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Timestamp: 2014-07-24 12:58:44+00:00

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juil Les économies émergentes : BRIC
Les économies émergentes : Brésil, Russie, Inde, Chine : BRIC à Brac
En octobre 2008, lors d’une réunion du Conseil pour les investissements étrangers, le Premier ministre russe Vladimir Poutine, a déclaré : « Les pays du BRIC – le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – sont la locomotive de l’économie mondiale ». Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance de la Chine atteindra 9,3 % en 2009, 6,9 % pour l’Inde, 5,5 % pour la Russie et 3,5 % pour le Brésil.
Le terme de BRIC associe le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Il semble être apparu en 2003 lors d’une thèse de la banque d’investissement Goldman Sachs. Ce rapport cherchait à montrer que l’économie de ces 4 pays va rapidement se développer et aller en 2050 jusqu’à devancer les principales puissances économiques actuelles, à savoir les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne En effet, les BRIC ont les perspectives de croissance économique les plus élevées pour le 20ème siècle, c’est pourquoi ils aspirent à devenir des puissances mondiales. Ils représentent déjà 43 % de la population mondiale et ont un taux de croissance 2 fois plus élevé que le reste du monde et qui, selon les prévisions de spécialistes économiques domineront l’économie mondiale d’ici 50 ans. Brésil, Russie, Inde, Chine : 4 géants qui se répartiront – dans l’ordre – produits agricoles et matières premières, énergie, produits manufacturés et services. Mais, il ne faut pas omettre des marchés émergents, qui combleront leurs immenses besoins avec des produits avant tout fonctionnels et low-cost.
Cette montée en puissance de ces pays est surtout due à l’internationalisation des échanges. En effet, la création du General Agreement of Tarif and Trade (GATT) en 1947 puis de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995 est au bénéfice de ces puissances, ces 2 instances ayant pour but d’éliminer toute entrave au libre échange. Par exemple, en Chine, 20 millions de personnes achèteront leur première voiture d’ici 2015. L’Inde, quant à elle, est appelée à devenir l’une des 4 premières économies mondiales d’ici une 20n d’années.
Tous ces pays ou organisations ont actuellement un impact important à l’échelle d’un continent, voire dans certains cas à l’échelle de la planète, et sont même appelés « superpuissance ». Il s’agit dès lors de connaître l’impact des ces Etats prometteurs sur l’économie mondiale, et sur le globe en général.
Pour ce faire, une analyse Etat par Etat sera privilégiée afin de mettre en lumière la spécificité de chacun d’eux et leur appréhension respective du monde qui les entoure. Même s’ils font partie d’un tout, les BRICs ou économies émergentes, Brésil (Section 1), Russie (Section 2), Inde (Section 3) et Chine (Section 4) ont leur propre stratégie de développement, c’est-à-dire, leurs atouts (§ 1), leurs handicaps (§ 2), et les remèdes à leur portée (§ 3). Leur influence sur l’économie mondiale notamment sera étudiée pays par pays, pour conclure à une approche globale.
Section 1 : Le Monde vu du Brésil
Devise nationale : Ordem e progresso (Ordre et progrès), devise du philosophe français Auguste Comte
Plus grandes villes : São Paolo, Rio de Janeiro
Président de la République : Luis Inacio Lula da Silva
Superficie : classé 5ème : 8,55 millions km²
Population : classé 5ème : 191 millions
Indépendance du Portugal : déclarée le 7 septembre 1822 et reconnue le 29 août 1825
PIB nominal (2008) : classé 11ème : 1 572 milliards $
IDH (2007) : classé 70ème : 8,813
1961 : inauguration de Brasilia ;
1964 : coup d’Etat et instauration d’une dictature militaire ;
1985 : retour de la démocratie ;
1988 : nouvelle Constitution fédérale ;
1990 : impeachment de Fernando Collor de Mello, pour corruption ;
1994 : le Plano Real (du nom de la nouvelle monnaie) stabilise l’économie ;
2002 : lancement de voitures flexfuel, fonctionnant indifféremment à l’essence ou à l’alcool ;
2003 : élection de Lula du parti des travailleurs ;
2006 : la compagnie minière CVRD (rebaptisée Vale en 2007) devient numéro 2 mondial.
§ 1) Les atouts : un Brésil nouveau
A) Une économie financière retrouvée
Libéré du FMI, on constate la fin du ralentissement de l’activité économique observée depuis 2003 avec un taux de croissance de 4,9 % du PIB en 2004 et de 3,5 % du PIB en 2006. La croissance est tirée par la demande interne, notamment la consommation des ménages (qui représente environ 60 % de la demande totale) qui bénéficie de l’expansion du crédit et de l’amélioration du marché du travail. En fin d’année 2005, le calme étant revenu sur les marchés financiers, un instant déstabilisé par les scandales qui ont entouré le financement du parti du Président Lula, la Banque centrale a abaissé d’0,5 point son principal taux directeur qui a été ramené de 19,5 % à 19 %. Les industriels brésiliens jugeaient que les taux trop élevés constituaient un frein aux exportations et aux investissements ; les syndicats qu’ils bridaient la consommation des ménages.
B) Un secteur primaire qui décolle
1) Aluminium : un acteur important sur le marché mondial
Le taux d’utilisation des capacités de production atteint 83,3 % en novembre 2005. Entre août 2004 et août 2005, la production industrielle a connu une hausse de 12 %.
2) Le Brésil, puissance agricole du 21ème s
L’agriculture est devenue, depuis 2002, le premier employeur du pays (16 millions de personnes).
Le Brésil qui a dépassé les objectifs d’autosuffisance, sera le premier producteur mondial de produits agricoles d’ici 10 à 12 ans : 60 millions d’hectares sont cultivés et 90 millions d’hectares de terres sont encore disponibles (hors forêt amazonienne), soit 1,5 fois la France :
– le Brésil connaît les rendements les plus élevés au monde pour le soja, le coton, et la banane ;
– avec 33 % du marché mondial du café, le Brésil est le premier producteur et le premier exportateur mondial de café.
C) La tentation de la haute-technologie
– le Brésil est plus avancé que l’Europe par bien des aspects, par exemple dans l’usage des machines à voter et de l’Internet. Le vote électronique a été implanté à partir de 1996, années où seules les villes de plus de 200 000 habitants ont essayé la nouveauté, et les élections de 2000 ont été les premières 100 % informatisées ;
– pour l’année 2007, le service fédéral des impôts, la Receita Federal prévoyait qu’approximativement 23 millions de déclarations d’impôts sur le revenu seraient faites sur Internet, dépassant le pourcentage de l’année 2006, 99 % et c’est également adapté aux personnes handicapées visuelles ;
Avantage spécifique : ce colosse commercial qu’est le Brésil est un « partenaire global » qui détient une des meilleures diversifications de marché d’exportation au monde, sans aucune concentration sur des marchés spécifiques.
