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Timestamp: 2019-05-26 14:54:56+00:00

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Bible chrétienne Evang. - § 262. L’aveugle-né: Jn 9, 1-41
§ 262. L’aveugle-né: Jn 9, 1-41
— Assez parallèle au ch. 5: guérisons toutes deux en rapport avec une piscine (Béthesda et Siloé), toutes deux durant le Sabbat, ce qui provoque la réprobation des Pharisiens; d'où controverse, qui remplit la majeure partie du chapitre, sur des thèmes en partie semblables: le «travail» de Dieu et de son Christ (5,17-20 et 9,3-4), et le «Jugement» (5,22-30 et 9,39) — cf. l'analyse de m. gourgues, dans Rech. sr 1982, p. 381-395.
Mais ce qui fait de ce ch. 9 une scène capitale du procès ouvert contre Jésus, c'est d'une part l'enquête méthodique des Pharisiens qui, contre leur gré, a pour résultat d'officialiser le miracle et de le rendre d'autant plus indéniable; d'autre part, l'éventail complet des réactions qui se manifestent:
1) les voisins, qui ne vont pas au-delà du merveilleux de ce miracle (v. 8-12);
2) les Pharisiens, qui vont de la discussion autour d'une objection légaliste (v. 12), au refus assuré, a priori (v. 24), et à l'exclusion (v. 22);
3) les parents qui, par crainte de cette exclusion, n'osent pas s'engager, donc croire* vraiment en Jésus ;
4) l'aveugle-né lui-même, qui accède progressivement à la foi : voir aux v. 33-38*.
Or cette croissance dans la foi est en fonction de la présence du Christ : d'abord ignorée (v. 12), puis retrouvée, sur l'initiative de Jésus lui-même qui provoque alors la < confession > de foi (v. 35-38). En outre, le lien entre foi et engagement, par le témoignage*, n'est pas moins souligné (v. 30-32, par opposition au refus de témoigner des parents, v. 22).
Plus profondément, ces réactions diverses dénotent un mal secret : le péché, dans sa relation à la Lumière (comme l'annonçait déjà Jn 1,11-13* et 3,19-21*). Ni l'aveugle ni ses parents ne sont incriminés (v. 3*); Jésus, par contre, se trouve accusé par les Pharisiens : « c'est un pécheur » (v. 24), mais disculpé par le miraculé (v. 30-33). En définitive, ce sont les Pharisiens qui « demeurent » dans leur aveuglement de pécheurs (v. 41). Accession à la Lumière et libération du péché dépendent donc du ralliement ou non à Jésus, par l'acte de foi.
« Les deux trajets (des Pharisiens et de l'aveugle) sont inverses » (A. Jaubert: Approches..., p. 92). C'est le charme de ce chapitre qu'il soit en même temps si lumineux, allègre, et même non exempt d'ironie de la part de l'aveugle-né aux Pharisiens (v. 27), et pourtant strictement composé (festugière: Observations stylistiques... p. 31 et 35-40. Sur la structure du chapitre, cf. Tableau de m. gourgues, art. cité, p. 385). Comme dit saint Augustin: impossible de s'arrêter à chacun des détails, dont la plupart sont d'ailleurs assez < parlants >. Soulignons au moins :
Jn 9,2-3 // Ex 20,5 2M 7,38 Ez 18,20 Jb 36,22-23 — Le lien entre mal et malheur n'est pas seulement uni-linéaire. Car la solidarité entre les hommes, et même entre les hommes et la nature, rend cette séquence infiniment complexe. Dès l’A.T., Dieu a précisé que, s'il n'y a de culpabilité proprement dite que personnelle — consciente et volontaire, donc dans la liberté (// Ez 18,20), dont tient compte « juste » le Dieu-Juste (Jb 36,22-23 — il n'en reste pas moins que le mal peut avoir des conséquences, héréditaires ou non, sur les générations suivantes (// Ex 20,5 2M 7,38 2M 7, Sur « la colère » de Dieu, cf. § 45 — Mc 3,5a*). On peut dire que toute l'Histoire Sainte nous est donnée comme exemple et avertissement des effets maléfiques du mal (cf. BC I*, p. 98) — Gn 15,16; p. 108-109 et 217-218) — Cf. C.J. Nesmy: La vérité de Fatima, Ed. sos 1986, p. 235-239).
En fait, cet aveugle-né est un bon symbole de la condition humaine, depuis la faute originelle d'Adam et Eve : dès la naissance, il y a en nous une carence — où l'incroyant Edgar Morin voit l'un des 3 caractères (les deux autres étant la duplicité et l'amour), qui nous sont communs. C'est de cette cécité spirituelle que le Christ nous tire, en nous éveillant à la foi (cf. Augustin: Tr. 44, n° 1). « L'aveugle de naissance — qui n'a pas péché (ni lui ni ses parents) — figure la condition native des hommes : l'obscurité dont ils ne sont pas [personnellement] coupables » (A. Jaubert: Approches, p. 90).
