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Timestamp: 2020-05-30 20:20:34+00:00

Document:
Cour de cassation, Chambre sociale, Arrêt nº 869 du 7 juin 2018, Pourvoi nº 16-27.948
Vu la connexité, joint les pourvois nº P 16-28.067, nº S 16-28.047, nº J 16-28.063, nº K 16-28.064, nº A 16-28.009, nº E 16-28.013, nº F 16-28.014, nº H 16-28.015, nº G 16-28.016, nº K 16-28.018, nº M 16-28.019, nº N 16-28.020, nº P 16-28.021, nº Q 16-28.022, nº M 16-27.996, nº N 16-27.997, nº Q 16-27.999, nº R 16-28.000, nº S 16-28.001, nº Y 16-28.007, nº D 16-27.989, nº F 16-27.991, nº T 16-27.979, nº U 16-27.980, nº X 16-27.983, nº Y 16-27.984, nº Z 16-27.985, nº A 16-27.986, nº R 16-27.977, nº F 16-27.968, nº H 16-27.969, nº J 16-27.948, nº A 16-27.963, nº U 16-27.957, nº S 16-27.955 et nº Q 16-27.953 ;
Vu les articles L. 1233-61, L. 1233-62 et L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige ;
Attendu, selon les arrêts attaqués, que M. Y... et trente-cinq autres salariés de la société Brodard graphique ont été licenciés pour motif économique le 15 juillet 2010 dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi suite à la liquidation judiciaire de la société, la société HH... LL... étant désignée en qualité de liquidateur judiciaire ;
Attendu que pour dire que la procédure de licenciement avait été respectée et débouter les salariés de l'ensemble de leurs demandes au titre de l'insuffisance du plan de sauvegarde de l'emploi, la cour d'appel retient d'une part que celui-ci était proportionné aux moyens de l'entreprise, dès lors que cette dernière était exsangue et qu'aucune mesure de financement interne ne pouvait être envisagée et d'autre part que la holding de tête du groupe avait refusé d'y abonder ;
Qu'en statuant ainsi, alors que la validité d'un plan de sauvegarde de l'emploi s'apprécie au regard des moyens de l'entreprise et du groupe auquel elle appartient et ne peut se déduire du refus du groupe d'apporter son concours à l'élaboration du plan, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;
CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'ils déboutent les salariés de leurs demandes au titre du DIF, les arrêts rendus le 18 octobre 2016, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, sur les autres points, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée ;
Condamne la société HH... LL..., ès qualités de mandataire liquidateur de la société Brodard graphique aux dépens ;
Vu l'article 700 du code de procédure civile, la condamne à payer aux demandeurs la somme de 2 000 euros ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du sept juin deux mille dix-huit. MOYENS ANNEXES au présent arrêt
Moyens communs produits aux pourvois nº P 16-28.067, S 16-28.047, J 16-28.063, K 16-28.064, A 16-28.009, E 16-28.013, F 16-28.014, H 16-28.015, G 16-28.016, K 16-28.018, M 16-28.019, N 16-28.020, P 16-28.021, Q 16-28.022, M 16-27.996, N 16-27.997, Q 16-27.999, R 16-28.000, S 16-28.001, Y 16-28.007, D 16-27.989, F 16-27.991, T 16-27.979, U 16-27.980, X 16-27.983, Y 16-27.984, Z 16-27.985, A 16-27.986, R 16-27.977, F 16-27.968, H 16-27.969, J 16-27.948, A 16-27.963, U 16-27.957, S 16-27.955 et Q 16-27.953 par la SCP Didier et Pinet, avocat aux Conseils, pour M. Y... et trente-cinq autres salariés.
