Source: http://hautsgrades.over-blog.com/page/35
Timestamp: 2017-02-21 05:08:12+00:00

Document:
Le Tuileur Expert (extrait)
Dissertation sur les Grades La Franche-Maçonnerie fut, dès son origine, une institution de haute portée. Elle renfermait une de ces idées-mères- frappent les esprits, les éclairent et, les gouvernent. Plus la Franche-Maçonnerie fut connue, plus on comprit ce qu'elle avait de grand, de noble et de beau dans ses, principes ; de profond dans ses mystères, d'ingénieux dans ses formes. Elle est restée pour, les adeptes ce qu'elle parut à ceux qui, les premiers, mirent en pratique ces principes), ces mystères, ces formes : tout, en elle, est encore respecté et conservé malgré un siècle et plus d’existence, malgré les révolutions qui se sont faites dans les choses et dans les esprits depuis 40 années. C'est que pour les bons. Esprits, on ne refait pas des doctrines parfaites c'est que par eux et pour eux, les vieux et saints monuments sont toujours des objets sacrés. Et qu'on ne conteste pas cette vérité dont la fable nous offre un exemple. Minerve sortit tout armée du cerveau de Jupiter. Aucune divinité de l'Olympe n'imagina de refaire l’œuvre du maître des dieux, et nul mortel, dans sa sagesse ou dans sa folie, ne rêva qu'il pouvait rivaliser avec Jupiter. Minerve est donc acquise aux siècles païens, et Minerve est toujours pour l'imagination et la poésie l'image de la Sagesse. La Franche-Maçonnerie est l'allégorie de la sagesse divine et humaine, inspirée à l'homme par Dieu lui-même, ou créée par l'homme en puisant dans les perfections qui font l'attribut de la divinité et en réunissant à elles toutes les vertus qui peuvent appartenir à l'humanité elle-même. Cette célèbre institution de la Franche-Maçonnerie n'a pas paru toutefois à des imaginations sombres, singulières, folles ou gracieuses, une création en harmonie avec leurs intérêts ou leurs dispositions diverses. Ne pouvant rien inventer de mieux, de plus remarquable, de plus fait pour inspirer la confiance, pour frapper l'imagination, ils ont conservé la Franche-Maçonnerie, mais en la dénaturant pour l'approprier au but qu'ils se proposaient. C'est ainsi que l'Illuminisme, le Carbonarisme, la Fenderie, la Tabacologie et la Maçonnerie des dames sont, pour les Francs-Maçons, la Franche-Maçonnerie altérée ou parodiée, et, pour les illuminés, les : Charbonniers les Fendeurs, les Priseurs et les partisans des Loges d'adoption, selon leurs vues, les terne et les circonstances, des modelions mystérieuses, la Franche-Maçonnerie perfectionnée, même la vraie Franche-Maçonnerie. Nos lecteurs comprendront bien toute la différence qui existe entre la Franche-Maçonnerie et ces associations toutes diverses, toutes particulières ; ils comprendront mieux encore quand ils auront, avec nous, porté un regard sur la Franche-Maçonnerie et sur ces associations. La Franche Maçonnerie tend à l'amélioration des hommes, des institutions et des mœurs; elle parle à l'esprit, au cœur, à tous les sentiments nobles et généreux; elle se propose la fraternité universelle ; elle recommande, comme première vertu, la philanthropie; en elle, tout est lumière et humanité. Désintéressée dé toute opinion politique et religieuse, elle prêche la paix et la tolérance. Elle calme les passions, éclaire les esprits et rapproche les cœurs. Elle veut tout mêler pour tout épurer. Dans ce creuset moral, l'alliage c'est-à-dire les passions violentes, les vices, sont rejetés sans retour, car à ses yeux aucune passion violente, aucun vice ne peut s'allier avec ses principes. Voilà Franche-Maçonnerie ! Voyons les autres associations. L’illuminisme, secte d’extravagants ou de chevaliers d'industrie, et, comme conséquence inévitable, d'esprits, faibles et de dupes, n'est pas de notre époque. Le charlatanisme et la déception ne prennent plus de voiles aussi mystérieux, ne s'entourent pas des mêmes prestiges, ne cherchent pas de routes aussi longues et aussi difficile a à parcourir ; ils ne font plus tant de façons, disons-le familièrement, pour s'emparer de l'esprit et de la fortune de ceux qui semblent nés pour être trompés. L’illuminisme n'a guère été connu en France qu'à l'époqueoù Cagliostro y vivait, il y a plus d'un demi-siècle. Ce charlatan Illuminé ne tira parti de ses connaissances dans cette secte que dans l’intérêt de sa fortune. On doute même que l'Illuminisme existe encore en Allemagne, cette terre classique du néologisme et de toutes les spéculations intellectuelles, moins, en général, la friponnerie.. Le Carbonarisme, secte politique, a particulièrement existé en Italie sous la domination française de la République et de l'Empire; il était hostile aux vainqueurs, alors c'était l'esprit national, et les vainqueurs seuls pouvaient s'en plaindre, et s'efforcer de le réprimer. La chute de l'Empire Français ne l'a point éteint ; l'ancien gouvernement rétabli dans les différents états, d'Italie, l'a persécuté. Il ne l'a pas détruit non plus ; il l'a seulement forcé de se cacher davantage. En France, depuis 1814 jusqu'en 1830, le Carbonarisme n'a point été conspirateur en action, mais en théories politiques. Il était dangereux pour les hommes à systèmes rétrogradables que par les idées. La révolution de juillet 1830 a frappé de mort dans nos contrées. Le procès récemment jugé à Toulouse a prouvé- qu'en voulant le faire revivre, on n'avait réussi qu'à le rendre misérable et ridicule. Dieu nous garde de ses efforts de pygmées qui se croient des géants, qui voudraient rire du mal et ne font que des sottises ; qui se tourmentent, heureusement, sans tourmenter les autres. La Fenderie, espèce de Carbonarisme par les lieux et un peu par les termes, bien antérieure au Carbonarisme, et qui n'existe plus depuis trente ans, avait un objet louable, aider les voyageurs qui, dans les forêts et sur les routes, pouvaient courir- des dangers. An moyen de paroles et de signes ils appelaient à leur secours les Fendeur ou Bons, Cousine, et s'il s'en trouvait à leur portée, ils en recevaient défense et secours. En ville comme dans les bois, les Bons Cousins se prêtaient assistance, se secouraient mutuellement. Rien n'était plus original, plus gai, plus fou que les réceptions dans la Fonderie. C'était une parodie des plus plaisantes de la Franche-Maçonnerie. Mais si la Fenderie amusait, elle était utile. Les Francs-Maçons ne dédaignaient pas de se faire admettre dans ses Chantiers. Ils étaient de droit Bons Cousins ; il leur suffisait de prêter serment de fidélité à l'association et d'en remplir loyalement tous les devoirs. Ce serment, ils le prêtaient volontiers et le tenaient comme l'un principe maçonnique. La Tabacologie ou société des Priseurs avait au lieu de Loges et de Chantiers, des Manufactures. L'une d'elles était établie, il y a 20 ans dans l'emplacement de l'ex-théâtre Molière, rue Saint-Martin, disposé, décoré et avec tout ce qui était nécessaire aux réceptions et aux pratiques de la société. La culture, la manipulation et l'usage du tabac dans toutes les manières de l'employer et de le consommer, formaient l'étude de la société Tabacologique, qui avait aussi ses mots, ses signes de reconnaissance. A ces choses matérielles se rattachaient des idées morales et une assistance mutuelle. C'était une société de personnes honorables, presque toutes appartenant aux sociétés maçonniques. Si elle existe encore elle est concentrée dans un cercle d'amis. Elle peut offrir du charme, du bonheur, mais non ce qui soutient les sociétés et les hommes, la magie de l'éclat et de la célébrité. La Maçonnerie des Dames n'a pu être créée que par des Francs-Maçons, non parce que la Franche- Maçonnerie ne leur suffisait pas, mais parce qu'il était contre leur esprit, leur caractère, leurs habitudes d'avoir exclusivement des assemblées, comme Francs-Maçons, où les dames n'assistaient pas. Il y avait bien aussi un autre motif, celui d'une sage prudence. Les femmes des Francs-Maçons voyaient les longues et fréquentes absences de leurs époux avec peine, avec mécontentement. Peine et mécontentement ne se concentraient pas dans l'âme de ces dames. Ces deux sentiments fâcheux s'exhalaient en plaintes, en observations plus on moins vives et piquantes; menaces graves s'y joignaient parfois. Les attaqués n'étaient pas indifférents aux dangers qu'un mouvement de dépit, un mot un peu équivoque faisaient entrevoir. Il est sage aux hommes de ne pas donner lieu au courroux des dames; il est très judicieux de ne pas négliger les bons avis qu'elles donnent parfois et il y avait dans tout cela un point si délicat, que les hommes aussi excellents Maçons qu'excellents maris; révèrent. Un rêve heureux, salutaire, consolateur se réalisa dans la Maçonnerie des Dames. La Franche-Maçonnerie fut créée par des sages. Des FF.·. ingénieux et spirituels se dirent : Que la Maçonnerie des Dames se fasse, et la Maçonnerie des Dame fut faite. Il y a eu plus que de l'inspiration il y a eu du génie dans cette création qui rapproche les deux Maçonneries sans les confondre. Le Paradis terrestre, le fruit défendu, un serpent tentateur, un sexe charmant tenté, du bonheur, du plaisirs dit la morale, des réunions belles et nombreuses dés. mystères, des épreuves de jolies récipiendaires, des femmes qui gouvernent, des cavaliers qui ne sont jamais qu'en seconde ligne, un banquet brillant, un bal enchanteur, voilà ce qu'on offrit aux dames, voilà ce qui leur plut, et ce qui leur plaira toujours à tous lés âges, car tous les âgés y sont admis et tous y sont convenablement placés. La Maçonnerie des Dames, est à elles, elles en sont les inspiratrices, les directrices, les souveraines. Tous les hommes leurs sont soumis, jusqu'au maris...quand même. Nous nous sommes un peu laissé entrainer dans cet examen des institutions ou associations qui n'auraient existé si la Franche-Maçonnerie n'eut pas été inventée. Laissons de côté l'origine de la Franche-Maçonnerie ; qu'elle soit antédiluvienne, qu'elle soit une dérivation des mystères chez les les anciens, qu'elle ait pour type l'exécution morale de la construction matérielle du temple de Salomon, ou qu'elle nous vienne des Anglais qui auraient spiritualisé l'une des corporation d'artisans ( les maçons au propre ) si ancienne et si célèbre et si nationale chez eux, il est historique que la franche-Maçonnerie fut introduite en France en 1727 par des Anglais qui, les premiers y tinrent des Loges et admirent à l'initiation quelques uns de leurs compatriotes et des Français. Pendant plusieurs années les Loges en Français furent Anglo Françaises ; longtemps ces Loges relevèrent de la grande Loge d'Angleterre ; mais enfin une grade Loge Française s'établit ; la grande Loge d'Angleterre la reconnut et cessa toute action patronale sur les Loges de France. Les Anglais instituèrent la Maçonnerie sans distinction de rite, c'est à dire qu'il n'y avait qu'une Maçonnerie qu'on qualifiait à Londres ou à Paris ni d'Anglaise ni de Française et encore moins d'Ecossaise. Cette Maçonnerie se bornait à trois grades , à Londres comme à Paris ; on ne distinguait pas même ces trois grades par la qualification de grades symboliques. Ce ne fut que lorsque le docteur Ramsay, Ecossais, et ses partisans eurent crées et répandu leurs grades dits supérieurs que l'on classa la seule Maçonnerie qui existait alors, en Maçonnerie symbolique pour désigner la Maçonnerie des trois premiers grades, et qu'on qualifia de grades capitulaires les grades des nouveaux qu'on tenait en chapitres, et des grades supérieurs , nommés depuis grades philosophiques, les grades que l'on communiquait dans les conseils consistoires. Alors l'ancienne, Maçonnerie introduite par les Anglais, celle des trois premiers grades, reçut la dénomination de rite Français, grades symboliques ; on comprit également sous le titre de rite Français les quatre ordres ou grades capitulaires que les Français créèrent en opposition aux 25 ou 33 degrés du rite Ecossais dus à l’imagination de Ramsay. Les trois premiers grades du rite Français et les trois premiers du rite Ecossais, se traitent avec une parfaite égalité ; c'est à dire que les Maçons de l'un de ces rites sont admis dans l'autre. Mais. le rite Écossais ne fait pas la même concession au rite Français dans les grades plus élevés. Tout le rite Français, ses grades symboliques et ses grades capitulaires ne sont admis dans le rite Ecossais que jusques et compris le 18° degré. Les Ecossais gardèrent d'abord pour eux 7 grades de plus, et en ajoutèrent 8 pour faire le compte de 33, où ils se fixèrent irrévocablement. A l'origine de toutes ces choses, la grande Loge de France à laquelle le G.·.O.·. succéda, résista longtemps au torrent de tant de grades mais elle fut emportée; c'est-à-dire que ses principaux membres suivirent les nouvelles bannières. Il y eut schisme, il y eut lutte ; en 1814 le G.·.O.·. fit avec l'association Écossaise un concordat où tous les discords fixent pacifiés. Le concordat fut bientôt déchiré, chaque partie accusant l'autre de n'y être pas fidèle. Mais en,1814 le Grand Orient, prenant enfin en sérieuse considération sa position de chef d'Ordre de la Maçonnerie en France, d'administrateur, de législateur, de directeur, de responsable, et comme tel, ayant le consentement de tous les Ateliers de son obédience, pratiqua le rite Ecossais et en conféra tous les degrés, malgré l'opposition des chefs de ce rite, qui., du reste, n'avaient jamais bien justifié de leur, droit à une possession exclusive. Le Succès légitima la détermination. Un autre incident survint. En 1817 un nouveau rite, le rite de Misraïm ou d'Egypte chercha à s'implanter à la souche des rites Français et Ecossais. Ce n'était ni 7 grades ni 33 degrés qu'il apportait ; c'était une masse de 90. Quatre-vingt dix degrés ! quand les Écossais eux-mêmes, dans leurs trente-trois, en confèrent à peine sept ou huit, et que dans le rite Français sur sept grades on peut en donner trois par communication, il y avait là une étrangeté qui frappa tous les esprits. La Maçonnerie fut en émoi ; le G.·.O.·. douta de la réalité du fait dont on parlait dans la plupart des Loges. Ce doute cessa bientôt. Les importateurs du rite de Misraïm vinrent lui demander droit de cité. La demande et les titres, ou prétendus tels du nouveau rite furent examinés avec un soin particulier par la grande Loge de conseil et d'appel formée en grand directoire des rites. Le travail de cet Atelier supérieur fut mis sous les yeux des deux Grands-Maîtres adjoints de l'Ordre, les maréchaux Beurnonville et Macdonald, et fut approuvé par eux ; mais il fallait pour lui donner toute son action, la discussion dans le Grand Orient et la sanction de ce corps suprême. Le maréchal Beurnonville, qui portait à la Maçonnerie un intérêt de trente années, qui s'était rendu garant près du roi Louis XVIII de l'esprit invariable de l'institution fraternelle i de la conduite toujours loyale des Maçons, de la sagesse du Grand Orient, présida en Personne; et comme il le faisait dans toutes Les assemblées générales, la célèbre séance où la discussion. est lieu et ou le sort du rite de Misraïm fut décidé.Cet acte est trop important pour n'être pas rappelé ici comme document historique. Nous le transcrivons d'après une des circulaires imprimées qui furent adressées par le Grand Orient à chaque atelier de sa correspondance. Voici cet arrêté : Le Grand Orient de France, Sur les conclusions du F.·.G.·.Orat.·. conformément à l'avis de la Gr.·. L.·. de conseil et d'appel, et au rapport de la commission nommée dans sa séance du 14éme jour du 114 mois de l'an de la V. L... 5816, conformément à l'art, 3 de la section 3 du chap. 11 des statuts généraux de l'Ordre Maç.·. en France, page 190, pour examiner les titres du rit dit de Misraïm, et les instructions relatives au but et à la moralité de ce rite, dont l'admission est demande an G.·.0.·.. Attendu que les impétrants n'ont point fourni les titres et les instructions exigées par l'article précité des statuts-généraux ; Attendu qu'il résulte de ce défaut de production, que l'origine et l'authenticité de ce rite ne sont point prouvées; Attendu subsidiairement que les communications partielles faites à la commission ont prouvé que les 90 degrés dont le rite impétrant est supposé se composer, 68 au moins appartiennent au rite déjà connu et pratiqué par le G.