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Timestamp: 2019-01-23 00:05:23+00:00

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DECRET n° 2005-983 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-983 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en manjakú
L’écriture du manjakú a déjà bénéficié d’efforts isolés comme ceux de missionnaires chrétiens qui ont travaillé sur les langues dites à usage localisé.
Avec la décision de l’Etat d’étendre le statut de langue nationale à toutes les langues parlées dans le pays, le manjakú a été codifié en 2002, afin d’avoir une base conventionnelle qui puisse régir les règles d’écriture de cette langue et permettre son développement.
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en manjakú sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet manjakú comprend vingt-huit lettres, dont vingt-deux consonnes et six voyelles. L’ordre alphabétique est le suivant :
(de palmes)
bëjuwak/bëjook
pëcap
përe
bërëk
bëga
la chèvre/le bouc
pëji
pëtot
pëjuul
ufëri
ubûs
la maison /la case
pëtaf
uwët
uyoond
·	Les consonnes sont : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ñ, ŋ, p, r, s, ŝ, t, t, w, y, z
Art. 3. - Le graphe ë/Ë est retenu pour orthographier la voyelle centrale [ ].
Art. 4. - Le système vocalique du manjakú connaît une opposition pertinente de longueur, pour toutes les voyelles à l’exception de la voyelle ë/Ë.
pëfak
« avaler »
pëfaak
« s’approcher de »
« l’achat »
« le cheveu »
pëlik
pëliik
« le haricot »
pëpos
« faire les
(bébé) »
pëpoos
pëluk
pëluuk
« l’esclavage/	a souffrance ».
Art. 5. - Le système vocalique du manjakú connaît aussi une opposition pertinente de tension pour toutes les voyelles à l’exception de la voyelle ë/Ë.
« la tromperie »
« il/elle coupe »
pëmint
« émonder »
« le vaurien »
pëjuk
pëjúk
« les piments »
irúu .
« les fibres de noix de palme »
Art. 6. - Quand une voyelle longue (suite de deux brèves) porte l’accent aigu marquant la tension, seule la première voyelle porte l’accent.
Pëñúut
« mettre le feu ».
Art. 7. - Les graphes ñ/Ñ et n/N sont retenus pour orthographier les nasales palatale et vélaire, le graphe t/T pour la rétroflexe et ŝ/Ŝ pour la chuintante.
Art. 8. - Le manjakú connaît la prénasalisation. Pour orthographier les prénasales, la lettre m est utilisée devant p et b, et la lettre n devant les autres consonnes.
mb	=>	kabamb
« le battant »
mp	=>	mpat
« la crème de lait »
nk =>	bëtënk
nj =>	bëleenj
ng =>	uloong
« l’éléphant »
nt =>	pëlent
« la plainte »
nd =>	undink
« la hache »
nc =>	uncaam
nt =>	pëtant
« la queue ».
Art. 9. - Le manjakú est une langue à classes nominales. Les classificateurs nominaux sont représentés par des morphèmes ou indices de classe qui sont préfixés à la base lexicale pour former les noms.
ubus « le chien »
(classe u-)
ito (classe i-)
Art. 10. - Le manjakú applique les accords de classe nominale. Les marques de l’indéfini, du démonstratif, de l’interrogatif et du numéral, formlées à partir du classificateur, sont séparées du nom.
upi ulon
« une chèvre »
uloong uwoom ?
« quel éléphant ? »
ito itëb
« deux maisons ».
Art. 11. - Le déterminant possessif est suffixé quand le possesseur est au singulier et il est autonome quand le possesseur est au pluriel.
Kato + ul	=>
Kato bukul =>
« leur maison »
Art. 12. - Le pronom personnel sujet est préfixé à la forme verbale. Le pronom personnel sujet emphatique s’écrit séparément du verbe. Le pronom personnel objet est suffixé au verbe sauf à la 3e personne du pluriel.
wi, këriala
« toi tu manges »
a bupu
a bup bëlël/bukul/bakal
« il les a frappé »
Art. 13. - La marque du relatif, formée sur le classificateur, se place devant le verbe :
Kato ki welki
« la maison que j’ai achetée ».
Art. 14. - La marque du pronom possessif est autonome.
nicind .
« le/la vôtre »
Art. 15. - Les marques de temps, d’aspect et de mode sont affixées au radical verbal.
manlemp	=>	« je travaille » (présent inaccompli)
mamlemp
manjoolemp/mandoolemp	=>	« je travaillais » (passé inaccompli)
mambilemp =>	« je travaillerai » (futur)
manjoobalemp/mandoobalemp =>	« j’avais travaillé » (passé accompli)
manjookalemp/mandookalemp =>	« j’étais en train
de travailler » (passé inaccompli duratif)
lempan ! =>	« travaille ! » injonctif)
Art. 16. - Dans la dérivation, les affixes sont rattachés au radical.
përiala « manger » =>
bariala	« la nourriture »
pëneem « se perdre » =>
naneemal « le perdu »
Les éléments du mot composé sont reliés par un trait d’union.
Unjam-bati
« la mante religieuse »
Nasiën-Bati
Art. 17. - Pour délimiter la phrase et ses composantes, le manjakú adopte les signes et les valeurs de la ponctuation en usage en français, en tenant compte des spécificités de la langue manjakú. Les signes sont :
Manjakú
ngëjopat ngëtëb
ngëjopat usëtar
ujopat uyepar
ujopat upikra
ujopat unew
Ndëging ndëtiës
uging uboflin
inaajan itëp
i ñiri
Mënt utia di mënt bati
Mënt utia ee nom ni mënt bati. Mënt bati ja mënt ut,ia : « mampeu ! » Mënt utia jool : « mpeetiin » Mënt bati kakajool : « Jakaten ! » A ba patësaar.
Mënt bati laan mënt utia usubal. A ilik kay ti ucaak bëliëng. Babuk mënt utia cat awruka naloole. Mënt utia bëk babukul baacat biki di pëfab. Mënt utia meet binú robi. A nayël uloong di mënt bati. Uloong lilat përim uya. Ulaant kalil uya o yëla. Ulaant tëp o bandë bati bëcak o uya : « Tëlaanti tëlanti tëlaa aci mënt utia jeenún babukul acat, aba, aruka naloole. Tëlik tëraan kata ci, akay rak-rak ». Mënt, bat,i liëkasa përim a naja babukul : « Ndayënanaaria ma liëkasa përim. Ulant kakalësa. Mënt bati te kayëla. A naja : « Mante !
Tëpan ! », Mënt bati wëtani usubal. Mlik uuyan utia. Gëko lëmbi bëliëng. Mko jaban.
Mënt utia ja nabëkësi nun abuk ni wat di usubal. A upat mënt utia lëmbi bëliëng.
Mënt bati peun bëliëng.
Un jour, le souverain de la terre et celui du ciel se querellaient. Le souverain céleste dit au souverain terrestre : « Je suis plus puissant que toi ». Le souverain terrestre rétorqua : « Tu ne l’es point ». Le souverain du ciel lui dit : « On va voir ». Et chacun s’en alla de son côté.
Le souverain du ciel, pour prouver sa puissance, retint l’eau de pluie et la terre s’assécha. Les sources tarirent, les enfants de la terre moururent tous de telle sorte qu’il n’en resta qu’un seul. Le souverain de la terre enterra les corps de ses enfants sous la cendre.
La terre impuissante décida d’envoyer un messager auprès du souverain céleste. Il désigna l’éléphant, mais celui-ci n’a pas une belle voix pour chanter. Ainsi la grue huppée fut envoyée. Elle alla au firmament et une fois arrivée au premier ciel, elle chanta de sa belle voix : « Moi, grue huppée, grue huppée, grue huppée, c’est le souverain de la terre qui m’envoie vous dire que ses enfants sont tous morts sauf un. Il n’y a plus la moindre petite goutte d’eau sur terre. Tout est sec ». Alors le message parvint faiblement au souverain du ciel qui était entouré de ses enfants, à qui il demanda de se taire pour qu’il puisse écouter la voix qu’il percevait. La grue huppée reprit la chanson qui parvint cette fois-ci au destinataire. Le souverain céleste dit : « J’ai compris le message, va ! ».
Quelques instants après une pluie diluvienne se déversa sur la terre. Tout se remit à pousser et à reverdir. Tous les enfants de la terre ressuscitèrent .
La véritable puissance appartient au ciel.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17