Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010606-226593
Timestamp: 2016-12-04 06:34:14+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 06 juin 2001, 226593
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 06 juin 2001, 226593
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 226593Numéro NOR : CETATEXT000008048316 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-06-06;226593 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 26 octobre 2000, l'ordonnance en date du 19 octobre 2000 par laquelle le président de la cour administrative d'appel de Paris a renvoyé au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 81 du code des tribunaux et des cours administratives d'appel, le soin de juger la requête présentée par Mme Brigita TEKO MALUNGO ; Vu, enregistrée le 16 octobre 2000 au greffe de la cour administrative d'appel de Paris, la requête présentée par Mme Brigita TEKO MALUNGO, demeurant ... ; Mme TEKO MALUNGO demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 28 septembre 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 1er février 2000 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme TEKO MALUNGO, de nationalité angolaise, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 21 décembre 1999, de la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 8 décembre 1999, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-I de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si Mme TEKO MALUNGO fait valoir qu'elle vit avec sa fille dont la santé nécessite sa présence, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de séjour de Mme TEKO MALUNGO en France, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 1er février 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été pris ledit arrêté ; qu'il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant qu'à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme TEKO MALUNGO fait valoir d'une part que l'état de santé de sa fille nécessite son maintien en France d'autre part que ses deux enfants sont scolarisés ; que ces circonstances ne permettent pas de faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressée ;
Considérant que la circonstance selon laquelle Mme TEKO MALUNGO serait bien intégrée en France et parle bien le français, est, à la supposer établie, sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué ; Sur les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination de la reconduite :
Considérant qu'à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination de la reconduite, Mme TEKO MALUNGO fait valoir, qu'en raison des risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine, cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;Considérant que la demande de Mme TEKO MALUNGO tendant à ce que lui soit reconnue la qualité de réfugié politique a été rejetée par l'Office français de protection et de le 26 novembre 1997 et par la commission des recours des réfugiés le 12 octobre 1999; que ses allégations relatives aux risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine ne sont assorties d'aucune justification probante ; que le moyen susanalysé ne peut donc être accueilli ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme TEKO MALUNGO n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, lequel est suffisamment motivé, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête ;
Article 1er : La requête de Mme TEKO MALUNGO est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Brigita TEKO MALUNGO, au préfet des Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-02-01Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8, art. 3Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 06 juin 2001, n° 226593Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. SebanOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 06/06/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 8
 l'article 3
 art. 8
 art. 3
 art. 22