Source: http://www.word-world.fr/2020/04/13/lhistoire-destinale-des-civilisations/
Timestamp: 2020-08-08 18:15:25+00:00

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L’histoire destinale des civilisations. Dialogiques et dialogues - Word World (par Jacques Demorgon)
L’histoire destinale des civilisations. Dialogiques et dialogues
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13 avril 2020dans	Histoire Monde 0 Comments
Sources : Demorgon, Jacques, « L’histoire destinale des civilisations», Intertext Nr. 1/2 (49/50) anul 13, Chisinaù : ULIM, p. 13-79, 2019b.
https://ibn.idsi.md/sites/default/files/imag_file/13-79.pdf
« 1ère partie »
La question est celle de la possibilité de dialogues valables, fondés, entre les acteurs humains appartenant à des civilisations et cultures en écart les unes des autres. La perspective choisie est celle de la possibilité de découvrir des dialogiques (dia : à travers) et de s’y référer. Or, les dialogiques doivent surmonter les coupures classiques. Elles doivent être des pensées humaines du réel qui renvoient au réel inséparablement mondain et humain. (1ère partie).
« 2e partie »
Ainsi, les dialogiques de « l’histoire humaine pensée » doivent être en référence à « l’histoire telle qu’elle a été vécue et s’est organisée au fil des millénaires ». Telles sont les dialogiques des trois Figures de l’humain « en représentation et en acte ». (Dé) régulation des rivalités des « actions passions ». Dialogique des grandes Activités instituées rivales : Religion, Politique, Économie, Information. Ces deux précédentes dialogiques conduisent, à travers les acteurs humains qui les investissent, aux dialogiques rivales des grandes Formes successives de société tribales, impériales, nationales et mondiales (2e partie).
« 3e partie »
Comment cela est-il advenu au fil des millénaires ? L’analyse génétique historique n’a été possible qu’à partir de l’histoire globalisée au moins d’un de ses grands points de vue fondateurs. Nous découvrons ici celui de l’histoire des sciences et techniques grâce aux études de David Cosandey. Il nous montre à l’œuvre, de façon quasi planétaire et millénaire, une grande dialogique, transversale des trois Figures, celle des « méreupories ». Ce sont des divisions économiques et politiques rivales qui, ralenties, conduisent à plusieurs progrès en découvertes scientifiques et en inventions techniques. Toutefois, de façon différente dans l’Antiquité entre la Chine et la Grèce. En Chine, les méreupories reprennent mais sont régulièrement interrompues. En Grèce, on a une double exception. Celle d’une Forme de société de taille limitée plus ouverte. Celle d’un hasard de l’histoire : la fin rapide de l’Empire d’Alexandre. Elle permet la reconduction de quatre royaumes hellénistiques rivaux. Cela entraîne une méreuporie hellénistique poursuivant en rebond étendu la méreuporie hellène. L’orientation mentale grecque se poursuit, amorçant un saut qualitatif au « 2e régime de science ». (Ci-après corrigé au printemps 2020). Ce 2e régime de science va cependant rester, par exemple en Islam, une perspective localement et ponctuellement reprise. Avec toujours le manque de la véritable reconnaissance sociale nécessaire. Et cela pendant 18 siècles (3e partie).
« 4e partie »
La différence entre les méreupories permet ensuite de comprendre la singularité historique de l’Europe à son âge moderne. Avec ce final tragique des deux Guerres mondiales (4e partie).
« 5e partie »
On se retrouve ainsi en possession de clés dialogiques de qualité. Non, certes, pour prédire l’avenir mondial. Par contre, pour pouvoir s’y impliquer depuis le cœur véritable de l’opposition inquiétante entre les deux civilisations et cultures rivales de la Chine et de l’Occident (5e partie).
Mots-clés : Andrei Galben, ULIM. Civilisations, cultures, histoires, dialogues. Dialogiques, représentations, « actions, passions » ; Religions, Politiques, Économies, Informations ; Tribus, Empires, Nations, mondialisations. David Cosandey, méreupories, sciences et techniques. Antiquité, Moyen-âge, Chine, Grèce, Europe moderne, François Jullien. Europe coloniale et Guerres mondiales, 1er 20e siècle. Régimes de science. Occident, Chine, 1er 21e siècle.
L’histoire : 4000 ans de dialogiques, dialogues récents et rares !
