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Timestamp: 2016-10-26 21:30:57+00:00

Document:
I 42/05 (27.04.2006)
V.________, recourant, repr�sent� par Me Christophe Schaffter, avocat, rue de Fer 11, 2800 Del�mont,
(Jugement du 13 d�cembre 2004)
A.a V.________, n� le 2 mai 1955, a travaill� en qualit� de manoeuvre du 1er janvier 1990 au 31 ao�t 1994 au service de l'entreprise R.________ SA. D�s le 8 septembre 1994, il a oeuvr� comme manoeuvre dans le b�timent pour le compte de la soci�t� de travail temporaire E.________. A partir du 4 novembre 1994, il a �t� en arr�t de maladie. Son employeur a r�sili� les rapports de travail pour le 31 janvier 1995.
Le 18 janvier 1995, V.________ a pr�sent� une demande de prestations de l'assurance-invalidit�. Dans un rapport m�dical du 13 f�vrier 1995, le docteur B.________, sp�cialiste FMH en m�decine g�n�rale � Del�mont et m�decin traitant de l'assur�, a diagnostiqu� une hernie discale L5/S1. Il indiquait qu'un syndrome radiculaire avait fait l'objet d'un traitement conservateur en 1988, qu'une r�cidive �tait survenue depuis novembre 1994 et qu'une op�ration �tait pr�vue prochainement. Dans un rapport du 30 mai 1995, le docteur D.________, m�decin de la Clinique de neurochirurgie de l'H�pital X.________, a pos� le diagnostic de status apr�s op�ration d'une hernie discale L5/S1 � gauche, intervenue le 14 f�vrier 1995. Il recommandait une reconversion professionnelle dans une activit� l�g�re.
Du 15 f�vrier 1995 au 27 novembre 1997, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura a octroy� � V.________ des mesures de r�adaptation professionnelle. Ainsi, entre le 21 ao�t 1995 et le 2 juin 1996, celui-ci a effectu� un stage d'observation professionnelle aupr�s de l'entreprise de m�canique W.________ SA. Le 16 juillet 1996, l'assur� a subi une nouvelle op�ration pour une r�cidive de la hernie discale L5/S1 gauche. D�s le 24 janvier 1997, il a commenc� un nouveau stage d'observation professionnelle aupr�s de S.________, avec un taux d'activit� de 50 %. Ce stage a �t� poursuivi jusqu'au 28 septembre 1997, en augmentant progressivement le temps de travail jusqu'� 100 %. Jusqu'au 27 novembre 1997, V.________ a b�n�fici� d'indemnit�s journali�res vers�es par l'assurance-invalidit� durant la recherche d'un emploi.
A.b Le 28 novembre 1997, V.________ s'est inscrit � l'assurance-ch�mage. Il a b�n�fici� d'indemnit�s de ch�mage.
Le 10 mai 1999, V.________ a pr�sent� une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'octroi de mesures m�dicales de r�adaptation.
L'office AI a demand� des renseignements au docteur B.________. Dans un rapport m�dical du 14 juin 1999, ce praticien a indiqu� que le patient l'avait consult� � nouveau en janvier 1999 pour une r�cidive de douleurs lombaires, qui s'�taient am�lior�es sous traitement anti-inflammatoire et avec du repos. Actuellement, celui-ci �tait apte � travailler dans une profession adapt�e � son probl�me de dos.
Dans un projet de d�cision du 3 ao�t 1999, l'office AI a avis� l'assur� qu'il n'avait pas droit � des mesures m�dicales de l'assurance-invalidit�, au motif que l'affection dont il �tait atteint ne l'emp�chait pas de travailler normalement et qu'elle ne n�cessitait aucun traitement m�dical. Par d�cision du 26 ao�t 1999, il a rejet� la demande du 10 mai 1999.
V.________ a contest� cette d�cision, en informant l'office AI que sa demande du 10 mai 1999 tendait en r�alit� au versement d'une rente.
