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Ordonnance du 09 juillet 1983 portant institution d un Code Pénal - PDF
Ordonnance du 09 juillet 1983 portant institution d un Code Pénal
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1 Ordonnance du 09 juillet 1983 portant institution d un Code Pénal 1/93
2 SOMMAIRE ORDONNANCE N DU 9 JUILLET 1983 PORTANT INSTITUTION D UN CODE PENAL....5 LIVRE PREMIER...5 CHAPITRE PREMIER...5 CHAPITRE II - Des peines en matière correctionnelle...10 CHAPITRE III- Des peines et des autres condamnations Qui peuvent être prononcées pour crimes ou délits...11 CHAPITRE IV- Des peines de la récidive pour crimes et délits...13 LIVRE SECOND...14 CHAPITRE UNIQUE - Des personnes punissables, excusables, ou responsables pour crimes ou pour délits...14 LIVRE TROISIEME -DES CRIMES ET DELITS ET DE LEUR PUNITION...17 TITRE PREMIER -CRIMES ET DELITS CONTRE LA CHOSE PUBLIQUE...17 CHAPITRE PREMIER - Crimes et délits contre la sûreté de l'etat...17 SECTION PREMIERE -Des crimes de trahison et d'espionnage...17 SECTION Il -Des autres atteintes à la défense nationale...18 SECTION III- Des attentats, complots et autres infractions contre l'autorité de l'etat et l'intégrité du territoire national...20 SECTION IV : Des crimes tendant à troubler l'etat par le massacre ou la dévastation...21 SECTION V : Des crimes commis par la participation à un mouvement insurrectionnel...22 SECTION VI : Dispositions diverses...22 CHAPITRE Il - Des attroupements...24 CHAPITRE III - Des délits et crimes contre la constitution...26 SECTION PREMIERE - Des crimes et délits relatifs à l'exercice des droits civiques...26 SECTION Il - Attentats à la liberté...26 SECTION III - Coalition de fonctionnaires...27 SECTION IV - Empiétement des autorités administratives et judiciaires...28 CHAPITRE IV - Des crimes et délits contre la paix publique...30 SECTION I -faux et contrefaçons Fausse monnaie Contrefaçon des sceaux de l'etat, de billets de banque, des effets publics et des poinçons, timbres et marques Des faux en écriture publique ou authentique Du faux en écriture privée, du commerce ou de banque Des faux commis dans certains documents administratifs, dans les feuilles de route et certificats...33 Dispositions communes...36 SECTION II - De la forfaiture et des crimes et délits des fonctionnaires publics dans l'exercice de leurs fonction Des soustractions commises par les dépositaires publics Des concussions commises par les fonctionnaires publics Les délits de fonctionnaires qui se seront ingérés dans les affaires ou commerce incompatibles avec leur qualité De la corruption des fonctionnaires publics et des employés des entreprises privées Première classe : Des abus d'autorité contre les particuliers /93
3 Deuxième classe: Des abus d'autorité contre chose publique De quelques délits relatifs à la tenue des actes de l'état civil De l'exercice de l'autorité publique illégalement anticipé ou prolongé Dispositions particulières...42 SECTION III - Résistance, désobéissance et autres manquements envers l'autorité publique Rébellion Outrages et violences envers les dépositaires de l'autorité ou de la force publique Refus d'un service du légalement Evasion de détenus, ou de prisonniers de guerre Bris de scellés et enlèvement de pièces dans les dépôts publics Dégradation de monuments Usurpation de titres ou fonctions Usage irrégulier de titres Pratique de la sorcellerie, magie ou charlatanisme...50 SECTION IV : Association de malfaiteurs, vagabondage et mendicité Association de malfaiteurs Vagabondage Mendicité Dispositions communes aux vagabonds et mendiants...52 SECTION V : De l'outrage aux bonnes mœurs commis notamment par la voie de la presse et du livre...53 TITRE II : CRIMES ET DELITS CONTRE LES PARTICULIERS...56 CHAPITRE PREMIER : Des crimes et délits contre les personnes...56 SECTION I : Meurtres et autres crimes capitaux, menaces d attentat contre les personnes Meurtre, assassinat, parricide, infanticide, empoisonnement Menaces SECTION Il : Blessures et coups volontaires non qualifiés meurtres, et autres crimes et délits volontaires...57 SECTION III - Homicide, blessures et coups involontaires, crimes et délits excusables, et cas où ils ne peuvent être excusés; homicide, blessures et coups qui ne sont ni délits ni crimes...60 I. Homicide, blessures et coups involontaires Crimes et délits excusables et cas où ils peuvent être excusés Homicide, blessures, et coups non qualifiés crimes ni délits...62 SECTION IV : Attentats aux mœurs de l'islam...62 Hérésie, apostasie, athéisme, relus de prier, adultère...62 SECTION V : Arrestations illégales et séquestrations de personnes...66 SECTION VI : Crimes et délits tendant à empêcher ou à détruire la preuve de l'état civil d'un enfant ou a compromettre son existence. 1 enlèvement de mineurs Infractions aux lois sur les inhumations Crimes et délits envers l'enfant Enlèvement de mineurs Abandon de famille Infraction aux lois sur les inhumations CHAPITRE II...71 SECTION : Alcoolisme, calomnie, faux témoignage et révélation de secret professionnel Alcoolisme, calomnie, faux témoignage Calomnies, injures, révélation de secrets /93
4 SECTION Il : Banqueroute, escroquerie, et autres espèces de fraudes Banqueroutes et escroqueries Abus de confiance Infractions aux règlements sur les maisons de jeu, les loteries et les maisons de prêt sur gage Entraves apportées à la liberté des enchères Violation des règlements relatifs aux manufactures, au commerce et aux arts Délits de fournisseurs...85 SECTION III - Destructions, dégradations, dommages...86 SECTION IV : Recel...90 Dispositions générales...90 LIVRE IV : CONTRAVENTIONS DE POLICE ET PEINES...92 CHAPITRE PREMIER- Des peines...92 CHAPITRE Il - Contraventions et peines...92 DISPOSITIONS GENERALES /93