Trois sortes de dialogues fondent l’histoire dialogique des Civilisations : « 1, 2 et 3 »
1./ Trois sortes de dialogues fondent les dialogiques. 1ères dialogiques écologiques
a./ La présente étude souhaite répondre précisément à son titre : « L’histoire destinale des civilisations ». Il faut l’entendre non comme un texte prophétique, ce dont on se garde bien, mais comme un texte prospectif fondé, étendu et approfondi.
b./ Cela, si possible, dans l’esprit novateur et humaniste des travaux d’Andréi Galben. Nous souhaitons que ce texte puisse témoigner de notre profond respect, de notre vive admiration pour l’homme et l’œuvre et de notre grande reconnaissance pour l’ULIM qu’il a fondée et conduite.
c./ Dans la 1ère partie, des exigences de fondation, d’étendue et de profondeur sont requises étant donnée l’immensité des contenus en cause – l’histoire humaine plurimillénaire – et la gravité extrême des problèmes traités : les tragédies du destin humain.
d./ Les dialogues des civilisations doivent avancer à travers et au-delà des partis-pris, des mauvaises fois et des incompréhensions. C’est dans cet esprit que la présente étude entend répondre aussi à son sous-titre : « Dialogiques et dialogues ».
e./ C’est en effet de leur constitution interactive que dépend la possibilité d’élaboration permanente d’un indispensable corps de savoir éprouvé. Lui seul peut être à même de se décliner dans une histoire destinale comme « dialogique de dialogiques ».
f./ Cette histoire destinale doit pouvoir être proposée à l’implication étendue et profonde des acteurs humains dont la plupart, aujourd’hui, en sont exclus.
g./ Dans la 1ère partie, nous présentons la conception analytique et synthétique des dialogues de civilisations. Il nous faut mettre en évidence « trois dialogues ». En effet, c’est leur association interactive qui seule fonde la validité et la fiabilité des dialogiques. Et cela, non une fois pour toutes, mais de façon continue, évolutive, étendue et approfondie (§ 1).
h./ Sous le terme « dialogues de civilisations » ou « dialogues des cultures » en général, on pense d’abord à des dialogues qui traitent de représentations des civilisations ou des cultures.
i./ Cette « 1ère sorte de dialogues, représentatifs » subit de fréquentes et sévères critiques. Nous verrons plus précisément cela à travers la position explicite de François Jullien (§ 1.2).
j./ Le seul moyen de remédier à ces insuffisances des dialogues représentatifs consiste à les référer systématiquement à la « 2e sorte de dialogues » que, couramment, l’on ne nomme pas ainsi. Pourtant, dépassons cet abus de langue. En effet, il n’est pas un abus de langage ! Nous devons considérer comme « pouvant tenir lieu de dialogues » toutes les expressions que les humains manifestent à travers l’ensemble de leurs comportements interactifs. D’ailleurs, la langue elle-même le dit : certaines conduites et certains faits « parlent d’eux-mêmes ». Ce sont assez souvent les plus tragiques.
k./ Rappelons le premier axiome de L’École de Palo Alto : « On ne peut pas ne pas communiquer ». Tout comportement est aussi communication. Les conduites des acteurs humains, pacifiques, guerrières, mixtes sont un langage. D’autant plus que les humains y recourent là où l’usage des langues leur paraît vain. C’est-à-dire chaque fois que l’énergétique affective déborde toute structure d’échange réglé (§ 1.3).
l./ Si ces « deux sortes de dialogues » sont si séparées, cela vient de ce que les humains n’ont pas les moyens de les faire mieux communiquer. On fait un pas en constatant qu’ils sont aussi l’objet de vis-à-vis et même de dialogues les reliant.
m./ On fait un pas de plus en découvrant que la relation de ces deux sortes de dialogues n’est possible qu’en les situant ensemble dans le réel. C’est lui seul qui, à la fois, les constitue et les englobe. Certes, encore faut-il pouvoir accéder à ce réel, ce qui n’est pas donné d’emblée.
n./ Seules, les ressources de l’exploration, de l’analyse et de la synthèse effectives, multiplement partagées, ont permis au fil des millénaires et permettent toujours cette « 3e sorte de dialogues », celle que les acteurs humains entretiennent « avec le réel » dans toutes leurs expériences (§ 1.4).
o./ Nous le comprenons : c’est toujours la relation interactive des « trois sortes de dialogues » qui découvre et invente les « objets centraux de l’histoire humaine : les dialogiques » (§ 2).
p./ La science reste longtemps en-deçà. Elle est d’ailleurs elle-même en genèses dialogiques multiples. Pour le moment, nous laissons de côté ses dialogiques génétiques singulières en trois régimes. Pour être comprises, celles-ci requièrent préalablement l’étude des dialogiques des méreupories planétaires et millénaires.
q./ Avant d’aborder cette hyper complexité dialogique d’ensemble, objet de toute cette étude, notre première partie, pour terminer, se limite à la découverte des dialogiques de base qui relèvent des conduites écologiques, en tant que systèmes de relations socio-physiques avec les divers environnements « naturels » (§ 3).
