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Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire
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1 Schweizerische Interessengemeinschaft für interkulturelles Übersetzen und Vermitteln Association suisse pour l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle Associazione svizzera per l interpretariato e la mediazione interculturale Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire Discussion d exemples de projets et d initiatives couronnés de succès Sur mandat d INTERPRET, Suisse. Association pour l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle: Ruth Calderón-Grossenbacher, Berne, décembre 2010
2 INTERPRET, Suisse. Association pour l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle
3 Table des matières 1 Introduction Contenu de l étude Pilotage et coordination au moyen de mesures Pilotage à l échelon cantonal exemple du canton de Berne Loi sur l intégration prescriptions importantes tant dans le projet de loi que dans les explications y relatives Lignes directrices de la politique d intégration du canton de Berne Directives et guide relatifs à l interprétariat communautaire Aperçu d autres mesures et éléments de pilotage Pilotage à l échelon intercantonal exemple de la Suisse centrale Mise en place d un service d interprétariat et collaboration intercantonale exemplaires Directives et guide relatifs à l interprétariat communautaire des cantons participants Aperçu d autres mesures et éléments de pilotage Pilotage à l échelon institutionnel exemple des Hôpitaux Universitaires de Genève Conditions cadres cantonales Directives et guide relatifs à l interprétariat communautaire Vue d ensemble d autres mesures et éléments de pilotage Promotion de l interprétariat communautaire par la formation continue du personnel Impact de la formation continue interne dans le domaine de la santé Introduction dans le cadre de la formation d enseignants en école primaire Commentaires sur la formation initiale et continue du personnel spécialisé Conclusions et recommandations concernant le pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire Un travail de sensibilisation s impose au plan politique La formation initiale et continue du personnel spécialisé favorise des interventions efficaces Mise en place de structures et de conditions cadres en l absence de bases légales spécifiques Références bibliographiques Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 1
4 1 Introduction Que peut entreprendre un canton, une commune ou une institution pour assurer une mise en œuvre uniforme, de qualité et à bon escient de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle dans sa sphère de compétence? La présente étude montre avec force de détails des exemples tirés de la pratique qui se sont révélés convaincants et prometteurs. Souvent, les mesures structurelles ou autres ne couvrent que partiellement le domaine de compétence de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle. Les mesures adoptées et les expériences faites à ce jour n en forment pas moins une bonne base pour envisager de combler progressivement, au gré des besoins, les lacunes identifiées et de mettre en place un système de pilotage cohérent. Ces démarches sont autant de conditions à une communication réussie entre la population allophone et les instances spécialisées. L étude s appuie sur le rapport intitulé Interkulturelles Übersetzen und Vermitteln im Sozial- und Bildungsbereich: Aktuelle Praxis und Entwicklungspotenzial (disponible en allemand uniquement) que l auteur a rédigé sur mandat de l Office fédéral des migrations 1. A l aide d exemples concrets, il approfondit la description d un système cohérent de pilotage et de coordination de mesures relatives à l interprétariat communautaire et à la médiation interculturelle. Les informations présentées sont le fruit d analyses de documents, de recherches dans la littérature et d entretiens avec des collaborateurs travaillant auprès des instances compétentes. Que soient ici sincèrement remerciés les délégués à l intégration des cantons de Berne, Roland Beeri, de Lucerne, Hansjörg Vogel, et de Schaffhouse, Kurt Zubler, ainsi que la responsable de l interprétariat communautaire des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), Patricia Hudelson. Les exemples retenus portent sur différents domaines et types de pilotage. Ils sont replacés dans le contexte global du canton, de la région ou de l institution dont il est question, sous l angle, d une part, d autres mesures mises en œuvre et faisant défaut et, d autre part, de l étendue des besoins couverts dans le domaine de l interprétariat. Les exemples s entendent comme des suggestions et des éléments d information destinés à guider les instances cantonales et les institutions opérant dans les domaines social, de la santé et de la formation lors de l introduction et de la mise en œuvre de mesures en faveur de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle. 1.1 Contenu de l étude Le pilotage à l échelon cantonal est traité à la lumière de l exemple du canton de Berne, qui a inscrit l interprétariat communautaire dans la loi sur l intégration. Paradoxalement, le caractère exemplaire de cette démarche fait apparaître combien l acceptation de l interprétariat communautaire reste fragile dans le milieu politique. (Chap. 3) Le contrat de prestations instauré par l ensemble des cantons de Suisse centrale pour offrir un service d interprétariat communautaire permet d illustrer la mise en place progressive d un processus intercantonal prospectif au service d une solution régionale. (Chap. 4) 1 Calderón-Grossenbacher Ruth (2010): Interkulturelles Übersetzen und Vermitteln im Sozial- und Bildungsbereich: Aktuelle Praxis und Entwicklungspotenzial. Office fédéral des migrations, Berne Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 2
5 Au sein d une grande entreprise comme les Hôpitaux Universitaires de Genève aussi, il est possible de créer les conditions requises pour que l interprétariat communautaire contribue à une communication de qualité avec des patients allophones. Ainsi qu il ressort d une comparaison avec le nombre d heures d interprétation enregistré par les services officiels dans deux cantons, les institutions jouent un rôle tout aussi important. En 2009, le nombre d heures d interprétation proposées par les Hôpitaux Universitaires de Genève (13 200) était supérieur à celui des heures dispensées par les cantons de Berne (13 472) et de Lucerne (11 421). (Chap. 5) La formation initiale et continue du personnel spécialisé dans la perspective d un recours à des interprètes communautaires dans la communication avec des patients, des clients ou des parents de langue étrangère est judicieuse et généralement associée à un investissement en temps peu élevé. La sensibilisation et l information des professionnels se révèlent tout aussi efficaces pour favoriser le recours à des interprètes communautaires qualifiés, comme en attestent les résultats prometteurs d une initiative allant dans ce sens