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Timestamp: 2019-04-19 14:30:33+00:00

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LE BLASPHÈME EN GÉNÉRAL.
ROBERT. le Jeu 11 Juin 2009, 8:43 pm
IIa-IIæ, qu. 13, par R. Bernard, O.P., Éd. Des Jeunes, Paris, 1950, et notes explicatives a écrit:
LE BLASPHÈME EN GENERAL
Il faut ensuite traiter du péché de blasphème. C'est le péché qui s'oppose à la confession de la foi. I° Du blasphème en général. 2° Du blasphème qu'on dit être le péché contre l'Esprit-Saint. [106]
Sur le premier point quatre questions se posent :
— 1. Le blasphème est-il l'opposé de la confession de la foi?
— 2. Est-il toujours péché-mortel?
— 3. Est-il le plus grand des péchés?
— 4. Existe-t-il chez les damnés?
Le blasphème est-il l'opposé de la confession de la foi?
DIFFICULTÉS : 1. Il semble que non. Blasphémer c'est lancer l'outrage ou le reproche en injure au Créateur. C'est de la malveillance contre Dieu plus que de l'infidélité. Le blasphème ne s'oppose donc pas à la confession de la foi.
2. Sur cette parole aux Éphésiens « que le blasphème soit supprimé de chez vous», la Glose dit « celui qui se fait contre Dieu ou contre les saints ». Mais la confession de la foi ne se produit, semble-t-il, qu'au sujet de ce qui regarde Dieu, puisque c'est lui l'objet de la foi. Le blasphème ne s'oppose donc pas toujours à la confession de la foi.
3. D'aucuns disent qu'il y a trois espèces de blasphèmes. C'en est une lorsqu'on attribue a Dieu ce qui ne lui convient pas. C'en est une seconde lorsqu'on lui retire ce qui lui convient. C'en est une troisième lorsqu'on attribue à la créature ce qui est propre à Dieu. Et ainsi il semble que le blasphème soit non seulement envers Dieu mais aussi envers les créatures. Or la foi a Dieu pour objet. Le blasphème n'est donc pas l'opposé de la confession de la foi.
CEPENDANT l'Apôtre dit : « Je fus d'abord blasphémateur et persécuteur », et après cela il ajoute : " je fis cela sans savoir, dans l'incrédulité ". Par quoi il semble que le blasphème se rattache à l'infidélité.
[106] Qu. 13, prol. — Blasphémer c'est mal parler de Dieu. La plupart des modernes étudient le blasphème non plus au traité de la foi mais à celui de la religion. Il est bien vrai que blasphémer c'est offenser la Majesté de Dieu, lui manquer de respect, et donc pécher contre la religion qui est la vertu du respect de Dieu. Mais, sans contredit, saint Thomas voit les choses plus à fond quand il dit que blasphémer c'est offenser la Vérité de Dieu et le Mystère de Dieu, et donc pécher contre la foi qui donne le sens de Dieu.
Sous la mauvaise façon de parler il y a une mauvaise façon de penser : ce n'est pas seulement la religion qui est en faute, c'est la foi qui est en défaut. A ceux qui sont enclins à blasphémer, il faut d'abord rapprendre à bien penser, à penser selon la foi. Et inversement, chez les vrais croyants, le blasphème devient comme impossible : il y a des insanités sur Dieu qu'ils ne peuvent pas prononcer parce qu'ils ne peuvent plus les penser.
Re: LE BLASPHÈME EN GÉNÉRAL.
ROBERT. le Sam 13 Juin 2009, 3:37 pm
Le blasphème est-il l'opposé de la confession de la foi? (suite)
CONCLUSION : Le mot blasphème implique, semble-t-il, une certaine dérogation à l'excellence d'une perfection et surtout d'une perfection divine. Or, comme le dit Denys, Dieu est l'essence même de la perfection. Dès lors, tout ce qui convient à Dieu appartient à sa perfection, et tout ce qui n'appartient pas à lui est loin de cette raison de la perfection : la perfection c'est l'essence de Dieu. Quiconque par conséquent ou bien nie de Dieu quelque chose qui lui convient ou bien affirme de lui ce qui ne lui convient pas, déroge à la divine perfection. [107]
Une telle dérogation peut avoir lieu doublement : tantôt elle a lieu seulement suivant l'opinion de l'intelligence, tantôt il s'y joint une certaine détestation de sentiment. Ce qui fait que cette sorte de dérogation à la perfection divine est, soit dans la pensée seulement, soit aussi dans l'affectivité. Si elle se concentre uniquement dans le cœur, c'est le blasphème du cœur; mais si elle se produit au dehors par des paroles, c'est le blasphème de la bouche. Et en ceci le blasphème est opposé à la confession. [108]
[107] Qu. 13, art. 1, concl. init. — Ce passage mérite d'être souligné. C'est une élévation sur l'excellence divine. Pour éviter toute méprise, je traduis bonté par perfection. La bonté dont parle le texte n'est pas seulement une perfection morale dans la manière d'agir, elle est avant tout une perfection métaphysique au tréfonds même de l'être. Cette perfection d'être est en Dieu dans une excellence incommensurable. Tout ce qui est en lui est à ce degré, et tout ce qui n'est pas lui en est à l'infini. La raison déjà nous dit cela.
