Source: http://remacle.org/bloodwolf/erudits/philon/fortification2.htm
Timestamp: 2017-10-17 05:33:37+00:00

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avant-propos - chapitre II
TRAITE DE PHILON
1. — Le premier soin de ceux qui ont à construire des tours doit être de creuser jusqu’au roc, ou bien jusqu’à l’eau, ou à une couche quelconque du sol, et alors de consolider fortement ce lieu de manière à y établir le mieux possible des fondations avec du gypse,[32] afin que, d’un côté, les murs ne puissent être brisés par suite de la rupture de leurs fondations, et que, d’un autre, les remparts ne puissent être minés par dessous.[33]
2. — En second lieu, il faut construire les tours suivant la nature du terrain. Les unes seront, non pas complètement rondes, mais arrondies seulement à l’extérieur et présenteront à l’intérieur une face plane, comme un cylindre coupé en deux par [un plan perpendiculaire à] sa base.[34] Les autres seront hexagonales, pentagonales ou tétragonales; on les construira de manière à présenter un saillant à l’ennemi (ἐκτιθέντα κατὰ μίαν γωνίαν), afin que, d’un côté, elles se secourent les unes les autres au moyen de traits envoyés des flancs (ἐκ τῶν πλαγίων) contre les tours de charpente (μηχανήματα)[35] amenées pour l’attaque, et afin que, d’un autre côté, elles ne souffrent point quand elles seront frappées par les béliers et les pétroboles. En effet, les coups qui arrivent sur les faces produisent beaucoup d’effet, tandis que ceux qui viennent se briser contre l’angle saillant perdent presque toute leur force.
Tour de l’enceinte romaine à Strasbourg (plan).
3. — Il convient de construire les tours rondes et les tours tétragonales comme on le fait aujourd’hui.[36]... Pour celles qui sont auprès des portes de la ville (κατὰ τοὺς πολεῶνας), il faut les faire hexagonales, afin que les angles soient plus résistante et ne soient point endommagés par les projectiles, que les traits envoyés de tous côtés vers les sorties ne viennent point battre les portes et rendre le passage difficile, et enfin pour que le champ de tir s’étende dans toutes les directions.[37]
4. — Si tu bâtis des tours en briques, il faut les faire tétragonales en rendant l’angle saillant légèrement aigu. Les côtés seront raccordés à la gorge par un arc de cercle, de façon à adapter leur base à l’extrémité des courtines.[38]
Restitution d’une tour de briques d’après Philon
Plan de la plate-forme supérieure
5. — Quant à ces courtines, elles s’infléchissent avec les murs de flanc qui aboutissent à la gorge des tours.
6. — Pour qu’elles ne puissent être ébranlées par aucune espèce de coup, il faut que les dernières pierres soient reliées entre elles avec du plomb, du fer[39] ou du gypse, de telle façon que les coups des pétroboles puissent glisser sans entamer les créneaux
7. — Ils (les passages) doivent avoir une largeur de deux coudées (0,92 m), afin, d’un côté, que l’on puisse facilement emmener les blessés, et que, d’un autre, les coups qui pourraient arriver dans les passages aient de la peine à briser les poternes.
8. — Que le rempart soit à une distance de soixante coudées (27,60 m) des maisons de la ville, pour qu’on puisse facilement faire circuler les projectiles, envoyer des secours le long de l’enceinte, et creuser, si cela devient nécessaire, un retranchement (ταφρείαν) suffisant.[40]
9. — On doit donner aux murs au moins dix coudées (4,60 m) d’épaisseur.[41]
10. — Il faut les construire avec des pierres de taille posées dans du gypse : pour les parties les plus exposées des courtines, on emploiera des pierres plus dures, et, si l’on n’en a pas, on emploiera des pierres avec bossages;[42] de la sorte on diminuera autant que possible l’effet des pétroboles.
11. — On leur donnera au moins vingt coudées (9,20 m) de hauteur, pour les mettre à l’abri de l’escalade.[43]
12. — Il faut noyer longitudinalement dans la maçonnerie des courtines et des tours des poutres de chêne assemblées bout à bout. Ces chaînages, espacés verticalement de quatre coudées (1,85 m), sont destinés à localiser l’effet des projectiles de l’ennemi sur le mur et à faciliter les réparations.[44]
Restitution d’un mur de courtine avec chaînages en bois, d’après Philon (coupe).
Restitution d’un mur de courtine avec chemin de ronde mobile, d’après Philon (coupe).
13. — On fera les murs couverts d’un toit et munis de créneaux où cela sera nécessaire.
14. — Il convient aussi d’élever en certains lieux des courtines avec des créneaux, mais sans chemin de ronde; on aura soin alors de sceller dans le mur, pendant la construction, des corbeaux (κέρων)[45] formant saillie sur le parement intérieur, de façon à pouvoir étendre sur ces supports des poutrelles et des madriers qui formeront un plancher mobile où il sera facile de circuler et de combattre au moment du besoin. En enlevant le plancher, il suffira de quelques hommes pour garder cette partie de l’enceinte; car, si l’ennemi parvenait au sommet du mur, il ne pourrait descendre du côté de la ville; il serait alors forcé de se retirer, ou bien il ne tarderait point à succomber sous les traits de la défense.[46]
15. — Pour d’autres courtines, on construira, comme cela s’est fait à Rhodes, un chemin de ronde large de sept coudées (3,22 m) au dessus d’une série de voûtes. Des corps de garde à sept lits (φύλακτήρια ἑπάκλινα) seront établis sous ces voûtes, dont les pieds droits doivent avoir dix coudées (4,62 m) de largeur sur autant d’épaisseur. On donnera aux murs transversaux la même largeur (4,62 m), mais seulement trois coudées (1,38 m) d’épaisseur. Ce mode de construction est beaucoup plus économique que les autres, tout en procurant une solidité suffisante; car les murs épais de dix coudées n’ont rien à craindre des coups des lithoboles, et ceux de trois coudées peuvent se réparer très facilement s’il leur arrive quelque dommage.[47]
16. — On construira les tours de la même manière, en se servant de pierres de taille cimentées avec du gypse, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut; leurs murs ne doivent pas avoir moins de dix coudées (4,62 m) d’épaisseur.
17. — On ménagera dans les murs de flanc (ἐκ τῶν πλαγίων ταίχων) des embrasures (θυρίδας) étroites à l’extérieur, larges à l’intérieur et se rétrécissant vers le milieu : la partie inférieure sera inclinée du dedans au dehors (καταξήρους);[48] de la sorte, les défenseurs seront à l’abri et pourront, en avançant la tête des traits dans les embrasures, pointer les pétroboles et les catapultes dans la direction qu’ils voudront.
Embrasure du moyen âge (plan)
18. — Il faut qu’il y ait des embrasures pour le tir des catapultes et des lithoboles dans les tours, au rez-de-chaussée desquelles on doit établir des batteries;[49] c’est grâce à ces batteries que les tours pourront se prêter un mutuel appui contre les tours de charpente de l’ennemi, soit que celui-ci les amène contre l’une des tours du même front, soit qu’il les dirige contre une des tours détachées de l’enceinte.[50] L’assiégé pourra les battre avec des pétroboles qui tirent au travers des flancs ou au travers des courtines (μεταπυργίδων):[51] aussi doit-on ménager dans celles-ci des embrasures telles que nous les avons décrites, ainsi que des archères (τοξικαί), les unes directes, les autres obliques,[52] mais toutes rétrécies à l’extérieur, de telle façon que les défenseurs puissent blesser ceux qui s’approchent et briser les masques des mineurs,[53] (τὰς προτιθεμένας δοκίδας), ainsi que les tours de l’attaque, sans avoir rien à redouter eux-mêmes.
Tortue pour les mineurs, fig. extr. de Héron.
19. — On revêtira les embrasures avec des plaques de fer munies de côtes saillantes tout autour, de façon à éviter d’un côté les effets destructeurs des projectiles, et de l’autre à rendre difficile la pénétration des traits le long des joues dans l’intérieur.[54]
Coupe d’un créneau de la cathédrale de Béziers.
20. — Ayant ainsi construit les tours (τοιαύτης δὲ οὔσης τῆς τειχοποιίας τῶν πύργων), nous y établirons des passages aussi grands que possible et en forme de voûte, pour que les pétroboles puissent facilement y pénétrer et les traverser quand il le faudra.
21. — Il faut faire les tours, devant lesquelles l’ennemi pourra amener des tours de charpente hautes et solides; il suffira de donner aux autres l’élévation nécessaire pour n’avoir rien à craindre de l’escalade. En effet, les premières, qui sont trop hautes, ne servent à rien[55] et les pétroboles les renversent plus vite, tandis que les autres sont efficaces et supportent facilement les dommages. Il faudra donc s’attacher d’abord à faire les murs des tours et les tours elles-mêmes très épais, et c’est à cela, plutôt qu’à la hauteur, qu’on devra consacrer l’argent dont on peut disposer.
22. — Dans toutes les courtines et dans toutes les tours, la partie la plus exposée aux coups des lithoboles doit être formée de pierres aussi dures que possible, avec des bossages saillants d’une palme (0,08 m) et assez distants l’un de l’autre pour ne point permettre aux projectiles lancés par les pétroboles d’un talent d’arriver jusqu’au mur proprement dit et de lui causer ainsi quelque dommage.[56] — [Ces pierres, qui auront leur parement non taillé, (mais seulement) dégrossi au marteau taillant, seront placées de manière à former boutisses].[57]
23. Les emplacements (αἱ ἐκθέσεις) de tous les remparts ainsi que leurs inclinaisons (αἱ ἐγκλίσεις), leurs courbures (τὰ ἐπικάμπια) et leurs élargissements (αἱ εὐρυχωρίαι), doivent toujours être déterminés par la nature des lieux.
