Source: http://jesusmarie.free.fr/2a2ae_q137.htm
Timestamp: 2018-10-17 09:46:12+00:00

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Question 137 : De la persévérance
Nous avons à nous occuper de la persévérance et des vices qui lui sont opposés. — A l’égard de la persévérance quatre questions se présentent : 1° La persévérance est-elle une vertu ? (Il ne s’agit pas ici du don de persévérance qui est propre aux élus, mais il s’agit de la persévérance, qui est la continuation d’un acte de vertu, quel qu’il soit, jusqu’au terme que la raison prescrit.) — 2° Est-elle une partie de la force ? — 3° Comment se rapporte-t-elle à la constance ? — 4° A-t-elle besoin du secours de la grâce ? (Voyez sur cette question ce que nous avons dit, 1a 2æ, quest. 109, art. 10.)
Article 1 : La persévérance est-elle une vertu ?
Objection N°1. Il semble que la persévérance ne soit pas une vertu. Car, comme le dit Aristote (Eth., liv. 7, chap. 7), la continence est une qualité plus précieuse que la persévérance. Or, la continence n’est pas une vertu, d’après le même philosophe (Eth., liv. 4 in fin.). La persévérance n’en est donc pas une non plus.
Réponse à l’objection N°1 : Aristote parle en cet endroit de la persévérance, selon qu’on persévère dans des choses qu’il est très difficile de supporter longtemps. Or, ce ne sont pas les biens qu’il est difficile de supporter de la sorte, mais ce sont les maux. Les maux qui mettent nos jours en péril ne se supportent pas longtemps ordinairement, parce qu’ils passent le plus souvent avec rapidité ; par conséquent il n’y a pas lieu de louer beaucoup la persévérance à leur égard. Parmi les autres maux, les plus considérables sont ceux qui sont opposés aux jouissances des sens : parce que ces maux portent sur ce qui est nécessaire à la vie, par exemple sur le défaut d’aliments et sur d’autres privations qu’on est quelquefois menacé de supporter longtemps. Les peines ne sont pas difficiles à supporter pour celui qui ne s’en afflige pas beaucoup, et qui ne trouve pas un grand plaisir dans les biens opposés, comme on le voit dans le tempérant chez lequel ces passions ne sont pas très vives. Mais la difficulté est grave pour celui qui s’affecte beaucoup à cet égard, parce qu’il manque de la vertu parfaite qui règle ces passions. C’est pourquoi si on entend la persévérance de cette manière, elle n’est pas une vertu parfaite, mais elle est quelque chose d’imparfait dans le genre de la vertu. Au contraire si l’on considère la persévérance selon qu’elle nous fait persister longtemps dans un bien difficile quelconque, elle peut se trouver dans celui qui a une vertu parfaite. Quoiqu’il soit moins difficile d’avoir alors de la persévérance (Celui qui est parfait persévère plus facilement dans le bien, malgré les obstacles qu’il peut rencontrer. Cette facilité résulte de ses bonnes dispositions et n’affaiblit en rien son mérite.), néanmoins le bien dans lequel on persiste est plus parfait. Par conséquent cette persévérance peut être une vertu, parce que la perfection de la vertu se considère plutôt d’après la nature du bien que d’après la nature de la difficulté que la chose présente.
Objection N°2. La vertu est ce qui nous fait vivre avec droiture, d’après saint Augustin (De lib. arb., liv. 2, chap. 19). Or, comme le dit le même docteur (Lib. de perseverantia, chap. 1), on ne peut pas dire qu’une personne a la persévérance, tant qu’elle vit, à moins qu’elle ne persévère jusqu’à la mort. La persévérance n’est donc pas une vertu.
