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Timestamp: 2020-07-06 08:23:24+00:00

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OBSRÉTRIQUE - XXII - Histoire de la médecine en Egypte ancienne
OBSRÉTRIQUE - XXII
Article complet du lundi 5 novembre 2018 :
CLINIQUE OBSTETRICALE - XXII
Richard-Alain JEAN, « Clinique obstétricale égyptienne – XXII . L’enfant à naître (2) Les petits modèles divins (1) Les scarabées », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 5 novembre 2018.
CLINIQUE OBSTÉTRICALE ÉGYPTIENNE - XXII
L’ENFANT À NAÎTRE (2)
LES PETITS MODÈLES DIVINS (1)
À la suite des représentations en deux dimensions de la progression in utéro de l’enfant à naître exposées précédemment, j’examinerai dans cette deuxième partie, puis dans la troisième à venir, et après les fœtus humain et divin confondus, trois sortes de statuettes figurant des stades aboutis par excellence des périodes embryonnaires et fœtales, puisque résumées de manière votive dans des représentations de divinités montrant des formes simples ou élaborées de Ptah patèque, d’Horus enfant, et de petits Bès, liées au scarabée. Si ces représentations particulières sont moins anciennes que celles de ce petit animal, les définitions de leurs sujets de protection sont bien présentes dans leurs origines mêmes. Ces allégories symbolisent en effet assez souvent le bon déroulement d’une grossesse [1], mais cette fois-ci, il faut le souligner, au niveau particulièrement spécialisé de la « bonne fabrication » du bébé comme nous le verrons, avec un résumé des « bons plans » à suivre pour lui, et orientés dans un axe horien dépendant osirien et solaire – ce qui évacue toute forme de malformation létale, et toute pathologie grave. Cela rejoint ainsi les observations naturalistes du scarabée, montrant quelques similitudes avec les dernières phases du développement de l’enfant à naître, en l’occurrence ici, celles du crâne fœtal, et par suite, de l’adulte. Je proposerai donc maintenant le principe du dos du scarabée comme modèle évolutif des os du crâne avec répercutions pressenties sur le squelette adulte.
1. Les autres représentations du fœtus
Hormis ses positions évolutives in utéro montrées en deux dimensions étudiées précédemment, et en dehors des statuettes divines à voir ensuite, plusieurs autres représentations votives mixtes et détails parlants doivent encore être remarquées en trois dimensions dans l’art.
1.1. Le fœtus humain égyptien
Les représentations fœtales discernées sont pratiquement et pour le moment, toutes issues des conceptions religieuses. Ceci provient du fait que les autres documents ne nous sont pas encore parvenus, et, que le désir de résurrection en Égypte égalait au moins celui du désir d’enfant. En conséquence, il faut savoir que toutes les sources que je citerai ici en exemple nécessitent encore une double lecture : une philosophico-religieuse et psycho-magique, puis, une pragmatique obstétricale.
Ainsi, une très rare figurine datée de Nagada I ou II [2] (Fig. 2-3) est montrée en position fœtale au fond d’une coupe d’argile au bord dentelé parfois interprétée comme un ventre de grenouille, ou une barque [3], représente bien, de toute les façons, le défunt assimilé à un embryon dans un utérus (Rijksmuseum van Oudheden, F 1962/12.1) [4].
La lecture externe montrerait une barque de forme animale avec des passages pour les rames.
La lecture interne montre plutôt un utérus gravide ouvert en coupe supérieure, col enlevé. Les deux extrémités découvrent les portions internes des deux trompes utérines. Les perforations marginales supérieures sont certes présentes latéralement, mais elles sont également figurées aux deux extrémités, et donc, sur toute la circonférence de la forme matricielle ouverte [5]. Elles peuvent donc tout à fait représenter les lumières des vaisseaux urétraux-placentaires en coupe bien visibles à l’œil nu en macro-histologie. Les veines centrocotylédonaires sont les plus volumineuses(Fig. 4 et 6) [6].
La grenouille indique bien une gravidité préludant un futur accouchement, ou, une re-naissance. Dans les deux cas, le personnage est bien montré en cours de gestation. Il s’agit en effet de la représentation d’un « néo-embryon » dans son « vaisseau utérin ». Les deux « facettes » de l’œuvre ainsi modelée dans la glaise soulignent l’absolue conception de la résurrection du défunt comme une « re-naissance » dont la modélisation s’inspire directement de l’obstétrique humaine (Fig. 2-6).
Il existe d’autres représentations de vaisseaux en terre cuite, habitées ou non, datant des époques prédynastiques, mais plusieurs modèles poseraient des problèmes selon Dorian Vanhulle [7], c’est-à-dire, pour vingt-et-un objets sans compter sur celui de Bruxelles, sur les deux cent cinquante recensés dans des époques allant de la période badarienne à la fin de la deuxième dynastie par cet auteur. Onze autres se révéleraitent quant à eux « potentiellement authentiques » [8]. Aussi, trois artefacts seulement pour le moment s’avèrent des faux avérés (Bruxelles, Petrie Museum UC 15165, et University of Swansea W 924 = 3543662) – ou bien, sont-ils des reproductions d’anciens ? Et ceci, dans la mesure où l’on peut tout à fait concevoir ces modèles de bateaux en terre cuite ou non, comme des offrandes funéraires autorisant le mort à voyager sans encombre dans l’au-delà, et donc correspondant à des formes de talismans néo-biologiques, ou encore pour certains d’entre eux, à des ex-voto biologiques qui ne montreraient pas nécessairement des barques, mais aussi des paniers, des poteries, ou même probablement des formes utérines, ou conçues de manière mixte comme un vaisseau matriciel de re-naissance sur le modèle de la première naissance comme l’objet décrit ci-dessus. Cela est confirmé par la position fœtale des défunts, enfant (Fig. 5 et 8) ou adulte (Fig. 7), installés de cette manière chacun dans une poterie ou un panier aux époques les plus anciennes (Fig. 5, 7). D’autres barques en terre cuite, ou encore en ivoire d’hippopotame, contiennent des cynocéphales et des faucons, et qui ne sont certes pas étrangers à la même problématique dès les origines.
Pour d’autres sépultures d’enfants et surtout leurs contextes, je renvoie bien entendu à : Amandine Marshall, L’enfant et la mort en Égypte ancienne, Éditions Mondes antiques, Toulouse, 2018, p. 133-268 et pl. 1 à 50.
