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Timestamp: 2016-10-25 03:14:15+00:00

Document:
4A_101/2015 (21.07.2015)
4A_101/2015 � � Arr�t du 21 juillet 2015
tous deux repr�sent�s par Me Damien Bender,
D.________ S�rl, repr�sent�e par Me Aba Neeman,
contrat d'entreprise, impossibilit� subs�quente d'ex�cuter l'ouvrage,
recours contre le jugement du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour civile I, du 6 janvier 2015.
A.a.�Apr�s une mise en consultation publique du 10 juin au 31 octobre 2005, une information g�n�rale assur�e par publication au Bulletin officiel et affichage au pilier public des communes du canton, puis une information particuli�re op�r�e par la mise sur pied de s�ances d'information ad hoc, le Conseil d'Etat du canton du Valais a adopt� le 28 juin 2006 le plan sectoriel concernant la 3e correction du Rh�ne (PS-R3), qui a pour objectif de d�finir une politique coh�rente d'am�nagement et de protection contre les crues li�es au Rh�ne.
Bas� sur l'art. 2 LAT (RS 700), le PS-R3 ne r�gle pas dans le d�tail les questions d'affectation, d'�quipement ou d'ex�cution, mais pose n�anmoins des exigences concr�tes et localis�es afin que les proc�dures d'approbation de plans et d'autorisation de construire qui s'ensuivent puissent �tre men�es en cons�quence. Il comprend trois parties, � savoir un rapport - contenant une partie informative et une partie contraignante pour les autorit�s cantonales et communales -, des cartes (la carte indicative des dangers li�s au Rh�ne et la carte de l'espace Rh�ne), ainsi que des fiches sp�cifiques pour chaque commune riveraine. Dans le p�rim�tre de danger selon la carte indicative, toute demande de construire doit faire l'objet d'un pr�avis cantonal, qui peut �tre positif tout en �tant assorti de restrictions; la possibilit� de construire d�pend notamment des travaux de s�curisation � entreprendre en rapport avec la 3e correction du Rh�ne. Dans " l'espace Rh�ne ", la construction est en revanche en principe interdite. Le Service des routes et des cours d'eau du canton du Valais (SRCE) est tenu de se conformer, dans l'accomplissement de ses t�ches, aux conditions et exigences pos�es par le PS-R3.
Du 16 mai au 30 septembre 2008 a �t� publi� pour information publique le projet du plan d'am�nagement de la 3e correction du Rh�ne (PA-R3). Cet avant-projet, �dit� pour chaque commune riveraine � l'�chelle 1 : 10'000, d�finit la solution technique retenue pour la s�curisation dudit fleuve, de sa source au L�man.
Apr�s cette phase d'information publique, l'avant-projet de PA-R3 a �t� mis � jour sur la base de la synth�se des remarques r�colt�es.
Le PA-R3 a �t� valid� par le Conseil d'Etat valaisan le 21 novembre 2012.
A.b.�D.________ S�rl (ci-apr�s: D.________ ou l'entrepreneur), � ... (VS), a pour but social la " construction g�n�rale de b�timents en tout genre, tous travaux d'architecte et tout commerce de mat�riaux de construction, g�rance d'immeubles (...) "; E.________ et F.________ en sont les associ�s g�rants, avec droit de signature collective � deux. Participant depuis une quinzaine d'ann�es dans le Chablais vaudois et valaisan � la conduite d'�tudes de projets ainsi qu'� l'�dification de villas et de chalets " cl�s en mains ", D.________ est rompue aux affaires du domaine de la construction immobili�re.
G.________ S�rl (ci-apr�s: G.________), � ..., est une soci�t� active dans le courtage immobilier, dont H.________ est associ�e g�rante. G.________ entretient depuis de nombreuses ann�es des relations d'affaires avec D.________.
D�s 2007, G.________ a fait ins�rer, dans un journal distribu� sur la Commune de P.________, des publicit�s et des plans d�taill�s de deux villas qui devaient �tre �rig�es par D.________ sur la parcelle n� xxx sise � X.________, propri�t� de I.________. Il �tait pr�vu de vendre les villas sur plans. La parcelle n� xxx se situait dans la zone de danger du plan sectoriel PS-R3, mais hors "l'espace Rh�ne". D.________ �tait le promoteur du projet, alors que G.________ intervenait en qualit� de courtier. H.________ avait pour r�le de mettre les acqu�reurs des biens-fonds en contact avec D.________.
B.________ et C.________, tr�s int�ress�s par l'un des projets de villa, ont pris langue avec H.________. Celle-ci leur a fait signer le 4 mars 2008 un acte intitul� " r�servation ferme " portant sur la construction par D.________ d'une villa jumelle, pour le prix global de 601'000 fr., sur la parcelle qui serait cr��e apr�s division de la parcelle n� xxx.
Selon l'acte authentique instrument� le 3 juin 2008 par le notaire J.________, I.________ a proc�d� � la division du bien-fonds n� xxx dont elle �tait propri�taire, cr�ant ainsi deux nouvelles parcelles de 492 m2, la premi�re portant le n� xxx (nouvel �tat), la seconde le n� zzz.
Selon l'acte authentique instrument� le 23 juin 2008 par le m�me notaire, I.________ a vendu pour la somme de 90'000 fr. la parcelle n� xxx (nouvel �tat) � B.________ et C.________, qui en sont devenus copropri�taires par moiti�. Il a �t� retenu que ce bien-fonds �tait alors situ� dans une zone o� �taient d�j� b�ties d'autres habitations.
