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Timestamp: 2016-10-27 12:48:41+00:00

Document:
1C_386/2014 � � Arr�t du 13 novembre 2014
MM. les Juges f�d�raux Fonjallaz, Pr�sident.
A.________, repr�sent� par Me Philippe Pont,
B.________, repr�sent� par Me Alexandre Zen-Ruffinen, avocat,
Commune de Randogne, Administration communale, avenue de la Gare 20, case postale 308, 3963 Crans-Montana 1, repr�sent�e par Me Christian Favre, avocat,
recours contre les arr�ts du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, des 17 novembre 2011 et 16 juin 2014.
Les parcelles n
os�767 et 1'125 du cadastre de la commune de Randogne, sises au lieu-dit Vermala, ont �t� promises � la vente � B.________ et C.________. Elles sont class�es en zone � b�tir 1C selon le plan d'affectation des zones et le r�glement intercommunal sur les constructions des cinq communes du Haut-Plateau (ci-apr�s: RIC) adopt�s par l'assembl�e primaire de Randogne le 17 juin 1994 et approuv�s le 24 mai 1995 par le Conseil d'Etat du canton du Valais.
�Le 9 avril 2009, B.________ a d�pos� une demande d'autorisation de construire portant sur vingt-cinq appartements r�partis dans cinq immeubles semblables (A � E) et une habitation individuelle dans un sixi�me immeuble (F) pr�vu � l'est. Le projet pr�voit �galement la construction de places de stationnement souterraines accessibles par une rampe enterr�e d�bouchant au nord-est sur la route de la Tour. Cet acc�s sera prot�g� par un couvert.
�Ce projet a notamment suscit� l'opposition de A.________, propri�taire de la parcelle n
o�739, situ�e au sud-est, de l'autre c�t� de la route de la Tour. Le 6 janvier 2010, le Conseil communal de Randogne a rejet� cette opposition et a d�livr� deux permis de construire, le premier portant sur les immeubles A � E et le couvert, le second sur le b�timent F.
�Apr�s le rejet de son recours administratif par le Conseil d'Etat, A.________ a port� la cause devant la Cour de droit public du Tribunal cantonal du Valais. Son recours a �t� partiellement admis et le dossier renvoy� � la commune avec instruction de rendre une d�cision compl�mentaire apr�s avoir consult� l'Office cantonal du feu (ci-apr�s: OCF) et le Service de protection de l'environnement (ci-apr�s: SPE) au sujet des modifications apport�es au projet en cours de proc�dure. Le Tribunal cantonal a �galement invit� la commune � r�examiner si le contingent allou� au projet respectait le r�glement intercommunal des quotas et du contingentement (ci-apr�s: RQC), homologu� par le Conseil d'Etat le 19 d�cembre 2007. Pour le surplus, le recours a �t� rejet�, la cour cantonale confirmant notamment que le projet ne violait ni la l�gislation foresti�re ni la clause d'esth�tique.
A la suite de cet arr�t, apr�s consultation de l'OCF et du SPE, la commune a rendu, le 27 d�cembre 2012, une d�cision confirmant et compl�tant les autorisations de construire. Le projet b�n�ficiait d'un contingent total de surfaces allou�es � la construction de r�sidences secondaires suffisant, � savoir 2'418 m
2. Pour atteindre ce total, la commune de Randogne a attribu� une partie des contingents des ann�es 2010 � 2012 au projet litigieux. A.________ a recouru contre cette d�cision. Il soutenait notamment qu'aucune part du contingent de l'ann�e 2012 ne pouvait �tre attribu�e au projet, ce contingent annuel �tant probablement �puis� au vu des nombreux projets mis � l'enqu�te au cours de cette ann�e. La commune de Randogne a, par la suite, produit un nouveau tableau de r�partition (dont elle a attest� l'exactitude) pr�voyant l'octroi au projet litigieux d'une surface de 1'219 m
2�issue du contingent de 2009, de 1'219 m
2�de celui de 2010 et de 20 m
2�du contingent annuel de 2011.