5 CODE PENAL ORDONNANCE n du 9 juillet 1983 portant institution d un Code Pénal. Le Comité militaire de salut national a délibéré et adopté; Le Président du Comité militaire de salut national, chef de l'etat, promulgue l'ordonnance dont la teneur suit: LIVRE PREMIER CHAPITRE PREMIER ARTICLE PREMIER. - Le crime comprend trois catégories: - des crimes passibles des peines correctionnelles; - des crimes passibles des peines criminelles houdoud; - des crimes passibles des peines de Guissass ou la Diya prix du sang. ART Toute tentative de crime qui aura été manifestée par un commencement d'exécution, si elle n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est considérée comme crime passible des peines correctionnelles. ART Les tentatives de délits ne sont considérées comme délits que dans les cas déterminés par une disposition spéciale de la loi. ART Nulle contravention, nul délit, nul crime, ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas prononcées par la loi avant qu'ils fussent commis. ART En cas de confusion de plusieurs crimes ou délits, la peine la plus forte est seule prononcée. Lorsqu'une peine principale fait l'objet d'une remise gracieuse, il y a lieu de tenir compte, pour l'application de la conclusion des peines, de la peine résultant de la commutation et non de la peine initialement prononcée. ART Les peines en matière criminelle sont ou afflictives et infamantes ou seulement infamantes. ART La mort, l'amputation, la flagellation, les travaux forcés à perpétuité, les travaux forcés à temps, la réclusion sont des peines afflictives et infamantes. ART La dégradation civique est une peine infamante. 5/93
6 ART Les peines en matière correctionnelle sont: 1. L'emprisonnement à temps ; 2. L'interdiction à temps de certains droits civiques civils ou de famille; 3. L'amende; 4. L'interdiction de séjour. ART La condamnation aux peines établies par la loi est toujours prononcée sans préjudice des restitutions et dommages-intérêts qui peuvent être dus aux parties. ART L'interdiction de séjour, l'amende et la confiscation, soit du corps du délit quand la propriété en appartient au condamné, soit des choses produites par le délit, soit de celles qui ont servi ou qui ont été destinées à le commettre, sont des peines communes aux matières criminelles et correctionnelles. ART Tout condamné à mort sera fusillé. ART Les corps des supplicies seront. délivrés à leurs familles, si elles les réclament, à charge par elles de les faire inhumer sans aucun appareil. ART Le procès-verbal d'exécution sera, sous peine d'une amende civile de 200 à ouguiya, dressé sur-le-champ par le greffier. Il sera signé par le président de la Cour criminelle ou son remplaçant, le représentant du ministère public et le greffier. Immédiatement après l'exécution, copie de ce procès-verbal sera affichée à la porte de l'établissement pénitentiaire où a eu lieu l'exécution et y demeurera apposée pendant vingt-quatre heures. Au cas où l'exécution aurait été faite hors de l'enceinte d'un établissement pénitentiaire, le procès-verbal en sera affiché à la porte des bureaux de la circonscription administrative du lieu d'exécution. Aucune indication, aucun document relatifs à l'exécution autres que le procès-verbal ne pourront être publiés par la voie de la presse sous peine d'une amende de à ouguiya. Il est interdit, sous la même peine tant que le procès-verbal de l'exécution n'a pas été affiché ou le décret de grâce notifié au condamné ou mentionné à la minute de l'arrêt, de publier par voie de presse, d'affiche, de tract, ou par tout autre moyen de publicité, aucune information relative aux avis émis par le Conseil supérieur de la magistrature ou à la décision prise par le Président de la République. Le procès-verbal sera, sous la même peine prévue à l'alinéa 1 er, transcrit par le greffier dans les vingt-quatre heures au pied de la minute de l'arrêt. La transcription sera signée par lui et il fera mention du tout, sous la même peine, en marge du procès-verbal; cette mention sera également signée et la transcription fera preuve, comme le procès-verbal lui-même. Si la condamnation émane d'une juridiction autre que la Cour criminelle, son président exercera les mêmes attributions pour l'application du présent article. ART L'exécution se fera soit dans l'enceinte de l'un des établissements pénitentiaires figurant sur une liste dressée par arrêté du garde des sceaux, ministre de la Justice, soit en tout autre lieu fixé dans les mêmes formes. Devront obligatoirement assister à l'exécution les personnes ci-après : 6/93
7 - le président de la Cour criminelle ou, à défaut, un magistrat désigné par le président de la Cour suprême; - l'officier du ministère public désigné par le Procureur général; - un juge du tribunal du lieu de l'exécution; - le greffier de la Cour criminelle ou, à défaut, un greffier du tribunal du lieu de l'exécution; - les défenseurs du condamné; - le directeur de l'établissement pénitentiaire - le commissaire de police s'il y a lieu, les agents de la force publique requis par le Procureur général ou par le procureur de la République; - le médecin de la prison ou, à défaut, un médecin désigné par le Procureur général ou par le Procureur de la République. ART Aucune condamnation ne pourra être exécutée les jours de fête nationale ou religieuse, ni le jour légal du repos hebdomadaire. ART Si une femme condamnée à mort se déclare