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Timestamp: 2016-10-23 22:20:46+00:00

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5A_860/2011 (11.06.2012)
recours contre l'arr�t de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 4 novembre 2011.
A.________, n� en 1962, et dame A.________, n�e en 1963, tous deux de nationalit� suisse, se sont mari�s le 11 novembre 1988 � Gen�ve.
Deux enfants majeurs B.________, n� en 1989, et C.________, n�e en 1993, sont issus de cette union.
Les �poux A.________ vivent s�par�s depuis le 11 septembre 2010, l'�pouse et les enfants �tant demeur�s au domicile conjugal.
B.a Le 17 mars 2011, l'�pouse a form� une requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale aupr�s du Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve. Par jugement du 7 juillet 2011, le tribunal a notamment autoris� les conjoints � vivre s�par�s, attribu� � l'�pouse la jouissance exclusive du domicile conjugal, donn� acte � l'�poux de ce qu'il prenait en charge l'int�gralit� des assurances-maladie de la famille, dont celle de l'�pouse, condamn� ce dernier � payer les int�r�ts de la dette hypoth�caire du domicile conjugal et � contribuer � l'entretien de sa femme par le versement d'une somme mensuelle de 3'500 fr. d�s le 1er octobre 2010, sous d�duction des montants d�j� vers�s � ce titre.
B.b Statuant sur appels de chacun des �poux, la Cour de justice du canton de Gen�ve a partiellement r�form� ce jugement, par arr�t du 4 novembre 2011, notamment en arr�tant la contribution due par le mari en faveur de l'�pouse � 5'000 fr.
Le 12 d�cembre 2011, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral contre cet arr�t, concluant � sa r�forme en ce sens que la contribution due en faveur de son �pouse soit ramen�e � 3'000 fr. et due qu'une fois le jugement d�finitif et ex�cutoire. Il requiert pr�alablement l'octroi de l'effet suspensif. � l'appui de ses conclusions, il se plaint d'arbitraire dans la constatation des faits ainsi que dans l'application des art. 135 al. 2, 163, 176 al. 1 ch. 1 et 746 al. 1 CC et de l'art. 165 al. 1 CO.
Suite � la d�termination de l'intim�e, qui a conclu au rejet de la requ�te d'effet suspensif, l'effet suspensif a �t� attribu� au recours par ordonnance du 13 janvier 2012 en ce qui concerne les aliments encore dus jusqu'au 30 novembre 2011.
Invit�e � se d�terminer sur le recours, l'intim�e a conclu � son rejet. La cour cantonale s'est r�f�r�e aux consid�rants de son arr�t.
1.1 La d�cision de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est une d�cision en mati�re civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF. Elle est finale selon l'art. 90 LTF (ATF 133 III 393 consid. 4 et les r�f�rences cit�es). Le recours a pour objet une d�cision rendue dans une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, 74 al. 1 let. b LTF). Il a par ailleurs �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale par le tribunal sup�rieur du canton de Gen�ve (art. 75 LTF) et par une partie qui a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t � la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
1.2 Comme l'arr�t attaqu� porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5, 585 consid. 3.3), la partie recourante ne peut d�noncer que la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4). Il n'entre pas en mati�re sur les critiques de nature appellatoire (ATF 133 III 589 consid. 2). Le recourant qui se plaint d'arbitraire ne saurait, d�s lors, se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de la juridiction cantonale, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision repose sur une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les r�f�rences cit�es). L'arbitraire prohib� par l'art. 9 Cst. ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable, voire pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice ou de l'�quit�. Il ne suffit pas que la motivation de cette d�cision soit insoutenable; encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire dans son r�sultat (ATF 133 I 149 consid. 3.1; 133 II 257).
1.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale (ATF 133 III 585 consid. 4.1). Les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF).
Le recourant se plaint tout d'abord de la constatation des faits, en particulier de la mani�re dont les charges des parties ont �t� �tablies, et invoque l'arbitraire.
