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Timestamp: 2018-12-17 09:58:15+00:00

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Musée de l'école à Montceau-les-Mines: 2018 : dernière année de Commémoration du Centenaire de la Grande Guerre. Chronique N°3
2018 : dernière année de Commémoration du Centenaire de la Grande Guerre. Chronique N°3
Au cours de cette dernière année et après trois expositions labellisées, le musée de la Maison d’Ecole à Montceau se propose de revenir sur la chronologie des évènements qui ont amené le premier conflit mondial, à travers une série d’article qui paraîtront périodiquement jusqu’à décembre 2018. En voici le troisième : « La préparation des corps ».
Création, organisation et fonctionnement des bataillons :
10°) pour les garçons : les exercices militaires
pour les filles, les travaux d’aiguilles ».
L’existence légale des bataillons scolaires est reconnu par un décret en date du 6 juillet 1882. Un arrêté du 27 juillet 1882 précise leur constitution dans les communes (9). Les exercices des bataillons ne pourront avoir lieu que le jeudi et le dimanche, le temps à y consacrer sera déterminé par l’instructeur militaire de concert avec le directeur de l’école. L’engouement est certain parmi la population en général. A partir de 1889, l’instructeur militaire désigné par l’autorité militaire pourra être l’enseignant qui sera souvent un sous-officier ou un officier de réserve.
Aux instituteurs, le 15 avril 1884, Paul Bert dira : « Nous devons faire, par une éducation à l’école commencée par vous, continuée au régiment avec vous, de tout enfant un citoyen, de tout citoyen un soldat. »
Le bataillon est organisé militairement, les élèves portent un uniforme qui est une copie de celui des bataillons parisiens (le béret à pompon est emprunté aux marins). Le matériel préconisé par le ministère de la Guerre est spécialement fabriqué et adapté pour les jeunes garçons de 12 à 14 ans : mini clairons, petits tambours et répliques réduites des fusils GRAS et LEBEL de l’époque. Certains sont en bois pour l’apprentissage du maniement d’arme, d’autres peuvent tirer des projectiles de petits calibres pour les exercices de tir des élèves de 14 ans.
Ces soldats en herbe obtiennent des récompenses (médailles de vermeil, d’or, d’argent ou de bronze) décernées par le ministre de la Guerre, et défilent à l’occasion sous le regard attendri des badauds. Badauds qui devaient conserver un souvenir ému du premier de ces défilés à Paris, le 14 juillet 1882 (redevenu Fête Nationale en 1880).
Il est vrai que ce fut un énorme succès populaire. La presse républicaine était enthousiaste : « Les petits soldats portent une vareuse et un pantalon bleu sombre et sont coiffés d’un béret de même couleur à pompon rouge, l’ensemble commode et élégant, rappelant le costume des mousses de la marine. (On n’oublie pas que les marins ont défendu Paris en 1870-1871, ni qu’ils sont les principaux héros des conquêtes coloniales de la 3ème République). Dans l’après-midi, le bataillon s’était réuni au square Monge et, précédé d’une escouade de sergents de ville qui faisait ouvrir la foule, il est arrivé, tambours et clairons en tête, vers 5 heures sur la place de l’Hôtel de Ville. Des masses énormes de curieux entouraient la place et les fenêtres et les balcons étaient surchargés ; une immense acclamation et des applaudissements ont salué l’entrée de la jeune troupe (…). Les petits soldats ont exécuté divers exercices, puis ils ont défilé. Ce qu’on a pu obtenir d’eux en trois mois d’exercices a émerveillé tout le monde ». Les campagnes ne sont pas en reste et les républicains exultent, l’un d’eux écrit à son député, M. Turquet (déjà cité) : « Nous avons fêté le 14 juillet et le buste de la République a été promené, par le régiment scolaire, par tout le village. Revue, jeux, exercices, illuminations, bal : nos enfants ont bien payé de leur peine. La République doit être fière de sa jeune génération. Encore 10 ans et elle sera invincible. Que c’est beau la fête de la Patrie ! Comme le cœur est touché ! ».
