Source: http://info-turk.be/179.F.htm
Timestamp: 2018-10-17 12:20:31+00:00

Document:
179.F.htm
15e année - N°179 Septembre 1991
ELECTIONS: LE 20 OCTOBRE
Le 20 octobre 1991, les citoyens turcs vont voter pour élire 450 membres du Parlement. Après avoir effectué un lifting, par l'élection d'un nouveau premier ministre et leader du parti en la personne de Mesut Yilmaz, le Parti de la Mère Patrie (ANAP) a décidé de convoquer des élections législatives un an avant la date prévue par la Constitution.
Les nouveaux dirigeants de l'ANAP espèrent éviter ainsi au parti un désastre électoral qui semblait inévitable si les élections avaient lieu en 1992, les conditions de vie des basses et moyennes couches sociales allant de mal en pis.
Quelque soit le résultat de ces élections anticipées, les sondages d'opinion montrent qu'en dépit de toutes les manœuvres d'Özal et de ses complices, les électeurs vont mettre fin à 8 années de pouvoir en solitaire de l'ANAP. Les premiers sondages d'opinion montrent que le Parti de la Juste Voie (DYP) de l'ancien Premier Ministre Demirel, et le Parti Populiste Social Démocrate (SHP) dirigé par Erdal Inönü, luttent pour la première place.
Outre ces trois principaux partis, six autres prendront part à la dispute électorale: trois d'entre eux avec leurs propres listes électorales et trois autres en inscrivant leurs candidats sur les listes d'autres partis politiques.
Les trois partis qui participent avec leurs propres listes sont le Parti Démocratique de la Gauche (DSP) de l'ancien Premier Ministre Bülent Ecevit, le Parti du Bien-être (RP) de Necmettin Erbakan et le Parti Socialiste (SP) de Dogu Perincek.
Les trois partis qui inscrivent leurs candidats sur les listes de partis plus puissants sont le Parti Populaire du Travail (HEP) de gauche, le Parti de l'Action Nationaliste (MCP) et le Parti de la Démocratie Réformiste(IDP) de droite.
En fait, un certain nombre d'obstacles et de barrières ont soit privé certains partis politiques du droit de participer aux élections ou les ont obligés à négocier avec des partis plus puissants.
Premièrement, deux partis de gauche, le Parti Populaire du Travail (HEP) et le Parti d'Union Socialiste (SBP) n'ont pas été autorisés à prendre part aux élections sous prétexte qu'ils ne remplissaient pas quelques conditions préliminaires comme avoir des organisations locales dans 37 provinces au moins et avoir eu leur convention nationale 6 mois avant le jour des élections.
Le HEP fut fondé il y a deux ans par quelques députés d'origine kurde qui avaient été renvoyés du SHP pour avoir participé, sans autorisation du parti, à une conférence internationale sur la Question Kurde à Paris. Présidé par l'ancien Secrétaire Générale du DISK, Fehmi Isiklar, ce parti s'est bien organisé dans les provinces kurdes et dans certaines grandes villes industrielles. En entravant sa participation aux élections anticipées, le gouvernement cherchait à éviter une représentation kurde significative dans le prochain Parlement.
Cependant, les leaders du Parti Populaire du Travail (HEP), en vertu d'un accord signé avec les leaders de leur ancien parti, participeront aux élections en tant que candidats sur les listes du SHP. Etant donné que la Loi Electorale interdit toute alliance ou front entre les partis politiques, le Président du HEP, Fehmi Isiklar et d'autres dirigeants du parti se sont faits temporairement exclure du parti pour s'inscrire sur les listes du SHP. On rapporte que s'ils sont élus, ils retourneront dans leur parti après les élections et formeront le groupe parlementaire du HEP.
Pour ce qui est du Parti de l'Union Socialiste (SBP), fondé par un groupe de personnes de gauche, parmi lesquels se trouvaient quelques dirigeants du pro-Soviétique Parti Communiste Unifié de Turquie (TBKP), toutes ses tentatives pour inscrire ses candidats sur la liste du SHP furent rejetées par ce dernier. Ce parti est donc exclu de la course aux élections.
Dans la droite, quatre partis politiques ont recouru à des astuces électorales similaires pour surmonter cette double barrière.
Selon la Loi Electorale, quelle que soit sa force dans certaines circonscriptions, un parti ne peut être représenté au Parlement s'il ne franchit pas la barre des 10% dans tout le pays. De plus, un parti politique franchissant cette barre dans tout le pays, devrait dépasser la barre locale, entre 20 et 50% selon le cas, pour avoir des députés d'une quelconque circonscription.
Premièrement, le Parti Démocratique du Centre (DMP) de l'ancien Maire d'Istanbul, Bedrettin Dalan, fusionna avec le Parti de la Juste Voie (DYP) le 16 septembre et disparut définitivement de la scène politique. Ce parti avait été fondé par Dalan après avoir été battu par le candidat du SHP aux élections municipales en 1989. En incluant Dalan dans son parti, Demirel espère attirer une partie de l'électorat d'Istanbul. Cependant, voilà que l'ironie du sort veut que Dalan qui avait été accusé de corruption par le DYP lors des dernières élection municipales figure maintenant à la tête de la liste électorale de ce même parti à Istanbul.
Deuxièmement, à l'extrême droite, un épouvantable accord fut conclu entre le fondamentaliste Parti du Bien-être (RP), le néo-fasciste Parti Nationaliste du Travail (MCP) et le fondamentaliste Parti de la Démocratie Réformiste (IDP).
Les leaders du MCP et du IDP, Alparslan Türkes et Aykut Edibali, ont "démissionné" de leurs partis respectifs et sont devenus des candidats "indépendants" dans les listes du RP. Les listes présentées par le RP au Conseil supérieur électoral comprennent les noms des 12O "anciens" candidats du MCP et de 30 "anciens" candidats du IDP.
Dans les élections législatives de 1987, le RP avait obtenu 7,1% des votes, le MCP 2,9% et le IDP 0,8%. Les leaders de ces trois partis espèrent que les listes du RP, dans lesquelles figurent également les "anciens" candidats du MCP et du IDP franchiront facilement la barrière de 10% dans tout le pays et que ces trois partis pourront être représentés dans la future Assemblée Nationale. En outre, le mouvement néo-fasciste de l'ex-colonel Alparslan Türkes, le MHP, pourrait avoir un groupe politique au Parlement.
QUEL GENRE DE COALITION?
Bientôt, les électeurs devront choisir parmi six listes électorales représentant neuf partis politiques:
Le Parti Populiste Social Démocrate (SHP), qui comprend également les candidats du Parti Populaire du Travail (HEP).
Le Parti Démocratique de la Gauche (DSP).
Le Parti Socialiste (SP).
Le Parti de la Mère Patrie (ANAP).
Le Parti de la Juste Voie (DYP).
Le Parti du Bien-être (RP), comprenant les candidats du Parti Nationaliste du Travail (MCP) et du Parti de la Démocratie Réformiste (IDP).
Etant donné que les sondages d'opinion indiquent qu'aucune de ces listes ne peut obtenir plus de 35% des votes, la formation d'un gouvernement par un seul parti après les élections semble peu probable.
Si les partis de gauche étaient parvenus à s'unir, la Gauche aurait pu obtenir plus de 35 pour cent des votes et, grâce à l'actuel système électorale, prendre le pouvoir. Il convient de rappeler que l'ANAP avait obtenu 64,9% des sièges au Parlement avec seulement 36,3% des votes.
