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Timestamp: 2019-04-23 00:00:36+00:00

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Bible chrétienne Evang. - § 350. Commentaire au § 349
§ 350. Commentaire au § 349
— Jn 19,1-3*, et // Lm 3,1-4*. Ici, les // Si 45,12 Ct 3,11 He 12,2 Tb 5,10 rendent compte du mystérieux renversement qui se joue : la honte mortelle, vivement ressentie mais assumée, donne à cette couronne d'épines valeur de couronnement sacerdotal, royal et nuptial, tant l'amour du Christ pour nous Lui fait trouver sa joie à nous sauver, même à ce prix. Le // Ps 89,51 rappelle qu'en ces humiliations, Jésus a porté les nôtres, pour qu'au moment où nous en serons accablés et tentés de nous y refuser, Il soit avec nous pour nous apprendre à les porter nous-mêmes, à son exemple et avec Lui (// Is 50,4-10; cf. 1P 2,23 en // P. 417).
§ 351. Le chemin de croix : Mt 27,32; Mc 15,21 ; Lc 23,26-32; Jn 19,16-17
(Mt 27,32 Mc 15,21 Lc 23,26-32 Jn 19,16-17)
— Jean tourne sa double phrase de façon à faire sentir que l'initiative appartient désormais aux princes des prêtres (puisque c'est eux que désigne le « Us prirent donc Jésus »), mais que pourtant le Christ va librement à la mort : « Il se chargea de sa croix » (cf. § 263 — Jn 10,17-18*). C'était d'ailleurs la coutume que le condamné porte, non la croix entière, trop lourde, mais le bois transversal, nommé < patibulum >. Cependant, Jean ne veut sans doute pas seulement dire que Jésus porta sa croix lui-même : si au lieu de < autos > en grec, et en latin < ipse >, il emploie le datif — bien traduit par Vg : « bajulans sibi crucem » — c'est « un < dativus commodi >, quelque chose qui est avantageux aux intentions de la personne en question... L'accent n'est pas mis sur l'agent de l'action. Litt. < Il porta la croix pour lui-même > comme une chose qui, pour lui, a une grande valeur... en tant qu'instrument privilégié de son oeuvre de salut, signe de son triomphe et de sa souveraineté » (Passion-Jean, p. 130).
// Gn 22,6-8 Sg 14,7 — Par ce trait aussi, Jésus faisait figure de véritable Isaac, victime cette fois réelle de l'holocauste pour lequel Il portait le bois, aux côtés de son Père (dont le sacrifice n'était pas moindre). Comme le dit He 11,19, Gn 22 était une « parabole » vivante du sacrifice rédempteur (cf. BC I*, p. 114-121). C'est alors que, comme l'annonçait mystérieusement le // Sg 14,7 (prenant cette fois comme figure de Salut, l'Arche de Noé), commença d'être vénérable et sacré ce bois de la croix que chantent si admirablement les grandes hymnes de la Semaine Sainte, par le génie de Venance Fortunat (voir § 352 — Mt 27,37*).
Nous avons maintenant la preuve que Jésus a effectivement porté la croix : « L'empreinte du Suaire présente au niveau de l'épaule droite et sous l'omoplate gauche des meurtrissures témoignant d'une lourde charge sur l'épaule qui devait basculer sur le dos lors des chutes. Ces blessures sont postérieures à la flagellation dont elles abrasent les marques. Les deux genoux sont le siège d'écorchures, séquelles des chutes » (R. Gilly, p. 98). Donc celles-ci s'avèrent bien réelles, et ne sont pas seulement « une invention de la piété populaire ». Une fois de plus, la science contemporaine vérifie que, sans preuve, les fidèles n'en rejoignaient pas moins la vérité en méditant sur les < stations > que l'Église leur proposait.
Mt 27,32 Mc 15,21 Lc 23,26 — Mais les 3 Synoptiques retiennent surtout l'aide du Cyrénéen, sans doute parce qu'elle est une invitation pour chacun de nous à suivre Jésus en portant notre part de sa croix, faite de tous les péchés, donc des nôtres aussi : « Il ne convenait pas que le Sauveur portât seul sa croix ; il fallait que nous la portions, nous aussi, accomplissant cette réquisition salutaire » (Origène: SurMt — PG 13,1776). Que l'aide du Cyrénéen fût nécessaire par suite de l'état d'épuisement où les sévices avaient mis Jésus, n'enlève rien à cette plus haute convenance non seulement spirituelle mais mystique. - 727 - Prophétiquement, le Christ s'est plaint en effet de ne pas trouver assez une telle aide : Is 63 (en // au § 253 ; cf. Ps 69,21, en // au § 339 .