Dans un nouveau projet de d�cision du 11 janvier 2000, l'office AI a constat� que l'�tat de sant� de l'assur� ne l'emp�chait pas d'exercer normalement l'activit� lucrative dans laquelle il avait �t� r�adapt� en 1997, de sorte que V.________ ne subissait aucune perte de gain et que sa demande devait ainsi �tre rejet�e.
Par lettre du 20 janvier 2000, l'assur� a contest� ce nouveau projet de d�cision. Produisant une attestation m�dicale du docteur B.________ du 11 janvier 2000, il informait l'office AI qu'il pr�sentait une incapacit� totale de travail depuis le 20 octobre 1999.
Dans un rapport interm�diaire, le docteur B.________ a fait �tat d'une aggravation des douleurs lombaires et de l'apparition de cervicalgies cons�cutives � une arthrose cervicale. Il �tait de l'avis qu'une expertise m�dicale �tait indispensable.
Sur requ�te du docteur M.________, m�decin de l'office AI du canton du Jura, le docteur U.________, sp�cialiste FMH en m�decine interne et rhumatologie, a effectu� une expertise rhumatologique. Dans un rapport du 10 avril 2000, ce praticien a pos� les diagnostics de lombosciatalgie S1 gauche persistante apr�s deux cures de hernie discale en 1995 et 1996 et de � comportement-maladie � pathologique chez un assur� �tranger pr�sentant des signes de maladaptation psycho-sociale. A la question de savoir si l'on pouvait raisonnablement attendre de l'assur� qu'il reprenne une activit� lucrative adapt�e, l'expert a r�pondu par l'affirmative, dans une profession l�g�re et non qualifi�e, ne requ�rant pas le port de charges sup�rieures � 15 kilos. Ainsi, dans tout type de travail identique � celui accompli aupr�s de S.________ en tant que manoeuvre non qualifi�.
Dans un nouveau projet de d�cision du 4 septembre 2000, l'office AI a avis� V.________ que sur la base des renseignements en sa possession, son �tat de sant� ne l'emp�chait pas d'exercer normalement l'activit� lucrative dans laquelle il avait �t� r�adapt� en 1997 et qu'il n'y avait donc aucune perte de gain � retenir. Par d�cision du 25 septembre 2000, il a rejet� la demande du 10 mai 1999, au motif que l'assur� n'avait aucun droit � une rente d'invalidit�.
A.c Le 30 mai 2001, V.________ a pr�sent� une nouvelle demande de prestations de l'assurance-invalidit�, en requ�rant l'allocation d'une rente.
Par lettre du 6 juin 2001, l'office AI a invit� l'assur� � fournir des faits nouveaux qui pourraient motiver une r�instruction de son droit � une rente.
V.________ a produit un certificat m�dical du docteur B.________, du 20 juin 2001. Dans un avis du 2 juillet 2001, le docteur M.________, constatant que les diagnostics �taient toujours identiques, en a conclu qu'il n'y avait pas d'�l�ment m�dical objectif nouveau.
Par d�cision du 3 septembre 2001, confirmant un projet de d�cision du 10 ao�t 2001, l'office AI a inform� V.________ qu'aucun fait nouveau n'�tait intervenu depuis la d�cision de refus de rente du 25 septembre 2000 et que la nouvelle demande du 30 mai 2001 devait d�s lors �tre rejet�e.