et s'il est vérifié qu'elle est enceinte, elle ne subira la peine qu'après sa délivrance. ART La condamnation à la peine des travaux forcés à temps sera prononcée pour cinq ans au moins et vingt ans au plus. ART Quiconque aura été condamné à une peine privative de liberté sera enfermé dans l'un des établissements pénitentiaires situés sur le territoire de la République, qui auront été déterminés par arrêté du garde des sceaux, ministre de la Justice. Le condamné communiquera avec les personnes placées dans l'intérieur du lieu de la détention ou avec celles du dehors, conformément aux règlements en vigueur. ART La durée de la peine de la réclusion sera de cinq ans au moins et de dix ans au plus. ART La durée de toute peine privative de la liberté compte du jour où le condamné est détenu en vertu de la condamnation devenue irrévocable qui prononce la peine. ART Quand il y aura eu détention préventive, cette détention sera intégralement déduite de la durée de la peine qu'aura prononcée le jugement ou l'arrêt de condamnation, à moins que le juge n'ait ordonné par disposition spéciale et motivée que cette imputation n'aura pas lieu ou qu'elle n'aura lieu que pour partie. En ce qui concerne la détention préventive comprise entre la date du jugement ou de l'arrêt et le moment où la condamnation devient irrévocable, elle sera toujours imputée dans les deux cas suivants : 1. Si le condamné n'a point exercé de recours contre le jugement ou l'arrêt; 2. Si, ayant exercé un recours, sa peine a été réduite sur son appel ou à la suite de son pourvoi. Toutefois, le condamné dont l'incarcération, compte tenu des mesures de grâce ou de libération conditionnelle intervenues, devrait prendre fin un jour de fête légale ou un jour légal de repos hebdomadaire, sera libéré le jour ouvrable précédent. 7/93
8 ART La condamnation à une peine criminelle emportera la dégradation civique. La dégradation civique sera encourue du jour où la condamnation sera devenue irrévocable. ART Quiconque aura été condamné à la peine des travaux forcés ou de la réclusion sera, de plus, pendant la durée de sa peine, en état d'interdiction légale. Il lui sera nommé un tuteur et un subrogé tuteur pour gérer et administrer ses biens, dans les formes prescrites pour les nominations des tuteurs et subrogés tuteurs aux interdits. L'interdiction légale ne produira pas effet pendant la durée de la libération conditionnelle. ART Les biens du condamné lui seront remis après qu il aura subi sa peine, et le tuteur lui rendra compte de son administration. ART Pendant la durée de la peine, il ne pourra lui être remis aucune somme, aucune provision, aucune portion de ses revenus. ART La dégradation civique consiste : 1. Dans la destitution et l'exclusion des condamnés de toutes fonctions emplois ou offices publics; 2. Dans la privation du droit de vote, d'élection, d'éligibilité, et en général de tous droits civiques et politiques, et du droit de porter aucune décoration; 3. Dans l incapacité d'être juré expert, d'être employé comme témoin dans les actes et de déposer en justice autrement que pour y donner de simples renseignements ; 4. Dans l incapacité de faire partie d'aucun conseil de famille et d'être tuteur, curateur, subrogé tuteur ou conseil judiciaire, si ce n'est de ses propres enfants, et sur l'avis conforme de la famille; 5. Dans la privation du droit de port d'armes, de tenir école ou d'enseigner et d'être employé dans aucun établissement d'instruction, à titre de professeur, maître ou surveillant. ART Toutes les fois que la dégradation civique sera prononcée comme peine principale, elle pourra être accompagnée d'un emprisonnement dont la durée fixée par l'arrêt de condamnation n'excédera pas cinq ans. Si le coupable est un étranger ou un Mauritanien ayant perdu la qualité de citoyen, la peine de l'emprisonnement devra être prononcée. ART Tous arrêts qui porteront la peine de mort, des travaux forcés à perpétuité et à temps, la réclusion, la dégradation civique seront imprimés par extraits; ils seront affichés au chef-lieu de la circonscription administrative où les faits ont été commis, dans la ville où l'arrêt aura été rendu, dans celle où se fera l exécution et dans celle du domicile du condamné. ART Le condamné à une peine afflictive perpétuelle ne peut, sans autorisation préalable de la juridiction compétente, disposer de ses biens en tout ou partie, soit par donation entre vifs, soit par testament, ni recevoir à ce titre, si ce n'est pour cause d'aliments. Les dispositions ci-dessus ne sont applicables au condamné par défaut que cinq ans après l'affichage de l'arrêt. Le gouvernement peut relever le condamné à une peine afflictive perpétuelle de tout ou partie des incapacités prononcées par l'alinéa précédent. Il peut lui accorder l'exercice, dans le lieu d'exécution de la peine, des droits civils ou de quelques-uns de ces droits dont il a été privé par son état d'interdiction légale. 8/93
9 ART Dans tous les cas où une condamnation sera prononcée pour un crime contre la sûreté intérieure de l'etat, si cette condamnation n'emporte pas la peine de mort, les juridictions compétentes prononceront la confiscation, au profit de la Nation, de tous les biens présents du condamné, de quelque nature qu'ils soient. Dans le cas d'une condamnation à mort, ne seront saisis que les biens ayant servi à l'exécution du crime. ART Si le condamné est marié, la confiscation ne portera que sur la part du condamné dans le partage de la communauté ou des biens indivis entre son conjoint et lui. S'il a des descendants ou des ascendants à sa charge, la confiscation ne portera que sur les biens disponibles après évaluation judiciaire des frais nécessaires à l'entretien de ceux-ci. ART. 33. L aliénation des biens confisqués sera poursuivie par l administration des Domaines, dans les formes prescrites pour la vente des biens de l Etat. Les biens dévolus à l Etat de la confiscation demeureront grevés, jusqu à concurrence de leur valeur, des dettes légitimes antérieures à la condamnation. 9/93
