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Timestamp: 2019-04-24 22:49:47+00:00

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46, 45, 44, 43, 42, 41, 40, 39, 38, 37, 31 à 36, 23 à 30, 15 à 22, 7 à 14, 000 à 6
Au sommaire du n° 47
Pierre Loyer, un lieutenant au courage exemplaire
Souvenirs de juin 1940
Les ruines de Châlons
L’occupation de Châlons
Le cours d’Ormesson
Recueil de bobards
29 août 1944 : la libération de Châlons
Les dégâts dans la ville
Le concert de la libération
Te Deum à Notre-Dame
Changements de noms de rue
Le lourd tribut du patrimoine ornemental de Châlons
A quand le retour des absents ?
Pour finir, un peu d’humour
Perspective sur Notre-Dame
Quelques mètres de moins en perspectives ?
Et si Notre-Dame restait ainsi ?
de Sabine Schepens, rédactrice en chef du Petit Catalaunien Illustré Maintenir la mémoire
En préparant ce numéro, nous étions partis sur l’idée d’ouvrir cette grande page de notre histoire que fut la libération de Châlons du joug nazi le 29 août 1944 dont nous fêtons le soixantième anniversaire cette année.
Une fois en possession des éléments nous permettant de relater cet événement, nous avons eu la conviction que cette narration perdrait une grande part de son sens sans un rappel des 1539 jours qui ont précédé la libération de Châlons et de ceux qui l’ont suivie.
Ainsi naquit ce numéro spécial «De l’occupation à la Libération» qui ne prétend pas à l’exhaustivité, loin s’en faut.
Les documents que nous présentons ont été écrits, pour la plupart, par des contemporains de ces événements. Nous les publions sans altération pour conserver entière leur résonance historique, en limitant volontairement notre apport à leur présentation rédactionnelle et à leurs illustrations tirées des collections publiques locales. Certains sujets ne sont qu’évoqués, comme la résistance locale dont le traitement approfondi nous aurait trop éloigné de notre propos initial, ou le retour des absents (prisonniers, déportés), survenu beaucoup plus tardivement, au printemps 1945, et sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.
Ce numéro n’a pas pour objet de réveiller la haine que la construction européenne nous a permis de transformer en amitié entre les peuples.
Il a pour seule vocation de maintenir en alerte la mémoire des générations nées depuis, la nôtre et celles de nos enfants et petits-enfants. Non pas tant parce qu’il s’agit de notre histoire collective qu’il leur faut connaître, mais pour qu’elles aient constamment à l’esprit que la barbarie qui présida à ces moments tragiques ne doit revoir jamais le jour. Sous cette forme ou sous une autre, au nom d’idéologies excluant l’autre pour des motifs raciaux, religieux ou nationaux au lieu de l’accueillir comme un frère, de respecter et de cultiver sa différence.
La destruction que nous évoquons d’une partie du centre-ville au lendemain du 12 juin 1940 et des autres éléments de notre patrimoine sous l’occupation, par l’occupant ou par les alliés, n’est jamais que la conséquence de cette barbarie.
Ce dossier refermé, nous n’en oublions pas pour autant la Catalaunie d’aujourd’hui et le prochain numéro retrouvera son cours normal. En attendant, nous vous invitons à goûter avec un plaisir certain la perspective, hélas provisoire, que nous offre la place Foch sur Notre-Dame.
Retrouvez les mots ci-contre dans notre Mau mêlé.
Avec les 5 lettres restantes, retrouvez un héros châlonnais.
(extrait de l'article publié dans le n° 47 du Petit Catalaunien Illustré.
Pour vous procurer gratuitement ce numéro, profitez de notre offre découverte)
Pierre Loyer,
un lieutenant au courage exemplaire
Le lieutenant Pierre Loyer est mort à Châlons le 12 juin 1940 en défendant courageusement le passage du Mau d’une fenêtre de l’Hôtel de Ville, place Godart, où une plaque commémore l’événement.
