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Timestamp: 2016-10-21 13:18:17+00:00

Document:
repr�sent�es par Me Jean-Daniel Th�raulaz,
repr�sent�es par Me Ralph Schlosser,
Depuis le 14 d�cembre 1995, Tara Jarmon est inscrite comme titulaire de la marque �ponyme aupr�s de l'Organisation Mondiale de la Propri�t� Intellectuelle; la protection couvre en particulier les produits de la classe 25 (v�tements, chaussures, chapellerie). La Suisse figure parmi les "pays int�ress�s".
Tara Jarmon a attribu� � une soci�t� le droit exclusif d'exploiter sa marque en France et dans tous les �tats o� celle-ci est prot�g�e. A son tour, la soci�t� en question a conc�d� une "sous-licence" � S.A. Z.________ (ci-apr�s: Z.________), soci�t� anonyme de droit fran�ais dont l'activit� consiste notamment dans le commerce d'articles textiles sous l'enseigne Tara Jarmon.
Fond�e en 1993, la soci�t� suisse V.________ SA avait notamment pour but la vente de produits de confection pour hommes et femmes. Son directeur, devenu ensuite administrateur, �tait A.________.
A partir de 1998, Z.________ a livr� r�guli�rement � V.________ des produits de la marque Tara Jarmon, que la soci�t� suisse mettait en vente dans ses magasins multimarques. En 2000, Z.________ a octroy� � V.________, en tant que franchis�e, le droit d'ouvrir � Gen�ve une boutique � l'enseigne de Tara Jarmon. La collaboration entre les deux soci�t�s s'est poursuivie, malgr� l'absence de contrat �crit.
Par prononc� du 3 octobre 2003, le Pr�sident du Tribunal d'arrondissement de la C�te a accord� un ajournement de faillite � V.________. Z.________ a accept� de continuer les livraisons � la soci�t� suisse � condition qu'elles soient r�gl�es � l'avance.
Le 29 mars 2004, Tara Jarmon et Z.________ ont �crit � A.________, � l'adresse de V.________. Dans ce courrier, elles prenaient note que V.________ continuait l'exploitation du magasin de Gen�ve et finissaient en ces termes:
"Nous te confirmons, enfin, par la pr�sente que nous t'accordons l'exclusivit� du produit Tara Jarmon ainsi que le droit d'utilisation de l'enseigne pour la Ville de Gen�ve sous r�serve, bien �videmment, que le magasin ne vende que des produits Tara Jarmon et respecte l'identit� visuelle de notre marque ainsi que les objectifs.
Nous souhaitons pouvoir discuter l'ensemble des points tr�s rapidement avec toi afin de pouvoir continuer une relation commerciale dans les meilleures conditions."
Dans une lettre du 26 avril 2004 adress�e � V.________, Tara Jarmon et Z.________ ont �crit notamment ce qui suit:
Suite � nos entretiens du 21 avril dernier � Paris, nous avons not� les points suivants:
1) Une nouvelle soci�t� doit prochainement reprendre le magasin avec l'enseigne Tara Jarmon situ� � Gen�ve.
Cette reprise doit �tre effective au 1er mai 2004 au plus tard.
Nous aurons donc rapidement besoin de conna�tre les coordonn�es exactes de cette soci�t� (nom, dirigeant, etc.).
Il est en effet indispensable que nous puissions �tablir un nouveau contrat de franchise avec ce repreneur afin de pr�ciser les modalit�s exactes de fonctionnement (CA pr�visionnel, montant d'achats saisonniers, exclusivit� sur la Ville de Gen�ve, respect de l'image, mode de r�glement, etc.).
Nous te remercions de nous faire parvenir rapidement les coordonn�es de cette soci�t� afin de pouvoir r�diger le contrat et effectuer les livraisons. Sans contrat, le magasin ne pourra conserver notre enseigne."
