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Timestamp: 2016-10-26 04:08:30+00:00

Document:
repr�sent� par Me Anna Soudovtsev-Makarova, avocate,
B�timent D, rue des Chaudronniers 3, 1204 Gen�ve,
B.________, repr�sent� par son tuteur
Fran�oise Dorsaz, avocate.
A.________, n� en Russie le 6 octobre 1977, est arriv� avec ses parents et son fr�re B.________ � Gen�ve en 1990. Il s'est mari� une premi�re fois en 2000 et a divorc� en 2004. Le couple a eu un enfant, C.________, n� le 7 d�cembre 1999. A.________ s'est remari� en 2006 et vit actuellement s�par� de sa seconde �pouse.
Le 14 d�cembre 2003, la m�re de A.________, D.________, a tu� son mari d'une soixantaine de coups de couteau. A.________ a �t� tr�s affect� par ce d�c�s. Depuis lors, il a cess� toute activit� professionnelle.
Par courrier du 6 ao�t 2008, B.________ a fait part au Tribunal tut�laire du canton de Gen�ve de ses inqui�tudes concernant la situation de son fr�re a�n�.
L'expertise ordonn�e par le Tribunal tut�laire a permis d'�tablir que A.________ n'est pas capable de g�rer ses affaires en raison de troubles mentaux, de troubles du comportement et d'une polytoxicomanie. Il ressort du rapport d'expertise judiciaire du 13 novembre 2009 qu'il repr�sente une menace pour sa propre s�curit� et celle de son entourage.
En cours de proc�dure, le Tribunal tut�laire a aussi constat� que les d�penses de A.________ n'�taient pas adapt�es � ses ressources financi�res, provenant uniquement de l'h�ritage de son p�re. Par ordonnance du 19 f�vrier 2009, le Tribunal tut�laire a bloqu� sa part successorale aupr�s d'un notaire et A.________ ne peut plus en disposer qu'avec l'accord du Tribunal tut�laire.
Par d�cision du 19 mars 2010, le Tribunal tut�laire a prononc� l'interdiction civile de A.________ en application de l'art. 369 CC et d�sign� l'avocate Fran�oise Dorsaz en qualit� de tutrice.
L'appel interjet� par A.________ contre cette d�cision a �t� rejet� le 19 novembre 2010 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
Par acte du 10 janvier 2011, A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut, principalement, � ce que l'arr�t entrepris soit annul� et � ce qu'aucune mesure tut�laire ne soit prononc�e � son encontre. Subsidiairement, il demande le prononc� d'une mesure de curatelle ou le renvoi de la cause � la derni�re autorit� cantonale. Plus subsidiairement encore, il conclut � la d�signation de l'avocat Philippe Girod en qualit� de tuteur ou le renvoi de la cause � l'autorit� de derni�re instance cantonale.
Invit�s � se d�terminer, B.________ conclut au rejet du recours et l'autorit� cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t.
Par ordonnance du 27 janvier 2011, la Pr�sidente de la IIe Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral a refus� l'effet suspensif au recours.
Dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en application de normes de droit public dans une mati�re connexe au droit civil (art. 72 al. 2 let. b ch. 6 LTF) et rendue par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 126 al. 3 de la loi d'organisation judiciaire genevoise [LOJ]; art. 75 al. 1 LTF), le recours en mati�re civile est recevable au regard des dispositions pr�cit�es. L'arr�t attaqu� a �t� exp�di� aux parties sous pli recommand� le 23 novembre 2010. Interjet� le 10 janvier 2011, le pr�sent recours est d�pos� en temps utile, compte tenu des f�ries (art. 46 al. 1 let. c et art. 100 al. 1 LTF).
Le pupille capable de discernement peut contester une d�cision en mati�re de tutelle; il a notamment la facult� de former un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral pour faire valoir un droit strictement personnel (arr�t 5A_884/2010 du 7 janvier 2011 consid. 2.1; DESCHENAUX/STEINAUER, Personnes physiques et tutelle, 4e �d., 2001, n� 1011 et 1014 p. 386 s.). L'interdit capable de discernement est en outre habilit� � d�signer lui-m�me un mandataire (ATF 112 IV 9 consid. 1a p. 10; arr�t 5A_194/2011 du 30 mai 2011 consid. 5.1; PHILIPPE MEIER, La position des personnes concern�es dans les proc�dures de protection des mineurs et des adultes, RDT 63/2008, p. 399 ss, 417). Le recourant a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et a un int�r�t juridique � l'annulation ou � la modification de l'arr�t attaqu� (art. 76 al. 1 let. b aLTF, dans la version en vigueur jusqu'au 31 d�cembre 2010); partant, il a qualit� pour recourir.
