Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/EtatsNsouverains/inde-orissa.htm
Timestamp: 2018-11-15 06:54:42+00:00

Document:
État d'Odisha
Capitale: Bhubaneswar
Population: 41,9 millions (2011)
Langue officielle : oriya (ou odia)
Groupe majoritaire: oriya (83,1 %)
Groupes minoritaires: hindi (2,8 %), télougou (1,9 %), santali (1,9 %), ourdou (1,6 %), bengali (0,6 %), etc.
Lois de l'État: Règlement de la Haute Cour (1948); Loi sur la langue officielle (1954); Loi sur la langue officielle (modification) (1963); Loi sur l'éducation (1969); Règlement sur les services correctionnels subalternes (1992); Règlement de la Commission sur la sélection du personnel (1993); Règlement sur les services judiciaires supérieurs et les services judiciaires de l'Orissa (2007); Loi de l'Orissa sur la modification du nom (2010).
L'Orissa est un État côtier de l'Inde d'une superficie de 155 820 km². Il est limité à l'est par le golfe du Bengale, au sud par l'Andhra Pradesh, à l'ouest par le Chhattisgarh et au nord par le Jharkhand et le Bengale occidental. La capitale de l'Orissa est Bhubaneswar (env. 650 000 habitants). Depuis le 4 novembre 2011, l'État de l'Orissa a changé son nom pour "Odisha", ainsi que le nom de la langue nationale, qui est passé de "oriya" à "odia"; le gouvernement a fait adopter une loi à ce sujet (Loi de l'Orissa sur la modification du nom, 2010). Les dénominations Orissa (l'État) et oriya (la langue) étaient considérées comme des graphies anglicisées, alors que la nouvelle transcription s'inspire de l'hindi.
L'État de l'Orissa (Odisha) est n État indien comptant une population de près de 42 millions d'habitants (recensement de 2011). La population de l'Orissa est équivalente à celle de l'Espagne ou de l'Ukraine. Malgré sa population nombreuse, l'Orissa ne représente que 3,4 % de celle de l'Inde (1,2 milliard). Cet État est également relativement homogène au point de vue linguistique. En effet, l'oriya (odia) est la langue maternelle de 83,1 % des locuteurs de cet État. L'oriya est une langue indo-iranienne (ou indo-aryenne) assez proche de l'hindi, qui est aussi parlée dans les États du Bengale occidental, du Jharkhand, du Chhattisgarh et de l'Andhra Pradesh. Comme beaucoup d'autres langues en Inde, l'oriya (odia) est une langue fragmentée en plusieurs variétés dialectales (env. une dizaine). L'oriya (odia) est l'une des 22 langues constitutionnelles de l'Inde.
La langue oriya (ou odia) s'écrit avec un alphabet particulier appelé «alphasyllabaire» oriya; elle peut s'écrire aussi en devanagari. C'est un type d'alphabet similaire à la plupart des langues de l'Inde, dont le devanagari utilisé par l'hindi, mais aussi le bengali, le télougou, etc. Linguistiquement, la langue oriya est voisine du bengali. L'oriya est une langue ancienne d’inspiration brahmique, qui est apparue vers le IIIe siècle avant notre ère; la littérature écrite remonte au VIIe siècle de notre ère. Grammaticalement, c’est une langue à déclinaisons (huit cas) tout comme le sanscrit dont elle est issue. Elle possède trois genres (masculin, féminin et neutre), deux nombres (singulier et pluriel) et les trois temps habituels (passé, le présent et futur).
Dans l'État de l'Orissa, les langues minoritaires sont d'abord l'hindi (2,8 %), le télougou (1,9 %), le santali (1,9 %), l'ourdou (1,6 %) et le bengali (0,6 %). Ces langues comptent au moins 250 000 locuteurs, voire un million comme l'hindi. Les langues parlées dans l'État de l'Orissa appartiennent toutes au groupe indo-iranien (ou indo-aryen) de la famille indo-européenne ou à la famille dravidienne.
