Source: http://www.chroniques-diplomatiques.eu/2011/03/
Timestamp: 2018-01-17 12:33:06+00:00

Document:
mars 2011 ~ Chroniques Diplomatiques
Rapport de Mission du Groupe de Minsk de l'OSCE : Réactions des dirigeants
Après les experts et les analystes, voici le point de vue des dirigeants arméniens et azerbaidjanais.
Côté Bakou, on est très satisfait car il est fait mention de la présence de 14.000 colons qui n'ont rien à y faire et de la dégradation de nombreuses localités réduites à l'état de ruines. D'où la nécessité absolue de restituer rapidement ces territoires à leur propriétaire légitime et permettre le retour des réfugiés.
Côté Erevan, l'accent est mis sur la désinformation de la machine de propagande azérie et sur la nature des colons qui sont en fait des Arméniens ayant fui l'Azerbaïdjan lors des pogroms.
Quant à Stepanakert, il met en avant le travail réalisé en Artsakh depuis son auto-proclamation d'indépendance en 1991 et ses efforts devant la communauté internationale pour faire reconnaître cet état de fait ; débuté en 1988 en conformité avec la constitution soviétique.
Les territoires entourant le Haut-Karabakh restent avant tout une zone tampon de sécurité, aussi, y installer des dizaines de milliers de colons n'était pas et n'est pas prévu. Mis à part quelques rares villages, les 14.000 Arméniens ex-azerbaidjanais sont éloignés de la ligne de contact et habitent essentiellement dans les petites villes.
C'est le comportement du président Aliev avec ses déclarations guerrières, ses menaces d'utiliser la force, ses violations incessantes du cessez-le-feu qui poussent la partie arménienne à durcir sa position. S'il y a une dizaine d'année, le cessez-le-feu était peu ou prou respecté, et que les négociations de paix avançaient bon train, depuis l'arrivée d'Ilham Aliev au pouvoir et surtout l'avènement de la production d'hydrocarbures, la donne a totalement changé. Commencer à restituer Aghdam, Fizuli ou Djebraïl comme geste de bonne volonté ne ferait que donner aux Azéris des positions de tir supplémentaires pour leurs snippers. Tireurs d'élite que Bakou refuse toujours de retirer même de concert avec Erevan.
Alors qu'avec ses dix milliards de revenu pétrolier par an, il y a bien longtemps que le président Aliev aurait pu reloger tous les réfugiés, il préfère les dépenser à acheter des armes, tout en gardant un pécule pour payer des mercenaires dans la guerre à venir. Ce que recherche avant tout le clan Aliev, c'est de se maintenir au pouvoir et pour ce faire, mettre de l'huile sur le feu du conflit Karabakh est un bon moyen de détourner l'attention de la population de la politique intérieure.
""Le rapport de la Mission des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE sur l'évaluation de la situation dans les territoires adjacents le Haut-Karabakh, réfute une nouvelle fois la désinformation diffusée par la propagande azerbaïdjanaise. Le constat met en évidence l'inexistence de ‘déploiement de bases terroristes et/ou d'enfouissements massifs de déchets radioactifs dans ces territoires'," a déclaré le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigrane Balayan.
L'Arménie partage totalement le point de vue des médiateurs sur le fait que "seul un règlement pacifique et négocié peut apporter la perspective d'un avenir meilleur et plus sûr." De plus, une nouvelle visite des coprésidents est prévue au Nord de la région de Mardakert, ainsi qu'au Sud de la région de Mardouni et dans la région de Chahoumian, avec à la clé, un rapport pertinent sur la situation dans les territoires indiqués.
Toutefois, lors de la présentation du rapport devant le président de l'OSCE, les représentants de l'OSCE chargés de l'évaluation sur le terrain ont omis de signaler le fort renforcement des infrastructures de l'Artsakh, ainsi que le développement des secteurs économique, culturel et social.
Ce rapport ne peut prétendre être totalement objectif, vu que la Mission d'évaluation n'a jamais visité la partie du territoire du Haut-Karabakh occupé par l'Azerbaïdjan (Chahoumian). L'Azerbaïdjan est coutumier sur l'usage partiel des rapports à des fins de propagande, ce qui entrave la baisse de tension dans la région," a déclaré le conseiller pour la politique étrangère et la sécurité de la RHK, Massis Maïlian.
Constatant l'augmentation de la rhétorique militaire sur une nouvelle guerre au Karabakh, est-ce que les médiateurs tentent ainsi d'amadouer l'Azerbaïdjan ? Ou essayaient-ils de le persuader de retarder ses activités liées à la guerre ? L'évaluation positive du rapport par l'Arménie en témoigne. On serait tenté de déduire que les médiateurs ont promis à Bakou que l'Arménie sera sous pression, après un, deux ou X Missions de surveillance.
Toutefois une question demeure : combien de temps l'Azerbaïdjan va-t-il croire aux promesses des Médiateurs qui jouent la montre par des déclarations sur la nécessité d'un règlement pacifique et l'inadmissibilité d'une reprise des hostilités ?
Les dirigeants de la RHK pensent que tout en travaillant sur le problème du Karabakh, les coprésidents devraient garder en mémoire le précédent du Kosovo, qui a déclaré son indépendance le 17 Février 2008 et qu'au cours des jours suivants, un certain nombre d'États (États-Unis, Turquie, Albanie, Autriche, Croatie, Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni, République de Chine (Taiwan), Australie, Pologne etc …) ont reconnu cette indépendance. A ce jour, ils sont au nombre de 75.
De son côté l'Azerbaïdjan s'est déclaré très satisfait du rapport de la Mission.
Rapport de Mission du Groupe de Minsk de l'OSCE : Analyse
Ara Papian, ex-ambassadeur d'Arménie au Canada et actuel directeur de Modus Vivendi, a analysé le document des médiateurs d'un point de vue juridique.
Comme il a été souvent rappelé, tout le problème du Karabakh, voire des conflits gelés dans les territoires de l'ex-URSS découlent des décisions arbitraires prises par les bolcheviks, que ce soit par Lénine ou par Staline, pour servir exclusivement leurs intérêts et certainement pas les intérêts des peuples et des pays conquis et colonisés. La Région Autonome du Haut-Karabakh tout comme celle du Nakhitchevan, rattachées arbitrairement à la RSS d'Azerbaïdjan sont les conséquences de ces ‘charcutages' territoriaux. De plus, l'Arménie soviétique, lors des Traités de Moscou et de Kars, a été amputée en 1921 de ses territoires occidentaux au profit des Kémalistes, qui à cette époque n'avaient aucune existence légale et/ou juridique sur le plan international, afin que la future URSS ne soit pas gênée sur son flanc méridional.
Cette partie de l'Histoire est très bien connue des grandes puissances et de leurs représentants – les trois coprésidents russe, américain et français du groupe de Minsk de l'OSCE. Dans leur travail ces médiateurs ‘zappent' totalement toutes les injustices commises durant l'ère soviétique, susceptibles d'éclairer le pourquoi du comment, pour ne s'intéresser qu'aux conséquences actuelles de la guerre arméno-azérie de 1992-1994.
Essayer de corriger les effets sans s'attaquer aux causes est un travail qui n'a pas de fin. Mais cette tâche n'est pas du ressort du groupe de Minsk, qui, s'il évite qu'il y ait une nouvelle guerre est déjà bien. Cela relèverait plutôt d'une décision arbitrale émanant d'une instance juridique internationale. Sous réserve qu'elle ne soit pas jetée aux oubliettes comme celle du président des Etats-Unis W. Wilson en 1920.
Haut-Karabakh : Les médiateurs tentent de ressusciter le stalinisme dans cette région
"L'un des fondements les plus importants du maintien de l'ordre est le fonctionnement au sein de son propre mandat, au sein de son propre domaine d'autorité. Cela s'applique aussi bien, sans qualification aucune, à des organismes établis selon le droit international et œuvrant dans le domaine des relations internationales," a déclaré l'historien Ara Papian, directeur du groupe de réflexion Modus Vivendi. Ainsi :
"Néanmoins, il semble que cette simple vérité soit toujours rejetée par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. La preuve d'une telle approche est l'utilisation de l'expression - les sept territoires azerbaïdjanais occupés entourant le Haut-Karabakh - qui figure dans le rapport de Mission remis par eux au groupe de Minsk, avant-hier à Vienne. Il est évident que par l'utilisation de certains termes, ce groupe a manifestement outrepassé ses droits, en violation de son propre mandat."
