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Timestamp: 2017-01-20 01:40:32+00:00

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France, Conseil d'État, 3 ss, 20 décembre 2000, 219237
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 219237Numéro NOR : CETATEXT000008044779 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-12-20;219237 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête enregistrée le 22 mars 2000 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS ; le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS demande que le Conseil d'Etat :
1°) annule le jugement du 22 décembre 1999 par lequel le conseiller délégué par la président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. Zoran X... ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. Zoran X..., qui est de nationalité yougoslave, s'est maintenu sur le territoire national plus d'un mois à compter de la notification, le 18 février 1998, de l'arrêté du 5 février 1998 par lequel le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ; qu'il se trouvait ainsi dans le cas où, en application du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet peut décider la reconduite à la frontière d'un étranger ;
Considérant que si M. X... fait valoir que ses parents vivent en France depuis 1973 et que son épouse, également de nationalité yougoslave, y réside depuis 1980 en situation régulière, il ressort des pièces du dossier que ses enfants demeurent en Yougoslavie où lui-même séjourne fréquemment ; que son épouse pourra éventuellement solliciter le bénéfice du regroupement familial ; que, par suite compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté contesté n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, dès lors, c'est à tort que le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris s'est fondé sur une telle méconnaissance pour annuler l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Considérant, toutefois, qu'il appartient au Conseil d'Etat saisi de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner le moyen soulevé par M. X... dans sa demande de première instance à l'encontre de la décision distincte contenue dans l'article 2 de l'arrêté du 9 octobre 1998 et qui doit être regardée, dans les termes où elle est rédigée, comme fixant la Yougoslavie comme pays de destination ;
Considérant que M. X... se borne à alléguer sans autre précision, qu'en cas de retour en Yougoslavie il pourrait être mobilisé dans les forces armées ; que, dès lors, la décision distincte, contenue dans l'arrêté du 9 octobre 1998, de le reconduire à destination du pays dont il a la nationalité ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui prohibe les peines et traitements inhumains ou dégradants ;Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 9 octobre 1998 ordonnant la reconduite à la frontière de M. X... ;
Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris endate du 22 décembre 1999 est annulé.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au PREFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS, à M. Zoran X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 1998-02-05Arrêté 1998-10-09 art. 2Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 20 décembre 2000, n° 219237Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BurguburuRapporteur public : M. AustryOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 20/12/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 8
 l'article 2
 l'article 3
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