Source: http://mdmemoireseneffe.blogspot.com/
Timestamp: 2019-05-21 15:07:28+00:00

Document:
Les Carmes continuèrent à payer ses frais d’entretien car nous trouvons qu’en 1668, ils ont payé à Marie Gouverne, béguine du béguinage de Saint-Aubin, lavandière des Carmes, dix florins pour le linge de Sibbrecht[1].
Après avoir laissé dans cette ville et dans les environs des œuvres encore admirées de nos jours, il décéda en 1665 et repose dans cette ville[2].
Il contribua sous le règne de Louis XIV à l’ornementation du palais de Versailles de 1672 à 1682[3].
[1] Idem, f° 27 et 37v°
[2] AUDIN et VIAL, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de France, Paris, 1919, t.2,, p.45.
[3] S. LAMY, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art de l’école française, règne e Louis XIV, p. 62.
Publié par Maison de la mémoire de seneffe à jeudi, mai 09, 2019 Aucun commentaire: Liens vers cet article
Libellés : Personnalités Arquennaises
A PROPOS DU CANAL DE CHARLEROI A BRUXELLES
Inauguré le 25 septembre 1832, le canal de Charleroi à Bruxelles devient un bon pourvoyeur d’emplois pour les habitants de nos villages.
Certains deviennent « éclusiers-cabaretiers » et profitent ainsi des temps d’attente imposés aux écluses.
LES BATEAUX DITS « SABOTS »
Les bateaux sont immatriculés dans les communes choisies comme port d’attache par leur propriétaire
À Feluy, entre 1832 et1860, une vingtaine de bateau sont enregistrés[1].
Liste des bateaux parcourant le canal de Charleroi-Bruxelles
Date Bateau propriétaire Chargement Tonnage
1834 « Capitaine » Pède Louis Charbon 50 tonneaux
« Marie-Louise » Capitte Ferdinand[2] 50 tonneaux
« Julia » 56 tonneaux
« Victoire » 55 tonneaux
« Alfred » 53 tonneaux
« Célina » 48 tonneaux
« Gustave » 53 tonneaux
« Joachim » 47 tonneaux
« Auguste » 47 tonneaux
« Victorine » 46 tonneaux
1836 « Albertine » Pède louis Charbon 50 tonneaux
« Laurent » Pède Louis Charbon, pierres 50 tonneaux
1839 « Les Deux frères » Damne Joseph[3]
1840 « Alexandre » Chappenet Narcisse[4]
1841 « Neptune » Soc. Bascoup[5] Charbon
« La Confiance » Soc. Bascoup Charbon
« L’Union » Soc. Bascoup Charbon
« Jules » Soc. Bascoup Charbon
« Victor » Soc. Bascoup Charbon
« Corsaire » Soc. Bascoup Charbon
« Loyauté » Soc. Bascoup Charbon
1845 « Joséphine de Watteau Jean-Baptiste Charbon, chaux 56 tonneaux
Fontaine l’Evêque »
1846 « Désirée » 58 tonneaux
« Louise de Virginal » Watteau Jean-Baptiste Charbon 58 tonneaux
« Rosalie » 57 tonneaux
1848 « Petit bonheur Manche Augustin[6] Charbon, pierres 70 tonneaux
de Ronquière »
1853 « Léopold » 53 tonneaux
1856 « Camille » Deltenre Napoléon[7] Charbon
« Godefroid de Deltenre Napoléon Charbon
« Charles-Quint » Deltenre Napoléon Charbon
1858 « Jeune Pauline » 56 tonneaux
« Quatre frères » 56 tonneaux
1860 « Siméon » 59 tonneaux
1863 « Jeune Henriette » 58 tonneaux
A partir de 1865, on compte un fléchissement du service des bateaux locaux il n’y seulement que les sabots « Désirée », la « Jeune Pauline » et la « Jeune Henriette » qui assurent encore un service des plus réduits.
Ces bateaux servent essentiellement au transport des pierres de taille vers Bruxelles et à l’enlèvement du charbon des mines de Mariemont et Bascoup, stocké au Rivage de Mariemont à Seneffe, proche du pont du Blocus.