"Personne n'a autorisé les coprésidents à décider du statut ou du destin d'une quelconque parcelle de ce territoire. Qui a donné à ce groupe le droit d'assimiler ce qu'ils appellent ‘le Haut-Karabakh' avec l'ancienne région autonome du Haut-Karabakh de l'ex-URSS ? Ceci doit être décidé par les parties en litige. L'autorité des coprésidents se limite à la médiation, qui consiste à faire avancer le processus de négociation, fondé sur l'exclusion de l'usage de la force. C'est absolument et clairement indiqué dans le mandat des coprésidents du Groupe de Minsk : ‘Promouvoir une résolution du conflit sans l'usage de la force et en particulier faciliter les négociations pour un règlement pacifique et global' [Cf. Mandat des coprésidents de la Conférence sur le Haut-Karabakh sous les auspices de l'OSCE (« Groupe de Minsk », Vienne, 23 Mars 1995, DOC.525/95)]. Aucune des quinze clauses de ce mandat ne stipule que les coprésidents doivent arriver à une décision finale ou qu'ils doivent se prononcer par des jugements de valeur sur quoi que ce soit."
"Il est encore plus extraordinaire et parfaitement vain de se référer à des territoires riverains de l'ancienne Région autonome du Haut-Karabakh comme territoires de l'Azerbaïdjan. J'imagine que les coprésidents, des diplomates de haut rang et expérimentés, sont tout à fait conscients, beaucoup plus que moi, que la possession juridique d'un territoire dans le droit international est décidée par le titre sur un territoire et non pas par des limites administratives. Si eux ou quelqu'un d'autre est capable de citer un document juridique international - encore une fois, émanant de toute organisation internationale, et, là encore, tout document juridique, par opposition à la décision de certains partis politiques - que le titre même d'un cm² de l'actuel territoire de la région du Haut-Karabakh a été reconnu comme appartenant à la République d'Azerbaïdjan, je présenterais des excuses publiques pour mon ignorance. Dans le cas contraire, c'est moi qui suis dans le vrai, et par conséquent, personne et certainement pas un groupe de médiation, n'a le droit de faire usage de tels termes sans fondements."
"Une question se pose : quel type de formulation doit-on alors utiliser ? Je crois qu'il serait plus approprié de dire, ‘les territoires adjacents à l'ancienne Région Autonome du Haut-Karabakh', sans mentionner le mot ‘Azerbaïdjan', c'est-à-dire le sigle RAHK (équivalent du sigle russe NKAO) qui désignait une Unité autonome au sein de l'Union soviétique, et soumise à l'autorité de tout le pays d'une manière indirecte, c'est-à-dire, qu'il s'agissait d'une unité administrative de l'URSS gérée par une autre unité administrative de l'URSS. Pour mémoire : l'Union soviétique avait une organisation à quatre niveaux d'administration et, indépendant du niveau de l'unité administrative, chaque unité administrative était dénommée de la même manière ; l'ensemble de ces unités administratives étaient soumises à une seule et même autorité, à savoir, la souveraineté de l'URSS."
"Permettez-moi aussi de souligner que les limites administratives fixées par Staline ne peuvent servir en tant que bases juridiques pour la délimitation des frontières des Etats, le droit international établit clairement, et que ‘ex injuria jus non oritur' (le droit ne découle pas de l'injustice). De même que c'est l'OSCE qui a autorisé les coprésidents à assimiler le stalinisme au nazisme dans sa résolution de Vilnius du 3 Juillet 2009 intitulée : « L'Europe divisée réunie ». Quelqu'un en Europe est-il prêt aujourd'hui à retourner aux frontières délimitées par Hitler ? Alors, pourquoi devrait-on accepter le fait qu'il est normal de faire revivre les crimes perpétrés par Staline dans le Sud-Caucase ?"
ARA PAPIAN – Centre Modus Vivendi
Publié par Gérard Merdjanian à 12:42
Haut-Karabakh : Rapport de la Mission d'observation internationale
Premièrement : A l'inverse de l'Azerbaïdjan qui a toujours refuser de faire visiter : - les sites où vivaient des Arméniens (Chaoumian), - le cimetière arménien multiséculaire du Nakhitchevan (Djougha) comportant plusieurs milliers de Khatchkar détruit de fond en comble par l'armée azerbaidjanaise, - et plus récemment les positions avancées azéries sur la ligne de contact au Karabakh ; les autorités de la RHK ont accompagnés les Observateurs internationaux où bon leur semblaient dans la zone tampon.
Deuxièmement : La mission s'est essentiellement occupée de l'état des villes et des villages habités essentiellement par les Azéris avant la guerre, laissant de côté des lieux restaurés comme Latchine ou Chouchi.
Cette situation « d'abandon » signifie plusieurs choses.
1- Que les Arméniens d'Arménie n'ont pas colonisé les territoires pris à l'ennemi, et que les quelques colons qui y résident sont des réfugiés ayant abandonné leurs biens suite aux pogroms orchestrés par Bakou. De plus, n'étant plus citoyen azerbaidjanais, ni citoyen d'Arménie, et ne pouvant être citoyen de la RHK, ils sont sans-papiers.
2- Que la majorité des villes conquises (Aghdam, Fizuli, Djebraïl, …) sont inhabitées et laissées en l'état, d'où leurs dégradations. Ceci est aussi valable pour les mosquées et les cimetières musulmans.
3- Là où vivaient de nombreux Arméniens (Chouchi, Kelbadjar, …), les bâtiments ont été restaurés, y compris les mosquées et les cimetières musulmans.
Si du temps de Haydar Aliev, il avait été envisagé de céder certains parties de la zone de sécurité entourant le Haut-Karabakh moyennant des assurances de la communauté internationale et la reconnaissance de la RHK par Bakou ; les revenus des hydrocarbures ont transformé le visage du clan Aliev, et ont déclenché le comportement haineux et anti-arménien de son fils Ilham qui lui a succédé à la tête de l'Etat.
Comme le dit très clairement le rapport : « les coprésidents ont constaté les conséquences désastreuses du conflit du Haut-Karabakh et l'impossibilité de parvenir à un règlement pacifique. »
Rapport de la Mission d'évaluation sur le terrain des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE dans les territoires occupés de l'Azerbaïdjan entourant le Haut-Karabakh
Du 7 au 12 Octobre 2010, les coprésidents du Groupe de Minsk ont mené une mission d'évaluation dans les sept districts azerbaïdjanais occupés entourant le Haut-Karabakh. L'évaluation a porté sur la situation globale, tant sur les aspects humanitaires qu'autres. Les coprésidents étaient accompagnés par le Représentant personnel du Président de l'OSCE et de son équipe, qui ont fourni un soutien logistique, de deux experts de l'UNHCR et d'un membre de la Mission de l'OSCE de 2005. C'est la première mission dépêchée par la communauté internationale dans ces territoires depuis 2005, et la première visite par le personnel de l'ONU en 18 ans.
En parcourant plus de 1.000 km, les coprésidents ont constaté les conséquences désastreuses du conflit du Haut-Karabakh et l'impossibilité de parvenir à un règlement pacifique. Les villes et les villages qui existaient avant le conflit sont abandonnés et presque entièrement en ruines. Même s'il n'existe aucun chiffre fiable, la population totale est estimée à environ 14.000 personnes, vivant dans des petites localités et dans les villes comme Latchine ou Kelbadjar. Les coprésidents ont constaté qu'il n'y a pas eu de croissance significative de la population depuis 2005. Les colons, pour la plupart d'origine arménienne, sont des réfugiés ayant fui l'Azerbaïdjan, ils vivent dans des conditions précaires, avec des infrastructures insuffisantes, il y a peu d'activité économique et l'accès aux services publics est limité ; notamment concernant les papiers d'identité. Pour des raisons administratives, les sept districts, l'ancienne Région Autonome du Haut-Karabakh et quelques autres zones, ont été redécoupés en huit nouveaux districts.
La dure réalité de la situation dans les territoires a renforcé l'opinion des coprésidents que le statu quo est inacceptable, et que seul un règlement pacifique et négocié peut apporter la perspective d'un avenir meilleur et plus sûr pour les gens qui ont vécu dans ces territoires et ceux qui y vivent maintenant.
Les coprésidents prient instamment les dirigeants de toutes les parties à éviter toute activité dans les territoires et dans les autres zones en litige qui pourrait nuire à un règlement définitif ou changer le caractère de ces zones. Ils recommandent également que des mesures soient prises pour préserver les cimetières et les lieux de culte dans ces territoires et clarifier le statut des colons qui n'ont pas de pièces d'identité. Les coprésidents ont l'intention d'entreprendre des missions dans d'autres régions touchées par le conflit du Haut-Karabakh, et d'inclure dans ces missions des experts des Agences internationales ad hoc impliquées dans la mise en œuvre d'un règlement de paix.
Les coprésidents comptent réitérer leur mission d'évaluation afin que toutes les parties aient une vision de la façon dont ces observations pourraient contribuer à la paix et la prospérité, plutôt que d'être une source de tensions et de conflits.
D'ici là, les médiateurs vont entamer un nouveau périple dans la région dans un proche avenir, et poursuivre les discussions sur les principes de base, en s'appuyant sur la dynamique positive du Sommet de Sotchi du 5 Mars. Ils comptent également élaborer avec leurs interlocuteurs des mesures concrètes pour respecter les engagements pris à Sotchi, et plus particulièrement concernant les enquêtes sur les violations du cessez-le-feu - avec la participation de tous les côtés.
