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L’Esprit de Spinosa et les Traités des trois imposteurs: rappel des différentes familles et de leurs principales caractéristiques | Springer for Research & Development
Heterodoxy, Spinozism, and Free Thought in Early-Eighteenth-Century Europe pp 131-189 | Cite as
L’Esprit de Spinosa et les Traités des trois imposteurs: rappel des différentes familles et de leurs principales caractéristiques
Le blasphéme des trois imposteurs signifie que les grands fondateurs de religions—Moïse, Jésus-Christ et Mahomet—ont J été trois imposteurs qui ont trompé le monde et dont les buts étaient politiques. Le blasphème est attribué à Averroè1 et, avant de l’être, à bien des philosophes dont la pensée était suspecte d’hérésie; à Frédéric II, par le pape Grégoire IX. Du blasphème à l’idée d’un traité qui le mettrait en perspective, il y a une progression, une étape rapidement franchie, dans le cadre d’une offensive politique, par le pape, qui accuse l’empereur d’avoir fait rédiger par son secrétaire Pierre des Vignes un traité De tribus impostoribus. Il sera recherché activement tout au long du xvlle siècle, quand le libertinage érudit français aura achevé de développer la théorie de l’origine politique des religions mise en place par Machiavel et systématiquement développée par J. C. Vanini, notamment.
Ce texte reprend les différents thèmes exposés dans la première partie de notre communication au séminaire de Leyde qui s’est tenu du Ier au 31 juillet 1990, sous la présidence de M. le Professeur R. Popkin. Il s’agissait d’une présentation synthétique qui recoupe plusieurs articles publiés antérieurement. Cet article déjà ancien paraîtra après la soutenance de la thèse pour le Doctorat ès Lettres consacrée à l’Esprit de Spinosa et au Traité des trois imposteurs—et n’a pas été substantiellement modifié.
Nous tenons à saluer ici l’heureuse entreprise du professeur R. Popkin et de Mme C. Blackwell qui ont organisé et rendu possible le colloque de Leyde dont les actes sont publiés dans le présent ouvrage, et saisissons ici l’occasion de les remercier.
cf. B. de la Monnoye, « Lettre à Monsieur Bouhier Président au Parlement de Dijon, sur le prétendu livre des trois Imposteurs», au tome IV du Ménagiana, édition de Paris, 1715. Renan, Averroès et l’averroïsme, Paris, 1866. H. Busson, La Pensée religieuse de Charron à Pascal, Paris, Vrin, 1933.Google Scholar
Marin Mersenne, Quaestiones celeberrimae in Genesim, cum accurata textus explicatione. In hoc volume athei et deistae impugnantur et expugnantur,Lutetiae parisianum sumpt. S. Cramoisy, 1629.Google Scholar
Germana Ernst, « Campanella e il De tribus impostoribus», Nouvelles de la république des lettres,1986–2.Google Scholar
B. de la Monnoye, op. cit.Google Scholar
B. U. de Leyde, Marchand 2, Fritsch à P. Marchand, lettre du 17 janvier 1740: « Celle-cy avec la lettre de M. de la Monnoye au Président Bouhier au tome 4e du Ménagiana et la Vie de Spinosa sont des inséparables ».Google Scholar
Lettre de Bourdelot à l’Abbé Nicaise, du 25 novembre 1695. Correspondance de l’Abbé Nicaise, B. N. Ms. 9359–9363, fo. 193.Google Scholar
Prosper Marchand, Dictionnaire historique, ou mémoires critiques et littéraires, concernant la vie et les ouvrages de divers personnages distingués, particulièrement dans la republique des lettres,La Haye, chez Pierre de Hondt, 1758.Google Scholar
Des imposteurs tels que Sabbathai Zevi, ou Borry notammentGoogle Scholar
