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Timestamp: 2018-01-20 13:04:25+00:00

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La Banque de France est la banque centrale de la France. C'est une institution bicentenaire dont le capital appartient à l'État.
Banque centrale - Finance de marché - Finance - Banque française - Système européen de banques centrales
La Banque de France est créée par Napoléon Bonaparte le 18 janvier 1800... Elles se tournent alors vers la Banque de France et lui achètent des billets.... (source : herodote)
Les billets et les pièces en euros circulent depuis le ...... Le service... (source : banque-france)
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1998 : la Banque de France est intégrée au Dispositif Européen de Banques Centrales
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135 milliards d'euros (12/2005), réparti en 67, 5 milliards d'euros en réserves de change, 2 824 tonnes d'or, soit 39, 5 milliards et 28 milliards de devises, plus 105 593 millions en billets euros et 1 349 millions en billets francs
La Banque de France est la banque centrale de la France. C'est une institution bicentenaire dont le capital appartient à l'État[2]. Pour l'exercice 2008, le dividende versé à l'État s'élève à 1 845 millions d'euros et l'impôt sur les sociétés à 1 509 millions d'euros[3].
Les activités sont organisées autour de 3 missions confiées, soit à la BCE et par conséquent par subsidiarité descendante à la Banque de France, soit directement par la loi :
la prestation de services spécifiques à destination des collectivités publiques, des entreprises et des spécifiques.
enfin, elle produit et gère la monnaie fiduciaire (cette activité est détaillée ci-dessous).
dans le contrôle bancaire en fournissant son personnel au CECEI ainsi qu'à la Commission bancaire ;
en surveillant le dispositif financier ;
en surveillant les dispositifs et moyens de paiement (et en assurant la co-gestion du dispositif Target 2).
Vis-à-vis des entreprises, elle collecte et met à disposition des informations financières (fichier FIBEN) sur les entreprises ainsi qu'à ce titre a obtenu en 2007 le statut d'Organisme Externe d'Évaluation de Crédit (ŒEC).
Enfin, à destination des spécifiques, la Banque de France maintient des fichiers d'incidents de paiement comme :
FICP : le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Spécifiques (recensement des incidents de paiement).
Le 1er juin 1998, une nouvelle institution a été créée, la Banque centrale européenne (BCE), chargée de conduire la politique monétaire unique de la zone euro. La totalité constitué par la BCE et les banques centrales nationales (BCN) de l'ensemble des États membres de l'Union européenne forme le Système européen de banques centrales (SEBC).
Créée le 18 janvier 1800 par un groupe de représentants de banques privées. Le premier consul Napoléon Bonaparte fut obligé par eux de leur laisser le soin d'émettre des billets payables au porteur ainsi qu'à vue. En 1811, elle installe son siège dans l'Hôtel de Toulouse, ancien hôtel spécifique du Comte de Toulouse Louis Alexandre de Bourbon (1678-1737), rue de la Vrillière, dans le 1er arrondissement de Paris, l'accueil du public se faisant actuellement au 31 rue Croix des Petits Champs. La Banqu de France, établissement privé alors, réalisait en 1808 6 millions et demie de bénéfices net. En 1814, tandis que la France est vaincue, que les coalisés étrangers entrent dans Paris, la Banque de France réalise pour les trois premiers mois de cette années un bénéfice de plus de 5 millions.
La banque de France en 1870 versera en dividendes 80 francs. En 1871, après le massacre de la commune de Paris, le dividende par action passera à 300 francs, tandis que l'Alsace-Lorraine venait d'être offertes à la Prusse.
Institution bicentenaire, nationalisée en 1945, indépendante du pouvoir politique depuis 1994, la Banque de France a perdu une part de son autonomie quand la politique monétaire de la zone euro a été confiée à la Banque centrale européenne (BCE). La BdF est membre du Système européen de banques centrales et son gouverneur siège au conseil des gouverneurs de la BCE. À cause de la réduction du champ de compétence de la Banque de France, le nombre d'employés, qui bénéficient d'un régime spécial de retraites, est voué à décroître.
La Banque de France, avant l'entrée de la France dans l'Union économique et monétaire, était reconnue comme un établissement public à caractère administratif. Elle était alors positionnée directement sous la tutelle du Premier ministre, qui par ordonnance du président de la République au visa de l'article 13, mais aussi de l'article 21, de la Constitution française du 4 octobre 1958, le Premier Ministre étant Chef administratif, lui conférait de droit la tutelle. Qui plus est , son activité principale de régulation est une activité de service public à caractère administratif.
Néanmoins, depuis 1997, la Banque de France ne peut plus être ainsi juridiquement qualifiée. En effet, elle est sous la tutelle non plus d'une autorité administrative française, mais de la Banque centrale européenne. La Banque de France a toujours la personnalité juridique. La doctrine juridique administrative et communautaire la qualifie par conséquent de personne «sui generis».
Créée le 18 janvier 1800 par le Premier Consul sous le régime du consulat Napoléon Bonaparte, sur le modèle de la banque d'Angleterre, dans l'objectif de créer une nouvelle monnaie stable, le Franc Germinal, après le désastre des assignats, la Banque de France était à l'origine chargée d'émettre des billets payables à vue et au porteur, en contrepartie de l'escompte d'effets de commerce. Assez modeste, n'exerçant son activité qu'à Paris, elle partageait, avec cinq autres établissements, le rôle d'émettre des billets de banque mais, dès le 21 avril 1800, le membre fondateur et régent Le Couteulx peut déjà annoncer : «La Banque de France est toujours un enfant au berceau, mais son enfance est celle d'Hercule, et elle a fait un bon et utile usage de ses premières forces».
La Banque de France se présentait juridiquement sous la forme d'une société anonyme au capital de 30 millions de francs divisé en 30 000 actions nominatives de 1 000 francs. Les actionnaires étaient représentés par 15 régents et 3 censeurs. La réunion des régents formait le Conseil Général de la Banque qui élisait dans son sein un comité central composé de trois membres dont le président était de droit Président du Conseil Général. Le comité central était chargé de la direction de la totalité des opérations de la Banque.
Protégée par le gouvernement Bonaparte, La Banque de France obtint le 14 avril 1803 (24 germinal an XI), le privilège d'émission exclusif pour Paris, pour une durée de 15 ans, et le capital fut augmenté de 15 millions de francs, ce montant permettant à la Banque d'absorber les autres établissement émetteurs. Les émissions de billets avaient pour contrepartie les dépôts d'or de la clientèle et les escomptes d'effets de commerce. Le billet de banque n'était cependant pas un instrument de règlement particulièrement répandu puisque la moindre coupure était de 500 francs, ce qui correspond environ à une valeur de 900 € actuels. Dans les premières années du XIXe siècle, il n'était par conséquent utilisé que pour les règlements importants, l'or ou l'argent monnayé assurant les paiements courants. Il est à noter que le billet était convertible en une quantité d'or spécifiée de métal et l'est resté pendant l'ensemble des guerres napoléoniennes (la banque d'Angleterre, avait, elle , suspendu la convertibilité). Cette pratique a assuré le crédit du billet de la banque de France pour longtemps.
