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Timestamp: 2016-10-23 20:26:33+00:00

Document:
1C_525/2014 � � Arr�t du 24 juin 2015
repr�sent�s par Me Jean Heim, avocat,
repr�sent�s par Me Denis Merz, avocat,
Municipalit� de Bourg-en-Lavaux, case postale 112, 1096 Cully, repr�sent�e par Me Denis Sulliger, avocat, rue du Simplon 13, 1800 Vevey,
Service du d�veloppement territorial du canton de Vaud, place de la Riponne 10, 1014 Lausanne Adm cant VD,
C.________ et D.________ sont copropri�taires de la parcelle n� 7'909 de la commune de Bourg-en-Lavaux. Situ� sur le territoire de l'ancienne commune de Riex, au lieu dit "Le Lanciau", ce bien-fonds de 7'745 m
2est cultiv� en vigne � raison de 5'624 m
2, le solde de la surface �tant r�parti entre une place-jardin, un pr�-champ et 1'645 m� de for�t. Cette parcelle renferme par ailleurs un ancien b�timent d'habitation, d'une surface au sol de 59 m�, implant� en limite de propri�t� du fond voisin (n� 7'908), sur lequel se trouve, en contrebas, la maison de A.________ et de B.________.
�La partie du fonds n� 7'909 sur laquelle est sis l'ancien immeuble d'habitation est class�e en zone viticole pour construction en relation directe avec la viticulture selon le plan de zones et le r�glement communal sur le plan d'extension et la police des constructions de l'ancienne commune de Riex (ci-apr�s: le RPE), adopt�s par le conseil communal le 12 mai 1982 et approuv�s par le Conseil d'Etat le 2 novembre 1983. Quant � la portion cultiv�e, elle est affect�e en zone viticole.
�Ce b�timent, d�saffect� depuis de nombreuses ann�es, et en d�pit de son �tat de conservation qualifi� de mauvais, s'est vu attribu� la note de *4* lors du recensement architectural effectu� en 1992.
En ao�t 2000, C.________, D.________ et E.________ (alors encore copropri�taire du fonds n� 7'909) ont adress� � la Municipalit� de Riex une demande de permis de construire portant sur la transformation et l'agrandissement du b�timent d'habitation en vue notamment d'y cr�er deux logements, respectivement pour l'exploitant d'un domaine agricole et pour le personnel, ainsi que des locaux pour mat�riel viticole.
�Par arr�t du 31 ao�t 2004, le Tribunal administratif du canton de Vaud (actuellement la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal) a estim�, apr�s avoir constat� que la parcelle en cause �tait soumise � la loi sur le plan de protection de Lavaux du 12 f�vrier 1979 (LLavaux; RSV 701.43), que ce projet, bien que situ� hors de la zone � b�tir, pouvait �tre admis; la pr�sence dans le vignoble d'exploitations viticoles habit�es par le vigneron-exploitant serait une forme traditionnelle d'occupation du sol que la LLavaux tendrait � conserver. Appel� � se prononcer, le Tribunal f�d�ral a jug�, dans un arr�t du 11 f�vrier 2005 (1A.205/2004), qu'il n'existait pas de motif de consid�rer que, dans les parties de la zone viticole vis�e � l'art. 9 al. 3 RPE, les "b�timents d'habitation de l'exploitant et de son personnel" devraient pouvoir �tre autoris�s � des conditions diff�rentes de celles applicables, selon le r�gime ordinaire du droit f�d�ral, en zone agricole ou viticole; estimant que le projet d�rogeait au droit f�d�ral, le Tribunal f�d�ral a renvoy� le dossier au Tribunal administratif. Dans son arr�t du 18 juin 2007, ce dernier a consid�r� que le projet n'�tait pas conforme � la destination de la zone et ne satisfaisait pas aux exceptions pr�vues par l'art. 24c de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire du 22 juin 1979 (LAT; RS 700).
�A la suite de ces arr�ts, les propri�taires ont soumis un nouveau projet aux autorit�s communales. Ce dernier pr�voyait la transformation et l'agrandissement du logement existant, par la destruction de tous les murs hors-sol, ainsi que la construction d'un garage et de locaux d'exploitation attenants.