Simon, de Cyrène (sur la côte Nord-africaine), père d'Alexandre et de Rufus : On sent un personnage bien repérable des chrétiens auxquels s'adressait Marc. Peut-être Simon revenait-il seulement « de la campagne » (Tob). Mais s'il était midi (Jn 19,14*), heure où devait cesser le travail, à l'orée de la fête Pascale, il n'est pas interdit de penser que cet homme était comme tant d'autres, qui ont leur travail, et que Dieu embauche ainsi à l'improviste, à l'occasion d'une rencontre, « à la sixième, la neuvième ou même la onzième heure » § 252 — Mt 20,5-6*). « Ils arrêtent » (Luc) ou « requièrent un passant » (Mt-Mc) : Ce n'est donc pas un volontaire, ni quelqu'un de choisi tout exprès, mais n'importe qui. On est réquisitionné, par maladie, malheur ou autrement alors qu'on y pensait le moins comme ce Simon rentrant chez lui pour la fête ; et qu'il est difficile de reconnaître dans le pauvre qui demande notre aide, comme alors en ce condamné défiguré, le Dieu-incarné, sauveur, qui nous invite à être « dignes de Lui en portant sa croix et Le suivant » § 168 *): « Le Cyrénéen la porte derrière Jésus », précise Luc. « Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, pour son corps qui est l'Église » (Col 1,24).
// 2S 15,17-21 Rt 1,15-17 — Deux exemples de fidélité dans le malheur : Ittaï le Gittite, un des officiers de la garde personnelle de David, et Ruth, devenue veuve du fils de Noémi dont elle veut partager le sort — ce qui lui vaudra de devenir grande-aïeule non seulement de David mais du Messie. Être fidèle, c'est < rester avec >, pour le meilleur et pour le pire. C'est vrai en premier lieu du mari et de sa femme ; or nous sommes liés au Christ par des liens plus intimes encore, Lui, l'Époux*.
L'épisode d'Ittaï fait partie de la Passion de David, qui est si dramatiquement préfigurative de celle du Christ. C'est son propre enfant qui s'est révolté contre le roi d'Israël et veut le supplanter — comme nous pécheurs, contre le Dieu-Père. David doit fuir, gravir son chemin de croix (2S 15,13-14 2S 15,23, déjà en // au § 338 , et les v. 17-21 ici), être injurié par Shiméï (2S 16,6-8 en // également au § 338 , sans mot dire (2S 16,10-11 en // au § 352 . Il y a aussi un traître, Ahitophel, qui finalement se pend (2S 17,1-3 2S 17,23 en // aux § 267 et § 346 . Or malgré tout, David cherche à épargner Absalom; et quand celui-ci est tué, contre l'ordre exprès de David, sans se soucier de sa victoire le roi ne fait que se désoler de « n'être pas mort à la place de son fils » (2S 18-19 en // au § 232 . Quelle image sublime du drame entre l'homme et Dieu, qui est Père par excellence (Ep 3,14-15), et donnera pour nous sauver son Unique.
Lc 23,27-31 // Os 10,1-3 Os 10,8 Lm 2,11-12 Lm 4,9 Is 51,20 Jb 14,1-9 — Une multitude de peuple : Pour l'honneur des Juifs et de l'humanité, il y en a donc beaucoup à lui garder leur coeur, quand même tout espoir semble condamné (comme on le verra encore des disciples d'Emmaus).
et de femmes qui se frappaient la poitrine: Geste de deuil (Si 38,17 Ez 21,17 Mt 11,17 Lc 8,52), mais aussi peut-être un signe de contrition, comme pour le publicain de la parabole § 245 — Lc 18,13). On retrouvera ce geste en ceux qui viennent d'assister à la mort du Christ : Lc 23,48, et à la Parousie § 297 — Mt 24,30*). Elles se lamentaient sur lui accentue la note de deuil; mais ne s'aggraverait-il pas d'une conscience de culpabilité ? En tous cas, c'est là que le Christ dirige leur attention :
Se tournant vers elles : Comme Il l'a fait pour Pierre après son reniement (Lc 22,61). Dans sa Passion, c'est aux pécheurs qu'il pense, car c'est pour eux qu'il souffre. Filles de Jérusalem : Non seulement parce qu'elles y habitent, mais au sens de l'hébraïsme < fils de... >*, signifiant l'appartenance et donc la solidarité. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et vos enfants: Au même sens que Mt 27,25*, qu'il confirme donc. VoicI*. Des jours viennent: C'est bien une prédiction, comme en Lc 19,41-44 où c'est Jésus lui-même qui pleure des malheurs à venir sur Jérusalem ; avec même introduction : « des jours viendront pour toi ». « Bienheureuses les stériles, et les entrailles... » : En opposition à la Béatitude de la Vierge Marie § 199 — Lc 11,27), dont la maternité mystique va prendre, au Calvaire, toute son ampleur. Les // Lm 2,11-12 Lm 4,9 et Is 51,20 donnent des images de cette souffrance des mères lors de la précédente ruine de Jérusalem.
Lc 23,30 // Os 10,1-3 Os 10,8 — L'Évangile ne cite que la fin du v. 8. Mais les versets précédents annoncent les motifs de ces malheurs : la Vigne* d'Israël n'a donné que le verjus de ses infidélités, au point que maintenant, ils viennent précisément de dire : « nous n'avons pas de roi » (que César).
