Source: http://luther.mulhouse.pagesperso-orange.fr/Vademecum/Livre%201/Html/Textes%20theologiques/La%20confession%20de%20foi%20de%201559%20%5B1936%5D.htm
Timestamp: 2020-08-06 10:40:51+00:00

Document:
La confession de foi de 1559, dite de la Rochelle
Cette nouvelle édition de la Confession de La Rochelle a été réalisée par la Fondation d'Entraide Chrétienne Réformée aux Pays-Bas, en collaboration avec les Editions Kerygma en France.
La disposition des articles a été respectée. Les sections, titres et sous-titres, alinéas ont été ajoutés. L'adaptation de la langue a été recherchée avec fidélité.
Des notes reproduisent quelques termes anciens; ici et là, des éclaircissements nécessaires au texte.
Le texte en français modernisé a été rédigé par les soins du pasteur Pierre Ch. Marcel, docteur en théologie en France, en accord avec le professeur C. van Leeuwen, docteur en théologie aux Pays-Bas.
La véritable confession de foi des Eglises réformées en France, dite de La Rochelle, a été faite d'un commun accord par les Français qui désirent vivre selon la pureté de l'Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ.
(c) Fondation d'Entraide Chrétienne Réformée aux Pays-Bas - 1988.
2e Edition - 1998.
PLAN DE LA CONFESSION DE FOI
I. Dieu et sa Révélation
3. L'Ecriture sainte
4. L'Ecriture, règle de la foi
II. L'homme et son péché
9. Pureté originelle
et déchéance de l'homme
Impossibilité d'une religion naturelle
10. L'hérédité du péché
13. Notre salut en Christ
14. La divinité et l'humanité de Jésus-Christ
23. L'usage de la Loi et des Prophètes
V. L'Eglise: sa nature
25. Le ministère de la prédication et des
26. L'unité de l'Eglise
27. L'Eglise véritable
VI. L'Eglise: son organisation
30. L'égalité des pasteurs
L'égalité des Eglises
32. L'union entre les Eglises
36. La Sainte-Cène
37. L'effacité des Sacrements
40. L'obéissance due aux Autorités
Les nombreux textes bibliques reproduits sous chaque question ont été tirés de la Bible à la Colombe (Nouvelle version Segond révisée 1978 - (c) Société Biblique Française).
Car en croyant du coeur on parvient à la justice, et en confessant de la bouche on parvient au salut, déclare l'apôtre Paul. (Rm 10:10)
La foi, la confession; le dedans, le dehors.
La foi du coeur n'est pas silencieuse: elle doit se déclarer pour être communiquée. Il est impossible de dissimuler: toute vraie foi s'extériorise par sa confession. Confesser, c'est publier pour faire connaître.
La siège de la foi n'est foi point au cerveau, mais au coeur. Elle doit l'embraser du désir de la gloire de Dieu, de sorte que la flamme s'en montre au-dehors. Ce serait une niaiserie de dire qu'il y a du feu où il n'y a ni flamme ni chaleur!
Pour unir les croyants en un même corps, il faut donc une Confession commune, brièvement exprimée en "articles de foi". Ils fondent et garantissent l'unité de l'Eglise. Ils épanouissent et maîtrisent tout à la fois les émotions de notre coeur, exaltent et contrôlent la marche de notre intelligence. Nous demandons au témoignage intérieur du Saint-Esprit d'être le garant de ces articles de foi, sans cesse soutenus par des références à l'Ecriture sainte; ainsi pourrons-nous - ensemble - "aimer Dieu et notre prochain de tout notre coeur et de toute notre intelligence". (Mc 12:33)
"La véritable confession de foi de nos Eglises réformées de France" est celle, en 40 articles, dite de la Rochelle. Déclarée telle en 1571 par le Synode national qui y tint ses assises, elle mit fin aux difficultés suscitées depuis 1559 par l'emploi parallèle de La Confession de foi de l'Eglise de Paris, comptant seulement 35 articles.
Quoique pratiquement abandonnée par beaucoup de nos jours, cette Confession n'en reste pas moins La Confession de Foi des Eglises réformées en France. Aucun Synode national depuis lors n'y a jamais apporté de modification. Tel est le texte qui a été réédité sous une forme appropriée aux lecteurs d'aujourd'hui.
Ainsi, l'adhésion de la foi à la Révélation du Christ par les saintes Ecritures porte de nombreux fruits:
D'une part, notre coeur s'épanouit: il est dilaté par des émotions insoupçonnées; mais il est aussi tenu en bride pour résister aux pressions humanistes du "sens commun" et du "sens moral".
D'autre part, elle stimule notre intelligence et la dote d'une logique spirituelle apte à saisir le sens de ce monde et de notre vie, tout en la protégeant des influences délétères et de la logique profane d'une raison jalouse de son autonomie.
Un coeur nouveau, une intelligence spiritualisée conduisent à une intense réflexion dans l'étude de la Parole, à quoi nous n'avons rien à ajouter, mais dont nous ne pouvons rien retrancher. Quelle que soit la question posée, c'est l'Ecriture toute entière qu'il faut avoir à l'esprit et prendre en compte pour obtenir la meilleur réponse: tel est le principe de l'analogie de la foi.
Dès lors, notre Confession énumère des Articles de Foi à partir desquels s'exerce notre réflexion, qu'il s'agisse du coeur ou de l'esprit. Les textes bibliques cités en référence orientent notre pensée mais ne l'épuisent jamais.
