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Timestamp: 2016-10-26 21:06:32+00:00

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4C.166/2000 (08.12.2000)
juge, et M. Pagan, juge suppl�ant.
A.________, demandeur et recourant, repr�sent� par Me Jos� Coret, avocat � Lausanne,
C.________, d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Henri Baudraz, avocat � Lausanne;
A.- a) A.________ a entretenu des relations bancaires r�guli�res avec C.________ (ci-apr�s: la banque) depuis 1981. Ancien entra�neur de hockey sur glace, il est au b�n�fice de connaissances g�n�rales en mati�re commercialeou bancaire; il a acquis une exp�rience dans le domaine de la finance et du placement en faisant des op�rations suroptions. Des rapports de confiance particuliers le liaient avec l'ancien directeur de l'agence de la banque de D.________, E.________, promu � la fin de l'ann�e 1991 directeur de la succursale de F.________, dont d�pend l'agence de D.________. A la banque, A.________ a �galement eu affaire avec G.________. Ce dernier avait la r�putation d'�tre comp�tent et secondait H.________ en mati�re de gestion de fortune dans le domaine sp�cialis� des devises et des options.
Depuis le 7 mai 1981, A.________ dispose d'un compte � son nom (n� xxx) ainsi que d'un dossier de titres aupr�s de l'agence de D.________. Par la suite, d'autres comptes en diverses monnaies ont �t� ouverts sous ce num�ro.
Le 18 mars 1987, A.________ a sign� un acte de nantissement g�n�ral conf�rant � la banque le droit de r�aliser ses avoirs de gr� � gr� sans observer les formalit�s pr�vues par la loi f�d�rale sur la poursuite pour dettes et la faillite.
b) A partir de 1987, A.________ a effectu� des op�rations sur devises. Entre le 25 f�vrier et le 15 juin 1987, il a r�alis� 16 transactions pour des sommes oscillant entre 175 000 fr. et 314 000 fr. Jusqu'en 1992, ces op�rations sur devises sont devenues de plus en plus nombreuses et importantes.
c) Le 4 novembre 1988, A.________ et son �pouse ont ouvert, sous n� yyy, un compte joint solidaire comportant un compte en dollars am�ricains. Ils ont simultan�ment sign� un acte de nantissement g�n�ral en faveur de la banque, comme c'est la r�gle en mati�re d'op�rations sur devises � terme.
Lors de l'ouverture de ce compte, les clients ont sign� un "ordre pour placements fiduciaires" et un formulaire relatif aux op�rations � terme. Celui-ci r�servait notamment� la banque le droit d'exiger le d�p�t d'une marge de garantie destin�e � pr�server ses pr�tentions �ventuelles. Le 30 novembre 1988, A.________ a encore paraph� un document concernant les op�rations r�alis�es � la I.________, qui mettait en garde contre les risques li�s � la n�gociation des options.
La relation bancaire yyy a enregistr� d�s son ouverture de nombreuses op�rations sur devises qui portaient en particulier sur du dollar contre du mark allemand. Les montants en jeu �taient souvent importants: ainsi, entre le 15 octobre et le 23 d�cembre 1991, il y a eu sur ce compte au moins 21 op�rations sur devises portant sur un montant de plus de 4 millions de dollars. Trois d'entre elles concernaient des montants s'�levant respectivement � 200 000 US$, 626 769 DM et 848 150 DM.
d) A.________ a aussi achet� en d�cembre 1988 et avril 1989 deux warrants japonais. Etant donn� le degr� de volatilit� des actions japonaises, l'investissement repr�sentait un risque relativement �lev�.
e) Le 21 d�cembre 1989, A.________ a emprunt� � la banque un montant de 200 000 fr., dans le but de participer � une op�ration immobili�re avec la soci�t� J.________ S.A.