§ 2) Les handicaps : un Brésil sur la corde raide
A) Une lourdeur chronique dans le traitement des dossiers politiques sensibles
Les réformes nécessaires sont largement connues :
– réforme des impôts ;
Raison : le Brésil a un système d’imposition que l’on peut qualifier de chaotique et qui punit l’investissement ;
– réforme du code du travail ;
Raison : des charges sociales élevées décourageant l’embauche.
– réforme de la sécurité sociale ;
Raison : la population brésilienne est encore jeune et les dépenses de sécurité sociale en pourcentage du PIB équivalent à celles de la population européenne, qui compte le double de personnes âgées.
– réforme du système judiciaire ;
Raison : il est facile d’ajourner les décisions judiciaires et les juges agissent souvent en faveur de la justice sociale : un sentiment d’impunité est ainsi présent dans la société.
– réforme politique ;
Raison : réforme du système électoral, modernisation des pratiques politiques ;
– réformes pour la réduction du coût du capital ;
Raison : l’excès d’imposition dans l’intermédiation financière et les réserves obligatoires colossales influence sur le spread bancaire.
B) Des avancées menacées par de fortes inégalités sociales
Les 10 % les plus riches gagnent 51,3 fois plus que les 10 % les plus pauvres contre 9,1 fois en France et 4,5 fois au Japon.
La région du Nordeste est particulièrement pauvre. Malgré une très légère progression du revenu des très pauvres, ces derniers n’ont pas encore pu rattraper les niveaux de 1996. Les montants distribués ne sont pas suffisants pour modifier l’échelle des revenus : ils sont en moyenne de 60 reais par famille et par mois (22 €). C’est beaucoup pour qui gagne un salaire minimum de 350 reais (135 €) ou moins, ce qui est le cas de la majorité de la population dans cette région, mais cela ne peut pas réduire les abîmes qui séparent le niveau de vie de la masse des pauvres de celui des riches et très riches, sensiblement plus élevé qu’en France.
C) Entre Brésil, Afrique et Chine : une relation à double tranchant
Lula a fait en octobre 2007 son 7ème voyage en Afrique depuis le début de son premier mandat pour assister notamment, dans le cadre de sa politique d’ouverture au sud, au 2ème sommet du Forum de dialogue Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBAS).
Problème : les résultats de tous ces voyages ont été décevants et des voix discordantes ont fait remarquer qu’à trop vouloir se placer en Afrique – dont le PIB ne représente que 1 % de celui de la planète – le Brésil perdait des parts de marchés dans les pays qui comptent pour lui, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.
§ 3) Les remèdes : la popularité du Brésil
A) Une inclusion sociale qualifiée de changement majeur
Le Brésil a construit au cours des dernières années un des plus grands systèmes de protection sociale du monde émergent, peut être même le plus vaste. Amorcé sous le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso, il a gagné une ampleur inédite sous Luis Inacio Lula da Silva : bourse famille, large base du système de retraite classique, retraite rurale, programmes d’habitat populaire, assurance chômage, crédit populaire, politiques volontaristes d’inclusion sociale.
Au vu de ses programmes sociaux diversifiés, l’économie brésilienne peut être considérée comme un véritable exemple de réduction de la pauvreté, qui ouvre des perspectives favorables au développement d’un marché potentiel de consommation. Grâce aux augmentations significatives en termes réels du salaire minimum, le prix d’une voiture populaire représente 63 mois de salaire minimum en 2009 contre 160 en 2000.
B) La diplomatie offensive du brésil
Si le Venezuela joue un rôle actif au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Brésil est le seul Etat d’Amérique du Sud en mesure de défendre ses intérêts et ceux de l’Amérique latine sur la scène internationale. Par la défense des pays en développement, le Brésil a joué un rôle majeur dans l’échec des conférences de l’OMC, depuis Cancun en 2003. Promoteur de la coopération entre les Etats du Sud, partageant avec eux les technologies que le Brésil maîtrise (biocarburants, OGM par exemple), il a formé avec l’Union indienne et l’Afrique du Sud, le G3, développant activement ses relations commerciales avec les Etats—Africains (Mozambique et Angola riches en pétrole). Le Brésil, qui a favorisé le forum social de Porto Alegre, est aussi à l’origine des rencontres Amérique du Sud-Afrique, dont le second sommet s’est tenu à Caracas en 2009. Comme l’Inde, le Brésil brigue un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
C) La quête d’un nouveau statut international
Le Brésil tente de maximiser ses avantages, notamment de grand producteur de produits agricoles et de biocarburants, de minimiser ses fragilités, principalement sa dépendance technologique et financière, et d’animer des dynamiques de recomposition des positions par rapport aux autres pays : les pays les plus développés d’un côté, les pays pauvres de l’autre, en jouant de sa situation intermédiaire.
Mais dans un domaine au moins, sa supériorité n’est pas contestée, le football, comme en témoignent ses 5 victoires à la Coupe du monde, et plus encore ses exportations de joueurs dans le monde entier. Près d’un millier d’entre eux ont rejoint des clubs de 80 pays du monde entier, dont celui qui en a accueilli le plus est le Portugal.
Transition : le scénario électoral d’octobre 2010 ne devrait pas provoquer de volatilités importantes sur le marché. Tous plaident pour une macroéconomie prévisible et pour la poursuite de politiques sociales ambitieuses.
Nuance : le scepticisme doit persister en ce qui concerne le progrès des réformes structurelles.
Enjeu : le grand enjeu macroéconomique du Brésil est encore et toujours de trouver le moyen de rendre viable une augmentation du taux d’investissement qui devrait s’approcher de 24 % du PIB en vue de garantir une croissance de 4,5 % dans les prochaines années.
Débat : Finalement, comme le disait il y a plusieurs décennies, Luis da Camara Cascudo, un grand folkloriste de l’âme brésilienne, le Brésil n’a pas de problèmes, il n’a que des solutions ajournées.
