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Timestamp: 2016-10-28 19:57:07+00:00

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France, Conseil d'État, 10 / 7 ssr, 28 juillet 1999, 189412
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Sens de l'arrêt : RejetType d'affaire : AdministrativeType de recours : Recours pour excès de pouvoirNumérotation : Numéro d'arrêt : 189412Numéro NOR : CETATEXT000008060757 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1999-07-28;189412 Analyses : DOMAINE - DOMAINE PUBLIC - REGIME - OCCUPATION - UTILISATIONS PRIVATIVES DU DOMAINE - REDEVANCES - Redevance annuelle mise à la charge des sociétés concessionnaires d'autoroutes - Redevance domaniale au sens de l'article L - 29 du code du domaine de l'Etat qui ne présente pas le caractère d'une imposition.24-01-02-01-01-04, 39-01-03-03-01, 71-02-03-01 Aux termes de l'article L. 29 du code du domaine de l'Etat : "La délivrance des autorisations de voirie sur le domaine public national est subordonnée au paiement, outre les droits et redevances perçus au profit, soit de l'Etat, soit des communes, d'un droit fixe correspondant aux frais exposés par la puissance publique". La redevance annuelle que l'Etat met à la charge des sociétés concessionnaires d'autoroutes est une redevance domaniale au sens des dispositions précitées qui ne présente pas le caractère d'une imposition. En instituant cette redevance pour occupation du domaine public, l'Etat ne méconnaît pas le principe de libre circulation et ne modifie pas la convention de la concession.MARCHES ET CONTRATS ADMINISTRATIFS - NOTION DE CONTRAT ADMINISTRATIF - DIVERSES SORTES DE CONTRATS - DELEGATIONS DE SERVICE PUBLIC - CONCESSION DE SERVICE PUBLIC - Redevance annuelle mise à la charge des sociétés concessionnaires d'autoroutes - Redevance domaniale au sens de l'article L - 29 du code du domaine de l'Etat qui ne présente pas le caractère d'une imposition.VOIRIE - REGIME JURIDIQUE DE LA VOIRIE - OCCUPATIONS PRIVATIVES DE LA VOIE PUBLIQUE - DROITS ET OBLIGATIONS DU PERMISSIONNAIRE - Redevance annuelle mise à la charge des sociétés concessionnaires d'autoroutes - Redevance domaniale au sens de l'article L - 29 du code du domaine de l'Etat qui ne présente pas le caractère d'une imposition.Texte : Vu la requête enregistrée le 4 août 1997 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par la société COMPAGNIE FINANCIERE ET INDUSTRIELLE DES AUTOROUTES (COFIROUTE), dont le siège est ... (92 316 cedex) ; la société COFIROUTE demande :
1°) l'annulation pour excès de pouvoir du décret n° 97-606 du 31 mai 1997 instaurant une redevance due par les sociétés concessionnaires d'autoroute pour occupation du domaine public et modifiant le code de la voirie routière ;
2°) la condamnation de l'Etat à payer la somme de 20 000 F en application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;
Vu l'article 7 de la directive communautaire n° 93/89 du 25 octobre 1993 relative aux péages et droits d'usage perçus pour l'utilisation de certaines infrastructures ;
Vu le code du domaine de l'Etat, notamment ses articles L. 28, L. 29, R. 55 et R. 56 ;
Vu le code de la voirie routière, notamment ses articles L. 121-2 et L. 122-4 ;
- les observations de Me Parmentier, avocat du ministre de l'équipement, des transports et du logement,
- les conclusions de Mme Daussun, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 28 du code du domaine de l'Etat : "Nul ne peut, sans autorisation délivrée par l'autorité compétente, occuper une dépendance du domaine public national ou l'utiliser dans des limites qui excèdent le droit d'usage qui appartient à tous" ; qu'aux termes de l'article L. 29 du même code : "La délivrance des autorisations de voirie sur le domaine public national est subordonnée au paiement, outre les droits et redevances perçus au profit, soit de l'Etat, soit des communes, d'un droit fixe correspondant aux frais exposés par la puissance publique." ;
Considérant que, par le décret attaqué, l'Etat met à la charge des sociétés concessionnaires d'autoroutes une redevance annuelle pour occupation du domaine public ; que les sociétés concessionnaires d'autoroutes occupent, pour l'exercice de la concession, le domaine public routier national que constitue l'autoroute ; que, dès lors, l'Etat a pu, par le décret attaqué, instituer et mettre à leur charge, sur le fondement des dispositions législatives précitées, une redevance qui ne présente pas le caractère d'une imposition sans méconnaître le principe de libre circulation ni modifier la convention de la concession ;
Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que, dans le choix et dans la pondération des critères retenus pour le calcul de la redevance contestée ni dans la détermination du taux de redevance, les auteurs du décret attaqué aient commis une erreur manifeste d'appréciation ;
Considérant que si la société requérante soutient que l'intervention du décret attaqué modifierait l'équilibre de la concession, cette circonstance, à la supposer établie, ne serait de nature qu'à lui permettre de saisir le juge du contrat et serait en tout état de cause sans influence sur la légalité du décret attaqué ;
Considérant que les moyens tirés de la violation des dispositions relatives aux péages sur les autoroutes contenues dans le code de la voirie routière et dans la directive susvisée sur les péages et droits d'usage perçus pour l'utilisation de certaines infrastructures sont sans influence sur la légalité du décret attaqué ;
Considérant que la redevance litigieuse ne constitue pas une charge étrangère à l'exécution des conventions de concession ; que, par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de ce que le décret attaqué méconnaîtrait les dispositions de l'article 40 de la loi n° 93-122 du 19 janvier 1993 prohibant l'existence de telles charges dans les conventions de délégation de service public est inopérant ;
Considérant que le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;Sur les conclusions de la société COFIROUTE tendant à l'application des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 :
Considérant que les dispositions de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, soit condamné à payer à la société COFIROUTE la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et de condamner la société COFIROUTE à payer à l'Etat la somme de 20 000 F qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
Article 1er : La requête de la société COFIROUTE est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société COFIROUTE et de l'Etat tendant à l'application des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la COMPAGNIE FINANCIERE ET INDUSTRIELLE DES AUTOROUTES, au Premier ministre et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.Références : Code du domaine de l'Etat L28, L29Décret 97-606 1997-05-31 décision attaquée confirmationLoi 91-647 1991-07-10 art. 75Loi 93-122 1993-01-19 art. 40, art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 28 juillet 1999, n° 189412Publié au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. VughtRapporteur : Mme Marie Laure DenisRapporteur public : Mme DaussunAvocat(s) : Me Parmentier, AvocatOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 10 / 7 ssrDate de la décision : 28/07/1999Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 75
 l'article 7
 l'article 40
 l'article 75
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