Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amsudant/st-kitts-nevis.htm
Timestamp: 2020-04-08 02:48:03+00:00

Document:
Population: 41 800 (est. juillet 2002)
Articles constitutionnels (langue): art. 5, 10 et 17 de la Constitution du 19 septembre 1983
Lois linguistiques: Loi sur les fiducies (1996); Loi sur les sociétés (1996); Loi sur la marine marchande (2002); Loi sur les banques (2004); Loi sur les assurances (2009).
Saint-Christophe-et-Niévès ou, en anglais, Saint Kitts and Nevis (d'où Saint-Kitts-et-Nevis) est une fédération : la fédération de Saint-Christophe-et-Niévès; en anglais auparavant: "Federation of Saint Christopher and Nevis"; aujourd'hui: "Federation of Saint Kitts and Nevis"). C'est un petit État (environ 269 km²: 168,4 km² pour Saint-Christophe et 65,1 km² pour Niévès) des Antilles situé dans la mer des Caraïbes.
Cet État est constitué de deux des Îles-du-Vent, Saint-Christophe (ou St Kitts) et Niévès (ou Nevis) séparées par un canal de 3,2 km (les Narrows). Les Îles-du-Vent forment un ensemble d'îles du sud-est des Antilles, compris entre Porto-Rico et la Grenade (voir la carte des Antilles). Les principales îles sont, du nord au sud, Porto Rico, les îles Vierges, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Christophe-et-Niévès, Antigua-et-Barbuda, la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, La Barbade et la Grenade. Ces îles sont exposées aux vents alizés du nord-est, d'où leur nom, par opposition aux Îles-sous-le-Vent (Aruba, Curaçao et Bonaire), au nord du Venezuela.
Basseterre est la capitale du pays et le port principal de Saint-Christophe, et Charlestown est la ville principale de Niévès. Selon la Constitution de 1983, le chef de l'État est le souverain britannique, qui est représenté à Saint-Christophe-et-Niévès par un gouverneur général. Le pays est membre du Commonwealth et membre des Nations unies.
Saint-Christophe-et-Niévès compte 14 divisions administratives appelées «paroisses» (parishes).
● Pour l'île Saint-Christophe: Saint Paul Basseterre, Saint Anne Sandy Point, Saint John Capesterre, Saint Thomas Middle Island, Christ Church Nichola Town, Trinity Palmetto Point, Saint Mary Cayon, Saint George Basseterre, Saint Peter Basseterre.
● Pour l'île Niévès: Saint James Windward, Saint Thomas Lowland, Saint Paul Charlestown, Saint John Figtree et Saint George Gingerland.
Les termes pour désigner les habitants de ces îles sont les suivants: les Kittitiens ou Saint-Kittois et les Néviciens. La population de Saint-Christophe-et-Niévès compte 41 800 habitants, dont 32 700 à Saint-Christophe (78 %) et 9100 à Niévès (22 %). Au point de vue ethnique, les Kitticiens et Néviciens sont principalement des descendants d'Africains de l'Ouest (environ 85 %) et d'Européens (2 % de Britanniques et de Portugais); les Mulâtres forment 11 % de la population. On compte aussi plusieurs immigrants libanais et indo-pakistanais.
Bien que l'anglais soit la langue officielle, tous les Kitticiens et les Néviciens noirs parlent comme langue maternelle un créole local à base d'anglais appelé créole kitticien (en anglais: Kittititian Creole English ou encore Kreyol). C'est un créole apparenté à celui de Monserrat et Antigua-et-Barbuda et facilement intelligible. Certains linguistes étudient la possibilité que le créole kitticien soit le berceau des créoles français et anglais dans les Caraïbe. Comme nous le verrons plus loin dans la partie historique, Saint-Christophe fut la première île des Caraïbes colonisées à la fois par les Français et les Anglais. Il se pourrait donc que Saint-Christophe soit la première île où se seraient formés les créoles des Caraïbes.
