Source: https://fr.scribd.com/document/395309132/etre-et-temps-de-heidegger-paragraphe-44-pdf
Timestamp: 2019-04-19 18:46:40+00:00

Document:
Transféré par Hassan Hamo
Etre	et	Temps	de	Heidegger
Paragraphe	44
Discussion	critique	d’Etienne	Pinat	d’un	article	plus	vaste	de	Marlène	Zarader	sur
Le	§	44	est	long	et	essentiel,	Heidegger	y	fournit	un	long	développement	sur	le	sens
ontologique	de	la	vérité	et	Marlène	Zarader	livre	des	explications	très	éclairantes,
quoique	rapides,	sur	le	rapport	entre	ce	paragraphe	et	la	conférence	de	1930	De
l’essence	de	la	vérité	que	nous	relisions	dans	notre	recension	de	l’ouvrage	de	François
Jaran	[5].
Ce	paragraphe	donne	lieu	à	la	dernière	pause	critique	de	l’ouvrage.	La	difficulté	porte
sur	le	statut	de	l’énoncé	quand	on	met	en	regard	le	§	44	avec	le	§	33.	Ce	dernier
paragraphe	thématisait	le	passage	de	l’explicitation	de	l’étant,	son	interprétation	comme
ceci	ou	cela,	selon	un	comme	existential-­‐herméneutique,	c’est-­‐à-­‐dire	antéprédicatif,	à
l’énoncé	qui	porte	explicitement	sur	l’étant	dans	un	comme	apophantique	qui	le	fait
passer	de	la	Zuhandenheit	à	la	Vorhandenheit.	Dans	le	§	44,	Heidegger	dégage	un	autre
danger,	qui	est	que	l’énoncé	cesse	de	renvoyer	à	l’étant	découvert	et	se	mette	à	valoir
pour	lui-­‐même	comme	un	étant	Zuhanden	qui	est	utilisé,	repris,	redit,	et	alors	il	barre
l’accès	à	ce	dont	il	est	parlé	au	lieu	de	le	révéler,	et	nous	reconnaissons	là	le	mécanisme
du	bavardage	du	On,	modalité	déchue	du	discours.	Heidegger	n’articule	pas
explicitement	ces	deux	caractérisations	de	l’énoncé,	et	Marlène	Zarader	ajoute	que
lorsqu’on	essaie	de	le	faire,	on	se	trouve	devant	une	aporie.	Il	y	a	une	ambiguïté	dans	la
caractérisation	de	l’énoncé.	Heidegger	part	de	la	vérité	logique	de	l’énoncé	comme	la
plus	dérivée,	pour	remonter	à	partir	d’elle	à	la	vérité	ontique	de	l’étant	qui	est
découvert,	puis	à	la	vérité	du	comportement	du	Dasein	consistant	à	découvrir,	puis	à
l’ouverture	du	monde	qui	rend	possible	ce	comportement	et	constitue	la	vérité	la	plus
originaire,	la	vérité	ontologique.	Or,	l’énoncé	se	trouve	à	deux	endroits	à	la	fois	de	ce
dispositif.	A	la	place	la	plus	dérivée,	d’abord,	place	numéro	1,	mais	aussi	à	la	place	du
comportement	découvrant,	la	place	numéro	3,	car	Heidegger	affirme	que	l’énoncé	est	un
comportement	du	Dasein	qui	découvre	l’étant.	L’énoncé	semble	parfois	second	par
rapport	à	l’acte	de	découvrir,	il	consiste	à	s’approprier	ce	qui	est	déjà	découvert	et
finalement	à	le	perdre.	Mais	dans	d’autres	passages,	c’est	l’énoncé	lui-­‐même	qui	est
déterminé	comme	«	découvrant	»,	et	pris	en	tant	que	comportement	du	Dasein,	et	en	ce
sens	il	précède	la	découverte	de	l’étant	et	la	rend	possible.	Marlène	Zarader	écrit	:	«	pris
en	son	sens	logique,	l’énoncé	suppose	l’être-­‐découvert	de	l’étant,	et	davantage	encore
l’être	découvrant	du	Dasein	;	pris	en	son	sens	existential,	il	permet	l’être-­‐découvert	de
l’étant,	et	est	lui-­‐même	dit	découvrant	»	(p.	400).	Comment	concilier	de	telles
affirmations	?	L’idée	de	Marlène	Zarader	est	que	cette	difficulté	tient	au	fait	que	la	vérité
la	plus	originaire	est	le	Dasein	lui-­‐même	en	tant	qu’ouverture,	et	le	problème	sera
dépassé	dès	lors	que	Heidegger	surmontera	ce	reliquat	de	transcendantalisme	dans	le
tournant,	dont	on	voit	les	prémices	dans	De	l’essence	du	fondement.
157)...	on	peut	le	comprendre.	il	n’y	a	jamais	«	de	prime	abord	»	de	tels	énoncés	»	(SuZ.	quand	on	passe	de	l’énoncé	«	le	marteau	est	trop	lourd	»	à	l’énoncé	«	la	chose-­‐marteau	a	la	propriété	de	la	gravité	».	Ici.	Laissons	la	question	ouverte.	mais	un	étant	dans	la	guise	de	son	être-­‐à-­‐portée-­‐de-­‐la-­‐main	(Zuhandenheit)	»	(p.	difficilement	conciliables	ne	sont-­‐elles	pas	maintenues	malgré	le	tournant	dans	la	vérité	de	l’être	?	A	moins	que	l’énoncé	ne	soit	plus	un	comportement	du	Dasein.	nous	nous	demandons	s’il	faut	véritablement	dire	que	l’énoncé	comme	découvrant	découvre	nécessairement	l’étant	comme	Vorhanden	et	plus	comme	Zuhanden	et	qu’il	tombe	nécessairement	dans	le	ouï-­‐dire	qui	ne	découvre	plus	l’étant	:	«	Qu’il	soit	un	mode	d’appropriation	de	l’être-­‐découvert.	Les	paroles	que	nous	tenons	au	quotidien	dévoilent	bien	l’outil	et	ne	portent	pas	sur	des	choses	subsistantes.	Il	nous	semble	que	le	tournant	de	la	Zuhandenheit	à	la	Vorhandenheit	suppose	un	pas	de	plus.	p.	Par	conséquent.	descriptions	du	disponible	(Zuhanden).	mais	Heidegger	a	peut-­‐être	lui-­‐même	vu	la	difficulté	puisqu’il	tient	lui-­‐même	la	conception	du	discours	dans	Sein	und	Zeit	pour	insatisfaisante.	à	condition	de	souligner	qu’il	est	un	mode	inapproprié	d’appropriation	:	tel	est	ce	qui	ressort	tant	des	analyses	du	§	33	(il	s’approprie	l’étant	comme	subsistant)	que	de	celles	du	§	44	(il	s’approprie	l’étant	par	ouï-­‐dire.	nous	ne	pensons	pas	que	l’on	puisse	affirmer	que	l’énoncé	soit	nécessairement	un	mode	inapproprié	d’appropriation.	il	existe	bien	des	degrés	intermédiaires.	nous	nous	posons	une	question.	Est-­‐ce	que	la	perspective	développée	après	le	tournant	permet	véritablement	de	surmonter	l’aporie	?	Que	la	vérité	ontologique	ne	soit	plus	l’ouverture	du	Dasein	mais	la	vérité	de	l’être	en	laquelle	il	se	tient.	cet	alinéa	du	§	33	:	«	Entre	l’explication	encore	totalement	enveloppée	dans	le	comprendre	préoccupé	et	l’extrême	opposé	d’un	énoncé	théorique	sur	du	subsistant	(Vorhanden).	et	il	précise	bien	que	ce	serait	une	perversion	du	phénomène	de	l’énoncé	que	de	croire	qu’ils	se	ramènent	tous	à	l’énoncé	théorique.	et	Heidegger	en	dégage	la	genèse	dans	ce	§	33	conformément	à	la	genèse	du	théorique	dans	le	§	13.	«	rapports	sur	une	situation	».	récit	d’incidents.	Une	telle	affirmation	nous	semble	problématique	dans	la	mesure	où	toute	l’analyse	heideggérienne	de	la	Zuhandenheit	dans	le	§	15	est	constituée	d’énoncés	qui	ont	bien	pour	fonction	de	nous	faire	voir	ce	mode	d’être	adéquatement.	et	l’homme	est	pris	en	elle.	:	autant	de	«	.	Énoncés	sur	des	événements	du	monde	ambiant.	perversion	caractéristique	de	l’approche	purement	logique	du	langage.	mais	l’énoncé	ne	demeure-­‐t-­‐il	pas	encore	découvrant	dans	cette	perspective	?	Les	deux	affirmations.	ce	qui	est	découvert	pour	la	vue	n’est	pas	un	«	sens	».	Heidegger	écrit	au	§	33	:	«	Dans	l’énoncé	:	«	le	marteau	est	trop	lourd	».Ici.	enregistrement	et	fixation	d’un	«	état	de	fait	».	Indépendamment	de	ce	problème.	car	il	ne	signifie	pas	nécessairement	s’approprier	l’étant	comme	subsistant.	analyse	de	données.	Voir.	qui	se	dispense	historiquement.	mais	tout	énoncé	n’est	pas	théorique.	résout-­‐il	le	problème	?	L’énoncé	est	alors	tenu	encore	pour	la	vérité	la	plus	dérivée	par	rapport	à	la	vérité	de	l’être.	vérité	qui	s’ouvre	à	lui.	puisque	c’est	la	parole	même	qui	parle.	l’énoncé	semble	bien	pouvoir	dévoiler	l’étant	disponible	en	tant	qu’étant	disponible.	C’est	seulement	l’énoncé	théorique	qui	le	fait.154).	sans	ré-­‐accomplir	le	découvrement)	»	(p.	peut-­‐être	dans	ce	cas	faudrait-­‐il	aller	voir	la	pensée	de	la	parole	développée	dans	Acheminement	vers	la	parole	où	celle-­‐ci	semble	bien	trouver	son	origine	en	l’être	et	relever	de	son	envoi.	à	ce	sujet.	Heidegger	prenant	soin	de	préciser	que	«	dans	la	circonspection	préoccupée.	399).
Il	nous	semble	plutôt	qu’il	en	dégage	trois	:	1.	La	vérité	de	l’énoncé	en	tant	qu’il	est	découvrant.	L’ouverture	du	Dasein.	il	ne	nous	semble	pas	si	explicite	que	Heidegger	dégage	ces	quatre	étapes.	Mais	même	si	nous	re-­‐comprenons	ainsi	l’énoncé.	pour	le	dire	dans	les	termes	de	l’herméneutique	de	la	vie	facticielle.	p.	donc	en	lui-­‐même	indifférent	à	la	distinction	entre	authenticité	et	inauthenticité.	qui	lui-­‐même	n’est	possible	qu’au	sein	de	l’ouverture	du	Dasein	(3).	L’énoncé	n’est	vrai	que	parce	qu’il	renvoie	à	l’étant	tel	qu’il	est	découvert.	il	se	trouve	à	la	fois	à	la	place	1	et	3.	»	(SuZ.	La	phénoménologie.	en	le	laissant	découvrir	l’étant	dans	la	ré-­‐effectuation	du	découvrement	ou	bien	en	le	laissant	se	raidir	et	valoir	pour	lui-­‐même.	prétend	bien	être	constituée	de	ce	type	d’énoncés.	L’ouverture	du	Dasein.	Dans	ce	cas.	L’être-­‐découvrant	du	Dasein	4.	Marlène	Zarader	voit	quatre	étapes	:	1.	Cette	distinction	ne	concerne	que	le	comment	de	notre	rapport.	car	Sein	und	Zeit	est	bien	composé	d’énoncés	et	cela	n’aurait	pas	de	sens	d’écrire	ce	lire	si	tout	énoncé	ne	pouvait	donner	lieu	qu’à	une	appropriation	inapproprié	de	l’étant.	3.	386).	La	vérité	de	l’énoncé.	2.	Celle	de	Heidegger	l’est	parce	qu’elle	est	constituée	d’indications	formelles	qui	font	signe	vers	un	sens	qui	doit	être	accompli.	la	manière	dont	nous	nous	rapportons	à	cet	énoncé.	sa	modalité	déchue.	être-­‐ découvrant	caractérise	à	chaque	fois	l’énoncé	et	constitue	la	première	étape	à	partir	de	laquelle	Heidegger	rétrocède	vers	la	vérité	originaire	de	l’être-­‐au-­‐monde.	l’énoncé	étant	un	comportement	du	Dasein	qui	découvre	l’étant.	de	sorte	qu’un	énoncé	peut	tout	à	fait	donner	lieu	à	une	appropriation	authentique	de	ce	dont	il	est	parlé.	le	plus	dérivé.	et	ce	faisant	renvoie	à	un	étant	en	son	être-­‐découvert	(2).	l’énoncé	étant	le	comportement	par	lequel	le	Dasein	est	découvrant.	tantôt	ce	qui	est	dérivé	et	s’approprie	secondairement	ce	qui	est	déjà	découvert	selon	une	vérité	logique.	Nous	ne	dirons	pas	que	les	trois	degrés	de	l’originaire	sont	«	être-­‐découvert.	étant	à	la	fois	dérivé	et	originaire	quant	à	la	vérité	que	dégage	Heidegger.	La	vérité	de	l’étant	en	son	être-­‐découvert.	ne	permettant	plus	d’accès	à	l’étant	dont	il	est	parlé.	en	tant	que	retour	aux	choses	mêmes.	En	effet.propositions	»	qui	ne	sauraient	être	réduites	qu’au	prix	d’une	perversion	essentielle	de	leur	sens	à	des	propositions	énonciatives	théoriques.	car	le	bavardage	n’est	qu’une	modalité	du	discours.	.	un	être-­‐découvrant.	mais	bien	être-­‐découvrant	(de	l’énoncé).	dérivé	et	originaire.	Mais	en	relisant	le	§	44.	L’être-­‐découvert	de	l’étant.	puisqu’il	est	tantôt	ce	qui	découvre	l’étant	selon	une	vérité	originaire.	La	destruction	phénoménologique	elle-­‐même	a	bien	pour	fonction	de	déconstruire	les	interprétations	transmises	par	simple	ouï-­‐dire	pour	retourner	à	la	source	où	l’énoncé	a	été	puisé.	mais	une	modalité	authentique	en	laquelle	on	s’approprie	authentiquement	ce	dont	il	est	parlé	est	possible.	mais	ce	découvrir	n’a	lieu	qu’au	sein	de	l’ouverture	du	Dasein.	être	découvrant.	être-­‐au-­‐monde	»	(p.	2.	L’énoncé	est	une	existential.	être-­‐au-­‐monde.	3.	découvre	l’étant.	158)	L’énoncé	ne	signifie	pas	non	plus	nécessairement	s’approprier	par	ouï-­‐dire	sans	ré-­‐accomplir	le	découvrement.	demeure	problématique	son	statut	quant	à	la	vérité.	il	nous	semble	qu’il	s’agit	là	d’un	seul	sens	de	vérité.	L’énoncé	est	découvrant	(1).	Fort	heureusement.	Ainsi.	d’ailleurs.	mais	il	n’est	découvert	que	par	le	comportement	du	Dasein	qui	seul	peut-­‐être	dit	découvrant.	Il	nous	semble	cependant	qu’on	peut	lever	cette	difficulté	en	comprenant	autrement	la	chaîne	de	dérivation	d’un	sens	de	la	vérité	à	l’autre	exposée	dans	ce	§	44.	être-­‐découvert.
L’être-­‐vrai	(vérité)	de	l’énoncé	doit	nécessairement	être	entendu	comme	être-­‐découvrant	»	(SuZ.	l’énoncé	n’est	plus	situé	qu’à	une	seule	place.	la	première.	Remercions	l’auteur	pour	sa	probité	herméneutique	qui	la	conduit	à	avouer	ses	perplexités.	là	où	tant	d’autres.	Ainsi.	l’étant	en	son	être-­‐ découvert.	a	véritablement	le	souci	de	lui	faire	comprendre	Heidegger.	par	exemple	:	«	Ce	qui	vient	à	confirmation.	et	l’ambiguïté	du	statut	de	l’énoncé	relevée	par	Marlène	Zarader	est	dissipée	E	:	Conclusion	Terminons	cette	recension	en	remerciant	l’auteur	pour	le	véritable	plaisir	de	lecture	et	de	réflexion	sur	Être	et	temps	qu’a	constitué	l’analyse	de	son	ouvrage.	pour	se	valoriser.	la	conscience.	et	d’éviter	toute	préciosité	et	tout	ésotérisme.	c’est	que	l’être	énonçant	pour	la	chose	énoncée	est	une	mise	au	jour	de	l’étant.	ne	prenant	aucun	risque	dans	leur	interprétation	pour	n’avoir	pas	à	être	réfuté.	p.	la	temporalité.	souhaitons	que	la	seconde	partie	de	ce	commentaire	paraisse	un	jour.Voir.	car	tout	reste	encore	à	interpréter	à	la	fin	du	§	44	:	la	mort.	Chacun	peut	lire	ce	livre.	218).	même	celui	qui	n’a	jamais	lu	une	ligne	de	Heidegger.	préfèreraient	passer	sous	silence	ce	qui	pose	problème	pour	faire	comme	si	le	texte	de	Heidegger	allait	de	soi	et	qu’il	ne	fallait	surtout	pas	chercher	à	l’interroger.	c’est	qu’il	découvre	l’étant	auquel	il	se	rapporte.	la	résolution.	Ce	qui	est	confirmé.	Enfin.php?article457	.	c’est	l’être-­‐découvrant	de	l’énoncé	[…]	ce	connaître	qui	énonce	et	se	confirme	est	lui-­‐même.	ses	incompréhensions.	quant	à	son	sens	ontologique.com/spip.	l’historialité	et	l’intratemporalité.	cela	signifie	:	il	découvre	l’étant	en	lui-­‐même.	Source	:	http://www.	L’énoncé	est	vrai.	un	être	découvrant	pour	l’étant	réel.actu-­‐philosophia.	ce	qui	est	une	gageure.	Plaisir	d’entendre	la	parole	d’un	professeur	qui	s’adresse	véritablement	à	son	public.
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References: §	44
	§	44
	§	33
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	§	44
	§	33
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	§	13
	§	15
	§	33
	§	44
	§	44
	§	44