Après cinquante années de mise à l'épreuve, confrontées à de graves divergences dans l'exposition de la foi, les Autorités des principales Eglises réformées d'Europe ont jugé nécessaire de tenir à Dordrecht, aux Pays-Bas, un Synode exceptionnel (1618-1619), à la suite duquel Cinq Articles (appelés Canons, ou Décrets) ont été, par une décision unanime, ajoutés (en annexe" de notre Confession de foi par le Synode national des Eglises réformées de France, tenu à Alès, dans les Cévennes, le 6 octobre 1620 - Les Canons de Dordrecht ont été également réédités en 1988 et diffusés par la Fondation d'Entraide Chrétienne Réformée, Ratelaar 56, 2923 GG Krimpen a/d IJssel, Pays-Bas, ainsi qu'en France par les Editions Kerygma, 33, Avenue Jules-Ferry, F-13100 Aix-en-Provence.
A qui veut vraiment penser sa foi et en recueillir jour après jour les fruits du coeur et de l'esprit - si difficile et exigeante qu'elle paraisse à première lecture- l'étude attentive des Articles de doctrine du Synode de Dordrecht s'impose. Ils ne traitent pas de questions théoriques ou subtiles, mais hors de toute erreur ou spéculation, des conditions dans lesquelles les croyants peuvent et doivent accepter la grâce divine, être certains qu'elle leur est offerte et données, qu'elle leur sera maintenue, et qu'ils persévèreront dans la foi jusqu'au terme de leur vie. Dieu leur Père, en Jésus-Christ leur unique Sauveur, les dotera d'un plein pardon et leur attestera, étant ses héritiers et les co-héritiers du Christ, qu'ils ont et garderont un esprit libre et une bonne conscience devant lui jusqu'au terme de leur vie, et serviront à célébrer sa gloire.
"C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu! Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie; car
nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des oeuvres bonnes que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions. (Ep 2:8-10)
Nous croyons et confessons qu'il y a un seul Dieu, qui est une seule et simple essence spirituelle, éternelle, invisible, immuable, infinie, incompréhensible, ineffable, qui peut toutes choses, qui est toute sage, toute bonne, toute juste, et toute miséricordieuse.
C'est ce Dieu qui se fait connaître aux hommes :
Toute l'Ecriture sainte est contenue dans les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testaments dont voici le détail.
Les cinq livres de Moïse: à savoir: la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.
Josué, les Juges, Ruth, le premier et le second livre de Samuel, le premier et le second livre des Rois, le premier et le second livre des Chroniques, les livres d'Esdras et de Néhémie, le livre d'Esther.
Job, les Psaumes, les Proverbes de Salomon, le livre de l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques.
Les livres d'Esaïe, de Jérémie, les Lamentations de Jérémie, les livres d'Ezéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.
L'Epître aux Hébreux, l'Epître de saint Jacques, la première et la deuxième Epître de saint Pierre, la première, la deuxième et la troisième Epître de saint Jean, l'Epître de saint Jude, et l'Apocalypse.
Nous reconnaissons que ces livres sont canoniques et la règle très certaine de notre foi, non pas tant par le commun accord et le consentement de l'Eglise, que par le témoignage et la persuasion intérieure du Saint-Esprit, qui nous les fait distinguer des autres livres ecclésiastiques sur lesquels, bien qu'ils soient utiles, on ne peut fonder aucun article de foi.
Cette Ecriture sainte nous enseigne qu'en la seule et simple essence divine que nous avons confessée, il y a trois Personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit:
- Le Père, cause première, principe et origine de toutes choses;
Nous croyons que Dieu, en trois Personnes coopérantes, a - par sa puissance, sa sagesse et son incompréhensible bonté - créé toutes choses, non seulement le ciel, la terre et tout ce qui s'y trouve, mais aussi les esprits invisibles.
De ceux-ci, les uns (Satan et les démons) sont déchus et tombés dans la perdition, les autres (les anges) ont persévéré dans l'obéissance.
Nous croyons que les premiers, ayant sombré dans la perversité, sont ennemis de tout bien, par conséquent de toute l'Eglise; et que les autres, ayant été préservés par la grâce de Dieu, sont des serviteurs chargés de glorifier son Nom et de servir au salut de ses élus.
Gn 1; Jb 33:4; Ps 104; Es 40:26; Jn 1:3, 10; Ac 17:25-27; Hé 1:2; 3:4.Col 1:16-17; Ps 33:6.Lc 8:31; Mt 25:41; 2 P 2:4; Jude 6.Ps 103:20-21.Jn 8:44; 2 Co 2:11; 11:14; Ep 6:12.Ps 34:8; 148:2; Mt 25:31; Hé 1:7, 14.
Nous croyons non seulement que Dieu a créé toutes choses, mais qu'il les gouverne et les conduit, disposant de tout ce qui arrive dans le monde et réglant tout selon sa volonté.
Certes, nous ne croyons pas que Dieu soit l'auteur du mal ou que la culpabilité puisse lui en être imputée, puisqu'au contraire sa volonté est la règle souveraine et infaillible de toute droiture et de toute justice vrai. Mais Dieu dispose de moyens admirables pour se servir des démons et des impies, de telle sorte qu'il sait convertir en bien le mal qu'ils font et dont ils sont coupables.