Beaucoup de bateliers vivent dans leur bateau appelés sabots.
Seuls les bateaux d’un tonnage inférieur à 70 tonnes peuvent emprunter le canal. Ces bateaux appartiennent à des familles aisées qui louent le plus souvent à des pères de familles nombreuses qui disposent d’une main-d’œuvre gratuite pour le halage de leur péniche dont le déplacement dépend de la traction humaine.
L’arrêté royal du 28 juin 1833 stipule :
« Défense à tous les bateliers d’augmenter l’immersion de leurs bateaux au-delà de la ligne inférieure de la plaque de jauge, de charger des objets dangereux ou insalubres, de naviguer avec deux ou plusieurs bateaux en remorque, ou de rompre, en aucun cas, l’ordre de la navigation, sans autorisation expresse des gouverneurs.
Il est défendu aux bateliers de stationner, sous aucun prétexte, à moins de 40 mètres des écluses et pont et dans la galerie souterraine.
Le droit de navigation dû pour l’usage du canal se perçoit au passage des bateaux dans chaque bureau de perception :
- à raison de leur tonnage déterminé par le procès-verbal de jauge
- en outre, à raison de leur chargement réel, indiqué par le nombre de demi décimètre de leur immersion.
Les bureaux de perceptions sont établis, le premier à la première écluse de Dampremy ; la seconde à la 14e écluse à Seneffe ; le troisième à la 46e écluse à Clabecq, et le quatrième à la porte de Ninove à Bruxelles
En 1851, les bateliers Ferdinand Maloux et Louis Duprez, sont récompensés car au péril de leur vie, ils ont sauvés plusieurs personnes que l’inondation menaçait d’une mort certaine.
Le halage des bateaux est d’abord réglementé arrêté des Etats du Hainaut en date du 12 novembre 1832, proposé par l’ingénieur Vifquain :
Art.1. Le halage sur le canal sera effectué par des hommes ; cependant il sera facultatif aux bateliers de faire tirer leurs bateaux dans le souterrain par des chevaux.
Art. 2. Le batelier est entièrement libre de prendre ses haleurs où bon lui semble, par convention amiable.
Art. 3. Le halage d’un bateau à charge se fera par deux hommes au moins, qui marcheront d’un pas actif et régulier ; le bateau à vide ou chargé de moins de 10 tonnes pourra être halé par un seul homme.
Art. 4. Les bateaux ne pourront marcher :
Pendant le mois de janvier que de 7heures du matin à 5 heures du soir.
« février « 6h½ « à 5½ «
« mars « 6h « à 6h «
« avril « 5h « à 7h «
« mai « 4h½ « à 7h½ «
« juin « 4h½ « à 8h «
« juillet « 4h « à 8h «
« août « 4h½ « à 7h½ «
« septembre 5h « à 7h «
« octobre 6h « à 6h «
« novembre 7h « à 5h½ «
« décembre 7h « à 5h «
Art. 5. Aucun bateau ne pourra devancer celui qui le précède, à moins que celui-ci ne s’arrête.
Art. 6. Le passage du souterrain sera ouvert aux bateaux dans les deux directions suivant l’ordre de leur arrivée. La marche des bateaux se succédant dans le même sens ne pourra se prolonger plus de deux heures, au bout desquelles la marche en sens contraire sera libre.
Dans le cas où deux bateaux arrivent en même temps, la préférence sera donnée au bateau vide.
Art. 7. L’ordre et la police du halage seront maintenus sur le canal, dans la province de Hainaut, par deux chefs surveillants résidant sur leur ligne respective, placés sous les ordres de l’ingénieur en chef de la province ; un garde sera affecté au souterrain, sous le chef de cette partie du canal.
Le halage est réglementé ensuite par l’arrêté royal du 28 août 1838, en voici des extraits :
Le halage des bateaux sur le canal de Charleroi fera l’objet d’une entreprise publique.
Cette entreprise sera adjugée publiquement, d’après un cahier de charge arrêté par le Ministre des Travaux publics (Notomb), et déterminant les droits et obligations tant de l’entrepreneur que des bateliers
Le halage des bateaux sur le canal de Charleroi est confié à un entrepreneur
Les principales obligations de cet entrepreneur sont
- d’avoir constamment pendant les heures de navigation et à chaque station, les hommes ou les chevaux nécessaires pour que tout bateau soit halé sans retard.
