Source: http://www.atelier-spagyrie.ch/blog/spagyrie-medecines-alchimiques/
Timestamp: 2019-01-23 04:58:21+00:00

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Dans cette catégorie on trouvera des articles sur la pratique spagyrique, des recettes, des expériences &c… des travaux sur la médecine hermétique &c…
Par croquignole | Le 17/12/2018 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Faites-le Vous-même !
Kit de préparation homéopathique d’Arnica
(Cet article forme le contenu du livret explicatif d'un kit de préparation du remède homéopathique Arnica fait et vendu à Edelweiss Distillerie en décembre 2018)
Guéris-toi toi-même : Arnica Montana
Cette paraphrase de l’inscription de Delphe (« Connais-toi toi-même ») par le Docteur Bach dans son merveilleux petit livre « La guérison par les fleurs » (1933) est le point de départ à notre époque du retour à la préparation maison des remèdes courants et à l’auto-médication.
Il est temps pour chacun de se réapproprier l’art de se soigner soi-même et de préparer ses propres remèdes, dans la mesure où la vie n’est pas en danger, et dans la mesure où vous avez un professionnel de santé compétent pour vous accompagner et prévenir des problèmes graves. Pour ce qui est de l’entretien courant de la santé, il existe de nombreuses médecines populaires ou savantes qui sont assez simples à mettre en œuvre telles que l’herboristerie, l’aromathérapie, les élixirs floraux, les tisanes (qui sont extrêmement sous-estimées), les bains (même remarque), et... l’homéopathie.
La vie rurale au XX° siècle et avant, et les nécessités économiques avaient obligé nos parents à entretenir une tradition de soins maisons donnés de façon autonome. Les remèdes de grands-mères et autres « bonnes-femmes » succédaient aux guérisseurs et aux sorcières d’antan. La pensée rationaliste imposée par l’éducation nationale va bientôt anéantir ces traditions au profit de l’industrie médico-pharmaceutique et l’ont perdra bientôt la confiance et la connaissance des préparations naturelles faites simplement avec ce que la nature nous offre...
Le problème avec ce « progrès » de la médecine chimique (qui en est un réel), est que les ordres des médecins et des pharmaciens ont agit follement en pensant que les
merveilleuses solutions proposées par la médecine moderne pouvaient remplacer totalement les cadeaux de la nature, et que l’homme, l’être vivant, pouvait être réduit à un genre d’équation mathématique ou à une formule de composants chimiques, ce qui ne nous semble pas suffisant, au niveau de notre capacité à trouver un sens à la vie et à être heureux...
Un petit retour à la nature s’est naturellement imposé, et les médecines « douces » se sont refait une petite place dans notre vie et l’entretien de notre santé. Ces médecines ont d’abord été proposées au public par des fabricants et des paysans/artisans (producteurs/distillateurs de plantes aromatiques par exemple), et puis avec le développement de la cybernétique (qui, stricto sensu, est la capacité à piloter sa vie), on a réalisé qu’il était possible de prendre en main sa propre santé, sans ni l’abandonner à la médecine dominante ni rejeter son aide qui reste précieuse dans beaucoup de cas.
Un second pas est franchi et l’on commence à retrouver ou à réinventer les remèdes de nos grands-mères, la connaissances des plantes sauvages, les vertus de l’argile, de l’eau, des méthodes de dynamisation, de préparations &c...
L’attention à la nourriture qui reste notre premier remède (« Que ton aliment soit ton seul médicament » attribué à Hippocrate) revient timidement dans une société ou il est devenu normal de se nourrir de produits industriels et chimiques qui me semblent plus toxiques qu’autre chose (mais leur prix attractif est tellement irrésistible !). C’est sans doute le stade suivant dans la reconquête de notre santé.
Pour l’heure, je vous propose de vous familiariser avec une médecine importante, la première médecine strictement expérimentale d’occident (50 ans avant Claude Bernard et la médecine chimique qui domine aujourd’hui) et qui pourtant reste simple d’emploie pour les problèmes courants et surtout - et ce sera une nouveauté pour beaucoup ! - une médecine facile à faire soi-même : l’homéopathie.
Une médecine simple à préparer et à utiliser ?
Simple à utiliser, pas forcément ! le système thérapeutique d’Hahnemann (fondateur de l’Homéopathie) est très complexe et demande une très solide formation pour être utilisé dans son ensemble. Mais une partie des remèdes sont quand-même faciles à utiliser dans le cadre de l’auto- médication pour régler bien des petits bobos sans connaissances approfondies, et en général sans risques. Ce sera le cas de notre préparation d’Arnica.
Simple à faire ? Et oui, et c’est là sans doute une nouveauté pour beaucoup d’entre vous : il est très facile de préparer soi-même, chez soi, sans matériel sophistiqué la plupart des remèdes homéopathiques !
Samuel Hahnemann (1755-1843) est un médecin allemand qui opéra une remise en question profonde de ses connaissances académiques de l’époque. Ses observations et la liberté qu’il s’est donné au cours de ses réflexions l’ont amené à délaisser la fidélité aux dogmes en vigueur au profit de l’expérimentation systématique, cinquante ans avant Claude Bernard qui est considéré comme étant le fondateur de la médecine expérimentale. J’attribue, sans avoir trop d’éléments, à Hahnemann une bonne culture paracelsienne, ce qui était courant chez les médecins à cette époque. Paracelse, médecin et alchimiste suisse- allemand - 1493-1541 - est une figure incontournable de la médecine jusqu’à une époque récente. Ses collègues ont toujours été très radicalement partisans ou au contraire détracteurs de sa philosophie et de ses pratiques, ce qui sera la même chose avec Hahnemann, l’histoire se répète ! Les suiveurs de Paracelse seront toujours très créatifs et de nombreuses médecines sont directement ou indirectement inspirées de sa pensée, telle l’homéopathie. Une étude sérieuse sur l’influence de Paracelse sur Hahnemann reste à faire qui révèlerait sans doute bien des aspects les plus intéressants de la doctrine de celui que l’on pourrait considérer comme l’un des pères des médecines utilisées actuellement, chimiques ou naturelles.
Je ne ferai pas ici une étude approfondie des principes de l’homéopathie pour ne pas vous retarder trop longtemps avant de passer à la pratique et aussi parce que Hahnemann nous a laissé deux ouvrages magistraux et très accessibles (Hahnemann est un grand pédagogue et sa plume est limpide) que je vous encourage à étudier : l’Organon ou Art de Guérir (1810) qui donne les principes de la nouvelle médecine avec les procédés de fabrication, et son Traité de matière médicale (1811) qui détaille la préparation des remèdes homéopathiques.
Voyons quand-même quelques principes fondamentaux qui nous guideront dans l’étude et l’utilisation de cette médecine si surprenante qu’est l’homéopathie.
J’ai choisi des extraits de l’Organon pour résumer la pensée de Hahnemann. C’est peut-être une simplification un peu lapidaire mais cela nous suffira pour aborder la pratique de la préparation homéopathique.
« Lorsqu’il s’agit d’un art sauveur de la vie, négliger d’apprendre est un crime » (conférence à Paris en 1835) Hahnemann se consacre à la guérison. Il est pragmatique. Pour guérir, il place l’utilité avant toutes choses.
« L’idéal thérapeutique consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce, et permanente » (Org. art. 2)
« La totalité des symptômes seule doit servir de guide dans le choix des moyens propres à la guérison » (D’après Org. art. 6 et 7)
Hahnemann reste pragmatique : les causes de la maladie ne l’intéresse pas a priori. Faire disparaitre ses symptômes de façon durable lui suffit. On peut s’étonner de cela mais on ne peut qu’approuver que l’urgence est dans la guérison totale et durable et non dans l’enquête sur les causes de la maladie qui restent secondaires.
« Le médecin sait écarter de l’homme bien portant les conditions qui troublent la santé » (d’après Org. art. 4) L’homéopathie est aussi une médecine préventive.
« la médecine homéopathique repose uniquement sur l’expérience » (L’esprit de la doctrine homéopathique, 1813) Si l’on associe ce principe à la déclaration d’Hahnemann cité plus haut sur l’obligation morale de guérir quand on sait le faire, on comprend mieux pourquoi le fondateur de cette médecine n’ait pas pris (ou n’ait pas perdu) de temps à chercher à donner une explication à son système thérapeutique. En d’autres termes, de façon humoristique on pourrait résumer la question comme cela : « Comment ça marche ? Je n’en sais rien, mais excusez-moi, j’ai des patients qui m’attendent ».
Le principe des semblables (Similia similis curantur)
« Pourquoi le brillant Jupiter disparaît-il dans le crépuscule du matin aux nerfs optiques de celui qui le contemple ? C’est parce qu’une puissance semblable mais plus forte, la clarté du jour naissant, agit sur les même nerfs » « Comment couvre t-on le fracas lointain des canons ennemis qui couvrent la terreur dans une armée ? Par le bruit assourdissant et tonitruant de la grosse caisse » (Org. art. 26)
« Guérissez par la similitude des symptômes » (Org. art. 50)
Ici, Hahnemann donne le principe de l’homéopathie qui est de soigner un ensemble de symptômes par un remède qui produit, sans dangers pour le patient, des effets similaires et va encourager le corps à provoquer la guérison. Ce principe est lourd de conséquences puisque l’on est obligé d’admettre que cela implique que le corps possède en lui- même la capacité à se guérir lui-même s’il y est encouragé.