Notant l'importance permanente des contraintes subis par les deux côtés tant sur le terrain que dans les déclarations publiques, les coprésidents considèrent comme inacceptable toute utilisation de la force ou de la menace de la force, y compris contre des vols civils. À cet égard, ils condamnent fermement le cycle insensé des tirs meurtriers et des représailles le long de la ligne de front. Ils réitèrent leur position de longue date, que toutes les parties doivent préparer leurs populations à la paix, et non à la guerre.
Commentaires d'officiels arméniens
Le document ne fait aucune mention au développement des infrastructures de l'Artsakh, au développement des sphères économique, sociale et culturelle dans la république. Seuls sont décrits les détails horribles de la dévastation et de la pauvreté qui règne dans ces territoires.
Quel est le but de ce rapport ? Deux explications viennent à l'esprit.
La première : l'OSCE pousse l'Arménie à céder les territoires à l'Azerbaïdjan. Cependant, les médiateurs ne parviennent pas à prendre en compte que Stepanakert ne cédera pas un pouce de terrain, libéré par le sang des soldats arméniens. Toute pression de ce genre ne peut que conduire les Karabakhis à interdire les visites afin de protéger les régions libérées. Si la situation venait à se dégrader fortement, il n'est pas impossible que des morceaux du Haut-Karabakh, actuellement occupés par les Azéris, par exemple Chaoumian, soient récupérés.
La deuxième : Le rapport est destiné à apaiser l'Azerbaïdjan, qui menace constamment de reprendre les hostilités. Les menaces de Bakou d'abattre des avions civiles à destination de l'aéroport de Stepanakert, semblent avoir également joué un rôle important. Mais combien de temps les médiateurs parviendront-ils à maintenir l'espoir des Azerbaïdjanais que ces territoires seront libérés un jour ? En attendant, Bakou s'arme activement et annonce sa volonté de reprendre par la force ce qui tarde à venir par la paix, ils ne croient plus aux évaluations théoriques des médiateurs parlant d'un long délai de résolution, et tôt ou tard ils essayeront de mettre leurs paroles en actes.
Ainsi, le rapport des médiateurs, qui avait comme objectif principal d'aider au règlement pacifique du conflit du Karabakh, risque de jeter grâce à eux de l'huile sur le feu, avec comme seul résultat possible - une guerre.
Publié par Gérard Merdjanian à 17:38
Des effets de la visite de l'OSCE dans le Sud-Caucase
Les analystes politiques tout comme les experts restent persuadés que le Président Aliev n'a qu'une seule idée en tête : Reprendre ce qu'il a perdu lors de la guerre du Karabakh.
Dans les conditions actuelles, malgré son armement supérieur à l'Arménie et sa grande envie d'en découdre avec l'ennemi, ses conseillers militaires turcs lui déconseillent de s'engager dans un conflit dont il n'est pas sûr de sortir vainqueur. Et ce pour plusieurs raisons :
Si l'armement est suffisant, les soldats azéris sont mal formés et surtout leur morale n'est pas d'acier, d'autant qu'il y a de nombreux mercenaires parmi eux.
En cas de conflit à grande échelle, Moscou risque fort de ne pas rester les bras croisés, les accords militaires de l'été dernier avec Erevan, l'autorise à s'en mêler en cas d'agression constatée de Bakou envers le Karabakh.
La Turquie elle-même est susceptible d'intervenir dans le conflit s'il avérait que c'est l'Arménie qui a lancé l'offensive. Situation très inconfortable, en totale contradiction avec la politique actuelle d'Ankara du ‘zéro problème' avec les voisins, et surtout que les Etats-Unis ont d'autres projets pour ce membre de l'OTAN.
Enfin et surtout, n'oublions pas que les pipelines sont à peine à 30 km de la frontière de l'Arménie. Une interruption des livraisons d'hydrocarbures vers l'Europe sera plus que très mal acceptée par les grandes puissances.
La visite régionale des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et du Président actuel de l'OSCE, Audronius Ažubalis, a conduit à une intensification de l'hystérie anti-arménienne et à des discours belliqueux en Azerbaïdjan. Si c'était le but de l'OSCE, nous pouvons dire que ce fut une réussite. Il ne faudra pas s'étonner si, après une prochaine visite des officiels il y aura vraiment des préparatifs de guerre au Karabakh. Ensuite, le blâme tombera sur M. Ažubalis et l'Organisation qui se sont contentés de faire des déclarations didactiques, ne sachant envers qui ces déclarations devaient être adressées.
Pendant ce temps, les compagnies pétrolières et les pays européens disent à Aliev de ne pas déclencher une guerre. Mais l'Azerbaïdjan s'est lui-même fourni en armes en quantité telle que parfois, on se demande s'il va se battre non pas contre les 150.000 Karabakhis, mais contre un pays aussi vaste que l'Iran. Autre hypothèse probable, toutes ces armes seraient achetées pour équiper le Sud de l'Azerbaïdjan, au cas où les États-Unis décideraient de résoudre le problème nucléaire iranien par des moyens militaires. Seulement, la communauté internationale n'a ni le temps ni l'envie de s'investir dans les problèmes de l'Iran ou de l'Azerbaïdjan. Les troubles dans les pays arabes, le tremblement de terre et le tsunami dévastateurs plus les risques d'irradiations du Japon, la hausse des prix des aliments, occupent beaucoup plus les esprits de la communauté internationale. Quant à Aliev, profitant de cette situation, il donne libre cours à ses fantasmes guerriers.
Tout cela est vrai, mais l'actuel Président de l'OSCE est apparemment, une personne étrangère au règlement du conflit du Karabakh, se contentant de répéter les mêmes mots que son prédécesseur, le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan, Kanat Saudabayev. On peut supposer qu'en raison de leur statut, Ažubalis et tous les autres, sont sensés avoir au moins un minimum d'informations sur le conflit. Il se pourrait même qu'ils disposent d'encore plus d'informations que nous, mais en réalité, pour des raisons inconnues, tous leurs discours se résument à des mots vides, sans exigence aucune. Se contenter de demander le retrait des tireurs d'élite ne peut convaincre personne, surtout à Erevan. Probablement qu'Ažubalis a fait la même proposition à Bakou, mais on se doute bien comment cette proposition a été interprétée par les médias azéris.
Une chose est sûre : le principal intéressé, à savoir la RHK, a déclaré que la proposition du Président de l'OSCE de retirer unilatéralement les tireurs d'élite arméniens de la ligne de front, était totalement inacceptable. Selon son président Bako Sahakian : "le côté arménien a déclaré qu'il était prêt à retirer ses snippers si l'adversaire faisait de même. Toutefois, pour des raisons inconnues, ces propositions n'ont pas été prises en compte par Bakou, ce qui prouve que l'Azerbaïdjan n'est pas intéressé à apaiser les tensions à la frontière. Lorsque M. Ažubalis a suggéré le retrait unilatéral des tireurs d'élite arméniens de la ligne de front, j'ai attiré l'attention du Président de l'OSCE sur le récent incident qui a entraîné la mort d'un jeune soldat arménien, tué le jour même de sa visite à Erevan."
Il faut s'attendre à une nouvelle montée de la tension sur la ligne de contact après les fêtes de Norouz (nouvel an iranien). Parfois, on dirait que l'Azerbaïdjan vit dans une sorte de monde virtuel, où existeraient seulement, le clan Aliev, le pétrole, et bien sûr, le Karabakh "avec un haut degré d'autonomie".
"En tant que membre de l'OTAN, nous considérons que l'OSCE est la structure la plus appropriée pour les négociations sur le règlement du conflit du Karabakh," a répondu l'ambassadeur américain d'Arménie, Marie L. Yovanovitch, à la question concernant la réaction de l'OTAN si la situation sur la ligne de contact se dégradait fortement. Et de réaffirmer que : "Le problème n'a pas de solution militaire".
En tant que pays Coprésident du Groupe de Minsk, les États-Unis travaillent en coopération avec la Russie et la France pour faire comprendre aux parties en conflit que les négociations politiques sont le seul moyen pour le règlement du conflit du Karabakh.
Concernant une question sur les menaces azerbaïdjanaises de tirer sur des avions civiles survolant le Karabakh, la diplomate a repris les propos de son collègue de Bakou, l'ambassadeur Matthew Bryza :
"Ces menaces sont absolument inacceptables. Ils ne découlent pas des principes de règlement du processus de négociation sur lesquels l'Azerbaïdjan s'est engagé. Nous prenons tous les principes de règlement au sérieux, mais le principe de non-usage de la force est le plus important."
La proposition à Erevan de l'actuel Président de l'OSCE, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Audronius Ažubalis, de retirer unilatéralement les tireurs d'élite de la ligne de contact, a causé jeter le trouble dans la société.
