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Timestamp: 2020-08-11 00:55:24+00:00

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Les Dossiers Pédagogiques de l'Educateur n° 34-35 : La coopérative scolaire au sein de la Pédagogie Freinet | Coop'ICEM
Les Dossiers Pédagogiques de l'Educateur n° 34-35 : La coopérative scolaire au sein de la Pédagogie Freinet
Les dossiers pédagogiques de l’Educateur n°34-35
du 1er juin 1968
au sein de la Pédagogie Freinet
par Maurice Paulhiès et Michel Barré
C.Freinet L’Education du Travail (Delachaux et Niestlé)
L’Ecole Moderne Française
BEM n°5 : Education morale et civique
G.Prévost Pédagogie de la coopération scolaire (PUF)
L.Meylan Pestalozzi et l’idéal coopératif
(Institut des Etudes Coopératives,
5, Boulevard Montmartre, Paris 2e )
Bibliothèque de Travail 625 – La verrerie ouvrière d’Albi
547 – Les coopératives de consommation
14 – Vendanges en Languedoc
240 – Les laiteries coopératives
432 – Une distillerie coopérative
BT Sonore 809 En voyage de coopérative
Si vous possédez un magnétophone, vous pouvez emprunter à la sonothèque ICEM l’enregistrement d’une réunion de coopérative.
COOPÉRATIVE SCOLAIRE ET PÉDAGOGIE FREINET
Il est nécessaire de distinguer, l'organisation formelle de la coopération active sans laquelle il n'y a pas de vraie coopérative.
Nous ne sous-estimons pas l'appoint qu'une coopérative vivante, puissante... et riche peut apporter à la vie communautaire de l'école. Nous pensons cependant que ce n'est pas là l'essentiel et nous voudrions attirer l'attention de nos camarades sur cette forme plus spécialement pédagogique qu'est l'organisation du travail.
Si vos élèves ne prennent pas l'habitude de travailler, s'ils ne s'entraînent pas à l'activité libre, s'ils ne se passionnent pas pour leur besogne scolaire, l'organisation disciplinaire devra nécessairement être renforcée. Et toute communauté qui est obligée d'avoir intensément recours aux sanctions est certainement viciée dans ses fondements mêmes.
Si vous parvenez au contraire - et toutes nos techniques tendent vers ce but - à enthousiasmer vos élèves pour des activités répondant à leurs besoins, vous aurez fait l'essentiel pour la vie de la classe.
Nous sommes, dans une large mesure, parvenus à ce but, en faisant soigneusement alterner les moments de travail en commun, dans la classe, avec les activités libres, en classe ou aux abords ; en donnant au travail scolaire tout à la fois une adaptation parfaite à la vie des enfants, une motivation nouvelle et une grande souplesse d'expression par l'Imprimerie à l'Ecole, les échanges interscolaires et le fichier.
Nous avons en réalité, et beaucoup mieux certainement que tant d’autres écoles possédant une coopérative officielle, réalisé la coopération effective dans le travail scolaire, coopération qui a d’ailleurs tendance à évoluer vers l’organisation formelle : l’ancien président de la coopérative continue ses fonctions parce qu’agréé par tous ; un trésorier surveille la caisse ; une dizaine d’élèves ont choisi aux-mêmes une tâche définie qu’ils accomplissent consciencieusement.
Ainsi s’exprimait Freinet en février 1932 dans le bulletin L’Imprimerie à l’Ecole, donnant ainsi sa pleine signification à la coopération à l’école.
Depuis, les idées ont fait leur chemin. Les Instructions Officielles du 15 juillet 1963 pour les classes de transition, soulignent l’importance de la coopérative scolaire pour l’initiation à la vie sociale :
On rappellera à ce sujet l’existence du mouvement coopératif, son rôle efficace dans la petite société que constitue la classe : pratique des élections et des débats, attribution des responsabilités, contrôle collectif des activités, recherche des initiatives.
A vrai dire, le terme de coopérative couvre, parfois même abusivement, des réalités et des structures pédagogiques très différentes. Dans un éditorial récent M. Toraille, Président de l’Office Central de la Coopération à l’Ecole en évoque trois types :
- la coopérative constituée statutairement pour gérer les ressources de la caisse, ressources provenant des cotisations et des ventes de travaux divers ;
- la coopérative se réunissant régulièrement et délibérant en assemblée à des jours et heures déterminés, mais sans que la structure et l’organisation du travail scolaire soient modifiées en quoi que ce soit ;
- la classe constituée en coopérative, enfin, où toutes les activités scolaires trouvent leur motivation dans la vie de la coopérative et dans les tâches (enquêtes, monographies, recherches, correspondance, maquettes, etc.) que les élèves conseillés par leur maître décident d’entreprendre (1).
Toutes ces coopératives n’ont pas une égale valeur éducative et pour qu’il ne subsiste sur ce point aucune ambiguïté, M. Toraille précise dans une mise au point parue dans une revue pédagogique :
« La coopérative scolaire est une société d’élèves fondée sur le travail de ses membres et qui a pour objet de développer parmi eux le sens des responsabilités et de la solidarité active en vue de les former à leur rôle de citoyens dans une démocratie libre. La coopérative peut sans doute disposer d'un magasin se livrant à des activités de caractère économique, mais ces activités ont un caractère secondaire, et le terme de coopérative ne saurait s'y appliquer. » (2)
Comme M. Toraille, nous ne pouvons que regretter les abus de langage qui galvaudent parfois le noble terme de coopération. Aussi la pédagogie Freinet s'efforce-t-elle d'organiser la classe en coopérative non seulement pour des activités un peu marginales (travaux manuels, manifestations de solidarité, sorties de groupes) mais pour l'ensemble de la vie scolaire. Le texte libre, la correspondance, le journal scolaire, les plans de travail, les conférences, le travail individualisé sur fiches ou sur bandes sont tous marqués du sceau coopératif. Aucune de ces activités ne trouve sa signification profonde si elle ne s'exerce dans le cadre d'une organisation réellement coopérative.
Pour définir cette coopérative scolaire qui est la forme typiquement française de l'autodiscipline, nous ne pouvons mieux faire que de reprendre les conseils donnés par C. Freinet en 1946 (3) car ils gardent toute leur valeur :
« I°. Principe préalable
L'organisation autocratique ou même paternelle de l'Ecole a aujourd'hui fait son temps. Qu'on le veuille ou non, la pédagogie s'oriente vers d'autres formes de vie et de travail.
2°. Attention aux déviations
Nous mettons nos camarades en garde contre la déformation apportée à la coopération scolaire par ceux qui, négligeant l'esprit nouveau essentiel, ne voient plus dans cette initiative qu'une forme commode d'administration et de financement de l'école.
Par la coopération scolaire, ce sont les enfants qui prennent en main, effectivement, l'organisation de l'activité, du travail, de la vie de leur école. C'est cela et cela seul qui importe. La coopération scolaire vous apporte des normes possibles pour cette organisation. Ne commencez pas par imposer les normes aux dépens de l'esprit ! Que la règle et la bureaucratie ne tuent pas le nouveauté !
C'est pourquoi nous dénonçons tout de suite les administrateurs ‑ nous ne disons pas les éducateurs ‑ qui apportent et imposent plus ou moins directement les formes de la coopérative à des enfants qui n'en ont pas encore senti la nécessité, qui ne voient dans la coopérative que la puissance financière ou économique nouvelle : 200 élèves apportant chacun 5 F dotent une école d'un budget supplémentaire de 1000 F. On nomme un conseil d'élèves à qui on laisse l'illusion d'une gestion autonome et, en fin de compte, ce sont les instituteurs et le directeur qui ont trouvé une formule neuve pour faire payer. les parents qui protestent puisqu'on leur a tellement affirmé que l'école est gratuite.
On nous objectera peut-être que rares sont maintenant les éducateurs qui déforment à ce point et racornissent l'idée si féconde de la coopération scolaire. A la campagne peut-être. L'école de ville, par contre, est loin encore d'avoir trouvé l'adaptation à sa structure spéciale d'une forme d'organisation presque parfaite pour les petites écoles...
3°. Ce sont les coopérateurs et non les règlements qui font la coopérative.
- une vie nouvelle à réorganiser sur d'autres bases, l'abandon de la discipline traditionnelle et l'appel le plus large possible à l'organisation par les enfants de la vie de leur classe,
- un travail nouveau qui n'est plus réglé souverainement et préalablement par les programmes ou par les manuels scolaires, un travail nouveau qui suppose et nécessite la coopération.
Tout notre matériel est conçu justement pour ce travail nouveau. Il est presque toujours un matériel collectif, communautaire qui appelle l'organisation coopérative.
Les méthodes traditionnelles, la pratique du manuel scolaire étaient basées sur le travail individuel qui ne saurait même s'accommoder de la forme coopérative : chaque enfant a son livre, fait son devoir, étudie sa leçon. Les essais d'entraide deviennent des tricheries et sont punis comme tels.
L'arrivée du matériel d'imprimerie dans une classe suppose un changement radical d'orientation. Ce matériel appartient à tout le monde et le travail qu'il permet ne saurait être que le travail d'équipe. Cela suppose un embryon au moins d'entente, d'organisation, un règlement. Il en est de même pour le fichier documentaire, le dessin, la correspondance, les fichiers autocorrectifs, le musée et le travail scientifique, l'entretien des plantations, le matériel audiovisuel, etc.
Ces observations pourraient sembler accessoires : elles sont essentielles. Nous sommes certes pour l'organisation sans laquelle il n'y a que désordre, nervosité, inefficacité. Mais on n'organise pas le vide. Si vous êtes seul à rouler sur une route privée, vous n'avez pas besoin de règlement et vous trouveriez ridicule le fait d'appliquer ici le code de la route sous prétexte que ce code existe ailleurs.