Les premières années de fonctionnement de la Banque de France n'allèrent cependant pas sans difficulté : crise des finances publiques, diminution de l'encaisse de la Banque entraînant des restrictions au remboursement des billets. Elles amenèrent Napoléon à provoquer une réforme conçue pour redonner au gouvernement une plus grande autorité sur la direction de l'établissement.
C'est dans cet esprit que fut réalisée, par la loi du 22 avril 1806, la réforme de Banque de France. La direction des affaires de la Banque, confiée jusque-là au comité central, fut désormais assurée par un gouverneur et deux sous-gouverneurs appelés par l'État. Le privilège fut prolongé de vingt-cinq ans au-delà des quinze premières années et le capital porté de 45 à 90 millions de francs, mais l'administration de la Banque était libre de réaliser cette augmentation par étapes successives. La Banque, disait l'exposé des motifs de la réforme, est un établissement public. Elle doit user de son privilège dans l'intérêt commun du Gouvernement, des citoyens et des actionnaires : «La propriété de la Banque est à l'État et au Gouvernement tout autant qu'aux actionnaires».
Deux ans plus tard, le 16 janvier 1808, un décret impérial promulguait les «statuts fondamentaux» qui devaient régir jusqu'en 1936 les opérations de la Banque. Ce texte décidait aussi l'établissement de succursales nommées «comptoirs d'escompte» dans certaines villes de province où le développement du commerce en faisait sentir l'obligation.
Dès 1808 des comptoirs d'escompte furent créés à Lyon ainsi qu'à Rouen. Napoléon ne trouvait pas cela suffisant. «La Banque», écrivait-il en 1810, il voulait que la Banque de France soit présente dans toute l'étendue de l'Empire. Cependant, le ministre du Trésor Mollien s'employait à modérer l'empereur et dans sa «note du Havre», insistait sur le fait que la confiance accordée par le public est le plus fréquemment locale.
Ce conseil fut suivi et , ensuite, un seul comptoir fut créé, celui de Lille en 1810. Dès la connaissance du décret du 8 septembre 1810 qui autorisait la Banque «à exercer son privilège dans les villes où elle a des comptoirs de la même manière qu'à Paris», une véritable panique fut déclenchée à Lyon, donnant raison à Mollien. Les déposants, craignant l'inflation et la faillite monétaire, retiraient leurs fonds en compte et les transactions n'étaient plus conclues qu'avec une grande défiance. Cette panique s'apaisa progressivement mais, d'une façon générale, on craignait que l'escompte par émission de billets, en faisant baisser le taux de l'intérêt, ne provoquât la fuite des capitaux.
Les événements allaient d'ailleurs démontrer rapidement à la Banque l'erreur qu'elle avait commise car, suite à la suppression des comptoirs, des banques départementales furent créées ; elles apparurent surtout dès 1817 à Rouen, Nantes et Bordeaux. Les résultats de leur exploitation furent bons et il fut rapidement évident que la Banque de France ne pouvait se désintéresser de cette évolution si elle ne voulait pas être amenée à renoncer à son titre et même, peut-être, à son privilège au profit d'autres organismes.
En 1840, le privilège d'émission fut prorogé jusqu'en 1867. Le capital fut, à cette date, réduit de 90 à 67, 9 millions. Lors du débat parlementaire, la Banque fut vivement critiquée, accusée de n'être qu'une banque de réescompte au service des maisons de banque de la place de Paris et de mener une politique de crédit et d'émission exagérément restrictive. Le président du Conseil, Adolphe Thiers, soutint avec éloquence, devant la Chambre des députés, la demande de renouvellement présentée par le gouverneur, le comte d'Argout, qui avait été son ministre des Finances en 1836. Il obtint facilement le vote du renouvellement du privilège à des conditions si avantageuses pour la Banque que celle-ci fit aussitôt frapper une médaille d'or commémorative qui fut remise au chef du gouvernement.
Le 27 avril et le 2 mai 1848, les 15 banques départementales d'émission existantes furent incorporées à la Banque de France et continuèrent à fonctionner comme comptoirs. Pour permettre la fusion, le capital fut porté à 91, 25 millions de francs. En 1857, ce capital fut doublé et passa par conséquent à 182, 5 millions de francs.
En 1865, la Banque de France absorba la Banque de Savoie, s'assurant ainsi définitivement le privilège d'émission sur la totalité du territoire.
Ce n'est qu'en 1847 que le montant des coupures fut diminué et que les billets de 200 francs (environ 335 euros actuels) furent mis en circulation. On n'osa pas aller au-dessous de ce chiffre. Le Gouvernement précisa, lors du débat à ce sujet à la Chambre des Députés, qu'il entendait réserver «le papier» au commerce en lui interdisant de servir aux paiements journaliers et de pénétrer ainsi dans l'usage courant.
Mais les événements allaient se précipiter et provoquer le développement du rôle dévolu au billet. La Révolution de 1848 entraîna des demandes importantes de remboursement de billets, et , par suite, de sérieuses difficultés pour la Banque de France. Le décret du 15 mars 1848 y mit un terme en décidant que :
La Banque est tenue de publier, l'ensemble des huit jours, sa situation au Moniteur universel.
Ces dispositions, à l'exception de celle concernant le montant des coupures, allaient cependant être assez rapidement abrogées. Le 6 août 1850, le rétablissement de la convertibilité des billets — arrêt du cours forcé — s'accompagna de la suppression du cours légal. Le décret du 3 mars 1852 permit à la Banque de revenir aux publications trimestrielles et semestrielles de bilan.
Le tournant décisif devait être pris quelque vingt ans plus tard. À la suite des revers éprouvés dans la guerre avec l'Allemagne, le cours légal et le cours forcé furent à nouveau proclamés le 12 août 1870. Qui plus est , pour répondre aux demandes de petites coupures, l'émission de billets de 25 francs fut autorisée à cette même date (des billets de 50 francs pouvaient être émis depuis 1857). Enfin, la loi du 29 décembre 1871 donna à la Banque l'autorisation d'émettre des billets de 10 francs et de 5 francs. Le plafond de l'émission fut relevé en conséquence.
D'autre part, la loi du 3 août 1875 disposa que le cours forcé serait aboli à partir du moment où les avances à l'État auraient été réduites à 300 millions, ce qui se produisit le 1er janvier 1878. Mais le même texte précisa que le cours légal des billets continuerait à subsister après la suppression du cours forcé. Ainsi le billet de banque devenait une véritable monnaie ; le rôle de la Banque de France comme distributrice directe du crédit au commerce ainsi qu'à l'industrie était à son apogée.
Dans un premier temps limité à Paris, le privilège de l'Institut d'émission a été étendu en 1810 à l'ensemble des places où étaient créés des comptoirs, puis, en 1848, à la totalité de Métropole. Il s'est appliqué à la Savoie en 1865 après le rattachement de ce territoire à la France.
