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Timestamp: 2016-10-25 05:06:32+00:00

Document:
4A_663/2012 (06.03.2013)
H.X.________ et F.X.________, repr�sent�s par Me Raymond Didisheim,
Y.________ SA, repr�sent�e par Me Albert J. Graf,
contrat d'architecte, forme r�serv�e,
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour d'appel civile, du 3 septembre 2012.
A.a En avril 2007, H.X.________ et F.X.________ ont pris langue avec Y.________ SA, sise � ... (VD), soci�t� qui a pour but l'exploitation d'un bureau de gestion financi�re et comptable pour la construction et pour toutes autres prestations dans le domaine de l'architecture. Les pr�cit�s ont propos� � ladite soci�t� un mandat d'architecte, car ils voulaient �difier une villa sur une parcelle de la Commune de W.________ (VD) qu'ils entendaient acheter.
Le 12 avril 2007, Y.________ SA a �tabli une �tude de faisabilit�, indiquant, sous la rubrique � Descriptif de base �, une construction en ossature bois. Le 27 avril 2007, sur la base de cette �tude, les parties ont sign� un � Contrat pour mandat de prestations d'architecture � et les �poux X.________ ont vers� � Y.________ SA un premier acompte de 20'000 fr. Le 16 mai 2007, cette soci�t� a r�alis� un avant-projet dont, � dire d'expert, la valeur effective pouvait �tre fix�e � 7'744 fr.
H.X.________ et F.X.________ n'ont pas pu acqu�rir le terrain de W.________ sur lequel ils projetaient de construire une villa.
A.b A fin juin 2007, H.X.________ et F.X.________ ont acquis la parcelle n� 1 de la Commune de V.________ (VD). Comme la surface de cette parcelle �tait sup�rieure � celle du terrain de W.________, il a �t� convenu, sur la suggestion de Y.________ SA, de r�aliser deux villas identiques sur le mod�le de celle initialement envisag�e, ce qui impliquait de trouver rapidement un copropri�taire, lequel conclurait avec Y.________ SA un mandat d'architecte distinct pour la seconde villa jumelle et assumerait les frais de construction ainsi que les honoraires d'architecte y relatifs.
Le 8 ao�t 2007, Y.________ SA a soumis aux conjoints X.________ un jeu de plans pr�voyant des villas jumelles similaires � celle de l'avant-projet. Il a �t� retenu que H.X.________ et F.X.________, qui tenaient � avoir une maison ayant une ossature en bois, ont vers� en septembre 2007 � Y.________ SA un second acompte de 20'000 fr. Cette soci�t� a �labor�, en rapport avec l'�dification d'une des villas jumelles, une demande de permis de construire et de mise � l'enqu�te, dat�e du 24 septembre 2007, que les �poux X.________ ont sign�e, ainsi qu'un plan financier qui a �t� remis � ces derniers le 2 octobre 2007.
Le 5 octobre 2007, H.X.________ et F.X.________, d'une part, Y.________ SA, d'autre part, ont sign� un document intitul� � Contrat pour mandat de prestations d'architecture �, bas� sur le r�glement SIA 102, qui portait sur la construction d'une villa jumelle sur la sous-parcelle n� 1A de la Commune de V.________ pour des honoraires d'architecte arr�t�s � 80'000 fr. � TTC �. Sous r�serve du prix (inf�rieur de 4'000 fr.) et des dates, ce document �tait quasiment identique � celui que Y.________ SA avait adress� � H.X.________ et F.X.________ en avril 2007 pour le projet de W.________.
Y.________ SA a �tabli � l'intention de H.X.________ et F.X.________ un second document du m�me type, �galement sur la base du r�glement SIA 102, ayant pour objet la construction d'une villa jumelle sur la sous-parcelle n� 1B de la Commune de V.________ pour des honoraires d'architecte arr�t�s � 80'000 fr. � TTC �; les �poux X.________ n'ont pas sign� ce document.