B.- a) Apr�s avoir obtenu des renseignements techniques de la part de G.________, A.________ adressait lui-m�me � la banque ses ordres et contrordres, g�n�ralement confirm�s par sa signature, pour de nombreuses op�rations sur devises, y compris des achats et des ventes d'options. Les instructions ainsi donn�es �taient pr�cises; il n'y avait pas place pour d'�ventuelles initiatives des employ�s de la banque.
b) Avant mars 1992, A.________ a r�alis� des gains sp�culatifs. Sur les transactions op�r�es � partir du 17 juin 1992, il a en revanche subi une perte de l'ordre de110 000 fr., soit environ 1/6 de sa fortune.
c) Le 15 juin 1992, A.________ a obtenu un cr�dit de 2 440 000 DM avec int�r�ts � 10,25 % et �ch�ance au 16 septembre 1992. Ce montant avait �t� d�termin�, apr�s discussion avec G.________, de mani�re � couvrir le solde d�biteur du compte courant en mark allemand au nom de A.________, qui s'�levait au 17 juin 1992 � 2 438 458 DM; il d�passait les comp�tences de l'agence de D.________.
Le pr�t �tait garanti � hauteur de 2 121 000 DM, le solde du cr�dit �tant accord� sous r�serve de la valeur de la cr�ance r�sultant du pr�t partiaire conc�d� le 29 d�cembre 1989 par le client � la soci�t� J.________ S.A. Le but de l'emprunt �tait l'acquisition de 269 parts "K.________" pour 1 848 398 US$ 74, transaction qui �tait intervenuesur la base d'un ordre t�l�phonique donn� la veille par le client qui, en 1991 et 1992, avait d�j� achet� de tels titres.
Ce placement, � dire d'expert, satisfaisait aux exigences de la s�curit� et prenait en consid�ration les int�r�ts de la banque et de son client, sous r�serve d'une �volution favorable du cours du dollar, conviction qui semblait �tre celle de G.________ selon une note manuscrite de sa main comportant la mention "reste � la hausse � terme". En fait, le cours du dollar avait chut� durant la premi�re partie du second semestre 1992. En avril, il �tait de 1.5158, en juillet de 1.3314, en octobre de 1.3150; il devait remonter � un taux de 1.4294 en novembre 1992. Cette baisse du dollar par rapport au franc suisse et sa remont�e sensible au cours du mois de novembre 1992 n'�taient pas pr�visibles de la part de personnes m�me bien inform�es des affaires internationales et du cours du dollar.
d) Du 6 juillet au 24 ao�t 1992, il a �t� proc�d� � 23 transactions portant chacune sur 1 800 000 US$; trois d'entre elles consistaient en des achats et des ventes � terme, 20 en des achats et des ventes d'options put et call; pour 16 d'entre elles, la banque ne dispose ni de confirmation ni d'ordre de son client. Ces op�rations ont donn� lieu � une perte globale de 1980 DM.
e) Le 13 ao�t 1992, apr�s vaine sollicitation par la banque d'une garantie compl�mentaire, l'agence de D.________ a fait savoir � A.________ qu'il ne restait aucune disponibilit� sur le compte yyy pour qu'il soit proc�d� � des op�rations � terme ou � des transactions d'options sur devises.
Ainsi, toutes nouvelles transactions autres qu'un "rachatde call pour en revendre un autre" ne pouvaient intervenir avant le 16 septembre 1992, "date de r�gularisation du cr�dit en DM". Pour les op�rations dont l'ex�cution serait demand�e par le client, un ordre sign� serait requis ainsi qu'une "couverture suppl�mentaire" sur son compte.
Le 24 ao�t 1992, A.________ a donn� l'ordre �crit"stop loss" de vendre � terme - au 16 septembre 1992 -1 860 000 US$ contre 2 662 786 DM au cours de 1.4101.
Le 11 septembre 1992, la banque a vendu les 269 parts K.________ pour 1 859 895 US$ 59. Le b�n�fice d�gag� par cette op�ration, 14 615 US$, a permis le remboursement complet de l'emprunt en DM. Toutefois, le taux de change d�favorable de la vente ordonn�e le 24 ao�t 1992 a occasionn� une perte de change de 287 665 DM.
C.- Au cours de la p�riode allant du 24 avril au 13ao�t 1992, la banque a renonc� � demander une garantie � A.________, bien que la marge minimum de 10 % pr�vue selon ses directives internes ne soit plus assur�e.
