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⭐AFFAIRE RELATIVE A CERTAINS EMPRUNTS NORVÉGIENS
AFFAIRE RELATIVE A CERTAINS EMPRUNTS NORVÉGIENS
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1 2 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE RECUEIL DES ARRETS, AVIS CONSULTATIFS ET ORDONNANCES AFFAIRE RELATIVE A CERTAINS EMPRUNTS NORVÉGIENS (FRANCE c. NORVÈGE) ARRÊT DU 6 JUILLET 1957 INTERNATIONAL COURT OF JUSTICE REPORTS OF JUDGMENTS, ADVISORY OPINIONS AND ORDERS CASE OF CERTAIN NORWEGIAN LOANS (FRANCE v. NORWAY) JUDGMENT OF JULY 6th, 19573 Le présent arrêt doit être cité comme suit (( Agaire relative à certains emprztnts norvégzens, Arrêt du 6 juillet 1957 : C. I. J. Recueil 1957, p. 9. )) This Judgment should be cited as follows : '"Case of Certain Norwegian Loans, Judgment of July 6th, 1957 : I.C. J. Re#orts 1957, p. 9." ïp de e n : Sales number4 COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE ANNEE juillet 1957 AFFAIRE RELATIVE A CERTAINS EMPRUNTS NORVÉGIENS (FRANCE c. NORVÈGE) Emprunts internationaux, question de la clause or. - Obligations de l'état emprunteur. - Exceptions préliminaires. - Llroit interne, droit international. - Deuxième Convention de La Haye, 1907, - Juridiction obligatoire. - fiéclarations en vertu de l'article 36, paragraphe 2, du Statut; réserve de la compétence nationale telle qu'elle est entendue par l'état déclarant. - Effet de la condition de réciprocité. - Compétence de ln Cour. Présents : M. HACKWORTH, Président; M. BADAWI, Vice-Président ; MM. GUERRERO, BASDEVANT, WINIARSKI, ZORICIC, KLAESTAD, READ, ARMAND-UGON, KOJEVNIKOV, Sir Muhammad ZAFRULLA KHAN, Sir Hersch LAUTERPACHT, MM. MORENO QUINTANA, CORDOVA, WELLINGTON KOO, Juges; M. LOPEZ OLIVXN, Greijïer. 45 INTERNATIONAL COURT OF JGSTICE YEAR July 6th General List No. 29 July 6% 1957 CASE OF CERTAIN NORWEGIAN LOANS (FRANCE v. NORWAY) In.ternatio+zal loavzs, question of gold c1aztse.-obligatiol~s oj boruowing State.-Preliminauy 0bjectio1zs.--\i'ît+zici9al law, i~zternational 1aw.- Second Hagzte Co~zvention, 19o7.-Comp2~~lsovy juvisdiction.-declarations under Article 36, PavaprapJz 2, of Statute ; resevaation of national jurisdiction as understood by declarant State.-Eflect of condition of ~rciprocity.-cowzpetejzce of Court. Present : President HACKWORTH ; Vice-P~esident BADAWI ; Judges GUERRERO, BASDEVSNT, WISIARSKI, ZORI?I~, KL~~ESTAD, READ, ARMASD-LTGos, KOJEVNIKOV, Sir Muhammad ZAFRULLA KHAN, Sir Hersch LAUTERPXCHT, MORENO QUINTANA, COR DOS..^, WELLISGTON KOO ; Regist~ar LOPEZ OLIVAN. 46 En l'affaire relative à certains emprunts norvégiens, entre la République française, représentée par M. André Gros, professeur des facultés de droit, jurisconsulte du ministère des Affaires étrangères, comme agent, assisté de M. Paul Reuter, professeur à la faculté de droit de Paris, jurisconsulte adjoint du ministère des Affaires étrangères, comme conseil, Me Marcel Poignard, du barreau de Paris, ancien bâtonnier, comme avocat, et de M. Claude Chayet, conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères, M. Robert Monod, administrateur civil au ministère des Finances, M. J. J. de Bresson, procureur de la République, détaché au ministère des Affaires étrangères, Me Henri Monneray, avocat à la Cour d'appel de Paris, comme experts, le Royaume de Norvège, représenté par M. Sven Arntzen, avocat à la Cour suprême de Norvège, comme agent et avocat, M. Lars J. Jorstad, ambassadeur de h-orvège à La Haye, comme agent, assistés de M. Maurice Bourquin, professeur à l'qniversité de Genève et à l'institut universitaire des Hautes Etudes internationales, M. Jens Evensen, avocat à la Cour suprême de Norvège, comme avocats, M. Frede Castberg, recteur de l'université d'oslo, M. Johannes Andenaes, professeiir à l'université d'oslo, M. Bredo Stabell, directeur au ministère des Affaires étrangères, M. Pierre Lalive, professeur à l'université de Genève, comme experts,7 In the case of Certain Norwegian Loans, between the French Republic, represented by M. André Gros, Professor of the Faculties of Law, Legal Adviser to the Ministry for Foreign Affairs, as Agent, assisted by : M. Paul Reuter, Professor of the Faculty of Law of Paris, Assistant Legal Adviser to the Ministry for Foreign Affairs, as Counsel, Me. Marcel Poignard, of the Paris Bar, former Bâtonnier, as Advocate, and by : M. Claude Chayet, Legal Adviser in the Ministry for Foreign Aff airs, M. Robert Monod, Admi~zistratez*,~ civil in the Ministry of Finance, M. J. J. de Bresson, Procz~rez~r de la Ré$zhbZiqzte, detached to the Ministry for Foreign Affairs, Me. Henri Monneray, of the Bar of the Paris Court of Appeal, as Expert Advisers, and the Kingdom of Norway, represen ted by : M. Sven Arntzen, Advocate at the Supreme Court of Norway, as Agent and Advocate, 11. Lars