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Timestamp: 2016-10-22 17:56:57+00:00

Document:
2P.195/2005 (16.02.2006)
2P.195/2005
2A.473/2005/ svc
Arr�t du 16 f�vrier 2006
MM. et Mme les Juges Merkli, Pr�sident,
X.________ SA, recourante,
repr�sent�e par Me Paul Dorsaz, avocat,
Service cantonal des contributions
du canton du Valais, b�timent Planta 577,
avenue de la Gare 35, 1951 Sion,
Commission cantonale de recours en mati�re fiscale du canton du Valais, b�timent Planta 577, 1950 Sion,
Cour de droit public, Palais de Justice, 1950 Sion 2.
recours de droit administratif (2A.473/2005) contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour de droit public, du 1er juillet 2005,
Imp�t f�d�ral direct 2001,
recours de droit public (2P.195/2005) contre l'arr�t
du Tribunal cantonal du canton du Valais,
Cour de droit public, du 1er juillet 2005,
Imp�ts cantonal et communal 1997 � 2001.
La soci�t� X.________ SA (ci-apr�s: la Soci�t�), active dans la diffusion d'articles m�nagers, est d�tenue par trois actionnaires, dont deux exercent �galement l'activit� de repr�sentant de l'entreprise.
A la suite d'un contr�le de la Soci�t� portant sur les comptes des exercices 1997 � 2001, en d�cembre 2002, le Service cantonal des contributions du canton du Valais (ci-apr�s: le Service cantonal des contributions) a constat� l'absence de valeur probante des comptes des exercices 1998, 1999 et 2000, les grands livres �tant inexistants ou illisibles. Il a proc�d� � la reprise d'une partie du loyer factur� � la Soci�t� par l'un des actionnaires et d'une partie des frais comptabilis�s dans les charges d'exploitation au titre de frais de v�hicules, qui s'�levaient � 52'496 fr. en 1997, � 44'840 fr. en 1998, � 44'888 fr. en 1999, � 36'982 en 2000 et � 34'575 fr. en 2001. La Soci�t� ayant acquis ou pris en leasing 16 v�hicules entre 1994 et 2000 (dont cinq Mercedes, une Ferrari et une Jaguar) et mis ses v�hicules � disposition de ses actionnaires, il a proc�d� � la reprise de 12'000 fr. pour chacun des exercices 1997 � 1999, de 9'500 fr. pour l'exercice 2000 et de 6'000 fr. pour l'exercice 2001 � titre de part priv�e comptabilis�e dans les charges d'exploitation.
Les reprises propos�es figuraient dans les avis de taxation d'imp�t f�d�ral direct et d'imp�ts cantonal et communal des p�riodes fiscales 1997 � 2001, notifi�s � la Soci�t� le 21 mars 2003. Par d�cision sur r�clamation du 6 janvier 2004, ces avis de taxation ont �t� confirm�s.
Saisie d'un recours de la Soci�t� contre cette derni�re d�cision, la Commission cantonale de recours en mati�re d'imp�ts l'a admis par d�cision du 20 octobre 2004 en tant qu'il concernait la reprise d'une partie du loyer. Elle l'a rejet� en tant qu'il demandait l'annulation des reprises des frais de v�hicules en raison de leur proportion �lev�e par rapport aux chiffres d'affaires de la Soci�t� (de l'ordre de 600'000 � 800'000 fr.) et du type de v�hicules utilis�s.
Par arr�t du 1er juillet 2005, la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a rejet� le recours interjet� par la Soci�t� contre la d�cision de la Commission cantonale de recours du 20 octobre 2004 en tant qu'elle porte sur l'imp�t cantonal et communal des p�riodes fiscales 1997 � 2001 et sur l'imp�t f�d�ral direct de la p�riode fiscale 2001. Il a consid�r� en substance, sans entendre deux des actionnaires de la Soci�t� qui l'avait sollicit�, qu'elle n'avait pas justifi� le caract�re commercial des charges en cause, qui constituaient des distributions dissimul�es de b�n�fices aux actionnaires. Ces charges devaient �tre r�int�gr�es dans les b�n�fices imposables. Le montant des frais de v�hicules repris �tait en outre confirm�.
