Source: https://laconnaissanceouverteetsesennemis.blogspot.fr/2013/01/index-nietzsche-12-la-revolution.html
Timestamp: 2017-03-01 19:56:36+00:00

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CONNAISSANCE OUVERTE: INDEX NIETZSCHE (13/16) : LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Frédéric Nietzsche et la Révolution française
INDEX NIETZSCHE 2/16) : "DIEU", LA RELIGION Le Voyageur et son ombre (1880),
§ 221 : « La dangerosité des Lumières. — C’est
un ensemble de traits quasi déments, histrioniques, bestialement cruels,
voluptueux, et surtout d’une sentimentalité toujours prête à se griser
d’elle-même, qui constituent le fonds proprement révolutionnaire et qui, avant la Révolution, s’étaient incarnés
dans la personne et le génie de Rousseau : or, l’être qu’ils définissent
trouva encore, avec un enthousiasme perfide, à poser la philosophie des
Lumières sur sa tête fanatique ; et celle-ci se mit à resplendir comme
transfigurée par ce nimbe, ces mêmes Lumières qui lui étaient étrangères au
fond et qui, agissant d’elles-mêmes, auraient comme un brillant rayon
tranquillement traversé les nuées, longtemps satisfaites de réformer les
individus seulement, en sorte qu’elles auraient aussi réformé, quoique très
lentement, les mœurs et les institutions des peuples. Mais dès lors, lié à un
phénomène violent et brutal, la philosophie des Lumières se fit elle-même
violente et brutale. Le danger qu’elle représente en est devenu presque plus
grand que l’élément utile d’émancipation et d’éclaircissement qu’elle a
introduit dans le vaste mouvement révolutionnaire. Qui comprendra cela saura
aussi de quelle confusion il s’agit de la tirer et de quelle salissure la
purifier, afin de continuer ensuite
l’œuvre des Lumières, pour elle-même,
et d’étouffer en germe la Révolution, après coup, de faire qu’elle n’ait pas
été. » [Die Gefährlichkeit der Aufklärung. — Alles das Halbverrückte, Schauspielerische, Thierisch-Grausame, Wollüstige, namentlich Sentimentale und Sich-selbst-Berauschende, was zusammen die eigentlich revolutionäre Substanz ausmacht und in Rousseau, vor der Revolution, Fleisch und Geist geworden war, — dieses ganze Wesen setzte sich mit perfider Begeisterung nochdie Aufklärung auf das fanatische Haupt, welches durch diese selber wie in einer verklärenden Glorie zu leuchten begann: die Aufklärung, die im Grunde jenem Wesen so fremd ist und, für sich waltend, still wie ein Lichtglanz durch Wolken gegangen sein würde, lange Zeit zufrieden damit, nur die Einzelnen umzubilden: sodass sie nur sehr langsam auch die Sitten und Einrichtungen der Völker umgebildet hätte. Jetzt aber, an ein gewaltsames und plötzliches Wesen gebunden, wurde die Aufklärung selber gewaltsam und plötzlich. Ihre Gefährlichkeit ist dadurch fast grösser geworden, als die befreiende und erhellende Nützlichkeit, welche durch sie in die grosse Revolutionsbewegung kam. Wer diess begreift, wird auch wissen, aus welcher Vermischung man sie herauszuziehen, von welcher Verunreinigung man sie zu läutern hat: um dann, an sich selber, das Werk der Aufklärungfortzusetzen und die Revolution nachträglich in der Geburt zu ersticken, ungeschehen zu machen.]
V, § 350 : "ce fut la Révolution française qui plaça définitivement et solennellement le sceptre dans la main de « l’homme bon » (de la brebis, de l’âne, de l’oie, et de tout ce qui est incurablement plat et braillard et mûr pour la maison de fous des « idées modernes »). [erst die französische Revolution hat dem „guten Menschen“ das Scepter vollends und feierlich in die Hand gegeben (dem Schaf, dem Esel, der Gans und Allem, was unheilbar flach und Schreihals und reif für das Narrenhaus der „modernen Ideen“ ist).]