- De faire le halage soit par des hommes, soit par des chevaux, au pas, d’une manière active, régulière et sans interruption.
- De fournir, avant l’approbation de l’adjudication, un cautionnement en numéraire de 20.000 Fr. Il sera restitué au terme de l’entreprise.
- L’entrepreneur aura le droit de faire le halage à l’exclusion de tout autre
- Sous le rapport de halage le canal est divisé en 10 relais :
Le 1er, de la 1ère écluse à Dampremy au pont de la Ferté
Le 2e, du pont de la Ferté à la 11e écluse, à l’Hutte.
Le 3e, de la 11e écluse, à l’entrée du souterrain
Le 4e de l’entrée du souterrain à la 18e écluse, à Seneffe.
Le 5e, de la 18e écluse à la 29e écluse, à Feluy
Le 6e, de la 29e écluse à la 41e écluse, limite du Brabant.
Le 7e, de la 41e écluse à la 45e écluse, à Clabecq
La 8e, de la 45e écluse à la 49e écluse, à Buysingen.
La 9e, de la 49e écluse à la 52e écluse, à Ruysbroeck
La 10e, de la 52e écluse à la 52e écluse, à Bruxelles.
Le halage se fera par chevaux, de la Sambre au souterrain ; au moyen d’hommes du souterrain à la 40e écluse, commune de Ronquières, et, par chevaux, de ce point à Bruxelles.
[1] Voir l’article de D. MASSART, Vente de bateaux. Droit de patente pour bateaux et location d’un quai dans la première moitié du XIXe siècle, dans bulletin de la S.R.H.F.E.S. n° 2, 1995.
[2] Vente du 6-8-1833, par Lecomte Donat-Joseph, batelier à Pont-à-Celles, à F. Capitte, négociant à Seneffe
[3] Vente du 11-11-1839 par Adrien et Napoléon-Jh. Tainsy, tailleurs de pierre à Arquennes, à Joseph Damne, batelier à Dampremy
[4] Vente du 13-5-1840, par la société « A. Legrand et Cie » de Mons, à Chappenet Narcisse-Gabriel, receveur des droits de navigation à Seneffe.
[5] Vente du 7-6-1841, Maximilien Bailly, négociant à Fayt, vend à Abel Warocqué, au nom de la société charbonnière de Bascoup.
[6] Vente du 13-11-1848, Nicolas Goyens, batelier à Ronquières, vend à Augustin Manche, journalier à Trivières.
[7] Vente du 30-10-1856, de ces trois bateaux par Maurice et Lucie Charlé pour Napoléon-Joseph Deltenre, comptable du charbonnage de Mariemont.
Publié par Maison de la mémoire de seneffe à jeudi, mars 07, 2019 Aucun commentaire: Liens vers cet article
Libellés : Les bateliers
A PROPOS DE LA RÉSISTANCE ET DU GROUPE G.
La publication des faits d’arme de la Résistance dans notre région, publiées par M. Robert Cotyle[1] peut être complétée par la relation que fit le Commandant de la Brigade Spéciale, E. Orban, le 22 septembre 1946. Ce texte nous a aimablement prêté par M. Stéphan Libert, d’Arquennes, provenant de son grand-père, M. Paul Libert, héros de la Résistance[2], qui était membre du Groupe général de sabotage, région IV, brigade spéciale de Luttre :
« Principaux sabotages de la Brigade Spéciale de Luttre du « G. War office »
Recueillement de tous renseignements pouvant être utiles à la cause alliée (Convois circulant sur les routes et par chemin de fer).
Récupération d’armes et munitions
Des armes abandonnées au cours de la campagne de 140 ont été récupérées et mises en état de pouvoir être utilisées en moment opportun.
Transport d’armes, de munitions et d’explosifs-
Les armes, munitions et explosifs de diverses provenances ont été mis en lieu sûr afin d »échapper aux services de recherches ennemis.
