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Timestamp: 2016-10-27 03:23:44+00:00

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5P.94/2002 (13.05.2002)
L.________, et V.________, toutes deux repr�sent�es par Me Daniel Richard, avocat � Gen�ve;
l'arr�t rendu le 18 janvier 2002 par la Cour de justice du canton de Gen�ve dans la cause qui oppose les recourantes � E.________, intim�e, repr�sent�e par Me Edouard Balser, avocat � Gen�ve,
(arbitraire, droit d'�tre entendu)
A.- a) G.________ est d�c�d� le 12 janvier 1992 lors d'un accident de voiture en Italie, laissant pour seules h�riti�res sa deuxi�me femme E.________ et ses filles L.________ et V.________, issues de son premier mariage.
Pr�c�demment, en ex�cution des engagements pris dans le cadre du divorce ayant mis fin au mariage avec sa premi�re femme B.________, G.________ avait transf�r� � chacune de ses filles, par convention des 30 juillet et 13 ao�t 1987, respectivement par acte authentique du 1er septembre suivant:
- 25 actions de la SI X.________, ainsi que la moiti�
d'une cr�ance contre cette soci�t�, d'un montant
de 665'623 fr. au 31 d�cembre 1986;
- 12 actions, ainsi que la copropri�t� par moiti�
d'une 25e action, de la SI Y.________, de m�me que
la moiti� d'une cr�ance chirographaire contre
cette derni�re, d'une valeur de 94'631 fr. 88 au
31 d�cembre 1986;
- la moiti� de sa part sur l'immeuble Z.________,
dont il �tait copropri�taire pour une demie, ses
filles reprenant, avec l'autre copropri�taire, la
dette hypoth�caire de 2'000'000 fr. y relative.
Peu apr�s, B.________ a acquis l'autre part de copropri�t� de l'immeuble de Z.________Belle-Fontaine. Par acte du 17 novembre 1987, elle et ses filles ont vendu celui-ci dans son int�gralit� � un tiers, pour le prix de 3'700'000 fr. Le transfert de propri�t� a eu lieu par inscription au registre foncier du 21 d�cembre 1987.
b) Par convention du 15/18 juin 1990, L.________ et V.________ ont c�d� � W.________, leur grand-p�re, les actions de la SI X.________ qu'elles avaient re�ues, de m�me que la cr�ance chirographaire dont elles �taient cotitulaires envers la SI. Le prix des actions c�d�es a �t� pay� par la remise de 50% du capital-actions de la SI Y.________ pour une valeur de 1'778'544 fr. et par le versement d'une soulte de 203'355 fr., pour un total de 1'981'899 fr.; la cr�ance chirographaire que les soeurs V.________ et L.________ d�tenaient envers la SI X.________ leur a �t� rachet�e pour le montant de 517'308 fr. Apr�s cette op�ration, V.________ et L.________ d�tenaient la totalit� du capital-actions de la SI Y.________.
L'expertise ordonn�e par la suite par le Tribunal de premi�re instance a estim� la valeur nette du capital-actions de la SI Y.________ au moment du d�c�s de G.________ (janvier 1992) � 2'690'000 fr., apr�s d�duction de la valeur v�nale brute de l'hypoth�que inscrite au passif du bilan; l'expert, dans son rapport du 31 mars 2000, a par ailleurs pr�cis� ne pas avoir tenu compte de l'impact fiscal de la liquidation d'une soci�t� immobili�re, parce qu'en 1992 cet aspect n'influen�ait pas encore la valeur des actions.
c) Le 16 avril 1991, G.________ avait r�dig�, avant d'�pouser en secondes noces E.________, un testament olographe par lequel il attribuait 25% de ses biens � sa nouvelle �pouse, "�quivalent � sa part l�gitime (r�serve)", et le 75% � ses filles, � r�partir de fa�on �gale entre elles. Par contrat de mariage du 21 mai 1991, les futurs �poux avaient par ailleurs choisi le r�gime de la s�paration de biens, selon le droit suisse.