Agissant par les voies du recours de droit administratif et du recours de droit public, la Soci�t� demande au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, d'accorder l'effet suspensif � ses recours. Dans son recours de droit administratif, elle conclut � l'annulation de l'arr�t du Tribunal cantonal du 1er juillet 2005 traitant de l'imp�t f�d�ral direct 2001. Elle se plaint d'appr�ciation arbitraire des preuves et de la violation des art. 58 al. 1 let. a et b de la loi f�d�rale du 14 d�cembre 1990 sur l'imp�t f�d�ral direct (LIFD; RS 642.11) et 24 al. 1 let. a de la loi f�d�rale du 14 d�cembre 1990 sur l'harmonisation des imp�ts directs des cantons et des communes (LHID ou loi sur l'harmonisation fiscale; RS 642.14). Dans son recours de droit public, elle conclut � l'annulation de l'arr�t du Tribunal cantonal du 1er juillet 2005. Elle se plaint de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst. et de celle de l'art. 9 Cst. dans l'appr�ciation des preuves et dans l'application de l'art. 81 al. 1 let. a et b de la loi fiscale du 10 mars 1976; LF; RSV 642.1).
L'Administration f�d�rale des contributions conclut au rejet du recours de droit administratif. Le Tribunal cantonal renonce � d�poser des observations. La Commission cantonale de recours en mati�re d'imp�t conclut au rejet des deux recours dans la mesure o� ils sont recevables. Le Service cantonal des contributions n'a pas d�pos� d'observations.
Par ordonnance du 5 septembre 2005, le Pr�sident de la IIe Cour de droit public du Tribunal f�d�ral a accord� l'effet suspensif au recours de droit public d�pos� par la Soci�t�.
La recourante a d�pos� simultan�ment deux recours, l'un de droit administratif, l'autre de droit public, contre le m�me arr�t. Par �conomie de proc�dure, il convient d�s lors de prononcer la jonction des causes et de statuer sur les m�rites des deux recours dans un seul et m�me arr�t (art. 24 PCF et 40 OJ; ATF 127 V 29 consid. 1 p. 33, 156 consid. 1 p. 157).
I. Imp�t f�d�ral direct
2.1 D�pos� en temps utile et dans les formes prescrites par la loi contre un arr�t rendu par une autorit� judiciaire statuant sur l'imp�t f�d�ral direct de la p�riode fiscale 2001 en derni�re instance cantonale et fond� sur le droit public f�d�ral, le recours de droit administratif 2A.473/2005, est recevable en vertu des art. 97 ss OJ, ainsi que de la r�gle particuli�re de l'art. 146 LIFD.
S'agissant de l'imp�t f�d�ral direct des p�riodes fiscales 1997 � 2000, ant�rieures au 1er janvier 2001, la d�cision de la Commission cantonale de recours du 20 octobre 2004 �tait de derni�re instance cantonale (art. 98 let. g OJ et art. 8 al. 1 de la loi valaisanne du 24 septembre 1997 d'application de la loi sur l'imp�t f�d�ral direct) et devait faire l'objet d'un recours de droit administratif directement aupr�s du Tribunal f�d�ral dans les trente jours (art. 106 al. 1 OJ), le parall�lisme des voies de recours en mati�re d'imp�t f�d�ral direct et d'imp�t cantonal harmonis� n'�tant pas encore applicable (arr�t 2A.323/2003 du 30 janvier 2004 et 2A.355/2003 du 19 d�cembre 2003). Aucun recours n'ayant �t� d�pos�, la d�cision de la Commission cantonale de recours du 20 octobre 2004 est entr�e en force en tant qu'elle concerne l'imp�t f�d�ral de ces p�riodes.