Avec l’apprentissage et l’utilisation du fusil scolaire, les fabricants d’armes essaient d’emporter le marché lucratif de leur vente. Des théories militaires sont imprimées, qui permettent aux instructeurs et aux instituteurs d’entraîner correctement leurs troupes. Les bataillons participent à toutes les grandes manifestations publiques. Mais ils se préparent surtout, comme à Paris, au défilé du 14 Juillet qui constitue l’apothéose de la préparation. Les bataillons scolaires sont en marche, ils chantent des chansons patriotiques composées spécialement pour eux : les paroles de ces airs sont souvent tirés d’un manuel de musique édité en 1886 dont les paroles sont de H. CHANTAVOINE et la musique de MARMONTEL : « À la Patrie, nous donnerons dans dix ans une jeune armée AGUERRIE. Bataillons de l’ESPERANCE, nous exerçons nos petits bras à venger l’honneur de la France. » (10)
En 1886, année où on enregistre les effectifs les plus élevés, 146 bataillons sont constitués et reconnus par le ministère de l’Instruction, 49 départements sur 87 ont un ou plusieurs bataillons, 43326 élèves sont incorporés dans ces bataillons. Ce nombre de 49 départements est trompeur, il ne signifie pas qu’aucun bataillon n’existe ailleurs. En effet, chaque année, les Préfets demandent aux autorités académiques de chaque département de signaler les bataillons constitués selon les instructions (notamment le respect du nombre de 200 élèves, peu souvent atteint), souvent, les Inspecteurs renvoient un état néant car aucune commune ne répond aux exigences. C’est le cas de la Saône-et-Loire malgré les nombreuses délibérations de Conseils municipaux républicains qui demandent la reconnaissance de leur bataillon et l’obtention du drapeau, en vain… On trouve malgré tout, aux archives départementales de Mâcon, la presque totalité des récépissés de réception des trois fusils de tir réel dont sont dotées toutes les communes. Il ne s’agit cependant pas de décevoir les ruraux républicains et un arrêté est promulgué le 20 décembre 1882 en faveur des enfants des petites écoles dispersées dans les campagnes. Autorisation leur est donnée de recevoir l’instruction militaire même s’ils ne sont pas assez nombreux pour former un bataillon.
La question du dépôt aux bataillons scolaires d’un drapeau officiel venu du Ministère est primordiale. Jules Ferry en personne, vient apporter la bonne parole aux 650 élèves du premier bataillon scolaire de Paris, le 13 juillet 1882 en leur disant : « Sous l’apparence d’une chose bien amusante, vous remplissez un rôle profondément sérieux : vous travaillez à la force militaire de la France de demain ». Le drapeau est le symbole de la République et, à ce titre, les plus hautes autorités gouvernementales ne veulent pas dévaloriser le geste de sa remise. Une circulaire aux Préfets, en 1883, rappelle que c’est un honneur de recevoir le drapeau de la France au nom du chef de l’Etat, à l’occasion de la Fête Nationale et que la distribution doit se faire avec une sage réserve. Pour le 14 juillet 1882, 39 bataillons recevront leur drapeau. Etonnant quand on pense que le décret de formation de ces derniers ne date que du 2 juillet 1882, c’est-à-dire huit jours avant ! Des initiatives locales auraient-elles précédé la loi ?
Donner une éducation morale, physique et militaire dans les écoles est ce que recherche l'institution de ces bataillons scolaires. Dans le même temps, pour les élèves les plus âgés, des séances de tir sont prévues par les textes. Les armes utilisées pour les exercices de manœuvre sont, le plus souvent, des carabines inertes, ne pouvant pas tirer. Leur fabrication est confiée à l'industrie civile, sous surveillance du ministère de la Guerre. La manufacture de Tulles est chargée de concevoir les spécimens, réductions du fusil réglementaire. Comme nous le verrons ultérieurement, l'exercice au tir, est pratiqué avec des fusils d'ordonnance tirant des cartouches de tir réduit. (11)
Dans les écoles primaires, l'enthousiasme est certain, mais on constate avec le temps, un essoufflement du patriotisme scolaire dont les manifestations avaient été d'une grande ferveur jusque vers 1884-1885. De plus, ces bataillons ne remportent pas un grand succès dans l'enseignement secondaire.
L’esprit guerrier et de sacrifice, lui, restera présent dans les écoles de la République jusqu’à la fin de la Grande Guerre. Cet idéal que l’on pourrait qualifier de spartiate, était relayé par la majorité des pédagogues, hommes et femmes confondus, convaincus de la nécessité absolue du départ de leurs enfants au combat :
« France ! Veux-tu mon sang ?
Il est à toi ma France !
S’il te faut ma souffrance,
Souffrir sera ma foi.
S’il te faut ma mort, mort à moi
Et vive toi,
Extrait de « Jean et Lucie, histoire de deux jeunes réfugiés. La Guerre racontée aux enfants. » Livre de lecture pour les cours moyen et supérieur, par Mme Dès. Paris, F. Nathan, (1919), « La France Immortelle ».