Par courrier du 19 octobre 2007, la Municipalit� de V.________ a inform� Y.________ SA que le projet de construction de villas jumel�es par les garages ne respectait pas, sur plusieurs aspects, le r�glement communal sur le plan g�n�ral d'affectation et la police des constructions de la commune (interdiction des toits plats, des constructions en bois, etc.). A la suite de ce courrier, Y.________ SA a �tabli, le 25 octobre 2007, un nouveau jeu de plans concernant la construction des villas jumelles, qui comportait des modifications d'ordre technique, et l'a adress� le 29 octobre 2007 � la Municipalit� de V.________.
Plusieurs personnes avaient manifest� leur int�r�t � acqu�rir la seconde villa jumelle � construire sur la sous-parcelle n� 1B en cause; R.________ et S.________ avaient ainsi entam� des d�marches avec un �tablissement bancaire pour obtenir un cr�dit de construction. Le 2 novembre 2007, cet �tablissement a fait savoir aux pr�nomm�s que le projet de construction qui lui avait �t� soumis ne pouvait pas �tre accept�.
Le 7 novembre 2007, H.X.________ et F.X.________ ont communiqu� � Y.________ SA leur volont� � de mettre un terme au contrat d'architecte pour le projet de V.________ �, car ils avaient pris la d�cision de donner une nouvelle orientation � leur projet (art. 105 al. 2 LTF). Rappelant avoir vers� la somme de 40'000 fr. � titre d'acomptes, ils ont invit� Y.________ SA � proc�der � un d�compte des frais engag�s selon les normes SIA mentionn�es dans le contrat, ainsi qu'� leur fournir les documents relatifs au projet.
H.X.________ et F.X.________ ont par la suite confi� un mandat � T.________, architecte � V.________. Ce dernier a �tabli des plans, lesquels comportaient des diff�rences et des modifications par rapport � ceux �labor�s par Y.________ SA, en particulier s'agissant des dimensions de la toiture, des fen�tres et du balcon; en revanche, la volum�trie, l'implantation et le nombre de pi�ces des villas, comparativement aux plans de Y.________ SA, n'ont pas �t� remani�s.
Le 19 novembre 2007, Y.________ SA a fait parvenir � H.X.________ et F.X.________ une note d'honoraires relative � la villa A de V.________, fond�e sur le contrat sign� le 5 octobre 2007, qui se montait � 32'840 fr., d'o�, apr�s d�duction d'un acompte d�j� pay� de 20'000 fr., un reliquat d� de 12'840 fr.
Le m�me jour, Y.________ SA a adress� � H.X.________ et F.X.________ une note d'honoraires relative � la villa B de V.________, fond�e sur le � Contrat pour mandat de prestations d'architecture � non sign� par ces derniers, atteignant la somme de 26'000 fr., ce qui, apr�s d�duction du second acompte de 20'000 fr., laissait un solde impay� de 6'000 fr.
H.X.________ et F.X.________ ont contest� le fondement de ces factures par lettre recommand�e du 3 d�cembre 2007, relevant notamment que les prestations accomplies par Y.________ SA s'�taient r�v�l�es inutiles et inutilisables.
Le 11 d�cembre 2007, Y.________ SA a adress� aux conjoints X.________ une note d'honoraires relative au projet de W.________, se montant en tout � 18'900 fr. � TTC �.
Le 12 d�cembre 2007, Y.________ SA a mis en demeure H.X.________ et F.X.________ de lui payer dans les cinq jours les soldes impay�s de ces trois notes, par 37'740 fr. en capital.
Le 18 d�cembre 2007, le projet de construction r�alis� par l'architecte T.________ a �t� publi� dans la Feuille des avis officiels du canton de Vaud.
Le 23 janvier 2008, H.X.________ et F.X.________ ont fait notifier � Y.________ SA un commandement de payer la somme de 40'000 fr. en capital, repr�sentant les deux acomptes qu'ils avaient vers�s � cette soci�t� dans le cadre du mandat conclu avec elle; la poursuivie y a fait opposition totale.
Le 30 janvier 2008, Y.________ SA a fait notifier une poursuite � F.X.________ pour un montant de 18'840 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 24 novembre 2007, ainsi qu'une autre poursuite � H.X.________ pour le m�me montant et les m�mes int�r�ts; ces deux poursuites se rapportaient aux notes d'honoraires adress�es le 19 novembre 2007 � H.X.________ et F.X.________. Ces commandements de payer ont �t� frapp�s d'opposition.