Lc 23,31 // Jb 14,7-9 — Derrière cette parabole, il faut rappeler toutes celles de l'arbre jugé sur ses fruits, et abattu s'il reste stérile : Lc 3,9 Mt 7,19 Mt 21,18-19 Jn 15,5-6. Ainsi notre stérilité (ne serait-ce que par nos péchés d'omission) mériterait pire que les souffrances du Christ, vivifiées par l'amour qu'il mettait à nous sauver, suivant le Dessein du Père.
§ 352-356. Le Golgotha
— De ce sommet de la Passion, les Évangélistes retiennent un ensemble de scènes, où retentissent < les 7 Paroles du Christ >. Saint-Jean surtout — mais les Synoptiques aussi, par d'autres moyens — s'attachent à montrer la portée rédemptrice de ces derniers moments du Sauveur: — 1) La crucifixion elle-même, et le titulus de la Croix confirment paradoxalement la royauté du Christ (Jn 19,17-22); — 2) le partage des vêtements (v. Jn 19,23-24) affirme l'unité de l'Église ; — 3) les aDieux à sa mère (v. Jn 19,25-27) donnent à Marie sa place dans la Rédemption et dans l'Église; — 4) la soif (v. Jn 19,28-30) présage l'attente et le don de l'Esprit Saint; — 5) enfin la transfixion (v. Jn 19,31-37) fait reconnaître en Jésus l'Agneau immolé de la Pâque et de l'Apocalypse.
Mais les moindres notations des 4 Évangiles aident aussi à saisir tout le sens de ce qui se passe alors, historiquement et mystiquement :
§352. le crucifiement : Jn 19,17 (et Mt 27,33 Mc 15,22 Lc 23,33a) // Lv 16,27 He 13,12-16 et He 9,13-14
(Jn 19,17 Mt 27,33 Mc 15,22 Lc 23,33a) // Lv 16,27 He 13,12-16 He 9,13-14)
— Il sortit: Quel que soit le point de départ du chemin de croix (suivant l'emplacement du prétoire: cf. § 345 *), nous pouvons vénérer le seuil de < la Porte d'Éphraïm > par lequel Jésus est sûrement passé pour sortir de Jérusalem et parvenir à ce monticule < hors-les-murs >, surnommé < lieu du crâne >. Son identification avec la sépulture d'Adam ne prétend évidemment pas être topographiquement vraie, mais elle n'en garde pas moins toute sa valeur symbolique, pour rapprocher du Premier Homme le Nouvel Adam, et signifier qu'il meurt au Golgotha pour délivrer l'humanité de cette condition mortelle (qu'évoque le < crâne >) héritée d'Adam, et lui redonner la Vie éternelle.
Mais l'indication de Jean n'est pas seulement spatiale : le // Lv 16,27 développé par He 13 et 9, permet d'en saisir le sens et la valeur exemplaire. Jésus lui-même avait tenu à ce qu'en fît mention la parabole prophétique des Vignerons homicides § 281 — Mt 21,39*).
Mt 27,34 Mc 15,23 // Pr 31,6 — Première boisson, à ne pas confondre avec celle du § 355 *. Du vin mêlé de myrrhe (Marc), ou « d'un grain d'encens, pour perdre conscience » dit le Traité juif sur le Sanhédrin. C'est cela que Jésus refuse, afin d'offrir ses souffrances consciemment et librement, pour nous. Mt, lui, écrit : « du vin mêlé de fiel », ce qui réfère à l'un des grands psaumes de la Passion : « Pour ma faim, ils m'ont donné du fiel / dans ma soif m'ont abreuvé de vinaigre » (Ps 69,22 en // au § 355 — Mt 27,48*).
Mt 27,35a et Mt 27,38 Mc 15,24a et Mc 15,27 Lc 23,33, préparé au v. 32; Jn 19,18 // Ps 22,17-18 — Ils le crucifièrent : les clous devaient traverser les poignets, atteignant le nerf médian; et les pieds étaient encloués l'un sur l'autre, jambes plus ou moins fléchies suivant qu'on voulait prolonger ou raccourcir l'agonie, qui pouvait durer jusqu'à un, deux ou trois jours. Le supplice de la croix venait en effet, plus encore que de ces horribles blessures, de ce que la suspension du corps empêchait la cage thoracique d'expirer suffisamment d'air, entraînant une viciation du sang, des crampes musculaires et un début d'asphyxie que pouvait seul ralentir un redressement, prenant appui sur les pieds (s'aidant du support, quand il y en avait un). Mais cet effort causait de telles douleurs que le corps retombait bientôt dans sa position affaissée. Sur le Suaire on peut relever les traces de cette alternance, les rigoles de sang divergeant selon l'une et l'autre des positions du crucifié (Sur tout ceci, cf. R. Gilly, p. 99-116). Pour Jésus, cette agonie aurait duré 3 heures. Mais ce n'est pourtant pas de cela que choisissent de nous parler les Evangiles :
Ils crucifièrent aussi les malfaiteurs (Luc — c'est la transcription exacte du mot grec) ou : des larrons (Mt-Mc — d'où le nom traditionnel du < bon larron >, § 353 . Jean ne spécifie pas : « avec Lui, deux autres », dit-il seulement, pour ne pas distraire de l’essentiel :
l'un à droite, l'autre à gauche (Mt-Mc-Lc), Jésus au milieu (Jn): Mc 15,28 (entre parenthèses parce que ce verset n'est pas retenu par Nestlé) y voit une illustration de la prophétie d'Is 53,12, en // à la fin du §. En tous cas, Jésus s'était appliqué cet oracle, d'après Lc 22,37 § 324 : « Il a été compté parmi les criminels ». Mais plus encore Jésus nous est montré, surtout par Jean comme siégeant au milieu de ses assesseurs. Le parallèle avec la parodie de Pilate est tellement strict qu'il ne peut pas ne pas avoir été voulu :
Gabbatha (Jn 19,13-16) Golgotha (Jn 19,16-22)
Pilate fait sortir Jésus Jésus sortit
vers le lieu dit < Lithostrotos >, vers le lieu dit « du Crâne »,
en hébreu Gabbatha. en hébreu Golgotha.