Oriya (ou odia) 30 563 507 83,1 % langue indo-iranienne
Hindi 1 043 243 2,8 % langue indo-iranienne
Télougou 712 614 1,9 % famille dravidienne
Santali 699 270 1,9 % langue indo-iranienne
Ourdou 611 509 1,6 % langue indo-iranienne
Bengali 247 991 0,6 % langue indo-iranienne
Panjabi 21 574 0,0 % langue indo-iranienne
Gujarati 15 820 0,0 % langue indo-iranienne
Malayalam 10 440 0,0 % famille dravidienne
Népalais (népali) 9 927 0,0 % langue indo-iranienne
Marathi 8 863 0,0 % langue indo-iranienne
Tamoul 8 709 0,0 % famille dravidienne
Konkani 3 280 0,0 % langue indo-iranienne
Sindhi 2 568 0,0 % langue indo-iranienne
Maithili 2 016 0,0 % langue indo-iranienne
Autres langues 2 746 569 7,4 % -
Total du recensement de 2001 36 707 900 100 % -
L'Orissa (Odisha) est l'un des États indiens les plus homogènes au point de vue de la religion. Plus de 95 % de la population pratique l'hindouisme. Selon le recensement de 2001, les chrétiens de cet État représentaient environ 2,8 % de la population et les musulmans, 2,2 %. Il reste un maigre pourcentage de 0,1 % pour les sikhs, les bouddhistes et les jains.
Dès l'Antiquité, l'Orissa était situé sur la route des envahisseurs du Nord-Ouest. Comme d'autres États indiens, l'Orissa a connu une histoire étroitement liée à celle de l'Inde du Nord. La plupart des envahisseurs du nord de l'Inde ont passé par les plaines du Gange et se sont assuré le contrôle de la région. La première civilisation importante se constitua aux environs de 2500 avant notre ère le long de la vallée de l'Indus (actuellement le Pakistan); cette civilisation subit les invasions des Indo-Aryens jusqu'au golfe du Bengale, donc l'Orissa; ces Indo-Aryens implantèrent l'hindouisme, ainsi que leur culture et les structures sociales (dont les castes) encore en vigueur aujourd'hui. Les Indo-Aryens sont également à l'origine des langues parlées dans tout le nord de l'Inde (hindi, panjabi, marathi, oriya, etc.), langues que l'on classe aujourd'hui comme les langues du groupe indo-iranien (sous-groupe indien ou aryen) appartenant à la famille indo-européenne.
Au cours des siècles suivants, soit de 1500 à 200 avant notre ère, les Indo-Aryens prirent le contrôle de tout le nord de l'Inde en expulsant les Dravidiens plus au sud du sous-continent. On en constate aujourd'hui les conséquences linguistiques de cette répartition territoriale: les langues indo-aryennes (ou indo-iraniennes) occupent le Nord, alors que les langues dravidiennes sont confinées au sud de l'Inde (voir la carte linguistique). C'est durant cette période que les Vedas (écritures sacrées hindoues) furent écrites et que le système de castes fut définitivement établi pour assurer le statut de Brahman (prêtres issus de la 1re civilisation). Vers -500, le bouddhisme et le jaïnisme firent leur apparition dans la région.
La dynastie Maurya prit le pouvoir en -321 et devint le premier grand empire de l'histoire indienne (-324-185 av. notre ère); la région s'appelait alors «Kalinga». L'apogée sera atteinte par le règne d'Asoka sur tout le pays (-273-236). Cet empire s'écroula en -185. L'empereur Ashoka joua un rôle crucial dans l'expansion du bouddhisme et du sanskrit. Ashoka est devenu une figure importante de l'histoire indienne au point où le chapiteau du pilier de Sarnath portant l'inscription d'un de ses édits a été choisi pour devenir l'emblème national de l'Inde lors de son indépendance. La devise en sanskrit (Satyameva jayate) fait partie intégrante de l'emblème. Elle signifie: «Seule la vérité triomphe».
À partir du Ve siècle de notre ère, les villes se sont multipliées dans la région de l’Orissa, comme en témoignent les suffixes -pura, -nagari et -pattana utilisés pour désigner certains lieux tels Dantapura, Kalinganagari, Simhapur, Suvarnapura, etc. Le port de Manikpata permettait aux habitants de l'Orissa de tisser des contacts avec le reste du monde. À partir de la création du sultanat de Delhi en 1206, les musulmans envahirent le nord de l'inde et accrurent leur influence. De nombreux empires musulmans se succédèrent et certains disparurent jusqu'à l'arrivée des Moghols. À partir du XVIe siècle, pratiquement toute l'Inde allait être sous la domination des Moghols, y compris l'Orissa.
