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Timestamp: 2016-10-23 01:20:15+00:00

Document:
6B_877/2015 � � Arr�t du 20 juin 2016
L�sions corporelles graves par n�gligence, arbitraire,
recours contre l'arr�t de la Cour de justice de la R�publique et canton de Gen�ve, Chambre p�nale d'appel et de r�vision, du 25 juin 2015.
Le 21 novembre 2007, dans le cadre de son activit� de m�decin-radiologue aupr�s de l'institut B.________, X.________ a proc�d� � une biopsie mammaire dans deux l�sions sur une patiente, Mme Z, et effectu� cinq pr�l�vements tissulaires, dont trois ont �t� plac�s dans un premier flacon et deux dans un autre. Elle a omis de prendre soin de faire acheminer correctement ces deux flacons au laboratoire d'analyses m�dicales C.________; le flacon contenant trois cylindres a �t� transmis aux fins d'analyses au laboratoire C.________ ce jour-l�, le second flacon, contenant les deux cylindres, �tant rest� dans la salle d'examen.
Le 22 novembre 2007, � savoir le lendemain, la Dresse D.________ a effectu� une biopsie dans le sein gauche de la patiente A.________ et a, � cette occasion, pr�lev� trois cylindres tissulaires qu'elle a plac�s dans un flacon qui se trouvait parmi ceux qui avaient �t� pr�par�s � cet effet et qui contenait d�j� les deux pr�l�vements tissulaires de Mme Z, ce dont la Dresse D.________ ne pouvait se rendre compte; ce flacon a �t� envoy� au laboratoire C.________ apr�s avoir �t� �tiquet� au nom de A.________.
L'analyse des cinq fragments tissulaires se trouvant dans le flacon �tiquet� au nom de A.________ effectu�e par le laboratoire C.________ a r�v�l� que le tissu mammaire analys� �tait infiltr� par un carcinome canalaire invasif, de grade historique 3, avec un indice de prolif�ration tumorale �lev�, autrement dit un cancer tr�s agressif n�cessitant un traitement imm�diat, alors que l'�chantillon tumoral ne provenait pas de cette derni�re, mais de Mme Z. Le Dr E.________ a ainsi inform� sa patiente A.________ qu'elle �tait gravement atteinte et qu'il fallait intervenir sans d�lai. Il a pratiqu� une intervention chirurgicale le 5 d�cembre 2007, � savoir l'ex�r�se d'un fragment de tissu mammaire; il a �galement proc�d� au pr�l�vement d'un ganglion sentinelle, dont l'examen ult�rieur a permis de r�v�ler qu'il �tait exempt de m�tastase et qu'aucun carcinome canalaire invasif n'�tait pr�sent.
Deux jours apr�s l'intervention, le Dr E.________ a indiqu� � sa patiente qu'il n'avait pas trouv� trace de la tumeur mais qu'elle avait pu partir lors de la biopsie. Le Dr E.________ l'a dirig�e vers le Dr F.________, oncologue-h�matologue, en vue d'une chimioth�rapie, apr�s lui avoir expliqu� qu'une telle d�marche �tait n�cessaire pour "enlever ce qui �tait parti dans le sang"; le Dr F.________ lui a confirm� que la tumeur avait pu partir lors de la biopsie et qu'il �tait indispensable de suivre un tel traitement, sans pour autant proc�der � d'autres investigations m�dicales. De janvier � mai 2008, A.________ a subi plusieurs s�ances de chimioth�rapie � l'h�pital G.________; des effets secondaires tels que "perte de cheveux, douleurs g�n�ralis�es importantes, vomissements, diarrh�es, angoisses, hypoglyc�mie, r�tention d'eau, etc." ont perdur� apr�s la fin du traitement. Au terme de la chimioth�rapie, le Dr F.________ lui a prescrit une radioth�rapie, apr�s lui avoir expliqu� que celle-ci �tait n�cessaire compte tenu de la nature agressive de la tumeur.
