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Timestamp: 2020-07-03 23:56:27+00:00

Document:
FF 1864 Volume 50 P. 89
FEUILLE FEDERALE SUISSE.
XVI. ANNEE. VOLUME HI.
MERCREDI, 23 NOVEMBRE 1864
Conseil fédéral à la haute Assemblée fédérale concernant l'établissement d'un dépôt fédéral de la guerre.
(Du 9 Novembre 1864.)
Tit., Depuis que par suite de la nouvelle constitution fédérale l'ancien conseil de la guerre fédéral a cessé d'exister, il n'y a plus eu d'organe particulier ayant pour mission spéciale l'élaboration des travaux militaires préparatoires pour la défense nationale, jusqu'à ce que, par l'instruction du 22 Juin 1863, l'adjoint du Département militaire pour le personnel, en même temps instructeur en chef de l'infanterie, en a été chargé.
Afin de pouvoir accomplir la tâche qui lui était dévolue, feu Ml le colonel fédéral Wieland a cherché à arriver à l'établissement d'un dépôt de la guerre et en a projeté les premières bases, reconnaissant que les occupations de son emploi ne lui permettaient pas d'accomplir cette tâche compliquée et que les travaux momentanés faits dans cette intention n'étaient pas non plus suffisants pour arriver au but que l'on se proposait. Il voulait arriver à ce but par l'organisation d'un dépôt de là guerre.
Les collections des archives ont été jusqu'à présent confiées aux soins de l'Administration fédérale du matériel, qui, il est facile de le comprendre, en soignait bien l'administration mais ne pouvait les compléter. Il n'y a donc personne qui soit chargé de continuer cette importante collection, d'en faire l'objet d'études et de la rendre utile.
XVI. année.
Cet établissement qui devait être foiidé, ainsi que la collection elle-même, soit les matériaux du dépôt delà guerre, devaient être sous la direction supérieure de l'adjoint pour le personnel chargé de l'élaboration des travaux préparatoires en cas de guerre.
Les ressources d'un bureau topographique, personnel et matériel, sont indispensables pour les travaux d'un dépôt de la guerre. On devrait donc saisir l'occasion qui se présentera naturellement, après la fin de la confection de la carte fédérale, lors de la remise aux archives du matériel topographique, pour rattacher au dépôt de la guerre à Berne un bureau topographique permanent.
Le colonel Wieland, dans les efforts qu'il faisait pour élever les connaissances de notre état-major, sentait la lacune qui existait dans l'instruction ordinaire qui est donnée aux officiers d'état-major pour ce qui concerne la connaissance du pays, la défense nationale, ainsi qu'en ce qui comprend les travaux préparatoires de cette défense; aussi voulait-il utiliser la formation d'un dépôt de la guerre, jusqu'à un certain point, pour combler cette lacune, en donnant aux officiers l'occasion de se familiariser avec ces travaux et en les y occupant temporairement. En somme, la tâche qui incombait au dépôt de la guerre était la suivante : La mise en ordre, l'augmentation et l'étude des collections militaires dont nous disposons; et leur organisation de manière à ·ce qu'on puisse les utiliser ; l'achèvement des travaux préparatoires nécessaires à la défense nationale ; la continuation des trav.aux de l'atlas topographique, en ce qui concerne les changements survenus et la confection de cartes nécessaires à la guerre ou pour des manoeuvres militaires ; de servir de moyen d'instruction pour les officiers d'état-major.
Les archives militaires ont été par le fait jusqu'à présent des collections improductives, où les matériaux réunis étaient simplement amassés.
Il n'y existe pas une classification propre à en faire un usage sûr et facile, une élaboration régulière pour compléter et augmenter la collection n'a pas eu lieu, sauf pour ce qui concerne les reconnaissances annuelles.
Il en est résulté que la collection des matériaux relatifs à la connaissance du pays et à la défense territoriale est restée incomplète, et contient des lacunes soit pour ce qui est relatif k certaines parties du territoire, soit pour ce qui concerne le travail en lui-même. Relativement aux zones frontières il existe encore des lacunes; les matériaux concernant l'intérieur de la Suisse, ainsi que le territoire étranger avoisinant nos frontières, manquent corn-plétement.
91 Les mémoires militaires existants relatifs à la défense territoriale sont en majeure partie surannés, en ce qu'ils proviennent d'une époque à laquelle l'introduction des armes rayées, les transports au moyen des voies ferrées et le changement de nos frontières vis-à-vis de trois pays voisins n'avaient pas encore produit des modifications essentielles dans notre position stratégique.
L'état dans lequel se trouvent les archives réclame l'établissement de fonctions qui soient chargées de réunir $ en temps de paix, les renseignements qui sont nécessaires à la guerre.
Les archives militaires forment une collection fermée, aucune disposition ne permet à notre état-major général d'utiliser cette collection.
Les ofticiers, dont on exige à la guerre les connaissances que l'on ne peut puiser que dans ces matériaux, n'ont pas l'occa.sion d'eu prendre connaissance.
Le dépôt de la guerre sera chargé des travaux préparatoires aux opérations de la guerre, qui incombent en temps de paix à tout état-major, et donnera ainsi aux officiers qui seront tour à tour appelés a y travailler l'occasion d'acquérir la connaissance de notre territoire et des moyens de défense, connaissance qui leur manque généralement. Ils y seront appelés, en outre, à des travaux qu'ils n'ont pas l'occasion de faire dans le service ordinaire d'adjudant.
Le matériel du bureau topographique à Genève sera réuni aux archives du Département militaire aussitôt que l'atlas sera terminé, et des travaux topographiques non interrompus seront nécessaires' pour achever ce qui nous manque.
Les originaux topographiques constituent les matériaux indispensables à l'état-major : il s'en suit que le nouveau bureau topographique devra être réuni avec le bureau d'état-major, comme cela est nécessaire en suite des rapports constants de ces deux branches et comme c'est le cas dans d'autres pays.
Lors de la nouvelle organisation, on devra avoir également en vue l'achèvement de la collection et son utilisation.
L'achèvement exige encore de nombreux travaux qui seront l'attribution du nouveau bureau topographique.
Ces travaux comprendront entre autres : la continuation de la carte réduite en 4 feuilles ; un travail continu pour reporter dans l'atlas topographique les changements qui ont eu lieu depuis la publication, ainsi que toutes les corrections; l'achèvement de la misé au net des levés topographiques ; la préparation et l'impression des cartes nécessaires en cas de guerre, dans l'intérieur du territoire, ainsi que des .cartes des pays qui bornent nos frontières.
92 Par îa réunion du bureau topographique avec le bureau d'état-major, le matériel topographique pourra être plus utilisé que cela ne pouvait avoir lieu jusqu'à présent, avec la position excentrique de ce bureau et sa destination exclusive qui était l'achèvement do l'atlas.
Les reconnaissances annuelles atteindront mieux leur but, lorsque chaque brigade possédera des copies k l'échelle des levés sur le terrain à reconnaître.
