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Timestamp: 2018-08-16 11:37:25+00:00

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AKRIBEIA : TEXTE DE LA LOI N° 49-956 DU 16 JUILLET 1949
Texte de la loi n° 49-956 du 16 juillet 1949
Art. 1er.– Sont assujetties aux prescriptions de la présente loi toutes les publications périodiques ou non qui, par leur caractère, leur présentation ou leur objet, apparaissent comme principalement destinées aux enfants et adolescents. Sont toutefois exceptées les publications officielles et les publications scolaires soumises au contrôle du ministre de l’éducation nationale.
Art. 2.– Les publications visées à l’article 1er ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse [L. n° 54-1190 du 29 novembre 1954] « ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques ». Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l’enfance ou la jeunesse.
Art. 3.– [Modifié par les décrets des 15 juillet 1960 et 25 mars 1966] Il est institué, au ministère de la justice, une Commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence.
Un membre du Conseil d’État, désigné par le vice-président du Conseil d’État, président.
Un représentant du ministre d’État chargé des Affaires culturelles.
Un représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports.
Un représentant du secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de l’Information.
Quatre représentants des mouvements ou organisations de jeunesse, désignés sur proposition de leurs fédérations, par le Conseil supérieur de l’Éducation nationale.
Deux magistrats ou anciens magistrats, siégeant ou ayant siégé dans des tribunaux pour enfants, désignés par le Conseil supérieur de la magistrature.
Art. 4.– Toute entreprise ayant pour objet la publication ou l’édition d’un périodique visé à l’article 1er doit être soit une association déclarée, soit une société commerciale régulièrement constituée. Elle doit être pourvue d’un comité de direction d’au moins trois membres. Les nom, prénoms, et qualité de chaque membre du comité figurent obligatoirement sur chaque exemplaire.
Tout membre du comité de direction doit remplir les conditions suivantes:
4° Ne pas avoir été déchu de tout ou partie des droits de l’autorité parentale ;
5° Ne pas avoir été l’objet d’une condamnation pour fait de collaboration ou pour délit contraire aux bonnes moeurs, d’une condamnation pour tout crime ou pour abandon de famille, pour les infractions prévues aux articles 312 et 345 à 357 inclus du Code pénal, ou pour vol, abus de confiance, escroquerie ou délit puni par les lois des peines de l’escroquerie, pour soustraction commise par dépositaire public, pour extorsion de fonds ou de valeurs, ou pour recel de chose obtenue à l’aide de ces infractions, ou pour diffamation lorsque, dans ce dernier cas, la condamnation prononcée aura comporté une peine d’emprisonnement [L. n° 87-1157 du 31 décembre 1987] «, ou pour des faits prévus par les articles L. 626, L. 627, L. 627-2, L. 628, L. 629 ou L. 630 du Code de la santé publique ; »
6° Ne pas avoir appartenu à la direction ou au comité de direction d’une publication périodique visée par l’article 1er et frappée de suspension pour une durée excédant deux mois ;
7° Ne pas avoir été condamné antérieurement pour l’une des infractions prévues par la présente loi.
Art. 5.– Avant la publication de tout écrit périodique visé à l’article 1er ou, pour les publications déjà existantes, dans les six mois de la promulgation de la présente loi, le directeur ou l’éditeur doit adresser au garde des sceaux, ministre de la justice, une déclaration indiquant, outre le titre de la publication, les nom, prénoms et adresse du directeur, des membres du comité de direction et, le cas échéant, des membres du conseil d’administration ou des gérants, ainsi que la dénomination et l’adresse de l’association ou de la société.
Tous changements affectant les indications fournies dans la déclaration doivent faire l’objet d’une nouvelle déclaration dans le délai d’un mois.
Art. 6.– Le directeur ou l’éditeur de toute publication visée à l’article 1er est tenu de déposer gratuitement au ministère de la justice, pour la commission de contrôle, cinq exemplaires de chaque livraison ou volume de cette publication dès sa parution, sans préjudice des dispositions concernant le dépôt légal.
Art. 7.– Sans préjudice de l’application des dispositions des articles 119 à 129 du décret du 29 juillet 1939 visant les publications contraires aux bonnes moeurs ainsi que des dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et de toutes autres dispositions pénales applicables en la matière, toutes infractions aux dispositions de l’article 2 sont punies d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 25 000 F.
Le jugement est publié au Bulletin officiel du ministère de l’éducation nationale, à la Bibliographie de la France et dans trois journaux désignés nommément par le jugement. Le tribunal ordonne en outre la saisie et la destruction des publications incriminées. Le tout aux frais du ou des condamnés.
Lorsque l’infraction a été commise par la voie d’une publication périodique, le jugement peut ordonner la suspension de celle-ci pour une durée de deux mois à deux ans.
En cas de récidive, les responsables sont passibles d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 50 000 F. En outre, s’il s’agit d’une publication périodique, l’interdiction temporaire est ordonnée et l’interdiction définitive peut être ordonnée.
Sont punis des peines prévues à l’alinéa précédent le directeur de publication et l’éditeur qui ont enfreint une décision de suspension ou d’interdiction.
