Source: http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2014/09/georges-hacquard-etrange-canne-de-virgile/
Timestamp: 2017-02-23 13:50:12+00:00

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Notes du texteSur Georges Hacquard, outre la notice Wikipédia, on pourra lire l’article du journal Le Monde paru à l’occasion de son décès : Luc Cédelle, « Georges Hacquard (1918-2014), pédagogue, ancien directeur de l’École Alsacienne », Le Monde.fr | 13.05.2014. URL : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/05/13/georges-hacquard-1918-2014-pedagogue-ancien-directeur-de-l-ecole-alsacienne_4416144_3382.html. Georges Hacquard a par ailleurs écrit un livre de souvenirs : Sur les balcons du ciel, La Compagnie, 2012. [↩]Au début et à la fin de l’ouvrage, des paraphrases et des réécritures des Bucoliques sont combinées à des reprises des anciennes Vitae. Une place semble semble même faite au poème de l’Appendice virgilienne intituté le Moretum (p. 10), mais plus la référence peut concerner les Bucoliques mêmes, si l’on pense au mets que Thestylis prépare dans la deuxième pièce. [↩]Le chapitre III se termine ainsi par une version des premiers vers des Bucoliques, que Virgile dicte à son secrétaire Éros : « Sous l’abri de ce hêtre à l’opulent feuillage, / Toi, Tityre, allongé, / Te voilà courtisant la Muse du bocage / sur ton roseau léger… ». [↩]Amaryllis est la belle dont Tityre enseigne le nom aux forêts pour qu’elles le fassent résonner, d’après le v. 5 de la première Bucolique. [↩]La tradition des Vies de Virgile trouve son origine dans la ‘biographie’ que Suétone consacra au poète dans son De poetis ; ce texte originel ne nous est pas connu en tant que tel, mais il subsiste dans des excerpta dus à Saint Jérôme et dans la Vita associée au nom du grand grammairien Aelius Donat. Les deux textes, surtout le second, ont ensuite servi de base à une tradition de « Vies de Virgile » (Vitae Vergilianae) qui se perpétue au fil des siècles, au-delà de l’Antiquité et du Moyen-Äge, à la Renaissance ; cette tradition est encore vive en France au XXe siècle dans des œuvres comme Virgile de Jean Giono, Présence de Virgile de Robert Brasillach, la fiction de G. Hacquard que nous présentons ici et le roman Auguste fulminant d’A. Nadaud (Paris, Grasset, 1997). L’édition de référence pour les Vies de Virgile les plus anciennes est désormais celle de G. Brugnoli et F. Stok, Vitae Vergilianae Antiquae, Romae : Typis officinae polygraphicae, 1997 ; c’est à elle que je renvoie dans les notes. [↩]Voir, pour commencer, la Vie de Donat (Vita Donatiana), § 5. [↩]Ibid., § 22. Cf. Aulu-Gelle, Nuits attiques, 17, 10, 2-3. [↩]Voir encore (entre autres), la Vie de Donat, § 60 sqq. : la composition des Bucoliques est très étroitement liée au contexte des distributions de terre aux vétérans et des expropriations – qui, d’après la tradition, avaient directement touché Virgile. Le poème est alors présenté comme un moyen pour le poète à la fois de toucher « César » et de retrouver sa propriété, et, après qu’il l’eut retrouvée, de remercier « César » et les autres dignitaires qui lui avaient apporté leur aide (voir § 60 et 64 en particulier). [↩]Dans la version ancienne de l’histoire, telle qu’en rend compte notamment Servius au début de son commentaire sur la deuxième Bucolique (ad Buc. 2, 1), c’est Virgile qui est charmé par le jeune esclave de Pollion, lequel lui en fait cadeau. Cf. Vie de Donat, § 9. [↩]Dans la Vie de Donat « augmentée » (Vita Donati aucti), cette réputation d’un Virgile plein d’un désir incontrôlé pour les jeunes hommes est déjà atténuée par la référence à Platon et Socrate (§ 20). Par contraste, on peut voir comment le même motif est traité dans la Vie due à Domenico di Bandino (1335-1418), que l’on peut lire dans The Virgilian Tradition.The first fifteen hundred years, ed. J. M. Ziolkowski et M. C. J. Putnam, p. 304 sqq. et, en l’occurrence p. 307. [↩]Vie de Donat, § 15-16 : il y est rapporté que Virgile s’adonna à l’étude de nombreuses disciplines, mais qu’il ne