Source: http://verrahrubicon.free.fr/empire_magie.htm
Timestamp: 2018-06-24 16:32:46+00:00

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LA MAGIE DANS L’EMPIRE
RoS 2 p. 21 à 29
L’EMPIRE ET LA RÉPRESSION DE LA MAGIE
Bien des millénaires [...] après la longue guerre entre les elfes et les nains, qui se solda par l’exode des premiers, [le Vieux Monde] se trouva pour l’essentiel abandonné aux orques, aux gobelins et aux tribus barbares des humains. En ces temps reculés, les humains n’étaient que des sauvages vêtus de peaux de bêtes, à peine discernables des orques aux yeux des elfes qui quittaient ces contrées. Ces tribus d’humains primitifs restèrent largement divisées jusqu’à l’avènement de Sigmar Heldenhammer. Sigmar lança et conduisit le mouvement d’unification des tribus antagonistes des humains. Il créa des liens d’amitié avec la race déclinante des nains lorsqu’il sauva Kurgan Barbe de Fer, haut roi des nains, des griffes d’une bande de pillards orques.
Dans ces jours anciens, le peuple de l’Empire de Sigmar entretenait peu de relations avec la magie ou les arts qui s’y rattachent. La plupart des gens pensaient que tout ce qui touchait à la sorcellerie était dangereux par essence, malsain et probablement maléfique. Cette opinion découlait du fait que les quelques humains qui étaient sensibles à la magie n’avaient pas la moindre idée de la manière de s’en servir sans difficulté et encore moins de l’utiliser sans risque. En fait, un grand nombre de ces sorciers primitifs tombèrent sous l’influence corruptrice du Chaos et devinrent fous ou furent absorbés par le royaume du Chaos.
L’influence des nains
Un autre des facteurs significatifs qui contribuèrent à entretenir la méfiance de l’Empire vis-à-vis de la magie et de son usage pourrait bien découler de sa longue association avec les nains. Cette race n’a que peu, voire pas du tout, d’affinité avec la magie; les nains ne sont pas capables de la percevoir comme le peuvent les elfes et certains humains et encore moins de la manipuler pour créer des sorts. Ainsi les nains, qui sont par nature farouchement conservateurs, ont-ils développé un sentiment de suspicion et de méfiance envers la magie. Cette façon de penser a évidemment été renforcée par leur longue et terrible guerre contre les elfes, durant laquelle ceux-ci, maîtres de la magie, l’utilisèrent comme si cela leur était inné.
Dans les tribus humaines, les rumeurs allaient bon train au sujet de l’infamie qui frappait ces pauvres infortunés, accablés par la folie et les mutations physiques à cause de leurs incontrôlables aptitudes magiques utilisées sans formation, jusqu’à ce que Sigmar décrète que de tels individus étaient clairement maudits. Sigmar avait affronté de nombreux sorciers et démons à la guerre et il avait été grièvement blessé par Nagash, le grand nécromancien. Ajoutées aux conseils catégoriques de ses alliés nains et à sa propre foi en la force de son bras et en un honnête labeur, ces expériences contribuèrent probablement à convaincre le premier Empereur que pour maîtriser et faire prospérer son empire, les seules véritables préoccupations de son peuple devaient être de se tenir prêt à faire la guerre et de construire des villes fortifiées de bois et de pierre. Et en aucun cas la magie et l’art de la maîtriser.
Au fil du temps, cette manière de penser finit par gagner de nombreux autres cultes de l’Empire. Nul ne pouvait nier que là où les prédicateurs de Sigmar avaient effectué leurs flamboyantes purifications, il y avait moins de mutants, moins de calamités et pratiquement plus aucune poussée de peste démoniaque.
L’usage de la magie fut interdit pendant des siècles, à la fois par la tradition et par le code civil et même, à certaines époques, officiellement condamné par les dirigeants des cultes religieux. De terribles punitions attendaient ceux que l’on prenait à s’adonner à «l’ensorcellement» et des châtiments plus affreux encore étaient réservés à ceux qui allaient jusqu’à pratiquer «les arts de sorcellerie.» Plus le temps passait, plus le nombre d’adeptes de la magie démasqués et brûlés augmentait. Les prêtres avaient découvert qu’une bonne condamnation au bûcher pouvait à la fois leur servir à protéger leurs ouailles, à rappeler ses devoirs religieux au peuple et à lui procurer un peu de distraction pendant les mois d’hiver.
Dans la plupart des cas, toute personne essayant de protéger les accusés connaissait le même sort, par mesure de sécurité. Des milliers d’innocents furent sans aucun doute exécutés au cours de cette «époque ardente», dans une ferveur religieuse sans cesse grandissante qui persista jusqu’à l’accession au pouvoir de l’Empereur Magnus.
Dans les zones rurales de l’Empire, on pouvait toujours rencontrer des herboristes locaux, des diseuses de bonne aventure, des fabricants d’amulettes, des rebouteux et autres sorciers de village, qui vivent tous de la superstition et de l’ignorance. Pourtant, en dépit du fait que l’on peut à peine considérer ces praticiens comme des utilisateurs de magie, les paysans de l’Empire, craintifs et superstitieux, les traitaient de telle façon qu’aucun d’eux ne pouvait jamais se penser complètement à l’abri des bigots de leurs communautés. Nombre d’entre eux furent chassés de village en village, torturés et brûlés par desfoules terrorisées ou même par les répurgateurs de l’Empereur.
Les rares individus qui étudiaient la magie et l’art de la pratiquer ou, pire encore, qui vénéraient les dieux du Chaos, le faisaient dans le plus grand secret. Il s’agissait invariablement de personnes riches ou nobles, s’engageant dans ce genre de recherches pour tromper leur ennui ou dans le but d’acquérir certains avantages commerciaux, politiques ou guerriers. La majorité possédait de naissance une affinité naturelle avec la magie, d’une nature ou d’une autre. Ces individus riches et puissants étaient ceux qui étaient le mieux à même de dissimuler leurs activités aux yeux du public (mais pas toujours les effets que celles-ci pouvaient avoir sur eux) et qui possédaient les ressources nécessaires pour se procurer les grimoires occultes interdits et les différents objets magiques nécessaires à améliorer leurs capacités.
Pendant toute cette période de persécution, de petits groupes d’individus sensibles à la magie (faisant généralement partie des classes les plus riches) réussirent à se regrouper et à mener des expériences clandestines. Certains créèrent même leurs propres traditions ésotériques, quoique celles-ci fussent d’une portée limitée et assez peu évoluées. Quelques personnes ou comités d’une qualité exceptionnelle réussirent à ne pas tomber sous la domination des ténèbres ou simplement à ne pas s’autodétruire par maladresse. Ces gens apparaissaient de temps en temps au grand jour, toujours au moment des épidémies de peste ou lorsque la guerre déchirait le pays, mais ces groupuscules ne subsistaient jamais bien longtemps. Même pendant la désespérante et apparemment interminable période d’anarchie qui porte
le nom de guerre des Trois Empereurs, les autorités religieuses ou civiles tolérèrent rarement bien longtemps l’existence de telles congrégations occultes, indépendamment du fait que celles-ci pouvaient être totalement inoffensives ou du bien qu’elles tentaient de faire. Tous ceux qui admettaient ouvertement posséder des talents ou des connaissances occultes finissaient inévitablement par être mis à mort, qu’il s’agît d’individus isolés ou de communautés entières.
Malgré quelques dangereux échecs et l’obstination bornée que les répurgateurs mirent à s’efforcer de les démanteler, certaines de ces sociétés secrètes consacrées à la création d’une tradition occulte unifiée se révélèrent remarquablement persistantes au cours des siècles. L’une de ces disciplines, l’alchimie, parvint même à acquérir une certaine respectabilité, une fois qu’elle se fut débarrassée de tous ses liens apparents avec la magie. Malgré cette maigre victoire, les tentatives de rationalisation des arts occultes étaient loin de présenter des formes universelles ou de correspondre à des croyances communes. Au fil des longues années que dura la persécution, le processus d’expérimentation le plus répandu chez ceux qui étaient suffisamment courageux, déraisonnables ou désespérés pour tenter d’élaborer une tradition magique fut la méthode du «ça passe ou ça casse»; avec, évidemment, des résultats très variés.