Wolfgang Gericke, Das Buch von den drei Betrugern,Quellen, Ausgewählte theologische Texte, Berlin, 1983, pp. 27 sq.Google Scholar
Österreichische Nationalbibliothek, MS. 10334, Lettre de Berlin du 13 mars 1716, anonyme mais que nous pensons pouvoir attribuer à Le Duchat. On en comparera le texte avec le Ducatiana, tome 2, p. 288.Google Scholar
W. Gericke, op. cit.,p. 5o.Google Scholar
P. Marchand, Dictionnaire, op. cit.,p. 324.Google Scholar
Margaret C. Jacob, The radical Enlightenment: Pantheists, freemasons and republicans, London, Allen und Unwin, 1981.Google Scholar
On peut remarquer sous la plume de P. Marchand et de ses contemporains, et notamment de G. Fritsch, des confusions entre La Vie und L’Esprit de M. Benoît de Spinosa et le Traité des trois imposteurs. Cette confusion se double de celle qui semble s’instaurer entre l’Esprit de M. Benoît de Spinosa (21 chap.) et le Fameux Livre dont on verra qu’ils sont étroitement liés dans leur élaboration. Ces confusions sont attestées également par des manuscrits tardifs (Avignon 489 et Harvard Fr. i); ce sont des copies de La Vie et l’Esprit de M. Benoit de Spinosa (21 chap.) sous les titres, respectivement, du Traité des trois imposteurs ou les trois vérités,allusion transparente aux emprunts faits à l’ouvrage de P. Charron, et du Traité des trois imposteurs. Entre le Fameux Livre et le Traité des trois imposteurs,les confusions sont également fréquentes. Celles-ci sont trop persistantes pour être sans signification, notamment sous la plume de libraires avertis comme Fritsch et Marchand. On trouve, par ailleurs, à Dresde un manuscrit contenant les chapitres ajoutés à l’Esprit (sous le titre de Supplément au Traité des trois imposteurs) qui achève de semer le doute. Ces additions caractéristiques de La Vie et l’Esprit de M. Benoit de Spinosa (21 chap.) auraient-elles été un moment destinées au Traité-bis? Ces hésitations constantes doivent attirer notre attention, et suggèrent, entre les artisans de La Vie et l’Esprit (21 chap.) et ceux du Fameux Livre,une proximité qui a pu amener les mieux informés à confondre leurs versions remaniées de l’Esprit de Spinosa,et celles-ci avec le Traité des trois imposteurs,bien qu’elles répondent à des logiques différentes et utilisent des sources différentes. La production concertée des deux ouvrages peut rendre compte de ces confusions basées sur la proximité et l’exploitation d’un même texte de base. Ou bien, comme le notait P. Marchand, s’agissait-il de vendre le même ouvrage sous plusieurs titres?Google Scholar
On verra sur ce point notre thèse pour le doctorat ès lettres soutenue le 27 mai 1993 à Paris 1—Sorbonne, à paraître aux éditions Universitas (Oxford).Google Scholar
Cf Ms. de Leyde, La Haye, tronqués. Munich Staat-B., Ms. Gall 415, Cracovie B. Jagellone, Ms. 6219, datés de 1716. La copie signalée par P. Marchand, op. cit., de 1717, la copie de Samuel Parr et Harvard Ms. Fr. 1, de 1718.Google Scholar
Cf. «Les Traités des trois imposteurs et l’Esprit de Spinosa », in Nouvelles de la république des lettres,1988-I, pp. 21–5o.Google Scholar
Predigaar Seminar Bibliothek, Wittemberg, Ms. A v1, 9 Quart.Google Scholar
P. Marchand, op. cit.,p. 324.Google Scholar
Bibliotheca Hulsiana sive catalogus Samuel Helsius quorum auctio habebitur Hagae-Comitum, 4 sept. 1730, per Johannem Swart und Petrum de Hondt, tome 1, p. 312, no. 4865: «Traité des Trois Imposteurs Manuscrit en Français, à la fin duquel on trouve le fragment d’un Traité en Latin sur la même matière. Cet ouvrage fait trop de bruit parmi les sçavans und le sujet dont l’Auteur traite est trop abominable pour qu’on en fasse ici une description plus amplechwr(133) »Google Scholar
