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Timestamp: 2016-10-28 08:39:13+00:00

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⭐DROIT ADMINISTRATIF. Notes sur le Cours du Prof. J-B Zufferey
DROIT ADMINISTRATIF. Notes sur le Cours du Prof. J-B Zufferey
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1 / UNIFR DROIT ADMINISTRATIF Notes sur le Cours du Prof. J-B Zufferey DISCLAIMER : Ce résumé n a pas été contrôlé par le Prof. Zufferey. L auteure décline toute responsabilité quant aux fautes qui pourraient s être glissées dans ce document ainsi que quant à l usage qui pourrait en être fait. 1) LA NOTION, LA NATURE ET LES DÉLIMITATIONS DU DROIT ADMINISTRATIF Le droit administratif a pour objet l administration de l Etat. On envisage l administration sous : - organisation (notion matérielle, fonctionnelle) : relations des citoyens avec l Etat - ceux qui organisent, font partie de cette administration (notion organique) I. La notion fonctionnelle 1. Les définitions existantes Fonction administrative L administration a une activité juridictionnelle et législative. Quand l administration prend une décision, elle agit un peu comme un tribunal. Elle produit une activité juridictionnelle. Il est difficile de donner une définition de la fonction administrative Les définitions négatives Tout ce qui n est ni de l activité juridictionnelle, ni de l activité législative. On ne peut pas dire exactement ce qui est juridictionnel ou législatif donc la définition négative n est pas relevante Les définitions positives La définition positive, quant à elle, est trop vaste et floue. Tout comme la définition négative, elle n est donc pas satisfaisante et utile. 12 1.3. Les définitions mixtes Une définition positive ou négative ne se révèle pas pertinente. On a donc essayé avec une définition mixte (positive et négative) Selon F. FLEINER : la fonction administrative est l ensemble de l activité administrative exercée par l Etat ou par une autre personne morale de droit public sous l empire de son propre ordre juridique pour réaliser ses propres fins d existence qui ne rentrent ni dans le domaine de la législation, ni dans celui de la justice. Cette définition n est pas optimale, elle confond but et contenu. On retombe dans les travers d une définition négative. Selon GIACOMETTI : la fonction administrative est la fonction d appliquer le droit excepté celle de trancher les différends et de prononcer des peines c est-à-dire de rendre la justice. Cette définition est problématique car elle est trop restrictive. Elle laisse de côté l idée que l administration s occupe aussi d actes matériels. 2. Les caractères distinctifs 2.1. L'importance de la fonction administrative Importance : elle est secondaire au législateur et au constituant. Primordial : la loi se manifeste à travers l administration. Elle a une influence sur l individu et sur son comportement. On voit même une inflation législative qui pose un problème pratique et théorique. Le droit administratif est du droit constitutionnel concrétisé 2.2. Les buts Buts : - libéral : car l administration veut garantir à chacun une sphère de liberté. - social : c est le but prédominant. La loi (l administration agit sur la base d une loi) lui dit quand intervenir, c est-à-dire quand les particuliers ne peuvent agir eux-mêmes (ex : construction d une route) Les moyens Conception dualiste : On distingue : - l administration restrictive qui empiète sur les droits individuels (par ex : la fiscalité. La fiscalité empiète sur la garantie de propriété) - l administration promotionnelle qui nous rend des services Cette distinction peut être comprise comme celle existant entre l Etat gendarme et l Etat providence. Mais la conception dualiste est dépassée. Il y a encore d autres moyens qu on ne peut pas classer parce qu ils pourraient aller dans les deux catégories (contrats, plans, ). C est aussi le cas des subventions par exemple. En effet, on peut recevoir une subvention (promotionnelle) mais on a l obligation de faire quelque chose avec cette subvention (restrictive). Même si cette conception est dépassée, on la garde quand même. Conception pluraliste : 23 On énumère les moyens par lesquels la fonction administrative s exerce. Ces moyens peuvent être : - prestations sociales (ex : AVS à 65 ans) - mesures de police - mesures propres à soutenir l économie (rabais fiscaux par ex.) - établissements publics (ex : écoles) - prélèvements de redevance - achats de matériel (ex : achat d ordinateurs pour l administration) Quand on réalise une condition (avoir 65 ans), on touche quelque chose (argent de l AVS) La nature Sa nature juridique : Créer, constater, modifier ou supprimer des actes ou des rapports de droit. Cela se fait par des actes administratifs ou par des ordonnances. Les actes administratifs règlent des situations individuelles. Les ordonnances s occupent de normes générales et abstraites. Fonction législative : ordonnance Fonction juridique : décision administrative (va à l encontre de la définition négative) Nature matérielle : L acte matériel n a pas d effet juridique. C est par exemple le cas des travaux de chancellerie, de la livraison de marchandises à l Etat, de l enlèvement des déchets. Cela relève de la fonction administrative car régi par le droit et peuvent avoir un effet juridique dans le futur. Prenons l exemple d une réunion d une commission au Parlement. Les discussions à l intérieur de la commission n ont pas d effet juridique (acte matériel) mais on parle en prévision d une loi qui elle aura un effet juridique. Pas d effet immédiat mais un effet dans le futur. II. La notion organique 1. Le problème On s attache à ceux qui exercent la fonction administrative. A ce sujet, on peut se poser deux questions : 1) Qui sont les organes administratifs? Il y a deux catégories : - les autorités exécutives (au niveau fédéral : le conseil fédéral. A Fribourg, conseil d Etat, conseillers communaux et préfets) - les fonctionnaires ou agents publics (employés de l Etat) 2) Qu est-ce qui les distingue des organes étatiques? On disait avant : - critère du mode de désignation : un organe administratif est désigné par une autorité administrative mais cela n est pas vrai. Les juges du Tribunal fédéral sont élus par l Assemblée fédérale par exemple. On a aussi des fonctionnaires (ex : trésorier d Etat) 34 qui sont élus par le peuple. Donc ce n est pas toujours une autorité administrative qui désigne. - nature juridique des relations entre l organe et la collectivité. Seuls les organes de l administration seraient liés à la collectivité publique par un rapport de droit public. Mais on voit que certains travailleurs de droit privé sont unis par un rapport de droit public à la collectivité. 