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tunisie : constituante - thala solidaire.over-blog.com
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 20:23
L’avant-projet de Constitution « prépare les conditions d’un blocage »
« Je n’hésite pas à parler d’échec. La méthode choisie ne nous a pas permis d’avoir un débat général sur le type de régime que nous voulions. Faute d’avoir eu ce débat avant, nous avons dû le recommencer pour chaque article, et aboutir à des compromis en fonction de majorités variables.
« C’était une erreur de faire croire aux Tunisiens que l’on pouvait rédiger la Constitution dans un délai aussi court dès lors qu’il s’agit d’une assemblée élue. Elle est à l’image de la société, elle n’a pas de base juridique, pas de culture politique. Or, elle doit voter des choses aussi technique le budget de l’Etat. C’est normal que tout cela prenne du temps.
La plupart des Tunisiens n’ont rien à voir avec ces querelles. Il faut garder à l’esprit que les dynamiques profondes de ce pays ne seront pas remises en question. C’est un pays modéré et ouvert par son passé et sa géographie. Ni un texte, ni des élections ne pourront changer le cours de l’histoire ni changer la place de la Tunisie au cœur de la Méditerranée. rue89
Les vulnérabilités de la Constitution selon le Parti Pirate
Le Parti Pirate a scanné le dernier brouillon de la Constitution publié par l’Assemblée Nationale Constituante. Et voici qu’il affirme avoir décelé pas moins de 80 articles défectueux sur les 149 qui constituent la Constitution. Il précise dans un communiqué diffusé ce mardi 22 janvier, que «parmi les articles défectueux 25 font référence à la loi commune, ce qui reproduit l’une des failles majeures de l’ancienne constitution». Gare aux chevaux de Troie !
Voici les principales recommandations du Parti Pirate pour éviter que des virus n’infectent la Constitution tunisienne.
Pourquoi la Constitution ne doit pas faire référence à la loi?
Parce qu’une loi peut changer. Et la loi référencée par la constitution adopte un caractère constitutionnel a priori. En d’autres termes, un tribunal constitutionnel aura du mal a statuer sur ce genre de lois, puisqu’elles sont bénies par la Constitution. La Constitution s’en trouve affaiblie.
Parce qu’il n’y a pas besoin. Tous les articles de la constitution peuvent être précisés par des lois sans qu’il y ait besoin que la constitution y fasse référence à priori. Le texte de la constitution doit être autonome mais n’a pas besoin de tout préciser.
Autres défauts majeurs :
Les députés ne représentent plus le peuple. Le terme “représenter” a été évincé de tout le texte. Et du nom même du parlement qui passe de “parlement des représentants” à “parlement du peuple”.
Certains Articles disent qu’on ne peut pas changer certains autres Articles. Ces articles eux-mêmes peuvent changer
Art. 16 : Le droit a la vie n’est pas absolu, il est limité par la loi
Art. 18 : Le droit à la vie privée peut être retiré sans l’intervention d’un juge
Art. 35 : Les citoyens qui n’ont pas de revenu sont obligés de payer des taxes
Art. 37 : L’Etat garantit l’égalité des chances entre femme et homme uniquement pour les obligations pas pour les droits
Art. 53 : On ne peut pas poursuivre un député pour ce qu’il a fait pendant son mandat même pas après son mandat s’il arrive a justifier qu’il était dans l’exercice de son travail
Art. 56 : Permet au parlement de déléguer son pouvoir au Premier Ministre. Sans préciser dans quel cas
Art. 90 : L’assemblée ne peux pas interroger le gouvernement
Art. 95 : Le militaire ou le policier est protégé qu’il choisisse d’appliquer les ordres (illégitimes) ou de ne pas les appliquer
َArt. 118 : La cour constitutionnelle n’est pas indépendante. Elle est faite de 4 membres proposés par le président, les autres 20 membres sont directement ou indirectement issus de la majorité du parlement
Art. 127 : Commission élections élue par le parlement pour 6 ans alors que le parlement est élu pour 4 ans. Ils veulent s’assurer les prochaines élections?
Art. 132 : Référence à la loi dans les subdivisions du territoire. Un parti peut subdiviser le pays en regions qui lui sont favorables pour garder ses sièges
Art 144 : Il n’ y a pas de possibilité de pétition pour changer la constitution.
Dans ce contexte, le Parti Pirate recommande :
De supprimer simplement toutes les références à la loi (le texte reste cohérent dans tous les cas)
De corriger les articles défectueux quand cela est possible
De supprimer tous les textes qui ne trouvent pas un consensus au sein de la constituante. La constitution s’en trouvera allégée mag14
La grève des enseignants réussie à plus de 92% selon l’UGTT
La grève des enseignants serait une réussite totale, selon les premières estimations, déclare Lassâad Yaâcoubi, secrétaire général du syndicat de l’enseignement secondaire (UGTT), sur les ondes de Shems Fm, mardi 22 janvier 2013, affirmant qu’il est possible d’atteindre un record historique à cette occasion.
« Le taux de participation a dépassé toutes nos espérances et est même supérieur à celui de la grève précédente qui avait réuni 92% du corps enseignant ». Cette grève était, selon M. Yaâcoubi, un message adressé au ministre de l’Education, répondant ainsi à ses tromperies.
Le ministre de l’Education, Abdellatif Abid, également sur les ondes de Shems Fm, a répliqué aux déclarations de M. Yaâcoubi considérant qu’ « il n’existe pas de grève réussie et qu’une grève est, par définition, une preuve de l’échec d’un consensus ». Selon M. Abid, cette grève aurait pu être évitée si le syndicat, qu’il accuse d’avoir un agenda politique, a compris que les revendications, rejetées par le ministère, sont abusives. businessnews
16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 04:18
Amnesty International appelle l’Assemblée nationale constituante de Tunisie à veiller à ce que la nouvelle Constitution garantisse pleinement les droits fondamentaux et respecte les obligations qui incombent à la Tunisie au titre du droit international relatif aux droits humains.
Un deuxième projet de Constitution a été finalisé en décembre 2012 et doit être débattu le 13 janvier 2013. Les membres de l’Assemblée doivent saisir cette occasion d’inscrire dans le texte le plus haut niveau de protection pour les droits de tous les Tunisiens, et faire ainsi savoir qu’il n’y aura pas de retour en arrière pour les droits humains.
Amnesty International se félicite de ce que la version actuelle a été allégée de certaines propositions qui compromettaient l’égalité entre hommes et femmes, car elles comportaient des termes ambigus quant à la complémentarité des rôles au sein de la famille, et mettaient en péril la liberté d’expression, en érigeant en infraction les atteintes à la religion et aux « valeurs sacrées ».
Cependant, l’organisation demeure préoccupée par plusieurs dispositions qui ne respectent pas les principes et les normes internationales en matière de droits humains. Par exemple, la suprématie du droit international relatif aux droits humains sur le droit national est fragilisée par l’article 15 du projet actuel de Constitution. Craignant que la Tunisie ne manque à ses obligations internationales relatives aux droits humains, Amnesty International demande d’adjoindre à la Constitution une disposition reconnaissant que le pays doit respecter les droits garantis dans les traités internationaux relatifs aux droits humains qu’il a ratifiés.
L’article 16 du projet actuel, qui garantit le droit à la vie dans le cadre du droit tunisien, ne reconnaît pas totalement le droit à la vie, puisque la peine de mort est maintenue dans la législation tunisienne.
