Source: http://www.larchange.org/viewtopic.php?f=53&t=765
Timestamp: 2020-07-02 21:16:18+00:00

Document:
Résumé de théologie dogmatique, Livre I : Fondements du savoir théologique - Mi ca El !?
#1 Message par chartreux » mer. 05 sept. 2018 14:52
Ci-dessous la version française du résumé anglais écrit par les le Dr Joseph Wilhelm et le Fr. Scannell du Livre I de la Dogmatik de l'abbé Scheeben. La traduction est faite à partir de la quatrième édition publiée en 1909. Ce texte initial sera désigné en abregé par le sigle SWS constitué des initiales des auteurs.
#2 Message par chartreux » mer. 05 sept. 2018 14:53
Dédicace de SWS a écrit : UMBRA IN LEGE
IMAGO IN EVANGELIO
VERITAS IN COELO.
(S. Ambr. in Ps. XXXVIII)
#3 Message par chartreux » mer. 05 sept. 2018 14:58
Table des matières de SWS a écrit :
Introduction, I. Définition et division de la théologie.
Introduction, II. Brève histoire de la théologie.
Introduction, II.A. L'époque ancienne ou patristique.
Introduction, II.B. L'époque médiévale ou scolastique.
Introduction, II.C. L'époque moderne.
Introduction, III. Rôle de la théologie aujourd'hui - plan de cet ouvrage.
PREMIÈRE PARTIE. LES PRINCIPES OBJECTIFS DU SAVOIR THÉOLOGIQUE.
I, Chapitre 1. La révélation.
I, C1, §1. La notion de révélation - les trois degrés de révélation.
I, C1, §2. La nature et la Révélation naturelle.
I, C1, §3. De la nécéssité d'une Révélation positive ; son objet. Son caractère surnaturel.
I, C1, §4. De l'objet de la Révélation surnaturelle - les mystères.
I, C1, §5. Le domaine propre de la Révélation.
I, C1, §6. Progrès de la Révélation.
I, Chapitre 2. La transmission de la Révélation.
I, C2, §7. La théorie catholique et la théorie protestante concernant les modes de transmission et de préservation de la Révélation.
I, C2, §8. Explications supplémentaires sur la théorie catholique.
I, C2, §9. Démonstration de la vérité de la théorie catholique.
I, C2, §10. Organisation de l'apostolat enseignant - les deux pouvoirs et les deux ordres hiérarchiques institués par le Christ.
I, C2, §11. Organisation de l'apostolat enseignant (suite). Organisation de l'Église enseignante.
I, C2, §12. Organisation de l'apostolat (suite) : les membres auxiliaires de l'Église enseignante.
I, C2, §13. Organisation de l'apostolat (suite) : union organique entre l'Église enseignante et le corps des fidèles.
I, C2, §14. Organisation de l'apostolat (suite et fin) : indéfectibilité externe et interne de la doctrine et de la foi dans l'Église - récapitulation.
I, C2, §15. Progrès graduel de la transmission de la Révélation. Dépôt apostolique, tradition ecclésiastique, règle de foi.
I, Chapitre 3. Le dépôt apostolique révélé.
I, C3, §16. L'Écriture Sainte est la parole écrite de Dieu.
I, C3, §17. L'Écriture Sainte comme source de savoir théologique.
I, C3, §18. Le système faux et contradictoire des Protestants concernant la place et le l'importance de l'Écriture Sainte.
I, C3, §19. La place et l'importance de l'Écriture Sainte dans le système catholique.
I, C3, §20. Décisions de l'Église concernant le choix du texte et l'interprétation de l'Écriture.
I, C3, §21. Le dépot apostolique oral, c'est-à-dire la Tradition au sens restreint du mot.
I, Chapitre 4. La tradition ecclésiastique.
I, C4, §22. Origine et croissance de la tradition ecclésiastique.
I, C4, §23. Les divers modes par lesquels le témoignage de la Tradition est donné dans l'Église.
I, C4, §24. La tradition documentaire, expression de la Tradition vivante.
I, C4, §25. Règles pour déduire la vérité révélée de la Tradition ecclésiastique.
I, C4, §26. Les écrits des Pères.
I, C4, §27. Les écrits des théologiens.
I, Chapitre 5. La règle de foi.
I, C5, §28. La règle de foi, considérée dans sa généralité, et dans son sens actif.
I, C5, §29. Les dogmes et les opinions libres.
I, C5, §30. Généralités sur les définitions et les décisions judiciaires.
I, C5, §31. Les jugements du Pape et leur infaillibilité.
I, C5, §32. Les conciles généraux.
I, C5, §33. Les congrégations romaines, les conciles locaux et particuliers.
I, C5, §34. Les censures dogmatiques.
I, C5, §35. Le développement du dogme.
I, C5, §36. Les principaux documents dogmatiques - les symboles et les décrets.
DEUXIÈME PARTIE. LE SAVOIR THÉOLOGIQUE CONSIDERÉ EN LUI-MÊME, OU SUBJECTIVEMENT.