au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). (Chap. 6) Les exemples cités font apparaître une diversité dans les moyens de piloter, de coordonner et de favoriser l interprétariat communautaire. Il n existe pas de solution unique; il faut examiner la situation au cas par cas et opter pour la solution la plus appropriée, en s appuyant, le cas échéant, sur les expériences recueillies. (Chap. 7) 2 Pilotage et coordination au moyen de mesures A l échelle d un canton ou d une grande commune, respectivement d une ville, le pilotage et la coordination de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle appellent un panachage de mesures. Le tableau ci-après se propose de donner une vue d ensemble des mesures et des instruments auxquels il est possible de recourir. Tableau n 1 Mesures et instruments de pilotage et de coordination de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle au niveau des cantons, des communes et, en partie, des institutions Niveau Instruments et contenu Utilité pour le pilotage et la coordination Prescriptions juridiques et normatives Loi, ordonnance: inscription du principe selon lequel l interprétariat communautaire 2 est utilisé par les services publics (santé, formation, secteur social) comme un moyen de communication avec la population allophone. Clarification des compétences. Droit de comprendre et de se faire comprendre (procédure administrative), arguments éthiques. Intégration contraignante de l interprétariat communautaire dans les prestations publiques et mise en place d une base légale pour la réglementation du financement (postes du budget) 2 Dans ce tableau, le terme interprétariat communautaire recouvre également la médiation interculturelle. Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 3
6 Suite du tableau n 1 Niveau Instruments et contenu Utilité pour le pilotage et la coordination Instructions régissant la pratique Conditions cadres financières Conditions cadres structurelles Lignes directrices, concept d intégration et plan de mesures: définition, pour une période donnée, des priorités de l offre d interprétariat communautaire et de médiation interculturelle. Ces priorités ont une valeur indicative et sont fixées à des fins de planification. Directives et guide: définition de normes contraignantes et de critères régissant le recours à des interprètes communautaires, le déroulement des mandats et la prise en charge des coûts. Intégration des postes dans le budget global: selon le type de financement, en tant que budget global ou ventilé entre les différents domaines et services (secteur social, santé, formation, autres, etc.) Contrat de prestations, critères applicables aux contributions financières: définition contraignante des tâches, du contrôle de la qualité, des conditions de collaboration avec des services spécialisés éprouvés (p. ex. services d interprétariat communautaire, service d interprétariat communautaire téléphonique, etc.) Accès à l information et à la sensibilisation et moyens de les garantir: lieux pertinents pour la diffusion de l offre d interprétariat communautaire sur Internet et mise à disposition des bases (directives, guide) et des instruments (p. ex. formulaires) élaborés à cette fin. Garantie de l accès à des interprètes communautaires professionnels, en désignant officiellement l instance compétente en matière de recrutement et de contrôle de la qualité (service interne ou externe). Mise en place de créneaux horaires et de locaux pour la formation continue du personnel spécialisé, p. ex. au travers de formations internes ou externes autour de la conduite d un trialogue et de la collaboration avec des interprètes communautaires. Le rapport établi sur le déroulement de la période et l évaluation des priorités offrent la possibilité d un ajustement et d une poursuite des actions au cours de la période suivante. Ces mesures permettent d harmoniser la pratique et, par l application de critères clairs, d informer le personnel spécialisé dans la pratique. Cette mesure crée une base permettant de contrôler l évolution des coûts. Au besoin, elle offre en outre la possibilité d adapter le budget ou les mesures. La désignation transparente du (des) service(s) spécialisé(s) et des services externes compétents permet de clarifier les compétences et la question de la rétribution. La subordination de l octroi des contributions financières à des critères de qualité contribue au contrôle de la qualité. Dès lors que les informations sont mises à disposition de manière uniforme à l ensemble des personnes intéressées, cette mesure contribue à la transparence tout en facilitant l accès à des informations orientées vers la pratique. Voir plus haut sous la rubrique consacrée au contrat de prestations Ces mesures permettent d améliorer la qualité de la collaboration entre les spécialistes et les interprètes communautaires et de soutenir une communication efficace avec des clients allophones. Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 4
7 3 Pilotage à l échelon cantonal exemple du canton de Berne 3.1 Loi sur l intégration prescriptions importantes tant dans le projet de loi que dans les explications y relatives La loi sur l intégration est en cours d élaboration dans le canton de Berne. La procédure de consultation a pris fin à l été Les règles régissant l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle dans le canton de Berne sont présentées et commentées ci-après au regard des différents niveaux et aspects (prescriptions juridiques et normatives, instructions régissant la pratique, conditions cadres financières et structurelles) Extraits du projet de loi Les articles cités sont extraits de la version mise en consultation en avril Extraits de la loi sur l intégration du canton de Berne (version mise en consultation) 3 Chapitre 3 Tâches du canton et des communes Art. 5 Application 3 Lorsque les personnes concernées ne maîtrisent aucune langue officielle, les autorités cantonales et communales utilisent dans la mesure du possible une langue qu elles comprennent. 4 Les dispositions de la législation spéciale et de celle sur la procédure relatives à l utilisation de la langue sont réservées. Art. 12 Canton et communes en qualité d employeurs 3 Le canton et les communes veillent à former leurs collaborateurs en matière d intégration et favorisent leurs compétences interculturelles. Chapitre 5 Financement Art. 21 Principe 1 Le canton et les communes financent les mesures d encouragement à l intégration, et de prévention et de lutte contre le racisme dans leur domaine de compétences respectif conformément à la présente loi et à la législation spéciale. 2 Le canton peut en particulier financer des mesures et des projets pour a améliorer le niveau de culture générale des étrangers et leurs connaissances linguistiques, b promouvoir la compréhension linguistique, (suivi d une énumération d autres tâches) Art. 22 Subventions aux communes et aux tiers 1 Le canton accorde des subventions au sens de l article 21 par voie de décision ou par le biais de contrats de prestations. 2 Les subventions sont attribuées subsidiairement aux contributions financières des communes, de la Confédération et des tiers Extraits des explications relatives à la loi Le projet de loi a été envoyé en consultation avec le rapport explicatif, le «Rapport présenté par le Conseil-exécutif au Grand Conseil concernant la loi sur l intégration» (qui correspond, dans la législa- 3 Les passages en gris, surlignés par l auteur, correspondent à des passages faisant apparaître la pertinence de l introduction de mesures en faveur de l interprétariat communautaire. Pour consulter le texte intégral: Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 5
