Source: http://echo-fabrique.ens-lyon.fr/document.php?id=203
Timestamp: 2019-06-17 02:41:28+00:00

Document:
[1.1]Les personnes dont l'abonnement est expiré depuis le 1er décembre, sont invitées à venir le renouveler pour ne point éprouver de retard dans l'envoi du Journal.
Nous prévenons nos Abonnés, ainsi que toutes les personnes qui auraient quelques indications à nous donner, que le Bureau du Journal de l'Echo de la Fabrique sera, à dater du mardi 29 novembre, sur la place de la Boucherie des Terreaux à l'angle de la rue Lanterne n°7, au 2e étage.
UN MOT SUR M. DU MOLART, PRÉFET DU RHONE1.
Nous n'avons jamais blâmé l'autorité, nous ne l'avons point flattée ; ce n'est pas là notre affaire. Nous laissons aux feuilles politiques le soin de fouiller dans les actes da l'administration, ce qui a trait aux catégories de résistance ou de mouvement, d'extrême ou de juste-milieu2; notre mission est tout industrielle ; et, si nous avons montré les opinions politiques que nous professons, c'est [3.2]moins pour plaire à cette administration que pour apprendre aux partisans de la dynastie déchue, qui certes ne sont ni nombreux, ni influens dans notre ville, que nous aurions été les premiers à prendre les armes pour défendre la dynastie de juillet. Mais nous ne pouvons passer sous silence les calomnies dirigées par quelques négocians contre le premier magistrat du département, calomnies d'autant plus atroces, qu'on l’a montré comme favorisant des projets factieux ! Pourrait-on accuser M. Du Molart d'être l'ennemi du gouvernement établi ?3 Homme vertueux, sorti de sa retraite pour administrer notre département, n'ayant porté qu’une seule cocarde, celle qui brille aujourd'hui à nos chapeaux ; pourquoi chercherait-on à jeter du blâme sur sa conduite ? Serait-ce parce M. le préfet avait osé soulever le voile de l'égoïsme ? serait-ce parce que son ame généreuse avait résolu de fermer les plaies de la misère ? serait-ce parce que ses actions s'accordent avec son ame ? serait-ce enfin parce que, nommé par le Roi-citoyen, il avait compris sa mission, et mérité, par sa popularité, le titre qui devrait être envié par tous les magistrats, de père des ouvriers ? M. le préfet Du Molart est en paix avec sa conscience, et si, par une conduite toute généreuse, il a encouru la disgrâce de quelques hommes, il en est dédommagé par l'amour et la reconnaissance d'une immense population.
Copie de la lettre écrite à MM. Damour, Dianot, Martinon, Chabrier, Bret, Leclerc, Cantat, Richard, Michallet et Buisson, ayant rempli les fonctions d'officiers de l’état-major de la ville de Lyon et ses faubourgs, du 23 au 29 novembre 1831.
Lyon, le 31 novembre 1831.
J'ai reçu hier au soir, au retour de ma visite à S. A. R. le duc d'Orléans, la lettre que vous m'avez fait l’honneur de m'écrire pour m'informer que vous cessez de faire le service de l'état-major de la ville de Lyon et ses faubourgs, service qui vous avait été confié le 23 de ce mois, au matin.
Je me plais à reconnaître, Messieurs, que dans l'exercice des fonctions dont vous avez été revêtus, vous avez exécuté avec un zèle et une activité dignes d'éloges, les ordres et les instructions que je vous ai donnés ; que votre concours a puissamment contribué à prévenir l'effet des manœuvres criminelles employées pour provoquer à l'anarchie, et qu'en un mot vous vous êtes conduits comme des citoyens attachés au gouvernement du Roi et aux institutions consacrées par la Charte de 1830.
Ce que je vous exprime ici, Messieurs, j'en rendrai témoignage au fils aîné du Roi des Français, en mettant ce soir votre lettre sous ses yeux.