J. Jorstad, Ambassador of Sorway at The Hague, as Agent, assisted by : M. Maurice Bourquin, Professor at the Cniversity of Geneva and at the Graduate Institute of International Studies, 31. Jens Evensen, Advocate at the Supreine Court of Norway, as Advocates, M. Frede Castberg, Rector of the Gniversity of Oslo, M. Johannes Andenaes, Professor at the University of Oslo, 31. Bredo Stabell, Director at the Ministry for Foreign Affairs, M. Pierre Lalive, Professor at the Cniversity of Geneva, as Expert Advisers, 58 et de M. Einar Lochen, chef de division au ministère des Affaires étrangères, comme secrétaire, ainsi composée, rend l'arrêt suivant Par lettre du 6 juillet 195 j, remise le même jour au Greffe, l'ambassadeur de France aux Pays-Bas a transmis une lettre de l'agent du Gouvernement de la République française, en date du 5 juillet Igj5, transmettant une requête introductive d'instance exposant un différend avec le Gouvemement du Royaume de Norvège au sujet du paiement de divers emprunts norvégiens émis en France. En même temps, l'ambassadeur de France notifiait au Greffe que le professeur Gros avait été désigné comme agent du Gouvemement français dans cette affaire. La Requête ainsi déposée au Greffe le 6 juillet 1955 vise expressément l'article 36, paragraphe 2, du Statut de la Cour et l'acceptation de la juridiction obligatoire de la Cour internationale de Justice par le Royaume de Norvège, le 16 novembre 1946, et par la République française, le I~~ mars Elle se réfère à certains emprunts qu'elle énumère, émis par le Royaume de Norvège, par la Banque hypothécaire du Royaume de Norvège et par la Banque des propriétés agricoles et habitations ouvrières; elle invoque que des titres de ces emprunts sont entre les mains de porteurs français; elle allègue que lesdits emprunts sont assortis d'une clause or et elle tend à appeler ld Cour à déterminer de quelle manière l'emprunteur doit s'acquitter de la substance de sa dette. Conformément à l'article 40, paragraphe 2, du Statut, la requête a été communiquée au Gouvernement du Royaume de Norvège; conformément au paragraphe 3 du,même article, les autres Membres des Nations Gnies, ainsi que les Etats non Membres admis à ester en justice devant la Cour, en ont été informés. Par ordonnance du 19 septembre 1955, le Président, tenant compte d'un accord entre les Parties, a fixé les délais pour le dépôt du Mémoire et du Contre-mémoire. A la date d'expiration de ce second délai, le Gouvernement di1 Royaume de Norvège a déposé un document énonçant certaines exceptions préliminaires tendant, pour divers motifs qui y sont exposés, à faire dire et juger que la requête n'est pas recevable. Par ordonnance du 24 avril 19j6, la Cour, constatant que la procédure sur le fond était suspendue en ïertu des dispositions de l'article 62, paragraphe 3, du Règlement, a fixé un délai expirant le 4 juin 1gj6 povlr la présentation par le Goux-ernement de la 69 and by M. Einar Lochen, Chief of Division in the Ministry for Foreign Affairs, as Secretary, composed as above, delivers the jollowing Judg~nefzt : In a Ietter of July 6th, 1955, filed in the Registry on the same day, the Ambassador of France to the Netherlands fonvarded a letter from the Agent of the Government of the French Republic dated July 5th, 1955, transmitting an Application instituting Proceedings in a dispute with the Government of the Kingdom of Nonvay concerning the payment of various Norwegian Loans issued in France. At the same time, the Ambassador of France notified to the Registry the appointment of Professor Gros as Agent of the French Govemment in the case. The Application thus filed in the Registry on July 6th, 1955, expressly refers to Article 36, paragraph 2, of the Statute of the Court and to the acceptance of the compulsory jurisdiction of the International Court of Justice by the Kingdom of Norway on November 16th, 1946, and by the French Republic on March ~st, It refers to and enurnerates certain loans floated by the Kingdom of Nonvay, by the Mortgage Bank of the Kingdom of Norway and by the Small Holding and Workers' Housing Bank; it relies upon the fact that bonds of these loans are in the hands of French holders; it alleges that the said loans contain a gold clause ; and it is designed to request the Court to determine the manner in which the borrower should discharge the substance of his debt. Pursuant to Article 40, paragraph 2, of the Statute, the Application was communicated to the Government of the Kingdom of Norway and, pursuant to paragraph 3 of the same Article, other Members of the United Nations as well as non-member States entitled to appear before the Court were notified of it. By Order of September ~gth, 1955, the President, taking account of an agreement between the Parties, fixed the time-limits for the filing