Source: http://www.comoria.com/15648/Commune_de_Paris_(1871)
Timestamp: 2020-04-09 00:23:13+00:00

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La Commune de Paris désigne une période révolutionnaire à Paris qui dura deux mois environ, du 26 mars 1871 jusqu'à la « semaine sanglante » (21 - 28 mai). Cette insurrection contre le gouvernement issu de l'Assemblée nationale, qui vient d'être élue au suffrage universel masculin, établit une organisation ouvrière comme gouvernement prolétarien pour gérer la ville. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne, Grenob
La Commune de Paris désigne une période révolutionnaire à Paris qui dura deux mois environ, du 26 mars 1871 jusqu'à la « semaine sanglante » (21 - 28 mai). Cette insurrection contre le gouvernement issu de l'Assemblée nationale, qui vient d'être élue au suffrage universel masculin, établit une organisation ouvrière comme gouvernement prolétarien pour gérer la ville. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges, Le Creusot) des communes sont proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées. Pour Karl Marx, c'est la première insurrection prolétarienne autonome.
La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris (1792), ainsi qu'à l'insurrection populaire de juin 1848 sous la Deuxième République et qui avait été réprimée de façon sanglante par le gouvernement instauré par la Révolution de février 1848. C'est d'ailleurs depuis cette date que le drapeau rouge rallie les insurrectionnalistes et barricadiers (symbolisant le sang du peuple ouvrier, le drapeau tricolore étant vu comme synonyme de répression, le drapeau rouge était à l'origine, sous la Révolution, le drapeau symbolisant la loi martiale, le peuple a repris ce symbole pour se moquer des monarques et des soldats). De 1804 à 1871, la France ayant vécu principalement sous des régimes monarchiques ou impériaux (Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire), le régime républicain n'avait fonctionné que très peu d'années. En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre contre la Prusse qui, mal préparée, le conduit rapidement à la défaite. La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, mais la guerre continue. Paris est assiégé et connaît une grave famine au cours de l'hiver 1870-71. Jules Favre, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de la Défense nationale, signe un armistice avec Bismarck. Celui-ci prévoit, outre la fin des hostilités pour une période de quinze jours renouvelables, la convocation d'une Assemblée nationale, chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la paix. Les élections du 8 février envoient une forte proportion de monarchistes à l'Assemblée nationale. La plus grande partie des élus de Paris sont des républicains, souvent extrémistes. Le gouvernement de la République se réunit d'abord à Bordeaux, puis à Versailles, pour ne pas tomber sous les révoltes parisiennes comme cela a failli se produire pendant le gouvernement de la Défense nationale (31 octobre notamment). Depuis le 17 février, le gouvernement de la République est dirigé par Adolphe Thiers "chef du pouvoir exécutif" ; il cherche à conclure un traité de paix avec la Prusse. Les Parisiens, qui ont supporté un siège très dur, veulent protéger Paris des Prussiens et ouvrir une nouvelle ère politique et socialePour plus d'information, voir la page discussion de cet article.. Ils refusent de se laisser désarmer. C'est donc l'épreuve de force entre les royalistes, grands bourgeois et conservateurs provinciaux, tous favorables à une paix rapide avec l'Allemagne, retirés à Versailles et la population parisienne (essentiellement celle des quartiers de l'est parisien soumise aux très dures conditions salariales et sociales de l'époque et principale victime de la famine due au siège de Paris par les Allemands). À Paris, la mixité sociale dans les quartiers, de règle depuis le Moyen Âge, a presque disparu avec les transformations urbanistiques du Second Empire. Les quartiers de l'ouest (VII, VIII, XVI et XVII arrondissements) concentrent les plus riches des Parisiens (avec leur domesticité). Les quartiers centraux conservent encore des personnes aisées. Mais les classes populaires ont été regroupées à l'Est (XI, XII, XIII, X, XVIII, XIX et XX arrondissements). Les ouvriers sont très nombreux : 442 000 sur 1, 8 million d'habitants selon le recensement de 1866. S'y ajoutent de très nombreux artisans (près de 70 000, la plupart travaillant seuls ou avec un unique ouvrier) et de très petits commerçants dont la situation sociale est assez proche de celle des ouvriers. Ces classes populaires ont commencé à s'organiser. Le droit de grève qui a été accordé en 1864, a été très utilisé dans les dernières années du Second Empire. À l'occasion d'élections législatives de février 1864, des ouvriers publient le manifeste des Soixante, qui réclame la liberté du travail, l'accès au crédit et la solidarité. Depuis septembre 1864, il existe une Internationale ouvrière, qui a des représentants à Paris (en 1868, le gouvernement impérial dissout la section française de l'Internationale dont les membres ont participé à des manifestations républicaines). La loi sur la liberté de la presse de 1868, permet l'émergence publique de revendications économiques anti-capitalistes : la « nationalisation » des banques, des assurances, des mines, des chemins de fer (programme de Malon et Varlin pour les élections législatives de 1869)... Les blanquistes, qui prônent l'insurrection, se manifestent de plus en plus. Les classes populaires parisiennes craignent de se voir une nouvelle fois frustrées des bénéfices de « leur » révolution de septembre 1870 (renversement du Second empire). Déjà, après les journées révolutionnaires parisiennes de juillet 1830 et après celle de février 1848, et les élections de mai 1848, les classes aisées avaient confisqué le pouvoir politique à leur profit, en installant la Monarchie de juillet et le Second Empire. En 1871, les Parisiens sont méfiants envers l'assemblée nouvellement élue en février 1871, où les deux tiers