2.1 S'agissant de ses charges mensuelles de logement, il fait valoir que la cour cantonale a retenu � tort que les mensualit�s li�es au cr�dit conclu avec la banque S.________ s'�levaient � 424 fr. 45 alors qu'il ressortirait de la pi�ce produite que c'est un montant mensuel de 1'442 fr. 70 qui est d�.
La capacit� contributive doit �tre appr�ci�e en fonction des charges effectives du d�birentier, �tant pr�cis� que seuls les montants r�ellement acquitt�s peuvent �tre pris en compte (ATF 121 III 20 consid. 3a; arr�t 5A_277/2009 du 6 juillet 2009 consid. 4.4.2). Or, en l'esp�ce, la pi�ce produite en instance cantonale n'�tablit pas formellement le montant dont le recourant s'acquitte mensuellement en relation avec le cr�dit en cause. La critique du recourant, qui pr�tend qu'il doit s'acquitter d'une �ch�ance trimestrielle de 3'504 euros 50, ne permet en tous les cas pas de qualifier d'insoutenable l'appr�ciation de la cour cantonale, selon laquelle cette pi�ce atteste des int�r�ts et de primes assurances obligatoires pour 127'328 fr. 69 sur 300 mois. En effet, ces deux interpr�tations de la pi�ce en cause sont d�fendables. Par ailleurs, m�me si la cour cantonale a retenu, par erreur, 94'478 fr. 06 au lieu de 97'478 fr. 06 pour les int�r�ts, cette diff�rence ne repr�sente qu'un montant de 10 fr. mensuel (3'000 fr. / 300) et n'est d�s lors pas susceptible d'influer sur l'issue du litige. Cela l'est d'autant moins que le recourant all�gue dans son recours au Tribunal f�d�ral des charges mensuelles de chauffage inf�rieures de 10 fr. au montant retenu par la cour cantonale. Enfin, en tant que le recourant avance que l'intim�e aurait admis des charges de logement pour 1'500 fr. le concernant, il perd de vue que la maxime inquisitoire est applicable (art. 272 CPC). Ce grief est donc infond�.
2.2 Le recourant se plaint �galement de ce que la cour cantonale aurait arbitrairement arr�t� les frais mensuels de chauffage de l'�pouse � 507 fr. au lieu des 193 fr. 60 all�gu�s par celle-ci. Il indique � cet �gard que le montant annuel de 6'086 fr. 20 correspond � la facture pour l'ensemble des r�sidences et que le montant concernant le domicile conjugal est de 2'323 fr. 20, renvoyant � un d�bit de son compte bancaire du 20 avril 2011. La charge de chauffage all�gu�e par le recourant est admise par l'intim�e dans sa r�ponse du 16 avril 2012, c'est donc ce montant qu'il faut retenir. Cette derni�re estime cependant qu'une diff�rence de charges mensuelles de 300 fr. n'est pas propre � modifier la d�cision cantonale dans son r�sultat, la capacit� contributive du recourant n'�tant pas atteinte. Cette question sera examin�e ult�rieurement (cf. infra consid. 5.3).
S'agissant de ses revenus, le recourant reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir �cart� le salaire qu'il a r�alis� en 2008 et pr�conise de tenir compte uniquement de son salaire de 2011, � savoir 21'965 fr. 70. Quant aux revenus immobiliers, il fait valoir que ceux-ci reviennent � ses parents qui en sont usufruitiers, pr�cisant que la constitution d'un usufruit sur des cr�ances n'est pas soumise � la forme authentique.