Le principe de similitude est contraire à la devise de Galien : Les contraires se repoussent (« contraria contrariis »)
Isothérapie
Ce principe de similitude n’est pas le principe des identiques qui est le fondement de l’isothérapie que n’approuvait pas Hahnemann (personne n’est parfait !) et qui est basée sur un principe très proche de l’homéopathie et lui emprunte la même technique de préparation des remèdes. Nous aborderons quelques exemples utiles plus loin. L’isothérapie est aussi le principe de base de la vaccination (même si celle-ci diffère quand à la préparation des remèdes).
Principes de préparation des remèdes
La médecine homéopathique suit donc ces principes. Elle est composée de remèdes choisis et préparés pour répondre à ce besoin de transmettre une information au corps qui ne lui nuira pas (non noscere, ne pas nuire est le principe fondamental que toute médecine est encouragée à respecter en priorité).
Voyons maintenant les principes de préparation des remèdes
« Les doses infiniment petites sont essentielles pour l’application de cette méthode curative » (Org. art. 68)
« La médecine homéopathique dégage et libère pour son usage spécial les vertus médicinales immatérielles inhérentes aux substances brutes et cela jusqu’à un point qui paraissait autrefois inimaginable » (Org. art. 269)
La dilution de la matière première permet de libérer son énergie de la matière. Elle permet aussi de supprimer la toxicité éventuelle de certaines substances brutes.
« (...)grâce à l’action mécanique du frottement et de la succussion développe et exalte leurs forces pharmacodynamiques latentes » (Org. art. 269)
« On connaissait empiriquement déjà (...) toute une série de modifications de diverses substances naturelles produites par frottement, d’abord l’élévation de la température, puis le développement d’odeurs. Enfin, l’aimantation de l’acier &c... » (D’après Org. art. 269)
La dynamisation composée de la dilution et de la succussion (action de secouer) révèle et active le potentiel thérapeutique des matières diluées.
« Par analogie, la trituration de toute substance médicinale les secousses imprimées à sa dissolution (dynamisation) développent graduellement les énergies médicamenteuses latentes qu’elle renferme et les met à jour, ou si l’on peut dire, « spiritualise » par désintégration la matière elle- même. » (Org. art. 269)
La trituration est le mode de dilution des matières insolubles, elle consiste en un certain nombre de broyages dans un mortier en porcelaine rythmés par un protocole précis. Ce procédé est peu employé de nos jours.
L’excipient (alcool ou sucre)
« L’excipient non médicamenteux utilisé, dénué de toute action thérapeutique, joue cependant un rôle indispensable, quoique accessoire » (Org. art. 269)
La dilution se fait dans de l’alcool, du « Brandwein » (alcool de vin, titrant probablement entre 50 % et 75 % d’alcool, et certainement pas puissant comme notre « alcool neutre » produit par les distilleries industrielles). Pour les solides insolubles, la trituration se fera dans du sucre (sucre de canne ou lactose à l’époque d’Hahnemann).
Si l’on se souvient que Hahnemann est un médecin de campagne du XVIII° siècle qui visite ses patients à cheval (il semble que ce soit les cahots de sa monture qui lui aient inspiré la méthode de dynamisation), on peut alors imaginer que l’alcool (brantwein) utilisé n’était pas un alcool « neutre » produit par une distillerie industrielle qui aurait pu répondre aux normes en vigueurs actuellement pour la confection de médicaments. Il s’agissait plus probablement d’alcool distillé artisanalement par ce que l’on appelle aujourd’hui un bouilleur de cru (ou bouilleur ambulant) et qui titrait approximativement 50 à 75 % d’alcool.
Il est certain qu’aujourd’hui la qualité énergétique d’un alcool blanc de bouilleur de cru, une prune des campagnes par exemple, est certainement meilleure qu’un pur éthanol à 90 % vol. issue de matières premières produites par l’industrie agro-alimentaire et stocké dans des bidons en plastic... Dans ma pratique homéopathique, j’ai une nette préférence pour ces alcools blancs non trafiqués titrants environ 50 % et contenant souvent une bonne dose d’alcools de tête (méthanol) et de queues, ce qui n’a aucune importance dans notre préparation puisqu’il ne s’agira pas de boire le remède comme on le ferait avec un spiritueux. Je vous encourage à préférer ces gnôles des campagnes à conditions qu’elles soient blanches (les alcools ambrés ont plus de risques d’avoir subit des colorations, édulcorations &c...).
Le rôle de l’alcool, dans ce travail, est de diluer le remède, et de permettre la conservation de la préparation (et pour cela, 20 % d’alcool suffit).
Hahnemann décrit en détail le procédé de dynamisation (dilution/succussion) avec l’utilisation de petits globules de sucre dissous dans l’alcool (Org. art. 269). Le procédé complet n’est plus pratiqué de nos jours pour laisser place à la méthode simplifiée que je vous propose plus loin. Même les grands laboratoires utilisent aujourd’hui un procédé basé sur ce que nous allons voir.
Le principe est de diluer 1 goutte de la Teinture-Mère (Hahnemann crée ce néologisme pour distinguer sa teinture faite avec des plantes fraîches des teintures habituelles du Codex qui sont faites avec des plantes séchées) dans 100 gouttes d’alcool, et de secouer vigoureusement 100 fois pour obtenir la première dilution centésimale (1° Centésimale Hahnemannienne, ou 1 CH).
Hahnemann ne semble pas approuver cette dilution jugée trop faible (il préfère diluer avec l’aide d’un petit globule imbibé dans 100 gouttes d’alcool, ce qui revient à un rapport de 50 000° au lieu du 100°... Voir Org. art. 270). Cette première dilution sera à nouveau diluée à raison d’une goutte dans un nouveau flacon contenant 100 gouttes d’alcool. Après succussion, on obtiendra la 2° centésimale (2 CH) et ainsi de suite... Une dilution à la 30° CH demandera donc l’utilisation de 30 flacons.
La dilution désirée obtenue, on prendra soin d’en imbiber des granules de sucre pour terminer la mise en forme du remède (Hahnemann explique en détail la fabrication des granules dans l’Organon).
La méthode Korsakov
Korsakov était un collègue et disciple de Hahnemann qui a inventé une méthode simplifiée de dilution. Il semble qu’Hahnemann ait approuvé la méthode de son confrère dans leur correspondance, mais je n’ai pas de sources. Cette méthode est connue sous le nom de « Dilution au flacon unique » ou « dilution Korsakov » (K).
Elle consiste en une dynamisation (dilution/succussion) dans un flacon. Ceci fait, il s’agit de verser, par terre, le contenu du flacon qui gardera une ou quelques gouttes sur sa parois interne. On recharge le flacon de 100 gouttes d’alcool pour re-dynamiser pour obtenir la 2° dilution centésimale qui s’appellera traditionnellement 2 K, que l’on jètera à nouveau pour recommencer avec le même flacon jusqu’à la dilution souhaitée. Une dilution à la 30° K nécessitera l’utilisation d’un seul flacon.
J’aime imaginer que Korsakov, médecin militaire, a inventé cette méthode dans l’urgence en campagne ou sur un
champ de bataille avec un matériel de fortune (quelques teintures-mères, un peu de brantwein et peu de flacons)...
La méthode korsakovienne est celle que je vous propose d’utiliser pour notre homéopathie d’Arnica, nous discuterons plus bas un peu plus de ce procédé qui m’apporte toute satisfaction.
Quelques questions avant de passer à la préparation de notre Arnica :
La mémoire de l’eau
Les importants travaux de Jacques Benveniste sur la mémoire de l’eau ont relancé la question du fonctionnement de l’homéopathie. L’hypothèse de la mémoire de l’eau des dilutions pour transporter l’information du remède est séduisante. En fait, les triturations dans du sucre (ou d’autres matières, j’ai par exemple un ami qui triture dans du kaolin - argile blanche - avec succès pour ses travaux précis) demandent de relativiser l’importance de cette piste. Sans trop avoir moi-même d’avis sur la question, je choisis une formule consensuelle qui consiste à utiliser un mélange hydro-alcoolique (eau-de-vie blanche à 40 à 50 %) en me souvenant que Hahnemann lui-même négligeait cette question de l’explication du fonctionnement interne de son procédé pour se satisfaire des résultats.
Hahnemanienne ou Korsakovienne ?
Il est l’usage de préférer les dilutions jusqu’à la 30° centésimale en hahnemannienne, et de choisir les korsakovienne pour les plus hautes dilutions (1000, 10 000, 100 000 K...).
À mon avis, la raison est que à l’époque de ces deux pionniers, les dilutions montaient rarement au-dessus de la 30° dilution (qui fait l’objet d’une étude particulière par Hahnemann dans la Matière Médicale). Elles se faisaient à la main, ce qui explique l’absence de très hautes dilutions
(J’ai moi-même fait une 200 K à la main, il m’a fallu deux jours...). Avec la découverte des possibilités offertes par les très hautes dilutions, après Hahnemann donc, la méthode Korsakov s’est imposée pour des raisons pratiques. Nul besoin de chercher ailleurs la vraie raison de ce choix.
Homéopathie et phytothérapie
Une partie de la matière médicale (les matières utilisées pour préparer les remèdes homéopathiques) trouve son origine dans la phytothérapie officielle (Codex pharmaceutique) ou populaire. Notre dilution d’Arnica est inspirée de la médecine populaire (Hahnemann, Matière médicale homéopathique, tome 1).
On peut remarquer que les faibles dilutions donnent des remèdes dont les effets sont proches de ceux connus en phytothérapie ou dans les pratiques simples populaires (tisanes, teintures...) alors que les dilutions plus élevées offrent des effets plus « sublimes » qui s’éloignent de l’effet de la plante.
Par exemple, je fais personnellement une dilution de coquelicot pour faciliter le sommeil. La 3 CH semble plus rapidement efficace (effet immédiat) que la 5 CH.
