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Les cannabis social clubs de France d�voilent leur plan de bataille pour �tre l�galis�s | Cannabis Club France
Les cannabis social clubs de France d�voilent leur plan de bataille pour �tre l�galis�s
Publié le mars 30, 2013 par cannabisclub173
Les cannabis social clubs de France d?voilent leur plan de bataille pour ?tre l?galis?s
CANNABIS – C’est la stratégie d’un véritable coup de force que le Cannabis Social Club Français révèle au HuffPost. Ils en avaient fait l’annonce, ils en ont pris la décision officielle dimanche 3 février: pour mettre un terme à la prohibition du cannabis, la Fédération des Cannabis Social Clubs Français (FCSCF) déposera son statut d’association à la préfecture d’Indre-et-Loire, le 4 mars prochain à Tours. Si d’ici le 25 mars le gouvernement ne réagit pas, l’Etat devra alors faire face à une vague de déclarations officielles de cannabis social clubs en préfecture sur tout le territoire.
« 425 clubs se tiennent prêts » assure Dominique Broc, le porte-parole du Cannabis Social Club Français. Cette vague de déclarations du 25 mars pourrait même être suivie d’une autre, à une date qui n’a pas encore été arrêtée. Au total, près de 700 cannabis social clubs (CSC) pourraient donc être amenés à se déclarer. « On demande au gouvernement de trancher sur le cas des cannabis social clubs, » explique Dominique Broc. Jusqu’ici les autorités fermaient l’oeil, désormais elles devront se prononcer.
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Car les cannabis clubs existent déjà. Répartis dans toute la France, on en dénombrerait plusieurs centaines. Sorte d’association officieuse à but non-lucratif, ils rassemblent plusieurs milliers de consommateurs de cannabis désireux de mutualiser leurs moyens afin de produire leur propre consommation. « La production de cannabis à des fins personnelles » telle sera donc la finalité déclarée et officielle des associations qui se déclareront en préfecture. Une disposition qui contrevient à l’article 3 de la loi de 1901 qui stipule que « toute association fondée sur une cause ou en vue d’un objet illicite, contraire aux lois (…) est nulle et de nul effet. »
Alors de quels effets seront suivies ces déclarations? Nul ne peut le dire aujourd’hui, mais depuis l’Appel du 18 joint, qui a vu le premier Cannabis social club français sortir du bois, Dominique Broc croit sentir le vent tourner. En pourparlers depuis plusieurs semaines avec la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), il confie au HuffPost qu’il a affaire à un « interlocuteur intéressé. » « On suscite de l’intérêt parce que notre modèle réglerait le problème, » affirme-t-il.
Le raisonnement des CSC est simple: « Plus le nombre de consommateurs assurant leur propre production sera grand, moins il y aura de trafic » explique Dominique Broc. Cette logique à rebours de la politique répressive est d’ores-et-déjà à l’oeuvre en Espagne ou au Portugal. Arrivée en France, elle fait aussi des émules.
Un article dans Le Monde, une dépêche AFP reprise dans Le Point, mais aussi dans L’Express, depuis que les CSC ont fait connaître leur désir de rentrer dans la légalité en décembre 2012, les médias les courtisent, et parmi eux de nombreux médias plutôt conservateurs. Un intérêt qui ne surprend pourtant pas leur porte-parole. « On s’attaque à enjeu sécuritaire légitime donc on est entendu » analyse-t-il.
Dominique Broc interrogé sur les CSC au journal de TF1, suite de l’article sous la vidéo:
Si l’interlocuteur du CSCF s’appelle la DCRI, c’était bien sur le gouvernement que Dominique Broc comptait. « Nous avons demandé une dérogation pour les CSC à titre expérimental et avons annoncé une date butoir, le 2 février, à laquelle nous prendrions une décision. » Point de retour du gouvernement ce jour, c’est donc dans la nuit du 2 au 3 février que les 22 membres du bureau de la future Fédération des cannabis social clubs français se sont mis d’accord sur ce plan de bataille.
