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Timestamp: 2017-06-24 15:27:41+00:00

Document:
témoignage vécu du rapporteur obligé d’un projet de révision constitutionnelle, au Tchad d’ici le 6 Février prochain
----- Original Message ----- From: To: Bertrand Fessard de Foucault Sent: Sunday, January 20, 2013 6:55 PM
----- Mail transféré -----De : À : Envoyé le : Dimanche 20 janvier 2013 18h29Objet : Re: au sujet de la benne
Merci de m'avoir répondu ! En tant que rapporteur de la Commission politique générale, je dois rédiger le rapport sur la loi constitutionnelle portant révision de la Constitution. Cette révision porte sur les articles 71, 150, 152, 153, 154 et 155 de la Constitution. La révision de l'article 71 autorise maintenant le Président de la République d'être président du parti politique, d'être membre d'Associations académiques ou à caractère scientifique ou culturel. L'inamovibilité des magistrats du siège et de la Cour Suprême est supprimée (Articles 150 et 154 de la Constitution tchadienne). Mais je suis totalement en désaccord avec cette loi qui est anticonstitutionnelle car elle viole l'article 223 alinéa 3 de la Constitution. Comment amener les députés MPS majoritaires à voter contre cette révision ? Cette question me brûle les lèvres. Monsieur MOUSSA KADAM, Président du Groupe parlementaire MPS, fait pression sur ses députés majoritaires dans notre commission à m'obliger à conclure à l'adoption lors de nos votes en commission. Le Président de mon groupe parlement RNDT LE REVEIL, Monsieur PAHIMI PADACKE Albert nous a nous a surpris en donnant des instructions à voter oui ! Que faire ? Si je ne suis pas ses instructions, il risque d'écrire au Président de l'Assemblée pour me demettreson mandat comme le Code électoral le prevoit. En tant que Attaché d'administration des greffes, je me plains pour mes collègues de la justice qui s'opposent à cette révision ; laquelle supprime leur inamovibilité. Ils seront désormais soumis à des pressions de l'Exécutif. S'ils ne se soumettront pas, ils vont encourir des sanctions. S'ils exécutent à la lettre leur volonté, ils bénéficieront des promotions ou ils restent à vie dans leur poste. Comme c'est le cas des deux magistrats à SARH et à MOUNDOU dans le Sud du Tchad. Voilà la vie politique de ton pays !
----- Original Message ----- From: F. To: b.fdef@wanadoo.fr Sent: Saturday, January 26, 2013 9:03 PM
L'article 71 dispose que "les fonctions du Président de la République sont incompatibles avec l'exercice de tout autre mandat électif, de tout emploi public et de toute autre activité professionnelle et lucrative. Elles sont également incompatibles avec toute activité au sein d'un parti politique ou groupement de partis politiques ou d'une organisation syndicale." La modification apportée porte sur l'alinéa 2 :"Toutefois, le Président de la République a la faculté de participer aux activités d'un parti politique ou groupement de partis politiques, ou d'être membre d'associations à caractère académique, scientifique ou culturel." En lui accordant ainsi la possibilité d'être président d'un parti, le Tchad sera un Etat parti où toutes les hautes fonctions seront occupées par les militants du MPS. Il sera le Président des militants du MPS. Le pluralisme politique est ainsi menacé. Même maintenant les militants du MPS obligent leurs collaborateurs à adhérer au MPS par des intimidations, des promesses de promotion et l'amélioration de leurs conditions de travail ou de vie. Rares sont les fonctionnaires de l'Etat et les travailleurs du privé qui résistent. Tous les services, toutes les institutions de l'Etat sont politisés. Sans même cette modification de l'article 71, nous vivons cette amère situation. L'article 150 de la Constitution dispose que "les magistrats du siège ne sont soumis dans l'exercice de leurs fonctions qu'à l'autorité de la loi. Ils sont inamovibles."
