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Timestamp: 2019-01-23 00:06:30+00:00

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Decret n° 2005-986 du 21 octobre 2005
Decret n° 2005-986 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en noon.
L’écriture du noon a déjà bénéficié d’efforts isolés, comme ceux de missionnaires chrétiens qui ont travaillé sur les langues dites à usage localisé.
La codification du noon avait déjà fait l’objet d’un projet de décret. Mais depuis lors, les recherches appliquées sur cette langue se sont développées, ce qui a rendu nécessaires la révision et la mise à jour de cet ancien projet de décret.
Et c’est à l’occasion de la 29ème Semaine nationale de l’Alphabétisation (atelier des 7 et 8 septembre 2004 à Dakar) que ce projet de décret a été revu, complété et mis à jour afin d’avoir une base conventionnelle qui puisse régir l’écriture de cette langue et permettre son développement.
Vu le décret n° 71-566 du 21 mai 1971 relatif à la transcription des langues nationales, abrogeant le décret 68-871 du 24 juillet 1968 et complété par le décret n° 72-702 du 16 juin 1972.
Decréte :
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en noon sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet noon compte vingt-neuf lettres, dont vingt-trois consonnes et six voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
pënës
vin de rônier
nirohiik
yyaak
- Les consonnes sont : b, b, c, d, d, f, g ,h, j, k, l, m, n, ñ, ŋ, p, r, s, t, w, y, y, ‘
- Les voyelles sont : a, e, ë, i, o, u.
Art. 3. - En plus des consonnes simples, le système consonantique du noon comporte une série de quatre consonnes prénasales. Pour les orthographier la lettre m est retenue devant la labiale b, et la lettre n devant les trois autres consonnes. Les prénasales apparaissent en position initiale et interne.
« lièvre »
« pintade »
Art. 4. - Les consonnes glottalisées alternent avec d’autres consonnes selon leur position dans le mot. Elles sont écrites telles qu’elles se réalisent.
* à l’initiale b, d, y
* à l’intervocalique w, r, y
beb « prendre »
=>	b ewa ! « prends ! »
ted	« tisser »
=>	terin	« (il) a tissé »
loy	« nouer »
=>	loyin« (il) a noué »
* en finale b,’,y
« libation ».
Art. 5. - L’occlusive glottale ( le coup de glotte)
/’/existe en noon. Elle apparaît en positions initiale, interne et finale.
Elle n’est pas notée à initiale, parce qu’elle est toujours prévisible à cette position.
Elle est notée en positions interne et en finale absolue.
as as	« nouveau »
enoh enoh « vache »
o’oo !	« non ! »
pe’ « chèvre ».
Art. 6. - Le graphe ë est retenu pour orthographier la voyelle centrale [ ].
Art. 7. - Le système vocalique du noo compte des voyelles brèves et leurs correspondantes longues. La longueur vocalique est pertinente. Elle est notée par le redoublement de la voyelle.
Voyelleslongues
kifas « traîner quelque chose »
kifaas
« débrous	sailler »
kiken « mettre un pagne à quelqu’un »
pëni « sommeil »
pëenii
ki’ik « restituer »
ki’iik
kipon « plier »
« poser toiture à une une maison »
kipun « voler (oiseau) »
« veiller un malade »
Art. 8. - Certaines voyelles connaissent aussi une opposition pertinente de tension. La tension est notée par l’accent aigu.
Voyelles brèves tendues
Voyelleslongues tendues
lémi « bande d’étoffe tissée »
péenin
« morve »
kitif « enlever l’écorce »
kifiit
kikop « saigner un rônier »
kipook
kihul « cultiver »
Art. 9. - Quand une voyelle longue (suite de deux brèves identiques) doit être affectée du signe de la tension, seule la première voyelle porte l’accent. De même,
lorsque la voyelle centrale est longue, seule la première voyelle porte le tréma.
Art. 10. - Le noon est une langue à classes nominales. A l’écrit, les affixes de classes, les suffixes du défini ainsi que ceux du possessif sont rattachés au radical nominal.