�Le recours administratif de A.________ a �t� rejet�. Par arr�t du 16 juin 2014, le Tribunal cantonal a confirm� la d�cision du Conseil d'Etat. Il a, en substance, ni� l'existence d'irr�gularit�s dans la fixation du contingent allou� au projet et retenu que l'art. 75b Cst. ne s'appliquait pas en l'esp�ce.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ demande principalement au Tribunal f�d�ral de r�former les arr�ts des 17 novembre 2011 et 16 juin 2014 en ce sens que les autorisations de construire litigieuses sont annul�es. Subsidiairement, il sollicite le renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Le recourant, requiert l'effet suspensif.
�Le Tribunal cantonal a renonc� � se d�terminer. Le Conseil d'Etat a conclu au rejet du recours. La commune de Randogne ainsi que B.________ ont conclu au rejet du recours dans la mesure de sa recevabilit�.
�Par ordonnance du 17 septembre 2014, le Pr�sident de la Ire Cour de droit public a admis la requ�te d'effet suspensif.
La commune de Randogne et l'intim� contestent la recevabilit� du recours, consid�rant que le recourant ne serait pas touch� plus que quiconque sous l'angle des griefs qu'il soul�ve.
1.1.�Le Tribunal f�d�ral examine d'office et librement la recevabilit� des recours qui lui sont soumis.
�Dirig� contre des d�cisions rendues dans le domaine du droit public des constructions, le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public conform�ment aux art. 82 ss LTF.
1.2.�La qualit� pour former un recours en mati�re de droit public est r�gie par l'art. 89 LTF. A teneur de l'alin�a premier de cette disposition, a qualit� pour recourir quiconque a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente ou a �t� priv� de la possibilit� de le faire (let. a), est particuli�rement atteint par la d�cision attaqu�e (let. b) et a un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de celle-ci (let. c). Pour satisfaire � ces exigences, le recourant doit se trouver dans une relation sp�ciale, �troite et digne d'�tre prise en consid�ration avec l'objet de la contestation. Le voisin direct de la construction ou de l'installation litigieuse a en principe la qualit� pour recourir (ATF 136 II 281 consid. 2.3.1 p. 285 et les arr�ts cit�s). Le recourant doit en outre retirer un avantage pratique de l'annulation ou de la modification de la d�cision contest�e qui permette d'admettre qu'il est touch� dans un int�r�t personnel se distinguant nettement de l'int�r�t g�n�ral des autres habitants de la collectivit� concern�e, de mani�re � exclure l'action populaire (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33). Par ailleurs, le propri�taire voisin ne peut se pr�valoir d'un int�r�t digne de protection � invoquer des dispositions �dict�es dans l'int�r�t g�n�ral ou dans l'int�r�t de tiers que si elles peuvent avoir une influence sur sa situation de fait ou de droit (ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33; 133 II 249 consid. 1.3.2 p. 253; arr�t 1C_64/2007 du 2 juillet 2007 consid. 2 et les r�f�rences); il faut que l'application de la norme litigieuse puisse procurer � la partie recourante un int�r�t pratique (ATF 139 II 499 consid. 2.2 p. 504; 137 II 30 consid. 2.2.3-2.3 p. 33-34).
�En l'occurrence, le complexe projet� n'est s�par� de l'immeuble du recourant que par la route de la Tour. Les parcelles n
os�767 et 1'125 accueillent actuellement un parcours de golf, de sorte que la construction de six immeubles d'habitation - visibles depuis la propri�t� du recourant - modifiera l'aspect g�n�ral de la zone. A cela s'ajoute que la cr�ation de 25 appartements et d'une maison individuelle impliquera une augmentation du trafic sur la route de la Tour. Les griefs invoqu�s par le recourant sont susceptibles d'influer sur sa situation; ils pourraient conduire � l'annulation des autorisations de construire ou � des modifications ext�rieurement visibles du projet (cf. ATF 137 II 30 consid. 2.2.3 p. 33; 133 II 249 consid. 1.3.1 et 1.3.2 p. 248 s.). Ayant �galement pris part aux proc�dures de recours devant le Tribunal cantonal, le recourant a la qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF.