Il n’est pas inexact d’affirmer que si la répression de l’usage de la magie fut aussi stricte et sanglante, c’est à cause du fait que la majorité des utilisateurs de magie de ce temps s’étaient tournés vers les arts sombres. Comme la législation impériale ou provinciale, pas plus que les règlements ou les doctrines des différents cultes, ne prévoyait aucun moyen légal d’effectuer d’authentiques recherches sur la magie, «l’ère des bûchers» eut une allure de prophétie qui se réalise. La conviction universelle voulait que ceux qui pouvaient utiliser l’énergie magique fussent impurs et maléfiques. Devant de telles superstitions, les individus sensibles à la magie et qui se trouvaient en position de pouvoir l’utiliser décidèrent qu’il valait mieux prendre le risque de se tourner vers les arts sombres. Si cela pouvait leur procurer une chance de se protéger de la persécution des cultes de l’Empire, qu’avaient-ils à perdre? Par ailleurs, nombre d’entre eux étaient convaincus qu’une sensibilité révélée à la magie les condamnait automatiquement au bûcher et à la damnation. Ils avaient donc tout à gagner à étudier les arts sombres, ou même à vénérer les Dieux Sombres eux-mêmes.
MAGNUS LE PIEUX ET LA GUERRE CONTRE LE CHAOS
Au cours des deux millénaires qui suivirent la disparition de Sigmar, des cultes et des sociétés secrètes apparurent partout dans l’Empire. Au cœur de la nuit, dans presque toutes les cités et les villes les plus importantes, leurs membres pratiquaient à la fois leurs dangereuses versions de la sorcellerie, les rites d’invocation de la magie noire et la démonologie. En ce temps-là, la simple mention de sorcellerie suffisait parfois pour attirer les foudres des répurgateurs, avec leurs torches flamboyantes et leurs cruels chiens de guerre.
De toutes les guerres et les épreuves qui ont accablé l’Empire, il en est une qui surpasse tout en monstruosité et en horreur: la Grande Guerre contre le Chaos ou, comme on la nomme parfois, la Grande Incursion du Chaos, menée et remportée par les valeureux hommes de l’Empire et leurs alliés contre les adorateurs de démons des hordes d’Asavar Kul [en 2301 -2303 CI].
Dans les ténébreuses années qui précédèrent l’ouverture du second millénaire après Sigmar, l’Empire vacilla, au bord de l’anéantissement. Des siècles d’une guerre civile impitoyable avaient mis le cœur de l’Empire à feu et à sang et le royaume des empereurs, si glorieux autrefois, avait sombré dans l’anarchie entre les mains de mauvais souverains. Quatre Comtes Électeurs provinciaux s’autoproclamèrent Empereur légitime, chacun d’eux aussi résolu à s’imposer que les autres, et les armées de Marienburg, du Talabecland, de Middenheim et du Reikland marchèrent les unes contre les autres dans d’incessants conflits, ne laissant dans leur sillage que destruction, pauvreté et famine.
Dans les tout derniers jours qui précédèrent le début du troisième siècle du second millénaire, les Vents de Magie descendirent du nord, de plus en plus violents, saturant la terre de l’énergie brute de l’Aethyr. Dans tout le Vieux Monde, les créatures du Chaos, déjà nombreuses, se multiplièrent et prirent de l’assurance, émergeant des profondeurs des forêts et descendant des sommets des montagnes, se jetant sur les villes et les villages pour les piller et les brûler. Il eut été facile de mettre un terme à ces expéditions au début, si seulement les Électeurs des provinces s’étaient alliés pour les repousser. Mais ils ne le firent pas, aveuglés qu’ils étaient par leur arrogance et la méfiance qu’ils ressentaient les uns pour les autres. C’est ainsi que ces offensives du Chaos tournèrent à la guerre ouverte, et les provinces de l’Ostland et de l’Ostermark furent ravagées.
Poussés vers le sud par la marée du Chaos qui submergeait leurs territoires, des guerriers venus de Norsca et de plus loin encore ravagèrent les côtes de l’Empire et de la Bretonnie, et des troupes de maraudeurs, commandées par des élus du Chaos en armure noire, s’aventurèrent dans le sud jusqu’au Hochland et au Middenland. Pour aggraver encore les choses, la désorganisation et la stupidité des seigneurs impériaux de cette sombre et terrible époque permit à de sauvages hordes d’orques et de gobelins, qui avaient été repoussées vers l’ouest par le pouvoir grandissant du Chaos, de mettre à sac les régions frontalières de l’Empire sans la moindre opposition.
La catastrophe atteignit son point culminant durant l’été de l’année impériale 2301. Dans tout l’Empire, on assista à d’inquiétantes manifestations annonciatrices de désastre. On raconte que des puits qui avaient alimenté des villes pendant des générations s’asséchèrent soudainement ou se mirent à vomir une vase infecte. Des chancres mystérieux ou des nuages d’insectes s’abattirent sur les récoltes et les ravagèrent. Le bétail et les animaux domestiques succombèrent à des maladies ou donnèrent naissance à des monstres abominables. On raconte même que l’on vit des poissons pourvus d’ailes s’envoler hors des rivières et des cochons se tenir sur leurs pattes arrière et marcher comme des hommes. Le pays fut submergé par la terreur et l’hystérie collective.
Pris au piège au milieu de tant d’horreurs et de massacres, le petit peuple de l’Empire crut voir la fin du monde approcher. Un grand nombre de gens se tournèrent avec ferveur vers les dieux comme vers une dernière planche de salut et les cultes de l’Empire, particulièrement celui de Sigmar, virent leur puissance augmenter de jour en jour tandis que la populace terrifiée affluait dans les temples. Pourtant, en même temps que ces innombrables fidèles se précipitaient dans le giron des dieux, de nombreuses autres personnes, les désespérés et les exclus, trouvaient le réconfort dans la vénération de divinités plus anciennes et plus sombres. En dépit de l’édit interdisant la pratique de la sorcellerie, on livrait tous les jours de nouveaux utilisateurs de magie aux autorités. Le ciel nocturne était illuminé par les bûchers des répurgateurs et pourtant l’usage de la magie persistait.
Sentant leur temps venu, les fous furieux qui servaient les dieux du Chaos se glissèrent hors de leurs repaires, cachés dans toutes les villes et cités de l’Empire, sautant sur l’occasion d’en prendre le contrôle. Mal préparées, les milices de ces malheureuses agglomérations n’avaient pas la moindre chance de s’en sortir contre les fanatiques serviteurs des sombres puissances et leurs alliés démoniaques. Tous les citoyens qui le pouvaient s’enfuirent de leurs foyers; ceux qui restèrent furent pourchassés dans les rues comme des animaux.
La marée du Chaos
Très loin au nord, le portail du Chaos, démesurément enflé par la poussée d’énergies irrépressibles, commença à dégorger l’ombre noire de l’Aethyr qui se déversa en direction du sud, noyant le Pays Perdu et l’absorbant dans le royaume du Chaos. Les armées du Chaos s’avançaient devant cette irrésistible lame de fond et, tandis qu’elles progressaient toujours plus avant dans le sud, leur nombre grossissait. Les plus puissants des champions du Chaos, accompagnés de leurs troupes guerrières, se joignirent aux monstres des Désolations du nord, qui amenaient avec eux des armées de maraudeurs venus des frontières du Pays des Trolls. Dans les profondeurs de forêts de l’Empire, les mutants et les hommes-bêtes se rassemblèrent et se préparèrent à la guerre.
Entre les Monts du Milieu et la Haute Passe, à de nombreuses lieues au nord de Praag, une abominable horde vouée aux dieux du Chaos fit son apparition. À ce que l’on raconte, il s’agissait de la plus importante armée jamais levée pour déclarer la guerre au Vieux Monde. D’après certains, elle était composée de cent mille guerriers. Mais d’autres affirment qu’ils étaient trois ou quatre fois plus nombreux. Cette redoutable multitude marcha sur le sud en répandant la ruine sur son passage.