Signé Du Molart.
A MM. Buisson, Martinon, Chabrier, Leclerc, Richard, Brest, Damour, Michallet, Cantat et Dianot, à Lyon.
J'ai regretté que mes occupations multipliées ne m'aient pas laissé le loisir de vous prévenir de la mesure prise, de concert avec M. le préfet, de la rentrée en fonctions de M. Vernère1, en qualité de chef d'état-major de la garde nationale. Cette mesure, que vous avez vous-même sollicitée, a amené votre retraite, et je saisis cette occasion pour vous témoigner toute ma satisfaction pour vos services et votre zèle dans les journées qui viennent de s'écouler. Appelés à l'état-major pour le rétablissement de l'ordre et de la surveillance générale de la ville, vous avez rempli ces fonctions comme de bons citoyens. Je me plais à vous en donner le témoignage par cette lettre.
Le Maire de Lyon, Boisset.
La lettre suivante a été adressée par M. Du Molart, préfet du Rhône, au rédacteur du Journal des Débats :
Lyon, le 30 novembre 1831.
Dans les déplorables événemens qui viennent de se passer à Lyon, ma position a été si extraordinaire, qu'il n'est pas étonnant qu'elle ne soit pas comprise à Paris. Il est, en effet, sans exemple que l'autorité méconnue pendant le combat, et n'étant plus représentée que par un seul homme, s'empare d'une multitude enivrée de sa victoire, et s'en serve pour arrêter le désordre, réprimer les audacieuses tentatives de l'anarchie, et rétablir la tranquillité publique.
En restant à mon poste, après la retraite des troupes, je ne me dissimulais pas les dangers de cette résolution ; mais quand le devoir parle si haut, l'intérêt personnel doit se taire, et j'avais fait le sacrifice de ma vie, pour essayer de sauver la ville du sac dont elle était véhémentement menacée, et y maintenir l'autorité royale. J'ai réussi ; c'en est assez pour moi, et quel que puisse être le jugement des hommes sur ma conduite dans cette épouvantable circonstance, ma conscience ne me laissera pas sans force et sans consolations.
Les faits publiés par vous sont inexacts, aussi bien que ceux dont [5.1]M. le président du conseil a donné communication à la chambre des députés, d'après une dépêche non-officielle du 23. Une enquête peut, seule, les dégager des exagérations de la peur, et des insinuations de la mauvaise foi. Je la demande avec instance, parce que j'ai le plus grand intérêt à ce que la vérité soit connue. Jusque-là j'ajourne de plus amples explications, qui ne lui laisseront rien à désirer.
Je ne dirai plus qu'un mot : j'ai annoncé, il est vrai, le 19 novembre, à M. le président du conseil, que les émeutes n'étaient plus et n'avaient jamais été à craindre. On a vu que M. le lieutenant-général comte Roguet tenait le même langage. Le 20 au soir, en réponse à la réquisition que je lui adressais pour assurer le maintien de l'ordre, il m'écrivait encore : « Vous pouvez être sans inquiétude. »
Il était impossible de prévoir qu'aucune des dispositions prescrites par moi ne serait exécutée ou ne le serait que tardivement, et que d'un rassemblement d'abord inoffensif et sans armes, une malheureuse complication de fautes et de mal-entendus feraient une insurrection violente et considérable.
Art. 1er. Notre bien-aimé fils le duc d'Orléans, et le maréchal duc de Dalmatie, notre ministre de la guerre, se rendront immédiatement à Lyon.
Le maréchal duc de Dalmatie est autorisé à donner tous les ordres que commanderont les circonstances.
Pendant l'absence de notredit ministre de la guerre, l'intérim du ministère de la guerre sera rempli par le lieutenant-général comte Sébastiani, notre ministre des affaires étrangères.
Art. 2. Notre président du conseil, ministre secrétaire-d'état de l'intérieur, et notre ministre secrétaire-d'état de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la présente ordonnance.