Il a �t� retenu que R.________ et S.________ habitent actuellement une villa construite sur la sous-parcelle n� 1B de la Commune de V.________.
Par acte du 7 mai 2008, Y.________ SA (demanderesse) a ouvert action contre H.X.________ et F.X.________ (d�fendeurs) devant le Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te, leur r�clamant paiement, avec solidarit� entre eux, de 37'740 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 13 d�cembre 2007, libre cours �tant laiss� aux poursuites notifi�es le 30 janvier 2008.
Les d�fendeurs se sont oppos�s � la demande. Ils ont form� une reconvention, r�clamant � la demanderesse le versement de 40'000 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 7 novembre 2007, l'opposition de celle-ci � la poursuite qui lui a �t� notifi�e �tant d�finitivement lev�e.
En cour d'instance, une expertise judiciaire a �t� confi�e � l'architecte U.________, � Lausanne. Pour l'expert, les premiers travaux de la demanderesse se rapportaient � la parcelle de W.________. Dans un deuxi�me temps, l'avant-projet de villa, maintenu presque tel quel, a �t� d�plac� sur la Commune de V.________. Les honoraires de l'avant-projet de W.________ n'ont pas �t� allou�s, mais ont �t� consid�r�s comme faisant partie int�grante des travaux d'architecte du projet de V.________. L'expert a constat� que le projet �labor� par la demanderesse n'�tait pas inutilisable, comme l'a d'ailleurs reconnu l'architecte T.________. Que l'ossature en bois soit interdite par le r�glement communal de V.________ ne faisait pas du projet un travail inexploitable, mais n�cessitant au contraire des ajustements, lesquels ont �t� op�r�s. Apr�s des calculs compliqu�s, qu'il a rectifi�s � l'audience de jugement, l'expert a d�termin� � 23'600 fr. la valeur des prestations effectu�es par la demanderesse pour chacune des villas �difi�es sur les deux sous-parcelles.
Entendu en cours de proc�dure comme t�moin, l'architecte T.________ a d�clar� qu'il avait d� effectuer 80% du travail n�cessaire pour que son projet soit r�alisable, le solde de 20% r�sultant des plans qu'avait dress�s pr�c�demment la demanderesse.
Par jugement du 11 mars 2011, le Tribunal civil de l'arrondissement de La C�te, admettant partiellement la demande, a condamn� les d�fendeurs � payer solidairement � la demanderesse la somme de 7'200 fr. avec int�r�ts � 5% l'an d�s le 13 d�cembre 2007. Le tribunal a retenu que la demanderesse, pour le projet global qu'elle a r�alis� (lequel concernait tant la villa A sise sur la parcelle 1A que la villa B sise sur la parcelle 1B), avait droit � une r�mun�ration totale de 47'200 fr.; apr�s imputation des acomptes vers�s, par 40'000 fr., subsistait un solde impay� de 7'200 fr.
Saisie d'un appel des d�fendeurs, qui requ�raient le rejet de la demande et l'octroi de leurs conclusions reconventionnelles en remboursement des acomptes, et d'un appel joint de la demanderesse, qui sollicitait l'allocation d'un montant de 30'540 fr. au lieu de celui de 7'200 fr. obtenu en premi�re instance, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 3 septembre 2012, a confirm� enti�rement le jugement attaqu�. Les motifs de cet arr�t seront expos�s ci-dessous dans la mesure utile.
Invoquant une violation de leur droit d'�tre entendus et une fausse application de l'art. 16 CO, H.X.________ et F.X.________ exercent un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t cantonal. Ils concluent � ce qu'il soit prononc� que la demanderesse est leur d�bitrice, avec solidarit� entre eux, du montant de 16'400 fr. plus int�r�ts � 5% l'an d�s le 7 novembre 2007 � pour solde de tout compte �, libre cours �tant laiss�, � concurrence dudit montant, � la poursuite qu'ils ont fait notifier le 23 janvier 2008 � leur partie adverse.
