Source: https://mocliege.be/category/international/
Timestamp: 2020-06-03 06:37:22+00:00

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Archives des international - MOC Liège
WSM | COVID-19 : La mondialisation de la solidarité est la réponse dont nous avons besoin maintenant !
jeudi 2 avril 2020 12:11 Leave a Comment
Depuis cette pandémie du COVID-19, l’humanité est confrontée à l’une des crises les plus graves et les plus incertaines de son histoire. Face à la mondialisation de l’économie et de la crise sanitaire, il faut réagir en mondialisant la solidarité! Ainsi, l’économie sociale et solidaire (ESS), qui met l’humain et ses droits au centre de ses activités, plus que le capital, est un outil à privilégier pour reconstruire nos sociétés. Dans cet article, RIPESS, partenaire de WSM, partage son positionnement et l’urgence de développer un nouvel écosystème local et mondial.
Les maux de notre planète sont mondialisés, agissons et soignons-les !
La mondialisation actuelle de la pandémie COVID-19 lui a permis de s’étendre à tous les pays. Même les populations éloignées sont menacées, tout comme les populations des zones de guerre et celles qui vivent dans des conditions d’exiguïté et de mauvaise hygiène, comme les camps de réfugiés, mettant ainsi en danger la vie de tous les êtres humains dans un monde de plus en plus globalisé. Cette pandémie frappe fort dans de nombreux bidonvilles surpeuplés des mégapoles du monde entier, ainsi que pour de nombreuses autres personnes en situation de subsistance quotidienne qui n’ont pas accès à l’eau courante, ni à un magasin d’alimentation. Dans ces endroits, l’éloignement social est pratiquement impossible à maintenir et l’interruption des activités est un vrai luxe que les gens ne peuvent absolument pas se permettre.
Carte blanche | Dignité et droits humains: sur les ruines des fondements de l’Union européenne
11:22 Leave a Comment
Ce qui se joue depuis un peu plus d’une semaine à la frontière gréco-turque est la macabre conséquence de la politique guerrière menée par l’Union européenne envers les personnes qui tentent de lui demander protection. La « politique migratoire » menée par l’UE n’est, depuis des années, que stratégie d’endiguement et marchandages cyniques. ‍
La liste des mesures prises pour écarter et détourner les personnes migrantes est longue, et leur bilan humain est lourd: renforcement du contrôle des frontières européennes avec le nouveau mandat de Frontex; opération militaire “Sophia” contre les passeurs; fermeture de la route des Balkans pour empêcher les migrants arrivés en Grèce de poursuivre vers un autre État membre; mise en place de “hotspots” sur les îles grecques et italiennes pour trier, en vue de stopper et expulser une majorité de personnes migrantes dès leur arrivée sur le sol européen; application aveugle du règlement Dublin; quotas de relocalisation pour “alléger la charge” de l’accueil de la Grèce et de l’Italie totalement insuffisants et non respectés; quotas de réinstallation dérisoires; construction de murs anti-migrants; diffusion de discours criminalisants et dissuasifs à l’égard des personnes migrantes; durcissement des lois sur les demandeurs d’asile et les réfugiés dans plusieurs États membres …
La suite de la carte blanche à lire ici
Urgences au Burkina Faso ! Appel à dons de la Mutualité Chrétienne de Liège et de WSM
mardi 25 février 2020 10:26 Leave a Comment
Depuis 2015, des attaques terroristes croissantes dans le Nord et l’Est du pays ont provoqué le déplacement interne de plus de 300.000 personnes et la fermeture de plus de 130 centres de santé ! Elles ont plongé plus de 700.000 personnes dans une situation d’insécurité alimentaire. De nombreux problèmes sanitaires couplés à une insécurité médicale apparaissent dans ces zones. (voir le compte-rendu de la conférence que nous avions organisée en juin sur cette situation).