Réponse à l’objection N°2 : On désigne quelquefois sous le même nom la vertu et son acte, comme le dit saint Augustin (Sup. Joan. Tract. 79) : La foi, c’est croire ce qu’on ne voit pas. Cependant il peut se faire que l’on ait l’habitude d’une vertu, sans produire aucun de ses actes. Ainsi un pauvre a l’habitude de la magnificence, quoiqu’il n’en produise aucun acte. Quelquefois celui qui a une habitude commence à en produire les actes, mais n’achève pas ; comme l’architecte qui commence à bâtir et qui n’achève pas son édifice. Par conséquent il faut dire que le mot de persévérance s’emploie tantôt pour l’habitude par laquelle on prend le parti de persévérer et tantôt pour l’acte par lequel on persévère. Celui qui a l’habitude de la persévérance prend à la vérité le parti de persévérer, et il commence à l’exécuter en persistant pendant un temps, mais quelquefois il n’achève pas néanmoins son acte, parce qu’il ne persiste pas jusqu’à la fin. Or, il y a deux sortes de fin ; l’une qui est la fin de l’action et l’autre la fin de la vie humaine. De soi, il appartient à la persévérance qu’on persévère jusqu’au terme de la bonne action qu’on entreprend ; ainsi il faut que le soldat persévère jusqu’à la fin du combat, et le magnifique jusqu’à la consommation de son entreprise. Mais il y a des vertus dont les actes doivent durer pendant toute la vie ; comme la foi, l’espérance et la charité, parce qu’elles se rapportent à la fin dernière de la vie humaine tout entière. C’est pourquoi par rapport à ces vertus qui sont des vertus principales, l’acte de la persévérance n’est consommé qu’à la fin de la vie. Et c’est ainsi que saint Augustin prend la persévérance pour l’acte dernier de cette vertu (C’est par cet acte que l’on doit terminer sa carrière.).
Objection N°3. Toute vertu doit persister d’une manière immuable dans l’acte qui lui est propre, comme on le voit (Eth., liv. 2, chap. 4). Or, ceci est de l’essence de la persévérance. Car Cicéron dit (De invent., liv. 2) que la persévérance consiste à s’en tenir d’une manière stable et perpétuelle à une détermination que l’on a mûrement arrêtée. La persévérance n’est donc pas une vertu spéciale, mais elle est la condition de toute vertu.
Réponse à l’objection N°3 : L’immutabilité de la persistance peut convenir de deux manières à la vertu : 1° Elle peut lui convenir d’après l’intention propre que l’on a d’arriver à la fin. Persister ainsi longtemps dans le bien jusqu’à la fin, c’est le propre de la vertu spéciale qui porte le nom de persévérance et qui a cela en vue comme sa fin particulière. 2° Elle peut aussi lui convenir d’après le rapport de l’habitude avec le sujet. En ce sens, cette immutabilité de persistance est la conséquence de toute vertu, puisque la vertu est une qualité qui change difficilement.
Mais c’est le contraire. Andronic dit que la persévérance est l’habitude des choses auxquelles on doit et l’on ne doit pas s’attacher. Or, l’habitude qui nous règle convenablement à l’égard de ce que nous devons ou de ce que nous ne devons pas faire, est une vertu. Par conséquent la persévérance est une vertu.
Conclusion La persévérance est une vertu spéciale par laquelle l’homme persiste dans les bonnes œuvres autant qu’il est nécessaire.
Il faut répondre que d’après Aristote (Eth., liv. 2, chap. 3) la vertu a pour objet ce qui est difficile et bon. C’est pourquoi où l’on trouve une espèce particulière de bien ou de difficulté, il y a une vertu spéciale. Or, une action vertueuse peut tirer sa bonté et sa difficulté de deux causes : d’abord de l’espèce même de l’acte qui se considère d’après la nature de son propre objet ; ensuite d’après la durée du temps. Car s’attacher pendant longtemps à une chose difficile, c’est un acte qui offre une difficulté particulière. C’est pourquoi il appartient à une vertu spéciale de persister longtemps dans un bien jusqu’à sa consommation. Par conséquent comme la tempérance et la force sont des vertus spéciales, parce que l’une règle les jouissances sensibles (ce qui offre en soi une difficulté) ; l’autre règle la crainte et l’audace à l’égard des dangers de mort (ce qui est une autre difficulté) ; de même la persévérance est une vertu spéciale qui a pour objet de persister longtemps dans tels ou tels actes de vertu, selon qu’il est nécessaire.
Article 2 : La persévérance est-elle une partie de la force ?
Objection N°1. Il semble que la persévérance ne soit pas une partie de la force. Car, d’après Aristote (Eth., liv. 7, chap. 7), la persévérance a pour objet les peines qui viennent des sens. Or, ces peines appartiennent à la tempérance. La persévérance est donc plutôt une partie de la tempérance qu’une partie de la force.
Réponse à l’objection N°1 : Le rapport de la vertu secondaire à la vertu principale ne se considère pas seulement d’après la matière, mais plutôt d’après le mode ; parce que dans chaque être la forme l’emporte sur la matière. Par conséquent quoique la persévérance paraisse avoir plus de rapport avec la tempérance qu’avec la force à l’égard de sa matière, néanmoins elle a dans le mode plus d’affinité avec la force, parce qu’elle est cause que nous restons fermes et inébranlables, malgré la difficulté de la durée.
Objection N°2. Toute partie d’une vertu morale a pour objet les passions qui sont modérées par cette vertu. Or, la persévérance n’implique pas la modération des passions ; car plus les passions sont vives et plus paraît louable celui qui persévère à agir conformément à la raison. Il semble donc que la persévérance ne soit pas une partie de quelque vertu morale, mais qu’elle se rattache plutôt à la prudence qui perfectionne la raison.
Réponse à l’objection N°2 : Cette persévérance dont parle Aristote (Eth., liv. 7, chap. 4 et 7) ne modère pas des passions, mais elle consiste seulement dans une certaine fermeté de raison et de volonté. Au contraire la persévérance, qui est une vertu, modère certaines passions, telles que la crainte d’être fatigué ou de manquer de quelque chose à cause de la durée de l’épreuve. Cette vertu réside par conséquent clans l’irascible, comme la force.
Objection N°3. Saint Augustin dit (Lib. de persever., chap. 1) que personne ne peut perdre la persévérance, mais que l’on peut perdre les autres vertus. Par conséquent la persévérance l’emporte sur toutes les autres vertus. Cependant la vertu principale vaut mieux que sa partie. La persévérance n’est donc pas une partie d’une vertu, mais elle est plutôt une vertu principale elle-même.
Réponse à l’objection N°3 : Saint Augustin parle en cet endroit de la persévérance, selon que cette expression désigne non l’habitude de la vertu, mais son acte continué jusqu’à la fin (Jusqu’à la fin de la vie. C’est l’acte qui couronne l’existence et qui ne peut se perdre, qu’après lui l’épreuve a cessé.), d’après ces paroles de l’Evangile (Matth., 24, 13) : Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé. C’est pourquoi il est de la nature de la persévérance ainsi entendue d’être inamissible, parce qu’autrement elle ne durerait pas jusqu’à la fin.
Mais c’est le contraire. Cicéron fait de la persévérance une partie de la force (De invent., liv. 2).
Conclusion La persévérance est unie à la force, comme une vertu secondaire à une vertu principale.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit (quest. 123, art. 2, et 1a 2æ, quest. 61, art. 3 et 4), la vertu principale est celle à laquelle se rapporte principalement ce qu’il y a de méritoire dans une vertu, parce qu’elle exécute à l’égard de sa propre matière ce qu’il y a de plus difficile et de meilleur à observer. C’est d’après ce principe que nous avons dit (quest. 123, art. 2) que la force est une vertu principale, parce qu’elle nous fait rester fermes dans les circonstances où il est plus difficile de rester inébranlable, c’est-à-dire dans les dangers de mort. C’est pourquoi il est nécessaire qu’on adjoigne à la force, comme une vertu secondaire à une vertu principale, toute vertu dont le mérite consiste à supporter avec fermeté ce qui est difficile. Or, le mérite de la persévérance consiste à supporter la difficulté qui résulte de ce qu’une bonne œuvre dure longtemps ; mais cette difficulté n’est pas aussi grave que celle qui a pour objet de supporter les dangers de mort. C’est pourquoi la persévérance est unie à la force comme une vertu secondaire à une vertu principale.
Article 3 : La constance appartient-elle à la persévérance ?
Objection N°1. Il semble que la constance n’appartienne pas à la persévérance. Car la constance appartient à la patience, comme nous l’avons dit (quest. préc., art. 5). Or, la patience diffère de la persévérance. La constance n’appartient donc pas à cette dernière vertu.