À l’approche de l’automne, même les plus grandes capitales de l’Empire tombèrent dans l’anarchie. Les fermes, les villages et les villes les plus écartés furent abandonnés aux maraudeurs du Chaos et un flot continu de réfugiés se précipita vers les cités déjà surpeuplées. Même dans la prospère région du Reikland, autour de Nuln et d’Altdorf, les choses allaient mal. Des monstres rôdaient dans la forêt du Reikwald et les bateaux étaient attaqués et brûlés lors de leurs voyages sur les grands fleuves de la province. Dans les rues de toutes les cités, des fanatiques et des prophètes de malheur haranguaient les foules, chacun prêchant pour ses propres manières d’obtenir la rédemption, toutes aussi déplaisantes les unes que les autres. Désespérés, de nombreux citoyens qui pensaient que la fin du monde était arrivée se joignirent à ces troupes de flagellants et d’oiseaux de mauvais augure emplis de haine envers le monde.
À Nuln, une puissante cabale de sorciers voués à Tzeentch sortit de la clandestinité pour mener des cohortes de démons et de cultistes hurlants à l’assaut contre les forces de la loi épuisées. Quelques citoyens, poussés aux frontières de la folie par la famine et la faim, se soumirent à ce qu’ils considéraient comme la victoire inévitable du Chaos et tentèrent leur chance aux côtés des sorciers, se retournant contre leurs propres frères et sœurs. Les répurgateurs et les prédicateurs firent de leur mieux pour rallier le peuple contre ces serviteurs des sombres puissances et ce fut la guerre dans les rues.
Tapis dans les égouts et dans les ruines des maisons incendiées, les citoyens terrifiés priaient pour leur salut, conjurant les dieux de leur envoyer un signe qui leur montrerait qu’ils n’étaient pas seuls face aux ténèbres montantes. Presque exactement deux mille trois cents ans après la mort de Sigmar Heldenhammer, il sembla que les prières du peuple avaient été entendues. Un signe apparut dans le ciel: une comète à deux queues jumelles, l’antique symbole du divin père fondateur de l’Empire, traversa la voûte des cieux dans toute sa gloire flamboyante. Mais que pouvait bien signifier ce présage?
La réponse à cette question vint sous la forme d’un jeune homme fougueux qui se destinait au séminaire du culte de Sigmar de la cité de Nuln. Il se nommait Magnus et était le plus jeune fils d’une noble famille. Grâce à sa grande clairvoyance, à ses discours passionnés, à son habileté aux armes et à sa foi inébranlable, il attira à lui une armée de fidèles et les mena à la victoire contre les adorateurs des Dieux Sombres, écrasant les forces de la coalition des sorciers et purgeant sa ville de toutes les traces de leur passage.
Mais ailleurs, les forces de l’humanité étaient loin de se montrer victorieuses. La horde du Chaos ravagea le nord du Kislev avant de se porter vers le sud en longeant les contreforts des Montagnes du Bord du Monde, avançant sans relâche vers le cœur du Kislev et la florissante cité de Praag, dont les citoyens paniqués se préparèrent à la guerre. Des milliers de personnes venues des campagnes environnantes se précipitèrent à l’intérieur des remparts, apportant le peu de bétail et de blé ayant échappé aux incessantes épidémies qui avaient accablé la contrée. Mais c’était loin d’être suffisant. Les braves habitants de Praag ne tardèrent pas à souffrir de la famine et, comme ils étaient déjà affaiblis, ils furent nombreux à succomber aux odieuses visites de Grand-père Nurgle.
Cependant, les Kislevites assiégés entendirent parler d’un héroïque chef de guerre du sud. Un certain Magnus montait vers le nord à la tête d’une armée pour se porter à leur secours. En effet, au fil des semaines et des mois écoulés, les troupes de Magnus de Nuln s’étaient beaucoup renforcées. Autour de lui, il avait rassemblé une armée très hétéroclite: des fidèles dévoués de Sigmar et de plusieurs autres cultes, des fanatiques forcenés, des citoyens ordinaires et des soldats professionnels issus des armées des différentes provinces. Reconnaissant en Magnus un chef sous la bannière duquel ils pouvaient s’unir, ou réalisant qu’ils n’avaient pas d’autre choix en ces temps périlleux, les Comtes Électeurs de l’Empire lui avaient juré un soutien inconditionnel et s’étaient joints à lui à la tête de leurs propres troupes.
Le désespoir de Magnus
Néanmoins, l’espoir était une denrée rare en cette époque difficile et malgré sa foi inébranlable en la puissance de Sigmar et en la force de l’unité impériale, le découragement s’insinua dans le cœur de Magnus. Tous les jours, il lisait des rapports rapportés par ses éclaireurs ou détachés de la patte de pigeons voyageurs. Chacun d’eux contenait des histoires horribles et décrivait l’énormité des forces cauchemardesques déployées contre lui. Il écrivit dans son journal de guerre (aujourd’hui conservé à la bibliothèque privée de l’Empereur, au palais impérial) qu’il savait au fond de son âme que les braves hommes et femmes de l’Empire étaient capables de triompher de n’importe quel ennemi mortel. Mais pouvaient-ils y parvenir contre les monstres et les démons du Chaos…?
Magnus savait qu’il lui fallait des alliés; et des alliés capables de lui apporter quelque chose qui faisait défaut à ses propres armées.
Après l’avoir quitté, les elfes avaient évité le Vieux Monde pendant d’innombrables siècles, en fait pendant les deux mille une années qui avaient suivi la mort de Sigmar. Presque trois cent un ans exactement avant l’incursion du Chaos, ils étaient revenus sur les terres des hommes et avaient établi des relations avec l’Empire. Durant ces trois cents années, les élites de la société impériale avaient pu découvrir qu’un certain nombre de légendes courant sur ces elfes prétendument mythiques étaient vraies. Parmi ces légendes, il y avait des histoires relatives à la nature magique de cette ancienne race. Magnus écrivit dans son journal que, malgré sa réticence à cette idée, il sentait bien qu’il n’avait d’autre choix que de demander de l’aide au peuple d’Ulthuan.
Il ne partagea ses doutes avec personne, à part son plus vieil ami et plus proche confident, Pieter Lazlo. Il le pria de prendre la mer à bord d’un navire de commerce pour se rendre à Lothern, en Ulthuan, la seule ville dont les elfes autorisaient l’accès aux humains. Lazlo était porteur d’une lettre adressée au Roi Phénix d’Ulthuan, par laquelle Magnus l’informait de la terrible situation où se trouvait le Vieux Monde et implorait son aide. Lazlo prit la mer à Marienburg, à la tête d’un équipage trié sur le volet, sur l’Espoir de Sigmar (que son propre équipage surnomma le Fol Espoir). Dès le premier instant, ce navire dut affronter mille dangers. Il se leva la pire tempête que l’on ait vue de mémoire d’homme et le capitaine du port de Marienburg les supplia de ne pas prendre la mer, craignant de les voir sombrer avant même d’avoir atteint le large. Mais Lazlo et son équipage savaient bien que s’ils ne prenaient pas le risque de mourir en haute mer tout de suite, ils connaîtraient certainement une mort bien plus affreuse lorsque les forces du Chaos auraient envahi l’Empire. Ils prirent donc la mer.
De sauvages ouragans cinglèrent leur navire pendant la traversée de la mer des Griffes et plus loin sur la mer du Chaos, au nom de si mauvais augure. Là, une vague aussi haute que les murailles d’Altdorf fracassa leur grand mât et, tandis qu’ils luttaient pour le réparer, leur bateau fut poussé par les vents à des lieues de leur itinéraire. Lorsqu’ils arrivèrent enfin tant bien que mal au port de Lothern, leur bateau était dans un triste état et les membres de l’équipage étaient tous affaiblis par la malnutrition et le scorbut. Le panorama qui se révéla à leurs yeux ne leur apporta guère de consolation. Ils passèrent devant le grand phare de la Tour Scintillante et virent que les murailles de l’énorme bâtiment blanc étaient noircies de fumée tandis qu’un grand nombre de ses milliers de lampes avaient été fracassées. Le détroit de Lothern était encombré des épaves fracassées de navires autrefois superbes et des cadavres gonflés des noyés. Le pilote elfe qui monta à bord pour les guider au passage des puissantes fortifications des Portes d’Émeraude dit à Lazlo que Lothern se relevait à peine d’un siège effroyable, qui n’avait prit fin que quelques jours auparavant. Les elfes noirs, leur dit le pilote d’un air sombre, s’étaient une fois de plus attaqués à Ulthuan et leurs armées, flanquées de leurs démoniaques alliés, ravageaient encore les villes et les campagnes de l’intérieur.