2.2 Le recours de droit administratif peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral, y compris l'abus ou l'exc�s du pouvoir d'appr�ciation (art. 104 let. a OJ). Le Tribunal f�d�ral v�rifie d'office l'application du droit f�d�ral, sans �tre li� par les motifs invoqu�s par les parties (art. 114 al. 1 in fine OJ).
En revanche, lorsque le recours est dirig�, comme en l'esp�ce, contre la d�cision d'une autorit� judiciaire, le Tribunal f�d�ral est li� par les faits constat�s dans la d�cision, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets ou s'ils ont �t� �tablis au m�pris de r�gles essentielles de proc�dure (art. 104 let. b et 105 al. 2 OJ).
3.1 En droit fiscal suisse, le b�n�fice net imposable de la soci�t� comprend en particulier le solde du compte de r�sultats (art. 58 al. 1 LIFD). Les comptes annuels de la soci�t� anonyme sont dress�s conform�ment aux principes g�n�ralement admis dans le commerce; ils doivent �tre complets, clairs et faciles � consulter (art. 662a et 959 CO). Si ces principes ne sont pas respect�s et que le compte de r�sultat ne refl�te pas le b�n�fice r�el de la soci�t� anonyme, le r�sultat doit �tre corrig� en faveur comme au d�triment du contribuable (Francis Cagianut, Bedeutung der kaufm�nnischen Buchhaltung und Bilanz im Steuerrecht, in: Archives 37, p. 137 ss, p. 142).
3.2 Selon l'art. 58 al. 1 let. b LIFD, le b�n�fice net imposable comprend tous les pr�l�vements op�r�s sur le r�sultat commercial avant le calcul du solde du compte de r�sultat, qui ne servent pas � couvrir des d�penses justifi�es par l'usage commercial, tels que les distributions ouvertes ou dissimul�es de b�n�fice et les avantages procur�s � des tiers qui ne sont pas justifi�s par l'usage commercial.
Selon la jurisprudence, il y a distribution dissimul�e de b�n�fice lorsque les quatre conditions cumulatives sont remplies: 1) la soci�t� fait une prestation sans obtenir de contre-prestation correspondante; 2) cette prestation est accord�e � un actionnaire ou � une personne le ou la touchant de pr�s; 3) elle n'aurait pas �t� accord�e dans de telles conditions � un tiers; 4) la disproportion entre la prestation et la contre-prestation est manifeste de telle sorte que les organes de la soci�t� auraient pu se rendre compte de l'avantage qu'ils accordaient (ATF 131 II 593 consid. 5 p. 607 ss; 119 Ib 116 consid. 2 p. 119; 115 Ib 238).
La justification commerciale d'une d�pense d�pend de son contexte. Sa n�cessit� effective pour l'entreprise n'est pas d�terminante. Il suffit qu'il existe un rapport de causalit� objectif entre la d�pense et le but �conomique de l'entreprise. Le lien de causalit� existe lorsque la d�pense aurait �t� consentie par un gestionnaire ordinaire faisant preuve de la diligence objective requise par le droit commercial. Tel n'est pas le cas des d�penses encourues pour l'entretien et l'amortissement de biens acquis par la soci�t� qui ne servent qu'� l'entretien de l'actionnaire ou � son propre plaisir. Dans ce cas, la soci�t� gr�ve ind�ment son compte de r�sultats en prenant � sa charge des d�penses priv�es sous couvert de frais de repr�sentation (arr�t 2P.153/2002 du 29 novembre 2002 in StE 2003 B 72.14.2 n� 31 consid. 3.2; arr�t 2A.461/2001 du 21 f�vrier 2002 in Revue fiscale 57/2002, p. 816, consid. 2; Archives 63 p. 208 consid. 2a p. 212 s.; Peter Agner/Beat Jung/Gotthard Steinmann, Kommentar zum Gesetz �ber die direkte Bundessteuer, Zurich 1995, ch. 4 ad art. 26; Ernst Blumenstein/Peter Locher, System des Steuerrechts, Zurich 1995, p. 245).