2. L'incorporation à une hiérarchie et 3. L'indépendance relative Les vrais critères sont donc : - incorporation et hiérarchie : on estime que l administration est soumise à une hiérarchie particulière qui remonte jusqu à l exécutif. L Assemblée Fédérale exerce même la haute surveillance. Mais il n y a pas de surveillance de l AF sur le TF car on préconise la séparation des pouvoirs. - indépendance relative : agents de l Etat régis par le droit privé et non le droit public. Quand même indépendants pour certaines choses (indépendance relative). Cela se manifeste par : la liberté de prendre des initiatives (soi-même) : par exemple, l administration ne va pas attendre qu on le lui demande pour réparer une route. Elle va agir. la liberté de forme : libre de donner une forme à un de ses actes et liberté dans la procédure la liberté d appréciation : l administration applique la loi mais a la faculté d interpréter le droit. Il y a donc une différence entre le texte lui-même et ce qui est appliqué. III. Droit public et droit privé 1. La délimitation En pratique cette question est importante! Et cela surtout parce que la division s estompe de plus en plus. Il est impossible de ne pas se mêler au droit public. Imbrication quotidienne du droit public et du droit privé. ATF 109 Ib 146 : déjà dans la jurisprudence on voit cette imbrication. Ici, il s agissait de savoir si le contrat de diligence était un contrat de droit privé ou de droit public Le rappel des principes Pour déterminer si on a affaire à du droit public ou à du droit privé, il faut faire appel à un faisceau d indices (4 critères qu on utilise ensemble) : - intérêts en cause - personnes en cause - relations en jeu - sanctions 1.2. Quelques points de contact (la surveillance, le contrat, les marchés publics) 45 Il y a des fluctuations, le droit privé et le droit public sont très proches. Ex : construire une maison, ouvrir un bureau de conseiller financier Aujourd hui, on parle davantage de droit de l environnement, de droit de la construction sans se demander si c est du droit public ou du droit privé. A) Droit de surveillance Droit de surveillance : ce sont tous les moyens d appréhender une activité. L objectif est d encadrer les activités et de prévenir les abus. Il est fondamental qu il y ait une autorégulation par délégation ou sous-délégation de la part de l Etat. Ex : l Etat devrait surveiller les coiffeurs (dangereux de se faire couper les cheveux). On a une législation cantonale sur les coiffeurs ainsi qu une délégation à une association professionnelle qui fixe l exigence pour obtenir la «patente» de coiffeur (examen des capacités). On peut avoir un texte de droit privé dans un environnement de droit corporatif. Ex : règlement dans les vestiaires du FC Vaulruz. Ex : ordonnance sur la protection du bruit (ordonnance sur la protection du bruit : OPB), on a l art. 32 qui renvoie à la norme SIA 181 : on va devoir : - isoler le bâtiment - respecter la norme SIA (norme SIA, droit privé car la norme SIA a été élaborées par des organismes privés) Ex : ATF 121 III 69 illustre le principe de la trinité. Prenons l exemple de quelqu un qui s est fait volé de l argent. Notre voleur est allé à la banque avec les documents permettant de prendre l argent. Il y a trois éléments à observer : - convention de diligence des banques (CDB) : le droit privé exige de contrôler l identité de tous les clients - en violant la CDB, vous violez l art. 2 let.c de la loi sur les banques qui dit que les banques doivent avoir une activité irréprochable (garantie d activité irréprochable). On se base sur du droit public pour voir s il est payé. La loi sur les banques c est un texte de droit administratif. - Finalement le titulaire du compte va recevoir des dommages-intérêts. On parle donc maintenant de responsabilité civile basée sur le CO! Car le vol d argent est ici observé comme un acte illicite selon le CO (RC). B) Contrats Avec les contrats : on peut avoir des contrats de droit public (contrats de droit administratif) et des contrats de droit privé. Le contrat de droit administratif : contrat qui a pour objectif l accomplissement d une tâche de droit public. Ce contrat peut être conclu entre deux personnes de droit privé. Ex : C est le cas, par exemple, de deux personnes qui s entendent pour acheter une fraiseuse et déblayer une fois par semaine chacun la neige sur le trottoir devant chez eux. Entre ces deux personnes, c est un contrat de droit administratif, car c est un règlement de la commune que de devoir nettoyer son trottoir l hiver. Donc pour un recours, ce sera le recours de droit administratif. Les juridictions civiles ne vont pas s en occuper. A l inverse, l Etat peut être partie à un contrat mais ce contrat peut être un contrat de droit privé. Pour le savoir, il faut regarder la finalité («fonction») du contrat. 56 Ex : la police achète deux voitures mais n en reçoit qu une seule Dans ce cas, l Etat (la police) agit comme un privé (comme n importe quelle personne qui voudrait acheter une voiture et qui n en reçoit qu une seule) La distinction est importante pour les juridictions et les recours. C) Marché public (appel d offres) Ex : Autre exemple avec le marché public. Un marché public c est lorsqu un accord par lequel l Etat achète quelque chose à des privés. Par exemple, l UNIFR doit choisir une entreprise privée (procédure de marché public) pour construire un nouveau bâtiment. Il y a une procédure et quand la procédure est terminée. L Etat choisit une entreprise, c est l adjudication (droit administratif). Ensuite, on a du droit privé, car il faut conclure un contrat avec l entreprise ayant obtenu le marché. Imaginons maintenant que pendant la construction, nous ayons des litiges de droit privé. Ces litiges seront traités par des juridictions civiles. C est un acte détachable : on peut concevoir une seule activité en deux étapes. On détache le contrat d adjudication. (Le contrat découle du contrat : celui qui a obtenu le marché pourrait ne pas obtenir le contrat [choix d une autre entreprise finalement]) 1.3. L'enjeu en matière de procédure Ces distinctions jouent un rôle concret dans la procédure. C est très important pour la recevabilité du recours. Parmi les conditions de recevabilité, on examine si on est dans du droit privé ou du droit public. Ex : domaine privé et responsabilité de l Etat Domaine public : ensemble des biens qui appartiennent à l Etat. Le domaine public est utilisé par tout le monde. Si on veut vendre des glaces sur la place Python, on aura besoin d une autorisation. Ainsi, lorsqu on se trouve dans le domaine administratif, on doit obtenir quelque chose. Dans notre cas, on doit obtenir une concession (procédure administrative : mise à l enquête publique, possibilité de faire opposition). Si on dans le domaine privé, on n a pas tout ça. Prenons l exemple d un bâtiment appartenant à l Etat (patrimoine privé de l Etat), ce bâtiment loge des étudiants. Les étudiants font souvent la fête et font trop de bruit. On va les expulser. C est du droit privé. Et pour cela on ne peut pas faire un recours de droit public contre cela bien que le bâtiment appartienne à l Etat! Distinction en matière de responsabilité de l Etat : Si l Etat agit comme particulier : responsabilité civile au sens de l art. 41 CO : domaine privé Si l Etat intervient, se comporte comme responsable de la collectivité publique, que l on se trouve dans un champ d application de la responsabilité de l Etat, on se trouve dans le domaine public. On n utilisera pas le CO pour la responsabilité mais une loi pour ça! L action en justice ne sera pas non plus la même : Dans le domaine privé : action en responsabilité civile Dans le domaine public : action de droit administratif 2. L'application du droit privé à l'activité administrative 2.1. Le droit privé comme tel Dans quel cas et comment le droit administratif utilise le droit privé. 