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Timestamp: 2019-02-20 07:24:06+00:00

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Histoire commune Salles-de-Villefagnan 16
Histoire de Salles-de-Villefagnan
L'abbé de Nanteuil avait la collation de l'église: nommait les prêtres.
Puis vint le tour du mobilier.
ET la fête continue au village de Chaumont....
Jacques Rougier refuse de rejoindre la milice de Louis XIV.
Louis XIV, n’ayant de cesse de repousser les frontières de son royaume, dut, afin d’affecter à cette mission la totalité de son armée (soldats d’active), inventer un nouveau mode de recrutement : la milice. Cette dernière, instituée le 29/11/1688, ancêtre du service militaire (50 hommes tirés au sort par paroisse ou groupe de paroisses parmi les célibataires de 20 à 40 ans, équipés aux frais des paroisses et servant 2 ans), devait constituer l’armée de seconde ligne. Le 25/02/1726, cette mesure était modifiée : les recrues, tirées au sort parmi les célibataires et veufs de 16 à 40 ans, effectuaient une période de 6 ans. Le remplacement était possible en payant. La milice était abolie en 1791, mais cette mesure, encore existante en 1793, allait générer le soulèvement de Vendée.
Dans les faits, les miliciens étaient convoqués quelques jours seulement chaque année, en quelque sorte pour des périodes d’instruction, sans jamais monter en ligne. Cette contrainte (modeste dans les faits) ne peut en aucun cas être comparée à celles imposées par le service militaire sous l’Empire et la Restauration. Cependant, les recrues, rechignant contre cette obligation, se cachaient parfois afin d’échapper à cette milice.
C’était ainsi en 1711 à Salles-de-Villefagnan. Jacques Rougier (bottier), refusant de rejoindre la milice, était introuvable…
Aussi, le dénommé Bire, sergent royal, résidant au bourg de Chenon, recevait le 6 avril 1711, par monsieur Gervais du Chastenet, conseiller du Roi, lieutenant particulier, assesseur civil et criminel en la Sénéchaussée et Siège Présidial d’Angoumois, l’ordre de rechercher ce déserteur : “Il est enjoint comme autres fois à Jacques Rougier, bottier, sur lequel le sort était tombé pour servir de soldat de milice dans la paroisse de Salles et Touchimbert, de se représenter incessamment par devant nous, commissaire nommé par monsieur l’Intendant pour être agréé et enrôlé dans les troupes de Sa Majesté, a ordonner la levée par son ordonnance du mois de janvier dernier, s’il est reçu pour le service, à peine en cas de désobéissance d’être puni comme déserteur. Permis au porteur du présent ordre de se saisir de la personne dudit Rougier et de contraindre ses plus proches parents à se représenter par les voies accoutumées ”.
Le sergent royal Bire quittait son domicile, le 7 avril (sur les 4 heures de relevées), en la compagnie d’Isaac Cante, sieur du Cormin, syndic perpétuel de la paroisse de Salles-de-Villefagnan, et Goumain, procureur d’office, en vue de capturer Jacques Rougier qu’ils pensaient trouver chez ses parents au village de Chaumont. Arrivés à Chaumont, ils constatèrent que Rougier était absent. Malgré la perquisition opérée sur place, il demeurait introuvable, ses parents attestant ne point l’avoir vu. Le sergent royal Bire, après avoir attendu en vain sur les lieux, abandonna ses recherches et rentra chez lui. Mais le lendemain, vers environ 4 heures du matin, afin de tenter de capturer Rougier, le sergent royal retournait à Chaumont en compagnie de Jacques Cotte, Pierre Raymond, Pierre Gauthier, Jean Guillaud, Eymard Thinaud et Elie Caillaud, tous du village de Touchimbert.