K. O. Meinsma, Spinoza et son cercle,édition H. Méchoulan et P. F. Moreau, Paris, Vrin, 1984 p. 8.Google Scholar
Wolf, The oldest biography of Spinoza,Londres, 1927.Google Scholar
Giuseppe Ricuperati, L’esperienza civile e religiosa di Pietro Giannone,Milano, Napoli, Riccardo Ricciardi Editore, 1970, p. 424.Google Scholar
Guillaume Lamy, Discours anatomiques, à Rouen, chez Jean Lucas, 1675.Google Scholar
On verra sur ce point M. Paul Dernière, Spinoza et la pensée française avant la Révolution, Paris, 1954.Google Scholar
Dans sa communication au séminaire de Leyde, M. Benítez utilisait, outre le témoignage de Struve, celui de Tentzel, Curieuse Bibliotecchwr(133),Francfort et Leipzig, 1704, à l’appui de sa théorie. Il ne nous paraît pas plus convaincant que celui de Struve qui, on s’en souvient, rapportait le témoignange de Tentzel.Google Scholar
L’Esprit de M. de Spinosa,en 6 chapitres, chap. I, § i.Google Scholar
L’Esprit,chap. N, § 4.Google Scholar
L’Esprit,chap. V. § 7.Google Scholar
Hobbes, Léviathian,chap. XLV, «De daemonologia und reliquis aliis religionum ethnicarum ».Google Scholar
Pierre Charron, De la Sagesse,Paris, Chassériau, 182o: «L’immortalité de l’âme est la chose la plus universellement, religieusement et plausiblement revue par tout le monde (j’entends d’une externe et publique profession, non d’une interne, serieuse et vraye créance, de quoy sera parlé cyaprès), la plus utilement creue, la plus foiblement prouvée et establie par raisons et moyens humains » (sur l’édition de Bordeaux, i6oi).Google Scholar
Le manuscrit 24887 de la Bibliothèque nationale, anciennement conservé dans la bibliothèque secrète de la Sorbonne, porte l’ex-libris du Père Aubry, curé de Saint-Louis en l’Ile de 1759 à 1785. Ce texte, qui reproduit le couplet de Blot caractéristique de l’édition de 1768, paraît très tardif. Une indication sur la première page indique que ce manuscrit a été édité; il ne peut s’agir d’une édition antérieure à 1768. Il porte la mention indiquant qu’il a été copié dans la bibliothèque d’Eugène de Savoie, sans date. La version de la vie de Moïse est longue, et dérivée du Fameux Livre, comme on le verra à la fin de cet article. Le fait que cette famille de textes tronqués nous paraisse dérivée du Fameux Livre et donc tardive, est confirmé par le manuscrit de Leyde qui, bien que s’arrêtant après la fin du paragraphe consacré à Mahomet, comporte cependant en conclusion la mention des Docteurs à Thiare, à Mitres et à Fourrure caractéristique du Fameux Livre.Google Scholar
Berlin, Bibliotheca Regia Berolinensi, ms. Diez C Octav. 3, De tribus impostoribus, Moyse, Jesus Christ und Mahomet.Google Scholar
Paul Beurrier, Bibl. Ste Geneviève, Ms. 1885–1888. On consultera: Anthony MacKenna, «Le Père Beurrier et le libertinage: témoignage ou imposture littéraire? », Mélanges en l’honneur de Roger Duchène, Tübingen et Aix-en-Provence, 1992.Google Scholar
J. C. Vanini, op. cit.,éd. Corvaglia, p: 269: «O! admirabilem Christi sapientiam!chwr(133) Christus a Judaeis interrogatus num lapidibus obruenda esset adultera, non abnegat, quia lex obstabat, neque affirmat, quia crudelis animi praebuisset exemplum, quod complures a sua Lege avocare facile poterat, sed respondit: « Qui sine peccato est vestrum, primus in illam lapidem mittat. »Google Scholar
