vous donc retourn� � Sarajevo ?
�17�� R.� J'y suis all� au bout de trois mois, trois mois et demi. �18�� Q.� Merci. Est-ce qu'� un moment donn� vous auriez rejoint les rangs de �19�� l'arm�e de Republika Srpska ?
�20�� R.� Oui. �21�� Q.� O� vous �tes-vous pr�sent� dans les rangs de l'arm�e, et pouvez-vous �22�� nous exposer aussi vos motifs ?
�23�� R.� Je me suis pr�sent� dans les rangs de l'arm�e de la Republika Srpska �24�� dans ma cit�, dans mon agglom�ration, qui �tait une cit� serbe �25�� exclusivement, afin que je n'aie pas � conna�tre ce que j'ai eu � conna�tre �26�� en d�but mai � Mostar. �27�� Q.� Que voulez-vous dire ? Que vous est-il arriv� � Mostar au mois de mai ?
�28�� R.� Le 5 mai 1992, j'ai �t� incarc�r� et j'ai �t� amen� dans une prison Page 30247 � 1�� centrale � Mostar. Le 18 ao�t, j'ai �t� �chang� � Stolac, � Todorovici � 2�� [phon], et j'ai eu � subir des choses qu'il est difficile d'imaginer pour � 3�� ce qui est de ce qu'un homme peut faire � un autre homme. � 4�� Q.� Merci. Dites-nous quelle est l'unit� o� vous �tes rentr� dans les rangs � 5�� de la VRS ? O� est-ce que �a se trouvait ? � 6�� R.� La 4e Compagnie du 2e Bataillon, et mon d�ploiement �tait dans la rue � 7�� Ozrenska. � 8�� Q.� Merci. Est-ce que vous pouvez nous dire quelle �tait la zone de � 9�� responsabilit� de cette 4e Compagnie ?
�10�� R.� La zone de responsabilit� allait de la maison de Pandurevica Kuca �11�� jusqu'au carrefour de la rue Milinkladska. �12�� Q.� Merci. Cette rue Ozrenska, � quelle distance se trouvait-elle de la rue �13�� Zagorska, l� o� vous aviez votre maison ?
�14�� R.� Ma maison se trouve au coin de la rue Zagorska et Ozrenska, � gauche. �15�� Q.� Merci. Est-ce que vous avez eu des fonctions de commandement; et si �16�� oui, en fonction de quoi ?
�17�� R.� Au d�but, je n'ai pas eu de mission de commandement, j'�tais simple �18�� soldat. Plus tard, lorsque le chef de la 4e Compagnie est mort, je suis �19�� devenu chef de cette 4e Compagnie. �20�� Q.� Merci. Est-ce que vous aviez un grade ?
�21�� R.� Oui, j'avais un grade. J'�tais sous-lieutenant � l'�poque. �22�� Q.� Merci. O� avez-vous obtenu ce grade ?
�23�� R.� Dans l'arm�e de la Republika Srpska. �24�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je vais demander qu'on nous montre dans le �25�� syst�me de pr�toire �lectronique le document 1D6099.
�26�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �27�� Q.� Est-ce que vous reconnaissez cette carte et est-ce que vous y avez �28�� apport� des annotations vous-m�me ?
Page 30248 � 1�� L'ACCUS� : [interpr�tation] J'aimerais qu'on rel�ve un peu la carte. � 2�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui, je reconnais cette carte, et j'ai montr� � 3�� un triangle que l'on peut voir sur cette carte. � 4�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce qu'on peut relever la carte un peu.
� 5�� Q.� Enfin, est-ce que c'est ce qui est en bleu ? � 6�� R.� Oui. En couleur bleue c'est le petit secteur qui �tait contr�l� par la � 7�� 4e Compagnie.
� 8�� Q.� Alors est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que sont ces diff�rentes � 9�� choses ?
�10�� R.� La ligne qu'on voit c'est la ligne de d�marcation. L�, il y avait des �11�� tranch�es et des bunkers de part et d'autre. L'ennemi �tait � dix, 15, 20 �12�� m�tres de l� o� on se trouvait nous-m�mes.
�14�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Excellences, est-ce que vous estimez qu'il est �15�� n�cessaire qu'il signe cette carte ou est-ce que vous l'acceptez telle �16�� quelle ?
�17�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Il n'a rien annot� du tout sur cette �18�� carte dans le pr�toire, mais moi j'ai besoin d'obtenir quelques �19�� �claircissements.
�20�� Monsieur Zurovac, est-ce que vous pouvez lire l'anglais ?
�21�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Non.
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Qui a fait ces annotations sur cette �23�� carte, Monsieur Karadzic ? Je vois "zone de responsabilit� de Zurovac" et �24�� je vois d'autres commentaires du style "pas de ligne de vue" et on dit "1 �25�� 250 m�tres", qui est-ce qui a fait ces annotations ?
�26�� L'ACCUS� : [interpr�tation] C'est la D�fense. Le t�moin nous a communiqu� �27�� des informations et nous avons transpos� la teneur de ces informations sur �28�� la carte, et c'est lui qui a dessin� la ligne. La ligne bleue c'est lui qui Page 30249 � 1�� l'a dessin�e.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, mais attendez, Monsieur Karadzic.
� 3�� Vous avez pos� des questions au sujet de la ligne bleue, le t�moin a dit � 4�� qu'il ne comprenait pas l'anglais et qu'il ne pouvait pas le lire. Et pour � 5�� ce qui est donc de d�terminer les choses, il faudra lui poser des questions � 6�� � ce sujet afin qu'il commente.
� 8�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 9�� Q.� Est-ce que vous pouvez nous dire, Monsieur, � quelle distance se trouve �10�� votre zone de responsabilit� de l'endroit o� il y a ce num�ro 10 ou ce �11�� num�ro 18 d'annot� ?
�12�� R.� C'est au moins � un kilom�tre et demi pour ce qui est du num�ro 10, et �13�� pour ce qui est du num�ro 4, �a se trouve � peu pr�s � 900 m�tres de la �14�� ligne de tir, qui est la ligne de d�ploiement de la 4e Compagnie.
�15�� Q.� Un instant. Est-ce que vous avez �t� mis au courant d'un incident �16�� survenu le 3 septembre 1993 dans la rue d'Ivana Krndelja ?
�18�� Q.� Est-ce que vous pouvez nous dire comment la rue d'Ivana Krndelja se �19�� trouve �tre d�sign�e ici ?
�20�� R.� La rue d'Ivana Krndelja passe par le pont de la Miljacka et �a va vers �21�� Hrasno Brdo. Il y a une ligne inclin�e ou perpendiculaire en passant par la �22�� Miljacka et en se dirigeant vers Hrasno.
�23�� Q.� Merci. Est-ce que vous nous avez dit � quelle distance �a se trouvait �24�� vos positions et le carrefour d'Ivana Krndelja et la rue qui fait est/ouest �25�� ? Quelle est la distance que cela constitue ?
�26�� R.� Environ 900 m�tres.
�27�� Q.� Merci. Est-ce que l� il existe une visibilit� optique sans obstacle ?
Page 30250 � 1�� Q.� Entre vos positions et le point annot� par le chiffre 4; c'est cela ?
� 2�� R.� Absolument.
� 3�� Q.� Merci. Qu'est-ce qui fait obstacle � la visibilit� optique ?
� 4�� R.� Eh bien, c'est la configuration du terrain. Hrasno Brdo c'est fait de � 5�� sorte � ce qu'on ne puisse pas voir depuis les lignes de tir de la 4e � 6�� Compagnie du tout, l'incident qui est survenu au num�ro 4. Vous pouvez voir � 7�� le point appel� "Tranzit", on pouvait voir l'incident si vous vous trouviez � 8�� sur les collines qui �taient derri�re nous. Et dans ce cas concret, la � 9�� distance se trouverait �tre de plus d'un kilom�tre et demi. �10�� Qu'est-ce qui fait obstacle ? Eh bien, c'est les collines qui font �11�� obstacle. C'est une r�gion vallonn�e. Nous �tions au creux d'une vall�e. Il �12�� y avait trois ou quatre petites collines qui faisaient obstacle et qui �13�� emp�chaient de voir la rue Ivana Krndelja. Ce qui fait que nous n'�tions �14�� pas en position de voir. L'ennemi faisait venir ses effectifs, le mat�riel, �15�� et tout le reste. On ne pouvait qu'entendre les bruits, mais on ne pouvait �16�� pas voir. Je pense que la th�se avanc�e ne tient pas debout, parce que cet �17�� incident num�ro 4 pouvait �tre vu � 400 m�tres depuis Gojino Brdo ou d'une �18�� autre colline qui se --
�19�� L'INTERPR�TE : Dont l'interpr�te n'a pas entendu bien le nom.
�20�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �21�� Q.� Merci. Est-ce que ces collines �taient tenues par des effectifs de �22�� l'arm�e serbe ?
�24�� Q.� Mais quelle aurait �t� la distance entre les points � partir desquels �25�� on pouvait voir et ce num�ro 4 ?
�26�� R.� D'apr�s moi, depuis Gojino Brdo, �a aurait fait presque 2 kilom�tres et �27�� de l'autre colline --
�28�� L'INTERPR�TE : Dont l'interpr�te n'a pas encore compris le nom.
Page 30251 � 1�� LE T�MOIN : [interpr�tation] -- �a ferait environ un kilom�tre et demi.
� 2�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 3�� Q.� Merci. Est-ce que vous pouvez nous dire si vous avez �t� mis au courant � 4�� d'un incident qui est survenu le 22 juillet 1994 dans la rue de Miljenko � 5�� Cvitkovic ?
� 6�� R.� Oui, bien qu'� l'�poque je n'ai pas �t� chef de la compagnie, je suis � 7�� all� remplir une obligation de travail. Mais il y a des choses illogiques � 8�� en quantit�s incroyables. On a dit qu'un gar�on �tait en train de regarder � 9�� dans une vitrine, et nous ne serions trouv�s dans le dos de ce gar�on � un �10�� kilom�tre et demi. Le gar�on en question aurait -- enfin a pr�tendument �t� �11�� touch� au ventre. Alors, ce n'est pas logique, sans parler des questions de �12�� port�e et autres aspects qui montreraient que nous avions ou pas pu le �13�� toucher. Mais, bon, �a ce sera � voir plus tard.
�14�� Q.� Merci. �15�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Puis-je vous demander, et je vais avoir besoin �16�� d'une carte.
�17�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, concernant cette �18�� carte, je voudrais demander son versement au dossier, mais je voudrais �19�� aussi demander qu'elle soit ajout�e sur notre liste de documents 65 ter. �20�� Elle ne s'y trouve pas puisque � l'�poque nous n'avions pas encore pr�sent� �21�� cette liste.
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Madame West.
�23�� Mme WEST : [interpr�tation] J'ai entendu des �l�ments concernant le num�ro �24�� 10 et le num�ro 4. On parlait de 1 500 m�tres, 1 900 m�tres, mais ici nous �25�� avons une distance de 1 250 m�tres, et puis on voit un point �26�� suppl�mentaire, et j'ai voulu demander au t�moin de l'expliquer.
�27� �M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] C'est quoi ce point suppl�mentaire, �28�� Madame West ?
Page 30252 � 1�� Mme WEST : [interpr�tation] Je ne pense pas qu'il ai dit quoi que ce soit � 2�� au sujet du 18.
� 3�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que c'�tait sur la carte au � 4�� d�part ?
� 5�� Mme WEST : [interpr�tation] Peut-�tre. Mais si c'est quelque chose qui est � 6�� vers�, cela ne va avoir aucun sens, � moins que le t�moin ne s'exprime au � 7�� sujet de cela.
� 8�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Voulez-vous que je vous donne quelques � 9�� explications, puisque nous avons pas du tout montr� de document au t�moin �10�� au sujet du point 18 ou la localit� qui se trouve au point 18. C'est la �11�� carte du Procureur. Moi, je ne pense pas que le t�moin sache quoi que ce �12�� soit � ce sujet.
�13�� Mme WEST : [interpr�tation] Je peux accepter cette explication. Mais, l� �14�� aussi, on parle de 1 250 m�tres, et le t�moin n'en a pas parl�.
�15�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je suis d'accord l�-dessus. �16�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �17�� Q.� Monsieur le T�moin, pourriez-vous nous dire ce que repr�sente ce �18�� chiffre de 1 250 m�tres que l'on voit sur la carte ?
�19�� R.� C'est la distance, la distance entre notre position de feu et �20 ��l'incident num�ro 10 qui est marqu� sur cette carte. Moi, j'ai dit que �21�� cette distance se situait autour de 1 500 m�tres et qu'il n'�tait possible �22�� d'avoir une visibilit� par rapport � l'endroit o� s'est produit l'incident �23�� 10 qu'� partir des collines qui �taient derri�re notre dos.
�24�� Q.� C'est encore plus loin que vos lignes, n'est-ce pas ?
�25��� R.� Je dirais que cela se trouve � peu pr�s � 300 m�tres de nos lignes. �26�� Gojino Brdo est � 350 m�tres, et l'autre � 300 m�tres.
�27�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce que cette carte peut �tre vers�e au �28�� dossier ? Et si besoin est, le t�moin peut la signer.
Page 30253 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Non, il n'a pas besoin de la signer. � 2�� On va la verser. Pourriez-vous nous donner une cote.
� 3�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, le document � 4�� 1D6099 va recevoir la cote D2427.
� 5�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Et je voudrais ajouter que la carte qui � 6�� sert de carte de base est celle qui figure sous la cote P2191, mais � 7�� l'�quipe de la D�fense a chang� la couleur du point 18, qui �tait vert et � 8�� qui est � pr�sent jaune, et aussi la l�gende. Je trouve cela bizarre, mais � 9�� bon. �10�� On peut poursuivre.
�11�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Ecoutez, sur mon �cran, c'est bien vert, aussi �12�� bien la couleur de la l�gende que le num�ro 18.
�13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, on va dire vert-jaune, ou vert �14�� jaun�tre. Mais on va poursuivre.
�15�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de voir � pr�sent la pi�ce 65 �16�� ter 24026. Donc, 24026 sur la liste 65 ter.
�17�� Merci.
�18�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �19�� Q.� Monsieur Zurovac, reconnaissez-vous cet endroit ?
�20�� R.� Non, je n'ai jamais vu cela. Je n'ai jamais vu ces barrages vu que l'on �21�� ne les voit pas � partir de la ligne de feu tenue par ma compagnie. Je les �22�� ai vus pour la premi�re fois - je parle de ces obstacles - quand vous �23�� m'avez montr� cela --
�24�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, pourriez-vous r�p�ter �25�� la r�ponse pour que les interpr�tes puissent l'interpr�ter.
�26�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Je connais tr�s bien ces quartiers. J'y ai �27�� habit� � peu pr�s 30 ann�es. Cependant, ces obstacles que l'on voit sur la �28�� rue d'Ivana Krndelja, je ne les ai jamais vus auparavant. Pas seulement Page 30254 � 1�� moi-m�me, mais aucun de mes soldats. Je mettrais ma main au feu pour � 2�� t�moigner de cela.
� 3�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 4� �Q.� Sur la photo, pourriez-vous nous montrer exactement o� se trouvaient � 5�� vos positions. Montrez-les sur la photo.
� 6�� R.� Eh bien, nos positions �taient parfaitement en profondeur, � peu pr�s � 7�� 900 m�tres plus loin, mais la configuration est telle que c'est une � 8�� �l�vation. Donc, c'est une colline. Et c'est pour cela, d'ailleurs, que le � 9�� quartier s'appelle Hrasno Brdo.
�10�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de demander au t�moin de nous �11�� montrer o� se trouve exactement la rue d'Ozrenska. �12�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �13�� Q.� Est-ce que l'on voit sur cette photo-l� vos positions ?
�15�� Q.� Pourriez-vous nous montrer � l'aide de fl�ches qui vont du ciel vers le �16�� sol o� se trouvait votre position ?
�17�� R.� Eh bien, j'aurais du mal � le faire, parce que si je vois bien, cette �18�� photo a �t� prise � partir de la route principale qui passe tout pr�s de �19�� l�. Ce n'�tait pas pris de l'int�rieur du terrain, de la profondeur, pour �20�� pouvoir voir nos positions. C'est clair comme le jour.
�21�� Q.� Merci. Dans ce cas-l�, je ne vais pas vous demander d'annoter cela.
�22�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de verser ce document ?
�23�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Nous voudrions demander que ceci soit ajout� �24�� sur la liste 65 ter, vu que nous n'avons pas pens� l'utiliser jusqu'� il y �25�� a peu de temps.
�26�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Le Procureur doit savoir d'o� vient ce �27�� document. Mais � l'avenir, je voudrais que l'accus� nous dise exactement �28�� d'o� vient ce document, sa provenance. L�, je vois que c'est quelque chose Page 30255 �1�� �2�� �3�� �4�� �5�� �6�� �7�� �8�� �9�� 10�� 11�� 12�� 13�� 14�� Page intercal�e pour assurer l��quivalence de pagination des
16�� 17�� 18�� 19�� 20�� 21�� 22�� 23�� 24�� 25�� 26�� 27�� 28�� Page 30256 � 1�� qui vient du proc�s Galic.
� 2�� Madame West.
� 3�� Mme WEST : [interpr�tation] Pas d'objection.
� 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, dans ce cas, nous faisons droit � 5�� � votre demande, et ceci va devenir la pi�ce P2428.
� 6�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Du Procureur, Monsieur le Pr�sident ?
� 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] D, excusez-moi, 2428.
� 8�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 9�� Q.� Avant de d�placer la photo, Monsieur Zurovac, encore une question : �10�� cette route que l'on voit au premier plan, est-ce que l'ABiH a utilis� �11�� cette route ?
�12�� R.� Au d�but de la d�position, j'ai bien dit que l'ABiH a bel et bien �13�� utilis� cette route, de sorte que nous n'�tions pas du tout en mesure de �14�� contr�ler cet axe de communication. Avant, le rail de chemin de fer allait �15�� le long de cette route. Nous n'avions absolument aucune visibilit� sur cet �16�� axe de communication, de sorte qu'ils ont pu l'utiliser librement pour �17�� transporter les �l�ments, les moyens techniques, et cetera. Donc, c'�tait �18�� une route o� il y avait beaucoup de circulation.
�19�� Q.� Merci. �20�� L'ACCUS� : [interpr�tation] A pr�sent, je vais demander de montrer le �21�� document 65 ter 24024.
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Robinson, si l'accus� va �23�� utiliser beaucoup de documents qui ne se trouvent pas sur la liste 65 ter, �24�� pourquoi vous ne posez pas la question de les ajouter pour tous ces �25�� documents � la fois ? Nous pouvons le faire � la fin.
�26�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Oui, effectivement, nous pourrions le faire �27�� � la fin, parce qu'� l'avance, je ne sais pas combien il va y en avoir. De �28�� toute fa�on, nous allons essayer de ne pas d�penser trop de temps l�-
Page 30257 � 1�� dessus. Et je voudrais faire une demande g�n�rale dans ce sens.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que le Procureur sait quels sont � 3�� ces documents ?
� 4�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Oui, vu que ce sont des documents qui font � 5�� partie de la liasse de documents en vertu de l'article 92 ter. Donc ils ont � 6�� �t� inform�s de cela, oui.
� 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] A l'avenir, il faudrait informer les � 8�� Juges de la Chambre de l'existence de documents qui tombent dans cette � 9�� cat�gorie-l�. Parce que nous n'avons rien re�u.
�10�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Je suis vraiment d�sol�, Monsieur le �11�� Pr�sident. Parce que nous avons effectivement, le 9 novembre, soumis les �12�� documents qui tombent sous le coup de l'article 92 ter, qui comprenne la �13�� liste des documents qui devaient �tre utilis�s avec ce t�moin. Et M. �14�� Karadzic � pr�sent a l'intention d'en s�lectionner quelques-uns dans la �15�� mesure o� le temps nous le permet et de demander leur versement. Et donc on �16�� travaille sur la base des documents pr�sent�s sur notre liste 92 ter, le 9 �17�� novembre, et il y a une colonne qui montre bien que les documents devaient �18�� �tre pr�sent�s sur la liste 65 ter, et lesquels, non.