Cet appel au sacrifice suprême, si présent pendant les quatre années du conflit 1914-1918 fut l’aboutissement d’une longue préparation commencée dès la naissance de l’école publique. Cette idée ainsi bien ancrée dans les esprits, a peut-être permis l’acceptation de cette Guerre si dévoreuse d’hommes.
Un manuel, paru en 1896, insiste sur les bienfaits des exercices physiques : « en s’y livrant…on est bon pour tous les métiers, sans parler de celui de soldat, que tout le monde doit être capable de faire et dans lequel on court le risque de se faire tuer quand on n’est pas leste et fort ». Ainsi se crée le mythe de l’invincibilité des guerriers.
(9) : Décret du 6 juillet 1882 sur la création des bataillons scolaires :
Art. 1er Tout établissement public d’instruction primaire ou secondaire ou toute réunion d’écoles publiques comptant de deux cents à six cents élèves, âgés de douze ans et au-dessus pourra, sous le nom de bataillon scolaire, rassembler ses élèves pour les exercices gymnastiques et militaires pendant toute la durée de leur séjour dans les établissements d’instruction.
Art. 2. Aucun bataillon scolaire ne sera constitué sans un arrêté d’autorisation rendu par le préfet. Cette administration ne pourra être accordée qu’après que le groupe d’enfants, destiné à former le bataillon, aura été reconnu capable d’exécuter l’école de compagnie.
Il sera procédé à cette constatation par les soins d’une commission de trois membres, savoir, deux officiers désignés par l’autorité militaire et l’inspecteur d’académie ou son délégué.
Art. 3. Tout bataillon scolaire, après sa constitution, devra être inspecté, au moins une fois par an, par la commission désigné à l’art. 2.
Art. 4. Tout bataillon scolaire recevra du Ministre de l’Instruction publique un drapeau spécial qui sera déposé, chaque année, dans celle des écoles dont les enfants auront obtenu, au cours de l’année, les meilleures notes d’inspection militaire.
Art. 5. Chaque bataillon scolaire se composera de 4 compagnies, dont chacune comprendra au moins 50 enfants.
Art. 6. Ne pourront faire partie du bataillon les élèves que le médecin attaché à l’établissement aura déclarés hors d’état de participer aux exercices gymnastiques et militaires du bataillon.
Art. 7. Tout bataillon scolaire est placé sous les ordres d’un instructeur en chef et d’instructeurs-adjoints désignés par l’autorité militaire.
La répartition des élèves dans les diverses compagnies est faite sur la proposition des chefs d’établissements par l’instructeur en chef.
Art. 8. Un maître au moins de chaque établissement scolaire, dont les élèves font partie du bataillon scolaire, devra assister aux réunions du bataillon. Ces réunions auront lieu, sans autorisation spéciale de l’Inspecteur d’Académie, en dehors des heures de classe réglementaires.
Art. 9. Le bataillon scolaire ne pourra être armé que de fusils conformes à un modèle adopté par le Ministre de la Guerre et poinçonnés par l’autorité militaire. Ces fusils, dont la fabrication sera abandonnée à l’industrie privée, devront présenter les trois conditions suivantes : n’être pas trop lourds pour l’âge des enfants ; comporter tout le mécanisme du fusil de guerre actuel ; n’être pas susceptibles de faire feu même à courte portée.
Les fusils seront déposés à l’école.
Art. 10. Pour les exercices de tir à la cible, les élèves des bataillons scolaires âgés de 14 ans au moins et que l’instructeur en chef aura désignés comme aptes à y prendre part, seront conduits au stand ou au champ de tir et y seront exercés avec le fusil scolaire spécial dans les conditions qui seront réglées par un arrêté des Ministres de la Guerre et de l’Instruction publique.
Art. 11. Aucun uniforme ne sera obligatoire. Les uniformes qui pourraient être adoptés par les bataillons scolaires devront être autorisés par le Ministre de l’Instruction publique.
Les caisses des écoles pourront seules être autorisées par le Préfet à fournir aux élèves, dans des conditions à déterminer par des règlements locaux, tout ou partie des objets d’habillement jugés nécessaires.
Art. 12. Les établissements libres d’instruction primaire et secondaire, qui déclareront se soumettre à toutes les prescriptions du présent décret, sont autorisés, soit à incorporer leurs élèves dans le bataillon scolaire du canton, soit, si leur effectif est suffisant, à former des bataillons scolaires distincts qui seront à tous égards assimilés à ceux des écoles publiques.