B. M. Reims, Ms. 651. Nous avons évoqué ce résumé dans: «Les trois imposteurs et l’Esprit de Spinosa »,dans les Nouvelles de la république des lettres,Naples, 1988–1. Il y aurait bien d’autres choses à dire sur ce petit texte, mais le propos de cet article et ses limites ne le permettent pas.Google Scholar
Pierre-Frédéric Arpe, Apologia pro Jul. Caesare Vanino, Neapolitano,Cosmopoli, typis Philaletheis, 1712; cité par Antoine-Augustin Renouard, in Catalogue de la bibliothèque d’un amateur,Paris, l’auteur, 1819, p. 123. Les Dialogues de Vanini comportent les éléments d’un Traité des trois imposteurs embryonnaire; cf. Dialogues,édition Corvaglia, Dante Alighieri. (i) Sur Jésus-Christ: p. 269: «O admirabilem Christi sapientiamchwr(133) »; «Alias petierunt scribae an Caesari tributo solvendo essent obnoxii»; « Quia fabulosae suntchwr(133) »; p. 27o: « Sciscitantibus Pharisaeischwr(133) »; « Ex his licebit concluderechwr(133) »; «Sapientissima haec sunt Christi actachwr(133) »; (2) Sur Moïse: p. 272: «At Moysen laudabat, quia vivus se in abyssum deiecitchwr(133) »; (3) Sur Mahomet: p. 290: « Sic impius Mahometuschwr(133) ».Google Scholar
Theophrastus redivivus, op. cit.,p. 431, et de très nombreuses citations de J. C. Vanini, tout au long de l’ouvrage.Google Scholar
Charles Blount, Vie d’Apollonius de Tyane par Philostrate avec les commentaires donnés en Anglois par Charles Blount sur les deux premiers livres de cet ouvrage,Berlin, G. J. Decker, 1774: explication des miracles par les causes naturelles, p. 197 (Vanini, Dialogue LV); sur Jésus-Christ, p. 388 sq. (Vanini, liv. IV Dialogue 1); sur les augures, t. II, p. 39 (Vanini, liv. IV Dialogue LVI),; ibidem,pp. 4o, 43, 45-46, etc.Google Scholar
Jean Bodin, Heptaplomeres,ou Colloque de sept sçavans qui sont de différents sentiments (B. N. Ms. Fr. 1923 pp. 385 sq., 484 sq.); édition R. Chauviré, Paris, Champion, 1914, p. 161 sq. Le thème, emprunté à Bodin, est cité par le Theophrastus redivivus,Edizione prima e critica a cura di Guido Canziani e Gianni Paganini, La nuova Italia editrice, Firenze, p. 385.Google Scholar
Pierre Charron, op. cit.,chap. II, §5, p. 119.Google Scholar
P. Marchand, Dictionnaire, op. cit.,p. 324, co1.2.Google Scholar
Ibidem,pp. 324–325.Google Scholar
Ibidem,p. 325, col. I.Google Scholar
In Edouard-Marie Oettinger, Bibliographie, biographie universelle, dictionnaire des ouvrages,Bruxelles, Stienon, 1854, on trouve, à l’entrée « Spinoza »: «VRAESE, Lucas: —La Vie et l’Esprit de Spinoza,s. i. (Amst.), 1719, 8° (Très-rare); — Vie de Spinoza par un de ses Disciples,Hamb., 17358° (nouvelle édition tronquée de l’ouvrage de Lucas Vraese) ».Google Scholar
Meinsma, op. cit.,p. 6.Google Scholar
M. Jacob, op. cit.; cf. également Ch. Berkvens-Stevelinck, «Les Chevaliers de la Jubilation: Maçonnerie ou libertinage? », Quaerendo XIII-1, 1983; et la réponse de M. Jacob, «The Knights of Jubilation—Masonic and libertine », Quaerendo, XIV - 1, 1984.Google Scholar
Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d’Etat,La Haye, 1712. L’information est donnée par le manuscrit de Munich Gall. 415, qui précise l’origine des additions. Les références données par le manuscrit sont exactes, et c’est en effet cette édition qui a servi.Google Scholar
Notamment: original des Actes du Concile tenu à Jérusalem 1672–1673, qu’il fit imprimer à La Haye avec les lettres de Cyrille Lucar et d’autres écrits sous le titre de Monuments authentiques de la religion grecque (1718, in 40); Lettres, mémoires et négociations du Comte d’Estrades depuis 1663 jusqu’en 1668,Bruxelles (La Haye, 1705).Google Scholar
