Source: http://www.abondroit.com/2010/
Timestamp: 2017-10-20 23:28:18+00:00

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À bon droit: 2010
La personne chargée de vendre un bien sous contrôle de justice doit avoir un certain degré d'indépendance
La vente sous contrôle de justice, comme son nom l'indique, est théoriquement faite sous l'égide de la Cour. Pour cette raison, le législateur prévoit certains mécanismes de protection. Or, dans son jugement récent rendu dans Caisse populaire Desjardins de Farnham c. Prud'homme (2010 QCCS 6230) l'Honorable juge François Tôth indique qu'il est primordial que la personne chargée de procéder à ladite vente en vertu de l'article 2793 C.c.Q. possède un certain degré d'indépendance du créancier saisissant.
Libellés : Droits hypothécaires, Recours hypothécaire, Vente sous contrôle de justice
Une réclamation en dommages pour congédiement injustifié tombe sous l'égide de l'article 175.2 (4a) et la défense est donc orale en pareil cas
La réforme de la procédure civile qui a introduit la défense orale dans certaines situations a donné lieu à plusieurs débats importants. En effet, la question de savoir si la défense orale est applicable a un impact non seulement sur la défense elle-même, mais sur le délai avant de se rendre à procès (voir art. 110.1 C.p.c.). À ce chapitre, une décision récente rendue par le juge en chef de la Cour supérieure indique qu'une action en dommages pour congédiement injustifié tombe sous l'égide de l'article 175.2 (4a) et que la défense se doit donc en principe d'être orale. Il s'agit de l'affaire Elemquies c. Allstate du Canada (2010 QCCS 6245).
Libellés : Défense, Défense orale, Procédure civile
Un échange de correspondance est parfois suffisant pour conclure à l'existence d'une transaction
Les tribunaux ont eu maintes opportunités de poser le principe voulant que la conclusion d'une transaction au sens de l'article 2631 C.c.Q. n'exige aucun forme particulière ou sacro-sainte. La récente décision rendue dans Canadian Road Leasing Company/Compagnie de location de crédit Ford du Canada c. Clôtures des moulins inc. (2010 QCCQ 11265) illustre bien ce principe, la Cour du Québec en arrivant à la conclusion qu'un échange de correspondance entre procureurs est suffisant.
Libellés : Consentement, Contrats, Transaction
Le délai de 180 jours recommence à zéro lorsqu'une nouvelle défenderesse est ajoutée au recours
De toute évidence, le calcul du délai de 180 jours applicable à toutes les instances civiles est d'une grande importance. La décision rendue le 8 décembre dernier par l'Honorable Daniel Dortélus dans Rybakova c. Investissements GP Cantor Canada inc. (2010 QCCQ 11266) discute du calcul du délai lorsque la poursuite est dirigée contre multiples défenderesses qui ont reçu signification de l'action à des dates différentes.
Les circonstances dans lesquelles une dénonciation verbale d'un vice caché est suffisante
En matière de vices cachés, l'article 1739 C.c.Q. exige une dénonciation écrite de la part de l'acheteur dans un délai raisonnable de la découverte du vice, sous peine de voir son action en justice rejetée. Nous avons déjà traité sur À bon droit du fait que certaines décisions ont admis la possibilité que la dénonciation soit verbale. Dans cette optique, la récente décision de l'Honorable juge Pepita G. Capriolo dans Financement Millénium 2000 inc. c. Constructions Tribo inc. (2010 QCCS 6234) est très intéressante parce qu'elle discute en profondeur des circonstances où une dénonciation verbale serait suffisante.
Libellés : Dénonciation, Vices cachés
On ne peut enregistrer une hypothèque légale de la construction contre un immeuble d'une personne morale de droit public qui est affecté à l'utilité publique
Pour ceux qui participent à des travaux de construction, la faculté d'enregistrer une hypothèque légale de la construction est un outil puissant et efficace pour s'assurer d'être payé. Or, lorsqu'il s'agit de travaux sur des immeubles appartenant à une personne morale de droit public, on ne peut enregistrer une hypothèque que lorsqu'ils ne sont pas affectés à l'utilité publique comme l'indique l'Honorable juge Mark Peacock dans Pointe-Claire (City of) c. Service & construction Mobile ltée (2010 QCCS 6201).
