Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/EtatsNsouverains/bruxelles-capitale.htm
Timestamp: 2016-12-07 16:26:46+00:00

Document:
Capitale: Bruxelles Population: 959 318
Langues officielles: français et néerlandais Groupe majoritaire: français (env. 70 %) Groupes minoritaires: néerlandais (env. 10 %),
langues immigrantes (env. 20 %)
Système politique: royaume fédéralisé en trois communautés
et trois régions Articles constitutionnels (langue): art. 2, 4, 30, 43, 54, 67, 68, 99, 115, 118, 121, 123, 127, 128, 129, 130, 135, 136, 137, 138, 139, 175, 176, 178, 189 de la Constitution coordonnée du 17 février 1994
Lois linguistiques: Loi du 15 juin1935 sur l'emploi des langues en matière judiciaire; Loi du 2 juillet 1954 sur l'emploi des langues en matière administrative (abrogé); Loi sur 8 novembre 1962 fixant la frontière linguistique (1962);
Loi concernant le régime linguistique dans l'enseignement du 30 juillet 1963 (avec modifications de 1982); Loi du 18 juillet 1966 sur l'emploi des langues en matière administrative coordonnée (1966); Loi du 30 novembre 1966 (Arrêté royal fixant les conditions de délivrance des certificats de connaissances linguistiques);
Loi du 2 juillet 1969 sur l'emploi des langues en matière judiciaire (1969); la loi du 4 août 1969; Décret portant modification de l'article 9 de
la loi du 30 juillet 1963 concernant le régime linguistique dans
l'enseignement (1975); Loi spéciale du 8 août 1980 de réformes constitutionnelles (1980)
; Loi portant l'organisation, la compétence et le fonctionnement de la Cour d'arbitrage (1983); Loi spéciale sur la Cour constitutionnelle (1989) ;
Loi spéciale relative aux institutions bruxelloises du 12 janvier 1989; Loi du 12/10/2002 modifiant les lois sur l’emploi des langues en matière administrative; Arrêté royal du 16 mai 2003 accordant des primes linguistiques aux membres du personnel de la Fonction publique administrative fédérale (2003); Arrêté royal du 16 mai 2003 portant la désignation d'adjoints bilingues à titre de mesure transitoire dans les services centraux des services publics fédéraux (2003).
1 La région de Bruxelles-Capitale
Le terme Bruxelles (en néerlandais: Brussel) viendrait de Bruocsela issue des mots germanique bruoc («marais») et sella («habitation»), c’est-à-dire littéralement «habitation au marais». D'autres étymologistes croient que le nom dérive de
brug, qui signifie «pont» en langue germanique et «Zenne» du nom germanique de la Senne, la rivière qui arrose Bruxelles.
Rappelons que la Belgique fédérale est constituée de
trois régions: la Région wallonne, la Région flamande et la Région
de Bruxelles-Capitale. L'article 3 de la Constitution belge confirme la création
de ces trois régions:
Article 3La Belgique comprend
Ces régions peuvent être associées
respectivement à la Wallonie (au sud), à la Flandre (au nord) et à
l'agglomération de Bruxelles (enclavée dans la Flandre ou plus précisément le Brabant flamand). Par ailleurs, la Loi spéciale relative aux institutions bruxelloises du 12 janvier 1989 précise ce qui suit:
Il y a pour la Région bruxelloise, visée à l'article 107quater de la Constitution, ci-après dénommée la Région de Bruxelles-Capitale, un Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale et un Exécutif de la Région de Bruxelles-Capitale, ci-après dénommés le Conseil et l'Exécutif.
1) Le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale comprend le territoire de l'arrondissement administratif de "Bruxelles-Capitale", tel qu'il existe au moment de l'entrée en vigueur de la présente loi.
2) A l'article 2, alinéa 1er, de la loi spéciale de réformes institutionnelles du 8 août 1980, ci-après dénommée la loi spéciale, les mots "à titre transitoire" sont supprimés.
La Région de Bruxelles-Capitale a la personnalité juridique.
À la seule exception des compétences qui, en application de l'article 59quater, § 4, alinéa 2, de la Constitution, sont attribuées au Conseil régional wallon et au Conseil flamand, la Région de Bruxelles-Capitale a les mêmes compétences que la Région wallonne et la Région flamande. Les compétences attribuées aux Conseils régionaux sont, en ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale, exercées par voie d'ordonnances. L'article 16 de la loi spéciale s'applique à la Région de Bruxelles-Capitale, moyennant les adaptations nécessaires. 1.1 Les champs de
En général, on pourrait dire que les compétences des Régions
sont d’abord et essentiellement des compétences liées à l’économie et
les affaires qui en découlent, ainsi que des compétences concernant l’aménagement
du territoire. Ces compétences ne sont pas inscrites dans la Constitution
belge, car on a simplement mentionné que celles-ci doivent être mises en
application au moyen d’une loi adoptée avec une majorité spéciale,
c’est-à-dire une double majorité dans les deux communautés linguistiques.
Une telle loi a été votée, le 8 août 1980, pour les régions wallonne et
flamande, et le 12 janvier 1989, pour la Région Bruxelles-Capitale. Les compétences
y énumérées sont les suivantes: l’aménagement du territoire et
l’urbanisme, la protection de l’environnement, la rénovation rurale et la
conservation de la nature, le logement, la politique de l’eau, l’énergie
(distribution du gaz et de l’électricité), la politique agricole,
l’emploi, les travaux publics et le transport en commun (sauf le train, la
politique économique (sauf les compétences de l’État central). Depuis
2001, de nouvelles compétences ont fait leur apparition: le commerce extérieur,
la tutelle ainsi que le financement et l’organisation des provinces et des
communes, et enfin l’aide aux pays sous-développés.
exerce le pouvoir exécutif. Il est formé d'un ministre-président et de
quatre ministres, dont deux francophones et deux néerlandophones, et trois secrétaires d'État, désignés par le Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale.