10 CHAPITRE II - Des peines en matière correctionnelle ART la durée de la peine d emprisonnement sera au moins onze jours et de cinq années au plus, sauf les cas de récidive ou autre où la loi aura déterminé d'autres limites. La peine à un jour d emprisonnement et de vingt quatre heures. Celle à un mois est de trente jours. ART Les produits du travail da chaque détenu pour délit correctionnel seront appliqués partie aux dépenses communes de l établissement pénitentiaire, partie à lui procurer quelques adoucissements, s'il le mérite, partie à former pour lui, au temps de sa sortie, un fonds de réserve, le tout ainsi qu'il sera ordonné par les règlements. ART Les tribunaux jugeant correctionnellement pourront, dans certains cas, interdire, en tout ou en partie, l'exercice des droits civiques, civils et de famille suivants : 1. de vote et d élection; 2. d éligibilité ; 3. d'être appelé ou nommé aux fonctions de juré, ou autres fonctions publiques, ou aux emplois de l administration, ou d exercer ses fonctions ou emplois ; 4. du port d armes 5. de vote et de suffrage dans les délibérations de famille; 6. d'être tuteur, curateur, si ce n'est de ses enfants, et sur l'avis seulement de la famille ; 7. d'être expert ou employé comme témoin dans les actes; 8. de témoignages en justice, autrement que pour y faire de simples déclarations. ART Les tribunaux ne prononceront l'interdiction mentionnée dans l article précédent que lorsqu'elle aura été autorisée ou ordonnée par une disposition particulière de la loi. 10/93
11 CHAPITRE III- Des peines et des autres condamnations Qui peuvent être prononcées pour crimes ou délits ART L'interdiction de séjour consiste dans la défense faite a un condamné de paraître dans certains lieux. Elle comporte, en outre, des mesures de surveillance et assistance. Sa durée est de deux à cinq ans en matière correctionnelle, de cinq a vingt ans en matière criminelle. Elle peut être prononcée : 1. contre tout condamné aux travaux forcés a temps ou a la réclusion 2. contre tout condamné à l'emprisonnement pour crime; 3. contre tout condamné pour crime ou délit contre la sûreté de l'etat; 4. contre quiconque, ayant été condamné à une peine supérieure à une année d'emprisonnement, aura, dans un délai de cinq années après l'expiration de cette peine ou sa prescription, été condamné à une peine égale ou supérieure à une année d emprisonnement. 5. contre tout condamné en application des articles 98, 103, 134, 138, 139, 146, 147, 210, 228, 281, 282, 283, 285, 287, 288, 293 (alinéas 1. 2, 3, 4 et 5), 294, 302, 311, 312, 313, 372, 376, 377, 379, 386, 389 et 411 (alinéa 3); 6. en cas de récidive contre tout condamné en application des textes sur le port des armes prohibées. ART En cas de désobéissance aux dispositions d'un arrêté d'interdiction de séjour, le contrevenant sera condamné par les tribunaux correctionnels à un emprisonnement de trois mois à cinq ans et à une amende de à ouguiya ou à l'une de ces deux peines seulement. ART En aucun cas, la durée de l'interdiction de séjour ne pourra excéder vingt années. Les coupables condamnés aux travaux forcés à temps et à la réclusion seront de plein droit et pendant vingt années interdits de séjour après qu ils auront subi leur peine. Néanmoins l arrêt ou le jugement de condamnation pourra réduire la durée de l interdiction de séjour ou même déclarer que les condamnés n y seront pas soumis. ART Tout condamné a des peines perpétuelles qui obtiendra commutation ou remise de sa peine sera, s'il n'est autrement dispensé par décision gracieuse, de plein droit interdit de séjour pendant vingt ans. L'interdiction de séjour pourra être remise ou réduite par voie de grâce. Elle pourra être suspendue par mesure administrative. La prescription de la peine ne relève pas le condamné de l'interdiction de séjour à laquelle il est soumis. En cas de prescription d'une peine perpétuelle, le condamné sera de plein droit interdit de séjour pendant vingt années. Cette peine ne produit son effet que du jour où la prescription est accomplie. ART Devront être condamnés à l'interdiction de séjour ceux qui auront été condamnés pour crimes ou délits qui intéressent la sûreté intérieure ou extérieure de l'etat. 11/93
12 ART Hors les cas déterminés par les articles précédents, les condamnés ne seront interdits de séjour que dans le cas où une disposition particulière de la loi l'aura permis. ART Dans les cas spécialement prévus par la loi, les tribunaux pourront ordonner que leur décision soit affichée en caractères très apparents, dans les lieux qu'ils indiquent, aux frais du condamné. Sauf disposition contraire de la loi, cet affichage sera prononcé pour une durée qui ne pourra excéder deux mois en matière de crimes ou de délits. La suppression, la dissimulation et la lacération totale ou partielle des affiches apposées conformément au présent article, opérées volontairement, seront punies d'une amende de à ouguiya et d'un emprisonnement de un mois à six mois ou de l'une de ces deux peines seulement; il sera procédé de nouveau a l'exécution intégrale de l'affichage aux frais du condamné. ART Quand il y a lieu a restitution, le