Notre 2e partie
Dialogiques, des bases aux Institutions. Les Figures de l’humain dans l’histoire : « 4, 5, 6 et 7 »
2./ Les grandes dialogiques des institutions. Figures de l’humain dans l’histoire
a./ Notre 2e partie va des « dialogiques de base » écologiques aux « dialogiques de toute conduite » puis aux « dialogiques des grandes institutions » que les acteurs humains se donnent pour structures, fonctions, organisations stratégiques.
b./ Chacun, qui les connaît bien, semble pourtant n’en pratiquement rien tirer pour comprendre l’histoire. Or, les grandes Activités – Religion, Politique, Économie, Information » et les grandes Formes de société – Tribus, Empires, Nations, Sociétés d’Economie informationnelle mondiale – sont interactivement les résultats et les sources de l’histoire et des civilisations passées, présentes et à venir.
c./ Pour qu’enfin on s’en aperçoive nous les nommons les « trois grandes Figures de l’humain ». L’objet de cette 2e partie de l’étude, c’est toute l’histoire non seulement dont on parle mais surtout que l’on fait et qui nous fait. Elle est l’objet d’approches « descriptives comparatives » qui sont devenues « compréhensives explicatives ». Et qui, en perspective, deviennent « dialogiques implicatives ».
d./ À la condition que nos « trois sortes de dialogues » s’associent pour « découvrir, inventer » les grandes dialogiques dont nous faisons partie à tel point et par tant de bouts que nous ne pensons même pas à les réunir pour les comprendre et nous comprendre.
e./ Les « dialogiques » ne sont pas des projections subjectives collectives ou individuelles, y compris d’historiens sur l’histoire. Elles ne peuvent être que celles effectivement mises en œuvre, symbolisées, voire instituées à travers toutes les évolutions historiques effectives.
f./ Les dialogiques élémentaires de toute l’expérience humaine sont les plus mises en œuvre quotidiennement. Elles constituent la régulation plus ou moins (dés) adaptative de toutes les conduites (1ère Figure de l’humain). Elles se produisent dans les domaines des grandes Activités dialogiques instituées qu’elles orientent ainsi directement ou non (§ 4.1, § 4.3). Sur cette question, on signale le différentiel plurimillénaire « Chine, Europe » quant à leur énonciation consciente (§ 4.4). Avec, ensuite, le retournement de l’Occident (§ 4.5).
g./ La régulation de toutes les conduites intervient consciemment ou non dans les dialogiques des grandes Activités rivales à visée unificatrice que sont très tôt la Religion, la Politique, l’Économie (2e Figure de l’humain, avec plus tard, l’Information).
On doit à Georges Dumézil (2011) la mise en évidence de ces dialogiques à travers les symbolisations religieuses des sociétés indoeuropéennes (§ 5).
h./ Enfin, engendrées par les dialogiques précédentes des grandes Activités, on a celles des Formes de société : tribu, chefferie, royaume, empire, etc. (3e Figure de l’humain (§ 6.1). C’est une dialogique déjà soulignée dans l’histoire fonctionnelle magistrale d’Ibn Khaldûn apparue au 14e siècle (§ 6.2).
i./ Aujourd’hui, cette même dialogique antagoniste des grandes Formes de société a encore lieu entre les tribus et les autres Formes de société. Pourtant, nous la connaissons plutôt, en Occident du moins, sous la forme où nous la vivons tous les jours. Et cela, comme conflit entre les nations marchandes auparavant au zénith et la nouvelle Forme, celle de la société d’Économie financière informationnelle mondiale parvenue au pouvoir suprême en Occident. Avec, en conséquence, la prolifération des populismes. Et cela, des peuples jusqu’aux gouvernants eux-mêmes (§ 6.3).
j./ Sur ces bases géo-historiques, notre 2e partie peut au final mieux esquisser le portrait d’une histoire entière. Elle s’est mise en œuvre comme « dialogique de dialogiques ». Elle est à peine devenue consciemment telle à la fois identitaire évènementielle, fonctionnelle, instituée, destinale (§ 7).
k./ Au milieu de la présente étude (§ 7.6), nous précisons la distribution de sa suite que nous esquissons déjà ci-après.