Mais dès que la circulation deviendra un peu plus complexe, alors oui, le règlement s'imposera. C'est pourquoi nous disons aux éducateurs : ne partez jamais du règlement quand vous désirez constituer la coopérative scolaire. N'organisez pas à vide mais introduisez dans le processus de vie de votre école des pratiques modernes de travail ; alors le besoin d’organisation s’imposera.
Ne présentez pas tout de suite des modèles de statuts. Organisez votre classe et votre travail selon vos moyens de bord, en vous inspirant certes de ce que vous avez vu réaliser ailleurs. Laissez les enfants s’essayer en tâtonnant à cette forme nouvelle de vie. Il n’est pas nécessaire que le responsable ait été nommé par vote régulier ni qu’on ait défini toutes les attributions du trésorier. Ce formalisme quelque peu impressionnant risque de décourager certaines bonnes volontés.
Créez à même la vie, la fonction d’abord la fonction créera ensuite l’organe. Quand vous présenterez un jour prochain des statuts modèles, tous les enfants comprendront alors ce qu’ils sont ‑ ou doivent être ‑ et les statuts ne seront là que Pour renforcer l’organisation normale et naturelle.
Alors vous aurez définitivement évité l’écueil de la bureaucratie. Vous aurez sûrement une coopérative scolaire réalisée par et pour les enfants. Et vous pourrez pousser au maximum l’organisation, l’obéissance au règlement, la conscience scrupuleuse des responsables parce que la coopérative scolaire sera devenue la nécessité vivante de votre travail.
La coopérative scolaire ne doit pas se substituer brutalement aux caisses des écoles, aux œuvres diverses peri et post scolaires et encore moins aux municipalités. La coopérative scolaire est autre chose que tout cela, elle peut arriver un jour prochain à englober toutes ces activités scolaires ou post scolaires mais ce sera dans la mesure où. aura triomphé la conception moderne de la vie et du travail, tout entière fondée sur la coopération.
4°. Ne vous laissez jamais dominer par la forme ou par l’organisation bureaucratique.
Que la coopérative ne soit pas le fait d’un bureau plus ou moins actif, plus ou moins autoritaire, mais l’œuvre de tous les élèves.
Pour cela, que tout le travail scolaire soit compris coopérativement, que, sous la haute responsabilité du bureau élu, il y ait, dans toutes les branches d’activité, une floraison de responsables, de chefs d’équipe, de rapporteurs, de conférenciers qui, s’habitueront à même la vie et le travail, à remplir totalement leur rôle de citoyens.
N’endiguez justement pas trop tôt ce besoin de discussion et de critique par une réglementation statutaire excessive. Les vraies assemblées générales, au cours desquelles on décide ou on remanie la structure et la direction de la coopérative ne doivent pas être trop fréquentes. Il faut que les responsables aient le temps de faire leur travail. Mais réunissez le plus souvent possible vos élèves en assemblées générales secondaires au cours desquelles on passe en revue l’activité de chacun. Voici ce que nous pratiquons à l’Ecole Freinet, et avec grand succès.
Les enfants ont affiché dans le couloir le journal mural sur lequel chacun écrit librement ce qu’il a à dire (critiques, félicitations, suggestions). Tous les samedis soirs, l’assemblée générale se réunit sous la responsabilité du président de la coopérative assisté du secrétaire qui note l’essentiel de la discussion.
On lit le journal mural. Des élèves, et parfois le maître, sont mis en cause ; on discute, on s’explique; on sanctionne, on conclut. Puis on laisse la parole à ceux qui ont à apporter suggestions ou critiques. On examine ainsi à fond par les réactions des élèves, toute la vie de l’école; on améliore l’organisation ; on aménage les responsabilités et les charges. Chacun a ainsi vraiment l’impression que l’école est sa chose et l’on peut prendre des décisions, engager par des promesses, enthousiasmer par des perspectives de travail qui auront le plus heureux effet sur la vie et le travail de l’école.
5°. Les coopératives doivent-elles se fédérer ?
La chose semble si normale qu’on s’étonnerait qu’elle ait soulevé naguère d’ardentes discussions.
Cela est dû, probablement encore, au fait qu’on a placé, en l’occurrence, la charrue devant les bœufs.
Il est normal que les coopératives scolaires puissent se fédérer départementalement et nationalement pour mieux résoudre les problèmes qui se posent à elles. Nous y parviendrons si nous savons faire primer partout la vie coopérative sur l’organisation bureaucratique.
6°. Jsqu’où peut s’étendre le champ d’action des coopératives ?
Si nous plaçons donc la vie scolaire et le travail des enfants dans leur milieu au centre de la coopération scolaire, nous pouvons dire sans crainte que notre champ d’action est presque illimité.
Nous donnerons quelques exemples de ces activités. Chacun pourra selon les nécessités en susciter de nouvelles. L’essentiel est que la coopérative scolaire ne perde jamais son caractère de profit pédagogique, qu’elle ne se mette pas à produire ou à vendre par déformation du milieu ambiant, qu’elle ne sacrifie pas la vie de l’école à une illusoire prospérité matérielle et que l’instituteur ne soit pas hypnotisé par son budget enflé aux dépens parfois de la vraie coopération.
Mais sous les réserves que nous avons faites, la coopération scolaire, forme moderne de l’organisation scolaire française, peut s’attaquer à tous les problèmes scolaires : organisation du travail, fabrication et achat de matériel, discipline, propreté, équipes de travail, sorties, promenades, excursions, expériences, cinéma, radio, pépinières, travaux de jardin, échanges interscolaires, voyage-échange, cantines, etc.
Ne vous effrayez pas de cette complexité. Elle est à l’image de la vie et vous devez l’aborder si vous voulez retrouver et influencer la vie.
La coopérative scolaire vous y aidera. »
(1) Revue de l’OCCE n°123, p.4.
(2) L'Education Nationale n°844, p.3.
(3) BENP La Coopération à l'Ecole Moderne, n°22.
COMMENT NAISSENT LES RESPONSABILITÉS
Nous avons ouvert le colis reçu de la CEL qui nous apporte les boîtes de peinture en poudre. Où allons-nous ranger ces boîtes ? Dans l'armoire. Qui va s'occuper de la préparation des couleurs, de l'installation de l'atelier de peinture, qui rangera le soir avant de quitter la classe ? Les volontaires ne manquent pas. Nous en choisissons deux.
Les BT sont bien rangées dans l'armoire mais on veut déjà en emprunter à la bibliothèque. Qui se chargera de faire la liste des élèves afin de consigner le numéro de la brochure prêtée ? Qui placera en évidence la liste des BT que nous possédons ?
Nous correspondons régulièrement avec une classe lointaine. Qui rassemblera les lettres et les textes en paquet et les expédiera ?
Chaque nouveau problème entraîne une nouvelle responsabilité.
Il est bon que les tâches soient suffisamment nombreuses pour que tout le monde ait une responsabilité car cela aide chacun à comprendre la nécessité de respecter les règles et cela évite qu'un meneur n'y trouve l'occasion d'une autorité abusive.
Tant que les charges ne sont pas nombreuses, il est facile de les harmoniser mais dès qu'un flottement ou un conflit viendra d'un manque d'harmonisation, il sera utile de pousser plus avant l'organisation et la structuration de la coopérative.
Ce n'est pas au maître de trancher les problèmes qui naîtront, les enfants doivent trouver eux-mêmes une solution. On se réunit donc pour en discuter.
Qui va diriger les débats ? « Pas moi », dit le maître. Qui va relever par écrit l'essentiel de la discussion et noter les décisions prises ? C'est le moment de choisir un président de séance et un secrétaire.
Le jour où se poseront les questions d'argent (comment couvrir les frais de la correspondance interscolaire ? Comment se procurer le petit matériel qu’on ne peut prévoir au budget de la classe ?) il deviendra important de nommer un trésorier.
Il viendra un moment où les enfants sentiront le besoin d’une continuité et voudront élire leur président pour un temps déterminé, ce qui vaut mieux que le changement brutal sur impulsion du groupe.
Il s’agit d’une grande feuille affichée dans la classe et portant des rubriques du type : je critique, je félicite, je propose, j’ai réalisé. Des collègues ont parfois critiqué ce qui pourrait devenir un tribunal ou un pilori. Ce serait sous-estimer la part du maître, celui-ci refuse d’être le distributeur de sanctions mais ce n’est pas pour laisser au groupe un rôle de croquemitaine. En fait la critique portée au grand jour permet l’éclaircissement. Chacun a tôt fait de comprendre que les petites querelles mesquines n’ont pas leur place. On peut prendre conscience des malentendus. Le maître est là pour favoriser l’élucidation. Sa tâche n’est pas le jugement de Salomon, même pas la plaidoirie modérée devant le tribunal du peuple, il doit simplement essayer de comprendre et de faire comprendre, sans porter ni laisser porter de jugement de valeur.
La réunion de coopérative
La réunion de coopérative a deux buts :
- faire le point de la situation, éventuellement en posant les problèmes pendants,
- préparer le travail à venir.
Certains camarades pensent que si la préparation du travail peut être tracée dans ses grandes lignes en séance hebdomadaire, il est bon d’y ajouter une courte réunion avant chaque répartition journalière en ateliers. Cela permet de retracer rapidement les projets de chacun pour éviter tout éparpillement.
De même un grand nombre de collègues terminent la journée sur un bilan des activités. Chacun rappelle ou présente aux autres son travail. On évoquera rapidement certains petits problèmes qui doivent être résolus au jour le jour avant la réunion hebdomadaire.
L’essentiel est que ces courtes réunions se fassent sans bavardage, sans gaspillage de temps, mais seulement pour préciser les projets et faire le point des activités. La pédagogie Freinet est avant toute chose l’éducation du travail. La réunion hebdomadaire est plus longue et plus structurée. Il est indispensable que tous les problèmes laissés en suspens puissent y être débattus en y passant le temps nécessaire qui, dans une bonne ambiance coopérative, n’est jamais du temps perdu.