L'article 154 a été totalement abrogé. La nouvelle proposition supprime l'inamovibilité des membres de la Cour Suprême. Ils ne demeurent plus en fonction jusqu'à l'admission à la retraite mais ils ont un mandat de sept ans renouvelable. Quoiqu'on dise, cette révision viole l'article 223 de la Constitution. Le pouvoir judiciaire est pris en otage. Deux magistrats sont radiés de la fonction publique : l'un pour avoir dit la vérité sur les entennes de RFI et l'autre pour avoir pris service avec retard d'un mois alors qu'il était à un an de sa retraite. Les magistrats sont coffrés et ne jugent pas selon la loi et l'intime conviction mais selon les instructions du Ministre de la Justice. Le Procureur de la République près le Tribunal de Première de SARH se voit intouchable malgré qu'il spolie, arnaque les justiciables car il a mis en prison GALI NGATA NGOTE contre qui il a requis cinq ans de prison comme le Ministre de la justice le lui a dit. Nous avons cru que le pétrole de DOBA, la raffinérie de DJARMAYA et la cimentérie de BAORE allaient réduire la pauvreté. Mais plus de 80% de la population vit toujours dans une précarité absolue sans l'eau potable, sans électricité, sans médicaments dans les centres de santé. Ce sont les membres de la famille du Président de la République qui gèrent ces industries comme des entreprises familiales. La commercialisation du gaz et du pétrole, la gestion des services des mines (carte grise), des services d'identification (Carte Nationale d'Identité, passeports), les recettes douanières sont confisquées par le clan ITNO. Certains habitants des quartiers de NDJAMENA et des provinces sont déguerpis de leurs concessions sans être indemnisés et des stations de carburant du clan y sont construites. S'ils avaient occupé les terrains de l'Etat ou du moins l'Etat a pensé récupérer ces terrains pour cause d'utilité publique en les indemnisant, ce serait admissible.
----- Original Message ----- From: Bertrand Fessard de Foucault To: F.
Pourriez-vous m'adresser le texte actuel de la Constitution ? la composition de l'Assemblée ? ce MPS (le parti gouvernemental ou présidentiel ?) est-il majoritaire ? en faites-vous partie ? et avez-vous donc des troubles de conscience pour accomplir le travail de rapporteur ? ou bien êtes-vous un élu de l'opposition mais à celle-ci on laisse le soin de faire ce rapport et peut-être de se suicider ainsi ? Y a-t-il eu une période "heureuse" et libérale dans l'histoire politique de votre cher pays ? y a-t-il des leaders pour l'opposition, et qui soient charismatiques ? Est-on encore en période heureuse ?
----- Original Message ----- From: Bertrand Fessard de Foucault To: Michel Réveyrand de Menthon, ambassadeur au Tchad Sent: Monday, January 28, 2013 3:44 PM
----- Original Message ----- From: F. To: Bertrand Fessard de Foucault Sent: Tuesday, January 29, 2013 1:35 AM
Avec ce pouvoir du MPS, les troubles de conscience sont énormes. Je travaille toujours sous pression. Il faut le faire vite. J'ai écrit le rapport de l'ordonnance 007 portant statut des magistrats. J'ai conclu au rejet. J'ai demandé aux plantons de le multiplier et de déposer une copie dans la boîte de chaque député. Le Président de l'Assemblée m'a convoqué dans son bureau à 16h et m'a obligé à conlure à l'adoption. J'ai juste le temps de changer la conclusion. Toute la demarche, toute l'analyse faites dans le rapport ont pour but de rejeter l'ordonnance. Ce n'était pas facile. Le président a dû suspendre la plénière. Les députés MPS sont contraints de voter le rapport même s'ils m'ont traité d'irresponsable dans mon rapport.
DEBY n'a aucune popularité personnelle. Il est âgé de 61 ans. Il demeure toujours militaire. Il est minitre de la Défense. Il tient l'armée. Toute l'armée est dominée par son ethnie ZAGHAWA qui occupe les services stratégiques, les services de commandements, les services des matériels et financiers. Leurs mains sont sur la gachette, prêts à tuer, à tirer. Je crois avoir répondu à toutes vos questions ! Merci de m'avoir lu et compris !