À ces nouvelles, le cœur de Lazlo s’emplit de désespoir. Le Roi Phénix offrirait-il son aide à l’Empire alors que son propre peuple était assiégé? Tandis que son navire approchait les immenses docks de Lothern, il aperçut les armées d’Ulthuan qui se rassemblaient pour marcher vers le nord. Comme il venait en tant que représentant officiel de l’Empire, on escorta Lazlo et on le mena aussitôt à la rencontre des émissaires du souverain d’Ulthuan. Il leur dit tout ce qu’il put de la situation dans le Vieux Monde et leur remit la lettre scellée que lui avait confiée Magnus. Finubar, le Roi Phénix, était en train d’élaborer une stratégie dans sa chambre d’état-major, en compagnie de l’archimage Teclis et de son frère Tyrion, champion de la Reine Éternelle, lorsque ses émissaires lui apportèrent la lettre et les nouvelles de Lazlo.
Le roi Finubar savait bien quels dangers menaceraient Ulthuan si le Vieux Monde tombait aux mains des puissances et des potentats du Chaos, mais il savait également qu’il ne pouvait se priver de ses troupes pour les renvoyer avec Lazlo. Les elfes noirs avaient presque réussi à occuper Ulthuan toute entière et s’ils n’étaient pas rejetés à la mer, son peuple était condamné. C’est alors que Teclis entendit l’appel de la destinée et se porta volontaire pour accompagner Lazlo dans le Vieux Monde afin d’apporter toute l’aide qu’il pourrait à la race des humains. Il avait bien compris que si les terres des hommes tombaient aux mains des dieux du Chaos, Ulthuan subirait inévitablement le même sort. C’est ainsi que Teclis répondit à l’appel de Lazlo avec deux de ses confrères, les maîtres du savoir Yrtle et Finreir, et qu’ils unirent leur destinée à celles de Magnus et des armées des humains.
Lazlo conduisit les archimages à la cité-état impériale de Talabheim, où Magnus avait encore rallié d’autres troupes fidèles à sa cause. Dès le début, les siècles d’expérience de Teclis et ses sages conseils se révélèrent d’une valeur inestimable pour Magnus. Celui-ci fut d’abord désappointé que Lazlo n’ait pas réussi à revenir à la tête d’une armée, mais Teclis lui expliqua que la seule force des armes ne suffirait jamais à arrêter l’avancée du Chaos. Avec ses confrères maîtres du savoir, il fit comprendre à Magnus que les humains devaient apprendre à maîtriser la magie de manière à pouvoir l’utiliser en toute sécurité pour résister aux ennemis aethyriques contre lesquels il leur faudrait lutter au cours des semaines à venir. En fervent Sigmarite qu’il était, Magnus fut saisi de grands doutes en entendant les déclarations des archimages, mais il fit confiance à son instinct. Il était convaincu que les elfes qui se tenaient devant lui n’étaient pas habités par le mal. De plus, ces elfes étaient vieux de plusieurs siècles, leurs vies avaient été beaucoup plus longues que la sienne et leur sagesse paraissait presque les environner d’une aura tangible. S’ils affirmaient pouvoir enseigner aux quelques humains qui étaient sensibles à la magie comment l’utiliser pour vaincre les suppôts des Dieux Sombres, alors Magnus ne pouvait refuser ce précieux avantage. Pas devant ce qui l’attendait.
Le consentement de Magnus
Ainsi, Magnus accepta. Il fit jurer aux archimages que, si jamais l’un de leurs protégés humains montrait le moindre signe de corruption, ceux-ci le détruiraient aussitôt. D’un ton qui donna des frissons à tous ceux qui étaient présents, Teclis déclara que même sans cette promesse, toute créature corrompue qui s’approcherait des maîtres du savoir serait anéantie plus complètement que n’importe quel humain ne pouvait véritablement espérer le comprendre. Magnus n’eut pas le moindre doute en entendant ces paroles.
Ce fut ainsi que l’influence des archimages changea le cours de la guerre du Vieux Monde contre le Chaos.
LA DON DE LA MAGIE
Sous l’autorité et avec la permission de Magnus, ainsi que le soutien beaucoup plus réticent de ses subordonnés, la première action de Teclis et de ses confrères (et peut-être celle qui eut le plus profond retentissement) fut d’accorder une amnistie à tous les sorciers de village et aux magiciens mineurs qui existaient dans l’Empire à cette époque, puis de tenter d’en retrouver un aussi grand nombre que possible. On dépêcha des cavaliers aux quatre coins de l’Empire, dans tous les lieux où ils pouvaient se rendre, pour offrir une absolution complète et une formation à tous ceux qui savaient avoir une affinité avec la magie, qui possédaient le don ou qui pensaient le posséder.
Certains d’entre eux firent des rêves étranges ou se sentirent animés d’une irrésistible impulsion de se rendre à Altdorf, comme si une force étrangère les y obligeait. Une fois arrivés là, s’ils se soumettaient à l’estimation de Teclis et à son enseignement et s’ils acceptaient de se battre dans la guerre qui était sur le point d’avoir lieu, aucun agent ou pouvoir de l’Empire ne pouvait plus leur faire le moindre mal. Ils étaient dorénavant sous la protection de Teclis et celle de Magnus de Nuln, le grand unificateur.
L’épuration de Teclis
Les prodigieuses capacités des mages elfes, alliées à leur profonde sensibilité aux moindres mouvements de l’Aethyr, leur permettaient de ressentir jusqu’aux plus petites invocations des moindres lanceurs de sorts humains à des lieues de distance, ce qui leur permettait de détecter eux-mêmes les utilisateurs potentiels de la magie. Grâce à leurs connaissances ésotériques, ils pouvaient traverser l’Empire à une vitesse surnaturelle, ce qui leur permit de découvrir un grand nombre des sorciers primitifs ou fourvoyés qui étaient obligés de vivre dans la clandestinité. Il y eut également ceux qui se rendirent à Talabheim de leur propre gré, pour s’en remettre à l’autorité de Magnus qui représentait leur dernier espoir. Sans perdre de temps, Teclis et ses deux compagnons éliminèrent tous les envoûteurs et thaumaturges qui se révélèrent corrompus au-delà de tout espoir de rédemption.
Teclis laissa de côté les prêtres et les théologiens des cultes de l’Empire, malgré le fait qu’il avait décelé une grande aptitude à la magie chez un grand nombre d’entre eux. Les saints hommes et femmes de l’Empire étaient catégoriques et affirmaient ne posséder ni le pouvoir ni le désir de manipuler la magie. Ils insistaient sur le fait que tous les miracles produits par leurs prières leur étaient directement accordés par la divinité qu’ils vénéraient. On dit que les maîtres du savoir Yrtle et Finreir furent amusés par ces allégations, mais Teclis hocha simplement la tête et abandonna la question. Les prêtres qu’il avait rencontrés étaient déjà capables de canaliser la magie au moyen de leur foi et de leurs rituels; ils n’avaient pas besoin d’apprendre la magie profane que Teclis pouvait leur enseigner. Le grand archimage ne vit aucune raison d’instiller le doute dans leurs cœurs en insistant sur ce sujet.
Teclis et ses confrères commencèrent à enseigner les voies de la magie à leurs étudiants humains, à la grande horreur de nombreux ordres templiers de l’Empire, qui les considérèrent d’un œil terriblement désapprobateur, particulièrement les répurgateurs. En vérité, de nombreuses personnes et de très anciennes institutions de l’Empire furent atterrées de voir que des humains avaient obtenu la permission de s’adonner aux arts de la sorcellerie. Mais Magnus, la Voix de Sigmar, le grand unificateur de l’Empire et son dernier espoir contre les hordes du Chaos, en avait décidé ainsi. Et Magnus était soutenu par le grand théogoniste et les Comtes Électeurs; les répurgateurs furent donc tenus en échec.
Ainsi, ceux qui étudièrent les rudiments des savoirs occultes auprès de Teclis et de ses confrères furent donc les utilisateurs de magie les moins savants, avec quelques praticiens un peu plus évolués qui exerçaient des disciplines secrètes qui n’avaient pas été trop corrompues (qu’ils les aient apprises en terre étrangère ou développées lors d’expérimentations personnelles). Le temps jouait contre eux. Teclis, Finreir et Yrtle enseignèrent donc à leurs élèves des sorts offensifs relativement simples: boules de feu, éclairs et sorts produisant des bruits assourdissants. Mais ils leur enseignèrent également des sorts de soin, pour leur permettre d’aider les blessés sur le champ de bataille et quelques autres techniques semblables qui pourraient s’avérer utiles contre les redoutables légions des Dieux Sombres.