Mais il est non moins frappant que Jésus ne réponde pas dans cette ligne de la causalité efficiente (= du péché au malheur comme de cause à effet), mais dans celle de la causalité finale : « pour que les oeuvres de Dieu soient manifestées en cet aveugle » (v. 3). Il en ira de même pour Lazare (11,4) : « Le sens est en avant » (A. Jaubert, ). Il est vrai que la finalité avait été exclue depuis des siècles par les sciences positives ; mais leurs progrès mêmes les contraignent à la ré-introduire, sous le nom de < téléologie >. Comme la grâce, la création s'avère finalisée...
Jn 9,4-5 // Mi 7,8 Is 49,6 1Jn 2,11 Ac 3,1-2 et Ac 10-11 — Tant qu'il fait jour : Puisque le Christ lui-même est Lumière (v. 5), il fait jour aussi longtemps qu'il est avec nous, donc jusqu'à la fin des siècles (Mt 28,20). En ce cas, la nuit est celle des « ténèbres extérieures » (Mt 8,12 — cf. Augustin: Tr. 44, n° 5-6). Mais quand il s'agit de « travailler » et d'« oeuvres », < Jour > peut signifier plutôt les 12 heures de la journée de travail (Jn 11,9-10); et la < Nuit >, plutôt l'Heure des « Puissances de ténèbres » § 338 — Lc 22,53), dans laquelle s'enfoncera Judas après la Cène (Jn 13,30).
il nous faut travailler: Ce < nous > insolite peut être indication que Jésus compte déjà sur son Église pour continuer son oeuvre, et même « en faire de plus grandes » (Jn 14,12*). Ac 3,1-2 et 10-11 souligne le //, y compris dans la « reconnaissance » de l'identité du miraculé, auparavant infirme bien connu de tous (v. 10).
Je suis la Lumière du monde : Cf. 8,12* : «L'affirmation de Jésus-Lumière oriente, dès le début, vers une autre signification que celle de la vue corporelle » (A. Jaubert : Approches..., p. 90). » De même que la guérison du paralytique de Béthesda et la multiplication des pains ont démontré que « le FOs dispose de la Vie » (5,26), qu'il est « le pain vivant descendu du ciel » (Jn 6,50-51) et qu'il donne vie à qui Il veut (5,21), de même la guérison de l'aveugle démontrera à tous les yeux qu'il « est venu dans le monde comme la lumière » (12,46), pour arracher les hommes à l'emprise des ténèbres et les transformer en « fils de lumière » (12,36) — cf. // 1Jn 2,11 — citation extraite du commentaire de D. Mollat dans bvc 23, sept. 1958, p. 24). L'oeuvre du Christ est salvifiquef // Is 49,6).
Jn 9,6 // Gn 2,7 — Il crache à terre et fait de la boue : « parce que le Verbe s'est fait chair » (Augustin), la matière elle-même est devenue porteuse de Salut § 143 — Mc 5,23* et 28-30*; § 157 — Mc 7,33-36*).
Jn 9,7) — Piscine de Siloé : Au Sud-Est de la Cité de David (l'Ophel), alimentée par la source du Gihôn, grâce au canal qui date d'Ézéchias (2Ch 32,30). Là était puisée l'eau vive pour « le grand jour » de la fête des Tentes § 258 — Jn 7,37*). Siloé signifie plutôt < Envoyeur > (des eaux). En en faisant un passif, Jean signifie que notre guérison se trouve dans « l'Envoyé », un des titres que Jésus s'est attribué pas plus loin qu'au v. 4:
Augustin: Sur Jean, Tr. 44, n° 2 (Vives 10,75) : Nisi enim ille fuisset mis-sus, nemo nostrum esset ab iniquitate dimissus (pour garder le jeu de mots, on pourrait traduire en français: Si celui-là n'avait pas été livré, nul d'entre nous n'aurait été délivré de son iniquité). Donc l'aveugle lava ses yeux dans cette piscine appelée < Envoyé > : il fut baptisé dans le Christ.
D'où l'importance de cet Évangile dans la préparation baptismale: après celui de la Samaritaine (Jn 4 — au 3° Dimanche de Carême), et avant celui de la résurrection de Lazare (Jn 11 — au 5° D.), l'Aveugle-né était proclamé solennellement au 4° Dimanche (seulement jusqu'au v. 38).
// 2R 5 Is 8,6-7 — Jésus demande donc à l'aveugle le même acte de foi et d'obéissance, donc d'humilité, qu'Elisée à Naaman. Exemple célèbre, auquel référait déjà Lc 4,27* § 30 . Quant à l'oracle d'Isaïe, on y retrouve l'opposition entre les eaux paisibles et vivifiantes (cf. § 258 — Jn 7,37*), et celles du « torrent » assyrien, qui submergera tout : « Peut-être Saint-Jean voyait-il en ce mépris des eaux de Siloé par l'ancien Israël une annonce de l'endurcissement des Juifs contemporains de Jésus » (D. Mollat: art. cité, p. 25-26).
