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1A.278/2000 (26.04.2001)
Vice-pr�sident du Tribunal f�d�ral, F�raud et Mme le Juge suppl�ant Pont Veuthey. Greffier: M. Zimmermann.
A.________ et consorts, tous repr�sent�s par Me Jean-Claude Perroud, avocat � Lausanne,
l'arr�t rendu le 29 septembre 2000 par le Tribunal administratif du canton de Vaud dans la cause opposant les recourants � la Municipalit� de Lausanne, repr�sent�e par Me Daniel Pache, avocat � Lausanne, et � l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels, repr�sent� par Me Alexandre Bonnard, avocat � Lausanne;
A.- L'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels (ci-apr�s: l'Etablissement cantonal) est propri�taire des parcelles nos10058, 10059 et 10060 du Registre foncier de la Ville de Lausanne. Ces bien-fonds, sur lesquels ont �t� �difi�es des maisons d'habitation, forment un �lot d�limit� par la rue Charles-Vuillermet au Nord, la place de la Cath�drale au Sud, la rue Cit�-Devant � l'Ouest et la rue Cit�-Derri�re � l'Est.
Le 16 avril 1996, le Conseil communal de Lausanne a approuv� le plan partiel d'affectation n�683 concernant les terrains compris entre la place de la Cath�drale, la rue Cit�-Devant, la rue Charles-Vuillermet et la rue Cit�-Derri�re (ci-apr�s: le plan). Ce plan vise notamment � conserver les b�timents �rig�s sur la parcelle n�10059 et sur la majeure partie de la parcelle n�10060. Les b�timents nos8953 et 8954 �difi�s sur la parcelle n�10058, ainsi qu'une partie du b�timent n�8952 �difi� sur la parcelle n�10060, seraient d�molis et remplac�s par un b�timent affect� au logement, � des �quipements publics, au commerce, � des bureaux ou � de l'artisanat compatible avec le logement (art. 28 du r�glement annex� au plan). Ce plan, approuv� le 24 mars 1997 par le D�partement des travaux publics, de l'am�nagement et des transports du canton de Vaud, est entr� en force.
En mars 1999, apr�s le rejet d'un premier projet, l'Etablissement cantonal a demand� une autorisation de construire portant sur la d�molition des b�timents nos8953 et 8954, ainsi que d'une partie du b�timent n�8952, en vue de la construction � leur place d'un b�timent comprenant des logements, des bureaux et une salle de quartier.
Mis � l'enqu�te publique du 16 avril au 6 mai 1999, ce projet a suscit� six oppositions.
Le 25 juin 1999, la Municipalit� de Lausanne a accord� l'autorisation de construire et rejet� les oppositions.
Par arr�t du 29 septembre 2000, le Tribunal administratif du canton de Vaud a rejet� le recours form� contre cette d�cision, qu'il a confirm�e. Il a notamment �cart� l'argument selon lequel la proximit� de la Cath�drale aurait exig� de recueillir l'avis de la Commission f�d�rale des monuments historiques (ci-apr�s: la Commission f�d�rale). Le Tribunal administratif a estim� que le projet ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN. M�me si tel e�t �t� le cas, l'avis de la Commission f�d�rale - produit spontan�ment dans la proc�dure cantonale - n'aurait pas �t� n�cessaire.
B.- Agissant par la voie du recours de droit administratif, A.________ et dix-huit consorts demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du 25 septembre 2000, ainsi que, "en tant que de besoin" la d�cision municipale du 25 juin 2000 (recte: 1999). Ils invoquent la LPN, ainsi que l'art. 29 al. 1 Cst. Ils demandent en outre que l'autorit� f�d�rale comp�tente soit invit�e � produire les d�cisions ou documents relatifs au subventionnement de travaux concernant soit la Cath�drale, soit les b�timents �rig�s sur les parcelles nos10058, 10059 et 10060.
L'Etablissement cantonal conclut au rejet du recours, pour autant qu'il soit recevable. La Section des monuments historiques du D�partement cantonal des infrastructures a renonc� � se d�terminer. L'arch�ologue cantonal a produit des observations. La Municipalit� propose le rejet du recours.
Le D�partement f�d�ral de l'int�rieur (ci-apr�s: le D�partement f�d�ral) a produit des observations tendant � l'admission du recours.
Invit�es � se d�terminer, les parties ont maintenu leurs conclusions.