Il le fit siéger Ils le crucifièrent...
sur une estrade. Jésus au milieu.
Et Pilate dit : Pilate rédigea un titre...
« Voici votre roi ». « Le roi des Juifs ».
Ils crièrent : Ils dirent :
« Enlevez, enlevez ! » « N'écris pas... »
(d'après I. de la potterie : Passion-Jean, p. 127).
Mt 27,37 Mc 15,26 Lc 23,38 Jn 19,19-21) — Là où les Synoptiques se bornent à mentionner sans commentaire le < Titulus >, le IV° Évangile tend à en faire une profession de foi, que les dirigeants juifs persistent à refuser (comme en 19,15*). Mais c'est en vain, car la sentence est à la fois universelle (les 3 langues), et définitive (« c'est écrit »). Ainsi, « ce qui s'est passé au prétoire est présenté comme un modèle — une préfiguration, une esquisse — de la réalité intérieure qui s'y cache... et qui va trouver sa complète réalisation dans la crucifixion... La proclamation faite par Pilate au prétoire que Jésus est le Roi des Juifs, était l'annonce et la préfiguration de la réalité suprême, qui aura lieu sur la croix... trône royal de Jésus » (Ibid. p. 128-129) :
Origène : Sur Matthieu (PG 13,1779): Que ce soit par hasard, ou par sincérité, ils déclarent que Jésus est roi. En grec, en latin et en hébreu, son règne est attesté : au-dessus de sa tête, comme en guise de couronne, l’inscription : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs ». Et comme on n'a trouvé en lui aucun autre motif de le mettre à mort, on mentionne seulement celle-ci, dont il avait parlé lui-même en disant : « Moi, je suis établi roi par Dieu, sur Sion, sa Montagne Sainte » (Ps 2).
Jean Damascène : Fragmenta in Mt (PG 96,1411): Le Seigneur leur a-t-il remis leur péché? Il le leur a remis, s'ils avaient la volonté de se convertir. La preuve, c'est que s'il n'avait pas remis leur péché, il n'y aurait pas eu d'Apôtre Paul; s'il ne l'avait pas remis, il n'y aurait pas eu trois mille hommes pour croire en un seul jour, et puis cinq mille, et puis des milliers de myriades.
Lc 23,34 // 2S 16,5 2S 16,10-11 Ac 3,17-19 Ac 7,58-60 Mt 5,44-45 Mt 5,48 — Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font : Le sens du « ils » n'est pas précisé, car il peut viser soit les soldats, soit les dirigeants juifs, triomphants, soit bien plus largement tous les pécheurs qui sont aussi, chacun pour sa part, cause de la mort du Christ. Il faut donc refuser avec le P. démann (Cah. Sioniens 1951, p. 311-336) de focaliser cette prière uniquement sur < les Juifs > — même s'ils sont évidemment au premier plan, de par un péché dont Jésus lui-même les avait avertis (Mt 23,37-39 Jn 12,47-48). Mais en tous cas, et pour eux comme pour nous, cette 1° Parole du Christ en croix n'en témoigne que mieux de son esprit, qui n'est pas de condamnation mais de pardon § 78 — Jn 3,16-17*), pourvu que l'on reconnaisse son propre péché (sans le mettre sur le dos des autres), et que l'on s'en repente. À commencer par les membres du Peuple premièrement élu et toujours appelé :
Chrysostome: Double homélie < de cruce et latrone > (Vives IV, p. 27): Le titre que Pilate fit placer au-dessus de la tête du Seigneur réalisait la parole du Christ disant: « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi ». Car cette inscription déclarait que la Passion serait salutaire non seulement pour les Juifs mais encore pour les Grecs et les Barbares.
C'est bien ainsi que les premiers disciples ont compris, et pratiqué (// Ac 3 et 7), ce que le Christ avait lui-même enseigné (Mt 5) et pratiqué sur la Croix. Mais David en avait aussi donné l'exemple, durant sa Passion (// 2S 16,5-11).
