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Timestamp: 2016-10-23 09:38:01+00:00

Document:
5A_30/2015 (23.03.2015)
5A_30/2015 � � Arr�t du 23 mars 2015
repr�sent�e par Me Brigitte Umbach-Spahn, avocate,
faillite sans poursuite pr�alable,
recours contre la d�cision du Tribunal cantonal du canton du Valais, Autorit� de recours en mati�re de poursuite et de faillite, du 26 novembre 2014.
A.a.�Le 21 mars 2014, B.________ � Amsterdam a d�pos� une requ�te de faillite sans poursuite pr�alable � l'encontre de A.________, de nationalit� n�erlandaise, devant le Tribunal du district de Sierre (ci-apr�s: Tribunal de district).
A.b.�Par d�cision du 31 mars 2014, la Juge suppl�ante II du Tribunal de district (ci-apr�s: Juge suppl�ante) a ordonn�, � titre superprovisionnel, l'inventaire conservatoire de tous les biens de A.________.
A.c.�Par d�cision du 5 juin 2014, la Juge suppl�ante a d�clar� A.________ en faillite avec effet le jour m�me � 8h.30. Elle a en outre confirm� la mesure conservatoire ordonn�e le 31 mars 2014.
La faillite de A.________ avait �galement �t� prononc�e le 16 avril 2013 par le juge du Tribunal de X.________ aux Pays-Bas.
Par d�cision du 26 novembre 2014, le Tribunal cantonal du canton du Valais, statuant en qualit� d'Autorit� de recours en mati�re de poursuite et de faillite, a rejet� le recours form� le 20 juin 2014 par A.________ contre la d�cision du 5 juin 2014 et a prononc� la faillite sans poursuite pr�alable de celui-ci avec effet le m�me jour � 8h.00.
Par acte du 12 janvier 2015, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cette d�cision. Il conclut principalement � l'annulation de la d�cision entreprise et, subsidiairement, � l'annulation de celle-ci et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. A l'appui de ses conclusions, il fait valoir que les faits auraient �t� constat�s de mani�re arbitraire et invoque �galement la violation de son droit d'�tre entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. ainsi que la violation de l'art. 20 LDIP et des art. 54 et 190 al. 1 LP. Il requiert en outre que l'effet suspensif soit octroy� � son recours.
Invit�e � se d�terminer sur la requ�te d'effet suspensif, l'intim�e s'est principalement oppos�e � l'octroi d'un tel effet; subsidiairement, elle a conclu � ce que l'effet suspensif soit accord� uniquement en ce sens qu'aucune mesure d'ex�cution ne soit prise pour la dur�e de la proc�dure f�d�rale tout en maintenant les �ventuelles mesures conservatoires d�j� prises; plus subsidiairement encore, elle a requis que des mesures provisionnelles soient prises en ce sens que l'�tablissement d'un inventaire des biens du recourant au 24 f�vrier 2015 soit ordonn�.
Par ordonnance pr�sidentielle du 29 janvier 2015, l'effet suspensif a �t� attribu� au recours en ce sens que le prononc� de la faillite reste en force mais qu'aucun acte d'ex�cution de la d�cision attaqu�e ne doit �tre entrepris, les �ventuelles mesures conservatoires d�j� prises par l'Office des faillites en vertu des art. 162 ss, 170, 174 al. 3 et 221 ss LP demeurant toutefois en vigueur.
