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Timestamp: 2016-10-26 19:25:44+00:00

Document:
d�fendeur et recourant, repr�sent� par Me Aba Neeman.
contrat d'entreprise; action r�cursoire; prescription; p�remption
(recours en r�forme contre le jugement de la Ire Cour civile du Tribunal cantonal valaisan du 8 octobre 2003).
En 1985, Y.________ a d�cid� de construire un b�timent � usage commercial et d'habitation. Il a confi� l'�laboration du projet, ainsi que des plans � l'architecte X.________, les travaux d'ing�nieur � la soci�t� B.________ et C.________ S.A., devenue par la suite A.________ S.A. et, enfin, la direction des travaux au bureau d'architecture E.________ S.A. Aucun contrat �crit n'a �t� conclu.
Dans le cadre de ses t�ches, A.________ S.A. a fait appel � un g�ologue, qui a mis en �vidence la n�cessit� d'assurer une bonne �tanch�it� des locaux situ�s en sous-sol.
Le 30 janvier 1986, un contrat d'entreprise portant sur la r�alisation de fondations sp�ciales a �t� conclu entre Y.________, en qualit� de ma�tre de l'ouvrage, repr�sent� par E.________ S.A. et X.________, d'une part, et, d'autre part, D.________ S.A., � qui les travaux de fondation et de parois moul�es dans les sous-sols ont �t� adjug�s. Ce contrat a �t� contresign� par A.________ S.A.
A mi-ao�t 1986, Y.________ a mis fin au contrat le liant � X.________ � la suite d'une divergence au sujet d'une facture d'honoraires. Le 14 ao�t 1986, le contrat a �t� repris par l'administrateur de E.________ S.A.
La construction des sous-sols s'est achev�e le 5 mars 1987. Lorsque l'�tanch�it� des murs et du sol a �t� test�e, de nombreuses venues d'eau se sont manifest�es.
Par convention du 12 mars 1987, Y.________, E.________ S.A. et A.________ S.A. ont admis que la premi�re ex�cution des travaux de parois moul�es n'avait pas �t� effectu�e correctement. Relevant que la responsabilit� de cette mauvaise ex�cution pouvait soit leur �tre attribu�e, soit incomber � D.________ S.A ou � son sous-traitant, E.________ S.A. et A.________ S.A. se sont engag�es solidairement � rembourser � Y.________ les frais d'expertise, les �ventuels frais judiciaires qu'il aurait avanc�s et qui n'auraient pas �t� mis � la charge d'autres entreprises et les frais extrajudiciaires, �tant pr�cis� que celui-ci n'aurait bien entendu pas � subir les frais des corrections � apporter � la premi�re ex�cution des parois moul�es. E.________ S.A et A.________ S.A. s'en sont port�es solidairement fort et garant.
La perte totale subie par Y.________ en raison des d�fauts d'�tanch�it� a �t� fix�e � 990'662 fr.
Le 11 septembre 1989, Y.________ a d�pos� une requ�te de preuve � futur dirig�e contre E.________ S.A., A.________ S.A., D.________ S.A. et son sous-traitant. En relation avec cette requ�te, l'expert Z.________ a d�pos� un rapport en d�cembre 1990, compl�t� en janvier 1993 et en avril 1996.
Le 7 janvier 1991, Y.________ a avis� les soci�t�s pr�cit�es qu'il entendait se pr�valoir des d�fauts constat�s dans l'expertise Z.________.
Le 22 mai 1992, Y.________ a ouvert action en paiement � l'encontre de A.________ S.A., qui a pris � titre subsidiaire des conclusions r�cursoires � l'encontre de D.________ S.A. et de son sous-traitant. La jonction des causes ayant �t� refus�e, A.________ S.A. a appel� en garantie D.________ S.A. et l'entreprise sous-traitante le 16 f�vrier 1994.
Dans le cadre de cette proc�dure, une expertise judiciaire a �t� r�alis�e par W.________, qui a rendu un premier rapport en septembre 1996 et un rapport compl�mentaire en juillet 1997. Il a �t� retenu que ce n'est qu'� la r�ception du rapport d'expertise de septembre 1996 que Y.________ et A.________ S.A. ont appris que X.________ avait contribu� � la survenance des probl�mes d'�tanch�it� en �tablissant des plans d�fectueux. Auparavant, ils n'avaient pas connaissance de la responsabilit� de celui-ci. Selon l'�valuation de l'expert, X.________ pouvait �tre tenu pour responsable de 5 % du dommage subi, par ailleurs r�parti � raison de 40 % � charge de D.________ S.A., 30 % � charge de A.________ S.A., 20 % � charge de E.________ S.A. et 5 % � charge du sous-traitant.