�N'ayant pas obtenu l'autorisation sp�ciale du Service du d�veloppement territorial (ci-apr�s: le SDT), C.________ et D.________ on saisi la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois. Par arr�t du 6 ao�t 2009, cette derni�re a confirm� la d�cision du SDT, consid�rant notamment que le logement existant n'�tait plus habitable depuis de nombreuses ann�es, de sorte qu'il ne pouvait pas �tre utilis� � des fins d'habitation sans rapport avec l'agriculture. La cour cantonale a �galement jug� que les propri�taires n'avaient pas d�montr� l'existence d'un besoin personnel � disposer de tels locaux (cf. art. 42 al. 4 de l'ordonnance sur l'am�nagement du territoire [OAT; RS 700.1]).
C.a.�Du 10 janvier au 10 f�vrier 2012, un nouveau projet �labor� par C.________ et D.________, consistant en la "transformation et cr�ation de locaux viticoles. Cr�ation de 2 places de parc int�rieures et 1 place ext�rieure", a �t� mis � l'enqu�te publique. Ce projet - fond� sur des plans �tablis en juin 2011 - comprenant initialement encore un logement, a suscit� une opposition de A.________ et B.________.
�Il ressort par ailleurs d'une synth�se n� 126'046, �tablie le 24 juillet 2012 par la Centrale des autorisations (CAMAC), que le SDT a refus� d'octroyer son autorisation sp�ciale, pr�cisant notamment que la partie agricole du projet pourrait �tre admise, mais pas la reconstruction du b�timent existant pour le logement.
�Le projet a en cons�quence �t� modifi� et de nouveaux plans, datant d'octobre 2012, ont �t� �tablis. Il est d�sormais pr�vu de supprimer le logement, de transformer le b�timent existant en d�p�t � machines et local d'exploitation, ainsi que de construire un nouveau b�timent (de 6 m de largeur sur 8 m de longueur) accol� en fa�ade pignon nord-ouest � usage de garages � machines viticoles et stockage du mat�riel de l'exploitation. Dans la partie historique, le b�timent conserverait au sous-sol une cave � vieillissement des rouges et accueillerait un local pour petit mat�riel; la nouvelle partie serait affect�e � un garage. Au rez-de-chauss�e, les locaux viticoles seraient destin�s � recevoir des machines aussi bien dans la partie ancienne que nouvelle, alors qu'� l'�tage, la partie situ�e � l'est comprendrait un local de passerillage, le solde �tant utilis� pour le d�p�t de mat�riel viticole.
�Une mise � l'enqu�te compl�mentaire, au cours de laquelle A.________ et B.________ se sont oppos�s au projet modifi�, s'est d�roul�e du 19 d�cembre 2012 au 17 janvier 2013.
�Par d�cision du 8 mars 2013, la municipalit� a lev� l'ensemble des oppositions et a d�livr� le permis de construire � C.________ et D.________. Faisant partie int�grante de la d�cision, les autorisations sp�ciales et pr�avis des diff�rents services consult�s font l'objet de deux synth�ses CAMAC distinctes dat�es du 19 f�vrier 2013.
�Il s'agit tout d'abord d'une synth�se n� 126'046 (toujours fond�e sur les premiers plans de juin 2011 et rempla�ant celle du 24 juillet 2012) comprenant notamment le pr�avis d�favorable du Service Immeuble, Patrimoine et Logistique, Section Monuments et Sites (ci-apr�s: le SIPAL). Ce service estime que le traitement architectural propos� par le projet ne respecte pas l'identit� initiale du b�timent. Se r�f�rant � la deuxi�me synth�se dat�e du m�me jour (n� 137'119), le SDT pr�cise que seuls les plans de l'enqu�te compl�mentaire (dat�s d'octobre 2012) peuvent faire l'objet d'un permis de construire, � l'exclusion de ceux dat�s de juin 2011.
�Le SDT a, par d�cision comprise dans cette seconde synth�se, d�livr� l'autorisation sp�ciale � la condition que les locaux cr��s ne soient ni chauff�s ni isol�s thermiquement. Par ailleurs, la toiture devra �tre compos�e de petites tuiles vieillies. Suite � la modification du projet, le SIPAL a �galement �mis un pr�avis favorable sous condition; le mur et le socle prolongeant les fa�ades devront imp�rativement �tre trait�s dans le respect des techniques traditionnelles. Sur la base du pr�avis du Service de l'agriculture (ci-apr�s: le SAgr), cette synth�se constate �galement que les travaux envisag�s r�pondent aux besoins de l'exploitation viticole des int�ress�s.
�Pour le surplus, les autres services consult�s ont d�livr� les autorisations sp�ciales requises, respectivement �mis des pr�avis favorables ou favorables sous conditions.
