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Timestamp: 2020-07-07 06:47:14+00:00

Document:
44 - 2001, DVLR 100 - Subventions à des associations pour l'intégration des étrangers vivant à Paris. - Montant total : 700.000 F
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DVLR 100 relatif à l'attribution de subventions à des associations pour l'intégration des étrangers vivant à Paris.
Je donne la parole à Mme BERTHOUT.... excusez-moi, Monsieur SÉGUIN.
M. Philippe SÉGUIN. - Pour éclairer notre débat, je voulais simplement dire que mon groupe demandera un vote dissocié subvention par subvention.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Très bien. C'est de droit.
M. Philippe SÉGUIN. - Excusez-moi, Madame.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame BERTHOUT, vous avez la parole.
Mme Florence BERTHOUT. - Lutter contre les discriminations, Monsieur le Maire, et favoriser l'intégration des étrangers vivant à Paris ne sont pas des priorités nouvelles et, contrairement à ce que vous laissez ici et là volontiers sous-entendre, un très grand nombre d'associations qui menaient des actions spécifiques pour favoriser l'intégration des étrangers vivant à Paris, et qui sont aujourd'hui subventionnées, étaient déjà aidées sous les précédentes mandatures, à l'instar d'ailleurs, par exemple, de l'association "Une chorba pour tous" qui est destinataire dans la présente délibération d'une subvention de 100.000 F.
Ce qui, en revanche, est nouveau depuis avril 2001, c'est qu'on assiste à une vague dispendieuse de subventions à tout va, engagée avec l'argent du contribuable et, chose plus préoccupante, qu'à travers ces subventions on n'hésite pas à encourager et à soutenir, sous un faux-semblant de générosité, des associations ou des opérations à caractère, je n'hésite pas à le dire, partisan.
Ainsi, sur l'attribution des onze subventions qui sont versées à des associations dans le cadre de la délibération qui nous est soumise afin de favoriser l'intégration des étrangers vivant à Paris, quatre seront destinées directement à financer des manifestations qui portent exclusivement -exclusivement- sur la commémoration et le souvenir des évènements du 17 octobre 1961 : 20.000 F pour l'association Gare au théâtre pour financer des lectures, des travaux de théâtre autour de cette commémoration ; 50.000 F à l'association "Au nom de la mémoire" pour financer des expositions, des rencontres autour de cette commémoration ; 50.000 F à l'association du 17 octobre 1961 (l'objet parle de lui-même) pour financer des expositions photos et 40.000 F pour financer le Forum des images, que d'ailleurs nous connaissons très bien dans le premier arrondissement, qui mène des actions exemplaires, à l'exception, je dois le dire, du lancement de cette commémoration.
En quoi ces opérations répondent-elles aux attentes qui sont mentionnées dans l'exposé des motifs et, en particulier, à l'objectif suivant, je cite : "Améliorer la lisibilité sur la situation des populations immigrées" -là, on croit rêver !- et, deuxième objectif "mieux identifier leurs attentes, leurs difficultés" ?
En quoi l'attribution de ces subventions spécifiques contribuent-elles à remplir ces objectifs ?
Si l'inauguration d'une plaque à la mémoire des victimes de la manifestation du 17 octobre 1961 pouvait sembler, à tout le moins, inopportune, mais on peut en rester là, inopportune, la multiplication des subventions pour soutenir des opérations autour de cet anniversaire et de commémoration relève aujourd'hui plus de la provocation.
Au moment où le monde musulman est à tort -à tort- associé au terrorisme, de telles opérations attisent, que vous le vouliez ou non - que vous le vouliez ou non - et exacerbent la ranc?ur. Cet exercice aurait exigé, à tout le moins, que l'on n'oublie pas les violences de l'autre côté, comme cela était rappelé dans cet hémicycle, en particulier celles dont furent victimes les policiers qui rendent - et je cite le Préfet Jean-Paul PROUST - des services inestimables.