Mais la révélation nous en donne une certitude autrement vive, elle en fait même une sorte de principe premier : la Majesté de la Divinité est un des premiers articles de la foi (cf. qu. 1, art. 8). Le Dieu de la foi est un Dieu caché, mais un Dieu de Majesté. Voilà pourquoi le souci constant de quiconque veut penser dans la foi doit être de ne jamais minimiser ce qui est Dieu comme de ne jamais diviniser ce qui n'est pas Dieu. Le contraire, c'est-à-dire retirer à Dieu, si peu que ce soit, ce qui est Lui, ou bien lui attribuer, si peu que ce soit, ce qui n'est pas Lui, c'est blasphémer.
[108] Qu. 13, art. 1, concl. fin. — Encore le cœur. Le blasphémateur n'a pas seulement le blasphème aux lèvres. Il l'a au cœur. De même que le fidèle doit avoir aussi la foi au cœur (cf. note 102).
ROBERT. le Lun 15 Juin 2009, 1:29 pm
SOLUTIONS : 1. Celui qui parle contre Dieu avec l'intention de lui faire des reproches déroge à la divine perfection non seulement selon la vérité de l'intelligence mais aussi selon la perversité d'une volonté qui déteste et qui empêche autant qu'elle peut l'honneur divin. C'est le blasphème parfait. [109]
2. De même qu'on loue Dieu dans ses saints en tant qu'on loue les œuvres qu'il effectue en eux, de même aussi le blasphème qui s'adresse aux saints, par voie de conséquence rejaillit sur Dieu,
3. D'après ces trois choses-là on ne peut pas distinguer à proprement parler diverses espèces du péché de blasphème. Car attribuer à Dieu ce qui ne lui convient pas ou lui retirer ce qui lui convient n'est qu'une différence d'affirmation et de négation. Cette différence ne fait pas une espèce distincte dans une habitude, puisque par une même science est dévoilée la fausseté d'affirmations et de négations et que par une même ignorance se trouvent erronées les unes et les autres, étant donné qu' « une négation se prouve par une affirmation » comme il est marqué au premier livre des Seconds Analytiques.
— Quant à attribuer aux créatures ce qui est le propre de Dieu, cela revient, semble-t-il, à lui attribuer ce qui ne lui convient pas. Car tout ce qui est propre à Dieu, c'est Dieu même : attribuer donc à une créature ce qui est le propre de Dieu c'est affirmer que Dieu même est la même chose que la créature. [110]
[109] Qu. 13, art. 1, sol. 1. — Précision sur la vraie nature du blasphème et détermination de son siège dans l'homme. Avant tout, c'est une énormité dans l'esprit, une fausse opinion, qu'on se fait de Dieu sciemment et la voulant bien, sans égard pour son mystère, sans respect pour sa Majesté. Par là le blasphème est toujours un péché contre la foi : Si vous aviez une foi plus vraie, vous ne penseriez pas ce que vous pensez là.
Pourtant le blasphème n'est pas toujours une infidélité caractérisée, hérésie ou autre. Le blasphémateur commet une hérésie s'il pense et dit que Dieu n'est pas un Père. Il est même un franc païen s'il soutient que Dieu n'est pas. Mais s'il a seulement cette idée, par exemple, que Dieu lui en veut, il est là dans l'erreur mais pas dans l'infidélité proprement dite : il ne doute d'aucun des articles de la foi, il en fait seulement une mauvaise application à soi. Notez (sol. 2) que le blasphème peut viser Dieu dans les êtres qui lui sont le plus chers et le plus proches.
