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Timestamp: 2016-10-28 00:51:26+00:00

Document:
recourant, repr�sent� par Me Philippe Schweizer,
intim�, repr�sent� par Me Beno�t Ribaux,
Ie Cour civile du Tribunal cantonal de la R�publique et canton de Neuch�tel, rue du Pommier 1, case postale 1161, 2001 Neuch�tel 1.
proc�dure civile, droit d'�tre entendu,
recours de droit public contre le jugement de la Ie Cour civile du Tribunal cantonal de la R�publique et canton de Neuch�tel du 31 octobre 2005.
Le 3 novembre 1990, B.________, A.________ et cinq tiers, formant une soci�t� simple, ont acquis, pour le prix de 750'000 fr., un immeuble, � La Chaux-de-Fonds. Les associ�s, sous la forme d'un consortium, ont proc�d� � d'importants travaux de r�novation sur le b�timent, lesquels ont provoqu� des d�penses �lev�es financ�es par un pr�t hypoth�caire de la banque X.________, devenue par la suite Y.________ SA.
L'affaire n'ayant pas procur� le rendement attendu, des mesures d'assainissement ont d� �tre prises, dans le cadre desquelles la banque pr�cit�e a partiellement abandonn� sa cr�ance, le pr�t �tant ramen� � 2'600'000 fr. en capital, valeur au 30 septembre 1994.
Par acte notari� du 2 juin 1995, les associ�s ont dissous, avec effet au 30 septembre 1994, le consortium qu'ils formaient et c�d� � B.________ et A.________ leurs droits indivis sur le bien-fonds susmentionn�; les cessionnaires ont d�clar� affecter l'immeuble au r�gime de la copropri�t� au sens des art. 646 ss CC, par part �gale entre eux, et reprendre comme cod�biteurs solidaires les dettes et engagements contract�s aupr�s du cr�ancier hypoth�caire pour un montant en capital de 2'600'000 fr.
En raison des retards survenus dans la couverture des int�r�ts hypoth�caires, Y.________ SA a d�nonc�, le 17 f�vrier 2000, son pr�t au remboursement et r�clam� paiement aux deux cod�biteurs solidaires du montant de 2'821'323 fr.15. Apr�s avoir introduit des poursuites en r�alisation de gage immobilier, Y.________ SA a requis le 22 f�vrier 2001 la vente de l'immeuble, dont une expertise a estim� la valeur � 1'875'000 fr.
Le 7 mars 2001, B.________ a sign� avec Y.________ SA une convention selon laquelle il s'engageait, d'une part, � verser � celle-ci imm�diatement un amortissement extraordinaire de 1'000'000 fr., montant pour lequel il �tait subrog� dans les droits de l'�tablissement bancaire, et, d'autre part, � acheter, lors de la vente aux ench�res � intervenir, l'immeuble au prix r�siduel de 1'600'000 fr. Le 10 juillet 2001, conform�ment � cet accord, B.________ a acquis le bien-fonds pour le prix pr�cit� au cours d'ench�res publiques.
B.a Le 12 ao�t 2002, B.________ a fait notifier une poursuite � A.________, que ce dernier a frapp�e d'opposition.
Par demande du 26 juin 2003, B.________ a ouvert action contre A.________ devant l'une des Cours civiles du Tribunal cantonal neuch�telois. Le demandeur a conclu � ce que le d�fendeur lui verse 429'285 fr.75 plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le d�p�t de la demande, l'opposition form�e � la poursuite pr�cit�e �tant lev�e � due concurrence. Le demandeur a fait valoir qu'il avait vers� pour acqu�rir l'immeuble un montant total de 2'600'000 fr., auquel s'ajoutaient 15'977 fr. de frais du service des r�alisations immobili�res et 26'400 fr. � titre de droits de mutation ou "lods". Comme le bien-fonds ne valait que 1'875'000 fr., la perte qu'il avait subie repr�sentait 767'377 fr. Les parties �tant cod�bitrices solidaires, le d�fendeur devait lui rembourser la moiti� de la perte, soit 383'688 fr.50, plus la moiti� d'un d�compte d'int�r�ts s'�levant � 91'194 fr.55, c'est-�-dire 45'597 fr.25.