1.1 S'agissant d'un recours dirig� contre une d�cision finale, la valeur litigieuse est d�termin�e par les conclusions rest�es litigieuses devant l'autorit� pr�c�dente (art. 51 al. 1 let. a LTF). Les divers chefs de conclusions form�s dans une affaire p�cuniaire par la m�me partie sont additionn�s, � moins qu'ils ne s'excluent (art. 52 LTF). Les int�r�ts, les frais judiciaires et les d�pens r�clam�s � titre accessoire n'entrent pas en ligne de compte (art. 51 al. 3 LTF). Le montant d'un demande reconventionnelle et celui de la demande principale ne sont pas additionn�s (art. 53 al. 1 LTF), mais si les deux demandes s'excluent, l'art. 53 al. 2 LTF admet la recevabilit� par attraction de comp�tence d'une demande qui n'atteint pas la valeur litigieuse.
En l'esp�ce, il est clair que la demande principale et la reconvention s'excluent, puisque le sort de celle-ci, qui tend � obtenir le remboursement d'acomptes vers�s apr�s la conclusion d'un contrat d'architecte pr�tendument inex�cut�, d�pend du succ�s du demandeur reconventionnel dans l'action principale, laquelle tend � obtenir la condamnation de celui-ci au paiement d'honoraires d'architecte. Mais peu importe, car les recourants, devant la cour cantonale, demandaient paiement de 40'000 fr., alors que l'intim�e, aupr�s de cette instance, cherchait � obtenir 30'540 fr., de sorte que les deux demandes atteignaient la valeur litigieuse requise par l'art. 74 al. 1 let. b LTF.
Interjet� pour le reste par les d�fendeurs qui ont partiellement succomb� dans leurs conclusions lib�ratoires et totalement dans leur reconvention et qui ont ainsi la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), dirig� contre un arr�t final (art. 90 LTF) rendu en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF) par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF), le recours est par principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi.
1.2 Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF), y compris le droit constitutionnel (ATF 136 I 241 consid. 2.1 p. 247; 136 II 304 consid. 2.4 p. 313). Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Il n'est pas limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s ou, � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 138 II 331 consid. 1.3 p. 336; 137 II 313 consid. 1.4 p. 317 s.). Compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 137 III 580 consid. 1.3 p. 584; 135 II 384 consid. 2.2.1 p. 389; 135 III 397 consid. 1.4). Par exception � la r�gle selon laquelle il applique le droit d'office, il ne peut entrer en mati�re sur la violation d'un droit constitutionnel ou sur une question relevant du droit cantonal ou intercantonal que si le grief a �t� invoqu� et motiv� de mani�re pr�cise par la partie recourante (art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4 in fine).
Dans l'arr�t d�f�r�, la cour cantonale a rappel� que les parties ne contestaient pas avoir conclu un contrat d'architecte, dont la norme SIA 102 �tait partie int�grante. Elle a jug� que nonobstant le fait que le contrat se rapportant � la villa jumelle B de V.________ n'avait pas �t� sign� par les recourants, l'intim�e avait �t� mandat�e par ces derniers pour l'�laboration d'un projet global portant sur la villa A, sise sur la parcelle 1A, et sur la villa B, sise sur la parcelle 1B.
La cour cantonale n'a pas suivi les d�fendeurs, qui pr�tendaient que la demanderesse avait si mal ex�cut� le mandat relatif � la villa A qu'elle avait perdu son droit aux honoraires. En se ralliant aux conclusions de l'expert judiciaire, elle a jug� qu'une partie du mandat relatif au projet de villa � W.________ avait �t� ex�cut�e, que ce projet ne s'�tait pas r�v�l� inutilisable pour celui de V.________, comme l'avait d'ailleurs reconnu l'architecte T.________, et que les honoraires pour l'avant-projet de W.________ avaient �t� int�gr�s aux travaux d'architecte du projet de V.________. A l'instar du premier juge, la cour cantonale a alors admis que l'intim�e avait droit � une r�mun�ration de 23'600 fr. par villa, soit en tout � 47'200 fr., dont � d�duire deux acomptes de 20'000 fr., d'o� un solde impay� de 7'200 fr.