Par ailleurs, Amnesty International s’inquiète de ce que plusieurs clauses du projet sont formulées dans des termes ambigus et vagues, et que certaines garanties relatives aux droits humains ne sont pas bien définies. En 2012, la liberté d'expression et les droits des femmes ont subi de sérieux revers en Tunisie. Aussi est-il essentiel que la nouvelle Constitution tunisienne protège dûment ces droits.
En avril 2012, Amnesty International a soumis une communication à l’Assemblée nationale constituante, présentant des recommandations détaillées pour que la Constitution garantisse la non-discrimination, des droits fondamentaux tels que la liberté d’opinion et d’expression, la protection contre la torture et l’indépendance de la justice. Elle adresse une nouvelle fois à l’Assemblée les recommandations suivantes, déjà mises en avant au mois d’avril :
L’article 5 du projet de Constitution dispose : « Tous les citoyens, hommes et femmes, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi, sans discrimination d’aucune sorte ». Or, cet article ébranle le principe de non-discrimination.
La non-discrimination et l’égalité devant la loi doivent s’appliquer aux étrangers et, en pratique, à toute personne se trouvant sous la juridiction des autorités tunisiennes. En outre, il convient de préciser les motifs de discrimination prohibés, notamment la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.
Par ailleurs, la formulation ambiguë de l’article 37 – « L’État garantit l’égalité des chances entre les hommes et les femmes » s’agissant de prendre en charge diverses responsabilités – et de l’article 8 en relation avec la famille, risque de mettre en péril l’égalité entre hommes et femmes, et ne définit pas plus avant « l’égalité des chances ». La Constitution doit inclure une disposition qui précise que les hommes et les femmes sont égaux et qu’ils ont droit à la pleine égalité dans la législation et en pratique, ainsi qu’à l'égalité des chances dans tous les domaines de la vie, y compris, sans limitation, dans les domaines civil, culturel, économique, politique et social.
La liberté d’opinion et d'expression
Il importe de protéger le droit à la liberté d’opinion et d’expression, en veillant à ce que les dispositions de l’article 36 soient entièrement compatibles avec l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), y compris en précisant que les seules restrictions à ces droits autorisées sont celles nécessaires dans une société démocratique et proportionnées aux objectifs visés.
Le chapitre 5 du projet actuel, consacré à la justice, offre certaines garanties pour l’indépendance de l’appareil judiciaire et expose des procédures et critères concernant la nomination des juges et le fonctionnement du Conseil judiciaire suprême, chargé de les superviser. Cependant, ces clauses ne sont pas pleinement cohérentes avec les obligations du PIDCP, telles qu’interprétées par le Comité des droits de l'homme, et les Principes fondamentaux relatifs à l'indépendance de la magistrature (ONU). Aussi l’Assemblée nationale constituante doit-elle faire en sorte que la nouvelle Constitution :
- précise clairement que le pouvoir judiciaire est totalement indépendant du pouvoir exécutif, y compris les membres du Conseil judiciaire suprême ;
- prévoie des procédures claires et équitables et des critères objectifs pour la nomination, la rémunération, l’inamovibilité, l’avancement, la suspension et la révocation des membres de l’appareil judiciaire, ainsi que les sanctions disciplinaires prises à l’encontre des magistrats, qui soient conformes aux exigences formulées par le PIDCP telles qu’elles ont été interprétées par le Comité des droits de l’homme ;
- précise la durée du mandat des juges, leur indépendance et leur inamovibilité ;
- prévoie une procédure selon laquelle la rémunération appropriée des magistrats, leurs conditions d’emploi, leurs pensions et l’âge de la retraite sont déterminés par un organisme et une procédure indépendants du pouvoir exécutif ;
- prévoie des dispositions selon lesquelles les juges sont nommés en fonction de leur compétence, de leur formation et de leurs qualifications sans aucune discrimination, notamment pour des raisons de race, de couleur, de sexe, de religion, d'opinions politiques ou autres, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
Le droit à la liberté et le droit à un procès équitable
Dans sa version actuelle, le projet reprend certaines garanties qui protègent le droit à la liberté et le droit à un procès équitable, dans les articles 18, 20 et 21, tout en laissant de côté des garanties précises inscrites dans l’article 14 du PIDCP. L’Assemblée nationale constituante doit spécifier d’autres garanties, notamment, mais pas seulement, le droit d’être présenté rapidement à un tribunal, d'être jugé dans un délai raisonnable ou libéré ; le droit d’accéder à des voies de recours utiles pour contester devant un tribunal le bien-fondé de la détention et d’être remis en liberté si elle est jugée illégale ; le droit de s’entretenir en privé avec un avocat indépendant immédiatement après le placement en détention, afin que le droit de contester la légalité de la détention soit accessible et applicable dans les faits ; le droit d’être présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie et le droit d’être jugé par un tribunal civil (hormis, tout au plus, pour les membres de l’armée jugés pour des affaires concernant exclusivement la discipline militaire interne).
Les articles 17 et 23 interdisent la torture et les autres formes de mauvais traitements. Toutefois, le projet actuel doit être amendé afin d’englober une définition du crime de torture qui soit conforme à l’article 1 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et notamment :interdire de manière explicite tout châtiment corporel ; préciser qu’aucune circonstance exceptionnelle quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, et aucun ordre d’un supérieur ou d’une autorité publique, ne peut justifier de tels agissements ; et garantir qu’aucune information obtenue à la suite d'actes de torture ou d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ne soit retenue à titre de preuve dans une procédure, quelle qu’elle soit, si ce n'est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une déclaration a été faite.
L’article 73 du projet actuel autorise le président à instaurer l’état d’urgence sous certaines conditions. Cependant, cet article n’est pas totalement compatible avec les normes internationales relatives aux états d’urgence. Amnesty International recommande que la Constitution prévoie expressément qu’aucune dérogation à l’un quelconque des droits fondamentaux garantis par la Constitution ne soit autorisée en aucune circonstance. Si toutefois la Tunisie décide de prévoir dans la Constitution une possibilité de dérogation aux droits qu’elle garantit, les circonstances de cette dérogation telles qu’elles sont définies à l’article 4 du PIDCP, les droits énumérés par le PIDCP et le Comité des droits de l’homme comme non susceptibles de dérogation, ainsi que les limites aux mesures dérogatoires prévues à l’article 4 du PIDCP et précisées par le Comité des droits de l’homme, doivent être explicitement intégrés dans la Constitution.
Bien que l’article 18 du projet de Constitution reconnaisse le droit de circuler librement à l’intérieur du territoire et le droit de quitter le pays, il n’est pas pleinement compatible avec l’article 12(3) du PIDCP, qui protège la liberté de mouvement.
Amnesty International invite l’Assemblée nationale constituante à veiller à ce que dans la Constitution, toute restriction au droit de circuler librement soit compatible avec l’article 12(3) du PIDCP et d’autres droits fondamentaux, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination. La Constitution doit également disposer que toute personne visée par la restriction de ces droits a le droit d’être informée des motifs de cette mesure et d’exercer une voie de recours pour la contester, et reconnaître que nul ne peut être arbitrairement privé du droit d’entrer dans son propre pays.