A une date ind�termin�e entre le 11 mars 2008 et le 30 juin 2008, B.________ et C.________ (ma�tres de l'ouvrage) ont conclu avec D.________ un accord intitul� " contrat d'entreprise ", par lequel celle-ci, d�sign�e comme entrepreneur g�n�ral, s'engageait � �riger une villa de quatre pi�ces sur la parcelle n� xxx (nouvel �tat) pour le prix global de 478'300 fr., lequel ne comprenait pas l'achat de la parcelle, ni les travaux personnels estim�s � 36'200 fr. L'art. 2 du contrat stipulait que la construction se ferait " par ordre de priorit� " selon les dispositions du contrat (let. a), selon le descriptif de construction �tabli par D.________ et dat� du 12 mars 2008, qui a �t� sign� par les parties contractantes (let. b), les conditions g�n�rales de la norme SIA 118 (let. c) et les " autorisations officielles, en particulier le permis de construire ... � obtenir par (D.________) aupr�s de la commune de (X.________) " (let. d). L'art. 5 de l'accord, sous le libell� " Ech�ance des paiements ", pr�voyait que le paiement du prix de l'ouvrage s'effectuerait en neuf phases li�es � l'avancement des travaux, selon l'�ch�ancier suivant:
- 3% " � la conclusion du contrat et obtention du cr�dit ";
- 7% � la r�ception du permis de construire;
- 10% � la fin des terrassements;
- 10% � la pose du radier;
- 20% � la fin du gros oeuvre;
- 15% � la mise hors d'eau et hors d'air;
- 15% � la mise des galandages et des chapes;
- 10% � la pose des rev�tements int�rieurs et des �quipements;
- 10% � l'�tat des lieux avant la remise des clefs.
D'apr�s l'art. 6 du m�me contrat, intitul� " Livraison cl�s en mains ", les travaux devaient d�buter " � la mi 2008 " pour s'achever en mars 2009.
Le 27 mai 2008, les ma�tres de l'ouvrage ont obtenu de la Banque K.________ un cr�dit de construction de 485'000 fr., garanti par la remise en nantissement d'une c�dule hypoth�caire au porteur du m�me montant grevant en 1er rang la parcelle n� xxx (nouvel �tat) susmentionn�e.
A.c.�Le 11 juin 2008, D.________ a d�pos� aupr�s de la Commune de X.________ pour le compte des ma�tres de l'ouvrage la demande d'autorisation de construire la villa projet�e sur la parcelle n� xxx (nouvel �tat). Apr�s examen du projet, ladite commune, par courrier du 5 ao�t 2008, a demand� � l'entrepreneur de modifier les plans de la villa, singuli�rement ceux des fa�ades, afin que la hauteur des toitures des villas jumelles soit harmonis�e et que les fen�tres soient align�es. D.________ a transmis � la commune le 5 septembre 2008 les plans rectifi�s des villas jumelles.
Requise par l'entrepreneur le 7 octobre 2008 d'autoriser de mani�re anticip�e le commencement des travaux de terrassement sur les deux parcelles n
�s�xxx (nouvel �tat) et zzz, la Commune de X.________, par pli du 28 octobre 2008, a r�pondu d�favorablement, au motif que le SRCE avait �mis un pr�avis n�gatif en rapport avec la troisi�me correction du Rh�ne.
Par d�cision prise en s�ance du 10 novembre 2008 et envoy�e le 14 novembre 2008 � D.________, le Conseil municipal de X.________ a refus� la demande d'autorisation de construire pr�sent�e par B.________ et C.________, se r�f�rant notamment au pr�avis n�gatif du SRCE.
A la suite du refus de la d�livrance du permis de construire, une s�ance s'est tenue entre D.________ et les ma�tres de l'ouvrage, en pr�sence de H.________, au cours de laquelle D.________ a incit� ces derniers � contester la d�cision n�gative de la Commune de X.________.
Le 3 d�cembre 2008, les ma�tres de l'ouvrage ont interjet� un recours administratif aupr�s du Conseil d'Etat du Canton du Valais contre le refus de l'autorisation de construire.
Le Conseil d'Etat valaisan a rejet� le recours par d�cision du 17 mars 2010, compte tenu de la situation de la parcelle en zone de danger �lev� et du pr�avis n�gatif du SRCE qui avait mentionn� une interdiction de construire, �tant pr�cis� que les recourants n'avaient pas fourni � ce service d'expertise portant sur l'ensemble du p�rim�tre concern�, laquelle lui aurait permis de fixer, � titre exceptionnel, les conditions autorisant la construction sur la parcelle litigieuse. Cette d�cision est d�finitive.
Ayant appris que l'autorit� en charge du projet de la 3e correction du Rh�ne avait d�cid� d'adopter des mesures anticip�es de renforcement de la digue du Rh�ne sur le territoire notamment de la Commune de X.________, et que la r�alisation de ces travaux permettrait � nouveau (sous certaines conditions) l'autorisation de construction dans les secteurs concern�s, B.________ et C.________ ont interpell� ladite autorit� pour conna�tre la date pr�visible de l'ex�cution de ces mesures. Par courrier du 14 juin 2010, l'autorit� cantonale pr�cit�e a r�pondu qu'un horizon de temps de cinq � sept ans devait �tre envisag� pour le secteur de X.________.
A.d.�Entre-temps, par courrier du 14 janvier 2009, D.________ a r�clam� aux ma�tres de l'ouvrage paiement dans les dix jours de la somme de 14'349 fr., � savoir 3% de 478'300 fr. (prix de l'ouvrage fix� par le contrat d'entreprise) repr�sentant le co�t de la premi�re phase des travaux pr�vus.
Dans une �criture de leur conseil du 10 f�vrier 2009, les ma�tres de l'ouvrage ont contest� la pr�tention de l'entrepreneur, au motif que celui-ci leur avait garanti que le terrain acquis �tait constructible; estimant que l'entrepreneur avait failli � son obligation de renseigner, ils ont requis versement par D.________ du montant de 98'064 fr.70, correspondant au prix d'achat de la parcelle n� xxx (nouvel �tat), par 90'000 fr., plus les frais de notaire et du registre foncier, par 8'064 fr.70.
Par plis des 9 mars, 24 mars et 3 juin 2009, D.________ a adress� aux ma�tres de l'ouvrage trois rappels pour le paiement de la somme de 14'349 fr.
Par lettre recommand�e du 17 juillet 2009 adress�e � D.________, les ma�tres de l'ouvrage, repr�sent�s par leur conseil, ont persist� dans leur refus de payer la somme r�clam�e et invoqu� la nullit� du contrat d'entreprise conclu avec cette derni�re.
Le 20 juillet 2009, D.________ a r�pondu aux ma�tres que le contrat �tait valable et que le montant qu'elle leur r�clamait �tait d�.
Les ma�tres de l'ouvrage ont maintenu la position exprim�e le 17 juillet 2009 dans une �criture qu'ils ont envoy�e le 10 ao�t 2009 en recommand� � l'entrepreneur.