Cette solution est d'ores et déjà impossible en raison de l'intransigeance d'Ecevit à l'égard du SHP. Sans parler d'une union SHP-DSP, Ecevit ne tolère même pas la présence des candidats du HEP sur les listes du SHP. Dans ses discours électoraux, il déclare: "Chaque vote pour le SHP implique un vote pour le HEP, un vote pour les séparatiste kurdes, un vote pour le PKK". D'ailleurs, il accuse le SHP d'avoir reçu une aide financière des partis socio-démocratiques de l'Europe Occidentale, une affirmation qui a immédiatement démentie par le SHP.
Pour attirer les votes conservateurs ou nationalistes, Ecevit n'hésite pas à recourir à une rhétorique ultra-nationaliste, se présente comme le principal défenseur des communautés turques de par le monde et reproche souvent aux mouvements politiques kurdes de diviser le pays.
Le 9 septembre, dans une manœuvre destinée à gagner le soutien des grosses entreprises, Ecevit s'adressait à l'Association des Industriels et Hommes d'Affaires Turcs (TUSIAD) à Istanbul et affirma que son parti était partisan des privatisations et du libre marché. La TUSIAD maintenait des profondes dissensions avec Ecevit depuis les années 70. Lorsqu'Ecevit fut premier ministre, entre 1977 et 1979, la TUSIAD, fortement opposée à sa politique économique, finança des publicités anti-Ecevit dans les journaux. Cette fois-ci, au début du meeting, le président de la TUSIAD, Bülent Eczacibasi déclara: "Ecevit vient nous voir avec des idées nouvelles et transformé." La presse qualifia le discours adressé par Ecevit à la TUSIAD de "réconciliation historique".
Etant donné que l'union des forces entre le SHP et le DSP s'est avérée impossible, la presse turque et les observateurs politiques développent une série de scénarios sur base d'une coalition entre les partis de droite.
Le scénario le plus logique serait sans doute une coalition entre les deux partis de droite les plus puissants: l'ANAP et le DYP. Mais Demirel, qui a transformé sa campagne électorale en une vendetta, ne cesse de souligner qu'une coalition DYP-ANAP est hors de question tant qu'Özal reste Président de la République.
Le 8 septembre, le quotidien Hürriyet rapportait que Demirel avait déjà mis au point une formule pour chasser Özal du palais présidentiel: "Özal peut être forcé d'abandonner la présidence si au moins 338 députés présentent une plainte contre lui auprès de la Cour Suprême, l'accusant de trahison ou si la Constitution est modifiée de sorte que le peuple puisse élire directement le président. Si cette modification, qui nécessite le soutien de 301 députés, devient effective, le mandat présidentiel d'Özal prendra fin le jour de la modification de la Constitution. Et si cette tentative échoue, le gouvernement dirigé par Demirel réduira les allocations présidentielles à une simple Lire et appelera le peuple à se rassembler devant le palais présidentiel pour forcer Özal à démissionner."
Afin d'éviter que l'effet négatif d'Özal n'handicape les chances électorales de l'ANAP, son nouveau président et premier ministre, Mesut Yilmaz, tente de donner l'impression que le parti n'est plus sous le contrôle d'Özal. Au cours d'un rassemblement de l'ANAP à Rize, le 15 septembre, Yilmaz déclara que la famille d'Özal n'avait pas de place dans la campagne de l'ANAP et il ajouta: "Pour le bien de l'ANAP, Özal ne doit pas répondre aux partis de l'opposition."
Tout le support de propagande électorale de l'ANAP porte comme illustration les photos de Mesut Yilmaz au lieu de celles d'Özal et le premier ministre y apparaît comme un leader jeune, attrayant et dynamique. La campagne de l'ANAP est organisée par le promoteur français Jacques Séguéla, qui dans le passé organisa la campagne de Frrançois Mitterrand. L'ANAP a prévu 40 milliards de LT pour sa campagne, 2,5 desquels seront versés à Séguéla.
Dans une autre manœuvre destinée à récupérer le votes perdus par l'ANAP, Yilmaz fit 10 promesses électorales, principalement: 1) réduire la durée du service militaire, 2) augmenter les dépenses publiques dans le budget, 3) élever le statut de certains districts à celui de provinces, 4) compenser les pertes des fermiers dues à l'inflation, 5) augmenter les chefs de village, 7) fournir gratuitement les livres aux étudiants, 8) donner des primes à l'industrie, 9) introduire des retraites anticipées, 10) donner des soins médicaux gratuits aux pauvres.
Malgré tous ces efforts, l'omniprésence et l'interférence d'Özal dans les affaires du parti continue de nuire aux chances électorales de l'ANAP et de réduire les chances d'une coalition DYP-ANAP après les élections.
Le leader du SHP, Inönü, appuie également sa campagne électorale sur la mise à l'écart d'Özal à la présidence. Le 12 septembre, il affirmait que si le SHP arrivait au pouvoir seul et avec une majorité parlementaire suffisante pour modifier la Constitution, il mettrait fin au mandat présidentiel de Turgut Özal et lui demanderait des comptes sur tout ce qu'il a fait au cours des 8 derniers années. Inönü a également fait le serment de supprimer les lois et modifier les clauses de la Constitution qui interdisent les actions en justice contre les leaders du coup d'Etat de 1980, le gouvernement militaire de 1980 et les membres de l'Assemblée Consultative.
Cette attitude commune contre Özal peut unir deux des principaux partis de l'opposition, le SHP et le DYP, dans une coalition à court terme chargée de chasser Özal du palais présidentiel et supprimer les clauses anti-démocratiques de la Constitution. Mais de nombreux observateurs politiques ont de sérieux doutes quant à la sincérité de Demirel concernant les droits de l'homme et les libertés. Dans le passé, alors qu'il était premier ministre, Demirel ne respecta jamais les droits de l'homme et ses opposants de gauche subirent des pratiques anti-démocratiques.
UN NOUVEAU FRONT NATIONALISTE?
Le pire des scénarios est une coalition entre le DYP et deux partis d'extrême droite, le fondamentaliste RP et le néo-fasciste MCP.
Il y a quinze ans, le Front Nationaliste, formé par le Parti de la Justice (AP) de Demirel et le Parti du Salut National (MSP) de Türkes, fit sombrer le pays dans une violence politique sans précédent et créa un climat propice pour le coup militaire de 1980.
Aujourd'hui, ces trois leaders politiques sont de nouveau en scène. Demirel dirige le DYP, Erbakan le RP et Türkes le MCP.
Si les listes du RP, comprenant les candidats du MCP, dépassent la barre des 10% dans tout le pays et ces deux partis sont représentés au Parlement par un total de 40-50 députés, une coalition avec eux pourrait apparaître à Demirel comme un raccourci vers un gouvernement à long terme.
Selon les journaux turcs beaucoup de sectes et de confréries islamiques qui avaient soutenu l'ANAP, ont récemment déclaré que cette fois, ils feraient campagne pour le RP ou le DYP.
Plus significatif est le fait que le Foyer des Intellectuels (Aydinlar Ocagi), promoteur de la Synthèse Turco-Islamique (Voir: Extreme Right in Turkey, Info-Türk, 1988), considérant que l'ANAP a perdu sa popularité, usa de son influence pour rassembler les forces des partis de l'extrême droite, RP, MCP et IDP.
Cette même association joua un rôle important dans la formation des coalitions du Front Nationaliste dans la deuxième moitié des années septante.