Section 2 : Le retour de la Russie
Plus grande ville : Moscou
Président : Dimitri Medvedev
Superficie : classée 1ère : 17, 075 millions km²
Population : classée 9ème : 141,8 millions
PIB nominal (2008) : classée 9ème : 1 676 milliards
IDH (2008) : classée 67ème : 0, 802
1703 : fondation de Saint-Pétersbourg, nouvelle capitale de l’Empire Russe ;
1918 : Moscou choisie à nouveau comme capitale, de la Russie bolchévique puis de l’URSS ;
1945 : poussé soviétique à l’ouest, rattachement de Kaliningrad à la République soviétique de Russie ;
1954 : rattachement de la Crimée à l’Ukraine ;
1991 : éclatement de l’URSS, création de la Fédération de Russie, présidée par Boris Eltsine ;
1992 : accords de Bichkek de libre circulation dans la CEI ;
1993 : début des négociations d’adhésion à l’OMC ;
1994—1996 : 1ère guerre de Tchétchénie ;
1998 : krach financier, dernière année de récession ;
1999—2000 : 2ème guerre de Tchétchénie ;
2000 : Vladimir Poutine entame son 1er mandat de président de la Fédération ; création des 7 districts fédéraux ;
2001 : mise en service de l’oléoduc de la Baltique (BTS) ;
2003 : arrestation des dirigeants du groupe Yukos, début d’une vague de renationalisations ; fusion entre TNK (opérateur pétrolier) et la filiale russe BP ;
2004 : prise d’otages de Beslan ;
2006 : crise politique avec la Géorgie, expulsions d’étrangers ;
2008 : Dimitri Medvedev, élu président au 1er tour ; Renault devient actionnaire de Lada-VAZ.
§ 1) Les atouts : une économie dynamique
A) Les bases du renouveau Russe
1) La rupture des années 1990
La fin de l’URSS (1991) a été une tragédie pour l’Etat russe. L’indépendance des républiques soviétiques a privé la Russie de ses meilleures terres agricoles, de ses ressources en fer et en charbon, rétrécissant brutalement son espace et ses façades maritimes. Les infrastructures sont vétustes ou inadaptées. L’économie est désorganisée. Le réseau urbain est en ruines. Seules Moscou et Saint-Pétersbourg comptent encore à l’échelle européenne ou mondiale. Les campagnes sont sous-équipées.
2) Le retour de la croissance
Après 1998, la Russie renoue avec la croissance économique : 1/3 des ressources mondiales en gaz naturel, 20 % de la houille, 15 % du pétrole. Le soutien aux Etats-Unis après le 11 septembre 2001 stimule les placements occidentaux. La hausse des prix des hydrocarbures (50 % de la valeur des exportations de la Russie) permet de redresser la situation.
La Russie a vu son Produit intérieur brut (PIB) croître de plus de 7 % en 2006.
L’excédent commercial a représenté en 2006, plus de 40 % du PIB et l’excédent budgétaire plus de 7 %. Le service de la dette a été réduit de 95 % ce qui représente une économie de 5,8 milliards €.
B) L’économie : de la transition au développement
1) L’industrie, un géant mal-dissimulé
Rapport de 2004 réalisé par des experts de la Banque mondiale : Russia : From Transition to Development : la désindustrialisation de la Russie est en partie un artefact statistique.
Une partie anormalement élevée de la valeur ajoutée des services marchands relevait d’opération de trading fictives réalisées pour le compte d’opérateurs industriels : on a ainsi « transféré » à des sociétés de services satellites l’essentiel des bénéfices réalisés par les grands industriels, selon la technique des « prix de transféré » qui permettent de dissimuler des profits et de minorer les prélèvements fiscaux. La contribution de l’industrie au PIB aurait été sous-estimée de 13 points et celle des services marchands surestimée de 12 points.
2) Des privatisations au retour de l’Etat producteur
Le désengagement de l’Etat des années 1990
La sortie du modèle soviétique s’était accompagnée de vagues de privatisations, souvent opaques, qui ont eu pour résultat la constitution, en peu d’années, d’empire industriels et financiers aux contours flous contrôlés par de spectaculaires nouveaux milliardaires rapidement surnommés les « oligarques » : par exemple Rusal par O. Deripaska.
L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 1999
Exemples : le baron des médias indépendants (groupe Media-Most), V. Goussinski s’enfuit en Espagne après une perquisition musclée du siège de sa chaîne de télévision NTV et le déclenchement de poursuites judicaires (2000).
La généralisation de la reprise en mains
L’Etat reprend peu à peu la main sur d’autres entreprises. Depuis 2005, il contrôle par exemple 50,1 % du capital de Gazprom, et a fait racheter par cette dernière la société pétrolière Sibnef, devenue GazpromNeft.
Retour à « l’Etat producteur »
La remontée du contrôle étatique sur les grandes sociétés a fait parler d’un « retour de l’Etat producteur » (C. Durand) qui contrôlerait aujourd’hui plus de 35 % de la capitalisation boursière de la place de Moscou, et selon certains, jusqu’à 60 % du PIB national.
C) L’impact contrasté de la crise de 2008 : le retour de la crise de 1998 ?
Problème : la crise de 2008, frappant d’abord le secteur bancaire, a touché plus durement la Russie que d’autres pays, à cause de sa dépendance excessive au prix des hydrocarbures et de l’absence de véritable diversification de l’économie, pourtant prônée depuis plusieurs années.
Comparaison : Les réserves financières importantes et une meilleure gestion budgétaire marquent les grandes différences avec la crise de 1998. La production industrielle a subi une chute de 16 % par rapport à la même période en 2008. L’automobile et les matériaux de construction étaient les secteurs les plus touchés avec des baisses respectives de 79,7 % et de 40 % par rapport à janvier 2007, année faste.
§ 2) Les handicaps : un statut de puissance moyenne ?
A) Des capacités géopolitiques limitées : la rétractation des capacités militaires et des horizons stratégiques
1) Le regard depuis l’extérieur un problème récurrent
En fait, le régime actuel est perçu par le monde occidental comme de plus en plus autoritaire, par l’exaltation de la volonté de restaurer la puissance du pays.
2) Des capacités militaires réduites
La décennie de 1990 a été marquée par une réduction considérable des moyens militaires, par rapport à ceux déployés par la superpuissance soviétique. Non seulement les arsenaux nucléaires ont été fortement réduits, dans la lignée des traités de désarmement spectaculaires de la fin de la décennie 1990, mais également ceux des forces conventionnelles. L’armée russe passe d’ailleurs d’à peu près 3 millions d’hommes à 1 million en 2005.
B) Un territoire fragmenté
1) Un territoire mieux contrôlé par Moscou ?
Le combat pour la souveraineté a aussi été un élément-clé du programme intérieur pendant les années Poutine. Au cours de ses 2 mandats (de 2000 à 2008), l’ancien président russe n’a cessé de porter un programme de restauration du pouvoir central, ce qu’il a appelé la « verticale du pouvoir ».
Les années Eltsine avaient été caractérisées par une autonomisation poussée des pouvoirs régionaux (après les décennies de centralisation soviétique), qui avaient obtenu du pouvoir central « des traités » de délimitation des pouvoirs, accords bilatéraux négociés de gré à gré en fonction du rapport de forces. Plus de 40 régions jouissaient donc de prérogatives spéciales, parfois du privilège de conserver sur leur territoire 100 % du produit de l’impôt perçu sur l’extraction des matières premières (Iakoutie).
2) Quelle cohésion pour le territoire national ?
Postulat : La Russie est un territoire fragmenté à l’infini et mal intégré au système monde.