1.1.�Interjet� dans le d�lai l�gal - compte tenu des f�ries de No�l (art. 100 al. 1 et 46 al. 1 let. c LTF) - contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 687 consid. 1.2) rendue par un tribunal sup�rieur, qui confirme sur recours (art. 75 LTF), l'ouverture de la faillite sans poursuite pr�alable du recourant (art. 72 al. 2 let. a LTF), le recours en mati�re civile est en principe recevable, ind�pendamment de la valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. d LTF); le failli, qui a succomb� devant la juridiction pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
1.2.�Dans le cadre d'un recours en mati�re civile des art. 72 ss LTF, qui est une voie de r�forme, la partie recourante ne peut se borner � demander l'annulation de la d�cision attaqu�e, mais elle doit prendre des conclusions sur le fond du litige (arr�ts 5A_461/2011 du 14 octobre 2011 consid. 2 et 5A_835/2010 du 1
er�juin 2011 consid. 1.2). Les conclusions r�formatoires doivent donc �tre d�termin�es et pr�cises, c'est-�-dire indiquer exactement quelles modifications sont demand�es. En l'esp�ce, le recourant se borne � conclure � titre principal � l'annulation de l'arr�t entrepris. On comprend toutefois ais�ment � la lecture de son m�moire de recours qu'il souhaite en r�alit� que la d�cision attaqu�e soit r�form�e en ce sens que la requ�te de faillite introduite � son �gard est rejet�e. Il convient donc d'interpr�ter ses conclusions en ce sens.
2.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique d'office le droit (art. 106 al. 1 LTF) � l'�tat de fait constat� dans l'arr�t cantonal (ou � l'�tat de fait qu'il aura rectifi� ou compl�t� apr�s examen des griefs du recours). Cela ne signifie pas que le Tribunal f�d�ral examine, comme le ferait un juge de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui pourraient se poser. Compte tenu de l'obligation de motiver impos�e par l'art. 42 al. 2 LTF, il ne traite que les questions qui sont soulev�es devant lui par les parties (ATF 140 III 86 consid. 2 p. 89; 134 V 53 consid. 3.3 p. 60). En ce qui concerne la violation des droits fondamentaux et, de mani�re g�n�rale, des droits constitutionnels (ATF 133 III 638 consid. 2 p. 639 s.) ainsi que du droit cantonal, le Tribunal f�d�ral n'en conna�t que si le grief a �t� express�ment soulev� et motiv� de fa�on claire et d�taill�e par le recourant, en indiquant pr�cis�ment quelle disposition constitutionnelle ou l�gale a �t� viol�e et en d�montrant, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 II 305 consid. 3.3 p. 310 s.; 135 III 232 consid. 1.2 p. 234).
2.3.�Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF; ATF 135 I 221 consid. 5.2.4 p. 229; 133 IV 342 consid. 2.1 p. 344), de m�me que les faits et pi�ces post�rieurs � l'arr�t entrepris (ATF 133 IV 342 consid. 2.1 p. 343 s.; arr�t 5A_640/2011 du 4 janvier 2012 consid. 1.4).
Vu ce qui pr�c�de, la copie du visa d� livr� au recourant par les autorit�s des Emirats Arabes Unis et produit pour la premi�re fois devant la Cour de c�ans alors qu'il a �t� �mis le 10 avril 2014, est irrecevable. Le recourant n'all�gue en effet pas, ni�
a fortiori�ne d�montre, dans quelle mesure la d�cision entreprise aurait pour la premi�re fois rendu la production de cette pi�ce n�cessaire.
Le recourant soul�ve le grief de violation de son droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.), consid�rant qu'il aurait �t� priv� de produire certains moyens de preuve.
3.1.�La garantie constitutionnelle de l'art. 29 al. 2 Cst. pr�voit que toute personne a le droit de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, d'avoir acc�s au dossier, de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur la d�cision � rendre, de participer � l'administration des preuves valablement offertes, � moins que le fait � prouver ne soit d�pourvu de pertinence ou que le moyen de preuve n'apparaisse manifestement inapte � �tablir le fait all�gu�, et de se d�terminer � leur propos (ATF 132 V 368 consid. 3.1; 129 II 497 consid. 2.2; 127 I 54 consid. 2b; 127 III 576 consid. 2c et les r�f�rences). Le droit d'�tre entendu ne s'oppose pas � ce que l'autorit� mette un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction; si le juge cantonal a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, ce refus ne peut �tre remis en cause devant le Tribunal f�d�ral qu'en invoquant l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.) de mani�re claire et d�taill�e (art. 106 al. 2 LTF; ATF 138 III 374 consid. 4.3.2; 131 I 153 consid. 3; 130 II 425 consid. 2.1; 125 I 417 consid. 7b; 115 Ia 8 consid. 3a et 97 consid. 5b).