Notre 3e partie
Dialogiques des méreupories. Chine, Grèce, Islam : « 8 et 9 »
3./ Les grandes dialogiques transversales des méreupories en Chine, Grèce, Islam
a./ Notre 3e partie présente un ensemble de dialogiques singulières tout à fait exceptionnelles, les « méreupories ». À partir de son étymologie grecque, le terme signifie « division ayant une bonne issue ». Cet ensemble de « dialogiques transversales » a été étudié au fil des millénaires et sur la planète dans l’œuvre magistrale de David Cosandey (1997, 2007, 2015), sous-titrée « Vers une théorie du progrès scientifique ».
b./ L’auteur ne s’en tient pas à la formule un peu plate mais courante selon laquelle les guerres seraient la source des progrès scientifiques et techniques. La dialogique singulière qu’il découvre et révèle est plus complexe et subtile.
c./ Elle prend sa source dans un complexe sociétal qui réunit la dialogique fondamentale des 4 grandes Activités (Religion, Économie, Politique, Information). Et dans celle des Formes de société : cités-États, royaumes, empires à l’origine. Puis nations marchandes d’économie informationnelle ensuite en contextes de mondialisation. Ça n’était pas compréhensible avant la nouvelle histoire fonctionnelle, planétaire et millénaire.
d./ Mais pourquoi « division avec bonne issue » ? La division est celle qui oppose des sociétés dans une rivalité hostile avec comme but pour chacune de l’emporter sur les autres et de les dominer définitivement. Mais alors, d’où vient « la bonne issue » ? Précisément, avant que cela n’arrive, il y a obtention de progrès scientifiques et techniques. C’est ce premier miracle de la méreuporie que nous étudions d’abord (§ 8.1).
e./ Une seconde découverte nous attend. La théorie du progrès scientifique n’est pas seulement l’histoire des découvertes scientifiques et techniques dans leur vrac géo-historique. Elle permet de comprendre que la science n’est pas donnée d’emblée telle, unique et définitive. Elle est une construction humaine. Elle dépend des circonstances qui favorisent ou non la capacité de l’esprit humain à inventer un passage vers un régime de science supérieur.
f./ Ce passage ne s’effectue pas partout de la même façon. En effet, les pays où surgissent les méreupories n’ont pas toujours la même Forme de société. En Chine, on a des royaumes et, très tôt déjà, des dynasties impériales. Les méreupories chinoises se renouvellent et durent un temps variable mais important. Elles s’interrompent, dès qu’un plus fort se constitue, l’emporte sur tous et fonde son empire. À plusieurs reprises, cela s’est ainsi produit.
g./ En Grèce, on a des cités-États, pays de dimension limitée et dont la Forme de société comporte davantage de liberté. Plus tard, en Méditerranée orientale, on a des royaumes (avant l’Empire romain). La singularité de l’histoire évènementielle fait qu’Alexandre le Grand meurt au cours de ses actions militaires. Son empire naissant se retrouve partagé en quatre royaumes hellénistiques. Dès lors, ceux-ci rejouent la division hellène, à plus grande échelle. Et de nouveau avec une bonne issue pour l’information scientifique et technique.
h./ La nouvelle méreuporie « hellénistique » en résulte. Elle relance la précédente méreuporie « hellène » qui avait atteint ses limites. Dès lors, ces méreupories, en prolongement redoublé, renforcent à travers l’ensemble continu et relié des chercheurs une évolution mentale et conceptuelle partagée qui progresse (§ 9).
i./ Les études d’épistémologie contemporaine, de Koyré à Jullien, montrent qu’une telle évolution parvient finalement à hisser la recherche à la supériorité d’un « 2e régime de science ». En effet, celui-ci est en mesure de traiter plus dynamiquement la nature dans ses généralités fonctionnelles et selon une méthode analytique et globale : « hypothético-déductive », mathématisée, expérimentale. Toutefois, quand les royaumes hellénistiques s’effondrent face au rouleau compresseur militaire des Romains, le « 2e régime de science » en genèse s’effondre lui aussi. Et cela pour 18 siècles (correction in « Résumé » au printemps 2020.
j./ L’étude des méreupories menée jusqu’à ce point nous permet de découvrir déjà deux données étonnantes. La première concerne le processus de « conversion des antagonismes sociopolitiques en savoir scientifique et technique ». La seconde concerne les « fonctionnements antagonistes à l’œuvre dans la nature » que les savants comprennent et que les inventeurs utilisent en créant des techniques.
k./ Ce sont les fruits de notre 3e sorte de dialogues avec le(s) réel(s) (§ 9.2, § 10.4).
