Source: http://jesusmarie.free.fr/1a2ae_q075.htm
Timestamp: 2018-11-20 00:20:41+00:00

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Question 75 : Des causes des péchés en général
Apres avoir parlé du sujet du péché, nous devons maintenant examiner ses causes. Nous en parlerons d’abord en général et ensuite en particulier. — Touchant les causes du péché en général quatre questions sont à faire : 1° Le péché a-t-il une cause ? (Il s’agit ici de la cause efficiente du péché.) — 2° A-t-il une cause intérieure ? — 3° A-t-il une cause extérieure ? (L’Ecriture parle dans une multitude d’endroits des tentations auxquelles l’homme est exposé de la part de ses ennemis extérieurs (Sag., 14, 11) : les créatures de Dieu sont devenues des objets d’abomination, une cause de tentation pour les âmes, et un filet sous les pieds des insensés.) — 4° Le péché est-il cause du péché ? (D’après cet article on peut juger de tous les désordres auxquels peut entraîner une première faute. Ce sujet a été souvent traité par les orateurs de la chaire, qui n’ont fait que développer les idées que saint Thomas indique ici.)
Article 1 : Le péché a-t-il une cause ?
Objection N°1. Il semble que le péché n’ait pas une cause. Car le péché est un mal, comme nous l’avons dit (quest. 71, art. 6). Or, le mal n’a pas de cause, comme le dit saint Denis (De div. nom., chap. 4). Donc le péché n’a pas de cause.
Réponse à l’objection N°1 : Le péché indique non seulement la privation même du bien qui est un dérèglement, mais il désigne un acte tellement privé de bien que c’est un mal, et nous avons dit quelle était en ce cas la nature de sa cause (C’est une privation qui a une cause accidentelle.) (dans le corps de l’article.).
Objection N°2. Une cause est ce qui produit nécessairement une autre chose. Or, ce qui est produit nécessairement ne semble pas être un péché, parce que tout péché est volontaire. Donc le péché n’a pas de cause.
Réponse à l’objection N°2 : Si cette définition de la cause doit être vraie universellement, il faut l’entendre de la cause suffisante qui n’est empêchée d’aucune manière. Car il arrive qu’une chose est la cause suffisante d’une autre, et cependant l’effet ne s’ensuit pas nécessairement par suite d’un empêchement qui survient : autrement il en résulterait que tout est nécessaire, comme on le voit (Met., liv. 6, text. 5). Ainsi donc quoique le péché ait une cause, il ne s’ensuit pas que cette cause soit nécessaire, parce qu’on peut en empêcher l’effet.
Objection N°3. Si le péché a une cause, il a pour cause le bien ou le mal. Or, il n’est pas produit par le bien, parce que le bien ne produit que le bien ; car un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, comme le dit l’Evangile (Matth., 7, 18). De même le mal ne peut pas être la cause du péché, parce que le mal de la peine est une conséquence du péché, tandis que le mal de la faute est la même chose que le péché. Donc le péché n’a pas de cause.
Réponse à l’objection N°3 : Comme nous l’avons dit (dans le corps de l’article.), la volonté quand elle ne prend pas pour règle la raison ou la loi divine est une cause de péché. Or, ne pas faire usage de la règle de la raison, ni de la loi divine, ce n’est en soi ni un châtiment, ni une faute, avant qu’on en vienne à l’acte (Il n’y a de péché qu’autant que l’acte est produit, ou si on donne à ce défaut de règle le nom de péché, on doit l’entendre non du péché formel et complet, mais du péché qui est commencé et qu’on est disposé à produire. Il existe, selon l’expression des théologiens, inchoativè et in fieri.). Par conséquent d’après cela le mal n’est pas la cause du premier péché, mais il est produit par un bien privé d’un autre bien.
Mais c’est le contraire. Tout ce qui se fait a une cause, comme le dit Job (5, 6) : Rien n’arrive sur cette terre sans une cause. Or, le péché se fait ; car on dit que c’est une parole, ou un fait, ou un désir contraire à la loi de Dieu. Donc le péché a une cause.
