Source: https://meulan-triel.fr/index.php/2017/11/02/pour-la-journee-mondiale-des-pauvres/
Timestamp: 2020-07-04 12:33:16+00:00

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Pour la journée mondiale des pauvres – Meulan – Triel
2 novembre 2017 maintenance 558 Views
Le pape François a instauré une nouvelle journée internationale à célébrer en Église : la Journée Mondiale des Pauvres. Fixée à l’avant dernier dimanche de l’année liturgique, en 2017, le 19 novembre. Le pape publie un message pour cette Journée. On trouvera ici le texte de ce message, un résumé du message et quelques éléments de commentaires.
Pour préparer la Journée Mondiale des Pauvres, on consultera avec intérêt le site spécialisé : Servons la Fraternité (site porté par la Fondation Jean-Rodhain, qui fait partie du groupe du Secours Catholique). On y trouvera des outils d’animation, des textes pour la prière ou la réflexion, etc.
On lira avec profit les discours du pape François lors des rencontres avec les mouvements populaires : par exemple la seconde rencontre ou le texte du discours du pape pour la troisième rencontre.
2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (cf. Ac 6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).
« Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (cf. Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : “Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !” sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (cf. Jc 2, 5-6.14-17).
Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2e session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’: ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.
Résumé du message du pape pour la Journée mondiale des pauvres
Le message fait quatre pages, il est divisé en neuf paragraphes.
§1-2. Le point de départ du message est théologique : Dieu aime le premier. Nous sommes tous aimés de Dieu. Et c’est pourquoi, en réponse à cet appel premier, nous devons aimer à notre tour. D’un amour concret. La foi exige l’action. Le service des plus pauvres est une marque de fabrique des chrétiens. C’est à cela que, pendant longtemps, on les a reconnus.
§3. A cause de la tiédeur de certains, il est nécessaire que se lèvent régulièrement des prophètes au sein de l’Eglise pour rappeler ces exigences de l’Évangile. Par exemple François d’Assise. Il ne s’est pas contenté d’embrasser le lépreux, il a vécu avec les pauvres de son temps. Il a manifesté par sa vie plus que par son action la force transformante de la charité et le style de vie qui convient aux chrétiens.
Les pauvres ne doivent pas être simplement les destinataires de bonnes actions. Il faut partager avec eux, les rencontrer authentiquement, cela modifie beaucoup de choses dans la société. Cela devient un style de vie.
§4. La pauvreté évangélique. Suivre Jésus pauvre. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectifs de vie… Écouter le cri du pauvre nous engage à les faire sortir de leur condition de marginalisation.
§5. Il faut identifier la pauvreté. La connaitre pour la combattre. Cela mène à une nouvelle vision de la vie et de la société. C’est le sens de l’option privilégiée pour les pauvres.
§6. La Journée Mondiale des Pauvres est le fruit du Jubilé de la Miséricorde, c’est le signe et le moyen d’exprimer ces réalités centrales de la foi chrétienne que sont l’attitude d’écoute, d’accueil, d’intégration… elle exprime la prédilection de Jésus pour les pauvres. Elle est signe de notre rejet d’une culture du gaspillage et du rebut. De notre goût pour une culture de la rencontre.
§7. Il existe des moyens pratiques pour célébrer cette journée mondiale des pauvres en paroisse.
§8-9. La prière fait partie des moyens pour célébrer cette Journée. Pour qu’elle devienne une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain. Les pauvres ne sont pas un problème, mais une ressource pour vivre l’évangile.
Six points d’attention pour le message du pape
pour la Journée mondiales des pauvres
1. La Journée mondiale des pauvres est une innovation du pape François. Nous disposons déjà d’innombrables « journée mondiale » de la paix (1er janvier), des vocations, des moyens de communications sociales, du migrant et du réfugié, etc. Le pape François a voulu que l’avant dernier dimanche de l’année liturgique soit consacré à une « journée mondiale des pauvres ». Comme pour les autres journées, un message du pape est écrit à cette occasion et publié plusieurs mois à l’avance (afin de permettre à ceux qui préparent les liturgies et les revues liturgiques, d’intégrer ce message dans leurs publications). En ce qui concerne ce message pour la journée des pauvres 2017, il a été publié le 13 juin 2017.
2. Le message. On le trouvera en annexe ci-dessus. Ce message fait quatre pages environ. C’est bien plus long que beaucoup de messages du pape pour les diverses journées fixées par le Saint-Siège. On y repère aussi la main même du pape, par les thèmes abordés, par le style.
3. Ce que le pape ne dit pas. Il est intéressant de tenter de préciser l’esprit et le contenu de la journée mondiale des pauvres à partir de ce qu’elle n’est pas, de ce qui n’est pas dit. Une définition négative. On pourra ensuite tenter de dire en quoi la journée des pauvres consiste.
La journée mondiale des pauvres n’est pas une journée de la générosité, de la philanthropie, de la charité… on ne met pas l’accent sur la personne généreuse, qui « donne » : on met l’accent sur la personne du pauvre.
La journée mondiale des pauvres ne dit pas qu’il faut aider les pauvres, qu’il faut les assister. Le pape dit qu’il faut écouter les pauvres, qu’ils ont quelque chose à dire, à contribuer à la société. Ce ne sont pas les fondations philanthropiques (Bill Gates, Warren Buffet, etc.), ce ne sont pas les riches (généreux) qui sauveront le monde. Le monde sera sauvé lorsque tous auront la parole et apporteront leur pierre à l’édifice commun.
La journée mondiale des pauvres n’est pas la fête de la générosité, des ONG, des bénévoles… Ce n’est pas une autocélébration de la charité par ceux qui la pratiquent. Ce n’est pas la fête des donateurs, ceux qui donnent leur temps et leur argent.
Le message du pape n’est pas un éloge du don ou une autocélébration des donateurs.
4. L’approche du pape intègre une dimension politique, un appel à modifier les politiques publiques. Il y a un lien entre ce message et l’Enseignement social de l’Église. Il faut attaquer les problèmes à la racine, il faut modifier les structures (injustes), la politique n’est jamais très loin. Le lien est fait avec l’appel solennel à sauver la terre et à entendre le double cri de la planète et des pauvres (Laudato Si).
5. On retrouve dans ce message les intuitions centrales du pape François : un appel à pratiquer des attitudes d’écoute, de dialogue, d’accompagnement, d’intégration… Écouter ce que les pauvres ont à dire, dialoguer avec eux (donc les établir dans une relation d’égalité comme locuteurs et pas simplement comme destinataires d’aide ou de parole évangélisatrice…). Veiller à leur intégration dans la société.
6. La conclusion du message est très forte : les pauvres ne constituent pas un problème mais une ressource pour trouver des solutions à nos problèmes collectifs.
On lira ici le message de Mgr J. Blaquart, évêque d’Orléans et président du Conseil National pour la Solidarité, à l’occasion de la Journée Mondiale des Pauvres 2017 : Message de Mgr Blaquart
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References: §1

§3

§4

§5

§6

§7

§8