�19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. C'est � cause du nombre �20�� d'�critures que l'on re�oit, mais l� je viens de le recevoir, de le �21�� reconna�tre, de le retrouver. Donc on peut poursuivre. �22�� Mais, en attendant, Madame West, est-ce que vous avez une objection par �23�� rapport � ce document ou vous pouvez peut-�tre nous dire quel est votre �24�� point de vue en g�n�ral ?
�25�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je connais ces �26�� documents, enfin je suis au courant de leur existence. Je ne voudrais pas �27�� prendre de positions g�n�rales. Je ne peux pas dire que le Procureur n'a �28�� pas d'objection quant � ce versement en grand nombre de documents qui ne Page 30258 � 1�� figuraient pas sur la liste 65 ter, mais effectivement, dans ce cas pr�cis, � 2�� le document dont on parle, eh bien, nous avons �t� au courant de ce � 3�� document et nous n'avons pas d'objection.
� 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. On va poursuivre sur ces � 5�� bases-l�.
� 7�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 8�� Q.� Monsieur le T�moin, reconnaissez-vous cette photo ?
� 9�� R.� Bien s�r. Je la reconnais.
�10�� Q.� Qu'est-ce qu'on voit sur cette photo, au premier plan et plus loin ?
�11�� R.� Au premier plan, on voit les trottoirs, la rue Ivana Krndelja, et puis �12�� plus loin on voit le sommet de Hrasno Brdo.
�13�� Q.� Et qui contr�lait le sommet de Hrasno Brdo ?
�14�� R.� C'est notre zone de responsabilit�. Mais derri�re il y avait �15�� pratiquement personne, sauf une vieille femme avec un fils. Tout le monde �16�� avait fui la zone de sorte que personne n'habitait sur ce sommet. Pourquoi �17�� ? Parce que notre ligne se trouve � 250 m�tres de l� quels que soient les �18�� sommets, le premier et le deuxi�me, le troisi�me sommet de Hrasno Brdo.
�19�� Q.� Est-ce qu'il y avait une visibilit� � partir de l'endroit o� se tient �20�� cette dame et vos tranch�es ?
�21�� R.� Non, pas du tout.
�22�� Q.� Et o� se trouve Asimovo Brdo ?
�23�� R.� En regardant cette photo, Asimovo Brdo se trouve sur la gauche, � 900 �24�� m�tres � peu pr�s, � cette diff�rence pr�s qu'Asimovo Brdo est un petit peu �25�� plus �lev� que Gojino Brdo et l'autre que je viens de mentionner tout � �26�� l'heure. Et cette colline se trouve compl�tement sur la gauche quand on �27�� regarde la photo.
�28�� Q.� Et qui avait le contr�le d'Asimovo Brdo ?
Page 30259 � 1�� R.� L'ennemi.
� 2�� Q.� Et donc l�, c'�tait une �l�vation qui dominait les collines que vous � 3�� contr�liez, Gojino Brdo et l'autre ?
� 4�� R.� Oui, ces collines-l� �taient sur�lev�es d'� peu pr�s 50 m�tres par � 5�� rapport aux deux autres.
� 6�� L'ACCUS� : [aucune interpr�tation] � 7�� Mme WEST : [interpr�tation] Eh bien, il y a eu plusieurs questions � 8�� directrices. Je comprends la question de temps, mais je ne voudrais pas que � 9�� cela devienne une habitude pour M. Karadzic.
�10�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, comme c'est souvent le cas, je �11�� vous laisse continuer jusqu'� ce que l'on entende la premi�re objection. �12�� Maintenant vous l'avez entendue. Vous avez entendu ce qu'a dit Mme West. Et �13�� donc essayez d'avoir cela � l'esprit, de ne pas donc guider le t�moin.
�14�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �15�� Q.� Avant de d�placer cette pi�ce � conviction, pourriez-vous nous dire par �16�� rapport � la photo o� se trouvaient les tranch�es de l'ennemi ?
�17�� R.� Eh bien, quand vous regardez la photo les tranch�es de l'ennemi �taient �18�� au-dessus de nos tranch�es, l� o� se tient cette femme ou cet homme, puis �19�� en direction prise par ces autres femmes. Mais en tout cas, ils sont avant �20�� nos tranch�es. Nos tranch�es sont � peu pr�s 15, 20 m�tres apr�s les leurs.
�21�� Q.� Et par rapport � l'horizon sur la photo, pourriez-vous nous dire o� se �22�� trouvent les tranch�es serbes, et o� se trouvent les tranch�es musulmanes ?
�23�� R.� Voulez-vous que je tire un trait ? Regardez, regardez cette maison �24�� blanche tout en haut, ensuite il y a une esp�ce de maison verd�tre sur la �25�� droite, eh bien, le sommet de la colline est � peu pr�s tout en haut, l� o� �26�� on voit les maisons. Et nos tranch�es sont sous la maison verd�tre qui est �27�� sur la droite de la photo. C'est par l� que passent nos tranch�es.
�28�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, cette photo va �tre vers�e au Page 30260 � 1�� dossier en tant que pi�ce D2429.
� 2�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de voir la pi�ce 65 ter 23968.
� 3�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 4�� Q.� Reconnaissez-vous cette prise de vue, est-ce que vous pouvez nous dire � 5�� de quoi il s'agit ?
� 6�� R.� Oui. C'est la rue d'Ivana Krndelja. Sur la gauche, on voit les gratte-
� 7�� ciel, c'est la rue d'Ivana Krndelja. Tous ces immeubles, cette maison non � 8�� termin�e - je ne sais pas o� se trouve cette maison, je ne sais pas � qui � 9�� appartient la maison sur la droite, celle qui est d�truite. Mais, en tout �10�� cas, � partir de cet endroit il n'est pas possible de voir l'incident �11�� num�ro 4. Impossible de voir cet endroit.
�12�� Q.� Bien. Cette photo a-t-elle �t� prise � partir d'un endroit qui se �13�� trouve au nord de la rue Ozrenska ou au sud ?
�14�� R.� La rue d'Ozrenska se trouve derri�re cette maison, derri�re ces arbres. �15�� Cela d�pend parce que c'est une rue qui serpente. Parce que ce sont des �16�� maisons des familles, et au fur et � mesure que les maisons �taient �17�� construites la rue �tait construite aussi. Donc elle serpente, elle passe �18�� entre les maisons. Mais, en tout cas, elle est plus au nord.
�19�� Q.� Et vos positions ?
�20�� R.� Nos positions sont l�, en ma direction, � partir de la photo. On ne les �21�� voit pas sur la photo. �22�� Q.� Alors o� se tient le photographe par rapport � vos positions; est-il �23�� plus pr�s de l'arm�e musulmane ou bien de vos tranch�es ?
�24�� R.� Eh bien, la photo qui m'a �t� montr�e tout � l'heure, moi, j'ai �25�� l'impression que c'est une photo qui a �t� prise � partir de Demino Brdo, �26�� qu'on a essay� de chercher une prise id�ale, parce que, vraiment, il n'est �27�� pas possible de voir la position de l'incident 4 � partir de la position �28�� tenue par la 4e Compagnie. Impossible.
Page 30261 � 1�� Q.� Tr�s bien.
� 2�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de verser ce document ?
� 3�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Madame West.
� 4�� Mme WEST : [interpr�tation] Pas d'objection.
� 5�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Pi�ce D2430.
� 6�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de voir le document 23967.
� 7�� M. KARADZIC : [interpr�tation]� � 8�� Q.� Pourriez-vous nous dire si vous reconnaissez ce que l'on voit sur cette � 9�� photo ? Est-ce que vous pouvez d�terminer � partir de quel endroit elle a �10�� �t� photographi�e ?
�11�� R.� Ici, on voit la rue Ivana Krndelja. Elle a �t� prise � partir du c�t� �12�� droit. Et on voit tr�s bien que ces b�timents obstruent la vue de l'endroit �13�� o� s'est produit l'incident 4.
�14�� Q.� Quelle est la rue d'Ivana Krndelja, celle qui passe sur la gauche ou �15�� sur la droite des immeubles ?
�16�� R.� Sur la gauche, on voit les gratte-ciel et l'immeuble ayant du rouge, et �17�� sur la droite, entre les deux, passe la rue Ivana Krndelja.
�18�� Q.� Merci. Est-ce que vous pouvez reconna�tre l'endroit � partir duquel �19�� cette photo a �t� prise ? Est-ce une photo qui a �t� prise du sol ?
�20�� R.� Je ne sais pas. Mais en tout cas, je suis s�r que ce n'est pas possible �21�� que cette photo ait �t� prise � partir de la position contr�l�e par la 4e �22�� Compagnie. Je vous ai mentionn� tout � l'heure Demino Brdo, et c'est tout � �23�� fait possible que la photo ait �t� prise � partir de l�. Tout � l'heure, je �24�� vous ai parl� aussi de la ville de Vraca, et cetera. Mais je pense que �25�� c'est � partir de Demino Brdo, donc.
�26�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-il possible de verser ce document ?
�27�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais qui a pris ces photos ?
�28�� M. ROBINSON : [interpr�tation] C'est le Procureur qui a pris ces photos, et Page 30262 � 1�� les num�ros 65 ter sont les num�ros utilis�s par le Procureur.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. Merci.
� 3�� Madame West, est-ce que vous savez si ces photos ont �t� utilis�es dans � 4�� l'affaire Galic ? Est-ce que vous le savez, Madame West ?
� 5�� Mme WEST : [interpr�tation] Non, mais je vais poser la question. Je vais � 6�� v�rifier pour pouvoir vous r�pondre.
� 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. Eh bien, ceci va devenir la � 8�� pi�ce D2431.
� 9�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Tr�s bien. �10�� Je vais demander � pr�sent de voir la pi�ce 1D6099.
�11�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �12�� Q.� Je voudrais vous poser la question suivante : pourriez-vous nous dire �13�� si � partir de vos positions, � partir de la rue Ozrenska, s'il �tait �14�� possible de tirer avec l'arme automatique l'incident pr�cis de l'incident �15�� 10 ?
�16�� R.� C'est parfaitement impossible. Vous savez tr�s bien que devant notre �17�� ligne se trouvait la ligne de l'ennemi, et c'�tait absolument impossible de �18�� tirer sur la femme qui est en train de passer avec un enfant, m�me si vous �19�� montiez sur le toit d'un immeuble. �20�� Mais je voudrais ajouter autre chose. Si vous examinez la photo �21�� pr�c�dente et si vous examinez maintenant l'angle de la prise de vue par le �22�� Procureur, donc de la photo prise par le Procureur, vous pouvez examiner �23�� l'incident 4, et vous allez voir que nous, la 4e Compagnie, nous nous �24�� trouvions sur la gauche. Pourquoi il est impossible de tirer sur cet �25�� endroit ? Eh bien, ce n'est pas possible parce que la distance est beaucoup �26�� trop grande et les armes automatiques n'ont pas la port�e n�cessaire pour �27�� tirer. Bon, peut-�tre que la port�e est suffisante, mais en tout cas on ne �28�� peut pas viser ici. Et on ne peut pas utiliser les armes automatiques pour Page 30263 � 1�� de multiples raisons, et surtout si on tient compte de ce que j'ai dit tout � 2�� � l'heure : nos positions n'avaient pas de visibilit� par rapport � � 3�� l'incident 4. C'en est d'une. Et ensuite, autre chose - tr�s important - � 4�� les gens qui passent leur temps dans les tranch�es, sous la terre, pourquoi � 5�� voulez-vous qu'ils sortent de ces tranch�es, qu'ils montent sur des toits � 6�� d'immeubles pour tirer sur des femmes ? C'est compl�tement fou.
� 7�� Q.� Pourquoi dites-vous que ce serait compl�tement fou ?
� 8�� R.� Eh bien, tout homme honn�te, surtout quand il s'agit des soldats serbes � 9�� honorables, ils ont tous des femmes et des enfants, alors comment pouvez-
�10�� vous imaginer qu'un homme tire sur une femme et sur un enfant ? Et comment �11�� voulez-vous qu'il sache � l'avance que c'est une femme musulmane, ou cet �12�� enfant, qu'il est Musulman ? Expliquez-moi cela.
�13�� Q.� Mais est-ce que se pose aussi la question de sa propre s�curit�, par �14�� exemple, s'il montait sur un toit ?
�15�� R.� Evidemment. Parce qu'il serait mort imm�diatement.
�16�� Mme WEST : [interpr�tation] Je pense qu'� nouveau, on pose des questions �17�� directrices.
�18�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que vous avez entendu cela ?
�19�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Oui, Monsieur le Pr�sident, mais je n'ai pas �20�� beaucoup de temps. J'essaie de gagner du temps.
�21�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �22�� Q.� Encore une question. Nous avons parl� des incidents. Maintenant je �23�� voudrais vous poser une autre question : vous aviez combien d'�l�ments au �24�� sein de votre compagnie ?
�25�� R.� Eh bien, cela d�pendait. Cela d�pendait des conditions, de la situation �26�� sur le foyer des op�rations, sur le th��tre de guerre. Je dirais qu'on �27�� avait au maximum 120 hommes. Mais l�-dessus, vous aviez 80 % d'hommes au �28�� maximum qui pouvaient couvrir la ligne.
Page 30264 � 1�� Q.� D'o� �taient originaires ces combattants ?
� 2�� R.� C'�taient les gens qui habitaient justement dans des maisons aux � 3�� environs, des gens qui �taient l� pour d�fendre leurs foyers et leurs � 4�� familles, des r�fugi�s. Vous avez l'impression que c'est des histoires � 5�� qu'on vous raconte, cela, ici. Mais il n'y a que ceux qui vivaient dans le � 6�� quartier qui savaient comment c'�tait que de vivre l�-bas.
� 7�� Q.� Mais pouvez-vous nous dire quel �tait l'�ge moyen de ces hommes, des � 8�� hommes de votre unit� ?
� 9�� R.� Eh bien, il n'�tait pas favorable, et cela montre bien qu'il s'agissait �10�� de gens qui �taient l� pour d�fendre leurs foyers et d�fendre leurs �11�� familles. La plupart n'avaient pas le bon �ge, et puis aussi, la plupart �12�� n'avaient jamais fait de service militaire. Ils se sont trouv�s l� par �13�� hasard. Il s'agissait d'une question de survie. Ils d�fendaient leurs �14�� terres et ne faisaient rien d'autre.
�15�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je vais demander � pr�sent de voir le document �16�� 1D20359.
�17�� M. KARADZIC : [interpr�tation]� �18�� Q.� Pendant que nous attendons l'affichage de ce document, le long de cette �19�� ligne de front, qui vous faisait face ?
�20�� R.� Il y avait �galement une ligne lat�rale sur notre flanc. Il y avait la �21�� 102e Brigade de Montagne, et ils �taient bien sup�rieurs � nous. On ne peut �22�� tout simplement pas comparer. Ils b�n�ficiaient d'un rapport de force de 10 �23�� � 20 contre 1.
�24�� Q.� Merci. Est-ce que vous connaissez ce document et est-ce que c'est vous �25�� qui l'avez sign� ?
�27�� Q.� Est-ce que vous envoyiez des rapports � qui que ce soit; et si oui, � �28�� qui ?
Page 30265 � 1�� R.� Eh bien, principalement au commandant de bataillon. C'�taient des � 2�� rapports qui �taient r�dig�s deux fois par jour, le matin vers 10 heures et � 3�� le soir, en l'absence d'�v�nement exceptionnel qui emp�cherait la r�daction � 4�� de ces rapports.
� 5�� Q.� Merci. Pourriez-vous nous dire, s'il vous pla�t, � partir de ce � 6�� document, quelles sont ses caract�ristiques principales ? Et quelles sont � 7�� les remarques que vous avez faites, ou plut�t, la description de la � 8� �situation des unit�s ?
� 9�� R.� Eh bien, on voit dans ce document que j'ai essay� de rendre compte au �10�� commandement sup�rieur de l'�tat de l'unit�, aussi bien la r�partition en �11�� termes d'�ge que l'�tat de fatigue des hommes, car il faut garder � �12�� l'esprit qu'ils ne b�n�ficiaient absolument d'aucun recours. Ils ne �13�� partaient � aucun moment se reposer parce que la situation �tait �14�� �pouvantable. Je parlais �galement de l'�tat psychologique et du niveau �15�� d'�quipement des hommes au sein de l'unit�, donc tous les aspects n�gatifs �16�� dont la guerre est porteuse. C'est donc l'ann�e 1993, au mois de d�cembre. �17�� Nous nous attendions � une attaque qui allait finir par se produire deux �18�� jours plus tard justement sur Gojino Brdo, et nous avons � cette occasion �19�� essuy� d'assez nombreuses pertes. �20�� Q.� Merci. �21�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on verser ce document ?
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. �23�� Peut-on lui attribuer une cote. �24 ��Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 1D20359 de la liste 65 ter �25�� re�oit la cote D2432, Madame, Messieurs les Juges.
�26�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. �27�� Peut-on maintenant examiner le 23060 -- 1D23060. 1D23060.
�28�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que ceci figure parmi les Page 30266 � 1�� pi�ces associ�es ? V�rifions. Alors, on me dit que �a n'a pas �t� charg� � 2�� dans le syst�me. � 3�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Je crois qu'il y a peut-�tre une erreur de � 4�� lecture de la r�f�rence de la part de M. Karadzic. Il faut comprendre � 5�� 1D20360.
� 6�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci, Ma�tre. Le document est en train � 7�� de s'afficher. � 8�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 9�� Q.� Pourriez-vous nous dire ce que repr�sente ce document.
�10�� R.� Encore une fois, c'est un rapport, un rapport quotidien. Alors, �11�� je vais vous dire que je n'arrive pas � lire ceci parce que c'est en �12�� caract�res trop petits. Je ne sais pas. Est-ce qu'on peut agrandir un petit �13�� peu pour que je puisse voir ?
�14�� Il s'agit ici de la chose suivante. Souvent nous �tions contraints de �15�� demander de l'aide. Nous �tions -- il y avait des combattants, donc, sur la �16�� ligne o� l'on tirait et qui attendaient des ordres. Et dans une telle �17�� situation, il �tait peu probable que l'on arrive � survivre, parce que �18�� chaque combattant n'avait pas d'autre choix dans ce genre de situation que �19�� d'essayer de sauver sa propre vie. Ici, c'est un rapport quotidien adress� �20�� au commandement de bataillon, on y voit la situation ce jour-l�. Moi, je ne �21�� vois pas quelle est la date. Mais il est indubitable que c'est moi qui ai �22�� r�dig� ce document. Donc c'est le jour du nouvel an. �23�� Q.� Merci. Est-ce qu'il y ait dit, je cite : "Au jour d'aujourd'hui, �24�� personne ne tire, ni nous ni l'ennemi," et vous n'aviez ni eau ni �25�� �lectricit�, n'est-ce pas ?
�26�� R.� Non, ni eau ni �lectricit�. Ce sont des conditions qu'on ne peut �27�� pas bien faire comprendre. Je pense que les gens qui nous �coutent ne �28�� peuvent pas vraiment se repr�senter ce que c'est, parce que tout ce que ces Page 30267 � 1�� hommes ont fait pour d�fendre leur honneur, leur vie, leurs maisons, leurs � 2�� foyers, c'est impossible de l'imaginer, et pour d�fendre jusqu'� leurs � 3�� ic�nes parfois et leur propre religion. � 4�� Q.� Merci. � 5�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on verser ce document ? � 6�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, le document re�oit la cote D2433. � 7�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, nous aimerions, � 8�� pendant l'interrogatoire principal, demander le versement d'un certain � 9�� nombre de rapports similaires qui ont �t� pr�sent�s au t�moin. Le but est �10�� de donner une id�e des conditions quotidiennes dans lesquelles il �11�� travaillait sur la ligne. Il s'agit de rapports dont il est l'auteur. Et je �12�� me demandais si les Juges de la Chambre seraient dispos�s � permettre � M. �13�� Karadzic de simplement demander au t�moin s'il a bien eu la possibilit� �14�� d'examiner les documents en question, qui figurent, ou sont r�f�renc�s en �15�� tout cas, dans sa d�claration, et il s'agit de rapports dont il est �16�� l'auteur et qui d�crivent la situation dans laquelle il se trouvait pendant �17�� la guerre. Si cela �tait possible, cela nous permettrait d'�conomiser �18�� beaucoup de temps. �19�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident.