— A cette énormité dans l'esprit peut s'ajouter une perversité dans la volonté, de même qu'à la vertu ou à l'acte de foi peut s'ajouter toute une charité. Rien ne porte autant à blasphémer que ne le fait la haine de Dieu, surtout lorsqu'elle est assez violente pour vouloir empêcher de tout son pouvoir l'honneur de Dieu. Cette violence se voit de nos jours chez ceux qui se font une sinistre gloire d'être des « sans Dieu » : le blasphème est leur spécialité pour ainsi dire; un sentiment infernal le leur inspire. Chez de telles gens le blasphème du cœur éclate en paroles, se traduit en écrits. Il peut mener grand tapage et faire grand ravage dans la société, se livrer à toute une publicité, avoir ses formules, ses mots d'ordre, ses symboles en quelque sorte, se répandre même en de multiples activités. Alors, comme dit le texte, c'est le blasphème parfait. Il est directement opposé, par tout ce désordre extérieur, à la profession de la foi (cf. art. 1, concl. fin. sol. 1; qu. 14, art. 1, sol. 1).
— Notez enfin que le blasphème n'est pas seulement dans les actes, il peut aussi être une habitude, l'état d'esprit, l'état d'âme, de ceux qui sont toujours prêts à mal parler et à mal penser de Dieu.
[110] Qu. 13, art. 1, sol. 3. — Diviniser la créature est encore une façon de blasphémer Dieu. L'auteur y insiste, condamnant par là des mentalités et des sentimentalités de plus d'une sorte : toute conception tendant à confondre la créature avec le Créateur, toute passion se faisant de son objet une véritable divinité, des excès aussi disparates que le brahmanisme hindou ou le romantisme européen, tombent sous cette même condamnation. Car, si l'athéisme est un blasphème, le panthéisme aussi en est un.
Gérard le Lun 15 Juin 2009, 1:46 pm
A cette occasion, de la très belle description du blasphème que Robert à eu la bonne idée de nous rappeler, je voudrais vous demander une grande grâce pour mon voisin.
En France, depuis très longtemps le monde paysan est litéralement endiablé par le Blasphème. Les sermons du Curé d'Ars en donne la teneur exacte et le Saint a travaillé comme un hercule à combattre ce mal.
La grâce que je vous demande, c'est pour un voisin, vieux paysan, handicapé sur une chaise roulante. J'ai réussi à lui faire demandé pardon à Dieu pour avoir songé à se suicider. Et il l'a fait avec bon coeur. Maintenant qu'il est très dépendant de nous et qu'il nous aime bien, il ne blasphème plus. Cependant, je ne vois pas qu'il puisse aller au Ciel, s'il ne se repend pas des blasphèmes de toute sa vie. Et malheureusement, je ne pense pas qu'il en soit encore là.
Et j'ai l'impression très naïve me semble-t-il que le Bon Dieu le prendrait dans son Paradis s'il avait cette démarche.
Je vous demande donc vos prières intenses pour cette âme qui me fait beaucoup de peine.
ROBERT. le Lun 15 Juin 2009, 2:23 pm
Gérard a écrit: A cette occasion, de la très belle description du blasphème que Robert à eu la bonne idée de nous rappeler, je voudrais vous demander une grande grâce pour mon voisin.
Deo Gratias ! pour votre voisin qui ne blasphème plus. Dieu commence à l'attirer dans Ses bras par votre entremise. Mes prières pour votre voisin vous sont acquises et ne désespérez JAMAIS pour votre voisin, ni pour qui que soit d'ailleurs; qui nous met en tête le désespoir ? Lucifer à force de travailler notre imagination, nos impressions, nos sentiments. Peut-être lui faire lire des Seromons du Saint Curé d'Ars ? Et la description du blasphème n'est pas finie et se rendra à son point culminant, si Dieu le veut...
Diane le Mar 16 Juin 2009, 11:13 am
Nous prierons fort pour votre voisin cher Gérard!
Quelquefois, le blasphème n'est qu'une vieille habitude!
Il y a des gens qui blasphèment sans même s'en rendre compte ce sont des mots courants qu'il ont appris depuis qu'ils sont tout petits
Pour blasphémer vraiment si je puis m'exprimer ainsi, il faut avoir l'intention de s'en prendre à Dieu ,, de lui faire du mal!
gabrielle le Mar 16 Juin 2009, 11:32 am
Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de lui faire lire ou de lui réciter les louanges et bénédictions divines en réparation des blasphèmes?
Ou de lui chanter le cantique :
Pardon, pardon, Coeur de Jésus pardon (bis)
Coeur de Jésus le péché de blasphème
Tout contre toi s'élève aujourd'hui
Nous insultons jusqu'à ton amour même
Pardonne-nous augmente notre foi"
Suivi de la récitation des Commandements de Dieu avec l'acte de contrition
Chapeau! mon ami, pour votre apostolat auprès de cette âme, qui sauve une âme sauve la sienne.