A.e.�Le 14 janvier 2010, D.________ a adress� � B.________ et C.________ une nouvelle note d'un montant de 64'304 fr. pour les " honoraires d'architecte et les travaux effectu�s � ce jour ", somme se d�composant en 14'349 fr. pour la premi�re phase d'avancement des travaux, 33'481 fr. pour la deuxi�me phase (7% de 478'300 fr.), 3'800 fr. pour les calculs du b�ton op�r�s par l'ing�nieur, plus divers autres frais.
Le 21 d�cembre 2010, B.________ et C.________ ont revendu la parcelle n� xxx (nouvel �tat) � L.________ S�rl pour la somme de 100'000 fr., moyennant �galement reprise de la c�dule hypoth�caire au porteur de 485'000 fr.
B.a.�Apr�s avoir fait notifier une poursuite � B.________ ainsi qu'� C.________, que ces derniers ont frapp�es d'oppositions - maintenues dans la proc�dure de mainlev�e subs�quente -, D.________ a ouvert action en reconnaissance de dette � leur encontre par demande du 13 septembre 2010 d�pos�e devant le Juge de district de Monthey. La demanderesse a conclu � ce que les d�fendeurs lui doivent solidairement paiement de 64'304 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 14 janvier 2009.
Les d�fendeurs ont requis leur lib�ration. Ils ont form� �galement une reconvention et demand� la condamnation de l'entrepreneur � leur verser solidairement le montant de 8'382 fr.90, plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 30 mars 2009, afin de r�parer le dommage g�n�r� par les frais qu'ils ont encourus pour l'acquisition d'une parcelle inconstructible.
Une expertise judiciaire a �t� ordonn�e, qui a �t� confi�e � l'architecte EPFL/SIA M.________. Dans son rapport principal du 14 d�cembre 2012 et son rapport compl�mentaire du 8 avril 2013, l'expert judiciaire a d�clar� que dans la mesure o� ni le permis de construire ni la demande d'ex�cution anticip�e des travaux n'avaient �t� accord�s, la demanderesse n'avait pas � r�aliser de travaux, " de quelque sorte que ce soit ". Aussi les frais engag�s avant l'obtention du permis de construire d�s la conclusion du contrat d'entreprise l'ont-ils �t� aux risques et p�rils de l'entrepreneur: il s'agit du calcul du b�ton par l'ing�nieur (3'800 fr.), des frais de terrassement (2'959 fr.), ainsi que des honoraires d'architecte pour le chantier et pour l'�tablissement de devis (2 x 4'500 fr.). En revanche, les frais de g�om�tre (317 fr.40) et de calcul thermique (350 fr.) pouvaient �tre justifi�s, �tant donn� qu'ils avaient servi au dossier de mise � l'enqu�te publique, pour autant toutefois que les factures aff�rentes aient bien �t� r�gl�es.
Par jugement du 7 octobre 2013, le juge de district a rejet� la demande principale et partiellement admis la reconvention en ce sens que la demanderesse a �t� condamn�e � payer aux d�fendeurs, cr�anciers solidaires, la somme de 2'750 fr.90 sans int�r�ts, repr�sentant les frais de notaire pour l'achat de la parcelle n� xxx (nouvel �tat), par 2'150 fr.90, et l'avance de frais pour le recours administratif introduit aupr�s du Conseil d'Etat, par 600 fr.
B.b.�La demanderesse a appel� de ce jugement en reprenant int�gralement ses conclusions de premi�re instance. Les d�fendeurs ont form� pour leur part un appel joint et sollicit� la condamnation de leur partie adverse � leur verser le montant de 2'750 fr.90 plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 6 mars 2010, le jugement attaqu� �tant confirm� pour le surplus.
Par jugement du 6 janvier 2015, la Cour civile I du Tribunal cantonal du canton du Valais a partiellement admis l'appel principal et rejet� l'appel joint dans la mesure de sa recevabilit�. Elle a en cons�quence partiellement admis la demande principale, dans le sens o� les d�fendeurs ont �t� d�clar�s d�biteurs solidaires de la demanderesse du montant de 14'349 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 16 janvier 2009, et enti�rement rejet� les conclusions reconventionnelles des d�fendeurs.
En substance, la cour cantonale a retenu que les parties ont conclu un contrat d'entreprise totale soumis aux art. 363 ss CO. Contrairement au premier juge, elle a jug� que la demanderesse n'avait pas viol� son devoir de diligence (art. 364 al. 1 CO) et engag� sa responsabilit� contractuelle en ignorant que la demande d'autorisation de construire qu'elle s'�tait engag�e � d�poser pour le compte des d�fendeurs allait �tre refus�e. De m�me, aucune transgression du devoir d'informer les ma�tres de l'ouvrage (art. 365 al. 3 CO) ne pouvait lui �tre reproch�e. La Cour civile a relev� que le refus de d�livrance du permis de construire constituait une circonstance post�rieure � la conclusion du contrat d'entreprise qui rendait impossible la r�alisation de l'ouvrage projet�. Cette impossibilit� n'�tait cependant pas d�finitive, de sorte que l'art. 378 CO, qui r�glait l'impossibilit� absolue d'ex�cuter, ne devait trouver application que par analogie, car l'ach�vement de l'ouvrage dans un d�lai de sept ans ne pr�sentait incontestablement plus d'int�r�t pour les d�fendeurs. La cour cantonale a consid�r� qu'�tait justifi�e la pr�tention en paiement de 14'349 fr. invoqu�e par l'entrepreneur (3% du prix de l'ouvrage), puisque le contrat a �t� conclu et que la demanderesse a d�ploy� une certaine activit� pour l'obtention du cr�dit de construction. En revanche, pour ce qui concernait les autres frais r�clam�s par la demanderesse, soit ils n'avaient pas �t� �tablis, soit ils correspondaient � des prestations pr�matur�es qui n'auraient d� �tre effectu�es qu'une fois obtenu le permis de construire. L'autorit� cantonale a int�gralement rejet� la reconvention, aux motifs que la demanderesse n'avait aucunement enfreint son devoir de diligence, que les frais de notaire en relation avec l'acte de vente conclu avec l'ancienne propri�taire ne se trouvaient pas en relation de causalit� avec le contrat d'entreprise venu � chef et que ces frais ne rentraient pas dans la notion de dommages cons�cutifs au d�faut pouvant donner lieu � une indemnisation ind�pendante sur la base de l'art. 97 CO.