·.0.·. et ne peuvent faire partie d'un rite Egyptien, que l'addition de ces degrés faite arbitrairement et sans droit, par les inventeurs du rite de Misraïm, contredit l'antiquité qu'ils lui attribuent, et pressent de se mettre en garde contre le surplus des degrés, désignés en termes hébraïques ou par une simple numérotation, puisque sous ce voile peuvent encore être cachés d'autres degrés également empruntés aux rites déjà connus. Attendu que l'assertion de l'introduction de ce rite déjà connu en Italie sous le pontificat de Léon X dans le 16éme siècle, par Jamblique, philosophe Platonicien, qui vivait dans le 4e siècle, 1100 ans avant Léon X étant détruit par le seul rapprochement des dates, il n'est plus permis d'ajouter foi à la pratique actuelle de ce rite à Alexandrie et au Grand Caire, ou l'existence publique et avouée d'une semblable institution ne saurait être ignorée du G.·.O.·. si elle était réelle. Attendu que les fictions dont il a plu aux inventeurs de ce rite de s'environner , loin de lui donner plus de prix aux yeux des hommes censés, leur inspirent la loi du doute le plus étendu. Qu'ainsi, s'est en vain que les sectateurs annoncent que le but moral de leur rite est la bienfaisance, la philanthropie et le développement des loi de la nature, par ses grands agents comme par ses puissances secondaires; que sa discipline reconnait pour principes généraux ceux qui régissent tous les rites, le silence gardé sur le dogme, base essentielle de tout rite vis-à-vis le F.·.G.·., dont on ne peut pas plus révoquer en doute la bonne foi que la puissance, est la plus forte présomption de la non conformité de ce dogme avec ceux que la raison avoue, ou. du manque de mission des impétrants ; Attendu enfin que dans cet état des choses, le G.·.O.·. ne doit point laisser plus longtemps les Maç.·. en erreur sur la confiance à donner au rit de Misraïm ; Arrête à l'unanimité : . ART. I. Le rite dit de Misraïm ; pour la présentation duquel il n'a pas été satisfait à ce que prescrivent, les statuts généraux de l'Ordre Maç.·. en France, page 190, n'est point admis. ART. 2. Il est interdit à tout Maç.·., tout At.·. sous quelque dénomination qu'il puisse être dans l'étendue de l'obédience du G.·.O.·. de pratiquer ce rite à peine d'irrégularité. ART. 3. Tout At.·., tout Maç.·., soit à Paris, soit dans les départements qui feraient partie des adhérents de ce rite, sont tenus; sous la même peine d'irrégularité, d'en cesser les pratiques le jour même de la réception du présent arrête, qui sera transcrit textuellement sur les livres d'or ou d'architecture des At.·., et d'y renoncer formellement et explicitement, par une déclaration signée manu proprid et envoyée au G.·.O.·.dans les 38 jours de la notification, ainsi que la copie du procès-verbal de réception. ART.4. Les arrêtés du G.·.O.·. étant obligatoire pour ses membres, du jour même de leur date, ceux d'entre eux qui, présents à l'O.·. de Paris, appartiendraient aujourd'hui à ce rite, et qui dans les 21 jours n'auront point adressé leur déclaration seront réputés démissionnaires, sans préjudice de l’application qui leur sera faite de la peine portée en l'art. 2. ART. 5. Les membres du G.·.O.·. absent de l'O.·. de Paris, jouiront du bénéfice du délai de 33 jours accordé audit art. 3. ART. 6. Lors même que le rite dit de Misraïm viendrait à être présenté de nouveau au G.·.O.·., la prohibition actuelle de son exercice continuera d'avoir son effet, sous les mêmes peines indiquées aux articles précéderas, jusqu'à la promulgation de l'arrêté qu'il plaira au G.·.O.·. de prendre sur cette nouvelle requête. ART. 7. Le présent arrêté sera imprimé et adressé à tous lis Off.·. et membres du G.·.O.·., à tous les At.·. de sa correspondance et au Gr.·. Consistoire des rites. Signé à la minute, le maréchal de Beurnonville, 1er Gr.·.Maît.·. adjoint; le maréchal duc de Tarente, 2e Gr.·.M.·. adjoint ; Roetiers de Montaleau, représentant particulier du G.·.M.·. de Poissy, Rampon, G.·. de Beaumont-Bouillon, et par tous les Officiers en exercice Officiers honoraires, Députés nés et élus et visiteurs présents. Un rite, quelque singulier, bizarre ou extravagant qu'il soit, ne meurt pas de suite pour être repoussé ou proscrit, il végète; pour qu'il s'anéantisse tout-à-fait, il finit encore du temps. C'est ce qui arriva au rite de Misraïm. Ne pouvant se maintenir à Paris, il se réfugia en province ; mais il ne fut admis dans aucune loge dépendant du Grand-Orient. Il ne fut pratiqué que par quelques soi-disant Maçons, gens habiles à profiter dans un intérêt de vanité puérile ou dans, un intérêt privé qu'il ne nous appartient pas de caractériser, de tout ce qui parle à la curiosité, à l’ignorance et à la bonne foi. Une question souvent mise en discussion par les Maçons les plus instruits, est celle de savoir, non s'il faut augmenter le nombre des grades comme le prétendent les importateurs du rite de Misraïm, et comme pourraient le désirer certains esprits à inventions eu à prédilection pour les grades en plus grand nombre possible, mais s'il faut conserver les 33 degrés en les sollicitant et en les conférant. Les partisans de la réduction des grades, ceux qui prétendent que toute la Maçonnerie est renfermée dans les trois premiers grades ou degrés, disent : A quoi bon ne pas se contenter de ces 3 grades qui sont simples, faciles à comprendre, remarquables par leur unité, et qui offrent le système Maçonnique le plus satisfaisant ? Pourquoi des grades supérieurs qui n'ajoutent rien à la morale, qui n'ont qu'un éclat de titre et de cordons et qui embarrassent l'esprit et la mémoire par une foule de mots, de signes, de marches et d'accessoires, que dix personnes ne retiendraient pas sur cent ? Quelle utilité y a-t-il réellement à avoir 83 degrés quand sept ou huit seulement sont conférés ? Ces observations sont toutes sur la partie matérielle des grades. Les observations sous d'autres rapports peuvent être faites par les FF.·. qui, par la connaissance des hauts deg.·., l'instruction et l'expérience, sont capables de juger sainement et de donner leur opinion comme une autorité que tôt ou tard chacun reconnaîtrait sans doute. Les autres Maç.·. qui ne veulent pas non plus de l'augmentation des grades, tiennent à la pratique et à la conservation dès 33 degrés. Ils disent que le nombre et la diversité des grades supposent et renferment réellement la science Maçonnique qui ne s'acquiert que par la connaissance et la méditation de l'histoire des anciens peuples, et des rapporta de cette histoire avec les faits qui forment la base de tous les degrés et particulièrement des degrés supérieurs ; que l'étude de ces degrés familiarise les Maçons avec la science des anciens gouvernements, avec la connaissance des lois, des mœurs des usages des peuples d'alors : étude qui devient importante et agréable, et qui est nécessaire à tous les hommes, surtout aux Maçons, qui, en général appartenant aux classes bourgeoises et populaires, n'ont pas fait ou entièrement fait leurs études classiques. Ils ajoutent qu'en toutes les choses de ce monde il faut une hiérarchie, parce qu'il y a une hiérarchie dans les classes de la société, dans le talent et le mérite des hommes; que la hiérarchie dans la Maçonnerie est nécessaire, inévitable ; que les Maçons élevés aux plus hauts grades ne se croient pas pour cela des princes et n'ont pas d'aristocratie parce qu'ils sont Chev.·. Kad.·., P.·.D.·.. Roy..·. Sec.·. ou G.·.J.·.G.·.. L'aristocratie des grades, si dans les grades il y a une aristocratie, ne donne pas cette aristocratie à ceux qui en sont revêtus. Ils disent encore que l'apprenti sent bien par ce qu'on lui enseigne, qu'il y a une instruction au dessus de son grade ; il désire le Compagnonnage et la Maîtrise.. Le Maître, comme l'Apprenti et le Compagnon, conçoit qu'après son grade il y en a de plus élevés, partant, plus d'instruction et de connaissances. Comme l'Apprenti qui veut devenir Maître, lui Maître, veut devenir Rose-Croix; lui, Rose-Croix, veut devenir Kad.·. et successivement atteindre au 33e degré. Ce désir d'obtenir lei grades les plus élevés entretient parmi les Maç.·., l'émulation qui n'existerait pas s'il n'y avait que 3 grades. La Maçonnerie sans l'émulation, s'éteindrait rapidement. Les loges sans cette stimulation des cordons et des titres Maçonniques, perdraient de leur éclat, de leur variété, de leur magisme. L'imagination, qui a une grande action dans la Maçonnerie, n'aurait plus d'aliment, d'excitation; la Maçonnerie deviendrait un simple cours de morale; les loges, des salles de conférences ou des prêches; et comme la Maçonnerie n'est pas une religion, à laquelle on façonne l'individu dès son enfance comme on façonne le Catholique-né, le Protestant-né, l'Israélite-né, le Mahométan-né, etc., on délaisserait ces cours de morale, ces prêches Maçonniques comme on délaisse les temples religieux où l'on ne revient, du moins en général, que lorsque les intérêts mondains, la vieillesse ou les infirmités y ramènent les hommes politiques, les infirmes, les vieillards ou les consciences chargées qui croient servir leurs vues ici-bas ou s'assurer le repos dans un monde à venir : espérance et consolation de leurs fautes, de leurs douleurs et de leur âge avancé. Quant à cette magie des grades supérieurs et avec eux les titres et cordons, elle est et sera en Maçonnerie comme elle est dans le monde profane. Les hommes sont toujours superbes et vains; il leur faut des temples religieux, des palais de rois, des salons de grands seigneurs, des cercles distingués, des théâtres... Les Maçons, pour rechercher et pratiquer les vertus maçonniques, ne cessent pas pour cela d’être des hommes. Errare humanum est. Passez un peu de vanité aux Maç.·. qui aiment à pratiquer les vertus maçonniques. Le bien l'emporte sur le mal. Le bien est grand : le mal est peu de chose. Les partisans des grades Maç.·. supérieurs seront toujours les plus nombreux, les plus forts. Les grades Supérieurs seront donc toujours un point de mire, un but que l'on voudra atteindre. Le Tuileur-Expert, donne quelques idées pour arriver à conférer les trente-trois degrés dans chacun de ces degrés. Ces idées, sommairement exprimées, appellent la Méditation des FF.·. instruits et zélés. Nous en exprimerons une que nous recommandons à ces mêmes Maçons, et aux grands Corps maçonniques, L'Ecossisme est répandu non seulement en France, mais encore dans la Grande Bretagne, dans les Etats-Unis, etc., etc. Tous les degrés n'y sont pas vus de la même manière il y a des modifications, des différences, des grades qui ne correspondent pas entre eux: Les Grands Orients ou Gr.·. Loges qui ont dans leur sein, ou près desquels sont établis des suprêmes Conseils de Gra.·. Inspecteurs généraux ou puissances maçonniques équivalentes ne pourraient ils pas par le concours de leurs chefs ou par les Maç.·. les plus instruits, examiner, retoucher, remanier à ne sonde leurs lois de leurs, mœurs et de leurs usages, les hauts grades depuis le 4° jusqu'au 33e et dernier ? Puis, toutes ces puissances maçonniques formant un grand Conseil Européen, ne pourraient-elles pas se communiquer réciproquement les cahiers de leurs grades, et se soumettre, dans un intérêt d'unité pour toute la Maçonnerie, leurs travaux respectifs ? Ces travaux fondus ensemble, coordonnés, amèneraient un système uniforme pour les 33 degrés. De cette manière le 33éme reçu à Paris, et tout grade au-dessous, serait le même ou l'égal du 33° etc. reçu à Dublin, à New-York, à Charles-Town, au Brésil, etc., etc. Et dans le cas où la fusion que nous proposons ne pourrait avoir lieu dans le grand Conseil Européen des puissances maçonniques, par des considérations qu'il est inutile de développer ici, chacune de ces puissances conservant les 33 degrés si elle le juge convenable, ne pourrait-elle pas solennellement arrêter et déclarer à toutes les autres puissances maçonniques, que tout F.·. revêtu des grades supérieurs, du 4° au 33° (les trois 1er sont les mêmes partout) qui justifiera d'une patente régulière et de l'instruction suffisante, sera admis dans les Atel.·. supérieurs du R.·.C.·. ou 18° deg.·., de Kad.·. 30e, de P.·. de Roy.·. Sec.·.32°, de J.·. G.·.33éme, comme s'il eût reçu ces grades, ainsi que nous venons de le dire, dans l'O.·. de la puissance maçonnique où il se présente ? On concevra tout de suite la haute importance de cette mesure uniforme pour le système général des 33 degrés, le bienfait pour la Maçonnerie entière, et l'avantage particulier pour les Maçons voyageurs. Puissent ces observations être lues par les FF.·. qui sont en position de les bien sentir et de leur faire recevoir une exécution qui assurerait à jamais l'existence de I' Ecossisme, et préserverait l'univers maçonnique des innovations qui ne peuvent que lui être funestes. Nous avons cette confiance, nous avons aussi l'espérance que tôt ou tard notre voix sera entendue… Source : les Editions de l’Edifice Lire la suite
#histoire de la FM Institution de la Franc-maçonnerie en France La première loge fondée hors du royaume d’Angleterre fut celle de l’Amitié et Fraternité, à Dunkerque, le 13 octobre 1721, par Jean, duc de Montaigu, grand-maître de la Grande-Loge d’Angleterre. La Maçonnerie Anglaise francisée à Paris En l'année 1725, la Maçonnerie anglaise débute à Paris avec les coutumes, le cérémonial et les rituels réglés à Londres dans ces derniers temps ; elle y est introduite par des maçons-anglais de distinction. Ils établirent la première loge, dont le nom est resté inconnu, chez Hure, traiteur anglais, rue des Boucheries, à l'instar des loges d'Angleterre, qui tenaient leurs assemblées dans les tavernes. Les Anglais qui se trouvaient à Paris et beaucoup de Français furent admis à ces nouveaux mystères, qui reçurent, pour la première fois, le nom de Franche-Maçonnerie. Le nombre des frères augmentant, on fonda la loge de Gouftand, lapidaire anglais. Le 7 mai 1729, un frère nommé Le Breton établit, rue des Boucheries, la loge de Saint-Thomas au Louis d'argent, dans une auberge ayant pour enseigne le Louis- d'Argent. Quoique la troisième en date, elle est la première loge régulière de Paris et la deuxième de France, parce qu'elle reçut de la Grande-Loge d'Angleterre, dont elle suivait le régime, le seul qui existât alors, une constitution que n'avaient pas les précédentes. Aussi figure-t-elle sous le n° 90, parmi les cent-vingt-neuf premières loges, dans le tableau dressé en 1735 à Londres. Les chroniques font mention de deux autres loges sous les titres de Saint-Martin et de Saint-Pierre et Saint-Paul, qui auraient été constituées dans cette même année. En 1732, une nouvelle loge se forma dans la maison de Landelle, traiteur, rue de Bussy, dont elle porta le nom qu'elle changea en celui de Loge d'Aumont, parce que le duc de ce nom y avait reçu l'initiation jusqu'au grade de maître. Le 24 décembre 1736, les quatre loges s'assemblent et élisent pour leur grand-maître le comte (d’Harnouester, en l'absence de lord Derwent-Water, qui est censé avoir rempli cette dignité comme fondateur de la première loge à Paris. A cette réunion d'élection, l’Écossais Ramsay, de funeste mémoire, remplissait les fonctions d'orateur. Il est à regretter que, trop soumises à la défense de ne rien écrire, ces loges n'aient laissé aucun document propre à jeter quelques lumières sur les premiers travaux de la Franc-maçonnerie à Paris. À cette période, d'autres loges s'étaient établies dans les provinces ; quelques-unes, s’attribuant les pouvoirs des Grandes-Loges, délivraient des constitutions et fondaient des ateliers. Ces abus, qui nous paraissent étranges, étaient fréquents parce que, à cette époque, les constitutions étaient personnelles aux frères qui les obtenaient et que les fonctions de vénérable étaient à vie. Tout frère d'une condition libre, pourvu du grade de maître et ayant été surveillant d'une loge, était apte à être constitué vénérable inamovible. Les patentes étaient en son nom, il en était propriétaire et avait le droit de nommer ses deux surveillants. Il ne dépendait que de lui seul et gouvernait les frères d'une manière absolue ; aussi chacun d'eux pouvait-il dire : la loge est où je suis, ou bien, comme Louis XIV : La loge c'est moi. Ces anomalies ne tardèrent pas à produire et désordre et scandales, qui furent réprimés plus tard. 1738. Lord d'Harnouester, premier grand-maître régulièrement élu, devant retourner en Angleterre, avait manifesté le désir de se voir remplacé par un grand-maître français. Les maîtres des loges de Paris s'étant réunis fixent leur choix sur le duc d'Autun, l'un des seigneurs de la cour qui avaient montré le plus de zèle pour la prospérité de l’institution. Louis XV, trompé par des courtisans peu éclairés ou par des fanatiques, avait, succès à la vérité interdit la cour aux seigneurs qui se font recevoir franc-maçons, mais étant informé de ce projet, il déclare que quiconque aura présidé les franc-maçons en qualité de grand-maître sera à l’instant mis à la Bastille. Le 24 juin, cette nomination est acceptée par le nouveau grand-maître qui est solennellement installé. Le monarque ne donna point suite à sa déclaration, mais le Châtelet, moins généreux, continua, d'après sa sentence du 14 septembre 1737, d’exercer ses prescriptions contre les membres de l’Ordre qui ne peuvent lui opposer que l'influence de leurs noms ou de leurs emplois. Le 11 décembre 1743, les loges de Paris nomment pour grand-maître perpétuel le comte de Clermont, prince du sang, qui succéda au duc d'Autun, décédé. 