des députés sont des monarchistes de diverses tendances ou des bonapartistes. L'assemblée, méfiante du Paris populaire toujours prêt à s'enflammer, décide, le 10 mars, de siéger à Versailles (ville sous contrôle des Allemands et symbole de la monarchie absolue). L'assemblée mène une politique sociale qui va mettre en difficultés une partie des Parisiens, déjà éprouvés par le siège de la ville par l'armée prussienne (durant cette période, la consommation d'absinthe est multipliée par cinq). Le 10 mars, elle décide la suppression du moratoire des effets de commerce, des loyers et des dettes, désormais ce sont trois termes qui deviennent exigibles. De nombreux ouvriers, artisans et commerçants se voient menacés dans leurs moyens de vivre (on estime à près de 150 000 les personnes ainsi menacées de faillite ou de poursuites judiciaires). De plus, l'assemblée supprime la solde quotidienne de 1, 50 franc des soldats de la Garde nationale, privant ainsi une partie des classes pauvres de Paris d'une source de revenus. Cette politique rappelle, aux plus vieux des Parisiens, celle menée au printemps 1848, par l'Assemblée dominée par le Parti de l'Ordre dont un des chefs était Thiers. Quand le gouvernement décide de désarmer les Parisiens ceux-ci se sentent directement menacés. Il s'agit de soustraire aux Parisiens les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent ces canons comme leur propriété. Ils se voient sans défense vis-à-vis d'éventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant les Parisiens disposent de près de 500 000 fusils.
Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris, alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé à l'époque que, pour mettre un terme aux insurrections populaires, il suffisait d'enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer. En février 1848, Thiers avait vainement proposé ce plan au roi Louis-Philippe, pour briser la révolution parisienne. Le 17 mars 1871, Thiers et son gouvernement, évaluant mal l'état d'esprit des Parisiens, envoient la troupe au cours de la nuit s'emparer des canons de la butte Montmartre. Ce même jour, Thiers prend soin de faire arrêter Auguste Blanqui (républicain révolutionnaire insurectionnaliste surnommé « l'Enfermé » parce qu'il avait passé plus de la moitié de sa vie dans les prisons des rois et de l'empereur) qui se reposait chez un ami médecin à Bretenoux (Lot). De là, il le fait transférer en Bretagne, sous surveillance militaire, avec ordre de tirer en cas d'évasion. Les canons du 18 mars passant aux mains des insurgés Le 18 mars, à Montmartre, au matin, le peuple parisien s'oppose à la troupe venue chercher les canons, puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris la population s'en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe. Deux généraux, Claude Lecomte qui avait donné ordre de tirer sur la foule et Clément Thomas (responsable de massacres en juin 1848), sont fusillés rue des Rosiers (en partie rue du Chevalier-de-La-Barre actuelle). C'est le début de l'insurrection. Thiers gagne Versailles, environ 100 000 Parisiens, surtout provenant des quartiers chics de l'ouest parisien et des fonctionnaires, l'y suivent.
Les élections sont organisées le 26 mars pour désigner les 92 membres du Conseil de la Commune. Compte tenu des départs de Parisiens avant et après le siège de Paris par les Allemands, et de ceux qui suivent Thiers à Versailles (100 000 selon les dires de Thiers) les abstentions sont d'environ 25 pour cent, nombre normal pour l'époque. L'élection d'une vingtaine de candidats « modérés », représentant les classes aisées, montre que les élections furent relativement libres. Les arrondissements de l'est et du nord (XVIII, XIX, XX, X, XI), le XII et le XIII dans le sud ont voté massivement pour les candidats communards. Les I, II, VIII, IX et XVI ont quant à eux voté massivement pour les candidats présentés par les maires du Parti de l'Ordre (environ 40 000 voix) et les abstentions y ont été très importantes. En fait 70 siègeront, du fait de la démission rapide d'élus modérés et de l'impossibilité pour certains d'être présents à Paris (par exemple Blanqui) et des doubles élections. Le Conseil est représentatif des classes populaires et de la petite bourgeoisie parisiennes. On y trouve 25 ouvriers, 12 artisans, 4 employés, 6 commerçants, 3 avocats, 3 médecins, 1 pharmacien, 1 vétérinaire, 1 ingénieur, 1 architecte, 2 artistes peintres, 12 journalistes. Toutes les tendances politiques républicaines et socialistes sont représentées. Parmi la vingtaine de « jacobins », admirateurs de la Révolution de 1789 et plutôt centralisateurs, on trouve Charles Delescluze, Félix Pyat, Charles Ferdinand Gambon, Paschal Grousset... À peine plus nombreux les « radicaux », partisans de l'autonomie municipale et d'une république démocratique et sociale, tels Arthur Arnould, Charles Amouroux, Victor Clément, Jules Bergeret, etc. On compte une dizaine de « blanquistes », adeptes de l'insurrection avant-gardistes, comme Jean-Baptiste Chardon, Émile Eudes, Théophile Ferré, Raoul Rigault, Gabriel Ranvier... Quelques « proudhoniens », partisans de réformes sociales siègent : Léo Fränkel, Benoît Malon, Eugène Varlin... Enfin des « indépendants » ont été élus, tels Jules Vallès et Gustave Courbet, ... Rapidement le Conseil de la Commune se divise en « majorité » et « minorité ». Les majoritaires sont les « jacobins », les « blanquistes » et les « indépendants ». Pour eux le politique l'emporte sur le social. Se voulant les continuateurs de l'action des Montagnards de 1793, ils ne sont pas hostiles aux mesures centralisatrices voire autoritaires ; cependant ils voteront toutes les mesures sociales de la Commune. Ce sont eux qui imposeront la création du Comité de Salut public le 1 mai par 45 voix contre 23. Les minoritaires sont les « radicaux » et les « internationalistes » proudhoniens, ils s'attachent à promouvoir des mesures sociales et anti-autoritaires, ils sont les partisans de la République sociale. Ces tendances se cristalliseront le 28 avril, lorsque les majoritaires imposent la