1.3.�Interjet� dans les d�lais et les formes prescrites, le recours dirig� contre l'arr�t du 16 juin 2014 est recevable. Est �galement ouverte la voie du recours en mati�re de droit public contre l'arr�t incident du Tribunal cantonal du 17 novembre 2011, en vertu de l'art. 93 al. 3 LTF (cf. ATF 134 II 124 consid. 1.3 p. 127; arr�ts 1C_553/2013 du 3 juin 2013 consid. 2.4 et 1C_201/2011 du 16 juin 2011 consid. 2.6).
Dans un grief formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, le recourant soutient que son droit d'�tre entendu aurait �t� viol� par le refus d'ordonner la production de documents relatifs � la r�partition du contingent de r�sidences secondaires pour l'exercice 2012. Il reproche �galement � la cour cantonale de s'�tre livr�e � une appr�ciation arbitraire des preuves en retenant que les contingents des ann�es 2009 � 2011 �taient suffisants pour autoriser le projet litigieux.
2.1.�Le droit d'�tre entendu garanti � l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment celui de faire administrer les preuves, pour autant qu'elles apparaissent utiles � l'�tablissement des faits pertinents (cf. ATF 139 II 489 consid. 3.3 p. 496). L'autorit� de d�cision peut donc se livrer � une appr�ciation anticip�e de la pertinence du fait � prouver et de l'utilit� du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. Ce refus ne viole le droit d'�tre entendu que si l'appr�ciation � laquelle elle a ainsi proc�d� est entach�e d'arbitraire (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236; 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arr�ts cit�s). En mati�re d'appr�ciation des preuves et d'�tablissement des faits, il y a arbitraire lorsque l'autorit� n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, si elle ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision ou lorsqu'elle tire des constatations insoutenables des �l�ments recueillis (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560).
2.2.�La cour cantonale a retenu que l'attribution du contingent allou� au projet litigieux avait �t� modifi�e en cours de proc�dure par la commune. Cette derni�re a produit un nouveau tableau de r�partition des surfaces � disposition, sans qu'aucune d'elles ne soit issue du contingent de l'ann�e 2012. Reprenant en cela le raisonnement du Conseil d'Etat, le Tribunal cantonal a consid�r� que l'offre de preuve du recourant, dans la mesure o� elle ne portait que sur l'exercice 2012, n'�tait plus pertinente. Il a par ailleurs indiqu� qu'il n'avait pas de raison de douter de la r�gularit� de ce tableau, dont l'exactitude a �t� confirm�e par la commune. Il a rappel� que le RQC consacrait une importante marge de manoeuvre en faveur de l'autorit� tant dans la r�organisation des contingents non utilis�s et lib�r�s (cf. art. 18 al. 1 RQC) que dans la r�partition du contingent annuel aux diff�rentes cat�gories de r�sidences secondaires (cf. art. 10 al. 4 RQC), ce qui expliquait l'�volution du contingent d�volu au projet litigieux au fil du temps.