Depuis 20 ans, la Mutualité Chrétienne de Liège est engagée dans un partenariat avec le Burkina Faso. C’est pourquoi celle-ci et le RAMS (Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé) son organisation partenaire sur place, n’entendent pas abandonner les Burkinabés à leur sort. Ainsi, leurs établissements de soins de santé distribuent gratuitement de la nourriture et ont dépêché des cliniques mobiles, installées dans des voitures. Dans cette situation de crise, le RAMS veut que chacun puisse bénéficier de soins médicaux! Des actions de prévention à la santé sont menées et des vivres sont amenées dans ces zones.
En raison de la gravité de la situation, la Mutualité Chrétienne de Liège et WSM (l’ONG du Mouvement Ouvrier Chrétien – MOC) renforcent leur soutien au Réseau d’Appui aux Mutuelles de Santé (RAMS). Le RAMS pourra t-il aussi compter sur votre aide ?
Vous pouvez faire la différence en versant un don sur le compte:
BE96 7995 5000 0005 (WSM – We Social Movements asbl) –
communication : Don Burkina MC Liège.
Compte-rendu « L’avenir du travail vu du Sud »
lundi 10 février 2020 12:35 Leave a Comment
Compte-rendu d’après l’intervention du 30 janvier de Cédric Leterme du CETRI à la CSC de Liège
Le discours officiel sur l’avenir du travail : une vision partielle et orientée
Des études et prospectives sur l’avenir du travail se sont multipliées ces 10 dernières années, particulièrement au niveau de grandes institutions internationales telles que l’OCDE, la Banque Mondiale, le G20 ou le forum de Davos. Au-delà de constats se voulant objectifs, tous ces discours traduisent surtout stratégiquement et avec une influence certaine une vision de ce qui est souhaitable pour ces grandes institutions et prennent très peu en compte le point de vue des travailleurs, encore moins de ceux issus des pays les plus pauvres. Parallèlement, les thèmes de l’automatisation et de ce que l’on a commencé à appeler l’« ubérisation » sont devenus de plus en plus présents dans l’actualité mais une nouvelle fois, Il s’agit de débats occidentaux concernant l’avenir de l’emploi et du salariat tels qu’on les connait dans les pays les plus riches et industrialisés du nord plutôt que l’avenir du travail au sens large, ce qui pose problème à plusieurs niveaux :
La problématique du travail informel et du travail domestique/agricole qui concerne les ¾ des travailleurs dans le monde et se concentre dans les pays pauvres est exclue de la réflexion, cette masse importante de travailleurs n’étant que difficilement représentée par les syndicats et donc également des grandes institutions comme l’OIT.
L’importance accordée aux nouvelles technologies dans le discours occidental sur l’avenir du travail semblent disproportionnée. En effet, ces technologies ne sont qu’un facteur parmi d’autres de changement du travail : les changements climatiques, les inégalités, les migrations ou la démographie en sont d’autres au moins tout au si importants voir bien plus pour de nombreuses régions du monde.
Une « quatrième révolution industrielle » ?
De même, la notion de « 4ème révolution industrielle »[1] utilisée dans les discours officiels sur l’avenir du travail semble bien servir avant tout d’importants lobbies en faveur d’intérêts commerciaux et industriels privés en faisant passer pour une nécessité inéluctable et « objective » le besoin de reconfigurer le monde du travail, et bien d’autres domaines de nos sociétés, en fonction des nouvelles opportunités commerciales et industrielles que représenteraient ces nouvelles technologies numériques (acquisition et traitement de données, objets de plus en plus connectés via notamment la 5G, robotisation…). Cette soi-disant 4ème révolution industrielle pose donc également problème :
D’abord il est très exagéré de parler de révolution lorsqu’une majorité de la population de la planète travaillant dans les pays les plus pauvres n’est quasiment pas concernée.
Ensuite, même dans nos pays industrialisés, l’« ubérisation » du travail par exemple reste tout à fait marginal : l’écrasante majorité des travailleurs, en particulier en Belgique, reste des salariés à durée indéterminée.