La Cour d'appel a enfin rejet� les pr�tentions de la demanderesse en paiement d'honoraires suppl�mentaires pour le projet de W.________, au motif que les d�fendeurs, en vertu de la th�orie de la confiance, pouvaient comprendre de bonne foi que la demanderesse n'entendait pas facturer s�par�ment le travail de W.________, d�s l'instant o� les travaux d'architecte aff�rents � ce projet avaient �t� transpos�s directement sur le projet de V.________, dont le concept �tait tr�s similaire.
Selon les constatations cantonales, qui lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), les parties sont convenues en avril 2007 que l'intim�e, qui exploite un bureau d'architecte, �tablisse une �tude de faisabilit� ayant trait � la construction d'une villa sur une parcelle, sise � W.________, que les recourants entendaient acqu�rir. A fin juin 2007, ces derniers ont finalement achet� une autre parcelle, situ�e sur la Commune de V.________. Comme deux villas identiques pouvaient y �tre construites sur le mod�le de celle envisag�e � W.________, l'intim�e a soumis aux recourants, � leur demande, un jeu de plans pr�voyant des villas jumelles similaires � celle de l'avant-projet de W.________, �labor� une demande de permis de construire et de mise � l'enqu�te, que les d�fendeurs ont sign�e le 24 septembre 2007, et dress� un plan financier. Le 5 octobre 2007, les recourants et l'intim�e ont sign� un document ayant l'intitul� � Contrat pour mandat de prestations d'architecture �, lequel avait pour objet la construction d'une villa jumelle sur la sous-parcelle n� 1A de la Commune de V.________, moyennant paiement d'honoraires d'architecte se montant en tout � 80'000 fr. � TTC �.
Sur la base de ces constatations factuelles, il n'est pas douteux que les plaideurs ont conclu un contrat d'architecte global, qui se qualifie comme un contrat mixte, lequel rel�ve, suivant les prestations de l'architecte, du contrat d'entreprise de l'art. 363 CO (�tablissement des plans, soumissions, projets de construction) ou du mandat de l'art. 394 CO (adjudication, surveillance des travaux) (cf. � ce sujet ATF 127 III 453 consid. 2a p. 545).
Toutes les prestations qui �taient envisag�es par les parties n'ont pas pu �tre r�alis�es par l'architecte. En effet, apr�s que la Municipalit� de V.________ a inform� l'intim�e que le projet transmis n'�tait pas conforme � la r�glementation communale sur le plan g�n�ral d'affectation et la police des constructions, celle-ci a pr�par� un nouveau jeu de plans comportant diverses modifications. Mais, le 7 novembre 2007, les recourants ont r�sili� le contrat d'architecte, faisant valoir qu'ils souhaitaient d�sormais que le projet de construction prenne une nouvelle orientation.
4.1 A l'appui de leur premier moyen, les recourants invoquent une violation de leur droit d'�tre entendus, consacr� par l'art. 29 al. 2 Cst. Ils all�guent qu'en proc�dure d'appel, ils avaient soutenu que l'intim�e ne pouvait �mettre aucune pr�tention � leur endroit du chef des prestations pr�vues dans le contrat relatif � la sous-parcelle 1B, du moment qu'ils n'avaient pas sign� cet accord et que la validit� du mandat �tait subordonn�e au respect de la forme �crite en vertu de l'art. 16 CO. Or la cour cantonale n'aurait fait aucune r�f�rence � ce grief dans l'arr�t d�f�r�.
4.2 Le droit d'�tre entendu institu� par l'art. 29 al. 2 Cst. implique notamment l'obligation pour le juge de motiver sa d�cision, afin que le justiciable puisse la comprendre, la contester utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le. Il suffit cependant, selon la jurisprudence, que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision; il n'est toutefois pas tenu d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties. Il n'y a violation du droit d'�tre entendu que si l'autorit� ne satisfait pas � son devoir minimum d'examiner et de traiter les probl�mes pertinents (ATF 134 I 83 consid. 4.1; 133 III 439 consid. 3.3). Savoir si la motivation pr�sent�e est convaincante est une question qui n'a rien � voir avec le droit � obtenir une d�cision motiv�e. A partir du moment o� l'on peut discerner les motifs qui ont guid� l'opinion des juges, le droit � une d�cision motiv�e est respect�, m�me si la motivation est erron�e (arr�t 4A_25/2007 du 25 mai 2007, consid. 3.3).