2.3.�Contrairement � ce qu'affirme le recourant, le Tribunal cantonal n'a pas refus� d'administrer son offre de preuve au motif qu'il n'aurait pas apport� d'�l�ment concret mettant en doute la nouvelle r�partition, mais il a jug� que des informations compl�mentaires sur le contingent de l'ann�e 2012 n'�taient pas de nature � la remettre en cause. En effet, cette r�partition se fonde sur les contingents des ann�es 2009 � 2011. Le recourant n'explique pas en quoi les informations relatives � l'ann�e 2012 permettraient de d�montrer - comme il l'affirme - que le dernier tableau d�pos� par la commune comporterait des irr�gularit�s. C'est d�s lors sans arbitraire que le Tribunal cantonal a �cart� la preuve offerte par le recourant. Sous-entendre que le dernier tableau aurait �t� �tabli pour les besoins de la cause, puisque d�pos� apr�s cette r�quisition de preuve, ne suffit pas � d�montrer que la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en jugeant qu'une nouvelle r�partition �tait possible au regard de la marge d'action accord�e par le RQC � l'autorit� communale dans ce domaine (cf. art. 10 et 18 RQC). Par ailleurs, on ne saurait suivre le recourant lorsqu'il affirme qu'il aurait �chapp� aux juges cantonaux que les contingents des ann�es 2009 � 2011 �taient insuffisants � autoriser le projet litigieux. En effet, la commune a allou�, de 2009 � 2011, un contingent annuel de 732 m2 aux grands projets immobiliers. L'entier de ces trois contingents a alors �t� attribu� au projet litigieux, soit un total de 2'196 m2. Or, dans la mesure o� ledit projet n�cessite un contingent total de 2'418 m2, la commune a, en son temps, extrait 222 m2 du contingent 2012 en sa faveur. Contrairement � ce qu'en d�duit le recourant, les 732 m2 ne constituent pas un plafond r�glementaire, mais le r�sultat d'une r�partition du contingent op�r�e � un moment donn�. En effet, l'art. 10 al. 1 et 2 RQC permet l'octroi, pour les grands projets, d'un contingent annuel maximal de 1'219 m2. Dans ces circonstances, la commune pouvait en d�finitive octroyer au projet litigieux une surface de 1'219 m2 issue du contingent de 2009, de 1'219 m2 de celui de 2010 et de 20 m2 du contingent annuel de 2011. Il est ainsi erron� d'affirmer que la somme des contingents 2009 � 2011 serait insuffisante � couvrir les besoins du projet litigieux. Faute d'�l�ment concret appuyant les critiques du recourant et au regard du caract�re �volutif du contingent disponible, le Tribunal cantonal pouvait, sans verser dans l'arbitraire, confirmer la r�gularit� de la derni�re r�partition op�r�e par la commune.
Dans un grief dirig� contre l'arr�t incident du 17 novembre 2011, rendu dans la m�me cause et contre lequel la voie du recours f�d�ral n'�tait pas ouverte (cf. art. 93 al. 3 LTF), le recourant critique la distance de la route d'acc�s ext�rieure � la lisi�re de la for�t. A son avis, une distance inf�rieure � 10 m compromettrait sa conservation. De plus, le Tribunal cantonal aurait d� retenir que cette route serait utilis�e par les r�sidents et locataires des diff�rents immeubles, augmentant d'autant son impact sur la for�t.