Par jugement du 8 avril 2002, la Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura a admis le recours form� par V.________ contre cette d�cision, annul� celle-ci et renvoy� le dossier � l'office AI pour compl�ment d'instruction et nouvelle d�cision au sens des consid�rants. Elle a consid�r� que l'assur�, en produisant le certificat m�dical du docteur B.________ du 20 juin 2001, avait d�montr� de mani�re plausible au moins une modification des faits d�terminants pour le droit � la rente et qu'il �tait contradictoire que l'office AI soit entr� en mati�re sur la nouvelle demande du 30 mai 2001 mais qu'il n'ait proc�d� � aucune mesure d'instruction, alors qu'il avait l'obligation d'examiner la nouvelle demande sur le plan mat�riel sous tous les aspects. Ainsi, il appartenait � l'office AI de d�terminer par une expertise compl�mentaire si, m�dicalement, le taux de capacit� de travail de V.________ dans une activit� adapt�e s'�tait modifi� et, partant, de recalculer le taux d'invalidit�. Cas �ch�ant, il y aurait lieu d'ordonner une expertise psychiatrique, attendu que l'assur� renouvelait ses demandes de prestations depuis plus de 6 ans et que la question de l'existence d'une sinistrose pouvait se poser, ainsi que cela ressortait de l'expertise du docteur U.________ du 10 avril 2000.
L'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura a confi� une expertise pluridisciplinaire au Centre d'observation m�dical de l'assurance-invalidit� (COMAI) de Lausanne. Dans un rapport du 1er mai 2003, les docteurs P.________, m�decin-chef adjoint, et C.________, chef de clinique adjoint, ont d�pos� leurs conclusions. Ils indiquaient que m�me dans une activit� adapt�e - �vitant des travaux lourds tels que le port de charges de plus de 15 kg, ainsi que des travaux qui n�cessitaient le maintien de positions statiques prolong�es, des mouvements de flexion-extension et rotation r�p�titive du rachis cervical et lombaire -, la capacit� de travail ne d�passait vraisemblablement pas un taux de l'ordre de 40 %.
Le docteur M.________ a donn� au docteur U.________ la possibilit� de s'exprimer sur les conclusions des m�decins du COMAI, ce que ce praticien a fait dans une prise de position du 13 mai 2003.
Le 11 ao�t 2003, l'office AI a avis� V.________ qu'il avait donn� mandat au Centre d'observation professionnelle de l'assurance-invalidit� (COPAI) d'Yverdon-les-Bains d'organiser un stage d'observation professionnelle, afin d'examiner ses capacit�s de travail et les possibilit�s qui �taient les siennes de reclassement professionnel. Un pr�-examen a eu lieu le 1er septembre 2003. Le stage a �t� effectu� par l'assur� du 15 septembre au 10 octobre 2003. Dans un rapport du 20 octobre 2003, la doctoresse O.________, en sa qualit� de m�decin-consultant, a d�pos� ses constatations et ses conclusions. Le COPAI a produit un rapport du 6 novembre 2003, en indiquant que dans une activit� adapt�e, telle qu'op�rateur sur des machines pr�-r�gl�es et des travaux simples et r�p�titifs, la capacit� actuelle de travail de V.________ devrait atteindre, apr�s une p�riode de remise en condition (compte tenu du fait qu'il n'avait pas retravaill� depuis 10 ans) des rendements de 70 % sur la journ�e enti�re.
Contestant les conclusions du COPAI, V.________ a invit� l'office AI � examiner son droit � une rente d'invalidit�, en s'en tenant aux conclusions des m�decins du COMAI en ce qui concerne le taux de sa capacit� r�siduelle de travail.
Par d�cision du 25 f�vrier 2004, l'office AI a constat� que les troubles somatoformes douloureux dont �tait atteint l'assur� n'�taient pas invalidants, faute de comorbidit� psychiatrique, et que selon les conclusions du COPAI, V.________ �tait � m�me de travailler � plein temps avec un rendement de 70 %. Etant donn� que l'assur�, sans ses probl�mes de sant�, pourrait r�aliser un revenu sans invalidit� de 51'675 fr. et que le revenu d'invalide devait �tre fix� � 33'046 fr. par ann�e, celui-ci pr�sentait une invalidit� de 36 %, taux qui ne donnait pas droit � une rente.
