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5A_378/2014 (30.06.2014)
5A_378/2014 � � Arr�t du 30 juin 2014
Greffi�re : Mme Achtari
C�tes-de-Montbenon 8, 1014 Lausanne,
du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 17 d�cembre 2013.
A.a.�B.________ et C.________, n�s respectivement les 4 f�vrier 2006 et 15 juillet 2007, sont issus de l'union de D.X.________ et de A.X.________.
A.b.�Par ordonnance de mesures provisionnelles du 3 novembre 2011, la Juge de paix du district de Lausanne (ci-apr�s: la Juge de paix) a notamment valid� une ordonnance pr�provisionnelle du 24 octobre 2011 retirant provisoirement � D.X.________ et A.X.________ le droit de garde sur leurs enfants B.________ et C.________, ouvert une enqu�te en limitation, voire en retrait, de l'autorit� parentale de D.X.________ et A.X.________ sur leurs enfants et confi� un mandat d'enqu�te au Service de protection de la jeunesse (ci-apr�s: SPJ), lequel avait d�j� �t� nomm� curateur (art. 308 al. 1 CC) des deux enfants pr�cit�s par d�cision du 10 juin 2010.
�Par ordonnance de mesures provisionnelles du 19 avril 2012, la Juge de paix a notamment retir� provisoirement � D.X.________ et A.X.________ leur droit de garde sur leurs enfants, ce droit �tant attribu� au SPJ, et ordonn� une expertise p�dopsychiatrique, confi�e au Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA).
A.c.�Faisant suite � un premier rapport d�pos� le 18 avril 2012, le SPJ a produit, le 30 novembre 2012, un nouveau rapport d'�valuation concernant B.________ et C.________, qui �taient tous deux plac�s au Foyer F.________. Il a notamment indiqu� qu'� son arriv�e en foyer en octobre 2011, les �ducateurs avaient not� chez B.________ d'importantes carences �ducatives et relationnelles. Celui-ci �voluait dor�navant mieux scolairement, son comportement avec les adultes et ses pairs s'�tait am�lior� et sa violence diminuait. S'agissant de C.________, sa psychologue, qui effectuait �galement un travail m�re-fille, avait signal� des troubles de l'attachement significatifs, l'enfant n'arrivant que peu � g�rer la distance relationnelle avec l'autre lors d'une s�paration, et la relation m�re-fille devait encore �tre travaill�e � long terme pour esp�rer un retour de C.________ � domicile. Une lente �volution positive des relations entre A.X.________ et ses enfants avait �t� observ�e et la m�re �tait preneuse des conseils des professionnels. Le SPJ a estim� qu'� long terme, A.X.________ pourrait, avec de l'aide, mettre en place un syst�me �ducatif plus coh�rent et " s�cure " pour ses enfants, afin de peut-�tre pouvoir les reprendre � son domicile. Au vu de la lente �volution de la situation, de l'accompagnement soutenu des grands-m�res dans le droit de visite et du temps n�cessaire pour r�habiliter les comp�tences parentales, le SPJ a conclu au maintien de son mandat de gardien au sens de l'art. 310 CC sur les enfants B.________ et C.________. Le placement �tait b�n�fique � ceux-ci, les visites montraient encore la fragilit� de la situation et, m�me si la m�re avait plus de comp�tences que le p�re pour l'accueil de ses enfants, il faudrait encore du temps et du travail avant que celle-ci puisse reprendre ses deux enfants � son domicile.
A.d.�Consid�rant que le rapport susmentionn� �tait suffisamment circonstanci�, la Juge de paix a r�voqu�, le 10 d�cembre 2012, sa d�cision provisionnelle du 19 avril 2012 en tant qu'elle ordonnait une expertise p�dopsychiatrique.