Le 5 mai 2008, A.________ a consult� le service de radio-oncologie de l'h�pital H.________, qui lui a propos� de proc�der � une nouvelle �chographie ainsi qu'� une ponction-biopsie du sein gauche afin de v�rifier l'absence de l�sion apr�s tumorectomie blanche. De nouvelles analyses du service de pathologies cliniques de l'h�pital H.________ ont r�v�l� l'absence de toute nouvelle prolif�ration tumorale et de toute l�sion tumorale. Le d�partement d'oncologie de l'h�pital H.________ a ensuite proc�d� � une comparaison du sang de A.________ avec celui de la biopsie effectu�e par C.________ en novembre 2007. Les r�sultats des tests ADN ont permis de montrer que le profil ADN �tabli � travers la biopsie �tait diff�rent de celui obtenu gr�ce � son sang.
Dans sa plainte p�nale du 7 ao�t 2008, A.________ a fait �tat des graves cons�quences que ces erreurs avaient eues sur son �tat de sant� physique. Outre l'intervention chirurgicale proprement dite, qui avait eu pour effet de transformer la forme de son sein gauche, avec en sus cinq grandes cicatrices et plusieurs petites, les atteintes s�quellaires du traitement de chimioth�rapie �taient multiples, � savoir notamment une destruction cellulaire des ovaires l'emp�chant selon toute vraisemblance d'avoir des enfants, un stress post-traumatique s�v�re, une pr�-m�nopause et des douleurs multiples.
Par jugement du 18 novembre 2014, le Tribunal de police du canton de Gen�ve a acquitt� X.________ du chef de l�sions corporelles graves par n�gligence.
Statuant le 25 juin 2015 sur appel de A.________, la Chambre p�nale d'appel et de r�vision de la Cour de justice du canton de Gen�ve a annul� le jugement pr�cit�; elle a reconnu X.________ coupable de l�sions corporelles simples par n�gligence et l'a condamn�e � une peine p�cuniaire de trente jours-amende, le montant du jour-amende �tant fix� � 615 fr., avec sursis pendant deux ans.
La cour cantonale a notamment qualifi� les l�sions subies par l'intim�e de simples. Elle a en effet consid�r� que le lien de causalit� entre le comportement de la recourante et lesdites l�sions avait �t� rompu au moment de la prise en charge de l'intim�e par le Dr F.________; seules les l�sions ant�rieures � l'intervention de ce dernier - c'est-�-dire l'op�ration et ses s�quelles - pouvaient d�s lors �tre imput�es � la recourante, et non pas les atteintes cons�cutives � la chimioth�rapie.
Agissant par la voie du recours en mati�re p�nale, X.________ demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t de la cour cantonale du 25 juin 2015 et de l'acquitter, voire de constater que l'action p�nale est prescrite et que la proc�dure doit �tre class�e. Subsidiairement, elle conclut au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
1.1.�L'art. 9 CPP consacre la maxime d'accusation. Selon cette disposition, une infraction ne peut faire l'objet d'un jugement que si le minist�re public a d�pos� aupr�s du tribunal comp�tent un acte d'accusation dirig� contre une personne d�termin�e sur la base de faits pr�cis�ment d�crits. En effet, le pr�venu doit conna�tre exactement les faits qui lui sont imput�s et les peines et mesures auxquelles il est expos�, afin qu'il puisse s'expliquer et pr�parer efficacement sa d�fense (ATF 126 I 19 consid. 2a p. 21; 120 IV 348 consid. 2b p. 353). Le tribunal est li� par l'�tat de fait d�crit dans l'acte d'accusation (principe de l'immutabilit� de l'acte d'accusation), mais peut s'�carter de l'appr�ciation juridique qu'en fait le minist�re public (art. 350 al. 1 CPP), � condition d'en informer les parties pr�sentes et de les inviter � se prononcer (art. 344 CPP). Le principe de l'accusation d�coule �galement de l'art. 29 al. 2 Cst. (droit d'�tre entendu), de l'art. 32 al. 2 Cst. (droit d'�tre inform�, dans les plus brefs d�lais et de mani�re d�taill�e, des accusations port�es contre soi) et de l'art. 6 ch. 3 let. a CEDH (droit d'�tre inform� de la nature et de la cause de l'accusation).