Par r�ponse dat�e du 1er d�cembre 2003, le d�fendeur a conclu au rejet de la demande; reconventionnellement, il a requis que le demandeur soit condamn� � lui payer 45'470 fr.15 avec int�r�ts � 5 % d�s le d�p�t de la r�ponse. Au sujet de la demande principale, A.________ a soutenu que l'action �tait pr�matur�e d�s lors que la soci�t� simple form�e par les plaideurs n'�tait pas liquid�e, que de toute mani�re le demandeur n'avait pas �prouv� de perte, l'immeuble valant bien 2'600'000 fr., et que le pr�judice �ventuellement subi par ce dernier r�sultait de la transaction que l'int�ress� avait conclue avec Y.________ SA. Sur la reconvention, le d�fendeur a expos� que l'accord pass� entre B.________ et Y.________ SA n'avait pas eu pour effet de le lib�rer de ses obligations � l'endroit de cette banque, laquelle lui avait impos� un plan de redressement en relation avec la cr�ance qu'elle d�duisait du certificat d'insuffisance de gages d�livr� le 6 d�cembre 2002 pour un montant en capital et int�r�ts de 221'981 fr.75. Le d�fendeur a ainsi all�gu� qu'au jour du d�p�t de la r�ponse, il avait pay� � Y.________ SA un montant de 90'940 fr.30, dont le demandeur lui devait remboursement de la moiti�, soit 45'470 fr.15.
Dans sa duplique du 16 f�vrier 2004, le d�fendeur a expos� que les versements qu'il avait effectu�s pour �teindre la cr�ance de Y.________ SA s'�levaient d�sormais � 137'079 fr.80 et que le demandeur �tait son d�biteur de la moiti� de cette somme, � savoir 68'539 fr.90.
Pour qu'il soit tenu compte en instance cantonale des versements successifs op�r�s par le d�fendeur au profit de Y.________ SA en remboursement du certificat d'insuffisance de gages, sans que ce plaideur soit oblig� de compl�ter � chaque fois ses m�moires, les parties ont conclu les 3 et 8 mars 2004 une convention de proc�dure, � teneur de laquelle le d�fendeur "(�tait) autoris�, avant cl�ture des d�bats, � all�guer et documenter tout paiement qu'il aurait pu effectuer en mains de Y.________ SA � compter de ce jour ... ...". Le juge instructeur a pris acte de cette convention � son audience du 16 mars 2004.
La proc�dure probatoire, qui a comport� le d�p�t de pi�ces litt�rales et l'audition de divers t�moins, a �t� cl�tur�e le 19 octobre 2004.
Le 14 d�cembre 2004, le juge instructeur a �crit aux mandataires des parties de lui indiquer si leurs mandants acceptaient que le jugement soit rendu par voie de circulation, en application de l'art. 334 al. 1 du Code de proc�dure civile neuch�telois du 30 septembre 1991 (CPC/NE), ou s'ils souhaitaient que la cause soit cit�e pour plaidoiries et jugement.
Par �critures des 19 et 24 janvier 2005, respectivement le demandeur et le d�fendeur ont d�clar� accepter que la Cour civile rende son jugement par voie de circulation.
B.b Dans son jugement du 31 octobre 2005, la Ie Cour civile du Tribunal cantonal neuch�telois a condamn� le d�fendeur � verser au demandeur la somme de 370'488 fr. avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 31 juillet 2001 (1), condamn� le demandeur � payer au d�fendeur le montant de 83'540 fr. plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 1er mars 2004 (2), ordonn� la compensation entre les cr�ances pr�cit�es (3), prononc�, � concurrence de 360'258 fr., la mainlev�e d�finitive de l'opposition totale form�e par le d�fendeur � la poursuite qui lui a �t� notifi�e (4), rejet� toutes autres ou plus amples conclusions (5), enfin statu� sur les frais (6) et d�pens (6, recte: 7).