�21�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je voudrais m'opposer � �22�� cette fa�on de proc�der. C'est quelque chose dont nous avons parl�, je �23�� crois, m�me avec un t�moin que j'ai interrog� pendant la fin de la �24�� pr�sentation des moyens � charge. Nous avions utilis� l'article 92 ter. De �25�� nombreuses informations ont �t� obtenues en utilisant une liste de �26�� documents �tablis par ce t�moin. Et c'est � ce moment-l� que Me Robinson a �27�� oppos� une objection, alors je fais la m�me objection aujourd'hui et �28�� maintenant. Page 30268 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, si je m'en souviens bien, ce � 2�� n'est pas coh�rent de toute fa�on avec la pratique adopt�e par la Chambre. � 3�� Si ces documents sont pertinents, il convient de les pr�senter au t�moin; � 4�� mais si ce n'est pas le cas, il n'est pas n�cessaire de s'appuyer sur ces � 5�� documents. Laissez-moi juste consulter mes coll�gues. � 6�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] � 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Les Juges de la Chambre sont d'avis que � 8�� si M. Karadzic souhaite demander le versement de ces documents, il peut les � 9�� pr�senter au t�moin. �10�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Est-ce que ce document a �t� vers� ? �11�� Apparemment, oui. �12�� Peut-on afficher le document 1D20361. 1D20361.
�13�� M. KARADZIC : [interpr�tation]� �14�� Q.� Monsieur Zurovac, pourriez-vous nous dire bri�vement si ce document �15�� �mane bien de vous ? Pourriez-vous nous dire quelle en est la date et ce �16 ��qu'il repr�sente, tr�s bri�vement ?
�17�� R.� Eh bien, je vois que c'est le 7 janvier, donc c'est No�l. On voit tr�s, �18�� tr�s mal. Donc, hier, � 12 heures 20 minutes, l'ennemi s'est livr� � une �19 offensive puissante d'infanterie visant les positions des 4e et 1�re Sections �20�� sur les flancs, � partir de l'axe --
�21�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, les interpr�tes ont du �22�� mal � vous suivre � la vitesse � laquelle vous vous exprimez. Donc je vous �23�� prie de bien vouloir ralentir, surtout lorsque vous donnez lecture de �24�� quelque chose. Veuillez r�p�ter votre r�ponse.
�25�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Il s'agit donc d'un rapport quotidien adress� �26�� au commandement de bataillon, r�dig� le 7 janvier 1993, � la date du No�l �27�� orthodoxe. On voit dans ce rapport que c'est pr�cis�ment � la date de cette �28�� f�te orthodoxe qu'une attaque a �t� pr�par�e visant nos positions par Page 30269 � 1�� l'ennemi, et ce, � partir d'Asimovo Brdo, en visant notre flanc, le long de � 2�� l'axe qui �tait le plus dangereux et le plus mena�ant pour nous. Dans ce � 3�� rapport, j'ai fait �tat d'un certain nombre d'insuffisances qui existaient � 4�� d'ailleurs aussi bien en g�n�ral dans nos vies quotidiennes que dans la � 5�� guerre.
� 6�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 7�� Q.� Alors, est-ce que vous pourriez nous dire de quel type d'attaque � 8�� combin�e il s'agissait ?
� 9�� R.� Eh bien, vous savez de quoi il s'agit. D'abord, il y a des pr�paratifs �10�� qu'on appelle pr�paratifs d'artillerie, ils essaient de nous faire bouger �11�� de nos tranch�es, et ensuite l'infanterie intervient, des bombes et autres �12�� armes d'infanterie sont utilis�es pour que la ligne puisse �tre d�plac�e en �13�� leur faveur. Ils ont probablement fait le calcul que c'�tait un bon moment �14�� pour attaquer puisque c'�tait la f�te de No�l orthodoxe, ils s'attendaient �15�� � ce que nos positions soient plus faibles, que nous soyons moins nombreux, �16�� et c'est pr�cis�ment pour cette raison-l� qu'ils nous ont attaqu�s, �17�� j'imagine.
�18�� Q.� Merci. Alors, vous dites ici qu'il y a eu des bombardements �19�� indiscrimin�s. Alors, quels types de projectiles ont �t� utilis�s pour vous �20�� bombarder ?
�21�� R.� Eh bien, quand il est question de bombardement, de fa�on g�n�rale, il �22�� est int�ressant de remarquer que cette compagnie �tait positionn�e comme �23�� une sorte de sas, � un endroit o� l'on aurait souhait� op�rer une perc�e et �24�� d�verrouiller Sarajevo. Alors, ce n'est peut-�tre pas une bonne fa�on de �25�� s'exprimer de ma part parce que Sarajevo �tait boucl�e, mais en tout cas, �26�� ceci a �t� fait pour essayer de nous obliger � nous d�placer encore plus �27�� loin dans la profondeur du terrain pour qu'eux ils puissent contr�ler la �28�� totalit� de cette rue, la rue Ozrenska. Ceux qui connaissent le terrain Page 30270 � 1�� comprendront que pour eux, il �tait tr�s important d'op�rer une perc�e, ce � 2�� qui leur aurait permis de nous prendre � revers, et dans ce cas-l�, � 3�� probablement que l'ensemble de la compagnie aurait �t� faite prisonni�re.
� 4�� Q.� Merci. Pouvons-nous examiner la derni�re phrase pour que vous nous � 5�� expliquiez � quoi elle se rapporte. � 6�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Il faudrait faire d�filer la page vers le bas. � 7�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 8�� Q.� Est-ce que vous pourriez lire � haute voix.
� 9�� R.� "Comment organiser le repos des hommes ? Je crains les cons�quences de �10�� l'�puisement et de la fatigue." �11�� Alors, je vais vous expliquer, avec votre permission. Il s'agit �12�� d'hommes qui n'avaient eu aucun repos, qui ont �t� sur le th��tre de guerre �13�� du premier jusqu'au dernier jour, qui prenaient un bain ou se lavaient �14�� uniquement si on leur en donnait la possibilit�, une fois tous les 30 � 60 �15�� jours. Les conditions de vie, j'en ai d�j� parl�, elles �taient telles que �16�� c'�tait tout simplement incompr�hensible. C'est quelque chose que des gens �17�� ordinaires ne peuvent pas se repr�senter.
�18 ��Q.� Merci.
�19�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on verser ce document ? Je vois �galement �20�� l'heure qu'il est. Donc, je m'en remets � vous quant � la question de �21�� savoir quand il convient de faire une pause.
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. Ce document sera vers� comme �23�� pi�ce � conviction suivante sous la cote D2434. Et nous allons maintenant �24�� donc faire une pause de 25 minutes, et reprendre nos d�bats � 16 heures et �25�� 13 minutes.
�26�� --- L'audience est suspendue � 15 heures 47.
�27�� --- L'audience est reprise � 16 heures 15.
�28�� Mme WEST : [interpr�tation] Excusez-moi d'interrompre. Juste une question Page 30271 � 1�� d'intendance. Deux photographies ont �t� utilis�es pendant l'interrogatoire � 2�� principal et les Juges ont demand� quelle en �tait l'origine. Les deux ont � 3�� �t� utilis�es dans l'affaire Galic, D2428 et D2429. La premi�re des deux � 4�� est la photographie que nous avons vue concernant la fameuse rue et le � 5�� point d'observation o� il y avait toute une s�rie de lignes trac�es, et � 6�� cela a �t� utilis� dans l'affaire Galic avec la victime de l'incident de � 7�� tir isol� Nafa Taric, et elle a dessin�, elle a trac� l'emplacement des � 8�� barrages. Quant � D2429, c'�tait une photographie, en fait, de Nafa Taric � 9�� et de l'incident en particulier.
�10�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] En qu'en est-il de 2430 et 31 ?
�11�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Je ne crois pas qu'elles aient �t� utilis�es �12�� dans l'affaire Galic.
�13� �M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais ce sont des documents de �14�� l'Accusation, n'est-ce pas ? Merci.
�15�� Monsieur Karadzic, veuillez poursuivre.
�17�� Peut-on maintenant afficher le document 20346, s'il vous pla�t. 1D20346.
�18�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �19�� Q.� Monsieur Zurovac, je vais vous prier de nous dire aussi bri�vement que �20�� possible quelles sont les informations qu'apporte ce document ?
�21�� R.� Je vous demande d'agrandir le texte parce que l�, vraiment, je ne vois �22�� pas. C'est trop petit. Je n'arrive pas � lire.
�23�� Alors, je peux r�pondre � la question. Je sais de quoi il s'agit. Je parle �24�� de la situation vraiment tr�s d�favorable au sein de l'unit�, comme vous �25�� pouvez le voir. Outre la r�partition des �ges au sein de l'unit�, �26�� l'absent�isme, il y a une situation vraiment tr�s pr�occupante au sein de �27�� l'unit�. Les gens sont absents sans justification, et donc, j'ai rendu �28�� compte de la situation au commandant de bataillon en disant que la Page 30272 � 1�� situation �tait tout � fait alarmante. C'est au 31 ao�t 1993, et c'est un � 2�� rapport quotidien.
� 4�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on afficher le bas de la page.
� 5�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 6�� Q.� Qui est le cosignataire ?
� 7�� R.� Un instant que je puisse regarder. C'est Bozic Ljubo, il �tait le � 8�� chauffeur du poids lourd de l'unit�.
�10�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on verser le document ?
�11�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Soit.
�12�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 1D20346 re�oit la cote �13�� D2435, Madame et Messieurs les Juges. �14�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci.
�16�� Peut-on maintenant afficher le document 1D20351. �17�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �18�� Q.� Monsieur Zurovac, dites-nous, s'il vous pla�t, ce que contient ce �19�� document du 12 d�cembre 1993.
�20�� R.� Je vous prie d'agrandir pour que je puisse lire. Alors, c'est la �21�� situation telle que je l'ai trouv�e � l'�poque. Je peux seulement constater �22�� que dans tous les cas de cessez-le-feu qui �taient convenus, nous n'�tions �23�� absolument pas en situation de commettre la moindre violation ou �24�� provocation parce que l'ennemi �tait consid�rablement sup�rieur et, en �25�� fait, nous �tions parfaitement conscients de cette situation qui �tait tr�s �26�� d�favorable pour nous. Par cons�quent, cela nous convenait particuli�rement �27�� qu'il y ait un cessez-le-feu et que l'on ne tire pas.
�28�� Q.� Merci. Pourriez-vous nous dire � quelle fr�quence la FORPRONU vous Page 30273 � 1�� rendait visite, et si la FORPRONU pouvait facilement vous rendre visite ou � 2�� c'�tait difficile pour elle ?
� 3�� R.� La FORPRONU venait assez souvent en visite sur cette ligne parce que � 4�� c'�tait l'une de celles o� la situation �tait la plus difficile sur le � 5�� th��tre de guerre de Sarajevo. Donc, probablement, ils se sont mis d'accord � 6�� pour que l'on ne tire pas. Il y avait probablement un accord � cet effet. � 7�� Je ne sais pas jusqu'� quel point leurs rapports �taient objectifs. Je � 8�� suppose qu'ils l'�taient. Mais ils venaient et ils pouvaient voir eux-m�mes � 9�� exactement les m�mes choses que ce que je d�crivais dans mes rapports �10�� quotidiens.
�12�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Peut-on verser ce document ?
�13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, vous dites ici que les �14�� soldats �taient oblig�s de riposter. Est-ce que vous pourriez nous �15�� expliquer de quelle fa�on ou pourquoi ces soldats �taient oblig�s de �16�� riposter en r�ponse � des provocations de la part de la partie musulmane ?
�17�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Eh bien, Madame et Messieurs les Juges, c'est �18�� tout � fait �vident. Parce que s'ils proc�daient � des pr�paratifs �19�� d'artillerie et des pr�paratifs pour une attaque d'infanterie, donc dans ce �20�� cas-l�, tous ces hommes qu'ils trouvaient dans les tranch�es, pour ne pas �21�� les capturer vivants, ils devaient dans un premier temps ouvrir le feu pour �22�� sauver leu propre vie, parce que l'ennemi �tait simplement � 15 ou 20 �23�� m�tres, pas plus.
�24�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Vous avez parl� de tirs ennemis, et vous �25�� avez dit que c'�taient des provocations. Mais que ce serait-il pass� si �26�� vous n'aviez pas ripost� ?
�27�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Eh bien, dans ce cas-l�, Madame et �28�� Messieurs les Juges, nous n'aurions pas eu d'autre choix que de nous Page 30274 �1�� �2�� �3�� �4�� �5�� �6�� �7�� �8�� �9�� 10�� 11�� 12�� 13�� 14�� Page intercal�e pour assurer l��quivalence de pagination des
16�� 17�� 18�� 19�� 20�� 21�� 22�� 23�� 24�� 25�� 26�� 27�� 28�� Page 30275 � 1�� retirer ou de p�rir, d'�tre tu�s.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais cela n'aurait pas constitu� des � 3�� provocations dans ce cas-l�. Qu'est-ce que vous avez voulu dire exactement � 4�� par "provocations" ici ?
� 5�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Des provocations, ce sont des rafales br�ves � 6�� visant nos positions tout le long de la ligne de s�paration. Et parfois ces � 7�� provocations en restaient l�, il n'avait rien d'autre. Il n'y avait pas � 8�� d'action plus complexe qui leur faisait suite. Dans ces cas-l�, c'�taient � 9�� des provocations, parce qu'ils essayaient de nous harceler pour que les �10�� gens n'aient jamais le moindre moment de tranquillit�. Donc ils utilisaient �11�� des moyens � leurs dispositions pour mettre l'ennemi dans une position �12�� d�favorable. Et �a fait partie de la guerre.
�13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci. �14�� Ceci va �tre vers� au dossier sous la cote D2436.
�15�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. �16�� Il faut intervenir pour le compte rendu d'audience. Le t�moin a dit �17�� que ces tirs pouvaient �galement constituer des pr�paratifs d'une attaque, �18�� non pas dans l'avenir, mais d'une attaque imminente ou d'une attaque sur le �19�� point d'�tre d�clench�e, et que c'�tait la raison pour laquelle on �20�� ripostait pour se d�fendre, en r�alit�, contre une attaque "imminente", et �21�� non pas contre une attaque "future".
�22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, est-ce que vous pouvez �23�� confirmer que vous avez utilis� la notion d'"imminent", "attaque imminente" �24�� ?
�25�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Absolument. Parce que c'�tait une fa�on �26�� d'annoncer les choses. Parfois ils y renon�aient. C'�tait une signification �27�� possible. Mais cela pouvait �galement signifier qu'ils s'appr�taient � nous �28�� attaquer, � attaquer notre ligne pour essayer de l'investir.
Page 30276 � 1�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Peut-on maintenant afficher le document � 2�� 1D20354. Peut-on agrandir ceci pour que le t�moin puisse lire.
� 3�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 4�� Q.� Monsieur le T�moin, c'est encore une fois un rapport assez similaire. � 5�� Est-ce que vous pourriez nous dire de quoi il s'agit en substance ? Vous � 6�� dites notamment que le long de la ligne de s�paration, il y a eu une � 7�� recrudescence des provocations pendant la nuit. Si bien qu'en pleine nuit, � 8�� vous avez d� riposter pour repousser l'ennemi. Est-ce que vous pourriez � 9�� expliquer cela ?
�10�� R.� Oui, bien s�r. Pour nous, ce qui posait le plus de probl�mes, c'�tait �11�� la ligne qui se trouvait sur notre flanc, sur le flanc de notre unit�. En �12�� fait, nous faisions face � des provocations en face de nous, du c�t� de la �13�� rue Ivana Krndelja, et �galement � des tirs de mortier sur notre flanc, des �14�� tirs de mortier et des tirs � partir de toutes sortes d'armes. J'ai moi-
�15�� m�me perdu 54 hommes, sans m�me compter les pertes parmi tous les hommes �16�� qui nous avaient rejoints et les civils. Il s'agissait donc de pertes tr�s �17�� importantes. C'�tait vraiment le th��tre d'un massacre. �18�� Et pour s'ajouter � tout cela, il y avait �galement l'absence �19�� d'�lectricit� et d'eau. Parfois pendant 15 jours, personne ne venait nous �20�� approvisionner en vivres, parce que c'�tait trop risqu� de venir jusqu'� �21�� nous, jusqu'� notre unit�. Il arrivait que les chauffeurs qui apportaient �22�� des vivres soient tu�s dans leurs v�hicules.
�23�� Q.� Merci. Alors, vous parlez �galement de transfuges. Est-ce que vous �24�� pourriez nous dire � quel groupe ethnique ils appartenaient et � quelle �25�� fr�quence cela se produisait ?
�26�� R.� Oui, cela arrivait assez souvent. C'�taient principalement des Serbes �27�� qui profitaient d'une occasion. Ils payaient probablement quelqu'un. Ils �28�� pla�aient un carton autour de leur cou sur lequel ils �crivaient : Ne tirez Page 30277 � 1�� pas, je suis Serbe. Et puis, ils passaient la ligne. Il y a eu une fois o� � 2�� en une seule journ�e 24 hommes qui sont pass�s de mon c�t�. �a arrivait � 3�� notamment lorsque les Croates et les Musulmans ouvraient le feu.
� 4�� Q.� Alors, est-ce qu'il s'agissait de Serbes ou principalement de Serbes ?
� 5�� R.� Il s'agissait de Serbes. Lorsque je parle de ces 24 hommes, ce jour-l�, � 6�� en fait, c'�taient principalement des Croates qui sont pass�s de l'autre � 7�� c�t� lorsqu'il y a eu dissension entre les Croates et les Musulmans. Mais, � 8�� par ailleurs, c'�taient principalement des Serbes. Et pour �tre tout � fait � 9�� clair, c'�taient des Serbes qui venaient de l'ABiH.
�10�� Q.� Merci. Et ce Corkovic, il s'appelle comment ? Il est Serbe lui ?
�11�� R.� Laissez-moi voir. Excusez-moi, o� est-ce que �a se trouve ?
�12�� Q.� Deuxi�me ligne du deuxi�me paragraphe.
�13�� R.� Oui, Zoran Corkovic. Il �tait dans l'arm�e d'Alija. Il s'est pr�sent� �14�� dans cette compagnie, et il a �t� examin� m�dicalement. Enfin, les gens �15�� perdaient la boussole, vous savez. Ils se perdaient compl�tement dans le �16�� temps et dans l'espace. Tr�s souvent, les hommes �taient perdus. Ils �17�� n'avaient pas conscience de l'endroit o� ils se trouvaient. Ils n'�taient �18�� pas conscients des p�rils encourus. Alors, je ne sais pas celui-l�, de quel �19�� groupe ethnique il �tait. Moi, j'ai not� ici qu'il �tait pr�tendument un �20�� policier, mais il a �t� envoy� pour examen psychiatrique � Sokolac pour �21�� �tre soign�.
�22�� Q.� Merci. Et l'autre, Figuric. Figuric, c'est un nom de famille croate, �23�� �a, non ?
�24�� R.� C'est possible. Je n'en suis pas s�r. Je n'arrive pas � m'en souvenir. �25�� Il s'est pass� beaucoup de temps depuis, vous savez, et --
�26�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je ne pense pas que ceci �27�� pr�te � grosse cons�quence, mais je voudrais une fois de plus rappeler � M. �28�� Karadzic qu'il doit poser ses questions dans une certaine forme.
Page 30278 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Fort bien. � 2�� Continuons.
� 3�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce qu'on peut verser au dossier cette pi�ce � 4�� ?
� 5�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. Veuillez nous donner une cote.
