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Timestamp: 2017-11-17 21:21:37+00:00

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CAMPAGNE DE L'ARMÉE DE RÉSERVE EN 1800: PARTIE 1, CHAPITRE VII
Research | Napoleonic | Cugnac | Campagne de L’Armée de Réserve en 1800 | French | Partie 1 Chapitre 7
STATIONNEMENT SUR LES BORDS DU LAC DE GENÈVE
Reconnaissance du Grand-Saint-Bernard. – Le Premier Consul à Genève. – Nouvelle organisation de l'armée. – Renforcement de l'avant-garde. – Constitution de l'artillerie, des équipages, des approvisionnements.
Le Premier Consul arrive à Genève le 9 mai.
La division Watrin est cantonnée à l'entrée du Valais, entre Villeneuve et Saint-Maurice, à deux marches du Grand-Saint-Bernard. Le reste de l'infanterie de l'armée est échelonné sur la rive nord du lac de Genève, sur une longueur de 90 kilomètres. Mais l'artillerie n'a pas rejoint, les équipages n'ont pu être constitués, les approvisionnements ne sont pas réunis.
De plus, la division Chabran est loin d'être en mesure de déboucher dans la vallée d'Aoste. Le détachement de 12 à 1500 hommes, aux ordres du chef de brigade Miquel, est seul à Moutiers. Le gros, trois demi-brigades , sous le commandement du général Seriziat, arrive à Genève le 9 mai: il ne pourra atteindre le Petit-Saint-Bernard que le 16.
Force est donc d'attendre pour entrer en Italie. Du 9 au 13 mai, l'avant-garde se concentre à Martigny, prenant cinq jours pour parcourir de 19 à 48 kilomètres, et le gros de l'armée ne fait que des mouvements insignifiants. {p.296}
Ordre du jour du 18 au 19 dudit.
Genève, le 18 floréal an 8 (8 mai 1800).
L'armée de réserve est prévenue que celle du Rhin vient de remporter une victoire complète sur l'ennemi, auquel on a tué on blessé 10,000 hommes, fait 7,000 prisonniers, pris 9 pièces de canon et les magasins immenses qui étaient à Stockach. Une colonne de l'armée autrichienne était acculée sur le lac de Constance; en ce moment, elle doit être entièrement détruite.
Le Mont-Blanc et le Valais feront partie de l'arrondissement de l'armée de réserve et seront aux ordres du général en chef de cette armée (1).
Il est expressément recommandé aux généraux, officiers supérieurs et autres, de veiller à ce que les armes soient conservées, attendu la difficulté de remplacer celles qui se trouveraient perdues; ils apporteront la même attention pour la conservation des cartouches.
L'ordonnateur en chef rendra compte au général en chef de la manière dont il a organisé le service des divisions; il en enverra une liste nominative au chef de l'état-major général (2).
Le général commandant l'artillerie de l'armée et celui commandant le génie enverront également au chef de l'état-major général la liste nominative des officiers qu'ils ont attachés au service de chaque division.
L'armée va entrer en campagne, chacun doit être à son poste. Les généraux de division s'assureront, par eux-mêmes, de la manière dont le service administratif sera organisé et en rendront compte au général en chef (3). {p.297}
Les adjudants généraux chefs d'état-major des divisions ne perdront pas de vue que leurs fonctions sont de surveiller tous les services administratifs (4), ainsi que l'exécution des ordres relatifs aux cantonnements, bivouacs, marches et autres dispositions militaires.
Genève, le 18 floréal an 8 (5 mai 1800).
Vous me remettrez, à 4 heures, un état de toutes les troupes de l'armée, infanterie et troupes à cheval, et un état des cantonnements qu'elles occuperont toutes, demain 19, matin (5).
Vous mettrez à une colonne d'observation celles qui ne seraient pas encore à leur destination d'après les ordres qu'elles peuvent avoir (6).
Alex. BERTHIER. {p.298}
Donnez l'ordre au général Vaufreland de partir sur-le-champ pour se rendre en poste au Simplon, pour y commander, prendre connaissance du local et des troupes qui s'y trouvent (7).
Il faudrait qu'il y fût rendu demain et qu'aussitôt qu'il aura pris les renseignements nécessaires, il envoie les renseignements, qu'il aura acquis, en double, à moi et au Premier Consul, qui sera à Lausanne.
Je crois que le général Vaufreland est le seul général disponible qui reste ici.
Le général Marescot, au citoyen Questel, chef du 2e bataillon de sapeurs.
Le 17 floréal an 8 (7 mai 1800) (8).
Je vous prie, mon cher camarade, de faire partir sur-le-champ 80 sapeurs (9), commandés par un capitaine et un lieutenant. Ils se rendront successivement de Genève à Saint-Maurice et au Grand-Mont-Saint-Bernard. Leur mission est de visiter et de consolider les ponts qui se trouveront sur cette route, depuis Saint-Maurice jusqu'au Grand-Mont-Saint-Bernard.
J'envoie le citoyen Duchêne, ingénieur des ponts et chaussées, pour diriger ce travail. Le commandant du détachement se concertera avec lui pour ce travail important qui exige la plus grande célérité; ils requerront dans le pays les ouvriers, outils et matériaux dont ils auront besoin.
MARESCOT. {p.299}
Notes sur le passage du Grand-Mont-Saint-Bernard, par le général Marescot (10).
On va de Genève à Saint-Maurice par deux chemins, l'un par la rive droite et l'autre par la rive gauche du Rhône et du lac de Genève.
Le chemin par la rive droite est une grande route très belle, praticable pour les voitures et pour l'artillerie de tout calibre. Seulement, de Lausanne à Vevey, le chemin est fort resserré et très montueux, et il serait nécessaire, pour la sûreté des charrois, d'y tenir des chevaux de relais.
Le chemin sur la rive gauche, par Thonon et Évian, n'est pas très facile; il n'est praticable que pour l'infanterie; mais il abrège de 5 ou 6 lieues, c'està-dire d'une marche. Un ingénieur des ponts et chaussées va partir aujourd'hui pour le reconnaître.
De Saint-Maurice à Martigny (ou Martignach), le chemin est praticable pour l'infanterie, la cavalerie et charrois.
De Martigny à Saint-Pierre (ou Saint-Pétersbourg), le chemin est praticable pour l'infanterie, la cavalerie, les voitures légères et l'artillerie de petit calibre.
De Saint-Pierre au col du Grand-Saint-Bernard et au delà, le chemin n'est plus praticable que pour les gens de pied seulement, pour les mulets et pour la cavalerie; et encore, il est des circonstances où ce passage est accompagné des plus grandes difficultés.
Outre le chemin dont je viens de parler et qui passe par le val d'Entremont, il existe deux autres passages, qui arrivent également dans la vallée d'Aoste, en tournant le Grand-Mont-Saint-Bernard.
Le premier quitte le val d'Entremont à Saint-Branchier, suit le val de Bagne et va tomber dans le val d'Aoste, plus bas que Saint-Rémy.
Le second quitte le val d'Entremont à Orsières, suit le val du col Ferret, et, au-dessus du village du même nom, il se divise en deux branches, dont celle de gauche tourne le Grand-Saint-Bernard et va tomber à Saint-Rémy.
La branche de droite va rejoindre, par Courmayeur, la grande route du Petit Saint-Bernard à Aoste.
Ces deux passages ne sont praticables que pour des gens de pied, et encore les habitants m'ont assuré qu'ils étaient interdits par les neiges jusque vers la fin de messidor (11).
Il existe encore deux petits passages, qui, du hameau de Proz, à une lieue et {p.300} demie de l'hospice de Saint-Bernard, conduisent dans la vallée d'Aoste, au-dessous de Saint-Rémy: l'un passe par la gorge de Barbasson; l'autre sur les glaciers de Menouve; mais ces deux passages sont encore plus difficiles que les deux précédents.
Voici le tableau des trois principaux passages du Mont-Saint-Bernard (12) :
Tableau des trois passages du col du Grand-Mont-Saint-Bernard.
180 80 à Saint-Branchier 2 lieues.
» 300 à Orsières 1 »
250 » à Liddes 1 1/4
80 » au Bourg-Saint-Pierre 1 1/4
» » à l'hospice Saint-Bernard 1 lieues.
260 » à Saint-Rémy 2 »
360 » à Saint-Oyen » 3/4
» » à Étroubles » 1/4
» 300 à Gignod 2 lieues.
» » à Aoste 1 »
» » De Saint-Branchier:
» » à Bagne 1 lieue.
» » à Verségère » 1/2
» » à Champsec » 1/2
» » à Lourtier » 1/2
» » à Pont-de-Monvoisin 2 lieues.
» » à Fenêtre 3 »
» » à Ollomont 2 »
» » à Valpelline 2 »
1500 500 à Aoste 2 1/2
» 80 De Saint-Branchier:
» 300 à Orsières 1 lieue.
» » au sommet de la Pros » 1/2
» » à Issert 1 lieue.
» » au Praz-de-Fort » 1/2
» » à la Folie 1 lieue.
» » à la chapelle Ferret 1 »
» » à la Peulaz 3 »
» » à Courmayeur 4 »
» » à Morgex 1 »
» » à la Salle 1 »
» » à Aoste 4 »
Du passage du Grand-Saint-Bernard.
Pour effectuer ce passage difficile, il faut prendre plusieurs précautions essentielles.
Les troupes devront être précédées de paysans et de sapeurs pour préparer le chemin qui court dans la neige, à une lieue et demie en deçà du col et autant au delà.
Il faut tâcher surtout de se garantir des avalanches, dont la chute est capable d'engloutir plusieurs bataillons; et, pour y parvenir, on aura soin d'éviter de passer pendant un temps humide ou après de grandes pluies. Le moment le plus favorable d'effectuer le passage est la nuit, quand il fait clair de lune, ou le matin, jusque vers midi, avant que le soleil n'ait amolli la surface de la neige.
Les gens du pays assurent que le plus léger mouvement, le pas des hommes, des animaux, que la voix même suffisent pour décider la chute d'une avalanche.
Si l'on passe par un temps douteux, il serait peut-être prudent de tirer quelques coups de canon en entrant dans la région des neiges, afin de décider d'avance, par l'explosion de l'artillerie, l'éboulement des avalanches qui se trouveraient prêtes à s'ébranler.
Le transport des vivres et des munitions de guerre ne peut se faire qu'à dos de mulets, ou par des paysans commandés d'avance, qui les porteraient dans des hottes.
Je pense que la meilleure manière de transporter les objets d'un grand poids, comme les canons, les obusiers, les affûts, les avant-trains, etc., etc., serait de les charger sur des espèces de litières, composées de deux longs brancards assemblés par deux ou trois entretoises. Deux mulets ou deux chevaux porteraient ces machines simples, dont il serait facile de fabriquer en peu de temps une grande quantité. C'est de cette manière que les gens du pays transportent, par parties, les voitures démontées des voyageurs qui passent de France en Italie, ou d'Italie en France.
Il ne faudra pas oublier de se munir de vinaigre ou d'eau-de-vie pour corriger la mauvaise qualité des eaux de neige, qui donneraient infailliblement des maladies aux soldats.
Il faudra recommander sévèrement aux chefs de corps de maintenir le plus grand ordre dans la marche, car, dans un passage aussi difficile, s'il s'établit quelque confusion, il n'est plus aisé d'y remédier.
Telles sont les précautions que je conseille de prendre, afin de passer le {p.302} Mont-Saint-Bernard aussi heureusement que le passa l'année dernière, à peu près à la même époque, l'armée française qui se porta en Italie (13).
Des moyens défensifs de l'ennemi.
D'après les renseignements pris par le général Mainoni (14), l'ennemi a 10,000 hommes de troupes depuis la Levantine jusqu'à la vallée d'Aoste inclusivement. Ce corps est commandé par les généraux Vukassovich, Dédovich, Rohan, Laudon el Depré.
Il a fait des retranchements à Courmayeur, à droite et à gauche du fort de Bard, à Maggendone, à Ornavasso, où sont des magasins.