Jn 9,14-17 // Ps 139,13-14 Ps 145,4 Ps 145,9-10 Ps 145,17 Ps 92,5 Ps 73,28 — Sur l'interprétation par le Christ de la loi du Sabbat, cf. § 44 *. // à la gloire de « l'Oeuvre » créatrice, surtout le « façonnage » de l'homme (cf. plus haut // Gn 2,7).
Cet homme qui t'aurait, à t'en croire, ouvert les yeux : double doute, sur le fait, et sur les dires du miraculé. N'est pas de Dieu : cf. 8,42-43*. 47.
Jn 9,24 // Jos 7,19-21 — Confesse-le* : En hébreu, c'est le verbe de la < Todah >, de la reconnaissance à la fois de la grandeur de Dieu, de ses bienfaits, et de nos péchés — autrement dit : invitation à confesser son péché pour mieux exalter la grandeur et la bonté de Dieu, comme va faire Akân, au v. 20. De même, ici, les Pharisiens engagent l'aveugle-né à « confesser » la vérité, même s'il y avait eu de sa part supercherie ou erreur, pour la gloire de Dieu. Et ce devrait être aussi le but premier de nos < confessions > (cf. § 19 — Mt 3,6*).
Jn 9,27-29 // He 3,5-6 — Voulez-vous, vous aussi... ? Le < aussi > est un aveu implicite que lui, en tous cas, se tient déjà pour un disciple de Celui qui l'a • guéri (Augustin: Tr. 44, n° 11).
disciples de Moïse: S'ils l'étaient vraiment, Moïse les conduirait au Christ: cf. § 150 — Jn 5,46*, et // He 3,5-6 He 3,
Jn 9,30-34 // Ps 34,15-17 Ps 66,18 Pr 15,29 Ps 51,7-8 Col 2,13 — La < leçon > que donne le miraculé au v. 31 est si évidemment juste, et conforme à l’A.T. (voir les //), qu'il ne reste à ses contradicteurs que l’injure :
Tu es né tout entier dans le péché : Ce n'est pas vrai au sens, réfuté par le Christ au v. 3, de péchés personnels ou parentaux; mais au sens du < péché originel>, si ! (// Ps 51,7-8). L'erreur des Pharisiens, c'est d'imaginer qu'ils en seraient exempts, eux, « comme s'ils étaient justes » § 234 et 245) — Lc 16,15 et 18,9). Le // Col 2,13 (ou Ep 2,3) — BC i/Ok) s'adresse plus directement aux chrétiens venus du paganisme. Mais Rm 3,9-20 dit fortement que, Juifs ou Grecs, tous sont sous l'empire du péché.
Jn9, 34-38 // He 13,12 Ex 34,8 Jos 23,8 1S 2,35-36 — Exclu de la Synagogue (v. 22), le miraculé est en contrepartie accueilli par le Christ, dont « il porte l'opprobre », et qui sera comme lui mené hors des portes de Jérusalem, pour être sacrifié sur le Golgotha (// He 13 — cf. § 352 , Mt 27,33*). Né tout entier dans le péché, comme nous tous, cet ex-aveugle est donc « sauvé tout entier » comme tous ceux qui auront le courage de témoigner leur foi (Augustin).
Crois-tu en le Fils de l'homme: L'aveugle-né a reconnu en «cet homme» (v. 11) « un prophète » (v. 17), dont les Oeuvres dépassent tout ce qu'on avait entendu dire (v. 32), et qui est donc « de Dieu » (v. 33). Jésus complète sa foi en l'amenant à reconnaître son Être divin de Fils de l'homme* : (v. 35) son Seigneur (v. 37) et son Dieu, comme l'indique la prosternation*, signe de l'adoration (v. 38, et // Ex 34,8 Jos 23,8 1S 2,35-36 — comparer avec Thomas, § 368 -Jn 20,28*).
Jn 9,39-41 // Pr 26,12 — C'est le renversement évangélique du < Magnificat >. Je suis venu en ce monde pour que... : Voilà donc le but de l'Incarnation. Le jugement décisif : Il a lieu « en ce monde », dès notre vie terrestre; ce n'est donc pas le Jugement dernier. Il permet de le prévenir et le tourner, dès à présent, en notre faveur : cf. § 149 — Jn 5,22.24*, mais aussi § 11 — Lc 2,34-35*).
Vous dites : nous voyons : Cf. v. 24.29.34. Faute de s'ouvrir à « la Lumière venue dans le monde », les Pharisiens sont de ces « aveugles » qui, au surplus, se croyant « guides », entraîneront avec eux dans le fossé § 155 — Mt 15,14; cf. 23,24-26), ceux qui n'ont pas, comme l'aveugle-né, le courage de rester fidèles à la Lumière.
