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5A_778/2013 (01.04.2014)
5A_778/2013 � � Arr�t du 1er avril 2014
repr�sent�e par Me Roger Mock , avocat,
(mesures protectrices de l'union conjugale),
recours contre l'arr�t de la Cour de justice du canton de Gen�ve, Chambre civile, du 30 ao�t 2013.
M. B.X.________, n� en 1960, et Mme A.X.________, n�e en 1970, se sont mari�s le 26 juillet 2003. Aucun enfant n'est issu de cette union.
�Les �poux se sont s�par�s le 23 d�cembre 2011, date � laquelle le mari a quitt� le domicile conjugal.
B.a.�M. B.X.________, chef de cuisine de r�putation internationale, exploite, � C.________, le restaurant D.________ depuis 1987. D�s 1998, il a par ailleurs ouvert ou repris divers �tablissements publics, lanc� une gamme de produits en vente en grandes surfaces ainsi qu'une gamme de vins et s'est lanc� dans des croisi�res gastronomiques. Il participe en outre � de grands �v�nements.
�Apr�s sa rencontre avec M. B.X.________ en 1997, Mme A.X.________, qui est au b�n�fice d'un certificat f�d�ral de capacit� (CFC) d'employ�e de commerce et d'un certificat de cafetier et a suivi les cours de pr�paration � l'examen pour l'obtention du brevet professionnel de clerc, a travaill� dans divers �tablissements du pr�nomm�, dont D.________ SA (restaurant D.________). Le 22 mars 2012, elle a vu son contrat de travail aupr�s de cette derni�re soci�t� �tre r�sili� avec effet au 30 juin suivant. Elle a toutefois b�n�fici� de la p�riode de protection pour cause de maladie en raison d'une incapacit� de travail du 21 mars au 1
er�juin 2012, � l'�ch�ance de laquelle elle a toutefois continu� � percevoir son salaire.
B.b.�Les conjoints sont copropri�taires, � parts �gales, de G.________, immeuble occup� par du personnel de D.________ ainsi que du domaine de F.________, parcelle de 16'800 m2, dont 1000 m2 habitables, sur laquelle est �rig� un ch�teau avec des d�pendances, dont deux maisons lou�es, une piscine et un court de tennis, et dans lequel ils ont emm�nag� en 2006.
er�juin 2012, Mme A.X.________ a requis des mesures protectrices de l'union conjugale.
�Par jugement du 15 f�vrier 2013, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a autoris� les conjoints � vivre s�par�s (ch. 1), attribu� � l'�pouse la jouissance exclusive du domicile conjugal de F.________ et de son mobilier (ch. 2) et condamn� l'�poux � verser une contribution d'entretien de 30'000 fr., par mois et d'avance, d�s le 1
er�avril 2012 (ch. 3). Il a en outre donn� acte au mari de son engagement de prendre � sa charge les int�r�ts et amortissements hypoth�caires de la propri�t� de F.________ et de l'immeuble de G.________, ainsi que les frais d'entretien usuels aff�rant � ce dernier, et l'y a condamn�, en tant que de besoin (ch. 4 et 5). Il a prononc� ces mesures pour une dur�e ind�termin�e (ch. 6), sous suite de frais et d�pens (ch. 7) et d�bout� les parties de toutes autres conclusions (ch. 8).
�Les �poux X.________ ont chacun appel� du chiffre 3 du dispositif, le mari contestant en outre le chiffre 8.
�Le 29 avril 2013, la Chambre civile de la Cour de justice du canton de Gen�ve a suspendu partiellement l'effet ex�cutoire attach� au chiffre 3 pour toute contribution d'entretien d�passant 15'000 fr. par mois.
�Statuant sur les appels le 30 ao�t 2013, elle a r�form� le jugement de premi�re instance en ce sens qu'elle a astreint M. B.X.________ � verser la somme de 65'700 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 au 31 ao�t 2013 et, d�s le 1
er�septembre 2013, une contribution d'entretien de 20'000 fr. par mois et d'avance.