Notre 4e partie
L’Europe méreuporique invente la nation marchande et son défi ;
Fin tragique : « 10, 11, 12, 13
4. La suite des conquêtes méreuporiques et son final dans l’humanité scindée
a./ Notre 4e partie poursuit, avec Cosandey, l’étude des méreupories dans le contexte différent de l’Europe de l’âge moderne, de la Renaissance jusqu’aux deux grandes Guerres mondiales.
b./ Une 3e découverte étend considérablement le champ d’action, de conversion et d’équilibration des méreupories. Rien moins que le renversement de la hiérarchie des quatre Activités (§ 11).
c/ Ce renversement conduit à l’invention de 2 nouvelles Formes de société (§ 12.3, § 14.3). Cela ne s’est pas fait d’un coup, bien au contraire. Avec d’abord un cumul croissant de découvertes et d’inventions lors des diverses méreupories, cumul, au final, planétairement partagé.
d./ Les méreupories surviennent d’abord dans le contexte des royaumes et empires qui contrôlent l’Économie et l’Information. Comme les méreupories ne cessent de développer sciences et techniques, elles mettent en avant l’Information, quatrième grande Activité d’« unité, diversité » pour les humains.
e./ L’Information étant toujours liée à l’Économie, son renforcement grâce aux méreupories est en même temps le renforcement de l’Économie, de sa présence et de sa prégnance.
f./ L’évolution méreuporique est alors enfin à la source de la grande coupure traversant désormais toute l’humanité.
g./ À l’origine, on a pleinement la hiérarchie traditionnelle des Activités : Religion et Politique au sommet du pouvoir dans les royaumes et les empires.
h./ À l’arrivée, en Occident, on a un véritable bouleversement que Karl Polanyi (1944, 1983) a judicieusement nommé la Grande Transformation. La traditionnelle hiérarchie politico-religieuse est maintenant défiée dans son Pouvoir suprême par les acteurs de l’Économie appuyant leurs entreprises sur les conquêtes scientifiques et techniques.
i./ D’autant qu’une accélération se produit avec la méreuporie paradoxale de l’Europe moderne. En conséquence, deux systèmes opposés vont pouvoir prétendre chacun l’emporter sur l’autre (§ 13).
j./ Ainsi, on comprend grâce à l’étude millénaire des méreupories que les dialogiques rétrospectives de l’histoire humaine rejoignent normalement les passés brûlants du 1er 20e siècle.
k./ Au final de la méreuporie paradoxale de l’Europe moderne, le défi de « l’unité, diversité » planétaire s’est « joué » de façon hyper-tragique avec les deux monstrueuses Guerres mondiales (§ 13.3).
l./ Auparavant, Économie et Information avaient déjà relevé le défi des pouvoirs politico-religieux à travers de grandes Révolutions nationales : Angleterre, France, Etats-Unis et Russie dès 1905.
m./ Aujourd’hui, la grande coupure de l’histoire se poursuit entre les deux Formes de société réellement opposées : empires politiques « traditionnels » modernisés, et nations marchandes modernes. Les deux Formes sont – toutes deux – affrontées au nouveau défi d’une « unité, diversité » planétaire plus vaste encore.
n./ Dès lors, comment cette coupure pourrait-elle ne pas constituer la problématique fondamentale des dialogiques géopolitiques en cours ? Bref, notre actualité brulante !
o./ Au-delà des multiples et diverses considérations des courants politiques identitaires actuels des pays et des gouvernants, pourrait-on, en accédant résolument à l’histoire fonctionnelle destinale, éviter de recommencer « 14-18 » et « 39-45 », encore une fois, autrement ?
p./ À la fin du 19e siècle, bien avant les tragédies et de façon quasi-prémonitoire, des Jeux Olympiques mondiaux (De Coubertin) avaient tenté de se proposer comme articulation ludique de « l’unité, diversité » mondiale.
q./ En même temps, le 2e régime de science avait révélé ses limites et s’était retrouvé confronté à l’ouverture de la science à un « 3e régime » (relativité, physique quantique, inséparabilité des réels mondains et humains).
r./ Ce 3e régime est toujours in statu nascendi. Même s’il a déjà produit nombre d’acquis précieux au niveau des réels mondains et humains. Singulièrement, avec l’écologie, l’éthique et l’histoire, « art de la pensée » comme « dialogique de dialogiques » (§ 12.).
s./ Ce « 3e régime de science » reste cependant sous le contrôle du pouvoir économique dont les intérêts privés prolongent abusivement les insuffisances du 2e régime.