Maintenant, après avoir réalisé une alliance électorale entre les trois partis de l'extrême droite, on s'attend à ce que le Foyer des Intellectuels franchisse un nouveau pas pour rétablir le Front Nationaliste dirigé par le DYP de Demirel.
Lequel de ces scénarios est le plus proche de la réalité? Le résultat des élections anticipées n'apportera probablement pas de réponse immédiate à cette question. L'équilibre des forces est si compliqué, que si un parti ne crée pas la surprise et obtient un résultat pour gouverner seul, les négociations pour une coalition peuvent durer très longtemps. Et le gouvernement qui sortira de ces négociations devra peut-être convoquer de nouvelles élections anticipées en quelques mois.
BRUTALITE POLICIERE PARTOUT EN TURQUIE
La brutalité policière s'est accrue dans toute la Turquie de manière dramatique dans la perspective des prochains élections. Au cours d'une conférence de presse le 10 septembre, le vice-Secrétaire Général du SHP, Fikri Saglar, accusa la police de faire sortir les gens de chez eux au milieu de la nuit et de les torturer.
Sur le même problème, le président provincial de l'Association pour les Droits de l'Homme (IHD), Celal Avci, affirma que la brutalité policière était le résultat de la nouvelle Loi Anti-Terreur. "A moins que la loi ne soit abolie ou modifiée, il ne faut s'attendre à aucune amélioration du problème", dit-il.
Le fait le plus marquant fut sans doute la mort de l'étudiante universitaire Seher Sahin, celle-ci aurait été poussée d'une des fenêtre de l'école par un policier le 3 septembre. Sahin, âgée de 18 ans, membre du comité estudiantin, aidait les nouveaux inscrits lorsqu'un groupe de policiers pénétra dans l'Université Sinan Mimar d'Istanbul. Les étudiants furent surpris par la descente, menée sans la permission des autorités de l'université, et pris de panique ils tentèrent de fuir.
Par après, Sahin, trouvée au bas d'une fenêtre du troisième étage, fut transportée à l'hôpital où elle allait mourir le 8 septembre.
Voici quelques exemples récents de brutalité policière:
A Gaziantep, Hanefi Göllü, arrêté le 11 août et soupçonné de vol, décéda au centre de police au cours de son interrogatoire. La police déclara qu'il s'était suicidé, mais le père de la victime fit savoir qu'il n'y avait aucune raison pour qu'il commette un tel acte puisqu'il était très heureux à l'idée de son prochain mariage.
Le 14 août, à Kirklareli, un jeune de seize ans soupçonné de vol, fut blessé au cours de son interrogatoire et dut être hospitalisé.
Le 16 août, un membre du Parlement, Mahmut Alniak, annonça qu'un jeune homme, Suleyman Dalga, avait été torturé jusqu'à la mort au poste de gendarmerie de Dagpinar, dans le district de Digor, province de Kars.
Le 17 août, le chef du village de Celik, dans le district de Dargecit (Sirnak), Ata Akturk, fut torturé au poste de gendarmerie où il s'était rendu pour demander des nouvelles de deux villageois disparus.
Le même jour, au village de Gülgöze, dans la région de Midyat, une femme du nom de Hediye Demir déclara que son fils de 27 ans, Hayrettin Demir, avait été abattu par les forces de sécurité. Elle déclara également que son fils avait été préalablement arrêté et torturé.
le 26 août, dans le village de Seta, dans la région de Dargecit, un paysan kurde de 46 ans aurait été abattu par des soldats qui fouillaient sa maison.
Le 8 septembre, à Mersin, un étudiant universitaire du nom de Mustafa Ciftci fut conduit à l'hôpital alors qu'il était interrogé par la police. Aucune explication ne fut fournie quant à l'hospitalisation du "suspect". Son père, Halil Ciftci, déclara par après que son fils avait été torturé.
Le 10 septembre, Serafettin Celik, qui, soupçonné de vol, se trouvait également sous détention policière, perdit la vie après "avoir sauté par la fenêtre d'un quatrième étage" à Gaziantep.
Le 16 septembre, le commandant d'une unité de la gendarmerie tenta de violer une femme du nom de Hüsniye Cürükkaya au cours d'une opération disciplinaire à Yeniköy, dans la province de Bingöl. En signe de protestation, un groupe de paysans organisa une manifestation devant le bureau de Gouverneur à Bingöl.
Le 18 septembre, dans le district de Patnos, province de Agri, la police annonça le décès d'Osman Keles, sous détention policière, et remit le corps à sa famille. Keles avait été arrêté par la police le 7 septembre en compagnie de cinq autres personnes. La famille Keles, suggérant la possibilité que le décès ait pu être causé par la torture, exigea une autopsie. Bien que quatre autres personnes furent relâchées, la cinquième, Kazim Keles, est toujours détenue au poste de police.
Le 20 septembre, à Ankara, Ali Hikmet Kerkük, de 55 ans, fut abattu par un groupe de policiers. Selon les témoins, au cours d'une discussion sur un incident de circulation, les policiers dirigèrent volontairement leur voiture sur Kerkük et lui causèrent la mort.
TURQUIE: UN PAYS DE TORTURE
Le rapport sur les droits de l'homme approuvé par le Parlement Européen le 13 septembre 1991, cite la Turquie parmi la liste des pays où se produisent des "décès par torture" où figurent aussi Le Salvador, le Soudan, l'Afrique du Sud, l'Irak, la Yougoslavie, l'Union Soviétique et le Koweit.
UN NOUVEAU CENTRE DE REHABILITATION DE LA TORTURE
Le 2 août, la Fondation pour les Droits de l'Homme e Turquie (TIHV) inaugura un nouveau centre de réhabilitation pour les victimes de la torture à Izmir. Le Président du TIHV, Yavuz Önen déclara que le premier centre de réhabilitation, à Ankara, avait traité 40 victimes de la torture en 1990 et que le nombre serait bien plus élevé cette année.
Le Président du Centre International de Réhabilitation de la Torture au Danemark, le Prof. Dr. Ole Espersen, participa à la cérémonie d'ouverture et déclara que la Turquie demeurait en tête de la liste des pays recourant systématiquement à la torture.
DES ENFANTS TOUJOURS POURSUIVIS
Malgré les protestations des organisations humanitaires aussi bien en Turquie qu'à l'étranger, des enfants sont toujours poursuivis. Récemment:
Le 1er août, à Diyarbakir, les forces de sécurité menèrent une razzia contre un camp de réfugiés irakiens kurdes et y arrêtèrent trois enfants kurdes de 14 à 16 ans qui avaient vendu des chapelets tricolores, vert, jaune et rouge, couleurs du mouvement national kurde. 30 Kurdes locaux qui visitaient le camp furent également arrêtés.
Le 13 août, commença à la CSE d'Istanbul, le procès contre deux étudiants d'une école secondaire, âgés de 15 ans et arrêtés il y a deux mois à Canakkale pour avoir distribué des tracts de Dev-Sol. Le procureur de la République demande une peine de prison de 25 ans pour chacun. Tous deux déclarent avoir été soumis à des pressions au cours de leur interrogatoire.
Le 15 septembre, un étudiant de 16 ans fut traduit devant une Cour Pénale à Istanbul pour avoir écrit quelques slogans politiques sur les murs de l'Ecole Supérieure d'Üsküdar.
TERREUR D'ETAT DE DEUX DERNIERS MOIS
Le 1.8, à Izmir, huit personnes furent jugées pour avoir mené des actions pour le compte d'organisation clandestine Ekim (Octobre). Trois des défendeurs furent relâchés par la cour.