Il est fait grief aux arrêts attaqués d'AVOIR constaté que la procédure de licenciement avait été respectée et débouté les salariés de l'ensemble de leurs demandes au titre de l'insuffisance du plan de sauvegarde de l'emploi ;
AUX MOTIFS PROPRES QUE, sur le caractère proportionné du plan au regard des moyens pouvant être mis en oeuvre et sur l'obligation légale de reclassement : au vu de l'ensemble des éléments versées au débat, c'est à juste titre que le conseil de prud'hommes, statuant en formation de départage, a estimé que suite au prononcé de la liquidation judiciaire et de la cessation totale d'activité de la société Brodard Graphique par jugement du 5 juillet 2010, Me HH... n'avait d'autre choix que de procéder au licenciement de l'ensemble des salariés de l'entreprise dans un délai de 15 jours à compter de la décision afin de garantir le paiement de leurs indemnités de rupture par les AGS ; qu'ainsi, par courriers du 15 juillet 2010, les salariés se sont vus notifier leur licenciement pour motif économique ; que par ailleurs, le conseil de prud'hommes a considéré avec pertinence que le PSE était proportionné aux moyens financiers dont disposait la société Brodard Graphique: le PSE proposait un ensemble de mesures adéquates destiné à favoriser un repositionnement professionnel sur le marché de l'emploi des salariés dont l'emploi était supprimé et qui n'ont pas bénéficié d'un reclassement interne qui s'avérait impossible ; que la cellule de reclassement a fonctionné de manière satisfaisante, et cela au-delà même de la date d'échéance prévue par le plan ; qu'il sera rappelé qu'à la date de la liquidation judiciaire de la société, la situation de celle-ci était exsangue et aucune mesure de financement interne ne pouvait être envisagée ; qu'ainsi, les premiers juges ont estimé avec justesse que la société Brodard Graphique prise en la personne de son mandataire liquidateur a rempli l'obligation dont elle avait la charge en mettant en place un PSE proportionné aux moyens de l'entreprise au regard des contraintes spécifiques découlant de la situation liquidative de la société, ce qui a d'ailleurs été reconnu ; que s'agissant de l'appréciation de la validité du plan de sauvegarde de l'emploi au regard des moyens du groupe, la SCP HH... LL... ès qualité justifie avoir fait sommation, par lettres recommandées à chacune des sociétés appartenant au groupe KK... de lui communiquer la liste des postes disponibles avant le 13 juillet, et avoir fait une sommation spécifique, acte d'huissier du 7 juillet 2010, aux mêmes fins à la société holding de tête du groupe KK..., en lui demandant en outre de lui faire connaître les propositions d'abondement du groupe aux mesures destinées à faciliter le reclassement de la totalité des salariés de la société Brodard Graphique dont le licenciement devait être initié, ce à quoi cette dernière a répondu ne pas donner une suite favorable ; qu'ainsi, la SCP HH... LL... a utilisé les moyens à sa disposition, notamment en mettant en oeuvre une action en responsabilité pour insuffisance d'actif à l'encontre de M. KK... et une action en extension de la procédure collective, peu important que ces procédures se soient achevées par des transactions autorisées par le juge commissaire et aient été homologuées par jugements du tribunal de commerce de Meaux le 6 juin 2011 ; que le refus de la société holding, à l'encontre duquel il y a lieu de relever que tant le comité d'entreprise que les salariés n'ont pas agi au plan délictuel, de procéder à tout versement autre que la subvention de 500.000 euros accordée à la société Brodard Graphique dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi n'est pas imputable au mandataire liquidateur compte de l'opposition à laquelle il s'est heurté de la part du groupe malgré les sommations et actions en justice mises en oeuvre ; que dans ce contexte et au vu des éléments versés au débat, c'est à juste titre que le conseil de prud'hommes a jugé que le financement et les mesures du plan de sauvegarde de l'emploi, optimisés par les aides de l'état et l'aide complémentaire exceptionnelle spécifique à chaque salarié étaient proportionnés aux moyens financiers du groupe et de la société holding nonobstant son refus de consentir tout effort supplémentaire ; que le jugement est confirmé en ce qu'il n'a pas retenu de violation de l'obligation légale de reclassement, a jugé que le plan de sauvegarde de l'emploi était proportionné et a débouté la partie appelante des demandes formulées à cet égard ;