Libellés : Droits hypothécaires, Hypothèque Légale, Hypothèque légale de la construction, Sûretés
Le curateur aux biens d'une personne a la capacité d'ester en justice pour le compte de la personne qui est sous le régime de protection
Lorsque est mise en place une curatelle comme régime de protection et que deux curateurs différents sont nommés (un aux biens et un à la personne), est-ce que le curateur aux biens à la capacité d'ester en justice au nom de la personne sous le régime de protection? C'est précisément la question à laquelle était confrontée l'Honorable juge Diane Marcelin dans M.C. c. C.C. (2010 QCCS 6237).
à 04:00 2 commentaires:
Libellés : Capacité d'ester en justice, Curatelle, Droit de la personne, Tutelle
L'attribution d'un honoraire spécial relève du pouvoir discrétionnaire de la Cour
L'article 15 du Tarif des honoraires judiciaire des avocats prévoit que le tribunal peut accorder un honoraire spécial dans une cause importante. La récente décision de la Cour supérieure dans Deronvil c. Univers Gestion Multi-Voyages inc. (Canada Air Charter et d'Haiti Air Charter) (2010 QCCS 6159) traite des critères et du cadre de l'analyse d'une telle demande.
Libellés : Honoraire spécial, Tarif des honoraires judiciaires des avocats
La Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies permet à la Cour de créer des super priorités
La Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies est une loi qui se distingue tant par sa brièveté que par le grand degré de latitude qu'elle accorde à la Cour. La décision de la Cour supérieure dans Maisons Marcoux inc. (Syndic de) (2010 QCCS 1806) est intéressante à cet égard puisqu'elle discute de la question de savoir si la Cour a le pouvoir, en vertu de la LACC, de créer une super priorité qui place un créancier au-dessus de l'ordre prévu par le Code civil du Québec.
Libellés : Faillite, Hypothèque légale de la construction, Insolvabilité, LACC, Priorité
L’application de la théorie des mains propres en droit québécois
Depuis la décision rendue en 1987 dans l’affaire Labatt, il existe une certaine controverse quant à l’applicabilité de la théorie des mains propres en droit québécois. Par ailleurs, au fil des années la jurisprudence se rallie de plus en plus au point de vue que celle-ci est applicable aux demandes d’injonctions et d’ordonnances de sauvegarde. La décision récente de la Cour supérieure dans Warner Chappell Music France c. Beaulne (2010 QCCS 2632) en est une belle illustration.
Libellés : Injonction, Ordonnance de sauvegarde, Théorie des mains propres
Pour interrompre la prescription, une reconnaissance de dette doit être claire et sans équivoque
L’article 2898 du Code civil du Québec prévoit que la reconnaissance de dette interrompt la prescription. Encore faut-il que cette reconnaissance de dette soit claire et sans équivoque comme l’indique le juge Michel A. Pinsonnault de la Cour du Québec dans Paska c. Geri (2006 QCCQ 9195).
Selon un jugement récent, il suffit d'une obligation contractuelle exécutée au Québec pour donner compétence aux tribunaux québécois
En matière d'action personnelle à caractère patrimonial, c'est l'article 3148 C.c.Q. qui détermine principalement la juridiction des tribunaux québécois. Les critères qui y sont décrits aux paragraphes 1 à 5 sont alternatifs, en ce qu'il suffit qu'un seul d'entre eux soit rencontré pour conférer juridiction aux tribunaux québécois. C'est ce que nous confirme la décision récente de la Cour supérieure dans Dégust-Mer inc. c. Mazetta Company, l.l.c. (2010 QCCS 6100).
Libellés : Compétence, Droit International Privé
Ne sont pas pertinentes à une procédure civile les allégations du dépôt d'accusations criminelles
Osler, Hoskin & Harcourt s.e.n.c.r.l/s.r.l.
Nous discutions récemment de la force probante dans le contexte civil d'une condamnation criminelle. Si une condamnation criminelle est sans nul doute pertinente, en est-il de même du simple dépôt d'accusations criminelles? C'est là une des questions qui faisait l'objet de discussion dans Couture c. Basque (2010 QCCS 3110).