A.________ forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral contre le jugement pr�cit�. Invoquant une application arbitraire des r�gles cantonales de proc�dure et une double violation de son droit d'�tre entendu, il conclut � l'annulation de la d�cision cantonale.
L'intim� conclut au rejet du recours, alors que la cour cantonale d�clare se r�f�rer � son jugement.
Le jugement rendu par la cour cantonale, qui est final, n'est susceptible d'aucun autre moyen de droit sur le plan f�d�ral ou cantonal dans la mesure o� le recourant invoque la violation directe d'un droit de rang constitutionnel, de sorte que la r�gle de la subsidiarit� du recours de droit public est respect�e (art. 84 al. 2 et 86 al. 1 OJ). En revanche, si le recourant soul�ve une question relevant de l'application du droit f�d�ral, le grief n'est pas recevable, parce qu'il pouvait faire l'objet d'un recours en r�forme (art. 43 al. 1 et 84 al. 2 OJ).
Saisi d'un recours de droit public, le Tribunal f�d�ral n'examine que les griefs d'ordre constitutionnel invoqu�s et suffisamment motiv�s dans l'acte de recours (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31, 258 consid. 1.3 p. 261/262).
L'autorit� cantonale a consid�r� que le consortium qu'avaient constitu� les plaideurs avec cinq tiers avait pris fin, si ce n'est par la volont� unanime des associ�s, en tout cas lors de la vente forc�e de l'immeuble intervenue le 10 juillet 2001, de sorte que la demande introduite par B.________ n'�tait pas pr�matur�e. Elle a admis que le demandeur, lequel avait vers� � Y.________ SA un montant de 2'600'000 fr., avait �teint la cr�ance en capital de celle-ci, que ce paiement avait eu un effet lib�ratoire � l'encontre du d�fendeur et que B.________ disposait donc d'une cr�ance r�cursoire contre A.________. La Cour civile a calcul� le montant de cette cr�ance en prenant en compte le prix pay� par le demandeur pour acqu�rir l'immeuble aux ench�res (i.e. 2'600'000 fr.) plus les frais vers�s � l'Etat (i.e.15'977 fr.), soit 2'615'977 fr., somme qu'elle a divis�e par deux, d'o� un quotient de 1'307'988 fr., dont elle a d�duit 937'500 fr., c'est-�-dire la moiti� de la valeur du bien-fonds d�termin�e par expertise (i.e. 1'875'000 fr. / 2), pour obtenir en fin de compte le montant de 370'488 fr. (1'307'988 fr. - 937'500 fr.); elle a jug�, en se r�f�rant � la pi�ce 3 (cot�e D 8/3) des lots de documents produits par le d�fendeur, que cette cr�ance devait porter int�r�ts � 5 % d�s le 31 juillet 2001, �ch�ance de la mise en demeure.
Les magistrats neuch�telois ont encore jug� que le d�fendeur, sur la base du certificat d'insuffisance de gages obtenu par Y.________ SA, avait de son c�t� vers� � cette banque 167'079 fr.80 jusqu'� la cl�ture des d�bats, laquelle �tait intervenue � fin janvier 2005 puisque les deux parties avaient renonc� � plaider. A.________ disposait ainsi d'une cr�ance r�cursoire de la moiti� de ce montant contre B.________, soit de 83'540 fr. (apr�s arrondissement au franc sup�rieur), plus int�r�ts � 5 % d�s le 1er mars 2004, date moyenne des remboursements effectu�s.