3.2.�L'autorit� cantonale a consid�r� que le recourant n'avait pas pr�tendu que les actes de la cause xxxx du Tribunal de Sierre, dont il avait requis l'�dition, comporteraient des titres susceptibles de d�montrer que son domicile se trouve aux Pays-Bas et que, m�me si tel avait �t� le cas, rien n'indiquait en quoi il aurait �t� emp�ch� de d�poser ces pi�ces devant la juge de premi�re instance ou m�me devant le Tribunal cantonal. Au demeurant, m�me si ledit dossier devait effectivement contenir des "notes" du juge ayant trait� cette affaire dont la teneur aurait indiqu� un domicile du recourant aux Pays-Bas, celles-ci ne liaient ni la juge de premi�re instance ni le Tribunal cantonal.
Le recourant affirme, pour sa part, avoir demand� r�guli�rement et en temps utile l'�dition du dossier xxxx. Il soutient en outre qu'il lui aurait �t� impossible de produire les pi�ces dudit dossier qui d�montreraient qu'il est domicili� aux Pays-Bas dans le cadre de la pr�sente proc�dure dans la mesure o� la requ�te de s�questre ne lui aurait jamais �t� notifi�e dans la cause xxxx. Il n'aurait donc jamais �t� en possession de ces pi�ces dont il n'aurait pu prendre connaissance que lors d'une audience portant sur son opposition au s�questre.
3.3.�En l'esp�ce, il appara�t que le Tribunal cantonal a proc�d� � une appr�ciation anticip�e des preuves disponibles et a estim� que le recourant n'�tait aucunement parvenu � d�montrer la pertinence des pi�ces dont il requ�rait la production, de sorte que celles-ci n'apparaissaient pas � m�me de modifier la conviction qu'il s'�tait forg� quant au lieu de son dernier domicile. Compte tenu de ce qui pr�c�de, il appartenait au recourant de soulever un grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) en lien avec l'appr�ciation des preuves � laquelle a proc�d� l'instance pr�c�dente (cf.�
supra�consid. 3.1), ce qu'il n'a pas fait. Son grief de violation du droit � la preuve est par cons�quent irrecevable. Cela �tant, m�me si ce grief avait �t� examin�, il aurait d� �tre �cart�. Le recourant n'expose en effet pas quelles sont les pi�ces pertinentes auxquelles il se r�f�re, quel est leur contenu et en quoi elles seraient en mesure d'attester du fait qu'il serait domicili� aux Pays-Bas. Dans la mesure o� ces pi�ces d�montreraient le lieu de son propre domicile, on peine en outre � comprendre pourquoi il n'a pas pu les produire dans le cadre de la pr�sente proc�dure. Il para�t en effet douteux que sa partie adverse dans le cadre de la proc�dure xxxx ait pu avoir acc�s � des pi�ces attestant de son propre domicile et non lui. Le recourant ne s'en prend de surcro�t pas � la motivation de l'autorit� cantonale en tant qu'elle retient que, m�me si le dossier pr�cit� devait contenir des "notes" sur cette question r�dig�es par un juge dans le cadre de cette autre proc�dure, celles-ci ne la lieraient aucunement.
Le recourant reproche ensuite � l'autorit� cantonale d'avoir retenu � tort que son dernier domicile, respectivement sa r�sidence habituelle, se trouvait � U.________, sur la commune valaisanne de V.________ (ci-apr�s: U.________), et non aux Pays-Bas o� vit sa famille. Il invoque de ce fait une violation des art. 20 al. 1 LDIP et 54 LP ainsi qu'une constatation arbitraire des faits dans la mesure o� l'autorit� cantonale n'aurait pas retenu que sa famille est domicili�e aux Pays-Bas.