C.b.�Le 27 mars 2013, A.________ et B.________ ont recouru contre les d�cisions du SDT et de la municipalit�. Dans le cadre de l'instruction, la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal du canton de Vaud a proc�d� � une inspection locale en pr�sence des parties et d'un repr�sentant du SAgr. Par arr�t du 29 septembre 2014, celle-ci a rejet� leur recours et confirm� les d�cisions litigieuses; elle a notamment jug� que le projet �tait conforme � l'affectation de la zone agricole, d�s lors qu'il r�pondait aux besoins de l'exploitation viticole et qu'aucun int�r�t pr�pond�rant ne s'y opposait.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.________ et B.________ demandent principalement au Tribunal f�d�ral de r�former l'arr�t entrepris en ce sens que leur recours cantonal est admis et les d�cisions du SDT du 19 f�vrier 2013 et de la Municipalit� de Bourg-en-Lavaux du 8 mars 2013 sont annul�es. Subsidiairement, ils sollicitent l'annulation de l'arr�t attaqu� et le renvoi de la cause � l'instance pr�c�dente pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants.
�C.________ et D.________, de m�me que la municipalit� concluent au rejet du recours. Le Tribunal cantonal se r�f�re aux consid�rants de son arr�t et demande �galement le rejet du recours. Les diff�rents services concern�s se sont d�termin�s. Le SIPAL a rappel� que le projet appara�t compatible avec la pr�servation du site. Le SAgr a, quant � lui, confirm� que les constructions envisag�es r�pondent aux besoins de l'exploitation viticole et que les surfaces de rangement projet�es sont objectivement justifi�es. Le SDT s'en remet � justice quant � l'issue du recours. Egalement appel� � se d�terminer, l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial (ARE) conclut au rejet du recours. Les recourants ont r�pliqu�.
Dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise en derni�re instance cantonale (art. 86 al. 1 let. d LTF) dans le domaine du droit public des constructions (art. 82 let. a LTF), le recours est en principe recevable comme recours en mati�re de droit public selon les art. 82 ss LTF, aucune des exceptions pr�vues � l'art. 83 LTF n'�tant r�alis�e. Les recourants ont pris part � la proc�dure de recours devant le Tribunal cantonal. En tant que propri�taires d'une parcelle directement voisine du projet, ils sont particuli�rement touch�s par l'arr�t attaqu� confirmant l'octroi d'un permis de construire pour un projet de construction qu'ils tiennent notamment pour non conforme � la l�gislation cantonale et � la LAT. Ils peuvent ainsi se pr�valoir d'un int�r�t personnel et digne de protection � l'annulation de l'arr�t attaqu�. Ils ont d�s lors qualit� pour agir au sens de l'art. 89 al. 1 LTF. Les autres conditions de recevabilit� �tant r�unies, il y a lieu d'entrer en mati�re.
Dans un grief d'ordre formel qu'il convient d'examiner en premier lieu, les recourants se plaignent du refus de la cour cantonale de proc�der � certaines mesures d'instruction et y voient une violation de leur droit d'�tre entendus.
�Le droit d'�tre entendu garanti � l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment celui de faire administrer des preuves, pour autant qu'elles apparaissent utiles � l'�tablissement des faits pertinents (cf. ATF 139 II 489 consid. 3.3 p. 496). L'autorit� de d�cision peut donc se livrer � une appr�ciation anticip�e de la pertinence du fait � prouver et de l'utilit� du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. Ce refus ne viole le droit d'�tre entendu que si l'appr�ciation � laquelle elle a ainsi proc�d� est entach�e d'arbitraire (ATF 136 I 229 consid. 5.3 p. 236; 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arr�ts cit�s).
�Devant le Tribunal cantonal, les recourants ont soutenu que les locaux projet�s ne seraient pas indispensables � l'exploitation des intim�s. Ils jugent ceux-ci disproportionn�s au motif notamment que la portion de la parcelle n� 7'909 affect�e � la zone viticole (5'624 m
2�) est exploit�e par un tiers. A titre de mesure d'instruction, ils ont requis la production du contrat conclu entre les intim�s et le tiers-exploitant de m�me que son audition. La cour cantonale a toutefois rejet� ces offres de preuve, consid�rant que les besoins en locaux d�di�s � la viticulture n'impliquent pas que l'exploitant travaille n�cessairement lui-m�me ses vignes. Elle a par ailleurs pr�cis� que l'�change de terrains entre vignerons constituait une pratique courante.