création d'un Comité de salut public, organisme que les minoritaires refusent car il leur semble contraire à l'aspiration démocratique et autonomiste de la Commune. Si ces luttes d'influence sont incomprises d'une grande partie des Parisiens, les deux tendances feront combat commun dès l'entrée des troupes versaillaises dans Paris. À côté de ces personnalités, il ne faut pas oublier l'extraordinaire effervescence politique que manifestent les classes populaires de Paris. La tension politique est maintenue par les élections à répétition, le 26 mars pour le Conseil de la Commune et le 16 avril pour des élections complémentaires. Les cérémonies officielles permettent aussi les rassemblements : l'installation du Conseil de la Commune à l'hôtel de ville le 28 mars, les obsèques du socialiste Pierre Leroux à la mi-avril, la destruction de l'hôtel particulier de Thiers, la démolition de la Colonne Vendôme le 16 mai. Mais surtout la population peut se retrouver dans de nombreux clubs pour y discuter de la situation, proposer des solutions voire faire pression sur les élus ou aider l'administration communale. Réunis dans les lieux les plus divers, ils permettent à des orateurs réguliers ou occasionnels de faire entendre les aspirations de la population, en particulier la mise sur pied d'un nouvel ordre social favorable aux classes populaires. Si ces clubs sont nombreux dans les quartiers centraux (I, II, III, IV, V et VI arrondissements), les quartiers chics de l'ouest parisien n'en comptent aucun (VII, VIII et XVI). Les clubs se fédérèrent le 7 mai afin d'avoir des contacts plus efficaces avec le Conseil de la Commune. S'ajoutant aux titres déjà existants, plus de 70 journaux sont créés pendant les 70 jours de la Commune. Mais la liberté de la presse est restreinte dès le 18 avril, et le 18 mai le Comité de Salut public interdit les journaux favorables au gouvernement Thiers. Les journaux les plus influents sont Le Cri du Peuple de Jules Vallès, le Mot d'ordre d'Henri Rochefort, l'Affranchi de Paschal Grousset, Le Père Duchesne de Versmersch, la Sociale avec madame André Léo, Le vengeur de Félix Pyat, La Commune.
La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de la force brute et de la fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l'un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : La colonne de la place Vendôme sera démolieMartial Delpit, Enquête parlementaire sur l'insurrection du 18 mars, Paris, 1872. - Placard de la Commune de Paris Dès le 29 mars, le Conseil de la Commune forme en son sein dix commissions : exécutive, militaire, subsistance, finances, justice, sûreté générale, travail, industrie et échanges, services publics et enseignement. Le 21 avril le Conseil décide qu'un membre de la commission exécutive est « délégué » auprès de chacune des neuf autres commissions pour en diriger les travaux. Gustave Cluseret devient délégué à la Guerre (remplacé le 1 mai par Louis Rossel lui-même remplacé le 10 mai par Charles Delescluze); Auguste Viard est Délégué aux Subsistances; Édouard Vaillant à l'enseignement; Raoul Rigault à la Sûreté générale (où il sera remplacé le 24 avril par Frédéric Cournet, puis le 13 mai par Théophile Ferré) ; Léo Fränkel, est nommé au Travail, à l'Industrie et aux Échanges; Jules Andrieu est aux Travaux publics. Le Comité de Salut public, créé le 28 avril, dont les attributions n'ont pas été précisées, vient empiéter sur celles des commissions et crée une certaine confusion (qui aboutira le 10 mai à la démission de Louis Rossel, délégué à la Guerre). La Commune va administrer Paris jusqu'au 20 mai. Son action législatrice est considérable, de nombreuses mesures sont prises et appliquées à Paris pendant les 70 jours qu'elle dura. La plupart furent abolies après la destruction de la Commune. Sont décrétées des mesures d'avant-garde que la république n'a repris que plusieurs décennies plus tard. Le Conseil de la Commune, commence par régler les questions qui sont à l'origine du soulèvement du 18 mars. Le 29 mars, un décret remet les loyers non payés d'octobre 1870 à avril 1871; la vente des objets déposés au Mont-de-Piété est suspendue. Le 12 avril, les poursuites concernant les échéances non payées sont suspendues, le 16 avril un délai de trois ans est accordé pour régler les dettes et les échéances. Le 6 mai, le dégagement gratuit des dépôts, faits au Mont-de-Piété, inférieurs à 6 francs est permis. La solidarité est également organisée. Une pension est versée aux blessés, aux veuves (600 francs) et aux orphelins (365 francs) des gardes nationaux tués au combat (8 et 10 avril). Le 25 avril un décret réquisitionne les logements vacants au profit des sinistrés des bombardements allemands et versaillais. Des orphelinats sont créés avec l'aide en fourniture des familles parisiennes. La question du ravitaillement est moins cruciale que pendant le siège hivernal de Paris par les Allemands. Sauf le pain qui est taxé, les autres aliments se trouvent suffisamment grâce aux stocks accumulés après le siège, aux arrivages des terres agricoles et jardins compris entre les fortifications et les lignes allemandes. Pourtant, par sa circulaire du 21 avril, le gouvernement Thiers impose le blocus ferroviaire de la capitale. Des ventes publiques de pommes de terre, des boucheries municipales sont créées (22 avril) pour alléger le budget des familles (à l'époque essentiellement constitué du poste alimentation). Des cantines municipales, des distributions de repas (comme les Marmites de Varlin) fonctionnent, des bons de pain sont distribués. Chute de la colonne Vendôme de André Adolphe Eugène Disderi (1819 - 1889) La Commune prend quelques mesures symboliques : le drapeau rouge est adopté le 28 mars, et le calendrier républicain (an 79 de la République) est de nouveau en vigueur. La destruction de la colonne Vendôme, considérée comme le symbole du despotisme impérial, est décrétée le 12 avril et réalisée le 16 mai. La confiscation des biens de Thiers et la destruction de son hôtel particulier à Paris sont décidées (Thiers se fera rembourser plus d'un million de francs).
