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Timestamp: 2019-12-11 08:03:00+00:00

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Le Rédempteur de l’homme 4/6 – Pascal Ide
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Le Rédempteur de l’homme 4/6
Analyse détaillée de l’encyclique
Rappelons qu’il ne s’agit en aucun cas de livrer le détail du contenu de chaque numéro et encore moins de le commenter : ce serait contrevenir à l’objectif qui est justement d’offrir un aide-lecture de volume inférieur au texte même ! Nous donnerons seulement les articulations et les conclusions principales de chaque numéro.
A) Chapitre 1 : « Héritage »
1) N. 1 : « Au terme du deuxième millénaire »
a) Énoncé du principe (première phrase)
La première phrase dit deux choses :
– « Jésus-Christ est le Rédempteur de l’homme » : ce principe éclaire toute l’encyclique et même toute l’œuvre de Jean-Paul II.
– « Jésus-Christ est centre du cosmos (l’espace) et de l’histoire (le temps) » : ce principe éclaire tout le numéro.
b) Application de ce principe : deux conséquences
1’) Première conséquence (tout le reste du 1er §)
L’Église et la famille humaine vivent une heure solennelle. En effet, nous nous approchons de l’an 2000 ; et celui-ci, quoi qu’il se passe par ailleurs et quel que soit le détail des datations, est le deux millième anniversaire de l’Incarnation. Or, l’un des principes énoncés ci-dessus vient de le dire : le Christ est centre de l’histoire et donc tout ce qui touche au Christ a une importance exceptionnelle.
2’) Seconde conséquence (début du 2e §)
La venue du Christ dans l’Incarnation et surtout le temps qui précède la Nativité sont un Avent. Donc l’Église et la famille humaine sont aujourd’hui appelées à vivre un Avent.
c) Fondement du principe (2e § : « Dans l’acte même… » jusqu’à la fin)
Jean-Paul II précise les raisons de l’importance du principe posé au début, c’est-à-dire de la Rédemption (et donc de notre temps).
Une première raison est prise du côté de l’homme : Jésus-Christ a totalement et définitivement accompli l’homme. Ce thème est celui de la première encyclique.
Une seconde raison est prise du côté de Dieu : la Rédemption est l’œuvre de la miséricorde de Dieu et nous révèle donc l’amour de Dieu. Ainsi est annoncée, de manière encore toute voilée le sujet que développera la seconde encyclique sur le Père riche en miséricorde (Dives in misericordia).
2) N. 2 : « Les premières paroles du nouveau pontificat »
Trois caractéristiques décrivent le pontificat de Jean-Paul II. La première, prolongement et application du n. 1, est la plus importante :
a) Première caractéristique (§ 1)
Le ministère du pape Jean-Paul II est lié à l’Incarnation du Christ et à la rédemption qu’il apporte.
b) Deuxième caractéristique (§ 2 et début du § 3)
Le Saint-Père veut être en continuité avec l’héritage laissé par les deux pontifes Jean XXIII et Paul VI ; et c’est là ce que signifie le choix de son nom double : Jean-Paul (2e §).
D’où une double conséquence et précision (3e §, début) : Le pape conjugue continuité et nouveauté : tout d’abord, il se rattache à toute la tradition du Siège de Pierre depuis l’origine (c’est la continuité). Ensuite cette référence souligne le seuil franchi par ces deux papes (c’est la nouveauté).
c) Troisième caractéristique (fin du 3e §)
Alors que la seconde intéresse le passé, c’est-à-dire l’héritage, la troisième montre l’attitude adoptée par Jean-Paul II à l’égard de l’avenir : confiance sans borne et obéissance à l’Esprit envoyé par le Christ.
3) N. 3 : « Confiance en l’Esprit de Vérité et d’Amour »
Remarquez en passant deux procédés littéraires très fréquemment utilisés par Jean-Paul II : la première phrase d’une part reprend quelques mots clefs de la fin du n. précédent (en l’occurrence : « confiance » et « Esprit de Vérité »), d’autre part donne en une ligne l’essentiel du n. précédent, faisant à la fois résumé et transition (« j’entre dans le riche héritage des récents pontificats »). Ainsi la phrase allie idéalement ouverture à l’Esprit et fidélité à la Tradition.
a) Thèse
Jean-Paul II prête une attention toute particulière au mystère de l’Église. En effet, il se veut hériter des papes Jean XXIII et Paul VI et donc du concile Vatican II que le premier a convoqué et que le second a poursuivi et conclu. Or, ce concile se caractérise par une conscience toute nouvelle de l’Église (1er § au début).
b) Exposé
Jean-Paul II va montrer cette thèse à partir de l’exemple privilégié de Paul VI qu’il a « pu observer de près » et qui fut pour lui »un vrai père » (selon ce que dit le n. 4). Cette illustration se déploie doublement :
– par le modèle de la vie de Paul VI (fin du 1er §). Jean-Paul II donne ici un beau témoignage et un signe du grand amour qu’il porte à Paul VI qui fut si contesté de son vivant.