of the Memorial and Counter-Nemorial. On the date of the expiry of the second of these time-limits, the Government of the Kingdom of Norway filed a document setting out certain preliminary objections designed, on various grounds stated therein, to obtain a finding from the Court that the Application was inadmissible. By Order of April zqth, 1956, the Court, noting that the proceedings on the merits were suspended by virtue of the provisions of Article 62, paragraph 3, of the Rules of Court, fixed June 4th, 1956, as the time-limit for the preçentation by the Government of the French 610 République française d'un exposé écrit contenant ses Observations et Conclusions sur les exceptions préliminaires. En notifiant cette décision aux agents, le Greffier leur a fait savoir que l'intention de la Cour était d'ouvrir les audiences le 25 juin Le 15 mai 1956, l'agent du Gouvernement du Royaume de Norvège a soumis à la Cour le désir de son Gouvernement, motivé par des circonstances imprévues, de remettre la procédure orale à l'automne. En conséquence, la Cour, après s'être renseignée auprès des Parties et ayant décidé de retarder l'ouverture des audiences, a, par ordonnance du 29 mai 1956, reporté au 31 août 1956 la date d'expiration du délai pour le dépôt, par le Gouvernement français, de ses Observations et Conclusions sur les exceptions préliminaires soulevées par le Gouvernement norvégien. Dans le délai fixé, le Gouvernement français a présenté ses Observations et Conclusions sur les exceptions préliminaires. Tout en exposant les motifs pour lesquels il priait la Cour de ne pas accepter celles-ci, il lui demandait de joindre au fond lesdites exceptions préliminaires. La Cour a décidé, le 21 septembre 1956, d'ouvrir les audiences sur les exceptions préliminaires le 15 octobre 1956 et les agents des Parties en ont été avisés le même jour. Par lettre datée de ce même jour et remise au Greffier le 22 septembre, l'agent du Gouvernement du Royaume de Norvège, constatant que, dans ses Observations sur les exceptions préliminaires, le Gouvernement de la République française avait conclu qu'il plaise à la Cour joindre les exceptions au fond, faisait savoir que son Gouvernement, tout en maintenant intégralement les exceptions par lui soulevées, ne croyait pas devoir s'opposer à la jonction au fond. Par ordonnance du 28 septembre 1956, la Cour, considérant que rien ne s'opposait à ce qu'il soit tenu compte de l'accord ainsi intervenu, a joint les exceptions au fond et, après s'être renseignée auprès des Parties, a fixé les délais pour la présentation des pièces ultérieures de la procédure écrite, le dernier de ces délais expirant le 25 avril Les Parties ayant déposé respectivement leurs Contre-mémoire, Réplique et Duplique dans les délais ainsi fixés, l'affaire s'est trouvée en état à cette dernière date. Lors des audiences qui ont été tenues les 13, 14, 15, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 28 mai 1957, la Cour a entendu, en leurs plaidoiries et réponses: M. André Gros et M' Marcel Poignard, au nom du Gouvernement de la République française, et MM. Sven Arntzen, Maurice Bourquin et Jens Evensen, au nom du Gouvernement du Royaume de Norvège. -4u cours de la procédure écrite et orale, les conclusions ci-après ont été prises par les Parties:11 SORWEGIAN LOANS (JUDGNENT OF JULY 6th, 1957) 12 Republic of a written statement of its Observations and Submissions in regard to the Prelirninary Objections. In notifying the Agents of this decision, the Registrar informed them that it was the Court's intention to open the oral hearings on June 25th, On May 15th, 1956, the Agent of the Govemment of the Kingdom of Norway acquainted the Court with the desire of his Government that, because of unforeseen circumstances, the oral proceedings should be postponed until the autumn. Consequently the Court, after ascertaining the views of the Parties and having decided to postpone the opening of the oral proceedings, by Order of May zgth, 1956, extended to August yst, 1956, the time-limit for the filing, by the French Government, of its Observations and Submissions on the Preliminary Objections raised by the Nonvegian Governnlent. Within this time-limit, the French Government presented its Observations and Submissions on the Preliminary Objections. Whilst stating the grounds on which it requested the Court net to uphold the Objections, it asked the Court to join the Preliminary Objections to the Merits. The Court decided, on September z~st, 1956, to open the oral hearings on the Preliminary Objections on October 15th, 1956, and the Agents of the Parties were advised of this decision on the same date. In a letter of the same date, which was handed to the Registrar on September zznd, the Agent of the Governmcnt of the Kingdom of Norway, noting