Mais une partie de votre majorité n'est pas prête à le reconnaître comme l'a attesté la non prise de participation au v?u qu'a présenté Philippe SÉGUIN. Le Maire de Paris a fait semblant de s'étonner que la droite parisienne, qui n'est pas -je le cite- une droite d'extrême droite, qui est une droite républicaine - je cite toujours M. DELANOË -, M. DELANOË a donc fait semblant de s'étonner que la droite parisienne républicaine ne s'unisse pas à cet anniversaire. Mais c'est précisément parce que la droite parisienne est républicaine et fière de l'être qu'elle ne peut s'associer à un exercice de lucidité sélective, qui croit pouvoir inventer le présent en se flagellant éternellement avec le passé.
Le dialogue des cultures, contrairement à ce que vous affirmez sur un ton péremptoire, ne s'en trouve ni vivifié, ni magnifié.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - S'il vous plaît !
Mme Joëlle CHÉRIOUX de SOULTRAIT. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, cette délibération propose de subventionner des associations menant des actions spécifiques pour l'intégration des étrangers vivant à Paris.
L'intégration est, nous en sommes tous conscients, un enjeu majeur non seulement pour la Ville de Paris mais aussi pour notre société, et au-delà pour l'avenir de nos enfants. Construire une cité harmonieuse pour tous est non seulement une nécessité mais aussi un devoir. C'est pourquoi, sur le plan des principes, nous ne pouvons qu'y souscrire.
En revanche, c'est la méthode qui pèche dans cette délibération et c'est elle que nous contestons.
En effet, selon une pratique dont vous avez le secret, vous amalgamez dans un même projet de délibération des associations sociales ou culturelles dont nous connaissons, et même reconnaissons, l'action avec des associations ou des opérations partisanes.
Nous avons évoqué ce problème en commission, faisant valoir que nous souhaitions un vote subvention par subvention afin d'exercer notre droit de soutenir l'action des associations engagées sur le terrain dans un vrai travail social et culturel en faveur de l'intégration et, à l'inverse, de ne pas cautionner celles qui, en réalité, ne font que de la politique.
Je me réjouis que nous ayons été entendus et je souhaite qu'à l'avenir, toutes les délibérations relatives à des subventions associatives soient présentées association par association car nous souhaitons marquer la distinction que nous faisons entre les associations que nous avons à aider et celles qu'une collectivité locale ne saurait soutenir sans enfreindre la nécessaire neutralité politique du travail culturel et social.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Je suis un peu étonnée de ce débat parce que favoriser l'intégration des étrangers, là-dessus tout le monde est d'accord, quoique je n'aime pas trop ce mot, mais enfin tout le monde est d'accord sur ce but-là. Favoriser l'intégration des étrangers, est-ce que ce n'est pas quand même au moins reconnaître d'abord leur identité, leur histoire ? Je ne vois pas comment on peut intégrer quelqu'un sans reconnaître son identité ou son histoire.
C'est aussi reconnaître évidemment aujourd'hui le droit de vote, leur qualité de citoyens, de citoyennes. Alors où sont les limites "culturelles ou sociales" ? L'identité, l'histoire, les témoignages, les histoires de vie n'est-ce pas culturel, social ?
Vraiment les arguments invoqués sont pour le moins peu convaincants. Par exemple, une association qui a trouvé grâce à vos yeux c'est l'Agence de Promotion des Cultures et du Voyage ; elle organise des rencontres de la mémoire sur un siècle de l'immigration algérienne. Ceux qui sont sur un siècle, cela va, mais ceux qui sont à l'intérieur d'un jour, le 17 octobre, là cela ne va plus.
Le Forum des Images est inattaquable, excellente qualité de travail, parfait, justement sauf là ; tout d'un coup le Forum des images est devenu démoniaque parce qu'il fait une commémoration. Le 17 octobre, il se trouve que cela fait 40 ans et que c'est un sujet extrêmement vivant encore aujourd'hui. Et des associations font une commémoration, elles font du théâtre, des témoignages, de la vidéo. Est-ce de la politique ? C'est de la politique au sens noble du terme, ce n'est pas de la politique politicarde, c'est un travail de mémoire sans lequel il n'y aura pas d'intégration.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je donne la parole à Khédija BOURCART.