Où trouver le matériel pour vos préparations ?
Les Matières premières (plantes ou autres...) se trouvent dans la nature...
L’alcool se trouve chez le bouilleur de cru. Vous pouvez aussi vous inspirer des informations données dans mon livre « L’ALAMBIC, l’Art de la Distillation, Alcool, parfums, médecines » ou sur mes sites www.devenir- distillateur.com et www.atelier-spagyrie.ch. Les alcools « neutres » à 90° sont d’origine industrielle et j’évite absolument leur utilisation (l’argumentation basée sur la pureté chimique de l’éthanol n’a absolument aucun intérêt pour nos travaux), les « alcools de fruits » vendus dans la grande distribution ne valent guère mieux.
Les tubes de granules vierges se trouvent chez les pharmaciens ou droguistes selon les pays. Les
pharmaciens français vous vendront des tubes de Saccharum Lactis en basse dilution (1 ou 2 CH, ou 1 ou 2 DH) qui font office de granules vierges. J’achète mes seaux de granules chez Vanda France, je préfère les granules de Saccharose bio, mais il existe aussi des granules de Xylitol (sève de bouleau) qui convient aux diabétiques et qui ont un gout sucré agréable (pas bio).
Les flacons pour faire les teintures ou les dilutions se trouvent en pharmacie ou chez Aromazone (ou équivalent, il y a d’autres distributeurs...). C’est simple et pas cher !
Arnica Montana la préparation pas-à-pas
Vous avez votre Teinture-Mère (TM) dans son bocal. Il s’agit d’une fleur d’Arnica cueilli pendant l’été 2018 en montagne à 2000 m. et mise à macérer dans de l’esprit-de- vin bio-nature distillé dans notre alambic en cuivre. Cette TM a une durée de vie infinie.
1. Verser un peu de cette TM dans un flacon dont vous aurez auparavant enlevé le compte-goutte, puis reversez le liquide dans le bocal d’origine, il restera une ou quelques gouttes dans le flacons qui serviront à la dilution.
2. Versez une centaine de gouttes d’alcool dans ce même flacon (ce qui fait environ 1,5 cm de hauteur de liquide dans votre flacon de 10 ml).
3. Secouez vigoureusement 100 fois ce flacon.
Votre première CH est prête.
4. Jetez-là... (et oui, vous allez voir, ce travail tout simple s’il en est est sans pitié pour votre rationalité !)
5. Recommencez les points 1. à 4. jusqu’à arriver à la dilution désirée (mais ne la jetez pas cette fois ! Sinon, il vous faut simplement refaire une dilution supplémentaire)
6. Votre dilution obtenue, il ne vous reste plus qu’à imbiber
vos granules. Vous pouvez aussi garder le remède sous
forme liquide, mais la présentation en granules est beaucoup plus pratique d’emploi, et conforme à la pratique hahnemanienne originelle. Pour cela, disposez une feuille d’essuie-tout (papier ménage...) sur une assiette pour y verser le contenu d’un tube de granules vierges. versez quelques gouttes (3, 4...) de votre dilution, remuez délicatement pour que tous les granules brillent d’humidité, et laissez sécher, au soleil si possible (j’ai une préférence pour faire cette opération au soleil, c’est un petit truc d’alchimiste...). Remettez les granules secs dans le tube sans les toucher avec les doigts. Étiquetez à l’endroit de l’ouverture du tube pour éviter les ouvertures accidentelles, et goûtez...
Vous pouvez choisir de faire les dilutions de votre choix, personnellement, je fais du 3 K ou 5 K, du 9 K, et du 30 K. Mais l’homéopathie est très riche de pratiques différentes et je vous conseille de vous inspirer de votre pratique habituelle.
Votre petit bocal de TM avec sa fleur vous permet de faire plusieurs millions de tubes... voire plusieurs milliards...
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter beaucoup de plaisir à préparer votre remède homéopathique d’Arnica. Vous serez surpris par l’efficacité qui n’a d’égale que la simplicité de la préparation !
Des questions ? des retours ? : matthieu@edelweiss-distillerie.ch . Merci !
I. Ma première dilution d’arnica
J’ai fait ma première dilution d’Arnica lors d’un voyage en Suisse avec ma fille Rose qui fêtait son premier anniversaire. C’était le moment des premiers pas, et en montagne, les premiers pas ne sont pas sans aventures... Un jour que nous nous étions arrêtés pour passer la nuit dans une prairie, les arnicas fleurissaient devant le bivouac... J’avais dans le camping-car un pot de yaourt en verre, une bouteille de schnaps de ma fabrication (de la prune à 45° si je me souviens bien, mais cela n’a aucune importance), et quelques tubes de granules vierges. À part les granules, le reste est commun et se trouve dans chaque cuisine et chaque camping-car...
Le soir, je préparais ma teinture avec quelques fleurs dans l’alcool. Le lendemain, ou surlendemain peut-être, je versais cette teinture dans la prairie et procédais à mes dilutions. Une heure plus tard, ma dilution en 3 K était virtuellement dans mes granules et à chaque fois que ma fille essayait un nouveau pas, et souvent ouvrait la bouche pour pleurer sa douleur d’une nouvelle chute, hop ! 3 granules dans la bouche qui restait silencieuse : la souffrance avait miraculeusement disparue.
Bravo pour les granules à papa n’est-ce-pas ?
Alors pour répondre aux questions que vous vous posez sans pouvoir me les adresser, et pour répondre aux réticences des sceptiques à la question incontournable de l’effet placebo, je vous rapporte une autre expérience intéressante.
Quatre ans plus tard, l’hiver cette fois, une nouvelle piste de ski fut fatale à Rose. Après s’être brutalement arrêtée dans une voiture garée en dessous de la piste (la piste descendue « tout shuss » à grande vitesse), sous la voiture plus exactement, nous revînmes au chalet pour nettoyer le sang et panser les blessures...
N’ayant pas de tube d’Arnica disponible, je cherchais parmi les teintures et alcoolats le bocal de Teinture-mère de notre plante et j’en fis, tel un nouveau Korsakov sur le champ de bataille, une dilution en urgence avec les moyen du bord.
Rose fut certes soulagée, mais je gardais secrètement une petite déception sur l’efficacité du remède...
Le lendemain, nous nous rendîmes compte que le bocal contenait une teinture de pissenlit (qui ressemble à l’arnica sous cette forme de fleurs macérées)...
Alors cette fois, le remède à papa, et bien il n’était pas ce l’on attend normalement d’une vraie dilution d’arnica.
Ce test à l’aveugle m’a une fois de plus convaincu de l’efficacité intrinsèque des préparations homéopathiques. Ce qui n’enlève rien à la vertu des granules de Papa !
II. Quelques préparations maisons faciles à réaliser Coquelicot
Il existe plusieurs préparations simples à réaliser parmi la pharmacopée homéopathique ou autre.
J’ai cité le coquelicot (en 3 K) que j’appelle « l’assommoir » et qui se prend au moment de l’endormissement.
Le pavot de Californie semble avoir un effet somnifère encore plus puissant.
J’ai fais réaliser des dilutions de cigarettes par des fumeurs désireux d’arrêter de fumer avec un certain succès (les fumeurs faisant eux-mêmes leur préparation avec leurs propres cigarettes). Je préconise maintenant la dilution d’un élixir spagyrique de rose pour arrêter les dépendances, spécialement celle au tabac.
À l’époque où Élie, mon fils de 9 ans lisait Harry Potter et cherchait la pierre philosophale, nous avions fait une dilution d’or (son remède homéopathique personnel à ce moment là). Pour cela, nous avions dissout de l’or selon une méthode spagyrique reproduite par Dorvault dans son « Officine de pharmacie pratique » (éd. 1872) qui consiste à dissoudre de l’or dans de l’eau régale (mélange d’acide chlorhydrique et acide nitrique) pour passer ensuite la
teinture dans l’éther, puis dans l’alcool. cet « or potable » a ensuite été dilué au 30 K.
Nous n’avons pas reçu de félicitations de la part de notre homéopathe qui ne considérait pas cette préparation conforme à la préparation hahnemanienne classique (que personne ne fait aujourd’hui, surtout pas la production courante en France), mais l’expérience a été intéressante.
J’ai aussi pratiqué la dilution placentaire. Il s’agit d’un remède isothérapique qui consiste en une dilution de placenta et qui sert de remède pour l’enfant de sa naissance à l’âge adulte, et permet une meilleure reconstitution à la maman après l’accouchement, et lutte contre le baby-blues. Pour cette dilution qui est le travail du papa ou d’une tierce personne, il faut laver un petit bout du placenta dans un verre d’eau pour enlever le sang ou d’autres substances. Il faut ensuite mettre ce morceau de placenta propre dans un petit bocal contenant de l’alcool (je rappelle qu’une eau-de-vie blanche et naturelle de bouilleur de cru fait très bien l’affaire). Le lendemain, ou plus tard, on procède aux dilutions de la façon habituelle.
C’est la maman qui prend 3 granules avant l’allaitement pour le transmettre au nourrisson.
À la naissance de ma fille Rose (c’est la dernière histoire avec mes enfants, promis !), j’ai enfin goûté à cette préparation que je n’osais pas goûter quand je le faisais pour d’autres naissances. Les 3 granules étaient encore dans ma bouche que je ressentais le plaisir d’être repus d’avoir mangé une bonne part d’un excellent foie... Rose (j’avais pourtant promis...) m’a récemment demandé à quoi servait ces granules. Je lui ait répondu « c’est pour quand tu as envie de retourner dans le ventre de ta maman ». Elle m’a aussitôt répondu « Je veux retourner dans le ventre de ma maman ! »...