Conclusion Le péché étant un acte déréglé, il a relativement à l’acte lui-même une cause qui le produit par elle-même ; cette cause produit par accident le dérèglement de cet acte, en ce sens qu’il arrive en dehors de l’intention de l’agent.
Il faut répondre que le péché est un acte déréglé. Comme acte il peut donc avoir par lui-même une cause comme tout autre acte ; mais par rapport à ce qu’il y a de déréglé en lui il peut avoir une cause de la même manière que la négation ou la privation. Or, on peut assigner à une négation deux sortes de causes : 1° elle peut être produite par le défaut d’une cause affirmative (Cette espèce de négation est pure et simple.), c’est-à-dire que la négation de la cause produit par elle-même une négation. Car pour qu’il y ait cause négative il suffit qu’il n’y ait pas d’effet. Ainsi la cause de l’obscurité est l’absence du soleil. 2° L’affirmation d’où résulte une négation (La négation n’est alors rien autre chose qu’une privation.), est par accident la cause de la négation qui s’ensuit. Par exemple, le feu dont le but principal est de produire la chaleur est conséquemment cause de la privation du froid (La négation et la privation ont l’une et l’autre une cause accidentelle, mais pour produire la négation simple il suffit de la négation de la cause, tandis que pour produire une privation il faut une cause dont l’action ne produise pas l’effet qu’elle doit produire.). La première de ces deux causes peut produire une simple négation. Or, puisque le dérèglement du péché et tout mal quelconque n’est pas une simple négation, mais la privation de ce qu’une chose doit naturellement avoir, il est nécessaire que ce dérèglement ait une cause efficiente par accident. Car ce qu’une chose doit être naturellement ne manquerait jamais d’exister, s’il n’y avait pas une cause qui y fait obstacle. Et c’est ce qui fait dire ordinairement que le mal qui consiste dans une privation a une cause imparfaite ou qui agit par accident. Et comme toute cause accidentelle se ramène à une cause qui agit par elle- même, et que le péché relativement à ce qu’il a de déréglé a une cause qui agit par accident, tandis que relativement à l’acte il a une cause qui agit par elle-même, il s’ensuit que le dérèglement du péché résulte de la cause même de l’acte. Ainsi donc la volonté qui n’a pas pour règle la raison et la loi divine, et qui s’attache à un bien changeant, produit l’acte du péché par elle-même et le dérèglement de cet acte par accident en dehors de son intention. Car ce qu’il y a de déréglé dans l’acte provient du défaut de direction dans la volonté.
Article 2 : Le péché a-t-il une cause intérieure ?
Objection N°1. Il semble que le péché n’ait pas une cause intérieure. Car ce qui existe intérieurement dans une chose l’accompagne toujours. Si donc le péché avait une cause intérieure l’homme pécherait toujours, puisqu’on posant la cause on pose aussi l’effet.
Objection N°2. Le même être n’est pas cause de lui-même. Or, les mouvements intérieurs de l’homme sont un péché. Donc ils ne sont pas cause du péché.
Objection N°3. Tout ce qui se passe dans l’homme est naturel ou volontaire. Or, ce qui est naturel ne peut pas être cause du péché, parce que le péché est contre nature, comme le dit saint Jean Damascène (De orth. fid., liv. 2, chap. 3 et 4, et liv. 4, chap. 21), et ce qui est volontaire, s’il est déréglé, est déjà un péché. Donc rien de ce qui est intrinsèque ne peut être la cause d’un premier péché.
Mais c’est le contraire. Saint Augustin dit (De duab. anim., chap. 10 et 11, et Retract,, liv. 1, chap. 9, et De lib. arb., liv. 3, chap. 17) que la volonté est la cause du péché.