3.1 La cour cantonale a arr�t� le montant du salaire mensuel net r�alis� en 2009 � 29'883 fr. et en 2010 � 24'686 fr. puis a �valu� celui de 2011 � 22'868 fr., en tenant compte de la d�claration de l'employeur quant au salaire brut (25'756 fr.) auquel elle a retranch� des charges sociales et des primes du deuxi�me pilier dans une proportion identique � 2009 (11,21 %). Elle y a ajout� les revenus de la fortune du recourant, en particulier les revenus mobiliers par 591 fr. 50 et immobiliers par 2'732 fr. (hormis ceux issus de l'appartement sis � la rue Gallatin, � Gen�ve, d�s lors que la m�re du recourant en est l'usufruiti�re). Elle n'a en revanche pas tenu compte de l'usufruit en faveur des parents du recourant frappant les autres revenus immobiliers d�s lors qu'il n'a pas �t� justifi� par acte authentique.
Proc�dant � une moyenne sur les trois derni�res ann�es, la juridiction a �tabli les revenus mensuels du recourant � 29'000 fr. (arrondi). Elle n'a pas tenu compte des revenus de 2008 d�s lors que, durant cette ann�e, le recourant avait en partie travaill� aux Etats-unis et qu'elle a jug� peu vraisemblable qu'ils ne s'�levaient qu'� 17'027 fr. mensuellement.
3.2 De jurisprudence constante (arr�ts 5A_687/2011 du 17 avril 2012 consid. 5.1.1; 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1 publi� in Fampra.ch 2010, p. 678 et les r�f�rences cit�es), pour obtenir un r�sultat fiable en cas de revenus fluctuants, il convient de tenir compte du revenu net moyen r�alis� durant plusieurs ann�es. C'est donc sans arbitraire que la cour cantonale a proc�d� � une moyenne sur les trois derni�res ann�es. Par ailleurs, le fait qu'elle n'ait pas tenu compte de l'ann�e 2008 pour le motif que les revenus all�gu�s paraissaient trop bas (17'027 fr.) et que le recourant travaillait � l'�tranger, ne peut pas non plus �tre qualifi� d'insoutenable puisque celui-ci ne tente m�me pas de d�montrer en quoi on ne saurait consid�rer comme peu cr�dible que son salaire ait �t� � ce point inf�rieur aux autres ann�es, en particulier � celui de 2006 (31'406 fr.), dont l'autorit� cantonale n'a d'ailleurs pas non plus tenu compte.
3.3 S'agissant des revenus immobiliers, la forme dans laquelle la convention a �t� pass�e importe peu pour l'issue du litige d�s lors que ce n'est pas tant la validit� formelle de la constitution de l'usufruit qui a �t� ni�e par les deux instances cantonales mais bien la valeur probante de la pi�ce produite quant � la cession des revenus immobiliers aux parents du recourant. Si la Cour de justice se contente d'indiquer que l'usufruit n'est pas justifi� par acte authentique, le premier juge a quant � lui ajout� que la convention en cause n'�tait pas dat�e et que, contrairement � l'ensemble des autres actes, elle n'�tait pas pass�e sous la forme d'un acte authentique. Cette appr�ciation ne pr�te pas le flanc � la critique. Il n'est nullement insoutenable de consid�rer que cet acte n'est pas apte � justifier la cession des revenus immobiliers aux parents du recourant. En effet, soi-disant destin�e � ne pas l�ser les autres h�ritiers r�servataires de ces derniers � la suite d'une donation de 400'000 fr. pour l'acquisition de biens immobiliers, cette convention non dat�e a �t� pass�e sous seing priv� alors que la donation de 400'000 fr. a, quant � elle, �t� stipul�e non rapportable et pass�e en la forme authentique. Mal fond�, le grief du recourant doit ainsi �tre rejet�.
Le recourant invoque ensuite que la situation professionnelle de l'intim�e a �t� mal �valu�e et qu'il y avait lieu de comptabiliser un revenu hypoth�tique mensuel de 3'900 fr.
