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Timestamp: 2016-10-23 06:24:04+00:00

Document:
2A.87/2007 (02.07.2007)
Arr�t du 2 juillet 2007
du 29 d�cembre 2006.
AX.________, ressortissant de l'ex-Yougoslavie n� en 1975, est arriv� ill�galement en Suisse le 12 janvier 2003.
Dans une d�claration du 16 janvier 2003 faite devant les autorit�s de police du canton de Gen�ve, BY.________, ressortissante suisse n�e en 1982, a indiqu� qu'elle avait rencontr� AX.________ trois ans auparavant, en Croatie, et qu'ils s'�taient li�s d'amiti�. Ils avaient gard� contact en se t�l�phonant une fois par mois et elle l'avait demand� en mariage une ann�e plus t�t. Le 11 janvier 2003, l'int�ress� s'�tait rendu � Gen�ve pour lui faire une surprise et ils avaient pass� le week-end ensemble. Elle pensait que ce n'�tait pas une "bonne chose" que AX.________ demande l'asile et lui avait propos� d'effectuer des d�marches concernant le mariage.
L'Office f�d�ral des r�fugi�s, actuellement l'Office f�d�ral des migrations (ci-apr�s: l'Office f�d�ral), a rejet� la demande d'asile de l'int�ress� le 3 f�vrier 2003 et lui a imparti un d�lai au 31 mars 2003 pour quitter le pays.
Par courrier du 11 f�vrier 2003, C.________ et D._______ ont inform� l'Office cantonal de la population du canton de Gen�ve que leur fille, BY.________, envisageait d'�pouser AX.________. A leur avis, il s'agissait d'un "mariage blanc", car leur fille, sous traitement psychiatrique, �tait dans une situation tr�s fragile et tr�s influen�able.
AX.________ a �pous� BY.________ le 24 f�vrier 2003 et a �t� mis au b�n�fice d'une autorisation de s�jour r�guli�rement renouvel�e jusqu'au 23 f�vrier 2006.
Le 21 juillet 2004, BX.________ a d�pos� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale. Le m�me jour, statuant par mesures d'urgence, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne (ci-apr�s: le Pr�sident du Tribunal) a autoris� l'int�ress�e � vivre s�par�e de son �poux et a interdit � ce dernier de retourner � l'appartement conjugal et d'importuner son �pouse de quelque fa�on que ce soit. Ces mesures ont �t� confirm�es par une convention pass�e entre les �poux le 25 ao�t 2004 et ratifi�e par le Pr�sident du Tribunal.
Le 9 ao�t 2004, BX.________ a inform� le Service cantonal de la population du canton de Vaud (ci-apr�s: le Service cantonal) qu'elle ne s'�tait pas rendue compte � l'�poque, vu l'�tat de d�pression dans lequel elle se trouvait, que AX.________ ne l'avait �pous�e que pour obtenir une autorisation de s�jour. Ils s'�taient du reste mari�s � peine un mois et demi apr�s s'�tre connus dans une discoth�que. Elle avait par ailleurs appris que l'int�ress� avait �t� condamn� en Allemagne pour trafic de drogue et qu'il s'�tait mari� dans ce pays. En outre, elle avait demand� � son avocat de d�poser une demande d'annulation du mariage et avait port� plainte contre son �poux pour voies de fait.
Interrog�e par la police le 6 septembre 2004, BX.________ a affirm� avoir fait la connaissance de son �poux dans un bar � Lausanne en ao�t 2002. Ils �taient "vraiment sortis ensemble" � partir du 31 d�cembre 2002 et c'�tait AX.________ qui lui avait propos� le mariage. Elle a indiqu� que son �poux l'avait frapp�e une premi�re fois en ao�t 2003, puis en janvier 2004, et une derni�re fois dans la nuit du 3 juillet 2003 (recte: 2004) o� elle avait pris la d�cision de se s�parer de lui. Au demeurant, elle n'envisageait pas de reprendre la vie commune avec lui.
Le Service cantonal a inform� AX.________, le 13 avril 2005, de son intention de refuser le renouvellement de son autorisation de s�jour, �tant donn� qu'il l'avait obtenue � la suite de son mariage avec une Suissesse et qu'il vivait s�par� de son �pouse. L'int�ress� a d�clar� qu'il avait effectivement rencontr� des difficult�s dans son couple, � cause des probl�mes de sant� de son �pouse, et qu'il avait accept� de prendre un logement s�par�, sur sa demande, pour ne pas la brusquer. Il continuait toutefois de voir son �pouse r�guli�rement, y compris pour des vacances ou des week-end.
