Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20011228-232815
Timestamp: 2017-01-24 23:43:22+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 3 ss, 28 décembre 2001, 232815
Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, 3 ss, 28 décembre 2001, 232815
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 232815Numéro NOR : CETATEXT000008109326 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-12-28;232815 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE - LEGALITE INTERNE - ETRANGERS NE POUVANT FAIRE L'OBJET D'UNE MESURE DE RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 20 avril 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ; le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler le jugement du 19 février 2001 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 30 août 2000 ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Rachel Y...
2°) de rejeter la demande présentée par Mme Rachel Y...
- le rapport de Mme Laville, Conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Austry, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée : "Le représentant de l'Etat dans le département et à Paris, le préfet de police, peuvent, par arrêté motivé, décider qu'un étranger sera reconduit à la frontière dans les cas suivants : ( ...) 3° Si l'étranger, auquel la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé ou dont le titre de séjour a été retiré, s'est maintenu sur le territoire au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification du refus ou du retrait" ; qu'il ressort des pièces du dossier que Mme Rachel Y...
X... s'est maintenue sur le territoire plus d'un mois après la notification, le 14 avril 2000, de la décision par laquelle le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE a refusé de lui délivrer un titre de séjour ; qu'elle entrait ainsi dans le cas prévu au 3° du I de l'article 22 précité où le préfet peut légalement ordonner la reconduite d'un étranger à la frontière ; Considérant toutefois que selon l'article 12 bis de la même ordonnance : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit ( ...) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant" ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle a été pris l'arrêté prononçant sa reconduite à la frontière, Mme Tsiahou X... justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans, ne s'étant brièvement absentée de France que pour assister aux obsèques de son mari ; qu'elle pouvait donc prétendre de plein droit à la délivrance d'une carte de séjour en application des dispositions précitées du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 ; que, par suite, le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE ne pouvait, sans méconnaître ces dispositions, prendre à son encontre l'arrêté de reconduite à la frontière attaqué ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que le PREFET DES HAUTS-DE-SEINE n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Paris a annulé son arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de Mme Tsiahou X... ;
Sur les conclusions à fins d'injonction :Considérant qu'aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : "Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne de droit public ( ...) prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution" ; qu'aux termes des dispositions du III de l'article 22 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 : "Si l'arrêté de reconduite à la frontière est annulé, ( ...) l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait à nouveau statué sur son cas" ; que le motif de l'annulation de l'arrêté attaqué, rapproché des dispositions de l'article 12 bis 3° précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945, implique que soit délivrée à Mme Tsiahou X... une carte de séjour temporaire ;
Sur les conclusions de Mme Tsiahou X... tendant au remboursement des frais exposés par elle et non compris dans les dépens :
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat à payer à Mme Tsiahou X... la somme de 8 000 F ( 1 219,59 euros) au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 2 : Il est enjoint au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE de délivrer à Mme Tsiahou X... une carte de séjour temporaire.
Article 3 : L'Etat est condamné à verser à Mme Tsiahou X... la somme de 8 000 F (1 219,59 euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée au PREFET DES HAUTS-DE-SEINE, à Mme Rachel Y...
X... et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-08-30Code de justice administrative L911-1, L761-1Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 25, art. 12 bis, art. 22 bisPublications :Proposition de citation: CE, 28 décembre 2001, n° 232815Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : Mme LavilleRapporteur public : M. AustryOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 3 ssDate de la décision : 28/12/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 22
 l'article 12
 l'article 12
 l'article 22
 l'article 12
 art. 22
 art. 25
 art. 12
 art. 22