II, Chapitre 1. La foi.
II, C1, §37. Étymologie de divers mots signifiant la foi. La vraie notion de la foi.
II, C1, §38. La nature de la foi théologique.
II, C1, §39. L'objet formel, appelé aussi motif de la foi.
II, C1, §40. L'objet de la foi.
II, C1, §41. Les motifs de crédibilité.
II, C1, §42. La Foi et la Grâce.
II, C1, §43. La coopération humaine dans l'acte de foi - la foi est un acte libre.
II, C1, §44. La certitude suprême de la foi.
II, C1, §45. La nécéssité de la foi.
II, Chapitre 2. La foi et la compréhension.
II, C2, §46. Doctrine du concile du Vatican sur la compréhension de la foi.
II, C2, §47. Le savoir théologique.
II, C2, §48. Caractère scientifique de la théologie.
II, C2, §49. Rang de la théologie parmi les sciences.
II, C2, §50. Les trois grandes branches de la théologie - fondamentale, positive et spéculative.
II, C2, §51. Relation entre la raison et la foi.
II, C2, §52. La théologie, science sacrée.
II, C2, §53. Le progrès de la science théologique.
Dernière modification par chartreux le mer. 08 janv. 2020 12:08, modifié 56 fois.
#4 Message par chartreux » mer. 05 sept. 2018 15:04
SWS, Livre I, Préface, Cardinal Manning traduit par le chartreux a écrit : Le Dr. Wilhelm et le Fr. Scannell ont rendu un très grand service à tous les fidèles anglophones en traduisant la Dogmatik de l'abbé Scheeben, et en condensant cette traduction destinée à une étude très attentive.
Saint Anselme, dans son ouvrage Cur Deus Homo ? écrit, "L'ordre normal des choses est que commencions par croire les choses profondes de la foi chrétienne avant d'oser les analyser par la raison, mais cela me semble être une négligence de ne pas étudier pour comprendre ce que l'on croit, une fois que l'on a été confirmé dans la foi."
La Dogmatik de l'abbé Scheeben est un exposé très étendu sur les choses profondes de la foi, à la lumière de l'intelligence guidée par l'illumination de l'Église. Bien que, comme l'enseignait Grégoire de Valence, en accord avec les écoles catholiques, la théologie n'est pas à proprement parler une science, puisqu'elle ne peut être épuisée par une énumération de principes évidents en eux-mêmes, elle est néanmoins au-dessus de toutes les sciences, car elle nous la donne la science de Dieu et des saints, qu'autrement nous ne connaîtrions que par la révélation et la foi.
#5 Message par chartreux » jeu. 06 sept. 2018 14:25
SWS, Livre I, Préface, Cardinal Manning traduit par le chartreux a écrit :
En ce sens on peut dire que la théologie est une sagesse au-dessus de toutes les sciences ; mais on peut aussi l'appeler science pour plusieurs raisons. Premièrement par ce que, si elle n'est pas une science par ses principes, c'en est une dans sa forme, dans ses méthodes, dans sa démarche, dans son développement et sa transmission ; et par ce que, si ses principes ne sont pas auto-évidents, ils sont néanmoins dans la région la plus élevée de l'infailliblement certain ; et par ce que beaucoup parmi ces principes sont des vérités éternelles et nécéssaires.
Ainsi, la révélation contemplée et retransmise exactement et avec méthode, peut être appelée science, et même la reine des sciences, la tête de la hiérarchie du vrai. Elle possède, autant que son sujet le permet, toute les qualités d'une science : la certitude opposée au doute, la précision opposée à l'à-peu-près, l'harmonie opposée à la discorde, l'unité opposée à l'incohérence, le progrès opposé à la dissolution et à la stagnation.
#6 Message par chartreux » ven. 07 sept. 2018 9:27
La connaissance et la foi en l'existence de Dieu n'ont jamais été complètement éteintes de l'esprit humain. Les divers polythéismes et idolâtries qui ont éclipsé cette connaissance étaient des corruptions d'une vérité centrale et dominante, qui, bien qu'obscurcie n'a jamais été complètement perdue. La tradition autour de cette vérité s'identifie avec les opérations les plus élevées et les plus pures de la raison naturelle, c'est-à-dire l'opération de l'intellect sur le monde. La grande masse de l'humanité, si dégenerée soit-elle, a toujours été théiste. L'athéisme, comme la cécité physique, était une exception et une anomalie. Le théisme de la révélation primitive était à la base de la vision païenne du monde. Le théisme de la révélation patriarcale était à la base de la vision des Hébreux. Le théisme révelé par l'incarnation est à la base de la vision chrétienne. Sapientia aedificavit sibi domum. La science ou encore connaissance de Dieu s'est établie un tabernacle dans l'intellect humain, s'y est installée et y réside. L'accomplissement le plus élevé de la science intellectuelle, c'est l'expression scientifique de la théologie de la foi. Mais du début à la fin, la raison humaine est disciple et non pas critique de la révélation divine : la science la plus élevée commence par le préambule des lumières naturelles, puis la foi ; et dès qu'elle a reçu ses axiomes de la foi, elle se développe par une procession de vérité à vérité.