Errata : la figure a été inversée par la gravure; la droite est devenue la gauche et réciproquement
24. — Au pied des murs et des avant-murs, on construira des batteries pour les projectiles les plus gros et les plus nombreux. Les unes seront creusées [dans le sol ou] de plain-pied et managées dans la partie inférieure des murs; les autres seront enterrées de manière à avoir une grande plate-forme et à mettre les artilleurs à l’abri. Ces derniers frapperont ainsi l’ennemi sans être vus, et ne seront point exposés à devenir inutiles lorsque l’assiégeant s’approchera de la place, faute de pouvoir faire converser leurs machines.[58]
25. — On ménagera de nombreuses poternes dans les flancs pour effectuer facilement les sorties, et aussi pour que les soldats, quand ils battront en retraite, ne soient pas obligés, en faisant demi-tour, de découvrir le côté non protégé par le bouclier; une file (λόχος) sortant par une première poterne rentrera par une seconde et toutes les autres files suivront le même mouvement.[59]
26. — Pour les poternes, on fait les unes avec des brisures et les autres avec des portes fermant au verrou.[60]
27. — En avant de toutes ces poternes, on élèvera des constructions tant pour les garantir de l’incendie et des pétroboles que pour empêcher l’ennemi de s’en approcher; en outre, quand les assiégés voudront faire quelques sorties, on pourra en dissimuler ainsi les préparatifs.[61]
28. — Les fossés que l’on creusera, si le sol n’est pas humide, seront maintenus secs et minés (ὑπόνομαι)[62] aux endroits convenables, de façon que les assiégés puissent de l’intérieur [de la place] retirer, soit de jour, soit de nuit, tout ce que les assiégeants y jetteraient pour les combler.
29. — Les palissadements (αἱ χαρακώσεις), excepté ceux qui sont plantés devant un épaulement (ἔξω τῆς πρὸς τὸ τείχισμα λαμβανούσης),[63] seront tous verticaux. Il faut que les palissades soient difficiles à franchir et à renverser: elles seront difficiles à franchir, si on ne peut en aucune façon les enjamber; elles seront difficiles à renverser, si, même quand on les tire, elles gardent leur solidité; or, en les reliant avec des cordes, il arrive quelquefois qu’on finit par rompre une de ces cordes plutôt que d’arracher le pieu (τὸ σκόλοπα) lui-même. Il faut seize cents palissades (χάρακες) de moyenne grosseur pour palissader une longueur d’un stade.[64]
Palissades et fraises modernes.
30. — Il y a un autre système de fortification qui ne le cède en rien au précédent: il se compose d’hémicycles dont la concavité est tournée vers l’ennemi; les extrémités des arcs doivent venir s’appliquer contre les tours, de façon à s’adapter à leurs angles et de manière que la distance des parements extérieurs de ces extrémités soit précisément égale à la largeur du mur qui forme la base ide la tour] du côté de l’intérieur. On fera reposer les poutres de toutes ces tours sur les murs perpendiculaires, afin que si un des murs exposé à l’ennemi venait à s’écrouler sous les coups, les couvertures restassent debout[65] et que nous pussions de nouveau reconstruire ce mur.
Fortifications de Wismar.
31. — On fera aussi des embrasures (θυρίδας)[66] dans ces murs,[67]... de manière que, pour les sorties, les défenseurs ne soient point obligés de présenter aux assaillants le côté non protégé par le bouclier, et que les portes ne soient point exposées aux coups des lithoboles. Les autres constructions se feront comme celles que nous avons décrites plus haut.
32. — Ce tracé ressemble au tracé en forme de scie que l’on dit avoir été inventé par l’ingénieur Polyeidos, dans lequel on renforce les positions favorables en construisant, à la gorge des saillants, des tours pentagonales. On jette ensuite des poutres d’un mur à l’autre, comme nous l’avons indiqué plus haut, et l’on obtient ainsi des constructions analogues.[68]
33. — Il y en a qui recommandent un autre système dans lequel les courtines légèrement cintrées ont cent coudées (46,20 m) de longueur, douze (5,50 m) d’épaisseur et six orgyes (11 m) de hauteur. La partie supérieure du mur exposée à l’ennemi doit se composer de deux murs cassez résistants) pour n’avoir rien à craindre des coups des lithoboles. Ces mirs seront à huit coudées (3,70 m) l’un de l’autre et à douze au moins.[69] En jetant, au-dessus, des voûtes ou des poutrelles on construira des corps de garde. On percera des poternes pour les sorties. Enfin, au milieu des courtines, on élèvera des tours massives pentagonales dans les lieux favorables.[70]
Echelle de 60 mètres pour le plan (errata : lire 3,70 m en largeur)
34. — Une enceinte ainsi construite se trouve donc munie d’un double mur et de plus protégée par des tours, de sorte qu’elle n’a à craindre aucun dommage sérieux. Les assiégés peuvent, en effet, facilement défoncer les masques que les mineurs appliquent contre les murs (τὰς προστιθεμένας δοκίδας) et, renverser les tours de charpente que l’ennemi peut amener (τὰ προσαγόμενα μηχανήματα), ainsi que les portiques qu’il conduit vers la place (τὰς προσῳκοδομημένας στοάς), en les frappant de côté avec des lithoboles et des béliers; de plus ils tueront facilement les mineurs et les soldats qui s’abritent sous les machines. Il sera également aisé de jeter des nœuds coulants autour de la tête des béliers, de les saisir et de s’en rendre maître. Enfin, les assaillants présenteront toujours à l’ennemi un côté sans défense, tandis que les assiégés pourront effectuer leurs sorties et leurs retraites en n’exposant que le côté protégé par le bouclier. Tous ces avantages sont, du reste, communs aux autres tracés.
35. — Il faut faire les avant-murs (τὰ πτροτειχίσματα) de ces divers tracés très forts et les construire de la même manière que les murs.
36. — Quant aux autres ouvrages (οἰκοδομίας) et aux palissadements (χαρακώσεις), on les construira comme nous l’avons dit plus haut.
37. — Il y a un autre tracé qui est extrêmement simple et qui cependant présente une force suffisante : c’est celui dans lequel on construit des courtines obliques et où les tours ont deux angles, l’un aigu et l’autre obtus, tous deux adjacents au mur.[71] En les construisant ainsi, elles peuvent se protéger les unes les autres contre l’attaque des engins C’est aussi de cette manière qu’il faut se fortifier (τειχοποιητέον) dans les camps si l’on craint d’y être assiégé.
Tracé à courtines obliques d’après Floriani.
38. — Dans les restaurations d’anciennes places,[72] il faut construire des tours qui n’auront qu’un angle en saillie; quant aux courtines, on les renforcera selon la méthode rhodienne On fera surplomber les créneaux au moyen de trois assises, de façon à ce que les défenseurs puissent, du haut de ces avances, frapper ceux qui s’approcheront de l’avant-mur; les supporta ainsi construits se brisent difficilement.[73] En avant des tours carrées, on juxtaposera des tours triangulaires et équilatérales, afin que les projectiles des lithoboles, ricochant sur l’angle saillant qui est massif et suffisamment ouvert pour résister aux chocs, ne puissent renverser les tours ainsi protégées.
Restauration des anciennes enceintes d’après Philon.
39. — Il ne faut pas relier les tours aux courtines; car, le poids des constructions n’étant pas le même dans les premières que dans les secondes [le tassement serait inégal], et il n’y aurait pas la même cohésion entre les parties supérieures et les parties inférieures de la maçonnerie des tours et des courtines. Si ces ouvrages étaient joints, il en résulterait des lézardes dans les remparts, et, s’il venait à arriver quelque dommage aux courtines, cela pourrait entrainer les murs des tours.
40. — Quand on a à édifier des tours semi-circulaires, pour que le travail se fasse avec rapidité et précision, il faut tracer à l’avance l’appareil de la construction d’après la circonférence extérieure et distribuer aux tailleurs de pierres des panneaux en bois pour leur servir de modèle. De cette manière, les remparts s’élèveront sans perte de temps et les villes se trouveront très bien fortifiées : d’un côté, parce que l’on aura conduit le travail comme nous l’avons indiqué; de l’autre, parce que les projectiles des lithoboles ricochent sur la surface des tours, et que les pierres des assises, étant plus étroites à l’intérieur qu’à l’extérieur, ne peuvent s’enfoncer. Il faut, du reste, que les pierres qui se trouvent aux angles, ainsi que celles du parement extérieur, soient aussi grandes et aussi dures que possible et taillées sur leur face.[74]
41. — Au pied de toutes les tours et de tous les ouvrages détachés, en avant des angles, il faut construire des murs qui viennent s’appliquer contre les angles saillants, afin que les défenseurs puissent avoir une sorte de cavalier pour combattre.[75] Autour de ces murs, il faudra encore élever des avant-murs ou des palissades: de la sorte, quand bien même cet avant-mur viendrait à être abattu, l’ennemi qui l’aurait dépassé ne pourrait saper le rempart en appliquant contre lui le masque des mineurs.