Cette isothérapie a, à mon avis, un intérêt à étudier qui dépasse l’usage intra-familial.
Plus classiques, parmi les plantes (d’après Dorvault) : Préparées avec des plantes entières : Arnica, Belladone, Chamomille, Chélidoine, Achillée millefeuille, Pulsatila... Feuilles et tiges : Aconite, Clématite, Digitale, Stramoine, Tabac, Thuya...
Fleurs : Cannabis sativa...
Fruits, semences : Anis, Café, Cina, Staphysagria... Racines : Bryone, Gentiane Lutea, Ginseng, Prunier, Valériane, gingembre...
III. Préparation D’Arnica Montana d’après le Traité de Matière Médicale de Samuel Hahnemann (1811)
La reproduction de ce chapitre donnera une idée de la méthodologie d’Hahnemann.
(teinture préparée avec 50 grains de racine récemment pulvérisée et mille gouttes d’esprit-de-vin)
L’arnica, plante qui affectionne les plaines et les montagnes couvertes de forêts, a une racine qui perd rapidement une grande partie de son odeur et de sa vertu médicinale lorsqu’on la laisse exposée à l’air, et surtout lorsqu’on la fait bouillir. Mais, quand, aussitôt après l’avoir pulvérisée, on s’empresse de la dessécher complètement au bain-marie, elle peut ensuite être conservée pendant plusieurs années, dans des flacons bien bouchés, sans que son énergie s’affaiblisse. Malgré tous ses dogmes artificiellement construits, malgré toutes ses définitions scolastiques, les distinctions et les subtilités auxquelles elle a eu recours, la médecine ordinaire n’est jamais parvenue à découvrir la vertu spécifique de cette plante, ou à trouver un remède assuré contre l’affection universelle, souvent fort dangereuse, qui résulte d’une chute grave, de chocs, de coups, d’une contusion, d’une distorsion ou d’une déchirure des parties solide de notre corps (1). Le peuple dut se charger pour elle de ce soin, et, après d’innombrables et inutiles essais, il rencontra enfin le moyen qu’il cherchait en vain dans l’arnica. Il y a deux siècle qu’un médecin nommé Fehr communiqua pour la première fois cette découverte de la médecine domestique à ses confrères ; depuis lors, l’arnica fût appelée panacea lapsorum. Il en a été de même de tous les autres spécifiques ; l’art médical en a dû la connaissance à la pratique domestique, et n’a jamais pu en trouver lui-même un seul, parce que ceux qui l’exercent ne se sont jamais inquiétés les effets purs des corps naturels sur l’homme en santé.
Les affections qui dépendent de fortes contusions et de déchirures des fibres, ont presque toutes les même symptômes. Or le tableau suivant fera voir que les phénomènes auxquels l’arnica donne ordinairement lieu chez l’homme en santé, ont une ressemblance frappante avec ses symptômes. Mais ce même tableau des effets purs de l’arnica dévoile aussi plusieurs états morbides de l’homme dans lesquels la plante offre un remède homéopathique certain. C’est un médicament applicable à une foule de cas, et, quoique son action, même lorsqu’on la donne à hautes doses, ne s’étende pas au-delà de six jours, cependant j’ai reconnu qu’on la considérer comme un remède subsidiaire et intercurrent, même dans les maladies les plus chroniques.
Seulement il faut se garder d’employer arnica dans les maladies aigües purement inflammatoires, avec chaleur générale, en grande partie extérieure, non pus que dans les diarrhées, où on la trouvera toujours très nuisible, ce dont on verra également les motifs dans l’exposé de ses effets particuliers.
Mais elle déploye une efficacité toute spéciale dans quelques espèces de fausses pleurésies, celles dont les symptômes ont de la ressemblances avec les siens propres.
Le camphre est l’antidote de l’arnica administrée à grande doses et dans les circonstances où elle n’était point homéopathique. Mais le vin aggrave ses effets nuisibles.
J’ai reconnu qu’une petite partie d’une goutte de la billionième dilution (chaque goutte de la teinture précitée étant considérées comme la moitié d’un grain de vertu d’arnica) suffisait toujours dans les cas où elle devait agir à titre de remède c.
(Suit une longue liste de 638 symptômes.)
(1) C’est pourquoi elle est très-salutaire même dans les grandes blessures produites par des balles et des instruments contondans, comme aussi dans les douleurs et autres incommodités, après l’arrachement des dents, et après d’autres opérations chirurgicales, dans lesquelles les parties sensibles ont été violemment distendues, comme réductions de fractures et de luxations, etc.
Matthieu Frécon, Décembre 2018
Par croquignole | Le 19/10/2018 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Par croquignole | Le 18/08/2018 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Essayons de voir aussi simplement et complètement qu’il est possible dans un court article les principes et les procédés pour faire un élixir spagyrique.
Le principe de la spagyrie est séparer (spao) et réunir (ageiro). C’est aussi celui de toute l’alchimie : Solve (dissous) et Coagula (fige, coagule). Il s’agit de séparer les éléments qui constituent un être, en général une plante, les purifier, pour enfin, les réunir sous la forme d’un élixir (« la Pierre » en arabe).
En pratique, on distingue trois principes en spagyrie, trois parties essentielles de l’être qui se prête au jeu (la plante donc) : la vie, que les spagyristes appellent le Mercure, le Caractère, qui distingue un être d’un autre, que les spagyristes appellent le Soufre, enfin, le corps, qui est ce qui reste quand la vie et le caractère ont été enlevés, et que les spagyristes appellent le Sel.
Les alchimistes et les spagyristes aiment avoir leurs ingrédients dans des petits bocaux, disponibles. Ils aiment avoir les matières fixes, autant qu’il est possible. C’est le concept de Pierre Philosophale (une pierre, c’est fixe, elle est philosophale, c’est à dire « amie de la sagesse », la sagesse qui a crée le monde et qui porte en elle la capacité de le réparer). J’englobe volontiers de nombreuses réalisations alchimiques qui ont cette capacité à réparer (guérir) dans ce concept de Pierre.
Nous allons donc chercher à fixer, et mettre en bocaux, les trois principes pour ensuite les purifier, puis enfin les réunir.
La Vie : La vie est captée pendant le processus de mort, de décomposition. La fermentation alcoolique, suivie de distillation, est la forme la plus utile pour nous. L’alcool sera donc le support privilégié de la vie du monde végétal. Un peu de la plante sera mise en macération dans notre alcool, puis ensuite distillée. l’alcoolat obtenu sera notre « Mercure ».
Le Caractère : Je préfère le processus de réduction à basse température d’une courte macération de la plante dans de l’eau (24h). La masse obtenue sera lavée, puis réduite à nouveau. C’est notre soufre, qui en général sent très bon au bout de quelques temps.
Ces deux éléments seront assemblés pour donner notre teinture. Cette teinture sera mise à murir dans l’Athanor (« le four » en arabe), qui est un appareillage, un genre de couveuse, qui permet la concentration des forces qui ont participé à la création de l’univers (les « Feux Secrets »).
Le Corps : Sera obtenu par calcination de la plante. Les cendres seront ensuite dissoutes dans l’eau pour, par évaporation, obtenir des sels cristallisés, notre Sel. Ces sels sont la caisse de résonance qui permettra l’expression du Caractère (Soufre) de la plante sublimé par la Vie (Mercure).
On imbibera ensuite le Sel de la teinture, tout doucement comme toujours, pour finalement découvrir notre Pierre Végétale sous une forme parfois gommeuse, parfois liquide selon son choix. Cette Pierre sera également mise en maturation dans l’Athanor.
Il restera une étape importante qui est « l’ouverture » de l’élixir, c’est à dire qu’il nous faudra le rendre assimilable pour pouvoir en profiter au mieux, sans problèmes. Ma méthode préférée est la dilution hahnemanienne ou korsakovienne, 3CH ou 3K (c’est pareil) donne de bons résultats, faciles à utiliser avec des effets lisibles et doux. Mais si cette méthode est couramment utilisée chez les alchimistes allemands ou suisses, elle est très peu reconnue en France. Vous pouvez aussi simplement diluer votre élixir dans de l’eau ou du vin, selon vos goûts (et alors ma préférence irait pour la Fine Faugère ;-).
Le plus important dans cette aventure ne peut pas faire l’objet d’un protocole formel : c’est le sens que ce travail aura pour vous, l’engagement que vous aurez dans votre œuvre spagyrique, c'est cela qui donnera toute l'importance de votre travail dans votre vie…
Je suis désolé pour ceux qui auraient voulu un processus décrit avec plus de précisions, mais j’ai choisi maintenant de vous proposer un petit résumé qui n’a d’avantage que sa clarté, d’autant que j’ai déjà développé cette question dans d’autres articles.
Je vous invite à lire ces articles plus complets, ou de suivre l’une de mes formations ou encore de vous reporter à mon livre « L’Alambic, l’Art de la Distillation » qui contient une partie développée consacrée à cette question (ou le merveilleux livre de Vivianne Le Moullec « Les élixirs floraux de Vivianne » qui décrit un procédé proche.
Matthieu Frécon, Sarreyer Août 2018
Par croquignole | Le 27/07/2018 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Une jolie discussion avec mon ami Yann Leray, animé par Jean-Claude Pascal :
https://www.youtube.com/watch?v=X9aUIdZHg20&feature=share
Par croquignole | Le 10/03/2018 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Par croquignole | Le 03/12/2017 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Par croquignole | Le 02/12/2017 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
L'alchimie est connue pour être la science de la Pierre Philosophale.