Louis le Mar 16 Juin 2009, 12:25 pm
Nous prierons pour votre voisin, M. Gérard
ROBERT. le Mar 16 Juin 2009, 1:37 pm
Voici ce que l'Apôtre Saint Jacques dit à ce sujet:
Mes frères, si quelqu’un de vous s’égare de la vérité, et que quelqu’un l’y ramène.
Il doit savoir que celui qui ramènera un pécheur de l’égarement de sa voie, sauvera son âme de la mort, et couvrira une multitude de péchés.¹
(Jac. V, 19-20)
¹Son âme, celle du pécheur. – Couvrira, etc. Il effacera les péchés de celui qu’il convertit en l’amenant à faire pénitence et à se confesser et les siens propres, parce qu’en exerçant la charité, il se rend digne de recevoir la grâce de la rémission de ses fautes.
ROBERT. le Mar 16 Juin 2009, 1:42 pm
ARTICLE 2. Le blasphème est-il toujours péché mortel?
DIFFICULTÉS : 1. Pas toujours, semble-t-il. Sur ce passage aux Colossiens : « Vous, maintenant, déposez donc, etc. » la Glose dit : « Après de plus grandes choses il en défend de moindres ». Et pourtant c'est du blasphème qu'il s'agit après. Il est donc compté parmi ces péchés moindres qui sont péchés véniels.
2. D'ailleurs, tout péché mortel est l'opposé d'un des préceptes du décalogue. Mais le blasphème ne paraît être l'opposé d'aucun d'eux. Il n'est donc pas péché mortel.
3. Du reste, les péchés qui sont commis sans délibération ne sont pas mortels : c'est pour cela que les premiers mouvements ne sont pas péchés mortels, parce qu'ils précèdent la délibération de la raison ainsi qu'il se voit d'après ce qui a été dit plus haut. Or le blasphème se produit parfois sans délibération. Il n'est donc pas toujours péché mortel.
CEPENDANT il est écrit dans le Lévitique : « Que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit mis à mort ». Mais la peine de mort n'est infligée que pour un péché mortel. Le blasphème en est donc un.
ROBERT. le Mer 17 Juin 2009, 1:51 pm
ARTICLE 2. Le blasphème est-il toujours péché mortel? (suite)
CONCLUSION : Ainsi qu'il a été dit plus haut, le péché mortel est ce par quoi l'homme est séparé de ce premier principe de vie spirituelle qu'est l'amitié de Dieu. Dès lors, tout ce qui répugne à cette charité, par son genre est péché mortel. Or le blasphème répugne dans son genre à l'amitié divine, puisqu'il déroge, avons-nous dit, à cette divine perfection qui est l'objet de la charité. Voilà pourquoi le blasphème est péché mortel par son genre. [111]
[111] Qu. 13, art. 2, concl. — De sa nature le blasphème est un péché mortel. Même s'il n'est pas animé de cette haine de Dieu qui souvent l'engendre et l'inspire, il va cependant contre l'amour de Dieu et il est mortel pour la charité. Le blasphème est une insulte. Or l'insulte est mortelle à l'amitié, avec Dieu comme avec le prochain.
Gérard le Mer 17 Juin 2009, 4:36 pm
Je ne suis pas convaincu que parfois le blasphème n’est qu’une vieille habitude.
Peut-on excusez la luxure parce qu’elle est devenue habitude ?
Il me semble que le péché d’habitude n’est pas traité à la légère chez les auteurs spirituels. Peut-être quelqu’un nous donnera des citations autorisées puisque beaucoup sont bien meilleur que moi pour cela.
Je remercie Gabrielle d’avoir apporté l’antidote du blasphème que j’aimerai chanté mais je ne connais pas l’air.
Pour compenser, je lirais le chant de Gabrielle et je chanterai le chant de Thérèse que je connais et que peut-être vous pourrez chanter avec moi car Saint Augustin dit que chanter c’est prier deux fois et comme nous devons demander pardon à Dieu pour nous et pour les blasphémateurs, ce ne sera pas trop de prier deux fois par notre chant :
Cependant, il est vrai, il peut y avoir beaucoup d’ignorance. Par exemple « mort bleu » est une autre manière de dire « Mort à Dieu ». Beaucoup ne le savent pas. Beaucoup croit que vingt Dieu serait un insulte à la multitude des faux Dieu, or ceci s’écrit « Vain Dieu » et veut dire « Dieu en vain »
D’autre part, cette détestable habitude du monde paysan est lié au péché capital de la colère. C’est dans ces cas-là qu’ils ont recours au blasphème. Or la colère est une révolte passionnée et qui lié au blasphème fait que cette révolte est dirigée directement contre Dieu.
gabrielle le Mer 17 Juin 2009, 5:25 pm
Là, c'est moi qui est embêtée, je ne connais pas la mélodie du chant de Sainte Thérèse.