42. — Quel que soit, du reste, le système de fortification, il faut qu’il n’y ait pas moins de trois fossés (τάφρων), dont le premier doit être à une plèthre (31m00) du mur; le deuxième sera distant du premier de quarante coudées (1850); il y aura le même espace de quarante coudées entre le deuxième et le troisième.[76]
43. — Dans les intervalles ainsi conservés (ἀναμέσον τῶν διαστημέτων) sur une longueur de vingt-huit coudées (1300), on devra enfoncer des piquets (σκόλοπας καταπῆξαι), creuser des coupures (ὀρύγματα ποιῆσαι) et planter des paliures,[77] afin que si l’ennemi venait à s’emparer du premier fossé, il n’eût pas de place pour établir sur la braye[78] une pétrobole d’un talent.[79] Le canal (ἡ σύριγξ) de cette pétrobole a, en effet, douze coudées (55O), et le levier (ἡ σκυτάλη) quatre (1,80 m), de sorte qu’il ne resterait pas d’espace pour ceux qui font tourner le treuil (τοῖς περιάγουσι τὸ ὄνον).[80]
44. — Il faut faire les fossés aussi profonds que possible, et ne pas leur donner une largeur moindre que soixante-dix coudées (32 m).[81]
45. — Là où l’on fera des fossés de cette dimension et disposés ainsi que nous l’avons dit, l’assiégeant mettra beaucoup de temps pour les combler, et les pétroboles d’un talent, qui sont les plus dangereuses pour les murs, ou bien n’atteindront pas ceux-ci, ou bien manqueront de force pour les endommager; les portiques ne pourront être conduits vers la ville, et enfin le bélier, quand bien même quelques fossés seraient comblés, ne pourrait frapper les tours.[82]
46. — Ceux qui creusent les fossés doivent employer la terre qu’ils retirent du premier à faire une levée en avant du rempart;[83] la terre qui vient des autres sera rejetée sur le milieu des brayes, afin de rendre les palissadements plus solides et afin que les brayes, en s’élevant, puissent protéger le mur et l’avant-mur.
47. — En avant du deuxième fossé et du troisième,[84] on élèvera des palissadements et pas d’avant-murs, afin de ne point fournir de cavalier (ὑπόστασιν) à l’ennemi.
48. — En avant du premier, on enfouira des vases de terre debout et vides et on en bouchera l’ouverture avec de la mousse; c’est la matière la moins sonore.[85] Ces vases seront fournis en partie par les citoyens, en partie par la cité; on les recouvrira ensuite de terre, de façon à permettre aux hommes de passer au-dessus sans danger, mais de telle manière que le sol s’effondre sous le poids des tortues et des tours de charpente.
49. — On creusera aussi, on un grand nombre de points, des mares autour desquelles on plantera des paliures[86] pour rendre les approches de l’ennemi aussi difficiles que possible.
50. — Ceux qui creuseront les fossés auront soin toutefois de réserver, au travers, des voies carrossables bien aplanies,[87] afin que nous puissions amener des champs dans la ville tout ce dont nous aurons besoin.
52. — Il faut encore des tours de charpente mobiles sur des roues (μηχανήματα ὑπότροχα); il convient d’en avoir deux, ou au moins une, afin qu’elles puissent facilement donner leur appui partout où le besoin s’en fera sentir,
53. — Il faut établir des communications sûres, soit directes, soit transversales (παρόδους καὶ διόδους),[90] pour porter secours aux palissadements, de peur que l’ennemi, venant à établir ses pétroboles sur le bord du fossé, ne s’en serve comme d’un rempart (ἐρύματι), ce qui lui serait très avantageux.
54. — Nous aurons grand soin d’établir des retranchements (ταφρεία)[91] surtout autour des avant-murs, des fossés et des palissadements (περὶ τὰ προτειχίσματα καὶ τάφρους καὶ τὰς χαρακώσεις); car c’est au moyen des lithoboles et des portiques que se prennent le plus facilement les places.[92] On s’efforcera donc de rendre aussi résistants que possible les avant-murs et les palissadements et de faire les fossés très larges et très profonds; si toutes ces choses sont convenablement établies, la ville n’aura rien à craindre.
55. — Il faut, du reste, choisir les systèmes de fortification, p. suivant la nature des lieux où on doit les construire: tel convient ici, tel autre là. C’est ainsi que le système à méandres[93] doit être employé dans la plaine; celui qui est composé d’hémicycles ou qui est en forme de scie sera bon lorsque le terrain qu’on veut enceindre est accidenté;[94] il faut se servir du système double[95] lorsque la ville que l’on a à fortifier présente des sinuosités et des rentrants prononcés; celui qui a les courtines obliques[96] convient aux formes triangulaires; enfin celui qu’employaient les anciens[97] est encore bon pour les terrains arrondis.
56. — Il faut prendre garde, toutes les fois qu’on construit des tours, qu’aucune partie des courtines ne soit vue à revers.[98]
57. — On aura soin également de construire en forme de tours les tombeaux que l’on élèvera aux hommes éminents et les nécropoles (δεῖ δὲ καὶ τῶν ἀγαθῶν ἀνδρῶν τοὺς τάφους, καὶ πολυάνδρια πύργους κατασκευάζειν); de la sorte on renforcera la ville, tout en donnant à ceux qui se sont fait remarquer par leurs vertus ou qui sont morts pour leur patrie une sépulture honorable dans leur pays.[99]
58. — On trouvera dessinés dans ce livre, pour en rendre l’intelligence plus facile, tous les systèmes de fortification (τῶν πυργοποιίων) que nous venons de décrire.[100]
[32] Les anciens, qui ne pouvaient distinguer les corps que par leurs caractères physiques, confondaient sous le nom générique de gypse (γύψος) trois substances différentes : 1° le sulfate de chaux ou piètre ordinaire, 2° certains ciments naturels comme le plâtre-ciment de Boulogne ; 3° une terre marneuse qu’on appelait gypse de Tymphée et qui jouissait de la propriété de former directement avec l’eau un composé durcissant à l’air. On trouve dans la carrière de Clipton (comté de Northampton, Angleterre) une substance de cette espèce connue sous le nom de calx nativa. D’après ce que m’a dit M. de Voize, ancien consul général en Orient, il en existerait aussi à Santorin. — Voir à ce sujet Théophraste (Traité des pierres) ; Pline (H. N., liv. XXXVI, chap. 59); Note sur le ciment de Boulogne, dans le 2e volume du Mémorial de l’officier du génie.
Pline ne spécifie pas la variété de gypse qu’il faut employer, mais on sait que certains sulfates de chaux résistent parfaitement aux intempéries. A Paris, les maçons se servent de plâtre au lieu de mortier, et l’on voit des murs de façade, bâtis de cette manière, porter six ou sept rangs de planchers et des combles au-dessus sans avoir plus de 0,50 m d’épaisseur. A Digne, on emploie le plâtre ferrugineux du pays pour faire les montants des portes et des fenêtres, en guise de pierre de taille.
Le gypse de Grèce était au moins aussi bon. « On s’en sert, dit Théophraste, dans les bâtiments pour faire des enduits, et on l’applique sur les endroits particuliers qu’on veut fortifier. Ce ciment est très fort, et souvent tient bon même après que les murailles sur lesquelles on l’a appliqué se sont fendues, et que le mortier avec lequel on a joint les pierres se trouve réduit en poussière.
Thucydide rapporte que les pierres de taille des murs du Pirée étaient cimentées avec du gypse; il en était de même, suivant Diodore de Sicile (liv. II), des briques qui formaient les voûtes des jardins suspendus de Babylone.
On se sert souvent encore aujourd’hui, en Orient, du plâtre en guise de mortier, et cette préférence est due évidemment à l’influence délétère qu’exercent les climats secs et chauds sur le durcissement des composés de chaux et de sable. On sait, en effet, que les maçonneries des Romains qui, dans nos pays, présentent une si merveilleuse dureté, n’ont presque laissé aucune trace sur les bords du Nil.
[33] Le mineur assiégeant cherchait à pénétrer dans la ville assiégée soit en passant en galerie par-dessous le rempart, soit en faisant écrouler le mur au moyen d’une chambre creusée sous les fondements. L’assiégé prévenait la première de ces attaques en faisant aller son rempart jusqu’à l’eau ou au roc, et la seconde en cimentant fortement la fondation, de telle façon que la partie du mur suspendue sur le vide se soutint par sa cohésion avec les parties voisines.
[34] Cette disposition est à la fois économique et conforme à l’un des grands principes de la fortification, qui consiste à procurer la plus grande mobilité possible à la défense. Il faut, en effet, que la tour forme saillie à l’extérieur pour le flanquement, mais elle doit s’aligner à l’intérieur sur la rue du rempart pour ne point gêner inutilement la circulation. — La figure ci-dessus, qui représente le plan d’une des tours de l’enceinte romaine de Strasbourg, répond à la description de Philon: A et B sont deux murs en maçonnerie qui contiennent entre eux une couche de terre C; le mur B est interrompu au droit de la tour, de façon à ne permettre le passage que sur un pont volant en planche.
[35] Le mot μηχάνημα a, chez Philon, un sens tout spécial; il signifie une tour en charpente élevée pour les opérations du siège, soit par la défense, soit par l’attaque.