D.- Le 3 octobre 1994, A.________ a assign� la banqueen paiement de 500 000 fr. avec int�r�ts � 5 % � titre de dommages-int�r�ts. Ses conclusions tendaient �galement �la condamnation de la banque � lui remettre la totalit� des biens et valeurs qu'elle d�tenait pour son compte, interdiction �tant faite � celle-ci de les r�aliser � son profit.
Le demandeur reprochait � la banque de l'avoir entra�n� en 1992 dans des op�rations sp�culatives sans qu'il soit averti des risques de celles-ci et il lui imputait la responsabilit� de la perte de sa fortune. Il se pr�valait en particulier de la conclusion d'un mandat de gestion de fortune dont les obligations de diligence et d'information n'auraient pas �t� respect�es par la banque.
La banque a conclu au rejet de la demande et, reconventionnellement, au paiement par A.________ de la somme de116 583 fr. 65 repr�sentant le solde d�biteur du compte xxx au 31 d�cembre 1994, avec int�r�ts � 6,75 % d�s cette date.
Deux expertises ont �t� ordonn�es en cours d'instance.
Par jugement du 18 juin 1999, la Cour civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a condamn� A.________ � payer � C.________ 116 583 fr. 65 avec int�r�ts � 5 % d�s le 1er janvier 1995.
E.- A.________ recourt en r�forme au Tribunal f�d�ral.
Ses conclusions tendent � la condamnation de la d�fenderesse au paiement de 500 000 fr. avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 3 octobre 1994, dont � d�duire 116 583 fr. 65 avec int�r�ts � 5 % d�s le 1er janvier 1995.
C.________ invite le Tribunal f�d�ral � rejeter le recours.
Parall�lement � son recours en r�forme, le demandeur avait interjet� un recours en nullit� de droit cantonal qu'il a ensuite retir�.
1.- Il ne peut �tre pr�sent� de nouvelles conclusions devant le Tribunal f�d�ral statuant en instance de r�forme (art. 55 al. 1 let. b OJ). Mais il est possible de diminuer ses pr�tentions (Poudret, COJ II, n. 1.4.3 ad art. 55 OJ).
La r�duction des conclusions au fond du demandeur � ce stade de la proc�dure est donc admissible.
2.- Lorsqu'il statue sur un recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral fonde son arr�t sur les faits tels qu'ils ont �t� constat�s par la derni�re autorit� cantonale, sauf violation de dispositions f�d�rales en mati�re de preuve ou inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ). Il ne peut �tre pr�sent� de griefs contre les constatations de fait (art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 126 III 59 consid. 2a), ni contre l'appr�ciation des preuves � laquelle s'est livr�e la cour cantonale (ATF 126 III 189 consid. 2a). Les faits nouveaux sont irrecevables (ATF 121 III 436 consid. 5b p. 440).
3.- a) aa) Apr�s avoir relev� qu'il n'existe pas, en droit suisse, de contrat cadre r�gissant les relations entre les banques et leurs clients, la cour cantonale a consid�r� qu'en l'esp�ce le demandeur n'avait pas pass� avec la d�fenderesse de mandat de gestion ou de g�rance de fortune. Le comportement du client d�montrait sans ambigu�t� sa volont� d'assurer personnellement la gestion de ses biens, m�me s'il sollicitait des renseignements techniques de la part de collaborateurs de la banque. Les 16 op�rations effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 par la d�fenderesse pour le compte du demandeur sans ordre ni confirmation ne repr�sentaient que des exceptions limit�es dans le temps et en quantit�, au regard des tr�s nombreuses instructions donn�es par le demandeur durant plusieurs ann�es; elles ne suffisaient pas � �tablir l'existence d'une g�rance de fortune globale.
Manquait en particulier l'indice de l'existence d'une obligation de g�rance, caract�ristique essentielle du contratde gestion de fortune.
En d�finitive donc, pour la cour cantonale, les nombreuses op�rations effectu�es par la d�fenderesse pour le compte du demandeur constituaient autant de conventions entre les parties. Dans un tel contexte, la banque n'avait en principe pas de devoir g�n�ral d'information. Le rapport de confiance r�sultant des relations d'affaires suivies entretenues par les parties durant une dizaine d'ann�es, ainsi que le fait que l'acquisition des parts K.________ avait �t� rendue possible gr�ce � un cr�dit de la banque ne fondaient pas de devoir sp�cial de renseignement en l'esp�ce, vu la connaissance qu'avait le demandeur des risques li�s � la sp�culation et sa capacit� � les appr�cier.