B.________ et C.________ exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre le jugement du 6 janvier 2015. Ils concluent principalement au rejet de la demande principale et � l'admission partielle de leur reconvention, la demanderesse devant �tre condamn�e � leur payer solidairement la somme de 2'750 fr.90 avec int�r�ts � 5% d�s le 6 mars 2010. Subsidiairement, ils requi�rent l'annulation du jugement attaqu� et le renvoi de la cause � la Cour civile pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
L'intim�e, par une lettre d'une page, propose le rejet du recours.
Par ordonnance pr�sidentielle du 27 mars 2005, l'effet suspensif a �t� accord� au recours des d�fendeurs.
1.1.�Interjet� par les d�fendeurs - qui ont partiellement succomb� dans leurs conclusions lib�ratoires et ont vu leur reconvention enti�rement rejet�e, de sorte que la qualit� pour recourir doit leur �tre reconnue (art. 76 al. 1 LTF) - et dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours (art. 75 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 30'000 fr. de l'art. 74 al. 1 let. b LTF, le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353 consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). La partie recourante qui soutient que les faits ont �t� constat�s d'une mani�re arbitraire doit satisfaire au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire soulever express�ment ce grief et exposer celui-ci de fa�on claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2 p. 232). Le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261/262; 125 I 492 consid. 1b p. 495).
Dans la mesure o� les recourants pr�sentent au d�but de leur recours un �tat de fait de six pages sans invoquer de disposition constitutionnelle ni d�montrer l'arbitraire (art. 97 al. 1 et 106 al. 2 LTF), il n'en sera tenu aucun compte.
2.1.�Les recourants pr�tendent en premier lieu que la cour cantonale, lorsqu'elle a examin� le respect par l'entrepreneur de son obligation de diligence, s'est fond�e sur des constatations de fait arbitraires. Selon eux, il fallait constater ce qui suit: l'ex�cution du projet de construction de leur villa, � supposer que des travaux anticip�s de renforcement de la digue du Rh�ne soient entrepris, �tait diff�r�e en tout cas de cinq � sept ans; la cour cantonale n'a pas expliqu� les raisons pour lesquelles la demanderesse ne connaissait pas les plans dits PS-R3 et PA-R3; l'attestation de zone d�livr�e par la Commune de X.________ au notaire ayant instrument� l'acte de vente du 23 juin 2008, laquelle indiquait que la parcelle se trouvait en zone � b�tir, ne comprenait pas l'indication des zones de danger ni l'existence de p�rim�tres d'interdiction de construire; l'entrepreneur a commenc� les travaux de mani�re anticip�e sans avoir obtenu d'autorisation; la circonstance que la parcelle vendue �tait entour�e de constructions �tait sans pertinence, un secteur construit en zone � b�tir pouvant �tre adjacent � une zone agricole o� rien n'est construit; l'expertise judiciaire a bien port� sur l'�tendue du contr�le auquel est suppos� se livrer un entrepreneur diligent concernant un terrain; la demanderesse, apr�s le refus de l'autorisation de construire, a refus� toute aide financi�re aux recourants dans le cadre du recours qu'ils ont intent� aupr�s du Conseil d'Etat.
A propos de la pr�tention en paiement de la demanderesse, admise par la cour cantonale � concurrence de 14'349 fr., les recourants soutiennent, dans un second pan du moyen, que le raisonnement qui a conduit cette autorit� � octroyer � leur partie adverse ledit montant est insoutenable et contraire aux conclusions de l'expert judiciaire. Il m�conna�trait �galement que l'allocation de cette r�mun�ration �tait subordonn�e � l'obtention d'un permis de construire et que l'obtention du cr�dit de construction devait servir � l'ouvrage convenu, dont la livraison �tait pr�vue en 2009, et non � un ouvrage hypoth�tique b�ti �ventuellement cinq � sept ans plus tard.
2.2.�Selon la jurisprudence, une d�cision est arbitraire, au sens de l'art. 9 Cst., lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et reconnu, ou encore heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Il ne suffit pas que sa motivation soit insoutenable; encore faut-il que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat. A cet �gard, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue que dans la mesure o� celle-ci appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motif objectif et en violation d'un droit certain. Il n'y a pas arbitraire du fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou serait m�me pr�f�rable (ATF 140 III 16 consid.2.1 p. 18 s.; 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.).
De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s). Dans ce domaine, l'autorit� verse dans l'arbitraire lorsqu'elle ne prend pas en compte, sans raison s�rieuse, un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, lorsqu'elle se trompe manifestement sur son sens et sa port�e, ou encore lorsqu'elle tire des conclusions insoutenables � partir des �l�ments recueillis (ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 265; 137 III 226 consid. 4.2 p. 234).
2.3.�La seconde branche du grief d'arbitraire manque sa cible. Les recourants y invoquent en r�alit� des questions de droit, qui sont celles de savoir si l'impossibilit� d'ex�cuter la construction de leur villa doit �tre qualifi�e de durable, dans l'affirmative si cette impossibilit� subs�quente est imputable aux ma�tres de l'ouvrage ou � l'entrepreneur et si le cr�ancier de la prestation impossible doit verser une contre-prestation � l'entrepreneur pour le travail que celui-ci avait effectu� avant la survenance de l'impossibilit� d'ex�cution. Toute cette probl�matique sera trait�e ci-dessous avec le grief pris de la violation de l'art. 378 CO.
La premi�re branche du grief se compose pour sa part de critiques purement appellatoires. Les recourants pr�sentent leur propre vision des choses, sans m�me tenter de d�montrer, pour les nombreuses constatations qu'ils incriminent, quels sont les moyens de preuve figurant au dossier qui auraient d�, selon eux, �tre correctement appr�ci�s. Ce pan du moyen, qui ne r�pond en rien aux exigences de motivation d�duites de l'art. 106 al. 2 LTF, est irrecevable.
Les recourants se pr�valent d'une transgression de l'art. 378 CO.