[36] D’après M. Egger, le texte présente ici une lacune: la régularité de la construction appelle, en effet, après le mot οἰκοδομοῦνται, une désignation de lieu qui fasse opposition au λατὰ τοὺς πολεῶνας du paragraphe suivant. Il est en outre probable que Philon, après avoir indiqué l’emplacement des tours rondes et des tours carrées, parle de celui des tours pentagonales et passe enfin aux tours hexagonales. Je suppose donc que le texte primitif contenait une phrase présentant le sens suivant : « On bâtira les tours circulaires et tétragonales, comme on le fait aujourd’hui, dans les parties les moins accessibles de l’enceinte et aux angles saillants; on placera les tours pentagonales sur les fronts à peu près en ligne droite; quant aux tours hexagonales, on les mettra auprès des portes. »
Pour les tours carrées, il est en effet difficile de concevoir comment, en présentant un saillant à l’ennemi, elles pourraient être placées ailleurs qu’aux points où l’enceinte forme des angles voisins de 90°: dans les parties à peu près en ligne droite, les flancs auraient sur la courtine des inclinaisons inadmissibles.
[37] L’Anonyme de Byzance explique (ch. xii. 32) ce que l’on doit entendre par tours hexagonales: ce sont des tours dont la base est un hexagone régulier, où l’un des angles est tourné vers l’ennemi et où les deux côtés qui forment l’angle opposé sont remplacés par une droite unique. On voit que ce ne sont en somme que des tours pentagonales où deux des angles sont droits et les trois autres de 120°. La figure du texte montre suffisamment comment elles présentent sur les tours pentagonales régulières les avantages décrits par Philon. Dans ces dernières, les angles exposés à l’ennemi sont plus aigus et par suite moins résistants; les flancs qui s’inclinent sur la courtine donnent aux traits qui ricochent une direction qui leur permet d’enfiler la porte, et ils n’ont aucune vue sur l’extérieur. Cette distinction peut paraître subtile, mais on sait combien l’esprit des Grecs était géométrique et spéculatif.
[38] Ἐὰν δὲ πλινθίνους οἰκοδομῇς τετραγώνους δεῖ ποιεῖν, καὶ προεκτιθέναι μικρὸν κατ' ὀξείαν γωνίαν, κατὰ κύκλου τμῆμα συναπτούσας τοῖς μεσοπυργίοις, ὥστε ἀπαρτίζειν αὐτῶν τὴν βάσιν τῷ πέρατι τῶν μεταπυργίων. Le texte correspondant aux paragraphes 4, 5, 6 et 7 est évidemment altéré je suppose qu’il y a eu interversion entre les §§ 5 et 6. Ce dernier se trouve dans le texte après le § 4 : un copiste négligent l’aura d’abord sauté; un collationneur l’aura écrit en marge, et un second copiste sera venu ensuite qui l’aura rétabli dans le texte, mais pas tout à fait à sa place. Les §§ 4 et 5, mis à la suite l’un de l’autre, quoique n’étant pas très clairs, me semblent indiquer une disposition analogue celle qui est figurée ci-dessus; il y en avait d’à peu près semblables au moyen âge (Prévost, Etudes historiques, p. 69.)
Le μεσοπύργιον, que la plupart des écrivains militaires confondent avec le metapurgion, paraît avoir dans Philon une signification différente et indiquer la gorge de la tour. (Cf. chap. i, § 32). Peut-etre faut-il lire seulement ici τοῖς μέσοις πυργίοις.
M. le lieutenant-colonel Prévost voit, dans les arcs de cercle dont parle te texte, l’indication d’orillons, et il interprète ainsi ce passage : « Une tour en briques, en forme de quadrilatère, doit avoir son angle aigu tourné vers la campagne, et ses côtés raccordés avec la courtine par des portions demi-circulaires. Ces arrondissements combinés avec des brisures de courtines servent à créer des passages de deux coudées de longueur aboutissant à des poternes cachées aux vues du dehors et par lesquelles les blessés peuvent rentrer dans la place. » Je ne partage pas cette manière de voir, et je pense, avec M. de Villenoisy, que la disposition en arc de cercle n’est qu’une affaire d’appareillage. Les constructeurs savent bien, en effet, que les joints obliques présentent avec les briques des difficultés particulières que ce raccord semi-circulaire a pour but d’éviter. Quant au § 7, il se rapporte sans doute aux passages qui reliaient les tours avec les courtines: l’auteur recommande de les faire assez larges pour permettre de transporter facilement les blessés, mais pas trop cependant, parce qu’une grande porte résiste bien moins facilement qu’une petite au choc des projectiles.
[39] Des crampons de fer scellés avec du plomb.
[40] Cette largeur est énorme en comparaison de celle que l’on admet aujourd’hui la loi du 10 juillet 1791 a, en effet, fixé la largeur de la rue du rempart à 4 toises (7,84 m). Cette différence provient de ce que, dans tes temps modernes, les courtines étant protégées par la saillie des demi-lunes et des bastions, l’attaque a lieu sur les faces on les flancs des bastions, et le retranchement intérieur se fait à la gorge de ces ouvrages. Autrefois, ait contraire, on faisait brèche aux courtines trop peu protégées par les tours, et il fallait alors se ménager en arrière un vaste espace pour y élever le retranchement qu’indique Philon. C’est cet espace que les Romains avaient consacré aux dieux et qui, conjointement avec une zone extérieure au rempart où l’on ne pouvait ni cultiver ni bâtir, portait le nom de Pomaerium.
[41] Cette épaisseur est sans doute celle que l’expérience avait démontrée suffisante pour résister aux pétroboles d’un talent, tirant à la distance en deçà de laquelle l’ennemi ne pouvait, dans les systèmes de fortification de Philon, établir des batteries de brèche, à moins de tenter le comblement des fossés. (Cf. chap. i, §§ 42-45)
[42] Voir, pour l’explication de l’utilité de ces hosages, chap. i, § 22.
[43] Pour escalader un mur de neuf mètres de hauteur, il faut des échelles qui aient au moins dix mètres de long et qui présentent une solidité suffisante pour supporter le poids de six ou sept hommes armés les chargeant à la fois. De telles masses ne sauraient être portées facilement sous les traits de l’ennemi et à travers les obstacles de toute nature qui défendent le pied de l’escarpe : aussi l’expérience a-t-elle démontré que des murs d’environ dix mètres de haut présentaient un obstacle suffisant à l’escalade, et c’est la hauteur encore admise aujourd’hui.
[44] Vitruve recommande également de noyer des pièces de bois dans la maçonnerie (liv. I, ch. v); mais on remarquera que l’architecte romain emploie ces poutres perpendiculairement à la surface du mur, afin de relier les deux parements, tandis que l’ingénieur grec les place parallèlement à cette surface pour maintenir les parties supérieures dans le cas où l’ennemi parviendrait à faire une trouée dans le bas.
Ce dernier mode d’emploi a prévalu au moyen âge. On trouve dans presque toutes les constructions du vie au xiiie siècle la trace des pièces de bois noyées longitudinalement dans l’épaisseur des murs en élévation et même en fondation, Ces pièces de bois avaient un équarrissage variant de 0,12 à 0,30 m. La plupart ont fini par se détruire à l’air en laissant des vides que des archéologues trop ingénieux ont pris pour des conduits acoustiques, destinés à porter à l’oreille du maître les moindres paroles des habitants du château.
[45] Le grec porte κριῶν. Je crois qu’il faut lire κέρων. Le mot κέρας est du reste employé avec le même sens dans l’inscription relative aux fortifications d’Athènes que nous reproduirons dans le 2e volume. — Dans tout ce paragraphe le texte a été altéré le sens n’est pas douteux, mais la phrase n’est pas correcte.
[46] Il y avait probablement un plancher de cette nature au mur intérieur de Pompéi. (Voir la figure à la page précédente.)
[47] « Les anciens avaient reconnu, dit le général Tripier (La Fortification déduite de son histoire, p. 29) que les vibrations sont une très grande cause de destruction dans les maçonneries, et que ce qui est le plus nécessaire pour en atténuer les effets est moins d’augmenter leur épaisseur que de leur procurer des points d’appui qui empêchent les oscillations. Ils savaient que ces points d’appui s’obtiennent avec facilité et économie en opposant des murs perpendiculairement les uns aux autres, parce qu’ils n’oscillent que dans ce sens. C’est ainsi qu’ils ont été amenés à adosser à leurs murs primitifs d’enceinte des pieds droits et à jeter entre ces pieds droits des voûtes pour en contenir les vibrations. »
Ce système a de plus l’avantage le fournir des abris à la garnison et de procurer des vues rasantes sur les approches au moyen d’embrasures. Les murs de Carthage et l’enceinte d’Aurélien à Rome étaient construits sur ces données. Citons encore, d’après M. L. Blesson (p. 53-55), l’enceinte de Smolensk commencée en 1595, celle de Ginzig sur l’Aar, celle de Cologne et celle de Trèves près de la Porte-Noire. On avait proposé un mur analogue, en 1841, pour former à Paris une enceinte de sûreté.
[48] Les derniers éditeurs du Thesaurus d’Henri Estienne paraissent n’avoir pas remarqué ce passage de Philon, car ils ne proposent aucune interprétation satisfaisante pour le mot κατάξηρος (aridus). Cependant le sens est à peu près certain, surtout si l’on compare ce passage avec le § 7 du ch. iii, où Philon dit que l’on doit se servir de ces sortes d’embrasures pour faire rouler des pierres d’un talent sur la tête de l’ennemi. Peut-être y a-t-il là une figure analogue à celle qui a donné naissance à une foule de nos expressions techniques Une surface exposée à la pluie est relativement sèche lorsqu’au lieu d’être horizontale elle est inclinée de telle façon que l’eau n’y séjourne pas. Peut-être aussi faut-il faire venir le mot κατάξηρος du verbe καταξέω, polir, gratter, tailler, la pierre du bas de l’embrasure ayant été délardée pour donner l’inclinaison de la paroi inférieure?
