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Timestamp: 2017-12-14 16:58:37+00:00

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mercredi 1 mars 2017 § Commentaires fermés sur Les absents § permalink
lundi 11 avril 2016 § Commentaires fermés sur Les debouteurs § permalink
Ceci est le trente-quatrième texte de la série Néotopies. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
Ici l’auteur doit s’interrompre un instant et faire part de son embarras réjoui. Jusqu’à présent, les néotopies se tenaient bien tranquilles chacune dans son compartiment, lequel fournissait le lieu d’une narration possible, fut-elle un peu chaotique. Ou alors elles se fédéraient en réseaux et coalitions où elles semblaient se figer plus que se sublimer et en tout cas ne s’emparaient pas de la totalité de ce qui nous fait souffrir ou jubiler. Certes, il y eut quelques signes avant-coureurs par exemple dans la troupe d’un fantomatique général. Mais maintenant, les néotopies se fondent en de nouveaux magmas sans pour autant perdre leur identité, leurs lieux se multiplient et prétendent se réapproprier l’espace public pour elles toutes. Au passage ils semblent qu’elles aient également pris possession de l’auteur de ces récits fragmentaires. C’est donc dans la brume du présent que doit s’écrire cet épisode. On ne peut même pas s’inspirer de ce qui se serait passé autrefois à cette même date du 42 mars. Certains cherchent des précédents dans Romaine Germinal, mais non, ce qui se passe ne ressemble à rien et à tout à la fois. Rien à faire, il faut écrire dans ce présent de la perception dont le philosophe1 disait : « Il nous faut bien refuser à la conscience perceptive la pleine possession de soi et l’immanence qui exclurait toute illusion ». Renonçons donc à la pleine possession de soi et illusionnons-nous s’il le faut.
Merleau-Ponty, cité dans l’article immanence du lexique du CNRTL. [↩]
mercredi 6 avril 2016 § Commentaires fermés sur Le 36 mars § permalink
mercredi 27 janvier 2016 § Commentaires fermés sur 32. Les destituants § permalink
Ceci est le trente-deuxième texte de la série Néotopies. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
Tout devient de plus en plus clair, au point que c’en est éblouissant. On a publié la nouvelle liste des autorités de l’État, avec dans l’ordre protocolaire :
Le Président de la déprime publique ;
Le Chef du gouvernement des esprits ;
Le Ministre de la police ubiquitaire ;
Le Ministre de la justice invisible et renseignée ;
suivis d’une ribambelle de technocrates intercheangeables parmi lesquels deux ministres de la protection des intérêts des oligarques, une ministre des médias décérébrants, trois ou quatre ministres de la mise au pas des fainéants, deux ministres de la guerre totale, aveugle et permanente, et une dizaine de secrétaires d’État occupés à la réduction des coûts dans l’intérêt de tous.
La destitution, ce n’est pas nous qui en avons eu l’idée. Avant même les derniers développements, deux publicistes (au sens qu’avait ce mot au 18e siècle) ont affirmé que dans la situation, il fallait remplacer la visée d’un improbable processus constituant par la perspective plus immédiate d’un processus destituant. Citant Baudelaire :
ils nous ont invité à :
[…] ramener sur terre et reprendre en main tout ce à quoi nos vies sont suspendues, et qui tend sans cesse à nous échapper […] [à] la destruction attentive, douce et méthodique de toute politique qui plane au-dessus du monde sensible.