La campagne russe surtout dans la moitié nord du territoire, se rétracte comme une peau de chagrin et perd de sa continuité. Friches et forêts gagnent par millions d’hectares : la Russie a perdu de 1990 à 2000, 20 millions d’hectares de terres agricoles, soit l’équivalent de la SAU française, dont 10 millions en Russie d’Europe.
En Russie centrale, les campagnes se recomposent, à l’intérieur même de chaque région, selon une implacable logique centre-périphérie, la distance à la capitale régionale devenant un élément clé de la survie d’une localité.
C’est ce qui fait aujourd’hui décrire la « Russie qui bouge » comme un « archipel » de villes et de localités dynamiques, posées comme des îles sur un océan continental sans guère de perspectives.
C) L’interventionnisme de l’Etat : une volonté plus forte que les moyens d’action ?
1) L’action de certaines multinationales
Shell et Exxon ont investi lourdement en Russie à partir des années 1990 pour développer les gisements offshore de Sakhaline. Or ces opérations ont été partiellement remises en cause dans les dernières années. En 2006, Shell a été obligée « d’accueillir » Gazprom dans le consortium d’exploitation de Sakhaline—II : la société russe a acquis 50,01 % des parts, 12 ans après le lancement du projet.
Paradoxe russe :
– vouloir faire venir des capitaux étrangers car la Russie n’a certainement pas les moyens, financiers et technologiques, de mettre en valeur les gisements du futur, situés dans des lieux ou des mers d’accès et d’exploitation très difficiles ;
– sans rien céder du contrôle et du pilotage des opérations car les matières premières énergétiques sont considérées comme un domaine relevant de la souveraineté.
2) Du « champion national » à la main invisible
La stratégie économique du pouvoir :
– est d’isoler un ensemble d’entreprises définie comme d’intérêt national (actuellement environ 1 000 sociétés privées ou publiques), soumises à une législation spéciale ;
– dans les domaines jugés moins stratégiques, la politique gouvernementale vise à encourager l’émergence d’un « champion national » susceptible de faire face à la concurrence étrangère.
§ 3) Les remèdes : une action plus que volontariste de l’Etat
A) Le rôle croissant de la Russie dans les relations internationales
1) L’arme énergétique
La Russie a développée l’arme énergétique après 1998. En suspendant l’approvisionnement gazier de l’Ukraine, elle sait se faire entendre de l’Union européenne. En intervenant militairement en Géorgie (août 2008), elle déstabilise suffisamment cet Etat pour que chavire le projet américain de construction d’infrastructures pétrolières et gazières entre la mer Caspienne et l’Asie centrale visant à contourner la Russie. Lorsqu’elle signe les accords avec les républiques d’Asie centrale, fin 2007, la Russie capte leurs ressources à son profit et fragilise le projet européen de gazoduc.
2) Reprendre le contrôle de « l’étranger proche »
On doit entendre par là les ex-républiques soviétiques sur lesquelles la Russie entend continuer d’exercer sa tutelle par le biais des entreprises russes du secteur énergétique, notamment la principale Gazprom dont l’Etat a le monopole, ou encore Novatek dont l’Etat détient 20 %.
3) Les objectifs stratégiques
La déstabilisation de la Géorgie compromet l’avenir d’une éventuelle adhésion de la Géorgie à la Charte de l’Atlantique nord et nuit ainsi à la diplomatie américaine.
Cependant, la Russie partage la préoccupation américaine : la lutte contre le terrorisme international.
B) Des précisions sur le secteur bancaire russe
Après avoir remboursé de manière anticipée 15 milliards $ au Club de Paris, elle a souhaité rembourser en juillet/août 2006, 16,9 milliards $ aussi par anticipation. La Russie ne semble donc pas manquer de trésorerie. Son secteur bancaire n’a que 15 années d’existence et n’a jamais eu besoin de s’ouvrier pour lever du capital.
C) Les politiques anticrises
– pour que les étudiants qui paient leurs études (60 % de la population estudiantine aujourd’hui) puissent les poursuivre : gel en roubles du coût des études, développement des crédits éducatifs, possibilité de récupérer des places « budgétaires » (gratuite) ;
– le 6 avril 2009, dans son discours devant la Douma, Vladimir Poutine a promis de maintenir tous les projets sociaux, d’augmenter les retraites et les dépenses sociales (600 milliards de roubles supplémentaires y seront alloués) ;
– Dimitri Medvedev s’est engagé à commencer le réarmement à grande échelle des forces terrestres et de la marine russes dès 2011 ;
La politique anticrise de la Russie est qualifiée de « dérive sans direction » par P. Baev en raison de l’absence de vision stratégique et le peu de professionnalisme de l’équipe dirigeante.
Pour autant, les sondages de janvier 2009 enregistrent la popularité de Dimitri Medvedev et Vladimir Poutine à 75—80 % et un très faible potentiel de contestations.
Transition : les contraintes économiques et démographiques font de la Russie non pas une grande puissance qui pourrait se suffire à elle-même et peser sur le reste du monde, mais une puissance moyenne qui a besoin du monde extérieur pour diversifier et moderniser son économie et dont l’intérêt est de stabiliser ses positions internationales en s’appuyant sur des partenaires fiables.
Section 3 : Union indienne, puissance en devenir ?
Devise nationale : Satyameva jayate (Seule la vérité triomphe)
Langues officielles : Hindî, anglais, + 22 autres langues
Plus grande ville : Bombay
Présidente de la République : Pratibha Patil
1er ministre : Manmohan Singh
Superficie : classée 7ème : 3,287 millions km²
Population : classée 2ème : 1, 146 milliards
Indépendance du Royaume—Uni obtenue le 15 août 1947 et devient une République le 26 janvier 1950
PIB nominal (2008) : classée 12ème : 1 209 milliards $
IDH (2006) : classée 126ème : 0,611
1947 : indépendance de l’Inde et du Pakistan ;
1947—1948 : 1ère guerre au Cachemire ;
1954 : un an avant la Conférence de Bandung, Nehru plaide pour le non-alignement ;
1962 : guerre sino-indienne dans l’Himalaya oriental ;
1965 : 2ème guerre indo-pakistanaise ;
1971 : 3ème guerre indo-pakistanaise. Sécession du Bangladesh ;
1991 : début de la politique de réformes économiques ;
1998 : 5 essais nucléaires indiens, suivis de 6 essais pakistanais ;
2004 : lancement du « dialogue composite » entre Inde et Pakistan ;
2006 : visite de George W. Bush en Inde. Accord sur le nucléaire civil.
§ 1) Les atouts : un pôle de stabilité en Asie du Sud
A) Une économie en pleine croissance
Le taux de croissance est de plus de 8 % par an de 2005 à 2008.
Depuis 1991, l’Inde a adopté une politique de libéralisation et de privatisation de l’économie.