27 décembre. Installation solennelle du nouveau grand-maître, dont l'élection avait été confirmée par les loges de province. Celles de Paris établissent une Grande-Loge composée de personnes de distinction. Pour reconnaître le bienfait de l'Angleterre, qui a daté la France de l’Institution maçonnique, les loges parisiennes décident que la Grande Loge prendra le titre de Grande-Loge anglaise de France, titre qu'elle conserva jusqu'en 1756. Grande-loge Anglaise de France Malgré ce titre, la Maçonnerie n'en fut pas moins une maçonnerie toute française, distincte, dans l'esprit, de celle de la Grande-Loge de Londres, dont elle tirait son origine, et supérieure à celles d'Ecosse, d'Amérique, d'Allemagne, etc., c’est-à-dire que la free-masonry (la maçonnerie matérielle), quoique transformée chez ces nations, y avait conservé avec le nom (qu'il aurait fallu modifier) une tache originelle dont leur perspicacité n’avait su les préserver, tache que le temps n'a pas encore effacée. Le mot heureux franc-maçon, qui n'est pas la traduction de free-maçon, produit sur l'esprit parisien l'effet utile qui devait résulter de cette nouvelle institution. La Maçonnerie-libre n’aurait pas pris en France, croit-on que le Français eût consenti à porter le titre vulgaire de maçon libre ? Certainement non ; mais celui de franc-maçon lui a tellement fait sentir la haute importance de la mission civilisatrice imposée par l'institution nouvelle, que les loges françaises rejetèrent cette vanité ridicule des processions publiques, abandonnées aux corporations d'artisans, et qu'elles ne sollicitèrent pas leur admission ou participation aux poses des premières pierres des monument publics, cérémonies tout-à-fait étrangères à celles de ses rituels et de son but, à moins qu'il ne soit question d'un 'édifice à élever aux frais de l'Ordre, pour son usage ou pour être consacré par lui à la bienfaisance. Le Français savait bien qu'il n'était pas question de bâtir le moindre mur, en adoptant le titre de franc-maçon, mais il comprit qu'initié à des mystères voilés sous le nom de Franc-maçonnerie et qui ne pouvaient être que la continuation ou la rénovation des mystères anciens, il devenait maçon à la manière d'Apollon, d'Amphion : ne sait-on pas que les anciens poètes initiés, parlant de la fondation d'une ville, entendaient l'établissement d'une doctrine. C'est ainsi que Neptune, dieu du raisonnement, et Apollon, dieu des choses cachées, se présentèrent, en qualité de maçons, chez Laomédon, père de Priam, pour l'aider à construire la ville de Troie, c'est-à-dire à établir la religion troyenne. C'est ainsi qu'Amphion, par une autre allégorie, éleva les murs de Thèbes aux sons de sa lyre. On a fait, et avec raison, à la G.-L. anglaise de France, un reproche grave, pour les inconvénients qui en résultèrent ; ce fut d'avoir accordé des constitutions personnelles à des maîtres de loge, à titre de maîtres inamovibles pour Paris seulement : « Il en résulta deux grands inconvénients ; l'un, que les vénérables ne s'occupaient que de leurs ateliers personnels ; l'autre, que les frères distingués qui dirigeaient la G.-L., trouvant, dans ses travaux, ennui, sécheresse et monotonie, les négligèrent ; qu'ils tombèrent dans la décadence, et la Maçonnerie de Paris dans le mépris, tandis qu'elle était suivie, dans les provinces, avec activité, zèle et délices » (État du G. O., t. Ier, p. 13). 1744, 5 juin. La chambre de police du Châtelet renouvelle ses défenses faites aux franc-maçons de s’assembler en loges, et interdit aux propriétaires de maisons et aux cabaretiers de les recevoir, à peine de trois mille francs d'amende. Le prince de Clermont, circonvenu par de secrets ennemis de l'Ordre, ne paraît plus aux travaux ; à son exemple, les seigneurs qui le secondaient cessent, en courtisans fidèles, de paraître dans les ateliers, qui se trouvent alors abandonnés à eux-mêmes. A la vérité, il se fit suppléer par le financier Baure, dont l’incapacité ou la négligence le rendit indigne de l'honneur qu'on lui faisait. Il se dispensa d'assembler la G.-L. et laissa le désordre envahir l'administration ; l'élection des vénérables fut négligée. Pour raffermir l'administration, on crut bien faire d'instituer pour Paris des chefs de loges inamovibles ; ce moyen amena l'anarchie ; car ces inamovibles, pour la plupart, s'adjugèrent la présidence à perpétuité et même la propriété de la loge : on vit de simples maîtres créer d'autres maîtres et délivrer des constitutions de loges, fabriquer de faux titres, antidater des chartes, etc. On fit de vives représentations au G.-M., qui se disposait à donner au financier inhabile un successeur plus digne, lorsqu'un complaisant agent des affaires secrètes du prince, le maître à danser Lacorne, parvint à arracher au chef insouciant un titre qui, sous la dénomination de substitut particulier du G.-M., rendait cet intrigant maître absolu de toute l'administration maçonnique. Cette nomination dérisoire excite autant d'indignation que de douleur. Le marchand de flic-flacs, bravant tous les murmures, s'empare des rênes de l'administration, peuple la G.-L. de ses créatures, et, avec leur appui, cet indigne chef de l’association devint puissant. Tous les hommes de bonne compagnie, de mœurs honnêtes, donnent leur démission ou cessent de prendre part aux travaux. Si l’on ajoute à ces honteux désordres ceux que causèrent les gens de la suite du prétendant anglais, délivrant au premier venu pour une faible somme, des pouvoirs de tenir loge, et constituant de leur autorité des mères-loges et des chapitres, sans qu'ils y fussent autorisés раr aucune autorité légale, on pourra se faire une idée de l'état de la Maçonnerie en France à cette époque, et dont l'époque actuelle se ressent encore de l’influence pernicieuse qu'elle a produite ; nous en reparlerons plus amplement en traitant des hauts grades. Notre but auparavant, est d’initier le lecteur aux faits plus ou moins maçonniques qui se sont passés en Angleterre, en Ecosse et en France, jusqu'à l’établissement du G. O., afin qu'il soit à même de mieux connaître l'origine des hauts grades et d'en apprécier la valeur. Grande Loge de France 1756. La Maçonnerie, outre ses déplorables dissensions, continue d'éprouver de fortes atteintes de destruction : elle est envahie par des systèmes de rites et de grades étrangers et indigènes, dont la base était le mensonge ou la vengeance, et l'origine inconnue pour la plupart. L'Engouement français pour la nouveauté mit quelque temps en vogue ces productions charlatanesques, qui n'avaient de maçonnique que la forme. Dans l’espoir d'arrêter cette influence pernicieuse, la G,-L., malgré l'état de stupeur où l'a jetée l'administration de Lacorne, fait solennellement l'abandon du titre de G.-L. anglaise de France, pour prendre et porter uniquement celui de Grande-Loge de France. Ce changement de titre n'ajouta rien à la puissance de la G.-L., ni n'apporta aucune amélioration à la situation critique de la Maçonnerie. L'indépendance et les menées des maçons turbulents (coterie Lacorne et autres), continuent. Ils créent des maîtres de loge à Paris et dans les provinces ; ils fondent des chapitres, des conseils, des tribunaux, qui, de leur côté, établissent aussi des loges et des chapitres, créations diverses et confuses, dont il est impossible de tracer l'histoire, ni même de donner la nomenclature, puisqu'aucun registre régulier n'était encore tenu dans ces diverses associations et que la G.-L. elle-même ne rédigeait pas exactement les procès-verbaux de ses assemblées. 1758. Il s'établit, à Paris, un conseil des empereurs d'Orient et d'Occident, souverains princes maçons, substituts généraux de l'art royal, grands surveillants et officiers de la grande et souveraine loge de Saint-Jean de Jérusalem (à quel Orient ?) Cette introduction bouffonne qui, sous un voile usurpé, détruit l'égalité maçonnique, une des bases de l'institution, aurait dû être bafouée et rejetée avec mépris ; la vanité, l'amour des décorations, en jugèrent autrement : il y eut foule pour obtenir les vingt-cinq grades dont se composait la prétendue instruction du nouveau régime. Jusqu'ici, la Maçonnerie, et c'est la véritable, était modestement et logiquement composée de trois grades: apprenti, compagnon et maître. Mais tout ce que les passions ont de plus funeste pour l'humanité : l'ambition, l'orgueil, le faux savoir, a introduit dans son sein une maçonnerie dont les noms pompeux de ses degrés ne parviennent pas à en déguiser la fausseté. C'est de Ramsay que partit le premier système super-maçonnique, qui rompit impitoyablement l'unité de doctrine, faussa le dogme maçonnique et dénatura la simplicité de l'ordre. Le poison s'inocula chez des hommes crédules et avides ; et, l'impulsion donnée, des maçons lyonnais arrangent le système templier, produit naturel du chevalier du Temple de Ramsay ; Stuart institue à Arras un chapitre primordial; le chevalier de Bonneville croit diminuer le mal en fondant un chapitre de hauts grades pour les maçons distingués ; ensuite arrive le Conseil des empereurs d'Orient et d'Occident, souverains princes maçons, avec ses vingt-cinq degrés, pour lesquels s'engouèrent des maçons pourvus du grade de maître et qui furent assez aveuglés pour s'abaisser à reconnaître vingt-deux classes de supérieurs qui n'en savent pas plus qu'eux. Le siècle sera à peine écoulé qu'il apparaîtra des empiriques qui, s'apercevant que l'engeance maçonnique, de même que l'autre partie de l'espèce humaine en général, est incapable de profiter des leçons du passé, s'imagineront, à l'aide d'un grossier mensonge, d'ajouter à ces vingt-cinq degrés de nouveaux éléments de discorde classés en huit grades, pour en porter la nomenclature à trente-trois. Dix ans après, des spéculateurs étrangers arriveront avec un vaste casier dont les cases, pour la plupart, sont vides, mais dont l'étiquetage s'élève au nombre rond de 90. — Sera-ce tout ? Non : Un fou trouve toujours un plus fou qui l'imite. En effet, des inventeurs féconds trouveront très opportun, dans un siècle où l'homme qui pense n'a point une minute à perdre, où l'électricité, aux enjambements de cent lieues par seconde, est devenue la messagère des idées, la vitesse de la vapeur s'étant trouvée beaucoup trop lente, d'imaginer, pour l'instruction de leurs adeptes, une échelle scientifique de quatre-vingt douze, puis quatre-vingt-treize échelons, et qui s'arrêtera sans doute au quatre-vingt-dix-neuvième. — Mais n’anticipons pas, ces créations prétendues maçonniques se reproduiront en leur lieu. Nous ne ferons, en ce moment, qu'une réflexion : Si ces étranges aberrations eussent existé du temps d’Erasme, nous doutons qu'il ait osé faire l’Eloge de la folie. 1760. Une loge fondée par le comte de Beurnonville, et qui était composée des personnes les plus notables de la capitale et des premiers seigneurs de la cour, se préserva de la manie des nouveaux grades. Ses séances avaient lieu à la Nouvelle-France, au nord de Paris. 1761. Cette année, le désordre maçonnique est à son comble à Paris et dans les provinces, où des patentes et des chartes sont délivrées par trois pouvoirs constituants, siégeant dans la capitale, savoir: la G.-L., la faction Lacorne et le Conseil des empereurs. 1762. Le G.-M., satisfaisant aux plaintes portées contre l’administration de Lacorne, le destitue de ses fonctions de substitut particulier et nomme pour le remplacer, en qualité de substitut général, le frère Chaillou de Joinville. Ce choix est généralement approuvé ; les partis qui formaient les deux G.-L. se rapprochent, une réconciliation est opérée La G.-L. de France annonce, par une circulaire, cet heureux événement à toutes les loges de la capitale et des provinces. Les deux corps se réunissent le 24 juin pour ne plus former qu'une seule Grande Loge. La réorganisation des travaux donne lieu à de nouveaux règlements, et des constitutions sont délivrées, sous son autorité, pour l’union et la régularité des travaux. Humilié, mais toujours audacieux, Lacorne ranime le zèle de ses partisans. Leur turbulence est telle que la G.-L. est forcée de les bannir de son sein. La G.-L. de France poursuit avec beaucoup de calme et de dignité son honorable carrière ; mais la faction Lacorne ne reste point oisive. Une lutte vive et journalière s'établit et dure plusieurs années. 1763. La G.-L. est troublée dans ses travaux pat le chapitre de Clermont et par les chapitres et les conseils qui, au mépris de son autorité et de ses droits, continuent à délivrer des constitutions à Paris et dans les provinces. Cette rivalité nuit au progrès de l'institution et favorise l’introduction, dans les loges, de toutes sortes de rites, grades et systèmes contraires au but primitif de l’ordre. 1765,2 juin. Les membres de l’ancienne G.-L., qui avaient été forcés d'admettre ceux de la faction Lacorne, les voyaient avec peine siéger parmi eux, tant sons le rapport de leur état civil, en général peu honorable, que sous celui de leur ignorance dans l’administration des loges : ils avaient résolu de les expulser. L'époque de l’élection arrivée ce jour, aucun d’eux n’est élu ; ils sont outres de ce procédé, qui fut une faute, car quelques-uns étaient dignes, et ils s’en vengeront ; dès ce jour, la fin de la G.-L. pouvait être prédite. 24 juin. Célébration de la fête de l'Ordre et installation des officiers. Aucun des membres de la faction Lacorne n'y assiste : tous se retirent de la G.-L, contre laquelle ils font imprimer et distribuer des libelles injurieux, en protestant fortement contre les élections récentes. 1766. 5 avril. La G.-L., sans examiner si les torts ne sont pas de son côté, bannit de ses travaux et de l'association maçonnique les auteurs et distributeurs des libelles dirigés contre elle et dans lesquels on protestait contre les élections de 1765. Le 14 mai suivant, elle formule un nouveau décret contre les frères bannis. 14 août. Froissée, de tous côtés, par les opérations administratives et constitutives des conseils, des chapitres et collèges des hauts grades, la G.-L. rend un décret qui supprime toutes leurs constitutions, défend aux loges d'y avoir égard et de les reconnaître, sous peine d'être déclarées irrégulières et rayées des tableaux. — Comment vouloir que les frères haut gradés, qui sans doute dirigeaient leurs ateliers, consentent à se dégrader ? C'est bien peu connaître l'orgueil maçonnique, c'est-à-dire l'incorrigible orgueil humain. Il fallait, dès le principe, s'opposer à l'établissement de ces fausses maçonneries, ou, plus tard, les forcer d'entrer au centre commun pour les diriger et les administrer. On voit que la G.-L. courait à sa perte. Ce décret, qui supprime également les G.-L. provinciales, excite de nouvelles divisions dans les loges françaises. Les conseils des hauts grades persistent et continuent de constituer et d'adresser des circulaires et des instructions perturbatrices. Ces hauts ateliers avaient d'autant plus de succès, que leurs membres étaient parvenus à établir en principe que la concession des capitulaires ou constitutions aux degrés supérieurs leur appartenait à l'exclusion de la G.