Sur le passage du Saint-Bernard, il y a 40 hommes à Saint-Rémy, 1, compagnie à Etroubles et 2 compagnies à Aoste. Il y a aussi quelque cavalerie. Le tout s'élève, au plus, à 1500 hommes.
Sur le passage du val d'Entremont, nos avant-postes sont à un quart de lieue au delà de l'hospice de Saint-Bernard; ceux de l'ennemi sont à Saint-Rémy.
Dans le val de Bagne, nos avant-postes sont au pont de Monvoisin; ceux de l'ennemi sont à Ollomont. {p.303}
Dans le val Ferret, nos avant-postes sont à la chapelle Ferret et ceux de l'ennemi à La Salle.
D'après le rapport du général Herbin (15), qui a été dans le fort de Bard, il paraît que ce fort, qui intercepte la grande route d'Aoste à Yvrée, est capable de recevoir 3 ou 400 hommes de garnison et a des revêtements en maçonnerie trop élevés pour pouvoir tenter l'escalade. Ce fort petit être tourné par l'infanterie et approché facilement; mais il paraît que les retranchements élevés par les Autrichiens, dans son voisinage, ont pour but de corriger ces défauts.
officier du génie (16).
Note sur le chemin de Genève au Grand-Saint-Bernard (17).
8 mai 1800.
De Genève à Martigny, par la droite du lac, il n'y a aucune difficulté pour les communications de toute espèce.
Une lieue avant Martigny, après avoir passé Pissevache, on trouve une petite chapelle à droite de la route. Avant le pont se trouve un chemin qui va dans la montagne et qui débouche en Italie, entre les deux Saint-Bernard. (Ce passage ne sera praticable qu'après la fonte des neiges.)
Après avoir passé Martigny, se trouve le Bourg de Martigny, à un quart de lieue et en face duquel se trouve un autre débouché, qui mérite les mêmes considérations que le précédent.
De Martigny à Saint-Branchier, 2 lieues, chemin rapide et difficile pour les voitures.
Un peu après Saint-Branchier se trouve le village d'Orsières, au delà duquel est le val Ferrez ou Ferret, qui tourne le Saint-Bernard à droite et débouche dans la vallée d'Aoste.
Un peu plus loin du premier val se trouve un autre débouché, sur la gauche, dans la vallée d'Aoste.
D'Orsières à Liddes, 1 lieue; le chemin devient encore plus difficile. (Voir le curé.)
De Liddes à Saint-Pierre, une petite lieue; chemin un peu meilleur que le précédent.
De Saint-Pierre au Saint-Bernard, 3 lieues, dont la première est une rampe rapide; ensuite, une lieue de bon chemin; la dernière lieue, pénible.
Depuis Saint-Pierre, le canon ne peut se monter qu'avec beaucoup de difficultés et en se servant de traîneaux. {p.304}
Depuis Saint-Pierre jusqu'au bout de la montagne, tout est encore couvert de neige. On dit que le trop grand bruit, en criant, fait tomber les avalanches; il serait prudent de tirer le canon pour décider l'éboulement des neiges.
Après le couvent se trouve le Mont-Jupiter, au pied duquel passe la route.
NOTA. – Les avant-postes ennemis sont à Saint-Rémy, à 2 lieues et demie a peu près du couvent (18).
Le général de division F. Watrin, au général en chef Alexandre Berthier, à Genève.
Lausanne, le 18 floréal an 8 (8 mai 1800), 5 heures du matin.
Je viens de recevoir presque en même temps vos deux lettres du 17. J'ai fait passer de suite celles pour le général Mainoni.
La 6e légère va occuper le Saint-Bernard, le col Ferret et le val de Bagne, qu'occupait le bataillon de la 44e. Le reste de ce corps restera à Martigny, la 22e à Saint-Maurice et la 40e à Bex, Aigle et Villeneuve, où je vais m'établir (19). {p.305} Votre dessein étant que nous nous resserrions, je laisse Vevey et environs pour la division Boudet.
Je serai d'ailleurs à même à Villeneuve de vous instruire de la prompte arrivée de nos subsistances et de presser leur départ pour Saint-Pierre. J'attends les souliers avec bien de l'impatience. Vous savez mieux que moi, mon Général, qu'il n'y a pas un instant à perdre pour attaquer, afin de délivrer le général Masséna. Nos administrateurs doivent tout nous faire filer nuit et jour. Je fais faire des traîneaux à Martigny pour passer mon artillerie.
Mériage, adjudant général, chef d'état-major de la division Loison, au général de division Dupont, chef de l'état-major général de l'armée, à. Genève.
Nyon, le 18 floréal an 8 (8 mai 1800).
J'ai l'honneur de vous rendre compte de mon arrivée, hier, à Nyon, avec le général Gobert. Nous avons trouvé le général Loison (20) ici.
La 58e demi-brigade est arrivée hier et va occuper aujourd'hui Rolle et Aubonne, pour, de là, se porter où il lui sera ordonné.
Aujourd'hui arrive la 60e, le 2e bataillon de la 13e (21) et environ 400 conscrits {p.306} de la 58e. Ces derniers ont été habillés à Dijon, mais non armés ; il leur faut des armes.
J'ignore la marche des conscrits de la 60e et des deux autres bataillons de la 13e, qui doivent suivre (22).
Je demande à ces corps sur-le-champ des états de situation, ceux de l'armement, des munitions de guerre, et des bidons, gamelles et marmites nécessaires. Je vous enverrai, Général, ces divers états au fur et à mesure qu'ils vont m'être remis, afin qu'il soit pourvu de suite aux besoins des troupes, pour les mettre en état d'entrer en campagne.
La force de la 58e est d'environ 1800 hommes présents, non compris les conscrits attendus aujourd'hui.
Celle de la 60e est de 1800 hommes aussi, non compris les conscrits attendus de Dijon.
J'ignore celle de la 13°.
Demain, vous aurez une situation exacte.
P. S. – Nous n'avons point ici de payeur; je vous prie, Général, de me dire si la division recevra la solde.
Le général Broussier arrivera aujourd'hui avec la 60e.
Le Premier Consul, aux Consuls (23).
Genève, le 19 floréal an 8 (9 mai 1800).
Je vous ai expédié, citoyens Consuls, un courrier de Dijon.
J'ai passé à Dijon la revue des conscrits et d'une demi-brigade qui se forme.
Je suis arrivé hier à minuit (24) à Genève. Toute l'armée est en mouvement et dans le meilleur ordre possible. {p.307}
Je reçois à l'instant votre courrier du 16. Je vois avec plaisir que Paris est tranquille. Au reste, je vous le recommande encore, frappez vigoureusement le premier, quel qu'il soit, qui s'écarterait de la ligne. C'est la volonté de la nation entière.
Je ne vous peindrai pas ce que j'ai éprouvé en traversant la France. Si je n'avais souvent changé de route, je ne serais pas arrivé de huit jours.
Je vous expédierai tous les jours un courrier. Envoyez-moi le million que vous m'annoncez.
BONAPARTE. {p.308}
Le Premier Consul, au citoyen Maret, secrétaire d'État.
Je vous remercie, citoyen, du bulletin que vous m'avez envoyé. J'ai été fort content de la ville de Dijon. Il me parait qu'on y a été aussi fort content de l'armée de réserve.
Les demi-brigades qui étaient sorties de Paris avaient commis quelques excès et soulevé quelques nuages. Je désire que vous fassiez connaître la bonne conduite qu'elles ont tenue. Partout, j'ai eu à me louer des troupes (25).
Le Premier Consul, au citoyen Lacuée, conseiller d'État (chargé par intérim du portefeuille du Ministre de la guerre).
J'ai trouvé l'armée, citoyen, en assez bon état.
Les conscrits qui vont arriver à Dijon auront besoin d'habits; il en faudrait 20 ou 25,000.
Nous avons besoin de chevaux d'artillerie. Tenez la main à ce que tous ceux qui se trouvent dans l'Ouest et à Versailles se dirigent en toute diligence, haut-le-pied, sur Auxonne, mais harnachés.
Il y a, à Lyon, 700 chevaux de trait qui manquent de charretiers et de harnais. Il serait essentiel de former à Lyon un bataillon de train, qui pourrait, en partie, être composé de charretiers épars dans la 7e division. Il faudrait aussi prendre des mesures pour le harnachement de ces chevaux (26).
BONAPARTE. {p.309}
Art. 1er. – Chaque maître de poste de la direction d'Auxonne à Genève, route de Poligny, est tenu de se procurer 32 chevaux pour le service extraordinaire de l'artillerie de l'armée de réserve.
Art. 2. – 10 convois, chacun composé de 9 à 10 voitures, se succéderont immédiatement, à huit heures d'intervalle et à la distance de 6 lieues l'un de l'autre.
Art. 3. – Chaque convoi aura un officier d'artillerie du train, qui payera les frais de poste conformément à l'ordonnance.
Art. 4. – Les préfets des départements du Jura et du Léman, le général d'artillerie de l'armée de réserve et le citoyen Pflieger, inspecteur des postes, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté (27).
BONAPARTE. {p.310}
Art. 1er. – Chaque maître de poste de la direction de Grenoble à Genève est tenu de se procurer 45 chevaux pour le service extraordinaire de l'artillerie de l'armée de réserve.
. . . . . (28).
L'armée est prévenue de l'arrivée du Premier Consul Bonaparte au quartier général.
Les généraux de division enverront, sans délais, au quartier général, l'état exact des hommes présents sous les armes, dans chaque corps, et combattants.
Il sera passé, au premier jour, une revue générale de l'armée par le général en chef; les généraux de division et de brigade feront toutes les dispositions qui les concernent pour que toutes les troupes se trouvent dans le meilleur ordre de guerre possible.
Vous donnerez l'ordre au général Duhesme de partir demain pour se rendre à Lausanne où il prendra provisoirement {p.311} le commandement des divisions Boudet et Watrin (29); vous en préviendrez ces généraux.
Vous donnerez l'ordre que le 21, à 3 heures, après midi les deux divisions soient réunies aux environs de Lausanne, dans l'emplacement qui pourra être reconnu, afin de passer la revue du général en chef (30).
Vous donnerez l'ordre au général Victor de partir demain matin pour se rendre à Morges. Il aura provisoirement le commandement de la division Chambarlhac et de celle du général Chabran, quand elle sera réunie à l'armée, ainsi que des Italiens aux ordres du général Lechi (31).
Vous ordonnerez que le 21, à 11 heures, les trois demi-brigades de la division Chambarlhac prennent les armes dans le terrain qui sera reconnu pour passer la revue du général en chef, près de Morges.
Le général Dupont voudra bien faire partir cette nuit un courrier de la poste à franc étrier pour porter les différents paquets ci-inclus à Dôle et Lons-le-Saunier et autres lieux sur la même route. Les ordres qu'ils renferment sont très pressés (32).
Dupont, général de division, chef de l'état-major de l'armée de réserve, au général lieutenant Moncey.
Je vous préviens, citoyen Général, que l'intention du Premier Consul est que le 14e régiment de cavalerie soit employé à l'armée de réserve. Le commandement {p.312} de ce corps a des ordres pour mettre 200 hommes en campagne au 1er prairial. Le général en chef Berthier désire que, dans le nombre des troupes que vous devez porter au Simplon, vous compreniez la 44e demi-brigade en entier.
Je vous salue, citoyen Général,
J'ai reçu, mon cher Général, votre lettre par Gaspard, pour lequel j'ai obtenu des secours.
Le Premier Consul est arrivé ici ce matin. Nous précipitons notre mouvement (33). Le quartier général part demain pour Lausanne. Les succès de l'armée du Rhin nous permettent de reprendre notre plan vaste et hardi de campagne. Masséna tiendra certainement dans Gênes jusqu'à ce qu'il soit secouru. Nous avons de ses nouvelles du 7 (34).
Vous connaissez tous mes sentiments bien affectueux pour vous. Je vous embrasse.
Genève, le 19 floréal an 8 (9 mai 1800),
Ordonnez que la colonne arrivée avec le général Seriziat soit toute cantonnée dans la journée à Genève (35).
Que les habits qui les suivent soient également distribués dans 1a journée.
Demain, à 7 heures du matin, vous passerez la revue de cette colonne et vous lui ferez distribuer les armes dont elle a fortement besoin.
