Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/europe/islande.htm
Timestamp: 2017-10-19 01:37:09+00:00

Document:
Lois linguistiques: Loi sur l'extradition des criminels et d'autres formes d'aide en matière de procédure pénale (1984); Loi sur les hôtels et les restaurants (1985); Convention linguistique du Conseil nordique (1987); Loi sur le Conseil de la langue islandaise (1990); Loi sur la police (1996); Loi sur les noms de personne (1996); Loi sur les bibliothèques (1997); Loi sur la radiodiffusion (2000); Loi sur les étrangers (2002); Règlement sur les étrangers (2003); Loi sur les contrats d'assurance (2004); Loi sur l'exécution des jugements (2005); Loi sur la surveillance des pratiques commerciales déloyales et la transparence du marché (2005); Loi sur l'Institut Árni Magnússon d'études islandaises (2006); Loi sur l'enseignement préscolaire (2006); Loi sur l'enseignement obligatoire (2008); Loi sur l'enseignement secondaire supérieur (2008); Règlement sur les tests de langue islandaise pour les personnes demandant la citoyenneté islandaise (2008); Règlement sur l'Université de l'Islande (2009); Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise (2011); Loi sur les médias (2011); Règlement sur le Conseil de la langue islandaise (2012); Loi sur les bibliothèques (2012); Loi sur le service national islandais de radiodiffusion (2013)
La république dIslande constitue une île du nord de locéan Atlantique située entre le Groenland et lÉcosse en Grande-Bretagne (voir la carte). C’est un pays insulaire de 102 800 km² équivalant à la superficie de Cuba, soit trois fois la superficie de la Belgique (30 527 km²), le cinquième de la France (544 000 km²) ou le quart de la province de Terre-Neuve (402 000 km²) au Canada.
Islandais Suédois Danois Norvégien Français
Britanniques 600 0,1 % anglais chrétienne
En 1262, l’Islande fut occupée par les Norvégiens, mais en raison de la distance géographique elle resta relativement autonome. Les Islandais crurent qu'un roi éloigné, celui de la Norvège, était moins dangereux et qu'il leur accorderait davantage d'autonomie. Mais cette occupation norvégienne, qui s’étendit jusqu’en 1397, fut une période de décadence pour l’Islande jusqu’à ce que le royaume de Norvège tombât sous la tutelle de la couronne danoise en 1397, lors de l’union de Kalmar. Ayant pourtant la même origine, le norvégien et l’islandais étaient alors devenus des langues distinctes.
En fait, l’union de Kalmar réalisait sous un seul royaume l'unification du Danemark, de la Suède et de la Norvège et prévoyait que les trois pays (dont l’Islande faisait partie) seraient gouvernés par un roi danois. La reine Margrethe Ire, régente du Danemark, de la Norvège et de la Suède, fit couronner, en juin 1397, à Kalmar, son neveu Erik de Poméranie, comme roi de l’Union. Ce dernier ne gouverna personnellement qu’à partir de 1412, et il mécontenta rapidement les Suédois qui se révoltèrent en 1434. L’Union avec la Suède prit fin en 1521-1523, lorsque Gustave Eriksson chassa les Danois et se fit reconnaître roi de Suède. Mais l’Union avec la Norvège dura jusqu'en 1814. Pendant ce temps, soit entre 1402 et 1404, une épidémie de peste noire décima les deux tiers de la population islandaise. D’ailleurs, au cours de l’histoire, les calamités naturelles ont plusieurs fois décimé la population. Pendant une dizaine de siècles, celle-ci n'a jamais dépassé les quelque 70 000 habitants.
Afin de contrer l'influence grandissante de l'anglais, les autorités islandaises ont décidé de recourir à des lois et des règlements d'ordre linguistique. Ce n'est qu'en 2011 que l'Althingi, le Parlement islandais, s'est décidé à adopter une loi pour rendre l'islandais langue officielle de la République: ce fut la loi n° 61 du 7 juin 2011, c'est-à-dire la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise. Plusieurs autres lois ponctuelles ont aussi été adoptées concernant l'emploi de la langue islandaise.
L'article 5 du Règlement sur le Conseil de la langue islandaise (2012) reprend les mêmes dispositions:
L'Islande s'est aussi dotée d'un autre organisme, l'Institut Árni Magnússon d'études islandaises (Stofnun Árna Magnússonar). L'article 3 de la Loi sur l'Institut Árni Magnússon d'études islandaises (2006) a comme rôle d'entreprendre des recherches dans le domaine des études islandaises et dans les domaines d'apprentissage connexes, en particulier dans le domaine de la langue et de la littérature islandaises, et de diffuser les connaissances dans ces domaines, de préserver et de renforcer les collections qui lui ont été confiées:
L'article 11 de la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise déclare que les autorités gouvernementales doivent prendre des mesures pour obtenir des services professionnels, techniques et scientifiques, et ce, dans le but d'islandiser le vocabulaire:
Bien que l’islandais compte un grand nombre de mots empruntés à d'autres langues, ceux-ci sont tous islandisés, c'est-à-dire qu'ils sont adaptés à la prononciation, à l’orthographe et au système de déclinaison islandais. Le mot bíll («voiture») vient du danois "bil", banani («banane») vient du portugais, kaffi («café») vient du turc, tóbak («tabac») vient de l'espagnol, etc. De nombreux mots ont été empruntés à l'anglais, puis adaptés phonétiquement à l'islandais : sjarmör (< charmer: «magicien»), sjoppa (< shop: «boutique»), hönk (< hunk: «beau mec»), beib (< babe: «naïf»), kúl (< cool: «sympa», «super»), næs (< nice: «gentil», «agréable»), töff (< tough: «dur», «difficile»), kar (< car: «auto», «voiture»), klóna (< clone: «clone»), viskí (< whiskey: «whisky»).
Le 7 juin 20011, le Parlement islandais a adopté la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise. En vertu de cette loi, l'islandais est la langue nationale du peuple islandais et la langue officielle en Islande:
L'article 9 de la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise prévoit les services d'un interprète afin que les justiciables qui ne comprennent pas l'islandais soient en mesure de pouvoir s'occuper de leurs affaires nécessaires et de prendre connaissance du contenu des documents et des déclarations officielles qui les concernent :
Pour ce qui est des tribunaux, seul l’islandais est autorisé, mais les étrangers et les immigrants peuvent recourir à un interprète en cas de force majeure. Il n'existe que fort peu de textes juridiques portant sur la langue dans le domaine judiciaire. Le Loi sur l'exécution des jugements de 1995 demeure l'une des rares lois dans ce domaine. L'article 17 autorise les détenus à recevoir et se faire expliquer dans une langue qu'ils comprennent, un résumé des règles applicables au service de leur peine, leurs droits et obligations, les possibilités de travail et d'études disponibles, les règlements de la prison, etc., ainsi que le droit de communiquer avec leurs avocats:
L'article 23a de la Loi sur l'extradition des criminels et d'autres formes d'aide en matière de procédure pénale (1984) prévoit que si un destinataire ne comprend pas la langue dans laquelle le document est rédigé, le document ou son contenu doit être traduit en islandais ou dans une autre langue:
4.5 L’Administration
L'article 8 de la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise proclame que l'islandais est la langue de l'Althingi, des tribunaux et des autorités gouvernementales (centrales et locales):
L’Administration publique n’utilise que l’islandais dans ses services auprès de la population. Il en est ainsi des inscriptions gouvernementales sur les édifices publics et les plaques toponymiques identifiant les noms de lieu. L'article 2 de la Loi sur le statut de la langue islandaise et de la langue des signes islandaise énonce que les autorités gouvernementales doivent veiller à ce qu'il soit possible d'utiliser l'islandais comme langue commune dans tous les domaines de la vie nationale:
L'article 2 de la Loi sur l'enseignement préscolaire (2006) énonce que la langue d'enseignement est l'islandais:
L'école appelée «obligatoire» (Grunnskóla = «école primaire») concerne les niveaux primaire et secondaire inférieur ou du premier cycle, destinés aux enfants âgés de 6 à 16 ans. L'article 2 de la Loi sur l'enseignement obligatoire (2008) prescrit l'enseignement de l'islandais ainsi que la compréhension de la société islandaise, son histoire est ses particularités. L'article 16 de cette même loi précise que la langue d'enseignement dans les écoles obligatoires est l'islandais, mais d'autres langues peuvent être employées pour l'instruction :
L'article 35 de la Loi sur l'enseignement secondaire supérieur (2008) prescrit l'islandais comme langue d'enseignement, mais les écoles peuvent offrir des études en d'autres langues à la condition que l'islandais soit offert comme langue seconde:
La Loi sur l'enseignement secondaire supérieur prévoit la possibilité, pour les élèves ayant une autre langue maternelle que l’islandais, de conserver cette langue en tant que matière facultative à travers un enseignement à distance ou par d’autres moyens. Mentionnons que l’enseignement du vocabulaire scientifique et technique en islandais est renforcé dans ce type d'établissement. De plus, à la fin du secondaire, un examen de connaissance de la langue officielle est imposé à tous les élèves et la réussite de cet examen constitue une condition essentielle de l’obtention du diplôme de fin d’études.
L’enseignement supérieur (Háskóla = «haute école») est offert à l’ensemble des étudiants ayant réussi avec succès l’ensemble de leur programme secondaire supérieur. En Islande, hui établissements d'enseignement proposent des études universitaires. Il s'agit de l'Université d’Islande (Háskóli Ísland), l’Université d'Akureyri (Háskólinn á Akureyri), l’Université d’enseignement d’Islande (Kennaraháskóli Íslands), l'Université de Bifrost (Háskólinn á Bifrös), l’Université de Reyjravik (Háskólinn í Reykjavík), l’Académie des arts d’Islande (Listaháskóli Íslands), l’Université d’études agricoles d'Islande à Hvanneyri (Landbúnaðarháskóli Íslands) et l’Université de Holar (Háskólinn á Hólum). L'Université d'Islande reste le principal établissement d'enseignement supérieur en Islande.
Du côté des médias, on compte trois quotidiens (dont le célèbre Morgunblaðið), des centaines de périodiques, quelques chaînes de télévision et plusieurs stations de radio qui diffusent exclusivement en islandais. Les Islandais doivent sûrement être de grands liseurs, car on compte plus de 900 périodiques pour une population de plus de 330 000 habitants (incluant les enfants). Il faut dire que la plupart d'entre eux (environ 700) ne paraissent qu'une à quatre fois par année. Au total, on compte quelques dizaines de mensuels, une dizaine d'hebdomadaires et deux quotidiens. Le plus ancien quotidien est le Morgunblaðið fondé en 1913; il est suivi par le Fréttablaðið fondé en 2001. Les principaux hebdomadaires sont le DV (une fusion du Dagblaðið du Vísir en 1981), le Fréttatíminn (2010), le Reykjavík Grapevine, le Skessuhorn, le Vikudagur et le Viðskiptablaðið. L'Iceland Review est une magazine trimestriel de langue anglaise.
La Loi sur la radiodiffusion du 17 mai 2000 impose des contraintes au sujet de la langue islandaise. De façon générale, les employés, notamment les journalistes et les présentateurs de nouvelles, doivent s'efforcer «de promouvoir l'essor culturel en général et de renforcer la langue islandaise». Non seulement la plus grande partie du temps d'antenne doit être réservée à la production islandaise et ensuite européenne, mais l'emploi des voix hors-champ et des sous-titres en islandais sont obligatoires. L'article 8 est sans équivoque à ce sujet:
Les infractions à la Loi sur la radiodiffusion sont sanctionnées par une amende dans les cas suivants» : la radiodiffusion sans un permis accordé par la Commission des permis de transmission et le défaut de fournir des voix hors-champ ou des sous-titres en islandais pour des émissions émises dans une langue étrangère. En somme, pour ce qui est du cinéma, l’Islande pratique une politique linguistique protectionniste, dans la mesure où tous les films étrangers, de quelque origine qu’ils soient, doivent être au moins sous-titrés en islandais.
L'islandisation de la langue passe également par l'intégration des étrangers et des immigrants. Jusqu'en 1996, la loi islandaise obligeait tous les immigrants à adopter un patronyme islandophone lorsqu'ils décidaient de s'installer définitivement en Islande. Cette loi sur les noms de personne avait été jugée discriminatoire, notamment parce qu'elle faisait obligation à tout étranger naturalisé d'adopter un nom islandais qui serait utilisé conjointement avec son nom d'origine. Ainsi, l'enfant d'un étranger naturalisé avait l'obligation, lorsqu'il atteignait l'âge de 15 ans, d'utiliser le patronyme islandais. Mais la Loi sur les noms de personne n° 45/1996 supprimait cette obligation; les personnes naturalisées et leurs enfants peuvent maintenant conserver leur nom de famille d'origine.

References: L'article 5
 L'article 3

L'article 11

L'article 9
 L'article 17

L'article 23

L'article 8
 L'article 2

L'article 2
 L'article 2
 L'article 16

L'article 35
 L'article 8