La liberté de la presse est réaffirmée le 19 mars par le Comité central de la garde nationale. Les journaux anticommunards continuent donc de paraître à Paris, et se livrent à des attaques violentes contre le soulèvement et relaient les mots d'ordre politiques de Thiers. Aussi dès le 5 avril Le Journal des Débats et La Liberté, jugés proversaillais sont interdits. Le 12 ce sera Le Moniteur universel . La presse proversaillaise continuant ses attaques, le 9 avril, la Commission de Sûreté générale, rappelle que la "déclaration préalable" reste en vigueur pour la presse. Dès le 18 avril la Commune menace d'interdiction les journaux qui "sont favorables aux intérêts de l'armée ennemie" et qui continuent tout de même de paraître. C'est surtout en mai que la lutte contre la presse proversaillaise prend de la vigueur, le 5 mai, 7 journaux sont supprimés, le 11 ce sont 5 autres journaux et le 18 mai, 9 autres. Il est bien évident que la presse parisienne procommunarde ne peut être diffusée en province du fait de la vigilance du gouvernement Thiers.
Dans l'enseignement, le personnel de l'administration centrale est réfugié à Versailles, les écoles privées congréganistes, nombreuses car favorisées par la loi Falloux de 1850, sont vidées de leurs élèves (plus de la moitié environ des 160 000 enfants parisiens scolarisés dans le primaire) depuis le décret du 2 avril "séparant l'Église de l’État". Les professeurs du secondaire et du supérieur, assez peu favorables à la Commune, ont déserté lycées et facultés. Édouard Vaillant, chargé de ce secteur, prévoit une réforme qui vise à l'uniformisation de la formation primaire et professionnelle. Deux écoles professionnelles (une de garçons et une de filles) sont ouvertes. L’enseignement est laïcisé : l'enseignement confessionnel est interdit, les signes religieux chrétiens sont enlevés des salles de classe. Une commission exclusivement composée de femmes est formée le 21 mai pour réfléchir sur l'enseignement des filles. Quelques municipalités d'arrondissement, celle du XX en particulier, qui ont alors la responsabilité financière de l'enseignement primaire, rendent l'école gratuite et laïque. Notons que le personnel enseignant, qui est à la charge des municipalités, reçoit une rémunération de 1 500 francs annuels pour les aides-instituteurs et 2 000 pour les directeurs, avec égalité de traitement entre les hommes et les femmes.
