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Timestamp: 2019-06-17 19:28:55+00:00

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Rambam et Issakhar Zevouloun - Techouvot.com
Rambam et Issakhar Zevouloun Voir le sujet suivant
'HozerImSheelot
Posté le: Mer 29 Mai 2019, 17:51
Après avoir lu quelques unes des interventions du Rav Wattenberg שליט״א sur le sujet, il m’a semblé judicieux de contribuer à la discussion. Le Rav reprend la doxa dans le monde harédi (c’est un peu plus controversé dans le reste du du spectre « orthodoxe ») avec le célèbre contrat midrashique entre les tribus d’Issakhar et Zevouloun.
Tout d’abord, le célèbre peiroush sur Pirkei Avot 4:5 est sans équivoque (comment l’expliquera-t-on autrement ?). Ensuite, concernant son accord avec son frère David, il serait plus logique de l’expliquer d’une autre façon : le Rambam compare lui même l’oeuvre du Michné Torah à celle de la rédaction de la Michna par Rabbi Yehuda HaNassi (qui a outrepassé l’interdiction de mettre la Torah Shebealpeh à l’écrit) utilisant le principe עת לעושות לה׳ הפרו תורתך. Il n’y a donc pas lieu de généraliser (on sait que son frère l’a entretenu pendant la rédaction, c’est tout ce qu’on sait). On pourra aussi ajouter qu’il fût financé par son frère pas par le tsibbour.
De plus, même avant qu’on ait eu connaissance de l’histoire de son frère, on a essayé de déformer ses propos.
Enfin, on a l’habitude de parler de l’accord Issakhar-Zevouloun mais base-t-on une halakha sur un midrash aggada ?
Posté le: Ven 07 Juin 2019, 0:29
Je ne sais pas si ce message attend une réponse, s’il s’agit de questions ou seulement d’affirmations.
Dans la première hypothèse, je tente quelques réponses :
Tout d’abord, le célèbre peiroush sur Pirkei Avot 4:5 est sans équivoque (comment l’expliquera-t-on autrement ?).
Je crois comprendre que vous voulez dire que le commentaire du Rambam sur Avot s’oppose fermement à l’association Issakhar Zvouloun car « comment pourrait-on l’expliquer autrement ? »
Je vous propose de l’expliquer autrement en disant très simplement qu’il ne s’oppose pas à l’association Issakhar Zvouloun mais seulement à l’idée de vivre de Tsedaka pour étudier la Torah.
La différence serait la contre-partie (cf. Imrei David 1, §12, 2 ).
On pourrait imaginer que le Rambam s’oppose au système du Kollel, mais pas encore à celui de l’association Issakhar Zvouloun.
Ou encore, qu’il s’oppose au fait que le Issakhar s’impose aux autres et réclame (ou quémande) son pain, mais si c’est le Zvouloun qui est demandeur, c’est bon.
Nous sommes d’ailleurs quelque peu contraints d’admettre (l'une de) ces réponses même sans enquêter sur sa vie (et savoir ce qu’il a fait lui-même) , car le Rambam ne s’opposait pas aux textes des ‘hazal et il se trouve que l’association I-Z est validée par les sages eux-mêmes.
J’ai bien noté que vous attribuez cette idée (ou cette doxa selon votre terme) au monde « ‘harédi », et qu'elle serait controversée dans le reste du spectre « orthodoxe », mais cela n’a pas trop d’importance dans la mesure où -sur ce point du moins, le Rambam était « ‘harédi » puisqu’il suit les enseignements des ‘hazal qui l’ont dit de manière très explicite, voyez le Midrash Bamidbar Raba (XIII, 17) où l’on fait l’éloge de Zvouloun pour son amour de la torah qui l’a amené à distribuer son argent à Issakhar afin que la tribu d’Issakhar n’ait pas besoin de gagner sa parnassa et que -grâce à cela- elle n’ait pas à arrêter son étude (=Velo Yitbatel Milaasok batorah).
Ce n’est pas le seul endroit où les sages encouragent cette association, voir par exemple dans Vayikra Raba (§25, 2) au sujet de Shimon A’hi Azaria (et voir aussi Rashi au début de Zva’him ).
Si les fidèles d’autres courants « orthodoxes » n’acceptent pas les paroles des ‘Hazal, ça les concerne, mais le Rambam tient compte des enseignements de ce type.
Donc, pour ce qui nous concerne, nous pouvons considérer le Rambam comme un ‘harédi acceptant la "doxa" 'harédit.
C’est donc ce qui pousse les commentateurs à expliquer le Rambam en disant qu’il ne s’oppose qu’au fait de « s’imposer » sur le tsibour, mais si le Issakhar ne s’impose pas, et que c’est le Zvouloun qui fait la démarche parce qu’il aime la torah et est soucieux de son avancement, c’est autorisé.