Réponse à l’objection N°1 : Les principaux obstacles extérieurs qui nous empêchent de persister dans le bien, ce sont ceux qui produisent la tristesse, et la tristesse est l’objet de la patience, comme nous l’avons dit (quest. préc., art. 1). C’est pourquoi la constance a la même fin que la persévérance, et elle se confond avec la patience relativement à ce qui produit la difficulté qu’elle supporte. Mais la fin étant ce qu’il y a de principal, elle appartient, pour ce motif, à la persévérance plutôt qu’à la patience.
Objection N°2. La vertu a pour objet ce qui est difficile et bon. Or, il ne paraît pas difficile d’être constant dans les petites choses ; il n’y a de difficulté que pour les grandes qui sont l’objet de la magnificence. La constance appartient donc plus à la magnificence qu’à la persévérance.
Réponse à l’objection N°2 : Il est plus difficile en effet de persister dans les grandes entreprises. Mais dans celles qui sont médiocres ou de peu d’importance, il y a aussi de la difficulté à persister longtemps. Si cette difficulté ne provient pas de la grandeur de l’acte que la magnificence a pour objet, du moins elle provient de sa durée qui est l’objet de la persévérance. C’est pourquoi la constance peut appartenir à l’une et à l’autre (Elle appartient à la magnanimité relativement à la grandeur de l’acte qui sent les douleurs qu’on éprouve ; elle appartient à la patience en raison de sa matière, et à la persévérance en raison de sa fin, qui consiste à persévérer jusqu’au bout.).
Objection N°3. Si la constance appartenait à la persévérance, elle ne paraîtrait point du tout en différer, parce que l’une et l’autre impliquent une certaine immutabilité. Or, elles diffèrent, puisque Macrobe (liv. 1 in Somn. Scip., chap. 8) distingue la constance de la fermeté, qu’il confond avec la persévérance, comme nous l’avons dit (quest. 128, Réponse N°6). La constance n’appartient donc pas à la persévérance.
Réponse à l’objection N°3 : La constance appartient à la persévérance en ce qu’elle a de commun avec elle ; cependant elle ne lui est pas identique, puisqu’elle en diffère, comme nous l’avons dit (dans le corps de cet article.).
Mais c’est le contraire. On dit qu’un homme est constant par là même qu’il reste inébranlablement attaché à une chose. Or, il appartient à la persévérance de s’attacher à certaines choses, comme on le voit d’après la définition qu’en donne Andronic. La constance appartient donc à la persévérance.
Conclusion La constance se rapporte à la persévérance, puisqu’elle a la même fin qui consiste à s’attacher fermement à un bien quelconque malgré les difficultés, quoique relativement à ce qui produit la difficulté, elle ait plus d’analogie avec la patience.
Il faut répondre que la persévérance et la constance ont la même fin, parce qu’il appartient à l’une et à l’autre de persister fermement dans un bien quelconque ; mais elles diffèrent en raison des choses qui rendent cette persistance difficile. Car la vertu de la persévérance proprement dite fait que l’homme persiste fermement dans le bien, malgré la difficulté qui résulte de la durée prolongée de l’acte ; au lieu que la constance fait que l’on persiste fermement dans le bien, malgré la difficulté qui provient de tous les autres empêchements extérieurs quels qu’ils soient. C’est pourquoi la persévérance est une partie plus principale de la force que la constance ; parce que la difficulté qui provient de la durée de l’acte est plus essentielle à l’acte vertueux que celle qui provient des obstacles extérieurs.
Article 4 : La persévérance a-t-elle besoin du secours de la grâce ?
Objection N°1. Il semble que la persévérance n’ait pas besoin du secours de la grâce. Car la persévérance est une vertu, comme nous l’avons dit (art. 1) Or, la vertu, d’après Cicéron (De invent., liv. 2), agit à la manière de la nature. Par conséquent l’inclination seule de la vertu suffit pour persévérer ; le secours de la grâce n’est donc pas pour cela nécessaire.