La figure du texte représente une embrasure d’une des batteries casematées du grand boulevard de Schaffhausen, construit au commencement du xvie siècle. Il y a, à l’intérieur, dans l’épaisseur de la maçonnerie, une chambre voûtée destinée à contenir la pièce; l’ébrasement du dehors est disposé en ovale avec redans curvilignes pour détourner les projectiles lancés par l’assiégeant.
[49] Les dimensions gigantesques des machines des anciens, les chocs violents que produisait leur mise en action et l’énorme dépense qu’entraînaient leur construction et leur entretien, ne permettaient pas de les répartir à peu près indifféremment sur tout le pourtour de l’enceinte, comme nous le faisons aujourd’hui pour nos pièces d’artillerie. L’ingénieur qui fortifiait une place devait étudier, avec le plus grand soin, en quels lieux l’action de ces machines pouvait être le plus efficace, et construire alors des tours suffisamment grandes pour les porter ou les contenir.
[50] On voit par ce passage que les anciens employaient des pièces détachées de l’enceinte pour occuper les positions importantes. L’historien Josèphe n’est pas moins explicite à cet égard. « Manassès, dit-il (liv. x, ch. 3. 2), pour assurer sa capitale, fit réparer avec le plus grand soin les anciens murs, construisit un deuxième mur d’enceinte, bâtit des tours très hautes et munit les forts qui étaient en avant de la ville de toutes sortes de vivres et de moyens de défense. On remarquera que l’étymologie du φρουρίον (πρὸ ὁράω) est précisément la même que celle du mot ravelin, par lequel on désigna dans l’origine nos demi-lunes, et qu’on s’accorde à faire venir du verbe italien rivelare, parce que ces ouvrages servaient à révéler l’approche de l’ennemi. Au moyen âge on appelait aussi barbacanes ces tours détachées. La grande barbacane de Carcassonne décrite par M. Viollet le Duc en est un des exemples les plus connus. — Cf. Stratégiques, ch. ix.
[51] M. Dindorf, l’un des éditeurs du Thesaurus d’H. Estienne, propose, au mot μεταπύργις de lire ici μεταπυργίον; le mot μεταπύργις ne se retrouve plus, en effet, ni dans Philon, ni, à ma connaissance, dans aucun autre auteur. — Il ne serait point cependant impossible que ce fût une expression technique destinée à désigner spécialement la partie de la courtine formée par les murs de masque et où étaient percées les embrasures.
[52] Philon distingue les embrasures pour les grosses machines de jet, des archères ou meurtrières pour les armes de main.
Les embrasures obliques servaient à flanquer les faces des tours concurremment avec les flancs qui, vu leurs dimensions, ne donnaient pas une protection suffisante c’est ce que l’on peut aussi remarquer dans les premiers tracés bastionnés au xviie siècle.
On sait que les embrasures percées dans les courtines ne furent en usage que fort tard, du moins dans la Grées; Plutarque (in Marcello) cite comme une invention d’Archimède les trous que cet ingénieur avait fait percer dans les murs de Syracuse au moment du siège (212 av. J.-C.); ces trous, comme les embrasures de Philon, allaient en s’élargissant à l’intérieur et ne présentaient qu’une palme (0,08 m) d’ouverture à l’extérieur. Les bas-reliefs découverts dans les ruines de Ninive montrent que les embrasures et les meurtrières, dans la partie inférieure des tours et des courtines, étaient, au contraire, très communes en Orient dès la plus haute antiquité
[53] Littéralement les madriers postés contre (le mur). Encore aujourd’hui quand le mineur veut faire brèche à un mur mal flanqué, il va pendant la nuit, établir au point où il est le mieux défilé, et il se couvre avec un abri composé de dix madriers en chêne de 3 m de longueur 0,30 m de largeur et 0,10 m d’épaisseur revêtus de fer blanc, ou de tôle, ou au moins de peaux de bœufs fraîchement tués, qu’il place dans une position inclinée le long du mur, de façon à leur donner 1,50 m de pied. Ce masque s’emploie surtout dans les attaques brusquées. Dans les attaques pied à pied, les anciens employaient un système analogue, mais tout monté à l’avance cette machine, qui s’amenait sur des roulettes jusqu’au pied du mur, s’appelait la tortue des mineurs (χελώνη ὀρύκτης). Apollodore et, d’après lui, Héron le Jeune l’ont décrite en détail.
[54] Σεσιδηρωμένας γὰρ, καὶ ἀμφιπλεύρους τὰς θυρίδας αὐτῶν ποιήσωμεν. La question du blindage, on le voit, n’est pas nouvelle. Hégésippe (v, 2) raconte même que les murs de Jérusalem étaient revêtus de fer ou d’airain. Je crois que c’est une erreur, d’autant plus que Josèphe ne fait aucune mention de ce fait; de pareils revêtements eussent été du reste trop coûteux. Quand Thucydide (i, 93) dit que les murs du Pirée, construits par Thémistocle, étaient formés de pierres de taille, et que celles de l’extérieur étaient réunies par du fer et du plomb (σιδήρῳ πρὸς ἄλληλους τὰ ἔξωθεν καὶ μολύβδῳ δεδέμενοι), il veut parler des crampons qui, placés sur les lits, reliaient les pierres du parement (voir ci-dessus, § 6), et non pas, comme l’ont compris certains traducteurs et commentateurs, des couvre-joints placés sur le parement lui-même. On doit, je crois, comprendre de la même manière ce que dit Dion (in Severo) des remparts de Byzance dont le parement (ὁ θώραξ) était consolidé par des plaques d’airain (πλάξι χάλκαις).
M. Viollet le Duc donne, à l’article créneau, dans son Dictionnaire d’architecture, un curieux spécimen de l’emploi des côtes saillantes, analogues à celles qu’indique Philon, pour empêcher les traits de l’ennemi de pénétrer dans les embrasures. Ces côtes sont en pierres de taille et contournent les créneaux de la cathédrale de Béziers. Les cannelures de l’embrasure, dont il est question dans une note du § 17, ont également pour but de dévier les projectiles ennemis.
[55] Le texte ne dit pas seulement qu’il est inutile de faire des tours élevées quand on n’en a pas besoin; il spécifie que ces tours ne valent pas les autres (οἱ γὰρ ἄγαν ὑψηλοὶ δυσχρηστότεροί εἰσι) . Cette phrase me confirme dans l’opinion, souvent combattue par les ingénieurs modernes, que les anciens avaient une idée très nette du flanquement latéral. Pour que ce flanquement ait lieu, il faut en effet qu’il y ait certaines relations entre la longueur de la courtine, la hauteur des flancs et l’inclinaison maximum des pièces flanquantes. La longueur de la courtine étant donnée, les plates-formes des tours doivent être suffisamment basses pour que les machines, inclinées autant que le permet leur affût, viennent battre le milieu de cotte courtine. Comme le front est symétrique, il est clair que, si cotte condition n’était pas remplie et que les projectiles pussent passer en ce point à une trop grande hauteur au-dessus du sol, il y aurait là un espace complètement à l’abri des coups de la défense, Je dois ajouter cependant que ces relations n’étaient point aussi rigoureusement indiquées, même en théorie, dans l’antiquité que de nos jours. Les catapultes étaient d’un usage trop difficile pour servir efficacement au flanquement; on ne pouvait les incliner que d’un très petit angle, sous peine de voir le projectile glisser, et il est fort probable qu’on se flanquait surtout au moyen des armes de main et des petites machines de jet abritées dans les casemates.
[56] Il existe encore à Rome un mur construit de cette manière dans l’enceinte d’Honorius (Nibby, Muri d Roma, p. 334). Giorgio Martini, ingénieur du xve siècle, dans son curieux traité édité par M. Promis, donne la figure d’une tour dont le parement présente une défense analogue (liv. V, ch. ix).
Cette disposition se retrouve dans plusieurs édifices du moyen âge, notamment à la tour de Ratières et à celle de Crest, en Dauphiné. Dans cette dernière, les bossages n’ont pas moins de 0,15 m de saillie.
[57] Je suppose que le texte a été ici corrompu et que le membre de phrase que j’ai mis entre deux crochets doit être rétabli où le place ma traduction. Dans le texte, tel que nous l’avons, il se trouve après le § 23. Le reste, en grec, de ce membre de phrase est assez obscur καὶ λίθοι ἀργομέτωτοι πεπελεκήμενοι ἐπὶ μῆκος τίθενται.
[58] Καὶ κάτωθεν τῶν τειχῶν καὶ τῶν προτειχισμάτων τοῖς μεγίστοις καὶ πλείστοι βέλεσιν αἱ βελοστάσεις κατασκευάζονται· αἱ μὲν ὀρυκταὶ, ἐπίπεδοι, καὶ κατόρυχοι· αἱ δὲ ὑπόγειοι πρὸς τὸ εὐρυχωρίαν ἔχειν πολλὴν, καὶ τοὺς ἀφίεντας μὴ τιτρώσκεσθαι, καὶ αὐτοὺς ἀδήλους τοὺς ἐναντίους τραυματίζειν, καὶ ὅταν οἱ πολέμιοι πλησιάζωσι μὴ ἀρχείους γίγνεσθαι τοὺς καταπελτατέρας ἀδυνατοῦντας καταστρέφειν. Ce paragraphe n’est pas très clair et le texte est probablement un pet altéré; pour le comprendre, il faut se reporter aux dimensions gigantesques des machines des anciens.