Les réfugiés, les demandeurs d’asile et le principe de non-refoulement
Dans le projet de Constitution, aucune clause ne prévoit le droit de solliciter l’asile, ni ne protège les individus contre un transfert vers un pays où ils risquent d’être persécutés.
Amnesty International a condamné l’extradition par les autorités tunisiennes en juin 2012 d’Al Baghdadi al Mahmoudi, ancien Premier ministre libyen, vers la Libye ; ce transfert l’a exposé au risque de subir de graves violations de ses droits humains et a bafoué les obligations incombant à la Tunisie au titre de la Convention contre la torture. Il est crucial que la nouvelle Constitution tunisienne protège tout individu contre un transfert sous toutes ses formes, directement ou indirectement, vers un pays où il risque d’être persécuté. Conformément aux obligations de la Tunisie en matière de droits humains, cette protection doit également s’étendre aux personnes qui ne remplissent pas les conditions d’obtention du statut de réfugié selon la définition de la Convention de l’ONU relative aux réfugiés, mais qui ont besoin d’une protection internationale car elles risquent d’être victimes de violations de leurs droits humains, notamment d’actes de torture ou de mauvais traitements ou encore de disparition forcée, tant dans le pays de transfert que dans un pays tiers vers lequel elles risquent d’être transférées par la suite. amnesty.org
Pour rappel, le président de l'assemblée constituante Mustapha Ben Jaafer a indiqué que la nouvelle constitution sera achevée avant la mi-avril. mag14
Ghazi Ghrairi :les textes relatifs aux libertés doivent être clairs et précis
L'avant-projet de la consitution sous la loupe des experts
"Quand on écoute ce que disent certains critiques à propos de l’avant- projet de constitution on a l’impression qu’ils sont en train de mener une campagne électorale…quand on entend ce qu’ils disent au sujet de ce travail, on se dit qu’on est grillé…mais la vérité n’est ni noire ni blanche…je respecte tous les avis, et il est difficile de surenchérir en matière de droits et de libertés…ceci dit, nous sommes attentifs aux avis de tous et particulièrement aux avis des experts en droit ... », a dit Mustapha Ben Jaafar dans son intervention, lors de la journée Abdelfatah Amor pour la lecture de l’avant-projet de la constitution organisée ce mardi 15 janvier à Tunis.
Le président de l’Assemblée nationale constituante a défendu le travail effectué par les 217 députés. « L’ANC a essayé d’élaborer la meilleure constitution possible. N’oublions pas que les députés sont issus du peuple et qu’ils ne sont pas tous experts en droit, chacun est de formation différente, mais cette version de la constitution n’est pas définitive, et elle est prête à être corrigée », dit-il.
Le texte de la constitution stipule dans ses principes généraux que la révolution tunisienne a éclaté contre un régime politique et économique incapable de répondre aux besoins économiques et sociaux du peuple, comme le développement et l’emploi, mais aussi ses aspirations de liberté et de démocratie effectives :« ce pourquoi, l’Assemblée nationale constituante a inscrit le principe suivant : le peuple est source de souveraineté, la pratiquant de manière directe au moyen du referendum, ou indirecte au moyen de l’élection d'une assemblée nationale ….en donnant la priorité aux droits sociaux et économiques.
Le deuxième principe est de garder la place constitutionnelle de la justice qui a joué un rôle respectable avant et après la révolution. Ensuite vient le principe de développement de la société et de l’Etat, en y ajoutant les libertés économiques et la nécessité de protéger les richesses naturelles et l’environnement », a résumé Mustapha Ben Jaafar. Il a terminé par un message adressé à la société civile et tous les académiciens à apporter leurs contribution à ce travail : «Nul n’est parfait, et toute œuvre humaine peut contenir des lacunes et nous sommes conscients qu’il y a eu des carences et de la lenteur…nous citerons l’exemple de la formulation des textes, qui nécessiterait une amélioration ou probablement le fait de mentionner explicitement le respect de la charte universelle des Droits de l’Homme et le sens de l’Etat de droit ».
Slim Laghmani , professeur en Droit, est revenu sur plusieurs articles de l’avant-projet de la constitution : « Je reviendrai sur l’aspect de la constitution, à savoir la cohérence et la méthodologie. D’abord les chapitres sont imbriqués, et puis les articles ne sont pas dans le bon ordre. Il existe un chapitre pour les droits et libertés dans lequel on devrait retrouver tous les droits et libertés, alors que certains se retrouvent dans plus d’un chapitre ou dans un chapitre qui n’a rien à voir avec le sujet. Les libertés individuelles, sont désordonnées, parfois entrecoupées par des droits politiques pour les partis et associations.
Dans l’article en rapport avec l’identité de l’Etat, on parle de constantes de l’Islam…j’ai un souci avec ce terme, car les constantes des Chiites ne sont pas celles des sunnites, celles des Malekites ne sont pas celles du wahabisme… Parler de constantes de cette manière est grave…par ailleurs j’émets une objection sur le terme de « rivalité et affrontement politique » (Attadafaa assyassi ) cet emprunt physique n’est pas claire, surtout qu’il peut prêter à confusion. Il est préférable de choisir un terme plus courant comme compétition politique, « Attanafouss Assyassi » , a indiqué le professeur en droit.
Ghazi Ghrairi, secrétaire général de l'Académie Internationale de droit constitutionnel, a évoqué la question de l’Etat civil « la Tunisie est civile depuis son indépendance. C’est l’unique pays arabe civil ! Le caractère civil de l’Etat signifie que l’Etat tire sa légitimité de la volonté du peuple et de sa souveraineté.
L’Etat civil est une distinction par rapport aux pays religieux, confessionnels, tribaux, ou militaires…dans la nouvelle constitution, il y a un manque et une ombre autour du caractère civil de l’Etat, car l’article en question stipule : «…dans le but de construire un régime républicain démocratique, participatif où l’Etat sera civil fondé sur les institutions »…ceci dit que celui qui a rédigé le texte vise un Etat civil alors que nous sommes déjà dans un Etat civil, tout en sachant que les objectifs constitutionnels sont une catégorie moindre par rapport aux affirmations de texte. Et ils sont de moindre valeur entre les mains des magistrats. Il existe une différence entre une affirmation et un objectif. Ceci donne une certaine fragilité au principe de l’Etat Civil », a dit l’expert.