Produisant copie d'une prise de position du docteur B.________ du 23 f�vrier 2004, V.________ a form� opposition contre cette d�cision.
Par d�cision du 30 avril 2004, l'office AI a rejet� l'opposition.
Par jugement du 13 d�cembre 2004, la Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura a admis le recours form� par V.________ contre cette d�cision, allou� � celui-ci un quart de rente d'invalidit� d�s le 1er mai 2001 et renvoy� le dossier � l'office AI pour calcul de la rente au sens des consid�rants.
V.________ interjette un recours de droit administratif contre ce jugement, en concluant, sous suite de frais et d�pens, � l'annulation de celui-ci et � l'octroi d'une rente enti�re d'invalidit� sur la base de l'expertise du COMAI du 1er mai 2003.
La Chambre des assurances du Tribunal cantonal de la R�publique et canton du Jura conclut au rejet du recours dans la mesure o� il est recevable. De son c�t�, l'Office de l'assurance-invalidit� du canton du Jura demande que le recours soit rejet� et que le jugement attaqu� du 13 d�cembre 2004 soit confirm�. L'Office f�d�ral des assurances sociales n'a pas d�pos� d'observations.
Selon le dispositif du jugement attaqu�, qui constitue l'objet du recours de droit administratif, le recourant a droit � un quart de rente d'invalidit� d�s le 1er mai 2001. Le litige porte sur le point de savoir si celui-ci pr�sente des troubles limitant sa capacit� de travail et de gain dans une mesure suffisante pour fonder un droit � une rente enti�re d'invalidit�.
2.1 La loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000 (LPGA) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2003, entra�nant la modification de nombreuses dispositions l�gales dans le domaine de l'assurance-invalidit�. La d�cision sur opposition litigieuse, du 30 avril 2004, est post�rieure � l'entr�e en vigueur de la LPGA. Conform�ment au principe g�n�ral de droit transitoire, selon lequel - m�me en cas de changement des bases l�gales - les r�gles applicables sont celles en vigueur au moment o� les faits juridiquement d�terminants se sont produits, il y a lieu d'examiner le droit � une rente au regard de l'ancien droit pour la p�riode jusqu'au 31 d�cembre 2002 et en fonction de la nouvelle r�glementation l�gale apr�s cette date (ATF 130 V 445 et les r�f�rences; cf. aussi ATF 130 V 329).
Pour rendre leurs conclusions, les experts du COMAI ont proc�d� � un examen clinique le 4 d�cembre 2002. Le 18 d�cembre 2002, ont eu lieu un consilium de rhumatologie avec le docteur H.________ et un consilium de psychiatrie avec le docteur A.________, psychiatre, et Mme G.________, psychologue. Les conclusions du rapport d'expertise ont �t� discut�es dans le cadre d'un colloque de synth�se multidisciplinaire le 15 janvier 2003 en pr�sence du docteur P.________, interniste, du docteur C.________, neurologue, et de Mme G.________. Dans leur rapport du 1er mai 2003, les docteurs P.________ et C.________ ont pos� les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail de trouble d�pressif r�current, �pisode actuel moyen (F33.1), de syndrome douloureux somatoforme persistant (F45.4), de probable �tat de stress post-traumatique (F43.1), de spondylarthrose cervicale et de spondylarthrose lombaire et status post cure de hernie discale L5-S1. Ils ont �galement retenu la pr�sence de sympt�mes correspondant au diagnostic de c�phal�es de tension, diagnostic qui selon eux est sans influence essentielle sur la capacit� de travail. Dans leur appr�ciation globale du cas, les experts du COMAI ont consid�r� que dans une activit� adapt�e, la capacit� de travail du recourant ne d�passait vraisemblablement pas un taux de l'ordre de 40 %. Cette appr�ciation s'�cartait de celle faite par les experts ayant pr�c�demment �valu� l'assur�, lesquels ne semblaient absolument pas avoir int�gr� la dimension psychiatrique dans leur �valuation, l'un - soit le docteur U.________ - n'ayant retenu aucun diagnostic dans ce domaine, les autres - � savoir les praticiens du service de rhumatologie de l'H�pital Y.________ - n'ayant reconnu qu'une d�pression et ne l'ayant par ailleurs �valu�e que de fa�on peu d�taill�e, soit par le biais d'un simple questionnaire standardis�. Cela permettait aux experts du COMAI d'avoir des doutes quant au fait que cette dimension importante de leur �valuation ait �t� r�ellement prise en compte.
