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Timestamp: 2017-06-28 15:53:38+00:00

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blamont.info - Textes - Août 1870 - mars 1871 - Lorraine occupée
Août 1870 - mars 1871 - Lorraine occupée
On sait qu'après la défaite française de Foeschwiller, les troupes prussiennes entrent à Blâmont le 14 août 1870, et n'en partent que le 31 juillet 1873 ; hormis quelques combats isolés avec les mobiles de la Meurthe (dont le combat de la scierie de Lajus le 23 septembre 1870), l'occupation aura été pacifique.
Mais c'est à travers les avis et proclamations des autorités prussiennes qu'ont peut reconstituer les premiers mois, d'août 1870 à mars 1871, de cette administration prussienne de La Lorraine, telle que l'on vécu les habitants, isolés du chaos national (chute de l'Empire, proclamation de la république, gouvernement de Bordeaux, capitulation de Paris, traité de Versailles, etc)
Dès août 1870, l'armée prussienne menace la population de représailles :
Le 29 août 1870, le général prussien Adolf Albert Ferdinand Karl Friedrich von Bonin (1803-1872) entre en fonction à Nancy comme Gouverneur général de la Lorraine. Son avis de nomination est conclu par des menaces :
29 août 1870
Une seconde proclamation du même jour précise ces menaces, et établit les règles de réquisitions pour les subsistances militaires :
Et le gouverneur de Lorraine ne manque pas de s'intéresser aux contributions : on voit,
- que l'encaissement des impôts se fait au profit de l'armée allemande, avec menace de « poursuite militaire »
- que la période d'imposition remonte sans vergogne au 1er aout 1870 : or, si la France a déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet, les Prussiens ne pénètrent en Lorraine que pour la bataille de Foeschwiller le 6 août. 3 septembre 1870
Le 27 septembre, l'avis relatif aux abonnements de journaux montre clairement que la censure prussienne sévit, puisque sont exclus « les journaux qui paraissent dans les territoires français non occupés par les troupes allemandes ». En moins de deux mois, on aura ainsi une occupation administrative, fiscale... et propagandiste.
Puis « dans le but de favoriser les communications écrites », s'organise la surveillance du courrier, sous forme de cartes ouvertes, uniquement à destinations des territoires allemands ou des zones françaises occupées.
Le 14 octobre 1870, une proclamation martiale annonce la chute de Toul et Strasbourg, l'encerclement de Paris, et invitent les habitants, pour « s'assurer des bienfaits de la paix », à ne perturber ni les trains ni les services télégraphiques.
Mais il y a aussi les affaires quotidiennes, comme l'achat pour la remonte de l'armée allemande :
L'avis sur le tabac du 4 janvier 1871 semble montrer que la population se livre à une forme de résistance passive :
L'occupation semble cependant moins pacifique qu'il n'y parait puisque, sous prétexte de fermeture des cafés avant 23 heures, s'établit un couvre-feu obligatoire à compter de cette heure, avec interdiction de circulation :
Le 22 janvier 1871, c'est l'affaire du Pont de Chemin-de-Fer de Fontenoy-sur-Moselle, où des francs-tireurs ("corps des chasseurs des Vosges") font sauter le pont de chemin de fer.
22 janvier 1871
Et dès le 23 janvier, la Prusse impose à la Lorraine une amende de 10 millions de francs pour la destruction du pont de Fontenoy, portée à la connaissance des habitants le 26 janvier 1871 :
En février 1871, se pose le problème des élections : car la République a été proclamée le 4 septembre 1870 par Léon Gambetta, et s'est mis en place un Gouvernement de défense nationale sous la direction de Trochu, avec entre autres ministres Jules Favre, Léon Gambetta, Jules Ferry, etc. Paris est assiégé dès le 18 septembre et Gambetta quitte Paris en ballon le 7 octobre pour réorganiser la défense nationale depuis Bordeaux. Resté à Paris, Jules Favre signe un armistice le 28 janvier 1871. Mais Otto von Bismarck désire traiter avec une autorité française incontestable, et exige l'organisation d'élections avant trois semaines. Dans l'urgence, Jules Favre organise les élections pour le 8 février 1871, mais Gambetta a entre temps fait voter à Bordeaux un décret du 31 janvier pour proscrire de l'élection certains fonctionnaires de l'ex-empire français, ainsi que tous ceux qui y ont exercé une charge :
« Article premier. - Ne pourront être élus représentants du peuple à l'Assemblée nationale les individus qui, depuis le 2 décembre 1851 jusqu'au 4 septembre 1870, ont accepté les fonctions de ministre, sénateur, conseiller d'État ou préfet.