Le recourant se plaint d'une violation de l'art. 369 CC. Il soutient que c'est � tort que l'autorit� pr�c�dente a qualifi� son �tat de sant� de maladie mentale, sur la base des constatations de l'expertise judiciaire. En particulier, il consid�re que le caract�re durable et les cons�quences de ses troubles ne sont pas suffisamment importants pour justifier une interdiction civile. Le recourant se plaint en outre d'une constatation arbitraire des faits, en relation avec les conclusions de l'expertise au sujet de sa toxicomanie et de son incapacit� � g�rer ses affaires.
2.1 Aux termes de l'art. 369 al. 1 CC, sera pourvu d'un tuteur tout majeur qui, pour cause de maladie mentale ou de faiblesse d'esprit, est incapable de g�rer ses affaires, ne peut se passer de soins et de secours permanents ou menace la s�curit� d'autrui. Il suffit que le malade mental ou le faible d'esprit remplisse l'une de ces trois conditions pour �tre interdit. La d�termination de l'�tat pathologique et de ses r�percussions sur la capacit� de r�fl�chir, de vouloir et d'agir d'un individu rel�ve du fait (arr�ts 5A_82/2011 du 8 avril 2011 consid. 3.1; 5A_689/2010 du 3 mars 2011 consid. 3.1). En revanche, le point de savoir si l'�tat mental constat� m�dicalement tombe sous le coup de la notion de maladie mentale ou de faiblesse d'esprit au sens de l'art. 369 al. 1 CC, ou si ses effets engendrent un besoin de protection particulier, est une question de droit que le Tribunal f�d�ral revoit librement (ATF 82 II 274 consid. 2 p. 279; arr�ts 5A_541/2010 du 1er octobre 2010 consid. 3.1; 5A_176/2010 du 30 avril 2010 consid. 1.3). La notion de besoin de protection d�coule en partie d'une appr�ciation, de sorte que le Tribunal f�d�ral s'impose une certaine r�serve: il n'intervient que si l'autorit� cantonale a exc�d� son pouvoir d'appr�ciation ou en a abus� (arr�t 5A_176/2010 du 30 avril 2010 consid. 1.3). Tel est le cas lorsqu'elle s'est �cart�e sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence ou s'est appuy�e sur des faits qui, dans le cas particulier, ne devaient jouer aucun r�le ou, � l'inverse, n'a pas tenu compte d'�l�ments qui auraient d� �tre pris en consid�ration. Le Tribunal f�d�ral sanctionne en outre les d�cisions rendues en vertu d'un tel pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une in�quit� choquante (ATF 135 III 121 consid. 2 p. 123 s.; 133 III 201 consid. 5.4 p. 211; 132 III 49 consid. 2.1 p. 51; 758 consid. 3.3 p. 762).
Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement sur la base des faits �tablis par la juridiction pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte - � savoir arbitraire (ATF 135 II 145 consid. 8.1 p. 153; 135 III 127 consid. 1.5 p. 129 s., 397 consid. 1.5 p. 401) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF) et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui entend s'�carter des constatations de l'autorit� pr�c�dente doit expliquer de mani�re circonstanci�e en quoi les conditions d'une exception pr�vue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient r�alis�es (ATF 133 III 462 consid. 2.4 p. 466 s.; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.). De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s). Il n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis sans raisons objectives de tenir compte des preuves pertinentes ou s'il a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
2.2 L'autorit� cantonale se r�f�re au rapport d'expertise judiciaire du 13 novembre 2009, qui indique que le recourant souffre de troubles mentaux, de troubles du comportement et d'un syndrome de d�pendance. La consommation de substances illicites du recourant a des r�percussions sur son �tat de sant�; il n�glige son hygi�ne et souffre de diverses pathologies, notamment d'une h�patite C. Le recourant est par ailleurs totalement anosognosique et un comportement auto- et h�t�ro-agressif a �t� constat� par l'expert. En raison de sa pathologie, les capacit�s de concentration et de vigilance du recourant sont limit�es. La Cour de justice a �galement retenu, sur la base des conclusions de l'expert, que le recourant est incapable de g�rer ses affaires, d'entreprendre des d�marches sociales et administratives. Il ressort encore des constatations de la Cour de justice que l'expertise a relev� des �l�ments de personnalit� narcissique chez le recourant; celui-ci a ainsi une haute id�e de ses capacit�s, ce qui implique qu'il ne demandera probablement pas d'aide en cas de difficult�s. Finalement, l'autorit� pr�c�dente retient que l'�tat de sant� du recourant risque de l'amener � faire des d�penses inconsid�r�es, ce qui est susceptible de l'exposer lui ou sa famille � tomber dans le besoin. En d�finitive, les juges pr�c�dents ont qualifi� - sur la base du rapport d'expertise judiciaire - de maladie mentale les diff�rents troubles mentaux et la polytoxicomanie du recourant.
Il ressort de l'arr�t cantonal que le recourant ne travaille pas depuis plus de sept ans et effectue des d�penses hors de proportion avec ses ressources financi�res, constitu�es uniquement de sa part dans la succession de son p�re. Plus pr�cis�ment, entre le 14 mai 2009 et le 24 mars 2010, le solde de sa part successorale est pass� de 755'381 fr. 01 � 634'693 fr. 48. En outre, le 6 avril 2010, l'Office des poursuites a saisi cette part d'h�ritage � hauteur de 20'650 fr. en faveur de divers cr�anciers et un montant de 47'203 fr. a d� �tre vers� d�but 2010 aux bailleurs du recourant pour les frais de r�fection de l'appartement qu'il occupait, en raison de dommages caus�s et d'une usure anormale du logement. Au vu de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a estim� que le recourant compromettait son existence �conomique, ainsi que celle des personnes dont il a la charge et, partant, qu'une mesure de tutelle au sens de l'art. 369 al. 1 CC se justifiait.
2.2.1 Le recourant tente de d�montrer que les �v�nements susmentionn�s, en particulier la consommation de stup�fiants et les importants pr�l�vements sur sa part d'h�ritage, seraient isol�s et anciens, de sorte qu'ils ne seraient pas suffisants pour affirmer qu'il menace sa s�curit� et celle d'autrui. Il fait valoir que ses troubles ne sont pas suffisamment durables pour �tre qualifi�s de maladie mentale. Cette argumentation ne convainc pas. Les �v�nements expos�s par l'autorit� pr�c�dente, que l'int�ress� ne conteste pas en soi, mais qualifie de "rechute" ou impute � son pass� familial, attestent � l'�vidence un comportement qui met en p�ril ses int�r�ts et ceux de son entourage. La Cour cantonale a admis que le comportement dangereux du recourant �tait certes relativement ancien puisqu'il datait de mai 2008, mais elle a d�clar� "[qu']on ne peut en l'�tat �carter que ce risque se concr�tise � nouveau". Elle a en outre relev� que l'�v�nement avait eu lieu "� une �poque o� l'appelant disait ne plus consommer de stup�fiants. D�s lors, m�me l'abstinence en mati�re de stup�fiants n'exclut pas ce risque en raison de la pathologie relev�e par l'expert". Au vu des troubles du comportement constat�s par l'expert, l'autorit� cantonale a estim� que l'abstinence du recourant, conjugu�e avec un soutien psychiatrique, n'est pas encore suffisante. Il s'ensuit que, dans le cas pr�sent, la qualification de maladie mentale ne d�pend pas uniquement de la toxicomanie du recourant, mais �galement des troubles mentaux et du comportement r�v�l�s par l'expertise. Sur la base des constatations de l'arr�t attaqu�, c'est donc � juste titre que l'autorit� pr�c�dente a consid�r� que le comportement du recourant constituait une menace pour sa propre s�curit� et celle de son entourage, n�cessitant une assistance personnelle au sens de l'art. 369 CC.