4.1.1 M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, ce que le juge du fait doit constater, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux en mesures protectrices de l'union conjugale, comme il l'est aussi en mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (ATF 130 III 537 consid. 3.2). Pour fixer la contribution d'entretien, selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux. Le juge doit ensuite prendre en consid�ration qu'en cas de suspension de la vie commune (art. 175 s. CC), le but de l'art. 163 CC, soit l'entretien convenable de la famille, impose � chacun des �poux le devoir de participer, selon ses facult�s, notamment par la reprise ou l'augmentation de son activit� lucrative, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e. Si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257). Le juge peut donc devoir modifier la convention conclue pour la vie commune, pour l'adapter � la nouvelle situation. En revanche, le juge des mesures protectrices de l'union conjugale ne doit pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (ATF 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'ATF 128 III 65; sur l'application de ces derniers crit�res en proc�dure de divorce, cf. ATF 137 III 102 consid. 4).
4.1.2 Lors de la fixation de la contribution � l'entretien, le juge doit en principe tenir compte des revenus effectifs. Il peut toutefois imputer � un �poux un revenu hypoth�tique sup�rieur � celui obtenu effectivement. Pour ce faire, il doit examiner successivement les deux conditions suivantes: Tout d'abord, il doit d�cider si l'on peut raisonnablement exiger de cette personne qu'elle exerce une activit� lucrative ou augmente celle-ci, eu �gard, notamment, � sa formation, � son �ge et � son �tat de sant�; il s'agit d'une question de droit. Lorsqu'il tranche celle-ci, le juge ne peut pas se contenter de dire, de mani�re toute g�n�rale, que la personne en cause pourrait obtenir des revenus sup�rieurs en travaillant; il doit pr�ciser le type d'activit� professionnelle que cette personne peut raisonnablement devoir accomplir. Ensuite, il doit examiner si la personne a la possibilit� effective d'exercer l'activit� ainsi d�termin�e et quel revenu elle peut en obtenir, compte tenu des circonstances subjectives susmentionn�es, ainsi que du march� du travail; il s'agit-l� d'une question de fait (ATF 128 III 4 consid. 4c/bb; 126 III 10 consid. 2b). Pour arr�ter le montant du salaire, le juge peut �ventuellement se baser sur l'enqu�te suisse sur la structure des salaires, r�alis�e par l'Office f�d�ral de la statistique, ou sur d'autres sources (ATF 137 III 118 consid. 3.2; arr�t 5A_99/2011 du 26 septembre 2011 consid. 7.4.1 non publi� aux ATF 137 III 604; arr�t 5A_894/2010 du 15 avril 2011 consid. 3.1).
4.2 La cour cantonale a tout d'abord constat� que l'intim�e, �g�e de 48 ans, s'�tait occup�e de la tenue du m�nage et de l'�ducation des enfants durant les 18 premi�res ann�es de mariage et que ce n'est qu'en 2007 qu'elle avait repris une activit�. Elle a relev�, � cet �gard, que, apr�s avoir exerc� un emploi � 100 %, puis � 80 % aupr�s d'un autre employeur, l'intim�e avait per�u des indemnit�s de ch�mage, �puisant son droit aux prestations, et subi une atteinte � sa sant� de sept mois pour finalement reprendre une activit� de vendeuse auxiliaire en octobre 2010 � raison de 20 heures hebdomadaires. L'autorit� pr�c�dente a �galement retenu que celle-ci avait �t� licenci�e pour le 30 juin 2011 et se trouvait en arr�t-maladie pour cause de d�pression. La juridiction a ainsi jug� que ce parcours chaotique et instable d�notait que l'intim�e n'avait pas �t� en mesure de travailler de fa�on r�guli�re au-del� de sept mois cons�cutifs, voire d'une ann�e en 2007. En outre, elle a jug� que, en l'�tat, elle se trouvait en incapacit� de travail pour cause de d�pression de sorte qu'il n'�tait pas possible qu'elle pourvoie m�me partiellement � son entretien.