En 1556, Jalâluddin Muhammad Akbar succéda à son père Humâyûn à la tête d'un royaume musulman au nord de l'Inde que ce dernier avait regagné à la fin de sa vie, une fois revenu de son exil de Perse. Akbar agrandit son royaume dès 1561 autour de Delhi. À partir de ce moment, il commença à régner en maître incontesté sur tout le nord de l'Inde, ce qui comprenait l'Orissa et le Bengale. Il conquit le Gujarat en 1573, puis le Bengale en 1576, le Sind en 1590, l'Orissa en 1592 et le Baloutchistan (Pakistan) en 1594. Par la suite, il hérita du Cachemire et du royaume de Kaboul (Afghanistan). À son décès en 1685, l'empire d'Akbar s'étendait dans tout le nord de cette grande région, de Kaboul à Dacca, ce qui équivaut aujourd'hui à une partie de l'Afghanistan, le Pakistan, le nord de l'Inde (y compris le Népal) et le Bangladesh.
Du fait que les Moghols contrôlaient un empire musulman, c'est le persan qui servait de langue administrative en employant l'alphabet arabo-persan. C'est Akbar qui fit traduire les classiques hindous en langue persane, qui organisa des discussions théologiques entre chrétiens, hindous, sunnites, chiites, zoroastriens et sikhs, et qui supprima la jizyia, une taxe prélevée sur les non-musulmans, rendant ainsi égaux devant l'impôt tous les sujets de son empire. C'est sous le règne de son fils, Jahângîr (1569-1627), que l'Empire moghol devint la plus grande puissance du monde de son temps, sans pour autant être tenté de partir à la conquête de l'Occident.
Au cours du XVIIe siècle, les frontières politiques méridionales et orientales de l'Orissa furent modifiées et certaines parties de la région passèrent sous la domination des États voisins. Les Moghols transformèrent l'Orissa en l'intégrant à la province du Bengale. Les ports du sud de l'Orissa périclitèrent, car les Moghols privilégièrent les ports du Nord. C'est à cette époque que le bengali et l'oriya se rapprochèrent et se mélangèrent.
Affaiblie, la partie méridionale de l'Orissa devint une proie pour les Portugais qui y établirent des comptoirs. La ville de Pipli devint le premier établissement portugais en 1514, car l’approche par la mer paraissait facilitée; les Anglais et les Hollandais y ouvrirent leurs postes de commerce respectivement en 1634 et en 1637; les marchands asiatiques la fréquentaient également. La première manufacture anglaise fut établie dans la région en 1640.
Le port de Balasore (en Orissa) était alors l'un des plus réputés de l'Inde pour son commerce international; les navires anglais, français, portugais et hollandais y faisaient escale, ce qui perdura jusqu'au début du XVIIIe siècle.
Les villes de Balasore et de Serampore (ou Srirampur) firent partie de la colonie danoise des Indes en 1763 à 1845; il s'agissait alors de Frederiksnagore. La colonie danoise était gouvernée depuis Fort-Dansborg à Trankebar dans le Sud où se trouvait aussi Colachel (ou Kulachal). En 1829, une université danoise fut fondée à Serampore. Dans la colonie danoise, les langues principales étaient le bengali et le télougou, en plus du danois. Mais le 7 novembre 1845, l'ensemble de l'Inde danoise (comprenant aussi les îles Nicobar dans le golfe du Bengale) fut vendu aux Britanniques, qui l'intégrèrent à l'Inde britannique.