Sauvetage d’un dépôt d’armes de l’A.S. – B/10.
Un dépôt d’armes de l’A.S. (Armée secrète) B/10., situé dans les bois de Feluy et sur le point d’être découvert par les Allemands, fut sauvé par nous quelques instants avant l’arrivée des boches (trop bien renseignés sur le lieu et l’existence du dépôt).
Fourniture d’armes et de munitions
Plusieurs groupements de la région ont été pourvues par nos soins, d’armes et munitions diverses.
Aide aux réfractaires et familles éprouvées
De nombreux réfractaires et familles de prisonniers ont été ravitaillées par nous en vivres et secours de toutes espèces permettant l’envoi de colis à leurs prisonniers.
Destruction des dossiers de la C.N.A.A.
Les dossiers de la C.N.A.A. (Corporation Nationale d’Agriculture et d’Alimentation)[3] intéressant les communes de Luttre et de Pont-à-Celles ont été détruits.
Sabotage des services de ravitaillement au détriment de l’économie allemande
- de décembre 1941 au 8 février 1944 : distributions de 1463 cartes de charbon au lieu de 700 prévues pour la commune de Luttre
- Distribution de cartes de tabac au profit des 39 prisonniers et réfractaires de la commune de Luttre
- Distribution de bons supplémentaires de chaussures à la population nécessiteuse et des enfants de prisonniers
- Distribution de bons de chaussures pour les prisonniers russes évadés et pour les besoins des différents groupements de résistance
- Falsification des plans de culture (1941-42-43) permettant la distribution de froment à la population
- Incendie de colza, lin et paille sur les champs et dans les wagons de chemin de fer stationnant en gare de formation.
Enlèvement des registres de population
Les registres de la population de Luttre et Pont-à-Celles ont été enlevés afin d’empêcher les investigations de la Werbestelle[4].
Contrefaçon de cartes d’identité et de travail
Des cartes d’identité contrefaites ont été distribuées aux réfractaires et illégaux recherchés par les autorités allemandes.
Hébergement et soins prodigués à des aviateurs alliés
Plusieurs aviateurs alliés, tombés au dessus des territoires occupés, ont été hébergés et soignés par nous, avant d’être dirigés sur les organismes s’occupent spécialement d’eux.
Récupération de fonds au détriment des Allemands
Les fonds nécessaires au soutien des réfractaires, illégaux, familles de prisonniers et familles nécessiteuses, aide au œuvres de la Croix Rouge ainsi qu’aux besoins du groupe, ont été récupérés au détriment de l’ennemi.
Aide aux prisonniers russes
A de nombreuses occasions nous avons facilité l’évasion de prisonniers russes des camps de Marchienne-au-Pont et des environs Ces prisonniers ont été hébergés par nos soins.
Fabrication de clous réversibles
Plus de 20.000 clous réversibles à pointes multiples ont été fabriqués pour les besoins des différents groupements de résistance Ces clous, semés sur les routes utilisées par les convois ennemis, retardaient considérablement l’acheminement de ceux-ci en provoquant la crevaison des pneus.
Malfaçons dans les réparations des locomotives
De nombreux membres du groupe, travaillant à l’arsenal de Luttre, ont saboté les réparations des locomotives.
Fabrication de matériel de sabotage
En pièces détachées, les bombes et matériel nécessaires pour l’exécution des sabotages ont été fabriqués à l’arsenal de Luttre, il en fut de même pour le blindage de nos véhicules.
Provocation de fausses alertes
Afin de détourner les ouvriers de leurs travaux, de nombreuses fausses alertes ont été provoquées par un membre du groupe qui, précisément, était chargé du système d’alertes.
Destruction de scies
Au moment de l’exécution de commandes allemandes, les scies des grandes scieries « Dubois » de Trazegnies ont été détruites, retardant de ce fait la livraison à l’ennemi.
Destruction de matériel de signalisation
A de nombreuses reprises, les appareils de signalisation des chemins de fer ont été mis hors d’usage.
Sabotage du matériel
De nombreux wagons de chemin de fer contenant du matériel divers tel que : réservoirs à essence, mitrailleuses d’avions, moteurs d’avions et électriques etc. ont été savamment déplombés, le matériel détruit et après coup, les wagons replombés.