67 Le droit public est conçu pour arbitrer les liens entre particuliers. On a eu le développement des juridictions administratives. Egalement, perte d influence de la théorie du fisc qui était une conception de l Etat comme une masse de biens et comme un agissement contre cette masse de biens (patrimoine). L administration (administration au sens matériel) qui agit en tant que détentrice du pouvoir public n utilise en principe pas le droit privé. Cependant, on a des éléments privés quand on prévoit des lois de droit public par exemple : responsabilité de la poste, des trains (CFF), bateaux. L Etat agit mais les lois fédérales sur la responsabilité civile de ces entités disent que c est le droit privé qui va s appliquer. Le motif est qu on doit avoir une égalité de traitement entre tous les détenteurs de bateau par exemple. On trouve aussi du droit privé dans des cas que la loi n a pas prévu. Ex : le juge n a pas de solution et va aller chercher la réponse dans le droit privé. Ainsi, pour les vacances, les indemnités d un fonctionnaire, on va aller voir la règle dans le CO (contrat de travail). La loi sur les fonctionnaires dit que la relation est de droit privé entre le fonctionnaire et l Etat Le droit public supplétif Ce sont les cas où le droit privé vient combler une lacune de droit public. On va chercher la solution dans le droit privé et on dit que maintenant c est du droit public. On reste donc dans le domaine du droit public. Ex : quand des législations cantonales créent une SA, une fondation de droit public (ex : BCV, universités, swissmedic, ), on a une loi qui régit les organes de ces entités (loi cantonale sur la BCV par exemple). Là dedans, il est dit : pour le surplus c est le CO qui s applique. Cela devient donc du droit public supplétif car le législateur dit que la solution matérielle se trouve dans le CO. La conséquence est que pour le litige on ira au tribunal administratif et qu on fera un recours en droit public quand bien même le litige porte sur une disposition du CO (donc pas de recours en réforme. N.b : dès le 1 janvier, on aura un recours unifié en matière droit civil). IV. Droit administratif, droit pénal et droit pénal administratif 1. Les délimitations 1.1. Le principe Il y également de plus en plus de délimitation entre ces deux domaines. Le droit pénal appartient au droit public même si aujourd hui il est plus ou moins autonome. Le droit pénal a également des règles matérielles spécifiques, une procédure et une juridiction spécifiques. Aujourd hui, la sanction pénale est importante (aussi pour l effet préventif). Ex : j ai construit dans un endroit protégé sans autorisation. Je vais avoir une amende pénal et l obligation de détruire. Les deux choses se combinent! 1.2. Les points de contact Droit matériel : Le droit pénal tient-il le droit administratif ou est-ce l inverse? Lorsqu une autorité a statué, la décision d une autorité lie-t-elle l autre ou non? 78 Ex : retrait du permis de conduire. On a une procédure double : on prend le permis de conduire (ouverture d une procédure administrative pour le retrait du permis, application des art. 16ss LCR). Le retrait de permis est une sanction administrative. Cela se passe en parallèle à la procédure pénale. Les sanctions pénales, elles, se trouvent aux art. 90 ss LCR. Si le juge pénal décide de sanctionner ou non la personne, est-ce que son appréciation lie l autorité administrative? Cela dépend des domaines (voir la jurisprudence). Dans le domaine routier : Oui, le pénal tient (en principe) l administratif Dans le domaine de l expulsion : la condamnation et l expulsion sont des mesures pénales. L art. 10 de la LSEE (loi sur le séjour et l établissement des étrangers), qui elle est une loi appartenant au droit administratif, prévoit aussi l expulsion (expulsion administrative). S il y a expulsion : OUI, l administratif est lié au pénal. Sinon (pas d expulsion), l administratif estil lié au pénal? On peut avoir une peine sans expulsion pour des raisons sociales selon le juge pénal mais l autorité administrative peut ne pas voir la chose de cette façon et dire expulsion selon l art. 10 LSEE. Avec la LAVI : la LAVI intervient quand il y a une procédure pénale pour LAVI accompagnée de mesures civiles (dommages-intérêts civils). Le juge LAVI fait partie des services administratifs puisque la LAVI (loi d aide aux victimes d infraction) fait partie du droit administratif (recours de droit administratif donc). Le juge LAVI n est pas lié par le prononcé pénal. Voir l ATF 129 II Quelques aspects de procédure Comment organise-t-on la procédure? N est-ce pas contraire à la CEDH d avoir une double procédure? NON, on peut avoir deux procédures devant deux juridictions différente aussi longtemps qu elles sont basées sur des lois différentes et avec des objectifs différents, Ainsi, on n a pas de violation du ne bis in idem. Dès que l on admet la valeur d avoir deux procédures. Laquelle commence en premier? Le droit administratif droit pénal. En procédure administrative, on n a pas de moyens coercitifs : tout est basé sur la collaboration de l administré. Si un citoyen ne veut pas s exécuter, on ne peut pas le forcer. Le droit pénal est mieux placé que le droit administratif, il a plus de moyens car on commence par l instruction pénale. Lorsque la procédure pénale est terminée, la procédure administrative peut continuer. Exemple en cas de retrait de permis à la suite d un accident (LCR) Accident de la circulation. Peu après (= constitution de l infraction. ), la police saisit le permis, c est la 89 Lettre du service administratif, dénonciation du cas à l autorité pénale (on rend le permis sauf en cas de récidive). Domaine pénal Sanction pénale (amende voire sursis) Reprise de la procédure administrative (pas de violation de ne bis in idem) Retrait du permis (décision administrative) Lorsque l on paie une amende, c est parfois dur à identifier si c est du droit administratif ou du droit pénal. 