Source: http://web2.gov.mb.ca/laws/statutes/2004/c00104f.php?map=1
Timestamp: 2019-12-06 20:07:35+00:00

Document:
L.M. 2004, c. 1
Projet de loi 7, 2er session, 38e législature
a) Le chef de police d'une municipalité du Manitoba;
« instrument d'activité illégale » Bien susceptible de servir à une activité illégale, laquelle risque d'entraîner l'acquisition d'autres biens ou de causer des lésions corporelles graves à autrui ou vise un tel but. ("instrument of unlawful activity")
a) Intérêt, privilège ou jugement déposé ou enregistré à l'égard d'un bien réel conformément à la Loi sur les biens réels ou à la Loi sur l'enregistrement foncier avant le dépôt de l'avis de requête prévu à l'article 6;
b) sûreté, privilège, charge ou autre intérêt relativement auquel un état de financement a été enregistré à l'égard d'un bien personnel au Bureau d'enregistrement relatif aux biens personnels conformément à la Loi sur les sûretés relatives aux biens personnels avant le dépôt de l'avis de requête prévu à l'article 6. ("prior registered interest")
« produit d'activité illégale » Bien acquis directement ou indirectement, en tout ou en partie, par suite d'une activité illégale, que ce soit avant ou après l'entrée en vigueur de la présente loi. ("proceeds of unlawful activity")
2 La présente loi a pour objet de prévoir des recours civils qui empêcheront les personnes se livrant à des activités illégales et d'autres personnes de conserver les biens acquis par suite de telles activités et l'utilisation des biens dans le cadre de certaines activités illégales.
PROCÉDURE — REQUÊTE
Requête visant l'obtention d'une ordonnance de confiscation
3(1) Un chef de police peut demander au tribunal de rendre une ordonnance de confiscation d'un bien au profit du gouvernement s'il est convaincu que le bien est un produit ou un instrument d'activité illégale.
Biens visés par la requête
3(2) Le chef de police peut demander une ordonnance de confiscation à l'égard de biens se trouvant au Manitoba.
Description du bien visé par la requête
4 La requête comporte une description suffisamment détaillée du bien à l'égard duquel une ordonnance de confiscation est demandée afin que celui-ci soit facilement identifiable.
5 Les personnes suivantes sont désignées à titre d'intimés à la requête :
b) toute personne en possession du bien, à l'exception du propriétaire;
c) les personnes ayant un intérêt antérieur enregistré concernant le bien;
d) toute autre personne dont le chef de police sait qu'elle a un intérêt dans le bien.
6 Le chef de police :
a) après avoir déposé une requête en confiscation d'un bien réel, dépose un avis de requête à l'égard du bien, en la forme prescrite, au bureau des titres fonciers ou au bureau du registre foncier compétent;
b) après avoir déposé une requête en confiscation d'un bien personnel, dépose un avis de requête à l'égard du bien, en la forme prescrite, au Bureau d'enregistrement relatif aux biens personnels.
Ordonnance provisoire de conservation d'un bien
7(1) Sur motion présentée par le chef de police, le tribunal peut rendre une ou plusieurs des ordonnances provisoires suivantes aux fins de la conservation d'un bien faisant l'objet d'une requête en vertu de la présente loi :
d) toute autre ordonnance de conservation du bien qu'il estime juste.
7(2) Sauf s'il est évident que cela ne serait pas dans l'intérêt de la justice, le tribunal rend une ordonnance en vertu du paragraphe (1) s'il est convaincu qu'il existe des motifs raisonnables de croire que le bien est un produit ou un instrument d'activité illégale.
7(3) Une ordonnance visée au paragraphe (1) peut être rendue, sur motion présentée sans préavis, pour une période maximale de 10 jours.
7(4) Lorsqu'une ordonnance visée au paragraphe (1) est rendue sur motion présentée sans préavis, une motion visant la prolongation de l'ordonnance peut être présentée seulement si un préavis est donné à chaque partie à la requête, sauf si le tribunal est convaincu que l'ordonnance devrait être prolongée sans qu'un préavis soit donné à une partie du fait que celle-ci s'est soustraite à la signification ou en raison d'autres circonstances exceptionnelles.
7(5) La prolongation accordée sur motion présentée sans préavis l'est pour une période additionnelle d'au plus 10 jours.