A.e.�Le 16 mai 2013, la Justice de paix a proc�d� � l'audition de D.X.________ et de A.X.________, ainsi que de E.________, assistant social aupr�s du SPJ en charge du dossier des enfants B.________ et C.________, et d'un t�moin. E.________ a confirm� ses conclusions tendant au retrait du droit de garde et d�clar� que l' "enclassement " de B.________ �tait pr�vu pour l'ann�e 2013 au Centre psychoth�rapeutique de l'H�pital de l'enfance (ci-apr�s: CPT), en internat. Concernant C.________, les �ducateurs du Foyer F.________ �taient tr�s inquiets et avaient d� mobiliser un �ducateur uniquement pour elle, afin d'�viter les d�bordements, en particulier dans la violence.
A.f.�Dans son rapport du 2 d�cembre 2013, le SPJ a notamment indiqu� que les �ducateurs avaient observ� une �volution positive de la situation de C.________, malgr� les difficult�s qui demeuraient notamment quant aux transitions et � l'acceptation du cadre donn�, et que, depuis la rentr�e scolaire d'ao�t, A.X.________ avait pu prendre sa fille en visite les samedis et dimanches de 10 heures � 18 heures. La psychologue de l'enfant avait organis� des rencontres m�re-fille pour aider celles-ci dans leur relation. Depuis l'�largissement des visites de la m�re, le d�but du travail th�rapeutique et le d�part du foyer de B.________, le comportement de C.________ �tait devenu � nouveau tr�s difficile � cadrer. La m�re ne percevait que partiellement en quoi sa fille pouvait poser des difficult�s comportementales et,�
de facto, comment se situer avec celle-ci en termes �ducatifs. C.________ demandait une forte mobilisation institutionnelle et une pr�sence importante pour pouvoir l'aider � g�rer ses angoisses. Ensuite d'un stage au CPT en juin 2013 o� il avait pu montrer le meilleur de lui-m�me, B.________ vivait dans ce centre durant la semaine et certains week-ends chez Madame G.________, sa " grand-maman de coeur ". Le CPT consid�rait �galement inopportun, en l'�tat, que B.________ retourne chez sa m�re pour le week-end et pr�f�rait mieux �valuer les capacit�s �ducatives de A.X.________ avant d'organiser des nuits et des week-ends entiers chez celle-ci. A.X.________ peinait � voir les difficult�s de sa fille, arguant que celle-ci avait toujours �t� comme cela. Elle avait de la peine � percevoir quand et comment intervenir aupr�s de C.________ pour la calmer et la s�curiser. La relation m�re-fille devait probablement �tre beaucoup plus travaill�e pour que l'enfant se sente bien. A.X.________ avait �galement des difficult�s � mettre un cadre � son fils. Ensuite de la d�cision de retrait de droit de garde, en col�re, elle n'avait pas rendu visite � ses enfants pendant trois semaines, montrant ses propres difficult�s � comprendre leurs besoins et � les faire passer avant les siens. Le SPJ a en cons�quence estim� qu'un retour des enfants aupr�s de leur m�re �tait pr�matur� et que ceux-ci avaient encore besoin d'un encadrement sp�cialis�. Malgr� les questions pos�es par la m�re aux �ducateurs par rapport aux enfants, ces professionnels observaient le peu d'anticipation de A.X.________ et ses difficult�s d'apprentissage. Elle peinait � entrer dans des aspects plus psychologiques pour anticiper les r�ponses � donner � certains comportements de ses enfants et il �tait difficile d'estimer si elle n'en voyait pas la pertinence ni l'utilit� pour l'instant, ou si elle ne comprenait tout simplement pas de quoi il s'agissait. Un travail devait encore �tre effectu� par la m�re avec son fils et le CPT pour pouvoir, � terme, �ventuellement prendre son enfant en week-end chez elle; l'attachement de B.________ n'�tait pas encore tr�s " s�cure " � l'�gard de sa m�re et le risque de d�rapage restait encore trop pr�sent.