Vous assurerez également le besoin indispensable qu'elle a de souliers.
Que les quartiers-maîtres me remettent ce soir la situation des bataillons sous le rapport de la solde.
Ordonnez au général Boudet les arrêts pour deux heures pour s'être permis de changer son quartier général sans ordre de l'état-major général (36). {p.313}
Il faut que la colonne du général Seriziat soit prête à partir demain vers midi si elle en reçoit l'ordre.
Voyez l'ordonnateur pour qu'elle ne manque de rien.
Boinod, inspecteur aux revues, au général en chef Berthier, quartier général à Genève.
Lausanne, le 19 floréal an 8 (9 mai 1800).
Haller nous a prévenu. Il a remis hier 15,000 francs à l'ordonnateur Dalbon pour le service des transports à loyer. Il me donne un crédit sur Vevey et m'offre sa bourse en cas de besoin.
La chambre d'administration du Léman s'engage à faire verser 3,000 quintaux de foin à Morges et 2,000 à Vevey, à commencer de demain, pour compléter, sous trois à quatre jours, la totalité du versement.
Elle se charge de la manutention et distribution; la proposition que je lui en ai faite a été reçue avec plaisir. On redoute plus, dans ce pays, les agents français que la réquisition elle-même.
L'armée et le pays se trouveraient mieux si tous les services étaient faits par les soins de l'administration; en payant quelquefois, elle aurait du crédit, et l'on ne payerait que les fournitures réellement faites.
J'ai cru nécessaire d'établir un magasin à Morges, où il n'y en a pas; la cavalerie et les transports peuvent facilement faire cette journée. Celle de Morges à Vevey est de 2 lieues moins forte (37). L'on gagnera par là une journée de marche et une distribution.
Le fourrage n'est pas encore assuré à Vevey ; c'est la municipalité qui fournit au jour le jour. J'enverrai à Fribourg pour tâcher de faire faire des versements prompts et abondants (38). {p.314}
Il a paru ici un agent de l'administration des fourrages; il a passé des marchés; s'ils s'exécutent, ils serviront à Rolle et Lausanne.
Le pays ne peut point fournir d'avoine; il faut y pourvoir de nos moyens.
Je pars sur-le-champ pour Villeneuve. Veuillez prévenir l'ordonnateur en chef des dispositions que j'ai prises.
P. S. – Je reçois en ce moment la lettre ci-incluse de la chambre administrative.
Si la quantité de foin que j'ai demandée ne suffit pas, l'administration pourra y suppléer. Elle est partie de la meilleure volonté; mais surtout point de garde-magasin français.
Ordre du 19 floréal, à Lausanne, pour être présenté en cas de besoin:
Boinod, inspecteur aux revues, chargé de mission particulière du général en chef Berthier, fait défense à tout agent, administrateur ou garde-magasin français, de s'immiscer en aucune manière dans le service extraordinaire des fourrages, qui doit être fait à Morges et à Vevey, par les soins de la chambre administrative du canton du Léman, pour le passage de la cavalerie et des transports. Ceux qui contreviendront au présent ordre seront traduits devant un tribunal militaire.
Le Premier Consul, au général Suchet, lieutenant du général en chef de l'armée d'Italie.
Genève, le 20 floréal an 8 (10 mai 1800).
Je suis arrivé, citoyen Général, hier à Genève. Je m'empresse de vous faire connaître que l'armée est en mouvement, que, dans la décade prochaine, elle sera dans le coeur de l'Italie.
Le 13, il y a eu à l'armée du Rhin une bataille où nous avons fait 7,000 prisonniers. Le 15, il y eu a eu une seconde. L'ennemi est en pleine déroute.
Faites connaître ces nouvelles au général Masséna, sans les lui écrire, mais en lui expédiant des officiers.
BONAPARTE. {p.315}
L'armée, citoyen Général, sera organisée ainsi qu'il suit (39) :
Le général Lannes, commandant l'avant-garde, aura à ses ordres, savoir:
1° Le général de brigade Mainoni;
28e demi-brigade de bataille;
1 bataillon de la 44e demi-brigade (40);
1 bataillon helvétique;
1 bataillon italien (41);
2° Le général de division Watrin;
6e demi-brigade légère;
22e de bataille;
40e de bataille;
3° Le général de brigade Rivaud;
12e régiment de hussards;
21e de chasseurs;
4° Artillerie;
Quatre pièces de 4;
Quatre pièces de 4 génevoises;
Six petites pièces de 2 qui sont au Saint-Bernard (42).
Le général Duhesme commandera les divisions Loison et Boudet, savoir:
La division Loison:
13e demi-brigade légère;
58e de ligne;
60e de ligne;
1 escadron du 15e de chasseurs;
La division Boudet:
9e légère;
30e de bataille;
59e de bataille;
Artillerie (43) :
Deux obusiers.
Le général Victor commandera, savoir:
La division aux ordres du général Chambarlhac;
24e légère;
43e de bataille;
96e de bataille;
11e régiment de hussards;
Artillerie (44) :
Division du général Chabran (45); {p.317}
Brigades n° 1, n° 2 et n° 3, formées des bataillons d'Orient;
70e demi-brigade, lorsqu'elle sera réunie. Cette demi-brigade suivra le mouvement de la division Chambarlhac jusqu'au moment où le général Chabran aura fait sa jonction. Les bataillons (46) n° 4 et n° 5 rejoindront la colonne du général Chabran, quand ils seront formés à Mâcon.
1 escadron du 7e de chasseurs qui suit le général Chabran;
Deux pièces de 4, qui doivent être rendues au Petit-Saint-Bernard;
Le général Lechi ;
La division italique;
Le général Murat commande toute la cavalerie:
Le général de division Harville (47);
Brigade de cavalerie, lé général . . . . . (48);
2e de cavalerie;
3e de cavalerie;
20e de cavalerie;
Brigade de dragons, le général. . . . . (48);
8e de dragons;
9e de dragons;
Brigade de cavalerie légère, le général Duvignau;
2e de chasseurs;
14e (49) de hussards;
Les 1er de hussards, 1er et 5e de cavalerie et 5e de dragons seront embrigadés quand ils arriveront à l'armée.
Donnez des ordres au général Lannes pour qu'il se rende de suite à son avant-garde.
Donnez également tous les autres ordres nécessaires à l'organisation ci-dessus.
Demandez au général Marmont l'organisation de toute l'artillerie de l'armée.
Faites faire un état de l'organisation de l'armée que vous remettrez au Premier Consul à 11 heures. Vous ajouterez à cet état en observation toutes les troupes annoncées et qui ne sont point encore arrivées. Vous mettrez sur cet état la force des corps (50).
Le quartier général sera demain à Lausanne.
Donnez l'ordre au général Turreau, par la voie que vous croirez la plus prompte, qu'il ne retire aucune troupe de la Tarentaise, ni de la 9e division de l'aile gauche de l'armée d'Italie, et que, s'il avait déjà retiré quelques troupes, il les fasse retourner à leur poste, les opérations de l'armée étant calculées sur la position actuelle des troupes et notamment sur celle de la 12e demi-brigade de ligne qui est en Tarentaise; que l'arrivée des troupes du général Chabran ne doit pas lui faire diminuer un seul homme en Tarentaise; qu'il va connaître les mouvements de l'armée de réserve.
Réitérez l'ordre au général Vignolle de faire filer sur l'armée le plus promptement possible les généraux et adjudants généraux qui arrivent.
Ordre à la colonne du général Seriziat de partir demain 21 pour se rendre à Moutiers par la route la plus courte.
Alex. BERTHIER. {p.319}
Envoyez un courrier à Morges et à Lausanne, pour prévenir que la revue, qui devait avoir lieu le 21, n'aura lieu que le 22, aux mêmes heures qui avaient été indiquées (51).
Ce même courrier portera des ordres au général Mainoni, de ne point se porter au Simplon avec les trois bataillons de la 28e, ainsi qu'il parait qu'il en a reçu l'ordre du général Moncey.
Dupont, chef de l'état-major général de l'armée de réserve, au général Lannes (52).
Conformément aux ordres du général en chef, citoyen Général, vous vous rendrez, le 23, à Saint-Maurice (53) avec l'avant-garde que vous commandez, et vous ferez prendre à Villeneuve du biscuit à la troupe pour les 23, 24, 25 et 26. Dans la journée du 24, vous serez rendu à six lieues au delà de Saint-Maurice, et, le 25, vous vous trouverez au pied du Grand-Saint-Bernard. En passant à Saint-Pierre, vous prendrez du biscuit pour trois jours, 27, 28 et 29 inclus.
Le général Mainoni devra réunir les trois bataillons de la 28e, le bataillon helvétique et le bataillon italique à l'hospice du Saint-Bernard, le 24, et leur fera délivrer du biscuit pour quatre jours. Donnez-lui des ordres en conséquence. {p.320}
Vous prendrez toutes les précautions nécessaires pour accélérer le transport de votre artillerie au Saint-Bernard, et vous ferez filer avec la plus grande rapidité les affûts-traîneaux qui vous sont destinés, de manière qu'ils soient arrivés au pied de la montagne avant la tête de la colonne.
Vous calculerez votre marche avec assez de précision pour que, le 26, une heure avant le jour, vous ayez passé 1e Saint-Bernard, et que vous vous trouviez sur les postes avancés de l'ennemi, que vous culbuterez.
Vous donnerez l'ordre au 12e régiment de hussards et au 21e régiment de chasseurs d'être rendus le 23 à Vevey.
Le mouvement de l'armée suivra celui de l'avant-garde, et vous recevrez des instructions ultérieures.
Le général Marmont a ordre d'expédier un officier qui sera chargé de faire monter de suite sur le Saint-Bernard une pièce de 8, un obusier et les pièces de 4 de la division Watrin. Vous donnerez à ce convoi l'escorte que vous jugerez nécessaire, et vous déterminerez le point où ces pièces devront s'arrêter pour attendre la colonne d'attaque.
La division Chabran passera le Petit-Saint-Bernard le 26, culbutera l'ennemi qui pourrait occuper ce passage, et fera sa jonction avec vous le plus tôt possible.
Instruisez, je vous prie, fréquemment, le général en chef de votre position (54).
P. S. – Les troupes à cheval devront prendre de l'avoine pour quatre jours.
Dupont, général de division, chef de l'état-major général de l'armée de réserve, au général Lacuée, conseiller d'État.
J'apprends, mon cher Général, que vous avez l'intérim; il sera marqué par des succès. Le général Moreau a battu l'ennemi {p.321} le 15, et, le 17, il a dû y avoir une bataille générale qui décidera du sort d'Ulm.
Le quartier général sera demain à Lausanne. Le Premier Consul y verra l'armée. Le 23, l'avant-garde abordera le Saint-Bernard (55). Nous serons le 28 à Ivrée si le fort de Bard ne nous retarde pas. {p.322}
Voilà notre vaste et hardi plan de campagne rétabli dans son intégrité. Nous courons à de grands événements.
Le Ministre Carnot écrit de Bâle qu'il suit la rapide trace de Moreau et qu'il sera ici sous peu de jours.
Point de nouvelles de Masséna depuis le 7. J'espère que, dans les premiers jours de prairial, il commencera à respirer et qu'avant le 10 il sera libre.
Veillez sur nous; nos besoins vous sollicitent vivement.
Je regrette bien que Clarke ne soit pas avec nous.
Lacombe-Saint-Michel (56), général de division, commandant en chef l'artillerie, au général Premier Consul.
Les places des Hautes-Alpes étant les dépôts principaux où je dois prendre les différentes bouches à feu nécessaires pour la formation de l'équipage de siège que vous m'avez ordonné de réunir, je vous demande un arrêté qui comprenne {p.323} dans l'arrondissement de l'armée de réserve le matériel et le personnel de la 7e division militaire, faisant la gauche de l'armée d'Italie, jusques et y compris la vallée de Barcelonnette et le col de l'Argentière.
Les officiers d'artillerie attachés à l'équipage de l'armée de réserve étant à peine suffisants à son service, je ne puis disposer d'aucun pour l'équipage de siège; je vous prie de m'autoriser à en faire venir de l'intérieur, ainsi que des conducteurs des charrois et gardes d'artillerie.