4.1.�Aux termes de l'art. 54 LP, la faillite d'un d�biteur en fuite est d�clar�e au lieu de son dernier domicile.
Selon l'art. 20 al. 1 LDIP, une personne physique a son domicile dans l'Etat dans lequel elle r�side avec l'intention de s'y �tablir (let. a) et sa r�sidence habituelle dans l'Etat dans lequel elle vit pendant une certaine dur�e, m�me si cette dur�e et de prime abord limit�e (let. b).
La notion de domicile - qui correspond � celle de l'art. 23 CC - comporte deux �l�ments: l'un objectif, la pr�sence physique en un lieu donn�; l'autre subjectif, l'intention d'y demeurer durablement (ATF 137 II 122 consid. 3.6 p. 126 s., 137 III 593 consid. 3.5 p. 600; 136 II 405 consid. 4.3 p. 409 s., 135 III 49 consid. 6.2 p. 56; arr�t 5A_270/2012 du 24 septembre 2012 consid. 4.2).
4.1.1.�L'�l�ment objectif du domicile (i.e. la pr�sence physique en un endroit donn�) ne suppose pas n�cessairement que le s�jour ait d�j� dur� un certain temps; si la condition subjective (i.e. la manifestation de l'intention de rester durablement en ce lieu) est par ailleurs remplie; en d'autres termes, pour d�terminer si l'int�ress� s'y est cr�� un domicile, ce n'est pas la dur�e de sa pr�sence � cet endroit qui est d�cisive, mais bien la perspective d'une telle dur�e (arr�ts 5A_432/2009 du 23 d�cembre 2009 consid. 5.2.1, 5A_398/2007 du 28 avril 2008 consid. 3.2, 5C.163/2005 du 25 ao�t 2005 consid. 4.1, 5C.99/1993 du 21 septembre 1993 consid. 3a).
4.1.2.�Pour d�terminer si une personne r�side dans un lieu d�termin� avec l'intention de s'y �tablir durablement (�l�ment subjectif du domicile), la jurisprudence ne se fonde pas sur la volont� interne de l'int�ress�; seules sont d�cisives les circonstances objectives, reconnaissables pour les tiers, permettant de d�duire une telle intention (ATF 127 V 237 consid. 1 p. 238; 120 III 7 consid. 2b p. 8; 119 II 64 consid. 2b/bb p. 65; arr�ts 5A_659/2011 du 5 avril 2012 consid. 2.2.2; 5A_432/2009 du 23 d�cembre 2009 consid. 5.2.1). Pour qu'une personne soit domicili�e � un endroit donn�, il faut donc que des circonstances de fait objectives manifestent de mani�re reconnaissable pour les tiers que cette personne a fait de cet endroit, ou qu'elle a l'intention d'en faire, le centre de ses int�r�ts personnels, sociaux et professionnels (ATF 119 II 64 consid. 2b/bb p. 65; arr�t 5C.163/2005 du 25 ao�t 2005 consid. 4.1 et les r�f�rences cit�es).
Les documents administratifs tels que permis de circulation, permis de conduire, papiers d'identit�, attestations de la police des �trangers, des autorit�s fiscales ou des assurances sociales, ou encore les indications figurant dans des d�cisions judiciaires ou des publications officielles ne sont pas � eux seuls d�terminants mais constituent toutefois des indices s�rieux de l'existence du domicile, propres � faire na�tre une pr�somption de fait � cet �gard (ATF 125 III 100 consid. 3 et les r�f�rences).