Par exemple encore, et sans ambiguïté puisqu’il s’agit d’un faux confectionné entre 1890 et 1930, le modèle de Bruxelles (Fig 11) présente à sa poupe un phallus en érection et deux testicules. Le faussaire s’est-il inspiré d’un objet fragile et disparu plus ancien qu’il gardait en mémoire ? Ces objets « reproduits » avec plus ou moins de bonheur, ne correspondraient pas toujours d’ailleurs nécessairement à des modèles aussi anciens, mais à d’autres plus récents pharaoniques comme les barques mortuaires produites en bois (Fig. 10-11), ou prédynastiques vraies en terre cuite (Fig. 9).
Corriger la fig.9 : Le croquis a été réalisé par Madame Anja Stoll en 2015.
Pour en finir avec les embarcations intégrant un support capable de supporter une petite figurine, je prendrai encore ici comme exemple deux barques en ivoire d’hippopotame trouvées par l’équipe de Krzysztof M. Ciałowiczà Tell el-Farkha (Fig. 12), et dont l’authenticité ne peut pas être discutée. Elles se trouvaient accompagnées en vrac, dans ce site datant de l’époque de Nagada III B-IIIC1, de plusieurs statuettes façonnées dans la même matière, dont des enfants en position quasi-fœtales, et autres simulacres (Cf. infra).
Corriger la fig. 12 : Les modèles en ivoire de Tell el-Farkha sont datés du Nagada III B-IIIC1.
Voir pour ces objets et ce site : Bussmann R., Die Provinztempel Ägyptens von der 0. bis zur 11. Dynastie, 2 vol., Brill, Leyden (Probleme der Ägyptologie 30), 2010, p. 112 ; Ciałowicz K.M., 2007, « From Residence to Early Temple : the Case of Tell el-Farkha », dans Kroeper K. et al. (éds), Archaeology of Early Northeastern Africa. In Memory of Lech Krzyżaniak, Poznań, pp. 917-934 ; Ciałowicz K.M., « Protodynastic and Early Dynastic Settlement on the Western Kom », dans Chłodnicki M. et al. (éds), Tell el-Farkha I. Excavations 1998-2011, Poznań-Cracovie, 2012, pp. 171-180, fig.22.
1.2. Les fœtus humain et divin confondus
Sur le site de Tell el-Farkha, des morts en position fœtale, et des statuettes ont été retrouvées :
Corriger les fig. 14 et 15 : Les modèles en ivoire de Tell el-Farkha sont datés du Nagada III B-IIIC1.
Les corps encore non momifiés, volontairement placés en position fœtale sur le même modèle que ceux représentés par des petites sculptures antérieures, trahissent déjà bien un souci de voir parcourir le même chemin par le défunt jusqu’à son terme gestationnel. L’os d’hippopotame dont sont faites ces statuettes, rejoint l’os que l’on sait restant à terme en la sépulture et devant supporter l’effort de la renaissance espérée — peut-être déjà à partir de la force tirée de la grande origine d’une divinité qui accepte de concéder son « patron » osseux provenant d’un parent par assimilation (le père), et sur un schéma assez proche de l’équation : Faucon (semence/os) => Hippopotame femelle (par délégation) => os/défunt (par assimilation) + chair femelle => N re-naissant.
La matière et les formes ne sont donc pas neutres. Je rappellerai encore ici les inhumations des fœtus et des nouveau-nés dans des poteries, véritables métaphores utérines, comme par exemple ceux retrouvés à Gournet Mouraï et datant du Nouvel Empire [9]. Pour la fin de cette époque il faut encore citer quelques cercueils anthropomorphes en terre cuite spécialement façonnés pour ces très jeunes enfants [10]. Nous en retrouverons datant de la Basse époque, puis au moins un exemple copte. Notons spécialement les sarcophages de terre cuite en forme de dieu Bès. Les cercueils en forme de Bès pouvaient également être en bronze, en faïence égyptienne émaillée bleue ou verte, ou encore sculptés dans du bois de sycomore ou d’acacia (Musée du Caire, JE 29.755 ; Louvre, E 5723 / 1943) [11]. Voir également le sarcophage anthropoïde en forme de Bès osirifié (Louvre, 4205 / 1940).
Une grande partie des figurines bleues à pois foncés étudiées par Jeanne Bulté [12], sont représentatives d’entités auxquelles l’embryon, le fœtus et le nouveau-né devaient être assimilés pour assurer la « sécurité de sa bonne croissance ». Leur décor très probablement reproduit à partir du placenta de veau comme nous l’avons vu [13], il ne serait pas impossible non plus comme je l’ai déjà indiqué, car cela n’est pas antinomique dans l’esprit égyptien, de rapprocher ces points foncés aux marques portées par la peau de panthère arborée par la déesse Séchât dans certaines grandes occasions et dont le dessin peut aussi montrer les étoiles parcourant la face visible de Nout.
Ces « points singuliers » pourraient être compris comme autant de « lieux potentiels » de naissances horiennes et de renaissances osiriennes, dans une certaine mesure « liés » comme autant de « stigmates » par exemple visibles dans le bois pétrifié et signalant des « vacuoles de vie ». Or, nous avons vu que le fœtus d’Horus pouvait être assimilé à la chrysalide d’Osiris et que la renaissance osirienne était paradoxalement quelque part tributaire de la première naissance horienne. Ces « points de force » pourraient alors magiquement anticiper la bonne naissance pour tous, ainsi que la bonne re-naissance stellaire pour le roi, et « une participation singulière » à celle, divine, pour le commun des mortels justifié, « marqué » du sceau d’enregistrement de la déesse des archives de vie. J’en ai déjà parlé [14].
Aussi, l’identification de l’enfant à naître avec des dieux nains est certaine.
Ainsi, dans la pensée religieuse égyptienne, le nain en lui-même représente l’un des aspects du soleil. Un papyrus mythologique du Nouvel Empire le démontre (Meermanno-Westreenianum Museum 37). Dans le disque solaire se tient le bélier, incarnation du soleil à son coucher ; à ses côtés, un nain remplace l’image attendue du scarabée, symbole du soleil levant : « Cette substitution nain-scarabée s’explique par un jeu d’image. Avec ses membres incurvés et son long torse, le nain présente la même silhouette que l’insecte sacré doté de petites pattes courbes. Inachevé, le nain symbolise ce qui prend forme, ce qui croît et se régénère sans cesse, comme le soleil renaissant, qui présente à son lever la même ambiguïté que le nain, puisqu’il est à la fois éternellement jeune et âgé » [15].