X.________ SA (ci-apr�s: X.________), dont le si�ge est � ..., a notamment pour but le commerce de tissus, de v�tements et de chaussures. A.________ �tait consultant pour cette soci�t�. Le 28 avril 2004, X.________ a pass� une commande de marchandises aupr�s de Z.________ pour 68'119,50 euros; le bon de commande porte la mention "X.________ SA Tara Jarmon". Z.________ savait que cet achat intervenait pour l'exploitation de la boutique Tara Jarmon de Gen�ve. Deux jours plus tard, X.________ a vers� une avance de 20'000 euros. Z.________ a envoy� une partie de la commande le 3 mai 2004, le solde a �t� livr� ult�rieurement.
Entre-temps, V.________ a �t� dissoute par un prononc� de faillite, qui a pris effet le 29 avril 2004.
Le 3 mai 2004, Z.________ et Tara Jarmon ont adress� � A.________ une lettre qui contient le passage suivant:
"(...) nous t'adressons ci-joint le projet de contrat de Concession qui devra imp�rativement �tre sign� entre Z.________ et le repreneur du magasin � l'enseigne Tara Jarmon de Gen�ve (...).
Comme nous te l'avons expliqu�, (...) aucune livraison (...) ne pourra dor�navant �tre effectu�e pour ce magasin tant que ce contrat n'aura pas �t� sign�."
Tarjarmo S�rl, dont le si�ge est �galement � ..., a �t� fond�e le 4 mai 2004; son but consiste dans le commerce de biens de toute nature. A.________ �tait �galement consultant pour cette soci�t�.
Le 3 juin 2004, Tara Jarmon et Z.________ ont �crit � A.________ dans les termes suivants:
"Suite � nos diff�rents entretiens et conform�ment aux courriers que nous t'avons envoy�s, nous nous permettons une fois encore de te rappeler que nous souhaitons absolument ent�riner un certain nombre de points pour poursuivre des relations commerciales en toute clart�.
Pourtant, lorsque tu nous a inform�s qu'une nouvelle soci�t� (X.________ SA) allait reprendre l'activit� du magasin de Gen�ve, nous avons tout mis en oeuvre pour accepter et faciliter ce transfert dans un d�lai extr�mement court, en attendant de r�gulariser nos relations dans les meilleurs d�lais.
Sans r�ponse de ta part d'ici l�, nous serons oblig�s d'interpr�ter ton silence comme une volont� de ta part et de X.________ de cesser les relations commerciales avec notre soci�t�."
Par lettre du 16 juin 2004, le conseil parisien de Tara Jarmon et de Z.________ a mis X.________ en demeure de cesser l'usage de la d�nomination Tarjarmo S�rl ainsi que de l'enseigne Tara Jarmon pour identifier la boutique de Gen�ve.
A la demande de Tara Jarmon et de Z.________, un huissier judiciaire a �tabli un proc�s-verbal de constat en date du 28 juillet 2004. Il r�sulte notamment de ce document que les inscriptions "Tara Jarmon", "Tara Jarmon Paris" et "Tara Jarmon TJ" figurent, respectivement, sur le rabat du store, sur les vitrines et sur la porte d'entr�e; tous les cintres sur lesquels des v�tements sont expos�s portent l'inscription "Tara Jarmon TJ"; les v�tements offerts � la vente ne portent pas la marque Tara Jarmon, sauf vingt-quatre v�tements sold�s regroup�s au fond du magasin.
Le m�me jour, le conseil genevois de Tara Jarmon et de Z.________ a mis X.________ et Tarjarmo en demeure de cesser toute utilisation de la marque Tara Jarmon dans la boutique de Gen�ve; il a �galement mis Tarjarmo en demeure de requ�rir la modification de sa raison sociale.
Dans sa r�ponse du 30 juillet 2004, le conseil de X.________ et de Tarjarmo a demand� � Tara Jarmon et � Z.________ si elles acceptaient de reprendre des relations commerciales, selon des modalit�s � d�finir. Tara Jarmon et Z.________ ont refus� par courrier de leur conseil du 4 ao�t 2004.
Le 27 octobre 2004, Tarjarmo a modifi� sa raison sociale en Y.________ S�rl.