that, in its Observations on the Preliminary Objections, the Government of the French Republic had asked that it might please the Court to join the Objections to the merits, stated that his Government, whilst maintaining in their entirety the Objections which it had raised, did not consider that it should object to the joinder of these Objections to the merits. By Order of September 28th, 1956, the Court, considering that there was no objection to taking into account the understanding thus reached, joined the Objections to the merits and, after ascertaining the views of the Parties, fixed time-limits for the filing of the furtlier pleadings, the last of these time-limits expiring on ApriIz5th, The Parties having respectively filed their CoTinter- Memorial, Reply and Rejoinder within the time-liinits so fixed, the case was ready for fiearing on the last-named date. In the course of hearings held on May 13th, qth, 15th, 17th, zoth, z~st, zznd, z3rd, zqth, 25th and 28th, 1957, the Court heard the oral arguments and replies of M. André Gros and Me. Marcel Poignard, on behalf of the Government of the French Republic, and of M. Sven Arntzen, M. Maurice Bourquin and 31. Jens Evensen, on behalf of the Government of the Kingdom of Norway. During the written and oral proceedings, the foilowing Submissions were presented by the Parties:12 13 EMPRVSTS SORT.ÉGIEKS (ARRÊT DU 6 JUILLET 1957) Au nom du Gouvernement français, dans la Requête: «Plaise à la Cour: Donner acte à l'agent du Gouvernement de la République française que, pour toutes notifications et communications relatives à la présente affaire, il élit domicile au siège de l'ambassade de France à La Haye; Notifier la présente requête, conformément à l'article 40, alinéa 2, du Statut de la Cour, au Gouvernement du Royaume de Norvège; Dire et juger, tant en l'absence qu'en présence dudit Gouvernement et après tel délai que, sous réserve des propositions faites par accord entre les Parties, il appartiendra à la Cour de fixer: Que les emprunts internationaux émis par le Royaume de Norvège en 1896 (3% or), 1909 (34% or), 1902 (34% 04, 1903 (3% or), 1904 (39% or), 1905 (34% or), les emprunts internationaux émis par la Banque hypothécaire du Royaume de Norvège, 3474 or , 1902, 1905, 1907, 1909 et 4% or 1900, l'emprunt international émis par la Banque des propriétés agricoles et habitations ouvrières 3&0/; or en 1904, stipulent en or le montant de l'obligation de l'emprunteur pour le service des coupons et l'amortissement des titres; Et que l'emprunteur ne s'acquitte de la substance de sa dette que par le paiement de la valeur or des coupons au jour du paiement et de la valeur or des titres amortis au jour du remboursement. )) Au nom du Gouvernement français, dans le Mémoire: «En conséquence, le Gouvernement de la République française maintient les conclusions déposées dans sa requête du 6 juillet 1955 et demande à la Cour de dire et juger: Que les emprunts internationaux émis par le Royaume de Norvège en 1896 (3% or), 1900 (34% or), 1902 (3% or), 1903 (3% or!, 1904 (33% or), 1905 (34% or), les emprunts internationaux émis par la Banque hypothécaire du Royaume de Norvège, 3% or , 1902, 1905, 1907, 1909 et 4% or 1900, l'emprunt international émis par la Banque des propriétés agricoles et habitations ouvrières 36% or en 1904, stipulent en or le montant de l'obligation de l'emprunteur pour le service des coupons et l'amortissement des titres; Et que l'emprunteur doit s'acquitter de la substance de sa dette par le paiement de la valeur or des coupons au jour du paiement et de la valeur or des titres amortis au jour du remboursement. )1 Au nom du Gouvernement norvégien, dans les Exceptions Préliminaires : 8 Attendu que : 1) L'objet du différend, tel qu'il est défini dans la requête du Gouvernement français du 6 juillet 1955, relève du droit interne et non du droit international, alors que la juridiction obligatoire de la Cour vis-à-vis des Parties en cause est limitée, par leurs déclarations du 16 iiovembre 1946 et du ler mars 1949, aux différends de droit iilternational ;13 NORWEGIAN LOANS (JUDGMENT OF JULY 6th. 1957) 13 On behalf of the French Government, in the Application: "May it please the Court : To take note that for the purpose of al1 notifications and communications relating to the present case, the Agent of the Government of the French Republic selects for his address for service the French Embassy at The Hague; To notify the present Application, in accordance with Article 40. paragraph 2, of the Statute of the Court, to the Government of the Kingdom of Norway; To adjudge and declare, whether the Government of the Kingdom of Norway appears or not, and after such time-limits as the Court may fix in the absence of an agreement between the Parties: That the international loans