Source: http://remacle.org/bloodwolf/erudits/Hippocrate/glandes.htm
Timestamp: 2017-04-28 12:17:52+00:00

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Hippocrate : Des glandes (bilingue)
DES GLANDES - ΠΕΡΙ ΑΔΕΝΩΝ
Voici les glandes que l'auteur mentionne, confondant du reste et les véritables glandes et les ganglions lymphatiques sous un même nom : les amygdales, les ganglions du cou, des aisselles, et des aines, les ganglions mésentériques, les reins, les mamelles. Il omet complètement les glandes salivaires, le foie, le pancréas, les testicules et les ovaires. En revanche, il compte le cerveau parmi les glandes, ou du moins il l'assimile à ces organes.
Avec des éléments aussi mal déterminés, il était impossible que l'auteur arrivât à aucune notion un peu positive sur la fonction. L'idée qu'il s'en fait est que les glandes, telles qu'il les conçoit, ont pour usage d'absorber le liquide qui surabonde dans le corps. Par leur intervention, tout superflu en ce genre est éliminé, et le corps est maintenu dans l'état régulier.
La fonction du cerveau n'est pas autre. Il pompe le liquide dans toutes les parties du corps, et le renvoie à toutes les parties ; c'est le va-et-vient de la pituite ou phlegme, important aussi à la conservation de la santé. Si cette prétendue fonction ne s'exécute pas régulièrement, il en naît deux sortes d'affections , les unes sur le cerveau, les autres sur le reste du corps. Dans le même sens, le cerveau, d'après le livre des
Chairs, est la métropole du froid et du visqueux (1). Du cerveau partent sept catarrhes qui causent de graves maladies. Là figure le catarrhe sur le poumon, d'où naît la phtisie. Ailleurs aussi, 551 dans la Collection hippocratique, ιλ est parlé de cette sorte de phtisie, et nous lisons dans les Prénotions Coaques : « Les phtisies les plus dangereuses sont celles qui proviennent de la rupture de grosses veines ou d'un catarrhe de la tête (2). »
C'est surtout dans les livres proprement cnidiens que cette théorie des catarrhes venant de la tète règne sans partage. Le Deuxième Livre des Maladies attribue, comme notre auteur, l'inflammation de la gorge, des amygdales, de la luette, au phlegme qui, mis en mouvement dans la tète, coule en bas avec abondance (§ 9 , 10 et 11 ). De la même façon que dans le livre des Glandes, l'apoplexie est rattachée à ce phlegme attiré dans la tête. Dans le livre des Affections internes, § 10, on lit : « Quand la tête remplie de phlegme devient malade, et que de la chaleur se développe, le phlegme se corrompt dans la tête, attendu qu'il ne peut être mu de manière cheminer ; puis, quand il est épaissi et corrompu et que les veines sont remplies outre mesure, il se fait une fluxion sur le poumon; et le poumon, l'ayant reçu, s'affecte aussitôt, étant irrité par le phlegme, qui est salé et putride. » C'est exactement ce qui est dit dans le livre des Glandes.
Je n'omets jamais, autant du moins que la mémoire ne me fait pas défaut, de rapprocher des passages obscurs qui ont entre eux de l'analogie. Il est rare qu'il n'en résulte pas quelque lumière, sinon sur le sens même, du moins sur les idées que les auteurs se faisaient. Dans le § 14 de l'opuscule sur les Glandes, il est parlé d'un flux qui va par les veines à la moelle épinière : « Là, la fluxion se jette sur le sacrum, la moelle épinière conduisant la fluxion , et elle se fixe sur les cavités des hanches. Si les hanches viennent à consomption, le patient tombe, de cette façon aussi, dans le marasme, et il ne veut pas vivre; car bientôt il souffre dans la cote; les pieds et les cuisses suivent, et s'atrophient toujours complètement en un 552 long temps au milieu des soins du traitement; de la sorte le malade s'affaiblit, et il meurt. » On a un passage parallèle dans le livre des Affections internes, § 18 : « A la suite de la néphritide vient la grande maladie des veines creuses qui se rendent de la tête le long du cou par le rachis à la malléole externe du pied et à l'entre-deux du gros orteil. Cette maladie naît du phlegme et de la bile s'écoulant dans les veines ; ces veines sont pleines de sang; si donc quelque chose d'étranger y pénètre, elles deviennent malades. Voici les accidents : si l'affection est à droite, la veine commence par causer de la douleur dans la cavité de la hanche; plus le temps dure et le mal se prolonge, plu? la douleur devient aiguë ; et elle descend plus bas; quand elle a gagné la malléole et l'entre-deux du gros orteil, elle gagne en sens inverse la tête. Arrivée là, elle devient très-accablante ; il semble au malade qu'on lui fende la tête. Ses yeux s'emplissent de pituite ainsi que tout le corps. »
Ces deux passages sont parallèles : la fluxion se fait par les veines; elle aboutit aux hanches ; elle gagne jusqu'aux pieds; si, dans celui des Affections internes, il n'est pas parlé de la t῀εte, il est du moins dit que les veines viennent de la tête , et cela implique que la fluxion en vient aussi. On comprend, ù l'aide de celui-ci, comment celui-là dit : le malade ne veut pas vivre; c'est que la maladie porte sur le cerveau. On comprend encore comment il a été parlé des côtes, la maladie n'étant nullement bornée aux parties inférieures.
Ces rapprochements porteraient à croire que le traité des Glandes provient d'une main cnidienne, toutefois il faut comparer le livre des Lieux dans
l'homme ; là aussi on trouve sept catarrhes; ils se rendent de la tête aux narines, aux oreilles, aux yeux, à la poitrine, à la moelle épinière, aux vertèbres et aux hanches (§§ 10-22). Cela prouve que la théorie des catarrhes venant de la tête (3) était fort répandue; mais les connexions paraissent assez intimes avec le livre des Affections 553 internes, dans le passage que j'ai cité. En tout cas, le livre des Lieux dans l'homme n'est, jusqu'à présent du moins, rattaché à aucune catégorie spéciale ; car, bien qu'il y soit question de pessaires écrits, c'est-à-dire consignés dans un livre ( § 47, p. 347 ). on fait une conjecture quand on suppose qu'il s'agit ici de la 'ste des nombreuses formules de pessaires que donne le traité des Maladies des femmes.