Ils font d'abord valoir que l'autorit� cantonale a erron�ment appliqu� par analogie cette norme au pr�sent litige, alors que les dispositions topiques �taient les art. 97 et 119 CO relatifs � l'impossibilit� subs�quente. D'apr�s eux, l'impossibilit� de construire ne relevait pas d'un cas fortuit survenu chez les ma�tres, mais provenait du seul comportement de l'entrepreneur. Celui-ci, qui �tait charg� de l'obtention du permis de construire, aurait viol� son obligation de diligence envers les ma�tres en n'obtenant pas ledit permis. Il aurait d� d�poser une demande pr�alable d'autorisation de construire aupr�s de la Municipalit� de X.________ et proc�der ainsi � la v�rification de la faisabilit� de son projet. Il devait �galement prendre connaissance des informations mises � l'enqu�te publique. Ils en inf�rent que la demande en paiement n'a aucun fondement.
Les recourants requi�rent enfin, � titre reconventionnel, r�paration du pr�judice de 2'750 fr.90 qu'ils ont subi en raison de l'impossibilit� d'ex�cuter l'ouvrage, consistant en la liste de frais du notaire et l'�molument pour le recours administratif d�pos� aupr�s du gouvernement cantonal.
4.1.�La cour cantonale a retenu que les plaideurs ont conclu un contrat d'entreprise totale, bien que l'acte en cause ait qualifi� la demanderesse d'entrepreneur g�n�ral. A bon droit.
La notion juridique d'entrepreneur total a sa source dans celle d'entrepreneur g�n�ral. Ce dernier s'engage � l'�gard du ma�tre � r�aliser la totalit� d'un ouvrage ou d'une partie d'ouvrage en prenant la place des diff�rents entrepreneurs partiels qui sont charg�s de prestations sp�cifiques. L'entrepreneur total se charge, en plus, des t�ches de l'entrepreneur g�n�ral, de l'�tablissement des �tudes de projets et des plans (ATF 114 II 53 consid. 2a et les r�f�rences; arr�t 4C.87/2003 du 25 ao�t 2003 consid. 4.3.1, non publi� in ATF 129 III 738).
En l'esp�ce, par le contrat susrappel�, la demanderesse s'est vu confier par les d�fendeurs la t�che de construire une villa de quatre pi�ces sur la parcelle dont ils �taient propri�taires. La livraison �tant pr�vue " cl�s en mains " � teneur de l'art. 6 de l'accord, il est incontestable que la demanderesse devait proc�der � l'�tablissement des projets et plans avant d'accomplir les t�ches sp�cifiques d'entrepreneur g�n�ral. Il n'a du reste pas �t� soutenu que les plans de l'ouvrage devaient �tre fournis par une entreprise tierce ou un architecte ind�pendant.
Selon la jurisprudence, le contrat pass� entre l'entrepreneur total et le ma�tre de l'ouvrage se qualifie comme un contrat d'entreprise au sens de l'art. 363 CO (ATF 117 II 273 consid. 3a; arr�t 4C.87/2003 du 25 ao�t 2003 consid. 4.3.1, non publi� in ATF 129 III 738).
4.2.�Il a �t� retenu en fait (art. 105 al. 1 LTF) que la demande d'autorisation de construire d�pos�e par les d�fendeurs, repr�sent�s par la demanderesse, a �t� refus�e par la Municipalit� de X.________ dans une d�cision prise en s�ance du 10 novembre 2008. Saisi d'un recours administratif des d�fendeurs, le Conseil d'Etat valaisan a confirm� ce refus par d�cision du 17 mars 2010 devenue d�finitive, aucun recours n'ayant �t� exerc� � son encontre.
Il sied d'abord d'examiner si, lorsque le contrat d'entreprise totale a �t� conclu, des normes de la police des constructions faisaient d�j� obstacle � la r�alisation de la villa des d�fendeurs, � telle enseigne que le d�p�t ult�rieur d'une demande de permis de construire �tait immanquablement vou� � l'�chec. En pareille hypoth�se, le contrat a un contenu juridiquement impossible; cette impossibilit� objective et originaire le rend nul au regard de l'art. 20 CO (cf. ATF 40 II 370 consid. 5 p. 371; PETER Gauch, Der Werkvertrag, 5e �d. 2011, ch. 393 p. 162-163).
La parcelle n� xxx (nouvel �tat) qu'ont acquise les d�fendeurs le 23 juin 2008 se situe dans la zone de danger du plan sectoriel PS-R3. D'apr�s la carte indicative du PS-R3, dans ce p�rim�tre, toute demande de construction doit faire l'objet d'un pr�avis cantonal du SRCE, lequel peut �tre positif mais assorti de conditions restrictives, alors que dans " l'espace Rh�ne " la construction est en principe interdite.
Il n'appara�t donc pas que l'ordre juridique s'opposait d'embl�e � la construction de la villa sur la parcelle n� xxx (nouvel �tat), d�s l'instant o� le bien-fonds ne se trouve pas dans " l'espace Rh�ne ". Le contrat d'entreprise totale n'avait donc pas d�s sa conclusion un objet impossible et n'�tait pas nul en vertu de l'art. 20 al. 1 CO.
Si la r�alisation de la villa est devenue impossible, c'est parce que le SRCE, auquel la Commune de X.________ se devait de transmettre la demande de permis de construire des d�fendeurs, a �mis un pr�avis n�gatif en rapport avec la planification portant sur la troisi�me correction du Rh�ne et parce que le Conseil municipal de ladite commune a suivi ce pr�avis dans sa d�cision de refus du 10 novembre 2008.
L'impossibilit� d'ex�cuter la villa r�sulte ainsi d'un fait juridique qui est survenu apr�s la conclusion du contrat d'entreprise totale.
Interpell�e sur l'�ventualit� que des mesures anticip�es de renforcement de la digue du Rh�ne puissent �tre entreprises sur le territoire de la Commune de X.________, ce qui permettrait derechef la d�livrance (sous certaines conditions) d'une autorisation de construire dans les secteurs concern�s, l'autorit� administrative comp�tente a r�pondu aux d�fendeurs le 14 juin 2010 qu'il fallait envisager un horizon de temps de cinq � sept ans. Au vu de ces renseignements �vasifs, les d�fendeurs ne pouvaient pr�voir quand l'obstacle juridique emp�chant d'ex�cuter l'ouvrage serait lev� dans le futur, de sorte que l'impossibilit� de construire n'�tait pas passag�re, mais se pr�sentait au contraire comme durable (cf. arr�t 4A_477/2008 du 19 mai 2009 consid. 3.1.2, in PJA 2010 p. 106; WOLFGANG WIEGAND, in Basler Kommentar, Obligationenrecht, vol. I, 5e �d. 2011, n� 16 ad art. 97 CO). Les d�fendeurs l'ont bien compris, puisqu'ils ont vendu leur parcelle le 21 d�cembre 2010.