A.g.�Par d�cision du 16 mai 2013, la Justice de paix du district de Lausanne a notamment mis fin � l'enqu�te en limitation, voire en retrait, de l'autorit� parentale instruite � l'�gard de D.X.________ et A.X.________ sur les enfants B.________ et C.________, retir� � D.X.________, en application de l'art. 310 CC et dans l'hypoth�se o� la mesure de curatelle de port�e g�n�rale provisoire prononc�e en sa faveur ne serait pas confirm�e, son droit de garde sur B.________ et C.________, retir� �galement � A.X.________, en application de l'art. 310 CC, son droit de garde sur B.________ et C.________, confi� un mandat de garde au SPJ s'agissant des deux enfants susnomm�s, dit que le SPJ aurait pour t�ches de placer les mineurs dans des lieux propices � leurs int�r�ts et de veiller au r�tablissement de liens progressifs et durables avec leur m�re et leur p�re, et invit� le SPJ � remettre annuellement � la Justice de paix un rapport sur son activit� et sur l'�volution de la situation de B.________ et C.________.
A.h.�A.X.________ a recouru contre cette d�cision devant la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal vaudois en concluant � son annulation et � la restitution de son droit de garde sur B.________ et C.________. Elle a demand� la tenue de d�bats, ainsi que l'audition de trois t�moins, et a produit des pi�ces. Post�rieurement au d�p�t de son recours, elle a encore requis la mise en oeuvre d'une expertise par le SUPEA.
�Le SPJ a conclu au rejet du recours, produisant le rapport actualis� qu'il avait �tabli le 2 d�cembre 2013.
�Par arr�t du 17 d�cembre 2013, envoy� pour notification le 19 mars 2014, la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal vaudois a rejet� le recours et confirm� la d�cision entreprise.
Par acte du 5 mai 2014, A.X.________ exerce un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Elle sollicite son annulation et demande au Tribunal f�d�ral de dire que la garde de ses enfants B.________ et C.________ ne lui est pas retir�e.
Le recours a �t� d�pos� en temps utile - compte tenu des f�ries de P�ques (art. 100 al. 1
cum�art. 46 al. 1 let. a LTF) - contre une d�cision rendue en mati�re de protection de l'enfant (art. 72 al. 2 let. b ch. 7 LTF) par une autorit� cantonale de derni�re instance ayant statu� sur recours (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Comme la question soumise au Tribunal f�d�ral est de nature non p�cuniaire, le recours est ouvert ind�pendamment de la valeur litigieuse (arr�t 5A_763/2011 du 7 mars 2012 consid. 1). La recourante, qui a succomb� devant l'autorit� cantonale, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF, y compris les droits constitutionnels (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 88 s.; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4 p. 400 s.). Le Tribunal f�d�ral ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� constat�s de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 III 268 consid. 1.2 p. 278), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.2 p. 246).
�De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 III 226 consid. 4.2 p. 234; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.); encore faut-il que la d�cision en soit vici�e dans son r�sultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
La recourante fait valoir que la cour cantonale a viol� les art. 29 al. 2 Cst., 6 et 8 CEDH, ainsi que les art. 314 al. 1 et 446 al. 1 CC, en lien avec l'application des maximes inquisitoire et d'office. A l'appui de son grief, la recourante reproche � la cour cantonale de ne s'�tre fond�e que sur les " �l�ments de conviction " fournis par le SPJ et d'avoir rejet� ses requ�tes tendant � la mise en oeuvre d'une expertise p�dopsychiatrique, � l'audition de t�moins et � la tenue de d�bats. Selon la recourante, compte tenu de la gravit� de la mesure litigieuse, les juges cantonaux ne pouvaient, sans violer les maximes inquisitoire et d'office, " s'en remettre purement et simplement, sans v�rifier par elle-m�me jusqu'� la certitude, les �l�ments de conviction pertinents ". En refusant notamment d'ordonner une expertise, les juges cantonaux auraient ainsi manqu� " � l'obligation de s'assurer de l'existence, de la nature et de la gravit� d'un pr�judice pour la sant� et le d�veloppement des enfants (...) par la vie commune avec leur m�re seule (...) ".