4.1 Selon le recourant, les exigences de la jurisprudence la plus r�cente en mati�re de syndromes somatoformes douloureux persistants sont r�unies dans le cas particulier � la lecture des consid�rations objectives des sp�cialistes du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003.
4.2 Les atteintes � la sant� psychique peuvent, comme les atteintes physiques, entra�ner une invalidit� au sens de l'art. 4 al. 1 LAI en liaison avec l'art. 8 LPGA. On ne consid�re pas comme des cons�quences d'un �tat psychique maladif, donc pas comme des affections � prendre en charge par l'assurance-invalidit�, les diminutions de la capacit� de gain que l'assur� pourrait emp�cher en faisant preuve de bonne volont�; la mesure de ce qui est exigible doit �tre d�termin�e aussi objectivement que possible (ATF 102 V 165; VSI 2001 p. 224 consid. 2b et les r�f�rences; cf. aussi ATF 127 V 298 consid. 4c in fine).
4.3 Les premiers juges ont ni� que les crit�res consacr�s par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail, soient r�alis�s dans le cas particulier. Aussi ont-ils consid�r� que le taux de capacit� de travail de 40 % retenu par les experts du COMAI n'�tait pas d�terminant en raison du caract�re non invalidant des troubles psychiques pr�sent�s par le recourant. En revanche, s'agissant de ses probl�mes somatiques, il y avait lieu d'admettre que dans un travail exigible tel que d�fini par les expertises du COMAI et du COPAI, celui-ci �tait apte � travailler avec un rendement de 60 %, taux retenu lors de la consultation de rhumatologie du 18 d�cembre 2002 en ce qui concerne sa capacit� de travail d'un point de vue rhumatologique. En effet, lors de son stage au COPAI, l'assur� avait obtenu des rendements de l'ordre de 55 %, ce qui infirmait les conclusions des experts du COMAI, lesquelles tenaient compte de ses probl�mes psychiques et somatiques.
Cela est contest� par le recourant, qui s'en tient � la discussion globale men�e par les experts du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003 et au taux de 40 % que ceux-ci ont retenu en ce qui concerne sa capacit� r�siduelle de travail.
4.4 Il y a lieu d'examiner le bien-fond� des conclusions des experts du COMAI � la lumi�re des crit�res consacr�s par la jurisprudence (supra, consid. 4.2), dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail.
4.4.1 D'un point de vue psychiatrique, le recourant pr�sente des troubles thymiques avec de nombreux sympt�mes de la lign�e d�pressive, sympt�mes qui sont corr�l�s avec l'appr�ciation psychiatrique clinique et permettent de retenir un diagnostic de trouble d�pressif r�current, l'�pisode actuel pouvant �tre consid�r� comme moyen (rapport d'expertise du 1er mai 2003).
Le diagnostic de trouble d�pressif r�current, �pisode actuel moyen (F33.1), ne suffit pas � �tablir l'existence d'une comorbidit� psychiatrique d'une acuit� et d'une dur�e importante au sens de la jurisprudence. En effet, selon la doctrine m�dicale (cf. notamment Dilling/ Mombour/Schmidt [�d.], Internationale Klassifikation psychischer St�rungen, ICD-10 Kapitel V [F], 4�me �dition, p. 191), sur laquelle se fonde le Tribunal f�d�ral des assurances, les �tats d�pressifs constituent des manifestations (r�actives) d'accompagnement des troubles somatoformes douloureux, de sorte qu'un tel diagnostic ne saurait �tre reconnu comme constitutif d'une comorbidit� psychiatrique autonome des troubles somatoformes douloureux (ATF 130 V 358 consid. 3.3.1 et la r�f�rence � Meyer-Blaser, op. cit., p. 81 et la note 135).