La loi du 2 décembre 1945 avait prorogé, sans limitation de durée, le privilège qui lui avait été concédé originellement en 1803, pour un terme de 15 ans, et que le législateur avait renouvelé successivement en 1806, 1840, 1857, 1897, et 1918 jusqu'au 31 décembre 1945. La loi du 3 janvier 1973 puis du 4 août 1993 (article 5) a repris purement et simplement cette disposition.
Le 1er janvier 1975, ce privilège s'est étendu aux départements d'outre-mer : les billets de la Banque de France ont été introduits dans ces territoires avec le cours légal et le pouvoir libératoire et ont remplacé progressivement les billets émis jusque là par l'Institut d'Émission des Départements d'Outre-mer.
Avec l'émission des billets en euro, le privilège d'émission des Banques centrales nationales (BCN) a été transmis à la Banque centrale européenne, qui peut cependant déléguer une partie de la gestion de la circulation fiduciaire des billets euro aux BCN. Cet évènement a marqué une page importante de l'histoire des institutions françaises.
Jusqu'en 1848 et de 1850 à 1870, l'émission est demeurée entièrement libre. La Banque était uniquement tenue d'assurer, au porteur ainsi qu'à vue, la convertibilité de ses billets en espèces d'or ou d'argent.
L'institution du cours forcé en 1848 fut accompagnée du plafonnement légal de l'émission. Ce dispositif disparut en 1850 avec le retour à la convertibilité. Quand la guerre de 1870 entraîna une nouvelle fois le rétablissement du cours forcé, l'émission fut replacée sous le régime du plafond. Mais, au contraire de ce qui se passa en 1850, la Banque ne recouvra pas sa liberté quand le franc redevint convertible en 1878. Une loi de 1875 avait définitivement accordé le cours légal au billet et en conséquence justifiait le maintien d'un contrôle quantitatif. Le dispositif du plafond resta en vigueur jusqu'en 1928, étant entendu que, pour tenir compte des besoins du public, le volume maximum de l'émission fut porté, par étapes, de 1, 8 milliards en 1870 à 58, 5 milliards d'anciens francs en 1925.
La loi monétaire du 25 juin 1928, en rétablissant sur des bases nouvelles la convertibilité du franc suspendue en 1914, soumit la circulation fiduciaire à un nouveau régime : le pourcentage minimum de couverture. C'est ainsi que, jusqu'au 1er septembre 1939, la Banque de France a été tenue de conserver une encaisse or au moins égale à 35 % du montant cumulé des billets au porteur en circulation et des comptes courants créditeurs ouverts sur ses livres. L'obligation imposée à la Banque de rembourser, en lingots, au porteur ainsi qu'à vue, les billets présentés à son siège central, a été suspendue le 1er octobre 1936.
Depuis 1939, la circulation fiduciaire n'est plus soumise à aucune limitation légale. La surveillance s'exerce désormais sur les opérations génératrices de l'émission de billets : achats d'or et de devises, avances à l'État et crédits à l'économie. Ce régime souple s'inscrit dans le sens de l'évolution de la pensée économique et des habitudes monétaires du public. Il convient d'ailleurs de considérer qu'compte tenu de l'importance acquise par la monnaie scripturale, le volume de la circulation fiduciaire, comme tel, n'a plus qu'une signification relative, même si on ne peut en dénier l'influence psychologique sur l'opinion. Seules importent en fait les variations de la masse monétaire globale. Les autorités monétaires s'efforcent, par leur action propre, d'adapter la liquidité générale aux besoins de l'économie, mais leur responsabilité ne peut être scindée de celle des Pouvoirs publics dont la politique générale (budget, salaires, prix, etc. ) exerce aussi une influence directe ou indirecte sur la création de moyens de paiement.
Pour mettre les réserves d'or à l'abri, celles-ci ont été transférées outre-mer en 1940
Du 1er au 9 juin 1940, le navire transporte, jusqu'à Halifax au Canada, 213 tonnes des réserves de la Banque de France qui seront mises à l'abri à la Royal Bank of Canada à Ottawa[5].
Le 18 juin 1940, 736 tonnes des réserves d'or de la Banque de France partent de Brest en direction de Dakar en AOF. 275 tonnes d'or de la Banque nationale de Belgique et de la Banque de Pologne se joindront au voyage à bord du croiseur Victor Schœlcher[6].
Suite au drame de Mers-el-Kébir, il fut décidé d'évacuer l'or stationné dans le port de Dakar sous surveillance militaire vers l'intérieur du pays par la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako. Initialement transféré vers le camp militaire de Thiès, à 70 km de Dakar, l'or fut enfin conservé de façon durable à Kayes, ville localisée à 500 km sur le même tronçon, actuelle frontière entre le Mali et le Sénégal.
En contrepartie du privilège d'émission, l'État a imposé à la Banque un certain nombre de charges dont le public et le Trésor sont les bénéficiaires. Ce rôle de banquier de l'État qui a été le sien, est l'aboutissement d'une longue évolution durant laquelle, en contrepartie de son privilège d'émission, la Banque a été conduite à accorder au Trésor un concours de plus en plus large, avant l'instauration de son indépendance. Cependant, le Trésor et la Banque ont toujours maintenu une stricte distinction entre leurs fonctions respectives. Au contraire de certains instituts d'émission étrangers, la Banque de France n'assume pas la gestion directe de la Dette publique, elle n'est ni le comptable, ni le caissier de l'État. Le Trésor possède ses propres services financiers et centralise lui-même les disponibilités de ses «correspondants», surtout celles de la Caisse des dépôts et consignations, et de La Poste (avoirs des centres de chèques postaux).
Le rythme des recettes publiques ne correspondant pas à celui des dépenses de l'État, ce dernier ne manqua pas de faire appel à la Banque, dès sa création, en vue de favoriser l'exécution du budget. Pendant plus de cinquante ans, l'aide courante de la Banque prit principalement la forme d'escompte d'effets tirés par le Trésor sur certains redevables.
Le concours de la Banque ne s'est pas limité à compléter le fonds de roulement du Trésor public. Il s'est manifesté avec ampleur lors d'événements exceptionnels où l'État devait faire appel à l'ensemble des moyens envisageables de financement. Ce fut le cas pendant les guerres de l'Empire, celles de 1870 et 1914 et , plus récemment toujours, de 1939 à 1945. La Banque a aussi été mise à contribution, en 1926, puis à de multiples reprises de 1936 à 1958, pour permettre à l'État de faire face à des difficultés de trésorerie nées du déséquilibre du budget.
De toutes ces avances provisoires, celles consenties avant 1936 ne présentent plus qu'un intérêt historique. Elles ont été totalement remboursées à l'aide, suivant le cas, d'excédents budgétaires (avant 1914, de 1926 à 1928), d'emprunts publics (1926-1928), du produit de la réévaluation de l'encaisse (en 1928).
