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Timestamp: 2019-05-24 21:13:31+00:00

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12. Pont Roman et Navigation sur le Dropt
12 mai 2016 Auteur:Isabelle
Pont Roman et Navigation sur le Dropt
The Roman style Bridge and trading on the river Dropt
Histoire, version longue
Pont Roman de 23 arches. 11 arches de style roman datant du XII° siècle et des Seigneurs de Caumont qui fortifient la ville et l’entourent d’un fossé relié à la rivière. Au XIII° siècle, les crues de la rivière, fréquentes, transforment peu à peu le lit du Dropt et obligent à la construction d’un second pont de 12 arches mais de style gothique.
Au Moyen-âge, la croix servait de repère aux pèlerins en partance pour St Jacques de Compostelle.
Au XVIII° siècle, le pont perd une arche au profit d’une écluse afin de rendre le Dropt navigable par l’entremise de Lakanal (député à la Convention). Le Dropt sera seulement navigable de 1858 à 1884 en raison du développement des transports routiers et ferroviaires.
En 2016, lors de travaux de rénovation, une nouvelle arche est mise à jour jusqu’alors cachée par des amas de terre et de végétaux. Aucun écrit ne la mentionne et les plus anciens du village ne l’ont jamais vue. La forme de son arc oscille entre roman et gothique. Elle porte le nombre d’arches à 23 actuellement visibles.
The Roman style bridge now has 23 arches, 11 of which date from the Roman style bridge of the 12th century when the Lords of Caumont fortified the town by surrounding it with a ditch linked to the river. In the 13th century frequent flooding of the river transformed the bed of the Dropt little by little and it became necessary to construction a second bridge of 12 arches, but in a Gothic style.
In the Middle Ages a stone cross on the bridge served as a marker for pilgrims on the route for Santiago de Compostela.
In the 18th century the bridge lost an arch but gained a lock in order to make the Dropt navigable, thanks to the intervention of a politician Monsieur Lakanal (who was an MP during the period in French history known as the National Convention from 21 September 1792 to 26 October 1795 during the French Revolution).
The Dropt was navigable only from 1858 to 1884 when road and rail transport developed.
In 2016, during renovation works, a new arch was brought to light, having been hidden by a mass of earth and vegetation. The existence of this arch was unrecorded before 2016 and the style is a cross between Gothic and Roman. This discovery means that 23 arches are now visible.
Histoire version longue
LE PONT ROMAN et ses 23 arches
Conseil de sauvetatois avisé pour promeneur curieux
Pour apprécier ce bel ouvrage et ses 23 arches, il est conseillé d’aller jusqu’au bout et de descendre dans la partie enherbée sur votre droite pour revenir vers le Dropt.
XIIe et XIIIe siècles, histoire de sa construction
XVIIIe et XIXe siècles, navigation sur le Dropt
1853, un braconnage qui tourne mal
1866, réglementation cocasse de la baignade dans le Dropt
1992, classé aux Monuments Historiques
2016, incroyable découverte
Le Pont Roman aujourd’hui
Poursuivez jusqu’au Pigeonnier…
Histoire de sa construction
Après son appartenance aux Abbés Prieurs dès le VIe siècle, le village est intégré pour partie au domaine des Seigneurs de Caumont au XIIe siècle et devient La Sauvetat de Caumont.
C’est sur l’ordre des Seigneurs de Caumont, au XIIe siècle et afin de se protéger qu’un large et profond fossé est creusé à partir du Dropt formant une enceinte autour du village. Ainsi qu’un pont de 11 arches de style roman sur une ancienne route qui traverse une prairie inondable.
Au XIIIe siècle, les crues de la rivière, fréquentes, transforment peu à peu le lit du Dropt et obligent à la construction d’un second pont de 12 arches mais de style gothique. Ces arches en arcs brisés de différentes tailles forment un barrage déversoir qui alimentait en eau le moulin aujourd’hui propriété privée.
Au Moyen-Âge, La Sauvetat était sur le Chemin de St Jacques de Compostelle. Après avoir visité l’église, les pèlerins empruntaient le pont, la croix leur servant de repère. On dit aussi que cette croix servait support à la signature des actes notariés.
La navigation sur le Dropt, une nécessité économique
Au début du XVIII° siècle, le Duc de La Force est le premier à vouloir rendre Le Dropt navigable. La décision est prise par édit royal en juillet 1719, sous la régence de Philippe d’Orléans en attendant que Louis XV soit majeur. Pour ces énormes travaux entraînant de considérables dépenses , le Roi accorde la faculté de percevoir un impôt sur toutes les marchandises et denrées qui seront dans le futur voiturées sur la Rivière du Dropt et sur tous les bateaux qui les transporteront.