Par la suite, les Britanniques fragmentèrent administrativement la province de l’Orissa et prirent des mesures politiques et économiques qui eurent pour effet de sonner le glas de la prospérité de la région, ce qui entraîna une modification profonde de la structure sociale et le déclin de toute la région. L'Orissa disparut en 1905 pour être intégrée dans la province du Bengale qui, elle-même faisait partie de la «présidence du Bengale» ("Bengal Presidency"), laquelle englobait presque tout le nord de l'Inde, c'est-à-dire aujourd'hui le Bangladesh, le Bengale occidental, l'Assam, le Bihar, l'Orissa, l'Uttar Pradesh, l'Uttarakhand, le Panjab, l'Haryana, l'Himachal Pradesh, la Birmanie et certaines parties du Chhattisgarh, du Madhya Pradesh et du Maharashtra.
En 1911, l'Odissa et le Bihar furent séparés de la province du Bengale et formèrent ensemble une nouvelle province. Le 1er avril 1936, la province d'Orissa obtint le statut de province distincte sur la base des frontières linguistiques, ce qui donnait les provinces du Bihar, de l'Orissa, du Bengale occidental et du Bengale oriental. En novembre 2000, le Jharkhand fut détaché du Bihar pour former un État disticnt.
Auparavant, Gandhi avait lancé sa campagne nationale contre l'usage de l’anglais, car il préconisait le recours aux langues indiennes. En 1917, il avait précisé les critères de la future langue nationale. Celle-ci devait être facile à apprendre pour les fonctionnaires et les dirigeants politiques, ainsi que pour les citoyens. Elle devait aussi être adéquate pour servir de langue véhiculaire entre tous les Indiens dans les domaines de la religion, de l'économie et de la politique. Enfin, cette langue devrait être celle qui regroupe le plus grand nombre de locuteurs. Selon Gandhi, c'était l'hindi qu'il convenait de restaurer son rôle naturel de «langue nationale». En fait, lorsque Gandhi parlait de l'hindi, il désignait l'hindoustani, cette langue commune qui, à la suite de tensions de plus en plus fortes entre les communautés musulmane et hindouiste, allait donner naissance à l'ourdou et à l'hindi.
La fin de la Seconde Guerre mondiale amena les Britanniques à réaliser que l'indépendance était inévitable: ils n'avait plus le pouvoir ou la volonté de maintenir un si vaste empire, le «joyau de la Couronne britannique». Durant la colonisation britannique, les hindous avaient été le groupe privilégié parce qu'ils étaient détenteurs du trône de Delhi. Par conséquent, les musulmans de l'Inde se sont vite trouvés marginalisés dans le cadre colonial, tandis que les hindous y prospéraient, notamment grâce à leur nouveau système d'éducation anglophone. Une nouvelle réalité surgit pour l'importante minorité musulmane: l'indépendance de l'Inde allait forcément entraîner une domination hindoue sur tout le pays. Le 15 août 1947, l'Inde obtint son indépendance et Nehru devint premier ministre. Au plan linguistique, l'hindi devint la langue officielle de l'Union indienne le 14 septembre 1949, mais l'anglais devait conserver ses prérogatives durant encore quinze ans. Le 1er août 1949, quelque 24 États princiers intégrèrent le nouvel État de l'Orissa.
En 1954, l'Assemblée législative de l'Orissa adoptait la Loi sur la langue officielle, qui faisait de l'oriya la seule langue officielle de l'État. En 1963, l'État officialisait le report de l'anglais à la Législature. En 2010, une loi modifiait le nom de l'État de l'Orissa en État de l'Odisha et le nom de la langue qui devenait odia au lieu de oriya. La loi nécessitait aussi un changement de certains articles de la Constitution indienne, notamment les articles 164 et 273, ainsi que les annexes I et VI de la Constitution. La loi et les modifications constitutionnelles ont été approuvées par le gouvernement central le 4 novembre 2011.
L'État de l'Orissa (Odisha) pratique une politique linguistique relativement simple portant sur la langue officielle, l'oriya (ou odia). La Loi sur la langue officielle (1954) déclare que l'oriya est la langue que doit utiliser l'État à des fins officielles:
1) Sans préjudice des dispositions des articles 346 et 347 de la Constitution, l'oriya est la langue d'usage en totalité ou en partie aux fins officielles de l'État de l'Orissa:
À la condition que, lorsque l'oriya doit être utilisé comme langue à des fins officielles, les chiffres en oriya ne soient pas être utilisés et que la forme interne des chiffres indiens soit utilisée.
