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Timestamp: 2016-10-26 13:24:30+00:00

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5A_12/2013 (08.03.2013)
5A_12/2013
repr�sent�e par Me Christian Tamisier, avocat,
recours contre l'arr�t du Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 12 octobre 2012.
M. A.X.________, n� en 1969, de nationalit� fran�aise, et Mme B.X.________, n�e en 1970, de nationalit� suisse, se sont mari�s le 14 juin 1999. Deux enfants sont issus de cette union: C.________, n� en 1999, et D.________, n� en 2001. Les �poux et leurs enfants se sont �tablis au Maroc en juin 2002.
Les parties se sont s�par�es au mois d'avril 2011, l'�pouse �tant revenue vivre en Suisse avec les enfants.
Le 9 mai 2011, l'�pouse a d�pos� une requ�te unilat�rale de divorce devant le Tribunal d'arrondissement de La C�te.
Lors d'une audience du 10 mai 2012, � laquelle l'�poux �tait absent et repr�sent� par son avocat, l'�pouse a requis le prononc� de mesures provisionnelles, concluant � ce que son mari contribue � l'entretien des siens � hauteur de 6'000 fr. par mois, d�s le 1er avril 2011. L'�poux a conclu au rejet de la requ�te de mesures provisionnelles et propos� le versement d'une contribution mensuelle de 750 fr. par mois pour chacun des deux enfants.
B.a Statuant le 4 juillet 2012 par ordonnance de mesures provisionnelles, la Pr�sidente du Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te a condamn� M. A.X.________ � contribuer � l'entretien des siens par le versement d'une pension mensuelle de 4'000 fr., allocations familiales dues en sus, d�s le 1er mai 2011.
L'�poux a interjet� appel contre ce jugement le 16 juillet 2012, en concluant � ce qu'il soit condamn� � contribuer � l'entretien de ses deux fils par le versement d'une pension mensuelle de 750 fr. chacun, d�s le 1er mai 2011.
B.b Par arr�t du 12 octobre 2012, notifi� aux parties le 29 novembre 2012, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: Juge d�l�gu�) a rejet� l'appel et confirm� l'ordonnance du 4 juillet 2012.
Par acte du 31 d�cembre 2012, M. A.X.________ exerce un recours en mati�re civile et un recours constitutionnel subsidiaire au Tribunal f�d�ral. Il conclut principalement � l'annulation de l'arr�t entrepris, subsidiairement � sa r�forme en ce sens qu'il est astreint � contribuer � l'entretien de ses deux fils par le versement d'une pension mensuelle de 750 fr. chacun, d�s le 1er mai 2011, plus subsidiairement encore, au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente. Au pr�alable, il sollicite l'effet suspensif � son recours.
Invit�s � se d�terminer sur la requ�te d'effet suspensif, l'�pouse a conclu � son rejet et l'autorit� pr�c�dente a renonc� � d�poser des observations.
Par ordonnance du 25 janvier 2013, le Pr�sident de la IIe Cour de droit civil a octroy� l'effet suspensif au recours s'agissant des contributions d'entretien dues jusqu'� la fin du mois de novembre 2012 et l'a refus� pour le surplus.
L'arr�t attaqu� portant sur des mesures provisionnelles dans le cadre d'une proc�dure de divorce (art. 276 CPC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF; elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.). Comme le litige porte sur le montant de la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse et des enfants, le recours a pour objet une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Au regard des dispositions qui pr�c�dent, la voie du recours en mati�re civile est ouverte, de sorte que le recours constitutionnel subsidiaire exerc� parall�lement par le recourant est irrecevable (art. 113 LTF; ATF 134 II 379 consid. 1.2 p. 382).
Le recours a par ailleurs �t� d�pos� par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t � l'annulation ou � la modification de l'arr�t entrepris (art. 76 al. 1 LTF), dans le d�lai (art. 46 al. 2 et 100 al. 1 LTF) et dans la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, contre une d�cision prise sur recours par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable.