L'alchimiste travaille à l'élaboration de cette "pierre", souvent de diverses façons, avec des buts et des résultats divers, c'est au moins ce que nous enseigne l'histoire de l'alchimie.
Tentons une définition de cette "Pierre Philosophale", notre définition dans ces pages.
Une Pierre Philosophale est… une pierre. C'est à dire une chose fixe, stable, et non une énergie volatile et insaisissable. Elle est philosophale, c'est à dire amie de la Sagesse, la Sophia, qui est l'énergie créatrice ou régénératrice de l'existence.
C'est donc cette énergie primordiale qui anime et répare l'existence qui se trouve fixée dans un support que l'on appelle la Pierre Philosophale. Ce support peut être solide avec un aspect minéral, ou liquide, liquoreux.
Plus la Pierre est Philosophale, plus elle est proche de cette énergie créatrice originelle, et donc surpuissante.
Il y a donc différentes sortes sortes de pierres, qui sont plus ou moins puissantes, et donc plus ou moins utilisables.
C'est là qu'intervient l'art thérapeutique qui saura adapter une médecine plus ou moins puissante et universelle, ou au contraire plus faible et spécifiée à un besoin donné, mais plus facilement assimilable (c'est l'axiome de Paracelse qui explique qu'un poison peut-être un remède ou un remède devenir poison selon son dosage).
Les alchimistes considèrent que toutes choses dans l'existence ont une origine commune. L'énergie qui en est l'origine est donc simple et dans l'idéal la médecine sera elle aussi, simple. Mais de même que les rayons du soleil ne nous sont bénéfiques qu'après avoir été filtrés et réduits par l'atmosphère, la pierre qui contient cette énergie ne sera bénéfique qu'après avoir été rendue assimilable, en général par des dilutions plus ou moins soignées (toujours le dosage de Paracelse).
La guérison d'une maladie, ou la guérison de l'être total, au sens de guérison universelle que l'on appelle parfois initiation, n'est pas possible sans obliger le sujet à une certaine transformation. Ces transformations sont toujours désagréables, et parfois insupportables. Il est donc nécessaire de trouver un bon équilibre entre la douceur et la puissance de la pierre rendue assimilable par l'ultime étape de sa fabrication, l'ouverture (la dilution). De plus, les différents procédés sont plus ou moins adaptés à la personnalité de chacun, ce qui encourage l'alchimiste à trouver la voie qui semble le mieux lui convenir, ou quand il travaille dans un but thérapeutique (pour faire des remèdes), adapter ses élixirs (élixir est un mot d'origine arabe qui signifie "La Pierre") en fonctions des besoins et des demandes.
Dans la définition que j'ai proposé de la Pierre Philosophale, on voit que tout ce qui contient l'énergie créatrice universelle dans une proportion plus ou moins importante est une pierre philosophale, plus ou moins puissante. C'est une définition très large, qui nous sert de principe.
À celle-ci, on peut rajouter ce que la tradition nous apprend des caractéristiques de cette pierre au cours de sa fabrication ou dans son état réalisé.
Par exemple, Paracelse nous dit à plusieurs reprises qu'il a donné cette pierre à ses patients. Il rapporte une guérison qu'il a opéré sur une vieille femme moribonde qui, après ingestion, aurait retrouvé sa jeunesse avec une régénération complète de son corps avec cheveux, ongles, et dents neuves, et le retour de ses règles. Il n'oublie pas de préciser que cette régénération a causé de grandes souffrances à la patiente. Paracelse dit aussi qu'il ne faut pas donner une telle Pierre à une femme enceinte qui accoucherait immédiatement, quel que soit le terme. Des livres classiques tels que le Mutus Liber, ou Cabala Mineralis (image ci-contre) illustrent bien les difficultés de l'alchimiste qui a absorbé cette pierre pour sa régénération.
C'est là que l'on se rappelle que la médecine alchimique doit être dosée et adaptée aux besoins.
On se souvient que la définition que j'ai donné de la Spagyrie, et qui la distingue de l'alchimie proprement dite, est le fait que la spagyrie est un travail plutôt orienté vers la médecine au sens commun du terme (guérison des malades), en opposition à la recherche alchimique pure qui est plutôt une recherche personnelle. Cette définition comme toutes les définitions en alchimie est partielle et partiale et servira notre cheminement sans vouloir s'imposer en dehors du cadre de ce site.
Actuellement la médecine alchimique, ou spagyrie donc, a plusieurs formes, et utilise de nombreux procédés qui sont surtout issus des travaux des disciples de Paracelse (Rumélio, Dorne… et plus tard, Alexandre Von Bernus et ses élèves). Mais tout procédé qui mène à une pierre philosophale plus ou moins puissante, plus ou moins spécifiée, fait partie du panel de remèdes utiles.
En alchimie, on considère 3 règnes (animal, végétal, et minéral), plus un quatrième "règne" que l'on appelle universel qui concerne ce qui vient du ciel et qui ne s'est pas encore spécifié en végétal, animal, ou minéral : pluie, rosée, lumière solaire ou lunaire, foudre, électromagnétisme…
La spagyrie moderne travaille surtout avec le règne végétal, qui est le plus agréable, le plus doux et qui nous donne toujours belles satisfactions. Mais les médecines les plus puissantes conjuguent souvent l'un des trois règnes avec des éléments de l'universel, que l'on appellent parfois "feux secrets" parce que leur influence est à l'origine de la maturation des végétaux (ou minéraux ou animaux).
J'ai une préférence pour ces voies mixtes qui utilisent le caractère des végétaux, qui nous correspond bien, caractère qui est régénéré et sublimé par la vie universelle qui nourrit l'existence (l'influence solaire, la rosée…).
Les voies qui n'utilisent que les végétaux sont parfois faibles et les voies qui n'utilisent que l'universel sont souvent difficile à gérer au niveau de la puissance ou de la direction (pour soigner une maladie particulière par exemple). Les voies mixtes permettent un bon rapport entre leur efficacité (puissance) et leur douceur (assimilation).
Il existe pourtant un magnifique exemple de remède universel que chacun peut faire quotidiennement et qui offre un parfait équilibre entre la douceur et la puissance (de régénération), c'est le Petit élixir solaire de Stéphane Barillet (qui est un grand pédagogue de l'alchimie). C'est une petite pratique que l'on peut faire quotidiennement, et les effets se feront sentir avec une telle douceur que l'on réalisera après coup les bienfaits qu'il nous aura apporté (donc sans effets secondaires désagréables - sauf peut-être une légère diarrhée si vous en abusez et qui est le signe d'un bon nettoyage du foie). Ce travail sans peine peut être développé pour atteindre des résultats qui font honneurs aux plus belles prétentions de l'alchimie, mais je conseille très fortement à tous de ne pas se priver de la version light présentée ici et qui, l'air de rien, est un excellent soutient pour la santé et le moral. J'encourage ceux qui pratiquent ce petit travail à ne pas l'abandonner tel qu'il est même s'ils le développent selon leur inspiration ou leur connaissances alchimiques - le mieux est l'ennemi du bien.
Spagyrie et phytothérapie
La spagyrie telle que les officines de droguistes nous la présente est souvent une forme développée de la phytothérapie laquelle vient de la connaissance traditionnelle expérimentale des effets des plantes sur la santé sous forme de tisane, alcoolats &c…
Dans ce cadre, la spagyrie offre une méthode de préparation des plantes qui sera supposée augmenter leur efficacité par rapport à la méthode de simple macération alcoolique (teintures mères). L'attribution des effets thérapeutiques, et toute la conception thérapeutique de la santé et de la guérison sera plus ou moins identique à la pratique de la phytothérapie. Cette médecine spagyrique comporte un grand nombre de remèdes, plus ou moins un remède pour chaque maux (je généralise).
Il est évident que si cette forme de spagyrie a prouvé son efficacité, ce mariage avec la phytothérapie l'a beaucoup éloigné du travail alchimique qui tend vers une médecine universelle. Ma remarque n'enlève rien à l'intérêt de cette spagyrie moderne, mais il faut se souvenir des principes fondamentaux qui sont à l'origine de l'alchimie et de la spagyrie, et se souvenir en même temps qu'il existe d'autres façons de concevoir l'existence que la vision classique hérité de la phytothérapie, et par là, la santé et la maladie avec sa guérison.
Cette spagyrie est en quelque sorte une technique particulière de fabrication des remèdes qui se calque plus ou moins sur une médecine déjà existante (la phytotérapie).
Spagyrie et hermétisme
L'hermétisme est une philosophie antique dont Hermès est le père symbolique, et qui est définie dans le corpus hermétique publié sous ce nom. La table d'émeraude donnée dans la page "Qu'est-ce que l'alchimie ?" de ce site (ici) en fait partie.
À la renaissance, l'hermétisme traite de trois matières qui sont : l'alchimie, la kabbale, et la magie naturelle. L'alchimie permet de faire des remèdes (et la Pierre) à partir d'éléments de la nature, la magie naturelle permet de mettre en œuvre les forces invisibles, et la kabbale (kabbale hermétique, chrétienne, qui est assez différente de la kabbale juive) nous enseigne l'art des mathématiques sacrée.
L'hermétiste préparera donc ses remèdes alchimiques en fonction de sa kabbale (influences et attributions planétaires), qu'il animera de sa compréhension des lois de la nature et de sa connaissance de la magie naturelle.
La principale application de ce système de pensée est la fabrication d'élixirs en fonction non pas des vertus phytothérapeutiques des plantes, mais de leurs attributions planétaires. En effet, on attribue une planète à chaque plante, minéral, &c… Ceci fait que si par exemple le millepertuis, l'or, et le caractère dépressif, ont la même attribution planétaire (le Soleil), ils auront une relation et l'un pourra soutenir l'autre.