3.1.1.�Tel qu'il est garanti par les art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH - lequel n'offre pas de protection plus �tendue que les garanties constitutionnelles nationales (ATF 130 I 312 consid. 5.1 p. 332 et les arr�ts cit�s; arr�t 5D_61/2008 du 20 ao�t 2008 consid. 4.2) -, le droit d'�tre entendu comprend notamment le droit pour l'int�ress� de prendre connaissance du dossier, de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision touchant sa situation juridique ne soit prise, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 III 576 consid. 2c p. 578). Lorsqu'il contr�le l'application du droit d'�tre entendu sous l'angle de l'art. 29 al. 2 Cst., le Tribunal f�d�ral en d�termine le contenu et la port�e en fonction de la situation concr�te et des int�r�ts en pr�sence (ATF 123 I 63 consid. 2d p. 68; 111 Ia 273 consid. 2b p. 274). Selon la nature de l'affaire, le contenu et l'�tendue du droit d'�tre entendu peuvent varier. Il n'implique en g�n�ral pas le droit de s'exprimer oralement (ATF 125 I 209 consid. 9b p. 219 et l'arr�t cit�), ni celui d'obtenir l'audition de t�moins (ATF 130 II 425 consid. 2.1 p. 428 s.). Quant au droit � la preuve, il ne s'oppose pas � ce que l'autorit� mette un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude que ces derni�res ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.; 134 I 140 consid. 5.3 p. 148; 115 Ia 97 consid. 5b p. 101). Ce principe vaut m�me lorsque la maxime inquisitoire s'applique (ATF 130 III 734 consid. 2.2.3 p. 735 et les arr�ts cit�s). Celle-ci ne dispense par ailleurs pas les parties de collaborer � la proc�dure et d'indiquer leurs moyens de preuve en temps utile (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 413; arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1�
in fineet les arr�ts cit�s).
3.1.2.�Dans les affaires relatives � la protection de l'enfant, le juge est li� � la maxime inquisitoire en ce qui concerne l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves (art. 446 CC applicable par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). Le tribunal, qui a le devoir d'administrer les preuves, n'est cependant pas li� par les offres de preuves des parties, il d�cide au contraire selon sa conviction, quels faits doivent encore �tre �tablis et quels sont les moyens de preuves pertinents pour d�montrer ces faits (arr�t 5A_877/2013 du 10 f�vrier 2014 consid. 4.1.1; AUER/MARTI, Basler Kommentar, Erwachsenenschutz, 2011, n� 8 ad art. 446 CC).
�Abstraction faite d'exceptions qui ne sont pas r�alis�es dans le cas pr�sent (cf. � ce sujet: Hohl, Proc�dure civile, t. I, 2001, n� 1045 p. 197), l'expertise n'est ainsi qu'une mesure probatoire parmi d'autres. Le juge doit l'ordonner lorsqu'elle appara�t comme le seul moyen de preuve idoine, en particulier lorsqu'il ne b�n�ficie pas de connaissances personnelles suffisantes pour se prononcer sur le bien de l'enfant, par exemple lorsque celui-ci souffre d'une maladie ou pr�sente un comportement pathologique, ou encore lorsque le juge ne dispose d'aucun �l�ment de preuve sur des faits pertinents pour la d�cision; il jouit � cet �gard d'un large pouvoir d'appr�ciation (arr�t 5A_798/2009 du 4 mars 2010 consid. 3.1 et les arr�ts cit�s, non publi� aux ATF 136 I 178), qui trouve sa limite dans l'interdiction de l'arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2a p. 41; 124 IV 86 consid. 2a p. 88).
3.2.�En l'occurrence, il appara�t que l'autorit� pr�c�dente a proc�d� � une appr�ciation des preuves disponibles et a jug� celles requises par la recourante comme n'�tant pas pertinentes pour l'issue du litige compte tenu des rapports du SPJ et des autres preuves d�j� administr�es. De nature essentiellement appellatoire, les critiques que la recourante forme � cet �gard ne permettent pas de retenir que la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en consid�rant qu'elle �tait suffisamment renseign�e et que le dossier �tait en �tat d'�tre jug�. Elle se borne en effet � exposer son point de vue selon lequel les mesures probatoires qu'elle sollicite sont n�cessaires au jugement de la cause, sans d�montrer, ni m�me all�guer, que l'appr�ciation anticip�e des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale serait arbitraire, c'est-�-dire manifestement insoutenable. Insuffisamment motiv� (cf.�
supra�consid. 2.2; art. 106 al. 2 LTF), le grief appara�t ainsi irrecevable.