En agissant sur instructions pr�cises de son client, la banque n'assumait pas une obligation g�n�rale de veiller aux int�r�ts de celui-ci. Elle devait par contre ex�cuter avec diligence les instructions re�ues; dans ce cadre limit�, les r�gles du contrat de mandat s'appliquaient, singuli�rement l'art. 398 CO.
bb) A cet �gard, la cour cantonale a distingu� deux types d'op�rations.
S'agissant de l'achat des 269 parts K.________, elle a retenu que la d�fenderesse avait agi sur ordre du demandeur, qui n'acqu�rait pas ce produit pour la premi�re fois; en outre, ce placement satisfaisait aux exigences de la s�curit� et prenait en compte les int�r�ts des deux parties, sous r�serve d'une �volution favorable du cours du dollar. La banque n'avait donc pas viol� ses obligations contractuelles.
Au surplus, les pertes importantes subies par le demandeur ne provenaient pas de l'achat et de la vente des parts K.________, qui s'�taient sold�s finalement par un b�n�fice, mais de la perte de change r�sultant de la vente � terme de 1 860 000 US$ sur ordre �crit du demandeur et pour laquelle il n'�tait ni all�gu� ni �tabli que ce dernier aurait demand� conseil. Quant � l'�volution du cours du dollar, elle �tait impr�visible pour tout le monde � l'�poque.
Pour les 16 op�rations effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 sans ordre ni confirmation de la part du demandeur, la cour cantonale a retenu que la d�fenderesse aurait d�, conform�ment aux clauses contractuelles, proc�der� un appel de marge avant de liquider les contrats en cours, et qu'elle n'�tait pas autoris�e � effectuer les transactions litigieuses en l'absence d'instructions du demandeur.
Elle a qualifi� cette immixtion sans mandat de la d�fenderesse de gestion d'affaires imparfaite, permettant au ma�tre d'exiger r�paration de son dommage aux conditions de l'art. 41 CO. La cour cantonale a cependant retenu que si 3 op�rations sur les 16 auraient pu �tre �vit�es - ce qui aurait repr�sent� pour le demandeur l'�conomie du paiement de46 800 DM de primes -, l'�tat de fait ne permettait pas de d�terminer si, globalement, les initiatives de la banque avaient occasionn� un r�el pr�judice � son client.
cc) En instance cantonale, le demandeur invoquait encore une violation du devoir de diligence de la d�fenderesse. Il lui reprochait de n'avoir pas accept�, contrairement aux int�r�ts de son client, de reporter le remboursement du pr�t des 2 millions et demi de DM. La cour a consid�r� que l'existence d'une requ�te en ce sens et d'un refus n'�taient pas �tablis. � supposer d'ailleurs qu'ils le fussent, la responsabilit� de la banque n'en aurait pas pour autant �t� engag�e: le dommage invoqu� n'�tait en effet pas en relation de causalit� avec le remboursement de l'emprunt, puisqu'il r�sultait des pertes de change d�coulant de la vente � terme conclue le 24 ao�t 1992.
Le demandeur faisait par ailleurs grief � la d�fenderesse de ne pas avoir r�clam� des garanties suppl�mentaires alors que la marge fix�e n'�tait plus couverte, etde n'avoir pas respect� les diff�rentes prescriptions internes de l'�tablissement bancaire, ce qui avait provoqu�ou augment� son dommage. La cour cantonale a �cart� ces arguments, retenant que les conventions pass�es entre les parties ne mentionnaient que la facult�, mais non l'obligation, pour la d�fenderesse de demander des garanties suppl�mentaires; pour le reste, les directives internes de la d�fenderesse n'avaient pas �t� int�gr�es aux contrats pass�s entre la banque et son client, et n'�taient pas destin�es � prot�ger les int�r�ts de celui-ci; ce dernier ne pouvait donc s'en pr�valoir.
b) Enfin, la cour cantonale a jug� que la d�fenderesse n'avait pas non plus engag� sa responsabilit� d�lictuelle, faute de violation d'une norme protectrice ad hoc, les prescriptions relatives aux appels de marge et aux limites de cr�dit �dict�es par la d�fenderesse ne constituant pas des prescriptions g�n�rales de la loi et n'�tant pas destin�es� prot�ger les clients, mais la banque.