Au contraire, les concours «provisoires» accordés, moyennant une commission, par la Banque à l'État depuis 1936 n'ont pas été complètement apurés malgré l'affectation à leur remboursement de recettes exceptionnelles (emprunt national en 1945, contrepartie des billets non présentés au remboursement lors de l'échange de 1945…). Seules les «avances spéciales» consenties en 1953 ont été totalement remboursées de 1954 à 1956 avec ressources courantes.
En 1973, les statuts de la Banque de France, laissés en suspens à la Libération, sont modifiés par la loi 73-7, signée par Pompidou, Mesmer, Giscard d'Estaing et parue au Journal officiel le 4 janvier 1973. Dans l'article 25, il est stipulé que «le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France[7]». En pratique, cela veut dire que la République s'oblige à emprunter sur les marchés à obligation contre taux d'intérêt.
Le 1er janvier 1994, la loi du 4 août 1993 relative au statut de la Banque de France interdit à celle-ci dans son article 3 d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l'acquisition de titres de leur dette. Les services bancaires (opérations de caisse, tenue de compte, placement des bons du Trésor, etc. ) toujours assurés par la Banque pour le compte du Trésor sont désormais rémunérés par l'État.
Le billet de banque s'est détaché progressivement de sa base or au cours du XXe siècle : le cours forcé, instauré en 1914, n'a été qu'en partie supprimé en 1928, puis rétabli en 1936. Depuis cette date, la valeur du billet repose principalement sur la confiance que le public lui accorde, confiance elle-même fondée sur une saine gestion monétaire. L'or a ainsi cessé d'être un moyen de règlement interne pour devenir seulement une réserve de change que la Banque de France a été naturellement nommée à administrer. Elle fut par conséquent conduite à surveiller les fluctuations des cours des devises étrangères. De 1926 à 1928, elle fut chargée de la stabilisation du franc. En 1936, l'État lui confia la gestion du Fonds de Stabilisation des Changes.
Le Fonds de Stabilisation des Changes a été créé par la loi du 1er octobre 1936 qui en a confié la gestion à la Banque de France. Le Fonds de Stabilisation n'a pas d'existence physique. Il n'a même pas la personnalité juridique. C'est une simple institution comptable, que la Banque gère pour le compte de l'État et dans le cadre des instructions générales du ministre de l'Économie et des Finances. Cela veut dire d'une part que la Banque est un mandataire — aux pouvoirs, en réalité, particulièrement souples — et , d'autre part que les profits et pertes résultant des opérations du Fonds échoient au Trésor. Le produit de la liquidation éventuelle du Fonds doit être consacré par l'État au remboursement des prêts que la Banque lui a consentis.
Conçu à l'origine pour faire respecter les limites légales imposées aux fluctuations du franc, le Fonds poursuivit son rôle régulateur sous le régime des changes flottants adopté en 1936. De 1939 à 1948, la fermeture du marché des changes et la fixation de cours rigides réduisirent le rôle du Fonds à celui d'un simple caissier, fournissant et achetant les devises correspondant aux opérations autorisées. Depuis 1948, le rétablissement progressif de la liberté des changes a restitué au Fonds ses attributions initiales. De décembre 1958, date à laquelle la France, de concert avec d'autres pays européens, a positionné sa monnaie sous le régime de la convertibilité externe, jusqu'en 1971, le Fonds a été tenu d'intervenir sur le marché des changes, de telle manière que les cours des devises ne s'écartent pas de la parité officielle au-delà de certaines limites. Bien entendu, le Fonds gardait la faculté d'intervenir à l'intérieur même des marges de fluctuation autorisées.
L'obligation imposée au Fonds d'intervenir à des cours fixes a, ensuite, perdu son caractère permanent et automatique. Dans le cadre du double marché des changes institué en août 1971, il a cessé ses interventions systématiques sur le compartiment «financier», où étaient négociées les devises nécessaires aux transactions non commerciales ; sur le marché «officiel», où se réglaient les opérations «commerciales», il a dû continuer d'appliquer des cours limites uniquement pour les monnaies des pays ayant adhéré à l'accord européen sur le rétrécissement des marges de fluctuation réciproque («le serpent»). Cette dernière obligation a été levée en janvier 1974 et le régime de double marché des changes a été abandonné en mars 1974. À partir du 9 mai 1975, le Fonds a été de nouveau tenu de défendre une parité fixe du franc dans le cadre des obligations du «serpent» communautaire ; en mars 1976, la devise française flottait de nouveau librement, de façon à éviter que la défense d'un cours déterminé et contesté par la spéculation, alors spécifiquement vive, n'aboutisse à un épuisement des réserves de change.
Indépendamment des engagements résultant du SME, le Fonds de Stabilisation des Changes a aussi pour mission de surveiller le marché libre de l'or. Enfin, il est chargé de financer la totalité des opérations de la France avec l'IME et le Fonds Monétaire International, y compris les opérations sur «droits de tirage spéciaux» (DTS) créés dans le cadre de cette dernière institution depuis janvier 1970. Il assure ces fonctions avec avances en francs que lui apporte la Banque de France.
L'article 3 de la loi du 4 août 1993 interdisant à la Banque de France de consentir toute forme de concours à l'État, le Fonds de Stabilisation des Changes ne peut plus bénéficier d'avances de la Banque centrale et ses opérations sont désormais, aux termes de la convention sur les réserves de change, financées par le budget de l'État. Cette convention organise aussi les modalités de l'apurement progressif — sur dix ans — des sommes avancées par la Banque à l'État. En réalité, sous le régime de la loi de 1993, il n'y a plus d'intérêt à faire jouer au Fonds le rôle d'intermédiaire qui était le sien originellement. D'autre part, conformément aux dispositions relatives à la mise en place de l'euro le 1er janvier 1999, la politique de change est désormais décidée au niveau européen par le dispositif européen de banques centrales et mis en œuvre par les Banques centrales nationales dans le cadre défini par la Banque centrale européenne.
Si le Fonds de Stabilisation des changes continue toujours d'exister actuellement, ses attributions ont été particulièrement beaucoup diminuées avec la mise en place de la monnaie unique et du Système européen de banques centrales. Déjà la réforme des statuts de la Banque de France en 1993 avait transféré à la Banque la gestion des réserves de l'État, qui ont été sorties du FSC vers le bilan de la Banque au début de l'année 1994. En ce qui concerne la gestion des relations entre la France et le Fonds monétaire international, la convention du 31 mars 1999 transfère désormais la comptabilisation des relations avec le FMI dans le bilan de la Banque.
D'Institut d'émission, distribuant directement le crédit au commerce ainsi qu'à l'industrie, la Banque s'est progressivement transformée en banque des banques, organe de compensation et ultime réserve de crédit pour le dispositif bancaire. À cet égard, la Banque a décidé en 1970 de mettre fin à ses opérations avec la clientèle directe qui n'était plus représentative de l'évolution de son activité et de ses statuts. En effet, la proportion de l'escompte direct dans le portefeuille, qui était toujours de moitié en 1935, était passée au quart en 1939, avait fléchi à moins de 10% en 1945, et , en définitive, était tombée à à peu près 0, 5%. De même les avances sur titres, qui peuvent d'ailleurs être consenties à des banques, ne représentent qu'une fraction négligeable de la totalité des opérations de crédit. Les concours de l'Institut d'émission n'ont par conséquent plus été accordés qu'à des établissements de crédit.