-L. Malgré l'évidence de cet acte abusif d'usurpation de pouvoir, nombre de maçons se soumettaient à cette convention tacite et rendaient la G.-L. impuissante dans son action, en la réduisant à une existence secondaire, présage de sa fin. 1766, 2 octobre. On provoque, dans la G.-L., le rapport du décret du 14 août contre les chapitres et conseils des hauts grades, et, démontrant la nécessité de la réunion de ces corps au centre de la Maçonnerie française, on propose de diviser la G.-L. en trois chambres, dont l'une devait connaître des degrés symboliques ; la deuxième, des hauts grades jusqu'à l'écossisme, et la troisième, des autres grades supérieurs. La demande est malheureusement rejetée : la G.-L. refuse d'admettre les chapitres des hauts grades à siéger dans son sein ; cette faute capitale sera mortelle pour elle, car l'union aura lieu avec les dissidents. En effet, ce rejet, joint au décret du 14 août, n'arrangeait pas la vanité d'une foule de maçons qui alors, comme encore aujourd'hui, voyaient la Maçonnerie dans les titres, dans les ornements et dans les cérémonies pompeuses, plutôt que de la voir dans ses principes et dans son dogme. Ces récalcitrants ne s'arrêteront plus à des protestations devenues inutiles, ils briseront bientôt l'entêtement qui fait obstacle, en jetant au sein même de la G.-L. le désordre et l'impuissance. 1767, 4 février. La G.-L. continue d'éprouver des tribulations : assemblée pour célébrer la fête de l'Ordre, les frères bannis se présentent en grand nombre et jettent le trouble dans la séance, où ils pénètrent malgré les gardiens, ils demandent impérieusement de prendre part à la solennité. Sur un refus positif, ils se livrent à des violences ; les voies de fait sont bientôt réciproques, le scandale est complet. Le lendemain, l’autorité civile donne ordre à la G.-L., qui obéit, de cesser ses assemblées, qui ne furent reprises qu’en 1771. L’exercice légal de l’autorité maçonnique se trouve ainsi longuement suspendu (quatre années). Suspension des travaux de la Grande-Loge Les frères bannis, inconnus à l'autorité, quoique provocateurs et fautifs du scandale, ne sont point compris, ou ne se regardent pas comme devant l'être, dans la mesure, et se rassemblent clandestinement dans un local, au faubourg Saint-Antoine, pour abuser d'un pouvoir usurpé. 1770, 28 février. Les frères bannis continuant activement leurs travaux clandestins, les membres de la G.-L. s'en inquiètent. Ils ont fait une démarche inutile auprès du lieutenant de police, pour obtenir l'autorisation de reprendre leurs assemblées, suspendues depuis 1767. Cependant une séance générale est convoquée pour ce jour, mais la pusillanimité de la plupart des membres empêche qu'elle ait lieu ; quelques anciens frères s'y rendent, mais ne se trouvant qu'en petit nombre, ils se retirent. Le sommeil de la G.-L. se prolonge au profit de ses adversaires, pour qui tous les moyens de succès étaient bons. 1771, 15 juin. Mort du G.-M., le prince de Clermont. Cet événement va mettre fin à l’apathie de la G.-L. Elle se réunit. Mais ses assemblées se passent en projets de réorganisation et en discussions inutiles. Elle ne voit qu'elle, et, par une inertie coupable, quand il faut agir dans l'intérêt général de l'Ordre, elle laisse aux dissidents, mieux inspirés, le soin de rendre des services réels à la cause commune. 16 juin. Dès le lendemain de ce décès, les frères bannis, auxquels s'étaient, peu-à-peu, réunis, en assez grand nombre, des maçons distingués, lassés de l'inaction de la G.-L., et avec le concours des chefs de chapitres et de conseils qui, ayant à se venger des décrets rendus contre eux, visaient à être reconnus et à faire partie intégrante d'un corps constituant. Après s'être mis d'accord, ils trouvent accès auprès du duc de Luxembourg, maçon plein d'urbanité, et sollicitent son appui, afin d'obtenir du duc de chartes son acceptation pour la nomination qu'ils désiraient faire de S. A. S. à la grande-maîtrise de l'Ordre en France. La demande est accueillie. Dans cette entrevue, les frères bannis se rendent puissants auprès du duc de Luxembourg. Ils lui démontrèrent adroitement qu'il était dans l'intérêt de l'Ordre que le duc de chartes réunît les deux maîtrises, pour concentrer toutes les opérations maçonniques sous une seule autorité. Le duc se rend à ces raisons : l'acceptation fut rédigée dans ce sens. 21 juin. Les frères bannis, porteurs de la promesse d'acceptation de la grande-maîtrise par le duc de chartes, se présentent à la G.-L., réunie en assemblée générale, et mettent pour condition à la remise de cette acceptation le rapport des décrets des 5 avril et 14 mai 1766, qui les ont frappés de bannissement, et la révision de toutes les opérations faites pendant leur absence. Ces conditions sont acceptées. 24 juin. La G.-L., réunie en assemblée générale, procède à l'élection du G.-M., et le duc de chartes est nommé, à l'unanimité, G.-M. de la Maçonnerie française et souverain G.-M. de tous conseils, chapitres et loges écossaises de France. Ce prince succède ainsi à son oncle, et l'union des deux grandes-maîtrises opéra de droit la réunion des deux corps. 26 juillet et 9 août. Les frères amnistiés ayant signalé des abus, des vols, des exactions commises dans la gestion de la G.-L., demandent la nomination d'une commission d'enquête, chargée de présenter un plan, pour remédier aux désordres qui affligent la Maçonnerie française. La G.-L. nomme huit commissaires auxquels elle donne plein pouvoir à ce sujet, et les charge de lui faire un rapport. 14 août. Pour la régularité des travaux des loges, des règlements sont publiés sous ce titre : Statuts et règlements de la très respect. G.-L. de France, tant pour son gouvernement que pour celui des loges régulières concernant leurs relations avec elle, arrêtés par délibération de la dite G.-L, du 14 août 1771, pour être exécutés et observés à compter du dit jour (in-8° de 55 pages). 10 septembre. Depuis longtemps, des constitutions avaient été délivrées par des maçons de tous les partis à une multitude de loges en France ; d'autres avaient été expédiées par las frères bannis ; et d'autres par Chatillou de Joinville, de la Ghaussée (V. son mémoire justificatif), etc., au nom de la G.-L., pendant la suspension de ses travaux ;elle prend un arrêté portant que toutes les loges de France seront tenues de faire renouveler leurs constitutions, et qu'à cet effet, toutes celles existantes seront déposées à son secrétariat pour être examinées par six commissaires, afin de les viser et de fixer la préséance des loges. 17 octobre. Circulaire de la G.-L., annonçant l’élection du duc de chartes à la dignité de G.-M. et son acceptation. Ne prévoyant pas les événements, elle avertit les loges que l'installation du G.-M. doit avoir lieu à la fin de novembre prochain (1771) (elle n'eut lieu que le 28 novembre 1773, mas par un autre corps), et elle les invite à assister, par députés, à cette solennité. Elle fait part en même temps du projet qu'elle a d'écrire l’Histoire générale de l'Ordre maçonnique en France et demande des renseignements, à ses administrés. (Cet ouvrage n'a pas été fait.) 17 décembre. Création de vingt-deux grands-inspecteurs provinciaux, chargés de visiter toutes les loges du royaume, d'y maintenir l'exécution des règlements, d'y vérifier les registres, à la charge de tenir écriture de leurs opérations, pour en rendre compte à la G.-L. dans les assemblées de communication de quartier. La durée de ces fonctions est fixée à 3 ans. 1772. Cette année sera mémorable dans les fastes maçonniques de la France. L'état d'inertie dans lequel la G.-L. de France, soit par timidité, soit par défaut d'accord et d'ensemble parmi ses membres devenus peu nombreux, a laissé trop longtemps languir les travaux maçonniques et a fini par mécontenter, décourager et inquiéter la partie saine et nombreuse des maçons français, qui aspiraient à un meilleur état de choses, capable de délivrer l'institution d'une anarchie toujours croissante Déjà, il devient évident que cette apathie de la G.-L. et les tiraillements qui la déchirent vont bientôt donner naissance à une nouvelle ère importante dans la Franc-maçonnerie. Janvier. Les huit commissaires nommés la 26 juillet, avec des pouvoirs pour réviser les opérations de la G.-L., eurent des conférences suivies avec un parti nombreux que protégeait ouvertement le grand-administrateur général, le duc de Luxembourg; il s’y agissait moins de satisfaire au vœu du mandat assez étendu de la G.-L., que d'aviser secrètement aux moyens d'anéantir son pouvoir. La conspiration commence. 18 juin. L'administrateur général fait, dans la séance de ce jour, présidée par lui, le dépôt de deux pièces importantes ; l'une, du 5 avril, est l'acceptation de la grande-maîtrise par le duc de chartes ; l'autre, du 1er mai, est relative aux pouvoirs dont fut investi le duc de Luxembourg par le dernier G.-M. décédé, et en vertu desquels il confère l'initiation au G.-M. nouveau. Copie textuelle de l’acceptation : « L’an de la grande lumière 1772, 3° jour de la lune de Jiar, 5° jour du 2e mois de l'an maçonnique 5772, et de la naissance du Messie 5e jour d'avril 1772, en vertu de la proclamation faite en Grande-Loge assemblée le 24e jour du 4e mois de l’an maçonnique 5771, du très haut, très puissant et très excellent prince S. A. S. Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, duc de chartes, prince du sang, pour grand-maître de toutes les loges régulières de France et celle du Souverain-Conseil des empereurs d'Orient et d'Occident, sublime Mère-Loge écossaise du 26e de la lune d'Elul 1771, pour souverain G.-M. de tous les conseils, chapitres et loges écossaises du Grand-Globe de France, offices que ladite A. S. a bien voulu accepter pour l'amour de l'art royal, et afin de concentrer toutes les opérations maçonniques sous une seule autorité. En foi de quoi, ladite A. S. a signé le procès-verbal d'acceptation. Signé : Louis-Philippe-Joseph d'Orléans. » Copie textuelle du procès-verbal non moins curieux du duc de Luxembourg : « Nous, Anne-Charles-Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Luxembourg et de Châtillon-sur-Loire, pair et premier baron chrétien de France, brigadier des armées du roi, etc. Revêtu par feu S. A. S. le très respecté et très illustre frère comte de Clermont, G.-M. de toutes les loges régulières de France, de toute la plénitude de son pouvoir ; non-seulement pour régir et administrer tout l'Ordre, mais pour la fonction la plus brillante, celle d'initier à nos mystères le très respectable et très illustre frère Louis-Philippe d'Orléans, duc de chartes, appelé ensuite par les vœux de toute la Maçonnerie au suprême gouvernement ; Certifions avoir reçu, en notre qualité d'administrateur général, l'acceptation par écrit du prince ; ainsi mandons à la G.-L. de France d'en faire part à toutes les loges régulières, pour participer à ce grand événement et pour se réunir à nous dans ce qui pourra être pour la gloire et le bien de l'Ordre. Donné à notre Orient, l'an de lune 1772 et de l'ère vulgaire 1er mai 1772, apposé le sceau de nos armes et contre signé de l'un de nos secrétaires. Signé : Montmorency-Luxembourg. — Par monseigneur, signé : d'Otessen. » La conspiration continue : les frères amnistiés, mus soit par la vengeance ou par un esprit de dissidence qui se perpétue souvent dans les fractions d'un corps nombreux, dont la composition cesse d être homogène, suivaient avec soin les progrès de la révolution commencée, qu'ils encourageaient de tous leurs efforts. De leur côté, les huit commissaires auxquels s'adjoignent des maîtres de loge, des députés, le Conseil des empereurs d'Orient et d'Occident, ainsi que le Conseil des chevaliers d'Orient, continuent leurs conciliabules secrets ; les séances se tiennent à l'hôtel de Chaulnes sur les boulevards. Lalande dit qu'elles étaient très nombreuses et bien composées (Mémoire historique sur la Maçonnerie). Dans ces conférences, on perdit de vue, dès le principe, l'objet spécial des réunions et les limites du mandat émané de la G.-L. ; l' idée d'une réorganisation générale, que propageait ouvertement le duc de Luxembourg, séduisait tous les esprits ; un changement radical et prochain paraissait inévitable. La G.-L. a bien encore pour elle, comme corps maçonnique, le respect dû à l'ancienneté de son origine ; mais sen pouvoir diminuant chaque jour dans une proportion égale aux abus qu'elle laisse s'introduire ou qu'elle ne peut plus empêcher il faut indispensablement un nom nouveau et un nouvel organe pour commander au chaos ; on ne sera donc pas étonné de voir ce corps, avant sa complète défaillance, s'éclipser, puis s'éteindre devant une nouvelle autorité jeune, vigoureuse, qui puisera son origine et sa force dans le sein même de la G.-L., dont les efforts pour revenir à la vie seront inutiles. Parmi les maîtres de loge et les députés, il s'en trouve aux dernières conférences qui réclament en faveur des principes établis, des honorables frères n'adoptent pas les projets qui devaient renverser le pouvoir de la G.-L. ; ils sont expulsés. Bientôt l'agitation devient extrême ; des accusations graves d'exactions, de concussion, de vols, d'abus de pouvoir, furent portées contre les membres les plus influents de l'ancienne G.-L. et ses officiers dignitaires ; et sous le prétexte et peut-être avec la bonne intention d'extirper seulement des abus et de régénérer l'administration de l'Ordre, on conspirait réellement la ruine du plus ancien corps maçonnique français. « On dressa, dit Lalande, de nouveaux statuts ; on remédia aux abus en rendant surtout les maîtres de loge amovibles et éligibles à la majorité des voix. » -C'était là un bien immense : la maîtrise perpétuelle des loges était un danger imminent pour l'Ordre et la cause d'une foule d'abus ; il était né de la défection étrange du comte de Clermont, G.-M. (V. 1744). Il fallait le faire cesser ; mais ce changement utile pouvait s'introduire sans cesse ; la raison seule l'aurait peu à peu opéré ; mais l’opiniâtre résistance à tout changement ne permit pas d'agir ainsi. Si les huit commissaires, qui prenaient part à toutes ces opérations, eussent fidèlement rempli les devoirs que leur dictait leur mandat, ils eussent informé la G.-L. et l'auraient appelée à concourir, comme corps administratif, à des améliorations qu'elle n'avait pas intérêt à repousser ; ils n'avaient pas d'insuccès à redouter, ayant l'appui d'une immense majorité en tête de laquelle figurait l'administrateur général. Mais ces simples mandataires du рremier corps maçonnique se crurent omnipotents. La G.-L. ne révoqua pas des fondés de pouvoir qui, à sa connaissance même, outrepassaient ses ordres, et elle en fut bientôt punie. En administration comme en politique, il faut de la fermeté ; le pouvoir qui fléchit ne tarde pas à tomber. A la vérité, la G.-L., nous l'avons démontré, ne jouissait pas de toute la plénitude d'action, faute d'accord entre ses membres, dont la plus grande partie travaillait et applaudissait à la chute de son pouvoir, préliminaires accoutumés de tout changement de gouvernement. La position était critique, les conséquences en furent inévitables. 1772, 24 décembre. Les huit commissaires, qui, sans le savoir, étaient les agents de maçons plus éclairés, agissent, sans convoquer, et pour cause, ceux dont ils tiennent leurs pouvoirs, pour leur soumettre le résultat de leur travail, et cet octovirat (17), réuni aux frères nombreux des divers partis qui assistaient aux conciliabules, après un exposé préparatoire et s'appuyant sur le suffrage général, déclare solennellement, que l’ancienne G.-L. de France a cessé d'exister, qu'elle est remplacée par une nouvelle Grande-Loge nationale, laquelle fera partie intégrante d'un nouveau corps qui administrera l'Ordre, sous le titre de Grand-Orient de France. Ainsi s'opéra, sans secousse, mais non sans regrets ni protestations, cette révolution dans laquelle avaient trempé, en très grande partie, les propres membres de la G.-L., à laquelle ceux qui n'approuvaient pas ce changement étaient restés peut-être trop indifférents. Mais on était, en général, tellement fatigué des dissensions et des abus qui avaient flétri les dernières années de cette ère maçonnique, que les loges de la correspondance, dans l'espoir, sans doute certain, d'un meilleur avenir, applaudirent, presque unanimement, au nouvel ordre de choses. 1773, 24 mai. Le frère Chaillou de Joinville, ancien substitut général du G.-M. le comte de Clermont, abandonne le parti de la G.-L. et demande au G.-O. des lettres de substitut honoraire ; après avoir fait déclarer, par le frère Savalette de Langes, qu'il approuvait tout ce qui a été fait. Cet événement ajoute encore aux embarras de la G.-L., qui nomme, à la place du transfuge, le prince de Rohan. 30 août. La G.-L. lutte et résiste, mais trop tard, sans énergie et sans ensemble ; le faisceau réduit et toujours désuni est déjà plus qu'à moitié brisé. Le seul acte de vigueur auquel elle se détermine et qui fut stérile, est de s'assembler et de déclarer, ce jour, le nouveau corps qui s'est formé près d'elle, à Paris, sous le titre de G.-L. nationale, illégale, subreptice et irrégulière. (V. sa circulaire.) Elle frappe de déchéance tous les maîtres de loge qui assistent ou assisteront à ses travaux, s'ils ne rétractent, sous huitaine, les erreurs dans lesquelles ils sont tombés, à l'instigation de quelques esprits inquiets et turbulents. — Vaine tentative d'un pouvoir expirant. La G.-L. ne fut pas plus heureuse dans ses efforts subséquents pour rétablir sa souveraineté. (V. sa notice historique). Un pouvoir qui affiche son impuissance devient ridicule et tombe. Source : les Editions de l’Edifice Lire la suite