Chacun fait le point de son travail de la semaine, rappelle les textes lus, les occasions mathématiques apportées, la conférence présentée, montre ses dessins, albums, maquettes. Si les élèves sont trop nombreux pour une présentation successive, ils disposent sur leur table les éléments et confrontent en circulant dans la classe.
Ce moment de confrontation nous semble essentiel. Là encore certains craignent d’inférioriser les plus faibles mais c’est oublier que le maître met en relief toutes les réussites.
Un coup d’œil aux plannings permet de voir la progression du travail individuel sur fiches autocorrectives ou sur bandes enseignantes.
On fait en commun le graphique d’appréciation du plan de travail à partir de l’auto-évaluation de chacun. Même dans les établissements où l’administration exige absolument des relevés de notes, il est possible d’attribuer ces notes en réunion de coopérative, ce qui désamorce une partie de leur nocivité.
La lecture du journal mural contribue à ce bilan et pose les problèmes pendants.
Chaque responsable peut intervenir sur le sujet qui le concerne.
Parmi les suggestions faites au journal mural, on retiendra après discussion celles qui seront retenues immédiatement. On relira toutes les pistes notées au cours de la semaine et non exploitées encore. On décide ensemble si cette exploitation sera faite dans les jours qui suivent. Le secrétaire note les projets retenus.
Certains collègues voulant battre le fer quand il est chaud, font même rédiger à ce moment les plans de travail individuel pour la semaine suivante. L’essentiel est que la séance de coopérative s’ouvre sur des perspectives et des engagements.
Nous ne nous étendrons pas sur ce sujet qui ne doit pas être primordial mais nous évoquons rapidement les possibilités.
Dans notre esprit, l’organisation de la trésorerie se fait toujours au niveau de la classe et ne se limite pas au niveau de l’établissement. Chaque unité vivante (la classe) doit avoir la pleine gestion de sa trésorerie, ne laissant au secteur général qu’une partie des fonds par exemple pour des achats d’utilité commune ou pour l’organisation de certaines activités. Nous dénonçons très fermement ces coopératives d’établissements (notamment dans l’enseignement secondaire) où les quelques délégués de classes ne sont qu’un alibi à la gestion autocratique de certains responsables adultes. Rien n’est plus critiquable que de galvauder la valeur des mots et de faire de la coopérative une caisse noire sans le moindre idéal. Les chefs d’établissement sincères doivent se préoccuper avant tout de la réalité de la vie coopérative avant de se soucier des entreprises spectaculaires, en général éphémères et en tout cas souvent superficielles. Les classes françaises sont suffisamment chargées pour que l’éducation profonde du sens coopératif se fasse à l’échelon le plus normal. celui de la classe.
Un mot d’ordre : Luttons pour la coopérative de classe ayant sa propre gestion, la coopérative d’établissement n’étant qu’une fédération, non confondue avec l’administration de l’établissement.
La caisse de coopérative peut être alimentée par des cotisations, des dons, des ventes d’objet.
a) Les cotisations : Les enfants doivent être les seuls juges de la nécessité d’une cotisation régulière mais il faut éviter que l’esprit coopératif soit confondu avec cet apport financier. On sait que certaines familles paieront « parce que c’est l’habitude » alors que d’autres refuseront toute participation. L’argent de poche est inégalement réparti et 5 c représenteront parfois pour certains un plus gros sacrifice que le billet de 10 F pour d’autres. De toute façon, on proscrira la cotisation trimestrielle ou annuelle qui n’a rien de coopératif.
Il doit être possible d’apporter chaque jour de l’argent au trésorier.
La cotisation libre paraît une formule plus souple. Dans certaines classes, chaque enfant a sa fiche sur laquelle on porte non seulement les cotisations versées mais l’évaluation chiffrée des services rendus, la plus-value des objets réalisés (Par ex. : Gilbert a apporté des chutes de contreplaqué : 6 F, il a fabriqué trois plateaux, bénéfice : 7,50 F). Ainsi le coopérateur peu fortuné et débrouillard n’est pas infériorisé par rapport à celui qui a des parents plus aisés.
En plus des cotisations régulières, il est possible de faire des campagnes spéciales par ex. : pour le voyage-échange.
b) Les dons ‑ Sans faire de mendicité, il est possible d’associer les amis de l’école à l’action de la coopérative par des cartes de « membres honoraires », mais il faut veiller à les considérer vraiment comme des membres de la communauté et non de simples cotisants. Il est bon de leur témoigner des attentions particulières : carte de nouvel an, invitation spéciale à une exposition. Il est aussi possible de solliciter des subventions.
c) La vente d’objets. On connaît le succès de la vente des calendriers de l’OCCE. Certaines coopératives organisent des ramassages divers (papiers, plantes, etc.), des ventes, des concours dont le bénéfice alimente la caisse. Nous préférons à tout la vente d’objets réalisés par les enfants : journal scolaire d’abord, albums, cartes illustrées, poteries, tapisseries, petits bibelots ou objets utilitaires. Nous n’oublions pas les fêtes scolaires et les kermesses qui sont l’occasion de réunir tous les amis de l’école.
Nous voudrions insister sur l’importance du caractère éducatif de toutes les activités scolaires. Une louable intention ne justifie pas tous les moyens. Que dire de la prolifération de petites horreurs (plâtres moulés, etc.) fabriquées en série parce que « ça se vend bien » alors qu’un souci de qualité devrait toucher tout ce qui se fait à l’école ? Que dire aussi de la forme douteuse donnée parfois aux fêtes scolaires, aux concours d’amicales quand le seul souci d’éducation culturelle devrait animer les enseignants ? Que dire aussi de certains tarifs prohibitifs qui révolteraient si ce n’était « pour les enfants » ? Ne croit-on pas que le souci de dignité passe avant l’aisance financière ? Et un assez grand nombre de nos camarades ont prouvé qu’il était possible d’œuvrer sans concession avec l’aide compréhensive de toute une population.
Il est important que la comptabilité de la coopérative soit toujours très claire, que les enfants sentent le sérieux d’une gestion. Comme il est dangereux de laisser l’argent dans les locaux scolaires, le maître peut être le transporteur de fonds. Le CCP au nom de la coopérative est bien utile car il faut que les comptes soient très clairs pour que les enfants s’en sentent responsables.
Affiliation A l’OCCE
Dans la plupart des départements fonctionne une section de l’Office Central de la Coopération à l’Ecole. Moyennant une cotisation minime, la coopérative peut bénéficier d’un certain nombre de services, de l’ouverture d’un CCP. Le principal intérêt de cette affiliation, c’est l’union des forces coopératives matérialisée par des journées de petits coopérateurs. Même lorsque dans certaines régions des coopératives ne correspondent pas à l’idéal exigeant qui est le nôtre, une politique de présence permettra justement de faire rayonner la conception authentique de la coopérative. C’est ce qu’ont compris les nombreux camarades de l’ICEM qui militent à l’OCCE.
Vous trouverez dans presque tous les départements un responsable local de l’OCCE. En cas de problème, adressez-vous au siège national :
Office Central de la Coopération à l’Ecole, 101 bis, rue du Ranelagh, Paris 16e.
Les organismes de coopération adulte
Nos coopératives scolaires doivent se. sentir liées au mouvement coopératif international. Certes, là encore, toutes les coopératives d’adultes ne réalisent pas au même niveau l’idéal coopératif mais il est important que les enfants sachent comment les adultes travaillent coopérativement.
On pourra faire lire les BT n°625 (Coopérative ouvrière d’Albi), 547 (les coopératives de consommation) ainsi que les n°14, 240, 432.
Une réunion de coopérative en classe de transition
classe de Maurice Paulhiès
Elle est déjà en partie préparée dans le « journal mural » comme on pourra le constater en lisant le compte rendu communiqué par ailleurs. Toutefois, pour éviter les pertes de temps, le Président de la coopérative consulte individuellement, avant la réunion, les différents responsables ‑ tous les élèves en somme ‑ pour leur demander s’ils ont l’intention d’intervenir à propos de ce qui se passe dans leur « atelier ». Cela lui permet, d’une part d’accélérer le rythme de la réunion, d’autre part de régler le déroulement de celle-ci. Il nous prévient par exemple lorsqu’une discussion s’éternise et que de nombreux sujets sont encore inscrits à l’ordre du jour.
Cette façon de procéder donne à chaque responsable le temps de réfléchir à ce que doit être sa participation à la réunion, et le loisir de préparer ses arguments. Le Président n’oublie pas que je suis aussi un responsable, un coopérateur comme les autres.
Elle dure, en principe, une heure. Nous limitons sa durée pour encourager les enfants à se contrôler. Il faut apprendre à être bref et concis, pour laisser à chacun le temps d’intervenir dans l’heure comme il l’a prévu.
Les élèves ayant déjà la possibilité de s’installer où ils le jugent préférable dans la classe, aucune disposition particulière n’est prise, sauf les jours où nous décidons d’enregistrer les débats. Dans ce cas, c’est à l’atelier de « conférence » (coin où l’on peut se rassembler à proximité du micro pour éviter les silences dus aux déplacements) que je tiens la réunion.
Je prends ma place parmi les coopérateurs.
Au début de l’année, c’est le Président ou le vice-Président qui dirige la séance. Au bout d’un certain temps nous choisissons un Président de séance différent pour chaque réunion. Le candidat doit être accepté par un vote à main levée. Il a, au préalable, manifesté au Président titulaire son intention d’essayer... Là, nous avons quelquefois des surprises car ce ne sont pas toujours les plus « bavards » qui dirigent le mieux les discussions. C’est un excellent exercice, non seulement d’expression orale, mais aussi de maîtrise de soi. Nous avons connu des élèves, qui se sont révélés, qui ont ainsi réussi à affirmer une personnalité que nous né soupçonnions pas et cela leur a donné une confiance en eux qui leur a rendu service par la suite.
