Source: http://www.blockchaindailynews.com/Michel-Khazzaka-blockchain-manager-chez-CSC-South-West_a25109.html
Timestamp: 2017-08-21 06:39:57+00:00

Document:
Michel Khazzaka, blockchain manager chez CSC South & West
Michel Khazzaka, Manager Payments Systems & Security chez CSC. En charge de l’offre Blockchain chez CSC South & West.
Michel Khazzaka
Nos industries sont-elles prêtes pour cette révolution sans précédent que représente la Blockchain ?
Les institutions financières, dont les établissements de paiement et de crédit, ont été les premières impactées par la Blockchain. Les industries dans le domaine de l’information et de la communication – médias, journaux et télécoms – les secondes. L’industrie énergétique, les industries lourdes, le secteur du retail, l’industrie artistique, les professionnels de santé et les services dans le secteur public ainsi que les services gouvernementaux arrivent ensuite.
Seulement, si les industries financières ont été les premières à être impactées, un avantage car elles sont ainsi les premières à pouvoir réagir, elles souffrent de ne pas avoir eu d’exemples. Leur business model est en pleine mutation et elles l’ont compris très rapidement. Protégées par la réglementation, et fragmentées, ce qui les met pour l’instant à l’abri, ces industries s’organisent dans des consortiums locaux, nationaux et internationaux, pour trouver des ripostes afin de faire face à la Blockchain ou d’en tirer bénéfice.
Est-ce suffisant ? Pour le moment non ! Avec la mobilité bancaire, et la DSP2, qui donne à des tiers de confiance l’accès aux données des comptes bancaires, la réglementation du monde de la finance est en train de changer. Les banques doivent alors trouver des moyens pour monétiser cette nouvelle ouverture ou du moins la compenser. A cela, s’ajoute le choc de la Blockchain qui les oblige à se réinventer, ce qu’elles n’arrivent pas pour l’instant à faire.
Il en est de même pour les autres industries, pour qui cela comporte plus ou moins d’enjeux. Le secteur public, par exemple, ne semble pas être préparé, et cela pour des raisons culturelles. Le Conseil supérieur du notariat a récemment proposé la création d’une Blockchain notariale qui a été refusée « parce que l’acte authentique n’est pas qu’une procédure, la blockchain ne pourra pas se substituer à lui ». Mais il est possible de parier que ce n’est qu’une question de temps avant que des gouvernements privilégient à la tradition réglementaire le gain en sûreté et en efficacité que la Blockchain pourrait apporter.
CSC a lancé dès 2015 en France, son offre Blockchain. Notre équipe dédiée collabore avec tous nos lignes métier et intervient actuellement sur divers projets clients innovants.
Qui en sont les early adopters ?
Les institutions financières tout d’abord, notamment dans le domaine du capital market, puis les acteurs des télécoms et de l’informatique. Mais d’autres se distinguent également : des applications dans l’industrie du diamant par exemple. Des solutions de traçabilité permettant de suivre le cycle de vie du diamant, du minage à l’authentification, ont été développées grâce à la Blockchain.
Le secteur de l’énergie fait également figure d’exemple. Le projet « Smart Grid » testé par Bouygues Immobilier a démontré que l’échange pair-à-pair d’énergie solaire est possible sur Blockchain. A New York, un projet pilote a été lancé par TransActive Grid en mars 2016 dans l’idée de créer des crédits d’énergie renouvelable.
Selon notre expérience sur le marché français et européen les early adopters sont déjà présents dans plusieurs domaines, notamment : paiements, banque, marché des capitaux, assurance, automobile, et secteur public.
Qui en sont/seront les principaux bénéficiaires ?
Ils sont à tous les niveaux : consommateurs, banques, commerçants et gouvernements devraient tous bénéficier de la Blockchain. En principe, les premiers devraient être les consommateurs finaux si l’on en revient à la théorie derrière l’invention de la Blockchain : mettre en relation directe deux personnes et éviter les complexités de l’intermédiation ainsi que ses commissions et frais associés souvent élevés.