Nous trouverons donc une quantité de petites représentations de Ptah patèque, d’Horus enfant, de petits Bès, et encore d’autres. Nous allons voir que ces allégories symbolisent en effet assez souvent le bon déroulement d’une grossesse menée à terme en lien avec le scarabée plus ancien.
2. Ptah patèque
Certaines variantes des petites figurines apotropaïques surnommées Ptah [16] patèque (Louvre AF 1668 ; Mariemont, B.449 et B.443 ; Petrie, A. pl. XXXI, h et m ...) évoquent bien l’apparence d’un fœtus. En effet classiquement, elles correspondent à une représentation de la chair solaire se renouvelant à chaque renaissance comme l’or renaît à chaque fonte et dont la charge était attribuée de longue date aux nains orfèvres. Ceci explique en partie la double nature fœtale/adulte de ces statuettes.
2.1. Ptah patèque avec un scarabée sur le vertex
Nous allons voir que l’analogie : dos de scarabée / vertex humain est ici intéressante à développer. En effet, certains détails anatomiques de cet insecte important en Égypte et dont j’ai déjà parlé [17] sont parfois perceptibles dans l’art. La partie supérieure du scarabée (Thoutmosis III, Kit. 524) [18] ressemble en effet au frontal en avant (prothorax), aux pariétaux latéraux (les deux élytres), et à l’os occipital en arrière de l’adulte « solidifié ». Une « quadruple bosselure » est bien visible chez l’enfant comme sur le dos du scarabée (Pectoral de Toutankhamon 267a / JE 61886 [19] ; Petrie S. LX, 7 et 23 [20] ; Petrie A., VIII, o [21] ). Chez le fœtus, la grande fontanelle, ou bregma, est située entre les deux moitiés du frontal en avant et les deux pariétaux en arrière (Fig. 25-27). Sa forme triangulaire est bien évoquée par l’ombre résiduelle centrale en écu (scutellum) de l’insecte commun ou d’autres coléoptères [22]. Ce losange est parfois bien signalé (Bracelet de Toutankhamon 256qq ; Petrie S., LX, 6 [23] ). Il peut être remplacé par un triangle, ou simplifié en V, marquant le départ des bords supéro-internes des élytres (Petrie, S. LIX, 20 [24] ; Petrie A., VIII, v [25] ; Kit 438 [26] ). Voir un pectoral où le scarabée dans son enveloppe sur une barque est entouré de Maât et de Nephtys (CG 12203) [27]. Voir aussi un « scarabée de cœur » (CG 12128) [28]. Le V peut être inversé (CG 12221) [29].
2.2. Le crâne fœtal
2.2.1. La boîte crânienne
2.2.2. La voûte du crâne
2.2.3. Les fontanelles
d’huile (points d’ossifications irradiant) au cours de la neuvième semaine de la vie du fœtus, ils ressemblent en effet à des « écailles » correspondant pour nous aux « bosses » frontales et pariétales – et auxquelles les Égyptiens devaient rattacher les écailles temporales, sphénoïdales, ainsi que l’occiput (partie interne). Tous ces éléments ne tarderont pas à évoluer afin de rejoindre la base du crâne et le
Il faut ensuite savoir que la forme et la taille du crâne du nouveau-né sont différentes de celles de l’adulte. En effet, pour le nouveau-né, le nombre d'os est supérieur car ils sont encore en formation. Ainsi, les os membraneux de la voûte correspondent encore à des écailles dont l’évolution n’est pas encore achevée. Toutes les lames osseuses flottantes sont séparées entre elles par du cartilage et du tissu conjonctif membraneux. Ce qui confère au crâne une certaine élasticité lors de l’accouchement, car ces écailles osseuses peuvent se chevaucher, et les diamètres se modifient alors en conséquence. L’ossification de la base du crâne, elle, suit un processus de type cartilagineux.
Chez le nouveau-né également, les assez larges espaces ouverts qui séparent les os sont appelés « sutures ». Le crâne en comporte sept au tout début : la suture sagittale (ou inter-pariétale = SS), la suture fronto-pariétale (ou coronale = SFP), la suture médio-frontale (ou métopique = SMF), la suture pariéto-occipitale (ou lambdoïde = SPO), la suture médio-occipitale (= SMO), et enfin, les deux sutures latérales pariéto-temporales (= SPT en fig. 25), plus des sous-unités (deux pétro-squameuses latérales = SPSq. …). Elles seront normalement toutes fermées à partir de trois ans pour donner les sutures osseuses articulaires du crâne de l’adulte. Certaines pathologies peuvent laisser des sutures écartées chez l’enfant (Cf. infra).
Quant aux « fontanelles », elles correspondent aux espaces se trouvant aux points de croisement justement de ces « sutures ». Elles sont comblées à la naissance par une membrane fibreuse séparée en haut du jeune cuir chevelu, mais elles montrent des dépressions facilement palpables aux doigts. Elles sont au nombre de six : la fontanelle antérieure (ou bregmatique, également appelée « grande fontanelle » = FA) qui adopte la forme d’un losange médian de cinq centimètres de long sur trois de large, la fontanelle postérieure (ou lambdatique, encore appelée « petite fontanelle » = FP) en forme de triangle médian, les deux fontanelles latérales antérieures (ou ptériques car elles correspondent au ptérion = FLA) de forme triangulaire, et enfin, les deux fontanelles latérales postérieures (ou astériques, car elles correspondent à l’astérion = FLP en fig. 25). Noter que la fontanelle antérieure restera perméable jusqu’à 12-18 mois. En fait, les fontanelles se referment à la suite les unes des autres après la naissance. Ainsi en gros, la fontanelle postérieure se referme d’abord et vers 2 mois ; les fontanelles latérales s’obturent entre 5 et 6 mois ; alors que la grande fontanelle se ferme vers 18 mois. Certaines pathologies peuvent laisser subsister une grande fontanelle chez l’enfant (achondroplasie, pycnodysostose, rachitisme, hydrocéphalie … Cf. infra).
2.3. Le scarabée
Que le scarabée figure ou non sur la tête d’un Ptah patèque, ou d’un Horus enfant, ou placé à proximité immédiate d’une tête d’un petit Bès (Louvre E 10777, E 16264, E 20009 …), ou soit plus ancien, comme un « scarabée de cœur », qu’il fasse partie d’un bijou, ou encore isolé, sa partie dorsale nous montre assez souvent des détails probablement assimilables à des portions de crâne de fœtus, de nouveau-né, et d’adulte. Les reproductions sont mixtes (Cf. infra, et Fig. 30, 32-33) [53].