L'auteur de l'opuscule des Glandes prétend que les poils abondent là où il y a le plus de glandes , aux aisselles, aux aines, à la tête (dans son idée le cerveau est une glande). On peut mettre en regard le passage suivant d'un auteur moderne (4) : « Plus d'un anatomiste s'est déjà préoccupé de déterminer la raison pour laquelle le système pileux prédomine dans telle ou telle partie du corps. Selon M. Haworth, on voit, en général, les poils plus abondants partout où existent, à peu de profondeur au-dessous du tégument, un os, un tendon , un fascia ou un cartilage. Et de fait, certaines dispositions, bizarres en apparence, sembleraient se rapporter à cette loi et en confirmer la réalité. Ainsi, sans parler des mâchoires et du sternum, sur lesquels règnent des touffes aussi constantes que bien fournies et exactement limitées, il est remarquable que sur la ligne médiane, de l'ombilic au pubis , là où la structure fibreuse est si prononcée, une ligne de poils se retrouve chez tous les individus. Il en est de même de la saillie acromiale, dont une épaulette de poils plus ou moins nombreux indique toujours le siège.
« Quant au motif de cette disposition, M. Haworth le trouve dans le besoin de défendre contre le froid des parties qui, vu leur peu de profondeur, vu surtout leur circulation sanguine insuffisante, avaient plus que d'autres à craindre que leur température ne se mît en équilibre avec l'air ambiant. Quelques rares exceptions fortifient la règle. Le genou est presque glabre malgré la situation sous-cutanée des parties osseuses qui le 554 constituent. Aussi M. Brodie explique-t-il par là la fréquence relative des maladies qui attaquent cette articulation.
« Toute naturelle et simple que paraisse cette explication, une objection non moins aisée à prévoir s'élève contre elle. Pourquoi les femmes, dont la structure, dont les besoins sont les mêmes, n'ont-elles pas une protection semblable ? Pourquoi les poils chez elles ne sont-ils pas aussi abondants, et n'occupent-ils pas les mêmes lieux ? c'est, répond l'auteur, que la femme est créée spécialement pour des occupations sédentaires ; sa faiblesse l'éloigné des rudes travaux ; ses devoirs de mère la confinent sous le toit domestique. Aussi n'avait-elle pas, autant que l'homme, à se défendre contre l'influence des variations atmosphériques. »
On voit, § 9, que, suivant l'auteur, les intestins sont sujets à peu de maladies, et cela en vertu de son opinion sur les glandes chargées d'enlever le liquide, et s'acquittant de cet office, ici, à l'intestin, d'une manière d'autant plus égale et plus régulière qu'elles sont plus nombreuses. La vérité est que le canal intestinal, loin d'être plus exempt que d'autres organes, est exposé à une foule de lésions fort diverses ; l'auteur explique un fait erroné par une théorie non moins erronée. On trouvera, dans le quatrième Livre des Maladies, § 38, un point de vue exactement analogue. Là, on suppose que le cœur est à l'abri des souffrances ; et on justifie cette assertion si fausse aux yeux de la pathologie moderne, en alléguant que du cœur partent de grosses veines où passe promptement l'humeur sanguine si elle est trop abondante ; de la .sorte, le cœur, toujours débarrassé à point, ne devient pas malade. Le simple rapprochement montre que les deux théories sont semblables. Plus on étudie les monuments hippocratiques, plus on reconnaît qu'ils offrent tous un niveau de connaissance à peu près le même, et des conceptions très-voisines les unes des autres sur le corps vivant et ses maladies.
2146 = C, 2235 = E, Cod. Serv. ap. Foes = L, Imp. Samb. ap. Mack = P', Cod. Fevr. ap. Foes = Q'.
Saxe, diss. observat, metlicae, Utrecht, 1782, p. 3. —Reimer's Untersuchungen über die Rheumarten der Alten, dans Pfaff's Mittheilungen, Jahrg. 6, Heft 9.
(1) Μητρόπολις τοῦ ψυροῦ καὶ τοῦ κολλώδεος.
Φθίσιες ἐπικινδυνόταται αἵ τε ἀπὸ ῥήξιος φλεβῶν τῶν παχει$ων, καὶ ἀπὸ κατάρρου τπῦ ἀοὸ κεφαλῆς, 430.
Elle est aussi dans le traité des Chairs, voy. § 13.
Gazet. Méd. de Paris, 1844, p. 627, extrait de : Lond. Med. Gazet., janvier, février et mars 1844.
ΠΕΡΙ ΑΔΕΝΩΝ.
1. Περὶ δὲ ἀδένων οὐλομελίης ὧδε ἔχει. Φύσις μὲν αὐτέῃσι σπογγώδης, ἀραιαὶ μὲν καὶ πίονες, καὶ ἔστιν οὔτε σαρκία ἴκελα τῷ ἄλλῳ σώματι, οὔτε ἄλλο τι ὅμοιον τῷ σώματι, ἀλλὰ ψαφαρὰ καὶ φλέβας ἔχει συχνάς· εἰ δὲ διατάμοις, αἱμοῤῥαγίη λάβρος· τὸ εἶδος λευκαὶ καὶ οἷον φλέγμα, ἐπαφομένῳ δὲ οἷον εἴρια· κἢν ἐργάσῃ τοῖς δακτύλοις ἐπιπουλὺ βιησάμενος, ἡ ἀδὴν ὑγρὸν ἀφίησιν ἐλαιῶδες, καὶ αὐτὴ θρύπτεται πολλὰ καὶ ἐξαπόλλυται.
2. Πονέουσι δὲ οὐ κάρτα, ἀλλὰ τῷ ἄλλῳ σώματι, ἐπὴν πονέωσι δὲ, ἢ δι´ ἰδίην νοῦσον· παῦρα δὲ καὶ τῷ σώματι ξυμπονέουσιν. Αἱ νοῦσοι φύματα γίνονται, καὶ χοιράδες ἀναπηδῶσι, καὶ πῦρ ἔχει τὸ σῶμα· πάσχουσι δὲ ταῦτα, ἐπὴν ὑγρασίης πληρωθῶσι τῆς ἐπὶ τοῦ ἄλλου σώματος ἐπιῤῥεούσης εἰς αὐτάς· ἐπιῤῥέει δὲ ἐκ τοῦ ἄλλου σώματος διὰ τῶν φλεβῶν, αἳ δι´ αὐτῶν τέτανται πολλαὶ καὶ κοῖλαι, ὥστε ἀκολουθεῖν τὸ ὑγρὸν ὅ τι ἂν ἕλκωσιν εὐπετέως ἐς αὐτάς· κἢν πουλὺ ἔῃ καὶ νοσῶδες ἡ ῥοὴ, ξυντείνουσιν αἱ ἀδένες ἐπὶ σφᾶς τὸ ἄλλο σῶμα· οὕτω πυρετὸς ἐξάπτεται, καὶ ἀείρονται καὶ φλογῶσιν αἱ ἀδένες.
3. Ἀδένες δὲ ὕπεισιν ἐν τῷ σώματι πλείους ἢ μείζους ἐν τοῖσι κοίλοισιν αὐτέου καὶ ἐν τοῖσιν ἄρθροισι, καὶ ὁκόσα ἐν τοῖσιν ἄλλοισιν ὑγρηδὸν, καὶ κατὰ τὰ αἱματώδεα χωρία· αἱ μὲν ὡς τὸ ἐπιῤῥέον ἄνωθεν ἐς τὰ κοῖλα ἐπιδεχόμεναι ἐπὶ σφέας ἕλκωσιν, αἱ δὲ ὥστε τὴν αὖθις γινομένην ὑπὸ τῶν πόνων ὑγρασίην ἐκδεχόμεναι, ἐξαρύωσι τὴν πληθὺν, ἥντινα μεθίησι τὰ ἄρθρα. Οὕτω πλάδος οὐκ ἔνι ἐν τῷ σώματι· εἰ γάρ τι καὶ γίνοιτο παραυτίκα, οὐκ ἂν ἐπιγίνοιτο πλάδος ὀπίσω· καταναισιμοῦται γὰρ καὶ τὸ πουλὺ καὶ τὸ ὀλίγον ἐς τὰς ἀδένας.
4. Καὶ οὕτω τὴν πλεονεξίην τοῦ ἄλλου σώματος αἱ ἀδένες κέρδος ποιεύμεναι, τροφὴ ξύντροφος αὐτέῃσίν ἐστιν· ὥστε ὅκου τελματώδεα, ἐκεῖ καὶ ἀδένες σημεῖον, ὅκου ἀδὴν, ἐκεῖ καὶ τρίχες· ἡ γὰρ φύσις ποιέει ἀδένας καὶ τρίχας, ἄμφω χρέος τωὐτὸ λαμβάνουσιν, αἱ μὲν ἐς τὸ ἐπιῤῥέον, ὡς καὶ ἔμπροσθεν εἴρηται· αἱ δὲ τρίχες τὴν ἀπὸ τῶν ἀδένων ἐπικαιρίην ἔχουσαι φύονταί τε καὶ αὔξονται, ἀναλεγόμεναι τό τε περισσὸν καὶ ἐκβρασσόμενον ἐπὶ τὰς ἐσχατιάς. Ὅκου δὲ αὖον ἐὸν τὸ σῶμα, οὔτε ἀδὴν οὔτε θρίξ· τὰ δὲ ἁπαλὰ καὶ πονεύμενα καὶ κάθυγρα, ἀδὴν ὧδε καὶ τρίχες· ἀδένες δὲ καὶ κατὰ τοῖν οὐάτοιν ἔνθα καὶ ἔνθα ἑκατέρωθεν κατὰ τὰς σφαγὰς τοῦ τραχήλου, τρίχες τε ἐνταῦθα ἑκατέρωθεν· ἐπὶ ταῖς μασχάλῃσιν ἀδένες καὶ τρίχες· βουβῶνες καὶ ἐπίσειον ἰκέλως μασχάλῃσιν, ἀδὴν καὶ τρίχες. Ταῦτα μὲν κοῖλα τῶν ἐν τῷ σώματι καὶ ῥηΐδια ἐς περιουσίην ὑγροῦ· καὶ γὰρ πονέει ταῦτα καὶ κινέεται μάλιστα τῶν ἐν τῷ σώματι.
5. Τὰ δ´ ἄλλα ὁκόσα ἀδένας ἔχει μοῦνον, οἷον ἔντερα, ἔχει γὰρ καὶ ταῦτα ἀδένας ἐς τὸ ἐπίπλοον μείζονας, τρίχας οὐκ ἔχει. Καὶ γὰρ ἐν τοῖσι τέλμασι τῆς γῆς καὶ καθύγροισιν οὐ φύεται τὸ σπέρμα οὔτ´ ἐθέλει ἀναβαίνειν τῆς γῆς ἄνω, ἀλλ´ ἀποσήπεται καὶ ἀποπνίγεται τῇ πλεονεξίῃ· βιῆται γὰρ τὸ σπέρμα. Βιῆται δὲ καὶ ἐν τοῖσιν ἐντέροισιν ἡ πληθὺς καὶ τὸ ὑγρὸν πουλὺ, καὶ οὐκ ἂν φύσαι τρίχας. Αἱ δὲ ἀδένες μείζονες ἤ κου ἄλλοθι τοῦ σώματος· καὶ νέμονται αἱ ἀδένες ἐν τοῖσιν ἐντέροισιν ἐκπιεζόμεναι τὸν πλάδον, τὰ δὲ ἔντερα ἐκ τῶν τευχέων ἐς τὰ ἐπίπλοα ἐκδέχεται καὶ καθίησι τὴν ὑγρασίην· τὸ δὲ ἐπίπλοον διαδιδοῖ τῇσιν ἀδένεσιν.
6. Ἔχουσι δὲ καὶ οἱ νεφροὶ ἀδένας· καὶ γὰρ οὗτοι κορίσκονται πολλῆς ὑγρασίης· μείζους δὲ αἱ ἀδένες ταύτῃ ἢ αἱ ἄλλαι ἀδένες ἐοῦσαι· οὐ γὰρ ἐμπίνεται τοῖσι νεφροῖσι τὸ ὑγρὸν τὸ ἐπιῤῥέον, ἀλλὰ διαῤῥέει ἐπὶ κύστιν κάτω, ὥστε ὅ τι ἂν ἀποκερδάνωσιν ἀπὸ τῶν ὀχετῶν, τοῦτο ἕλκουσι πρὸς σφέας.
7. Καὶ ἄλλαι δέ εἰσιν ἐν τῷ σώματι ἀδένες σμικραὶ καὶ πάνυ, ἀλλ´ οὐ βούλομαι ἀποπλανᾷν τὸν λόγον· ἐς γὰρ τὰς ἐπικαίρους ἡ γραφή. Νῦν δὲ ἀναβήσομαι τῷ λόγῳ, καὶ ἐρέω περὶ ἀδένων οὐλομελίης τραχήλου· τράχηλος τὰ μέρεα αὐτοῦ ἑκάτερα ἔνθα καὶ ἔνθα ἀδένας ἔχει, καὶ παρίσθμια καλέονται αἱ ἀδένες αὗται· χρείη τοιήδε· ἡ κεφαλὴ ὑπέρκειται ἄνω κοίλη ἐοῦσα καὶ περιφερὴς καὶ πλήρης τῆς περὶ αὐτὴν ἀπὸ τοῦ ἄλλου σώματος ὑγρασίης· καὶ ἅμα ἀναπέμπει τὸ σῶμα ἀτμοὺς ἐς τὴν κεφαλὴν παντοίους ἄνω, οὓς αὖθις ἡ κεφαλὴ ὀπίσω ἀφίησιν· οὐ γὰρ δύναται ἐμμένειν τὸ ἐπιῤῥέον οὐκ ἔχον ἔνθα ἕδρην, ἢν μὴ τὴν κεφαλὴν πονέῃ, τότε οὐκ ἀνίησιν, ἀλλ´ αὐτοῦ κρατέει· ἐπὴν δὲ ἀνῇ τὴν ἕλξιν ἐς τὰς ἀδένας, ἡ ῥοὴ γίνεται, καὶ οὐδὲν λυπέει τὸ ῥεῦμα, ἔστ´ ἂν ὀλίγον τε ᾖ καὶ ξύμμετρον καὶ ἐγκρατέες ἔωσιν αἱ ἀδένες· ἢν γὰρ πουλὺ ἐπιῤῥυῇ δριμὺ, ἢν μὲν ᾖ δριμὺ καὶ κολλῶδες, φλεγμαίνει καὶ ἀνοιδίσκεται καὶ ξυντείνει ὁ τράχηλος, καὶ οὕτω προΐει ἐς οὖς· κἢν μὲν ἐς ἑκάτερα τὰ μέρεα, ἑκάτερον· ἢν δὲ ἐς θάτερον, πονέει θάτερον· ἢν δὲ ᾖ φλεγματῶδες καὶ πουλὺ καὶ ἀργὸν ἡ ῥοὴ, φλεγμαίνει δὲ καὶ ὧδε· καὶ ἡ φλεγμονὴ, στάσιμον ἐὸν ὑγρὸν, χοιράδες ἐγγίνονται· αὗται χείρους αἱ νοῦσοι τραχήλου.
8. Μασχάλῃσι δὲ ξυῤῥέει μὲν καὶ ἐνταῦθα, ἀλλ´ ὅταν πλῆθος ᾖ, δριμεῖς ἰχῶρες, καὶ ὧδε γίνονται φύματα. Κατὰ ταὐτὰ καὶ ἐν τοῖσι βουβῶσιν ἕλκει τὴν ἀπὸ τῶν ὑπερκειμένων ὑγρασίην ἡ ἀδήν· ἄλλως εἰ πλῆθος λάβοι, βουβωνοῦται καὶ διαπυΐσκεται καὶ φλεγμαίνει ἰκέλως μασχάλῃσί τε καὶ τραχήλῳ· τὰ δ´ αὐτά οἱ δοκέει παρέχειν ἀγαθὰ καὶ κακά. Καὶ ταῦτα μὲν ἀμφὶ τῶνδε.
9 Τὰ δὲ ἔντερα ἔχει κόρον πουλὺν ἀπό τε σιτίων καὶ ποτῶν· ἔχει δὲ καὶ τὴν ὑπὸ τοῦ δέρματος ὑγρασίην· αὕτη πᾶσα ἀπαναισιμοῦται ἰκέλη τῆς πρόσθεν· νούσους δὲ οὐ ποιεῖ τὰ πολλὰ, ὅκως περ καὶ ἐν τοῖσιν ἄρθροισι γίνεται· συχναὶ γάρ τοι ἀδένες καὶ ἀναπετέες, καὶ οὐ κοῖλαι, καὶ οὐ πουλὺ πλῆθος ἐπαυρισκόμεναι ἡ ἑτέρη τῆς ἑτέρης, ἐπεὶ μᾶλλον πλεονεκτεῖν ἐθέλουσα οὐδὲ μίη τότε πλῆθος ἔχειν δύναται, ἀλλ´ ὀλίγον ἑκάστη ξυῤῥέον ἐς τὸ ἄρθρον ἐς πολλὰ διαιρεόμενον· ἰσότης ἐστὶν αὐτέῃσιν.
10. Ἡ κεφαλὴ καὶ αὕτη τὰς ἀδένας ἔχει, τὸν ἐγκέφαλον ἴκελον ἀδένι· ἐγκέφαλος γὰρ καὶ λευκὸς καὶ ψαφαρὸς, ὅκως περ καὶ ἀδένες, καὶ ταὐτὰ ἀγαθὰ τῇσιν ἀδέσι ποιεῖ τὴν κεφαλὴν ἐοῦσαν, διὰ τὰ εἰρημένα μοι, τιμωρέων ὁ ἐγκέφαλος ἀποστερέει τὴν ὑγρασίην, καὶ ἐπὶ τὰς ἐσχατιὰς ἔξω ἀποστέλλει τὸ πλέον ἀπὸ τῶν ῥοῶν. Μείζων δ´ ὁ ἐγκέφαλος τῶν ἄλλων ἀδένων, καὶ αἱ τρίχες μείζους ἢ αἱ ἄλλαι τρίχες· μείζων τε γὰρ ὁ ἐγκέφαλος καὶ ἐν εὐρυχωρίῃ κέεται τῇ κεφαλῇ.
11. Ποιέει δὲ νούσους καὶ ἥσσονας καὶ μείζονας ἢ αἱ ἄλλαι ἀδένες· ποιέει δὲ, ὁκόταν ἐς τὰ κάτω τοῦ σώματος τὴν σφετέρην πλεονεξίην ἀποστείλῃ. Ῥόοι δὲ ἀπὸ κεφαλῆς ἕως ἀποκρίσιος, δι´ ὤτων κατὰ φύσιν, δι´ ὀφθαλμῶν, διὰ ῥινῶν· τρεῖς οὗτοι· καὶ ἄλλοι δι´ ὑπερώης ἐς φάρυγγα, ἐς στόμαχον· ἄλλοι διὰ φλεβῶν ἐπὶ νωτιαῖον, ἐς τὰ ἰσχία, οἱ πάντες ἑπτά.
12. Οὗτοι τοῦ τε ἐγκεφάλου λύματά εἰσιν ἀπιόντες· καὶ εἰ μὴ ἀπίοιεν, νοῦσος αὐτέῳ. Οὕτω δὲ καὶ τῷ ἄλλῳ σώματι, ἢν ἐς τὰ ἔνδον ἀπίωσι καὶ μὴ ἔξω, καὶ αὐτοῖς ὄχλος πουλὺς, κἀνδόθεν ἑλκοῖ, καὶ δριμὺ μὲν εἰ πρόοιτο ὁ ἐγκέφαλος ῥεῦμα, τὰς ἐπιῤῥοὰς ἐσθίει καὶ ἑλκοῖ· καὶ τὸ μὲν ἐπιὸν ἢν ᾖ πλῆθος κατιὸν ἅλις, οὐκ ἀνέχει ὁ ῥόος, ἔστ´ ἂν ἐσαρύηται τὴν πληθὺν τοῦ κατιόντος· καὶ τὸ μὲν ἐπιῤῥέον ἀποπέμπων ἔξω, ἕτερον δὲ ἐσδεχόμενος, ἐς τὸ ὅμοιον αἰεὶ καθιστάμενος· τά τε ὑγρὰ ἕλκει καὶ ποιέει νούσους. Ἄμφω δὲ ἐν ἀκηδίῃ καταγυιοῖ τὴν φύσιν· καὶ ἢν πάθῃ, δύ´ ἐστὸν κακία· τὰ μὲν γὰρ πάθη τῆς φύσεως, οἱ προειρημένοι ῥόοι δυσφορέουσι τὸ πλῆθος, καὶ ὀδάξονται τὸ ἄλογον καὶ οὐ ξύνηθες ὄν· ὁ δὲ ἐγκέφαλος πῆμα ἴσχει καὶ αὐτὸς οὐχ ὑγιαίνων· ἀλλ´ εἰ μὲν δάκνοιτο, τάραχον πουλὺν ἴσχει, καὶ ὁ νόος ἀφραίνει, καὶ ὁ ἐγκέφαλος σπᾶται καὶ ἕλκει τὸν ὅλον ἄνθρωπον, ἐνίοτε δ´ οὐ φωνέει καὶ πνίγεται, ἀποπληξίη τῷ πάθει τοὔνομα. Ἄλλοτε δὲ δριμὺ μὲν οὐ ποιέει αὐτὸ τὸ ῥεῦμα, πλῆθος δ´ ὂν τὸ ἐμπεσὸν, πονέει τοῦτο, καὶ ἡ γνώμη ταράττεται, καὶ περίεισιν ἀλλοῖα φρονῶν καὶ ἀλλοῖα ὁρέων· φέρων τὸ ἦθος τῆς νούσου σεσηρόσι μειδιήμασι καὶ ἀλλοκότοισι φαντάσμασιν.
13. Ἄλλος ῥόος ἐπ´ ὀφθαλμοὺς, ὀφθαλμίαι, καὶ οἰδέουσιν αἱ ὄψεις. Εἰ δὲ ἐπὶ ῥῖνας ὁ κατάῤῥους, ὀδάξονται μυκτῆρας, καὶ ἄλλο οὐδὲν δεινόν· αἵ τε γὰρ ὁδοὶ τουτέων εὐρέες καὶ ἱκαναὶ τιμωρέειν σφίσιν· πρὸς δὲ καὶ ἀσύστροφον τὸ ἀπιὸν αὐτέῃσι. Τὰ δὲ οὔατα σκολιὸς μὲν πόρος καὶ στεινός· ὁ δ´ ἐγκέφαλος πλησίον αὐτέου αὐτοῖσιν ἐμπιέζεται· νοσέων δὲ τὴν νοῦσον ταύτην, τὰ πολλὰ ἀποκρίνει κατὰ τὸ οὖς ἀπὸ τῆς πυκινῆς ῥοῆς ἀνὰ χρόνον, ὤρισταί τε, καὶ ῥέει δυσῶδες πῦον. Οὕτως ἐς τὰ ἔξω δῆλοι τῷ ὀφθαλμῷ ῥόοι καὶ οὐ πάμπαν θανατώδεες.
14. Ἢν δὲ ὀπίσῳ τὸ ῥεῦμα ᾖ δι´ ὑπερώης, τὸ ἀφικόμενον φλέγμα ἐς τὴν κοιλίην, ῥέουσι μὲν καὶ αἱ κοιλίαι τούτων, νοσέουσι δὲ οὔ· ἀναμένοντος κάτω τοῦ φλέγματος, εἰλεοί. Τὰ πάθη χρόνια, ἄλλοις δι´ ὑπερώης ἐπὶ φάρυγγα, ἢν πουλὺ ῥυῇ καὶ ἐπὶ πουλὺ, αἱ νοῦσοι φθινάδες· κορίσκονται γὰρ τοῦ φλέγματος οἱ πνεύμονες, καὶ γίνεται τὸ πῦον· τοῦτο διεσθίει τοὺς πνεύμονας, καὶ οἱ νοσέοντες οὐ ῥάϊον περιγίνονται· καὶ ἡ γνώμη τοῦ ἰητροῦ, καὶ ἢν ἀγαθὸς καὶ ἢν ἀγχίνοος, τὰ πόλλ´ ἀξυνετέει τῆς προφάσιος. Ἄλλη νοῦσος διὰ φλεβῶν ἐπὶ νωτιαῖον ἀπὸ κατάῤῥου κεφαλῆς· ἀΐσσει δὲ ἐνταῦθα ἐπὶ ἱερὸν ὀστέον, ἄγων τὴν ἐπιῤῥοὴν ὁ νωτιαῖος, καὶ ἐναπέθετο τῇσι κοτύλῃσι τῶν ἰσχίων· ἰσχία καὶ ἢν ποιέῃ φθίσιν, καὶ μαραίνεται ὁ ἄνθρωπος ὅδε καὶ ὧδε, καὶ ζώειν οὐκ ἐθέλει· ταχὺ γὰρ πονέει τὴν σπάθην, καὶ ἅμα τὼ πόδε καὶ μηρὼ παρέπονται, καὶ αἰεὶ τελέως ὄλλυνται χρόνῳ πολλῷ μελεδαινόμενοι, καὶ οὕτως ἀπηύδηκε καὶ θνήσκει. Ταῦτά μοι περὶ ῥόων ἀπὸ κεφαλῆς εἴρηται.
15. Καὶ πάθεα ἐγκεφάλου καὶ ἄλλαι νοῦσοι, παραφροσύναι καὶ μανίαι, καὶ πάντα ἐπικίνδυνα, καὶ πονέει ὁ ἐγκέφαλος καὶ αἱ ἄλλαι ἀδένες· ἔχει γὰρ καὶ τόνον καὶ ἄλλη ξύνοδος ἐνταῦθα πάλιν τοῦ σώματος.
16. Ἀλλὰ καὶ ἀδένες ἐν τοῖσι στήθεσι μαζοὶ καλέονται, καὶ διαίρονται γάλα ποιέουσιν· οἷς δὲ οὐ ποιέουσι γάλα, οὔ· ποιέουσι μὲν αἱ γυναῖκες, οἱ δὲ ἄνδρες οὐ ποιέουσι. Τῇσι μὲν γυναιξὶν ἀραιή τε ἡ φύσις κατὰ τῶν ἀδένων, ὥσπερ τὸ ἄλλο σῶμα, καὶ τὴν τροφὴν, ἥν τινα ἕλκουσιν ἐπὶ σφᾶς, ἀλλοιοῦσιν ἐς τὸ γάλα· καὶ ἀπὸ τῆς μήτρης παραγίνεται ἐπὶ τοὺς μαζοὺς ἐς τὴν μετὰ τὸν τόκον τῷ παιδίῳ τροφὴν, ἥν τινα ἀποπιέζει καὶ ὑπερβάλλει τὸ ἐπίπλοον ἐς τὰ ἄνω, στενοχωρούμενον ὑπὸ τοῦ ἐμβρύου. Τοῖσι δὲ ἄῤῥεσι καὶ ἡ στενοχωρίη καὶ ἡ πυκνότης τοῦ σώματος μέγα συμβάλλεται μὴ εἶναι μεγάλας τὰς ἀδένας· τὸ γὰρ ἄῤῥεν ναστόν ἐστι καὶ οἷον εἷμα πυκνὸν καὶ ὁρέοντι καὶ ἐπαφομένῳ· τὸ δὲ θῆλυ ἀραιὸν καὶ χαῦνον καὶ οἷον εἴριον ὁρέοντι καὶ ἐπαφομένῳ· ὥστε τὴν ὑγρασίην οὐ μεθίησι τὸ ἀραιὸν καὶ μαλθακόν· τὸ δὲ ἄρσεν οὐκ ἄν τι προσδέξαιτο, πυκνόν τε ἐὸν καὶ ἀστεργὲς, καὶ ὁ πόνος κρατύνει αὐτοῦ τὸ σῶμα, ὥστε οὐκ ἔχει δι´ οὗ λήψεται τὸ τῶν περισσῶν. Οὕτως ἀναγκάζει ὅδε ὁ λόγος καὶ στήθεα καὶ μαζοὺς καὶ τὸ ἄλλο σῶμα τῇσι γυναιξὶ χαῦνα καὶ μαλακὰ εἶναι καὶ διὰ τὴν ἀργίην καὶ διὰ τὰ προειρημένα· τοῖσι δὲ ἀνδράσι τὰ ἐναντία.
17. Ποιέουσι καὶ μαζοὶ φύματα, φλεγμονὰς, τὸ γάλα ἀποσήποντες· ἀγαθὰ δὲ ἔχουσι τοῖσιν ἔμπροσθεν ὅμοια· ἀποστερίζουσι τὴν πλεονεξίην τοῦ ἄλλου σώματος. Μαρτύριον τῇσι γυναιξὶν, ᾗσιν ἀφαιρεῖται νούσῳ ἢ ἄλλῃ τινὶ ξυμφορᾷ μαζός· καὶ ἡ φωνὴ θρασεῖα, καὶ ὑγρὰ εἰς στόμαχον, καὶ πτυελίζουσι, καὶ τὴν κεφαλὴν ἀλγέουσι, καὶ ἀπὸ τῶνδε νοσέουσιν· ἰὸν γὰρ ἀπὸ τῆς μήτρης καὶ ἐπιῤῥέον τὸ γάλα, ὥσπερ μεθίει καὶ ἔμπροσθεν ἐς τὰ ἄνω τεύχεα, τὰ οἰκεῖα οὐκ ἔχον τεύχεα, συντυγχάνει τοῖσι κυρίοις τοῦ σώματος, καρδίῃ, πνεύμονι, καὶ ἀποπνίγονται. 1. (Description générale des glandes.) Voici ce qui en est touchant la constitution entière des glandes. Elles sont de nature spongieuse, lâches et grasses ; ce ne sont ni des chairs semblables au reste du corps ni rien autre qui ressemble au corps. Mais elles sont de peu de consistance et ont des veines nombreuses. Si vous les incisez, l'écoulement de sang est abondant. D'apparence blanche et comme du phlegme, elles sont, au toucher, comme de la laine ; si vous les malaxez avec les doigts en employant beaucoup de force, la glande rend un liquide huileux, et elle même se broyé et se dissout.
2. (Maladies des glandes. Mode de production de ces maladies.) Elles ont peu de maladies, et, quand elles en ont, c'est par l'affection du reste du corps ou idiopathiquement ; elles participent peu aux souffrances du corps. Leurs maladies sont des abcès ; des scrofules font éruption ; et la fièvre s'empare du corps ; elles sont prises de la sorte quand elles sont emplies par l'humidité du reste du corps qui afflue en elles. Cet afflux arrive du reste du corps par les veines qui, nombreuses et creuses, les traversent, de sorte que le liquide qu'elles attirent fait facilement son chemin dans leur intérieur. Si le flux est abondant et morbide, les veines contractent sur elles-mêmes le reste du corps. Ainsi la fièvre s'allume, et les glandes se gonflent et s'enflamment.
3. (Distribution des glandes. Office qu'elles remplissent : elles absorbent la surabondance des humidités produites dans le corps.) Des glandes gisent dans le corps, plus nombreuses ou plus grosses, en ses cavités, aux articulations, et partout ailleurs où il y a de l'humidité, ainsi que dans les régions san- 559 guines ; les unes, afin que, recevant l'afflux qui vient d'en haut dans les cavités, elles l'attirent à soi; les autres, afin que, recueillant l'humeur qui se reproduit par le fait de l'exercice, elles pompent la surabondance qu'envoient les articulations. De cette façon il n'y a point de débordement dans le corps; car, s'il se fait soudainement quelque afflux, il n'en résulte pas un débordement consécutif ; peu ou beaucoup, cela se consume dans les glandes.
4. (L'humidité ainsi recueillie est la nourriture des glandes; et la preuve qu'il y a des glandes la où il y a de l'humide, c'est qu'il y a des poils là où il y a des glandes. L'office des poils est analogue à celui des glandes : ils recueillent le superflu bouillonnant à la superficie.) Ainsi, les glandes faisant profit de l'humeur surabondante du reste du corps, y trouvent une nourriture qui leur est conforme. Et, de fait, là où sont des parties marécageuses dans le corps, là sont des glandes ; et la preuve, c'est que là où sont des glandes, là sont aussi des poils. La nature fait des glandes et des poils; glandes et poils ont même utilité, les unes, pour l'humeur affluente comme il a été dit ; les autres, ayant à point ce que fournissent les glandes, poussent et croissent, recueillant le superflu qui bouillonne vers les extrémités. Mais là où le corps est sec, il n'y a ni glande ni poil; au lieu qu'avec des parties molles qui fatiguent et qui abondent en humidité, on a les conditions pour glandes et poils. Des glandes sont dans le voisinage des oreilles, de çà et de là, de chaque côté des veines jugulaires du cou, et aussi y a-t-il des poils des deux côtés. Aux aisselles, des glandes et des poils. Les aines et le pubis, comme les aisselles : glandes et poils. Ce sont, dans le corps, des par-561 ties creuses et toutes prêtes pour l'excès de l'humide, étant de celles qui fatiguent le plus et se meuvent le plus.
5. (Exception pour les intestins, qui ont beaucoup de glandes et pas de poils. Explication illusoire pour rendre raison de cette exception. Ces glandes absorbent l'humeur qui est dans les intestins.) Le reste a des glandes seulement ; tels sont les intestins ; ils ont en effet aussi de grosses glandes dans l'épiploon, mais ils n'ont pas de poils. Et en effet, dans les marécages et les lieux très-humides de la terre, la graine ne germe pas et ne pousse pas au-dessus du sol, pourrissant et étouffée par l'excès, qui la comprime. Dans les intestins aussi l'excès et le liquide abondant compriment, de manière que des poils ne sont pas produits. Les glandes y sont plus grosses que partout ailleurs dans le corps; elles absorbent, par expression, l'humeur dans les intestins ; ceux-ci la reçoivent des vaisseaux et la transmettent à l'épiploon, qui la distribue aux glandes.
6. (Reins. Les reins sont considérés non comme étant des glandes, mais comme ayant des glandes.) Les reins aussi ont des glandes; car ils se saturent d'une humidité abondante. Là les glandes sont plus grosses que les autres ; en effet, le liquide affluant n'est pas absorbé par les reins, mais il s'écoule à la vessie en bas, de sorte qu'ils attirent à soi tout ce qu'ils se procurent par les conduits.
7. (Amygdales. Flux qui s'y fait venant de la tête. S'il est âcre et abondant, inflammation des amygdales, qui s'étend aux oreilles; s'il est inerte et abondant, scrofules.) Il y a encore bien d'autres glandes toutes petites dans le corps ; mais je ne veux pas faire de digressions, cet écrit n'étant que sur le» plus importantes. Je reprends donc le fil du discours, et je vais parler de la constitution des glandes de la gorge. La gorge a, de çà et de là, à ses deux côtés, des glandes qu'on nomme amygdales. En voici l'usage : la tête est placée au sommet, 563 creuse, ronde et pleine, tout autour, de l'humide qui provient du reste du corps ; en même temps le corps envoie dans la tête des vapeurs de toute espèce, que la tête renvoie à fur et mesure ; car ce qui afflue n'y peut rester, n'ayant pas où se fixer, à moins que la tête ne soit malade ; alors l'humeur n'est pas renvoyée, et elle prend prédominance. Mais lorsque ce qui a été attiré est renvoyé dans les glandes, le flux s'opère, et il ne cause aucune souffrance tant qu'il est peu abondant, proportionné , et que les glandes en sont maîtresses. Mais, l'afflux étant abondant et âcre, s'il est âcre et visqueux, la gorge s'enflamme, se tuméfie et se tend, et de la sorte le mal gagne l'oreille ; si les deux côtés sont pris, les deux oreilles, et une si un côté seulement est pris. Quand, au contraire, le flux est une matière pituiteuse, abondante et inerte, il y a encore de l'inflammation; et cette inflammation, vu que l'humeur est stationnaire, devient scrofules; ces maladies du cou sont pires.
8. (Mêmes fluxions sur les glandes de l'aisselle et de l'aine, et accidents analogues.) Aux aisselles aussi il se fait un afflux qui, quand il est abondant et composé d'humeurs âcres, y engendre des abcès. De la même façon, aux aines, la glande attire l'humidité provenant des parties supérieures ; et, si elle en prend une surabondance, il se forme un bubon qui suppure; inflammation semblable à celle des aisselles et de la gorge. Là aussi les glandes paraissent rendre les mêmes services et causer les mêmes maux. Voilà ce que j'ai à dire là-dessus.
9. (Les intestins reçoivent les aliments et les boissons, plus l'humidité qui est sous la peau. Mais peu de maladies s'y en- 565
gendrent, à cause de la facilité avec laquelle les glandes, nombreuses et de volume à peu près égal, enlèvent les liquides.) Les intestins ont pleine saturation par les aliments et les boissons, recevant aussi l'humidité qui est sous la peau ; toute cette humidité est consumée de la même façon que la précédente ; mais, là, elle ne produit guère de maladies, à la différence de ce qui arrive dans les articulations ; car les glandes sont nombreuses, ouvertes, et non creuses. L'une n'absorbe pas beaucoup plus que l'autre, vu qu'il n'y en a pas une qui, voulant en avoir davantage, puisse dès lors avoir un excès ; chacune est bornée au peu qui afflue dans un organe divisé en beaucoup de parties ; de là, égalité pour toutes.
10. (Le cerveau est semblable à une glande par son apparence et par son office qui est de pomper dans le reste du corps les humidités et de les répartir dans le reste du corps.) La tête aussi a les glandes, le cerveau semblable à une glande ; en effet le cerveau est blanc, friable comme les glandes ; il rend à la tête les mêmes services qu'elles rendent de leur côté; venant, pour les raisons que j'ai expliquées, au secours, il la dépouille de l'humidité , et renvoie aux extrémités en dehors le surplus provenant des flux. Le cerveau est plus gros que les autres glandes; les cheveux sont plus longs que les autres poils, le cerveau étant plus gros et gisant dans un large espace qui est la tête.
11. (Maladies qu'il produit. Sept catarrhes qu'il envoie sur les parties inférieures.) Il produit des maladies et moindres et plus graves que les autres glandes ; et il les produit quand il envoie aux parties inférieures du corps sa surabondance. Les fluxions venant de la tête jusqu'à excrétion se font naturellement parles oreilles, par les yeux, par les narines, en voilà trois. D'autres arrivent par le palais au larynx, au pharynx; d'autres, par les veines, à la moelle épinière, aux hanches. En tout sept.