Comme organe de compensation du dispositif bancaire la Banque a été amenée au fil du temps à organiser ainsi qu'à surveiller le bon fonctionnement des dispositifs de paiement, depuis les chambres de compensation historiquement construites sur les comptoirs de la Banque, jusqu'aux dispositifs de paiements centralisés de gros montants (type dispositif TARGET utilisé depuis 1999). À cet égard, la prévention d'un risque systémique génèré par des défaillances bancaires importantes et propagé par l'interconnexion des dispositifs de paiements, a conduit naturellement la Banque à exercer une surveillance des établissements de crédit eux-mêmes, ainsi qu'à remplir, en cas de besoin, la fonction de «prêteur en dernier ressort». La stabilité financière est ainsi devenue un enjeu économique et politique d'importance, qui tout comme la stabilité des prix, figure désormais dans les statuts du SEBC. Elle prend une importance d'autant plus grande pour la Banque que, en application du principe de subsidiarité établi par le traité de Maastricht, la stabilité financière est une responsabilité exercée au niveau national.
Avec l'extension de ses attributions à la fourniture de liquidités au dispositif bancaire ainsi qu'à l'organisation du crédit, la Banque de France a ainsi été amenée à participer de plus en plus activement à la politique monétaire.
S'il est vrai que les banques bénéficient d'un pouvoir de création monétaire (par les crédits qu'elles accordent), ce pouvoir n'en est pas moins limité par les contraintes de liquidité qui s'imposent à elles. De fait, pour faire face aux retraits de billets, aux transferts de fonds de leur clientèle vers le Trésor ou à des achats éventuels de devises, les banques doivent disposer de «monnaie centrale» qu'elles se procurent en cédant certains d'actifs à la Banque centrale. C'est par cette dépendance des banques envers la «monnaie centrale» que la Banque centrale peut influer sur le comportement des banques, et orienter ainsi la politique monétaire, en faisant fluctuer, soit la quantité de monnaie centrale disponible, soit son prix (le loyer de l'argent).
L'action des autorités monétaires sur la distribution du crédit s'est longtemps organisée autour d'interventions directes, sous forme d'orientation sélective du crédit (instructions aux banques, accords de classement), ou de limites quantitatives à la progression des concours bancaires (l'encadrement du crédit), et si ces instruments directs ont pour la majorité été abandonnés dans le contexte d'aujourd'hui, leur importance historique doit être rappelée :
Les instructions aux banques : dans le cadre des procédures d'intervention en vigueur avant 1986, la Banque de France pouvait donner aux banques des instructions recommandant le libéralisme à l'égard de certaines branches d'activité ou invitant à la rigueur envers d'autres secteurs. Elle pouvait surtout exiger que les crédits bancaires s'attachent, en priorité, à financer les projets conformes aux objectifs nationaux d'expansion économique. Le contrôle éventuel de l'exécution de telles directives était facilité par le fait que les banques devaient remettre à la Banque de France, chaque fois que le total des facilités accordées atteignait ou dépassait 25 millions, le dernier bilan accompagné des comptes d'exploitation et de profits et pertes, la décomposition des facilités accordées, le montant des investissements de l'exercice en cours ; la communication de ces documents devait être renouvelée à cadence annuelle.
Les accords de classement : à l'occasion de l'octroi des accords de classement et surtout de ceux concernant les crédits à moyen terme, qui portent sur des montants assez élevés, la Banque de France décidait dans quelles limites elle accepterait ou non la mobilisation ultérieure des crédits étudiés ; elle était par conséquent en mesure de donner la priorité à certains concours et d'en écarter d'autres. Cependant, l'efficacité de cette action se trouvait réduite par le fait que les banques, devenues moins soucieuses d'assortir leurs concours à moyen termes de facilités de mobilisation, accordaient la majorité des crédits de ce type en dehors de la procédure de mobilisation. Dans ces conditions, les accords de classement ont fait l'objet d'une profonde réforme en 1986 visant à simplifier la procédure, tout en conservant la possibilité pour les établissements de crédit de détenir un volume suffisant de créances susceptibles de servir de support aux interventions de la Banque de France. Depuis, les établissements de crédit ont pu classer parmi leurs actifs éligibles aux interventions de l'Institut d'émission une fraction déterminée des crédits qu'ils consentent aux entreprises faisant l'objet d'une cotation favorable délivrée par la Banque de France au vu des documents comptables.
En France, des limitations à la progression des encours ont été décidées à diverses reprises et un décret du 5 février 1970 est intervenu pour préciser les modalités de mise en œuvre de la politique de limitation des concours bancaires. Ce texte conférait surtout à la Banque de France le pouvoir de fixer les taux de progression maximums imposés aux banques pour la distribution de crédits.
L'encadrement du crédit était un système à la fois simple et efficace. De plus son action était rapide car, dans le cadre du taux annuel de progression qui était assigné à concours, les banques pouvaient être contraintes à respecter des limites trimestrielles ou mensuelles. Il permettait enfin d'éviter d'avoir recours à une politique d'argent cher, fréquemment mal tolérée par les économies industrielles et ayant aussi l'inconvénient de provoquer des mouvements inadequats de capitaux flottants étrangers.
appliquée sans distinction à l'ensemble des banques, la limitation des encours pénalisait les établissement les plus dynamiques et tendait à figer la physionomie de la profession en faussant le jeu normal de la concurrence.
On s'était efforcé d'introduire plus de souplesse dans le dispositif en substituant à un encadrement plus strict une pénalisation des dépassements par des réserves supplémentaires dont le taux atteignait d'ailleurs assez rapidement des niveaux prohibitifs. L'encadrement du crédit avait, en outre, au fil des inflexions conjoncturelles, gagné en sélectivité ; c'est ainsi qu'avaient été exonérés des réserves supplémentaires (ou soumis à des régimes bien plus favorables que les crédits ordinaires) les prêts bénéficiant de bonifications du Trésor (à l'exception des prêts d'épargne-logement), les concours en devises, la totalité des crédits à l'exportation, enfin les crédits finançant des opérations facilitant des économies d'énergie. Enfin, un élément d'assouplissement non négligeable dans l'encadrement du crédit consistait dans la possibilité pour les établissements assujettis, de déduire de l'assiette des crédits soumis aux réserves supplémentaires, l'accroissement net de leurs emprunts obligataires et fonds propres («net» veut dire après déduction des acquisitions d'obligations, immobilisations et participations). Cette disposition montre que l'encadrement du crédit n'était pas une fin en soi, mais était conçu pour freiner l'expansion monétaire ; les banques pouvaient par conséquent développer leurs crédits, quand ceux-ci ne s'accompagnaient pas d'un développement de même montant de leur passif «monétaire» (dépôts à vue ou à court terme). L'essor du marché obligataire en 1980 et 1981 a permis aux établissements de crédit d'utiliser particulièrement beaucoup ces facultés.