3.3 Selon un principe g�n�ralement admis en mati�re fiscale, il incombe � celui qui fait valoir l'existence d'un fait de nature � �teindre ou � diminuer sa dette fiscale d'en apporter la preuve et de supporter les cons�quences de l'�chec de cette preuve (arr�t 2A.461/2001 du 21 f�vrier 2002 in Revue fiscale 57/2002, p. 816, consid. 2; Revue fiscale 54 p. 118 consid. 9a p. 126; ATF 121 II 257 consid. 4c/aa p. 266 et les arr�ts cit�s).
3.4 En l'esp�ce, la recourante a acquis ou pris en leasing pas moins de seize v�hicules entre 1994 et 2000, parmi lesquels se trouvaient cinq Mercedes, une Jaguar et une Ferrari; elle les a mis � disposition de ses deux employ�s charg�s de la repr�sentation commerciale; ces derniers �taient �galement ses actionnaires. Elle a comptabilis� les frais engendr�s par ces v�hicules dans un compte de charges qui a diminu� les comptes de r�sultat des exercices comptables 1997 � 2001. L'ensemble de ces circonstances d�montrent que les d�penses en frais de v�hicules consenties par la recourante ne peuvent pas �tre qualifi�es de justifi�es dans leur int�gralit� par l'usage commercial, m�me si la poursuite des buts de la soci�t�, active dans la diffusion d'articles m�nagers, n�cessite l'emploi de v�hicules pour en assurer la repr�sentation. Au vu du nombre et du type de v�hicules acquis par la recourante, les d�penses litigieuses ont pour but de satisfaire le go�t de ses actionnaires pour les voitures de luxe. Au demeurant, de telles d�penses, dont le montant n'est pas contest�, ne s'expliquent que par la qualit� d'actionnaires de ses repr�sentants qui ont b�n�fici� de ces v�hicules pour leur activit�s professionnelle, de sorte que, comme l'a jug� � bon droit le Tribunal cantonal, une part de celles-ci doit �tre consid�r�e comme une distribution dissimul�e de b�n�fice qui n'est pas justifi�e par l'usage commercial.
Par cons�quent, en retenant que la recourante a proc�d� � des distributions dissimul�es de b�n�fices en prenant � sa charge l'entier des frais de v�hicules de ses actionnaires - qu'il convient d'ajouter aux b�n�fices nets imposables des p�riodes fiscales en cause -, le Tribunal cantonal a correctement appliqu� l'art. 58 al. 1 let. b LIFD.
3.5 La recourante reproche encore au Tribunal cantonal de n'avoir pas v�rifi� si les autorit�s fiscales avaient abus� de leur pouvoir d'appr�ciation en arr�tant le montant des reprises.
Il est vrai que les crit�res qui ont �t� retenus pour fixer les reprises � 12'000 fr. pour chacun des exercices 1997 � 1999, � 9'500 fr. pour l'exercice 2000 et � 6'000 fr. pour l'exercice 2001 n'ont pas �t� expos�s. Les frais de v�hicules comptabilis�s repr�sentent 52'496 fr. en 1997, 44'840 fr. en 1998, 44'888 fr. en 1999, 36'982 fr. en 2000 et 34'575 fr. en 2001. Les reprises correspondent ainsi respectivement � environ 22,8%, 26,7%, 25,6% et 17,3% des d�penses litigieuses. Le Tribunal cantonal a confirm� qu'environ 3/4 des frais de v�hicules comptabilis�s pouvaient �tre consid�r�s comme des frais justifi�s par l'usage commercial. En l'absence de comptabilit� probante, les grands livres faisant d�faut ou �tant illisibles, une telle proportion n'est manifestement pas d�favorable � la recourante, qui, au demeurant, n'apporte pas la preuve que l'activit� de deux repr�sentants non actionnaires aurait provoqu� des d�penses sup�rieures pour leurs d�placements. Par cons�quent, c'est � juste titre que le Tribunal cantonal a confirm� que l'�valuation chiffr�e des reprises effectu�es par l'autorit� de premi�re instance - en particulier de 17,3% pour 2001, seule p�riode fiscale litigieuse en l'esp�ce - n'a pas exc�d� le pouvoir d'appr�ciation dont cette derni�re jouit en la mati�re. Ce grief doit donc �tre rejet�.