� 6�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 1D20354 deviendra la pi�ce � 7�� D2437, Madame, Messieurs les Juges.
� 8�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Le 1D20352 maintenant, s'il vous pla�t.
� 9�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �10�� Q.� Est-ce que vous pouvez vous pencher, s'il vous pla�t, sur ce qui est �11�� dit dans la premi�re ligne. Je vais en donner lecture : �12�� "Partant de nos observations, l'ennemi concentre ses effectifs dans la rue �13�� Zagorska�"
�14�� C'est votre rue � vous, n'est-ce pas ?
�15�� R.� Oui. Je dois vous expliquer un peu. Quand j'ai parl� de la rue qui nous �16�� permettait de contourner, l�-bas, ils passaient � c�t� de certaines maisons �17�� pour emmener des camions si, par exemple, ils pouvaient emmener deux �18�� batteries que nous ne pouvions pas voir.
�19�� Q.� Vous ne leur avez pas tir� dessus, donc ?
�20�� R.� Non.
�21�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je crois -- mais --
�22�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je vais reformuler.
�23�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �24�� Q.� Est-ce que vous avez tir� sur ces gens-l� lorsqu'ils ont achemin� des �25�� effectifs et du mat�riel dans cette partie-l� ?
�26��� R.� Non, on ne voyait pas. On ne pourrait pas tirer au petit bonheur la �27�� chance pour des tas de raisons. Nous ne voyions pas l'ennemi, en termes �28�� simples; et ce serait un gaspillage de munitions. Donc c'est compl�tement Page 30279 � 1�� d�nu� de sens. � 2�� Q.� Merci. Est-ce que vous pouvez nous dire : ces attaques et provocations � 3�� ou ces tirs en direction de votre zone dans la rue Ozrenska, comment les � 4�� aviez-vous interpr�t�s ? Qu'est-ce que c'�tait, � votre avis ?
� 5�� R.� Eh bien, j'ai dit tout � l'heure de quoi il s'agissait. Il s'agissait � 6�� de faire en sorte que cette population soit nettoy�e de Sarajevo, qu'il n'y � 7�� ait plus de Serbes l�. Il s'agissait de les repousser vers Lukavica, et par ��8�� la suite les accords de Dayton ont ent�rin� la chose. Ces gens ont �t� � 9�� d�plac�s pour que Sarajevo reste tel que �a se pr�sente maintenant. �10�� Q.� Merci. �11�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce qu'on peut demander un versement au �12�� dossier ? �13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que nous n'avons pas d�j� vers� �14�� ceci au dossier ? Ou est-ce une pi�ce diff�rente ? �15�� Si.
�16�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Ce document 1D20352 deviendra la pi�ce �17�� � conviction D2438, Madame, Messieurs les Juges. �18�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Est-ce qu'on peut nous montrer le �19�� 1D20356, s'il vous pla�t. �20�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �21�� Q.� Est-ce qu'on peut donner lecture des deux premi�res phrases.
�22�� R.� Oui. Est-ce qu'on peut zoomer. �23�� "Hier, � 15 heures 45, l'ennemi a organis� une attaque contre nos lignes du �24�� 2e et 3e Pelotons. L'attaque improvis�e a dur� 20 minutes. Nous �tions �25�� contraints de riposter. Sans s�quelles pour nos combattants. Nous avons �26�� inspect� la ligne pour voir dans quelle mesure on ex�cute les ordres."
�27�� Alors, �a, c'est des provocations habituelles. Pendant la nuit et pendant �28�� le jour, ils provoquent les unit�s. Et j'ai dit que c'�tait une guerre Page 30280 � 1�� sp�ciale. Il s'agissait d'�puiser nos combattants. Si, par exemple, ils se � 2�� sont couch�s pour se reposer, dormir une heure ou deux ou que sais-je, ils � 3�� n'ont pas l'occasion de le faire parce que l'ennemi change de rel�ve et � 4 ��tire, et ils sont beaucoup plus repos�s que nous-m�mes. Et c'est la raison � 5�� pour laquelle ils �taient en train de nous provoquer, pour nous rendre � 6�� inaptes � faire quoi que ce soit, nous l'unit�, enfin la mienne, si je puis � 7�� m'exprimer ainsi.
� 8�� Q.� Merci. � 9�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Puis-je demander le versement au dossier de �10�� cette pi�ce ? �11�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. �12�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Cette pi�ce 1D20356 recevra la cote �13� �D2439, Madame, Messieurs les Juges. �14�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Je voudrais qu'on nous montre le 1D20362 �15�� � pr�sent.
�16�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, avant que le document ne �17�� soit affich�, est-ce que je puis voir bri�vement la version anglaise. Je �18�� suis au courant des documents, mais je voudrais voir ceci juste l'espace �19�� d'un instant. �20�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais ne vous est-il pas possible de �21�� suivre en anglais sur votre ordinateur personnel ?
�22�� Mme WEST : [interpr�tation] Moi, je n'�tais en train que de voir le B/C/S �23�� pour les quelques documents pass�s --
�24�� M. LE JUGE KWON : [aucune interpr�tation] �25�� Mme WEST : [interpr�tation] -- ah oui, mais je pourrais le faire.
�26�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Parce que le t�moin a dit qu'il n'�tait �27�� pas en mesure de lire parce que les lettres �taient trop petites. �28�� Mme WEST : [interpr�tation] Je comprends. Je r�alise quelle est la raison Page 30281 � 1 ��de proc�der ainsi. � 2�� Alors je vais m'organiser. Merci. � 3�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] C'est moi qui vous remercie. � 4�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 5�� Q.� Est-ce que vous pouvez nous donner lecture de la premi�re phrase et � 6� �nous expliquer ce que ceci est en train de dire ?
� 7�� R.� "Depuis quelques jours, vers 14 � 15 heures, l'ennemi pilonne nos � 8�� positions avec du mortier de 82 et 120 millim�tres. Hier, il est tomb� une � 9�� dizaine d'obus de calibre inconnu. Il n'y a pas eu de morts et de bless�s. �10�� Les d�g�ts mat�riels sont immenses�"
�11�� Alors, je dois dire qu'ici pendant la guerre, il y a eu des obus qui �12�� n'�taient pas tout � fait habituels, et les soldats et les officiers de �13�� carri�re ne savaient pas d'o� venaient ces obus et qui est-ce qui les �14�� fabriquait. Dans ce type de cas de figure, on pr�parait le terrain � �15�� l'artillerie, puis ensuite il y avait une attaque d'infanterie, et ainsi de �16�� suite. Alors, si on se penche sur le document d'hier et la totalit� des �17�� rapports qu'on a vus, il est possible de voir que c'est sans interruption �18�� qu'on �uvre en faveur du d�placement de nos positions pour nous repousser �19�� derri�re la colline de Mojmilo, en direction de Lukavica, c'est-�-dire de �20�� nous chasser de nos maisons, de notre terre et de ce qui avait appartenu � �21�� nos parents et arri�re-grands-parents. �22�� Q.� Mais en quoi ces d�g�ts mat�riels sont-ils si immenses ?
�23�� R.� Eh bien, il y avait une batterie des leurs qui �tait plac�e derri�re la �24�� gare ferroviaire, et l'artillerie lourde d�truisait, par exemple, des �25�� maisons compl�tement. Il ne restait que les fondations. Ce n'�tait pas par �26�� hasard. Il y a une documentation et des photos � ce sujet. On peut le voir, �27�� des maisons compl�tes disparaissant sous les tirs d'artillerie, et il n'y �28�� avait pas qu'une maison. Mais s'ils estimaient que nous avions des Page 30282 � 1�� effectifs dans ces maisons, eh bien, ils couvraient la totalit� de ces � 2�� maisons, et il ne restait que les fondations en b�ton de ce qui avait �t� � 3�� des maisons.
� 5�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Puis-je demander le versement au dossier de � 6�� cette pi�ce ? � 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. � 8�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Cette pi�ce 1D20362 re�oit la cote � 9�� maintenant D2440, Madame, Messieurs les Juges. �10�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Est-ce qu'on peut nous montrer le �11�� 1D20367.
�12�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �13�� Q.� Pouvez-vous, s'il vous pla�t, nous donner lecture de la premi�re phrase �14�� et de la derni�re. �15�� R.� "Derni�rement, il y a les tireurs embusqu�s qui sont particuli�rement �16�� actifs. Ils commencent � 7 heures du matin et ils tirent pendant toute la �17�� journ�e."
�18�� �a, c'est un fait. Et derni�re phrase : �19�� "Hier, � Gojino Brdo, on a l�g�rement bless� Mihajlo Brbonjic, et une fois �20�� qu'il a re�u les premiers soins, il est revenu � son poste." �21� �Et : �22�� "Les d�placements des combattants sont r�duits au minimum, et ils �23�� passent sous terre et non pas en surface." �24�� Alors, il serait peut-�tre bon de pr�ciser ici que ces tireurs d'�lite �25�� tiraient depuis les tours que l'on voit sur la place Pero Prstojic [phon] �26�� qui se trouvaient � la hauteur de nos lignes. Ce qui fait que notre ligne � �27�� nous, ils pouvaient la couvrir compl�tement. Donc, chaque fois que vous �28�� apparaissiez -- ou s'il y avait des soldats qui plaisantaient et qui Page 30283 � 1�� mettaient, par exemple, un couvre-chef sur un b�ton, eh bien, ils tiraient � 2�� sur le couvre-chef. On savait qu'il y avait cette usine Zrak � Sarajevo, et � 3�� cette usine fabriquait des instruments optiques. Ils avaient �norm�ment de � 4�� tireurs d'�lite. Et tous ceux qui ont fait du tir avant la guerre avaient � 5�� �t� recrut�s comme tireurs d'�lite. Et dans toutes nos unit�s, ces tireurs � 6�� d'�lite ont fait beaucoup de d�g�ts.� � 7�� Q.� Je crois qu'� la ligne 10, on n'a pas bien compris ce que le t�moin a � 8�� dit. Le t�moin a dit que ceux qui �taient avant la guerre des sportifs en � 9�� mati�re de tir au fusil ont �t� recrut�s par l'ennemi. C'est bien ce que �10�� vous avez dit, Monsieur le T�moin ?
�12�� Q.� Merci. Est-ce que vous pouvez indiquer comment �a se passait au niveau �13�� des civils, est-ce qu'il y avait des victimes civiles pour ce qui est de �14�� ces tireurs d'�lite ?
�15�� R.� Bien s�r que oui. Je pense que dans la rue Ozrenska, il y a dans ma �16�� compagnie une centaine d'hommes � avoir �t� tu�s. Ceux qui �taient venus �17�� m'aider, ceux qui faisaient partie de mon unit�. Et sur le territoire que �18�� nous contr�lions, il y avait au moins 20 civils de tu�s. Je crois sept ou �19�� huit femmes parmi ces 20 civils. C'est bien triste. Donc ils abattaient �20�� tout ce qui bougeait. En direction de Vraca, ils ont m�me tu� une vache. �21�� Que voulez-vous que je vous raconte de plus ?
�23�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce qu'on peut demander un versement au �24�� dossier de cette pi�ce ?
�25�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui.
�26�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Ce document 1D20567 [comme interpr�t�] �27�� deviendra la pi�ce D2441, Monsieur le Pr�sident.
Page 30284 � 1�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 2�� Q.� Monsieur Zurovac, dites-nous quelle �tait l'unit� musulmane qui se � 3�� trouvait en face de vos positions ?
� 4�� R.� J'ai dit tout � l'heure qu'il s'agissait de la 101e Brigade de � 5�� Montagne, et en contrebas, il y avait la 102e Brigade mixte motoris�e et � 6�� d'infanterie de montagne. Il y avait la 101e et la 102e. L'une �tait face � � 7�� nous et l'autre �tait positionn�e sur le flanc.
� 8�� Q.� Merci. Vos adversaires, qu'avaient-ils comme armes, d'apr�s ce que vous � 9�� en savez ? Quels �taient les types de tirs auxquels vous �tiez expos�s ?
�10�� R.� Au d�but, avant que je n'arrive, je pense que nous �tions quelque peu �11�� en position avantag�e, mais tr�s vite lorsque je suis arriv�, ils avaient �12�� toutes les armes qu'il leur fallait. Je crois que m�me ils ont fini par �13�� avoir plus d'armes que nous. Ils avaient tous types d'armes qui peuvent �14�� �tre utilis�es dans une guerre.
�15 ��Q.� Merci.
�16�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Si je puis b�n�ficier de votre compr�hension �17�� s'agissant du versement au dossier de ce document. Je voudrais d'abord que �18�� le t�moin se prononce. Il faudrait nous montrer la pi�ce 1D02681, 1D02681.
�19�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �20�� Q.� Est-ce que les unit�s se sont relay�es dans votre zone ? Est-ce qu'il y �21�� a eu des modifications, si ce n'est des modifications d'appellation, ou �22�� est-ce qu'elles sont rest�es l�, telles quelles, pendant la guerre ?
�23�� R.� Les n�tres sont rest�es telles quelles. Au d�but, �a n'a rien chang�. �24�� Au final, quand on a chang� le nom ou la r�f�rence num�rique d'une unit�, �25�� �a ne change rien. Ceux qui �taient l� en 1992 sont rest�s l� jusqu'� la �26�� fin de la guerre.
�27�� Q.� Merci. Puis-je vous demander de pr�ter attention � cet ordre de la 101e �28�� Brigade et de nous dire quels sont ces types d'armes dont dispose le Page 30285 � 1�� commandant de la 101e Brigade, et est-ce que �a co�ncide avec ce que vous � 2�� avez pu apprendre � l'�poque ?
� 3�� R.� Est-ce que vous pouvez zoomer un peu. Moi, je vois mal. Alors, je � 4�� demande � ce que ce soit zoom�, parce que moi, je n'arrive pas � le lire. � 5�� On parle de 120 millim�tres, de 82 millim�tres, de 107 -- enfin, pour � 6�� l'essentiel, on �tait au courant, nous autres. Comment avons-nous su ? Eh � 7�� bien, d'apr�s leurs tirs, on savait de quoi ils disposaient. Je vous l'ai � 8�� d�j� dit. Dans la deuxi�me moiti� de la guerre, c'est-�-dire d'ao�t 1993 � � 9�� la fin de la guerre, ils avaient une sup�riorit� en mati�re d'armes, et non �10�� pas seulement en mati�re d'effectifs. On voit ici qu'ils disposent de �11�� toutes sortes d'armes. On le sait pour deux sortes de raisons. D'abord, on �12�� �tait mitraill�s de tirs, on savait donc avec quoi on nous tirait dessus. �13�� �a, c'est d'un. De deux, il y a eu dans ces unit�s-l� un bon nombre de �14�� Serbes qui �taient des transfuges, qui sont pass�s chez nous et qui nous �15�� fournissaient des informations au sujet de l'armement et de leur position �16�� sur la ligne.
�17�� Q.� Alors, expliquez-nous ce que c'est que ce "VP". Et est-ce que vous �18�� savez quels sont les diff�rents sites qui sont �num�r�s ici face � la ligne �19�� de confrontation ?
�20�� R.� Bien s�r que je connais ces sites. Pour l'essentiel, il faut garder � �21�� l'esprit Asimovo Brdo, puis Milana Kosa, puis �a descend vers la rue --
�22�� L'INTERPR�TE : Inaudible.
�23�� LE T�MOIN : [interpr�tation] C'est en sur�l�vation par rapport � nos �24�� positions � nous. Il faut le savoir, cela. Autre chose, vous devez �25�� certainement savoir vous-m�me que tr�s souvent ils ont tir� des toits de �26�� toutes les maisons. Il y a une documentation � cet effet. Et il y a une �27�� lettre du g�n�ral Morillon qui met en garde Alija Izetbegovic et les siens �28�� pour dire de ne pas tirer depuis l'h�pital de Kosevo. Donc ce sont des Page 30286 � 1�� sites qui sont notoirement connus, et c'est � partir de l� qu'ils nous ont � 2�� tir� dessus. Deuxi�me chose, il y a bon nombre de ces mortiers qui �taient � 3�� mont�s sur des esp�ces de camions, et c'�tait donc d�pla�able. Ils venaient � 4�� quelque part, ils tiraient quelques obus et puis ils changeaient de � 5�� location. Et dans ce cas-l�, on ne pouvait rien faire. Nous n'avions pas � 6�� cette possibilit�, nous autres. � 7�� Je vous l'ai dit tout � l'heure, il y avait cette rue de � 8�� contournement qui passait sous Hrasno, et aucune unit� parmi nos compagnies � 9�� ne pouvait contr�ler cette rue. Et l�, on pouvait faire passer tout ce �10�� qu'on voulait sans que nous ayons connaissance de ce qui s'y passe. Parce �11�� que nous, nous ne pouvons pas suivre parce qu'on ne voit pas.
�12�� Q.� Bien. J'esp�re que je vais pouvoir vous poser des questions si ce n'est �13�� pas jug� comme �tant des questions directrices. Alors, ces "Madjani" �14�� [phon], ces trois mortiers de 82 millim�tres, est-ce que c'est � un site �15�� habit� ?
�17�� Q.� Et l'autre, la position de tir appel�e "Annex" [phon] ?
�18�� R.� Oui. Permettez-moi d'expliquer. D'habitude, les gens se trompent pour �19�� ce qui est des postes de tir. Ils ont beaucoup utilis� des cr�ches �20�� d'enfants, des jardins d'enfants, des h�pitaux, pour tirer de l�. D'un �21�� point de vue militaire, c'est devenu donc des cibles l�gitimes. Et puis �22�� apr�s, on a dit que nous avons bombard� Annex, que nous avons bombard� �23�� telle chose. Mais ceux qui sont all�s voir ont vu que ce n'�tait pas vrai �24 ��parce qu'� peu de choses pr�s, Sarajevo est rest�e telle quelle, exception �25�� faite des lignes de d�marcation. Et M. Ghali a d'ailleurs dit publiquement �26�� qu'il y avait des endroits beaucoup plus en p�ril que Sarajevo suite � sa �27�� visite � Sarajevo.
Page 30287 � 1�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce qu'on peut demander le versement au � 2�� dossier de ce document, en t�moignage de souplesse � l'�gard de la D�fense � 3�� ?
� 5�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Ce document 1D02681 deviendra la pi�ce � 6�� � conviction D2442, Madame, Messieurs les Juges.
� 7�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Merci. Je remercie �galement M. Zurovac.
� 8�� M. KARADZIC : [interpr�tation] � 9�� Q.� Encore une question, Monsieur Zurovac. Vous �tes aussi un �crivain, �10�� vous �crivez ?
�13�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je confie le t�moin � la partie adverse �14�� maintenant.
�15�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je vous remercie.
�16�� Madame West, � vous.
�17�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, est-ce que je peux avoir �18�� un instant, s'il vous pla�t.
�19�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, est-ce que je peux �20�� demander l'assistance de l'huissier, s'il vous pla�t.
�21�� Contre-interrogatoire par Mme West :
�22�� Q.� [interpr�tation] Bonjour, Monsieur.
�24�� Q.� Je voudrais que nous nous penchions sur un document montr� par M. �25�� Karadzic.
�26�� Mme WEST : [interpr�tation] Et � ce titre, j'aimerais qu'on nous montre la �27�� pi�ce D2434, s'il vous pla�t. �28�� Q.� Ceci est l'un de vos documents dat� du 7 janvier 1994. Et la question Page 30288 � 1�� qui vous a �t� pos�e en page 33, ligne 21 aujourd'hui, vous avez r�pondu -- � 2�� il y a eu la question et il y a eu dit-on des bombardements sans � 3�� discernement. � 4�� Vous avez dit, oui. Puis, alors dites-nous quelle est la partie du � 5�� document � laquelle vous vous �tes r�f�r� lorsque vous avez confirm� qu'il � 6�� y a eu "bombardement sans discernement" ?
� 7�� R.� Oui, laissez-moi juste retrouver. Est-ce que vous pouvez m'indiquer le � 8�� paragraphe ?