4.3 Le recourant reproche � la cour cantonale d'avoir arbitrairement �tabli la situation professionnelle de l'intim�e en tant qu'il a �t� retenu que celle-ci n'avait quasiment pas exerc� d'activit� lucrative durant le mariage et s'�tait occup�e de la tenue du m�nage et de l'�ducation des enfants alors qu'en janvier 2005, elle avait d�j� repris une activit� � 100 % puis avait exerc� un emploi de fa�on constante durant plus de 6 ans jusqu'au 30 juin 2011. Sur ce point, il se plaint de ce qu'il n'a pas �t� tenu compte des revenus r�alis�s jusqu'� cette date lors de la fixation de la contribution depuis le 1er octobre 2010. Concernant l'incapacit� de travail invoqu�e par l'intim�e, il en met en doute les raisons et pr�cise qu'il n'a pas �t� d�montr� que celle-ci serait suivie par un psychiatre ni qu'elle ne percevrait pas d'indemnit�s pour perte de gain. En outre, le recourant fait valoir que l'intim�e, �g�e de 48 ans, dont les enfants sont majeurs et qui a travaill� r�guli�rement de 2005 � 2011 en qualit� de vendeuse, peut exercer une activit� � 100 %. Il pr�conise ainsi la prise en compte d'un revenu hypoth�tique correspondant au minimum de la convention collective cadre dans le domaine de la vente, � savoir 3'900 fr.
4.4 En l'occurrence, la question de savoir s'il peut �tre ou non exig� de l'intim�e qu'elle exerce une activit� peut demeurer ind�cise puisque la cour cantonale a consid�r� qu'en raison de son incapacit� de travail, il n'�tait pas possible qu'elle pourvoie � son entretien. Cet �l�ment suffit � lui seul � emp�cher l'imputation d'un revenu hypoth�tique � l'intim�e d�s lors que, par cette constatation, la juridiction a ni� la possibilit� effective pour celle-ci de r�aliser un revenu. Cette question rel�ve du fait (cf. supra consid. 4.1.2). Or, les critiques du recourant sur ce point, qui se contente de mettre en doute les raisons de l'incapacit� de travail de l'intim�e, ne d�montrent pas en quoi l'appr�ciation qu'a faite la cour cantonale du certificat m�dical r�guli�rement renouvel� serait insoutenable. Elles ne suffisent en tous les cas pas � �tablir que celui-ci ne serait pas probant quant � l'incapacit� de l'�pouse � travailler depuis le mois d'avril 2011. En tant que le recourant laisse entendre que celle-ci pourrait percevoir des indemnit�s pour perte de gain, ce grief est invoqu� pour la premi�re fois devant le Tribunal f�d�ral; il est donc nouveau, partant irrecevable dans un recours fond� sur l'art. 98 LTF (ATF 133 III 638 consid. 2; arr�t 5A_261/2009 du 1er septembre 2009 consid. 1.3, non publi� sur aux ATF 135 III 608). Enfin, les critiques du recourant relatives � la situation professionnelle de l'intim�e en 2005 et 2006 sont sans incidence sur l'issue du litige d�s lors qu'elles visent � d�montrer qu'il peut �tre exig� de celle-ci qu'elle travaille. En d�finitive, on ne saisit pas en quoi il est arbitraire de consid�rer que l'�pouse, dont l'incapacit� de travail est prouv�e par certificat m�dical, ne peut pourvoir m�me partiellement � son entretien d�s le 1er juillet 2011, ce d'autant plus que les revenus du recourant permettent de maintenir le niveau de vie ant�rieur des �poux. Mal fond�es pour autant que recevables, les critiques du recourant doivent �tre rejet�es.
4.5 En revanche, la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire en ne tenant pas compte des revenus r�alis�s par l'�pouse entre octobre 2010 et juin 2011. En effet, m�me si elle a valablement constat� que l'intim�e a travaill� pour X.________ SA et r�alis� un revenu mensuel moyen d'environ 1'875 fr. durant cette p�riode, elle n'a pas arr�t� de mani�re diff�renci�e la contribution due par le mari par rapport � la p�riode cons�cutive � la perte d'emploi et � l'incapacit� de travail de l'�pouse. Le recours est d�s lors fond� sur ce point; une r�forme de l'arr�t ne se justifie cependant que dans la mesure o� la contribution est due r�troactivement, question que conteste le recourant et qui sera examin�e plus loin (cf. infra consid. 6).