L'utilisation du matériel topographique s'étend aussi aux différents besoins des places d'armes fédérales, qui exigent des cartes de manoeuvres.
Le bureau topographique devra être encore il la disposition des chefs d'armes si les besoins l'exigent.
Les Gouvernements des Cantons qui ne se sont pas chargés euxmêmes des triangulations et levés, auront besoin de posséder des copies des minutes qui les concernent; il en sera de même des sociétés de construction et de savants.
Les originaux topographiques appartiennent dans un sens plus général & la science et sont par cela môme du domaine du public; il faudra en faciliter l'utilisation d'une manière libérale.
L'organisation projetée d'un dépôt de la guerre est donc fondée en général : 1) sur la nécessité de compléter les collections et de les organiser de manière à en rendre l'usage facile; 2) sur l'intérêt incontestable qu'il y a de rendre le contenu des archives utile à l'état-major fédéral et par suite à l'armée en général.
Pour motiver plus en détail le projet qui va suivre, le Conseil fédéral estime utile d'énumérer ci-après les travaux qui incombent au dépôt de la guerre, puis de soumettre un projet pour les travaux à, exécuter en 1865, en ayant égard à ce qui est le plus urgent, dès à présent, pour pouvoir déterminer le personnel et le chiffre à porter au budget.
Organisation du dépôt de la guerre.
Bwreau d'état-major.
Travaux de ce bureau.
Analyse et classification des matériaux existants et rentrant annuellement aux archives militaires.
Statistique militaire des Etats avoisinants.
3) Travaux préparatoires et réduction finale des reconnaissances annuelles.
4) Rédaction de mémoires sur la défense territoriale.
5) Statistique des communications et des moyens de transport.
6) Examen des différentes publications ayant pour objet des ·sujets militaires, travaux sur les opérations des guerres contemporaines.
Collection historique militaire.
7) Communications réciproques entre le dépôt de la guerre et les bureaux du génie et de l'artillerie.
8) Conservation des collections, et, spécialement, service de la bibliothèque.
9) Travaux spéciaux des officiers du génie.
10) Travaux sur des questions militaires spéciales et travaux administratifs, en général, que le Département militaire peut demander au bureau d'état-major.
Classification des matériaux des archives.
Ce travail se trouve naturellement justifié par l'emploi et l'utilisation des matériaux. La valeur des matériaux existants ainsi que les dépenses qui ont été faites pour les reconnaissances, demeurent un capital improductif si ces matériaux sont inaccessibles.
Il est nécessaire de fixer dans un travail spécial le type et les bases que l'on veut adopter pour la classification des matériaux des archives concernant la connaissance du territoire et la défense nationale, savoir : La division en séries géographiques des zones frontières.
Dans ces divisions les matériaux seront répartis en quatre catégories-.
Descriptions tactiques (topographiques) dans lesquelles rentrent les reconnaissances, les rapports et croquis des positions, les profils et la description des cours d'eau.
Description statistique. En ne considérant que ce qui est d'un intérêt militaire, des formulaires imprimés devront être établis k cet effet.
Importance stratégique (géographique-militaire), emploi des accidents du terrain.
4. Matériaux historiques militaires.
Dans chaque catégorie on observera l'ordre des sections géographiques .
Après que le bureau d'état-major aura classé le matériel existant, .il cherchera à combler les lacunes avec les moyens dont il dispose, afin d'établir une description générale du pays au point de vue militaire; cette description comprendra les différentes parties de la Suisse au point de vue tactique, statistique, stratégique et historique.
2. Collection et études des notices militaires concernant les pay* voisins et leur puissance militaire.
La collection des renseignements sur un. Etat limitrophe avec lequel nous pourrions entrer en conflit, doit contenir la statistique de ce pays, les moyens dont il peut disposer, ainsi que des renseignements sur le territoire limitrophe.
Jusqu'à présent, les archives militaires ne possèdent presque aucun renseignement à ce sujet.
La Confédération n'a pas encore d'organe capable de réunir ces renseignements qui nous seront précieux en cas de conflit.
Comme un mouvement offensif sur le territoire ennemi, fait en temps opportun, peut être un des moyens les plus efficaces pour une bonne défense nationale, il est évident que la connaissance même de l'ennemi et de son territoire devient nécessaire.
Il est facile de comprendre que la connaissance des lignes d'opération et des moyens de communication dont l'ennemi se sert pour atteindre nos frontières est très importante. Il eu est de môme de la notion des obstacles naturels qu'il rencontrera et en général du terrain avoisinant qui peut devenir le, théâtre de la guerre par suite des opérations.
La connaissance parfaite de notre propre terrain envisagé au point de vue militaire n'est guère possible sans la notion du territoire étranger, limitrophe, et les dispositions de la défense doivent naturellement se diriger sur celles de l'attaque.
L'étude des progrès de l'organisation militaire et des perfectionnements dans les moyens de faire la guerre, est plus ou moins laissée au soin et ù la bonne volonté individuelle ; il y a de notables progrès à faire chez nous sous ce rapport.
Dans d'autres pays, c'est le dépôt de la guerre ou l'organisation analogue d'un bureau d'état-major qui est chargé de réunir ces utiles renseignements et il y aurait, sans aucun doute, progrès pour notre armée, si l'organisation militaire d'autres Etats était imitée sous ce rapport et si le dépôt de la guerre était chargé des travaux en question.
Comme une grande partie de ces connaissances peut, être puisée dans les publications étrangères, ce'travail serait confié à
des officiers de l'état-major co.ame travail privé et volontaire et le dépôt de la guerre leur fournirait les matériaux qui leur seraient nécessaires.
La statistique militaire de l'étranger comprendra les points suivants : 1) Organisation de l'armée.
2) Armement et équipement.
3) Notions statistiques.
4) Territoire.
3. Les reconnaissances annuelles.
Les reconnaissances qui ont lieu chaque année peuvent déjà être considérées comme un commencement de l'institution du dé" pot de la guerre ; elles demeureront encore après son établissement la source la plus importante pour le complément des archives militaires.
Le dépôt de la guerre prêtera à ces reconnaissances tout son concours et mettra tout à leur disposition pour que les résultats en soient le plus fructueux possible.
La brigade chargée d'une reconnaissance ne pourra s'acquitter convenablement de cette tâche que si elle a recueilli déjà auparavant tous les renseignements nécessaires concernant le terrain qu'il s'agit de reconnaître, car sans cela elle s'occupera à recueillir des renseignements qui sont déjà connus, ou elle risquera de ne recueillir que des notions de peu d'importance, si, préalablement, la partie à reconnaître n'a été envisagée au point de vue géographique, militaire et stratégique.
La reconnaissance pourra enfin être inutile si l'on procède au levé de terrains dont nous possédons, déjà de bonnes études.