L’avant projet de la constitution sera débattu pendant deux mois par les députés de l’ANC et les académiciens avant qu’il ne soit adopté définitivement par l’assemblée. akhbar.tn
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 03:26
La seconde mouture de la nouvelle Constitution tunisienne
___________________________________________________________L'article 148
Des satisfactions, oui, mais aussi des craintes. Toujours selon cette dernière, les craintes proviennent essentiellement de l’article 148 qui contredit tous les autres articles. « Nous avons mentionné dans l’article 5 que la Constitution concerne tous les Tunisiens et les Tunisiennes, mais dans le chapitre des droits et des libertés qui devait en être la concrétisation, on entretient le flou. On s’adresse toujours en utilisant le masculin. On se demande pourquoi dans les articles qui doivent concrétiser la parité entre les deux sexes on omet d’écrire citoyen et citoyenne alors qu’on l’a fait dans le préambule » conclut-elle. leconomistemaghrebin
____________________________________L'article 95
Le projet de Constitution sonne la fin de la Tunisie tunisienne, futur Émirat qatarien
Elles auront pour rôle surtout de défendre les intérêts du Qatar contre les corps de police et de l'armée tunisienne dont Ennahdha doute de leur loyauté pour un projet aussi antipatriotique que dangereux pour la souveraineté nationale. . Ces milices qui feront office de force d'occupation seront composée essentiellement de recrues étrangères somaliennes, soudanaises, turques, afghanes et pakistanaises. La future constitution aura par conséquent vocation d'un nouveau traité de Bardo en pire, née de l'expression de la prétendue volonté du peuple pour la qatarisation constitutionnelle de la Tunisie. Les tunisiens ont voté démocratiquement pour faire de leur pays un nouvel Emirat qatarien, voilà le vrai sens de la révolution tunisienne. tunisie-news
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 02:48
Interrogations autour de la seconde mouture de la Constitution et de l'Assemblée nationale constituante
Craquelures chez les Nahdhaouis : quand R. Ghannouchi use de l’autre islamiste extrémiste, Habib Khedher pour donner une leçon au PM Hamadi Jebali
Habib Khedher à Hamadi Jebali : J’accuse votre gouvernement, avec le sourire
Au cours du débat sur la loi de Finances 2013 à l’ANC hier 26 décembre 2012, Habib Khedher, rapporteur de la Constitution a pris la parole afin de donner au gouvernement des conseils qui sont, selon lui, «acerbes». M. Khedher a donc décidé d’utiliser une sorte de métaphore dans le but de mieux faire passer son message :
« Nous remercions le gouvernement pour l’intérêt qu’il porte aux régions démunies en opérant le plan de développement nécessaire et ce, en augmentant le budget de la présidence.
Nous saluons fort bien votre juste application de la loi qui contient des jugements exceptionnels concernant la fonction publique et ce, à travers le recrutement d’instituteurs d’une manière telle que les régions ont considérée comme juste et convaincantes quant à sa transparence.
Nous ne pouvons que nous étonner agréablement de la rapidité avec laquelle les dossiers de recrutement des handicapés ont été traités et nous supposons, qu’étant, à présent, en fonction, ils vous sont tous gré de cette réactivité.
Nous sommes fort heureux de constater, Monsieur le chef de gouvernement, votre magnifique assiduité à suivre l’avancement de la rédaction de la Constitution, sans pour autant faire une pression quelconque sur les députés de l’Assemblée nationale constituante.
Le gouvernorat de Gabès vous est très reconnaissant de votre visite, M. le chef de gouvernement, une visite que vous avez effectuée inopinément.
Nous remercions le président de l’ANC d’avoir accéléré la procédure de constitution de la haute instance indépendante des élections. »
A la fin de son intervention, Meherzia Laâbidi a répondu, en se référant à une citation française : « avez-vous mangé du lion ?» La référence fait allusion au courage de Habib Khedher à avoir osé porter des critiques à l’encontre du gouvernement et ce, en la présence de son chef ainsi que de quelques ministres dont notamment Samir Dilou, Elyès Fakhfakh et Noureddine Bhiri qui a, d’ailleurs, quitté l’hémicycle dès que M. Khedher a pris la parole. businessnews
Tunisie_ Constitution : participer au débat national ! Ben Achour relève plusieurs points inquiétants. Des zones d’ombres et un esprit de croisade, selon M. Haddad. El Ahram glorifie !
Nouvelle Constitution : Le calendrier du débat national
Après avoir dévoilé le projet de la nouvelle constitution, l'assemblée nationale constituante lance un débat national dans les régions pour recueillir l'opinion des Tunisiens. Un calendrier a été élaboré comme suit :
Le 23 /12/12 : Kairouan, Monastir, Sousse, Mahdia, Sfax, Gabes (Inscriptions au début de la semaine du 17 /12).
Le 30 /12/12 : Gafsa, Beja, Kef, Siliana, Zaghouan. (Inscriptions au début de la semaine du 24/12)
Le 6/1/13 : Ben Arous, Bizerte, Ariana, Manouba, Nabeul, Tunis. (Inscriptions au début de la semaine du 31/12)
Le 13/1/13 : Medenine, Kasserine, Kebili, Tataouine, Tozeur, Sidi Bouzid. (Inscriptions au début de la semaine du 7/1/13).
Pour y participer il faut s'inscrire sur le site de l'assemblée : www.anc.tn
Les inscriptions se font par mail le début de la semaine (les 3 premiers jours) correspondant à la région sélectionnée.
Les premières 300 inscriptions pour chaque région seront acceptées. tekiano
Le franc-parler de Iyadh Ben Achour !
M.Iyadh Ben Achour a toujours brillé par son franc parler et ses analyses pertinentes.
Connu pour sa probité intellectuelle, il a su garder ses distances vis-à-vis des partis politiques pour avoir cette indépendance qui lui permet de formuler ses critiques. Il ne s’est jamais départi de cette ligne, lui qu’on peut classer comme un libéral mais comme un démocrate convaincu. Mercredi dernier il était l’invité d’une chaîne de télévision pour parler politique et notamment de la Constitution.
Sans fard ni fioriture il a donné son point de vue étayant le tout par des preuves matérielles incontestables.
Le président de la défunte Instance supérieure de la révolution, n’a pas caché son étonnement voire son indignation devant la lenteur qui caractérise les travaux de l’A.N.C dans la rédaction de la Constitution, sans omettre de rappeler que tous les partis sauf un se sont engagés à finir ce travail une année après les élections qui ont eu lieu le 23 octobre 2011. Il a son explication à cela et elle est celle-là même qu’on retrouve sur presque toutes les langues : les constituants «font tout pour demeurer le plus longtemps possible là où ils sont » !
Parlant de la Constitution dans sa première mouture et qui est encore sujette à des amendements, il n’a pas manqué de relever les contradictions entre les articles d’où il en déduit que nos constituants sont ignorants de la chose constitutionnelle. Son reproche devient pertinent quand il affirme que la Tunisie regorge de spécialistes en la matière et qu’on retrouve plusieurs d’entre-eux exerçant même à l’étranger. Pourquoi n’a-t-on pas fait appel à ces compétences ?
Cette question trouve sa réponse dans l’esprit partisan qui règne au sein de l’A.N.C dominée par trois partis qui, en dépit des protestations persévèrent sur la voie qu’ils se sont tracée partant de la majorité confortable dont ils disposent au sein de cette assemblé. Certes il y a le travail des commissions, mais celles-ci ne peuvent présenter que des projets d’articles qui demeurent sujets à des amendements en plénière et soumis au vote qui pourrait faire tomber tout le travail fait au sein de ces mêmes commissions.
Sur le fond, Iyadh Ben Achour ne mâche pas ses mots et ne cache pas son amertume voire sa colère, car il est sûr que la Tunisie aura à l’issue de tout ce temps une très mauvaise constitution qui fera la risée de tout le monde ! attendons pour voir !
Parlant de la situation dans le pays, Iyadh Ben Achour ne s’est pas fait prié pour crier toute sa colère affirmant que la Tunisie méritait mieux que cela. Par la faute de qui ?
De ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir et qui ont tourné le dos aux revendications de la population pour ne s’occuper que de leurs sièges et comment ne pas les quitter. Tant d’affirmations qui méritent réflexions, surtout quand elles émanent d’un personnage qu’on ne peut soupçonner de la moindre complaisance envers un quelconque parti politique et qui jouit d’un grand crédit pour le travail accompli par quelconque parti, politique et qui jouit d’un grand crédit pour le travail accompli par l’Instance qu’il a présidée où toute la Tunisie y était et où la démocratie réelle était exercée.