Sur place, le sergent royal Bire investit la maison et après lecture de l’ordonnance au père de Rougier, lui demanda de lui remettre son fils. Mais le père Rougier refusa et riposta en s’écriant et appelant à son secours tous les habitants de Chaumont. Ces derniers survinrent immédiatement : “A l’instant seraient survenus et soulevés sur moi et mes assistants, la femme dudit Rougier, leur fils cadet et tous les habitants dudit village de Chaumont, hommes et femmes, et autres habitants des lieux circonvoisins, à moi inconnus, armés de gros bâtons et pierres en jurant, nous auraient par force et violence ôté des mains ledit Rougier père que nous avions saisi au corps, faute de la représentation de son fils, nous traitant de fripons, coquins, marauds. Et auraient grièvement battu, meurtri, ,excédé à coups de bâtons et pierres, lesdits Cotte, Raymond, Gauthier, Guillaud, Guinaud et Cailler, et laissé l’un des susdits nommés sur la place en danger de mort, en sorte que pour garantir ma vie, j’aurais été obligé de me retirer au plus tôt”.
Les plaies furent pansées par le chirurgien Rivaud qui s’empressa d’établir des certificats. Une information fut ouverte le 13 avril 1711 par le juge de la châtellenie d’Aunac. Ainsi, le 19 janvier 1712, le procureur du Roi assignait Rougier, sa femme et leur fils, et toutes les femmes complices, à comparaître dans huitaine… Nous n’en saurons malheureusement pas plus, car le résultat de l’audience est absent du dossier.
Il est difficile d’analyser et de comprendre les raisons qui poussaient un jeune paysan, désigné par le tirage au sort, à préférer se cacher et risquer les galères, plutôt que de subir une courte période dans la milice. Les justifications se trouvaient peut-être dans les histoires colportées de village en village. A moins, que le passage de la milice à l’armée d’active ne se fasse plus simplement que prévu, les soirs de beuverie, quand le sergent recruteur…
SENECHAUSSEE ET PRESIDIAL D’ANGOUMOIS
Conversion "pas facile" des protestants
11 octobre 1724, certificat de Monsieur Suraud, curé de Salles, et de Lonnes son annexe.
Je certifie que suivant et conformément la déclaration du roi concernant la religion, j’ai été voir le sieur Cante, aubergiste dans ma paroisse, lequel est de la religion prétendue réformée, en particulier, après avoir reçu la déclaration du roi qui concerne la religion, où je l’ai exhorté le mieux qu’il m’a été possible à se reconvertir. Et malgré les bonnes et salutaires remontrances que je lui ai pu faire, il m’a déclaré qu’il voulait persister dans sa prétendue religion. Et étant tombé quelque temps après dans une maladie très fâcheuse où il m’a paru en danger de mort, j’ai été plusieurs fois le voir, où j’ai fait tout mon possible pour lui faire voir l’erreur et la fausseté de sa prétendue religion.
Et même j’ai prié mon vicaire de venir avec moi, espérant qu’il pourrait peut-être mieux le convertir que moi, mais ni l’un ni l’autre n’avons rien pu gagner sur son endurcissement. Enfin, comme j’ai vu qu’il voulait persister dans sa malheureuse religion, j’ai été obligé de mener avec moi deux témoins, le 25 septembre, savoir le nommé Antoine Rivière et André Daudet, lesquels ont été témoins de son opiniâtreté, après l’avoir exhorté autant que j’ai pu.
Et le lendemain, je fus encore chez lui avec d’autres témoins parce qu’il m’avait dit en se moquant de moi : "je me confesserai demain". Mais bien loin de se confesser et de recevoir le sacrements, il ne me fut pas possible de le voir, car tout malade qu’il était, il se cacha dans sa maison.
C’est ce que j’assure véritable et que j’offre de prouver en temps que besoin sera. Et comme ledit Sieur Cante est rétabli et qu’il est dit dans la déclaration du roi qu’au cas où les malades qui auront refusé les sacrements viennent à recouvrer la santé, leur procès leur sera fait. Ainsi, ledit Cante étant dans ce cas, je me trouve obligé en conscience de délivrer le présent certificat à monsieur notre juge.
22 octobre 1724 : Le Procureur de la Cour Goumain à monsieur Michel Martin Juge Sénéchal de la Châtellenie de Salles : ledit Sieur Curé a déclaré que Jacob Cante, Sieur du Cormier, de la religion prétendue réformée etc. (idem déclaration que le curé).
27 octobre 1724 : Information faite conformément à la déclaration du roi du 14 mai 1724.