ET AUX MOTIFS ADOPTES QUE sur la proportionnalité du plan de sauvegarde de l'emploi aux moyens financiers de la société Brodard Graphique et du groupe : il ressort des décisions du tribunal de commerce des 23 novembre 2009 et 5 juillet 2010, du bilan et du rapport de l'administrateur judiciaire, qu'à la date de la liquidation judiciaire de la société Brodard Graphique, la situation de cette dernière était exsangue, le montant du passif déclaré s'élevant à la somme de 39.005.102 euros et les comptes dégageant une trésorerie négative de 927.559 euros ; qu'ainsi aucune mesure de financement interne à l'entreprise ne pouvait être mise en place et seules des mesures extérieures par le Fond National de l'Emploi (FNE) étaient prévues au bénéfice des salariés ainsi que des mesures complémentaires à venir ; que la société Brodard Graphique prise en la personne de son mandataire liquidateur a ainsi prévu un financement de 600.000 euros à titre prévisionnel et forfaitaire pour financer les différentes mesures du PSE par les aides qui pouvaient lui être allouées par l'Etat en obtenant des engagements de principe favorables de la part de la DDTE ; que le financement dégagé était ainsi ventilé : - 365.000 euros au titre de l'aide à la formation, - 120.000 euros au titre de la mobilité géographique, - 60.000 euros au titre de l'aide à la création ou la reprise d'entreprise, - 55.000 euros au titre du budget social de la commission de suivi du PSE ; que la société Brodard Graphique prise en la personne de son mandataire liquidateur a également obtenu de l'AGS qu'elle renonce à son privilège de 1er rang pour que l'actif circulant dégagé dans le cadre des opérations de la liquidation judiciaire soit consacré au financement des mesures du PSE et non au remboursement des avances des créances salariales ; qu'ainsi le PSE a été doté d'une aide complémentaire au reclassement spécifique à chaque salarié de 15.000 euros nets, moyennant les conditions et modalités suivantes : - adhésion préalable de chaque salarié à la cellule de reclassement, - engagement de chaque salarié à utiliser l'aide conformément à son objet, - acceptation d'un paiement fractionné de 5.000 euros nets au 30 septembre 2010, de 2.500 euros au 31 décembre 2010, le solde de 7.500 euros nets à la réalisation de l'actif immobilier ; qu'il résulte de l'ensemble de ces constations que la société Brodard Graphique prise en la personne de son mandataire liquidateur a rempli l'obligation de moyens dont elle avait la charge en mettant en place un PSE proportionné aux moyens de l'entreprise au regard des contraintes spécifiques découlant de la situation liquidative de la société ; que ceci a d'ailleurs été reconnu par les membres du comité d'entreprise comme cela ressort du PSE qui indique « En l'état du PSE amélioré, compte tenu des efforts réels et concrets de Me LL..., les élus admettent unanimement que le PSE est plus que proportionnel aux capacités de l'entreprise en liquidation judiciaire même s'il demeure modeste au regard des moyens du groupe KK... » ; que concernant le caractère proportionné du PSE par rapport au groupe, il ressort des pièces versées aux débats que Me LL... a sollicité la société KK... Holding , société mère et la société Cercle Printers France pour obtenir leur contribution au plan, mais s'est heurté à un refus catégorique ; qu'en effet, suite aux sommations interpellatrices qui leur ont été adressées par Me LL... le 8 juillet 2012, les sociétés KK... Holding et Circle Printers France ont clairement manifesté leur intention de ne pas financer le PSE invoquant des justifications économiques ; que si ces justifications ont été considérées, tant par les salariés, les élus et le mandataire judiciaire lui-même, peu convaincantes, la société Brodard Graphique, ne peut pour autant, être tenue pour responsable des agissements d'une société tierce, ayant une personnalité juridique distincte, fût-elle du même groupe, et ce en vertu du principe de l'autonomie juridique des différentes personnes morales ; qu'ainsi Me LL... en sa qualité de mandataire liquidateur de la société Brodard Graphique qui a justifié, dans le court délai de 15 jours qui lui est imparti par la loi, avoir sommé par acte d'huissier les sociétés du groupe de prendre leur responsabilité dans le cadre du financement du plan, a mis en oeuvre les moyens nécessaires dans le cadre de l'obligation de moyen dont il a la charge ; qu'il y a en effet lieu de relever que Me LL... en sa qualité de liquidateur, n'a aucun pouvoir de contrainte sur les sociétés du groupe et qu'il a dans le cadre des opérations de la liquidation judiciaire engagé les procédures au fond adéquates (action en responsabilité pour insuffisance d'actif à l'encontre de Monsieur Jean-Paul KK... et action en extension de la procédure collective de Brodard Graphique à l'encontre de la société KK... Holding ) dans l'intérêt collectif des créanciers, ces procédures s'étant soldées par des transactions autorisées par le juge-commissaire et homologuées par jugements du tribunal de commerce de Meaux du 6 juin 2011 ; qu'il convient de préciser que ces transactions, contrairement à ce qui a été affirmé à l'audience du 1er février 2013, ont été versées aux débats, en annexe des jugements d'homologation (pièces 166 et 167) et se trouvent au dossier de plaidoirie du demandeur lui-même ; que ces transactions ont ainsi permis au mandataire d'obtenir les moyens financiers permettant de respecter les engagements du plan ; qu'ainsi face au refus des sociétés du groupe et en particulier de la société mère, KK... Holding , de participer au financement du plan, celui-ci ne peut être que considéré comme proportionné aux moyens financiers mis à disposition par le groupe et qui se sont donc avérés limités, malgré les diligences incontestables du mandataire liquidateur ;