4.- a) Le demandeur conteste tout d'abord l'analyse faite par la cour cantonale des liens contractuels nou�s par les parties. Il soutient que lui et la d�fenderesse �taient dans un rapport contractuel sp�cial, � savoir un mandat oral de gestion conf�r� � la banque, n'excluant pas que le client donne cas �ch�ant des instructions pr�cises. Les 16 op�rations effectu�es de sa propre initiative par la d�fenderesse constitueraient la preuve de ce mandat.
b) Cette argumentation se heurte aux constatations souveraines des juges cantonaux (art. 63 al. 2 OJ). Ceux-ci ont retenu que le comportement du demandeur, par ses nombreux ordres concernant des op�rations sur devises, d�montrait sans ambigu�t� sa volont� d'assurer lui-m�me la gestion de ses biens, aucun indice de l'existence d'une obligation de g�rance n'�tant �tabli. Or l'intention, la connaissance ou l'ignorance et l'erreur, soit ce qu'une partie savait ou voulait dans le cadre de relations contractuelles, rel�vent des faits (ATF 113 II 25 consid. 1a; cf. �galement ATF 125 III 305 consid. 2b; 123 III 165 consid. 3a). Les juges cantonaux n'ont donc pas proc�d�, sur la base des faits qu'ils ont retenus, � une appr�ciation juridique erron�e des circonstances de la cause lorsqu'ils ont consid�r� qu'il n'y avait pas eu de mandat g�n�ral de gestion conf�r� � la banque.
On observera que la cour cantonale n'a pas non plus viol� le droit f�d�ral en estimant que la banque avait le devoir d'ex�cuter avec diligence les instructions re�ues et que dans ce cadre, il fallait mesurer sa responsabilit� selon les r�gles r�gissant le contrat de mandat, soit l'art. 398 CO (ATF reproduit in SJ 2000 I 421 consid. 2d; ATF 126 III 20 consid. 3a/aa; 110 II 283 consid. 1). La banque devait donc agir au mieux en vue de sauvegarder les int�r�ts de son client; en pr�sence d'instructions inopportunes ou irr�alisables, il lui appartenait de prendre certaines dispositions pour ne pas manquer � son devoir de diligence (ATF reproduit in SJ 1994 p. 729 consid. 2d/aa; ATF 108 II 197 consid. 2a). Comme on le verra ci-apr�s, l'int�ress�e n'a toutefois pas failli � ses obligations en l'esp�ce.
5.- a) Insistant sur les rapports de confiance privil�gi�s et durables qui le liaient � la d�fenderesse, le demandeur accuse la cour cantonale d'avoir raisonn� de mani�re rigide sans comprendre l'encha�nement "inexorable" des op�rations de change dont il s'est en d�finitive trouv� victime.
Il impute plusieurs fautes � la banque.
Le demandeur reproche � la d�fenderesse de s'�tre plac�e en position de force vis-�-vis de lui, de l'avoir pouss� � sp�culer au-del� de ses possibilit�s; s'il admet devoir supporter la perte de 110 000 fr. d�coulant des transactions �chues le 17 juin 1992, il conteste devoir prendre � sa charge les cons�quences de l'emprunt des 2,5 millions de DM; cet emprunt, d�passant tr�s largement ses possibilit�s et accord� � un taux usuraire, lui aurait �t� impos� par la banque; sa brusque r�siliation sans appel, l'exigence soudaine de garanties qui auraient pu et d� �tre r�clam�es plus t�t, auraient �t� la cause de la perte d�finitive de sa fortune.
La d�fenderesse devrait r�pondre de la faute ainsi commise dans le cadre des rapports contractuels accessoires liant les parties. De mani�re g�n�rale, il y aurait l� atteinte aux bonnes moeurs commise intentionnellement dans l'id�e de sauvegarder les int�r�ts de la banque, ce qui obligerait � r�paration sur une autre base juridique, l'art. 41 al. 2 CO.