– dans les écrits de Paul VI et notamment en sa première encyclique qui a souvent valeur de programme : Ecclesiam Suam (2e §).
À chaque fois, on peut voir que la conscience de l’Église, si caractéristique de Paul VI, est faite de connaissance mais aussi d’amour « intrépide », l’un fécondant l’autre.
4) N. 4 : « Référence à la première Encyclique de Paul VI »
Le sous-titre n’est pas plus heureux que celui du n. 3 car il ne livre pas le contenu du numéro. Dans les n. 4 à 6, donc jusqu’à la fin du chapitre 1, Jean-Paul II va détailler ce qui caractérise et doit caractériser (car c’est autant une constatation de fait qu’une tâche à accomplir) le mystère et la conscience du mystère de l’Église pour notre temps.
a) Thèse (1er §, 1ère phrase)
Il faut que l’Église de notre temps allie la conscience et « une ouverture universelle ». La raison n’est que très implicitement livrée par les premiers mots du § (« pour cette raison même »). Cette raison se fonde sur la célèbre quasi-définition de l’Église donnée par Vatican II (Lumen Gentium, I, n. 1) et rappelée à la fin du n. 3 : si l’Église est le signe et le moyen de l’union avec Dieu et de l’unité du genre humain, l’Église doit être ouverte à tous les hommes en vue de leur donner le Christ et son « insondable richesse ».
Jean-Paul II en tire deux conséquences pour l’Église (fin du § 1) :
En effet depuis Vatican II, on a pris l’habitude de distinguer comme deux faces ou deux grands aspects du mystère de l’Église : l’Église ad extra (c’est-à-dire tournée vers le monde, autrement dit l’Église missionnaire et l’Église ad intra (l’intérieur, le cœur même de l’Église).
1’) Conséquence relative à l’Église « ad extra »
L’ouverture et la conscience que l’Église a de son mystère fonde de manière immédiate) son dynamisme missionnaire. Elle est aussi au fondement de ce deuxième rapport Église-monde qu’est le dialogue. Pour le montrer, Jean-Paul II part encore de l’encyclique princeps et programmatique de Paul VI, Ecclesiam suam, qui distingue différents cercles de plus en plus étendus de dialogue.
2’) Conséquence relative à l’Église « ad intra »
L’ouverture et la conscience que l’Église a pu nourrir la critique. Jean-Paul II fait donc une nette mise au point sur la critique : elle est un juste milieu entre le triomphalisme (d’antan) dont le remède est l’humilité, et la critique destructive (d’aujourd’hui) qui manque d’une part à la vérité et à l’amour, d’autre part au service et au respect d’autrui. Autrement dit, l’esprit critique ne doit pas être confondu avec l’esprit de critique.
Enfin, le pape tire quelques conséquences plus pratiques (2e §) : d’abord quant au passé, en manifestant de la gratitude à l’égard de Paul VI ; ensuite quant au présent, en traitant de l’état actuel de l’Église ad intra.
5) N. 5 : « Collégialité et apostolat »
Dans le prolongement du § précédent, Jean-Paul II développe une seconde caractéristique de l’Église d’aujourd’hui (ou une troisième après la lucidité – la conscience – et l’ouverture) : l’unité.
a) La thèse est livrée par la première phrase du 1er §
L’Église actuelle est plus unie.
b) Preuve de la thèse (§ 1, fin au § 3)
En quoi se réalise et se manifeste cette unité ? Triple est cette unité, car elle touche l’Église en sa totalité : évêques, prêtres et laïcs.
1’) D’abord l’unité dans le collège des évêques
Jean-Paul II traite du fondement de cette union qui est la collégialité ou unité des évêques autour du pape (1er §, milieu). Puis il en décrit les réalisations.
La première est le Synode des Evêques mis en place par Paul VI (fin du 1er § et 2e §). L’encyclique rappelle le travail et la fécondité des deux synodes ordinaires qui ont porté, le premier sur l’évangélisation et le second sur la catéchèse : c’est lui-même, Jean-Paul II, qui fera la synthèse du second dans l’exhortation apostolique Catechesis tradendae.
La seconde manifestation de cette unité est constituée par les conférences épiscopales nationales et les autres structures collégiales (3e § – 1ère moitié).
2’) Ensuite l’unité parmi les prêtres (3e § : « Le même esprit… ».).
3’) Enfin, l’unité parmi les laïcs, leur dynamisme apostolique et leur collaboration avec les pasteurs (fin du 3e §).
c) Conséquences (4e §).
En un court §, Jean-Paul II reprend à la lumière de ce qui vient d’être dit, les thèmes développés dans les n. précédents : intégration de ces éléments dans le cadre de son pontificat ; gratitude envers les prédécesseurs ; enfin, quant au présent, bilan positif qui dépasse de beaucoup le passif.