Quant à l’automatisation/robotisation elle sera privilégiée en fonction de son efficacité économique hors comme le dit Vijai Prachad, journaliste et historien indien cité par Cédric Leterme : « Dans la plupart des pays du Sud, le problème ce n’est pas les machines qui remplacent le travail humain, mais le travail humain qui remplace des machines, parce que ce travail (et les travailleurs qui l’effectuent) ne vaut rien. La question ce n’est donc pas la disparition du travail mais sa dégradation«
Sur la robotisation, il est intéressant de remarquer que le projet du géant Amazon sur ce point s’appelle « Amazon Mechanical Turk», ce terme fait en effet référence au « Turc mécanique » célèbre canular construit à la fin du XVIIIe siècle où il s’agissait d’un prétendu automate doté de la faculté de jouer aux échecs dans lequel se cachait en fait un être humain. La référence nous rappel bien qu’au-delà de quelques prouesses techniques très médiatisées, l’«intelligence artificielle » est souvent…artificielle car elle repose la plupart du temps sur une armée de travailleurs bien réels comme dans ces nouvelles plateformes en Inde ou au Maghreb ou des milliers de travailleurs cliquent devant des ordinateurs afin de nourrir des algorithmes.
On peut également remettre en cause le côté inéluctable ou « naturel » que certains prêtent trop rapidement à cette 4ème « révolution » comme pour le discours d’il y a une dizaine d’années sur une mondialisation incontournable et fondamentalement souhaitable pour tout le monde. Il s’agit davantage de choix politiques et commerciaux que du fruit de processus « naturels » et l’enthousiasme consensuel trop fréquent de nos décideurs politiques manque souvent de distance critique[2]. De même, des équations rapides comme « plus de technologie égale moins d’emploi » ou l’idée que la place des états dans le monde dépendra principalement de leur supériorité technologique, paraissent assez simplistes au regard de l’histoire et accordent de nouveau beaucoup trop de place à ce seul facteur technologique.
Les conséquences des évolutions technologiques ne sont pas uniformes et comparables partout dans le monde
Le discours global sur l’avenir du travail masque le fait que les conséquences des évolutions technologiques ne sont pas uniformes et comparables partout dans le monde :
Il est clair que les pays plus riches du Nord se situent du côté « utilisation, commercialisation » des nouvelles technologies alors que les pays plus pauvres du Sud se situent bien plus du côté « extraction, déchets et recyclage ». Répartition qui est donc inégale en particulier au niveau des dégâts écologiques.
Par contre, si l’« ubérisation » peut être vue à juste titre comme une menace sur l’emploi et le salariat dans nos sociétés, du côté des travailleurs informels des pays du Sud le fonctionnement en plateformes permet parfois de sortir de l’informel et de mieux structurer les travailleurs entre eux (des exemples positifs existent en Afrique du Sud ou en Indonésie dans le secteur des vélo-taxis notamment).
De véritables changements au niveau de l’économie mondiale
Les grands discours sur l’avenir du travail ont tendance également à détourner l’attention de certains véritables changements au niveau de l’économie mondiale qui sont pourtant d’une importance cruciale :
La numérisation a entraîné l’importance économique croissante de la récolte et de l’utilisation massive de données via des algorithmes, à tel point qu’on parle à présent parfois de de ces données en terme de « nouvel or noir ». De fait, les entreprises les plus influentes du monde ne se situent plus dans le domaine de l’extraction pétrolière mais bien dans celle des données numériques (les « GAFA » : Google, Apple, Facebook et Amazon).
En parallèle, on est face à une concentration monopolistique sans précédent de ces grandes entreprises numériques due en partie à l’effet de réseau (« tout le monde utilise ce service donc je suis presque obligé d’y être aussi »), Google représente 90% de la recherche sur internet au niveau mondial tandis que Facebook domine largement les « réseau sociaux »…le monopole est également géographique puisque l’écrasante majorité de ces entreprises sont avant tout américaines, ensuite chinoises. De ce point de vue, L’Union Européenne est loin derrière en l’absence de véritable régulation ou de politique industrielle commune en partie due au dogme de la libre concurrence qui règne parmi ses dirigeants.