Conclusion L’intellect et la volonté sont les causes intérieures immédiates de l’acte du péché ; l’imagination et l’appétit sensitif en sont les causes médiates intérieures.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (art. préc.), la cause absolue du péché doit se considérer d’après l’acte. Or, les actes humains peuvent avoir deux sortes de causes intérieures, l’une médiate et l’autre immédiate. La cause immédiate d’un acte humain est la raison et la volonté qui fait que l’homme a son libre arbitre. La cause éloignée est la perception de la partie sensitive et l’appétit sensitif lui-même. Car comme la volonté d’après le jugement de la raison se porte à ce qui est raisonnable ; de même d’après la perception des sens l’appétit sensitif se porte vers une chose, et cette inclination entraîne quelquefois la volonté, comme nous le verrons (quest. 67, art. 1). Par conséquent on peut assigner au péché deux sortes de causes intérieures : l’une prochaine qui se rapporte à la raison et à la volonté ; l’autre éloignée qui a pour principe l’imagination (Il faut entendre par là toutes les perceptions externes.) et l’appétit sensitif. Mais parce que nous avons dit (art. préc., réponse N°3) que la cause du péché est un bien apparent qui meut sans un motif légitime, c’est-à-dire sans suivre la règle de la loi divine ; et que d’ailleurs ce bien apparent appartient à la perception des sens et à l’appétit, tandis que le défaut de conformité avec la règle qu’on doit suivre se rapporte à la raison qui est naturellement faite pour observer cette règle ; il s’ensuit que la perfection du volontaire de l’acte du péché appartient à la volonté, et par conséquent que l’acte de la volonté, en supposant ce que nous avons dit précédemment, est déjà un péché (Ainsi il y a quatre causes intérieures qui concourent à l’acte du péché : la perception externe qui donne à l’appétit sensitif la connaissance de l’objet ; l’appétit sensitif qui se porte vers cet objet et qui séduit la raison ; la raison qui se laisse ainsi détourner de la règle qu’elle doit suivre, et la volonté qui consomme le péché en y consentant.).
Réponse à l’objection N°1 : Ce qui est intrinsèque à titre de puissance naturelle existe toujours dans l’être, mais il n’en est pas de même de ce qui est intrinsèque, comme étant l’acte intérieur d’une puissance appétitive ou perceptive. Or, la puissance même de la volonté est la cause du péché en puissance, mais elle est amenée à l’acte d’abord par les mouvements antérieurs de la partie sensitive, ensuite par ceux de la raison. Car par là même qu’une chose se présente comme désirable aux sens et que l’appétit sensitif se porte vers elle, la raison cesse quelquefois de faire attention à la règle qu’elle doit observer ; et c’est ainsi que la volonté produit l’acte du péché. Comme ces mouvements antérieurs ne sont pas toujours en acte, le péché n’est pas toujours en acte non plus.
Réponse à l’objection N°2 : Tous les mouvements intérieurs ne sont pas de la substance du péché qui consiste principalement dans l’acte de la volonté, mais il y en a qui le précèdent et d’autres qui le suivent (Tous ces mouvements intérieurs ne sont pas coupables ; d’ailleurs ils ne sont pas non plus nécessaires pour qu’il v ait péché. L’acte de la volonté et de la raison suffit.).
Réponse à l’objection N°3 : Ce qui est la cause du péché, comme la puissance produit l’acte, est naturel. Le mouvement de la partie sensitive d’où résulte le péché est parfois naturel, comme quand on pèche par suite du désir qu’on a de la nourriture. Mais il arrive que le péché n’est pas naturel par là même qu’il s’écarte de la règle naturelle (Le péché est naturel comme acte, mais il ne l’est pas relativement à ce qu’il y a en lui de déréglé.) que l’homme doit observer conformément à sa nature.
Article 3 : Le péché a-t-il une cause extérieure ?
Objection N°1. Il semble que le péché n’ait pas une cause extérieure. Car le péché est un acte volontaire. Comme les choses volontaires se rattachent à ce qui est en nous, elles n’ont conséquemment pas de cause extérieure. Donc le péché n’en a pas.