Le lieutenant Pierre Loyer
(Bibliothèque municipale à vocation régionale)
Souvenirs châlonnais de juin 1940
«On nous a demandé de livrer à la publicité ces notes personnelles, rédigées en mars 1941, relatives à la défense de Châlons, le 12 juin 1940". Ainsi commence le témoignage de l’abbé Pierre Foillot paru dans «La Semaine religieuse du diocèse de Châlons», 1952, p. 292-295.
La fenêtre de l’Hôtel de Ville (place Godard) où tomba le lieutenant Loyer
Les bombardements qui précèdent la prise de Châlons causèrent d’importants dommages. Au lendemain de la prise de la ville, les Allemands vont se livrer au pillage des magasins et des maisons cinq jours durant après avoir mis le feu au centre-ville.
Vue de Notre-Dame depuis la place du Chétif en juin 1940
(Archives Départementales, IC Châlons art.6)
La maternité de l’Hôtel-Dieu en mai-juin 1940 (BMVR de Châlons, photo n° 2354) Ruines d’un hôtel particulier rue Grande-Etape en juin 1940 (Archives Départementales, IC Châlons, art 6)
Travaux de déblaiement du pont du canal et de réparation du pont de Marne en 1940 (BMVR de Châlons, photos n° 2359 et 4959)
La rue Saint-Lazarre avant et après l’incendie du 12 juin 1940
(BMVR de Châlons, photos 2368 et 2369)
Le pillage de la Bibliothèque
en juin 1940 (Archives Départementales, IC Châlons art.6)
Population de Châlons
«La population châlonnaise était quelque part en France, emportée au gré des moyens de communication dont elle avait disposé.... Quand ils abordaient Châlons par l’une des routes du sud, une angoisse les prenait à la gorge, celle même que j’avais éprouvée en l’abordant par le nord : de loin c’était beau comme l’espérance ; mais de près c’était bientôt l’effroi....".
Passage extrait de “ Châlons sous la botte ” par l’abbé Pierre Gillet En 1939, Châlons comptait 30 000 habitants. Le 12 juin 1940, après exécution de l’ordre d’évacuation totale donnée par l’autorité militaire, seules quelques centaines de personnes sont restées sur place.
Après l’exode vint le temps du retour. Il se fera progressivement au cours de l’été. Le 27 juin, on dénombrait 4 067 Châlonnais. Le 3 juillet, ils sont 6 907 ; le 16, 9 040 et, le 28, 11 125.
12 juin 1940 - 28 août 1944
Un rapport rédigé en réponse au questionnaire dressé par le «Comité départemental d’Histoire de l’Occupation et de la Libération», retrace les 1539 jours d’occupation de Châlons par l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale. Sans prétendre à l’exhaustivité, ce document brosse un tableau synthétique de cette période trouble de notre histoire locale.
Le Petit Catalaunien Illustré en publie l’intégralité Ce rapport traite successivement de :
l'occupation; l'esprit public, résistance et maquis ; la libération ; les prisonniers, déportés politiques ; les réfugiés ; les bombardements aériens
Place Godard après l’incendie du 12 juin 1940 (Archives Départementales, IC Châlons art.6) Panneaux indicateurs au quinconce Gouraud (Archives Départementales,
IC Châlons art.6)
Café-Hôtel de la place de la République réquisitionné pour le Foyer du Soldat allemand (Archives Départementales,
IC Châlons art.6) L’Hôtel-Dieu après les bombardements alllemands de mai 1940
Le bombardement allié du 27 avril 1944 sur le dépôt SNCF
(BMVR, fonds photographique, 5022) Les obsèques à Notre-Dame du bombardement allié du 27 avril (Archives Départementales,
Aujourd’hui lieu de mémoire, l’immeuble du 3, Cours d’Ormesson a abrité durant l’occupation le SD, le Service de la Sécurité assimilé à la Gestapo. Dans un éditorial publié au lendemain de la Libération, «Le Journal de la Marne» nous fait entrevoir une partie des souffrances physiques et morales qu’y subirent de nombreux résistant.
La salle de torture de la Gestapo,
cours d’Ormesson. (Archives Départementales, IC Châlons art.6)
De mai 1940 à août 1944, la propagande allemande et vichyste est la seule source d’information autorisée des Châlonnais qui, en dehors du bouche à oreille et de la BBC, trouvent occasionnellement dans leurs boîtes aux lettres des tracts diffusés par la Résistance.