Les art. 324 ss CPP r�glent la mise en accusation, en particulier le contenu strict de l'acte d'accusation. Selon l'art. 325 CPP, l'acte d'accusation d�signe notamment les actes reproch�s au pr�venu, le lieu, la date et l'heure de leur commission ainsi que leurs cons�quences et le mode de proc�der de l'auteur (let. f); les infractions r�alis�es et les dispositions l�gales applicables de l'avis du minist�re public (let. g). En d'autres termes, l'acte d'accusation doit contenir les faits qui, de l'avis du minist�re public, correspondent � tous les �l�ments constitutifs de l'infraction reproch�e au pr�venu (arr�t 6B_489/2013 du 9 juillet 2013 consid. 1.1). Des vices de moindre importance dans le cadre de ce principe peuvent �tre corrig�s par la juridiction de seconde instance (arr�t 6B_760/2013 du 13 novembre 2013 consid. 1.2 et la r�f�rence).
Lorsque l'infraction est commise par omission (d�lit d'omission improprement dit), l'acte d'accusation doit pr�ciser les circonstances de fait qui permettent de conclure � une obligation juridique d'agir de l'auteur (art. 11 al. 2 CP), ainsi que les actes que l'auteur aurait d� accomplir. En cas de d�lit d'omission commis par n�gligence, il doit, en outre, indiquer l'ensemble des circonstances faisant appara�tre en quoi l'auteur a manqu� de diligence dans son comportement, ainsi que le caract�re pr�visible et �vitable de l'acte (arr�t 6B_715/2011 du 12 juillet 2012 consid. 3.1.2 et les r�f�rences; ATF 120 IV 348 consid. 3c p. 356; 116 Ia 455).
A certaines conditions, les art. 329 et 333 CPP d�rogent � la maxime accusatoire en permettant au tribunal saisi de donner au minist�re public la possibilit� de modifier ou de compl�ter l'acte d'accusation. L'exemple souvent cit� par la doctrine est celui d'un pr�venu renvoy� pour abus de confiance. Le tribunal saisi songe � la commission d'une escroquerie; comme le minist�re public n'a pas inclus dans l'acte d'accusation les faits qui d�crivent le processus astucieux, l'art. 333 al. 1 CPP permet au tribunal d'inviter le minist�re public � modifier cet acte (arr�t 6B_690/2014 du 12 juin 2015 consid. 4.2). Le tribunal ne peut toutefois fonder son jugement sur une accusation modifi�e ou compl�t�e que si les droits de partie du pr�venu et de la partie plaignante ont �t� respect�s (art. 333 al. 4 CPP).
1.2.�En l'esp�ce, la recourante fait deux griefs � la cour cantonale: d'une part, d'avoir fabriqu� de toutes pi�ces l'hypoth�se selon laquelle un nettoyeur avait pu entreprendre de ranger le flacon non �tiquet� dans le tiroir du chariot, et d'autre part, d'avoir compl�t� ind�ment l'acte d'accusation en lui reprochant de ne pas s'�tre rendue compte qu'un m�lange d'�chantillons avait pu se produire. Ces constatations factuelles ne figuraient pas dans l'acte d'accusation. Pour la recourante, le seul reproche contenu dans l'acte d'accusation, � savoir une erreur dans l'�tiquetage des flacons, ne permettait pas d'aboutir � une condamnation pour l�sions corporelles. Sur la base de ce constat, les juges cantonaux auraient donc d� soit l'acquitter, soit renvoyer l'acte d'accusation au minist�re public pour qu'il le compl�te.
1.2.1.�Pour la recourante, la cour cantonale aurait invent� une hypoth�se pour expliquer le passage du flacon non �tiquet� dans le tiroir du chariot. L'acte d'accusation retient que ce flacon, contenant deux cylindres pr�lev�s par la recourante, �tait rest� dans la salle d'examen et que le lendemain, la Dresse D.________ y avait plac� des pr�l�vements effectu�s chez l'intim�e; ce flacon se trouvait parmi les autres flacons destin�s � recevoir des pr�l�vements. Les juges cantonaux ont ainsi suppos� que quelqu'un avait d� le retrouver et, le pensant vide, l'avait remis dans le tiroir du chariot. M�me si cette hypoth�se ne ressort pas textuellement de l'acte d'accusation, elle y est contenue implicitement: le minist�re public ne reproche en effet pas � la recourante d'avoir rang� le tube utilis� dans le tiroir, mais constate qu'il s'y trouvait le lendemain lorsque la Dresse D.________ a pratiqu� les pr�l�vements litigieux, ce qui sous-entend ainsi l'intervention d'un tiers. L'on ne saurait d�s lors voir une lacune de l'acte d'accusation � ce propos. A cela s'ajoute que l'hypoth�se retenue par la cour cantonale ne concerne pas un "acte reproch� au pr�venu" au sens de l'art. 325 al. 1 let. f CPP d'une part, et, d'autre part, que le suppos� vice n'a pas emp�ch� la recourante de comprendre les faits qui lui �taient imput�s ni de pr�parer efficacement sa d�fense. Le grief doit �tre rejet� sur ce point.