2) Le gouvernement de l'État peut, par un avis, ordonner que, dans une zone déterminée et avec effet à une date précise, l'oriya doit être utilisé dans le respect des ces fins officielles qui peut être précisée dans l'avis.
L'article 3 de la Loi sur la langue officielle précise que l'oriya est obligatoire pour tout ce qui relève de la juridiction de l'Assemblée législative de l'Orissa, y compris les textes d'application et les ordonnances promulguées par le gouverneur:
Langue d'usage dans les projets de loi et autres
Selon la forme et la date que le gouvernement de l'État peut, par un avis, désigner dans ce nom, la langue d'usage dans :
(a) tous les projets de loi doivent être introduits ou modifiés qui sont présentés devant l'Assemblée législative de l'Orissa;
(c) toutes les ordonnances promulguées par le gouverneur en vertu de l'art. 213 de la Constitution; et
(d) toutes les ordonnances et règles, tous les règlements et les textes d'application émis par le gouvernement de l'État en vertu de la Constitution ou en vertu d'une loi adoptée par le Parlement ou la Législature de l'État;
doit être l'oriya:
À condition que le gouvernement de l'Etat puisse désigner des dates différentes en ce qui concerne l'un des éléments visés aux alinéas (a) à (d) ci-dessus.
L'article 3-A de la Loi sur la langue officielle a pour objectif de maintenir l'anglais, en plus de l'oriya, pour la conduite des affaires à l'Assemblée législative de l'État de l'Orissa:
Maintien de la langue anglaise pour usage à l'Assemblée législative
Nonobstant l'expiration de la période de quinze ans à compter de l'entrée en vigueur de la Constitution de l'Inde, la langue anglaise peut, à partir du 26e jour de janvier 1965, continuer à être utilisée, en plus de l'oriya, pour la conduite des affaires à l'Assemblée législative de l'État de l'Orissa.
En 2010, le gouvernement de l'Orissa a fait adopter une loi afin de changer le nom de l'État. En effet, la Loi de l'Orissa sur la modification du nom changeait le nom d'Orissa pour Odisha:
Cette loi modifiait non seulement le nom de l'État, mais également le nom de la langue qui devenait odia au lieu d'oriya, ainsi que le changement de leurs traductions en hindi. La loi nécessitait aussi un changement de certains articles de la Constitution indienne, notamment les articles 164 et 273, ainsi que les annexes I et VI de la Constitution. La loi et les modifications constitutionnelles ont été approuvées par le gouvernement central en novembre 2011. Il semble que les mots Orissa et oriya étaient des graphies anglicisées et qu'il fallait les rendre plus conformes à la langue d'origine.
L'oriya (ou odia) est la langue officielle de l'État, mais juridiquement parlant ce statut officiel est limité au seul domaine de la Législature qui est d'ailleurs partagé avec l'anglais. Bien que l'oriya (odia) ne soit juridiquement que la langue officielle de la Législaturet, ce qui signifie que la Loi sur la langue officielle est forcément incomplète, cette langue s'applique dans les faits à tous les domaines de l'État de l'Orissa, que ce soit l'administration, la justice ou l'éducation. Il suffit de vérifier les affiches écrites en oriya pour constater l'omniprésence de cette langue, bien que l'anglais ait conservé aussi une certaine importance.
Par exemple, l'article 7 du Règlement sur les services correctionnels subalternes (1992) exige que qu'un candidat admissible à se présenter à un concours pour un recrutement dans les services correctionnels doit être capable de parler, de lire et d'écrire l'oriya (odia) :
Afin d'être admissible à se présenter dans un concours, un candidat doit satisfaire aux conditions suivantes, c'est-à-dire :
(i) Il doit être citoyen indien.
(ii) Il doit être capable de parler, de lire et d'écrire l'oriya, et doit avoir l'oriya en tant que matière linguistique à l'examen du HSC [Higher School Certificate] ou un examen équivalent ou il a été déclaré avoir réussi un test en langue oriya équivalent à la norme du Middle School sous la responsabilité du Département de l'éducation du gouvernement de l'Orissa.