La cr�ance du demandeur, avec les int�r�ts courus, repr�sentait au jour du jugement 450'759 fr., alors que celle du d�fendeur, y compris les int�r�ts, se montait � la m�me date � 90'501 fr. Apr�s compensation, la cour cantonale a obtenu une somme de 360'258 fr., � concurrence de laquelle elle a prononc� la mainlev�e d�finitive de l'opposition form�e par le d�fendeur � la poursuite qui lui avait �t� notifi�e le 12 ao�t 2002.
3.1 A l'appui de son premier moyen, qui se subdivise en trois volets, le recourant fait tout d'abord valoir que la Cour civile a statu� ultra petita et enfreint arbitrairement l'art. 56 al. 1 CPC/NE. Alors que le demandeur r�clamait un montant en capital avec des int�r�ts d�s le d�p�t de la demande, poursuit le d�fendeur, la cour cantonale lui a accord� des int�r�ts � compter d'une date ant�rieure de pr�s de deux ans au point de d�part requis.
Puis, le d�fendeur soutient que l'octroi desdits int�r�ts sur la base d'une mise en demeure qui n'a jamais �t� ni all�gu�e ni prouv�e consacrerait une application arbitraire de l'art. 57 al. 1 CPC/NE.
Enfin, le recourant d�clare qu'il ne pouvait pas s'attendre � ce que les magistrats neuch�telois fixent le point de d�part des int�r�ts dus � l'intim� d�s le 31 juillet 2001, si bien qu'il aurait �t� priv� de la possibilit� de faire valoir ses moyens et aurait �t� victime d'une violation de son droit d'�tre entendu. Il expose � ce propos qu'il a �t� condamn� au minimum � 6 jours d'int�r�ts qui n'�taient pas dus, cela sans avoir eu la facult� de se d�fendre
3.2.1 Le droit d'�tre entendu est une garantie constitutionnelle de nature formelle, dont la violation doit entra�ner l'annulation de la d�cision attaqu�e, ind�pendamment des chances de succ�s du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa p. 437). Il sied donc d'examiner en priorit� le dernier pan du moyen (ATF 124 I 49 consid. 1).
Le droit d'�tre entendu doit �tre reconnu et respect� lorsque singuli�rement le juge envisage de fonder sa d�cision sur une norme ou un motif juridique non �voqu� dans la proc�dure ant�rieure et dont aucune des parties en pr�sence ne s'est pr�value et ne pouvait supputer la pertinence in casu (ATF 125 V 368 consid. 4a p. 370 et les r�f�rences).
En l'esp�ce, l'intim� a conclu dans sa demande du 26 juin 2003 � l'octroi d'une somme en capital de 429'285 fr. 75 et au versement d'int�r�ts moratoires (art. 104 et 105 CO) au taux de 5 % l'an "d�s le d�p�t de la demande". Saisie de cette conclusion, la Cour civile devait ainsi juger du bien-fond� de la cr�ance invoqu�e, en fixer la quotit� si la pr�tention �tait justifi�e et arr�ter le dies a quo et le taux de la dette accessoire d'int�r�t. Dans ce contexte, il est totalement exclu d'admettre qu'en ayant d�termin� le point de d�part des int�r�ts moratoires dus par le d�fendeur � sa partie adverse, l'autorit� cantonale a statu� sur un point inattendu, au sujet duquel ce dernier n'a pas pu pr�senter ses moyens. Que le dies a quo fix� par les magistrats neuch�telois ne satisfasse pas le recourant n'a rien � voir avec une atteinte � son droit d'�tre entendu.
Ce pan du grief confine � la t�m�rit�.
3.2.2 A teneur de l'art. 56 CPC/NE, le juge est li� par les conclusions des parties en ce sens qu'il ne peut accorder ni plus ni autre chose que ce qui est demand� (al. 1); il peut accorder moins (al. 2). Cette norme est l'expression de l'adage latin "Ne eat judex ultra petita partium". Cela signifie que le demandeur d�termine librement l'�tendue de la pr�tention qu'il d�duit en justice, alors le d�fendeur d�cide de la mesure dans laquelle il veut se soumettre � l'action (cf. par ex. Oscar Vogel/Karl Sp�hler, Grundriss des Zivilprozessrechts, 8e �d., chap. 6, n. 9; Max Kummer, Grundriss des Zivilprozessrechts, 4e �d, p. 81).