Tous Les décrets préparés et proposés par cette instance l’étaient après des débats francs et parfois houleux mais où personne ne s’était senti exclu, et étaient le fruit souvent d’un consensus entre les différents courants politiques et idéologiques. Jamais l’homme ne s’était rangé en faveur d’une partie au détriment d’une autre, ce qui donne au constat fait toute sa crédibilité et le bien fondé qu’il mérite, d’autant qu’il n’hésite à pas à voir dans tout des prémices annonciatrices d’une nouvelle dictature !
L’alerte est sonnée, aux Tunisiens d’en saisir la portée ! letemps
« L’esprit de la constitution et de la compétition politique ne doit pas être l’esprit des croisades... »
Au-delà des doutes sur l’efficacité réelle du dialogue national sur la Constitution dans les régions, le texte est vivement critiqué par les constitutionnalistes qui y voient «une régression». Quelle vision de la Tunisie future véhicule-t-il ? Reflète-t-il l’esprit revendicatif du 14 janvier ou l’idéologie conservatrice de la classe politique au pouvoir après le 23 octobre ? Protège-t-il suffisamment les droits et les libertés fondamentales ou prépare-t-il à l’institution progressive de l’Etat théocratique ?
Pr Mohamed Haddad, président de l’Observatoire arabe des religions et des Libertés, répond aux questions de La Presse. Il est enseignant chercheur, spécialiste en civilisation arabe et histoire des religions. A son actif, trente ans de travail sur le discours religieux...
L’Observatoire arabe des religions et des libertés que vous dirigez participe à l’élaboration de la constitution avec des propositions qui se veulent conciliantes entre la vision islamiste et celle des droits et des libertés. Vos propositions sont-elles prises en compte ?
Nous avons travaillé sur un rapport qui compte dix zones d’ombre avec des propositions concrètes qui essaient de prendre en considération les exigences de la future constitution et les équilibres politiques actuels. Mais, c’est seulement dans le deuxième projet de préambule que l’ANC a pris en compte une de nos propositions; celle qui concerne l’article 10. L’ancienne version liait à tort les droits de la femme aux droits de la famille. Dans notre proposition, nous avons demandé à scinder l’article en deux, à dégager nettement les droits de la femme et à éliminer la notion «droits de la famille» parce que ces «droits» n’existent pas juridiquement.
Pour le reste, je pense que la société civile et plusieurs députés sont conscients que le texte actuel doit être amélioré. Il reste très vague et ce n’est dans l’intérêt de personne. Avec toutes les ambiguïtés qu’il y a, on aura besoin de faire des interprétations très divergentes exactement comme si on n’avait pas de constitution...
Nos constitutionnalistes pensent que les zones d’ombre de ce projet viennent justement de la recherche d’un compromis entre deux visions profondément divergentes. Pensez-vous que ce compromis soit possible, notamment sur les dissensions autour de la relation Etat/religion ?
Il existe deux types de compromis : le compromis positif et le compromis négatif. Le compromis positif est atteint lorsqu’on discute du fond d’un problème pour aboutir à une formulation adéquate. A l’opposé, le compromis négatif est bricolé pour masquer et éluder les divergences qui persistent. On s’aligne sur des expressions bateau où chacun peut trouver une interprétation à son goût. Sur plusieurs sujets, l’ANC a choisi le compromis négatif. Or, ce n’est pas ce qu’attend le peuple d’une constituante qui lui coûte cher. On attendait un travail beaucoup plus rigoureux. Ce manque de rigueur a une autre raison qui est l’absence des spécialistes en droit constitutionnel; il n’y en a qu’un seul dans la Constituante. On aurait pu trouver d’autres solutions comme d’avoir un comité d’experts. On aurait pu en constituer un avec des personnalités comme le Pr Kaïs Saïed et bien d’autres constitutionnalistes prêts à travailler bénévolement.
L’article 1er ne fait pas de référence à la charia, mais pensez-vous qu’il soit suffisamment explicite sur le caractère civil de l’Etat ?
Nous proposons justement d’introduire le terme «Etat civil» qui manque dans l’article 1er. Cette mention est indispensable et centrale à l’article 1er. C’est vrai que dans un raisonnement juridique, la mention n’a pas de sens ; l’Etat est par définition une institution civile, non religieuse. Mais on est dans un contexte spécial qui nous impose d’être explicite. La formule «Etat civil» a d’ailleurs été inventée par le réformiste musulman Mohamed Abdou, mais les frères musulmans continuent de la refuser; «civil» signifie «laïc» pour eux.
Nous précisons donc : «La Tunisie est un Etat civil, libre, indépendant, souverain, sa religion est l’Islam, sa langue est l’arabe». La raison de cette précision est qu’en 59, elle n’était pas nécessaire; la menace était dirigée contre l’indépendance du pays, alors que ce qui est menacé, aujourd’hui, c’est le caractère civil de l’Etat, même s’il y a visiblement consensus sur cela et pas du tout sur la charia. Il y a consensus sur le caractère civil de l’Etat, sur la liberté et l’indépendance de la Tunisie, sur la souveraineté, sur l’islam et sur l’arabité... Nous proposons qu’on mette tout cela à l’article 1er et qu’on mentionne que cet article n’est pas amendable, plutôt que de mentionner cinq éléments disparates. Dans l’avant-projet, il y a un article qui énumère cinq éléments non amendables, parmi lesquels «l’Islam comme religion de l’Etat». En réalité, c’est une tricherie avec laquelle on casse le consensus de l’article premier de la constitution de 59 sur lequel a été construit l’Etat civil.
Il est notamment reproché à ce texte de ne pas faire référence aux droits de l’Homme alors qu’il les mentionne plus d’une fois. Pourquoi?
Parler des droits de l’Homme dans l’absolu ne signifie rien. Aucun régime de la planète aussi dictatorial soit-il ne dit qu’il est contre. Donc le fait de les mentionner sans référentiel ne signifie rien. Sur ce plan, nous avons proposé une disposition claire qui précise : «Les droits de l’Homme dans leur acception universelle et tels que définis par les conventions et les traités internationaux ratifiés». Après, les gouvernements auront toujours la latitude de ne pas ratifier un texte s’ils considèrent qu’il est inacceptable, ou de faire des réserves sur des articles. Mais normalement dans une constitution, la règle générale c’est de s’inscrire dans l’universel. L’exception c’est de refuser certaines dispositions si elles se révèlent contraires à la culture du pays et cela relève du particulier. Donc, la règle c’est d’être dans l’universel et l’exception est d’être dans le particulier et non pas le contraire. Il n’y a aucune raison pour que le citoyen tunisien ait des droits moindres que ceux d’un Français ou d’un Anglais... Nous remarquons que lorsqu’il y a eu des persécutions, les islamistes n’ont pas choisi de se réfugier au Soudan ou en Afghanistan mais ils se sont réfugiés à Paris et à Londres; dans les pays où les droits de l’Homme sont appliqués dans leur acception universelle...
Mais, les députés islamistes refusent cette référence, invoquant l’absence de référence à la charia...
