Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/pacifique/marshall.htm
Timestamp: 2018-03-20 07:49:50+00:00

Document:
Aolepân Aorôkin Majel
Capitale: Dalap-Uliga-Darrit ( Majuro)
Population: 65 239 habitants (2003)
Langues officielles: anglais (de jure) et marshallais (de facto)
Groupe majoritaire: marshallais (86,9 %),
Groupes minoritaires: anglais (6,3 %), japonais (0,6 %), filipino (0,6 %), chinois (0,1 %)
Système politique: territoire libre associé aux États-Unis
Articles constitutionnels (langue): art. II, section 12, de la Constitution du 1er mai 1979
Lois linguistiques: Loi d'interprétation générale (1980); Loi sur le pouvoir judiciaire (1983); Loi sur la Commission linguistique de la république des îles Marshall (1983); Loi sur les fonctions consulaires (1983); Loi sur l'éducation (1991); Loi sur le droit coutumier et la Commission linguistique (2004); Règlement sur la procédure civile (2004); Règlement sur la procédure pénale (2005).
Les îles Marshall (officiellement la république des îles Marshall; en marshallais: Aolepân Aorôkin Majel) constituent un État insulaire de la Micronésie. Elles sont situées dans le Pacifique occidental, au nord de l'équateur et à l'est de l'archipel des îles Carolines (voir la carte du Pacifique). L'archipel est situé à l'est des îles Carolines, au nord des îles Gilbert et au sud de l'île de Wake.
L'archipel des Marshall comptent 32 îles principales (1225 au total), disposées en deux chaînes parallèles : les îles Ratak (ou îles «du Levant»: 18 îles), à l'est, et les îles Ralik (ou îles «du Couchant»: 14 îles), à l'ouest. L'ensemble s'étend sur 1,3 million de km², ce qui correspond à la Mongolie (France: 547 030), mais la superficie terrestre n'est que de 181 km², ce qui en fait un bien petit État. Certaines de îles sont d'origine volcanique, mais la plupart sont des constructions coralliennes (atolls et récifs coralliens). L'île de Kwajalein (îles Ralik) est le plus grand atoll du monde avec 120 km de longueur. Le centre administratif de la république des îles Marshall est l'île de Majuro au sud-est. Administrativement, les îles Marshall sont divisées en 33 municipalités: Ailinginae, Ailinglaplap, Ailuk, Arno, Aur, Bikar, Bikini, Bokak, Ebon, Eniwetok, Erikub, Jabat, Jaluit, Jemo, Kili, Kwajalein, Lae, Lib, Likiep, Majuro, Maloelap, Mejit, Mili, Namorik, Namu, Rongelap, Rongrik, Toke, Ujae, Ujelang, Utirik, Wotho et Wotje.
Les deux tiers de la population du pays vivent sur Majuro, l'île où se situe la capitale (Dalap-Uliga-Darrit), et sur Ebeye. Les îles extérieures sont peu peuplées à cause des faibles possibilité d'emploi et de développement économique. De nombreuses îles sont inhabitées.
L'archipel des Marshall abrite une population de plus de 50 000 habitants, dont la majorité est d'origine micronésienne. En effet, 86,9 % des insulaires sont des Marshallais et parlent le marshallais, une langue micronésienne appartenant à la famille austronésienne. Les locuteurs du marshallais se divisent en deux groupes: le rälik et le ratak, deux variétés parfaitement intelligibles.
Groupe ethnique Langue maternelle Population Affiliation linguistique
Marshallois marshallais 56 835 famille austronésienne
Américains anglais 4 174 langue germanique
---- 2 120
Autres insulaires du Pacifique marshallais 1 210 famille austronésienne
Japonais japonais 400 famille japonaise
Philippins filipino 400 famille austronésienne
Chinois chinois mandarin 100 famille sino-tibétaine
Suivent les Américains (6,3 %), les Japonais (0,6 %), les Philippins (0,6 %) et les Chinois (0,1 ). Évidemment, les Américains (base militaire américaine de l'île de Kwajalein) parlent l'anglais; les Japonais, le japonais; les Philippins, le filipino, les Chinois, le mandarin. La vie à Kwajalein ressemble à celle d'une petite ville américaine, unilingue anglaise, avec ses commerces, ses services, ses stations de radio et de télévision. Les militaires américains et leurs familles vivent en vase clos, à l'écart de la population autochtone.