Le bureau d'état-major fournira donc-, pour l'époque fixée à la reconnaissance, un résumé des notions puisées dans les archives concernant la section à reconnaître, comprenant : 1 " Un résumé de la géographie militaire et de la position stratégique de la section à reconnaître ; 2° les matériaux de description topographique soit tactique de la partie à explorer, de ses communications, positions, de ses cours d'eau, au moyen de copies et de dessins ; pour ces derniers, la photographie pourra être employée afin de reproduire les points les plus importants, et afin que les détails militaires, puissent y être étudiés et examinés avec plus de soin ; 3" des tableaux statistiques complétés autant que les matériaux existants auront permis de le faire. Ces tableaux seront vérifiés, s'il y a lieu, et complétés; 4° Un résumé historique militaire des opérations qui ont eu lieu sur la section à reconnaître.
Le chef du dépôt devra non-seulement tenir à jour un contrôle de toutes les pièces contenues dans les archives, mais il annotera aussi avec soin ce qui manque à la collection et ce qui devrait être l'objet d'études.
Le Département militaire et la Commission du dépôt de la guerre fixeront, chaque fois, les parties qui devront faire l'objet d'une reconnaissance dans le courant de l'année.
Quelques-uns des officiers désignés pour prendre part à la reconnaissance seront convoqués au dépôt de la guerre avant qu'elle commence et ils s'y réuniront de nouveau pour achever et coordonner leur travail lorsque la reconnaissance sera terminée.
Les reconnaissances annuelles ont deux buts, savoir : a) l'investigation du pays au point de vue militaire ; ô) le développement des officiers de l'état-major dans des études stratégiques-tactiques.
Chaque reconnaissance portera sou fruit daus ces deux sens, si même l'on ne cherche à obtenir qu'un des buts mentionnés ; il est indispensable pour le dépôt de la guerre que des reconnaissances aient lieu tout spécialement dans le premier.
4. Réilaction de mémoires snr la défense nationale.
Les travaux du bureau d'état-major doivent avoir pour but de réunir une collection de mémoires concernant la défense territoriale de tout notre pays et d'arriver par là à former une science spéciale ayant pour objet cette défense.
On doit favoriser tous les moyens qui sont propres k propager parmi les officiers d'état-major les connaissances qui y ont rapport et au nombre desquelles on peut mentionner spécialement l'enseignement pour l'état-major de la géographie militaire suisse.
Si l'état-major ne possède pas ces connaissances générales, il pourra arriver qu'en cas de guerre, notre adversaire saura mieux profiter, à l'avantage de ses dispositions stratégiques,.des circonstances géographiques de notre pays que nous-mêmes, et que pour avoir négligé cette étude importante, nous serons frustrés des avantages que tire un état-major bien instruit des circonstances géographiques du théâtre de la guerre.
Chaque état-major des autres Etats connaît, non-seulement, son propre territoire mais aussi celui des pays avoisinauts. Il connaît les points importants à occuper, lu signification et les avantages de telle ou telle ligne, l'influence de la forme et du genre de frontière, celle de la ligne des fleuves et des chaînes de montagnes, ainsi que des routes, des réseaux de chemins de fer et surtout des places fortifiées.
Il est notoire que l'on a peu fait chez nous jusqu'à présent
touchant ce point important de l'art militaire; que l'on cherche en vain des principes fixes à ce sujet, et que les avis de ceux qui eu ont sont habituellement très divergents.
Pour arriver à ce but, le dépôt de la guerre doit être cUargé de l'analyse des mémoires et de leur élaboration, en tenant compte des circonstances actuelles. Il désignera les travaux qui restent a .faire.
Le dépôt de la guerre ne peut pas élaborer les questions d'une manière définitive, mais il est l'organe qualifié pour réunir les matières.
La dernière main doit être mise à la suite d'une discussion et de l'adhésion d'un grand nombre d'officiers compétents.
Les premiers travaux portent sur les points suivants : La plupart des matériaux qui se trouvent aux archives, ont été élaborés à une époque où le système des armes rayées et le transport par chemins de fer .ne pouvaient exercer aucune influence quant au parti à tirer du terrain et aux dispositions stratégiques.
Une position, une ligne stratégique qui alors pouvaient être d'une grande importance, n'en ont plus aujourd'hui.
D'autres positions géographiques ont par contre gagné eu importance.
De plus, les études existantes se basent sur les conditions de frontières antérieures. A la suite de la campagne française eu Italie, et des changements de frontière qui en ont été la conséquence, nos rapports stratégiques, tant du côté de la France que vers l'Italie et l'Autriche, ont subi des modifications essentielles.
Un des travaux du bureau d'état-major consistera dans l'étude de la situation au point de vue des progrès réalisés dans les engins de guerre, dans les armes, les chemins de fer et les télégraphes, ainsi qu'en ce qui concerne les changements de frontière.
Nos montagnes les plus inaccessibles ont été ouvertes par les routes des Alpes; le principal but en était de renforcer la défense du pays. Or, si nous voulons que les grands avantages que ces moyens de communication améliorés peuvent nous procurer, ne profitent qu'à nous et non pareillement à l'adversaire, il y a aussi à prendre des mesures militaires de nature à tenir ces lignes ouvertes pour nous, et à les fermer à l'ennemi. Pour déterminer les points les plus convenables, ainsi que- les meilleurs moyens, il importe d'étudier a fond les conditions militaires géographiques, à quel effet le dépôt de la guerre devra fournir les matériaux.
Il nous reste encore l'importante question de savoir comment mettre, à l'aide de fortifications, la défense du paya à la hauteur des moyens d'attaque modernes.
Déjà avant l'introduction des armes rayées , maint officier compétent était de l'opinion que telle ou telle de ces fortifications?
offrait autant de chances à l'attaque qu'à la défense.
«[/emploi des armes rayées a, depuis lors, notablement amoindri, sur divers points, l'importance des ouvrages existants.
A la faveur de la grande portée, l'artillerie d'attaque et même l'infanterie ont gagné les positions contre lesquelles on était précédemment défendu par la distance.
Tous les autres Etats s'occupent de résoudre la question de savoir quelles sont les modifications à apporter aux ouvrages existants pour les mettre en état de résister aux nouveaux moyens d'attaque, et (ainsi que l'Assemblée fédérale l'a déjà reconnu), nous ne pouvons, pour notre part, nous abstenir de travailler à ces améliorations sans renoncer aussi au concours des moyens de défense des fortifications.
Or, avant que l'on puisse aborder seulement les études techniques, il est nécessaire de s'entendre préalablement sur la valeur stratégique des positions et sur leur influence quant aux opérations, si l'on ne veut pas occasionner des dépenses qui seraient aussi peu utiles pour la défense qu'onéreuses au rise.
5. Communications militaires. Statistique des moyens de, transport.
Cet objet est d'une importance particulière et, pour les travaux préparatoires de l'état-major général, des relevés exacts de» communications existantes, des tableaux et des cartes d'étapes sont du plus urgent besoin.