Donné au palais des Tuileries, le 24 novembre 1831.
Adresse de la Chambre des Députés au Roi.
(26 novembre 1831.)
Nous avons entendu avec une profonde douleur la communication franche et complète que nous ont apportée les ministres de Votre Majesté, sur les troubles qui ont éclaté dans la ville de Lyon. Nous applaudissons au patriotique élan qui a porté le Prince votre fils à se précipiter au milieu des Français, dont le sang coule, pour en arrêter l'effusion. Nous nous empressons d'exprimer à Votre Majesté le vœu unanime des députés de la France, pour que son gouvernement oppose à ces déplorables excès toute la puissance des lois. La sûreté des personnes a été violemment attaquée ; la propriété a été méconnue dans son principe ; la liberté de l'industrie menacée de destruction ; la voix des magistrats n'a point été écoutée. Il faut que ce désordre cesse promptement, il faut que de tels attentats soient énergiquement réprimés. La France entière est blessée par cette atteinte portée aux droits de tous dans la personne de quelques-uns de ses concitoyens : elle leur doit une éclatante protection.
Les mesures déjà prises par le gouvernement de Votre Majesté, nous donnent la confiance que le retour de l’ordre ne se fera pas long-temps attendre. La ferme union des gardes nationales et des troupes de ligne rassure tous les bons citoyens. Votre Majesté peut compter sur l'harmonie des pouvoirs. Nous sommes heureux, Sire, de vous offrir, au nom de la France, le concours de ses députés pour rétablir la paix partout où elle serait troublée, étouffer tous les germes d'anarchie, affermir les principes sacrés sur lesquels repose l'existence même de la société, maintenir l'œuvre glorieuse de la révolution de juillet, et assurer partout force à justice et respect à la loi.
Réponse du Roi à l'adresse de la Chambre des Députés.
Les troubles qui ont éclaté dans la ville de Lyon m'ont profondément affligé ; mais rien n'est plus propre à en adoucir l'amertume que les sentimens que la chambre des députés vient de me manifester par votre organe. Le maintien de l'ordre légal est un de mes premiers devoirs, et je vois avec une vive satisfaction que le vœu unanime des députés de la France s'associe au mien, pour que [6.2]toute la puissance des lois soit opposée à ces déplorables excès. L'harmonie des divers pouvoirs de l'Etat, sur laquelle je compte comme vous, est le moyen le plus efficace d'assurer leur empire, et de donner à mon gouvernement la force nécessaire pour réprimer de pareils attentats avec toute l’énergie que la France a droit d'en attendre. La bravoure héroïque des troupes de ligne et de cette partie de la garde nationale de Lyon, qui a combattu avec, elle mérite la reconnaissance de la patrie, et j'aime à leur en donner un éclatant témoignage.
Je vous remercie d'apprécier, comme vous le faites, le dévouement de mon fils. Mon vœu le plus cher est qu'il obtienne le résultat que j'en espère avec confiance, et qu'il puisse contribuer à faire rentrer dans l'ordre une population égarée, à rétablir l'autorité des lois, et à arrêter cette effusion du sang français dont mon cœur est si douloureusement affecté.
Mercredi dernier, les chefs de sections, impatiens de voir S. A. R. Mgr. le duc d'Orléans faire son entrée en ville, chargèrent une députation, choisie dans leur sein, de manifester au Prince les vœux unanimes des chefs d'ateliers et ouvriers en soie, que sa présence au milieu d'eux ne fût point retardée. Les députés, arrivés au château de la Barollière, furent introduits par M. le maréchal, duc de Dalmatie, auprès de son S. A. Royale qui les reçut avec la bienveillance qui caractérise le jeune Prince appelé à régner un jour sur nous. Mgr. le duc d'Orléans, en les assurant de sa protection, leur témoigna sa satisfaction pour leur dévoûment au maintien de l'ordre et de la tranquillité publique, et les chargea de vouloir bien faire part à ceux dont ils étaient les représentans, de ses intentions toutes pacifiques.