----- Original Message ----- From: Bertrand Fessard de Foucault To: F. Sent: Tuesday, January 29, 2013 6:38 AM
----- Original Message ----- From: F. To: Bertrand Fessard de Foucault Sent: Tuesday, January 29, 2013 2:46 PM
Aucune personnalité ne peut gagner aujourd'hui ou du moins incarner un espoir. Si DEBY a senti que un chef de parti incarne l'espoir, soit DEBY le tue (par empoisonnement, par l'accident), soit il l'appelle au gouvernement pour l'humilier. Tous les tchadiens sont pris en ténaille. Aucun tchadien ne peut oser prendre les armes. Tous les leviers de l'armée sont vérouillés. Même les manifestations pacifiques des sociétés civiles, des syndicats et des étudiants sont dispersées par la garde présidentielle et des policiers qui ont tiré à balles réelles et utilisé de l'eau chaude. L'armée de DEBY ne tardera pas à tuer les compatriotes comme des mouches. Mr PAHIMI PADACKE Albert, qui a accompagné IDRISS DEBY ITNO aux élections présidentielles de 2011 et a reçu 300.000.000F CFA, nous a déclaré que s'il constatait que ses voix dépassaient celles de IDRISS DEBY ITNO, il s'exilerait. Les chefs de partis politiques sont manipulés par IDRISS DEBY ITNO qui les térorise ou achète leur conscience. Tous les présidents des partis politiques savent que s'ils jouent vraiment leur rôle d'opposants, DEBY vérouille tout si bien qu'ils ne pourront plus gérer leur parti. Ils sont obligés de se soumettre pour être ministres. SALIBOU GARBA, qui a longtemps travaillé avec DEBY en tant que ministre, m'a fait savoir que DEBY a l'habitude de les insulter, de jeter son cendrier sur la tête d'un ministre ou chef de parti quand il s'énerve. Quand le Président HOLLANDE a gagné les élections, il a jeté son cendrier sur l'écran du téléviseur. DEBY a blessé deux de ses anciens Premiers Ministres, l'un à l'oeil et l'autre au nez à l'aide des cendriers. Il ne veut pas que les autres lui fasse des propositions contraires aux siennes. Bref, toutes les voies pour aboutir à l'alternance sont impossibles...
Par mesure de prudence, de peur d'être trahi, je ne peux pas alerter l'Agence Française de Presse qui aurait peut-être un lien plus fort avec le pouvoir de DEBY. Je ne connais personne à l'AFP. Merci de me comprendre ! Bonne journée !
----- Original Message ----- From: F. To: Bertrand Fessard de Foucault Sent: Wednesday, January 30, 2013 12:03 AM
Juste après mon mail ce matin, le Président du Groupe parlementaire, Mr MOUSSA KADAM (député de MONGO, formé sous le nom de Victor KADAM au Collège Saint Charles LWANGA comme moi, un collège catholique dirigé par les prêtres jésuites) m'a apostrophé pour me dire d'achever rapidement le rapport. A m'entendre répondre que nous avons programmé auditionner le Syndicat des Magistrats du Tchad, le Président de la Cour Suprême et les avocats ou juristes, MOUSSA KADAM a objecté et a conclu que son Groupe votera article par article et qu'il ira en parler au Président de l'Assemblée pour nous contraindre à annuler ces auditions. Selon lui, si nous auditionnons ces personnalités, nous serons amenés à conclure au rejet. Je préfère que vous gardiez l'intégralité de ces informations mais sous l'anonymat. Je ne suis pas encore parvenu à gagner totalement leur confiance.
Mais le tréfonds d’un système politique et mental est encore à reconnaître. Il ne fut qu’accidentellement allemand, et l’exceptionnalité de Hitler vient d’adhésions innombrables mais intimes qui n’ont pas encore été toutes repenties, consciemment et explicitement. L’Allemagne est unique en son histoire non par son paroxysme hitlérien mais, à la suite de sa défaite, par sa psychothérapie institutionnelle, d’autant plus méritoire que le manichéisme provoqué par sa division et par le stalinisme, lui donnait a priori prétexte pour l’éluder. La parabole nazie est oubliée. Car en tenons-nous compte pour nous, pour aujourd'hui ? Cela s’est organisé – de façon voulue ? – depuis la fin des années 1960. La France en est un exemple. L’histoire des années 1930 et 1940, celle de l’Occupation, a été centrée sur la shoah avec une déviance, consacrée par Jacques Chirac en 1995 et validée l’été dernier par François Hollande : la France n’était donc pas à Londres mais à