"Le Président de l'OSCE n'a pas fait cette proposition spontanée à Bakou, parce qu'il n'a pas vu de leur part une volonté politique ou une approche constructive. Avec l'aide de l'Arménie, il essaie de réaliser des avancées positives sachant que l'Arménie est contre tout usage de la force ou la menace de la force.
Prenant en considération que c'est toujours l'Azerbaïdjan qui a refusé de retirer ses tireurs d'élite de la ligne de contact, il devrait essayer de leur faire changer d'avis, plutôt que faire la dite proposition à l'Arménie ou au Karabakh, qui ont déjà répondu positivement à la suggestion," a déclaré devant l'Assemblée nationale le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian.
Il a exprimé l'espoir qu'Ažubalis réitère sa proposition à Bakou.
Publié par Gérard Merdjanian à 16:58
Haut-Karabakh : Bakou ne change rien à son comportement
Que ce soit les pays coprésidents le groupe de Minsk de l'OSCE, les médiateurs internationaux sur le terrain ou les observations relevées par la Mission de Suivi du Représentant personnel du président de l'OSCE, rien n'y fait, l'Azerbaïdjan maintient sa pression, voire l'accentue.
Les violations du cessez-le-feu se poursuivent, les armes sont achetées en grande quantité, les observateurs ne peuvent se rendre dans les positions avancées azéries et les menaces en tous genres proférées par les dirigeants de Bakou sont de moins en moins voilées.
L'acceptation d'échange de prisonniers avait laissé entrevoir un léger espoir de changement, mais c'était trop demander, et le naturel azerbaidjanais a rapidement repris le dessus : L'intégrité du territoire associée à l'intangibilité des frontières dessinées par les bolchéviks lors des traités de Moscou et de Kars en 1921. (Cf. article du 19 mars)
On ne se demande plus vraiment pourquoi le président Ilham Aliev continue de venir aux réunions tripartites proposées par le président Medvedev et signe les déclarations conjointes : Donner le change à la communauté internationale.
L'ambassadeur américain d'Azerbaïdjan, Matthew Bryza, a dénoncé les menaces de Bakou d'abattre les avions civils qui se poseraient sur l'aéroport du Haut-Karabakh, suite à son ouverture prévue ce printemps.
Dans une interview à RFE/RL, le diplomate a de nouveau réaffirmé la forte opposition de Washington à d'éventuelles tentatives de solution militaire au conflit du Karabakh.
"La menace ou l'emploi de la force, y compris contre des avions civils qui ne représentent aucune menace en eux-mêmes, est inacceptable et va à l'encontre des engagements pris par les présidents de l'Azerbaïdjan et l'Arménie à rechercher un règlement pacifique et négocié. Nous exhortons les parties à travailler ensemble pour résoudre tous les problèmes de sécurité de l'aviation commerciale avant l'ouverture prévue de l'aéroport du Haut-Karabakh," a-t-il déclaré.
La reconstruction depuis un an de l'aéroport, situé à 8 kilomètres à l'Est de Stepanakert, est en voie de finition. Il devrait être inauguré le 9 mai prochain, et voir la reprise des vols commerciaux entre le Karabakh et l'Arménie, arrêtés depuis la guerre.
Arif Mammadov, le directeur de l'aviation civile d'Azerbaïdjan, a déclaré la semaine dernière que son gouvernement a officiellement notifié à l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) à ne pas autoriser les vols vers et en provenance du Karabakh. Il a averti que cela pourrait conduire à "la destruction physique des avions qui atterrissent sur ce territoire."
Les dirigeants de la République du Haut-Karabakh (RHK) ont condamné cette menace et averti que toute tentative visant à contrecarrer les vols prévus, rencontrerait une "réponse adéquate" de l'Armée du Karabakh.
L'ex-médiateur du groupe de Minsk de l'OSCE, s'est également inquiété des fusillades meurtrières le long de la ligne de contact qui se sont poursuivies même après la réunion inter-président de Sotchi du 5 Mars. Il a rappelé que la déclaration conjointe signée par les trois dirigeants russe, arménien et azerbaidjanais, engageait les deux parties à un "règlement négocié et pacifique du conflit."
"Toute mort est une tragédie, qui souligne en termes humains puissants pourquoi le recours à la force doit être condamné. Les coprésidents [du Groupe de Minsk] ont déclaré à plusieurs reprises, qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit du Haut-Karabakh ", a ajouté M. Bryza.
Le 20 Mars, à la demande des autorités de la République du Haut-Karabakh, la Mission de l'OSCE avait organisé une observation de la ligne de front près d'Akna, dans la région d'Askeran, suite à la mort d'Aharon Haïrabédian tué le 17 Mars, par un sniper azéri. La surveillance n'a pas eu lieu, en raison du refus de l'Azerbaïdjan.
La Mission de l'OSCE, dirigée par le Représentant personnel du Président actuel de l'OSCE, l'Ambassadeur Andrzej Kasprzyk, a dû mener l'enquête unilatéralement. Les représentants du ministère de la Défense de la RHK ont donné aux observateurs des détails sur la violation grossière du cessez-le-feu par la partie adverse, et les circonstances dans lesquelles le jeune soldat arménien a été tué.
Quelques minutes après le départ de la Mission de l'OSCE, des coups de feu ont été tirés sur l'endroit même où l'enquête venait d'avoir lieu. Ambassadeur Kasprzyk a été informé de cet incident.
Extrait de la Radio Publique d'Arménie et de Armenialiberty
Les dirigeants de l'OSCE, à partir des rapports transmis par les coprésidents du groupe de Minsk qui conduisent le processus de négociations de paix, ainsi que les remontées des observations faites sur le terrain par l'équipe du Représentant personnel du président de l'OSCE, commencent sérieusement à prendre conscience que la situation se dégrade de plus en plus le long de la ligne de contact au Karabakh.
Il est aussi à souhaiter que cette prise de conscience ne débouche pas uniquement sur des déclarations générales et répétitives.
La question est de savoir jusqu'à quand cette situation va perdurer ?
Certes on n'est pas à la veille d'une reprise de la guerre et il n'est pas question d'envoyer des casques bleus sur la ligne de contact, mais les pays coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE, que ce soit les Etats-Unis, la Russie ou même la France, disposent dans leur arsenal de moyens de pression, autres que militaires et probablement plus efficaces.
Doit-on pour ce faire attendre que les morts de part et d'autres se comptent par dizaines, voire pire ?
Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Audronius Ažubalis, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'OSCE, qui effectue une tournée régionale, se trouvait en Arménie ; il a déclaré :
"Nous devons renforcer le régime du cessez-le feu et mettre en œuvre de nouvelles mesures de confiance. Aucune partie ne peut gagner dans la situation actuelle, ni militairement, ni politiquement J'exhorte les parties à honorer leur engagement à s'abstenir de toute menace ou emploi de la force... De plus, je m'attends à ce que les parties enquêtent sur les incidents sur la ligne de contact, comme convenu à Sotchi le 5 Mars.
Je me réjouis des échanges de prisonniers d'hier entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, mais malheureusement aussitôt suivi par un autre incident sur la ligne de contact. Comme je l'ai souligné dans mes rencontres à Erevan et à Bakou, ces incidents renforcent ma conviction que les parties doivent retirer les tireurs d'élite de la ligne de contact. Toutes les parties conviennent qu'il n'y a pas d'alternative acceptable à une résolution pacifique du conflit. Le processus de règlement dirigé par les coprésidents du Groupe de Minsk poursuit le dialogue en cours, mais le moment est venu pour les dirigeants de réaliser une véritable percée dans les négociations."
Faire progresser le règlement des conflits prolongés dans la région est une priorité de la présidence de la Lituanie de l'OSCE pour 2011.
M. Ažubalis a rencontré le président Serge Sarkissian, le Président de l'Assemblée nationale, Hovik Abrahamian, les représentants des partis politiques et le leader de l'opposition, Levon Ter-Pétrossian (du Congrès national arménien). Ainsi que le personnel du Bureau de l'OSCE à Erevan.
"L'Arménie et le Sud-Caucase sont importants pour la sécurité et la stabilité pour les pays de la zone OSCE. Je me réjouis de l'objectif déclaré de l'Arménie de se lancer dans des réformes approfondies sur les plans, législatifs, judiciaires et démocratiques. Je salue également le niveau élevé de coopération avec notre bureau à Erevan, qui offre un soutien rapproché au processus de réformes. Ceci inclut des réformes à venir de la commission des élections parlementaire de l'année prochaine afin d'aider à assurer une large participation politique et le respect de la liberté des médias, des Associations, ainsi que celle de se réunir.
L'OSCE, avec son bureau à Erevan et ses institutions, y compris le Représentant pour la liberté des médias et le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme, sont prêts à soutenir l'Arménie dans ses efforts," a-t-il ajouté.