Réponse à l’objection N°1 : Les motifs extérieurs qui nous portent au péché n’étant une cause ni suffisante, ni nécessaire, nous avons toujours le pouvoir de pécher et de ne pécher pas.
Objection N°2. Comme la nature est un principe intérieur, de même aussi la volonté. Or, dans la nature le péché n’arrive jamais que par suite d’une cause intérieure ; par exemple, les monstres ne naissent que par suite de l’altération d’un principe interne. Donc dans l’ordre moral le péché ne peut avoir qu’une cause intérieure. Donc il n’en a pas d’extérieure.
Réponse à l’objection N°2 : En reconnaissant la cause intérieure du péché on n’exclut pas la cause extérieure ; car ce qui est extérieur n’est la cause du péché que par l’intermédiaire de la cause intérieure, comme nous l’avons dit (dans le corps de l’article.).
Objection N°3. En multipliant la cause, on multiplie l’effet. Or, plus il y a de principes extérieurs qui portent au péché, plus ces principes sont puissants et moins ce qu’il y a de déréglé dans une action est imputable à celui qui la fait. Donc rien de ce qui est extérieur n’est cause du péché.
Réponse à l’objection N°3 : En multipliant les causes extérieures qui nous portent au péché, on multiplie les actes du péché ; parce que plus ces causes sont nombreuses et plus elles nous portent fréquemment à des actes mauvais. Mais elles diminuent par là même la faute qui consiste surtout dans le volontaire et dans ce qui est nous (Ces principes internes sont la raison et la volonté.).
Mais c’est le contraire. Il est écrit (Nom., 31, 16) : Ne sont-ce pas elles (les femmes) qui ont séduit les enfants d’Israël, selon le conseil de Balaam, et qui vous ont fait violer la loi du Seigneur par le péché commis à Phogor ?
Conclusion Le péché peut avoir une cause extérieure (comme l’homme ou le démon qui le persuade et comme les biens extérieurs qui agissent sur l’appétit sensitif), mais cette cause ne suffit pas pour le faire commettre.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (art. préc.), la cause intérieure du péché est la volonté qui accomplit l’acte du péché, la raison qui le prive de la rectitude qu’il doit avoir et l’appétit sensitif qui nous y porte. Par conséquent, on peut distinguer trois sortes de causes extrinsèques : l’une qui agirait immédiatement sur la volonté, une autre sur la raison et une troisième sur l’appétit sensitif. Quant à la volonté, comme nous l’avons dit (quest. 9, art. 1 et quest. 10, art. 4), il n’y a que Dieu qui puisse la mouvoir intérieurement, mais il ne peut être cause du péché (Dieu ne tente pas pour le mal (Jacques, 1, 13).), comme nous le verrons (quest. 79, art. 1). Le péché ne peut donc avoir d’autre cause extérieure que celle qui agit sur la raison, comme l’homme ou le démon qui la persuade, ou celle qui agit sur l’appétit sensitif, comme les choses sensibles extérieures qui impressionnent cette partie de l’âme. Or, dans la pratique, la persuasion extérieure ne meut pas nécessairement la raison : et les choses extérieures ne meuvent pas non plus nécessairement l’appétit sensitif, à moins qu’il n’ait été disposé d’une certaine manière ; et l’appétit sensitif ne meut pas lui-même nécessairement la raison et la volonté. Par conséquent les choses extérieures peuvent être une cause qui porte au péché, mais elles ne sont pas une cause suffisante pour le faire consommer. Il n’y a que la volonté qui soit une cause suffisante pour accomplir un tel acte.
Article 4 : Le péché est-il cause du péché ?
Objection N°1. Il semble que le péché ne soit pas la cause du péché. Car il y a quatre genres de cause, et aucune d’elles ne peut convenir au péché, comme cause du péché. Car la cause finale est bonne par sa nature, ce qui ne convient pas au péché qui est mauvais en lui-même. Pour la même raison le péché ne peut pas être une cause efficiente, parce que le mal n’est pas une cause qui agisse, mais il est infirme et impuissant, comme le dit saint Denis (De div. nom., chap. 4). Quant à la cause matérielle et à la cause formelle elles ne paraissent applicables qu’aux corps naturels qui sont composés de matière et de forme. Donc le péché ne peut pas avoir de cause matérielle.