Alors, chacun de notre côté nous lirons l'un et chanteront l'autre
Diane le Mer 17 Juin 2009, 5:25 pm
Gérard a écrit: Chère Diane,
Ce que je veux dire cher Gérard, c'est que j'ai connu une petite fille qui n'avait que trois ans et à force d'entendre blasphémer ses parents, elle se mit à proférer des jurons sous les applaudissements de sa famille, elle a grandi comme cela et à toujours sacrer!
C'est évident que lorsqu'elle a commencé à avoir l'âge de raison et à apprendre à l'école son catéchisme, elle était peut être moins excusable, mais même là, à la maison, elle ne recevait aucun enseignement religieux!
Un tout petit enfant c'est comme de la cire molle, il se moule facilement dans ce qu'il reçoit comme éducation à la maison et en grandissant il en porte de profondes racines, si vous lui parler de Jésus et de Marie dès le berceau, ce sera les premiers noms qu'il formulera, si vous blasphémez tout le temps, c’est également les premiers mots qu'il prononcera!
Alors, je me disais que l'enfant qui à reçu une mauvaise éducation à la maison était beaucoup plus excusable que ceux qui ont reçu abondamment !
Je ne dis pas cela pour excuser le blasphème, mais je pense qu'il y a des degrés de culpabilité là dedans tout comme dans les autres péchés!
Dernière édition par Diane le Mer 17 Juin 2009, 6:03 pm, édité 1 fois
gabrielle le Mer 17 Juin 2009, 5:55 pm
Il faut relire art 2 que Robert met en ligne, juste en haut...la réponse sera dans la solution... Diane mène la course...
Monique le Mer 17 Juin 2009, 8:04 pm
Définition du blasphème:
Un blasphème est un discours irrévérencieux à l'égard de ce qui est vénéré par les religions ou de ce qui est considéré comme sacré.
La notion de blasphème telle que définie par le dictionnaire Larousse est « une parole ou un discours qui insulte violemment la divinité ». Il s'agit d'un outrage, ou d'une injure envers la divinité ou ses représentants.
La notion est définie au XVIe siècle par le théologien espagnol Francisco Suárez comme « toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu ». Comme le rappelle l'Encyclopédie catholique, le blasphème ne concerne que le domaine de la religion : « tandis que le blasphème, étymologiquement, peut dénoter un manque de respect dû à une créature aussi bien qu'à Dieu, dans sa stricte acception il n'est utilisé que dans le dernier sens. » C'est le mot, utilisé par le religieux, pour désigner une atteinte à sa déité. Utilisé dans un cadre plus général, le blasphème est une irrévérence à ce qui est considéré sacré ou inviolable.
Monique le Mer 17 Juin 2009, 8:36 pm
Sermon du curé d'Ars , tome deuxième: Sur le deuxième Commandement de Dieu :
« Dieu en vain tu ne jureras, ni autre chose pareillement. »
Une personne qui a l'habitude de jurer, c'est une personne emportée, attachée à ses propres sentiments, et toujours elle jure, aussi bien pour le mensonge que pour la vérité.
Mais, dira-t-on, si je ne jure pas, on ne me croira pas. – Vous vous trompez ; jamais l'on ne croit une personne qui jure, parce que cela suppose une personne qui n'a point de religion, et une personne sans religion n'est pas digne d'être crue.
Il y en a souvent qui ne savent pas vendre la moindre chose sans jurer, comme si leur jurement bonifiait leur marchandise. Si l'on voit un marchand qui jure en vendant, tout de suite l'on pense que cette personne n'a point de foi, qu'il faut prendre garde qu'elle ne nous trompe. Ses jurements font horreur, et on ne la croit pas. Au contraire, une personne qui ne jurera pas, nous ajouterons foi à ce qu'elle nous dit.