issued by the Kingdom of Norway in 1896 (3% gold), 1900 (33% gold), 1902 (33% gold), 1903 (3% gold), 1904 (32% gold), 1905 (33% gold), the international loans issued by the Mortgage Bank of the Kingdom of Norway, 34% gold S, 1902, 1905, 1907, 1909 and 4% gold 1900, the international loan issued by the Small Holding and Workers' Housing Bank 33% gold in 1904, stipulate in gold the amount of the borrower's obligation for the service of coupons and the redemption of bonds; And that the borrower can only discharge the substance of his debt by the payment of the gold value of the coupons on the aate of payment and of the gold value of the redeemed bonds on the date of repayment." On behalf of the French Government, in the Memorial: "The Government of the French Republic therefore maintains the submissions filed in its Application of July 6th, I95j, and requests the Court to adjudge and declare: That the international loans issued by the Kingdom of Norway in 1896 (3% gold), 1900 (34% g~ld), 1902 (34% gold), 1903 (3% g~ld), 1904 (3-S-X gold), 1905 (33% gold), the international loans issued by the Mortgage Bank of the Kingdom of Norway, 3&% gold 188 j-189b 1902, 19oj, 1907, 1909 and 4% gold 1900, the international loaii issued by the Small Holding and Workers' Housing Bank 33% gold. in 1904, stipulate in gold the amount of the borrower's obligation for the service of coupons and the redemption of bonds; And that the borrower must discharge the substance of his debt by the payment of the gold value of the coupons on the date oi payment and of the gold value of the redeemecl bonds on the datof repayment." On behalf of the Korn-egian Governmeni, in the Preliminar!- Objections: "\T'hereas : I. The subject of the dispute, as defined in th~4pplication of the French Govern~nent of July 6th, 1955, is within the domai~: of municipal law and not of international law, whereas the compulsor~juiisdiction of the Court in relation to the Parties inr-olved isrestricted. by their Declarations of XOL-ernber 16th. 1q46, and hinrch 1st' to disputes concerning iiiterfiational lan-; $514 14 EMPRUNTS NORVÉGIENS (~~RRÊT DU 6 JUILLET 1957) 2) Les «faits» ou «situations» au sujet desquels le différend s'est élevé sont antérieurs à la déclaration par laquelle le Gouvernement français a accepté la juridiction obligatoire de la Cour, ce différend se trouve ainsi exclu de l'engagement pris par la France et, par voie de réciprocité, de l'engagement pris par la Norvège à l'égard de la France; 3) Pour la partie de la demande qui concerne les titres émis par la Banque hypothécaire de Norvège et par la Banque norvégienne des propriétés agricoles et habitations ouvrières, ces deux banques ont une personnalité juridique distincte de celle de l'état norvégien; l'action ne peut donc être dirigée contre ce dernier en qualité d'emprunteur; et, par ailleurs, la compétence de la Cour est limitée aux différends entre États; 4) Les porteurs de titres au nom desquels le Gouvernement franqais se croit fondé à saisir la juridiction internationale n'ont pas préalablement épuisé les recours internes, Plaise à la Cour dire et juger que la demande introduite par la requête du Gouvernement français du 6 juillet 1955 n'est pas recevable. )) Au nom du Gouvernement français, dans les Observations et Conclusions sur les exceptions préliminaires : ((Pour ces motifs et sous réserve de tous moyens et preuves à présenter ultérieurement à la Cour, Plaise à la Cour joindre au fond les «Exceptions Préliminaires» soulevées par le Gouvernement royal de Norvège. 1) ALI nom du Gouvernement norvégien, dans le Contre-mémoire : (( Quant aux exceptions préliminaires : Attendu que le Gouvernement norvégien maintient les exceptions préliminaires nos 1, 3 et 4 soulevées dans le document présenté à la Cour le 20 avril 1956, Plaise à la Cour dire et juger que la demande introduite par la requête du Gouvernement français du 6 juillet 1955 n'est pas recevable. Quant au fond: Attendu que la réclamation du Gouvernement français est sans fondement, Plaise à la Cour débouter le Gouvernement francais de son action. )) Au nom du Gouvernement français, dans la Réplique : «En ce qui concerne la recevabilité: 9 Plaise à la Cour prendre acte de la renonciation par le Gouvernement royal de Xorvège à l'exception préliminaire no z,15 NORWEGIAK LOANS (JUDGMEKT OF JULY 6th, 1957) The 'facts' or 'situations' in respect of which the dispute has arisen are prior to the Declaration by which the French Gouernment accepted the compulsory jurisdiction of the Court, this dispute is therefore excluded from the undertaking given by France and, by virtue of reciprocity, from the undertaking given by Norway vis-dvis France ; 3. Asregards tliat part of the daim which relates to the bond certificates issued by the Mortgage Bank of