Le Président Serge Sarkissian a reçu Audronius Ažubalis.
Il a d'abord félicité la Lituanie et a souligné que la coopération dans le cadre de l'OSCE est très importante pour l'Arménie.
Au cours de la réunion, l'appui de l'OSCE pour les réformes démocratiques en cours dans notre pays et le processus de règlement du conflit du Karabakh dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, ont été abordés. Dans ce contexte, les parties ont évalué positivement les résultats de la réunion trilatérale de Sotchi.
Le Président de l'OSCE a noté qu'il était nécessaire d'avancer et de poursuivre les pourparlers de ce point de départ positif.
Audronius Ažubalis a également rencontré à Erevan le Président de la RHK, Bako Sahakian.
Le Chef de l'Etat du Haut-Karabakh (Artsakh) a présenté la position des autorités de Stepanakert sur le règlement du conflit, soulignant que les relations entre l'Azerbaïdjan et le Karabakh doivent être réglées par des moyens pacifiques et un dialogue direct.
Dans ce contexte, Bako Sahakian a proposé que le format des négociations intègre l'Artsakh comme membre part entière et de la considérer comme faisant partie des éléments clé du processus de règlement du conflit.
Il a également demandé que l'OSCE accorde une attention plus sérieuse à la politique destructrice et anti-arménienne de Bakou, qui, dans une large mesure entrave à la fois le règlement du conflit et la création d'une atmosphère de confiance mutuelle dans la région.
Les deux parties ont convenu que le Groupe de Minsk était toujours la plate-forme la plus efficace pour le règlement du conflit et que toute tentative visant à le transférer dans d'autres organismes ne ferait que nuire au processus.
L'Arménie et le Haut-Karabakh ont rejeté vendredi la proposition du président de l'OSCE de retirer unilatéralement les tireurs d'élite de la "ligne de contact" avec l'Azerbaïdjan.
Les coprésidents américain, russe et français du Groupe de Minsk de l'OSCE ont appelé à plusieurs reprises les deux parties en conflit à retirer leurs tireurs d'élite, disant que cela aidera à prévenir les accrochages meurtriers dans la zone de conflit. La troïka a réaffirmé cet appel jeudi soir après la série de navettes diplomatiques dans la région.
S'exprimant lors d'une conférence de presse avec son homologue arménien, Edouard Nalbandian, M. Ažubalis avait proposé cette démarche comme un geste de bonne volonté.
Tant Nalbandian que les autorités du Haut-Karabakh soutiennent que le retrait des snipers doit être réciproque et simultané.
Pour Bako Sahakian : "Ces propositions ne peuvent être mises en pratique que lorsque les parties présenteront une approche constructive. Nous avons des raisons d'affirmer que durant toutes ces années, l'Azerbaïdjan a violé à plusieurs reprises les accords, aussi on ne peut pas se permettre d'accepter unilatéralement les propositions de M. Ažubalis." Et il a rappelé la mort d'un jeune soldat arménien de dix-huit ans, jeudi soir.
Publié par Gérard Merdjanian à 19:11
Pensant bien faire, le premier ministre turc a présenté l'original du traité de Moscou de 1921 à son homologue russe Vladimir Poutine. Lequel l'a remercié poliment lui faisant gentiment comprendre qu'il avait le même dans les archives du Kremlin.
Le but de cet assaut d'amabilité visait avant tout d'obtenir de la Russie une baisse substantielle sur les prix du gaz, comme il l'a fait avec son alliée azerbaidjanais. L'ennui, c'est que Moscou n'est pas Bakou, et que les visées d'Ankara sur la région, c'est-à-dire sur le Sud-Caucase, ne vont pas dans le sens de la géostratégie russe.
Et pour bien marquer sa différence et son désir de devenir le leader régional, la Turquie, seul pays musulman membre de l'alliance atlantique, a clamé à de nombreuses reprises son refus de toute intervention militaire étrangère en Libye, pays ami et frère. Juste retour des choses suite à la médaille des droits de l'homme que lui a décerné Mouammar Kadhafi.
* Erdogan –Medvedev *
La résolution du conflit du Haut-Karabakh aura une incidence sur la normalisation des relations turco-arméniennes, a déclaré mercredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à l'Institut d'Etat de Moscou, selon la chaîne de télévision ‘Russie 24'.
Il a également insisté sur le rôle de la Russie dans le processus de négociation, ajoutant que la coopération Russo-turque créera des conditions pour le développement et la prospérité de toute la région.
Les réunions porteront sur la coopération commerciale et économique, et notamment sur la construction de la première centrale nucléaire en Turquie, et les pipe-lines Samsun-Ceyhan et South Stream.
Dans le cadre de la visite programmée pour le 90e anniversaire des traités d'amitié entre la Russie et la Turquie, Erdogan assistera à la réunion du Conseil de coopération Russie-Turquie.
* Alexander Lukashevich
"Nous considérons que la normalisation arméno-turques à tout d'abord une question de relations bilatérales, et la Russie ne va pas interférer dans le processus," a déclaré Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Lukashevich.
Selon lui, la Russie soutient le rapprochement entre Erevan et Ankara, ce qui contribue à renforcer la confiance dans le Caucase. "Nous voulons que ce processus donne des résultats positifs," a-t-il ajouté ; rapporte RIA Novosti.
* Les coins des experts *
* Alexander Manassian
La réunion Erdogan-Medvedev, le jour anniversaire de la signature du Traité de Moscou [1] dégrade l'image de la Russie en tant que pays civilisé," a déclaré le politologue Alexander Manassian. Il a noté que "l'Europe a également des liens différents avec la Turquie, mais que la reconnaissance du génocide arménien est un préalable à l'adhésion de la Turquie à l'UE."
Selon le politologue, cela prouve que l'Europe veut vraiment voir une Turquie démocratique, tandis que la Russie ne suit pas le bon chemin en accueillant Erdogan en ce jour anniversaire.
Manassian est convaincu que cela est dommageable en tout premier lieu à la Russie, car il est impossible de construire une nouvelle Russie en coopérant avec un Etat criminel. En ce qui concerne l'Arménie, le politologue a indiqué qu'elle n'avait nul besoin d'émotions supplémentaires, mais qu'il faut tirer les leçons de la réalité. Il évalue positivement les actes de protestation tant en Arménie qu'en Diaspora, notant qu'une autre démarche pourrait être organisée au niveau des autorités.
* Vladimir Vartanian
"L'accord russo-turque de 1921 a généré et continue de générer des problèmes du point de vue du droit international," a déclaré l'expert en droit international Vladimir Vartanian. Selon lui, il n'y a actuellement aucun accord valide entre la République d'Arménie et la République turque déterminant les frontières. Par conséquent, il n'est pas nécessaire de demander l'annulation du traité de Moscou.
"Le problème le plus discutable de l'accord est qu'en fait ce sont deux parties qui ont essayé de résoudre les problèmes concernant un tiers. Cette disposition était illégale même en 1921, lorsque l'accord a été signé. Les parties étaient bien conscientes de cela, sinon il n'y aurait pas eu l'accord de Kars [2] quelques mois plus tard, en vertu duquel les parties ont confirmé les dispositions du Traité de Moscou," a précisé Vartanian.
L'expert est confiant que cet accord ne sera jamais mis en œuvre, il permet simplement à la Russie et la Turquie de renforcer leur rôle dans la région.
* Manifestation à Erevan
Nigol Aghbalian de l'Union de la jeunesse de la Fédération révolutionnaire Arménienne Dachnaktsoutioun ainsi que d'autres organisations de jeunesse, ont organisé une manifestation devant l'ambassade de Russie à Erevan contre la visite du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Moscou.
Les manifestants ont remis une lettre à l'ambassadeur de Russie, rappelant que le partenariat stratégique implique que "des relations bilatérales ne peuvent créer une base d'amitié que si elles sont fondées sur la justice et qu'elles ne sont dirigées contre un tiers."
[1] Le Traité de Moscou est un traité artificiel entre les Républiques fédératives socialistes soviétiques de Russie et la Grande Assemblée nationale turque, conclu et proclamé le 16 mars 1921 dans le but de remplacer la Sentence arbitrale du Président W. Wilson du 22 novembre 1920, décidée lors du Traité de Sèvres le 10 Aout 1920.
Son but essentiel était de préciser le tracé des frontières entre les ex-Républiques transcaucasiennes (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) et la future Turquie et de briser toute velléité d'indépendance. En outre, les parties ont décidé de faire don de la province de Kars et de la colonie de Surmalu aux Turcs et de rattacher le Nakhitchevan à l'Azerbaïdjan en tant que ‘territoire autonome'. Ce document a servi quelques mois après de base à l'accord de Kars.
De plus, sur le plan international il est illégal car conclu entre des parties non reconnus en droit international :
En 1921, c'était encore l'Empire ottoman dirigé par le sultan Mehmed VI Wahid ed-din, les Kémalistes n'avaient donc aucune existence légale ;
Quant à la Russie, elle était aux mains des révolutionnaires bolcheviks.
