Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20021120-234058
Timestamp: 2017-01-21 00:37:41+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 4 ss, 20 novembre 2002, 234058
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 234058Numéro NOR : CETATEXT000008131385 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-11-20;234058 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 23 mai 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DU VAL-D'OISE ; le PREFET DU VAL-D'OISE demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 30 avril 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé son arrêté du 23 avril 2001 décidant la reconduite à la frontière de M. Josué X... ;
2°) de rejeter la demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les conclusions de Mme Roul, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ... 3°) Si l'étranger auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait ( ...)" ; que M. X..., de nationalité haïtienne, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 18 janvier 2001, de la décision du PREFET DU VAL-D'OISE du 17 janvier 2001 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas visé au 3° de l'article 22-1 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière, nonobstant la circonstance que le tribunal administratif était saisi d'une demande d'annulation de la décision du 17 janvier 2001 ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 susvisée : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (.) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de ce refus" ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité haïtienne, né le 6 juin 1973, est entré en France le 15 septembre 2000 sous couvert d'un visa de 30 jours ; que M. X... est célibataire et sans enfants ; que, dans ces conditions, et compte tenu de la faible durée et des conditions de séjour en France, la décision refusant à M. X... un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard de ses motifs, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il en résulte que le PREFET DU VAL-D'OISE est fondé à soutenir que c'est à tort que pour annuler son arrêté décidant la reconduite à la frontière de M. X... le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur le motif que le refus d'autorisation de séjour méconnaissait le 7° de l'article 12 bis précité de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; Considérant toutefois qu'il appartient au Conseil d'Etat, saisi par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. X... devant le tribunal administratif à l'encontre de l'arrêté attaqué ;Considérant, qu'ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. X... n'était pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application du 7° de l'article 12bis précité de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, par suite, le préfet n'était pas tenu, en application de l'article 12 quater, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande ;
Considérant que l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde ; qu'ainsi le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé ne peut qu'être écarté ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le PREFET DU VAL-D'OISE est fondé à demander l'annulation du jugement attaqué et le rejet de la demande de M. X... ;
Article 1er : Le jugement en date du 30 avril 2001 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est annulé.
Article 2 : La demande présentée par M. X... devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise est rejetée.
Article 3 : La présente décision sera transmise au PREFET DU VAL-D'OISE, à M. Josué X... et au ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales.Références : Arrêté 2001-04-23Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 22-1, art. 12 bis, art. 12 quaterPublications :Proposition de citation: CE, 20 novembre 2002, n° 234058Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme DumortierRapporteur public : Mme RoulOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 4 ssDate de la décision : 20/11/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
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 l'article 12
 l'article 8
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 art. 22
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