C’est un faux argument parce qu’il n’y a pas de relation entre les deux. Les deux références sont incomparables. Les droits de l’Homme ne sont pas une législation, ce sont des principes d’ordre universel qui sont censés être donnés à la personne humaine en tant que personne humaine. Nous n’avons pas demandé de s’appuyer sur le code français ou le code suisse. Il ne s’agit pas de se référer à une législation mais à des principes de base. Lorsqu’on dit que la personne humaine ne doit pas être torturée, elle ne doit pas l’être quelles que soient sa nationalité, sa religion et sa culture. On ne peut pas comparer un ensemble législatif comme la charia avec un ensemble de principes généraux comme la Charte universelle des droits de l’Homme.
Une autre référence est éludée dans le projet de Constitution : le Code du statut personnel. Pourquoi cette omission et comment y parer ?
Là aussi, on parle des droits de la femme dans l’absolu, ce qui n’est pas suffisant car même les groupes les plus obscurantistes en parlent. D’un autre côté, il y en a qui demandent à constitutionnaliser le Code du statut personnel comme référence à ces droits. Si on passe au vote, les équilibres politiques étant ce qu’ils sont, il y aura une majorité nette qui va refuser cette constitutionnalisation et mener à un blocage. Nous avons proposé une solution médiane qui consiste dans la formule suivante : «Il incombe à l’Etat de protéger les droits de la femme, notamment ceux acquis après l’indépendance». Je travaille depuis trente ans sur les discours islamistes et je les comprends de l’intérieur. La revendication du parti islamiste est de dire qu’il y a des droits antérieurs à l’indépendance. Dans notre formulation, nous reconnaissons implicitement ces droits, mais nous précisons que l’enjeu se rapporte surtout aux droits instaurés après l’indépendance. Le parti Ennahdha ne prend pas position contre le CSP en général mais contre la question de l’adoption.
Outre la polémique sur la complémentarité, pensez-vous que le texte actuel soit explicite sur l’égalité entre les hommes et les femmes ?
L’emploi de la formule «égalité hommes-femmes» a été évité. On explique ce refus par le fait qu’il n’y a pas d’égalité absolue et que les inégalités sont naturelles. Mais, dans une Constitution, nous ne parlons pas d’égalité naturelle. Nous parlons précisément d’égalité juridique. Dans le texte, il y a cette formule vague qui dit : «Tous les citoyens sont égaux en droits et devoirs»... Oui, mais encore faut-il que les droits et les devoirs soient instaurés selon le principe de l’égalité. On peut être égaux devant une loi qui n’est pas égalitaire. Si la loi permet d’avoir un recrutement selon le sexe et les pourcentages, nous serons égaux devant la loi, mais c’est la loi qui ne sera pas égalitaire...
Il faut que la formule «égalité hommes-femmes» soit mentionnée. Nous insistons sur l’égalité hommes-femmes en termes d’éducation, de travail... pour qu’on ne vienne pas un jour empêcher les femmes de travailler en raison du chômage, ou bâtir les politiques de recrutement sur la base du sexe et des pourcentages comme cela se fait dans certains pays du Golfe.
Au fond, en évitant de parler d’égalité, ils pensent à la question de l’héritage qui est une exception et veulent mettre les exceptions au niveau de la constitution. C’est grave que la constitution soit construite sur les exceptions et non sur les principes généraux.
L’article 4 continue à faire polémique. Quelles sont ses principales zones d’ombre et comment les dépasser ?
Dans le projet on lit : «L’Etat est le protecteur de la religion, le garant de la liberté de croyance et de la pratique des rites religieux, le protecteur de ce qui relève du sacré, le garant de la neutralité des mosquées quant à la propagande partisane». Nous proposons une formule qui pourrait faire l’objet d’un consensus positif. Elle précise d’abord ceci : «L’Etat veille sur les cultes », parce que la religion c’est quelque chose de très vaste avec une grande part d’intime où l’Etat ne doit pas s’ingérer. L’Etat ne doit s’occuper que de l’expression collective de la religion, d’ailleurs aussi bien pour la religion musulmane que pour les religions des minorités. «Protecteur», c’est un mot très fort, comme s’il y avait des croisades, comme si la religion était en état de se défendre. Or, on n’est pas dans une guerre religieuse. Il suffit que l’Etat veille sur le culte.
«L’Etat garantit la liberté de croyance» vient en effet de la constitution de 59. Nous l’avons étudié et en revenant aux débats de la Constituante de l’époque, nous avons trouvé qu’il y avait une divergence entre ceux qui proposaient liberté des religions et ceux qui préféraient l’expression liberté de croyance. Ceux qui proposaient liberté de religions voulaient qu’elle soit définie dans le cadre du monothéisme. Les autres préféraient liberté de conscience pour englober ceux qui n’ont pas de religion. La présence des communistes. Finalement, la constituante de 59 a retenu la formule liberté de croyance qui signifie ce qu’on appelle aujourd’hui liberté de conscience. C’est pour cela que nous proposons d’ajouter «liberté de croyance et de conscience». En fait on ajoute rien mais c’est l’état d’esprit qui a changé. A l’époque, lorsqu’on parlait de liberté de croyance, on comprenait liberté de conscience, ce qui n’est plus évident aujourd’hui. Maintenant, croyance signifie religion.
Après les nombreux débats qui l’ont entourée, la notion de sacré est quand même retenue avec toutes les possibilités d’interprétation qu’elle implique...
On aurait préféré qu’il n’y ait pas du tout d’allusion au sacré dans la constitution. Mais, pour arriver à un compromis, nous demandons d’ajouter après la disposition «l’Etat protecteur de ce qui relève du sacré» la précision suivante : «Tel que défini par la loi». On ne peut pas laisser aux groupes la définition du sacré. Et puis, contrairement à ce qu’on dit, les lois tunisiennes protégeaient déjà suffisamment le sacré. Dans les lois en vigueur depuis l’indépendance, on considère que l’atteinte au sacré est une atteinte à l’ordre public où l’Etat peut intervenir. Nous avons aussi les lois sur les bonnes mœurs... Malheureusement on veut tromper l’opinion publique et on veut installer un climat de peur pour dire que notre religion et nos valeurs sont menacées. En réalité, il n’y a pas de croisades... Par ailleurs, si l’Etat se charge de protéger le sacré, il doit aussi protéger la personne. Il doit interdire l’atteinte à la personne, au nom de la protection du sacré. Nous proposons alors d’ajouter «L’Etat interdit d’agresser autrui en l’accusant de mécréance».
Au sujet de la neutralité des mosquées, nous demandons de mentionner la propagande politique en général et non seulement la propagande partisane.
Dans le projet, on a parlé de neutralité dans l’absolu pour l’administration, pour l’armée... Pourquoi, à propos des mosquées, on change le terme de propagande politique par celui de propagande partisane ? Les mosquées doivent être exemptes de toute propagande !
Outre les ambiguïtés et les zones d’ombre, vous critiquez l’usage des termes inappropriés. Quels sont ces termes ?