2.2.2 L'autorit� cantonale aurait fait preuve d'arbitraire dans l'�tablissement des faits en retenant que l'abstinence du recourant a d�but� en 2010, alors que celui-ci d�clare l'�tre depuis fin 2007. Il appara�t cependant qu'un test aux opiac�s effectu� sur le recourant le 24 ao�t 2009 s'est r�v�l� positif et qu'un traitement � la m�thadone lui a �t� administr� durant un mois d�s septembre 2009, en raison d'un sympt�me de sevrage aux opiac�s. A cela s'ajoute qu'au mois d'octobre 2009, le m�decin charg� d'effectuer les analyses d'urine n'a pas pu garantir que le recourant �tait effectivement le donneur de l'�chantillon. En revanche, il est admis que depuis le 22 janvier 2010, le recourant se soumet � des analyses plus r�guli�res, lesquelles ont toutes donn� des r�sultats n�gatifs. Au vu de ces �l�ments objectifs, contraires aux d�clarations du recourant et de B.________, il n'est pas arbitraire de retenir qu'il n'est abstinent que depuis le d�but de l'ann�e 2010. Concernant l'incapacit� du recourant � g�rer ses affaires et le danger que cela implique pour lui-m�me et ses proches, l'autorit� cantonale ne s'est pas fond�e uniquement sur l'hospitalisation de mai 2008, mais a tenu compte de l'ensemble des faits et des conclusions du rapport d'expertise (cf. supra consid. 2.2.1). A cet �gard, il faut rappeler que, de jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399). En l'occurrence, les �l�ments factuels dont le recourant se pr�vaut, sans les �tayer, notamment sa recherche d'emploi, reviennent � substituer sa propre version des faits � celle retenue par les juges cantonaux; ce faisant, il n'indique pas en quoi l'autorit� pr�c�dente aurait constat� (ou omis de constater) ou appr�ci� ces faits et preuves de fa�on insoutenable ni en quoi ceci aboutirait � un r�sultat choquant (ATF 134 V 53 consid. 4.3 p. 62; 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254 s.; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9). La critique du recourant sur l'�tablissement arbitraire des faits et l'appr�ciation arbitraire des preuves est appellatoire, partant, le recours est irrecevable sur ce point.
Le recourant, qui d�clare consentir � accepter de l'aide, estime toutefois que la mesure de tutelle devrait �tre remplac�e par une curatelle et se plaint par cons�quent d'une violation du principe de la proportionnalit�. Il soutient que la mesure requise par son fr�re �tait envisag�e uniquement afin de parer au risque financier et que les aspects de protection de la personne - qu'il conteste - sont apparus en cours de proc�dure. En outre, il fait valoir son attitude coop�rante.
3.1 Une mesure d'ordre tut�laire est en accord avec le principe de la proportionnalit� si elle permet d'atteindre le but de protection recherch� tout en sauvegardant au maximum la sph�re de libert� de l'int�ress�. Son but est de prot�ger le faible contre lui-m�me et contre l'exploitation par des tiers. Une mesure est disproportionn�e notamment lorsqu'elle est trop radicale (DESCHENAUX/STEINAUER, op. cit., n� 862 p. 340). Dans l'hypoth�se o�, compte tenu des conditions l�gales, plusieurs mesures paraissent propres � atteindre le but vis�, il y a lieu de choisir celle qui empi�te le moins sur la sph�re de libert� de l'int�ress� (SCHNYDER/MURER, Berner Kommentar, 3e �d., 1984, n� 32-36 ad art. 367 CC). Le principe de subsidiarit� n'implique toutefois pas que les mesures les plus graves ne puissent �tre ordonn�es qu'apr�s l'application, l'�puisement et l'�chec des mesures plus l�g�res (STETTLER, L'impact du principe de proportionnalit� sur la gradation et le champ d'application des mesures tut�laires, RDT 39/1984 p. 41 ss, 45). La mesure tut�laire doit en tout �tat de cause �tre aussi l�g�re que possible et aussi efficace que n�cessaire (ATF 108 II 92 consid. 4 p. 94; CLAUDE MAGET, Le choix de la mesure tut�laire ad�quate dans les cas des articles 369 � 372 CC, 1956, p.136).