II « L’esprit libre », § 38 :
« Comme il en advint encore récemment, dans toute la lumière des temps nouveaux, de la
Révolution française, cette farce sinistre et superflue (1) si on la regarde de
près, mais que les nobles et enthousiastes spectateurs de l’Europe entière, qui
la suivirent si longuement et si passionnément de loin, interprétèrent au gré
de leurs indignations ou de leurs enthousiasmes jusqu’à ce que le texte disparût sous l’interprétation, de même il
se pourrait qu’une noble postérité travestît encore une fois le sens de tout le
passé et par là en rendit peut-être la vue supportable. – Ou plutôt, n’est-ce
pas déjà chose faite ? Ne fûmes-nous pas nous-mêmes cette « noble
postérité » ? Et ce passé, dans la mesure où nous sommes conscients
d’un tel phénomène, n’est-il pas du même coup aboli ? » [Wie es zuletzt noch, in aller Helligkeit der neueren Zeiten, mit der französischen Revolution gegangen ist, jener schauerlichen und, aus der Nähe beurtheilt, überflüssigen Posse, in welche aber die edlen und schwärmerischen Zuschauer von ganz Europa aus der Ferne her so lange und so leidenschaftlich ihre eignen Empörungen und Begeisterungen hinein interpretirt haben, bis der Text unter der Interpretation verschwand: so könnte eine edle Nachwelt noch einmal die ganze Vergangenheit missverstehen und dadurch vielleicht erst ihren Anblick erträglich machen. — Oder vielmehr: ist dies nicht bereits geschehen? waren wir nicht selbst — diese „edle Nachwelt“ ? Und ist es nicht gerade jetzt, insofern wir dies begreifen, — damit vorbei ?]
1. Autres qualifications ou métaphorisations : Une conquête (Portalis, Jaurès) Une épidémie de l’esprit (Sénac de Meilhan) Une conversion totale du gouvernement d’un peuple (Chateaubriand) Un retour du factice au réel (Victor Hugo) Un simple déménagement (Goncourt) Un bloc (Clémenceau) Les vacances de la vie (André Malraux) Un bloc de contradictions (B. Charbonneau) Un problème qui se donne pour une solution (J. Julliard) III
« Le phénomène religieux », § 46 : « La philosophie
« éclairée » indigne : l’esclave veut de l’absolu, il ne
comprend que ce qui est tyrannique, en morale comme ailleurs, il aime comme il
hait, profondément, jusqu’à la douleur, jusqu’à la maladie ; ses
souffrances nombreuses et cachées se révoltent contre le goût aristocratique
qui semble nier la souffrance. Le scepticisme à l’égard de la souffrance,
simple attitude, au fond, de la morale aristocratique, n’a pas peu contribué à
susciter la dernière grande révolte d’esclaves qui a commencé avec la
Révolution française. » [Die „Aufklärung“ empört: der Sklave nämlich will Unbedingtes, er versteht nur das Tyrannische, auch in der Moral, er liebt wie er hasst, ohne Nuance, bis in die Tiefe, bis zum Schmerz, bis zur Krankheit, — sein vieles verborgenes Leiden empört sich gegen den vornehmen Geschmack, der das Leiden zu leugnen scheint. Die Skepsis gegen das Leiden, im Grunde nur eine Attitude der aristokratischen Moral, ist nicht am wenigsten auch an der Entstehung des letzten grossen Sklaven-Aufstandes betheiligt, welcher mit der französischen Revolution begonnen hat.]
« Contribution à l’histoire naturelle de la morale », § 191 :
« L'instinct, ou comme disent les chrétiens la "foi", ou comme je dis, moi, le "troupeau" l'a emporté jusqu'ici en matière de morale. Il faudrait faire une exception pour Descartes, le père du rationalisme (et par conséquent le grand-père de
la Révolution), qui ne reconnaissait pas d'autre autorité que celle de la raison ; mais la raison n'est qu'un instrument, et Descartes était superficiel. » [in Dingen der Moral hat bisher der Instinkt, oder wie die Christen es nennen, „der Glaube“, oder wie ich es nenne, „die Heerde“ gesiegt. Man müsste denn Descartes ausnehmen, den Vater des Rationalismus (und folglich Grossvater der Revolution), welcher der Vernunft allein Autorität zuerkannte: aber die Vernunft ist nur ein Werkzeug, und Descartes war oberflächlich.]
VII « Nos vertus », § 239 : « Depuis la Révolution française l'influence de la femme a diminué en Europe à mesure qu'elle obtenait plus de droits et formulait plus de prétentions : et « l'émancipation de la femme », pour autant qu'elle est le vœu et l'œuvre des femmes elles-mêmes (et non pas seulement des imbéciles de l'autre sexe), se révèle comme un des symptômes les plus remarquables du graduel affaiblissement, du dépérissement des instincts les plus essentiellement féminins.» [Seit der französischen Revolution ist in Europa der Einfluss des Weibes in dem Maasse geringer geworden, als es an Rechten und Ansprüchen zugenommen hat; und die „Emancipation des Weibes“, insofern sie von den Frauen selbst (und nicht nur von männlichen Flachköpfen) verlangt und gefördert wird, ergiebt sich dergestalt als ein merkwürdiges Symptom von der zunehmenden Schwächung und Abstumpfung der allerweiblichsten Instinkte.]