4.3 Au consid�rant 4b de l'arr�t attaqu�, les magistrats vaudois ont �crit que le seul point d�terminant �tait de savoir quelle port�e devait �tre donn�e au fait que les recourants ont sign� le 5 octobre 2007 le contrat relatif � la villa A, mais non celui aff�rent � la villa B. Ils ont expliqu� que les recourants n'ont aucunement arr�t� la transmission des documents de mise � l'enqu�te - �labor�s par l'intim�e - jusqu'� ce qu'un amateur se soit d�clar� pr�t � acqu�rir la villa B. Au contraire, bien que la documentation pr�par�e par l'intim�e indiqu�t la construction de deux villas, les recourants ont sign� les plans et la demande de mise � l'enqu�te. Les juges cantonaux ont d�duit que la poursuite de ses travaux par l'intim�e, alors que la seconde villa n'�tait pas encore vendue, d�montrait clairement que les parties � avaient convenu d'aller de l'avant �.
Cette motivation, certes peu �labor�e, est n�anmoins intelligible. Elle explique les raisons pour lesquelles la cour cantonale a admis que l'intim�e a �t� mandat�e par les recourants pour r�aliser un projet global portant sur les deux villas. Dans ces circonstances, la Cour d'appel pouvait se dispenser de traiter du moyen pris de la forme r�serv�e conventionnellement au sens de l'art. 16 CO, �tant d'ores et d�j� rappel� que la partie qui invoque la conclusion du contrat alors que la forme convenue n'a pas �t� respect�e peut �tablir, en renversant la pr�somption de l'art. 16 al. 1 CO, que les parties n'ont r�serv� la forme qu'� titre probatoire (ATF 128 III 212 consid. 2b/aa p. 215; JULIA XOUDIS, in Commentaire romand, Code des obligations I, 2e �d. 2012, n� 19 ad art. 16 CO).
5.1 Les recourants se pr�valent d'une fausse application de l'art. 16 CO. A leurs yeux, il r�sulterait indiscutablement du contrat qu'il ont sign� le 5 octobre 2007 que les parties n'entendaient se lier que sous la forme �crite. L'art. 16 al. 1 CO instituerait une pr�somption selon laquelle l'exigence de forme est une condition de validit� de l'acte juridique. Le contrat relatif � la villa B sise sur la sous-parcelle 1B subordonnait express�ment sa validit� et son entr�e en vigueur � sa signature. Or cette convention n'a pas �t� sign�e par les recourants.
5.2.1 Le contrat d'architecte n'est pas soumis � une forme particuli�re (cf. TERCIER/FAVRE/CONUS, Les contrats sp�ciaux, 4e �d. 2009, ch. 5365 p. 807/808).
A teneur de l'art. 16 al. 1 CO, les parties qui ont convenu de donner une forme sp�ciale � un contrat pour lequel la loi n'en exige point, sont r�put�es n'avoir entendu se lier que d�s l'accomplissement de cette forme. L'art. 16 CO pr�sume donc que la forme r�serv�e est une condition de la validit� du contrat. Cette pr�somption peut �tre d�truite par la preuve que la forme volontaire ne vise qu'� faciliter l'administration des preuves (ATF 128 III 212 consid. 2b/aa p. 215) ou que les parties y ont renonc� subs�quemment.
La partie qui se pr�vaut de l'inefficacit� d'un contrat au motif qu'il ne respecte pas la forme r�serv�e doit �tablir la conclusion d'une forme volontaire, alors que, si la conclusion d'une forme r�serv�e est �tablie, le fardeau de la preuve de la modification ou de la suppression d'une telle forme incombe � la partie qui se pr�vaut de la validit� de l'acte pass� oralement ou par actes concluants (INGEBORG SCHWENZER, in Basler Kommentar, Obligationenrecht I, 5e �d. 2011, n� 12 ad art. 16 CO).
La question de savoir si une forme a �t� r�serv�e se r�sout selon les r�gles g�n�rales en mati�re de conclusion des contrats (cf. art. 1 ss CO) (XOUDIS, op. cit., n� 7 ad art. 16 CO).