CONDUITE DES INSTANCES
Inapplication des dispositions des Règles de la Cour du Banc de la Reine concernant l'interrogatoire préalable
8 Ne s'appliquent pas aux requêtes visées par la présente loi les dispositions des Règles de la Cour du Banc de la Reine concernant :
c) l'interrogatoire et le contre-interrogatoire de déposants ou de témoins avant une audience.
9 Sauf disposition contraire de la présente loi, les conclusions de fait tirées au cours de l'audition des requêtes visées par la présente loi doivent être fondées sur la prépondérance des probabilités.
10 Lors de l'audition d'une requête, le chef de police avise le tribunal de tous les intérêts antérieurs enregistrés concernant le bien qui fait l'objet de la requête et de tout autre intérêt dans le bien dont il est au courant.
11 Dans le cadre d'une requête en confiscation d'un bien censé être un produit d'activité illégale, constitue une preuve réfutable que le bien est un tel produit la preuve que l'une des personnes suivantes en est propriétaire ou l'a en sa possession :
b) une personne morale dont un des dirigeants ou des administrateurs est membre d'une organisation criminelle ou dans laquelle un membre d'une organisation criminelle a un intérêt de propriété important;
Présomption — instruments d'activité illégale
12 Dans le cadre d'une requête en confiscation d'un bien censé être un instrument d'activité illégale, la preuve que le bien a servi à une activité illégale, laquelle a entraîné l'acquisition d'autres biens ou a causé des lésions corporelles graves à autrui, constitue une preuve réfutable que le bien est un tel instrument.
Présomption — infractions
13 Dans le cadre d'une requête visée par la présente loi :
a) il existe une présomption réfutable selon laquelle une personne est membre d'une organisation criminelle si elle a été déclarée coupable d'une infraction d'organisation criminelle au sens de l'article 2 du Code criminel (Canada);
b) la preuve qu'une personne a été déclarée coupable d'une infraction ou a fait l'objet d'un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux à l'égard d'une infraction fait foi de la perpétration de l'infraction par cette personne;
c) la preuve qu'une personne a été accusée puis acquittée d'une infraction sous le régime du Code criminel (Canada) ou qu'une telle accusation a été retirée ou suspendue n'empêche pas qu'une conclusion de fait puisse être tirée.
14(1) Sous réserve de l'article 15, le tribunal rend une ordonnance de confiscation d'un bien au profit du gouvernement s'il conclut que le bien est un produit ou un instrument d'activité illégale, sauf s'il est évident que cela ne serait pas dans l'intérêt de la justice.
Date de la confiscation du bien
14(2) Lorsqu'une ordonnance de confiscation est rendue, le bien est confisqué au profit du gouvernement à compter de la date de dépôt de l'avis de requête prévu à l'article 6.
14(3) Le gouvernement n'assume pas les covenants ni les autres obligations prévues par une hypothèque ou une autre sûreté grevant le bien confisqué.
15(1) Lorsqu'un bien est déclaré être un produit ou un instrument d'activité illégale, le tribunal rend une ordonnance afin que soient protégés, dans la mesure du possible, les intérêts qu'ont dans le bien les personnes ayant le droit d'obtenir une telle ordonnance en vertu de l'article 16 ou 17.
15(2) Sans préjudice de la portée générale du paragraphe (1), une ordonnance de protection peut :
16(1) Ont le droit d'obtenir une ordonnance de protection à l'égard du bien qui est déclaré être un produit ou un instrument d'activité illégale :
(iii) le gouvernement, une municipalité ou un district d'administration locale,
16(2) Si un bien est déclaré être un produit ou un instrument d'activité illégale, toute personne ayant acquis le bien ou un intérêt dans celui-ci auprès d'une personne ou d'une entité visée au paragraphe (1) a le droit d'obtenir une ordonnance de protection.
17(1) La personne qui possède un bien déclaré être un produit d'activité illégale en raison d'une activité illégale attribuable à une autre personne ou qui a un intérêt dans ce bien a le droit d'obtenir une ordonnance de protection si elle prouve :
a) d'une part, qu'elle a acquis le bien ou l'intérêt avant que l'avis de requête prévu à l'article 6 ait été déposé à l'égard du bien et qu'elle n'a pas, directement ni indirectement, acquis le bien ou l'intérêt par suite d'une activité illégale;
17(2) La personne qui possède un bien déclaré être un instrument d'activité illégale ou qui a un intérêt dans ce bien a le droit d'obtenir une ordonnance de protection si elle prouve :
a) qu'elle a acquis le bien ou l'intérêt avant que l'avis de requête prévu à l'article 6 ait été déposé à l'égard du bien;
17(3) Pour l'application de l'alinéa (2)b), une personne peut empêcher qu'un bien serve à une activité illégale en prenant certaines mesures, notamment :
VENTE ET AFFECTATION DU PRODUIT DE LA VENTE
Vente des biens confisqués
18(1) Sous réserve du paragraphe (2), le gouvernement vend tous les biens qui sont confisqués à son profit en vertu de la présente loi, à l'exception de l'argent.