Nous avons une objection particulière sur le terme «Tadafoô». D’abord ce n’est pas un terme juridique, ensuite c’est un terme connoté de violence. En consultant les références absolues en matière de lexicologie arabe, on le définit avec une connotation de violence. Ceux qui l’ont utilisé disent que c’est un terme inspiré du Coran. En vérité, le verset 51 de la sourate «El Baqara» et le verset 40 de la sourate «El Haj» n’évoquent pas une compétition politique mais ils évoquent un combat entre la foi et la mécréance. Projeter une expression utilisée dans le cadre du combat pour la foi sur la constitution et sur la compétition politique qui n’est pas une compétition entre croyants et mécréants, ni entre un parti qui tient seul la vérité et d’autres partis qui sont dans l’erreur, est très grave. Nous avons montré que les grands exégètes depuis Ettabari jusqu’à Fadhel Ben Achour, ont tous été d’accord pour dire que ce terme est lié à un combat pour la foi et pas du tout à une compétition politique. L’esprit de la Constitution et de l’organisation de la compétition politique n’est pas du tout l’esprit des croisades ou du prosélytisme, sinon on ne s’en sortira plus.
Vous relevez aussi l’usage inapproprié de la notion de droit. Quels risques y a-t-il ?
Dans une constitution, il faut que le terme droit soit employé précisément et exclusivement comme terme juridique. Sinon on risque la banalisation et le nivellement par le bas des droits. Si on met sur un même niveau les droits de l’Homme et le «droit au mariage», comme on peut le lire dans le texte, on fait une grave erreur. S’il y a atteinte aux droits de l’Homme, on va devant les tribunaux, si on n’arrive pas à trouver partenaire, on ne peut pas aller devant le tribunal administratif et astreindre l’Etat à nous marier... Ce serait une aberration juridique... lapresse.tn
Des leçons tunisiennes
Le leader du mouvement islamique Ennahda en Tunisie semblait être très sûr de lui-même en affirmant que le différend constitutionnel égyptien actuel ne se répétera pas en Tunisie.
Rached Ghannouchi ne craint donc pas un conflit autour de la Constitution, alors que l’assemblée nationale constituante travaille sur son projet depuis plus d’un an. Selon Ghannouchi, les différends autour du projet seront réglés de manière consensuelle.
Cependant, certains de ces différends suscitent des polémiques bruyantes.
Ghannouchi n’aurait pas pu être certain de l’avenir de la voie constitutionnelle de son pays si ses collègues qui dirigent Ennahda n’avaient pas adopté depuis le début une méthode consensuelle malgré les pressions exercées par certains secteurs dans le mouvement pour s’accaparer de la situation.
C’est pourquoi l’expérience tunisienne dans la rédaction de la Constitution mérite d’être observée surtout que c’est en Tunisie que l’étincelle du Printemps arabe a eu lieu pour atteindre ensuite l’Egypte. 3 leçons importantes concernant l’entente nationale, le dialogue social et la charia peuvent être observées sur la scène tunisienne.
La Tunisie a entamé la rédaction de sa nouvelle Constitution dans un climat d’entente entre les forces islamiste, libérale et gauchiste. Cette entente a donc permis au conseil élu en 2011 d’élaborer le projet de Constitution et d’assumer en même temps le rôle du Parlement pendant un an, avant d’organiser des élections parlementaires. C’est pourquoi il n’était pas inquiétant qu’Ennahda obtienne la majorité des sièges de l’assemblée nationale constituante, bien que le mouvement ait pu s’allier avec un petit parti ou quelques indépendants afin de s’accaparer de l’Etat et du processus de rédaction de la Constitution. Or, le mouvement a tenu à instaure une entente nationale tripartite, se contentant de présider le gouvernement alors que la présidence de la République et celle de l’assemblée ont été du ressort de 2 autres partis, l’un libéral et l’autre gauchiste.
Cette entente a réalisé un climat favorable au processus de rédaction du projet de Constitution malgré la tension politique et sociale qui n’a pas atteint le niveau égyptien. Cette entente a protégé l’assemblée contre l’attaque et les pressions exercées par d’autres partis salafistes et libéraux. C’est une leçon importante qui assure l’importance de l’entente nationale pour toute démocratie naissante surtout en ce qui concerne sa structure constitutionnelle.
C’est grâce à cette entente que l’assemblée constituante en Tunisie a élaboré un agenda permettant non seulement de discuter de chaque article, mais aussi d’entamer un dialogue social sous le nom de « campagne nationale pour la connaissance de la Constitution ». L’assemblée tient à prolonger son travail pour garantir le maximum de dialogue social et a pris au sérieux ses possibles conséquences.
C’est ainsi que l’assemblée ne semble pas s’engager dans une course contre la montre pour assumer cette grande mission nationale. C’est pour cela que quand le délai a été atteint en octobre dernier, l’assemblée a demandé au président de la République de le prolonger de 6 mois. Et cela, sans craindre d’être attaquée puisque l’entente lui a procuré un soutien populaire. C’est là que réside la valeur réelle de l’entente qui garantit les facteurs nécessaires à l’action nationale dans les conditions difficiles qui accompagnent les étapes transitoires de l’histoire des peuples.
Dans ce climat d’entente, il était alors facile d’aller au-delà des grands différends idéologiques ou de les régler dans la tolérance. Ainsi, la question de la relation entre l’Etat et la religion n’a pas été sujette à différends dans l’assemblée constituante et la direction d’Ennahda a traité cette question dans l’esprit réel de l’islam, sans faire de la charia un sujet de propagande électorale ou politique. Et ce bien que des forces salafistes et des groupes extrémistes tentent d’impliquer le parti dans cette question.
C’est ainsi que le projet de Constitution tunisienne s’est limité à la détermination de l’identité de l’Etat dans le premier chapitre portant sur les principes généraux, stipulant que la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, dont l’islam est la religion et l’arabe la langue. Et l’article 4 stipule que l’Etat protège la religion, garantit la liberté de croyance et de pratiques religieuses ainsi que l’intégralité des lieux de culte.
Comme il est noble cet Etat qui croit en l’islam et protège les autres religions et croyances en garantissant à leurs adeptes les pratiques religieuses sans aucune discrimination ! Et ce, tout en étant parfaitement conscient du caractère sacré des lieux de prière, en les éloignant de tout ce qui peut leur nuire, en particulier la propagande politique. Et encore une fois dans le chapitre des droits et libertés, le projet de Constitution assure la liberté de croyance et de pratiques religieuses.
A la lumière de cette compréhension noble de la charia, le projet de Constitution comprend de grands textes concernant les droits et libertés comme la protection des droits de la femme considérée comme un partenaire réel de l’homme dans la construction de la patrie. De plus, le projet stipule l’égalité des chances entre l’homme et la femme quant à toutes les responsabilités, tout en éliminant les formes de discrimination contre la femme. Ceux qui ont rédigé la Constitution et qui sont dans leur majorité des islamistes n’ont pas oublié de garantir le droit des citoyens à la diversité culturelle. Alors que nous vivons une crise réelle, il est important d’observer ces leçons constitutionnelles qui pourront nous servir demain si nous ne pouvons pas en profiter aujourd’hui. hebdo.ahram
Tunisie : UGTT, Siliana et la mort de l’officier de la garde nationale, Anis Jlassi tué par des Djiahdistes semble-t-il, ce sont les sujets abordés brièvement par Mustapha Ben Jaafar
Mustapha Ben Jaâfar appelle l’UGTT à réfléchir quant à la grève générale
Lors d’une intervention télévisée diffusée, ce soir 11 décembre, Mustapha Ben jaâfar, président de l’Assemblée Nationale Constituante , s’est exprimé sur la situation actuelle du pays, sur la crise engendrée par le conflit entre l’UGTT et le gouvernement et sur l’éventualité d’une grève générale.