� 9�� Q.� Non. C'�tait ma question pour vous. Je voudrais que vous m'indiquiez le �10�� paragraphe o� il est question d'un bombardement sans discernement.
�11�� R.� Je ne vous comprends pas. Vous voulez que je vous r�ponde o� est-ce que �12�� les bombardements sans discernement ont eu lieu, ou autres choses ? C'est �13�� votre question ?
�14�� Q.� Non, recommen�ons. Lorsque M. Karadzic vous a montr� ce document, il a �15�� dit que dans ce document ce qu'on laisse entendre c'est qu'il y a eu des �16�� bombardements sans discernement de vos positions � vous en provenance de la �17�� ville, donc en direction des positions tenues par les Serbes de Bosnie. �18�� Alors, dites-nous dans ce document o� est-ce qu'il est question d'un �19�� bombardement qui se serait fait sans discernement aucun ?
�20�� R.� Je ne le vois pas.
�21�� Q.� Bien. Allons de l'avant. Vous nous avez, plus t�t dans le courant de la �22�� journ�e d'aujourd'hui, dit --
�23�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce que je puis attirer l'attention de la �24�� totalit� des participants vers la ligne 5, il est dit, �a commence par �25�� "vers 14 heures", et il est dit "vers 14 heures, l'ennemi a sans �26�� discernement dans des intervalles de temps vari�es pilonner�" et cetera. Je �27�� ne sais pas si �a a �t� traduit. Mais, ah, oui, c'est traduit. On dit �28�� "randomly" en anglais.
Page 30289 � 1�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui, c'est exact. "A 14 heures l'ennemi a � 2�� bombard� sans discernement nos positions dans des intervalles de temps � 3�� vari�es. Et il est question d'obus de 82 millim�tres�" � 4�� Votre question, c'�tait quoi d�j� ?
� 5�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Karadzic, il me semble � 6�� inappropri� de vous voir intervenir pour cette raison. Vous pouvez vous � 7�� pencher sur cet aspect-l� dans vos questions compl�mentaires. � 8�� Madame West, pouvez-vous continuer ?
� 9�� Mme WEST : [interpr�tation] Oui.
�10�� Q.� Alors dans cette phrase, on dit : �11�� "L'ennemi a bombard� nos positions sans discernement�"
�12�� Quand vous dites "vos positions", vous parlez de vos positions �13�� militaires, n'est-ce pas ? �14�� R.� Positions militaires, et on peut aussi bombarder au-del� de nos �15�� positions ou devant nos positions. Ces tirs ne sont pas pr�cis. C'est pas �16�� des tirs de barrage. Donc c'est sans discernement.
�17�� Q.� Oui, mais quand on dit de "vos positions", �a veut dire positions �18�� militaires, n'est-ce pas ? �19�� R.� Oui.
�20�� Q.� Aujourd'hui, vous avez en page 34 du compte rendu dit que l'ennemi : �21�� "�voulait proc�der � une perc�e au travers de nos positions de �22�� combat, briser nos lignes, et ouvrir Sarajevo. Alors ce n'est peut-�tre pas �23�� le bon terme, mais savez-vous, c'�tait ferm� de l'int�rieur, et c'est la �24�� raison pour laquelle je n'ai pas utilis� 'ouvrir Sarajevo'". �25�� Est-ce que vous pouvez nous dire un peu ce que vous vouliez dire ? �26�� Est-ce que vous estimiez que Sarajevo �tait encercl�e ?
�27�� R.� Ce n'�tait pas mon opinion. Sarajevo, c'�tait ferm� de l'int�rieur. Il �28�� y avait � l'int�rieur des criminels qui sont devenus des officiers Page 30290 � 1�� sup�rieurs dans l'arm�e ennemie. Ils ont ferm� Sarajevo pour piller. Il y a � 2�� beaucoup de documents et des femmes qui ont demand� au maire � Dobrinja � 3�� quand est-ce qu'on ouvrira l'acc�s � Sarajevo, et on a dit que Sarajevo � 4�� sera ouverte lorsque ces criminels auront pris le dernier mark allemand des � 5�� poches de ces pauvres gens. Ce sont les propos du maire de Sarajevo. � 6�� Sarajevo �tait ferm�e de l'int�rieur. Et si on parle d'un encerclement ou � 7�� de d'�tau, eh bien, il y a trois niveaux d'encerclement ou trois �taux qui � 8�� �taient plac�s autour de Sarajevo.
� 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, pour que les Juges et �10�� le public comprennent ce que vous dites, eh bien, il faudrait vraiment �11�� ralentir.
�12� �Mme WEST : [interpr�tation] �13�� Q.� Eh bien, nous avons entendu parler plusieurs t�moins ils nous ont dit �14�� qu'il y avait la politique de la SRK, donc le Corps Sarajevo-Romanija, pour �15�� donc bloquer Sarajevo. Est-ce que vous �tes d'accord avec cela ?
�17�� Q.� Et c'�tait bien l'objectif du 2e Bataillon, � savoir de garder la ville �18�� sous si�ge, sous le si�ge ?
�19�� R.� [aucune interpr�tation] �20�� Q.� Les Juges vont entendre d'autres t�moins de la D�fense et ils vont dire �21�� que c'�tait bien le cas, le 2e Bataillon �tait l� pour garder la ville sous �22�� le si�ge. Vous n'�tes pas d'accord avec cela; est-ce que vous pouvez nous �23�� donner une base de cette d�claration ?
�24�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Excusez-moi, Monsieur le Pr�sident. Mais �25�� quand on fait une telle proposition au t�moin, je pense qu'il faudrait �26�� entendre quel est ce t�moin, et dans ce cas il faudrait �ventuellement �27�� passer � huis clos partiel.
�28�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. Madame West, pourriez-vous Page 30291 � 1�� r�pondre ?
� 2�� Mme WEST : [interpr�tation] Eh bien, pour rester prudente, je voudrais que � 3�� l'on passe � huis clos partiel.
� 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Nous sommes a huis clos partiel.
�21�� [Audience publique] �22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, Madame West. Vous pouvez �23�� poursuivre.
�24�� Mme WEST : [interpr�tation] �25�� Q.� Monsieur, qui est Milan Hrvacevic ?
�26�� R.� C'�tait l'adjoint du commandant du bataillon. Et je peux vous expliquer �27�� pourquoi il parle comme cela.
�28�� Q.� Non, non, merci, non. C'�tait lui qui �tait l'adjoint du commandant du Page 30292 � 1�� 2e Bataillon, donc de votre bataillon, n'est-ce pas ?
� 2�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Moi je n'avais absolument pas le droit � 3�� d'interrompre le t�moin du Procureur.
� 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais le t�moin n'a pas r�pondu � la � 5�� question pos�e par Mme West, donc elle lui a pos� la question afin � 6�� d'obtenir une r�ponse. � 7�� Nous allons permettre au t�moin de r�pondre � toutes les questions. � 8�� Nous n'allons pas l'arr�ter.
�10�� Mme WEST : [interpr�tation] �11�� Q.� Monsieur, il �tait donc l'adjoint du commandant de votre bataillon ?
�13�� Q.� Et vous avez compris qu'il a dit lui-m�me que le 2e Bataillon �tait l� �14�� pour garder la ville sous le si�ge. Et vu que M. Hrvacevic �tait plus haut �15�� grad� que vous � l'�poque, et plus haut plac� au niveau de la cha�ne de �16�� commandement, est-ce que vous ne pensez pas qu'il aurait pu peut-�tre �17�� disposer davantage d'information que vous en 1996 ?
�18�� R.� Il faudrait v�rifier dans quelles conditions cette d�claration a �t� �19�� faite. Milan Hrvacevic est all� � la FORPRONU pour interpr�ter. Il a �t� �20�� captur�; il a �t� pass� � tabac. Il a �t� jug�, et on a pu voir lors du �21�� proc�s que toutes ces d�clarations ne correspondaient pas � la v�rit�.
�22�� Q.� Vous n'avez pas r�pondu � la question. Mais je vais reposer la �23�� question. Ne pensez-vous pas que de par sa position il �tait mieux � m�me �24�� d'avoir des informations en 1996 ?
�25�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Pourriez-vous nous dire � qui il a donn� �26�� cette d�claration, aux autorit�s bosniaques ou au bureau du Procureur ?
�27�� Mme WEST : [interpr�tation] Bien s�r. Au bureau du Procureur, 1996.
�28�� Q.� Monsieur le T�moin ?
Page 30293 �1�� �2�� �3�� �4�� �5�� �6�� �7�� �8�� �9�� 10�� 11�� 12�� 13�� 14�� Page intercal�e pour assurer l��quivalence de pagination des
16�� 17�� 18�� 19�� 20�� 21�� 22�� 23�� 24�� 25�� 26�� 27�� 28�� Page 30294 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] L'interpr�tation vers l'anglais est � 2�� termin�e. Pourriez-vous r�p�ter la question, Madame West.
� 3�� Mme WEST : [interpr�tation] � 4�� Q.� Milan Hrvacevic, �tait-il mieux � m�me de disposer davantage � 5�� d'informations que vous lui permettant de mettre la d�claration de 1996 ?
� 6�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Eh bien, je pense que l'on demande au t�moin � 7�� de se livrer � des conjectures quand il s'agit de dire pour quelle raison � 8�� il a fait cette d�claration. Si on veut lui demander quelle a �t� sa � 9�� position et quelle a �t� la position du t�moin, �a c'est une chose; mais de �10�� se lancer dans des conjectures quant aux raisons de cette d�claration, je �11�� ne pense pas que le t�moin puisse r�pondre.
�12�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Peut-on passer � autre chose, Madame �13�� West.
�14�� Mme WEST : [interpr�tation] Oui.
�15�� Q.� Monsieur, aujourd'hui vous avez parl� de diff�rents documents et vous �16�� avez utilis� le terme "provocation" quand vous avez parl� du feu de l'ABiH �17�� venant de la ville. Et le Pr�sident de la Chambre vous a demand� ce que �18�� vous vouliez dire exactement par l�. Et vous avez dit que : �19�� "C'�tait une introduction � l'attaque ou � l'agression contre nos �20�� lignes."
�21�� Monsieur, �tes-vous d'accord avec moi pour dire que ce que vous �22�� appelez "provocation" est en r�alit� un effort visant � percer le si�ge ?
�24�� Q.� Pour que les choses soient claires, quand vous dites qu'ils �taient en �25�� train de provoquer le Corps de Sarajevo-Romanija, est-ce que vous pensez �26�� qu'ils essayaient de casser ce si�ge, de le percer ?
�27�� R.� C'est exact, ce n'est pas seulement moi qui le pense. C'est exact.
�28�� Q.� Est-ce que vous pensez que ceci �tait un effort justifi� que d'essayer Page 30295 � 1�� de lever le si�ge ?
� 2�� R.� C'�tait sans doute justifi� du point de vue de leur intention de � 3�� prendre le contr�le de tout l'Etat de Bosnie-Herz�govine et de cr�er cet � 4�� Etat en fonction de la politique d'Alija Izetbegovic.
� 5�� Q.� On va venir � cela aussi dans peu de temps. Mais est-ce que vous pensez � 6�� qu'une des raisons de vouloir lever le si�ge de la ville �tait justement � 7�� parce que la population manquait de la nourriture, il n'y avait pas assez � 8�� de nourriture dans la ville ?
� 9�� R.� Non, je ne pense pas cela. Vous savez tr�s bien qu'il y avait un tunnel �10�� qui passait sous l'a�roport et on passait pas mal de choses � travers ce �11�� tunnel : la nourriture, les v�tements, mais aussi des armes.
�12�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vais demander � voir la pi�ce 65 ter 24069A. �13�� Q.� C'est un rapport du bureau de l'UNHCR, l'envoy� sp�cial pour l'ex-
�14�� Yougoslavie. Donc, c'est une s�rie de rapports, mais nous allons en �15�� examiner un qui est dat� du mois de juin 1993. Et vous �tiez donc l�-bas �16�� pendant cette p�riode-l�. Et sur la droite, on voit une colonne, on parle �17�� de "toute une ann�e d'approvisionnement par l'air de la ville de Sarajevo". �18�� On dit que l'on f�te 4 000 vols au-dessus de la ville assi�g�e en �19�� ayant transport� 44 millions de kilos d'aide humanitaire. Les vols �20�� humanitaires ont commenc� le 3 juillet 1993, 20 nations ont donc particip� �21�� � ces vols. �22�� Et ensuite, plus loin, on dit : �23�� "Apr�s une ann�e du si�ge, la ville de Sarajevo survit gr�ce � la �24�� r�sistance de la population et � l'aide humanitaire."
�25�� Et ensuite, dans le paragraphe suivant, un commentaire du repr�sentant, on �26�� dit : �27�� "'On condamne les activit�s de ceux qui bloquent la livraison de la �28�� nourriture, des m�dicaments, du carburant, de l'eau, de l'�nergie, du gaz, Page 30296 � 1�� et d'autres denr�es d'aide humanitaire dans cette tentative, une tentative � 2�� l�che d'affamer la population et tuer la population civile innocente.'"
� 3�� Monsieur, n'�tes-vous pas d'accord avec moi qu'une des raisons pour � 4�� lesquelles l'ABiH voulait lever le si�ge est justement parce qu'ils � 5�� manquaient de toutes ces denr�es que l'on vient de voir, la nourriture, les � 6�� m�dicaments, le carburant ? � 7�� R.� Je ne suis pas d'accord avec vous. Tout le monde avait faim � Sarajevo, � 8�� les Serbes, les Musulmans et les Croates. C'�tait une situation de guerre. � 9�� Et vous ne pouvez pas voir les choses juste d'un seul c�t�. D'apr�s vous, �10�� Sarajevo c'�tait un camp de concentration le plus gros en Europe, eh bien, �11�� dans ce cas-l�, les Serbes y �taient aussi. Je ne suis absolument pas �12�� d'accord avec vous, parce que nous n'avons jamais essay� d'emp�cher �13�� l'approvisionnement ou bien l'aide humanitaire, les convois, et cetera. �14�� Mme WEST : [interpr�tation] Je voudrais demander que ce document soit vers� �15�� au dossier. �16�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Objection, Monsieur le Pr�sident. Vu que le �17�� t�moin n'a confirm� rien qui figure dans le document, et ce n'est pas non �18�� plus un document qui contredit directement la d�position de ce t�moin, et �19�� il n'y a aucune raison qu'il soit au courant de ce qui y figure. �20�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, c'est quelque chose qui �21�� s'est produit au mois de juin 1993. Cet homme a d�j� pass� une ann�e dans �22�� cette ville assi�g�e, aux confins de la ville. Il dit que les autres �23�� personnes ont aussi souffert, c'est vrai, mais les autres �l�ments dans cet �24�� article sont de nature � r�cuser le t�moin directement. �25�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] �26�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Les Juges sont tout � fait d'accord pour �27�� dire que ce document concerne et a un rapport avec la cr�dibilit� du �28�� t�moin, et pour cette raison, et uniquement cette raison-l�, nous allons le Page 30297 � 1�� verser au dossier. Dans la mesure o� ce document concerne la r�cusation de � 2�� la d�position de ce t�moin. � 3�� Monsieur Robinson. ��4�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Donc nous n'allons verser que ce paragraphe � 5�� ? � 6�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. � 7�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 24069A va recevoir la cote � 8�� P5988. � 9�� [Le conseil de l'Accusation se concerte] �10�� Mme WEST : [interpr�tation] �11�� Q.� Monsieur, je vais vous pr�senter quelque chose et je vais vous demander �12�� ce que vous en pensez. Vous avez dit, et c'est quelque chose qui figure �13�� parmi les arguments avanc�s par la D�fense, que les attaques ou les �14�� provocations, comme vous dites, de l'ABiH �taient de nature offensive et �15�� que le Corps de Sarajevo-Romanija n'a fait rien d'autre que de riposter. �16�� Mais � cause de l'existence m�me du si�ge, tout cet �v�nement avait une �17�� nature offensive mais du c�t� du Corps de Sarajevo-Romanija, vu que ce sont �18�� eux qui ont plac� la ville sous le si�ge. Donc, garder toute une ville sous �19�� si�ge et peut-�tre m�me de partager la ville a exig�e des mesures �20�� offensives pour le faire du c�t� du Corps de Sarajevo-Romanija. Et quand je �21�� dis "offensive", je parle de l'agression, alors que vous, vous parlez de �22�� "provocation". Puisque l'ABiH, tout ce qu'elle a essay� de faire, c'est de �23 ��lever le si�ge de la ville et d'ouvrir la ville. Est-ce que vous �tes �24�� d'accord avec moi ?
�25�� R.� Je ne suis pas d'accord avec vous. Je ne vois pas comment vous pouvez �26�� �tre tax� d'agresseur alors qu'il s'agit de votre propre pays, de votre �27�� propre maison. Comment vous pouvez agresser votre propre pays et votre �28�� propre maison ? C'est cela qui me pose probl�me. Comment c'est possible ? Page 30298 � 1�� Est-ce que 15 000 personnes peuvent tenir un si�ge autour des 60 000 � 2�� personnes qui se trouvaient dans le 1er Corps de Sarajevo. C'est les � 3�� questions que je vous pose en guise de r�ponse aux questions pos�es. � 4�� Q.� Je vois bien quelle est votre position -- � 5�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vais demander � pr�sent de voir la pi�ce --
� 6�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Madame West, nous devons prendre une � 7�� pause � pr�sent. Nous allons prendre une pause de 25 minutes. Et quand il � 8�� s'agit des termes que vous utilisez, s'il s'agit d'une attaque qui est de � 9�� nature offensive ou d�fensive, eh bien, je me demande si cela est bien �10�� utile d'utiliser ces termes-l�. Et je vais vous demander d'avoir cela � �11�� l'esprit. �12�� Nous allons prendre la pause, et reprendre � 17 heures 45.
�13�� --- L'audience est suspendue � 17 heures 19.
�14�� --- L'audience est reprise � 17 heures 46.
�15�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Madame West, vous pouvez poursuivre.
�16�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vais demander � voir le document 65 ter 2478 �17�� [comme interpr�t�]. �18�� Q.� C'est un document dat� du 16 d�cembre 1993. Voyez-vous le premier �19�� paragraphe de ce document ?
�20�� R.� C'est parfaitement illisible.
�21�� Q.� Oui, je suis d'accord, cela n'est pas facile de lire, mais je vais le �22�� lire lentement avec vous. Au premier paragraphe, on peut lire : �23�� "L'ennemi n'a pas abandonn� ses intentions offensives de lever le blocus de �24�� Sarajevo et faire jonction avec les 1er et 2e et 3e Corps de la pr�tendue �25�� ABiH�," et ensuite on donne un certain nombre noms de lieux, "ayant pour �26�� objectif de casser nos troupes et les mettre dans une position d�favorable �27�� du point de vue op�rationnel."
�28�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vais vous demander d'examiner la quatri�me Page 30299 � 1�� page en anglais et troisi�me en B/C/S. � 2�� Q.� Sous "la d�cision du commandant", on peut lire : � 3�� "J'ai d�cid� de mettre en �uvre une d�fense active impliquant les forces � 4�� principales du corps d'arm�e�"
� 5�� On va faire une pause � pr�sent. Et je vais vous demander que veut dire ce � 6�� terme de d�fense active ?
� 7�� R.� Cela veut dire que les unit�s sont en �tat d'aptitude au combat.
� 8�� Q.� On n'a pas un autre terme pour cela ? Quand on parle de d�fense active, � 9�� cela ne veut pas dire offensive ?
�10�� R.� Non. Si c'est une activit� de d�fense, vous ne pouvez pas avoir �11�� d'attaque. Ces deux termes s'excluent mutuellement.
�12�� Q.� [aucune interpr�tation] �13�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Le t�moin vient de dire que les deux termes �14�� s'excluent mutuellement. C'est ce qu'il vient de dire, le t�moin. Alors �15�� qu'on voit le contraire dans le compte rendu d'audience.
�16�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je ne vois pas de diff�rence et les �17�� interpr�tes disent la m�me chose.
�18�� Mme WEST : [interpr�tation] Est-ce que je peux continuer ?