En 2001, elle a adhéré à l’OMC.
Les secteurs d’excellence sont l’informatique, les biotechnologies, l’espace (satellites) et le nucléaire, civil et militaire. L’Inde est en passe de devenir la 3ème puissance mondiale des technologies de l’information. Elle est le premier exportateur mondial de médicaments génériques. L’industrie indienne du Cinéma est la plus prolifique du monde (Bollywood), 400 000 ingénieurs sont formés chaque année par l’enseignement supérieur.
B) Une puissance agricole
L’agriculture représente 28 % du PIB en 2006. Pour pouvoir nourrir sa population très dense (3 fois plus qu’en Chine), concentrée pour plus de la moitié dans la plaine du Gange et le long des côtes, l’Inde a dû recourir à des semences à très haut rendement, aux engrais et aux pesticides en maintenant une main d’œuvre agricole abondante (58 % de la population active en 2004). Elle a pu ainsi éviter les disettes qu’on lui prédisait à la fin des années 1960. Elle est le 1er producteur mondial de thé, le 2ème de sucre, d’arachide, de blé, le 3ème de coton.
C) Une nation démocratique
C’est un Etat laïc qui préconise la coexistence de toutes les religions. 82 % des Indiens sont de religion hindoue. 12 % de la population est de confession musulmane (120 millions de personnes), ce qui fait de l’Inde le 3ème Etat musulman du monde, après l’Indonésie et le Pakistan.
L’Inde est le 2ème pays le plus peuplé du monde après la Chine, mais sa population est plus jeune. Son histoire démographique est différente et le taux de fécondité (2,7 enfants par femme en 2006) est très élevé, le taux de renouvellement des générations se situant à 2,1. La moitié de la population indienne a moins de 25 ans. En 2030, l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde et, à l’horizon de 2050, la population de la Chine commencera à diminuer tandis que celle de l’Inde continuera de croître.
Enfin, l’Inde est une démocratie (60 % de votants) où la presse est libre.
§ 2) Les handicaps : L’Inde dans le jeu des puissances
A) Les fragilités de l’économie
Les gisements de pétrole indien ne couvrent que 30 % des besoins. Le reste est importé du Moyen Orient ce qui aggrave le déficit commercial. L’Inde envisage de se fournir en gaz iranien et turkmène ce qui suppose la construction de gazoducs via le Pakistan et une normalisation des relations de l’Inde avec ce pays.
L’Inde doit importer du blé des Etats-Unis, d’Australie.
La gestion de l’eau est anarchique (déperdition des réseaux, irrigations, gaspillages, pollution) et compromet le développement du pays. Les paysans sont surendettés et l’environnement est dégradé.
B) Le défi de lutte contre la pauvreté
Le PIB par habitant relègue l’Inde loin derrière la Chine et le Brésil.
La démographie n’étant pas maîtrisée, l’excédent de population absorbe une partie de la croissance économique. L’indice de développement humain classe l’Inde au 126ème rang sur 177.
Le poids de la maladie reste important.
Les inégalités criantes provoquées par la croissance (entre villes et campagnes, notamment) s’ajoutent aux inégalités issues du système de castes.
C) Des tensions territoriales : l’exemple des relations indo-pakistanaises
New Delhi eut beau dénoncer « la guerre par procuration » menée par le Pakistan au Cachemire et parler de « terrorisme transfrontalier », la communauté internationale n’y porte guère attention. Les choses changèrent après les essais nucléaires de 1998, en raison du risque de voir dégénérer en conflit nucléaire une guerre limitée le long de la ligne de contrôle tranchant le Cachemire.
Les attentats du 11 septembre 2001 perturbent ce scénario. Sous pressions américaines, le général Musharraf lâche les talibans, condamne le jihad, et commence à lutter contre Al—Qaida.
Mais, au Cachemire, si les groupes combattants sont désavoués, puis interdits, ils ne sont pas démantelés. Pourtant, en 2003, le premier ministre indien, A.B. Vajpayee tend « pour la dernière fois, la main de l’amitié » au Pakistan. Des tractations secrètes aboutissent à un cessez-le-feu le long de la ligne de contrôle, et à l’annonce, en janvier 2004, de l’ouverture d’un dialogue composite indo-pakistanais. Un compromis pratique semble désormais possible : plus d’autonomie de chaque côté de la ligne de contrôle, celle-ci pouvant s’ouvrir enfin au passage des Cachemiris des 2 bords, puis au trafic commercial.
§ 3) Les remèdes : l’Inde dans le jeu des puissances
A) La place internationale de l’Inde
1) Une nouvelle relation avec Washington
La fin de la guerre froide et l’apparition de l’Inde comme « marché émergent » ont facilité un rapprochement avec Washington qui, au départ, ne parut être que la normalisation tardive d’une relation qui eût dû être bien plus forte entre les 2 démocraties anglophones.
2) L’Inde et la Chine
Rien ne définit mieux cette diplomatie indienne « tous azimuts » que la normalisation en cours avec Pékin, à l’heure même où le rapprochement indo-américain progresse. Le souvenir de la guerre sino-indienne de 1962, le contentieux frontalier toujours non réglé et le déséquilibre économique et stratégique entre l’Inde et la Chine n’empêchent pas les 2 pays d’améliorer considérablement leurs relations, et de développer rapidement leurs échanges commerciaux.
3) L’Inde et la Russie
Tout en élargissant ses relations diplomatiques, l’Inde ne néglige pas le vieux partenaire russe, qui reste son premier fournisseur d’équipements militaires, et qui dispose de vastes ressources énergétiques. La Russie soutient les ambitions indiennes au Conseil de sécurité et, comme la France et la Grande-Bretagne, elle est prête à lui fournir de l’équipement nucléaire civil si le régime international peut être modifié en faveur de New Delhi.
B) Multipolarité et multilatéralisme
1) Multipolarité
Vu de New-Delhi, le mot « multipolarité » dit bien ce qu’il veut dire : une architecture mondiale fondée sur un relatif équilibre des puissances (Etats-Unis, Europe, Russie, Chine, Japon), où les plus grands pays émergents trouveraient leur place, à commencer par l’Inde.
2) Multilatéralisme
La quête d’un meilleur statut international impose aussi de repenser le système multilatéral. L’Inde n’entend s’enfermer ni dans une alliance exclusive avec les Etats-Unis, ni opter pour une nouvelle politique des blocs. Elle tente donc de jouer sur tous les tableaux : une stratégie nord-sud aux Nations unies et une stratégie sud-sud à l’OMC.
3) Repenser l’ordre mondial
Au total, par petites touches et à la mesure de ses moyens, l’Inde cherche à s’insérer dans un ordre mondial où elle se rapproche de la puissance majeure du moment qui souhaite « aider l’Inde à devenir une puissance positive », comme l’a dit l’administration Bush, tout en travaillant avec d’autres pays de poids à modifier cet ordre mondial où les relations croisées prennent de plus en plus d’ampleur. Pour un pays en transition héritier d’une forte tradition d’indépendance, c’est une posture logique qui devrait être poursuivie, pour l’essentiel, quels que soient les gouvernements en place à New Delhi.
