Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-COURADMINISTRATIVEDAPPELDEDOUAI-20020116-99DA00183
Timestamp: 2017-07-28 19:09:21+00:00

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France, Cour administrative d'appel de Douai, 3e chambre, 16 janvier 2002, 99DA00183
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 99DA00183Numéro NOR : CETATEXT000007598682 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;cour.administrative.appel.douai;arret;2002-01-16;99da00183 Analyses : COLLECTIVITES TERRITORIALES - COMMUNE - FINANCES COMMUNALES - DEPENSES - DEPENSES OBLIGATOIRES.Texte : Vu l'ordonnance en date du 30 août 1999 par laquelle le président de la cour administrative d appel de Nancy a, en application du décret n 99-435 du 28 mai 1999 portant création d une cour administrative d'appel à Douai et modifiant les articles R. 5, R. 7 et R. 8 du code des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, alors applicables, transmis à la cour administrative d appel de Douai la requête présentée pour la commune de Oroër, représentée par son maire en exercice, par Me A..., avocat ;
Vu la requête et le mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 27 janvier 1999 et le 20 novembre 2000, au greffe de la cour administrative d'appel de Nancy, par lesquels la commune d'Oroër demande à la Cour :
1 ) d'annuler le jugement en date du 12 novembre 1998, par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 19 décembre 1997 du préfet de l'Oise inscrivant d'office au budget de la commune le montant de sa participation aux frais de fonctionnement des écoles publiques de Beauvais scolarisant des enfants résidant dans la commune d'Oroër ;
- les observations de Me J..., avocat, substituant Me A..., pour la commune de Oroër,
- et les conclusions de M. Evrard, commissaire du gouvernement ;Considérant que par arrêté en date du 19 décembre 1997, le préfet de l'Oise a inscrit d'office au budget de la commune d'Oroër pour 1997, les crédits nécessaires au paiement à la ville de Beauvais de sa participation aux frais de fonctionnement des écoles de cette ville qui ont accueilli, au cours des années scolaires 1989-1990 à 1993-1994, des enfants résidant à Oroër ; que cette commune demande à la Cour d'annuler le jugement en date du 12 novembre 1998 par lequel le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande tendant à l'annulation dudit arrêté ;
Considérant qu'aux termes de l'article 11 de la loi du 2 mars 1982, repris sous l'article L.1612-15 du code général des collectivités territoriales : " Ne sont obligatoires pour les communes que les dépenses nécessaires à l'acquittement des dettes exigibles et les dépenses pour lesquelles la loi l'a expressément décidé. La chambre régionale des comptes saisie, soit par le représentant de l'Etat dans le département, soit par toute personne y ayant intérêt, constate qu'une dépense obligatoire n'a pas été inscrite au budget communal ou l'a été pour une somme insuffisante. Elle opère cette constatation dans le délai d'un mois à partir de sa saisine et adresse une mise en demeure à la commune concernée. Si dans le délai d'un mois, cette mise en demeure n'est pas suivie d'effet, la chambre régionale des comptes demande au représentant de l'Etat d'inscrire cette dépense au budget de la commune et propose, s'il y a lieu, la création de ressources ou la diminution de dépenses facultatives destinées à couvrir la dépense obligatoire. Le représentant de l'Etat dans le département règle et rend exécutoire le budget rectifié en conséquence. S'il s'écarte des propositions formulées par la chambre régionale des comptes, il assortit sa décision d'une motivation explicite " ;
Considérant, en premier lieu, qu'il résulte de l'instruction et qu'il n'est pas contesté que la commune d'Oroër n'a pas donné son accord pour participer aux dépenses que la ville de Beauvais a engagées au cours des années scolaires 1989-1990 à 1993-1994 par suite de la scolarisation en école maternelle ou primaire d'enfants domiciliés à Oroër ; que cette situation, alors même que la ville de Beauvais aurait recherché un accord, non directement avec la commune d'Oroër, mais par l'intermédiaire de l'union des maires de l'Oise, en raison du grand nombre de communes dont des enfants sont scolarisés à Beauvais, autorisait le préfet à fixer la contribution de chacune d'elle, après avis du conseil de l'éducation nationale ;
Considérant, en second lieu qu'il ne résulte pas de l'instruction et qu'il n'est pas allégué que la scolarisation dans les écoles primaires ou maternelles de Beauvais d'enfants domiciliés à Oroër résulterait d'un arbitrage du préfet ; que par suite le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas consulté l'inspecteur d'académie est inopérant ;