Parmi les nombreux protégés des maîtres du savoir, deux individus excellèrent plus que tous les autres. De nos jours, on prononce encore leurs noms avec admiration et une crainte mêlée de respect: ce sont l’impétueux Friedrich von Tarnus, qui se couvrit de honte comme commandant des Joueurs d’Épées de Carroburg et qui devint le premier patriarche du Collège Flamboyant et, bien sûr, le plus puissant et le plus savant de tous les étudiants de Teclis, celui qui est resté dans l’histoire sous le nom de Volans. Aux côtés de leurs mentors et des autres sorciers impériaux débutants, ces deux personnages jouèrent un rôle vital dans la défaite des armées des Dieux Sombres, mais aussi dans le nettoyage de l’Empire lorsqu’il fallut le purger de la contamination du Chaos.
Au cours de nombreuses batailles pour la défense de l’Empire, les archimages elfes et leurs protégés humains démontrèrent tous qu’ils étaient prêts à verser leur propre sang et ils subirent de graves blessures pendant cette terrible guerre. Le maître du savoir Yrtle lui-même tomba au combat, décapité par une horreur démoniaque griffue à l’instant même où il l’incinérait dans le flot de flammes qui jaillit de ses mains. On l’enterra en Ostermark, avec tous les honneurs dus à son rang.
Les sauveurs de l’Empire
Après la victoire de l’Empire dans la dernière bataille de la Grande Guerre, devant les portes de la cité de Kislev, la puissance du Chaos décrut graduellement. Les démons retournèrent peu à peu dans le royaume du Chaos, où ils furent rejetés par les terribles sorts que leur lancèrent Teclis et ses étudiants humains. Une fois l’obscurité à nouveau chassée de la terre, la cité de Praag fut rasée et reconstruite. Mais en dépit de cela, Praag est restée une cité hantée où l’on dit que les morts ne reposent pas en paix dans leurs tombes.
C’est ainsi que les nouveaux magisters furent salués comme les sauveurs de l’Empire, au même titre que Magnus lui-même. Pour sa part, Magnus fut couronné empereur et les provinces se trouvèrent unies sous une même autorité pour la première fois depuis des siècles. Si les Comtes Électeurs de ce temps ressentirent le moindre doute au sujet de l’intronisation de cet homme aux yeux noirs, un aristocrate de second plan, un ex-séminariste, ils n’en soufflèrent mot. Le peuple de l’Empire avait choisi son souverain et n’admettrait pas la moindre objection.
LA FONDATION DES COLLÈGES DE MAGIE
Pendant [le siècle] suivant, une période connue sous le nom de « Grande reconstruction », l’Empire travailla à réparer les dégâts causés par l’ère de guerre civile qu’il avait traversée et par les déprédations des armées du Chaos. Même si les empereurs qui devaient lui succéder étaient loin de valoir Magnus, un sentiment de fierté et de responsabilité nationale était né dans tout le pays. Sur l’insistance de Magnus, Altdorf révisa ses lois sur la citoyenneté, ajoutant ainsi des milliers de nouveaux contribuables à sa population déjà impressionnante. Avec la victoire sur les hordes du Chaos, le règne de Magnus inaugura une nouvelle ère de paix et de prospérité.
C’était l’ère du changement, mais personne n’était préparé à ce qui devait se produire ensuite. Lors de son accession au trône, Magnus pria Teclis et Finreir de l’aider à créer une institution où les citoyens impériaux pourraient être convenablement formés à l’étude et à la pratique de la magie. Le nouvel Empereur avait pu observer de ses propres yeux à quel point la magie bien contrôlée pouvait se montrer utile pour combattre les forces du Chaos. Il déclara que l’Empire ne pouvait se permettre de se priver d’un atout aussi précieux, particulièrement si l’on considérait qu’on ne pouvait avoir la moindre certitude sur le fait que les forces du Chaos aient été totalement anéanties ou seulement temporairement repoussées.
Finreir commença par s’élever contre cette idée, avançant que les secrets de la magie et de l’art de la maîtriser n’étaient pas destinés aux humains. Les humains et les elfes en étaient déjà venus aux mains dans le passé et cela se reproduirait probablement. Mais Teclis voyait plus loin. Il argumenta que la sécurité ou la ruine du Vieux Monde se trouvaient entre les mains des humains de l’Empire, car leurs terres étaient de loin les plus peuplées et leurs royaumes et leurs armées étaient les plus puissants du continent. Même s’ils se montraient des alliés réticents, les humains pouvaient constituer un rempart capital dans toute future guerre contre les dieux du Chaos et leurs séides. Les elfes ne possédaient plus les forces nécessaires pour remporter une telle guerre à eux seuls. Plus important encore, dit Teclis à Finreir, si les humains n’apprenaient pas à résister aux agressions physiques et spirituelles du Chaos, ils tomberaient peut-être un jour dans les griffes des Dieux Sombres et que se produirait-il alors? Ulthuan, et sans doute la planète entière, seraient condamnées.
Après en avoir longuement débattu dans l’intimité, la sagesse de Teclis finit par triompher et, avec l’aide de Finreir, il fonda les huit Ordres de Magie, à Altdorf selon la requête de Magnus. Altdorf fut choisie pour le bien de l’Empire, car la cité se trouvait suffisamment proche de Nuln, siège du pouvoir de Magnus, pour que l’Empereur puisse surveiller les Ordres naissants, et elle s’en trouvait en même temps suffisamment éloignée pour qu’en cas d’implosion, l’éventuel effondrement des Ordres n’entraîne pas l’Empereur dans leur chute sans qu’il ait eu la possibilité de réagir.
Au cours de l’été 2304 CI, Magnus proclama qu’Altdorf accueillerait les nouveaux Ordres de Magie. Des émeutes éclatèrent aussitôt dans les rues et la population prit la fuite lorsque les hauts elfes entamèrent les manipulations magiques qui allaient leur permettre d’altérer l’architecture même du tissu structurel d’Altdorf afin d’y insérer les bâtiments des nouveaux Collèges. Le peuple finit par revenir pour retrouver sa cité très semblable à ce qu’elle avait toujours été et pourtant immensément changée.
En raison de la magie utilisée pour modifier la structure de la cité, il n’était plus possible de la représenter sur une carte. Les Altdorfers furent obligés de trouver le moyen de s’orienter dans le labyrinthe de ses rues en se basant sur des repères, plutôt qu’en utilisant leur sens de l’orientation. Cela déclencha de nouvelles émeutes mais, après proclamation de la loi martiale, la populace n’eut plus d’autre choix que de se plier à la situation, quoiqu’à contrecœur.
À peine établis, les nouveaux Ordres de Magie commencèrent à courtiser les guildes et leurs chefs. Il semble que les sorciers ne perdirent pas une seconde pour s’impliquer dans les méandres de la politique d’Altdorf. Le grand prince, voyant ce développement d’un œil soupçonneux, instaura un nouveau statut de citoyenneté réservé aux sorciers, celui de "magister", afin de mettre un frein à la croissance de ce nouveau pouvoir. Des lois complexes régissant le commerce, les droits de vote et les droits sur la propriété foncière furent également mises en place dans le but de contrôler l’influence alarmante que prenaient les sorciers dans la cité.
Pendant les quelques années suivantes, les sorciers et la noblesse de la cité manœuvrèrent pour prendre l’ascendant, dans un complexe pas de deux constitué de négociations et de complots. Cependant, à chaque décennie qui passe, les Ordres parviennent à s’attribuer un peu plus de pouvoir et, encore de nos jours, il est de très bon ton pour un membre de l’élite d’avoir un sorcier à sa cour. Il reste à voir ce qu’il adviendra de cette impressionnante force politique dans le futur, car de nombreux sorciers ont l’oreille des gens les plus puissants et les plus influents et ils se mêlent à toutes les couches de la société, sans le moindre contrôle.
