Source: https://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000031150720
Timestamp: 2018-07-18 07:07:37+00:00

Document:
Cour de cassation, civile, Chambre civile 2, 10 septembre 2015, 14-18.297, Publié au bulletin | Legifrance
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Cour de cassation, civile, Chambre civile 2, 10 septembre 2015, 14-18.297, Publié au bulletin
N° de pourvoi: 14-18297
Vu l'article 700 du code de procédure civile, le condamne à payer à la société Icare assurance la somme de 3 000 euros ; rejette les autres demandes ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du dix septembre deux mille quinze, signé par Mme Flise, président, et par Mme Molle-de Hédouville, greffier de chambre, qui assisté au prononcé de l'arrêt.
Moyen produit par la SCP Le Bret-Desaché, avocat aux Conseils, pour la société Icare assurance
- IL EST FAIT GRIEF A l'arrêt attaqué d'avoir confirmé le jugement entrepris, en ce qu'il dit qu'un assureur (la société Icare Assurance) était tenu de garantir un assuré (Monsieur Michel X...) des conséquences de la panne survenue à son véhicule le 21 janvier 2009 et de l'avoir, en conséquence, condamné, in solidum avec le vendeur (la société Profil Auto), à lui régler la somme de 18.300 € ;
- AUX MOTIFS QU'il apparaissait, au vu du rapport d'expertise, que le véhicule était atteint d'un vice caché antérieurement à la vente, vice résidant dans le défaut d'assemblage des carters, ayant entraîné une fuite progressive d'huile ; que, sur les demandes dirigées contre la société Icare Assurance, il ressortait des conditions générales du contrat de prolongation de garantie SECURICAR, versées aux débats par Monsieur Michel X..., que la société Icare Assurance couvrait les risques liés aux pannes du véhicule concerné, notamment : dépannage, remorquage, prise en charge des réparations ; qu'ainsi, aucune restriction quant à l'origine de la panne n'était visée au contrat et ne pouvait être opposée à Monsieur Michel X... ; que la société Icare Assurance était donc tenue à garantie dans les limites contractuelles ; qu'en ce qui concernait la boîte de vitesses, aucune exclusion ne pouvait valablement être opposée à l'assureur alors que la panne ne résultait pas d'une défaillance des joints de la boîte de vitesses, comme relevé ci-avant, mais d'un défaut dans la jonction des carters ;
- ET AUX MOTIFS EVENTUELLEMENT ADOPTES QUE le contrat de prolongation de garantie consentie par la société Icare Assurance, le 7 septembre 2006, contenait un article 4 relatif aux prestations couvertes par l'option garantie complète VN, correspondant à l'option choisie par Monsieur Michel X..., dont un alinéa relatif à la boîte de vitesses et toutes les pièces internes à l'exclusion des joints, exclusions rappelées dans l'article 7 ; qu'il résultait des éléments de fait et de droit du dossier, notamment de l'expertise qui avait mis en évidence que l'origine de la panne survenue à la boîte de vitesses provenait d'une fuite d'huile apparue progressivement à la jonction des différents caractères assemblés à sec sans joint d'étanchéité, que l'exclusion de garantie relative aux joints invoquée par la compagnie d'assurances ne pouvait être retenue, dès lors que l'origine de la panne ne concernait pas directement un joint mais un montage à sec de la boîte de vitesses garantie par l'article 4 précité, de sorte qu'il convenait de condamner in solidum la société Icare Assurance au paiement des sommes précitées, en exécution du contrat d'assurance, alors même que ce contrat au titre des prestations couvertes, garantit la défaillance d'un des organes couverts, entraînant l'indisponibilité immédiate du véhicule, sans exclure un vice caché ;