Dans ce cadre, l'hermétiste commence par fabriquer 7 élixirs végétaux planétaires qu'il absorbera chaque jour en fonction de la planète dominante (Soleil le dimanche, Lune le lundi, Mars le mardi &c…) pour équilibrer les énergies en lui.
Ce système à l'avantage d'obliger l'alchimiste à fabriquer et expérimenter plusieurs élixirs spagyriques végétaux, mais il n'est pas très adapté pour soigner une grippe par exemple…
L'hermétisme ne se limite pas à la théorie des signatures et des correspondances (les attributions planétaires donc), mais a aussi développé une certaine façon de voir la nature. Cette façon de voir les choses permet également de voir la vie, la santé, la maladie et la guérison d'un autre œil et ainsi d'avoir une certaine efficacité qu'il ne faut pas négliger.
Il apparait avec les quelques exemples donnés plus haut qu'il y a plusieurs façons de considérer le sens de la vie, de la santé, de la maladie, et de développer une médecine qui nous convient.
Il apparait donc aussi que les plantes, qui sont nos principales partenaires dans la médecine spagyrique n'ont pas une vertu donnée, mais qu'elles peuvent nous offrirent beaucoup de solutions selon le contexte thérapeutique, de la même façon que nous avons aussi chacun de multiples compétences selon le contexte (par exemple, en ces pages je suis alchimiste et pédagogue, mais avec ma fille je suis père et avec mes collègues musiciens je suis musicien…). Les vertus thérapeutiques des plantes prendront un sens avec le système thérapeutique que vous choisirez, ou que vous inventerez.
Ainsi, la même plante aidera à guérir des maladies différentes selon qu'elle sert dans un contexte de phytothérapie, ou d'homéopathie, de fleurs de Bach, ou autre…
Mais la référence classique en spagyrie reste souvent les attributions médicinales des plantes en phytothérapie.
Personnellement, je ne m'intègre pas facilement dans cette pensée, j'ai une conception de la vie et de la santé plus proche de l'alchimie classique et inspirée par mon expérience personnelle de l'alchimie et je développe des remèdes plus universels, qui servent un large faisceau de guérison.
Le principe qui m'anime est que les forces vitales qui nous font vivre peuvent être régénérées ce qui suffit à donner au corps l'impulsion pour provoquer la guérison. Le choix de telle ou telle préparation sera dictée par le type de problème à résoudre, mais d'une façon assez large. Par exemple, une préparation qui favorise un bon fonctionnement des glandes et du système hormonal aidera tout autant à la régulation de la thyroïde qu'aux désagréments de la ménopause (et aussi à calmer les maux de têtes, et à se débarrasser des virus à cycles court comme les virus de la grippe, de la gastro &c…). C'est souvent le mode de fabrication tout autant que les ingrédients qui oriente les multiples effets du remède.
Je propose donc un faible choix de préparations qui serviront à aider à résoudre la plupart des problèmes connus, avec des succès divers puisqu'un remède ne peut qu'aider le malade à se soigner lui-même (mais il doit tout faire pour que le malade se sente en bonne condition pour guérir).
Pour répondre aux questions éventuelles, je distribue ces préparations non sous forme de médicaments puisque je ne suis ni un préparateur de médicaments ni un thérapeute autorisé, mais sous forme de spiritueux ou de compléments alimentaires qui n'ont pas de prétentions médicales (ce qui est réservé aux médicaments), mais participent au bien-être général avec quelques vertus particulières à chacun d'eux.
J'enseigne aussi la philosophie et la pratique de ce type de travail spagyrique pour que chacun puisse fabriquer ses propres élixirs, et ainsi contribuer au développement de l'Art alchimique de guérir.
Vous trouverez en ces pages d'autres ressources qui vous permettrons d'aborder et de vous initier à cette pratique passionnante et salutaire qu'est la médecine alchimique.
Matthieu Frécon, Décembre 2017
Par croquignole | Le 06/09/2017 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (0)
Il n'est pas facile de répondre simplement à cette question… c'est un peu comme "Qu'est-ce que l'art ?", ou "qu'est-ce que l'amour ?"… L'alchimie est un ensemble de connaissances et de pratiques disparates que l'on retrouvent à des époques et des lieux très divers.
Pour faire simple et au risque d'être un peu réducteur, disons que l'alchimie que l'on connait aujourd'hui en occident est d'origine méditerranéenne et antique. C'est un ensemble de connaissances issues d'une philosophie pratique. C'est une façon de lire la nature qui donne un sens à l'existence et qui permet d'améliorer la vie dans les domaines de la santé et de la technologie principalement.
On trouve des traces de cette alchimie en Égypte, et dans tous le Moyen-Orient antique. On trouve aussi des éléments très précis de l'alchimie dans la tradition biblique notamment dans le livre du prophète Ézechiel qui décrit dans ses visions un procédé classique de préparation de pierre alchimique (j'en reparlerai dans un article consacré à cette voie dès que possible).
Les alchimistes arabes répandront l'art de la Pierre Philosophale ou Médecine Universelle avec les conquêtes et l'alchimie passera ainsi dans la chrétienté.
Les vieux livres d'alchimie parlent à peu près tous de la préparation d'une "Pierre Philosophale" destinée à la guérisons des métaux, c'est-à-dire la transmutation. Je ne sais dans quelle mesure cet intérêt pour la transmutation métallique est l'objet de toute l'attention dans la quête alchimique. Ce que je sais, c'est que leurs auteurs sont quasiment tous des médecins et que leur vie est plus axée vers la guérison de leurs congénères que vers la production de métaux précieux…
Il est assez difficile de se faire une idée exacte du sujet réel traité dans ces livres très abscons pour nous tant le langage et la vie de leurs auteurs sont éloignés de notre époque, et souvent éloignés les uns des autres. Il serait naïf de penser que ces livres décrivent une science monomorphique et que "la Pierre" est le résultat unique d'une opération unique. Il s'agit plutôt d'une méthodologie en accord avec une philosophie générale qui permet la production d'un certain nombre de médecines.
Pour s'imprégner de la philosophie alchimique, et de l'imaginaire alchimique, je vous propose une traduction du texte emblématique de l'Art d'Hermès, texte fondateur d'après la tradition : La Table d'Émeraude.
Il s'agit d'un très court texte dont les versions les plus anciennes connues datent du VI° s. qui serait un genre de testament d'Hermès Trismégiste, le père symbolique de l'alchimie.
Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose.
Et comme toutes les choses sont et proviennent d'Un, par la méditation d'Un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation.
Le Soleil en est le père, et la Lune la mère. Le vent l'a porté dans son ventre. La Terre est sa nourrice et son réceptacle. Le Père de Tout, le Thélème (Volonté) du monde universel est ici. Sa force, ou puissance est entière si elle est convertie en terre.
Sépare la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie. Il monte de la terre et descend du ciel, et reçoit la force des choses supérieures et des choses inférieures.
Tu auras par ce moyen la gloire du monde et toute obscurité s'enfuira de toi.
C'est la force, forte de toute force, car elle vaincra toutes choses subtiles et pénétrera toutes choses solides. C'est ainsi que le monde a été créé. De cela sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen est ici donné.
Ce que j'ai dit de l'Œuvre Solaire est complet.
J'ose guider le lecteur avec cet embryon de commentaire :
Toutes choses proviennent d'Un : Toute la création est issue d'une source unique, qu'il s'agisse des créatures (vous, moi, les animaux, minéraux &c…) ou qu'il s'agisse de la conscience, donc le temps et l'espace &c… Ce qui est en haut &c… : Ces choses sont les mêmes à chaque niveau de l'existence, tout est en relation. Le Soleil est son Père : Cette source de la création est le Soleil.
Sépare la terre du feu, le subtil de l'épais : C'est la méthode fondamentale de l'alchimie qui consiste à isoler les éléments et à les purifier. La distillation ou la calcination sont des outils pour ce travail.
Tu auras la gloire du monde… Cette phrase évoque le corps glorieux des mystiques accomplis, la lumière. C'est la récompense de l'alchimie.
Œuvre Solaire : Besoin d'un commentaire ?
Les alchimistes font grand cas de cette Materia Prima que l'élu seul connaitrait et avec laquelle il peut commencer le Grand Œuvre… Ceci est la légende de la Materia prima, la réalité est autre. La Table d'Émeraude ne parle pas d'une telle matière (au sens commun). Par contre elle commence par l'évocation de l'Un qui est à l'origine de toutes chose, et qui se trouve encore en toute chose. Il ne s'agit pas d'une matière au sens commun du terme mais de l'énergie créatrice qui anime et nourrit chaque être, chaque matière, et qui sera l'objet de l'attention de l'alchimiste quel que soit le ou les matériaux avec lequel il travaille. C'est le Thélème (volonté) d'Hermès. Aujourd'hui, la lumière est l'un des vecteurs privilégié de cette énergie créatrice qui est "le père de tout".
L'alchimiste concentre son attention sur cette matière première qui est à l'origine de la création, et qui est supposée avoir le pouvoir de remédier à ses maux. Son travail consiste à la capter cette énergie primordiale, et à la fixer, pour finalement la rendre assimilable selon les besoins. Cette énergie créatrice originelle deviend alors la "Pierre" (elle est fixe, matérialisée) "Philosophale" (elle aime - elle attire - la Sagesse - la Sagesse est cette énergie primordiale créatrice).