Norway and by the Norwegian Small Holding and Workers' Housing Bank, these two Banks have a legal personality distinct from that of the Norwegian State; proceedings can therefore not be instituted against the latter in its capacity as the borrower; whereas, moreover, the juriscliction of the Court is limited to disputes between States; 4. The holders of bond certificates on whose behalf the French Government considers itself entitled to institute international proceedings have not previously exhausted the local remedies, May it please the Court to adjudge and declare that the claim put forward by the Application of the French Government of July 6th, Igjj, is not admissible." On behalf of the French Government, in the Observations and Submissions on the Preliminary Objections : "For these reasons, and subject to the subsequent presentation of any evidence or argument, May it please the Court to join to the merits the 'Preliminary Objections' raised by the Royal Nonvegian Government." On behalf of the Norwegian Government, in the Counter-Memorial: "On the Preliminary Objections : Having regard to the fact that the Norwegian Government maintains Preliminary Objections Nos. I, 3 and 4 raised in the document submitted to the Court on April zoth, 1956, May it please the Court to adjudge and declare that the claim submitted by the Application of the French Government of July Gth, 1955, is not admissible. On the Merits : Having regard to the fact that the claim of the French Government is unfounded, May it please the Court to dismiss the claim of the French Government." On behalf of the French Government, in the Reply : "On the question of admissibility : May it please the Court to place on record the abandonment by the Royal Government of Norway of its second Preliminary Objection,16 repousser les exceptions préliminaires nos 1, 3, 4 présentées par le Gouvernement royal de Norvège, dire et juger que la demande introduite par la requête du Gouvernement français du 6 juillet 1955 est recevable. En ce qui concerne le fond: Plaise à la Cour adjuger au Gouvernement de la République française les conclusions de sa requête du 6 juillet 1955.» Au nom du Gouvernement norvégien, dans la Duplique «Le Gouvernement norvégien maintient les conclusions de son contre-mémoire du 20 décembre 1956.»,4u nom du Gouvernement français, conclusions énoncées à l'audience du 15 mai 1957 et déposées le même jour: Le Gouvernement de la République française demande à la Cour de dire et juger: Sur la compétence : Que la réclamation du Gouvernement de la République française, qui a pris fait et cause pour ses ressortissants porteurs de titres des emprunts norvégiens en question, constitue un cas de recouvrement de dettes contractuelles au sens de l'article premier de la deuxième Convention de La Haye du 18 octobre 1907; que cette réclamation, n'ayant pas été réglée par la voie diplomatique, a don$ lieu àlun différend juridiqye d'ordre international entre les deux Etats; Que les deux Etats ont, en acceptant la juridiction obligatoire de la Cour internationale de Justice, admis la compétence de la Cour pour tout différend d'ordre juridique ayant pour objet l'interprétation d'un traité, tout point de droit international, la réalité de tout fait qui, s'il était établi, constituerait la violation d'un engagement international; Que le recouvrement oune dette d'emprunt international, réclamé au Gouvernement de 1'Etat débiteur par le Gouvernement qui a pris fait et cause pour ses ressortissants porteurs de titres, soulève une question qui, au sens de l'article 36, paragraphe 2, alinéas b et c, relève de la compétence de la Cour par l'acceptation des deux Parties ; Que le différend peut être porté devant la Cour sans que les recours internes aient été épuisés, la preuve n'ayant pas été apportée que ces recours pouvaient avoir effet utile. Sur le fond: Que les emprunts visés dans la requête du Gouvernement de la République française constituent des emprunts internationaux et qu'il résulte de la nature des titres au porteur qu'au regard de tolis les porteurs étrangers la substance de la dette est la même et que les paiements aux porteurs étrangers d'un même titre doivent se faire sans aucune discrimination;17 to dismiss the Preliminary Objections of the Royal Government of Nonvay Nos. 1, 3 and 4, to adjudge and declare that the claim put fonvard in the Application of the French Government of July 6th, 1955, is admissible. On the Merits: May it please the Court to uphold the submissions of the Government of the French Republic set out in its Application of July 6th, 1955." On behalf of the Norwegian Govemment, in the Rejoinder: "The Norwegian Government maintains the Submissions of its Counter-Memorial of December zoth, 1956." On behalf of the French Government, Submissions