coupable pourra être condamné, en outre, envers la partie lésée, si elle le requiert, à des indemnités dont la détermination est laissée à la justice de la Cour ou du tribunal lorsque la loi ne les aura pas réglées, sans que la Cour ou le tribunal puisse, du consentement même de ladite partie, en prononcer l'application à une œuvre quelconque. ART L'exécution des condamnations à l'amende, aux restitutions, aux dommages-intérêts et aux frais pourra être poursuivie par la voie de la contrainte par corps. ART Lorsque des amendes et des frais seront prononcés au profit de l'etat, si, après l'expiration de la peine afflictive ou infamante, l'emprisonnement du condamné, pour l'acquit de ces condamnations pécuniaires, a duré une année complète, il pourra, sur la preuve acquise par les voies de droit de son absolue insolvabilité, obtenir sa liberté provisoire. La durée de l'emprisonnement sera réduite à six mois s'il s'agit d'un délit, sauf, dans tous les cas, à reprendre la contrainte par corps s'il survient au condamné quelque moyen de solvabilité. ART En cas de concurrence de l'amende avec les restitutions et les dommages-intérêts, sur les biens insuffisants du condamné, Ces dernières condamnations obtiendront la préférence. ART Tous les individus condamnés pour un même crime ou pour un même délit seront tenus solidairement des amendes, des restitutions, des dommages-intérêts et des frais. 12/93
13 CHAPITRE IV- Des peines de la récidive pour crimes et délits ART Quiconque, ayant été condamné à une peine afflictive et infamante ou seulement infamante, aura commis un second crime emportant comme peine principale la dégradation civique, sera condamné à la peine de travaux forcés à perpétuité. Si le second crime emporte la peine de la réclusion, il sera condamné à la peine de travaux forcés à temps. Si le second crime emporte les travaux forcés à temps, il sera condamné au maximum de la peine, laquelle pourra être élevée jusqu'au double. Quiconque, ayant été condamné aux travaux forcés à perpétuité, aura commis un second crime emportant la même peine, sera condamné à la peine de mort. Toutefois, l'individu condamné par un tribunal militaire ou maritime ne sera, en cas de crime ou délit postérieur, passible des peines de la récidive qu'autant que la première condamnation aurait été prononcée pour des crimes ou délits punissables d'après les lois pénales ordinaires. ART Quiconque, ayant été condamné pour crime à une peine supérieure à une année d'emprisonnement, aura, dans un délai de cinq années après l'expiration de cette peine ou sa prescription, commis un délit ou un crime qui devra être puni de la peine d'emprisonnement, sera condamné au maximum de la peine portée par la loi, et cette peine pourra être élevée jusqu'au double. Défense pourra être faite, en outre, au condamné, de paraître pendant cinq ans au moins et dix ans au plus dans les lieux dont l'interdiction lui sera signifiée par le ministre de l'intérieur avant sa libération. ART Il en sera de même pour les condamnés à un emprisonnement de plus d'une année pour délit et qui, dans le même délai, seraient reconnus coupables du même délit ou d'un crime devant être puni de l'emprisonnement. Ceux qui, ayant été antérieurement condamnés à une peine d'emprisonnement de moindre durée, commettraient le même délit dans les mêmes conditions de temps, seront condamnés à une peine d'emprisonnement qui ne pourra être inférieure au double de celle précédemment prononcée, sans toutefois qu'elle puisse dépasser double du maximum de la peine encourue. Les délits de vol, escroquerie et abus de confiance seront considérés comme étant au point de vue de la récidive un même délit. Il en sera de même des délits de vagabondage et de mendicité. Le recel sera considéré, au point de vue de la récidive, comme le délit qui a procuré les choses recelées. 13/93
14 LIVRE SECOND CHAPITRE UNIQUE - Des personnes punissables, excusables, ou responsables pour crimes ou pour délits ART Les complices d'un crime ou d'un délit seront punis de la même peine que les auteurs mêmes de ce crime ou de ce délit, sauf les cas où la loi en aurait disposé autrement. ART Seront punis comme complices d'une action qualifiée crime ou délit, ceux qui, par dons, promesses, menaces, abus d'autorité ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, auront provoqué cette action ou donné des instructions pour la commettre; ceux qui auront procuré des armes, des instruments ou tout autre moyen qui aura servi à l'action, sachant qu'il devrait y servir; ceux qui auront, avec connaissance, aidé ou assisté l'auteur ou les auteurs de l'action, dans les faits qui l'auront préparé ou facilité, ou dans ceux qui l'auront consommé, sans préjudice des peines qui seront spécialement portées par le présent code contre les auteurs de complots ou de provocations attentatoires à la sûreté intérieure ou extérieure de l'etat, même dans le cas où le crime qui était l'objet des conspirateurs ou des provocateurs n aurait pas été commis. ART Ceux qui, connaissant la conduite criminelle des malfaiteurs exerçant des brigandages ou des violences contre la sûreté de l'etat, la paix publique, les personnes ou les propriétés, leur fournissent habituellement logement, lieu de retraite ou de réunion, seront punis comme leurs complices. Ceux qui, en dehors des cas prévus ci-dessus, auront sciemment recelé une personne qu'ils savaient avoir commis un crime ou qu'ils savaient recherchée de ce fait par la justice ou qui auront soustrait ou tenté de soustraire le criminel à l'arrestation ou aux recherches, ou l'auront aidé à se cacher