§ 263. Le bon pasteur: Jn 10,1-21
(Jn 10,1-21)
— Indications de la continuité littéraire du < discours > de ce ch. 10 avec les faits du ch. 9 : d'abord l’« Amen, amen je vous le dis », qui l'introduit, car cet avertissement solennel ne vient pas d'ordinaire en début, mais en cours de discussion ; de même, en finale (Jn 10,21), le rappel du miracle qui fait comme une inclusion*, renforcée par la mention du < schisme > par lui provoqué (Jn 10,19 ; cf. Jn 9,16). D'autre part, malgré la répartition entre deux périodes — fête des Tentes puis, à partir de Jn 10,22, fête de la Dédicace - Jn 10,22-39 est bien la suite de Jn 10,1-18 (voir Introduction au § 264 . Les deux chapitres sont donc bien, thématiquement, d'un seul tenant.
Quant au discours lui-même, il se développe méthodiquement : la comparaison de la porte (Jn 10,1) sera expliquée aux v. Jn 10,7-10; du pasteur (Jn 10,2), aux v. Jn 10,11-18; et des brebis (Jn 10,3), aux v. Jn 10,27-30 (Sur tout ceci, A. Feuillet, « Mél Bibliques », p. 486-87. Mais pour avoir une idée des discussions, cf. A. George, dans bvc, mai 1963, p. 23-25).
Nous nous trouvons devant le type même de ce que Saint-Jean appelle une « parabole » (Jn 10,6), mais d'un genre un peu différent de celles des Synoptiques (désignées d'ailleurs d'un autre mot: < Parabole >, et non, comme ici, < Paroïmia >): la part du < récit > se trouve réduite et devient secondaire, tandis que par contre, les symboles se trouvent précisés en détail, si bien qu'ils prennent un tour plus allégorique (cf. BC I*, p. 19-20). L. Cerfaux (Rec. Cerfaux II, p. 17-26) a montré comment ces < comparaisons >, d'abord énigmatiques, provoquent premièrement une incompréhension (v. 6b) qui elle-même appelle une explication, pour éclairer ces « aveugles » (donc en lien avec Jn 9,39-41).
Même les Synoptiques mettent en garde contre cet écueil que peuvent devenir des paraboles à qui « les entend sans comprendre » § 127 *) ; et Jean citera le même redoutable oracle d'Is 6,9-10 (au § 310 — Jn 12,37-41*). Mais en réalité, c'est tout l'enseignement du Christ, miracles-signes compris, qui est « en paraboles » — c'est-à-dire à comprendre comme significatif de la Vérité divine, Au-Delà invisible et indicible § 333 — Jn 16,25*).
Jn 10,1-5 // Mi 2,12-13 Ps 95,7 — Présentation antithétique : à l'unique Bon Pasteur s'opposent le voleur (Jn 10,1), l'étranger (Jn 10,5) ou le mercenaire (Jn 10,12). Avec, chaque fois, un signe distinctif : entrée par la porte ou par effraction (a), familiarité des brebis ou effroi (Jn 10,3-5), vie donnée ou recherche égoïste (Jn 10,11-13). Sur le thème du Pasteur et de ses brebis, cf. § 97 — Mt 9,36*; § 178 *, 206*, 230*; et les multiples // groupés en ce § 263 .
Le bercail : amorce d'emblée le thème de l'unité par rassemblement (Jn 10,16*),
// Mi 2,12f — Et une rumeur s'élèvera de la multitude des hommes : Texte hébreu incertain. Nous traduisons la version adoptée par Vg et NéoVg. TOB : « Et d'elles [de ces brebis] sortira une rumeur humaine ». Semble préférable à Dhorme ou BJ : « et ils murmureront loin des hommes ».
Jn 10,3-4 — Les brebis écoutent* la voix (et // Ps 95,8) : le verbe de la foi. Connaissent sa voix: cf. Jn 10,14-15*. Appelle chacune par son nom (et // Is 43,1) : Annonce déjà la personnalisation et l'intimité des rapports (Jn 10,14-15*).
Il les fait sortir : « Terme technique du vocabulaire de l'Exode (Ex 3,10 Ex 6,27, etc. ; Ac 7,36 Ac 13,17 He 8,9). L'idée évoquée est donc claire : < faire sortir >, c'est libérer de la servitude. « Ce verbe, employé dans l’A.T. pour décrire la libération d'Israël de la captivité égyptienne, est appliqué ici contre Israël lui-même : le peuple juif ayant manifesté son aveuglement devant la lumière véritable (Jn 9,39-41), Jésus-Messie doit « faire sortir ses brebis » du judaïsme, pour constituer la nouvelle communauté messianique » (I. de la Potterie: La Vérité h. .., p. 821). Cela confirme aussi à quel point le ch. 10 fait suite au ch. 9.