Le 1.8, huit travailleurs municipaux furent battus par une équipe spéciale de police alors qu'ils déchargeaient des ordures dans un terrain vague entre Mardin et Diyarbakir.
Le 2.8, à Istanbul, Ahmet Karkas et Adil Can affirmaient avoir été torturés au Poste de Police de Beyoglu. Un médecin officiel affirma qu'ils ne pourraient travailler pendant sept jours en raison des effets de la torture.
Le 2.8, à Istanbul, cinq personnes furent arrêtées alors qu'elles vendaient un journal de gauche devant l'Usine de Cigarettes de Cevizli.
Le 3.8, à Istanbul, dix-sept personnes furent arrêtées au cours d'une manifestation de solidarité envers les travailleurs en grève de l'Usine de Verre de Pasabahçe.
Le 3.8, à Izmir, une manifestation organisée par plusieurs syndicats des fonctionnaires, fut interdite par le Gouverneur.
Le 4.8, au village de Kemerli, dans le district d'Eruh, sept protecteurs de village furent arrêtés pour avoir demandé à être relevés de leur poste où ils sont chargés de contrer les guérillas du PKK.
Le 4.8, le procureur de la République intenta une action en justice contre 29 membres supposés de Dev-Sol (Gauche Révolutionnaire) arrêtés à Ankara. Quatre des défendeurs risquent la peine capitale.
Le 6.8, commençait un procès contre 30 membres supposés de Dev-Sol, à la CSE d'Istanbul. L'un des inculpés, le Dr Nilay Sen déclara que tous les inculpés avaient été torturés au cours de l'interrogatoire de police et qu'à son tour elle dut signer la déposition car elle était enceinte et craignait de perdre son bébé sous l'effet de la torture.
Le 6.8, à Konya, 65 personnes qui participaient à un meeting de protestation contre l'assassinat de Vedat Aydin, survenu le 13 juillet, furent envoyées à la CSE. Tous les inculpés, sept desquels sont toujours en détention, risquent une peine individuelle de cinq ans de prison.
Le 6.8, le procureur de la République demanda la peine capitale pour un inculpé, au cours d'un procès contre le Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste (TKP-ML) à la CSE d'Istanbul.
Le 10.8, deux présidents locaux du HEP, Seyhmuz Dogru à Mardin et Davut Yalcinkaya à Kiziltepe, furent arrêtés.
Le 10.8, à Istanbul, cinq travestis et parmi eux un membre de l'Association pour les Droits de l'Homme (IHD), Ramazan Demir, furent arrêtés par la police qui fouillait leurs maisons. Par la suite, le IHD annonçait que les détenus avaient été torturés.
Le 12.8, commença un nouveau procès contre 30 membres supposés du Dev-Sol à la CSE d'Istanbul. 13 des défendeurs étaient en détention. Parmi eux se trouvait une femme qui déclara avoir été violée par ses tortionnaires au poste de police et exigea un contrôle médicale. La demande fut rejetée par la cour.
Le 14.8, à Istanbul, cinq membres du Comité pour les Droits et les Libertés du Peuple Kurde furent arrêtés par la police alors qu'ils envoyaient un télégramme au Représentant des Nations Unies à Ankara pour protester contre l'attaque de l'Armée Turque contre les camps du PKK en Irak.
Le 14.8, dans la ville de Beykent au Kurtalan, deux mille personnes prirent part à une manifestation de protestation contre l'attaque de l'Armée turque contre les camps du PKK dans le nord de l'Irak. Pendant l'intervention des forces de sécurité, un manifestant, Salih Koç, fut abattu et quatre autres furent gravement blessés. En outre, 43 manifestants furent arrêtés. Le même jour, dans une autre manifestation portant sur le même thème à Nusaybin, les forces de sécurité ouvrirent le feu sur des femmes et en tuèrent une du nom de Yesra Akbal.
Le 14.8, la CSE d'Izmir condamna 39 étudiants universitaires à de peines de prison d'un an et trois mois et deux autres à dix mois de prison pour avoir célébré le Newroz (Nouvel An Kurde).
Le 14.8, s'ouvrit à la CSE d'Istanbul le procès de cinq membres du Dev-Sol, arrêtés le 19 mai après une descente de police. Deux de leurs camarades, Hatice Dilek et Ismail Oral, sont morts au cours de la descente et la police affirma qu'ils étaient mort après avoir provoqué une confrontation armée. Les inculpés affirmèrent devant la Cour que Dilek et Oral avaient été tués par la police après avoir été capturés vivants. Ils déclarèrent également avoir été torturés au cours de leur interrogatoire.
Le 15.8, à Istanbul, 40 personnes accusées de séparatisme furent mises en accusation devant la CSE, en vertu de la Loi Anti-Terreur. Parmi les inculpés se trouvaient le président du HEP d'Istanbul, Osman Özçekik et celui de Tunceli, Mehmet Gülmez.
Le 16.8, la police politique aurait arrêté 44O personnes à Ankara, 60 personnes à Istanbul et 50 à Izmir au cours d'une vaste opération disciplinaire.
Le 16.8, trois soeurs d'Elif Tuncer, la présidente de l'IHD d'Adana, morte dans un accident de circulation, et 17 autres personnes furent arrêtées à Adana au cours d'une manifestation.
Le 16.8, cinq militants présumés du PKK furent condamnés par la CSE d'Izmir à un total de 78 ans et 11 mois de prison.
Le 19.8, à Istanbul, la police arrêta 11 personnes soupçonnées d'être des sympathisants du PKK.
Le 20.8, à Izmir, Sabri Senyüzlü, de 42 ans, fut arrêté par la police pour avoir insulté le Président Özal, en vertu de l'Article 159 du Code Pénal.
Le 21.8, à Istanbul, 37 personnes furent condamnées par la CSE à trois ans de prison chacune pour avoir participé en 1990 à une marche non autorisée à l'occasion Premier Mai. 16 autres inculpés furent acquittés.
Le 21.8, la CSE d'Izmir condamna six militants présumés du Dev-Sol à des peines de prison allant jusqu'à 26 ans et 4 mois. Les condamnés déclarèrent à la cour qu'ils avaient été victimes de mauvais traitements en prison.
Le 22.8, quatre personnes furent arrêtées dans le district de Yesilyurt, province de Malatya, pour avoir soutenu le PKK. Dans la province de Mus, 18 personnes furent arrêtés pour le même motif et 15 d'entre elles furent mises en état d'arrestation par la cour.
Le 22.8, Murat Toprak et sa soeur, Sevgi Toprak, accusés de militer dans une organisations clandestine, furent traduits devant la CSE d'Istanbul. Au cours du procès, les deux inculpés déclarèrent avoir été arrêtés et torturés pendant leur interrogatoire, pour être des Alévis. Leur père, Hüseyin Toprak, également arrêté mais relâché par la suite, déclara avoir été témoin des tortures qui leur ont été infligées.
Le 22.8, deux personnes furent arrêtées à Adana pour avoir collé des posters et distribué des tracts.
Le 23.8, une soirée de solidarité envers les travailleurs en grève de l'Usine de Verre Pasabahçe qui devait avoir lieu à Istanbul fut interdite par décision du Gouverneur.
Le 23.8, dans le districts de Patnos et Tutak, province d'Agri, douze personnes furent arrêtées pour avoir donné abri et nourriture à des militants du PKK. Accusées du même délit, 10 personnes furent arrêtées dans le district de Dargecit, dans la province de Mardin.