Les moyens que j'ai à rassembler étant disséminés, les mouvements que va faire l'armée de réserve ne pouvant me permettre facilement de prendre vos ordres et ceux du général en chef, je vous prie de me donner une latitude suffisante, qui me permette de prendre les choses et les hommes où je les trouverai, toutefois sans nuire au service des autres armées (57).
Les transports militaires étant sans activité, les magasins de l'artillerie n'offrant aucune ressource pour les menus achats; étant nécessaire de faire harnacher les 800 chevaux que vous m'avez annoncés, d'organiser un ou deux bataillons du train d'artillerie, de fournir au travail extraordinaire des arsenaux, le temps que j'ai devant être soumis aux événements de la campagne, devant nécessairement forcer de moyens afin de me trouver en mesure le plus {p.324} tôt possible, je vous demande de mettre 200,000 francs à ma disposition pour ces différents objets.
Un de mes aides de camp venant de mourir, je vous prie de m'autoriser à le remplacer, pour cette campagne, par mon fils, enseigne de vaisseau à Toulon. Le peu d'activité de la marine me permet de vous faire cette demande.
J.-P. LACOMBE-SAINT-MICHEL.
Vous trouverez ci-joint, citoyen Ministre, un arrêté que j'ai pris pour la prompte organisation de l'artillerie de siège de l'armée de réserve. Le général Lacombe-Saint-Michel va vous adresser différentes demandes relatives au personnel et au matériel pour quelques objets d'armement. Vous sentez combien il est nécessaire de vous assurer que les mesures qui sont prises dans vos bureaux seront promptement exécutées.
Toutes les mesures prises dans les bureaux d'artillerie pour former l'équipage de campagne de l'armée de réserve ont été mal conçues; il y avait, à Grenoble seul, de quoi former 3 équipages de campagne comme celui dont nous avions besoin. Ainsi, envoyez-nous tous les chevaux que vous pourrez vous procurer à Paris, harnachés et haut-le-pied, en les dirigeant sur Genève par le plus court chemin (59).
BONAPARTE. {p.325}
Art. 1er. – La direction d'artillerie de Grenoble et l'artillerie de la place de Fenestrelles sont sous les ordres du général d'artillerie Lacombe-Saint-Michel.
Art. 2. – Le général Lacombe-Saint-Michel préparera, dans les places de la 7e division et dans celle de Fenestrelles, un équipage de siège de 80 bouches à feu, avec les armements et approvisionnements nécessaires.
Art. 3. – Il organisera un bataillon du train d'artillerie et prendra toutes les mesures pour la formation en brigades et pour le harnachement des 1000 chevaux de charrois qui se trouvent à Lyon.
Art. 4. – La moitié de ces chevaux, la première en état, sera destinée à l'équipage de campagne de l'armée de réserve; l'autre moitié à l'équipage de siège.
Art. 5. – Le général Lacombe-Saint-Michel prendra toutes les mesures et donnera tous les ordres pour activer les ateliers de Grenoble et l'approvisionnement en cartouches d'infanterie et à canon, et autres approvisionnements pour l'armée de réserve, conformément aux demandes qui lui seront faites par le général commandant l'artillerie de cette armée, qui lui transmettra les ordres du général en chef de ladite armée.
Art. 6. – Il sera mis 100,000 francs à la disposition du général Lacombe-Saint-Michel (60).
Art. 7. – Le Ministre de la guerre est chargé du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.
BONAPARTE. {p.326}
Villeneuve, le 20 floréal an 8 (10 mai 1800).
Une barque de 1600 caissons de biscuit, une autre chargée d'eau-de-vie et une troisième portant 190 quintaux de farine, sont arrivées ici hier au soir. On expédie pour Saint-Pierre (61), par les transports de l'arrondissement de Villeneuve, 30,000 rations de biscuit et 2,000 pintes d'eau-de-vie. Dès que de nouveaux transports attendus seront arrivés, l'on fera suivre 50 sacs d'avoine, et ainsi de suite, dans la même proportion, à mesure des moyens de transport, et, jusqu'à nouvel ordre, l'on s'occupe à faire botteler et tresser le fourrage.
Le commissaire des guerres Dalbon est en avant pour procurer les relais jusqu'à Saint-Pierre; je vais le joindre.
L'armée du Rhin avait en cette place quelques approvisionnements. Il ne reste que 450 quintaux de froment et 350 quintaux de seigle.
Les moulins de la ville et banlieue ne peuvent moudre que 20 quintaux dans les vingt-quatre heures.
Si l'on avait de la farine, l'on pourrait fabriquer 6,000 rations par jour à Villeneuve, autant à Bex et Saint-Maurice réunis, et 4,500 à Aigle.
Il ne faut envoyer de grains qu'en raison des moutures que l'on peut obtenir et faire moudre à Genève, Nyon et Lausanne.
L'armée de réserve n'a encore aucun établissement de formé et n'a ni grains ni farine (62).
BOINOD. {p.327}
Dubreton, commissaire ordonnateur de la garde des Consuls, ordonnateur en chef de l'armée de réserve, au général en chef.
Je réponds, Général, à la lettre que vous m'écrivez au sujet des fonds destinés aux citoyens Lambert et Boinod.
Le dernier a reçu les 50,000 francs pour lesquels il était compris dans votre répartition. Lorsque, Général, vous avez arrêté ce travail, il était en tournée, et le payeur ne pouvait envoyer ses traites vers une destination hasardée.
Quant à Lambert, le retard fâcheux qu'il a éprouvé et qui, depuis plusieurs jours, me contrarie beaucoup ainsi que vous, provient d'un quiproquo du payeur. Je l'en ai prévenu hier, aussitôt son arrivée ; il s'est hâté de réparer cette erreur ou cette faute. Il fait payer à Lambert 24,000 francs en écus, à Lyon, 76,000 francs en traites; ces deux sommes, jointes aux 50,000 francs payés à Genève, à son acquit, complètent son crédit de 300,000 francs.
Je vais vous proposer une nouvelle répartition nécessaire. J'y comprendrai et Boinod et Lambert, et notamment les hôpitaux, qui commencent à éprouver des besoins, attendu qu'il faut confectionner tout ce que le Gouvernement n'a point fourni jusqu'à ce moment.
Nous pouvons disposer, dans ce moment, de 2,500 paires de souliers; je désirerais savoir quels sont les corps qui en ont le plus besoin.
J'ai reçu ce matin, citoyens Consuls, votre courrier du 17 floréal (63).
Les 100,000 francs qui ont été mis à la disposition du citoyen Boinod et les 200,000 francs à celle de l'ordonnateur Lambert, à Lyon, ne pourront pas être soldés, l'argent des conscrits ayant été employé à d'autres objets.
On continue toujours à me rendre compte qu'une grande quantité d'argent se trouve en stagnation chez les receveurs; on dit, entre autres, qu'il y a 300,000 francs chez celui de Grenoble (64).
BONAPARTE. {p.328}
Une grande quantité de conscrits, citoyen Ministre, va continuer à se rendre à Dijon. Il est donc extrêmement essentiel d'y faire filer des habits, des fusils, etc. J'estime qu'il faudrait encore 15,000 fusils et 25,000 habits à Dijon. Prenez les mesures pour qu'ils y soient dans le plus court espace de temps possible (65).
Les 11e de hussards et 15e de chasseurs doivent être partis de Paris; s'ils ne le sont pas, qu'ils partent avant le 24 et qu'ils se dirigent droit sur Genève.
Vous trouverez ci-joints différents ordres que j'ai donnés aux dépôts de cavalerie de l'armée d'Orient. Ils sont sans chevaux et sans harnachement. Ils ne peuvent pas servir dans la campagne. Prenez des mesures pour qu'ils soient montés et équipés le plus tôt possible (66).
Genève, le 21 floréal an 8 (11 mai 1800) (67).
L'armée de réserve, citoyen Général, est en marche pour entrer en Italie. Dès l'instant qu'elle y aura pris position, elle {p.329} se trouvera faire partie de l'armée d'Italie, et alors je prendrai un arrêté qui vous nommera commandant de l'armée de réserve. En attendant, vous allez prendre le commandement de la 18e division, de tous les dépôts de l'armée de réserve, et vous occuper avec la plus grande activité de l'armement, équipement et organisation des conscrits qui arrivent à Dijon.
Laissez filer sur Genève la 72e et tous les régiments de cavalerie qui ont été mis en marche de Paris.
Mettez tous les conscrits qui vous arrivent dans la 17e légère et dans les deux demi-brigades de l'armée d'Orient. Avant que vous ayez porté ces corps chacun à 3,000 hommes, je renverrai de l'armée d'Italie huit à dix corps qui ne sont qu'à 4 ou 500 hommes, et que vous reformerez.
Le 10e de dragons a reçu ordre de partir de la Batavie pour se rendre à Dijon, ainsi que les 11e et 18e de cavalerie. Ces régiments ne seront guère arrivés que vers la fin de prairial. La 14e de ligne a reçu le même ordre.
Je vais me rendre de ma personne en Italie. Les événements vont se succéder avec une grande rapidité. Notre supériorité au Rhin est très constatée: de longtemps l'ennemi ne peut plus prendre, de ce côté-là, l'offensive. D'ici à quinze ou vingt jours, tout cela va produire des résultats qui me mettront à même de vous assigner un rôle conforme au rang que vous tenez dans la République, en même temps qu'ils placeront la République au rang de gloire et de considération qu'elle n'eût jamais dû perdre.
Votre commandement, quoique réduit à peu de troupes, ne laisse pas que d'être intéressant dans ce moment-ci, ne serait-ce que sous le rapport de l'intérieur.
La moitié des contributions provenant des départements de la 18e et de la 20e division, ainsi que l'argent provenant des conscrits, est destinée à subvenir aux dépenses de votre armée; activez-en la rentrée afin de pouvoir payer la solde des troupes qui sont sous vos ordres.
Je me suis aperçu, en passant la revue des différents corps, qu'il y avait des conscrits absolument hors d'état de faire la guerre; il y en a même d'estropiés. Il est bien nécessaire que vous passiez vous-même la revue des conscrits, et que vous renvoyiez chez eux ceux qui seront hors d'état de faire {p.330} la guerre avant qu'on leur ait délivré les armes et les habits.
23 floréal (13 mai).
J'ai achevé cette lettre à Lausanne d'où je vous expédie votre courrier (68).
Rapport au Premier Consul sur ma mission dans les places de Lyon, Grenoble et Chambéry (69).
A Lyon, l'ordonnateur Lambert active beaucoup et avec peu de moyens l'approvisionnement de l'armée en biscuit, eau-de-vie, etc. (l'état est ci-joint, sous le n° 1) (70).
L'artillerie de cette place est pour ainsi dire nulle; mais, avec quelques fonds, tout se confectionnerait avec rapidité dans cette place.
J'en ai fait partir 38 caissons, les uns remplis d'étoupe et les autres d'obus; j'ai donné ordre de faire partir 2,000 obus sur les 4,300 qui y existent. Le général Marmont en a été prévenu.
J'ai donné l'ordre de faire filer sur Genève les 5,100 fusils qui devaient arriver au premier jour et de faire rétrograder les 5,700 qui étaient déjà partis pour Auxonne, pour les faire aussi filer sur Genève.
L'esprit de Lyon est parfaitement bon; je crois les habitants disposés à des sacrifices.
D'après l'état ci-joint (sous le n° 2), il n'existe, dans la 19e division militaire, que 332 combattants de la 15e légère et 150 hommes montés du 21e régiment de cavalerie; le reste n'est composé que de dépôts.
Sur les 700 chevaux d'attelage qui existent à Lyon, j'en fais partir 107 pour Grenoble, où ils trouveront des harnais. Le général Marmont a disposé des autres.
J'ai fait partir de Grenoble 700,000 cartouches d'infanterie, 4,000 fusils, 488 quintaux de plomb, 3 forges de campagne. Le capitaine Menou a fait partir, en mon absence, de Grenoble, Fort-Barraux et Chambéry, d'autres munitions, dont il a donné l'état au général Marmont. {p.331}
Ci-joint, sous le n° 3, un état de tout ce qui existe dans l'arsenal de Grenoble.