Prenez bien garde, que si le blasphème règne dans vos maisons, tout ira en périssant. Saint Augustin nous dit que le blasphème est un plus grand péché que le parjure ; parce que, nous dit-il, par le parjure, nous prenons le nom du bon Dieu à témoin d'une chose fausse, au lieu que par le blasphème, nous disons une chose fausse du bon Dieu. Quel crime ! qui de nous a pu jamais le comprendre ? Saint Thomas nous dit encore qu'il y a une autre sorte de blasphème contre le Saint-Esprit, qui se commet en trois façons :
1° en attribuant au démon les œuvres du bon Dieu, comme faisaient les Juifs, qui disaient que Jésus-Christ chassait les démons au nom du prince des démons ; comme faisaient les tyrans et les bourreaux, qui attribuaient à la magie et au démon les miracles que les saints faisaient ;
2° L'on blasphème contre le Saint-Esprit, nous dit saint Augustin, « quand on meurt dans l'impénitence finale. » L'impénitence est un esprit de blasphème ; puisque la rémission de nos péchés se fait par la charité, qui est le Saint-Esprit ;
3° Quand nous faisons des actions qui sont directement opposées à la bonté de Dieu, comme lorsque nous désespérons de notre salut, et que nous ne voulons pas prendre tous les moyens de l'obtenir ; comme lorsque nous sommes fâchés de ce que d'autres reçoivent plus de grâces que nous. Prenez bien garde de ne jamais vous laisser aller à ces sortes de péchés, parce qu'ils sont si affreux ! Nous traitons le bon Dieu d'injuste, en disant qu'il donne plus aux autres qu'à nous.
ROBERT. le Mer 17 Juin 2009, 9:11 pm
Saint Thomas traite maintenant du blasphème en général: d'ici 1-2 jours, si Dieu le veut, il traitera du blasphème en particulier:...c'est à faire dresser les cheveaux sur la tète...
ROBERT. le Mer 17 Juin 2009, 9:16 pm
Enfin, les Sermons du Saint Curé d'Ars: ses Sermons me vont toujours au fond du cœur et de l'âme... Ce Saint prêtre prêchaitavec le Cœur de Notre-Seigneur...
ROBERT. le Jeu 18 Juin 2009, 3:23 pm
SOLUTIONS : 1. Cette glose-là ne doit pas s'entendre comme si toutes les choses qui viennent après étaient des péchés moindres. Mais elle veut dire ceci : comme le texte au-dessus n'avait exprimé que de grands péchés, aussitôt après il en remet même de moindres, parmi lesquels il en place aussi de grands.
2. Le blasphème étant, avons-nous dit, opposé à la confession de la foi, la prohibition qu'on fait de lui se ramène à la prohibition de l'infidélité et est comprise dans cette parole : " Je suis le Seigneur ton Dieu, etc." Ou bien il est défendu par cette parole : " Tu ne prendras pas en vain le nom de ton Dieu ", car celui qui affirme au sujet de Dieu quelque chose de faux prend le nom de Dieu plus en vain que celui qui confirme une fausse chose par le nom de Dieu. [112]
3. Le blasphème peut se produire sans délibération par surprise de deux manières. Il peut se faire que quelqu'un ne remarque pas que ce qu'il dit est un blasphème; c'est ce qui arrive lorsque subitement sous le coup d'une passion il se lance dans des paroles qui lui viennent à l'imagination et dont il ne regarde pas le sens : c'est alors péché véniel et il n'y a pas proprement raison de blasphème. Il en va tout autrement quand quelqu’un regardant le sens des mots remarque que c'est un blasphème; et alors il n'est pas excusé de péché mortel, pas plus que ne l'est celui qui par un brusque mouvement de colère tue quelqu’un d'assis à côté de lui. [113]
[112] Qu. 13, art. 2, sol. 2. — Il y a dans le blasphème la malice d'une infidélité. Aussi est-il interdit comme tel par le premier commandement. Mais également par le second, comme vaine usurpation du nom divin. A cet égard il se rapproche du faux serment, dont pourtant il se distingue. Blasphémer c'est attribuer à Dieu quelque chose de faux; parjurer c'est confirmer au nom de Dieu quelque chose de faux. On peut parjurer sans pourtant blasphémer (art. 3, sol. 2; article à suivre...). Le blasphème est évidemment plus grave que le parjure, et plus directement attentatoire à la Majesté de Dieu.
[113] Qu. 13, art. 2, sol. 3. — Mortel de sa nature, le blasphème peut de fait parfois n'être que véniel. En général, un péché peut passer du mortel au véniel de deux manières, ou par atténuation de matière du côté de l'objet, ou par imperfection d'esprit et de réflexion dans le sujet. Dans le cas du blasphème, la seconde réduction est seule possible.
