Source: http://content.wisconsinhistory.org/cdm/ref/collection/p15932coll8/id/26610/
Timestamp: 2019-11-14 22:17:29+00:00

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Ils ont suicidé Jean Pierre Lalanne
Parce que l'enfant qu'il était
Voyait trop clair
Et ne voulait pas ressembler
Aux adultes qu'on lui proposait
Comme modèles
Adulte   Militaire
Adulte   Cure
Adulte   Flic
Adulte   Garde-Chiounne
Au 84eme régiment d'infanterie
A Ktain dans la Meuse
Jean-Pierre s'est pendu
Dans l'après-midi du 25 octobre 1971
Dans les locaux disciplinaires de la caserne
Jusqu'à quand pourront-ils suicider Jean-Pierre Lalanne
Mon camarade, mon frère
EVCEN KIRJUEL
21/09/71
ENCORE UN SUICIDE !  Au 3ème régiment de cuirassiers de
Lunéville-Genevières (Meurthe-et-
Moselle) , Jean-Pierre MELIOT , 20 ans , s'est pendu au
matin du 4 mars,dans sa cellule à l'aide de sa ceinture.
D'origine antillaise (par sa mère) Meliot ne reconnaissant pas la nationalité française avait au début de son
incorporation remis à la hiérarchie militaire une lettre
exprimant son refus du service militaire: 60 jours d'arrêt de rigueur. Dossier transmis au TPFA de Metz.
Le 10 février il tente une première fois de mettre fin à
ses jours. Le général PICHON , commandant du 1er Corps
d'armée, raconte: "A la suite d'un simulacre de suicide
par une très légère entaille au poignet , il avait fait
l'objet d'un redoublement d'intérêt de la part de ses
chefs, ainsi que du médecin du corps"...
On peut se le demander quand le même
général déclare: "Après avoir ,• à la
moitié de février, paru vouloir revenir sur sa décision
initiale (le refus d'obéissance NDLR), il s'était réfugié dans un mutisme total. Il avait reintégré les locaux
disciplinaires sans manifestation particulière". On sait ce que toute cette littérature militaire
cache de répression. Les arrêts de rigueur, le trou, c'est parfois l'isolement total dans une cellule, sans promenade (pourtant obligatoire), sans lecture , sans savon, etc. Quant aux "manifestations particulières" : le poing , la matraque , la crosse de mousqueton, 5 contre un... On comprend
qu'elles ne soient pas courantes. Les pressions, les menaces,interrogatoires,sur tous ceux qui manifestent une mauvaise volonté sont connus et peuvent suffire à expliquer le suicide.
Le 25 octobre 71, Jean-Pierre LALANNE s'était pendu dans les locaux disciplinaires du 94° RI à
Etain (Meuse); même refus d'obéissance , mêmes arrêts de rigueur... Même scandale: on avait voulu
faire croire à la "déception sentimentale"! A propos de Jean-Pierre Meliot, le général PICHON déclare : "Deux lettres écrites peu avant sa mort laissent comprenure qu'il avait subi de graves déceptions sentimentales"...
DECEPTION SENTIMENTALE: UNE EPIDEMIE ?
Le 24 février!
75 ,  Francis
MORSCH du 26° RI s'est aussi donné la mort. La Sécurité
Militaire admettait pour la seule année 69 plus de 488
gestes suicidaires , "réussis" ou non. Quand il est im—|
possible de cacher ces tentatives en "déceptions",
c'est-à-dire quand elles ne sont pas "réussies" , lai
hiérarchie militaire utilise  alors la répression. Pour
avoir tenté de mourir en se taillant les poignets une
semaine après son incorporation , L... a été condamné
par le TPFA de Bordeaux à 1 an de prison avec sursis en
1974. Son avocat a pu dire: "Il s'en est bien tiré!".
Les cas de ce genre sont plus nombreux qu'il n'y
paraît; bien souvent ils restent ignorés. La Grande
Muette permet à sa hiérarchie d'achever un embrigadement qui pousse à la mort ceux qui tentent d'y résister
La vie d'un appelé a peu de valeur en manoeuvres ou
autres exercices. Celle de l'incorporé ne compte pas
face à l'ordre et à la Discipline.
Ces suicides qui sont souvent des meurtres!
.u|»eu_-. Q«*rd  des   p_    non   énum_, _
articles 57 â 59 et qui se rendent coupables des infractions prévue.
| a la présente section.
SECTION   IV
D« la mutilation volontaire.
Art. 308. Tout   militaire  convaincu  de  s'être  rendu  volontai-
[ rement impropre au service, soit d'une manière temporaire, soit d'une
manière permanente, dans le but de se soustraire à ses obligations
militaires, est puai :
1° En temps de paix, d'un emprisonnement de un à cinq ans et de
I l'interdiction pour une durée de cinq à dix ans de l'exercice des droits
prévus à l'article 42 du Code pénal. Si le coupable est officier, il pourra
être puni en outre de la destitution;
2* En temps de guerre, de la réclusion criminelle â temps de cinq
| à dix aas;
3" De la même peine, s'il se trouve sur un territoire en état de siège
| ou en état d'urgence ou en présence de bande armée.
Il est puni de mort s'il était en présence de l'ennemi.
La tentative est punie comme l'infraction elle-même.
Art. 300. Si les complices sont des docteurs en médecine ou des
I pharmaciens, les peines d'emprisonnement ou de réclusion criminelle
à temps encourues peuvent être portées au double, indépendamment
d'une amende de 5 000 à 20 000 francs pour les délinquants non mili-
| taires ou non assimilés aux militaires.
Art. 400. En temps de paix, les juridictions de droit commun
I sont compétentes à l'égard des personnes non énumérées par les
I Articles 57 à 59.