Considérant toutefois que la commune de résidence n'est tenue de participer financièrement à la scolarisation d'enfants admis dans une école maternelle ou primaire d'une autre commune que s'il est justifié que ces enfants remplissent les conditions prévues par l'article 1er du décret du 12 mars 1986 et pour les seules années scolaires au titre desquelles ces conditions sont réunies ; que si tel est le cas lorsqu'un enfant est accueilli dans une autre commune que celle de sa résidence au motif qu'un frère ou une s ur y poursuit un cycle entamé, soit en maternelle, soit en primaire, en application des dispositions du dernier alinéa du I de l'article 23 de la loi du 22 juillet 1983 susvisé et ceci, quand bien même la scolarisation du frère ou de la s ur n'aurait fait l'objet d'aucun accord ni d'aucune dérogation justifiée, il ne résulte pas de ces dispositions que le législateur ait entendu faire participer financièrement la commune de résidence aux frais de scolarisation d'enfants qui bénéficient d'un droit à achever le cycle entamé dans une école maternelle ou primaire de la commune d'accueil, mais ne justifient plus remplir, à titre personnel, une des conditions prévues par l'article 1er du décret du 12 mars 1986 ;Considérant que la commune d'Oroër n'a, par l'intermédiaire du regroupement scolaire d'Abbeville-Saint-Lucien-Oroër-Fontaine-Saint-Lucien, créé un service de restauration et de garderie scolaire qu'à compter de la rentrée scolaire 1991-1992 et ne conteste pas que l'enfant Jean X... était en droit, en raison des activités professionnelles de ses parents d'être scolarisé à Beauvais en 1989-1990 ; qu'en outre au titre de cette même année scolaire, les jeunes Pierre-Antoine Y... et Stéphanie Z... étaient en droit d'être scolarisés dans la ville de Beauvais compte-tenu de la scolarisation qu'y poursuivait leur frère ou s ur ; que ces deux enfants continuaient à remplir, pour l'année scolaire 1990-1991, les conditions prévues au 3 du 1er article du décret du 12 mars 1986 ainsi, d'ailleurs, que l'enfant Guillaume D..., sans que la commune d'Oroër puisse utilement objecter, en ce qui concerne ce dernier, que la scolarité en maternelle n'est pas obligatoire ; qu'une telle circonstance ne faisait pas non plus obstacle à ce que les enfants Mathieu E... et Christophe G... soient scolarisés dans les écoles maternelles de Beauvais, dès lors que leurs parents ont une activité professionnelle ; que la commune d'Oroër ne conteste pas non plus les dérogations accordées en 1990-1991, pour ce motif, aux enfants Hélène Théophile et Pauline H... ; qu'en 1991-1992, les enfants Cindy, Julie et Guillaume D..., Christophe Théophile et Marion I... remplissaient la condition prévue au 3 c du 1er article du décret du 12 mars 1986 ; que tel est encore le cas pour Christophe Théophile et Marion I... en 1992-1993 et pour Florian B... et Marion I... en 1993-1994 ; que par suite la commune d'Oroër n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'était pas tenue de participer financièrement aux dépenses exposées par la ville de Beauvais pour la scolarisation de ces enfants ;
Considérant, par contre, qu'il n'est pas contesté que l'enfant Nicolas C... n'habitait plus Oroër à la rentrée scolaire 1989-1990, ni que les parents d'Aurélien F... n'avaient pas d'activité professionnelle en 1990-1991, ni que les soins que nécessitait Boris B..., au titre de l'année scolaire 1991-1992 n'ont pas été attestés par un médecin assermenté ou un médecin de santé scolaire ; qu'en outre, s'agissant de tous les autres enfants dont la scolarisation à Beauvais s'est poursuivie au cours des années 1989-1990 à 1993-1994 par application du denier alinéa du I de l'article 23 de la loi du 22 juillet 1983, il n'est pas établi qu'ils remplissaient une des conditions prévues par les 1 , 2 et 3 de l'article 1er du décret du 12 mars 1986 ; que par suite la commune d'Oroër est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa contestation en tant qu'elle portait sur la participation qui a été mise à sa charge pour ces enfants, et à en demander l'annulation ainsi que celle de l'arrêté du préfet de l'Oise en date du 19 décembre 1997 en tant qu'il a inscrit d'office la dépense correspondante à son budget ;
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :Considérant que dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de condamner l'Etat à payer à la commune de Oroër une somme de 150 euros ( 983,94 francs) au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 2 : L'arrêté du préfet de l'Oise, en date du 19 décembre 1997, inscrivant d'office une somme au budget de la commune d'Oroër pour 1997 au titre de sa participation aux frais de scolarisation d'enfants dans les écoles préélémentaires et élémentaires de la ville de Beauvais, pour les années 1989-1990 à 1993-1994 est annulé en tant qu'il met à la charge de cette commune les frais de scolarisation des enfants autres que Jean X..., Pierre-Antoine Y... et Stéphanie Z... en 1989-1990, Pierre-Antoine Y..., Stéphanie Z..., Guillaume D..., Mathieu E..., Christophe G..., Hélène Théophile et Pauline H... en 1990-1991, Cindy, Julie et Guillaume D..., Christophe Théophile et Marion I... en 1991-1992, Christophe Théophile et Marion I... en 1992-1993 et pour Florian B... et Marion I... en 1993-1994 ;
Article 3 : L'Etat est condamné à payer une somme de 150 euros ( 983,94 francs) à la commune d'Oroër au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la commune d'Oroër est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la commune de Oroër, à la ville de Beauvais et au ministre de l'intérieur. Copie sera transmise au préfet de l'Oise et au trésorier payeur général de l'Oise..Références : Code de justice administrative L761-1Code général des collectivités territoriales L1612-15Décret 86-425 1986-03-12 art. 1, art. 2Loi 1982-03-02 art. 11Loi 79-587 1979-07-11Loi 83-663 1983-07-22 art. 23Loi 86-29 1986-01-09Publications :Télécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme BrenneRapporteur public : M. EvrardOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Cour administrative d'appel de DouaiFormation : 3e chambreDate de la décision : 16/01/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 11
 l'article 1
 l'article 23
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 l'article 23
 l'article 1
 art. 1
 art. 2
 art. 11
 art. 23