Tara Jarmon et Z.________ ont requis des mesures provisionnelles contre X.________ et Y.________. A l'audience d'appel du 11 mai 2005 tenue dans cette proc�dure, ces derni�res se sont engag�es, dans le cadre d'une conciliation, � "ne pas utiliser, en relation avec des v�tements, les signes Tara Jarmon ou Tarjarmo, ou toute autre d�nomination phon�tiquement identique � ces signes, oralement ou par �crit, comme marque (...), ce jusqu'� droit connu sur le fond."
En septembre 2008, U.________ S�rl, filiale de Z.________, a ouvert une boutique Tara Jarmon � Gen�ve.
"I.- Interdiction est faite � X.________ SA et Y.________ S�rl d'utiliser, en relation avec des v�tements, les signes Tara Jarmon et Tarjarmo ou toute autre d�nomination phon�tiquement identique � ces signes, oralement ou par �crit, comme marque, comme enseigne, comme raison de commerce ou de toute autre mani�re, en particulier sur les stores, vitrines ou portes d'entr�e de boutiques, sur du mat�riel promotionnel tels que sacs ou cartes de visite ou sur des supports de vente tels que cintres.
II.- L'injonction figurant au chiffre I ci-dessus est assortie de la menace des peines d'arr�ts ou d'amende pr�vues � l'article 292 du Code p�nal (...).
III.- X.________ SA et Y.________ S�rl sont les d�bitrices solidaires de S.A. Z.________ et lui doivent prompt paiement de la somme de EUR 220'000.-- avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2004.
IV.- X.________ SA et Y.________ S�rl sont les d�bitrices de Tara Jarmon et S.A. Z.________, cr�anci�res solidaires, et leur doivent prompt paiement du montant de CHF 100'000.-- avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 1er novembre 2004."
Par jugement du 11 janvier 2012 dont les consid�rants ont �t� notifi�s le 18 juin 2012, la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a fait droit aux conclusions I et II de la demande; en outre, elle a condamn� X.________ et Y.________, solidairement entre elles, � payer � Z.________ le montant de 127'095 euros avec int�r�t � 5% d�s le 28 novembre 2004 et le montant de 10'000 fr. avec int�r�t � 5% d�s le 28 novembre 2004.
X.________ et Y.________ interjettent un recours en mati�re civile. Elles concluent � la r�forme du jugement attaqu� en ce sens que les conclusions prises par Tara Jarmon et Z.________ sous chiffres I � IV de la demande sont rejet�es.
Tara Jarmon et Z.________ proposent le rejet du recours dans la mesure o� il est recevable.
1.1 Le recours est dirig� contre une d�cision rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF). Invoquant l'art. 404 al. 1 CPC, la Cour civile, qui a statu� en instance cantonale unique, a fond� sa comp�tence ratione materiae sur l'ancien art. 58 al. 3 LPM (RO 1993 p. 287) - qui pr�voyait que chaque canton d�signe pour son territoire un tribunal unique charg� de conna�tre des actions civiles en mati�re de droit des marques - ainsi que sur l'ancien art. 12 al. 2 LCD (RO 1988 p. 227), qui instituait une attraction de comp�tence en cas de connexit� avec un litige de droit civil soumis � une instance unique en vertu du droit f�d�ral. Actuellement, le droit f�d�ral pr�voit toujours une instance cantonale unique pour statuer sur les litiges portant sur des droits de propri�t� intellectuelle (art. 5 al. 1 let. a CPC); il en est de m�me pour les litiges relevant de la LCD (RS 241) dont la valeur litigieuse, comme dans la pr�sente affaire, d�passe 30'000 fr. (art. 5 al. 1 let. d CPC).
Lorsque le droit f�d�ral pr�voit une instance cantonale unique, le recours en mati�re civile est recevable ind�pendamment de la valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. b LTF) et, contrairement � la r�gle g�n�rale (cf. art. 75 al. 2 LTF), le tribunal sup�rieur d�sign� comme autorit� cantonale de derni�re instance n'a pas � statuer sur recours (art. 75 al. 2 let. a LTF).