« On est tous solidaires, » affirme leur porte-parole, « s’il y en a un qui trinque, le logique veut qu’on trinque tous, » continue-t-il. Juridiquement, la méthode de la déclaration en masse est un pari risqué, mais le CSCF croit en la force des 5.700 individus prêts à se déclarer officiellement en tant que membre d’un CSC. « Soit ils fermeront les yeux et ce serait alors un accord tacite de la part du gouvernement, soit ils devront s’attaquer à nous, et cela fera beaucoup de monde dont il faudra s’occuper, » explique-t-il.
Néanmoins, les CSC sont confiants. Une décision cadre de l’Union européenne sur le trafic de drogue, qui date du mois d’octobre 2004, leur ouvre en effet une porte de sortie. Si celle-ci affirme que « les États membres garantissent que la culture de plantes de cannabis, effectuée illégalement, est un délit punissable », son article 2.2 indique que « ne sont pas inclus dans le champ d’application de la présente décision-cadre lorsque leurs auteurs s’y livrent exclusivement à des fins de consommation personnelle telle que définie par la législation nationale. » En d’autres termes, pour l’Europe, les cannabis social clubs sont légaux et n’entrent pas dans le cadre du trafic de drogues.
Les CSC pourraient-ils ouvrir la voie à une forme de légalisation? Dominique Broc ne l’entend pas de cette manière. « La légalisation, on n’a pas encore le recul nécessaire pour en parler, » avertit-il. Pas question non plus de prononcer le mot « dépénalisation », officiellement donc le CSCF parle de « régulation de la consommation. »
« Notre ennemi ce ne sont pas les autorités, c’est le crime organisé, » martelle Dominique Broc. Et il en veut pour preuve les menaces dont les CSC sont l’objet, y compris « des menaces de mort ». « C’est bien la preuve qu’on gêne, » nous dit-il. Alors par mesure de précaution, ce jardinier de 44 ans ne reçoit plus sa fille chez lui pour ne pas qu’elle soit là « le jour où ça arrivera. » « Ça », c’est évidemment le pire, « je m’attends à recevoir de la visite, » confie Dominique Broc qui, même s’il dit ne pas trop y croire, reconnaît qu’il est « exposé. »
Militantisme oblige, le porte-parole du CSCF a la tête ailleurs, et notamment dans les milliers de courriers qu’il reçoit. « Je suis complètement dépassé, » s’amuse-t-il, « rien que pendant les deux derniers jours, j’ai reçu plusieurs centaines de demandes et j’ai 10.000 emails en souffrance dans ma boîte. » Ces emails, ce sont principalement des demandes de particuliers qui souhaitent créer leur club et qui seront examinées. D’autres écrivent pour savoir comment adhérer un club. Ceux-là, le CSCF en fait peu de cas et privilégie avant tout le volontarisme des membres.
« Béquille sociale »
Alors qui sont ces cannabis clubbers qui dérangent les trafiquants et provoquent l’Etat? « Chez nous, il y a de tout », indique Dominique Broc. « Des avocats, des chauffeurs de taxi, des éducateurs, des fumeurs récréatifs, d’autres qui font un usage thérapeutique. » Faire un usage thérapeutique du cannabis pour ne plus souffrir, c’est ce que réclame Sandrine, l’une des membres du club de Tours. Atteinte d’une maladie orpheline rare, c’est son médecin qui l’a orientée vers le cannabis.
Dominique Broc parle quant à lui du cannabis comme d’une « béquille sociale », de quelque chose qui l’aide à vivre. Récréatif ou thérapeutique, nombreux sont ceux qui, comme lui, voudraient pouvoir consommer librement, hors de tout trafic et savoir ce qu’ils fument. Alors faudra-t-il autoriser et contrôler la création de cannabis social clubs? Au gouvernement d’en décider. Mais pour leur porte-parole, seule une chose est sûre: « la prohibition ne profite à personne sauf au crime organisé. »
Capture d’un courriel de menace reçu par Dominique Broc:
Faut-il mettre fin à la guerre contre le cannabis? Retrouvez les cinq raisons invoquées par les partisans d’une dépénalisation, voire de la légalisation du cannabis en France et les cinq arguments de leurs adversaires.