Le recourant remet en cause la m�thode de calcul retenue par la cour cantonale; il pr�conise l'application de celle du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent et proc�de � un nouveau calcul.
5.1 En cas de situation �conomique favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien, soit maintenu (ATF 121 I 97 consid. 3b; arr�ts 5A_475/2011 du 12 d�cembre 2011 consid. 4.2; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.3). La comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il faut se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425 s.), m�thode qui implique un calcul concret (arr�t 5A_661/2011 du 10 f�vrier 2012 consid. 4.2.1; arr�t 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2). Cela �tant, lorsqu'il est �tabli que les �poux ne r�alisaient pas d'�conomies durant le mariage, ou que l'�poux d�biteur ne d�montre pas qu'ils ont r�ellement fait des �conomies, ou encore qu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant, il est admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses effectives des �poux durant la vie commune. En effet, dans de tels cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es au conjoint cr�ancier (cf. pour une contribution apr�s divorce : ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1).
5.2 La cour cantonale a tout d'abord constat� qu'avant la d�sunion du couple, les charges de la famille s'�levaient environ � 20'000 fr. par mois et a retenu que les revenus de l'�poux pr�sentaient un exc�dent de 9'000 fr. une fois celles-ci acquitt�es. Elle a ensuite relev� que les charges suppl�mentaires dues � la s�paration se montaient � 805 fr. de sorte que l'exc�dent n'�tait plus que d'environ 8'200 fr., montant qu'il y avait lieu de r�partir de mani�re �gale entre les quatre membres de la famille. La juridiction a ainsi jug� que l'�pouse avait droit � sa part � l'exc�dent par 2'050 fr. ainsi qu'� un montant de 2'553 fr. lui permettant de couvrir ses propres charges, � savoir 507 fr. pour les frais de chauffage (recte 193 fr. 60 [cf. supra consid. 2.2]), 63 fr. pour l'entretien de la piscine, 633 fr. pour les frais de v�hicule et 1'350 fr. repr�sentant la base d'entretien mensuelle. Elle a encore inclus les imp�ts, estim�s � 220 fr. mensuellement, et arrondi le montant de la contribution � 5'000 fr. (2'050 fr. + 2'553 fr. + 220 fr. = 4'823 fr.) compte tenu de l'important disponible r�serv� aux enfants. � cette pension en esp�ces s'ajoute une contribution en nature d'environ 1'360 fr. d�s lors que le recourant se charge des int�r�ts hypoth�caires de la villa de D.________ (2'698 fr. / 3 personnes) et de la prime d'assurance-maladie (457 fr.).