Le bureau topographique lui-même ne possède pas de levés réguliers sur une partie notable de la Suisse, dans laquelle se trouve surtout comprise une partie de la Suisse occidentale, très importante militairement parlant.
Un des premiers travaux du dépôt de la guerre doit être de se procurer dans toutes les Directions cantonales des travaux publics, les matériaux sur l'état actuel des réseaux de routes, et de faire lever des copies : 1. pour préparer les corrections nécessaires à l'atlas topographique et 2. dresser les tableaux exacts et les cartes d'étapes à l'usage de l'état-major général.
Un travail que le dépôt de la guerre doit tenir au courant chaque année est la statistique des moyens d'exploitation des chemins de fer et de la navigation a vapeur.
99 6. Examen des publications militaires. Travaux sur les opérations militaires contemporaines. Histoire militaire.
Il n'y a pas de doute que parmi les officiers d'état-inajor fédéral il ne s'en trouve plusieurs qui, en dehors du service, se livreraient avec intérêt à des travaux militaires, dès qu'on leur en offrirait l'occasion et les matériaux.
Le dépôt de la guerre livrerait à ceux des officiers qui s'y intéressent les matériaux utiles et recevrait en retour un rapport.
On comprend de quelle utilité ces études seraient, tant pour ceux qui s'y livrent que pour les collections et le système militaire en général.
Les collections sur l'histoire militaire.
En ce qui concerne la collection sur l'histoire militaire (suisse), le dépôt de la guerre devra, pour le moment, se borner à enrichir les archives de documents, aussi souvent que l'occasion s'en présentera et à s'en remettre cour les études spéciales à l'activité des officiers.
Il existe dans les archives des Cantons un grand nombre de documents historiques militaires. Là où cela peut avoir lieu, le dépôt de la guerre devrait eu faire l'acquisition; puis, les travaux volontaires offrent un moyen d'enrichir la collection fédérale, en ce qu'il se trouvera facilement des officiers qui, étant munis d'une recommandation du Département, auront accès dans les archives de leur Canton, pour y prendre des extraits, des copies, et, en général, s'y livrer à des travaux sur l'histoire militaire.
Ce dépouillement au profit du. dépôt de la guerre ne serait pas si difficile à organiser.
Communications réciproques entre le dépôt de la guerre et les bureaux du génie et de l'artillerie.
Des communications réciproques sont nécessaires entre le bureau du génie et le dépôt de la guerre.
Il faut que le bureau du génie possède en original ou eu copie tous les plans relatifs aux fortifications, et il ne peut pas convenir au Département militaire, lorsqu'il n'a pas ces plans sous la main, de devoir les faire venir, cas échéant, du bureau du génie.
Jusqu'à présent cet inconvénient est tel qu'une partie des plans se trouve chez l'Inspecteur du génie, et l'autre aux archives militaires, sans qu'il en existe de copie.
De plus, les collections destinées a l'usage de l'état-major
général doivent nécessairement posséder les plans de fortifications qui sont importants pour les dispositions tactiques de !a défense.
Le bureau d'artillerie doit posséder, d'une part, les plaiva des places de tir et de manoeuvres d'artillerie; d'autre part, les plans de détail et les cartes de places d'armes fédérales fortifiées; les plans de détail lui sont nécessaires pour disposer l'artillerie de défense dans les fortifications, £t il a besoin des plans topographiques nivelés pour l'appréciation des distances et des différences de niveau entre les positions de notre artillerie et de celle de l'ennemi.
Le dit bureau ne possède pas de personnel, ni pour copier ce qui existe, ni pour procurer ce qui manque.
Des communications réciproques soit en vue de compléter les archives militaires centrales, soit pour les besoins des bureaux du génie et d'artillerie, peuvent aussi être désignées comme faisant partie de la tâche du dépôt.
9. Travaux spéciaux; des officiers
Les officiers du génie (ou d'artillerie) travaillant au bureau d'état-major ne forment pas une section spéciale; ils s'occupent des mêmes objets que les officiers d'état-major général, et ausai de ceux qui concernent leur arme.
Les officiers du génie seraient spécialement chargés parmi les travaux que nous venons d'énumérer, de ceux qui exigent des dessins et des plans, et, dans les reconnaissances des levés qui se font avec des instruments.
Un travail spécial pour les mêmes officiers serait de réunir les matériaux qui se trouvent entre les mains des autorités civiles. Ainsi, la connaissance des fleuves est essentielle pour bien apprécier le pays au point de vue topographique militaire.
Les Autorités cantonales et les Sociétés de chemins de fev possèdent de riches matériaux en plans et profils qu'ils ont fait établir po\ir la correction de fleuves et pour les tracés des voies ferrées. Ces matériaux, essentiels pour le bureau du génie et le bureau d'état-major pourront être acquis au dépôt de la guerre en les faisant copier par des officiels du génie.
Nous désignerons encore comme incombant aux officiers du génie les travaux suivants : Levés fiées.
des contrées environnante* des places d'armes
Levés des terrains de manoeuvre des places d'armes servant d'écoles militaires et de rassemblements de troupes ; Levés des points stratégiques importants;
Levés des cìtampa de bataille pour des travaux historiques militaire-.
Plusieurs de nos positions fortifiées ne possèdent pas les plans topographiques qui doivent servir de plans généraux de situation des environs et surtout exprimer les rapports en relief et les distances entre les lignes de feu des ouvrages et le terrain extérieur à battre, ainsi que les rapports entre les positions probables de l'artillerie ennemie et l'espace intérieur des ouvrages.
Ces données sont suffisamment procurées par des levés à VIQ.OOO à courbes équidistantea à 5m, sur une étendue de 3 à 4 kilomètres de rayon.
'· Ce travail est urgent dans ce sens qu'il doit servir de base à un travail important qui est celui de l'examen de nos places d'armes fortifiées -au point de vue des armes rayées qui ont été introduites dans toutes les armées.
Les levés topographiques qui seront nécessaires devront être faits soit par le bureau de l'Inspecteur du génie, soit par le dépôt de la guerre.
Dans ce dernier cas, il sera efi'ectué par des,officiers du génie commandés îi cet effet au bureau d'état-major.
Les triangulations qui seront nécessaires seront opérées par un officier expérimenté et les levés de détail par des aspirants du génie ou par des officiers nouvellement brevetés.
Il serait peut-être dans l'intérêt du corps du génie que l'on posât pour condition de l'obtention d'un brevet d'officier d'avoir opéré le levé d'une certaine étendue des environs d'une de nos places d'armes.
° Aussitôt que ces premiers travaux qui sont les plus urgents, auraient été achevés, le même personnel pourrait être employé à opérer les levés des positions stratégiques reconnues comme telles, puis entreprendre les levés moins pressants des terrains de manoeuvres, et enfin des champs de bataille sur territoire suisse pour un travail historique militaire.
Le résultat de ces levés sera: 1. Un atlas des environs des places d'armes fortifiées: à Vio,ooo et à 5 mètres d'équidistance.