2.1 La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1 p. 396, 585 consid. 3.3 p. 587), de sorte que seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation ("R�geprinzip", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400; arr�t 5A_99/2011 du 22 septembre 2011 consid. 2.1).
2.2 Aux termes de l'art. 271 let. a CPC (applicable par renvoi de l'art. 276 al. 1 CPC), les mesures provisionnelles en mati�re matrimoniale sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire. Bien que les moyens de preuve ne soient pas restreints aux seuls titres, l'administration de ceux-ci doit pouvoir intervenir imm�diatement (art. 254 al. 2 let. c et 272 CPC). La d�cision est en principe provisoire et rev�tue d'une autorit� de la chose jug�e limit�e. La jurisprudence rendue avant l'entr�e en vigueur du CPC demeure applicable (en particulier l'ATF 127 III 474 consid. 2b/bb p. 478) : la cognition du juge est limit�e � la simple vraisemblance des faits et � un examen sommaire du droit.
Le recours a pour objet la contribution d'entretien en faveur de l'�pouse et des enfants.
3.1 Le juge d'appel a constat� que l'�poux vit actuellement au Maroc, qu'il s'�tait mari� une seconde fois le 19 ao�t 2005 - � l'insu de sa premi�re �pouse - et que deux enfants sont issus de cette union. Le juge d'appel a relev� que la situation professionnelle et patrimoniale du mari est floue. Il a retenu que l'�poux exerce l'activit� de promoteur immobilier et dirige, en qualit� de g�rant ou co-g�rant, une douzaine de soci�t�s � responsabilit� limit�e dans lesquelles il d�tient des parts sociales. Selon des attestations �tablies par la fiduciaire du mari, celui-ci a obtenu des gains de 337'264.12 MAD (dirhams marocains) et support� des pertes de 142'102.36 MAD pour l'ann�e 2011; l'une des soci�t� a une dette de 2'164'965 MAD et il ne per�oit qu'un salaire de 15'000 MAD par mois et une indemnit� mensuelle pour ses frais de d�placement � hauteur de 3'000 MAD. Il ressort �galement des constatations du juge cantonal que l'�pouse a mandat� un expert-comptable, lequel a relev�, dans son rapport du 17 ao�t 2012, que le mari est le propri�taire de quatorze biens immobiliers valant au total 86'336'400 MAD, comprenant la propri�t� de la villa conjugale estim�e � 15'000'000 MAD et grev�e d'un emprunt hypoth�caire de 924'388.05 MAD. L'expertise indique en outre que l'�poux a r�alis� un b�n�fice de 226'459 MAD en 2011 gr�ce aux parts qu'il d�tient dans les soci�t�s qu'il g�re. Estimant, sur la base de donn�es statistiques, que l'�poux per�oit un salaire annuel global de 900'000 MAD pour ses activit�s de g�rant, l'expert �value les revenus annuels de l'�poux � 1'126'459 MAD.
Concernant l'�pouse, l'autorit� pr�c�dente a constat� que, depuis son arriv�e en Suisse, elle habite chez sa famille, �tant sans emploi et sans revenus, son �poux n'ayant vers� aucun montant au titre de contribution d'entretien provisionnelle.
3.2 Statuant sur l'appel, le juge pr�c�dent a pr�alablement refus� de donner suite aux r�quisitions du mari tendant � son audition et � celle des organes de r�vision qui ont �tabli les comptes des diverses soci�t�s dans lesquelles il a des participations, consid�rant que, dans le cadre de mesures provisionnelles, le juge statue sur la base des moyens de preuve imm�diatement disponibles.
Le juge d'appel a ensuite rejet� le grief de violation du droit d'�tre entendu soulev� au regard de la motivation de l'ordonnance de mesures provisionnelles, jugeant que cette d�cision �tait suffisamment motiv�e pour que l'�poux puisse la comprendre et l'attaquer utilement en produisant de nouvelles pi�ces.