Invoquant une violation des art. 310 al. 1 CC et 8 CEDH, la recourante reproche en outre � l'autorit� cantonale de lui avoir retir� le droit de garde sur ses enfants sans que l'existence d'un pr�judice ou d'un danger pour la sant� et/ou le d�veloppement de ceux-ci n'ait �t� prouv�. Elle soutient que le fait qu'un enfant puisse �tre accueilli dans un cadre plus propice � son �ducation n'est pas suffisant pour justifier une ing�rence aussi grave dans le droit au respect de la vie familiale; il faudrait, selon elle, qu'il existe en sus: " violences ou maltraitance, abus sexuels, d�ficit affectif-incapacit� affective, �tat de sant� inqui�tant, d�s�quilibre psychique ".
4.1.�L'art. 8 par. 1 CEDH - de m�me que l'art. 13 al. 1 Cst. (ATF 129 II 215 consid. 4.2 p. 218 s.; 126 II 377 consid. 7 p. 394) - garantit notamment le droit � la vie priv�e et familiale. La suppression du droit de garde des p�re et m�re constitue une atteinte grave au droit au respect de la vie priv�e et familiale au sens de l'art. 8 par. 2 CEDH (arr�t 5P.8/2007 du 6 juin 2008 consid. 5.1; Marie-Laure Papaux Van Delden, Le placement de l'enfant: analyse de la jurisprudence de Strasbourg � l'attention du praticien et du l�gislateur,�
in�M�langes P.-H. Steinauer, 2013, p. 227 ss [229, 231]). En droit suisse, cette ing�rence des autorit�s publiques dans l'exercice des droits parentaux est pr�vue par l'art. 310 CC. Dans ce domaine, la r�glementation du Code civil suisse est conforme � l'art. 8 CEDH (arr�t 5P.257/2003 du 18 septembre 2003 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s; Papaux Van Delden, op. cit., p. 231). Pour qu'une telle ing�rence soit licite, encore faut-il que cette r�glementation ait �t� correctement appliqu�e; le crit�re essentiel qui doit guider les autorit�s est le bien, autant physique que psychique, de l'enfant (ATF 136 I 178 consid. 5.2 p.180; 120 Ia 369 consid. 4b p. 375; 107 II 301 consid. 6 p. 304 et les arr�ts cit�s). Le principe de proportionnalit� doit en outre �tre respect�: le retrait de l'enfant de son milieu familial doit �tre le seul moyen de garantir ses droits. C'est � la lumi�re de l'ensemble des circonstances que la pertinence et la suffisance des motifs invoqu�s pour justifier la restriction aux droits parentaux doit �tre analys�e (Papaux Van Delden, op. cit., p. 230, 233 et les arr�ts de la CourEDH cit�s).
4.2.�Selon l'art. 310 al. 1 CC, lorsqu'elle ne peut �viter autrement que le d�veloppement de l'enfant ne soit compromis, l'autorit� de protection de l'enfant retire l'enfant aux p�re et m�re ou aux tiers chez qui il se trouve et le place de fa�on appropri�e. Cette mesure de protection a pour effet que le droit de garde passe des p�re et m�re � l'autorit�, qui d�termine d�s lors le lieu de r�sidence de l'enfant et, partant, choisit son encadrement (arr�ts 5A_335/2012 du 21 juin 2012 consid. 3.1; 5A_238/2010 du 11 juin 2010 consid. 4, publi�
in�FamPra.ch 2010 p. 713). Le danger doit �tre tel qu'il soit impossible de le pr�venir par les mesures moins �nergiques pr�vues aux art. 307 et 308 CC; la cause de la mesure doit r�sider dans le fait que le d�veloppement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez prot�g� ou encourag� dans le milieu de ses p�re et m�re ou dans le milieu o� ceux-ci l'ont plac� (arr�ts 5A_729/2013 du 11 d�cembre 2013 consid. 4.1; 5A_835/2008 du 12 f�vrier 2009 consid. 4.1 et les r�f�rences; Meier/Stettler, Droit de la filiation, 5�me �d., 2014, n� 1296 p. 850 et les r�f�rences).
