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Timestamp: 2020-07-13 05:49:10+00:00

Document:
RS 0.784.03 Convention européenne du 24 janvier 2001 sur la protection juridique des services à accès conditionnel et des services d’accès conditionnel
Conclue à Strasbourg le 24 janvier 2001
Approuvée par l’Assemblée fédérale le 14 décembre 20041
Instrument de ratification déposé par la Suisse le 11 mai 2005
Entrée en vigueur pour la Suisse le 1er septembre 2005
Les Etats membres du Conseil de l’Europe, les autres Etats et la Communauté européenne,
gardant à l’esprit la Recommandation no R(91)14 du Comité des Ministres sur la protection juridique des services de télévision cryptés;
considérant que la piraterie de décodeurs de services de télévision cryptés constitue toujours un problème à travers l’Europe;
notant que de nouveaux types de services et de dispositifs d’accès conditionnel, ainsi que de nouvelles formes d’accès illégal à ceux-ci, ont fait leur apparition depuis l’adoption de la recommandation précitée;
notant la grande disparité qui existe dans les Etats européens en matière de législation régissant la protection des services à accès conditionnel et des services d’accès conditionnel;
notant que l’accès illicite menace la viabilité économique des organismes qui fournissent des services de radiodiffusion et des services de la société de l’information et, par voie de conséquence, peut affecter la diversité des programmes et des services offerts au public;
convaincus de la nécessité de suivre une politique commune visant à protéger les services à accès conditionnel et les services d’accès conditionnel;
convaincus que des sanctions pénales, administratives ou autres peuvent jouer un rôle efficace dans la prévention des activités illicites contre les services à accès conditionnel;
estimant qu’une attention particulière devrait être portée aux activités illicites qui sont menées à des fins commerciales;
tenant compte des instruments juridiques internationaux existants qui contiennent des dispositions relatives à la protection des services à accès conditionnel et des services d’accès conditionnel,
La présente Convention concerne les services de la société d’information et les services de radiodiffusion fournis moyennant paiement et basés sur, ou consistant en, un accès conditionnel. Le but de la présente Convention est de rendre illicite sur le territoire des Parties un certain nombre d’activités qui permettent un accès non autorisé à des services protégés, et de rapprocher les législations des Parties dans ce domaine.
«service protégé» désigne l’un quelconque des services suivants, pour autant qu’il soit fourni moyennant paiement et sur la base d’un accès conditionnel:
les services de programmes de télévision, tels que définis à l’art. 2 de la Convention européenne sur la télévision transfrontière1 amendée;
les services de radiodiffusion sonore, à savoir les programmes de radio destinés au public qui sont transmis avec ou sans fil, y compris par satellite;
les services de la société de l’information, entendus comme des services fournis par la voie électronique, à distance et sur demande individuelle du destinataire des services;
ou la fourniture d’un accès conditionnel aux services susmentionnés, considérée comme un service à part entière;
«accès conditionnel» désigne toute mesure et/ou tout dispositif techniques subordonnant l’accès sous une forme intelligible, et soumis à une autorisation individuelle préalable, à l’un des services mentionnés au par. a du présent article;
«dispositif d’accès conditionnel» désigne tout équipement, logiciel et/ou dispositif conçu ou adapté pour permettre l’accès sous une forme intelligible à l’un des services mentionnés au par. a du présent article;
«dispositif illicite» désigne tout équipement, logiciel et/ou dispositif conçu ou adapté pour permettre l’accès sous une forme intelligible à l’un des services mentionnés au par. a du présent article, sans l’autorisation du prestataire de services.
La présente Convention s’applique à toutes personnes physiques ou morales offrant un service protégé, tel que défini à l’art. 2, let. a ci-dessus, sans considération quant à leur nationalité et à la question de savoir si elles relèvent ou non de la compétence d’une Partie.
Section II Activités illicites
Les activités suivantes sont considérées comme illicites sur le territoire d’une Partie:
la fabrication ou la production à des fins commerciales de dispositifs illicites;
l’importation à des fins commerciales de dispositifs illicites;
la distribution à des fins commerciales de dispositifs illicites;
la vente ou la location à des fins commerciales de dispositifs illicites;
la détention à des fins commerciales de dispositifs illicites;
l’installation, l’entretien ou le remplacement à des fins commerciales de dispositifs illicites;
la promotion commerciale, le marketing ou la publicité en faveur de dispositifs illicites.
Chaque Partie peut, à tout moment, dans une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, déclarer qu’elle rendra également illégales d’autres activités que celles mentionnées au par. 1 de cet article.
Section III Sanctions et voies de droit
Art. 5 Sanctions réprimant les activités illicites
Les Parties adoptent des mesures pour rendre les activités illicites visées à l’art. 4 ci—dessus passibles de sanctions pénales, administratives ou autres. Ces mesures sont effectives, dissuasives et proportionnées à l’incidence potentielle de l’activité illicite.