Juridiquement parlant, l'anglais est la langue officielle depuis 1944, c'est-à-dire depuis que les Américains ont conquis l'archipel des mains des Japonais. Mais les îles Marshall ont acquis leur indépendance en 1990. Le statut officiel des langues est resté inchangé, alors que le gouvernement local utilise le marshallais comme s'il était une langue co-officielle.
En ce qui a trait à l'appartenance religieuse, les Marshallais sont chrétiens dans une proportion d'environ 80 %. La principale dénomination protestante, l'Église unie du Christ, regroupe 60 % des habitants. Elle a succédé aux congrégationalistes venus de Nouvelle-Angleterre et d'Hawaii qui avaient converti les insulaires pendant la seconde moitié du XIXe siècle. L'Église catholique suit et regroupe 20 % de la population. On trouve aussi des membres de l'Assemblée de Dieu, des adventistes du septième jour, des baptistes, des bahaïs, des mormons et des témoins de Jéhovah.
Bien que les îles Marshall aient été habitées par les Micronésiens dès le début du IIe millénaire avant notre ère, on ne connaît que fort peu de choses sur l'histoire ancienne de l'archipel. En 1525, l'explorateur espagnol Alonso de Salazar semble avoir été le premier Européen à apercevoir les îles Ralik et Ratak, mais celles-ci demeurèrent peu visitées jusqu'en 1788, au moment où le capitaine britannique John Marshall les explora partiellement avec le capitaine Thomas Gilbert. Toutefois, ce fut l'amiral estonien Johann Adam von Krusenstern qui, au service du tsar de Russie, leur donna leur nom moderne d'îles Marshall vers 1820.
À ce moment-là, les îles appartenaient à l'Espagne qui les céda officiellement en 1899 à l'Allemagne; les Allemands s'y étaient déjà installés en 1885 et avaient commencé à les exploiter comme colonie pour le commerce. Les îles furent ensuite partie du protectorat de la Nouvelle-Guinée. La plupart des étrangers qui arrivèrent aux îles Marshall étaient des négociants, des industriels désireux de s'enrichir et des missionnaires venus évangéliser les autochtones; sont arrivés aussi des des pêcheurs de baleines et des écumeurs de grève (les «beachcombers») qui faisaient escale pour se réapprovisionner.
Le 3 octobre 1914, les Japonais débarquèrent sur ces îles et les administrèrent comme territoire sous mandat accordé par la Société des Nations, le 17 décembre 1920. Mais les Japonais furent expulsés par les forces américaines pendant la Seconde Guerre mondiale. Les îles de Kwajalein et Enewetak furent le théâtre de durs combats pendant la campagne américaine qui a consisté à s'emparer des îles les unes après les autres.
3.3 La tutelle américaine
À la fin de la guerre, les États-Unis assumèrent la responsabilité de l'administration des îles Marshall en vertu d'un accord de tutelle de la part des Nations unies. Dès la fin de la guerre, les États-Unis commencèrent à effectuer des essais nucléaires qui continuèrent jusqu'aux années soixante. Les atolls de Bikini et d'Eniwetok furent particulièrement utilisés, car les Américains firent exploser 66 engins atomiques et nucléaires. Auparavant, l’armée américaine avait déplacé tous les habitants des deux atolls, puis y avait construit une base navale. Beaucoup de Marshallais souffrirent des niveaux élevés de rayonnement radioactifs et les réclamations de dédommagements continuent encore aujourd'hui et s'élèvent à 183,7 millions de dollars.
Des différentes vagues de colonisation successives (espagnole, allemande, japonaise et américaine), c'est l'influence américaine qui a marqué le plus profondément les Marshallais et imprégné plusieurs aspects de leur vie : les habitudes vestimentaires, sportives et culinaires, la langue anglaise, le système judiciaire, etc. N'oublions pas que la plupart des biens et services consommés aux îles Marshall proviennent des États-Unis; l'étiquetage des produits est donc massivement en langue anglaise.