Le 5 avril 1994, E.________ a inform� l'ex�cuteur testamentaire qu'elle entendait demander le rapport des trois donations faites par le d�funt � ses enfants, en application de l'art. 626 al. 2 CC.
Le 8 novembre 1994, les h�riti�res ont conclu une convention de partage, avec clause arbitrale, r�servant express�ment le sort des trois donations litigieuses.
B.- Le 19 avril 1995, E.________ a ouvert action en rapport et en r�duction � l'encontre de L.________ et V.________ (aujourd'hui mari�e P.________). Les d�fenderesses s'y sont oppos�es, invoquant notamment la prescription de l'action, mais nullement une �ventuelle renonciation de la demanderesse � la r�duction.
Par jugement du 20 juin 1996, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a ordonn� le rapport � la succession de feu G.________ des donations en faveur de ses filles selon convention des 30 juillet/13 ao�t 1987, � l'exclusion des fruits, dit que les modalit�s et l'�tendue de ce rapport feraient l'objet d'une d�cision ult�rieure, constat� le caract�re r�ductible de la donation faite � L.________ et V.________, selon acte notari� du 1er septembre 1987, de la part de copropri�t� pour moiti� de l'immeuble Z.________, ordonn� la r�union � la succession des sommes repr�sentant le produit de la vente de ladite part de copropri�t� (1'850'000 fr.) et les int�r�ts courus sur ce capital (370'000 fr.), condamn� les d�fenderesses aux d�pens et, enfin, rejet� toutes autres conclusions.
Par arr�t du 25 avril 1997, la Cour de justice du canton de Gen�ve a annul� ce jugement. L'autorit� cantonale a consid�r� que les donations faites par le d�funt � ses filles n'�taient pas rapportables, en raison du testament par lequel il les avait institu�es h�riti�res dans une proportion exc�dant leurs parts l�gales. En modifiant ainsi la r�partition successorale pr�vue par la loi, et en r�duisant du m�me coup sa seconde femme � sa r�serve, le d�funt avait en effet clairement manifest� sa volont� de favoriser ses enfants au d�triment de sa nouvelle �pouse, de sorte qu'il n'y avait aucune raison de compl�ter cette volont� en cherchant � r�tablir une �galit� � laquelle le d�funt s'�tait manifestement oppos�.
Saisi d'un recours en r�forme exerc� par E.________, le Tribunal f�d�ral, par arr�t du 2 mars 1998, a partiellement admis le recours et annul� l'arr�t de la Cour de justice.
Il a consid�r� que les donations n'�taient certes pas rapportables, mais qu'elles �taient sujettes � r�duction en application de l'art. 527 ch. 3 CC; � la diff�rence de la Cour de justice, qui avait jug� prescrite l'action introduite par la seconde �pouse du d�funt, il a constat� que celle-ci pouvait faire valoir son droit � la r�duction dans le cadre de la proc�dure pendante par voie de l'exception imprescriptible pr�vue par l'art. 533 al. 3 CC. De ce fait, la cause a �t� renvoy�e aux autorit�s cantonales genevoises pour qu'elles examinent - au besoin apr�s compl�ment d'instruction - le m�rite des pr�tentions de la demanderesse quant � la reconstitution de sa r�serve (cf. arr�t 5C.155/1997).
C.- Statuant ensuite de l'arr�t de renvoi du Tribunal f�d�ral, la Cour de justice, par arr�t du 4 septembre 1998, a ordonn� la r�union � la succession du b�n�fice net que chacune des filles du d�funt a retir� de la vente de l'immeuble Z.________ (378'500 fr. chacune) et renvoy� la cause au Tribunal de premi�re instance pour instruire et statuer sur la r�duction des donations des actions des deux SI, un compl�ment d'instruction �tant n�cessaire pour d�terminer leur valeur au moment de l'ouverture de la succession.