Vichy. Israël fascina en 1950 et encore au début des années 1960 – Pietro Nenni et Pierre Mendès France y contribuèrent – parce que le nouvel Etat, « mettant en valeur » le désert, était un modèle de socialisme et de colonisation alors que le stalinisme et la guerre d’Algérie en semblaient les négations. Ben Gourion ne fondait pas le nouvel Etat sur le sionisme ou sur la shoah mais sur la mémoire scripturaire et un droit de propriété, ce qui plaçait la question de Palestine sur le terrain d’aujourd’hui, dépasser les prétextes spirituels et ethniques de la Thora et du Coran, combiner les droits acquis de quelque date qu’ils soient. En France, naquit ainsi le communautarisme – aux méfaits pour la collectivité natiuonale bien plus importants mentalement que le « phénomène » des banlieues – auquel se refusent avec mérite les Français musulmans ou originaires de notre Outre-Mer. Le maniement de l’Histoire – l’obsession de la « revanche », les mythes germaniques autant que celui de la « perfide Albion » entre Jeanne d’Arc et Sainte-Hélène, ont été, par anticipation, du même tonneau que les invocations de Nuremberg – n’est possible que si les dirigeants politiques du moment savent discerner et exposer la réalité. Il est frappant que le général de Gaulle ait consacré une part décisive de ses discours, pendant la guerre, et surtout en fondant notre actuelle République, à l’explication de l’Histoire dont nous venions très immédiatement dans les années 1960, et à un discernement du monde contemporain nonosbtant les manichéismes d’alors : communisme, décolonisation et autres. La même entreprise de décapage n’est toujours pas commencé en économie où continue de régner, plus encore dans la conscience des dirigeants et des soi-disant élites, la dogmatique libérale selon laquelle moins il y a de règlement et donc d’Etat, plus il y a de propension et de fécondité à fonder de quoi produire. Le bien commun : automatique, selon le degré de pureté du marché.
Second indice de morbidité chez nous. La culture du chef. C’est la grande déviance du gaullisme d’après 1969. La démolition du Général par les siens a paradoxalement engendré en quelques années – manque de charisme et de « leadership » d’un président, grand par certains aspects, mais ordinaire par bien d’autres et d’abord par son parcours personnel – le chiraquisme, mélange de messianisme, de système à réseaux et corruption, et de simplisme. Le débouché a été double : l’inaction au pouvoir une fois qu’il fut conquis, si laborieusement, en 1995, et l’élévation au pavois d’un volontarisme de parole, celui de l’éphémère Dominique de Villepin, et d’un énergique culot, celui de Nicolas Sarkozy qui, rétrospectivement, commence à exercer du charme. Car notre histoire et notre malheur politiques, s’écrivent depuis une quarantaine d’années selon des manques, des vides, et non selon une direction à laquelle le grand nombre – « tout le monde » disait de Gaulle – est invité à participer, plus encore qu’à adhérer. On aboutit à la propagande et à la semi-vérité constamment. Au vide et à des décérébrations bien plus avancées chez les dirigeants, perdant conscience de ce qu’ils font, que dans le peuple, qui sait sa tolérance. Hitler en savait le maniement. Aujourd’hui, le poison nous laisse en déshérence. Le troisième signe est décisif, mais demande une analyse très étendue et documentée. Le mépris du « facteur travail » dans l’analyse des économies d’entreprise, les salaires de la base (non de la haute hiérarchie) comme seule « variable d’ajustement » sont notre racisme contemporain. Ils méprisent les droits de l’homme, la dignité de chacun, l’instinct de s’épanouir dans la création production, dans le coude-à-coude de la production. Le libéralisme – version récession des économies contemporaines – est un mépris, plus encore qu’un accaparement par quelques-uns. Tandis que se perdent la conscience de classe et son élan mobilisateur qui firent l’histoire sociale, et même politique de la France au XXème siècle, triomphe avec impudence une avidité pécuniaire qui ne seut s’expliquer que par une conscience apeurée de la précarité d’à peu près tout, et d’abord d’une réussite si individuelle qu’elle manque de socle.