Les Britanniques des îles Saint-Christophe et Niévès parlent l'anglais, les Portugais le portugais (ceux qui le connaissent), les Libanais l'arabe libanais (s'ils le connaissent encore), les Indo-Pakistanais généralement l'ourdou. Les Kitticiens et Néviciens sont majoritairement de religion protestant dans une proportion de 76 % (avec 36 % d'anglicans et 32 % de méthodistes), 10 % de catholiques et 9 % de moraves.
Les premiers habitants des îles étaient des Amérindiens cibonay (Cigayos) présents dans la région il y a environ 2000 ans. Vers 300 ans avant notre ère, ils furent expulsés par les Arawaks arrivés du Venezuela. Ils furent décimés par un autre peuple amérindien, les Caraïbes (ou Kalina dont le nom signifie «guerrier»). Ces derniers, venus également du Venezuela comme les Arawaks, débarquèrent à Saint-Christophe vers le VIIIe siècle (qu'ils nommèrent Liamuiga ou jamaica : «la terre fertile» en raison du sol volcanique riche) et exterminèrent les Arawaks. Une fois installés, ils formèrent des groupes nomades qui colonisèrent toutes les Petites Antilles vers 1350 et vécurent de la culture du manioc, de la pêche et de la chasse.
3.1 Les Espagnols
Christophe Colomb fut le premier Européen à mentionner l'existence des deux îles, le 12 novembre 1493, lors de son second voyage au Nouveau Monde. Il baptisa les îles San Jorges (aujourd'hui: St Kitts) et San Martin (aujourd'hui: Nevis). Quoi qu'il en soit, les inexactitudes des premières cartes rendirent difficiles l'identification des îles, qui devinrent San Cristobal (San Jorges) et Santa Maria de las Nieves («Sainte Marie des Neiges»). Ces noms furent par la suite anglicisés pour devenir St Christopher (en souvenir de Christophe Colomb) et Nevis. Les Espagnols revendiquèrent ces îles comme faisant partie de leur empire en Amérique, mais ils ne colonisèrent jamais les deux îles, et ce, bien qu'ils aient découragé les autres Européens à peupler le secteur.
3.2 Une colonisation franco-britannique
À partir de 1623, défiant les prétentions espagnoles, les Français, les Anglais et les Hollandais colonisèrent la région. Cette année-là, Saint-Christophe devint le premier territoire britannique dans les Antilles quand Thomas Warner débarqua dans l'île. Il revint l'année suivante en amenant un groupe de colons avec lui. Warner reçut du roi Charles Ier la mission de coloniser les îles de Saint-Christophe, Niévès, La Barbade et Montserrat. L'île de Niévès fut administrée dès 1628 par les colons anglais de Saint-Christophe, Antigua et Montserrat en 1632.
En 1625, un corsaire français du nom de Pierre Belain, sieur d'Esnambuc (1585-1637), débarqua à Saint-Christophe avec son équipage, son bateau ayant été endommagé lors d'une escarmouche avec les Espagnols. Recueilli par les l'Anglais, les Français restèrent dans l'île pour cultiver leurs propres terres et faire le commerce du tabac. D'Esnambuc se rendit en France pour obtenir l'aval du pouvoir royal et put fonder, soutenu par Richelieu, la Compagnie de Saint-Christophe afin de coloniser l'île, faire du commerce et s’emparer des îles voisines encore inoccupées (ce qu'il fit avec la Guadeloupe et la Martinique). Mais la présence des Anglais et des Français finit par déplaire aux Caraïbes qui complotèrent pour chasser ceux qu'ils considéraient comme des intrus. Thomas Warner décida de prendre les devants et d'attaquer les Caraïbes; aidé par les Français, il les liquida presque tous et le peu qui échappèrent au massacre s'enfuirent de l'île. Le lieu du massacre fut par la suite appelé Bloody Point («Pointe-de-Sang»).
Les colonies anglaise et française étant fermement établies à Saint-Christophe, l'île fut divisée en deux, les Français conservant le contrôle de la partie nord (connue sous le nom de Capesterre) et la partie sud (connue sous le nom de Basseterre), tandis que la partie centrale resta sous le contrôle des Britanniques. Français et Anglais scellèrent leur accord par un traité de paix, le 13 mai 1627. La colonie franco-britannique fut baptisée Saint Christopher / Saint-Christophe. C'est depuis cette époque que l'île de Saint-Christophe conserve une toponymie anglaise et française.