Ce dernier, par jugement du 18 janvier 2001, a ordonn� la r�union � la masse successorale d'un montant total de 4'243'158 fr., comprenant, en plus du b�n�fice net retir� par les soeurs V.________ et L.________ de la vente de l'immeuble Z.________, d�j� fix� par l'arr�t de la Cour de justice du 4 septembre 1998 (757'000 fr.), les montants per�us en esp�ces lors de la cession des actions de la SI X.________ et de la cr�ance chirographaire dont elles �taient cotitulaires envers la SI (720'658 fr.), la valeur en janvier 1992 du 100% du capital-actions de la SI Y.________ (estim� par l'expert � 2'690'500 fr.) et la moiti� du b�n�fice net de l'exercice 1988 de la SI Y.________ (75'000 fr.). Constatant que la r�serve de E.________ �tait l�s�e, selon le testament du 16 avril 1991, du quart de ce montant, le Tribunal a condamn� V.________ et L.________ � payer chacune la moiti� de la somme de 1'060'789 fr. 50 � l'intim�e; il a enfin condamn� les premi�res nomm�es solidairement aux d�pens de la proc�dure, comprenant une indemnit� de proc�dure de 50'000 fr. � titre de participation aux honoraires d'avocat de E.________, et d�bout� les parties de toutes autres conclusions.
Par arr�t du 18 janvier 2002, la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� le jugement pr�cit�, condamn� les recourantes aux d�pens d'appel ainsi qu'au paiement d'un �molument compl�mentaire � l'Etat de 5'000 fr., et d�bout� les parties de toutes autres conclusions.
D.- Le 22 f�vrier 2002, L.________ et V.________ ont form�, parall�lement, un recours de droit public et un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Dans le recours de droit public, invoquant une violation du droit d'�tre entendu et de l'interdiction de l'arbitraire, ainsi qu'une violation arbitraire des art. 533 al. 3, 617 et 618 CC comme des art. 255 et 312 de la loi de proc�dure civile genevoise, elles concluent � l'annulation de l'arr�t attaqu�, � ce que E.________ soit d�bout�e de toutes autres ou contraires conclusions et soit condamn�e � tous les frais et d�pens des proc�dures f�d�rale et cantonale.
2.- a) Le recours de droit public au Tribunal f�d�ral est ouvert contre une d�cision cantonale pour violation des droits constitutionnels des citoyens (art. 84 al. 1 let. a OJ). Le jugement attaqu� ne peut �tre attaqu� par aucun autre moyen de droit sur le plan cantonal ou f�d�ral dans la mesure o� les recourantes invoquent la violation directe de droits de rang constitutionnel, de sorte que les r�gles de la subsidiarit� absolue et relative du recours de droit public (art. 84 al. 2 et 86 al. 1 OJ) sont respect�es. Les recourantes sont personnellement touch�es par la d�cision attaqu�e; elles ont donc qualit� pour recourir (art. 88 OJ). Interjet� en temps utile (art. 89 al. 1 OJ), dans la forme pr�vue par la loi (art. 90 al. 1 OJ), le recours est en principe recevable.
b) Saisi d'un recours de droit public pour arbitraire, le Tribunal f�d�ral ne proc�de pas � un libre examen de toutes les circonstances de la cause et ne rend pas un arr�t au fond, qui se substituerait � la d�cision attaqu�e. Il se borne � contr�ler si l'autorit� cantonale a observ� les principes que la jurisprudence a d�duits de l'art. 9 Cst (art. 4 aCst.). Son examen ne porte d'ailleurs que sur les moyens invoqu�s par le recourant et motiv�s conform�ment aux exigences de l'art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 127 III 279 consid. 1c; 126 III 534 consid. 1b; 125 I 71 consid. 1c p. 76, 492 consid. 1b p. 495; 122 I 70 consid. 1c p. 73).
