Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20020621-243704
Timestamp: 2017-04-27 12:59:34+00:00

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France, Conseil d'État, 10 / 9 ssr, 21 juin 2002, 243704
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Sens de l'arrêt : RejetType d'affaire : AdministrativeType de recours : RéféréNumérotation : Numéro d'arrêt : 243704Numéro NOR : CETATEXT000008030225 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-06-21;243704 Analyses : PROCEDURE - PROCEDURES D'URGENCE - Référé suspension (article L - 521-1 du code de justice administrative) - Condition d'octroi de la mesure de suspension demandée - Doute sérieux quant à la légalité de la décision - Existence - Désignation - au sein d'un organe professionnel représentatif régional - d'un membre d'une organisation professionnelle non représentative au niveau de cette région.54-03 En jugeant que la désignation d'un membre d'une organisation professionnelle non représentative au niveau régional au sein du comité régional des transports, de la section des transports de marchandises et de la commission des sanctions administratives de ce comité, était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, au regard des dispositions du décret n°84-139 du 14 février 1984, le juge des référés du tribunal administratif, qui s'est livré à une appréciation souveraine des faits exempte de dénaturation, n'a pas commis d'erreur de droit.Texte : Vu le recours du MINISTRE DE L'EQUIPEMENT, DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT, enregistré le 4 mars 2002 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat ; le ministre demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'ordonnance du 14 février 2002 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux a suspendu l'exécution des arrêtés du 27 décembre 2001 du préfet de la région Aquitaine désignant les membres du comité régional des transports d'Aquitaine, de la section des transports de marchandises et de la commission des sanctions administratives de ce comité ;
2°) de condamner M. Jean-Pierre X... et l'Union Régionale du Syndicat des Transports Routiers d'Aquitaine (URSTRA) à verser à l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- le rapport de M. Mochon, Maître des Requêtes, - les observations de la SCP Parmentier, Didier, avocat du MINISTRE DE L'EQUIPEMENT, DES TRANSPORTS, DU LOGEMENT, DU TOURISME ET DE LA MER et de Me Delvolvé, avocat de M. X..., - les conclusions de Mme Maugüé, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (.) le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision (.) lorsque l'urgence le justifie et qu'il fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision" ;
Considérant qu'aux termes de l'article 16 de la loi d'orientation des transports intérieurs : "Un conseil national des transports, des comités régionaux et départementaux des transports sont associés à l'élaboration et à la mise en .uvre de la politique des transports intérieurs (.)" ; qu'aux termes des deuxième et troisième alinéas de l'article 17 de la même loi : "Les comités régionaux et départementaux sont composés des représentants des entreprises qui participent aux opérations de transport (.) / Les sanctions, notamment les mesures de radiation, de retrait et d'immobilisation prévues par la présente loi, ne peuvent être prononcées qu'après avis d'une commission des sanctions administratives créées au sein du comité régional des transports (.)" ; qu'aux termes de l'article 24 du décret du 24 février 1984 relatif au conseil national des transports et aux comités régionaux et départementaux des transports : "Le comité régional des transports est composé : 1° De représentants des entreprises concourant à l'activité de transport dans la région désignés sur proposition des organisations professionnelles ou des organismes intéressés" ; qu'aux termes de l'article 27 du même décret : "Le comité régional des transports siège dans les formations suivantes : / L'assemblée plénière (.) / La section des transports de marchandises ; / La commission des sanctions administratives (.)" ; qu'en vertu de l'article 32 : "La commission des sanctions administratives (.) comprend : / Quatre représentants des entreprises de transport (.) nommés pour la durée de leur mandat, parmi les membres du comité, par arrêté du préfet de région" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux que le préfet de la région Aquitaine, par deux arrêtés du 27 décembre 2001, a nommé les membres du comité régional des transports d'Aquitaine, de la section des transports de marchandises et de la commission des sanctions administratives de ce comité ; que le MINISTRE DE L'EQUIPEMENT, DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT demande l'annulation de l'ordonnance du 14 février 2002 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, saisi par M. X... et l'Union Régionale du Syndicat des Transports Routiers d'Aquitaine (URSTRA) a suspendu l'exécution de ces arrêtés ;Considérant que M. X... et l'URSTRA soutenaient devant le juge des référés que la désignation d'un membre d'une organisation professionnelle non représentative au niveau de la région Aquitaine au sein du comité régional des transports, de la section des transports de marchandises et de la commission des sanctions administratives de ce comité était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, au regard des dispositions du décret du 24 février 1984 ; qu'en estimant que ce moyen était, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité des arrêtés contestés, le juge des référés du tribunal administratif de Bordeaux, qui s'est livré à une appréciation souveraine des faits exempte de dénaturation et a suffisamment motivé son ordonnance, n'a pas commis d'erreur de droit ;
Considérant qu'en estimant que du fait de la proximité de la date de la réunion du comité régional des transports, de la section des transports de marchandises et de la commission des sanctions administratives la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative était remplie, le juge des référés du tribunal de Bordeaux, qui s'est livré à une appréciation souveraine des faits exempte de dénaturation et a suffisamment motivé son ordonnance, n'a pas commis d'erreur de droit ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le ministre de l'équipement, des transports et du logement n'est pas fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée ;
Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. X... et l'URSTRA qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes soient condamnés à verser à l'Etat la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de cet article et de condamner l'Etat à verser la somme de 2 200 euros à M. X... et à l'URSTRA au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens ;
Article 2 : L'Etat est condamné à payer à M. X... et à l'Union Régionale du Syndicat des Transports Routiers d'Aquitaine (URSTRA) la somme globale de 2 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée au MINISTRE DE L'EQUIPEMENT, DES TRANSPORTS, DU LOGEMENT, DU TOURISME ET DE LA MER, à M. Jean-Pierre X... et à l'Union Régionale du Syndicat des Transports Routiers d'Aquitaine.Références : Arrêté 2001-12-27Code de justice administrative L521-1, L761-1Décret 84-139 1984-02-24 art. 24, art. 27, art. 32Publications :Proposition de citation: CE, 21 juin 2002, n° 243704Mentionné aux tables du recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : Mme AubinRapporteur : M. MochonRapporteur public : Mme MaugüéAvocat(s) : SCP Parmentier, Didier, Me Delvolvé, AvocatOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 / 9 ssrDate de la décision : 21/06/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 16
 l'article 17
 l'article 24
 l'article 27
 l'article 32
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