�Les recourants d�sapprouvent cette appr�ciation et y voient une violation de leur droit d'�tre entendus. Ils estiment que la n�cessit� des constructions litigieuses n'aurait pas d� �tre d�termin�e sur la base de l'ensemble des surfaces appartenant aux intim�s, totalisant 3,3 ha, d�s lors que les vignes de la parcelle n� 7'909 sont exploit�es par un tiers, ce que leurs offres de preuve tendraient � d�montrer.
�Le SAgr a pr�cis� dans ses observations adress�es � la Cour de c�ans que ces 3,3 ha ne correspondent pas n�cessairement � la surface dont sont propri�taires les intim�s, mais � l'aire viticole totale qu'ils exploitent. Le SAgr a par ailleurs confirm� que les vignes de la parcelles n� 7'909 sont effectivement cultiv�es par un tiers et qu'elles n'ont d�s lors pas �t� prises en consid�ration dans le domaine des intim�s. En r�plique, les recourants ne remettent pas en cause ces indications.
�Le grief des recourants n'est pas sans �quivoque; on comprend toutefois que, selon eux, la n�cessit� des locaux projet�s aurait d� �tre analys�e � la lumi�re de la seule exploitation de ce tiers, les constructions �tant envisag�es sur un fonds dont il cultive les vignes, et non sur la base des besoins de l'exploitation des intim�s.
�Ce faisant, les recourants perdent de vue qu'aux termes de l'art. 34 al. 4 let. a OAT, ce sont les besoins de l'exploitation "en question" qui doivent �tre d�termin�s. Or en l'esp�ce, le projet litigieux porte sur des locaux destin�s � l'exploitation des intim�s, locaux dont la construction est projet�e sur une parcelle dont ceux-ci sont de surcro�t propri�taires. Que les vignes sises sur une partie de ce fonds soient exploit�es par un tiers n'est ainsi pas pertinent dans ce cadre; seule est relevante la question de savoir si les besoins de l'exploitation en cause justifient les constructions projet�es, question qui sera trait�e ci-apr�s (cf. consid. 5.1 ci-dessous).
�Dans ces circonstances, c'est sans violer leur droit d'�tre entendu que la cour cantonale a rejet� les offres de preuves des recourants pour fonder son raisonnement sur les dimensions de l'exploitation viticole des intim�s fournies par le SAgr. Mal fond�, ce grief doit �tre rejet�.
Invoquant les art. 16a et 22 al. 1 et 2 LAT, ainsi que l'art. 34 OAT, les recourants soutiennent que le b�timent projet� n'est pas n�cessaire � l'exploitation des intim�s (cf. consid. 5.1 ci-dessous). Ils font �galement grief au Tribunal cantonal d'avoir omis de proc�der � la pes�e des int�r�ts exig�e par le droit f�d�ral, respectivement de ne pas avoir tenu compte, dans ce cadre, de l'int�r�t public majeur de pr�servation du paysage du Lavaux consacr� par la LLavaux (cf. consid. 5.2 ci-dessous).
Dans sa teneur actuelle, entr�e en vigueur le 1
er�septembre 2014, de m�me que dans sa version pr�c�dente, la LLavaux et la carte annex�e (plan de protection de Lavaux) ont force obligatoire pour les autorit�s (cf. art. 4 al. 1 LLavaux). Les territoires mentionn�s dans la loi et les principes applicables doivent �tre transpos�s dans les plans et r�glements communaux (cf. art. 7 al. 1 LLavaux). Mat�riellement, il s'agit donc d'un plan directeur cantonal (ATF 138 I 131 consid. 4.2 p. 136). Selon ladite carte, le fonds litigieux se trouve dans le territoire viticole au sens de l'art. 15 LLavaux.
�En droit cantonal vaudois, la zone viticole est une zone agricole, l'art. 52 de la loi cantonale sur l'am�nagement du territoire et les constructions du 4 d�cembre 1985 (LATC; RSV 700.11) d�finissant d'ailleurs ces deux types de zones dans les m�mes termes (selon la teneur actuelle de cette disposition, "les zones agricoles et viticoles sont destin�es � l'exploitation agricole, horticole et viticole li�e au sol ainsi qu'aux activit�s reconnues conformes � ces zones par le droit f�d�ral"). La zone agricole fait l'objet, depuis le 1
er�janvier 1980, d'une r�glementation sp�cifique en droit f�d�ral (art. 16 LAT; depuis la novelle du 24 mars 1998, entr�e en vigueur le 1
er�septembre 2000: art. 16, 16a et 16b LAT). C'est une zone en principe non constructible, avec deux cat�gories d'exceptions: pour les projets conformes � l'affectation de la zone agricole (cf. art. 22 al. 2 let. a LAT), d'une part, et pour les projets non conformes � l'affectation mais satisfaisant n�anmoins aux conditions strictes pos�es par les art. 24 ss LAT, d'autre part (cf. arr�t 1A.205/2004 du 11 f�vrier 2005 consid. 3.2 et les arr�ts cit�s).
A teneur de l'art. 22 al. 2 LAT, une autorisation de construire est d�livr�e si la construction ou l'installation est conforme � l'affectation de la zone. L'art. 16a LAT fixe les conditions g�n�rales auxquelles des constructions et des installations peuvent �tre consid�r�es comme conformes � l'affectation de la zone agricole. L'art. 34 OAT pr�cise ces conditions, en disposant en particulier que l'autorisation de construire ne peut �tre d�livr�e que si la construction ou l'installation est n�cessaire � l'exploitation (art. 34 al. 4 let. a OAT), si aucun int�r�t pr�pond�rant ne s'oppose � leur implantation � l'endroit pr�vu (let. b) et s'il est pr�visible que l'exploitation pourra subsister � long terme (let. c).
�En exigeant que la construction soit n�cessaire � l'exploitation en cause, l'art. 34 al. 4 let. a OAT (qui reprend la condition pos�e � l'art. 16a al. 1 LAT) entend limiter les constructions nouvelles � celles qui sont r�ellement indispensables � l'exploitation agricole ou viticole afin de garantir que la zone agricole demeure une zone non constructible. La n�cessit� de nouvelles constructions s'appr�cie en fonction de crit�res objectifs. Elle d�pend notamment de la surface cultiv�e, du genre de cultures et de production (d�pendante ou ind�pendante du sol), ainsi que de la structure, de la taille et des n�cessit�s de l'exploitation (cf. arr�ts 1C_27/2008 du 25 juin 2008 consid. 2.3; 1A.106/2003 du 12 janvier 2004 consid. 3.2). En d�finitive, ces constructions doivent �tre adapt�es, notamment par leur importance et leur implantation, aux besoins objectifs de l'exploitation en cause (ATF 133 II 370 consid. 4.2 p. 374; 129 II 413 consid. 3.2 p. 415). Le crit�re de la n�cessit� implique aussi que les int�r�ts en pr�sence soient appr�ci�s et mis en balance. L'implantation et la conception architecturale de la construction ne doivent contrevenir � aucun int�r�t pr�pond�rant (cf. art. 34 al. 4 let. b OAT). L'appr�ciation doit se faire � l'aune des buts et principes �nonc�s aux art. 1 et 3 LAT, notamment celui visant � pr�server le paysage (art. 3 al. 2 let b et d LAT, cf. arr�t 1C_107/2011 du 5 septembre 2011 consid. 4.1; ALEXANDER RUCH, Commentaire LAT, n. 26 ad art. 16a LAT).
�Lorsqu'il s'agit de tenir compte de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation, le Tribunal f�d�ral s'impose une certaine retenue (ATF 135 I 176 consid. 6.1 p. 181; 132 II consid. 4.3 p. 416 et les r�f�rences). Il en va de m�me lorsque dans le cadre de la pes�e des int�r�ts se posent des probl�mes techniques et que l'instance pr�c�dente a fond� son jugement sur des rapports �manant de services sp�cialis�s d�sign�s par la loi (cf. PIERRE TSCHANNEN, Commentaire LAT, n. 35 ad art. 3 LAT).
5.1.�Il convient d'abord d'examiner si les constructions projet�es sont n�cessaires � l'exploitation en question.
5.1.1.�Pour r�soudre cette question, la cour cantonale a v�rifi� que le projet litigieux correspond aux besoins de l'exploitation des intim�s. Elle s'est dans ce cadre fond�e sur l'�valuation �tablie par le SAgr.
�Ce service a tout d'abord �valu� la surface n�cessaire � l'exploitation viticole � 138 m
2, selon une norme interne valable dans tout le canton. A celle-ci, il a ajout� une surface de 10 m
2�pour le chenillard ainsi que 47 m
2�pour les locaux de passerillage. De cette surface n�cessaire totale de 195 m
2, le SAgr a d�duit la surface effectivement disponible de 26 m
2, pour arr�ter les besoins justifi�s � 169 m
2. Dans une deuxi�me �tape, il a examin� si ces besoins correspondent � la surface projet�e. Se fondant sur les plans produits par les constructeurs, le service a constat� que les constructions pr�vues totalisent une surface nette de 161 m
2; le projet pr�sente ainsi un d�ficit de 8 m
2�par rapport aux besoins justifi�s.
�A l'aune de ces �l�ments, le Tribunal cantonal a jug� que le projet r�pond aux besoins de l'exploitation des intim�s. Il a par ailleurs ajout� - toujours sur la base de l'�valuation du SAgr - que la condition de la subsistance � long terme de celle-ci (cf. art. 34 al. 4 let. c OAT) est en l'esp�ce �galement r�alis�e, ce que les recourants ne contestent pas.
5.1.2.�Les recourants estiment en revanche que les locaux projet�s ne r�pondent pas aux besoins effectifs. Ils soutiennent que les intim�s n'ont jamais fait valoir que la surface de vignes cultiv�es aurait augment� au cours des ann�es pass�es, ou qu'elle allait s'accro�tre dans un futur proche. Ils pr�tendent � cet �gard que la n�cessit� d'un nouveau b�timent ou l'agrandissement d'une construction existante doit n�cessairement �tre en lien avec des difficult�s que conna�trait l'exploitation ou avec un accroissement de la production. De leur point de vue, en se basant uniquement sur des calculs th�oriques pour d�terminer les besoins, l'autorit� aurait abouti � un r�sultat insoutenable.
�La d�termination des besoins d'une exploitation agricole exige de prendre en consid�ration la situation actuelle et de ne tenir compte de son d�veloppement futur que s'il est hautement vraisemblable dans un proche avenir (cf. ATF 113 Ib 138 consid. 4c p. 141; arr�t 1A.213/2005 du 27 mars 2006 consid. 2.1). A cette fin, le SAgr a proc�d� � une visite de l'exploitation en cause le 21 mars 2012. Il a constat�, � cette occasion, que les surfaces nettes disponibles se r�sument � une remise de 26 m
2�situ�e dans le village de Grandvaux. A ce sujet, il a pr�cis�, dans ses observations au Tribunal cantonal, que l'emplacement de celle-ci n'�tait pas optimal pour ranger les machines viticoles. A la suite de cette inspection, le SAgr a arr�t� la surface n�cessaire � 148 m
2�pour les machines et le chenillard, surface � laquelle il a ajout� le local de 47 m
2�pr�vu pour le passerillage. Comme expliqu� lors de l'audience devant la cour cantonale, le passerillage - destin� � concentrer le sucre - n�cessite un volume important m�me pour de petite quantit�s de raisin. Il s'agit d'une technique nouvelle s'inscrivant dans une d�marche de diversification soutenue par le SAgr.
�M�me s'il est vrai que le SAgr s'est appuy� sur des normes techniques internes - que les recourants ne critiquent pas directement -, on ne discerne pas que cette mani�re de proc�der, respectivement le r�sultat auquel a abouti le service, s'�carterait de la "r�alit� de l'exploitation". Il appara�t en effet que c'est au terme d'une instruction s�rieuse, incluant un transport sur place, que le SAgr a d�termin� les surfaces actuellement n�cessaires. Les normes appliqu�es ont en outre �t� �labor�es sur la base de donn�es locales objectives fond�es sur la construction de hangars viticoles sur le territoire cantonal. Le SAgr a ainsi, conform�ment � la jurisprudence, analys� la situation effective actuelle de l'exploitation (cf. ATF 113 Ib 138 et arr�t 1A.213/ 2005 pr�cit�s); soutenir que les intim�s ne se seraient pas pr�valus d'une augmentation de la surface cultiv�e ou d'une augmentation future pour exclure la r�alisation du projet se r�v�le ainsi sans fondement. En soutenant que l'exploitation fonctionne depuis des d�cennies sans que le b�timent existant soit utilis�, les recourants perdent de vue que les intim�s sollicitent l'autorisation de r�aliser des locaux d'exploitation - dans un premier temps, il est vrai, en parall�le � la cr�ation de logements - depuis ao�t 2000, mais que leurs projets successifs ont d� �tre abandonn�s � la suite de proc�dures judiciaires; cette argumentation omet �galement de tenir compte de l'apparition de techniques viticoles nouvelles, tel le passerillage, exigeant des surfaces d'exploitation suppl�mentaires.
�Dans ces circonstances, en se fondant sur les calculs et les appr�ciations du service cantonal comp�tent, la cour cantonale n'a pas viol� le droit en retenant que le projet litigieux r�pondait aux besoins de l'exploitation en cause au sens de l'art. 34 al. 4 let. a OAT.
5.2.�Les recourants reprochent � l'autorit� pr�c�dente de n'avoir pas effectu� la pes�e des int�r�ts exig�e le droit f�d�ral, respectivement ne n'avoir pas, dans ce cadre, tenu compte des buts de pr�servation du paysage d�finis par la LLavaux, violant ainsi les art. 3 al. 1 et 2, 9 al. 1 et 16a LAT, ainsi que l'art. 34 al. 4 let. b OAT.
5.2.1.�Avec les recourants, il faut admettre que la LLavaux, en tant que plan directeur cantonal (sous l'angle mat�riel), s'impose aux autorit�s dans le cadre de leur pouvoir d'appr�ciation et de la pes�e des int�r�ts qu'elles doivent effectuer (cf. PIERRE TSCHANNEN, op. cit., n. 29 ad art. 9 LAT). On ne saurait en revanche les suivre lorsqu'ils affirment que la cour cantonale aurait n�glig� les principes de pr�servation du paysage pr�vus par ce texte. En effet, il ressort de l'arr�t attaqu� que le Tribunal cantonal a admis la conformit� du projet � la LLavaux au terme d'une inspection locale et apr�s avoir recueilli l'avis favorable de la Commission consultative de Lavaux. Compos�e notamment de cinq sp�cialistes, dont un au moins est sp�cialiste dans la protection de la nature et du paysage (cf. art. 5a al. 1 2
�me�phr. LLavaux), cette commission a pr�cis�ment pour t�che de faciliter la prise en compte dans la pratique des principes d�finis par la loi sur le plan de la protection de Lavaux (cf. Expos� des motifs et projet de loi modifiant la loi sur le plan de protection de Lavaux du 12 f�vrier 1979 et la carte qui en fait partie int�grante, septembre 2010, disponible sur http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/331_Texte_CE.pdf [consult� le 15 juin 2015], ch. 1.4.2 p. 5). Le Tribunal cantonal a par ailleurs soulign� que la LLavaux n'excluait pas toute construction, consid�rant implicitement que le projet r�pondait aux notions de petites d�pendances en relation avec des b�timents existants ou de capites de vigne non habitables mentionn�es � l'art. 15 let. c LLavaux.
�Les recourants affirment au contraire que les principes de pr�servation du paysage impos�s par la LLavaux interdiraient la construction projet�e. A l'appui de leur grief, ils citent de nombreuses dispositions de cette loi, ainsi que d'autres textes cantonaux consacrant la protection du Lavaux (art. 4 et 15 LLavaux; art. 52 de la Constitution du canton de Vaud du 14 avril 2003 [RSV 101.01]; art. 4 de la loi sur la protection de la nature, des monuments et des sites du 10 d�cembre 1969 [LPNMS; RSV 450.11]). Leur critique n'est cependant pas dirig�e contre l'appr�ciation de la cour cantonale, mais tend plut�t � d�montrer que la protection de ce site, class� au patrimoine mondial de l'UNESCO, rev�t un int�r�t pr�pond�rant. Or, il est ind�niable que la l�gislation en cause poursuit un int�r�t public important - ce que la cour cantonale n'a du reste pas ni�; les recourants n'indiquent toutefois pas en quoi le projet litigieux, par ses dimensions, sa situation ou encore sa finalit�, y porterait atteinte. Devant le Tribunal f�d�ral, ils n'�mettent d'ailleurs aucune critique � l'encontre du pr�avis favorable de la commission consultative ni ne pr�sentent d'�ventuels motifs pour lesquelles le Tribunal cantonal aurait d� s'en �carter. Dans ces circonstances, il n'appara�t pas qu'en validant l'autorisation de construire litigieuse la cour cantonale ait port� atteinte aux buts de pr�servation du patrimoine poursuivis par cette l�gislation.
5.2.2.�Les critiques des recourants sont d'autant moins fond�es que la cour cantonale s'est �galement bas�e sur l'avis des diff�rents services cantonaux concern�s.