Les Collèges impériaux :
L'Ordre Céleste L'Ordre Gris L'Ordre Flamboyant L'Ordre Doré
L'Ordre de Jade L'Ordre Lumineux L'Ordre d'Améthyste La Confrérie d'Ambre
L’Ordonnance Impériale sur la Sorcellerie de 2305 CI
Instruit sur la question par les maîtres du savoir qu’étaient Teclis et Finreir, l’Empereur Magnus savait que toute magie était issue du même vide cauchemardesque que les dieux démons du Chaos, ce qui allait tout à fait dans le sens de son éducation sigmarite. Mais il comprenait également que, de la même manière que les lanceurs de sorts humains s’étaient montrés plus qu’utiles sur le champ de bataille contre les serviteurs du Chaos, ils pouvaient également servir l’Empire de manière plus profonde et durable s’ils étaient suffisamment bien formés et surveillés par d’autres autorités.
Quelques mois après son retour à Nuln depuis Kislev et sa victoire contre les hordes du Chaos, l’Empereur Magnus ratifia définitivement, en présence des Électeurs survivants, le décret de guerre qui avait permis de lever l’interdiction de l’exercice contrôlé de la magie. Bien qu’il y eût une certaine résistance à cette décision, en particulier de la part du théogoniste du culte de Sigmar et du grand prêtre d’Ulric, toutes ces protestations ne firent pas long feu devant la force de persuasion, l’opiniâtreté et l’influence politique de Magnus, le vent en poupe après son éclatant succès militaire contre les hordes impies du nord, et la loi s’imposa.
Les Collèges impériaux furent donc créés en 2304 CI, dans le cadre des réformes radicales de la loi impériale pratiquées par Magnus. Pour permettre aux Collèges d’étudier et de pratiquer la magie, tout en gardant les nouveaux sorciers de l’Empire sous son contrôle, Magnus rédigea l’Ordonnance Impériale sur la Sorcellerie avec l’aide et les conseils de Teclis, du théogoniste, de l’Ar-Ulric et de plusieurs aristocrates et généraux respectés. Ce texte définissait la fondation des Collèges de Magie impériaux, qui allaient fournir à l’Empire des magisters à la formation et la loyauté irréprochables, et qui feraient le serment de le protéger lorsque les circonstances l’exigeraient. L’Ordonnance instaura également certaines restrictions quant au recours à la magie, faisant de toute personne qui la pratiquait sans être membre de l’un des Collèges un « adepte des vils ensorcellements », passible de la peine d’exil ou de mort, pour le bien de tous.
L’Ordonnance habilitait en revanche les magisters des Collèges à « effectuer des recherches magiques et pratiquer la manipulation des énergies aethyriques (magie) pour le bien de l’Empire et sur son territoire ». Ces articles engageaient la responsabilité de toutes les autorités impériales ainsi que celle des Collèges, et toute action illégale et gratuite à l’encontre des Collèges (ce qui ne s’appliquait pas toujours aux magisters en tant qu’individus) était également considérée comme une agression contre l’Empereur et donc, une trahison. Mais les lois et règles établies par l’Ordonnance étaient encore plus contraignantes pour les initiés des Collèges impériaux, qui devaient y adhérer totalement, sous peine d’être exécutés. Et si un Collège entier venait à les enfreindre, son droit d’exister et de pratiquer la magie lui serait immédiatement retiré.
Il existe de nombreux articles en plus de ceux que nous venons d’évoquer, en particulier des restrictions sur le pouvoir politique auquel peut prétendre un magister et les postes d’autorité étatique auxquels ils peuvent accéder selon les circonstances. L’Ordonnance définit également la conduite appropriée pour les magisters et leurs apprentis dans la société impériale.
Il persiste de nombreuses zones de flou dans ce texte, qu’ont d’ailleurs bien exploitées au cours des deux derniers siècles les Collèges, comme les chasseurs de sorcières, au détriment ou en faveur de ces deux pôles d’influence. Les débats sans fin sur la définition exacte des «bonnes raisons » telles qu’elles sont mentionnées dans l’article 6 ou de « favorablement » dans l’article 8 montrent bien que ce texte manque parfois de précision. Certains magisters se sont retrouvés dans de sales draps pour avoir allumé un cierge par magie dans un lieu public, tandis que d’autres n’ont eu aucun souci après avoir rejeté une requête d’un Électeur sous le prétexte qu’ils avaient proposé ce qu’ils considéraient comme une solution « favorable », qui pourtant n’apportait aucune satisfaction à l’Électeur.
Il est peu probable que les faiblesses du texte qu’il avait rédigé aient échappé à un chef aussi judicieux et politiquement engagé que Magnus le Pieux. On se demande encore si les ambiguïtés qui sont apparues dans le document résultèrent des querelles politiques et constitutionnelles qui animaient sans cesse les diverses entités influentes de l’époque, ou si Magnus avait délibérément laissé une part importante d’interprétation dans son Ordonnance, afin de s’assurer qu’aucun groupe ne pût monopoliser le pouvoir et l’autorité après sa mort.
De la même manière, Magnus conforta et limita dans l’Ordonnance la portée du fameux Édit d’Obsidienne, de 2004 CI, dans lequel le culte de Sigmar s’appropriait le devoir saint de traquer et d’anéantir les diableries, la nécromancie, la démonologie, la sorcellerie et les sectes du Chaos qui sévissaient à travers l’Empire. Il le conforta en ce sens que les répurgateurs furent reconnus en tant que forces de l’Ordre et dotés d’un mandat qui leur permettait de pourchasser, de poursuivre en justice et même d’exécuter les envoûteurs, les thaumaturges, les nécromanciens, les mutants, les adorateurs du Chaos et autres renégats. Mais il les contraignit en leur interdisant de poursuivre les magisters reconnus des Ordres de Magie, et leurs apprentis, à moins justement qu’un représentant officiel de l’un des Collèges ne fît appel à eux pour traquer un magister ayant trahi, ou que les répurgateurs fussent eux-mêmes témoins d’un acte abominable commis par un tel sorcier.
Les chasseurs de sorcières étaient également tenus de livrer tout pratiquant de magie de vingt-cinq ans ou moins aux autorités collégiales, sous réserve que l’individu ne fût pas coupable d’adoration démoniaque ou de vile sorcellerie, et qu’il n’eût commis aucun acte odieux.
L’Ordonnance ne fixa bien entendu pas les limites exactes de l’influence et des intérêts respectifs des répurgateurs et des Ordres de Magie, pas plus qu’elle n’assura ou ne renforça la coopération entre ces organisations.
15 premiers articles de l’ordonnance impériale sur la sorcellerie de l’Empereur Magnus
Art. 1. L’allégeance de tout magister va tout d’abord aux idéaux et aux lois du Saint Empire de Sigmar dont les présents Articles font partie intégrante. Elle va ensuite à celui qui est élu de droit Empereur du Saint Empire de Sigmar, puis au Patriarche Suprême des Collèges de Magie, puis aux lois et idéaux de son Ordre, puis au Patriarche de son Ordre, puis aux autorités que chaque magister peut être tenu de servir dans le cadre de ses responsabilités, puis à ses autres supérieurs au sein de l’Ordre.
Art. 2. Nul magister n’est en droit de s’opposer à l’autorité de l’Empereur, que ce soit par malice, ou pour des raisons financières ou politiques. De même, nul magister n’est censé chercher à renverser le pouvoir de l’Empereur, pour quelque raison que ce soit.
Art. 3. Tout magister desdits Collèges se doit d’adhérer aux lois du Saint Empire de Sigmar, quelle que soit sa province, sa région ou sa cité-état, comme tout citoyen, si ce n’est que les magisters sont seuls habilités à étudier la magie et à l’exercer pour le bien de l’Empire.
Art. 4. Les Collèges sont libres d’étudier, de documenter, d’exercer la magie et de pratiquer des expériences sur les forces occultes qui existent en ce monde tant qu’ils adhèrent aux restrictions imposées par Teclis d’Ulthuan, gardent à l’esprit et dans le coeur le bien du Saint Empire de Sigmar, et respectent les Articles de ce document.
Art. 5. Les Collèges ont le pouvoir de conférer quand bon leur semble le droit d’étudier, de documenter, d’exercer la magie et de pratiquer des expériences sur les forces occultes de ce monde à tous leurs initiés, et de choisir leurs apprentis afin de leur transmettre le savoir et la sapience de leurs domaines d’érudition respectifs, pour le bien de l’Empire.