Les bobards ont, de tout temps, alimenté les conversations du café du commerce. La seconde guerre mondiale n’échappa pas à la règle. Le Petit Catalaunien Illustré en publie quelques uns relatifs à Châlons.
La libération de Châlons a donné lieu à plusieurs récits. Nous publions le plus complet, déposé à la bibliothèque municipale. Il retrace les journées glorieuses des lundi 28 et mardi 29 août 1944 qui virent la débandade allemande précédée d’explosions et de destructions, l’entrée des FFI dans Châlons puis de l’armée américaine. Châlons pavoise et clame son immense bonheur d’être libérée du joug de l’ennemi.
Entrée des blindés américains par la rue du Général Compère (Archives Départementales, IC Châlons art.6)
29 août 1944 : groupe de FFI au pont de Marne (Archives Départementales, IC Châlons art.6) Entrée des blindés américains par la rue du Général Compère (Archives Départementales, IC Châlons art.6)
La nuit précédant la Libération est marquée par une série d’explosions. Avant de quitter la ville, les Allemands font notamment sauter les ponts enjambant le canal et la Marne entre l’hémicycle et la gare, créant des dégâts collatéraux importants aux immeubles voisins.
Le pont de Marne le 29 août 1944 (BMVR, photo 1651)
Dès les premières heures de la libération, la municipalité nommée par Vichy est remplacée par une commission exécutive provisoire présidée par Irénée Dlévaque. Sa légitimité, un temps contestée, sera confirmée par les Châlonnais lors des élections municipales de 1945.
Irénée Dlévaque lors d’une remise de médaille en 1946 ou 1947 (Archives Départementales, IC Châlons, art. 6)
La République est rétablie
A l'Hôtel de Ville, “ le représentant du nouveau gouvernement déclare déchu le gouvernement du maréchal Pétain et proclame l’avènement de la République ... Il rend hommage aux armées alliées.. ”.
La Musique Municipale et l’Harmonie du Cercle Catholique donnent “ le concert de la Libération ” le dimanche 3 septembre 1944 à 15 h place de la République. “ Te Deum ” de reconnaissance à Notre-Dame
Ce dimanche 3 septembre à 17 heures, l’église Notre-Dame ne peut accueillir toute la foule venue suivre la cérémonie de reconnaissance présidée par Mgr Tissier, évêque de Châlons.
La commission municipale provisoire décide le 25 septembre 1944 de changer le nom de quatre rues de Châlons.
La place Pétain devient place de la Libération ; la rue Saint-Loup s’appelle désormais rue des Martyrs de la Résistance ; la route de Sarry prend le nom d’avenue des Alliés et celle d’Attila est transformée en rue du Camp d’Attila.Ce qui donne lieu à récriminations.
Le patrimoine ornemental de Châlons eut à payer son tribut
aux besoins en bronze des armées allemandes.
Les statues de Châlons
Dans un article publié les 1er et 2 novembre 1944, l’Union Républicaine nous donne un éclairage sur le ressenti des Châlonnais face au sort réservé par les allemands à nos statues de bronze.
Le Monument Carnot,
Le Monument des Arts et Métiers, place des Arts Le Monument Léon Bourgeois, rue Juliette Récamier
Dès la Libération de Châlons, le retour prochain des prisonniers et déportés est dans toutes les têtes, avec une question : quand sonnera l’heure de la fin de leur longue épreuve, voire de leur calvaire ? En attendant d’y répondre, Châlons prépare leur retour.
Un des 10 encarts publiés dans le Journal de la Marne en décembre 1944
Châlons dans la guerre 1939/1945
Brochure publiée par la ville de Châlons en 1996 et réalisée à la suite de l’exposition «Châlons dans la guerre 1939-1945» présentée en 1994. Après une série d’articles synthétisant cette période, elle nous présente des documents d’origine locale provenant principalement des Archives et de la bibliothèque municicipales.
Disponible à la bibliothèque municipalede Châlons-en-Champagne. 12 euros.
