Source: http://nptdumois.blogspot.com/2017/07/n64-art4-les-thes-au-jasmin-de-fuzhou.html
Timestamp: 2018-01-17 19:34:11+00:00

Document:
La Nouvelle Presse du Thé: l'édition à rubriques: N°64 Art.4 Les thés au jasmin de Fuzhou, Fujian, Chine
N°64 Art.4 Les thés au jasmin de Fuzhou, Fujian, Chine
Il s’agit là d’une sorte de binome de cultures, théiers et jasmins, qui remonte à la dynastie des Tang (618-907) et que l’on cherche à faire revivre après la rupture des traditions suite aux bouleversements des guerres mondiales et de la révolution culturelle. Le retour progressif à la propriété privée après la mort de MAO Zedong a permis à de nombreuses familles d’anciens propriétaires de renouer avec un patrimoine théicole local. De nouvelles sociétés très performantes ont ainsi pu être crées, souvent sous l’aile protecteur du Partie Communiste Chinois -PCC et avec son appui, afin de restaurer, faire revivre et reprendre en main.
Cela est notamment le cas au Fujian, province côtière et qui est la plus importante pour la production de thé, apportant à elle seule plus de 15% du volume total du thé en Chine: 402.300 t en 2015
La production du thé de la province du Fujian se concentre principalement autour de trois grands ensembles : les pentes du Wuyi shan avec les thés des rochers, le Nord-Est maritime avec les thés blancs de Fuding et puis les collines autour de Anxi, qui fournissent les célèbres TieGuanYin. Mais il y a aussi d’autres régions moins vastes dont notamment les collines près de la Capitale, Fuzhou où l’on trouve une production à la tradition très ancienne : les thés au jasmin.
Arrivés de l’Empire Perse vers le début de notre aère le jasmin a immédiatement pris racine dans cette Chine du sud, aux villes portuaires faisant commerce avec toute l’Asie du sud est comme Quanzhou, d’où est partie la grande flotte de l’Amiral Zheng He, Xiamen en face de Taiwan, Fuzhou à l’embouchure de la tumultueuse rivière Min. La culture du jasmin s’est donc installée près de Fuzhou dans un climat très favorable qui a fait prospérer cette plante qui s’y est rapidement diversifiée. L’arrivée du Bouddhisme sous les Tang et la généralisation de la consommation du thé, principalement du thé vert à l’époque, a entrainé plus de recherche et de raffinement. Ainsi l’imprégnation du thé avec les fleurs de jasmin a été expérimentée et aussi tôt fait fureur, cette tasse exquise est devenue rapidement l’élixir des courtisans.
Les siècles ont passé et le thé au jasmin est resté une tasse très prisée, notamment dans la Chine du Nord, en sorte que la culture du jasmin a été installée plus tard aussi dans d’autres provinces. Aujourd’hui la plus grande région productrice de jasmin est la région autonome du Hengxian, dans le Guangxi, avec une récolte qui permet la production de plus de 65.000t/an de thés au jasmin, deux tiers du total. Mais le Fujian a repris sa production traditionnelle autour de Fuzhou vers les années 2005 et veut se positionner comme le fournisseur premium de longue date. Actuellement cette production se monte à environ 12.000 t de thés au jasmin par an, dont un tiers part à l’exportation vers Singapour, le Japon, la Russie, l’Europe et les USA.
Pour mettre en valeur ses cultures un dossier a été soumis à la FAO en 2012, pour obtenir le classement en GHIAS, système agricole patrimonial et d’intérêt global, et ce label a été obtenu en 2014 !
On y souligne que dans la région de Fuzhou on cultive à la fois les thés, en altitude et des jasmins particulièrement parfumés dans la plaine fluviale, pour procéder sur place aux opérations très délicates du transfert des huiles essentielles des fleurs aux feuilles de thé.
C’est un savoir faire ancestrale et qui requière expérience, pratique et dextérité pour choisir les boutons de fleurs, cueillis après la rosée du matin et qui devront pouvoir s’ouvrir ce même soir, après avoir été mélangés avec le thé. Tout est minuté, rien ne peut attendre le lendemain, les fleurs sont épuisées après environ 12 heures d’imprégnation, on les élimine et des fleurs fraîches sont apportés pour renouveler l’opération. A noter qu’un thé au jasmin premium va subir au moins sept séries d’imprégnations ! A noter aussi que le jasmin fleurit en juillet et août, donc 2 mois de récolte seulement.
Dans le dossier pour la FAO on précise que 30% de la population régionale tire son revenu de cette culture.D' d’importantes campagnes de promotion font valoir la qualité de ces thés, à la fois en ce qui concerne les matières agricoles mises en œuvre et le savoir faire ancestral des producteurs.
Il y a quelques grandes sociétés qui se partagent cette production dans les environs de Fuzhou, dont la plus grande est le Chunlun Tea Group, fondée en 1985, et gérée par les frères jumeau FU Tianfu et FU Tianlong, l'un d'eux , le premier à gauche,reçoit sa plaque de médaille sur la photo!
http://www.chunlun.com
suivi de Aofeng Minrong Tea Company , crée en 1982
www.minrongtea.cn
et puis de Dingshou Tea Company.
Une belle réussite et qui réstaure un modèle agricole ancien avec des moyens de production du 21e siècle.
Posted by Barbara Dufrêne at 23:11
Labels: No64
N°64 Art.1 Les petits producteurs de thé
N°64 Art.2 La Kenya Tea Development Agency - KTDA
N°64 Art.3 Le Thé Pourpre du Kenya, nouveau et ri...
N°64 Art.4 Les thés au jasmin de Fuzhou, Fujian, C...
N°64 Art.5 Le "Buchu " par Dominique Cairol
N°64 Art.6 La World Fair Trade Organization

References: Art.4
 Art.4
 Art.1
 Art.2
 Art.3
 Art.4
 Art.5
 Art.6