ou à prendre la fuite, seront punis d'un emprisonnement d'un mois à trois ans et d'une amende de à ouguiya ou de l'une de ces deux peines seulement, le tout sans préjudice des peines plus fortes le cas échéant. Sont exceptés des dispositions de l'alinéa précédent les parents ou alliés du criminel jusqu'au quatrième degré inclusivement. ART Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à trois ans et d'une amende de à ouguiya, ou de l'une de ces deux peines seulement, celui qui, ayant connaissance d'un crime déjà tenté ou consommé, n'aura pas, alors qu'il était encore possible d'en prévenir ou limiter les effets ou qu'on pouvait penser que les coupables ou l'un d'eux commettraient de nouveaux crimes qu'une dénonciation pourrait prévenir, averti aussitôt les autorités administratives ou judiciaires. Sont exceptés des dispositions du présent article les parents ou alliés, jusqu'au quatrième degré inclusivement, des auteurs ou complices du crime ou de la tentative, sauf en ce qui concerne les crimes commis sur le mineur de moins de 15 ans. ART Sans préjudice de l'application, le cas échéant, des peines plus fortes prévues par le présent code et des lois spéciales, sera puni d'un emprisonnement d'un mois à trois ans et d'une amende de à ouguiya ou de l'une de ces deux peines 14/93
15 seulement, quiconque, pouvant empêcher par une action immédiate sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un fait qualifié crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne, s'abstient volontairement de le faire. Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ni pour ses tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. Sera puni des mêmes peines celui qui, connaissant la preuve de l'innocence d'une personne incarcérée préventivement ou jugée pour crime ou délit, s'abstient volontairement d'en apporter aussitôt le témoignage aux autorités de justice ou de police. Toutefois, aucune peine ne sera prononcée contre celui qui apportera son témoignage tardivement, mais spontanément. Sont exceptés de la disposition de l'alinéa précédent le coupable du fait qui motivait la poursuite, ses coauteurs, ses complices et les parents ou alliés de ces personnes jusqu'au quatrième degré inclusivement. ART Il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action, ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister. ART Nul crime ou délit ne peut être excusé, ni la peine mitigée, que dans les cas et dans les circonstances où la loi déclare le fait excusable, ou permet de lui appliquer une peine moins rigoureuse. ART Lorsque l'accusé aura moins de seize ans, s'il est décidé qu'il a agi sans discernement, il sera acquitté, mais il sera, selon les circonstances, remis à ses parents ou donné en garde à un citoyen honorable qui accepte volontairement cette charge, pour être pendant tel nombre d'années, que le jugement déterminera et qui, toutefois, ne pourra excéder l'âge de sa majorité. ART S'il est décidé qu'il a agi avec discernement, les peines seront prononcées ainsi qu'il suit : - S'il a encouru la peine de mort ou des travaux forcés à perpétuité, il sera condamné à la peine de dix à vingt ans d'emprisonnement. - S'il a encouru la peine des travaux forcés à temps ou de la réclusion, il sera condamné à l'emprisonnement pour un temps égal au tiers au moins et à la moitié au plus de celui pour lequel il aurait pu être condamné à l'une de ces peines. Dans tous les cas, il pourra être interdit de séjour, par l'arrêt ou le jugement, pendant cinq ans au moins et dix ans au plus. - S'il a encouru la peine de la dégradation civique, il sera condamné à l'emprisonnement d'un an à cinq ans. ART L'individu, âgé de moins de seize ans, qui n aura pas de complices présents au-dessus de cet âge et qui sera prévenu de crimes autres que ceux que la loi punît de la peine de mort, de celles des travaux forcés à perpétuité, ou de celle de la réclusion, sera jugé par les tribunaux correctionnels, qui se conformeront aux articles ci-dessus. 15/93
16 ART Dans tous les cas où le mineur de seize ans n'aura commis qu'un simple délit, la peine qui sera prononcée contre lui ne pourra s'élever au-dessus de la moitié de celle à laquelle il aurait pu être condamné s'il avait eu dix-huit ans. ART Les peines de travaux forcés à perpétuité et des travaux forcés à temps ne seront prononcées contre aucun individu âgé de 60 ans accomplis au moment du jugement; elles seront remplacées par celles de la réclusion. ART Les aubergistes et hôteliers convaincus d'avoir logé plus de vingt-quatre heures quelqu'un qui, pendant son séjour, aurait commis un délit, seront civilement responsables des restitutions, des indemnités et des faits adjugés à ceux à qui ce crime ou ce délit aurait causé quelque dommage, faute par eux d'avoir inscrit sur leur registre le nom, la profession et le domicile du coupable. ART Dans les autres cas de responsabilité civile qui pourront se présenter dans les affaires criminelles, correctionnelles ou de police, les cours et tribunaux devant qui ces affaires seront portées se conformeront aux dispositions du Code civil. 16/93
17 LIVRE TROISIEME -des crimes et délits et de leur punition TITRE PREMIER -Crimes et délits contre la chose publique CHAPITRE PREMIER - Crimes et délits contre la sûreté de l'etat SECTION PREMIERE -Des crimes de trahison et d'espionnage ART Sera coupable de trahison et puni de mort tout Mauritanien, tout militaire ou marin au service de la Mauritanie qui : 1. Portera les armes contre la Mauritanie; 2. Entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l'engager à entreprendre des hostilités contre la Mauritanie, ou lui en fournira les moyens, soit en facilitant la pénétration des forces étrangères sur le territoire national, soit en ébranlant la fidélité des armées de terre, de mer ou de l'air, soit de toute autre manière; 3. Livrera à une puissance étrangère ou à ses agents, soit des troupes. mauritaniennes, soit des territoires, villes, forteresses, ouvrages, postes, magasins, arsenaux, matériels, munitions, vaisseaux, bâtiments ou appareils de navigation aérienne, appartenant à la Mauritanie ou affectés à sa défense; 4. En vue de nuire à la défense nationale, détruira ou détériorera un navire, un appareil de navigation aérienne, un matériel, une fourniture, une construction ou une installation quelconque ou qui, dans le même but, y apportera, soit avant soit après leur achèvement, des malfaçons de nature à les endommager ou à provoquer un accident. ART Sera coupable de trahison et puni de mort tout Mauritanien, tout militaire ou marin au service de la Mauritanie qui, en temps de guerre : 1. Provoquera des militaires ou des marins à passer au service d'une puissance étrangère, leur en facilitera les moyens ou fera des enrôlements pour une puissance en guerre avec la Mauritanie; 2. Entretiendra des intelligences avec une puissance étrangère ou avec ses agents en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre la Mauritanie; 3. Aura entravé la circulation de matériel militaire; 4. Aura participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l'armée ou de la nation ayant pour objet de nuire à la défense nationale. ART Sera coupable de trahison et puni de mort tout Mauritanien qui : 17/93
18 1. Livrera à une puissance étrangère ou à ses agents, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, un renseignement, objet, document ou procédé qui doit être tenu secret dans l'intérêt de la défense nationale; 2. S'assurera, par quelque moyen que ce soit, la possession d'un tel renseignement, objet, document ou procédé en vue de le livrer à une puissance étrangère ou à ses agents; 3. Détruira ou laissera détruire un tel renseignement, objet, document ou procédé en vue de favoriser une puissance étrangère. ART Sera coupable d'espionnage et puni de mort tout étranger qui commettra l'un des actes visés à l'article 67, 2, 3, 4, à l'article 68 et à l'article 69. La provocation à commettre ou l'offre de commettre un des crimes visés aux articles 67, 68 et 69 et au présent article sera punie comme le crime lui-même. SECTION Il -Des autres atteintes à la défense nationale ART Sera puni des travaux forcés à perpétuité tout Mauritanien ou tout étranger qui, dans l'intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemblera des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l'exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale. ART Sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans tout gardien, tout dépositaire par fonction ou par qualité d'un renseignement, objet, document ou procédé qui doit être tenu secret dans l'intérêt de la défense nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense nationale qui, sans intention de trahison où d'espionnage, l'aura : 1. Détruit, soustrait, laissé détruire ou soustraire, reproduit ou laissé reproduire; 2. Porté ou laissé porter à la connaissance d'une personne non qualifiée ou du public. La peine sera celle de la réclusion si le gardien ou le dépositaire a agi par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements. ART Sera puni des travaux forcés à temps de cinq à dix ans tout Mauritanien ou étranger autre que ceux visés par l'article précédent qui, sans intention de trahison ou d'espionnage : 1. S'assurera, étant sans qualité, la possession d'un renseignement, objet, document ou procédé qui doit être tenu secret dans l'intérêt de la défense nationale ou dont la connaissance pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense nationale; 2. Détruira, soustraira, laissera détruire ou soustraire, reproduira ou laissera reproduire un tel renseignement, objet, document ou procédé; 3. Portera ou laissera porter à la connaissance d'une personne non qualifiée ou du public un tel renseignement, objet, document, ou procédé, ou en aura étendu la divulgation. ART Sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans tout Mauritanien ou étranger qui, sans autorisation préalable de l'autorité compétente, livrera ou communiquera à une personne agissant pour le compte d'une puissance ou d'une entreprise étrangère soit une invention intéressant la défense nationale, soit des renseignements, études ou procédés de fabrication se rapport à une invention de ce genre ou à une application industrielle intéressant la défense nationale. 18/93
19 ART Sera puni d'un emprisonnement de un à cinq ans, tout Mauritanien ou étranger qui, sans intention de trahison ou d'espionnage, aura porté à la connaissance d'une personne non qualifiée ou du public une information militaire non rendue publique par l'autorité compétente et dont la divulgation est manifestement de nature à nuire à la défense nationale. ART Sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans tout Mauritanien ou étranger qui : 1. S'introduira sous un déguisement ou un faux nom en dissimulant sa qualité ou sa nationalité, dans une forteresse, un ouvrage, poste ou arsenal, dans les travaux, camps, bivouacs ou cantonnements d'une armée, dans un bâtiment de guerre ou un bâtiment de commerce employé pour la défense nationale, dans un appareil militaire de navigation aérienne ou dans un véhicule militaire armé, dans un établissement militaire ou