4.1.3.�Le lieu o� la personne r�side (�l�ment objectif) et son intention de s'�tablir (�l�ment subjectif) constituent des questions de fait dont la solution lie le Tribunal f�d�ral (ATF 120 III 7 consid. 2a p. 8). Si ces manifestations de volont� rel�vent du fait, les conclusions � en tirer quant � l'intention de s'�tablir au sens de l'art. 20 LDIP constituent une question de droit que le Tribunal f�d�ral peut revoir dans le cadre des griefs invoqu�s (ATF 120 III 7 consid. 2a et la r�f�rence cit�e).
4.2.�S'agissant de la d�termination du domicile, respectivement de la r�sidence habituelle du recourant, l'autorit� cantonale a rappel� les diff�rents �l�ments �num�r�s par le premier juge qui constituaient selon elle autant d'indices que celui-ci �tait bien domicili� � U.________ ou � tout le moins y r�sidait. Elle se r�f�re ainsi aux pi�ces produites par l'intim�e desquelles il ressort que le recourant a quitt� la commune W.________ (NL) le 1
er�juillet 2007 et s'est constitu� un domicile � U.________ le 1er f�vrier 2009, que l'extrait du registre du commerce de C.________ SA dont il �tait membre du conseil d'administration indiquait pr�cis�ment qu'il �tait domicili� � cet endroit, que m�me son avocat avait mentionn� dans un courrier que son client �tait domicili� dans cette localit� et que cela ressortait �galement des d�cisions des tribunaux hollandais des 31 janvier et 8 mai 2014. Un juge hollandais avait au surplus constat� que le recourant �tait introuvable et que sa r�sidence �tait inconnue. En outre, des actes de poursuite lui avaient �t� notifi�s � U.________, par l'interm�diaire de son avocat, sans qu'il en conteste le for. Le Tribunal cantonal a �galement ajout� que la procuration sign�e et d�livr�e � son avocat indiquait
expressis verbis�qu'il �tait domicili� � U.________ et qu'une r�sidence en Suisse du recourant �tait au surplus mentionn�e sur la premi�re page du�
"vehicle fleet agreement"�conclu entre lui et une fondation le 5 mars 2011. L'instance pr�c�dente rappelle en outre que le recourant dispose d'un permis d'�tablissement suisse de type C et que, pour b�n�ficier d'une telle autorisation d'�tablissement, les ressortissants n�erlandais doivent en principe justifier d'un s�jour ininterrompu de cinq ans en Suisse.
4.3.�Le recourant fait grief au Tribunal cantonal de s'�tre fond� uniquement sur des documents administratifs non pertinents pour arr�ter le lieu de son dernier domicile en Suisse. Il estime quant � lui que les pi�ces d�pos�es en cause attestent du fait qu'il a toujours r�sid� aux Pays-Bas avec l'intention de s'y �tablir et que ce pays constitue le centre de ses int�r�ts personnels, sociaux et professionnels. Il fait ainsi notamment �tat d'articles de presse qu'il a produits attestant d'une activit� sociale et professionnelle intense aux Pays-Bas o� il dirigeait plus de cent-cinquante soci�t�s contre une seule en Suisse et rappelle que sa famille est domicili�e � W.________ (NL), ce que l'autorit� cantonale n'aurait arbitrairement pas constat�.