La Haye, Archives; cf. notamment Heinsius Archiv, No 1194 (Hennequin, Paris, 1707), N. 1389 (Torcy, Versailles, 1709 ), No 1463 (idem), No 1553 (au même, 171o). Anthonie Heinsius, né à Delft en 1641, passe son doctorat en droit à l’université d’Angers, puis s’installe à Delft comme avocat. Secrétaire en 167o, puis pensionnaire en 1679, il est, en 1682, porte-parole de la ville à l’Assemblée des Etats de Hollande. Partisan de la politique du Prince d’Orange, il est nommé pensionnaire de Hollande et assumera cette charge jusqu’à sa mort, en 172o.Google Scholar
Jean Aymon, Lettres, anecdotes und Mémoires historiques du Nonce Visconti, ministre secret de Pie IV au concile de Trente,Amsterdam, chez les frères Wetstein, 1719. Lettre circulaire, fo. 3: «Ces heureuse découvertes doivent faire un vrai plaisir pour tous ceux qui s’interessent pour la bonne religion, und pour le bien des Etats qui la soutiennent par des voies légitimes: car on y voit triompher la Réformation par des monuments Authentiques, und propres à asseurer ce que les Protestants ont allégue de plus fort, contre la Politique Anti-Chrétienne du Papisme, und surtout contre les Machinations profanes du fameux concile de Trente. Nos lettres découvrent les intrigues inouïes de cette Assemblée, où la Fourbe dominoit sous le Nom Sacré du Saint Esprit, und machinoit secrètement la ruine des protestans. » On notera que, pour assurer l’authenticité des documents, il n’hésite pas à en donner l’origine bien qu’il passe sous silence la manière dont il est entré en possession de ces manuscrits: « je suis muni d’un Manuscrit de ces Lettres entièrement conforme [et pour cause] à celui qui est dans la Bibliothèque du Roi de France und dont l’Authorité est incontestablechwr(133) » A la tête de l’ouvrage, il note que sa reconnaissance va aux «Ministres d’Etat anonimes », ce qui semble confirmer le soutien qu’il en recevait, et la difficulté qu’il y aurait eu pour eux à le soutenir ouvertement et en leur nom propre.Google Scholar
Marchand a, Lettre de Fritsch à P. Marchand du 17 janvier 174o.Google Scholar
P. Marchand, Dictionnaire, op. cit.,p. 325, col. i.Google Scholar
Ibidem,pp. 322–323.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de Fritsch à Marchand du 7 novembre 1737: «Mais l’Esprit de Spinosa a esté retouché et augmenté. Est-il permis de savoir par qui?Google Scholar
Notamment dans: «Les trois imposteurs et l’Esprit de Spinosa», Nouvelles de la république des lettres,1988–1, pp. 21–5o.Google Scholar
Munich, Gal. 415, p. 112.Google Scholar
Ibidem. En fait, il n’y a pas de variation et le texte proposé un peu plus loin est identique à celui du Fameux Livre,à l’exception du mot «discours» pour «histoires des Poètes ».Google Scholar
Ibidem,p. Ioo. Cette remarque, et quelques autres du même type, nous feraient pencher en faveur d’une antériorité du Fameux Livre ou, tout au moins, d’une simultanéité.Google Scholar
La Vie et l’Esprit de Mr Benoît de Spinosa,1719, chap. XIX, §t, p. r88.Google Scholar
Ibidem,p.Google Scholar
Ibidem,pp. 1x2–113.Google Scholar
Ibidem,p.1o2. Dans la deuxième version, le paragraphe consacré à Descartes a été supprimé.Google Scholar
Edition 1719, chap. XIX, § 7,p. 195.Google Scholar
Esprit, «De l’Ame », §6.Google Scholar
Cette hypothèse semblait être celle retenue par M Berti dans sa communication au séminaire de Leyde en 199o.Google Scholar
Ainsi qu’il apparaît dans la correspondance de P. Marchand, et comme le note S. Berti, op. cit.,p. 24.Google Scholar