#histoire de la FM La Maçonnerie Écossaise comparée avec les trois professions & le secret des Templiers du Quatorzième siècle. Première partie. Serait-ce encore le temps où notre faible vue ne peut s'éclairer de trop près du flambeau de la raison ? Faudrait-il encore avoir recours aux mains invisibles de l'Éternel ? Ne ferait-il donc point possible que, sans descendre immédiatement du ciel, une heureuse institution produisit des législateurs de génie, des héros et des hommes ! Des hommes dieux, les véritables images d'un Dieu sur la terre ! Il faut qu'une société soit recommandable par les grands desseins dont elle s'occupe, et par le dévouement éclairé des membres qui la composent ; mais il importe peu qu'elle soit formée d'hier, ou que son origine, même reconnue, aille se perdre dans la nuit des temps. Une société qui se glorifie d'être ancienne, ressemble assez à ces familles anciennement illustres, que Bacon, si je ne me trompe, compare à de vieux châteaux. Est-ce donc le fondateur ou le possesseur d'un édifice qui l'honore aux yeux du sage ? Toutefois, je l'avoue, le sensible voyageur s'arrête, le cœur attendri, devant ces monuments augustes que le temps, qui prend plaisir, en son orgueil, d'effacer par tout la main des hommes, a comme animés sous les embrassements d'un lierre vigoureux, dont la chevelure épaisse et argentée atteste sa force inépuisable, et une naissance incertaine qui semble toucher à la création. Il contemple en ses douces méditations la vieille enceinte d'une voûte antique qui lui paraît surchargée du poids des siècles entassés. Il se recueille pour les célestes jouissances de l'inspiration. Mais si tout-à-coup il rencontre un conciliabule d'hypocrites, des reptiles impurs, ou des tigres, ou des brigands, ou un héritier stupide, quel que soit son respect pour le monument qu'il admire, et pour les grands hommes qui l'ont sanctifié de leur présence, il n'ose plus y porter les yeux : traînant ses regards dans la poussière, il s'éloigne à la hâte d'un sanctuaire profané. Ce n'est pas sans un grand dessein que nombre d'écrivains ont fait remonter l'origine de la Franc-Maçonnerie à la plus haute antiquité ; à la faveur de quelque ombre des savantes allégories de Pythagore, de Simonide, d'Homère et de Pindare, il était facile de forcer le génie, avide de connaître, à des recherches perpétuelles, sans que jamais il pût se laisser décourager par des veilles infructueuses. Persuadé qu'il y a des cultes tellement absurdes qu'ils n'ont jamais pu entrer, sans cause, dans la tête des sages d'un siècle, ni même en sortir, quel que fût, dans tous les temps, le délire de l’esprit humain, il cherche à toutes les allégories monstrueuses un sens naturel qui le satisfasse ; loin de jeter quelques ridicules sur les cérémonies les plus bizarres, il y soumet sa raison avec respect, pour conserver l'allégorie intègre et pure : il regarde ces allégories comme un voile tiré entre l’histoire perdue et celle qui nous reste : il les analyse et les rassemble comme les fragments d'une vérité persécutée : une étude qui l'a rendu observateur, qui, lui enseignant à réfléchir, lui a montré toute l'importance de se perfectionner dans l'art de se chercher soi-même, lui agrée, le console, il s'y complaît. C'est vraiment lui qui est attentif à des faits isolés et lumineux, qui, sans présenter autre chose que de simples lueurs, annoncent des clartés. Ce qui est déjà prouvé pour l'homme qui pense, mais qui est une découverte toute sublime pour l'être enfant qui n'a jamais rien approfondi, le rendra respectueux jusqu'à l'enthousiasme pour la conservation d'une cérémonie allégorique dont il a tiré un sens littéral qu'il aura trouvé simple et raisonnable : il aime l'artifice innocent des allégories qui protègent la vérité contre les fureurs de la superstition altérée du sang de son frère. Quelle que soit l'explication qu'on lui en donne, il y cherche le sien dans ces Miroirs à plusieurs faces que le génie fut contraint d'employer pour abuser les méchants et les indiscrets. Ainsi les sages ont un respect motivé pour les allégories anciennes. Mais s'il est vrai que le Philosophe respecte une allégorie qu'il ne peut expliquer, il faut au moins lui prouver qu'elle est ancienne ; qu'il voie qu'elle a été respectable et chère à des hommes dont la conduite irréprochable annonce un sens droit et pénétrant : il ne ressemblera point à ces prétendus esprits forts qui méprisent tout ce qu'ils n'entendent pas, il y soupçonne toujours une cause, rien ne le rebute ; et dès qu'il ne voit plus la trace antique, il n'en est que plus empressé à découvrir la main cachée qui agit dans le silence ; des cordons ridicules et des secrets à vendre lui paraissent des monopoles odieux. Je ne sais, mais il me semble qu'il y a toujours dans le cœur d'un honnête homme une voix secrète qui lui révèle, par un cri douloureux, la présence invisible du crime ; et sans doute il est un Dieu bienfaisant qui ne permet pas toujours que la vertu fait éternellement sur la terre sans récompense. La société des Francs-Maçons a eu, dans tous les temps, et dans les diverses parties du monde où elle a fleuri, et fleurit encore, des membres remplis des plus rares connaissances et d'un mérite qui n'est pas douteux : satisfaits probablement de ce qu'ils trouvaient de conforme aux allégories anciennes, ils s'occupaient avec moins d'empressement à soulever d'autres voiles qui leur devaient paraître modernes, ou du moins altérés par négligence ou stupidité. Comme la politique ne leur semblait entrer pour rien dans des allégories joviennes ou magiques, ou Celtiques, ou Egyptiennes, ils cédaient sans effort à d'insensibles innovations que des anciens de l’ordre, appelèrent de nouveaux grades qui leur étaient inconnus : peu à peu on défigura le système allégorique des premiers bienfaiteurs du genre humain, pour y substituer un système avilissant et cruel, et le faire adopter tous l’emblème du style mystérieux des annales de l'ancien monde. A la place des allégories obscures, il est vrai, mais que leur antiquité du moins engageait à méditer, on a fait accepter à des millions d'hommes l'espérance de mériter l'explication d'une foule de mystères importants, dont la clef est, dit-on, entre les mains, de supérieurs inconnus. S\ I\. Ceux qui ont jeté les yeux sur quelque philosophe ancien, ont pris de bonne foi les chiffres et calculs de leurs machinations infernales pour les nombres de Pythagore dont la connaissance parfaite, si l’on en croit ses disciples, était une science profonde des mystères de la nature. Comme il faut avoir déjà beaucoup réfléchi pour sentir ce qu'il y a de raisonnable à étudier les mystères de la nature, et ce qu'on perd de son esprit et de son cœur à vouloir débrouiller les mystères des méchants, je crois nécessaire d'entrer dans quelques détails, qui mettront peut être à la portée du grand nombre une idée très importante à mon sujet. Qu'il me soit donc permis, pour me faire mieux entendre, de comparer la nature à un être pensant qui travaille publiquement et au grand jour, mais toujours par modestie, ou par caprice, ou par une loi qui ne m'est pas connue, couverte d'un voile plus ou moins épais. Si j'entre dans son atelier, et que je sois attentif à, ses mouvements pleins de grâce ; si j'entends une voix caressante, je fais déjà que ce n’est point un tigre qui est caché fous le voile ; j'y soupçonne un artiste habile ou une femme de génie, c'est peut-être une jeune fille née pour l'amour : par quelque heureuse négligence ou par un bienfait de son cœur, elle laissera peut-être s'entrouvrir un coin du voile. Je connaîtrai peut-être sa beauté : peut être que par l'étude de ses traits saisis à la dérobée, je pourrai démêler le vrai chemin de son cœur, et ensuite apprendre de sa bouche quelle est sa naissance et la cause du voile impénétrable qui cache ses attraits divins et sa main créatrice. Je veux qu'elle paraisse un instant insensible à ma prière ; ne saurais-je pas au moins le but de mes recherches ? Après avoir beaucoup obtenu, ne ferais-je pas fondé à espérer encore davantage ? Alors si la nécessité ne me permettait pas de rester longtemps en contemplation dans l'atelier, combien je me trouverais heureux d'aller me recueillir avec les grands hommes de mon siècle, pour apprendre d'eux l’histoire de tous les indices que l'être, inconnu sous le voile, aurait pu donner des procédés de son travail, ou du mystère de son sexe ! Et s'ils avaient assez de respect pour la vérité, et assez bonne opinion de mon zèle pour avoir à m'offrir des témoignages, et non des interprétations, que ne leur devrais-je pas de reconnaissance et de bonheur ! Mais si quelque homme à secrets m'invite à sa confiance ; s'il m'indique sa demeure à des jours fixés, et que j'aie toujours un nouveau domestique à solliciter, une autre porte à ouvrir ; si le grand maître est toujours absent ; si de prétendus initiés se contredisent tous dans ce qu'ils me racontent des merveilles et des desseins de leur supérieur ; s'ils ne m'apprennent pas même le nom ni la nature du Protée inaccessible, je m'écrie en frémissent : « Tout n'est pas bien ici ! » Voilà quelles sont, à peu près, les différentes impressions qu'on éprouve aujourd'hui dans la Franc-Maçonnerie ; un saint respect pour d'anciennes allégories, et de l'indignation pour des énigmes, qu'on soupçonne, avec raison, très-modernes. On a dit que la vérité était d'un plus grand prix à l'humanité que celui qui l'avait trouvée. Je le pense ! Jetons une lumière éternelle sur des brigands sanguinaires qui se glissent, armés de poignards, aux fêtes de la nature et de l'amitié ; qui parlent de vengeance, ne faisant plus qu'une caverne de bandits et d'imposteurs du temple de la bienfaisance et de la vérité ; temple auguste qui ne fut jamais fermé qu'au fanatisme qui s'irrite de tout sans savoir pourquoi, et surtout de la vérité, qui, toujours utile au genre humain, n'a jamais nui qu'à ceux qui trompent les hommes ! Une histoire complète de la société des Francs Maçons, confirmée par des monuments authentiques, est le seul moyen que nous ayons cru devoir adopter, comme le plus simple, pour détromper d'honnêtes gens qu'on entraîne au meurtre et à l’esclavage, en leur parlant toujours d'indépendance, de jeux innocents, et de bienfaisance et d'égalité. Ainsi les pontifes, lorsqu'ils n'étaient encore à Rome que de petits évêques sans pouvoir, parlaient de fraternité, d'une communauté de biens ; mais toujours d'une obéissance aveugle aux ordres de l'Eternel, dont ils se disaient humblement les représentants. A peine eurent-ils armé leurs frères pour venger la cause d'un Dieu assoiffé de sang, qu'on ne vit plus en eux que des monstres de cruauté. Les rois, dont ils avaient d'abord prétendu affermir l'autorité, furent obligés de fléchir le genou devant eux. On vit un pape, Adrien IV, dicter ses volontés au souverain d'un grand royaume, où son père et lui avaient mendié. Ils se faisaient léguer des états, des tributs, des hommages ; et en récompense, ils donnaient à l’usurpateur puissant des couronnes à conquérir ; jusqu'à des mers qui ne leur appartenaient pas : et à force de persuader aux souverains, capables de leur résister, de ne pas se refuser à des actes d'une humilité chrétienne qu'un ancien usage exigeait des rois, ils les fournirent insensiblement à l'indigne hommage d'une vassalité perpétuelle. Un Henri II, un Frédéric Barbe-Rousse, un Philippe Auguste, et tant d'autres monarques et empereurs d'un indomptable courage, qui, ayant appris, mais trop tard, que le roi qui enracine une erreur dans son royaume, est souvent forcé lui-même d'en dévorer l’amertume, s'indignèrent en vain de l'insolence des pontifes ; les pontifes en ont toujours triomphé. Ils appelèrent, sans pudeur, leur chaire épiscopale le trône du souverain des souverains de la terre ! Et ceux même qui les avaient servis, leurs frères, leurs alliés, leurs égaux, qu'ils avaient provisoirement assujettis à une obéissance réelle, sous la promesse auguste, et renouvelée chaque jour, de les combler de gloire, et de biens inespérés, furent dépouillés, méprisés, enchaînés ! Ils eurent beau réclamer des ferments et leurs titres ! Que font les titres les plus légitimes, quand l’ambitieux, la force en main, fait de son mauvais génie un Tout - Puissant, et qu'il annonce aux nations effrayées des ordres sanguinaires de la part d'un Dieu de paix, qui n'eut jamais d'autre langage que les saintes lois de la nature ? Les Jésuites ont été les premiers à donner une histoire de la Maçonnerie, dès qu'ils eurent réussi à la rendre une allégorie complète des différents degrés de leur ordre ; mais ils la publièrent d'abord comme peu fondée ; ils la dire inconséquente et l'ouvrage de l'ignorance et de la cupidité : c'était écarter, en politiques habiles, l'investigation savante d'un observateur impitoyable : mais à mesure que cette histoire a vieilli, n'ayant plus à craindre l'œil de la censure, trop fatigué de nouvelles folies pour reprendre un ouvrage au rebut, et l'examiner à fond, ils ont peu à peu reconnu son authenticité. Quel homme assez instruit des détails de l'histoire générale, pour savoir précisément les dates de tel ou tel événement des siècles passés ? Il est probable qu'un roi ait eu un frère ; on l'a dit et on l'a cru ; on n'a rien soupçonné d'étrange dans une foule d'assertions semblables. Il est si pénible d'examiner, et si douloureux de soupçonner l'imposture, que l'on a ainsi impunément falsifié l'histoire pour tromper des millions d'hommes, qui, depuis des siècles, se sont accoutumés à croire aveuglément. D'ailleurs, les histoires élémentaires et abrégées sont en général les seules qu'on lise rapidement et aussi bien rarement ; et elles ne suffisent pas pour mettre un homme ordinaire en état de rectifier des dates, et de vérifier des assertions gratuites. Qu'est-il arrivé de cette négligence à critiquer les premières histoires de la société maçonnique des Jésuites ? C'est qu'ils ont osé attester véritable, par la solennité d'un serment judiciaire, une histoire impertinente qui offre à peine de légers rapports avec les annales de nos plus graves historiens. Quand on se recueille, cette étrange histoire à la main, et qu'on y découvre tour à tour le mensonge et la vérité, on se trouve abîmé dans un chaos insondable ; et qu'il est peu d'observateurs qui sentent combien une erreur, nourrie dans les ténèbres, peut être un jour funeste au genre humain ; souvent encore il arrive que l'homme de génie, qui le fait toujours une grande affaire du bonheur de sa patrie et de la paix universelle, ne peut employer selon son cœur de longues années à des tentatives incertaines. Les jésuites, qui ont toujours voulu que leurs conjurés vécussent célibataires pour