�Apr�s avoir mentionn� que le b�timent est situ� dans le p�rim�tre d�fini par la LLavaux, le SDT a estim� le projet conforme � l'exigence de regroupement des b�timents et a �mis un pr�avis favorable. Sur cette base, le Tribunal cantonal a jug� que le projet permet de respecter l'exigence de concentration des constructions, le rural litigieux, enti�rement entour� de vignes, formant, � l'origine, un tout avec la maison des recourants et celle sise sur la parcelle voisine n� 7'907. Il a �galement retenu qu'il existe un int�r�t public � la conservation de cette b�tisse d�s lors que le projet litigieux lui permettra de retrouver un usage conforme � l'affectation de la zone. Cette appr�ciation ne pr�te pas le flanc � la critique d�s lors qu'elle r�pond au principe de l'utilisation mesur�e du sol (cf. art. 75 al. 1 Cst. et art. 1 al. 1 LAT), qui commande, en zone agricole, de favoriser la concentration des constructions et d'examiner en premier lieu s'il est possible d'�riger les constructions nouvelles � la place des constructions existantes qui ne sont plus utiles (cf. arr�ts 1C_892/2013 du 1er avril 2015 consid. 3.2, 1C_565/2008 du 19 juin 2009 consid. 5.5; cf. �galement ALEXANDER RUCH, op. cit. n. 25 ad art. 16a LAT).
5.2.3.�La Cour cantonale a par ailleurs relev� que le projet appara�t conforme aux exigences d'int�gration impos�es par le droit cantonal, en particulier par l'art. 83 du r�glement d'application de la loi du 4 d�cembre 1985 sur l'am�nagement du territoire et les constructions (RLATC; RSV 700.11.1). A teneur de cette disposition, les constructions et installations agricoles doivent s'int�grer dans le paysage. Leur bonne int�gration d�pend notamment du choix de leur implantation, de leur volume, des mat�riaux et des teintes utilis�s (al. 1). En outre, tout nouveau b�timent li� � une exploitation agricole doit �tre regroup� avec les b�timents d�j� existants et former un ensemble architectural. Des d�rogations peuvent �tre accord�es par le d�partement si le propri�taire apporte la preuve que les imp�ratifs de l'exploitation agricole le justifient (al. 3).
�Dans ce cadre, la cour cantonale a fait siennes les constatations figurant dans le pr�avis du SIPAL. Elle a consid�r� que le projet litigieux permettait, moyennant l'utilisation de techniques de construction traditionnelles, de garantir l'identit� originale du b�timent - lequel m�rite d'�tre sauvegard� (note *4* au recensement communal de 1992) - et de maintenir ainsi son int�gration dans le paysage viticole. Elle a par ailleurs jug� que le projet permettait de conserver le caract�re �troitement group� des constructions existantes au lieu-dit "le Lanciau", puisque le b�timent projet� resterait proches des deux autres maisons existantes.
�L� encore, les recourants ne critiquent pas directement cette appr�ciation qui, au regard du pouvoir d'examen restreint du Tribunal f�d�ral en mati�re d'application du droit cantonal - limit� � l'arbitraire (cf. ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 s. et les r�f�rences) - n'appara�t pas manifestement contraire � la l�gislation en cause. Cela est d'autant plus vrai que l'interpr�tation du Tribunal cantonal - en ce qui concerne le regroupement des constructions - se confond avec les exigences pos�es dans ce domaine par le droit f�d�ral, exigences en l'esp�ce respect�es par le projet litigieux (cf. consid. 5.2.2 ci-dessus).
5.3.�Sur le vu de ce qui pr�c�de, les griefs li�s � la conformit� de la construction avec la zone, � l'implantation et � l'int�gration de la construction doivent �tre rejet�s.
Les consid�rants qui pr�c�dent conduisent au rejet du recours. Conform�ment aux art. 66 al. 1 et 68 al. 2 LTF, les frais judiciaires sont mis � la charge des recourants qui succombent, de m�me que l'indemnit� de d�pens allou�e aux intim�s, assist�s d'un avocat. Il n'y a pas lieu d'allouer des d�pens � la Municipalit� de Bourg-en-Lavaux (art. 68 al. 3 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis � la charge solidaire des recourants.
Une indemnit� de d�pens de 3'000 fr. est � allou�e aux intim�s, � la charge solidaire des recourants.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux mandataires des parties et de la Municipalit� de Bourg-en-Lavaux, au Service du d�veloppement territorial, au Service de l'agriculture du canton de Vaud, au Service Immeubles, Patrimoine et Logistique, et au Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de droit administratif et public, ainsi qu'� l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial.

References: art. 42
 art. 82
 ATF 
 art. 16
 art. 4
 art. 7
 art. 16
 art. 22
 art. 24
 art. 34
 art. 1
 art. 16
 art. 3
 art. 34
 ATF 
 ATF 
 art. 3
 art. 9
 art. 5
 art. 52
 art. 4
 art. 75
 art. 1
 art. 16
 ATF 
 art. 66