L’économie des données favorise une nouvelle division internationale du travail et de nouveaux rapports de dépendance et d’exploitation Nord-Sud avec des conséquences énormes sur l’avenir du travail. La question de la régulation de cette économie numérique est donc amenée à faire de plus en plus l’objet de choix politiques très importants, malheureusement bien souvent pour le moment sans vrai débat public.[3]
Il n’y a pas UN avenir du travail inéluctable et la notion même de « travail » est loin d’être universelle.
Au final, Il n’y a pas UN avenir du travail inéluctable et la notion même de « travail » est loin d’être universelle. Nous devons y être attentif en tant qu’ONG et mouvements sociaux et sortir parfois de notre vision de l’emploi salarié comme modèle indépassable et forcément le plus souhaitable pour tous. De même nous devons mieux tenir compte des réalités du Sud, comme le fait que l’interlocuteur principal des travailleurs informels de ces pays est bien plus l’État que des employeurs inexistants. De manière générale, nous ne devons pas nous contenter d’une vision restrictive dans laquelle le « Sud » serait l’anti chambre du « Nord », voué à nous rattraper un jour ou l’autre : dès maintenant, les pays du Sud développent des alternatives dont nous pouvons nous inspirer.
Pour en savoir plus: « L’avenir du travail vu du Sud – Critique de la « quatrième révolution industrielle » Editions Syllepse
[1] L’inventeur, ou en tout cas un des plus fervent défenseur de ce « concept », n’est autre que Klaus Schwab, le fondateur du « forum économique mondial » de Davos dont le financement est assuré par les 1 000 entreprises membres, le profil type de celles-ci étant une multinationale réalisant un chiffre d’affaires supérieur à cinq milliards de dollars (source : Wikipedia)
[2] Voir par exemple l’absence de débat sur la « 5G » alors que la pertinence du « tout numérique/tout connecté » pause tout de même beaucoup question ne serait-ce qu’au niveau de son côté insoutenable écologiquement vu notamment les minerais et l’énergie nécessaires…
[3]Des négociations d’une importance cruciale sont actuellement en cours à l’OMC ou par exemple au sujet de l’ALENA (accord de libre-échange entre USA, Canada et Mexique) au sujet de la libre circulation des données ou l’absence de transparence possible sur les algorithmes (alors qu’on voit l’importance que ceux-ci ont pris dans le débat politique, voir leur rôle dans le référendum sur le BREXIT ou l’ élection de Donald Trump…).
|30-01| Conférence/débat « L’avenir du travail vu du Sud »
mardi 3 décembre 2019 16:31 Leave a Comment
JEUDI 30 janvier 19H45
CSC de Liège, Boulevard Saucy, 8-10 (grande salle du rez-de-chaussée, bâtiment à l’arrière)
L’avenir du travail dépend-t-il avant tout, comme le pensent les grandes organisations internationales (OCDE, G20, Banque Mondiale…), d’une « 4ème révolution industrielle » qui serait en train d’arriver avec ses robots, automates, imprimantes 3D, plateformes numériques et autres « usines à cliks » ?
Quelles conséquences réelles cette « révolution » pourrait avoir sur la quantité et la qualité d’emplois disponibles ? Quelles tâches humaines derrière l’automatisation ? Quelle place pour les pays les plus pauvres et les moins industrialisés de la planète dans les périphéries de cette nouvelle économie mondiale ? Et par rapport à tous ces changements, quel rôle peuvent encore jouer les syndicats ?
Pour aborder tous ces sujets nous avons invité Cédric Leterme du CETRI (centre Tricontinental) qui vient de sortir un ouvrage sur la question, « L’avenir du travail vu du Sud », donnant la parole sur ce sujet à de nombreux activistes, syndicalistes et chercheurs.
lundi 18 novembre 2019 15:34 Leave a Comment
Liège | Petit-déjeuner équitable de la MC le 12 novembre
mercredi 6 novembre 2019 12:09 Leave a Comment
Dans le cadre de l’opération 11.11.11, le Comité de partenariat « Burkina Faso » de la MC Liège organise un petit-déjeuner équitable : l’entièreté des bénéfices sera reversée au CNCD-11.11.11.