En tant que parlement, le Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale a pour
mandat d'adopter les « lois régionales» appelées ordonnances et de contrôler le
gouvernement. Le président du Conseil (ou Parlement) de la Région de
Bruxelles-Capitale est toujours un francophone, alors que deux francophones et
deux Flamands doivent être élus à l’Excutif régional. Rappelons que le Parlement régional de Bruxelles-Capitale
ne peut adopter de décrets linguistiques, puisque de tels décrets relèvent
de la compétence à la fois des Communautés et du Parlement fédéral. Le Conseil régional de Bruxelles-Capitale
(composé auparavant de 75 membres élus) comprend des membres issus des deux
grandes communautés linguistiques, selon qu'ils ont été élus lors
des élections sur les listes françaises ou les listes flamandes. Le nombre des députés francophones et néerlandophones
peut varier à chacune des élections. En général, on compte
approximativement une bonne soixantaine de francophones et environ une douzaine
de néerlandophones. À la suite de l’accord du Lombard et de la Loi spéciale portant transfert de diverses compétences aux régions et communautés (art. 28), les Flamands de Bruxelles bénéficient d’une représentation non proportionnelle à leur nombre dans la Région: le nombre de députés au Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale est fixé à 72 pour le groupe linguistique français et à 17 pour le groupe linguistique néerlandais, pour un total de 89 sièges. Article 28
À l'article 20 de la même loi spéciale, modifié par la loi spéciale du 5 avril 1995, sont apportées les modifications suivantes :
«§ 2. Avant de procéder à la dévolution des sièges à conférer, les sièges sont répartis à concurrence de 72 entre l'ensemble des groupements de listes de candidats du groupe linguistique français et de 17 entre l'ensemble des groupements de listes de candidats du groupe linguistique néerlandais.
Le bureau régional établit pour chaque groupe linguistique un diviseur électoral en divisant le total général des bulletins valables exprimant un vote sur les listes de candidats d'un groupe linguistique par 72 pour le groupe linguistique français et par 17 pour le groupe linguistique néerlandais. Le chiffre électoral de chaque groupement de listes est constitué par l'addition du nombre de bulletins exprimant un vote valable sur les listes de ce groupement. [...]
Un des objectifs de la réforme était d’assurer une plus large représentation flamande au Conseil de la Région de Bruxelles-Capitale et, simultanément, d’éviter de renforcer le Vlaams Blok (l'ex-Bloc flamand). Ainsi, les Flamands de Bruxelles sont assurés d’être politiquement représentés dans une proportion d'au moins 20 %, alors qu’ils ne représenteraient que 10 % des électeurs, et ce, quel que soit le résultat des élections. Ils bénéficient aussi d’une représentation égale au Conseil des ministres du gouvernement régional avec le même nombre de ministres néerlandophones et de ministres francophones.
Ajoutons que six communes de la périphérie sont dites
«à facilités» pour les francophones: Drogenbos,
Crainhem, Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et
Wezembeek-Oppem (voir la carte);
elles ne sont pas des communes bilingues, mais des communes unilingues néerlandaises offrant des accommodements linguistiques.
L'Administration régionale de Bruxelles-Capitale exerce, sur le territoire constitué par les 19 communes bruxelloises, les mêmes compétences dans les matières qui sont de son ressort que les deux autres
régions, c'est-à-dire l'aménagement du territoire (planification, urbanisme, rénovation urbaine, politique foncière, protection des monuments et sites),
l'environnement et la politique de l'eau, la conservation de la nature, le logement,
l'économie (expansion économique, commerce extérieur, etc.), la politique de l'énergie,
la politique de l'emploi, les travaux publics, le transport, les relations extérieures
et la recherche scientifique. À cela, s'ajoutent les tâches que le législateur a confiées à
l'agglomération de Bruxelles (p. ex., la lutte contre les incendies et l'aide médicale urgente,
la collecte et le traitement des ordures, les taxis), ainsi que des compétences héritées de l'ancienne
province du Brabant. Quant aux matières concernant l'enseignement, la culture,
l'aide aux personnes et la santé, elles relèvent soit de la Communauté française, soit de la Communauté flamande, ainsi que des Commissions communautaires. De plus, afin d'appliquer ses politiques, le gouvernement régional dispose du
ministère de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi que de divers organismes pararégionaux.
Ce ministère est structuré en cinq grandes Administrations: l'Administration des
pouvoirs locaux, l'Administration des finances et du budget, l'Administration de l'équipement et des
déplacements , l'Administration de l'aménagement du territoire et du logement,
l'Administration de l'économie et de l'emploi. Afin de permettre à chacune des Communautés de mener des politiques communautaires spécifiquement
bruxelloises et limitées au territoire des 19 communes, trois institutions particulières ont été créées:
la Commission communautaire française (COCOF), la Commission communautaire flamande (VGC)
et la Commission communautaire commune (CCC). La figure suivante illustre la composition des institutions bruxelloises et des Conseils des Communautés.
La Commission communautaire française est compétente pour les institutions dites «mono-communautaires francophones» de la Région bruxelloise.
Elle a le pouvoir, au moyen de règlements, d'agir en matière culturelle, en
matière d'enseignement et dans les matières «personnalisables». En outre, elle peut exercer les compétences qui lui sont déléguées par le Conseil de la Communauté française
(Parlement de la Communauté française). À la suite du transfert de
juridiction adoptée par la Communauté française, la Commission communautaire française peut, depuis le 1er janvier 1994, légiférer par voie de décrets en ce qui
a trait aux institutions relevant de sa Communauté, dans un certain nombre de
domaines ( infrastructures privées pour l'éducation physique, sports et vie en plein air, tourisme, promotion sociale,
reconversion et recyclage professionnel, transport scolaire, politique de la santé,
aide aux personnes). Enfin, la Commission communautaire française exerce aussi la compétence de créer, financer et contrôler, conjointement avec la Communauté française, des
organismes chargés d'acquérir, d'administrer et d'aliéner des biens immeubles affectés à l'enseignement organisé par les pouvoirs publics (à l'exclusion de l'enseignement supérieur).
La Commission communautaire flamande, pour
sa part, est compétente pour les institutions dites «mono-communautaires néerlandophones» de la Région bruxelloise. Au moyen de règlements, elle
a également d'exercer certaines compétences dans les matières communautaires,
ainsi que les compétences qui lui sont déléguées par le Conseil flamand.
Quant à la Commission communautaire commune (CCC),
elle règle et gère les matières communautaires communes aux deux Communautés de la Région. Son
«Assemblée réunie» est composée des deux groupes linguistiques du Conseil de la Région. Les 75 conseillers bruxellois siègent donc à la fois au Conseil de la Région et à l'Assemblée de la Commission communautaire commune.
Sous réserve d' exceptions parfois importantes, la Commission communautaire commune
reste compétente pour les institutions n'appartenant pas exclusivement à l' une ou l' autre Communauté (institutions bicommunautaires)
et aux matières suivantes: politique de la santé, aide aux personnes (politique
familiale, politique sociale, handicapés, troisième âge, jeunesse, immigrés, aide sociale aux détenus, etc.).
Dans la mesure où il s’agit de «matières personnalisables
bicommunautaires», l’Assemblée réunie légifère par ordonnances, à la majorité des membres et à la majorité absolue des suffrages,
mais toute résolution doit obligatoirement être prise à la majorité des suffrages dans
chacun des groupes linguistiques. 1.2 Les communes
Bruxelles est quatre fois capitale : c'est à la fois la
capitale de la Belgique, capitale de la Flandre, capitale de la Communauté française et
capitale de l'Union Européenne. C'est une région officiellement bilingue
formant au centre du pays une enclave (en
vert) dans la
province du Brabant flamand (Vlaams Brabant) avec moins de
960 000 habitants, soit 9,3 % de la population du pays (en 2000).