3.4 L'indépendance des Marshall
Les îles Marshall devinrent une république le 1er mai 1979. La Constitution des îles Marshall s'est inspirée des systèmes institutionnels britanniques et américains et fixe des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le pouvoir législatif est composé de deux assemblées : le Conseil de l'Iroij et le Nitijela. La principale fonction du Conseil de l'Iroij (Chefs suprêmes), qui compte 12 membres, est de demander au Nitijela d'examiner des projets de loi concernant le droit coutumier, le régime foncier ou des pratiques traditionnelles. Le Nitijela est la Chambre législative et se compose de 33 membres élus tous les quatre ans; il élit parmi ses membres un président et, sur proposition du président, les membres qui formeront le Cabinet. Celui-ci constitue l'exécutif et gère la fonction publique. Il est responsable de ses actes devant le Nitijela. Le pouvoir judiciaire se compose d'une Cour suprême, d'une Haute-Cour, d'une Cour s'occupant des droits traditionnels et de tribunaux locaux.
Depuis 1986, les îles Marshall sont liées aux États-Unis par un accord de «libre association» déléguant au gouvernement américain la responsabilité de la défense et de la politique étrangère. L'accord, qui restera en vigueur pour une période initiale de quinze ans, prévoit différents avantages économiques, techniques, commerciaux et autres pour les îles Marshall.
L'indépendance formelle date du 22 décembre 1990. Les îles Marshall furent admises en 1991 au sein de l'ONU. Aujourd'hui, l'île Kwajalein sert de site d'essai pour le Space and Strategic Defense Command (Commandement pour la défense stratégique) et l'espace des États-Unis. Il existe 24 administrations locales qui gèrent les affaires des atolls et des îles. Chacune se compose d'un conseil élu (sauf l'atoll d'Ebon où il existe un conseil héréditaire), d'un maire élu, d'agents locaux nommés ou élus, et d'une force de police locale. Les îles Marshall n'ont pas le statut de «territoire non incorporé des États-Unis» à l'instar de Porto Rico ou des îles Mariannes du Nord. C'est un État totalement indépendant, mais qui a conclu un accord d'association provisoire avec les États-Unis.
La Constitution du 1er mai 1979 ne traite pas réellement des langues. Seule la section 12 de l'article II fait mention de la langue, mais uniquement pour interdire la discrimination, dont celle de la langue:
(1) Tous les individus sont égaux aux yeux de la loi et ont droit à la même protection légale.
(2) Aucun texte législatif, aucun pouvoir exécutif ni appareil judiciaire ne ne doit, soit formellement soit en pratique, exercer de discrimination à l'encontre d'une personne en raison de son sexe, sa race, sa couleur, sa langue, sa religion, ses opinions politiques ou autres, son origine nationale ou sociale, son lieu de naissance, sa situation familiale ou son ascendance.
Si l'on fait exception de cet article, il n'existe aucune autre disposition portant sur la langue. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il n'existe pas de politique linguistique, ni de dispositions d'ordre linguistique dans certaines lois générales.
4.1 La langue nationale de l'État
Dans la pratique, bien que l'anglais soit une langue officielle et soit relativement parlé comme langue seconde dans les îles, le marshallois est systématiquement employé par le gouvernement et la fonction publique. Par exemple, le Conseil de l'Iroij (Chefs suprêmes) et la Chambre législative (le Nitijela) n'utilisent à l'oral que le marshallais, même si la plupart des lois ne sont rédigées qu'en anglais, puis traduites en marshallais. Mais la Loi d'interprétation générale de 1980 précise que, en cas de conflits d'interprétation, la version anglaise doit prévaloir:
Tous les services gouvernementaux sont offerts en marshallais et en anglais, mais les autochtones ne s'expriment entre eux que dans la langue nationale. Les tribunaux utilisent l'anglais et le marshallais, bien que la tendance soit de recourir à l'anglais à l'écrit et la langue nationale à l'oral. Le paragraphe n) de l'article ou règle 4 du Règlement sur la procédure civile (2004) prévoit l'usage du marshallais et de l'anglais:
L'article 55 du Règlement sur la procédure pénale (2005) autorise l'emploi du marshallais et de l'anglais dans tous les tribunaux:
La Loi sur le pouvoir judiciaire (Judiciary Act) de 1983 prévoit que, dans la mesure du possible, le recueil de jurisprudence soit publié en marshallais et en anglais:
L'article 1504 de la Loi sur les fonctions consulaires autorise tout citoyen de la République à demander une attestation d'une traduction du marshallais vers une autre langue ou de cette langue vers le marshallais:
Par ailleurs, le gouvernement a fait adopté, en octobre 1983, la Loi sur la Commission linguistique de la république des îles Marshall, ce qui démonte son intérêt pour la langue nationale. L'article 4 de la loi définit les fonctions de la Commission linguistique:
1) Les fonctions de la Commission sont les suivantes:
(a) étudier les méthodes de préservation et de développement, et encourager l'usage de la langue marshallaise et, par le biais du ministre, faire un rapport sur ces questions au Cabinet et au Nitijela (Parlement);
(b) recommander des actions devant être prises par le gouvernement des îles Marshall ou par toute autre personne, organisation ou autorité pour la conservation, le développement et l'usage de la langue marshallaise;
(c) inventer et, autant qu'il se peut, mettre en oeuvre un programme éducatif pour la langue marshallaise, ainsi que sur le besoin et les méthodes pour sa conservation, son développement et son usage;
(d) parrainer et approuver les normes pour une orthographe uniforme des expressions et mots en marshallais;
(e) préparer et publier, ou aider dans la préparation et la publication de dictionnaires et autres travaux sur la langue marshallaise;
(f) avec l'approbation d'un comité mixte du Nitijela et du Conseil de l'Iroij, adopter et publier les listes des nouveaux mots, les phrases et les formes grammaticales qui semblent être exigés ou souhaitables pour le développement et l'usage de la langue marshallaise; et
(g) trouver d'autres fonctions nécessaires ou souhaitables pour mettre en oeuvre les objectifs de la présente loi.
2) La Commission peut coopérer et chercher l'aide des universités et autres établissements ou des personnes intéressées par les fonctions et les objectifs de la Commission et la mise en oeuvre de la présente loi.
3) La Commission, avec l'approbation du Cabinet, peut solliciter et accepter des subventions, des donations et toute autre aide de n'importe quelle source pour la réalisation des objectifs de la présente loi.
4) Les subventions, donations ou toute aide fournie ou dispensée aux conditions exigées, ou pour de certains objectifs, peuvent être dépensées ou employées seulement et conformément à ces conditions ou objectifs.
Cependant, cette même loi de 1983 a été remplacée en 2004 par la Loi sur le droit coutumier et la Commission linguistique.
Article 102 : Fondation de la Commission.
On doit surtout retenir les orientations données à la Commission linguistique pour mettre ne oeuvre un programme éducatif pour la langue marshallaise, ainsi que sur le besoin et les méthodes pour sa conservation, son développement et son usage, notamment en ce qui a trait aux normes de l'orthographe, la préparation et la publication de dictionnaires en marshallais.
Conformément à l'article 320 de la Loi sur l'éducation de 1991 sur l'enseignement (Education Act), la fréquentation d'un établissement d'enseignement public ou privé est obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 14 ans, ou jusqu'à la fin du cycle primaire (huitième niveau). L'article 317 prescrit un programme particulier au sujet de la langue marshallaise:
En 1992, la proportion d'enfants inscrits dans les écoles primaires était de 78 %. Plus de 70 % des enfants fréquentent les écoles publiques. Quelque 27 % préfèrent les écoles privées. Celles-ci comprennent 10 établissements fonctionnant sous la responsabilité de l'United Church of Christ, six écoles administrées par l'Église catholique, quatre écoles par l'Assembly of God, huit écoles par les adventistes du septième jour et deux écoles non confessionnelles, l'une à Majuro et l'autre à Ebeye.
Dans les écoles primaires, la langue des îles, le marshallais, est enseignée de la première année (niveau 1) jusqu'à la huitième année (niveau 8), au même titre que les matières de caractère social. Les études sociales portent notamment sur l'histoire des îles Marshall et d'autres îles de Micronésie, ainsi que sur l'histoire mondiale. Afin de promouvoir la langue des îles Marshall, la commission spécialisée qui fonctionne au sein du ministère de l'Intérieur a publié des ouvrages et d'autres documents à usage scolaire. Il s'agit notamment d'ouvrages sur les proverbes, les jeux, les clans, les canots, les légendes, et d'un dictionnaire et de manuels sur l'alphabet, le calcul, la lecture et la grammaire. Mentionnons que les écoles primaires se heurtent à certaines difficultés, car les autorité, surtout à Majuro et Ebeye, doivent faire face à l'afflux d'élèves dans un nombre limité d'écoles. Il a fallu instaurer des horaires à mi-temps et diminuer la durée effective de l'enseignement. À cela s'ajoute la qualité médiocre de la formation de nombreux enseignants: 52 % n'ont pas obtenu leur certificat d'aptitude pédagogiques. Pour chaque groupe d'élèves commençant sa scolarité en première année, quelque 30 % des des élèves abandonnent l'école avant la septième année, 60 % avant la neuvième année. De plus, les écoles des îles extérieures possèdent des classes à sections multiples, qui sont peu surveillées, n'exercent guère de discipline et ne disposent que d'un médiocre support logistique, sans parler de la mauvaise répartition des enseignants, notamment dans les régions les plus éloignées.