4.4.2 Les autres crit�res consacr�s par la jurisprudence, dont l'existence permet d'admettre le caract�re non exigible de la reprise du travail, ne sont pas non plus r�alis�s. En effet, on ne voit pas que le recourant r�unit en sa personne plusieurs de ces crit�res (ou du moins pas dans une mesure tr�s marqu�e) qui fondent un pronostic d�favorable en ce qui concerne l'exigibilit� d'une reprise d'activit� professionnelle.
Dans leur rapport du 1er mai 2003, les experts du COMAI ont constat� que les douleurs du recourant avaient d�but� � la fin des ann�es 1980 par des lombalgies en relation avec une hernie discale L5-S1 compliqu�e par une radiculopathie L5 gauche. Suite � plusieurs r�cidives dont l'une d'intensit� majeure � la fin de l'ann�e 1994, une cure de hernie L5-S1 avait eu lieu au d�but de l'ann�e 1995. Les douleurs et sciatalgies avaient persist� depuis lors, fluctuant, mais �voluant dans le sens d'une aggravation progressive, jusqu'� ce jour. Parmi les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail, les experts du COMAI ont retenu non seulement une spondylarthrose lombaire, mais �galement une spondylarthrose cervicale. D'un autre c�t�, ils ont constat� qu'ils n'avaient pas d'�l�ments objectifs qui leur permettent d'expliquer l'ensemble des plaintes douloureuses annonc�es, en particulier en ce qui concerne leur intensit� et l'ampleur de leur impact. Compte tenu de cette discordance, qui s'inscrit, toujours selon les experts, dans un contexte de d�sarroi avec sentiment de d�tresse, de difficult�s psychosociales et compte tenu du fait que les douleurs conf�raient � l'assur� une certaine sollicitude de la part de son entourage, il est douteux que le crit�re des affections corporelles chroniques soit r�alis�.
En ce qui concerne l'existence d'une perte d'int�gration sociale dans toutes les manifestations de la vie, les premiers juges ont ni� que cette condition soit remplie. Ils ont retenu que le recourant entretenait une bonne relation avec son �pouse et ses enfants, qu'il effectuait une promenade quotidiennement, qu'il regardait la t�l�vision, qu'il lisait le journal, qu'il �coutait de la musique et participait aux t�ches m�nag�res. La pertinence des constatations des premiers juges n'est pas remise en cause devant la Cour de c�ans.
Enfin, on ne voit pas au dossier que chez le recourant, l'apparition du trouble somatoforme douloureux r�sulterait d'une lib�ration du processus de r�solution du conflit psychique (profit primaire tir� de la maladie). Aucun des m�decins qui ont vu l'assur� n'�voque un �tat psychique cristallis�. D'autre part, les experts du COMAI ne font mention d'aucune source de conflit intra-psychique ni situation conflictuelle externe permettant d'expliquer le d�veloppement du syndrome douloureux et son aboutissement jusqu'� une interruption totale de toute activit� lucrative.
Il appara�t ainsi que le trouble somatoforme douloureux ne se manifeste pas avec une s�v�rit� telle que, d'un point de vue objectif, seule une mise en valeur limit�e de la capacit� de travail du recourant puisse �tre raisonnablement exig�e de lui.
4.5 Parmi les diagnostics avec influence essentielle sur la capacit� de travail retenus par les experts du COMAI dans leur rapport du 1er mai 2003, le recourant pr�sente une spondylarthrose lombaire et status post cure de hernie discale L5-S1 et une spondylarthrose cervicale. Dans leur �valuation globale de sa capacit� de travail, ils ont tenu compte de l'aspect rhumatologique, ce dont on ne saurait non plus faire abstraction.