Ainsi, en confessant que rien ne se fait sans la providence de Dieu, nous adorons avec humilité les secrets qui nous sont cachés, sans nous poser de questions qui nous dépassent. Au contraire, nous appliquons à notre usage personnel ce que l'Ecriture sainte nous enseigne pour être en repos et en sécurité; car Dieu, à qui toutes choses sont soumises, veille sur nous d'un soin si paternel qu'il ne tombera pas un cheveu de notre tête sans sa volonté. Ce faisant, il tient en bride les démons et tous nos ennemis, de sorte qu'ils ne peuvent nous faire le moindre mal sans sa permission.
II. L'HOMME ET SON PECHE
9. Pureté originelle et déchéance de l'homme
Nous croyons que l'homme - qui a été créé pur, sans la moindre tache et conforme à l'image de Dieu - est par sa propre faute déchu de la grâce qu'il avait reçue. Il s'est ainsi séparé de Dieu qui est la source de toute justice et de tous biens, au point que sa nature est désormais entièrement corrompue.
Nous croyons que l'homme, étant aveuglé dans son esprit et dépravé dans son coeur, a perdu toute intégrité sans en avoir aucun reste.
Bien qu'il ait encore quelque discernement du bien et du mal, nous disons néanmoins que la lumière qui subsiste en lui se change en ténèbres quand il est question de chercher Dieu, de sorte qu'il n'en peut nullement approcher par son intelligence et sa raison.
Quoique l'homme ait une volonté, par laquelle il est incité à faire ceci ou cela, nous croyons toutefois qu'elle est totalement prisonnière du péché, en sorte qu'il n'a de liberté à bien faire que celle que Dieu lui donne.
Nous croyons que toute la descendance d'Adam est infectée de cette souillure du péché originel, qui est un vice héréditaire, et non pas seulement une imitation, comme les pélagiens, dont nous réprouvons les erreurs, l'ont enseigné.
Nous n'estimons pas qu'il soit nécessaire de rechercher comment le péché se transmet d'un homme à sa descendance, car il nous suffit de savoir que ce que Dieu avait donné à Adam n'était pas pour lui seul, mais pour toute sa postérité avec lui, et qu'ainsi, en lapersonne même d'Adam, nous avons été dépouillés de tous biens, et sommes tombés dans une indigence extrême et dans la malédiction.
Nous croyons aussi que ce vice du péché originel est péché, au sens propre du mot, qu'il suffit à condamner tout le genre humain, jusqu'aux petits enfants dès le sein maternel, et que Dieu le considère comme tel.
Nous croyons même qu'après le Baptême le péché originel est toujours péché quant à la culpabilité bien que la condamnation en soit abolie dans les enfants de Dieu, Dieu ne la leur imputant plus par sa bonté gratuite.
Nous croyons aussi que le péché originel est une perversion qui produit toujours des fruits de corruption et de révoltes, tels que les hommes les plus saints, quoiqu'ils y résistent, ne cessent point d'être entaché de faiblesses et de fautes tant qu'ils habitent en ce monde.
Nous croyons qu'en Jésus-Christ tout ce qui était nécessaire à notre salut nous a été offert et communiqué. Nous croyone que Jésus-Christ, qui nous est donné pour que nous soyons sauvés, a été fait pour nous à la fois sagesse, et justice, et sanctification, et rédemption, en sorte qu'en se séparant de lui on renonce à la miséricorde du Père, en laquelle nous devons avoir notre unique refuge.
Nous croyons que Jésus-Christ, étant la Sagesse de Dieu et son Fils éternel, a revêtu notre chair afin d'être Dieu et homme en une même personne et, en vérité, un homme semblable à nous, capable de souffrir dans son corps et dans son âme, ne différant de nous qu'en ce qu'il a été pur de toute souillure.
Quant à son humanité, nous croyons que le Christ a été l'authentique postérité d'Abraham et de David, quoiqu'il ait été conçu par l'efficacité secrète du Saint-Esprit. Ce faisant, nous rejetons toutes les hérésies qui, dans les temps anciens, ont troublé les Eglises.
Jn 1:14; Ga 4:4; Ph 2:6-7.Mt 26:38; Lc 23:46; Jn 12:27; 19:30; Hé 2:17-18.2 Co 5:21; Hé 4:15; 1 P 2:22; 1 Jn 3:5.Gn 22:18; Ps 132:11; Jr 33:15; Mt 1:1; Ac 2:30-31.Mt 1:18; Lc 1:31, 34-35.
Nous croyons qu'en une même personne, à savoir Jésus-Christ, les deux natures sont vraiment et inséparablement conjointes et unies, chacune d'elles conservant néanmoins ses caractères spécifiques, si bien que, dans cette union des deux natures, la nature divine, conservant sa qualité propre, est restée incréée, infinie et remplissant toutes choses, de même que la nature humaine est restée finie, ayant sa forme, ses limites et ses caractères propres.
Mt 1:23; Lc 1:35; Jn 1:14; 1 Tm 2:5; 3:16.Cf. art. 7, notes 1 et 2; Jn 3:31-34; 12:44-45; 14:9-10; Col 1:19-20.Mt 26:11; 27:50; Lc 23:46; 24:38-39.Ac 3:21; Rm 1:4; 1 Co 15:12-24; Ph 2:6-11; 3:21.Jn 20:25, 27; Ac 1:2-3.
Nous croyons que, par le sacrifice unique que le Seigneur Jésus a offert sur la croix, nous sommes réconciliés avec Dieu, afin d'être tenus pour justes de vant lui et considérés comme tels. Nous ne pouvons, en effet, lui être agréables et participer à son adoption que s'il nous pardonne nos fautes et les ensevelit.