Les associations reconnues d’utilité publique dont les statuts, agréés par le garde des sceaux, ministre de la justice, et le ministre de l’intérieur, prévoient la défense de la moralité, les associations de jeunesse ou d’éducation populaire agréées par le ministre de l’éducation nationale, peuvent, en cas d’infraction aux dispositions de l’article 2, exercer les droits reconnus à la partie civile par les articles 63, 64, 66, 67, 68 et 182 du Code d’instruction criminelle.
Art. 8.– Sera puni d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 25 000 F quiconque éditera en infraction aux dispositions de l’article 4 une publication visée à l’article 1er.
Art. 9.– Sera puni d’une amende de 25 000 F le directeur ou éditeur de toute publication qui enfreindra les dispositions des articles 5 et 6.
Art. 10.– L’auteur d’une fausse déclaration déposée en application de l’article 5 de la présente loi sera puni d’un emprisonnement de trois mois et d’une amende de 25 000 F.
Art. 11.– À l’égard des infractions prévues par l’article 2 de la présente loi, les directeurs ou éditeurs seront, pour le seul fait de la publication, passibles comme auteurs principaux des peines portées à l’article 7.
À leur défaut, l’auteur et, à défaut de l’auteur, les imprimeurs et distributeurs seront poursuivis comme auteurs principaux.
Lorsque l’auteur n’est pas poursuivi comme auteur principa1, il sera pour- suivi comme complice.
Outre les cas prévus [L. n° 92-1336 du 16 décembre 1992] « aux articles 121-6 et 121-7 » du Code pénal, pourront également être poursuivis comme coauteurs, passibles des mêmes peines :
Art. 12.– À l’égard des infractions prévues par l’article 4, seront passibles des peines prévues à l’article 8 :
Les directeurs ou éditeurs des publications, quelles que soient leur professions ou dénominations.
Art. 13.– L’importation pour la vente ou la distribution gratuite en France des publications destinées à la jeunesse ne répondant pas aux prescriptions de l’article 2 ci-dessus est prohibée à titre absolu.
Est également prohibée à titre absolu l’exportation de ces mêmes publications, lorsqu’elles ont été éditées en France.
Indépendamment des pénalités qui peuvent être infligées en vertu de la réglementation douanière, les importateurs, exportateurs ou transitaires qui auront participé sciemment aux délits visés par l’article 2 seront passibles des peines prévues à l’article 7.
L’importation pour la vente ou la distribution gratuite en France de publications étrangères destinées à la jeunesse est subordonnée à l’autorisation du ministre chargé de l’information, prise sur avis favorable de la commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence.
Art. 14.– [L. n° 67-17 du 4 janvier 1967] « Le ministre de l’intérieur est habilité à interdire :
« – de proposer, de donner ou de vendre à des mineurs de dix-huit ans les publications de toute nature présentant un danger pour la jeunesse en raison de leur caractère licencieux ou pornographique, [L. n° 87-1157 du 31 décembre 1987] « ou de la place faite au crime, à la violence, à la discrimination ou à la haine raciale, à l’incitation à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants » ;
« – d’exposer ces publications à la vue du public en quelque lieu que ce soit, et notamment à l’extérieur ou à l’intérieur des magasins ou des kiosques, et de faire pour elles de la publicité par la voie d’affiches ;
« – d’effectuer, en faveur de ces publications, de la publicité au moyen de prospectus, d’annonces ou insertions publiées dans la presse, de lettres- circulaires adressées aux acquéreurs éventuels ou d’émissions radiodiffusées ou télévisées.
« Toutefois, le ministre de l’intérieur a la faculté de ne prononcer que les deux premières, ou la première, de ces interdictions.
« Les publications auxquelles s’appliquent ces interdictions sont désignées par arrêtés, publiés au Journal officiel de la République française, qui, en ce qui concerne les livres, doivent intervenir dans un délai d’un an courant à partir de la date de réception au dépôt légal ou, à défaut, à compter de la date de parution. La commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence a qualité pour signaler les publications qui lui paraissent justifier ces interdictions. »
[Ord. N° 58-1298 du 23 décembre 1958] La vente ou l’offre couplée des publications définies à l’article 1er de la présente loi, avec des publications visées à l’alinéa précédent du présent article, est interdite.
Aucune publication ne peut faire état de ce qu’elle n’a pas fait l’objet des interdictions précitées, ni comporter aucun texte ou mention de nature à faire inexactement croire à une autorisation des pouvoirs publics.
Les infractions aux dispositions des précédents alinéas du présent article sont punies d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 25 000 F. Les officiers de police judiciaire pourront, avant toute poursuite, saisir les publications exposées au mépris des dispositions de l’alinéa 2 ci-dessus ; ils pourront également saisir, arracher, lacérer, recouvrir ou détruire tout matériel de publicité en faveur de ces publications. Le tribunal prononcera la confiscation des objets saisis.