Comme pendant les heures de classe les membres de l’assemblée doivent obligatoirement demander la parole en levant la main. La pratique de l’enregistrement magnétique les amène, très facilement, à ne plus parler à plusieurs à la fois.
La discipline est assurée par le Président de séance. Sur la requête d’un camarade ou parce qu’il a lui-même constaté que celui-là gênait le cours des débats, il peut prier tel camarade de se calmer et, après un avertissement, lui demander d’aller s’occuper à autre chose dans un atelier en lui enlevant le droit à toute participation pour le reste de la réunion.
Peut-être, au début, et c’est normal, la part du maître sera-t-elle plus importante et les regards se tourneront-ils fréquemment vers lui en quête d’un avis, d’une décision. Par ses remarques - jamais intempestives - il facilitera la prise de bonnes habitudes et sera même dans l’obligation de hâter la conclusion d’une discussion qui dégénère ou s’enlise.
Les décisions se prennent presque toujours après des votes rapides, à main levée (nous ne parlons pas de celles prises en Assemblée Générale). Lorsqu’il s’agit de critiques les enfants ont rapidement admis qu’il est nécessaire que l’un ou plusieurs d’entre eux prennent ‑ le cas le justifiant la défense ou cherchent des circonstances atténuantes à celui qui est en cause. Sans aller jusqu’à la polémique nous donnons ainsi aux citoyens qu’ils deviendront l’occasion de développer leur sens de la justice, leur libre arbitre, la capacité de savoir choisir après réflexion.
Chez nous, ils sont l’affaire du secrétaire adjoint (l’instituteur) jusqu’au moment où le secrétaire sera assez dégourdi pour prendre lui-même l’essentiel de ce qui sera fait au cours d’une réunion. Pour s’y préparer il s’assied à coté du secrétaire adjoint pour suivre tout ce qui est noté au brouillon par celui-ci. C’est lui qui recopiera au propre sur le tableau mural (bulletin des C.R.). C’est lui également qui lira le C.R. de la réunion précédente au début de chaque séance.
Le remplacement des responsables
Tous les responsables le sont effectivement devant la coopé. Par conséquent ils peuvent être remplacés si le désir en est formulé par un ou plusieurs de leurs camarades. Cela ne se fera jamais sans discussion préalable de façon, même en cas d’unanimité, à bien fixer les limites des responsabilités, de manière aussi à laisser à l’intéressé l’occasion de se défendre.
Pour assurer le bon fonctionnement du système, mais aussi pour que l’on puisse rapidement se tenir au courant de la vie de la coopérative, plusieurs bulletins seront constamment affichés aux murs de la classe et à la disposition de tout un chacun. Il y aura :
- le tableau des comptes rendus des réunions,
- celui d’« au fil des jours » où sont relatés quotidiennement ‑ souvent à la suite de l’entretien du matin ‑ les faits les plus importants de notre vie,
- celui des responsabilités assurées par chacun des coopérateurs,
- celui des travaux projetés ou en cours de réalisation,
- celui des exposés proposés (il y a ainsi de la part de l’élève un véritable contrat, un engagement écrit).
Il est bien entendu que chacun est tenu par un responsable, le premier de cette liste étant naturellement réservé au secrétaire adjoint dont les fonctions seront définies au chapitre des réunions hebdomadaires (comme d’ailleurs celles du Président). L’inventaire du matériel est conservé par le gérant.
Le trésorier doit présenter régulièrement un compte rendu financier. Chez nous il s’occupe tout spécialement de la tenue du cahier de comptabilité, son adjoint étant chargé de faire rentrer le produit des ventes (journaux, travaux réalisés en commun, calendriers, etc.), les cotisations des adhérents ou des membres honoraires.
Ce sont eux qui s’occuperont de l’affranchissement et de l’expédition du courrier : lettres, paquets, colis, mandats. Après avoir appris à confectionner un poquet, à le peser, à rédiger correctement et lisiblement les adresses, à remplir les formules de mandat (abonnements et autres versements), c’est encore eux qui guideront leurs camarades lorsqu’ils apprendront eux aussi, à tour de rôle, à se débrouiller convenablement dans les mêmes situations.
A leur cahier de comptabilité est joint un classeur contenant les pièces justificatives des dépenses ou des recettes effectuées (talons de mandats, reçus, factures, etc.)
Nous avons remarqué que le trésorier adjoint devait faire preuve, à la fois, d’obstination et de doigté...
La coopérative peut être titulaire d’un CCP dont les opérations doivent être consignées régulièrement.
Compte rendu de la réunion du 15 novembre 1965
Amalio, secrétaire, lit le compte rendu de la dernière réunion.
Le Président, Elian, fait remarquer que les responsables de l’imprimerie laissent traîner les lettres. Il faudrait d’ailleurs préciser les rôles des responsables de l’imprimerie.
Jean-Pierre D. propose de s’occuper du journal et Michel sera responsable du matériel.
Monsieur P. propose que l’on commence dorénavant par les travaux réalisés ou à effectuer. Tout le monde est d’accord.
Christian G. revient sur la question de l’imprimerie et dit qu’il a remarqué que c’était Jean-Pierre D. qui avait supporté seul les reproches du Président et du maître alors qu’il y avait deux responsables.
Travaux réalises : porte-manteaux pour accrocher les blouses de travail à l’atelier. Il manque des crochets (discussion à propos de ceux qui ne suspendent pas les cartables mais le mettent derrière leur dos). Des carreaux ont été changés, les tringles des rideaux sont redressées, la chaise a été nettoyée.
Travaux à effectuer : le jardin à nettoyer, refaire des rideaux pour les bibliothèques, tracer le terrain de hand-ball, faire un dessin pour décorer le journal mural, une boîte pour le micro, expédier le magnétophone en réparation.
Elian pense que, si personne ne s’occupe du cahier de vie de la classe nous serons obligés de l’abandonner. Anne-Marie et Claudine voudraient essayer Il demande aux camarades de ne pas froisser les feuilles du journal mural.
Anne-Marie se plaint de Jean-Claude qui a pris une boite de crayons de cire sans la faire marquer. Discussion avec Francis, Christian G., Monsieur P., Marie-Hélène, Amalio, Jean-Claude, le dernier se défend et prétend qu’on l’a forcé à prendre cette boîte.
Le Président voudrait qu’on active le travail aux albums. Guy a besoin d’un dessinateur pour l’aider à illustrer le sien.
Christian B. critique Jean-Marc qui frappe trop fort sur le tableau en musique et Christian G. qui lui donne des coups dans le dos.
Francis raconte comment Christian G. s’amuse à faire claquer ses bretelles.
Christian B. voudrait qu’on l’aide à porter de l’argile pour fabriquer des masques.
Christian G. aimerait savoir pourquoi le maître ne le fait pas jouer en cadets (handball du CIS), pourquoi Patrick, le fils du maître y joue, ainsi que Christian D. qui ont son âge. Les explications fournies le satisfont.
Jean-Claude demande pourquoi l’on bêche le jardin si l’on n’y cultive rien. Amalio lui répond qu’il doit être propre. Guy, Francis participent à la discussion et Monsieur P. explique pourquoi on l’avait transformé en jardin d’agrément.
Marie-Hélène fait remarquer que les mêmes élèves laissent traîner des fiches. La réunion est arrêtée à 15h30 mais comme l’ordre du jour n’est pas épuisé le Président propose de la reprendre le lundi 15 à 14h30.
Christiane explique que Françoise n’a pas rapporté un « Terre des Jeunes ». C’est le n°307.
Certains proposent de le lui faire payer et Christian suggère simplement qu’elle n’ait pas le droit d’en prendre un autre tant qu’elle n’aura pas retrouvé le 307.
Claudine demande des amendes pour ceux qui n’emportent pas leur torchon quand il est sale : Marie-Hélène V., Christian B., Philippe, Christiane, Michèle, Michel, Jean-Marc, Jean-Claude, Francis.
Jean-Marc propose lui-même que ce soit 10c. C’est adopté.
Guy demande que ce soit seulement les responsables qui puissent toucher le matériel sportif.
Maryline annonce qu’un élève a pris une BT sans la faire marquer et demande pour lui une amende de 5c.
Michèle demande à ceux qui ont reçu un journal de le faire marquer.
NOUS FELICITONS Guy qui a fait un diorama en quatre jours. Christian B. qui a mis de l’ordre. Monsieur P. qui a apporté des planches. Anne-Marie qui a apporté une boîte. Francis et Christian B. qui ont rangé les tables. Michel qui a apporté de la pâte Arma. La responsable météo. Eliane qui a bien travaillé en octobre. Elian et Eliane qui ont apporté des pots pour la peinture. Guy qui a fait une plaque pour enrouler le fil du « casque stéthoscopique ». Anne-Marie qui est serviable. Amalio qui a eu « très bien » sur son plan de travail.
Nous voudrions aller plus souvent au terrain de sport et nous critiquons ceux qui ne soignent pas assez le travail à l’imprimerie et le responsable sportif qui laisse traîner la corde à la pluie.
Essai d’auto-organisation
classe de perfectionnement de P. Yvin à Saint-Nazaire
A la journée départementale des Coopératives Scolaires, à Nantes, les quatre délégués de notre Coopé participent au débat sur Les Enquêtes. Ils retrouvent là, leurs camarades de Ragon (classe de jean Le Gal), avec lesquels ils échangent leur journal et de temps en temps quelques lettres.
Ils se réunissent dans une salle du CEG, avec d’autres délégués. La discussion porte sur le thème qui a été préparé en classe. Les enfants ont répondu au questionnaire proposé par les organisateurs, ils savent de quoi on va parler. De plus, ils sont habitués à prendre la parole.