stated at the hearing of May I jth, 1957, and filed on the same day : "The Government of the French Republic requests the Court to adjudge and declare : On Jurisdiction : That the claim of the Government of the French Republic, which has adopted the cause of its nationals who are holders of bond certificates of the Norwegian loans in question, constitutes a case of the recovery of contract debts within the meaning of Article I of the Second Hague Convention of October 18th, 1907 ; that this claim, not having been settled by diplomatic means, has given rise to a legal dispute of an international character between the two States; That the two States, by their acceptance of the compulsory jurisdiction of the International Court of Justice, have recognized the competence of the Court in all legal disputes concerning the interpretation of a treaty, any question of international law, the existence of any fact which, if established, would constitute a breach of an international obligation; That the recovery of a debt due under an international loan, claimed from the Government of the debtor State by the Government which has adopted the cause of its nationals who are holders of bond certificates, raises an issue which, within the meaning of Article 36, paragraph 2, sub-paragraphs (b) and (c), falls within the competence of the Court by virtue of the acceptance of both Parties; That the dispute may be brought before the Court without the need for the exhaustion of local remedies since it has not been shown that such remedies could be effectua]. On the Merits: That the loans which constitute the subject-matter of the Application of the Government of the French Republic are international loans and that it follows from the nature of the bearer bonds that in respect of al1 foreign holders the substance of the debt is the same and that payments to foreign holders of an identical certificate must be made without any discrimination; 1 O18 Que lesdits emprunts contiennent un engagement de régler en valeur or les intérêts et les sommes dues pour l'amortissement des titres ; Qye les engagements sur le montant d'une dette contractée par un Etat à l'égard de ressortissants étrangers avec des conditions formj4les d'exécution ne peuvent être modifiés unilaféralement par cet Etat sans négociation avec les porteurs, avec 1'Etat qui a pris fait et cause pour ses ressortissants, ou sans arbitrage sur la capacité financière de 1'Etat débiteur à remplir ses obligations; Que, dans ces conditions, et sans se prononcer sur le problème de l'aménagement financier des paiements que le Gouvernement de la République française s'est déclaré prêt à étudier avec le Gouvernement du Royaume de Norvège, il convient de constater le bienfondé de la réclamation du Gouvernement de la République française ; Que le Royaume de Norvège ayant formellement promis et garanti le paiement en valeur or des sommes dues pour l'exécution de son obligation dans les divers emprunts en question, le débiteur ne s'acquitte valablement de cette obligation que par un paiement en valeur or à chaque échéance.» Au nom du Gouvernement norvégien, conclusions énoncées à l'audience du 23 mai 1957 et déposées le même jour: (( Quant aux exceptions préliminaires : Attendu que: 1) L'objet du différend, tel qu'il est défini dans la requête, relève du droit interne et non du droit international, alors que la juridiction obligatoire de la Cour vis-à-vis des Parties en cause est limitée, par leurs déclarations du 16 novembre 1946 et du ler mars 1949, aux différends de droit international; 2) Pour la partie de la demande qui concerne les titres émis par la Banque hypothécaire de Norvège et par la Banque norvégienne des propriétés agricoles et habitations ouvrières, ces deux banques ont une personnalité juridique distincte de celle de 1'Etat norvégien; l'action ne peut donc être dirigée contre ce dernier en qualité d'emprunteur; et, parailleurs, la compétence de la Cour est limitée aux différends entre Etats; 3) Les porteurs de titres pour la protection desquels le Gouvernement français se croit fondé à saisir la juridiction internationale n'ont pas préalablement épuisé les recours internes, Plaise à la Cour, rejetant toutes conclusions contraires, dire et juger que la demande introduite par la requête du Gouvernement français du 6 juillet 1955 n'est pas recevable. Quant au fond Attendu que la réclamation du Gouvernement francais est sans fondement,19 That the said loans contain an undertaking to pay in gold value interest and amounts due on redemption of the bonds; That undertakings as to the amount of a debt contracted by a State with foreign nationals, containing express conditions as to performance, cannot be unilaterally modified by that State without negotiation with the holders, with the