Etant donn� que le taux de capacit� de travail de 40 % retenu par les experts du COMAI n'est pas d�terminant en raison du caract�re non invalidant des troubles psychiques pr�sent�s par le recourant, il se justifie de se fonder sur un taux de capacit� de travail de 60 %. En effet, selon les conclusions du consilium de rhumatologie du 18 d�cembre 2002, la capacit� de travail en tant que manoeuvre est nulle pour tous les travaux lourds, les travaux n�cessitant des maintiens de positions statiques prolong�es sans possibilit� de varier la position, ainsi que des mouvements en porte-�-faux. Pour des travaux l�gers, respectant les conditions mentionn�es ci-dessus, la capacit� de travail d'un point de vue rhumatologique est de 60 %.
A ce propos, les premiers juges se sont r�f�r�s avec raison � l'expertise du COPAI. Ainsi que cela ressort du rapport de la doctoresse O.________ du 20 octobre 2003, dans les activit�s qui conviennent le mieux � l'assur�, � savoir des activit�s simples, r�p�titives et manuelles, des rendements de 55 % ont pu �tre observ�s, rendements susceptibles d'atteindre rapidement 70 %, moyennant une p�riode de reconditionnement progressif et d'encadrement.
Avec les premiers juges, il y a lieu d�s lors d'admettre que le recourant, dans une activit� adapt�e � son handicap, est apte � travailler avec un rendement de 60 %, en ce sens qu'il pr�sente une capacit� de travail de 60 % sur le plan somatique.
5.1 Pour �valuer le taux d'invalidit�, le revenu que l'assur� aurait pu obtenir s'il n'�tait pas invalide (revenu sans invalidit�) est compar� avec celui qu'il pourrait obtenir en exer�ant l'activit� qui peut raisonnablement �tre exig�e de lui apr�s les traitements et les mesures de r�adaptation, sur un march� du travail �quilibr� (revenu d'invalide). C'est la m�thode ordinaire de comparaison des revenus (jusqu'au 31 d�cembre 2002 : art. 28 al. 2 LAI; du 1er janvier au 31 d�cembre 2003 : art. 1 al. 1 LAI en corr�lation avec l'art. 16 LPGA; depuis le 1er janvier 2004 : art. 28 al. 2 LAI en corr�lation avec l'art. 16 LPGA).
La m�thode g�n�rale de comparaison des revenus est applicable dans le cas particulier. Pour proc�der � la comparaison des revenus, il convient de se placer au moment de la naissance du droit � la rente; les revenus avec et sans invalidit� doivent �tre d�termin�s par rapport � un m�me moment et les modifications de ces revenus susceptibles d'influencer le droit � la rente survenues jusqu'au moment o� la d�cision est rendue �tre prises en compte (ATF 129 V 222, 128 V 174). Dans le cas particulier, le moment de la naissance du droit � la rente est n�cessairement post�rieur � la d�cision de refus de rente du 25 septembre 2000, laquelle est entr�e en force.
5.2 Les premiers juges ont proc�d� � la comparaison des revenus en reprenant dans leur calcul les chiffres utilis�s par l'office intim�, lesquels tiennent compte de l'adaptation des revenus � l'�volution des salaires jusqu'en 2003 et se fondent sur les indications de l'ancien employeur du recourant en ce qui concerne le salaire hypoth�tique qui aurait �t� le sien en 2003.
Ainsi, ils ont pos� la pr�somption que le recourant aurait continu� l'activit� professionnelle qu'il exer�ait avant la survenance de son atteinte � la sant� aupr�s de la soci�t� de travail temporaire E.________. Avec l'intim�, ils ont retenu � ce titre un revenu annuel sans invalidit� de 51'675 fr. (valeur 2003). Ce montant, qui n'est pas contest�, a �t� fix� par l'office AI sur la base des renseignements que lui a communiqu�s l'ancien employeur de l'assur�, indiquant un salaire mensuel de 3'975 fr. (x 13).