Partant, il faut en principe examiner la situation juridique sur la base des dispositions l�gales g�n�rales relatives � l'impossibilit� subs�quente d'ex�cuter la prestation, � savoir les art. 97 et 119 CO.
4.3.�Le droit du contrat d'entreprise contient toutefois � l'art. 378 CO une disposition sp�ciale sur l'impossibilit� subs�quente d'ex�cuter la prestation, qui prime les r�gles g�n�rales des art. 97 al. 1 et 119 CO ( THEODOR B�HLER, Z�rcher Kommentar, 3e �d. 1998, n� 11 ad art. 378 CO; FRAN�OIS CHAIX, in Commentaire romand, Code des obligations, vol. I, 2e �d. 2012, n� 17 ad art. 378 CO).
L'art. 378 CO a la teneur suivante: si l'ex�cution de l'ouvrage devient impossible par suite d'un cas fortuit survenu chez le ma�tre, l'entrepreneur a droit au prix du travail fait et au remboursement des d�penses non comprises dans ce prix (al. 1); si c'est par la faute du ma�tre que l'ouvrage n'a pu �tre ex�cut�, l'entrepreneur a droit en outre � des dommages-int�r�ts (al. 2).
Comme l'indique la note marginale de l'art. 378 CO, cette norme traite de deux cas (al. 1 et al. 2) o� l'ex�cution de l'ouvrage est rendue impossible par suite de circonstances imputables au ma�tre, c'est-�-dire � son comportement ou � celui de ses auxiliaires (art. 101 CO), ou qui rel�vent de sa sph�re de risque. Pour que cette disposition soit applicable, encore faut-il, que, de son c�t�, l'entrepreneur n'ait pas commis de faute ( ZINDEL/PULVER, in Basler Kommentar, op. cit., n� 4 ad art. 378 CO). Il incombe � l'entrepreneur de prouver en particulier qu'il n'assume lui-m�me aucune faute dans la survenance de l'impossibilit� de r�aliser l'ouvrage ( ZINDEL/PULVER, in Basler Kommentar, Obligationenrecht, vol. I, 5e �d. 2011, n� 24 ad art. 378 CO; B�HLER, op. cit., n� 44 ad art. 378 CO; CHAIX, in Commentaire romand, op. cit., n� 20 ad art. 378 CO).
In casu, il r�sulte de l'art. 2 let. d du contrat d'entreprise totale pass� entre les parties que la demanderesse s'est oblig�e � obtenir le permis de construire aupr�s de la Commune de X.________. Cette obligation de mener les d�marches aupr�s de la commune dans le but d'obtenir l'autorisation de construire n'est pas assortie d'une quelconque restriction. La demanderesse est une entreprise g�n�rale du b�timent rompue aux affaires de la construction immobili�re, �tant donn� que depuis environ 15 ans elle proc�de, en collaboration avec une soci�t� de courtage immobilier, � la r�alisation de villas et chalets " cl�s en mains " dans le Chablais vaudois et valaisan. Les d�fendeurs n'avaient pour leur part aucune exp�rience dans le domaine immobilier.
Le plan sectoriel concernant la 3e correction du Rh�ne avait �t� adopt� par le Conseil d'Etat valaisan le 28 juin 2006, � savoir deux ans avant la conclusion du contrat d'entreprise totale, apr�s une mise en consultation publique effectu�e entre le 10 juin et le 31 octobre 2005, une information g�n�rale assur�e par affichage dans les communes du canton et une publication au Bulletin officiel. La carte indicative du PS-R3 mentionne que dans le p�rim�tre de danger, o� se trouve la parcelle sur laquelle la villa des d�fendeurs devait �tre �difi�e, toute demande de permis de construire doit faire l'objet d'un pr�avis cantonal. En vertu de l'art. 365 al. 3 CO, qui impose � l'entrepreneur d'aviser sans d�lai le ma�tre de toutes les circonstances de nature � compromettre l'ex�cution r�guli�re ou ponctuelle de l'ouvrage, la demanderesse, apr�s la conclusion du contrat, devait faire part aux d�fendeurs que la d�livrance du permis de construire, en plus des exigences habituelles li�es � la police des constructions ainsi qu'au droit de l'am�nagement du territoire et de l'environnement, n�cessitait absolument un pr�avis positif du SRCE.
Compte tenu de cette exigence sp�ciale, il appartenait d'ailleurs � la demanderesse, comme l'ont affirm� les d�fendeurs dans le pr�sent recours, de d�poser aupr�s de la Municipalit� de X.________ une demande pr�alable d'autorisation de construire conform�ment � l'art. 44 de la loi valaisanne du 8 f�vrier 1996 sur les constructions (RS/VS 705.1), cela afin de d�terminer la faisabilit� du projet de construction de la villa. Elle a cru � tort pouvoir se dispenser d'introduire une telle demande de d�cision pr�alable.
Il suit de l� que la demanderesse, sp�cialiste de la conduite de projets immobiliers, n'a pas averti � temps les d�fendeurs du risque que le permis de construire soit refus�, circonstance rendant ipso facto impossible la r�alisation de leur villa. Cette violation du devoir d'information imputable � faute � l'entrepreneur, laquelle a concouru � l'impossibilit� de construire, rend inop�rante l'application de l'art. 378 CO, puisque l'entrepreneur r�pond de l'impossibilit� (cf. ci-dessus consid. 4.3, 3e �).
Les cons�quences li�es � l'impossibilit� objective subs�quente d'ex�cution rel�vent donc des dispositions g�n�rales des art. 97 al. 1 (impossibilit� fautive du d�biteur) et 119 CO (impossibilit� non fautive du d�biteur).
4.4.�L'obligation d'ex�cuter l'ouvrage est du ressort de l'entrepreneur (art. 363 CO). Autrement dit, la demanderesse �tait d�bitrice de cette obligation, dont les d�fendeurs �taient cr�anciers.