L’entrée des blindés américains par la rue Carnot illustre la couverture de la brochure éditée en 1996 par la Bibliothèque municipale à vocation régionale de Châlons
Châlons sous la botte
de l’abbé Pierre Gillet
L’abbé Gillet nous livre ses souvenirs de la résistance à Châlons et dans son arrondissement de 1940 à 1945. Comment se sont comportés les Châlonnais ? Qu’étaient exactement les mouvements de résistance ? Y eut-il des collaborateurs, des héros, des victimes ? A toutes ces questions, l’abbé Gillet répond en témoin et acteur qu’il fut. Avec le souci de ne pas réveiller les passions, “la sérénité étant la première des règles en de tels récits”.
Réédition, 1998, Paquez imprimeur
La Marne et les Marnais à l’épreuve de la seconde guerre mondiale
de Jean-Pierre Husson
En étudiant la Marne et René Bousquet pendant la seconde guerre mondiale, Jean-Pierre Husson présente une vision renouvelée des années noires de l’occupation, dans un département de zone occupée qui est passé sans état d’âme, et comme beaucoup d’autres, du pétainisme à la résistance. Le tome 1 replace le cas marnais dans son contexte régional et national : défaite, occupation, collaboration, résistance, libération, épuration. Il dresse le bilan de la souffrance, des continuités... Le tome 2 rassemble les biographies, de nombreux tableaux statistiques, fac-similés de documents, et un état exhaustif des sources et biographie de référence.
Presses Universitaires de Reims, 1995
Pour finir, un peu d’humour...
Malgré le rationnement qui leur tiraille les tripes et provoque le marché noir, les Châlonnais n’en conservent pas moins leur humour, comme en témoigne cette recette pour préparer
un menu en 1943. Faites le calcul
Certains esprits Châlonnais, oubliant que comparaison ne vaut pas raison, pronostiquèrent rapidement la chute du régime nazi à partir non pas des prophéties de Nostradamus, mais des similitudes qu’ils établirent entre des carrières militaires et politiques de Napoléon et d’Hitler.
Recette du gâteau de guerre
Enfant, dans les années soixante, je pâtissais chaque dimanche matin en cherchant mon inspiration dans le cahier de recettes de ma mère. Un jour, je tombai sur la recette du gâteau de guerre qui restera longtemps célèbre dans la famille...
Quelques mètres de moins en perspective ?
« Quelques mètres de plus ou de moins ne remettent pas en cause le fait que les flèches de Notre-Dame soient visibles », confiait dans l’Union du 23/10/03 un élu municipal.
Faute de disposer du recul actuel qu’offrent les travaux du CHV, il manqua singulièrement de perspective. Heureusement, nous en eûmes à sa place.
Pour ce qui est des quelques 4,14 mètres de plus, nous ne pouvions partager le point de vue de Gérard Berthiot, élu socialiste au Conseil municipal, d’où l’action que nous avons menée, et gagnée, contre le permis de construire délivré à l’Effort Rémois (cf Le Petit Catalaunien Illustré, n°s 44 et 45) .
Pour ce qui est des quelques 14,75 mètres de moins qui nous permettent aujourd’hui d’admirer une perspective inespérée sur Notre-Dame, force est de constater aujourd’hui combien l’auteur de cette sentence peut, à l’occasion, voir juste !
Alors, parfois, on se prend à rêver. Et si cette sublime perspective restait comme ça ? Et si l’on créait à la place du CHV un jardin public, celui de l’Hôtel-de-Ville, comme en ont de nombreuses villes ?
Une nouvelle bataille en vue ? De nouvelles crises d’urticaire pour notre Député-Maire qui nous doit encore, promesse électorale oblige, de raser l’édicule de Pierre Dac ?
Selon le projet déposé, il y aura bien un jardin. Pas public, mais privatif et suspendu, à l’intérieur de l’ensemble immobilier que l’Effort Rémois et la SEMCHA vont édifier à la place du CHV dans les prochains mois.
Dommage : l’idée était à creuser. Ce que semblent faire les bulldozers qui déblaient le site des 30 années d’offenses infligées par le CHV au patrimoine local.
Mais si nos élus veulent reprendre cette idée à leur compte, qu’ils ne s’en privent surtout pas : les Châlonnais apprécieraient, et nous avec !

References: art.6
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