Autrement dit, il n'y a pas de légèreté de matière, et le moindre blasphème, si l'on peut ainsi parler, est toujours une énormité en soi. Cependant, il se peut que la parole, ou même la pensée, échappe au blasphémateur lorsqu'étant sous le coup d'une vive passion il pense ou parle sans réflexion et ne saisit pas la portée ni de ce qu'il dit ni de ce qu'il a dans l'esprit. Toutefois, semble conclure le texte, il y a de certains blasphèmes, comme de certains actes, qui sont sans excuse même de ce côté subjectif, tellement leur énormité doit sauter aux yeux.
L'exemple fourni par l'auteur est particulièrement suggestif. Quelqu'un est assis près de vous bien tranquillement et ne vous provoque nullement; voilà que, pris d'une violente colère, vous vous jetez sur lui jusqu'à le tuer : en vérité, c'est monstrueux, et sans excuse, votre colère même n'ôte rien à la gravité de l'acte. Au dire de l'auteur, certaines façons de blasphémer Dieu seraient de cette sorte : il est inconcevable et inexcusable que des êtres humains puissent se jeter sur Dieu et s'acharner contre lui avec une espèce de rage de destruction; il est de certains mots prononcés contre lui auxquels le déchaînement même de la passion ne peut ôter leur gravité.
à suivre: Le péché de blasphème est-il le plus grand péché?
ROBERT. le Ven 19 Juin 2009, 6:38 pm
ARTICLE 3. Le péché de blasphème est-il le plus grand péché?
DIFFICULTES : 1. Il ne semble pas. " Le mal, dit saint Augustin, c'est ce qui nuit ". Mais le péché d'homicide qui détruit la vie de l'homme est plus nuisible que le péché de blasphème qui ne peut infliger à Dieu aucun dommage. Le péché d'homicide est donc plus grave que le péché de blasphème.
2. Quiconque fait un faux serment prend Dieu à témoin pour une fausseté, et ainsi il a l'air de dire que Pieu est faux. Mais le blasphémateur ne va pas toujours jusqu'à dire que Dieu est faux. Le parjure est donc un péché plus grave que le blasphème.
3.Sur ce passage du psaume : " Ne levez pas votre corne si haut ", la Glose dit : " Le plus grand vice est celui qui consiste à s'excuser du péché ". Le blasphème n'est donc pas le plus grand péché.
CEPENDANT sur un passage d'Isaïe la Glose dit : " Comparé au blasphème tout péché est plus léger. "
ROBERT. le Sam 20 Juin 2009, 3:57 pm
ARTICLE 3. Le péché de blasphème est-il le plus grand péché? (suite)
CONCLUSION : Le blasphème est opposé, avons-nous dit, à la confession de la foi ; et c'est pourquoi il a en soi la gravité de l'infidélité. De plus, le péché est aggravé s'il y survient une détestation de volonté; et encore plus s'il éclate en paroles. Au même titre que la foi est digne d'un plus grand éloge si elle s'étend en dilection, et en confession. En conséquence, comme l'infidélité est dans son genre le plus grand péché ainsi que nous l'avons marqué, il s'ensuit que le blasphème est aussi le plus grand péché puisqu'il appartient au même genre et qu'il l'aggrave. [114]
[114] Qu. 13, art. 3, concl. — Ce qui fait la malice du blasphème, c'est qu'il participe de l'infidélité. Il constitue même une aggravation de l'infidélité, s'il est dans toute la triste perfection susdite. Il fait alors penser à une manière d'apostasie, car l'apostasie, elle aussi, aggrave l'infidélité. On se rendra mieux compte de cela à la question 14 à propos du blasphème contre le Saint-Esprit.
ROBERT. le Mer 24 Juin 2009, 2:25 pm
SOLUTIONS : 1. Pour ce qui est de l'homicide et du blasphème, si on les compare d'après les objets auxquels s'en prend le péché, il est manifeste que le blasphème, péché directement envers Dieu, l'emporte sur l'homicide, péché envers le prochain. Mais, si on les compare d'après leur effet de nuisance, alors l'homicide a la prépondérance, car il fait plus de mal au prochain que le blasphème n'en fait à Dieu.
Seulement, dans la gravité d'une faute on fait plus attention, ainsi qu'il appert de ce qui a été dit précédemment, à l'intention de la volonté perverse qu'à l'effet produit par l'œuvre : aussi, comme le blasphémateur a bien l'intention de porter tort à l'honneur divin, à parler simplement il pèche plus gravement que l'homicide. Pourtant l'homicide tient la première place parmi les péchés entre ceux commis envers le prochain. [115]
2. Sur cette parole aux Éphésiens : "que le blasphème disparaisse de chez vous ", la Glose dit : " Blasphémer est pire que de se parjurer ". En effet, le parjure ne dit pas ni ne sent quelque chose de faux à propos de Dieu, comme fait le blasphémateur; il prend seulement Dieu à témoin d'une fausseté, non pas qu'il estime que Dieu soit un faux témoin, mais comme dans l'espoir qu'en cette affaire Dieu ne viendra pas témoigner par quelque signe évident. [116]
3. L'acte de s'excuser du péché est une circonstance qui aggrave tout péché, jusqu'au blasphème lui-même. Aussi, pour autant, on dit que c'est là le plus grand péché, puisque n'importe quel péché en est rendu plus grandi.