Art. 13. Les Ministres de la Guerre, de l’Instruction publique et de l’Intérieur, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
Arrêté portant règlement sur l’exécution des exercices de tir dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire : (6 juillet 1882.)
Les Ministres de la Guerre, de l’Instruction publique et de l’Intérieur,
Vu le décret en date du 6 juillet 1882 ;
Art. 1er. Les fusils scolaires, destinés aux exercices scolaires et mis en service en raison de trois par école, seront, ainsi que les munitions, déposés soit dans les casernes de gendarmerie, soit dans les magasins des corps de troupe, suivant les ordres de l’autorité militaire.
Art. 2. Ces armes ne seront délivrées que les jours des exercices préparatoires ayant pour but de démontrer le maniement du fusil devant la cible, le pointage et les positions du tireur.
Art. 3. Les fusils et les munitions nécessaires pour le tir de la journée seront remis à l’instructeur militaire, sur sa demande écrite et motivée.
Art. 4. L’instructeur militaire prendra, de concert avec les chefs des établissements scolaires, les dispositions nécessaires pour faire transporter, dans de bonnes conditions, les armes et les cartouches sur le terrain de tir, et pour les faire rapporter à la caserne, et, s’il y a lieu, pour faire transporter les cartouches du centre de fabrication à la caserne de gendarmerie.
Art. 5. Les armes seront nettoyées et réintégrées au lieu de dépôt, le jour même de chaque exercice, par les soins de l’instructeur militaire ; remise sera faite en même temps, des cartouches non consommées.
Art. 6. Dans chaque subdivision de région, l’autorité militaire désignera les corps de troupes chargés de fournir les cartouches aux groupes scolaires qui désireront pratiquer le tir réduit. Après les tirs, les étuis vides seront rapportés aux corps désignés pour être rechargés par leurs soins, s’il y a lieu.
Art. 7. Le prix de cession de l’étui est fixé à 0f.04. Celui du chargement, y compris le nettoyage des étuis et la fourniture des divers éléments qui le composent, est de 0f.009 par cartouche.
Ces dépenses, ainsi que les frais de transport, seront à la charge des établissements scolaires.
Art. 8. Il sera alloué aux corps par cartouche livrée aux écoles une somme de 0f.002, dont 0f.001 pour les frais de combustible, etc., et 0f.001 pour le personnel subalterne qui procèdera au chargement. Cette allocation sera payée sur les fonds de l’armement et devra être comprise dans le relevé des dépenses annuelles effectuées pour ce service par les corps.
Art. 9. Les demandes de délivrances de cartouches scolaires ou de chargement d’étuis vides, établis en triple expédition et conformes au modèle ci-contre, seront adressées par les inspecteurs d’Académie aux généraux commandant les subdivisions de région, qui les transmettront pour exécution aux corps désignés à cet effet.
L’une de ces expéditions sera conservée au corps, la seconde sera envoyée à l’inspecteur d’Académie, et le troisième au Ministre de la Guerre. Toutes les trois porteront le récépissé de l’instructeur militaire.
Art. 10. Ces demandes seront totalisées par les soins de l’Administration de la Guerre ; la dépense totale sera indiquée au Ministère de l’Instruction publique, qui en remboursera le montant annuellement.
Art. 11. Le tir réduit avec le fusil scolaire s’exécute en employant trois lignes de mire, savoir :
De 10 à 20 mètres : employer la ligne de mire qui passe par le sommet du guidon et le cran du talon de la hausse couchée (ce cran porte l’indication 10 à 20) ;
A 30 mètres : employer la ligne de mire qui passe par le sommet du guidon et le cran inférieur de la planche de la hausse levée (ce cran porte l’indication 30) ;
A 40 mètres : employer la ligne de mire qui passe par le sommet du guidon et le cran du curseur abaissé, la planche de hausse étant levée (un trait, affleurant le bord supérieur du curseur abaissé, est tracé sur le côté droit de la planche, et l’indication 40 est inscrite au-dessus).
Art. 12. La cartouche de tir réduit pour fusil scolaire comprend :
1° Un étui vide de cartouche modèle 1874, raccourci de 0m ,01 ;
2° Les divers éléments nécessaires au chargement :
1 amorce ;
1 couvre-amorce ;
1 balle sphérique en plomb de 8 gr. 70 ;
1 charge de poudre de 0 gr. 4.
Cette cartouche est chargée exactement comme la cartouche de tir réduit ordinaire.
