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Timestamp: 2017-04-30 03:54:40+00:00

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France, Conseil d'État, 10 ss, 07 juillet 2000, 213521
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 213521Numéro NOR : CETATEXT000007995455 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-07-07;213521 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 18 octobre 1999 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée pour M. Mustapha X..., demeurant chez M. Mehmet Y..., ... de Folard à Avignon (84000) ; M. X... demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement du 20 septembre 1999 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 24 août 1999 du préfet de Vaucluse ordonnant sa reconduite à la frontière et contre la décision du même jour fixant le pays à destination duquel il doit être reconduit ;
2°) annule pour excès de pouvoir cet arrêté et cette décision ;
3°) condamne l'Etat à lui verser la somme de 8 000 F au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;
- les conclusions de Mme Mitjavile, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire français au-delà d'un délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X... de nationalité turque s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 12 juillet 1999 de la décision du 8 juillet 1999 du préfet de Vaucluse lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande d'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, M. X... fait valoir qu'il vit en France depuis 1997 avec sa femme et ses enfants dont 2 sont scolarisés et que de nombreux membres de sa famille y habitent, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer, compte-tenu des circonstances de l'espèce et notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. X... et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, que l'arrêté attaqué a porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;
Considérant que dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur dans l'appréciation des conséquences de la mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;
Considérant que si M. X... soutient que la décision attaquée porte atteinte au droit de ses enfants à suivre une scolarité normale et à mener une vie familiale normale, protégé par les articles 28 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant, les stipulations desdits articles qui créent des obligations entre Etats sans ouvrir de droit aux intéressés, ne peuvent utilement être invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir ;
Considérant que si M. X... invoque les risques que comporterait pour lui son retour dans son pays d'origine, il n'apporte aucune précision permettant d'apprécier le bien-fondé d'une telle allégation ; que, par suite, le préfet de Vaucluse n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article 27 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée ; que les conclusions dirigées contre la décision distincte désignant le pays d'origine ne peuvent, dès lors qu'être rejetées ;Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d'annulation des arrêtés du 24 août 1999 par lesquels le préfet de Vaucluse a ordonné sa reconduite à la frontière et fixé la Turquie comme pays de destination ;
Sur les conclusions sur le fondement de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que les dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à verser à M. X... la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Mustapha X..., au préfet de Vaucluse et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1999-08-24Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 27 bisPublications :Proposition de citation: CE, 07 juillet 2000, n° 213521Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme DayanRapporteur public : Mme MitjavileOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 ssDate de la décision : 07/07/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 75
 l'article 22
 l'article 22
 l'article 8
 l'article 3
 l'article 27
 l'article 75
 l'article 75
 art. 75
 art. 22
 art. 27