La Région de Bruxelles-Capitale ne comprend que l'agglomération bruxelloise de 19 communes bilingues (la lettre
B sur la carte ci-contre). Elle ne comprend donc pas les six communes à facilités (en vert): Wemmel, Kraainem, Wezembeek-Oppem, Sint-Genesius-Rode (Rhode-Saint-Genèse), Linkebeek et Drogenbos.
La Région ne compte pas davantage les autres communes néerlandophones situées autour de Bruxelles. La région de Bruxelles-Capitale
pour chef-lieu Bruxelles et compte 19 communes avec, entre parenthèses, leur nom en néerlandais : 1. Anderlecht
2. Bruxelles (Brussel)
3. Ixelles ou XL (Elsene)
7. J ette
10. Schaerbeek
11. Berchem-Sainte-Agathe (Sint-Agatha-Berchem)
12. Saint-Gilles (Sint-Gillis)
13. Molenbeek-Saint-Jean (Sint-Jans-Molenbeek)
14. Saint-Josse-ten-Noode (Sint-Joost-ten-Node)
15. Woluwe-Saint-Lambert (Sint-Lambrechts-Woluwe)
16. Woluwe-Saint-Pierre (Sint-Pieters-Woluwe)
17. Uccle (Ukkel)
18. Forest(Vorst)
19. Watermael-Boitsfort(Watermaal-Bosvoorde)
Ces communes forment une enclave bilingue (français-néerlandais) en région flamande. 2
Conformément à l’article 4 de la Constitution (1994)
et la loi du 8 novembre 1962, la Belgique compte quatre régions linguistiques,
dont celle de Bruxelles-Capitale. À l'échelle du pays, la population peut être
répartie de la façon suivante:
La région de langue néerlandaise
(Communauté flamande): 5,9 millions d’habitants (57,6 %). AU SUD
La région de langue française
(Comunauté française): 3,3 millions d’habitants (32,4 %).
(Communauté germanophone): 70 472 habitants (0,69 %).
La région bilingue de Bruxelles-Capitale: 960 000 habitants (9,3 %).
Source: http://www.lbc-nvk.be/french/belgium.asp
qu'à l'échelle du pays les Flamands
constituent le groupe linguistique majoritaire et parlent massivement le néerlandais
(en néerl.: Nederlands), une langue
germanique, sans oublier les dialectes tels que le flamand (Vlaams) et
le brabançon. Les Wallons, pour leur part,
sont généralement de langue maternelle française, mais dans la province du
Hainaut certains parlent aussi le picard ou le wallon, deux idiomes
gallo-romans issus du latin. Le wallon est également parlé dans les provinces
du Luxembourg, de Namur et de Liège; on parle aussi le lorrain et le
luxembourgeois dans la province du Luxembourg, et l’allemand dans la province
de Liège (voir la carte des
langues régionales). Parmi les langues parlées en Belgique, seuls
l’allemand, le néerlandais, le brabançon et le luxembourgeois sont des langues
germaniques, les autres appartenant aux langues
romanes. 2.1 La population bruxelloise
Total Région de Bruxelles-Capitale
Les communes faisant partie de la Région de Bruxelles-Capitale ne sont pas équivalentes ni en terme de population ni en superficie. La ville de Bruxelles est évidemment numériquement la plus importante des communes avec une population de quelque 115 100 citoyens (en 2014). Suivent les communes avec plus de 50 000 habitants: Schaerbeek (131 600), Anderlecht (115 178), Molenbeek St-Jean (94 80), Ixelles (83 332), Uccle (81 100), Forest (54 500), Woluwé-St-Lambert (53 300), St-Giles (50 400) et Jette (50 200).
Les autres communes ont une population variant entre 21 000 et 46 000 personnes. Ce sont les communes suivantes: Etterbeek (46 427), Woluwé-St-Pierre (40 800), Auderghem (32 500), St-Josse-ten-Noode (27 447), Watermael-Boitsfort (24 400), Ganshoren (23 800), Berchem Ste-Agathe (23 600) et Koekelberg (21 300).
Comme on peut le constater, aucune d'entre elles n'est majoritaire, la plus importante étant Bruxelles et ne compte que pour 14,6 % de la population. Mais Bruxelles, Schaerbeek et Anderlecht comptent pour 325,8 % de la population totale.
Les communes bruxelloises forment une agglomération qu'on appelle la «Région de Bruxelles-Capitale». Toutes ces communes sont officiellement bilingues (français-néerlandais).
2.2 La ville de Bruxelles
La ville de Bruxelles ou Bruxelles-Ville (en néerlandais: Stad Brussel) constitue elle-même le noyau historique de la Région de Bruxelles-Capitale. La ville comptait 177 850 habitants en janvier 2015 (contre 170 407 en 2014) et s'étendait sur 32,6 km² ; elle se compose de plusieurs quartiers distincts, dont les suivants:
1. le centre-ville appelé «le Pentagone» ;
2. le quartier européen (Léopold, Schuman et les squares);
3. le quartier de l'avenue Louise;
4. le quartier du bois de La Cambre;
5. le quartier Laeken;
6. le quartier Heysel;
7. le quartier Neder-over-Heembeek ;
8. le quartier Haren ;
9. le quartier de l'Otan.
Le Pentagone délimite le centre historique (avec la Grand-Place) près du quartier européen et du quartier de l'avenue Louise et du bois de La Cambre; au nord, on trouve les anciennes communes de Laeken, de Haren et de Neder-Over-Heembeek (annexées en 1921), ainsi que du quartier de l'Otan. Selon les différents quartiers de la ville, la population se répartissait comme suit en 2015 : Quartier
Centre-ville (pentagone)
Quartier Otan
Quartier Haren
2.3 La répartition des langues dans Bruxelles-Capitale
En l'absence de recensement linguistiques, nous ignorons avec précision la répartition de la population par langue. Il faut se rabattre sur des estimations non officielles dont il est très difficile d’en avoir une idée juste, car selon leurs provenances les résultats ne concordent jamais, surtout lorsqu’il s’agit de sources francophones par rapport à des sources flamandes, et inversement il va sans dire. De façon générale, les résultats statistiques sur les langues proviennent des listes séparées (francophones ou flamandes) lors des élections régionales. Il est possible aussi de recourir à des statistiques découlant de différents actes administratifs demandés par le citoyen : par exemple, la langue choisie par les couples lors du mariage, la langue dans laquelle l'individu choisit d'établir sa carte d'identité, la langue dans laquelle il rédige sa déclaration d'impôt, la langue dans laquelle il remplit son formulaire de redevance radiotélévision, etc. Or, pour un démographe, cette façon de faire demeure peu fiable, dans la mesure où les personnes qui s'inscrivent dans une liste flamande ou wallonne peuvent très bien ne parler aucune de ces deux langues. Les individus expriment avant tout un choix politique ou administratif, non une appartenance linguistique. Or, pour en arriver à un résultat
fiable, il faudrait un recensement linguistique sur une base scientifique. Dans
ce pays, la seule manière d'en arriver à un résultat fiable serait
d’organiser une vaste étude scientifique faite par des universitaires non
impliqués dans les partis politiques. Tout autre moyen serait «infecté» dès
le commencement par des pressions politiques et communautaires. Alors, il vaut
mieux s'abstenir!