1°) ALORS QUE l'assureur de dommages ne garantit pas, sauf convention contraire, le vice propre de la chose assurée ; qu'en énonçant que la société Icare Assurance était tenue de garantir Monsieur Michel X... des conséquences de la panne de son véhicule, après avoir constaté que celle-ci provenait d'un vice caché du véhicule et alors que le contrat ne comportait aucune clause couvrant expressément les vices cachés du bien assuré, la cour d'appel a violé l'article L. 121-7 du code des assurances ;
2°) ALORS QUE le défaut de réponse à conclusions équivaut au défaut de motifs ; qu'en condamnant la société Icare Assurance à garantir Monsieur Michel X... des conséquences de la panne de son véhicule automobile, sans répondre aux conclusions de l'exposante (p. 5 à 8), ayant fait valoir que l'assureur de chose ne couvre pas, sauf convention contraire qui n'existait pas en l'espèce, le vice propre du bien assuré, la cour d'appel a méconnu les prescriptions de l'article 455 du code de procédure civile ;
3°) ALORS QUE les clauses d'un contrat d'assurance de chose doivent être mises en oeuvre ; qu'en énonçant que le contrat d'extension de garantie souscrit par Monsieur Michel X... auprès de la société Icare Assurance n'excluait pas le vice caché et couvrait les pannes du véhicule, quelle que soit leur origine, alors que les conditions générales du contrat stipulaient (article 7.3) que les conséquences mécaniques des risques professionnels du constructeur n'étaient pas garanties, ce dont il résultait que le vice propre du véhicule n'était pas couvert, la cour d'appel a violé l'article 1134 du code civil ;
4°) ALORS QUE les juges du fond ne peuvent dénaturer les clauses claires et précises des contrats d'assurance ; qu'en énonçant, tant par motifs propres qu'adoptés, que le contrat SECURICAR n'excluait pas le vice caché du véhicule (jugement, p. 6 § 2 in fine), toutes les pannes étant couvertes, quelle que soit leur origine (arrêt, p. 11 § 2), quand l'article 7.3 du contrat excluait clairement les conséquences mécaniques d'un vice de construction du véhicule, la cour d'appel a dénaturé cette clause de la police d'extension de garantie, en violation de l'article 1134 du code civil ;
5°) ALORS QUE toute clause d'exclusion de garantie d'un contrat d'assurance doit être mise en oeuvre, dès lors qu'elle est formelle et limitée ; qu'en refusant d'appliquer les clauses du contrat (articles 4.3.2 et 7.1) excluant formellement les joints de la garantie, y compris ceux de la boîte de vitesses, au prétexte que la panne du véhicule ne résultait pas d'une défaillance des joints de la boîte de vitesses, mais d'un défaut dans la jonction des carters de celle-ci, la cour d'appel a violé les articles L. 113-1 du code des assurances et 1134 du code civil.
ECLI:FR:CCASS:2015:C201277
Publication : Bulletin 2016, n° 835, 2e Civ., n° 100
Décision attaquée : Cour d'appel de Bordeaux , du 24 mars 2014
Titrages et résumés : ASSURANCE (règles générales) - Garantie - Etendue - Détermination - Clause d'exclusion de garantie - Vice caché
Il résulte de l'article L. 121-7 du code des assurances que dans les assurances de dommages l'assureur ne garantit le vice caché du bien assuré que si le contrat le prévoit expressément.
En conséquence, viole ce texte la cour d'appel qui, après avoir retenu que le dommage avait été causé par un vice caché, condamne l'assureur à le garantir, alors que l'exclusion légale n'avait pas été expressément écartée par le contrat
ASSURANCE DOMMAGES - Garantie - Dommage provenant d'un vice propre de la chose assurée - Clause expresse - Nécessité
Précédents jurisprudentiels : Sur l'exclusion de la garantie en cas de vice propre de la chose assurée, à rapprocher :1re Civ., 4 mars 1986, pourvoi n° 84-16.966, Bull. 1986, I, n° 47 (rejet)
article L. 121-7 du code des assurances

References: l'article 700
 l'article 7
 l'article 4
 l'article 455
 l'article 1134
 § 2
in fine
 § 2
 l'article 7
 l'article 1134