S'agissant de la contribution d'entretien, le Juge d�l�gu� a estim� qu'il r�sultait incontestablement des pi�ces produites devant les deux instances cantonales que les parties vivaient au Maroc sur un train de vie confortable, habitant dans une villa luxueuse de plus de 700 m2 habitables, la famille employant du personnel de maison et les deux enfants �tant scolaris�s en �cole priv�e, de sorte que le budget familial se montait � 30'000 MAD par mois, soit environ 3'280 fr. (1 fr. suisse = 9,15 MAD). Le juge pr�c�dent a reconnu que la contribution d'entretien fix�e par le premier juge � hauteur de 4'000 fr. allait au del� de la couverture des besoins minimaux de l'�pouse et des enfants s'�levant � 3'004 fr., comprenant la base de minimum vital (1'200 fr. + 600 fr. deux fois) et les primes d'assurance-maladie (411 fr. 40 + 96 fr. 30 deux fois), mais aucun frais de logement, d�s lors qu'ils sont h�berg�s gratuitement. Le juge d'appel a cependant consid�r� que cette contribution d'entretien "n'�tait assur�ment pas excessive au regard des besoins d'entretien des enfants" et du droit de l'�pouse � participer autant que possible dans la m�me mesure que son �poux au train de vie ant�rieur.
Quant � la question de savoir si la contribution d'entretien fix�e est proportionn�e � la capacit� contributive de l'�poux, le juge d'appel a rejet� le raisonnement de l'�poux consistant � d�duire des r�mun�rations qu'il per�oit de ses soci�t�s les pertes cumul�es des autres soci�t�s pour affirmer que ses gains ne repr�senteraient que 195'161 MAD par an, soit 21'340 fr. auxquels il ajoute son salaire de 15'000 MAD par mois, soit 1'640 fr. Le Juge d�l�gu� a estim� que les revenus du mari sont "tr�s sensiblement plus �lev�s" que 40'922 fr. par an (12 x 1'640 fr. + 21'340 fr.) ou 3'410 fr. par mois, consid�rant que les documents produits par l'�poux � ce sujet ne constituaient pas des taxations officielles et avaient �t� �tablis uniquement pour l'ann�e 2011, post�rieurement au d�p�t de la demande de divorce, les comptes des exercices pr�c�dents n'ayant pas �t� produits, partant que ces pi�ces ne permettaient nullement de cerner les revenus r�els de l'�poux, en particulier qu'ils ne permettaient pas de se fonder sur le b�n�fice net moyen r�alis� durant plusieurs ann�es, ainsi que la jurisprudence le pr�conise. L'autorit� pr�c�dente a en revanche relev� que les pi�ces du dossier, notamment le rapport d'expertise priv�e du 17 ao�t 2012, indiquaient que l'�poux dispose d'une situation financi�re confortable, que les soci�t�s dans lesquelles il d�tient des parts sont florissantes et ont de gros projets immobiliers en cours ou fra�chement achev�s, et que le bilan des ann�es 2010-2011 de l'une des soci�t�s laisse appara�tre que les associ�s, parmi lesquels le mari, ont retir� la contre-valeur de plusieurs centaines de milliers de francs. Pr�cisant que l'expertise priv�e n'a qu'une valeur d'estimation, le Juge d�l�gu� a en d�finitive consid�r� que, en l'absence d'acc�s aux livres comptables des soci�t�s, le montant de 1'126'459 MAD, soit 122'142 fr., repr�sente un ordre de grandeur des revenus annuels du mari parfaitement vraisemblable. L'autorit� pr�c�dente a ainsi jug� que l'�poux est en mesure de s'acquitter d'une pension de 4'000 fr. par mois pour l'entretien de son �pouse et de ses deux enfants.