Le gouvernement a pour politique de faire en sorte que l'enseignement secondaire (de la neuvième à la douzième année) soit accessible aux élèves âgés de 14 ans sortant de l'école primaire. Cependant, peu d'élèves accèdent aux établissements d'enseignement secondaire, soit environ 50 %. Par ailleurs, seulement 33 % des élèves du primaire terminent leurs études secondaires. On compte une douzaine d'écoles secondaires aux îles Marshall. L'enseignement est dispensé en anglais et dans la langue marshallaise. Comme pour l'enseignement primaire, le plus grave problème de l'enseignement secondaire concerne le manque de professeurs qualifiés; sur les 300 professeurs du secondaire, 30 % n'ont pas obtenu le certificat de «professeurs auxiliaires». Sur les 12 écoles secondaires, l'une est gérée par la United Church of Christ, deux par l'Église catholique, deux par l'Assembly of God et deux par les adventistes du septième jour. Au niveau supérieur, le Collège des îles Marshall s'emploie à promouvoir la langue des îles dans le cadre d'un programme spécialisé; il assure un enseignement portant sur l'orthographe de la langue locale. En ce qui a trait à l'anglais, même s'il est enseigné dans toutes les écoles comme langue seconde, force est de constater que peu de Marshallais le parlent couramment.
Les Américains ont leur propres écoles primaires et secondaires. Elles sont considérées comme des écoles privées avec des programmes américains. Seul l'anglais est enseigné.
Les Marshallais ne disposent pas de journaux quotidiens locaux; seuls les journaux étrangers de langue anglaise sont accessibles. Le Yokwe est un journal en ligne rédigé en anglais. Il existe trois petites stations de radios locales, qui diffusent surtout dans la langue nationale, mais également en anglais. Il n'y a pas de télévision produite par les Marshallais.
Cependant, les Américains possèdent leurs propres stations de radio et de télévision sur Kwajalein, qui diffusent en principe presque partout où il existe des récepteurs. Les autochtones peuvent recevoir les deux chaînes de télévision américaines (CPN-Channel 1 et CPN-Channel 2), 24 heures par jour, en anglais.
Le gouvernement des îles Marshall essaie bien de se doter d'une politique linguistique de bilinguisme institutionnel tout en privilégiant sa langue nationale. La tâche n'est pas facile pour un si petit État aux prises avec plusieurs langues impériales successives, dont l'allemand, le japonais et l'anglais. De plus, la présence permanente d'une base militaire américaine n'aide en rien la langue marshallaise à s'affranchir de la tutelle linguistique. Par exemple, le domaine des médias s'avère un véritable envahissement aux plans linguistique et culturel. En fait, les Marshallais se tireraient assez bien d'affaire si ce n'était de ce problème.
En éducation, la situation est préférable du point de vue de la protection linguistique, car la langue anglaise pénètre moins et est concurrencée par la langue nationale. L'État s'est même doté d'une Commission linguistique. C'est l'un des rares micro-États du Pacifique à disposer d'un tel instrument. En somme, l'État marshallais a réussi à conserver un équilibre relativement satisfaisant, sauf en matière de média.
NATIONS UNIES. Examen des rapports présentés par les États parties conformément à l'article 44 de la Convention relative aux droits de l'enfant; Additif îles Marshall, Genève, Comité des droits de l'enfant, Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme, 18 mars 1998.
NATIONS UNIES. Document de base faisant partie intégrante des rapports des États parties; add. îles Marshall, Genève, Instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, Genève, HRI/CORE/1/Add.95, 1er octobre 1998.

References: L'article 55

L'article 1504
 L'article 4
 l'article 320
 L'article 317
 l'article 44