IX, « Qu’est-ce qui est aristocratique ? », § 258 : Quand une aristocratie, comme celle de la France au début de la Révolution, rejette ses privilèges dans un geste de dégoût sublime et tombe victime des visées extravagantes de son sens moral, on doit parler de corruption : ce geste ne fut au fond que le dernier acte d'une corruption séculaire, qui l'avait amenée à se démettre graduellement de ses prérogatives seigneuriales pour se contenter d'être une fonction de la monarchie (elle ne fut plus, à la fin, que sa parure). [Wenn zum Beispiel eine Aristokratie, wie die Frankreichs am Anfange der Revolution, mit einem sublimen Ekel ihre Privilegien wegwirft und sich selbst einer Ausschweifung ihres moralischen Gefühls zum Opfer bringt, so ist dies Corruption].
I « " Bon et méchant ", " bon et mauvais " [„Gut und Böse“, „Gut und Schlecht“] », §
16 : « Dans un sens plus décisif, plus radical encore, la Judée triomphe une fois de plus de l’idéal classique avec la Révolution française :
la dernière noblesse politique de l’Europe, celle du XVIIe et du XVIIIe siècle français, s’écroule sous la poussée des
instincts populaires du ressentiment – jamais sur Terre on n'avait connu allégresse plus grande, enthousiasme plus tapageur. Au milieu de ce vacarme se produisit la chose la plus inattendue, la plus énorme : avec une magnificence jusqu'alors inconnue, l'idéal antique lui-même se présenta en chair et en os au regard et à la conscience de l'humanité, – et de nouveau, mais plus fortement, plus simplement, de façon plus insistante que jamais, face au vieux mot d'ordre mensonger du ressentiment publiant le privilège de la majorité, face à la volonté de bassesse, d'humiliation et de nivellement de déclin de l'homme, retentit le mot d'ordre contraire, effrayant et enchanteur, du privilège de la minorité. » [In einem sogar entscheidenderen und tieferen Sinne als damals kam Judäa noch einmal mit der französischen Revolution zum Siege über das klassische Ideal: die letzte politische Vornehmheit, die es in Europa gab, die des siebzehnten und achtzehntenfranzösischen Jahrhunderts brach unter den volksthümlichen Ressentiments-Instinkten zusammen, — es wurde niemals auf Erden ein grösserer Jubel, eine lärmendere Begeisterung gehört! Zwar geschah mitten darin das Ungeheuerste, das Unerwartetste: das antike Ideal selbst trat leibhaft und mit unerhörter Pracht vor Auge und Gewissen der Menschheit, — und noch einmal, stärker, einfacher, eindringlicher als je, erscholl, gegenüber der alten Lügen-Losung des Ressentiment vom Vorrecht der Meisten, gegenüber dem Willen zur Niederung, zur Erniedrigung, zur Ausgleichung, zum Abwärts und Abendwärts des Menschen die furchtbare und entzückende Gegenlosung vom Vorrecht der Wenigsten !]
§ 11 : « Kant n’a-t-il pas vu dans la
Révolution française le passage de la forme inorganique de l’Etat à sa forme organique ? § 62 : « Le ver du péché, par exemple : c'est de cette misère-là que le christianisme a enrichi l'humanité ! – "L'égalité des âmes devant Dieu", ce faux-semblant, ce prétexte offert aux rancunes de toutes
les âmes viles, cette notion explosive, qui finalement s’est faite Révolution, idée moderne et principe du déclin de toute l'organisation sociale, – c'est de la dynamite chrétienne ... Les bienfaits "humanitaires" du christianisme ! Arriver à produire à partir de l'humanitas une auto-contradiction, un art de s'auto-avilir, une volonté de mensonge à tout prix, une aversion et un mépris pour tous les instincts bons et francs !» [„Humanitäre“ Segnungen des Christenthums! Aus der humanitas einen Selbst-Widerspruch, eine Kunst der Selbstschändung, einen Willen zur Lüge um jeden Preis, einen Widerwillen, eine Verachtung aller guten und rechtschaffnen Instinkte herauszuzüchten! —]
INDEX NIETZSCHE 2/16) : "DIEU", LA RELIGION CULTURE ET ÉDUCATION (14/16)

References: § 221
 § 350
 § 38
 § 46
 § 191
 § 239
 § 258
 §
16

§ 11
 § 62