Donc, le débat commence. Tour à tour, les enfants de Ragon et de Saint-Nazaire interviennent, se posent des questions, expliquent comment se mènent les enquêtes dans leur classe. Mais nous sentons bientôt, Jean et moi, que nos enfants ne sont pas très à l’aise. N’ont-ils donc rien à dire de plus ? Et pourtant ? Levons donc l’obstacle qui les empêche de parler librement. Jean et moi, nous les invitons à se rendre dans la salle d’exposition, où les coopératives ont affiché leurs comptes rendus d’enquête, leurs albums, leurs travaux manuels, leurs journaux, des bandes, etc... Des choses, ils en avaient certes à dire ! Au contact des documents, libérés du cadre de la salle de réunions, nos enfants ont retrouvé leur naturel.
« Ah ! c’est toi Jacques qui nous a écrit ?
- C’est là qu’habitent nos correspondants.
- Les nôtres sont à Port-Vendres.
- Vous êtes allés chez Simca ?
- Nous, nous allons souvent au port.
- Et que faites-vous encore en classe ?
- Mais, avez-vous des bandes ? »
Jean et moi, nous pouvons nous retirer. Les enfants n’ont guère besoin de nous.
Dans un coin de la salle, je vois mon Yannick occupé avec un Inspecteur. « Il a du bagou », me dit l’Inspecteur. Yannick lui expliquait comment il avait réalisé son enquête sur la Brière, d’après une bande.
Ce qu’ils s’étaient dit, je l’ai su le lendemain et le surlendemain. J’étais surpris - mais pourquoi en aurais-je douté ? - du sérieux avec lequel nos enfants avaient parlé librement de leur classe, de leurs manières de travailler. Mais pourquoi tout ce bavardage, me direz-vous ?
- Parce que je pense d’abord que pour être fructueuses, les réunions d’enfants doivent avoir lieu dans le cadre de nos classes, au contact de la réalité.
- Parce qu’il ne suffit pas de dire, en s’asseyant au fond de la classe. « Vous êtes libres, vous pouvez vous exprimer librement ». Cela ne mène pas bien loin, sinon à la confusion.
- parce qu’une formule d’autogestion par exemple ne peut se concevoir que s’il y a quelque chose à gérer.
Et que ce n’est pas dans l’idéal, mais à partir du concret, du travail, que peut s’établir une formule de coopération scolaire.
Conditions de l’auto-organisation
Certes, l’organisation de notre communauté ne s’est pas faite en un jour.
Ma classe se compose essentiellement d’enfants instables, perturbés, agressifs même. Aussi, notre vie communautaire connaît-elle des hauts et des bas.
Ce n’est pas l’institution hâtive d’un bureau d’enfant, ou l’utilisation d’un journal mural, ou encore l’organisation de « conseils de classe » qui ont permis au départ cette formule nouvelle.
Une technique nouvelle ne suffit pas non plus à elle seule.
Mais ce n’est qu’au fur et à mesure que j’offrais aux enfants de nouvelles techniques et que je leur proposais de nouvelles activités, que s’établissait notre système d’organisation.
- Tout d’abord, les techniques d’expression libre, dans leurs multiples variétés, en me faisant entrevoir l’enfant sous son véritable visage, et non l’écolier, modifièrent le climat de la classe. La liberté commença déjà à s’installer.
- A partir de techniques, comme la pratique du texte libre, dans ses formes multiples, la correspondance, l’imprimerie, l’exposé d’enfant, les ateliers dans la classe, se créèrent les responsabilités, et en même temps intervinrent les problèmes, naquirent les échanges, se découvrit le groupe.
- L’introduction progressive des bandes programmées permit à l’enfant de se libérer davantage du maître. En lui permettant de se diriger lui-même, de se contrôler, je donnais à l’enfant un sentiment plus grand de responsabilité.
- La technique de l’enquête, l’utilisation de la télévision scolaire, modifièrent également la situation du maître, en lui donnant une autre fonction que celle d’enseignant.
- L’éducation physique, le plein air, contribuèrent également à mieux souder la communauté « maître-enfants ».
Comme disait Jean-Marc. « On est de la même famille ».
Un tel soubassement pédagogique est la condition indispensable d’une authentique formule d’auto-organisation. Sinon, toute formule de ce genre n’est qu’un leurre et ne peut apporter que des désillusions. C’est donc, à partir de cette vie complexe, riche, variée, qui est celle de la, classe, que les enfants ont senti la nécessité d’organiser leur communauté.
I°. Chaque lundi matin, maître et enfants établissent le plan de travail de la semaine.
Nous discutons des grands moments de la semaine à venir.
- La correspondance : nous devons répondre aux correspondants. Quel jour se fera l’envoi ? Leur enverra-t-on un colis ? etc...
- Les albums qui participera au travail ?
- Les enquêtes : où irons-nous ? Que ferons-nous ? Quel jour ?
Les responsables aux Actualités (ils découpent les articles des journaux concernant la vie locale), donnent leur avis.
- La télévision - on examine le programme. Le maître signale les émissions qui peuvent intéresser les enfants et qui sont à leur portée.
Il sort alors tous les documents en rapport avec l’émission - BT, fiches, gravures. Qui voudra les lire ? Le maître distribue les documents aux volontaires.
De même nous prévoyons les travaux individuels pour chacun :
- le travail aux bandes, aux cahiers autocorrectifs, aux fichiers, sur un manuel : on peut choisir.
- les travaux manuels,
- les exposés d’enfant,
- les équipes d’imprimerie.
La liste des travaux prévus, soit collectifs, soit par équipe, soit individuels, est inscrite au tableau. L’enfant note sur un petit carnet les jours où il aura un travail particulier : imprimerie, exposition, etc... L’établissement du plan de travail hebdomadaire se fait dans la joie.
Pas de jalousie, on ne travaille pas pour une note. Pas de rivalité, au contraire, souvent un « grand » se propose d’aider un « petit ». Pas de contrainte, le maître ne distribue pas la besogne à des « manœuvres ». Tout au plus, suggère-t-il certains travaux aux plus retardés.
Aucun enfant ne se sent perdu, isolé. Chacun sait ce qu’il a à faire, sait qu’il peut le faire, qu’il peut réussir, car tout le travail est à la mesure de chacun.
2°. Chaque matin, la communauté éprouve le besoin de préciser le plan de travail de la journée. Il arrive souvent qu’un événement déclenche de nouvelles pistes, suscite un nouvel enthousiasme. Le plan de travail n’est pas un carcan, c’est un système de sécurité, que nous faisons éclater si la vie l’exige. Ce sont d’ailleurs ces événements qui vivifient l’atmosphère de la classe et évitent la routine.
Les lettres des correspondants sont arrivées la veille. Un enfant propose : « Ce matin, il faudrait répondre ». La discussion s’engage. Tout le monde se rallie à la proposition du camarade. Mais Bernard, qui ne se passionne que pour son monde intérieur, veut continuer son poème. Il écrira plus tard, dans la matinée. Mais Yannick rappelle : « Nous n’aurons pas le temps de continuer le travail commencé hier ensemble, en calcul, sur les vitesses ». Patrick suggère : « Quand on aura fini la lettre, on pourra travailler sur les bandes ».
Jean-Marc a d’ailleurs pris sa boîte, il veut finir le test de la bande.
« Et cet après-midi ? », demande le maître.
Un coup d’œil au tableau – « Il y a la télévision à 2 h 1/2. Une émission sur la Chine ».
Michel : « J’ai lu ma BT sur La Chine, je peux vous en parler, à 2 heures, et j’ai trouvé une revue sur la Chine ».
Alain – « Il faudrait faire la revanche, au ballon-prisonnier, après la récré.
- Oui, mais il restera le colis, il faudra l’expédier à la poste ».
Petit à petit, le plan de travail s’organise, sans contrainte. Jacques remarque :
« Il nous restera un peu de temps, après la télé, pour peindre, imprimer, découper au filicoupeur ».
Le maître, guidé par l’enfant, met de l’ordre dans toutes ces idées qui fusent, au besoin, fait quelques remarques.
Cette habitude quotidienne de réflexion personnelle sur la vie de la classe, crée chez l’enfant le sens des responsabilités et entretient entre tous les membres de la communauté un climat de confiance et de joie.
« On a bien travaillé aujourd’hui », s’écrie Dominique. Quand tout est rangé le soir, on peut tranquillement faire le point de la journée. Chacun donne son avis sur le travail effectué.
Cette sorte de synthèse du travail réalisé dans la journée ne comporte aucun ‑caractère de contrôle, de sanction, ou de rivalité.
« On a fini les lettres. Ils vont être contents les correspondants.
- Et le colis, il était lourd ? Combien a-t-on payé ?
- Oh ! il a bien avancé sa maquette, Patrick !
Je demande : « Et toi, Charles, ça va, les divisions ?
- Moi, je n’ai rien fait, intervient Pierre, les filicoupeurs étaient tous pris ».
C’est le moment de régler les problèmes matériels et psychologiques qui se posent, de se mettre d’accord pour le lendemain.
Il faut venir au secours de l’un, ou stimuler l’autre. Chacun se sent en sécurité, le maître est là, il pense à tout le monde. C’est rassurant pour chacun.
- « C’est aujourd’hui, samedi, on se réunit ce soir, Monsieur ? » me chuchote Philippe.
- Oui, Monsieur ».
En fin de journée, après la récréation, la communauté se regroupe. Ils sont là, groupés en demi-cercle. Au tableau, Jacques a inscrit les questions dont les camarades veulent discuter :
- la correspondance,
- l’éducation physique,
- les comptes de la. coopé.
Notre assemblée n’a rien de rituel, rien de cérémonial. Mais un responsable de séance donne la parole à ceux qui lèvent la main, à tour de rôle.
J’écoute, évitant d’influencer l’opinion des enfants. En cas de désaccord au sein du groupe, j’apporte des suggestions.
En fin de séance, je fais la synthèse de tout ce qui a été dit. Je mets un peu d’ordre dans les différentes idées émises par les enfants. Ces réunions, d’une durée d’une demi-heure environ (il ne faut pas que ça traîne), ont lieu le samedi et quelquefois le mercredi soir.
