Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020306-234055
Timestamp: 2016-10-22 03:45:11+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 8 ss, 06 mars 2002, 234055
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 234055Numéro NOR : CETATEXT000008091743 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-03-06;234055 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 23 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU VAL-D'OISE ; le PREFET DU VAL-D'OISE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 30 avril 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 17 avril 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Abdrahmane Y... ;
- le rapport de Mme Morellet-Steiner, Maître des Requêtes, » - les conclusions de Mme Mignon, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant que M. Y..., ressortissant sénégalais, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 9 janvier 2001, de la décision, en date du 8 janvier 2001, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans la situation visée par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée où le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger ;
Considérant que, si M. Y... fait valoir qu'il est entré en France à l'âge de vingt-cinq ans le 6 octobre 1991, qu'il s'est marié religieusement en 1996 avec Mme Houlèye Y..., ressortissante sénégalaise dont il a eu un enfant, né en France le 15 novembre 1999 et reconnu par lui le 25 novembre suivant et qu'il est hébergé avec sa femme et son fils par le père de Mme Y..., ressortissant français, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. Y... ne s'est marié en France que le 13 décembre 2000 et que son épouse est également en situation irrégulière ; que s'il allègue que ses parents sont décédés, il ne l'établit pas ; qu'il n'établit pas davantage être dépourvu de toute attache familiale au Sénégal ; qu'il n'allègue même pas être dans l'impossibilité d'emmener avec lui son fils mineur ; que, compte tenu des conditions de son séjour en France et de la brièveté de sa vie commune avec Mme Y... et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. Y... au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'ainsi c'est à tort que le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur la méconnaissance de ces stipulations pour annuler l'arrêté en date du 17 avril 2001 du PREFET DU VAL-D'OISE ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... ; Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. Y... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
Sur la légalité externe de l'arrêté :Considérant, en premier lieu, qu'il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par M. Hugues X..., secrétaire général de la préfecture de ce département qui disposait, à cet effet, d'une délégation de signature en date du 5 juillet 1999 régulièrement publiée ; qu'ainsi, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait ;
Considérant, en deuxième lieu, que l'arrêté attaqué vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et énonce les considérations de droit et de fait qui justifient qu'il soit fait application à l'intéressé des dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée ; qu'il est, par suite, suffisamment motivé ;
Considérant, en troisième lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. Y... n'a pas fait l'objet d'un examen individuel ;
Considérant qu'indépendamment de l'énumération, établie par l'article 25 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ne peut légalement faire l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière l'étranger qui relève des dispositions du 7° de l'article 12 bis de la même ordonnance aux termes desquelles : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie familiale et privée" est délivrée de plein droit : ( ...) A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus" ;
Considérant qu'il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'à la date de l'arrêté attaqué, M. Y... n'entrait pas dans le champ d'application des dispositions susmentionnées ; qu'ainsi, le moyen tiré de ce que le PREFET DU VAL-D'OISE ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ne peut qu'être écarté ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DU VAL-D'OISE est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 17 avril 2001 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Y... ;
Article 1er : Le jugement en date du 30 avril 2001 du magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La demande présentée devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par M. Y... est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DU VAL-D'OISE, à M. Abdrahmane Y... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1999-07-05Arrêté 2001-04-17Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bisPublications :Proposition de citation: CE, 06 mars 2002, n° 234055Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme Morellet-SteinerRapporteur public : Mme MignonOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 8 ssDate de la décision : 06/03/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
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 l'article 8
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 l'article 25
 l'article 12
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