Une de découvrir la qualité et l’originalité des produits équitables d’OXFAM ! Bienvenue à tous !
Quand ? Le mardi 12 novembre 2019 de 7h30 à 9h00
Ou ? À la MC Liège, place du XX Août 38, 4000 Liège – 4e étage (entrée secondaire par la rue du Méry)
Prix ? 6 euros/personnes (paiement sur place)
Réservation obligatoire pour le 5 novembre 2019 au 04 230 16 20 ou cooperation.liege@mc.be
Liège | Soirée impro à la CSC en soutien au Burkina le 25 octobre
mercredi 9 octobre 2019 10:05 Leave a Comment
Les Otarires vous donnent rendez-vous à la CSC de Liège la 25/10 à 20h30 (apéro/tapas dès 19h) pour un spectacle d’impro en soutien au Burkina.
Attention changement de date : 25/10 au lieu de 18/10 !
Envoyer un mail à u68ppi@acv-csc.be en précisant :
Si vous venez pour l’apéro (19h)
Ou uniquement pour le spectacle (20h30)
Tous les bénéfices iront à un fond d’urgence pour le Burkina.
> Rejoignez la CSC Liège sur Facebook
> Rejoignez le MOC de Liège sur Facebook
Liège | Tourisme : entre rêve et cauchemar, le 20/09
mardi 27 août 2019 11:30 Leave a Comment
Rejoignez les Équipes Populaires de Liège à l’occasion du retour des MidiCinés Citoyens le vendredi 20 septembre à 12h15 au Jardin Botanique !
Tourisme : entre rêve et cauchemar – Projection suivie d’un débat
C’est la rentrée ! Comme 60% des Belges, vous êtes partis en vacances cet été ?
Le tourisme est aujourd’hui un réel moteur de l’économie mondiale mais avec quel impact sur le patrimoine, les populations locales, l’environnement ?
Est-il possible de voyager sans participer au tourisme de masse ? L’éco-tourisme est-il devenu un vrai business ? Peut-on s’offrir des vacances réellement durables ?
Accueil à 12h15 ; projection à 12h30
Auditoire du Crié de Liège, 3 rue Fusch, 4000 Liège
Entrée par le jardin Botanique
mercredi 3 juillet 2019 10:20 Leave a Comment
Retour sur cette conférence/débat:
Depuis plusieurs mois, la situation sécuritaire continue de se dégrader au Burkina Faso suite à la multiplication d’attaques terroristes[1] contre les populations civiles dans le Nord et l’Est du pays ayant déjà fait des centaines de victimes. Pour nous aider à faire le point sur cette situation, nous avions invité le 27 juin pour une conférence/débat : Claire Kupper du GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité) ainsi que Aicha Belem, Nathalie Noukoubri, Arouna Padiene et Paul Ouedraogo, quatre représentants burkinabés des partenariats de Solidarité Mondiale, la CSC et la Mutualité Chrétienne dans ce pays, présents à Liège dans le cadre d’une semaine d’accueil et d’échanges.
Des attaques contre les institutions de l’Etat ou ce qui représente celui-ci (de l’armée, aux écoles en passant par les lieux de culte chrétiens) se sont multipliées ces derniers mois de même que des attaques terroristes contre des civiles provocant règlements de comptes et affrontements communautaires en retour. Situation d’insécurité et de tensions communautaires et religieuses jusque-là inédite dans ce pays. Par rapport à cette situation, nos invités voient une série de raisons possibles au fait que la partie du pays proche du Sahel soit pour les terroristes extérieurs une cible particulière de déstabilisation et d’instrumentalisation : la culture de type nomade des peuples du Nord viendrait accentuer leur marginalisation au sein d’un pays dont les frontières sont issues de l’époque coloniale. Pour des raisons également liées à cette dernière, l’urbanisation et la densité démographique sont très mal réparties dans le pays (les deux principales villes, Ouagadougou et Bobo Dioulasso étant situées au centre et à l’ouest du pays). De plus, la désertification due au réchauffement climatique vient accentuer la pression sur les terres cultivables et crée de nombreux conflits au sein des populations proches du Sahel. Tous ces éléments viendraient alimenter les frustrations, instrumentalisées par les groupes armés extérieurs, d’une partie des populations du nord et de l’est ayant le sentiment d’être délaissée par l’Etat.