II. Imp�ts cantonal et communal
4.1 En tant qu'il porte sur l'imp�t f�d�ral direct de la p�riode 2001, le recours 2P.195/2005 est irrecevable, car le recours de droit public ne peut porter en principe que sur le droit cantonal (cf. consid. 2.1).
4.2 Conform�ment � l'art. 73 al. 1 de la loi f�d�rale du 14 d�cembre 1990 sur l'harmonisation des imp�ts directs des cantons et des communes (ci-apr�s: LHID ou la loi sur l'harmonisation fiscale; RS 642.14), les d�cisions cantonales de derni�re instance cantonale peuvent faire l'objet d'un recours de droit administratif devant le Tribunal f�d�ral, lorsqu'elles portent sur une mati�re r�gl�e dans les titres deuxi�me � cinqui�me et sixi�me, chapitre premier de la loi sur l'harmonisation (ATF 128 II 56 consid. 1 p. 58) et concernent une p�riode post�rieure au d�lai de 8 ans accord� aux cantons � compter de l'entr�e en vigueur de la loi f�d�rale d'harmonisation le 1er janvier 1993, pour adapter leur l�gislation aux dispositions des titres deuxi�me � sixi�me de cette loi.
En l'occurrence, l'arr�t attaqu� a �t� rendu en derni�re instance par le Tribunal cantonal (art. 153bis de la loi fiscale du 10 mars 1976; LF; RSV 642.1) et porte sur des reprises imposables au titre de distribution dissimul�e de b�n�fice (art. 24 al. 1 LHID).
En outre, le recours concerne notamment l'imposition de la recourante pour la p�riode fiscale 2001. Le pr�sent recours de droit public, trait� comme recours de droit administratif, est d�s lors recevable en vertu de l'art. 73 al. 1 LHID pour l'ann�e fiscale 2001 (ATF 123 II 588 consid. 2 p. 591 ss; 124 I 145 consid. 1a p. 148 a contrario).
4.3 Au surplus, d�pos� en temps utile contre une d�cision finale prise en derni�re instance cantonale (art. 153bis de la loi fiscale du 10 mars 1976; LF; RSV 642.1) qui porte sur des p�riodes fiscales ant�rieures au 1er janvier 2001 (art. 72 et 73 LHID), qui ne peut �tre attaqu�e que par la voie du recours de droit public et qui touche la recourante dans ses int�r�ts juridiquement prot�g�s, le pr�sent recours est recevable au regard des art. 84 ss OJ.
En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit, � peine d'irrecevabilit�, contenir un expos� succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques viol�s et pr�ciser en quoi consiste la violation. Lorsqu'il est saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'a donc pas � v�rifier de lui-m�me si l'arr�t entrepris est en tous points conforme au droit et � l'�quit�. Il n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqu�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours. La recourante ne saurait se contenter de soulever de vagues griefs ou de renvoyer aux actes cantonaux (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261). En outre, dans un recours pour arbitraire fond� sur l'art. 9 Cst., l'int�ress�e ne peut se contenter de critiquer l'arr�t attaqu� comme il le ferait dans une proc�dure d'appel o� l'autorit� de recours peut revoir librement l'application du droit. Elle doit pr�ciser en quoi cet arr�t serait arbitraire, ne reposerait sur aucun motif s�rieux et objectif, appara�trait insoutenable ou heurterait gravement le sens de la justice (ATF 128 I 295 consid. 7a p. 312; 125 I 492 consid. 1b p. 495 et la jurisprudence cit�e).