State which has adopted the cause of its nationals, or without arbitration as to the financial capacity of the debtor State to fulfd its obligations; That in these circumstances, and without passing upon the financial adjustment of payments which the Govemrnent of the French Republic has declared itself ready to study with the Government of the Kingdom of Norway, the claim of the Government of the French Republic should be held to be well-founded; That the Kingdom of Norway having expressly promised and guaranteed payment in gold value of the sums due in performance of its obligations under the various loans in issue, the debtor cannot validly discharge this obligation except by payments as they fail due in gold value." On behalf of the Norwegian Government, Submissions stated at the hearing of May qrd, 1957, and filed on the same day : "On the Preliminary Objections Whereas : I. The subject of the dispute, as defined in the Application, is within the domain of municipal law and not of international law, whereas the compulsory jurisdiction of the Court in relation to the Parties involved is restricted, by their Declarations of November 16th, 1946, and March ~st, 1949, to disputes concerninginternational law ; 2. As regards that part of the claim which relates to the bond certificatesissuedby the MortgageBank of Norway and thenonvegian Small Holding and Workers' Housing Bank, these two Banks have a legal personality distinct from that of the Norwegian State; proceedings can therefore not be institued against the latter in its capacity as the borrower; whereas moreover the jurisdiction of the Court is limited to disputes between States; 3. The holders of bond certificates for whose protection the French Government considers itself entitled to institute international proceedings have not previously exhausted the local remedies, May it please the Court, rejecting al1 submissions to the contrary, to adjudge and declare that the claim put forward by the Application of the French Government of July 6th, 1955, is not admissible. On the Ments: Whereas the claim of the French Government is unfounded,20 I7 EMPRUNTS NORVÉGIESS (ARRÊT DU 6 JUILLET 1957) Plaise à la Cour, rejetant toutes conclusions contraires, débouter le Gouvernement français de son action.» Certaines objections à la teneur et à l'admissibilité des conclusions énoncées le 15 mai 1957 par l'agent du Gouvernement français ayant été soulevées par l'agent du Gouvernement norvégien, l'agent du Gouvernement franqais y a introduit certaines modifications à l'audience du 25 mai 1957 et les a déposées le même jour en la forme suivante : «Le Gouvernement de la République française demande à la Cour de dire et juger: Sur la compétence: 1) Que la réclamation du Gouvernement de la République française, qui a pris fait et cause pour ses ressortissants porteurs de titres des emprunts norvégiens en question, constitue un cas de recouvrement de dettes contractuelles au sens de l'article I~~ de la deuxième Convention de La Haye du IS octobre 1907; que cette réclamation n'ayant pas été réglée par la voie diplomatique a donné ljeu à un différend juridique d'ordre international entre les deux Etats; 2) Que les deux États ont, en acceptant la juridiction obligatoire de la Cour internationale de Justice, admis la compétence de la Cour pour tout différend d'ordre juridique ayant pour objet l'interprétation d'un traité, tout point de droit international, la réalité de tout fait qui, s'il était établi, constituerait la violation d'un engagement.. international; 3) Que le recouvrement des dettes résultant des emprunts en question, réclamé au Gouvernement de l'état norvégien par le Gouvernement français qui a pris fait et cause pour ses ressortissants porteurs de titres, soulève une question qui, au sens de l'article 36, paragraphe 2, alinéas b et c, relève de la compétence de la Cour par l'acceptation des deux Parties; 4) Que le différend peut être porté devant la Cour sans que les recours internes aient été épuisés, la preuve n'ayant pas été apportée que ces recours pouvaient avoir effet utile. Sur le fond: 1) Que les emprunts visés dans la requête du Gouvernement de la République française constituent des emprunts internationaux et qu'il résulte de la nature des titres au porteur qu'au regard de tous les porteurs étrangers la substance de la dette est la même et que les paiements aux porteurs étrangers d'un même titre doivent se faire sans aucune discrimination; 2) Que lesdits emprunts contiennent un engagement de régler en valeur or les intérêts et les sommes dues pour l'amortissement des titres; 3) Que les engagements sur le montant des dettes contractées dans lesdits emprunts par 1'Etat norvégien à l'égard de ressortis- Montrer encore
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