6) N. 6 : « Chemin vers l’unité des chrétiens »
Après avoir traité de l’unité ad intra, la communion au sein de l’Église, Jean-Paul II finit d’explorer son héritage. Il parle maintenant de l’unité ad extra, avec les autres religions et de ce qui la caractérise aujourd’hui depuis Jean XXIII.
L’Église d’aujourd’hui travaille et doit travailler à l’union avec les autres religions chrétiennes ou non.
L’exposé distingue les différentes sphères, appliquant là encore le principe d’Ecclesiam suam relatif aux différents cercles de dialogue.
1’) Union avec les autres chrétiens, autrement dit œcuménisme (1er et 2e §)
a’) Exposé du travail œcuménique (1er §)
Traitant du labeur fait par Jean XXIII, le Vatican II et Paul VI, Jean-Paul II n’hésite pas à porter un jugement positif : l’œcuménisme a fait de grands progrès.
Mais il demeure du travail à accomplir ; et les moyens à déployer, les voies du rapprochement sont l’humilité et le courage.
b’) Réponse à une critique adressée aux travaux œcuméniques (2e §)
La critique pose un jugement opposé à celui de Jean-Paul II. En fait, le bilan est négatif (2 premières phrases).
La réponse de l’encyclique permet une utile mise au point sur l’œcuménisme. Ici encore (Jean-Paul II dit « là aussi », faisant probablement allusion à son analyse de l’esprit critique, au n. 4), dans « l’ouverture, la recherche commune de la vérité », il faut tenir un juste milieu entre une trop grande crainte et un renoncement à la « vérité divine… enseignée par l’Église ».
On pourrait dire que le pape se méfie plus de sa « gauche » à l’égard de l’esprit critique, alors qu’ici il se protège sur la « droite », à l’égard de l’œcuménisme : le premier intéresse la vie ad intra, le second l’ouverture ad extra. En fait, cette distinction bien superficielle d’une droite et d’une gauche à l’intérieur de l’Église montre en tout cas combien le Saint-Père échappe à toute catégorisation dialectique, donc unilatérale et réductrice.
2’) Enfin l’union avec les religions non chrétiennes (3e §)
Mutatis mutandis, il faut appliquer les réflexions précèdentes sur les moyens du dialogue œcuménique, au travail d’union avec les religions non-chrétiennes. Mais ce travail allie toujours une double exigence. D’une part, d’ouverture. Celle-ci requiert « le dialogue, les contacts, la prière en commun… ». Or, le dialogue suppose un apport, un enrichissement mutuel. Jean-Paul II note par exemple le témoignage de fermeté dans la foi et la morale donné par les autres religions. D’autre part l’enracinement dans « la certitude de sa propre foi ». Il est d’ailleurs intéressant que la citation soit, non pas le Décret Nostra Aetate de Vatican II sur les religions non chrétiennes, mais un document aussi doctrinal que la Constitution Dei Filius du concile Vatican I.
B) Chapitre 2 : Le mystère de la Rédemption
Nous entrons dans le vif du sujet. Le premier chapitre a dressé le bilan, l’héritage de ces vingt dernières années. Jean-Paul II y a aussi montré l’orientation générale de son pontificat : il va maintenant reprendre cette question en la précisant. Nous commençons à nous habituer à ce style circulaire. Le Saint-Père va développer et enrichir une idée déjà avancée au n. 1. C’est le premier foyer de l’encyclique : l’Église doit porter toute son attention au Christ Rédempteur et donc à l’homme.
L’esprit cartésien habitué aux développements linéaires non répétitifs s’en étonne toujours, d’autant que le pape reprend ce qu’il a dit avant sans jamais y faire une allusion explicite, si bien qu’à une lecture peu attentive on a l’impression qu’il part sur une nouvelle voie.
1) N. 7 : « Dans le mystère du Christ »
Ce numéro est une transition introduisant tout ce chapitre.
a) Jean-Paul II part d’une question concrète (1er §)
Le début de la première phrase reprend l’idée clef du ch. 1 (l’héritage légué par le Concile et Paul VI en sa première encyclique).
Puis Jean-Paul II saute au-dessus du développement du chap. 1 et énonce une des conséquences du n. 1 : l’Église vit un nouvel Avent. Cette conséquence devient alors un point de départ, et une finalité à atteindre que l’on vise. D’où la question : comment vivre ce nouvel Avent « pour nous rapprocher du Père » ? Quels moyens le nouveau Pontife doit-il mettre en œuvre ?
b) Réponse « fondamentale » de Jean-Paul II
1’) Tout d’abord, il l’énonce pour lui (2e §)
L’esprit et le cœur de Jean-Paul II se tournent et ne se tournent que vers le Christ : non pas le Christ en général, mais le Christ en tant que « Rédempteur ». C’est la raison de cette réponse qui est l’Évangile en sa simplicité : Lui seul donne le salut. Il dit ailleurs : « Comme on le voit, le noyau central de la foi chrétienne est constitué par la double vérité que Jésus-Christ est Fils de Dieu et Fils de l’homme (la vérité christologique) et qu’il est la réalisation du salut de l’homme que Dieu a accompli en Lui, son Fils et sauvuer du monde (la vérité sotériologique) [1] ».