Face à cette situation, le Burkina Faso n’a pas les moyens techniques nécessaires pour contrôler plus de 3000 km de frontières formées par 6 pays dont plusieurs particulièrement instables comme le Mali. Ce qui pose problème en particulier pour freiner une circulation importante d’armes en provenance notamment de la Lybie post-Kadhafi. De plus, le Burkina doit faire face à cette situation alors que le pays est encore très vulnérable économiquement, instable politiquement et socialement et que la justice et l’armée ne semblent pas encore assez structurées pour répondre à de telles menaces.
Face à ces constats, nos partenaires burkinabés tenaient à préciser également plusieurs choses :
Les observateurs occidentaux ne doivent pas mettre dans le même sac groupes terroristes venus de l’extérieur et certains groupes burkinabés qui ont pris les armes pour se défendre.
En dehors des statistiques ou de la propagande, pour nos partenaires dans leur quotidien, le Burkina Faso n’est pas un « pays musulman » : la religion musulmane, chrétienne, et les croyances traditionnelles de type animistes coexistent la plupart du temps au sein même de chaque famille. L’objectif des terroristes est justement de créer des divisions religieuses et communautaires là où il n’y en avait pas et où existe au contraire une cohabitation religieuse et culturelle qui reste remarquable.
D’après nos partenaires, certains groupes dangereux issus du Mali auraient bénéficié de tolérance voire de protection de la part de l’ancien président du Burkina, Blaise Compaoré (contraint de quitter le pays après presque 30 ans au pouvoir suite au soulèvement populaire de 2014) et ces groupes s’en prennent à présent à la population civile et au nouveau pouvoir en place en guise de représailles. De plus, pour nos partenaires d’autres zones d’ombres importantes restent présentes et propices à alimenter les rumeurs et augmenter la tension au sein de la population : l’absence de revendications de ces groupes terroristes, les appuis et protections dont ils bénéficieraient peut-être de l’extérieur…en tout cas pour nos partenaires au Burkina Faso, le pays souffre d’une nouvelle crise importante et multifactorielle qui nécessite plus que des réponses de type uniquement militaires.
[1] « Selon les observateurs, l’est du Burkina Faso constitue une zone de repli pour les djihadistes de l’État islamique dans le Grand Sahara qui cherchent à étendre les zones d’insécurité vers d’autres pays de la sous-région en cassant «le verrou burkinabé». » https://www.grip.org/sites/grip.org/files/NOTES_ANALYSE/2019/NA_2019-01-15_FR_J-NSIMBA.pdf
Cinq revendications autour du combat des sans-papiers en vue des élections du 26 mai
jeudi 9 mai 2019 16:20 Leave a Comment
Le collectif de soutien aux Sans-papiers de Liège propose 5 revendications autour du combat des sans-papiers en vue des élections fédérales 2019.
Soutenir le combat des sans-papiers, c’est affirmer un modèle de société qui propose un accueil humain et solidaire des personnes migrantes. C’est considérer que les migrants sont des personnes en recherche de protection. C’est soutenir l’idée que les pays riches peuvent bien plus que d’autres développer une politique digne qui respecte scrupuleusement les engagements internationaux en matière de droits humains.