1º) ALORS QUE la pertinence et la suffisance du plan de sauvegarde de l'emploi s'apprécient au regard des moyens dont dispose le groupe ; que pour dire le plan de sauvegarde de l'emploi de la société Brodard Graphique suffisant, la cour d'appel a relevé qu'il était proportionné aux moyens de l'entreprise, dès lors que cette dernière était exsangue et qu'aucune mesure de financement interne ne pouvait être envisagée ; qu'en statuant ainsi, la cour d'appel s'est déterminée par un motif inopérant tiré des moyens financiers de l'entreprise, privant sa décision de base légale au regard des articles L. 1233-61, L. 1233-62 et L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige ;
2º) ALORS QUE pour débouter les salariés de leurs demandes au titre de l'insuffisance du plan de sauvegarde de l'emploi, la cour d'appel a retenu que le groupe KK..., qui avait refusé de participer à l'élaboration du plan et au financement de ses mesures, n'avait pas donné suite aux sollicitations du mandataire liquidateur, en sorte qu'il devait être considéré comme proportionné aux moyens du groupe, et notamment de la société holding ; qu'en déduisant ainsi la proportionnalité des mesures du plan aux moyens du groupe - auxquels aucune référence n'est faite - du refus de ce dernier, et notamment de sa société-mère, d'apporter son concours à l'élaboration et au financement de celui-ci, la cour d'appel a, derechef, privé sa décision de base légale au regard des articles L. 1233-61, L. 1233-62 et L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige ;
3º) ALORS QUE la juridiction prud'homale, à laquelle il revient de se prononcer sur la pertinence du plan social au regard des moyens de l'entreprise ou du groupe, n'est pas liée par les appréciations portées sur ce point par le comité d'entreprise ; qu'en retenant dès lors que le plan de sauvegarde de l'emploi de la société Brodard Graphique avait été jugé suffisant par les membres du comité d'entreprise, la cour d'appel a, derechef, privé sa décision de base légale au regard des articles L. 1233-61, L. 1233-62 et L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige ;
4º) ALORS QUE , lorsque le projet de réduction d'effectifs de l'employeur implique une suppression d'emplois, un plan de reclassement interne doit être intégré au plan de sauvegarde de l'emploi ; que le plan de reclassement intégré au plan de sauvegarde de l'emploi doit comporter des mesures précises et concrètes propres à permettre le reclassement effectif des salariés dont le licenciement ne pourrait être évité et qu'il doit, notamment, préciser le nombre, la nature et la localisation des emplois proposés en vue d'un reclassement dans les sociétés du groupe dont relève l'employeur ; qu'en déboutant les salariés de leurs demandes indemnitaires, sans constater que le mandataire liquidateur avait établi un plan de reclassement conforme aux prescriptions des articles L. 1233-61 et L. 1233-62 du code du travail et exécuté l'obligation de reclassement inhérente au plan de sauvegarde de l'emploi, la cour d'appel a violé ces textes et l'article L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige ;
5º) ET ALORS, subsidiairement, QUE l'employeur ne se trouve dans l'impossibilité de pourvoir au reclassement du salarié licencié pour motif économique et ne satisfait à son obligation de reclassement qu'à la condition d'avoir recherché en son sein et dans toutes les entreprises du groupe auquel elle appartient, tous les postes disponibles et compatibles avec les compétences du salarié et de les lui avoir offerts à titre de reclassement ; que pour dire que le mandataire liquidateur avait satisfait à son obligation de reclassement, la cour d'appel a retenu qu'il avait sollicité du groupe, par sommation interpellative restée vaine, la communication des postes disponibles dans le groupe, et que seule la société Holding avait répondu par la négative, ce dont il ne pouvait être tenu pour responsable ; qu'en statuant ainsi par des motifs inopérants, quand il ressortait de ses constatations que le mandataire liquidateur n'établissait pas l'absence d'emploi disponible dans le groupe auquel l'entreprise appartient, la cour d'appel a violé les articles L. 1233-61, L. 1233-62 et L. 1235-10 du code du travail dans leur rédaction applicable au litige.