Nous affirmons donc que Jésus-Christ est notre intégrale et parfaite purification, qu'en sa mort nous avons une totale réparation pour nous acquitter denos forfaits et des iniquités dont nous sommes coupable, et que nous ne pouvons être délivrés que par ce moyen.
Nous croyons que c'est par ce moyen que nous avons la liberté et le privilège d'invoquer Dieu avec la pleine confiance qu'il se montrera notre Père. Car nous n'aurions pas le moindre accès au Père, si nous n'étions introduits auprès de lui par ce Médiateur. Pour être exaucés en son Nom, il convient de recevoir notre vie de Jésus-Christ comme de notre Chef.
Nous croyons que Dieu nous fait participer à cette justice (art. 18) par la foi seule, puisqu'il est dit que Jésus-Christ a souffert pour obtenir notre salut, afin que quiconque croit en lui ne périsse point.
Nous croyons que nous participons à la justice de Jésus-Christ parce que les promesses de vie, qui nous sont données en lui, sont adaptées à notre usage et que nous en sentons l'effet quand nous les acceptons; car nous sommes convaincus - la bouche même de Dieu nous en donnant la formelle assurance - que nous ne serons pas frustrés de ce qu'elles promettent.
Ainsi, la justice que nous obtenons par la foi dépend des promesses gratuites par lesquelles Dieu nous déclare et nous atteste qu'il nous aime.
Nous croyons que nous recevons la lumière de la foi par la grâce secrète du Saint-Esprit, de telle manière qu'elle est un don gratuit et personnel que Dieu dispense à ceux que bon lui semble. Les fidèles n'ont donc pas de quoi s'en glorifier, le fait d'avoir été préférés aux autres les obligeant bien davantage.
Nous croyons aussi que la foi n'est pas seulement donnée d'une manière temporaire aux élus, pour les introduire dans le bon chemin, mais pour les y faire aussi persévérer jusqu'au terme de leur vie. Car, puisque le commencement de cette oeuvre de grâce incombe à Dieu, c'est aussi à lui de la parachever.
Ep 1:18.Rm 5:5; 2 Co 1:22; Ep 1:13-14; 1 Th 1:5.Jn 15:16; Ep 2:8; 1 P 1:3-4.Rm 2:29; 12:3; 1 Co 4:7; Ep 2:9; 1 P 1:5-11.1 Co 1:8-9.Es 26:12; Lc 17:5; Jn 6:29; 1 Co 10:13; Ph 1:6; 2:13.
Etant asservis au péché de par notre nature corrompue, nous croyons que c'est par cette foi que nous sommes régénérés, afin que nous vivions d'une vie nouvelle. En effet, c'est en nous appropriant la promesse qui nous est faite par l'Evangile, à savoir que Dieu nous donnera son Saint-Esprit, que nous recevons par la foi la grâce de vivre saintement et dans la crainte de Dieu.
Ainsi la foi non seulement ne refroidit pas en nous le désir de bien et saintement vivre, mais au contraire l'engendre, l'excite et produit nécessairement les oeuvres bonnes.
Au reste, bien que Dieu, pour accomplir notre salut, nous régénère et nous rende capables de faire le bien, nous confessons toutefois que les oeuvres bonnes que nous faisons sous la conduite de son Esprit ne viennent point en compte pour nous justifier ou pour mériter que Dieu nous tienne pour ses enfants, parce que nous serions toujours ballottés par le doute et l'inquiétude, si nos consciences ne s'appuyaient sur la réparation par laquelle Jésus-Christ nous a acquittés.
Nous croyons qu'en la venue de Jésus-Christ toutes les images et représentations de la Loi ont pris fin. Cependant, quoique les cérémonies de l'Ancien Testament ne soient plus en usage, nous croyons que nous trouvons en la personne du Christ - en qui toutes choses ont été accomplies- la substance et la réalité de ce qu'elles représentaient et signifiaient.
Au surplus, nous croyons qu'il faut nous aider de la Loi et des Prophètes tant pour régler notre vie que pour être confirmés dans les promesses de l'Evangile.
Puisque Jésus-Christ nous a été donné pour seul Avocat et nous a ordonné de nous adresser directement à son Père en son Nom, et puisqu'il ne nous est permis de prier qu'en nous conformant à la manière que Dieu nous a prescrite dans sa Parole:
Nous croyons que tout ce que les hommes ont inventé quant à l'intercession des saints trépassés n'est qu'abus et ruse de Satan pour les détourner de la manière de bien prier.
Nous rejetons aussi tous les autres moyens que les hommes présument avoir pour se racheter envers Dieu, parce qu'ils discréditent le sacrifice de la mort et de la passion de Jésus-Christ.
Enfin, nous considérons le purgatoire comme une erreur provenant de cette même boutique, d'où découlent aussi les voeux monastiques, les pèlerinages, l'interdiction de se marier et de consommer certains aliments, l'observation cérémonieuse des jours, la confession auriculaire, les indulgences et toutes choses semblables, par lesquelles on pense mériter la grâce et le salut.
Toutes ces choses, nous les rejetons non seulement à cause de l'idée mensongère de mérite qui y est attachée, mais aussi parce qu'elles sont des inventions humaines qui imposent un joug à nos consciences.
