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Timestamp: 2020-08-10 08:19:34+00:00

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Semis direct sur Couverture Végétale (SCV) | Microtaxe
Semis direct sur Couverture Végétale (SCV)
par Francois de Siebenthal | Avr 22, 2012 | Uncategorized | 0 commentaires
Découvrir le Semis direct sur Couverture Végétale (SCV), une technique agricole qui permet (entre autres) d’éviter l’érosion des sols, les engrais et autres produits chimiques coûteux ( pesticide…) et de ne pas labourer.
Remplacer le travail mécanique du sol par du travail biologique (racines du couvert végétal semé directement après la moisson de la culture précédente) et travailler avec l’aide notamment des vers de terre gratuits.
Semer sans travailler le sol. C’est possible et c’est bon !!!
Bon pour l’activité biologique du sol,
Bon pour les réductions de coûts et de pollutions,
Bon pour la biodiversité,
Bon pour empêcher les mauvaises herbes de germer
Bon pour réduire les coûts de mécanisation et d’énergie
Bon pour protéger le sol contre l’érosion
« plus » de vert, « plus » de vivant, « plus » de diversité,plus de joie et de fêtes.
On obtient, en général, 2,5 t/ha, soit le double du rendement habituel du riz pluvial en système classique avec labour.
http://www.dailymotion.com/video/xgi1qk_principes-des-systemes-de-cultures-en-semis-direct_tech
http://www.dailymotion.com/video/xdmwkz_scv-semis-direct-de-ble-dans-un-cou_tech
http://www.dailymotion.com/video/xe1w9e_portrait-de-roger-randriamiarison-a_news
http://www.betuco.be/CA/Semis%20direct%20cirad.pdf
Stéphane Brélivet – Le Sillon – hiver 2008
(PDF – 707.7 ko)
Dans les situations difficiles, adopter telle ou telle stratégie agronomique peut changer la vie d’un agriculteur, le réduire à la misère ou, au contraire, le propulser vers le succès. À Madagascar, le semis direct sur couverturevégétale permanente, ou SCV, peut mener vers une existence plus confortable, comme pour Monsieur Richard. Si sa belle histoire n’est évidemment pas transposable telle quelle en Europe, elle met néanmoins en valeur une technique prometteuse, chez nous aussi.
Monsieur Richard est un migrant économique. En quête d’une vie meilleure, il s’installe, dans les années 1990, sur les Hauts Plateaux du centre de l’île rouge, qui doit son nom à la couleur de ses sols ferralitiques et à sa luminosité particulière. Il acquiert d’abord 1 ha de terre. Innovateur par nécessité. “Labourer cette surface à l’angady (la bêche malgache traditionnelle) représentait 100 jours de travail. Je n’avais ni le temps pour le faire moi-même, ni l’argent pour embaucher de la main-d’oeuvre, j’ai adopté le semis direct par nécessité, raconte l’agriculteur. Et pour fertiliser mes pommes de terre, comme je ne pouvais pas acheter d’engrais, je me suis tourné vers l’écobuage. J’ai coupé les végétaux qui couvraient le champ et les ai enfouis dans des tranchées, où ils ont brûlés pendant deux jours, en libérant dans la terre beaucoup d’éléments nutritifs. Ma première récolte a été extraordinaire.” Stimulé par ce succès, Monsieur Richard poursuit surla voie de l’innovation. Il adopte le “voly rakotra”, le nom malgache du semis direct sur couverture végétale permanente. Haricotsur paillage d’avoine, maïs sur trèfle vif, etc. : le SCV n’est pas réservé à quelques cultures, il offre, au contraire, une étonnantediversité de solutions, qui peuvent être adaptées à n’importe quel contexte cultural.
Laboureurs et pompes biologiques. Pour Monsieur Richard, chaque plante de couverture a son intérêt. La vache qu’il a pu acheter grâce à ses bonnes récoltes peut manger une partie de l’avoine. Bien sûr, l’agriculteur prend soin qu’il reste assez de chaume surle champ pour constituer un paillage efficace pour la culture suivante. Le cynodon, une graminée utilisée pour certaines pelouses européennes, effectue, quant à lui, un véritable labour biologique. Il forme, en surface, une couche organique, parfois appelée “feutre”, où se mélangent végétaux morts et vivants, un milieu propice pour de nombreux microorganismes, dont la multiplication va renforcer le travail des racines, en améliorant encore la structure du sol. “Après cette couverture, je peux implanter une dolique”, témoigne Monsieur Richard. Cette légumineuse joue le rôle de pompe biologique. Elle enrichit le substrat, non seulement de l’azote qu’elle prélève dans l’atmosphère, mais encore d’autres éléments nutritifs, qu’elle puise en profondeur grâce à son système racinaire développé. Effet rendement. “Toutes les conditions sont alors réunies pour cultiver du riz”, dit l’agriculteur malgache, en arborant un grand sourire. Une satisfaction compréhensible au vu des résultats : avec ces choix agronomiques, il obtient, en général, 2,5 t/ha, soit le double du rendement habituel du riz pluvial en système classique avec labour. Grâce à la répétition de succès comme celui-ci, Monsieur Richard a fait “fortune” : aujourd’hui, il possède 2,3 ha, et, tout récemment, il a ouvert une épicerie dans son village. Ses collègues paysans, pourtant conservateurs, commencent à copier ses techniques !
http://www.agriculture-de-conservation.com/Semis-direct-sous-couverture.html?id_mot=19
Organiser les diffuseurs des techniques SCV autour d’un réseau structuré orienté vers la formation des paysans à l’utilisation de ces nouveaux outils et les agriculteurs autour d’une nouvelle manière de mettre en valeur les terroirs agricoles.
Améliorer la production et la productivité agricole et ainsi lutter contre la pauvreté rurale ; lutter contre la déforestation, l’érosion et la dégradation de la fertilité de sols.
Contrôle du striga. Le Striga asiatica (plante parasite des cultures annuelles notamment sur les céréales ; en floraison à droite) est controlé par une rotation en SCV appropriée. Une fiche technique du GSDM de Madagascar traite ce sujet de manière très précise, elle est disponible dans la librairie virtuelle.
Le projet commence en 2004 par le renforcement du GSDM et de TAFA et par l’organisation de formations complémentaires ou initiales destinées aux organismes de diffusion (trois premières années). Ensuite la diffusion sera appuyée de façon progressive sur quatre zones sélectionnées dans des régions agro-climatiques contrastées et avec des enjeux économiques et environnementaux divers (les Hautes Terres, le Lac Alaotra, la Côte sud-est, le sud-ouest).
Les cultures vivrières de base du régime alimentaire sont testées en association SCV avec des fourrages à Madagascar. Ici Manioc sur Brachiaria
Les techniques agro-écologiques ouvrent de nouvelles perspectives pour lutter contre la pauvreté rurale en protégeant le capital productif : la terre. C’est un enjeu fondamental à Madagascar où le secteur agricole emploie plus de 80 pour cent de la population.
L’expérience accumulée depuis plus de dix ans à Madagascar par l’ONG TAFA (Terres et Développement) en matière d’adaptation et de mise au point de systèmes de culture agroécologiques et l’association des principaux acteurs en matière d’agroécologie au sein du Groupement Semis Direct Madagascar (GSDM) constitue une des réponses les plus crédibles pour garantir le développement durable de la production agricole du pays.
En effet, ces techniques permettent à la fois d’accroître la production, la productivité et les revenus des paysans, tout en protégeant les ressources naturelles.
A moyen terme le projet devrait permettre de toucher 30 000 exploitations agricoles et une superficie d’application d’environ 3 000 hectares, alors qu’actuellement on estime le nombre d’exploitations pratiquantes à environ 3 000 et la surface concernée à 300 hectares.
http://agroecologie.cirad.fr/librairie_virtuelle
Maïs ou sorgho + légumineuse alimentaire volubile
Fiches techniques : Cultures sur couverture morte avec production de biomasse
Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume III. Chapitre 3. § 2.2.
Maïs ou sorgho associé à
une légumineuse alimentaire volubile
(Dolique, Niébé ou Vigna umbellata)
V. 1. 2.1.
RAKOTONDRAMANANA, Frank ENJALRIC, Lucien SEGUY
Fiches techniques: et plantes de couverture annuelles (couverture morte)
Groupement Semis Direct de Madagascar TAny sy FAmpandroasana Ministère de l’Agriculture
Document obtenu sur le site http://agroecologie.cirad.fr
1. Où recommander ces associations
1.1. Zone climatique
Les systèmes à base de maïs (Zea mays) sont très bien adaptés au climat de moyenne
altitude (600 – 1100 mètres d’altitude) avec longue saison sèche (6 à 7 mois). Ils
sont particulièrement recommandés au Lac Alaotra et dans le Moyen-Ouest.
Ils sont assez bien adaptés au climat semi-aride du Sud-Ouest et même dans le
Grand-Sud, en particulier ceux à base de sorgho (Sorghum bicolor).
Ils sont possibles avec le niébé (Vigna unguiculata) dans le Sud-Est (climat tropical humide).
Dans toutes ces zones, la variété de niébé à utiliser peut être une variété de cycle long ou
de cycle court.
La dolique (Dolichos lablab ou Lablab purpureus) et le Vigna umbellata se développent très mal
au dessus de 1200m. Sur les Hautes terres (climat sub-tempéré d’altitude), seul le système
Maïs + niébé (de cycle court) est possible et recommandé, mais uniquement en dessous de
1500 m d’altitude.
Les systèmes à base de sorgho sont recommandés dans le Sud-Ouest (climat semi-aride) et
dans le Grand-Sud principalement. Ils sont possibles et performants au Lac Alaotra et dans
le Moyen-Ouest, mais cette culture y est peu appréciée.
1.2. Situation (sol et régime hydrique)
Où les recommander
Ces systèmes sont à recommander de préférence sur sols relativement riches. L’apport d’engrais
est indispensable sur sol pauvre, ce qui baisse fortement la rentabilité du système et en accroît le
Où ne pas les cultiver . Eviter les sols hydromorphes et les parcelles inondables pendant le cycle de culture.
. Ne pas cultiver du Vigna umbellata sur sol nu sur les sols ferrugineux du Sud-Ouest et les sols
battants (possible uniquement avec paillage).
1.3. Unités agronomiques
Climat de moyenne altitude avec longue saison sèche (Lac Alaotra et Moyen-Ouest)
Dans cette zone, ces systèmes sont fortement
recommandés sur sols moyennement
riches de tanety non compactés et sur sols
exondés dans la plaine, bourrelets de berge
et baiboho (fertilisation ou écobuage recommandés
mais non indispensables).
En deuxième année, ils sont recommandés
sur sols décompactés (sols anciennement
compactés, après décompaction par du
brachiaria par exemple) et/ou sur sols pauvres
de tanety après enrichissement du sol
par une légumineuse (comme le stylosanthes).
Dans ces deux cas, la fertilisation
de la culture de maïs est nécessaire.
On peut également proposer ce système
sur des parcelles de deuxième année, après
une légumineuse (niébé, etc.) en semis direct
sur couverture morte de graminée vivace
(comme le Cynodon dactylon).
La fertilisation est alors recommandée.
Fiches techniques: Cultures et plantes de couverture annuelles (couverture morte)
Dolique après récolte du maïs
Sols moyennement riches
de tanety, sols exondés
dans la plaine, bourrelets
de berge et baiboho
Sols pauvres de tanety
après enrichissement
et sols compactés après
2 Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume V. Chapitre 1. § 2.1.
Niébé:
Voanemba
Dolique :
V. umbellata:
Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume V. Chapitre 1. § 2.1.
Climat semi-aride (Sud-Ouest et Grand-Sud)
En climat semi-aride, les systèmes avec dolique et niébé sont recommandés :
. sur sols ferrugineux tropicaux moyennement
riches à caractère vertique (dans les zones basses,
sols présentant des fentes de retrait en période
sèche dues à la présence d’argiles gonflantes) ;
. sur sols ferrugineux tropicaux non compactés.
Sur des sols déjà cultivés, l’engrais est recommandé
pour le sorgho, et est nécessaire pour le
maïs. L’engrais est simplement recommandé
pour les deux céréales sur une reprise après défriche
de forêt. Il est nécessaire pour les deux céréales
pour une reprise de jachère à graminées
pérennes (azote indispensable pour éviter un blocage
au démarrage des cultures).
Les systèmes avec Vigna umbellata ne sont recommandés
qu’à partir du moment où un paillage
est disponible : soit en deuxième année
après préparation de la biomasse, soit sur reprise
de jachère à graminée pérenne bien développée
(Andropogon sp., Hypparhenia sp., Cynodon dactylon,
etc.), soit avec apport extérieur de paille.
Climat tropical humide (Sud-Est)
En climat tropical humide (Sud-Est), seul le système Maïs + niébé (cycle long) est recommandé
(les autres légumineuses volubiles supportant mal les conditions très humides),
en succession du riz pluvial, sur les sols de tanety moyennement riches non
hydromorphes (sur basalte). La fertilisation est nécessaire dans la plupart des situations,
mis à part pour une reprise de caféière riche (où elle est tout de même recommandée).
Climat sub-tropical d’altitude (Hautes terres)
Sur les Hautes terres, le système Maïs + niébé (cycle court) est recommandé sur les
sols de tanety moyennement riches non compactés, sur les bourrelets de berges et les
baiboho, et sur les rizières exondées, à condition
d’éviter les parcelles à risque d’engorgement durant
la période de culture. La fertilisation (ou l’écobuage)
est nécessaire dans toutes ces situations.
Sur les sols dégradés, la fertilisation du maïs est
généralement peu rentable. Pour éviter ces sols à
très faible fertilité, ne proposer ce système que sur
les parcelles où les paysans ont l’habitude de planter
du maïs avec un rendement acceptable.
L’association Maïs + niébé (cycle court) est également
possible sur sols riches de tanety non
compactés (sur volcanisme récent), avec de très
bons rendements (fertilisation recommandée).
Cependant, la longueur du cycle du niébé (au
contraire du haricot) ne permet pas d’implanter
de culture de contre-saison qui procure des revenus
très intéressants (pomme de terre, orge,
etc.), comme cela se fait traditionnellement sur
ces sols.
Maïs + niébé, Hautes terres
Sorgho + Vigna umbellata sur
sables roux, Morondava
Sols ferrugineux
moyennement riches
à caractère vertique
non compactés
Sorgho Maïs
forêt graminées
Sols moyennement
riches de tanety,
non hydromorphes
après autres
caféière situations
Sols de tanety
moyennement riches,
non compactés,
bourrelets de berges
et baiboho
Sols riches de tanety
sur volcanisme récent
(sans culture de
contre-saison)
2. Pourquoi recommander ces associations
2.1. Intérêts agronomiques de l’association
Ces systèmes présentent de nombreux intérêts:
. production d’une forte biomasse aérienne et racinaire (y compris pendant la saison
sèche);
. couverture rapide du sol : contrôle des adventices (en particulier du Striga asiatica
dans le Moyen-Ouest et le Sud-Ouest) et de l’érosion;
. bonne couverture végétale, qui permet très souvent une mise en culture l’année suivante
sans utilisation d’herbicide dans la plupart des régions (mis à part dans les climats
semi-arides où l’obtention d’une biomasse suffisante est parfois difficile);
. facilité de mise en oeuvre et de reprise pour la culture suivante (deux plantes annuelles
qui meurent en saison sèche);
. bonne restructuration du sol;
. apport d’azote par la légumineuse;
. dégradation rapide du mulch de légumineuse et lente de la graminée: pas de blocage
d’azote et alimentation continue de la culture suivante en éléments minéraux;
. remobilisation des éléments minéraux par la légumineuse à cycle long en saison sèche;
. bon précédent, pour la culture du riz pluvial ou du cotonnier;
. réduction des risques en cas de conditions climatiques difficiles ou d’attaques d’insectes
(sensibilité différente des deux plantes à ces stress).
2.2. Rentabilité économique
. production de deux cultures la même année
sans affecter le rendement du maïs, ce qui
rend ces systèmes très intéressants économiquement
parlant, en particulier sur les sols
riches où l’engrais n’est pas indispensable ;
. gains considérables sur les coûts de main
d’oeuvre dès l’année suivante (préparation de
la parcelle sans labour et forte réduction des
temps de désherbage grâce à la forte biomasse
qui contrôle les adventices) ;
. limitation du risque de perte totale de la récolte
grâce à l’association de deux cultures, ce
qui est particulièrement intéressant dans les
zones où des attaques de criquets peuvent arriver,
la légumineuse assurant une production.
2.3. Place dans les systèmes de culture et cultures possibles après ces associations
Ces associations peuvent être installées après n’importe quelle culture en semis direct ou en
année «zéro» après labour. Grâce à la forte production de biomasse, l’association d’une céréale
et d’une légumineuse (fixatrice d’azote), ces associations permettent un enrichissement
et la restructuration du sol. Elles sont excellentes pour amorcer la “pompe” du semis direct
et sont en particulier de très bons précédents pour les cultures de riz pluvial et de cotonnier.
Elles peuvent également se répéter d’année en année (l’association rompant la monoculture).
Il est d’ailleurs très intéressant de conduire ce type d’association deux fois de suite
pour installer des systèmes en semis direct dans des conditions optimales. Il faut toutefois alterner
la légumineuse associée pour éviter le développement de maladies, en particulier pour
le niébé qui peut être fortement attaqué (lac Alaotra). Il faut également éviter de cultiver le
maïs sur un paillage de sorgho, surtout si la production de la légumineuse a été faible.
Production de Vigna umbellata après
destruction totale du maïs par les criquets
3. Exigences et contraintes de ces associations
Les contraintes de ces associations sont relativement faibles:
. le traitement insecticide est indispensable sur la légumineuse pour obtenir une production de
grains (on peut par contre s’en passer si on cultive la légumineuse uniquement pour la biomasse);
. la fertilisation est indispensable sur sols pauvres (et la rentabilité aléatoire dans ces conditions);
. il est nécessaire de bien maîtriser l’itinéraire technique pour éviter la
compétition entre plantes (en particulier durant les premiers mois de
culture) : risque d’étouffement de la céréale par la légumineuse volubile
si elle n’est pas maîtrisée ou que la céréale se développe mal (fertilité
trop faible), risque de faible développement de la légumineuse si
elle est trop rapidement dominée par la céréale, etc. ;
. le temps de travail est important pour la récolte de la légumineuse
(en particulier pour le Vigna umbellata si on le récolte gousse par
gousse) et pour celle de la céréale si la légumineuse s’est fortement développée
et rend difficile l’accès aux épis ;
. la présence d’une légumineuse en végétation en saison sèche peut attirer
les animaux qui, si la parcelle n’est pas protégée, risquent d’enlever
toute la biomasse aérienne. On se retrouve alors avec une faible biomasse
résiduelle au moment du semis, ce qui compromet la remise en
culture en SCV l’année suivante;
. la décomposition relativement rapide d’une partie importante de la
biomasse (la légumineuse), en particulier en climat chaud et humide,
peut conduire à une maîtrise limitée des adventices dans la culture suivante
si celle-ci ne couvre pas rapidement le sol.
4. Risques d’échec et alternatives
Cette association est relativement simple à mettre en place et les risques d’échecs sont limités
quand elle est bien conduite. Les risques principaux sont liés aux vols (contrainte qui n’est pas
propre à ces associations) et aux aléas climatiques. Les risques de sécheresse sont relativement
limités par l’enracinement profond en SCV. La bonne porosité des sols sous SCV réduit également
le risque d’engorgement prolongé. Le principal risque climatique se limite à un passage
de cyclone avec pluies et vents forts, à une période très défavorable (floraison).
En cas de production de biomasse insuffisante, la remise en culture la saison suivante peut se
faire en reconduisant cette association qui tolère un relatif manque de biomasse (en particulier
pour le contrôle des adventices) ou en concentrant la biomasse disponible sur une partie de la
parcelle (le reste de la parcelle étant reconduit en culture après labour pour préparer le semis
direct). Concernant la conduite, la principale difficulté réside dans la gestion de l’association,
avec en particulier un risque que la légumineuse associée entre en compétition avec la céréale.
Ce risque se gère avant tout lors du semis. Il est aussi possible de rattraper des erreurs à ce niveau
par un contrôle en végétation de la légumineuse (action mécanique de préférence).
5. Comment choisir la céréale
Le maïs a en général la préférence des paysans et offre de meilleures opportunités de commercialisation.
Le sorgho a cependant des intérêts marqués : sa moindre exigence sur le plan
de la fertilité, ses plus faibles besoins en eau et sa meilleure résistance à la sécheresse. Dans
des conditions climatiques limitées en eau, avec risque de sécheresse important, le sorgho
réduit ainsi le risque de faible production. La biomasse produite est en général supérieure à
celle du maïs, et elle se décompose moins vite. Enfin son aptitude à contrôler les adventices
par effets allélopathiques peut être très intéressante dans certaines situations (infestation par
Cyperus rotundus en particulier).
Dolique fortement développée avant
récolte du maïs (ne nuit pas au rendement
à ce stade de développement mais
augmente le temps de récolte du maïs)
6. Comment choisir la plante associée
Ces trois légumineuses (dolique, niébé et Vigna umbellata) ont des caractéristiques
proches. Le choix par le paysan s’effectue principalement
en fonction de ses préférences alimentaires et des possibilités de commercialisation
(prix et débouchés).
Quelques autres critères sont aussi à prendre en compte :
. le niébé supporte le mieux des conditions de forte humidité ;
. la dolique est la mieux adaptée à la sécheresse grâce à la puissance
de son système racinaire, alors que le Vigna umbellata supporte très
mal une forte sécheresse de fin de saison des pluies sur colline ;
. sur baiboho, la dolique qui reste verte très longtemps en saison
sèche assure la plus forte production de biomasse (intérêt pour la maîtrise
de l’enherbement sur la culture suivante) ;
. le Vigna umbellata demande un temps de récolte supérieur aux deux
autres mais procure souvent un meilleur revenu ;
. le Vigna umbellata ne pousse pas sur sol battant nu (par contre le
paillage permet sa culture sur des sols de ce type) ;
. le Vigna umbellata demande en général moins de traitements insecticides que la dolique
ou le niébé pour assurer une production de grain ;
. le niébé est plus sensible que les autres
à des maladies (bactériose), surtout s’il
est souvent répété dans les systèmes, et
en particulier au lac Alaotra ;
. les tiges de la dolique, ligneuses, se décomposent
moins vite que celles du
niébé ou du Vigna umbellata, ce qui permet
de maintenir une biomasse importante
sur le sol plus longtemps.
Il est aussi possible et très intéressant d’associer deux de ces légumineuses à une céréale,
comme dans les système Maïs + niébé + dolique développé par les paysans au lac Alaotra,
qui permet en particulier de limiter les risques en cas de maladie sur une des légumineuses.
7. Les itinéraires techniques
7.1. La préparation de la parcelle
La préparation de la parcelle est avant tout fonction de son état initial (compaction, battance,
végétation en place, etc.). Elle s’effectue comme présenté dans le Volume II. Chapitre 2 de
ce manuel («Le choix des itinéraires techniques»), soit avec travail du sol (année «zéro»
de préparation des SCV), soit après préparation d’une couverture végétale morte (systèmes
installés en semis direct sur couverture végétale permanente).
Dans tous les cas, la parcelle doit être maintenue plane, sans buttage (qui n’est pas nécessaire
et qui gêne la mise en place en semis direct l’année suivante).
7.2. Le semis
Date de semis et variété
. Le Maïs
Pour les zones où ces associations sont les plus recommandées (moyenne altitude et climat
semi-aride), 6 variétés intéressantes sont disponibles. Elles sont toutes de couleur jaune-orange
Vigna umbellata après récolte du maïs
Il est également possible d’utiliser comme légumineuse la mucuna
(Mucuna pruriens var. utilis) qui a un fort pouvoir de fixation
d’azote, mais demande des sols relativement riches, non
compactés et qui a les inconvénients de produire une biomasse
qui se décompose rapidement et surtout de ne pas produire de
grains comestibles. Les graines, après cuisson, peuvent cependant
être utilisées pour l’alimentation des porcs.
et dans ces milieux, elles ont toutes un cycle de 120 jours environ du
semis à la maturité :
* IRAT 200 est une vieille variété appréciée pour sa rusticité, également
recommandée pour un climat tropical humide (Sud-Est) ;
* IRAT 340 est résistant à la sécheresse et donc intéressant pour les zones
semi-arides, mais est sensible à la virose (Yellow Strike Virus);
* CIRAD 412 a des caractéristiques très proches de l’IRAT 340 et a l’avantage
d’être résistant à cette virose ;
* OC 202 est lui aussi intéressant pour sa résistance à la sécheresse ;
* EMGOPA 501 est intéressant pour une agriculture intensive, avec fertilisation
(haut rendement potentiel) ;
* BR 106 est intéressant à moyenne altitude.
– Date de semis
Dans un climat semi-aride (Sud-Ouest) :
* sur tanety, il faut semer dès que possible. Les risques d’échec de la
culture augmentent fortement avec un semis après le mois de décembre.
Un semis à sec avant les premières pluies est possible, avec
le risque cependant d’une levée irrégulière.
* sur rizières en contre-saison, il faut également semer dès que possible après la récolte du
riz, sur sol ressuyé.
En moyenne altitude, avec longue saison sèche (Lac Alaotra ou Moyen Ouest), le maïs doit être
semé dès les premières pluies utiles sur un sol suffisamment humide pour assurer les besoins
en eau de la plante les deux ou trois premières semaines.
Sur baiboho, il est possible de semer tôt (humectation rapide du sol) mais il existe un risque
d’engorgement en cas de semis tardif. Il faut donc éviter de semer après le 15 janvier.
Sur collines, au Lac Alaotra, les rendements chutent rapidement pour
des semis effectués après fin décembre et il faut impérativement semer
avant le 5 – 10 janvier. Dans le Moyen-Ouest, les semis doivent se faire
plus tôt, les risques de sécheresse en fin de cycle devenant trop importants
pour des semis après fin décembre.
En altitude élevée (Hautes terres) où les conditions de température
sont limitantes, la variété la plus utilisée est la variété locale Tombotsoa
(cycle de 5 mois environ dans cette écologie). Elle doit être semée dès
les premières pluies utiles, et au plus tard le 15 novembre (pour éviter
les basses températures en fin de cycle, en particulier à la floraison).
Dans un climat tropical humide (Sud-Est), les contraintes climatiques
sont moindres. Il est cependant préférable d’éviter la période cyclonique.
Il est donc conseillé de semer le maïs dès la récolte du riz pluvial
sur les tanety.
. Le sorgho
Trois variétés de sorgho sont proposées, à semer comme le maïs le
plus tôt possible dans les climats semi-arides :
* BF 80 (= IRAT 376, originaire du Burkina Faso), un sorgho de type Guinea, avec
panicule ouverte et grain blanc de qualité, sucré (ce qui en fait une variété très appréciée
par les oiseaux !). A noter que cette variété de cycle relativement court (110 jours environ)
est photopériodique dans les conditions du Sud-Ouest Malgache.
* IRAT 202 et IRAT 203, variétés aux entre-noeuds resserrés et qui restent donc beaucoup
plus courtes que BF 80 (tout en produisant une biomasse importante) et aux panicules
Maïs (CIRAD 412) + niébé
avec semis précoce
(photo : Rakotondramanana)
Sorgho BF 80
+ niébé
fermées. Elles sont également photopériodiques (cycle de 120 jours environ) et ne peuvent
être cultivées qu’en saison des pluies. L’IRAT 203 se caractérise par son taux très élevé en protéines
(plus de 15%).
. La légumineuse associée
Que ce soit de la dolique, du niébé de cycle long ou du Vigna umbellata, la plante associée
doit généralement être semée en même temps que le maïs ou le sorgho, surtout dans les milieux
avec longue saison sèche (un semis trop tardif ne lui permet pas de s’installer correctement
avant la saison sèche). Dans certaines situations (faible fertilité des sols en particulier) il
peut parfois être nécessaire de décaler le semis de la légumineuse associée de quelques semaines,
en particulier pour le Vigna umbellata (mais très rarement pour le niébé ou la dolique
qui risqueraient alors de produire très peu). Dans ce cas, il est recommandé de semer en doubles
rangs (pour laisser plus de lumière à la plante de couverture). Si la légumineuse associée
est de la mucuna, il est en général préférable de décaller le semis de quelques semaines.
Pour la dolique, trois variétés sont diffusées :
* la dolique à graine marron, qui a une première fructification précoce, permet de faire deux à
trois récoltes, mais produit une biomasse plus faible que les autres variétés.
* la dolique à graine blanche, qui a une première fructification tardive, ne permet que deux
récoltes (première récolte après 145 jours, dernière jusqu’à 205 jours), voire même une seule
si le semis n’est pas précoce. Elle produit une forte biomasse et est très appréciée pour ses
* la dolique à graine marbrée qui elle aussi produit une forte biomasse et fructifie tardivement
(récolte entre 140 et 195 jours). Elle ne produit deux récoltes que si elle est semée tôt.
Quatre variétés de niébé à cycle long sont utilisées :
* SPLM 1, variété volubile au grain rose, avec une première fructification
tardive (2 fructifications maximum, première récolte après 115 jours
dans les conditions du Lac Alaotra à moyenne altitude) mais une très
forte production de biomasse.
* SPLF 2, également volubile, au grain blanc, qui a une première fructification
plus précoce (ce qui permet jusqu’à trois fructifications, avec
récolte à partir de 100 jours à altitude moyenne) mais une biomasse
plus faible que SPLM 1.
* une variété locale de Morondava, avec des caractéristiques proches de
celles de SPLF 2 mais un grain rose ou rouge et une première fructification
plus tardive (115 à 120 jours à altitude moyenne).
* CNC 870-7E, volubile également, avec un grain rose-marron, une
fructification précoce (jusqu’à trois fructifications possibles, première
récolte possible après 100 jours à altitude moyenne) et une forte production
de biomasse.
Une seule variété à cycle court est utilisée, le DAVID, variété érigée
aux fleurs violettes, avec un cycle de 4 mois (première récolte à partir
de 85 jours à altitude moyenne). Elle très appréciée dans le Sud-Est et c’est la seule variété
diffusable sur les Hautes terres, en attendant la multiplication de variétés très intéressantes
comme CNC 792-17 E, CNC 796-9 E et CNC 796-10 E en provenance du Brésil.
Une seule variété de Vigna umbellata est utilisée pour l’altitude moyenne : Tsirovoala, une
variété au grain marron-vert, de cycle long, qui produit une forte biomasse mais fructifie tardivement
(première récolte après 130 jours au Lac Alaotra) et ne permet que 2 fructifications.
Son cycle relativement long fait que cette variété peut avoir des difficultés à finir son cycle
en cas d’arrêt précoce des pluies, en particulier si le semis est réalisé tardivement.
Une variété locale de Tulear est proposée pour les climats semi-arides, capable de terminer
son cycle (100 – 120 jours à basse altitude) malgré la très courte saison des pluies.
Niébé “David”
à cycle court
Des espèces/variétés à fructification précoce permettent d’obtenir plus rapidement des premiers
revenus, et une production supérieure en cas de troisième récolte. Par contre, la production
de biomasse sur une période plus courte peut réduire la biomasse totale produite, et
l’arrêt précoce de la production peut poser un problème si la parcelle n’est pas remise en culture
rapidement (décomposition rapide du mulch et risque de mauvais contrôle des adventices
pour la culture suivante, surtout en milieu tropical humide).
• La densité de semis et l’agencement des plantes dans l’espace
L’association céréale + légumineuse peut se faire selon deux principes : en simples rangs ou
en doubles rangs. Le semis en doubles rangs est proposé en priorité car pour un rendement
en maïs équivalent, il permet une production en biomasse et en grains de la légumineuse supérieure
à celle obtenue en simples rangs. Cependant, l’installation d’une céréale (comme
le riz) ou de cotonnier l’année suivante, et surtout la gestion de l’azote pour ces cultures, sont
plus difficiles après un maïs+légumineuse en doubles rangs qui induit une hétérogénéité. Il
existe un risque important de blocage d’azote sur les anciens doubles rangs de maïs ou de
sorgho alors qu’au contraire, l’azote est très disponible sur les anciens rangs de légumineuse.
Ce problème ne se pose pas si on répète l’association maïs ou sorgho + légumineuse l’année
suivante : il suffit alors de permuter les cultures, en semant la céréale sur les anciens
rangs de légumineuse, et inversement, la légumineuse sur les anciens rangs de céréale.
Le semis en simples rangs est légèrement plus facile à installer mais produit une couverture
plus faible. Cette couverture est cependant plus homogène, ce qui peut en conséquence faciliter
l’installation et la conduite de la culture suivante, en particulier pour du riz ou du cotonnier
(pour une nouvelle association maïs ou sorgho + légumineuse, on peut là aussi
alterner les lignes de céréales et de légumineuses d’une année sur l’autre).
– Doubles rangs :
Semis du maïs ou du sorgho en poquets sur deux lignes espacées de 0,5 mètre tous les deux
mètres (soit 1,5 m. et 0,5 m. en alternance entre deux rangs de maïs), poquets espacés de
0,5 mètre sur la ligne, en quinconce. Semer 2 grains par poquet pour le maïs avec des semences
de qualité à taux de germination élevé; 3 à 4 grains par poquet puis démariage à deux
pieds par poquet en cas de doute sur la qualité des semences de maïs. Semer 3 à 4 grains par
poquet puis démarier à deux pieds par poquet pour le sorgho.
Espacement et agencement des plantes pour un semis en doubles rangs.
Semis des légumineuses en poquets (deux grains par poquet
pour la dolique ou le niébé, 4 à 5 grains par poquet
pour le Vigna umbellata) sur trois lignes espacées de 0,35
mètre dans les interlignes du maïs (à 0,4 mètre des lignes
de maïs). Poquets espacés de 0,4 mètre sur les lignes, de
préférence disposés en quinconce. Il est possible de semer
la dolique à une densité plus faible (0,5 m entre les poquets
sur la ligne). Dans le cas de l’association maïs +
niébé + dolique, au lieu de trois lignes de niébé, installer
une ligne de dolique entre deux lignes de niébé, intercalées
entre deux doubles rangs de maïs.
La densité de semis du maïs en double rangs est ainsi de
20000 poquets/ha, soit 40 000 grains par hectare (à
2grains par poquet, avec des semences de qualité), c’est
à dire de 15 à 20 kg/ha suivant le poids des grains.
La légumineuse est semée entre les doubles rangs de maïs
à 37500poquets/ha soit 75000grains/ha pour la dolique
ou le niébé (environ 10 à 12 kg/ha) et 150000 à
180000grains/ha pour le Vigna umbellata (8 à 10 kg/ha). . Simples rangs: Semis du maïs ou du sorgho en poquets
sur des lignes espacées de 1 mètre, poquets espacés de
0,5 mètre sur la ligne. Semer 2 grains par poquet pour le
maïs avec des semences de qualité à taux de germination
élevé; 3 à 4 grains par poquet et prévoir un démariage à
deux pieds par poquet en cas de doute sur la qualité des semences
de maïs. Semer 3 à 4 grains par poquet puis démarier
à deux pieds par poquet pour le sorgho.
Semis des légumineuses en poquets (2 grains par poquet pour
la dolique ou le niébé, 4 à 5 grains par poquet pour le Vigna
umbellata) sur une ligne entre deux lignes de maïs, poquets
espacés de 0,4 mètre sur la ligne (possibilité d’augmenter l’espacement
à 0,5 m pour la dolique). Dans le cas d’une variété de niébé de cycle court, érigée (qui
couvre peu), installer deux lignes de niébé espacées de 30 à 40cm entre deux rangs de maïs.
Espacement et agencement des plantes pour un semis en simples rangs
Sorgho + Vigna umbellata. Semis en doubles rangs
Maïs + dolique. Semis en doubles rangs
Maïs + dolique. Semis en simples rangs
Lac Alaotra (Photo : Rakotondramanana)
La densité de semis du maïs en simples rangs est la même
qu’en doubles rangs: 20000poquets /ha, soit
40000grains par hectare (à 2 grains par poquet, avec des
semences de qualité), c’est à dire de 15 à 20 kg/ha suivant
le poids des grains.
En simples rangs, la légumineuse est semée à 25000poquets/
ha soit 50000grains/ha pour la dolique ou le niébé
(7 à 8 kg/ha) et à 100 000 à 125000grains/ha pour le
Vigna umbellata (6 à 8 kg/ha).
. En cas de fertilité faible (sols pauvres ou dégradés,
sans apport d’engrais) ou de conditions climatiques
très limitantes pour l’eau, il est recommandé de
baisser les densités de semis, en particulier pour le maïs.
* Ecarter les poquets de maïs sur
la ligne : Sur des lignes espacées
de 1 mètre, semer avec 1 mètre
entre poquets sur la ligne et 3 à 4
grains par poquets (puis démariage
à deux pieds par poquet).
Semer la légumineuse sur une
ligne entre deux lignes de maïs,
poquets espacés de 0,4 mètre
sur la ligne (possibilité d’augmenter
l’espacement à 0,5 m. pour la
dolique) et intercaler sur les
lignes de maïs un poquet de légumineuse
entre deux poquets
La densité de poquets de maïs
est divisée par deux par rapport
à la densité “normale” (10000
poquets /ha; 20000pieds/ha)
mais le nombre de grains par poquet
étant plus élevé, le nombre
de grains semés par hectare est
de 30000 à 40 000, soit 12 à
17kg/ha.
La légumineuse est alors semée plus dense, à 35000poquets/
ha soit 70000grains/ha pour la dolique ou le niébé
(10 à 11 kg/ha) et à 140 000 à 175000grains/ha pour le
Vigna umbellata (8,5 à 11 kg/ha).
* Ecarter les lignes: Sur des lignes espacées de 1,5 mètre,
semer avec 0,5 mètre entre poquets sur la ligne et 3 à 4 grains
par poquet (puis démariage à deux pieds par poquet).
Semer la légumineuse sur une ligne entre deux lignes de
maïs, poquets espacés de 0,4 mètre sur la ligne (possibi-
Maïs + niébé. Semis en simples rangs
Maïs + niébé. Semis en simples rangs à faible densité de maïs
Sud – Ouest (Photo : K. Naudin)
Espacement et agencement des plantes pour un semis en
simples rangs à faible densité
lité d’augmenter l’espacement à 0,5
mètre pour la dolique).
La densité de semis du maïs est dans
ce cas de 13 300 poquets/ha, soit
26600 pieds/ha. Le nombre de
grains par poquet étant plus élevé,
le nombre de grains semés par hectare
est de 40 000 à 53 000, soit 17
à 22 kg/ha.
La légumineuse est alors semée elle
aussi à une densité plus faible de
16700 poquets/ha soit 35000
grains/ha environ pour la dolique ou
le niébé (5 à 6 kg/ha) et à 70 000 à
80000 grains/ha pour le Vigna umbellata
(4,5 à 5,5 kg/ha).
• Le traitement des semences
En fonction de la pression des insectes, il peut être nécessaire de traiter les semences de
maïs ou de sorgho à l’imidaclopride + thirame (produit commercial Insector, beaucoup moins
cher que le Gaucho) à la dose de 2,5 à 5 g de produit commercial (soit 0,9 à 1,75gramme
d’imidaclopride) par kilogramme de semences, pour lutter contre les Heteronychus. C’est
en général le cas au Lac Alaotra et dans le Moyen-Ouest. C’est également le cas dans le Sud-
Ouest pour des semis relativement tardifs (alors qu’un semis précoce permet en général de
se passer de traitement dans cette zone). Ce traitement est particulièrement recommandé en
cas d’apport de fertilisation, pour assurer la rentabilité de l’investissement en engrais.
Le coût du traitement du maïs est d’environ 7 000 Ariary/ha (pour 20 kg/ha de semences),
soit l’équivalent de moins de 20 kg de maïs par hectare. Cela correspond à moins de 2% du
coût de l’engrais pour une fertilisation moyenne.
Il est également recommandé de traiter les légumineuses avec 1,8 à 4 g de Thirame®/kg de
semences (2 à 5 g/kg de Calthir PM par exemple) pour éviter la « fonte des semis » (maladie
fongique), et ce d’autant plus que le coût du traitement est très faible : moins de 700 Ariary/ha
(pour 10 kg/ha de semences), soit l’équivalent de moins de 2 kg de maïs par hectare.
7.3. La fertilisation
Le maïs est une culture exigeante qui suppose, pour atteindre des rendements corrects et
pour produire suffisamment de biomasse pour amorcer la « pompe» des SCV, une fertilisation
minérale en supplément ou non de la fumure organique ou de l’écobuage.
Les tableaux suivants donnent les niveaux de fertilisation recommandés par zone et
type de sol, avec une estimation des rendements espérés. Ces rendements estimés
sont ceux qu’on peut raisonnablement espérer obtenir les premières années de
culture. Avec l’amélioration des conditions par des SCV bien conduits, ces rendements
augmentent les années suivantes.
Le niveau de fertilisation se raisonne (cf. Volume II Chapitre 2 de ce manuel) en
fonction de la fertilité initiale des sols, du précédent cultural (apport d’azote par les
légumineuses), de l’objectif de production et du risque (essentiellement climatique,
mais aussi les attaques d’insectes, d’oiseaux, les vols, etc.). Le risque de stress hydrique diminue
avec les années de semis direct (augmentation de la vitesse d’enracinement et accroissement
de la profondeur d’enracinement des cultures, amélioration de la porosité et
réduction du ruissellement, et par conséquent augmentation de la réserve utile en eau).
Les niveaux de fertilisation proposés sont ceux nécessaires pour un démarrage des systèmes
en SCV et peuvent être progressivement baissés (tout en faisant attention à compenser les
exportations par les grains qui augmentent avec l’amélioration des sols et des rendements).
Climat de moyenne altitude (600 – 1100 m.)
Climat sub-tropical d’ altitude (> 1200 m.)
Niveaux de fertilisation recommandés et espérance de rendement pour les systèmes Maïs + légumineuse associée
(dans de bonnes conditions de culture : semis précoce, qualité et traitement des semences, contrôle des adventices, etc.)
(au semis)
Urée (Début
floraison mâle)
Coût de la fertilisation
Espérance de rendement
(t/ha) kg/ha kg/ha kg/ha (Ariary/ha) (Euros/ha) (kg maïs/ha) Maïs Légumineuse
Sols “moyennement
riches”
de tanety
Zéro 3 – 5 0 0 0 0 0 0 1000 – 1500 700
Moyen 3 – 5 150 0 75 364500 138 1215 4000 – 4500 1000
Fort 3 – 5 300 0 100 664000 250 2213 > 5000 > 1500
Sols exondés,
bourrelets de
berge et
Zéro 0 0 0 0 0 0 1500 – 2000 700
Moyen 0 0 50 120 221000 83 737 4500 – 5000 1000
Fort 0 300 0 100 664000 250 2213 > 6000 > 2000
Sols “pauvres”
année après enrichissement
Zéro 3 – 5 0 0 0 0 0 0 300 – 500 300
Moyen 3 – 5 150 0 75 364500 138 1215 2000 – 3000 700
Fort 3 – 5 300 0 100 664000 250 2213 3000 – 4000 > 1200
t/ha kg/ha kg/ha (Ariary/ha) (Euros/ha) (kg maïs/ha) Maïs Légumineuse
Sols «moyennement
riches» de tanety
bourrelets de berge
Zéro 3 – 5 0 0 0 0 0 500 – 1000 200 – 500
Moyen 3 – 5 150 75 427500 161 1070 2500 – 3000 500 – 700
Fort 3 – 5 300 100 760000 287 1900 4000- 5000 700 – 1000
Bases de calcul : Prix relevés sur les Hautes terres en septembre 2010 : Urée : 1 900 Ariary/kg ; NPK (11-22-16) = 1 900 Ariary/kg ; Maïs : 400 Ariary/kg.
Les niveaux de fertilisation en gris ne sont pas recommandés car risqués et peu rentables. 1 euro = 2650 Ariary
Bases de calcul : Prix relevés au Lac Alaotra en septembre 2010 : Urée : 1 300 Ariary/kg ; NPK (11-22-16) = 1 780 Ariary/kg ; Maïs : 300 Ariary/kg.
Une fertilisation forte n’est pas recommandée dans ces milieux à risques elévés.
Pour le sorgho, les niveaux de fertilisation proposés sont les mêmes, avec une espérance de rendement de 1500kg/ha avec une fertilisation moyenne et
plus de 2 500 kg/ha pour la fertilisation forte (et 500-800 kg/ha sans engrais).
Climat tropical humide (< 500 m)
*Les niveaux de fertilisation en gris ne sont pas recommandés.
Bases de calcul: Engrais (urée ou NPK): 1900 Ariary/kg; Maïs: 300 Ariary/kg. 1Euro = 2650 Ariary
Climat semi-aride (< 500 m)
Espérance de rendement en
première année (kg/ha)
(vertiques)
Zéro 3 – 5 0 0 0 0 0 800 – 1200 200
Moyen 3 – 5 100 75 332500 125 831 2500 – 3000 300 – 500
Fort 3 – 5 200 100 570000 215 1425 3000 – 3500 500 – 700
Zéro 3 – 5 0 0 0 0 0 500 – 700 0 – 200
Moyen 3 – 5 100 75 332500 125 831 2000 – 2500 200 – 400
Fort 3 – 5 200 100 570000 215 1425 2500 – 3000 400 – 600
Espérance de rendement en première
année (kg/ha)
Zéro 0 0 0 0 0 0 0 – 500 0 – 200
Moyen 0 150 75 427500 161 1070 2000 – 3000 400 – 600
Fort 0 300 100 760000 287 1900 3000 – 3500 500 – 700
14 Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume V. Chapitre 1. § 2.1.
Ces niveaux correspondent aussi à des niveaux
de fertilisation pour un semis effectué
dans les temps, avec des semences de qualité,
traitées contre les insectes en cas de besoin.
En effet, la fertilisation ne peut être
rentable qu’avec un bon contrôle des mauvaises
herbes et des insectes.
En cas de semis tardif (et ce d’autant plus que
l’on se rapproche des dates butoir de semis)
les rendements espérés sont plus faibles et les
risques d’échec de la culture plus importants.
Il est préférable dans ce cas de réduire le niveau
de fertilisation, voire de ne pas apporter
d’engrais chimique, quitte à changer de culture
et de système. Les apports en cours de
végétation peuvent et doivent aussi être modulés
en fonction de la situation. On peut les
augmenter si la culture se déroule bien mais
qu’on observe des signes de carence. A l’inverse,
si des problèmes particuliers ont limité
fortement le potentiel de production (mauvais
contrôle des adventices, attaques d’insectes, etc.), il est préférable de réduire la fertilisation
en végétation, voire même de la supprimer.
Il faut également respecter les périodes d’apport des engrais, faute de quoi le risque d’en voir
l’efficacité et la rentabilité baisser fortement est élevé. Les périodes d’application proposées
sont celles pour une récolte du maïs en grains secs. Pour une récolte en vert, l’apport de fertilisants
à la floraison mâle est trop tardif et doit être soit avancé, soit supprimé.
Sur sols de basse fertilité (sols ferrallitiques relativement dégradés, sols ferrugineux tropicaux,
etc.), la rentabilité de l’engrais est plus faible (et le risque d’échec plus élevé) que sur des sols
riches, bien structurés (baiboho, etc.). Il faut cependant éviter d’y appliquer des doses d’engrais
faibles qui ne permettent pas d’augmentation sensible du rendement et sont très mal
rentabilisés. Il est préférable de proposer :
. soit de prendre le risque d’apporter une fertilisation forte à ceux qui peuvent se le permettre,
en sachant que la rentabilité sera souvent faible mais
que l’on préparera ainsi une biomasse suffisante pour cultiver
en SCV dans de bonnes conditions l’année suivante,
. soit de remplacer le maïs par une autre culture moins
exigeante si on ne veut pas fertiliser : En effet, sans engrais
l’espérance de production du maïs est très faible. Dans de
telles conditions, cet itinéraire technique valorise mal la
journée de travail et ne permet pas la production d’une
biomasse suffisante pour cultiver en SCV l’année suivante.
Dans tous les cas, sur paillage de graminées, un apport
d’azote est obligatoire. Il faut compléter la fertilisation pour
avoir au minimum 50 unités d’azote au semis et surveiller
très précautionneusement toute apparition éventuelle de
symptômes de carence en azote après 15 – 20 jours (faire
un apport supplémentaire si nécessaire).
Enfin, il est préférable d’apporter la fertilisation N-P-K en plein
sur la parcelle (et non pas localisée sur la céréale) afin d’en faire bénéficier également la légumineuse
(par contre l’urée sera localisée au pied du maïs). La rentabilité de la fertilisation est
alors améliorée par les gains de rendements de la légumineuse.
Effet de la fertilisation sur sol pauvre
Premier plan : sans engrais
Second plan : fertilisation moyenne
Ces systèmes exportent en général peu d’azote, la fixation
par la légumineuse compensant les exportations par les grains.
Cependant, en cas de très forte production de la céréale et/ou
faible développement de la légumineuse, un apport d’azote
est nécessaire pour compenser les pertes, sachant qu’une
tonne de grains de maïs exporte environ 20kg de N.
Le phosphore et le potasssium exportés doivent être compensés
par un apport de fertilisation, à hauteur de 3,5 kg de
P et 3,5 kg de K par tonne de maïs (grains) et 5 kg de P et
10kg de potasse par tonne de la légumineuse (graines).
En cas d’exportation des pailles (pour les animaux), il est
nécessaire de compenser également ces pertes, en particulier
pour la potasse (plus de 20 kg par tonne de paille de
maïs) et l’azote (15 kg par tonne), mais aussi le phosphore
(1,5 kg par tonne).
Ainsi, 4 tonnes de maïs (grains) + 1 tonne de dolique exportent
environ 150kg d’azote (dont 100 peuvent être fixés par
la légumineuse), 20kg de P et 25kg de K, ce qui correspond
au final à 200kg de N-P-K (11-22-16) et 50 à 100kg d’urée.
Les exportations par ces systèmes
Cependant, en climat semi-aride (Sud- Ouest), où les doses d’engrais proposées sont plus
faibles (car le risque climatique y est fort), il peut être préférable de localiser tous les engrais
au pied du maïs (ou du sorgho), au détriment toutefois du rendement de la légumineuse.
7.4. La gestion de l’enherbement
. Sur sol avec mulch important, l’utilisation d’herbicide ne se justifie pas et un simple arrachage
des quelques adventices est suffisant (5-10 jours de travail/ha).
. sur sol nu (labouré) ou faiblement paillé (peu de résidus) et pour des agriculteurs qui ne
disposent pas (ou ne peuvent payer) une main d’oeuvre suffisante pour désherber dans les
temps leurs parcelles, il peut être intéressant d’appliquer 1 500 g/ha de pendimethaline qui
permet de contrôler suffisamment les graminées. Son coût est cependant élevé : environ
90000 Ariary/ha, soit l’équivalent de 225 à 300 kg/ha de maïs (près de 25 % du coût d’une
fertilisation moyenne). Sans application d’herbicide de pré-levée, un sarclage manuel au
moins est nécessaire (40 homme-jours/ha). Ce traitement herbicide est sans danger pour la
légumineuse cultivée. Il est particulièrement rentable sur les baiboho où les adventices sont
agressives, et sur les parcelles en semis direct avec un mulch insuffisant (qui demandera un
ou deux arrachages des adventices soit 50 à 80 homme-jours/ha de travail).
Produits commerciaux homologués à Madagascar :
Pendimethalin ou Stomp, dosés à 500 g/l, ou Alligator, dosé à 400 g/l de pendimethaline.
7.5. La protection phytosanitaire en végétation
Le niébé, la dolique et le Vigna umbellata, pour une production de grains, demandent en général
deux traitements insecticides à la cypermethrine (60 à 62,5 g/ha à chaque passage soit
0,25 l/ha pour des produits dosés à 240 ou 250 g/l) pour chaque période de floraison (1 à 3
floraisons par an). La fréquence des passages doit être adaptée à la pression
des insectes (présence forte constatée, importance des attaques).
Coût de la cypermethrine : 4 500 Ariary/ha environ pour chaque passage
(équivalent à 11 à 15 kg/ha de maïs).
Produits commerciaux homologués à Madagascar : Agrimethrine, Cypercal,
Cypvert, Cyrux, Cypermad, Cythrine, Cigogne et Sherpa.
Autres matières actives possibles : deltamethrine ou lambda-cyhalothrine.
Le maïs ne nécessite pas de traitement phytosanitaire particulier en végétation,
. en cas d’attaque éventuelle par les borers (Sesamia calamistis en particulier).
Les larves bien à l’abri dans les tiges sont très difficiles à traiter.
Par contre, il est intéressant de contrôler les adultes dès leur sortie afin
d’éviter une nouvelle infestation. On peut pour cela essayer de faire
coïncider le traitement de la légumineuse avec la sortie des adultes.
. dans le cas d’attaques massives d’Heteronycus sp. ou de vers blancs de hanneton non
contrôlées par le traitement de semences. Dans ce cas, on peut appliquer 6 kg/ha de carbofuran
10 G (produit commercial : Currater ou Furadan), pour un coût de 60 000 Ariary/ha environ
(soit l’équivalent de 150 à 200 kg/ha de maïs selon les zones). Ce traitement doit être
fait très tôt, avant que les dégâts sur les cutures soient trop importants et doit être limité autant
que possible du fait de ses effets nocifs sur la faune du sol. Dans ce but, il est parfois possible
de ne traiter que des bandes en bordure des parcelles où les attaques sont fortes (en
provenance des parcelles voisines, de la forêt, etc.).
7.6. La récolte
La récolte du maïs se fait épi par épi, soit en vert pour consommation immédiate, soit à la
maturité physiologique quand les grains deviennent cassants pour commercialisation ou
stockage après séchage.
Une possibilité : l’effeuillage du maïs
avant récolte pour faciliter les traitements
sur la légumineuse
16 Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume V. Chapitre 1. § 2.1.
Il est recommandé au moment de la récolte de plier les tiges de maïs
au niveau de l’épi pour éviter que les plants ne soient couchés sur le
sol. Ceci permet une meilleure conservation de la biomasse, en particulier
en cas d’attaque par les termites, et la croissance de la légumineuse
sur ces “tuteurs naturels”.
Les récoltes (1 à 3 récoltes en fonction des espèces et variétés) de la
légumineuse se font à maturité physiologique. Pour le Vigna umbellata
(long à récolter avec ses petites gousses), la dernière récolte peut se
faire par fauche et battage et non gousse à gousse comme pour les autres
8. Aspects logistiques de la diffusion de ces associations
La diffusion de ces associations, avec un niveau d’intensification
moyen, demande pour 100 ha plus de 20 tonnes d’engrais, 3 tonnes
de semences, 200 à 500 litres d’herbicide, etc. Cela suppose une logistique
en conséquence. Il faut organiser, avant le début de la saison
des pluies, l’approvisionnement et le stockage de ces produits dans
les villages concernés.
9. Temps de travaux
Les temps de travaux diminuent d’une année sur l’autre avec le semis direct sur une
couverture végétale suffisante. De 110 j/ha (labour à la charrue, avec herbicide) à plus
de 230jours/ha (labour à l’angady, sans herbicide) en système sur labour (système
traditionnel ou année «zéro» de préparation des SCV), ils atteignent 90 j/ha (avec herbicide)
à 125 j/ha (sans utilisation d’herbicide) pour les systèmes de semis direct sur
couverture végétale. Cette forte baisse se fait malgré une augmentation du temps de
récolte en SCV, lié en particulier à une production supérieure. Cette réduction du
temps global de travail est d’autant plus intéressante qu’elle est obtenue sur les périodes très
exigeantes de la préparation des sols et des sarclages.
Labour : Système traditionnel ou année
zéro de préparation des SCV (jours/ha)
Semis direct sur
couverture végétale (jours/ha)
Labour à la charrue :
à l’angady :
70 – 80 0
Hersage/emmotage 20 0
Application herbicide
éventuelle 1 – 2 2
Semis 45 45
Sarclages ou
Avec herbicide
jusqu’à 100 jours/ha
sur baiboho
insecticides 7 – 9 8 – 10
Récolte 25 – 35
(pour 3 000 à 3 500 kg de maïs /ha)
(pour 3 500 – 4 500 kg de maïs /ha)
Total 103 à 291 90 à 130
Maïs + niébé sur baiboho
10. Rentabilité économique
Les performances économiques des associations proposées varient en fonction de l’itinéraire
technique (niveau d’engrais en particulier), et des conditions de culture (climat, sols,
pression des adventices et des insectes). De plus, les prix respectifs d’achat des intrants et de
vente des produits récoltés ont un très fort impact sur la rentabilité des systèmes.
Les performances économiques varient également avec le nombre d’années de cultures en
SCV: l’augmentation progressive des rendements et la baisse des temps de travaux permettent
en effet d’améliorer d’année en année la rentabilité de ces systèmes. La difficulté est
donc de proposer des systèmes qui permettent d’obtenir une rentabilité des investissements
(intrants) et une valorisation du travail satisfaisantes dès la première année (qui est souvent
une année “zéro” de préparation des SCV).
Sur la base des prix observés en septembre 2010, l’évaluation économique de ces systèmes
lors de la première année permet de dégager certains traits communs à toutes les situations
et de définir des règles de gestion :
. dans tous les cas, les charges les plus importantes correspondent aux engrais (que ce soit le
niveau de fertilisation moyen ou celui élevé) et à la rémunération du travail (location de main
d’oeuvre ou valorisation du travail de l’agriculteur et de sa famille au coût d’opportunité du travail).
De manière générale, la fertilisation permet d’augmenter fortement la valorisation de la
journée de travail des systèmes proposés. Le retour sur investissement du niveau de fertilisation
fort est cependant inférieur à celui de la fertilisation moyenne ;
. les traitements insecticides, sauf accident particulier, permettent un contrôle des insectes
pour l’équivalent de 25 kg/ha de maïs soit environ 2 % du coût de la fertilisation moyenne
recommandée, et 1 % de la fertilisation forte. Pour sécuriser la rentabilité de la fertilisation, il
est fortement recommandé d’appliquer ces traitements sur toutes les parcelles fertilisées dès
que la pression des insectes peut faire craindre des dégâts. Même en cas d’accident (inefficacité
du premier traitement et/ou attaques particulièrement fortes), une protection sanitaire
efficace peut être conduite pour l’équivalent de moins de 200 kg/ha de maïs ;
. de même, l’apport de fertilisation (qui augmente souvent la pression des
adventices) doit systématiquement s’accompagner d’un contrôle efficace
des adventices, faute de quoi la production (et donc la rentabilité des engrais)
chute fortement. Ce contrôle est en général manuel (arrachage ou sarclage,
30 à 60jours/ha soit 300 à 600kg/ha de maïs si on valorise la journée
de travail à un niveau moyen). Sur sols riches où la pression des adventices
est forte, l’utilisation de Pendimethaline contre les graminées peut être intéressante
malgré son coût élevé (300kg/ha de maïs), en particulier en cas
de manque de main d’oeuvre aux périodes critiques (le désherbage manuel
peut demander jusqu’à 100jours/ha sur baiboho). Ces coûts baissent fortement
les années suivantes, la couverture végétale permanente réduisant
la pression des adventices (à condition d’être suffisante).
La rentabilité des systèmes proposés augmente dès que l’on peut cultiver
en semis direct, après préparation d’une biomasse suffisante ou dès
la première année si cette biomasse est disponible.
La rentabilité des différents itinéraires techniques décroît avec le niveau
de fertilité initial des sols (alors que le risque d’échec augmente) et doit
donc être étudiée en fonction des situations :
Sur des sols moyennement riches de tanety, non compactés et sur les
baiboho en climat relativement favorable (moyenne altitude), la rentabilité de ces associations
est maximale. Le risque d’échec y est faible alors que la fertilisation y est très rentable :
Le niveau de fertilisation moyen pour un investissement total proche de 1200kg/ha de maïs
permet un gain de rendement espéré de 3000kg/ha de maïs (et de 300 kg/ha pour la légumineuse)
par rapport au niveau zéro. Le risque est limité au risque climatique (peu élevé sur
Forte production de maïs
associé à la dolique
ces sols si l’on a semé suffisamment tôt). La valorisation de la journée
de travail (VJT) est très bonne : plus de 4 fois celle du système traditionnel
si on utilise de l’herbicide. Le coût de l’herbicide fait cependant
baisser le retour sur investissement, qui reste toutefois très bon.
De même, le niveau de fertilisation fort est très intéressant dans ces milieux
et permet un gain de 30 % sur la valorisation du travail par rapport
au niveau moyen de fertilisation. Son retour sur investissement est inférieur
à celui du niveau moyen de fertilisation, mais il demeure attractif.
A de tels niveaux, ces associations restent rentables dans ces milieux relativement
favorables, même en cas d’évolution défavorable des conditions
économiques (baisse du prix de vente des produits, hausse des prix des intrants)
et environnementales (accident climatique, forte pression des insectes).
Ce n’est pas le cas dans des milieux plus pauvres.
Sur sols “pauvres” (climat de moyenne altitude), en deuxième année,
la rentabilité économique de ces associations baisse. Elle reste cependant
intéressante en SCV (mais pas sur labour), permettant une bonne
valorisation du travail (plus de 2,5 fois le coût d’opportunité) et un retour
sur investissement intéressant (150% avec la fertilisation forte).
Sur sols de tanety moyennement riches sur les Hautes terres, l’association
Maïs + niébé avec l’itinéraire technique traditionnel valorise mal la journée de travail et
dégage une marge brute très faible. La culture de maïs sur les sols ferrallitiques dégradés n’est
pas intéressante et très risquée. Sur les sols les moins dégradés, l’apport de fertilisation permet
d’augmenter nettement la marge brute et la valorisation de la journée de travail. Le niveau de
fertilisation fort dégage les meilleurs résultats en matière de marges brutes et de valorisation de
la journée de travail, avec un retour sur investissement qui reste intéressant (150 %). Mais les
risques d’échec sont relativement importants sur labour en année «zéro». Cette association ne
doit donc être proposée qu’aux agriculteurs pouvant faire face à ce risque. Le niveau de fertilisation
moyen, qui fait prendre un risque moins important, reste intéressant dans les conditions
actuelles. Par contre, une fertilisation plus faible (pour réduire l’investissement) risque de
ne pas être suffisante pour accroître sensiblement la production. Elle n’est alors pas rentable et
doit être évitée. Il faut dans ce cas préférer changer de système et opter pour une culture
moins exigeante que le maïs. Dans tous les cas, l’utilisation de Pendimethaline n’est pas intéressante
et ne doit pas être recommandée.
Sur sols ferrugineux tropicaux en zone semi-aride, le risque d’échec assez élevé baisse avec
les techniques SCV, mais reste une contrainte à l’intensification. L’utilisation de Pendimethaline
n’est pas intéressante. En technique traditionnelle, la marge brute et la valorisation de la journée
de travail sont très faibles sur les sols les moins riches (VJT de 1 000 Ariary/jour). La VJT reste
faible même sur les sols les plus riches (1 700 Ariary/jour). L’apport de fertilisation permet de
valoriser le travail au dessus du coût d’opportunité et de bien rentabiliser l’investissement (en
particulier le niveau moyen de fertilisation). Le risque est cependant non négligeable (accident
climatique et dégâts d’insectes à craindre), surtout sur sols pauvres. Là encore, l’intensification
doit être raisonnée en fonction des moyens des agriculteurs et des risques qu’ils peuvent supporter.
L’avantage d’une fertilisation forte est de permettre la production d’une biomasse importante
pour l’entrée dans le semis direct, qui améliore rapidement la valorisation du travail
et le retour sur investissement, tout en réduisant les risques climatiques.
Sur sols “moyennement riches”, non hydromorphes, en zone tropicale humide, l’itinéraire
technique traditionnel procure une marge brute très basse et valorise très faiblement le travail.
La fertilisation, pour un risque moyen, permet d’accroître la valorisation du travail. Sur labour,
seule la fertilisation forte permet d’obtenir une valorisation de la journée de travail au niveau
du coût d’opportunité. Le retour sur investissement est cependant moyen. Le semis direct (possible
en première année quand la biomasse disponible est suffisante), permet une bonne valorisation
de la journée de travail (plus de 5 000 Ariary/jour) et un retour sur investissement
assez intéressant, pour un risque d’échec assez faible.