Mme A.X.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Elle conclut principalement � ce que son �poux soit condamn� � lui payer 36'000 fr. par mois, avec effet r�troactif au 1
er�avril 2012, ainsi que la somme de 420'000 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 au 30 novembre 2013, sous d�duction du montant de 65'000 fr. d�j� vers�. Elle demande subsidiairement le renvoi de la cause pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
�L'intim� propose principalement l'irrecevabilit� du recours et subsidiairement son rejet. L'autorit� cantonale se r�f�re aux consid�rants de son arr�t. Invit�e � se d�terminer sur la r�ponse, la recourante a r�pliqu� par �criture du 24 f�vrier 2014. L'intim� a dupliqu� le 7 mars 2014. La recourante n'a pas fait de nouvelles observations.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395 s.) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure (art. 75 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution d'entretien en faveur du conjoint, � savoir une affaire p�cuniaire, dont la valeur litigieuse requise est atteinte (art. 51 al. 1 ch. 4 et 74 al. 1 let. b LTF). La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF). Le recours en mati�re civile est ainsi en principe recevable.
2.1.�D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur le prononc� de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC), lesquelles sont consid�r�es comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e. Il n'examine en outre les griefs de violation de droits constitutionnels que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (" R�geprinzip ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Le recourant qui se plaint de la violation d'un droit fondamental ne peut donc se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� cantonale, mais doit d�montrer ses all�gations par une argumentation pr�cise (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s.; 133 II 396 consid. 3.2 p. 400).
2.2.�Plus particuli�rement, le recourant qui entend invoquer que les faits ont �t� �tablis de mani�re manifestement inexacte doit d�montrer que ceux-ci sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst., conform�ment au principe d'all�gation (cf. supra consid. 2.1; ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252). Une critique des faits qui ne satisfait pas � cette exigence est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF).
La recourante produit quatre pi�ces dont elle pr�tend qu'elles ne devraient pas tomber sous le coup de l'interdiction de l'art. 99 al. 1 LTF. Le 10 mars 2014, elle a en outre d�pos�, en compl�ment de sa r�plique, une estimation provisoire des revenus de l'intim� pour l'ann�e 2011.
3.1.�Selon l'art. 99 al. 1 LTF, aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut �tre pr�sent� � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente.
3.2.�En se bornant � exposer que les pi�ces nouvelles produites sont recevables car il s'agit de " moyens de droit visant � renforcer et � d�velopper son point de vue juridique ", la recourante n'all�gue, ni a fortiori ne d�montre, qu'elles r�sulteraient de la d�cision querell�e; d�s lors et ind�pendamment de leur pertinence, elles ne peuvent �tre prises en consid�ration qu'elles soient post�rieures � l'arr�t querell� (pi�ces 2 et 3 dat�es du 15 octobre 2013: simulation fiscale pour l'ann�e 2012; salarium - calculateur individuel de salaire) ou ant�rieures et non produites en instance cantonale (pi�ce 4 du 25 juin 2013: lettre relative � la restitution d'un v�hicule; pi�ce 5: proc�s-verbal d'audience de comparution personnelle du 12 juin 2013 dans la cause c/3337/2013-9 en restriction du pouvoir de disposer et en ex�cution du devoir de renseigner). Il en va de m�me des faits qui se fondent sur ces pi�ces.
3.3.�L'estimation provisoire des revenus bruts de l'intim� pour l'ann�e 2011, d�pos�e par la recourante le 10 mars 2014, soit hors du d�lai qui lui �tait imparti pour se d�terminer sur la r�ponse est irrecevable et constitue au demeurant une pi�ce nouvelle.
4.1.1.�La Cour de justice a condamn� le mari � verser 65'700 fr. � titre de solde de la contribution d'entretien pour la p�riode du 1
er�avril 2012 (dies a quo admis par les parties) au 31 ao�t 2013 (date de la fin pr�sum�e de la pr�sente proc�dure devant elle). D�s le 1
er�septembre 2013, elle l'a astreint au paiement d'une rente de 20'000 fr. par mois.
4.1.2.�Dans son calcul, elle a d'abord retenu que, selon leurs conclusions et leur argumentation, les �poux n'avaient pas envisag� de d�terminer le montant des aliments en vue de maintenir leur train de vie, conform�ment � la m�thode pr�conis�e par la jurisprudence f�d�rale. Ils auraient en effet d� exposer pr�cis�ment leurs d�penses mensuelles, ce qu'ils n'avaient pas fait. Ils avaient, au contraire, admis que la quotit� de la contribution d'entretien correspondrait au montant de leurs revenus cumul�s, loyers de F.________ inclus, divis�s par deux, apr�s la prise en consid�ration de certaines imputations sur lesquelles ils divergeaient toutefois. Cela �tant, et en vertu de la maxime des d�bats applicable � la proc�dure, l'autorit� cantonale s'est autoris�e � appliquer la m�thode ainsi choisie, en lieu et place de celle fond�e sur le maintien du train de vie avant la s�paration.
4.1.3.�Elle a ainsi d'abord arr�t� � 940'000 fr. les revenus annuels nets moyens des conjoints (mari: 819'750 fr., arrondis � 820'000 fr.; femme: 120'000 fr.), auxquels elle a ajout� 36'000 fr. � titre de loyers des d�pendances de F.________. Puis elle a port� en d�duction les charges hypoth�caires annuelles relatives � ce bien, qu'elle a chiffr�es � 153'716 fr. (int�r�ts: 108'969 fr.; amortissement: 44'747 fr.). Elle en a conclu que les revenus disponibles des parties s'�levaient, avant la s�paration, � 822'284 fr. (976'000 fr. - 153'716 fr.).
�Consid�rant que la vie s�par�e avait toutefois engendr� des frais suppl�mentaires et que la composition du revenu de l'�pouse s'�tait modifi�e depuis le 1er avril 2012, elle a ensuite distingu� deux p�riodes (du 1er avril 2012 au 31 ao�t 2013 et d�s le 1er septembre 2013).
4.1.4.�Pour celle courant�
du 1er avril 2012 au 31 ao�t 2013(dix-sept mois), elle a tenu compte du fait que, apr�s la s�paration, les charges du mari avaient augment� de 28'500 fr. du 1
er�avril au 30 juin 2012 (9'500 fr. par mois pour la location d'une chambre dans un h�tel cinq �toiles), puis de 154'910 fr. du 1
er�juillet 2012 jusqu'� la fin ao�t 2013 (11'065 fr. par mois pour le loyer d'un appartement de six pi�ces). Elle a d�duit ces nouvelles d�penses (183'410 fr.) des revenus aff�rant � cette p�riode (1'164'902 fr. arrondis [822'284 fr. : 12 mois x 17 mois]), ce qui repr�sentait un solde disponible de 981'492 fr., soit 490'746 fr. pour chaque conjoint. Elle a encore retranch� les sommes per�ues par l'appelante � titre de salaire et/ou indemnit�s journali�res (170'000 fr., soit 10'000 fr. nets par mois x 17 mois) ainsi que les contributions d'entretien effectivement vers�es par le mari (255'000 fr., soit 15'000 fr. x 17 mois). Le solde encore d� par ce dernier s'�levait ainsi � 65'746 fr., arrondis � 65'700 fr.
4.1.5.�Pour la p�riode courant�
d�s le 1er septembre 2013, la Chambre civile a jug� que l'�pouse n'allait vraisemblablement plus percevoir son salaire d�s lors que son contrat de travail avait �t� r�sili� et qu'elle n'�tait pas en incapacit� de travail.
�Elle a toutefois retenu que, dans un premier temps, l'int�ress�e pouvait pr�tendre � des indemnit�s de ch�mage, arr�t�es � 7'200 fr. par mois en chiffres ronds. Le montant des revenus disponibles avant la s�paration (822'284 fr.), qui avait d�j� subi une premi�re diminution � la suite de la location de l'appartement du mari (132'780 fr. par an), accusait ainsi une seconde r�duction r�sultant de la perte de revenus de l'�pouse (120'000 fr.), att�nu�e n�anmoins par la perception de ces indemnit�s de ch�mage (86'400 fr. par an [7'200 fr. x 12]), ce qui portait le solde annuel � disposition des parties � 655'904 fr., dont la moiti� pour l'appelante, soit 327'952 fr., duquel il fallait toutefois encore retrancher les indemnit�s de ch�mage (86'400 fr.). La contribution d'entretien devait ainsi �tre arr�t�e � 241'552 fr. par an ou 20'129 fr. 33 par mois, arrondis � 20'000 fr.
�Dans un second temps, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'au regard de ses capacit�s, de ses comp�tences multiples et de son exp�rience, l'�pouse devait �tre en mesure de retrouver, dans un avenir proche, c'est-�-dire d�s le 1
er�d�cembre 2013, une activit� lucrative dans l'h�tellerie et la restauration. Recourant au " calculateur de salaire en ligne pour le canton de Gen�ve ", elle lui a imput� un revenu hypoth�tique net de 7'083 fr. par mois, arrondi � 7'000 fr. Compte tenu des d�ductions � op�rer (120'000 fr. [salaire de la femme]; 132'780 fr. [loyer du mari]), les revenus disponibles des parties s'�levaient ainsi � 653'504 fr. (822'284 fr. - 252'780 fr. + 84'000 fr. [7'000 fr. x 12 mois]), dont la moiti� pour l'appelante (326'752 fr.). Eu �gard � son revenu hypoth�tique (84'000 fr.), cette derni�re avait d�s lors droit � 242'752 fr., ou 20'229 fr. 33 par mois, arr�t�s � 20'000 fr.
4.2.�La recourante, qui pr�tend � l'allocation d'une contribution d'entretien de 36'000 fr. par mois � partir du 1
er�avril 2012, taxe ce raisonnement d'insoutenable (art. 9 Cst.).
La recourante reproche d'abord � l'autorit� cantonale de s'�tre �cart�e sans motif de la jurisprudence selon laquelle, en cas de situations financi�res favorables, il y a lieu de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien du niveau de vie ant�rieur ou, � tout le moins, de garantir � chacun des �poux un train de vie semblable.
5.1.�Selon la jurisprudence, si la situation financi�re des �poux le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Quand il n'est pas possible de le conserver, les �poux ont droit � un train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa p. 318; arr�t 5A_710/2009 du 22 f�vrier 2010 consid. 4.1 non publi� aux ATF 136 III 257).
�Le l�gislateur n'a pas arr�t� de mode de calcul pour fixer le montant de la contribution d'entretien. Selon la jurisprudence, en cas de situation financi�re favorable, il faut se fonder sur les d�penses indispensables au maintien des conditions de vie ant�rieures de l'�poux cr�ancier, m�thode qui implique un calcul concret (arr�ts 5A_41/2011 du 10 ao�t 2011 consid. 4.1; 5A_27/2009 du 2 octobre 2009 consid. 4; 5A_288/2008 du 27 ao�t 2008 consid. 5.4).
�En mesures protectrices, � l'instar de ce qui vaut en mati�re de fixation de la contribution d'entretien apr�s divorce, il est toutefois admissible de s'�carter d'un calcul selon les d�penses concr�tes lorsque les �poux d�pensaient l'entier de leurs revenus, ce qui est le cas lorsqu'il est �tabli qu'ils ne r�alisaient pas d'�conomies, lorsque l'�poux d�biteur �choue � d�montrer l'existence de telles �conomies ou encore lorsqu'en raison des frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s et de nouvelles charges, le revenu est enti�rement absorb� par l'entretien courant. En effet, dans ce cas, la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition, en fonction des circonstances concr�tes, de l'exc�dent entre les �poux permet de tenir compte ad�quatement du niveau de vie ant�rieur et des restrictions � celui-ci qui peuvent �tre impos�es � chacun des �poux (arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.3 et les r�f�rences).
�Chacun des �poux ayant droit � un train de vie semblable, l'exc�dent devrait en principe, en l'absence d'enfants, �tre r�parti entre eux par moiti� (arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6.3 et les r�f�rences).
5.2.�Dans le cas d'esp�ce, se r�f�rant aux conclusions et � l'argumentation des parties, la Cour de justice a consid�r� que celles-ci n'avaient pas envisag� de d�terminer le montant de la contribution en vue de maintenir leur train de vie, conform�ment � la jurisprudence, mais avaient admis, au contraire, qu'il correspondrait � la somme de leurs revenus annuels, loyers de F.________ inclus, divis�e par deux, apr�s la prise en consid�ration de certaines imputations. La proc�dure �tant soumise � la maxime des d�bats en l'absence d'enfants mineurs, elle s'est d�s lors autoris�e � appliquer cette derni�re m�thode, au lieu de se fonder sur le maintien du train de vie avant la s�paration.
5.3.�Vu ces consid�rations, la recourante se m�prend lorsqu'elle pr�tend que l'autorit� cantonale aurait �cart� - sans motif - la m�thode bas�e sur le maintien du train de vie. Elle ne soutient par ailleurs pas, dans un grief motiv� conform�ment aux exigences (supra, consid. 2), que les juges auraient interpr�t� de fa�on insoutenable les conclusions et l'argumentation des parties en retenant que celles-ci ont choisi de ne pas fixer la contribution selon le train de vie, mais selon leur propre m�thode, ni qu'ils seraient tomb�s dans l'arbitraire en s'autorisant � suivre cette derni�re.
�Cela �tant, vu son pouvoir d'examen limit� (supra, consid. 2), la cour de c�ans se bornera � examiner - dans la mesure des griefs soulev�s (supra, consid. 2) - si les consid�rations de la Chambre civile quant aux revenus des �poux et aux d�ductions op�r�es sont arbitraires (dans le m�me sens: arr�t 5A_291/2013 du 27 janvier 2014 consid. 6), c'est-�-dire si sa d�cision est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5; 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318/319 et les r�f�rences).
Dans ce cadre, la recourante reproche � l'autorit� cantonale de n'avoir arbitrairement pas admis que les " frais courants " du couple �taient, avant la s�paration, pris en charge par les soci�t�s du " groupe X.________ " et le seront toujours en ce qui concerne son mari.
6.1.�Il ressort du jugement de premi�re instance que la recourante a �t� d�bout�e sur cette question. Les premiers juges ont en effet retenu qu'en l'�tat du dossier, il n'y avait aucune raison de mettre en doute les chiffres relatifs aux revenus des parties contenus dans les d�clarations fiscales et que, d�s lors, � d�faut de preuve contraire, il fallait consid�rer les d�penses comptabilis�es dans les comptes des soci�t�s comme justifi�es professionnellement (notamment les frais li�s aux v�hicules, les frais de restaurant, les frais de nourriture, les frais de personnel et les frais li�s � l'entretien de la propri�t� de F.________) et non pas que, en contradiction avec la r�glementation en vigueur, les d�penses priv�es du couple - que l'�pouse n'avait au demeurant pas chiffr�es - y �taient comptabilis�es de mani�re indue.
6.2.�Il n'appara�t pas que la Cour de justice ait �t� saisie de cette question. La recourante ne pr�tend en tout cas pas qu'elle aurait soulev� l'argument en discussion dans son appel, sur lequel l'autorit� cantonale ne serait pas entr�e en mati�re. Le grief est ainsi nouveau et, partant, irrecevable faute d'�puisement des moyens (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429).
La recourante taxe d'insoutenables les consid�rations de l'arr�t cantonal qui lui imputent un revenu hypoth�tique de 7'840 fr. Elle conteste tant le principe que le calcul de ce dernier.
7.1.�La Cour de justice a consid�r� que, compte tenu de son �ge (43 ans), de sa formation (CFC d'employ�e de commerce, cours de clerc d'avocat, certificat de cafetier), de l'exp�rience professionnelle acquise de 1997 � 2012 au c�t� de son mari ainsi que des capacit�s et comp�tences multiples qu'elle avait d�montr�es sur de nombreux plans (organisation du groupe, ressources humaines, communication, contr�le de qualit�, gestion informatique, comptabilit�, relations avec les prestataires de services et les fournisseurs, d�veloppement et gestion des soci�t�s du groupe, relation clients), l'�pouse �tait en mesure de retrouver une activit� lucrative - � temps plein - dans l'h�tellerie et la restauration, voire le secr�tariat de direction, d�s le 1
er�d�cembre 2013. Elle a fix� le montant du revenu hypoth�tique � 7'000 fr. sur la base du " calculateur de salaire en ligne pour le canton de Gen�ve ", charges sociales et de deuxi�me pilier selon le pourcentage pr�lev� en 2012 d�duites.
7.2.�Autant que la recourante pr�tend que l'�quit� exigerait que l'on ne lui impute pas un revenu hypoth�tique, sa critique est appellatoire et, partant, irrecevable (supra, consid. 2).
7.3.�Pour le surplus, elle reproche � l'autorit� cantonale de ne pas s'�tre pench�e sur les possibilit�s effectives de r�aliser un tel revenu. Elle pr�tend � cet �gard qu'elle ne retrouvera jamais les conditions de travail qu'elle avait en oeuvrant au c�t� de son mari, qu'elle n'a qu'un CFC d'employ�e de commerce, qu'elle n'a jamais pratiqu� comme clerc d'avocat et que " peu d'�tablissements seront enclins � l'engager de peur de contrarier celui qui r�gne sur l'univers de la restauration � Gen�ve ". Se r�f�rant au " Salarium - calculateur individuel de salaires " de la Conf�d�ration, elle soutient par ailleurs que le revenu brut moyen de femmes ayant son exp�rience et son �ge s'�l�ve � environ 6'000 fr. par mois, soit 5'415 fr. apr�s d�duction de 9,65 % de charges sociales et de deuxi�me pilier. Ce faisant, elle se contente d'opposer de fa�on appellatoire sa propre appr�ciation des faits et son propre calcul sans d�montrer en quoi les consid�rations de l'autorit� cantonale � ce sujet seraient insoutenables (supra, consid. 2). Le grief est d�s lors irrecevable.
La recourante pr�tend qu'il " n'est pas acceptable " que le loyer de l'intim� soit port� en d�duction des revenus cumul�s des �poux, alors que les frais d'entretien courants (�lectricit�, assurance-incendie, chauffage, jardinage, approvisionnement en eau, taxes communales et cantonales, entretien de la piscine, personnel de maison) - qu'elle estime � 15'000 fr. par mois - de la luxueuse propri�t� de F.________, dont la jouissance lui a �t� attribu�e, sont � sa seule charge.
8.1.�Partant du principe que les frais li�s � l'entretien de F.________, comptabilis�s dans les comptes des soci�t�s du " groupe X.________ ", �taient justifi�s professionnellement, les premiers juges ont consid�r� que l'�pouse ne pouvait pr�tendre � ce qu'ils soient pris en charge par le biais d'une contribution d'entretien.
8.2.�Il n'appara�t pas que la Chambre civile ait �t� saisie de cette question. La recourante ne pr�tend en tout cas pas qu'elle aurait soulev� l'argument en discussion dans son appel, sur lequel l'autorit� cantonale ne serait pas entr�e en mati�re. Le grief est ainsi nouveau et, partant, irrecevable faute d'�puisement des moyens (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429). Cela �tant, la critique de la recourante selon laquelle il ne se justifierait pas de porter en d�duction des revenus du couple les d�penses de loyers de l'intim�, motif pris qu'elle supporte les frais d'entretien de F.________, tombe � faux ou, en tous les cas, ne d�montre pas le caract�re insoutenable des consid�rations de l'autorit� cantonale sur ce point.
La recourante conteste que les amortissements relatifs aux biens en copropri�t� soient d�duits des revenus cumul�s du couple. Elle pr�tend que l'intim� doit les prendre " sur sa quote-part ", comme il s'y �tait d'ailleurs lui-m�me engag� et y avait �t� condamn� en premi�re instance.
9.1.�Force est de relever que la critique de la recourante n'a d'objet que dans la mesure o� elle porte sur l'imputation de l'amortissement de F.________. Il ne r�sulte en effet pas de l'arr�t entrepris que l'autorit� cantonale ait tenu compte dans son calcul de l'amortissement de G.________, dont le jugement de premi�re instance - qui n'a pas �t� attaqu� sur ce point - a au demeurant pris acte qu'il serait support� par l'intim�.