1.- a) Selon les art. 97 et 98 let. g OJ, mis en relation avec l'art. 5 PA, la voie du recours de droit administratif est ouverte contre les d�cisions des autorit�s cantonales de derni�re instance et qui sont fond�es sur le droit f�d�ral - ou qui auraient d� l'�tre - pour autant qu'aucune des exceptions pr�vues aux art. 99 � 102 OJ ou dans la l�gislation sp�ciale ne soit r�alis�e (ATF 127 II 1 consid. 2b/aa p. 3/4; 126 I 50 consid. 1 p. 52; 126 II 171 consid. 1a p. 173, 300 consid. 1a p. 301/302; 125 I 10 consid. 2a p. 13, et les arr�ts cit�s). Le recours de droit administratif est aussi recevable contre les d�cisions cantonales fond�es � la fois sur le droit f�d�ral et sur le droit cantonal dans la mesure o� la violation de dispositions du droit f�d�ral directement applicables est en jeu (cf. art. 104 let. a OJ; ATF 126 V 30 consid. 2 p. 31, 252 consid. 1a p. 253/254; 125 II 10 consid. 2a p. 13; 124 II 409 consid. 1d/dd p. 414/415, et les arr�ts cit�s). En revanche, c'est la voie du recours de droit public qui est ouverte contre des d�cisions fond�es uniquement sur le droit cantonal et ne pr�sentant pas un rapport de connexit� suffisamment �troit avec l'application du droit f�d�ral (ATF 126 II 171 consid. 1a p. 173; 126 V 252 consid. 1a p. 253/254; 124 II 409 consid. 1d/dd p. 414; 123 II 359 consid. 1a/aa p. 361; 121 II 72 consid. 1b p. 75).
b) L'autorisation litigieuse a �t� accord�e au regard du plan et des prescriptions du droit cantonal. Le Tribunal administratif a rejet� l'argument selon lequel la LPN serait applicable en l'esp�ce, le projet ne touchant pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 de cette loi. Les recourants contestent ce point, qu'il est n�cessaire de trancher pr�judiciellement afin de d�terminer si l'arr�t attaqu� peut faire l'objet d'un recours de droit administratif.
Cette disposition reprend l'art. 24sexies al. 1 aCst. , sous r�serve du fait que celui-ci �voquait la protection du paysage. Il �tait cependant admis que cette formulation, � entendre au sens large, d�signait aussi le patrimoine mentionn� d�sormais � l'art. 78 al. 1 Cst. (cf. Jean-Baptiste Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N.14; lors des travaux de la r�vision de la Constitution, l'art. 78 al. 1 Cst. n'a pas donn� lieu � discussion; cf. BO 1998 CE p. 80; BO 1998 CN p. 280-283). La comp�tence originaire des cantons n'emp�che pas la Conf�d�ration d'agir en mati�re de protection des monuments.
En premier lieu, l'art. 78 al. 2 Cst. (dont le libell� correspond, mat�riellement, � celui de l'art. 24sexies al. 2 aCst.) oblige la Conf�d�ration, dans l'accomplissement de ses t�ches, � prot�ger les sites historiques, ainsi que les monuments naturels et culturels (cf. aussi l'art. 1 let. a LPN; Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N.49-51, 55-63; Anne-Christine Favre, Commentaire LPN, art. 1 N.5-7). En deuxi�me lieu, la Conf�d�ration peut soutenir les efforts d�ploy�s pour soutenir le patrimoine et acqu�rir ou sauvegarder les objets pr�sentant un int�r�t national (art. 78 al. 3 Cst. , correspondant � l'art. 24sexies al. 3 Cst. ; cf. art. 1 let. b LPN; Zufferey, Commentaire LPN, chap. 2, N. 52-54, 64-73; Favre, Commentaire LPN, art. 1, N.8-10). Parmi les monuments que la Conf�d�ration doit prot�ger dans l'accomplissement de ses t�ches, on distingue les objets d'importance nationale et ceux d'importance r�gionale et locale (art. 4 LPN). Si cette distinction n'a pas pour effet de limiter l'engagement de la Conf�d�ration aux seuls objets de la premi�re cat�gorie (Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.2), elle circonscrit le champ des inventaires f�d�raux (art. 5 LPN) et d�termine le montant des subventions (art. 13 LPN), ainsi que la mise en oeuvre des mesures de sauvegarde et de conservation (art. 15 et 16 LPN; Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.5-7; cf. ATF 121 II 8 consid. 