Systèmes très intéressants, permettant une entrée rapide en semis direct sur couverture:
faciles à mettre en oeuvre ;
applicables dans de très nombreuses situations
(tous les climats de Madagascar) ;
possibles sans engrais sur sols moyennement riches à
riches de tanety, sols exondés, bourrelets de berge, baiboho, etc. ;
risques limités et très bonne rentabilité économique
grâce à la production de deux cultures associées ;
bon contrôle des adventices (dont le striga) ;
remise en culture sans herbicide la saison suivante ;
forte réduction des besoins en travail la saison suivante ;
amélioration rapide du sol grâce à une très forte production de biomasse ;
bonne restructuration du sol ;
fixation d’azote en quantité ;
très bon précédent cultural
pour le riz ou le cotonnier.
O peu adapté et risqué sur sols pauvres ;
O impossible sur sols engorgés ou submergés ;
O itinéraire technique à respecter pour éviter la compétition
entre les plantes ;
O traitement insecticide nécessaire pour la légumineuse ;
O temps de travail important pour la récolte.
Maïs + niébé au Lac Alaotra
Rendement élevé grâce à
(Photo : L. Séguy)
20 Manuel pratique du semis direct à Madagascar. Volume V. Chapitre 1. § 2.1.
Semis sans labour, une première !
la forêt ou sur des terres non cultivées, le système fonctionne sans
intervention humaine. Le sol, structuré verticalement permet un échange
de matière de haut en bas. Le ver de terre, animal qui peut sembler
insignifiant, est en réalité le plus gros laboureur. En creusant des
galeries pour se nourrir des résidus en décomposition à la surface, ce
mineur aère le sol. Il en augmente la perméabilité, tout en remontant
des minéraux à l’air libre. Dans un sol labouré, l’action de la charrue
retourne la terre, enfouissant les résidus. Sans oxygène, la
décomposition est stoppée, privant ainsi les vers d’humus qui constitue
leur pitance. Il y a 50 ans, on dénombrait deux tonnes de vers de terre
par hectare. Ils ne pèsent plus que 50 kilos aujourd’hui ! Et il en va
de même pour l’ensemble de la microfaune qui peuple normalement le sol.
Champignons, bactéries, acariens, cloportes, araignées… Cette population
microscopique fait respirer la terre. Pourquoi ne pas en tirer parti
pour nos cultures ? C’est l’option retenue par les adeptes du semis
les mauvaises herbes, mélanger les apports à la terre, favoriser
l’enracinement, les raisons de labourer sont nombreuses.
Malheureusement, ce travail peut entraîner l’agriculteur dans un cercle
vicieux (voir schéma). Le semis direct va au contraire permettre
d’enrichir la terre, tout en empêchant le développement des mauvaises
herbes grâce à une inter culture de couvert. Après la récolte, les
résidus laissés sur le champ vont protéger la nouvelle culture des
intempéries et favoriser l’absorption de l’eau dans les galeries de
racines. Jamais à nue, la terre résiste aux pluies. Les amendements
n’occasionnent plus de pollution pour les nappes phréatiques et les
rivières. Avec des performances de rendement comparables à l’agriculture
conventionnelle, les avantages de cette technique ne manquent pas :
moins de temps passé sur le tracteur, une baisse bienvenue de la
consommation de gasoil, une réduction des apports organiques et
phytosanitaires… Avec un peu d’expérience et une bonne préparation du
sol, le passage au semis direct peut être une autre façon de penser
l’agriculture, à la fois efficace et mieux maîtrisée. La maxime «tu
gagneras ton pain à la sueur de ton front» serait-elle seulement une vue
Semis direct : les secrets de
la réussite – Gestion du sol
Structure des sols sableux et argileux travaillés
Changements progressifs du sol
Disponible dans la version imprimée du fascicule
intitulé Semis direct : les secrets de la réussite
Comme chaque composante du système à semis
direct, les sols ont une importance. Ils constituent le fondement de tout
système cultural. Ils peuvent cependant être très
complexes, ce qui rend leur gestion difficile. Il est essentiel de les
comprendre pour assurer une bonne gestion.
Certaines propriétés du sol leur sont intrinsèques,
comme la texture, le drainage et la pente, et il est difficile de les
changer à l’aide de techniques de culture ou de travail du
sol. Un mauvais drainage peut réduire l’efficacité
du semis direct dans un champ. D’autre part, la texture du sol influence
le réglage du planteur.
D’autres caractéristiques sont très influencées
par les pratiques agricoles, comme la structure du sol, la teneur de matière
organique, l’humidité du sol et l’écologie des
êtres vivant dans le sol. Il faut tenir compte de ces éléments
avant d’opter pour le semis direct. Ce dernier améliore habituellement
ces caractéristiques avec le temps.
En général, certaines conditions du sol facilitent
davantage le semis direct que d’autres. Cependant, dans les sols
difficiles (dans les pratiques de réadaptation du sol, lors de
la modification de l’équipement ou avec le temps), il est
possible de réussir le semis direct. Selon la plupart des producteurs,
la clé est de prêter l’oreille aux expériences
des producteurs qui cultivent par semis direct dans un sol semblable.
Avant de commencer à cultiver un champ par semis direct :
assurez-vous que le champ est uniforme (c.-à-d. sans ouvertures
de sillons ou refentes)
ramassez les pierres car l’équipement de semis ne peut
pas les déplacer facilement.
Structure des sols sableux et
argileux travaillés par semis direct
Figure 1. Structure des sols.
Figure 2. Structure des sols.
La couche de surface connaît une grande activité biologique
et produit des agrégats stables qui se brisent facilement sous
le coutre pour former un lit de semence fin. Soulevez la couverture de
résidus et comparez la surface du sol avec le sol à découvert.
Sous la surface, les sols de texture moyenne ou grossière (illustration
de gauche) formeront des plaques, tandis que les sols argileux (illustration
de droite) comprennent une couche granulaire mince sur des agrégats
en blocs fins ou moyens. Avec le temps, l’argile prendra une structure
définie et les agrégats seront faciles à effriter
La structure illustrée ici met du temps à se former et
peut être subtile.
Figure 3. Changements progressifs du sol.
Les premières années de culture par semis direct, les propriétés
d’un sol loameux quelque peu détérioré ne changent
pas beaucoup. Les sols érodés demeurent de couleur claire,
il peut encore y avoir un encroûtement à la surface et la
semelle de labour (le cas échéant) reste intacte. Les conditions
ne se prêtent pas à l’augmentation de l’activité
des espèces vivant dans le sol, en particulier les vers de terre.
Figure 4. Changements progressifs du sol.
Après trois ans de culture par semis direct et plus, le sol loameux
auparavant en mauvais état recommence à prendre vie. En
l’absence de travail du sol et avec l’augmentation de la quantité
de matière organique, la population de vers de terre monte en flèche.
La structure faible à blocs moyens du lit de semence en surface
comporte maintenant de fins granules. Sous le lit de semence, le sol peut
constituer une couche épaisse à structure en plaques.
Figure 5. Changements progressifs du sol.
Après dix ans de culture par semis direct et plus, le sol est
presque rétabli. La matière organique plus abondante et
l’augmentation de l’activité des vers de terre permettent
de former un lit de semence plus épais à structure plus
stable et surface fine. La structure à plaques du sous-sol est
brisée par l’action conjointe de la pénétration
des racines, des tunnels creusés par les vers de terre et du gel.
À long terme, les sols cultivés par semis direct ressembleront
aux sols des vastes pâturages et des boisés.
Effets de la culture par semis direct sur les
propriétés du sol – Graphique
Quant faut-il planter?
Test tactile du sol – est-il temps de semer? –
Problèmes, causes, pratiques de gestion
optimales et conseils
direct : les secrets de la réussite
certains agriculteurs de Royaumeix, l’année 2006 restera marquée par
l’adoption de nouvelles techniques culturales. Faisant fi de
l’apophtegme de Sully «Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée»,
ceux-ci abandonnent tout simplement… leur charrue ! Qui aurait cru
dans les années 50 à Royaumeix que l’on pouvait cultiver sans labourer ?
Et pourtant, la culture sans labour n’est pas nouvelle. A ce propos, Francis Forest relève que «le
principe du semis direct était déjà utilisé par les agriculteurs de
l’Égypte ancienne… qui se servaient d’un bâton pour faire un simple
trou dans le sol où la graine était placée à la main et recouverte au
pied. Dans l’agriculture moderne des pays du Nord, c’est aux États-Unis
que les premières tentatives de semis direct sans aucune préparation du
sol ont vu le jour, dès la fin des années 1940 […] Plus récemment, au
début des années 1990, la nouvelle et la plus importante expansion du
semis direct s’est faite dans les cerrados (savanes) du Brésil»
(1). Et si quelques Royaumeixois découvrent – seulement – aujourd’hui
ces techniques sans labour, sachons toutefois que bon nombre
d’agriculteurs français les ont adoptées depuis longtemps ! Ainsi Gilles
Thevenet, Directeur Scientifique de l’ITCF, estimait en 2001 que «le semis sans labour représente environ 30% des blés et près de 40% des colzas» (2).
faut dire que le semis direct – sur le chaume de la culture précédente –
offre des avantages économiques certains. Ainsi, la réduction du nombre
de passages permet une économie de carburant et de main-d’œuvre non
négligeable. De plus, l’abandon durable de la charrue justifie une
reconsidération à la baisse de la puissance de traction nécessaire sur
technique simplifiée présente surtout des atouts agronomiques et
environnementaux indéniables. En limitant le travail du sol à la ligne
de semis, elle concourt à l’accroissement de la matière organique, au
maintien de la stabilité de la structure de la terre et des processus
biologiques. Par ailleurs, la couche de résidus en surface contribue à
conserver l’humidité. Enfin, en renonçant à labourer leurs terres, les
agriculteurs de notre village œuvrent à la réduction du ruissellement
et à la protection des sols contre l’érosion…
La culture sans labour
….sachons toutefois que bon nombre
pays, nous recommandons même des semailles réparties sur plusieurs
mois, afin d’avoir ds récoltes réparties sur toute l’année.
devons remplacer notre système agricole “moderne” par un système
biologique pendant qu’il est encore temps. Il faut des années
pour réapprovisionner le sol en nutriments que la monoculture
a enlevés.
La technique du semis direct permet de semer des plantes telles que
les céréales et oléagineuses sans pratiquer de travail du sol (on
mélange aussi très souvent avec technique sans labours (TSL)). De
nombreuses techniques sans labour ont existé et continuent d’exister à
travers le monde (voir par exemple l’agriculture de brûlis). Dans le contexte de l’agriculture occidentale moto-mécanisée, le semis direct a été “redécouvert” au XXe siècle pour certains avantages, ce qui a nécessité l’invention de nouvelles machines de semis adaptées.