Ce faisant, le recourant reprend pour l'essentiel l'argumentation qu'il avait d�j� d�velopp�e devant l'instance pr�c�dente. Il ne s'en prend d�s lors � aucun des �l�ments sus-�num�r�s qui ont conduit l'autorit� cantonale � retenir qu'il �tait domicili� � U.________. Il se contente � cet �gard d'opposer sa propre appr�ciation des preuves qu'il a produites et de se plaindre du fait que cette derni�re se serait fond�e uniquement sur des "documents administratifs" sans pour autant d�velopper de grief quant � la pertinence desdites pi�ces et aux conclusions que l'instance pr�c�dente en a tir�. Il se r�f�re � des articles de presse qu'il a produits et qui attesteraient d'une activit� importante aux Pays-Bas. Or, sur ce point, l'autorit� cantonale a retenu que le fait que le recourant g�rait des soci�t�s dont le si�ge se trouvait aux Pays-Bas n'�tait en soi pas d�cisif, dans la mesure o�, s'agissant de son domicile ou de sa r�sidence habituelle, le centre de ses relations personnelles l'emporte sur celui de son activit� professionnelle. Le recours ne contient aucune critique quant � cette motivation. Enfin, pour ce qui a trait au fait que sa famille serait domicili�e � W.________ (NL), il convient de relever en premier lieu que le recourant n'a fait aucune mention de cet �l�ment dans son recours du 20 juin 2014, de sorte qu'on ne saurait reprocher � l'instance pr�c�dente de ne pas l'avoir �voqu� dans son �tat de fait. Au demeurant, m�me si sa famille est effectivement domicili�e aux Pays-Bas, cet �l�ment ne saurait � lui seul remettre en question le faisceau d'indices mis en exergue par les deux instances pr�c�dentes et l'appr�ciation qui en a �t� faite, d�s lors qu'il s'agit en l'esp�ce de d�terminer le domicile du recourant et que l'on ne sait au demeurant rien de la nature et de la fr�quence des relations qu'il entretient avec sa famille. En d�finitive, il appara�t que la motivation cantonale quant � l'�tablissement du dernier domicile du recourant ne pr�te pas le flanc � la critique et les griefs de violation des art. 20 al. 1 LDIP et 54 LP ainsi que de constatation manifestement arbitraire des faits soulev�s � cet �gard sont infond�s.
Le recourant reproche ensuite � l'autorit� cantonale d'avoir retenu � tort que les conditions pour le prononc� de sa faillite en application de l'art. 190 al. 1 LP �taient remplies.
5.1.�Aux termes de l'art. 190 al. 1 ch. 1 LP, le cr�ancier peut requ�rir la faillite sans poursuite pr�alable si le d�biteur n'a pas de r�sidence connue, s'il a pris la fuite dans l'intention de se soustraire � ses engagements, s'il a commis ou tent� de commettre des actes en fraude des droits de ses cr�anciers ou cel� ses biens dans le cours d'une poursuite par voie de saisie dirig�e contre lui.
5.2.�Le recourant soutient �tre actuellement domicili� � Duba� (Emirats Arabes Unis), Etat pour lequel il dispose d'un visa, de sorte que sa r�sidence serait connue et qu'il ne pourrait �tre consid�r� comme �tant en fuite. La question d'�ventuels actes en fraude des droits de ses cr�anciers n'aurait en outre jamais �t� tranch�e par une d�cision judiciaire et il aurait fourni aux liquidateurs de la faillite aux Pays-Bas une proposition d'assainissement en bonne et due forme ainsi que toutes les informations utiles quant � l'�tat de ses actifs et passifs. Les actions de la soci�t� C.________ SA n'avaient au demeurant pas �t� vendues � un prix inf�rieur � la valeur de la soci�t�. Enfin, aucune poursuite par voie de saisie n'�tait actuellement dirig�e contre lui.