L’encyclique, remarquez-le en passant, dédouble Rédempteur en « Rédempteur de l’homme » et « Rédempteur du monde » : ce qui donnera la structure de l’exposé du n. 8 [2].
2’) Ensuite, il l’élargit et l’expose pour l’Église (3e §)
L’Église d’aujourd’hui doit constamment se tourner vers le Christ Rédempteur. Jean-Paul II le prouve par les textes de l’Écriture mais aussi, puisqu’il s’agit de l’Église d’aujourd’hui par ce qu’il a dit sur la conscience actuelle de l’Église : il cite à nouveau la si belle définition de n. 1 de Lumen Gentium (cf. n. 3 à la fin). En effet le Christ Rédempteur est la « source » même de l’union avec Dieu et de l’unité du genre humain.
c) Conséquence pour l’Église et le monde (4e §)
L’Église vit et doit vivre du mystère du Christ et précisément du Christ Rédempteur et cela vaut autant pour l’Église ad intra que pour l’Église ad extra, et donc, finalement, pour le monde : en effet, l’Église est sacrement de l’unité des hommes. Remarquez la dernière phrase qui conclut tout le numéro : l’Église ne doit vivre que du mystère de la Rédemption. Or ce mot va servir de transition avec le n. suivant (il est repris au tout début) et le reste du chapitre.
Il faudrait ici citer ce riche et fort beau §. En particulier, Jean-Paul II reprend la distinction des actes et des paroles du Christ [3] :
– Les paroles du Christ (début du §) : l’Église et même les non-chrétiens sont appelés à vivre de ses paroles.
– Les actes du Christ (suite du §) : l’Église en vit, notamment dans l’Eucharistie, et cherche à rendre ces actes proches de tout homme.
2) N. 8 : « Rédemption : création renouvelée »
Ici commence un vaste développement qui va du n. 8 au n. 10 inclus sur la rédemption octroyée par le Christ. C’est ici que ous touchons l’un des deux passages centraux de l’encyclique, le second, au ch. 3, n. 13 et 14, concernera directement l’Église et non plus le Christ.
Or, la Rédemption, selon ce qui a été sugéré dans le n. 7, touche le monde et l’homme. Voyez les premiers et les derniers mots de ce n. 8 : ils ont intentionnellement été choisis et forment inclusion : « Le Rédempteur du monde !… Il est le Rédempteur de l’homme ! »
a) Le Christ est Rédempteur du monde (1er §)
Telle est la thèse que Jean-Paul II veut montrer.
1’) Preuve (1er §, 1ère partie jusqu’à « renoué »)
Brièvement, l’encyclique énonce deux aspects du mystère de la Rédemption qui seront bien plus détaillés dans le cas de la rédemption de l’homme au § 2 :
– D’une part, la dimension de révélation (deux premières phrases) : Dans le Christ, la création est « révélée ». Pourquoi ? La seconde phrase le suggère : la vérité fondamentale sur la création est sa bonté et son lien avec Dieu, sa source ; or, le Christ vient révéler ce lien et cet amour : « Dieu a … aimé le monde « (Jn 3,16).
– D’autre part et surtout, la dimension de rachat, de réconciliation : Le lien entre la création et Dieu, brisé par le péché de l’homme Adam est renoué par l’Homme-Christ (Jean-Paul II suggère par cette répétition (« homme ») que c’est grâce à cette communion dans l’humanité que le Christ sauve le monde.
2’) Objection (1er §, fin)
Jean-Paul II soulève une difficulté qui monte spontanément à l’esprit de l’homme du vingtième siècle (« Peut-être… ».) : le progrès que nous connaissons ne nie-t-il pas la nécessité de la Rédemption du monde ?
Non, au contraire, répond l’encyclique (« Le progrès immense… ».). Et d’avancer de multiples exemples montrant combien le monde est touché par la « caducité » (c’est-à-dire le péché) et donc attend la Rédemption. Il est d’ailleurs intéressant que le texte allie l’avortement aux questions d’écologie.
b) Le Christ est Rédempteur de ce qui est « le plus important du monde à savoir l’homme » (2e §)
Nous venons de le dire, la rédemption présente deux aspects : le premier est la révélation (et on a trop tendance à oublier cette dimension de la Rédemption et ce que le Christ nous donne) ; le second sera développé avec n. 9 et 10 : c’est la « réconciliation » proprement dite (auquel il ne faut donc pas réduire la Rédemption).
1’) Thèse
Le Christ (et lui seul) révèle pleinement le cœur (le mystère) de l’homme.
Le Christ Révélateur et lumière de l’homme est une thèse extrêmement chère à Jean-Paul II, une clef de sa pensée. Nous la retrouverons, enrichie de sens nouveaux, dans les n. 9 et 10. C’est aussi un des enseignements capitaux de Vatican II dans la Constitution Gaudium et Spes qu’il va longuement citer pour démontrer sa thèse.