M. Ben Jaâfer, s’est dit, jusque-là, optimiste quant à l’avenir du pays. Cependant, les derniers incidents qui ont marqué l’opinion publique et la scène politique, à savoir les attaques perpétrées sur le siège de l’UGTT, la situation qu’a connue la ville de de Siliana et le décès de l’adjudant Jelassi, lors des récents affrontements à Feriana imposent le besoin de réfléchir sur une feuille de route pour la gestion du pays, pour les jours à venir.
S’exprimant sur la possible grève générale prévue pour le 13 décembre, M. Ben Jaâfar a légitimé la réaction de la centrale syndicale estimant que le droit à la grève est un droit fondamental.
Néanmoins, le président de l’ANC a précisé que les répercussions de la grève seront graves, par rapport à la situation économique et à l’image de la Tunisie sur le plan international et essentiellement, sur les secteurs du tourisme et celui des investissements. Il a appelé les dirigeants de l’UGTT à réfléchir sur les points positifs et surtout négatifs qu’une telle décision pouvait engendrer. businessnews
Ben Jaâfar sort de son silence, et la grève n’aurait pas lieu !
Mustapha Ben Jâafar, président de l’assemblée nationale constituante, a déploré les événements survenus le mardi 4 décembre, place Mohamed Ali, les qualifiant de "douloureux", tout autant que les événements de Siliana et les incidents survenus hier dans une localité de la région de Fériana, gouvernorat de Kasserine, ayant provoqué la mort de l’adjudant Anis Jelassi.
"Ce qui s’est passé le 4 décembre est douloureux, et je pense que l’UGTT sous le choc a opté pour la grève générale", a-t-il souligné, affirmant que "le droit à la grève est un droit constitutionnel, et personne ne peut l’interdire ou le criminaliser".
Le président de l’ANC a néanmoins souligné que "la grève générale n’est pas une chose simple, et a des répercussions directes sur l’économie et les investissements, et indirectes sur l’image de la Tunisie à l’étranger et ses relations avec ses partenaires extérieurs".
Mustapha Ben Jaâfar a révélé la démarche de médiation qu’il a entreprise de sa position de président de l’ANC, qui "tend à faciliter le processus démocratique, afin d’arriver au moindre coût à l’organisation des prochaines élections et la rédaction de la constitution dans les meilleures conditions, et de s’éloigner des tiraillements politiques, et des dangers qui guettent la Tunisie". "Je tends à rapprocher les avis, et à dissiper les malentendus", a-t-il souligné, indiquant avoir trouvé chez le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, et le Secrétaire Général de l’UGTT, Houcine Abassi, une volonté et une détermination pour parvenir à une solution idoine à cette situation. 'La décision définitive relève de l’UGTT et de sa commission administrative", a-t-il martelé, formulant l’espoir que cette décision soit dans l’intérêt de la Tunisie.
Mustapha Ben Jaâfar a plaidé pour l’organisation de dialogue, et la réactivation de l’initiative de l’UGTT. Il s’est dit disposé à parrainer ce dialogue dans l’enceinte de l’assemblée nationale constituante, en faisant participer les groupes parlementaires, les partis représentés à l’Assemblée nationale constituante, et les forces de la société civile, en prime l’union générale tunisienne du travail (UGTT) et la ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH). Ce dialogue aura pour optique de préparer une feuille de route, autour de l’achèvement de la rédaction de la constitution, l’adoption de la loi électorale, et la date des élections. "La date de juin comme échéance de la tenue du prochain scrutin est possible, mais n’est pas sacrée", a-t-il précisé.
Ben Jaâfar a mis l’accent sur l’importance du consensus : "la légitimité électorale est essentielle, mais nous avons besoin d’une légitimité consensuelle", a-t-il dit.
Ceci étant, l’UGTT et le gouvernement sont parvenus ce mardi à un projet d’accord qualifié de "positif" à même d’amener à l’annulation de la grève générale décrétée pour le jeudi 13 décembre. "Ce projet d’accord sera soumis à la commission administrative et à la présidence du gouvernement pour approbation, et en cas d’avis favorable, il sera signé demain mercredi entre les deux parties gouvernementale et syndicale, et la grève générale sera ainsi annulée", ont déclaré en substance, Khalil Zouia, ministre des Affaires sociales et Belgacem Ayari, membre du bureau exécutif de l’UGTT.
Les délégations gouvernementale et syndicale ont mené ce mardi de longs pourparlers au palais du gouvernement de la Kasbah sur cette affaire qui a profondément divisé les Tunisiens entre pro et anti-UGTT. gnet.tn
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 04:37
Tunisie _ Projet de loi sur L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) : de nombreuses questions demeurent posées… Les jeunes en sont exclus
L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) : Débat !
L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections (ISIE) vue par l'Assemblée Nationale Constituante (ANC)
Le projet de loi de l'Isie tourne-t-il le dos aux jeunes ?
L'association Union pour la Tunisie (Uni*T)s'insurge, dans un communiqué, contre le projet de loi de création de l'instance indépendante électorale qui tourne le dos aux jeunes et consacre l'élitisme politique. Voici le texte du communiqué...
«Que la révolution tunisienne ait montré la voie aux autres pays arabes, plus personne ne le conteste.
Que la jeunesse tunisienne soit à l'initiative de cette révolution est aussi incontestable.
Si ce rôle a été salué en Tunisie et partout dans le monde, il est inquiétant de voir qu'aujourd'hui on continue malgré tout à tourner le dos à ces jeunes.
Il n'est pas question de disserter sur leurs attentes et la mise en place de réformes les concernant, mais de mettre en lumière une mesure apparemment sans importance, introduite dans le projet de loi de création de l'instance supérieure indépendante des élections (Isie) qui trahit les auteurs de notre révolution.
En effet, ce projet exclut ni plus ni moins les moins de 40 ans.
Pourquoi 40 et non pas 35 ou 45? Rien ne semble justifier cette barrière d'âge!
Si une personne est en âge de voter, d'avoir entre ses mains le destin du pays, d'avoir une conscience politique, elle est en droit de demander à pouvoir participer à la mise en place de ces élections.
Il nous parait inconcevable de voir cette mesure votée en l'état.
Autre inquiétude, l'adoption de la compétence affichée comme seul critère de sélection; ce qui (sans vouloir simplifier les compétences qui incombent aux membres des instances qui vont être désignés, jugées indispensables ou non) revient, il va sans dire, à écarter des citoyens dans la mise en place des élections sous le prétexte d'un manque de compétences.
Plus encore, comment ne pas voir dans cette mesure, une mise au banc d'une partie de nos compatriotes, la politique devenant l'affaire d'une minorité élitiste; une trahison d'un des slogans de la révolution «sont plus forts que toi ô bourreau, les fils de paysans et de travailleurs», bourreau à qui était cher le modèle élitiste.
Créer un tel précédent trahit sans aucun doute l'esprit de la révolution.
Il convient donc de revoir cette loi discriminante et d'élargir le nombre de membres en invitant des membres de la société civile sans prendre en compte leur âge ou leur niveau de qualification mais leur motivation et leurs expériences dans le domaine.» www.kapitalis

References: Art. 16

Art. 18

Art. 35

Art. 37

Art. 53

Art. 56

Art. 90

Art. 95

Art. 127

Art. 132