c) Le Tribunal f�d�ral ne qualifie d'arbitraire (sur la notion d'arbitraire, cf. ATF 126 I 168 consid. 3a; ATF 125 I 166 consid. 2a; 125 II 10 consid. 3a, 129 consid. 5b) l'appr�ciation des preuves que si l'autorit� cantonale a admis ou ni� un fait en se mettant en contradiction �vidente avec les pi�ces et �l�ments de son dossier. Une jurisprudence constante reconna�t au juge du fait un large pouvoir d'appr�ciation dans ce domaine (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40 et les r�f�rences cit�es). Le Tribunal f�d�ral n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst. , que si le juge cantonal a abus� de ce pouvoir, en particulier lorsqu'il m�conna�t des preuves pertinentes ou qu'il n'en tient arbitrairement pas compte (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 112 Ia 369 consid. 3 p. 371; 100 Ia 119 consid. 4 p. 127), lorsque des constatations de fait sont manifestement fausses (ATF 121 I 113 consid. 3a), ou enfin lorsque l'appr�ciation des preuves est tout � fait insoutenable (ATF 118 Ia 28 consid. 1b p. 30; 116 Ia 85 consid. 2b p. 88). L'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me se r�v�ler pr�f�rable (ATF 125 II 10 consid. 3a); pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 127 I 54 consid. 2b; 126 I 168 consid. 3a; 125 I 166 consid. 2a).
3.- Dans un premier moyen, les recourantes se plaignent d'une violation de l'art. 9 Cst. - et sp�cifiquement de l'interdiction de l'arbitraire - dans la mesure o� la Cour de justice aurait refus� d'examiner et d'appr�cier la convention de partage du 8 novembre 1994; selon elles, une juste interpr�tation de cette convention aurait d� conduire les juges cantonaux � constater que l'intention des parties �tait d'exclure toute pr�tention �ventuelle tendant � r�unir � la succession les donations litigieuses.
a) En vertu de l'art. 66 al. 1 in fine OJ, l'autorit� cantonale � laquelle une affaire est renvoy�e est tenue de fonder sa nouvelle d�cision sur les consid�rants de droit de l'arr�t du Tribunal f�d�ral. Le juge auquel la cause est renvoy�e voit donc sa cognition limit�e par les motifs de l'arr�t de renvoi, en ce sens qu'il est li� par ce qui ad�j� �t� tranch� d�finitivement par le Tribunal f�d�ral (ATF 104 IV 276 consid. 3b p. 277; 103 IV 73 consid. 1 p. 74) et par les constatations de fait qui n'ont pas �t� attaqu�es devant lui (ATF 104 IV 276 consid. 3d p. 278). Le Tribunal f�d�ral est aussi li� par son arr�t de renvoi; il ne peut d�s lors se fonder, � l'occasion d'un nouveau recours, sur des consid�rations qu'il avait �cart�es ou dont il avait fait abstraction dans sa pr�c�dente d�cision (ATF 111 II 94 consid. 2 p. 95).
Lorsqu'une cause est renvoy�e notamment pour que l'autorit� cantonale r�pare une omission et statue � nouveau sur l'�tat de fait compl�t�, sa nouvelle d�cision peut faire l'objet d'un recours; le recourant ne sera toutefois admis � se pr�valoir que d'un seul moyen, � savoir que le juge cantonal aurait m�connu les directives du Tribunal f�d�ral en �tablissant ou en appr�ciant les faits � �lucider (ATF 111 II 94 consid. 2 et arr�ts cit�s).
b) L'arr�t du Tribunal f�d�ral du 2 mars 1998 a confirm� le premier arr�t de la Cour de justice dans la mesure o� il d�clarait les donations litigieuses non soumises � rapport. S'agissant en revanche de la r�duction, il a retenu que l'art. 527 ch. 3 CC �tait en principe applicable et que l'intim�e "pouvait, en sa qualit� d'h�riti�re r�servataire, faire valoir son droit � r�duction dans le pr�sent proc�s par voie de l'exception imprescriptible pr�vue par l'art. 533 al. 3 CC". Le Tribunal f�d�ral a d�s lors constat� que le recours de l'intim�e devait �tre partiellement admis, l'arr�t entrepris annul� et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale "pour qu'elle examine le m�rite des pr�tentions de la recourante quant � la reconstitution de sa r�serve, au besoin apr�s un compl�ment d'instruction (art. 64 al. 1OJ)".