3.1.�En vertu de l'art. 17 de la loi f�d�rale sur les for�ts du 4 octobre 1991 (LFo; RS 921.0), les constructions et installations � proximit� de la for�t peuvent �tre autoris�es uniquement si elles n'en compromettent ni la conservation, ni le traitement, ni l'exploitation (al. 1). Les cantons fixent la distance minimale appropri�e qui doit s�parer les constructions et les installations de la lisi�re de la for�t; cette distance est d�termin�e compte tenu de la situation et de la hauteur pr�visible du peuplement (al. 2). Dans le canton du Valais, l'art. 23 de la loi cantonale du 8 f�vrier 1996 sur les constructions (LC; RS/VS 705.1) pr�voit que la distance entre les constructions et installations et la lisi�re des for�ts est de 10 m. Des d�rogations peuvent �tre octroy�es par l'autorit� comp�tente lorsque des circonstances exceptionnelles ou des motifs importants le justifient et qu'aucun int�r�t public ou priv� pr�pond�rant des voisins ne s'en trouve l�s� (art. 30 al. 1 LC). Le but de l'art. 17 LFo est de prot�ger la for�t des atteintes naturelles ou humaines. La distance par rapport � la for�t doit �galement permettre d'y avoir acc�s et de la g�rer de fa�on appropri�e, de la prot�ger contre les incendies et de pr�server les lisi�res qui ont une grande valeur �cologique. Cette distance minimale permet aussi de prot�ger les constructions et installations contre les dangers pouvant venir de la for�t. Selon le Message du 29 juin 1988 concernant la loi f�d�rale sur la conservation des for�ts et la protection contre les catastrophes naturelles (FF 1988 III 157, p. 183), cette distance ne devrait en principe pas �tre inf�rieure � 15 m, quelle que soit l'exposition et la hauteur pr�visible du peuplement. Par ailleurs, le seul risque d'une atteinte s�rieuse et vraisemblable � l'une des fonctions protectrices de la for�t suffit � justifier la non-conformit� d'une construction au regard des crit�res pos�s par l'article 17 LFo; une mise en danger concr�te et actuelle n'est pas exig�e. La d�termination de la distance � la for�t, tenant compte de tous les crit�res pr�cit�s, d�pend �troitement des circonstances concr�tes du cas particulier (cf. arr�t 1C_621/2012 du 14 janvier 2014 consid. 8.1 in DEP 2014 251, p. 262; arr�t 1C_119/2008 du 21 novembre 2008 consid. 2.4 non publi� in ATF 135 II 30, mais publi� in DEP 2009 138, p. 146 s.). Enfin, le principe selon lequel la for�t ne doit subir aucune atteinte du fait des constructions �tablies � proximit� est une r�gle de droit f�d�ral directement applicable. On doit donc admettre que, lorsque sont invoqu�es des atteintes � la for�t cons�cutives au caract�re inappropri� de la distance entre celle-ci et les b�timents projet�s, c'est le droit f�d�ral d�duit de l'art. 17 LFo qui est d�cisif (cf. arr�t 1C_621/2012 du 14 janvier 2014 consid. 2.2.2 in DEP 2014 251, p. 255) et le droit cantonal doit �tre interpr�t� conform�ment au droit sup�rieur.
3.2.�Le Tribunal cantonal a consid�r� que la route d'acc�s litigieuse ne devrait gu�re �tre utilis�e par les propri�taires et les locataires des diff�rents immeubles compte tenu de l'existence des places de stationnement souterraines. Le recourant affirme, pour sa part, qu'il serait inconcevable de consentir � l'am�nagement d'une route d'une longueur de 200 m pour les seuls visiteurs de l'immeuble. Il soutient qu'elle serait plus facilement accessible que la rampe conduisant aux places souterraines et en d�duit qu'elle sera in�vitablement emprunt�e par les r�sidents. Ce faisant, le recourant se fonde sur de simples conjectures et substitue sa propre appr�ciation de la situation � celle de l'instance cantonale. Sa critique, de nature appellatoire, ne d�montre pas que cette appr�ciation serait empreinte d'arbitraire (cf. art. 105 al. 2 LTF; ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 136 II 304 consid. 2.4 p. 314), de sorte qu'il n'y a pas lieu de s'en �carter. Cela �tant, la question de savoir si l'existence de cette route et l'utilisation qui en sera faite repr�sentent un danger pour la for�t doit s'examiner � l'aune des crit�res fix�s par l'art. 17 al. 1 LFo.
3.3.�On comprend de l'argumentation du recourant qu'il estime que l'acc�s litigieux, d�s lors qu'il d�roge � la distance pos�e par l'art. 23 LC, porterait atteinte � la for�t. Il soutient que cette d�rogation ne permettrait pas de garantir les buts de protection d�finis par la LFo (cf. art. 1 LFo). Le recourant pr�sente ainsi un grief de violation du droit forestier f�d�ral.