Ils l’ont fait avec leur coutumière posture, semblant parfois plus soucieuse de repousser ceux qui voudraient les rejoindre que d’attirer ceux qui ne sont pas encore convaincus. Pourtant, la pertinence du propos ne fait pas de doute. Les destituants sont nés de la volonté de donner un caractère concret à cette esquisse. D’où les assemblées destituantes. C’est ouvert à tous, mais avec des règles de fonctionnement. Il fallait éviter le tribunal populaire, après tout notre problème ce ne sont pas les personnes mais le système qui leur a permis d’exercer les fonctions qu’on veut profaner, c’est à dire rendre à l’usage commun comme l’a expliqué Giorgio Agamben. Les titulaires de ces fonctions sont bienvenus dans la discussion, mais curieusement ils se présentent rarement. Alors on désigne quelqu’un pour les représenter. Ils le font si bien que ça nous fait parfois peur. C’est comme cela qu’on a destitué le ministère de la justice. Attention, juste le ministère, pas les juges, pas les avocats, ni les procédures du moins celles qui respectent la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial, ni les tribunaux donc sauf ceux d’exception. Il y en a qui se demandent ce qu’on met à la place. Mais rien, c’est toujours là, mais pour la première fois, la séparation des pouvoirs commence à ressembler à quelque chose. En fait, cela change surtout la façon de nommer. On ne dit plus ancien ministre, on dit titulaire du portefeuille de l’ancien ministère de la justice, destitué en date du…
mardi 15 décembre 2015 § Commentaires fermés sur 31. Élucidation § permalink
vendredi 13 novembre 2015 § 2 commentaires § permalink
samedi 3 octobre 2015 § Commentaires fermés sur 29. …et repelotes § permalink
mardi 9 juin 2015 § 2 commentaires § permalink
Ceci est le vingt-huitième texte de la série Néotopies. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
Il faut des lieux, disent les historiens. Des lieux élastiques, qui ne déterminent pas leurs usages, des lieux de socialité indéterminée. Des lieux sans étiquette, parce que ceux avec étiquette n’y vont que ceux déjà étiquetés. Pour que les gens y aillent, if faut d’abord qu’ils affichent une fonction banale, comme la supérette ou le café, mais qu’on soit conduit à y rester. Des lieux où l’on vient pour un quart d’heure, mais on reste des heures, où l’on vient pour lire tranquille et finalement on ne lit pas ou plutôt si mais la personne d’à côté vous demande si c’est bien ce qu’on lit ou pourquoi on le lit, et ça y est on ne lit plus. Ou alors à haute voix. A la campagne, il y en a de ces lieux, en ville c’est plus difficile, disent les sociologues, à cause des étiquettes. Autrefois, devant l’école, c’était un lieu élastique.
dimanche 25 janvier 2015 § Commentaires fermés sur Zones d’autodéfense lexicale § permalink
mercredi 14 janvier 2015 § 4 commentaires § permalink
mercredi 29 octobre 2014 § 1 commentaire § permalink
mercredi 27 août 2014 § Commentaires fermés sur La conjuration des émotions § permalink
lundi 21 juillet 2014 § 1 commentaire § permalink
Ceci est le vingt-troisième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
Longtemps, on a voulu être bien lisible. Il faut dire que certains faisaient mauvais usage des allusions. Ceux-là suggéraient le pire pour entretenir la connivence des haines. Pour ne pas faire comme eux, on s’efforçait d’éviter toute ambiguïté, d’être toujours explicite dans chaque formule. Mais d’être toujours lisibles nous rendait calculables, traitables par des algorithmes. Et puis, c’était le plus sûr chemin vers la Novlangue, cette mise à l’écart de tout dire qui ouvre la porte à l’imagination, à un autre dire plus loin. Bien sûr les écrivains ne se privaient pas d’être moins aisément saisissables, voire tout à fait élusifs. Mais c’était à chacun la sienne, d’élusion, pas vraiment un mouvement social. Ils se voyaient comme une sorte de forteresse assiégée, la fiction ou la poésie dans un monde qui n’en voulait pas.