Les recourantes ne pr�tendent pas que la Cour de justice a viol� les principes que la jurisprudence a d�gag�s de l'art. 66 al. 1 OJ. En soutenant que la r�duction des donations litigieuses peut �tre remise en cause en raison de la pr�tendue renonciation de l'intim�e dans la convention de partage, les recourantes s'en prennent � une question qu'elles n'avaient pas invoqu�e dans la proc�dure de recours pr�c�dente, et que le Tribunal f�d�ral n'a donc pas examin�e dans son arr�t de renvoi. Or, le Tribunal f�d�ral est aussi li� par son arr�t de renvoi, et ne peut pas se fonder, � l'occasion d'un nouveau recours, sur des consid�rations dont il avait fait abstraction dans sa pr�c�dente d�cision (ATF 111 II 94 consid. 2). Ce premier grief est donc irrecevable.
4.- a) Les recourantes invoquent ensuite une violation du droit d'�tre entendu; elles reprochent aux autorit�s cantonales d'avoir refus� d'ordonner les enqu�tes qui auraient permis d'interpr�ter correctement la convention de partage sign�e le 8 novembre 1994, et surtout de prouver que la r�elle intention de E.________ �tait de renoncer � faire valoir ses pr�tentions tendant � r�unir � la succession les donations litigieuses.
Ce moyen est tout aussi irrecevable que le pr�c�dent, parce qu'il concerne une question - � savoir l'interpr�tation de la convention de partage - que le Tribunal f�d�ral ne peut revoir, �tant li� par son arr�t de renvoi du 2 mars 1998 (cf. consid 3b ci-dessus).
b) Les recourantes se plaignent �galement d'une application arbitraire de l'art. 533 al. 3 CC. Ce grief est toutefois irrecevable, le recours de droit public n'�tant ouvert au regard de l'art. 84 al. 2 OJ que si la pr�tendue violation de droits ou de normes �num�r�s � l'alin�a premier de cette disposition ne peut pas �tre soumise par un autre moyen de droit au Tribunal f�d�ral ou � une autre autorit� f�d�rale (ATF 124 III 134 consid. 2b). Or les griefs relatifs � l'application du droit civil f�d�ral doivent �tre soulev�s par la voie du recours en r�forme (cf. art. 43 al. 1 OJ) lorsque celui-ci est ouvert, ce qui est le cas en l'esp�ce.
c) Les recourantes soutiennent aussi (cf. p. 4, ch. 11, du recours) que la Cour de justice aurait admis de fa�on arbitraire les conclusions en partage prises par l'intim�e pour la premi�re fois dans ses derni�res �critures apr�s enqu�tes et ignor� les r�gles applicables au partage d'une succession. Ce grief, annonc� au d�but du recours, n'a pas �t� repris ni motiv� par la suite, de sorte qu'il doit �tre d�clar� irrecevable (art. 90 al. 1 let. b OJ).
5.- Selon les recourantes, les juges cantonaux auraient rendu une d�cision fond�e sur une application arbitraire du droit cantonal et f�d�ral, en refusant de tenir compte de l'impact fiscal d'une �ventuelle liquidation d'une SI et d'ordonner une expertise de l'immeuble qui tienne compte de cet aspect. De plus, en rejetant la demande des recourantes de mettre en oeuvre une expertise compl�mentaire, ils auraient viol� leurs droits d'�tre entendues.