1.2.2.�La cour cantonale a par ailleurs relev� que les premiers juges avaient reproch� � la recourante de ne pas s'�tre rendue compte, sur la base des diff�rents rapports en sa possession, qu'un m�lange des �chantillons avait pu se produire. Or, � teneur de l'acte d'accusation, c'�tait pour avoir omis d'�tiqueter le flacon contenant deux des cinq pr�l�vements qu'elle avait effectu�s sur Mme Z que la recourante avait �t� renvoy�e devant le tribunal de police, et non pour ne s'�tre pas rendue compte des divergences entre le nombre de cylindres pr�lev�s et ceux finalement analys�s par le laboratoire. La cour cantonale a toutefois estim� que le principe d'accusation n'avait pas �t� viol�, dans la mesure o� la recourante avait eu l'occasion de se d�terminer sur cette question et que la violation all�gu�e pouvait �tre r�par�e par l'occasion de s'exprimer devant la juridiction d'appel, qui disposait d'un plein pouvoir de cognition.
La recourante ne fait pas valoir que le compl�ment de l'acte d'accusation, effectu� selon elle en violation du droit, �tait indispensable dans la cha�ne de causalit� naturelle et ad�quate. Il sied d�s lors d'examiner si le comportement qui lui est reproch� dans l'acte d'accusation, � savoir l'omission d'�tiqueter les flacons de sa patiente et de veiller � leur acheminement au laboratoire d'analyses m�dicales, suffit � fonder sa culpabilit� (consid. 3 ss ci-apr�s). En cas de r�ponse positive, le grief de violation de la maxime d'accusation sur ce point devient sans objet.
2.1.�Dans le recours en mati�re p�nale, les constatations de fait de la d�cision entreprise lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), sous les r�serves d�coulant des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, � savoir pour l'essentiel de l'arbitraire (art. 9 Cst.; voir sur cette notion : ATF 140 III 16 consid. 2.1 p. 18 s. et 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.). La recevabilit� d'un tel grief, ainsi que de ceux d�duits du droit constitutionnel et conventionnel, suppose l'articulation de critiques circonstanci�es (ATF 136 II 101 consid. 3 p. 105), claires et pr�cises, r�pondant aux exigences de motivation accrues d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Les critiques appellatoires sont, en particulier, irrecevables (cf. ATF 141 IV 249 consid. 1.3.1 p. 253; 140 III 264 consid. 2.3 p. 266).
2.2.�En l'esp�ce, la recourante soutient que l'instruction n'a pas permis d'�tablir qu'un nettoyeur avait remis le flacon dans le tiroir du chariot et que c'est de mani�re arbitraire que la cour cantonale a retenu ce fait. Pour les juges cantonaux, selon une vraisemblance qui confine � la certitude, le flacon qui n'avait pas �t� �tiquet� �tait rest� sur le chariot et avait par la suite �t� r�utilis� par la Dresse D.________; s'agissant de savoir comment le flacon abandonn� sur le chariot avait pu �tre r�utilis�, force �tait de constater que le tube avait d� �tre retrouv� sur celui-ci par une personne qui, le pensant vide, l'avait alors remis dans le tiroir, sc�nario d'autant plus probable que les chariots n'�taient pas ferm�s � cl�, les nettoyeurs y ayant donc �galement acc�s, outre les m�decins et les techniciennes. Il apparaissait certes contre-nature pour des m�decins et des techniciennes de remettre dans le tiroir un flacon ayant �t� d�laiss� sur le plateau. Il semblait en revanche peu probable qu'un tel comportement puisse �tre qualifi� de contre-nature par un nettoyeur qui n'avait pas forc�ment conscience du danger d'un tel acte et pourrait tr�s bien, par souci de bien faire, d�cider de ranger un flacon qu'il verrait tra�ner. Dans un tel contexte, il apparaissait d�s lors tout � fait envisageable qu'un nettoyeur ait entrepris de ranger ledit flacon dans le tiroir, ou m�me une technicienne. En tout �tat, la cour cantonale consid�re que l'hypoth�se d'un retour malencontreux du flacon utilis� dans le chariot est la seule et qu'elle est tr�s hautement plausible.