3.3.1.�Le droit f�d�ral n'exige pas, pour les r�ductions de la distance � la for�t, que l'implantation soit impos�e par la destination de la construction ou de l'installation ne respectant pas la distance l�gale. Ce qui est d�terminant, c'est de savoir si la construction compromet la conservation, le traitement ou l'exploitation de la for�t (arr�t 1A.214/2005 du 23 juin 2006 consid. 9, cf. A. Keel, W. Zimermann, Jurisprudence du Tribunal f�d�ral relative � la l�gislation sur les for�ts 2000-2008, in DEP 2009 289, p. 333). La jurisprudence consid�re qu'une route de desserte d�rogeant � la distance par rapport � la lisi�re et sise � 3 m des arbres peut �tre admise au motif, notamment, qu'il s'agit d'un ouvrage dont l'influence sur la for�t est beaucoup plus faible que celle d'un b�timent (arr�t 1A.293/2000 consid. 2e et f in ZBL 2002 485, p. 489 s., cf. A. Keel, W. Zimermann, op. cit., p. 334). Par ailleurs, contrairement � la route, une telle construction en hauteur est susceptible de restreindre l'acc�s � la for�t, en cas d'incendie notamment (� ce propos: arr�t 1C_621/2012 du 14 janvier 2014 consid. 8.2 in DEP 2014 251, p. 263).
3.3.2.�Le Service des for�ts et du paysage (SFP) a pr�avis� favorablement le projet sans mettre en �vidence de contrari�t� � la l�gislation foresti�re. L'OCF a �galement �mis un pr�avis positif indiquant notamment que le projet �tait conforme � la LC sous l'angle des distances � la for�t. Quant au Tribunal cantonal, sans que cela ne soit critiquable, il consid�re, au vu de l'ensemble du projet, que l'acc�s litigieux ne sera que peu utilis� par les r�sidents des diff�rents immeubles. Il en d�duit que celui-ci n'entra�nera aucun danger d'incendie et qu'il ne compromettra ni la conservation, ni le traitement, ni l'exploitation de la for�t au sens de l'art. 17 LFo, bien que situ� � une distance inf�rieure � 10 m de celle-ci. L'existence d'un risque d'atteinte s�rieuse et vraisemblable aux fonctions de la for�t ne ressortant pas du dossier, il n'y a pas lieu de s'�carter des pr�avis �mis par les services cantonaux comp�tents et de l'appr�ciation du Tribunal cantonal.
3.4.�Au surplus, le recourant reproche au Tribunal cantonal de s'�tre � tort fond� sur la directive administrative cantonale concernant les distances de construction par rapport � la for�t du 13 avril 1995 (ci-apr�s: la directive) pour admettre une d�rogation aux 10 m fix�s par l'art. 23 LC. D�s lors que l'adoption de cette disposition est post�rieure � la directive, cette derni�re ne devrait pas s'appliquer. Le recourant perd toutefois de vue qu'il ne s'agit que d'une ordonnance interpr�tative, soit une simple directive guidant l'activit� des autorit�s (� ce propos: P. MOOR, A. FL�CKIGER, V. MARTENET, Droit administratif, vol. I, Berne 2012, p. 423) et que la base l�gale sur laquelle s'est fond�e la cour cantonale est l'art. 30 LC. L'argument du recourant tombe d�s lors � faux. Par ailleurs, cette derni�re disposition exige, pour qu'une d�rogation soit octroy�e, la r�alisation de circonstances exceptionnelles ou l'existence de motifs importants. Cela �tant, le recourant ne pr�tend pas que le Tribunal cantonal l'aurait appliqu�e de fa�on arbitraire de sorte qu'il n'incombe pas � la Cour de c�ans de se saisir de cette question (cf. ATF 136 II 489 consid. 2.8 p. 494; 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287).
�Sur le vu de ce qui pr�c�de, le grief de violation de la l�gislation foresti�re doit �tre rejet�.