Aroukh Hashoul’han (Y’’D §246, 40)
Mesharet Moshé (Attia) (hil. TT §III, 10)
Shout Nishmat Kol ‘Haï (Pallagi) (Y’’D §56)
Rishon Letsion (Y’’D §246, 21)
Ce dernier n’est autre que le Or Ha’haim Hakadosh , il n’était quand même pas endoctriné par les ‘harédim, le Or Ha’haim, non ?
Vous dites ensuite que le Rambam n’autoriserait d’être entretenu financièrement que dans son propre cas et seulement pour la rédaction du Mishné Torah (pour laquelle il se serait auto-octroyé une dérogation au titre de « Et laassot Lashem » ).
Pour étayer cette assertion pour le moins étonnante, vous ajoutez :
"on sait que son frère l’a entretenu pendant la rédaction, c’est tout ce qu’on sait"
Alors je ne sais pas qui est ce « on », ni d’où vous tenez vos informations, qui vous a raconté qu’il ne l’aurait entretenu que pendant la rédaction du Mishné Torah ?
Et comment Maïmonide gagnait-il sa vie avant cela ?
Lisez plutôt ce que le Rambam écrit lui-même dans sa lettre à « Marana Yafet » imprimée dans les Igrot (-Leipzig 1859, Daf 37b) où il se lamente sur la mort de son frère qui l’a plongé dans une grande tristesse et un désarroi financier puisque ce dernier est mort noyé suite au naufrage de son navire emportant avec lui une grande somme d’argent et laissant derrière lui une famille à nourrir etc.
Le Rambam écrit clairement « il commerçait et gagnait de l’argent, et moi je pouvais -grâce à cela- rester assis avec assurance ».
Voyez aussi dans les Toldot Harambam imprimée dans ce même recueil ( la 5ème page ) où l’on retrouve la même idée de manière encore plus explicite et que Maïmonide n’a commencé à travailler en tant que médecin qu’à partir de là.
On pourra aussi ajouter qu’il fût financé par son frère pas par le tsibbour.
Je vois bien la différence, mais ne comprends pas bien en quoi elle devrait porter à conséquence ?
Par son frère c’est moutar mais par son cousin c’est assour et gravissime etc. ? (les mots du Rambam sont très virulent si c’est un autre que son frère, mais si c’est le frère il n’y a aucun problème ?)
Expliquez mieux ce ‘Hilouk, en quoi serait-il Me’halek ?
Et si ce n’est pas son frère mais son père ? ou son cousin ? cousin au second degré ? demi-frère ? voisin de palier ?
Quel serait le gueder ? comment passerait-on des imprécations du Rambam à une situation parfaitement lekhate’hila ?
Et si votre idée rejoint celle des mefarshim (très ‘harédim) qui disent que lorsque le Zvouloun souhaite de lui-même sponsoriser le Issakhar c’est très bien (mais que lorsque le Issakhar réclame des sous c’est très mal) en estimant que puisque c’était son frère c’est qu’il était certainement partant de lui-même (à la différence d’un Tsibour) , dans ce cas, je suis d’accord avec vous et vous l’êtes avec moi (et avec la doxa ‘harédit).
Là, pour le coup, je ne vois pas de quoi il s’agit.
Supposons que vous disiez vrai, je vous demanderais : et alors ?
Vous prouvez peut-être la mauvaise foi de certains (décédés il y a bien longtemps) , mais vous reconnaitriez indirectement qu’ils avaient raison sans qu’on ait eu les moyens de le prouver à leur époque.
Ah. Là, c’est une question (et pas une affirmation) , donc je me sens un peu plus à l’aise pour répondre (sans avoir le sentiment de risquer de vous froisser).
C’est une bonne question : dans quelle mesure peut-on décréter des halakhot qui n’ont pour base qu’un Midrash ?
Eh bien tant que ladite halakha ne semble pas contredite par le Talmud ni par le bon sens, il est légitime de se baser sur le Midrash pour en tirer une loi.
C’est ce qui ressort des A’haronim, en voici quelques uns :
Shvout Yaakov (II, §178)
Noda Biyehouda (II, Y’’D §161)
Knesset Hagdola (klalei Hashas §70)
Yad Malakhi (§72)
Yabia Omer (1, Y’’D §IV, 8) et (VIII, H’’M §XII, 3)
Sdei ‘Hemed (Alef §95)
‘Haim Shaal (1, §92)
Ma’hzik Brakha (O’’H Kountras A’haron §51)
Ayin Zokher (Alef §42)
Pri ‘Hadash (§128, sk.20)
Beit Shearim (Y’’D §427)
Beer Yaakov (E’’H §119)
Il est tard, je ne me relis pas, désolé pour les fautes.

References: §12
 §246
 §56
 §246
 §178
 §161
 §70
 §95
 §92
 §51
 §42
 §427
 §119