Art. 6. Nul magister n’est censé lancer un sort ou un enchantement en public, en dehors du théâtre de la guerre, sans en avoir reçu au préalable la requête de la part de l’Empereur, des Électeurs du Saint Empire de Sigmar ou de toute autre autorité légitime telles qu’elles sont définies par les Articles de ce document. Tous les sorts et enchantements qui sont lancés sans ces permissions ne peuvent l’être que pour de bonnes raisons évidentes.
Art. 7. Nul magister n’est censé étudier les savoirs interdits des puissances démoniaques, les voies impies de la nécromancie ou les diableries et autres vils ensorcellements qui puisent dans les pouvoirs corrompus de la magie noire. Tout magister contrevenant à cet Article se rend coupable d’un acte abominable et devient de fait un hérétique et un traître. Il sera aussitôt passé au fil de l’épée et porté au bûcher.
Art. 8. Les Collèges doivent répondre favorablement à toute requête raisonnable nécessitant les services spécifiques, dès lors qu’elle émane d’un Électeur du Saint Empire de Sigmar.
Art. 9. Les Collèges doivent se tenir prêts à rendre service aux armées de l’Empereur et des Électeurs de l’Empire, à moins que leur assistance ne soit requise pour contribuer à la sécession d’une province de l’Empire, ou bien pour causer un tort évident au système électoral, à l’autorité de l’Empereur qui siège sur le trône de Sigmar ou à l’unité identitaire et intentionnelle qui définit le Saint Empire de Sigmar, et éviter ainsi de reproduire le désastre des sinistres siècles des Faux Empereurs.
Art. 10. Les Collèges doivent accorder leur protection pour toutes les missions diplomatiques et autres tâches de défense et de guerre que pourra leur assigner le souverain élu de droit du Saint Empire de Sigmar.
Art. 11. Quand ils sont au service des Électeurs du Saint Empire de Sigmar, les magisters peuvent s’attendre à recevoir les facilités de logement, les avantages, le respect et le traitement privilégié auxquels ont droit tous les nobles du Saint Empire de Sigmar.
Art. 12. Les magisters sont autorisés à répondre aux propositions d’emploi de toute personne ou organisation; civile ou religieuse, publique ou privée, noble ou mercantile, à condition que leur employeur ne soit pas un ennemi du Saint Empire de Sigmar ou du peuple, et que cela ne les amène pas à enfreindre l’un ou l’autre des présents Articles.
Art. 13. Tous les magisters sont tenus de chercher activement les pratiquants de magie qui pourraient exister dans les frontières du Saint Empire de Sigmar, afin de s’assurer qu’ils sont aptes à rejoindre l’un des Ordres de Magie ou de les faire connaître des Saints Ordres des Templiers de Sigmar, ou encore de les éliminer s’ils apparaissent comme une menace sévère et directe pour le peuple de Sigmar.
Art. 14. Tous les magisters sont tenus d’apporter leur assistance dès que les Saints Ordres des Templiers de Sigmar la requièrent, dès lors que lesdits Templiers apportent la preuve suffisante que le serviteur du malin auquel ils ont affaire ne peut être capturé ou détruit sans moyens magiques dont ils ne disposent pas.
Art. 15. Tous les magisters sont tenus de s’employer à traquer et à contrer toute forme de machination destructrice et anti-impériale, et de pratique, d’individus ou de créatures qui servent les dieux démons ou contribuent à la corruption des citoyens impériaux par quelque biais surnaturel ou infernal, dès lors qu’ils ne peuvent être maîtrisés par les autorités civiles et les Templiers de Sigmar. Tel doit être le premier souci des Collèges et leur objectif, ainsi que ceux des Ordres et des magisters qui y sont liés. Échouer dans cette mission revient à frapper de nullité tous les Articles de ce document et rendre obsolète leur autorisation de pratiquer librement les arts occultes.
Le titre "Magister" impérial
[…] Le titre "magister" fut créé pour empêcher que les sorciers ne prospèrent aux dépens des burgomeisters. Ils sont essentiellement les vassaux de leur Ordre et ne peuvent mener d’affaires externes ou posséder de grandes propriétés. Le Collège d’un magister fonctionne à la manière d’une baronnie qui serait servie par ses sorciers. Mais au fil des générations, le titre de magister est également devenu honorifique. Il indique que la personne maîtrise un art particulièrement difficile, en l’occurrence celui de la magie, et son érudition et son statut la placent d’une certaine manière au-dessus des autres. Le titre fait également référence à un permis délivré par le Collège et l’Ordre, autorisant à pratiquer l’art et à l’enseigner à autrui. Quiconque porte le titre de magister est considéré comme un frère ou une soeur à part entière de l’Ordre dont il ou elle étudie le savoir, et aux lois duquel il ou elle se soumet.
Malgré la respectabilité de ce titre, les arts occultes, ou magie, tels qu’ils sont enseignés par et aux magisters impériaux, sont toujours largement perçus comme dangereux, contre nature et blasphématoires par les dévots de presque tous les cultes religieux acceptables du Vieux Monde. Bien que peu de personnes osent s’exprimer ouvertement contre un magister impérial, celles qui choisissent de leur plein gré de partager leur table avec lui sont encore plus rares.
Tous les magisters ne sont pas tenus de rester dans l’enceinte de leur Collège à Altdorf. On demande même à la majorité d’entre eux d’aller poursuive leurs études et leurs contrats à travers l’Empire. Certains préfèrent partir d’eux-mêmes, parfois seuls ou au sein d’une guilde ou bibliothèque de l’Ordre, comme il en existe des dizaines à travers l’Empire.
D’autres magisters sont tenus ou invités à rejoindre les cours des Électeurs et autres aristocrates, que ce soit dans le cadre d’un traité, d’un accord commercial ou pour honorer des liens de famille. Le magister peut alors œuvrer comme conseiller, comme émissaire, comme protecteur du domaine contre la magie nuisible, ou même comme mentor d’un rejeton identifié comme aethyriquement apte.
Il est intéressant de noter que les contrats proposés par les Ordres de Magie sont loin d’être donnés, si bien que seuls les plus riches commerçants et aristocrates peuvent s’offrir les services d’un magister (à moins, bien entendu, qu’il soit un membre de la famille, un vieil ami ou qu’il ait une bonne raison de proposer un tarif préférentiel à l’employeur). Il existe également des magisters qui refusent purement et simplement les importants contrats commerciaux, en particulier au sein des Ordres de Jade et d’Ambre. Les sorciers de ce dernier acceptent généralement les contrats plus modestes avec des villages et des fermes, les honoraires suffisant juste à couvrir les frais de base. Certains magisters sillonnent l’Empire ou le monde pour le compte de leur Ordre ou de l’Empire. Quelques-uns disparaissent même de la circulation, ne se montrant qu’une à deux fois par décennie dans le meilleur des cas.
Enfin, il en existe certains, les plus redoutables d’entre tous, détachés permanents auprès de corps d’armée (comme la Reiksguard, par exemple), au sein desquels ils se forment aux tactiques et stratégies de guerre.
LES COLLEGES AUJOURD'HUI [RoS2 p.63 à 68]
Il y a maintenant deux siècles et demi que les Collèges ont été créés sur ordre de Magnus. C’est à cette époque qu’ils ont prospéré, étendant progressivement leur savoir et leur expertise de la magie, tout en renforçant leur emprise politique à travers l’Empire. Malgré leur taille relativement réduite, les Collèges et les Ordres correspondants figurent parmi les puissances les plus importantes de l’Empire moderne. Peu de personnes en sont conscientes, car les Ordres s’efforcent d’adopter un profil bas.
Les Collèges et leurs Ordres sont les seules entités de l’Empire autorisées à exercer et à étudier la magie, privilège qu’ils défendent jalousement. Ils ont établi des traités et des contrats avec plusieurs nobles et d’influentes maisons commerçantes de l’Empire, mais malgré cela, ils restent sous la surveillance rapprochée du culte sigmarite et de ses chasseurs de sorcières. Les gens craignent et se méfient toujours de la magie, et ils ont bien raison. De nombreuses autorités civiles ou religieuses des provinces impériales éprouvent une grande suspicion à l’égard des Ordres, quand elles ne les voient pas comme des menaces directes, les théories de conspiration étant légion.