Mais en 1629, les Espagnols vinrent expulser les «squatters» français et anglais sur de leur territoire. Les établissements français et anglais furent détruits et les colons effectivement expulsés des deux îles. Les quelque 400 Français se dispersèrent à Saint-Martin, Antigua, Saint-Barthélemy et Montserrat. Comme les Espagnols n'étaient pas en position pour occuper les îles les deux groupes de colons, tant anglais que français, se réinstallèrent bientôt. Le sieur d'Esnambuc décéda en 1636 et le chevalier Philippe de Lonvilliers de Poincy (1583-1660), lui succéda en tant que capitaine général. À partir de 1640, les Britanniques firent venir des esclaves noirs d'Afrique, ce qui donna naissance au créole kitticien. Les Noirs dépendant des Français formèrent eux aussi leur propre créole à base de français, mais celui-ci disparut avec la fin de la colonisation française dans l'île de Saint-Christophe. En 1651, l'Ordre de Malte acquit l'île de Saint-Christophe pour le compte de Lonvilliers de Poincy, commandeur de l'Ordre de Malte, mais la céda à la Compagnie des Indes occidentales en 1665. Entre-temps, la ville de Charlestown avait été fondée sur l'île de Niévès.
3.3 Une colonie britannique
Comme la France et la Grande-Bretagne étaient en guerre, les Français réussirent à expulser les Anglais de Saint-Christophe en 1664, avant d'en être chassés eux-mêmes en 1689; la population française fut déportée à la Martinique, à la Guadeloupe et à Saint Domingue (Haïti). En 1701, des actes législatifs britanniques furent adoptés pour empêcher que les papistes irlandais et français vinrent s'établir sur les îles. L'île de Saint-Christophe fut restituée à la France, mais peu d'anciens habitants y revirent. En 1706, les deux îles furent à nouveau envahies et occupées par les Français, qui détruisirent toutes les plantations de canne à sucre et capturèrent 3000 esclaves à Nevis. Lors du traité d'Utrecht de 1713, la France renonça définitivement à ses prétentions territoriales à Saint-Christophe, qui devint définitivement britannique. Mais les dégâts économiques infligés par les Français eurent un effet désastreux sur l'économie locale. Néanmoins, les Français envahirent encore les deux îles en 1782, qui furent rendues à la Grande-Bretagne en 1783 en vertu des dispositions du traité de Versailles. Le nom de la colonie française de Saint-Christophe disparut alors dans les annales de l'histoire, et il abrégé en anglais en St Kitts, nom qui est resté dans l'usage populaire depuis cette époque, bien que la dénomination officielle soit demeurée St Christopher (Saint-Christophe).
À partir de 1816, St Kitts, Nevis, Anguilla et les îles Vierges britanniques furent administrées comme une seule colonie anglaise. Les Îles-sous-le-Vent furent réunies comme une entité administrative en 1871 avec la Dominique. St Kitts-Nevis-Anguilla reçurent le statut de Presidency (Présidence) dans la Fédération des Îles-sous-le-Vent (Leeward Islands Federation) en 1882.
En 1956, Saint-Christophe et Niévès (St Kitts and Nevis) furent réunies au territoire d'Anguilla pour constituer une colonie autonome distincte, puis devinrent un membre autonome des États associés des Antilles occidentales en 1967. La même année, Anguilla fit sécession et fut placée sous l'autorité directe des Britanniques en 1971. Elle obtint un statut de territoire associé au Royaume-Uni en 1980.
Saint-Christophe-et-Niévès accédèrent conjointement à l'indépendance dans le cadre du Commonwealth, le 19 septembre 1983. Les îles formèrent la fédération de Saint-Christophe-et-Niévès (en anglais: Federation of Saint Christopher and Nevis). Le souverain de l'Angleterre est le chef de l'État et il est représenté par un gouverneur général.
