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Timestamp: 2016-12-08 06:38:53+00:00

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France, Conseil d'État, 7 / 8 ssr, 02 juillet 1986, 50162
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 50162Numéro NOR : CETATEXT000007623374 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1986-07-02;50162 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES PROPRES AUX DIVERS IMPOTS - IMPOT SUR LE REVENU.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire enregistrés les 25 avril 1983 et 28 juillet 1983 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Michel X..., demeurant ... à Paris 75011 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat : 1- annule le jugement du 31 janvier 1983 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande en décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, ainsi que de la majoration de 200 % de ces cotisations, auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 1971 dans les rôles de la ville de Paris ; 2- lui accorde la décharge de l'imposition contestée et de la majoration des droits précités ;Vu les autres pièces du dossier ;
- les observations de la SCP Nicolas, Masse-Dessen, Georges, avocat de M. Michel Y...,
- les conclusions de M. Fouquet, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'il est constant qu'à la suite des modifications apportées aux statuts de la société SITEV, par délibération de son assemblée générale du 26 septembre 1961, les terrains à bâtir composant l'actif de cette société ont été divisés en deux catégories : les uns, dits "de première catégorie", restant la propriété entière de la société ; les autres, dits "de seconde catégorie" étant répartis en lots numérotés avec affectation de chaque lot à un groupe d'actions nominatives attribuées gratuitement aux actionnaires et donnant un droit de jouissance immédiate sur lesdits lots avec vocation à une attribution de la nue propriété lors de la dissolution de cette société ; qu'il est également constant, que, pour la réalisation de son programme immobilier, la société civile immobilière "Roseraie Jolimont", dont MM. Michel et Claude X... étaient porteurs de parts, a acheté en 1970 à la société SITEV, dont MM. Michel et Claude X... étaient actionnaires, les terrains nécessaires à l'assiette des constructions projetées et faisant partie des terrains "de première catégorie" précitée ; que, si le reste des terrains formant le lot n° 13 prévu par les statuts modifiés de la société SITEV et faisant partie des terrains "de seconde catégorie" est demeuré la propriété de cette dernière société, MM. Michel et Claude X... ont cédé en 1971 leurs actions de ladite société au syndicat des copropriétaires avec le droit de jouissance sur les terrains qui était attaché à ces actions ;
Considérant que l'administration, estimant que les opérations susmentionnées avaient eu un caractère fictif et avaient eu pour objet d'éluder partiellement l'imposition de la société SITEV sur la totalité des plus-values réalisées à l'occasion de la cession des terrains, a assujetti la société à l'impôt sur les sociétés à raison de l'intégralité du prix payé en fin de compte par les acquéreurs ; qu'en application de l'article 109 du code général des impôts, qui dispose que : "1- Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital", M. Michel X..., actionnaire de la société anonyme SITEV, a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, au titre de l'année 1971, à raison de sa part dans les bénéfices réalisés et distribués par la société précitée, et dont il ne conteste pas qu'il a été bénéficiaire à l'occasion de la cession des terrains sur lesquels a été réalisé le lotissement "Roseraie Jolimont" ; que ces droits supplémentaires ont été assortis de pénalités aux taux de 200 % sur le fondement des articles 1731 et 1732 du code général des impôts ; que M. Michel X... demande la décharge de ces droits et pénalités ; Sur le moyen tiré de la violation de l'article 1649 septies B du code général des impôts : Considérant qu'aux termes des dispositions alors en vigueur de l'article 1649 B du code général des impôts : "Lorsque la vérification de la comptabilité, pour une période déterminée, ... est achevée, l'administration ne peut procéder à une nouvelle vérification de ces écritures ... pour la même période" ; Considérant que l'administration a pu, sans méconnaître ces dispositions, après avoir