Il marche devant elles (et // Mi 2,13 : « Comme pour le verbe précédent, Jean utilise à nouveau le vocabulaire type de l'Exode: Dieu marchait devant son peuple comme un pasteur... » (Dt 1,30 Ps 68,8 Mi 2,13 — la potterie: Ibid.).
Jn 10,6 — Voir l'Introd. à ce paragraphe. C'est donc la conclusion de la < parabole > proprement dite, et l'appel à son interprétation : v. Jn 10,7-18 et Jn 10,26-30.
Jn 10,7-10 // Ps 118,19-20 — C'est moi la Porte : Même < Ego eïmi > qu'en Jn 8,24*; mais employé cette fois avec un attribut, comme aux Jn 10,11* et Jn 10,14* (et encore Jn 6,35 ou Jn 15,1). Le sens en est double, et complémentaire. En premier lieu, le Christ se dit être Celui qu'annonçaient les Prophètes comme le Pasteur à venir. Mais, outre ce sens proprement messianique, le < je suis > révèle une identification qui fait de l'Être même de Jésus le vrai et unique Pasteur (divin), le vrai et unique Pain vivifiant, la vraie Vigne, etc. dont les pasteurs, pains et vignes ne sont qu'une figure naturelle, « à l'image » du Seul (cf. A. Feuillet: Les < Ego eïmi >... p. 213-222).
La Porte : par laquelle entre le berger (Jn 10,1-2 et Jn 10,7-9), mais aussi ouvrant sur le Salut et la Vie éternelle (Jn 10,9): comme au // Ps 118,19-20 Gn 28,17 Ps 78,23 Mt 7,13-14 (la Porte étroite, c'est donc Lui-même!) et Mt 25,10, le sens, revient à Jn 14,6, « je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Mt 7,13-14 conjugue aussi Porte, Voie et Vie: cf. § 72 *).
Tous ceux qui sont venus se substituer à moi : On traduit d'ordinaire : « tous ceux venus avant moi »; mais cela fait faux-sens (que l'on dénonce en note), car Moïse (Is 63,11), Josué (Nb 27,16-18), David (2S 5,2 2S 24,17 Ps 78,70-72), etc. ont été pasteurs agréés de Dieu. Et de même, dans le N.T. les Apôtres et leurs successeurs tiendront du Christ lui-même la mission de « paître ses brebis » § 372 — Jn 21,15-17) — mais ayant passé par la Porte de l'ordination.
Les voleurs ou larrons (Jn 10,1 et Jn 10,8) désignent sans doute premièrement les Pharisiens auxquels s'adresse la parabole, et qui viennent de rejeter la brebis miraculée par le Christ au ch. 9 (// Ez 34,2-4). Mais, par-delà, se trouvent dénoncés tous les < Maîtres > qui ne se recommandent pas de Lui.
Il entrera et sortira (et // Ps 121,8) : Image de liberté paisible, sous le regard de Dieu : Nb 27,16-17 (en liaison aussi avec le thème du Pasteur et de son troupeau); Dt 28,6 1S 29,6 2R 19,27. Pâturages : Cf // Jr 23,3 Is 49,9-10 Ps 23,1-14, c'est de Lui-même — de son corps eucharistique, du sang versé pour nous (Jn 10,15), bref : de sa vie donnée — que le Bon Pasteur nourrit ses brebis (d'où l'image traditionnelle du pélican). « Avec la formule classique des grandes déclarations johanniques (les < Ego eïmi >), Jésus définit les dons qu'il assure aux siens : le salut, la liberté, la vie » (A. George: art. cité, p. 22).
Jn 10,11-13 // Ez 34,23-24 — Le Bon Pasteur : même identité de l'< Ego eïmi > qu'aux v. 7 ou 9. Mais ce titre est messianique, comme dans le // Ez 34,23-24 Mi 5,3 et encore Is 40,11 (origine biblique de l'iconographie du Pasteur portant son agneau), ou Ct 1,7, opposition au mercenaire, sans attaches ni intérêt pour les brebis à lui confiées, le vrai Pasteur se tient lié à ses brebis, prêt à donner sa vie (à laquelle ce Pasteur les préfère donc !).
Les loups ne viennent pas seulement de l'extérieur: § 73 — Mt 7,15 et // Ac 20
Le mercenaire s’enfuit : Même les vrais pasteurs peuvent avoir à fuir et se cacher (par exemple lors de persécutions : Mt 10,23 2Co 11,33). La fuite qui trahirait dans les ministres du Bon Pasteur une âme de mercenaire, est spirituelle. Car « ce sont nos émotions qui mettent en mouvement nos âmes... Craindre c'est spirituellement fuir », notamment quand on a peur de faire les réprimandes nécessaires (Augustin : Tr. 46,7-8).