Le demandeur fait de surcro�t grief � la banque d'avoir achet� et vendu diff�rentes options call et put sans ordre ni confirmation; de m�me, l'acquisition des 269 parts K.________ ne reposerait sur aucun ordre �crit de sa part.
Le demandeur invoque enfin une violation du devoir d'information de la d�fenderesse, en se pr�valant de l'expertise judiciaire qui a montr� des lacunes dans les renseignements fournis par l'�tablissement bancaire. Le rapport de confiance liant les parties, ainsi que le fait que le client sp�culait avec des cr�dits fournis par la banque sont autant d'�l�ments qui auraient d� amener celle-ci � tirer la sonnette d'alarme. La banque aurait paniqu� en d�couvrant que son client s'�tait aventur� trop loin, cherchant alors essentiellement � sauvegarder ses propres int�r�ts.
b) aa) Selon l'art. 55 al. 1 let. c OJ, le recourant doit indiquer succinctement quelles sont les r�gles de droit f�d�ral viol�es, et en quoi consiste cette violation, ce � peine d'irrecevabilit� (ATF 106 II 175, confirm� in ATF 116 II 745 consid. 3). En l'occurrence, la critique du demandeur consiste en une s�rie d'affirmations ou de p�titions de principe d�pourvues de v�ritable argumentation, ou alors simplement contraires aux constatations de fait souveraines des premiers juges, et � ce titre irrecevables (cf. consid. 2 ci-dessus).
bb) Il en va ainsi s'agissant du grief principal formul� par le demandeur, � savoir le pr�t qui lui aurait �t� impos�:
la cour cantonale a retenu que l'emprunt incrimin� �tait intervenu � la demande du client, et que celui-ci s'�taitvu contraint de r�aliser ses parts K.________ en raison de l'�ch�ance de celui-ci. Les all�gu�s du demandeur quant �la d�cision des organes de la banque de faire marche arri�re et de bloquer la gestion de ses biens ne r�sultent pas du jugement d�f�r� et constituent par cons�quent des faits nouveaux irrecevables. Dans ces circonstances, rien ne permet de retenir que la d�fenderesse aurait intentionnellement adopt� un comportement contraire aux moeurs. On n'admet ce chef de responsabilit� qu'� titre exceptionnel, dans la mesure o� la contrari�t� aux moeurs ne doit pas �tre utilis�e pour vider de sa substance l'exigence de l'illic�it�. L'art. 41 al. 2 CO vise en premier lieu � pr�venir les comportements purement chicaniers, qui tendent exclusivement ou essentiellement � porter atteinte aux int�r�ts d'autrui (ATF 124 III 297 consid. 5e p. 302 et 303). D�s lors, m�me si l'on suivait le demandeur dans son approche des faits, la responsabilit� de la d�fenderesse ne pourrait �tre engag�e selon l'art. 41 al. 2 CO: la banque n'a cherch� qu'� sauvegarder ses int�r�ts en �vitant des pertes d�passant la valeur des avoirs de son client; il ne s'agit nullement de pure chicane.
cc) Le demandeur se heurte �galement aux circonstances de fait constat�es souverainement par la cour cantonale (art. 63 al. 2 OJ) lorsqu'il soutient, en se r�f�rant au devoir d'information des banques, que la d�fenderesse avait l'obligation de r�clamer � son client des garanties suppl�mentaires et que si elle avait tir� la sonnette d'alarme, celui-ci aurait �t� stopp� d�s le 17 juin 1992 dans ses op�rations sp�culatives.
On rel�vera d'abord le caract�re confus de l'argumentation du demandeur, qui semble confondre la n�cessit� pour une banque de r�clamer une garantie et celle d'informer son client des dangers d'une situation.
En ce qui concerne les garanties, la cour cantonale a retenu que la d�fenderesse n'avait que la facult�, mais non l'obligation, d'en demander selon les conventions liant les parties; les directives viol�es ne pouvaient par cons�quent constituer un fondement contractuel de responsabilit�, ni m�me un fondement extracontractuel, n'ayant pas pour but la protection du client. Le demandeur ne cherche pas � d�montrer en quoi ce raisonnement, dont il conteste la conclusion, violerait un principe de droit f�d�ral. L'opinion de la cour cantonale para�t au contraire bien fond�e (ATF reproduit in SJ 1999 I 205; Lombardini, Droit et pratique de la gestion de fortune, n. 255 p. 94).