Le recourant se plaint d'une violation des art. 17 al. 1 LC et 26.7 RIC, dispositions relatives � la protection du paysage et des sites. Il estime que le projet, compos� de cinq chalets absolument identiques quant � leur volum�trie et � leur aspect ext�rieur, violerait la "clause d'esth�tique". Il pr�tend de surcro�t que la commune n'aurait pas d�montr� que d'autres projets concrets compos�s de b�timents similaires existaient sur son territoire. Par ailleurs, il soutient que le Tribunal cantonal lui aurait � tort impos� de d�montrer que son immeuble subissait une moins-value du fait de cette violation.
4.1.�L'art. 17 al. 1 LC pr�voit que les constructions et installations doivent respecter l'environnement naturel et b�ti dans lequel elles s'inscrivent notamment du point de vue du volume, de l'emplacement, de la forme, des mat�riaux et de leur couleur. Quant � l'art. 26.7�
in fine�RIC, il dispose que tout en ayant une grande unit� architecturale dans son aspect g�n�ral, le lotissement ne devra pas contenir des constructions dont la r�p�tition serait trop marqu�e et �vidente.
�Appel� � revoir l'application faite d'une norme cantonale ou communale sous l'angle de l'arbitraire, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue que si celle-ci appara�t insoutenable ou en contradiction manifeste avec la situation effective, ou encore si elle a �t� adopt�e sans motifs objectifs et en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la d�cision critiqu�e soient insoutenables, encore faut-il que cette derni�re soit arbitraire dans son r�sultat (ATF 138 I 305 consid. 4.3 p. 318; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5), ce qu'il revient au recourant de d�montrer conform�ment aux exigences de motivation d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400). Le Tribunal f�d�ral fait par ailleurs preuve de retenue dans l'appr�ciation des circonstances locales, notamment lorsqu'il s'agit d'examiner l'application de clauses d'esth�tique. Dans ces domaines, les autorit�s locales disposent donc d'un large pouvoir d'appr�ciation (cf. ATF 140 I 168 consid. 4.2.1 p. 173; 129 I 337 consid. 4.1 p. 344 et les r�f�rences). L'application de la clause d'esth�tique doit toutefois reposer sur des crit�res objectifs et syst�matiques (ATF 114 Ia 343 consid. 4b p. 345; cf. P. Zen Ruffinen, C. Guy-Ecabert, Am�nagement du territoire, construction, expropriation, Berne 2001, p. 390 s.)
4.2.�En soutenant que l'art. 26.7�
in fine�RIC interdit tout projet compos� de constructions similaires, le recourant m�conna�t la marge d'appr�ciation laiss�e aux autorit�s communales par cette disposition. En effet, on ne saurait d�duire de ce texte une interdiction cat�gorique de constructions identiques. Ces derni�res demeurent possibles pour autant qu'elles ne pr�sentent pas une r�p�tition trop marqu�e et �vidente. Le Tribunal cantonal a retenu que le terrain naturel du site n'est pas plat, si bien que les b�timents projet�s auront des cotes diff�rentes. De plus, ils ne seront pas align�s, all�geant ainsi l'impression de monotonie. Enfin, le b�timent F est plus petit et orient� diff�remment des autres. La commune a par ailleurs indiqu�, en citant nomm�ment deux exemples de promotions sises au lieu-dit Vermala, que, contrairement � ce qu'affirmait le recourant, le projet litigieux n'y �tait pas le seul compos� de plusieurs b�timents identiques. Le recourant ne pr�tend de surcro�t pas que le site rev�tirait des caract�ristiques paysag�res particuli�res qu'il conviendrait de prot�ger. C'est ainsi, dans le cadre de son large pouvoir d'appr�ciation, en se fondant sur des motifs objectifs, que la cour cantonale a jug�, sans que cela ne soit arbitraire, que le projet ne contrevenait pas � la clause d'esth�tique.