2. Un atlas des positions stratégiques les plus importantes, à la même échelle.
3. Une collection des plans imprimés des places d'armes fédérales et des terrains de manoeuvres.
4. Un atlas historique des anciens champs de bataille et des opérations militaires ayant eu le territoire suisse pour théâtre.
102 10! Mémoires pour Vattaque et In défende de* places d'armes ftrrlißees.
Ces mémoires devront occuper dans les archives de la défense nationale xme place encore vide pour le moment.
Pour combler cette lacune, les matériaux spécifiés sou.s 9° sont indispensables.
Il serait difficile de préciser une étude qui soit aussi instructive pour les officiers du génie que nécessaire pour les préparatifs de défense nationale.
Ces travaux sont, il est vrai, du domaine du bureau du génie, mais ÏLOUS les citons ici pour mentionner une lacune, qui existe dans les archives militaires et qui devra être comblée.
Il sera établi chaque année un plan des travaux à exécuter pour le bureau d'état-major.
Nous donnons ci-après le plan qui pourrait être fixé pour l'année 1865, soit afin de faire bien saisir la mise en oeuvre de l'institution, soit afin de servir de base au budget qui ne variera pas d'une manière sensible, au moins dans les premières années, ce qui permettra à l'Assemblée fédérale d'apprécier la portée financière de la création. Il sera procédé de môme pour la section topographique.
Plan des travaux pour le bureau d'état-major
Traoaitx courants du dépôt île In guerre.
Analyse et classification des matériaux existants aux archives.
Travaux ordinaires concernant toutes les collections : Coordination, Conservation, Augmentation et soins concernant l'utilisation des matériaux.
Travaux en rapport avec ceux de Cétat-major.
3. Travaux préparatoires et mise au net du résultat des reconnaissances ; a. Réunion de tous les matériaux existants aux archives concernant le territoire à reconnaître, tant en mémoires qu'en dessins, au point de^vue topographique, statistique, tactique, stratégique et historique ; ainsi que pour ce qui concerne les communications des positions et des fortifications.
103 b. Aperçu de la géographie militaire du territoire qui fait l'objet de la reconnaissance.
c. Tableau de ce qui manque dans les archives et de ce qui doit être exploré sur ce terrain.
il. Mise au net des matériaux recueillis.
4. Travaux relatifs au rassemblement de troupes.
Le dépôt "*d e la guerre établira, en se servant des matériaux dont il dispose, les cartes de manoeuvres pour le rassemblement fie troupes; il s'adjoindra, à cet effet, quelques-uns des officiers d'état-major commandés pour prendre part au rassemblement.
L'adjoint du Département militaire pour le personnel fera faire par ces officiers la reconnaissance tactique et stratégique du terrain choisi pour les manoeuvres.
Travaux spéciaux . du dépôt 5. Travail sur les communications militaires, comprenant : a. Collection (par copies) des matériaux existants dans les Administrations cantonales des travaux publics sur l'état des voies de communication et des réseaux de routes, afin de préparer les corrections nécessaires pour l'atlas topographique et pour servir au travail du dépôt'sur les communications militaires.
Report à la main, sur les cartes des états-majors de division et de brigade, des corrections les plus importantes relatives aux routes et aux chemins de fer.
i>. Etude des communications militaires.
Collection de tous les matériaux pour avoir un aperçu général de ces communications; établissement de tabelles et de cartes; appréciation et classification, au point de vue militaire, des communications existantes.
s/. Etablissement d'une collection complète concernant une statistique de l'exploitation des lignes ferrées. Exposition générale des moyens d'exploitation.
d. Perfectionnement des collections statistiques concernant les moyens de transport sur les lacs.
fi. Etude des cours d'eau.
Collection, des matériaux existants à ce sujet dans les bureaux cantonaux: des travaux publics.
Etude sur ces matériaux et a perçu général de ceux-ci.
Une appréciation militaire des lignes du Rhin, de la Limmat et de la Reuss fera l'objet des études pour 1865.
Le chef du dépôt de la guerre et les officiers supérieurs convoqués au bureau d'état-major présenteront des .mémoires sur les moyens de défense de certaines zones de frontière et d'autres parties du territoire d'après les matériaux existants aux archives.
Personnel nécessaire pour les travaux en 1865.
Budget du, bureau
J'é/fit-mujor.
Le personnel suivant est nécessaire; pour l'élaboration des travaux spécifiés pour l'année 1865 SOUP le § U : Durée totale du temps de service.
Le chef du dépôt pour les travaux, qui lui seront plus particulièrement indiqués par uue instruction spéciale.
Un officier d'état-major ou un aide pour les travaux indiqués sous §§ i et 2.
Officiers d'état-major se relevant pour les travaux spécifiés sous §§ 5 et 6.
Officiers supérieurs de l'état-major pour les travaux indiqués sous § 7.
temps total 24 mois, soit deux officiers convoqués pour une année.
Le chef du dépôt avec appointement annuel de fr. 4000- 4500.
Un officier d'état-major ou un aide, 9 mois à fr. 8 par jour » 2200.
Les officiers convoqués avec solde réglementaire : officiers subalternes » 2200.
» supérieurs » 3600.
Total annuel fr. 12000-125Î3ÔT Observation. Les officiers qui travaillent au dépôt pour les reconnaisssances militaires et les rassemblements de-troupes reçoivent leurs appointements pour ce service sur les crédits spéciaux affectés aux exercices sus-mentionnés.
Section topoçraphique du dépôt de la guerre.
Désignation et exposé des travaux à
A la fin de cette année sera terminé l'atlas topographiqne de la Suisse, cette oeuvre nationale qui, grâce à la direction si distinguée de M. le Général Dufour, a gagné à un si haut degré l'approbation de la Suisse et de l'étranger.
105 Mais, d'un côté, les changements se multipliant chaque année, et, de l'autre côté, les demandes de plans et de cartes topographiques pour l'usage civil et.militaire allant toujours en augmentant, il devient nécessaire de continuer certains travaux du bureau topographique que nous allons énumérer :
t. Achèvement de la carte réduite.
Après la mort de celui qui avait entrepris la gravure de -la carte réduite, le bureau topographique n'a pas continué à poursuivre ce travail, vu que l'achèvement de l'atlas -était la tâche principale, qui ne pouvait Être éntravée-par des travaux d'un ordre secondaire.
Pour le moment la feuille II partie N.-E. de la Suisse est presque complètement achevée; les trois autres feuilles doivent encore recevoir la gravure du figuré du terrain.
L'achèvement de la carte réduite exigera encore quelques années.
Aussitôt que la dernière feuille de l'atlas sera terminée, le travail de la carte réduite, si, vivement réclamée par le public militaire, devra être repris.
2. Achèvement des copies des minutes des levés.
Un des travaux les plus importants et qui mérite d'être achevé aussitôt que possible, est la mise au net des minutes des-levés.