9.2.�S'agissant de l'amortissement de F.________ (44'747 fr.), il appara�t que la recourante a contest� en appel le fait que le juge de premi�re instance l'ait port� en d�duction des revenus cumul�s des parties, alors que son mari avait accept� d'en assumer la charge. La Cour de justice a d'abord rappel� la jurisprudence selon laquelle l'amortissement d'une hypoth�que li�e � un immeuble peut �tre inclus dans les charges lorsque les circonstances financi�res le permettent, hypoth�se r�alis�e en l'esp�ce, ainsi que le reconna�t d'ailleurs aussi la recourante. Elle a ensuite consid�r� que cette d�duction �tait justifi�e, le bien �tant en copropri�t� des �poux. La recourante ne d�montre pas le caract�re insoutenable de ce motif (cf. supra, consid. 2). Elle se contente d'opposer p�remptoirement que le montant qui lui a �t� allou� � titre de contribution ne lui permet ni de maintenir son train de vie ni de b�n�ficier d'un train de vie semblable � celui de son �poux - critique au demeurant irrecevable (supra, consid. 5) -, que " le mode de proc�der " de l'autorit� cantonale " est d'autant plus curieux " que le tribunal de premi�re instance a donn� acte � l'intim� de son engagement de payer " le montant des int�r�ts et de l'amortissement hypoth�caire de la propri�t� de F.________ " et qu'elle " ne voit pas pourquoi le paiement d'amortissements, qui servent � la constitution d'un patrimoine suppl�mentaire ", et dont le montant est �lev�" devrait primer sur sa contribution d'entretien, respectivement pr�vaudrait sur le maintien de son train de vie ".
Il ne ressort pas de l'arr�t entrepris que la recourante se serait plainte en appel du fait que sa charge fiscale future n'aurait pas �t� prise en consid�ration. En tous les cas, la recourante n'affirme pas qu'elle aurait soulev� une telle question sur laquelle la Cour de justice n'aurait pas statu�. Nouveau, le grief est irrecevable (art. 75 al. 1 LTF; cf. ATF 135 III 424 consid. 3.2 p. 429).
La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir ni� que le������non-paiement de son salaire entra�nera une augmentation des revenus de son mari et d'avoir revu " � la baisse le total des revenus annuels � disposition des parties. En d'autres termes, elle conteste que, pour la p�riode courant d�s le 1
er�septembre 2013, le salaire annuel qu'elle percevait de D.________ SA avant la r�siliation de son contrat de travail (120'000 fr.) soit port� en d�duction des revenus cumul�s.
11.1.�La Cour de justice a jug� que la perte d'emploi de l'appelante conduisait � une r�duction des ressources financi�res pour les parties, sans toutefois impliquer une r�duction des charges salariales de D.________ SA, domin�e par le mari, parce que la soci�t� devrait engager du personnel de remplacement charg� d'effectuer les prestations professionnelles fournies auparavant par l'�pouse pour une r�mun�ration vraisemblablement du m�me ordre que celle de cette derni�re, soit 10'000 fr. nets par mois.
11.2.�Lorsque la recourante soutient que le salaire annuel qu'elle percevait se justifiait par son d�vouement constant, sa disponibilit� permanente et par le fait qu'elle dirigeait d'un point de vue strat�gique, aux c�t�s de son �poux, l'ensemble des soci�t�s du groupe, elle se fonde sur un fait nouveau qui ne ressort pas de l'arr�t entrepris sans qu'elle ne soul�ve aucun grief � cet �gard (supra, consid. 2). Pour le surplus, elle ne conteste pas qu'elle est intervenue dans divers domaines comme l'organisation du groupe, les ressources humaines, la communication, le contr�le de qualit�, la gestion informatique, la comptabilit�, les relations avec les prestataires de services et les fournisseurs, le d�veloppement et la gestion des soci�t�s du groupe ainsi que les relations clients. Dans ces circonstances, il n'appara�t pas insoutenable de consid�rer que la soci�t� devra engager du personnel de remplacement charg� d'effectuer ces prestations pour une r�mun�ration vraisemblablement du m�me ordre.
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, supportera les frais de la proc�dure (art. 66 al. 1 LTF) et versera des d�pens � l'intim� (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Une indemnit� de 3'500 fr., � verser � l'intim� � titre de d�pens, est mise � la charge de la recourante.

References: ATF 
 art. 106
 ATF 
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