5.2.2 In casu, la cour cantonale n'a pas d�termin� que les parties avaient la volont� r�elle et concordante de soumettre leurs relations contractuelles � une forme r�serv�e. Il sied donc de v�rifier si un tel accord a �t� conclu normativement en vertu du principe de la confiance (ATF 135 III 295 consid. 5.2 p. 302, 410 consid. 3.2 p. 412 s.).
Il a �t� constat� que le 27 avril 2007, les parties ont sign� un premier � Contrat pour mandat de prestations d'architecture � en relation avec le projet de construire une villa sur une parcelle de la Commune de W.________ que les recourants d�siraient acqu�rir. Ces derniers n'ont toutefois pas r�ussi � acheter ce bien-fonds. A fin juin 2007, les recourants ont acquis la parcelle n� 1 de la Commune de V.________, sur laquelle, selon les suggestions de l'intim�e, les premiers ont d�cid� de r�aliser deux villas identiques (les villas A et B). Les recourants avaient l'intention d'occuper eux-m�mes la villa A devant �tre construite sur la sous-parcelle n� 1A, alors que la sous-parcelle n� 1B devait �tre vendue � des tiers avant que la villa B ne soit �difi�e. Le 5 octobre 2007, les parties ont sign� un nouveau �Contrat pour mandat de prestations d'architecture � ayant trait � l'�rection de la villa jumelle A. Simultan�ment, l'intim�e a r�dig� un autre � Contrat pour mandat de prestations d'architecture � se rapportant � la villa jumelle B, qu'elle a adress� aux recourants. Ces derniers n'ont pas sign� ce document. Ils partaient certainement de l'id�e que c'�tait � l'acqu�reur de la sous-parcelle 1B de parapher ce contrat d'architecte.
A consid�rer l'ensemble de ces circonstances et leur chronologie, il appert que les recourants pouvaient raisonnablement admettre que les parties n'entendaient se lier que par un contrat d'architecte pass� en la forme �crite simple au sens de l'art. 13 CO, laquelle exige que le contrat soit sign� par toutes les personnes auxquelles il impose des obligations. Cette mani�re de proc�der avait �t� respect�e pour le projet envisag� sur la Commune de W.________ ainsi que pour le projet se rapportant � la villa A. Faute d'invocation d'autres �l�ments allant dans le sens contraire, notamment de pourparlers o� les parties avaient envisag� la conclusion d'un contrat d'architecte oral, les recourants, de bonne foi, �taient en droit de comprendre que le contrat d'architecte aff�rent � la villa B devait �galement �tre pass� dans une forme r�serv�e, soit la forme �crite simple (art. 13 CO).
5.2.3 Il reste � v�rifier si l'intim�e a �t� � m�me de renverser la pr�somption de l'art. 16 al. 1 CO d'apr�s laquelle la forme r�serv�e par les parties est constitutive, en ce sens que son inobservation entra�ne la nullit� de l'accord (cf. XOUDIS, op. cit., n� 35 ad art.-16 CO). En d'autres termes, il faut contr�ler s'il a pu �tre �tabli que les parties n'ont r�serv� la forme qu'� titre purement probatoire.
Selon l'�tat de fait d�terminant, la Municipalit� de V.________ a fait savoir le 19 octobre 2007 � l'intim�e que le projet que celle-ci lui avait transmis dans le cadre de la proc�dure de mise � l'enqu�te ne respectait pas la r�glementation communale sur les plans d'am�nagement et la police des constructions. Le 25 octobre 2007, l'intim�e a dress� un nouveau jeu de plans, lequel concernait la construction tant de la villa A que celle de la villa B. Partant, malgr� que la forme r�serv�e par les parties pour la conclusion du contrat d'architecte aff�rent � la villa B n'a pas �t� observ�e, l'intim�e a commenc� � ex�cuter ledit contrat, sans que les recourants trouvent � y redire. On doit voir l� un fort indice que les parties n'avaient l'intention de r�server la forme qu'� titre probatoire. A cela s'ajoute que, le 7 novembre 2007, lorsque les recourants ont d�cid� que les relations contractuelles nou�es avec l'intim�e devaient �tre r�sili�es, ils ont �crit qu'ils entendaient � mettre un terme au contrat d'architecte pour le projet de V.________ �, sans faire m�me allusion � la villa A. Or le projet de V.________ concernait bien l'�dification de deux villas jumelles A et B. A la lumi�re de l'ensemble de ces circonstances, il y a lieu de reconna�tre que la forme r�serv�e par les parties n'�tait que probatoire.