M. le préfet assistait à cette entrevue.
La proclamation suivante a été affichée dans la journée du 1er décembre :
C'est le cœur navré de douleur que je me vois appelé à reprendre la direction de l'administration municipale. Que d'événemens funestes, que de maux inouis ont fondu sur nous ! la seconde ville du royaume, la capitale du Midi, Lyon, que toute la France se plaisait à nommer la Cité-Modèle, a été le théâtre des désordres les plus effrayans !!!
Je cherche à me persuader qu'aucune main lyonnaise n'a trempé dans les crimes que signale la rumeur publique ; mais la loi n'a-t-elle pas été méconnue ? Ses organes n'ont-ils pas été violemment attaqués ? La population entière a-t-elle fait ce qu’elle devait pour prévenir de pareils attentats ?
J'éprouve néanmoins quelque soulagement en apprenant que l'amour de l'ordre a remplacé aussitôt la violation des lois. Lyonnais ! vos pères sont morts en combattant l'anarchie ; vous vous étiez toujours montrés dignes d'eux ! Qui vous a fait oublier tant de traditions honorables ? De perfides conseils ont seuls pu égarer un grand nombre d'entre vous ; mais votre probité si connue a suffi pour fermer l'abîme qu'ils avaient ouvert sous vos pas.
Ouvriers en soie ! le bénéfice de toute fabrique est essentiellement lié au maintien de l’ordre public. La paix allait augmenter la masse du travail, et vos salaires se fussent accrus au-delà même de nos espérances. Le trouble, qui a été jeté dans notre ville, a tout compromis ; il arrête les demandes ; il éloigne les acheteurs ; il sert, de cette façon, et à votre insu, la rivalité des fabriques étrangères.
Ouvriers de toutes les professions ! vous tous êtes également intéressés à la prospérité de nos manufactures de soieries : car ce sont elles qui donnent de la valeur à notre sol, à nos habitations, à tous les produits du travail. Laborieux, économes, intelligens, tels que vous l'êtes, comment n'avez-vous pas senti la nécessité de maintenir l'édifice sacré des lois ?
[7.1]Honoré jusqu'ici de votre confiance, ma voix cesserait-elle aujourd’hui d'être entendue de vous ! Ouvriers de toutes les classes ! hâtez-vous, je vous conjure, de revenir à vos travaux habituels. Déjà vous avez commencé à remettre des armes que la loi ne vous avait point confiées ; que cette remise se continue sans relâche, et vous aurez fait un grand acte de patriotisme, en ôtant tout prétexte aux divisions intestines.
Plusieurs d'entre vous se sont réunis près de moi, et nous allons porter à l’héritier du trône des paroles de regrets et de repentir. J'espère que ces paroles seront favorablement écoutées d'un prince dont vous connaissez toute la bonté. Vos magistrats ne négligeront rien pour qu'une grande part soit faite et à votre détresse et aux passions qu'elle a déchaînées ; la loi réservera ses rigueurs pour des crimes faits pour une autre époque, et pour d'autres contrées.
Que les citoyens paisibles se rassurent ! Nos larmes couleront long-temps, mais nos malheurs ont atteint leur terme ; la tristesse générale exprime suffisamment nos regrets, et nous pouvons penser que toute récidive est impossible désormais.
Fait à Lyon, le 1er décembre 1831.
A tous présens et à venir, salut :
Vu l'article 5 de la loi du 22 mars 1831 ;
Vu la demande de notre ministre secrétaire-d'Etat de la guerre, agissant en vertu des pouvoirs que nous lui avons conférés par notre ordonnance du 24 de ce mois ;
Sur le rapport de notre président du conseil, ministre secrétaire d'Etat de l'intérieur,
Art. 1er. La garde nationale de la ville de Lyon, département du Rhône, est dissoute.