Comme il est stipulé dans la Constitution fédérale, l'île de Niévès conserve une autonomie locale et une administration autonome. Niévès envisage depuis peu de se séparer de la Fédération qui la lie à Saint-Christophe, le Parlement de Niévès ayant adopté en octobre 1997 une résolution en faveur de l’indépendance. Le 10 août 1998, les habitants de Niévès se sont prononcés par référendum sur cette question. Selon la Constitution fédérale, un vote d'au moins 66,7 % (les deux tiers) est exigé pour la sécession de la Fédération. Or, le OUI l'a emporté dans une proportion de 61,7 % et, en conséquence, la sécession n'a pas eu lieu. Depuis, les discussions se poursuivent afin d'améliorer les relations des deux îles en fonction de la présente Constitution.
Dans la fédération de Saint-Christophe-et-Niévès, la politique linguistique apparaît très simple: c'est la non-intervention. De fait, l'anglais n'est même pas proclamé, juridiquement parlant (de jure), comme langue officielle. Il a acquis ce statut dans les faits (de facto) depuis la colonisation britannique.
4.1 L'anglais, la langue de l'État
Dans tout le pays, l'anglais demeure l'unique langue de l'État. C'est la seule langue des activités parlementaires, de la rédaction et de la promulgation des lois, des cours de justice, des services gouvernementaux et de l'éducation. Cependant, étant donné que la grande majorité des Kitticiens et Néviciens parlent le créole comme langue maternelle, des «adaptations» sont nécessaires.
Les services gouvernementaux sont tous offerts en anglais, mais le créole est largement utilisé dans les communications orales, tant par les fonctionnaires que par les citoyens, surtout dans les zones rurales. L'affichage public reste uniquement en anglais.
Au point de vue linguistique, la Constitution du 19 septembre 1983 ne traite que des arrestations, détentions et procès. L'article 5 précise que quiconque est arrêté ou détenu sera informé, dans une langue qu'il comprend, des raisons de son arrestation et de sa détention:
Protection du droit à la liberté individuelle
2) Dans un délai raisonnable et, dans tous les cas, au plus tard quarante-huit heures après son arrestation et sa détention, quiconque est arrêté ou détenu sera informé, dans une langue qu'il comprend, des raisons de son arrestation et de sa détention; des mesures raisonnables seront prises pour lui permettre de communiquer privément avec un avocat de son choix et, dans le cas d'une personne de moins de dix-huit ans, avec ses parents ou son tuteur.
Quant à l'article 10, il assure la protection de la loi pour que toute cause soit entendue équitablement par un tribunal indépendant et impartial dans un délai raisonnable. Il précise aussi que toute personne accusée d'un acte criminel doit être informée, dans une langue qu'elle comprend (c'est-à-dire le créole), de la nature de l'accusation qui pèse contre elle:
1) Lorsque quiconque est accusé d'un délit, à moins que l'accusation ne soit retirée, l'affaire sera reportée à une audition juste dans un temps raisonnable par un tribunal indépendant et impartial, établi conformément par la loi.
a) sera présumé innocent jusqu'à ce qu'à preuve du contraire ou s'il a plaidé coupable;
b) sera informé, dès qu'il est raisonnablement possible de le faire, dans une langue qu'il comprend et en détail, de la nature de l'acte dont il est accusé;
f) aura la permission de recevoir gratuitement l'aide d'un interprète, s'il ne comprend pas la langue utilisée à son procès.
Les procès se déroulent en anglais, mais la Constitution prévoit que, lorsqu'une partie à une procédure judiciaire ne comprend ni ne parle l'anglais, l'accusé est informé dans une langue qu'il comprend (c'est-à-dire le créole!), pour autant que cela soit raisonnablement possible, de la teneur de l'inculpation, et reçoit gratuitement l'assistance d'un interprète. Il n'est pas prévu de dispositions analogues pour les procédures civiles, ce qui n'exclut pas la possibilité qu'une assistance similaire puisse être fournie.
Le système d'éducation est régi par l'Education Act de 2005. Il existe des écoles maternelles («pre-schools education») où l'enseignement est dispensée en anglais. La Loi sur l'éducation prévoit une instruction gratuite et obligatoire au primaire et au secondaire. Près de 70 % des enfants complètent leur primaire et on accès au secondaire. La seule langue d'enseignement est l'anglais.