Jn 19,23-24(et Mt 27,35-36 Mc 15,24 Lc 23,34b) // Ps 22,19 — Le partage des vêtements est lui aussi très amplifié par Jean. Comme dans le Ps 22, il y a en même temps partage avec répartition des 4 parts, et tirage au sort par refus de diviser « la tunique sans couture ». La Tradition était d'autant plus en droit d'y voir le symbole de l'Eglise, répandue aux 4 coins du monde et pourtant indivisible, que d'une part le verbe grec traduit par « ne la divisons pas » est celui d'où a été tiré < schisme >, et que d'autre part l'unité est présentée par le IV° Évangile comme le fruit même de la mort du Christ. C'est ainsi qu'il commente la prophétie de Caïphe : « Mieux vaut que cet homme meure pour tout le peuple... et pour rassembler dans l'unité les enfants de Dieu qui étaient dispersés » (Jn 11,50 Jn 11,51 cf. Jn 10,16). Sur tout ceci, cf. Passion-Jean, p. 135-144.
Quelle est cette unité ? — Si c'était seulement l'absence de < schisme >, hélas ! comme la prière et la mort du Christ sembleraient inefficaces, dès le temps des Apôtres (1Co 1,10 1Co 11,18-19 1Co 12,25 1Jn 2,18-19). Sous les divisions trop humaines pourtant, Jésus scelle bien en Lui-même une plus profonde unité, dont les versets suivants nous donneront le modèle et le moyen (Jn 19,25-27 = § 354 *). Mais il en révélait le secret dans sa grande prière sacerdotale, prolongeant la Cène : « Qu'ils soient un comme nous » § 334 — Jn 17,11.20-23*). L'enquête de M. Aubineau sur les significations données par la Tradition à La tunique sans couture du Christ (dans Kyriakon, Festschrift J. Quasten, Munster 1970, p. 100-127) nous rappelle combien les Pères de l'Église ont su mettre en valeur les sources < théologales > de cette unité: celle de l'Église tient en effet à l'unité de la double nature du Verbe incarné en son unique Personne de Fils, elle-même unie consubstantiellement à celle du Père dans le mystère de l'Unité trinitaire. Jouant sur l'image de la tunique « desuper contexta per totum », saint Augustin a ce raccourci saisissant : « ergo de coelo, ergo a Patre, ergo a Spiritu Sancto ». « Comment croire, conclut saint Cyprien, que l'unité dérivée de cette solidarité divine puisse être morcelée dans l'Église et dissoute par les tiraillements de volontés en conflit ? » (cité ibid. p. 126).
Mt 27,39-43; Mc 15,29-32; Lc 23,35-37 // Ps 3,2-3 Lm 3,62-63 Ps 22,7-9 Ps 22,12-16 Lm 2,15 — Les moqueries viennent de toutes parts. Mais s'appliquerait ici — avec l'infini respect dû à la majesté bafouée de Dieu — le proverbe : « Rira bien qui rira le dernier » = Ps 2,4; ou le // Sg 2,21-22 Sg 2,
Les passants hochent la tête : Comme dans le // Ps 22,8 Ps 22, répètent, avec la même déformation qu'au Procès devant Caïphe § 342 *), la Parole du Christ sur la destruction et la reconstruction du Temple, sans se douter qu'elle est en cours d'accomplissement, précisément en son corps § 77 — Jn 2,21*), comme va le manifester symboliquement la déchirure du voile du temple § 355 — Mt 27,51*).
Les princes des prêtres avec les scribes et les anciens (= les 3 composantes du Sanhédrin) moquent à la fois le thaumaturge et le < roi des Juifs > (rappel du thème de l'autre procès, devant Pilate). La citation de Mt 22,42-43 est tirée des // Ps 22,9 et Sg 2,18-20 Sg 2, les deux versets suivants auraient dû les avertir combien leur triomphe serait court.
Les soldats ne sont pas en reste (et c'est pourquoi Lc insère dès à présent l'offre dérisoire d'une boisson vinaigrée — § 355 . Même l'un des larrons !...
Mt 27,40 et 42 ; Mc 15,30 et 32 // Mt 4,5-7 Sg 2,1 Sg 2,12-13 Sg 2,17-22 — Sauve-toi toi-même : L'injonction est reprise par les passants et les membres du Sanhédrin comme par les soldats (Lc) et le mauvais larron § 353 . Là encore, le défi 731 au Christ, apparemment réduit à l'impuissance, pouvait sembler concluant. C'était pourtant au moins rendre involontairement hommage à Celui dont les nombreux miracles avaient prouvé qu'il était venu « pour sauver ce qui était perdu » (Lc 15). Mais bien mieux encore, c'est justement sur la Croix et par la Croix que le Christ accomplit sa mission de Rédempteur, qu'il va immédiatement exercer envers le Bon Larron. Car ce < Pouvoir >*, cette < Royauté >*, loin de l'utiliser à son profit, Il ne s'en sert que pour le nôtre, pour nous sauver § 255 *). C'est en cela qu'il est bien l'Élu du Père (Lc 23,35), comme le Serviteur* d'Isaïe, qualifié par Dieu : « mon Élu, en qui mon amour est parfait » (Is 42,1 en // au même § 255 — à comparer avec § 24 — Mt 3,17b*, et § 169 — Lc 9,35*).