�20�� Mme WEST : [interpr�tation]
�21�� Q.� On va continuer la lecture. On parle des objectifs, et : �22�� "�l'objectif principal est comme suit :
�23�� "Emp�cher les forces musulmanes � lever le blocus de leur partie de la �24�� ville et l'occupation des installations militaires�"
�25�� Est-ce que vous �tes d'accord avec moi pour dire que ce les Musulmans �26�� essaient de faire, ou plut�t, les forces de l'ABiH, c'est tout simplement �27�� de lever le si�ge ?
Page 30300 � 1�� Mme WEST : [interpr�tation] On va voir la page 5 en anglais et page 3 en � 2�� B/C/S. On y est en B/C/S. � 3�� Q.� Et donc, sous petit (b), on parle encore des objectifs, et on peut lire � 4�� : � 5�� "Dans la zone de Sarajevo, prendre le contr�le�," et ensuite on a toute une � 6�� liste de lieux, "et plus tard, quand arrivent les forces fra�ches, prendre � 7�� le contr�le de Mojmilo en menant � bien les activit�s op�rationnelles de � 8�� Hrasnica; couper les communications en direction d'Igman et la Bosnie � 9�� centrale depuis Sarajevo; faire la jonction des formations op�rationnelles �10�� du corps sur l'axe Lukavica-Ilidza; et cr�er les conditions n�cessaires �11�� pour couper la ville de Sarajevo en deux parties."
�12�� Monsieur, �tes-vous d'accord avec moi pour dire que le fait de couper �13�� Sarajevo en deux parties constitue un acte offensif du c�t� du Corps �14�� Sarajevo-Romanija ?
�15� �R.� Dans une certaine mesure, oui. Mais moi, ce qui m'int�resse, c'est la �16�� date de cet ordre.
�17�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je vais demander le �18�� versement de ce document qui est dat� du 16 d�cembre 1993.
�19�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Pas d'objection.
�20�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, nous allons verser ce document.
�21�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 24078 va recevoir la cote �22�� P5989.
�23�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vais demander � voir la pi�ce � conviction �24�� P05980. Vous l'avez vue il y a pas longtemps, Monsieur le Pr�sident, �25�� Madame, Messieurs les Juges. �26�� Q.� Il s'agit d'un document qui date du mois d'avril 1994. Et quand on lit �27�� "missions" au deuxi�me paragraphe, on peut lire : �28�� "Les forces musulmanes ont r�uni les conditions pour proc�der au d�blocage Page 30301 � 1�� de la ville de Sarajevo et pour mener � bien une attaque sur d'autres axes � 2�� et lignes au contact avec nos forces."
� 3�� Et ensuite, on peut lire sous le num�ro 8 : � 4�� "Fortifier les positions autour de Sarajevo en �rigeant des barri�res � 5�� en b�ton et en fil de fer, ce qui va renforcer le sentiment qu'ils sont � 6�� vraiment enferm�s ('dans un camp')."
� 7�� Monsieur, vous avez �t� l� au mois d'avril 1994 et vous y �tiez au moins � 8�� depuis le mois de novembre 1992. Est-ce que vous avez jamais vu des � 9�� barri�res en b�ton ou bien en barbel� autour de la ville telles que �10�� d�crites dans ce document ?
�11�� R.� Non, jamais.
�12�� Q.� Et aujourd'hui, � la page 47, vous avez parl� des armes et vous avez �13�� fait une comparaison entre les armes dont vous disposiez et les armes �14�� qu'avait l'ABiH. Vous avez dit qu'au d�but vous aviez les meilleures armes, �15�� mais tr�s vite ils ont pu acqu�rir toutes sortes d'armes. Et ensuite, on a �16�� examin� le document du 13 juin 1995, c'est un document de l'ABiH, et vous �17�� avez fait des commentaires au sujet de ce document. Et je voudrais parler �18�� de cette comparaison en ce qui concerne les armes qu'avaient les uns et les �19�� autres. �20�� Mme WEST : [interpr�tation] Tout d'abord, je vais vous demander d'examiner �21�� le document 65 ter 07737. C'est une carte, Monsieur le Pr�sident. Je sais �22�� que le t�moin a du mal � voir cela, et peut-�tre qu'il serait vraiment �23�� mieux de lui donner l'exemplaire papier de la carte.
�24�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. Tr�s bien.
�25�� Mme WEST : [interpr�tation] C'est la carte num�ro 30 qui se trouve dans le �26�� dossier Sarajevo.
�27�� Q.� Voici donc la carte que vous avez en m�me temps sur l'�cran. Donc, l�, �28�� vous l'avez en papier. Pouvez-vous nous dire quel est le titre de cette Page 30302 � 1�� carte ? Qu'est-ce qui est �crit en haut au milieu.
� 2�� R.� La d�cision du commandant pour mener � bien l'attaque Lukavac 95. Mais � 3�� je ne suis absolument pas au courant de cela. Je n'ai rien � dire � ce � 4�� sujet. A l'�poque, je tombais sous le coup de l'obligation de travail.
� 5�� Q.� Tr�s bien. Mais je voudrais quand m�me parler de la situation telle � 6�� qu'elle pr�valait en ce qui concerne les armes en 1995, vu que vous avez � 7�� d�j� parl� du mois de juin 1995 justement au sujet de la situation telle � 8�� qu'elle pr�valait quand il s'agit des armes. Et je vais vous demander � 9�� d'examiner le petit carr� blanc qu'on voit tout en bas de la carte. Si vous �10�� regardez la carte que vous avez, c'est plus grand que sur l'�cran.
�11�� R.� Malheureusement, je n'arrive � lire rien de ce qui est �crit l�.
�12�� Q.� Tournez la page, et l� vous allez voir vraiment ce tableau-l� agrandi. �13�� Voil�. Donc, l�, nous avons la comparaison des forces dont dispose le SRK �14�� en 1995. Donc, du c�t� gauche, vous avez les forces et l'�quipement du �15�� Corps de Sarajevo-Romanija, et sur la droite, la m�me chose pour l'ABiH. Et �16�� si vous examinez cela, vous pouvez voir que le SRK avait quatre chars, �17�� l'ABiH deux; le SRK avait quatre obusiers de 155 millim�tres, l'ABiH n'en �18�� avait qu'un; le SRK avait huit obusiers de 122 millim�tres, ABiH cinq; et �19�� cetera, et cetera. Vous allez voir que pour les obusiers 105, le SRK en �20�� avait 14, l'ABiH deux. En ce qui concerne les mortiers, ils en avaient une �21�� centaine. En ce qui concerne les mortiers de 82 millim�tres, l'ABiH en �22�� avait 16 alors que le Corps de Sarajevo-Romanija en avait 40. �23�� Donc, contrairement � ce que vous avez dit, il est bien clair que le �24�� Corps de Sarajevo-Romanija disposait de bien plus d'armes que l'ABiH en �25�� 1995 ?
�26�� R.� Non, moi, je parlais des armes d'infanterie.
�27�� Q.� Donc vous restreignez votre d�position ant�rieure aux armes �28�� d'infanterie, en laissant de c�t� les types d'armes que nous venons Page 30303 � 1�� d'�num�rer ?
� 3�� Q.� Alors je vais vous poser la question suivante : concernant les mortiers � 4�� de 120 millim�tres, est-ce que votre bataillon en disposait pendant que � 5�� vous �tiez sur place ?
� 6�� R.� Je ne sais pas si c'�tait le cas du bataillon, mais je sais que ma � 7�� compagnie, elle, n'en avait pas. � 8�� Q.� Qu'en est-il des mortiers de 82 millim�tres, est-ce qu'� l'�poque vous � 9�� disposiez de tels mortiers ?
�10�� R.� Probablement.
�11�� Q.� Et qu'en est-il des lance-roquettes multiples, est-ce que le bataillon �12�� disposait de tels lance-roquettes ?
�14�� Mme WEST : [interpr�tation] Je voudrais demander le versement de ce �15�� document, Madame et Messieurs les Juges.
�16�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Mais le t�moin n'a rien confirm� de ce qui �17�� figure dans ce document, Monsieur le Pr�sident.
�18�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] �19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Ceci est li� � la d�position du t�moin �20�� pendant l'interrogatoire principal et concerne �galement sa cr�dibilit�, �21�� par cons�quent, nous le versons.
�22�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document num�ro 07737 re�oit la cote �23�� P5990.
�24�� Mme WEST : [interpr�tation] Peut-on maintenant afficher le document P5984.
�25�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que le document portant le num�ro �26�� 7737 dans la liste 65 ter comprend �galement la l�gende telle qu'elle a �t� �27�� agrandie ? Si ce n'est pas le cas, je souhaiterais que l'on inclue ceci �28�� �galement.
Page 30304 � 1�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vous remercie. � 2�� Q.� Maintenant, nous allons examiner un document qui date de juin 1993. Il � 3�� s'agit de votre 2e Bataillon et de votre compagnie � une �poque o� vous � 4�� �tiez pr�sent dans ses rangs, n'est-ce pas ?
� 6�� Q.� Avons-nous ici une description exacte de l'�tat du stock de munitions � 7�� au sein de votre compagnie � l'�poque ?
� 8�� R.� Je n'arrive pas � m'en souvenir. Il serait assez �tonnant que j'arrive � 9�� � m'en souvenir aujourd'hui, donc je ne peux pas vous dire si c'est �10�� exactement cela ou pas, mais je suppose que c'�tait le cas, bien que ceci �11�� ait �t� sign� par mon pr�d�cesseur, quelqu'un qui �tait commandant avant �12�� moi. Et qui est d�c�d� depuis. Bon, j'imagine que c'�tait bien la situation �13�� telle qu'elle se pr�sentait. J'�tais pr�sent � l'�poque mais en tant que �14�� simple soldat.
�15�� Q.� Alors, pour ce qui est des mortiers de 60 et de 80 [comme interpr�t�] �16�� millim�tres et des projectiles correspondants, les obus, le terme de �17�� "grenade" en anglais se r�f�re bien aux obus, n'est-ce pas, points num�ros �18�� 7 et 8 ?
�20�� Mme WEST : [interpr�tation] Alors je voudrais maintenant qu'on passe au �21�� document P5983. �22�� Q.� Nous avan�ons l� jusqu'au mois d'octobre de cette m�me ann�e, un peu �23�� plus tard. Il est intitul� : Liste d'armes pr�sentes dans la compagnie. �24�� C'est adress� par le commandant pr�c�dent � vous-m�me. Est-ce que vous avez �25�� la moindre raison de croire ce que ceci n'est pas exact ?
�26�� R.� Non, ce n'est pas exact parce que �a a �t� sign� par un chauffeur. Il �27�� est indiqu� au nom du commandant Loncaric Ljubo Bozic [phon], qui �tait �28�� chauffeur de camion. Je dois apporter des pr�cisions ici, puisque la Page 30305 � 1�� section de mortier, qui avait �t� form�e pr�c�demment qui se trouvait dans � 2�� nos arri�res, lorsque nous estimions qu'une attaque pouvait se produire, � 3�� nous en informerions le commandant de bataillon qui, ensuite, nous envoyait � 4�� deux au mieux trois mortiers, parce que quiconque sait ce qu'est qu'un � 5�� mortier et ce que c'est qu'un tir de mortier, comprend parfaitement que � 6�� lorsqu'il y a une distance de 50 m�tres entre les lignes, vous ne pouvez � 7�� pas utiliser ce type d'arme, parce que le projectile menace la s�curit� de � 8�� celui qui l'a tir�. � 9�� Q.� C'est exact. Et la Chambre de premi�re instance a d�j� �t� saisie �10�� d'�l�ment de preuve en ce sens. �11�� Mme WEST : [interpr�tation] Passons maintenant � P5985, s'il vous pla�t. �12�� Q.� C'est un document sign� par vous en d�cembre 1993.
�13�� R.� Oui. �14�� Q.� Concernant ces munitions, vous avez �crit, je cite : �15�� "Nous n'avons aucune des munitions �num�r�es ci-dessus. Je demande que vous �16�� me livriez ces munitions."
�17�� Et parmi ces munitions demand�es, il y a des obus de mortier de 60 �18�� millim�tres et de 82 millim�tres. Donc vous conviendrez qu'en d�cembre �19�� 1993, vous aviez d�j� utilis� ce type d'obus de mortier, n'est-ce pas ?
�20�� R.� Excusez-moi, mais est-ce que c'est 1993 ou 1995. On ne voit pas tr�s �21�� bien. Si c'est 1993, j'en reviens � ce que j'ai d�j� dit. S'il s'agit bien �22�� de l'ann�e 1993, mois de d�cembre, nous nous attendions � essuyer une �23�� attaque qui s'est bien produite en d�cembre. Donc nous avons demand�, nous �24�� demandions m�me au commandement de bataillon un appui avec des mortiers, �25�� donc avec deux mortiers, et des munitions dont nous ne disposions pas dans �26�� nos stocks. �27�� Q.� Tr�s bien. Mais deux mois plus t�t, il y a une liste d'armes pour la �28�� compagnie dans laquelle on trouve des mortiers de 60 et 82 millim�tres, ce Page 30306 � 1�� qui sugg�re que vous disposiez bien de ce type de mortiers deux mois plus � 2�� t�t; et puis six mois plus t�t, m�me indication. Alors est-ce que vous nous � 3�� sugg�rez qu'avant le mois de d�cembre 1993, vous n'aviez pas de mortiers ?
� 4�� R.� Non, ce n'est pas ce que je souhaite dire, parce que je ne sais pas ce � 5�� qui �tait pr�sent jusqu'au moment o� je suis arriv� au sein de l'unit� et � 6�� avant de devenir commandant de la compagnie. Mais une section de mortiers � 7�� avait �t� constitu�e loin en profondeur, un peu en hauteur, parce que ��8�� c'�tait le m�me type d'armes qu'on ne disposait pas sur la ligne, c'aurait � 9�� �t� trop pr�s de l'ennemi. Donc lorsque cette section de mortiers a �t� �10�� constitu�e et plac�e en hauteur � l'arri�re, eh bien, lorsque nous, nous �11�� estimions que nous �tions menac�s par une attaque, nous en informions le �12�� commandant de bataillon, qui ensuite d�cidait d'affecter deux ou trois �13�� mortiers pour nous fournir de l'aide. Donc au mois de d�cembre, quelques �14�� jours plus tard, nous avons connu un affrontement tr�s intense, une attaque �15�� intense sur Gojino Brdo, et nous avons essuy� de lourdes pertes. Nous avons �16�� r�ussi � maintenir certaines de nos positions, mais nous en avons �galement �17�� perdu, � Gojino Brdo.
�18�� Q.� Alors quel type de cibles visiez-vous avec des mortiers de 60 et 82 �19�� millim�tres ?
�20�� R.� Cela ne pouvait �tre utilis� que sur le flanc. Nous ne pouvions pas �21�� tirer sur la ligne avant, mais sur le flanc uniquement qui �tait tenu par �22�� l'ennemi, donc derri�re Asimovo Brdo. Il y avait l� avant une prison, et �23�� leurs unit�s y �taient stationn�es, ces unit�s qui nous mena�aient sur �24�� notre flanc. Donc il n'y a que sur notre flanc que nous pouvions tirer des �25�� obus, alors que devant nous, sur la ligne nous faisant face, cela aurait pu �26�� pr�senter un int�r�t si -- �27�� L'INTERPR�TE : L'interpr�te n'a pas saisi le sens de la fin de la r�ponse �28�� du t�moin. Page 30307 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, pourriez-vous r�p�ter � 2�� votre r�ponse. � 3�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Moi, pour autant que je sache, personne n'a � 4�� p�ri sur cette ligne avant, personne n'a p�ri du fait d'obus de mortier. Et � 5�� il serait int�ressant de d�terminer quelle a �t� la situation sur la ligne � 6�� de front. Parce que moi, pour autant que je sache, personne n'a �t� tu� par � 7�� des obus de mortier sur cette ligne. � 8�� Mme WEST : [interpr�tation] � 9�� Q.� Monsieur, si j'ai bien compris votre d�position, vous n'avez utilis� �10�� des mortiers que pour tirer vers l'arri�re et non pas vers l'avant ?
�11�� R.� Comment �a, vers l'arri�re ? Je parle des flancs, je ne sais pas �12�� comment �a s'est traduit, mais je parle de notre flanc. La compagnie, en �13�� fait, est d�ploy�e selon un sch�ma � angle droit. Donc nous avons un flanc, �14�� j'en ai parl�, et nous avons de l'autre c�t�, donc en face du c�t� ennemi, �15�� la 1�re Brigade de Montagne, et nous avons une ligne avant. �16�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je souhaiterais intervenir pour le compte �17�� rendu. Premi�rement, page 69, ligne 4, le t�moin a dit : On ne dispose pas �18�� de telles armes sur la premi�re ligne de front. Et �a n'a pas �t� consign�. �19�� Et deuxi�mement, on a traduit la ligne sur le flanc comme ligne "arri�re" �20�� avec le mot anglais "behind", alors que ce n'est pas ce que le t�moin a �21�� dit. Il s'agissait du flanc. �22�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] En dehors de cette question et de la �23�� notion de flanc, est-ce que vous pourriez r�p�ter votre intervention �24�� concernant la page 69.
�25�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Voil� ce que j'ai dit, le t�moin a indiqu� en �26�� r�pondant que lorsqu'on a constitu� cette batterie ou ce groupe de mortier, �27�� eh bien, ces hommes ont �t� d�plac�s, on les a dispos�s � l'arri�re des �28�� lignes parce que ce type d'armes, on ne les dispose pas sur la premi�re Page 30308 � 1�� ligne de s�paration. C'est ce qui a �t� dit.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, le compte rendu attribue au � 3�� t�moin les propos suivants, je cite : � 4�� "Lorsque la section de mortier a �t� �tablie � l'arri�re sur une � 5�� colline, eh bien, ce n'�tait pas la ligne de front pour de bonnes raisons, � 6�� parce que cela aurait �t� au voisinage imm�diat de l'ennemi."
� 7�� Et je crois que ceci correspond � ce que vous disiez, Monsieur Karadzic. � 8�� Est-ce que nous pouvons poursuivre ?
� 9�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Oui, tr�s bien, mais il serait bon qu'on �10�� traduise exactement. �11�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je crois qu'� cette vitesse, les �12�� interpr�tes ont v�ritablement beaucoup de mal � suivre. �13�� Mais poursuivez, Madame West. �14�� Mme WEST : [interpr�tation] Merci, Monsieur le Pr�sident. �15�� Q.� Alors si j'ai bien compris votre d�position, vous n'avez jamais utilis� �16�� de mortiers pour tirer en visant la profondeur dans la ville de Sarajevo, �17�� n'est-ce pas ?
�18�� R.� Vous avez raison. �19�� Q.� Tr�s bien. Alors aujourd'hui, au d�but de votre d�position, vous avez �20�� parl� d'un certain nombre -- ou, au fait, au moins de deux incidents de �21�� tirs isol�s figurant dans l'acte d'accusation. Vous avez parl� de port�e. �22�� Alors pour �tre tout � fait clair, votre compagnie couvrait bien certaines �23�� portions de la rue Ozrenska, n'est-ce pas ?
�24�� R.� Oui. �25�� Q.� N'est-il pas exact de dire qu'il y avait au moins 12 tireurs d'�lite �26�� dans le 2e Bataillon ?
�27�� R.� Cela, je ne le sais pas. Je ne sais vraiment pas.
�28�� Q.� Est-ce qu'il y en avait dans votre compagnie ?
Page 30309 � 1�� R.� Non.
� 2�� Mme WEST : [interpr�tation] Pourrions-nous maintenant afficher le document � 3�� 24077 de la liste 65 ter, s'il vous pla�t.
� 4�� Q.� Une partie de ce document est manuscrite, c'est dat� de janvier 1994, � 5�� et sign� par vous. La partie que nous avons � l'�cran est manuscrite. Est-
� 6�� ce que vous reconnaissez cette �criture ?
� 7�� R.� Oui, je la reconnais.
� 8�� Q.� A qui appartient-elle ?