Parce que nous ne connaissons Jésus-Christ et toutes ses grâces que par l'Evangile, nous croyons que l'ordre de l'Eglise, qui a été établi par l'autorité du Christ, doit être sacré et inviolable, et que, par conséquent, l'Eglise ne peut se maintenir que s'il y a des pasteurs qui ont la charge d'enseigner.
Nous croyons que les pasteurs, quand ils sont dûment appelés et exercent fidèlement leur charge, doivent être honorés et écoutés avec respect, non que Dieu dépendre de tels aides ou moyens inférieurs, mais parce qu'il lui plaît de nous maintenir en un seul corps au moyen de cette charge et de cette discipline.
Par conséquent, nous réprouvons les esprits chimériques qui voudraient bien, autant qu'ils peuvent, anéantir le ministère de la prédication de la Parole de Dieu et des Sacrements.
Nous croyons donc que nul ne doit se tenir à l'écart et se contenter de sa personne, mais que tous les fidèles doivent, ensemble, garder et maintenir l'unité de l'Eglise, en se soumettant à l'enseignement commun et au joug de Jésus-Christ; et cela partout où Dieu aura établi un ordre ecclésiastique véritable, alors même que les Pouvoirs publics et leurs lois y seraient opposés.
Nous croyons que tous ceux qui ne se soumettent pas à cet ordre ou s'en affranchissent pour faire bande à part contreviennent à l'ordonnance de Dieu.
Nous croyons toutefois qu'il convient de discerner soigneusement et avec clairvoyance quelle est l'Eglise véritable parce qu'on abuse par trop de ce titre.
Selon la Parole de Dieu, nous disons donc que l'Eglise véritable est la communauté des fidèles qui, d'un commun accord, veulent suivre cette Parole et la pure religion qui en dépend; qui en font leur profit tout au long de leur vie, grandissant et se fortifiant sans cesse dans la crainte de Dieu, selon qu'il leur est nécessaire de progresser et de marcher toujours plus avant. Au surplus, quels que soient leurs efforts, il leur faut avoir assidûment recours à la rémission de leurs péchés.
Néanmoins, nous ne nions pas que, parmi les fidèles, il n'y ait des hypocrites et des réprouvés, dont la malignité ne peut cependant priver l'Eglise de son titre légitime.
VI. L'EGLISE : SON ORGANISATION
Quant à l'Eglise véritable, nous croyons qu'elle doit être gouvernée selon l'ordre établi par notre Seigneur Jésus-Christ, à savoir qu'il y ait des pasteurs, des surveillants et des diacres, afin que la pureté de la doctrine y soit maintenue, que les vices y soient corrigés et réprimés, que les pauvres et tous les affligés soient secourus dans leurs besoins, que les assemblées se tiennent au nom de Dieu et que les adultes y soient édifiés, de même que les enfants.
Nous croyons que tous les vrais pasteurs, en quelque lieu qu'ils soient, ont la même autorité et une égale puissance sous un seul Chef, un seul Souverain et seul Evêque universel: Jésus-Christ.
Pour cette raison, nous croyons qu'aucune Eglise ne peut prétendre sur aucune autre à quelque domination ou quelque souveraineté que ce soit.
Nous croyons que nul ne peut prétendre, de sa propre autorité, à une charge ecclésiastique, mais que cela doit se faire par élection, autant qu'il est possible et que Dieu le permet.
Nous ajoutons cette restriction, en particulier parce qu'il a été parfois nécessaire - et même de notre temps pù il n'existait plus d'Eglise véritable - que Dieu sucitât des hommes d'une façon extraordinaire pour dresser de nouveau l'Eglise qui était dans la ruine et la désolation.
Mais, quoi qu'il en soit, nous croyons qu'il faut toujours se conformer à le règle que tous, pasteurs, surveillants et diacres, soient assurés d'être appelés (par Dieu) à leur charge.
Nous croyons aussi qu'il est bon et utile que ceux qui sont choisis pour être surintendants cherchent ensemble les moyens qu'ils doivent mettre en oeuvre pour diriger et administrer tout le corps de l'Eglise. Toutefois, qu'ils ne s'écartent en rien de ce que notre Seigneur Jésus-Christ nous a ordonné sur ce point.
Ceci n'empêche pas qu'il y ait quelques règlements particuliers à chaque endroit, selon que l'opportunité l'exigera.
Cependant, nous rejetons toutes les invention humaines et toutes les lois qu'on voudrait introduire sous prétexte de servir Dieu et par lesquelles on voudrait lier les consciences. Nous n'approuvons que ce qui contribue à établir la concorde et est propre à l'entretenir, et à maintenir chacun - du premier au dernier - dans l'obéissance.
Nous devons donc suivre sur ce point ce que notre Seigneur a déclaré quant à l'excommunication, que nous approuvons et confessons être nécessaire avec toutes ses conséquences.
Nous croyons que les Sacrements sont ajoutés à la Parole pour nous la confirmer plus amplement, afin de nous servir de gages et de preuves de la grâce de Dieu, de sorte qu'à cause de notre faiblesse et de notre ignorance, ils concourent à soulager et à aider notre foi.
Nous reconnaissons seulement deux Sacrements communs à toute l'Eglise: le Baptême et la sainte Cène.
Le Baptême nous est donné en témoignage de notre adoption, parce que nous sommes alors greffés au corps de Christ, afin d'être lavés et nettoyés par son sang, et puis renouvelés par son Esprit pour vivre d'une vie sainte. Bien que nous ne recevions qu'une seule foois le Baptême, nous affirmons aussi que les bienfaits qui nous y sont présentés s'étendent au cours entier de notre vie, et même à notre mort, en sorte que nous avons une attestation permanente que Jésus-Christ sera toujours notre justice et notre sanctification.
Or, quoique le Baptême soit un sacrement de foi et de pénitence, néanmoins, parce que Dieu reçoit dans son Eglise les petits enfants avec leurs parents, nous disons que, par l'autorité de Jésus-Christ, les petits enfants engendrés des fidèles doivent re baptisés.
Nous confessons que la sainte Cène nous apporte le témoignage de notre unité avec Jésus-Christ. En effet, Christ n'est pas seulement mort et ressuscité une seule fois pour nous, mais il nous repaît et nourrit vraiment aussi de sa chair et de son sang, afin que nous soyons un avec lui et que sa vie nous soit communiquée. Or, bien qu'il soit au ciel jusqu'à ce qu'il en revienne pour juger le monde, nous croyons toutefois qu'il nous nourrit et vivifie - par l'action secrète et incompréhensible de son Esprit - de la substance de son corps et de son sang. Nous affirmons que cela se fait spirituellement, non pas pour substituer à l'effet et à la vraie réalité de la Cène imagination ou pensée, mais parce que ce mystère dépasse par sa grandeur notre humaine capacité, et tout l'ordre de la nature; bref: parce qu'il est céleste, nous estimons qu'il ne peut être saisi que par la foi.
Cf. art. 34.Jn 6:56-57; 17:20-23; Ep 5:30.Mc 16:19; Ac 1:11; 3:21.Jn 6:63.Jn 6:35; Ep 3:17.
37. L'efficacité des Sacrements
Nous croyons - nous l'avons déjà dit - que dans la Cène comme au Baptême, Dieu nous donne réellement et effectivement ce qu'il y représente. C'est pourquoi nous joignons aux signes la vraie possession et la jouissance de ce qui nous y est présenté. Ainsi, tous ceux qui apportent à la table sacrée du Christ une pure foi reçoivent vraiment - comme un vase l'eau qui l'emplit - ce que les signes y attestent: c'est que le corps et le sang de Jésus-Christ ne servent pas moins de nourriture et de breuvage à notre âme que le pain et le vin à notre corps.
Nous affirmons ainsi d'une part que l'eau du Baptême, tout en restant un élément caduc, ne laisse pas de nous attester avec vérité la purification intérieure de notre âme par le sang de Jésus-Christ et par l'efficace de son Esprit; d'autre part que le pain et le vin, qui nous sont donnés dans la Cène, nous servent vraiment de nourriture spirituelle, car ils nous montrent comme à l'oeil nu que la chair de Jésus-Christ est notre nourriture, et son sang notre breuvage.
Nous déapprouvons donc les esprits chimériques et les sacramentaires qui ne veulent recevoir ces signes et ces marques, vu que Jésus-Christ déclare: "Ceci est mon corps, et cette coupe est mon sang.
Nous croyons que Dieu veut que le monde soit dirigé par des lois et des gouvernements, afin qu'il y ait quelques freins pour réprimer les appétits désordonnés du monde. Nous croyons donc que Dieu a institué les Royaumes, les Républiques et toutes autres sortes de Principautés, héréditaires ou non, et tout ce qui appartient à l'état de la justice, et qu'il veut en être reconnu l'auteur.
Il faut donc, à cause de Dieu, non seulement qu'on supporte que les autorités exercent la souveraineté de leur charge, mais aussi qu'on les honore et les estime d'un profond respect, les considérant comme ses lieutenants et officiers, qu'il a établis pour exercer une charge légitime et sainte.
Ex 18:20-21; Dt 1:15-17; Pr 8:15; Rm 13:1-2.Dt 16:18-20; Ps 82:1-4; Jr 21:12; 22:2-3; Rm 12:3-4.1 R 15:12; 2 R 23:1-27.Rm 13:1-2; 1 Tm 2:1-2; Tt 3:1; 1 P 2:13-14.
Nous affirmons donc qu'il faut obéir à leurs lois et règlements, payer taxes, impôts et autres charges, et consentir à cette obéissance d'une bonne et franche volonté - quand même ils seraient infidèles - pourvu que la souveraineté absolue de Dieu demeure entière.
Ainsi, nous réprouvons ceux qui voudraient rejeter toute hiérarchie, établir la communauté et le mélange des biens et renverser l'ordre de la justice.
Il s'agit principalement des livres Apocryphes de l'Ancien Testament, à savoir: I, II, III Macchabées, Tobie, Judith, les additions au livre d'Esther, Les trois Pages de Darius, Suzanne, Bel et le Dragon, La Prière d'Azarias et de Manassé, Baruch, La lettre de Jérémie, l'Ecclésiastique et La Sagesse de Salomon.
(Cf. Les Livres Apocryphes de l'Ancien Testament, Ed. Société Biblique de Paris, la T.O.B. et la Bible en français courant).
Ces livres figuraient généralement dans les anciennes Bibles réformées; ils ont été canonisés par les catholiques romains au Concile de Trente, au milieu du XVIe siècle.
Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit et qui est né de la vierge Marie; il a souffert sous Ponce-Pilate; il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers; le troisième jour, il est ressusscité des morts; il est monté au Ciel; il siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant; il viendra de là pour juger les vivants et les morts.
Je crois en l'Esprit saint; je crois la sainte Eglise universelle, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair et la vie éternelle.
LE SYMBOLE DE NICEE
Nous croyons en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père, avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non crée, d'une même substance que le Père et par qui tout a été fait, qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux et s'est incarné par le
Saint-Esprit dans le vierge Marie et a été fait homme. Il a été crucifié pour nous sous Ponce-Pilate, il a souffert et il a été enseveli, il est ressuscité des morts le troisième jour, d'après les Ecritures, il est monté aux cieux, il s'est assis à la droite du Père. De là, il reviendra avec gloire pour juger les vivants et les morts. Son Règne n'aura pas de fin.
Nous croyons en l'Esprit saint, qui règne et donne la vie, qui procède du Père et du Fils, qui a parlé par les prophètes, qui avec le Père et avec le Fils est adoré et glorifié. Nous croyons une seule Eglise sainte, universelle et apostolique. Nous confessons une seul baptême pour la rémission des péchés, nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècles à venir. Amen.
Cf. ci-dessous, article 6.
Voici quelle est la foi catholique: vénérer un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les personnes et sans diviser la substance.
La personne du Père est une, celle du Fils est une, celle du Saint-Esprit est une; mais le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne forment qu'un seul Dieu. Ils ont une gloire égale et une majesté coéternelle; tel est le Père, tel est le Fils, tel est le Saint-Esprit.
Le Père est incréé, le Fils est incréé, le Saint-Esprit est incréé. Le Père est immense, le Fils est immense, le Saint-Esprit est immense. Le Père est éternel, le Fils est éternel, le Saint-Esprit est éternel: et cependant il n'y a pas trois éternels, mais un seul éternel; de même il n'y a pas trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé et un seul immense. De même, le Père est tout-puissant; tout-puissant est le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit; et, cependant, il n'y a pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant. De même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu; et, cependant, il n'y a pas trois Dieux mais un seul Dieu, parce que de même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chaque Personne séparément est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs.
Le Père ne tient son existence d'aucun être; il n'y été ni créé, ni engendré. Le Fils tient son existence du Père seul; il n'a été ni fait, ni créé, mais engendré. Le Saint-Esprit n'a été fait, ni créé, ni engendré par le Père et le Fils, mais il procède du Père et du Fils. Il y a donc un seul Père, non trois Pères, un seul Fils, non trois Fils, un seul Esprit saint, non trois Esprit saints. Et dans cette Trinité, il n'y a ni passé, ni futur, ni plus grand, ni moins grand; mais les trois personnes tout entières sont coéternelles et coégales; de sorte qu'en tout, comme il a été dit déjà, on doit adorer l'unité dans le Trinité et la Trinité dans l'unité.
Mais il est encore nécessaire pour le salut éternel de croire fidèlement l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. La foi exacte consiste donc à croire et à confesser que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, étant engendré de la substance du Père avant tous les temps; il est homme, étant né dans le temps de la substance de sa mère; Dieu parfait et homme parfait, composé d'une âme raisonnable et d'une chair humaine; égal au Père selon la divinité; inférieur au Père selon l'humanité. Et bien qu'il soit Dieu et homme, il n'est pas néanmoins deux personnes mais un seul Christ; il est un, non que la divinité ait été changée en humanité, mais parce qu'il a pris l'humanité pour l'unir à la divinité; un enfin, non par confusion de substance, mais par unité de personne; car comme l'âme raisonnable et le corps sont un seul homme, de même Dieu et l'homme sont un seul Christ qui a souffert pour notre salut, est descendu aux enfers, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
A son avènement, tous les hommes doivent ressusciter avec leurs corps et ils rendront compte de leurs propres actions. Et ceux qui auront fait le bien iront dans la vie éternelle; ceux qui auront fait le mal, dans le feu éternel.
Les plus anciens manuscrits de ce symbole remontent au VIIIe et IXe siècles. Un psautier de Cambridge, du IXe siècle, l'attribue à saint Athanase, bien à tort. Il s'agit d'un parrainage moral. Il n'est pas dit que les deux parties (la première sur la doctrine trinitaire, la seconde sur la doctrine christologique) soient de la même main. Dans sa rédaction fondamentale, la première daterait du Ve siècle; l'origine de la seconde est complètement obscure. Le texte n'atteignit sa forme actuelle et d_finitive que vers 850 d'après certains critiques, dès le VIe siècle d'après Harnack, entre 430 et 500 d'après d'autres. Ce symbole est d'origine latine et gauloise.
Nous avons donné la traduction de Mgr. Louis Prunel, vice-recteur de l'Institut catholique de Paris.
Saint Hilaire, Evêque de Poitiers, vers le milieu du IVe siècle, mort en 367. Sera appelé "l'Athanase de l'Occident" à cause de sa lutte contre l'arianisme.
Saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, né vers 293 et mort en 373, champion de la lutte: 1) contre Arius et ses partisans qui soutenaient une hérésie relative à la divinité de Jésus-Christ, concernant la différence "substantielle" du Père et du Fils;
2) contre l'apollinarisme. Apollinaire le jeune, mort en 390, d'abord frère d'armes d'Athanase; son ardeur à combattre l'arianisme l'entraîna dans l'erreur opposée. Il pensa qu'on ne pouvait sauver la nature divine de Jésus-Christ sans mutiler sa nature humaine et il dénia au Christ, sinon un corps humain avec l'âme sensible qui l'anime, du moins un âme raisonnable. C'était frayer la voie au monophysisme. Les apollinaristes modérés refusèrent au Sauveur l'âme sensible, les autres l'humanité même de son corps, qui était entièrement absorbé dans la divinité.
Saint Ambroise, né en 340, mort en 397, Evêque de Milan. Participe à la lutte contre l'arianisme et l'apollinarisme. Défend le dogme de la divinité du Christ et de la consubstantialité du Saint-Esprit.
Saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, Evêque à partir de 412, mort en 444, lutte contre l'arianisme et ses partisans de toutes nuances, puis contre les novatiens, contre le nestorianisme (428-431). Nestorius, Evêque de Constantinople, avait mis en cause l'unité du Verbe incarné.
Les pélagiens, disciples de Pélage, né vers 360, mort en Palestine vers 430, qui enseignait, contre saint Augustin, des vues personnelles sur la grâce. Les thèses des pélagiens se résument ainsi:
1. Le péché d'Adam n'a exercé aucune influence sur la nature de ses descendants. La liberté de l'homme est en parfait équilibré entre le bien et le mal.
2. La grâce nous est nécessaire si l'on veut, mais ce mot désigne les facultés que Dieu nous a données, les enseignements de Jésus-Christ et ses exemples.
3. L'homme peut, par ses seules forces, parvenir à éviter tout péché.
La confession ajoute ici: "et notamment aussi les imaginations diaboliques de Servet, lequel attribue au Seigneur Jésus une divinité fantastique, d'autant qu'il le dit être idée et patron de toutes choses, et le nomme Fils personnel ou figuratif de Dieu, et finalement lui forge un corps de trois éléments incrées, ainsi mêle et détruit toutes les deux natures".
Les interprètes ne sont pas d'accord sur l'expression de la fin du paragraphe: "confirmés dans les promesses de l'Evangile". Les anciennes versions portent "confermez dans...". C'est aussi le sens donné à ce passage par le Confession Belgica, qui au par. XXV, suit presque mot à mot la Confession de La Rochelle.
- Certains pensent pourtant que l'original de Calvin porte "conformez dans...". Dans l'Institution, II, VIII, 51, Calvin déclare que le but de la Loi est que "la vie de l'homme soit conformée à la pureté de Dieu, comme à un patron". La Confession soulignerait alors le fait que les promesses de l'Evangile: communion avec Dieu, vie nouvelle, etc..., deviennent en nous une réalité vraie, à laquelle nous sommes rendus conformes, grâce à l'aide de la Loi. Nous renonçons à trancher la question.
L'original porte: "... où il n'y a nul usage des Sacrements, à parler proprement, on ne peut juger qu'il y ait aucune Eglise". L'expression: "parler proprement" a été très anciennement liée au second membre de la phrase, comme si elle nuançait quelque peu ce jugement. Il semble toutefois préférable, selon le contexte, de la rapporter au premier membre de la phrase, notre Confession de foi visant plutôt l'usage dépravé des Sacrements que le rejet de tout sacrement.
"Auxquelles grands et petits soient édifiés": ce texte pourrait aussi vouloir désigner les gens de toutes conditions, les princes, les nobles, etc., jusqu'aux plus humbles de la société. Toutefois, le sens que nous indiquons est corroboré par d'autres passages contemporains.
Il s'agit ici d'un choix opéré - en ce qui concerne les futurs pasteurs - par le Synode provincial, et non d'un vote au sens moderne du mot. Les Eglises devaient aussi choisir leur pasteurs, leurs anciens et leurs diacres (et non pas les élire, au sens actuel de ce mot) selon des règles précisés dans la Discipline de 1559, Ch. I et III.
Superintendants. Ce terme, qui ne désigne pas une nouvelle catégorie de minstres, a été précisé par le Synode national de Gap en 1603: "Le mot surintendant ne se prend point pour aucune supériorité des pasteurs les uns sur les autres, mais il se dit en général de tous ceux qui ont quelque charge dans l'Eglise." La Discipline de 1559, Ch. I, art. 18, interdit que ce titre soit donné à quiconque en exerce la charge.
Sacramentaires: Nom donné en général à tous ceux qui, ne voyant dans les Sacrements que des rites de commémoration ou des actes symboliques, sont incapables d'en saisir la valeur et militent pour leur suppression.
Article 39 et 40
L'article 39 et la première partie de l'article 40, supposent l'existence d'Etats où l'autorité est exercée dans le respect de la souveraineté absolue de Dieu, les Autorités se considérant elles-mêmes comme les lieutenants de Dieu, établis pour exercer une charge légitime et sainte.
Ce n'est guère le cas à présent. Les Eglises réformées ne considèrent pas, aujourd'hui, que le second paragraphe de l'article 39 et le premier de l'article 40 expriment leur foi. Ces deux paragraphes devraient être profondément remaniés, pour ne pas légimiter et favoriser l'intervention d'un pouvoir dictatorial non chrétien de l'autorité civile dans les affaires ecclésiastiques, et légitimer, au yeux d'un pouvoir athée, toutes sortes de persécutions contre les chrétiens.
Dans l'impossibilité de faire accepter, selon la discipline synodale, une nouvelle rédaction aux Eglises réformées à travers le monde, le mieux est de considérer que ces deux paragraphes ne lient pas notre conscience.

References: art. 7
 art. 34
 art. 18

L'article 39
 l'article 40
 l'article 39
 l'article 40