Tout se rejoint ici, car c'est sur la Croix que l'Amour du Père et son éternel Dessein de nous sauver se réalise, grâce au sacrifice de son Élu (nous y reviendrons au § 355 *). Et c'est ainsi que les blasphèmes du Calvaire sont depuis 20 siècles démentis par le nom que, dans leur gratitude, les chrétiens ont donné à ce Jésus crucifié : le sauveur! — (Sur tout ceci, cf. W.C. van Unnik : L'usage de < Sôzein > dans les Év. syn., dans Sparsa collecta 1P 16-34).
Qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons... (Mt-Mc // Mt 4,5-7 — C'est le même genre de tentation que la suggestion du démon de se jeter du haut du pinacle de Temple, comme le montre l'identité du motif allégué : « Si tu es le Fils de Dieu » (Mt 4,5 et 27,40.43). Luc avait bien conclu, après les tentations au désert : « Ayant épuisé toute tentation, le diable le quitta, jusqu'au temps marqué » § 27 — Lc 4,13*). Suivant son procédé scénique habituel § 6 — Lc 1,56*), l'Èvangéliste annonçait la sortie du démon. Mais seulement «jusqu'au temps marqué » = < l'Heure > de la Passion. Eh bien ! le voilà de retour: c'est lui qui ricane en ces personnages divers du Golgotha. Et ceci doit nous rappeler à nouveau l'ampleur eschatologique du combat soutenu par le Christ pour rester cloué à la Croix qui nous sauve. Comme on approuve, et du plus profond du coeur, que la Croix elle-même, instrument de supplice infâme et horrible, soit devenue objet de vénération et même de tendresse, témoin irrécusable de l'Amour de Dieu pour chacun de nous:
Venance fortunat : Hymne Pange, lingua, gloriosa proelium certaminis (2° partie : Lustris sex... plus spécialement consacrée à la Croix du Christ) ; une des deux hymnes composées par lui pour la réception d'une relique de la Vraie Croix à Poitiers (11 nov. 569) — l'autre étant le Vexilla Regis...
Après trente années accomplies sur la terre
— le temps parfait de son âge humain —
venu pour cette heure, qu'il avait choisie lui-même,
voué à la Passion de son plein gré,
l'Agneau immolé dès la fondation du monde
est élevé sur l'arbre de la Croix.
Là, c'est le vinaigre, le fiel et la myrrhe,
les crachats, les clous, le fer de lance.
Le corps immaculé couvert de meurtrissures,
le sang et l'eau jaillissent de son flanc :
fleuve qui purifiera la mer et la terre,
l'espace et la durée, le monde entier.
Centre de notre foi, ô Croix bienheureuse,
arbre qui guérit du fruit maudit !
Quelle forêt, jamais, vit grandir un tel arbre,
par sa frondaison, sa fleur et son fruit ?
Bois de bénédiction, clous qui nous font revivre,
balance où fut pesée notre rançon!
Tige altière et noble, incline tes branches
pour détendre le corps crucifié.
Adoucis pour un jour la majesté native
dont t'avait embelli le Créateur :
ces membres déchirés sont ceux du roi des anges,
soutiens-les de tes bras compatissants.
Entre tous, tuas reçu l'honneur suprême
de porter le prix de l'univers,
et, comme un nautonier, de conduire au rivage
l'humanité entière naufragée.
Et pour te consacrer, tu reçus l'onction sainte:
le sang qui s'écoula des plaies du Christ.
Honneur et louange, royaume et puissance
au Très Haut qui est partout Seigneur,
au Père et à son Fils qui prit notre nature,
à l'Esprit Paraclet, Consolateur :
Saint, Il est Saint, Il est Saint, le Seigneur de Gloire
dans tous les siècles, pour l'éternité.
Mais pourquoi donc « fallait-il »* tant de tourments affreux pour nous sauver ? D'emblée, Jn nous avait prévenus que toute cette Passion est un acte d'amour, porté jusqu'à l'extrême du don de soi § 316 — Jn 13,1*). Is 53,10det Ph 2,8-9 (tous deux en // au § suivant) le confirment en nous assurant que, ce faisant, Jésus obéissait à la Volonté du Père (= accomplissait son éternel Dessein) de nous sauver, à tout prix. Pourquoi Dieu exige-t-il ce prix horrible, alors que le moindre acte d'amour du Christ, puisqu'il était Dieu, avait une valeur infinie ?