2. Le droit pénal administratif (un bref rappel) Le droit pénal administratif c est du droit pénal. Le Code pénal est élaboré ainsi : CP + droit pénal spécial dans des lois administratives (lois spéciales), ce droit pénal n est pas un droit pénal administratif + droit pénal spécial confié à l administration = droit pénal Le droit pénal administratif c est du droit pénal. Le droit pénal spécial confié à l administration est peu fréquent. Ex : LF sur le statut du lait. On ne peut pas produire autant de lait qu on le veut. Dans ce statut du lait, on a des sanctions pénales. Le juge pénal ne va pas forcément comprendre ce statut du lait (ce n est pas sa spécialité) et donc il va laisser ça à l administration qui sera chargée d appliquer la loi. 1 er problème : comment l administration peut-elle aussi sanctionner? En effet, c est l administration, mais ce n est pas la même (pas la même autorité). 2 ème problème : est-il possible qu une administration mette quelqu un en prison? Non, car la procédure pénale est réglée par la DPA qui est la loi fédérale qui organiser la procédure de droit pénal administratif. Instruction en moins de l administration, à la fin de l instruction, l administration rend un mandat de répression (plus ou moins l équivalent de l ordonnance pénale. Cela équivaut à une proposition de peine). Soit le citoyen accepte. Sinon, transmission au juge pénal (cantonal car il n existe pas de juge fédéral pour cela). A la fin de l instruction (si c est gravissime, on transmet tout de suite le dossier au juge, possibilité d une peine de prison), on demande à une juridiction pénale de statuer : séparation des pouvoirs. En règle générale, on procède par mandat de répression. Droit disciplinaire Le droit disciplinaire n est pas une matière spéciale, c est du droit administratif. C est l ensemble des sanctions qui s appliquent lorsqu on a un rapport juridique, administratif spécial. Ex : fonction publique. Lorsqu on est fonctionnaire, il y a des lois qui prévoient des sanctions si on a un comportement qui n est pas adéquat. Ce serait par exemple le cas d un policier qui aurait pris des substances illicites pendant son service. On a plusieurs sanctions à choix (exemple de la libre appréciation) : réprimande, retenue sur le salaire, 910 Ex : un étudiant à l université triche aux examens. On a un règlement à l UNIFR. S il triche, l étudiant aura un blâme, l annulation d un examen, l échec de ces examens, voire dans des cas graves (récidive) l expulsion de l université. Mais l université ne peut pas imposer des amendes. Ex : avec les professions libérales (avocat, architecte, opticien, médecin, ), il y a des règles. Certaines professions libérales sont assujetties à surveillance. Par exemple, l habillement pour une Cour de Justice (il y a un article sur l habillement dans le CPJ). Si on est mal habillé on pourra recevoir une amende. Dans un cas quelque peu semblable, il y a les sanctions pour les militaires. Ces sanctions sont des sanctions administratives. La question demeure : peut-on recourir contre ces sanctions? V. Droit public suisse et droit international 1. L'application du droit public suisse dans l'espace 1.1. Le principe de la territorialité Le principe, c est la territorialité. La mise en œuvre du droit public suppose l existence d un pouvoir public. Lorsque l on déborde des frontières de la Suisse, le droit suisse n est pas applicable. De même, le droit public étranger n est pas applicable en Suisse. En théorie on ne devrait pas avoir de problème mais il y a des cas d extranéité car on ne respecte pas les frontières. Ainsi, on voir apparaître : - le droit administratif international : on regarde s il y a un droit administratif national commun à tous les Etat. - de plus en plus d exceptions au principe de territorialité 1.2. L application exceptionnelle du droit étranger (Quelques illustrations de ces exceptions au principe de territorialité) En Suisse, on a trois états (couches) différents : Confédération Cantons Communes. Là aussi un problème d extranéité est possible. C est le cas de toutes les lois fédérales réglant des situations intercantonales (ou entre canton et commune, ). Dans la loi fédérale sur l aménagement du territoire, on a un article sur la coordination des plans. Ainsi, si par exemple la commune de Monthey décide de construire une zone industrielle et que Massongex (commune voisine) avait l intention de construire à 100 mètres de cette zone industrielle une zone d habitation, il se pose un problème. Pour régler ce différend, on va devoir voir l article sur la coordination des plans. Les cantons doivent s entendre si cela n est pas possible, ils s en remettent à la Confédération. Loi fédérale sur l énergie hydraulique. On a des règles pour les situations où des cantons se battent pour avoir un cours d eau et donc avoir l énergie hydraulique (intéressant d un point de vue économique, ). 1011 Toutes les lois cantonales qui habilitent la commune à avoir une compétence. Par exemple pour la voirie, les écoles publiques. On a des lois cantonales qui donnent cette compétence, cela est une atteinte au principe de souveraineté. Acceptation des cantons de restreindre leur souveraineté pour un canton voisin dans une loi cantonale. Ex : un fuyard essaie de semer la police vaudoise sur un tronçon d autoroute reliant Vaud à Genève. La police vaudoise va le suivre sur l autoroute même dans la partie genevoise. Il y a un concordat cantonal autorisant cela. Décision administrative étrangère prise en compte par le droit administratif suisse. Dans les domaines à caractère financier (banque, finances, ) il y a à chaque fois un chapitre qui dit à quelle condition une entreprise peut s établir en Suisse. La première condition est que l autorité étrangère soit d accord. La décision administrative fait dépendre une décision étrangère sur laquelle la Suisse n a rien à dire. C est en quelque sorte une délégation de compétence. Exécution des décisions et des jugements prononcé par une autre autorité publique (ex : autres cantons.) Ex : une décision administrative bernoise peut-elle être exécutée à Fribourg? Non, une décision bernoise n est pas exécutable à Fribourg. Elle n est pas exécutable au-delà du territoire cantonal sauf concordat général (entraide générale des cantons) ou disposition légale prévoyant l entraide dans ce domaine. Cependant ça ne veut pas dire que la décision n aura plus d impact et qu on pourra tout reprendre comme avant. En effet, le canton d origine (ici : Berne) peut envoyer une lettre à la nouvelle autorité. Ainsi, l autorité fribourgeoise peut reprendre une décision. On va dans ce cas refaire la procédure et prendre une nouvelle décision contre laquelle un recours sera possible. Si c est urgent et que l on n a pas le temps de refaire une procédure et le reste, on prend une mesure provisionnelle qui est une mesure permettant d intervenir immédiatement. Concernant une décision judiciaire devant les autorités fédérales, il faut voir l art. 39 OJ. Les cantons doivent exécuter les décisions fédérales. Même si on change de canton, il n y a pas de problème, les cantons vont et doivent exécuter la décision. Il y a entraide entre cantons dans ce cas. On utilise le principe de territorialité sauf si l entraide entre les cantons est donnée par une disposition légale L'entraide administrative (l'art. 23 sexies LB et les contrôles sur place) C est un domaine récent. Attention : on ne parle pas d EIMP. On parle d assistance (entraide) administrative. C est l assistance entre les autorités de surveillance. Cela devient de plus en plus fréquent car on a un renforcement général de la surveillance dû à la privatisation de certains secteurs. Ex : lorsque la poste a été privatisée (Swisscom pour les télécommunications), on a créé l OFCOM dont le rôle est de surveiller si tout le monde se comporte de manière adéquate. La privatisation demande davantage de surveillance. La seule façon de suivre avec le droit c est de se prêter assistance entre autorités de surveillance, c est à dire d avoir une transmission d information entre les frontières. Rappelons à ce sujet que le droit administratif n est pas coercitif. 