Libellés : radiation d'allégations
Les critères d'octroi d'une provision pour frais en droit civil
Hormis le cadre des articles 54.1 C.p.c. et suivants, la provision pour frais en droit civil commercial demeure une rareté. Dans l'affaire Groupe Bennett Fleet inc. c. Hydro-Québec (2010 QCCS 2072), l'Honorable juge Pepita G. Capriolo énonce les critères applicables à une telle demande.
Libellés : Provision pour frais
Choix du bon district judiciaire: L'article 68(2) C.p.c. ne s'applique pas aux recours contractuels
En matière d'action purement personnelle, l'article 68 C.p.c. prévoit que le recours doit être intenté dans le district du domicile du défendeur. La partie demanderesse qui désire intenter son recours dans un autre district judiciaire doit alléguer et démontrer les faits qui justifient l'application de l'une des exceptions à ce principe. Or, la Cour supérieure, dans 9142-9258 Québec Inc. c. 4258606 Canada Inc. (2010 QCCS 1711), nous rappelle que l'exception prévue au paragraphe 2 de l'article 68 (lieu de naissance de toute la cause d'action) ne s'applique pas en matière contractuelle.
Libellés : Moyen déclinatoire
La force probante du verdict de culpabilité criminel en droit civil
Quelle est la force probante d'un aveu de culpabilité en droit criminel dans le cadre d'un procès civil? C'est une des questions centrales qui se posait dans l'affaire Banque Royale du Canada c. M.S. (2010 QCCS 1460) et dont l'Honorable juge Pierre Ouellet devait disposer.
Libellés : Aveu, Aveu extrajudiciaire, Force probante, Plaidoyer de culpabilité, Preuve
Les articles 54.1 C.p.c. et suivants ne s'appliquent pas aux actes extrajudiciaires d'un syndic de faillite
Près d'un an et demi après l'entrée en vigueur des articles 54.1 C.p.c. et suivants, la jurisprudence est toujours à même de délimiter leur portée. À cet égard, la récente décision de la Cour supérieure dans Robin (Syndic) (2010 QCCS 6032). Cette décision pose le principe voulant que ces articles ne puissent être utilisés pour sanctionner le comportement d'un syndic de faillite hors du contexte judiciaire.
Libellés : 54.1 C.p.c., Faillite, Insolvabilité
La règle d'interprétation des contrats basée sur la recherche de l'intention des parties ne doit pas servir de bouée de sauvetage à une partie qui a fait preuve de négligence et de désintéressement lors de la signature du contrat
Il est bien établi que le fait de signer un contrat sans prendre la peine d'en connaître les modalités est une erreur inexcusable. Aujourd'hui, nous attirons votre attention sur une décision récente qui va encore plus loin. Dans Formédica ltée c. Silipos Canada inc. (2010 QCCS 6074), la Cour supérieure indique qu'une partie qui a fait preuve de désintéressement lors de la signature d'un contrat ne peut ensuite se plaindre du fait que les termes clairs utilisés ne reflètent pas la véritable intention des parties.
L'article 2863 C.c.Q. ne prohibe pas la preuve testimoniale d'une entente subséquente
La prohibition de contredire les termes d'un écrit par voie de preuve testimoniale est bien connue. Par ailleurs, comme le rappelle la décision de la Cour supérieure dans C-surance.ca Service global inc. c. Assurances Dalbec ltée (2010 QCCS 5800), rien n'empêche de faire la preuve testimoniale d'une nouvelle entente qui est venue remplacer cet écrit ou en modifier les termes.
Libellés : objections, Preuve, Preuve testimoniale
Le fait de changer l'entreprise récipiendaire de la facturation n'est pas suffisant pour opérer novation
Est-ce que le seul fait de changer l'entreprise à qui l'on fait parvenir la facturation opère novation et décharge l'ancienne récipiendaire des factures de son obligation de paiement? C'est la question à laquelle devait répondre la Cour du Québec dans Morency Société d'avocats, s.e.n.c.r.l. c. Autovest inc. (2010 QCCQ 10391).