Les partisans de la légalisation jugent que la répression de la consommation et de la vente du cannabis a clairement échoué: entre 2007 et 2011, les usages déclarés de cannabis des jeunes Français ont fortement augmenté de 15 % à 24 %, selon des chiffres de l’OFDT. Selon Michel Gandilhon (OFDT), il y aurait entre 100.000 et 200.000 cannabiculteurs en France qui cultivent souvent pour leur propre consommation. La France produirait 30 tonnes d’herbe de cannabis par an.
S’il n’existe pas de cas de mort par overdose de cannabis, sa consommation peut entraîner des troubles psychiques, anxieux ou dépressifs. La légalisation du cannabis reviendrait à encourager le syndrome dit « amotivationnel », état d’apathie dans lequel le consommateur de cannabis peut être plongé.
L’usage de la marijuana à des fins médicales remonte à l’Egypte ancienne. Autorisé dans plusieurs pays ou Etats, dont la Californie, il serait efficace pour lutter contre l’épilepsie et les effets secondaires des traitements cancéreux (nausées, vomissements). Le cannabis a également des propriétés anti-douleur.
Les conducteurs sous influence du cannabis ont 1,8 fois plus de risques d’être responsables d’un accident mortel que les conducteurs négatifs (ce sur-risque est de 15 en cas de consommation conjointe d’alcool). Sur une base de 6 000 accidents mortels, le nombre annuel de victimes lié à une conduite sous l’emprise de cannabis serait de 230 décès, selon l’OFDT.
Réguler la consommation et la vente de cannabis permettrait de couper l’herbe sous le pied des quelques 100.000 petits dealers recensés en France, selon les chiffres de Christian Ben Lakhdar, économiste des drogues à l’Université catholique de Lille. Ces dealers gagneraient entre 4.500 et 10.000 euros par an. Le chiffre d’affaires annuel du trafic est estimé entre 700 millions et un milliard d’euros. Mais ses opposants rappellent que légaliser un marché ne fait pas disparaître les trafics pour autant, comme le montre le boom des cigarettes de contrebande.
C’est un des arguments massue des détracteurs d’une légalisation du cannabis: les consommateurs de cannabis évolueraient plus facilement vers la consommation de drogues dures. La théorie dite « de la porte d’entrée » n’a toutefois jamais été prouvée scientifiquement, les déterminants de la toxicomanie étant à une immense majorité sociaux ou familiaux.
La légalisation permettrait de mieux contrôler la qualité des produits distribués en France, voire d’imposer une baisse du taux de THC (la propriété active du cannabis). C’est la position que défend Daniel Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur socialiste.
L’opinion a toujours été hostile au principe de la dépénalisation. Selon un sondage Ifop réalisé en juin dernier, 70% des Français sont hostiles à la dépénalisation du cannabis. 67 % étaient contre en 1996 et 66 % en mars 2002. Si l’adhésion à la légalisation est plus répandue chez les jeunes, elle y demeure néanmoins minoritaire. En revanche, , les trois quarts des Français se disaient favorables à l’usage thérapeutique du cannabis en 2002.
Selon l’économiste Pierre Kopp, professeur à l’université Paris-I, une légalisation du cannabis, avec une taxe fixée par l’Etat comme pour le tabac, rapporterait 1 milliard d’euros à la collectivité. Par ailleurs, le coût social d’une interpellation pour usage de cannabis est estimé à 3.300 euros (temps de travail des policiers, procédures, etc.). Tant et si bien que la dépénalisation pourrait faire économiser « 300 à 400 millions d’euros par an », selon Christian ben Lakhdar. Autant d’argent qui pourrait être réorienté vers la prévention.
Les expériences étrangères en matière de dépénalisation n’ont pas apporté la preuve qu’elles étaient une solution miracle contre la drogue. Selon la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue), les Pays-Bas, face aux limites de leur politique dite « de tolérance » en matière de cannabis, ont annoncé un durcissement de leur législation et prévoient de restreindre drastiquement l’accès aux coffee-shops en les transformant en clubs privés réservés aux seuls résidents réguliers.
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