Notre 5e partie
L’Occident et l’Économie mondialisée ; la Chine et le contrôle Politique. L’humain mondial antagoniste. Crase et brutalisation ou articulation créatrice
5./ L’Europe moderne. Envers négatif. Enchevêtrement des rivalités. Fin tragique
a./ Notre 5e partie part d’une distorsion d’argumentation et de récit. Notre souci précédent de présenter la suite des méreupories avec leurs conquêtes bouleversant l’histoire humaine nous a fait occulter le verso négatif de cette histoire. Dire qu’il aboutit à « 14-18 » » et 39-45 » ne permet pas en soi de comprendre la monstruosité des violences accomplies.
b./ Il nous faut clairement dire que celles-ci n’auraient pas pu être telles sans une conjonction de trois ordres enchevêtrés de rivalités appartenant à différents « étages en profondeur » (G. Gurvitch), de l’histoire fonctionnelle destinale.
c./ Dans l’optique de l’histoire identitaire, ce sont les pays géo-historiquement identifiés qui constituent la rivalité la plus visible, celle dont on parle. Or, cela cache la rivalité des deux Formes de société opposées, laquelle cache la rivalité entre le Politico-religieux et l’Économique informationnel.
d./ L’histoire identitaire se joue et s’éprouve souvent gravement mais elle est vécue comme un match, au pire une lutte à mort. Elle est dans l’incapacité de se comprendre elle-même. Il lui faut accepter de découvrir et d’inventer l’histoire fonctionnelle pour y parvenir.
e./ En effet, dans l’optique de l’histoire fonctionnelle destinale, on part de son « étage le plus en profondeur » celui de la rivalité longue entre le Politico-religieux et l’Économique informationnel (van Lier : carré historique). On passe par celui de la rivalité conséquente entre la Forme de société royale impériale et la Forme de société d’économie informationnelle nationale puis mondiale.
f./ Et ensuite, en surface, la rivalité entre les pays ou ensembles de pays identifiés à leur géohistoire, tels que « La France, L’Allemagne ». Ou, aujourd’hui, « L’Occident, La Chine » (§ 14.2, § 14.3, § 14.4).
g./ Cette inversion que font, dans l’ordre des rivalités, les deux « étages » de l’histoire est d’une importance cruciale. En effet, en masquant les deux rivalités les plus profondes sous la plus visible, l’histoire traditionnelle identitaire cache cette conjonction enchevêtrée des trois ordres de rivalités, empêchant de comprendre que cette conjonction est largement à l’origine de l’incroyable renforcement des violences en rebonds : de « 14-18 » à « 39-45 ».
6./ L’humain mondial antagoniste. Crase et brutalisation ; ou articulation créatrice
a./ Le problème géopolitique de la mondialisation actuelle sera d’autant mieux posé s’il part de l’étude des situations qui ont conduit le premier 20e siècle aux pires conflits (§ 14.5).
b./ On est toujours aujourd’hui en présence de deux impérialismes dont les Formes de société impliquent des modalités différentes de relations entre gouvernants et gouvernés. L’un de ces impérialismes éventuel continue de jouer la carte de son Politique impérial millénaire. L’autre joue la carte de l’Économie financière dominante et de sa nouvelle jungle déchaînée ; pardon, dérégulée.
c./ Le problème est que ces deux orientations sociétales fonctionnent ainsi comme des « crases » (Demorgon, passim, 2018, 2016, 2015, 2005). C’est-à-dire (= définition) qu’une seule des quatre Activités – là, le Politique, ici, l’Économie, détenant le Pouvoir suprême, force les trois autres Activités à se plier à ses intérêts et à ses stratégies. Il y a donc une perte d’énergie, de substance et d’information.
d./ C’est le cas, par définition, de toutes les crases. La crase morphologique est connue en linguistique depuis près de trois millénaires. Elle supprime des lettres dans et entre les mots, par exemple pour éviter un hiatus (en grec ancien : talla).
e./ La crase morphosémantique est quotidienne dans le langage informatique (profadom) la publicité (pizzart), la propagande politique : Brexit ; Merkozy ; Chinafrique.
f./ La crase sanguine résulte d’une perte de fluidité du sang qui, grâce à cela, colmate la blessure.
g./ La crase sociologique relève des « trois sortes de dialogues » en représentation, en acte et avec le réel. Son exemple le plus célèbre est sans doute « nazisme » (national-socialisme). Nous avons pourtant les plus grandes difficultés à faire comprendre le rôle fondamental de la notion de « crase » au service des analyses rigoureuses de l’histoire fonctionnelle approfondie.