Libellés : Contrats, Novation, Obligations
Les fautes de plusieurs débiteurs qui ont des sources différentes créent la solidarité imparfaite
Création jurisprudentielle, la solidarité imparfaite (in solidum) s'applique lorsque plusieurs fautes, commises par plusieurs débiteurs, ont contribué aux dommages subis et que celles-ci ont des sources différentes. Ce principe est bien illustré dans la récente décision de D.F. c. Club Mont-Tourbillon inc. (2010 QCCS 6049).
Libellés : Dommages, Responsabilité civile, Solidarité, Solidarité imparfaite
L'inscription en faux n'est pas nécessaire pour faire déclarer un acte notarié inopposable ou nul
Lorsque l'on a affaire à un acte notarié dans le cadre d'un litige, il est toujours souhaitable de se questionner pour savoir s'il est nécessaire de procéder par voie d'inscription en faux pour l'attaquer. La récente décision de la Cour supérieure dans Ducreux c. 9153-9031 Québec inc. (2010 QCCS 6025) nous enseigne qu'une telle inscription en faux n'est pas nécessaire pour contester l'opposabilité d'un contrat ou en demander la nullité, même s'il est notarié.
Libellés : Acte notarié, Contrats, Inscription en faux
Expertises contradictoires: la Cour préfère le rapport qui est basé sur une prémisse neutre
Il est souvent difficile pour un juge de trancher en faveur de la thèse d'une partie lorsque confronté à des rapports d'expert qui en arrivent à des conclusions diamétralement opposées. C'est pourquoi il est particulièrement important de s'assurer que l'expertise qui est présentée à la Cour n'est pas entâchée de quelque partie pris que ce soit. L'affaire Industrielle Alliance, Assurances et services financiers inc. c. Gouveia (2010 QCCS 6031) illustre bien ce propos.
Libellés : Crédibilité, Expert, Expertise
Les critères d'octroi d'un cautionnement pour frais en appel en vertu de l'article 497
L'attribution d'un cautionnement pour frais au stade de l'appel en vertu de l'article 497 C.p.c. est exceptionnelle. Nous attirons aujourd'hui votre attention à un jugement dans lequel un juge unique de la Cour d'appel accorde un tel cautionnement. Il s'agit de l'affaire Colubriale c. Construction Joma inc. (2010 QCCA 2241).
La mauvaise foi d'une partie ne peut avoir pour effet de changer les termes d'un contrat
Depuis l'entrée en vigueur du Code civil du Québec, et particulièrement de ses articles 6, 7 et 1375, la bonne foi (et les allégations de mauvaise foi) prend une place encore plus importante dans les relations contractuelles. Espérant pousser l'importance de la bonne foi plus loin, plusieurs plaideurs ont tenté de convaincre les tribunaux qu'en l'absence de bonne foi il fallait conclure à certaines modifications implicites au contenu d'un contrat. Or, dans Haddad c. Groupe Jean Coutu (PJC) Inc. (2010 QCCA 2215), la Cour d'appel vient réitérer encore une fois que, même en l'absence de bonne foi, les tribunaux ne peuvent passer outre le langage clair d'un contrat.
Libellés : Bonne foi, Contrats, Mauvaise foi
Les circonstances dans lesquelles le délai stipulé dans une offre d'achat sera jugé de rigueur
Le domaine des offres d'achat ou de vente est particulièrement propice aux litiges civils. En effet, il n'est pas toujours évident de déterminer quelles sont les conditions d'une offre qui sont de rigueur. C'est particulièrement le cas pour les délais qui sont prévus à une offre. Dans 2991292 Canada Inc. c. JCorp inc. (2010 QCCS 6022), la Cour supérieure traite de cette question.
Libellés : Contrats, Délai, Délai de rigueur, Offre de contrat, Passation de titre
Il n'est pas nécessaire de mentionner expressément la garantie légale du vendeur pour pouvoir l'exclure
Est-il nécessaire de spécifiquement mentionner la garantie légale de qualité du vendeur pour pouvoir l'exclure dans un contrat? C'était là une des questions à trancher par la Cour du Québec dans l'affaire Lamontagne c. Veilleux (2010 QCCQ 10786).