Art. 13. Chaque enfant susceptible de prendre part aux exercices de tir réduit, dans les écoles où ces exercices auront été organisés, pourra tirer au maximum cinq séries de 6 balles, soit 30 cartouches par an. Il ne sera jamais tiré, dans la même séance, plus de 6 cartouches par enfant.
Art. 14. Avant de commencer une série de six coups, on aura soin de huiler fortement l’intérieur du canon, afin de faciliter le glissement de la balle ; cette précaution est indispensable.
L’expérience a montré que le graissage de la balle nuisait à la justesse.
Si, dans le tir, une balle restait dans le canon, on l’enlèverait avec la baguette et on huilerait de nouveau le canon.
L’intérieur du canon, la chambre et la culasse mobile seront soigneusement nettoyés après chaque séance de tir.
Art. 15. Les grandes précautions seront recommandées pendant les exercices des tirs. Il sera toujours préférable de construire un stand peu coûteux, analogue à ceux qui sont décrits dans l’instruction ministérielle du 27 janvier 1882, sur la confection et le mode d’emploi des cartouches de tir réduit.
L’établissement d’un stand sera obligatoire pour les tirs au-delà de 20 mètres, exécutés soit dans des cours, soit près des habitations.
Les généraux commandant les subdivisions de région donneront aux corps de troupe sous leurs ordres des instructions pour qu’ils fournissent aux directeurs d’école, qui le demanderont, tous les renseignements nécessaires sur la construction de ces stands.
Art. 16. Le tir réduit pourra exceptionnellement être exécuté en rase campagne : dans ce cas, la direction de tir ne devra rencontrer, à moins de 450 mètres de la cible, ni route, ni canal, ni voie ferrée, ni habitation. On tirera, s’il est possible, contre une butte en terre naturelle ou artificielle.
Les habitants devront être prévenus avant chaque séance, par les soins de l’autorité municipale, du jour, de l’heure et de l’endroit choisis pour l’exercice.
Art. 17. Les généraux commandant les subdivisions mettront autant que possible les champs de tir à la disposition du bataillon scolaire.
BILLOT, JULES FERRY, RENE GOBLET.
(10) : Le bataillon scolaire : chant des hommes :
Les yeux ardents et le front grave,
Désertant livre et grammaire,
Sous les yeux de votre mère,
Le bataillon scolaire : chant des enfants :
Une jeune armée aguerrie ;
Du bataillon de l’Espérance.
Et Bara, le petit tambour
Dont on nous conté l’histoire,
Texte Henri Chantavoine (1850-1918)
Musique Antonin Marmontel (1850-1907) auteur de « La première année de musique » d’où est tiré ce chant : « Le chant des écoliers »
« Tu seras soldat
Toi, qui de si leste façon,
Mets ton fusil de bois en joue,
Ce dur métier que l’enfant joue.
Il faudra courir sac au dos,
Porter plus lourd que ces gros livres
Faire étape avec des fardeaux,
Cent cartouches, trois jours de vivres.
Soleils d’été, bises d’hiver
Mordront sur cette peau vermeille :
Les balles de plomb et de fer
Te siffleront à chaque oreille.
Tu seras soldat, cher petit!
Tu sais, mon enfant, si je t’aime!
Mais ton père t’en avertit,
C’est lui qui t’armera lui-même.
Quand le tambour battra demain,
Que ton âme soit aguerrie ;
Car j’irai t’offrir de ma main
A notre mère, la patrie!
Tu vis dans toutes les douceurs,
Tu connais les amours sincères
Tu chéris tendrement tes sœurs,
Ton père, ta mère et tes frères.
Sois fils et frère jusqu’au bout,
Sois ma joie et mon espérance ;
Mais souviens-toi qu’avant tout
Mon fils, il faut aimer la France!
(11) :«- Jeunes gens ! A vos armes !
Les exécutants se ruaient vers un muret de stères alignés au cordeau. Ils se saisissaient de fusils de bois, imitation fidèle du Lebel 1886 alors dans l’infanterie française.
- Position du tireur ! Feu !…Position du tireur couché ! Feu ! On rampe, le canon pointé vers le prussien !
- Rassemblement colonnes par deux ! Le fusil sur l’épaule. Direction les fagots ! En avant, marche ! »
(« La fête des écoles », Georges Coulonges)
Publié par Patrick PLUCHOT, Président du Musée de la Maison d'école à Montceau-les-Mines à 06:16

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

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Art. 16

Art. 17