En vue de ces travaux, le Duc de Laforce secondé par le Marquis de Biron jouissent de droits extrêmement étendus : toutes les expropriations nécessaires – au besoin démolitions de maisons ou de moulins – pour creuser les canaux, construire les écluses, établir les chemins de halage, etc…; détournement de rivières, ruisseaux, etc…. Ils ont obligation de « rendre les ouvrages faits et parfaits dans six ans à compter du jour de l’enregistrement des présentes », faute de quoi ils seront déchus du don qui leur a été fait par le Roi.
En pratique, la concession est annulée par le Roi au bout de deux années, à la suite du procès contre le duc de la Force pour « spéculation et accaparement de denrées » !… Le gouvernement décide alors de poursuivre lui-même l’entreprise qui, dans les faits, est … abandonnée.
En 1764, de nouvelles études seront menées sous la direction de M. de Boutin, Intendant de la province, car la nécessité de la navigation du Dropt reste vitale pour toute la vallée. Ces études n’auront pas de suite immédiate.
Puis Lakanal, député à la Convention, est envoyé en mission en Dordogne. Il arrive à Bergerac en octobre 1793 et reprend le projet de navigation sur le Dropt. Il ordonne la construction des écluses de Caudrot jusqu’à Eymet, soit environ 70 km. Pour cette grande entreprise, il impose la participation financière des villes, rassemble la main d’œuvre (hommes et femmes, nobles et roturiers) et les matériaux. Pour satisfaire aux besoins en pierres, il ordonne de réduire les tours du château de Duras (une des tour sera gardée intacte pour les besoins du télégraphe Chappe).
L’ouverture des chemins de halage, la construction des barrages, tout est entrepris sur le champ avec une activité toute révolutionnaire.
« Arrêté du 27 Messidor An II:
– les propriétaires riverains sont tenus à faire couper les arbres qui bordent la rivière dans les trois jours.
– l’ensemble des ouvrages seront mis sur le champ en activité de façon à marcher ensemble et à être terminés dans deux mois pour tout délai. »
Le 26 octobre 1795, la Convention est dissoute. Lakanal décide (de lui-même) de regagner Paris alors qu’une douzaine de barrages sont sur le point d’être achevés. Les travaux se poursuivront sous la conduite du député Pellissier, mais avec lenteur et finalement sans achèvement. Des essais de navigation partiels et informes sont effectués entre 1793 et 1820.
Ce n’est qu’en 1843 qu’une arche romane est supprimée pour construire l’écluse ne laissant que 22 arches au total au lieu de 23.
En 1850, une nouvelle Compagnie de Navigation du Dropt est formée. Dans ses archives on peut lire:
«Il n’y a pas de pays plus riche que cette vallée. Ce ne sont partout que prairies, terres à chanvre ou à blé. Sur les plateaux, également bien cultivés, les céréales et la vigne ont depuis bien longtemps remplacé les forêts qui les occupaient primitivement.
On y remarque des plantations considérables d’arbres fruitiers et surtout des pruniers d’ente. Peu de bois, peu de communaux, pas un hectare de landes ou de terres en friche; partout, au contraire, de belles cultures avec la petite propriété, signe infaillible de la fertilité du sol et de l’aisance des populations.»
Ainsi la beauté du climat, la salubrité du pays, la fertilité des terres, une rivière, tout ce qui fait les populations riches et florissantes par l’agriculture, l’industrie ou le commerce, avait été donné à cette vallée; mais tous ces dons y étaient comme ensevelis, parce qu’il y manquait une voie pour le transport des produits.
Le grand moyen de succès, de progrès, de fortune, c’était le Dropt, parce que cette voie rendue navigable pouvait seule relier la vallée à son marché naturel qui était Bordeaux.»
Ce n’est qu’en 1858 que le Dropt est réellement navigable de Caudrot en Gironde jusqu’à Eymet en Dordogne. Même par les temps de grande sécheresse dit-on, comme en 1861.
Dès 1884, « la Géographie du Lot-et Garonne » ne classe plus le Dropt parmi les voies navigables du département!
Il est redevenu aujourd’hui une rivière paisible où circulent seulement quelques barques de pêcheurs et des canoës kayaks.
Voici le résumé d’un arrêté daté du 17 juillet 1853. Le Maire de La Sauvetat de l’époque, Monsieur Mondin, constate que 3 habitants de la ville de Miramont de Guyenne se sont permis, à 3h de la nuit…
« … de jeter dans les eaux de la rivière des drogues de nature à enivrer le poisson et à le détruire.
Par ce moyen, ils ont fait élever à la surface des eaux, une grande quantité de carpes dont ils ont emporté une partie, car effrayés par le grand nombre de poissons qu’ils ont fait lever, et craignant ce qui est arrivé, que leur succès ne donne l’éveil à l’autorité, ils se sont enfuis précipitamment sans remettre le bateau à sa place!