Elles ne consistent certes pas toujours en discussions à jet continu, remettant sans arrêt en cause les institutions de la classe, mais elles ne se limitent pas non plus seulement à l’examen des petits problèmes matériels de la classe, ou des responsabilités qui incombent à chacun.
C’est Patrick qui, un jour, me donna à réfléchir : « Vous dites que la peinture est libre, et on ne la fait que l’après-midi, entre 3 et 4 heures ! »
Et ce Jean-Marc qui semblait si affairé à son travail sur bande, et qui, comme je m’approchais de lui, me déclara :
« On est obligé de faire des bandes ?
- Je préférerai les faire sur mon livre, pour que vous me les corrigiez ».
Et oui, je ne m’occupais pas assez de lui, sans doute.
Je compris alors que mes enfants avaient bien le droit de s’exprimer, mais qu’au fond ils s’adapteraient bien au système, au ron-ron de nos réunions de coopé : « Je félicite... je critique... »
Je n’avais donc pas suffisamment ouvert les vannes donnant accès à la liberté, et les problèmes me parvenaient un peu par la bande, si on peut dire... Ce qui leur manquait au fond, c’était la liberté d’opinion.
Et depuis qu’enfants et maître se sont libérés du cadre un peu routinier de la réunion hebdomadaire de la coopé, nos réunions d’organisation ou de synthèse nous ont permis d’aborder d’autres problèmes.
Discussion sur les techniques et aussi sur les formes de travail. Certains enfants acceptent très difficilement le travail collectif, d’autres ont besoin davantage du maître. Il faut tenir compte de chaque individualité.
Aussi, tantôt nos journées connaissent des moments intenses de travail collectif, fortement motivé, imposé par la vie, réclamé par les enfants ; tantôt, au contraire, des journées de travail plus individuel.
« On sera plus tranquille, en travaillant avec les boîtes ».
Rôle du maître dans cette auto-organisation
I°. Il est évident que dans le cadre d’une telle pédagogie, la parole du maître a déjà moins d’importance. Certes, dans les décisions prises par le groupe, sur l’initiative d’un enfant, on peut retrouver la voix du maître, mais mêlée à celles des enfants.
Je veille surtout à ce que les décisions prises par le groupe soient bien appliquées, car l’auto-organisation ne signifie pas le laisser-aller.
Je rappelle les projets élaborés ensemble, et aide à leur application, à leur bonne exécution. Ce rôle, dans la mesure où il est bienveillant, est accepté par les enfants.
Pendant le travail, je donne des conseils, j’apporte des suggestions. En cas de difficultés, c’est vers le maître que l’enfant vient.
« Qu’est-ce que je peux faire maintenant ? J’ai fini mon texte.
- Tu peux prendre ta boîte, faire un peu de calcul ».
J’interviens, non pour m’imposer, mais pour apporter le soutien que me réclame l’enfant.
2°. Mais le rôle du maître est plus important dans la mesure où il s’intègre aux activités de l’enfant en tant que participant.
J’agis avec l’enfant. Je manie la presse, je tire au limographe, j’interroge les pêcheurs sur le quai, j’apporte les réponses aux questions que me posent les enfants, je pointe, j’aide à finir un lino. J’aide sans arrêt, pour que chacun réussisse. Richard a bien du mal à ranger son casseau, je vais lui donner un coup de main. Ce rôle aidant encourage l’enfant, l’entraîne toujours plus loin vers le vrai travail.
3°. Il y a surtout la présence du maître dans la classe.
Didier a terminé sa peinture : « Regardez, Monsieur, vous la trouvez belle ? » C’est vers le maître qu’il se dirige d’abord, c’est de lui qu’il attend l’appréciation.
Car l’enfant réclame toujours la communication avec l’adulte. Le maître est là, c’est le point de repère, la référence.
C’est aussi celui avec qui on peut parler de n’importe quoi, à n’importe quel moment de la journée. Mais cela. n’est possible que s’il s’est dépouillé de sa, vieille peau de maître d’école, qui possède toujours la vérité, qui se croit supérieur aux enfants, qui sait tout.
Aussi, je me garde maintenant de m’exclamer d’admiration devant Une peinture ou un texte libre. Je deviens prudent. Car l’enfant pour qu’il s’exprime librement, ne doit pas être prisonnier des goûts ou des intérêts du maître. Il a si vite fait de s’adapter au maître, pour lui faire plaisir.
Je fais attention au jugement que je porte sur une peinture, j’hésite parfois à l’aider quand il écrit son texte.
Une certaine forme de dirigisme ou de paternalisme me paraît incompatible avec un climat d’auto-organisation. L’adulte, à mon avis, ne doit s’intéresser à l’enfant que’ pour lui-même, et non pour lui imposer ses intérêts.
Ainsi conçu, notre système communautaire permet encore mieux à chacun de trouver sa voie, les uns s’affirmant mieux dans un travail de groupe, qui les valorise, les élève, les autres, au contraire par le travail individuel.
Ainsi s’organise notre vie qui, tenant compte des intérêts, des goûts, des possibilités des enfants, permet à chacun de s’épanouir.
L’auto-organisation est maintenant possible dans ma, classe, parce que je peux offrir aux enfants toute une gamme de techniques entre lesquelles ils peuvent choisir. La liberté suppose le choix.
Grâce à Freinet, grâce aux chercheurs de l’Ecole Moderne, cet éventail d’activités s’élargit sans cesse. Peu à peu s’asseoit davantage notre système coopératif. Chez nous, la vie communautaire se déroule sans artifices, sans grandes formules, le plus naturellement possible.
Mais ce système ne peut garder son caractère démocratique que si les activités, les techniques sont renouvelées et que si l’enfant a réellement son mot à dire.
La classe n’est plus ainsi seulement l’affaire du « maître », mais aussi celle des enfants.
La vie d'une coopérative
classe de R. Poitrenaud au C.E.G. de Monfort-L'Amaury
Dans une classe de CEG où l'emploi du temps découpé en tranches organise le défilé régulier des professeurs « l'un chassant l'autre », il semble difficile de donner au groupe une unité qui lui permette de prendre conscience de ses responsabilités et de ses possibilités.
Les circonstances ont voulu que durant l'année 1962-63 je puisse tenter l'essai : classe de 3e de 16 élèves dont les mauvaises conditions de travail en 6e avaient fait une « mauvaise classe » et dont j'ai pu, grâce à la compréhension du directeur et des collègues, devenir, en fait, le professeur principal, c'est-à-dire y assurer, outre mes spécialités : mathématiques et sciences, soit 8 heures, les disciplines dites secondaires : dessin, musique, travail manuel, avec, en plus chaque soir, l'heure d'étude, au total 16 heures par semaine.
La mise en route a consisté à expliquer ce que j'entendais par coopérative : prise en charge des responsabilités en dehors du programme de l'examen et organisation des heures « libérées » : dessin, musique et travail manuel, le journal mural devant être le reflet de la vie coopérative.
Premier souci : s'organiser
Habitués à agir selon les directives magistrales, les garçons furent au début un peu déconcertés, puis, rapidement sentirent sans bien les dominer encore les possibilités qui s'offraient à eux.
Tout d'abord, il s'agissait bien sûr de montrer aux adultes qu'on était capable de faire quelque chose. Pour cela il fallait s'organiser et nommer des responsables. Le petit nombre d'élèves permit de donner à chacun un rôle à sa convenance : présidence, trésorerie, secrétariat, bibliothèque, affichage-décoration, matériel scientifique, atelier, sports, etc. La première réalisation fut de donner à la classe un cadre personnel qui la distingue des autres. Mais la complexité des problèmes posés par la vie en commun les amena très vite à réclamer une organisation plus précise, c’est-à-dire ce qu’ils appelèrent une constitution. La réunion hebdomadaire de coopérative fut alors très animée et les propositions âprement discutées se succédèrent à un rythme accéléré.
La découverte la plus importante me semble être celle-ci : alors que le président leur donnait toute satisfaction, ils décidèrent que le tenant du poste ne pourrait être réélu plus de deux fois (élections mensuelles). Motif invoqué : même si le président remplit parfaitement son rôle, il ne faut pas que cela empêche les autres de faire leurs preuves, chacun ayant droit aux plus hautes responsabilités.
Autre découverte intéressante au sujet de la bibliothèque : l’un des garçons, pensionnaire dans la commune, avait laissé traîner un livre et l’avait retrouvé endommagé. Plusieurs solutions furent proposées ; la plus simple paraissait être le remplacement aux frais du responsable. L’objection fut présentée que la bibliothèque avait pour but de permettre la lecture d’ouvrages hors de portée de la bourse des coopérateurs et que cette mesure risquait de les inciter à ne prendre que des livres de peu de valeur en raison du risque couru. On proposa alors de créer une caisse d’assurance, chaque adhérent versant une petite somme par trimestre pour s’assurer contre le risque de perte ou de détérioration. C’est alors que l’un des garçons fit remarquer que cela était susceptible de faire perdre à certains le sens de la responsabilité collective et qu’en tout état de cause, l’emprunteur devait supporter une part du préjudice causé. C’était là retrouver le principe de la franchise par les assurances.
Mais cette organisation interne ne pouvait qu’engendrer une vie en circuit fermé.
Deuxième souci : ouverture sur l’extérieur, les correspondants
Ce besoin s’est rapidement fait sentir : « D’autres font-ils comme nous ? »
Et, tout de suite, leur préférence alla aux pays d’Afrique de langue française. Ils écrivirent à Alziary dont ils avaient trouvé l’adresse dans un vieil annuaire de l’OCCE, lequel renvoya la lettre à Poirot qui leur proposa de correspondre avec le lycée de Marrakech. Ceci leur permit de réaliser un album sur leur école, leur commune et ses environs, album chaleureusement accueilli par les Marocains qui leur promirent en échange des études sur leur milieu, leurs coutumes, etc. Une correspondance individuelle fut engagée par la suite avec le lycée de Meknès.