les combats de la Commune(voir aussi ) Les Prussiens contribuèrent à l'offensive contre la Commune. Ici, batterie prussienne au Fort d'Aubervilliers, pointée sur Paris. Une grande partie de l'action de la Commune fut de lutter contre l'offensive menée par les troupes du gouvernement de Thiers : les « versaillais ». Comme le prouve la correspondance télégraphique qu'il entretient avec Jules Favre qui négocie la paix avec les Allemands, Thiers bénéficie de l'appui du chancelier allemand Bismarck. Il s'agit en effet de mettre au plus tôt fin aux hostilités entre la France et l'Allemagne, une des conditions étant le désarmement de Paris. Alors que la convention d'armistice n'autorise que 40 000 soldats français en région parisienne, Bismarck libère rapidement près de 60 000 prisonniers de guerre qui peuvent s'adjoindre aux 12 000 soldats dont dispose Thiers. Le 1 avril, Thiers avoue à l'Assemblée nationale qu'il met sur pieds « une des plus belles armées que la France ait possédée ». Les versaillais seront 130 000 au début de la Semaine sanglante. Ces soldats d'une armée de métier (service de 7 ans) sont surtout issus du milieu paysan. Les conseils de révision écartent la plupart les jeunes gens des villes pour "déficience physique", en raison des conditions de travail que l'industrie de l'époque impose aux jeunes ouvriers, malgré la loi de 1841 sur le travail des enfants. Ils sont commandés par le vaincu de Sedan, le maréchal de Mac-Mahon. En « banlieue » nord et est de Paris, qu'ils contrôlent, les Allemands laissent passer les troupes versaillaises qui veulent contourner Paris. De plus, les Allemands, par convention avec le gouvernement Thiers, occupent le Chemin de fer du Nord, établissent un barrage de troupes de la Marne à Montreuil et massent 80 canons et 5000 soldats près de la Porte et du fort de Vincennes (tenus par les communards) bloquant ainsi la sortie par l'est de la capitale comme on peut le voir la carte ci-contre. Face à cette armée nombreuse, expérimentée et bien armée, la Commune dispose des hommes de la Garde nationale. Depuis la Restauration, tous les hommes de 25 à 50 ans pourvus de leurs droits politiques en font partie. Les armes sont fournies par l'État, mais l'habillement reste à la charge du garde. À Paris, le recrutement se fait par arrondissement. Dans les limites communales le service est gratuit, mais le garde reçoit une solde s'il sert au-delà. Sous le Second Empire, tous les hommes mariés de 25 à 50 ans sont enrôlés. Le 12 août 1870, le gouvernement réorganise 60 bataillons. Les quartiers bourgeois de Paris (l'ouest et le centre de la capitale) en fournissent plus des trois quarts. Début septembre le gouvernement de la Défense nationale en crée 60 autres, fin septembre il y a 254 bataillons. Les nouvelles créations sont au trois quarts issues des quartiers populaires de l'Est parisien (X, XI, XVIII, XIX et XX arrondissements). On peut y voir l'influence du siège de Paris par les Allemands qui ranime la fibre patriotique des Parisiens, mais aussi l'espoir de toucher la solde, devenue le seul revenu des familles ouvrières touchées par le chômage consécutif au blocus de Paris par les Allemands. Le 5 avril la Commune décrète la mobilisation comme volontaires des jeunes gens de 17 à 19 ans et en service obligatoire des célibataires et hommes mariés de 19 à 40 ans. Ces hommes n'ont pratiquement pas d'expérience militaire et s'ils sont animés d'une ardeur républicaine sont assez réticents à la discipline et souffrent, malgré quelques exceptions remarquables (Dombrowski, Rossel), d'une insuffisance du commandement (les officiers sont élus plus sur leurs convictions que sur leurs capacités à diriger des soldats). En théorie la Commune dispose de près de 194 000 hommes de troupe, sous-officiers et officiers (nombre publié par le Journal officiel de la Commune le 6 mai). En fait les combattants sont moins nombreux. Les estimations vont de 10 000 (Camille Pelletan) à 41 500 (Cluseret, délégué à la Guerre, le 5 avril). On peut les estimer à 25-30 000 début avril et moitié moindre à la mi-mai. L'hémorragie peut s'expliquer par le fait que beaucoup d'inscrits ne le sont que pour la solde et restèrent spectateurs pendant les combats ; sans compter ceux qui périrent dans les opérations militaires contre les troupes versaillaises.
Les « versaillais » passent à l'attaque les premiers. Le 2 avril ils occupent le Mont-Valérien, où les communards ont négligé de s'installer, avantage considérable, puisque cette position domine toute la proche banlieue ouest de Paris. Le 30 mars, le général Gaston de Galliffet, déloge les communards du rond-point de Courbevoie et le 2 avril les « versaillais » s'emparent de Courbevoie et Puteaux, alors que les communards se replient vers Neuilly. Le 3 avril la Commune lance, sous les ordres de Flourens, Eudes et Duval, une contre-offensive en direction de Versailles, elle se solde par un échec à Rueil et à Châtillon. Gustave Flourens est assassiné par un officier de gendarmerie à Rueil, et Duval, est fusillé avec son état-major, sans procès , le 4, sur ordre du général Vinoy. Le même jour Gustave Cluseret est nommé délégué à la Guerre de la Commune. En réponse aux actes des versaillais, la Commune vote, le 5 avril le décret des otages (3 otages fusillés pour un communard exécuté), qui ne sera mis en application que pendant la Semaine sanglante fin mai. Pendant trois semaines environ, les combats sont sporadiques mais les bombardements sont intensifs, en particulier sur Neuilly, qui le 25 bénéficie d'une suspension d'armes pour permettre l'évacuation de la population. Cette période permet à l'armée versaillaise de se renforcer. Le 26 avril, au soir, le village des Moulineaux est occupé par les « versaillais », qui le 29 s'emparent du fort d'Issy (il est réoccupé le lendemain par les communards sous le commandement de Rossel). Le 1 mai, Louis Rossel est nommé Délégué à la Guerre en remplacement de Cluseret qui a été révoqué. Le 4 mai les « versaillais », certainement aidés par une trahison (qui sera le prétexte de l’arrestation des dominicains d'Arcueil), enlèvent la redoute du Moulin-Saquet, où ils se livrent à des atrocités. Le 5, ils s'emparent du village de Clamart. Le 8, l'enceinte fortifiée de Paris est violemment bombardée de Grenelle à Passy, tandis que le 9, le fort d'Issy est repris par les « versaillais ». C'est le 8 mai, que le gouvernement Thiers, adresse un ultimatum aux Parisiens qui sont sommés de capituler. Le 10 mai, Charles Delescluze remplace Rossel démissionnaire comme délégué à la Guerre. Le 13 mai les « versaillais » occupent le fort de Vanves, mais sont stoppés par l'artillerie de remparts de la Commune. Le 17 mai, la cartoucherie de l'avenue Rapp explose à la suite d'un probable sabotage. Le 20 mai, Jules Ducatel présent au bastion n° 24, permet aux « versaillais » de pénétrer dans Paris par la Porte de Saint-Cloud. Commence alors la Semaine sanglante. Jules Ducatel piqueur des Ponts-et-Chaussées qui n'est pas favorable à la Commune est arrêté par les communards, il allait être fusillé face à l'école militaire, quand il fut sauvé par l'arrivée de l'armée régulière. Son acte initial a conduit le directeur du Figaro Henri de Villemesant, à faire dans son journal une souscription publique qui rapporta 125000 francs Or à Jules Ducatel.