h./ Dans ses propres « crases », la méreuporie de l’Europe à l’âge moderne – intensifiée, dilatée, prise en main par l’Économie politique montant au Pouvoir suprême – n’a pas évité à l’Europe son effondrement tragique.
i./ Toutes les montées au Pouvoir suprême produisent des crases pour s’y maintenir. Ce faisant, elles se privent elles-mêmes des informations nécessaires pour traiter les antagonismes alors à l’œuvre qu’elles sous-estiment constamment. Or, ceux-ci sont d’indispensables contre-pouvoirs.
j./ Aujourd’hui, la dialogique antagoniste « crases, articulations » se retrouve à bien plus grande échelle.
k./ Comprenons mieux l’alternative : les antagonismes en jeu ne sont pas le mal, ils sont la matière même du réel qui nous avertit de sa résistance. À nous de traiter ces pouvoirs opposés, non par des crases trompeuses qui zappent l’information, mais par des articulations inventées à partir des réels opposés. (§ 14.7, § 14.8).
l./ Urgent !
Test d’un langage supplémentaire articulant les trois dialogues de civilisations
7./ Test d’un langage articulant les dialogiques de civilisations dans l’histoire destinale
a./ Nous comprenons les éventuelles difficultés de la présente étude. Elle peut susciter diverses critiques de la part de lecteurs surpris par la nouveauté du langage et des analyses et synthèses proposées.
b./ En effet, celles-ci englobent notre classique histoire identitaire événementielle dans une nouvelle histoire multifonctionnelle et destinale. Celle-ci peut seule composer un ensemble rétrospectif et prospectif, lié de façon cohérente et ouverte sur une meilleure intelligibilité de l’avenir.
c./ Quand on rencontre cela pour la première fois, on est fréquemment déstabilisé d’où un scepticisme même s’il manque de moyens pour s’exprimer.
d./ Il n’était pas question d’allonger encore cette étude. Nous avons voulu quand même, en conclusion, accompagner certains éventuels questionnements concernant concepts et notions dont nous faisons usage.
e./ Avec, en plus aussi, une brève évocation de quelques-unes des suites annoncées de la présente étude.
P L A N D É T A I L L É
des 5 parties et de la conclusion
Introduction. L’histoire : 4000 ans de dialogiques, dialogues récents et rares !
1./ Trois sortes de dialogues fondent les dialogiques . 1ères dialogiques écologiques.
4./ La suite des conquêtes méreuporiques et son final dans l’humanité scindée
Trois sortes de dialogues fondent l’histoire dialogique des Civilisations,
1./ « Dialogues de représentations », « d’actions, passions à vif » et « avec le réel »
1.1./ Civilisations : vécus, représentations et acteurs chercheurs
1.2./ « Dialogues de représentations échangées »
1.3./ Dialogues « d’actions, passions à vif »
1.4./ « Dialogues avec le(s) réel(s) »
2./ Les trois sortes de dialogues fondent les dialogiques
3./ Diversité de l’expérience écologique humaine et dialogiques conséquentes
3.1./ Expérience dialogique et profusion dialogique
3.2./ Dialogiques écologiques : agriculteurs sédentaires, nomades éleveurs, marins
Dialogiques, des bases aux Institutions, les Figures de l’humain dans l’histoire
4./ Dialogiques de base et dialogiques des institutions : les 3 Figures de l’humain
4.1./ Dialogiques « naturelles, surnaturelles » et « sociales, sociétales instituées »
4.2./ Articulation des trois Figures de l’humain
4.3./ La régulation adaptative antagoniste de base et l’expérience
4.4./ Des écarts « Chine », « Grèce, Europe, Occident »
4.5./ Le retournement de l’Occident
5./ Dialogiques des Activités instituées : Religion, Politique, Économie, Information
5.1./ Dialogiques liant régulations de base et grandes Activités instituées
5.2./ Dialogiques symboliques et institutionnelles des grandes Activités entre elles (Dumézil)
5.3./ La dialogique des Activités antagonistes instituées les transforme et les maintient
6./ Dialogiques des Formes de société : Tribu, Empire ; Nation, Mondialisation
6.1./Dialogiques des « Activités instituées » et genèse des « Formes de société »
6.2./ Histoire fonctionnelle des tribus et des empires. L’œuvre d’Ibn Khaldûn
6.3./ Primat du Politique national et primat de l’Économie informationnelle mondiale
7./ L’histoire fonctionnelle, instituée, destinale, dialogique de dialogiques
7.1./ De l’histoire identitaire évènementielle à l’histoire fonctionnelle
7.2./ L’humanité et ses civilisations (Toynbee, Needham)
7.3./ L’histoire fonctionnelle antagoniste, globale et mondiale (Braudel, Wallerstein, e. a.)