Par d�cision du 7 septembre 2005, le Service cantonal a r�voqu� l'autorisation de s�jour de AX.________ - �ch�ant le 23 f�vrier 2006 - et lui a imparti un d�lai d'un mois pour quitter le territoire.
L'int�ress� a port� sa cause devant le Tribunal administratif du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal administratif). Il a fait valoir qu'il se trouvait dans une situation tr�s particuli�re. Il avait propos� de payer une pension alimentaire � son �pouse, ce qui n'avait finalement pas �t� pr�vu dans la convention. Toutefois, il lui avait vers� des aides financi�res r�guli�res depuis l'�t� 2004. Il �tait tr�s amoureux de celle-ci et refusait farouchement l'id�e d'un divorce, tenant � demeurer aupr�s d'elle malgr� ses probl�mes de sant�.
L'int�ress� a �t� invit� � produire divers documents (attestation de son �pouse confirmant ses dires, preuve des versements effectu�s en faveur de celle-ci et autres moyens de preuve propos�s dans le recours). Le 10 f�vrier 2006, il a indiqu� n'avoir pas encore de documents � produire; par contre, il sollicitait une audience en vue de l'audition de son �pouse. Le 1er mai 2006, il a r�it�r� sa demande d'audience, souhaitant pouvoir s'exprimer et faire convoquer en qualit� de t�moins son �pouse ainsi que le psychiatre de cette derni�re. Le 15 mai 2006, l'int�ress� a produit une d�claration de BX.________ - qui affirme avoir toujours des sentiments tr�s forts pour son �poux et vouloir "reconstruire une relation" - ainsi qu'une attestation du psychiatre de celle-ci.
Sur proposition du Service cantonal, l'instruction de la cause a �t� suspendue, le 13 juin 2006, jusqu'au 12 d�cembre 2006.
Dans une d�claration du 1er juillet 2006, BX.________ a confirm� avoir re�u une aide financi�re de son �poux. Celui-ci lui avait pr�t� de l'argent, pendant environ deux mois en automne 2004, et elle estimait la somme entre 2'000 fr. et 3'000 fr. Le 8 d�cembre 2006, l'int�ress� a produit une convention d'annulation des mesures protectrices de l'union conjugale sign�e le 6 d�cembre 2006 par les �poux X.________. Ce courrier a �t� transmis au Service cantonal pour d�termination.
Le 13 d�cembre 2006, le Service cantonal s'est r�f�r� � la suspension de la proc�dure et, vu l'absence de faits nouveaux, a confirm� ses conclusions au rejet du recours. Le 15 d�cembre 2006, il s'est d�termin� sur le courrier de l'int�ress� du 8 d�cembre 2006, maintenant ses conclusions, faute de faits nouveaux d�terminants. Ces deux �critures ont �t� transmises � AX.________ pour information, les 14 et 20 d�cembre 2006.
Par arr�t du 29 d�cembre 2006, le Tribunal administratif a rejet� le recours de AX.________ et confirm� la d�cision du Service cantonal du 7 septembre 2005. Il a consid�r� pour l'essentiel que les �poux X.________ avaient fait m�nage commun pendant environ dix-huit mois et qu'ils vivaient s�par�s depuis plus de deux ans; leur mariage �tait donc vid� de sa substance. Au surplus, les parents de l'�pouse avaient averti les autorit�s, le 11 f�vrier 2003, que leur fille se trouvait dans une situation fragile et influen�able et qu'ils soup�onnaient que son mariage avec l'int�ress� �tait fictif. La convention du 6 d�cembre 2006 sign�e par les �poux l'avait certainement �t� pour les besoins de la cause. Il apparaissait ainsi que AX.________ commettait un abus de droit en invoquant un mariage n'existant plus que formellement dans le seul but d'obtenir le renouvellement de son autorisation de s�jour.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, AX.________ demande au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif du 29 d�cembre 2006 ainsi que la d�cision du Service cantonal du 7 septembre 2005 et, subsidiairement, de renvoyer la cause � l'autorit� intim�e pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Il se plaint d'une mauvaise constatation des faits et application du droit f�d�ral ainsi que d'une violation de son droit d'�tre entendu et d'une appr�ciation arbitraire des preuves. Il sollicite en outre l'effet suspensif.