Le recourant fait grief � l'autorit� d'appel d'avoir viol� son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) � deux �gards, � savoir en refusant son audition et celle des organes de r�vision des soci�t�s dans lesquelles il a des participations, d'une part, et en ne motivant pas son arr�t, singuli�rement en ne livrant aucune analyse de l'expertise priv�e du 17 ao�t 2012, d'autre part. Contestant le contenu de l'expertise produite par l'�pouse et critiquant les comp�tences de l'expert-comptable mandat�, le recourant expose que le juge cantonal ne pouvait pas se fonder sur cette pi�ce sans lui offrir la possibilit� de se d�terminer sur ce "document en tous points farfelus"; partant le magistrat ne pouvait pas renoncer � son audition, voire � requ�rir des d�terminations �crites � ce sujet, sans violer le droit fondamental du recourant d'�tre entendu. Dans sa critique relative au d�faut de motivation de la d�cision attaqu�e, le recourant soutient que l'arr�t querell� ne lui permet pas de comprendre les raisons pour lesquelles le juge d�l�gu� s'est �cart� des "revenus objectivement per�us par le recourant et que ce dernier a d�ment �tabli" pour se baser "exclusivement sur une �expertise� totalement d�nu�e de fondement".
4.1 La garantie constitutionnelle de l'art. 29 al. 2 Cst. pr�voit que toute personne a le droit de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, d'avoir acc�s au dossier, de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur la d�cision � rendre, de participer � l'administration des preuves valablement offertes, � moins que le fait � prouver ne soit d�pourvu de pertinence ou que le moyen de preuve n'apparaisse manifestement inapte � �tablir le fait all�gu�, et de se d�terminer � leur propos (ATF 132 V 368 consid. 3.1 p. 370 s. et les r�f�rences; 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 III 576 consid. 2c p. 578; 127 I 54 consid. 2b p. 56). L'art. 29 al. 2 Cst. ne conf�re pas le droit d'�tre entendu oralement (arr�t 5A_225/2011 du 9 ao�t 2011 consid. 3.2). Le droit d'�tre entendu ne s'oppose pas � ce que l'autorit� mette un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction. Si le juge cantonal a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, il appartient au recourant qui entend la contester de soulever un grief d�taill� � cet �gard (art. 106 al. 2 LTF; ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157; 130 II 425 consid. 2.1 p. 428; 125 I 417 consid. 7b p. 430; 115 Ia 8 consid. 3a p. 11/12 et 97 consid. 5b p. 101).
4.2 En l'occurrence, le grief de violation du droit d'�tre entendu en relation avec le refus d'auditionner le recourant et les organes de r�vision de ses soci�t�s tombe � faux. Il ressort de l'arr�t entrepris que le juge d'appel a estim� disposer de suffisamment d'�l�ments de preuve pouvant �tre imm�diatement administr�s, pour tenir pour vraisemblable que les revenus de l'�poux sont de l'ordre de 1'126'459 MAD par an, soit 122'142 fr. Il appara�t donc que l'autorit� cantonale a proc�d� � une appr�ciation des �l�ments dont elle disposait, autrement dit, � une appr�ciation anticip�e des preuves (cf. consid. 4.1 ci-dessus). Le recourant, qui admet qu'il s'agit d'une question d'appr�ciation du juge qui se trouve confront� � "deux th�ses fondamentalement oppos�es", tout en contestant la valeur probante de l'expertise produite par l'�pouse, soul�ve d'ailleurs le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et dans l'appr�ciation des preuves plus loin dans son recours, en sorte que ce reproche doit �tre examin� sous cet angle (cf. infra consid. 5), non au regard du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Pour le surplus, le recourant ne pr�tend pas qu'il aurait �t� emp�ch� de se d�terminer sur les preuves administr�es, ni de pr�senter une preuve, pas plus qu'il ne soutient que la cour cantonale aurait refus� l'administration d'une preuve offerte, en sorte que l'on peine � comprendre en quoi l'arr�t statuant sur son appel serait constitutif d'une violation du droit d'�tre entendu.