8 tion fédérale, au «Message relatif à la loi»). Le rapport présente les intentions visées par la réglementation et constitue en ce sens un texte utile pour son interprétation. Les passages suivants sont extraits de la version présentée dans le cadre de la procédure de consultation menée en avril 2010: Extraits du Rapport présenté par le Conseil-exécutif au Grand Conseil concernant la loi sur l intégration Principes de la politique d intégration nationale p. 9: Il lui paraît essentiel que les étrangers puissent avoir un accès égalitaire aux prestations de l Etat, ce qui peut être réalisé par la traduction des informations dans les principales langues de la population migrante, le recours accru à l interprétariat communautaire ou l engagement de collaborateurs plurilingues. Article 5 (Application) Alinéa 3 La langue joue un rôle crucial dans l intégration des étrangers. Parallèlement aux exigences posées à l égard des étrangers dans l apprentissage de la langue parlée dans le canton, il est tout aussi important que les autorités puissent communiquer avec eux 15. Les difficultés de compréhension d ordre linguistique constituent, en matière de migration, un obstacle majeur pour accéder aux services publics ainsi qu aux informations. La Conférence tripartite sur les agglomérations considère qu il y a beaucoup à faire pour améliorer les compétences linguistiques des administrations publiques 16. Elle recommande à la Confédération, aux cantons et aux communes de recourir à l interprétariat communautaire et à la médiation interculturelle pour les cas majeurs. Il est demandé au canton et aux communes à l alinéa 3, dans la mesure de leurs possibilités, de communiquer avec les étrangers ne connaissant aucune langue nationale, dans une langue qui leur est compréhensible. L article 6 de la loi sur les langues 17 contient une disposition analogue concernant les autorités fédérales. Les administrations publiques ont la mission de permettre aux personnes étrangères d obtenir les prestations de l Etat. L application de cette disposition se limite en principe aux personnes récemment arrivées en Suisse qui ne parlent pas encore la langue (cf. article 3 alinéa 2). La législation spéciale sur les connaissances linguistiques (cf. le droit de procédure) a la préséance pour autant qu elle s applique (alinéa 4). Bien que l importance de l interprétariat communautaire soit incontestée, il est rarement cofinancé par les pouvoirs publics. La Confédération verse des prestations leur permettant ainsi d offrir leurs services à meilleur marché. Elle finance également de telles prestations dans le domaine de l asile et d autres procédures administratives, comme pour l assurance-accident obligatoire. En revanche, les soins médicaux de base et l aide sociale font exception: le financement de l interprétariat communautaire n y fait l objet d aucune réglementation, bien que ces deux secteurs soient vitaux. C est pourquoi le principe énoncé à l alinéa 3 fera l objet d une réglementation ultérieure, consignée le cas échéant dans leur législation respective. 15 Voir l article d Alberto Achermann et Jörg Künzli sur ce thème, publié dans le cadre du programme national de recherche (PNT) 56 du Fonds national suisse de la recherche scientifique Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse: Zum Umgang mit den neuen Sprachminderheiten, 2009, 16 Avenir de la politique suisse d intégration des étrangers, rapport de la CTA du 28 mai Loi fédérale du 5 octobre 2007 sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques (Loi sur les langues, LLC; RS 441.1). 4 Les passages en gris, surlignés par l auteur, correspondent à des passages faisant apparaître la pertinence de l introduction de mesures relatives à l interprétariat communautaire. Pour consulter le texte intégral: 804&linkName=Rapport de la loi sur l`intégration Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 6
9 5.1 Répercussions sur les finances et le personnel La loi proposée donne au canton de Berne les outils d une politique de l intégration orientée vers le futur et lui offre les moyens de promouvoir l intégration en agissant tôt et de façon préventive. Les moyens devant être engagés dans ce cadre doivent donc être considérés comme un investissement qui conduira à d importantes économies sur le moyen et le long terme. Le modèle proposé aura comme conséquence de requérir un engagement financier et de personnel accru de la part du canton et des communes dans le domaine de la promotion de l intégration et de la lutte contre le racisme. Il est prévu que les mesures fassent l objet d une planification de législature spécifique récurrente à l intention des Directions. Les moyens engagés, qu il n est pas possible de quantifier pour l heure, demeureront toutefois soumis au processus budgétaire habituel et peuvent donc être planifiés et pilotés. En 2007, 8000 personnes en provenance de l étranger se sont installées dans le canton de Berne. On table sur un volume d immigration légèrement inférieur à moyen terme. En comptant avec l arrivée de 6500 personnes dont la moitié au plus nécessiteraient une consultation approfondie, les dépenses du canton pour les entretiens qui se déroulent dans les centres de compétences Intégration devraient s élever à francs à l avenir. Cette somme comprend les frais de base des services professionnels d interprétariat communautaire et des centres de compétences Intégration (garantie de la subvention fédérale jusqu en 2011), le personnel supplémentaire nécessaire et le coût de l interprétariat communautaire. En effet, l entretien qui se tient au centre de compétence doit pouvoir être traduit, tout particulièrement lorsqu il s agit de personnes dont l intégration ne paraît pas facile car elles ne maîtrisent pas la langue de leur lieu de résidence. 5.3 Répercussions sur les communes En comptant au maximum 5% à 10% de nouveaux arrivants, ou 320 à 640 accords d intégration, le coût de personnel, de traduction et d accompagnement représente 1500 francs par cas pour la commune, soit à francs au total. Si l aide sociale gère déjà un dossier, c est elle qui garde la responsabilité du cas concerné, en assumant les frais à titre de prestations circonstancielles et d aide matérielle. Les dépenses peuvent ainsi être admises à la compensation des charges et supportées conjointement par le canton et les communes Rôle des bases légales Les prescriptions juridiques et normatives, telles que les lois et les ordonnances, constituent une base pour la définition contraignante des tâches et des prestations de l Etat ainsi que des obligations financières qui y sont associées. En vue d un pilotage cohérent de ces prestations, il est possible de définir, au niveau de la loi, les éléments suivants: - inscription du principe selon lequel l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle constituent pour les services publics (santé, formation, secteur social) des moyens de communication avec la population allophone; - droit de comprendre et de se faire comprendre (procédure administrative), arguments éthiques; - responsabilités de l organisation, financement et contrôle de la qualité Evaluation du projet de loi sur l intégration du canton de Berne Le projet de loi sur l intégration du canton de Berne contient tous les éléments essentiels requis aux fins d une mise en pratique cohérente de l interprétariat communautaire: Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 7
