Source: https://www.editionsdenullepart.info/index.php/ci3/262-bribes-philosophiques/3457-l-amour-envers-la-nature
Timestamp: 2020-08-09 15:33:14+00:00

Document:
L'amour envers [la nature]
§1 Une réorchestration
Dans le domaine linguistique, la réorchestration consiste à formuler une idée différemment de son auteur originel; la réorchestration s'inspire des idées qu'il expose, ou du moins en s'y tient au plus près possible. Toutefois, la réorchestration fait vivre ces idées dans une formulation plus limpide pour soi. C'est chez le linguiste François Richaudeau que j'ai originellement pris connaissance de cette technique. Un recueil lui est consacré sur Nulle Part. Un texte figurant dans ce recueil est consacré à la réorchestration.
La réorchestration peut aussi consister à mieux faire apparaitre typographiquement la structure grammaticale d'une phrase citée, notamment quand elle comporte des listes et possède une structure syntaxique complexe.
Enfin, la réorchestration peut aussi inverser l'ordre de présentation les idées. C'est ce que montrera le §4.
§2 Un passage figurant dans un essai consacré à l'oeuvre maitresse de Spinoza intitulé Éthique V, une lecture cursive se lit ainsi:
§3 Réorchestration simple
Pierre Macherey souligne à la page 83 de son Introduction à l'Éthique de Spinoza, La cinquième partie: les voies de la libération en commentant Éth. V, prop 1 à 10 p.82-83 haut) puis prop 11 à 20 p.83), qu'un processus qui tend à devenir libératoire reste toujours soumis à la règle du temps. Il y décèle au final un art de vivre intelligemment. La tendance à libérer toujours davantage le corps n'a pas sa fin en elle-même; elle n'atteint en effet sa pleine signification qu'à travers les résultats sur lesquels débouche sa mise en oeuvre.
Notons que P. Macherey commence par la fin (« il y décèle au final »); le processus proposé replace cet art de vivre intelligemment en fin de raisonnement.
§3 L'amour envers [la nature], réorchestration inversée
La reformulation du passage consiste ici à commencer par la fin, ce qui a pour conséquence d'inverser l'ordre de présentation des arguments; s'y ajoute la suppression de pronoms en répétant les syntagmes nominaux: ces syntagmes sont ici colorés pour mieux ressortir. Enfin, il s'y relativise aussi, par réalisme, des termes trop absolus comme parfaite maitrise, qui devient meilleure maitrise. Le propos de P. Macherey s'y simplifie en essayant d'éviter l'outrance simplificatrice, qui serait nuisible.
L'amour envers la nature ouvre l'accès à une meilleure maitrise de notre vie affective.
Cette meilleure maitrise constitue un art de vivre intelligemment
& plus régulier.
Cette meilleure maitrise de votre vie affective permet d'accéder à une vision plus globale, plus universelle
Cet art de vivre davantage inspiré par la raison procure au corps
des améliorations qui tendent à devenir pérennes en s'intégrant mieux dans les actes quotidiens,
& des satisfactions dont le nombre augmente en fréquence
puisque les actes que pose le corps au quotidien sont progressivement
davantage rationnels
& de moins en moins limités par les effets délétères de l'imagination sur le corps.
Ce processus rationnel reste progressif et peut subir des fluctuations qui se gomment plus aisément.
Cette réorchestration inverse utilise également la mise en évidence de parallélismes au moyen
& de couleurs.
Réorchestrer semble être ici un moyen adéquat de s'approprier le contenu d'un passage difficile afin d'en cerner mieux les éléments constitutifs.
§4 Le §3 reformulé en une phrase, probablement trop dense:
Le processus défini comme amour de la nature tend à devenir libératoire tout en restant soumis à la règle du temps; autrement dit, plus le temps va, plus l'amour de la nature s'accroit grâce à une meilleure maitrise de notre vie affective qui induit un art de vivre intelligemment procurant au corps des bienfaits (améliorations & satisfactions) qui s'intègrent de mieux en mieux dans des actes que le corps pose quotidiennement qui sont plus rationnels & de moins en moins influencés par le premier genre de connaissance qui est, selon Spinoza, l'imagination.

References: §1
 §4

§2

§3

§3

§4
 §3