Concernant la motivation de la d�cision querell�e, il appara�t que le Juge d�l�gu� a expliqu� les raisons pour lesquelles il a consid�r� que les revenus de l'�poux sont "sensiblement plus �lev�s que ce que celui-ci indique", en exposant sur plusieurs pages notamment que le train de vie des �poux avant la s�paration �tait confortable, que le mari avait per�u "la contre-valeur de plusieurs milliers de francs" � titre de participation dans l'une de ses soci�t�s, qu'il �tait propri�taire de quatorze propri�t�s, et que les r�mun�rations qu'il admet avoir re�ues ne doivent pas �tre r�duites de sa part des pertes cumul�es des autres soci�t�s. Le recourant se m�prend au demeurant lorsqu'il affirme que le juge cantonal s'est fond� exclusivement sur le rapport d'expertise du 17 ao�t 2012, d�s lors qu'il ressort de l'arr�t entrepris que le juge cantonal s'est r�f�r� tr�s pr�cis�ment � diff�rentes pi�ces du dossier en mentionnant le num�ro de ces pi�ces entre parenth�ses apr�s chaque justification. Il s'ensuit que le grief de violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), en tant qu'il se rapporte � l'obligation de motiver la d�cision attaqu�e, doit �galement �tre rejet�.
Le recourant reproche ensuite au Juge d�l�gu� d'avoir vers� dans l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans la fixation du montant de la contribution d'entretien, laquelle est, selon lui, "hors de proportion avec ses revenus r�els et d�ment �tablis par des organes de r�vision" et contredit manifestement sa situation financi�re objective. Il affirme ainsi qu'il per�oit un revenu net mensuel cumul� de 4'714 fr. 95, partant que le paiement d'une contribution d'entretien de 750 fr. par mois et par enfant, ainsi qu'il le propose, est parfaitement conforme, voire sup�rieur, aux crit�res habituels. Le recourant, qui soutient que la d�cision entreprise contient des "consid�rations irr�alistes" et qui reproche au Juge d�l�gu� d'avoir d�termin� le montant de la contribution d'entretien uniquement sur un document ind�ment d�sign� par le terme "expertise" et sur le contenu duquel il n'a pas pu s'exprimer (en audience), soul�ve en d�finitive le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits et dans l'appr�ciation des preuves.
5.1 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF) et il se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 ss). Cette retenue est d'autant plus grande dans le domaine des mesures provisionnelles, ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (cf. supra consid. 2.2). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquent pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1 p. 398; 133 III 585 consid. 4.1 p. 588 s.), en sorte que le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre que celles-ci sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst., conform�ment au principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.1; ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252; arr�t 5A_338/2010 du 4 octobre 2010 consid. 3.2). Le recourant ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves; il doit indiquer de fa�on pr�cise en quoi ces constatations sont contraires au droit ou entach�es d'une erreur indiscutable, c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (cf. supra consid. 2.1; art. 106 al. 2 Cst.; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254; ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.).
La maxime inquisitoire ne dispense pas les parties de collaborer de mani�re active � la proc�dure en renseignant le juge sur les faits de la cause et en lui indiquant en temps utile leurs moyens de preuve (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 412 ss). Dans le cadre d'une proc�dure sommaire, comme en l'esp�ce (art. 248 let. d CPC; cf. supra consid. 2.2), le tribunal doit �tablir d'office les faits, mais cela ne dispense pas les parties de collaborer activement � la proc�dure. Lorsque, contrairement � ce qu'on serait en droit d'attendre d'elle, une partie refuse de collaborer � l'administration des preuves, celle-ci peut �tre close et le juge se prononce dans le cadre de l'appr�ciation des preuves disponibles. Le recourant qui entend s'en prendre � cette appr�ciation anticip�e des preuves doit alors en d�montrer le caract�re arbitraire (arr�ts 5A_562/2011 du 21 f�vrier 2012 consid. 7.6.1; 5A_783/2010 du 8 avril 2011 consid. 6.1).