Les programmes scolaires sont décidés par le ministère de l'Éducation de la Fédération, sauf à Niévès. Les conseils scolaires gèrent les écoles et les programmes. En principe, tous essaient de se rapprocher des exigences du Caribbean Examinations Council (auquel participent les gouvernements des Anguilla, Antigua et Barbuda, Barbade, Belize, les îles Vierges britanniques, les îles Cayman, la Dominique, la Grenade, Guyana, la Jamaïque, Montserrat, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, Trinidad et Tobago, les îles Turks et Caicos).
Enfin, les études universitaires se font exclusivement en anglais. Les cours se donnent essentiellement par la University of the West Indies (l'Université des Antilles) fondée en 1948. Il s'agit d'un établissement autonome régional soutenu par 15 États: outre Saint-Christophe-et-Niévès, mentionnons Sainte-Lucie, Anguilla, Antigua et Barbuda, les Bahamas, la Barbade, le Belize, les îles Vierges britanniques, les îles Caïman, la Dominique, la Grenade, la Jamaïque, Montserrat, Saint-Vincent et les Grenadines, le Trinidad et Tobago. La University of the West Indies compte trois campus principaux: soit Mona en Jamaïque, Cave Hill à la Barbade et St. Augustine à Trinidad. On comprendra que, dans ces conditions, règne l'unilinguisme anglais dans les établissements universitaires.
4.3 La langue des affaires
On ne compte que fort peu de lois faisant allusion à la langue anglaise dans le domaine des affaires. Citons, entre autres, la Loi sur les fiducies (1996); Loi sur les sociétés (1996); Loi sur la marine marchande (2002); Loi sur les banques (2004); Loi sur les assurances (2009).
L'article 5 de la Loi sur les fiducies (1996) prescrit l'emploi de l'anglais dans les attestation de fiducies pour être enregistrées:
Attestation d'existence d'une fiducie
1) Tous les fiduciaires d'une fiducie, et toute personne agissant en leur nom, peuvent remettre au registraire sur attestation et sur paiement des frais d'inscription exigés une demande d'enregistrement de l'attestation en vertu de la présente loi.
2) Toute attestation remise au registraire en vertu du paragraphe 1 doit être rédigée en anglais, être imprimée et indiquer:
(a) le nom par lequel la fiducie doit être attribuée;
(b) si la fiducie est une fiducie caritative ou une fiducie d'investissement;
L'article 6 de la Loi sur les sociétés (1996) exige que les documents des compagnies ou sociétés doivent rédiger leurs statuts en anglais ou, s'ils sont dans une autre langue, les administrateurs doivent y annexer une traduction de celui-ci en anglais, certifiée comme étant une traduction exacte (art. 106):
1) Si les normes standards n'ont pas été prescrites en vertu du paragraphe 7, elles doivent être remises au registraire avec le protocole, en précisant les articles des règlements pour la conduite de la société et, si les normes standards ont été prescrites, les statuts peuvent être déposés.
2) Les statuts doivent être rédigés en anglais et :
(a) imprimés;
(b) être divisés en paragraphes numérotés consécutivement; et
(c) être signés par ou au nom de chaque souscripteur du protocole en présence d'au moins un témoin qui atteste de la signature et insère son nom et son adresse.
Remise des comptes au registraire
4) Les documents visés aux paragraphes 1 et 2 doit être remis au registraire dans les dix mois après la fin de l'exercice financier auquel ils se rapportent et, si le document ainsi remis est présenté dans une autre langue que l'anglais, les administrateurs doivent y annexer une traduction de celui-ci en anglais, certifiée comme étant une traduction exacte.