Le 23.8, un prisonnier politique du nom de Muharrem Yilmaz n'aurait pas été admis dans la Faculté de Médecine de l'Université d'Egée et ce en dépit du fait qu'il souffrait d'un cancer du larynx.
Le 26.8, un représentant présumé du PKK, Alaattin Kanat, fut traduit devant la CSE de Diyarbakir et le procureur demanda pour lui la peine de mort en vertu de l'Article 125 du Code Pénal.
Le 26.8, à Izmir, neuf personnes accusées d'appartenir à une organisation clandestine furent arrêtées.
Le 26.8, le maire de Dargecit, dans la province de Mardin, Süleyman Anik, et son chauffeur, Abdulaziz Agirman, furent arrêtés au poste de gendarmerie alors qu'ils s'y étaient rendus pour demander des nouvelles de 19 personnes de leur village arrêtées une semaine auparavant.
Le 27.8, une personnalité controversée du monde religieux turc, Adnan Hodja (Oktar) fut traduit devant une cour pénale d'Istanbul pour avoir insulté Atatürk dans ses conversations. Il risque une peine de prison de huit ans.
Le 27.8, fut ouvert à la CSE d'Erzincan, un procès contre 37 personnes pour avoir visité la famille d'un militant du PKK abattu à Dogubeyazit le 29 juin. Parmi les inculpés se trouvent également six joueurs d'une équipe de football.
Le 27.8, fut ouvert à la CSE d'Ankara le procès de quatre personnes accusées de plusieurs tentatives de violence politique et le procureur public demanda la peine capitale pour trois d'entre eux et 15 ans de prison pour le quatrième. Les inculpés déclarèrent avoir été victimes d'un complot où leur déposition fut obtenue par la torture.
Le 28.8, la police annonça l'arrestation de 31 adeptes supposés du PKK et 19 d'entre eux furent mis en état d'arrestation par la cour.
Le 29.8, à la CSE de Diyarbakir fut ouvert le procès de 328 personnes arrêtées le 10 juillet après les obsèques de Vedat Aydin au cours desquelles la police abattit six personnes et en blessa 119. Les inculpés, 52 desquels sont toujours en détention, risquent une peine de prison de 8 ans chacun. Ceux-ci affirmèrent avoir été torturés durant leur interrogatoire.
Le 30.8, la CSE d'Istanbul condamna huit militants supposés du Dev-Sol à des peines de prison allant jusqu'à huit ans. Neuf des inculpés furent acquittés.
Le 1.9, dans le district de Viransehir, 30 personnes, parmi lesquelles quelques représentants locaux du HEP, furent arrêtées pour avoir soutenu le PKK.
Le 2.9, cinq personnes furent arrêtées dans le district d'Hinis, dans la province d'Erzurum, pour avoir mené des actions en faveur du PKK.
Le 2.9, la police arrêta 100 personnes à Izmir et six autres à Eskisehir pour avoir mené des actions en faveur du Parti Communiste Révolutionnaire de Turquie (TDKP).
Le 2.9, à Iskenderun, 40 personnes furent arrêtées au cours des obsèques d'un activiste politique. Parmi les détenus se trouvaient également les représentants locaux du HEP et du SP. Un bébé de 12 mois fut également amené au poste en compagnie de sa mère, Elif Reyhan.
Le 2.9, dans le district de Viransehir, une femme de 60 ans, Enzelha Agac, fut arrêtée parce que son fils, Hasan Agac, président local du HEP, était recherché et il ne s'était pas livré aux autorités.
Le 4.9, un exilé politique, Ramazan Duran, membre du Conseil Administratif du Parti Socialiste, fut arrêté à l'aéroport d'Istanbul alors qu'il rentrait en Turquie.
Le 5.9, fut ouvert à la CSE d'Izmir, le procès de cinq membres supposés de Dev-Sol. Le procureur demanda la peine capitale pour trois des inculpés et 15 ans de prison pour les deux autres.
Le 5.9, dans le district de Samandag, dans la province de Hatay, trois jeunes femmes furent arrêtées en raison de leurs activités politiques. Le même jour, la police annonça l'arrestation de 38 personnes à Mardin, Tunceli et Sirnak pour avoir aidé une organisation illégale.
Le 5.9, des soldats à la recherche d'un groupe de militants du PKK qui aurait kidnappé cinq touristes étrangers mirent le feu à une forêt proche du district de Genc, à Bingöl, pour les obliger à sortir de leur cachette. Environ 3.000 soldats et des équipes spéciales de la sûreté participèrent à l'opération.
Le 6.9, à Istanbul, 99 étudiants furent condamnés à des peines de prison allant jusqu'à 20 mois pour avoir fait face à la police au cours d'une descente menée le 1er mars contre l'Université de Yildiz.
Le 6.9, à Siirt, environ un millier de personnes manifesta contre l'assassinat de quatre militants du PKK et les commerçants locaux se joignirent à l'action en fermant leurs magasins. Les forces de sécurité firent feu sur les gens, tuèrent une fille de 10 ans, Ozcan Eris, blessèrent trois personnes et en arrêtèrent 30 autres.
Le 6.9, à Nazilli, le président local du SP, Ramiye Güran, et trois représentants du parti, furent arrêtées par la police.
Le 6.9, le Gouverneur interdit un festival organisé par le Parti de l'Union Socialiste (SBP) en faveur de la démocratie.
Le 8.9, quatre membres du HEP furent arrêtés dans le district de Silvan, province de Diyarbakir.
Le 8.9, à Istanbul, six personnes en relation avec un meeting organisé par l'Association pour les Droits de l'Homme pour protester contre la Loi Anti-Terreur, furent arrêtées.
Le 8.9, le procureur sollicita du Ministère de la Justice la levée de l'immunité parlementaire de six membres du Parlement appartenant au HEP en raison des incidents survenus lors des obsèques de Vedat Aydin à Diyarbakir. Si leur immunité est levée, le président du HEP, Fehmi Isiklar et cinq autres députés, Ahmet Türk, Adnan Ekmen, Ibrahim Aksoy, Mahmut Alniak et Salih Sümer seront jugés par la CSE en vertu de la Loi Anti-Terreur.
Le 11.9, dans le district de Viransehir, province d'Urfa, les soldats ouvrirent le feu sur la foule après un incident et deux paysans furent blessés. Le même jour, dans le district de Kurtalan, province de Siirt, dix personnes furent arrêtées au cours d'une manifestation.
Le 12.9, le président local du IHD à Van, Yavuz Binbay, et trois autres personnes furent arrêtées pour avoir été dans le district de Malazgirt, province de Mus, pour réconcilier deux tribus kurdes hostiles.
Le 12.9, à Izmir, la police arrêta neuf membres supposés du TDKP.
Le 13.9, l'inauguration d'une exposition de photos, dessins et caricatures à l'occasion de l'anniversaire du coup d'Etat de 1980, subit une descente de police pendant laquelle un étudiant fut blessé et 23 personnes arrêtées.
Le 14.9, à Ankara, deux membres du SP furent arrêtés alors qu'ils distribuaient des tracts pour le parti.
Le 14.9, dans le district d'Ulas, province de Sivas, cinq travailleurs furent arrêtés pour avoir contesté une décision du Gouverneur.
Le 15.9, la CSE de Diyarbakir ouvrit le procès de 41 personnes arrêtées le 1er juillet dans le district de Bismil pour avoir protesté contre la Loi Anti-Terreur.
Le 15.9, à Van, douze personnes furent arrêtées pour avoir aidé le PKK.