12. (Ces fluxions purgent le cerveau et le reste du corps. Mais, si elles sont retenues, elles sont un mal pour le cerveau et le reste du corps. En ce cas, indépendamment des sept catarrhes dont il m être question, le cerveau lui-même est exposé à deux affections : si la matière retenue est acre, il est frappé d'apoplexie; si la matière retenue n'est pas âcre la raison se dérange, et il y a délire et hallucination.) Ces fluxions, en s'en allant, sont des purgations pour le cerveau ; si elles ne s'en allaient pas, ce seraient des maladies pour lui. De même pour le reste du corps ; si ces flux vont dans les parties intérieures et non au dehors, il en résulte beaucoup de trouble pour ces parties; ils ulcèrent le dedans ; et, si le cerveau envoie une fluxion acre, elle corrode et ulcère les voies. L'afflux est-il abondant et descendant avec force, la fluxion ne s'arrête pas jusqu'à ce qu'elle ait épuisé la plénitude qui descend. Le cerveau, renvoyant au dehors et recevant en place, se trouve toujours dans le même état; il attire les liquides et fait des maladies. Ce double état, négligé, affaiblit la nature ; et, si elle souffre, il y aura deux dommages. Les souffrances de la nature seront telles : d'une part, les flux susdits supportent mal la plénitude, et irritent les parties par leurs propriétés hétérogènes et inhabituelles ; d'autre part, le cerveau a du mal, et lui-même n'est pas sain ; et, s'il est irrité, il a beaucoup de trouble, l'intelligence se dérange, le cerveau est pris de spasme et convulsé le corps tout entier, parfois le patient ne parle pas, il étouffe; cette affection se nomme apoplexie. D'autres fois, le cerveau ne fait pas la fluxion acre ; mais, arrivant en excès, elle y cause 569 de la souffrance ; l'intelligence se trouble, et le patient va et vient, pensant et voyant autre chose que la réalité, et portant le caractère de la maladie dans des sourires moqueurs et des visions étranges.
13. (1° Catarrhe sur les yeux; 2° catarrhe sur les narines; 3° catarrhe sur les oreilles.) Un autre flux est sur les yeux ; de là les ophtalmies ; les yeux se gonflent. Si le catarrhe va sur le nez, il irrite les narines, sans rien autre de fâcheux; car les voies sont larges, et suffisantes pour se débarrasser elles-mêmes ; de plus, ce qui y va n'est pas disposé à former un engorgement. Au contraire les oreilles offrent un conduit oblique et étroit, et le cerveau, qui en est près, pèse sur elles; quand il est ainsi affecté, il verse généralement sur l'oreille, avec le temps, une sécrétion provenant du flux abondant; elle se filtre, et il coule un pus fétide. De cette sorte, les flux sont manifestes à l'œil dans les parties extérieures, et ils ne causent pas absolument la mort.
14. (4° Catarrhe sur le ventre et iléus ; 5° catarrhe sur la gorge et le poumon, phtisie; 6° catarrhe sur la moelle épinière ; et 7° catarrhe sur les hanches.) Si la fluxion se fait en arrière par le palais , la pituite arrivant dans le ventre, il y a, à la vérité, diarrhée, mais non maladie; mais, si la pituite demeure en bas, il se forme des iléus. Voici des affections chroniques : chez d'autres, la fluxion, par le palais, va à la gorge ; si elle est abondante et de longue durée, naissent les affections 571 consomptives ; en effet les poumons se gorgent du phlegme, et le pus se forme ; il ronge les poumons, et les malades ne guérissent pas facilement ; souvent le médecin , même habile et d'un esprit pénétrant, ne saisit pas la cause. Une autre maladie provenant du catarrhe de la tête se produit, par la voie des veines, sur la moelle épinière; là elle se jette sur le sacrum , la moelle épinière conduisant la fluxion, et elle se fixe sur les cavités des hanches. Si les hanches viennent à consomption , le patient tombe, de cette façon aussi, dans le marasme , et il ne veut pas vivre ; car bientôt il souffre dans la côte; les pieds et les cuisses suivent, et s'atrophient toujours complètement en un long temps au milieu des soins du traitement ; de la sorte le malade s'affaiblit, et il meurt. Voilà ce que j'avais à dire sur les flux venant de la tête.
15. (Autres maladies du cerveau.) Les affections de l'encéphale produisent aussi d'autres maladies, des délires, des transports, tout cela fort dangereux ; il souffre et les autres glandes aussi; en effet, il a un tonos {cordon?
tension? voy. note 13) ; et c'est là derechef un autre point synodique du corps.
16. (Mamelles. C'est de la matrice que leur vient le lait par l'intermédiaire de l'épiploon. Comparaison entre le corps de l'homme et celui de la femme.) Les glandes à la poitrine sont 573 appelées mamelles; elles se développent chez qui donne du lait, et ne se développent pas chez qui n'en donne pas ; les femmes en donnent, et les hommes n'en donnent point. Chez les femmes, la constitution est lâche dans les glandes, comme dans le reste du corps; et les mamelles changent en lait la nourriture qu'elles attirent à soi. C'est de la matrice que se fait le transport aux mamelles pour l'alimentation de l'enfant après l'accouchement ; aliment que l'épiploon, comprimé par le fœtus, exprime et fait passer aux parties supérieures. Mais, chez les mâles, la coarctation et la densité du corps concourent grandement à empêcher que les glande» ne soient grosses. En effet, le mâle est compacte et comme une étoffe serrée soit à l'oeil soit au toucher ; le corps femelle est lâche, ' spongieux et comme une laine soit à l'œil soit au toucher ; de la sorte, ce qui est lâche et mou ne laisse pas aller l'humidité; au lieu que le mâle ne la reçoit même pas, étant dense et inhospitalier; de plus la fatigue lui endurcit le corps, si bien qu'il n'a pas par où prendre quoi que ce soit de superflu. Ce raisonnement montre que nécessairement la poitrine, les mamelles et le reste du corps sont spongieux et mous chez les femmes et en raison de l'oisiveté et en raison de ce qui a été dit, tandis que c'est le contraire chez les hommes.
17. (Maladies des mamelles. Service que les mamelles rendent, qui est d'absorber le superflu du reste du corps; preuve qui s'en voit quand une femme perd une mamelle; comparez la description des accidents généraux qui proviennent quand des tumeurs squirrheuses commencent à se former dans le sein, Maladies des Femmes, § 133, p. 283.) Les mamelles sont sujettes 575 aux abcès, aux inflammations, par la corruption du lait ; mais elles rendent les moines services que les glandes dont il a été question précédemment, enlevant le superflu au reste du corps. La preuve en est chez les femmes qui perdent une mamelle par maladie ou par quelque autre accident : la voix devient hardie, les humidités abondent à l'arrière-gorge ; la femme a du ptyalisme , de la céphalalgie, et est malade par ce dérangement : en effet, le lait, venant de la matrice et envoyé, comme précédemment, par elle en affluence dans les vaisseaux supérieurs, mais n'ayant plus de vaisseaux à lui propres, se porte aux parties essentielles du corps, le cœur, le poumon , et les femmes succombent suffoquées.
FIN DU LIVRE DES GLANDES.
��ῥέον ἐς τὸ ἄρθρον ἐς πολλὰ

References: § 10
 § 14
 § 18
 § 47
 § 9
 § 38
 § 13
 § 133