#7 Message par chartreux » sam. 08 sept. 2018 10:29
La grande valeur du travail de Scheeben est dûe à sa méthode scientifique, sa terminologie, sa procédure, son unité. Il faut non seulement le lire, mais aussi l'étudier, avec une attention patiente et un désir consciencieux de comprendre. Les lecteurs pressés éjectent de leur esprit les passages qu'ils ne comprennent pas rapidement. Les étudiants attentifs ne laissent rien passer qu'ils n'aient pas bien assimilé. Telle est la façon dont on doit utiliser ce livre.
Toutes les parties de cet ouvrage sont bonnes et utiles, mais la meilleure est peut-être le premier tome, sur les sources de la connaissance théologique, et le deuxième, sur Dieu en son unité et sa trinité. Qui parvient à dominer ce deuxième tome a atteint la source du fleuve de la Vie.
#8 Message par chartreux » lun. 10 sept. 2018 11:39
Parmi toutes les moqueries superstitieuses et insensées - et il y en a eu beaucoup - avec lesquelles le monde a nargué le concile du Vatican, aucune n'est plus profondément stupide que la boutade disant qu'au XIXème siècle un concile s'est tenu pour déclarer solenellement l'existence de Dieu. En fait, c'est de cette vérité dont le XIXème siècle a besoin plus que tout autre. Car comme dit S. Jérôme, Homo sine cognitione Dei, pecus. Ce que le concile a réellement solonnellement déclaré, c'est non pas l'existence de Dieu, mais que cette existence pouvait être connue avec certitude par la raison humaine, en scrutant l'univers créé. C'est la lumière infaillible de l'ordre naturel. Est convaincu du besoin de cette définition quiconque est au courant des philosophies ayant cours actuellement en Allemagne et en France, le rationalisme, le scepticisme, le naturalisme qui sont omniprésents dans la littérature, l'opinion publique, et les actions politiques du monde moderne. C'était l'erreur dominante de cette époque, qui exigeait un redressement fait par le concile.
#9 Message par chartreux » mar. 11 sept. 2018 12:35
La deuxième grande erreur était la corrosion insidieuse de l'autorité du Saint-Siège, qui pendant deux cent ans avait gêné le travail d'enseignement de l'Église, non seulement dans les contreverses avec ses adversaires, mais aussi, souvent dans le travail de direction des fidèles. La définition du magistère infaillible du Pontife Romain a mis fin à cette période de troubles. La certitude divine de l'ordre surnaturel vient compléter l'infaillibilité de la connnaissance de Dieu dans la révélation qu'Il donne de Lui-même, à la fois dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel. Tel fut le travail du concile du Vatican dans sa mémorable session, où s'appuyant spécialement sur les conciles de Florence et de Trente, il a défini la certitude de la foi. Scheeben a magistralement et lumineusement exposé cette certitude dans ses deux premiers tomes.
Henry Edward, Archevêque. Épiphanie 1890.
#10 Message par chartreux » mer. 12 sept. 2018 11:00
SWS, Livre I, Introduction, I traduit par le chartreux a écrit :
I. Définition et division de la théologie.
Le mot "théologie" veut dire science de Dieu. Dans cette science, Dieu est à la fois le sujet, la source et l'objet ; c'est pourquoi son caractère divin est on ne peut mieux exprimé par l'adage, "La théologie enseigne à propos de Dieu, par Dieu, et amène à Dieu." (Theologie Deum docet, a Deo docetur, et ad Deum ducit). La théologie peut être vue objectivement comme doctrine, ou subjectivement comme savoir. Mais tout savoir concernant le divin n'est pas théologie, surtout pas les simples appréhensions. Le terme ne s'applique qu'au savoir scientifiquement ordonné ; c'est par conséquent la théologie au sens technique et l'exposé scientfique de la doctrine sur Dieu et les choses divines.
La connaissance de Dieu qui s'obtient par le moyen de la Révélation est dite théologie révélée, par opposition à la théologie naturelle, qui ne dépend que de la raison humaine. Ce que Paley et d'autres écrivains anglais appellent Natural Theology , savoir une connaissance de Dieu obtenue à partir de l'étude de la nature, ne constitue qu'une partie de la théologie naturelle totale.

References: §1
 §2
 §3
 §4
 §5
 §6
 §7
 §8
 §9
 §10
 §11
 §12
 §13
 §14
 §15
 §16
 §17
 §18
 §19
 §20
 §21
 §22
 §23
 §24
 §25
 §26
 §27
 §28
 §29
 §30
 §31
 §32
 §33
 §34
 §35
 §36
 §37
 §38
 §39
 §40
 §41
 §42
 §43
 §44
 §45
 §46
 §47
 §48
 §49
 §50
 §51
 §52
 §53