Cadavres de Communards La Commune fut finalement vaincue durant la Semaine sanglante, qui débuta avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever avec les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. Les témoins évoquent tous de nombreuses exécutions sommaires de la part des troupes versaillaises. On évoque, selon les sources, de 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres d'ouvriers communards durant la semaine sanglante. En contrepartie, il faut noter que les communards furent accusés d'avoir détruit une partie de Paris, notamment en incendiant plusieurs monuments publics historiques : le Palais des Tuileries, symbole du pouvoir royal et impérial, le Palais de Justice dont la Sainte Chapelle fut préservée, le Palais de la Légion d'honneur, et l'Hôtel de Ville qui fut le théâtre de combats jusqu'à ses proches abords cernés de barricades. La question de la responsabilité de ces incendies n'est pas définitivement tranchée. En effet, en examinant les photos d'époque, il apparaît que les communards avaient dressé leurs lignes de défense devant les monuments représentatifs de Paris. Le but est assez évident : espérer que les « versaillais » n'oseraient pas les déloger par la force sous peine de détruire ces bâtiments historiques. Il n'en fut rien et les tirs d'artillerie s'effectuèrent de part et d'autre des barricades. La conséquence fut la destruction et l'incendie des monuments qui ne servirent en rien de bouclier (le cas de l'Hôtel de Ville est symptomatique : statue centrale et arbres ont disparu après combats, signe que de très nombreux boulets ont été échangés, provoquant probablement le plus gros des dégâts). Hôtel de Ville Le Louvre échappa à la destruction grâce à l'intervention de Gustave Courbet (qui par ailleurs impulsa la chute de la colonne Vendôme). L'essentiel de l'état civil parisien fut détruit durant ces incendies. Il est aussi nécessaire de rappeler que les bombardements incessants des troupes régulières françaises et prussiennes furent responsables de nombreux incendies. Les tirs d'artillerie des « versaillais » furent également la cause de nombreuses destructions, notamment dans tout l'ouest parisien. Le ministère des Finances, rue de Rivoli, frappé de boulets rouges « versaillais », fut la proie des flammes. Des combats de rue farouches, où canons répondent à mitraille, occasionnèrent des dégâts gigantesques à la capitale qu'il fut aisé, la cause entendue, d'attribuer aux seuls fédérés. Le vainqueur, une fois la rébellion maîtrisée, écrit l'histoire dans le sens de ce qui le sert. Parallèlement, des otages furent pris par les communards. L'archevêque de Paris, M Georges Darboy, fut arrêté le 4 avril 1871 avec quatre innocents, selon l'ordre de la Commune de Paris qui agissait selon le « décret des otages » du 2 prairial An 79. Il fut enfermé à la prison de Mazas, et exécuté à la Roquette suite à l'attaque des « versaillais », le 24 mai en bénissant ses bourreaux. La répression contre les communards fut féroce : près de 10 000 condamnations à mort, 4 000 déportations au bagne de Nouvelle-Calédonie, etc. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880. Longtemps encore après ces évènements, la gauche fut hostile au général Gaston de Galliffet, surnommé le "boucher de la commune" pour son zèle. La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, fut construite à partir de 1873 par l'Église et l'État pour, entre autres, « expier les crimes des communards », ce qui en dit long sur le peu d'objectivité du moment. Il est bon de rappeler que l'on peut sans doute estimer à près de 30 000 les victimes (combattants, habitants, condamnés, déportés) du côté des insurgés. Les "crimes des communards" s'en retrouvent tout de suite relativisés par l'ampleur et l'horreur de la répression. Premier pouvoir révolutionnaire prolétarien, la Commune de Paris a depuis été revendiquée comme modèle — mais avec des points de vue différents — par la gauche, l'extrême-gauche et les anarchistes ; elle inspira de nombreux mouvements révolutionnaires qui en tirèrent des leçons leur permettant d'entreprendre d'autres révolutions (la révolution russe et les conseils (soviets), la révolution espagnole et les collectivités, etc.).
Chronologie plus complète dans Constitution de la garde nationale Jules Vallès
- 26 février : Signature des préliminaires de paix avec la Prusse.
- : Symboliquement, les troupes prussiennes entrent dans Paris et défilent sur les Champs-Élysées.
- 3 mars : Constitution du Comité central de la Garde Nationale.
- 7 mars : Parution du numéro 1 du Père Duchesne.
- Pacte de Bordeaux, entre les différentes parties du gouvernement, suspendant toute décision sur la nature du régime.
- L'Assemblée nationale ajourne la session en cours et décide de se retrouver le 20 mars à Versailles (elle a hésité entre Fontainebleau et Versailles ; elle ne veut pas Paris à cause des mouvements révolutionnaires).