3a p. 14/15). Le Conseil f�d�ral �tablit les inventaires des objets d'importance nationale (art. 5 LPN), alors que les objets d'importance r�gionale et locale peuvent faire l'objet d'inventaires cantonaux (Favre, Commentaire LPN, art. 4 N.11). Se fondant sur l'art. 5 LPN, le Conseil f�d�ral a notamment adopt� l'ordonnance concernant l'Inventaire f�d�ral des sites construits � prot�ger en Suisse, du 9 septembre 1981 (OISOS; RS 451. 12). Selon l'art. 6 LPN, l'inscription � l'inventaire f�d�ral a pour cons�quence que l'objet en question m�rite sp�cialement d'�tre conserv� intact ou en tout cas d'�tre m�nag� le plus possible (al. 1); dans l'accomplissement d'une t�che f�d�rale, on ne peut porter atteinte � un objet inscrit � l'inventaire que si des int�r�ts �quivalents ou sup�rieurs le commandent (al. 2). La protection des monuments n'est ainsi une t�che f�d�rale que lorsqu'elle concerne des objets d'importance nationale (ATF 121 II 8 consid. 3a p. 15, 190 consid. 3c/bb p. 196/197; 120 Ib 27 consid. 2c/dd p. 32/33; 120 Ib 27 consid. 2c/dd p.
bb) En l'esp�ce, ni la ville de Lausanne comme telle, ni le quartier de la Cit�, ne sont inscrits � l'ISOS - du moins pour l'instant. Les b�timents nos8952, 8953 et 8954, ne font ainsi l'objet d'aucune protection f�d�rale. Ils ne sont pas davantage class�s � l'inventaire cantonal au sens des art. 49ss de la loi vaudoise sur la protection de la nature, des monuments et de sites, du 10 d�cembre 1969 (LPNMS).
Dans le recensement architectural �tabli selon l'art. 30 du r�glement d'application de la LPNMS, du 22 mars 1989 (RPNMS), les b�timents nos8953 et 8954 ont re�u une note d'�valuation de 5, la partie � d�molir du b�timent n�8952, la note de 3.
Ils ne pr�sentent ainsi aucun int�r�t particulier. Leur d�molition et la reconstruction � leur place d'un nouveau b�timent ne rel�ve pas de l'accomplissement d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN. Les recourants ne le pr�tendent pas, au demeurant. Ils soutiennent en revanche que les travaux projet�s entreraient dans le champ d'application de l'art. 2 LPN en raison de la proximit� de la Cath�drale, monument d'int�r�t national dont l'entretien et la restauration a b�n�fici� de subventions f�d�rales.
cc) Est notamment consid�r�e comme une t�che f�d�rale l'allocation de subventions pour des mesures de planification, pour des installations et des ouvrages, tels que les am�liorations fonci�res, l'assainissement des b�timents agricoles, les corrections de cours d'eau, les installations de protection des eaux et les installations de communications (art. 2 let. c LPN). Dans l'accomplissement des t�ches f�d�rales, les autorit�s f�d�rales et cantonales prennent soin de m�nager les monuments historiques et, lorsque l'int�r�t g�n�ral pr�vaut, d'en pr�server l'int�grit� (art. 3 al. 1 LPN).
Ils s'acquittent de ce devoir notamment en n'allouant des subventions que sous conditions (art. 3 al. 2 let. c LPN, mis en relation avec l'art. 2 let. c de la m�me loi). L'importance de l'objet, au sens de l'art. 4 LPN, n'est pas d�terminant; les mesures prises en application de l'art. 3 al. 2 LPN ne doivent cependant pas aller au-del� de ce qu'exige la protection de l'objet et de ses environs (art. 3 al. 3 LPN). Si un b�timent ou un monument historique peut �tre gravement d�pr�ci� par des installations ou constructions �difi�es aux alentours, cela ne signifie pas encore que la pr�servation de son int�grit� emp�cherait l'octroi d'une autorisation de construire dans ses abords imm�diats; l'essentiel est que l'objet prot�g� soit conserv� dans son identit�, conform�ment au but assign� � la mesure de protection (Zufferey, Commentaire LPN, art. 3, N.8 et 9).