buy « personne » =>
buyii	« la personne »
muu « eau » =>
muumii « l’eau »
hal	« porte » =>
hali « la porte »
enoh « vache » =>
enohfaagari/enohfënge
« sa vache [de lui] »
Art. 11. - Les démonstratifs, l’indéfini d’altérité, les numéraux ainsi que les qualificatifs sont séparés du nom.
miismii mii
« ce lait-ci »
yoon wiliis
« un autre champ »
kataakii kiyaakkii
« le grand canari »
kadaagii këyaakkii
bo’ baay
Art. 12. - La marque de l’infinitif ki-/kë- est préfixée au radical verbal.
kinam / kënam
kifoom / këfool « courir »
Art. 13. - Les pronoms personnels sujets (simples ou emphatiques) sont séparés du verbe.
mi namin / më namën
fu yiri keen /fë yëri keen
« c’est toi qui es tombé »
Art. 14. - Les promons personnels objets sont rattachés à la forme verbale.
hotwa / hotwë
« il le voit »
hotba /hotbë
« il les voit »
Art. 15. - Les désinences verbales (marques de modalités de conjugaison) sont toujours rattachées à la base verbale.
ñama !
mi ñammbii
« je n’ai pas mangé »
mi ñamanndii
« je ne mangerai pas »
kaal => kikaal/këkaa
kaaloh « chasseur »
tip => kitip/këtip
tipoh/tiboh « batteur »
Art. 17. - Les éléments d’un mot composé sont séparés par un trait d’union.
Kooh « Dieu »
caam-kooh
cuuni
enoh « vache »
cuuni-enoh
muu’« oiseau »
sel-muu’
« cigogne »
Chapitre VII. - Les signes et la ponctuation
Art. 18. - Pour délimiter la phrase et ses composantes, le noon adopte les signes et valeurs de la ponctuation utilisés en français en tenant compte de la structure de la phrase noon.
top kanak
top kaahay
virgule	,	tuugërëk
top-tuukiruk/top-	tuugërëk
top-lëy
top-meekis/top-	meegës
kufiis/këfiis
kufiis-tokoh / këfiis-togoh
fiis-paayuk /
fiis-paayëk
hëli-jub
hëli-tuurëk
hëli-lik
likiic / ligiic
Léemukaa Baal na enohfaa
Baal hay henaa, an waa’ti ki’am ee ya yahhi kiléemuk hen. Ya cuulla, ennda ga kifiis ga kakayfum, kifiis ga kakayfum. Naalaa, lakanaa yii nam, bewi’ hafaa hen, séennda enoh fibeti ga fenoo Baal, ya yaa hay. Baal hot naalii yii hay ga fikiici, ya yaakaa’ta an léemukaagari abin, ya yaa bolinoh yahcaa. Waa naalaa deeycari, ya dalla kiloluk bërit, ki’ammbi ; ya ekuk caaya wiyo’oh. Naalaa hot piisaa wiyo’ohwaa hen rek, dallari ki’aasuk. Waa Baal yéegaa lakanaa maanin kidaan ga koykaa goginaa.
Baal pooki’ga waa ya ekuk enaama yiyo’oh ee enoh sagoh nawada. Kiléemukci gëy bëri.
L’envoûtement de la vache par Baal, l’hyène
Baal voulait de la viande mais pas n’importe quelle viande. Il alla voir un magicien pour qu’il lui apprenne à envoûter, afin qu’il puisse attraper le taureau qui dirige le troupeau de la panthère. Il voulait goûter la bonne viande que devait être la chair du taureau. Le taureau était vraiment gros ; il était blanc, aussi blanc que le papillon. Quand il mugissait, c’était comme un lion qui rugissait.
Alors, Baal arriva et voulut le prendre en l’envoûtant. Il s’accroupit et se mit à tracer des signes et des signes sur le sol. Le taureau, qui était en train de manger, leva la tête, aperçut une vache derrière Baal et fonça vers elle.
Voyant le taureau courir vers lui, Baal pensa que ses pouvoirs d’envoûtement avaient marché et commença à se frotter les mains. Dès que le taureau se fut rapproché de lui, il se leva brusquement pour le saisir. Baal portait un pantalon bouffant rouge.
A la vue de l’étoffe rouge, le taureau l’encorna. Avant que Baal ne s’en rende compte, il s’était déjà retrouvé suspendu à la branche d’un arbre appelé « gogin ». Le fait de porter un habit rouge était déjà un mauvais présage , car les bovins détestent la couleur rouge.
Ce fut la première et dernière fois que Baal s’essaya à l’envoûtement.
Art. 19. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 17

Art. 18

Art. 19