Troisième souci : le journal
Pourquoi un journal ? Aujourd’hui encore il me semble difficile de définir à quel besoin il a répondu. Par la suite, bien sûr, la vente en a fait ressortir, le côté utilitaire, avec toutes les possibilités que donnent une caisse bien remplie. Mais, au départ, c’est, je crois, le besoin de créer quelque chose de tangible, de solide qui concrétise l’existence de la petite société coopérative. Le président eut quelque peine à faire admettre son idée. Mais, par la suite, les hésitants furent les plus enthousiastes. Et, malgré mes inquiétudes, car n’enseignant pas le français je voyais les difficultés de l’entreprise, un limographe de fortune fut construit et assura le tirage de 600 exemplaires. Les premiers stencils eurent bien du mal à supporter un tel effort, mais après transformation du prototype, la construction de deux limographes 21 X 27 donnant toute satisfaction permit de tirer en deux heures, quatre pages de journal à raison de 500 exemplaires chacune.
Quatrième souci : un voyage
La vente du journal ayant rapporté quelques fonds, les garçons eurent alors le désir de réaliser quelque chose dont ils puissent garder le souvenir toute leur vie. Ainsi, ils échafaudèrent le projet d’aller passer quatre jours en Hollande, projet que je jugeai difficilement réalisable. Inutile d’insister sur ce que la préparation de cette aventure apporta aux garçons : échanges de lettres avec les ambassades, les syndicats d’initiative, les hôtels, nécessité de préparer un budget en florins, de prévoir un itinéraire, les passages de frontières et leurs formalités, les visites, etc. Ils organisèrent tout, absolument seuls, et ce voyage fut une extraordinaire réussite ; la classe de 3e du CEG de filles fut invitée et, pendant quatre jours, 45 garçons et filles sillonnèrent les routes de Hollande sous l’autorité du président de coopérative qui se révéla, en cette occasion, un meneur de jeu de premier ordre. Je me contentai de l’assister moralement de ma présence en donnant seulement de temps en temps le petit coup de pouce nécessaire à la bonne marche de l’entreprise, compte tenu du fait que l’émancipation de ces garçons n’était que de fraîche date.
Avant le départ, chaque coopérateur avait été chargé d’un reportage et, au retour, un numéro spécial du journal portant le sous-titre : « Quatre jours en Hollande » resta le témoin matériel de ce beau voyage.
Cinquième souci : se survivre
Ce voyage se présentant comme un aboutissement de l’année scolaire, il s’en suivit au retour, un léger flottement vite dissipé par la mise en chantier du numéro spécial. Et, déjà, la fin de l’année approchant, un ultime besoin se fit sentir. « Il ne faut pas que le journal disparaisse avec notre départ ». C’est pourquoi les garçons décidèrent d’agir auprès de leurs camarades de 4e, la classe qui « montait », afin qu’ils prennent le relais et assurent la relève.
Une coopérative d’enseignants au C.E.G. de Clères par P. Démaretz
L’organisation générale de l’établissement
a) Pas de notes chiffrées (remplacées par le plan de travail).
b) Pas de compositions (remplacées par les brevets).
c) Pas de classements (« plans de travail-brevets » et contacts avec les parents).
d) Pas de punitions. Les seules sanctions appliquées sont des « sanctions réparations ».
e) Chaque classe est organisée en coopérative, et est (entre autre) entièrement responsable du matériel dont elle dispose.
f) Les emplois du temps sont établis de façon que trois maîtres au plus enseignent dans une même classe : Lettres, Maths et Sciences, Langue. La 6e (cette année) n’a même que deux maîtres : Lettres et Sciences, Maths et Langue.
De la sorte, le professeur principal dispense douze à quatorze heures de cours par semaine dans sa classe.
g) L’école reçoit les parents en réunion officielle quatre fois par an : à la rentrée, à la fin de chaque trimestre (par classe et avec le professeur principal).
h) En classe, les tables (de 2) sont disposées par 2, face à face, groupe de 4.
Voilà, en gros, ce que le « directeur » a établi a priori.
Je demande (en outre !) aux maîtres qui sont nommés ici de bien vouloir s’initier - et pratiquer - selon leur spécialité et leur tempérament - les techniques de l’Ecole Moderne. Et, jusqu’à présent, je n’ai pas rencontré d’opposition.
I°. ‑ Elle est composée :
- du directeur ;
- de deux adjoints ayant déjà participé l’an dernier à l’équipe ;
- de deux nouveaux adjoints qui s’intègrent ;
- de ma femme, actuellement en stage CEG Sciences et qui doit, en principe, nous rejoindre l’an prochain.
- Elle comprend en outre les trois maîtres des classes primaires (CP, CE2-CM1, FE1 et 2) qui pratiquent, eux aussi, les techniques Ecole Moderne (dans ces classes, les compositions et classements sont maintenus, pour l’instant) et avec lesquels nous avons des contacts très fréquents.
- Je dirais bien, même, qu’elle comprend quelques maîtres des écoles environnantes, qui s’intéressent a ce que nous faisons (quelle que soit leur forme de pédagogie) de façon à préparer au mieux leurs élèves au changement d’établissement (entrée en 6e).
2°. - L’équipe CEG joue sur deux plans
A. Collectivement. Nous nous réunissons le vendredi soir, tous les 15 Jours.
a) Dernière main aux plans de travail.
b) Bilan pédagogique et matériel de la quinzaine écoulée.
c) Compte rendu de mes démarches administratives et financières.
d) Projets d’amélioration matérielle que nous nous proposons d’effectuer avec les élèves.
Par exemple nous avons l’an dernier équipé nous-mêmes, en week-end, une salle avec étagères, panneaux, séchoir, établi, coffres roulants, tables à peinture...
e) Discussion sur les problèmes pédagogiques particuliers à certains maîtres.
Cette réunion permet à tous d’avoir une vue générale de la marche de l’établissement. Elle permet aussi à chacun d’aider les autres à résoudre leurs problèmes.
Chaque maître assume en outre une responsabilité telle que :
Bibliothèque collective Fichier collectif Equipe journal.
B. A l’échelon d’une classe
a) Les maîtres enseignant dans une même classe harmonisent leur enseignement sous la responsabilité du professeur principal.
Ils abordent fréquemment - à l’échelon de leur classe - tous les problèmes évoqués au chapitre précédent et en résolvent directement la plus grande partie.
b) Ils élaborent en outre, avant la réunion de quinzaine, l’essentiel des plans de travail, en collaboration avec les élèves.
c) Ils disposent de l’ensemble des dossiers et documents concernant leurs élèves.
d) L’horaire, que l’on s’efforce de suivre, par politesse vis-à-vis des collègues et par souci d’ordre vis-à-vis des élèves, n’est cependant jamais strictement impératif.
- Un travail commencé est, dans toute la mesure du possible, terminé.
- Un travail d’enquête, faisant appel à différentes « matières » est toujours mené par l’ensemble de « l’équipe de classe » -chacun dans sa spécialité et dans le cadre de son horaire, si possible.
- Dans certains cas limites, comme ce fut le cas l’an dernier pour le compte rendu du voyage de fin d’année, l’ensemble de l’établissement participe au travail en même temps, chaque maître ayant à sa charge un aspect du compte rendu - et les équipes de travail étant composées d’élèves de classes différentes.
a) Il harmonise l’équipe de maîtres de sa classe sur le plan pédagogique.
b) Il est le gardien des documents concernant ses élèves.
c) Il assure la liaison avec les parents :
- absences ;
- courrier d’ordre pédagogique ;
- réunion trimestrielle.
d) Il est présent à la réunion hebdomadaire de coopérative dans sa classe.
Il y apporte :
- le point de vue des maîtres ;
- ses conseils, remarques et suggestions concernant la vie de la classe. Il contrôle les responsabilités prises par les élèves.
La coopérative son rôle dans la classe
I°. - Responsabilités individuelles
a) d’ordre administratif :
- trésorier cantine
- registre d’appel
- contrôle plans de travail.
b) d’ordre pédagogique :
- documents de la classe
- petit matériel ;
- liaison fichier collectif
- liaison correspondants
- électrophone ;
- préparation du matériel nécessaire aux maîtres.
c) d’ordre coopératif :
2°. - Intervention pédagogique
a) Elle donne son avis sur le travail en classe et exprime des souhaits.
b) Elle choisit, dans une certaine mesure :
-l’ordre des leçons ;
- les sujets de conférences ;
- les thèmes d’enquêtes dans les limites des plans-programmes annuels.
3°. - Intervention artistique ou sociale
a) Elle décide des travaux de décoration, de l’ordre et de la discipline générale.
b) Elle dispose de son argent : achats décoratifs, cadeaux, aides diverses, courrier ...
Le matériel pédagogique collectif mis à la disposition des élèves
- deux limographes ;
- un appareil TSF attribués par
- un appareil TV l’IPN
- une panoplie d’outillage divers ;
- filicoupeurs et scie électrique ;
- bibliothèque (+ 500 vol.) ;
- deux fichiers - numérotation décimale - groupant actuellement environ 4000 documents.
Le matériel pédagogique dans la classe
I°. - Collectif
a) Mobilier :
J’ai dit plus haut que les tables sont groupées par 2, face à face (groupe de 4) ;
- avec chaises individuelles, ce qui nous donne une grande souplesse de disposition ;
- deux bahuts : documents – matériel ;
- un tableau noir et des panneaux d'isorel d'exposition ;
- une ou deux tables de travaux manuels ;
- un « bureau de maître » utilisé par la coopérative (et quelquefois par le maître).
b) Documents :
- des documents empruntés au fichier collectif (BT, Dossiers « Documentation Photographique », « Documentation pédagogique », « Documents pour la classe », revues diverses, découpages...)
- des spécimens en grand nombre ;
- des dictionnaires, des grammaires ;
- des cartes de géographie ;
- un fichier « enquêtes réalisées » ;
- des documents scientifiques divers.