Mais si l'introduction de la sélectivité était susceptible de présenter nombre d'avantages, elle accroissait les difficultés de gestion du dispositif. Il fallait en effet prévoir l'évolution des crédits exonérés dont on encourageait l'octroi. D'autre part, on introduisait des distorsions à l'intérieur du dispositif bancaire, dont certains éléments se trouvaient favorisés par la situation qu'ils avaient acquise en matière de crédits exonérés. Le dispositif devenait par conséquent d'une complexité croissante alors que l'évolution de la situation financière le rendait de plus en plus inefficace. C'est ainsi que la mise en place du marché des billets de trésorerie à la fin de 1985, permettant à des entreprises non bancaires de faire du crédit à d'autres entreprises non bancaires («désintermédiation»), rendait complexe le maintien d'un régime de régulation monétaire basé sur le contrôle quantitatif du crédit bancaire. La perspective de la libération des mouvements de capitaux le rendait d'autre part inopérant à terme. En effet, il est apparu, à l'expérience, que le cloisonnement du marché de l'argent entre le compartiment du long terme (marché des obligations), beaucoup ouvert à l'ensemble des opérateurs, et celui du court terme (marché monétaire) réservé à un petit nombre d'intervenants, présentait un certain nombre d'inconvénients :
le cloisonnement du marché et l'absence d'un produit banalisé formaient principaux obstacles à l'adoption d'une politique du crédit basée sur le maniement d'intérêt ainsi qu'à l'abandon de l'encadrement du crédit.
C'est du fait de ces facteurs principaux qu'il a été décidé à l'automne de 1985 de procéder à une série de réformes qui ont vu la création du marché interbancaire et de marchés de titres de créances négociables, composantes d'un vaste marché de capitaux désormais décloisonné. D'autres raisons ont aussi joué, surtout le souci de moderniser la gestion de la dette publique en permettant au Trésor de diversifier ses émissions de titres et de les ouvrir à tous mais aussi la volonté de faire de Paris une place financière internationale. De fait, une part croissante du financement de l'économie s'effectue par d'autres voies que le crédit bancaire. C'est pourquoi, en novembre 1986, les autorités monétaires ont abandonné toute forme de contrôle quantitatif du crédit en supprimant les réserves obligatoires sur les emplois.
On reconnaît le plus souvent divers avantages aux interventions sur le marché monétaire comparé à l'escompte. En escomptant, la Banque d'émission est passive ; au contraire, par ses opérations sur le marché monétaire, la Banque peut prendre l'initiative en proposant aux établissements de crédit des emplois pour leurs disponibilités.
Malgré cela, pendant longtemps les interventions sur le marché monétaire n'ont joué en France qu'un faible rôle : le taux d'escompte était alors le taux guide fixant le rendement du loyer de l'argent à vue. Il résultait de cette situation une rigidité qui devenait de plus en plus gênante au fur et à mesure que s'accroissait la convertibilité des monnaies et que les marchés monétaires des divers pays s'interpénétraient. Il était en effet de plus en plus indispensable de maintenir en permanence le loyer de l'argent à un niveau propre à éviter les mouvements inadequats de capitaux flottants.
Pour ce motif, les interventions de la Banque de France sur le marché monétaire ont pris de l'ampleur à partir de 1971 et le guichet de l'escompte a été progressivement fermé aux banques pour les refinancements ne bénéficiant pas d'un traitement préférentiel. Il a été jugé que la technique des interventions sur le marché monétaire était plus souple que le recours à l'escompte, moins formaliste et , en définitive, mieux adaptée aux besoins d'une économie moderne :
La procédure d'intervention : Le niveau de taux souhaité par la Banque de France sur le marché interbancaire est balisé, vers le bas, par le taux des appels d'offres et , vers le haut, par le taux des pensions de cinq à dix jours. Le taux du marché interbancaire au jour le jour varie normalement entre ces deux limites.
Les appels d'offre : Les opérations sur appels d'offres consistaient en des concours accordés à l'initiative de la Banque de France selon une périodicité variable, sous forme de pensions à terme. Elles formaient le mode principal d'alimentation des trésoreries des établissements de crédit. La Banque de France recensait, par l'intermédiaire d'un certain nombre d'établissements, les opérateurs principaux du marché, les demandes de monnaie centrale exprimées par les établissements de crédit pour les différents taux qu'ils proposaient. Après recensement des réponses à l'appel d'offres et suivant les besoins estimés, la Banque de France servait à un taux unique la totalité ou un certain pourcentage
exprimées au taux retenu ainsi qu'à des taux supérieurs (méthode d'adjudication dite «à la française», tandis qu'avec la méthode dite «à la hollandaise» les ordres sont servis aux taux offerts, en servant en premier lieu les plus élevés, à concurrence du montant apporté par l'Institut d'émission). Les prêts ainsi accordés à la Place sont matérialisés par la remise de billets globaux de mobilisation émis par les établissements bénéficiaires et représentatifs d'effets — publics ou privés — répondant aux caractéristiques fixées par la Banque de France. Une modification est intervenue en septembre 1990 : les billets globaux de mobilisation ne subsistaient que pour les effets privés ; s'agissant des bons du Trésor, les concours étaient consentis contre livraison, au compte de pension de la Banque de France, d'un montant de bons suffisant pour couvrir la pension.
Les pensions : Les établissements de crédit pouvaient demander à la Banque de France l'octroi d'un prêt sous forme de pension de 5 à 10 jours, par l'intermédiaire d'un opérateur principal du marché, ainsi qu'à condition de disposer des effets publics ou privés nécessaires à la garantie de l'opération (par émission d'un billet global de mobilisation). La Banque de France se réservait la possibilité de suspendre ses pensions de 5 à 10 jours si les circonstances l'exigeaient, en cas de fortes tensions sur les marchés de change par exemple. Dans ces circonstances, elle pouvait aussi octroyer des pensions à 24 ou 48 heures qui permettaient un réglage plus fin des taux.
Les autres opérations : D'autre part, la Banque de France pouvait effectuer toutes opérations — achats et ventes de titres de créances négociables, prises en pension (prêts à la Place), mises en pension (reprises de liquidités), prêts de titres assortis d'un gage, etc. — qu'elle jugeait utiles sur le marché interbancaire, au taux et dans les conditions habituelles de ce marché.