5.2 En l'esp�ce, le recourant se limite � all�guer que le juge cantonal a fix� la contribution d'entretien sur la base "de chiffres farfelus issus de nulle part et �tay�s par aucune pi�ce" et en s'�loignant consid�rablement des �l�ments de preuve qu'il a fournis. Il conteste le contenu du rapport d'expertise du 17 ao�t 2012 point par point et pr�sente sa propre version des faits. Or, de simples all�gations de partie - fussent-elles m�me plausibles - ne suffisent pas � prouver un fait, � moins qu'elles ne soient corrobor�es par des pi�ces qui accr�ditent la th�se soutenue (arr�ts 5A_723/2012 du 21 novembre 2012 consid. 4.2.1; 5A_225/2010 du 2 novembre 2010 consid. 3.2 non publi� � l'ATF 136 III 583), ce qui n'est pas le cas en l'esp�ce. Le recourant se limite en effet � livrer, de mani�re appellatoire, sa propre appr�ciation de la cause concernant sa situation professionnelle et ses gains, sans indiquer les �l�ments de preuve qu'il aurait produits et qui n'auraient pas �t� pris en consid�ration par l'autorit� pr�c�dente, ni d�montrer la n�cessit� d'administrer des preuves suppl�mentaires, singuli�rement son audition et celle des organes de r�vision de ses soci�t�s. Le recourant ne discute m�me pas, ni a fortiori ne la remet en cause, l'appr�ciation du juge pr�c�dent selon laquelle les comptes du seul exercice 2011 sont insuffisants pour d�terminer le b�n�fice net moyen (cf. supra consid. 3.2), ni ne produit les comptes des exercices pr�c�dents comme l'a sugg�r� le juge cantonal, pas plus qu'il n'indique en quoi son audition et celle des organes de r�vision permettraient de suppl�er � ces pi�ces. D�s lors que le recourant ne collabore manifestement pas � l'�tablissement des faits en apportant les pi�ces pertinentes pour statuer sur les mesures provisionnelles, notamment en produisant les comptes de ses soci�t�s pour les exercices ant�rieurs � l'ann�e 2011, l'administration des preuves peut �tre close et le juge peut se prononcer sur la base des preuves disponibles. Le recourant qui s'en prend � cette appr�ciation anticip�e des preuves en invoquant l'art. 9 Cst. (cf. supra consid. 5.1), se borne � substituer sa propre appr�ciation de la cause et ses propres calculs � ceux du Juge d�l�gu�, sans tenir compte du raisonnement d�velopp� par celui-ci - il m�conna�t en particulier le fait que le juge cantonal ne s'est pas exclusivement r�f�r� � l'expertise priv�e produite par l'�pouse et pr�cise au contraire qu'elle n'a qu'une valeur d'estimation (cf. supra consid. 3.2) -, mais en le critiquant d�s lors qu'il s'�carte du sien. Il ne d�montre ainsi pas en quoi il serait insoutenable, en l'absence de pi�ces comptables pr�cises, de se fonder sur le train de vie des �poux, sur la fortune du mari et sur les �l�ments indiquant que l'�tat financier des soci�t�s dans lesquelles le mari a des parts est globalement bon, pour d�terminer un ordre de grandeur des revenus du d�birentier. Il s'ensuit que le recourant ne d�montre pas le caract�re arbitraire de l'appr�ciation (anticip�e) des preuves, partant que l'autorit� pr�c�dente aurait vers� dans l'arbitraire dans l'�tablissement des faits relatifs � son revenu. Sa critique est donc irrecevable, faute de motivation conforme aux exigences l�gales (art. 106 al. 2 LTF, cf. supra consid. 2.1 et 5.1).
Vu ce qui pr�c�de, le recours est rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Le recourant, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'octroyer une indemnit� de d�pens � l'intim�e qui a en grande partie succomb� dans ses conclusions sur la requ�te d'effet suspensif - l'effet suspensif a �t� octroy� pour les contributions d'entretien dues du 1er mai 2011 au 30 novembre 2012 et refus� uniquement pour les montants dus � partir du 1er d�cembre 2012 - et n'a pas �t� invit�e � se d�terminer sur le fond (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: ATF 
 art. 106
 ATF 
 art. 95
 ATF 
 art. 106
 ATF 
 ATF