Le matériel topographique consiste en partie en feuilles originales des levés qui ont été entrepris .par les soins de la Confédération, et en partie en copies des levés effectués par les Cantons et qui n'ont été communiqués au bureau toppgraphique que par des calques.
Le travail désigné consiste en copies des -levés fédéraux et notamment dans la mise au net des calques cantonaux. Ce travail demandera environ deux ans à un dessinateur.
La réunion complète de ces matériaux si précieux, qui sont constamment utilisés et qui fout l'objet de demandes continuelles de copies, devra avoir lieu aussitôt que l'atlas sera terminé.
3. Remanicment de quelques feuilles de l'atlas fédéral.
Il n'existe pas pour une partie considérable -de la Suisse de levés réguliers, en ce que, au commencement de l'entreprise de ce travail et afin d'en activer la marche, on fit l'acquisition de matériaux topographiques dont une. partie n'étaient pas officiels; d'autres étaient officiels, mais ne reposaient pas sur le système des courbes équidistantes.
Les levés réguliers manquants devront par la suite être effectués, et il est à souhaiter que pour achever la collection des levés Feuille fédérale. Année. XVI. Vol. IÎI.
106 topographiques, ainsi que dans l'intérêt du remaniement des feuilles précitées de l'atlas, ces levés ne soient pas renvoyés à plus tard et que la Confédération accorde à cet effet les mômes subsides qu'elle a accordés pour les autres travaux cantonaux qui ont été effectués. Les Cantons de Berne, Soleure, Argovie et Thurgovie sont sur le point de commencer les levés du cadastre, et, sans aucun doute, ils 'entreprendront en môme temps les levés topographiques qui manquent.
Pour Neuchàtel, qui possède uii levé planiniétrique, il n'y aura plus qu'à opérer le nivellement topographique; il en est de même pour le Jura bernois qui possède des levés cadastraux.
Le territoire, pour lequel le bureau topographique ne possède pas de levés originaux réguliers et pour lequel de nouveaux levés devront être entrepris pour le remaniement de quelques feuilles, comprend environ la septième partie de la Suisse.
L'utilisation de quelques matériaux privés, quoique ne réunissant pas toutes les conditions voulues, pour la confection de quelques feuilles, nous a procuré l'avantage de pouvoir posséder actuellement déjà l'atlas pour toutes les parties de .la Suisse.
La section topographique s'occupera de la réduction de matériaux des levés cantonaux qui seront opérés successivement pour entreprendre le. remaniement des feuilles qu'ils concernent.
4. Continuation d'un atlas de corrections.
Cet atlas recevrait toutes les corrections résultant des changements opérés dans les réseaux de routes, chemins de fer, etc., pour servir lorsque le moment sera venu de corriger les planches.
Le bureau topographique n'a pas pu, jusqu'à ce jour, s'occuper des corrections, sauf celles concernant le tracé des voies fo tées, et la section topographique devra s'occuper de combler cetoe lacune pour que l'atlas ne demeure pas un atlas historique, mais qu'il soit toujours conforme à l'actualité.
La section topographique recevra pour ce travail le matériel désigné sous § I. 5.
Il faut mentionner encore l'achèvement des feuilles contenant le territoire étranger, en tant qu'on jugerait, plus tard, opportun d'y ajouter la portion limitrophe des pays avoisinants. Ce qui a été commencé sous ce rapport pourrait être continué. Ainsi, le bureau topographique possède des copies photographiques des levés de la Savoie qui ont été opérés ces deux dernières années par le Gouvernement français; ces levés diffèrent sensiblement de ceux qui avaient été précédemment faits par le Piémont.
Les feuilles correspondantes de l'atlas pourraient être complétées au moyen de ces levés.
La gravure de 1 décimètre carré d'un levé du territoire étranger revient à 50 fr., ce qui permettrait de satisfaire, à peu de frais, k un voeu souvent énoncé. C'est, du reste, une question à examiner plus tard.
5. Contimiation du tirage de la carte topographique pour leu besoins militaires et civils.
Le bureau topographique possède une presse, fournit les matériaux nécessaires k l'impression et paie un prix fixe par exemplaire.
Ce procédé devra être conservé dans l'organisation du nouveau bureau topographique.
Vu les demandes nombreuses de feuilles de l'atlas fédéral, le résultat de la vente a pris des proportions assez considérables.
L'année dernière on a tiré 7277 feuilles, et, en 1864, jusqu'au milieu du mois d'Août, 6500. Le dernier rapport de gestion du Département militaire mentionne que l'on peut éditer annuellement 10,000 feuilles; le prix moyen de vente est de 3 fr. la feuille.
La publication des cartes devra s'étendre aussi k la publication de reports lithographiques. Pour plus d'un Canton la division de 1'.atlas topographique est incommode, comme son usage l'est en général pour toutes les contrées où l'on doit réunir quatre feuilles pour s'en servir ; ainsi, au point stratégique important du SaiutGotthard et du Luciensteig. En France, on a exécuté des reports lithographiques qui comprennent toujours un Département en entier et dont le prix est bien moins élevé que celui de la gravure sur cuivre.
Ces produits moins fins, mais aussi moins chers, seront très recherchés et notamment utilisés souvent par nos officiers qui n'aiment pas k exposer au mauvais temps l'exemplaire qu'ils possèdent de la carte topographique gravée.
On a pu s'assurer dans nos rassemblements de troupes que nos officiers demanderont et utiliseront un bien plus grand-nombre de cartes topographiques, lorsqu'il y en aura du terrain des manoeuvres. Ce progrès sera atteint en faisant un tirage considérable de cartes k bas prix et notamment quand on pourra accorder k tous les officiers de troupes les avantages qui jusqu'à présent sont exclusivement le privilège des officiers de l'état-major.
La section topographique se rendra non seulement utile par là à notre armée, mais procurera aussi une augmentation sensible dans les recettes résultant de la vente. Les graveurs du bureau topographique travaillent ou ensuite d'un accord, ou leur travail est calculé suivant la durée du temps qu'ils y ont mis.
108 Dans l'intérêt du travail on doit procéder ainsi et il faudra continuer de môme à l'avenir.
Les premiers travaux k entreprendre sont : la gravure de la carte réduite; les additions et corrections et le remaniement, si cela est nécessaire, des feuilles pour lesquelles de. nouveaux levés auront été entrepris.
un nouveau moyen de reproduction des cartes que nous devons mentionner ici, est l'emploi de la photographie.
·Les découvertes dans le domaine de cet art peuvent ótre utilisées avec avantage pour la reproduction des cartes, en ce que cette reproduction est beaucoup plus prompte.
Les dépôts de la guerre d'autres Etats emploient tous ce moyen si avantageux pour répondre aux Desoins de cartes, plans, de reproduction de matériel, etc.
La photographie a remplacé le pautographe et le travail à la main pour la réduction. La photolithographie et la zincographie sont des moyens précieux pour multiplier et augmenter les plnns et les cartes.