Le dispositif des réserves obligatoires
Le dispositif des réserves obligatoires pratiqué par la Banque de France obligeait la totalité des établissements de crédit (banques, banques mutualistes, caisses d'épargne et de prévoyance, caisses de crédit municipal, sociétés financières, Crédit foncier de France, Crédit National et Sociétés de Développement Régional) à former des avoirs en soldes créditeurs à la Banque centrale à concurrence :
Aucune rémunération n'est versée sur ces comptes ; cette disposition est principale car elle vise, comme de besoin, à faire subir aux banques des charges supplémentaires d'endettement, par l'augmentation du pourcentage assigné, ainsi qu'à contrôler ainsi leur action par le biais de la rentabilité. Dans ces conditions il n'est pas indispensable que les taux pratiqués soient particulièrement élevés ; l'observation a été faite fréquemment que ce sont plus les variations du taux des réserves que leur niveau qui présentent une certaine importance pour la régulation monétaire. Mais il est aussi évident que les modifications du taux des réserves minimums ne sauraient être fréquentes ; elles sont uniquement utilisées pour contrôler les fluctuations importantes de la liquidité bancaire qui pourraient être difficilement maîtrisées par de simples interventions sur le marché interbancaire.
Le dispositif des réserves obligatoires a été réformé en 1990 et s'inscrivait dans la ligne des modifications que ce système a connues au cours des années récentes, tout en introduisant des nouveautés conçues pour répondre partiellement aux critiques dont il a pu faire l'objet. Elle s'est traduite par :
une baisse du taux des réserves applicables aux dépôts à terme ainsi qu'aux comptes sur livrets, pour remédier aux risques de délocalisation des placements vers les pays où le taux des réserves est spécifiquement bas ;
la prise en compte d'une partie des encaisses en billets et monnaies en francs détenues par les établissements assujettis dans le calcul des réserves constituées par ceux-ci, pour diminuer l'inégalité de traitement entre les établissements qui ne reçoivent pas de dépôts du public, peu touchés par la contrainte des réserves, et les grandes banques de dépôt, beaucoup pénalisées par le dispositif.
Cette réforme répondait d'autre part au souci de limiter au maximum le recours quotidien à des sociétés de transport de fonds, et devait permettre en conséquence un meilleur approvisionnement des distributeurs de billets ; elle présentait cependant l'inconvénient d'altérer la qualité de la circulation fiduciaire et nécessitait par conséquent la mise en place de procédures spécifiques.
Aujourd'hui, la totalité de ces procédures et instruments est désormais défini au niveau européen par le Système européen de banques centrales, auquel la Banque de France appartient, et la Banque centrale européenne.
Enfin, une fonction qui a pris de l'ampleur sur la période contemporaine concerne la participation de la Banque à la coopération financière internationale, surtout en représentant les intérêts de la France dans des institutions internationales comme le Fonds monétaire international, et deux composantes de la Banque mondiale : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et l'Association internationale de développement.
Il convient aussi de noter la présence de représentants de la Banque dans d'autres instances internationales : le Comité monétaire de l'Union européenne, la Banque européenne d'investissement, la Banque des règlements internationaux et le Comité monétaire de la zone euro.
L'indépendance limitée, mais réelle, dont jouissait l'Institut d'émission à l'égard de l'État, prit fin en 1936. Le régime instauré par Napoléon avait eu le mérite, pendant 130 ans, de préserver le crédit de la Banque à travers les vicissitudes du pouvoir, sans que la dualité instituée entre le Gouverneur, appelé par décret, et le Conseil Général, élu par les actionnaires, ait jamais suscité de conflits sérieux. Mais l'évolution du contexte économique et politique ne permettait plus de maintenir la présence d'intérêts privés dans la gestion et la propriété de la Banque.
L'Assemblée générale des actionnaires dont le rôle est de défendre les intérêts de ses actionnaires y aurait vu son pouvoir affaibli : Les délibérations étant ouvertes à la totalité des actionnaires et non plus seulement aux 200 plus riches (référence aux «Deux cents familles») la stratégie de la banque deviendrait de fait publique. Une plus grande possibilité dans le choix des dirigeants de la banque serait offerte par la suppression de l'obligation faite depuis 1806 au Gouverneur ainsi qu'aux sous-gouverneurs de la banque de posséder un certain nombre d'actions de la Banque. Quant à l'organisation de la direction, les quinze régents seraient remplacés par vingt conseillers dont deux uniquement élus par l'Assemblée générale, les autres déclarés représentant les intérêts économiques et sociaux, c'est-à-dire les intérêts collectifs de la nation, et pour la majorité désignés par le gouvernement. À cela s'ajouterait un conseiller élu par le personnel de la banque.
Celle-ci prévoit que le capital de la banque sera transféré à l'État le 1er janvier 1946 et que les actionnaires recevront des obligations, à la place de leurs actions, à raison de quatre obligations remboursables en vingt ans pour une action. Les dernières obligations à 3 % de la Banque de France qui restaient en circulation ont été remboursées à compter du 1er janvier 1965, date à laquelle elles ont cessé de porter intérêts.
En 1973, les statuts de la Banque de France, laissés en suspend à la libération, sont modifiés par la Loi n°73-7 du 3 janvier 1973, signée par Pompidou, Mesmer, Giscard d'Estaing et parue au Journal officiel le 4 janvier 1973. Dans l'article 25, il est stipulé que «le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France[7]». En pratique, cela veut dire que la République s'oblige à emprunter sur les marchés à obligation contre taux d'intérêt.
Toujours est-il que 45 députés, dont Pierre Mesmer qui avait signé la loi 73-7, ont déposé le projet de Loi n°157, le 22 juillet 1981, pour permettre à la République d'emprunter sans intérêts dans le cadre de ses investissements économiques[8].
La loi du 4 août 1993 marque un tournant décisif dans l'histoire de la Banque de France. Le souhait de doter l'Institut d'émission d'un statut d'indépendance s'explique par la volonté d'assurer la continuité et la permanence de l'action de la politique monétaire, dégagée des préoccupations de court terme, et de conforter ainsi sa crédibilité. Une condition indispensable sinon suffisante de cette crédibilité est que la politique monétaire soit conduite sur la base d'un engagement clair et solennel en faveur de la stabilité des prix, quelles que soient les évolutions de la vie politique nationale. Cette conception selon laquelle l'indépendance de la banque centrale est le meilleur mode d'organisation institutionnel envisageable a d'ailleurs été retenue dans le processus d'union monétaire européenne, dont la mise en œuvre a renforcé l'obligation de la réforme du statut de la Banque de France.
À compter du 1er janvier 1994, la loi n° 93-980 du 4 août 1993 relative au statut de la Banque de France interdit à celle-ci dans son article 3 d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l'acquisition de titres de leur dette. Les services bancaires (opérations de caisse, tenue de compte, placement des bons du Trésor, etc. ) toujours assurés par la Banque pour le compte du Trésor sont désormais rémunérés par l'État
Intégration au Dispositif Européen de Banques Centrales (loi du 12 mai 1998)
L'indépendance des Banques centrales joue un rôle essentiel dans la réussite de l'Union économique et monétaire. Elle est une condition juridique inscrite dans le traité de Maastricht. La loi modifiant le statut de la Banque de France, adoptée par les Assemblées parlementaires le 12 mai 1998, renforce son indépendance déjà assurée par la loi du 4 août 1993. Le nouveau texte adapte le statut de la Banque pour tenir compte de son intégration dans le Dispositif européen de banques centrales.