À partir de cet exemple, on peut croire que cette exigence linguistique s'étend à toute la fonction publique. D'ailleurs, l'article 7 du Règlement de la Commission sur la sélection du personnel (1993) exige également la maîtrise de l'oriya :
(b) Il doit posséder les qualifications requises prescrites pour le poste ou le service selon le règlement ou les instructions du recrutement pour lequel l'examen est prévu.
(c) Son âge ne doit pas être inférieur à la limite d'âge minimum prescrit en vertu de l'article 15-A du Code de service de l'Orissa au 1er janvier de l'année où le recrutement est maintenu, et son âge ne doit pas être plus que la partie supérieur à la limite d'âge supérieure tel qu'il est prescrit dans le Règlement sur la fonction publique de l'Orissa de 1989 (Fixation de la limite supérieure d'âge). [...]
(f) Il doit avoir réussi l'examen du Middle School avec l'oriya comme matière linguistique:
OU avoir réussi le certificat de baccalauréat ou un examen équivalent avec l'oriya comme moyen d'examen dans un sujet non linguistique;
OU avoir réussi en oriya comme matière linguistique à l'examen final de la classe VII ou au-dessus:
OU avoir réussi un test en oriya dans un Middle English standard sous la responsabilité du Département de l'éducation;
Un rapport de 2010 du gouvernement central révèle que les règlements de l'État ne sont jamais traduits à l'intention des communautés linguistiques minoritaires.
Il en est ainsi dans le domaine de la justice puisque la Loi sur la langue officielle ne fait aucune allusion aux tribunaux. Cependant, l'article 18 du Règlement sur les services judiciaires supérieurs et les services judiciaires de l'Orissa (2007) exige qu'un juge doit être capable de parler, de lire et d'écrire couramment l'oriya et avoir réussi un examen en dans la langue oriya, équivalent à celui de la norme dans une école du Middle English :
Admissibilité des candidats au poste de juge civil
1) Afin d'être admissible pour le recrutement dans le service judiciaire comme juge civil, un candidat doit :
(a) détenir un diplômé en droit d'une université ou d'institutions reconnues par le gouvernement;
(b) ne pas être âgé de moins de vingt et un ans et ne dépasser trente-deux ans le 1er jour du mois d'août de l'année dans laquelle est présentée la demande de candidature:
À la condition que la limite d'âge soit assouplie de cinq ans dans le cas des castes, des tribus, des femmes et des candidats handicapés orthopédiques et de trois ans dans le cas des candidats appartenant à la SEBC (classe arriérées au point de vue social et éducatif);
(b) être capable de parler, de lire et d'écrire couramment l'oriya et avoir réussi un examen en dans la langue oriya, équivalent à celui de la norme dans une école de Middle English;
(d) être de bonne moralité;
(e) être en bonne santé et exempt de tout défaut organique et d'infirmité physique;
Autrement dit, la loi semble laisser croire que l'anglais est aussi exigé. D'ailleurs, le Règlement de la Haute Cour (1948) précise bien que l'anglais est la langue de la Haute Cour:
Toute demande devant la Haute Cour doit être une requête rédigée dans la langue anglaise.
Il ne faut pas oublier que les hommes de loi sont tous formés en anglais en Inde et qu'ils sont très attachés à cette langue. Bien souvent, ils connaissent beaucoup mieux l'anglais que leur langue maternelle en cette matière. L'anglais est également la seule langue officielle de la Cour suprême de l'Inde.
4.3 Les langues en éducation
Dans l'État de l'Orissa (Odisha), le système scolaire compte quatre niveaux d'enseignement :
En 2011, le taux d'alphabétisation des adultes de l'Orissa était de 72,9 %. Dans les zones rurales, le taux d'alphabétisation était de 70,2 % (dont 79,6 % pour les hommes et 60,7 % pour les femmes), alors que dans les zones urbaines il était de 85,7 % (dont 90,7 % pour les hommes et 80,4 % pour les femmes).