1112 De plus l UE s est créée sur l idée fondamentale d un marché unique entre les pays ce qui implique naturellement une surveillance. La surveillance de base se fait par le pays d origine. C est une assistance administrative obligatoire entre les pays membres de l UE. La Suisse au milieu de l UE pose un problème politique important si la Suisse, elle, n a pas d assistance administrative obligatoire. En Suisse, pour avoir une assistance administrative obligatoire, on est obligé d avoir une base légale et la Suisse a beaucoup de peine à entrer dans cette procédure de surveillance. La Suisse a en fait une autre politique que les pays qui l entourent. Voir pp (polycopié) On a un régime similaire dans de plus en plus de lois. Art. 23 septies LB (loi sur les banques) organise la passation d information entre la Suisse et l étranger. On a de la jurisprudence seulement en matière financière (car ce sont les personnes qui ont de l argent qui peuvent veulent faire des procès). Art. 38 (p.17) (on a eu une modification de la loi en février 2006 grâce à la jurisprudence). Al.1 er : base légale qui permet à la Suisse d avoir des informations. Sinon, l utilité pratique de cet alinéa est quasi nulle. Comme l argent est de toute façon en Suisse cet article ne nous sert pas à grand chose. Et pour connaître le régime vers la Suisse, on doit aller lire la loi étrangère. Al.2 : Principe de spécialité : La Suisse ne va accorder l assistance à l étranger que si les informations sont utilisées exclusivement pour surveiller les marchés. Ex : un français a un chalet à Verbier et un compte à la banque de Verbier. Il fait des opérations depuis l ordinateur de son chalet avec la Bourse de Paris. La Banque de Verbier délivre donc les crédits (donne les sous). Ce français est un initié c est à dire qu il sait des choses à propos de la société cotée en bourse avant tout le monde et de ce fait il n a pas le droit d acheter les actions de ladite société). L autorité française veut évidemment savoir qui a acheté ces actions. Elle sait que l argent vient de la banque de Verbier. Donc elle demande le nom à la Suisse. La Suisse est d accord mais l autorité française doit utiliser cette information seulement pour surveiller le marché (principe de spécialité). Par exemple, si on découvrait que ce français est un ancien ministre, on ne peut rien faire d autre que ce qui est possible pour la surveillance du marché, on ne peut pas divulguer l information, on ne peut pas dire au service fiscal français que cet ancien ministre français a des comptes en Suisse. Principe du long bras : L autorité administrative française qui reçoit l information peut-elle la passer à une autre autorité pénale dans le même domaine? Pendant longtemps, on a considéré que cela était impossible et que cela ne valait que pour une seule autorité. Mais maintenant c est possible, on peut transmettre l information mais seulement pour poursuivre le même état de fait dans le même domaine. Principe de confidentialité (let.b) : On ne veut pas que tout se sache. Notre système n est pas celui des USA par exemple où tout se sait lorsqu il y a une procédure car toute procédure litigieuse est publique, mêmes les procédures administratives. On veut par ce biais avertir les gens qu il y a une procédure avec M. X, Mme Y, (but : méfiez-vous de M. X, Mme Y, ce sont peut être des escrocs!) Finalement le droit suisse a dû modifier cette idée de «pas tout doit se savoir» avec une réserve. On a dit pour motiver les banquiers suisses qu en droit américain, l accusé pouvait toujours recourir contre ce système de publicité. Al.3 : lorsque l information demandée est une information ( info statistique) concernant un individu, alors la PA (procédure administrative) est applicable. 1213 On va donc faire une enquête en reconnaissant le droit à la personne suspectée de recourir, puis il y aura une décision administrative et notification à la personne. Cela signifie dans notre exemple plus haut que la personne en France apprend par la Suisse qu il y a une enquête sur elle alors qu ailleurs ces enquêtes demeurent secrètes. Problème : ces enquêtes durent des mois. On comprend donc que les autres pays n apprécient pas vraiment la politique de la Suisse dans ce domaine. Contrôles sur place : art. 23 septies : il s agit des possibilités pour l autorité étrangère de venir physiquement en Suisse pour examiner les documents, de l entreprise étrangère installée en Suisse. Cela représente une perte majeure de la souveraineté. Comment peut-on justifier cela en regard avec l art. 272 CPS qui réprime de tels comportements? Cela se justifie grâce à cet article : art. 23 septies : qui est une base légale et donc qui rend cette activité légale aux yeux du CPS! Ex : scandale financier en Italie entre deux banques de la place italienne. Les Italiens ont l impression que c est parti de Lugano Donc l autorité italienne va appliquer le contrôle sur place et va rentrer «physiquement» dans la banque de Lugano. Ici, la banque de Lugano appartient est une banque italienne, c est une approche consolidée de l acte administratif. Il ne faut pas confondre cette approche avec la procédure pénale suisse entreprise en Suisse par des autorités suisses. Dans l UE, ces contrôles sur place sont totalement admis, ils appartiennent à une directive. 2. L'influence interne du droit international public 2.1. La primauté du droit international Le droit international public influence l administration. D abord, il nous faut affirmer la primauté du droit international sur le doit national (art. 5 al.4 Cst). On doit rajouter des éléments à la primauté du droit international : La primauté du droit international est totale : on est contraint d appliquer le droit international même si il va contre le droit national de l environnement par exemple ou qu il n est plus vraiment d actualité. Voir l ATF p.18 du poylcopié : la route devrait passer en forêt. Les opposants à la route disent qu en Suisse la loi sur les forêts interdit de créer cette route. Le TF dit NON : le droit international prime sur le droit national. Quand bien même le droit international ne respecte pas le droit national, il prime car il est self-executing. Procédure (p.21) Dans quelle mesure la primauté du droit international s exprime-t-elle en procédure? Cela concerne la recevabilité du recours en droit administratif. En procédure suisse concrète, quotidienne puis-je utiliser des droits administratifs? Voir le polycopié p.24, consid. 