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Timestamp: 2017-10-22 02:55:11+00:00

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Entretien avec le président du Conseil Supérieur de la Communication (CSC), M. Abdourahamane Ousmane : ''Au niveau du CSC, nous avons pris les dispositions nécessaires pour contribuer à l'organisation d'élections libres, honnêtes et transparentes, da
Au niveau du Conseil Supérieur de la Communication, depuis plusieurs mois, nous avons élaboré un programme électoral dont l'objectif global est de contribuer à l'organisation d'élections libres, honnêtes et transparentes, dans un climat politique et social apaisé.
De prime abord, le CSC a organisé des sessions de formation au profit des journalistes, sur le traitement de l'information en période électorale. Nous avons formé une centaine de journalistes exerçant tant à Niamey qu'à l'intérieur du pays, afin qu'ils contribuent à garantir le droit des citoyens à l'information sur le processus électoral. C'est au cours de ces formations qu'a germé l'idée d'élaborer un Code de bonne conduite des journalistes en période électorale.
Le CSC a matérialisé cette idée en recrutant un consultant, avec l'appui financier de l'Organisation Internationale de la Francophonie, pour élaborer le projet de Code que nous avons validé ensemble avec les organisations socioprofessionnelles des médias. Par la suite, nous avions officiellement signé ce Code de bonne conduite entre le CSC, la maison de la presse et l'Observatoire Nigérien des Médias pour l'Ethique et la Déontologie (ONIMED).
Ce Code a été édité sous deux formats : poche et affiche. Il a été distribué à l'ensemble des médias et journalistes exerçant sur le territoire du Niger. La seconde activité de formation que nous avions réalisée, a concerné les membres et le personnel du CSC, qui ont été respectivement formés sur la gestion du pluralisme en période électorale et le monitoring des médias. Nous avons également mis en service une nouvelle unité de monitoring qui va nous permettre de suivre 24h/24, l'ensemble des radios et télévisions émettant dans la ville de Niamey.
En plus de ces activités de renforcement des capacités des journalistes, nous avons décidé cette année d'innover, en impliquant d'autres acteurs, notamment les artistes et les créateurs culturels. Dans ce cadre, le CSC a eu l'idée de créer un hymne pour des élections apaisées. Nous avons approché le ministère de la culture qui a accepté le partenariat. La fédération nigérienne des artistes et créateurs culturels s'est également impliquée. Ce qui nous a permis d'avoir un casting assez représentatif de la culture nigérienne et de la diversité ethnolinguistique de notre pays. Ce groupe d'artistes a conçu un hymne dédié à des élections apaisées que nous comptons diffuser sur les médias publics, privés et communautaires au cours des campagnes électorales, pour contribuer à l'apaisement des cœurs et des esprits pendant ces périodes sensibles.
Le CSC a aussi décidé de garantir l'accès égal et équitable des partis politiques et des candidats aux médias publics et privés. Notre rôle, dans ce cadre, c'est de faire en sorte que chaque candidat puisse avoir la possibilité de s'exprimer, de défendre son programme auprès des électeurs pour que ces derniers puissent à leur tour opérer un choix éclairé et conscient.
Le CSC a adopté huit décisions pour réglementer l'accès des partis politiques et des candidats aux médias publics et privés. Nous avons édité un recueil de ces textes que nous avons vulgarisés au niveau de tous les acteurs au cours d'un atelier. Actuellement, nous sommes en train de mettre en œuvre ces différentes décisions à travers l'enregistrement, la diffusion et la publication des messages, portraits et entretiens des quinze candidats à l'élection présidentielle 1er tour du 21 février 2016. Donc, au niveau du CSC, nous avons pris les dispositions nécessaires pour contribuer à l'organisation d'élections libres, honnêtes et transparentes, dans un climat social et politique apaisé.
Monsieur le Président, qu'attendez-vous des journalistes pendant cette période électorale ?
Notre attente principale, c'est que les journalistes nigériens puissent contribuer à garantir les droits des citoyens à l'information sur le processus électoral. Mais, il faut que cette information soit crédible c'est-à-dire exacte, vérifiée, recoupée, équilibrée et plurielle. Il faut qu'elle soit aussi utile aux citoyens dans la jouissance de leurs droits et l'accomplissement de leurs devoirs.
Il faut également que les journalistes nigériens assument pleinement leur responsabilité sociale. Nous sommes dans un contexte particulier, où le moindre dérapage peut avoir des conséquences incalculables sur le plan social et politique. Cette responsabilité commande aux journalistes de peser et de soupeser l'information qu'il collecte avant de la diffuser ou de la publier. Il faut, en pareille circonstance, que le journaliste mette en avant l'intérêt général. Ce qui impose au journaliste d'éviter de diffuser ou de publier tout ce qui peut occasionner ou amplifier des troubles ; tout ce qui peut porter atteinte à la paix et à la quiétude sociale. Plus spécifiquement, le CSC attend des journalistes nigériens qu'ils respectent le Code de bonne conduite auquel ils ont volontairement souscrit. Il faut qu'ils restent équidistants vis à vis des partis politiques et des candidats en compétition. Pendant cette période électorale, les journalistes nigériens doivent promouvoir davantage le débat démocratique, dans la pluralité des opinions, le respect de la vie privée, de l'honneur et de la dignité des candidats.
Le Niger fait partie des pays où la liberté de la presse est respectée. En témoignent les différents rangs que notre pays a occupés dans le classement mondial établi chaque année par Reporters Sans Frontières. Le Niger est à la 47ème place, sur plus de 160 pays classés. Le Niger devance certains pays occidentaux qui vivent sous des régimes démocratiques depuis des siècles. Au plan africain, le Niger fait partie des dix pays les plus respectueux de la liberté de la presse. C'est quand même assez honorable.
Aujourd'hui, le plus grand défi, c'est de consolider cet acquis. Pour consolider cet acquis, il faut que chaque acteur apporte sa contribution, à commencer par les journalistes. Parce que le pendant de la liberté, c'est la responsabilité.
Oui, je le pense vraiment. Je n'ai pas de doute. Certes, nous connaissons parfois quelques difficultés liés à des dérapages. Mais je reste optimiste, car la volonté politique existe pour renforcer la liberté de la presse. Il faut savoir saisir cette opportunité. Je crois également à la capacité des vrais professionnels de se surpasser et d'arrêter, à travers l'autorégulation, certaines dérives qui sont l'œuvre d'une minorité de journalistes dont l'objectif est malheureusement de ternir l'image de toute la corporation.
Du côté du CSC, nous sommes en train de réfléchir pour la mise en œuvre d'une stratégie de co-régulation, qui incline à cesser de croire que les problèmes de la presse nigérienne concernent uniquement le CSC et les journalistes. Dans une vision plus globale, les problèmes de la presse doivent être traités comme des questions de société. Par conséquent, c'est toute la société qui doit les prendre à bras-le-corps ; la société dans son ensemble doit contribuer à apporter les solutions adéquates à ces problèmes. Le CSC compte saisir l'occasion de la célébration de son 25ème anniversaire, qui interviendra en novembre 2016, pour jeter les bases d'une réflexion collective sur le thème «Média et société au Niger».

References: CSC 
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