Propos du général Lalane-Berdouticq, en clôture d'un séminaire à l'I.H.E.D.N. L'IHEDN est l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Le discours que nous reproduisons ci-dessous a été prononcé par le général Lalanne-Berdouticq (ancien commandant du 3ème régiment étranger d’Infanterie et ancien chef du bureau de liaison de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban – FINUL 2), lors de la clôture d'une récente session de l'IHEDN. Après ces dix huit jours inoubliables à travailler ensemble, à vous forger des amitiés dont certaines seront définitives, à voir les choses différemment, voici ce que, comme votre « entraîneur » et un peu « ouvreur de voie », je voudrais vous dire. En toute liberté bien sûr et avec mon franc-parler habituel ! texte retiré à la suite de l'échange ci-après
----- Original Message ----- From: Alonso Marc To: b.fdef@wanadoo.fr Sent: Thursday, January 31, 2013 11:51 AM
Subject: Publication illégale Bonjour,
Je suis l’assistant d’Alexandre Lalanne-Berdouticq et vous publiez sur votre site (http://bff-voirentendre.blogspot.fr/) un texte sans son autorisation. Je vous prierais donc de bien vouloir le retirer dans les plus brefs délais. Cordialement
----- Original Message ----- From: Bertrand Fessard de Foucault To: Alonso Marc Sent: Thursday, January 31, 2013 1:16 PM
Subject: Re: Publication illégale J'en suis désolé. Je le retire. J'avais rencontré le général - qui a été, je crois, l'attaché de défense de mon collègue Pierre Lafrance, à Karachi - au Cercle animé par Jacques Myard, député-maire de Maisons-Laffite. Le texte m'a été transmis à plusieurs reprises, par plusieurs destinataires depuis la mi-Novembre 2012, dont bien entendu j'éviterai la mise en cause, mais cela montre le rayonnement et dont vous devriez vous réjouir. J'aurais effectivement cru qu'un homme - autant de convictions et d'idées que d'action - attacherait plus d'importance à la circulation de ses exposés et de ses pédagogies, qu'à sa propriété intellectuelle. C'est en tout cas ce que j'ai toujours pratiqué moi-même depuis que j'ai eu l'honneur d'avoir quelques années l'ouverture des colonnes du journal Le Monde, puis encore plus durablement, celles de la Croix.
-Le monde est complexe et dangereux, il est loin des « blocs » que nous avons connus des décennies durant, aussi bien que de la « fin de histoire » que l’on nous annonçait voici vingt ans, et encore plus loin de la « paix définitive » qui aurait permis « d’engranger les dividendes de la paix » chers à des hommes à la courte vue. Ce monde, notre monde, reste dangereux. Comme les prophètes que personne n’écoutait dans les années 1930, je ne cesse de dire que le décuplement des dépenses militaires en Extrême-Orient depuis dix ans devrait nous inciter à mieux surveiller les diminutions insensées que subissent les nôtres. Dans l'Histoire en effet les mêmes causes produisent les mêmes effets et il y a donc tout à craindre des abandons que nous consentons chez nous. Mais encore faudrait-il voir le monde comme il est et non comme les faiseurs d’opinion voudraient qu’il soit.
-Méfions-nous du « prêt à penser », il est presque toujours faux et ordonné à des fins peu recommandables. Non le Kosovo n’est pas meilleur après la campagne qu’y ont conduits les alliés en 1999, montée suite à une incroyable guerre d’intoxication médiatique diabolisant les Serbes et présentant les Albanophones comme des anges persécutés…Il en résulta la fondation du premier pays[1] presque totalement mafieux du continent européen, dont la population originelle, serbe, a été sans pitié chassée de chez elle dans le silence des médias ; ses monastères détruits et ses maisons incendiées.
-Dans les grandes questions du monde, n’oublions jamais de considérer le paramètre démographique. Il est capital et le silence des médias et des analystes sur ces sujets en dit long sur l’aveuglement, qui ne peut qu’être volontaire, de nos élites autoproclamées. Ainsi, quel est l’avenir de l’Allemagne, qui aura perdu sept millions d’habitants en 2030 et se verra peuplée en grande partie de ressortissants d’origine turque ? Sera-t-elle-la même ? Or on sait que l’islam confond la sphère publique et la sphère religieuse en refusant absolument de distinguer « Dieu » et « César » ? Or cette distinction est à la base même des systèmes démocratiques.
Enfin, oublie-t-on qu’une population peut être chassée de chez elle, ou se voir remplacée par une autre, les autochtones se retrouvant alors comme étrangers sur leur propre sol ? Sans remonter à la diaspora juive du premier siècle, pensons aux Coptes d’Egypte, aux chrétiens de Turquie d’Asie (20% de la population en 1900 alors qu’ils sont aujourd’hui 0,02%, soit mille fois moins) ou bien encore aux Serbes du Kosovo, déjà cités (90% de la population en 1900 et moins de 10% aujourd’hui)! Hors les idéologues, qui peut être assuré que la France est à l’abri de tels phénomènes ? Refuser d’examiner la question sous couvert de mots en « isme » est singulièrement irresponsable. Or, entendons nous que l’on se soucie de cette question ? Non. Elle est pourtant cardinale !