La Banque de France veille au bon fonctionnement ainsi qu'à la sécurité des dispositifs de paiement, dans le cadre de la mission du Dispositif européen de banques centrales relative à la promotion du bon fonctionnement des dispositifs de paiement prévue par le traité instituant la Communauté européenne.
Plusieurs dispositions principales de la loi du 12 mai 1998 définissent le rôle de la Banque et garantissent son indépendance :
la Banque de France fait partie intégrante du Dispositif européen de banques centrales (SEBC), institué par le traité de Maastricht et participe à l'accomplissement des missions et au respect des objectifs qui sont assignés à ce dernier par le Traité (loi du 12 mai 1998, article 1er, alinéa 1).
Le traité de Maastricht stipule : «l'objectif principal du SEBC est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l'objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté» (article 105 du Traité).
les moyens d'assurer cette mission se traduisent par l'interdiction faite au gouverneur ainsi qu'aux membres du Conseil de solliciter ou d'accepter des instructions du gouvernement ou de toute autre personne (loi du 12 mai 1998 article 1er, alinéa 3).
Le nouveau statut prévoit mais aussi dans le cadre du SEBC, et sans préjudice de l'objectif principal de stabilité des prix, la Banque de France apporte son soutien à la politique économique générale du Gouvernement.
La loi du 4 août 1993, reprenant les textes antérieurs, précise que la Banque de France est seule habilitée à émettre les billets reçus comme monnaie légale sur le territoire métropolitain. Elle précise aussi que la Banque veille à la bonne qualité de la circulation fiduciaire.
Depuis son origine, la Banque de France a porté la plus grande attention à ses billets. Particulièrement tôt, elle s'est pourvue d'un outil industriel capable d'en assurer la conception et la production, pour couvrir les besoins nationaux mais également pour satisfaire, le cas échéant, ceux d'autres instituts d'émission étrangers, surtout africains. Elle a participé à la fabrication des billets européens.
Aujourd'hui, la Banque fait partie des rares banques centrales qui assurent l'ensemble des étapes du processus de production, de la fabrication du papier à l'impression des billets. Entreprise industrielle qui poursuit des objectifs de production et met en œuvre des compétences professionnelles spécialisées, mais aussi des matériels de haute précision, la direction générale de la fabrication des billets consacre ses efforts à la création de billets de belle facture, en nombre suffisant pour maintenir la qualité de la circulation fiduciaire.
Les deux sites industriels les fabriquant sont localisés à Vic-le-Comte (papeterie) et Chamalières (imprimerie), dans le Puy-de-Dôme (Auvergne).
Outre les billets fabriqués par l'imprimerie de la Banque, la monnaie fiduciaire comprend les monnaies métalliques, nommées fréquemment monnaies divisionnaires, frappées par la Monnaie de Paris (ancienne direction des Monnaies et Médailles) (ministère de l'Économie) à Pessac et que la Banque de France met en circulation pour le compte de l'État.
La répartition des billets et des pièces sur la totalité du territoire est assurée par le siège à Paris et les succursales en province. L'Institut d'émission des départements d'outre-mer et l'Institut d'émission d'outre-mer, alimentés en coupures par la Banque de France, assurent cette distribution dans les départements et territoires d'outre-mer mais aussi dans les collectivités territoriales de Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte.
Après avoir circulé, les billets rentrent dans les caisses de la Banque. Ils sont rapidement reconnus à l'unité, pour vérifier leur nombre et leur authenticité, et soumis à un triage conçu pour éliminer ceux qui ne peuvent pas être remis en circulation à cause de leur mauvais état (billets tachés, déchirés, revêtus d'inscriptions, usés…). Ces deux opérations, reconnaissance et triage, sont le plus fréquemment simultanées, grâce à l'emploi de matériels de tri automatisés.
En 1996, légèrement plus de 4, 3 milliards de coupures ont été reversées aux guichets de la Banque et triées. Cette activité sert à faire face aux besoins du public qui ne pourraient être satisfaits au seul moyen des billets neufs.
La Banque entretient aussi la circulation des monnaies divisionnaires qui rentrent dans ses caisses. Les pièces sont vérifiées pour en extraire celles qui ne peuvent être remises en circulation (pièces fausses, détériorées, étrangères…).
L'amplitude des variations mensuelles est accrue par des facteurs saisonniers. La circulation augmente au moment des départs en vacances ainsi qu'à l'occasion des achats de fin d'année. Elle se contracte au mois de janvier et lors des principales échéances fiscales.
Ces fluctuations ne sont pas particulièrement semblables d'une année à l'autre. Elles peuvent cependant être prévues avec suffisamment d'exactitude sur une brève période de temps. Il est par contre complexe d'évaluer de façon précise l'évolution probable, sur moyenne ou longue période, de la circulation fiduciaire. En effet, l'évolution économique générale, de même que les changements d'habitudes en matière de moyens de paiement, peuvent avoir sur celle-ci un impact non négligeable. D'autre part, les flux de monnaie fiduciaire fluctuent géographiquement. Dans certaines régions, les entrées de billets à la Banque excèdent les sorties tandis que dans d'autres le processus est totalement inversé. La Banque de France doit par conséquent tenir compte de ces disparités pour ses prévisions et l'approvisionnement de ses succursales.
Le lancement de la coupure de 50 francs à l'effigie d'Antoine de Saint-Exupéry, le 20 octobre 1993, a marqué le départ de cette opération qui a été poursuivie, le 22 mars 1995, par l'émission du 500 francs Pierre et Marie Curie. Le billet de 200 francs à l'effigie de Gustave Eiffel a été mis en circulation le 29 octobre 1996 et , enfin, le billet de 100 francs Paul Cézanne à partir du 15 décembre 1997.
Depuis le 1er janvier 2002, la circulation des billets en euro a remplacé les billets de la Banque de France. Les billets en euro imprimés en France comportent la lettre «U» devant leur numéro de série.
Code Monétaire et Financier, Legifrance, Code Monétaire et Financier partie Législative
Code Monétaire et Financier art. L142-1, Legifrance, Code monétaire et Financier Partie Législative
Le résultat de la Banque de France se maintient à un niveau historiquement élevé, 10 avril 2009, Banque de France Eurosystème
Site web de Vérifiance
Les Cahiers anecdotiques de la Banque de France, 2002, La bataille de l'or 1932-1940, Troisième partie : «L'évacuation : 10 mai 1940 au 23 juin 1940».
Journal officiel du 4 janvier 1973 [1]
Projet de loi 157 du 22 juillet 1981 [2] [3]
Alain Plessis, Histoires de la Banque de France (reliure inconnue, 18 juin 1998)
«Le concept de banque centrale», Banque de France, 1999.
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États de l’Afrique de l’OuestLa Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest ou BCEAO est un établissement public...
États de l’Afrique centraleLa Banque des États de l'Afrique Centrale ou BEAC, institution officielle de la Communauté économique...
GuinéeLa Banque centrale de la République de Guinée est l'institution chargée de mettre en œuvre...

References: l'article 13
 l'article 21
sui generis
 l'article 25

L'article 3
 l'article 25