Cet arsenal présenterait au Gouvernement des ressources importantes pour l'approvisionnement de l'armée, si on lui accordait quelques fonds. Mais il est très endetté; de plus, le receveur du département ne reçoit de la trésorerie aucun ordre de payer 31,000 francs, que le Ministre de la guerre a ordonnancé.
Il faudrait aussi envoyer à cet arsenal de la poudre et du plomb; alors, on aurait un approvisionnement sûr en cartouches.
Il n'y a, dans la 7e division militaire, de troupes disponibles que le 4e régiment de chasseurs, fort de 446 hommes; la 4e compagnie de pontonniers, dite d'Italie, et la 2e du 2e bataillon. Plus une compagnie d'artillerie légère, forte de 55 hommes et 72 chevaux; il n'y en a, dans ce moment, que 39 harnachés, équipés; j'ai donné l'ordre de faire partir un officier de cette compagnie pour aller chercher des effets d'équipement à Besançon.
L'état de la division est sous le n° 4 et celui des effets d'habillement et d'équipement sous le n° 5 (71).
C'est le capitaine Menou qui a tout fait partir de Chambéry.
Genève, le 21 floréal an 5 (11 mai 1800).
Donnez l'ordre à l'adjudant général Noguès, pour qu'il se rende à l'avantgarde avec le général Lannes (72). {p.332}
Le citoyen Camille Genève, volontaire du département de l'Isère, suivra le quartier général, employé à l'état-major comme ordonnance, en attendant l'arrivée de l'escadron des volontaires à l'armée. Il voyagera avec son cheval et partira le 22..
Alex. BERTHIER. {p.333}
Je pars à 11 heures, citoyen Général (73); laissez des ordres au général Sauret pour faire filer sur l'armée toutes les troupes qui arriveront à Genève. Chargez-le de veiller à ce que les ordres, que j'ai donnés à l'ordonnateur pour faire filer sur Villeneuve tous les effets qui arriveraient pour l'armée, soient exécutés (74).
Ordonnez que la 27e demi-brigade d'infanterie légère qui est à Dijon se rende à Genève, où elle finira d'être organisée et y attendra des ordres.
Ordonnez au général Veaux qu'aussitôt que les demi-brigades n° 4 et n° 5 des dépôts de l'armée d'Orient seront habillées et équipées, elles se rendent à Genève, où elles recevront de nouveaux ordres. Le général Veaux se rendra à Genève le plus tôt possible et y prendra le commandement de ces trois demi-brigades.
Écrivez pour que l'on nous envoie de Paris, en poste s'il est possible, des gibernes et des banderolles. Le général Harville restera à Genève où il recevra des ordres pour les mouvements de la cavalerie.
Le Premier Consul, au Ministre de la République en Helvétie (75).
J'ai reçu, citoyen Ministre, votre lettre du 15 floréal.
La marche des affaires à Berne me parait fort bonne. Il est hors de doute qu'au milieu d'une campagne extrêmement active; le Corps législatif voulût se donner un peu de repos. Cependant, cela ne doit être l'effet que de sa propre volonté. {p.334}
Je serai les 23 et 24 à Lausanne. Je crois qu'il est de convenance que vous fassiez connaître à la Commission helvétique que les circonstances de la guerre et le désir de protéger le territoire helvétique, m'ont décidé à m'approcher du théâtre de la guerre et habiter, pendant quelques jours, différentes villes de la République helvétique (76).
Berthier reçoit le 8 mai à Genève les ordres du Premier Consul partis le 5 de Paris.
Dubreton avait déjà fourni, le 21 avril, à Dijon, la situation suivante :
DUKERMON, commissaire ordonnateur, la direction supérieure des diverses sections de service, y compris le chauffage;
LEPELLETIER, commissaire des guerres, adjoint à l'ordonnateur;
THEZE, la direction supérieure des équipages de l'armée, y compris les parcs de l'artillerie, la poste militaire;
RICARD, le service de l'habillement; BONDURAND, celui des hôpitaux; DUFRESNE, la police administrative du quartier général; MASSON, les détails de l'artillerie et du génie;
TROUSSET, commissaires de 1re classe, seront placés près les lieutenants généraux; ils commanderont aux commissaires divisionnaires.
Commissaires divisionnaires:
SAINT-CRICQ, à la réserve; TROUSSET, provisoire, à la division du général Watrin; DUPONT, division Chambarlhac; MARTIN, division Boudet; VIDAL, division Loison; GROSBERT, légion italique; SEUREUX et LANEUVILLE, élèves, près l'ordonnateur en chef.
Le 10 mai, le chef d'état-major de la division Watrin écrivait au général Dupont:
En conséquence de votre lettre du 18 courant au général commandant la division, qui m'a été par lui transmise, je me suis empressé, citoyen Général, de prendre les renseignements que vous désirez avoir sur la manière que le service des subsistances a été rempli à l'égard des troupes de cette division, durant la marche jusqu'ici. J'ai à vous apprendre ma {p.297} satisfaction que rien n'a été en souffrance à cet égard jusqu'à ce jour, et qu'il ne m'est parvenu aucune plainte contre la qualité des objets de subsistance, tant pour les hommes que pour les chevaux. La quantité des rations a été partout conforme aux besoins.
Le registre d'ordres de la division Watrin montre que les questions administratives n'y étaient pas négligées:
Au commandant de la 22e demi-brigade de ligne et 40e.
Il est indispensable, citoyen Commandant, qu'indépendamment de l'état de situation que vous fournissez chaque jour au général commandant la brigade dont le corps que vous commandez fait partie, que vous m'en adressiez une semblable journellement.
Je vous préviens qu'à l'avenir aucune distribution ne se fera qu'après que les états, que vous devez fournir, seront parvenus à qui de droit. L'ordre des distributions exige que les quartiers-maîtres y soient toujours présents.
Lausanne, 26 floréal an 8 (6 mai 1800).
Le citoyen Garand étant chargé par le Gouvernement de l'inspection des revues des corps qui composent la division, les chefs des corps sont prévenus qu'il passera incessamment la revue des troupes et qu'il faut, en conséquence, tenir prêts les contrôles, le Gouvernement mettant beaucoup d'intérêt à ce que ces revues se passent en règle.
HULIN .
Voir Annexe, n° 16.
Cet ordre est complété le même jour par les suivants:
« Mettez sur l'état de situation que vous me porterez ce soir à 4 heures, l'arrivée des bataillons, conformément à l'état ci-joint que m'envoie Vignolle.
« Dans l'état de situation que vous m'enverrez ce soir, il faut y comprendre, comme une division, toutes les troupes aux ordres du général Turreau et, de même, celles du Valais.
Alex. BERTHIER. » {p.298}
Alex Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef de l'état-major.
J'apprends à l'instant, citoyen Général, que le général Béthencourt vient d'arriver à Lausanne. Donnez-lui l'ordre de se rendre sur-le-champ au Simplon, d'en prendre le commandement et d'y relever le général Vaufreland *.
* Le général Béthencourt arrive à Sion le 16 mai, (Voir p. 362, note 1, le résultat de ses premières reconnaissances.)
Livre d'ordres du général Marescot. Archives du génie.
Cette lettre semble écrite à Genève.
Le même jour, Marescot demandait à Berthier les souliers nécessaires à ces sapeurs. {p.299}
Marescot (Armand-Samuel), né à Tours le 1er mars 1758, avait été aspirant à l'École de Mézières le 11 mai 1776, sous-lieutenant le 1er janvier 1778, lieutenant en premier le 13 janvier 1784, capitaine le 1er avril 1791, chef de bataillon le 6 novembre 1793, chef de brigade le 19 juillet 1794, général de brigade le 1er septembre 1794, général de division le 8 novembre 1794, inspecteur général des fortifications le 13 juin 1795, premier inspecteur général le 5 janvier 1800.
Il devint grand-officier de l'Empire, et inspecteur général du génie le 6 juillet 1804, fut destitue le 4 septembre 1808, renommé premier inspecteur général du génie par le Gouvernement provisoire le 8 avril 1814, et retraité le 1er août 1815.
Milieu de juillet. {p.300}
Au rapport de Marescot étaient joints deux croquis qui sont conservés au Ministère de la guerre (Archives du génie); l'un est un itinéraire de Villeneuve au Grand-Saint-Bernard, l'autre un plan détaillé des vallées et des chemins entre le Grand-Saint-Bernard et Martigny.
Ce dernier est reproduit ici à une échelle un peu plus petite que l'original. {p.301}{p.302}
Des troupes françaises avaient récemment passé ce col.
1° Du 24 mai au 12 novembre 1798 et particulièrement à la fin de mai et au commencement de juin, l'hospice avait fourni des subsistances à des colonnes « allant à Milan » et on estimait le nombre d'hommes ayant passé le col à « 43,000 environ, consistant en 15 demi-brigades, 2 régiments de hussards, 3 de dragons, 1 de cavalerie, outre divers corps d'artillerie légère, chasseurs à cheval, sapeurs, etc. ».
Les principaux corps étaient: les 3e, 31e, 68e, 78e, 97e demi-brigades, 6e de hussards, 19e de dragons, 7e de chasseurs, 3e de cavalerie, 5e régiment d'artillerie à pied, 1er et 4e d'artillerie à cheval.
Les rations distribuées aux troupes furent entièrement aux frais de l'hospice, bien que le général Lorge eût donné l'ordre positif de les nourrir et eût fixé la quantité de viande, fromage et vin allouée à chaque soldat (Archives du Grand-Saint-Bernard).
2° Une partie de la division Xaintrailles fut détachée de l'armée du Danube en mai 1799 « pour réduire le haut Valais et garder les débouchés de la vallée d'Aoste ». Une fraction de cette division se porta momentanément à Aoste par le Grand-Saint-Bernard et revint au bout de quelques jours dans le Valais.
L'hospice resta occupé par des troupes françaises dont l'effectif était d'environ « 500 hommes et jamais moins de 200 ».
Les corps qui reçurent des vivres à l'hospice étaient: les 25e légère, 28e, 104e et 110e de ligne et le 3e régiment d'artillerie.
De mai à juillet 1799, l'hospice leur avait fourni: 495 livres de pain de seigle, 8,944 rations de viande, 262 livres de riz, 567 livres de sel, 3,521 bouteilles de vin, etc., le tout évalué à 32,378 francs, qui furent payés par la France le 2 février 1800 (Archives du Grand-Saint-Bernard).
Trois compagnies de la 28e avaient passé l'hiver à l'hospice et y étaient encore en mai 1800 (v. chap. IX).
Ni en 1798, ni en 1799, les troupes françaises n'avaient, semble-t-il, passé le col avec des pièces de canon.
Voir la lettre du 6 mai de Mainoni à Berthier, p. 288. {p.303}
Le général Herbin commandait une brigade de la division Chambarlhac. Son rapport, d'après l'analogie des renseignements donnés, semble être celui que l'on trouvera cité en partie sans nom d'auteur, au début du chapitre X.
Cette note, sans signature, semble une minute de Marescot, et paraît lui avoir servi pour rédiger son rapport.
Elle contient quelques détails intéressants et curieux qui ne sont pas dans ce rapport. {p.304}
Ordres de l'adjudant général Hulin, chef de l'état-major de la division Watrin.
Vevey, le 18 floréal an 8 (8 mai 1800).
Les intentions du général commandant la division sont, citoyen Général, que la 6e demi-brigade parte demain 19 courant pour aller coucher le même jour à Bex et, le 20, à Martigny, où elle restera jusqu'à nouvel ordre.
La 22e demi-brigade de ligne devra se rendre demain à Saint-Maurice et les premiers villages au delà de cet endroit, qu'elle occupera jusqu'à de nouvelles dispositions. Si vous le jugez à propos, vous pourrez envoyer de ce corps à Martigny.
Je vous invite à donner des ordres en conséquence.
Je vous préviens en même temps que le parc d'artillerie de la division partira demain de Vevey, ira coucher à Saint-Maurice le même jour, et le lendemain à Martigny, où il sera sous vos ordres.