La recourante se plaint de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst.
5.1 L'art. 29 al. 2 Cst. garantit aux parties le droit d'�tre entendues. Le droit d'�tre entendu implique notamment pour l'autorit� l'obligation de motiver sa d�cision; elle peut toutefois se limiter aux points essentiels pour la d�cision � rendre (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540, 473 consid. 4.1 p. 477).
5.2 La recourante reproche au Tribunal cantonal de ne pas avoir motiv�, par des constatations objectives et pr�cises, en quoi les frais de v�hicules n'�taient pas justifi�s par l'usage commercial ni pour quelle raison il fallait retenir une part d'utilisation priv�e des v�hicules commerciaux. Ce grief est mal fond�. S'agissant de la justification commerciale, le Tribunal a consid�r� qu'il �tait "inusuel que les repr�sentants d'une entreprise au chiffre d'affaires modeste, telle que la recourante, mette � la disposition de ses repr�sentants certains v�hicules de haut de gamme de type Mercedes", ce qui "ne pouvait s'expliquer que par la qualit� d'actionnaires desdits repr�sentants". S'agissant de la part d'utilisation priv�e, il a jug� que "la diff�rence entre les co�ts d'exploitation de ces automobiles et ceux des v�hicules ordinaires qui eussent �t� mis � la disposition des collaborateurs non actionnaires constituait une prestation dissimul�e de b�n�fice". De m�me, il a expos� qu'en l'absence de comptabilit� probante, le Service cantonal des contributions pouvait proc�der par appr�ciation. Ces motifs, fond�s sur le cours normal des choses et l'exp�rience de la vie et expos�s de fa�on suffisamment pr�cise, r�pondent aux exigences de motivation de l'art. 29 al. 2 Cst. Au demeurant, la recourante ne d�plore pas tant l'absence de motifs que le r�sultat auquel ils ont conduit, ce qui rel�ve de l'application du droit.
6. P�riode fiscale 2001
Conform�ment � l'art. 24 al. 1 let. a LHID, l'art. 81 al. 1 let. b LF pr�voit que le b�n�fice net imposable comprend tous les pr�l�vements op�r�s sur le r�sultat commercial avant le calcul du solde du compte de r�sultat, qui ne servent pas � couvrir les d�penses justifi�es par l'usage commercial, tels que les distributions dissimul�es de b�n�fice et les avantages procur�s � des tiers qui ne sont pas justifi�s par l'usage commercial. La teneur de ces dispositions est �galement semblable � celle de l'art. 58 al. 1 let. b LIFD.
Il s'ensuit que les consid�rations d�velopp�es ci-dessus pour l'imp�t f�d�ral direct s'appliquent �galement aux imp�ts cantonal et communal de la p�riode fiscale 2001.
Par cons�quent, en retenant que la recourante a proc�d� � des distributions dissimul�es de b�n�fices en prenant � sa charge l'entier des frais de v�hicule de ses actionnaires sous couvert de frais de v�hicules qu'il convient d'ajouter aux b�n�fices nets imposables des p�riodes fiscales sous revue, le Tribunal cantonal n'a pas viol� le droit cantonal harmonis�.
7. P�riodes fiscales 1997 � 2000
La recourante tient pour arbitraire l'application du droit cantonal et l'appr�ciation des preuves effectu�es par le Tribunal cantonal.
7.1 Une d�cision est arbitraire lorsqu'elle contredit clairement la situation de fait, lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou lorsqu'elle heurte d'une mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. A cet �gard, le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue par l'autorit� cantonale de derni�re instance que si elle appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. De plus, il ne suffit pas que les motifs de l'arr�t attaqu� soient insoutenables, encore faut-il que ce dernier soit arbitraire dans son r�sultat. Il n'y a en outre pas arbitraire du seul fait qu'une autre solution que celle de l'autorit� intim�e para�t concevable, voire pr�f�rable (ATF 131 I 217 consid. 2.1 p. 219). Enfin, lorsque la partie recourante - comme c'est le cas en l'esp�ce - s'en prend � l'appr�ciation des preuves et � l'�tablissement des faits, la d�cision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison s�rieuse, de tenir compte d'un moyen important propre � modifier la d�cision attaqu�e ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il a fait des d�ductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).