L'action de Y.________ s'est termin�e par un arr�t du Tribunal f�d�ral du 1er avril 1999 dans la cause 4C.380/1998 (ATF 125 III 223), qui a confirm� la responsabilit� solidaire de A.________ S.A. admise par le Tribunal cantonal sur la base de la convention du 12 mars 1987. Contrairement aux juges cantonaux, la Cour de c�ans a consid�r� que, compte tenu de la nature des travaux attribu�s � l'architecte, ce dernier n'apparaissait pas comme l'auxiliaire du ma�tre par rapport � l'ing�nieur. A.________ S.A. a donc �t� tenue de supporter l'ensemble du dommage et a d� verser � Y.________ la somme totale de 1'002'964 fr. plus int�r�t.
L'assurance responsabilit� civile de A.________ S.A. a indemnis� Y.________ en mai 1999, sous d�duction d'un montant de 50'000 fr. que A.________ S.A. a d� verser elle-m�me au ma�tre de l'ouvrage et qui correspondait � sa franchise.
Par convention du 24 avril 2001, l'assurance a c�d� � A.________ S.A. sa cr�ance r�cursoire � l'encontre de X.________ � concurrence de 5 % des montants pay�s.
Les 14 juillet 1992, 15 juin 1993, 6 juin 1994, 1er juin 1995, 15 mai 1996, 14 mai 1997, 1er mai 1998, 30 mars 1999, 27 mars 2000 et 28 f�vrier 2001, A.________ S.A. a cit� X.________ en conciliation devant le Juge de commune de Monthey.
Le 21 mai 2001, A.________ S.A. a ouvert action � l'encontre de X.________ aupr�s du Juge de district de Monthey en demandant � ce que l'architecte lui paie le montant de 76'584 fr. 95 avec int�r�t � 5 % l'an d�s le 3 mai 1999.
X.________ a soulev� l'exception de prescription et a invoqu� notamment la p�remption de l'action en raison de l'absence de l'avis des d�fauts.
Le Juge de district a transmis la cause au Tribunal cantonal pour jugement pr�judiciel sur le fond concernant les questions de prescription et de p�remption.
Par jugement du 8 octobre 2003, la Ire Cour civile du Tribunal cantonal valaisan a constat� que l'action en paiement introduite par A.________ S.A. contre X.________ n'�tait ni prescrite ni p�rim�e � concurrence de 50'000 fr. En revanche, elle a admis que la cr�ance c�d�e par l'assurance � A.________ S.A. �tait prescrite.
Contre ce jugement, tant A.________ S.A. (la demanderesse) que X.________ (le d�fendeur) interjettent un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral.
A.________ S.A. conclut � l'annulation du jugement attaqu� et au renvoi de la cause au Tribunal cantonal pour nouveau jugement dans le sens des consid�rants, avec suite de frais et d�pens.
Pour sa part, X.________ requiert la r�forme du jugement du 8 octobre 2003 en ce sens que l'action de A.________ S.A. est rejet�e; � titre subsidiaire, il demande l'annulation du jugement entrepris, avec suite de frais et d�pens.
Invit� � se d�terminer sur le recours d�pos� par A.________ S.A., X.________ en propose le rejet, dans la mesure de sa recevabilit�. Dans sa r�ponse, A.________ S.A. conclut pr�alablement � la jonction des causes et, � titre principal, au rejet du recours interjet� par X.________.
Parall�lement � son recours en r�forme, X.________ a form� un recours de droit public, qui a �t� rejet� dans la mesure de sa recevabilit� par arr�t du 23 f�vrier 2004.
Les recours �manant des deux parties se rapportent � la m�me d�cision et comportent des liens �troits, de sorte qu'il se justifie de les joindre pour des motifs d'�conomie de proc�dure et de les traiter dans un seul arr�t (cf. ATF 124 III 382 consid. 1a et les arr�ts cit�s).
Le Tribunal f�d�ral examine d'office et librement la recevabilit� des recours en r�forme qui lui sont soumis (ATF 129 III 750 consid. 2).
2.1 Interjet�s par les parties qui ont chacune partiellement succomb� dans leurs conclusions et dirig�s contre un jugement rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ), les pr�sents recours portent sur une contestation civile (cf. ATF 129 III 415 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s) dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ).
2.2 Le jugement attaqu� ne peut �tre qualifi� de final au sens de l'art. 48 OJ, car il ne met pas fin � l'instance dans son ensemble. Amen� � statuer de mani�re pr�judicielle sur l'exception de prescription et la p�remption soulev�es par le d�fendeur, le tribunal cantonal a distingu� en fonction de l'origine des pr�tentions invoqu�es. Il a d'une part admis l'exception de prescription s'agissant de la cr�ance c�d�e par l'assurance responsabilit� civile � la demanderesse. D'autre part, il a constat� que l'action n'�tait ni prescrite ni p�rim�e � concurrence de 50'000 fr., correspondant � la franchise de l'assurance et au montant de l'indemnit� vers�e par la demanderesse au ma�tre de l'ouvrage.
Devant la Cour de c�ans, la demanderesse s'en prend seulement au premier volet de ce jugement, alors que le d�fendeur en critique avant tout le second. Il convient donc d'examiner si chacun de ces deux aspects peuvent �tre remis en cause dans un recours en r�forme.
2.2.1 Dans la mesure o� il admet l'exception de prescription du d�fendeur concernant la cr�ance c�d�e par l'assurance � la demanderesse, le jugement entrepris rev�t un caract�re final, car il �quivaut au rejet de l'action (ATF 118 II 447 consid. 1b p. 450). Il ne s'agit cependant que d'une d�cision partielle, puisqu'elle a pour r�sultat de statuer d�finitivement, mais seulement sur une partie des pr�tentions en cause (ATF 129 III 25 consid. 1.1). Selon la jurisprudence, les sentences partielles ne sont pas consid�r�es comme des d�cisions finales au sens de l'art. 48 OJ, ni comme des d�cisions pr�judicielles ou incidentes vis�es aux art. 49 s. OJ (cf. ATF 127 I 92 consid. 1b p. 94; 124 III 406 consid. 1a). Elles peuvent faire l'objet d'un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral sans attendre la d�cision finale, si leur objet aurait pu donner lieu � un proc�s s�par� et si la d�cision rev�t un caract�re pr�judiciel pour les conclusions qui subsistent (ATF 129 III 25 consid. 1.1; 124 III 406 consid. 1a et les r�f�rences cit�es). Ces exigences sont remplies en l'esp�ce, d�s lors qu'une action s�par�e se limitant aux pr�tentions de la demanderesse qui lui ont �t� c�d�es par son assurance responsabilit� civile �tait concevable et que la question soulev�e est de nature � influencer le montant que la demanderesse peut r�clamer au d�fendeur sur la base de l'indemnit� qu'elle a elle-m�me vers�e au ma�tre de l'ouvrage.
2.2.2 La partie du jugement entrepris qui constate que l'action en paiement n'est ni prescrite ni p�rim�e � concurrence de 50'000 fr. ne met pas un terme au litige et constitue une d�cision pr�judicielle au sens de l'art. 50 OJ (ATF 118 II 447 consid. 1a). Pour qu'une telle d�cision puisse faire l'objet d'un recours en r�forme, l'art. 50 al. 1 OJ exige en premier lieu qu'une d�cision finale puisse �tre provoqu�e imm�diatement. En d'autres termes, il faut que la solution inverse de celle retenue dans la d�cision pr�judicielle soit finale au sens de l'art. 48 OJ (ATF 129 III 288 consid. 2.3.3; 127 III 433 consid. 1c/aa p. 436). Cette condition est r�alis�e, d�s lors que, s'il avait d�clar� l'action p�rim�e ou prescrite en ce qui concerne l'indemnit� de 50'000 fr. vers�e par la demanderesse, le tribunal cantonal aurait mis fin au litige. L'application de l'art. 50 al. 1 OJ suppose, en second lieu, que le recours imm�diat au Tribunal f�d�ral permette d'�viter une proc�dure probatoire longue et co�teuse. En l'esp�ce, il d�coule de la d�cision attaqu�e que la poursuite de la proc�dure impliquerait l'�tablissement de faits de nature technique se rapportant � des �v�nements s'�tant d�roul�s il y a plusieurs ann�es. Elle prendrait ainsi un temps consid�rable et exigerait des frais importants.
2.2.3 Par cons�quent, la voie du recours en r�forme est ouverte contre le jugement entrepris, aussi bien en ce qui concerne l'admission de l'exception de prescription de la cr�ance c�d�e par l'assurance, qui est remise en cause par la demanderesse, qu'en ce qu'il constate que l'action n'est ni prescrite ni p�rim�e pour le montant de 50'000 fr., ce que conteste le d�fendeur.
2.3 Au surplus, les deux recours en r�forme, sign�s par des mandataires habilit�s (art. 29 al. 2 let. a OJ), ont �t� form�s en temps utile (art. 32 et 54 al. 1 OJ; art. 1 de la loi f�d�rale du 21 juin 1963 sur la supputation des d�lais comprenant un samedi) et dans les formes requises (art. 55 OJ).
Certes, les conclusions de la demanderesse ne tendent qu'au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale. Elles sont cependant suffisantes au regard de l'art. 55 al. 1 let. b OJ dans la mesure o�, s'il admettait le recours en consid�rant que les pr�tentions d�coulant de la cr�ance c�d�e par l'assurance ne sont ni prescrites ni p�rim�es, le Tribunal f�d�ral ne serait pas � m�me de statuer au fond, mais devrait renvoyer la cause � l'instance pr�c�dente pour compl�ment d'instruction (cf. ATF 125 III 412 consid. 1b p. 414; 111 II 384 consid. 1 p. 386).
2.4 Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office, sans �tre li� par les motifs que les parties invoquent (art. 63 al. 1 OJ), ni par l'argumentation juridique retenue par la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 128 III 22 consid. 2e/cc in fine; 127 III 248 consid. 2c). Un recours peut donc �tre admis pour d'autres motifs que ceux invoqu�s par le recourant et il peut �galement �tre rejet� sur la base d'une autre argumentation juridique que celle retenue par l'autorit� cantonale (ATF 127 III 248 consid. 2c p. 253 et la r�f�rence cit�e).
3.1 La cour cantonale a consid�r� en substance que les pr�tentions de la demanderesse reposant sur la cession de cr�ance de son assurance responsabilit� civile �taient prescrites, car l'assurance aurait d� agir, en tant que cr�anci�re subrog�e aux droits de son assur�e, dans un d�lai d'un an � partir du paiement. Comme elle avait indemnis� le ma�tre de l'ouvrage en mai 1999, sa cr�ance �tait d�j� prescrite le 24 avril 2001, au moment o� elle l'avait c�d�e � la demanderesse. Les juges ont en revanche constat� que l'action r�cursoire dont disposait la demanderesse pour le montant de l'indemnit� qu'elle avait elle-m�me vers�e au ma�tre de l'ouvrage n'�tait pas prescrite, d�s lors que celle-ci avait cit� chaque ann�e le d�fendeur en conciliation depuis le 14 juillet 1992. Les juges ont ensuite examin� les relations externes entre le ma�tre de l'ouvrage et l'architecte d�fendeur, en se demandant si la pr�tention qu'aurait pu faire valoir le ma�tre de l'ouvrage � son encontre n'�tait pas p�rim�e ou prescrite. Ils ont relev� que le ma�tre et la demanderesse n'avaient appris qu'� la r�ception du rapport d'expertise de septembre 1996 que les travaux effectu�s par l'architecte �taient � l'origine des probl�mes d'�tanch�it�. Or, la demanderesse, qui ne pouvait se substituer au ma�tre de l'ouvrage pour proc�der � l'avis des d�fauts, avait, d�s juillet 1992, fait citer chaque ann�e le d�fendeur en conciliation. On ne pouvait donc lui reprocher d'avoir tard� � faire valoir ses droits, de sorte que le d�fendeur � l'action r�cursoire ne pouvait se pr�valoir des motifs d'extinction de la cr�ance initiale.
3.2 Dans son recours, la demanderesse s'en prend au raisonnement du tribunal cantonal l'ayant conduit � admettre la prescription de la cr�ance c�d�e par son assurance responsabilit� civile, alors que le d�fendeur critique avant tout le refus de reconna�tre que l'action r�cursoire portant sur les 50'000 fr. vers�s par la demanderesse au ma�tre de l'ouvrage �tait prescrite ou p�rim�e. A ce propos, il soutient que, comme sa responsabilit� envers le ma�tre de l'ouvrage n'�tait pas engag�e en raison de l'absence de l'avis des d�fauts, la demanderesse ne pouvait disposer d'une cr�ance r�cursoire � son encontre. Ce faisant, il soul�ve une question fondamentale portant sur les relations entre l'action en responsabilit� de la victime envers le coresponsable et les pr�tentions du demandeur � l'action r�cursoire. Il convient donc de traiter cet aspect en premier lieu, en se demandant tout d'abord si, comme le soutient le d�fendeur, l'action du ma�tre de l'ouvrage � son encontre �tait p�rim�e et, le cas �ch�ant, quelles en sont les cons�quences sur les pr�tentions formul�es par la demanderesse.
4.1 Selon la jurisprudence, l'�tablissement � titre ind�pendant de plans est r�gi par les dispositions sur le contrat d'entreprise (ATF 114 II 53 consid. 2b p. 56; 109 II 462 consid. 3a-d). Comme les d�fauts reproch�s au d�fendeur se rapportent exclusivement aux plans qu'il a �labor�s, les articles 367 ss CO concernant la garantie des d�fauts sont applicables (Gauch, Le contrat d'entreprise, adaptation fran�aise Carron, Zurich 1999, no 2738; Nigg, Die Haftung mehrerer f�r einen Baumangel, in Haftung f�r Werkm�ngel, St-Gall 1998, p. 121 ss, 128).
4.2 Lorsque le d�faut r�sulte d'un plan, la garantie de l'architecte qui l'a �tabli se prescrit en principe, selon l'art. 371 al. 1 CO qui renvoie � l'art. 210 al. 1 CO, par une ann�e � compter de la livraison. Si le plan entra�ne un d�faut de la construction immobili�re, qui appara�t comme un dommage cons�cutif au plan d�fectueux (Fellmann, Die Haftung des Architekten und des Ingenieurs f�r Werkmangel, in Haftung f�r Werkm�ngel, St-Gall 1998, p. 77 ss, 109; Nigg, op. cit., p. 128), il faut alors consid�rer que, sous r�serve du cas non r�alis� en l'esp�ce o� le d�faut a �t� intentionnellement dissimul�, la cr�ance en garantie est soumise au d�lai de prescription de 5 ans de l'art. 371 al. 2 CO (Gauch, op. cit., no 2309 s.; Schumacher, Die Haftung des Architekten aus Vertrag, in Le droit de l'architecte, 3e �d. Fribourg 1995, no 667; Fellmann, op. cit., p. 113; Tsch�tscher, Die Verj�hrung der M�ngelrechte bei unbeweglichen Bauwerken, th�se St-Gall 1996, p. 151). En principe, ce d�lai commence � courir au moment de la livraison de la partie de la construction immobili�re concern�e par le plan d�fectueux (Fellmann, op. cit., p. 118; Schumacher, op. cit., no 649). Toutefois, le dies a quo de ce d�lai peut �tre modifi�, notamment lorsqu'en vertu de l'art 377 CO, le ma�tre r�silie le contrat de mani�re anticip�e. Les relations contractuelles entre les parties prennent alors fin ex nunc (ATF 129 III 738 consid. 7.3; 117 II 273 consid. 4a). Dans cette hypoth�se, l'ouvrage inachev� doit �tre assimil� � un ouvrage complet (cf. ATF 116 II 450 consid. 2a/aa et 2b/aa), notamment en ce qui concerne les droits d�coulant de la garantie (Chaix, Commentaire romand, n. 11 ad art. 377 CO; Zindel/Pulver, Commentaire b�lois, n.14 ad art. 377 CO; Gauch, op. cit., no 2434; Tercier, L'extinction pr�matur�e du contrat, in Le droit de l'architecte, 2e �d. Fribourg 1995, p. 385). Par cons�quent, le d�lai de prescription de l'art. 371 al. 2 CO commence � courir d�s le moment de l'entr�e en vigueur de la r�siliation ou d�s le transfert mat�riel de l'ouvrage inachev� au ma�tre (Gauch, op. cit., no 2434 p. 669).
Sous l'angle de la prescription, il importe peu que le ma�tre de l'ouvrage n'ait pas connaissance du d�faut (ATF 89 II 405 consid. 2a), de sorte qu'il peut arriver que les droits de garantie du ma�tre soient prescrits avant m�me que celui-ci ne d�couvre le d�faut (B�hler, Commentaire zurichois, art. 371 CO no 29 p. 323; Zindel-Pulver, op. cit., art. 371 CO no 12 et 15; Gauch, op. cit., no 2254). Cette cons�quence est certes critiqu�e par certains auteurs, en particulier lorsque le d�faut n'appara�t qu'� la suite de l'existence d'un autre d�faut. Ceux-ci souhaiteraient y rem�dier en appliquant l'art. 134 al. 1 ch. 6 CO, selon lequel la prescription ne court point et, si elle avait commenc� � courir, elle est suspendue tant qu'il est impossible de faire valoir la cr�ance devant un tribunal suisse (Gauch, op. cit., no 2259; Zindel/Pulver, op. cit., art. 371 CO no 15). Une telle solution ne peut cependant �tre suivie, car, comme l'a d�j� soulign� le Tribunal f�d�ral, elle ne correspond pas � la volont� du l�gislateur (cf. ATF 106 II 134 consid. 2c p. 138 s.) qui, � l'art. 371 al. 1 CO, a express�ment renvoy� aux r�gles r�gissant la prescription des droits de l'acheteur. Or, l'art. 210 al. 1 CO pr�voit que l'action en garantie pour les d�fauts de la chose vendue se prescrit par un an d�s la livraison faite � l'acheteur, m�me si ce dernier n'a d�couvert les d�fauts que plus tard (en ce sens, B�hler, op. cit., art. 371 CO no 29; Chaix, op. cit., art. 371 CO no 16; Tsch�tscher, op. cit., p. 82 ss).
4.3 Lorsque des d�fauts se r�v�lent ult�rieurement, le ma�tre peut faire valoir ses droits de garantie (art. 368 CO), � condition qu'il ait signal� les d�fauts de l'ouvrage aussit�t qu'il en a eu connaissance. Cet avis n'a toutefois de sens que si le d�lai de prescription de l'art. 371 CO n'est pas d�j� atteint au moment o� le ma�tre apprend l'existence du d�faut. En effet, il y a lieu de suivre la doctrine dominante qui, renvoyant � la jurisprudence concernant les r�gles applicables � l'acheteur (cf. ATF 104 II 357 consid. 4a), auxquelles l'art. 371 al. 1 CO se r�f�re, retient que les droits de garantie pour les d�fauts qui n'ont pas �t� signal�s avant l'�ch�ance du d�lai de prescription sont p�rim�s (B�hler, op. cit., art. 371 CO no 9; Pally, Mangelfolgeschaden im Werkvertragsrecht, th�se St-Gall 1995, p 30 s.; Gauch, op. cit., no 2295; Zindel/Pulver, Commentaire b�lois, art. 371 CO no 37; Tsch�tscher, op. cit., p. 163 s.).
4.4 Selon le jugement entrepris, le ma�tre de l'ouvrage a d�cid� en 1985 de construire un b�timent et a confi� l'�laboration du projet et des plans au d�fendeur. A la suite d'une divergence concernant les honoraires, le ma�tre a mis fin au contrat le liant � cet architecte � la mi-ao�t 1986 et, le 14 ao�t 1986, le contrat a �t� repris par un tiers. En mars 1987, des venues d'eau dans les fondations de l'immeuble se sont r�v�l�es. Le 22 mai 1992, le ma�tre de l'ouvrage a ouvert une action � l'encontre de la demanderesse et celle-ci, apr�s avoir pris des conclusions r�cursoires � l'encontre de l'entreprise charg�e d'effectuer les fondations et de son sous-traitant, a appel� ceux-ci en garantie. A partir du 14 juillet 1992, la demanderesse a fait citer chaque ann�e le d�fendeur en conciliation. Il a �galement �t� constat�, d'une mani�re consid�r�e comme non arbitraire par la Cour de c�ans dans le cadre du recours de droit public interjet� parall�lement par le d�fendeur (arr�t 4P.238/2003 du 23 f�vrier 2004 consid. 3), que ce n'est qu'� la suite de l'expertise judiciaire r�alis�e en septembre 1996 que le ma�tre de l'ouvrage et la demanderesse ont eu connaissance du fait que les plans �tablis par le d�fendeur �taient d�fectueux et que celui-ci avait contribu� � la survenance des probl�mes d'�tanch�it� constat�s dans les fondations en 1987.
Il d�coule de ces �l�ments de fait, qui lient le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme (cf. art. 63 al. 2 OJ), que le ma�tre a mis fin pr�matur�ment aux relations contractuelles le liant au d�fendeur � la mi-ao�t 1986. M�me si la date pr�cise de la r�siliation ou de la livraison de l'ouvrage inachev� ne ressort pas du jugement entrepris, il appara�t qu'en tous les cas ces �v�nements ont d� intervenir avant le 14 ao�t 1986, jour de la reprise du contrat du d�fendeur par l'administrateur de E.________ S.A. Par cons�quent, le d�lai de prescription quinquennal de l'art. 371 al. 2 CO est arriv� � expiration le 13 ao�t 1991 au plus tard (art. 132 CO qui renvoie � l'art. 77 al. 1 ch. 3 CO). L'action du ma�tre de l'ouvrage envers le d�fendeur �tait ainsi d�j� prescrite depuis longtemps lorsque les d�fauts entachant les plans ont �t� r�v�l�s aux int�ress�s dans le rapport d'expertise de septembre 1996. Le d�lai �tait du reste aussi atteint lorsque la demanderesse a fait citer pour la premi�re fois l'architecte en conciliation, le 14 mai 1992, de sorte qu'il n'y a pas lieu de se demander si cet acte aurait pu avoir pour effet d'interrompre la prescription.
Cet encha�nement des �v�nements r�v�le �galement que le ma�tre de l'ouvrage �tait dans l'impossibilit� de donner un avis des d�fauts � l'architecte avant l'expiration du d�lai de prescription, puisqu'en 1991 il ignorait que les plans �taient d�fectueux. Or, en l'absence d'un avis des d�fauts durant le d�lai de prescription, l'action du ma�tre envers le d�fendeur �tait non seulement prescrite, mais �galement p�rim�e (cf. supra consid. 4.3).
Le tribunal cantonal ne peut donc �tre suivi lorsqu'il rel�ve que la cr�ance du ma�tre de l'ouvrage envers l'architecte n'�tait ni prescrite ni p�rim�e au moment o� ce dernier a �t� cit� en conciliation � l'initiative de la demanderesse le 14 juillet 1992.
Le Tribunal f�d�ral n'�tant pas li� par l'argumentation juridique retenue par l'autorit� cantonale (cf. supra consid. 2.4), il convient encore de se demander si la connaissance des d�fauts imputables au d�fendeur, alors que le d�lai de prescription de l'art. 371 CO �tait d�j� expir�, est de nature � influencer les pr�tentions invoqu�es en justice par la demanderesse.
5.1 Lors de cet examen, il n'y a pas lieu de distinguer selon que la demanderesse fait valoir les droits que lui a c�d�s son assurance responsabilit� civile ou ses droits propres, r�sultant du montant de 50'000 fr. qu'elle a elle-m�me vers� au ma�tre de l'ouvrage. En effet, comme l'a relev� pertinemment le tribunal cantonal, apr�s avoir indemnis� le ma�tre de l'ouvrage, l'assurance a �t� subrog�e non pas aux droits du l�s�, mais � ceux de son assur�e, en vertu de l'art. 72 LCA (RS 221.229.1) appliqu� par analogie (ATF 116 II 645 consid. 2; Graber, Commentaire b�lois, art. 72 LCA no 12; Brehm, Le contrat d'assurance RC, nouvelle �dition B�le 1997, p. 250 s; Deschenaux/Tercier, La responsabilit� civile, Berne 1982, � 37 ch. 44). La subrogation de l'assurance porte ainsi sur les m�mes droits que ceux que l'assur� responsable aurait pu faire valoir contre d'�ventuels coresponsables (ATF 116 II 645 consid. 2). Les pr�tentions c�d�es par l'assurance et celles que la demanderesse fait valoir directement se confondent donc.
5.2 Lorsque l'ex�cution d�fectueuse d'une construction est imputable � plusieurs responsables, ceux-ci r�pondent du dommage envers le ma�tre en vertu des r�gles de la solidarit� imparfaite (art. 51 CO par analogie; ATF 119 II 127 consid. 4b p. 131 et les r�f�rences cit�es). L'art. 51 CO ne traite que des rapports internes, soit des rapports entre coresponsables, par opposition aux rapports externes concernant le l�s� et les diff�rents responsables. Cette disposition institue un recours fond� ex jure proprio, c'est-�-dire qui na�t dans la personne de celui qui paie l'indemnit� (arr�t du Tribunal f�d�ral non publi� 4C.27/2003 du 26 mai 2003 consid. 3.4; Engel, Trait� des obligations en droit suisse, 2e �d. Berne 1997, p. 568). Ainsi, la solidarit� imparfaite n'entra�ne pas de subrogation du responsable dans les droits du cr�ancier au sens de l'art. 149 al. 1 CO (Nigg, op. cit., p. 137), mais seulement une action r�cursoire (Ausgleichsanspruch) de celui-ci contre les autres cod�biteurs, qui prend naissance au moment du paiement au l�s� (ATF 127 III 257 consid. 6c p. 266; 115 II 42 consid. 2a).
Ce droit de recours distinct est toutefois subordonn� � la condition qu'un autre coresponsable existe. En l'absence de responsabilit� plurale, il ne saurait y avoir d'action r�cursoire (Schenker, Der Architekt (Ingenieur) als Hilfsperson des Bauherrn im Verh�ltnis zum Unternehmer, in Recht der Architekten und Ingenieure, St-Gall 2002, p. 13 ss, 30; Oftinger/Stark, Schweizerisches Haftpflichtrecht, vol. I, 5e �d. Zurich 1995, p. 515; Bugnon, L'action r�cursoire en mati�re de concours de responsabilit�s civiles, th�se Fribourg 1982, p. 38). En effet, la raison m�me de cette action repose sur l'existence de la solidarit�. Or, la solidarit� implique une responsabilit� pr�alable: celui qui ne r�pond pas d'un dommage, ne saurait en r�pondre solidairement (Nigg, op. cit., p. 130; cf. Brehm, Commentaire bernois, art. 50 CO no 33).
Dans la pr�sente cause, il a �t� d�montr� que les d�fauts dans les plans imputables au d�fendeur n'avaient �t� r�v�l�s qu'en septembre 1996, soit � un moment o� les �ventuels droits du ma�tre � l'encontre de l'architecte �taient d�j� p�rim�s. Par cons�quent, en vertu du syst�me voulu par le l�gislateur suisse en ce qui concerne la garantie des d�fauts dans le contrat d'entreprise, la responsabilit� du d�fendeur � l'�gard du ma�tre n'a jamais pu �tre engag�e, ind�pendamment de la volont� ou d'une quelconque omission de ce dernier (cf. supra consid. 4.2 et 4.3). En pareilles circonstances, on ne saurait accorder � la demanderesse la possibilit� de disposer d'une action r�cursoire d�coulant de la solidarit� imparfaite pour rechercher une personne qui ne pouvait en aucune fa�on �tre tenue pour responsable � l'�gard du l�s�.