Le Tribunal administratif conclut au rejet du recours en se r�f�rant aux consid�rants de l'arr�t attaqu� et se rapporte � justice en ce qui concerne la requ�te d'effet suspensif. Le Service cantonal s'en remet int�gralement aux d�terminations du Tribunal administratif.
Par ordonnance du 2 mars 2007, le Pr�sident de la IIe Cour de droit public a admis la demande d'effet suspensif contenue dans le recours.
Le recourant a encore d�pos� une �criture le 2 mars 2007.
1.2 Selon l'art. 101 lettre d OJ, le recours de droit administratif est recevable contre les d�cisions sur la r�vocation de d�cisions attributives d'avantages vis�es � l'art. 100 al. 1 lettre b ch. 3 OJ notamment. Le pr�sent recours est dirig� contre une d�cision confirmant la r�vocation d'une autorisation de s�jour. Dans cette mesure, la voie du recours de droit administratif est ouverte et c'est en cette qualit� que doit �tre trait�e l'�criture du recourant, nonobstant sa d�signation. En outre, le recourant, en tant que conjoint d'une ressortissante suisse, dispose en principe d'un droit � une autorisation de s�jour en Suisse pendant toute la dur�e formelle de son mariage (cf. art. 7 al. 1 de la loi f�d�rale du 26 mars 1931 sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers [LSEE; RS 142.20]). Son recours est d�s lors �galement recevable � ce titre.
1.3 Partant, d�pos� en temps utile et dans les formes requises, le recours est recevable comme recours de droit administratif, sous r�serve de la conclusion tendant � l'annulation de la d�cision cantonale de premi�re instance (effet d�volutif du recours d�pos� aupr�s du Tribunal administratif; ATF 126 II 300 consid. 2a p. 302 s. et l'arr�t cit�).
1.4 D�pos� apr�s l'�ch�ance du d�lai de recours (cf. art. 106 OJ) et sans qu'un second �change d'�critures n'ait �t� ordonn� (cf. art. 110 al. 4 OJ), le courrier du recourant du 2 mars 2007 ne peut pas �tre pris en consid�ration.
Le recours de droit administratif peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral, y compris l'abus et l'exc�s du pouvoir d'appr�ciation (art. 104 lettre a OJ). Le Tribunal f�d�ral revoit d'office l'application du droit f�d�ral sans �tre li� par les motifs invoqu�s par les parties (art. 114 al. 1 in fine OJ). Lorsque le recours est dirig� contre la d�cision d'une autorit� judiciaire, le Tribunal f�d�ral est li� par les faits constat�s dans la d�cision, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets ou s'ils ont �t� �tablis au m�pris de r�gles essentielles de proc�dure (art. 104 lettre b et 105 al. 2 OJ). En outre, le Tribunal f�d�ral ne peut pas revoir l'opportunit� de la d�cision entreprise, le droit f�d�ral ne pr�voyant pas un tel examen dans ce domaine (art. 104 lettre c ch. 3 OJ).
Le recourant voit une violation de son droit d'�tre entendu dans le fait qu'il n'a pas eu la possibilit� de s'exprimer sur certaines prises de position du Service cantonal. Par ailleurs, il se plaint d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves, l'autorit� intim�e n'ayant pas donn� suite, ni m�me statu�, sur ses demandes d'audience et d'audition de t�moins.
3.1 Selon la jurisprudence, le droit d'�tre entendu comprend pour le justiciable notamment le droit de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision ne soit prise touchant sa situation juridique, d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes, de participer � l'administration des preuves essentielles et de se d�terminer sur son r�sultat lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51 et les arr�ts cit�s). L'appr�ciation anticip�e des preuves ne constitue pas une atteinte au droit d'�tre entendu directement d�duit de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid. 4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242 et les arr�ts cit�s). Au m�me titre que toute appr�ciation des preuves, l'appr�ciation anticip�e de celles-ci est soumise � l'interdiction de l'arbitraire (ATF 124 I 274 consid. 5b p. 285 et les r�f�rences cit�es).