4b (+ notes) Lorsqu une disposition de l ordre international public n est pas directement applicable, on ne peut pas recourir devant une autorité suisse administrative. Les allemands peuvent-ils venir en Suisse recourir? Oui car ils sont touchés par le sujet. Mais ils ne pourront pas invoquer la disposition de l ordre international public. Influence indirecte (voir notes p.24) 1314 Dans quantité de domaine, même si le droit n est pas contraignant, il a une valeur. Le premier domaine est la soft law. Tous les standards de comportement influencent considérablement la pratique administrative suisse. La Suisse le vérifie tous les jours. C est en quelque sorte une adhésion informelle de la Suisse à l Europe. Ex : le préfet nous donne tort, il met plein de référence au droit européen dans sa décision. Le droit suisse est un droit de transposition aux accords de l OMC et c est le même droit que dans certains domaines en Europe. Par exemple, le système suisse de la TVA est le même système que celui qu on a en Europe, il y a donc plein de référence à l UE. Normes techniques internationales (FF 1997 p.1270) On doit respecter les normes techniques. La norme technique est la réglementation privée sur une machine, (ex : normes pour les marchands de brosse, pour les aspirateurs, pour les marteaux, ). La norme nous dit comment construire, La Suisse a renoncé à codifier la vie actuelle moderne. Nous avons donc à la place des renvois aux normes de l UE. Si la Suisse fabrique un marteau sans respecter les normes de l UE, ça ne marchera pas car personne ne va l acheter L'exemple de la CEDH La CEDH est applicable de manière concrète en Suisse. En effet, nous n avons pas (plus) de réserves ou de déclarations interprétatives. Mais la CEDH s applique-t-elle en procédure administrative? Oui, elle très largement applicable au domaine administratif, à l activité de l administration. La CEDH va s appliquer en matière de permis de conduire, Articles importants dans la CEDH Art. 8 : la vie privée est protégée (on a fait jurisprudence au sens large en matière d environnement). Art. 6 (important en procédure) : tout citoyen a droit à un recours devant un tribunal impartial, on a droit à des délais, Dans la Constitutions suisse, les art. 29 et 30 codifient très largement les acquis européens en relation avec l art. 6. VI. Droit administratif et droit constitutionnel 1. La délimitation académique La distinction entre le droit administratif et le droit constitutionnel n est qu académique. Dans la vie quotidienne, on ne se demande pas si c est du droit administratif ou du droit constitutionnel. Les deux sont imbriqués. Le droit constitutionnel a une double portée pratique pour l activité administrative. En droit matériel : la constitution a deux impacts : 1) On y trouve des principes de l activité administrative (1 er chapitre de la Cst) : - base légale - intérêt public - proportionnalité - principe de bonne foi 1415 2) Les droits fondamentaux (art. 8ss Cst) représentent des contraintes, des barrières que l administration ne peut franchir. C est une protection contre l Etat. En recours de droit public (dès le : recours constitutionnel subsidiaire) on a la possibilité de se plaindre d une violation des droits constitutionnels (art. 84a). Il faut respecter les exigences de l art. 90b OJ, c est très important de dire en quoi constitue la violation. L art. 36 Cst fixe la condition (base légale, intérêt public, c.f ci-dessus) pour faire ce recours, ces principes constitutionnels sont donnés dans le chapitre premier de la Constitution fédérale. Afin de démontrer la violation d un droit, on montre que l on ne respecte pas les principes constitutionnels de l activité administrative. 3) Avant, on avait un troisième impact : il s agit d un cas d application de la Constitution. Ex : avant il était écrit : on ne peut pas vendre plus d un litre de vin. On voulait lutter contre l alcoolisme dans la population avec cette disposition. Ces dispositions étaient formellement dans la Constitution autrefois. Depuis la nouvelle Constitution en 2000, elles n existent plus (on les a enlevé). Il n y a plus d arrêt de décision administrative basé directement sur la Constitution. 2. Le lien à travers les recours (en particulier le recours constitutionnel) Procédure En procédure administrative, il y a tous les jours une grande influence de la part de la Constitution. Et cela par les art. 29 et 30 Cst (à partir du ce sera l art. 29a Cst. L entrée en vigueur de l art. 29a Cst dépendait de la nouvelle réforme judiciaire.). 2) LES SOURCES DU DROIT ADMINISTRATIF I. Le rappel de ce qu'il faut savoir 1. Le tableau général des sources et 2. quelques éléments importants pour la pratique administrative On distingue l ordre administratif et la clause de police. Parmi les sources on a les règles de droit et les autres sources : jurisprudence et doctrine (Art. 1 Tit. prélim. CC). La doctrine et la jurisprudence sont des sources officielles mais auxiliaires. Le droit public est un domaine très varié, c est pourquoi la jurisprudence est très importante. Parmi les règles de droit on a du : - droit édicté qui sont les sources du droit administratif - droit non-édicté o la coutume s utilise lors de l absence de codification, provient de la théorie générale o autres règles générales qui ne sont pas des clauses générales qui, elles, sont dans la législation. Les règles générales désignent des principes applicables dans l ensemble des domaines. Ces règles ne sont pas codifiées en droit administratif mais elles le sont par exemple en droit privé. Par exemple, la 1516 prescription, la péremption, la novation, la compensation, la restitution de l indu, Ainsi, la prescription vaut pour tous les domaines du droit car on a besoin de sécurité. Le problème du droit administratif, c est qu il n y a souvent pas de codification. C est un système où l on s inspire d autres domaines (droit privé par ex.). Mais ce serait faux de dire qu il y a un monopole du droit privé. Ex : on obtient dans notre commune une bourse d étude (c est une décision administrative). A la fin du mois, notre compte est crédité de 10' Le mot suivant il est crédit à nouveau du même montant. On sait que la commune s est trompée Le citoyen honnête devrait le dire à la commune. Dans notre cas, on ne dit rien et on dépense tout. Quelque temps après, le contrôle financier s en rend compte et nous demande ce qu on a fait des 10'000.