10 Conformément au principe énoncé à l art. 5, al. 3, les autorités communales et cantonales, dès lors qu elles communiquent avec des personnes qui ne maîtrisent pas la langue nationale, se doivent d utiliser une langue que ces dernières comprennent. De ce principe découle la possibilité de recourir à l interprétariat communautaire lorsque le personnel n est pas en mesure de communiquer dans une des langues qui conviendraient. Art. 12, al. 3: Le canton et les communes doivent assurer la formation des collaborateurs, qui ont des contacts fréquents avec la population migrante, à des questions relevant de l intégration et à une compétence transculturelle. La formation du personnel est un élément clé pour la qualité de la communication entre les instances administratives et les personnes de langue étrangère. Cette disposition peut également servir de base à la formation initiale et continue aux situations de trialogue et favoriser ainsi la mise en place d une collaboration efficace avec des interprètes communautaires. Art. 21 à 24 régissant les conditions cadres financières et le contrôle de la qualité: Ces articles décrivent les mesures que le canton peut financer et les conditions applicables. Il est mentionné explicitement à l art. 21, al. 2b que le canton peut financer la mise en place d offres visant à promouvoir la compréhension linguistique. En l espèce, le financement n est pas assuré uniquement par le canton, mais subsidiairement à d autres contributions versées par la Confédération, les communes et des tiers. Les articles 22 à 24 décrivent les grandes lignes de la procédure de financement des mesures. La conclusion d un contrat de prestations et l octroi de subventions sur voie de décision sont subordonnés à l existence d un besoin attesté et au fait que le partenaire contractuel soit une instance reconnue disposant de collaborateurs spécialisés compétents et des expériences correspondantes. Les contrats de prestations régissent les prestations désignées, la rétribution, les objectifs, dont l efficacité est contrôlée à intervalles réguliers (conformément aux indications de la planification de mise en œuvre récurrente, tous les quatre ans), la mise à disposition des données et informations nécessaires ainsi que le respect des conditions de travail usuelles au niveau local et dans la branche. Aux termes des explications, des réglementations supplémentaires doivent être édictées pour le financement de l interprétariat communautaire dans les domaines des soins médicaux de base et de l aide sociale. La mention explicite de ces éléments contractuels et procédures dans le projet de loi et dans les explications y relatives offre une base transparente pour une mise en œuvre appropriée et un contrôle de la qualité conséquent, dans la perspective également d un contrat de prestations sur l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle Commentaires sur le projet de loi sur l intégration du canton de Berne Dans le rapport explicatif (présenté par le Conseil-exécutif), les arguments relatifs à la nécessité de l interprétariat communautaire sont cités et placés dans le contexte de la politique d intégration actuellement menée par la Confédération dans les commentaires relatifs aux dispositions de l art. 5, al. 3. En outre, les coûts escomptés des entretiens de conseil, interprétariat communautaire compris, sont présentés de manière transparente. A cet égard, les réponses recueillies dans le cadre de la procédure de consultation font apparaître que les partis politiques sont majoritairement hostiles à une prise en charge des coûts par les pouvoirs publics. Selon les indications fournies par le délégué cantonal à l intégration, il se pourrait que l art. 5, al. 3 soit supprimé dans la version remaniée, au motif qu il ne contient qu une formulation potestative et ne serait pas contraignant. Ainsi, les conditions cadres financières et la participation aux coûts ne seraient définies qu au niveau de l ordonnance. Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 8
11 Le projet de loi est conçu de manière exemplaire et remplit les conditions d une mise en œuvre claire et d un pilotage cohérent de mesures d interprétariat communautaire et de médiation interculturelle. Pour l heure, l acceptation politique de cette prestation constitue encore un frein à la reprise dans la loi de réglementations allant dans ce sens. 3.2 Lignes directrices de la politique d intégration du canton de Berne D une manière générale, les lignes directrices de la politique d intégration visent à définir les priorités dans le domaine de l intégration pour une période donnée. Ces priorités ont une valeur indicative et sont fixées à des fins de planification. Après un certain temps, un rapport sera établi sur la mise en œuvre des priorités et leur évaluation; il servira de base à une adaptation et à la définition des étapes suivantes. Elaborées avant la loi sur l intégration, les lignes directrices de la politique d intégration du canton de Berne ne font qu indirectement référence à l interprétariat communautaire et à la médiation interculturelle, ainsi que le montrent les extraits ci-après. Politique d intégration du canton de Berne: lignes directrices, Conseil-exécutif 4 juillet Introduction (p. 2): Le présent document, qui doit servir de fil conducteur à l administration bernoise, précise les objectifs de la politique d intégration cantonale, les principes qui sous-tendent le processus d intégration ainsi que les domaines d intervention prioritaires. Il devrait également intéresser les communes et la population du canton qu elle soit indigène ou étrangère. Car en fin de compte, il importe avant tout d inciter les principaux concernés à se lancer dans la grande aventure du dialogue interculturel. I Qu entend-on par intégration? Réciprocité et cohabitation L intégration est un processus bilatéral qui requiert la volonté d adaptation des uns et une certaine ouverture des autres à l égard d us et coutumes différents. L objectif est de favoriser la cohabitation des populations suisse et étrangère sur la base des valeurs constitutionnelles ainsi que dans le respect et la tolérance mutuels. La Confédération, les cantons et les communes veillent à ce qu une information appropriée soit dispensée aux étrangers concernant les conditions de vie et de travail en Suisse, et en particulier leurs droits et obligations, posant ainsi les bases d une intégration réussie. Pour leur part, les nouveaux arrivés doivent se familiariser avec le mode de vie et les règles de la société d accueil, en essayant de les intégrer dans leur quotidien. 5 Les passages en gris, surlignés par l auteur, correspondent à des passages faisant apparaître la pertinence de l introduction de mesures en faveur de l interprétariat communautaire. Pour consulter le texte intégral: SOA/fr/Soziales/Migration/Leitbild_Integration_F.pdf. Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 9