Considérons aussi l’incroyable effondrement démographique de nos voisins Italiens et Espagnols et tentons d’imaginer ces deux pays dans trente ans ! « Il n’est de richesse que d’hommes », dit le proverbe. Que sera donc la civilisation occidentale si, dans trois siècles, des touristes visitent nos cathédrales sans que personne ne puisse leur expliquer le sens d’un Christus pentocrator dont ils contempleront la sculpture sur le tympan, ainsi que cela se passe pour les églises de Cappadoce, alors que plus aucun chrétien ne vit aux alentours ?
-Ensuite cessons de nous croire à l’abri des menaces militaires au motif que nous possédons d’admirables sous-marins nucléaires. Ils sont indispensables mais insuffisants. La guerre est bien de retour et le fracas des combats des Balkans, maintenant assourdi, nous rappelle qu’elle peut s’inviter dans des contrées européennes très proches, et pourquoi pas chez nous[2] ? Qui peut ignorer que si tout le monde (tout le monde, sauf nous !) réarme sur la planète, c’est bien pour quelque raison ! Et l’Europe, direz-vous ! Fort bien, mais l’Europe n’est sur le plan militaire qu’une addition de faiblesses, vous le savez. Ajouter des faiblesses à d’autres faiblesses n’a jamais constitué une force mais bien une faiblesse plus grande encore[3] !
Comme le disait, je crois, Roosevelt au moment de la Grande dépression, puis du début de l’engagement américain dans la 2e guerre mondiale, « Ce que nous devons craindre le plus au monde, c’est la peur elle-même ». Or l’histoire nous enseigne que les populations qui ont peur de la mort sont celles qui disparaissent de la surface du globe. Notre manière « d’évacuer » la mort de la vie sociale est effrayante en soi, car un jour ou l’autre nous devrons combattre pour notre vie, et donc la risquer. Ne pas s’y préparer c’est nous assurer de perdre cette vie à coup sur. Cela s’appelle la lâcheté, qui n’a jamais attendri aucun adversaire déterminé ; jamais, bien au contraire.
Or, là est le danger : nous n'avons pas à dire que « Pour nous » un mot veut dire telle chose ; nous devons au contraire nous référer à sa définition exacte sinon plus aucun échange n'est possible. Reprenant l'exemple de la République, je lui disais que celle-ci se définit par trois critères et seulement trois : Un gouvernement collégial, qui obéit à des lois, et dont le mode de succession n'est pas dynastique. Un point c'est tout. La république romaine était-elle démocratique ? Non, mais c'était tout de même une république.
-Il nous faut chasser l’idéologie, quelle qu’elle soit ; de « droite » ou de « gauche ». C’est une maladie mortelle de l’esprit car elle fait voir la réalité au travers de systèmes d’idées, qui sont autant de lunettes déformantes. A l’idéologie il faut opposer le principe de réalité qui veut que les choses soient ce quelles sont, que cela nous plaise ou non. Alors on peut agir en espérant ne pas trop se tromper. Il n’y a pas de bons camps de concentration (cubains, nord-coréens, chinois) dont on ne parle jamais, et de mauvais, les nazis, dont il faut sans cesse se souvenir. Il y a eu et il y a des camps de concentration où des innocents sont morts et meurent encore dans des conditions atroces. Il n’y a pas l’antisémitisme, évidemment condamnable, des « néonazis », et sa variété excusable, celle des « islamistes », qui est passé sous silence. Il y a l’antisémitisme (qui d’ailleurs est un antijudaïsme), un point c’est tout. Au nom de quoi devrait-on condamner « l’islamophobie » si l’on ne le fait pas de la « papohobie » ou de la « christianophobie » ? A-t-on vu un chrétien Chaldéen ou un Melchite se faire sauter dans une mosquée d’Irak ? Un seul ? Dès lors, comment mettre sur le même pied « les » intégrismes ? Il existe quand même une différence de nature entre un zélateur d’Al Quaeda et un Mormon, me semble-t-il.