Il est fait grief aux arrêts attaqués d'AVOIR constaté que les licenciements reposaient sur une cause réelle et sérieuse et débouté les salariés de l'ensemble de leurs demandes à ce titre ;
AUX MOTIFS PROPRES QUE, sur le caractère proportionné du plan au regard des moyens pouvant être mis en oeuvre et sur l'obligation légale de reclassement : au vu de l'ensemble des éléments versées au débat, c'est à juste titre que le conseil de prud'hommes, statuant en formation de départage, a estimé que suite au prononcé de la liquidation judiciaire et de la cessation totale d'activité de la société Brodard Graphique par jugement du 5 juillet 2010, Me HH... n'avait d'autre choix que de procéder au licenciement de l'ensemble des salariés de l'entreprise dans un délai de 15 jours à compter de la décision afin de garantir le paiement de leurs indemnités de rupture par les AGS ; qu'ainsi, par courriers du 15 juillet 2010, les salariés se sont vus notifier leur licenciement pour motif économique ; que par ailleurs, le conseil de prud'hommes a considéré avec pertinence que le PSE était proportionné aux moyens financiers dont disposait la société Brodard Graphique: le PSE proposait un ensemble de mesures adéquates destiné à favoriser un repositionnement professionnel sur le marché de l'emploi des salariés dont l'emploi était supprimé et qui n'ont pas bénéficié d'un reclassement interne qui s'avérait impossible. La cellule de reclassement a fonctionné de manière satisfaisante, et cela audelà même de la date d'échéance prévue par le plan ; qu'il sera rappelé qu'à la date de la liquidation judiciaire de la société, la situation de celle-ci était exsangue et aucune mesure de financement interne ne pouvait être envisagée ; qu'ainsi, les premiers juges ont estimé avec justesse que la société Brodard Graphique prise en la personne de son mandataire liquidateur a rempli l'obligation dont elle avait la charge en mettant en place un PSE proportionné aux moyens de l'entreprise au regard des contraintes spécifiques découlant de la situation liquidative de la société, ce qui a d'ailleurs été reconnu ; que s'agissant de l'appréciation de la validité du plan de sauvegarde de l'emploi au regard des moyens du groupe, la SCP HH... LL... ès qualité justifie avoir fait sommation, par lettres recommandées à chacune des sociétés appartenant au groupe KK... de lui communiquer la liste des postes disponibles avant le 13 juillet, et avoir fait une sommation spécifique, acte d'huissier du 7 juillet 2010, aux mêmes fins à la société holding de tête du groupe KK..., en lui demandant en outre de lui faire connaître les propositions d'abondement du groupe aux mesures destinées à faciliter le reclassement de la totalité des salariés de la société Brodard Graphique dont le licenciement devait être initié, ce à quoi cette dernière a répondu ne pas donner une suite favorable ; qu'ainsi, la SCP HH... LL... a utilisé les moyens à sa disposition, notamment en mettant en oeuvre une action en responsabilité pour insuffisance d'actif à l'encontre de M. KK... et une action en extension de la procédure collective, peu important que ces procédures se soient achevées par des transactions autorisées par le juge commissaire et aient été homologuées par jugements du tribunal de commerce de Meaux le 6 juin 2011 ; que le refus de la société holding, à l'encontre duquel il y a lieu de relever que tant le comité d'entreprise que les salariés n'ont pas agi au plan délictuel, de procéder à tout versement autre que la subvention de 500.000 euros accordée à la société Brodard Graphique dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi n'est pas imputable au mandataire liquidateur compte de l'opposition à laquelle il s'est heurtée de la part du groupe malgré les sommations et actions en justice mises en oeuvre ; que dans ce contexte et au vu des éléments versés au débat, c'est à juste titre que le conseil de prud'hommes a jugé que le financement et les mesures du plan de sauvegarde de l'emploi, optimisés par les aides de l'état et l'aide complémentaire exceptionnelle spécifique à chaque salarié étaient proportionnés aux moyens financiers du groupe et de la société holding nonobstant son refus de consentir tout effort supplémentaire ; que le jugement est confirmé en ce qu'il n'a pas retenu de violation de l'obligation légale de reclassement, a