Antoine Rivière, 50 ans, laboureur à bras, demeurant au bourg de Lonnes : le 25 septembre dernier, il (Antoine Rivière) était en ce bourg dans la boutique du nommé Guimard, maréchal de ce lieu. Le Sieur curé de cette paroisse lui dit, et au nommé Daudet de Juillé, qu’il les sommait de la part du Roi d’aller avec lui chez le Sieur Cante de ce lieu, lequel est de la religion prétendue réformée, pour être témoins, ce que le déposant fit avec ledit Daudet. Etant entrés dans la chambre dudit Cante, ledit Sieur Curé lui parlant, lequel était auprès du feu, dans une chaise, avec ses habits ordinaires, à l’exception de son bonnet, ledit Sieur Curé lui aurait dit s’il ne voulait pas se confesser. Ledit Cante lui répondit que oui, mais qu’il voulait examiner sa conscience, et qu’il fallait quelque temps. Ledit Sieur Curé le pressant et le voulant le confesser sur le champ, il lui dit qu’après qu’il l’aurait confessé qu’il lui irait chercher le Saint Sacrement. Dans ce temps là, le Sieur Cante répondit qu’il se confesserait le lendemain matin et dit plusieurs fois qu’il voulait bien se confesser.
André Daudet, 30 ans, laboureur à bras demeurant au bourg de Juillé. Il était dans la boutique du maréchal, le curé lui dit d’aller avec lui chez le Sieur Cante pour être témoin si ledit Cante voudrait changer de religion… Ledit Cante répondit que « oui , il voulait se confesser » mais que pour aujourd’hui il n’était pas en état et qu’il voulait faire réflexion et rappeler sa mémoire et s’examiner. Et ledit Sieur Curé lui répondit « et moi je veux vous confesser tout à l’heure et vous donner le Saint Sacrement ». Ledit Cante répondit que c’était un peu trop pressé.
Pierre Gerbaud, 35 ans, laboureur à bras, demeurant au bourg de Salles. Le 26 septembre dernier, le Sieur curé alla chez Jacob Cante, Sieur du cormier. Il y avait deux personnes qui étaient à boire dans la grange dudit Cante. Ledit Sieur Curé en entrant dans la basse-cour dudit Cante demanda au déposant qui était en journée pour ledit Cante. Le déposant et les deux personnes qui buvaient ensemble lui répondirent qu’ils n’en savaient rien, vu qu’ils ne l’avaient point vu. Ledit Sieur Curé entra dans la maison et chambre dudit Cante et il sortit dans la basse-cour et dit qu’il n’avait point trouvé ledit Cante, qu’apparemment il s’était caché.
Antoine Imbaud, 28 ans, laboureur et valet domestique de la dame de Nanclars, demeurant paroisse de Salles. Le 26 du mois de septembre dernier, il était environ deux heures de soleil levé, avec Guimard, maréchal de ce lieu, à boire dans la grange du Sieur Cante, qui est dans la basse-cour de la maison. On vit entrer Monsieur le Curé dans la maison dudit Cante, et quelques moments après, il sortit et demanda à la femme dudit Cante où était son mari. Elle lui répondit qu’il était sorti et qu’il avait été chez le nommé Augeron, charpentier de ce lieu. Et ledit Sieur curé dit que ledit Cante s’était serré…
Pierre Guimard, 26 ans, maître taillandier, demeurant au bourg de Salles. Le 26 septembre, le déposant, dans la grange où il buvait, vit Monsieur le Curé entrer sans heurter chez ledit Cante et quelques moments après, il sortit, alla dans la grange, où était la femme dudit Cante qui mettait de l’eau dans une cuve. Elle lui répondit : « il faut qu’il soit allé chez Augeraud, charpentier et tonnelier, pour faire accommoder nos vaisseaux. Allez-y monsieur, peut-être que vous l’y trouverez ». Et ledit curé prend tout le monde à témoin « comme ledit Cante s’était caché ».
CAHIER DE DOLEANCES 1789
A : Procès-verbal d'assemblée de la paroisse de Salles de Villefagnan.
Réunion le 8 mars, à la porte de l'église du bourg et paroisse. Président : Jean Couste, sieur de Grandmaison, notaire, faisant fonctions de juge, assisté de Jean Girardin, sieur de La Fond, greffier d'office. Les noms des comparants ne sont pas indiqués.
Le bourg et village compte 186 feux (1). 2 députés, les sieurs Mourou et Caillot.
27 signatures qui sont, outre celles du juge, du greffier et des députés, données par les sieurs A. Cailliert, Durepère, Suraud, L. Guillaud, A. Groussard, Jean Gaudin, J. Raimond, L. Chastagnon, Bernard jeune, Cosme Moussaud, Lotte, Doublet, J. Delavalle, F. Hugon, Gaillard, Dechauby, J. Guerry, Germain, Maignant, Delavalier, M. Vallée, F. Bernard, syndic, et autre Bernard. Les autres comparants ne savent signer.