Les oxybèles destinées à lancer des traits se construisaient de tous les calibres, et la plupart pouvaient trouver leur place sur les remparts et dans les tours; mais les plus petites pétroboles en usage, celles de 10 mines, avaient environ 3,60 m de haut; celles de 1 talent, qui correspondaient à notre canon de siège, 6,50 m: enfin celles de 3 talents, les plus grosses dont on se servit, avaient jusqu’à 9,35 m de haut.
Ces nombres, quelque étonnants qu’ils puissent nous paraître au premier abord, résultent d’indications précises laissées par Héron et Philon dans leurs traités d’artillerie. Je rappellerai au lecteur que toutes les dimensions de ces machines se calculaient d’après le diamètre de leur faisceau moteur; pour les pétroboles, ce diamètre s’obtenait en doigts au moyen de la formule D = 1,1 x Racine cubique (100a) où a représente le poids du projectile exprimé en mines, et la machine entière occupait, d’après les calculs de M. Rustow, un espace de 17 diamètres en hauteur, 20 en longueur et 13 en largeur.
Il suit de là que les pétroboles de 3 talents s’établissaient directement sur le sol en arrière des courtines du corps de place hautes de 20 coudées (9,24 m) et tiraient par-dessus le parapet; que celles de 1 talent et les plus petites pouvaient s’installer dans l’épaisseur des murs ou entre les contreforts intérieurs et tirer à embrasure, en ayant soin, dans certains cas, de leur creuser des plateformes, afin de diminuer leur hauteur au-dessus du terre-plein. — Cette précaution était de rigueur quand on voulait les placer derrière les ouvrages avancés moins élevés que ceux en arrière et souvent composés d’une simple palissade. Les machines tiraient alors toujours à barbette, ce qui leur donnait la facilité de suivre le mouvement de l’artillerie, de l’attaque dans sa marche progressive vers la place, à condition toutefois qu’on eût soin de creuser une plate-forme assez vaste pour leur permettre de pivoter.
[59] « Il faudra pratiquer sur le côté droit des tours des petites portes par lesquelles on fera sortir les fantassins qui, étant bien couverts de leurs boucliers et protégés par les traits qu’on jettera des défenses, iront s’emparer des machines des ennemis. Ces poternes doivent être bien gardées, et ne s’ouvrir qu’au moment où l’on veut sortir. » (Léon, emper., Inst. XV.)
[60] Τῶν δὲ πυλίδων, αἱ μὲν σκολιαὶ, αἱ δὲ κλεῖσιν ποιοῦνται. - Il faut remarquer que, pour que les assiégés puissent sortir de leurs murs et y rentrer sans être obligés de se retourner et de présenter à l’ennemi le côté droit non protégé par le bouclier, ils doivent sortir par une porte percée dans le flanc droit d’une tour, et rentrer par une porte située dans le flanc gauche de l’une des tours placées à droite de la première. Toutes les poternes percées dans les flancs droits seront donc destinées uniquement aux sorties; toutes celles percées dans les flancs gauches, aux rentrées. Les premières doivent présenter une issue facile aux gens venant de la place; elles seront donc directes et simplement fermées par des portes munies de verrous à l’intérieur. Les secondes doivent satisfaire cette double condition d’être toujours ouvertes aux défenseurs fuyant devant l’ennemi et de ne pouvoir être forcées par ce dernier: on les fera donc sans portes, mais étroites et avec des coudes de manière à ce qu’il suffise d’une sentinelle pour barrer complètement le passage.
On peut, je crois, expliquer par des considérations analogues la disposition singulière que l’on remarque dans les murs pélasgiques. En certains des points où le rempart est à l’extérieur d’un abord facile, il est percé d’une sorte de galerie de Tyrinthe, d’escarpe qui communique avec le dehors par une série de portes espacées d’environ 2 mètres. Quand les défenseurs voulaient tenter une sortie, ils se massaient d’abord en secret dans la galerie longitudinale de la campagne, et se précipitaient ensuite tous ensemble sur les assiégeants par les ouvertures transversales. Quand ils rentraient, ils pénétraient à l’intérieur du rempart par toutes ces ouvertures et se hâtaient de se dérober aux coups des ennemis en se cachant derrière les intervalles des portes. Si ceux-ci tentaient de les poursuivre, ils ne pouvaient s’avancer pour ainsi dire que un à un dans ces étroits couloirs et tombaient isolément sous les coups des assiégés qui les frappaient au côté droit, au moment où ils dépassaient les murailles. — On retrouve une disposition analogue dans l’enceinte de Sardes.
[61] « Faire des sorties par les basses embrasures de chaque tour qu’il faudra un peu ouvrir davantage à cette considération; et faire un petit carré de murailles ou de palissades au devant de chacune. » (Vauban. Instructions pour les fortif. de Colmarsi
[62] Minés, c’est-à-dire munis de galeries de mines, partant de l’intérieur de la place et aboutissant au fond du fossé. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont fait un grand usage de ce moyen de défense lors du siège de Rhodes par Soliman, en 1480.
[63] Suppléez ἀρχὴν après λαμβανούσης. Les palissades que l’on place en avant d’un retranchement en terre (τείχισμα) se plantent généralement à la jonction du remblai et du déblai dans une position inclinée, elles prennent alors le nom spécial rie fraises.
La figure du texte, tirée de l’aide-mémoire du génie, indique dans quels cas en emploie aujourd’hui ces diverses espèces de palissades.
[64] Ce qui revient à dire que les palissades ont en moyenne 0,11 m de diamètre; c’est encore à peu près la dimension ordinaire.
[65] Ἑτέρα δέ τις ἐστὶ πυργοποιία, ταύτης οὐθὲν χείρων, ἐκ τῶν ἡμιλυκλίων συνισταμένη, καὶ τὰ κοῖλα πρὸς τοὺς πολεμίους φαίνεσθαι. Ἐν ᾗ τὰ πέρατα τῶν τιμημάτων δεῖ συνάπτειν τοῖς πύργοις, ὥστε ἀπαρτίζειν τὰς γωνίας αὐτῶν, καὶ λαμβάνειν ἀπ' ἀλλήλων διάστημα τῆς ἔξω περιφερείας, ὅσον ἂν ἦν τὸ πλάτος τοῦ ἔσω τοίχου τῆς βάσεως. Ἁπάντων δὲ τοὺς δοκοὺς ἐπὶ τοὺς ὀρθοὺς τοίχους ἐπιθετέον ἐστὶν, ἵνα ἔανπερ ὁ πρὸς τοὺς πολεμίους καθήκων τοῖχος τυπτόμενος πέσῃ, μένωσιν αἱ ὀροφαί. - Les explications sont si obscures quand on est privé de l’aide des dessins dont l’auteur les avait accompagnées, que je n’oserais affirmer que ma restitution soit bien exacte. C’est pourquoi j’ai reproduit le texte même, afin que les curieux puissent chercher s’ils ne trouveraient point eux-mêmes une solution meilleure. D’après ce que j’ai compris, les courtines sont circulaires, et le diamètre AB de la concavité qu’elles présentent à l’ennemi est égal à la largeur BC du mur de base des tours. La courtine se trouve ainsi former un rentrant très prononcé et présenter une courbure propre à amortir les coups de l’ennemi : de plus, chaque saillant porte avec lui son retranchement intérieur. — Je dois dire en faveur de ma traduction que M. Egger l’a approuvée, et que, au dix-septième siècle, il y eut, en Suède, une école d’ingénieurs qui avait adopté pour les places fortes un système de fortification tout à fait analogue à celui que j’ai cru trouver dans les écrits de Philon. Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter les yeux sur le tracé ci-dessus qui représente une partie de l’enceinte de Wismar dans le Mecklembourg. — Voyez aussi l’enceinte de Stettin dans l’atlas de Defer, et le tracé de Filley, fig. 62 des Etudes historiques du colonel Prévost. Je sais bien que les dimensions ne sont plus les mêmes, mais ce que je veux établir, c’est que des ingénieurs ont adopté, pour le nombre des saillants et la longueur des rentrants, cette même proportion qui, au premier abord, paraît inadmissible.
[66] Peut-être faut-il lire πυλίδας, poternes; mais il serait très possible aussi que le mot θυρίδας fût correct; on faisait, en effet, quelquefois les embrasures basses des flancs des tours assez grandes pour servir au besoin de poterne. (Voyez ci-dessus la note du 127.)
[67] M. Egger pense avec raison qu’il y a ici une lacune où devaient être mentionnés les petits orillons destinés à couvrir soit les poternes, soit les embrasures basses qui en tenaient lieu.
[68] Αὔτη δὲ πριονώτῃ παραπλήσιον οὖσα τυγχάνει, ἦν Πολύειδον φασὶν εὑρεῖν τὸν μηχανοποιὸν, ἐν τῇ μετά τινας τῶν ἐπικαίρων τόπων, παρ' οἷς καὶ πύργους οἰκοδομεῖν πενταγώνους, κατὰ τὰ διαλείματτα τῶν μεσοπυργίων, ἀφ' ὧν καθάπερ εἴρηται πρότερον, δοκῶν ἐπιβληθεισῶν, ταῦτα τὰ κατασκευάσματα ἔσται. - Si, dans le tracé à hémicycle dont j’ai donné la restitution, on supprime le mur de gorge BC des tours, on obtiendra un tracé qui a, en effet, la forme d’une scie. Polyeidos remplaçait ce retranchement intérieur dans les endroits qu’il voulait renforcer par une tour pentagonale dont les côtés étaient parallèles à ceux du mur bastionne; il restait ainsi, entre la tour et la partie correspondante de l’enceinte, un couloir qu’on couvrait à l’aide d’un blindage en bois.
