Source: https://windowsonhaiti.com/phpBB/viewtopic.php?t=20352
Timestamp: 2020-07-08 22:23:26+00:00

Document:
Fabiola, enfant domestique en Haïti - windowsonhaiti.com
Fabiola, enfant domestique en Haïti
M. Eric VEVE
Fabiola, enfant domestique en Haiti
Post by M. Eric VEVE » Fri Mar 16, 2007 10:49 pm
17ème concours international de plaidoiries pour la défense des droits de l'homme
Maître Eric VEVE - Caen, France.
http://www.tv5.org/TV5Site/plaidoiries/ ... hp?plaid=9
Texte de la plaidoirie
[quote]« Enfants des noirs, proscrits du monde,
« Pauvre chair changée en troupeau,
« Qui de vous-mêmes, race immonde,
« Portez le deuil sur votre peau !
« Relevez du sol votre tête,
« Osez retrouver en tout lieu,
« Des femmes, des enfants, un Dieu :
« Le nom d'homme est votre conquête […] »
Ce premier couplet de la Marseillaise noire a été écrit par Lamartine en hommage aux soldats de Toussaint Louverture : ces soldats qui ont arraché aux planteurs et à la France l'abolition de l'esclavage à Saint-Domingue et dans les colonies, et qui souhaitaient ardemment le rétablissement de leur île.
Les soldats de Toussaint ne pouvaient imaginer l'état de misère qui frapperait encore leur peuple plus de deux cents ans après. Haiti, cet Etat qui comprend huit millions d'habitants, situé à une heure d'avion de la Floride, est actuellement l'un des pays les plus pauvres de la planète : trois habitants sur quatre vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d'un euro par jour. Le taux de chômage y est de soixante-dix pour cent. Le taux de malnutrition touche cinquante six pour cent de la population. Près de quatre vingt pour cent des haitiens sont analphabètes.
Ces soldats ne se doutaient pas que leur « conquête » serait aussi vaine, « le nom d'homme » continuant d'être refusé à des enfants haitiens, plus de deux siècles après. En effet, dans ce territoire que l'on appelait jadis la « perle des Antilles » et qui n'est plus qu'un morceau d'Afrique perdu en Amérique, de très nombreux enfants sont réduits à un état de domesticité qui confine à l'esclavage.
Fabiola a tout juste quatorze ans, et elle est une de ces enfants.
Née de père inconnu et orpheline à l'âge de quatre ans, Fabiola a été confiée à sa grand-mère, Madame Facile.
Diminuée par son âge très avancé, Madame Facile a décidé de la placer dans une famille d'accueil. Fabiola avait alors sept ans.
La maîtresse de maison, Madame Ginette, s'est d'abord présentée à Fabiola comme étant un membre de sa famille. Puis, elle s'est engagée oralement auprès de la grand-mère de Fabiola à la nourrir et à l'envoyer à l'école en échange de quelques services ménagers.
Il s'agissait en fait d'un marché de dupes. A sept ans, l'enfance de Fabiola s'est arrêtée d'un coup. A sept ans, à l'âge où les enfants doivent pouvoir aller à l'école, doivent pouvoir encore jouer, Fabiola est devenue une domestique à temps plein, la « bonne à tout faire » de ses maîtres.
Depuis sept ans maintenant, les jours se suivent et se ressemblent pour Fabiola. Chaque matin, elle se lève à six heures. Elle balaie tout d'abord la cour. Ensuite, elle fait le lit de ses trois maîtres, elle prépare le déjeuner et va au marché. Elle en revient vers onze heures et prépare alors le dîner. L'après-midi, elle lave des vêtements. Ses maîtres reviennent vers dix-sept heures. Elle attend qu'ils aient terminé de dîner pour desservir la table ; elle fait la vaisselle et repasse des vêtements. Ce n'est que vers vingt-deux heures qu'elle peut aller se coucher dans un petit espace aménagé du dépôt qui lui a été réservé.
La discipline est toujours très sévère : ses maîtres utilisent des câbles électriques pour la battre, le plus souvent sans raison.
Fabiola ne se plaint pas pour autant : elle reçoit de sa famille d'accueil quelques vêtements, remplacés quand ils sont en lambeaux, et des chaussures ; elle mange aussi à sa faim.
En fait, le plus dur à supporter, c'est l'état d'isolement, de grande solitude, dans lequel ses maîtres la maintiennent : elle ne peut manger à la même table que les autres. Il lui est interdit d'avoir des amis, de sortir ou encore de jouer. Madame Ginette l'empêche de recevoir des visites de sa grand-mère, de peur que celle-ci découvre la situation de sa petite-fille. Tout au plus accorde-t-on à Fabiola la possibilité de se rendre quelques dimanches après-midi à l'église protestante, elle qui préférerait aller prier à l'église catholique.
Jusqu'à récemment, Fabiola ne pouvait aller à l'école, ce qui la rendait profondément triste. Car elle sait que l'éducation est la seule issue pour sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve.
Mais au début du mois d'août 2005, la belle-sœur de Madame Ginette a emmené Fabiola au Foyer Maurice Sixto, en estimant qu'elle avait le droit d'aller à l'école comme tout enfant. Ce foyer, qui est animé par un prêtre haitien, le Père Miguel Jean-Baptiste, apporte un soutien extraordinaire, sur les plans éducatif, psychologique et affectif à plus de trois cents enfants en domesticité.
Depuis cinq mois, Fabiola peut suivre des cours en début d'après-midi. Elle peut côtoyer d'autres enfants quelques heures par jour. Certes, elle doit se lever plus tôt, à quatre heures trente du matin pour concilier sa vie de domestique et de toute jeune élève. Mais elle est heureuse à présent.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Fabiola est ce que l'on appelle une « restavek », terme péjoratif utilisé en langue créole pour désigner ces petits domestiques qui doivent rester à portée de voix de leurs maîtres.
Des enfants comme elle, il en existe 250 000 à 300 000 en Haiti, selon les estimations de l'UNICEF. 250 000 à 300 000, soit 30% de la population infantile en Haiti. Dix pour cents sont âgés de sept à dix ans. Soixante pour cent sont des filles.
Comme le mentionne Evelyne Trouillot dans son ouvrage « Restituer l'enfance » (éditions HSI), l'enfant est perçu en Haiti comme un être inférieur, et donc comme un être sans droit. C'est ce qui explique que les enfants n'ont pas le droit à la parole lorsque leurs parents décident de les placer dans des familles d'accueil.
Les raisons pour lesquelles les familles biologiques placent leurs enfants, sont multiples. Tout d'abord, ces familles, qui résident le plus souvent en milieu rural, sont très pauvres et le nombre d'enfants, en moyenne de cinq à sept par ménage, y représente une charge financière très lourde. Ensuite, les parents sont convaincus que le placement de leur enfant en domesticité peut être une chance pour lui, un moyen de socialisation urbaine, une étape vers une promotion sociale. En effet, la famille d'accueil promet oralement de bien traiter l'enfant et de l'envoyer à l'école. On sait ce qu'il advient le plus souvent de ces promesses : Fabiola, pour ne citer qu'elle, a attendu six longues années avant de pouvoir aller à l'école à l'âge de treize ans grâce à la belle-sœur de sa tutrice…
Quant aux familles d'accueil, de faibles conditions, résidant en ville, il serait tentant de croire qu'elles perpétuent les pratiques de la période de l'esclavage. Comme si la dialectique du maître et de l'esclave avait traversé les générations et habitait encore l'inconscient collectif des haitiens. L'explication la plus réaliste, c'est que les enfants « restavek » permettent à des familles pauvres qui n'ont pas les moyens d'employer un serviteur rémunéré, de faire face à l'ensemble des tâches ménagères de leur foyer. Ainsi, la pauvreté des villes exploite la misère des campagnes…
Quelles que soient les raisons couramment avancées pour comprendre les fondements de la domesticité des enfants en Haiti, rien ne saurait cependant justifier une telle pratique, aussi massive et contraire aux droits de l'enfant.
Si la vie de Fabiola est malheureusement semblable à celle de personnages de Perrault ou de Hugo, dépeints en des temps d'une Humanité que l'on croyait révolus, force est de constater que les conditions d'existence des autres enfants domestiques sont souvent plus déplorables.
Comme Fabiola, les 250 000 à 300 000 enfants « restavek » accomplissent toutes les tâches domestiques de la maison sans être rémunérés. Comme elle, les 250 000 à 300 000 « restavek » travaillent de quinze à dix-huit heures par jour, sont les premiers à se lever et les derniers à se coucher.
Mais contrairement à Fabiola, beaucoup d'enfants domestiques sont sous-alimentés : ils doivent se contenter de manger les restes des assiettes de leurs maîtres. Contrairement à elle, la plupart des enfants ne reçoivent aucune instruction parce qu'ils ne peuvent aller à l'école.
Malheureusement, l'avenir de ces enfants est souvent écrit à l'avance. Les petites filles restent généralement chez leurs maîtres, en espérant ne pas être violées par le père de famille et ses garçons. Si elles le sont, et si elles tombent enceintes, elles sont immédiatement renvoyées. Quant aux jeunes garçons, ils fuient très souvent leur famille d'accueil à l'adolescence, pour intégrer des gangs.
Rares, très rares sont les enfants qui s'en sortent bien. C'est le cas de Jean-Robert Cadet, ancien « restavek », qui est devenu professeur de français avant de se consacrer à la lutte contre l'esclavage des enfants. Dans son livre, « Restavek, enfant esclave en Haiti » (éditions du Seuil), il décrit les terribles séquelles de son enfance sans enfance : toutes les nuits, son sommeil encore troublé, sa respiration oppressée, ses cris étouffés, ses bras qui tremblent et ses jambes qui se débattent, encore plusieurs décennies après.
Il faut dire que le traumatisme psychologique de tous ces enfants est immense.
Et pour cause : si nous avions dû passer du statut d'enfant à celui de domestique, découvrir que ceux qui nous accueillent et qui se présentent au départ comme des parents, ne sont en fait que des Thénardiers, nos séquelles seraient grandes comme celles des anciens « restavek ». Si, lorsque nous étions enfants, nos origines et notre culture avaient été systématiquement dévalorisées, si on nous avait imposer de changer de prénom, de religion et de langue, si nous avions été contraints d'exécuter des travaux au-dessus de nos forces tout en subissant des sévices corporels, nous en porterions encore les stigmates, comme les anciens « restavek ».
L'Etat haitien n'ignore rien des conditions d'existence et de travail des enfants « restavek ».
Le Code du travail haitien comporte bien quelques dispositions à propos de ceux qui sont désignés pudiquement comme des « enfants en service ».
C'est ainsi que l'article 345 dispose que leurs maîtres doivent leur « fournir un logement décent, des vêtements convenables, une nourriture saine et convenable ». L'article 346 prévoit qu'ils ne peuvent pas « être astreints à des travaux ménagers susceptibles de nuire de quelque manière que ce soit à leur santé, à leur comportement normal et de préjudicier à leur assiduité à l'école ». Et selon l'article 349, ils ne doivent pas être l'objet « de tortures morales ou de châtiments corporels ».
Cependant, les dispositions du Code du travail haitien ne sont protectrices des enfants qu'en apparence. Et pour cause, elles comportent de graves ambiguités et imprécisions.
Prenons trois exemples.
L'article 341 comporte deux alinéas. Le premier interdit formellement le travail des enfants de moins de douze ans. Mais le second alinéa ajoute aussitôt que ces enfants ne devront pas être employés à des travaux au dessus de leur force… On pourrait conclure à une simple erreur sémantique. Mais quand on sait qu'un grand nombre de mineurs de moins de douze ans travaillent, on se dit que le glissement de plume n'est pas anodin.
Autre exemple : le contenu de l'expression « travaux domestiques » n'est jamais défini : les pouvoirs publics laissent donc l'ampleur et la nature des travaux à effectuer à la discrétion de la famille dans laquelle l'enfant est placé.
Dernier exemple : autant le Code du travail s'applique aux « enfants en service » placés dans une famille étrangère, autant il ne concerne pas les cas d'enfants placés dans des familles élargies. Fabiola, pour en revenir à elle, ne peut donc pas invoquer le Code du travail puisque sa tutrice se dit être un membre de sa famille éloignée.
La République d'Haiti a beau avoir signé, ratifié et promulgué la Convention internationale des droits de l'enfant, elle n'en méconnaît pas moins les droits les plus élémentaires de l'enfant qui y sont stipulés.
L'article 32 alinéa 1er stipule : « Les parties reconnaissent le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de n'être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».
Qui peut croire un seul instant que l'Etat haitien respecte cette clause en laissant travailler des enfants aussi jeunes, aussi longtemps, sans être correctement nourris, éduqués et soignés ? En fait, les conditions de travail de ces enfants s'assimilent à l'une des « pires formes de travail » au sens de la convention 182 de l'Organisation internationale du travail, voire à une forme d'esclavage, si l'on se réfère à un rapport de la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies, rendu le 23 mai 2000 au sujet d'Haiti. Il est vrai que ces enfants ne sont pour leurs maîtres que des choses, dont ils peuvent tant et plus user et abuser…
Autre violation de la Convention des droits de l'enfant : l'article 28 stipule que « les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation […]. Ils rendent l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous. […] Ils prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d'abandon scolaire».
En pratique, l'éducation nationale haitienne est dans un état de délabrement tel qu'il y a très peu d'écoles publiques. Près de quatre vingt dix pour cent des écoles sont privées et donc payantes. C'est ce qui explique qu'un grand nombre de familles biologiques confient leurs enfants à des familles d'accueil, dans l'espoir qu'ils pourront ainsi être scolarisés. Mais comment peuvent-ils l'être puisqu'aux yeux de leur nouvelle famille, ils ne sont que des domestiques, des individus sans avenir ? S'ils sont envoyés à l'école, comment peuvent-ils être assidus et concentrés en travaillant quinze à dix-huit heures par jour, et en se levant aussi tôt, comme Fabiola ?
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Haiti est aujourd'hui un pays plus ravagé, exsangue et oublié que jamais. Haiti n'intéresse plus la communauté internationale. Peut être en raison de cette impression de gâchis qu'inspirent les volumes d'énergie, de temps et d'argent qui y ont été consacrés par le passé. Haiti fait figure de « tonneau des Danaides »…
Mais à ne considérer Haiti que comme un cimetière de projets de coopération, sans tombes, ni stèles, ce sont les enfants haitiens en général, et les « restavek » en particulier, que l'on risque d'enterrer. Et l'avenir d'Haiti par la même occasion…
Plongée dans un chaos politique, notamment depuis le départ du Président Aristide, un gouvernement provisoire a été mis en place en vue d'organiser des élections présidentielles et législatives. Le premier tour du scrutin présidentiel a eu lieu le 8 janvier 2006. Le second tour se déroulera le 15 février 2006.
C'est pour la Communauté internationale une occasion inespérée de défendre la cause des enfants « restavek » et d'adresser deux messages simples mais forts au nouveau chef d'Etat : premièrement, les enfants haitiens doivent être protégés, non seulement parce qu'ils sont des êtres en développement, particulièrement vulnérables, mais aussi parce qu'ils sont des individus, et qu'ils jouissent, à ce titre, d'un statut égal à celui de leurs maîtres. Deuxièmement, le statut des enfants domestiques doit être complètement revisité car l'avenir de l'Etat haitien dépend de la manière dont il traite ses enfants.
La désignation d'un nouveau Président Haitien, c'est pour nous une occasion inespérée de dire que l'éradication progressive de la domesticité des enfants est possible pour peu que l'Etat haitien, aidé par la Communauté internationale, adopte plusieurs mesures intermédiaires : recensement des « restavek », mise en place d'un cadre contraignant et effectif de protection des « restavek » à travers un Code de l'enfant et un Code de la Famille, lancement d'une campagne nationale d'information sur les droits des « restavek », soutien apporté à l'enseignement donné aux enfants en domesticité en le rendant obligatoire et gratuit.
Fabiola a quatorze ans. Son rêve le plus cher est de devenir pédiatre pour s'occuper des enfants et pour pouvoir prendre sa grand-mère à sa charge.
En ne suivant que deux à trois heures de cours par jour, il sera difficile pour Fabiola de réaliser son rêve…
La difficulté, pour elle, sera d'autant plus grande que si le temps de l'enfance des « restavek » est particulièrement court, celui qu'il leur reste à vivre, une fois qu'ils ont quitté la famille d'accueil, l'est également : l'espérance de vie des femmes est de cinquante et un ans en Haiti ; elle est de quarante sept ans pour les hommes.
C'est la raison pour laquelle il y a urgence à agir, urgence à pousser le futur gouvernement à faire sienne la devise du Foyer Maurice Sixto, le foyer qui accueille Fabiola et des centaines d'autres enfants « restavek » : « Tout timoun se timoun », formule créole que l'on peut traduire par : « Tous les enfants ont les mêmes droits ».
Haiti's hidden 'child slaves'
Post by Guysanto » Tue Mar 20, 2007 4:33 pm
Haiti was the first country in the Americas to abolish slavery, when it won its independence in 1804 after a struggle led by Toussaint Louverture. But thousands live a life of near-slave labour because of poverty and social breakdown.
Jeanette is walking up a hill in Petionville, a district in the Haitian capital, Port-au-Prince. She is carrying a huge blue drum full of water on her head. Jeanette is only six, but has to walk 4km (2.4 miles) every day to get the water from the public standpipe.
Jeanette was born in the countryside outside the small town of Hinche in the north of the country. Her parents are among the poorest of the poor in this country where more than half the population of 9m lives on less than 50 US cents (£0.25) a day.
Her father one day told her she was going to stay with (French: rester avec ) distant relatives in the Haitian capital. Ever since, Jeanette has become one of the estimated 250,000 children used as near-slave labour in Haiti.
"They are treated as less than cats and dogs," says Soeur Marthe, a Belgian nun was has been working with the restavecs for several years now.
"Their families have nothing to offer them, so they almost give them away."
Most of the children are employed as domestic servants, and often one of their main tasks is to get water for the households in the city.
Less than a quarter of Port-au-Prince dwellings have running water on the property: everyone else has to fetch it from public stand-pipes and fountains, often kilometres away.
So Jeanette is dispatched each morning and evening to secure this precious cargo. She also looks after the other children in the family, cleans the house, and does all the laundry.
What she does not do is go to school, have time to play with friends, or dare to hope that she will find proper employment one day.
Some local human rights groups are fighting to improve their situation. Prospery Raymond works with the Maurice Sixto centres which have opened in Port-au-Prince to try to give the restavecs some schooling, proper food, and a sense that they too have rights.
"The big problem for them is that they have no official existence," says Raymond.
"They often don't have a birth certificate, or any proof of who they are, and this makes them even more vulnerable to exploitation.
"We try to establish their identity, to get them into schools so that they can pass exams and get out of the dreadful situation they find themselves in."
This situation is often even worse when the restavecs reach the age of 15.
This is when by law they must be paid to work; and it is then that the families either throw them out on the street or force them to continue as unpaid domestics.
'Slavery pure and simple'
Until recently, the Haitian government did not acknowledge the scale of the restavec problem. Some officials still argue that this is the traditional way for poor rural families to help their children get on.
But as Margarett Lubin, who works with the International Organization for Migration (IOM) in Port-au-Prince, says:
"We are deceiving ourselves if we say this is some kind of national tradition. This is child slavery pure and simple."
Ms Lubin says that, according to Unicef, the numbers involved have doubled in recent years, as poverty and political instability in the countryside have become even worse.
She also points to an increasing traffic in children across the border that Haiti shares with the Dominican Republic in the east of the island.
"Because economic conditions are better there, some Haitian parents think they are helping their children get on if they are handed over to agents who ferry them across the border," she says.
"But those kids have no rights at all in the Dominican Republic, and they are often abused."
Although care for the restavecs in the cities is important, Ms Lubin thinks the only solution is to go to the root of the problem, out in the Haitian countryside:
"We need to show the poorest families that they have a duty to look after their children - and we need to build schools in the countryside, so that they have something to stay for."
http://news.bbc.co.uk/go/pr/fr/-/2/hi/a ... 451267.stm
Published: 2007/03/20 12:03:58 GMT

References: l'article 345
 L'article 346
 l'article 349

L'article 341

L'article 32
 l'article 28