�Comme l'application des art. 310 ss CC suppose une pes�e d'int�r�ts de la part des autorit�s cantonales, le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue en revoyant leurs d�cisions (ATF 120 II 384 consid. 5b p. 387), ce qui �quivaut pratiquement � se cantonner sur le terrain de l'arbitraire (ATF 136 I 178 consid. 5.2 p. 180). Il n'intervient ainsi que si la d�cision attaqu�e s'�carte des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation, si elle s'appuie sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le ou, � l'inverse, si elle n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration. Il sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2 p. 123 s.; 133 III 201 consid. 5.4 p. 211). Il incombe d�s lors au recourant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi la d�cision attaqu�e repose sur une appr�ciation du bien de l'enfant manifestement insoutenable; il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� jouit d'un libre pouvoir d'examen (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.; 117 Ia 10 consid. 4b p. 11 s. et les arr�ts cit�s).
4.3.�Au vu des faits retenus, � propos desquels la recourante n'�tablit aucun arbitraire (art. 9 Cst.), la Chambre des curatelles ne saurait se voir reprocher d'avoir viol� le droit f�d�ral et conventionnel et, en particulier le principe de proportionnalit�, en consid�rant, sur la base des rapports et d�terminations du SPJ, que le retrait du droit de garde de la recourante est encore actuellement la seule mesure susceptible de r�pondre � l'int�r�t sup�rieur des enfants en leur offrant un cadre �ducatif structurant et stable. Proc�dant � une pes�e des int�r�ts en pr�sence - soit une question d'appr�ciation que le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue -, les juges cantonaux ont tenu compte de mani�re ad�quate des �l�ments susceptibles d'entrer en consid�ration pour appr�cier l'int�r�t des enfants. Ils ont en particulier pris en compte l'inaptitude - actuelle - de la recourante dans l'�ducation de ses enfants ainsi que son incapacit� � donner des r�ponses � certains de leurs comportements, dont notamment celui de C.________ qui demande une forte mobilisation institutionnelle et une pr�sence importante pour l'aider � g�rer ses angoisses. De tels motifs apparaissent, en l'�tat, propres � justifier la mesure querell�e et la recourante ne parvient pas � d�montrer en quoi la cour cantonale aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation en leur attribuant un poids pr�pond�rant. Contrairement � ce que semble soutenir la recourante, la mise en danger de l'enfant ne se mat�rialise pas seulement dans les violences ou la maltraitance du ou des parent (s) concern� (s), mais peut, comme en l'esp�ce, r�sulter de l'inaptitude ou de la n�gligence grave dans l'�ducation ou la prise en charge des enfants, quelles qu'en soient les causes (Meier/Stettler, op. cit., n� 1297 p. 851). Dans cette mesure, la pes�e des int�r�ts effectu�e par la cour cantonale ne pr�te pas le flanc � la critique. Pour autant que recevable, le grief appara�t d�s lors infond�.
�Il convient encore de pr�ciser que les mesures de protection de l'enfant (art. 307 ss CC) peuvent �tre modifi�es en tout temps en cas de changement des circonstances (art. 313 al. 1 CC; ATF 120 II 384 consid. 4d p. 386). L'�volution de la situation pourra d�s lors, au besoin, conduire � une adaptation des mesures qui ont �t� prises, ce que les juges pr�c�dents ont au demeurant clairement r�serv�.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� � la recourante, � la Justice de paix du district de Lausanne, au Service de protection de la jeunesse et � la Chambre des curatelles du Tribunal cantonal du canton de Vaud.

References: art. 95
 ATF 
 art. 29
 art. 314
 art. 29
in fine
 art. 446
 ATF 
 art. 106
 art. 310
 CourEDH 
 art. 307
 art. 310
 ATF