a) Lorsque l'autorit� cantonale juge une expertise concluante et en fait sien le r�sultat, le Tribunal f�d�ral n'admet le grief d'appr�ciation arbitraire des preuves que si l'expert n'a pas r�pondu aux questions pos�es, si ses conclusions sont contradictoires ou si, de quelqu'autre fa�on, l'expertise est entach�e de d�fauts � ce point �vidents et reconnaissables que, m�me sans connaissances sp�cifiques, le juge ne pouvait tout simplement pas les ignorer. Les normes de proc�dure cantonales se r�f�rent, essentiellement, � ces principes. Selon l'art. 267 LPC/GE, le juge qui n'est pas suffisamment �clair� par un rapport d'expertise judiciaire peut en ordonner un nouveau par le m�me ou par un autre expert; la jurisprudence cantonale a toutefois pr�cis� qu'un rapport compl�mentaire se justifie seulement si le premier rapport est incomplet, obscur ou �quivoque, et lorsque la comparution personnelle de l'expert n'a pas suffi � r�parer ses vices et insuffisances; une contre-expertise, en revanche, ne saurait �tre ordonn�e au seul motif qu'une partie critique l'opinion du premier expert (Bertossa/Gaillard/Guyet/Schmidt, op. cit. , n. 1 et 2 ad art. 267 LPC).
En tout cas, il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de v�rifier si toutes les affirmations de l'expert sont exemptes d'arbitraire; sa t�che se limite plut�t � examiner si l'autorit� cantonale pouvait se rallier sans arbitraire au r�sultat de l'expertise (cf. arr�t du Tribunal f�d�ral 5P.457/2000 du 20 avril 2001, consid. 4a).
b) Le droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) comprend notamment celui de faire administrer les moyens de preuves, pour autant que ceux-ci soient requis dans les formes pr�vues par le droit cantonal et qu'ils apparaissent utiles � l'�tablissement des faits pertinents (ATF 120 Ib 379 consid. 3b p. 383; 119 Ib 12 consid. 4 p. 17, 492 consid. 5b/ bb p. 505; 119 Ia 136 consid. 2d p. 139 et les arr�ts cit�s).
L'autorit� de d�cision peut donc se livrer � une appr�ciation anticip�e de la pertinence du fait � prouver et de l'utilit� du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. La jurisprudence a �galement d�duit du droit d'�tre entendu l'obligation pour le juge de motiver ses d�cisions, afin que le justiciable puisse les comprendre et exercer ses droits de recours � bon escient (ATF 126 I 97 consid. 2b; 124 V 180 consid. 1a; 121 I 54 consid. 2c). Pour satisfaire cette exigence, il suffit que le juge mentionne au moins bri�vement les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision; il n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties, mais peut au contraire se limiter � ceux qui, sans arbitraire, peuvent �tre tenus pour pertinents (ATF 126 I 97 consid. 2b; 121 I 54 consid. 2c et les arr�ts cit�s).
c) Dans le cas d'esp�ce, l'expertise requise visait � d�terminer, selon la m�thode d'�valuation usuelle, la valeur v�nale du capital-actions de la SI Y.________ au 12 janvier 1992, date de l'ouverture de la succession de G.________. Dans son rapport du 31 mars 2000, l'expert a rappel� que son �valuation tenait express�ment compte des param�tres et des usages en mati�re d'estimation de la valeur de soci�t�s immobili�res en 1992, et que celle-ci �tait d�termin�e en premier lieu par la valeur des actions sur le march� dans une libre transaction d'achat et vente; par contre, il ne fallait pas encore tenir compte de l'impact fiscal li� � une liquidation de la SI, puisque les dispositions l�gales destin�es � encourager leurs liquidation avaient �t� introduites seulement � partir de 1995. L'expert en a conclu que l'estimation de l'impact fiscal �tait sans influence sur la valeur v�nale du capital-actions d'une SI � la date d�terminante, ce qu'il a d'ailleurs confirm� lors de sa comparution personnelle devant le Tribunal de premi�re instance. � cette occasion, il a en outre pr�cis� que la question d'une �ventuelle liquidation de la SI en 1992 ne se posait m�me pas, car les mesures d'all�gement fiscal dans ce domaine n'avaient �t� prises qu'� partir de 1995. Or, vu ce qui pr�c�de, l'autorit� intim�e pouvait, sans tomber dans l'arbitraire, consid�rer que l'expert avait r�pondu de mani�re satisfaisante aux questions qu'il �tait appel� � r�soudre, et que des mesures d'instruction compl�mentaires �taient inutiles.