Cela �tant, les premiers juges ont retenu que les op�rations effectu�es n'�taient pas en elles-m�mes d�raisonnables, malgr� les risques �lev�s qu'elles pr�sentaient, et que le demandeur �tait capable d'appr�cier ceux-ci. En outre, le dommage litigieux avait pour origine la perte de change r�sultant de la vente � terme des 1 860 000 US$ intervenue sur ordre �crit du client - transaction pour laquelle il n'�tait ni pr�tendu ni �tabli que ce dernier aurait demand� conseil. Tous les arguments reposant sur des �l�ments non conformes � ces constatations sont irrecevables.
dd) Pour le surplus, il n'existe fondamentalement aucun devoir d'information � charge de la banque lorsque son client lui donne de mani�re inconditionnelle des instructions cibl�es pour la gestion de son compte; dans un tel cas, en effet, le client montre qu'il n'a pas besoin de l'information et des conseils de la banque ni ne les souhaite. Il n'y a de devoir d'information que dans des situations exceptionnelles, soit lorsque la banque, en faisant preuve de l'attention requise, a reconnu ou aurait d� reconna�tre que le client n'a pas identifi� un danger d�termin� li� au placement, ou lorsqu'un rapport particulier de confiance s'est d�velopp� dans le cadre d'une relation d'affaires durable entre le client et la banque en vertu duquel le premier peut, sur la base des r�gles de la bonne foi, attendre conseil et mise en garde m�me s'il n'a rien demand� (ATF reproduit in SJ 1999 I 205 consid. 3b).
Dans les circonstances d'esp�ce, rien ne permet de retenir que la banque aurait manqu� � son devoir d'information:
la cour cantonale a constat� (art. 63 al. 2 OJ) quele client disposait des connaissances et de l'exp�rience n�cessaires, qu'il donnait des instructions pr�cises, que les op�rations sp�culatives ordonn�es, bien que risqu�es, n'�taient pas en soi d�raisonnables et qu'elles satisfaisaient aux exigences de la s�curit�. La baisse du dollar intervenue au cours du second semestre de l'ann�e 1992 n'�tait pas pr�visible de la part des sp�cialistes. Selon l'�tat de fait de la d�cision attaqu�e, m�me des personnes bien inform�es des affaires internationales et de l'�volution du cours du dollar ne pouvaient pr�voir ni la faiblesse de cette monnaie par rapport au franc suisse de juillet � octobre 1992, ni sa remont�e sensible en novembre 1992.
C'est d�s lors en vain que le demandeur invoque en sa faveur la note manuscrite de G.________ "reste � la hausse � terme" figurant sur les feuillets de calcul �tablis le 16 juin 1992, �tant observ� de surcro�t que, selon les constatations souveraines des premiers juges, on ignore si ces pr�visions �manaient du demandeur ou du collaborateur de la d�fenderesse.
D�s lors, m�me en admettant l'existence d'un rapport de confiance particulier entre la banque et son client, on ne voit pas que celle-ci ait failli � son devoir d'information.
ee) Enfin, le grief selon lequel la banque aurait d� veiller aux int�r�ts de son client en reportant l'�ch�ance du pr�t en DM tombe �galement � faux, puisque les juges cantonaux ont constat� qu'il n'avait pas �t� all�gu� que le demandeur aurait sollicit� en vain le report de l'�ch�ance convenue.
Pour le reste, on a d�j� expos� que l'art. 41 al. 2 CO ne peut trouver application (consid. 5b/bb).
6.- a) Dans un dernier moyen intitul� "Dommages et rapport de causalit�", le demandeur reproche � la cour cantonale d'avoir mal compris de quel dommage il r�clame r�paration.