7.4./ De l’histoire sociétale antagoniste à l’histoire destinale humaine
7.5. Histoire destinale et dialogiques singulières transversales : sports, familles, sciences ?
7.6./ La construction méreuporique de l’histoire destinale et l’humanité scindée
3e partie : « 8 et 9 »
Dialogiques des méreupories. Chine, Grèce, Islam
8./ La méreuporie « dialogique de civilisation » ; différentiel Chine, Grèce ?
8.1. Une dialogique exceptionnelle : la « méreuporie, conversion d’antagonismes »
8.2./ Grèce antique : la méreuporie redoublée « hellène, hellénistique »
8.3./ Contextes grecs et chinois spécifiques et méreupories spécifiques
9./ Différentes méreupories et différents régimes de science
9.1./ L’histoire plurifonctionnelle, l’antagonisme et l’intégration selon Ibn Khaldûn
9.2./ De Koyré à Jullien. 2e régime de science comme « dialogue expérimental »
9.3./ Chine, Islam : méreuporie et autoritarisme en alternance répétée
4e partie « 10, 11, 12, 13 »
L’Europe méreuporique invente la nation marchande et son défi. Fin tragique
10./ Le différentiel méreuporique « Chine, Europe » ?
10.1./ Quid d’une renaissance européenne du 2e régime de science ?
10.2./ Needham et l’avancée scientifique millénaire de la Chine
10.3./ Chine, Europe : 2 régimes de science et leurs causes externes : Needham, Cosandey
10.4./ Chine, Europe : l’écart des évolutions culturelles de l’esprit humain selon Jullien
11./ Les méreupories, sources de montée de l’Information et de l’Économie
11.1./ L’information comme 4e grande Activité émerge auprès des trois autres
11.2./ La croissance de l’Information sert l’Économie dans sa montée au pouvoir
11.3/ Longue montée de l’Économie en relation contrastée aux Acteurs politiques
12./ Genèse méreuporique de la nation marchande « démocratique »
12.1/ L’Europe moderne bénéficie des atouts d’une méreuporie du « 2e régime »
12.2/ Le 2e régime se pose comme la science pure. Une « objectivité » idéologique
12.3./ La nouvelle forme de société, la nation marchande à perspective démocratique
13./ Trois rivalités de Pouvoir enchevêtrées jusqu’aux tragédies extrêmes
13.1./ Sociétés géo-historiques. Formes de société. Politique ou Économie fondatrices
13.2./ Concurrences entre empires et sociétés d’économie nationale informationnelle
13.3./ 14-18 et 39-45, rivalités politiques en Europe et montée de l’Économie mondiale
5e partie. L’Occident et l’Économie mondialisée ; la Chine et le contrôle Politique
L’humain mondial antagoniste. Crase et brutalisation ou articulation créatrice
14./ L’Énigme du 21e siècle. Le défi mondial de l’Économie et du Politique
14.1/ L’acquis méreuporique antérieur : 4 Activités, 2 systèmes. L’humanité scindée
14.2/ Occident et montées au Pouvoir du Religieux puis du Politique
14.3/ Genèse méreuporique de la nouvelle Forme de société « d’Économie mondialisée »
14.4/ Chine « avec Politique au sommet du Pouvoir »
14.5/ Les trois rivalités enchevêtrées « courent » du 20e au 21e siècle
14.6/ Religion puis Politique en Europe. Étude de la suite des 2 montées au Pouvoir
14.7/ Occident, Chine, la prise au sérieux d’un clash futur
14.8/ Le suspens de la seconde méreuporie « Est, Ouest » en cours
14.9./ L’antagonisme destinal de l’Économie et du Politique au 21e siècle ?
Conclusion : « 1 à 5 »
1./ La méreuporie antagoniste, équilibration plurielle incomprise de longue durée
2./ La non prise en compte des dialogiques des 4 Activités et des 4 Formes de société
3./ Les paradoxes d’une histoire dont la néoténie humaine incomprise est bannie
4./ « Centrations, décentrations » ; « crases, articulations » ; « massacres, miracles »
5./ Vers l’entre-laïcisation des quatre Activités ?

References: § 4
 § 10
 § 14
 § 14
 § 14
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