3.2 En l'esp�ce, l'autorit� intim�e a transmis au recourant, pour information, les d�terminations du Service cantonal des 13 et 15 d�cembre 2006. Compte tenu des f�tes de fin d'ann�e et de la date de l'arr�t attaqu� au 29 d�cembre 2006, le recourant n'a eu effectivement que tr�s peu de temps pour demander � pouvoir se d�terminer sur les �critures pr�cit�es. Toutefois, vu la dur�e de la proc�dure, le Tribunal administratif n'avait pas � fixer d'office un d�lai � l'int�ress� pour m�moire compl�mentaire. La lettre du 13 d�cembre 2006 n'�tait qu'une demande de renseignements sur la suite de la proc�dure, le Service cantonal pr�cisant que, faute d'�l�ments nouveaux, il maintenait ses conclusions. La lettre du 15 d�cembre 2006 �tait une simple prise de position, allant dans le m�me sens que la lettre pr�c�dente, sur le courrier et les pi�ces produites par le recourant le 8 d�cembre 2006. Dans pareilles circonstances, il e�t incomb� au recourant de solliciter sans d�lai la possibilit� de d�poser une d�termination s'il estimait indispensable d'ajouter quelque chose aux d�veloppements pr�c�dents et aux pi�ces qu'il avait lui-m�me produites le 8 d�cembre 2006. Faute pour l'int�ress� d'intervenir imm�diatement, l'autorit� intim�e pouvait partir de l'id�e qu'il renon�ait � pr�senter des observations (cf. ATF 133 I 98 consid. 2.2 p. 99 s., 100 consid. 4.8 p. 105 et la jurisprudence cit�e dans ces arr�ts).
3.3 Le recourant estime que sa propre audition ainsi que celle de son �pouse, et �ventuellement du m�decin traitant de cette derni�re, auraient permis d'�clairer les juges sur la r�alit� de son union conjugale. Or, l'art. 29 al. 2 Cst. ne conf�re pas le droit d'�tre entendu oralement par l'autorit� (cf. ATF 122 II 464 consid. 4c p. 469). De plus, il appara�t que l'int�ress� a pu amplement faire valoir ses moyens par �crit au cours de la proc�dure devant le Service cantonal, puis le Tribunal administratif. D�s lors, l'autorit� intim�e pouvait s'estimer suffisamment renseign�e par les �critures de l'int�ress� et les diff�rentes d�clarations �crites de son �pouse ainsi que par les autres pi�ces figurant au dossier, notamment l'attestation du psychiatre du 12 mai 2006. Le Tribunal administratif n'a certes pas motiv� son refus d'administrer les preuves propos�es. Cela ne porte toutefois pas � cons�quence en l'esp�ce vu qu'il pouvait de toute fa�on, - comme il l'a fait implicitement - par une appr�ciation anticip�e d�nu�e d'arbitraire, renoncer � ordonner une audience de comparution personnelle et � entendre les t�moins propos�s. Par ailleurs, l'autorit� peut se limiter, dans sa motivation, aux points essentiels pour la d�cision � rendre (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540, 473 consid. 4.1 p. 477; 129 I 232 consid. 3.2 p. 236).
Ainsi, les griefs de la violation du droit d'�tre entendu et de l'appr�ciation arbitraire des preuves doivent �tre rejet�s.
Le recourant reproche au Tribunal administratif d'avoir omis certains faits dans l'arr�t attaqu�, notamment en ne d�taillant pas le contenu de plusieurs pi�ces qu'il avait produites. Or, l'arr�t attaqu� mentionne que le recourant a d�pos� des d�terminations et vers� au dossier les pi�ces invoqu�es. L'�tat de fait n'est donc pas lacunaire et, contrairement � ce que semble pr�tendre le recourant, l'autorit� intim�e n'�tait pas tenue de retranscrire int�gralement dans son arr�t le contenu de tous �l�ments du dossier. Ainsi, il appara�t que les faits constat�s par l'autorit� intim�e ne sont pas manifestement inexacts ou incomplets au sens de l'art. 105 al. 2 OJ. Au surplus, dans la mesure o� le recourant s'en prend � leur qualification et � leur appr�ciation juridique, il soul�ve une question de droit que l'autorit� de c�ans examine de toute fa�on librement (ATF 131 III 182 consid. 3 p. 184 et l'arr�t cit�).
Par ailleurs, le recourant a produit plusieurs pi�ces pour la premi�re fois devant l'autorit� de c�ans. Il a �galement annex� � son m�moire de recours des actes �tablis apr�s la date de l'arr�t attaqu�. Or, la possibilit� d'all�guer des faits nouveaux ou de faire valoir de nouveaux moyens de preuve dans le cadre du recours de droit administratif est tr�s restreinte. Selon la jurisprudence, seules sont admissibles dans ce cas les preuves que l'instance inf�rieure aurait d� retenir d'office et dont le d�faut d'administration constitue une violation des r�gles essentielles de proc�dure (ATF 132 V 166 consid. 2.1 p. 171), ce qui n'est manifestement pas le cas en l'esp�ce. Au surplus, les modifications ult�rieures de l'�tat de fait ne peuvent normalement pas �tre prises en consid�ration, car on ne saurait reprocher � une autorit� d'avoir mal constat� les faits, au sens de l'art. 105 al. 2 OJ, lorsque ceux-ci ont chang� apr�s sa d�cision (ATF 130 II 493 consid. 2 p. 497 et les arr�ts cit�s). Dans ces conditions, les pi�ces nouvelles annex�es par le recourant � son m�moire de recours ne peuvent pas �tre prises en consid�ration.