Au recensement décennal de 1920, juste avant le début de la territorialisation des langues et la création de la zone bilingue de Bruxelles, l’agglomération bruxelloise comptait 15 communes qui avaient choisi le français comme langue de l’administration locale. Il s’agit des 22 communes citées précédemment moins les trois communes absorbées par Bruxelles en 1921, moins Woluwé-Saint-Pierre, Berchem-Sainte-Agathe, Evere et Ganshoren. Malgré une progression très rapide de la francisation depuis le milieu du XIXe siècle, l’ensemble de l’agglomération comptait encore une forte minorité flamande, et seulement 9 des 15 communes étaient majoritairement francophones. La situation a bien changé aujourd'hui. Comme les grandes villes internationales, Bruxelles se transforme progressivement. «La capitale se remplit d’étrangers», de dire les deux démographes, «avec 19 668 étrangers nets en plus chaque année». La capitale se vide des Belges, avec 12 247 Belges nets en moins chaque année. De fait, chaque année, Bruxelles-Capitale enregistre un solde positif avec l’arrivée de quelque 20 000 ressortissants étrangers, soit la taille de la population d’une commune comme celle de Koekelberg. 2.4 Le baromètre linguistique de l'Université flamande de Bruxelles (VUB)
En mars 2013, le journal hebdomadaire Brussel Deze Week publiait les résultats d'un «baromètre linguistique» (en néerlandais: "Taalbarometer") de l’Université flamande de Bruxelles (VUB). Sur une population d'environ un million de citoyens, quelque 100 000 Bruxellois ne parleraient ni le français, ni le néerlandais, ni l’anglais. - Le néerlandais
Parmi les résultats surprenants, notons que
seulement 5,2 % des Bruxellois vivraient en 2013 dans une famille néerlandaise unilingue, contre 6,4 % en 2001. En 2013, ils sont 23 % à considérer avoir une bonne ou très bonne connaissance du néerlandais, contre 28 % il y a cinq ans, et 33 % en 2001. Au total, l’emploi du néerlandais concerne une famille sur cinq à Bruxelles. L’usage exclusif du néerlandais ne baisserait que légèrement. À peine 5,2 % des familles bruxelloises parleraient uniquement néerlandais au sein de leur foyer, contre 6,4 % il y a douze ans. Le niveau du néerlandais serait toutefois en baisse, surtout chez les jeunes qui ont féquenté l’enseignement en français. - Le français
En 2006, plus de 60 % des Bruxellois parlaient uniquement le français à la maison, mais en 2013 ils n’étaient plus que 38 %. Par contre, plus de 88 % des Bruxellois estiment bien ou très bien parler le français, contre 95,5 % il y a six ans. En 2013, ils sont 23 % à considérer avoir une bonne ou très bonne connaissance du néerlandais, contre 28 % il y a cinq ans, et 33 % en 2000.
Le baromètre révèle en outre une forte augmentation du nombre de familles bilingues à Bruxelles. En 2006, à peine 7 % des familles parlaient français et néerlandais. En 2013, elles sont près de 17 %. En somme, le français, le néerlandais et l’anglais seraient des langues en recul dans la capitale belge. - Les autres langues
Le baromètre de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) démontre aussi que Bruxelles connaît une diversité des langues. Par exemple, l'usage de l'arabe (toutes variétés confondues) est en hausse dans la capitale. Il y a six ans, 6,6 % des Bruxellois parlaient bien à très bien l'arabe, mais aujourd'hui ils seraient 18 %, alors que la moitié d’entre eux est née à l’étranger.
En 2013, de nouvelles langues immigrantes sont apparues à Bruxelles: le mina ou gen (Togo), le sora (langue munda de l'Inde), le laki (Iran), le pachtou
(Afghanistan), le ndébélé (Zimbabwe), le bats ou batsi (langue caucasienne), le twi (Ghana), le tabari (Iran), le malgache (Madagascar), etc. 2.5 L'étude de Rudi Janssens
Une dernière étude, celle de Rudi Janssens, sociologue, linguistique et professeur à la faculté de philosophie et lettres de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), une université de langue néerlandaise, est venue bouleverser certaines croyances. La Région de Bruxelles-Capitale ne deviendrait pas de plus en plus francophone ni néerlandophone, mais de plus en plus cosmopolite. Selon cette étude publiée en 2008, le français resterait la langue véhiculaire de la capitale, tandis que l'anglais, bien que devenu deuxième langue la plus connue, demeurerait une langue scolaire (qui n'est pas parlé à la maison).