1.2 Au surplus, interjet� par les parties qui ont succomb� en instance cantonale (art. 76 al. 1 LTF) et dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF), le recours est en principe recevable puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 46 al. 1 let. b et art. 100 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.3 Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est donc limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 137 II 313 consid. 1.4 p. 317 s.; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
1.4 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; 137 II 353 consid. 5.1 p. 356) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF).
1.5 Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF). Toute conclusion nouvelle est irrecevable (art. 99 al. 2 LTF).
2.1 La cour cantonale a examin� tout d'abord si l'intim�e Z.________ avait conclu un contrat de franchise en rapport avec le magasin de Gen�ve. Elle a distingu� deux p�riodes. Dans un premier temps, Z.________ et V.________ �taient li�es par un contrat oral, qui a pris fin lors de la faillite de la franchis�e le 29 avril 2004. En revanche, apr�s cette date, les parties � la proc�dure n'ont conclu aucun contrat de franchise ou de licence. La Cour civile a relev� en particulier qu'il y avait certes eu des discussions en vue d'une collaboration avec la recourante X.________, mais qu'� cette occasion, les intim�es avaient clairement manifest� leur volont� de se lier uniquement par un contrat �crit, qui n'�tait jamais advenu.
2.2 Les recourantes reprochent � la Cour civile d'avoir appr�ci� les preuves de mani�re arbitraire en retenant qu'aucun contrat de franchise ou de licence ne liait les parties. Elles s'en prennent � deux �l�ments retenus dans le jugement attaqu�, soit la fin du contrat oral avec V.________ � la suite de la faillite de cette soci�t� et l'exigence de la forme �crite pour la conclusion d'un nouveau contrat. L'autorit� cantonale aurait omis de prendre en compte le fait que les intim�es ont nou� des relations intuitu personae avec A.________, � charge pour celui-ci d'utiliser l'exclusivit� accord�e dans la structure juridique qui lui convenait. Les recourantes invoquent � cet �gard la lettre du 29 mars 2004 adress�e par les intim�es � A.________.
2.3 Le Tribunal f�d�ral n'annule une d�cision pour arbitraire (art. 9 Cst.) que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Par ailleurs, il ne suffit pas qu'une autre solution soit concevable, voire pr�f�rable; encore faut-il que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 138 I 49 consid. 7.1 p. 51; 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.).
2.4 Les �l�ments avanc�s par les recourantes ne sont manifestement pas propres � d�montrer l'arbitraire de la conclusion de la cour cantonale. Certes, A.________ �tait, pour les intim�es, l'interlocuteur de confiance au sein de V.________, mais cela ne signifie pas pour autant que le contrat de franchise oral aurait �t� pass� avec le susnomm�, lequel aurait ensuite c�d� son droit � V.________, puis aux recourantes, comme ces derni�res le sous-entendent. Le 29 mars 2004, les intim�es �crivent � A.________, mais � l'adresse de V.________; elles commencent du reste par prendre note que V.________ continue l'exploitation du magasin de Gen�ve; si elles s'adressent alors � A.________, administrateur de V.________, ce ne peut �tre qu'en tant qu'organe de la soci�t� franchis�e.