- ciseaux, compas, tire-lignes...
- agrafeuse, pince, emporte-pièce...
- peintures CEL, pinceaux...
- stylos, feutres
- papiers de tous formats.
2°. - Individuel
a) Quelques manuels
- éventuellement latin.
b) Des classeurs à feuilles perforées (utilisation très souple).
c) Des dossiers 21 X 27 pour
- plans de travail...
Une telle organisation est possible puisque dans des conditions matérielles et financières rudimentaires, nous l'avons établie.
Je ne peux tirer une conclusion dans chaque domaine abordé. je note en vrac :
- Le directeur a pu - grâce aux responsabilités importantes prises par les maîtres - rester un enseignant à part entière (14 heures en 4e).
- Le travail administratif est le même que dans n'importe quel établissement similaire.
- Les problèmes d'équipement et financiers sont déplacés, non aggravés. Là où tel directeur cherche des crédits pour les manuels, je cherche des crédits pour un nouveau limographe, d'autres documents.
- Les enfants participent, s'intéressent, travaillent, aiment l'école.
Les élèves de 4e représentent 87% de ceux qui étaient entrés en 6e. 8% sont entrés par concours dans d'autres établissements. 50% ont abandonné après CEP.
- Enfin et surtout, les maîtres éprouvent de la joie à travailler, et se sentent à l'aise dans leur classe et parmi leurs collègues.
Ce qui, puisque c'est le directeur qui parle, est ma plus belle récompense pour le travail que nous avons entrepris.
Statuts d’une coopérative scolaire dans une école de ville
à Oyonnax (Ain)
ARTICLE PREMIER. - Il est constitué entre les élèves de l’école publique de garçons d’Oyonnax et à partir du Cours élémentaire 2e année, une coopérative scolaire dont le siège est à l’école et dont le titre est : Coopérative scolaire de l’école publique de garçons d’Oyonnax.
ART. 2. -.Elle a pour but :
D’éduquer socialement l’enfant par la pratique d’activités en commun ;
De le préparer à ses tâches futures d’homme social ;
De l’initier à toutes les responsabilités dont il pourra être chargé dans une association adulte ;
De lui apprendre à faire vivre et prospérer une société ;
De cultiver dès l’école les sentiments d’entraide et de solidarité et de donner à l’enfant, par la participation à la gestion de la coopérative, le sens des responsabilités ;
D’inculquer à l’enfant le goût et l’habitude du travail en commun pour une oeuvre commune.
I°. de prendre soin de l’école, de l’embellir, de la rendre agréable et accueillante ;
2°. de doter petit à petit l’école de matériel d’enseignement moderne ;
3°. de pourvoir à la décoration des classes ;
4°. d’entretenir et d’enrichir la bibliothèque et le musée scolaire ;
5°. de procurer aux élèves sous forme d’abonnement à des journaux et revues, des distractions saines et agréables ;
6°. d’organiser des manifestations, expositions, voyages d’études, excursions, etc. ;
7°. de participer aux oeuvres d’entraide sociale.
I°. de droit, les maîtres et maîtresses en exercice dans l’école ;
2°. des membres actifs, élèves de l’école versant une cotisation mensuelle ;
3°. des membres honoraires, personnes versant une cotisation annuelle ;
4°. des membres bienfaiteurs, personnes ou collectivités qui, par des versements importants, en nature ou en argent, des subventions, contribuent à la prospérité de la société.
ART. 4. - La coopérative se subdivise en coopératives de classe.
Chaque coopérative de classe est administrée par un bureau élu comprenant un président, un secrétaire, un trésorier. Le maître est le conseiller de la coopérative de classe. Il fait partie de droit du bureau mais laisse à celui-ci toute initiative.
ART. 5. - La réunion des présidents des coopératives de classe forme le Conseil d'administration de la coopérative d'école dont font partie obligatoirement maîtres et maîtresses. Le directeur en est de droit le président. Les fonctions de secrétaire et de trésorier de la coopérative d'école sont confiées à des maîtres, celles de secrétaire adjoint et de trésorier adjoint sont dévolues à des élèves membres du Conseil d'administration.
Les maîtres de l'école forment le Comité de patronage qui a pour rôle essentiel de décider l'orientation des activités à soumettre au Conseil d'administration, et de proposer l'emploi des fonds de la coopérative d'école.
ART. 7. - La coopérative de classe se réunit, à l'intérieur des horaires impartis aux activités scolaires, aussi souvent que le jugent nécessaire le maître, le bureau, les membres.
Le Conseil d'administration et le Comité de patronage se réunissent à la diligence du Président auquel toutes propositions peuvent être adressées par les coopératives de classe.
Une fois l'an se tient une assemblée générale au cours de laquelle il est rendu compte des activités de la coopérative d'école et des diverses coopératives de classe ainsi que du budget de l’œuvre. Sont définies également les activités futures.
ART. 8. - Chaque coopérative de classe a un budget propre qu'elle utilise à son gré. Toutefois, le quart des cotisations des membres actifs est versé à la trésorerie générale de la coopérative d'école.
Chaque coopérative de classe est autonome quant à ses autres ressources et dépenses ; elle peut envisager tous moyens propres à se procurer des ressources, ventes diverses, fêtes, etc.
ART. 9. - La trésorerie générale se voit attribuer le quart des cotisations des membres actifs, les cotisations des membres honoraires et bienfaiteurs, les dons, subventions des collectivités. Les fonds de la trésorerie générale sont affectés à des achats utilisables par l'ensemble de l'école. Ils peuvent être totalement ou partiellement répartis entre les coopératives de classe après décision du Conseil d'administration.
ART. 10. - La cotisation des membres actifs est facultative. Il est créé à l'intérieur de chaque coopérative de classe une caisse autonome dite caisse de solidarité, gérée par un trésorier spécial et dont l'utilisation des fonds est laissée au gré du bureau : paiement des cotisations des élèves nécessiteux, aide, secours, etc. Cette caisse est alimentée par les dons volontaires des élèves.
ART. 11 - Le secrétaire de chaque coopérative de classe tient :
I°. le registre des procès-verbaux, des réunions ;
2°. le registre d’inventaire sur lequel .sont inscrites les acquisitions successives de la coopérative.
I°. le registre des cotisations comprenant la liste des adhérents et les émargements mensuels des cotisants ;
2°. le livre de comptes comprenant l’état général des recettes et dépenses.
Le secrétaire et le secrétaire adjoint de la coopérative d’école se partagent le soin de tenir :
I°. le registre des procès-verbaux des réunions du conseil d’administration ;
2°. le registre d’inventaire des acquisitions.
I°. du journal des versements des coopératives de classe (quart des cotisations) ;
2°. du livre de comptes de la trésorerie générale.
ART. 12. - Dans chaque classe sont élus deux contrôleurs chargés de veiller à la bonne tenue des registres, d’examiner la comptabilité et de présenter un compte rendu d’apurement des comptes. Une commission d’apurement des comptes de la trésorerie générale est désignée par le conseil d’administration. Elle comprend un maître et deux grands élèves de la classe de fin d’études désignés par leurs camarades. Elle examine les comptes du trésorier et en présente un compte rendu à l’assemblée générale.
ART. 13. - La coopérative scolaire adhérera à la section départementale de la Fédération des coopératives scolaires. La cotisation sera supportée par la trésorerie générale.
ART. 15. - La société est placée sous la présidence d’honneur de M. l’Inspecteur d’Académie, de M. l’Inspecteur primaire et de M. le Maire de la ville.
ART. 14. - Les présents statuts pourront être modifiés à une assemblée générale quelconque.
ART. 16. - En cas de dissolution, les fonds seront affectés à l’enrichissement de la bibliothèque, du musée et à l’achat de matériel d’enseignement.
Un mouvement pédagogique fondé sur la coopération
L’INSTITUT COOPERATIF DE L’ECOLE MODERNE
Nous avons souligné l’importance de la coopérative au niveau de la classe., de l’école ; c’est une étape indispensable à toute modernisation pédagogique, mais nous insistons sur la nécessité de déborder du cadre de la classe, notamment en renforçant les liens avec le milieu environnant, les parents et grâce à la correspondance interscolaire. L’originalité essentielle de la pédagogie Freinet est également de ne pas limiter l’action coopérative au niveau des enfants mais de constituer un vaste chantier de confrontation et des création par ses groupes départementaux et ses commissions. C’est pourquoi nous invitons tous les éducateurs soucieux d’une véritable pédagogie coopérative à se joindre à nous et à participer au grand mouvement de l’Ecole Moderne.
Dans chaque département existe un groupe de l’Ecole Moderne qui organise des réunions pédagogiques dans des classes de camarades. Il ne s’agit pas de démonstrations modèles mais d’occasion d’aborder les problèmes pédagogiques d’une façon concrète à partir de la vie d’une classe. Sur le plan départemental ou régional, sont créés des stages, notamment au cours de l’été. Dans la plupart des groupes, une bibliothèque, un dépôt des réalisations coopératives de notre mouvement permettent aux nouveaux venus de se documenter.
Mais l’ICEM n’est pas simplement un organisme de diffusion de la pédagogie Freinet, il est surtout un chantier de travail auquel on doit tous les outils bien connus : bandes programmées, Bibliothèque de travail, disques, BT Sonores, etc. Dans ses trente commissions de travail, dont un bon nombre ont des représentants à l’échelon local, l’ICEM offre à chaque éducateur l’occasion de contribuer à élaborer et approfondir les outils et les documents de la pédagogie Freinet.
Ce grand chantier vous attend.
Pour tout renseignement, s’adresser à l’ICEM, BP 251, 06 - Cannes

References: ART. 2

ART. 4

ART. 5

ART. 7

ART. 8

ART. 9

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ART. 11

ART. 12

ART. 13

ART. 15

ART. 14

ART. 16