L'Orissa comptait 34 234 écoles primaires de premier cycle ("primary"), 6429 écoles primaires de second cycle ("upper primary"), 232 écoles secondaires de premier cycle ("secondary")et 15 écoles secondaires de second cycle ("highter secondary"). Si la plupart des écoles ont l'oriya comme langue d'enseignement, les autres ont l'anglais ou l'hindi. Dans le domaine de l'enseignement, l'article 350A de la Constitution indienne oblige tout État à assurer, au primaire, l'enseignement de la langue maternelle aux enfants appartenant à des groupes minoritaires:
Pour ces langues minoritaires, il suffit d'une demande de 10 élèves sur 40 pour que l'État, par exemple l'Orissa, soit obligé de fournir un enseignement dans une langue donnée. L'article 2 de la Loi sur l'éducation (1969) ne traite pas formellement des langues d'enseignement, mais prévoit que les minorités ont le droit de choisir un établissement scolaire tel que le reconnaît l'article 30 de la Constitution indienne:
Loi ne s'appliquant pas à certains établissements
Rien dans ce qui est contenu dans la présente loi ne s'applique aux établissements d'enseignement de leur choix, créés et administrés par les minorités qui en ont le droit, en vertu du paragraphe 1 de l'article 30 de la Constitution.
Rappelons que cet article 30 énonce que «toute minorité, par sa religion ou par sa langue, a le droit de créer et d'administrer les établissements scolaires de son choix». Les langues minoritaires les plus importantes enseignées dans les programmes scolaires sont le télougou (135 écoles), le santali (100 écoles), l'ourdou (64 écoles), le bengali (24 écoles), le kannada (5 écoles), l'assamais, le sanskrit, le panjabi, le népalais (trois écoles chacune) et le sindhi (une école).
L'Orissa a adopté le formule d'enseignement trilingue. La première langue peut être l'oriya ou l'une des langues minoritaires (télougou, santali, ourdou, etc.), mais la seconde langue obligatoire est l'anglais, alors que la troisième langue peut être l'hindi, le sanskrit ou le persan.
En 2010, il existait 12 universités d'État, une université «fédérale» à Koraput, trois instituts d'importance nationale et deux universités privées, sans oublier des dizaines de collèges professionnels. La plupart de ces établissements enseignent en oriya et en anglais.
La plupart des journaux sont originaires de Bhubaneswar et son publiés en oriya, comme le Dharitri, le Dinalipi, le Sambad, le Samaya, le I, l'Anupam Bharat, le Prajatantraetc, etc., mais plusieurs autres sont en anglais (Odisha Diary, Orissa Barta, Orissa Post, etc.).
Les médias électroniques sont très nombreux. Toutes les stations de radio diffusent en oriya (odia), mais plusieurs diffusent aussi en anglais et en hindi; les stations locales peuvent émettre des émissions en assamais, en bengali, en bhojpouri, en gujarati, en kannada, en malayalam, en marathi, en panjabi, en tamoul et en télougou.
Quant aux canaux de télévision (Odisha TV, Tarang TV, Colors Odia, Chandrika TV, Chilika TV, etc.), les émissions paraissent généralement en oriya (odia), en anglais ou en hindi, mais certaines émissions peuvent être en bengali, en assamais, en panjabi et en télougou.
L'État de l'Orissa (Odisha) pratique une politique d'unilinguisme oriya (odia) parce que la concurrence linguistique est minime. Cependant, cette concurrence existe bel et bien avec l'anglais et l'hindi, qui sont les deux langues officielles de l'Union indienne. Pour le reste, la langue oriya occupe une place prépondérante dans les activités de communication dans l'État. En ce qui concerne les minorités, l'État de l'Orissa s'en tient au respect minimal des dispositions constitutionnelles en matière d'éducation. Les principales minorités linguistiques ont à leur disposition un nombre suffisant d'écoles dans leur langue (télougou, santali, ourdou, bengali, etc.), mais l'État n'assure pas une quelconque promotion à cet égard. Bref, l'Orissa ne maltraite pas ses minorités, mais il ne s'en préoccupe pas vraiment. Comme ailleurs en Inde, l'État assure une place plus importante à l'anglais qu'aux langues minoritaires, mais c'est un État qui a su conserver avec succès sa langue nationale (oriya ou odia).

References: L'article 3

L'article 3
 l'article 7
 l'article 7
 l'article 15
 l'article 18
 l'article 350
 L'article 2
 l'article 30
 l'article 30