Libellés : Contrats, Garantie Légale, Vente
Même en l'absence d'une clause de non-concurrence valide, l'on peut obtenir une injonction sur la base de la concurrence déloyale
Peut-on obtenir une injonction forçant un ancien co-contractant de ne plus nous faire concurrence même en l'absence d'une clause de non-concurrence valide? C'est précisément la question qui se posait dans l'affaire Automated Chemical Solutions c. Groulx-Robertson ltée (2010 QCCS 6003).
Libellés : Clause de non-concurrence, Concurrence déloyale, Injonction
Libellés : Action en inopposabilité, Saisie, Saisie avant jugement
à 11:52 1 commentaire:
On juge contraire aux intérêts de la justice d'imposer l'arbitrage à une personne morale dans un recours collectif en droit de la consommation
La question de l'opposabilité des clauses d'arbitrage en matière de recours collectifs continue à susciter beaucoup de débats jurisprudentiels. C'est pourquoi nous traitons aujourd'hui de la décision rendue dans Comtois c. Telus Mobilité (Société Telus Communications) (2010 QCCS 5222), dans laquelle la Cour supérieure a refusé d'imposer le recours à l'arbitrage aux personnes morales.
Libellés : Arbitrage, Clause compromissoire, Recours collectif
La Cour supérieure discute des critères de la réouverture d'enquête
Pour commencer la semaine, le Blogue attire votre attention sur la décision récente de la Cour supérieure dans Dubé c. Gélinas (2010 QCCS 5956). Dans celle-ci l'Honorable juge Catherine Mandeville fait une revue admirable des principes applicables à une demande de réouverture d'enquête en matière civile.
Libellés : Réouverture d'enquête
La Cour supérieure précise les critères afférents au délit de substitution
Il n’est pas surprenant de constater que les entreprises défendent farouchement leurs marques de commerce, étant donné la grande importance que celles-ci revêtent pour leurs intérêts commerciaux. Un des recours importants à la disposition d’une partie demanderesse pour se faire est l’action pour délit de substitution (passing off). La décision de la Cour supérieure dans Vincor (Québec) Inc. c. Maison des futailles, s.e.c. (2009 QCCS 1715) indique les critères qu’une partie demanderesse doit satisfaire pour obtenir l’intervention de la Cour dans un tel cas.
Libellés : Confusion, Délit de substitution, Marque de commerce, Passing Off
Selon une décision récente de la Cour du Québec, c'est au vendeur de prouver la qualité du bien vendu
par Michael Schacter, Kaufman Laramée s.e.n.c.r.l.
et Karim Renno, Osler, Hoskin & Harcourt s.e.n.c.r.l./s.r.l.
Habituellement, c'est sur la partie demanderesse que pèse le fardeau de la preuve en matière civile, à moins d'indication contraire dans la loi. Or, une décision récente de la Cour du Québec, London Landscape Co. Ltd c. Durasphalte inc. (BL Christmas Trees) (2010 QCCQ 9630) laisse sous-entendre que c'est sur le vendeur que pèse le fardeau de prouver la qualité du bien vendu en application des articles 1716 et 1717 C.c.Q.
Libellés : Contrats, Fardeau de la preuve, Vente
Les deux façons de quantifier les dommages résultant d'une contravention à une clause de non-concurrence
Le blogue remonte dans le temps ce matin pour attirer votre attention sur une décision importante en matière de clauses de non-concurrence et des dommages que l'on peut réclamer suite à une contravention à celles-ci. En effet, dans Uni-Sélect inc. c. Acktion Corp. (2002 CanLII 41226)
la Cour d'appel opérait un changement de cap significatif en la matière en décidant que le créancier d'une obligation de non-concurrence pouvait réclamer des dommages équivalent au préjudice qu'il avait subi en raison de la contravention ou au gain réalisé par le débiteur en raison de cette même contravention.
Libellés : Clause de non-concurrence, Contrats, Dommages
Les honoraires d'un expert pour sa présence au procès sont taxables
Peut-on faire taxer les honoraires d'un expert pour le temps qu'il a passé à la Cour hormis le temps qu'il a consacré à son témoignage? Voilà la question qu'avait à trancher la Cour supérieure dans l'affaire Nadon c. Montréal (Ville de) (2010 QCCS 5734).