La recourante all�gue que les divers m�decins interrog�s avaient pr�cis� que les nettoyeurs n'avaient pas la mission de s'occuper des chariots, voire qu'ils ne devaient pas les toucher; ces t�moignages d�montreraient que l'hypoth�se avanc�e par la cour cantonale �tait hautement improbable et en contradiction avec les faits �tablis. Les arguments d�velopp�s par la recourante ne parviennent pas � tenir pour insoutenable la th�se de la cour cantonale. La recourante ne conteste en effet pas que le retour malencontreux du flacon dans le chariot est tr�s hautement plausible; or, il appara�t qu'un nettoyeur est la personne la plus susceptible d'avoir fait ce geste, m�me s'il �tait cens� ne pas toucher ce qui relevait du domaine m�dical. La cour cantonale n'exclut d'ailleurs pas qu'il puisse s'�tre agi d'une technicienne, la question de l'identit� de la personne qui a remis le flacon dans le tiroir n'�tant au final pas d�terminante pour l'issue du litige. Il ne saurait d�s lors y avoir de constatation arbitraire des faits sur ce point.
Au fond, la recourante se plaint d'une violation de l'art. 125 CP, contestant qu'une quelconque n�gligence coupable de sa part soit la cause des l�sions corporelles subies par l'intim�e.
Il n'est pas contest� que l'intim�e a subi des l�sions corporelles et que, en ce qui concerne le r�le de la recourante, elles doivent �tre qualifi�es de simples. La cour cantonale a en effet consid�r� que les l�sions subies apr�s la prise en charge du Dr F.________ ne sont pas imputables � la recourante; ce point n'est plus l'objet du litige.
Tout d'abord, la recourante nie avoir assum� une position de garant vis-�-vis de l'intim�e.
4.1.�Une infraction de r�sultat, qui suppose en g�n�ral une action, peut aussi �tre commise par omission si l'auteur est rest� passif au m�pris d'une obligation d'agir (cf. art. 11 CP). Reste passif en violation d'une obligation d'agir celui qui n'emp�che pas la mise en danger ou la l�sion d'un bien juridique prot�g� par la loi p�nale bien qu'il y soit tenu � raison de sa situation juridique. La loi �num�re plusieurs sources pouvant fonder une position de garant, � savoir la loi, un contrat, une communaut� de risques librement consentie ou la cr�ation d'un risque (art. 11 al. 2 CP). N'importe quelle obligation juridique ne suffit pas. Il faut qu'elle ait d�coul� d'une position de garant, c'est-�-dire que l'auteur se soit trouv� dans une situation qui l'obligeait � ce point � prot�ger un bien d�termin� contre des dangers ind�termin�s (devoir de protection), ou � emp�cher la r�alisation de risques connus auxquels des biens ind�termin�s �taient expos�s (devoir de surveillance), que son omission peut �tre assimil�e au fait de provoquer le r�sultat par un comportement actif (cf. art. 11 al. 2 et 3 CP; ATF 141 IV 249 consid. 1.1 p. 251 s.; 134 IV 255 consid. 4.2.1 p. 259 s. et les r�f�rences).