Art. 2. Notre président du conseil, ministre de l'intérieur, est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.
Au palais des Tuileries, le 28 novembre 1831.
Vu la lettre de M. le préfet du Rhône en date de ce jour et les instructions qu'elle renferme,
Art. 1er. L'ordonnance royale prononçant la dissolution de la garde nationale de Lyon, ainsi que l'instruction de M. le maréchal ministre de la guerre, seront publiées et affichées sur-le-champ aux lieux accoutumés.
Art. 2. MM. les gardes nationaux de service garderont leurs postes jusqu'à ce qu'ils soient relevés par la troupe de ligne ; les détachemens relevés se rendront immédiatement sur leurs places d'armes respectives où ils se dissoudront.
Fait à l'Hôtel-de-Ville, le 2 décembre 1831.
Le Maire de Lyon, membre de la chambre des députés,
Pièce authentique qui nous a été communiquée pour justifier une classe malheureuse, mais dont l'honneur et la probité sont, dans toutes les circonstances, à l'abri des traits de la calomnie.
Nous soussignés négocians et propriétaires de la maison Nivière et environs, nous empressons d'attester sur l'honneur, que MM. Martinon, cap. ; Gagnière, lieut. Brossard ; lieut. et Glénard sous-lieut, ont pris le poste de la recette générale, le 23 novembre à huit heures et demie du matin, et que ce n'est qu'à leur courage, leur présence d'esprit, le zèle et le dévouement de tout le poste qui était de 30 hommes, qu'ils sont parvenus à sauver de la dévastation, la caisse et les bureaux du receveur général, nos marchandises, argent, papiers et mobiliers.
La conduite et les opinions de tout ce poste étaient celles de vrais français, et nous nous faisons un devoir de leur vouer une reconnaissance éternelle.
Lyon, ce 24 novembre 1831.
Saint-Rué Dessagets, B. Vetter aîné, Auguste Vetter, Gilbert, Goubayon, Charles Berna,Charles Cambefort, Louis Pons, Niel, officier en retraite, employé à la recette générale ; Laugier, gérant de la recette générale, et Guélas.
Nous devons ajouter que MM. Drivon frères et Maurice , ouvriers en soie, étaient occupés à placer des sentinelles à toutes les portes des allées de la place Tholozan, pour faire respecter les magasins et les propriétés, lorsqu'ils furent assaillis par une foule d'individus étrangers à la fabrique, qui voulaient se porter à la recette du receveur-général du département ; qu'ils avaient déconcerté les malveillans en leur adressant ces mots : Vous nous passerez sur le ventre avant que nous vous laissions [8.2]entrer ; que peu à près, renforcés par la compagnie d'ouvriers sous les ordres de MM. Martinon, Gagnière, Brossard et Glénard, ils parvinrent ensemble, non sans peine, à rester maîtres de ce poste important.
Au prompt retour de l'ordre et de la tranquillité est venue se joindre une nouvelle activité dans les affaires commerciales. Les personnes qui avaient hésité un instant de rouvrir leurs magasins, entièrement rassurées d'abord par la nouvelle des commandes faites à notre ville par S. M., ensuite par l'arrivée dans nos murs de S. A. R., qui doit pour toujours fermer nos blessures, ont repris, comme auparavant, le cours de leurs opérations. De toute part la confiance se rétablit, et tout fait présager une saison moins rigoureuse qu’on ne l'avait craint jusqu'alors.
Une souscription est ouverte au bureau de l'Echo de la Fabrique en faveur des blessés, des veuves et des orphelins des trois journées de novembre. Nous en appelons à toutes les ames généreuses, à ces cœurs philantropes qui ont secouru l'infortune jusques sur des rives étrangères et dont l'humanité ne manquera pas de venir au secours de leurs concitoyens malheureux.
Première liste de Souscripteurs.