Selon le professeur Janssens, les cinq langues les plus parlées en 2006 à Bruxelles-Capitale étaient le français (95,5%), l'anglais (35,4%), le néerlandais (28,2%), l'espagnol (7,3%) et l'arabe (6,3%). Il s'agit bien ici de «langues véhiculaires», c'est-à-dire des langues utilisées en société pour communiquer entre deux ou plusieurs individus. Mais l'étude est intéressante à plus d'un titre, car elle révèle quelles seraient les langues parlées à la maison: 83,7 % utiliseraient l'une des deux langues officielles de la région en 2006, soit les deux : le français (56,8%), le néerlandais et le français (8,6%), le néerlandais (7,0%), le français avec une autre langue que le néerlandais (11,3%), ou toute autre langue étrangère (16%). Cette étude démontre que, si 95 % des locuteurs emploient le français comme langue véhiculaire, seulement 57% l'utiliseraient comme langue d'usage à la maison (éventuellement comme langue maternelle). Dès lors, le néerlandais serait déclassé par l'anglais comme langue véhiculaire. Comme langue employée à la maison, le néerlandais (7%) est encore déclassé par les langues étrangères (16 %). Une chose est certaine, c'est que
la plupart des immigrants et des fonctionnaires européens, qui s'installent à Bruxelles, tendent généralement à apprendre le français, voire l'anglais, plutôt que le néerlandais. Le développement démographique de Bruxelles et de son agglomération a toujours été caractérisé par l'immigration. Jusqu’au début des années 1960, celle-ci était essentiellement d’origine flamande et wallonne, mais depuis la seconde moitié du XXe siècle, la dynamique démographique a été remplacé par l’immigration étrangère, ce qui a entraîné une population plus hétérogène, tant selon le statut socio-économique, la nationalité et l’origine géographique. Si Bruxelles fut à l'origine une ville flamande, elle ne le serait plus aujourd'hui. Précisons que les francophones de Bruxelles ne sont pas nécessairement des Wallons. Ils peuvent être, bien sûr, des francophones descendant des immigrés français lors de la Révolution française ou bien des Wallons, mais aussi des Flamands francisés ou des immigrants francisés, ou encore des «eurocrates», souvent plus francophiles que francophones. C’est pour cette raison qu’un Bruxellois francophone ne se dit pas souvent wallon, alors que les néerlandophones sont généralement tous des Flamands. 2.6 Le statut linguistique des individus
En fonction de toutes ces considérations, il est
difficile de déterminer l’appartenance linguistique des individus en
Belgique, et ce, d’autant plus que la Constitution garantit la «liberté des
langues» chez les citoyens. Autrement dit, tout individu est libre
d’utiliser n’importe quelle langue dans ses relations privées, et d’écrire
ou de publier dans n’importe laquelle langue. Cependant, l’État a réglementé
d’une manière stricte l’emploi des langues dans les différents domaines
qui relèvent de sa juridiction ou a transféré ses compétences à des
autorités communautaires comme dans l’enseignement, l’armée, la justice,
la vie parlementaire, etc. C’est la région
linguistique qui détermine dans quelle langue tous ces domaines fonctionnent,
mais c’est le citoyen qui se conformera à cette réglementation.
Cela dit, le statut linguistique, une notion strictement
juridique, pourrait être déterminée selon trois critères: le lieu de résidence,
la scolarité et le libre choix des individus. Ce statut linguistique demeure
toujours un instrument interne de l’Administration et n’a rien de définitif,
le citoyen étant libre de changer son statut (notamment à Bruxelles).
En principe, dès qu’un individu réside dans une
commune appartenant à une région linguistique donnée, celui-ci est réputé
parler la langue de cette région dans ses relations avec l’État, soit le néerlandais
en Flandre, soit le français en Wallonie, soit l’allemand dans la région de
langue allemande. À partir de ce critère, tout individu qui change de lieu de
résidence conserve son statut linguistique s’il demeure dans la même région
linguistique. Juridiquement parlant, tout individu est réputé être de langue
maternelle française en Wallonie et de langue néerlandaise en Flandre dans
ses rapports avec l’État, ce qui, rappelons-le, n’empêche pas
un Flamand de rester flamand et un Wallon de rester wallon. Dans la ville de Bruxelles,
le français et le néerlandais sont à parité de statut. Ce sont les deux
langues officielles de la capitale belge. Tout individu a le droit de
s'adresser dans la langue de son choix au gouvernement fédéral ou au
gouvernement de la Région bruxelloise. Le système est différents dans les
communes périphériques de la capitale: les six
communes de la périphérie bruxelloise que sont Drogenbos, Crainhem (Kraainem),
Linkebeek, Rhode-Saint-Genèse, Wemmel et Wezembeek-Oppem. Ce sont des communes
officiellement de langue néerlandaise mais avec des «facilités» pour les
francophones qui ont le droit de réclamer certains services dans leur
- La langue de la scolarité
La langue dans laquelle s’est faite la scolarité
ou la langue dans laquelle le dernier diplôme a été obtenu détermine le «rôle linguistique» au sein des diverses
fonctions publiques fédérales, régionales et communales, notamment dans la région
bilingue de Bruxelles. Afin de préserver l’équilibre linguistique, certains
examens de recrutement ou de promotion ne sont accessibles qu’à des
candidats de l’un ou de l’autre rôle linguistique. Notons, par exemple,
qu’à Bruxelles les juges n'ont le droit de siéger que dans la langue de
- Le libre choix dans les communes à
Le libre choix des individus
en matière linguistique n’est permis que dans les communes bilingues
(Bruxelles) et les communes à statut spécial, c’est-à-dire les six
communes de la périphérie bruxelloise, et ce, à des degrés
variables, selon les dispositions prévues par la loi. Le libre choix du statut
permet, par exemple, d’obtenir des informations de la part de l’Administration
ou de recevoir son instruction dans une langue autre que celle attribuée
officiellement à la commune. Par exemple, un
Bruxellois d'origine maghrébine peut avoir l'arabe marocain comme langue
maternelle, le français comme «langue administrative», le néerlandais comme
«langue de l'éducation», et à nouveau le français comme «langue utilisée
pour les élections» (et il y a des listes francophones et des listes néerlandophones).
Un autre exemple? Une Bruxelloise flamande peut posséder une carte d’identité
en français (son dossier administratif communal étant rédigé en français,
«sa» langue administrative), parler le néerlandais à la maison, le français
au travail, envoyer ses enfants dans les écoles flamandes et voter pour les
partis politiques flamands. Comme on peut le constater, les pratiques linguistiques sont
fort complexes en Belgique. Elles sont le résultat d'une longue suite de
compromis entre les deux grandes communautés. Il faut bien comprendre que la
question linguistique n'est généralement pas perçue par les uns et les
autres (francophones et néerlandophones) comme une suite de compromis, mais
plutôt comme une décision imposée par l'«autre». C'est là l'un des
charmes de la vie en Belgique. 3 La politique linguistique
La politique linguistique de
Bruxelles-Capitale est régie par la Constitution et les lois
fédérales. L'article 4 de la Constitution déclare que la Région de
Bruxelles-Capitale est bilingue:
Belgique comprend quatre régions linguistiques: la région de langue
française, la région de langue néerlandaise, la région bilingue de
Bruxelles-Capitale et la région de langue allemande.
Mais pour les francophones et les néerlandophones, le statut bilingue de Bruxelles n'a pas la même signification. Pour les francophones, le bilinguisme, c'est la possibilité d'obtenir des documents officiels en deux langues; pour les Flamands, c'est l'obligation de parler les deux langues.