4.2.�En l'esp�ce, la cour cantonale a consid�r� que la position de garant de la recourante reposait sur la cr�ation d'un risque: la pr�sence d'un flacon non �tiquet� contenant des pr�l�vements invisibles est en effet, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, de nature � conduire � une r�utilisation dudit flacon et, partant, � toutes sortes de cons�quences, toutes graves. Ainsi, la r�utilisation par un m�decin d'un flacon contenant d�j� des pr�l�vements canc�reux, mais qu'il pensait vide, pourrait conduire � diagnostiquer � tort le cancer chez une patiente pourtant saine, dont des pr�l�vements sains auraient �t� rajout�s ult�rieurement dans ledit flacon. Dans le cas particulier, ce risque �tait d'autant plus �lev� que, comme l'ont relev� les m�decins et techniciennes interrog�s, il n'�tait pas ais� pour un m�decin d'apercevoir dans la p�nombre de la salle d'examen si un flacon avait d�j� �t� utilis� ou non, ce d'autant plus en pr�sence de l�sions non h�morragiques et donc incolores. Par ailleurs, les m�decins ne v�rifiaient pas forc�ment ce qu'il y avait dans les tubes au moment de les sortir du tiroir puisque tous les tubes s'y trouvant �taient cens�s �tre vierges. Partant, en omettant d'�tiqueter un des deux flacons qu'elle avait utilis�s pour placer les pr�l�vements de Mme Z et en l'abandonnant dans la salle d'examen, la recourante a cr�� un risque, non seulement pour sa propre patiente, mais �galement pour ceux de tout autre m�decin de l'institut; n'importe quel m�decin, au moment de proc�der � une biopsie, aurait en effet pu r�utiliser ledit flacon, peu importe en d�finitive comment il se serait � nouveau retrouv� dans un tiroir du chariot. La recourante aurait d� prendre des mesures pour �viter qu'un tel risque ne se mat�rialise. Au vu de ce qui pr�c�de, c'est � juste titre que la cour cantonale a consid�r� qu'elle se trouvait donc bien dans une position de garant au sens de l'art. 11 al. 2 CP.
La recourante ne peut �tre suivie lorsqu'elle all�gue que son omission d'�tiqueter le flacon avait cr�� un risque uniquement pour sa patiente, risque qu'elle avait au demeurant �cart� en proc�dant � une nouvelle biopsie. Elle tente de se lib�rer en affirmant que le flacon, rest� sur le plateau, ne pr�sentait aucun danger pour des tiers et que seule sa remise dans le tiroir avait cr�� un risque. Elle semble oublier que, si le flacon avait �t� correctement �tiquet�, personne ne l'aurait rang� dans le tiroir, ou, � tout le moins, aucun m�decin ne l'aurait r�utilis�. L'oubli de la recourante �tait ainsi susceptible de provoquer un m�lange d'�chantillons et, partant, de cr�er une situation dangereuse pour tous les patients de l'institut; cela la pla�ait d�s lors dans une position de garant vis-�-vis de l'intim�e, quand bien m�me cette derni�re n'�tait pas sa patiente.
4.3.�Au surplus, la recourante ne discute pas l'arr�t attaqu� en tant qu'il retient qu'elle a viol� de mani�re fautive les r�gles de la prudence. Il ne reste d�s lors plus qu'� examiner si la n�gligence qui lui est reproch�e �tait propre � entra�ner les l�sions subies par l'intim�e.
Il faut qu'il existe un rapport de causalit� entre la violation fautive du devoir de prudence et les l�sions de la victime. En cas de violation du devoir de prudence par omission, il faut proc�der par hypoth�se et se demander si l'accomplissement de l'acte omis aurait, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie, �vit� la survenance du r�sultat qui s'est produit, pour des raisons en rapport avec le but protecteur de la r�gle de prudence viol�e. Pour l'analyse des cons�quences de l'acte suppos�, il faut appliquer les concepts g�n�raux de la causalit� naturelle et de la causalit� ad�quate (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.1 p. 265 et les arr�ts cit�s). L'existence de cette causalit� dite hypoth�tique suppose une tr�s grande vraisemblance; autrement dit, elle n'est r�alis�e que lorsque l'acte attendu ne peut pas �tre ins�r� intellectuellement dans le raisonnement sans en exclure, tr�s vraisemblablement, le r�sultat (ATF 116 IV 182 consid. 4a p. 185). La causalit� ad�quate est ainsi exclue lorsque l'acte attendu n'aurait vraisemblablement pas emp�ch� la survenance du r�sultat ou lorsqu'il serait simplement possible qu'il l'e�t emp�ch� (arr�t 6B_1165/2015 du 20 avril 2016 consid. 2.2.1 et les r�f�rences).