Le langage était autrefois beaucoup plus imagé qu'aujourd'hui et jouer avec le langage était chose commune. Les poètes ne manquaient jamais de rajouter des sens cachés sous le sujet apparent et tant l'auteur que le lecteur étaient de véritables virtuoses pour chiffrer ou déchiffrer ces rébus, ces ritournelles et ces anagrammes… De plus, les alchimistes étaient organisés en corporations et chacune d'elle gardait jalousement ses secrets. Pour communiquer entre eux, les membres d'une confrérie avaient l'habitude de communiquer par un langage secret. Les coquillards du Moyen-Âge (une fameuse bande de brigands de l'époque de François Villon) avaient leur langage argotique secret et il y a moins d'un siècle, les bouchers de Paris avaient encore leur langage interne : le Louchebem… De nombreux auteurs d'alchimie n'ont écrit que pour les adeptes de leur propre école et utilisent un langage incompréhensible pour qui n'a pas étudié au sein de cette école particulière. Enfin, l'alchimie, si elle n'est sans doute pas née dans l'Égypte hellénistique, y a connu son âge d'or et les alchimistes ont toujours eu un faible pour les jeux de mots bilingues utilisant les racines grecques.
En revanche, la langue des oiseaux, si belle soit elle parfois, n'a pas de vertu magique et elle ne sert qu'à coder le texte pour en cacher le sens à l'étranger. Nous ne sommes plus maintenant dans une société de castes et de corporations jalouses de conserver chacune leur spécificité qui nécessite l'utilisation de codes secrets et je laisse la langue des oiseaux aux poètes et aux psychanalistes qui en font un bel usage dans leurs disciplines pour, quand on parle d'alchimie, préférer un langage clair dont le but est de communiquer.
Vous ne m'en voudrez pas si j'essaie de m'exprimer de manière compréhensible n'est-ce pas ?
Il est probable que si vous lisez cet article, c'est que quelque chose de profond vous interpelle. Vous êtes même peut-être prêt(e) à dépenser beaucoup de temps et d'énergie à votre passion. Je me permets une petite mise en garde : apprendre l'alchimie n'est pas comme apprendre la menuiserie, certes, mais l'apprenti alchimiste à en commun avec l'apprenti menuisier qu'il doit être pragmatique et méthodique. Un jeune menuisier ne mettra pas un franc dans un manuel écrit dans un langage abscon par quelqu'un qui n'a jamais tenu une planche dans ses mains.
Développement personnel vs. Industrie
Dans ce site dédiée à la spagyrie, qui est une application utilitaire de l'alchimie (la médecine), la question de devenir alchimiste dans le but d'une réalisation spirituelle et/ou de travailler dans un but matériel (si noble soit-il quand il s'agit de guérir ses semblables) peut se poser.
Il n'est pas question pour moi de décider de ce qu'il convient de faire pour le visiteur de ce site, ni même de prendre parti pour moi-même puisque je considère que les deux aspects sont liés, et que chacun agit sur l'autre : une quête totalement abstraite ne trouvera probablement jamais son but, but qui sera lui-même totalement abstrait dans l'esprit du checheur. Inversement, une recherche alchimique entièrement basée sur l'industrie (la fabrication de remèdes ou l'application technologique) ne sera que l'ombre de ce qu'elle pourrait être si le chercheur était un authentique alchimiste engagé au plus profond de son âme et d'abord consacré à la recherche mystique abstraite tout en s'imposant des défis très concrets (guérir un proche par exemple).
La question d'un ami alchimiste qui me demandait lors de notre première rencontre "Tu es alchimiste ? Qu'est-ce que tu cherches ?" m'a poussé à prendre une direction plus concrète, plus pragmatique dans ma quête. C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à avoir des résultats et des échecs, et avec eux, une grande satisfaction dans ma pratique. Je vous encourage à devenir alchimiste à partir de cette question : "Qu'est-ce que tu cherches ?". Si à cette question vous ne pouvez que répondre "Et bien, je cherche… Je cherche… C'est ça l'alchimie…" vous êtes dans la situation de quelqu'un qui, comme moi-même à l'époque, chercherait quelque chose par terre sans savoir quoi… Autant dire que ce rien qu'il cherche, il l'a déjà trouvé…
Les premiers pas en alchimie seront le plus souvent une saine curiosité sans but matériel, sans "désir de résultat", mais la première approche passée, le travail devra rapidement trouver un sens plus concret que "Trouver la Pierre Philosophale"… A contrario, préparer son premier élixir végétal dans le but de soigner une maladie et non de découvrir l'univers alchimique serait peut-être passer à côté de l'essentiel…
Quelle est la différence entre Alchimie et Spagyrie ?
Il commence à apparaitre clairement que les spagyristes sont des alchimistes dont le travail est essentiellement tourné vers la médecine et le bien-être. La philosophie fondamentale est commune aux deux disciplines et les techniques ne sont pas forcéments éloignées.
Nous avons vu dans l'article "Qu'est-ce que la Spagyrie ?" qu'à l'époque de Paracelse et de ses suiveurs les procédés spagyriques étaient très nombreux et ne se limitaient pas aux méthodes actuellement employés depuis Alexander Von Bernus et le Dr. Zimpel.
La différence, s'il faut en faire une, tient plutôt au but employé : actuellement, on considère que la quête personnelle est plutôt alchimique alors que le travail de production de médecines pour la santé est plutôt spagyrique. Mais je rappelle que les deux sont absolument complémentaires et qu'un partisan de l'une de ses deux voies qui négligerait l'autre passerait à côté d'une bonne occasion de se perfectionner.
En conclusion à cette partie, j'encourage le néophyte dans sa passion, je l'encourage à être ouvert à la découverte complète dans un premier temps histoire de prendre la température… et puis surtout, je l'encourage à devenir rapidement pragmatique et à bien vite se mettre au travail pratique : les connaissances doivent êtres dans le corps (expérience) tout autant que dans la tête (culture). Je l'encourage à avoir un but (faire un premier élixir végétal avec les moyens du bord est en général le meilleur moyen de faire ses premiers pas). Avoir un but permet de l'atteindre, ou pas, et avec les résultats viendront la satisfaction de la réussite ou de l'échec ; avec la satisfaction viendra un sentiment de joie qui ne devrait jamais manquer à l'alchimiste épanouis.
La progression en Alchimie est comme en toutes choses : …progressive ! Commencez par des petits travaux, faites vos gammes, et vous trouverez alors rapidement la voie, votre voie, vers le perfectionnement.
Et surtout, quand vous lisez un livre d'alchimie, si le texte de présentation parle de tout et de rien et pourrait s'appliquer à tout et à rien dans un style qui rappelle Pierre Dac ou le discourt d'un président de la république, si vous ressentez un petit goût amer d'insatisfaction en discutant avec un ainé charitable dont vous entendez bien qu'il peut vous apprendre cette chose abstraite que vous cherchez (mais que vous ne sauriez dire ce que la discussion vous a réellement appris…), rappelez-vous qu'un apprenti menuisier ne perdrait jamais ni un franc ni une heure avec un livre ou un prof pareil…
((à suivre : Quelques alchimistes))
Par croquignole | Le 30/08/2017 | Dans Spagyrie/médecines alchimiques | Commentaires (1)
La Spagyrie est une branche de l'alchimie dédiée à la santé. Son règne de prédilection est le végétal, la méthode est inspirée du grand médecin suisse-allemand Paracelse (1493 - 1541).
Pour commencer par le commencement, je vous propose cet article : "Qu'est-ce que l'Alchimie ?"
Le nom même de Spagyrie serait l'invention de Paracelse et révèle la philosophie alchimique que l'on peut résumer dans l'axiome Solve et Coagula (dissout et coagule) : il vient du grec Spao (sépare) et Ageiro (réunit).
Le travail consiste à séparer les différentes parties, les principes, qui constituent la matière première du remède (c'est en général une plante), à les libérer des impuretés acquises au cours de l'existence, pour ensuite les réunir à nouveau et retrouver l'être du départ dont l'énergie est maintenant libérée.
Les élixirs, pierres, ou quintessences peuvent être de puissants remèdes s'ils sont préparés d'une façon correcte convenant à la personne qui en a besoin.
L'origine de la spagyrie
On s'accorde à penser que Paracelse est l'inventeur du terme spagyrie, ce qui ferait naitre la spagyrie au début du XVI° siècle dans l'officine d'un médecin alchimiste. Ce n'est pas aussi simple puisque la spagyrie s'intègre profondément dans la tradition alchimique, il ne s'agit pas réellement d'une innovation totale mais plutôt d'une adaptation et d'une actualisation de l'aspect thérapeutique de l'alchimie. Paracelse insiste sur le fait que l'alchimie est particulièrement consacrée à la médecine, ce qui semble avoir été oublié par les alchimistes contemporains (ceux qui n'ont pas été formés dans la pratique spagyrique en tous cas). Il a écrit : L'alchimie ne consiste pas à faire de l'or et de l'argent. Son but est de produire les essences souveraines et les employer pour guérir les maladies (désolé, je n'ai pas la source de cette belle tirade). Il ne faut pas voir dans cette déclaration une infidélité à la quête de la Pierre des Sages, mais plutôt une autre façon de considérer la Médecine Universelle (synonyme de Pierre Philosophale). Autre temps autre langage mais en fait, même travail…
La philosophie spagyrique
En alchimie, on considère que toutes choses ont une origine unique. Cette source créatrice originelle, pour les alchimistes, c'est le soleil et chaque chose n'existe que par son influence. Le but de la médecine alchimique sera de trouver un moyen pour concentrer cette énergie créatrice et réparatrice dans un remède. Plus le remède sera proche de sa source et plus il sera puissant et son action universelle ; en revanche, plus le remède sera spécifique et adouci pour répondre à un besoin précis et plus il sera affaibli mais d'autant plus facilement assimilable. L'équilibre entre la douceur et la puissance est l'art des bons thérapeutes. C'est ainsi que Paracelse disait qu' "un remède peut devenir un poison, et un poison devenir un remède en fonction du dosage" (dosage au sens large).