Mais les acteurs de l’industrie ont aussi à y gagner, à condition qu’ils réinventent leurs modèles opérationnels et qu’ils s’attribuent un nouveau rôle sur la Blockchain. Par exemple, un intermédiaire qui intègre la signature électronique sur des documents en ligne a de grandes chances de se faire désintermédier par la Blockchain, qui est aujourd’hui capable de faire de même, et ce sans intermédiaire en rendant ce service une commodité élémentaire. Cependant, en mettant en avant ses compétences métier et en se positionnant comme un fournisseur de signature électronique pour les smart contrats, par exemple, il pourrait apporter une nouvelle valeur ajoutée.
Quels investissements doivent être décidés et par qui ?
Pour prendre le train de la Blockchain en marche, les directions de l’innovation et marketing ont leur rôle à jouer. Mais celles-ci doivent maintenant convaincre leur direction, dont le COO ou encore le CEO ainsi que le CIO et le CFO, du besoin d’investir sur des recherches ou des réflexions autour de la Blockchain.
On en a déjà des exemples chez CSC : nos clients sont nombreux à s’interroger sur le risque ou les opportunités business que représente la Blockchain.
Plusieurs étapes s’imposent pour en étudier l’impact, les opportunités et la déployer. Afin d’accompagner nos clients dans l’adoption de cette technologie à la fois disruptive et fondatrice, CSC propose une démarche de 4 étapes. D’abord l’idéation pour la recherche des cas d’usage viables, elle consiste à comprendre la Blockchain, identifier la menace qu’elle peut représenter sur son business model et surtout d’identifier les bénéfices et opportunités qu’elle peut dégager. La seconde, qui est celle du « test and learn » permet d’évaluer les technologies existantes, de démontrer la faisabilité d’un cas d’usage donnée et d’évaluer sa finalité. Ensuite, les premiers déploiements assureront rapidement les premiers retours sur investissement. La dernière étape de maturation consiste au déploiement élargi de la solution qui peut impliquer le remplacement total ou partiel des systèmes centralisés.
Peut-on imaginer que la blockchain ubérise Uber ?
Tout à fait, tout comme on pourrait « Kayaker » Kayak. On peut en effet imaginer que quelques jeunes dans un « hackathon » puissent, sans même créer une entreprise, développer une solution sur la Blockchain qui met en relation des chauffeurs – de taxis ou privés – avec des consommateurs qui ont besoin de se déplacer. Le chauffeur téléchargerait une application pour s’enregistrer en tant que fournisseur de services, la plateforme Blockchain reconnaîtrait ceux qui ont le droit de rendre ces services ainsi que leur géolocalisation… Le client n’aurait alors plus qu’à s’inscrire sur cette même application pour être en contact avec les chauffeurs disponibles autour de lui. La commande serait automatisée par des smartcontrats qui peuvent gérer entièrement la relation directe entre les 2 parties y compris le scoring, les revus et la facturation.
A la différence des entreprises centrales tel que Uber (mais encore AirBnB ou BlaBlaCar, etc.), cette solution pourrait s’exécuter sans employés et sans comité de direction. Elle suivrait le modèle des applications distribuées – les Dapps – ou des Distributed Autonomous Organizations – le DAO. Comme Bitcoin, elle réalise ses opérations de personne à personne sans intermédiaire.
Certains freins se posent aujourd’hui, dont la réglementation, la confiance dans le système et la maturité de la Blockchain aujourd’hui. Il n’est pas certain qu’elle soit capable de supporter tout cela, notamment de répondre aux attentes d’accompagnement et d’assistance des clients (par exemple en cas de litige) et en termes de légalité. Mais nous ne sommes pas à l’abri que ces défis soient relevés très prochainement.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.csc.com/fr
CSC devient DXC Technology suite à sa fusion avec HP Entreprise Service.
www.csc.com/newsroom/press_releases/139540
Michel Khazzaka, merci d'avoir répondu à nos questions et rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de Blockchain Daily News.b[

References: CSC 
 CSC 

CSC 
 CSC 
 CSC 

CSC