In casu, comme on l'a vu, le demandeur a sollicit� que le d�fendeur soit condamn� � lui verser le montant de 429'285 fr. 75, avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 26 juin 2003, jour du d�p�t de la demande. Le demandeur n'a pas r�duit ses conclusions pendant le proc�s. Dans le jugement attaqu�, la Cour civile a octroy� au demandeur la somme de 370'488 fr. plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 31 juillet 2001. Le montant accord� au recourant par l'autorit� cantonale, si l'on y ajoute les int�r�ts moratoires � partir du dies a quo qu'elle a fix�, repr�sentait en valeur au moment de l'introduction d'instance, � savoir au 26 juin 2003 (i.e., pour simplifier, 23 mois plus tard), la somme de 405'994 fr. (370'488 fr. + 18'525 du 31 juillet 2001 au 31 juillet 2002 (5% de 370'488 fr. ) + 16'981 du 1er ao�t 2002 au 30 juin 2003 (11/12e de 18'525 fr.)).
Partant, il appert que la cour cantonale, compte tenu des accessoires de la cr�ance admise, n'a pas appliqu� arbitrairement l'art. 56 al. 1 CPC/NE interdisant qu'il soit jug� ultra petita, puisque la somme dont le d�fendeur a �t� reconnu redevable est inf�rieure de plus de 20'000 fr. aux pr�tentions en capital que l'intim� avait pr�sent�es dans sa demande.
Cette partie du grief est priv� de fondement.
3.2.3 Selon l'art. 57 al. 1 CPC/NE, le juge ne peut ni suppl�er ni sugg�rer des faits qu'une partie n'all�guerait pas spontan�ment, mais il peut exiger des explications sur les moyens ou conclusions qui lui paraissent obscurs ou contradictoires.
Pour Fran�ois Bohnet (Code de proc�dure civile neuch�telois comment�, 2e �d., B�le 2005, p. 93 in medio), qui se fonde sur les dispositions de l'ancien Code de proc�dure cantonale, l'all�gu� doit pouvoir �tre interpr�t� largement et comprendre les faits qui normalement sont li�s au fait all�gu�.
De toute mani�re, le principe pos� par l'art. 57 al. 1 CPC/NE trouve ses limites dans la prohibition du formalisme excessif, qui est une forme particuli�re du d�ni de justice formel (cf. art. 29 al. 1 Cst.). Il y a formalisme excessif seulement lorsque la stricte application des r�gles de proc�dure ne se justifie par aucun int�r�t digne de protection, devient une fin en soi et complique de mani�re insoutenable la r�alisation du droit mat�riel ou entrave de mani�re inadmissible l'acc�s aux tribunaux; l'exc�s de formalisme peut r�sider soit dans la r�gle de comportement impos�e au justiciable par le droit cantonal, soit dans la sanction qui lui est attach�e (ATF 128 II 139 consid. 2a; 127 I 31 consid. 2a/bb; 125 I 166 consid. 3a).
Il r�sulte du dossier que l'intim� a all�gu�, sous chiffre 11 de sa demande, qu'" � de multiples reprises et sous diverses formes, (il) a invit� le d�fendeur ... ... � participer � la perte subie par le (premier)". Quant au recourant, il a produit dans sa r�ponse, � l'appui de ses all�gu�s 31 et 32, la pi�ce, cot�e D. 8/3, sur laquelle la cour cantonale s'est fond�e pour d�terminer le moment o� le d�fendeur a �t� interpell� par son adverse partie (cf. art. 102 al. 1 CO). Par ce document, dat� du 12 juillet 2001, le demandeur, par l'entremise de son conseil, mettait express�ment en demeure le d�fendeur de lui rembourser le montant de 792'800 fr. "jusqu'au 31 juillet 2001".