Jn 10,14-15 : Je connais : Au sens biblique § 110 — Mt 11,27* ; et § 188 — Lc 10,22*). « Le bon Pasteur connaît parce qu'il aime, dans la mesure où il aime, et il aime parce qu'il connaît » (Dom Guillerand: L'abîme de Dieu, p. 341).
de même que le Père me connaît: Un des emplois caractéristiques de cette conjonction < Kathôs > par Saint-Jean, étudiée par o. de Dinechin: La similitude. .., p. 195-207. Elle a ceci de propre qu'elle établit « une relation entre deux relations, rapprochement non pas de deux substantifs, mais de deux propositions qui elles-mêmes expriment chacune, dans la plupart des cas, une relation entre des personnes ». Ici : la relation « connaître » entre Pasteur brebis, est mise en // avec le « connaître » Père Fils. « Ce type de relation en // est pour l'évangéliste une synthèse privilégiée d'un point fondamental de la révélation en Jésus : sa différence du Père et sa similitude à lui < En Arche >* fondent sa présence actuelle et son action significative parmi les hommes » (p. 207). Autrement dit: nous commençons de découvrir ici que le modèle de nos rapports avec le Christ — et entre nous — c'est rien de moins que la vie trinitaire entre le Père et le Fils : quelle plus grande intimité pourrions-nous rêver, de brebis à Pasteur et vice versa (car il est clair que cette révélation insiste sur la réciprocité) ! Le Discours après la Cène — où le < Kathôs > revient abondamment — indiquera les aspects complémentaires de cette similitude § 320 — Jn 13,34*).
Jn 10,16-18 — Développement sur deux points déjà sommairement indiqués :
— Jn 10,16 : L'unité du bercail (Jn 10,1) implique le rassemblement, annoncé par les Prophètes: // Mi 2,12 Jr 23,3 Ez 34,13 Ez 37,21 Is 56,8,
Les « brebis de Dieu » sont donc à la fois « le petit troupeau » de Lc 12,32 § 206 ou le « petit Reste » d'Isaïe, et pourtant innombrables, de par la catholicité du bercail ; à la fois rassemblées dans cet enclos fermé par la Porte, et encore en partie dispersées, comme l'est encore à présent l'Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, « gouvernée par les mêmes < recteurs > (« rectoribus »), < vicaires > de ton Oeuvre, que tu as mis à leur tête, comme pasteurs » (Préface des Apôtres: on a souligné les mots venant de l'Évangile).
— Jn 10,17-18 (et // 1P 2,25 1P 2,24) : Annonce conjuguée de sa mort rédemptrice — à la fois dans l'obéissance au Père et dans la liberté de ce don volontaire (// Ps 54,8 — ainsi que de la Résurrection (comme déjà en Gn 49,9 — BC I*, p. 190, Origène et Augustin).
[comme Premier-né d'une multitude de frères): Les crochets, comme d'habitude, indiquent une glose, mais jugée nécessaire pour que les expressions prennent leur sens total, en fonction d'un contexte plus large. À soi seul en effet, « donner pour reprendre » ne serait pas vraiment donner. En réalité, « le commandement » reçu du Père par le Christ, c'est le Dessein éternel de Salut. Le Christ l'accomplit dans la mesure où, sa mort nous ayant rachetés, sa résurrection lui donne « pouvoir de nous y associer... et de transformer notre corps d'humiliation en le configurant à son corps de Gloire » (Ph 3,17-21, en // au § 168 . Il nous a donné la vie au point de participer à sa Gloire éternelle !...
Tout cela en exemple (// 1P 5,1-4). Grégoire le Grand: Hom. 14 in Ev. (PL 76,1127): Mes frères bien-aimés, vous avez entendu, dans la lecture de l'Évangile, la doctrine qui doit vous instruire ; vous avez appris en même temps le danger qui est nôtre. Voici qu'en effet Celui qui est < bon >, non par un don enrichissant sa nature, mais essentiellement bon, nous dit : « Je suis le Bon Pasteur ». Et il présente la forme de cette bonté que nous avons à imiter, en disant : « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis ». Ce qu'il enseigne, il l'a fait; ce qu'il commande, il en a donné l'exemple.
Le Bon Pasteur a donné sa vie pour ses brebis, afin de pouvoir changer son Corps et son Sang en notre sacrement, et nourrir de sa chair les brebis qu'il avait rachetées. La voie du mépris de la mort nous est montrée, pour que nous la suivions; la forme qui doit s'imprimer sur nous, est en place.
D'abord, il nous faut donner miséricorDieusement aux brebis du Christ nos biens extérieurs. Et enfin, si c'est nécessaire, offrir notre mort même pour ces brebis. C'est en commençant par le premier de ces dons, le plus facile, que l'on parvient au second, qui est le don suprême. Et comme l'âme, qui nous fait vivre, est d'une valeur incomparablement supérieure aux biens terrestres que nous possédons extérieurement, comment pourrait-on croire que celui qui ne donne pas ces biens extérieurs pour les brebis, donnera sa vie pour elles ?