Le statut des langues à parité
Même si les Flamands sont très minoritaires à
Bruxelles (10 % env.), ils ont
acquis un statut juridique à parité avec les francophones. Le rapport Harmel
de 1958 avait prévu que, même si la Wallonie et la Flandre devaient restées
unilingues de façon à respecter le caractère homogène des deux principales
communautés linguistiques du pays, francophones et Flamands devaient au contraire
cohabiter à Bruxelles et pouvoir conserver leurs caractères propres: La
communauté wallonne et la communauté flamande doivent conserver les enfants nés
respectivement en Wallonie et en Flandre et émigrés à Bruxelles, de même
que ceux qui sont nés à Bruxelles de parents originaires de Wallonie et de
Flandre. Dans la capitale, l’élément personnel doit l’emporter sur l’élément
Il est vrai que les recommandations du rapport Harmel n'ont pas été toutes retenues. Aujourd’hui, le bilinguisme institutionnel est
obligatoire et s'applique à tous les organismes du gouvernement fédéral et
celui de la Région de Bruxelles-Capitale, mais non à ceux relevant de la
Communauté française ou de la Communauté flamande (nécessairement
unilingues): l'administration, les tribunaux, l'enseignement, l'affichage
institutionnel, les noms de rues (odonymie), les moyens de transport public,
etc. Bref, les Bruxellois choisissent leur «langue administrative», leur «langue
de l’éducation», etc. Par exemple, un Bruxellois peut déclarer le turc
comme langue maternelle, le français comme «langue administrative», le néerlandais
comme «langue de l'instruction», et à nouveau le français comme «langue
utilisée pour les élections» (il y a des listes francophones et des listes néerlandophones)
et l’anglais pour les affaires commerciales. Bref, le bilinguisme
institutionnel à Bruxelles demeure obligatoire dans quatre domaines :
1) les organismes de l'administration fédérale;
2) les organismes de l'administration de la Région de Bruxelles-Capitale;
3) les organismes des 19 administrations communales;
4) les organismes des institutions et associations bi-communautaires.
Ainsi, à l’intérieur des limites de
Bruxelles-Capitale, les organismes communautaires (Communauté
française et Communauté flamande) ne sont pas tenus d’offrir des services dans les deux
langues officielles. Ils demeurent unilingues français ou néerlandais, car ils ne
s’adressent qu’aux membres d'une communauté linguistique. Les décrets
communautaires n’ont force de loi dans la région bilingue de
Bruxelles-Capitale qu’à l’égard des institutions qui dépendent de la
Communauté française et de la Communauté flamande. La loi belge ne laisse aucune
doute sur ce point: le pouvoir des gouvernements communautaires à Bruxelles
n'est pas personnel, mais lié aux institutions de ces communautés. Comprenons bien que les citoyens bruxellois ne
sont pas tenus de déclarer leur langue maternelle, mais que l’Administration,
tant fédérale que régionale et communale, demande à ceux qui font appel à
ses services de déclarer dans quelle langue ils veulent être servis.
Quoi qu’il en soit, les Bruxellois, qu’ils soient
francophones ou néerlandophones, reçoivent des services dans leur langue
maternelle chaque fois qu’ils s’adressent à un organisme relevant de la
juridiction du gouvernement fédéral ou du gouvernement de la Région de
Bruxelles-Capitale, ou encore des communes et des institutions
bi-communautaires de l’agglomération bruxelloise. Il faut bien comprendre que les 19 communes situées dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale ne sont pas des
communes à facilités, mais des communes bilingues, dont l’organisation administrative et les règles de composition des
organismes politiques garantissent les droits de chacune des deux grandes communautés linguistiques,
notamment la minorité flamande.
Conformément à l’article 19 de la Loi sur l'emploi
des langues en matière administrative (18 juillet 1966), qui réglemente
tout le système linguistico-administratif du pays, tout service local de la
Région de Bruxelles-Capitale emploie, dans ses rapports avec un particulier,
la langue que l'intéressé utilise quand celle-ci est le français ou le néerlandais.
Tous les documents de l’Administration fédérale et ceux de la Région de
Bruxelles-capitale sont rédigés dans les deux langues officielles, et ils
doivent être identiques; tout document officiel envoyé aux habitants
francophones sera identique de contenu et de typographie que ce même document
envoyé à un citoyen néerlandophone de Bruxelles. Évidemment, la seule différence
sera la langue dans laquelle le document est rédigé. Il n’y a pas de
documents bilingues, même dans l’agglomération bruxelloise; tous les
documents sont unilingues, mais disponibles soit en français soit en néerlandais.
L’Administration est conçue en réseaux
linguistiques parallèles. Les lois et règlements précisent que 40 %
des fonctionnaires sont unilingues néerlandophones, 40 % unilingues
francophones et 20 % bilingues, mais également répartis entre Flamands
et francophones. Le réseau francophone et le réseau néerlandophone ne
travaillent que dans leur langue; pour communiquer d'un réseau à l'autre, le
fonctionnaire francophone ou néerlandophone doit passer par le réseau des
fonctionnaires bilingues. Les ministères de la Justice, de l'Intérieur et de
la Défense sont scindés en deux: l'un est francophone, l'autre, néerlandophone.
3.2 L'affichage
À Bruxelles-Capitale, c’est
le bilinguisme obligatoire pour les inscriptions publiques, sauf celles
relevant de la Communauté française ou de la Communauté flamande. Le
bilinguisme bruxellois est systématique: la plupart des noms de rue ont été
bilinguisés (ceux en français comme ceux en néerlandais), de même que le
domaine des transports en commun (train, métro, autobus) et les places
publiques. Toutes les plaques odonymiques commencent par les mots rue,
avenue, boulevard et se terminent par les mots straat, laan, veste. De part et d'autre des deux termes spécifiques superposés,
apparaissent les termes génériques bilingues et également superposés (p. ex.
rue du Trône/Troonstraat, rue des Bouchers/Beenhouwers Straat, rue de la Régence / Regentschaps straat) ou non (p. ex. rue Ravensteinstraat,
boulevard Anspach/Anspachlaan). La ville de Bruxelles se retrouve forcément
avec de grandes plaques odonymiques, mais heureusement seuls les chauffeurs d’autobus et de taxi doivent les mémoriser (en double version française et néerlandaise).
Dans le domaine administratif, il faut surtout retenir que, ces communes étant bilingues, les habitants francophones et néerlandophones doivent y être traités sur un pied d’égalité, et ont notamment, dans la quasi-totalité des cas, le choix de la langue dans laquelle leurs affaires seront traitées ou dans laquelle leurs documents seront livrés.
Il arrive que la traduction ne soit pas toujours adéquate entre le néerlandais et le français. Par exemple, le panneau de gauche indique en français : «Interdiction de circuler sur les travaux». En néerlandais, on trouve "Verboten op de werken te komen", ce qui signifie mot à mot «Interdit de venir sur les travaux». En bon français, on écrirait plutôt : «Circulation interdite durant les travaux».
En vertu de la Loi concernant le régime linguistique dans l'enseignement du 30 juillet 1963 (art. 5, § 1), la langue de l'enseignement
dans l'agglomération de Bruxelles-Capitale est le néerlandais ou le français,
selon la langue maternelle ou usuelle de l'enfant (c'est-à-dire la «langue
familiale»). Article 5
1) Dans l'arrondissement de Bruxelles-Capitale, la langue de l'enseignement est le français ou le néerlandas selon le choix du chef de famille lorsque celui-ci réside dans cet arrondissement.