« Art. 2. - Sont également exclus de l'éligibilité à l'Assemblée nationale les individus qui, aux élections législatives qui ont eu lieu depuis le 2 décembre 1851 jusqu'au 4 septembre 1870, ont accepté la candidature officielle et dont les noms figurent dans les listes des candidatures recommandées par les préfets au suffrage des électeurs et ont été publiées au Moniteur officiel avec les mentions : candidat du gouvernement, candidat de l'administration ou candidat officiel. »
Le Gouvernement de défense nationale annule alors ce décret (entraînant ainsi la démission de Léon Gambetta).
Le 8 février, l'assemblée nouvellement élue est majoritairement monarchiste et favorable à la paix (même si les département occupés de l'Est se sont prononcés pour les républicains et la poursuite de la guerre), et désigne, le 16 février, Jules Grévy comme Président le République. Le Gouvernement d'Adolphe Thiers, nommé le 17 février, engage les pourparlers de paix et aboutit au traité préliminaire de Paix, signé à Versailles le 26 février 1871, puis ratifié par l'Assemblée le 1er mars 1871 (les députés de Lorraine et d'Alsace démissionnent immédiatement en signe de protestation contre l'abandon de leurs départements à l'Allemagne). Mais si la convention du 16 mars 1871 pour l'exécution de l'armistice, entre la République française et le nouvel Empire allemand, rend à l'administration française la Lorraine occupée, elle la soumet à l'approbation allemande et permet de maintenir « l'état de siège » :
« Art. 1 er . Bien que le droit d'administrer les territoires occupés soit réservé par l'article 8 du traité des préliminaires à l'autorité allemande jusqu'à la conclusion et la ratification du traité de paix définitif, cependant les autorités allemandes consentent à ce que l'administration départementale et communale, y compris la sûreté générale et le maintien de l'ordre public dans les départements occupés par les troupes allemandes, soit dès la ratification de la présente convention remise à l'autorité française aux conditions ci-après :
» Art. 2. Le gouvernement français pourra rétablir les préfets, sous-préfets, maires et autres agents administratifs avec les attributions qui leur sont données par les lois. » De son côté, l'autorité allemande placera près des chefs de corps ou partout où elle le trouvera nécessaire, des commissaires civils qui auront la haute direction dans tout ce qui concerne les intérêts allemands.
» Les fonctionnaires français sont tenus de se conformer aux mesures que le commissaire civil jugera nécessaire de prendre à ce sujet. » Art. 3. Les tribunaux français reprendront leur service, ainsi que les juges de paix et les commissaires de police. La gendarmerie sera réorganisée. » Néanmoins, l'état de siège avec toutes ses conséquences sera maintenu par les autorités allemandes dans les départements occupés. » Art. 4. Conformément aux prescriptions de l'article 8 des préliminaires de paix, toutes les autorités administratives françaises devront se conformer aux mesures que les commandants des troupes croiront devoir prendre dans l'intérêt de la sûreté, de l'entretien et de la distribution des troupes. » Art. 5. Dans le cas où les intérêts de ces dernières seraient compromis d'ici au jour de la ratification du traité de paix définitif, les autorités allemandes se réservent le droit de reprendre en tout ou partie les droits concédés par les articles 1, 2 et 3 aux autorités françaises. »

References: Art. 2
 Art. 1
 l'article 8
 Art. 2
 Art. 3
 Art. 4
 l'article 8
 Art. 5