A fin mars 2004, V.________ n'est du reste pas encore en faillite et le contrat de franchise avec cette soci�t� est toujours en vigueur. La situation est diff�rente � partir du moment o� V.________ est dissoute par le prononc� de faillite prenant effet au 29 avril 2004. Les intim�es et A.________ ont envisag� ce cas puisqu'ils se sont rencontr�s � Paris quelques jours plus t�t et qu'il s'av�re alors qu'une nouvelle soci�t� doit reprendre le magasin de Gen�ve � l'enseigne de Tara Jarmon. Dans leur lettre du 26 avril 2004 � V.________, les intim�es indiquent clairement que cette reprise doit �tre effective au 1er mai 2004 au plus tard et qu'elles ont besoin de conna�tre les coordonn�es exactes de la soci�t� reprenante afin de pouvoir �tablir par �crit un nouveau contrat avec celle-ci, avant de pr�ciser que, sans contrat, le magasin ne pourra pas conserver l'enseigne Tara Jarmon. Le 3 mai 2004, les intim�es envoient � A.________ le projet de contrat, en ajoutant qu'il "devra imp�rativement �tre sign� entre Z.________ et le repreneur du magasin". Certes, Z.________ a accept� d'ex�cuter la commande de marchandises de X.________ du 28 avril 2004, mais ce comportement ne saurait valoir acceptation par acte concluant de la reprise par X.________ du contrat de franchise oral. En effet, dans les lettres du 26 avril 2004 et du 3 mai 2004, les intim�es indiquent express�ment et de mani�re univoque qu'elles n'entendent se lier que par un contrat �crit, lequel n'a jamais �t� sign�. Par ailleurs, il ressort clairement de la lettre � A.________ du 3 juin 2004 que si les intim�es �taient a priori d'accord de conclure un contrat avec X.________, cela supposait pr�alablement d'"ent�riner un certain nombre de points"; or, une telle clarification n'a jamais eu lieu.
En conclusion, le grief tir� d'une appr�ciation arbitraire des preuves ne peut �tre que rejet�.
3.1 Fond�e notamment sur l'art. 55 al. 1 LPM (RS 232.11), la cour cantonale a fait interdiction aux recourantes d'utiliser, en relation avec des v�tements, les signes Tara Jarmon et Tarjarmo ou toute autre d�nomination phon�tiquement identique, comme marque, enseigne, raison de commerce ou de toute autre mani�re et a assorti cette injonction de la menace des peines pr�vues � l'art. 292 CP.
Selon le jugement attaqu�, les recourantes n'�taient pas habilit�es � utiliser la marque Tara Jarmon, faute d'accord des intim�es. Or, elles l'ont utilis�e, sans droit, du 18 juin 2004 - lendemain du jour o� elles ont re�u la premi�re mise en demeure - jusqu'� l'ex�cution des engagements pris � l'audience d'appel sur mesures provisionnelles du 11 mai 2005. Par ailleurs, la raison sociale Tarjarmo pr�sentait une forte ressemblance sonore et visuelle avec la marque Tara Jarmon, ce qui �tait de nature � engendrer un risque de confusion. D'apr�s la cour cantonale, un risque de r�p�tition des actes incrimin�s devait �tre pr�sum�, d�s lors que les recourantes ne reconnaissaient pas les droits des intim�es en relation avec la marque Tara Jarmon et que rien ne permettait d'exclure que la violation ne se produis�t � nouveau. La Cour civile a ainsi admis un int�r�t suffisant � l'interdiction.
3.2 Invoquant l'art. 97 LTF, les recourantes se plaignent d'une constatation des faits � la fois inexacte et incompl�te. La cour cantonale aurait ainsi retenu � la charge des recourantes qu'elles n'avaient ni all�gu� ni d�clar� reconna�tre les droits des intim�es en relation avec la marque, ce qui l'a amen�e � admettre l'action en interdiction. Or, si elle avait repris les diff�rentes �tapes de la proc�dure de mesures provisionnelles - non relat�es dans le jugement attaqu� -, la cour cantonale aurait constat� que les recourantes, tout en faisant valoir de bonne foi disposer d'une franchise, n'ont jamais mis en doute les droits des intim�es sur la marque Tara Jarmon. Les recourantes rel�vent en particulier qu'elles pouvaient l�gitimement penser disposer d'une licence d�s lors qu'en rejetant en premi�re instance la requ�te de mesures provisoires d�pos�e par les intim�es, le juge leur donnait en quelque sorte raison. Selon les recourantes, les juges vaudois auraient confondu le droit � la marque - qui appartient aux seules recourantes (recte: intim�es) - et le droit � l'utilisation de la marque - conc�d� aux intim�es (recte: recourantes) - "ce que [les recourantes] pouvaient et peuvent encore soutenir de bonne foi vu les engagements inconditionnels pris � leur �gard par les intim�es en avril 2004".