-Il nous faut être convaincus que la France est et reste une grande puissance. Du moins si elle continue de le décider. Aujourd'hui, combien de pays ont-ils une représentation diplomatique dans le monde comparable à la nôtre ? Un seul. Combien de pays disposent-ils de sous-marins lanceurs d’engins totalement conçus, fabriqués, équipés, maîtrisés par leur gouvernement national dans le monde ? Trois, et pas la Grande-Bretagne. Combien de pays disposent-ils de porte-avions de premier rang à catapulte avec une flotte aérienne adaptée, moderne et entrainée ? Deux.
La France est au premier rang de toutes les grandes négociations mondiales, elle dispose d’un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, ses avions volent dans tous les cieux de la planète. Elle est au premier rang de la technique, de l’art, de la littérature. Elle est au premier rang des pays possédant un patrimoine multiséculaire, admirable et entretenu. Elle est au premier rang de certains travaux de recherche, elle inonde une partie du monde de son rayonnement culturel, artistique, commercial, d’influence, et ce depuis neuf siècles sans discontinuer!
Quand la France parle, on l’écoute, parfois on la jalouse et on la brocarde, mais on l’écoute et son message est souvent reçu. C’est un fait.
Cependant et tout bien considéré, soyons fiers de ce que nous sommes, mais avec mesure. Soyons fiers de notre héritage multiséculaire, en ayant conscience de ce que nous sommes les « débiteurs insolvables » des richesses léguées par nos ancêtres. Nous ne pourrons jamais rembourser cette dette, qui nous oblige. Mais soyons aussi convaincus que cet héritage est fragile et peut s’effondrer en quelques années, voire quelques mois si des événements dramatiques venaient à se produire et auxquels nous n’aurions pas fait face à cause de notre inconscience, de notre inconsistance ou de notre imprévoyance. Voyez comme s’est écroulé l’Ancien régime en quelque semaines[7], ou encore le tsarisme, La Vienne impériale, le communisme, sans parler des empires romain, moghol, khmer ou aztèque…
Ce formidable patrimoine, notre patrimoine (matériel et immatériel) est fragile et se trouve entre nos mains. Alors restons vigilants et combattons les idées dangereuses pour l’avenir, tout en travaillant d’arrache-pied à l’unité de notre nation, qui en a de jour en jour plus besoin. Nous savons de mémoire séculaire, depuis Bouvines pour le moins, que la France unie est victorieuse des défis. Désunie elle se dissout et, qui sait, pourrait disparaître.
----- Original Message ----- From: Lalanne-berdouticq Alexandre To: b.fdef@wanadoo.fr Cc: Alonso Marc Sent: Thursday, January 31, 2013 4:13 PM
Subject: TR: Publication illégale Monsieur l'ambassadeur,
Aussi vous proposai-je simplement, et si les idées de fond défendues dans ce texte vous agréent, de diffuser celui joint ici, très légèrement démarqué de l'original que vous avez eu entre les mains. Sous réserve seulement de ne pas mentionner mon appartenance à l'Institut des hautes études de Défense nationale, je serais très honoré que vous vouliez bien le distribuer parmi les personnes de votre connaissance dont vous estimez qu'elles devraient le connaître.
----- Original Message ----- From: Bertrand Fessard de Foucault To: Lalanne-berdouticq Alexandre Sent: Thursday, January 31, 2013 9:35 PM
Subject: votre message qui me touche - Re: Publication illégale Mon Général,
Deux choses. La première. Sans être long et sans viser quelques gouvernements que ce soit, il apparaît que notre pays est dans une situation critique à presque tous les égards. Les grands papiers qui ont paru dans la presse sous l'anonymat : Surcouf pour l'armée, Marly pour la diplomatie et C ... pour la préfectorale (le pseudo. m'échappe à l'instant) pendant le précécent mandat présidentiel, ont traduit le malaise des grands corps de l'Etat et des principaux outils collectifs de la nation. Il me paraît essentiel que quand de grandes expériences sont synthétisées comme la vôtre, elles circulent au maximum. N'hésitez donc pas à continuer de communiquer et réfléchir par écrit, s'il vous plaît.
En estime et en sympathie déférentes. Publié par

References: l'article 71
 l'article 223

L'article 71
 l'article 71
 L'article 150

L'article 154
 l'article 223