� 9�� R.� C'est l'�criture de l'un de mes soldats. Je reconnais l'�criture. �10�� Posez-moi des questions si vous voulez.
�11�� Q.� Tr�s bien. Alors il para�t que cette liste a �t� �labor�e par -- en �12�� fait, c'est une liste de soldats d�serteurs qui ont fui. Je voudrais que �13�� nous passions au num�ro 25 dans la liste. Nous pouvons y lire Rajko Ciro - �14�� excusez ma prononciation - et il est dit ici "AP", puis ensuite un num�ro �15�� d'enregistrement, et "tireur d'�lite". Et nous avons ensuite fusil � �16�� lunette, "tandzara" dans votre langue, et fusil automatique M56. Alors �17�� qu'est-ce que ceci signifie pour vous ?
�18�� R.� Cette liste a �t� dress�e, on recherchait les personnes qui avaient �19�� quitt� l'unit� en pr�cisant quelles �taient leurs armes. Alors il s'agit �20�� ici de Rajko Ciro qui, malheureusement, est d�c�d�. Pendant un temps il a �21�� �t� un adjoint du commandant de la compagnie, puis il est parti en emmenant �22�� les armes qui sont ici list�es. Je ne sais pas comment il a fait pour se �23�� procurer ce fusils � lunette, et je ne sais pas du tout. C'est s�rement une �24�� arme qu'on s'est procur� plus t�t, parce que moi je sais avec certitude que �25�� pendant que j'�tais sur place il n'y avait aucun tireur d'�lite dans �26�� l'unit�.
�27�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je dois intervenir pour le compte rendu. On a �28�� une erreur. Le t�moin a dit : C'est une liste de personnes qu'on Page 30310 � 1�� recherchait parce qu'ils sont partis. Donc ceci est manquant. Ceci est � 2�� manquant et manque le fait qu'on les recherchait � cause des armes qu'ils � 3�� avaient emport�es.
� 4�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, est-ce que vous � 5�� confirmez ceci ?
� 6�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui. En fait, c'est une liste correspondant � � 7�� la recherche des armes qui ont �t� enregistr�es par ces hommes en 1992. � 8�� Alors celui-ci est parti � Nevesinje, tel autre est parti � Visegrad. Je ne � 9�� sais pas pour quelle raison. Mais en tout cas, il s'agit d'une liste de �10�� personnes et d'une liste des armes que ces personnes ont emport�es avec �11�� elles en partant, et nous recherchions ces armes.
�12�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Merci. �13�� Le Juge Lattanzi confirme que cela a �galement �t� traduit ainsi en �14�� fran�ais. Poursuivez.
�15�� Mme WEST : [interpr�tation]
�16�� Q.� Ce document est dat� de d�cembre 1994. Par cons�quent, � ce moment-l� �17�� vous aviez d�j� pass� une ann�e, une bonne ann�e au sein de cette �18�� compagnie, n'est-ce pas ? �19�� R.� Oui.
�20�� Q.� Vous dites que cet individu particulier a quitt� l'unit� en emportant �21�� un fusil � lunette, et vous dites ignorer comment -- vous dites en fait je �22�� ne sais pas comment il se l'est procur�, n'est-ce pas. C'est ce que vous �23�� nous dites, et ceci en d�pit du fait que vous �tiez pr�sent au sein de �24�� l'unit� depuis d�j� plus d'un an ?
�25�� R.� Oui. Mais gardez � l'esprit que je ne suis pas arriv� au moment o� les �26�� armes ont �t� enregistr�es aux noms de ces hommes. Donc ici nous avons � 90 �27�� % des hommes qui n'�taient plus au sein de l'unit�, et donc il �tait �28�� n�cessaire du point de vue du commandant de dresser la liste des armes qui Page 30311 � 1�� n'�taient plus � notre disposition, qui avaient disparues, qui avaient �t� � 2�� vol�es, et cetera. Donc parfois on connaissait le nombre des armes en � 3�� question. Parfois on ne le savait pas. Parfois on savait o� se trouvait � 4�� l'homme en question. D'autre fois ce n'�tait pas le cas. On le voit tr�s � 5�� bien � partir de cette liste.
� 6�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, encore une fois, nous � 7�� vous prions de bien vouloir vous exprimer plus lentement. Merci.
� 8�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Je vais essayer.
� 9�� Mme WEST : [interpr�tation] �10�� Q.� Monsieur le T�moin, vous parlez dans l'abstrait de cette personne. Mais �11�� cet individu particulier, vous le connaissiez, n'est-ce pas ? Vous avez dit �12�� qu'il �tait parti et puis qu'il avait �t� adjoint du commandant pendant un �13�� temps et qu'il a �t� tu�, enfin qu'il est d�c�d�. Mais est-ce que vous nous �14�� dites c'est qu'il n'�tait pas tireur d'�lite au sein de votre compagnie, �15�� est-ce que vous remettez cela en question ?
�16�� R.� Il n'�tait certainement pas tireur d'�lite. Et je crois que ce Rajko �17�� Ciro n'avait m�me pas fait son service militaire, donc il ne pouvait pas �18�� �tre tireur d'�lite. Et puis il est parti, il est all� � Pale.
�19�� Q.� Voyez ce qui figure au num�ro 39. Est-ce que vous reconnaissez la �20�� personne dont le nom figure au 39 ? Est-ce que vous le connaissiez ?
�21�� R.� Lorsque je suis arriv� dans l'unit�, je n'ai absolument pas rencontr� �22�� cet homme. Il �tait parti � Bijeljina. Ce qui signifie qu'il a emport� �23�� l'arme qui avait �t� enregistr�e � son nom au d�but de la guerre.
�24�� Q.� Mais pour lui aussi il est indiqu� qu'il a emport� avec lui un fusil � �25�� lunette, n'est-ce pas ? �26�� R.� Mais, je vous en prie, j'ai d�j� dit cela au d�but. Je ne sais pas �27�� quelle arme a �t� attribu�e � qui au d�but de la guerre. Lorsque le �28�� commandant Loncarevic �tait l� et lorsque moi j'�tais l�, je peux vous dire Page 30312 �1�� �2�� �3�� �4�� �5�� �6�� �7�� �8�� �9�� 10�� 11�� 12�� 13�� 14�� Page intercal�e pour assurer l��quivalence de pagination des
16�� 17�� 18�� 19�� 20�� 21�� 22�� 23�� 24�� 25�� 26�� 27�� 28�� Page 30313 � 1�� qu'au sein de notre unit� nous n'avions pas un seul tireur d'�lite. Je vous � 2�� le dis tr�s clairement.
� 3�� Mme WEST : [interpr�tation] Passons alors au num�ro 83. � 4�� Q.� Est-ce que vous connaissez la personne dont le nom appara�t l� ?
� 5�� R.� Je ne vois pas cette ligne � l'�cran.
� 6�� Mme WEST : [interpr�tation] C'est la derni�re page dans la version en � 7�� B/C/S. � 8�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui.
� 9�� Mme WEST : [interpr�tation] Peut-�tre pourrais-je remettre au t�moin un �10�� exemplaire imprim� de cette liste. Je crois que nous l'avons � l'�cran �11�� maintenant.
�12�� Q.� Est-ce que vous reconnaissez ce nom qui appara�t au num�ro 83 ?
�14�� Q.� Lui aussi, n'est-ce pas, disposait d'un fusil � lunette ?
�15�� R.� Je ne sais pas parce que lui aussi il est parti. Il a d�m�nag� et je ne �16�� sais pas exactement o�. Je crois qu'il est parti � l'�tranger. Il a quitt� �17�� la Bosnie. Au d�but de la guerre il �tait commandant de compagnie.
�18�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Madame West, je crois qu'il y a deux �19�� jeux de document au sein de cette r�f�rence. Est-ce que vous pourriez peut-
�20�� �tre pr�senter la page 4 ou, en tout cas, v�rifier si c'est bien le m�me �21�� document ou s'il s'agit d'un autre. �22�� Entre-temps, Monsieur Zurovac, vous pouvez nous confirmer peut-�tre �23�� s'il s'agit de votre signature ou non ?
�25�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Alors, page 4 en B/C/S. Et en anglais, �26�� c'est la 5 ou la 6.
�27�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Oui, c'est bien �a.
�28�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Cela devrait �tre la page suivante. En Page 30314 � 1�� anglais, il est indiqu� "Armes recherch�es". Alors, est-ce que vous � 2�� pourriez reprendre ceci, Madame West.
� 3�� Mme WEST : [interpr�tation] Je vous remercie. Je crois que nous pouvons � 4�� passer � la page num�ro 8 de l'anglais, et nous pourrons nous assurer de ce � 5�� qu'il en est plus tard s'il y a bien correspondance. � 6�� Q.� Alors, page 8 de l'anglais, au num�ro 83, nous avons Blagoje Savic en � 7�� B/C/S : � 8�� "Lui aussi disposait d'un fusil � lunette ?"
� 9�� Et vous avez r�pondu � mes questions en disant que vous ne saviez pas �10�� parce que cette personne �tait partie, avait quitt� la Bosnie pour une �11�� destination inconnue de vous et qu'il �tait commandant de compagnie au �12�� d�but de la guerre. �13�� Mais voici ma question, Monsieur le T�moin : lorsqu'il est parti, il �14�� est parti avec un fusil � lunette, n'est-ce pas ? C'est ce que nous dit �15�� cette liste ?
�16�� R.� Eh bien, oui, je le sais.
�17�� Q.� Mais est-ce que vous savez personnellement qu'il est parti avec un �18�� fusil � lunette ?
�19�� R.� Oui, oui. Parce que n'oubliez pas qu'il arrivait fr�quemment que les �20�� hommes emm�nent des armes, qu'ils vendent des armes, ou lorsqu'ils allaient �21�� dans des unit�s, ils allaient dans des unit�s moins dangereuses, qui �22�� �taient moins menac�es ou qui essuyaient moins de pertes. Lorsqu'ils �23�� d�sertaient, pour dire les choses comme elles sont.
�24�� Mme WEST : [interpr�tation] Passons au num�ro 89 en B/C/S. �25�� Q.� Est-ce que vous voyez Gusic, Jerko ? Lui aussi avait un fusil � �26�� lunette. Est-ce que vous connaissez ce nom ?
�27�� R.� Oui, oui. Oui, bien s�r. Mais Gusic, d�s le d�but de la guerre, a �t� �28�� gri�vement bless�, et je crois qu'il est parti et qu'il n'est plus jamais Page 30315 � 1�� revenu. Et ici, pour �tre tout � fait clair, il s'agit d'une liste des � 2�� armes recherch�es. Mais de quoi l'unit� a-t-elle dispos� au d�but, avant le � 3�� d�but de la guerre et avant que l'on ait constitu� une section de tireurs � 4�� d'�lite, je l'ignore. Je ne sais m�me pas, d'ailleurs, si une section de � 5�� tireurs d'�lite a bien �t� constitu�e � un moment ou � un autre ou si elle � 6�� n'a jamais �t� constitu�e. Donc je ne sais m�me pas si on peut parler d'une � 7 ��section de tireurs d'�lite.
� 8�� Q.� Mais, Monsieur le T�moin, est-ce que vous pourriez nous dire pourquoi � 9�� ces hommes auraient quitt� votre compagnie en emportant des fusils � �10�� lunette s'ils n'�taient pas eux-m�mes tireurs d'�lite ?
�11�� R.� Mais je vous ai d�j� dit tout � l'heure que les hommes fuyaient. �12�� Probablement qu'au d�but de la guerre on leur a attribu� ces armes, et il �13�� �tait tr�s courant qu'il y ait du trafic d'armes. Il y avait du trafic dans �14�� tous les domaines, et il y avait �galement du trafic d'armes. Et �15�� probablement que ce Gusic, Jerko a re�u cette arme au d�but de la guerre, �16�� mais il a �t� tr�s rapidement bless�, et puis je crois qu'il est parti --
�17�� L'INTERPR�TE : L'interpr�te n'a pas compris la deuxi�me mention par le �18�� t�moin de la destination vers laquelle l'homme en question est parti.
�19�� Mme WEST : [interpr�tation] �20�� Q.� Est-ce que vous pourriez nous dire o� il est parti ?
�21�� R.� Je crois qu'il est parti en Vojvodine. Parce que moi, je ne l'ai pas �22�� trouv� au sein de l'unit� au moment de mon arriv�e.
�23�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, je souhaiterais demander �24�� le versement de ce document.
�25�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Pas d'objection.
�26�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien. Nous allons verser ce �27�� document.
�28�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 24077 de la liste 65 ter Page 30316 � 1�� re�oit la cote P5991, Madame et Messieurs les Juges.
� 2�� Mme WEST : [interpr�tation] Pouvons-nous maintenant afficher le document � 3�� 24076 de la liste 65 ter, s'il vous pla�t. � 4�� Q.� Il s'agit d'un document assez long. En fait, c'est le registre de la 4e � 5�� Compagnie dont il s'agit.
� 6�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, puis-je remettre un � 7�� exemplaire imprim� tant au t�moin qu'� l'�quipe de la D�fense, faute de � 8�� quoi nous risquons d'avoir du mal � nous y retrouver ?
� 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Y a-t-il des objections ?
�10�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Non, au contraire.
�11�� Mme WEST : [interpr�tation] Et pour le compte rendu, je souhaite indiquer �12�� que j'ai annot� � l'intention du t�moin certaines pages que j'ai �13�� l'intention de lui pr�senter dans la copie qui est pr�vue pour lui.
�14�� Q.� Monsieur le T�moin, je voudrais que vous preniez un peu de temps pour �15�� parcourir les pages de ce document et que vous nous disiez si vous le �16�� reconnaissez. Monsieur, reconnaissez-vous ce carnet ou ce type de registre �17�� ?
�18�� R.� Non. D'apr�s ce que j'ai pu feuilleter, non, je ne reconnais pas. Parce �19�� que de facto, moi, je ne suis pas arriv� � l'�poque � la compagnie. J'�tais �20�� encore dans la prison � Mostar.
�21�� Q.� Bon. Je vois que vous �tes en train de vous pencher sur le tout d�but �22�� du registre, mais une fois que vous aurez parcouru les pages, vous verrez �23�� qu'on avance jusqu'� l'ann�e 1994, et c'est une p�riode de temps o� vous �24�� �tiez bel et bien au sein de la compagnie, n'est-ce pas ?
�25�� R.� Je ne suis pas arriv� � ce point-l�. Moi, je suis arriv� au 2 juillet �26�� 1992. Vous avez dit que vous avez num�rot� les pages, mais moi, je ne vois �27�� pas de num�rotation.
�28�� Q.� Permettez-moi de vous poser une question de nature g�n�rale. Etait-il Page 30317 � 1�� habituel pour des compagnies de tenir � jour un registre ?
� 3�� Q.� Est-ce que votre compagnie avait tenu � jour un journal ?
� 4�� R.� Non. Pourquoi voulez-vous qu'elle tienne � jour un journal alors qu'il � 5�� y a des rapports journaliers ? Il y a deux rapports journaliers tous les � 6�� jours. Pourquoi voulez-vous qu'on ait un registre ? Moi, ce document, je le � 7�� trouve tr�s, tr�s louche.
� 8�� Q.� Bon. On se penchera sur certaines des pages � titre concret.
� 9�� Mme WEST : [interpr�tation] Je voudrais qu'on nous montre la page 19 en �10�� version anglaise et la page 19 en version B/C/S.
�11�� Q.� Pour vous, Monsieur, j'indique qu'il y a un Post-it en vert � la page �12�� 19, comme �a vous avez la possibilit� de vous y r�f�rer tout de suite. On �13�� en est au mois de juillet 1992. �14�� Et en haut � droite, il est dit "4e Peloton" et on dit "ao�t 1992". �15�� Et � droite, on voit qu'il est dit Karlo Bauer a re�u un fusil � lunette. �16�� Reconnaissez-vous ce nom-l� ?
�17�� R.� Non. �18�� Q.� [aucune interpr�tation] �19�� R.� Non, non. Ici, c'est un Croate, d'apr�s le nom et le pr�nom.
�20�� Mme WEST : [interpr�tation] Page 34, s'il vous pla�t, pour le B/C/S et pour �21�� l'anglais.
�22� �Q.� Alors, � gauche, vous allez voir "4e Peloton", 400 pi�ces de 5,62 �23�� [comme interpr�t�]; 225, 7,9 millim�tres; et 30 pi�ces de fusils � lunette. �24�� Alors, il semblerait qu'il s'agit de novembre 1992, p�riode � laquelle vous �25�� �tiez d�j� dans les rangs de la compagnie. Est-ce qu'� ce moment-l� il y �26�� avait eu des fusils � lunette dans la compagnie ?
�27�� R.� Combien de fusils avez-vous dit pour les fusils � lunette?
�28�� Q.� Moi, je lis ce qui est dit en anglais. Vous, vous pouvez lire le B/C/S. Page 30318 � 1�� Il est dit "34 [comme interpr�t�] fusils � lunette." Je n'affirme pas qu'il � 2�� y en ait eu autant. Et ma question �tait celle-ci : est-ce qu'il y a eu des � 3�� fusils � lunette dans votre compagnie en novembre 1992 ?
� 4�� R.� Au d�but de la guerre. Mais 34, est-ce que vous imaginez ce que �a veut � 5�� dire 34 fusils � lunette ? Mais il est probable qu'un bataillon n'ait pas � 6�� cela quand il est bien �quip�, celui-l�, et encore moins une compagnie � 7�� d'une centaine d'hommes. � 8�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Est-ce que je peux demander � ce que nous � 9�� puissions voir de quelle unit� il s'agit. Moi, je ne vois nulle part "34". �10�� Quelle est l'origine de ce document ? On ne nous montre pas la r�f�rence �11�� ERN. Sur la version papier, il y a une r�f�rence ERN, mais sur l'�cran, �12�� non. �13�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Eh bien, je m'attends � ce que nous �14�� l'apprenions suite aux questions que vous allez poser. Continuons. �15�� Mme WEST : [interpr�tation] Merci. �16�� Passons � la page 45 des deux versions, B/C/S et anglais. �17�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Mais tant qu'on est encore � cette page �18�� en B/C/S, peut-on demander au t�moin de donner lecture de la quatri�me �19�� ligne. �20�� Mme WEST : [interpr�tation] Merci. Revenons alors � la page 34. �21�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Bien, on est d�j� � la page concern�e en �22�� B/C/S. �23�� Mme WEST : [interpr�tation] �24�� Q.� Est-ce que vous avez entendu la question du Juge Kwon, Monsieur le �25�� T�moin ?
�26�� R.� Alors, le 1er Peloton -- c'est la page de gauche ou la page de droite ? �27�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Non, la page de gauche. �a commence par �28�� "sare"�
Page 30319 � 1�� LE T�MOIN : [interpr�tation] J'ai pas �a, moi. Ou alors c'est pas bien � 2�� �crit. � 3�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que vous voyez l'�cran devant � 4�� vous ? Penchez-vous sur la ligne 4 qui commence par "sare".
� 5�� Est-ce que vous pouvez donner lecture � haute voix. � 6�� LE T�MOIN : [interpr�tation] "Sare SOK sniper," non, c'est difficile � � 7�� lire. Qu'est-ce que �a veut dire, ce SOK ? Il est� difficile de lire � 8�� l'�criture. � 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Est-ce que vous pouvez lire la premi�re �10�� ligne ?
�11�� LE T�MOIN : [interpr�tation] "1er Peloton - 640 KM, 7,62" --
�12�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, la quatri�me ligne, il �13�� faudrait lire : "Sare - 30 KM." �14�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Oui, "KM" probablement, je suppose. Enfin, le �15�� M, c'est vraiment pas �vident. �16�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Bon. �17�� Je vous laisse continuer l'interrogatoire.