Le spagyriste, dont l'idéal reste une médecine universelle, tendra à la réalisation de remèdes aussi puissants et universels que la situation le permet. En général, les médecines spagyriques utilisent nombre de remèdes spécifiques aux besoins particuliers, mais l'idéal reste des remèdes relativement universels qui restent accessibles aux malades sans leur nuire. Paracelse décrit pourtant une prescription d'une Pierre Philosophale (donc un remède surpuissant, très universel dans ses applications) à une ancêtre moribonde qui retrouvera bientôt sa santé de jeune femme avec de nouveaux cheveux, ongles, dents, ainsi que le retour des menstruations ! Mais c'est Paracelse qui prescrit…
La voie sèche et la voie humide
En quelques mots, ces deux voies désignent deux façons toutes différentes de trouver et de prendre l'énergie créatrice qui anime nos remèdes. Cette énergie se trouve en toutes choses. La création étant un processus perpétuel, elle innonde constamment la terre et la nourrit.
La voie sèche sera la méthode qui consiste à recueillir et fixer l'énergie pure telle qu'elle se manifeste sur terre sous forme de pluie ou rosée, de lumière &c… C'est une voie souvent simple et directe, puissante, qui demande une certaine dose d'audace à l'opérateur sans pour autant être forcément dangereuse.
La voie humide demandera à l'opérateur de retrouver l'énergie de vie dans les êtres issuent de l'évolution de la création (végétaux &c…), l'alchimiste cherchera alors en général ses matières de travail dans les 3 règnes traditionnels.
Le travail sur la rosée est un exemple de voie sèche, celui sur les plantes est un exemple de travail en voie humide.
La plupart des méthodes pour fabriquer des remèdes spagyriques utiliseront les deux voies à différents stades du travail. Si la méthode simple de conception des remèdes spagyriques utilise peu les procédés employés en voie sèche, nous en verrons quand-même quelques-uns qui ajouteront un "petit quelque chose" à nos remèdes…
L'art de guérir et le développement personnel
On s'accorde à ranger la spagyrie dans les médecines naturelles pour la santé du corps tout en réservant à l'alchimie le soin de guérir l'âme ce qui assurerait une réalisation spirituelle innefable.
Voir les choses de façon aussi simple serait oublier que spagyrie et alchimie ne sont pas des sciences ou des arts distincts. Au contraire, je crois qu'il faut considérer les deux domaines comme un seul avec des tendances différentes : le spagyriste est souvent préoccupé par des médecines végétales utilisant de l'alcool et soignant les petits et gros bobos de ses proches ou patients pendant que l'alchimiste semble être plus possédé par une quête plus abstraite et espère décrouvrir par son travail un sens à la vie. Spagyriste et alchimiste se retrouveront pourtant certains soirs autour d'un verre d'élixir apéritif ou au chevet d'un proche malade pour se rendrent compte que leurs pratiques et leurs méthodes les rapprochent quand à la conception de l'existence, le sens de la vie…
Enfin, à notre époque de médecine holistique, nous sommes habitués à considérer comme indissociable la relation entre le corps et l'âme, entre la santé physique et la santé spirituelle. Pour ma part, je pense que les secrets de la vie s'abordent avec bonheur par le biais de la compréhension de la santé du corps. C'est une voie concrète, fort différente des voies ascétiques mystiques ou religieuses, mais typiquement alchimique avec ce côté très pragmatique qu'ont les alchimistes (même quand ils ne cherchent pas à faire de l'or…).
Les écoles spagyriques
Avant d'aborder le remède lui-même et les systèmes thérapeutiques courants utilisant la spagyrie, je vous propose une très brève histoire de la pratique spagyrique et les différentes écoles actuelles.
Paracelse a laissé une énorme influence sur toute la médecine allemande du XVI° au XIX° jusqu'au moment où la médecine "conventionelle" utilisant le dogme scientifique et la méthode industrielle a pris la quasi totalité de la place. Cette influence se décline en deux domaines : la philosophie (théorie des signatures, médecine hermétique…) et la pratique (les méthodes de fabrication des remèdes). Il faut se souvenir que ni cette philosophie de la nature ni les procédés de fabrication ne sont des nouveautés à l'époque de Paracelse, mais c'est en maitre qu'il les actualisera et qu'il les reformulera (Paracelse est l'un des plus grand pédagogue de l'alchimie).
En bon maitre, Paracelse aura des disciples, mais des disciples créatifs qui sauront s'approprier son enseignement et le développer chacun à sa manière propre (ce qui est cohérent quand on considère que l'alchimie est un Art) et les écoles se distingueront, de nouvelles branches surgiront. Je considère l'homéopathie comme l'un des beaux surgeons issue de Paracelse (nous en discuterons dans un article dédié), de même la biodynamie (qui est une branche de l'antroposophie de Rudolf Steiner) est très paracelsienne.
La philosophie paracelsienne se retrouve aujourd'hui dans une certaine approche de la nature, une certaine relation avec les plantes, une sensibilité particulière plus que dans des procédés formels. C'est un aspect important de l'héritage de Paracelse que l'on met au second plan dès qu'il s'agit de parler techniques ou recettes. C'est plutôt en compagnie d'herboristes ou de récoltants de plantes sauvages en montagnes que je retrouve cet aspect de l'héritage de Paracelse (par exemple, quand en randonnée un herboriste vous montre les gouttelettes de rosée sur une feuille d'alchémille et vous explique que cette plante a une relation particulière avec la rosée qu'elle n'absorbe pas comme les autres, ce qui lui a donné son nom de plante des alchimistes…).
Les techniques de fabrication des remèdes par contre, restent inspirées du laboratoire alchimique classique, en version "light" adapté au monde végétal. On imagine peut-être mal l'environnement de travail de Paracelse, et je pense que son atelier ne ressemblait pas forcément à l'image que l'on a du laboratoire moderne tel qu'on le trouve chez les fabricants de produits spagyriques avec ses soxhlets et ses fours électriques à haute température. Nous reviendrons souvent sur ce laboratoire tel que je le conçois dans un environnement rural et proche de la nature.
l'Etude des livres de Paracelse n'est pas très aisée et je me propose de présenter dans une catégorie dédiée les travaux de quelques paracelsiens (Gérard Dorn, Rhumelio, La Nature Dévoilée &c…) qui seront une bonne introduction à cette étude.
Actuellement, les remèdes spagyriques fabriqués et distribués en Europe ou en Amérique sont souvent produits par les élèves du célèbre spagyriste allemand Alexander Von Bernus (1880-1965) : Max Léglise ou René Lehning en France, Albert Riedel (Frater Albertus) au Canada feront écoles et transmettront à la majorité des spagyristes actuels avec Manfred Junius (1929-2004, Australie), Jean Dubuis (Les philosophes de la Nature, en France), ou Augusto Pancaldi (Suisse italienne). J'ai moi-même tout d'abord appris avec Jean Dubuis à LPN de 1984 à 1989, et un peu avec Max Léglise à la même période, ainsi qu'avec Augusto Pancaldi lors des stages qu'il a donné à LPN dans les années 80'.
Il me reste à citer une école originale de fabrication des remèdes spagyriques établie par le Dr. Carl Friedrich Zimpel (1801-1879) qui utilise des procédés hétérodoxes mais intéressants dont nous discuterons dans un article dédié. Beaucoup de laboratoires allemands ou suisses se revendiquent du système de spagyrie Zimpel alors que les fabricants français ou anglo-saxons sont plutôt inspirés par l'enseignement de Von Bernus.
Aujourd'hui, spagyrie est grosso modo un terme qui désigne un procédé plus ou moins standardisé de fabrication de remèdes. En revanche, les thérapeutes qui utilisent la spagyrie pratiquent des sytèmes thérapeutiques, c'est à dire des façons d'aborder la santé et la maladie, très différents et très créatifs.
Je propose d'étudier en ces pages les procédés spagyriques actuels et en même temps d'ouvrir la pratique de la spagyrie en reprenant les fondements de Paracelse et les procédés classiques de l'alchimie pour laisser s'épanouir la créativité des spagyristes, qu'ils soient fabricants de remèdes ou thérapeutes, ou les deux… Cette ouverture dans la culture alchimique et paracelsienne pourrait redonner ses lettres de noblesse à la médecine alchimique et contribuer à la renaissance des médecines naturelles (et soulager bien des maux !).
Le remède spagyrique
Comment est fait, ou comment fait-on un remède spagyrique ?
Pour résumer ce travail d'une façon très synthétique, disons qu'il s'agit de libérer l'énergie vitale profonde de la plante (les élixirs spagyriques sont en général fait à partir de plantes) qui lui permettra d'exprimer sa spécificité (son caractère) dans toute sa pureté et toute sa puissance pour servir à la guérison.
Pour cela, on sépare (spao) les éléments constituants cette plante pour les purifier, en libérer l'énergie, pour enfin les réunir (ageiro) à nouveau pour permettre l'expression maximale de ses talents thérapeutiques ou autres.
L'élixir réalisé, il ne restera plus qu'à lui donner une forme assimilable adaptée au besoin (dilution &c…).
Je vous propose d'approfondir cette question avec l'article suivant : "Faire son premier élixir spagyrique" ((lien à venir))

References: art. 2
 art. 6
 art. 4
 art. 26
 art. 50
 art. 68
 art. 269
 art. 269
 art. 269
 art. 269
 art. 269
 art. 269
 art. 270