ne point donner d'otages à la fortune, semblent avoir compté sur tous les obstacles d'une recherche sérieuse, en ne la soupçonnant point possible. On ferait tenté de croire que les supérieurs inconnus s'interrogent entre eux sur les soupçons qu'ils ont pu former du but caché de la Maçonnerie jésuitique, et que chacun alors travaille à écarter les indices qui peut-être l'auraient conduit à une découverte. Car on a vu tous leurs efforts pour anéantir des actes publics et des ouvrages imprudents qui leur étaient échappés dans l'ivresse de leurs succès : la Maçonnerie analysée par S. Pritchard a eu 21 éditions en Angleterre ; et l'on n'y en trouverait peut-être pas aujourd'hui un exemplaire à vendre publiquement, quelque somme qu'on en pût offrir à un libraire. Ils étaient fort embarrassés : il fallait parler de la société pour y appeler des hommes et des armes ; et ils avaient à craindre de laisser tomber la moindre étincelle : mais on a trouvé l'étincelle, on l’a entretenue, on l'a couvée sous la cendre ; on se demande avec impatience où est le magasin à poudre ! L'érudition de quelques Maçons modernes est exacte et profonde : le charlatanisme des jongleurs que les S\ I\ envoient en recrue, a produit, à la honte du grand ordre mystérieux, nombre d'écrits polémiques. On a vu paraître tout à coup un ouvrage dont la critique judicieuse et les recherches infinies ont mérité l'estime de tous les savants de l'Allemagne : je parle d'un essai sur l'ordre des Templiers par J\ F\ Nicolaï. Faut il qu'un pareil ouvrage ne soit pas écrit avec cette élégance de style et ces grâces aimables qui font lire dans toute l'Europe, à toutes les classes de citoyens, nos charmantes bagatelles. L'admirable essai du savant Nicolaï sur l'ordre des Templiers m'a été d'un grand secours pour rapprocher des faits intéressants et pour les analyser jusqu'à l'évidence. C’était une faible lueur, mais un vrai rayon de lumière : à l'exemple de ce philosophe profond, j'essaierai de substituer à la méthode d'enseignement si facile et si ordinaire à nos critiques beaux esprits, la méthode sévère dé l'analyse qu'on ne trouve guère aujourd'hui en France que dans les écrits d'un Charles Bonnet, d'un Condorcet et d'un Bailly. Je conjure seulement tout ami de l'humanité d'être attentif à saisir les probabilités qui résulteront de l'examen rigoureux d'un grand nombre de faits ; car ce ne sont point des conjectures qui résultent des faits, c'est toujours une image parfaite des traits et du caractère d'une vérités cachée, et dont le rapprochement facile suffit à la faire reconnaître toute entière : ainsi, dans les ténèbres, on soupçonnera le retour d'un ami absent au bruit lointain de ses pas ; et l'on ne doute plus de son arrivée lorsqu'on entend sa voix. Le capitaine George Smith, qu'il ne faut pas confondre, malgré sa célébrité, avec Adams Smith, auteur d'un fameux ouvrage sur la richesse des nations, a fait imprimer, à Londres, une histoire prétendue de l'origine et de l'antiquité de la Franc Maçonnerie. Cette histoire, où tout semble innocent ou puéril, et presque sans dessein, n'est pas, il est vrai, un modèle d'élégance et de précision, mais c'est un chef-d'œuvre de ruses et d'intrigues. Que les contradictions apparentes que vous y rencontrez assez fréquemment ne vous rebutent pas ; elles se lieront toutes à un même but, dès que vous aurez mis la main sur un passe-partout jésuitique , jusqu'aux titres de leurs ouvrages, qui ont un sens caché sous des mots très-ordinaires, lesquels offrent eux-mêmes un sens clair au lecteur de bon aloi, qui ne soupçonne pas qu'un titre ait beaucoup d'importance, et qui n'ira jamais se rompre la tête à scruter un ouvrage dont le titre bizarre n'en donne pas une véritable idée. Le succès inouï de cet ouvrage parmi les Franc-Maçons, est une preuve douloureuse que, même en notre siècle, on est à la merci d'un premier charlatan, et qu'on y croit encore assez volontiers ; ce qui ne fait pas un grand honneur à l'esprit humain. Je vais mettre sous les yeux du lecteur quelques articles curieux de l'ouvrage de M. le capitaine George Smith, inspecteur de l'école royale militaire à Wolwich, provincial, grand maître provincial pour le comté de Kent, et R\ A\. Il a pour titre : « The use and abuse of Free-Masonry » ; ce qui ne signifie point, comme il ferait cependant assez naturel de l'imaginer, l’usage et l’abus de la Franc-Maçonnerie, mais bien Use - U - ou 2o : Abuse – A - ou I. Or, I après 20 sont 2I ou V, ce qui donne pour premier résultat V\ V\ ou Venerandus, Venerandi ; titre qui désigne le clergé en général. Dans la crainte d'embrouiller mon lecteur au commencement par des calculs, je les lui lai lisserai faire à une seconde lecture, avant d'avoir parcouru tout mon ouvrage, il fera très en état de trouver dans les mots Free-Masonry, l’accomplissement des quatre vœux jésuitiques. L'usage et l'abus de la Maçonnerie me paraissait un titre peu convenable à l'ouvrage de M.Smith, surtout dans la langue Anglaise, où les mots use et abuse font une cacophonie révoltante : mais je vois évidemment que j'étais la dupe d'un jugement précipité ; je conviens que son véritable titre, le Clergé Jésuitique, a un rapport immédiat à tous les paragraphes de son livre a double face. « Les Francs-Maçons, continue M. George Smith, sont bien informés, par leurs annales particulières et secrètes, que la construction du temple de Salomon, S\ T\, est une époque fameuse où nous avons acquis quantité des mystères de notre art. Ensuite qu'on se rappelle que ce grand événement date de plus de mille ans avant l'ère chrétienne, et conséquemment plus d'un siècle avant qu'eût écrit Homère, le premier des poètes Grecs . « Et plus de cinq cents ans avant que Pythagore eût apporté de l'Orient son système de véritable instruction Maçonnique pour illuminer l'Occident. « Mais quel qu’éloignée que soit cette période, nous ne lui devons pas le commencement de notre art ; car, quoiqu'il puisse avoir reçu du sage et glorieux roi quelques unes de ses formes mystiques et cérémonies hiéroglyphiques, cependant l'art lui-même est contemporain de l'homme, son grand objet». Il est probable, comme M. Smith nous l'assure, que la société dont il se dit membre éclairé, a des annales secrètes qui attestent son origine, ses principes et ses desseins : mais ce qu'il ne faut pas croire, ainsi qu'il s'efforce de le faire entendre, c'est que l'art sublime, qu'il appelle Maçonnerie franche ; et acceptée, soit d'une antiquité solennelle ; les mystères de la société illuminée de M. Smith ne sont certainement pas descendus par Adam de Mathusalem à Noé... Source : les Editions de l’Edifice Lire la suite
Pinocchio, Mon Frère… « Renvois et Symbolisme Maçonnique dans« Les Aventures de Pinocchio »
, Rédigé par Malevolti
#Planches J’ai vécu mes premiers onze ans à Pescia, un village près de Collodi et c’est pour cela que je peux dire d’avoir respiré l’air de Pinocchio, au sens littéral du mot. Collodi n’était pas seulement le lieu de fréquentes promenades à pieds, faites en parcourant la route la plus brève qui passe de la colline et en descendant du coté opposé après une heure de chemin seulement, mais «Les Aventures de Pinocchio» était lu souvent dans les écoles premières à cette époque-là, avant de l’arrivée de soi-disant poètes ou de chinois anonymes qui ont envahi les livres de texte et les petites bibliothèques de classe. La vie quotidienne aussi, pas seulement pour ce qui concernait l’école, transformait ce personnage dans un être présent partout et toujours: dans les blâmes des parents: «Étude ou tes oreilles deviendront longues et couvertes de poils», dans les conseils d’une mère attentive… « ….avale ton médicinal ou les lapins noirs viendront t’enlever », ou pendant les soirées froides et sombres d’hiver… « fais attention à la brasero ou tu brûleras tes pieds comme Pinocchio ». Et les années passèrent: je quittai Pescia et j’allai habiter à Livorno, les thermosiphons remplacèrent les bassinoires, les médicinaux au goût de prune ou de cerise furent crées et si je n’étudiais pas, la seule chose qui augmentait était la quantité de mauvaises votations dans le livrette scolaire. Mais Pinocchio, mon vieux copain de polissonneries, ne m’avait pas quitte totalement: il avait demeuré avec moi pendant trop de temps, pendant les batailles avec cailloux au bord de la rivière, ou quand on volait le raisin dans quelques vignes, ou quand nous demeurions étonnes et sans argent devant un carrousel, rêvant le Pays de Jouets et des arbres pleins de monnaies d’or. J’avais trop assimilé Pinocchio pour réussir à l’oublier, et lui réussir a m’oublier. Malheureusement, les faits de la vie nous séparèrent pendant plusieurs dizaines d’années jusqu’à quand, ça ne fait pas longtemps, pendant que je lisais par hasard récit de Giuseppe Prezzolini, je lis «Pinocchio, le plus grand chef-d’œuvre de la littérature italienne». Je me rappelai ainsi mon ami pantin et l’envie de lire de nouveau ses aventures m’assaillit. J’allai à la librairie et j’achetai une édition classique qui se rapprochait beaucoup du vieux livre de mon enfance. Je commençai à le lire presque avec de la honte, en cachette loin de mes fils et avec l’inquiétude toute personnelle que je ne réussissais pas à terminer cette lecture, si légère, futile, sotte… Mais je m’étais trompé: au contraire les pages se déroulaient vitement et parfois je m’arrêtais à penser et a lire de nouveau, j’analysais le texte attentivement comme s’il me parlait maintenant d’un langage nouveau et comme s’il me dévoilait des choses que, presque cinquante ans avant, je n’avais pas réussi à saisir et comprendre… et quand finalement arrivé à la dernière ligne, j’ai fermé le livre, dans mon cœur j’ai pensé : «Pinocchio tu es mon frère». A mon avis, il y a deux façons pour lire «Les aventures de Pinocchio»: la première, on peut l’appeler « profane » dans laquelle le lecteur, certainement un enfant, prend conscience de celles que j’appellerais « mésaventures » plutôt qu’aventures, de la pauvre marionnette en bois. La deuxième est une lecture par un point de vue maçonnique où un fort symbolisme va compléter, sans la remplacer, la simple et linéaire narration des évènements.L’appartenance de Carlo Collodi a la Maçonnerie, même si elle n’est pas codifiée par aucun document officiel, est universellement reconnue et les renvois à elle son très nombreux. Aldo Mola, non maçon mais qui généralement est défini comme l’historien officiel de la maçonnerie, exprime sa certitude a propos de l’appartenance de l’écrivain a la Famille Maçonnique. Même des évènements biographiques semblent confirmer cette thèse: la création en 1848 d’un journal périodique intitule « Il Lampione » (Le Fanal), qui comme le disait Lorenzini, devait «illuminer tous ceux qui tâtonnaient dans les ténèbres» ; la participation aux premières deux guerres d’indépendance à coté des volontaires toscanes en 1848 et en qualité de volontaire dans l’armée piémontaise en 1859; son extrême proximité idéologique à Mazzini, proximité qui le poussait à se définir «disciple passionné de Mazzini». Mais alors, quelle était le projet primitif de Collodi, composer une histoire pour les enfants ou un texte maçonnique ? C’est difficile répondre, même parce que si l’on pense à la première rédaction du livre «Histoire d’une marionnette», qui au chapitre XVmme, rapprochée des trente six chapitres de l’œuvre définitive, terminait par la mort de Pinocchio pendu au Grande Chêne, nous ne pouvons pas parler d’histoire pour enfants du moment qu’elle n’est pas amusant ni didactique pour son extrême cruauté; et nous ne pouvons pas trouver en elle aucun élément de l’ésotérisme maçonnique parce-qu’il lui manque la philosophie de base. Peut-être, la réponse se trouve dans le vingt centimes par ligne que l’écrivain gagnait par l’éditeur. Mais en 1881 Collodi prend de nouveau son vieux test, il lui fait des changements et l’agrandit en finissant cette œuvre que tout le monde connaît. L’auteur avait changé donc son but: d’une petite histoire stérile, sombre, sans espoir était née celle qui deviendra dans quelques années l’histoire la plus célèbre du monde. Nous posons alors la question encore une fois: composer une histoire pour enfants ou un écrit maçonnique ? Je considère la première des deux hypothèses vraie et naturelle, mais il est vrai aussi que l’auteur a voulu décrire et critiquer une image de la société de son époque. Enfin il est naturel qu’il ait transfère dans la narration de l’histoire ces éléments symboliques et ésotériques de la culture de l’Institution dont il était membre, en réussissant ainsi à mêler les deux éléments d’une façon si profond que ces derniers ne peuvent être évidents que pour les lecteurs qui, comme l’auteur, ont été entraînes à concevoir et à interpréter les choses d’un certain point de vue. Pendant plusieurs années beaucoup de critiques on donné au roman une interprétation religieuse au sens catholique: le dernier de cette série de critiques est le Cardinal Giacomo Biffi : il ne me semble pas du tout, à moins qu’on considère comme religiosité ces concepts et ces valeurs telles que la bonté, la générosité, le pardon, la famille qui sont même à la base de toutes les institutions civiles. Dans le roman il n’y a aucun personnage lié au monde de la religion, et nous tous nous savons quelle était l’importance, pas spirituelle seulement mais politique aussi, de l’Eglise au XIXeme siècle et combien elle essayait d’influencer la culture et l’éducation nationale: donc il aurait été normal dans une histoire qui a comme protagoniste un enfant-marionnette qui habite dans un petit village de campagne, qu’il y avait été de quelques façons un prêtre, ou au minimum l’allusion à quelques activités liées à la religion professée: au contraire il n’y a aucune allusion aux prêtres, aux églises, aux images sacrées, au fêtés, cérémonies et pratiques religieuses, et je dirais que cela a été expressément voulu, même parce que Lorenzini connaissait les manifestations et les théories religieuses, du moment qu’il avait étudie chez les Scolopes pendant quelques années. En analysant bien toute la structure du livre, elle résulte construite sur trois éléments fondamentaux: la LIBERTÉ, parce que Pinocchio est un être libre qui aime la liberté; l’ÉGALITÉ, parce que la seule aspiration de Pinocchio est celle d’être égal aux autres et parce que aucun personnage est supérieur aux autres ni pour importance, ni pour niveau social; la FRATERNITÉ parce que ce dernier est le sentiment principal qui fait agir les personnages dans les situations les plus différentes. Qu’est ce-que c’est donc «Les aventures de Pinocchio»? Ouvrions le livre et entrons dans… un Temple Maçonnique, un Temple où on va célébrer la cérémonie la plus important de la vie maçonnique, c’est à dire une Initiation, une Initiation complète dans ses trois degré. Et qui va être initie? Peut-être Pinocchio? Non, mais avançons…« Il y avait une fois… » – « Un roi… ? » – « Non !