L'impossibilit� d�finitive de r�aliser la villa �tant, comme on l'a vu, imputable � faute � la d�bitrice (i. e. la demanderesse), l'application de l'art. 119 CO, qui ne vise que l'impossibilit� dont ne r�pond pas le d�biteur, est exclue (ATF 111 II 352 consid. 2a p. 354).
Le sort du litige est ainsi fonction de l'art. 97 al. 1 CO ( GAUCH, op. cit., ch. 2322 p. 841).
S'agissant des contrats synallagmatiques, � l'instar du contrat d'entreprise, l'art. 97 al. 1 CO procure au cr�ancier, qui n'a pas obtenu la prestation convenue, devenue subs�quemment impossible, une pr�tention en dommages-int�r�ts. Cette norme ne modifie cependant pas les autres effets du contrat. Le cr�ancier (l�s�) reste ainsi tenu de son c�t� � ex�cuter sa contre-prestation pour les prestations d�j� fournies, mais peut en imputer la valeur sur les dommages-int�r�ts qui lui sont dus (m�thode de la diff�rence) (cf. WIEGAND, in Basler Kommentar, op. cit., n� 54 ad art. 97 CO; LUC TH�VENOZ, in Commentaire romand, 2e �d. 2012, n� 62 ad art. 97 CO; VON TUHR/ESCHER, Allgemeiner Teil des Schweizerischen Obligationenrechts, vol. II, 1974, p. 154/155).
Si cette solution est ad�quate pour les contrats de dur�e partiellement ex�cut�s (cf. ATF 129 III 320 consid. 7.1.2 p. 328 s.), elle conduit � un r�sultat insatisfaisant lorsque l'ex�cution pass�e du contrat donne lieu � un d�s�quilibre. Tel est notamment le cas si la partie ex�cut�e de la prestation avant la survenance de l'impossibilit� est devenue sans int�r�t pour le cr�ancier l�s�.
Le Tribunal f�d�ral ne s'est pour l'heure jamais prononc� sur cette question.
4.5.�En cas d'impossibilit� subs�quente d'ex�cution imputable au d�biteur, le cr�ancier ne doit pas �tre trait� plus mal que le cr�ancier d'un d�biteur fautivement en demeure. C'est pourquoi la doctrine moderne estime qu'il convient de combler une lacune de l'art. 97 al. 1 CO en relation avec l'impossibilit� subs�quente et d'accorder au cr�ancier, dont la partie ex�cut�e de la prestation n'a aucune utilit� pour lui, le droit formateur de r�soudre le contrat
ex tunc,�par analogie avec les art. 107 al. 2 et 109 CO (R�cktrittsrecht) ( WIEGAND, in Basler Kommentar, op. cit., n� 58 ad art. 97 CO; TH�VENOZ, in Commentaire romand, op. cit., n� 63 ad art. 97 CO; GAUCH/SCHLUEP ET AL., Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 10e �d. 2014, vol. II, ch. 2587 p. 100; INGEBORG SCHWENZER, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 6e �d. 2012, ch. 64.27 p. 465; CLAIRE HUGUENIN, Obligationenrecht, Allgemeiner und Besonderer Teil, 2e �d. 2014, ch. 842 p. 256/257; ROLF H. WEBER, Berner Kommentar, 2000, n
�s�269 � 271 ad art. 97 CO; GUHL/KOLLER, Das Schweizerische Obligationenrecht, 9e �d. 2000, ch. 3 � 31 p. 241; EUGEN BUCHER, Schweizerisches Obligationenrecht, Allgemeiner Teil, 2e �d. 1988, p. 339 s.).
Ces avis doctrinaux sont convaincants et doivent �tre suivis.
En cons�quence, en cas d'impossibilit� objective subs�quente imputable au d�biteur, le cr�ancier, si la partie ex�cut�e de la prestation a perdu tout int�r�t pour lui, a le droit formateur de r�soudre le contrat avec effet r�troactif�
(ex tunc).�Seul en effet le r�tablissement de la situation des parties telle qu'elle pr�valait avant la conclusion du contrat permet de prot�ger le cr�ancier envers le d�biteur qui r�pond de l'impossibilit� subs�quente d'ex�cuter l'obligation.
La r�solution du contrat lib�re les parties contractantes de toutes leurs obligations; le d�biteur fautif reste n�anmoins tenu de verser au cr�ancier des dommages-int�r�ts n�gatifs d'apr�s l'art. 97 al. 1 CO (cf. TH�VENOZ, in Commentaire romand, op. cit., n� 65 ad art. 97 CO; GUHL/KOLLER, op. cit., ch. 3 � 31 p. 241).
4.6.�Le droit formateur ne peut �tre exerc� que par celui auquel il appartient; le juge ne peut en principe pas suppl�er � une volont� qui n'a pas �t� manifest�e (ATF 136 III 273 consid. 2.2 et l'arr�t cit�).
Le droit formateur doit s'exprimer par une manifestation de volont� claire et d�pourvue d'incertitudes (acte formateur). L'exercice d'un droit formateur doit �tre univoque, sans condition et rev�tir un caract�re irr�vocable (ATF 135 III 441 consid. 3.3 p. 444).
4.7.�Ces consid�rations am�nent le Tribunal f�d�ral � adopter la solution suivante.
Il a �t� retenu que l'art. 5 du contrat d'entreprise totale instaurait, conform�ment � l'art. 372 al. 2 CO et � l'art. 144 al. 4 de la norme SIA 118 (�d. 1977/1991), des paiements �chelonn�s selon l'avancement des travaux, qui �tait d�compos� en neuf phases. Ainsi, le 3% du prix de l'ouvrage (3% de 478'300 fr., soit 14'349 fr.) �tait d� " � la conclusion du contrat et obtention du cr�dit ", constituant la premi�re phase des travaux � r�aliser par l'entrepreneur.
Il est incontestable que la demanderesse a ex�cut� enti�rement la premi�re phase des travaux.
Le contrat d'entreprise totale a �t� conclu par les d�fendeurs avec la demanderesse entre le 11 mars et le 30 juin 2008, � savoir en tout cas moins de quatre mois apr�s que le courtier, charg� de promouvoir le projet de vente sur plans de deux villas � �difier par l'entrepreneur sur la Commune de X.________, leur a fait signer la " r�servation ferme " portant sur la construction d'une villa jumelle sur la parcelle qui serait cr��e � la suite de la division de l'ancienne parcelle n� xxx de ladite commune. Et le 27 mai 2008, la Banque K.________ a octroy� aux d�fendeurs un cr�dit de construction de 485'000 fr.