Ceci se faisait auparavant sur la base d’une déclaration
linguistique du père ou du tuteur, ce qui éventuellement pouvait faire
l'objet d'un contrôle de la part d’une commission linguistique. Désormais,
les parents francophones devraient envoyer leurs enfants aux écoles
francophones, tandis que les enfants des parents flamands devaient fréquenter
les écoles flamandes.
L'article 17 (§ 4) de la
loi du 30 juillet 1963
prescrivait, pour sa part, que les enfants habitant en dehors de l'agglomération
bruxelloise pourraient fréquenter les écoles de Bruxelles ou suivre les
cours dans la langue de la région de résidence. Ainsi, selon la loi, les
enfants habitant en Région wallonne ont l’obligation de s’inscrire dans
les écoles francophones, les enfants habitant en Flandre, dans les écoles
flamandes de Bruxelles. Article 174) Pour les élèves qui s'inscrivent dans une école de l'arrondissement de Bruxelles-Capitale et dont les parents résident en dehors de cet arrondissement, la langue de l'enseignement sera la langue de la région de la résidence des parents, sauf déclaration contraire du chef de famille et approuvée par l'inspection linguistique.
Mais ce même article 17 mentionne aussi qu'on peut déroger
à cette prescription par une «déclaration linguistique spéciale du père
de famille ou tuteur» (déclaration qui devrait être contrôlée et approuvée
par une commission linguistique). Ainsi, un enfant francophone de Flandre
pouvait suivre des cours dans une école francophone à Bruxelles ou en
Wallonie; la même chose pour un enfant flamand de Wallonie qui peut être
inscrit à une école flamande à Bruxelles ou en Flandre.
Toutefois, par la loi de 26 juillet 1971 (Loi sur l'organisation des
agglomérations et fédérations communales), la
prescription de l'article 5 (§1) a été abrogée. Elle n'est donc plus en
vigueur, ainsi que l'obligation de la déclaration linguistique. L'article 88
(§ 1) de la loi de 26 juillet 1971 donne désormais la liberté aux parents résidant
dans l'agglomération bruxelloise d'envoyer leurs enfants dans les écoles de
leur choix. Article 88
L'article 5 de la loi du 30 juillet 1963 concernant le régime linguistique dans l'enseignement est remplacé par le texte suivant :
" Article 5. Dans l'arrondissement de Bruxelles-Capitale, la langue de l'enseignement est le français ou le néerlandais selon le choix du chef de famille lorsque celui-ci réside dans cet arrondissement.
Les sections dans lesquelles la langue de l'enseignement est le français et les sections dans lesquelles la langue d'enseignement est le néerlandais, ainsi que les sections de régime linguistique différent des crèches, pouponnières et sections prégardiennes, ne peuvent être placées sous une même direction et relèvent de l'inspection de leur régime linguistique.
Dans le même arrondissement, l'État organise et subventionne aux conditions fixées par le roi, les crèches, pouponnières et sections prégardiennes, ainsi que l'enseignement gardien et primaire, nécessaire pour que les chefs de famille puissent exercer leur droit d'envoyer leurs enfants, à une distance raisonnable, dans un établissement de leur choix où, selon le cas, la langue véhiculaire ou la langue de l'enseignement est le français ou le néerlandais. "
L’article 17 (§ 7) de la loi de 30 juillet 1963 demeure en vigueur selon
les termes utilisés par la loi, tout en respectant la possibilité de déroger
au principe. Donc, les parents francophones habitant dans des communes «sans
facilités» peuvent, d’une part, envoyer leurs enfants dans les écoles
francophones de Bruxelles à la condition de respecter les démarches
administratives prévues par la loi.
secondes, dans toutes les écoles de Bruxelles, l’enseignement
du néerlandais est obligatoire pour les francophones (art.
10-11-12 de la loi du 30 juillet 1963), alors que le français est obligatoire
pour les néerlandophones. Article 10
1) L'enseignement de la seconde langue est obligatoire dans les écoles primaires de l'arrondissement de Bruxelles-Capitale et des communes visées à l'article 3, à raison de trois heures par semaine au deuxième degré et de cinq heures par semaine aux troisième et quatrième degrés. Toutefois, dans les écoles primaires créées par application de l'article 6 dans les communes visées à l'article 3, 1°, le nombre d'heures est porté respectivement à quatre et à huit.
2) Dans l'arrondissement de Bruxelles-Capitale, un enseignement de la deuxième langue peut être organisé à partir de la première année de l'enseignement primaire, à raison de deux heures par semaine. Cet enseignement concerne uniquement la langue parlée. Il est facultatif pour les élèves.
3) La seconde langue sera le français ou le néerlandais. Elle peut être l'allemand dans les arrondissements de Verviers, Bastogne et Arlon.
4) Cet enseignement peut comprendre des exercices de récapitulation des autres matières du programme.
5) Dans les communes visées à l'article 3, 1°, un certain nombre de matières peuvent être enseignées dans la seconde langue dans l'enseignement secondaire. Le Roi fixe ces matières ainsi que leur nombre pour chacune de ces communes.
Dans les établissements d'enseignement secondaire de l'arrondissement de Bruxelles-Capitale où une seconde langue figure au programme, cette seconde langue sera le français ou le néerlandais.
À la requête du chef de famille, sont dispensés de l'étude de la seconde langue les enfants de nationalité étrangère, lorsque le chef de famille fait partie d'une organisation de droit des gens, d'une ambassade, d'une légation ou d'un consulat ou lorsque le chef de famille ne réside pas en Belgique.
Toutefois, les résultats concernant
l'apprentissage de la langue seconde laisseraient à désirer chez les
francophones. Le phénomène de rejet serait si fort chez ces derniers que les
élèves apprendraient mieux l'anglais en 250 heures que le néerlandais en
1000 heures; certains francophones estiment que c'est une perte de temps que
d'apprendre une langue dépourvue de débouchés internationaux. Quant aux élèves
flamands, ils apprennent, eux, sans difficulté le français qui leur sert
dans tous les emplois, dans tous les médias, dans les relations extérieures
avec la France, le Luxembourg, la Suisse et l'Italie. Il est vrai que
l'enseignement du français est davantage valorisé chez les Flamands en
Flandre puisque plus de 92 % d'entre eux le choisissent comme «première
langue» seconde; le peu des élèves qui n’apprennent pas le français
(soit 7,10 %) ne suivent aucun autre cours de langue étrangère, car il
s’agit d’élèves de certains filières techniques. 4
Les prescriptions linguistiques à l’égard des
entreprises privées sont peu nombreuses. Même les entreprises commerciales de
la région bruxelloise, conformément à l'article 28 de la Loi
constitutionnelle (17 et 29 juillet 1980 et 23 janvier 1981), ne sont
pas soumises à la loi du bilinguisme institutionnel. Toutefois, l’article 52
de la Loi du 18 juillet 1966 sur l'emploi des langues en matière administrative
stipule ce qui suit: Article 52
1) Pour les actes et
documents imposés par la loi et les règlements et pour ceux qui sont
destinés à leur personnel, les entreprises industrielles,
commerciales ou financières font usage de la langue de la région où
sont établis leur siège ou leurs différents sièges d'exploitation.