18(2) Le gouvernement peut disposer, notamment par destruction ou donation, des biens confisqués qui ont une valeur marchande minime ou n'ont aucune valeur marchande ou qui nécessitent des réparations ou des améliorations si importantes que leur vente ne présente aucun intérêt sur le plan commercial.
Affectation du produit du bien confisqué
19 Sous réserve de toute ordonnance de protection, le bien confisqué qui consiste en de l'argent ainsi que le produit de la vente d'un bien confisqué sont affectés premièrement au paiement des frais engagés par le gouvernement dans le cadre de la vente du bien, et deuxièmement au remboursement des dépenses engagées par le chef de police pour la présentation de la requête visant l'obtention de l'ordonnance de confiscation. Le cas échéant, tout reliquat doit être versé dans le Fonds d'aide aux victimes prévu par la Déclaration des droits des victimes et à la Société d'aide juridique du Manitoba, selon ce qu'ordonne le ministre.
20 Tout agent de la paix fournit l'aide nécessaire pour l'exécution d'une ordonnance rendue sous le régime de la présente loi, sur demande d'une personne autorisée à cette fin par les règlements.
21 Une personne ne peut revendiquer un intérêt dans un bien dans le cadre d'une requête présentée en vertu de la présente loi si, sous le régime des lois du Canada ou du Manitoba, la possession du bien par la personne constituerait une infraction.
22 Aucune prescription ne s'applique à l'égard des requêtes présentées sous le régime de la présente loi.
23 Bénéficient de l'immunité les chefs de police et les autres personnes qui agissent sous l'autorité de la présente loi pour les actes accomplis ou les omissions ou manquements commis de bonne foi dans l'exercice effectif ou censé tel des attributions qui leur sont conférées en vertu de celle-ci.
24 Le lieutenant-gouverneur en conseil peut, par règlement :
a) prévoir la forme et le contenu des avis déposés en vertu de l'article 6 et régir la dispense relative à ces avis;
b) prévoir des droits ou des intérêts pour l'application du sous-alinéa 16(1)a)(iv);
c) prévoir des catégories de titulaires pour l'application du sous-alinéa 16(1)b)(iii);
d) autoriser des personnes ou les membres d'une catégorie de personnes à demander de l'aide à un agent de la paix pour l'application de l'article 20;
e) régir la manière selon laquelle les biens confisqués doivent être vendus par le gouvernement, y compris autoriser les shérifs à les vendre au nom de celui-ci;
f) prendre des mesures concernant le paiement des frais que le gouvernement ou un shérif peut demander relativement à la vente de biens confisqués;
g) prendre des mesures concernant le remboursement des dépenses qu'un chef de police peut demander relativement à la présentation d'une requête en vertu de la présente loi;
25(1) Le présent article modifie la Déclaration des droits des victimes.
25(2) Le paragraphe 40(2) est modifié par adjonction, après l'alinéa c.1), de ce qui suit :
c.2) les sommes dont le ministre ordonne le versement dans le Fonds sous le régime de la Loi sur la confiscation de biens obtenus ou utilisés criminellement;
25(3) Il est ajouté, après l'article 43.1, ce qui suit :
Sommes reçues en vertu de la Loi sur la confiscation de biens obtenus ou utilisés criminellement
43.2 Le ministre peut demander que les sommes déposées dans le Fonds en application de l'alinéa 40(2)c.2) servent :
b) au soutien des programmes ou des projets ayant pour but la diminution ou la prévention des activités criminelles.
26 La présente loi constitue le chapitre C306 de la Codification permanente des lois du Manitoba.

References: l'article 6
 l'article 6
 l'article 2
 l'article 15
 l'article 6
 l'article 16
 l'article 6
 l'article 6
 l'article 6
 l'article 20
 l'article 43