On doit oser affirmer dans toute sa force la foi de l'Église depuis ses origines, tout en refusant catégoriquement une imagerie barbare : Non ! le Père ne peut « être satisfait » de ce que son Fils meure ainsi abominablement, encore moins « s'y complaire », ni exiger ce sacrifice pour « venger son honneur outragé ». La preuve c'est que, passé le délai minimum pour le constat que cette mort a été effective, Il ressuscitera le Crucifié ! (// Ph 2,9 Is 53,12). Dieu est Amour, tout amour, le Père non moins que le Fils dans son obéissance : c'est tellement l'essentiel de notre Rédemption que l'Église a fait de cette hymne de Ph 2,6-11 le leitmotiv de sa célébration Pascale (v. 6-7 en // au § 1 — Jn 1,14; v. 8-9 ici; v. 10-11 au § 168 . Mais Dieu est vrai aussi. Autrement dit: Il voit juste et Il ne triche pas avec la réalité, telle que nous l'avons faite ou défaite. Si entre les hommes, tout le monde accorde que la charité ne saurait exempter d'être juste d'abord, a fortiori Dieu ne serait pas Dieu ni parfait s'il ne tenait parfaitement compte de la justice.
Car c'est le propre de la justice de < tenir compte >. Qui a volé 100 F. doit restituer 100 F. ; et si, dans les domaines qui ne sont pas aussi purement quantitatifs, on ne saurait calculer aussi simplement le tort causé par nos fautes (= par nos manques), on ne peut en conclure que ce mal demande moins impérieusement à être dans toute la mesure du possible réparé jusqu'à entière satisfaction; ni que ce manque n'aurait pas à être comblé. Par exemple, après une calomnie, toutes les protestations du monde seraient fausses et odieuses si l'on ne tâchait de neutraliser et de compenser la parole mensongère qui, hélas ! continue de courir. Réparation et Satisfaction sont deux mots rayés du vocabulaire chrétien contemporain. Mais cela prouve seulement notre irréalisme et notre légèreté : cf. Madeleine delbrêl: La joie de croire, Seuil 1968, p. 109-110.
Par contre, justement parce qu'il avait un amour assez vrai pour ne pas se payer de mots, Jésus a été jusqu'à se charger avec nous de Vexpiation, ou réparation de tout « le péché du monde » (Jn 1,29*), jusqu'à pleine satisfaction et parfait rétablissement de la justice. Il a < payé le prix > de notre rançon § 255 — Mt 20,28*). Il s'est offert lui-même « en victime d'expiation pour nos péchés comme pour ceux du monde entier» (1Jn 2,2 1Jn 4,10), «par son sang» (Rm 3,25). Son amour a été réaliste jusqu'au versement de son sang pour notre « délivrance » qui est donc un < rachat >, la rédemption du péché (voir note x de TOB sur Rm 3,24 C.J. Nesmy dans « Foi et Langage » 1977, p. 161-166 et 1983, p. 13-21 et Vtb). Que la Passion passe par cet excès de souffrances, d'horreurs et de mort sanglante n'est donc pas tellement gratuit qu'expiatoire, réparatoire, satisfactoire, pour notre justification et sanctification, comme oeuvre de l'Amour du Père, par la Sagesse et la Justice qui est « dans le Christ Jésus » mort pour nous, sur la Croix (1Co 1,30).
§ 353. Le bon larron: Mt 27,44; Mc 15,32b; Lc 23,39-43
(Mt 27,44 Mc 15,32 Lc 23,39-43)
— De cette scène, Mt et Mc n'ont retenu que le caractère générique, prolongeant les autres insultes § 352 *) et les aggravant puisque Jésus se voit méprisé même de ces « infâmes » au nombre desquels on L'a mis (// ). Lc seul a retenu pour nous cette 2° Parole qui, comme la 1° et la 3°, ne vise pas Lui-même, mais ceux qu'il est venu sauver. La 1° était pour les bourreaux, donc pour nous tous, pécheurs. La seconde est pour ceux qui se repentent et, par une confession de foi, lient leur sort au Sien. (Sur la Tradition ancienne et les commentaires plus récents, cf. h.J. sieben dans DS IX, col. 307-314, avec suffisante bibliographie).
Lc 23,40-41) — Ne crains-tu même pas Dieu : Quelle noble crainte*, celle qui jusque dans le châtiment, discerne la révérence due au Dieu de toute Justice et Vérité. Pour nous, c'est justice* : Cela revient à une confession du péché. Lui n'a rien fait de mal : Comme Pilate l'a reconnu; comme Jésus lui-même pouvait l'affirmer § 261 — Jn 8,46). maxime de Turin va jusqu'à dire que le Bon Larron aurait su reconnaître dans les blessures du Christ celles que Jésus subit par solidarité avec nous.
Lc 23,42) — Souviens-toi de moi : Formule de prière courante. On la trouve en particulier dans la bouche de Joseph demandant au Grand Échanson d'intercéder pour lui quand il sera lui-même tiré de prison (Gn 40,14). La rencontre est d'autant plus émouvante que la Passion de Joseph et son élévation préfigurent celles du Christ (BC I*, p. 162 suiv.). Mais Jésus a plus particulièrement ici pour type le Grand Échanson, puisqu'il va comme lui être « élevé » au 3° jour. Seulement le Christ n'oublie pas dans sa gloire éternelle de « toujours intercéder pour les pécheurs » (// Is 53,12 He 7,25).
quand tu viendras dans ton Royaume: Peut s'interpréter aussi: ...« dans ta Royauté » (ou: « comme Roi », TOB). Mais cela orienterait trop vers le Retour glorieux du Christ à la Parousie, alors que la suite montre que Jésus le prend de l'entrée immédiate au paradis (v. 43).