5.3 Ce cas de figure se distingue des situations plus d�licates dans lesquelles les conditions permettant d'engager la responsabilit� du d�fendeur � l'action r�cursoire envers la victime auraient pu �tre r�alis�es � un moment donn�, mais ne le sont plus lorsque la pr�tention r�cursoire prend naissance (cf. Schenker, op. cit., p. 30). Il en va notamment ainsi lorsque les pr�tentions du l�s� envers le coresponsable sont atteintes par la prescription (cf. � ce sujet ATF 127 III 257 consid. 6a in fine et 6c; pour la doctrine, notamment: Werro, Commentaire romand, art. 50 CO no 10 ss et 51 CO no 33 ss; Spiro, Die Begrenzung privater Rechte durch Verj�hrungs-, Verwirkungs- und Fatalfristen, vol. I, Berne 1975, p. 487 ss; Bugnon, op. cit., p. 149 s.; Corboz, La distinction entre solidarit� parfaite et solidarit� imparfaite, th�se Gen�ve 1974, p. 66) ou, dans l'hypoth�se d'un contrat d'entreprise, lorsque le ma�tre de l'ouvrage a renonc� � proc�der � l'avis des d�fauts ou y a proc�d� tardivement, alors que celui-ci pouvait �tre donn� avant l'expiration du d�lai de prescription de l'art. 371 CO (cf. Gauch, op. cit., no 2752 ss). On peut encore �voquer le cas o� le l�s� a remis la dette du coresponsable (cf. ATF 107 II 226, confirm� in arr�t du 26 mai 2003 pr�cit�, consid. 3.5.2) ou a conclu avec celui-ci une convention exclusive de responsabilit� (Bugnon, op. cit., p. 45 ss). Il n'y a cependant pas lieu d'examiner dans quelle mesure une action r�cursoire peut �tre exerc�e dans ces cas de figure, car, contrairement aux exemples qui viennent d'�tre d�crits, la pr�sente cause se caract�rise par le fait que la responsabilit� du d�fendeur � l'�gard du ma�tre de l'ouvrage n'a mat�riellement jamais pu �tre engag�e.
5.4 Il en d�coule que, faute de coresponsable, la demanderesse ne peut introduire d'action r�cursoire � l'encontre du d�fendeur, que ses droits d�coulent de la cession de cr�ance de son assurance responsabilit� civile ou du montant qu'elle a vers� directement au l�s� (cf. supra consid. 5.1). Les pr�tentions invoqu�es en justice par la demanderesse doivent donc �tre rejet�es dans leur int�gralit�.
D�s lors que les motifs permettant d'aboutir � cette conclusion ne correspondent pas au raisonnement juridique adopt� par le tribunal cantonal, il n'y a pas lieu d'entrer plus avant sur les griefs des parties se r�f�rant aux consid�rants en droit du jugement entrepris (cf. supra consid. 2.4).
Compte tenu des conclusions formul�es, le recours du d�fendeur doit �tre admis, alors que celui de la demanderesse doit �tre rejet�.
Quant � la d�cision attaqu�e, elle sera partiellement r�form�e dans la mesure o� elle constate que l'action en paiement n'�tait ni prescrite ni p�rim�e � concurrence de 50'000 fr. et il sera indiqu� que cette action doit �tre enti�rement rejet�e.
Eu �gard � l'issue du litige, la demanderesse sera condamn�e aux frais et d�pens relatifs aux deux recours (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
L'affaire sera par ailleurs renvoy�e au tribunal cantonal pour qu'il se prononce � nouveau sur les frais et d�pens de la proc�dure cantonale (cf. art. 157 et 159 al. 6 OJ).
Le recours du d�fendeur est admis.
Le recours de la demanderesse est rejet�.
Le jugement attaqu� est partiellement r�form� en ce sens que l'action en paiement introduite par la demanderesse � l'encontre du d�fendeur est enti�rement rejet�e.
Un �molument judiciaire de 4'500 fr. est mis � la charge de la demanderesse.
La demanderesse versera au d�fendeur une indemnit� de 6'500 fr. � titre de d�pens.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires des parties et � la Ire Cour civile du Tribunal cantonal valaisan.

References: ATF 
 ATF 
 art. 49
 ATF 
 art. 1
 ATF 
 ATF 
in fine
 ATF 
 art. 377
 art. 377
 art. 371
 art. 371
 art. 371
 ATF 
 art. 371
 art. 371
 ATF 
 art. 371
 art. 371
 art. 63
 art. 72
 ATF 
 art. 50
 ATF 
in fine
 art. 50
 ATF 
 art. 157