C’est la découverte de la surveillance généralisée qui a tout débloqué. Le mouvement des furtifs est lui même furtif. Personne ne saurait dire exactement quand il a commencé. Il y a trois courants qui pourraient passer chacun pour un mouvement autonome : les éphémères, les cryptiques et les ambigus. Ils visent tous le même but : rendre plus difficile la capture et l’utilisation par les surveillants des sens qui circulent entre eux.
jeudi 19 juin 2014 § Commentaires fermés sur Les imploseurs § permalink
Ceci est le vingt-deuxième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
A force qu’on ait annoncé une insurrection citoyenne, il a bien fallu se rendre à l’évidence : entre ceux qui ont le couvercle sur la tête avec une tonne au-dessus, ceux qui ont quelque chose à perdre ou qui le croient, ceux qui attendent que les autres commencent, ceux qui n’ont pas une seconde pour y penser, ceux qui ont déjà donné merci et ça n’a rien donné et ceux qui ne savent pas par où commencer, il ne se passe rien. Quelques flambées intermittentes et quelques anciennes luttes rallumées. Quelques justes cris d’indignation et combien plus de silences souffrants, de hontes pour ce qu’on ne fait pas. Alors on s’est raccroché à autre chose : l’implosion.
Pour les uns, elle va se passer toute seule. L’économie sera de plus en plus crispée sur elle-même, comme un corps dont les tendons raccourcissent, tétanisée dans son effort de nous maintenir encore quelques mois de plus dans une quête absurde, de pressurer un peu plus de notre temps, d’extraire encore quelques gouttes ou grains d’énergie, de nous donner envie d’un rien de plus. A force qu’elle se resserre en une boule douloureuse, qu’elle se comprime, la gravité qui y deviendra si forte qu’elle s’effondrera sur elle-même.
vendredi 25 avril 2014 § Commentaires fermés sur Conséquences § permalink
Ceci est le vingt-et-unième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.
Il y avait ceux qui se prenaient pour des stratèges, et puis ceux qui n’avaient pas d’arrière-pensées. Les stratèges se disaient que si les choses allaient de plus en plus mal et que juste au bon moment elles allaient un peu moins mal, alors la fragile mémoire humaine si avide d’espoir ne verrait que ce petit bonus, et revoterait pour la petite dose d’espoir, sans y croire trop, juste pour le flash momentané, juste pour le quart d’heure d’onnagagné. Ceux qui n’avaient pas d’arrière-pensées, ils étaient là pour faire avaler la potion amère à ceux qui avaient des arrière-pensées-mais-pas-trop. Les sans arrière-pensées, ils savaient qu’on les récompenserait, cette fois ou une autre. Leur mot d’ordre, c’était la discipline et marchons en groupe. Tout ensemble vers le désastre. Ceux aux arrière-pensées-mais-pas-trop, ils souffraient un peu dans un petit coin de leur corps éthique. Ils étaient nombreux. Certains étaient d’ailleurs en train d’en avoir trop des arrière-pensées, même que ça débordait, qu’on commençait à y distinguer fugitivement des pensées tout court. C’est pour eux que les sans arrière-pensées ont inventé les conséquences. Les conséquences, il vaut mieux ne pas les spécifier, on a chacun une imagination sans borne de toutes les conséquences possibles qui peuvent nous tomber dessus. Il suffit de juste chanter : il va y avoir des conséquences, et voilà qu’elles planent sur nos têtes, pénètrent nos cauchemars. On est prêt à rentrer dans le rang, à se faire tout petit même. Pour y aider on a inventé les fausses alternatives. Les modifications au plan qui gardent le même plan, avec des retouches que chacun pourra affirmer avoir obtenu de haute lutte. Des compromis négociés entre gens qui sont tous d’accord pour faire passer une pilule qui n’agit qu’à distance, au loin et sur les autres.
Au total, il en est resté très peu. Neuf, je crois. Neuf qui ont laissé les pensées commencer à fleurir. Ah, ça, des conséquences, il y en a eu. Pour tout le monde ou presque. Les conséquences du plan d’abord. Juste comme prévu, le désastre. Et puis, des sans-arrière-pensées, il y en avait tout un réservoir, prêts à en avoir encore moins, à mettre au pas tout un chacun et les uns contre les autres. Des conséquences pour tout le monde, donc. Sauf peut-être pour les neuf, mais ça, on ne s’en est rendu compte que beaucoup plus tard.
dimanche 13 avril 2014 § 2 commentaires § permalink
lundi 24 mars 2014 § Commentaires fermés sur Au dévoté § permalink

References: § 2
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