5.3.�S'agissant en particulier de la condition des actes en fraude des droits de ses cr�anciers, l'autorit� cantonale a consid�r� que le recourant n'avait pas formul� le d�but d'une critique au sujet des �l�ments sur lesquels le premier juge s'�tait appuy� pour consid�rer que cette condition �tait remplie. Sur ce point, l'autorit� de premi�re instance s'est en particulier fond�e sur un jugement du 31 janvier 2014 rendu par les autorit�s n�erlandaises mentionnant que le recourant n'avait pas indiqu� l'emplacement de nombreuses et luxueuses voitures dont il �tait propri�taire, avait refus� de remettre � l'administration de la faillite un rapport en sa possession sur la reconstruction de son actif, qu'il disposait de cr�ances aupr�s de soci�t�s dont il �tait le seul administrateur et que ces soci�t�s avaient sold� certaines de ses dettes aupr�s de cr�anciers-gagistes et qu'il avait transmis ses participations dans plusieurs de ses soci�t�s � des fondations contr�l�es par son amie et lui. Le premier juge a �galement constat� que le recourant, alors qu'il �tait d�j� insolvable, avait fait donation de sa propri�t� d'une valeur de plus de 13 millions de francs � U.________ � ses enfants mineurs tout en en conservant l'usufruit et avait vendu les actions de C.________ SA pour leur valeur nominale de 1'000 fr. chacune, soit au prix total de 100'000 fr., � une fondation cr��e en faveur de ses enfants, alors que la soci�t� pr�cit�e �tait propri�taire de nombreux v�hicules de luxe d'une valeur exc�dant tr�s largement ce montant. Par son argumentation devant la Cour de c�ans, le recourant ne conteste pas, d'une part, le constat de l'autorit� cantonale selon lequel il n'aurait pas critiqu� les �l�ments qui viennent d'�tre rappel�s et se contente, d'autre part, d'exposer une fois encore sa propre appr�ciation des faits et des preuves produites qui ne concernent au demeurant que certains des nombreux �l�ments �num�r�s par le premier juge. Il s'ensuit que la d�cision cantonale doit �tre confirm�e en tant qu'elle constate que cette condition de l'art. 190 al. 1 ch. 1 LP est remplie.
Pour ce qui a trait � la condition de la fuite du d�biteur, le Tribunal cantonal a �galement relev� que le recourant ne critiquait pas valablement les �l�ments retenus par le premier juge. Il a en outre retenu que le seul fait que les avocats du recourant puissent pr�tendument l'atteindre � tout moment ne signifiait aucunement qu'il n'�tait pas en fuite et que sa r�sidence �tait connue du Tribunal, �tant pr�cis� qu'il s'�tait toujours abstenu de fournir une adresse exacte aux Pays-Bas o� il pr�tendait pourtant �tre domicili�. Dans son recours, le recourant ne s'en prend pas � cette motivation � laquelle il se contente d'opposer le fait qu'il serait d�sormais domicili� � Duba�. Or, la seule pi�ce susceptible d'appuyer cette th�se est, pour autant que probante, irrecevable (cf.�
supra�consid. 2.3), de sorte qu'on ne peut en tirer aucune conclusion. Il s'ensuit que le grief de violation de l'art. 190 al. 1 LP doit en d�finitive �tre �cart�.
6.1.�Le recourant reproche enfin � l'autorit� cantonale de ne pas avoir tenu compte du fait qu'il aurait d�j� �t� d�clar� en faillite aux Pays-Bas, ce qui constituerait un obstacle au prononc� de sa faillite en Suisse. Sans soulever de grief pr�cis, il semble ce faisant se plaindre d'une violation du principe de l'unit� de la faillite au sens de l'art. 55 LP. Plus particuli�rement, il soutient que l'ouverture de deux proc�dures de faillites � l'encontre d'un seul d�biteur comporterait le risque d'attenter aux droits des cr�anciers. A l'appui de son argumentation, il mentionne une r�f�rence doctrinale portant sur l'art. 55 LP et cite un ATF 111 III 38 tout en pr�cisant que cette jurisprudence serait "destin�e � �voluer".
6.2.�Le Tribunal cantonal a rappel�, � l'instar du premier juge, que le principe de l'unit� de la faillite au sens de l'art. 55 LP, ne valait que pour les faillites ouvertes en Suisse. Ainsi, sous r�serve des trait�s internationaux et de la reconnaissance de la faillite ouverte � l'�tranger par le juge suisse (art. 166 LDIP), le d�biteur qui a �t� d�clar� en faillite dans un autre pays conserve le pouvoir de disposer de ses biens en Suisse et peut y faire l'objet de poursuites ainsi que de la r�alisation forc�e de ses droits patrimoniaux localis�s en Suisse. En l'occurrence, elle a constat� qu'on ne pouvait se fonder sur aucun trait� international pour faire reconna�tre en Suisse les effets de la faillite prononc�e contre le recourant aux Pays-Bas et que celui-ci ne contestait pas non plus que la condition de la r�ciprocit� au sens de l'art. 166 al. 1 let. c LDIP n'�tait pas r�alis�e � l'�gard des Pays-Bas.
