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Timestamp: 2018-09-23 10:44:57+00:00

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Ch.V- De l’histoire naturelle des variations dans le sens des mots
§1- Un terme technique, inventé pour les besoins d’un art ou d’une science, a tout d’abord la connotation que lui a donnée son inventeur ; mais un nom qui est sur toutes les lèvres avant que personne ait songé à le définir, ne tire sa connotation que des circonstances qui s’offrent habituellement à l’esprit quand on le prononce.
L’histoire du mot, en montrant les causes qui en ont déterminé l’emploi, peut, dans ce cas, guider beaucoup mieux qu’une définition.
Ch. VI- Suite des considérations sur les principes d’un langage philosophique
§1- Pour que le langage remplisse son office, il ne suffit pas que chaque mot ait sa signification parfaitement déterminée ; il faut encore qu’il n’y ait pas de sens important sans un mot pour l’exprimer. Toutes les choses auxquelles nous avons l’occasion de penser souvent et dans un but scientifique doivent avoir un nom approprié.
§2- Premièrement, il faut avoir tous les noms nécessaires pour fixer le souvenir des observations individuelles de manière que les mots désignent exactement le fait observé. En d’autres termes, il faut une exacte terminologie descriptive.
Whewell : « La signification des termes descriptifs ne peut être fixée primitivement que par convention, et elle ne peut devenir intelligible que par la présentation aux sens de l’objet que le terme doit désigner ».
§3- Toutes les fois que, pour une Induction, nous jugeons nécessaire d’introduire quelque nouvelle conception générale, c’est à dire, lorsque la comparaison d’un ensemble de phénomènes nous y fait reconnaître quelque circonstance commune qui, n’ayant jamais jusqu’alors fixé notre attention, est pour nous un phénomène nouveau, il est important que cette conception nouvelle ou ce résultat nouveau de l’abstraction ait un nom approprié.
§4- Mais il y a des classes qu’on peut reconnaître sans recourir à un procédé aussi élaboré, chacune d’elle étant séparée de toutes les autres, non par une seule propriété dont la découverte peut dépendre d’un acte d’abstraction difficile, mais par toutes ses propriétés en général. Je veux parler des Genres de choses. Par le mot Genre, nous entendons une de ces classes qui se distinguent de toutes les autres, non pas seulement par une ou plusieurs propriétés définies, mais par une multitude inconnue de ces propriétés, la combinaison de celles qui servent de fondement à la classe étant simplement l’indice d’un nombre indéfini d’autres attributs distinctifs.
On peut définir une nomenclature la collection des noms de tous les Genres qu’embrasse une branche quelconque des sciences, ou mieux, de tous les Genres inférieurs ou infimae species, de ceux qui, à la vérité, peuvent encore être subdivisés, mais non en Genres, et qui répondent généralement à ce qu’en histoire naturelle on appelle simplement des espèces.
La science possède deux magnifiques exemples de nomenclature systématique : la nomenclature des plantes et des animaux établie par Linné et ses successeurs, et celles de la chimie, due au groupe illustre de chimistes qui fleurirent en France vers la fin du XVIIIe. Dans ces deux branches de la science, non seulement un nom particulier est assigné à chaque espèce connue ou Genre inférieur, mais lorsque de nouveaux genres inférieurs sont découverts, ils reçoivent immédiatement des noms créés d’après un principe uniforme.
§5- La principale différence entre les mots qui appartiennent à une nomenclature est que les premiers, outre la connotation ordinaire, en ont une qui leur est propre ; qu’ils ne connotent pas seulement certains attributs mais connotent aussi que ces attributs sont des caractères distinctifs d’un Genre.
vers: Ch. VII- De la classification, comme auxiliaire de l’induction

References: §1

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§2

§3

§4

§5