Dans un premier moyen, les recourants exposent que les fouilles arch�ologiques de l'ancien clo�tre cath�dral ont �t� r�alis�es gr�ce � des subventions f�d�rales. Ils se fondent � ce propos sur une indication contenue dans le volume n�4 des Cahiers d'arch�ologie romande publi� � Lausanne en 1975, consacr� pr�cis�ment aux fouilles effectu�es dans l'ancien clo�tre. Celui-ci occupait le terrain qui forme aujourd'hui la place de la Cath�drale, entre ce monument et l'�lot d'habitation dont font partie les b�timents litigieux. Dans sa r�ponse du 6 d�cembre 2000, l'arch�ologue cantonal a confirm� que la Conf�d�ration a vers� des subventions pour ces fouilles, lesquelles toutefois ne concernaient pas les parcelles nos10058 et 10060. Des fouilles ult�rieures ont �t� effectu�es d�s 1992 dans les sous-sols des b�timents sis � la rue Vuillermet 2-4, place de la Cath�drale 11-15, mais sans subsides f�d�raux. De ces indications, il ressort que les parcelles vis�es par l'autorisation querell�e n'ont pas fait l'objet de travaux arch�ologiques effectu�s ou financ�s par la Conf�d�ration, en accomplissement d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN.
Dans un deuxi�me moyen, les recourants exposent que la Conf�d�ration a subventionn� la r�novation de la Cath�drale.
Ce fait est confirm� par le D�partement f�d�ral, lequel a joint � sa r�ponse du 31 janvier 2001 la copie de la d�cision qu'il a prise le 18 septembre 1990. Cette d�cision porte sur l'octroi au canton de Vaud d'une subvention de 348'326 fr. pour les travaux de restauration de la Cath�drale effectu�s en 1989. Elle est assortie d'une condition (portant le n�5) selon laquelle le propri�taire du monument concern� (soit, en l'occurrence, l'Etat de Vaud) devra veiller � une protection suffisante des environs du monument et informer le service cantonal des monuments historiques et le D�partement f�d�ral de "tout projet de construction voisine pouvant porter atteinte � ce qui fait sa valeur".
Il est possible qu'en utilisant cette subvention pour effectuer des travaux de restauration d'un monument d'int�r�t national, les autorit�s cantonales aient particip� � l'ex�cution d'une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN.
On ne peut cependant en tirer la conclusion que toute d�cision concernant les alentours d'un b�timent ou d'une installation ayant fait l'objet d'une subvention selon les art. 3 al. 2 let. c et 2 let. c LPN, rel�verait ipso facto des t�ches f�d�rales.
La condition n�5 attach�e � la d�cision du 18 septembre 1980 impose uniquement � l'autorit� cantonale le devoir de prot�ger la Cath�drale et d'informer le D�partement f�d�ral de tout projet de construction de nature � porter atteinte � la Cath�drale. Cette derni�re obligation dispara�t lorsque l'autorit� cantonale, en se fondant sur l'avis du service de protection des monuments historiques, estime que l'ouvrage projet� ne cause pas une telle atteinte. Sur ce point, la d�cision du 18 septembre 1990 n'a fait que reprendre, dans le m�canisme de subvention, le syst�me de l'art. 7 LPN. On ne saurait en tout cas pr�ter � cette condition l'effet de donner � l'autorit� f�d�rale le droit de s'opposer � tout projet de construction aux abords d'un monument ayant fait l'objet d'une subvention, alors m�me que la proc�dure du permis de construire est, comme en l'esp�ce, r�gie exclusivement par le droit cantonal. Cela reviendrait, en fin de compte, � battre en br�che la r�partition des t�ches entre la Conf�d�ration et les cantons en mati�re de protection du patrimoine, telle qu'elle est fix�e � l'art. 78 al. 1 Cst. De toute mani�re, l'obligation de respecter les conditions attach�es � la subvention ne consiste pas � soumettre au contr�le de l'autorit� f�d�rale toute construction autoris�e selon le droit cantonal aux abords de la Cath�drale. M�me � supposer que les autorit�s cantonales et communales aient m�connu la condition assortie � la subvention, elles s'exposeraient � l'obligation de restituer celle-ci, en tout ou partie (cf.
art. 11 OPN). Le syst�me l�gal ne pr�sente pas de faille � cet �gard, qu'il conviendrait de combler en faisant entrer, par une interpr�tation extensive des art. 2 et 3 LPN, tous les alentours des monuments d'int�r�t national dans l'orbite des t�ches f�d�rales.