L'économie, ainsi que l'intérêt militaire, exigent que lors de l'organisation du dépôt de la guerre on s'adjoigne les Secours d'un atelier photographique, soit en en établissant un spécial, soit en utilisant l'industrie privée.
Un grand nombre des travaux dont sera chargé le bureau d'état-major seront considérablement facilités par le concours de la photographie.
Les bureaux des inspecteurs du génie et d'artillerie, les communications, réciproques entre les différents bureaux, l'enseignement dans les écoles militaires mettront souvent ce moyen en pratique et le dépAt de la guerre verra sa tâche singulièrement facilitée par son usage.
Confection d'un relief pour toute la Suisse.
La confection d'un relief d'après les levés topographiques a déjà souvent été proposée. Le Département militnire en a'fait faire une petite partie comme modèle à l'échelle de Vso.ooo e^ ViooioooL'exécution de cette entreprise si utile au point de vue de la topographie accidentée de la Suisse, si l'on se décidait à la faire, pourrait être confiée au bureau topographique, qui possède les matériaux nécessaires et s'assurerait de l'exactitude du travail.
Les frais se monteraient, dans ce cas, au chiffre suivant : Relief à l'échelle de Vso,ooo:
Surface totale environ 300 pieds carrés ii 80 fr.' = 24,000 fr.
Eu répartissant le travail sur dix ans, il faudrait chaque année 2,400 fr. pour 30 pieds carrés.
Relief à t échelle de 1/1000'000.
Surface totale de 75 pieds à 66 fr.
5,000 fr.
En répartissant le travail sur cinq ans, il faudrait chaque année 1,000 fr. pour 15 pieds carrés.
L'exemplaire a la plus grande-échelle pourrait être exposé au palais fédéral, tandis que l'on se servirait du plus petit pour les besoins de l'enseignement militaire.
C'est, au reste, une question sur laquelle on se réserve le protocole ouvert.
7. Exécution de cartes et de plans gué le Département militaire demande pour des places d'armes fédérales nu pour des rassemblements de troupes.
Dessins topocgraphiques relatifs à des, travaux élaborés par le bureau d'état-major sur la défense nationale.
Dessins pour les communications réciproques entre le dépôt de la guerre et les bureaux d'artillerie et du génie.
Le but principal du bureau topographique, qui était d'arriver à l'achèvement de l'atlas, ne lui permettant que peu de se consacrer à d'autres travaux et les Autorités, les bureaux et les écoles militaires étaient souvent embarrassés pour obtenir des cartes et des plans.
Ces travaux démontrent que la section topographique du dépôt de la guerre doit pouvoir répondre à plus d'exigences et d'intérêts militaires qu'il n'était possible de le faire jusqu'à présent.
8. La section topographique du dépôt de la guerre permettra, en outre, aux officiers qui travaillent au bureau d'état-major d'acquérir des connaissances sur les procédés de la topographie.
Il est d'une importance incontestable pour nous que la méthode et les procédés qui ont été progressivement suivis pour les levés et travaux topographiques suisses, soient maintenus' et continuent à. prospérer, car ils sont le résultat de plusieurs années d'expérience et de pratique et on a pu en reconnaître tous les avantages..
Il est de notre intérêt que l'état-major fédéral; possède., up certain nombre de topographes exercés. Ces connaissances ne se trouveront guère que parmi ceux qui ont reçu une instruction technique, comme par exemple les officiers du génie.
L'expérience a démontré "que pour ces derniers aussi le temps dont on dispose aux écoles militaires est trop restreint pour pouvoir arriver à ce qu'ils puissent faire les travaux topographiques les plus indispensables; c'est pourquoi la section topographique
HO du dépôt de la guerre aura le grand avantage d'offrir aux officiers qui ont des dispositions spéciales l'occasion d'apprendre les travaux spéciaux nécessaires pour opérer les. levés topographiques, ainsi que les procédés en usage dans la topographie suisse.
Nous risquons sans cela que ces procédés topographiques, qui ont fait honneur à la Suisse, viennent à se perdre et que l'état-major fédéral ne possède bientôt plus de topographes.
9. L'utilisation du matériel topographique sera plus aisé, lorsque ce matériel sera transféré de l'extrême frontière au point central.
Les Gouvernements des Cantons dont le territoire n'a pas été levé par les soins du bureau topographique fédéral et ceux,qui ne possèdent pas de copies des levés, ne tarderont pas à s'en procurer aussitôt qu'ils pourront se servir du matériel, car avec une dépense relativement minime, ils pourront posséder un matériel que les autres Cantons n'ont pu se procurer qu'à grands frais.
Les matériaux topographiques sont souvent utilisés par les sociétés scientifiques, ainsi que pour l'étude du terrain pour des constructions publiques par les Autorités et les sociétés privées.
On doit se demander si l'usage public ne donnerait pas lieu à des inconvénients au point de vue militaire.
Nous répondrons que d'autres pays où d'habitude l'on conserve plus le secret sous d'autres rapports que chez nous, n'ont trouvé aucun inconvénient à livrer ces matériaux à la publicité.
En France, par exemple, l'atlas topographique que l'on trouve dans les librairies, contient les détails des places, autant qu'il est possible de les donner à l'échelle adoptée.
Pour ce qui concerne l'utilisation des matériaux topographiques, un seul danger peut se présenter au point de vue militaire, c'est plutôt que non officiers n'en fassent pas assez usage.
Pour que l'usage plus considérable que l'on fera des matériaux topographiques ne les altère pas, on reproduira les originaux au moyen de clichés photographiques. Cette mesure ne sera certainement pas de luxe, surtout puisqu'il s'agit de conserver des feuilles dont la plus petite a coûté environ 3,000 fr.
Il est nécessaire, en tout cas, que la section topographique du dépôt de la guerre tienne les matériaux topographiques à la disposition des demandes qui en seraient faites dans un but militaire ou civil.
Plan des travaux pour la section topographique en 1865.
Confection de la carte réduite.
Mise au net des levés.
Réunir et préparer les matériaux nouveaux.
Travaux ayant un but militaire spécial.
Ili Personnel nécessaire.
Ces travaux demandent le maintien du même personnel, tel qu'il a été réduit ensuite de l'achèvement des travaux sur le terrain : 2 topographes comme employés fixes, 1 imprimeur travaillant suivant convention, les graveurs nécessaires.
Budget du bureau topographiqne pour 1865 par M. le général Dufour.
Art. 1. Bureau topographique.
Appointement du chef de bureau Appointement d'un dessinateur Loyer du bureau Chauffage et réparations Frais de bureau Directeur Gravure de la carte réduite Imprévu
fr. 4,000 3,200 1,000 300 200 400 5,000 400 14,500
Art. 2. Imprimerie.