�Pour ce motif d�j� le grief doit �tre rejet�. Il devient ainsi superflu d'examiner si c'est � bon droit que le Tribunal cantonal a estim� qu'il incombait au recourant de d�montrer la moins-value occasionn�e � son immeuble par la pr�tendue violation de la clause d'esth�tique.
Dans un ultime moyen, le recourant soutient que les compl�ments et adaptations apport�s au projet, en cours de proc�dure, apr�s le 11 mars 2012, constitueraient des modifications importantes et que c'est d�s lors � tort que le Tribunal cantonal n'aurait pas fait application de l'art. 75b Cst.
5.1.�Dans ses arr�ts de principe rendus le 22 mai 2013 en mati�re d'autorisation de construire une r�sidence secondaire, le Tribunal f�d�ral a admis l'applicabilit� directe des art. 75b et 197 ch. 9 Cst. aux permis de construire d�livr�s apr�s le 11 mars 2012 (ATF 139 II 243 consid. 9 et 10 p. 249 ss). Le nouveau droit est �galement applicable aux projets autoris�s avant le 11 mars 2012, mais qui ont, apr�s cette date, subi d'importantes modifications � l'occasion d'une proc�dure de recours. Il est toutefois fait exception � ces principes dans des circonstances particuli�res concernant la protection de la bonne foi, le refus ou le retard � statuer (ATF 139 II 263 consid. 8.2).
5.2.�Les autorisations de construire ont �t� d�livr�es les 22 et 25 janvier 2010, soit plus de deux ans avant l'adoption de la disposition constitutionnelle. Le Tribunal cantonal a, le 17 novembre 2011, renvoy� le dossier � la commune pour qu'une d�cision compl�mentaire soit rendue, sans toutefois annuler lesdites autorisations. Avec la cour cantonale on doit retenir que les modifications portant sur l'une des fa�ades, rendue incombustible, et sur la r�duction des balcons laissent les caract�ristiques principales du projet inchang�es. S'agissant de la ventilation m�canique du sous-sol, le recourant soutient qu'elle aurait d� faire l'objet d'une mise � l'enqu�te et que, pour ce motif, le Tribunal cantonal ne pouvait la qualifier de modification de moindre importance. La question de la n�cessit� d'une mise � l'enqu�te compl�mentaire peut demeurer ind�cise. En effet, on ne saurait d�duire de cette seule exigence que les adaptations apport�es en cours de proc�dure modifient n�cessairement le projet de mani�re importante. Il convient �galement d'examiner si, d'un point de vue mat�riel, le projet, dans son ensemble, conserve ses caract�ristiques initiales. En l'esp�ce, d'apr�s les plans au dossier, la ventilation n�cessitera, au niveau des am�nagements ext�rieurs, la pose, sur chacun des immeubles, d'une chemin�e suppl�mentaire (d�passant de 50 cm le point culminant de la charpente) et d'une retomb�e incombustible de 30 cm devant l'entr�e des garages. Ces modifications, � l'instar de celles mentionn�es pr�c�demment, ne portant ni sur l'affectation du projet, ni sur son implantation, ni sur son volume ou son aspect g�n�ral, c'est � bon droit que la cour cantonale n'a pas fait application de l'art. 75b Cst.
Sur le vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet�. Conform�ment aux art. 66 al. 1 et 68 al. 2 LTF, les frais judiciaires sont mis � la charge du recourant qui succombe, de m�me que l'indemnit� de d�pens allou�e � l'intim�, assist� d'un avocat. Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � la commune (art. 68 al. 3 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont � la charge du recourant.
Une indemnit� de d�pens de 2'000 fr. est allou�e � l'intim�, B.________, � la charge du recourant.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Commune de Randogne, au Conseil d'Etat du canton du Valais et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public.

References: art. 82
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 18
 art. 10
 art. 10
 art. 93
 l'article 17
 ATF 
 art. 105
 ATF 
 art. 1
 ATF 
 art. 17
in fine
 ATF 
in fine
 art. 75
 art. 66