Il s'agirait de la disparition de sa fortune ensuite des engagements qu'il a pris sous la pression de la banque, et non de ses pertes de change. A le suivre, son dommage correspondrait au montant de sa fortune le 13 mars 1992, � savoir 599 788 fr., dont � d�duire 110 000 fr. repr�sentant sa premi�re perte sur sp�culation, soit 489 788 fr. arrondis � 500 000 fr. En effet, si la banque avait refus� d'accorder le pr�t de 2,5 millions de DM et tenu le demandeur inform� de sa r�elle situation, ce dernier aurait mis fin � ses sp�culations, de sorte que sa perte se serait limit�e �110 000 fr. La banque l'aurait au contraire "pouss� � faire de l'acrobatie". Reconnaissant qu'il a sign� toutes les pi�ces que la d�fenderesse lui a soumis, le demandeur admet toutefois qu'une application des art. 44 et 99 al. 2 CO pourrait se concevoir.
Le demandeur renouvelle, notamment, le grief adress� � sa banque d'avoir maintenu de mani�re rigide la date de remboursement du pr�t de 2,5 millions de DM en citant l'avis de l'expert judiciaire selon lequel si l'�ch�ance du pr�t et la vente des parts avaient �t� diff�r�es, le dommage aurait �t� r�duit de 88 %.
S'agissant enfin des 16 op�rations effectu�es sans pouvoir par la d�fenderesse, le demandeur conteste l'avis de la cour cantonale selon lequel les primes qu'il a pay�es ind�ment ne devraient pas lui �tre rembours�es au motif que, globalement, on ne pourrait d�terminer si les initiativesde la banque ont fait subir un r�el pr�judice � son client.
Or, pour le demandeur, les circonstances relat�es dans le jugement attaqu� �tabliraient le rapport de causalit� naturelle et ad�quate entre les manquements de la d�fenderesse et la perte ou la diminution de sa fortune.
b) Le dommage r�side dans la diminution involontairede la fortune nette. Il peut consister dans une r�ductionde l'actif, dans une augmentation du passif ou dans un gain manqu�; il correspond � la diff�rence entre le montant actuel du patrimoine et le montant que celui-ci aurait atteint si l'�v�nement dommageable ne s'�tait pas produit (ATF 120 II 296 consid. 3b).
La fixation du dommage est une question de fait qui rel�ve exclusivement de la comp�tence du juge cantonal. En instance de recours en r�forme, le Tribunal f�d�ral n'intervient que si l'autorit� cantonale a m�connu la notion juridique du pr�judice ou si elle s'est laiss� guider par des crit�res juridiques erron�s (ATF 126 III 388 consid. 8a; 123 III 241 consid. 3a; 120 II 296 consid. 3b p. 298).
Il incombe au l�s� d'�tablir concr�tement le montant de son dommage, conform�ment � l'art. 42 al. 1 CO (ATF 123 III 241 consid. 3a; 120 II 296 consid. 3b).
Lorsque le montant du dommage ne peut �tre �tabli, l'art. 42 al. 2 CO ne dispense pas le l�s� d'all�guer et d'�tablir, autant que cela est possible, toutes les circonstances qui font appara�tre la survenance du dommage comme une quasi certitude et permettent d'�valuer son importance (ATF 122 III 219 consid. 3a et les r�f�rences).
c) L� encore, le demandeur se heurte aux constatations souveraines des premiers juges. De plus, son argumentationse r�duit � une s�rie de p�titions de principe contraires aux consid�rants des premiers juges, sans tentative de d�monstration r�elle d'une violation du droit f�d�ral. Le demandeur n'expose pas en quoi l'opinion de la cour cantonale de consid�rer comme un tout les transactions effectu�es entre le 6 juillet et le 24 ao�t 1992 contreviendrait � une r�gle de droit f�d�ral. Dans ces conditions, il est inutile de rectifier l'�tat de fait pour convertir en francs suisses le montant des pertes de change arr�t� par la cour cantonale en DM.
7.- Le recours doit �tre rejet� dans la faible mesureo� il est recevable. Le recourant supportera les frais de justice et versera une indemnit� de d�pens � l'intim�e (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
2. Met un �molument judiciaire de 8000 fr. � la charge du recourant.
3. Dit que le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de 8000 fr. � titre de d�pens.
Lausanne, le 8 d�cembre 2000 MMH/mnv

References: art. 55
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 44