Mme Khédija BOURCART, adjointe, au nom de la 6e Commission. - Mme GÉGOUT m'a donné la passerelle : oui nous faisons de la politique ; c'est bien pour cela que nous sommes élus, faire de la politique municipale. Oui nous ne sommes pas que des gestionnaires, oui nous avons des orientations et même quand il s'agit de l'intégration.
Nous faisons de la politique au sens noble, nous ne faisons pas oeuvre caritative ni oeuvre charitable ni de saupoudrage aux associations. Oui nous prônons une politique d'intégration éloignée du concept d'assimilation. Oui il nous faut sortir du schéma où la finalité d'intégration est l'assimilation et le dépouillement identitaire, l'occultation, l'autocensure de l'histoire des générations d'immigrés, et là il s'agit des Algériens. La loi du silence qui en découle brise les chaînes identitaires et acculture les générations futures, à savoir leurs descendants.
La négation de ces liens a pour conséquence la substitution des enfants aux parents, avec pour corollaire une parentalité mal installée ou absente d'où des transgressions de la loi, voire des violences.
Il convient de développer la capacité à être d'ici, avoir une histoire commune et cela se fait par la reconnaissance. Ces subventions ont toutes un sens entre elles et Mme GÉGOUT l'a rappelé.
L'intégration est transversale. Elle est lutte contre les discriminations, elle est aussi culturelle. Nous sommes fiers de subventionner ces associations avec des partenaires comme le Ministère de la Culture, le FAS, la BDIC et d'autres institutionnels. Eux aussi sont-ils dévoyés ? Notre action n'est pas un caprice mais une véritable politique d'intégration.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je vais soumettre la délibération article par article.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 1er relatif à une subvention de 70.000 F octroyée à la Fédération des Agences internationales pour le développement.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 2 relatif à une subvention de 20.000 F octroyée à l'Association Gare au Théâtre.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 3 relatif à une subvention de 50.000 F octroyée à l'Association Au Nom de la Mémoire.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 4 relatif à une subvention de 100.000 F octroyée à l'Association une Chorba pour Tous.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 5 relatif à une subvention de 40.000 F octroyée à l'Association Agence de Promotion des Cultures et du Voyage.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 6 relatif à une subvention de 40.000 F octroyée à l'Association Oskor.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 7 relatif à une subvention de 50.000 F octroyée à l'Association du 17 octobre 1961 contre l'oubli.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 8 relatif à une subvention de 40.000 F octroyée à l'Association Forum des Images, Porte Saint-Eustache.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 9 relatif à une subvention de 80.000 F octroyée à l'Association Génériques.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 10 relatif à une subvention de 10.000 F octroyée à l'Association Compagnie des Artistes indépendants.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 11 relatif à l'imputation des dépenses concernant les subventions attribuées aux articles 1 à 10.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 12 relatif à une subvention de 200.000 F octroyée à l'Association Groupe d'étude et de lutte contre les discriminations (GELD).
Je mets aux voix, à main levée, l'article 13 relatif à l'imputation de la dépense concernant la subvention attribuée à l'article 12.
Je mets aux voix, à main levée, l'article 14 autorisant M. le Maire de Paris à signer une convention avec le Groupe d'étude et de lutte contre les discriminations (GELD).
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVLR 100 dans son ensemble.
Le projet de délibération est adopté. (2001, DVLR 100).

References: l'article 1
 l'article 2
 l'article 3
 l'article 4
 l'article 5
 l'article 6
 l'article 7
 l'article 8
 l'article 9
 l'article 10
 l'article 11
 l'article 12
 l'article 13
 l'article 12
 l'article 14