2.4. L’analogie visuelle scarabée / vertex humain
Tous les détails ne sont pas toujours notés, mais il faut savoir que ces choses sont mieux visibles quand le scarabée entreprend in vivo de déplier ses ailes pour prendre son envol (Fig. 36), et aussi, en observations post mortem, sujet stabilisé et ailes déployées (Fig. 35). De plus, les reproductions ne sont pas toujours très naturalistes, ou correspondent à des formes mixtes.
En ce qui concerne les différentes reproductions égyptiennes des scarabées, et après l’observation de plusieurs milliers d’objets pris dans les musées ou dans leurs catalogues, l’on peut constater que les reproductions ne sont pas homogènes. En effet, plusieurs détails des parties dorsales ne sont pas constants. Ces éléments varient selon les époques, et de plus, le sujet de référence pour nous classique (Scarabeus Sacer, Linné 1758) est parfois mixé avec des parties d’autres scarabaeidae, et ceci, quand un autre coléoptère ne s’y substitue pas complètement, surtout aux périodes les plus anciennes, ou, les plus tardives. Ainsi certains détails comme le V central (scutellum) pouvant correspondre à la grande fontanelle figurent bien par exemple chez : G. trivittata aegyptiaca (Kraatz 1886), Pachnoda savignyi (Gory & Percheron, 1833) [54], Aethiessa floralis (Fabricus, 1787) [55], Oryctes agamemnonsinaicus (Walker, 1871), Oryctes sahariensis (de Mire, 1960), [56] .... Parfois, un V renversé est marqué par une surface dégagée entre les faces internes et inférieures des élytres. Paradoxalement, d’autres éléments, comme les deux fontanelles latérales postérieures semblent avoir été reproduites artificiellement sous la forme de volutes afin de compenser l’absence d’organe anatomique correspondant chez les animaux réels. Tous ces efforts de représentations, parfois un peu forcés par les concepteurs historiques eux-mêmes, comme les dernières parties anatomiques que je viens de donner, sont pour moi l’indicateur d’une volonté particulière d’assimiler le scarabée au crâne du nouveau-né. Si non, un standard fixe aurait été canonique. Cependant, comme il n’est pas le lieu ici de reproduire l’ensemble de l’étude, je renvoie le lecteur aux travaux spécialisés pour en juger [57].
Ainsi, la diversité des formes exprimées peut très probablement représenter dans certains cas quelques-unes des principales dépressions formant les fontanelles du fœtus limitées par les sutures qui se fermeront progressivement chez le nouveau-né, et dont les traits apparaissent sur la face dorsale d’un assez grand nombre de scarabées égyptiens. Ces formes sont variables. Cependant, si un calendrier anatomo-physiologique des disparitions normalement programmées a pu être établi (Fig. 49-52), il faudrait encore chercher à savoir ce que leurs statistiques signifient. En effet, si l’on peut aisément comprendre le souhait explicite et apotropaïque que les fermetures anatomiques se produisent normalement, une par une, et donc, dessin votif par dessin votif rapportés, la libération des œuvres devrait suivre le même processus, mais il est vrai également que les suites logiques d’objets muséologiques qui nous sont parvenus intacts et donc lisibles sont pour le moins aléatoires.
4. Les scarabées de cœur présentant un chef humain
Certains autres scarabées montrent une face suivie du crâne (CG 37198) [58] (Fig. 58-59, 62), ou une tête complète émergeant du corps (Boston 1979. 570) (Fig. 56-57, 60-61). Ils peuvent encore être ailés avec tête humaine (CG 5238) [59]. Nous en avons de nombreux exemples (Fig. 56-62). Ils portent le plus souvent gravé au verso une version plus ou moins complète du chapitre 30 du Livre des Morts, en rapport avec le cœur qui est mis en parallèle avec le ka du défunt – c’est-à-dire une parcelle divine établie au cœur de l’homme, et qui témoigne de l’exactitude des proclamations faites afin de disculper le mort. Ce « feed-back » nécessite une mémoire toute contenue dans la boîte crânienne construite par Khnoum au moment de l’embryogénèse, et qui apparaît classiquement en premier, et « vierge », lors de la première naissance maternelle. Le contenant cérébral reste certes sous-entendu, mais il transparaît dans cette double représentation comprenant le facteur temporel évolutif (historique de la pensée, des actions bonnes ou mauvaises volontaires, et contrôlées par les sens apparents sur la face dépendants directement du crâne et communiquant). C’est bien de la nature profonde du personnage et de sa révélation, que ce passage célèbre tente d’établir ici, et sans, il faut le noter, contrevenir à la théologie officielle, tout en restant parfaitement lisible pour le corps médical dans le domaine de la neurologie. J’en ai déjà parlé.
5. Les scarabées au chef des sarcophages ou des cartonnages mortuaires
Le scarabée figure également assez souvent peint sur les sommets des sarcophages, ou au niveau frontal ou supérieur des cartonnages placés en tête de momie, c’est-à-dire au niveau du sommet du crâne de leur propriétaire. Ils sont simples ou ailés, et très souvent accompagnés du disque solaire (Fig. 63-66). Ce schéma montre l’axe géographique de la renaissance qui doit s’effectuer anatomiquement comme lors de la première naissance physiologique, c’est-à-dire, la tête la première. Au vu de tous ces éléments, le lien céphalique du scarabée est donc patent.
6. Le scarabée sur tête dans les livres mortuaires
Le scarabée sur tête est souvent représenté dans les livres mortuaires figurant dans les tombes (Fig. 69), et les vignettes du Livre des Morts (Fig. 67-68).