2’) Preuve
Elle est tirée de Gaudium et spes, n. 22, un numéro que Jean-Paul II a longuement médité. Le cœur de l’argument est en italique et sera d’ailleurs repris et commenté dans un autre n. capital de notre encyclique (le n. 13). En s’incarnant, « Le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme ». En effet, dans l’Incarnation, la nature humaine du Christ se retrouve, en son intégralité, puisque le Christ est « vrai homme », selon l’enseignement du (quatrième) concile œcuménique de Chalcédoine (451). D’autre part, elle est élevée à une dignité inouïe, puisqu’elle est « assumée » : « assumer », étymologiquement, veut dire « prendre à soi » ; aussi est-il devenu le terme classique pour désigner l’union de l’homme et de Dieu en Jésus.
Vatican II note, dans le passage cité ci-dessus, les quatre grands secteurs d’activité du Christ : le travail, la pensée, l’action volontaire, l’amour.
3) N. 9 : « Dimension divine du mystère de la Rédemption »
Nous abordons maintenant le second aspect du mystère de la Rédemption de l’homme que, en traitant du premier, la Révélation du cœur de l’homme (n. 8, 2e §), Jean-Paul II n’« oublie pas, même un instant », à savoir que le Christ nous réconcilie avec le Père, à la suite du péché d’Adam qui a séparé l’humanité de Dieu.
Pour y voir clair, distinguons deux aspects dans ce mystère de la Réconciliation. Ces deux aspects sont décrits ailleurs comme « dimension humaine » et « dimension divine du mystère de la Rédemption » (cf. n. 10, § 1 et n. 11, § 4). Qu’est-ce que cela signifie ?
– Il ne s’agit pas de la distinction classique des deux effets de la grâce (donc de la Rédemption, puisque la grâce nous vient du Christ Rédempteur) : le premier effet est le pardon du péché et correspondrait à la dimension divine ; le second, positif, est la recréation de l’homme, sa sanctification ou divinisation, ce qui correspond à la dimension humaine. Or, dès le n. 9 (qui traite de la dimension divine), il est parlé de la justification de l’homme, prédestiné à devenir fils de Dieu, dans le Fils premier-né.
– Mais cette distinction correspond en fait à une autre division classique des effets de la grâce en grâce surélevante, divinisante et curatrice, sanatrice : la grâce à la fois surélève l’homme (ce qui est la dimension divine), donc pardonne le péché en donnant la vie divine et le restaure, le guérit, lui donne sa pleine dignité (ce qui est la dimension humaine). En effet, non seulement le péché a ôté la vie divine à l’homme, mais il l’a blessé et lui a fait perdre le sens de sa dignité. C’est cette distinction capitale toujours enseignée par l’Église et présupposée par Jean-Paul II qui éclaire tout ce qu’il pourra dire sur les relations du Christ à l’homme : le Christ défend l’homme en son humanité même, indépendamment même de l’annonce de son appel à la vie divine, car il connaît l’immense dignité de l’homme. Elle est liée d’une part à la vocation à la vie divine et d’autre part à l’Incarnation par laquelle Dieu, en Jésus, a pris la nature humaine.
– Mais ces deux aspects sont étroitement connectés. Il n’y a bien qu’un seul mystère de la Rédemption, une seule grâce de Dieu, un seul don de l’Esprit-Saint et non pas deux (l’un pour nous réconcilier, l’autre pour nous recréer) : la grâce est une, son effet est double, (comme la double face d’une seule pièce) (n. 3). Un signe en est que Jean-Paul II n’hésite pas à étendre à cet unique mot de « révélation » le double effet de la grâce.
Comme nous l’avons dit, ce riche et difficile n. 9 sera étudié en détail au ch. 4 de cet ouvrage.
4) N. 10 « Dimension humaine du mystère de la Rédemption »
Le n. 10 détaille donc le second aspect de la Rédemption; sa dimension humaine : il s’articule sur le mot crochet « amour » qui fait transition, puisqu’on le trouve dans la dernière phrase du n. 9 et la première du n. 10.
a) La thèse
En sa formulation la plus synthétique et la plus englobante, elle énonce que le Christ crée l’homme de nouveau.
b) Exposé (1er §, début jusqu’à la fin de la citation de Ga 3)
La création nouvelle dont il est question regroupe la révélation et la recréation de la dignité de l’homme, autrement dit la connaissance et l’action.
– D’abord la révélation plénière de ce qu’est l’homme. La re-création suppose en effet cette connaissance, mais il ne s’agit pas d’une connaissance cérébrale de ce qu’est l’homme. Il s’agit d’une révélation du sens de sa vie, à savoir l’amour : car « l’homme ne peut vivre sans amour ». Par ailleurs cette connaissance est « expérience ».
– Ensuite, la révélation de la dignité plénière de l’homme et surtout la recréation de cette dignité d’homme.