(1) Salles-de-Villefagnan, aujourd'hui commune du canton de Villefagnan. En 1789, sénéchaussée et élection d'Angoulême, châtellenie de Nanteuil, marquisat de Ruffec, diocèse de Poitiers. (P. BOISSONNADE, Essai, p. 108, 152.)
Sur sa situation économique voir un rapport du subdélégué Pigornet (1767). (Arch. dép. Charente, C 30.)
Taxée en 1786 à 3,300 livres de taille, 1,760 livres d'accessoires, 1,835 livres
de capitation, 1,793 livres de vingtièmes.
B. Cahier de doléances de la paroisse de Salles de Villefagnan.
(Orig. ms., 14 p., petit in-4 °. Arch. mun. Angoulême, AA 21.)
Le cahier est en forme de procès-verbal, contenant la date de l'assemblée, les noms du président et du greffier, la mention de la comparution des habitants, de la publication des pièces relatives à la convocation, de l'élection et des noms des députés. Le préambule depuis les mots «Nous ne sommes accablés d'impôts que parce que les ministres et leurs agents, etc.,» est identique au préambule du cahier de Ruffec.
ART. 1er à 3. Les articles 1, 2, 3, ce dernier jusqu'aux mots de «leurs propriétés», sont identiques aux articles 1, 2, 3 du cahier de Ruffec. La partie originale du cahier commence ensuite en ces termes : « Chargeons en outre nosdits députés de représenter à l'assemblée de la sénéchaussée les demandes suivantes :
ART. 4. Pénétrés de reconnaissance envers notre auguste Monarque, nous voyons avec la plus grande confiance que Sa Majesté ne s'occupe que du bien et du soulagement de ses peuples. La convocation des Etats généraux était l'unique moyen qu'il pût employer pour connaître le nombre de ses sujets, les facultés de chacun, et le seul pour faire une juste répartition des impôts nécessaires à la couronne.
ART. 5. Depuis bien des années, nous gémissons sous le poids des impositions exorbitantes dont nous sommes chargés, et nous voyons avec beaucoup de douleur que la classe la plus nécessaire à l'Etat et la moins aisée était la plus grevée, tandis que les privilégiés jouissaient avec sincérité, pour ne pas dire jouissance, de leurs propriétés, sans payer d'impositions ou du moins que très peu, Bien des fois nous avons présenté des requêtes à Messieurs les intendants pour parvenir à une diminution de charges; mais sans doute aveuglés par leurs privilèges et leurs intérêts particuliers, nos justes réclamations ont été mises au néant. Nous devions donc porter nos justes plaintes et doléances au pied du trône ; le bien que Sa Majesté veut à ses sujets nous assure le succès; mais comment y pénétrer ?
Nous étions réduits à gémir sous le poids de ce fardeau trop onéreux, mais l'heureuse époque des Etats généraux donne la liberté à chaque sujet de se plaindre et de réclamer la justice de notre souverain, qui ne veut imposer qu'à proportion du revenu.
ART. 6. Le sol de notre paroisse est ingrat; nous n'y avons que peu de prés qui sont si peu rapportants, qu'un journal ne donne tout au plus que six cents de foins.
ART. 7. Nos terres labourables sont arides et conséquemment très peu fertiles.
ART. 8. Les meilleurs de nos revenus consisteraient en quelques vignes qui ne nous produisent presque rien, par la difficulté qu'il y a de faire passer nos vins en d'autres provinces, eu égard à cette entrave malheureuse des traites et des aides qui nous coûtent très cher. Nous ne pouvons aussi faire aucun commerce ni aucun élève, n'ayant ni bois ni pacage.
Marquons une pause pour comparer par rapport aux doléances de 1789 ce que dit la statistique de 1818.