7.2 En l'esp�ce, la teneur de l'art. 81 al. 1 let. b LF (dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 1993; RO/VS 1992, 141) n'a pas �t� modifi�e par l'entr�e en vigueur de la loi sur l'harmonisation fiscale. Par cons�quent, dans la mesure o� elle n'est pas de nature appellatoire, l'argumentation de la recourante relative � l'application arbitraire du droit cantonal doit �tre rejet�e. La d�cision du Tribunal cantonal n'est pas seulement exempte d'arbitraire, mais elle fait une correcte application du droit en vigueur, ainsi que cela a �t� d�montr� ci-dessus (cf. consid. 6).
C'est en vain que la recourante conteste les faits retenus par le Tribunal cantonal, au demeurant sans fournir les preuves de leur inexactitude. D�s lors que les grands livres de trois exercices comptables sur cinq sous revue sont inexistants ou illisibles, il est inutile d'affirmer que tous les frais de v�hicule comptabilis�s l'ont �t� sur la base de pi�ces justificatives. Au surplus, est litigieuse la justification commerciale de ces frais et non leur existence, de sorte que l'argumentation de la recourante n'est pas pertinente. Il suffit de constater que l'�valuation chiffr�e des reprises des parts priv�es effectu�e par l'autorit� de premi�re instance n'a pas exc�d� le pouvoir d'appr�ciation dont cette derni�re jouit en la mati�re. Le r�sultat n'�tant pas insoutenable, il n'y a pas d'arbitraire du seul fait qu'une m�thode utilis�e en mati�re de TVA pour la "simplification de l'imposition des parts priv�es, des pr�l�vements en nature et de la subsistance du personnel" (notice n� 3 en vigueur depuis le 1er janvier 2001) e�t �t� plus juste. L'argumentation de la recourante, de nature essentiellement appellatoire, est irrecevable � cet �gard. Il n'y a par cons�quent pas d'arbitraire de la part du Tribunal cantonal dans l'�tablissement des faits.
Il r�sulte de ce qui pr�c�de que le recours de droit administratif no 2A.473/2005 doit �tre rejet�.
Le recours de droit public 2P.195/2005, consid�r� comme recours de droit administratif, doit �tre rejet� en tant qu'il concerne l'imp�t cantonal et communal de la p�riode fiscale 2001; il doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable en tant qu'il concerne l'imp�t cantonal et communal des p�riodes fiscale 1997 � 2000; il est irrecevable en tant qu'il concerne l'imp�t f�d�ral direct de la p�riode fiscale 2001.
Les recours n� 2A.473/2005 et n� 2P.195/2005 sont joints.
Le recours de droit administratif no 2A.473/2005 est rejet�.
Le recours de droit public no 2P.195/2005, consid�r� comme recours de droit administratif, est rejet� en tant qu'il concerne l'imp�t cantonal et communal de la p�riode fiscale 2001. Il est rejet� dans la mesure o� il est recevable en tant qu'il concerne l'imp�t cantonal et communal des p�riodes fiscales 1997 � 2000.
Un �molument judiciaire de 2'500 fr. est mis � la charge de la recourante.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie au mandataire de la recourante, au Service cantonal des contributions, � la Commission cantonale de recours en mati�re fiscale et � la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais, ainsi qu'� l'Administration f�d�rale des contributions, Division juridique imp�t f�d�ral direct.
Lausanne, le 16 f�vrier 2006

References: art. 58
 ATF 
 art. 97
 art. 8
in fine
 art. 26
 ATF 
 art. 84