5.3 S'agissant de la m�thode retenue, en comptabilisant dans un premier temps l'ensemble des charges des parties, y compris celles cons�cutives � la s�paration puis en r�partissant le solde entre les diff�rents membres de la famille, la cour cantonale a en r�alit� appliqu� la m�thode du minimum vital avec r�partition de l'exc�dent, ce que le recourant ne critique pas puisque c'est celle qu'il pr�conise. Le r�sultat diff�rent auquel celui-ci parvient est d� uniquement au fait que les chiffres all�gu�s diff�rent pour de nombreux postes de ceux retenus par la cour cantonale, en particulier en ce qui concerne les frais de logement de l'appartement de E.________. Or, sur ce point, il n'est pas parvenu � d�montrer qu'ils auraient �t� arr�t�s de mani�re arbitraire (cf. supra consid. 2.1). En tant que le recourant conteste la prise en compte des frais de v�hicule de l'intim�e et les frais d'entretien de la piscine, il perd de vue que celle-ci a droit au maintien de son train de vie ant�rieur et que des frais de v�hicule du m�me ordre ont �t� retenus pour lui. Il s'abstient en outre de toute critique quant � l'entretien des enfants et all�gue des montants qui ne ressortent pas de l'arr�t cantonal. Enfin, m�me si c'est un montant de 193 fr. 60 qu'il y a lieu de retenir pour les frais de chauffage de l'�pouse au lieu des 507 fr. pris en compte par la cour cantonale (cf. supra consid. 2.2), le r�sultat auquel est parvenue la cour cantonale n'est pas arbitraire: le recourant ne pr�tend pas, ni ne d�montre que la contribution d'entretien � laquelle s'ajoute ainsi un montant de 313 fr. 40, permettrait � l'�pouse de mener un train de vie sup�rieur � celui que les �poux menaient durant la vie commune, lequel ne r�sulte pas des constatations de fait, �tant pr�cis� que chacun des �poux a droit � une part �gale des moyens devenus disponibles apr�s que les enfants - auxquels la cour cantonale a r�serv� un quart du disponible - ne sont plus � leur charge (ATF 134 III 577 consid. 8; arr�t 5A_340/2011 du 7 septembre 2011 consid. 4.3). Il s'ensuit que, pour autant que recevables, les critiques du recourant relatives � la m�thode et au calcul de la contribution d'entretien doivent �tre rejet�es.
Invoquant les art. 9 Cst. et 135 al. 2 CC, le recourant se plaint, dans un dernier grief, de ce que la cour cantonale a fix� le point de d�part de la contribution d'entretien au 1er octobre 2010. � cet �gard, il lui reproche de ne pas avoir tenu compte du fait qu'il avait contribu� � l'entretien des siens � hauteur de 5'533 fr. en moyenne par mois. Il fait en outre valoir que, dans le cadre d'une poursuite, le juge de la mainlev�e ne serait pas comp�tent pour calculer la part des versements aff�rente aux pensions alimentaires. Il requiert donc que la contribution ne soit due qu'� l'entr�e en force de l'arr�t.
6.1 En l'esp�ce, on ne saisit pas en quoi l'autorit� cantonale aurait arbitrairement appliqu� l'art. 135 al. 2 CC - qui a �t� abrog� et qui ne traitait du reste pas de la question - en fixant le d�but de l'obligation d'entretien au moment de la s�paration effective des parties, �tant rappel� que les contributions p�cuniaires fix�es par le juge dans le cadre des mesures protectrices de l'union conjugale peuvent �tre r�clam�es pour l'avenir et pour l'ann�e qui pr�c�de l'introduction de la requ�te (art. 173 al. 3 CC, applicable dans le cadre de l'organisation de la vie s�par�e selon l'art. 176 CC; ATF 115 II 201 ss). Le grief du recourant doit d�s lors �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
6.2 D�s lors que le principe de la r�troactivit� de la contribution a �t� confirm� (cf. supra consid. 6.1), il convient de calculer le montant de celle-ci pour la p�riode durant laquelle la recourante a r�alis� un revenu, � savoir d'octobre 2010 � juin 2011 (cf. supra consid. 4.5). Pour ce faire, il faut ajouter le montant du revenu mensuel de l'intim�e par 1'875 fr. � l'exc�dent de 8'500 fr., apr�s le paiement des charges du couple (8'200 fr. + 300 fr. pour tenir compte des frais de chauffage corrig�s), pour un total de 10'375 fr., � savoir 2'594 fr. par personne. L'intim�e a ainsi droit � 2'594 fr., augment� de 2'459 fr. 60 pour le paiement de ses charges (� savoir 193 fr. 60 pour les frais de chauffage, 63 fr. pour l'entretien de la piscine, 633 fr. pour les frais de v�hicule, 1'350 fr. repr�sentant la base d'entretien mensuelle et 220 fr. pour les imp�ts), soit 5'053 fr. 60 qu'il y a lieu d'arrondir � 5'100 fr. La contribution du recourant s'�l�ve ainsi � 3'225 fr. (5'100 fr. - 1'875 fr.) mensuellement du 1er octobre 2000 au 30 juin 2011.