Il y a rupture de ce lien de causalit� ad�quate, l'encha�nement des faits perdant sa port�e juridique, si une autre cause concomitante - par exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou celui d'un tiers - propre au cas d'esp�ce constitue une circonstance tout � fait exceptionnelle ou appara�t si extraordinaire que l'on ne pouvait pas s'y attendre. Cependant, cette impr�visibilit� de l'acte concurrent ne suffit pas en soi � interrompre le lien de causalit� ad�quate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus imm�diate de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan tous les autres facteurs qui ont contribu� � amener celui-ci, notamment le comportement de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s.; 133 IV 158 consid. 6.1 p. 168 et les r�f�rences).
5.1.�En l'esp�ce, la causalit� naturelle est �tablie: si la recourante n'avait pas oubli� d'�tiqueter et de faire acheminer au laboratoire le flacon contenant les pr�l�vements effectu�s le 21 novembre 2007 sur Mme Z, un cancer canalaire invasif n'aurait alors pas �t� diagnostiqu� � tort chez l'intim�e, entra�nant son lot de cons�quences malheureuses.
De plus, avec la cour cantonale, il y a lieu de retenir l'existence d'un lien de causalit� ad�quate entre les l�sions subies par l'intim�e - jusqu'� sa prise en charge par le Dr F.________ - et l'omission initiale reproch�e � la recourante. En effet, selon le cours ordinaire des choses et l'exp�rience g�n�rale de la vie, le fait d'�tiqueter correctement le flacon contenant les pr�l�vements effectu�s sur Mme Z aurait permis, avec un haut degr� de probabilit�, d'�viter qu'il ne f�t r�utilis�, et ce, m�me dans l'hypoth�se o� il aurait �t� laiss� abandonn� sur le chariot; dans un tel cas de figure, il n'aurait tr�s vraisemblablement pas �t� rang� dans le tiroir parmi les autres tubes non encore utilis�s. M�me � supposer que tel e�t �t� le cas, il ne faisait nul doute qu'au moment o� la Dresse D.________ aurait eu � prendre un tube vierge dans le tiroir pour y placer les ponctions de sa propre patiente, elle aurait alors remarqu� que celui-ci avait d�j� �t� utilis� et ne s'en serait pas servie pour y placer les pr�l�vements de l'intim�e, �vitant ainsi tout m�lange des ponctions, et par l� m�me tout diagnostic erron� chez sa patiente ainsi que toutes les interventions m�dicales ult�rieures et les cons�quences qui leur furent associ�es.
La recourante ne peut rien tirer du fait que l'erreur initiale, � savoir un d�faut d'�tiquetage, serait une erreur relativement commune et fr�quente dans ce type de processus et qu'elle ne pouvait en aucun cas anticiper les cons�quences auxquelles cette inadvertance allait aboutir. En tant que m�decin, compte tenu de ses connaissances sp�cifiques et de ses capacit�s, elle devait se rendre compte du danger qu'elle cr�ait en oubliant d'�tiqueter un flacon, peu importe que cette omission ne rel�ve pas, en tant que telle, de l'exceptionnel ou de l'extraordinaire; cela ne saurait en effet exclure la causalit� ad�quate. En outre, m�me si la probabilit� que l'oubli d'�tiqueter un tube aboutisse � des cons�quences aussi dramatiques �tait relativement t�nue, cette n�gligence �tait n�anmoins propre � entra�ner, ou � tout le moins � favoriser, le r�sultat du genre de celui qui s'est produit. Cela est de nature � fonder la causalit� ad�quate.
En tant que l'omission initiale reproch�e � la recourante et figurant dans l'acte d'accusation est la causalit� naturelle et ad�quate des l�sions de l'intim�e, toute discussion sur le compl�ment de l'acte d'accusation en lien avec une lecture inattentive du rapport du laboratoire � r�ception des �chantillons devient vaine (cf. consid. 1.2.2 ci-dessus).