Les textes mortuaires, comme le Livre des Morts, représentent le chef surmonté d’un scarabée ailé ou non au registre supérieur d’un chapitre (LdM, 16) qui ne consiste uniquement qu’en une vignette composite à plusieurs niveaux – cette figuration, en elle-même, est donc primordiale (Fig. 67) ; ou bien (en LdM 109-110c), nous trouvons un scarabée simple sur le chef du défunt (Fig. 68) [60]. Une partie du texte de cette dernière partie apparentée aux Textes des Sarcophages (CTV, 464-467) donne [61]« Hotep : Je suis venu en toi après avoir découvert ma tête et réveillé mon corps … Semat : Je suis venu en toi, mon cœur et mon chef s’étant réveillé intacts sous la couronne blanche … car je suis le taureau maître des dieux qui marche dans la turquoise … » (CTV, 467 ; LdM 110). Ces allégories montrent un impétrant assimilé aux parleurs supportés par les divinités garantes de la renaissance. Ici, le mort se prépare, tête découverte et éveillée en son chef et en son cœur, à traverser le liquide amniotique de turquoise. Je reparlerai de la couronne royale comme « quasi organe » du souverain. Dans ce texte, et pris au centre de ces deux déclarations, la ville Hesat de la déesse vache nourricière indique « Je suis venu en toi, (… pour que tel Horus … qui a livré les têtes sans empêchement aucun), (pour) que je rattache la tête, pour Horus aux yeux bleu lapis-lazuli, agissant selon ton désir » (CTV, 467 ; LdM 110). Dans cette partie intermédiaire, il s’agit de la recomposition des chairs de la tête selon un processus dont je reparlerai également dans la suite de la néo-embryologie osirienne [62], puisqu’il se rattache à une notion de fourniture du substratum biologique nécessaire à la nouvelle synthèse des éléments qui, ensemble, donneront la nouvelle partie anatomique supérieure augmentée de la couronne opérationnelle de lait crémeux semi-liquide divin qui compose le chef. Cette reconstitution est fine et précise : elle respecte même la couleur de l’iris bleu lapis-lazuli.
8. Aspects pathologiques
8.1. Les déformations crâniennes
J’ai déjà évoqué les malformations crâniennes dues aux adhérences amniotiques ou non – elles peuvent être saisissantes et incompatibles avec la vie [63].
Par exemple au sujet des déformations faciales, les brides libres peuvent êtres dites « innocentes », mais elles peuvent aussi, si elles sont dégluties, provoquer des fentes labiales plus ou moins importantes mais généralement bénignes. Ces structures ne sont pas difficiles à percevoir, à l’œil nu, au moment de l’examen du délivre. Or nous avons vu que les annexes avaient bien été observées dès l’époque pharaonique (Jean, Loyrette, 2010, p. 189-191 ; 197-206). Si des brides flottantes ont été aperçues par les égyptiens, ou des adhérentes orales, elles ont pu être assimilées à des vers malfaisants, un peu comme des « sangsues interne » [64] capable de « manger » la face du fœtus ou de stranguler une autre partie du corps. Bien que d’étiologie différente, la fente labio-palatine par défaut de bourgeonnements faciaux peut provoquer des pertes de substances plus spectaculaires selon ses formes. L’aspect dit en « bec de lièvre » en est une illustration. Toutankhamon lui-même aurait été atteint d’une anomalie de cette nature [65]. Dans les cas où ces problèmes sont compatibles avec la vie, ils ne semblent pas avilissants. Dans le cas contraire, nous verrons que le mort-né peut être comparé à un animal auquel il ressemble, comme par exemple un singe. J’en reparlerai.
8.2. Le scarabée apotropaïque
Le scarabée figurant sur la tête de Ptah patèque, d’Horus enfant, et proches de Bès, doivent ainsi avoir une valeur apotropaïque qui lui est propre, et procurée en reflet d’avec les autres représentations de cet animal, puisque les détails visibles sur ces objets très petits ne le sont que sur les plus gros modèles libres. En effet, on peut se demander si le souhait ne serait pas de protéger le nouveau-né d’un élargissement des sutures crâniennes avec retard de fermeture des fontanelles, ou accompagnant d’autres pathologies, et encore plus, de le protéger contre les formes létales, en admettant alors parfois un nanisme harmonieux voulu par la divinité et comme un ennui acceptable.
Les espaces membraneux que constituent les sutures et les fontanelles peuvent se fermer précocement (craniosténose), ou au contraire, présenter un retard de fermeture entrant parfois dans un cadre syndromique, par exemple dans l’hypertension intra-crânienne (hydrocéphalie, processus expansif intra-crânien), l’infiltration tumorale (métastase de neuroblastome, leucémies), un défaut d’ossification (ostéogénèse imparfaite, rachitisme), un phénomène compensateur (syndrome d’Apert). En gros, un élargissement des sutures et retard de fermeture des fontanelles plus une macrocranie se rencontre principalement dans : l’achondroplasie, la dysostose cleido-crânienne, la pycnodysostose, l’hydrocéphalie, dans l’HTIC avec processus expansif intra-crânien [66]. Ainsi, les Égyptiens cherchaient très probablement à modérer ces pathologies, contre des particularités physiques plus harmonieuses.
[1] Et ceci : même à propos d’un « heureux anniversaire », qui ne peut avoir lieu qu’à la suite d’une « bonne grossesse heureusement aboutie ».
[2] Voir : http://www.rmo.nl/collectie/zoeken?object=F+1962%2F12.1.
[3] Pour d’autres formes de barques comparées à cet objet, voir par exemple : E. Brunner-Traut, « Drei altägyptische Totenboote und vorgeschichtliche Bestattungsgefässe (Negade II) », RdE, XXVII, 1975, p. 41-55.
[4] H.D. Schneider, M.J. Raven, De Egyptische Oudheid, Den Haag, 1981, nr. 4 ; W. Seipel, Ägypten, vol. I, Linz, 1989, nr. 8 ; M.Rice, Egypt's making, London, 1991, fig. 16 ; M. J. Raven, De Dodencultus van het Oude Egypte, Amsterdam, 1992, 16-18, nr. 1 ; H.D. Schneider, Egyptisch Kunsthandwerk, Amsterdam, 1995, 16-18, nr. 1 ; H.D. Schneider, Life and Death under the Pharaohs, Perth, 1997, nr. 185 ; R. Schulz, M. Seidel, Egypte : het land van de farao's, Keulen, 1998, 418, afb. 33 ; A. Merriman,Egyptian watercraft models, London, 2009, p. 58 ; M.J. Raven, dans L. van Esser, A. Versloot (Ed.), Terracotta, Leiden, 2009, p. 12 ; M.J. Raven, Egyptische magie, Zutphen, 2010, afb. 125 en ill. p. 145.
[5] Donc en amont et en aval de ce qui aurait figuré un modèle de barque. Ce qui est évidemment impossible pour une embarcation.
[6] R.-A. Jean, A.-M. Loyrette, « Clinique obstétricale égyptienne – XVII . Les annexes embryonnaires (5) Le placenta (1) », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 9 mai 2018, p. 14 et fig. 36.