Un grand nombre de ces poissons ont été et sont encore pris par les habitants des environs de La Sauvetat en se promenant et sans aucun instrument, ce qui prouve suffisamment l’enivrement ou l’empoisonnement. La multitude extraordinaire de carpes de toutes grandeurs qui a été enlevée prouve que l’étang du Dropt, situé en dessous de la ville, a été en grande partie dépeuplé par les drogues qu’ont jetées ces messieurs, ce qui doit être considéré comme une grande calamité, car une grande partie des habitants du chef-lieu de notre commune trouvent dans la pêche, ou leur moyen d’existence, ou leur alimentation pour les jours maigres.
… De tout quoi, nous avons dressé le présent procès verbal pour être remis à M. le Procureur Impérial de Marmande, afin que ce magistrat veuille ordonner les poursuites qu’il jugera convenables.
Fait à l’hôtel de la Mairie de La Sauvetat, le 17 juillet 1853. »
Réglementation cocasse de la baignade dans le Dropt
En 1952, l’ancienne écluse inutilisée devient piscine municipale. Les Sauvetatois apprennent à nager avec un fagot de jonc attaché sur le dos.
Lorsqu’ils savent nager, les choses se compliquent … si l’on en juge les arrêtés détaillés ici car ils sont assez cocasses. Il va s’en dire que la baignade est aujourd’hui interdite dans le Dropt… surtout sans costume de bain!
« 12 juin 1866, quelques arrêtés concernant la baignade dans le Dropt.
Art. 1: Il est expressément défendu de se baigner sans caleçon à moins d’être à 400 m en aval du vieux pont.
Art. 2: Les femmes se baigneront dans l’espace compris entre le vieux pont et le pont neuf. Il est expressément défendu aux hommes de s’y baigner sous quelque prétexte que ce soit.
Art. 3: Le garde champêtre est chargé de faire exécuter le présent arrêté. »
Repris le 29 juillet 1868 en ces termes:
« Nous, Maire de la Commune de La Sauvetat du Dropt, Vu notre arrêté du 12 juin 1866, attendu que plusieurs personnes violent cet arrêté, les hommes se baignant dans l’endroit réservé aux femmes et les femmes dans celui des hommes,
Arrêtons que:
Art.1: Les hommes se baigneront en aval du vieux pont et les femmes en amont.
Art. 2: Il est expressément défendu, tant aux femmes qu’aux hommes, de se baigner sans costume.
Art. 3: Toute infraction au présent arrêté sera poursuivie conformément aux lois et règlements.
Art. 4: le présent arrêté sera publié et affiché. »
Il n’est pas dit si le Maire de l’époque, Monsieur Mercat, est parvenu à faire respecter ces arrêtés … à savoir s’il a évité le mélange des genres sans costume!
1992, le Pont Roman est classé monument historique. Il est pour moitié sur les communes de La Sauvetat du Dropt et d’Agnac. Un programme de restauration a été entrepris depuis 1997 et doit se prolonger jusqu’en 2018. La passerelle est installée depuis janvier 2017.
En 2016, lors de travaux de rénovation, une nouvelle arche est mise à jour jusqu’alors cachée par des amas de terre et de végétaux. Aucun écrit ne la mentionne. La forme de son arc oscille entre roman et gothique. Nous aimerions en connaître la raison … Elle porte le nombre d’arches à 23 actuellement visibles.
Poursuivez jusqu’au Pigeonnier
A l’autre bout du pont, vous arrivez sur la route. Prenez à gauche puis à droite sur la route principale et engagez-vous sur l’allée du Manoir du Bout du Pont. Cette belle propriété privée est située sur la commune d’Agnac. On dit qu’elle est une ancienne possession Templière. Vous pouvez aujourd’hui y louer un appartement ou même une immense et magnifique salle de réception pour un mariage ou tout autre événement.
Un petit sentier tracé pour les visiteurs vous mènera au pied du pigeonnier classé aux Monuments Historiques depuis 1953.
« Le pigeonnier repose sur neuf colonnes de pierre dont le haut est terminé en forme de champignon pour éviter l’atteinte des rongeurs. Des poutres de bois mêlées de briques constituent le corps principal de la construction. La toiture à quatre pans, couverte en tuiles plates, repose sur des consoles en bois découpé. »
Source: Archives de Monsieur Moreau, architecte du village, à l’origine de la création du Syndicat d’Initiative. Anecdotes tirées du livre du sauvetatois et conseiller municipal Jean Guilherm « La Sauvetat du Dropt d’Hier à Aujourd’hui » édité en 1990. Informations sur « la navigation du Drot » du site valleedudropt.com et sur le Pigeonnier du site culture.gouv.fr
RAPPEL DES DIFFÉRENTS POINTS DE VISITE
1. Le village aujourd’hui
2. Le village au fil des siècles
3. Hospice et maisons à pans de bois
4. Le Temple et ancienne Rue des Faures
5. Maison de la Tour et Monviel
6. Vestiges du mur d’enceinte, ancienne Porte de Duras
7. Révolte des Croquants
8. Place du Prieuré, origine du village
9. Église St Germain
10. Maison renaissance et écusson
11. Moulin et crues mémorables
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