[2] Le traité de Kars est signé le 13 octobre 1921 à la fin de la conférence de Kars entre la Turquie kémaliste, d'une part, et les républiques soviétiques de la Transcaucasie de l'autre. Il comprend un préambule, 20 articles et 3 annexes.
Selon l'article 1, sont considérés comme caducs les accords passés entre les gouvernements des pays sur le territoire des parties contractantes. Est reconnu de ce fait annulé le traité d'Alexandropol de 1920, et non valables les accords passés avec les États tiers et qui concernaient les républiques transcaucasiennes. Mais cela ne s'appliquait pas à l'accord de Moscou du 16 mars 1921 conclu entre la Russie soviétique et la Turquie.
L'article 2 était particulièrement important pour la Turquie, puisque selon celui-ci, les parties ne reconnaissaient aucun accord ou acte international, qui pouvait être imposé au moyen de la force. Cela signifiait que l'Arménie soviétique ne reconnaissait pas le traité de Sèvres de 1920.
L'article 3 annule le régime des capitulations,
L'article 4 définissait la frontière entre la Turquie et les républiques de la Transcaucasie (la description plus détaillée de la frontière était donnée dans les annexes 1 et 2).
Selon l'article 5, les gouvernements de la Turquie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie acceptent la formation d'une république autonome, le Nakhitchevan (avec ses frontières indiquées dans l'annexe 3), placé sous la protection de l'Azerbaïdjan.
Haut-Karabakh : Les médiateurs ont terminés leur tournée dans la région
Il semblerait qu'à force ‘d'enfoncer le clou' celui-ci ait quelque peu progressé. Des cinq réunions depuis cet été entre les parties en conflit, tant du côté des pays coprésidents du groupe de Minsk, des médiateurs internationaux que du côté de Bakou, quelques éléments autres que les déclarations générales habituelles de bonnes volontés, sont apparus.
La coprésidence française par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, en réponse à une question du président du groupe d'amitié France-Arménie, a clairement déclaré que : « le principe d'autodétermination était un principe fondamental dans la résolution de tout conflit. »
Les médiateurs ont fait un crochet par le Haut-Karabakh pour s'entretenir avec les dirigeants de la RHK. Habitude qu'ils avaient perdue depuis un certain temps, alors que les Karabakhis sont les premiers concernés par les négociations de paix.
Bakou, dérogeant de son habituel blocage sur toute proposition émanant des médiateurs autre que l'intégrité territoriale, a accepté cet automne l'échange de prisonniers sous l'égide de la Croix Rouge internationale (CICR).
Hélas ces quelques points positifs ne contrebalancent pas le surarmement excessif de certains ; les victimes en nombre croissant de part et d'autre de la ligne de contact ; et la volonté à peine voilée des azerbaidjanais de vouloir reconquérir par la force les territoires perdus.
* A Erevan
Le 16 Mars le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a reçu les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, Bernard Fassier, Robert Bradtke et Igor Popov ainsi que le Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE, Andrzej Kasprzyk.
Les résultats de la réunion de Sotchi du 5 Mars dernier ont été examinés. Le ministre arménien a exprimé l'espoir qu'il sera possible de réaliser des progrès dans le processus de négociation sur la base des accords conclus entre les présidents à Sotchi.
Il a attiré l'attention de ses hôtes sur les fréquentes provocations de l'Azerbaïdjan sur la ligne de contact et sur les cas de violation du cessez-le-feu, notant que celles-ci ne contribuent pas à la création d'une atmosphère propice dans les négociations.
"Si l'Azerbaïdjan acceptait de suivre les appels des coprésidents du Groupe de Minsk et de la communauté internationale pour retirer ses tireurs d'élite de la ligne de contact, cela ne pourra que faciliter le processus de négociation pacifique", a déclaré le chef de la diplomatie arménienne.
Au cours de la conversation, les coprésidents ont présenté les résultats de leurs rencontres à Bakou.
Le même jour, lors d'une conférence de presse, le politologue Sergueï Chakariants a indiqué que lors de la réunion de Sotchi, l'Azerbaïdjan aurait accepté de retirer ses tireurs d'élite de la ligne de contact. En attendant, l'Azerbaïdjan a de nouveau ‘joué' les provocateurs. Selon le politologue, la patience des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE est à bout, au vue de la politique menée par l'Azerbaïdjan sur des ruptures permanentes des accords.
* A Stépanakert
Le 16 Mars le Président de la République du Haut Karabakh (Artsakh), Bako Sahakian, a reçu les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE.
Il a été de nouveau répété qu'une solution militaire au conflit était absolument inacceptable et que cela pouvait déboucher sur des conséquences imprévisibles. Le Président s'est félicite de la volonté des coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE d'élaborer des mécanismes pour révéler les cas de violation du régime de cessez-le feu, et a souligné que si ils sont appliqués, ils pourraient jouer un rôle sérieux dans le maintien de la paix et de la stabilité.
Le président a de nouveau attiré l'attention des négociateurs sur la position destructrice de Bakou et a appelé à utiliser tous les moyens possibles pour cette situation. "Sans cela, il sera impossible de s'attendre à un changement positif dans le processus de règlement du conflit," a-t-il souligné
Les médiateurs ont parlé de leurs réunions avec les ministres des Affaires étrangères et les présidents azerbaïdjanais et arménien, et que les trois principes de bases étaient au cœur des discussions.
"Nous avons parlé de la réunion de Sotchi, le président arménien a qualifié ces rencontres de positives. Nous sommes partageons également ce point de vue. Nous avons également discuté des derniers incidents et de la situation actuelle dans la ligne de contact et sur le comment minimiser les pertes des deux côtés".
Notant que trois pays coprésidents coopèrent étroitement sur les questions de régulation du conflit du Haut-Karabakh, B.Fassier a déclaré : "Nous travaillons en une équipe soudée" ; et d'ajouter : "Les médiateurs présenteront leur rapport aux représentants des pays membres du Groupe de Minsk à Vienne la semaine prochaine."
Gueorgui Pétrossian, le ministre des Affaires étrangères de la RHK, ainsi que Andrzej Kasprzyk et d'autres fonctionnaires étaient présents à la réunion.
Extraits de la Radio Publique d'Arménie de Today.az et de AzadArtsakh
Minister Nalbandian meets the Minsk Group Co-Chairs
On March 16 Armenian Foreign Minister Edward Nalbandian received the Co-Chairs of the OSCE Minsk Group, Bernard Fassier, Robert Bradtke and Igor Popov and the Personal Representative of the OSCE Chairman-in-Office, Andrzej Kasprzyk.
The results of the meeting held in Sochi on March 5 were discussed. In that context Minister Nalbandian voiced hope that it would be possible to achieve progress in the negotiation process based on the agreements reached between the Presidents in Sochi.
The Armenian Foreign Minister drew the attention of the OSCE Minsk Group Co-Chairs to the frequent provocations of Azerbaijan at the line of contact and the cases of ceasefire violation, noting that those do not contribute to the establishment of a positive atmosphere in the talks.
“If Azerbaijan agreed to followed the calls of the Minsk Group Co-Chairs and the international community to pull back the snipers from the line of contact, it would further the process of peaceful negotiation,” Minister Nalbandian said.
During the conversation the Co-Chairs presented the results of their meetings in Baku
Publié par Gérard Merdjanian à 09:31
Le dossier des Réparations est volumineux. Seule la partie qui incombe aux pays qui étaient dans l'empire ottoman, à savoir les grandes puissances de l'époque et/ou les pays colonisateurs, peut à ce jour faire l'objet d'une plainte devant les tribunaux. Ce qui fut le cas les procès contre les entreprises d'Assurance New-York Life, AXA, voire la Deutsch Bank.
Malheureusement 99% de ce dossier concerne l'Etat turc, successeur de l'empire ottoman, auteur du génocide des Arméniens, génocide nié farouchement par tous les dirigeants, passés et actuels, de la République turque.
Une quelconque Réparation ne peut se faire qu'après la reconnaissance par Ankara de ce crime contre l'humanité.
Poursuite judiciaire contre la Réserve fédérale américaine
Le Centre de la Mémoire Arménienne (CAR) de Glendale, Association à but non lucratif, poursuit la Réserve Fédérale Américaine depuis le 4 Mars, en vue d'avoir des informations sur l'acquisition d'une grande quantité d'Or appartenant aux Arméniens, pillé par le gouvernement ottoman en 1915.
La plainte a été déposée conformément au premier amendement sur la Liberté d'information. L'Or, initialement évalué à cinq millions Or de livres turques (environ 22 millions de dollars), est maintenant estimé à plusieurs centaines de millions de dollars. Le Conseil des Gouverneurs du Système Fédéral de Réserve et de la Réserve Fédérale de New York, ont récemment fait valoir qu'ils n'ont pas d'Or arménien en leur possession.