Le 3e bataillon de la 6e demi-brigade légère se trouvant aujourd'hui à Vevey, il a reçu directement l'ordre d'aller coucher demain 19 courant à Bex et le 20 à Martigny, où il se joindra aux deux autres bataillons du même corps.
Les intentions du général commandant la division sont, citoyen Général, que vous alliez demain 19 du courant établir votre quartier général à Bex et que votre brigade occupe cet endroit, ainsi que Villeneuve et Aigle. Il vous invite à donner vos ordres en conséquence.
Il ne doit rester aucune troupe de cette division en arrière de Villeneuve, attendu que d'autres troupes doivent occuper les cantonnements qui précèdent cette division.
Au commandant de l'artillerie de la division.
Conformément aux dispositions arrêtées par le général commandant la division, vous voudrez bien, citoyen, partir demain 19 du courant avec le parc de la division que vous {p.305} commandez, pour aller coucher le même jour à Saint-Maurice, où vous prendrez 2 pièces d'artillerie qui s'y trouvent, et le lendemain à Martigny, où vous resterez jusqu'à de nouvelles dispositions sous les ordres du général de brigade Malher (*).
Là, vous vous occuperez à faire construire les traîneaux nécessaires pour transporter au delà des montagnes les pièces, caissons, etc.
(*) Des ordres ultérieurs envoyèrent sans doute l'artillerie à Saint-Pierre, car le 13 mai les premières pièces quittent ce village pour monter au col. (V, la lettre de Boinod, p. 345.)
Conformément aux dispositions arrêtées par le général commandant la division, vous partirez, citoyen, demain 19 du courant, avec votre détachement pour vous rendre à Aigle, lieu fixé pour le quartier général de la division, où vous y resterez jusqu'à nouvel ordre.
(*) Ordre identique au « commandant du détachement du 11e régiment de hussards ».
Un ordre « aux commissaires Dablon et Trousset » les prévenait de tons les mouvements ordonnés pour les 9 et 10 mai aux troupes on états-majors de la division.
Loison (Louis-Henry), né à Damvillers le 16 mai 1771, était entré dans le bataillon auxiliaire des troupes des colonies le 29 juin 1787, avait abandonné le 16 septembre 1787; rentré et congédié moyennant 600 livres, le 25 janvier 1788, il était devenu sous-lieutenant au 29e régiment d'infanterie le 15 septembre 1791, lieutenant le 25 mars 1792, capitaine de hussards dans la légion du Nord en 1792, adjudant général chef de brigade nommé provisoirement en mai 1793, général de brigade le 26 août 1795, réformé le 27 décembre 1797, remis en activité le 16 janvier 1798, général de division provisoire le 25 septembre 1799, confirmé dans ce grade le 19 octobre 1799.
Il fit toutes les guerres de l'Empire, fut retraité le 15 novembre 1815 et mourut le 30 décembre 1816.
Le 2e bataillon de la 13e légère était arrivé le 30 avril à Dijon (voir p. 76). Il avait pu avoir repos le 1er mai, être le 2 à Auxonne et le 3 à Dôle, où il rejoignait la 60e, dont on a vu l'itinéraire p. 206. {p.306}
Les 1er et 3e bataillons de la 13e légère n'arrivaient que le 6 mai à Dijon; ils ne pouvaient pas être à Nyon avant le 13 mai.
Correspondance de Napoléon, n° 4764.
D'après les journaux manuscrits de Dunant et de Bourdillon, habitants de Genève, le Premier Consul serait arrivé à 3 heures du matin, le 9 mai.
Dupont, dans sa lettre à Moncey, du 9 mai, dit: « Le Premier Consul est arrivé ici ce matin ».
Genève s'était mise en fête pour recevoir le Premier Consul. On avait construit, à la porte de Cornavin, « un arc de triomphe commandé par le préfet, qui a coûté environ 60 louis; il y avait d'un côté: A Bonaparte et aux Armées, et, de l'autre: A la Victoire et à la Paix ».
Les habitants de Genève attendirent en vain le Premier Consul le 8 mai « . . . . . Toua les remparts étaient garnis de monde. . . . . Comme l'on croyait qu'il arriverait de Dijon {p.307} vers les 6 heures du soir, la garde nationale, composée d'environ 2,000 citoyens, faisait la haie. Elle fut renvoyée à 8 heures du soir. »
Mais le Premier Consul ne désirait pas d'honneurs ce jour-là. Il « était arrivé à Nyon dès les 5 heures du soir, et ayant appris les grands préparatifs qui se faisaient à Genève pour sa réception, il se fit faire un souper, puis il fut se coucher. A 3 heures du matin, il parut à la porte Cornavin. . . . . »
(Journal manuscrit d'Ami Dunant, tome VI. Bibliothèque de Genève. Dunant, né en 1739, mort en 1813, appartenait à une vieille famille suisse. – Journal manuscrit de Bourdillon. Bibliothèque de Genève. Bourdillon, né en 1725, mort en 1802, était d'une vieille famille française de Bourges, réfugiée à Genève vers 1560.)
Le récit du manuscrit Bourdillon sur le passage à Nyon ne concorde pas avec une lettre écrite par un habitant de Morez, le 14 mai, et publiée dans le Moniteur du 4 prairial. D'après cette lettre, le Premier Consul serait passé à Morez le 8 mai, à 9 heures du soir, et s'y serait arrêté une demi-heure pour contenter la population enthousiaste.
Le Premier Consul logea, à Genève, « dans la maison Desaussure (professeur de météorologie et de chimie, 1767-1845), en haut de la cité, qu'on avait préparés peur lui . . . . . « une partie de sa garde environna son domicile ». (Journal manuscrit d'Ami Dunant.)
(La maison Desaussure, où logeait le Premier Consul, ainsi que la maison Picot, habitée par Berthier, existent encore à Genève, ainsi que le château de Beaulieu, que le Premier Consul alla visiter pendant son court séjour dans cette ville.)
« A 6 heures, on a tiré plusieurs coups de canon, pour annoncer son arrivée au département du Léman ». (Journal manuscrit d'Ami Dunant.)
Le Premier Consul reçut dans la matinée le préfet et les autorités de la ville. Un ancien syndic, M. Gervais, questionné, dit au Premier Consul que les Génevois, par un sentiment naturel, regrettaient leur indépendance. (Compte rendu de M. Martin-Sales, témoin oculaire. – Genève à la France, pièces annexes, p. 16.)
Celui-ci lui répondit que, cependant, avant leur réunion, ils avaient beaucoup de discussions, souvent de l'anarchie; qu'il serait avantageux pour Genève de partager le sort d'une grande république; qu'il allait travailler à rouvrir le passage des Alpes et que le commerce de Genève se ranimerait, etc. (Journal manuscrit d'Ami Dunant.)
C'est pendant ce séjour à Genève, du 9 au 11 mai, qu'eut lieu l'entretien du Premier Consul avec Necker, l'ancien ministre des finances de Louis XVI.
« . . . . . Necker s'entretint une heure avec lui. . . . . il loua beaucoup l'opération militaire qu'il voyait faire sous ses yeux. Le Premier Consul fut médiocrement satisfait de sa conversation. » (Mémoires de Napoléon.) {p.308}
Correspondance de Napoléon, n° 4765.
Le Ministre de la guerre au Premier Consul.
Paris, le 22 floréal an 8 (12 mai 1800).
Je reçois dans l'instant (à 10 heures et demie) la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Genève le 19 de ce mois.
Quatre objets principaux y sont touchés:
1° L'habillement des conscrits à Dijon;
2° Les chevaux d'artillerie dans l'Ouest et à Versailles;
3° Le bataillon du train d'artillerie à Lyon;
4° Les 700 chevaux de Lyon.
1. Les conscrits de Dijon sont habillés; il faut, pour leur habillement, 1,600,000 francs. Les manquements de parole nous retardent, nous exposent à manquer et font que les entrepreneurs demandent une augmentation.
On a calculé sur 80 francs par homme, à cause du grand et du petit équipement; il {p.309} faudrait que, pour cet objet extraordinaire, il fût mis 200,000 francs par décade à ma disposition. Sans cet argent, il m'est bien difficile de répondre de rien.
2. Demain, il partira de Versailles 230 chevaux, qui seront suivis, le 24, par 120 autres.
J'ai, en outre, donné l'ordre au citoyen Dulauloy de faire partir haut-le-pied tout ce qu'il y a de chevaux harnachés à sa disposition.
Il a été donné ordre, par le citoyen Carnot, de diriger vers Dijon tout ce qui existe dans l'Ouest en chevaux de trait, produit de la réquisition.
Plusieurs marchés sont en train pour acheter 3,000 chevaux; mais il me faut, à dater de cette décade, 100,000 francs par décade pour cet objet.
3. J'avais ordonné ici la formation d'un bataillon du train d'artillerie; les officiers en sont nommés. Je viens de leur donner ordre de se rendre à Lyon, et je viens d'écrire au général commandant la 7e division, de réunir et de diriger sur Lyon tout ce qu'il pourra se trouver de charretiers épars dans son arrondissement.
4. Les 700 chevaux de Lyon seront harnachés le plus promptement possible; nous rassemblerons ici tous les harnais, ce qui nous sera facile, si nous avons de l'argent; et j'espère que l'on me donnera, après-demain, celui dont j'ai besoin pour cela: c'est environ 25,000 francs.
J.-C. LACUÉE.
Archives nationales, AF, IV, 1186.
Cet arrêté semble la régularisation de la mesure ordonnée la veille, à Auxonne, au chef de brigade Lemarois, bien que le nombre de convois et de voitures soit différent.
Le Premier Consul au citoyen Lemarois, aide de camp, chef de brigade.
Auxonne, le 18 floréal an 8 (8 mai 1800).
Vous voudrez bien, citoyen, vous rendre à chaque poste, depuis Dôle à Genève. Vous y donnerez l'ordre aux maîtres de poste de se procurer 32 chevaux, qui devront rester à la poste pendant six jours. Ils seront occupés à transporter 6 convois, chacun de 8 voitures d'artillerie.
Ils devront être faits à six heures de distance l'un de l'autre, sans égard à la nuit. {p.310} Chaque convoi d'artillerie sera accompagné d'un officier du train d'artillerie, qui payera les chevaux suivant l'ordonnance.
Le directeur du parc d'artillerie de l'armée, le citoyen Gassendi, donnera les ordres pour ces convois.
Si les maîtres de poste font quelques difficultés, le citoyen Lemarois s'adressera aux maires des communes et aux sous-préfets, afin qu'ils tiennent la main à l'exécution du présent ordre, qui intéresse essentiellement le service.
Correspondance de Napoléon, n° 4763.
Les articles 2, 3 et 4, identiques aux mêmes articles de l'arrêté précédent. A l'article 4, « les préfets des départements de l'Isère et du Mont-Blanc ».
Correspondance de Napoléon, n° 4766. {p.311}
Au lieu de Watrin, on doit lire Loison, comme le prouve la lettre suivante envoyée à Dupont quelques heures après:
« C'est la division Loison et la division Boudet qui doivent passer la revue le 21, à Lausanne, à 3 heures après-midi, et non la division Watrin, pour laquelle il n'y a pas d'ordre. C'est également ces deux divisions qui sont provisoirement sous le commandement du général Duhesme.
La 9e légère de la division Boudet, à l'effectif de 2,700 hommes, arrivait à Vevey le 9 mai, cantonnait dans la ville et y faisait séjour le 10. (Manuscrit Couvreu.)
Le reste de la division Boudet était à Lausanne.
La division Loison avait une demi-brigade à Lausanne et deux à Nyon.
Ce groupement des divisions modifie celui fixé le 20 avril par Berthier (voir p. 146). Il est complété le lendemain par l'ordre qui confère aussi des grands commandements à Lannes et à Murat (voir p. 315.)
Sans doute l'arrêté pour les maîtres de poste (voir p. 309.) {p.312}
L'armée fait, le 9, une étape moyenne. D'après les ordres pour les jours suivants, un seul régiment de la division d'avant-garde marchait le 10; une revue devait être passée le 11 ; elle fut remise et l'immobilité continua jusqu'au 13.