- versés en trop. Doit-on rembourser? Normalement oui, mais peut-être que c est prescrit (la prescription n enlève pas l obligation mais on ne peut plus agir en justice obligation naturelle). Dans notre commune, il n y a aucun règlement sur ce sujet pour régler le problème alors on va devoir aller voir le principe général sur la prescription à l art. 127 CO. Dans ce cas, on pourrait parler d un autre principe général : l intérêt moratoire. En pratique, le droit communal et le droit cantonal jouent un rôle essentiel! On trouve les mêmes concepts en droit communal et cantonal qu en droit fédéral mais le problème est que souvent l appellation est différente, et la réside tout le problème de la qualification pour le juriste. En droit fédéral, le système s est simplifié. Le but de tout ce système est de codifier des règles de droit. La base matérielle, c est la règle de droit (art. 22 al.4 LParl : «Sont réputées fixant des règles de droit les dispositions générales et abstraites d application directe qui créent des obligations, confèrent des droits ou attribuent des compétences»). On a une règle de droit lorsque son but est de créer des droits, des obligations, des compétences. Et la règle de droit est générale et abstraite. L arrêté fédéral est une manifestation du gouvernement. Il ne crée pas un droit ou une obligation pour les citoyens. Il ne change rien pour les administrés (ex : le budget de l Etat qui a une grande importance dans l administration). Les ordonnances proviennent surtout du Conseil Fédéral mais il y a aussi d autres organes qui en font : Assemblée fédérale Conseil fédéral Administration fédérale = délégations Dans une future LPCC, il y aura un article donnant mandat délégation) à l administration fédérale. On passe ici directement par-dessus le Conseil Fédéral. La portée de la colonne de gauche (= au niveau fédéral) c est la distinction entre : - base matérielle : l exécutif se prononce - base formelle : le Parlement (législatif) se prononce C est identique dans les cantons : le Parlement fait une loi cantonale (base formelle) ; une loi est adoptée par le Conseil d Etat (base matérielle). Il y a des éléments très importants dans les constitutions cantonales (spécificités cantonales). Ex : le règlement de ramassage des ordures est-il valable ou non? 1617 X dit que cet article est incompatible avec le droit cantonal. Pour le savoir, il va falloir lire la Cst cantonale pour connaître l autonomie communale (certains cantons sont très favorables à l autonomie communale : VS, FR : d autres le sont moins, cantons centralisés : GE, VD) Ex : on défend les intérêts d un gros payeur qui n est pas d accord avec sa facture d électricité (un seul service industriel dans ce canton). On va devoir aller lire dans la Cst cantonale quelle est la compétence, l autonomie et la responsabilité des services industriels. Pour les communes suisses, c est pareil. Ex : il y a une interdiction de tondre son gazon le dimanche. Y qui travaille toute la semaine sauf le dimanche, ne peut tondre son gazon que ce jour-là. Il dit que ce règlement communal est une atteinte à sa liberté. Il dit que la base est matérielle et non formelle ce qui pose donc un problème Les organes d adoption de ces sources varient : - dans une grande commune : o législatif : FR, VS : conseil général VD, TI : conseil communal o exécutif : VS : conseil communal VD : conseil municipal - dans une petite commune : o législatif : c est la population Quelques remarques : 1) il faut voir comment la commune est organisée 2) tout s appelle règlement dans les communes. Le travail du juriste est donc de qualifier ce règlement. Pour le savoir, il faut voir la procédure d adoption du règlement. 3) en droit communal comme dans les cantons, il y a une procédure d approbation. Maintenant, le Parlement demande de voir les projets du Conseil Fédéral C est une consultation mais pas de manière formelle. Dans les communes, il y a toujours approbation par l autorité cantonale de surveillance (Conseil d Etat, Département des communes). Pourquoi approbation par l autorité cantonale de surveillance? - L autonomie cantonale a un prix. Il y a toujours un contrôle par le gouvernement du canton - Pour l uniformité! Il doit y avoir une unité entre les diverses communes. L approbation a une portée constitutive. Un règlement sans approbation n est pas valable et ne peut produire ses effets. Dans les ordonnances, on a l ordonnance législative et l ordonnance administrative qui, elle, n est pas une source du droit. Avec l ordonnance administrative, l administration produit un texte et ce texte n a pas la même portée qu une règle de droit. Le fait qu on choisisse d appeler tout ça directives, circulaires, c est psychologique. Si on veut un message fort, on dira directive ; si c est une suggestion ce sera plutôt recommandation. Il n y a pas de nature juridique spécifique, on est toujours dans le même domaine. Pourquoi produit-on tous les jours de tels actes? On a une législation, l administration doit l appliquer. 1) l administration va écrire un texte pour dire comment on va l appliquer 2) elle commence à appliquer. A ce point, il y a souvent un problème d arbitraire, d égalité entre les gens car il se peut qu on n ait pas appliqué la décision partout de la même manière 1718 3) pour enlever cet arbitraire, on a besoin de codification 4) il y a plein d administrations différentes, on va devoir unifier la pratique. Ces quatre points sensibles se règlent par les directives, par les ordonnances II. Deux questions typiques du droit administratif 1. L'ordonnance administrative (la directive) 1.1. La notion (parmi les autres types d ordonnances) Il s agit d une ordonnance issue d une autorité administrative supérieure à l intention de l autorité inférieure et dont seule celle-ci est destinataire et obligée par la directive. Elle ne concerne donc pas le citoyen. Il ne s agit donc pas d une règle de droit ou d une source de droit. Partant, on n a pas besoin d une base légale pour avoir une compétence de l administration. On a des directives dans tous les domaines de l administration. Ces directives sont habituelles et officialisées. L administration sait que la directive est attendue donc elle la publie de façon organisée (présence d un recueil systématique). On les trouve surtout dans les domaines économique et financier (elles sont nombreuses en droit fiscal par ex.). Avant de produire une directive, l administration fait une consultation (consultation d un groupe de citoyens) Ex : En droit fiscal. La législation fiscale nous donne les principes, l ordonnance nous donne les détails mais on n a rien sur la pratique fiscale! Et il est clair que dans ce domaine, on ne peut pas donner de conseil si on ne connaît pas les directives! 