En ce qui concerne le revenu d'invalide du recourant, il est possible, en l'absence d'un revenu effectivement r�alis�, d'�valuer le revenu d'invalide en se fondant sur les donn�es salariales r�sultant des enqu�tes sur la structure des salaires (ESS) de l'Office f�d�ral de la statistique (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb), comme l'ont fait l'intim� et les premiers juges. On se r�f�re alors � la statistique des salaires bruts standardis�s, en se fondant toujours sur la m�diane ou valeur centrale (ATF 124 V 323 consid. 3b/bb; VSI 1999 p. 182). Compte tenu de l'activit� de substitution dans un emploi adapt� - �vitant des travaux lourds tels que le port de charges de plus de 15 kg, ainsi que des travaux qui n�cessitent le maintien de positions statiques prolong�es, des mouvements de flexion-extension et rotation r�p�titive du rachis cervical et lombaire (rapport d'expertise du COMAI du 1er mai 2003, rapport m�dical de la doctoresse O.________ du 20 octobre 2003) -, le salaire de r�f�rence est celui auquel peuvent pr�tendre les hommes effectuant des activit�s simples et r�p�titives dans le secteur priv� (RAMA 2001 n� U 439 p. 347), � savoir 4'557 fr. par mois (tous secteurs confondus) - valeur en 2002 - part au 13�me salaire comprise (L'Enqu�te suisse sur la structure des salaires 2002, p. 43, Tableau TA1, niveau de qualification 4), soit 54'684 fr. par ann�e. Ce salaire hypoth�tique repr�sente, compte tenu du fait que les salaires bruts standardis�s se basent sur un horaire de travail de quarante heures, soit une dur�e hebdomadaire inf�rieure � la moyenne usuelle dans les entreprises en 2003 (41.7 heures, tous secteurs confondus; La Vie �conomique, 10-2005, p. 82, tabelle B9.2) un revenu annuel d'invalide de 57'0008 fr. (54'684 fr. x 41.7 : 40). Adapt� � l'�volution des salaires de l'ann�e 2003 (1.4 %; La Vie �conomique, 10-2005, p. 83, tabelle B10.2), il s'�l�ve � 57'806 fr. Le recourant ayant au moment d�terminant une capacit� de travail exigible de 60 % dans un emploi adapt� � son �tat de sant�, il y a lieu de retenir un salaire annuel hypoth�tique de 34'684 fr. Avec l'intim�, les premiers juges ont admis une r�duction de 20 %. Compte tenu d'un abattement de 20 %, le revenu annuel d'invalide �valu� sur la base des statistiques salariales est ainsi de 27'747 fr. (valeur 2003).
Sur cette base, la comparaison des revenus ([51'675 - 27'747] x 100 : 51'675) donne une invalidit� de 46 % (le taux de 46.30 % �tant arrondi au pour cent inf�rieur [ATF 130 V 122 s. consid. 3.2; SVR 2004 UV Nr. 12 p. 44).
Ce taux ouvre droit � un quart de rente d'invalidit� (art. 28 al. 1 LAI), sous r�serve du cas p�nible (art. 28 al. 1bis LAI dans sa version en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2003). Il incombera � l'intim�, auquel les premiers juges ont renvoy� le dossier pour calcul de la rente, d'examiner cette question.
5.3 La comparaison des revenus effectu�e par les premiers juges n'est pas critiquable, dans la mesure o� les revenus avec et sans invalidit� ont �t� d�termin�s par rapport � un m�me moment, � savoir l'ann�e 2003.

References: ATF 
 ATF 
in fine
 art. 28
 art. 1
 art. 28