Il y en a qui, aimant les richesses terrestres plus que les brebis, perdent le nom de < pasteur >. C'est d'eux que le Christ dit plus loin : « Le mercenaire, qui n'est pas pasteur, et qui n'a pas droit sur les brebis, voit le loup venir, abandonne les brebis, et s'enfuit ». On ne l'appelle plus < pasteur > mais < mercenaire >, celui qui conduit les brebis non en vertu d'un amour profond mais pour un salaire temporel. Le mercenaire, c'est celui qui occupe la place du pasteur mais ne cherche pas à gagner les âmes. Il aspire plutôt aux avantages terrestres, jouit des honneurs d'une prélature, profite des gains matériels, et prend plaisir aux révérences que lui font les hommes.
Jn 10,19-21 // Ac 26,24-25 — C'est comme un refrain : le Christ est signe de contradiction, sur lequel on se divise: Jn 7,12 Jn 7,30-31 Jn 7,40-43 Jn 7,45-52 Jn 8,30-31 Jn 9,16; cf. § 11 — Lc 2,34*; § 117 — Mt 12,24*; et § 212 — Lc 12,51-53. // A un démon: Jn 7,20 et 8,48.
§ 264. Jésus se déclare le fils de Dieu : Jn 10,22-39 // 1M 4,52-59 Ac 5,12-13
(Jn 10,22-39 // 1M 4,52-59 2M 1,7-10 2M 1,18-32 2M 2,16 2M 10,1-8 Ac 5,12-13)
— Cette fête de la dédicace, anniversaire de la purification du Temple sous Judas Maccabée, en 164 av. J.c., tombe en décembre.
C'était l’hiver : Si le fameux : « C'était la nuit » de Jn 13,30 n'est pas sans signification, pourquoi la notation de la saison ne serait-elle pas aussi intentionnelle ? « C'était l'hiver, et le coeur de ses auditeurs était glacé, car ils tardaient à venir au Feu divin : on s'en approche en effet par la foi » (Augustin: Tr 48, n°3).
Sous le portique de Salomon : Le // Ac 5,12-13 (comme aussi 3,11) montre que, même sur le lieu de réunion, les Apôtres ont continué à se régler sur l'exemple du Christ. À plus forte raison ils ont redit son enseignement sans avoir la prétention d'y rien ajouter ni modifier.
L'intervalle des 3 mois qui sépare la fête des Tentes (ch. 7-9) de la Dédicace, n'était pas si grand qu'il risque de faire oublier la question de l'origine § 256 — Jn 7,11-53*), car c'était déjà celle de Nicodème § 78 — Jn 3,2), et ce sera encore celle du Grand Prêtre, sur laquelle Jésus sera condamné par le Sanhédrin § 342 *). Tout au plus, entre-temps, les esprits sont-ils restés « en suspens ». Tout cela compose donc parfaitement...
Jn 10,24) — Dis-le nous ouvertement : s'oppose à « en paraboles » (voir § 333 — Jn 16,25*). En fait, c'est la même question qu'en 8,25.
Jn 10,25-30) — Reprise synthétique achevée de la controverse des ch. 7 à 10,21. Il y a là une remarquable progression, vers l'une des cimes de la Révélation. Même si tout d'abord, et une fois de plus, Jésus évite de se dire le Christ pour éviter les malentendus que l'attente d'un messie temporel et dominateur faisait craindre (< secret messianique >*). Il commence donc par se référer à son enseignement antécédent, tout comme en 8,25*, et à « ses oeuvres »*, comme en 5,36; 9,3; 14,11 ; 15,24. Ce « témoignage »* des oeuvres sera invoqué plus spécialement aux v. 31-33 et 37-38.
Jn 10,26 = 8,47* § 261 — Grégoire le Grand), avec cette variante que la condition pour croire, au lieu d'être [né] de Dieu, devient : « être de mes brebis ». Ce qui revient au même, mais en réintégrant la parabole de 10,1-18.
Jn 10,27-28 : Rappelle les liens essentiels entre le Pasteur et ses brebis : écoute (= croire), connaissance mutuelle et vie donnée (10,3 et 14-15).
Jn 10,29 // Pr 28,5 1Co 2,14 Dt 32,39 Is 43,13 Dt 33,3 Rm 8,31-39 -À présent, on remonte à la source de la foi, qui est le Père, nous attirant à son Fils § 163 — Jn 6,44-45) et nous donnant, du fait de notre filiation adoptive, «pouvoir de devenir enfants de Dieu » (1,12-13*), de renaître § 78 — 3,3*), d'être vraiment « de Dieu » § 261 — 8,31-47), et de recevoir l'Esprit de Dieu qui seul peut faire « comprendre tout » à ceux qui cherchent Dieu (// Pr 28,5 1Co 2,14).