Achat de 8,000 feuilles de papier à fr. 0. 20 fr. 1,600 Impression à fr. 0. 45 la feuille 3,600 Autres frais d'impression 400 Imprévu 200 5,800 Total
fr. 20,300
'A teneur du règlement adopté par le Conseil fédéral en date du 7 Mai 1864, la bibliothèque du Département militaire est mise à la disposition des officiers de l'état-major. Cette bibliothèque a été organisée dans le courant de l'année ; un catalogue des ouvrages qui y existent a été imprimé et transmis à tous les officiers de l'état-major, auxquels les livres dont ils font la demande sont adressés.
L'examen du catalogue qui contient rénumération des ouvrages de la bibliothèque de Berne et de celle de Thoune, démontrent; la nécessité de compléter la bibliothèque, soit par un cré-
112 dit extraordinaire accordé eu une fois, aoit par l'augmentation du crédit annuel.
Sur les demandes réitérées du Conseil de l'Ecole centrale tendant à augmenter le nombre des ouvrages de la bibliothèque et à en faciliter l'usage, on a eu recours à la seconde alternative; quant à la première, elle est- restée encore à l'état de souhait.
La bibliothèque militaire présente de nombreuses lacunes: l'histoire militaire n'est représentée que par 102 ouvrages, parmi lesquels l'histoire militaire suisse en compte 2. Cette branche importante devrait être mieux représentée.
Le génie ne compte que 85 ouvrages dont 13 seulement sur la fortification passagère.
Les ouvrages concernant la description topographique de la Suisse qui devraient figurer en aussi grand nombre que possible, vu que cette bibliothèque est surtout destinée à l'état-major général, font presque complètement défaut. La somme annuelle de fr. 2,000 pour l'acquisition d'ouvrages et de cartes pour la bibliothèque militaire ne pourra répondre qu'aux besoins les plus urgents.
te budget pour 1864 porte 1000 fr. pour la bibliothèque.
t Budget annuel du dépôt de la guerre.
Le crédit alloué jusqu'à ce jour au bureau topographique et qui varierait entre 30 et 40,000 fr. suffira pour les budgets annuels du dépôt de la guerre, du bureau d'état-major et du nouveau bureau topographique, de manière que l'établissement de cette nouvelle institution n'augmentera point le budget militaire et qu'au contraire il y aura, une réduction successive.
Le bureau topographique peut livrer annuellement 10,000 feuilles de la carte fédérale, qui, au prix de 3 fr. l'une, représentent une valeur de 30,000 fr.
Le produit de la vente des cartes se monte en 1864, jusqu'à la, fin d'Août, à ta somme de fr. 11,15! et atteindra probablement tr. 15,000 jusqu'à la fin de l'année.
Budget pour 1865.
Bureau topographique (d'après les données de M. le Général Dufour) fr. 30,300 Bureau d'état-major ' 12,000 Collections, bibliothèque comprise 2,000 Transport du bureau topographiqué et frais de nouvelle installation 1,700 fr. 3tt,OUO Somme de laquelle il confient de retrancher le montant, de 15,000 provenant de la vente des feuilles.
fr. 21,000 Le Département militaire a envoyé en 1863 Mr. le lieutenant-, colonel fédéral Siegfried à Paris et a Carlsruhe afin d'y étudier l'organisation des dépôts de la guerre et de faire un rapport sur cette organisation. .Ce rapport est joint au dossier.
Après avoir énuméré plus haut les services 'que rendra à notre armée Institution d'un dépôt de la guerre, nous avons l'honneur de proposer à la haute Assemblée fédérale le projet d'arrêté ci-après concernant l'institution d'un dépôt de la guerre fédéral.
Si ce projet est adopté, il y aura lieu, également, d'approuver le budget ci-dessus pour l'année 1865.
i»ito.n:r .d'un.
arrêté fédéral concernant l'organisation d'un dépôt de la guerre fédéral.
L'ASSEMBLÉE FÉDÉRALE ' DE LA CONFÉDÉRATION SUISSE, vu un message du Conseil fédéral du 9 Novembre 1864, arrête : Art. 1. Il est créé un dépôt de la guerre. Ce dépôt rentre dans l'administration du Département militaire fédéral.
Art. 2. Le dépôt de la guerre est chargé: a) De conserver et de compléter les archives et collections militaires fédérales ; ft) D'élaborer, pour le Département militaire fédéral, les travaux préparatoires de défense nationale.
c) De procurer aux officiers de l'état-major l'occasion d'étudier la topographie militaire de la Suisse et les moyens de défense nationale.
Art. 3. Le dépôt de la guerre se subdivise en deux sections principales ; il comprend : 1) Le bureau de l'état-major proprement dit, qui est composé d'un nombre d'officiers d'état-major fixé suivant les besoins.
Ces officiers sont commandés k tour de rôle au bureau de l'état-major ; ils sont relevés dans'la règle après une durée de service de 4 à 6 semaines. Ils reçoivent la solde réglementaire.
2) Le bureau topographique qui est composé des employés topographes, des graveurs et imprimeurs travaillant suivant des conventions conclues à l'avance.
Le bureau topographique actuel sera transféré à Berne dès que la carte fédérale sera terminée; il continuera ses travaux comme section topographique du dépôt de la guerre.
Le bureau est surtout chargé de continuer la collection des levés, de confectionner la quantité nécessaire de cartes imprimées, et de reporter sur ces dernières les changements qui ont eu lieu depuis que les levés ont été opérés.
Art. 4. Le dépôt de la guerre est placé sons la surveillance immédiate de l'adjoint du Département militaire, chef du personnel.
Un chef est placé à la tête des deux sections du dépôt ; l'administration entière des archives lui est remise.
n reçoit 4,000-4,500 fr. d'appointements annuels.
Art. 5. Le dépôt de la guerre embrasse les collections suivantes : 1. la bibliothèque militaire ; 2. les cartes ; 3. les mémoires sur la topographie militaire suisse et 'la défense territoriale; 4. les archives sur l'histoire militaire suisse; 5. les archives spéciales concernant les fortifications ; 6. les originaux topographiques et, s'il y a lieu, la collection des reliefs.
Art. 6. Le programme des travaux du âëpoi de la guerre sera arrêté, chaque année, par le Conseil fédéral.
Les résultats des travaux annuels pourront être, suivant leur nature, soumis à l'examen d'une Commission prise dans les officiers supérieurs de l'état-major. Cette Commission présentera au Département militaire les propositions qu'elle jugera opportunes.
Art. 7. Les crédits nécessaires seront, chaque année, alloués au Conseil fédéral dans le budget annuel.
Agréez, Messieurs, l'assurance renouvelée de notre considération distinguée.
Berne, le 9 Novembre 1864.
Au nom du Conseil fédéral suisse, Le Président de la Confédération : Dr J. DUES.
Message du Conseil fédéral à la haute Assemblée fédérale concernant l'établissement d'un dépôt fédéral de la guerre. (Du 9 Novembre 1864.)
10 059 671

References: § 7

Art. 1

Art. 2
 Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7