C) L’Inde des idées
L’Inde se veut aussi une « puissance douce ». Ses intellectuels et sa capacité créatrice dans les arts, les lettres et les sciences la font connaître sous le jour d’une modernité réinventée, qui féconde aussi une diaspora qui pèse lourd, particulièrement aux Etats-Unis.
L’Inde globalisée, enfin est aussi celle des débats, des contestations, des alternatives. Celle des ONG travaillant sur l’environnement, celle des militants de l’alter mondialisme, celle qui prépare le futur. Celle d’Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998. Celle de R.K. Pachauri, président du GIEC, Groupe international d’experts sur le changement climatique, co-prix Nobel 2007.
Transition : Le défi indien du 21ème siècle : le défi indien de demain, en ce sens, illustre celui auquel est confrontée la planète tout entière : celui de la pauvreté persistante en dépit de la création de richesses inédites, celui de la stabilité face aux crises géopolitiques, celui de la dialectique entre croissance, développement, environnement.
60 ans après l’indépendance, l’Inde est raisonnablement équipée pour relever ces défis, bien qu’elle ne soit toujours que 127ème au classement mondial de l’indice de développement humain. Sa géopolitique en redéfinition, encore encombrée des lourds héritages régionaux mais ouverte désormais sur la totalité du globe, exprime bien en définitive cette vision où la fierté nationaliste, l’idéalisme nehruvien revisité et le sens de la relapolitik cohabitent, à la fois dans les cercles dirigeants et dans les débats de la société civile.
Section 4 : La chevauchée fantastique de la puissance Chinoise
« Quand on chevauche le tigre, on ne peut plus en descendre », prévient le vieux proverbe chinois. Cette métaphore pourrait expliquer la position – la posture ? – de la Chine d’aujourd’hui. Pas seulement parce qu’elle vient de rentrer dans l’année zodiacale de l’animal du même nom ! Plus sûre d’elle que jamais, critiquée pour son « sinocentrisme » sans vergogne, de plus en plus tancée pour l’ « arrogance », voire la « duplicité » dont elle peut faire preuve face au reste du monde, redoutée pour son poids économique grandissant, voire, à terme, militaire, serait-elle emportée presque malgré elle dans cette chevauchée fantastique, comme ivre de son pouvoir retrouvé ?
Langue officielle : le mandarin
Ville la plus peuplée : Shanghai
1er ministre : Wen Jiabao
Superficie : classée 3ème : 9,64 millions km²
Population : classée 1ère : 1,36 milliards
Indépendance acquise durant l’Antiquité : après une guerre civile chinoise, elle est déclarée le 1er octobre 1949
PIB nominal (2008) : classée 3ème : 4 401 milliards $
IDH (2007) : classée 92ème : 0,772
1921 : fondation du Parti communiste chinois à Shanghai ;
1931—1937 : invasion japonaise ;
1er octobre 1949 : Mao Zedong annonce la création de la Chine populaire à Pékin ;
Décembre 1949 : Tchang Kai-shek vaincu s’enfuit à Taipei et crée la République de Chine ;
Juin 1950 à juillet 1953 : guerre de Corée à laquelle participent des « volontaires » chinois ;
1954 : soutien à Ho Chi Minh contre la France ;
1955 : 1ères collectivisations de grande ampleur ;
1956 : rapport Khrouchtchev sur les crimes de Staline et insurrection hongroise ;
Février-juin 1957 : campagne de masse des « Cent Fleurs », répression antidroitière en septembre ;
Mai 1958 : lancement du « Grand Bond en avant » et création des communes populaires ;
Août 1960 : rupture sino-soviétique ;
1964 : reconnaissance de la Chine populaire par le général De Gaulle ;
1966-1969 : phase aiguë de la « révolution culturelle prolétarienne » ;
21 février 1972 : le président étatsunien Nixon en visite à Pékin ; récupération du siège à l’ONU ;
9 septembre 1976 : mort de Mao Zedong ;
Décembre 1978 : Deng Xiaoping prend le pouvoir ;
1989 : évènements de Tian’anmen à Pékin. Pas de démocratie à l’occidentale ;
2001 : entrée dans l’OMC.
§ 1) Les atouts : une posture de grande puissance
A) Le rôle central de la Chine dans l’économie mondiale
Géant géographique et démographique, porté par un dynamise remarquable (taux de croissance de 10,4 % en 2006) depuis son ouverture au monde en 1980, la Chine est la 4ème puissance économique du monde, premier producteur mondial de charbon, d’acier, de ciment, première destination des investissements directs étrangers (en 2003, elle en captait 10 % à elle seule). La Chine est devenue le premier exportateur mondial en 2009. Elle a pour partenaires principaux les Etats-Unis, l’Union-Européenne et le Japon. Elle est aussi le 3ème partenaire commercial de l’Afrique. Le port de Shanghai occupe le premier rang mondial. Le dynamisme commercial chinois repose sur une industrie diversifiée. Enfin, la Chine devient un acteur financier qui compte, puisqu’elle détient la première réserve de change au monde et qu’elle est le 2ème détenteur de bons du Trésor américain, derrière le Japon.
B) L’exemple du 11ème plan quinquennal (2006—2010)
En septembre 2005, le 11ème plan définissait 10 objectifs stratégiques dont :
– passer d’une économie pilotée par les crédits, le travail et les ressources naturelles à une économie pilotée par l’innovation technique et le capital « humain » ;
– combiner la restructuration industrielle à l’emploi et à de nouvelles structures régionales pour rendre l’industrie plus compétitive au niveau international :
Ces 10 points, un peu bureaucratiques et pas très neufs, indiquent l’engagement d’une politique plus crédible aujourd’hui qu’hier grâce à la surveillance annoncée de facteurs négatifs nommément cités.
C) L’usine du monde
La Chine, producteur mondial majeur, réalise 85 % des tracteurs, 75 % des horloges et montres, 70 % des jouets, 60 % des bicyclettes, des lecteurs de DVD, des appareils photo numériques, de la pénicilline, 50 % des ordinateurs portables, de la vitamine C, 30 % des téléviseurs et des climatiseurs, 35 % des lave-linge…
Excédent commercial 2007 : 178 milliards €.
Le barrage des Trois Gorges doit produire 18 200 MW en 2009 ; la dérivation des eaux du Yangtsé (48 milliards de m3) vers le fleuve jaune par 3 canaux géants est engagée ; après l’envoi de « taïkonautes » dans l’espace en 2003 et en 2004, le programme spatial (projet 921) prévoit une station spatiale vers 2010 et le lancement d’une navette spatiale vers 2025. L’essai d’une arme antisatellite a été couronné de succès en janvier 2007.
§ 2) Les handicaps : un modèle de développement mis à mal
A) Un modèle de développement mis à mal
1) Scandale alimentaire
Le scandale du lait contaminé à la mélamine a éclaté le 12 septembre 2008. 6 bébés sont morts suite à la consommation de produits laitiers dérivés et plus de 290 000 autres ont souffert de problèmes urinaires. Des messages d’alerte circulaient pourtant depuis des mois. Comme dans le cas du sida au milieu des années 1990 ou dans celui plus récent du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), le gouvernement a réussi à retenir l’information à l’approche des Jeux Olympiques. Ce drame a soulevé de nombreux débats, allant des insuffisances du système de contrôle de la qualité à la corruption des autorités locales et au droit d’information. Tout cela ramène à la question de la légitimité du régime et de sa capacité à garder le contrôle sur les niveaux inférieurs du pouvoir politique.
2) Impact social de la crise financière
Dans les villes, le taux de chômage est en hausse et s’élèverait à 4,3 % mais selon les estimations prenant en compte les travailleurs migrants, il dépasserait 10 %. A ce chômage s’ajoute le désœuvrement des nongmingong (les ouvriers venus des zones rurales ou travailleurs migrants) retournés dans leur région d’origine. Selon les estimations officielles, plus de 15 % d’entre eux (soit plus de 20 millions) ont regagné les campagnes fin 2008—début 2009, alourdissant le poids de la surpopulation dont souffrent ces zones, une des raisons principales de la pauvreté rurale.
3) Réduire les inégalités
Le retour des migrants dans des zones souvent peu dynamiques a confirmé la nécessité de passer à une nouvelle étape dans la réforme rurale et de répondre aux inégalités de développement et de richesse entre les villes et les campagnes chinoises.
Même si le vrai problème réside dans l’application des directives et des lois, la question de la pauvreté rurale est de plus en plus présente dans les débats, comme lors du 3ème plénum du XVIIème Congrès du Parti communiste chinois (PCC) en octobre 2008. En outre, le 1er document de travail officiel du Conseil d’Etat pour 2009, traditionnellement consacré aux priorités politiques des autorités centrales, concernait les problèmes ruraux et argumentait en faveur du développement de l’agriculture et des revenus agricoles.
B) Un ensemble territorial fragile
Le pouvoir central chinois est confronté à l’émergence d’une partition économique entre Chine bleue (côtière, dynamique, développée) et Chine jaune (intérieure, traditionnelle, peu encline au changement mais qui lorgne sur la précédente). Les provinces riches manifestes un esprit d’indépendance. Le seul ciment est encore la main mise du Parti communiste chinois sur le pays. Aux marches occidentales, Xinjiang et Xizang (Tibet), terres peu peuplées, en voie de sinisation accélérée, présentent des caractères particuliers et de tensions.
C) Un Japon émancipé du joug étatsunien, menace pour la stratégie chinoise ?
La réémergence d’un « discours stratégique » au Japon inquiète la Chine, qui accuse le Japon d’inconscience historique pour n’avoir pas encore effectué son travail de deuil à propos de l’Armée.
§ 3) Les remèdes : La sinisation du monde
A) Chine, grande puissance régionale
1) L’OCS (organisation de coopération de Shanghai), une OTAN asiatique ?
La Chine est membre de l’Association for South East Asians nations (ASEAN) depuis 1999, siège à l’Asia Pacific Economic Corporation (APEC) qui rassemble 21 pays d’Asie-Pacifique. Avec la Russie et 4 Républiques d’Asie centrale, la Chine a mis en place l’OCS. L’organisation de coopération de Shanghai (OCS), conçue pour régler les contentieux frontaliers entre Chine et Russie, s’est vite transformée en instrument de lutte contre le terrorisme islamiste et les séparatismes en Chine et en Russie. L’OCS offre en outre un cadre pour contrer la politique américaine dans la région. La présence de 4 Etats observateurs comme l’Union indienne laisse présager une extension. Mais celle-ci compromettrait l’influence chinoise.
2) Les revendications territoriales
Pékin veut réintégrer Taïwan. Pour Pékin, c’est inéluctable, ce qui donne lieu à d’intenses négociations avec la nouvelle majorité politique taïwanaise issue des élections de janvier 2008. La Chine dispute à ses voisins des îles en mer de Chine orientale et méridionale, des îles à proximité de gisements d’hydrocarbures. L’enjeu est stratégique : l’accès au Pacifique.
3) La protection des voies maritimes
La Chine est le 2ème importateur mondial de pétrole. Les pétroliers en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient passent par les détroits de l’Indonésie que la Chine sécurise (contre la piraterie) à partir de bases navales dans l’océan indien. 80 % des pétroles importés par la Chine transitent par le détroit de Malacca. Cette dépendance incite Pékin à développer un projet d’oléoduc à travers la Birmanie.
B) Un rôle de leader asiatique dans le monde ?
1) La Chine veut devenir une puissance maritime
Les chantiers navals travaillent à plein régime car 90 % du commerce extérieur de la Chine dépend de la voie maritime. En 2006, les industries de la mer représentaient 10 % du PIB chinois. 9 des 20 premiers ports mondiaux sont chinois. Ce nouvel axe prioritaire pour le gouvernement chinois porte ses efforts sur la marine civile et militaire (Plan « Haute technologie maritime » de 2000). Devenu le 3ème constructeur mondial derrière le Japon et la Corée du Sud, la Chine a toutes les chances de devenir le premier chantier naval du monde avant 2020. Dans le domaine militaire, elle s’est dotée de 6 sous-marins nucléaires.
2) Limiter l’influence américaine et celle du Japon dans la région
La Chine remplit sont rôle de membre du Conseil de sécurité de l’ONU, imposant sa médiation dans la question du désarmement nucléaire de la Corée du Nord, soutenant le Soudan qui l’approvisionne en pétrole.
Elle a cependant voté la résolution qui autorise le déploiement au Darfour d’une force d’interposition (août 2007). Jouant avec adresse la carte de l’apaisement, elle accepte de régler des désaccords frontaliers avec la Russie et l’Union indienne et manifeste assez de souplesse pour renforcer ses liens avec la Corée du Sud, alliée des Etats-Unis.
Les relations avec le Japon restent tendues pour des raisons historiques, liées aux rivalités économiques aigues, au renforcement des liens militaires entre le Japon et les Etats-Unis et la menace de l’entrée du Japon comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.
3) Mais, pas encore de leadership
Les moyens manquent encore pour diriger une union économique, politique de l’Asie. Les exportations sont très liées aux entreprises étrangères implantées en Chine.