Le 16.9, à Istanbul, huit membres du SP furent arrêtés alors qu'ils collaient les affiches électorales du parti. Ils furent accusés de propagande séparatiste.
Le 16.9, la CSE d'Ankara condamna quatre personnes à des peines de prison allant jusqu'à 15 ans pour avoir pris part à des actions illégales du Parti Communiste de Turquie/Union (TKP/B).
Le 18.9, quatre représentants de la branche d'Istanbul de l'Association des Infirmières furent jugés à la CSE d'Istanbul pour avoir enfreint le Code des Associations et avoir fait de la propagande communiste. Le procureur demanda un an de prison pour chacun et la fermeture de l'association.
Le 19.9, la Maison du Peuple de Karsiyaka fut fermée par le Gouverneur d'Izmir pour avoir participé à des actions politiques.
Le 19.9, à Istanbul, neuf membres du SP furent arrêtés pour avoir collé les affiches électorales du parti.
ÖZAL ET LES LEADERS KURDES D'IRAK
Le chef de l'Union Patriotique du Kurdistan, Jalal Talabani, dans une manoeuvre destinée à gagner le soutien des Etats-Unis et de Turgut Özal, déclara: "En Turquie, le mouvement kurde commença avec Özal. Bien que le PKK se soit attribué la responsabilité, le mouvement n'a jamais été aussi actif avant Özal."
Dans son article du 4 septembre le journaliste du Cumhuriyet, Ugur Mumcu, répond à Talabani:
"Talabani a tort, car le mouvement kurde est à l'ordre du jour depuis l'Empire Ottoman. Talabani ne semble pas très au courant de l'histoire des Kurdes de Turquie. On pourrait rappeler la révolte de 1913, ainsi que des rébellions similaires en 1921, 1925, 1926, 1930, 1937-38, et une vague d'arrestations en 1959 et 1963. Bref, le mouvement kurde a toujours existé. Seules les apparences ont changé.
"Talabani est un dirigeant kurde soutenu par les Etats-Unis, et il prétend que le mouvement kurde a commencé avec Özal. La personnalité de Talabani reflète deux caractéristiques typiques de certains leaders kurdes: chercher le soutien des pays capitalistes occidentaux, et trahir le nom de leurs associés devant les autorités. Cette attitude constamment changeante et qui n'inspire aucune confiance, caractérise le passé et l'avenir de Talabani.
"La politique kurde d'Özal comprend non seulement 'la diplomatie illégale' qu'il mène avec les peu fiables leaders kurdes par le biais de l'Agence Nationale de Renseignement de Turquie (MIT), mais aussi l'état d'urgence qui donna lieu à des exils, des intimidations et proscriptions, et 'l'opération au-delà de la frontière'. En raison de ces prospections, le Professeur Ismail Besikci est toujours en prison."
LA LANGUE KURDE TOUJOURS PAS RECONNUE
Alors qu'Özal s'affirme comme le "grand frère" des Kurdes, le Gouvernement turc ne reconnaît pas l'existence du kurde en tant que langue.
Le Ministre de la Culture du nouveau gouvernement ANAP, Gökhan Maras, déclara qu'il était hors de question de permettre la vente libre de cassettes de musique kurde en Turquie. Il affirma: "Nous ne pouvons autoriser les cassettes de musique en kurde car le kurde n'est pas une langue officielle du pays. Je dirai même plus, le kurde ne peut être considéré comme une langue, car ce n'est qu'un dialecte, un patois. Nous n'y voyons aucune langue. Bien que la Loi Anti-Terreur reconnaisse la liberté de langue, celle-ci ne s'applique pas à un dialecte comme le kurde."
A cette occasion, le Ministère de l'Intérieur n'autorisa pas la cassette du célèbre chanteur de folklore, Rahmi Saltuk, intitulée Hoy Nare, sous prétexte qu'elle ne contenait que des chansons en kurde. Sur ce, Saltuk déclara qu'il irait en appel contre cette décision.
Une autre manoeuvre contre l'utilisation du kurde nous vient du premier juge de la Cour de Cassation. A l'occasion de l'ouverture de l'année judiciaire, le 8 septembre, le premier juge, Ismet Ocakcioglu déclara: "Je rappelle que la langue officielle de la République Turque est le turc. C'est le devoir de l'Etat de l'enseigner à chaque citoyen et de le développer. En vertu de l'Article 42 de la Constitution turque, aucune autre langue ne peut être utilisée et considérée comme la langue maternelle des citoyens turcs dans les institutions éducatives."
AVERTISSEMENT AUX TOURISTES ETRANGERS
Les ambassades occidentales à Ankara ont conseillé vivement à leurs citoyens d'éviter les visites dans les régions de sud-est et de l'est de la Turquie, suite aux enlèvements d'étrangers dans la régions.
Le PKK avait enlevé 10 touristes allemands en août,mais les relâcha au bout d'une semaine. Le 30 août, un Britannique, un Australien et trois Américains furent kidnappés et tenus en otage près du village d'Elmali, dans la province de Bingöl.
Les ambassades britannique, allemande, japonaise, australienne et italienne ont averti leurs citoyens d'éviter les régions d'Hakkari et Sirnak. "Les provinces de Siirt, Mardin, Bitlis, Van, Elazig, Mus, Batman et Tunceli sont également à éviter."
Pour ce qui est du PKK, le 9 septembre à Bruxelles, il faisait savoir que ces touristes avaient été arrêtés par l'ARGK (la section armée du PKK) pour des raisons de sécurité dans le territoire qui, pendant un certain temps, fut sous contrôle du PKK, et qu'ils seraient libérés une fois que leurs intentions de visiter la région apparaîtrait clairement. En outre, Abdullah Öcalan, Secrétaire Général du PKK, au cours d'une conférence de presse prononcée le 17 août, conseilla aux touristes européens désirant visiter la région de demander une autorisation délivrée par les bureaux de l'organisation à l'étranger.
ARRESTATION POUR PROPAGANDE CHRETIENNE
Sept étrangers furent arrêtés le 5 août à Konya pour avoir distribué de la documentation portant de la propagande chrétienne. Maref Kaikko, Johanns Vaishenenf et Mikael Vaishenenf de la Finlande, Mikael Aluster Bon et Thomas Wilham de l'Irlande, Simone Louise de l'Australie et Keh Chee Kin Stephen du SIngapour furent relâchés par après, mais ils devaient être jugés par un tribunal local.
Quelques jours plus tard, le 12 août, deux touristes canadiens, Brent Ian Start et sa soeur Michell Leslie Ann furent arrêtés à Istanbul pour avoir distribué de la propagande chrétienne. Ils furent relâchés après avoir été interrogés par le procureur.
LES 141-142 SONT-ILS ENCORE EN VIGUEUR
Bien que les Articles 141 et 142 du Code Pénal Turc furent abolis par l'adoption de la Loi Anti-Terreur, les anciennes victimes de ces articles souffrent encore de leurs conséquences.
Dans le passé, tous ceux qui étaient condamnés ou simplement mis en accusation mais par la suite acquittés en vertu de ces articles, étaient mis sur une liste de personnes dangereuses ou suspectes et ils n'étaient pas autorisés à occuper des postes publics ou à voyager à l'étranger.
Selon le quotidien Cumhuriyet du 12 septembre, beaucoup de personnes se voient refuser un passeport ou un emploi dans les services publics, car les listes susmentionnées ne sont pas mises à jour et dans les ordinateurs, elles apparaissent comme dangereuses ou suspectes.