Art. 6 Mesures de confiscation
Les Parties adoptent les mesures appropriées qui pourraient être nécessaires afin de permettre la saisie et la confiscation des dispositifs illicites ou du matériel de promotion, de marketing ou de publicité utilisé pour commettre un délit, ainsi que la confiscation de tous les bénéfices et gains financiers résultant de l’activité illicite.
Art. 7 Procédures civiles
Les Parties adoptent les mesures nécessaires pour garantir que les prestataires de services protégés dont les intérêts sont affectés par une activité illicite spécifiée à l’art. 4 ci-dessus aient accès aux voies de droit appropriées, et notamment qu’ils puissent intenter une action en dommages-intérêts et obtenir une injonction ou une autre mesure préventive, ainsi que, le cas échéant, demander que les dispositifs illicites soient éliminés des circuits commerciaux.
Section IV Mise en oeuvre et amendements
Les Parties s’engagent à s’accorder mutuellement assistance pour la mise en oeuvre de la présente Convention. Les Parties s’accordent mutuellement, conformément aux dispositions des instruments internationaux pertinents en matière de coopération internationale dans le domaine pénal ou administratif et à leur droit interne, les mesures les plus larges de coopération dans les enquêtes et les procédures judiciaires relatives aux infractions pénales ou administratives établies conformément à la présente Convention.
Art. 9 Consultations multilatérales
1. Les Parties procèdent, dans un délai de deux ans après l’entrée en vigueur de la présente Convention et tous les deux ans par la suite, et, en tout cas, toutes les fois qu’une Partie le demande, à des consultations multilatérales au sein du Conseil de l’Europe, en vue d’examiner l’application de la présente Convention, ainsi que l’opportunité de sa révision ou d’un élargissement de certaines de ses dispositions, en particulier en ce qui concerne les définitions visées à l’art. 2. Ces consultations auront lieu au cours de réunions convoquées par le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.
2. Chaque Partie peut se faire représenter aux consultations multilatérales par un ou plusieurs délégués. Chaque Partie dispose d’un droit de vote. Chaque Etat partie à la présente Convention dispose d’une voix. Sur les questions relevant de sa compétence, la Communauté européenne exerce son droit de vote et exprime un nombre de voix égal au nombre de ses Etats membres qui sont Parties à la présente Convention. La Communauté européenne ne vote pas lorsque le vote porte sur une question qui ne relève pas de sa compétence.
3. Tout Etat visé à l’art. 12, par. 1, ou la Communauté européenne, qui n’est pas partie à la présente Convention, peut se faire représenter aux réunions de consultation par un observateur.
4. Après chaque consultation, les Parties soumettent au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe un rapport sur la consultation et sur le fonctionnement de la présente Convention, en y incluant, si elles l’estiment nécessaire, des propositions visant à amender la Convention.
5. Sous réserve des dispositions de la présente Convention, les Parties établissent le règlement intérieur des réunions de consultation.
2. Toute proposition d’amendement est notifiée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe qui la communique aux Etats membres du Conseil de l’Europe, aux autres Etats parties à la Convention culturelle européenne1, à la Communauté européenne et à chaque Etat non membre qui a adhéré ou a été invité à adhérer à la présente Convention conformément aux dispositions de l’art. 13.
3. Tout amendement proposé conformément aux dispositions du paragraphe précédent est examiné, dans un délai de six mois après la date de sa transmission par le Secrétaire Général, lors d’une réunion de consultation multilatérale où cet amendement peut être adopté à la majorité des deux tiers des Etats ayant ratifié la Convention.
4. Le texte adopté par la réunion de consultation multilatérale est soumis à l’approbation du Comité des Ministres. Après son approbation, le texte de l’amendement est transmis aux Parties pour acceptation.
5. Tout amendement entre en vigueur le trentième jour après que toutes les Parties ont informé le Secrétaire Général qu’elles l’ont accepté.
6. Le Comité des Ministres peut, sur la base d’une recommandation émise par une réunion de consultation multilatérale, décider, à la majorité prévue à l’art. 20, let. d du Statut du Conseil de l’Europe2 et à l’unanimité des voix des représentants des Parties habilitées à siéger au sein du Comité, qu’un amendement donné entrera en vigueur à l’expiration d’une période de deux ans à compter de la date à laquelle il aura été transmis pour acceptation, sauf si une Partie a notifié au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe une objection à son entrée en vigueur. Lorsqu’une telle objection a été notifiée, l’amendement entrera en vigueur le premier jour du mois suivant la date à laquelle la Partie à la Convention qui a notifié l’objection aura déposé son instrument d’acceptation auprès du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe.