Lorsque la forme volontaire est seulement probatoire, le contrat est valablement conclu m�me si la forme en question n'a pas �t� respect�e (XOUDIS, op. cit., n� 39 ad art. 16 CO).
C'est ainsi sans violer le droit f�d�ral, et singuli�rement l'art. 16 CO, que la cour cantonale a jug� que l'intim�e avait �t� mandat�e pour l'�laboration d'un projet global portant sur les deux villas, cela bien que le contrat d'architecte aff�rent � la villa B n'ait pas �t� sign� par les recourants.
Les recourants reviennent � la charge et font valoir, sans invoquer la violation d'aucune norme de droit, que les parties n'ont pas conclu, oralement ou par actes concluants, de contrat d'architecte ayant trait � la villa B. A supposer que ces moyens �tiques soient suffisamment motiv�s au regard de l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, ce qui est douteux, ils sont d�nu�s de tout fondement.
6.1 Les recourants font grand cas que c'est l'intim�e qui leur a sugg�r� la r�alisation de deux villas identiques sur la parcelle sise � V.________. Peu importe, puisqu'il a �t� retenu que les recourants ont bien eu la volont� de construire ces deux b�timents et qu'ils ont en cons�quence mandat� l'intim�e comme architecte.
6.2 Les recourants rappellent qu'ils devaient trouver un acqu�reur pour la sous-parcelle 1B, lequel assumerait alors les frais de construction de la villa B et les honoraires d'architecte y relatifs. Cette consid�ration est sans importance, puisqu'aucun amateur n'a acquis ladite sous-parcelle avant la r�siliation du contrat d'architecte pass� avec l'intim�e.
6.3 Les recourants jouent sur les mots en disant que d�s l'instant o� la cour cantonale a parl� d'un second acompte vers� en septembre 2007, ce versement ne pouvait concerner la villa B, car il aurait alors �t� question d'un premier acompte. On ne saurait entrer dans ce jeu. En effet, les recourants n'ont jamais sp�cifi� que le � second acompte �, pay� avant la signature du contrat �crit du 5 octobre 2007, ne concernait que la villa A.
6.4 Les recourants rel�vent que la demande de permis de construire et de mise � l'enqu�te, du 24 septembre 2007, leur a �t� transmise pour le motif qu'ils �taient encore les uniques propri�taires de la parcelle n� 1 de la Commune de V.________. On cherche vainement o� les recourants, qui ont sign� sans r�serve ces documents, veulent en venir avec cette assertion.
6.5 Les recourants reprennent l'argument que c'est sur la suggestion de l'intim�e qu'il a �t� convenu de r�aliser deux villas identiques. Il suffit de renvoyer � cet �gard au consid�rant 6.1 ci-dessus.
6.6 Les recourants, se r�f�rant � un t�moignage, affirment que R.________ et S.________ ont assum� le r�glement des honoraires de l'architecte en relation avec la construction de la villa B. Les recourants font allusion au contrat d'architecte conclu entre les pr�nomm�s et l'architecte T.________, accord qui constitue une res inter alios acta pour le contrat nou� entre les plaideurs. L'argument est sans consistance.
A supposer que les recourants entendent s'en prendre aux calculs de l'expert judiciaire, ils y sont irrecevables. En effet, ils n'ont pas pr�tendu que les conclusions de l'expert �taient entach�es d'une erreur manifeste, qu'elles �taient contradictoires ou lacunaires, de sorte que la cour cantonale aurait appr�ci� arbitrairement les preuves en les adoptant (art. 106 al. 2 LTF).
Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� en tant qu'il est recevable. Les recourants, qui succombent, paieront solidairement les frais judiciaires et verseront solidairement � l'intim�e une indemnit� � titre de d�pens (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).

References: ATF 
in fine
 ATF 
 art. 16
 art. 16
 art. 1
 art. 16
In casu
 art. 16