8.743 PERSONNES SUR UNE NOUVELLE LISTE NOIRE
Le quotidien Milliyet du 9 septembre rapporte qu'une nouvelle liste comprenant les noms de 8.743 citoyens turcs soupçonnés d'activistes contre l'Etat fut dressée par les services des Ministères des Affaires Etrangères et de l'Intérieur et de l'Agence Nationale de Renseignement (MIT).
Cette liste aurait été distribuée à toutes les missions étrangères de l'Etat turc avec l'ordre de ne remettre ou renouveler le passeport à ces personnes.
PAS D'ENTERREMENT EN TURQUIE POUR UN DISSIDENT
Les autorités turques n'ont pas autorisé l'enterrement d'un ancien leaderde la jeunesse, Pasa Güven, décédé en exil à Paris.
Güven avait été privé de la nationalité turque en raison des activités qu'il menait à l'étranger contre le pouvoir en place, en compagnie de 200 autres opposants au régime.
En réponse à la demande de sa femme pour qu'il soit enterré en Turquie, le Ministère des Affaires Etrangères turc déclara: "Les personnes privées de la nationalité turque ne peuvent être enterrées dans le territoire turc."
PERSECUTIONS CONTRE LES MEDIAS EN DEUX MOIS.
Le 1.8, le dernier livre du sociologue Dr Ismail Besikci, intitulé La Terreur dans le Moyen-Orient, qualifié de séparatiste, fut confisqué par le Procureur de la CSE d'Ankara en vertu de l'Article 8 de la Loi Anti-Terreur. Une action en justice fut introduite contre Besikci et son éditeur, Ünsal Öztürk, directeur de la Maison d'Edition Yurt.
Le 6.8, l'édition du 4 août de l'hebdomadaire Yeni Ülke fut confisquée par la CSE d'Istanbul en vertu de l'Article 8 de la Loi Anti-Terreur.
Le 7.8, deux correspondant des quotidiens Milliyet et Hürriyet, respectivement Mehmet Zeybekoglu et Ahmet Isikli, furent harcelés au poste de police de Sarayköy, dans la province de Denizli, alors qu'ils enquêtaient sur une affaire de meurtre.
Le 7.8, les responsables du bimensuel Mücadele annoncèrent que 11 des 24 numéros de la revue parus jusqu'à aujourd'hui ont été confisqués par décision de la cour sur base des 27 actions en justice intentées contre ses rédacteurs. La revue fut condamnée à payer une amende d'un total de 23 millions de LT (5.000$). En outre, les bureaux de la revue à Istanbul, à Izmir, à Bursa et à Malatya furent fouillés à douze reprises par la police. Environ 70 correspondants volontaires de la revue furent arrêtés à plusieurs reprises et 15 d'entre eux furent mis en détention par décision de la cour.
Le 8.8, l'avocat Serhat Bucak, directeur de l'hebdomadaire Yeni Ülke fut relâché après une semaine de détention policière suite à son interrogatoire par la CSE de Diyarbakir.
Le 11.8, une chanteuse de folklore, Mme Yeliz Ipek, fut arrêtée après son concert à Bitlis pour avoir chanté des ballades en kurde.
Le 12.8, un correspondant du mensuel Mücadele, Ahmet Celik, fut arrêté à Malatya.
Le 12.8, le premier numéro de la nouvelle revue mensuelle, Newroz, fut confisqué par la CSE d'Istanbul car il contenait certains articles en turc et en kurde.
Le 13.8, un festival culturel et une conférence sur le thème le SHP et la Démocratie, organisés par la Municipalité d'Üsküdar, furent interdits par le Gouverneur d'Istanbul .
Le 13.8, le Ministère de l'Intérieur fit savoir à l'hebdomadaire 2000e Dogru que ses reportages sur les événements du Kurdistan turc étaient intentionnels et qu'il pourrait être obligé de fermer ses portes s'il ne cessait ce genre de publications.
Le 16.8, quatre correspondants du quotidien Hürriyet, Hasan Cömlekci, Bahri Karatas, Cem Bulunmaz et Sedat Özer, furent harcelés par la police alors qu'ils couvraient une intervention policière dans un meeting de protestation. Des policiers en colère détruisirent également leurs caméras.
Le 17.8, le correspondant de Siirt du quotidien Cumhuriyet, Necati Mumay, fut harcelé par trois policiers.
Le 17.8, à Siirt, un jeune Kurde du nom d'Özcan Öner fut arrêté et torturé pour avoir chanté des ballades kurdes.
Le 18.8, le guitariste, Erkal Sertkaya, fut arrêté au cours d'un festival culturel dans la ville de Foca parce que sur son instrument étaient peints les drapeaux des Etats-Unis et de l'URSS.
Le 19.8, deux correspondant de l'hebdomadaire Yeni Ülke, Vahap Aslan et Zeki Yarligac, furent arrêtés respectivement à Nusaybin et à Adiyaman, et furent torturés en vue de les pousser à abandonner le journalisme.
Le 20.8, la publication N°43 de Yeni Ülke fut confisquée par la CSE d'Istanbul sous l'accusation de séparatisme.
Le 21.8, la publication N°10 du mensuel Özgür Halk fut confisqué par la CSE d'Istanbul.
Le 27.8, la Cour de Cassation confirma une peine de prison de 20 mois pour le rédacteur en chef de la revue Akdogus, Sinami Orhan. Le journaliste fut immédiatement mis en prison.
Le 27.8, le correspondant à Mazidag (Mardin) de Yeni Ülke, Ibrahim Yersiz, fut harcelé par quinze policiers.
Le 28.8, le correspondant de Yeni Ülke à Cizre, Abdullah Arisoy, fut arrêté par la police dans son bureau.
Le 30.8, la représentation de Pir Sultan Abdal par le Théâtre Birlik d'Ankara à Usak fut interdite par le Gouverneur. Par le passé, cette pièce fut 27 fois victime d'une interdiction, et à chaque fois cette décision fut annulée par une cour administrative.
Le 1.9, à Batman, la police politique fouilla toutes les librairies et confisqua toutes les publications en kurde ou concernant la question kurde.
Le 3.9, à Istanbul, un correspondant du bimensuel Emegin Bayragi, Bülent Genc, fut arrêté par la police alors qu'il interviewait un groupe de travailleurs dans une usine.
Le 10.9, le sociologue Dr Ismail Besikçi, qui se trouve en détention, fut mis en accusation à la CSE d'Ankara pour son livre intitulé Le Terrorisme d'Etat dans le Moyen-Orient. Le procureur, en vertu de l'Article 8 de la Loi Anti-Terreur, demanda une peine de prison de cinq ans et une amende de 100 millions de LT (2.500$) pour Besikçi et une autre amende de 100 millions pour son éditeur, Ünsal Öztürk.
Le 10.9, le correspondant à Nusaybin de Yeni Ülke, Mecit Akgün, fut arrêté pour avoir participé à un acte de protestation.
Le 13.9, la deuxième édition d'un livre intitulé Mes Mémoires de l'auteur kurde Musa Anter, fut confisquée par la CSE d'Istanbul sous prétexte de séparatisme. La première édition de ce livre fut confisquée l'année dernière en vertu de l'Article 142 du Code Pénal Turc. Bien que l'Article 142 fut abrogé en avril de cette année, le livre est soumis à la censure de la nouvelle Loi Anti-Terreur.