Il n'a pas été facile de retracer les circonstances dans lesquelles l'Or arménien a été transféré d'Istanbul aux États-Unis il y a près d'un siècle. Les résultats de nos investigations sont résumés ci-dessous :
Le gouvernement ottoman avait saisi les objets de valeur déposés sur des comptes bancaires et/ou dans des coffres-forts, en Or ou pas, appartenant aux Arméniens déportés et massacrés lors du génocide de 1915. La Commission de Liquidation ottomane a utilisé un ensemble complexe de transferts bancaires pour effacer les traces de ce ‘prix du sang'. Le Trésor turc a placé d'abord l'Or pillé aux Arméniens à la Deutsche Bank d'Istanbul. En 1916, il a été transféré à la Bleichroeder Banque de Vienne, et de là à Berlin, à la Reich Bank (la Banque Centrale allemande), sur le compte de la dette publique ottomane.
À la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque les puissances alliées ont exigé des réparations à l'Allemagne et à son allié turc ottoman, les autorités allemandes qui n'avaient d'autres choix que de se conformer à cette demande, ont cédé aux Alliés l'Or arménien détenu par la Reich Bank. C'est ainsi que l'Or volé aux Arméniens, a été transféré à la France et à la Grande-Bretagne en 1921.
Un document britannique de l'époque confirme l'identité du véritable propriétaire de cet Or. Le 26 Septembre 1924, les dirigeants des deux principaux partis d'opposition de Grande-Bretagne, le chef du Parti Libéral et ex-Premier ministre, H.H. Asquith, et le chef du Parti Conservateur et futur premier ministre, Stanley Baldwin, ont envoyé un mémorandum au Premier ministre, MacDonald Ramsey, pour plaider une aide britannique aux Arméniens vu leur soutien à la cause des Alliés et la grande souffrance qu'ils ont enduré pendant la Première Guerre mondiale. Les deux dirigeants britanniques ont fait valoir que "la somme de 5 millions Or de livres turques, déposée par le gouvernement turc à Berlin en 1916, et repris par les Alliés après l'Armistice, était en grande partie, voire entièrement, de l'argent arménien. Après la déportation forcée des Arméniens en 1915, leurs comptes bancaires, courants et de dépôt, ont été transférés par décret au Trésor public à Constantinople. Ce fait a permis aux Turcs d'envoyer cinq millions de livres sterling à la Reich Bank à Berlin, en échange d'une nouvelle émission de billets."
Par la suite, au lieu de restituer cet Or à ses vrais propriétaires, l'Angleterre et la France l'ont utilisé pour payer le Gouvernement des Etats-Unis, par l'intermédiaire de la Banque JP Morgan de Paris, en échange de certificats du Trésor américain.
Le 29 Janvier 1925, le sénateur William H. King a présenté une Résolution (SR319) à la Commission sénatoriale des Affaires étrangères, exigeant que l'Or volé soit "mis de côté en fiducie" pour les Arméniens. La résolution déclarait en substance : « Le gouvernement turc a arbitrairement saisi et transféré vers le Trésor turc tous les comptes bancaires, courants et de dépôts, appartenant à des Arméniens, d'un montant de 5 millions Or de livres turques, (22.450.000 $), puis cet Or a été déposé par le gouvernement turc à la Reich Bank à Berlin (…). L'Or arménien déposé à la Reich Bank à Berlin, conformément à l'article 259 du Traité de Versailles a été transféré et remis aux alliés, dont États-Unis (…). En équité et de droit cette somme appartient aux Arméniens, soit les survivants eux-mêmes, soit à leurs représentants légaux (…). En conséquence, le dépôt devra être annulé en fiducie et par la suite les sommes devront être versées aux propriétaires légitimes ou à leurs représentants légaux (…). »
Cet Or représente seulement une petite partie des milliards de dollars d'actifs volés aux Arméniens par la Turquie et par quelques autres pays, pendant et après le génocide arménien. La restitution de tous les biens pillés aux Arméniens, où qu'ils soient, devrait être l'une des priorités les plus importantes pour ceux qui demandent justice pour les crimes horribles commis contre la nation arménienne.
Harout Sassounian - Le Courrier de Californie
EU continues to support the Armenian-Turkish normalisation
“It was a pleasure to receive Prime Minister Sargsyan in Brussels today. I would like to thank him for his visit. Not only we had a very good meeting, but he is engaging in very in-depth contact with several Members of the Commission. The relations between Armenia and the European Union are on the move. We discussed a range of these positive developments today,” President of the European Commission José Manuel Barroso said at a joint press conference with Armenian Prime Minister Tigran Sargsyan.
“We are particularly pleased with the very good progress in the negotiations on the future Association Agreement. This ambitious treaty will bring our political and economic relationship to a new level and draw Armenia closer to the European Union. It will in particular include the negotiation of a Deep and Comprehensive Free Trade Area, which will deepen Armenia's economic integration with the European Union.
I have therefore encouraged Prime Minister Sargsyan to intensify Armenia's efforts in the area of trade-related reforms. We need to see further progress on the institutional and administrative capacity and also in regulatory approximation, before we can launch negotiations on this free-trade area,” he said.
“After discussing the issue with the Prime Minister, I now understand that our Armenian friends believe that these reforms are also a priority for Armenia. It is in Armenia's own interest. They are crucial for a better business and investment climate.
I would like to congratulate the Prime Minister for his personal commitment in this process of reforms. The Commission is also assisting Armenia with all the relevant support to meet the conditions, in particular through an institution-building programme and an Advisory Group. I have now discussed in concrete terms our commitment to go further in this work. In fact Commissioner Füle will work with the Armenian authorities to see what we can do more concretely in this area.
“I am pleased to announce that we will start negotiations on Visa Facilitation and Readmission Agreements in the near future. This will make it easier for Armenians to travel to the EU, and promote contacts in all areas.
We also briefly discussed regional issues. I stressed the EU's continued, strong commitment to promote peace, stability and reforms in our shared neighbourhood, especially through the solution of protracted conflicts,” Barosso said.
According to the President of the European Commission, the European Union supports a peaceful resolution of the Nagorno-Karabakh conflict on the basis of the principles of non-use of force, territorial integrity and the self-determination of peoples. The status quo is not an option.
“We remain seriously concerned about continuing armed incidents at the Line of Contact in Nagorno-Karabakh and the ongoing militarisation in the region. The persistence of this conflict remains a major impediment to development in the region. The European Union lends its full support to the OSCE Minsk Group and will continue to promote regional cooperation and good neighbourly relations through the multilateral track of the Eastern Partnership.”
“The European Union continues to support the Armenian-Turkish normalisation strongly. We encourage both countries to stay committed to this historical process. I am confident that there will be new possibilities for dialogue in the future,” José Manuel Barroso stated.
A lire les recommandations du président de l'OSCE à l'Azerbaïdjan, on pourrait croire que l'Organisme qui a mis en place le Groupe de Minsk pour résoudre le conflit du Haut-Karabakh a pris conscience qui sont le ou les auteurs des dérapages et autres violations constatées sur la ligne de contact.
Mais il serait très étonnant qu'un discours de même teneur ne soit pas tenu aux dirigeants arméniens.
Tout président de l'OSCE qu'il est, Monsieur Audronius Ažubalis se gardera bien de désigner le fauteur de troubles et restera comme ses prédécesseurs ou comme les médiateurs internationaux du Groupe de Minsk, dans un flou qui n'a plus rien d'artistique, en noyant le poisson dans un flot de généralités.
On a l'impression que la mission des Organisations comme l'OSCE n'est pas la prévention des menaces militaires, mais la liquidation des conséquences des affrontements militaires qui ont déjà eu lieu.
* Audronius Ažubalis à Bakou *
Le ministre des Affaires étrangères lituanien, Président en exercice de l'OSCE, Audronius Ažubalis, se trouve à Bakou. Il a souligné l'importance de l'Azerbaïdjan pour assurer la stabilité régionale, et a exhorté les autorités à progresser dans le processus de règlement du conflit du Haut-Karabakh en mettant en œuvre les engagements de l'OSCE afin de poursuivre les réformes démocratiques, et notamment la promotion du pluralisme.
"Toutes les parties conviennent qu'il n'y a pas d'alternative acceptable autre qu'une résolution pacifique du conflit. Le processus de règlement dirigé par les Coprésidents du Groupe de Minsk se poursuit, mais le moment est venu pour les dirigeants de réaliser une véritable percée dans les négociations.
Lors de mes rencontres avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le ministre des Affaires étrangères Elmar Mammadyarov, nous avons discuté de la nécessité de renforcer le régime de cessez-le-feu et les mesures de confiance supplémentaires. Les incidents récents renforcent ma conviction que les parties doivent retirer leurs tireurs d'élite de la ligne de contact. Aucun des côtés ne peut gagner dans la situation actuelle, ni militairement, ni politiquement. De plus, je m'attends à ce que les parties respectent leur accord conclu à Sotchi le 5 Mars dernier, notamment sur les enquêtes prévues sur les incidents sur la ligne de contact.