5.1 Selon l'art. 7 al. 1 1�re phrase LSEE, le conjoint �tranger d'un ressortissant suisse a droit � l'octroi et � la prolongation de l'autorisation de s�jour. Quant � l'art. 7 al. 2 LSEE, il pr�voit que le conjoint �tranger d'un ressortissant suisse n'a pas droit � l'octroi ou � la prolongation de l'autorisation de s�jour lorsque le mariage a �t� contract� dans le but d'�luder les dispositions sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers, notamment celles sur la limitation du nombre des �trangers. D'apr�s la jurisprudence, le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 LSEE peut �tre constitutif d'un abus de droit en l'absence m�me d'un mariage contract� dans le but d'�luder les dispositions sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers, au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE (ATF 131 II 265 consid. 4.1 p. 267). Par ailleurs, l'art. 9 al. 2 lettre b LSEE dispose que l'autorisation de s�jour est r�voqu�e lorsque l'une des conditions qui y sont attach�es n'est pas remplie.
5.2 Il y a abus de droit notamment lorsqu'une institution juridique est utilis�e � l'encontre de son but pour r�aliser des int�r�ts que cette institution juridique ne veut pas prot�ger. L'existence d'un �ventuel abus de droit doit �tre appr�ci�e dans chaque cas particulier et avec retenue, seul l'abus de droit manifeste pouvant �tre pris en consid�ration (ATF 121 II 97 consid. 4a p. 103).
L'existence d'un abus de droit d�coulant du fait de se pr�valoir de l'art. 7 al. 1 LSEE ne peut en particulier �tre simplement d�duit de ce que les �poux ne vivent plus ensemble, puisque le l�gislateur a volontairement renonc� � faire d�pendre le droit � une autorisation de s�jour de la vie commune (cf. ATF 118 Ib 145 consid. 3 p. 149 ss). Pour admettre l'existence d'un abus de droit, il ne suffit pas non plus qu'une proc�dure de divorce soit entam�e; le droit � l'octroi ou � la prolongation d'une autorisation de s�jour subsiste en effet tant que le divorce n'a pas �t� prononc�, car les droits du conjoint �tranger ne doivent pas �tre compromis dans le cadre d'une telle proc�dure. Enfin, on ne saurait uniquement reprocher � des �poux de vivre s�par�s et de ne pas envisager le divorce. Toutefois, il y a abus de droit lorsque le conjoint �tranger invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le seul but d'obtenir une autorisation de s�jour, car ce but n'est pas prot�g� par l'art. 7 al. 1 LSEE (ATF 131 II 265 consid. 4.2 p. 267 et les arr�ts cit�s). Le mariage n'existe plus que formellement lorsque l'union conjugale est rompue d�finitivement, c'est-�-dire lorsqu'il n'y a plus d'espoir de r�conciliation; les causes et les motifs de la rupture ne jouent pas de r�le (ATF 130 II 113 consid. 4.2 p. 117 et les r�f�rences).
Dans le cas particulier, le Tribunal administratif a constat� que les �poux X.________ s'�taient s�par�s apr�s dix-huit mois de m�nage commun et n'avaient jamais repris la vie commune. Il en a conclu que le mariage �tait vid� de sa substance depuis plus de deux ans. Le recourant reproche � l'autorit� intim�e de "se focaliser sur des �v�nements remontant � l'�t� 2004 (s�paration conjugale)" sans tenir compte des pi�ces du dossier qui �tabliraient indubitablement son retour � une "union matrimoniale v�ridique et sinc�re".
Certes, la rupture d�finitive d'une union conjugale ne doit pas �tre d�duite dans tous les cas du fait que des conjoints vivent s�par�s. Notamment, un mariage r�el peut prendre des formes ext�rieures non conventionnelles. En l'esp�ce toutefois, d'autres �l�ments confirment que l'union du recourant est d�sormais vide de toute substance.