Tant l'interdiction que le conseil l�gal sont des mesures qui permettent, outre la sauvegarde des int�r�ts mat�riels de la personne � prot�ger, une certaine assistance personnelle (arr�t 5A_82/2011 du 8 avril 2011 consid. 3.1). Cependant, en mati�re de conseil l�gal, l'assistance personnelle ne joue qu'un r�le accessoire (ATF 103 II 81 p. 83). La nomination d'un curateur, dont la mission peut, comme le rel�ve le recourant, �galement englober l'assistance personnelle (art. 392 ch. 1 CC; arr�t 5A_568/2007 du 4 f�vrier 2008, consid. 2.3 et les r�f�rences), implique de la part de la personne concern�e une collaboration avec le curateur, celle-ci �tant indispensable au succ�s d'une telle mesure (arr�t 5A_541/2010 du 1er octobre 2010 consid. 3.3). Le curateur ne peut cependant pas garantir une protection suffisante lorsqu'une surveillance et une aide personnelles durables sont n�cessaires (art. 393 ch. 2 CC); seul le tuteur a les moyens de mettre en oeuvre une protection �tendue (ATF 97 II 302 consid. 2 p. 303; arr�ts 5A_389/2007 du 19 septembre 2007 consid. 4.2; 5C.17/2005 du 8 avril 2005 consid. 5.3; 5C.74/2003 du 3 juillet 2003 consid. 4.3.1). Il r�sulte de ce qui pr�c�de que la mesure adapt�e, n�cessaire et suffisante qui doit �tre prononc�e en faveur d'une personne faible d'esprit ou atteinte de maladie mentale ayant besoin de fa�on durable de surveillance, est une mesure d'interdiction (STETTLER, op. cit., p. 46 avec les r�f�rences jurisprudentielles; CLAUDE MAGET, op. cit., p.125).
3.2 L'autorit� pr�c�dente retenu que la mesure de tutelle se justifie en raison d'un besoin de protection "qui s'�tend non seulement aux aspects mat�riels, mais �galement aux soins de sant� physique et psychique". La Cour cantonale a aussi consid�r� que le recourant doit �tre soign� et prot�g� contre lui-m�me en raison de sa maladie mentale, mais les traits narcissiques de son caract�re l'emp�chent de prendre les dispositions utiles pour soigner sa pathologie. Vu l'�tat de sant� du recourant et la n�cessit� de lui imposer, dans son propre int�r�t, des actes de gestion ainsi qu'un autre mode de vie, une mesure moins contraignante, comme la curatelle, centr�e sur la gestion et la protection de ses biens mat�riels, serait insuffisante et inefficace. Il r�sulte des constatations de l'autorit� pr�c�dente que seule l'instauration d'une tutelle permettra de lui assurer une assistance personnelle et la protection que sa situation n�cessite. En cons�quence, les juges cantonaux n'ont pas viol� le principe de proportionnalit�.
Enfin, le recourant se plaint de ce que l'autorit� cantonale a viol� l'art. 381 CC en refusant de d�signer la personne qu'il proposait en qualit� de tuteur, � savoir l'avocat Philippe Girod, associ� de son conseil.
4.1 A teneur de l'art. 381 CC, la personne � prot�ger peut proposer une personne � d�signer en qualit� de tuteur. La proposition de l'incapable quant au choix de son tuteur n'est soumise � aucune forme particuli�re (CHRISTOPH H�FELI, Basler Kommentar, ZGB I, 4e �d., 2010, n� 9 ad art. 380/381 CC). Le v?u de l'incapable n'est pas contraignant pour l'autorit� (ATF 107 II 504 consid. 3 p. 506; 107 Ia 343 consid. 2 p. 344; arr�t 5A_799/2008 du 20 f�vrier 2009 consid. 2.2); celle-ci ne peut n�anmoins s'�carter de la proposition de l'incapable que s'il existe de justes motifs s'opposant � la d�signation de cette personne en qualit� de tuteur (SCHNYDER/MURER, op. cit., nos 32, 83 et 95 ad art. 380/381 CC avec les r�f�rences doctrinales; CHRISTOPH H�FELI, op. cit., nos 8-9 ad art. 380/381 CC; arr�t 5P.310/1991 du 20 janvier 1992 consid. 6b). Si de tels motifs justifient de s'�carter du v?u de l'incapable, l'autorit� doit motiver sa d�cision et exposer les motifs ayant fond� le rejet de la proposition (arr�t 5P.332/2000 du 5 octobre 2000 consid. 3a).