Il est toutefois apparu que les prestations ainsi ex�cut�es par la demanderesse, correspondant � la premi�re phase de l'avancement des travaux, se sont r�v�l�es priv�es de toute utilit� pour les d�fendeurs en raison du refus le 10 novembre 2008 par l'autorit� communale comp�tente de leur d�livrer le permis de construire, refus confirm� ult�rieurement par le Conseil d'Etat valaisan.
La demanderesse leur ayant r�clam� � r�it�r�es reprises d�s d�but 2009 paiement de la premi�re phase des travaux, les d�fendeurs, au moyen d'une lettre recommand�e de leur avocat du 17 juillet 2009, lui ont communiqu� que le contrat d'entreprise �tait nul. Ce faisant, les d�fendeurs ont exerc� d'une mani�re claire leur droit formateur de r�soudre ledit contrat avec effet r�troactif afin de se retrouver dans la situation qui pr�c�dait la conclusion du contrat.
Du fait de l'exercice de leur droit formateur de r�soudre le contrat d'entreprise avec effet r�troactif, les d�fendeurs sont lib�r�s d'ex�cuter leur contre-prestation en rapport avec les travaux - sans int�r�t pour eux - effectu�s par leur adverse partie. En d'autres termes, ils n'ont pas � verser � la demanderesse la somme de 14'349 fr. repr�sentant le 3% du prix global fix� pour construire la villa.
Contrairement � ce qu'a retenu la cour cantonale, la demande principale de l'entrepreneur doit �tre int�gralement rejet�e. Le recours des d�fendeurs est fond� sur ce point.
5.1.�Dans la seconde partie du grief reposant sur la violation de l'art. 378 CO, les d�fendeurs affirment que c'est en violation du droit f�d�ral que la cour cantonale a refus� de faire droit � leur reconvention et de leur accorder r�paration du pr�judice de 2'750 fr.90 qui a �t� provoqu� par l'impossibilit� d'ex�cuter l'ouvrage.
5.2.�Que ce soit en mati�re de responsabilit� d�lictuelle ou de responsabilit� contractuelle, les avantages financiers qui trouvent leur source dans l'�v�nement dommageable doivent �tre imput�s sur le montant du dommage subi par le l�s� (principe de l'imputation des avantages ou�
compensatio lucri cum damno�). L'imputation n'est cependant justifi�e que pour les avantages qui sont en lien de connexit� avec le sinistre (ATF 112 Ib 322 consid. 5a et les r�f�rences; 71 II 86 consid. 4 p. 89; arr�t 4A_310/2014 du 10 octobre 2014 consid. 4.4.2).
5.3.�In casu, la parcelle sur laquelle la demanderesse s'�tait engag�e � �riger une villa a �t� acquise le 23 juin 2008 par les d�fendeurs, devenus copropri�taires par moiti�, pour la somme de 90'000 fr.
Confront�s au refus de l'autorit� communale de leur d�livrer l'autorisation de construire, ils ont revendu la parcelle � une personne morale le 21 d�cembre 2010 pour le montant de 100'000 fr.
Les co�ts dont les d�fendeurs demandent le remboursement, par 2'750 fr.90, sont principalement des frais de notaire, c'est-�-dire des d�penses g�n�r�es par l'acquisition de la parcelle; s'y ajoute l'�molument pour le recours administratif d�pos� aupr�s du gouvernement cantonal contre le refus de leur d�livrer le permis de construire sur le bien-fonds.
Il a �t� constat� que la vente de la parcelle leur a procur� un gain de 10'000 fr. (100'000 fr. - 90'000 fr.).
Il faut admettre qu'il y a connexit� entre l'�v�nement dommageable (i. e. le refus du permis de construire sur la parcelle acquise) et l'�v�nement avantageux (i. e. la revente de la m�me parcelle).
L'avantage procur� par la vente immobili�re, qui est comme on l'a vu de 10'000 fr. bruts, d�passe largement en valeur les co�ts dont les d�fendeurs requi�rent le paiement par la demanderesse, qui se montent � 2'750 fr.90.
Le principe de l'imputation des avantages conduit � rejeter les conclusions reconventionnelles des d�fendeurs.
Le jugement de la cour cantonale doit �tre confirm� � cet �gard, mais par des motifs substitu�s.
Au vu de ce qui pr�c�de, le recours doit �tre partiellement admis. Il est prononc� que tant la demande principale que la demande reconventionnelle sont int�gralement rejet�es.
Les d�fendeurs, qui voulaient �tre lib�r�s de l'obligation de payer 14'349 fr. � la demanderesse, obtiennent gain de cause. Ils �chouent par contre � obtenir le montant de 2'750 fr.90 � titre reconventionnel.
Dans ces conditions, il se justifie de r�partir l'�molument de justice, arr�t� � 2'000 fr., pour les quatre cinqui�mes, soit 1'600 fr., � la charge de la demanderesse et pour un cinqui�me, soit 400 fr., � la charge des d�fendeurs, d�biteurs solidaires (art. 66 al. 1 et 5 LTF). Ces derniers, cr�anciers solidaires, se verront allouer par la demanderesse une indemnit� de d�pens r�duite selon cette proportion (art. 68 al. 1, 2 et 4 LTF).
La cause sera retourn�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale.
Le recours est partiellement admis. Il est prononc� que la demande d�pos�e par D.________ est rejet�e et que la demande reconventionnelle d�pos�e par B.________ et C.________ est rejet�e.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 2'000 fr., sont mis par 1'600 fr. � la charge de l'intim�e et par 400 fr. solidairement � la charge des recourants.
L'intim�e versera aux recourants, cr�anciers solidaires, une indemnit� de 1'200 fr. � titre de d�pens r�duits.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et au Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour civile I.

References: art. 363
 art. 97
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 97
 art. 97
 art. 97
 art. 378
 art. 378
 art. 378
 art. 378
 art. 378
 art. 378
In casu
 art. 97
 art. 97
 art. 97
 ATF 
 art. 107
 art. 97
 art. 97
 art. 97
 art. 97
In casu