P. Marchand, op. cit.,p. 325.Google Scholar
Cf. Tite-Live, Ab urbe condita, I,XVIII, 4–5; Valère Maxime, liv. I, « De simulata religione»; Ovide, liv. XV (Numa, Egérie); Plutarque, Vie de Numa,en particulier 1V-z, W-u VIII-io et XIII-2; Lactance, De falsa religione,1–22, Migne P. L. 6,col. 243: « Quod ut faceret aliqua cum auctoritate, simulavit cum dea Egeria nocturnos se habere congressuschwr(133) Nec difficile sane fuit persuadere pastoribuschwr(133) ». Le texte de Lactance est repris par le Theophrastus redivivus, III-2,fo. 254; Denys d’Halicarnasse, Antiquitatum romanarum, liv. II, LX-5; Cicéron, Des lois, liv. I,I-4, etc.Google Scholar
cf. Marin Mersenne, L’impiété des déistes, athées et libertins de ce temps, chez P. Billaine, Paris, 1624. I, 194, I, 22o, etc. E Garasse, La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, ou prétendus tels, Paris, Sébastian Chappelet, 1623.Google Scholar
Charron, op. cit., II-5,p. 131 et p. 13o.Google Scholar
Charron, op. cit.,II-5, p. 138 sq. « L’homme sage est un vray sacrificateur du grand Dieu, son esprit est son temple, son âme en est son image, ses affections sont les offrandes, son plus grand et solemnel sacrifice, c’est l’imiter, le servire et l’implorerchwr(133) Il ne faut toutesfois mespriser et desdaigner le service extérieur et public, auquel il se faut trouver et assister avec les autreschwr(133) » (pli 144–145).Google Scholar
Edition de 1719, chap. XI, §3, p. 126 et chap. XVII, §7, p. 183.Google Scholar
Ibidem,chap. I, §i, p. 51.Google Scholar
Charron, op. cit.,I-54 p. 396.Google Scholar
Edition de 1719, chap. XV, §5, pp. 152–153. On notera que, sans le signaler, l’auteur passe, au sein du même paragraphe, de Charron (citation en réf.) à G. Naudé.Google Scholar
L’Esprit,chap. III, §9.Google Scholar
Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d’Etat,sur la copie de Rome, La Haye, 1712, p. 133; repris dans La Vie et l’Esprit,édition de 1719, chap. XVIII, § i, p. 167.Google Scholar
Charron, op. cit.,II-5, p. 137. La Vie et l’Esprit,édition de 1719, chap. XV, §5, p. 152.Google Scholar
Charron, O. cit.,II-S, pp. 119, 123, 127, 129, etc.Google Scholar
Marchand, Dictionnaire, p. 325.Google Scholar
Levier, « Critique du chapitre des esprits forts de La Bruyère », B. U. de Leyde, fonds Marchand, 68.Google Scholar
B. U. de Leyde, Ms. foi F 16. L’indication des notes manuscrites de C. Levier, à la fin du volume, est donnée par S. Berti, op. cit.,p. 24, qui, malgré des réserves, cite le passage comme une illustration du spinozisme de C. Levier.Google Scholar
Marchand, Dictionnaire, op. cit.,p. 325.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de Gaspard Fritsch à P. Marchand du 17 janvier 1740. «Mais ce mourceau mérite pourtant que vous y missiés la dernière main pour le rendre publiq; sans oublier la cérémonie funèbre de l’Anéantissement de la Vie [et l’Esprit, rajouté à la ligne au-dessus] de Spinosa. Je vous prie de gagner cela sur votre modestie. »Google Scholar
On notera que A. Wolf, dans l’ouvrage cité, met en parallèle le manuscrit «Towneley» et le manuscrit 2235 de l’Arsenal. Cela ne peut se faire qu’à propos de la Vie de Spinosa car, contrairement à ce qu’annonce son titre, le manuscrit 2235 de l’Arsenal ne comporte pas l’Esprit. A. Wolf ne semble pas s’en être aperçu, car il donne comme équivalents les Mss. 2235 et 2236. Or ce dernier, plus récent comme il le note justement, comporte bien l’Esprit. Cette erreur qui semble prendre sa source dans l’inventaire de I. O. Wade qui ne signale pas le fait, connaîtra une réelle fortune. Il est clair qu’il ne peut s’agir d’une confusion avec le manuscrit 2236 dont les caractéristiques sont différentes. Cet exemple d’un texte qui porte comme titre La Métaphysique et l’Ethique de Spinosa, son Esprit et sa Vie et ne comporte pas l’Esprit,n’est pas isolé. Le Ms. 237 d’Auxerre présente les mêmes caractéristiques alors que les Ms. 235–236 comportent l’Esprit.Google Scholar