3.3 En vertu de l'art. 55 al. 1 let. a LPM, la personne qui risque de subir une violation de son droit � la marque peut demander au juge de l'interdire, si elle est imminente. Le demandeur doit disposer d'un int�r�t � l'action. Cela suppose la menace directe d'un acte illicite; le comportement du d�fendeur doit laisser craindre s�rieusement une violation imminente des droits du demandeur. Un int�r�t suffisant doit �tre reconnu si le d�fendeur a d�j� commis une telle atteinte dont la r�p�tition n'est pas � exclure. En r�gle g�n�rale, le danger de r�p�tition des actes incrimin�s est pr�sum� lorsque le d�fendeur conteste l'illic�it� de son comportement. Pour renverser cette pr�somption, il ne suffit pas de cesser les agissements en cause dans la perspective du proc�s, tout en continuant, dans la proc�dure, � d�fendre leur caract�re licite (ATF 128 III 96 consid. 2e p. 100 et les r�f�rences; plus r�cemment, arr�t 4A_45/2012 du 12 juillet 2012 consid. 5.2.2).
En l'esp�ce, les recourantes ont commis des atteintes illicites au droit � la marque des intim�es. Il n'est pas contest� que ces violations ont pris fin en tout cas apr�s l'ex�cution des engagements pris - jusqu'� droit connu sur le fond - � l'audience d'appel dans la proc�dure de mesures provisionnelles. Il n'en demeure pas moins que, dans la proc�dure au fond, les recourantes ont toujours ni� le droit des intim�es � s'opposer � l'utilisation de la marque Tara Jarmon. C'est manifestement dans ce sens qu'il faut comprendre la constatation critiqu�e de la cour cantonale, selon laquelle les recourantes ne reconnaissent pas les droits des intim�es en relation avec la marque. Du reste, dans leur m�moire adress� au Tribunal f�d�ral, les recourantes affirment encore leur propre droit � l'utilisation de la marque, fond� sur les "engagements inconditionnels pris par les intim�es en avril 2004".
Il s'ensuit que les recourantes ont constamment contest� l'illic�it� de leur comportement, de sorte que la cour cantonale pouvait, � bon droit, reconna�tre aux intim�es un int�r�t � l'action en interdiction.
4.1 En ce qui concerne la r�paration du dommage subi en raison de l'atteinte aux biens immat�riels, la cour cantonale a ni� tout d'abord la l�gitimation active de Tara Jarmon, qui a c�d� le droit exclusif d'exploiter sa marque. Elle a jug� ensuite que l'intim�e Z.________ pouvait pr�tendre � des dommages-int�r�ts fond�s sur l'art. 41 al. 1 CO.
S'agissant des conditions de la responsabilit� d�lictuelle, les juges pr�c�dents ont admis une faute de la part des recourantes, d'une part, pour avoir continu� � exploiter une boutique sous l'enseigne Tara Jarmon alors qu'elles n'avaient conclu aucun contrat avec les intim�es et, d'autre part, pour avoir cr�� une soci�t� dont la raison sociale �tait tr�s proche de la marque Tara Jarmon. Ils ont ensuite retenu un lien de causalit� naturelle et ad�quate dans la mesure o� l'utilisation illicite de l'enseigne Tara Jarmon et de la raison sociale Tarjarmo �tait propre � faire na�tre un risque de confusion et, par cons�quent, un dommage. En ce qui concerne le pr�judice, la cour cantonale a retenu que la p�riode d'utilisation illicite - allant du 18 juin 2004 au 11 mai 2005 - avait retard� d'autant l'implantation d'une nouvelle boutique Tara Jarmon � Gen�ve. Elle a �tabli le manque � gagner de Z.________ � 127'095 euros, ce qui correspond � la marge annuelle brute moyenne r�alis�e par l'intim�e sur la boutique entre 2000 et 2003, rapport�e sur onze mois et augment�e de 10% en raison de la saisonnalit� des ventes. Fond�e sur l'art. 42 al. 2 CO, la Cour civile a fix� enfin � hauteur de 10'000 fr. le dommage li� � la perturbation du public.