[69] M. Egger suppose ici une lacune. Le sens général de la phrase indique suffisamment comment on doit la combler; il faut lire que le double mur qui termine supérieurement la courtine doit commencer à douze coudées au moins au-dessus du sol extérieur: de cette façon, en effet, la base qui est massive peut résister au choc du bélier. Sans doute Philon dit ensuite que, de distance en distance, on doit réunir les deux murs supérieurs par des contreforts; ce serait alors sur ces contreforts qu’on jetterait les voûtes ou les poutrelles. Cette dernière disposition est bien préférable à celle que, par respect pour le texte actuel, j’ai adoptée dans ma restitution, où la chute du mur exposé à l’ennemi petit entraîner la chute de la plate-forme supérieure. On a dû remarquer que, dans le § 30 du présent chapitre, Philon recommande d’éviter cet inconvénient. Les poternes, dont parle notre auteur dans le membre de phrase suivant, seraient en ce cas non de portes de sortie, mais des portes de communication percées dans les contreforts; d’un autre côté, les contreforts gênent la circulation, et l’on verra dans la restitution des fortifications d’Athènes que la toiture est bien appuyée sur le mur de façade. On peut rapprocher aussi de ce système de courtines celui qui est indiqué par Vauban pour Colmar.
Philon n’indique pas si le parapet doit être plus épais que le parados, mais il ressort des dimensions qu’il donne que l’épaisseur des deux murs doit être ensemble de quatre coudées, ou six pieds. Il est probable que le parapet avait quatre pieds et le parados deux.
On remarquera que Philon fixe, dans ce système, la longueur de la courtine, ce qu’il a négligé de faire dans les autres. La longueur de cent coudées qu’il donne correspond probablement à la portée de la flèche, ainsi que l’indique Vitruve. Cette longueur n’était pas universellement admise, car Josèphe (Guerre des Juifs, v, 13) nous apprend qu’ii Jérusalem les tours d’Agrippa étaient distantes de deux cents coudées, et nous lisons dans Appien qu’il en était de même à Carthage. C’est que, dans l’antiquité comme dans les temps modernes, il y avait en fortification deux écoles, l’une fondant l’espacement des flancs sur la portée des grosses machines, l’autre sur celle des armes de main.
Philon, comme l’école française, n’admet que ce dernier flanquement : on ne doit en effet compter que sur l’arme que l’on est assuré de posséder partout où l’on trouvera des soldats, et non sur des machines plus ou moins compliquées dont le suivi est relativement très lent et qui sont le plus souvent hors d’état d’agir au moment décisif
Dans ma traduction, je n’ai pas tenu compte du mot miouron dont il m’a été impossible de deviner le sens dans le cas actuel.
[70] Ce sont nos demi-lunes modernes, Philon en fait déjà mention dans le § 18 du présent chapitre.
[71] Εὐχερεστάτη δ' ἐστὶ τειχοποιία, καὶ ἀσφάλειαν ἱκανὴν ἔχουσα, ἐν ᾑ τὰ μεταπύργια λοξὰ οἰκοδομεῖται, καὶ πύργοι ἐν αὐτῇ κατασκευάζονται, τὴν μὲν ὀξεῖαν, τὴν δὲ ἀμβλεῖαν γωνίαν ποιοῦντες τὰς προσηκούσας πρὸς τὸ τεῖχος.
Floriani, qui a écrit un traité d’attaque et de défense des places imprimé à Venise en 1654, décrit (p. 96) un système semblable polir fortifier les camps; la figure suivante est extraite de son ouvrage. On y remarquera que les courtines sont bien obliques par rapport à la ligne à fortifier, et que les tours ont deux angles adjacents au mur, l’un aigu, l’autre obtus. Ce tracé n’est du reste autre chose qu’un tracé à crémaillère, qui s’emploie encore très fréquemment en fortification passagère, et dont on se sert, en fortification permanente, pour fortifier les longs côtés en ligne droite. (Voir § 55 de ce chapitre.)
Floriani donne 150 pas géométriques (de 5 pieds) à la ligne de défense, 7 ou 8 au flanc, — de 7 à 12 pas de largeur au fossé suivant les lieux, et de 6 à 7 de profondeur. Il veut, en outre, qu’au devant des flancs on approfondisse le fossé de façon à y former une coupure qui empêche l’ennemi donnant l’assaut de s’emparer en même temps de l’enceinte et des flancs qui la protègent.
On pourra comparer à ce tracé celui de l’enceinte attribuée aux Lélèges, près d’Iassos, en Asie Mineure, que l’on trouvera décrit dans le second volume du cet ouvrage. M. Texier, dans sa notice, ne sait comment expliquer l’origine de cette fortification placée dans un lieu où jamais il n’y eut de ville, sur le rivage, et fermée seulement du côté de la terre. Le passage de Philon permet d’affirmer, à peu près à coup sûr, que c’était tout simplement un camp retranché destiné à protéger un débarquement.
[72] On sait que la plupart des vieilles enceintes grecques n’ont point de tours; Pline attribue l’invention de ces dernières aux Tyrinthiens. D’après le colonel Prévost, Philon indiquerait qu’on doit construire en avant de ces vieilles enceintes, non point des tours ordinaires présentant un saillant à l’ennemi, mais de simples redans ou tours triangulaires dans le genre de celles que les Italiens employèrent au moyen Age sous le nom de puntoni (pointes). Je crois que M. Prévost s’est mépris sur le sens des mots kata mian gwnian, ainsi qu’on pourra s’en convaincre en comparant cette phrase avec le § 2 du présent chapitre.
Philon a indiqué (§ 15) comment était construite l’enceinte de Rhodes.
Les vieilles places, dans l’antiquité comme au moyen âge, n’avaient qu’un simple mur qu’on renforçait par des contreforts intérieurs, réuni par des voûtes ou des planchers sur les quel on établissait un chemin de ronde.
Au dix-septième siècle les murailles de Smolensk furent réparées de cette manière, et, de nos jours, on avait proposé d’organiser pour la défense, par une disposition analogue, l’ancien mur d’octroi de Paris.
Les anciennes tours carrées étaient munies sur la face extérieure d’un éperon massif; dans le dessin du texte, les teintes noires indiquent l’ancienne enceinte avant la restauration, et les hachures montrent les constructions nouvelles.
[73] Les mâchicoulis étaient-ils connus des anciens? C’est là une question qu’il est assez difficile de résoudre, car on n’a d’autres textes y faisant allusion que ce paragraphe de Philon, qui n’est point très explicite, et un autre passage à peu près aussi vague des Stratégiques de l’Anonyme de Constantinople (chap. xii, 3), ou se trouve le mot ὑποβλέφαρα, qui se traduirait bien par mâchicoulis, mais qui ne se reproduit nulle part ailleurs, De plus, comme aucune des fortifications de l’antiquité ne nous est parvenue sans être découronnée, il est impossible de trancher directement la question.
Ce qui est certain, c’est qu’en Grèce, aussi bien qu’à Rome, en Egypte et en Asie les tours et les courtines étaient habituellement munies de créneaux faisant saillie sur le parement; les bas-reliefs de Ninive, les médailles tyriennes, les peintures égyptiennes et celles d’Herculanum en font foi. Il est de plus extrêmement probable que l’idée de percer des meurtrières plongeantes a dû venir aux anciens, qui étaient au moins aussi ingénieux que nous.
Au moyen âge, l’une des manières les plus habituelles d’établir les mâchicoulis consistait à faire reposer le mur formant parapet sur des corbeaux composés de trois longues pièces avançant l’une sur l’autre. (Cosseron de Villenoisy, Essai historique sur la fortification, p. 24.) Les châteaux de Bonnaguil et de Pierrefonds, cités par M. Viollet le Duc, en présentent des exemples. Suivant M. Promis (Mem Stor., p. 253), chaque mâchicoulis était, au xive siècle, en Italie, carré et soutenu par deux modillons qu’il était de règle de composer de trois pieuvres l’une sur l’autre et saillant également pour prévenir tout accident pouvant résulter de pailles ou autres défauts dans les pierres.
[74] Les pierres des tours semi-circulaires doivent être très lisses sur leur parement pour faciliter le glissement des projectiles. Quand le rempart était composé de faces planes, on donnait, au contraire, souvent aux pierres de forts bossages destinés à amollir le coup. (Cf. § 22.) Les pierres d’angles dont parle ici Philon sont celles des angles formés par la courtine et la tour. — Vauban proposa, en 1700, des tours rondes pour fortifier le poste d’Oulx, au pied du mont Genèvre. « Il ne faut pas, dit-il, regarder ces tours avec mépris ni comme une nouvelle fantaisie étant à trois étages et fort solides, elles fournissent plus de flancs que les bastions dont ce lieu peut être capable, et on n’y sera pas vu par dedans; à l’égard de la rondeur, elles résisteront mieux au canon que quand elles n’opposent au canon que des corps plats, et en leur faisant de angles flanqués, il n’y nuirait aucun point dans le circuit de la place qui ne fût bien défendu. » (Lettre du 18 sept. 1700, datée d’Embrun.)
[75] Τῶν δὲ βαρῶν καὶ τῶν πυργῶν πάντων, κάθωμεν παρὰ τὰς γωνίας τοίχους ἁπτομένους ἄκρων τῶν γωνίων προσοικοδομεῖν ἵνα ὑπόστασιν ἔχωσιν οἱ κινδυνεύοντες.