La Cour civile a certes proc�d� � une interpr�tation tr�s large de l'all�gu� 11 de la demande en rapprochant le fait qui y �tait �nonc� d'une pi�ce d�pos�e par le recourant � l'appui d'all�gations ayant un tout autre objet, � savoir les circonstances ayant entour� la conclusion de la convention du 7 mars 2001 entre l'intim� et Y.________ SA. Il n'en demeure pas moins qu'il n'�tait pas insoutenable, au vu de l'opinion de l'auteur pr�cit� et de l'interdiction du formalisme excessif, de prendre en compte cette �criture pour d�terminer le jour � partir duquel le d�fendeur �tait en demeure d'ex�cuter l'obligation dont le demandeur �tait cr�ancier � son endroit.
Le troisi�me volet du moyen est infond�.
4.1 En guise de second moyen, le recourant fait longuement grief � l'autorit� cantonale d'avoir fait abstraction des remboursements qu'il a effectu�s aupr�s de Y.________ SA au cours de l'ann�e 2005 et d'avoir lev� d�finitivement son opposition � la poursuite � concurrence d'un montant irr�el, cela au m�pris de l'accord de proc�dure intervenu en mars 2004. Il y voit une violation crasse de son droit d'�tre entendu et du "principe de fair play en proc�dure". Il fait grand cas d'une �criture qu'il a adress�e au juge instructeur de la Cour civile le 13 d�cembre 2004, dans laquelle il requ�rait la possibilit� d'ajuster ses conclusions jusqu'� la cl�ture des d�bats en fonction des paiements successifs op�r�s en faveur de ladite banque. Il pr�tend que ce magistrat est revenu par la suite sur cette "facult� proc�durale" sans aucun avertissement, contrairement � ce qu'il aurait laiss� entendre dans son pli du 14 d�cembre 2004.
4.1.1 On peut s�rieusement douter que le moyen, dont le caract�re appellatoire est pr�dominant, satisfasse aux exigences strictes de motivation instaur�es par l'art. 90 al. 1 let. b OJ. Il n'importe d�s lors que la critique est infond�e.
4.1.2 Le recourant n'invoquant aucune r�gle du droit cantonal de proc�dure prot�geant son droit d'�tre entendu, le grief sera examin� exclusivement au regard des principes d�coulant de l'art. 29 al. 2 Cst. (ATF 126 I 15 consid. 2a et les arr�ts cit�s).
La jurisprudence a en particulier d�duit de l'art. 29 al. 2 Cst. le droit pour le justiciable de participer � l'administration des preuves essentielles ou pour le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela pourrait influer sur le sort de la querelle (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 505; 127 I 54 consid. 2b p. 56). Le droit d'�tre entendu conf�re ainsi aux plaideurs le droit de s'exprimer sur tous les points importants avant qu'une d�cision ne soit prise; cette r�gle s'applique sans restriction aux questions de fait (ATF 124 I 49 consid. 3c p. 52).
4.1.3 Dans le cas pr�sent, les parties ont pass� les 3 et 8 mars 2004 une convention de proc�dure, en vertu de laquelle le d�fendeur �tait d�sormais autoris�, "avant cl�ture des d�bats", � faire �tat des remboursements auxquels il pourrait proc�der en mains de Y.________ SA. Le juge instructeur a pris acte de cette convention le 16 mars 2004.
En application de cet accord, le recourant, par le truchement de son avocat, a requis du juge instructeur le 13 d�cembre 2004 qu'il fasse conna�tre la date � laquelle les d�bats seraient clos, afin qu'il soit � m�me, au besoin, d'"ajuster (ses) conclusions". Le 14 d�cembre 2004, ce magistrat a pri� les parties de lui indiquer jusqu'au 20 janvier 2005 si elles acceptaient que le jugement soit rendu par voie de circulation comme le permet l'art. 334 al. 1 CPC/NE ou si elles souhaitaient que la cause soit cit�e pour plaidoiries et jugement; le juge instructeur a encore ajout� que le point soulev� par le conseil du d�fendeur le 13 d�cembre 2004 serait examin� quand les parties auront "fait conna�tre leur d�termination sur le mode d'envisager le jugement".