Quant à la Loi sur la marine marchande (2002), l'article 112 oblige que les membres de l'équipage aient une maîtrise suffisante de l'anglais pour comprendre les ordres qui leur sont donnés, sinon le navire ne peut aller en mer et il peut être retenu par les autorités:
Maîtrise de l'anglais pour l'équipage
1) Lorsque, de l'avis d'un agent spécial de l'équipage auquel s'applique le présent article, un navire est composé de personnes qui peuvent ne pas comprendre les ordres qui leur est donné dans l'exercice de leurs fonctions en raison de leur connaissance insuffisante de l'anglais et de l'absence de dispositions adéquates pour la transmission des ordres dans une langue dont ils ont une connaissance suffisante:
(a) si l'agent spécial a informé le maître de cet avis, le navire ne doit pas aller en mer; et
(b) si le navire se trouve à Saint-Christophe et Nevis, il peut être retenu.
De plus, l'article 150 de la même loi autorise que les informations se rapportant aux dangers de la navigation puissent être envoyés par des messages radio et être acheminés dans l'une des langues de travail de l'Union internationale des télécommunications:
Normes pour informer des dangers de la navigation
3) Les renseignements visés aux paragraphes 1 et 2 sont :
(a) sont envoyés à l'autorité du maître du navire en anglais ou au moyen du Code international de signaux; s'ils sont transmis par des messages radio, ils peuvent être acheminés dans l'une des langues de travail de l'Union internationale des télécommunications et, dans le cas de difficultés d'ordre linguistique, les phrases normalisées de l'OMI peuvent être utilisées;
Or, l'Union internationale des télécommunications a pour langues officielles et langue de travail l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe. Ce classement des langues n’est pas dû au hasard, ce sont aussi les langues officielles de l'ONU. Quant à l'article 219 de la Loi sur les assurances (2009), il mentionne que le registraire de la Grenade peut exiger de quiconque lui transmet une déclaration, un certificat d'enregistrement ou tout autre document «dans une autre langue que l'anglais» de lui fournir une traduction dudit document en anglais à ses frais. Finalement, l'article 5 de la Loi sur les banques (2004) ne permet pas, sauf avec l'approbation du Ministre, d'utiliser les mots "bank" («banque»), "financial institution" («institution financière»), "savings" («épargne») et "loan" («prêt») ou leurs dérivés, que ce soit en anglais ou dans une autre langue. Ces quelques textes témoignent néanmoins de l'importance de la langue anglaise dans les affaires commerciales du pays.
Tous les médias écrits (The Democrat, The Observer, The Leeward Times et le bi-hebdomadaire Labour Spokesman, etc.) paraissent en anglais. La radio (Radio Paradise, Voice of Nevis, Choice, VON Radio, Goodwill Radio, ZIZ, etc.) et la télévision (ZIZ Television) diffusent surtout en anglais, mais également en créole kitticien. Par ailleurs, les raisons sociales des compagnies ainsi que tout l'affichage commercial ne sont qu'en anglais. Visuellement, les îles de Saint-Christophe et Niévès sont un pays de langue anglaise.
La politique linguistique de la fédération de Saint-Christophe-et-Niévès paraît très simple. C'est une politique de non-intervention qui consiste à perpétuer les pratiques en vigueur lors du colonialisme britannique. Les affaires publiques se déroulent en anglais, mais le peuple continue de parler son créole. Diverses tentatives sont en cours afin de promouvoir l'usage du créole au Parlement, dans l'enseignement et dans les médias. Pour le moment, les réalisations tardent encore, bine que les locuteurs du créole kitticien constituent la majorité linguistique dans le pays. S'il y tiennent vraiment, ils peuvent faire ce qu'ils veulent à la condition de bousculer les forces favorables à l'anglais. À court terme, comme ailleurs dans les Antilles, on ne voit pas comment Saint-Christophe-et-Niévès pourrait changer de politique, laquelle joue sur un certain bilinguisme anglo-créole.
Dernière révision en date du 25 nov. 2016
MATTHEW, James «R. Education for all in the Carabbean» dans The EFA Assessment 2000 St. Kitts and Nevis, septembre 1999. .
U.S. DEPARTMENT OF STATE, St. Kitts and Nevis Country Report on Human Rights Practices for 1997, Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor, janvier 1998.

References: art. 5
 L'article 5
 l'article 10

L'article 5

L'article 6
 l'article 112
 l'article 150
 l'article 219
 l'article 5