d) On pourrait certes se demander si la m�thode utilis�e par l'expert pour calculer la valeur du capital-actions de la SI Y.________ (moyenne pond�r�e de la valeur de rendement et de la valeur intrins�que de l'immeuble, moins l'hypoth�que grevant l'immeuble) est correcte. La valeur des actifs d'une succession se d�termine en principe par le prix offert dans une libre transaction, sur un march� en conditions normales, par un tiers d�sireux mais non oblig� d'acheter (cf. Daniel Staehelin, Commentaire b�lois, n. 2 ad art. 474 CC, p. 82). Or, suivant ces principes, la valeur des actions d'une soci�t� immobili�re ne correspond pas forc�ment � la seule valeur v�nale de l'immeuble (� l'actif) sous d�duction de l'hypoth�que au passif; d'autres facteurs - qui n'ont pas �t� pris en compte par l'expert - tels, par exemple, la rentabilit� de la soci�t� (profits) ou l'existence au bilan d'un capital propre dissimul� (cf. l'arr�t du Tribunal f�d�ral 2P.25/1990 du 29 avril 1991; art. 24 al. 1 let. c et 29 de la Loi f�d�rale sur l'harmonisation des imp�ts directs des cantons et des communes, RS 642. 14) peuvent influencer la valeur des actions d'une SI.
On remarque toutefois que les recourantes ne critiquent pas la m�thode d'estimation de la valeur de la SI utilis�e par l'expert, et, en tout cas, pas pour les motifs qu'on vient de mentionner; elles se bornent en effet � r�p�ter que l'expert ne pouvait pas ignorer la charge fiscale en cas de liquidation de la SI en janvier 1992 et se plaignent que les juges cantonaux n'ont pas donn� suite au compl�ment d'expertise apte � la d�terminer. Or la charge fiscale due � la liquidation pouvait �tre laiss�e de c�t� par l'expert, qui devait �valuer la soci�t� immobili�re et la valeur des actions lors de la mort du de cujus et non les frais d'une �ventuelle liquidation de cette soci�t�.
En d�finitive, il n'y a pas lieu de revenir sur la valeur des actions au vu de l'existence au bilan d'�ventuels postes qui pourraient influencer leur �valuation, les recourantes n'ayant pas soulev� cet argument conform�ment aux exigences pos�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ (cf. consid. 2b supra). Les griefs tir�s d'une violation arbitraire du droit cantonal de proc�dure et d'une violation du droit constitutionnel d'�tre entendu se r�v�lent ainsi irrecevables.
6.- Enfin, les recourantes pr�tendent que l'arr�t attaqu� violerait arbitrairement les art. 617 et 618 CC. � leurs yeux, les juges cantonaux auraient proc�d� au partage des biens successoraux sans conna�tre ni la valeur de l'immeuble au moment du partage, ni le montant fiscal � d�duire de la valeur du capital-actions, comme l'exigent les articles susmentionn�s.
Ce moyen revient toutefois exclusivement � critiquer l'application des art. 617 et 618 CC. Ressortissant ainsi au droit f�d�ral, il est, une fois de plus, irrecevable dans un recours de droit public (cf. consid. 4b supra).
7.- Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le recours de droit public form� contre le jugement cantonal du 18 janvier 2002 doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable.
Les recourantes, qui succombent, supporteront les frais judiciaires, solidairement entre elles (art. 156 al. 1 et 7 OJ). Il n'y a en revanche pas lieu d'allouer des d�pens � l'intim�e, qui n'a pas �t� invit�e � se d�terminer sur le recours.
2. Met � la charge des recourantes, solidairement entre elles, un �molument judiciaire de 20'000 fr.

References: art. 533
 art. 255
 ATF 
 ATF 
in fine
 art. 43
 art. 267
 art. 474
 art. 24
 art. 617
 art. 617