Bien que Magnus n’ait pas au départ conçu les Collèges pour produire des sorciers de combat par centaines, les sorts les plus puissants que Teclis et Finreir enseignèrent aux Ordres de Magie bourgeonnants s’avérèrent très efficaces sur le champ de bataille. Bien que les Collèges eussent bénéficié dès leur création d’une pléthore de sorts communs et mineurs d’usage plus général, il fallut plus d’un siècle pour que leur savoir occulte commençât réellement à s’étendre.
Aujourd’hui, leur influence est bien plus grande et leurs intérêts s’étendent quasiment aux quatre coins de l’Empire. On trouve à travers toutes les provinces des initiés, des propriétés, des bibliothèques, des contrats et des traités, et dans certains cas des guildes locales et des annexes qui leur sont associées ou qui leur appartiennent. L’Empereur Karl Franz a présidé et encouragé le développement des Collèges impériaux, allant jusqu’à devenir leur plus généreux et influent mécène et partisan. En tant qu’Empereur, Comte Électeur de la province du Reikland et prince de la cité-état d’Altdorf à la fortune légendaire, Karl Franz a cherché à renforcer davantage les liens qui l’unissaient aux puissantes organisations de sa capitale. Bien qu’ils ne puissent rivaliser avec le culte de Sigmar, les Collèges de Magie se situent tout de même parmi les grandes puissances politiques, mais restent soumis à l’autorité de l’Empereur.
Les Collèges sont subordonnés à l’Empereur sur trois plans. Tout d’abord, ils sont tous situés au coeur d’Altdorf, à l’exception de la Confrérie d’Ambre. C’est ainsi que les initiés des Collèges sont officiellement citoyens de la cité-état d’Altdorf et donc sujets à ses lois et à l’autorité de son prince, Karl Franz. Le siège de l’Ordre des magisters de Ghur se trouve quant à lui parmi les sauvages collines d’Ambre, qui dominent Altdorf, mais restent dans le Reikland. Ils sont donc citoyens officiels du Reikland et sujets à l’autorité de Karl Franz, puisque ce dernier est également Comte Électeur de cette province.
Ensuite, les Collèges sont tenus par l’Ordonnance Impériale sur la Sorcellerie de vouer leur loyauté à l’Empereur quel qu’il soit et où qu’il réside, et il se trouve qu’à l’époque actuelle, la couronne repose fermement sur la tête des princes d’Altdorf. Troisièmement, l’Empereur est l’aristocrate qui assure les contributions financières les plus consistantes en faveur des Collèges. À quelques exceptions près, leur prospérité dépend donc beaucoup des fonds impériaux. C’est ainsi que tout Collège n’hésitera pas une seconde pour fournir à Karl Franz l’aide qu’il peut requérir, sans demander la moindre contrepartie immédiate, aussi bien car c’est là leur devoir que parce c’est ce que leur dicte le bon sens politique. De nombreux autres Électeurs s’élèvent contre les liens étroits existant entre l’Empereur et les Collèges de Magie, nourrissant ainsi une certaine amertume vis-à-vis du traitement partial dont bénéficie le prince d’Altdorf. Ces protestations émeuvent cependant bien peu les Collèges et les Ordres confidentiels qu’ils orchestrent.
Pendant le mandat du dernier patriarche suprême des Ordres de magie, du nom de Thyrus Gormann, des pressions subtiles furent exercées auprès du Collège d’Électeurs pour l’accueillir dans leurs rangs et lui permettre de voter lors de l’élection du futur Empereur, ainsi que de ses successeurs. Il reçut une opposition véhémente de la part de tous les Électeurs, à l’exception de Karl Franz et de l’Ancien du Moot, qui affichèrent une attitude neutre sur la question. On pouvait alors supposer que le patriarche suprême aurait apporté son soutien au prince d’Altdorf à chaque fois qu’il aurait eu l’occasion de voter, ce qui aurait d’office assuré cinq votes au prince (qui est également le Comte Électeur du Reikland), en comptant le sien et ceux des sigmarites.
Les sigmarites s’y opposèrent par principe et les autres Électeurs condamnèrent cette option, arguant qu’elle aurait conféré un avantage énorme au comte du Reikland dans toutes les élections. L’Ancien du Moot admit qu’une telle nouveauté n’aurait pas manqué de déséquilibrer davantage le système électoral en faveur du Reikland, mais il avançait également qu’il ne voyait pas en quoi le patriarche était moins habilité à voter que le théogoniste sigmarite et ses deux plus importants archilecteurs, ou même l’Ar-Ulric. Bien que l’idée ne fût jamais plus étudiée, les murmures et les rumeurs continuent d’aller bon train dans toutes les cours des provinces de l’Empire.
Quoiqu’il n’ait actuellement aucune place dans le système électoral de l’Empire, le patriarche suprême des Collèges de Magie reste le représentant permanent des Ordres à la cour impériale. Il est le premier conseiller de l’Empereur pour tout ce qui concerne la magie, l’occulte et ce qu’il considère comme son domaine d’expertise.
Le Patriarche Suprême des Collèges de Magie [LA Emp. V8 p.18]
Le maître des collèges de Magie est appelé patriarche suprême, et sa parole fait loi en matière de magie à travers tout l’Empire. Bien que son mandat soit étendu, le patriarche suprême reste férocement attaché à son ordre. En fait, il est de tradition que le premier décret du nouveau patriarche consiste à réaligner la roue de Magie – le symbole révéré de tous les collèges – afin que l’emblème de son ordre figure au zénith pour signifier sa prééminence.
Tous les huit ans, un sorcier ayant prouvé sa valeur peut défier le patriarche suprême en exercice, leur combat magique se déroulant dans la salle des duels. Cette chambre octogonale abrite en son centre le Bâton de Volans, et le premier sorcier qui parvient à s’en emparer devient le nouveau patriarche suprême.
Dès que le duel commence, des sorts de grand pouvoir sont déchaînés par les duellistes. Les débordements de leur affrontement ne peuvent être contenus qu’au moyen de puissants sceaux de protection et les pouvoirs combinés d’une dizaine de maîtres sorciers. La tradition exige que le duel ne soir pas livré jusqu’à la mort, bien qu’en de maintes occasions, le retour de sort ait laissé peu de reste du perdant à enterrer. Plus inquiétants, mais heureusement beaucoup plus rares, sont les cas où les sceaux magiques se brisent et où s’échappe un nuage de magie opaque qui s’en va tout dévaster sur son passage dans les rues d’Altdorf.
On peut s'interroger sur la légitimité de ce mode de sélection... Une autre description datant du LA Empire WFB4 (p.71), évoque des duels publics, impliquant plus que le titulaire et le candidat:
"Tous les sept ans, les représentants des huit collèges magiques d'Altdorf se réunissent pour décider lequel d'entre eux sera le nouveau Grand Patriarche. C'est une décision importante car les vents magiques seront plus puissants pour le collège dont fait partie le Grand Patriarche, alors que les autres verront leur magie s'affaiblir. L'épreuve pour déterminer l'Ordre dominant prend la forme d'un violent duel magique dans lequel des sorciers gladiateurs et leurs apprentis combattent pour vaincre leurs rivaux. Dans les années passées, ce duel se déroulait sans aucune règle et provoquait souvent la destruction de plusieurs quartiers d'Altdorf, causant un carnage parmi la population civile. Aujourd'hui, le duel se tient dans des limites strictes. Il est devenu l'un des spectacles les plus prisés du calendrier impérial."
Les patriarches suprèmes connus :
- Volans, de l'ordre Lumineux
Premier des Patriaches, élève de Téclis. Sur Volans
- Paranoth, de l'ordre de Jade [LA Emp. V8 p. 19]
Patriarche suprême en 2415 CI, lors de la "nuit des milles duels mystiques"
- Thyrus Gormann, de l'ordre Flamboyant
Patriarche suprême jusqu'en 2520 CI, date à laquelle il est battu par Balthasar Gelt. Sur Thyrus Gorman.
- Balthasar Gelt, de l'ordre Doré
Patriarche suprême depuis 2520 CI. Il est l'architecte du Grand Bastion Doré avant de "trahir" en 2525 pour rejoindre le camp de Valt von Carstein. Sur Gelt.
- Gregor Martak, de l'ordre d'Ambre [FdT Nagash, p. 165 & 197]
Gregor Martak prend la suite de Gelt en 2525 CI. Apparement, il est "nommé" (par l'Empereur ?). Il meurt en 2527 à Middenheim. Sur Martak

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15