Libellés : Expertise, Mémoire de frais
Un juge de gestion d'instance ne peut se prononcer prématurément sur le fond du litige ou sur des éléments importants de celui-ci
Alors que la gestion d'instance prend une place plus significative au sein de la culture juridique québécoise, il est tout naturel que des questions se posent sur les pouvoirs du juge qui assure cette gestion. L'on sait déjà que la Cour d'appel accorde de la déférence aux décisions de gestion, mais un jugement récent sur une demande de permission d'en appeler rappelle que même un juge de gestion ne peut se prononcer prématurément sur des éléments qui appartiennent à la sphère du procès. Il s'agit de l'affaire SNC-Lavalin, environnement inc. c. Béton Laurentide inc. (2010 QCCA 2124).
Libellés : Appel, Gestion d'instance, Permission d'en appeler
L'importance de rédiger des conclusions précises en matière d'injonctions et d'ordonnances de sauvegarde
La rédaction des conclusions d'une requête introductive d'instance est toujours importante, mais elle revêt un cachet encore plus essentiel dans le cas de procédures en injonction ou pour l'obtention d'une ordonnance de sauvegarde. En effet, comme l'indique la Cour supérieure dans Bernier c. 4190696 Canada inc. (2010 QCCS 5620), des conclusions imprécises et inaptes à l'exécution en nature ne peuvent être accordée dans ce contexte.
Libellés : Conclusions, Injonction, Injonction provisoire, Ordonnance de sauvegarde
Pour obtenir des dommages exemplaires, c'est l'atteinte au droit garanti et non la faute qui doit être intentionnelle
En droit québécois, l'attribution de dommages et intérêts punitifs demeure exceptionnelle et elle obéit à des règles strictes. Qui plus est, comme la récente décision de la Cour supérieure dans Langlois c. Entreprises Michel Lapierre inc. (2010 QCCS 5449) le rappelle, lorsque la demande de dommages exemplaires est fondée sur la Charte québécoise, il ne suffit pas de prouver le caractère intentionnel de la faute.
Libellés : Dommages, Dommages exemplaires, Dommages punitifs, Responsabilité civile
La Cour d'appel persiste et signe: une partie requérante doit démontrer des circonstances exceptionnelles pour demander la révision judiciaire d'une décision après plus de 30 jours
En juillet dernier, nous faisions état d'un jugement récent de la Cour supérieure qui indiquait qu'un délai de 66 jours pour demander la révision d'une décision judiciaire n'était pas raisonnable. Dans la même veine, nous attirons aujourd'hui votre attention sur la décision récente de la Cour d'appel dans Deschênes c. Valeurs mobilières Banque Laurentienne (2010 QCCA 2137) où elle réitère que tout délai de plus de 30 jours doit être justifié par des circonstances exceptionnelles et que c'est la partie requérante qui porte le fardeau de la preuve.
Libellés : Délai raisonnable, Révision judiciaire
Requête pour jugement déclaratoire: la Cour d'appel met de côté le formalisme procédural
Il n'y a pas si longtemps, presque toutes les procédures en jugement déclaratoire donnaient lieu à un débat quant au caractère approprié de ce véhicule procédural. Par ailleurs, les années ont amenés des assouplissements notoires en la matière. Récemment, la Cour d'appel, dans Isle-Principia (USA) Inc. c. Guimond (2010 QCCA 2133), poussait la question encore plus loin en indiquant que, même lorsque le jugement déclaratoire n'est pas le véhicule procédural approprié, la Cour devrait tout simplement en permettre la transformation en action ordinaire.
Libellés : Jugement déclaratoire
Selon la Cour d'appel, les frais d'expertise devraient faire partie des dépens et non des dommages accordés
Les frais d'expertise devraient-ils être accordés à la partie victorieuse à titre de dommages et intérêts ou à titre de dépens? C'est une des questions dont a traité la Cour d'appel dans Maison Simons inc. c. Lizotte (2010 QCCA 2126), décision dont nous avons traité sous l'angle de l'évaluation de la perte de gains hier, pour trancher une certaine controverse jurisprudentielle.
