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Timestamp: 2016-10-24 05:14:18+00:00

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6B_637/2011 (13.04.2012)
L�sions corporelles simples, s�questration,
S�questration;
Par jugement du 10 f�vrier 2011, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de Lausanne a condamn� A.________ � 45 jours-amende � 30 fr. le jour avec sursis pendant deux ans pour l�sions corporelles simples et s�questration, ainsi que B.________ et C.________ � respectivement 30 jours-amende � 30 fr. le jour et 60 jours-amende � 45 fr. le jour avec sursis pendant 2 ans, pour s�questration. Le jugement est fond� sur les �l�ments de fait suivants.
A.a Le 15 janvier 2008, le service apr�s-vente d'une succursale de l'entreprise X.________ a remis � D.________ un bon d'�change d'une valeur de 1'489 fr. � faire valoir le jour m�me en compensation d'un t�l�viseur irr�parable. Le bon d'�change ne lui �tant d'aucune utilit� d�s lors qu'il avait d�j� acquis un nouveau poste de t�l�vision, D.________ en a demand� le remboursement en esp�ces aupr�s du responsable de rayon, C.________, qui a refus�. D.________ a alors d�cid� de quitter le magasin, pr�cisant � son interlocuteur qu'il entendait soumettre leur diff�rend � son assurance de protection juridique. C.________ lui a r�pondu qu'il ne pouvait pas quitter le magasin avec le bon d'�change et lui a demand� de le lui restituer. D.________ n'a pas donn� suite et a pris la direction de la sortie du magasin. C.________ a tent� de le stopper en se pla�ant en travers de sa route et en apposant sa main sur son torse. Ce nonobstant, D.________ a poursuivi sa route jusqu'� l'accueil. Afin de l'emp�cher de quitter le magasin, C.________ a t�l�phon� au service de s�curit� et demand� � B.________ de le rejoindre, pr�cisant qu'il �tait confront� � un client agit�. C.________ s'est positionn� devant le portillon de sortie et a interdit que D.________ r�cup�re le compact disc que son amie avait d�pos� � l'accueil.
A son arriv�e, B.________ a constat� qu'une vive altercation opposait C.________ et D.________. Dans un premier temps, il a tent� de comprendre quel �tait l'objet de leur discorde, avant que C.________ ne lui explique qu'il avait fait l'objet de menaces et que D.________ ne devait pas quitter le magasin avec le bon d'�change. Comprenant que le client se trouvait sur le point de s'en aller, B.________ a appel� en renfort son coll�gue A.________, qui visionnait les �crans de vid�o surveillance dans le local de s�curit�.
Peu apr�s l'arriv�e de ce dernier quelques instants plus tard, D.________ a cherch� � se saisir du compact disc que lui tendait l'h�tesse au guichet d'accueil. B.________ et A.________ l'ont alors empoign�, le premier par le bras droit, le second par le poignet gauche. D.________ a tent� de se d�gager d'un mouvement de recul du bras droit, si bien que les agents de s�curit� l'ont maintenu plus fermement, avant de le conduire au local de s�curit�. Particuli�rement �nerv� sans se montrer pour autant violent ou agressif, D.________ s'est d�battu au cours du trajet, au point que le trio a tr�buch�. Alors qu'il se trouvait face contre terre, A.________ a pratiqu� une cl� de bras en lui tordant le bras et le poignet gauches.
Les trois protagonistes sont parvenus au local de s�curit� � 15h52 o�, toujours agit� et tr�s �nerv�, D.________ a �chang� des propos avec B.________ et A.________, avant de continuer une discussion virulente avec C.________ apr�s que celui-ci les eut rejoints. A.________, qui n'a quitt� la pi�ce � aucun moment, a assist� � l'int�gralit� de la querelle. A deux reprises au moins, il a emp�ch� D.________ de quitter ce local o� il a �t� maintenu jusqu'� l'arriv�e � 16h01 de la police, alert�e par C.________ sur demande de B.________.
A.b Selon les constatations m�dicales, D.________ a subi une triple d�chirure du poignet gauche cons�cutive au traumatisme ainsi subi. Un risque de limitation r�siduelle de la mobilit� autant que de la force et une certaine fragilisation ne sont pas exclus.
Par jugement du 9 juin 2011, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� les appels form�s par les trois condamn�s.
A.________, B.________ et C.________ interjettent s�par�ment un recours en mati�re p�nale contre le jugement cantonal. Tous trois concluent principalement � leur acquittement des charges retenues contre eux. Par ailleurs, les deux premiers requi�rent le b�n�fice de l'assistance judiciaire.
Les trois recours se r�f�rent au m�me complexe de faits, mettent en cause les m�mes personnes et leur objet est identique. Il se justifie donc de joindre les causes 6B_637/2011, 6B_641/2011, ainsi que 6B_642/2011 et de statuer sur les trois recours dans un seul arr�t (art. 24 PCF applicable par renvoi de l'art. 71 LTF).
Les recourants se plaignent d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits.
2.1 Dans le recours en mati�re p�nale, les faits constat�s par l'autorit� pr�c�dente lient le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), � moins qu'ils n'aient �t� �tablis en violation du droit ou de mani�re manifestement inexacte au sens des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, soit essentiellement de fa�on arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (cf. ATF 137 I 58 consid. 4.1.2 p. 62; sur la notion d'arbitraire, v. ATF 137 I 1 consid. 2.4 p. 5). Le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation des droits fondamentaux que si un tel moyen est invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et ex-pos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88). Le recourant qui se plaint d'arbitraire doit d�montrer, par une argumentation claire et d�taill�e, que cette d�cision se fonde sur une constatation des faits ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 137 II 353 c. 5.1 p. 365 et r�f�rences cit�es).
2.2.1 Les recourants contestent les constatations cantonales selon lesquelles le comportement du plaignant n'a �t� ni agressif, ni violent, ni mena�ant. Celles-ci seraient contraires aux d�clarations des trois condamn�s, aux images de vid�o surveillance et, en particulier, au t�moignage de E.________ qui a d�clar� avoir entendu l'intim� menacer C.________. Dans ce contexte, le recourant B.________ demande le visionnement par la cour de c�ans des enregistrements de vid�o surveillance. Les recourants B.________ et A.________ consid�rent aussi que c'est arbitrairement, au vu du comportement qu'ils imputent � l'intim�, que la cour cantonale a d�ni� qu'ils aient pu penser que celui-ci avait commis un vol.
Sur la base des vid�os, les premiers juges ont retenu que l'attitude de D.________ n'avait �t� � aucun moment violente, agressive ou mena�ante, bien qu'il ait �t� visiblement tr�s �nerv� (cf. jugement de premi�re instance p. 30). La Cour d'appel ne s'est pas distanci�e de cette approche. Les recourants ne pr�cisent pas en quoi les agissements du pr�nomm� se distingueraient de l'�nervement pour confiner � la violence voire � l'agression. Ils se bornent � livrer leur propre interpr�tation du comportement de l'intim� moyennant une d�marche appellatoire qui ne remplit pas les exigences de motivation requises et qui se r�v�le irrecevable. L'invocation du t�moignage de E.________, auquel la Cour d'appel n'a accord� aucun cr�dit (cf. jugement attaqu�, p. 32), rel�ve elle aussi d'une d�marche appellatoire, partant irrecevable. Les recourants ne formulent en d�finitive aucune critique factuelle recevable.
2.2.2 Dans la mesure o� les recourants invoquent une erreur sur les faits (art. 13 CP) en relation avec leur propre version des faits, l'irrecevabilit� de leurs critiques factuelles (consid. 2.2.1) ne permet pas d'entrer en mati�re sur la violation invoqu�e de l'art. 13 CP.
2.2.3 C.________ conteste en outre s'�tre plac� devant le portillon de sortie, avoir referm� la porte apr�s l'arriv�e des trois autres protagonistes dans le local de s�curit� et avoir demand� � Nicolas B.________ et A.________ d'y maintenir l'intim�, comme retenu par les magistrats de premi�re et seconde instances. Ces critiques sont sans incidence sur le sort de la cause au regard des consid�rations suivantes, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en mati�re sur celles-l�.
3.1 B.________ et A.________ contestent leur condamnation du chef de s�questration. A.________ justifie ses agissements du fait qu'il a faussement cru jusqu'� l'arriv�e de la police que l'intim� avait �t� surpris en flagrant d�lit de vol. B.________ pr�tend avoir ignor� la nature et l'objet de l'altercation ayant oppos� D.________ � C.________. L'appel en renfort de ce dernier, l'�tat d'agitation extr�me de l'intim� l'avaient faussement port� � croire qu'il se trouvait confront� � un �tat de n�cessit�.
3.2 La Cour d'appel a consid�r� que les agents de s�curit� avaient agi en connaissance de cause et ne pouvaient �tre mis au b�n�fice d'une erreur sur les faits sous pr�texte qu'ils auraient faussement cru se trouver en pr�sence d'un flagrant d�lit. S'agissant de A.________, il avait su d�s son intervention � l'accueil que l'altercation entre C.________ et D.________ ne portait pas sur un flagrant d�lit de vol. En effet, rien dans les enregistrements de vid�o surveillance n'attestait de la commission d'une telle infraction. Ces enregistrements d�montraient en outre qu'entre l'arriv�e des trois protagonistes dans le local de s�curit� � 15h52 et celle de la police � 16h01, le recourant n'�tait jamais sorti de la pi�ce et avait donc assist� � la discussion virulente ayant oppos� l'intim� et C.________. Or, il ne faisait aucun doute que cette conversation avait port� sur un sujet autre qu'un vol. Par ailleurs, s'il s'�tait cru confront� � un voleur, il aurait d� inviter celui-ci � vider ses poches, ce qu'il n'avait pas fait. Enfin, l'interpellation de l'intim� s'�tait produite avant le portillon de sortie, ce qui excluait l'hypoth�se d'un flagrant d�lit de vol, l'usage commandant d'appr�hender les suspects au-del� des caisses, afin que l'infraction soit incontestable. Quant � B.________, aussit�t arriv� � l'accueil du magasin, il s'�tait vu expliquer par C.________ qu'il avait fait l'objet de menaces et que D.________ ne devait pas quitter le magasin avec le bon d'�change. M�me s'il n'avait pas compris les d�tails de la discorde, il en savait suffisamment pour r�aliser que celle-ci �tait d'ordre commercial et que l'intim� n'avait commis aucune infraction, hormis une �ventuelle menace pr�tendument prof�r�e au d�triment du chef de rayon � laquelle il n'avait pas assist�.
3.3 A teneur de l'art. 183 ch. 1 al. 1 CP, se rend coupable de s�questration celui qui, sans droit, aura arr�t� une personne, l'aura retenue prisonni�re ou l'aura, de toute autre mani�re, priv�e de sa libert�.
3.3.1 Le bien juridique prot�g� est la libert� de d�placement. Les �l�ments objectifs constitutifs sont r�alis�s si la personne est priv�e de sa libert� d'aller et venir et de choisir le lieu o� elle souhaite rester. Il n'est pas n�cessaire que la privation de libert� soit de longue dur�e. Quelques minutes suffisent (STEFAN TRECHSEL, Praxiskommentar, 2008, n. 7 ad art. 183 CP). Une personne peut �tre s�questr�e par le recours � la menace, � la violence, en soustrayant les moyens dont elle a besoin pour partir ou encore en la pla�ant dans des conditions telles qu'elle se sent dans l'impossibilit� de s'en aller (BERNARD CORBOZ, Les infractions en droit suisse, 3�me �d., 2010, vol. I, n. 5-9/14-15 ad art. 183 et 184 CP et les r�f�rences).
3.3.2 Comme l'art. 183 ch. 1 al. 1 CP pr�voit express�ment que l'auteur doit agir " sans droit ", la s�questration est donc exclue lorsqu'une personne est entrav�e dans sa libert� d'aller et venir sur la base d'une disposition l�gale. Ainsi, il n'y a pas de s�questration de la part de celui qui est en droit d'imposer � la personne de rester au lieu o� elle se trouve. Le droit de retenir une personne contre son gr� peut d�couler de la l�gitime d�fense (art. 15 CP) ou de l'�tat de n�cessit� (art. 17 CP), notamment des art. 52 al. 3 CO et 926 al. 2 CC (BERNARD CORBOZ, op. cit., ch. 38 ad art. 183 et 184 CP).
La r�tention d'une personne soup�onn�e d'�tre l'auteur d'une infraction n'est en principe l�gitime que si elle se fonde sur un mandat d�cern� par une autorit� comp�tente. D�s lors qu'un tel mandat ne peut pas toujours �tre d�livr� � temps, il est admis qu'exceptionnellement, en cas d'urgence, les forces de l'ordre ou m�me de simples citoyens puissent arr�ter le suspect (MARTIN SCHUBARTH, Kommentar zum schweizerischen Strafrecht [Kommentar], vol. 3, Berne 1994, n. 33-34 ad art. 183 CP). La r�tention d'un suspect d�coule alors des dispositions de proc�dure qui permettent notamment aux citoyens ordinaires d'arr�ter provisoirement une personne en attendant l'intervention de l'autorit� (cf. art. 215, 217 et 218 CPP; BERNARD CORBOZ, op. cit., n. 35-36 ad art. 163 et 164 CP). Lorsqu'elle est le fait d'un particulier, la r�tention a pour unique but de pallier le risque de fuite et de remettre ensuite le suspect � la police (MARTIN SCHUBARTH, Kommentar, op. cit., n. 37 ad art. 183 CP).
3.3.3 En vigueur au moment des faits, l'art. 58 de l'ancien Code de proc�dure p�nale vaudois (aCPP/VD, abrog� au 1er janvier 2011; aRS/VD 312.01) pr�voit que chacun a le droit d'appr�hender la personne qu'il surprend en flagrant d�lit. L'art. 57 aCPP/VD pr�cise qu'il y a flagrant d�lit lorsque le suspect est pris sur le fait ou d�couvert alors qu'il vient d'accomplir son acte (al. 1). Il l'est aussi quand, venant de commettre une infraction, il prend la fuite, cherche de toute autre mani�re � se soustraire � l'action de la justice, porte encore des traces de son acte ou d�tient encore des objets provenant de l'infraction ou ayant servi � la perp�trer (al. 2). La question de savoir s'il y a eu flagrant d�lit est ainsi une question de droit. Les soup�ons � l'encontre du suspect naissent d'observations directes (ALEXIS SCHMOCKER, op. cit., n. 10 ad art. 218 CPP). La communication par un tiers ou le fait que le d�linquant soit identifi� sur la base d'une photo ou d'une vid�o ne suffit pas (NIKLAUS SCHMID, Schweizerische Strafprozessordnung, Praxiskommentar, 2009, n. 4 ad art. 218 CPP).
3.3.4 Il ressort des constatations cantonales que C.________ a requis l'intervention de B.________ afin d'emp�cher l'intim� de quitter le magasin avec un bon d'�change d'une valeur de 1'489 francs. Dans l'attente de l'agent de s�curit� sollicit�, le chef de rayon s'est positionn� au travers du portillon de sortie afin de barrer le passage � D.________ en m�me temps qu'il interdisait � l'h�tesse de restituer � ce dernier un compact disc que celui-ci entendait r�cup�rer � l'accueil. Peu apr�s que B.________ l'eut rejoint, C.________ a expliqu� � ce dernier que D.________ avait prof�r� des menaces � son encontre et qu'il ne devait pas partir sans avoir pr�alablement restitu� le bon d'�change. Comprenant que le client comptait s'en aller, l'agent de s�curit� a appel� A.________ en renfort. Peu apr�s l'arriv�e de ce dernier, l'intim� a cherch� � se saisir du compact disc que la r�ceptionniste lui tendait. A ce moment-l�, les deux agents de s�curit� l'ont agripp� chacun par un bras. L'intim� ayant esquiss� un mouvement de recul du bras droit pour se d�gager, ils l'ont alors fermement maintenu, afin de le conduire au local de s�curit� o� ils l'ont retenu une dizaine de minutes jusqu'� l'arriv�e de la police.
B.________ est ainsi intervenu � la demande de C.________ qui lui a indiqu� que l'intim� avait prof�r� des menaces � son encontre et qu'il ne devait pas partir sans avoir pr�alablement restitu� le bon d'�change. A.________ a r�pondu � l'appel de B.________ sans que celui-ci ne lui pr�cise le motif de l'intervention. Arriv�s sur place, les deux agents de s�curit� ont assist� � la vive altercation opposant le chef de rayon au client et constat� l'�tat d'agitation extr�me pr�sent� par ce dernier. Pour autant, ils n'ont pas surpris l'intim� en plein forfait. Rien non plus dans les enregistrements de vid�o surveillance n'atteste de la commission d'une infraction. En particulier, B.________ n'a pas �t� t�moin des menaces �voqu�es, lesquelles n'ont de surcro�t pas �t� r�it�r�es devant lui (jugement attaqu� p. 28 � 1). Il n'existait d�s lors pas d'indices que l'intim� ait commis une infraction et il n'a du reste pas m�me �t� invit� � vider ses poches (cf. jugement de premi�re instance p. 31 � 2 in fine).
En d�finitive, les recourants A.________ et B.________ ont soup�onn� l'intim� de vol sur la base de ses d�m�l�s avec le chef de rayon, de son �tat d'irritation et du fait qu'ils avaient �t� appel�s en renfort, l'un par son sup�rieur hi�rarchique, l'autre par un coll�gue de travail. Une querelle ou la col�re ne constitue pas en soi un motif l�gitime de soup�onner un individu d'avoir commis une infraction. Les recourants A.________ et B.________ ne sauraient davantage se disculper en soutenant n'avoir fait que leur devoir en se pliant aux injonctions de leur sup�rieur hi�rarchique. Ce faisant, ils se sont born�s � reprendre � leur compte les informations transmises par un tiers, sans avoir au pr�alable constat� en personne des agissements les l�gitimant � penser que l'intim� s'�tait rendu coupable d'une infraction. Le droit de r�tention admis en cas de flagrant d�lit contraint celui qui y recourt de constater en personne les indices d'une �ventuelle infraction, tels que, par exemple, la fuite du suspect, des traces ou des moyens d'infraction. L'urgence ne dispense pas l'intervenant de proc�der � telles pr�cautions, afin d'�viter les d�rapages (ALEXIS SCHMOCKER, op. cit., n. 2 ad art. 218 CPP). Comme soulign� par les magistrats de premi�re et seconde instances (jugement attaqu� consid. 5.3.2), les agents de s�curit� n'avaient donc pas � suivre aveugl�ment les consignes d'un coll�gue de travail, f�t-il hi�rarchiquement sup�rieur, sauf � avoir directement observ� des agissements suspects au sens de l'art. 57 aCPP/VD, ce qui n'a pas �t� le cas. A d�faut de flagrant d�lit, la cour cantonale a consid�r�, sans arbitraire (sur la notion d'arbitraire, cf. ATF 136 I 316 consid. 2.2.2 p. 318/319), que les recourants avaient appr�hend� l'intim� en violation de l'art. 58 aCPP/VD.
3.3.5 En outre, il est �tabli que l'intim� n'a jamais attaqu� l'un ou l'autre des participants. Il �tait certes m�content et se montrait v�h�ment, mais il n'a jamais frapp� ou attaqu� l'un ou l'autre des recourants. Aucune menace de sa part n'a �t� retenue (cf. jugement de premi�re instance p. 36 � 2). Sa tentative de se d�gager de l'emprise subie ne pouvait pas �tre comprise par les agents de s�curit� comme constitutive d'un comportement violent. Il n'a jamais mis en danger l'int�grit� physique de qui que ce soit, ni les biens du magasin. Cela �tant, les agents de s�curit� ne se sont pas trouv�s confront�s � un �tat de n�cessit� (art. 17 CP) justifiant le recours � la force, pas plus qu'� un �tat de n�cessit� excusable (art. 18 CP).
3.3.6 D�s lors que les recourants B.________ et A.________ ont arr�t� sans droit l'intim�, la juridiction cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en les reconnaissant coupables de s�questration.
4.1 Le recourant C.________ conteste lui aussi sa condamnation pour s�questration. Il se pr�vaut de n'avoir jamais demand� aux agents de s�curit� d'�carter et de maintenir l'intim� contre son gr� dans le local de s�curit�, pas plus qu'il ne l'y a lui-m�me contraint. Il ajoute qu'il n'�tait pas comp�tent pour leur donner des ordres, respectivement discuter leur d�cision d'�carter l'intim�. Une telle argumentation met en cause le degr� de participation du recourant � l'infraction r�prim�e par l'art. 183 CP et non la r�alisation de l'�l�ment subjectif de celle-ci, comme le laisse entendre le recourant.
4.2 Selon la juridiction cantonale, le recourant a eu un comportement actif ayant convaincu les agents de s�curit� d'isoler l'intim� et favoris� la commission de l'infraction de s�questration. En particulier, il ne s'est pas oppos� aux agissements de ses coll�gues lorsqu'ils ont agripp� l'intim�, pas plus qu'il n'a tent� de leur expliquer que leur comportement �tait incorrect. Au contraire, il les a rejoints dans le local de s�curit� o� il a poursuivi ses �changes houleux avec l'intim�.
4.3 Selon la jurisprudence, est un coauteur celui qui collabore, intentionnellement et de mani�re d�terminante, avec d'autres personnes � la d�cision de commettre une infraction, � son organisation ou � son ex�cution, au point d'appara�tre comme l'un des participants principaux. Il faut que, d'apr�s les circonstances du cas concret, la contribution du coauteur apparaisse essentielle � l'ex�cution de l'infraction. La seule volont� quant � l'acte ne suffit pas. Il n'est toutefois pas n�cessaire que le coauteur ait effectivement particip� � l'ex�cution de l'acte ou qu'il ait pu l'influencer. La coactivit� suppose une d�cision commune, qui ne doit cependant pas obligatoirement �tre expresse, mais peut aussi r�sulter d'actes concluants, le dol �ventuel quant au r�sultat �tant suffisant. Il n'est pas n�cessaire que le coauteur participe � la conception du projet. Il peut y adh�rer ult�rieurement. Il n'est pas non plus n�cessaire que l'acte soit pr�m�dit�. Le coauteur peut s'y associer en cours d'ex�cution. Ce qui est d�terminant, c'est que le coauteur se soit associ� � la d�cision dont est issue l'infraction ou � la r�alisation de cette derni�re, dans des conditions ou dans une mesure qui le font appara�tre comme un participant non pas secondaire, mais principal (ATF 130 IV 58 consid. 9.2.1 p. 66; 125 IV 134 consid. 3a p. 136; 120 IV 136 consid. 2b p. 141, 265 consid. 2c/aa p. 271 s.).
4.4 Il est constant que le recourant C.________ entendait r�cup�rer le bon d'�change d�tenu par l'intim�. A cette fin, il a t�l�phon� et demand� � B.________ de le rejoindre � l'accueil, pr�cisant �tre confront� � un client agit�. Parvenu � la r�ception, il s'est positionn� au travers du portillon de sortie afin d'emp�cher l'intim� de quitter le magasin et a interdit que celui-ci y r�cup�re le compact disc d�pos� par son amie. A l'arriv�e de B.________, il lui a indiqu� avoir fait l'objet de menaces de la part de l'intim� et pr�cis� que celui-ci ne devait pas quitter le magasin avec le bon d'�change. En prenant la d�cision de d�clencher l'intervention du service de s�curit�, le recourant a agi de mani�re d�terminante sur le cours des �v�nements. En tant qu'il connaissait le motif de son altercation avec l'intim�, il en avait la ma�trise. Ce nonobstant, il ne s'est pas oppos� aux agissements de ses coll�gues lorsqu'ils ont agripp� l'intim�, pas plus qu'il n'a tent� de leur expliquer que leur comportement �tait excessif. Il a au contraire encore confort� leur d�termination en les rejoignant dans le local de s�curit� o� il a repris ses �changes houleux avec l'intim�. Il a ainsi exerc� un r�le d�terminant sur le cours des �v�nements qui en fait un participant principal � l'infraction de s�questration. C'est par cons�quent sans violation du droit f�d�ral que la juridiction cantonale l'a reconnu coupable de s�questration en qualit� de coauteur.
5.1 A.________ conteste sa condamnation au chef de l�sions corporelles simples (art. 123 CP), pour le motif qu'il ne serait pas �tabli si les blessures pr�sent�es par l'intim� ont �t� provoqu�es par la cl� de bras ou par la chute accidentelle. Ce faisant, il conteste que ses agissements pr�sentent un lien de causalit� avec les l�sions corporelles subies.
5.2 Un comportement est la cause naturelle d'un r�sultat s'il en constitue l'une des conditions sine qua non, c'est-�-dire si, sans lui, le r�sultat ne se serait pas produit (ATF 133 IV 158 consid. 6.1 p. 167; 125 IV 195 consid. 2b p. 197). La constatation du rapport de causalit� naturelle rel�ve du fait. Il y a toutefois violation du droit f�d�ral si l'autorit� cantonale m�conna�t le concept m�me de causalit� naturelle (ATF 122 IV 17 consid. 2c/aa p. 23).
En revanche, le comportement incrimin� est la cause ad�quate du r�sultat lorsque, d'apr�s le cours ordinaire des choses et l'exp�rience de la vie, le comportement �tait propre � entra�ner un r�sultat du genre de celui qui s'est produit; il s'agit l� d'une question de droit que la cour de c�ans revoit librement (ATF 133 IV 158 consid. 6.1 p. 168; 131 IV 145 consid. 5.1 p. 147). La causalit� ad�quate sera admise m�me si le comportement de l'auteur n'est pas la cause directe ou unique du r�sultat. Peu importe que le r�sultat soit d� � d'autres causes, notamment � l'�tat de la victime, � son comportement ou � celui de tiers (ATF 131 IV 145 consid. 5.2 p. 148). La causalit� ad�quate peut toutefois �tre exclue si une autre cause concomitante, par exemple une force naturelle, le comportement de la victime ou d'un tiers, constitue une circonstance tout � fait exceptionnelle ou appara�t si extraordinaire que l'on ne pouvait s'y attendre. L'impr�visibilit� d'un acte concurrent ne suffit pas en soi � interrompre le rapport de causalit� ad�quate. Il faut encore que cet acte ait une importance telle qu'il s'impose comme la cause la plus probable et la plus imm�diate de l'�v�nement consid�r�, rel�guant � l'arri�re-plan tous les autres facteurs qui ont contribu� � l'amener et notamment le comportement de l'auteur (ATF 134 IV 255 consid. 4.4.2 p. 265 s. et les arr�ts cit�s).
5.3 Il est �tabli qu'au cours des �v�nements, A.________ a saisi le bras et le poignet gauches de la victime et pratiqu� une cl� de bras (cf. jugement attaqu� p. 27). Comme retenu par la cour cantonale, il n'est pas d�cisif que les l�sions constat�es r�sultent de l'une ou l'autre cause. En empoignant l'intim�, le pr�venu a provoqu� le r�sultat. Son comportement est � l'origine des l�sions, de sorte que la causalit� naturelle est donn�e.
Selon le cours ordinaire des choses, ses agissements �taient propres � entra�ner le r�sultat qui s'est produit. S'il est admissible que l'agitation de la victime ait pu contribuer � provoquer la chute des trois protagonistes, elle n'en constitue pas pour autant une circonstance susceptible de rel�guer � l'arri�re-plan le comportement du recourant.
La condamnation de ce dernier au chef de l�sions corporelles simples ne viole donc pas le droit f�d�ral.
B.________ invoque une violation du principe d'indivisibilit� de la plainte p�nale (cf. art. 32 CP), pour le motif que celle-ci n'a pas �t� form�e � l'encontre de la succursale de X.________. Selon l'art. 102 al. 1 CP, la punissabilit� des personnes morales est r�serv�e aux cas dans lesquels aucune responsabilit� individuelle des personnes physiques impliqu�es ne peut �tre retenue, de sorte qu'il est conforme au droit f�d�ral de n'avoir pas engag� de poursuite p�nale aux d�pens de l'entreprise pr�cit�e.
Les recours sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables. Comme les conclusions des recourants �taient d�pourvues de chance de succ�s, les requ�tes d'assistance judiciaire de A.________ et B.________ ne peuvent �tre accord�es (art. 64 al. 1 LTF). Les recourants, qui succombent, devront supporter le montant des frais judiciaires induits par leurs �critures respectives (art. 66 al. 1 LTF), ceux � la charge de A.________ et B.________ �tant r�duits afin de tenir compte de leur situation financi�re.
Les frais judiciaires, arr�t�s � 800 fr., 1600 fr. et 4000 fr., sont mis � la charge respectivement de A.________, B.________ et C.________.

References: art. 97
 ATF 
 ATF 
 art. 183
 art. 183
 art. 52
 art. 183
 art. 183
 art. 215
 art. 163
 art. 183
 art. 218
 art. 218
in fine
 art. 218
 ATF 
 art. 32