… un morceau de bois ?! » ou peut être il voudrait mieux dire «Au début il y a un Maître». Maître Antoine, dit Maître Cerise qui pourrait être le Maître Vénérable de cette hypothétique Loge. Maître Antoine est un menuisier habile qui a entre ses mains un morceau de bois: s’il avait été un tailleur de pierre il aurait certainement eu à travailler avec une pierre. Et de cette «pierre» ce Maître veut en tirer quelque chose bien faite, ou mieux, utile comme le pied d’une table : «Aussitôt dit –dit Collodi- il prit immédiatement sa ache la mieux aiguisée pour commencer à enlever l’écorce du bois et à le dégrossir». Mais l’habile Maître menuisier s’aperçoit bien tôt que ce morceau de bois presque sans forme, un simple morceau de tas, pas un bois de lux, a une qualité exceptionnelle cachée en lui-même: il est vivant, donc il devra être employé pour devenir quelque chose plus importante qu’un pied de table ou, pis encore, terminer dans une cheminée. «A cet instant, on frappa à la porte», «On frappe en profane à la Porte du Temple», et voilà l’homme frappant, le candidat, qui entre, Geppetto. Geppetto est un vieillot très quinteux, prêt à devenir soudainement une bête et il n’y a aucune façon de le retenir, la tolérance n’est pas sa qualité principale mais au fond il est un bon homme. A qui, mieux qu’à lui, pourrait le Vénérable Maître Antoine donner la tache de dégrossir ce morceau de bois et un faire quelque chose de valable? Et ainsi Geppetto emporte son brut morceau de bois ou disons sa pierre brute, dans sa maison pauvre qui par hasard se rapproche beaucoup d’un cabinet de réflexion, «…une petit pièce au rez-de-chaussée où la lumière n’entrait que par une soupente, une méchante chaise, une petite table tout abîmée, un feu allume mais peint, comme le pot de l’eau qui bouille, comme la fumée que ce pot jette au dehors». Ici Geppetto écrit son Testament : « Je construirait un pantin en bois, je veux l’appeler Pinocchio, ce nom lui portera chance ; j’ai connu toute une famille de Pinocchi,… tous menaient la bonne vie… le plus riche d’entre eux était mendiant». Et, après avoir trouvé le nome à son pantin, Geppetto commence travailler… armé de simples outils et de beaucoup de volonté, parmi beaucoup de doutes et d’espérances; en passant à travers plusieurs difficultés, il réussit finalement à dégrossir le morceau de bois et en faire un pantin, un pantin parfait dan son être pantin, mais cependant, toujours un pantin. Donc Pinocchio naît, un pantin aux mœurs droites, mais pas complètement formé, et à cause de ça, susceptible d’être souvent fourvoyé par les appâts charmantes de la vie profane. Depuis ce moment, Geppetto et sa créature vivent presque en symbiose, l’auteur s’identifie avec son œuvre, l’un souffre des souffrances de l’autre, ils jouissent des espérances réciproques, ils luttent contre les mêmes péripéties, même si en lieux et de façons différentes. Au chapitre VI, pendant que Geppetto est en prison, Pinocchio doit braver un fort vent froid et violent, une pleine cuvette et à la fin le feu qui brûlera ses pieds : air, eau, feu… peut tout ça être casuel ? Apres avoir dégrossi la pierre brute, Geppetto a réussi à passer du premier au deuxième degré: il a certainement fait des progrès mais il est encore loin de la perfection à laquelle idéalement il aspirait; cependant il n’est plus l’homme irascible décrit dans le premiers chapitre et le pantin quitte de plus en plus mentalité de brut morceau de bois pour prendre au moins parfois des comportements mentaux humains ébauches. Les pieds faits à nouveau après avoir dépasse l’épreuve du feu, Pinocchio commence à faire des raisonnements: «Je vous promets, papa, que j’irai à l’école, j’étudierai et je gagnerai de l’honneur… J’apprendrai un métier qui fera de moi la consolation et le soutien de votre vieillesse». Comment ne pas céder à des perspectives pareilles? Ainsi Geppetto afin de voir son œuvre réalisée, et lui-même en elle, ne hésite pas un moment à vendre la vieille casaque pour acheter l’abécédaire, et depuis ce moment-la tout le sens de l’histoire se fondera sur l’école, sur la maturation de pantin jusqu’à sa complète transformation. Mais combien d’épreuves fondées sur le trinôme air-eau-feu devra-t-il encore braver?!?! Il risque d’être brûlé dans le barbecue de Mangefeu ou d’être brûle par le feu allumé par les tueurs (le Chat e le Renard), il flotte au vent impétueux de tramontane pendu au Grand Chêne, se balance à califourchon d’un pigeon, se plonge dans la mer pour atteindre son père, il sera jeté dans la mer sous les apparences d’un petit âne pour être noyé, et puisque il dépassera ces épreuves après quelques fautes dues aux appâts de la vie profane, ces épreuves prennent une fonction de purification et en effet Pinocchio sortira de chacune de ces épreuves de plus en plus fortifié et amélioré. Et la Petite Fée aux Cheveux Azurs ? Est-il possible que nous avions oublié jusqu’à ici ce personnage si important ? Pas du tout, parce que même si toujours présent elle est l’âme de notre exposition : elle est la personnification de la Maçonnerie, l’expression de la Raison: ses intervention ne sont inspirées ni par la foi ni par l’espoir, ni par la charité. Elles sont inspirées au maximum du Rationalisme, un rationalisme exaspère dans sa simplicité. (voir capt XXV). Dans la narration la Petite Fée intervient pour la première fois quand, en frappant trois coups, elle donne le signal pour secourir Pinocchio pendu par le cou au Grand chêne : elle le reçoit dans sa maison lumineuse et pleine de délices mais d’abord elle a besoin de consulter trois médecins qui lui disent s’il est vivant ou mort. Les diagnostics, même si généralement positifs, se prêtent à quelques perplexités et pour cela le pantin doit comprendre ce que demeurer dans cette maison signifie : Pinocchio reçoit le bonbon mais après ça il doit avaler le médicinal amer et dans un bref délai, la Petite Fée, présentée dans cette première apparition comme une enfante, dira à Pinocchio: «Tu seras mon petit Frère…»: la correspondance avec le rituel d’initiation est si évidente qu’on ne peut pas croire que cette allusion de Collodi soit inconsciente et casuelle. La deuxième fois que Pinocchio rencontre la petit Fée, elle n’est plus une enfante mais elle est devenue une femme et Pinocchio lui avoue pour la première fois son désir de devenir un vrai enfant, un homme. La Petite Fée lui annonce qu’il devra dépasser quelques épreuves et il devra surtout et avant tout aller à l’école et apprendre; Pinocchio promit, jure et… se parjure. Effectivement le comportement du pantin semble prendre une direction si correcte qu’un jour la Petite Fée lui annonce que le jour après il deviendra un vrai enfant, en chair et os: en plus, on organise la fête et on fait les invitations, mais encore une fois le monde profane charme fatalement Pinocchio en le traînant dans le Pays des Jouets. Dépassée cette épouvantable expérience, la rédemption commencera et Pinocchio ne verra qu’indirectement la Petite Fée une troisième fois mais sous les apparences d’une jeune chèvre qui l’assiste et qui cherche à lui donner son aide quand il va être englouti par le requin, en marchant ainsi envers sa définitive catharsis. En entrant dans le gosier de l’épouvantable poisson, Pinocchio commence le passage au troisième degré, la mort et la définitive renaissance. «Pinocchio -écrit Collodi- frappa un coup si fort d’en demeurer étourdi pour un quart d’heure». Quand il redevient conscient, il se trouve plongé dans des ténèbres si noires et profondes qu’il semble entré dans un encrier plein d’encre. Plonge dans cette obscurité totale, la terreur d’être digère par le poisson dans son âme, finalement Pinocchio voit une sorte d’éclairage, une petite lumière, «peut-être quelques copains de mésaventures qui attend, lui aussi, d’être digère… Je veux aller lui rendre visite. Ne pourrait-il passe être un vieux poisson capable de m’indiquer la voie de fuite ?». Ainsi Pinocchio commence à parcourir la voie indiquée par la faible lumière et, je le transcris textuellement, «Et plus il avançait, plus la lueur se faisait vive et nette». Le pantin arrive finalement à la source de cette lumière: c’est une chandelle allumée par Geppetto, représente comme un vieillot tout blanc en conditions misérables. L’auteur et son œuvre sont ensemble de nouveau, unis et prêts à voir finalement la Lumière qui leur apparaît sous le apparences d’un ciel plein d’étoiles e d’un merveilleux clair de lune. Pinocchio prend Geppetto sur son dos et l’emporte en lieu de sûreté : L’artiste revient à la vie grâce à son œuvre. Abouti à ce point, le pantin est prêt à devenir un homme : la pierre brute a été complètement dégrossie: il n’y a que le dernier passage à faire : la polissure. En effet Pinocchio commence à étudier et à travailler beaucoup pour son père et au même temps il envoie les résultats de son travail à la bonne Fée qui a besoin de lui et pour l’aider, il renonce à acheter un vêtement nouveau pour lui-même. Et le moment est arrivé: un matin Pinocchio ouvre ses yeux et il s’aperçoit de ne plus être un pantin mais d’être un garçon; il s’aperçoit de ne plus être dans une chaumière aux murs en paille mais il voit «une belle chambre meublée et décorée avec une simplicité presque élégante»; il est riche parce que le quarante monnaies envoyées à la Petite Fée ont été lui retournées sous forme de quarante écus d’or: on a lui retourné les métaux. Pinocchio cour chez son pauvre père dans la pièce à côté de la sienne et il rencontre Geppetto sain, plein d’énergie et joyeux. Ainsi le passage au Troisième Degré a été fait, l’initiation a été complétée. La scène termine dans le Temple avec le bon Geppetto qui, satisfait , observe d’un côté Pinocchio devenu un homme, c’est à dire la Pierre bien taillée et finalement polie; de l’autre côté, le vieux pantin en bois, appuyé, la tête tombante d’un côté, les bras ballants et les jambes croisées. En tout ça on trouve l’originalité du roman : Pinocchio n’a pas eu une métamorphose, il ne s’est pas transformé en « humain »: par contre, un nouveau être est né et le pantin demeure là-bas presque à témoigner un message de continuité. Dans la dernière phrase du roman que Collodi fait prononcer a Pinocchio on retrouve concentré l’orgueil d’être initie Frère Libre Maçon: «Comme j’étais ridicule, quand j’étais un pantin ! Et comme je suis heureux d’être devenu un bon petit garçon!». Source : http://www.gadlu.info/ Lire la suite
#Rites et rituels Les marques utilisées par les Maîtres Maçons de Marque, bien que très variées par le détail des figures adoptées, comme par leur aspect d'ensemble, sont pour la plupart du temps inspirées des ornements, emblèmes, bijoux et outils en usage dans l'Ordre et symbolisant les différents enseignements moraux de la Franc-Maçonnerie. Chacun des anciens Maçons opératifs, employés à la construction du Temple du Roi Salomon pouvait reconnaître son propre travail par la marque ou le symbole qui y était gravé et de la même façon l'Inspecteur identifiait le travail de chaque Homme du Métier. De tous les objets et emblèmes utilisés, ceux qui vont suivre ont été retenus comme particulièrement représentatifs des enseignements de cette branche de notre Ordre ancien et nous allons en donner l'explication symbolique. 1. LE LIVRE DE LA LOI SACRÉE. Il occupe la première place car tout le système maçonnique repose sur lui comme sur des fondations. Les Saintes Ecritures doivent diriger notre foi. Sur elles nos candidats prêtent leur Obligation. Elles nous furent données par Dieu l'image parfaite de la vérité et de la justice afin de nous permettre de régler nos vies et nos actions par les préceptes divins qu'elles contiennent. Ces Paroles de lumière maçonnique sont nos guides les plus sûrs et, en nous apprenant à remplir tous les devoirs de l'homme, elles nous enseignent à faire de nos corps des temples du bonheur. 2. L'OEIL QUI VOIT TOUT. Il nous fait souvenir de la vigilance incessante du Grand Inspecteur de l'Univers qui, comme nous l'avons appris, quelles que soient notre croyance et notre origine, non seulement a été créé toutes les choses mais préside aussi à leur préservation. Quelles que soient nos fautes, de quelque façon que nous puissions négliger les diverses tâches qui nous sont assignées dans nos positions respectives, que la paresse ou l'indifférence nous amène à ne plus entendre l'appel du devoir, l'oeil de l'omniscience qui ne se relâche et ne dort jamais exerce une surveillance infatigable sur les actes et les affaires de toute l'espèce humaine. Ces considérations doivent nous inciter à tout moment à veiller sur nos pas, à être prudent dans notre conduite, à éviter le médire. Nous montrerons ainsi dans nos actes, à chaque instant de notre vie, que sommes profondément conscients d'être toujours sous l'oeil qui voit tout du Tout-Puissant. 3. LE CISEAU. C'est l'emblème de la discipline et de l'éducation. Dans son état premier, l'esprit est informe et rugueux comme la pierre brute. Et de même que, par son action sur la surface extérieure de la pierre brute, le ciseau en révèle beautés ignorées, de même l'éducation fait apparaître les vertus cachées de l'esprit et met en lumière la perfection de la connaissance humaine, ce qui est notre devoir envers Dieu et envers les hommes. 4. LA PERPENDICULAIRE. Elle est employée par les Maçons opératifs pour vérifier et rectifier les verticales lorsqu'on les élève sur les fondements appropriés. Mais, en tant que Maçons spéculatifs, nous nous en servons pour indiquer la justesse et la droiture de nos actes. De même que l'édifice qui n'est pas vertical est instable et doit nécessairement s'écrouler, de même l'homme dont la vie ne repose pas sur des principes rigoureux mais oscille au gré des impératifs incertains de l'intérêt ou de la passion doit rapidement se perdre dans l'estime des personnes de bien. A l'opposé, l'homme droit et rigoureux qui résiste aux attaques de l'adversité et aux séductions de la prospérité ne s'écarte ni sur la droite ni sur la gauche du droit chemin du devoir. Celui-là restera toujours ferme sous les plus terribles coups du sort et n'aura à redouter ni l'atteinte des envieux ni la calomnie des méchants. 5. LE MAILLET. On s'en sert dans la pratique pour enlever toutes les parties saillantes inutiles. Du point de vue moral, il nous enseigne à corriger les écarts, à adopter une conduite calme dans les voies de la discipline et à apprendre à nous contenter de ce que nous avons. Ce que le maillet est à l'ouvrier, la raison lumineuse l'est au Maçon spéculatif. Elle freine l'ambition, elle nous enseigne à modérer nos désirs et à favoriser l'harmonie de l'amour fraternel. 6. LA TRUELLE. Cet outil sert en Maçonnerie opérative à répandre le ciment qui unit en un seul bloc toutes les parties de l'édifice. Symboliquement, il nous enseigne à répandre le ciment de l'affection et de la prévenance qui unit tous les membres de la famille maçonnique, où qu'ils se trouvent sur la surface de la terre, en une grande confrérie d'Amour fraternel, de bienfaisance et de vérité. 7. L'ÉCHELLE DE JACOB. C'est le symbole de l'espoir que comme Maçons nous entretenons d'atteindre les cieux après une vie juste en ce monde sublunaire. Cette échelle est composée d'un certain nombre d'échelons dont les trois principaux symbolisent les trois vertus théologales : la Foi, l'Espérance et la Charité. Le premier de ces échelons représente notre foi dans le Volume de la Loi Sacrée. Par l'observance des enseignements contenus dans ce Livre de la Loi Sacrée. Au moye, des doctrines contenues dans ce Livre Saint, nous devenons capables d'atteindre le second qui représente l'Espérance. Ceci fait naturellement naître en nous le désir d'obtenir notre part des promesses bénies de salut. Le troisième et dernier échelon qui représente la Charité, embrasse le tout. Car le Maçon qui possède cette vertu dans le sens le plus large peut être à juste titre considéré comme ayant atteint le point le plus élevé de sa carrière. 8. LA REGLE DE VINGT QUATRE POUCES. Elle sert aux Maçons opératifs à mesurer leur ouvrage. Pour nous, Maçons spéculatifs, elle symbolise la meilleure utilisation des vingt-quatre heures du jour : une partie à prier Dieu Tout-Puissant, une autre à travailler et à nous reposer, une autre enfin à aider à un ami ou à un Frère dans le besoin sans pour autant négliger nos intérêts ou ceux de nos proches. 9. L'ÉQUERRE ET LE COMPAS. Ils peuvent être ainsi interprétés. L'équerre nous enseigne à régler nos vie et nos actions par la règle maçonnique et à mettre notre conduite en accord avec les préceptes de la vertu. Le compas nous enseigne à tracer une juste limite à nos désirs à chaque moment de notre vie en sorte que, nous élevant par le mérite, nous puissions vivre entourés de respect et laisser des regrets après notre mort. 10. LE SABLIER. Cet emblème nous rappelle, par l'écoulement rapide de ses grains de sable, le caractère passager de l'existence humaine. Même si nous avons le bonheur d'échapper aux nombreux dangers qui menacent l'enfance et à l'adolescence et si nous arrivons plein de santé et de vigueur à l'âge d'homme, nous devons malgré cela quitter un jour cette scène où nous ne passons que pour être éprouvés. Efforçons-nous donc de nous améliorer pendant le temps qu'il nous reste à vivre afin que lorsque nous serons appelés de cette terre pour être jugés, nous soyons admis à place dans ces contrées bénies où règnent la vie et la lumière éternelles. 