Art. 9. En 1744, il se fit un arpentement et un abonnement général de la paroisse par ordre de M. l'intendant. Le sieur Dutillet, qui était chargé de le faire, voulait sans doute écraser la paroisse. C'est à quoi il réussit très bien, où, ayant choisi des indicateurs injustes, estima nos propriétés au-dessus de leur valeur, et on nous imposa conformément à son estimation, de sorte que nous avons des terres estimées à 4 livres la boisselée qui payent 3 livres 8 sols d'impositions. Il est donc facile de voir que nous ne sommes pas imposés relativement à nos revenus, puisque, d'après le détail sincère de la nature de nos possessions et de l'estimation faite par le sieur Dutillet, qui se monte à la somme de 10, 245 livres 15 sols, nous payons 8,760 livres.
ART. 10. Ce qui nous révolte encore davantage, c'est que trois seigneurs de cette paroisse en possèdent environ la septième partième partie et un privilégié environ 3o journaux, sans être taxés ni les uns ni les autres. Donc, si la répartition était justement faite, nous serions moins grevés.
ART. 11. Il n'est pas surprenant que la population ne soit pas aujourd'hui ce qu'elle était avant ces injustes abonnements, puisque plusieurs familles trop chargées d'impôts et réduites par là à la dernière misère ont été forcées d'émigrer. Pouvaient-elles faire autrement, ces familles infortunées ? A qui pouvaient-elles s'adresser ? Nous voyons la réponse. C'est à leur curé. C'est bien la réponse ordinaire; c'est bien aussi la ressource des indigents; mais ce curé est réduit lui-même à très peu de chose. Qu'est-ce en effet qu'une portion congrue à laquelle on le réduit, soit en usurpant les titres de la cure, soit en s'emparant d'autorité du peu de terre dont jouissaient ses prédécesseurs? Quel bien peut faire celui qui est ainsi traité ? A-t-il lui-même ce qui lui est nécessaire ? Non, sans doute. Qu'on fasse attention au prix des denrées, on conclura qu'il ne peut donner aucun secours à ces malheureux. C'est cependant de lui seul qu'ils peuvent en attendre, puisque les dîmes et les rentes sont passées entre les mains ou d'ecclésiastiques qui ne connaissent que le nom de la paroisse et les revenus qu'il en palpent, ou des seigneurs laïques qui les consomment, sans soulager les misérables ? N'est-ce pas là la conduite du mercenaire qui s'engraisse du lait de ses brebis et se couvre de leur laine sans pourvoir à leur subsistance ?
ART. 12. Nous demandons que les États généraux se tiennent tous les cinq ans, tant pour réformer les abus qui auraient pu s'introduire depuis la dernière séance que pour prendre des moyens plus avantageux à la Nation, prévoyant qu'il n'est guère possible de réprimer à la convocation prochaine tous ceux qui existent ;
ART. 13. Que les assemblées provinciales et municipales se tiennent tous les ans, soit pour délibérer sur les réparations aux paroisses, soit pour les évincer des frais excessifs que font les intendants ou leurs commis, qui absorbent au moins la vingtième partie des adjudications, et qui approuvent si facilement lesdites réparations que, dans le laps de cinq à six ans, il faut recommencer sur de nouveaux frais ;
ART. 14. Que les bureaux des aides et des traites soient supprimés, observant que les sommes qu'en tirent tous les ans chaque employé, et encore plus directeurs, receveurs et contrôleurs, sont considérables et à la charge de la Nation ;
ART. 15. Les receveurs des tailles qui deviennent des millionnaires dans peu de temps, soit en retenant les deux sols pour livre, soit en prêtant à grosse usure l'argent de la caisse, soient supprimés ;
ART. 16. Qu'il soit permis à chaque communauté de faire ses rôles, de faire la répartition des impôts proportionnellement aux revenus de chaque particulier, de faire la recette des deniers, de rendre le rôle exécutoire, et qu'il leur soit accordé de faire passer l'argent directement à Sa Majesté par la voie la moins coûteuse ;
ART. 17. Ou, si mieux n'aime Sa Majesté, ne mettre qu'une seule imposition territoriale; la difficulté de l'établir est levée, en estimant les bois, futaies, taillis, les maisons et jardins, qui payeront à proportion de l'estimation qui en sera faite. Il en serait ainsi des rentes ;