Nouvelles apportées par Franceschi (voir p: 280).
Trois demi-brigades de la division Chabran parties le 4 mai de Mâcon (voir p. 250, note 2).
Boudet (Jean), né à Bordeaux le 9 février 1769, dragon dans Pentbièvre du 22 octobre 1785 au 10 avril 1788, lieutenant au 5e bataillon de la Gironde le 5 août 1792, capitaine le 6 septembre 1792, commandant du 1er bataillon de chasseurs le 13 décembre 1793, chef de brigade provisoire à la Guadeloupe le 19 juin 1794, général de brigade {p.313} provisoire le 14 décembre 1795, général de division provisoire le 20 octobre 1796, général de brigade le 4 janvier 1800, général de division le 2 avril 1800.
Il devint comte de l'Empire et grand-officier de la Légion d'honneur, et mourut à Budwitz, en Moravie, d'une attaque de goutte, le 14 septembre 1809.
Genève à Morges, 47 kilomètres. Morges à Vevey, 32 kilomètres.
Le fourrage manquait aussi à Aigle.
Aigle, le 20 floréal an 8 (10 mai 1800).
La pénurie des fourrages, mon cher Général, empêche que nous gardions ici tout le détachement du 11e d'hussards. Le général Watrin a pensé qu'il convenait de les envoyer à Bex, où ils seront infiniment mieux dans les différents cantonnements qu'ici. Ils sont à votre disposition pour les placer dans les divers villages les plus à proximité possible de Bex, dans le cas où vous ne trouveriez pas dans ces endroits l'emplacement et les fourrages nécessaires.
Au commandant du détachement du 11e d'hussards.
Il est ordonné à l'officier commandant le détachement du 11e régiment d'hussards, attaché à la division, de partir, dans le courant de la journée, pour Bex et environs, où ils {p.314} seront sous les ordres du général Malher*, en laissant au quartier général de la division, à Aigle, 1 maréchal des logis, 1 brigadier et 12 hussards.
(*) Au lieu de Malher, lisez Gency. Ce général était à Bex avec la 40e, tandis que le général Malher était en avant avec sa brigade (22e et 6e), à Saint-Maurice ou à Martigny. {p.315}
La nouvelle organisation est mise à l'ordre du jour du lendemain, auquel Dupont ajoute: « Il est expressément recommandé aux généraux à qui l'ordre du jour est adressé de le tenir secret. »
Ajouté en marge.
Ce bataillon était parti le 5 mai de Bourg, d'après l'ordre donné le 4 par Berthier, à son passage dans cette ville (voir p. 252). Il devait être le 8 mai à Genève, le 10 à Lausanne, et rejoignait la division Watrin quelques jours après.
Lannes est informé le même jour du commandement qu'il reçoit par une lettre de Dupont, qui lui prescrit de « se rendre de suite à Villeneuve ». Après avoir énuméré les corps composant l'avant-garde, le chef d'état-major général ajoute: « Ces troupes sont cantonnées à Villeneuve, Saint-Maurice et autres points environnants. L'artillerie est en partie, en marche pour se rendre à sa destination. Les troupes à cheval sont à Orbe . . . . . »
Cette lettre est adressée « au général de division Lannes. Maison du Premier Consul, à Genève ». {p.316}
Cette artillerie, avec une vingtaine de caissons, rejoint sa division le 10 mai, à Vevey. (Manuscrit Couvreu.)
Les divisions ont chacune deux pièces de 4 de moins que dans l'organisation du 6 mai (voir p. 256).
Pendant que le gros de la division Chabran gagne Genève, les 4 bataillons formant son avant-garde arrivent au pied du Petit-Saint-Bernard, et le chef de brigade Miquel {p.317} pousse sans doute des troupes jusqu'au col. Une offensive de celles-ci amène, le 8 ou le 9 mai, une escarmouche, dont Berthier rend compte, le 10, au Premier Consul, en ces termes:
« Je vous préviens, citoyen Consul, que les troupes qui occupent le Petit-Saint-Bernard ont poussé une reconnaissance sur les postes ennemis, qu'ils ont chassés de leurs retranchements et qu'ils ont poursuivis fort avant dans la vallée d'Aoste. Nous avons fait 40 prisonniers, tué 12 hommes et blessé un grand nombre.
« Dévouement et respect.
Il n'a été trouvé aucun document sur cette affaire.
Lisez: les demi-brigades n° 4 et n° 5.
Harville (Louis-Auguste Juvénal des Ursins, comte de), né à Paris le 23 avril 1749, sous-lieutenant dans les carabiniers le 25 novembre 1766, capitaine au régiment de Champagne-cavalerie le 22 février 1770, guidon des gendarmes d'Orléans le 29 juin 1770, guidon des gendarmes écossais, avec rang de mestre de camp, le 17 mai 1773, sous-lieutenant le 24 février 1776, premier lieutenant des gendarmes anglais le 18 janvier 1779, premier lieutenant des gendarmes écossais le 11 novembre 1782, brigadier et capitaine-lieutenant des gendarmes de la Reine le 1er janvier 1784, major de la gendarmerie le 13 mai 1786, maréchal de camp le 9 mars 1788, lieutenant général le 6 février 1792, remercié le 15 mai 1793, réintégré le 18 mars 1795, inspecteur de la cavalerie en 1798.
Il fut appelé au Sénat conservateur en mars 1801 et créé pair de France par Louis XVIII, en 1814.
Lacunes dans le texte. {p.318}
Lisez: 11e.
Voir l'annexe n° 17. {p.319}
Dans la matinée du 10 mai, le Premier Consul compte passer la revue le 11, car il écrit au citoyen Talleyrand, ministre des relations extérieures:
«. . . . . Je suis arrivé hier à Genève. Demain, je passerai la revue de l'armée, qui est déjà à quelques marches en avant. . . . . »
Le retard de la revue parait résulter de l'ordre, envoyé à Lannes, de ne partir de Saint-Maurice que le 14. (Voir lettre suivante.)
Lannes (Jean), né à Lectoure le 11 avril 1769, avait été sous-lieutenant au 2e bataillon du Gers le 20 juin 1792, lieutenant le 20 octobre 1793, capitaine le 21 octobre 1793, chef de brigade le 25 décembre 1793, général de brigade le 17 mars 1797, général de division nommé par le général en chef de l'armée d'Orient le 10 mai 1799, confirmé dans ce grade le 23 avril 1800.
Il devint maréchal de l'Empire le 19 mai 1801, colonel général des Suisses le 13 septembre 1807, et mourut, le 31 mai 1809, des suites de la blessure qu'il avait reçue le 22 mai à la bataille d'Essling.
La division Watrin a, dès le 10 mai, une demi-brigade et son artillerie au delà de Saint-Maurice, à Martigny. La concentration de cette division se fait le 23 floréal (13 mai), non pas à Saint-Maurice, mais à Martigny (voir p. 341 à 343). {p.320}
Cette lettre a été publiée dans la Correspondance de Napoléon, n° 4772, avec suppression de la formule finale et de la signature « Je voua salue. Dupont », et adjonction, au début, de l'indication: « Le Premier Consul au général Lannes », et, à la fin, de celle-ci: « Par ordre du Premier Consul ».
Il en a été ainsi pour beaucoup de lettres publiées. Le texte donné ici est celui de l'original. {p.321}
Ordres de la division Watrin:
Le général commandant la division, citoyen Général, vous invite à ne point pousser vos reconnaissances jusqu'à Saint-Rémy, tel que vous vous êtes proposé, pour ne point attirer l'ennemi sur ce point. Vous pouvez toujours continuer vos découvertes, de manière à ne point faire apercevoir à l'ennemi nos mouvements.
Le citoyen Jullien, ainsi que le commissaire des guerres, sont prévenus que vos troupes manquent de viande. Les ordres sont donnés pour remédier à ce retard.
J'ai reçu les cinq Piémontais et les ai interrogés; il paraît qu'ils vont travailler de leur métier de maçon dans le département du Mont-Blanc; demain, il sera pris à leur égard une détermination.
Les souliers ne sont point encore arrivés; aussitôt qu'ils le seront, ils partiront de suite pour votre brigade.
(La recommandation relative aux reconnaissances arriva sans doute trop tard au général Malher, qui n'eut pas le temps de modifier ses ordres. Le 12 au matin, les troupes du Grand-Saint-Bernard attaquèrent les avant-postes autrichiens et les repoussèrent au delà de Saint-Rémy. (OEstreichische militärische Zeitschrift, t. XXVI, 1822, p. 173.)
Quant aux vivres, le même jour, quelques heures après, Watrin transmettait au général Malher la réponse du « citoyen Jullien, inspecteur des vivres-viande », au sujet des plaintes de la 22e demi-brigade. Celui-ci faisait remarquer « que ce corps a reçu pour sa subsistance des 19, 20 et 21 courant, de la viande en quantité suffisante et qu'il ne lui est dû qu'à compter du 22 »).
Au commandant du 3e bataillon de la 40 demi-brigade.
Conformément aux dispositions arrêtées par le général commandant la division, il est ordonné au chef du 3e bataillon de la 40e demi-brigade de ligne de partir demain, 21 courant, de Villeneuve, avec la compagnie de grenadiers et la 1er compagnie dudit bataillon.
La compagnie de grenadiers se rendra à Aigle, avec l'état-major dudit bataillon, et la 1er compagnie se rendra à Ollon. Lesdites compagnies resteront dans leurs cantonnements jusqu'à nouvel ordre.
(Hulin donne des ordres, en conséquence, au commandant de la 1re compagnie et au commissaire des guerres Trousset).
Il est nécessaire, citoyen Général, que vous fassiez votre possible de procurer aux sapeurs de la division, qui vont en avant, les outils et cordages dont ils auront besoin pour les réparations à faire aux ponts et aux routes pour le passage de l'artillerie.
[De son côté, le général Malher s'inquiète de l'état de la route qui monte de Martigny à Saint-Pierre. Il prescrit à la ville de Martigny de faire « réparer les ponts jusqu'à Sembrancher » (Archives de Martigny), et, par son ordre, le commissaire des guerres Rebond -écrit de Sembrancher à la municipalité d'Orsières, ordonnant « de faire rétablir tous les {p.322} ponts que vous avez sur la grande route de Saint-Pierre, dans vingt-quatre heures, sous votre responsabilité personnelle, afin d'être en état de supporter les charges d'artillerie et de munitions de bouche. » (Archives d'Orsières, registre des fournitures militaires.)]
Au commandant d'artillerie de la division.
D'après la note que vous m'avez remise hier, citoyen commandant, relativement aux moyens de transports des munitions et des pièces au delà des montagnes, le général commandant la division vous autorise à faire construire de suite, et avec la plus grande diligence, les affûts-traîneaux et autres objets nécessaires; à cet effet, vous vous adresserez au général de brigade Malher pour ce dont vous aurez besoin pour accélérer l'ouvrage.
Au commandant du. détachement de la 1re compagnie du 2e régiment d'artillerie à pied.
Conformément aux dispositions arrêtées par le général commandant la division, il est ordonné au détachement de la 1re compagnie du 2e régiment d'artillerie à pied, de partir demain de cette ville pour se rendre à Martigny, où il sera sous les ordres du commandant d'artillerie de la division. Il ira coucher demain, 21 courant, à Saint-Maurice et le 22 à Martigny, lieu de destination.
Pour le général Hulin:
Lacombe-Saint-Michel (Jean-Pierre), né à Saint-Michel-du-Vax (Tarn) le 5 mars 1751, entré au service au corps de l'artillerie le 18 mai 1765, lieutenant le 6 juin 1767, capitaine le 3 juin 1779, chevalier de Saint-Louis le 29 mai 1791, chef de bataillon le 1er novembre 1792, général de brigade le 17 novembre 1793, général de division le 13 février 1798.
Il mourut le 27 janvier 1812. {p.323}
Le personnel de l'équipage de siège était, en effet, recruté à toutes les extrémités du territoire; le Ministre prenait, le 15 mai, la décision suivante:
« Le Ministre a décidé, sur ce rapport, que les troupes d'artillerie ci-après désignées seront de suite dirigées sur Grenoble, où elles seront employées au parc de siège de l'armée de réserve.