L’avant-dernière phrase du 2e § note bien ces deux aspects : « la Rédemption […] a […] redonné à l’homme sa dignité et le sens de son existence dans le monde ». Et la dernière phrase donne une lumière décisive mais comme en passant, car c’est la seule fois, étrangement, où l’on parle de la Résurrection en ces n. sur la Rédemption : la Résurrection est comme le signe – c’est nous qui glosons – de la recréation de l’homme.
c) Trois conséquences
Les conséquences s’articulent : la troisième découle de la seconde qui découle de la première. Par ailleurs, les deux premières valent pour tout chrétien et la dernière pour la seule Église catholique d’aujourd’hui.
1’) Première conséquence (« l’homme qui veut se comprendre… ».)
Si le Christ (et le Christ seul) redonne à l’homme son être d’homme et la lumière sur celui-ci en tout ce qu’il est (y compris « sa faiblesse et son péché »), la personne humaine ne peut se comprendre avec des critères seulement rationnels. L’homme doit donc s’approcher du Christ et « ‘s’approprier’ toute la réalité de l’Incarnation ». Autrement dit, c’est la proximité et la relation avec le Christ qui éclaire l’être de l’homme. Il faut lire ce très beau passage attentivement et en entier.
2’) Deuxième conséquence (fin du 1er §, deux premières phrases du 2e §).
Elle fait suite à la première. La recréation de l’homme opérée par cette appropriation de la Rédemption cause en l’homme l’émerveillement pour sa dignité : la Rédemption est source d’admiration. Mais attention, il est capital de constater que Jean-Paul II lie cet émerveillement non pas à l’homme même mais à Dieu. Répétons-le : la dignité de la personne tire son origine d’une part de l’Incarnation, d’autre part de sa vocation à la vie éternelle.
Et cet émerveillement est confirmé par le mot Évangile (début du 2e §).
Qu’il nous soit permis de citer ce texte bien connu du pape saint Léon le Grand en illustration du propos de Jean-Paul II :
« Chrétien, prends conscience de ta dignité. Puisque tu participes maintenant à la nature divine, ne dégénère pas en revenant à la déchéance de ta vie passée. Rappelle-toi à quel chef tu appartiens, et de quel corps tu es membre [4] ».
3’) Dernière conséquence
L’admiration à l’égard de la dignité de l’homme fonde la mission actuelle de l’Église. Nous commençons donc à nous ouvrir à l’Église qui est l’objet de la fin du ch. 2 et de tout le reste de l’encyclique).
En effet, nous le reverrons, le monde contemporain affirme en droit, mais nie souvent dans les faits cette dignité de l’homme. Or, en annonçant la Rédemption du Christ, non seulement l’Église affirme cette dignité mais elle en a l’absolue certitude, celle que donne la foi et qui seule en dévoile tout le sens, à savoir la dignité de celui qui est appelé à être fils de Dieu.
Enfin, le 3e § conclut les n. 8 à 10 et sert de transition aux n. 11 et 12. « Le devoir fondamental de l’Église » est double : orienter vers le Christ et, par là (c’est second), toucher le cœur même de l’homme. Jean-Paul II tient et veut tenir constamment ces deux points : le mystère du Christ-Jésus et l’homme, cela, par la médiation de l’Église. Ce sont les trois pôles autour desquels gravite toute l’Encyclique.
5) N. 11 : « Le mystère du Christ à la base de la mission de l’Église et du christianisme ».
En ce n. et jusqu’à la fin de l’encyclique, Jean-Paul II va maintenant appliquer ce qu’il a établi sur le Christ, Rédempteur de l’homme. Les n. 11 et 12 seront apéritifs : ils manifesteront la relation existant entre l’Église et le Christ par la notion de mission, ce qui est seulement une première approche de cette relation.
Il est particulièrement ardu de cerner la thèse du n. 11 pour plusieurs raisons : rien ne l’annonce ; les § se suivent sans beaucoup de rapports (apparemment) ; enfin il n’y a guère de conjonctions de coordination ni de mots crochets. Nous guidant d’après le début du n. 12 et sur le sens qui se dégage à force de relecture, voici ce que nous dirons : Le Christ est le principe, le fondement de la mission de l’Église (cf. § 5 qui résume l’acquis des 4 premiers §).
Partant de là, le texte paraît s’articuler comme suit. Les quatres premiers § s’enquièrent de ce que Vatican II enseigne sur la conscience de l’Église ; or, selon le début du 1er §, cette conscience se réalise dans le dialogue avec l’autre. Mais quel est cet autre ?