ART. 18. Que les curés congruistes soient suffisamment rentés, ou que les dîmes ecclésiastiques leur soient remises, et par là détruire et éteindre le casuel qu'ils sont forcés de prendre, ces curés en ayant besoin pour leur subsistance ; cela tournerait au soulagement public et serait justement établi, car pourquoi les paroisses payent-elles les dîmes? N'est-ce pas pour recevoir le secours de leur pasteur ? Et le casuel est donc une charge injuste ;
ART. 19. Que les paroisses de campagne composées de plus de 500 communiants, et où il y a des hameaux éloignés, soient autorisées à contraindre MM. les évêques de leur donner un vicaire, aux frais du décimateur.
ART. 20. Nous demandons d'être séparés de la province du Limousin;
ART. 22. Qu'il soit défendu par les Etats généraux dans les justices seigneuriales à tous notaires d'être procureurs et à tous procureurs d'être notaires, et par là l'on supprimera plusieurs abus.
Suivent les formules habituelles des pouvoirs donnés aux députés. 27 signatures, les mêmes qu'au procès-verbal d'assemblée.
Un député à la Convention Nationale
Augustin-Jean-Rolland-André-Faustin Chédaneau, né à Ruffec le 16 février 1760, fils de Jean-Rolland-Augustin Chénadeau de La Pinardière, et d'Elisabeth Arnaud, était administrateur de l'hôpital de Ruffec quand il fut élu à la Législative, puis à la Convention. Il vota la mort de Louis XVI sans appel, mais avec sursis. Après la session, il fut nommé commissaire du Directoire. Il est mort au, logis de Chaumont, commune de Salles-de-Villefagnan, le 18 août 1850.
(Source : études locales 11/1925, Abbé Chevalier)
Commune de Salles de Villefagnan 1881.
Construction d'une double maison d'école avec mairie. Les écoles, placées actuellement dans des immeubles loués, ne peuvent y être maintenues plus longtemps.
La dépense est évaluée en totalité à 29,650 fr., y compris 1,070 fr. pour la mairie. Les ressources sont de 15,000 fr., savoir : emprunt à la Caisse des écoles, 12,000 fr.; fonds libres, 3,000 fr., dont 1,070 fr. afférents à la mairie. Déficit, 14,650 fr.
L'emprunt de 14,000 fr. nécessite la création d'une taxe de 9 centimes pendant trente ans. Les fonds libres en caisse sont de 3,350 fr., sur lesquels 3,000 fr. sont destinés à l'exécution du projet. La commune ne supporte en ce moment aucune imposition extraordinaire.
Le Conseil départemental de l'instruction publique estime qu'en raison de la situation financière de la commune, les sacrifices qu'elle a consentis ne sont pas suffisants pour motiver l'allocation d'un secours de 14,650 fr. Il propose donc de n'accorder que 10,000 fr., et de laisser le complément de 4,650 fr. à la charge de la commune, qui sera en mesure d'y faire face facilement, puisqu'elle aura 11 centimes à sa disposition et des fonds libres en caisse.
Séance du 24 aout 1883.
Création de foires à Salles-de-Villefagnan
Le Conseil municipal de la commune de Salles a demandé la création de six foires qui se tiendraient au chef-lieu de cette commune le 8 des mois de février, mars, avril, mai, août et septembre.
Cent treize communes du département de la Charente, situées dans un rayon de deux myriamètres de celle de Salles, ont été consultées.
Cinquante-huit ont émis des avis favorables, cinq des avis contraires, et cinquante se sont abstenues.
Le Conseil d'arrondissement de Ruffec est favorable à cette création.
Votre commission, Messieurs, a l'honneur de vous proposer d'émettre un avis favorable à la création des six foires demandées par la commune de Salles de Villefagnan.
ARRESTATION D'UN NOTAIRE.
M. Henri Brousseau, notaire à Salles de Villefagnan, a été écroué à la prison de Ruffec, sous l'inculpation de faux et abus de confiance qualifiés.
M. Brousseau, ancien conseiller d'arrondissement réactionnaire du canton de Villefagnan, était notaire à Salles depuis 1881, où il est actuellement adjoint au maire.

References: ART. 1

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ART. 5

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ART. 8

Art. 9

ART. 10

ART. 11

ART. 12

ART. 13

ART. 14

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ART. 16

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ART. 18

ART. 19

ART. 20

ART. 22