Dans Bruxelles-Capitale, ces
documents destinés au personnel d'expression française sont rédigés
en français et ceux destinés au personnel d'expression néerlandaise
2) Sans préjudice des
obligations que le no 1er leur impose, ces mêmes
entreprises peuvent ajouter aux avis, communications, actes,
certificats et formulaires destinés à leur personnel une traduction
en une ou plusieurs langues, quand la composition de ce personnel le
Autrement dit, la langue des services est celle de
la région, sauf à Bruxelles où les deux langues sont admises. L'usage du néerlandais est obligatoire pour tous
contacts individuels et collectifs, tant verbaux qu'écrits, entre employeurs
et travailleurs qui ont avec l'emploi un rapport direct ou indirect: par
exemple, les ordres, les communications, les notes de service, les publications
ainsi que les réunions de personnel ou de service, les documents comptables
prescrits par la loi. Il en va de même pour les relations en vigueur au sein
du conseil d'entreprise et du comité de sécurité et d'hygiène.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale, l’emploi des langues dans par les
lois coordonnées du 18 juillet 1966. En région de Bruxelles-Capitale (les 19
communes), les actes et documents destinés au personnel doivent être rédigés
en français pour le personnel d'expression française et en néerlandais, pour
le personnel d'expression néerlandophone. En ce qui concerne par contre les
actes et documents prescrits par la loi et les règlements, l'employeur a le
libre choix de la langue à utiliser.
Dans les six communes à facilités de la périphérie
bruxelloise, la langue à utiliser en matière de relations sociales est le néerlandais.
destinés au personnel, une traduction en une ou plusieurs langue peut être
envisagée. En ce qui concerne les rapports entre une entreprise privée
installée à Bruxelles-Capitale, ils doivent se dérouler dans la
langue choisie par l'entreprise et ce même si, dans ses rapports avec son
personnel, elle est contrainte d'utiliser une autre langue (avis du 30 mars
1995 de la Commission permanente de contrôle linguistique).
Mentionnons aussi quelques autres prescriptions
juridiques qui concernent certains aspects du fonctionnement de l’entreprise,
- l’emploi des langues au comité d’entreprise
(article 15i de la Loi sur l’organisation des entreprises de 20
septembre 1948, concrétisée par l’article 14 de la Convention collective
du travail no 9 du 9 mars 1972);
- l’emploi des langues des Conventions collectives
(article 13, section II de la Loi sur la Convention collective du 5 décembre
- l’emploi des langues concernant les documents rédigés
par le médecin du travail (article 1 § 3 de loi sur la sécurité des employés
de 10 juin 1952)
n'est soumis à aucune réglementation, mais, sauf exceptions, c’est généralement
la règle de l’unilinguisme territorial, tant en Flandre qu’en Wallonie, les Wallons et les Flamands n'appréciant pas les affiches de l'Autre! À Bruxelles, on retrouve à peu près de tout: de l'unilinguisme
français et de l'unilinguisme néerlandais, du bilinguisme français-néerlandais
ou néerlandais-français, mais aussi beaucoup d'unilinguisme anglais. De plus
en plus de propriétaires d'établissements hôteliers ou commerciaux, de même
qu'un certain nombre de grandes entreprises nationales et internationales,
utilisent l'anglais pour leurs informations écrites à la clientèle,
et même dans les raisons sociales. L'anglais devient ainsi une langue d'évitement
et constitue une porte de sortie commode lorsqu'on veut s’abstenir de prendre
position dans le conflit des langues à Bruxelles. Néanmoins, de façon générale,
les entreprises publient leurs informations écrites et en français et en néerlandais
(en français d’un côté, en néerlandais de l’autre). La publicité commerciale est souvent bilingue, parfois en français d'un coté, en néerlandais de l'autre. Nous avons laissé de côté les «querelles
communautaires» de la Région de Bruxelles-Capitale. Précisons que ces
querelles communautaires sont plus virulentes que partout ailleurs en Belgique.
Il suffira de consulter les documents relatifs à la Communauté
française ou à la Communauté
flamande pour s'en rendre compte. Il faut dire aussi que la Région de
Bruxelles-Capitale n'est pas maître de ses politiques linguistiques, car
celles-ci relèvent de la compétence exclusive du gouvernement fédéral. Loin
de pratiquer un fédéralisme de collaboration,
la Belgique semble avoir établi plutôt un fédéralisme
de confrontation où ce qui est acquis par l’une des parties
est perçu comme devant se faire au détriment de l’autre. Aussi, pendant que
les Flamands songent sérieusement à former leur République flamande,
certains Wallons pensent se rattacher à la France (c'est le mouvement
minoritaire des «rattachistes»). Le modèle belge montre que le fédéralisme,
loin d’apaiser les revendications nationalistes, pourrait aussi bien les
exacerber. Ça s'est déjà vu ailleurs! Pour ce qui est de la Communauté française
de Belgique, beaucoup de Wallons croient même que ses fonctionnaires
continuent d'avoir une vision «belge» (fédérale) et d'ignorer l'existence
des composantes bruxelloise et surtout wallonne. Si la Flandre se prépare à chasser les francophones de Bruxelles au cri de «Franse rattent rol uuw matten!» (''Rats français, foutez le camp!'') et de «Brussel Vlaams!» (''Bruxelles aux Flamands''), elle aura à affronter d'énormes résistances, car les francophones sont largement majoritaires à Bruxelles et ils ne se laisseront pas faire. Il est plus réaliste de croire que la Flandre ferait l'indépendance, quitte à perdre Bruxelles. Dernière mise à jour:
La Belgique -
L'État belge (fédéral)
Loi sur l'emploi des langues en matière administrative La Communauté française de Belgique La Communauté flamande de Belgique Données démolinguistiques
La Communauté germanophone de Belgique Constitution

References: art. 2
 l'article 9
 L'article 3
 l'article 107
 l'article 2
 l'article 59
 § 4
 L'article 16
 l'article 20
 L'article 4
 § 1

L'article 17
 l'article 5
 L'article 88

L'article 5
 l'article 3
 l'article 6
 l'article 3
 l'article 3
 l'article 28
 § 3