AX.________ a �pous� BX.________ le 24 f�vrier 2003, moins d'un mois apr�s le rejet de sa demande d'asile. Les parents de l'�pouse avaient inform� les autorit�s de leur crainte qu'il s'ag�t d'un mariage fictif, car leur fille, sous traitement psychiatrique, �tait tr�s fragile et influen�able. Le 21 juillet 2004, BX.________ a requis des mesures protectrices de l'union conjugale et le 9 ao�t 2004 elle a �crit au Service cantonal qu'elle ne s'�tait pas rendue compte que l'int�ress� ne l'avait �pous�e que pour obtenir une autorisation de s�jour; auditionn�e par la police le 6 septembre 2004, elle a affirm� avoir �t� battue par son �poux � plusieurs reprises. Ces faits jettent un certain doute sur la nature r�elle des motifs qui ont d�cid� le recourant � se marier. Par ailleurs, on peut se demander � quel point l'int�ress�e a "librement" d�cid� de se marier, dans la mesure o� il ressort du dossier qu'elle �tait tr�s influen�able et "dans une grande d�tresse et en �tat de d�pression" � cette �poque (cf. son courrier du 9 ao�t 2004). La question de l'existence d'un mariage fictif au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE peut cependant rester ouverte, vu la s�rie d'�l�ments qui d�montre que le mariage n'existe plus que formellement et que le comportement du recourant rev�t un caract�re abusif.
Les �poux X.________ sont s�par�s depuis ao�t 2004 et une reprise de la vie commune semble tr�s peu probable. En effet, malgr� les dires du recourant, aucun indice concret n'indique qu'une telle reprise serait envisageable de part et d'autre � br�ve �ch�ance. Certes, BX.________ a indiqu�, dans une d�claration annex�e � un courrier du 15 mai 2006, qu'elle souhaitait "reprendre une relation" avec son �poux et qu'ils avaient besoin de temps pour "reconstruire des bases solides". Elle a �galement sign�, le 6 d�cembre 2006, une convention d'annulation des mesures protectrices de l'union conjugale. Toutefois, les propos de l'int�ress�e sont sujets � caution, vu sa fragilit� psychique et son influen�abilit� particuli�re; celle-ci s'est contredite sur les circonstances de sa rencontre et de son mariage avec le recourant, semblant le "couvrir" enti�rement avant le mariage puis l'accusant de tous les maux lors de leur s�paration et revenant ensuite sur ses assertions. L'on peut d'autant moins se fier � ses affirmations quant � une r�conciliation avec son �poux qu'elles interviennent bien apr�s la d�cision du Service cantonal de r�voquer l'autorisation de s�jour du recourant, et vraisemblablement sur l'insistance de ce dernier. Il sied au demeurant de relever que les seuls moyens de preuves offerts par le recourant sont sa propre audition ainsi que celle de son �pouse et qu'il n'a pas �t� en mesure de fournir les pi�ces - autrement plus objectives - demand�es par le Service cantonal (preuve des versements effectu�s en faveur de l'�pouse, attestations �crites de tiers, etc.). Le seul fait que les �poux X.________ entretiennent des rapports normaux, qu'ils se voient r�guli�rement et qu'ils passent du temps libre ensemble ne suffit pas � �tablir qu'ils souhaitent reprendre une v�ritable union conjugale, car un tel comportement, s'il est av�r�, peut aussi �tre adopt� dans l'unique but de tromper les autorit�s (cf. ATF 122 II 289 consid. 2b p. 295 et les r�f�rences). Au surplus, les �poux X.________ n'ont pas emm�nag� dans un appartement commun alors qu'ils affirment, depuis plus d'une ann�e, que telle est leur intention. Cela ne laisse pas de surprendre vu la rapidit� avec laquelle ils ont d�cid� de se marier et de vivre ensemble apr�s le rejet de la demande d'asile du recourant.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que l'union conjugale des �poux X.________ est vid�e de toute substance. Le Tribunal administratif pouvait ainsi consid�rer, sans violer le droit f�d�ral, que le recourant invoque abusivement une union qui n'existe plus que formellement pour obtenir une autorisation de s�jour. C'est donc � juste titre qu'il a confirm� la r�vocation de l'autorisation de s�jour de AX.________.
Partant, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Succombant, le recourant doit supporter les frais judiciaires (art. 156 al. 1, 153 et 153a OJ) et n'a pas droit � des d�pens (art. 159 al. 1 OJ).

References: art. 7
 ATF 
 art. 106
 art. 110
in fine
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF