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Timestamp: 2018-05-23 20:36:10+00:00

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Saint Materne: 03/12/06 - 10/12/06
La Conception de l'Immaculée
La Conception de Marie
Le 9ème jour du mois de décembre, l'Église Orthodoxe célèbre la fête de la conception de la Vierge Marie par ses parents, Joachim et Anne (1). En cette fête majeure qui a lieu durant la préparation de l'Église pour Noël, le fidèle se réjouit de l'événement par lequel Marie est conçue en réponse aux prières de ses parents, afin d'être formée dans le sein maternel, de naître sur terre, dédiée au Seigneur, et nourrie dans la sainteté, de devenir par la grâce de Dieu la mère de Son Fils le Messie. En plus des chants des offices, il y a des Icônes et des fresques de la fête que les fidèles vénèrent et embrassent, représentant le saint couple s'étreignant amoureusement dans le chambre conjugale. Ô Adam et Eve, oubliez votre peine,Voyez, aujourd'hui un sein stérile porte miraculeusement du fruit :La Mère de notre Joie!
Ô père Abraham et tous les patriarches,Réjouissez-vous grandement, voyant fleurir votre semence:La Mère de notre Dieu!
Réjouis-toi, Ô Anne! Réjouis-toi, Joachim!Aujourd'hui, d'une manière merveilleuse, vous apportez au mondeLe fruit de la grâce et du salut!
Ô choeur des prophètes, réjouissez-vous grandement!Car voyez, aujourd'hui Anne porte le saint fruitQue vous nous aviez prédit.
Réjouissez-vous, vous tous les peuples!La stérile Anne a conçu le fruit de son sein;Ayant persévéré dans l'espoir, elle porte notre vie!
Réjouissez-vous, Ô confins de la terre!Voyez la mère stérile qui conçoit celleQui sans semence humaine portera le Créateur de l'univers!
Ce jour une tunique royale de pourpre et de lin finEst tissée des reins de David.La fleur mystique de Jessé fleuritD'où sort le Christ notre Dieu, le Sauveur de nos âmes. (2)
L'Église Orthodoxe, de nos jours en particulier, n'appelle pas le début de la fête de Marie "immaculée conception", bien qu'en des temps plus anciens, ce titre aurait pu être entièrement acceptable (3). Ce n'est pas parce que les Orthodoxes considèrent que la conception de Marie aurait été quelque part "maculée" ou "entachée" (en latin, macula signifie "entachée"). Cela signifie simplement que les Orthodoxes ne veulent pas soutenir la conviction que Dieu aurait eu quelque part à intervenir au moment de la conception de Marie par une action spéciale pour enlever "la tache" du péché des origines transmis par l'acte de reproduction humaine, car en bref, les Orthodoxes ne considèrent pas qu'une telle "tache" existe. L'Église Orthodoxe affirme le péché des origines.
La théologie Orthodoxe enseigne que tous les êtres humains, y compris la Vierge Marie qui est une "simple humaine" comme le restant d'entre nous – au contraire de son Fils Jésus Qui est un "véritable humain" mais non pas un "simple humain" parce qu'Il est le Fils incarné et le Verbe de Dieu – sont nés dans un monde déchu, lié à la mort, où règne le démon, monde "qui va passer" (1 Cor. 7,31). Nous sommes tous nés mortels et tendant vers le péché. Mais nous ne sommes pas nés coupables du moindre péché personnel, certainement pas d'un prétendument commis "en Adam."
Ni nous ne sommes maculés du fait de la manière par laquelle nous sommes conçus, par l'union sexuelle de nos parents. Si l'union sexuelle dans le mariage était en quelque sens que ce soit pécheresse, ou la cause en elle-même du moindre péché ou de la moindre tache, même dans les conditions du "monde déchu", alors, comme même le très rigoureux saint Jean Chrysostome l'a enseigné, Dieu serait pécheur parce qu'Il nous a créés de la sorte depuis le début, mâle et femelle. (4)
L'Église Orthodoxe enseigne qu'il est possible par la grâce de Dieu, par Qui toutes choses sont possibles, que l'union sexuelle dans le cadre du mariage, même dans la condition présente des choses, puisse être bonne, sainte, belle, aimante et pure. La preuve de cela est la fête de la conception de Marie par Joachim et Anne (et de Zacharie et Élisabeth pour la conception de Jean le Baptiste), qui ne mentionne en aucune manière la moindre "tache" qui aurait eu à être enlevée par une action spéciale de Dieu, certainement pas liée à la manière dont la conception a eu lieu (5), Marie ayant été conçue par ses parents de la même manière que nous tous sommes conçus. Mais dans son cas, c'est un acte pur de foi et d'amour, en obéissance à la volonté de Dieu, en réponse à la prière. En ce sens, sa conception est vraiment "immaculée." Et son fruit est cette femme qui demeure à jamais la très pure Vierge et Mère de Dieu.
Venez, dansons dans l'Esprit!Chantons de dignes louanges au Christ!Célébrons la joie de Joachim et Anne,La conception de la Mère de notre Dieu,Car elle est le fruit de la grâce de Dieu. (6)
Anne demanda un enfant au Seigneur par une fervente prière.La voix de l'Ange lui proclama :Dieu t'a accordé ce que ta prière désirait.Ne pleure plus, car tu seras une vigne fertile,Portant le merveilleux rameaux de la ViergeCelle qui va donner chair au Christ,Lui Qui accorde grande miséricorde au monde.
Aujourd'hui le grand mystère de toute éternité,Dont ni Anges ni hommes ne peuvent sonder les profondeurs,Apparaît dans le sein stérile d'Anne.Marie, la Vierge de Dieu, est préparée pour être la demeure du Roi éternelQui renouvellera la nature humaine.Supplions-la d'un coeur pur et disons :Intercède pour nous auprès de ton Fils et DieuAfin que nos âmes soient sauvées. (7)
(1) La fête est officiellement appelée "La Conception de la Théotokos." La nativité de Marie est célébrée le 8 septembre. Une tradition populaire parmi les Orthodoxes dit que la période de 9 mois est volontairement diminuée d'un jour pour illustrer "la simple humanité de Marie", au contraire de la "divine humanité" de son Fils, dont la conception en la fête de l'Annonciation est célébrée le 25 mars, exactement 9 mois avant Sa Nativité.
(2) Matines de la fête de la Conception de la Théotokos.
(3) Les Catholiques-romains célèbrent la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie le 8 décembre. Cette "immaculée conception" est un dogme officiellement promulgué par l'Église de Rome qui enseigne que Dieu a appliqué "les mérites du Christ" à Marie au moment même de sa conception afin qu'elle soit libérée de la "tache" du péché originel et puisse dès lors devenir la très pure Mère du Sauveur, le Fils incarné et Verbe de Dieu. Certaines écoles de théologie enseignent que tous les êtres humains sont coupables du péché originel parce que quelque part, ils pré-existaient "en Adam." Certains prétendent aussi que la transmission de la tache du péché originel passe par le biais de la reproduction humaine à travers la relation sexuelle.
(4) Voir Jean Chrysostome, "Sur Tite", homélie 2.
(5) L'Église Orthodoxe célèbre la fête de la "Conception du saint prophète, Précurseur et Baptiste Jean" le 23 septembre. Sa nativité est célébrée le 24 juin; à nouveau cette période de 9 mois moins un jour (voir note 1). Un mouvement a existé parmi certains Catholiques-Romains au début du siècle passé, qui a argumenté sans succès que leur église devrait enseigner "la conception immaculée" de saint Jean.
(6) Hymne de l'avant-fête des Vêpres du 8 décembre, l'avant-fête de la Conception de la Théotokos.
(7) Vêpres de la fête de la Conception de la Théotokos.
(Extrait de "The Winter Pascha", par le protopresbytre Thomas Hopko, SVS Press, 1984)
"Alors, Bart', t'es d'accord, hein dis, t'es d'accord?
"Bon, ok Benoît, si tu insistes, je veux bien qu'on essaie de devenir copains. Mais il faut que je t'avertisse : pour que tu revienne dans la Communion de l'unité de l'Église, mon cher copain, il va falloir que tu apprenne d'abord la Foi de l'Église. Tiens, lis un peu mon article ci-dessous, ça cause de ton histoire d'Immaculée, comme ça tu auras déjà un point important par où commencer ton long parcours de retour.
"Ah, heu, oui Bart', certes, oui, mais bon, on s'appelle, on se fait une petite bouffe et on en reparle? A Ratisbone, je connais un chouette petit resto' turc, on y mange de super brochettes, heuu, carémiques hein, heuu, tu verras..."
La douce victoire de Marie
[Extrait d'une entrevue du patriarche Bartholomée 1er de Constantinople, par la revue catholique-romaine italienne "30 days"; le texte complet de cette méditation sur l'hymne acathiste à la Mère de Dieu sera traduit et publié ultérieurement]
http://www.30giorni.it/us/articolo_stampa.asp?id=6794 Il est considéré comme le plus bel hymne marial de tous les temps. Depuis 15 siècles, les Chrétiens des Églises de tradition Byzantine l'ont récité en remerciement à la Vierge et pour lui demander de les préserver dans la foi des Apôtres. 30DAYS a demandé à Bartholomeos 1er, patriarche de Constantinople, de commenter l'Acathiste. Une entrevue par Gianni Valente
30DAYS : Cette année, l'Église Catholique[-romaine] célèbre le 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception. Comment est-ce que la Tradition Chrétienne Orientale et Byzantine célèbre la Conception de Marie et sa pleine et immaculée sainteté?
Bartholomeos 1er : L'Église Catholique-Romaine a trouvé qu'il était nécessaire d'instituer un nouveau dogme pour la Chrétienté quelque 1800 ans après l'apparition du Christianisme, parce qu'elle avait accepté une compréhension du péché originel – une mauvaise compréhension d'après nous les Orthodoxes – selon laquelle le péché original se transforme en une tache morale ou une responsabilité légale aux descendants d'Adam, au lieu de ce qui est reconnu comme correct par la Foi Orthodoxe – d'après laquelle le péché a transmis par héritage la corruption, causée par la séparation de l'humanité de la grâce incréée de Dieu, qui la fait vivre spirituellement et dans la chair. L'humain conçu à l'image de Dieu, avec la possibilité et la destinée d'être semblable à Dieu, en choisissant librement de L'aimer et d'obéir à Ses Commandements, peut même après la chute d'Adam et Eve devenir ami de Dieu, selon son intention; alors Dieu le sanctifie, de la même manière qu'Il a sanctifié nombre de pères avant le Christ, même si l'accomplissement de leur rançon de la corruption, à savoir leur Salut, a été achevé après l'Incarnation du Christ et par Lui.
En conséquence, selon la Foi Orthodoxe, Marie la Toute-Sainte Mère de Dieu n'a pas été conçue exempte de la corruption du péché originel, mais a aimé Dieu par dessus tout et obéit à Ses Commandements, et a dès lors été sanctifiée par Dieu via Jésus-Christ Qui S'est incarné Lui-même d'elle.
Elle Lui a obéit comme n'importe quel des fidèles, et s'est adressée à Lui avec la confiance d'une Mère. Sa sainteté et sa pureté n'ont pas été entachées par la corruption, transmise à elle par le péché des origines comme à n'importe quel autre être humain, précisément parce qu'elle était renée en Christ comme tous les autres saints, et sanctifiée au-dessus de chaque saint.
Son rétablissement dans la condition d'avant la Chute n'a pas nécessairement eu lieu au moment de sa conception. Nous croyons qu'il a eu lieu par la suite, en conséquence du progrès de l'action en elle de la grâce divine incréée, par la visitation de l'Esprit Saint, qui a réalisé en elle la conception du Seigneur, la purifiant de toute tache.
Comme déjà expliqué, le péché des origines pèse sur les descendants d'Adam et Eve en tant que corruption, pas en tant que responsabilité légale ou tache morale. Le péché a amené la corruption héréditaire, et non pas une responsabilité légale héréditaire ou une tache morale héréditaire. En conséquence, la Toute-Sainte a participé à la corruption héréditaire, comme toute l'humanité, mais avec son amour pour Dieu et sa pureté – comprise comme une consécration imperturbable et spontanée de son amour à Dieu seul – par la grâce de Dieu, en se sanctifiant elle-même en Christ et en se rendant elle-même digne de devenir la maison de Dieu, elle a réussi [à devenir] ce que Dieu veut que chacun d'entre nous humains devenions. Dès lors, dans l'Église Orthodoxe, nous honorons la Toute-Sainte Mère de Dieu au dessus de tous les saints, bien que nous n'acceptions pas le nouveau dogme de son "Immaculée Conception." La non-acceptation de ce dogme ne diminue en rien notre amour et notre vénération de la Toute-Sainte Mère de Dieu.
Article cité par :
http://www.orthodoxytoday.org/articles5/ThirtyDaysPatBart.php Le blog d'orthodoxytoday a publié une série de réactions sur l'entrevue du patriarche Bartholomeos 1er. Pour les réactions des Catholiques-romains, voyez leur catéchisme : ils se contentent de le répéter; je ne traduis donc que quelques réactions Orthodoxes.
www.orthodoxytoday.org/blog/2005/03/08/patriach-bartholomew-on-the-immaculate-conception/
2) Jacobse
En réalité, le patriarche a parfaitement raison puisque "l'Immaculée Conception" repose uniquement sur l'anthropologie Augustinienne. Autrement, cette doctrine n'a pas de sens. En fait, si vous examinez la logique qui se trouve derrière la doctrine à l'époque à laquelle elle a été dogmatisée, vous retrouvez la pensée Augustinienne. Ce caractère d'héritage du "péché originel" est précisément pourquoi la "grâce spéciale" a été nécessaire – d'après la pensée Catholique-Romaine.
Posted: March 13, 2005 | 6:12 pm
JamesK, l'Église Orthodoxe acclame Marie liturgicalement, disant "Très sainte Mère de Dieu, sauve-nous." Est-ce que cela signifie qu'elle est un autre Christ? Non. Elle aussi est sauvée par son Fils. Cependant, elle est celle qui a accepté de porter dans la chair le Verbe de Dieu au monde. Dès lors elle est celle qui a rendu notre Salut possible. Plus encore, elle est celle qui montre à tous les Chrétiens le chemin "pour porter le Verbe au monde", non pas dans la chair, bien entendu, mais dans nos paroles et actions, pensées et prières. L'Église la regarde comme le parangon de la Foi, non pas comme une "histoire à succès" statique, mais avec un rôle de modèle.
Posted: March 14, 2005 | 11:34 am
[un prêtre catholique-romain objecte à "Jacobse" sur les raisons de ce "dogme", donnant des raisons différentes de celles qui ont mené à la proclamation de 1854; un autre abonde en ce sens. Voici la réponse]
5) Jacobse
Bill, le fondement théologique pour la doctrine de l'Immaculée Conception est tiré de l'anthropologie Augustinienne. Vu qu'Augustin est passé de mode, l'explication rationnelle de la doctrine a changé. Ce que l'Église Catholique-Romaine enseigne de nos jours à propos de la doctrine est différent de ce qui était enseigné avant Vatican 2. De plus, si je ne m'abuse, cette doctrine n'a jamais été formulée par le biais d'un Décret Conciliaire Romain.
Posted: March 14, 2005 | 3:57 pm
7) Jacobse
L'Immaculée Conception confère les "mérites" salvifiques du Christ à Marie au moment de sa conception à elle, pour enlever la "tache" du péché originel. C'est une transaction cosmique qui a lieu avant la Crucifixion et la Résurrection du Christ. Voyez "The Catholic Encyclopedia"
C'est la sotériologie juridique Augustinienne, pure et simple.
Vu qu'Augustin est tombé en désuétude, je peux comprendre le besoin d'une nouvelle logique qui insiste sur la dimension de Marie participant à la grâce de Dieu. En passant, les historiens Catholiques-romains admettent tacitement la sur-dépendance par rapport à l'anthropologie Augustinienne au sujet du péché originel qui, j'en suis persuadé, formait le fondement théologique de la doctrine. Voyez à nouveau "The Catholic Encyclopedia."
"Plusieurs théologiens des 17 et 18ème siècles, négligeant l'importance de la privation de grâce dans l'explication du péché originel, et ne l'expliquant que par la participation que nous sommes supposés avoir dans l'acte d'Adam, ont exagéré cette participation. Ils ont exagéré l'idée de volonté dans le péché originel, pensant que c'est la seule manière pour expliquer pourquoi c'est un péché à proprement parler. Leur opinion, différant de celle de saint Thomas, a fait naître des difficultés déplacées et insolubles. A présent, tout cela est abandonné."
Nombre des formulations poétiques à propos de la Théotokos que vous proposez ci-dessus ne poseraient aucun problème aux Orthodoxes. Cependant, une doctrine d'une Immaculée Conception n'est pas une d'entre elles. Franchement, les Orthodoxes considèrent cette doctrine comme une nouveauté (dogmatisée en 1854) et complètement déplacée. Nous considérons aussi l'insistance plus récente de la doctrine sur la grâce à laquelle Marie a participé comme une manière de rationaliser son existence.
Posted: March 15, 2005 | 5:44 pm
11) Jacobse
En quoi cela importe ce que les Orthodoxes croient à propos de l'Immaculée Conception? C'est une construction romaine tant dans sa forme originale Augustinienne que dans sa redéfinition ultérieure. Quant à jeter le bébé avec l'eau du bain, puisque les Orthodoxes ne tiennent en rien à cette doctrine, il n'y a rien à jeter. L'antique enseignement est tout ce qu'il faut.
En passant, un dogme c'est un peu plus que simplement "un doigt pointant vers la vérité." Définir le dogme dans ces termes le rend essentiellement indiscernable de, disons, la poésie ou la littérature.
Posted: March 16, 2005 | 3:09 pm
13) Michael Bauman
Fr. Dowd,
Je pense que le patriarche Bartholomeos, Fr. Hans et moi nous sommes expliqués de manière plutôt explicite sur ce que croient les Orthodoxes au sujet de Marie. Quant à votre assertion, comme quoi nous ne ferions qu'exprimer ce contre quoi nous sommes, ce n'est tout simplement pas vrai. Pour réaffirmer mon message précédent "le statut de Marie en tant que Nouvelle Eve est le résultat de son obéissance et soumission absolue à l'amour de Dieu 'Qu'il me soit fait selon ta parole', plutôt que par son absence de péché. L'obéissance de Marie a permit au Saint Esprit de la sanctifier, et au Christ de demeurer physiquement en elle autant que spirituellement. Marie est donc devenue la première humaine (déchue) à expérimenter la pure déification (théosis)."
Une des immenses différences entre l'approche des Catholiques-romains et celle des Orthodoxes, on la trouve dans l'insistance de l'Occident que tout serait explicable et codifié rationnellement. Nous trouvons cette approche souvent déplacée, et fréquemment dommageable. L'apparente réticence des Chrétiens occidentaux à en général se sentir à l'aise avec le mystère m'a toujours perturbé, et cela longtemps avant que je ne devienne Orthodoxe.
Si vous souhaitez en savoir plus à propos de ce que nous proclamons à propos de Marie, voyez cette page :
http://www.fatheralexander.org/booklets/english/m_akathist_e.htm#n2
D'un autre côté, je suis vraiment lassé de ce canard qui ne cesse de se répandre, prétendant que nous Orthodoxes, ici et ailleurs, ne cesserions de proclamer contre quoi nous sommes. Cette affirmation ne repose sur rien, et ce n'est qu'une piètre manière de débattre qui est, à mon humble avis, destinée à éviter de devoir débattre des différences substantielles. Si quelqu'un veut vraiment savoir ce que nous Orthodoxes croyons, qu'il vienne assister à nos Liturgies, venant avec un coeur et un esprit ouvert, en particulier à la Divine Liturgie et à un Office des Défunts. Laissez votre esprit rationnel en repos, mettez de côté votre théologie technique, élevez votre coeur à la Sainte Trinité, au Dieu Un, Incarné par le Saint Esprit et la Vierge Marie (le Credo ne dit pas la Vierge Marie Sans Péché), et vous saurez, à moins d'être spirituellement mort, ce que l'Église Orthodoxe a proclamé, proclame et, par la grâce continue de Dieu, continuera à proclamer. Les innovations radicales, inutiles et souvent hérétiques de l'Occident sont des réactions inutiles contre ce que nous proclamons [*]. Une vaine tentative de se distinguer.
Une irritation continue me vient de cette assertion faite par les Chrétiens occidentaux et les média occidentaux, prétendant que ce seraient nous, les Orthodoxes, qui aurions rompu avec Rome. Une telle affirmation est historiquement fausse. Rome s'est séparé de l'Orient. Nous avons maintenu la continuité avec la doctrine et la pratique historique, que l'Occident a largement abandonnées.
Posted: March 16, 2005 | 8:20 pm
[*] et il ne saurait en être autrement, puisque l'Église Orthodoxe est née mille ans avant les Catholiques-romains et 1500 avant les Protestants & Anglicans. NDT.
16) Jacobse
Ref note 12. Vous savez, vous pouvez affirmer ou rejeter ce que vous voulez. Je ne suis pas Catholique-romain. Je ne vais pas vous dire ce que vous devriez croire ou non. Mon argumentation contre cette doctrine tient dans son exclusive dépendance de l'anthropologie Augustinienne lorsqu'elle a été écrite pour la première fois, quand bien même de nos jours elle est recontextualisée dans une mer amorphe de piété Mariale, comme votre réaction l'indique.
Rome aurait dû tirer la leçon du Concile d'Éphèse lorsqu'on y a formulé la doctrine de Marie en tant que Theotokos, c'est-à-dire : toute définition dogmatique doit être Christologique. (Ce qui aurait évité les idées de "co-rédemptrice" qui émergent aussi dans les quartiers Romains).
Posted: March 17, 2005 | 3:47 pm
19) Matthew Panchisin
De Matthew Steenberg – il enseigne la patristique Orthodoxe à Oxford et a plutôt bien résumé les choses dans une autre discussion de cette nature.
Au sujet de l'Immaculée Conception : je pense peut-être qu'il serait bon pour nous tous de ne pas se contenter de déclarations rigides et définitives, comme quoi la doctrine Catholique-romaine de l'Immaculée Conception et la compréhension Orthodoxe de la Conception de la Mère de Dieu sont entièrement et en tout opposées. Comme en tant d'autres déclarations et problèmes, ce que nous trouvons ici, c'est qu'il y a des aspects profondément important dans la doctrine catholique-romaine sur lesquels nous Orthodoxes ne pouvons en rien être d'accord; et cependant il y a aussi beaucoup de chose avec lequel nous le sommes.
Permettez-moi d'en indiquer quelques uns de chaque côté. Tout d'abord, nous pourrions discuter des points contre lesquels nous sommes :
a. la doctrine catholique-romaine de l'Immaculée Conception présuppose une vue du "péché originel" comme centrée sur un état pécheur et une faute imputés et que, tels que déclarés dans le dogme catholique-romain, les Orthodoxes rejettent. C'est parce que tous les êtres humains sont nés avec cette "défectuosité congénitale" que la pureté de toute la vie de la Vierge devrait, selon la doctrine catholique-romaine, être apportée par une conception qui la libère de cette défectuosité. Ceci est le point principal et fondamental de divergence doctrinale sur le sujet entre les Orthodoxes et les Catholiques-romains.
b. la naissance immaculée de la Mère de Dieu, telle que proclamée par la doctrine catholique-romaine de l'Immaculée Conception, pose pour l'Orthodoxe un changement inacceptable et une contradiction entre sa nature et celle du restant de l'humanité. Elle n'est plus "comme moi" dans le sens que la théologie Orthodoxe l'a toujours proclamé et requis, et une altération d'une telle vue, on ne sait pas la faire concorder avec les doctrines plus générales de sotériologie et de christologie qui sont bâties sur la nature de la naissance du Christ et de Sa mère.
c. la croyance que l'absence de péché et la pureté absolue de vie requiert un changement fondamental dans la nature de la personne humaine, tel que cela s'est présenté dans la personne de Marie d'après la doctrine catholique-romaine de l'Immaculée Conception, est quelque part bizarre pour la proclamation ascétique Orthodoxe de la transformation et de la divinisation. La nature qui sera un jour parfaite et la nature qui de nos jours se vautre dans le péché sont, pour les Orthodoxes, une et même. C'est la purification, non pas l'altération, sur laquelle est mis l'accent du Salut Chrétien, et la doctrine catholique-romaine de l'Immaculée Conception présente, si pas au moins en germe, un conflit avec cette compréhension.
Cependant, il y a des points de similitude :
a. Un certain nombre de Pères de l'Église Indivise proclament sans équivoque le point de vue que la Mère de Dieu était "protégée du péché" dès "avant sa naissance", spécialement pour qu'elle puisse être pure en sa vie et donc porter purement le Tout Pur. Nous pourrions faire référence à Jacques de Sarug, Germain de Constantinople, Ephrem le Syrien, entre autres. Ce ne sont pas simplement des proclamations que la sainte Vierge aurait vécu une vie pure du péché, mais que Dieu l'aurait protégée et prévenue de péché dès le moment de sa propre naissance (2). Certains Pères Orthodoxes proclament aussi qu'il était impossible pour la Mère de Dieu de pécher, car ce n'était pas dans sa nature. A nouveau, ce ne sont pas des suggestions qu'elle n'aurait simplement pas péché, mais qu'elle n'aurait pas pu pécher. Jacob et Germain se prononcent particulièrement en ce sens. [**]
Ce qui précède n'est pas là pour suggérer que nos 2 églises, in fine, enseigneraient une et même chose. Je suis sans la moindre équivoque possible tenant du point de vue que la doctrine catholique-romaine de l'Immaculée Conception détruit quelque chose de la valeur fondamentale dans la personne de la sainte Vierge, et ne peut tout simplement pas être mise en correspondance avec la pensée Orthodoxe. Mais nous devrions aussi comprendre que la pure vie de Marie dont la doctrine catholique-romaine est une tentative de protection, est quelque chose qui a été aussi l'objet d'une considérable réflexion Orthodoxe – souvent aboutissant à l'utilisation d'un langage étonnamment similaire. Il y a des aspects de la doctrine de l'Immaculée Conception qui sont et devraient être tenus par les Orthodoxes. Mais, comme avant tant d'autres choses dans la pensée Orthodoxe, c'est la question de l'entièreté, du tout et de la plénitude qui oblige à son rejet. La doctrine de l'Immaculée Conception présente certaines vérités au sujet de la personne de Marie, mais non pas la vérité toute entière. En fait, nous devrions dire, elle dénature ce qu'elle ne proclame pas correctement de telle manière que même ce qu'elle proclame de manière correcte est mis en doute et suspect.
Mais lorsque de telles personnes comme l'évêque Kallistos (T. Ware) suggèrent que quelques Orthodoxes adhèrent au point de vue de l'Immaculée Conception, peut-être devrions nous considérer qu'il ne veut pas dire une adhésion à la doctrine Catholique-romaine, mais au problème plus fondamental de la sainte naissance et vie sans péché de marie – ce que les fêtes Orthodoxes de la Nativité de la Mère de Dieu et de la Présentation au Temple proclament clairement. Je n'ai pas eu l'occasion de discuter personnellement de cela avec lui, mais je soupçonne que sa remarque vise à contrebalancer des exagérations en sens opposé. C'est une situation qui ressemble beaucoup aux affirmations rampantes comme quoi l'Orthodoxie "n'a pas de doctrine du péché originel." C'est bien entendu une affirmation qui n'a pas de sens. L'Église Orthodoxe a une compréhension tout à fait précise et prononcée du péché des origines, elle n'est simplement pas la même que la compréhension qu'affirment les Catholiques-Romains. C'est pourquoi avec la Mère de Dieu, l'Église Orthodox a une conviction très prononcée en l'absence de péché et en la pureté de sa personne, même dans la sainteté et pureté de sa conception – qui est l'objet d'une de nos grandes fêtes – mais nous ne tenons pas la même compréhension que l'église Catholique-romaine.
Posted: May 28, 2005 | 1:12 pm
[**] Même ceux qui pensaient de la sorte, minoritaires, parlaient de la naissance immaculée, pas de la conception. Il me semble aussi important d'ici rappeler un principe capital de la Foi de l'Église : l'Esprit du Seigneur repose sur tout le Corps du Christ, Son Église. Il ne saurait donc être possible à un seul et unique homme ou femme, quel que soit son éventuel "rang" dans la hiérarchie ecclésiale (qui est contingentielle), de définir la Foi de l'Église. Ces quelques rares Pères qui ont émis ces idées que l'on retrouve peu ou prou dans le "dogme" proclamé par le vatican en 1854, vu que de toute évidence, les Conciles n'en n'ont pas tenu compte, c'est que c'est resté considéré comme leur opinion strictement personnelle, et en rien "Foi de l'Église". Nous ne vivons pas dans l'Église selon untel ou untel. Pour reprendre une célèbre métaphore, il faut recevoir les Pères avec l'Église, et pas les Pères hors de l'Église. C'est d'ailleurs pour avoir manqué à cette règle de sainte prudence que des géants de la Foi Orthodoxe en sont sortis, comme Tertullien voire même Origène. NDT.
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/10/immaculate-misconception.html
"Nous aimons tellement Marie que nous l'avons représentée en blonde!"
Ne sursautez pas, il existe une tradition en Occident de la Vierge Marie étant honorée avec des cheveux blonds.
La photo ci-contre est celle de l'autel de la paroisse anglo-catholique de Saint-Mary, Grove Park, Asheville, Caroline du Nord, EUA)
En farfouillant pour trouver une réponse, j'ai finit par obtenir des déclarations d'un prêtre catholique-romain qui a dit, et je paraphrase : "Attendez! Nous aimons tant la Bienheureuse Vierge – l'Immaculée Conception doit être vraie!"
C'est bien. Mais ce n'est simplement pas Orthodoxe.[..]
Nous pouvons nous référer à Marie comme "immaculée" dans le sens que son obéissance à Dieu a été si marquante qu'elle peut à juste titre être déclarée aussi pure que tout pécheur pourrait l'être. Sa sainteté n'a jamais été atteinte ou dépassée. Cependant, nous ne croyons pas dans l'Immaculée Conception telle que comprise par le Catholicisme-romain. Nous ne croyons pas qu'elle aurait dû être conçue libre de toute tache du péché originel. Notre objection, en substance, est en rapport avec l'interprétation du péché originel par saint Augustin d'Hippone. Comme l'évêque Kallistos l'a observé (de même que le p. Jean Meyendorff et d'autres théologiens Orthodoxes).. si nous avions cru dans ce que saint Augustin a enseigné sur le péché originel, alors l'Immaculée Conception en serait un développement logique en terme de la sainteté et l'obéissance de Marie. Cependant, puisque nous ne croyons pas que le péché originel est transmis sexuellement, la conception n'a rien à voir dans ce problème.
Source : http://orthodox.christianityinview.com/qanda.html
QUESTION: Comment précisément est-ce que l'Église Orthodoxe envisage l'absence de péché de Marie? (..)
RÉPONSE: Bien que j'aimerais être à même de répondre à la totalité de votre question, c'est au-delà de la possibilité d'un courriel, en particulier parce qu'en se basant sur la teneur de votre question, la pleine compréhension de la position Orthodoxe sur la Vierge Marie requiert une explication en profondeur de certains aspects secondaires auxquels vous faites référence, tels que le péché originel, l'Immaculée Conception, la grâce supernaturelle, etc. Dès lors, je me permettrais de chaudement vous recommander de rencontrer personnellement le prêtre de la paroisse de l'Église Orthodoxe que vous avez visitée – sans nul doute, il sera heureux de pouvoir vous donner une réponse en profondeur.
Je dirais, en bref, que l'Église Orthodoxe croit que Marie, étant un être humain, aurait pu en effet pécher, mais a choisit de ne pas le faire. Dans la compréhension Catholique-romaine, il semble que Marie, d'après la doctrine romaine, aurait été exemptée de la faute du péché originel avant toute éternité, et dès lors n'aurait pas pu pécher – les Orthodoxes n'acceptent pas l'idée que les humains partageraient la faute du premier péché mais, au contraire, uniquement ses conséquences. C'est ici que la complexité arrive sur nombre de points et qui rend votre question hors de la portée d'un courrier électronique.
Jésus-Christ est le Sauveur de Marie, de même que le nôtre, tel que c'est attesté par la propre déclaration de Marie chez saint Luc – le Magnificat – où elle dit "Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur." Si Marie avait été "blindée contre le péché" depuis toute éternité, pour parler de manière imagée, les Orthodoxes demanderaient pourquoi alors elle aurait besoin d'un Sauveur. Marie est la "nouvelle Eve" qui dit "oui" à Dieu là où la première Eve avait dit "non." Elle avait le choix, et vous pourriez demander au prêtre de la paroisse locale de parcourir avec vous le texte du Canon des Matines de la grande fête de l'Annonciation, dans lequel vous lirez un magnifique dialogue entre Marie et l'Archange Gabriel, dans lequel elle se demande si elle doit ou non accepter la nouvelle de l'Ange, n'acceptant qu'à la fin ce qui lui a été annoncé.
http://www.oca.org/QA.asp?ID=116&SID=3
Quelques réactions à cet article "Misconception"
http://www.haloscan.com/comments/huneycutt/116217746457143699/
Père, bénissez,
Merci pour cette explication. Je suppose que les Orthodoxes croient que la très sainte Théotokos a été restaurée spirituellement à l'état premier ("née de nouveau") lors de l'Annonciation, à l'opposé de celui de sa Conception.
Cependant, je ne vois pas pourquoi le dogme de l'Immaculée Conception est rejeté sur base du fait qu'il serait "Augustinien." Certes, il a souvent été formulé par cette sorte de langage. Mais le véritable accent sur l'Immaculée Conception devrait être la "grâce" en tant qu'opposée au "péché." Même si nous devions ici concéder que tous les enfants naissent au monde libre de culpabilité, nous nous trouverions cependant encore avec le problème de l'absence de grâce.
Tant l'Orthodoxie que le Catholicisme-romain croient que nous avons été conçus/sommes nés dans un état d'aliénation de Dieu, ou si vous voulez, une déficience de grâce. C'est pour cela que nous baptisons les enfants quand bien même ils n'ont pas de culpabilité personnelle. Ergo, l'Immaculée Conception pourrait être acceptée et défendue, même au sein de la théologie Orthodoxe. Tout ce qu'il faudrait, c'est croire que Dieu aimait tant Sa Mère qu'Il lui a donné les grâces de la vie nouvelle lors de sa Conception. Il n'y a aucune raison qu'Il n'aie pu le faire – Il l'a fait avec saint Jean le Précurseur, alors qu'il était encore dans le sein de saint Elisabeth, cfr saint Luc 1,15-41.
Et non seulement l'Immaculée Conception peut être défendue dans un contexte Orthodoxe, mais on peut même y croire. Je connais des textes liturgiques appelant la sainte Théotokos "immaculée" et "pure agnelle", chantés lors de la Conception de la Théotokos par sainte Anne (9 décembre). Même les chants de sa Nativité le 8 septembre insistent "qu'en annulant la malédiction, Il a accordé une bénédiction." L'utilisation d'un tel language toujours empêtrée dans la malédiction de la Chute (qui ne serait pas "née de nouveau" jusqu'à l'Annonciation) n'a pas de sens. J'avancerait que les prières de l'Église Orthodoxe affirment l'Immaculée Conception – comprise en tant que la régénération de la Théotokos au moment de sa Conception, non pas le retrait de culpabilité -, alors que les Orthodoxes actuellement embrassent et défendent la fausseté sur ce point.
Adam 10.30.06 - 12:43 pm
Adam, excusez-moi, mais je suis tenté de demander : quelle partie de la *conception* ne comprenez-vous pas?
En ce qui concerne votre référence à saint Jean le Précurseur, ça vaut ce que ça vaut, mais George Gabriel en dit ceci dans "MARY - The Untrodden Portal of God", POB 1359, Ridgewood, NJ 0745, Zephyr Publishing, 2000
"Les Pères parlent d'une sainteté spéciale donnée à Marie dans le sein de sa mère, provenant de la sainteté de ses parents et de leur sérieux, et de la semence "irréprochable" de son père. Chez les anciens Juifs, il n'était pas inhabituel pour des parents éclairés d'avoir des enfants déjà éclairés de naissance. Par exemple les grands prophètes Jérémie et Jean le Précurseur étaient 'remplis de l'Esprit Saint, déjà même dans le sein de leur mère.' Ce n'en est que plus vrai pour la Théotokos" (p. 23).
* Et au sujet de l'utilisation du terme "semence irréprochable" par saint Jean Damascène (ci-dessus), la note de bas de page précise que son usage n'est pas lié au dogme papal romain de l'Immaculée Conception de Marie. "Saint Jean l'utilise pour décrire la vie chaste et juste des parents de la Théotokos."
Je vous suggérerais quelques autres lectures sur ce que nous Orthodoxes croyons au sujet du péché/culpabilité originel et les erreurs de saint Augustin d'Hippone, la Théotokos, le Baptême et la grâce – je ne suis pas sûr de bien comprendre votre insistance sur "aliénation" et "né de nouveau."
A nouveau, si vous êtes convaincu de votre position – c'est bien! Croyez-moi, ce serait une tâche quasiment impossible que de convertir autrui par le biais de la section "commentaires" d'un blog.
Père Joseph Huneycutt 10.30.06 - 1:46 pm
Bénissez, père,
Je pense qu'en la matière, on ne fera jamais quoi que ce soit de mieux que de réviser en profondeur la Vulgate de saint Jérôme, et étudier de même le texte des Vetus Latina, saint Augustin d'Hippone utilisant une de ces dernières, et les erreurs de traduction contenus dans ces textes expliqueront fort bien certaines des divergences principales, ayant parfois mené à une hérésie, comme cette "immaculée."
Je me rappelle de mes cours de grec du Nouveau Testament – notre professeur enseigne le grec pour les futurs traducteurs officiels de la Communauté Européenne, elle est d'origine Grecque, ce n'était pas un professeur "bas de gamme", et elle était aussi versée en grec "Koiné" que "démotique."
Elle nous avait montré plusieurs exemples majeurs d'erreurs de traduction. Montrant par la même, en passant, qu'elle connaissait aussi le contenu des versions Latines!
Ayant à travailler avec le texte en grec, nous avons en effet découvert des différences importantes de compréhension sur certains points, tels que ceux que j'ai eu l'habitude d'entendre enseigner lorsque j'étais chez les Catholiques-romains.
De plus, je ne blâmerais pas saint Augustine pour une autre raison : son disciple et biographe, saint Possidius, évêque de Calame, a mentionné le fait qu'à la fin de sa vie (chapitre 28), saint Augustin a demandé à récupérer une partie de ses oeuvres et lettres, afin qu'il puisse les corriger des erreurs qu'il avait découvertes "le temps passant." [*]
De toute évidence, tout ne lui a pas été renvoyé.
Je me souviens avoir lu chez saint Prosper d'Aquitaine certaines des pires textes "Augustiniens" (dans le sens où l'Orthodoxie comprend ce terme), auteur qui était un merveilleux poète et (je trouve) un très mauvais théologien – comparez ses merveilleux écrits à sa femme, l'encourageant dans la Foi, avec les désastreux textes qu'il a écrits, sorte de pré-Calvin ou pré-Luther dans le domaine du "gratia sola"! [voir quelques éloquentes citations sur forum-orthodoxe] Dans les Gaules Carolingiennes, de grandes disputes naîtrons à cause du mauvais usage d'Augustin. Certains Conciles condamneront certains grands parmi les Pères de l'Église à subir des horreurs parce qu'ils s'opposaient à la soit-disante "théologien Augustinienne" qui, je pense, était surtout le fait des oeuvres de Prosper et ses disciples.
Et enfin, qui parmi nous pourrait dire qu'il a déjà été capable de lire l'intégralité des 1600 et quelques oeuvres, lettres, sermons, etc, que saint Augustin a produit durant sa riche vie?
C'est un point délicat. Cela nous rappelle que l'Église n'a pas été basée/fondée sur Augustin, ni sur Pierre, mais sur le Christ, et du Christ, sur tous Ses Apôtres, tous ensemble. Lorsque la Rome Séculière s'est emparée de "l'Église du Christ qui est à Rome," ils ont oublié tout cela. Totalement. Rendant dès lors les pires théologies possibles. Mais malgré cela, pas toujours mais parfois, on en trouve qui ont bien réfléchi. Prenez ce problème "Immaculée." Qu'en dit Thomas d'Aquin?.. Je pense qu'il vaudrait la peine d'attirer l'attention des membres Catholiques-Romains pieux sur le "maître" de leur théologie. Dans sa Summa, Pars 3a, Quaes. 27, il s'occupe bien de ce problème et en conclut, et cela même en utilisant saint Augustin d'Hippone, qu'il n'est pas possible pour la Bienheureuse Vierge Marie d'avoir été "Immaculée Conception" de la manière dont les Franciscains et plus tard le président du Vatican en 1854 croiront.
http://www.corpusthomisticum.org/sth4027.html
http://www.ccel.org/a/aquinas/summa/TP/TP027.html#TPQ27A1THEP1
bibliotheque.editionsducerf.fr/html/Corpus/thomas/som11/som11001.htm
Il y a des années d'ici, j'ai été étudiant dans une école diocèsaine catholique-romaine plutôt "conservatrice". Usage intensif de la Somme Théologique aquinienne de rigueur. Et pourtant, c'est surprenant, mais de tels textes comme celui-ci n'ont jamais été au programme. Étrange, non?
Jean-Michel 10.30.06 - 1:51 pm
[L'interlocuteur "Adam" insiste en reprenant les mêmes éléments hétérodoxes et tentant de les faire admettre pour Orthodoxes, d'où la réaction du prêtre :]
J'apprécie vos bonnes et nobles intentions. Cependant, peu importe la quantité de bonne volonté ou de gymnastique de sémantique, cela ne changera rien au fait que l'Église Orthodoxe rejette le dogme catholique-romain de l'Immaculée Conception.
Fr Joseph Huneycutt 10.30.06 - 3:39 pm
(1). Je suis très, très content qu'enfin quelqu'un a la lumineuse et radieuse idée de dire cette chose si évidente : à savoir que nous célébrons AUSSI la Conception de saint Jean le Précurseur, le 23 septembre – et si NOUS faisons cela, alors cela signifie que nos frères et soeurs KTO font la MÊME chose.. et, malgré cela, ils ont l'habitude de poser des questions aussi innocentes et immaculées telles que :
(2). De même, un autre petite affirmation intelligente est exprimée par le même intervenant : - qui ne peut alors que supplier pour qu'on lui pose la question suivante : ALORS POURQUOI est-ce que sur la petite planète verte de Dieu, ne célébrez-VOUS pas aussi les Immaculées Conceptions de (a) le saint prophète Elie; (b) le saint prophète Jérémie; (c) saint Jean le Baptiste?? En quoi précisément est-ce que ces 2 affirmations (l'illumination avant la naissance et l'absence de péché) ne seraient pas compatibles avec les vies de ces 3 saints?
(ou peut-être ne célèbrent-ils pas l'Immaculée Conception de saint Jean le Baptiste... parce qu'il était Baptiste, je ne sais pas!)
(je suppose que vous pourrez taxer ce que je viens de dire dans ce second paragraphe de "réductionnisme jusqu'à l'absurde").
(3). Nous aussi nous appelons la Mère de Dieu "Toute Pure", "Toute Sainte", etc. TOUT LE TEMPS (à chaque Liturgie, lors de sa Dormition, lors de sa Nativité, TOUJOURS)... pour l'amour du Ciel, qu'est-ce que ça aurait à voir avec "Immaculée Conception"?? (Est-ce que quelqu'un, par chance, connaîtrait une meilleure manière de louer la Nouvelle Eve et Mère de notre Rédemption, qui porta en son sein Celui Qui est sans limites?)
Lucian 11.04.06 - 5:28 am
Chers amis Catholiques-romains,
S'il vous plaît, allez voir l'article suivant dans la "Catholic Encyclopedia" :
regardez vers le bas de la page, et dites-moi ce que le 24 septembre avait comme signification pour les Chrétiens Anglais du 8ème siècle. Merci. J'attend votre réponse.
Lucian 11.09.06 - 9:44 pm
[il n'a pas eu de réponse, et pour cause, puisque le 24 septembre est reconnu, dans cette encyclopédie catholique-romaine rigoureusement traditionnelle (dans le sens où eux entendent ce terme), comme étant le jour de Fête de ... la Conception de saint Jean le Baptiste. Détail qui ruine irrémédiablement certains points auxquels les protagonistes Catholiques-romains venus discuter de leur "dogme" s'accrochaient pour "justifier" l'invention du Vatican de 1854; ndt]
[*] Petit ajout pour notre ami saint Augustin :
Vigile, pape de Rome (+ 555), s'accordant avec les décisions du 5ème Concile Oecuménique, invoqua la mémoire, d'entre "... nos Pères," du "bienheureux Augustin" pour sa volonté à rétracter et corriger diverses choses parmi ses "écrits" et "paroles" ("Decretal Letter," The Nicene and Post-Nicene Fathers, 2nd series, Vol. XIV).
A (r)elire "La Nativité de la Mère de Dieu" :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/09/la-nativit-de-la-mre-de-dieu-8.html
A (re)lire les avis de Bernard de Clairvaux et de Thomas d'Aquin Summa sur le sujet, ainsi que l'explicatif donné par Vladimir Lossky :
http://www.amdg.be/sankt/dec08.html#PERS
Touche d'humour finale.
En ce siècle où on ne croit plus à tout ce qui est vrai et transmis par les saints Pères et Mères de l'Église, mais où le premier hurluberlu venu annonçant "voir des choses divines" a droit à toute l'attention des foules. Ca rapporte souvent gros, on construit des centres de "pèlerinage" où les divinités vous combleront d'indulgence en proportion de ce que vous y aurez dépensé bien sûr, etc. Mais comme tout le monde n'a pas les moyens de faire grand, grâce à internet, cet instant de gloire médiatique terrestre est à la portée du premier venu - n'est-ce pas Andy Warhol qui avait dit que grâce à la télévision, dorénavant tout le monde aurait droit à son moment de gloire? Il ne croyait pas si bien dire. Voyez plutôt :
"Elle" est apparue sur un toast au fromage, vendu sur e-bay!
http://www.kwtx.com/home/headlines/1215081.html
"Elle" entrerait même en concurrence avec les OVNIS!
Vous voulez aussi voir des "apparitions" sur votre toast? Facile! Connectez-vous ici, ayez la "vision" et téléphonez vite à quelques "communautés nouvelles" hétérodoxes dans votre région : succès et business garantis.
http://www.cooltoast.com/
http://www.neatorama.com/2006/08/28/august-a-busy-month-for-religious-sightings/
Notez qu'on a même trouvé un "thon coranique", enfin, un pêcheur musulman de Tanzanie l'affirme :
http://www.neatorama.com/2006/05/16/koranic-tuna/
(Les pauvres, même chez eux il y en a qui "moquettent" à fond...)
Publié par Jean-Michel à 12/08/2006 10:12:00 PM Aucun commentaire: Liens vers cet article
Charité ambrosienne
"Vos vêtements que vous ne portez pas ne vous appartiennent pas, ils sont aux pauvres!"
C'est une des maximes-chocs de saint Ambroise, le grand évêque de Milan, qui introduisit la psalmodie orientale dans l'Église en Occident - elle se répandra essentiellement en milieu gallican - qui composera une Liturgie flamboyante, nombres d'écrits moraux et exégétiques puissants, etc. Il sera consulté par l'évêque de Rome et pas dans un sens de patron exigeant de son sous-fifre un travail, non, personne n'aurait pu considérer le grand Ambroise comme inférieur à lui, personne. Et les pontifes romains de son époque, il n'y en avait pas beaucoup à sa hauteur.
Sozomène, nous rapporte cette anecdote dans Histoire ecclésiastique, 7,25 : l'empereur Théodose s'était installé dans le choeur de l'église, lors de sa première rencontre avec saint Ambroise. Il agissait comme à Constantinople, où il était l'objet d'un véritable culte de personnalité - qu'on se rappelle l'affaire des statues détruites et l'intervention in extremis de saint Jean Chrysostome, pour que "l'empereur très-chrétien" n'aille pas faire massacrer la foule qui avait détruit les effigies, emportée contre la "rage taxatoire" de l'époque...
Mais saint Ambroise n'était pas du même métal mou que le clergé de la cité impériale d'Orient :
"L'empereur est dans l'Église, non au-dessus!"
Ambroise fit prier l'empereur d'aller prendre place au premier rang des fidèles, dans la nef. Théodoret rapporte la même anecdote (Histoire ecclésiastique, 5,18). Pas de confusion entre temporel et spirituel chez Ambroise! Par la suite, lorsque l'empereur "très-chrétien" aura été faire mater dans le sang une révolte (encore contre ses taxes) en Grèce, à Thessalonique, en 390, Ambroise le condamnera au banc des pénitents pour de longs mois. Il l'empêchera même de rentrer dans l'église, au péril de sa vie.
"Pécheur comme David, l'empereur doit, comme lui, faire pénitence!" Elle durera jusqu'à la Noël 390. Excusez-moi, mais un saint évêque de cette trempe, même l'Orient n'en a pas connu beaucoup. Il faut parcourir les siècles, voir un saint Jean Maximovitch, par exemple, pour retrouver un évêque combinant la grâce de l'enseignement, de la charité, et de l'indépendance totale face au pouvoir politique. Pas du baratin de "doctrines sociales" mais des actes, du concret.
"Le monde est plein de saintes forces, car il est plein de misères; l'univers est plein de remèdes, car il est plein de pièges." (comm. sur le Psaume 118 - 1 §13)
"Rien de plus fort, rien de plus gracieux que les liens de l'amour. Celui-là qui T'est lié, Seigneur, est délié du monde." (comm. sur le Psaume 118 - 14 §39)
"Comme la chaleur des bains de soleil chasse la transpiration, ainsi la crainte du Jugement divin chasse le respect humain, le feu de la grâce éternelle chasse le feu de la grâce du monde." (comm. sur le Psaume 118 - 21 §10)
Quand on se rappelle qu'Ambroise, né en Gaule Belgique, à Trêves, était de famille fort riche, qu'il a littéralement tout plaqué pour suivre le Christ, on apprécie mieux la portée des 3 citations suivantes :
"Vous les riches, vous êtes esclaves, oui, et d'un misérable esclavage. Vous êtes esclaves de l'erreur, vous êtes esclaves de la cupidité, vous êtes esclaves de l'avarice qui n'est jamais contente." (Sermon sur Naboth, 52)
"La perle de ton anneau aurait pu sauver la vie de tout un peuple!" (Sermon sur Naboth, 56)
"Être le gardien, non le souverain de ses richesses; en être le dispensateur, non le maître absolu." (Sermon sur Naboth, 58)
Grand commentateur des saintes Écritures, il ne faut pas espérer trouver chez lui l'ombre d'une tendance au marcionisme :
"Bois d'abord le Vieux Testament, pour que tu puisses boire aussi le Nouveau Testament. Sans le premier, tu ne pourras boire le second. Bois le premier pour amuser ta soif, le second pour l'apaiser. Dans le Vieux Testament est la componction, dans le Nouveau la liesse."
(In Psalm. 1 §33)
Saint Ambroise, harcelé par sainte Monique, amènera saint Augustin d'Hippone à quitter les ténèbres de la gnose pour la Lumière du Christ.
Abrégé de la fantastique vie de ce grand Ambroise, né au Ciel durant la Vigile Pascale, dans la nuit du 4 au 5 avril 397 :
http://www.amdg.be/sankt/dec07.html
Dans le 2ème volume de l'édition critique du Sacramentaire Grégorien, saint Ambroise est repris au 5 avril, son Dies Natalis.
Deus, Qui populo tuo aeternae salutis beatum Ambrosium ministrum tribuisti : praesta, quaesumus, ut quem doctorem vitae habuimus in terris, intercessorem habere mereamur in Caelis. Per Dominum.
Ô Dieu, Qui as donné à Ton peuple le bienheureux Ambroise comme ministre du Salut éternel, fais que l'ayant eu sur terre comme docteur de vie, nous méritions de l'avoir comme intercesseur dans les Cieux. Par Jésus-Christ.
Saint Ambroise et l'auteur de la pièce d'orfèvrerie.
Art Franc. Autel de la Basilique de Milan
Saint Ambroise, prie Dieu pour nous!
Publié par Jean-Michel à 12/07/2006 08:03:00 PM Aucun commentaire: Liens vers cet article
Que saint Nicolas apaise les tempêtes de nos vies!
VIIII IDVS DEC. NATALE SANCTI NICHOLAI
OREMUS. Deus, Qui beatum Nicolaum Pontificem innumeris decorasti miraculis : tribue, quaesumus, ut eius precibus a gehennae incendiis liberemur. Per Dominum.
(Ô Dieu, Qui as glorifié le bienheureux pontife Nicolas par d'innombrables miracles : accorde à notre demande que, par ses prières, nous soyons préservés des feux de la géhenne. Par Jésus-Christ)
SECRETA. Sanctifica quaesumus Domine oblata munera que in veneratione sancti antistitis Nicholai offeruntur, ut per ea vita nostra inter adversa ubique dirigatur et prospera. Per.
(Nous T'en supplions, Seigneur Dieu, daigne consacrer ces dons que nous T'offrons en l'honneur de Ton pontife saint Nicolas, afin que par eux, dans l'adversité comme en tout lieu, notre vie soit dirigée vers son but.)
POSTCOMMUNIO. Sacrifica que supsimus Domine pro solemnitate sancti pontificis Tui Nicholai, sempiterna nos protectione confirment. Per Dominum.
(Accorde, Seigneur, que ces sacrifices auxquels nous avons participé, en la solenité de Ton saint pontife Nicolas, nous assurent perpétuelle protection.)
Page 375 de l'édition HBS, Addendum d'un scribe de Corbie, postérieur à la composition du Sacramentaire
"Saints André et Nicolas de Bari"
Par Bartolomeo Vivarini (*) (né en 1432 à Murano, mort en 1499 à Murano)
Panneau de 1482, Église Santa Maria Gloriosa dei Frari, Venise
Après la fête de saint André, les hymnes de l'avant-fête de la Nativité sont à nouveau entendus en la fête de saint Nicolas, l'évêque du 4ème siècle de Myre en Lycie, qui, à travers les âges, est devenu plus spécialement lié à la fête de la nativité du Christ.
Ô vous qui aimez les fêtes,
Venez vous rassembler et chanter les louanges du plus beau des évêques,
La gloire des Pères,
La fontaine des merveilles et le grand protecteur des fidèles.
Disons tous ensemble : Réjouis-toi, O gardien du peuple de Myre,
Leur chef et leur honoré conseillé,
Le pilier de l'Église qu'on ne saurait faire vaciller.
Réjouis-toi, ô lumière si radieuse
Qui fait briller les confins du monde avec des miracles.
Réjouis-toi, ô divin secours pour les affligés,
Fervent avocat de ceux qui souffrent de l'injustice.
Et maintenant, ô tout bénit Nicolas,
Ne cesse jamais de prier le Christ notre Dieu
Pour ceux qui honorent la fête à ta mémoire
Avec foi et avec amour.
Prépare-toi, ô étable, car la Mère-Agnelle arrive
Portant le Christ en son sein.
Reçois, ô mangeoire, Celui Qui par une parole a libéré les habitants de la terre
de toute anarchie.
Vous bergers, demeurant dans les champs,
Rendez témoignage à cet redoutable prodige.
Vous, sages de Perse,
Offrez au Roi votre or, votre encens et votre myrrhe.
Car le Seigneur est venu par la Vierge Mère,
Et elle, se penchant sur Lui comme Sa servante,
L'adore alors qu'Il repose entre ses bras, disant:
"Comment as-Tu été semé comme une semence en moi?
Comment as-Tu grandit en moi?
Mon Sauveur et mon Dieu!"
Ô Vierge inépousée, d'où viens-tu?
Qui t'a donné naissance?
Qui est ta mère?
Comment peut-tu porter ton Créateur en tes bras?
Comment ton sein est-il resté libre de corruption?
Ô Toute Sainte, notre Panagia,
Nous voyons de grands et redoutables mystères sur terre accomplis en tous.
Nous ornons l'étable en une maison digne de toi.
Nous demandons au cieux de nous envoyer une étoile.
Car vois seulement, des sages viennent de l'Orient à l'Occident,
Désirant voir le Salut des hommes mortels
Brillant en tes bras tels une colonne de feu. (1)
Aussi triste soit-il de voir saint Nicolas transformé en cette espère de carnavalesque saint Nicolas en costume rouge durant les "vacances" hivernales, il est facile de comprendre pourquoi le saint évêque est devenu si étroitement associé avec la fête de la naissance du Christ. Les histoires que l'on raconte à propos du saint, fabriquées et enjolivées par l'imagination de Chrétiens au fil des ages, en divers lieux et époques, racontent toutes la foi simple et l'amour d'un homme qu'on ne connaît que pour sa bonté et son amour.
Ce qui est extraordinaire à propos de l'image de saint Nicolas dans l'Église, c'est qu'il n'est connu pour rien d'extraordinaire. Il n'était pas théologien et n'a jamais écrit un mot, et pourtant il est célèbre dans la mémoire des croyants comme étant zélé pour l'Orthodoxie, on prétend qu'il aurait rudement abordé l'hérétique Arius lors du premier Concile Oecuménique à Nicée pour avoir nié la divinité du Fils de Dieu. Il n'était pas un ascète et n'a pas accompli d'exploits extraordinaires de jeûnes et de veilles, et cependant il est loué pour sa possession du "fruit du Saint Esprit.. amour, joie, paix, patience, douceur, bonté, fidélité, gentillesse, maîtrise de soi" (cfr. Gal. 5,22-23). Il n'était pas un mystique dans notre acception actuelle du terme, mais il a vécu chaque jour avec le Seigneur et était pieux en toutes ses paroles et tous ses actes. Ce n'était pas un prophète dans le sens technique du terme, et cependant, il proclama le Verbe de Dieu, dévoila les péchés des mauvais, défendit les droits des opprimés et des affligés, et combattit contre toute forme d'injustice avec une compassion et une miséricorde surnaturelle. En un mot, il fut un bon pasteur, père et évêque pour son troupeau, connu particulièrement pour son amour et son souci des pauvres. Pour le dire plus simplement encore, ce fut quelqu'un de divinement bon.
De nos jours, nous utilisons le terme "bonté" avec tant de légèreté. Avec quelle facilité ne disons-nous pas de quelqu'un "c'est un homme bon", ou "c'est une brave femme." Avec quelle désinvolture ne disons-nous pas "Ce sont des gens de bien." Une adolescente meurt d'une overdose de drogue, et les voisins disent aux journalistes "mais elle a toujours été une brave fille, et ses parents sont des gens si bien!" Un jeune homme commet quelque terrible crime, et la même rhétorique se répand "Mais il a toujours été un bon jeune homme, et sa famille est si bien." Un homme meurt sur un parcours de golf après une vie caractérisée par de nombreuses années d'enrichissement au dépens d'autrui et de forte consommation de boisson alcoolisée, et la réaction est la même : "C'était un homme bon, vraiment un chic type." Qu'est-ce que "bon" et "bien" veulent vraiment dire dans de tels cas? Que décrivent-ils? Que veulent-ils exprimer? Dans l'Évangile selon saint Luc, on nous rapporte qu'un jour un dirigeant vint voir Jésus et lui demanda "Bon maître, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle?" Et Jésus lui répondit "Pourquoi M'appelles-tu 'bon'? Nul n'est bon, si ce n'est Dieu seul" (Luc 18,18; voir aussi Marc 10,18). Dans la version telle que rapportée par saint Matthieu, les choses sont présentées un peu différemment, Jésus répondant à l'homme en disant "Pourquoi Me demandes-tu ce qui est bon? Un seul est bon" (Mat. 19,17). Quelle que soit la manière dont nous choisissons d'interpréter les paroles de Jésus, au moins une chose est claire. Jésus réagit à l'usage facile du terme "bon", peut-être même sarcastique, en faisant référence à sa vraie source. Il n'y a qu'Un Qui est bon, et c'est Dieu Lui-même. Si vous voulez parler de bonté, alors vous devez réaliser de quoi – et de Qui – vous êtes occupé à parler!
Comme Dieu (Père) et comme Jésus, saint Nicolas était vraiment bon. La véritable bonté est possible. Car, pour citer à nouveau le Seigneur, "pour les hommes c'est impossible, mais tout est possible pour Dieu" (Mat. 19,26. Un être humain, même très riche, s'il croit en Dieu, peut devenir bon, de la bonté même de Dieu. "En vérité, Je vous le dis," dit le Seigneur, "si vous aviez la foi comme un grain de sénevé... - rien ne vous serait impossible" (Mat. 17,20,21).
Le Messie est venu afin que les êtres humains puissent mener une vie qui est, stricto sensu, humainement impossible. Il est venu afin que les gens puissent devenir réellement bons. Un des plus grands exemples et parmi les plus aimés des fidèles attestant que cela est vrai, c'est le saint évêque de Myre à propos de qui presque rien n'est connu, ou n'a besoin d'être connu, si ce n'est qu'il était bon. Pour cette seule raison il demeure, même sous sa forme sécularisée, le véritable esprit de Noël.
Ô saint père,
Le fruit de tes bonnes oeuvres a illuminé et réjouit les coeurs des fidèles.
Qui ne pourrait s'émerveiller de ton incommensurable patience et humilité?
Et de ta générosité envers le pauvre?
Et de ta compassion envers l'affligé?
Ô évêque Nicolas,
Tu nous as tout divinement bien enseigné,
Et à présent, portant ta couronne qui ne se flétrit pas, tu intercèdes pour nos âmes. (2)
La justice de tes oeuvres a fait de toi pour ton troupeau
Une règle de foi, un modèle de douceur, un maître de tempérance;
C'est pourquoi tu as obtenu par ton humilité l'exaltation
Et par ta pauvreté la richesse.
Père saint, pontife Nicolas,
Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes. (3)
(1) Vêpres de la fête de saint Nicolas
(2) Vêpres de la fête de saint Nicolas
(3) Tropaire de la fête de saint Nicolas, qui est devenu dans les offices liturgiques Orthodoxes le "tropaire générique" pour la plupart des évêques canonisés de l'Église, nous révélant dès lors "la pensée de l'Église" au sujet de ce qu'un pasteur Chrétien devrait être.
[(*) Les Vivarini étaient une famille de peintres Vénitiens du milieu et de la fin du 15ème siècle. Leur oeuvre représente une transition entre les écoles traditionnelles d'inspiration gothique et byzantine, et la manière plus réaliste des années 1500, influencée par la Renaissance. Les frères Antonio Vivarini (vers 1415- vers 1480) et Bartolomeo Vivarini ont collaboré à la réalisation de polyptyques religieux avec des personnages linéaires, souvent raides, et des arrières-plans architecturaux, le tout au centre de cadres dorés. Alvise Vivarini (vers 1446-vers 1505), fils d'Antonio, peignit des personnages quelque peu plus ronds, humains, et devint spécialiste dans le style cristallin, lumineux, qui dominera la peinture vénitienne vers 1500. ndt]
Deux mines d'informations (sites non-orthodoxe) :
En anglais : saint Nicholas center http://www.stnicholascenter.org
En allemand : Nikolaus von Myra http://www.nikolaus-von-myra.de/
reliques de saint Nicolas... au musée d'Antalya, en Turquie
Pas plus qu'une relique, une Icône n'est à sa place dans un musée!
A défaut de savoir y remédier, on peut toujours aller prier devant, comme l'a fait cette paroisse russe en Amérique du Nord:
http://www.holytrinityorthodox.com/events/12-19-2005/index.htm
(nous avons fait de même l'été 2005 à Landevenec, devant les reliques de saint Guénolé)
Le pays de saint Nicolas : côte de Lycie
L'église de Myre
Tombe de saint Nicolas, à Bari, Italie
LES RELIQUES DE BARI
Saint-Nicolas en Italie - Documentaire de 52 mn de Jean-Pierre Zirn
mardi 26 avril 2005. http://laseine.tv/article.php3?id_article=39&id_rubrique=10
L'église Sainte Hune, à Hunawihr, Haut Rhin, Alsace, France, et ses fresques de saint Nicolas: http://www.impens.com/cgi-bin/fiche.cgi?FR&12
A son époque, saint Nicolas eut à lutter contre le paganisme encore férocement actif en Asie Mineure. Des "déesses" comme Artémis y avaient un culte sale et florissant. Cette monnaie représente un aspect du paganisme d'Asie Mineure, honorant Artémis. Comment un Chrétien pouvait-il vivre sans pactiser avec Mamon?
Saint Nicolas, c'est vraiment plus que la pitoyable "fête" commerciale que les mercantis en ont fait, pour tenter d'arracher à tout prix toute bribe de conscience Chrétienne dans l'âme des gens d'ici. Le but est bien de déraciner les gens, ne nous y trompons pas. Si, en route vers la Nativité qui a elle aussi été totalement dénaturée, on nous propose des "grands événements" du genre, ce n'est pas pour le bien de nos enfants et le nôtre. Entre un petit cadeau, remis au sein d'une fête religieuse dont le sens profond est expliqué à l'enfant, et l'avalanche consumériste destinée à remplacer dans l'âme de l'enfant le sens même de la Vie, on est à nouveau placé face à un choix clair et sans ambiguïté : Christ ou Mamon.
En tout cas, le véritable Saint Nicolas ne se prête pas à ces errances mercantiles, et il le fait savoir de la manière habituelle des saints : par des miracles, comme cet été à Antwerpen (Anvers, Belgique).
Télécharger une Icône haute définition de saint Nicolas (2mb) :
http://tonova.typepad.com/thesuddencurve/st_nick_illuminated.jpg
statue 12ème s., Brauweiler, Allemagne
De : Al Green
Date : Sam 6 déc 2003 22:48
Groupes : alt.religion.christian.east-orthodox
La véritable histoire du "Santa Claus" [américain ou de nos saints nicolas de supermarchés] commence avec Nicolas, qui est né au 3ème siècle à Patara, un village qui se trouve à présent en Turquie. Ses riches parents, qui l'avaient élevé pour être un pieux Chrétien, étaient morts dans une épidémie alors que Nicolas était encore jeune. Obéissant aux paroles de Jésus disant de vendre tout ton bien et d'en donner l'argent aux pauvres", Nicolas utilisa tout son héritage pour aider les nécessiteux, les malades et les souffrants. Il dédia sa vie à servir Dieu et fut fait évêque de Myre alors qu'il était encore jeune homme. L'évêque Nicolas devint connu dans tout son pays pour sa générosité envers les nécessiteux, son amour des enfants, et son intérêt pour les marins et les navires.
Sous l'empereur romain Dioclétien, qui persécuta cruellement les Chrétiens, l'évêque Nicolas souffrit pour sa foi, fut exilé et jeté en prison. Les prisons étaient si remplies d'évêques, de prêtres et de diacres qu'il n'y avait plus de place pour les véritables criminels, meurtriers, bandits et voleurs. Après sa libération, Nicolas participa au Concile de Nicée en 325. Il mourut le 6 décembre 343 à Myre, et fut enterré dans son église cathédrale, où une relique unique, appelée la manne, se forma sur sa tombe. On rapportait que cette substance liquide avait des pouvoirs de guérison, ce qui fit grandir la dévotion à Nicolas. L'anniversaire de sa mort devint le jour de célébration, le Jour de Saint Nicolas.
Tout au long des siècles, nombre d'histoires et de légendes ont été racontées à propos de la vie et des actes de saint Nicolas. Ces récits nous aident à comprendre le personnage extraordinaire qu'il était, et pourquoi il est tant aimé et vénéré comme protecteur et aide de ceux qui sont dans le besoin.
Une histoire nous rapporte qu'un pauvre homme avait 3 filles. En ces temps-là, le père d'une jeune fille avait à offrir au potentiel futur mari une dot élevée. Sans une dot, il était improbable pour une jeune femme de se marier. Non-pourvues de dot, les filles de ce pauvre homme étaient dès lors destinées à être vendues comme esclaves. Mystérieusement, en 3 occasions, un sac d'or apparût dans leur maison – apportant la dot requise. Ces sacs d'or, jetés à travers une fenêtre ouverte, seraient tombés dans les chausses laissées à sécher devant le feu. C'est de là que provient la coutume des enfants d'accrocher leurs chaussettes ou de placer leurs chaussures, attendant avec impatience les cadeaux de saint Nicolas. Parfois l'histoire est racontée avec 3 boules d'or au lieu de sacs d'or. C'est pourquoi 3 boules d'or, parfois représentées sous forme d'oranges, sont un des symboles de saint Nicolas. Et ainsi saint Nicolas est un donateur de cadeaux.
Une des plus vieilles histoires parle des gens de Myra célébrant le bon saint la veille de la fête de saint Nicolas. Une bande de pirates Arabes venus de Crête étaient entrés dans le district. Ils volèrent le trésor de l'église de saint Nicolas pour l'emporter comme butin. En quittant la ville, ils enlevèrent un jeune garçon, Basilios, pour en faire un esclave. L'émir (dirigeant) choisit Basilios pour être son échanson personnel, parce qu'il ne comprenait pas leur langue, dès lors Basilios ne pourrait pas comprendre ce que le roi disait aux gens présents. C'est ainsi q ue l'année s'écoula, Basilios servant le roi, lui apportant son vin dans une splendide coupe d'or. Pour les parents de Basilios, effondrés par la perte de leur fils unique, l'année passa lentement, remplie de tristesse. Alors que la fête suivante de saint Nicolas approchait, la mère de Basilios ne voulut pas se joindre aux festivités, car c'était à présent devenu un jour de tragédie pour elle. Cependant, elle fut persuadée de simplement observer la fête religieuse à la maison – avec des prières pour que Basilios soit protégé.
Entre-temps, alors que Basilios était occupé à remplir sa tâche en servant l'émir, il fut soudain transporté au loin. Saint Nicolas apparut au garçon terrifié, le bénit, et le ramena en sa maison à Myre. Imaginez la joie et l'émerveillement lorsque Basilios apparut miraculeusement devant ses parents, tenant encore la coupe d'or du roi. C'est la première histoire racontée à propos de saint Nicolas protégeant les enfants – de là vint son rôle premier en Occident.
Une autre histoire parle de 3 étudiants en théologie, voyageant pour aller étudier à Athènes. Un cruel aubergiste les vola et les tua, cachant leurs restes dans une grande saumure. Il advint que l'évêque Nicolas, voyageant par la même route, s'arrêta dans cette même auberge. Durant la nuit, il vit le meurtre en rêve, se leva, et convoqua l'aubergiste. Nicolas priant avec ferveur, les 3 garçons revinrent à la vie, intacts. En France, l'histoire est racontée différemment, on parle de 3 petits garçons qui s'étaient égarés en jouant, furent attirés et capturés par un méchant boucher. Saint Nicolas apparut et demanda à Dieu de les rendre à la vie et à leurs familles. C'est ainsi que saint Nicolas est le patron et le protecteur des enfants.
Plusieurs histoires parlent de Nicolas et de la mer. Lorsqu'il était jeune, Nicolas chercha la vie sainte en faisant un pèlerinage en Terre Sainte. Là, alors qu'il marchait là où Jésus avait marché, il chercha à expérimenter plus fortement la vie, la passion et la Résurrection de Jésus. Retournant par voie de mer, une forte tempête se leva, menaçant de faire couler le navire. Nicolas pria avec calme. Les marins terrifiés furent stupéfiés lorsque soudain le vent et les vagues se calmèrent, les épargnant tous. Et c'est ainsi que saint Nicolas est le patron des marins et des voyageurs.
D'autres récits racontent comment Nicolas a sauvé son peuple de la famine, épargné les vies d'innocents injustement accusés, et bien d'autres choses encore. Il a fait beaucoup d'autre choses bonnes et généreuses en secret, n'attendant rien en retour. Dès le siècle ayant suivit sa mort, il fut célébré comme saint. De nos jours, il est vénéré e Orient en tant que thaumaturge, ou faiseur de miracles, et en Occident en tant que patron d'une grande variété de personnes – enfants, marins, banquiers, prêteurs sur gage, écoliers, orphelins, ouvriers, voyageurs, marchands, juges, pauvres, jeunes filles à marier, étudiants, bambins, marins, victimes d'erreurs judiciaires, prisonniers, parfumeurs, et même des voleurs et des assassins! Il est connu comme l'ami et le protecteur de tous ceux qui sont en problème ou dans le besoin.
Les marins, se réclamant du patronage de saint Nicolas, rapportent des récits en sa faveur, et sa protection partout en mer. Des chapelles de saint Nicolas ont été construites en nombre de ports. Sa popularité grandissant au cours du Moyen Age, il devint le saint patron des Pouilles (Italie), de la Sicile, de la Grèce et de la Lorraine (France), et de nombre de villes en Allemagne, Autriche, Suisse, Italie, Russie, Belgique, et des Pays-Bas. Après son Baptême à Constantinople, Vladimir 1er ramena en Russie les récits sur saint Nicolas et la dévotion à saint Nicolas, et Nicolas devint le saint le plus aimé de Russie. Nicolas fut si fortement aimé que plus de 2000 églises lui furent dédiées, y compris 300 en Belgique, 34 à Rome, 23 aux Pays-Bas, et plus de 400 en Angleterre.
La tombe de Nicolas à Myre devint un lieu de pèlerinage populaire. Du fait des nombreuses guerres et attaques dans la région, certains Chrétiens furent inquiets que l'accès à la tombe puisse devenir difficile. Tant pour les avantages religieux et commerciaux d'un lieu de pèlerinage majeur, les villes italiennes de Venise et Bari rivalisèrent pour obtenir les reliques de Nicolas. Au printemps de 1087, des marins de Bari réussirent à s'emparer des reliques, les ramenant à Bari, un port de mer de la côte sud-est de l'Italie. Une impressionnante église fut bâtie par dessus la crypte de saint Nicolas, et nombre de fidèles firent le voyage pour honorer le saint qui avait sauvé des enfants, des prisonniers, des marins, des victimes de famine, et nombre d'autres par sa compassion, sa générosité, et les innombrables miracles attribués à son intercession. Le tombeau de Nicolas à Bari fut un des grands centres de pèlerinage de l'Europe médiévale, et Nicolas devint connu comme "saint à Bari". De nos jours, les pèlerins et les touristes visitent la grande basilique de Bari, Basilica di San Nicola.
Au long des siècles, saint Nicolas a continué d'être vénéré par les Catholiques-Romains [1] et les Orthodoxes, et honoré par les Protestants [2]. Par son exemple de générosité envers ceux dans le besoin, en particulier les enfants, saint Nicolas continue d'être un modèle de vie pleine de compassion.
Largement célébré en Europe, le jour de la Saint Nicolas, le 6 décembre, garde vivant les récits de sa bonté et générosité. En Allemagne et en Pologne, des garçons déguisés en évêque mendient l'aumône pour les pauvres – et parfois pour eux-mêmes! Aux Pays-Bas et en Belgique, saint Nicolas arrivait d'Espagne [3] pour chevaucher le pays sur un cheval blanc, pour ses tournées de livraison de cadeaux. Le 6 décembre est toujours le jour principal pour le don de cadeaux et les réjouissances dans une grande partie de l'Europe. Par exemple, aux Pays-Bas, la Saint Nicolas est célébrée en partageant les bonbons (jetés à la porte), des initiales en chocolat, des petits cadeaux et jeux. Les enfants Hollandais laissent des carottes et du foin dans leurs souliers pour le cheval, espérant qu'en échange, saint Nicolas les échangera pour de petits cadeaux. Un petit don de cadeau tout simple au début de l'Avent [4] aide à préserver l'accent du Jour de la Nativité mis sur la Naissance du Christ.
[1] Étonnante affirmation que voilà. Comme ils l'ont fait pour sainte Barbe, suite à Vatican 2, ils ont aussi voulu supprimer saint Nicolas de leur calendrier, comme étant soit-disant un faux saint, un saint "légendaire". Apparemment c'était un peu plus dur à faire que pour la sainte du 4 décembre, donc saint Nicolas est devenu une "fête facultative" comme celle de tout un tas d'autres véritables saints (plus un certain nombre d'inventions post-Schisme mais bon c'est pas mon problème). Quand on sait comment le facultatif se transforme systématiquement en vide.. vérifiez les usages liturgiques réels.
http://www.sacrosanctum-concilium.org/textes/dc/1969/520/520.php
[2] Les Protestants honorant un Saint? Surprenante affirmation.
[3] Vieille réminiscence de nos siècles noirs où nous avons été occupés militairement par l'Espagne, et où les dernières bribes de Foi orthodoxe ont été arrachés à grands coups de bûchers.
[4] L'Avent commence juste après la saint Martin, l'auteur parle donc d'un calendrier liturgique catholique-romain "vatican 2", où l'on a supprimé ce Carême de la Nativité et réduit l'Avent à 4 au lieu de 7 semaines, donc de celui-ci :
Office à saint Nicolas
Le 6 décembre 2005, les moines de l'abbaye de Maredsous nous ont aimablement prêté une chapelle où nous nous sommes rassemblés pour célébrer un Office à saint Nicolas de Myre. Le prêtre d'une paroisse orthodoxe de Bruxelles, qui célébrait, a consacré ce jour-là une Icône de saint Nicolas (qui se trouve chez nous).
Vous trouverez ici le texte de l'Office (Acathiste) avec un quelques anecdotes peu connues sur l'actualité de saint Nicolas.
http://www.orthodoxes.net/offices/saintnicolas-public.pdf
Dessin animé : Nicolas et les 3 sacs d'or http://www.laprocure.fr
Comme les aventures de saint Patrick ou l'adaptation de Ben Hur, cette version de la vie de saint Nicolas est bien faite, l'aspect "évêque" n'est pas évacué pour un sou.
Détail comique, tout à la fin, la Liturgie de Noël chante ... en latin.. la cassette n'est pas produite par des Chrétiens Orthodoxes... Pas que le "Venite adoremus" soit contraire, non! Mais Myre est en Asie Mineure et c'était une Église locale de culture hellénistique, pas latine.
L'an prochain, un film sur saint Nicolas va sortir des studios hollywoodiens. Bonne ou mauvaise nouvelle? Apparement, ça ne serait pas si mal que ça.
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2006/12/st-nicholas-movie.html
http://www.nicholasofmyra-movie.com
Sanctus Nicholai, ora pro nobis!
Publié par Jean-Michel à 12/06/2006 07:05:00 PM Aucun commentaire: Liens vers cet article
Libellés : Cappadoce, enfant, Italie, saint nicolas
▼ 3 décembre - 10 décembre (4)
Que saint Nicolas apaise les tempêtes de nos vies!...
Sainte Barbe et saint Jean Damascène, 2 faces d'un...

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