J’ai traduit βαρῶν par l’expression ouvrages détachés, faute de trouver un mot rendant mieux ma pensée. Ce mot est complètement nouveau dans le sens technique que je lui attribue; mais, en rapprochant ce paragraphe du § 33, on arrivera, je crois, à conclure qu’il désigne les tours pleines que l’on plaçait devant les courtines, ou, en ternies modernes, les demi-lunes. — On appelle cavalier, en fortification, une hauteur artificielle dont on se sert pour prendre des vues plongeantes sur l’ennemi.
[76] Syringe. ville d’Hyrcanie, avait, suivant Polybe (x, 4), trois fossés concentriques défendus chacun par une enceinte en maçonnerie. Carthage avait également trois fossés et trois enceintes; mais les deux premières seulement étaient en maçonnerie et la troisième était en terre.
[77] Paliure, arbuste épineux. (Cf. i, 49; iv, 41.)
[78] On a appelé braye dans le moyen âge, contregarde et tenaille dans la fortification moderne, la digue qui sépare deux fossés.
[79] Lançant des projectiles de 258 kg.
[80] Quelques ingénieurs modernes veulent les contregardes fort minces, afin de ne point présenter, après leur prise, un emplacement favorable aux batteries ennemies; d’autres, au contraire, veulent qu’elles soient assez vastes pour offrir un champ de bataille à la garnison et se prêter à l’organisation de la défense intérieure. On voit que Philon, grâce aux palissades, aux trous-de-loup et aux coupures, conserve à ses diasthmata l’avantage de ces deux solutions.
[81] On admet encore aujourd’hui pour les fossés secs la même largeur.
[82] Je suppose que ce dernier membre de phrase, où il est question du bélier, se rapporte au paragraphe suivant qui dit que les murs seront protégés par une levée de terre.
[83] Ὀρύττοντας δὲ δεῖ τὰς τάφρους, τῆς μὲν πρώτης τὴν ἀναβολὴν ποῖεισθαι τοῦ τοίχου πρὸ τοῦ τείχους· τὴν δὲ ἄλλων εἰς τὰ διαστήματα ἀναμέσον. Ἵνα ὅτε ὁ χάραξ ἀσφαλῶς τίθηται, καὶ ὕψος λαμβάνοντα τὰ διαστήματα ἀσφάλειαν παρέχεται τῷ προτειχίσματι, καὶ τῷ τείχει.
Le défilement des maçonneries n’est point, on le voit, une invention nouvelle. Négligé pendant tout le moyen Age, il fut remis en honneur par Vauban, et il est aujourd’hui l’une des plus grandes préoccupations du Génie militaire.
On remarquera l’analogie que présente le système de Philon avec le troisième système de Vauban : tous deux se composent d’une enceinte en maçonnerie avec tours bastionnées et d’une enveloppe en terre interrompue par des coupures.
[84] Les deux extérieurs.
[85] Ἧττον γάρ ἐστι. « Il y a une lacune dans le texte après le mot ἧττον qui veut dire moins et suppose un adjectif après lui. Je conjecture ψορώδεις ou un adjectif de ce sens: moins bruyant. » (Note de M. EGGER.) — Cf. Philon, iv, 34; Héron, i, 9.
[86] Philon applique ici ce principe, qu’il faut restreindre le plus possible le nombre des points d’attaque.
[87] Ὀρθάς ἐχούσας ὁδοὺς ἀμαξηλάτους. Le membre de phrase n’est pas correct; le traducteur latin, faisant abstraction du participe, lit simplement ὀρθὰς ὁδούς, vias rectas; mais un ingénieur ne peut accepter cette solution. De tout temps, en effet, il a été admis en fortification que les routes placées en avant des portes devaient être sinueuses afin que l’assaillant qui s’y engagerait se présentât de flanc et non de front aux coups de la défense, et de manière aussi à éviter les trouées qui exposeraient ces portes aux vues de l’ennemi. Portarum itinera non sint directa, sed saeva, a dit Vitruve.
Peut-être faut-il lire ici : ὁρους ἐχούσας, munies de bornes, pour éviter les accidents que peuvent faire craindre le trois fossés larges et profonds que traverse la route, OROYΣ et ORΘAΣ pouvant facilement se confondre dans l’écriture onciale. M. Egger pense que le texte primitif portait ὀρθῶς ἐχούσας, en bon état, bien aplanies : c’est la version que j’ai adoptée par respect pour l’autorité de ce savant. Les altérations du texte sont en certains endroits si considérables qu’il n’y a pas lieu de rejeter a priori une troisième hypothèse par laquelle on lirait ἴχνους ἐχούσας, munies de rainures, comme l’étaient la plupart des routes dans l’ancienne Grèce.
[88] Autrefois, pour retirer le blé de l’épi, on répandait les gerbes sur l’aire; on en formait une couche d’environ 50 centimètres d’épaisseur; on les faisait ensuite fouler par les pieds des bêtes de somme marchant circulairement et tramant en général une machine à égrener. Cette machine, à ce que nous apprend Varron (De re rustica i, 52), se composait d’une planche hérissée de cailloux ou de tourtes de fer et sur laquelle était placé un poids considérable. Elle est encore en usage dans presque toute l’Espagne sous le nom de trillo, et le comte de Lasteyrie la décrit dans sa Collection de machines employées dans l’économie rurale : le trillo a environ deux mètres de long sur un mètre de large; ses dents sont habituellement faites avec des éclats de silex. (Voir encore Columelle, ii, 21; Pline, Hist. nat., xviii, 72.)
[89] On se servit de ces sortes de fourches dans la défense d’Oringe, en Espagne, contre Scipion.
[90] C’est ce que nous appelons maintenant des chemins couverts et des caponnières. Ces dernières étaient probablement disposées pour le flanquement des fossés, flanquement dont le texte actuel ne fait mention nulle part, sans doute par suite d’omission; car il n’est pas présumable qu’un ingénieur comme Philon l’ait négligé.
[91] Le mot ταφρεία exprime chez Philon l’ouvrage que nous désignons par le mot retranchement, en fortification passagère, c’est-à-dire l’obstacle composé d’un parapet et de la fosse qui a fourni les terres, (Cf. ch. i, § 8.) Notre auteur désigne par τάφρος le fossé proprement dit d’une place, et par ὄρυγμα ce que nous appelons coupure. (Cf. i, §§ 42, 43.)
[92] On dit encore aujourd’hui: C’est par les tranchées et le canon que se prennent les places.
[93] Les architectes grecs appelaient μαίανδρος un entrelacement de lignes droites se coupant à angle droit; c’est l’ornement que nous nommons aujourd’hui grecque ou guillochis. La figure que nous avons donnée en note du § 15 du présent chapitre permet de comprendre comment cette dénomination pouvait être appliquée au système rhodien.
[94] Ces deux systèmes, qui ont des courtines très courtes, permettent, en effet, de suivre d’une façon très serrée les inflexions du sol, d’occuper tous les points saillants par des tours, et de se refuser dans les parties basses au moyen des courtines concaves. (Cf. Philon, i, 30, 31, 32.)
[95] Philon appelle système double celui qu’il a décrit ch. i, 33, où le rempart se compose, à la partie supérieure, de deux murs séparés par une galerie couverte. Il est clair que cette partie supérieure offre beaucoup moins de résistance aux coups des lithoboles que les murs massif des autres systèmes; il y a donc avantage à ne placer les premiers que dans les rentrants, parce qu’alors l’ennemi ne peut les battre que de loin et de côté.
[96] Le système à courtines obliques est décrit ch. i, § 37. Une place triangulaire est celle qui, pour un même développement, présente les plus longs côtés en ligne droite, et c’est en effet pour fortifier les lignes droites que nous employons encore le tracé en crémaillère. Dans le dessin qui accompagne cette note, les crémaillères sont mal tracées; il faut toujours que les flancs voient le terrain en contrepente.
[97] Le système dont veut parler Philon est celui qui se compose simplement de tours rondes ou carrées reliées par des murs pleins. La place étant circulaire et le terrain uniforme, il n’y a pas de point d’attaque déterminé à l’avance; il suffit donc de présenter à l’ennemi une résistance égale partout au moyen d’un obstacle servant de piédestal à l’artillerie. Cette idée est la base des derniers systèmes de Montalembert. (Cf. Philon, i, 38.)
[98] Εὐλαβητέον τ' ἐστὶν ἐν πάσαις ταῖς πυργοποιίαις, ἵνα καὶ μηθὲν τὸ τεῖχος ἀμφίβολον οἰκοδομῆται.
Cette prescription correspond à ce que nous appelons le défilement par le tracé; il n’est pas toujours facile de l’appliquer: on a alors recours soit aux traverses, soit au parados. Ces sortes d’abris se construisaient quelquefois à l’avance, comme à Pompéi; mais le plus souvent on les élevait, au moment du besoin, avec des pièces de bois et des couvertures. (Cf. Philon, iii, 37.)
[99] J’ai rendu par nécropole, faute de terme plus précis, le mot poluandria, qui signifie proprement le tombeau élevé à beaucoup d’hommes. Après la bataille de Saint-Privat, les Allemands ont réuni en monceaux les cadavres de leurs soldats, auprès de Sainte-Marie-aux-Chênes, et leur ont élevé un polyandre. Au sujet de ces tombeaux en forme de tour, on pourra voir une note de notre second volume. (Cf. Ænéas, xvi.)
[100] Ces dessins, nous l’avons dit, ont été malheureusement perdus.

References: § 4
 § 32
 § 7
 § 22
 § 7
 § 6
 § 17
 § 23
 § 30
 § 18
 § 55
 § 2
 § 22
 § 33
 § 8
 § 15
 § 37