procédé à une vérification de la comptabilité de la Société SITEV, au titre des années 1958 à 1961, procéder, en 1971, puis en 1974, à de nouvelles vérifications portant sur des périodes différentes ; que, par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les bénéfices réintégrés dans les résultats de la société au titre de l'année 1971 et regardés comme distribués ont été arrêtés après une vérification de comptabilité irrégulière ; Sur le moyen tiré de la violation de l'article 1649 quinquies E du code général des impôts : Considérant qu'aux termes du 2ème alinéa de l'article 1649 quinquies E du code général des impôts, repris à l'article L.80-A du livre des procédures fiscales du nouveau code des impôts : "Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente" ; Considérant que si l'administration a d'abord, par une notification de redressement du 20 novembre 1962, regardé la modification des statuts de la société anonyme SITEV, par la délibération précitée de l'assemblée générale du 26 septembre 1961, comme constitutive de la création d'une société civile immobilière de construction de nature à engendrer une plus-value de cession, puis a, le 2 avril 1963, abandonné ce chef de redressement et a enfin, à l'occasion de la vérification de la comptabilité de la société requérante, effectuée en 1974, estimé que cette modification statutaire, ainsi que les actes de cession passés en 1970 et 1971 pour la réalisation du lotissement "Roseraie Jolimont" avaient un caractère fictif, elle a seulement procédé ainsi à des appréciations différentes de la situation de la société au regard des textes fiscaux, sans donner aucune interprétation formelle de ces textes ; que M. Michel X... n'est donc pas fondé à soutenir que les impositions litigieuses ont établies en violation des dispositions précitées de l'article 1649 quinquies E ; Sur la prescription : Considérant qu'aux termes de l'article 1966 du code général des impôts alors en vigueur : "Les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt ... peuvent être réparées jusqu'à l'expiration de la quatrième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due" ; Considérant qu'il appartenait à l'administration, en vertu de ces dispositions, de rechercher, jusqu'au 31 décembre 1975, si la cession d'actions de la société SITEV opérée en 1971 par MM. Claude et Michel X... avaient dégagé une plus-value taxable au nom de cette société ; qu'elle pouvait, à cette occasion, examiner les conditions dans lesquelles ces actions avaient été créées à l'occasion de la modification des statuts faite en 1961 et, le cas échéant, établir que cette modification avait un caractère fictif et ne lui était pas opposable en vertu des dispositions de l'article 1649 quinquies B du code alors en vigueur ; que l'administration ayant estimé que la société avait réalisé des plus-values à l'occasion de ces cessions, les a réintégrées dans les bases d'imposition de la société requérante ; que les redressements correspondants ont été notifiés à la société le 21 novembre 1974 ; qu'à cette date, la prescription n'était pas acquise ; que, par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les bénéfices réintégrés dans les résultats de la Société au titre de l'année 1971 et regardés comme distribués ont été arrêtés après une vérification de comptabilité irrégulière ;
Sur le bien-fondé de l'imposition : Considérant qu'aux termes de l'article 1649 quinquies B du code général des impôts alors en vigueur : "Les actes dissimulant la portée véritable d'un contrat ou d'une convention sous l'apparence de stipulations... permettant d'éviter soit en totalité, soit en partie, le paiement des taxes sur le chiffre d'affaires afférentes aux opérations effectuées en exécution de ce contrat ou de cette convention ne sont pas opposables à l'administration, laquelle supporte la charge de la preuve du caractère réel de ces actes devant le juge de l'impôt lorsque, pour restituer son véritable caractère à l'opération litigieuse, elle s'est abstenue de prendre l'avis du comité consultatif dont la composition est indiquée à l'article 1653 C ou lorsqu'elle a établi une taxation non conforme à l'avis de ce comité" ; que, lorsque l'administration use des pouvoirs qu'elle tient de ce texte dans des conditions telles que la charge de la preuve lui incombe, elle doit, pour pouvoir écarter comme ne lui étant pas opposables certains actes passés par le contribuable, établir que