[7] D. Vanhulle, Le bateau pré- et protodynastique dans l’iconographie et l’archéologie égyptiennes. Pour une étude analytique et sémiologique de la navigation au 4e millénaire avant J.-C., thèse de doctorat, Université libre de Bruxelles, 2016 ; — , « Faux et usage de faux : discussion autour d’un modèle de bateau des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles », dans Fl. Doyen, R. Preys, A. Quertinmont (Edt.) Sur le chemin du Mouseion d’Alexandrie. Études offertes à Marie-Cécile Bruwier, Montpellier 2018, p. 301-326.
[8] Il s’agit des pièces muséologiques suivantes : Royal Ontario Museum de Toronto, n° 910.92.6 ; University of Rochester, MAG 28.361 ; Medelhavsmuseet de Stockholm, MM 11113 ; Musée égyptien du Caire, CG 4814, CG 4815, CG 4816 et CG 26537 ; Museo Egizio de Turin, S.289 ; Staatlicher Museum Ägyptischer Kunst de Munich, ÄS 7182 ; Musée d’Art et d’Histoire de Genève, D 1191 ; Musée historique de Berne, AE 368 (D. Vanhulle, 2016, note 19 p. 304-305) .
[9] B. Bruyère, Les fouilles de Deir el-Médineh (1934-1935), 2e partie, la nécropole de l’ouest, FIFAO 15, Le Caire, 1937, p. 11-13 ; p.12, fig. 2.
[10] S. D’auria, Mummies and Magic, Boston, 1988, p. 160-161, n° 112.
[11] Lortet, Gaillard, II, 1905, p. 1-5.
[12] J. Bulté,Talismans égyptiens d’heureuse maternité. “Faënce” bleu-vert à pois foncés, CNRS, Paris, 1991.
[13] R.-A. Jean, « Le shedshed et la renaissance - II » – En hommage à Madame Anne-Marie Loyrette, dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 15 février 2018, p 5 et fig. 7, puis, p. 13 et fig. 37 : — « Clinique obstétricale égyptienne – XIX . Les annexes embryonnaires (7) Le placenta (3) Étude comparative animale », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 02 juillet 2018, p. 10-13.
[14] R.-A. Jean, « La déesse Séchât, le bois silicifié, et la “ résurrection de la chair ” », dans Hommages à Madame Christiane Desroches Noblecourt - Memnonia, XXII, Christian Leblanc (éd.), Le Caire - Paris, 2011, p. 199-214 ; — « Le pharaon pétrifié du Louvre, ou une médecine théologique politique et royale », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 04 décembre 2013.
[15] V. Dasen, « Nains et pygmées. Figures de l’altérité en Égypte et Grèce anciennes », dans Fr. Prost, J. Wilgaux (Ed), Penser et représenter le corps dans l’Antiquité. Actes du colloque international de Rennes, 1-4 septembre 2004, Rennes, 2006, p. 99 et fig. 4 p. 110.—, Dwarfs in Ancient Egypt and Greece, 1993, p. 50 et fig. 5.1 p. 49.
[16] Chr. Leitz (éd.), Lexicon der ägyptischen Götter und Götterbezeichnungen, Louvain, 2002-2003, III, « Ptah » ; M. Sandman Holmberg, The god Ptah, Lund, 1946.
[17] R.-A. Jean, « Néo-embryologie osirienne – II, la naissance du scarabée », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 15 septembre 2014.
[18] G. Clerc, V. Karageorghis, E. Lagarce, J. Leclant, Fouilles de Kition, II. Objets égyptiens et égyptisants, Nicosie, 1976, Kit 459, p. 44 ; Kit. 524, p. 58 ; Kit. 782, p. 65 ; Kit. 1002, p. 89. Voir encore par exemple, J.-F. Champollion, Panthéon égyptien, Paris, 1823, pl. 8, 3.
[19] A. Wiese, A. Brodbeck(éd.), Toutankhamon. L’or de l’au-delà. Trésors funéraires de la Vallée des Rois, Paris, 2004, n° 72, p. 304-305. La « quadruple bosselure » apparaît mieux sur des clichés moins éclairés.
[20] W.M.F. Petrie, Scarabs and Cylinders, Londres, 1917, pl. LX, 23 (AG.1) ; 7 (19.3.7) … LXXIII, 17, 26, 28.
[21] W.M.F. Petrie,Amulets, 1914, Londres, 1917, pl. VIII, o.
[22] Voir par exemple : Petrie, op.cit. 1917, Front. (avant la pl. LIX), Hypselogenia (en bas à droite).
[23] Petrie, op.cit. 1917, pl. LX, (19.3.104).
[24] Petrie, op.cit. 1917, pl. LIX, 20 (10.G V) ; LXIII, 40 (3.1.4) ; LXIV, 87 ; LXVI, 2, 3 (25.3.23) ; LXX, 64 (6.3.2) ; LXXIII, 1, 28.
[25] Petrie, op.cit.1917, pl VIII, v.
[26] G. Clerc, V. Karageorghis, E. Lagarce, J. Leclant, op. cit. 1976, Kit. 438, p. 42 ; Kit. 790, p. 66 ; Kit. 2020, p. 106.
[27] G.A. Reisner,Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire, N° 5218-6000 et 12001-12527, Amulets, Le Caire, 1907, Planche XII, n° 12203 et p. 140.
[28] G.A. Reisner, op.cit. 1907, Planche I, n° 12128 et p. 122-123.
[29] G.A. Reisner, op.cit. 1907, Planche XVII, n° 12221 et p. 149-150.
[30] On se reportera aussi naturellement pour tous les autres détails de l’anatomie de la tête à : R.-A. Jean, « Anatomie humaine. La tête et le cou – I, Les parties superficielles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 28 Avril 2015 ; — Anatomie humaine. La tête et le cou – II, Ostéologie et parties molles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 27 mai 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – III, Atlas anatomique égyptien commenté (1) La tête, les parties superficielles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 13 juin 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – IV, Atlas anatomique égyptien commenté (2) La tête, ostéologie et parties molles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 20 juin 2015.
[31] Wb V, 263,3 - 268,9 ; Alex. 77.4773 (« tête » … « les chefs » (tpw) des pays étrangers), 78.4547, 79.3384 (dans les expressions signifiant « soi-même ») ; Hannig-Wb I & II,x - 36715 « Kopf, Haupt » ; PtoLex. p. 1134 « head » (tête) . Lefebvre 1952, § 9 p. 10. Lacau 1970, § 41 p. 20 ; § 63, 66, 67 p. 31-33. Walker 1996, p. 278 « head ».