12 IV Principes phares L intégration se construit sur les ressources individuelles Chaque individu qu il soit migrant ou autochtone a des connaissances et des compétences qui lui sont propres et lui permettent de se faire une place dans la société. Les ressources des migrants doivent être mobilisées pour leur intégration, mais elles constituent aussi un apport. Ainsi, qui dit migration, dit souvent plurilinguisme et savoir interculturel, deux éléments pouvant être d une grande utilité (pour des activités de médiation interculturelle notamment). L intégration tient dûment compte des différences Enfin, des mesures sont adoptées information, rencontres interculturelles, etc. pour favoriser la compréhension mutuelle et pour balayer les préjugés Evaluation des lignes directrices de la politique d intégration L interprétariat communautaire et la médiation interculturelle sont traités de manière nettement moins concrète dans les lignes directrices de la politique d intégration que dans le projet de loi élaboré subséquemment. Des formulations comme «Ainsi, qui dit migration, dit souvent plurilinguisme et savoir interculturel, deux éléments pouvant être d une grande utilité (pour des activités de médiation interculturelle notamment)», le principe «L intégration tient dûment compte des différences» et l adoption de mesures visant à favoriser la compréhension mutuelle et à balayer les préjugés laissent penser que, dans certains cas, l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle sont pertinents et nécessaires. Cela étant, le texte ne contient aucune indication explicite allant dans ce sens et ne permet donc pas d étayer une argumentation solide en faveur de la mise en œuvre de mesures en faveur de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle. 3.3 Directives et guide relatifs à l interprétariat communautaire Par la définition de normes contraignantes et de critères clairs, des directives ou un guide permettent de régir le recours à des interprètes communautaires, le déroulement des mandats et la prise en charge des coûts. En plus de guider les experts dans la pratique, ces outils permettent d harmoniser le pilotage et la coordination au niveau cantonal Absence de directives cantonales relatives à l interprétariat communautaire dans le canton de Berne Le canton de Berne n a signé aucun contrat de prestations avec un service d interprétariat communautaire. De fait, il n existe ni directive cantonale relative à l interprétariat communautaire ni guide correspondant. Des contrats de prestations ont été conclus entre le service d interprétariat communautaire «Comprendi» et les instances suivantes dans le canton et les villes: - Inselspital, Hôpital universitaire de Berne (subventionné par le canton) - Clinique psychiatrique universitaire de Waldau (subventionnée par le canton) - Villes de Berne et de Bienne (subventions par les villes) Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 10
13 Ces contrats de prestations sont régis par le guide du service d interprétariat communautaire «Comprendi»: Merkblatt zum Einsatz von interkulturellen Übersetzerinnen und Übersetzern von Comprendi 6 (recommandations pour le recours à des interprètes communautaires). Il règle le recours à des interprètes communautaires, à l exclusion toutefois des aspects financiers, qui figurent dans les contrats de prestations. La ville de Berne a rédigé à l intention de ses employés des conseils visant à les aider dans leurs relations avec des personnes qui ne maîtrisent pas la langue officielle locale («Tipps für den Verwaltungsalltag») 7. Le rapport sur l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle mandaté par l Office fédéral des migrations 8 contient une description exhaustive des réglementations financières applicables dans la ville de Berne. La ville de Bienne a conclu un contrat de prestations avec le service d interprétariat «Se comprendre», destiné aux francophones, dans lequel, selon les renseignements fournis par la déléguée cantonale à l intégration de la ville de Bienne, tous les aspects formels tels que le prix et le contrôle de la qualité sont réglés de manière similaire au contrat conclus avec «Comprendi». On ne trouve aucun guide relatif à la collaboration avec des interprètes communautaires sur Internet, ni aucune information sur le déroulement des mandats 9. Pour sa part, la ville de Langenthal a signé un contrat de prestations avec le service régional «Interunido» (qu elle subventionne), dont les recommandations ne contiennent que peu d instructions à l intention du personnel spécialisé sur l entretien en situation de trialogue, mais fournissent des informations sur les compétences requises pour l interprétariat communautaires et le déroulement des mandats Aperçu d autres mesures et éléments de pilotage Le tableau ci-après donne un aperçu des mesures et des instruments de pilotage et de coordination disponibles dans le canton de Berne, de la manière dont les tâches sont déjà intégrées dans la loi et les contrats de prestations ainsi que des lacunes qui subsistent. 6 (en allemand uniquement) 7 (en allemand uniquement) 8 Calderón-Grossenbacher Ruth (2010): Interkulturelles Übersetzen und Vermitteln im Sozial- und Bildungsbereich: Aktuelle Praxis und Entwicklungspotenzial. Office fédéral des migrations, Berne, p. 36 ss (en allemand uniquement) Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 11