[L. n° 67-17 du 4 janvier 1967] « Quiconque aura, par des changements de titres, des artifices de présentation ou de publicité, ou par toute autre manoeuvre, éludé ou fait éluder, tenté d’éluder ou de faire éluder l’application des interdictions prononcées conformément aux cinq premiers alinéas du présent article, sera puni d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 50 000 F ». En outre, et sous les mêmes peines, le tribunal pourra interdire, temporairement ou définitivement, la publication du périodique et ordonner la fermeture totale ou partielle, à titre temporaire ou définitif, de l’entreprise d’édition. Toute condamnation à plus de dix jours d’emprisonnement, pour les délits prévus au présent alinéa, entraînera, pendant une période de cinq ans à compter du jugement définitif, privation des droits visés à l’article [L. n° 92-1336 du 16 décembre 1992] « 131-26 », 1° et 2°, du Code pénal.
[L. n° 67-17 du 4 janvier 1967] « Lorsque trois publications, périodiques ou non, éditées en fait par le même éditeur, ont ou auront été frappées, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 16 juillet 1949 et au cours de douze mois consécutifs, de deux des prohibitions prévues aux deuxième, troisième et quatrième alinéas du présent article, aucune publication ou aucune livraison de publication analogue, du même éditeur, ne pourra, durant une période de cinq ans courant du jour de l’insertion au Journal officiel du dernier arrêté d’interdiction, être mise en vente sans avoir été préalablement déposée, en triple exemplaire, au ministère de la justice, et avant que se soient écoulés trois mois à partir de la date du récépissé de ce dépôt. Le fait, de la part de l’éditeur ou du directeur de publication, de ne pas accomplir le dépôt prévu ci-dessus ou de mettre la publication dans le commerce avant la fin du délai de trois mois précité, sera puni des peines et entraînera l’incapacité prévues à l’alinéa précédent.
« Quand, pendant la période de cinq ans susvisée, l’éditeur astreint au dépôt préalable ne se sera pas acquitté des obligations découlant de celui-ci, ou aura encouru deux autres interdictions prononcées en vertu de l’article 14, la durée d’assujettissement audit dépôt sera prolongée de cinq années, cette prolongation partant de l’expiration du délai de cinq ans initial. »
[L. n° 67-17 du 4 janvier 1967] « À l’égard des infractions prévues par les huitième, dixième, onzième et douzième alinéas du présent article, le directeur de publication ou l’éditeur sera poursuivi en qualité d’auteur principal » ; à son défaut et, à défaut de l’auteur, les imprimeurs et distributeurs seront poursuivis comme auteurs principaux. Lorsque l’auteur n’aura pas été poursuivi comme auteur principal, il sera poursuivi comme complice. Pourront être poursuivis comme complices, et dans tous les cas, toutes personnes auxquelles [L. n° 92-1336 du l6 décembre 1992] « les articles 121-6 et 121-7 » du Code pénal sont applicables.
Art. 15.– Un règlement d’administration publique pris sur le rapport du garde des sceaux, ministre de la justice, du ministre de l’intérieur, du ministre de l’éducation nationale, du ministre de la santé publique et de la population et du ministre chargé de l’information, fixera les modalités de l’application de la présente loi, sans préjudice de l’application immédiate des dispositions pénales édictées à l’article7.
Art. 16.– [L. n° 54-1190 du 29 novembre 1954] La présente loi est applicable aux territoires d’outre-mer. Des règlements d’administration publique détermineront les conditions de cette application.
Texte de l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949 dans sa rédaction initiale de 1949
Il est interdit, au surplus et sous les mêmes sanctions, d’exposer ces publications sur la voie publique, à l’extérieur ou à l’intérieur des magasins ou des kiosques, ou de faire pour elles une publicité dans les mêmes conditions.
Les interdictions ci-dessus résultent d’arrêtés pris par le ministre de l’intérieur.
La vente ou l’offre couplée des publications définies à l’article 1er de la présente loi, avec des publications visées au paragraphe 1er du présent article est interdite sous peine des sanctions prévues au premier alinéa de l’article 7 de la présente loi.
Texte partiel de l’article 14 de la loi du 16 juillet 1949
dans sa rédaction modifiée de 1958
(Ordonnance n° 58-1298 du 23 décembre 1958)
Il est interdit, en outre, d’exposer ces publications à la vue du public en quelque lieu que ce soit et notamment à I’extérieur ou à l’intérieur des magasins ou des kiosques, ou de faire pour elles de la publicité sous quelque forme que ce soit.
Les publications auxquelles s’appliquent ces interdictions sont désignées par arrêtés du ministre de l’intérieur. La commission chargée de la surveillance et du contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence est habilitée à signaler les publications qui lui paraissent justifier ces interdictions.
La vente ou l’offre couplée des publications définies à l’article 1er de la présente loi, avec des publications visées à l’alinéa précédent du présent article, est interdite.
Aucune publication ne peut faire état de que qu’elle n’a pas fait l’objet des interdictions précitées, ni comporter aucun texte ou mention de nature à faire inexactement croire à une autorisation des pouvoirs publics.
Akribeia, n° 5, octobre 1999, p. 43-49.

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16