6.3 En tant qu'il avance que la cour n'a pas tenu compte du fait qu'il avait contribu� � l'entretien des siens � hauteur de 5'533 fr. en moyenne par mois et invoque que le juge de la mainlev�e ne serait pas comp�tent pour calculer la part des versements aff�rente aux pensions alimentaires, le recourant pr�tend en r�alit� s'�tre acquitt� de l'ensemble des contributions d'entretien dues jusqu'au jour du recours.
En l'occurrence, la cour cantonale a condamn� le mari � verser � l'�pouse une contribution mensuelle de 5'000 fr., sous d�duction des montants d�j� vers�s. Dans les consid�rants de l'arr�t, elle a constat� que celui-ci avait vers� une pension mensuelle de 2'400 fr. et a pr�vu qu'il y avait lieu de d�duire de la contribution de 5'000 fr. les charges concernant l'intim�e dont le recourant s'est acquitt�, hormis les int�r�ts hypoth�caires relatifs au domicile conjugal de D.________ et la prime d'assurance-maladie de l'intim�e. Elle a cependant indiqu� que les pi�ces vers�es en vrac par le recourant ne permettaient pas de proc�der � ce calcul dans cette proc�dure. Or, selon la jurisprudence, si les prestations d'entretien d�j� vers�es sont simplement r�serv�es dans le dispositif, la somme constat�e dans celui-ci ne correspond pas au montant mensuel qui doit �tre pay� pour les contributions d'entretien r�troactives et, de plus, si celui-ci ne peut pas non plus �tre d�duit de la motivation du jugement de mesures protectrices de l'union conjugale, la mainlev�e d�finitive ne peut �tre prononc�e sur la base de ce jugement, faute d'une obligation de payer claire (ATF 135 III 315 consid. 2). Il s'ensuit qu'il appartenait bien � l'autorit� pr�c�dente, saisie de la question, de d�terminer pr�cis�ment dans quelle mesure le recourant avait d'ores et d�j� contribu� � l'entretien de son �pouse jusqu'au prononc� de son arr�t. Il y a donc lieu de renvoyer la cause � la cour cantonale pour que, si faire se peut, elle arr�te, au moyen de pi�ces produites par le recourant, le montant qu'il convient de d�duire, de ce fait, des sommes dues par celui-ci pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011.
En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis et l'arr�t attaqu� r�form� en ce sens que A.________ est condamn� � verser � dame A.________ une contribution mensuelle de 5'000 fr. d�s le 1er novembre 2011. La cause est en outre renvoy�e � la cour cantonale pour qu'elle d�termine, si faire se peut, le montant qu'il y a lieu de d�duire des sommes dues par le recourant pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011, � savoir une contribution mensuelle de 3'225 fr. du 1er octobre 2010 au 30 juin 2011 puis de 5'000 fr. du 1er juillet au 31 octobre 2011. Le recours est rejet� pour le surplus. Les frais judiciaires sont r�partis � raison de 1'000 fr. � charge de l'intim�e et de 2'000 fr. � charge du recourant qui succombe dans la plupart de ses chefs de conclusions (art. 66 al. 1 LTF). Le recourant versera � l'intim�e une indemnit� de d�pens r�duite � hauteur de 1'000 fr. (art. 68 al. 1 LTF). Il appartiendra � l'autorit� cantonale de statuer � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (art. 68 al. 5 LTF).
Le recours est partiellement admis et l'arr�t cantonal est r�form� en ce sens que A.________ est condamn� � verser � dame A.________ une contribution mensuelle de 5'000 fr. d�s le 1er novembre 2011.
La cause est renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision, au sens des consid�rants, sur le montant de l'arri�r� d� pour la p�riode du 1er octobre 2010 au 31 octobre 2011.

References: art. 135
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 9
 ATF