Enfin, si elle avait effectivement voulu emp�cher toute construction aux abords de la Cath�drale ou, du moins, s'assurer de leur compatibilit� avec l'objet prot�g�, la Conf�d�ration aurait pu prendre des mesures plus incisives, appropri�es � ce but. Par exemple, elle aurait pu, en application de l'art. 15 LPN et de la LEx, constituer des servitudes pour limiter les possibilit�s de reb�tir les environs de la Cath�drale (cf. ATF 114 Ib 321). Or, elle ne l'a pas fait.
Un r�sultat �quivalent ne peut �tre atteint par l'entremise d'une condition attach�e � une d�cision de subvention.
c) L'autorisation litigieuse ne mettant pas en jeu une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN, le recours de droit administratif est irrecevable quant � son objet.
2.- A titre subsidiaire, les recourants d�clarent vouloir agir par la voie du recours de droit public s'agissant des griefs qu'ils soul�vent en relation avec la violation de leurs droits constitutionnels.
a) Un recours de droit administratif peut �tre converti en recours de droit public, pour autant que les conditions de forme l�gales sont respect�es (ATF 122 I 328 consid. 2d p. 333).
b) Ont qualit� pour agir notamment les particuliers l�s�s par des arr�t�s ou des d�cisions qui les concernent personnellement ou qui sont d'une port�e g�n�rale (art. 88 OJ); la qualit� pour recourir s'appr�ciant au regard du seul art. 88 OJ, le fait que la qualit� de partie ait, comme en l'esp�ce, �t� reconnue aux recourants dans la proc�dure cantonale n'est pas d�terminant (ATF 125 I 71 consid. 1b/aa p. 75, 253 consid. 1b p. 254/255; 123 I 279 consid. 3b p. 280; 120 Ia 369 consid. 1a p. 371, et les arr�ts cit�s). La qualit� pour agir au sens de l'art. 88 OJ se d�termine en fonction des griefs soulev�s dans le recours (ATF 123 I 212 consid. 1c p. 214; 116 Ia 316 ss). Le recours de droit public est ouvert seulement � celui qui est atteint par l'acte attaqu� dans ses int�r�ts personnels et juridiquement prot�g�s; le recours form� pour sauvegarder l'int�r�t g�n�ral ou de simples int�r�ts de fait est irrecevable. L'int�r�t juridique prot�g� dont le recourant doit se pr�valoir, peut d�couler de la loi f�d�rale ou cantonale, voire directement d'un droit constitutionnel sp�cifique, pourvu qu'il entre dans le champ d'application de la norme constitutionnelle invoqu�e (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42ss, 279 consid. 3c/ee p. 281; 122 I 373 consid. 1 p. 374, et les arr�ts cit�s). Celui qui agit par la voie du recours de droit public doit, conform�ment � l'art. 90 al. 1 let. b OJ, pr�senter au Tribunal f�d�ral des �l�ments de fait qui permettent � celui-ci de d�terminer dans quelle mesure la d�cision attaqu�e porte une atteinte actuelle et personnelle aux int�r�ts juridiquement prot�g�s du recourant (ATF 125 I 173 consid. 1b p. 175; 123 I 279 consid. 3c/bb p. 280; 120 Ia 227 consid. 1 p. 229). La prohibition de l'arbitraire ne fonde pas � elle seule la qualit� pour agir au sens de l'art. 88 OJ (ATF 123 I 41 consid. 5b p. 42/43, 279 consid. 3c/aa p. 280; 122 I 44 consid. 3b/bb p. 47, 373 consid. 1a p. 374, et les arr�ts cit�s). Cette jurisprudence, d�velopp�e sous l'empire de l'art. 4 aCst. , demeure applicable au regard de l'art. 9 Cst. (ATF 126 I 81), y compris pour ce qui concerne le recours de droit public form� par le propri�taire voisin contre une autorisation de construire (arr�ts non publi�s M., du 9 juin 2000, consid. 2a et M. du 7 juillet 2000, consid. 1b/aa).
En mati�re d'autorisation de construire, les propri�taires voisins ont qualit� pour recourir selon l'art. 88 OJ s'ils invoquent la violation de dispositions qui tendent non seulement � la sauvegarde des int�r�ts de la collectivit�, mais aussi � la protection de leurs int�r�ts de voisins.