L'art. 381 CC a �t� introduit exclusivement dans l'int�r�t public et non dans l'int�r�t priv� de ceux qui sont habilit�s � proposer un tuteur (arr�t 5P.394/2002 du 17 janvier 2003 consid. 2.2). Le Tribunal f�d�ral a ainsi jug� que l'art. 388 al. 2 CC, selon lequel tout int�ress� peut former opposition contre une nomination ill�gale, doit �tre consid�r� comme une disposition particuli�re du droit de la tutelle, ind�pendante de la proc�dure de d�signation d'un tuteur pr�vue aux art. 380 et 381 CC (arr�ts 5A_443/2008 du 14 octobre 2008 consid. 2.2; 5P.34/1993 du 22 avril 1993 consid. 1b; cf. cependant l'avis contraire de la doctrine: SCHNYDER/MURER, op. cit., n� 70 ad art. 388 CC; BREITSCHMID, Basler Kommentar, ZGB I, 4e �d., 2010, nos 1 et 3 ad art. 388-391 CC).
4.2 Il ressort de l'arr�t attaqu� que le recourant a sollicit� la nomination de son conseil en qualit� de tuteur, ce qui est manifestement inexact au vu des �critures d�pos�es par le conseil du recourant en premi�re instance (art. 105 al. 2 LTF). L'autorit� pr�c�dente a confirm� la d�cision du Tribunal tut�laire et refus� de d�signer la personne sugg�r�e par le recourant, sans exposer son raisonnement. D�s lors que le juge de premi�re instance n'a m�me pas discut� cet aspect dans l'ordonnance et qu'il s'�carte du v?u de l'incapable, l'autorit� cantonale ne saurait se contenter de confirmer sans autre la d�cision de premi�re instance. Quant � l'argument des juges pr�c�dents � l'appui de leur refus d'examiner cette question, � savoir que le recourant aurait d� s'opposer � la d�signation de l'avocate Fran�oise Dorsaz dans le d�lai de dix jours pr�vu � l'art. 388 al. 2 CC, il tombe � faux. Cette disposition ne conf�re pas la qualit� pour recourir contre une violation de l'art. 381 CC (arr�ts 5A_443/2008 consid. 2.2 et 5P.34/1993 consid. 1b pr�cit�s). La motivation de l'arr�t attaqu� sur ce grief est insuffisante, de sorte que l'autorit� cantonale a viol� l'art. 381 CC. Partant, il convient d'admettre le recours sur ce point, d'annuler l'arr�t attaqu� et de renvoyer la cause � l'autorit� cantonale afin qu'elle se prononce � nouveau en tenant compte de ce qui pr�c�de.
En d�finitive, le recours doit �tre admis en ce qui concerne la personne d�sign�e en qualit� de tuteur, rejet� pour le surplus. Dans ces circonstances, il convient en �quit� de r�duire les frais de justice � la charge du recourant (art. 66 al. 1, 2e phrase LTF). Le canton de Gen�ve n'a pas � supporter de frais (art. 66 al. 4 LTF), mais doit verser au recourant une indemnit� de d�pens (art. 68 al. 1 et 2 LTF). B.________, qui s'est d�termin� sur le recours et a pris des conclusions en qualit� de "participant � la proc�dure", n'a pas droit � l'allocation de d�pens, son avocat �tant intervenu en qualit� de tuteur.
Le recours est partiellement admis, l'arr�t attaqu� est annul� en ce qui concerne la d�signation de l'avocate Fran�oise Dorsaz en qualit� de tutrice, et la cause est renvoy�e � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
Une indemnit� de 500 fr., � verser au recourant � titre de d�pens, est mise � la charge du canton de Gen�ve.

References: art. 75
 art. 100
 art. 367
 art. 380
 art. 380
 art. 380
 art. 380
 art. 388
 art. 388