Jeroom Vercruysse, « Bibliographie descriptive des éditions du Traité des trois imposteurs»,in Tÿdschrift van de Vrje Universiteit Brussel,1974-75-1, pp. 65–70; I. Sonne, «Un manoscritto sconosciuto delle « adnotationes » al trattato teologico-politico di Spinoza», Civiltà Moderna,XI, 1933 n° 3-4, PP. 305–312.Google Scholar
Silvia Beni, «La Vie et l’Esprit de Spinosa (1719) e la prima traduzione francese dell’Ethica »,in Rivista Storica Italiana,XCVIII-,, 1986.Google Scholar
Réponse à la Dissertation de Mr de la Monnoye sur le Traité des trois imposteurs,reprint de l’édition de 1777 par Pierre Rétat, Université de la région Rhône-Alpes, Saint-Etienne, 1973, p. 145.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de Fritsch à Marchand du 7 novembre 1737: «A l’égard de la narration entre Frecht et Tausendorf, c’est une fable des plus fieffées. Je m’en suis enquis autrefois à Frankfort, car l’Histoire n’existe que depuis 1704. Elle est parfaitement ignorée de tout le monde. Ce qui s’est dit de la commission d’un Prince de Saxe pourrait avoir quelque rapport avec celui de Saxezeitz qui avait un assortiment assés nombreux de livres d’irreligion dans sa belle bibliothèque et les payait bien: mais telle chose seroit passée par les mains de son pourvoyeur Weidman, qui assurément n’auroit pas laissé courir une nouvelle pareille sous le boisseau. » Cf. également la lettre de Leibniz, dans le manuscrit du Prince Eugène, 0. N. B., Ms. 10450, 2.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de Fritsch à Marchand du 7 novembre 5737: «Je suis bien aisé de sçavoir que le S. Rousset est l’Auteur de la Réponse.» Google Scholar
P. E Arpe, Apologia pro Vanino,Fritsch und Böhm, 1712. Arpe connaissait le De tribus impostori-bus ou plus exactement la copie de Mayer, mais il l’attribuait à Johannes Joachim Müller—auteur du seul Supplément—sous le titre de De tribus tabernaculis,au lieu de De comitiis thaboriticis. Sur ce point, on verra Gericke, op. cit.,pp. 27–28. Le fait qu’Arpe connaisse le traité (« Deum esse, eumque colendum essechwr(133) ») et ait témoigné de cette connaissance dans sa correspondance peut expliquer que son nom soit utilisé pour renforcer la confusion entre le Traité des trois imposteurs et le traité latin supposé ancien, bien qu’il n’ait en fait rien à voir avec le fameux traité de P. des Vignes recherché.Google Scholar
In Michaud, Biographie universelle,entrée « Arpe ».Google Scholar
Rousset aurait revu les traductions par Henri Scheurleer de l’Atlantis de Mme Manley et le Discours de Collins sur la liberté de penser. Il brosse de Scheurleer à P. Marchand un portrait qui montre qu’il le connaît bien: «Vous savez bien que M. Scheurleer n’est pas homme à politesseschwr(133) » Dans une autre lettre à P. Marchand, également sans date, on le voit qui s’interpose entre les deux libraires et écrit à Marchand: «Je commencerai par vous témoigner le chagrin que m’a fait les nouvelles impertinences de Scheurleer à votre égard. Je lui ai écrit naturellement ce que j’en pense, et cela ne luy a pas plûchwr(133) J’aurais fait que vous soyez païez directement des cinq mois dûs sans que vous passiez par les mains de cet intraitable original. »Google Scholar