Il faut en outre que les voisins se trouvent dans le champ de protection des dispositions dont ils all�guent la violation et qu'ils soient touch�s par les effets pr�tendument illicites de la construction litigieuse (ATF 118 Ia 112 consid. 2a p. 116, et les arr�ts cit�s). En application de ces principes, la jurisprudence a reconnu la qualit� pour agir aux voisins se plaignant de la violation des prescriptions relatives aux distances, aux dimensions des b�timents et � la densit� des constructions, qui sont des r�gles mixtes (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235; 117 Ia 18 consid. 3b p. 20, et les arr�ts cit�s). En l'esp�ce, les recourants ne se pr�valent d'aucune r�gle qui les prot�gerait comme voisins. En outre, ils ne sont pas recevables � remettre en cause, comme ils le font, le caract�re esth�tique des b�timents projet�s (ATF 118 Ia 232 consid. 1b p. 235). Le grief tir� de l'art. 33 al. 2 et al. 3 let. b LAT, tel qu'il est invoqu�, n'a pas de port�e propre � cet �gard. Les recourants ne sont pas davantage habilit�s � se plaindre d'une atteinte � la vue, faute pour eux d'avoir invoqu� une norme sp�ciale prot�geant la vue et qui pourrait fonder leur qualit� pour agir sous cet aspect particulier.
Enfin, ils ne peuvent se plaindre de la violation de la r�gle de la bonne foi, � raison d'assurances donn�es pr�tendument � un tiers et que les autorit�s communales n'auraient pas respect�es.
c) La jurisprudence admet qu'ind�pendamment de la qualit� pour agir au fond, le particulier puisse se plaindre, par la voie du recours de droit public, de la violation d'une garantie de proc�dure �quivalant � un d�ni de justice formel.
Dans ce cas, l'int�r�t juridique prot�g� exig� par l'art. 88 OJ d�coule non pas du droit mat�riel, mais du droit de participer � la proc�dure. Un tel droit existe lorsque le particulier avait qualit� de partie en proc�dure cantonale et il peut se plaindre de la violation des droits formels que lui reconna�t le droit cantonal ou qui d�coulent des art. 29 Cst.
et 6 CEDH (ATF 125 II 86 consid. 3b p. 94; 123 I 25 consid. 1 p. 26/27; 122 I 267 consid. 1b p. 270, et les arr�ts cit�s).
aa) Les recourants ne se pr�valant pas des r�gles du droit cantonal r�gissant leur droit d'�tre entendus, c'est � la lumi�re de l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il convient d'examiner leur grief (ATF 125 I 257 consid. 3a p. 259; 124 I 49 consid. 3a p. 51; 119 Ia 136 consid. 2c p. 138, 260 consid. 6 p. 260/261, et les arr�ts cit�s).
bb) Le droit d'�tre entendu inclut le droit du particulier de s'expliquer avant qu'une d�cision ne soit prise � son d�triment, de fournir des preuves quant aux faits de nature � influer sur la d�cision, d'avoir acc�s au dossier, de participer � l'administration des preuves, d'en prendre connaissance et de se d�terminer � leur propos (ATF 126 V 130 consid. 2 p. 130-132; cf., pour la jurisprudence relative � l'art. 4 aCst. , ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51, 242 consid. 2 p. 242; 124 V 90, 180 consid. 1a p. 181, et les arr�ts cit�s). L'autorit� peut renoncer au moyen de preuve offert par une partie, pour autant qu'elle puisse admettre sans arbitraire que ce moyen n'aurait pas chang� sa conviction (ATF 124 I 241 consid. 2 p. 242; 124 V 90 consid. 4b p. 94; 122 II 464 consid. 4a p. 469; 122 V 157 consid. 1d p. 162, et les arr�ts cit�s). Le droit d'�tre entendu est cependant viol� lorsque l'autorit� nie sans motifs suffisants toute pertinence � un moyen de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 291). Le Tribunal f�d�ral revoit cette question sous l'angle restreint de l'arbitraire, car elle porte uniquement sur l'appr�ciation des preuves, et non point sur la port�e du droit d'�tre entendu (ATF 115 Ia 8 consid. 3a p. 11/12; 106 Ia 161).
cc) Les recourants reprochent au Tribunal administratif de n'avoir pas tenu compte de l'avis de la Commission f�d�rale.