plaida qu’une fois, « parce que, aux dires de Melissus, il s’exprimait très lentement, presque comme quelqu’un qui n’aurait pas reçu d’instruction ». [↩]« Nous avons déjà remarqué qu’une des premières causes de la mélancolie de Virgile fut sans doute le sentiment des malheurs qu’il éprouva dans sa jeunesse. Chassé du toit paternel, il garda toujours le souvenir de sa Mantoue ; mais ce n’était plus le Romain de la république, aimant son pays à la manière dure et âpre des Brutus : c’était le Romain de la monarchie d’Auguste, le rival d’Homère et le nourrisson des Muses. Virgile cultiva ce genre de tristesse en vivant seul au milieu des bois. Peut-être faut-il encore ajouter à cela des accidents particuliers. Nos défauts moraux ou physiques influent beaucoup sur notre humeur, et sont souvent la cause du tour particulier que prend notre caractère. Virgile avait une difficulté de prononciation ; il était faible de corps, rustique d’apparence. Il semble avoir eu dans sa jeunesse des passions vives, auxquelles ces imperfections naturelles purent mettre des obstacles. Ainsi des chagrins de famille, le goût des champs, un amour-propre en souffrance et des passions non satisfaites s’unirent pour lui donner cette rêverie qui nous charme dans ses écrits. » [↩]Littérature latine, Paris, PUF, 1998. Un autre motif constant des Vies est l’atteinte à la gorge qui obligea Mécène à prendre le relais de Virgile lors de la lecture des Géorgiques faite devant Auguste après sa victoire d’Actium : voir la Vie de Donat, § 27-28. La « voix sourde » peut venir aussi, ou plutôt, de là. [↩]Une autre constante des Vies : la façon dont Virgile disait les vers était unique. La douceur et l’inflexion de sa voix, ses expressions aussi étaient remarquables et ne pouvaient être imitées : voir la Vie de Donat, § 28-29. [↩]Vtinam terra eheu relicta et uineis / ipse redeam olim eodem ter beatus / ac caram ubique laetitia obtineam ! (« Puissé-je, après avoir, hélas, quitté ma terre et mes vignes, y revenir moi-même un jour, trois fois heureux ! et retrouver en tous lieux le cher bonheur ! ») (p. 32). [↩]L’étrange canne…, p. 67-68. Dans les Vies, la naissance de Virgile ou la date à laquelle il prend la toge virile sont régulièrement situées par rapport à la mort de Lucrèce : l’importance de ce poète pour Virgile est même perçue de façon si aigue par les ‘biographes’ que ceux-ci font parfois de Lucrèce le frère de Maia, la mère de Virgile ; il intervient aussi comme l’interprète d’un songe qu’elle aurait eue enceinte et qui fait encore intervenir l’image d’un arbre (un laurier ici) à la croissance extraordinaire et miraculeusement prolifique (voir Vie de Donat, § 3). [↩]Marcus Valerius Messalla Corvinus est peut-être surtout connu comme protecteur des poètes Tibulle et Ovide. Après la bataille de Philippes − où il était du côté des républicains − il soutint Antoine, mais il se rallia bientôt à Octavien. [↩]Le texte du message a été cité plus haut : il serait dommage de tout dévoiler… parviendrez-vous à décrypter le message ? [↩]Conclue en octobre – 40, la Paix de Brindes reconsolide l’alliance entre les triumvirs Octavien et Antoine. La Satire 1, 5 d’Horace, connue comme « le Voyage à Brindes », se place dans le contexte de négociations similaires menées en – 37, et auxquelles Horace et Virgile se trouvent de loin associés en tant que proches de Mécène. [↩]Lire aussi sur Insula :Trois lectures modernes de la première églogue des Bucoliques de VirgileLittérature antique et esthétique de la modernitéVirgile, Les Géorgiques, le ‘poète-paysan’ et le poète du prince	Citer ce billet
Séverine Tarantino, « L’étrange canne de Virgile : un récit méconnu de l’auteur du Guide romain antique », Insula [En ligne], ISSN 2427-8297, mis en ligne le 22 septembre 2014. URL : <http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2014/09/georges-hacquard-etrange-canne-de-virgile/>. Consulté le 23 février 2017.
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References: § 5
 § 22
 § 60
 § 60
 § 9
 § 15
 § 27
 § 28
 § 3