MM. Vautrin frères, menuisiers, place des Pénitens-de-la-Croix, 5. fr. ; Payot, aubergiste, cours d'Herbouville, 3 fr. ; Lortet, propriétaire, montée St-Barthélemy, 10 fr. ; un Lyonnais pauvre et obscur, compatissant et charitable, 5 fr. ; une quête faite à domicile par les sieurs Journau et Sellier dans le quartier des Chartreux , a produit 45 fr., qui ont été remis à la section de cet arrondissement ; une, faite à la porte de l'église de St-Polycarpe, par M. Berger et Mme Jacob, a produit 100 fr. 30 cent. M. le curé des Chartreux a versé 65 fr. 75 c., provenant d'une quête faite dans sa paroisse.
La caisse municipale a déjà donné la somme de 63,200 francs aux chefs de sections pour être distribuée par eux aux ouvriers les plus nécessiteux. Des visites domiciliaires ont été faites, et nous pouvons assurer que rien n'a été négligé pour connaître les vrais besoins des malheureux ouvriers.
En vente, au premier jour, chez Auguste Baron, libraire, rue Clermont, n° 5,
TROIS JOURS DE GUERRE CIVILE A LYON,
Relation des événemens qui se sont passés pendant les 21, 22 et 23 novembre 1831
On demande de suite vingt métiers de peluches pour chapeaux, payées 3 fr. l'aune ; on garantit de maintenir l'ouvrage pour 6 mois. S'adresser au Bureau du Journal.
— Un homme de trente ans, connaissant parfaitement la fabrique d'étoffes de soie, sachant lire et écrire, désire se placer comme contremaître dans une fabrique d'étoffes de soie, ou comme garçon de peine dans une maison de commerce. Il donnera des renseignemens satisfaisans. S'adresser au Bureau du Journal.
Notes (UN MOT SUR M. DU MOLART, PRÉFET DU RHONE.)
2 Sous la Restauration le « juste milieu » ralliait les partisans du libéralisme et de la Monarchie Constitutionnelle, opposés aux « Ultras », légitimistes d’opinions extrêmes. Après 1830, Le « juste milieu » désigne également la politique modérée et bourgeoise suivie dès le ministère Casimir Périer.
Au début de la Monarchie de Juillet on pouvait distinguer le parti du « mouvement » et celui de la « résistance ». Le « mouvement » avait été au pouvoir jusqu’au mois de mars 1831 avec le ministère Lafitte. Ses partisans estimaient que la Charte d’août 1830 n’était qu’une étape vers un régime plus démocratique et ils étaient favorables à toutes mesures permettant l’extension du droit de vote. Sur le plan extérieur ils étaient favorables à un politique d’aide en faveur des nationalités cherchant alors à se dégager des tutelles étrangères.
Le parti de la « résistance » estimait en revanche que l’essentiel avait été accompli avec la Charte de 1830. En décembre 1831 il était alors au pouvoir avec le ministère Casimir Périer et le demeurera plus solidement encore avec le ministère Soult (1832-1834).
3 Le 6 décembre Bouvier-Dumolart sera rappelé à Paris par Casimir Périer pour rendre compte de sa conduite pendant l’insurrection. Il publiera à Paris en 1832 un Compte-rendu des évènements qui ont eu lieu à Lyon au mois de novembre 1831 peu après réédité à Lyon sous le titre, Relation de M. Bouvier du Molart, ex-préfet du Rhône, sur les évènements de Lyon, Lyon, Bureau du Journal du Commerce.
Notes (A MM. Buisson , Martinon , Chabrier ,...)
1 Il s’agit probablement de Jean François Xavier Vernère, chef de bataillon et officier de la légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis, domicilié à Albigny (Rhône, canton de Neuville).

References: Art. 1

Art. 2
 l'article 5

Art. 1

Art. 2

Art. 1

Art. 2