Réponse à l’objection N°1 : Le péché relativement à ce qu’il a de déréglé a la nature du mal ; mais comme acte il a quelque chose de bon, du moins en apparence (C’est ce bien apparent qui fait qu’on se le propose pour fin.). A ce titre il peut être cause finale et efficiente d’un autre péché, quoiqu’il n’en soit pas de même par rapport à ce qu’il a de déréglé. Le péché n’a pas de matière dont il soit composé, mais il a une matière à laquelle il se rapporte. Il tire sa forme de sa fin ; c’est pourquoi on peut dire qu’il est cause du péché selon les quatre genres de causes, comme nous l’avons démontré (dans le corps de l’article.).
Objection N°2. Il appartient à une chose parfaite de produire son semblable, comme le dit Aristote (De animâ, liv. 2, text. 54). Or, le péché est imparfait de sa nature. Donc il ne peut pas être cause du péché.
Réponse à l’objection N°2 : Le péché est imparfait d’une imperfection morale par rapport à ce qu’il a de déréglé, mais comme acte il peut être parfait dans sa nature et par conséquent être cause d’un autre péché.
Objection N°3. Si un péché est cause d’un autre, pour la même raison il y aura un autre péché qui sera cause du premier, et on remontera ainsi indéfiniment, ce qui est absurde. Donc le péché n’est pas cause du péché.
Réponse à l’objection N°3 : Toute cause du péché n’est pas un péché ; par conséquent il n’est pas nécessaire de remonter indéfiniment ; mais on peut arriver à un péché qui n’ait pour cause un autre péché.
Mais c’est le contraire. Saint Grégoire dit (Sup. Ezech., hom. 15) : Le péché qui n’est pas aussitôt effacé par la pénitence est un péché qui est cause d’un autre.
Conclusion Le péché ayant une cause comme acte, par là même qu’on dit qu’un acte humain est souvent cause d’un autre, on peut dire aussi qu’un péché est cause d’un autre péché.
Il faut répondre que le péché ayant une cause relativement à l’acte, un péché peut être cause d’un autre péché, comme un acte humain peut être cause d’un autre acte. Il arrive donc qu’un péché est cause d’un autre selon les quatre genres de causes. 1° Il peut en être la cause efficiente ou motrice par lui-même et par accident. Le péché est moteur à ce titre, puisqu’il fait perdre à l’homme la grâce ou la charité, la pudeur et tout ce qui éloigne du mal et le fait ainsi tomber dans une autre faute. C’est ainsi qu’un premier péché est cause d’un second par accident. Il en est aussi cause par lui-même ; car par un péché l’homme est disposé à en commettre un semblable plus facilement ; puisque les actes produisent des dispositions et des habitudes qui nous portent à produire des actes qui leur ressemblent. 2° Le péché est la cause matérielle d’un autre péché, en ce sens qu’il lui prépare sa matière. C’est ainsi que l’avarice donne matière aux procès qui roulent la plupart du temps sur le bien qu’on a amassé. 3° Un péché est la cause finale d’un autre, selon que l’on commet un péché en vue d’un autre ; comme quand on commet la simonie par ambition ou la fornication pour voler. 4° Et parce que la fin donne aux actes moraux leur forme, comme nous l’avons dit (quest. 1, art. 3, et quest. 18, art. 4 et 6), il s’ensuit qu’un péché est la cause formelle d’un autre. Car dans l’acte de fornication que l’on fait pour voler, la fornication est ce qu’il y a de matériel et le vol ce qu’il y a de formel.

References: art. 6
 art. 1
 art. 1
 art. 4
 art. 1
 art. 3
 art. 4