Le 13.9, une écrivain suisse, Mme Barbara Anna Kistler fut jugée à la CSE d'Istanbul pour avoir pris part aux actions d'une organisation clandestine turque. Mme Kistler déclara qu'elle avait fait certaines traductions pour un groupe d'opposition turc, mais n'avait jamais été impliquée dans des actions politiques.
Le 18.9, la deuxième édition du mensuel Newroz fut confisqué par la CSE d'Istanbul.
Le 19.9, la publication N°29 de l'hebdomadaire 2000e Dogru fut confisquée par la CSE d'Istanbul en raison d'un article intitulé "Une Solution pour la Question kurde par le Parti Socialiste: Une République démocratique, fédérale et reposant sur le travail."
LE DISK REPREND SES ACTIVITES
Après son acquittement par la Cour de Cassation, la Confédération des Syndicats Progressistes (DISK) reprit ses activités le 9 septembre, dix ans, onze mois et vingt-sept jours après sa fermeture, par une cérémonie célébrée dans son siège d'Istanbul. Dans un premier temps se sont réunis les membres des conseils administratif et exécutif et du conseil des présidents de syndicats affiliés pour déterminer le programme de la nouvelle période.
A cette occasion, lors d'une conférence de presse, le président de la DISK, Abdullah Bastürk déclara: "Le coup d'Etat du 12 septembre 1980 tenta de détruire la DISK, mais les principes de ce dernier se sont maintenus en dépit du putsch, des tortures et des pressions fascistes. Et ils se maintiendront pour toujours. Sur base d'un syndicalisme contemporain et transparent, nous allons adopter, dans les six mois, un statut en accord avec l législation en vigueur et dans son cadre nous reprendrons notre lutte."
Lorsqu'il fut suspendu en 1980, la DISK était composé de 29 syndicats organisés en 24 secteurs et représentait environ 580.000 salariés.
Si les cours acceptent sa demande, la DISK et les syndicats affiliés reprendront leurs biens, estimés à 1.5 trillions de LT (3.5 milliards de $), jusqu'à alors sous la supervision d'un curateur nommé par l'Etat.
PAS DE SOLUTION IMMEDIATE POUR CHYPRE
Les entretiens maintenus à Paris le 11-12 septembre entre le Premier Ministre turc, Mesut Yilmaz, et son homologue grec, Constantine Mitsotakis, n'ont apporté aucun résultat concret si ce n'est mettre en évidence les franches différences qui existent entre les deux pays à propos de l'épineux problème de Chypre, de la Mer Egée et de la situation des minorités ethniques turques en Grèce.
Les deux premiers ministres se trouvaient à Paris pour assister à la session de l'Union Démocratique Européenne (UDE).
Après sa visite en Grèce et en Turquie en juillet, le président des Etats-Unis George Bush, avait annoncé que les deux pays et les leaders turc, grec et chypriote avaient accepté de se rencontrer aux Etats-Unis. Le Secrétaire d'Etat américain, James Baker, avait fait parvenir au Premier Ministre turc, Yilmaz, et au leader turc de Chypre, Rauf Denktas, un message dans lequel il leur demandait de soutenir les efforts de médiation du Secrétaire Général des N.U. Javier Perez de Cuellar.
La Grèce et le gouvernement grec de Chypre avaient demandé à ce que soient inclus les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des N.U. dans une conférence internationale sur le thème.
La Turquie, de son côté, insiste sur le besoin d'une conférence comprenant uniquement les représentants de la Turquie, de la Grèce et les leaders des communautés turques et grecques de Chypre.
Lors des réunions de Paris, les deux côtés refusèrent de faire la moindre concession sur leurs positions.
CONTESTATION TURQUE EN GRECE
Le licenciement du mufti turc de Xanthi, Mehmet Emin Aga et son remplacement par quelqu'un designé par le gouvernement grec, Mehmet Emin Sinikoglu, est à l'origine d'une série de protestation aussi bien en Grèce qu'en Turquie.
Le gouvernement grec rejeta l'élection de Mehmet Emin Aga par la communauté comme nouveau mufti. Quelque 300 Turcs qui, le 24 août, participèrent à un sit-in de protestation à Xhanti, furent attaqués par un groupe de Grecs sous les yeux complaisants de la police. 13 personnes auraient été blessées dans l'incident.
Le 26 août, des personnes non identifiées placèrent une bombe dans une mosquée à Komotini, lieu de résidence d'une importante minorité musulmane turque.
En signe de protestation contre ces événements, les leaders religieux turcs de Grèce décidèrent de fermer 15 mosquées pour une période de quinze jours.
A Istanbul, s'opposant à la décision du gouvernement grec, l'Association d'Entraide Turque de la Thrace organisa un sit-in sur les marches du Patriarcat Orthodoxe de Fener qui se poursuivit du 25 au 29 août.
Le Traité de Lausanne de 1923 incluait l'échange des minorités respectives entre la Grèce et la Turquie; cependant, après l'échange, il restait à l'époque quelque 100.000 Grecs à Istanbul et environ 120.000 Turcs dans la Thrace occidentale.
CONTESTATION TURQUE EN BULGARIE
La communauté turque de Bulgarie s'est vue refuser le droit d'avoir son propre parti politique. Une cour de la ville de Sofia rejeta une demande introduite par le Mouvement des Droits et des Libertés (MDL) pour former un parti politique. La Cour Suprême bulgare rejeta en septembre l'appel du MDL contre cette décision.
Ce mouvement, le troisième plus grand rassemblement politique de la Bulgarie, représente un million de Turcs en Bulgarie. Au cours des premières élections libres, tenues en juin 1990, le MDL obtint 23 des 400 sièges du parlement.
Le procureur de l'Etat, qui prétendait que le MDL était une organisation reposant sur l'ethnicité, déclara qu'il trouvait "dangereux" de permettre la constitution d'un parti pour défendre les droits de personnes membres d'un seul groupe distinct.
L'avocat du MDL soutenait que l'existence des 27 groupements ethniques bulgares sur la liste des membres du mouvement constituait l'argument le plus solide contre la prémisse selon laquelle le MDL serait un parti s'appuyant sur l'ethnicité.
Cependant, la Cour Suprême n'a pas pris cet argument en considération.
En raison de la décision de la Cour Suprême, le MDL a donc perdu toute chance de se présenter aux élections législatives bulgares du 13 octobre en tant que parti politique, mais conserve le droit d'y participer en tant que mouvement. Le MDL a annoncé que soit il participerait aux élections avec des candidats indépendants soit placerait ces derniers sur les listes d'autres partis.
Une autre décision du gouvernement bulgare reçut de nouvelles protestations au sein de la minorité turque.
Depuis la chute de Zhivkov, les Turcs de Bulgarie demandent le droit d'avoir des leçons de turc à partir du premier niveau de l'école primaire. Le Ministère de l'Education a récemment pris la décision d'introduire de cours de turc à partir du troisième niveau de l'école primaire. Même au troisième niveau, les cours de turc n'ont pas commencé à l'ouverture de la nouvelle année scolaire.
Sur ce, les membres de la minorité turque n'ont pas envoyé leurs enfants à l'école le 16 septembre.
Le RFM déclara que les Turcs de Bulgarie étaient mécontents de voir que les livres de cours turcs étaient édités en deux langues à la fois. Il accuse les autorités bulgares d'essayer de donner les cours turcs comme s'il s'agissait d'une deuxième langue maternelle.

References: l'Article 159
 l'Article 125
 l'Article 42
 l'Article 8
 l'Article 8
 l'Article 8
 l'Article 142
 l'Article 142