[115] Qu. 13, art. 3, sol. 1 — Le blasphème peut être une des expressions les plus violentes de la haine contre Dieu. Il y a des blasphémateurs qui, dans la virulence de leurs blasphèmes, voudraient détruire Dieu si cela se pouvait. Aussi ce péché est-il comparé, non sans raison, à l'homicide. Cette comparaison, qui n'était qu'implicitement suggérée à la fin de l'article 2 (note 113), est ici explicitement formulée.
[116] Qu. 13, art. 3, sol. 2. — Est également reprise la comparaison entre le blasphème et le parjure. A celui-ci on peut joindre tous les autres actes, imprécations, malédictions, jurons, qui se rattachent au vain emploi du nom divin. C'est le plus souvent dans des pays bien croyants que se rencontre fâcheusement l'habitude de tels actes, on les appelle même parfois des blasphèmes, mais c'est à tort. Ils se distinguent en effet du blasphème en ce qu'ils n'impliquent pas essentiellement, comme fait celui-ci, une fausse idée de Dieu.
Ils ne sont donc pas eux-mêmes des péchés contre la foi, ils sont seulement contre la vertu de religion, ils n'ont pas par conséquent la gravité de l'infidélité. Certains de ces actes, les simples jurons par exemple, peuvent même demeurer dans le genre véniel. Il y a là une distinction très nette en théorie, beaucoup moins en pratique. Dans certaines mauvaises manières de parler de Dieu ou de parler à Dieu il ne sera pas toujours facile de démêler ce qui est vraiment blasphématoire d'avec ce qui ne l'est vraiment pas. Il faut pour cela peser plusieurs choses :
1° le sens même des mots, d'abord leur sens naturel si l'on peut dire, ensuite leur sens usuel dans le pays et chez les gens, le sens usuel pouvant notablement modifier le sens naturel soit en mieux soit en pis;
2° l'intention de celui qui se sert des mots, car cette intention peut atténuer ou aggraver la portée des mots, sous cette réserve cependant qu'il y a de certains mots auxquels il est presque impossible de prêter de bonnes intentions.
ROBERT. le Sam 27 Juin 2009, 7:03 pm
ARTICLE 4. Est-ce que les damnés blasphèment?
DIFFICULTES : 1. Il semble que non. Car il y a présentement des gens mauvais qui se retiennent de blasphémer par la crainte des châtiments à venir. Mais les damnés les expérimentent, ces châtiments; d'où ils les abhorrent bien davantage. Ils sont donc beaucoup plus retenus de blasphémer.
2. Comme le blasphème est le péché le plus grave, il est celui qui fait le plus démériter. Mais dans la vie future on n'est plus en état de mériter ou de démériter. Il n'y aura donc plus place pour le blasphème.
3. Il est écrit dans l'Ecclésiaste : " Où l'arbre tombera, il restera." Par quoi il est révélé qu'après cette vie l'homme ne s'accroît plus ni d'un mérite ni d'un péché qu'il n'a pas eu dans cette vie. Mais beaucoup seront damnés qui n'auront pas été dans cette vie des blasphémateurs. Ils ne blasphémeront donc pas non plus dans la vie future.
ROBERT. le Mer 01 Juil 2009, 12:29 pm
ARTICLE 4. Est-ce que les damnés blasphèment? (suite)
CEPENDANT il est dit dans l'Apocalypse : « Les hommes furent brûlés d'une chaleur extrême et ils blasphémèrent le nom du Seigneur parce que c'est lui qui a pouvoir sur ces plaies ». A cet endroit la Glose fait remarquer que « ceux qui sont en enfer, quoiqu'ils sachent qu'ils sont punis comme ils le méritent, ne laisseront pas de s'attrister que Dieu ait tant de pouvoir pour leur infliger leurs plaies ». Or ceci serait un blasphème dans le présent. C'en sera donc aussi un dans l'avenir.

References: art. 1
 art. 8
 art. 1
 art. 1
 art. 1
 art. 1
 art. 1
 art. 2
 art. 2
 art. 2
 art. 3
 art. 3
 l'article 2
 art. 3