Destruction de foreuses de grande précision
Huit foreuses électriques de grande précision, destinées aux ateliers « Junkers » de Courcelles ont été mises hors d’usage.
Destruction d’appareil et installations téléphoniques
Les appareils et installations téléphoniques utilisés par les boches ont été détruits à plusieurs reprises.
Destruction des freins Westinghouse
Les boyaux des friens Westinghouse des wagons ont été sectionnés à différentes reprises en gare de formation de Luttre et Charleroi-Sud, d’où retard considérable dans l’acheminement des convois.
Sabotage du matériel électrique
Les installations électriques du pont roulant, de la plaque tournante, de la pompe à eau, de la gare de Luttre ont été sabotées à plusieurs reprises.
Avaries aux wagons du chemin de fer
De nombreux wagons en stationnement dans les gares de formation de Luttre et Charleroi-Sud, ont été sabotés au moyen de poudre émeri versée dans les coussinets.
Envoi de wagons dans de fausses directions
De fausses étiquettes, collées sur les originales ont permis l’envoi de wagons dans d’autres destinations que celles indiquées, d’où retard considérable dans l’expédition et surtout réception des marchandises
Sabotage des ordres de la Weberstelle
La Weberstelle réquisitionnant la main-d’œuvre belge pour l’Allemagne, bous avons tout mis en œuvre pour camoufler le plus d’ouvriers possible atteints par ces mesures arbitraires.
Désarmement de soldats allemands isolés
Plusieurs soldats allemands isolés ont été désarmés par nos hommes Ces armes sont venues à point pour équiper quelques saboteurs.
Délivrance de prisonniers politiques
Plusieurs membres de la Résistance ayant été arrêtés dans la rafle d’Ecaussinnes-Lalaing, nous avons réussi à en faire relâcher quelques uns.
Répression contre les traîtres dénonciateurs
Plusieurs individus de cette catégorie ont été mis hors de nuire étant donné les actes de dénonciation commis à l’égard des réfractaires et des patriotes recherchés par les Allemands.
Répression contre les collaborateurs
Nous avons averti plusieurs chefs d’usines et contremaîtres, qui poussaient leur personnel à la production pour l’ennemi, d’avoir à cesser toute activité funeste à la cause alliée Qu’au cas où bonne note ne serait pas prise de nos avis, des sanctions seraient prises à leur égard.
Répression contre certains membres de la police et du ravitaillement
Certains membres de la police, du ravitaillement et de chemins de fer se signalaient par un excès de zèle inconsidéré, nous les avons avisés d’avoir à cesser toute activité de ce genre.
Sabotages exécutés aux Ateliers de Construction de Familleureux
- démontage en septembre 1940, des installations pour la fabrication d’obus, après que les Allemands eurent manifesté leur intention de faire continuer cette fabrication
- vente en janvier 1941, de 93 moteurs Chevrolet modèle 1940, après saisie par les Allemands de tous les organes entrant dans la fabrication des tracteurs, pour éviter la réquisition de 93 tracteurs correspondants
- sabotage en mars 1941, d’un lot important de pièces d’aviation fournies par les Allemands et dont ils avaient imposé le parachèvement
- Mise à la mitraille en juin 1941, de 30.000 obus de 75 DTCA après prise par les Allemands de 5 échantillons de ces obus choisis dans différents stades d’avancement
- Sabotage de mai 1941 à octobre 1942 de 331 petits tracteurs faisant l’objet de réquisition régulière et fournis non rodés tandis que les Allemands fournissaient l’essence nécessaire
- Refus d’exécuter les ordres suivants :
9 janvier 1940 - 300 wagons pour la deutsche Reichsbahn
1er mars 1940 - 133 wagons pour la Bulgarie
22 mars 1940 - 300 wagons pour la Suède.