Les Pères soulignent la foi qu'il faut à ce < Bon Larron > pour discerner dans ce condamné qui va mourir, le Roi et l'instauration de son Royaume :
CHRYSOSTOME : 1° hom. < de cruce et latrone > (Vives IV, p. 16-17) : Alors qu'il voyait tout le peuple à l'entour clamant et blasphémant, le larron n'en tint pas compte, et ne s'arrêta pas à V état humilié du crucifié : par les yeux de la foi, il dépassa tout cela, et reconnut le Maître des cieux. Dans son coeur, il se prosterna, et il dit : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume ». N'ayons pas honte de recevoir comme docteur celui que notre Seigneur n'a pas eu honte d'introduire le premier dans son paradis...
Qui ne s'étonnerait de voir un esprit si libre chez un homme crucifié ? Non seulement ce larron était maître de lui, mais négligeant ses maux il prenait l'intérêt d’autrui : « Ne crains-tu pas Dieu ? » dit-il à son compagnon. Ne tiens pas compte de ce tribunal d'en bas : il y a un autre juge, qui est invisible; il y a un autre tribunal, qui est incorruptible.
Augustin note que par sa double < confession >* (de ses péchés, puis de sa foi), ce malfaiteur accomplit ce qui, d'après Rm 10,9-10, peut suffire au salut : « confesser de sa bouche que Jésus est Seigneur; croire en son coeur à sa Résurrection d'entre les morts » (Rm 10 est en // au § 165 . Et cela suffit à trancher la stérile controverse sur « la foi sans les oeuvres » puisque tout au contraire, la foi est l'oeuvre même § 163 — Jn 6,29*), un engagement source des autres < oeuvres >, notamment de la charité. Le Bon Larron est surtout l'application in extremis de la parabole des Ouvriers de la 11° heure § 252 — Mt 20,1-16). Il n'est jamais trop tard.
Lc 23,43 // Is 53,10-12 Ph 2,8-9 — D'un crucifié agonisant, cette promesse semblerait délirante, si ce n'était au contraire la preuve que, même à ce moment-là, Jésus a conscience invincible de son être divin, et du triomphe assuré de sa Rédemption. La conclusion du IV° poème du Serviteur (// Is 53) révélait prophétiquement cette valeur rédemptrice de ses souffrances.
Amen, je te le dis*, aujourd' huI* : Claudel imagine plaisamment le Bon Larron arrivant au ciel, dès le soir de ce Vendredi, donc avant le Christ censé n'arriver que le dimanche, et tout gêné comme ces invités arrivés avant l'heure ! Mais il s'agit plutôt de l’Hodie éternel — comme dans la Liturgie...
avec MoI* : « Où est le Christ, là est le Royaume. Car la vie consiste à être avec le Christ » (ambroise: Sur Lc x, 121) — SC 52, p. 196). Dans le paradis : Indirectement, voilà rappelé le thème du < Christ Nouvel Adam >*, réintroduisant l'Homme dans sa destinée éternelle :
romanos le mélode: Hymne 38 (SC 128, p. 284-310) — Cf. aussi p. 326-328 l'hymne 39, où la Croix est encore plus expressément reconnue comme « l'arbre de vie » du Paradis (Gn 2,9 et 3,22), désormais à portée de notre foi. Voir à ce sujet BC I*, p. 45-46 et 58-59, notamment le parallèle éblouissant d'HIPPOLYTE).
Le paradis n'est plus gardé par l'épée de flamme :
on entre par l'arbre divin, le Christ vainqueur.
C'est Lui la porte : il crie aux exilés :
Venez, je vous rassemble
L'enfer, qui par un arbre fit mourir Adam,
planta un autre arbre pour le second Adam :
mais par sa mort, le Christ nous rend la vie :
La Croix est un trône, d'où le Christ Seigneur
juge et sauve. Le premier, un larron se présente :
« Seigneur, dans ton Royaume, souviens-toi de moi ! »
Viens avec moi au paradis,
Dans les rameaux de l'arbre, font leur nid
tous les oiseaux du ciel, qu'il attire à Lui.
Car il est délivrance de toute créature :
Du monde entier, il a refait

References: § 350
 § 349

§ 350
 § 349

§ 351
 § 263
 § 352
 § 253
 § 339
 § 252
 § 168
 § 338
 § 338
 § 352
 § 267
 § 346
 § 232
 § 245
 § 297
 § 199

§ 352

§352
 § 345
 § 281
 § 355
 § 355
 § 353
 § 324
 § 78
 § 354
 § 334
 § 342
 § 77
 § 355
 § 355
 § 353
 § 255
 § 255
 § 24
 § 169
 § 355
 § 27
 § 6
 § 316
 § 1
 § 168
 § 255

§ 353
 § 352
 § 261
 § 165
 § 163
 § 252