Sa bonne santé, son dynamisme dépendent de ses approvisionnements (ASEAN), de sa capacité à écouler sa vaste production dans le monde, le marché national n’offrant pas encore d’alternative.
Enfin, les liens avec des alliés douteux (Zimbabwe, Soudan) ou ostracisés (Iran, Corée du nord), le poids des questions internes (droits de l’homme, des minorités, liberté de l’information) nuisent à sa position internationale.
C) La chine telle qu’elle se voit vers 2050
1) La solution des problèmes intérieurs
A l’intérieur, l’application des droits de l’homme et la gestion des inégalités produites par la croissance sont la priorité, parce qu’elles pourraient évoluer vers un divorce entre l’économique et le social, mais ce n’est pas tout, il faut également :
– un relèvement du seuil d’imposition des revenus personnels ;
– une instruction obligatoire désormais et à nouveau gratuite partout et pour tous ;
– une stabilité de la croissance agricole ;
– une sécurité du travail (mines…) ;
– une subvention aux pauvres pour qu’ils puissent consommer ;
– la fin du laisser—aller concernant les eaux, en particulier pour l’hygiène sanitaire ;
– une guerre réelle contre la corruption des fonctionnaires ;
– la lutte contre les contrefaçons.
Désormais ce qui compte, c’est « l’amour, la richesse et surtout la carrière comme base de l’espérance et de l’ascension sociale » selon un slogan émis depuis 50 ans.
2) L’action vers l’extérieur
L’expansion économique et financière attaque les puissants sur leurs points sensibles : matières premières, énergie, Afrique, banque, déficits commerciaux…
L’entrée dans l’OMC :
– a d’abord rassuré parce qu’elle signifiait la fin de la « voie chinoise » au développement ;
– puis elle a inquiété (déferlement de la vague des produits pas chers) ;
– elle rassure à nouveau avec la gestion précautionneuse du déficit commercial américain.
Beaucoup d’Etats louent le « sens des responsabilités internationales » en ce qui concerne la Corée du Nord, par exemple, ou bien les déclarations quant à la prise en compte de l’environnement, du changement climatique, de la montée du niveau des mers, de la chasse à la baleine.
3) La définition de l’objectif final
La grande question qui demeure est la définition de l’objectif final. On a l’impression de le connaître, parce qu’il est répété à satiété : « la transformation en un pays prospère, puissant et socialiste ». Cette sorte de rêve accessible peut se muer soit en chimère soit en utopie. Nul ne peut le prévoir, ni les plans quinquennaux – qui ne sont pas faits pour cela –, ni les projections prospectives à 20, 30 ou 100 ans, beaucoup trop sectorielles. Surtout, les objectifs ne peuvent être atteints un jour que dans le cadre de la planète, de préférence en bonne intelligence avec les autres pays, émergents ou non, ou aussi en état d’émergence potentielle.
Transition : le modèle de croissance chinois suppose un Etat capable d’orienter les investissements tout en laissant une marge de manœuvre aux acteurs économiques. Cela rappelle « la gestion par les marchands sous le contrôle des mandarins » qui était la politique économique développée au 19ème siècle. Le premier ministre Wen Jiabao souligne en mars 2007 que « la croissance est devenue instable, déséquilibrée, non coordonnée et insoutenable ».
Au terme de cette analyse, les BRICs occupent une place réelle dans le système international en stimulant les échanges commerciaux. Toutefois, ces pays sont surtout victimes de la division internationale du travail. Les BRICs, en effet, sont souvent relayés au simple rôle de pays atelier.
Malgré tout, les BRICs sont aussi des exemples pour certains pays émergents qui essaient de copier leur modèle de développement. Par exemple, le Vietnam et le Nigeria tentent de reproduire les politiques commerciales chinoises et russes en abordant la mondialisation comme elles.
Les BRICs ont des ambitions mondiales et des perspectives prometteuses. Pendant que les économistes dont des hypothèses sur l’avenir des BRICs, les autorités nationales du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, face aux constats de leurs points forts et faiblesses, tentent d’élaborer des stratégies économiques, commerciales, sociales ; le but étant de tirer la croissance de leur pays vers le haut. Ils adoptent ainsi des programmes d’améliorations, choisissent des domaines à exploiter ou à développement.
Bien que les BRICs soient des acteurs économiques incontournables, ils sont encore bien loin d’avoir réellement les moyens de mener le système mondial. Leur progression connaîtra forcément des obstacles, si ce n’est que le niveau d’égalités dans ces pays y est élevé et que la demande sociale y est forte.
Jim O’Neill, inventeur du concept de « BRICs », affirme qu’il aurait du nommé ce concept « BRIMC », en y intégrant le Mexique. Son économie est la plus importante de l’Amérique latine avec une croissance soutenue depuis décembre 2000. Le pays est intégré à l’Alena (créée en 1994), il profite ainsi du dynamisme américain surtout dans les régions frontalières grâce au phénomène des « maquiladoras ». Comme les pays du BRIC, il est doté d’abondantes ressources naturelles (le pétrole). Par ailleurs, son économie est largement tributaire des exportations donc des pays industrialisés et ainsi assumer un rôle sur la scène internationale.
De la même manière, la Chine pourrait quitter le club des BRICs pour rejoindre celui de la Triade formé des Etats-Unis, du Japon et de l’Union européenne excepté si le respect des droits de l’homme est une condition irréfragable.
Perspectives : suite à un premier sommet officiel entre le Brésil, la Russie, Inde et la Chine en juin 2009, un 2ème sommet est envisagé en avril 2010 au Brésil. Le thème se concentrera principalement sur la coopération économique, énergétique et financière au sein du groupe.
Bibliographie : Olga Garanina, La Russie dans l’économie mondiale, L’Harmattan (2009)
Jean-Joseph Boillot, L’Economie de l’Inde, Collection Economie repères (2009)
Bruno Cabrillac, Economie de la Chine, Que sais-je ? (2009)
Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain, Les économies émergentes, L’Harmattan (2009)
Sous la direction de Pierre Gentelle, Géopolitique du monde contemporain, Nathan (2008)
Sous la direction de Thierry de Montbrial et Philippe Moreau Defarges, 2010 Crise mondiale et gouvernance globale, RAMSES (rapport annuel de l’Institut français des relations internationales), Ifri (2009)
Lucie Chenu, Nicole Demoutiez, Hervé Macquart et Guy Pollar, Quels débats pour le XXIème siècle ?, l’Etudiant, connaissance (2009)
Wikipédia : http://fr.wikipedia.org
http://www.oboulo.com
Rédigé par vroox idans Thèmes et Commentaire (1) Un commentaire Commentaire by traore mamah on 15 mars 2013 at 17 h 54 min parlant des bric quatre pays sont cité ici pourtanat cette organisation est composée de cinq pays j aimerais etre éclairé sur cette question qu en est til de l afrique du sud
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