5.2.�La recourante soutient qu'elle ne pouvait pas pr�voir qu'une tierce personne rangerait le flacon abandonn� dans le tiroir; or le danger que repr�sente un tel flacon n'est pas le m�me lorsqu'il se trouve sur un chariot ou lorsqu'il est rang� dans un tiroir du chariot avec les flacons non utilis�s. Certes, l'intervention du tiers qui a remis le tube utilis� parmi les tubes vierges a sensiblement augment� la situation de danger initialement cr��e par la recourante. Toutefois, pour peu pr�visible qu'il soit, cet acte n'appara�t pas si exceptionnel qu'il rel�guerait � l'arri�re-plan le comportement de la recourante. En tout �tat, il importe peu que cette derni�re ait pu pr�voir ou pas que les choses se passeraient comme elles ont eu lieu (cf. arr�t 6B_126/2014 du 13 mai 2014 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s). Cette cause concomitante n'interrompt d�s lors pas le lien de causalit� ad�quate.
5.3.�Pour la recourante, le lien de causalit� ad�quate serait �galement rompu en raison du r�le jou� par les interventions - ou l'absence d'intervention - des autres m�decins qui traitaient le cas de l'intim�e. Elle fait ainsi grief � la cour cantonale de lui opposer le fait de n'avoir pas tenu compte de la divergence entre les �chantillons qu'elle avait pr�lev�s sur Mme Z et le nombre d'�chantillons analys�s en laboratoire et, en m�me temps, de ne pas tenir pour d�terminante la m�me divergence chez les m�decins en charge de l'intim�e. La cour cantonale a effectivement consid�r� que l'absence de perspicacit� des autres intervenants � ce sujet n'apparaissait en tout �tat de cause pas si exceptionnelle au point d'entra�ner une rupture du lien de causalit� ad�quate. Il est vrai que la critique faite � la recourante de n'avoir pas remarqu� la diff�rence entre le nombre de cylindres relev�s sur sa patiente et le nombre de cylindres analys�s peut �tre retourn�e contre les diff�rents m�decins vis-�-vis des pr�l�vements effectu�s sur l'intim�e. Il ne s'agit toutefois pas ici de comparer les comportements des diff�rents acteurs et de r�partir la faute en fonction, mais de d�terminer si le r�le des autres m�decins s'impose comme la cause la plus probable de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan le r�le de la recourante. Or, dans la mesure o� une divergence dans le nombre de pr�l�vements est, comme l'a relev� l'expert, un d�tail sur lequel les m�decins ne s'attardent gu�re et qui aurait pu �chapper � beaucoup d'entre eux, il ne s'agit pas d'une circonstance si extraordinaire � laquelle on ne pouvait s'attendre. Cela ne constitue donc pas un �l�ment interruptif de causalit�.
Par ailleurs, comme l'a relev� la cour cantonale, m�me si certains choix des m�decins pouvaient pr�ter � la critique, ils avaient tous de bonnes raisons d'agir comme ils l'avaient fait, ce que la recourante ne conteste pas. C'est d�s lors sans violer le droit f�d�ral que l'arr�t attaqu� a retenu que la d�cision d'op�rer, nonobstant les divergences entre les r�sultats des examens radiologiques et de laboratoires, et les s�quelles qui en ont r�sult�, sont en lien de causalit� ad�quate avec l'omission initiale reproch�e � la recourante. En revanche, le lien de causalit� entre le comportement de la recourante et les l�sions subies par l'intim�e ayant �t� rompu au moment de sa prise en charge par le Dr F.________ - lequel avait ordonn� une chimioth�rapie apr�s la tumorectomie blanche -, seules les l�sions ant�rieures � l'intervention de ce dernier sont en rapport de causalit� avec les omissions de la recourante.
Partant, la cour cantonale n'a pas viol� l'art. 125 CP en reconnaissant la recourante coupable de l�sions corporelles par n�gligence.
Le recours doit �tre rejet�. La recourante, qui succombe, devra supporter les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF).
L'issue du litige rend sans objet la requ�te d'effet suspensif de la recourante.

References: art. 324
 ATF 
 art. 329
 art. 97
 ATF 
 ATF 
 art. 11
 art. 11
 ATF