jugé que le plan de sauvegarde de l'emploi était proportionné et a débouté la partie appelante des demandes formulées à cet égard ; que sur l'obligation conventionnelle de reclassement : aux termes de l'article 19 de la convention collective de l'imprimerie de labeur : « Lorsque le reclassement dans l'entreprise n'aura pas été possible dans les conditions prévues aux articles 13 et suivants cidessus, I 'entreprise devra rechercher les possibilités de reclassement susceptibles de convenir aux salariés dont le licenciement aura dû être décidé, de préférence dans une entreprise rattachée aux industries graphiques et située dans la même localité ou dans une localité voisine. À défaut de solution sur le plan local, le reclassement sera recherché dans les mêmes conditions sur le plan de la région. Le problème sera soumis à la commission régionale de l'emploi s en existe une dans la région intéressée. Les instances régionales ou départementales des organisations professionnelles signataires apporteront à cette recherche leur concours acte. Leurs instances nationales feront de même s'il apparaît que l'ampleur du problème dépasse le cadre régional. Dans ce cas, le problème sera soumis à l'examen de la commission nationale de l'emploi. Les entreprises feront connaître les possibilités de reclassement au comité d'entreprise ou d'établissement ou à défaut de comité d'entreprise, aux délégués du personnel ainsi qu'au personnel intéressé" ; que l'appelant estime que les dispositions de l'article 19 de la convention collective n'ont pas été respectées ; qu'il est cependant établi que la commission paritaire de branche a été saisie de la question du reclassement des salariés le 10 mars 2010, qu'à cette lettre de saisine a été jointe une liste précisant la catégorie, le groupe ou échelon, les emplois, leur nombre, ainsi que l'ancienneté ; qu'il a aussi été adressé aux cinq chambres syndicales du secteur de l'imprimerie une lettre recommandée aux fins de reclassement externe des salariés licenciés et un courrier a été adressé à cette fin à vingt-cinq entreprises réparties dans toute la France ; que c'est à juste titre que le conseil de prud'hommes, statuant en formation de départage, a jugé que le mandataire liquidateur a satisfait à ses obligations en saisissant à deux reprises la commission paritaire de l'emploi, aucun manquement de sa part aux exigences de l'article 19 de la convention collective n'étant caractérisé ;
ET AUX MOTIFS ADOPTES QUE, sur la violation des obligations légales de reclassement : au niveau interne, compte tenu du jugement de liquidation judiciaire et de la cessation totale de toute activité, il ne pouvait être envisagé, tel que le suggère le code du travail, de mettre en place, des mesures de réduction du temps de travail, ni de rechercher un reclassement à l'intérieur de l'entreprise, ni a fortiori de créer des activités nouvelles ; qu'au niveau du groupe, il ressort des éléments versés aux débats que le mandataire liquidateur a fait signifier une sommation interpellatrice à la société KK... Holding , le 8 juillet 2010, à laquelle était jointe la liste des salariés par catégorie d'emploi, pour que soient proposés, au niveau du groupe et, dans le délai de 5 jours, les postes ouverts au reclassement, avec demande d'abondement pour des aides à la formation, à la mobilité géographique, à la création d'entreprise etc... ; que le mandataire liquidateur a également par lettres recommandées du 7 juillet 2010 contacté les sept sociétés du groupe au même effet adressant également la liste des salariés par catégorie ; qu'il y a lieu de préciser que le fait que cette liste n'ait été communiquée qu'en un seul exemplaire dans le cadre de la présente procédure ne démontre en rien qu'elle n'ait pas été jointe à la sommation interpellatrice et à chacune des lettres précitées qui visaient expressément ce document et l'annonçaient en annexe ; qu'il ne peut ainsi être reproché à la société Brodard Graphique qui a accompli les diligences utiles, de n'avoir reçu qu'une réponse négative de la société KK...Imprimeur le 12 juillet 2010 et une liste de 6 postes inexploitables de la société KK... Holding le 13 juillet 2010 ; que sur la violation des obligations conventionnelles de reclassement : l'article 19 de la convention collective nationale des imprimeries de labeur dispose : « lorsque le reclassement dans l'entreprise n'aura pas été possible dans les conditions prévues aux articles 13 et suivants ci-dessus, l'entreprise devra rechercher les possibilités de reclassement susceptibles de convenir aux salariés dont le licenciement aura dû être décidé de préférence dans une entreprise rattachée aux industries graphiques et située dans la même localité ou dans une localité voisine. A défaut de solution sur le plan local, le reclassement sera recherché dans les mêmes conditions sur le plan de la région. Le problème sera soumis à la commission régionale de l'emploi s'il en existe une dans la région intéressée. Les instances régionales ou départementales des organisations professionnelles signataires apporteront à cette recherche leur concours actif. Leurs instances nationales feront de même s'il apparait que l'ampleur du problème dépasse le cadre régional. Dans ce cas, le problème sera soumis à l'examen de la commission nationale de l'emploi. Les entreprises feront connaitre les possibilités de reclassement au comité d'entreprise ou d'établissement ou à défaut de comité d'entreprise, aux délégués du personnel ainsi qu'au personnel intéressé. » ; qu'en l'espèce, il ressort des pièces versées aux débats qu'après l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire et dans le cadre du premier plan de sauvegarde de l'emploi, la Commission Paritaire Nationale de l'Emploi dans la branche d'activité a été saisie, en date du 10 mars 2010, de la question du reclassement des salariés de Brodard Graphique ; que lors du prononcé de la liquidation judiciaire, la Commission Paritaire Nationale de l'Emploi a été, à nouveau, saisie par courrier du 29 juillet 2010 ; qu'ainsi le 7 juillet 2010, la mandataire liquidateur écrivait par courrier recommandé aux cinq chambres syndicales du secteur de l'imprimerie soit : la chambre syndicale de la reliure brochure et dorure, la chambre syndicale nationale du Pré-Presse, -la fédération de l'imprimerie et de la communication graphique, - le groupement des métiers de l'imprimerie, le syndicat national des industries de la communication graphique et de l'imprimerie française ; qu'il leur indiquait : « dans le cadre de la recherche de possibilités de reclassement externe de ces salariés, je vous remercie de bien vouloir, à partir des profils d'emplois identifiés et communiqués, relayer cette information auprès de vos adhérents, afin qu'ils puissent me faire part de toute opportunité de postes qu'ils auraient à pourvoir. Je vous indique accepter d'étudier tous les emplois disponibles au sein des entreprises référencées auprès de votre organisation professionnelle, et en premier lieu, les emplois de même catégorie voire de catégorie supérieure, si les salariés présentent la compétence et l'expérience professionnelle leur permettant de s'y adapter. Egalement je vous remercie de bien vouloir me communiquer les coordonnées éventuelles de la commission régionale de l'emploi relevant de la branche professionnelle de l'imprimerie, de manière à la saisir au plan local. » ; que par ailleurs le 7 juillet 2010, le mandataire liquidateur, interrogeait par courrier et par sommation interpellatrice la société Circle Printers France, candidat évincé à la reprise, sur les propositions de reclassement que celle-ci avait formulées dans le cadre de son offre de reprise ; que 25 sociétés du secteur, en région parisienne et en province, ont à nouveau été interpellées dans le cadre de cette obligation par courriers du 8 juillet 2010 ; que le mandataire liquidateur a réitéré dans le cadre du second plan la saisine des instances de la branche par courrier du 29 juillet 2010 ; que le fait que cette saisine soit intervenue postérieurement à la date des licenciements est insuffisant à caractériser un manquement à l'obligation conventionnelle de reclassement et, à fortiori, priver le licenciement de cause réelle et sérieuse, dès lors, que d'une part, une première saisine, restée sans réponse, avait été faite en vain le 10 mars 2010, et que d'autre part, la saisine d'une commission paritaire de l'emploi ne constitue pas une garantie de fond préalable au licenciement mais a un objectif informatif en vue de favoriser le reclassement des salariés, objectif qui a, en l'espèce, été incontestablement rempli, la commission ayant été informée à deux reprises ;