Ces deux dernières commandes en l’absence des attestations certifiant la destination finale des wagons
Février 1941 - la commande de pièces mécaniques diverses
Mars 1942 - 400 wagons
Avril 1942 - 750 à 1500 tracteurs
Juillet 1942 - Lot de pièces mécaniques diverses
Octobre 1942 - Obus pour canons de 155 français
Janvier 1943 - 350 wagons
Mars 1944 - Pontons et lot de pièces mécaniques diverses
Mai 1944 - 300 et 480 wagons
Transformation de wagons fermés SNCB en wagons forges et wagons
Novembre 1942 à mars 1943 - soustrait 110 ouvriers au STO en Allemagne
soutien de 52 réfractaires
Mai 1944 à juillet 1944 – soustrait de 9 otages et prisonniers politiques à la déportation
dans les camps de concentration allemands
Principales destructions opérées par la brigade
30-7-1943. Gare de Charleroi-Sud
Deux moteurs ont été détruits par explosion dans les sous-stations électriques de la gare.
10-11-1943. Gouy-lez-Piéton
Sabotage d’un poste à 70.000 volts et celui de 50.000 volts, de la Centrale.
Ce sabotage fut effectué en vue d’arrêter l’envoi de courant à haute tension vers la Rhur. Nous avons effectué la vidange d’huile de deux autres transformateurs non en service, perte de 60.000 litres d’huile.
La cabine de 6.000 volts fut laissée intacte afin de ne pas priver la population d’éclairage et d’eau, la pompe du château d’eau étant alimentée par cette station.
De plus, le poste étant gardé, nous avons récupéré un fusil de chasse et les cartouches d’une camionnette se trouvant sur les lieux.
12-11-1943. Roux
Les portes d’aval de l’écluse n° 4 du canal, ont été mises hors service par explosion. Cet objectif était gardé par des civils.
30-11-1943. Luttre
La pompe d’alimentation d’eau des bassins de la gare a été complètement détruite. De ce fait, la remise des locomotives, la gare et l’atelier de réparations et dépendances ont été dépourvus d’eau.
15-12-1943. Luttre
Les grosses pompes et les moteurs auxiliaires se la sous-station d’alimentation de l’écluse n° 11 du canal ont été détruits. Les portes de l’écluse, avariées, l’eau baisse de 80 cm dans les biefs de partance, d’où retard considérable de l’acheminement des péniches de transport.
A partir de ce moment, la garde des écluses est assurée par les boches.
26-12-1943. Roux
Bien que la garde de l’écluse n° 4 était assurée par les « Fridolins », le sabotage des portes d’amont a été parfaitement réussi.
22-1-1944. Luttre
Destruction des bassins 1-2 et 3 des bassins d’alimentation en eau de la gare de Luttre, de la plaque tournante et du moteur de la machine fixe à lever les locomotives.
29-1-1944. Luttre
Au cours de notre action du 22 janvier, le bassin n° 3 n’avait été que partiellement endommagé, nous avons procédé à sa destruction complète ainsi qu’à la mise hors service de la pompe d’alimentation, cette dernière pour la 3e fois.
29-1-1944. Gare de Charleroi-Sud
Tandis qu’une équipe opérait à Luttre, une autre procédait à la mise hors service de l distribution d’eau de la gare de Charleroi-Sud. Une vanne de dérivation fut détruite, toute la distribution d’eau arrêtée à la remise aux locomotives, la gare et les dépendances.
31-3-1944. Gouy-lez-Piéton
Au laminoir, destruction complète des machines, des trains de laminoir, des fours.
Au cours de l’enquête effectuée par la Felfdgendarmerie, les Allemands ont déclaré que ce sabotage était l’un des plus importants de Belgique.
7-4-1944. Thiméon
Au laminoir, destruction complète des trains de laminoir, de la centrale électrique, des planeuses, et des moteurs auxiliaires. Quelques petites machines de moindre importance ont été laissées intactes afin d’éviter l’envoi du personnel à la Weberstelle. Ce sabotage fut effectué au moment de la relève du personnel. 50 hommes ont dû être maintenus afin de ne pas donner l’alerte.
14-4-1944. Baulers
Sabotage de la cabine électrique de la gare
15-4-1944. Luttre
Sabotage de la cabine électrique de la gare, gardée par la « Garde wallonne » Pris des ares de celle-ci.