�18�� Mme WEST : [interpr�tation] Merci, Monsieur le Pr�sident. �19� D'apr�s nos informations, c'est un document �manant de la 4e Compagnie du 2e �20�� Bataillon de cette brigade; cependant, en ce moment-ci, je ne vais pas �21�� demander le versement de ce document au dossier �tant donn� que le t�moin �22�� lui-m�me n'a pas pr�cis� que c'�tait chose habituelle dans son bataillon �23�� que de tenir � jour un journal. Alors je voudrais que nous passions au 65 �24�� ter 12226 � pr�sent, s'il vous pla�t. �25�� Q.� Monsieur, vous avez rejoint les rangs de la 4e Compagnie en novembre �26�� 1992, n'est-ce pas ?
�27�� R.� Oui. �28�� Q.� Et vous �tes parti de l� en 1994, n'est-ce pas ?
Page 30320 � 1�� R.� Oui. � 2�� Q.� Quand au juste, quel mois ?
� 3�� R.� Je suis parti le 10 avril ou le 10 mars 1994. Je ne m'en souviens plus � 4�� tr�s bien. Et je suis parti parce qu'on m'avait donn� une obligation de � 5�� travail.
� 6�� Q.� L'on est en train de se pencher sur une liste relative � votre � 7�� compagnie dat�e de septembre 1993. Il s'agit d'une liste des soldats � 8�� bless�s. � 9�� Mme WEST : [interpr�tation] Et si on se r�f�re aux deux versions, anglaise �10�� et B/C/S, on voit ici en fait -- oui, la page 5, s'il vous pla�t, pour ce �11�� qui est de la version anglaise. En B/C/S, on voit exactement les m�mes �12�� noms.
�13�� Q.� On voit votre nom ici. Etiez-vous bless� au mois de septembre 1993 ?
�14�� R.� Oui. Oui, j'ai �t� bless�. �15�� Q.� Et tout en haut, num�ro 3, un certain Karlo Bauer qui lui aussi a �t� �16�� bless�. C'est le m�me nom que celui qu'on a vu dans le registre tout � �17 ��l'heure � la page 19 --
�18�� R.� [aucune interpr�tation] �19�� Q.� Donc c'est le m�me nom que le nom de la personne qu'on a vu sur la page �20�� 19 du registre, et on lui a donn�, donc, un fusil � lunette. Vous souvenez-
�21�� vous de lui ?
�22�� R.� Non. Ce nom ne me dit rien du tout. �23�� Mme WEST : [interpr�tation] Je voudrais verser ce document. �24�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui. �25�� Mme LA GREFFI�RE : [interpr�tation] Le document 12226 devient la pi�ce �26�� P5992.
�27�� Mme WEST : [interpr�tation] �28�� Q.� Plus t�t aujourd'hui, sur la page 57 du compte rendu d'audience, quand Page 30321 � 1�� on a parl� du si�ge et quand je vous ai demand� si l'ABiH ne voulait pas � 2�� tout simplement lever le si�ge, vous avez dit : � 3�� "Je suppose que c'�tait justifi� du point de vue de l'intention de � 4�� prendre le contr�le de tout l'Etat de Bosnie-Herz�govine, � savoir de le � 5�� placer sous le contr�le de l'arm�e et de cr�er un Etat qui conviendrait � � 6�� la politique men�e par Alija Izetbegovic."
� 7�� Vous souvenez-vous avoir dit cela ?
� 8�� R.� Oui. � 9�� Q.� Pouvez-vous nous dire en quoi consistait sa politique ?
�10�� R.� Islamisation de Bosnie-Herz�govine. �11�� Q.� Mis � part cela, croyez-vous que les groupes ethniques ne devraient pas �12�� vivre ensemble dans un m�me Etat ?
�13�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Objection, Monsieur le Pr�sident, ceci ne �14�� sort des examens pos�s au cours de l'interrogatoire principal. �15�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Souhaitez-vous r�pondre ou bien passer � �16�� un autre sujet ?
�17�� Mme WEST : [interpr�tation] J'essayais justement de tirer au clair quelque �18�� chose dont on a d�battu au moment du contre-interrogatoire. �19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] De quoi parlez-vous exactement ?
�20�� Mme WEST : [interpr�tation] De la politique d'Alija Izetbegovic. Mais si �21�� vous le pr�f�rez, on peut passer � autre chose. �22�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] �23�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Continuez, Madame West.� �24�� Mme WEST : [interpr�tation] �25�� Q.� Monsieur, nous �tions en train de parler de cette politique et vous �26�� avez dit qu'il s'agissait de cr�er un Etat islamiste de Bosnie-Herz�govine, �27�� enti�rement islamiste. Vous en parlez aussi dans votre d�claration �28�� pr�alable. Monsieur, voici la question que j'ai � vous poser : pendant Page 30322 � 1�� l'interrogatoire principal, M. Karadzic vous a pos� des questions au sujet � 2�� de la p�riode avant 1992, et il vous a demand� ce que vous faisiez, et vous � 3�� avez dit que vous avez �t� dans un camp.
� 5�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Quelle est cette d�claration pr�alable dont � 6�� parle le Procureur ? Est-il possible de la communiquer � la D�fense ?
� 7�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Il s'agit d'une r�ponse, une r�ponse que � 8�� le t�moin vous a donn�e.
� 9�� Madame West, pourriez-vous nous expliquer de quoi il s'agit.
�10�� Mme WEST : [interpr�tation] Eh bien, c'est la derni�re des quatre �11�� d�clarations de ce t�moin. Je ne sais pas quelle est son id�e mais de toute �12�� fa�on, je parle de la question pos�e par M. Karadzic. Il lui a demand� s'il �13�� avait pass� un certain temps dans un camp, et il a r�pondu que oui. �14�� Ensuite, il lui a demand� si c'�tait -- �15�� Q.� Et je vous pose la question : �tait-ce le camp de Ljubuski ?
�16�� R.� Non. C'�tait la prison � Mostar, c'est ce que j'ai dit.
�17�� Q.� Bien. Je vous pr�sente mes excuses. Est-ce que cette prison se trouvait �18�� � Ljubuski ?
�19�� R.� Moi, je suis pass� par Ljubuski quand on nous a amen�s � Stolac, pour �20�� participer � un �change. J'y suis pass� tout comme tous les autres �21�� prisonniers.
�22�� Q.� Donc, vous dites que vous n'avez fait que passer par Ljubuski ?
�23�� R.� Oui. Je me souviens d'un stade o� on nous a pass�s � tabac, ensuite on �24�� nous a fait monter dans des autocars, les m�mes autocars dans lesquels on �25�� nous a amen�s, et ensuite on nous amen�s � Todorovic, � c�t� de Stolac.
�26�� Q.� Dans votre d�claration - et cela se trouve dans toutes les d�clarations �27�� que vous avez donn�es - ici notamment dans le paragraphe 9 : �28�� "J'ai �t� transf�r� de Mostar � Ljubuski, et l�, on m'a pass� � tabac d'une Page 30323 � 1�� fa�on encore plus s�rieuse. Ils m'ont arr�t�. Ils m'ont pes� et je pesais � 2�� 39 kilos [comme interpr�t�]" --
� 3�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Ceci ne d�coule pas du tout des questions � 4�� pos�es au moment de l'interrogatoire principal, et ces questions n'ont pas � 5�� �t� pos�es vu que les Juges pensaient que ceci n'�tait pas pertinent, et � 6�� donc, nous n'avons pas pos� ces questions.
� 7�� Mme WEST : [interpr�tation] Monsieur le Pr�sident, est-ce que je peux vous � 8�� r�pondre ?
� 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui.
�10�� Mme WEST : [interpr�tation] Au moment de l'interrogatoire principal, il a �11�� parl� de son temps pass� dans le camp, et c'est vrai que vous avez �12�� consid�r� que le paragraphe 11 n'�tait pas pertinent, il a donn� les �13�� raisons pour avoir rejoint la RSK, et c'est li� � ce camp.
�14�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Vous avez dit "camp" ?
�15�� Mme WEST : [interpr�tation] Un instant, s'il vous pla�t.
�16�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Vous avez besoin de combien de temps �17�� encore ?
�18�� Mme WEST : [interpr�tation] Un instant, s'il vous pla�t.
�19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Qu'avez-vous dit ?
�20�� Mme WEST : [interpr�tation] J'ai besoin d'encore quelques instants, pas �21�� plus.
�22�� Q.� Monsieur, on ne va pas discuter de Ljubuski, on ne va pas essayer de �23�� voir ce que c'�tait, mais suite � votre s�jour l�-bas vous avez dit que �24�� vous avez repris vos esprits, vous �tes venu � comprendre. Vous avez dit �25�� que : �26�� "�cette haine croissante des Musulmans et Croates contre les Serbes nous a �27�� fait revenir � la raison et comprendre � quel point cette histoire de �28�� fraternit� et d'unit� �tait une histoire fausse, et j'ai pens� � toutes les Page 30324 � 1�� souffrances des Serbes au cours de la Premi�re et la Deuxi�me Guerres � 2�� mondiales, quand nous avons �t� extermin�s en masse."
� 3�� Pourriez-vous nous dire de quoi vous parlez l� ?
� 4�� R.� Bien s�r. Au cours de la Deuxi�me Guerre mondiale, j'ai perdu mes deux � 5�� parents. Les Serbes ont gard� la m�moire de ces �v�nements pour emp�cher � 6�� que l'histoire ne se r�p�te. Les Serbes en Herz�govine ont �t� tu�s en � 7�� masse quand les puits d'Herz�govine ont �t� remplis des corps des Serbes, � 8�� et c'est pour cela qu'on a d�so�l�, tout simplement, dans le sens o� on est � 9�� revenu � la raison, on a compris ce qui se passe. On ne voulait pas qu'on �10�� soit � nouveau jet�s dans des puits, les m�mes puits dans lesquels mon p�re �11�� avait �t� jet�. Pour emp�cher que des choses semblables se reproduisent, eh �12�� bien, j'ai agi comme j'ai agi.
�13�� Mme WEST : [interpr�tation] Je n'ai pas d'autres questions.
�14�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Tr�s bien.
�15�� Monsieur Karadzic, vous avez des questions ?
�16�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Quelques questions tr�s br�ves.
�17�� Nouvel interrogatoire par M. Karadzic :
�18�� Q.� [interpr�tation] Monsieur Zurovac, lorsqu'il a �t� question de �19�� bombardement sans discrimination de certaines positions, qu'est-ce qui a �20�� �t� touch� par ces bombardements ?
�21�� R.� Eh bien, nous savions tous, en fait, o� �taient leurs positions, o� �22�� �taient les n�tres, et tout �tait connu. Et dans les bombardements sans �23�� discrimination, ce sont nos maisons qui ont �t� vis�es pour les d�truire �24 ��afin que nous n'ayons plus o� nous mettre � l'abri, o� dormir. Donc, les �25�� maisons �taient d�truites, tout ce qui pouvait nous �tre d'une certaine �26�� utilit� �tait tout simplement d�truit.
�27�� Q.� Merci. Combien de maisons individuelles ont-elles �t� ainsi d�truites �28�� par des bombardements sans discrimination ?
Page 30325 � 1�� R.� Le long de notre ligne tout a �t� d�truit � 100 %. Il y a des � 2�� enregistrements vid�o, il y a des documents qui documentent cela et qui � 3�� montrent que toutes ces maisons ont �t� d�truites, et malheureusement, � 4�� c'est quelque chose qui continue � se pr�voir.
� 6�� L'ACCUS� : [interpr�tation] Je voudrais que l'on fournisse une nouvelle � 7�� traduction dans laquelle ne figurera pas le mot anglais "randomly" mais la � 8�� notion de "sans discrimination", de bombardements non s�lectifs.
� 9�� M. KARADZIC : [interpr�tation] �10�� Q.� Alors, est-ce qu'il s'agissait de tirs qui visaient la profondeur du �11�� territoire ?
�13�� Q.� Merci. Est-ce qu'il y a eu des victimes civiles, et ces victimes �14�� civiles sont tomb�es sous quel type de tirs ? Des tirs de tireurs isol�s ?
�15�� R.� Oui, certaines ont �t� tu�es par des tireurs d'�lite, d'autres dans une �16�� certaine mesure par des tirs d'artillerie, mais les pertes les plus �17�� importantes �taient dues � des tireurs d'�lite.
�18�� Q.� Merci. Lorsqu'on vous a demand� ce qu'il en �tait de ces fusils �19�� d'�lite, on vous a pos� la question mais vous n'avez pas eu le temps de �20�� r�pondre. Que signifie le mot "tandzara" ?
�21�� R.� C'est un vieux fusil yougoslave.
�22�� Q.� Merci. Alors, ind�pendamment de la question de savoir s'il y avait ou �23�� non une visibilit�, est-ce que vous aviez des tireurs d'�lite qui vous �24�� rendaient compte � vous en tant que commandant et auxquels vous assigniez �25�� des missions ?
�27�� Q.� Merci. Je ne vais pas vous poser de questions concernant les �28�� cons�quences th�oriques d'un si�ge, d'un encerclement. Mais quelle �tait la Page 30326 � 1�� mission militaire de votre compagnie ?
� 2�� R.� Il s'agissait exclusivement de d�fense.
� 3�� Q.� D�fense de quoi ?
� 4�� R.� La d�fense des maisons, de la terre, de notre patrie, l� o� nous sommes � 5�� n�s, l� o� nous vivions. C'�tait un quartier ouvrier, principalement avec � 6�� 90 % de population serbe, donc il s'agissait de d�fendre nos vies, ni plus � 7�� ni moins.
� 8�� Q.� Merci, Monsieur Zurovac.
� 9�� R.� Je vous en prie.
�10�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Concernant votre demande d'une nouvelle �11�� traduction, les Juges de la Chambre en resteront l�. Si vous souhaitez que �12�� cette partie soit traduite � nouveau, je vous demanderais d'en formuler la �13�� demande par �crit.
�14�� L'INTERPR�TE : Correction de la cabine fran�aise : Dans la question de M. �15�� Karadzic une page plus haut, remplacez "ces tirs visaient-ils la profondeur �16�� du territoire" par "y avait-il des tirs visant la profondeur du territoire �17�� ?"
�18�� [La Chambre de premi�re instance se concerte] �19�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Monsieur Zurovac, ceci met fin � votre �20�� d�position. Au nom des Juges de la Chambre, je souhaite vous remercier �21�� d'�tre venu d�poser � La Haye. Vous �tes maintenant libre de repartir.
�22�� LE T�MOIN : [interpr�tation] Merci beaucoup.
�23�� [Le t�moin se retire] �24�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Oui, Monsieur Tieger.
�25�� M. TIEGER : [interpr�tation] Merci, Monsieur le Pr�sident. Je ne sais pas �26�� si les Juges de la Chambre s'appr�tent ou non � lever l'audience, mais j'ai �27�� un point bref � soulever. Donc je souhaiterais simplement que vous �28�� m'informiez quand je peux l'aborder.
Page 30327 � 1�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Allez-y.
� 2�� M. TIEGER : [interpr�tation] Je souhaiterais simplement r�pondre � un e-
� 3�� mail envoy� par Me Robinson faisant part de son opposition � une � 4�� modification de l'ordre de comparution des t�moins. Je crains que nous � 5�� devions protester suite � cela, parce que les Juges de la Chambre aussi � 6�� bien que la D�fense sont parfaitement au courant de la n�cessit� qu'il y a � 7�� � �tablir un ordre de priorit� dans les traductions attendues en fonction � 8�� de la nature de ceux qui sont susceptibles d'�tre utilis�s au contre-
� 9� �interrogatoire. Et compte tenu des modifications multiples dans l'ordre de �10�� comparution des t�moins qui sont d�j� intervenues au cours des semaines �11�� pr�c�dentes, cela a mis � rude �preuve nos ressources et, par cons�quent, �12�� notre capacit� et la capacit� potentiellement du conseil charg� de mener le �13�� contre-interrogatoire � aborder les questions au sujet desquelles il �14�� souhaite obtenir des pr�cisions et �galement concernant la cr�dibilit� du �15�� t�moin concern�. Donc, au vu des changements qui sont d�j� intervenus dans �16�� le pass�, je crois que ceci serait injuste � notre �gard.
�17�� Et je souhaite �tre tout � fait clair, je ne suis pas en train de �18�� dire que ceci est impossible, parce que, comme toujours, nous sommes �19�� dispos�s � faire un effort si la Chambre nous le demande. Mais compte tenu �20�� du fait qu'il s'agit apparemment d'une pr�occupation avant tout d'ordre �21�� th�orique � propos de la capacit� du t�moin � revenir, eh bien, nous �22�� estimons qu'il serait possible de r�gler ceci tout simplement en commen�ant �23�� l'interrogatoire principal du t�moin et ensuite en lui demandant de �24�� revenir, tout en pr�servant l'ordre actuellement pr�vu. Nous estimons que �25�� dans ces conditions les cons�quences pour l'Accusation seraient minimes, �26�� mais que dans le cas contraire elles seraient injustement pr�judiciables.
�27�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je voudrais �tre tout � fait �28�� clair, il s'agit du T�moin Malinovic ?
Page 30328 � 1�� M. ROBINSON : [interpr�tation] Oui.
� 2�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] En tout cas, le t�moin en question est � 3�� l'un de ceux qui �taient cens�s terminer sa d�position avant la fin de la � 4�� semaine en cours, n'est-ce pas ? � 5�� M. TIEGER : [interpr�tation] Pas initialement, mais tel que les choses ont � 6�� fini par appara�tre, oui. Comme je l'ai dit, et pour autant que je m'en � 7�� souvienne, il a eu de multiples changements qui ont fini par avancer la � 8�� comparution de ce t�moin.
� 9�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Je note que vous avez �galement indiqu� �10�� que vous seriez en mesure de vous en sortir malgr� tout. Mais je �11�� souhaiterais qu'apr�s la fin de l'audience d'aujourd'hui vous essayiez de �12�� vous en entretenir avec l'�quipe de la D�fense afin d'essayer de coop�rer �13�� davantage. Une fois que vous l'aurez fait, veuillez nous tenir informer.
�14�� M. TIEGER : [interpr�tation] Tr�s bien, Monsieur le Pr�sident.
�15�� M. LE JUGE KWON : [interpr�tation] Et avant que nous ne levions l'audience, �16�� Monsieur Tieger, je souhaite vous signaler que les Juges de la Chambre, �17�� demain matin, souhaiteraient �galement entendre votre position au sujet de �18�� ce qui suit. Ainsi que les Juges de la Chambre l'ont signal� � de multiples �19�� occasions, ils n'imposeront pas de limitations de dur�e au contre-
�20�� interrogatoire de l'Accusation; cependant, les Juges de la Chambre ont �21�� �galement indiqu� qu'ils continueraient � suivre de pr�s le d�roulement du �22�� proc�s. Nous avons entendu la d�position de 21 t�moins en ne comptant pas �23�� le tout dernier t�moin, Dusan Zurovac. La Chambre rel�ve que l'Accusation a �24�� utilis� bien plus de temps au titre du contre-interrogatoire que ne l'a �25�� fait l'accus� au titre de l'interrogatoire principal et des questions �26�� suppl�mentaires. La Chambre rel�ve �galement que la tr�s grande majorit� de �27�� ces t�moins a donn� lieu � la pr�sentation d'�l�ment de preuve au titre de �28�� l'article 92 ter de fa�on extr�mement limit�e avec des d�clarations courtes Page 30329 � 1�� et tr�s peu de pi�ces associ�es. Souvent, les �l�ments de preuve en � 2�� application de l'article 92 ter se sont concentr�s sur un nombre tr�s � 3�� limit� de sujets. Par cons�quent, les Juges de la Chambre souhaiteraient � 4�� entendre votre position demain matin avant tout autre sujet abord�, votre � 5�� position, donc, quant � la dur�e des contre-interrogatoires de � 6�� l'Accusation.
� 7�� L'audience est maintenant lev�e. Nous reprendrons nos d�bats demain en � 8�� salle d'audience num�ro III � 9 heures du matin.
� 9�� --- L'audience est lev�e � 19 heures 00 et reprendra le jeudi, 15 novembre �10�� 2012, � 9 heures 00.

References: l'article 15
 l'article 92
 l'article 90
 l'article 92
 l'article 92
 l'article 92
 l'article 92
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