1er régiment d'artillerie à pied:
La 13e compagnie, qui est à Rennes;
35 hommes de la 14e compagnie, à Maubeuge.
2e régiment d'artillerie à pied:
23 hommes de la 2e compagnie, à Amiens;
35 hommes de la 17e compagnie, à Toulouse.
3e régiment d'artillerie à pied:
60 hommes de la 6e compagnie à Caen.
6e régiment à pied:
à Mézières;
à Valenciennes;
à Rouen;
à Givet et Charlemont;
à Sedan;
7e régiment à pied:
17 hommes de la 17e compagnie, à Luxembourg.
Dépôt de l'école d'artillerie de Besançon: 300 hommes. »
Ces différents détachements recevaient l'ordre de ne faire de séjour qu'après sept, huit et neuf jours de marche. Ils devaient arriver à Grenoble entre le 3 et 21 juin. {p.324}
Correspondance de Napoléon, n° 4771.
Malgré la bonne volonté du Ministre à exécuter les ordres du Premier Consul, le général Lacombe-Saint-Michel organisait son parc de siège avec beaucoup de difficultés et manquait surtout d'argent et de moyens de transport. Le 23 mai, il en rendait compte, de Grenoble, au Premier Consul:
J'ai l'honneur de vous rendre compte de l'état de situation dans lequel se trouve l'équipage d'artillerie de siège que vous m'avez ordonné de réunir.
Les 80 bouches à feu seront divisées de la manière suivante: trente-trois pièces de 24, dix-sept pièces de 16 et trente mortiers ou obusiers, en mélangeant les calibres. Les deux places de Mont-Lyon et de Briançon m'offrent, à peu de chose près, le nombre suffisant de pièces et de projectiles, à l'exception des bombes, des obus et de quelques boulets de 24, qui me sont annoncés par le Ministre de la guerre.
Il n'y a que 480 milliers de poudre dans toute la direction de Grenoble; il m'en faut environ 800 milliers; mais j'en trouverai 200 milliers dans la place de Fenestrelles, et 200 milliers me sont annoncés comme devant arriver très prochainement.
Le Ministre m'écrit qu'en conformité de votre arrêté, il a donné ordre à 12 compagnies d'artillerie à pied de se rendre à Grenoble; mais il ne peut pas m'assurer qu'elles soient disponibles.
Je ne crois pas avoir fait une demande trop forte. Il me faut rigoureusement 550 hommes pour le service journalier des 80 bouches à feu, cela fait 1100; je ne leur suppose qu'un jour de repos. Il faut, de plus, le service intérieur du parc; il y a des blessés, des morts. Par conséquent, en demandant 12 compagnies, je me suis restreint au plus strict nécessaire.
Je n'ai pas encore reçu les fonds que vous avez mis à ma disposition. Cependant, le Ministre m'annonce les ordonnances, et je pense que, ces jours prochains, le préfet va me {p.325} faire toucher un léger acompte. Les réparations, la confection des armements vont lentement, faute d'argent. Cependant, tout est organisé pour qu'il y ait la plus grande activité à l'instant où les moyens ne manqueront pas.
Il me restera actuellement l'article des charrois et des transports. Ce sera là ma tâche la plus difficile. Il me faudrait rigoureusement 3,000 chevaux de train d'artillerie et plus de 2,000 voitures de paysans attelées, pour porter les munitions et attirails. Je suis bien loin de compte, car, au lieu des 1000 chevaux que vous supposiez exister à Lyon, il n'y en a pas 200 en état de marcher.
Malgré cela, Général, ne croyez pas que je vous présente ici des difficultés; j'ose croire que je ferai tout ce qu'un autre pourra faire.
Le Premier Consul écrivait au Ministre le lendemain, 11 mai :
Le général Lacombe-Saint-Michel, citoyen Ministre, chargé de l'organisation de l'équipage de siège de l'armée de réserve, aurait besoin d'abord de 60,000 francs. Je lui ai fait donner 10,000 francs, acompte sur les ordonnances, par l'artillerie du parc de l'armée de réserve.
Je vous prie de lui en expédier l'ordonnance et de vous concerter avec le Ministre des finances pour la faire payer sur les premiers fonds qui se trouveraient dans les caisses de Grenoble.
La division Watrin fournissait une escorte au convoi.
Vous voudrez bien, citoyen, aussitôt la présente reçue, faire commander un caporal et 4 hommes, qui doivent servir à l'escorte de 23 voitures conduisant 304 caisses de biscuit, devant se rendre à Bex, pour le commandant de la place, duquel il aura soin de tirer un reçu, et qu'il fera conduire sur-le-champ à la place de Martigny, d'après les ordres du général divisionnaire Watrin, commandant la division. Le caporal et les 4 fusiliers seront relevés de détachement en détachement.
(Les 304 caisses de biscuit semblent correspondre aux 30,000 rations; les 1600 caisses débarquées représentent donc 157,894 rations, soit quatre jours de biscuit pour l'effectif d'environ 37,000 hommes dirigés sur le Grand-Saint-Bernard). (Voir situation du 10 mai, annexe n° 17.)
Je vous envoie, ci-joint, une lettre du général Chambarlhac (*) ; voyez à l'instant même l'ordonnateur en chef. Il est impossible qu'une armée agisse si elle meurt de faim. Qu'à l'instant même, il soit pris des mesures pour remédier à ce mal.
(*) La lettre du général Chambarlhac n'a pas été retrouvée. {p.327}
Le courrier du 18 arrive à Genève dans la soirée du 21. Le Premier Consul écrit à 9 heures du soir une nouvelle lettre aux Consuls (voir au chap. XII).
Correspondance de Napoléon, n° 4774. {p.328}
Le Premier Consul renouvelle le même jour les demandes de vêtements et d'armes. Il réclame aussi des chirurgiens.
Le Ministre intérimaire Lacuée lui répond, le 15 mai:
« . . . . . De suite, j'ai donné ordre d'en faire partir (des chirurgiens), 12 d'ici et 8 de Besançon. Je crains que si cela et tout ce qui est commandé arrive vous en aurez trop; mais il vaut mieux, quand il s'agit de conserver nos braves, pécher par excès que par défaut. . . . .
« . . . . . Je n'oublie pas qu'il nous faut, outre des hommes, des habits, des souliers et des armes.
« Avec un peu d'argent, nous aurons et habits et souliers; mais des armes! Je n'en désespère point, mais j'espère peu. » (Archives nationales, AF, IV.)
Avant de quitter Paris, le Premier Consul avait prescrit à Lacuée de faire acheter 3,000 chevaux pour l'armée de réserve. Celui-ci lui écrit, le 10 mai, qu'il croit pouvoir garantir qu'on les aura.
« … Pour les obtenir sûrement et promptement, j'ai fait trois marchés différents:
« Un avec le juge de paix de Ruelle
« Un avec Lanchère, pour
« Un avec un autre fournisseur, pour
« Le premier achètera en Normandie et Bretagne.
« Le second en Franche-Comté.
« Le troisième en Poitou et Berri.
« J'ai promis de payer comptant; je prendrai des précautions pour tenir ma parole. »
Voir le post-scriptum de la lettre. {p.329}{p.330}
Correspondance de Napoléon, n° 4782.
Le Premier Consul avait envoyé Lauriston en mission le 27 avril, voir p. 212.
Cet état, établi à Lyon le 1er mai, se trouve à l'annexe n° 24. Lambert avait réuni, à cette date, un million de rations de biscuit sur 1,500,000 qu'il devait fournir, et les autres approvisionnements à peu près dans la même proportion. {p.331}
L'état n° 4 n'a pas été retrouvé.; les états nos 2, 3 et 5 sont longs et peu intéressants.
Ordres de la division Watrin :
Aigle, le 21 floréal an 8 (11 mai 1800).
Je vous préviens, citoyen Général, que 325 hommes de la 6e demi-brigade d'infanterie légère, allant joindre ce corps, arriveront demain à Martigny.
J'ai donné ordre au commissaire des guerres Trousset de se transporter de suite à Martigny et Saint-Bernard, pour reconnaître les magasins et assurer la subsistance des troupes.
Les 6e et 22e demi-brigades ne m'ont pas encore envoyé les états de situation que je vous ai demandés le 19 du courant; je vous prie de réitérer vos ordres et leur recommander plus d'exactitude pour l'avenir; faites en sorte, je vous prie, qu'ils me parviennent aujourd'hui.
Je vous préviens, citoyen Général, qu'en conséquence des dispositions arrêtées par le {p.332} général commandant la division, la 40e demi-brigade, sous les ordres du général Gency, se réunira demain, 22 courant, à Saint-Maurice, et, le 23, toute la division se réunira à Martigny et environs. Je vous invite à y faire préparer des subsistances.
Je vous expédierai demain 1000 paires de souliers.
(Hulin donne des ordres en conséquence aux commissaires des guerres Trousset et Dalbon. Ce dernier est, de plus, prévenu que « les troupes italiques destinées pour cette division doivent prendre, en passant à Villeneuve, du biscuit pour quatre jours »).
Le général commandant la division venant d'ordonner que les trois bataillons de la 40e demi-brigade se réunissent demain, 22 du courant, à Saint-Maurice, je vous préviens, citoyen Général, que, pour éviter de la lenteur dans ce mouvement, me trouvant à proximité des 2e et 3e bataillons, je leur ai donné directement l'ordre de se rendre demain audit endroit. Il suffira que vous donniez vos ordres au 1er bataillon, afin que, conformément aux intentions du général de division, leur réunion s'effectue demain.
Dans le cas où Saint-Maurice ne suffirait pas pour contenir la demi-brigade entière, les intentions du général sont que vous fassiez bivouaquer ce qui ne pourrait pas s'y loger, si, à proximité de l'endroit, il ne se trouvait quelque village à pouvoir les placer, afin d'avoir ce corps sous la main pour le mouvement qui doit s'opérer.
La compagnie des grenadiers du 2e bataillon restera seule à Aigle pour la garde du quartier général.
(Hulin donne des ordres en conséquence aux commandants des 2e et 3e bataillons, à Aigle.)
Le général commandant la division a appris avec peine que des gendarmes, passant isolément devant des corps de la division en marche, ont eu à essuyer des propos insultants, lâchés du sein de ces corps mêmes.
Comme il importe infiniment, pour assurer le maintien de la bonne harmonie qui doit régner nécessairement parmi des Français armés pour la même cause, de réprimer dans leurs principes les écarts de quelques inconséquents, qui pourraient avoir les suites les plus funestes, il est ordonné aux commandants des corps et détachements de veiller avec soin à ce que les militaires attachés à la gendarmerie nationale ne soient insultés par aucun de leurs subordonnés, et de punir sévèrement quiconque manquerait au respect qui leur est dû sous tous les rapports, puisque, tous hommes de choix du côté des moeurs, il n'est pas un d'entre eux qui n'ait honorablement servi la République au moins pendant quatre campagnes, et qui ne soit prêt à donner des nouvelles preuves de sa bravoure et de son dévouement pour la défense de la patrie.
Le général commandant la division se persuade que la plus parfaite union ne cessera de régner parmi les militaires de toutes armes sous ses ordres, et qu'ils se porteront mutuellement le respect qu'ils se doivent.
HULIN. {p.333}
Il avait écrit le matin au général Dupont:
« Donnez des ordres au courrier Belin pour qu'il parte sur-le-champ pour Lausanne, afin de faire préparer mes chevaux sur la route. Qu'il soit porteur d'une réquisition de vous aux officiers de la république helvétique, pour qu'on fasse fournir les chevaux nécessaires.
« Je compte partir vers 11 heures,
Le général Sauret reste à Genève jusqu'au 27 mai (Manuscrit de Dunant et porte, ce jour-là, son quartier général à Villeneuve.
Le citoyen Reinhard. {p.334}
A Genève, le Premier Consul est en France, cette ville ayant été annexée en 1798. La frontière passe entre Versoix et Coppet.
Correspondance de Napoléon, n° 4778.

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 1

Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7
 l'article 4