La version moderne de cette forme de semis est apparue dans les années 1970
grâce à la découverte du Paraquat, premier herbicide foliaire total
n’ayant aucun effet sur la culture suivante. L’apparition du glyphosate
a ensuite renforcé la démocratisation du semis direct testé en Amérique
du Nord sur les sols vulnérables qui avaient subi de graves problèmes
d’érosion suite aux tempêtes de poussières des années 1920–1930 (Dust Bowl). Elle consiste au moment du semis à respecter le plus possible la vie des sols.
Pour cela, il a été créé des semoirs
adaptés, qui en un seul passage, ouvrent le sol très localement avec
des disques, déposent la graine et de l’engrais solide dans cette ligne
de semis puis la referment. Cet unique passage remplace la suite de
passages préalable de charrue, grille, semoir, rouleau, épandeur à
engrais… Ces nouveaux semoirs, ne déplaçant que très peu la terre,
demandent beaucoup moins de puissance que tous ces passages successifs
d’outils. La technique du semis direct est facilitée par l’utilisation
d’herbicides pour l’élimination des adventices (les mauvaises herbes),
avant le semis, afin d’avoir un champ “propre” au moment de celui-ci.
L’élimination des adventices était une des fonctions du labour, on
remplace alors une destruction mécanique couteuse en énergie et en
moyens (par retournement de la terre) par une destruction chimique – on
parle d’ailleurs parfois de “labour chimique”. L’utilisation de couverts
étouffants (avoine diploïde, seigles,
mélanges divers) en interculture détruits par roulage ou gel au semis,
est une alternative en cours d’apparition qui permet de réduire ou
éviter cet emploi d’herbicide.
D’après la plupart des études effectuées en Amérique du nord comme du
sud, cette technique améliore la structure du sol, lui permettant ainsi
par exemple de stocker plus d’eau, en laissant la faune et la flore du
sol constituer cette structure par leur action. Le sol des champs soumis
au semis-direct aurait alors une structure qui s’approche de la
structures des sols forestiers, selon un principe de résilience écologique.
Un des effets est entre autres de concentrer d’avantage la matière
organique sur le premier horizon du sol, là où le travail du sol
mélangeait chaque année les horizons.
Il faut noter qu’un des rôles du labour est également de reconstituer
chaque année une structure du sol propice à l’agriculture, mais dans
certains cas, cela s’accompagne de la création d’une semelle de labour néfaste que le semis direct permet d’éviter (en présence d’un telle semelle de labour, le passage d’une sous-soleuse, ou d’un décompacteur est parfois nécessaire ou utile les premières années de semis-direct.
Rentabilité[modifier]
Le semis direct, sous couvert si possible, diminue fortement la consommation de carburant et d’intrants
à l’hectare, nécessite un investissement matériel beaucoup plus faible
par hectare, et peut aussi être adapté a des exploitations en traction
animale. Il est notamment apprécié par la communauté amish
qui refuse d’utiliser des véhicules à moteur, car il leur permet de
grandes économies de chevaux et de main d’œuvre. Il diminue la fatigue
de l’agriculteur et le nombre d’heures de travail ainsi que les besoins
de main-d’œuvre, tout en allongeant la durée de vie des tracteurs, pour
des rendements au moins aussi élevés qu’avec le labour, et avec un
certain retour de la biodiversité, notamment favorable au petit gibier.
Le sol n’étant pas travaillé, la levée d’adventices
est en générale moindre et plus tardive qu’avec un système classique.
Certaines graines seront même dégradées plus vite sans aucun travail du
sol car exposées à de nombreuses voies de dégradation (notamment les
grosses graines) biologiques (champignons, insectes, oiseaux…). Le sol
est plus résilient face aux aléas climatiques (sécheresse en particulier). La production est plus stable, ce qui est favorable à la sécurité alimentaire.
Le semis direct est aujourd’hui pratiqué à grande échelle en Amérique
du nord dans les régions sèches ou celles sujettes à l’érosion, ainsi
qu’en Australie, en Amérique du sud (notamment au Brésil 50% des
surfaces sont cultivées en SD), que ce soit dans de grandes
exploitations ou de plus modestes.
Difficultés[modifier]
La technique commence à être bien maîtrisée, les principales difficultés sont
un délai de 2 à 5 ans, voire plus pour retrouver un sol vivant normal, après l’arrêt du labour et sous-solage
la lutte contre les graminées, herbes a germination superficielles
peut être plus difficile, notamment si la rotation des cultures n’est
pas assez diversifiée. la dynamique des populations de mauvaises herbes
étant très différente de celle de parcelles travaillées, les techniciens
sont souvent peu formés au désherbage d’herbes nouvelles et a de
nouvelles rotations a mettre en place
dont les œufs ne sont plus enfouis par le labour, est parfois délicate
les premières années de semis direct, mais est souvent ensuite aidée par
la recrudescence des carabes et autres prédateurs favorisés par la technique si l’agriculteur n’abuse pas d’insecticides
la lutte contre les mulots et campagnols peut aussi poser des problèmes dans les régions où il y a peu de prédateurs1.
le réchauffement des sols est nettement plus lent car les sols
restent beaucoup plus humides que ceux travaillés, le principal impact
du travail du sol étant l’aération et le dessèchement, dessèchement qui
est la principale voie de désherbage permise par le labour
un frein psychologique important, l’agriculteur considérant le travail du sol comme son principal travail
le peu de référence en France sur le semis direct à long terme, la
technique étant souvent confondue avec les TCS et TSL, techniques de
travail superficiel du sol qui regroupent parfois les inconvénients du
labour et du semis direct
la minéralisation des engrais est également différente, ce qui
demande une adaptation des méthodes de fumures (en particulier
l’enfouissement localisé de certains engrais)
à la machine, directement dans la couverture végétale de la culture
précédente, laissée en place pour protéger le sol (sans désherbage, si
celle-ci est sensible au gel hivernal) ;
à la main avec une canne de semis, en plantant à travers la couche
de végétaux morts laissés en surface (dans le cas du maraichage ou d’une
agriculture familiale).
C’est une technique particulièrement efficace sur les sols arides, qui sont très rapidement détruits par le labour. En cas de mise en vraie jachère,
les sols qui retiennent le mieux l’eau sont ceux qui ont été cultivés
en semis direct, et là où le labour appauvrit le sol en matière
organique, le semis direct permet une lente restauration de cette
matière organique, ce qui contribue à restaurer la fonction de puits de carbone
des sols. Le semis direct est pour toutes ces raisons et parce qu’il
est plus rentable et lucratif encouragé et en plein développement par
exemple au Maroc2.
Dans le domaine de la sylviculture[modifier]
La notion de semis direct, s’oppose à celle de semis en pépinière.
Dans le premier cas la graine est plantée directement dans les sols.
Dans le second, la graine germe en milieu contrôlé, et le jeune plant
est planté avec sa motte de terre; La seconde moitié du XXe siècle
a été en Europe et notamment en France marquée par une phase de
plantation intensive. Elle a détrôné les techniques de semis direct
considérés comme trop aléatoires. (voir article Sylviculture) pour en
savoir plus à ce propos.
Après la régénération naturelle, le semis direct est la technique qui a été la plus utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle.
Pour être efficace il demande une bonne compréhension et maîtrise des
risques de prédation des graines et jeunes arbres et une compétence en
matière de préparation des graines, savoir et savoir-faire qui pour
partie existent chez les pépiniéristes et sylviculteurs.
– Le semis direct n’implique pas d’obligation de semer des essences
adaptées au substrat et au climat, mais on peut alors compter sur la
sélection naturelle pour éliminer les espèces inadaptées et permettre la
réapparition spontanée d’essences locales. – Le semis direct n’implique
pas non plus le choix d’essences locales, il peut donc permettre
l’introduction d’essences peu favorables à la biodiversité (essences
introduites, adaptés au contexte édaphique, mais non aux écosystèmes
qu’ils risquent de perturber ou dégrader), voire d’espèces qui
pourraient devenir invasives.
Le contexte climatique incertain et l’importance croissante donnée à
la biodiversité et donc à la sélection naturelle (dont comme facteur de
résilience écologique de la forêt) a – comme en agriculture – redonné de
l’intérêt au semis direct, à nouveau considéré comme méthode de
régénération artificielle efficace et économique par exemple pour la
conversion de pessières en peuplements mélangés comprenant des feuillus sciaphiles (hêtre en particulier)
Comme il était presque tombé en désuétude après 1918, le semis direct
n’a pas fait l’objet d’études scientifiques jusqu’à ce qu’à la fin du XXe siècle,
certains de ses avantages soient remis en valeur. À la suite de quoi
des études ont montré l’intérêt écologique (dans le cas d’essences
locales et adaptées au substrat), sylvicole, mais aussi économique des
méthodes affinées de semis direct
Des études, parfois divergentes dans leurs conclusions, avaient porté
sur le facteurs et conditions de réussite du semis mais on manquait de
comparaison directe des taux de survie et vigueur des arbres à moyen et
long terme, selon qu’ils soient issus de semis direct ou de pépinière ou
d’une régénération naturelle. Une étude récente3
a comparé sur une durée de 9 ans des jeunes hêtres issus de semis
directs et issus de pépinière (replantés à l’âge de 1 ans) ; les
chercheurs ont mesuré la croissance en hauteur et en diamètre, et la
biomasse sèche produite en 9 ans. Cette étude a montré qu’après 9 ans,
il n’y avait pas de différence entre les deux catégories d’arbres.
Certains arbres issus de semis avaient même rattrapé l’année de retard
qu’ils avaient par rapport aux plants (croissance d’environ 10 % plus
importante). Les auteurs concluent que les plants issus des pépinières
souffrent de la transplantation et perdent une bonne part de leur avance
dès les 10 premières années.
Conditions de réussite[modifier]
L’absence de population importante d’herbivores (ou une protection par clôture si c’est le cas), de bonnes conditions de sol (présence de champignons symbiotes, et une humidité suffisante) sont nécessaires.
De nombreux arbres (essences secondaires notamment, par opposition aux pionnières) exigent un microclimat
forestier pour pousser normalement. Pour ces espèces une plantation en
clairières de petites taille, près de lisières forestières, à l’ombre
↑ L’absence
de rapaces dans les zones de culture intensive est liée à la
disparition des arbres et des haies, perchoirs nécessaires à ces espèces
pour chasser. La plantation de poteaux en bordure de champs a permis de
réintroduire ces prédateurs et de réguler la pression des mulots et
campagnols en l’espace de deux ans. (Source: La France agricole)
↑ http://www.vulgarisation.net/76.pdf [archive]
↑ Ammer
CH., Mosandl R. 2007. Wich grow better under the canopy of Norway
spruce – planted or sown seedlings of European beech ?
[forestry.oupjournals.org Forestry] 80(4) : 385-395 (11 p., 1 tab., 5
fig., 49 réf.).
Semis direct, les secrets de la réussite (ministère de l’Agriculture de l’Ontario)
Site de l’association Base
Un abonnement nous encourage.
Pour la Suisse, 5 numéros par année de 16 pages par parution: le prix
modique de l’abonnement est de 16 Sfr.- par année (envois prioritaires)

References: § 2
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