- 17 mars : Arrestation du socialiste révolutionnaire Louis Auguste Blanqui.
- 18 mars :
- Commune de Paris (ventôse-prairial an 79) : tentative de révolution prolétarienne.
- Échec de la tentative des troupes gouvernementales, qui ont fraternisé avec les insurgés, de s'emparer des canons de Montmartre.
- Le gouvernement et l'Assemblée nationale s'installent à Versailles.
- Ralliement d'un officier de l'armée française (colonel) à la Commune, Louis Rossel.
- 22 mars : Louis Rossel (Louis-Nathaniel Rossel) devient Chef de la 17 légion de la Commune.
- 23 mars : Les vingt maires de Paris se rendent à l'Assemblée nationale pour tenter une conciliation. Arborant une écharpe tricolore dans une assemblée majoritairement royaliste, ils sont acclamés par la minorité républicaine mais rejetés hors de l'assemblée sans avoir pu prononcer un mot.
- 28 mars : Proclamation de la Commune de Paris à l'hôtel de ville.
- 3 avril : Louis Rossel est nommé chef d'état-major.
- 5 avril : Ediction du "décret des otages" du 2 prairial An 79« La Commune de Paris, « Considérant que le gouvernement de Versailles foule ouvertement aux pieds les droits de l’humanité comme ceux de la guerre ; qu’il s’est rendu coupable d’horreurs dont ne se sont pas souillés les envahisseurs du sol français ; « Considérant que les représentants de la Commune de Paris ont le devoir impérieux de défendre l’honneur et la vie de deux millions d’habitants qui ont remis entre leurs mains le soin de leurs destinées ; qu’il importe de prendre toutes les mesures nécessaires par la situation ; « Considérant que les hommes politiques et les magistrats de la cité doivent concilier le salut commun avec le respect des libertés publiques ; « Décrète : Art. 1er : Toute personne prévenue de complicité avec le gouvernement de Versailles sera immédiatement décrétée d’accusation et incarcérée. Art. 2 : Un jury d’accusation sera institué dans le vingt-quatre heures pour connaître les crimes qui lui seront déférés. Art. 3 : Le jury statuera dans les quarante-huit heures. Art. 4 : Tous les accusés retenus par le verdict du jury d’accusation seront les otages du peuple de Paris. Art. 5 : Toute exécution d’un prisonnier de guerre ou d’un partisan du gouvernement régulier de la Commune de Paris sera, sur-le-champ, suivie de l’exécution d’un nombre triple d’otages retenus en vertu de l’article 4, et qui seront désignés par le sort. Art. 6 : Tout prisonnier de guerre sera traduit devant le jury d’accusation, qui décidera s’il sera immédiatement remis en liberté ou retenu comme otage.
- 14 avril : Nomination de Louis Rossel au poste de président de la Cour martiale.
- 21 avril : Parution du numéro 1 du Père Duchesne illustré. Les communards incendient plusieurs monuments publics historiques, notamment : le palais des Tuileries, le palais de Justice, le palais de la Légion d'honneur, et l'hôtel de ville.
- 26 avril : Parution du numéro 2 du Père Duchesne illustré.
- 30 avril : Nomination de Louis Rossel au poste de ministre délégué à la guerre en remplacement de Gustave Paul Cluseret.
- 30 avril : Parution du numéro 3 du Père Duchesne illustré.
- 3 mai : Parution du numéro 4 du Père Duchesne illustré.
- 7 mai : Parution du numéro 5 du Père Duchesne illustré.
- 10 mai :
- Parution du numéro 6 du Père Duchesne illustré.
- Par le traité de Francfort, la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine. Cette perte est vécue par la France comme un profond traumatisme. De plus la France doit verser cinq milliards d'indemnités (4, 9 sont récoltés par une souscription nationale ouverte le 27 juin).
- Suite à ce traité, environ 160 000 Alsaciens et Lorrains, refusant de devenir Allemands, quittent les provinces perdues et s'installent sur le territoire français.
- 14 mai :
-Création du Territoire de Belfort à partir de l'ancien arrondissement du Haut-Rhin non annexé par l'Empire allemand.
- Parution du numéro 7 14 mai 1871 du Père Duchesne illustré.
- 16 mai : Les communards mettent à bas la statue de Napoléon place Vendôme.
- 17 mai : Parution du numéro 8 du Père Duchesne illustré.
- 18 mai : L'Assemblée nationale, réunie à Versailles, ratifie le traité de Francfort.
- du 21 au 28 mai : « Semaine sanglante » qui verra Paris, aux mains des communards, repris par les troupes versaillaises.
- Entrée des troupes versaillaises dans Paris.
- Parution du numéro 9 du Père Duchesne illustré.
- 23 mai : Parution du dernier numéro du Père Duchesne (numéro 68).
- 24 mai : Parution du dernier numéro 10 du Père Duchesne illustré.
-26 mai Exécution de Jean-Baptiste Millière, fusillé à genoux sur les marches du Panthéon de Paris.
- 27 mai : Chute du dernier bastion communard.
- 28 mai : Exécution des défenseurs de la Commune de Paris devant le mur des Fédérés.
- 28 novembre : Exécution de Louis Rossel, ancien délégué à la guerre de celle-ci.