1º) ALORS QUE , dans le cadre de son obligation de reclassement de tout salarié dont le licenciement économique est envisagé, il appartient à l'employeur, même quand un plan de sauvegarde de l'emploi a été établi, de rechercher s'il existe des possibilités de reclassement, prévues ou non dans le plan, et de faire des offres précises, concrètes et personnalisées à chacun des salariés dont le licenciement est envisagé, de chacun des emplois disponibles correspondant à sa qualification ; que, pour débouter les salariés de leurs demandes indemnitaires au titre de l'absence de cause réelle et sérieuse du licenciement, la cour d'appel a retenu que le mandataire liquidateur avait satisfait à l'obligation de reclassement inhérente au plan de sauvegarde de l'emploi ; qu'en statuant ainsi, quand le respect de l'obligation collective de reclassement découlant des dispositions des articles L. 1233-61 et L. 1233-62 du code du travail n'implique pas en soi celui de l'obligation individuelle de reclassement prévue par l'article L. 1233-4 du même code, la cour d'appel, qui n'a pas vérifié si le mandataire liquidateur avait loyalement exécuté cette dernière obligation, a violé l'article L. 1233-4 du code du travail en sa rédaction applicable au litige ;
2º) ALORS, subsidiairement, QUE l'employeur ne se trouve dans l'impossibilité de pourvoir au reclassement du salarié licencié pour motif économique et ne satisfait à son obligation de reclassement qu'à la condition d'avoir recherché en son sein et dans toutes les entreprises du groupe auquel elle appartient, tous les postes disponibles et compatibles avec les compétences du salarié et de les lui avoir offerts à titre de reclassement, peu important qu'un ou plusieurs emplois effectivement proposés aient fait l'objet d'un refus ; qu'en jugeant que le mandataire liquidateur avait satisfait à son obligation de reclassement, quand elle constatait qu'une société du groupe avait transmis au mandataire liquidateur une liste de six emplois disponibles qui n'avaient pas été offerts aux salariés à titre de reclassement, la cour d'appel a violé l'article L. 1233-4 du code du travail en sa rédaction applicable au litige ;
3º) ALORS, plus-subsidiairement, QUE, pour dire que le mandataire liquidateur avait satisfait à son obligation de reclassement, la cour d'appel a retenu qu'il avait sollicité du groupe, par sommation interpellative restée vaine, la communication des postes disponibles dans le groupe, et que seule la société Holding avait répondu par la négative, ce dont il ne pouvait être tenu pour responsable ; qu'en statuant ainsi par des motifs inopérants, quand il ressortait de ses constatations que le mandataire liquidateur n'établissait pas l'absence d'emploi disponible dans le groupe auquel l'entreprise appartient, la cour d'appel a violé l'article L. 1233-4 du code du travail en sa rédaction applicable au litige ;
4º) ET ALORS QUE l'article 19 de l'accord de branche du 24 mars 1970 attaché à la convention collective nationale de travail du personnel des imprimeries de labeur et des industries graphiques impose à l'employeur, à défaut de solution de reclassement sur le plan local, de saisir la commission paritaire régionale de l'emploi et si l'ampleur du problème dépasse le cadre régional, la commission paritaire nationale de l'emploi ; que pour dire l'obligation de reclassement conventionnelle satisfaite, la cour d'appel a énoncé que le mandataire liquidateur avait saisi la commission paritaire nationale de l'emploi, mais également adressé un courrier de recherche de reclassement externe à cinq chambres syndicales du secteur de l'imprimerie et à vingt-cinq entreprises situées sur le territoire français ; qu'en statuant ainsi, tout en constatant que l'employeur avait directement saisi la commission paritaire nationale de l'emploi, sans avoir préalablement recherché des solutions de reclassement sur le plan local et, à défaut, saisi la commission paritaire régionale de l'emploi, la cour d'appel a violé les articles L. 1233-4 et L. 1235-3 du code du travail, ensemble l'article 19 de l'accord de branche du 24 mars 1970 attaché à la convention collective nationale de travail du personnel des imprimeries de labeur et des industries graphiques.

References: l'article 700
 l'article 19
 l'article 19
 l'article 19
 l'article 19
 l'article 19
 l'article 19