13-6-1944. Manage
Sabotage du pont de chemin de fer de la ligne Piéton-Manage .
18-5-1944. Obaix
Un avion allié fut touché au cours d’un combat par la D.C.A.
Les deux aviateurs sautèrent en parachute aux environs d’Obaix. Malgré les nombreuses patrouilles effectuées par les Allemands afin de découvrir les aviateurs en détresse, nous nous sommes rendus en voiture et, plus heureux que les boches, nous avons découvert les pilotes cachés dans un champ de blé.
Nous les avons ramenés à nitre P.C., où ils ont été soignés et bien camouflés jusque peu de temps avant la libération.
22-6-1944. Gouy-le-Piéton
Destruction du bateau-citerne « Vevey ». Perte pour les Allemands de 200 tonnes de benzol.
15 et 25-7-1944. Obaix
Déraillement de trains militaires sur la ligne Bruxelles-Charleroi
19-8-1944. Luttre et Trazegnies
Après l’assassinat du bourgmestre rexiste du Grand Charleroi, O. Englebin[5], les commandants des brigades de gendarmerie de Luttre et de Trazegnies ont sollicité des renforts de notre groupe, en vue d’assurer la protection des gendarmes et de leurs familles contre les représailles des tueurs de Rex qui, à cette époque, mirent la région de Charleroi à feu et à sang.
Notre groupe fut divisé en deux sections et chaque détachement prit position à l’intérieur et aux alentours des gendarmeries visées, mais rien ne s’est produit, heureusement pour Rex et ses séides, car la réception n’eut pas été celle qu’ils attendaient.
21-8-1944. Seneffe
Participation à la destruction du pont de chemin de fer de « Soudromont » sur la ligne de Manage à Baulers. En nous rendant à Seneffe pour effectuer ce sabotage nous sommes entrés en contact avec l’ennemi (voiture occupée par cinq gestapistes). Le combat fut court mais très violent. Nous nous en sommes tirés sans aucune perte, mais il n’en fut pas de même pour les « fridolins » qui ont laissé trois des leurs sur le carreau, les deux autres se sont enfuis en voiture.
Après cet engagement, l’alerte étant donnée, nous avons rebroussé chemin.
Le 27 août, nos camarades de Seneffe sont venus chercher les deux bombes de notre fabrication, et plus heureux que nous, ont réussi cet important et dangereux sabotage.
Au moment où le pont sautait, un train de troupe et matériel s’y était engagé, seule la locomotive et 5 wagons avaient franchis l’ouvrage. Le restant du train fut bloqué et alors que les boches étaient occupés à sauver ce qui était encore en état, la R.A.F. toujours en alerte est entrée en action et mitrailla copieusement le restant du convoi
Cinq sabotages du chemin de fer complétèrent notre action jusqu’en août 1944.
Activités de notre groupe pendant les journées de la libération
Le 1er septembre 1944, nous attaquons l’Arsenal de Luttre en vue de désarmer les Allemands qui y travaillent, un boche fut désarmé, un autre ayant voulu riposter fut abattu, les autres entendant les coups de feu prirent la fuite battant tous les records de vitesse mondiaux.
Le 2 septembre, nous occupons définitivement l’Arsenal et, alors que nous étions solidement établis sur cette position, un camion rempli de S.S. est arrivé. Ces derniers avaient l’intention de saboter l’Arsenal, mais ils furent pris sous le feu meurtrier de nos armes et accueillis à coups de grenades. Plusieurs boches ont été mis hors de combat, deux seulement sont parvenus à s’enfuir dans les campagnes, un fut fait prisonnier.
Pendant cette même journée, un détachement du groupe parvint à arrêter « un héros de Tcherkassy »[6], un certain Van Roy, de Courcelles, une espionne allemande et quatre Mongols en tenue de « Feldgrau »[7].
Le 3 septembre, nous avions reçu l’ordre de nous rendre à un parachutage dans la région de Familleureux : un détachement de 30 hommes fut désigné pour cette mission, en cours de route, vers 21h30, ce détachement est entré en contact avec l’ennemi (une compagnie allemande forte de 800 hommes) sur le territoire de Gouy-lez-Piéton au lieu-dit « Chapelle Sainte Renelde ». Le combat fut court mais d’une violence extrême, grâce à de nombreuses armes automatiques et au sang froid de nos hommes, nous avons réussi à mettre l’ennemi en pleine déroute ; abandonnant dur le terrain de nombreuses armes, munitions et matériel divers.