Libellés : Dépens, Expertise
La présentation d'une preuve nouvelle devant la Cour d'appel répond à des critères spécifiques et restrictifs
Un des principes élémentaires de l'appel est que celui-ci est jugé sur la base des éléments de preuve qui avaient été administrés devant le tribunal de première instance. Ce n'est qu'exceptionnellement que l'on permettra le dépôt d'une preuve nouvelle en appel. Le jugement récent de la Cour d'appel dans Kattous c. Amex Canada Inc. (2010 QCCA 2136) réitère ces critères et insiste sur le lourd fardeau qui pèse sur la partie qui entend produire de tels éléments.
Libellés : Appel, Preuve, Preuve nouvelle
En matière de responsabilité civile, il est souvent difficile de quantifier la perte de gains futures subie par la victime. Depuis des années, malgré certains rappels à l'ordre des tribunaux, plusieurs plaideurs utilisent la méthode de calcul au point d'incapacité. Or, la Cour d'appel vient de rendre un jugement dans lequel elle met définitivement de côté cette méthode d'évaluation pour la quantification de la perte de gains dans Maison Simons inc. c. Lizotte (2010 QCCA 2126).
Libellés : Dommages, Responsabilité civile
L'obligation de prudence et de diligence de l'acheteur immobilier
On discute souvent vices cachés, mais il ne faut pas oublier l'obligation qui s'impose à chaque acheteur immobilier d'agir avec prudence et diligence. C'est la leçon que nous rappelle la Cour du Québec dans la décision récente rendue dans Tremblay c. Bélanger (2010 QCCQ 9902).
La Cour supérieure permet l'amendement de procédures pour préciser l'identité de la partie demanderesse
La pratique courante au sein de la communauté des affaires d'utiliser plusieurs sociétés qui portent des noms presque identiques cause souvent des problèmes dans le cadre de procédures judiciaires. Or, il importe, à titre de partie demanderesse, de s'assurer de poursuivre au nom de la bonne entité au risque de voir ses procédures rejetées. L'affaire Import export Idéal c. Kisis Technologies inc. (2010 QCCS 5337) offre une très belle illustration du principe.
Libellés : Amendement, Droit corporatif
Le changement de stratégie d'une partie peut, dans certains cas, justifier la production tardive d'une expertise
On discute souvent production tardive d'expertises sur le blogue parce qu'il s'agit d'une question souvent importante dans les litiges civils. Qui plus est, la récente décision de la Cour supérieure dans Lachance c. Essor Assurances placements conseils inc. (2010 QCCS 5482) a attiré notre attention puisqu'elle pose le principe voulant que, dans certaines circonstances, un changement de stratégie peut justifier le dépôt tardif d'une expertise.
De simples contacts entre l’expert unique choisi par les parties et l’expert de la partie défenderesse n’entraînent pas la disqualification du premier
Il est acquis qu’un expert unique, qu’il soit nommé par la Cour ou de consentement entre les parties, doit demeurer indépendant et impartial. La décision récente dans Thomassin c. 9038-9594 Québec inc. (2010 QCCS 5557) traite de la question de savoir si, en contactant l’expert de la partie défenderesse, l’expert unique perd son indépendance et son apparence d’impartialité de telle sorte qu’il doive être disqualifié.
Libellés : Conflit d'intérêts, disqualification, Expert unique, Expertise
Demandes d’engagement dans le cadre d’un interrogatoire préalable : la Cour supérieure réitère la distinction importante entre les articles 397 et 398 C.p.c.
La distinction entre la portée des articles 397 et 398 C.p.c. (se rapportant à la demande vs. se rapportant au litige) est souvent difficile à faire dans le cadre d’un interrogatoire préalable. Pour cette raison, nous attirons aujourd’hui votre attention sur la décision récente de la Cour supérieure dans Familiprix inc. c. Cloutier (2010 QCCS 5488).
Libellés : Engagements, interrogatoire préalable

References: l'article 2793
 l'article 175
 art. 110
 l'article 175
 l'article 2631
 l'article 1739

L'article 15
 l'article 3148
 L'article 68
 l'article 68
 l'article 68

L'article 2863
 l'article 497
 l'article 497