Le conseil du demandeur a accept�, par courrier du 19 janvier 2005, que le jugement soit rendu par voie de circulation. Le m�me jour, le conseil du d�fendeur s'est born� � prendre note du contenu de l'�criture du juge instructeur dat�e du 14 d�cembre 2004 et � signaler qu'un nouveau versement de 5'000 fr. �tait survenu le 24 d�cembre 2004, sans toutefois se d�terminer sur l'option propos�e par ce magistrat. Relanc� par le Greffier du Tribunal cantonal, l'avocat du d�fendeur, par pli du 24 janvier 2004 re�u le lendemain, a affirm� qu'il �tait d'accord qu'il soit statu� sur le diff�rend par voie de circulation.
Les cantons d�terminent librement � quel stade du proc�s les moyens d'attaque et de d�fense doivent �tre formul�s (cf. Fabienne Hohl, Proc�dure civile, tome I, ch. 813 p. 157). En principe, les parties peuvent invoquer leurs moyens jusqu'� la cl�ture des d�bats (Kummer, op. cit., p. 83 in medio; Vogel/Sp�hler, op. cit., chap. 6, n. 104 et 105).
En droit neuch�telois, l'art. 329 al. 1 CPC/NE dispose que s'il y a plaidoiries, le pr�sident du tribunal accorde � chaque partie deux tours de parole, puis il prononce la cl�ture des d�bats. Quant � l'art. 334 al. 1 CPC/NE, il prescrit qu'en cas de d�faut ou d'acquiescement, ou si les parties y ont express�ment consenti, le pr�sident du tribunal peut proposer de juger la cause par voie de circulation, sans d�bat oral ni d�lib�ration en public.
Il r�sulte de ces �l�ments que dans l'instance divisant les parties, la cl�ture des d�bats est intervenue le 25 janvier 2005, soit le jour o� le greffe de l'autorit� cantonale a re�u la lettre exp�di�e par l'avocat du recourant manifestant sans restriction l'accord de celui-ci � la reddition d'une d�cision par voie de circulation. C'est ce qu'a retenu la Cour civile, qui a fix� ladite cl�ture � fin janvier 2005.
Apr�s avoir formellement renonc� � plaider, cela alors qu'en droit neuch�telois les plaidoiries pr�c�dent imm�diatement la cl�ture des d�bats (cf. art. 329 al. 1 CPC/NE), le recourant ne pouvait pas s'attendre � pouvoir par la suite pr�senter de nouveaux moyens de d�fense.
Les parties ayant ainsi consenti � ce que la cause soit jug�e par voie de circulation, la question soulev�e pr�c�demment par le recourant dans son pli du 13 d�cembre 2004 � propos de l'ajustement �ventuel de sa reconvention avait perdu son objet, de sorte que le juge instructeur pouvait se dispenser d'y r�pondre.
On ne discerne pas de violation du droit d'�tre entendu en l'occurrence.
Aucune volte-face inopin�e ne pouvant �tre reproch�e au magistrat instructeur, le grief de "fair play" en proc�dure, � supposer qu'il ait une port�e propre, est sans consistance.
Il suit de l� que le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. Vu l'issue du litige, le recourant supportera l'�molument de justice et versera � l'intim� une indemnit� de d�pens (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).
Un �molument judiciaire de 6'500 fr. est mis � la charge du recourant.
Le recourant versera � l'intim� une indemnit� de 7'500 fr. � titre de d�pens.

References: art. 646
 ATF 
in casu
In casu
 art. 29
 art. 102
 art. 329