Dans le cours de la proc�dure cantonale, l'Office f�d�ral de la culture a, le 4 novembre 1999, transmis spontan�ment au Tribunal administratif un avis de la Commission f�d�rale, �tabli le 25 octobre 1999. Cet avis, intitul� "expertise", critique le projet autoris� par la Municipalit�, au motif qu'il porterait atteinte "d'une certaine mani�re" � la Cath�drale et au caract�re du quartier de la Cit�. La Commission f�d�rale a recommand� que le projet soit repris ab ovo ou, du moins, "retravaill�". Le Tribunal administratif a communiqu� cette prise de position aux parties, qui se sont d�termin�es � ce sujet.
Dans l'arr�t attaqu�, le Tribunal administratif, apr�s avoir constat� que le projet ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN, a estim� qu'aucun avis ou expertise de l'autorit� f�d�rale n'�tait n�cessaire au sens de l'art. 7 al. 1 in initio LPN (dans sa teneur du 18 juin 1999, entr�e en vigueur le 1er janvier 2000, soit avant le prononc� de l'arr�t attaqu�). M�me � supposer que le projet touchait � une t�che f�d�rale, les autorit�s cantonales auraient pu, selon le Tribunal administratif, se dispenser de requ�rir une expertise f�d�rale, comme le permet l'art. 7 al. 1 in fine LPN (consid. 3c de l'arr�t attaqu�). Par surabondance, le Tribunal administratif a �cart� les objections exprim�es par la Commission f�d�rale, en consid�rant que les critiques de celle-ci �taient en fait dirig�es contre le plan et non contre l'autorisation de construire; elles ne pouvaient, partant, plus �tre retenues � ce stade, eu �gard aussi au fait que le projet avait re�u l'aval de la Section cantonale des monuments historiques.
On ne voit pas en quoi le Tribunal administratif aurait viol� le droit d'�tre entendus des recourants en proc�dant et en d�cidant comme il l'a fait. Les parties ont eu connaissance de l'avis du 25 octobre 1999, qu'elles ont eu l'occasion de discuter. Sur le fond, d�s l'instant o� le Tribunal administratif pouvait, sans violer le droit f�d�ral, admettre que le projet de d�molition et de reconstruction litigieux ne touchait pas � une t�che f�d�rale au sens de l'art. 2 LPN (cf. consid. 1 ci-dessus), il pouvait se dispenser de prendre en compte l'avis de la Commission f�d�rale, laquelle n'avait plus de titre � intervenir dans la proc�dure.
Quant aux raisons pour lesquelles le Tribunal administratif a, par surabondance de droit, estim� qu'il n'y avait pas lieu de suivre l'avis et les recommandations f�d�rales, elles �chappent � la critique. Sous couvert de la violation de leur droit d'�tre entendus, les recourants cherchent � contester au fond la solution retenue dans l'arr�t attaqu�, ce qu'ils ne sont pas autoris�s � faire sur le vu de la jurisprudence qui vient d'�tre rappel�e.
3.- Le recours est irrecevable comme recours de droit administratif. Trait� comme recours de droit public, il doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais en incombent aux recourants (art. 156 OJ), ainsi qu'une indemnit� en faveur de l'Etablissement cantonal, � titre de d�pens (art. 159 OJ). Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � la Municipalit� de Lausanne, cens�e pouvoir intervenir sans l'assistance d'un mandataire.
1. D�clare le recours de droit administratif irrecevable.
2. Rejette le recours, trait� comme recours de droit public, dans la mesure o� il est recevable.
3. Met � la charge des recourants un �molument judiciaire de 5000 fr., ainsi que, solidairement entre eux, une indemnit� de 2000 fr. en faveur de l'Etablissement cantonal d'assurance contre l'incendie et les �l�ments naturels, � titre de d�pens.
Dit qu'il n'est pas allou� de d�pens pour le surplus.
4. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties, au D�partement des infrastructures et au Tribunal administratif du canton de Vaud, ainsi qu'au D�partement f�d�ral de l'int�rieur.

References: art. 97
 art. 99
 art. 104
 ATF 
 art. 1
 art. 1
 art. 1
 art. 4
 art. 4
 ATF 
 art. 4
 art. 49
 art. 3
 art. 3

art. 11
 art. 2
 ATF 
 art. 88
 art. 29
 ATF 
in fine