maritime de toute nature, ou dans un établissement ou chantier intéressant la défense nationale; 2. Même sans se déguiser, ou sans dissimuler son nom, sa quajlité ou sa nationalité, aura organisé d'une manière occulte un moyen quelconque de correspondance ou de transmission à distance de nature à nuire à la défense nationale; 3. Survolera le territoire mauritanien au moyen d'un aéronef étranger sans y être autorisé par une convention diplomatique ou une permission de l'autorité mauritanienne; 4. Dans une zone d'interdiction fixée par l'autorité militaire ou maritime, exécutera, sans l'autorisation de celle-ci, des dessins, photographies, levées ou opérations photographiques à l'intérieur ou autour des places, ouvrages, postes et établissements militaires et maritimes intéressant la défense nationale; 5. Séjournera, au mépris d'une interdiction édictée par décret dans un moyen rayon déterminé autour des ouvrages fortifiés ou des établissements militaires ou maritimes; 6. Communiquera à une personne non qualifiée ou rendra publics des renseignements relatifs soit aux mesures prises pour découvrir et arrêter les auteurs et les complices de crimes ou délits prévus aux sections 1 et 2 du présent chapitre, soit à la marche des poursuites et de l'instruction, soit aux débats devant les juridictions de jugement. Toutefois, en temps de paix, les auteurs des infractions prévues aux alinéas 3, 4 et 6 ci-dessus seront punis d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de à ouguiya. ART Sera puni des travaux forcés de dix à vingt ans quiconque : 1. Aura, par des actes hostiles non approuvés par le gouvernement, exposé la Mauritanie à une déclaration de guerre; 2. Aura, par des actes non approuvés par le gouvernement, exposé des Mauritaniens à subir des représailles; 3. Entretiendra avec les agents d'une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de la Mauritanie ou à ses intérêts économiques essentiels. ART Sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans quiconque, en temps de guerre : 1. Entreprendra, sans autorisation du gouvernement, une correspondance ou des relations avec les sujets ou les agents d'une puissance ennemie; 2. Fera directement ou par intermédiaire des actes de commerce avec les sujets ou les agents d'une puissance ennemie, au mépris des prohibitions édictées. 19/93
20 ART Sera puni d'un emprisonnement de un à cinq ans et d'une amende de à ouguiya quiconque, en temps de guerre, accomplira sciemment un acte de nature à nuire à la défense nationale non prévu et réprimé par un autre texte. ART Sera puni de la réclusion quiconque, en temps de paix, en vue de nuire à la défense nationale, aura entravé la circulation de matériel militaire ou autre, par quelque moyen que ce soit, provoqué, facilité ou organisé une action violente ou concertée ayant ces entraves pour but ou pour résultat. ART Sera puni de la réclusion quiconque, en temps de paix, aura participé en connaissance de cause à une entreprise de démoralisation de l'armée ayant pour objet de nuire à la défense nationale. ART Sera puni d'un emprisonnement de un à cinq ans et d'une amende de à ouguiya quiconque, en temps de paix, enrôlera des soldats pour le compte d'une puissance étrangère, en territoire mauritanien. SECTION III- Des attentats, complots et autres infractions contre l'autorité de l'etat et l'intégrité du territoire national ART L'attentat dont le but aura été soit de détruire ou de changer le régime constitutionnel, soit d'exciter les citoyens à s'armer contre l'autorité de l'etat, ou à s'armer les uns contre les autres, soit à porter atteinte à l'intégrité du territoire national, sera puni des travaux forcés à perpétuité. L'exécution ou la tentative constitueront seules l'attentat. ART Le complot ayant pour but les crimes mentionnés à l'article précédent, s'il a été suivi d'un acte commis ou commencé pour en préparer l'exécution, sera puni des travaux forcés à temps de dix à vingt ans. Si le complot n'a pas été suivi d'un acte commis ou commencé pour en préparer l'exécution, la peine sera celle de la réclusion. Il y a complot dès que la résolution d'agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs personnes. S'il y a eu proposition faite et non agréée de former un complot pour arriver aux crimes mentionnés à l'article 83, celui qui aura fait une telle proposition sera puni d'un emprisonnement de un à dix ans et d'une amende de à ouguiya. Le coupable pourra de plus être interdit, en tout ou partie, des droits mentionnés dans l'article 36. ART Quiconque, hors les cas prévus aux articles 83 et 84, aura entrepris, par quelque moyen que ce soit, de porter atteinte à l'intégrité du territoire national ou de soustraire à l'autorité de la Mauritanie une partie des territoires sur lesquels cette autorité s'exerce, sera puni d'un emprisonnement de un à dix ans et d'une amende de à ouguiya. ART Ceux qui auront levé et fait lever des troupes armées ou enrôlé, fait engager ou enrôler des soldats ou leur auront fourni des armes ou munitions, sans ordre ou autorisation du pouvoir légitime, seront punis des travaux forcés à perpétuité. ART Ceux qui, sans droit ou motif légitime, auront pris un. commandement militaire quelconque, ceux qui, contre l'avis du gouvernement, auront retenu un tel commandement, les 20/93
Journal Officiel Numéro Spécial 20 mars 2003 LOI N 024/2002 DU 18 novembre 2002 PORTANT CODE PENAL MILITAIRE L ASSEMBLEE CONSTITUANTE ET LEGISLATIVE - PARLEMENT DE TRANSITION A ADOPTE ; LE PRESIDENT DE

References: ART. 33
 l'article 67
 l'article 68
 l'article 69
 l'article 83
 l'article 36