Réponse à l’objection N°1 : La vertu de la persévérance nous porte à persévérer, autant qu’il est en elle ; mais l’habitude étant une chose dont on use comme on veut, il n’est pas nécessaire que celui qui a l’habitude de la vertu en fasse usage d’une manière immuable jusqu’à la mort.
Objection N°2. Le don de la grâce du Christ l’emporte sur le mal qu’Adam nous a causé, comme le dit saint Paul (Rom., chap. 5). Or, avant le péché l’homme a été établi de manière qu’il pouvait persévérer au moyen de ce qu’il avait reçu, comme le dit saint Augustin (De corrept. et grat., chap. 11). A plus forte raison l’homme réparé par la grâce du Christ peut-il persévérer sans le secours d’une grâce nouvelle.
Réponse à l’objection N°2 : Comme le dit saint Augustin (Lib. de corrept. et grat., chap. 11), il a été donné au premier homme, non de persévérer, mais de pouvoir le faire par son libre arbitre ; parce qu’il n’y avait alors dans la nature humaine aucune corruption qui rendit cette persévérance difficile. Mais maintenant il est donné à ceux qui ont été prédestinés par la grâce du Christ non seulement de pouvoir persévérer, mais de persévérer réellement. Ainsi le premier homme qui n’avait rien à redouter, ayant usé de son libre arbitre contre l’ordre de Dieu lui-même, n’est pas resté en jouissance de son bonheur, malgré toute la facilité qu’il avait à ne pas pécher ; au lieu que les prédestinés restent inébranlables dans la foi quoique le monde entier s’agite pour les renverser.
Objection N°3. Des actions coupables sont quelquefois plus difficiles que des actions vertueuses. Ainsi le Sage fait dire aux impies (Sag., 5, 7) : Nous avons marché par des voies difficiles. Or, il y en a qui persévèrent dans le péché sans aucun secours étranger. On peut donc aussi persévérer dans le bien sans le secours de la grâce.
Réponse à l’objection N°3 : L’homme peut par lui-même tomber dans le péché, mais il ne peut pas en sortir par lui-même sans le secours de la grâce. C’est pourquoi par là même que l’homme tombe dans le péché, il fait, autant qu’il est en lui, tout ce qu’il faut pour y persévérer, si la grâce de Dieu ne l’en délivre pas. Mais de ce qu’il fait le bien, il ne fait pas ce qu’il faut pour y persévérer, parce que de lui-même il peut pécher. C’est pourquoi il a besoin à cet égard du secours de la grâce.
Mais c’est le contraire. Saint Augustin dit (Lib. de persever., chap. 1) : Nous affirmons que la persévérance par laquelle on persévère dans le Christ jusqu’à la fin est un don de Dieu.
Conclusion Le bien de la persévérance a besoin pour se conserver en nous non seulement du don de la grâce habituelle, mais encore du secours de Dieu qui conserve l’homme dans le bien jusqu’à la fin de la vie.
Il faut répondre que, comme on le voit, d’après ce que nous avons dit (art. 1, Réponse N°2, et art. 2, Réponse N°3), la persévérance s’entend de deux manières : 1° On entend par là l’habitude de la persévérance selon qu’elle est une vertu. En ce sens elle a besoin du don de la grâce habituelle, comme toutes les autres vertus infuses. 2° On peut entendre l’acte de la persévérance qui dure jusqu’à la mort. De cette manière elle a besoin non seulement de la grâce habituelle, mais encore du secours gratuit de Dieu qui conserve l’homme dans le bien jusqu’à la fin de la vie, comme nous l’avons dit en traitant de la grâce (1a 2æ, quest. 109, art. 10). — En effet le libre arbitre étant mobile et changeant par sa nature, et la grâce habituelle ne lui enlevant pas ici-bas ce caractère, il n’est pas au pouvoir du libre arbitre qui a été réparé par la grâce de se fixer dans le bien d’une manière immuable, quoiqu’il soit en son pouvoir de le choisir. Car le plus souvent nous avons le pouvoir de fixer notre choix, notre détermination, mais il n’en est pas de même de l’exécution.

References: art. 10
 art. 2
 art. 3
 art. 2
 art. 5
 art. 1
 art. 2
 art. 10