J'espère que les parties honoreront leur promesse de s'abstenir de toute menace ou d'emploi de la force," a-t-il indiqué après ses entretiens.
Le président sera en Géorgie les 15 et 16 Mars, et en Arménie les 17 et 18.
** Brèves **
* Les libertés bafouées en Turquie
Une fois n'est pas coutume, la Turquie se distingue par son intolérance envers ses citoyens de deuxième zone, c'est-à-dire les communautés non-musulmanes, en l'occurrence arménienne.
D'après le site kurde ‘Firat', Aziz Dagci (Daghdje), président de l'Association des Arméniens de Sassoun, a demandé à créer un Fond destiné à financer des activités culturelles (restauration de monuments, langue, traditions arméniennes, etc…) sur la région englobant les alentours de Bitlis, Van, Mouch.
Après une première demande auprès des tribunaux qui a été rejetée, l'affaire a été portée devant le tribunal de Cassation qui a statué de même. Suite à ces deux rejets, l'Association a déposé une plainte devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH).
En Turquie il y a deux poids, deux mesures suivant vos origines. En Turquie il y a ce que les officiels déclarent devant des instances internationales, et ce que l'administration fait et/ou applique.
* Des intellectuels turcs préparent le 24 Avril
Le professeur Cengiz Aktar de l'Université Bahcesehir d'Istanbul, l'un des initiateurs de la campagne « Pardonnez-nous, Arméniens », a indiqué que des actions, des marches et autres manifestations auront lieu à Istanbul, à Ankara et dans d'autres villes de Turquie pour commémorer le génocide des Arméniens du 24 avril.
"Les événements de 1915 sont plus ouvertement discutés en Turquie. Les Arméniens en parlent plus souvent maintenant qu'auparavant en Turquie. Bien sûr, il y a des gens qui nient les faits, mais ce qui est sûr c'est que le mur de béton du refus a craqué. Le souvenir des familles arméniennes est encore très frais dans les villages turcs. Il est nécessaire de prendre conscience que non seulement le peuple arménien, mais aussi les Turcs ont souffert," dit-il déclaré lors de son passage à Erevan.
* Subventions américaines
Le Directeur de communication du Comité National Arménien d'Amérique (ANCA), Elizabeth Chouldjian, a indiqué qu'il était trop tôt pour parler des crédits d'aide pour 2012 des États-Unis. Les travaux sur l'examen du budget 2012 sont toujours en cours à la Chambre des Représentants.
Cela fait suite aux informations des médias azerbaïdjanais indiquant que les États-Unis prévoient d'allouer des aides militaires de 8,75 millions $ à l'Arménie et de 5,48 millions à l'Azerbaïdjan.
Extraits de la Radio Publique d'Arménie et de PanArmenian
Publié par Gérard Merdjanian à 17:09
Haut-Karabakh : Un projet turco-azéri pour résoudre le conflit
Ceux qui s'attendent à un scoop en seront pour leurs frais. C'est le plan proposé depuis des années par Bakou lors des réunions bipartites d'abord, et tripartites maintenant. Plan refusé par l'Arménie, car basé uniquement sur l'intégrité territoriale, faisant fi du principe d'autodétermination des peuples.
En quelques mots. Les troupes arméniennes se retirent en totalité non seulement de la zone tampon mais également du Haut-Karabakh. Un ‘million' d'Azéris se réimplantent dans la région aux côtés des 155.000 Arméniens présents, le tout sous administration azérie. A une date indéterminée, cette population votera pour préciser le degré d'autonomie qu'elle désire au sein de la république d'Azerbaïdjan.
On revient exactement à la situation du Haut-Karabakh d'avant les événements quand elle s'appelait : Région Autonome du Haut-Karabakh de la RSS d'Azerbaïdjan. A croire qu'il ne s'est rien passé durant ces douze dernières années.
Strictement rien n'est lâché côté azéri. Ce n'est plus une négociation mais un diktat !
Le journal turc Hurriyet Daily (voir le détail ci-après) a publié un entretien avec le Vice-ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan, Araz Azimov, où il parle d'un plan Ankara-Bakou pour le règlement du conflit du Haut-Karabakh partagé avec les médiateurs internationaux.
"Le scénario de règlement présenté par M. Azimov est un fantasme. Il a été dit à maintes reprises que la Turquie n'a rien à voir dans le processus de règlement et ferait mieux s'abstenir de toute ingérence, si elle veut vraiment ne pas nuire à ce processus," a déclaré en substance le porte-parole du ministère arménien des Affaires étrangères, Tigrane Balayan, en réponse à la publication du quotidien Hurriyet.
Le projet est basé sur une compréhension mutuelle normalisant les relations de l'Arménie avec la Turquie et l'Azerbaïdjan. Le projet par étapes prévoit le retrait progressif des Arméniens des territoires azerbaïdjanais, ainsi que l'ouverture de la frontière turco-arménienne.
"Le statut du Karabakh, un territoire azerbaïdjanais occupé par les forces arméniennes, sera défini dans la phase finale du plan. C'est la seule approche pratique pour quelqu'un qui est vraiment intéressé à résoudre la question du Karabakh", a déclaré le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Araz Azimov, au quotidien ‘Hürriyet Daily - Revue Economique' lors d'un voyage à Ankara la semaine dernière.
Les entretiens du dirigeant azerbaïdjanais dans la capitale turque, ont porté sur les détails d'un nouveau projet de coopération entre les deux pays, ainsi que sur les négociations sur le Karabakh. Cet entretien précède le prochain voyage du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Moscou.
"Cette proposition d'une approche par étapes pour résoudre le conflit du Karabakh a été, dans une certaine mesure, une ossature pour les coprésidents. Vous avez des Arméniens dans ces territoires. Mais ces territoires appartiennent à l'Azerbaïdjan. Les Azerbaidjanais doivent aussi y vivre. Vous devez donc avoir une combinaison avec ces deux populations dans le cadre d'un processus par étapes garantissant une non-inversion," a déclaré Azimov, vice-ministre depuis 1994, ayant participé au processus de Minsk depuis 1992 et travaillant activement avec les ambassadeurs turcs Candan Azer, Deryal Batibay et Ünal Çeviköz.
Le projet commun, partagé avec les acteurs internationaux du Groupe de Minsk – américain, russe et français -, outre la normalisation des relations de l'Arménie avec ses deux voisins, cherche aussi à ramener les Arméniens du Karabakh à une vie normale au sein de l'intégrité territoriale d'Azerbaïdjan.
"La légalité doit être établie, la normalité doit être ramenée et c'est seulement après que l'on peut décider du statut définitif avec la participation des deux communautés azerbaïdjanaise et arméniennes."
"Aujourd'hui, nous avons 65.000 à 70.000 Azéris expulsés du Haut-Karabakh qui voudraient revenir dans leur foyer. Nous avons également 750.000 Azerbaïdjanais qui habitaient dans les sept autres districts entourant le Haut-Karabakh. Il s'agit d'une approche par étapes où chaque étape est basée sur la précédente. Nous ne pouvons pas commencer à coopérer sans la restitution des territoires, nous ne pouvons pas retourner dans nos foyers sans le retrait arménien des territoires," a-t-il précisé.
Selon ce projet, l'Arménie doit retirer ses troupes de tous les districts à savoir : Aghdam, Fizuli, Djebraïl, Zengilan, Kubatli, Latchine, Kelbadjar et bien sûr du Haut-Karabakh. La dernière étape sera le retour des Azerbaïdjanais dans le Haut-Karabakh.
La première étape consiste à ce que l'Arménie retire ses troupes de cinq districts, Aghdam, Fuzuli, Djebraïl, Zengilan et Kubatli. Phase qui comprend en outre l'ouverture de la frontière arméno-azerbaïdjanaise. Cette étape doit être consolidée par les forces internationales, garantissant ainsi le retour des réfugiés. L'ouverture de la frontière entre la Turquie et l'Arménie fait également partie de la première étape.
Cinq ans après cette étape, l'Arménie se retirera de toutes les autres régions, la population arménienne du Karabakh aura des garanties de sécurité, et les préparatifs pour le retour des Azerbaïdjanais dans le Haut-Karabakh commenceront.
Lorsque les parties jugeront le moment possible et abordable, ils se pencheront sur le problème du statut. Interrogé sur le calendrier pour les discussions sur le statut du Karabakh, Azimov a répondu : "Dieu seul le sait." Et d'ajouter :
"Seuls quelques pays sont vraiment intéressés à régler la question. Je pense que la Turquie et l'Azerbaïdjan sont parmi ceux-là."

References: l'article 1

L'article 2

L'article 3

L'article 4
 l'article 5
 l'article 259