1’) Cet autre est d’abord le monde (fin du § 1 et § 2)
L’ensemble du monde se présente comme une carte de religions et le phénomène de l’athéisme structuré. Jean-Paul II, toujours passionné de lecture historique, estime donc que l’athéisme il est « caractéristique de notre temps ». (§ 1, fin)
L’encyclique s’attache ensuite au seul premier aspect, la religion (§ 2). Ultimement, et c’est la thèse de ce §, toute religion est orientée vers le Christ : qu’il s’agisse des religions autres que le judaïsme et l’Islam, c’est-à-dire les religions non monothéistes où les Pères voyaient en leurs valeurs spirituelles et morales des « semences du Verbe » (saint Justin) ; ou, à plus forte raison, quand il s’agit du judaïsme et de l’Islam qui, toutes deux se réfèrent à Abraham, père des croyants.
2’) Ce sont ensuite les différents chrétiens (§ 3 et 4)
Quel est le fondement du dialogue entre chrétiens ? (§ 3) C’est la plus grande conscience du mystère du Christ et de ce fait, de la dignité de l’homme (cf. ce que nous a appris le n. 10), conscience plus grande que Vatican II a permise.
En conséquence, que doit être le dialogue œcuménique, la rencontre et l’union des disciples du Christ, comme dit Jean-Paul II ? (§ 4)
Avec prudence, celui-ci montre qu’il y a comme deux niveaux de communion : l’état achevé, consommé d’union des Églises et Communautés, mais bien des obstacles l’empêchent encore ; l’état intermédiaire, qui est dès aujourd’hui accessible, d’annonce du mystère du Christ Rédempteur et de promotion de la dignité de l’homme. En effet, »les chrétiens doivent découvrir ce qui les unit déjà avant même que ne se réalise leur pleine communion ». Cette première phrase du n. 12 est, comme souvent, une reprise synthétique de ce qui précède,
3’) Conclusion (§ 5)
Jean-Paul II conclut la quasi-induction [5] qu’il vient de faire : tant dans le dialogue avec les autres religions que dans le dialogue œcuménique, le Christ est fondement. Soyons plus précis : d’une part il faut mener les autres religions au Christ ; or, c’est la fonction de la mission ; d’autre part, l’annonce du Christ est actuellement le chemin de l’œcuménisme.
4’) Observation finale (§ 6)
Jean-Paul II termine par une remarque sur la difficulté de la mission (qui peut d’ailleurs se transformer en objection).
6) N. 12 : « Mission de l’Église et liberté de l’homme »
Après que le n. 11 a montré comment le Christ fonde l’un des aspects essentiels de l’Église, son caractère missionnaire, le n. 12 va considérer l’un des effets fondamentaux de la mission, à savoir la promotion de la liberté humaine. Or, le regard actuel, notamment philosophique, qui est posé sur l’homme, voit dans la liberté la propriété capitale de l’homme sinon même son essence. Aussi cette étude fait-elle une transition idéale avec le ch. 3 où il sera montré que l’Église a l’homme comme sollicitude principale.
a) Thèse (2e §)
La mission, l’évangélisation de l’Église est promotion de la liberté humaine. Or la liberté, dit Jean-Paul II, est le »fondement de le dignité humaine ». La thèse du n. 12 pourrait aussi bien être : l’Église est gardienne de la dignité de la personne humaine.
Au début du 1er §, Jean-Paul II énonce le principe général et le raccroche au n. précédent qui l’a montré : le dialogue œcuménique, demande une recherche de ce qui est commun à tous les chrétiens. Le dernier § du n. 11 traitait de la mission des chrétiens à l’égard du monde, donc de tous les hommes dont le Christ révèle la dignité. Or, cette dignité de l’homme présente comme deux composantes : l’une, plus générale, qui est l’esprit, la culture ; celle, plus particulière mais surtout plus radicale (au sens de « radix », racine), qui est la liberté, fondement de la dignité.
1’) Le respect plein d’estime de la culture humaine (1er §)
L’attitude missionnaire est respect et estime de la culture humaine. L’encyclique le montre en faisant appel au Concile Vatican II et à différents passages de l’Écriture. Notez, en passant, l’importance capitale accordée par Jean-Paul II à l’œuvre de l’Esprit-Saint dans le Christ (n. 9 par exemple), dans l’Église (n. 2, n. 7) et ici en tout homme.
Les deux dernières phrases du § écartent une objection qui pourrait surgir : la mission n’est-elle pas destructrice des cultures ? La réponse va directement au cœur (dernière phrase) : la grâce qui est le but de la mission respecte et plus, guérit l’homme, en sa nature même. C’est ce que signifie le mot « retrouver ».
En fait ce grand thème de la relation entre l’évangélisation et la culture si cher au cœur de Jean-Paul II sera développé dans son Encyclique Slavorum Apostoli.
2’) L’attention spéciale à la liberté de l’homme (§ 2 à 4)
L’Église promeut avec une attention spéciale la liberté de l’homme. Pour le montrer, Jean-Paul II procède d’une manière qui lui est bien typique, à savoir par touches successives. En effet, la raison pour laquelle l’Église défend la liberté de l’homme est qu’elle annonce la vérité révélée. Or, il montre d’abord que l’annonce de la vérité implique le respect de la liberté et donc de la dignité humaine (§ 2), et ce n’est qu’après qu’il va comme inverser le rapport et manifester que le lien liberté-vérité est un ordre de fondement : la vérité est fondement et condition de la liberté (§ 3 et 4).
a’) Première approche (§ 2)
L’argumentation se fonde sur Vatican II et l’Écriture, c’est-à-dire l’exemple du Christ et des Apôtres. À l’instar de Vatican II, le pape met ce respect de la liberté de conscience en connexion étroite avec la vérité, et donne en fait la primauté à celle-ci. La raison du respect de la liberté est tout simplement l’estime pour l’homme.