14 Tableau n 2 Remarques sur d autres mesures et éléments de pilotage disponibles dans le canton de Berne Instruments et contenus Conditions cadres financières Intégration des postes dans le budget global: selon le type de financement, en tant que budget global ou ventilé entre les différents domaines et services (secteur social, santé, formation, autres, etc.) Contrat de prestations, critères applicables aux contributions financières: définition contraignante des tâches, du contrôle de la qualité, des conditions de collaboration avec des services spécialisés éprouvés (p. ex. services d interprétariat communautaire, service d interprétariat communautaire téléphonique, etc.) Conditions cadres structurelles Accès à l information et à la sensibilisation et moyens de les garantir: lieux pertinents pour la diffusion de l offre d interprétariat communautaire sur Internet et mise à disposition des bases (directives, guide) et des instruments (p. ex. formulaires) élaborés à cette fin. Garantie de l accès à des interprètes communautaires professionnels, en désignant officiellement l instance compétente en matière de recrutement et de contrôle de la qualité (service interne ou externe). Utilité pour le pilotage et la coordination Cette mesure crée une base permettant de contrôler l évolution des coûts. Au besoin, elle offre en outre la possibilité d adapter le budget ou les mesures. La désignation transparente du(des) service(s) spécialisé(s) et des services externes compétents permet de clarifier les compétences et la question de la rétribution. La subordination de l octroi des contributions financières à des critères de qualité contribue au contrôle de la qualité. Dès lors que les informations sont mises à disposition de manière uniforme à l ensemble des personnes intéressées, cette mesure contribue à la transparence tout en facilitant l accès à des informations orientées vers la pratique. Voir plus haut sous la rubrique consacrée au contrat de prestations Remarques sur l état actuel de la situation dans le canton de Berne Prévue dans le projet de loi sur l intégration (voir plus haut) Prévus dans le projet de loi sur l intégration (voir plus haut) A ce jour, deux contrats de prestations ont été conclus avec des institutions cantonales actives dans le domaine de la santé. Pas (encore) disponible. Une brochure de bienvenue et une plateforme d information sur Internet sont en cours d élaboration. Assurée par des contrats de prestations conclus avec des institutions cantonales Inselspital et clinique psychiatrique de Waldau et avec les villes de Berne, Bienne et Langenthal. Absence de solution généralisée. L élaboration de réglementations spéciales relatives aux soins médicaux de base et à l aide sociale est prévue (explications relatives au projet de loi sur l intégration). Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 12
15 Suite du tableau n 2 Instruments et contenus Mise en place de créneaux horaires et de locaux pour la formation continue du personnel spécialisé, p. ex. au travers de formations internes ou externes autour de la conduite d un trialogue et de la collaboration avec des interprètes communautaires. Utilité pour le pilotage et la coordination Ces mesures permettent d améliorer la qualité de la collaboration entre les spécialistes et les interprètes communautaires et de soutenir une communication efficace avec des clients allophones. Remarques sur l état actuel de la situation dans le canton de Berne Prévue dans le projet de loi sur l intégration, art. 12 (voir plus haut) Couverture du besoin potentiel d heures d interprétation A l heure actuelle, les besoins en matière d interprétariat communautaire ne sont de loin pas couverts. D après nos estimations et projections, le besoin est le suivant 11 : Tableau n 3 Estimation des coûts du canton de Berne par rapport à la population allophone Pour personnes allophones au total (définition I plafond) Part en % Nb heures Coûts Part en % personnes allophones au total (définition II limite inférieure) Nb allophones Nb allophones Nb heures Coûts Total CH BE 11, , Le degré de couverture des besoins a été calculé sur la base du nombre d heures d interprétation enregistré dans les services subventionnés par la Confédération 12. Tableau n 4 Degré de couverture de la demande en 2009 par rapport à la limite inférieure 13 Canton Nb heures en 2009 Limite inférieure Degré de réalisation de l objectif Berne ,1% Commentaires sur la mise en œuvre dans le canton de Berne Les réglementations prévues dans le projet de loi sur l intégration pourraient combler certaines des lacunes qui subsistent dans la mise en œuvre de mesures en faveur de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle dans le canton de Berne. Les moyens financiers nécessaires pour- 11 Voir Calderón-Grossenbacher (2010), définitions p. 13, aperçu général de tous les cantons p Selon les statistiques de l ODM sur le nombre d heures d intervention enregistré par les services d interprétariat subventionnés 13 En référence aux calculs réalisés par Kurt Zubler, Schaffhouse, sur la base des données figurant dans Calderón-Grossenbacher (2010) Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 13
16 raient aussi provenir proportionnellement de la contribution à l intégration que la Confédération verse au canton de Berne. Compte tenu du résultat de la procédure de consultation, l inscription de cette prestation dans la future loi sur l intégration n est nullement garantie. De même, la question de savoir dans quelle mesure il sera possible de créer une base par voie d ordonnance est ouverte. 4 Pilotage à l échelon intercantonal exemple de la Suisse centrale 4.1 Mise en place d un service d interprétariat et collaboration intercantonale exemplaires Dans plusieurs domaines de la vie politique, les cantons de Lucerne, de Nidwald, d Obwald, de Schwyz, d Uri et de Zoug collaborent dans le cadre de la Conférence des gouvernements de la Suisse centrale (CgSC). Un groupe de travail spécialisé dans la mise en œuvre de mesures d intégration communes a été institué en Composé des services responsables des questions d intégration dans les cantons et subordonné au comité de la CgSC, il est chargé de soumettre des propositions à cette dernière. Cette collaboration porte ses fruits, puisque depuis 2006, le service d interprétariat de Suisse centrale (Dolmetschdienst Zentralschweiz 14 ) place, dans le cadre d un contrat de prestations, des interprètes communautaires dans les différentes instances administratives des cantons participants Elaboration de bases juridiques dans les domaines politique et administratif Nous nous proposons ci-après de décrire et de commenter le processus d élaboration d une stratégie commune en matière d interprétariat communautaire et des bases juridiques nécessaires aux fins de l établissement d un contrat de prestations. Nous distinguons cinq phases jusqu à la finalisation du contrat de prestations, la sixième phase portant sur la question relative à la poursuite et au financement du service d interprétariat à la lumière des nouvelles priorités définies par la Confédération en matière de politique d intégration. 1 re phase: avant-projet dans le domaine de la politique d intégration Extrait du procès-verbal de la 71 e Conférence des gouvernements de la Suisse centrale, qui s est tenue le 21 novembre 2002: 6.2 Comité: proposition d avant-projet dans le domaine de la politique d intégration 1. La CgSC prend connaissance du rapport du 21 septembre 2002 sur un avant-projet portant sur une possibilité de collaboration en matière de politique d intégration. 2.a) Le Secrétariat de la CgSC est chargé de lancer un avant-projet dès que la nouvelle loi fédérale sur les étrangers fera apparaître concrètement les mesures qui s imposent au niveau des cantons. 14 (en allemand uniquement) Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 14
17 b) Un groupe intercantonal spécialement dédié à cet avant-projet est institué. Chaque canton y est représenté par un expert responsable de la politique d intégration. La constitution du groupe relève de la compétence de ses membres. Le comité doit être informé en amont de l entrée en fonction du groupe intercantonal. Le groupe spécialisé a pour mission de soumettre à l assemblée plénière un rapport sur l avant-projet dans l année qui suit sa formation. Ce rapport doit contenir notamment: une description des tâches incombant aux cantons en matière de politique d intégration; un catalogue des mesures d intégration adoptées en Suisse centrale; une description des possibilités et des limites d une politique d intégration commune et/ou coordonnée au niveau des six cantons (y c. mesures et estimation des coûts); une recommandation pour les prochaines étapes. 2 e phase: travaux de suivi aux fins d une collaboration en matière de politique d intégration Les travaux de suivi ont été réalisés par le groupe de travail spécialisé dans la mise en œuvre de mesures d intégration communes précédemment mentionné, la Zentralschweizer Fachgruppe Integration (ZFI), sur mandat de la CgSC. Le résultat de ces travaux a été consigné dans un rapport du 19 mars 2004 intitulé «Bericht und Antrag über die Möglichkeiten einer Zusammenarbeit in der Integration von Ausländerinnen und Ausländern in der Zentralschweiz» 15. Son contenu en bref: - Ancrage juridique (p. 8): nouvelle loi sur les étrangers (art. 52 LEtr), ordonnance sur l intégration des étrangers (OIE) et recommandation de la CTA sur la création de services cantonaux - Etat des lieux (p. 8), extrait: «Au vu des domaines d action précédemment identifiés, les cantons de Suisse centrale ont procédé à un état des lieux de la situation. Chaque canton a fourni des informations sur les bases légales applicables à l échelon cantonal, sur les mesures institutionnelles qu il a adoptées ainsi que sur les mesures qu il a prises et/ou mises en œuvre dans les domaines de l éducation préscolaire, de l éducation scolaire et de la formation, du travail, de la santé et de l action sociale, de la communication, de la cohabitation et de la participation politique.» - Examen détaillé des possibilités et des limites d un travail en commun ou coordonné. - Résultat concernant l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle (p. 15), extrait: «Mise en œuvre commune du point fort D2 défini par la CFE: Il n est pas judicieux d organiser le placement d interprètes en différents lieux, car nombre d entre eux exercent leur activité dans plusieurs cantons. Le service d interprétariat communautaire devrait également se charger du contrôle de la qualité, de la formation initiale et continue ainsi que du coaching. Une solution centralisée permettrait de réaliser des économies non négligeables. Recommandation: il faudrait coordonner les tâches.» - Proposition portant sur l établissement d un rapport et proposition portant sur la mise en œuvre conjointe du service d interprétariat (p. 17). 15 (en allemand uniquement) Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 15
18 3e phase: Rapport et proposition à l intention de la Conférence des gouvernements de la Suisse centrale Dans un deuxième temps, le groupe de travail intercantonal ZFI rédige un rapport et une proposition relatifs aux possibilités d une mise en œuvre conjointe, en Suisse centrale, du point fort D2 (services d interprétariat communautaire) défini par la CFE («Bericht und Antrag über die Möglichkeiten einer gemeinsamen Umsetzung des EKA-Schwerpunktes D2 (Dolmetscherdienste) in der Zentralschweiz» du 16 mars ). Leur contenu en bref: - Approche conforme aux instructions de la Confédération: Point fort D2 (services d interprétariat communautaire), selon l ordre des priorités fixé dans le programme de promotion de l intégration du DFJP pour la période de 2004 à 2007 quant à l argumentation sur l utilité et la qualité et quant au subventionnement par la Confédération - Etat des lieux et identification du besoin de développement en matière d interprétariat communautaire et de médiation interculturelle dans les différents cantons: compétences, organisations partenaires, volume, coûts, lacunes - Modèle d un service d interprétariat communautaire pour la Suisse centrale: avantages, organisation, coûts et financement - Proposition: Il convient de charger le groupe de travail intercantonal ZFI de conduire des négociations avec Caritas Lucerne en vue de la conclusion d un contrat de prestations portant sur des services d interprétariat communautaire. 4e phase: décisions des gouvernements cantonaux En juin / juillet 2005, les gouvernements cantonaux ont décidé de saluer, en principe, la mise en place d un service d interprétariat communautaire pour la Suisse centrale et d en confier la négociation au groupe de travail intercantonal ZFI 17. 5e phase: mandat de prestations portant sur la conduite d un service d interprétariat communautaire Le rapport et la proposition du 24 octobre 2005 précédemment mentionnés contiennent également le libellé du mandat de prestations 18. Son contenu en bref: - Conditions cadres et tâches du service d interprétariat communautaire: participation financière de la Confédération, service d interprétariat communautaire joignable aux heures de bureau et mise en place d un appel d urgence dans le domaine de la santé, interprètes à l échelle régionale, contrôle de la qualité, établissement de rapports à intervalles réguliers, etc. - Coûts et financement: volume annuel prévu: 700 heures; coûts structurels s élevant à 35 CHF/heure; prise en charge des coûts de base par la Confédération et les cantons, pour moitié 16 (en allemand uniquement) 17 Voir les bases juridiques du contrat de prestations, p. 2: (en allemand uniquement) 18 Ibid. Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 16
19 chacun; répartition des coûts entre les cantons en fonction de leur participation en pourcentage au nombre d heures proposées. Les coûts structurels sont des prestations convenues, hors salaire et frais des interprètes, lesquels sont facturés aux mandataires sur la base des heures de travail effectives (au tarif de 55 CHF/heure). - Mandat de prestations conclu entre les cantons de Lucerne, d Uri, de Schwyz, d Obwald, de Nidwald et de Zoug, représentés par le groupe de travail intercantonal ZFI (mandataire), et Caritas Lucerne. Fin 2007, les gouvernements cantonaux de Suisse centrale ont prolongé le contrat de prestations conclu avec Caritas Lucerne, lui confiant, moyennant des conditions cadres inchangées, la conduite du service d interprétariat pendant le programme de points forts adopté par le DJJP pour la période Le tarif horaire a dû être relevé à 60 CHF. 6e phase: plans dans le cadre du programme de points forts de la Confédération à partir de 2014 Le programme de points forts de la Confédération a été prolongé de deux ans. Jusqu en 2013, la Confédération continuera de subventionner directement les services d interprétariat communautaire et de médiation interculturelle. A compter de 2014, les fonds destinés au financement des mesures d intégration seront versés aux cantons. Les subsides octroyés au titre de la promotion spécifique de l intégration seront ventilés entre les trois postes suivants: «information et conseil» «formation et travail» «autres», l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle relevant de ce dernier. Les cantons sont libres de déterminer le montant qu ils souhaitent consacrer à l interprétariat communautaire et à la médiation interculturelle. La Conférence des gouvernements de la Suisse centrale doit donc également redéfinir le mode de financement du service d interprétariat de Suisse centrale. Dans un rapport et une proposition sur les grandes lignes communes d une politique d intégration des cantons de Suisse centrale, le groupe de travail intercantonal ZFI énonce ce qui suit en ce qui concerne le service d interprétariat communautaire. Les passages ci-après sont extraits du rapport et de la proposition sur les grandes lignes communes d une politique d intégration des cantons de Suisse centrale que le groupe de travail intercantonal ZFI a soumis aux gouvernements cantonaux («Bericht und Antrag zu gemeinsamen Grundlinien einer Integrationspolitik der Zentralschweizer Kantone» 19 ). Chapitre 2 Bilan et besoin d action: «Depuis le 1 er janvier 2006, date à laquelle il s est vu attribuer un mandat de prestations par les six cantons de Suisse centrale, le service d interprétariat communautaire de Suisse centrale est devenu un instrument clé pour l intégration dans les structures ordinaires des domaines social, de la santé et de la formation. Par la mise à disposition d interprètes qualifiés, il permet aux institutions d exercer leur man- 19 Zentralschweizer Fachgruppe Integration (2010): Bericht und Antrag zu gemeinsamen Grundlinien einer Integrationspolitik der Zentralschweizer Kantone, Schwyz (document non publié) La décision prise par la Zentralschweizer Fachgruppe Integration le ainsi que les deux rapports et/ou la proposition et le mandat de prestations pour le service d interprétariat sont disponibles sous: Plenarversammlung Geschäfte dans le masque de recherche Stichwort, saisir «Dolmetschen» Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 17
20 dat auprès des quelque 10% d étrangers dont le niveau de connaissances en allemand ne permet pas de comprendre une information ou de mener un entretien de nature complexe. Le nombre croissant d heures dispensées par le service d interprétariat de Suisse centrale atteste d une sensibilisation accrue des institutions relevant des structures ordinaires à l importance d une bonne communication avec la population allophone. En comparaison nationale, le service d interprétariat communautaire de Suisse centrale est donc un service dont les résultats sont très positifs. Chapitre 4 Mise en œuvre: Dans le cadre de la promotion spécifique de l intégration, il s agit de poursuivre ou de relancer les projets de collaboration suivants: - Le service d interprétariat communautaire de Suisse centrale doit être poursuivi dans sa configuration actuelle jusqu en 2014, date à laquelle il devra être intégré dans les programmes de promotion spécifique de l intégration menés par les cantons. - ( ) Le groupe de travail intercantonal ZFI a intégré la poursuite du service d interprétariat communautaire dans les grandes lignes de la politique d intégration. L acceptation de la proposition par les gouvernements cantonaux participants permettrait de garantir le prolongement du contrat de prestations avec le service d interprétariat communautaire de Suisse centrale après l introduction du nouveau système financier. Le cas échéant, la négociation des clés de financement qui s appliqueraient au futur contrat de prestations ne pourrait intervenir qu à une date ultérieure Evaluation du contrat de prestations comme base contraignante Les gouvernements des cantons qui composent le groupement intercantonal ont tous pris une décision portant création d un service conjoint d interprétariat communautaire. Sur leur site Internet commun, ils se réfèrent aux directives de la Confédération et renvoient au projet de collaboration relatif à l intégration. Le mandat de prestations qu ils ont conclu avec Caritas Lucerne est une solution simple propice à une exploitation des synergies et à une exécution judicieuse des tâches à l échelle intercantonale, régionale et locale, selon les besoins. Si le concept prévoit le placement des interprètes communautaires à l échelle régionale, il n en néglige pas moins l ancrage local, puisqu il vise à les affecter dans la mesure du possible à des missions au sein du canton dans lequel ils vivent. En plus de créer des synergies qui, à leur tour, contribuent à des économies de coûts, cette démarche permet de garantir la mise à profit des connaissances locales acquises par les interprètes communautaires Commentaires sur le processus d élaboration et le contrat de prestations intercantonaux De par sa nature progressive, l élaboration des bases juridiques et institutionnelles dans le cadre de la collaboration intercantonale est exemplaire. L interprétariat communautaire et la médiation interculturelle sont intégrés dans la stratégie d intégration générale. Le processus, qui incluait une identification des besoins et l élaboration d un modèle pour le service d interprétariat, à débouché sur l attribution d un mandat de prestations au service d interprétariat communautaire de Caritas Lucerne, qui garantit un service opérationnel dans l ensemble de la région. L argumentation, le concept et le modèle de fi- Pilotage juridique et structurel de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle 18
Structures tarifaires de l interprétariat communautaire et de la médiation interculturelle : réflexions et recommandations d INTERPRET
Centre de compétence Monbijoustrasse 61 3007 Berne Tél. 031 351 38 28 Fax 031 351 38 27 coordination@inter-pret.ch www.inter-pret.ch Schweizerische Interessengemeinschaft für interkulturelles Dolmetschen
Pratiques actuelles et recommandations basées sur des exemples de cas
Schweizerische Interessengemeinschaft für interkulturelles Übersetzen und Vermitteln Association Suisse pour l interprétariat communautaire et la médiation interculturelle Associazione svizzera per l interpretariato
Interprétariat communautaire dans le Case management «formation professionnelle»
Procès-verbal de l assemblée des membres du 19 juin 2012 «Rotonde», Pfarrei Dreifaltigkeit, Sulgeneckstr. 13, Berne
Monbijoustrasse 61 3007 Berne Tél.: 031 351 38 28 coordination@inter-pret.ch www.inter-pret.ch Schweizerische Interessengemeinschaft für interkulturelles Übersetzen und Vermitteln Association Suisse pour
Procès-verbal de la réunion extraordinaire des membres
Secrétariat général Monbijoustrasse 61 3007 Bern Tel.: 031 351 38 28 Fax: 031 351 38 27 coordination@inter-pret.ch www.inter-pret.ch Schweizerische Interessengemeinschaft für interkulturelles Dolmetschen

References: Art. 5
 Art. 12
 Art. 21
 Art. 22
 art. 5
 Art. 12
 Art. 21
 art. 21
 art. 5
 art. 5
 art. 12