4.2 Si on les comprend bien, les recourantes contestent toute faute. Elles font valoir qu'elles pouvaient l�gitimement invoquer une autorisation par acte concluant de la part des intim�es, � tout le moins jusqu'au moment o� celles-ci mirent un terme aux n�gociations, en ao�t 2004.
Le grief se fonde sur des faits qui ne ressortent pas du jugement attaqu�. Une tol�rance de la part des intim�es n'a �t� retenue par la cour cantonale que jusqu'� la mi-juin 2004, date � laquelle la premi�re mise en demeure est intervenue. Contrairement � ce que les recourantes pr�tendent, rien ne d�montre que les n�gociations en vue de la signature d'un contrat se soient poursuivies apr�s l'interdiction du 16 juin 2004. Au contraire, une seconde mise en demeure a �t� signifi�e � fin juillet 2004. A cette occasion, ce sont les recourantes qui ont cherch�, en vain, � ren�gocier avec les intim�es.
Cela �tant, en continuant � exploiter un magasin sous l'enseigne Tara Jarmon malgr� l'absence de contrat de franchise et les mises en demeure des intim�es, les recourantes ont manifestement commis une faute.
4.3 Les recourantes contestent �galement le manque � gagner retenu par la cour cantonale et son lien de causalit� avec les actes qui leur sont reproch�s. A leur sens, rien n'emp�chait les intim�es d'ouvrir une boutique � Gen�ve d�s l'�t� 2004 ou, en tout cas, d�s le printemps 2005; or, elles ne l'ont finalement fait qu'en septembre 2008. Les recourantes nient �galement que les intim�es auraient �t� en situation d'ouvrir une boutique sans d�lai et de r�aliser imm�diatement le chiffre d'affaires pris en compte dans le calcul du dommage.
Le fait qu'une nouvelle boutique � l'enseigne de Tara Jarmon n'ait �t� finalement ouverte qu'en 2008 ne d�montre pas que l'intim�e Z.________ - seule en cause s'agissant de la pr�tention en dommages-int�r�ts - n'avait pas l'intention de conclure un contrat de franchise plus t�t. Au surplus, l'exploitation par la recourante d'un magasin sous l'enseigne Tara Jarmon �tait, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, de nature � emp�cher l'ouverture d'une autre boutique avec la m�me enseigne dans une ville de la grandeur de Gen�ve, comme la cour cantonale l'a admis � juste titre. Il n'appara�t pas non plus critiquable de la part des juges vaudois d'avoir �tabli le manque � gagner de Z.________ sur la base de la marge moyenne r�alis�e par cette soci�t� entre 2000 et 2003 en relation avec le magasin exploit� par V.________. En 2004-2005, la marque Tara Jarmon �tait d�j� connue � Gen�ve et, l� aussi, il est conforme au cours ordinaire des choses et � l'exp�rience g�n�rale de la vie qu'une nouvelle boutique soit en mesure de r�aliser un chiffre d'affaires comparable � celui du magasin pr�c�dent.
Le recours est mal fond� sur ce point.
4.4 Sur le dernier poste du dommage, relatif � l'atteinte � la marque, les recourantes se contentent d'all�guer qu'il est exclusivement d� aux tergiversations des intim�es, qui auraient laiss� croire aux recourantes qu'elles travailleraient avec elles avant de changer d'avis pour des raisons ind�termin�es.
Le grief, fond� sur un fait non �tabli, peut �tre �cart� sans plus ample examen.
En cons�quence, les frais judiciaires seront mis � la charge des recourantes (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Celles-ci verseront en outre des d�pens aux intim�es (art. 68 al. 1, 2 et 4 LTF).
Les recourantes, d�bitrices solidaires, verseront aux intim�es, cr�anci�res solidaires, une indemnit� de 7'000 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et � la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud.

References: l'article 292
 art. 58
 art. 12
 art. 75
 art. 100
 art. 95