ces actes ont un caractère fictif ou, à défaut, qu'ils n'ont pu être inspirés par aucun motif autre que celui d'éluder ou atténuer les charges fiscales que l'intéressé, s'il n'avait pas passé ces actes, aurait normalement supportées eu égard à sa situation et à ses activités réelles ; Considérant qu'il résulte de l'instruction que l'ensemble des terrains constituant "le lot n° 13" était indispensable à la réalisation de l'opération de construction faite par la société civile immobilière "Roseraie Jolimont" ; que les terrains que la SITEV a conservés après avoir vendu à la société civile immobilière les terrains d'assiette des constructions ne pouvaient plus faire l'objet d'une transaction commerciale distincte, alors surtout que la société civile immobilière, tant à l'égard du public que dans ses rapports avec les administrations, organismes financiers ou intermédiaires concernés, avait fait état, notamment en ce qui concerne les prix de revient et vente de l'ensemble des terrains composant "le lot n° 13" ; que dans le cadre d'une accession à la propriété, aucune nécessité propre au régime de la copropriété ne justifiait que les copropriétaires n'eussent pas les mêmes droits sur les terrains y attenant ; que, dès lors, aussi bien la délibération ci-dessus analysée de l'assemblée générale de la société SITEV du 26 septembre 1961, que le fait d'avoir réservé un sort différent aux terrains d'assiette des bâtiments et aux autres terrains, les premiers étant seuls cédés par la SITEV à la société civile immobilière, alors que les seconds demeuraient la propriété de la SITEV et que les actions de celle-ci correspondant à ces terrains étaient vendus au syndicat des copropriétaires, n'avaient pas d'autre objectif que celui d'éluder une partie de l'impôt, notamment en réduisant le montant du prix de vente des appartements et, partant, celui des bénéfices réalisés par la société SITEV à l'occasion de la cession du lotissement "Roseraie Jolimont" ; qu'en l'état de ces constatations, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe, dès lors qu'elle n'a pas saisi la commission prévue à l'article 1653 C du code général des impôts, de ce que les opérations susmentionnées avaient un caractère fictif et avaient pour objet d'éluder partiellement l'imposition de la société SITEV sur la totalité des plus-values réalisées à l'occasion de la cession des terrains ; que c'est, par suite, à bon droit, que la société SITEV a été assujettie à l'impôt sur les sociétés à raison de l'intégralité du prix payé en fin de compte par les acquéreurs ; que le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la plus-value de cession des actions devait être imputée à la société civile immobilière "Roseraie Jolimont", dans les conditions prévues par les dispositions de l'article 35 A du code général des impôts alors applicables ; qu'il suit de là que M. Michel X... était redevable de l'impôt sur le revenu à raison de sa part dans les bénéfices réalisés par la société SITEV et qui lui ont été distribués ; Sur les pénalités : Considérant qu'aux termes de l'article 1732 du code général des impôts : "Dans les cas de dissimulation définis à l'article 1649 quinquies B, il est dû une amende égale au double des droits, impôts ou taxes réellement exigibles" ; qu'en application de ces dispositions, l'administration était en droit d'appliquer à M. Michel X... une amende égale à 200 % des droits éludés, dès lors que l'intéressé a participé à la dissimulation établie ci-dessus ; Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que M. Michel X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, qui est suffisamment motivé, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande ; Article 1er : La requête de M. Michel X... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Z... COLNEet au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des financeset de la privatisation, chargé du budget.Publications :Proposition de citation: CE, 02 juillet 1986, n° 50162Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme de Saint-PulgentRapporteur public : FouquetOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 7 / 8 ssrDate de la décision : 02/07/1986Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 109
 l'article 1649
 l'article 1649
 l'article 1649
 l'article 1649
 l'article 1649
 l'article 1966
 l'article 1649
 l'article 1649
 l'article 1653
 l'article 1653
 l'article 35
 l'article 1732
 l'article 1649