-L'Insurgé, roman de Jules Vallès
-Jacques Damour, nouvelle d'Émile Zola
-La Débâcle, roman d'Émile Zola
-Le Canon Fraternité de Jean-Pierre Chabrol
-Le Cri du Peuple de Jean Vautrin
-Le Roman de Rossel de Christian Liger
-L'Imitation du bonheur de Jean Rouaud
-La Semaine sanglante de Maxime Vuillaume
-Les Contes du lundi de Alphonse Daudet
-L'ami de l'ordre, drame en un acte de Georges Darien
-L'Année terrible, recueil de poèmes de Victor Hugo
-La Commune de Paris vue à travers l'imagerie Populaire, Auteur Paul Ducatel, Ed Grassin
- La Commune (Paris, 1871), film réalisé par Peter Watkins sur la Commune, produit en 2000 par l'Office national du film du Canada. Il s'agit d'un film noir et blanc de 345 minutes où ont joué plus de 200 acteurs.
- La Nouvelle Babylone (Novyy Vavilon) (1929), film soviétique réalisé par Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg. Un film muet en noir et blanc de 120 minutes dans sa version initiale et de 93 minutes dans sa version restaurée en 2004. Le film, plus qu'un produit de la propagande soviétique de l'époque, est une œuvre majeure qui s'inscrit brillamment dans la tradition expressionniste du début du siècle (exagération des formes et des contrastes par des angles de prise de vue improbables notamment). On y suit la rencontre et le destin tragique de deux amants amenés par les événements à se trouver de part et d'autre des barricades pendant la commune de Paris de 1871.
- La pipe du communard (1929), film soviétique réalisé par Constantin Mardjanov.
-Raison d'État , de Paris Violence
-La Commune, chanson de Jean Ferrat
-Vive la Commune, chanson du groupe 10 rue d'la Madeleine
-Le Tombeau des fusillés , chanson de Jules Jouy
-La Semaine sanglante , d'Eugène Pottier
-Le Capitaine au mur, de Jean-Baptiste Clément
-Le Cri du Peuple, bande dessinée de Jacques Tardi en quatre tomes adaptée du roman de Jean Vautrin, sur la base du journal de Jules Vallès, Le Cri du Peuple.
Adolphe Thiers Allemagne Alphonse Daudet Alsace An LXXIX Anarchie Anarchisme André Léo Armand Dayot Arthur Arnould Assemblée nationale (1871) Assemblée nationale (France) Association des Amis de la Commune de Paris (1871) Auguste Viard Bagne de Nouvelle-Calédonie Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre Benoît Malon Blanquisme Bordeaux Bretenoux Calendrier républicain Camille Pelletan Chanson révolutionnaire ou de résistance Chansons de la Commune Charles Amouroux Charles Delescluze Charles Ferdinand Gambon Christian Liger Cimetière du Père-Lachaise Claude Lecomte (général) Clément Thomas Colonne Vendôme Comité de Salut public (1871) Communard Commune de Paris (1792) Communisme Conseil de la Commune Deuxième République (France) Drapeau de la France Drapeau rouge Duval Déportation Elisabeth Dmitrieff Eugène Pottier Eugène Varlin Fontainebleau Fortification Frédéric Cournet Félix Pyat Gabriel Ranvier Garde nationale (1831) Gaston de Galliffet Gauche (politique) Georges Darboy Georges Darien Gouvernement Thiers Gouvernement de la Défense nationale Grenoble Guerre franco-allemande de 1870 Gustave Courbet Gustave Flourens Gustave Paul Cluseret Guy Debord Habeas corpus Haut-Rhin Henri Rochefort Histoire de France Insurrection Jacques Tardi Jean-Baptiste Chardon Jean-Baptiste Clément Jean-Baptiste Millière Jean-Pierre Chabrol Jean Allemane Jean Ferrat Jean Jaurès Jean Rouaud Jean Vautrin Journées de Juin Jules-Henri-Marius Bergeret Jules Andrieu Jules Favre Jules Jouy Jules Vallès Karl Marx L'Année terrible La Commune La Commune (Paris, 1871) La Débâcle Le Creusot Le Père Duchesne Le père Duchêne (XIXe siècle) Le père Duchêne Illustré Limoges Liste des évêques puis archevêques de Paris Loi Falloux Lorraine Lot (département) Louis-Philippe Ier Louis Auguste Blanqui Louis Rossel Louise Michel Lyon Léo Fränkel Manifeste des Soixante Marseille Monarchie de Juillet Montmartre (Seine) Mouvement social Mouvements révolutionnaires Mur des Fédérés Musée d'Art et d'Histoire (Saint-Denis) Napoléon III Narbonne Nathalie Lemel Office national du film du Canada Otage Otto von Bismarck Panthéon de Paris Paris Paris Violence Paschal Grousset Patrice de Mac-Mahon Peine de mort Peter Watkins Pie IX Pierre Joseph Proudhon Pierre Kropotkine Pierre Leroux Premier Empire Prolétariat Prusse Raoul Rigault Raoul Vaneigem Restauration française Rue du Chevalier-de-La-Barre République Révolution Révolution française de 1848 Révolution russe Saint-Étienne Second Empire Sedan Semaine sanglante Siège de Paris (1870) Socialisme Soulèvement du 18 mars 1871 Soviet Suffrage universel Territoire de Belfort Théophile Ferré Toulouse Traité de Francfort Trois Glorieuses Troisième République Versailles Victor Clément Victor Hugo

References: Art. 1
 Art. 2
 Art. 3
 Art. 4
 Art. 5
 Art. 6