Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20010406-222734
Timestamp: 2016-10-21 20:21:07+00:00

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France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 06 avril 2001, 222734
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 222734Numéro NOR : CETATEXT000008069820 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2001-04-06;222734 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 4 juillet 2000, présentée par Mme Samia X..., demeurant ..., bâtiment Les Hulottes à Vandoeuvre-les-Nancy (54500) ; Mme X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 1er juin 2000 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 18 mai 2000 du préfet de la Meurthe-et-Moselle ordonnant sa reconduite à la frontière ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que Mme X..., de nationalité algérienne, s'est maintenue sur le territoire français plus d'un mois après la notification le 2 octobre 1999 de la décision du 30 septembre 1999 du préfet de la Meurthe-et-Moselle lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'elle était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées du 3° du I de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant que si, à l'appui de sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté ordonnant sa reconduite à la frontière, Mme X... soutient qu'elle réside en France depuis le 18 mai 1998, qu'elle s'y est mariée le 4 septembre 1999 et que son époux de même nationalité travaille sur le territoire, y poursuit des études et y est bien intégré, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée est dépourvue de toute attache familiale dans son pays d'origine ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la possibilité offerte à son époux, s'il réside régulièrement en France, de demander à son profit le bénéfice du regroupement familial, et eu égard aux effets d'une mesure de reconduite à la frontière, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de Mme X... au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, le moyen tiré de ce qu'il méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être accueilli ;
Considérant que si l'arrêté ordonnant la reconduite à la frontière de l'intéressée est susceptible d'avoir une incidence sur les conditions dans lesquelles s'exerce l'obligation de communauté de vie à laquelle l'article 215 du code civil astreint les époux, l'atteinte qui pourrait être portée à ces dispositions législatives trouve son fondement dans la nature même de la procédure de reconduite à la frontière, également prévue par le législateur, et qui est de permettre, dans l'intérêt de l'ordre public, et sous les conditions fixées par les dispositions qui la régissent, l'éloignement du territoire français de ceux des ressortissants étrangers auxquels l'autorité publique refuse l'admission au séjour ; que, dès lors, la mesure de reconduite à la frontière la concernant ayant été prise dans le respect des exigences ainsi définies, l'intéressée ne saurait valablement soutenir qu'elle méconnaîtrait les dispositions de l'article 215 du code civil ;
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays à destination duquel Mme X... doit être reconduite :Considérant que par une décision du même jour, le préfet de la Meurthe-et-Moselle a décidé que Mme X... sera reconduite à destination de l'Algérie ; que l'intéressée n'apporte aucun élément probant de nature à établir la réalité des risques que comporterait pour elle son retour dans son pays d'origine ; que le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtraitles stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut, dès lors, être accueilli ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que Mme X... n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 18 mai 2000 par lequel le préfet de la Meurthe-et-Moselle a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme Samia X..., au préfet de la Meurthe-et-Moselle et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2000-05-18Code civil 215Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 3, art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 06 avril 2001, n° 222734Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M. FouquetRapporteur public : M. LamyOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 06/04/2001Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 22
 l'article 8
 l'article 215
 l'article 215
 l'article 3
 art. 3
 art. 8
 art. 22