Source: http://www.juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19970730-182293
Timestamp: 2017-04-27 09:23:31+00:00

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Page d'accueil > Résultats de la recherche France, Conseil d'État, President de la section du contentieux, 30 juillet 1997, 182293
Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 182293Numéro NOR : CETATEXT000007944395 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1997-07-30;182293 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 10 septembre 1996 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentée par Mlle Fatma X..., demeurant ... ; Mlle X... demande au président de la section du Contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 13 août 1996 par lequel le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 19 juillet 1996 par lequel le préfet du Rhône a décidé sa reconduite à la frontière ;
3°) de lui allouer la somme de 3 000 F au titre des frais irrépétibles ;
Vu le décret du 30 juillet 1963, modifié par le décret du 16 janvier 1981 et le décret du 15 mai 1990 ;
- les conclusions de M. Bonichot, Commissaire du gouvernement ;Considérant qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui" ;
Considérant qu'il est constant que Mlle X..., ressortissante algérienne, se trouvait dans l'un des cas où, en application de l'article 22 de l'ordonnance du 2 novembre 1945, le préfet pouvait ordonner qu'elle soit reconduite à la frontière ; qu'il ressort, toutefois, des pièces du dossier que l'intéressée est entrée en France avec ses parents alors qu'elle était âgée de trois ans et y a séjourné régulièrement pendant de nombreuses années ; que si elle est retournée en Algérie en 1985, elle est ensuite revenue en France où elle vit depuis lors auprès de ses frères et soeurs, dont la plupart ont la nationalité française ; que, dans ces conditions, l'arrêté en date du 19 juillet 1996 par lequel le préfet du Rhône a décidé sa reconduite à la frontière a porté à ses droits au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a été pris ; qu'il a ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mlle X... est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande dirigée contre cet arrêté ;
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, par application de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991, de condamner l'Etat à verser à Mlle X... la somme de 3 000 F qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ;
Article 1er : Le jugement du conseiller délégué par le président du tribunal administratif de Lyon en date du 13 août 1996 et l'arrêté du préfet du Rhône en date du 19 juillet 1996 sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 3 000 F à Mlle X... au titre de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mlle Fatma X..., au préfet du Rhône et au ministre de l'intérieur.Références : Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22Publications :Proposition de citation: CE, 30 juillet 1997, n° 182293Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Président : M NEGRIERRapporteur public : M. BonichotOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : President de la section du contentieuxDate de la décision : 30/07/1997Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 8
 l'article 22
 l'article 8
 l'article 75
 l'article 75
 art. 8
 art. 75
 art. 22