Bibliotheca Hohendorfiana, ou catalogue de la Bibliothèque de Feu Monsieur George Guillaume baron de Hohendorf,La Haye, Abraham de Hondt, 1720.Google Scholar
Jean Rousset de Missy, Histoire du Prince Eugène,sévèrement jugée par le Prince le Ligne, lui-même auteur d’une histoire d’Eugène de Savoie.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de Fritsch à Marchand du 7 november 1737: «Il ne reste donc rien à dire de toute la tirade, que, O! le Mensonge horrible et l’impudence extrême. »Google Scholar
Marchand, Dictionnaire, op. cit.,p. 318: « Si l’on en veut croire Toland, l’Ouvrage si renommé depuis longtemps sous le titre de de tribus impostoribus n’est autre chose que ce Spaccio de la Bestia trionfante». Marchand ajoute: «Il n’en fit tirer qu’un assez petit nombre d’exemplaires, afin de les mieux vendre. » Une lettre d’Allamand à P. Marchand, s.d., rapporte: «Je sors de la vente de Thomps où j’ai vu vendre pour lao florins le Spacchio (sic) della Bestia trionfante. En donneriez-vous bien autant?chwr(133) ».Google Scholar
Dissertation sur le livre des trois imposteurs,Munich Gal 415, Cracovie; B. Jagellone, Ms. 6219, p. mo. Dans la Réponse imprimée, le texte, qui a été vérifié sur le De natura deorum,omet curieusement la fin de la citation où se trouvent, précisément, les mots qui ouvrent le Theophrastus redivivus.Google Scholar
Theophrastus redivivus, op. cit., I-1, p. 27 (fo. 17 du manuscrit).Google Scholar
Ibidem, I-4, p. 135 (fo. go du manuscrit); Cicéron, De natura deorum, I, n-5.Google Scholar
Bibliotheca Hohendorfiana, op. cit.,tome III, volumes reliés en maroquin rouge et dorés sur tranche.Google Scholar
Historiae Erphesfordensis Scriptoris de Landgraviis Thuringiae,1426 (?), cité par Mario Esposito, Una manifestazione d’incredulità religiosa nel medioevo,Firenze, La Nuova Italia, 1942.Google Scholar
Marchand 2, Lettre de G. Fritsch à P. Marchand, déjà citée: «Je suis bien aise de sçavoir que le S. Rousset est l’auteur de la Réponse.» Google Scholar
Marchand, Dictionnaire, op. cit. pp. 324–325.Google Scholar
B. U. Leyde, Marchand 29, 2: Mémoire concernant l’imprimerie des livres et le commerce des livres en Hollande.Google Scholar
Ibidem, Marchand 29, I, fo. 7–12: Mémoire instructifchwr(133)Google Scholar
Munich Gal 415, Frédéric Empereur au Très Illustre Othon: «Aussi suis je persuadé que rien ne peut vous faire plus de plaisir, à moins que ce ne soit la nouvelle, que j’ai terrassé mes cruels ennemis, und que je tiens le pied sur la gorge de l’hydre Romaine, dont la peau n’est pas encor assés rougie du sang de tant de milliers d’hommes, que ses fureurs ont sacrifiés à sont abominable orgueuil. Soyez persuadé que je ne négligerai rien pour faire que vous entendiez un jour que j’en ai triomphé, ou je consommerai ma vie dans ces exploits. »Google Scholar
Charles-Daubert F. (1996) L’Esprit de Spinosa et les Traités des trois imposteurs: rappel des différentes familles et de leurs principales caractéristiques. In: Berti S., Charles-Daubert F., Popkin R.H. (eds) Heterodoxy, Spinozism, and Free Thought in Early-Eighteenth-Century Europe. International Archives of the History of Ideas / Archives Internationales d’Histoire des Idées, vol 148. Springer, Dordrecht
DOI https://doi.org/10.1007/978-94-015-8735-8_4

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