[32] Wb V, 530,5 - 531,20 ; Alex. 77.5156 « tête » ; Hannig-Wb I & II,x - 39617 « Kopf » (tête) ; Erichsen1954, p. 673, dém. ḏ3ḏ3 et ḏḏ « tête » ; KoptHWb p. 442, 426 ; Vycichl 1983, p. 334, ϫⲱϫ SB. Voir aussi la forme féminine ḏ3ḏ3t : Alex. 784877, 79.3624 « tête ». Lefebvre 1952, § 9 p. 10. Lacau 1970, § 41 p. 20 ; § 63-65 p. 31-32. Walker 1996, p. 279.
[33] Wb V, 293, 3-6 ; Alex. 77.4790 « tête » ; Erichsen 1954, démotique ʿpt « tête » p. 59 ; KoptHWb p. 10 ; Vycichl 1983, p. 14.
[34] Wb V, 532, 1-5 ; Alex. 77.5157 « cruche » ; Hannig-Wb II,2 - 39638 « Kochtopf, Becher » (pot, coupe) ; Erichsen 1954, p. 672, dém. ḏ3 « coupe » (voir aussi ḏd p. 692) ; KoptHWb p. 413 ; Vycichl 1983, p. 324, ϫⲱ SL, ϫⲱⲩ A, « coupe ».
[35] Cauville 1997, III, p. 648 « la tête ».
[36] Vycichl 1983, p. 14.
[37] Wb V, 530,3.
[38] Wb I, 500, 1-3 ; FCD, p. 88 p3qyt ; Hannig 1995, p. 272, 3. p3qyt « Schale (d. Schädels) » (écaille du crâne) ; Hannig-Wb II,1 - p3qyt , 10436 « Scherbe, Tonscherbe, Gefäßscherbe, Kalksteinscherbe, Steinsplitter » (tesson, tesson de poterie, tesson de récipient, éclat de pierre à chaux, éclat de pierre ) ; Takács, II, 2001, p. 401-403. Lefebvre 1952, § 10 p. 11 ; Walker 1996, p. 269. Il s’agit bien d’une fine (p3qy) lame (p3q) osseuse et correspondant pour nous à un os membraneux.
[39] Breasted 1930, II, pl. IV, IVA et I, p. 217-218.
[40] Wb V, 576, 13-17 ; Alex. 77.5225 « la boîte cranienne », 78.4927 « le crâne » ; Hannig-Wb II,2 - 40054 « Schädel, Kopf » (crâne, tête) ; PtoLex.p. 1238 « head » ; KoptHWb p. 425 ; Vycichl 1983, p. 328, ϫⲁⲛⲉ S « boîte, caisse », ce mot provient probablement de ḏnyt« grande cruche » ; voir aussi le « toit » ϫⲉⲛⲉⲡⲱⲣ S, ϫⲉⲛⲉⲫⲱⲣB , litt. la « tête de la maison » et renvoie à l’ancienne expression : ḏ3ḏ3n pr « toit d’un bâtiment ». Lefebvre 1952, § 10 p. 10-11. Lacau 1970, § 68 p. 33 (sans retenir l’étymologie) ; Walker 1996, p. 279.
[41] de Buck 1935-1961, VI, Sp. VI, 709 § 340h (B2L). Faulkner 1973, II, p. 268. Barguet 1986, p. 600. Carrier 2004, II, p. 1612-1613.
[42] de Buck 1935-1961, III, Sp. 259 § 374d (S1Ca/b et S2Ca/b). Faulkner 1973, I, p. 198. Barguet 1986, p. 132. Carrier 2004, I, p. 620-621.
[43] Voir encore CTII, 115 § 134b, puis, 134h sur G2T « … ; mais viens donc, Tranchant, devant Anubis (le dieu canidé) qui est au milieu des offrandes » : de Buck 1935-1961, II, Sp. 115 § 134b (G2T). Faulkner 1973, I, p. 108-109. Barguet 1986, p. 596. Carrier 2004, I, p. 290-291.
[44] Cauville 1997, III, p. 653 « la tête (d’Osiris) à l’intérieur du coffre mystérieux », voir aussi pour la « tête (des déesses des points cardinaux) ».
[45] Litt. « la tête (d’Osiris) à l’intérieur du coffre mystérieux » (Cauville 1997, I, p. 46-47).
[46] PtoLex. p. 1237 « bravery, fortitude ».
[47] Wb I, 297,10 - 298,5 ; Lefebvre 1952, § 10 p. 11 ; Lacau 1970, § 74 p. 35 et 416 p. 153 ; Alex. 77.0894, 78.0936, 79.0646 « sommet de la tête » ; Walker 1996, p. 268 « 1. Parting of the hair ; 2. Crown of the head . The entire parietal region of the cranium ; i.e. the two parietal bones and the intervening sagittal suture » (1. Séparation des cheveux ; 2. Couronne de la tête ; La région pariétale du crâne; c’est-à-dire les deux pariétaux et la suture sagittale) ; Hannig-Wb I & II,1 - 7265 « Scheitel (d. Menschen) » (Vertex - des gens) ; PtoLex. p. 227 « top of head » (dessus de la tête) ; Cauville 1997, III, p. 115 « Le front ». Il s’agit en fait de l’endroit, non pas de la dépose circulaire des couronnes, mais du point idéal d’où elles se dressent, comme une plume (au sommet).
[48] Je reprends ici par commodité pédagogique une partie mon ancien texte.
[49] Wb I, 346,1 ; Lefebvre 1952, § 10 p. 12 ; FCD, p. 65 « crown of head » (sommet de la tête) ; Hannig 1995, p. 208 « Schädeldecke ; Scheitel 3ht≈ n ẖrdFontanelle » (crâne ; apex 3ht≈ n ẖrdfontanelle) ; Walker 1996, p. 268 « crown of the head, bregma ».
[50] Wb I, 500,1 ; Lefebvre 1952, § 10 p. 11 ; FCD, p. 88 « shell of turtle, of skull » (écaille de tortue, du crâne) ; Walker 1996, p. 269 « shell of the skull, thin plate of bone, the thin bone of the vault of the head » (écaille du crâne, une mince plaque de l'os, le mince os de la voûte de la tête) ; Hannig-Wb II,1 - 10436 p3qyt « Scherbe, Tonscherbe, Kalksteinsscherbe » (tesson, éclat de poterie, éclat de calcaire) ; Takács, II, 2001, p. 401-403. Ce mot provient de p3q, p3qy, « être fin ».