En conséquence (§ 2, fin : « De cette façon … ».), si la mission de l’Église est d’annoncer la vérité et s’il n’y a pas de vérité sans estime pour la liberté de l’homme et pour sa dignité, celle-ci fait partie de l’annonce missionnaire de l’Église. Il faut actualiser cette preuve : toujours attentif à l’« aujourd’hui », Jean-Paul II note combien ce respect de la dignité humaine est capital pour notre temps.
b’) Seconde approche (§ 3-4)
Elle donne la raison ultime de cette promotion de la liberté par l’Église. À l’inverse, la liberté se fonde sur la vérité du Christ.
1’’) Preuve (§ 3, début)
Jean-Paul II passe d’emblée de l’Église au Christ, ce que permet le § 2 : l’Église, par « une assistance particulière de l’Esprit-Saint », conserve et enseigne dans toute son intégrité la vérité que Dieu a révélée. Elle veille sur la parole de Jn 8,22 : « La vérité vous rendra libres ». 3 Le fondement de la liberté est la vérité (sur l’homme) ; or, on a vu au n. 8 que le Christ, révélateur de l’homme, est la Vérité unique et ultime sur l’homme ; donc seul le Christ est la Vérité unique et ultime sur l’homme ; aussi le Christ, et, par là, l’Église, donne et garde la liberté humaine dans sa radicalité.
Il n’est peut-être pas inutile de rappeler la substance de la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse. Voici d’abord l’énoncé solennel : « Le concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse ». Et de définir celle-ci ainsi : « Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit [6] ».
La démonstration est développée dans le § immédiatement suivant : « En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libres, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à règler toute leur vie selon les exigences de cette vérité ». Voici la majeure : c’est elle qui donne la lumière et en l’occurrence la finalité. Suit la mineure qui nous donne le moyen, la condition de recherche de cette vérité : « Or, à cette obligation, les hommes ne peuvent satisfaire, d’une manière conforme à leur propre nature, que s’ils jouissent, outre de la liberté psychologique, de l’immunité à l’égard de toute contrainte extérieure ».
Comment dire plus clairement que la liberté religieuse est au service de la vérité et non pas l’inverse ? La valeur première est la poursuite de la vérité ; et c’est à partir d’elle que l’on peut saisir non pas la liberté (qui est une notion première au même titre que la raison), mais son exercice dans la recherche de la vérité, d’où découle la liberté religieuse. Pas de liberté de courrir pour les culs de jatte : pas plus de liberté de pensée sans vérité à penser !
2’’) Confirmation (§ 3, fin et § 4)
Une confirmation fort belle est donnée par les martyrs (fin du § 3) et par le Christ (début du § 4) qui vient éclairer ce témoignage des martyrs (milieu du § 4). En effet, le Christ et les martyrs, à côté desquels le Christ « a comparu », témoignent de la vérité dans leur passion ; or, ils le font avec une extraordinaire liberté que manifeste, en contraste, avec la contrainte extérieure maximale de l’emprisonnement et de la souffrance ; c’est donc que la vérité même du Christ libére (cf. Jn 8,32 cité ci-dessus).
[1] Jean-Paul II, Audience générale, 14 janvier 1987, in Je crois en Jésus-Christ. Catéchèse sur le Credo III, Paris, Le Cerf, 1990, p. 12.
[2] Ce fait nous livre aussi une clef : ce qui apparaît comme un simple effet de style, une répétition visant à insister, présente en fait un sens très précis. Chez le poète spéculatif très attentif à la parole qu’est Jean-Paul II, chaque mot possède un poids auquel il faut y prêter attention.
[3] Cf. par exemple Concile Vatican II, Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum, n. 2 et 4.
[4] Homélie de Noël, cité dans La Liturgie des Heures, Paris, Le Cerf, Desclée, DDB, Mame, tome 1, 1980, p. 235.
[5] L’induction est un type de raisonnement qui se fonde sur quelques cas singuliers pour conclure une proposition universelle. Par exemple, je constate, arrivant en Angleterre qu’un certain nombre de voitures roulent à gauche (cas singuliers) et j’en conclus qu’en Angleterre toutes les voitures roulent à gauche (ce qui est une proposition universelle). Cf. Pascal Ide, L’art de penser, p..
[6] Concile Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis Humanæ, n. 2.
Articles, Inédit, Jean-Paul II, Spiritualité-Théologie, Théologie

References: § 3
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 § 4
 § 5
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 § 4
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