Nos futurs dirigeants doivent donc réaffirmer que les choix solidaires et humains sont possibles, en finir avec la criminalisation des personnes migrantes, et abolir les mesures répressives de la solidarité citoyenne. Les politiques de la peur de l’autre ne répondent nullement aux défis sociétaux d’aujourd’hui et de demain. Pour changer de cap, nous demandons :
La dépénalisation du séjour irrégulier…
…en supprimant l’article 75 de la loi du 15/12/1980*, condition sine qua non pour que les personnes puissent faire valoir leurs droits à la vie familiale, à la santé, au logement, à l’éducation, à la formation et bien sûr contre l’exploitation économique.
La régularisation des sans-papiers qui se trouvent en Belgique…
…grâce à : (2.1) L’inscription dans la loi de critères clairs et permanents de régularisation pour raisons humanitaires, que sont les attaches durables, le travail, l’inéloignabilité ou le risque d’atteinte à un droit fondamental en cas de retour. (2.2) La création d’une Commission indépendante permanente de régularisation chargée de l’analyse des demandes de régularisations pour raisons humanitaires (9bis).
Un élargissement conséquent des voies d’accès au séjour légal en Belgique…
… non seulement comme valeur et condition du respect des droits fondamentaux de tou(te)s, mais aussi comme nécessité. En effet, en vue de répondre aux réalités de la mobilité des citoyens aujourd’hui (pour des raisons économiques, de sécurité ou climatiques notamment), mais également aux besoins de notre société tant sur les plans économique, démographique, social et culturel, il faut élargir les possibilités d’accès légal au territoire belge (y compris par le travail).
La fin du critère du Réglement Dublin III…
… obligeant le premier pays européen par lequel le migrant arrive, à traiter la demande de protection internationale de ce dernier. Il faut prendre en compte les besoins et réalités spécifiques du migrant en recherche de protection afin de garantir un véritable respect de la Convention de Genève ** en ce compris le droit à la vie privée et familiale.
La fermeture des centres fermés et l’arrêt des expulsions…
… piliers d’une politique répressive, inefficace et extrêmement coûteuse pour l’Etat belge, et dont l’existence même contrevient aux libertés fondamentales et génèrent des atteintes quotidiennes aux droits et à la dignité humaine.
* Dispositions qui pénalisent le séjour irrégulier dans le Royaume.
** Convention internationale de 1951 qui définit les modalités selon lesquelles un État doit accorder le statut de réfugié aux personnes qui en font la demande, ainsi que les droits et les devoirs de ces personnes.
La protection des données collectées sur ce site est garantie par Framasoft. Seules les données encodées dans le formulaire sont accessibles au Collectif de soutien des sans-papiers de Liège. Ce dernier s’engage à utiliser ces données pour la seule et unique fin de soutien des propositions sus-mentionnées.
Voir la liste des signataires :
jeudi 10 janvier 2019 14:19 Leave a Comment
Midi du Monde et débats organisés par Solidarité Mondiale à Liège…
lundi 22 août 2016 11:57 Leave a Comment
Découvrez ci-dessous le panel des débats & conférences organisés par la commission Solidarité Mondiale Liégeoise
Retour sur un voyage d’immersion au Burkina Faso en 2015
mardi 10 mars 2015 14:29 Leave a Comment
Début février, un groupe de 12 militants et professionnels de la CSC, la Mutualité Chrétienne, Vie Féminine et la JOC de Liège ont participé durant 15 jours à un voyage d’immersion organisé par Solidarité Mondiale au Burkina Faso. La plupart n’étaient encore jamais allés dans ce pays mais un voyage similaire avec d’autres participants a eu lieu il y a 5 ans dont le but était déjà de rencontrer sur place les partenaires de Solidarité Mondiale, la CSC et la Mutualité Chrétienne de Liège, découvrir leur action et en témoigner par la suite.