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Full text Ils ont suicidé Jean Pierre Lalanne Parce que l'enfant qu'il était Voyait trop clair Et ne voulait pas ressembler Aux adultes qu'on lui proposait Comme modèles Adulte Militaire Adulte Cure Adulte Flic Adulte Garde-Chiounne Au 84eme régiment d'infanterie A Ktain dans la Meuse Jean-Pierre s'est pendu Dans l'après-midi du 25 octobre 1971 Dans les locaux disciplinaires de la caserne Jusqu'à quand pourront-ils suicider Jean-Pierre Lalanne Jean-Pierre Lalanne Mon camarade, mon frère EVCEN KIRJUEL 21/09/71 ENCORE UN SUICIDE ! Au 3ème régiment de cuirassiers de Lunéville-Genevières (Meurthe-et- Moselle) , Jean-Pierre MELIOT , 20 ans , s'est pendu au matin du 4 mars,dans sa cellule à l'aide de sa ceinture. D'origine antillaise (par sa mère) Meliot ne reconnaissant pas la nationalité française avait au début de son incorporation remis à la hiérarchie militaire une lettre exprimant son refus du service militaire: 60 jours d'arrêt de rigueur. Dossier transmis au TPFA de Metz. Le 10 février il tente une première fois de mettre fin à ses jours. Le général PICHON , commandant du 1er Corps d'armée, raconte: "A la suite d'un simulacre de suicide par une très légère entaille au poignet , il avait fait l'objet d'un redoublement d'intérêt de la part de ses chefs, ainsi que du médecin du corps"... QUEL INTERET ? On peut se le demander quand le même général déclare: "Après avoir ,• à la moitié de février, paru vouloir revenir sur sa décision initiale (le refus d'obéissance NDLR), il s'était réfugié dans un mutisme total. Il avait reintégré les locaux disciplinaires sans manifestation particulière". On sait ce que toute cette littérature militaire cache de répression. Les arrêts de rigueur, le trou, c'est parfois l'isolement total dans une cellule, sans promenade (pourtant obligatoire), sans lecture , sans savon, etc. Quant aux "manifestations particulières" : le poing , la matraque , la crosse de mousqueton, 5 contre un... On comprend qu'elles ne soient pas courantes. Les pressions, les menaces,interrogatoires,sur tous ceux qui manifestent une mauvaise volonté sont connus et peuvent suffire à expliquer le suicide. Le 25 octobre 71, Jean-Pierre LALANNE s'était pendu dans les locaux disciplinaires du 94° RI à Etain (Meuse); même refus d'obéissance , mêmes arrêts de rigueur... Même scandale: on avait voulu faire croire à la "déception sentimentale"! A propos de Jean-Pierre Meliot, le général PICHON déclare : "Deux lettres écrites peu avant sa mort laissent comprenure qu'il avait subi de graves déceptions sentimentales"... DECEPTION SENTIMENTALE: UNE EPIDEMIE ? Le 24 février! 75 , Francis MORSCH du 26° RI s'est aussi donné la mort. La Sécurité Militaire admettait pour la seule année 69 plus de 488 gestes suicidaires , "réussis" ou non. Quand il est im—| possible de cacher ces tentatives en "déceptions", c'est-à-dire quand elles ne sont pas "réussies" , lai hiérarchie militaire utilise alors la répression. Pour avoir tenté de mourir en se taillant les poignets une semaine après son incorporation , L... a été condamné par le TPFA de Bordeaux à 1 an de prison avec sursis en 1974. Son avocat a pu dire: "Il s'en est bien tiré!". Les cas de ce genre sont plus nombreux qu'il n'y paraît; bien souvent ils restent ignorés. La Grande Muette permet à sa hiérarchie d'achever un embrigadement qui pousse à la mort ceux qui tentent d'y résister La vie d'un appelé a peu de valeur en manoeuvres ou autres exercices. Celle de l'incorporé ne compte pas face à l'ordre et à la Discipline. Ces suicides qui sont souvent des meurtres! D.T. .u|»eu_-. Q«*rd des p_ non énum_, _ articles 57 â 59 et qui se rendent coupables des infractions prévue. | a la présente section. SECTION IV D« la mutilation volontaire. Art. 308. Tout militaire convaincu de s'être rendu volontai- [ rement impropre au service, soit d'une manière temporaire, soit d'une manière permanente, dans le but de se soustraire à ses obligations militaires, est puai : 1° En temps de paix, d'un emprisonnement de un à cinq ans et de I l'interdiction pour une durée de cinq à dix ans de l'exercice des droits prévus à l'article 42 du Code pénal. Si le coupable est officier, il pourra être puni en outre de la destitution; 2* En temps de guerre, de la réclusion criminelle â temps de cinq | à dix aas; 3" De la même peine, s'il se trouve sur un territoire en état de siège | ou en état d'urgence ou en présence de bande armée. Il est puni de mort s'il était en présence de l'ennemi. La tentative est punie comme l'infraction elle-même. Art. 300. Si les complices sont des docteurs en médecine ou des I pharmaciens, les peines d'emprisonnement ou de réclusion criminelle à temps encourues peuvent être portées au double, indépendamment d'une amende de 5 000 à 20 000 francs pour les délinquants non mili- | taires ou non assimilés aux militaires. Art. 400. En temps de paix, les juridictions de droit commun I sont compétentes à l'égard des personnes non énumérées par les I Articles 57 à 59. _£^« du. £uAflU Pifxk'iiYnaJL .
Digital identifier giNewsletter550176

References: Art. 308
 l'article 42

Art. 300

Art. 400
 Art. 308
 l'article 42
 Art. 300
 Art. 400