7. Si un amendement a été approuvé par le Comité des Ministres, mais n’est pas encore entré en vigueur conformément aux dispositions des par. 5 ou 6 ci-dessus, un Etat ou la Communauté européenne ne peuvent pas exprimer leur consentement à être liés par la Convention sans accepter en même temps cet amendement.
Art. 11 Relations avec les autres conventions ou accords
2. Les Parties à la Convention peuvent conclure entre elles des accords bilatéraux ou multilatéraux relatifs aux questions réglées par la présente Convention, aux fins de compléter ou de renforcer les dispositions de celle-ci ou de faciliter l’application des principes qu’elle consacre.
3. Lorsque deux ou plusieurs Parties ont déjà conclu un accord ou un traité sur un sujet couvert par la présente Convention, ou lorsqu’elles ont établi d’une autre manière leurs relations quant à ce sujet, elles auront la faculté d’appliquer ledit accord, traité ou arrangement au lieu de la présente Convention, si ce dernier facilite la coopération internationale.
4. Dans leurs relations mutuelles, les Parties qui sont membres de la Communauté européenne appliquent les règles de la Communauté et n’appliquent donc les règles découlant de la présente Convention que dans la mesure où il n’existe aucune règle communautaire régissant le sujet particulier concerné.
Art. 12 Signature et entrée en vigueur
1. La présente Convention est ouverte à la signature des Etats membres du Conseil de l’Europe et des autres Etats parties à la Convention culturelle européenne, ainsi qu’à celle de la Communauté européenne. Ces Etats et la Communauté européenne peuvent exprimer leur consentement à être liés par:
3. La présente Convention entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date à laquelle trois Etats auront exprimé leur consentement à être liés par la Convention conformément aux dispositions du paragraphe précédent.
4. Pour tout Etat signataire ou la Communauté européenne qui exprimera ultérieurement son consentement à être lié par la Convention, celle-ci entrera en vigueur le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date d’expression de son consentement à être lié par la Convention conformément aux dispositions du par. 1.
Art. 13 Adhésion d’Etats non membres à la Convention
1. Après l’entrée en vigueur de la présente Convention, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe pourra, après consultation des Parties à la Convention, inviter tout Etat qui n’est pas mentionné à l’art. 12, par. 1, à adhérer à la présente Convention, par une décision prise à la majorité prévue à l’art. 20.d du Statut du Conseil de l’Europe1 et à l’unanimité des représentants des Etats contractants ayant le droit de siéger au Comité.
Art. 14 Application territoriale
1. Tout Etat ou la Communauté européenne peut, au moment de la signature ou du dépôt de son instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion, désigner le ou les territoires auxquels s’appliquera la présente Convention.
2. Tout Etat ou la Communauté européenne peut, à tout autre moment par la suite, par une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, étendre l’application de la présente Convention à tout autre territoire désigné dans la déclaration. La Convention entrera en vigueur à l’égard de ce territoire le premier jour du mois qui suit l’expiration d’une période de trois mois après la date de réception de la déclaration par le Secrétaire Général.
Art. 15 Réserves
Aucune réserve ne peut être formulée à la présente Convention.
En cas de différend entre les Parties sur l’interprétation ou l’application de la présente Convention, les Parties s’efforceront de parvenir à un règlement amiable du différend par la négociation ou tout autre moyen pacifique de leur choix, y compris la soumission du différend à un tribunal arbitral qui prendra des décisions qui lieront les Parties au différend.
Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe notifiera aux Etats membres du Conseil de l’Europe, aux autres Etats parties à la Convention Culturelle européenne, à la Communauté européenne et à tout Etat ayant adhéré à la présente Convention:
toute signature conformément à l’art. 12;
le dépôt de tout instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion conformément aux art. 12 et 13;
toute date d’entrée en vigueur de la présente Convention conformément aux art. 12 et 13;
toute déclaration formulée en vertu de l’art. 4;
toute proposition d’amendement formulée en vertu de l’art. 10;
Fait à Strasbourg, le 24 janvier 2001, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de l’Europe. Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe en communiquera copie certifiée conforme à chacun des Etats membres du Conseil de l’Europe, aux autres Etats parties à la Convention Culturelle européenne, à la Communauté européenne et à tout Etat invité à adhérer à la présente Convention.
Champ d’application le 17 juin 20162
Les réserves et déclarations ne sont pas publiées au RO. Les textes en français et en anglais peuvent être consultés à l’adresse du site Internet du Conseil de l’Europe: http://conventions.coe.int ou obtenus à la Direction du droit international public (DDIP), Section des traités internationaux, 3003 Berne
RO 2006 247; FF 2004 1937
1RO 2006 245
2RO 2006 247, 2010 3433, 2016 2301. Une version du champ d’application mise à jour est publiée sur le site web du DFAE (http://www.dfae.admin.ch/traites).
RO 2006 247

References: Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 9

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15
 art. 12
 art. 12