Prévu au départ en novembre 2014, ce voyage a bien failli ne jamais avoir lieu. Entre les craintes liées à la propagation du virus Ebola et le soulèvement populaire d’octobre qui a réussi à faire tomber un pouvoir en place depuis 27 ans, nous avons finalement reporté le voyage début février 2015. Notre séjour s’est donc déroulé dans « un pays des hommes intègres » au début d’une transition démocratique pleine d’espoirs et d’inconnues qui devrait déboucher sur des élections dans moins d’un an. Dans ce contexte, voici quelques impressions qui viennent compléter celles de notre premier voyage en 2009.
La CNTB (Confédération Nationale des Travailleurs du Burkina)
Principal partenaire à nous accueillir, il s’agit d’une des confédérations syndicales les plus importantes du pays, présente depuis les années soixante et forte de plus de 120 000 affiliés, elle essaie de rassembler une multitude de syndicats autonomes structurés par entreprises ou corporations. Plus que jamais, de nombreuses difficultés et enjeux concernent actuellement l’action syndicale de la CNTB :
Plus encore que lors de notre voyage de 2009, le pays continue de subir des fermetures d’entreprises nationales ou privées ainsi qu’une ouverture à la mondialisation qui ne laisse aucune chance à d’éventuels productions locales face à ce qui peut arriver moins cher de Chine ou d’ailleurs. De plus, l’extrême dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur ne facilite pas le travail syndicale : suite à 27 ans de pouvoir particulièrement ouvert aux investissements étrangers, pas une entreprise ou une mine derrière laquelle ne se trouvent des investisseurs français, libanais, canadiens, chinois ou qataris ; des routes, des projets d’approvisionnement en eau potable, des cultures financés par les américains, les japonais ou Taïwan sans parler des myriades d’ONG et de partenariats de Belgique ou d’ailleurs…Face à cette situation, quel sera la position du pouvoir qui devrait prendre place en novembre prochain avec un déficit budgétaire de l’état très important ? Certains délégués d’entreprises nous ont par exemple parlé de la nécessité urgente de modifier l’actuel code du travail entièrement tourné selon eux vers l’intérêt des investisseurs étrangers en dépit de celui des travailleurs.
Vu les conditions de pauvreté et la place minoritaire du travail salarié « formel » dans le pays, il est très difficile pour un syndicat comme la CNTB d’être financièrement autonome via des cotisations. Pour compléter ces dernières le syndicat reste dépendant des appuis extérieurs comme celui de Solidarité Mondiale et la CSC de Liège ou du soutien de l’Etat burkinabè. Dans ces conditions, le syndicat n’a par exemple pas les moyens de fournir des indemnités de grève et reste donc très limité dans ses moyens de pression. Cela explique en partie la priorité que la CNTB donne à la négociation et au dialogue avec les patrons même si cela va parfois à l’encontre d’une vision plus combative de l’action syndicale que nous pouvons avoir en tant que partenaires belges…
Cohabitation ethnique et religieuse
Pour finir, on souhaite mettre en avant l’admirable cohabitation religieuse et ethnique que l’on a pu une nouvelle fois apprécier au Burkina Faso surtout vu l’actualité internationale liée au fanatisme religieux et la proximité de ce pays avec le Mali. Durant nos rencontres nous avons pu observer à quel point chrétiens et musulmans vivent, prient, travaillent ou se marient entre eux sans que cela ne semble poser de problème.
Une des raisons en est peut-être que la religion n’est qu’une composante de l’identité des burkinabés parmi bien d’autres (traditionnelles, ethniques ou géographiques…) et que, malgré toutes les difficultés qu’ils connaissent, les Burkinabès réussissent à maintenir vivantes certaines de leurs valeurs et traditions, notamment via les réseaux de chefs coutumiers, qui paraissent d’efficaces remparts au radicalisme et à la violence. Espérons que cela puisse durer face à une mondialisation subie, inégale et destructrice de lien social de par la misère et le manque d’emploi qu’elle engendre. Tenant compte également du mécontentement exprimé dans la rue en octobre dernier d’une partie de plus en plus pauvre et jeune de la population pour qui les élections prévues fin 2015 devront répondre à beaucoup d’attentes et d’espoir de changement…

References: CSC 

CSC 
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 CSC 
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