Malheureusement, nous avons eu à déplorer la mort d’un brave, ainsi que 5 hommes grièvement blessés. Ces victimes ont été ramenées au P.C. et après avoir reçu les premiers soins, ils ont été évacués à l’hôpital du Sacré-Cœur de Marchienne-auPont.
De leur côté, les boches ont eu de nombreux tués et blessés dont plusieurs sont morts des suites de leurs blessures par la suite.
Le reste du groupe, attiré par les coups de feu, arriva sur les lieux du combat, effectua plusieurs patrouilles et livra d’autres combats toujours avec succès et sans subir d’autres pertes.
Le 4 septembre, la section de patrouille fut avisée par la population que plusieurs soldats américains étaient attaqués par un groupe de 20 S.S., au lieu-dit « étang du Chauffeur » à Gouy, se portant immédiatement au secours des assiégés. Nos valeureux maquisards contribuèrent grandement à mettre les Fridolins hors de combat. Leur intervention fut des plus opportunes car le seul soldat allié survivant de cette bagarre tenait encore par miracle et n’avait plus que 4 cartouches à tirer.
Malheureusement ses compagnons, échappés de l’enfer de Caen (Normandie) étaient venus trouver une mort glorieuse sur notre sol. Le rescapé de ce combat est le sergent Joseph Matares, el Sheewood, Providence, U.S. Army.
Résultat des journées de la libération
Un camion, des armes, munitions, explosifs et matériel divers sont pris à l’ennemi.
Nous avons fait 120 prisonniers dont plusieurs S.S. »
« Pour copie conforme, Ixelles le 22-9-1946, le Commandant de la Brigade spéciale E. Orban, 149, avenue de la Couronne, Ixelles ».
[1] R. COTYLE, Annales historiques. Val de Samme : 1942-1945, Braine-le-Château, 1976, t.2, pp. 173-273.
[2] Libert Paul, ° Baisy-Thy 29-12-1902, + Nivelles 2-3-1977, 1er sergent-major de l’armée belge. Il dirigeait les plantations du Secours d’hiver, distribuait des journaux clandestins. Il participa à de nombreux sabotages en tant que membre du groupe G.
[3] Le 27 août 1940 le secrétaire général du ministère de l'Agriculture et du Ravitaillement, Emile De Winter, crée un nouvel organisme parastatal afin d'organiser et de contrôler toute la chaîne alimentaire (production, distribution et transformation) et le rationnement des vivres. La CNAA se base sur le corporatisme et est une émanation de l'Ordre nouveau. Cependant, elle manque d’efficacité et de légitimité.
[4] Werbestelle : Services du Travail Obligatoire (S.T.O.)
[5] Oswald Englebin est un industriel et homme politique, bourgmestre rexiste du Grand Charleroi, né le 27 décembre 1893 à Trazegnies et assassiné le 17 août 1944 à Courcelles.
[6] La bataille de Tcherkassy, aussi connue sous le nom de bataille de Korsoun, se déroule du 24 janvier au 17 février 1944. Elle oppose sur le front de l’Est le groupe d'armées Sud du côté allemand aux premier et deuxième fronts ukrainiens de l’Armée rouge. Elle fait suite à l’offensive de Korsoun-Chevtchenkivskyï, l’une des opérations menées dans le cadre de l’offensive stratégique Dniepr-Carpates (24 décembre 1943-17 avril 1944)
[7] De l’allemand feldgrau (« gris de campagne, de champ de bataille »), composé de Feld et de grau, c'était la couleur des uniformes de l'armée allemande durant les deux conflits mondiaux du XXe siècle. De là, par extension, la désignation du soldat de cette armée.
Publié par Maison de la mémoire de seneffe à jeudi, janvier 24, 2019 Aucun commentaire: Liens vers cet article
Libellés : A propos de la résistance

References: Art.1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7