[51] Wb V, 295, 5-6 ; Lefebvre 1952, § 10 p. 11 ; Alex. 77.4794 « sutures (?) des os du crâne » ; Walker 1996, p. 278 « membrane lining sinus cavities » (membrane doublant les cavités sinusales) ; Hannig 1995, p. 930 « Kopfnähte, Knochennähte » (sutures du crâne, sutures osseuses du crâne). Ce mot peut être rapproché du copte : KoptHWb p. 239 ; Vycichl 1983, p. 218, ⲧⲟⲡ B, « sceller », et, 219, ⲧⲟⲡ S, « coudre, raccommoder, joindre ».
[52] Je reprends encore par commodité pédagogique mon ancien texte, mais présenté ici d’une manière un peu différente.
[53] W.M.F. Petrie, Scarabs and cylinders with names illustrated by the Egyptian collection in University College, London, 1917, p. 4-8, et fig. front. en bas à droite.
[54] Clichés : https://www.galerie-insecte.org/galerie/esp-page.php?gen=Pachnoda&esp=savignyi.
[55] Clichés : https://www.galerie-insecte.org/galerie/esp-page.php?gen=Aethiessa&esp=floralis.
[56] R.P. Dechambre, G. Lachaume, The Beetles of the World, XXVII, Canterbury, 2001, p. 9, 37-38. Voir aussi : Oryctes sahariensis (de Mire, 1960), p. 39.
[57] Voir par exemple : Caroli Linnæi, Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classses, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, I, 1758 ; W. F. Walker, List of Coleoptera collected byJ. K. Lord, Esq., in Egypt, Arabia, and near the African Shore of the Red Sea, withcharacters of the undescribed species, Londres, 1871 ; J.-H. Fabre, Souvenirs entomologiques, Paris, 1897 ; A. Janssens, Monographie des Scarabaeus et genre Voisins, Musée Royal d'Histoire Naturelle de Belgique, 1940 ; A. Alfieri, « La veritable identité du scarabée sacré de l’Égypte pharaonique (Coloptera : Scarabaeida-Coprinae) », Bulletin de la Société Entomologique d’Égypte, 40, 1956, p. 451-452 ; G. Kriski, « Beetle God of Ancien Egypt », American Entomologist, Summer 1991, p. 85-89 ; Y. Cambefort, Le scarabée et les dieux, Paris, 1994 ; Chr. Regner, Skarabäen und Skaraboide, Otto Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 1995 ; P. Vernus, J. Yoyotte, Bestiaire des pharaons, 2ème édition révisée et augmentée, Paris, 2005, p. 441-448.
Et aussi : http://animaldiversity.org/accounts/Scarabaeus_sacer/classification/ ;
https://www.galerie-insecte.org/galerie/Fam_Scarabaeidae_01.html.
[58] Percy E. Newberry, Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire, N° 36001-37521, Scarab-shaped Seals, London, 1907, Planche VIII, n° 37198, et p. 300.
[59] G.A. Reisner, op.cit. 1907, Planche I, n° 5238 et p. 4.
[60] T.G. Allen, The Egyptian Book of the Dead: Documents in the Oriental Institute Museum at the University of Chicago. Oriental Institute Publications 82, University of Chicago Press, The Oriental Institute, Chicago, 1960, p. 87 et pl. LVIII, XIII (Ch. 16), puis XIII (pour OIM 9787 -R), p. 181-186 et pl. LXXIII (Ch. 108-110c). Pour des discussions de scènes similaires, voir aussi : K. Sethe, « Altiigyptische Vorstellungen vom Lauf der Sonne », dans Preussisehe Akademie der Wissenschaften, Philos.-hist. Klasse, S'itzungberichfe, 1928, p. 259-84, et commentés par H. Schafer dans ZAS LXXI (1935) 15-38. Voir aussi : F. Scalf( Edt), Book of the Dead. Becoming God in Ancient Egypt, Oriental Institute Publications 39, University of Chicago Press, The Oriental of the University of Chicago, Chicago, 2017.
[61] Textes des Sarcophages : de Buck1935-1961, V, Sp. 467. Faulkner 1973, p. 95-96 ; Barguet 1986, p. 81 ; voir aussi : Carrier II, 2004, p. 1113-1117 . Livre des Morts : Barguet 1967, p. 147-148 ; voir aussi : Budge, Text, 1898, p. 228-230 ; Carrier dans le pNebseny (BM EA 99000), Melchat 5, 2011, p. 241-243.
[62] Voir déjà : R.-A.Jean, « Néo-embryologie osirienne - I , La chair du dieu », dansHistoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 3 septembre 2014 ; — , « Néo-embryologie osirienne - III , La splanchnologie canopique », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 26 septembre 2016.
[63] R.-A. Jean, « Le shedshedet la renaissance - II » – En hommage à Madame Anne-Marie Loyrette, dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 15 février 2018, p. 15-18 ; — , « Clinique obstétricale égyptienne – XV . Les annexes embryonnaires (3) Le liquide amniotique », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 14 mars 2018, 15-17.
[64] Pour les sangsues en Égypte, voir : Jean, Loyrette, 2010, p. 461-468.
[65] Z. Hawass, Y.Z. Gad, S. Ismail, R. Khairat,S. Ismail,D. Fathalla, N. Hasan, A. Ahmed, H. Elleithy,M. BallM, F. Gaballah,S. Wasef, M. Fateen, H. Amer, P. Gostner, A. Selim, A. Zink,C.M. Pusch, « Ancestry and pathology in King Tutankhamun's family », JAMA, 17 Feb 2010, 303, 7, p. 638-647 ; 667-668.
[66] Voir par exemple pour tout ceci : M. Le Merrer, « Maladies osseuses constitutionnelles », EMC, [31-132-A-10] ; M. Le Merrer, V. Cormier-Daire, « Chondrodysplasies responsables d'insuffisance staturale », EMC, [14-023-A-11] - Doi : 10.1016/S0246-0521(07)41720-X ; A. Sbihi, « Ostéo-chondrodysplasies : Défauts de croissance des os longs et/ou des vertèbres Dysplasies reconnaissables à la naissance », EMC, [31-132-B-10]. D. Chauvet, A.-L. Boch, « Hydrocéphalie », EMC, AKOS [5-0821], Doi : 10.1016/S1634-6939(11)52291-4 ; F. Caire, E.-M. Gueye, D. Fischer-Lokou, A. Durand, M.-P. Boncœur-Martel, P.-A. Faure, J.-J. Moreau, « Hydrocéphalies de l'enfant et de l'adulte », EMC, [67731], Doi : 10.1016/S0246-0378(15)67731-4.
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