11. LA CORDE ET L'ANCRE. Ils sont l'emblème d'un espoir solide puisant ses racines dans les actes d'une vie juste. Ils représentent aussi cette corde et de cette ancre spirituelles par lesquelles nous mouillerons en sécurité dans un port paisible où "le méchant cesse de poursuivre et celui qui est fatigué trouve le repos" et où nous pouvons espérer être accueillis avec cette joyeuse bienvenue : "Tu as bien agi, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de Ton Seigneur". 12. LE NIVEAU. Cet instrument sert aux les Maçons opératifs à placer et à contrôler les horizontales. Pour nous, c'est l'emblème de l'égalité. Devant Dieu, qui seul est grand, tous les hommes sont égaux, sujets aux mêmes infirmités, se hâtant vers le même but et en se préparant à être jugés par la même loi immuable. Souvenons-nous donc toujours que, de quelque façon que nous puissions différer maintenant en rang et en fortune, nous sommes tous Frères et qu'un temps viendra où toutes les distinctions disparaîtront, sauf celles de la piété et de la bonté. 13. LA HACHE. C'était un instrument de châtiment utilisé par diverses nations. Elle occupe une place importante dans ce grade comme emblème de l'office du Second Surveillant. Muni de cette arme, l'ancien Second Surveillant devait se tenir à la gauche de l'ancien Premier Surveillant pendant le paiement de leur salaire aux ouvriers des différentes classes employés à la construction du Temple du Roi Salomon. Et si on décelait un imposteur, c'est-à-dire un ouvrier tentant d'obtenir par fraude le salaire d'une classe supérieure, il était chargé d'infliger le châtiment encouru. Ceci doit nous enseigner à éviter l'écueil de la tromperie ou de l'imposture en agissant ouvertement et loyalement devant nos Compagnons en sorte qu'ayant une conscience en ordre nous ne craignions point d'être découverts ou dénoncés. Ainsi nous pourrons avancer hardiment, sachant que nous n'avons offensé ni Dieu ni nos semblables. 14. LE TRIANGLE ÉQUILATÉRAL. C'est la plus parfaite de toutes les figures géométriques. Il a été adopté par toutes les anciennes nations comme un symbole de la divinité et il conserve cette signification en Maçonnerie. Dans la Maçonnerie de Marque, il sert plus particulièrement à indiquer l'approbation du travail par le Maître. C'est pourquoi cet emblème doit nous inciter à remplir avec zèle nos devoirs, à la fois envers Dieu et envers nos semblables, en sorte que, lorsque nous quitterons notre labeur ici-bas, nous puissions être trouvés dignes de recevoir la marque d'approbation du Grand Inspecteur de l'Univers. Le chiffre ou l'alphabet que vous voyez utilisé est généralement considéré comme d'origine maçonnique et certains pensent qu'il appartient plus particulièrement au grade de la Marque. Il peut être utilisé en différentes combinaisons et comme moyen de correspondre après communication des instructions nécessaires sur la façon de servir qui ne doivent être données qu'oralement. Les pierres cubique, rectangulaire et la clef d'Arc occupent une place de choix dans le tableau pour les enseignements que leur usage dans la cérémonie d'Avancement a gravé dans vos esprits et qui, nous l'espérons, ne s'en sont pas effacés. Le rayon de soleil frappant le dôme du Temple a une signification importante et propre à ce grade, mais l'explication ne peut en être donnée qu'à ceux qui sont admis à la position imminente de Vénérable Maître d'une Loge de Maîtres Maçons de la Marque. Les scènes représentées sur le tableau rappellent diverses circonstances des travaux de la construction du Temple : sur les sols argileux entre Soccoth et Zarédatha, dans les forêts du Liban et près des rivages escarpés de Jaffa. Elles ont été déjà minutieusement expliquées durant la cérémonie d'Avancement. L'inscription en haut du tableau "Lapis reprobatus caput anguli" (1) nous rappelle avec force de vérité fondamentale inculquée dans ce beau grade la faillibilité du jugement humain et la réconfortante assurance que nous tirons de notre croyance en un juge céleste. C'est devant son tribunal impartial et, nous en sommes persuadés, miséricordieux que là-haut, notre travail devra être jugé. Dieu ne voit pas comme l'homme. Même si nous nous efforçons honnêtement de conformer notre conduite aux plans tracés pour nous guider, en les interprétant au mieux de notre capacité à l'aide de la lumière imparfaite qui nous a été accordée, nous risquons d'être jugés injustement et demeurer incompris de nos semblables soumis à l'erreur. Mais nous pouvons placer toute notre confiance en Son tribunal et attendre notre récompense de Celui qui est aussi miséricordieux qu'Il est infaillible. (1) La pierre rejetée est devenue la pierre angulaire. Cette phrase est extraite de Psaumes CXIII, verset 22. Elle peut également figurer en hébreu. Elle se prononce alors : "EVEN MÄHASOÜ HABONIM HAŸETÄH LEROSH PINNÂH". Elle signifie : "La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la principale de l'angle". Lire la suite
#Rites et rituels Lors de la construction du Temple du Roi Salamon et avant l'institution des grades de Maître Maçon et de Passé Maître, 80.000 Maçons opératifs furent employés. Une partie taillait la pierre dans les carrières de Sarédatha, les autres construisaient le Temple. Il y avait en outre 30.000 mille hommes da corvée dans les forêts du Liban. Afin que chacun de ces 110.000 travailleurs puisse être connu de ceux qui avaient la charge de les commander, que chaque partie de l'ouvrage puisse être soumise à l'examen le plus minutieux et que chaque Compagnon du Métier reçoive sans retard la récompense de son travail et de son habileté, ce nombre considérable fut partagé en 1.100 Loges de Compagnons du Métier et d'Apprentis Entrés. Les Compagnons du Métier dirigeaient les Apprentis Entrés et leur apprenaient à travailler. Au-dessus de tous ces ouvriers, 3.300 Ménatschim, nommés aussi Inspecteurs ou Maîtres de la Marque, avaient été placés, au nombre de trois par Loge. On les appelle maintenant généralement le Vénérable Maître, le Premier et le Deuxième Surveillants. (1) Chaque Compagnon du Métier avait une marque personnelle par laquelle son Inspecteur immédiat reconnaissait son travail. De leur côté, les Inspecteurs possédaient une marque commune par laquelle ils montraient qu'ils approuvaient le travail d'un Compagnon. Ils avaient aussi d'autres marques qui leur servaient à indiquer les positions respectives des pierres. Ainsi sans aucune difficulté le travail individuel de chacun était-il reconnu, sa perfection indiquée et sa place exacte donnée. La Marque du Maître était le triangle. C'est le symbole de Dieu, le Grand Géomètre et le Grand Inspecteur de l'Univers, à qui nous devons tous nous soumettre et que nous devons très humblement adorer. Ces 300 Inspecteurs étaient eux-mêmes répartis en 100 Loges de 33, présidées par 300 Inspecteurs également appelés Ménutschim ou Maîtres de la Marque (2). Ils étaient nommés par Hiram Abif lui-même et c'est à eux qu'etait confié le soin de payer leur salaire aux autres ouvriers. Lorsque les Compagnons du Métier et leurs Inspecteurs, ou Maîtres de la Marque, venaient recevoir leur salaire, les uns et les autres présentaient la main d'une manière différente et à un guichet différent. De cette façon si un Compagnon du Métier osait présenter la main à un guichet de Maître de la Marque, il était immédiatement démasqué comme imposteur, Armé d'une hache, le Deuxième Surveillant, placé à côté du Premier Surveillant, se tenait prêt à infliger le châtiment en prescrit. Ce dernier est une des parties du signe Pénal et, de même que l'autre partie, celle d'avoir l'oreille arrachée, était un châtiment en usage chez les Sidoniens. Les Inspecteurs devaient examiner chaque pierre, non seulement du point de vue de sa qualité, en frappant dessus trois coups de maillet, et du point de vue de sa finition en la retournant mais aussi afin de s'assurer qu'elle avait été taillée exactement selon les tracés d'exécution. Ils la faisaient porter ensuite au Maître Inspecteur qui vérifiait si elle remplissait bien toutes ces conditions. Si la pierre était jugée parfaite à tous les égards, recevait la marque du Maître de la Marque et était envoyée au Temple. Sinon, elle était re jetée. Deux Compagnons ou plus, en étaient chargés. Ils la prenaient chacun d'un côté et après l'avoir balancée trois fois en arrière et en avant. elle était jetée au rebut . C'est de cela que provient le signe nommé signe de Rejet. Les autres signes, à savoir le signe de Désolation et le signe de Gratitude, sont aussi anciens puisque leur emploi dans ce grade remonte, dit-on, à un événement qui se produisit lors de la construction du Temple du roi Salomon. Tous les six jours de travail, les Maîtres de la Marque avaient coutume de se rendre chez le Grand Maître en exercice, Hiram Abif, afin de recevoir les tracés d'exécution et les instructions pour la poursuite de l'ouvrage. Il semble qu'une partie de ces tracés d'exécution ait été perdue. Mais un Compagnon du Métier intelligent et ingénieux, soit qu'il en ait vu un tracé complet, soit qu'il ait conçu une idée exacte d'après le reste de l'ouvrage, comprit d'une pierre d'une forme très particulière manquait pour achever le plan d'ensemble. Dans le but sans doute de se distinguer en montrant un savoir inhabituel, il commença aussitôt à dégrossir une pierre de cette sorte. Il y consacra beaucoup de temps et de peine puis enfin il y grava sa marque. Quand on examina les tracés de l'exécution, on ne trouva aucune place pour cette pierre et le Compagnon du Métier, au lieu de gloire, ne recueillit que des paroles de reproche d'avoir perdu son temps. On donna l'ordre de jeter la pierre, ce qui fut exécuté par deux compagnons du Métier forts contents de voir leur camarade puni de sa présomption. En voyant l'injuste traitement de son travail, le Compagnon du Métier, attristé, s'appuya la main contre la joue et, laissant aller sa tête de ce côté, s'écria avec désolation : "Hélas, hélas, j'ai travaillé en vain !" C'est le troisième signe du grade et il est appelé signe de Désolation. La pierre resta longtemps perdue au rebut. Cependant, le moment vint enfin où l'on eut besoin de la clef de l'Arc Sacré du Temple du Roi Salomon. C'est cette pierre dont le tracé d'exécution, comme il avait été dit, avait été égaré. On fit des recherches dans le Temple, mais en vain, et une enquête plus poussée montra qu'aucune pierre de cette forme n'y avait jamais été apportée. L'Inspecteur de cette partie de l'Edifice envoya trouver l'Inspecteur des carrières à qui, pensait-il, on avait donné les tracés et les instructions pour cette part de l'ouvrage afin de demander pourquoi cette pierre n'avait pas été fournie avec les autres. L'Inspecteur des carrières répondit qu'il n'y avait pas de tracé pour une telle pierre parmi ceux qui lui avaient été confiés. Le travail était interrompu. Hiram Abif en demanda la raison et en reçut l'explication. Il se souvint non seulement d'avoir exécuté le tracé et donné les instructions pour cette pierre remarquable, mais aussi de les avoir confiés lui-même au Maître de la Marque. Ce dernier fut réprimandé de sa négligence pour avoir perdu une partie des tracés ; mais en apprenant de quelle pierre il s'agissait, il se souvint qu'une de cette forme avait été taillée par un de ses ouvriers. Il en informa aussitôt Hiram Abif et ajouta que ne l'ayant pas trouvée dans ses tracés d'exécution, il avait refusé de la marquer et l'avait fait jeter. Hiram Abif envoya chercher le Compagnon du Métier qui avait taillé la pierre et, après ses réponses, comprit que de devait en effet être la pierre dont il avait besoin. Il ordonna qu'une recherche approfondie fut faite aussitôt à la carrière et on la retrouva enfin intacte. Afin de montrer combien il était satisfait de l'habileté et de la capacité déployée par l'ingénieux Compagnon du Métier, Hiram Abif ordonna qu'il fût sans tarder avancé au grade distingué de Maître de la Marque. Selon les instructions d'Hiram Abif, le Compagnon du Métier grava ensuite la marque d'approbation du Maître de la Marque sur la pierre autour de la sienne et sur le pourtour huit lettres, sur lesquelles la tradition présente quelques hésitations car elles ne sont plus transmises dans leur langue d'origine mais dont on pensa généralement qu'elles correspondaient à : H.T.E.V.E.A R.S.. La pierre fut apportée au Temple avec beaucoup de pompe et de faste et tandis qu'on la mettait en place, le Maître de la Marque nouvellement reçu, dans une joyeuse extase, joignit les mains de la façon décrite pour le quatrième signe du grade et regardant vers le ciel s'exclama : "Dieu soit loué, j'ai bien marqué". (1) Chroniques II, 2, vers, 17-18 : "Salomon compta tous les étrangers qui étaient dans le pays d'Israël, et dont le dénombrement avait été fait par David, son père. On en trouva cent cinquante-trois mille six cents. Et il en prit soixante-dix mille pour porter les fardeaux, quatre-vingt mille pour tailler la pierre dans la montagne, et trois mille six cents pour surveiller et faire travailler le peuple". Décompte : - 70.000 pour porter les fardeaux - 80.000 pour tailler les pierres dans la montagne - 3.600 pour surveiller et faire travailler le peuple soit 153.600 tous "étrangers". Rois I, 5, vers. 13-16 : "Le roi Salomon leva sur tout Israël des hommes de corvée ; ils étaient au nombre de trente mille. Il les envoya, au Liban, dix mille par mois alternativement ; un mois au Liban et deux mois chez eux. Adonhiram était préposé sur les hommes de corvée. Salomon avait encore soixante-dix mille hommes qui portaient les fardeaux et quatre-vingt mille qui taillaient les pierres dans la montagne, sans compter les chefs, au nombre de trois cents, préposés par Salomon sur les travaux et chargés de surveiller les ouvriers. Le roi ordonna d'extraire de grandes et magnifiques pierres de taille pour les fondements de la maison. Les ouvriers de Salomon, ceux de Hiram et les Guibliens les taillèrent et préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la maison." Décompte : - 30.000 hommes de corvée dans le Liban (Israélites) - 70.000 hommes qui portaient les fardeaux (Israélites aussi vraisemblablement) - 80.000 hommes qui taillaient les pierres dans la montagne (Les ouvriers de Salomon, ceux de Hiram et les Guibliens les taillèrent...) - 3.300 hommes préposés par Salomon sur les travaux et chargés de surveiller les ouvriers (plusieurs nationalités sans doute aussi, comme les précédents) soit 183.000. Le total de 113.300 donné par l'instruction du grade de Maître Maçon de la Marque correspond donc au Livre des Rois, à la condition de faire abstraction des 70.000 hommes qui portaient les fardeaux. Si l'on opérait la même soustraction dans les effectifs des Chroniques on n'arriverait qu'au total de 83.600. On peut faire plusieurs remarques : Il n'est pas légitime de ne pas soustraire également les trente mille hommes de corvée dans les forêts du Liban car il semble bien qu'ils coupaient les bois et ne taillaient pas la pierre. Pourquoi alors les faire entrer dans les effectifs des Loges des Maçons ? Si l'on examine ces comptes on voit qu'il avait été formé 1.100 loges de cent membres (1.100 x 100 = 110.000). Avec 80.000 tailleurs de pierre seulement, on n'aurait pu trouver un nombre entier de membres (72,72). Est-ce la raison ? Une différence remarquable entre les deux textes porte sur les nationalités. - Pour les Chroniques tous les hommes employés à la construction du Temple étaient des étrangers. - Pour le Livre des Rois, les hommes de corvée étaient exclusivement israélites. Il semble que ceux qui portaient les fardeaux l'étaient également. Par contre, il est clairement dit que les tailleurs de pierres étaient ouvriers de Salomon, ouvriers d'Hiram et Guibliens (habitants de Gébal ; on dit aussi Guiblites), (2) Selon que l'on inclut le chiffre des 300 inspecteurs dans ces 3.300 ou qu'on les y ajoute, on arrive au chiffre des Rois ou à celui des Chroniques (3.600). La première hypothèse est la plus vraisemblable puisque c'est au Livre des Rois comme on vient de le voir que se réfère le chiffre précédent de 113.000. (3) Hiram Tyrien, Enfant de la Veuve, Envoyé au Roi Salomon ; ou en anglais : Hiram Tyrien, Widow's Son, Sent To King Salomon (H.T.W.S.S.T.K.S.). Lire la suite

References: ART. 2
 ART. 3
 ART.4
 ART. 5
 art. 3
 ART. 6
 ART. 7