1.2. Les délimitations La distinction entre les directives et les décisions administratives n est pas aisée. Il y a plusieurs concepts avec lesquelles il ne faut pas confondre la directive avec : - l instruction - le renseignement - la recommandation - la décision constatatoire ATF 121 p.126ss (polycopié) : qualification fiscale d un produit d investissement Les banques, les assurances, etc. passent beaucoup de temps à trouver des produits fiscalement attractifs pour attirer la clientèle. En Suisse, on a l absence d impôt sur le gain et capital (ex : le gain que je fais entre l achat et la vente de mon action en bourse). Un autre avantage fiscal réside dans la prévoyance professionnelle car on veut inciter les gens à planifier leur retraite. Ainsi, ce qu on investit dans le troisième pilier peut être déduit du revenu. Dans notre ATF, l administration fédérale des contributions (AFC) dit que l élément de la prévoyance professionnelle (assurance) est minime et donc ce produit ne peut satisfaire au privilège fiscal. Art. 44 de la PA (art. 113 CPJA fribourgeoise) disent qu une décision peut être sujette à recours. Si on n a pas de décision au sens formel, il n y aura pas de recours. Ici, avant de se prononcer dans la lettre, on dit (p.476 de l ATF) que le refus de l AFC de se prononcer est une décision. Mais d un autre côté, on dit que l AFC a écrit une lettre ce qui ne peut pas être considéré comme une décision. 1819 AFC DFF FF / RDA Lettre Réponse qui n est pas une décision 1) Décision (le refus de statuer décision d irrecevabilité) 2) Décision D abord on a une question de recevabilité et ensuite une question sur le fonds. Si on dit que c est irrecevable c est une décision et on peut recourir aussi contre cela (car c est une décision). La définition de décision administrative se trouve à l art. 5 PA. ATF p.478 au fond : on parle des instructions internes. Les instructions internes ne sont pas des directives. 1) Office 2) Département 3) G A) Directive / Instruction Ex : La demande de permis de séjour de quelqu un de très connu dans son pays. On donne une instruction à ce sujet dans un cas concret. Et c est possible de donner un ordre en vertu du principe de la hiérarchie administrative. L instruction est une directive pour un cas concret. La directive administrative est abstraite et générale ( pour une situation concrète). C est une pratique! B) Directive / Renseignement ATF p.479 petit c : avec les renseignements, on répond à une question de l administré. On lui dit comment la loi s applique. On ne peut pas recourir contre un renseignement. A ce niveau, on voit qu il y a un problème si le renseignement est faux. Les renseignements n ont une portée juridique qu au moment où l on peut invoquer une violation du principe de la bonne foi. Si le citoyen pouvait croire (avait de fortes raisons de croire) à ce qu on lui disait et qu il a pris des dispositions à cause de ces déclarations (fausses), la bonne foi va agir, ici, comme correctif. Ex : On a construit malgré un danger d avalanche. On avait dit au citoyen que ce n était pas une zone dangereuse. Ici, on ne regardera pas la bonne foi, mais on se dira que c est peut-être un acte illicite de l administration. Partant, ce sera donc un problème de responsabilité. C) Directive / Décision constatatoire ATF let. d : la décision constatatoire est une décision administrative (art. 5 PA : «mesure dans un cas concret fondée sur le droit public, contraignante». Mais let. b : «constate» ). La société d assurance dit que cette lettre constate l inexistence du droit de bénéfice d un privilège fiscal, c est en quelque sorte une manifestation de volonté qui dit cela. Les art. 25 al.2 PA et Art.25 nouveau PA : on peut y voir une décision si le citoyen a un intérêt digne de protection (intérêt légitime à ce que l administration donne une décision). L AFC n est pas une autorité en matière d imposition fédérale directe car ce sont les cantons qui sont compétents pour la taxation. Ainsi, si l AFC n est pas compétente pour rendre ces 1920 décisions, elle n est peut-être pas compétente pour rendre une décision constatatoire. La lettre peut tout au plus être une recommandation. D) Directive / Recommandation On ne peut pas recourir contre une recommandation. Il faut pour recourir avoir affaire à une décision. L AFC ne peut pas se comporter comme un conseiller fiscal (et dire aux gens ce qu ils doivent faire) donc on peut qualifier cette lettre de recommandation et de recommandation uniquement destinée aux autorités cantonales. Conclusion, p.482 consid. a) : Attention à ne pas confondre la directive administrative avec les autres notions. La directive administrative est générale et abstraite. Les recommandations contiennent des opinions informelles à travers lesquelles l Etat manifeste sa conception du droit 1.3. Les effets (juridiques) A ce sujet, il faut voir l arrêt de Davos qui comporte une directive de la police qui interdisait lors du forum à des manifestants de venir (portée de la directive). Puisque les directives ne sont pas des sources de droit, cela a quatre conséquences juridiques : 1) l administré citoyen ne peut pas se plaindre de la violation d une directive en recours. On ne peut recourir que contre une violation de la loi. De plus, la directive n est pas destinée au citoyen. 2) la directive ne lie pas l autorité de recours (le tribunal). Le tribunal ne doit vérifier que le respect de la loi (ordonnance d exécution) et pas celui de la directive. 3) il n y a pas de recours abstrait contre ces directives. On parle de contrôle abstrait lorsque l objet du contrôle est la loi elle-même, on dépose alors un recours directement contre la loi (cantons suisses). On parle de contrôle concret lorsque l objet du contrôle est une décision d application de la loi 4) les directives n entrent pas en vigueur pour le citoyen. Le citoyen ne peut pas réclamer à l administration d appliquer la directive. Car le destinataire c est l administration. La seule chose que le citoyen peut réclamer c est l application de la loi : requête du citoyen directive (étude d impact pour construire) l administration rend une décision mais on va dire, faites une étude d impact! ** ** le citoyen va dire : la directive est arrivée après ma requête. Mais l administration lui répondra que la directive ne concerne que l administration. La directive ne change pas la loi. Le citoyen ne peut pas jouer avec l entrée en vigueur de la directive. Le citoyen va sûrement dire que la loi dit qu il n y a pas d étude d impact mais l administration lui répondra que la loi est mieux appliquée avec l étude d impact. Dans ce cas, il n y a aucun problème avec l entrée en vigueur. Exception à ces quatre conséquences : Le TF dit que lorsque une ordonnance administrative a indirectement des effets externes sur le citoyen, alors on peut assimiler l ordonnance administrative à une règle de droit et le recours est ainsi possible!!! 20 Montrer encore
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 art. 32
 ATF 
 art. 2
 art. 41
 art. 16
 art. 90
 art. 10
 art. 10
 ATF 
 art. 39
 Art. 23
 Art. 38
 art. 23
 art. 272
 art. 23
 ATF 
 Art. 8
 Art. 6
 art. 29
 art. 6
 art. 90
 art. 36
 art. 29
 art. 29
 art. 29
 art. 127
 ATF 
 Art. 44
 art. 5
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 25
 Art.25