6.3.�Par son argumentation, le recourant se plaint uniquement de la violation du principe de l'unit� de la faillite, soutenant que deux faillites ne peuvent �tre ouvertes � l'�gard d'un m�me d�biteur. Sur ce point, l'autorit� cantonale a toutefois rappel� � juste titre que le principe de l'unit� de la faillite ne vaut que lorsque plusieurs proc�dures de faillites ont �t� introduites parall�lement en Suisse (cf. arr�t 5P.442/1995 du 28 novembre 1995 consid. 2b), ce qui n'est pr�cis�ment pas le cas en l'esp�ce. Le recourant ne s'en prend pas valablement � ce constat. Il n'attaque pas non plus la motivation cantonale en tant qu'elle soutient que l'une des conditions cumulatives de l'art. 166 al. 1 LDIP, � savoir la condition de la r�ciprocit� (let. c), ne serait pas remplie en l'esp�ce, ce qui emp�cherait la reconnaissance de la d�cision de faillite �trang�re et permettrait donc le prononc� de la faillite du recourant en Suisse. Il se contente de citer sur ce point un arr�t du Tribunal de c�ans qui n'apporte rien � son argumentation dans la mesure o� il y avait pr�cis�ment �t� retenu que "l'�volution jurisprudentielle et les projets de lois ne permettent qu'une application restreinte du principe d'universalit� de la faillite et ne peuvent faire pr�valoir ce principe contre le souci de souverainet� de la Suisse" et que la recourante ne pouvait dans le cas cit� faire reconna�tre en Suisse les effets de la faillite prononc�e contre elle � l'�tranger � d�faut de pouvoir se fonder sur un trait� international (cf. ATF 111 III 38 consid. 1). Il soutient certes que cette jurisprudence serait destin�e � �voluer sans toutefois d�velopper son argumentation, de sorte qu'on ne comprend ni pourquoi, ni dans quel sens, une �volution devrait selon lui intervenir. Il s'ensuit que le recourant ne s'en prend une fois encore pas valablement � l'argumentation de l'autorit� cantonale, de sorte que ses griefs doivent �tre �cart�s.
En d�finitive, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Compte tenu de l'issue de la proc�dure, les mesures provisionnelles requises en date du 26 janvier 2015 par l'intim�e et tendant � l'�tablissement d'un inventaire des biens du recourant au 24 f�vrier 2015 sont sans objet. Les frais judiciaires, comprenant ceux de la d�cision sur effet suspensif du 29 janvier 2015, sont mis � la charge du recourant en application de l'art. 66 al. 1 LTF. L'intim�e, qui a eu partiellement gain de cause quant � l'octroi de l'effet suspensif, a droit a une indemnit� de d�pens (art. 68 al. 1 LTF). L'effet suspensif ordonn� en instance f�d�rale se rapporte uniquement � la force ex�cutoire, de sorte que la date de l'ouverture de la faillite du recourant demeure celle qu'a fix�e l'autorit� pr�c�dente, soit le 26 novembre 2014 � 8h.00 (arr�ts 5A_899/2014 du 5 janvier 2015 consid. 5; 5A_117/2012 du 12 juillet 2012 consid. 4).
La requ�te de mesures provisionnelles de l'intim�e est sans objet.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, au Tribunal cantonal du canton du Valais, Autorit� de recours en mati�re de poursuite et faillite, � l'Office du registre foncier du IIe arrondissement, � l'Office des faillites de Sierre et au Registre du commerce du IIe arrondissement, Sion.

References: art. 54
 art. 162
 ATF 
 art. 72
 art. 95
 art. 106
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 20
 art. 20
 ATF 
 ATF