Que tout vienne de l'initiative du Père — y compris « l'Envoi » de son Fils § 78 — Jn 3,16*), mais pour nous confier à Lui (Jn 17,2 Jn 17,12 Jn 17,24 — c'est la Révélation même du < Mystère >, non seulement dans Saint-Jean, mais en saint Paul (par exemple : Ep 1-3). Ici, le Christ ajoute encore cette garantie: si Lui, « le plus fort », peut nous arracher de l'emprise du démon § 117 — Mt 12,29* ; cf. § 22 — Mt 3,11*), qui donc nous prendrait à Lui, puisque seul serait, en un sens, « plus grand que Lui » le Père § 328 — Jn 14,28*), et que c'est précisément ce Père « Plus grand que tous » qui nous garde en sa main, par la main de son Fils? Au moment de donner effectivement sa vie, le Christ lui-même témoignera solennellement à son Père qu'il en est bien ainsi (Jn 17,6 et 12). Telle est donc notre assurance, le fondement inébranlable de notre espérance chrétienne — et déjà dans l’A.T. (// Dt 32,39 et Is 43,13); seulement, désormais, tous les peuples sont admis à cette espérance (// Dt 33,3 — nous sommes dans la main de Dieu, notre Père, plus grand, plus fort, plus fidèle que tout. Notre espérance est aussi forte que Dieu ! D'où l'hymne triomphale du // Rm 8,31-39 Rm 8,
Il est vrai que certains manuscrits, suivis par les Pères latins en général, donnent de ce v. 29 une autre lecture : « Le Père, ce qu'il m'a donné est plus grand que tout ». Nestlé, Lagrange, H. van den Bussche adoptent cette version. Mais, avec toutes les traductions récentes (y compris Chouraqui et Tresmontant), nous nous en tenons au texte qui est celui, à la fois plus cohérent et plus significatif, que les Pères grecs ont commenté.
Jn 10,30) — D'un dernier bond, le Christ remonte, comme en 10,15*, au sommet absolu : les deux « mains » des v. 28 et 29 n'en sont qu'une. Distinction des Personnes (« Moi » et Toi « le Père »), au point de faire un « nous », mais dans l'Unité du < je suis » indivis, éternel: c'est le mystère même de la vie trinitaire.
Jn 10,31-33) — Cette fois encore, les juifs ont très bien compris. Comme après la déclaration d'éternité de 8,58, ils veulent le lapider, « parce qu'étant homme, il se fait Dieu » — mais c'est exactement ce qu'il est : l'Homme-Dieu !
Jn 10,34-36 // Ps 82,5-8 — Loin de se rétracter, Jésus étend la filiation divine aux hommes eux-mêmes. C'est pour nous la communiquer qu'il a été < envoyé >. Mais la citation qu'il fait du Ps 82) — appliqué par le judaïsme contemporain à l'ensemble du Peuple élu — est à double tranchant. Car c'est en réalité une menace de déchéance (v. 7) pour ceux qui, faute de l'Intelligence de la foi, ont « entendu sans comprendre » § 310 — Jn 12,37-40*), et faute de s'ouvrir à la Lumière (8,12; 9,5), « s'enfoncent dans les ténèbres » (// Ps 82,5), comme sont en train de faire ces contradicteurs. Par contre, aux fidèles, le Christ reconnaît ici comme certifié par les Écritures, une divinisation par filiation.
En quel sens faut-il l’entendre ? Etant donné que le raisonnement est un a fortiori par lequel Jésus réclame le droit de se dire lui-même « Fils de Dieu » aussi bien que nous, cela suppose que soit donné tout son poids de réalité (= de divinité finalement reçue) à notre propre adoption filiale. Si en effet, le Christ vient de se proclamer Dieu — mieux encore qu'« à part entière » : au sens total, trinitaire de ce Nom (v. 30*) — il faut que notre propre divinisation ne soit pas complètement hétérogène, sans quoi son raisonnement ne vaudrait plus rien. Ainsi, pour nous qui croyons à la divinité au sens strict du Christ, le raisonnement fait refluer sur sa prémisse (= sur la base de l'a fortiori = sur la citation scripturaire) une valorisation extrême. Oui, vraiment ! comme le traduira saint Pierre, nous sommes appelés à devenir « participants de la nature divine » (2P 1,4). La révélation du Mystère trinitaire, d'où vient le Christ (v. 30) va de pair avec la révélation du mystère de notre union divinisante au Christ (v. 34-35). C'est ce que confirmera le Discours après la Cène...

References: § 262

§ 262
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 § 338
 § 143
 § 157
 § 258
 § 30
 § 258
 § 44
 § 19
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