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Timestamp: 2016-10-24 09:00:00+00:00

Document:
5A_266/2015 � � Arr�t du 24 juin 2015
du 20 f�vrier 2015.
A.a.�A.A.________, n�e en 1977, et B.A.________, n� en 1970, se sont mari�s en 2008. De cette union est issu C.________, n� le 4 novembre 2010. En avril 2011, les �poux ont engag� E.________ en qualit� d'employ�e de maison et de gouvernante pour leur fils.
�Les �poux vivent s�par�s depuis le 1
er�d�cembre 2013 en tout cas. Depuis lors, B.A._______ occupe le domicile conjugal � U.________ alors que A.A.________ loue un chalet de neuf pi�ces � V.________ pour un loyer mensuel de 12'500 fr. Depuis la s�paration des parties jusqu'au 1er avril 2015, C.________ a v�cu avec sa m�re. La gouvernante a continu� de prendre soin de l'enfant aupr�s du parent chez qui il se trouvait, y compris durant certains week-ends.
A.b.�La situation financi�re des parties a �t� arr�t�e comme suit devant l'instance cantonale:
�Au b�n�fice d'un forfait fiscal, B.A.________ n'exerce aucune activit� lucrative. Il vit de sa fortune qu'il estime � 20-25 millions d'euros.
�A.A.________ per�oit un salaire mensuel net de 8'850 fr. environ de la soci�t� D.________ GmbH, dont elle est l'unique g�rante, qui exploite une galerie d'art � V.________. Elle d�tient en outre une fortune et/ou des revenus dont elle refuse de faire �tat, notamment en retenant les pi�ces comptables relatives � la situation financi�re de la soci�t� pr�cit�e, d�s lors qu'elle a �t� en mesure de s'acquitter d'une somme totale de 300'000 fr. (remboursement de pr�ts � son �poux et paiement d'honoraires � son avocat) apr�s la s�paration des parties et qu'elle a per�u 100'730 fr. r�sultant de la sous-location de son chalet pour la p�riode du 20 d�cembre 2014 au 3 janvier 2015.
�Les �poux menaient un train de vie durant la vie commune qui impliquaient des d�penses de 20'750 fr. par �poux.
B.a.�Le 22 d�cembre 2013, les �poux ont ouvert une action en divorce par requ�te commune avec accord complet. Au cours de l'audience du 15 mai 2014, les �poux ont remis en cause leur convention mais confirm� leur volont� de divorcer. Ils ont ensuite d�pos� chacun plusieurs requ�tes de mesures superprovisionnelles et provisionnelles afin de r�gler leur vie s�par�e, les derni�res du 21 ao�t 2014 (modifi�es en audience du 19 septembre 2014) portant notamment sur le sort de l'enfant (garde, curatelle �ducative) et la contribution d'entretien due � l'�pouse.
�Le 25 septembre 2014, le Service social du Saanenland a d�pos� un rapport portant sur le sort de l'enfant, dans lequel il recommandait le maintien de l'autorit� parentale conjointe avec une prise en charge principale par le p�re.
�Apr�s avoir tenu audience le 19 septembre 2014, au terme de laquelle elle a rendu une ordonnance partielle notamment sur la garde l'enfant, puis le 28 octobre 2014, la Pr�sidente du Tribunal civil d'arrondissement de l'Est vaudois a, par ordonnance de mesures provisionnelles du 18 d�cembre 2014, attribu� la jouissance du domicile conjugal � B.A.________, ratifi� une convention des parties du 19 septembre 2014, laquelle pr�voyait entre autres l'attribution provisoire de la garde de l'enfant � la m�re et r�servait le droit de visite du p�re jusqu'� fin mars 2015, et astreint B.A.________ � contribuer, du 1
er�d�cembre 2013 au 31 mars 2015, � l'entretien de son fils par le versement d'un montant mensuel de 2'000 fr., les allocations familiales et diff�rents frais �num�r�s �tant dus en sus, et, d�s le 1
er�d�cembre 2013, � l'entretien de son �pouse par le versement d'un montant mensuel de 23'950 fr. Elle a ensuite attribu� la garde de C._______ � B.A.________ d�s le 1
er�avril 2015, sous r�serve du droit de visite de la m�re. Enfin, elle a condamn� B.A.________ � verser en mains du conseil de son �pouse le montant de 50'000 fr. � titre de�
provisio ad litem, ordonn� une expertise en lien avec le sort de l'enfant et nomm� un curateur de repr�sentation en faveur de celui-ci.
B.b.�Les deux parties ont form� un appel contre cette d�cision. B.A.________ a conclu � ce que la contribution d'entretien due � son �pouse soit r�duite � 12'000 fr. par mois et � ce qu'il ne lui doive aucune�
provisio ad litem. A.A.________ a conclu � ce que la garde de C.________ lui soit confi�e, sous r�serve du droit de visite du p�re, � ce que sa contribution d'entretien soit fix�e � 46'055 fr., et � ce que la�
provisio ad litem�soit fix�e � 150'000 fr.
�Par ordonnance du 3 f�vrier 2015, la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� les mesures d'instruction requises par l'�pouse, notamment l'audition de t�moins, parmi lesquels des amis du couple et un psychologue qu'elle avait consult� au sujet de son fils, en estimant que ces preuves suppl�mentaires ne la feraient pas changer d'avis.
�Apr�s avoir tenu audience le 20 f�vrier 2015, la Juge d�l�gu�e a, par arr�t du m�me jour, rejet� l'appel de A.A.________ et admis partiellement celui de B.A.________. Elle a astreint celui-ci � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement d'un montant de 14'300 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2013, sous d�duction des montants d�j� vers�s, et dit qu'il ne devait aucune�
Par acte post� le 30 mars 2015, A.A.________ exerce un recours en mati�re civile devant le Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Elle conclut principalement � son annulation et au renvoi de la cause pour nouvelle instruction et nouvelle d�cision. Subsidiairement, elle conclut � sa r�forme en ce sens que l'attribution de la garde de C.________ soit maintenue en sa faveur, sous r�serve du droit de visite du p�re, � ce que B.A.________ soit condamn� � contribuer � l'entretien de l'enfant par le versement d'un montant mensuel de 2'000 fr. d�s le 1er d�cembre 2013, les allocations familiales et la prise en charge de diff�rents frais �num�r�s �tant dues en sus, � ce qu'il soit condamn� � contribuer � son entretien par le versement d'un montant mensuel de 46'055 fr. d�s le 1er d�cembre 2013, sous d�duction des montants d�j� vers�s, et � ce qu'il soit condamn� � verser un montant de 150'000 fr. � titre de�
provisio ad litem. Elle se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) ainsi que d'arbitraire dans l'�tablissement des faits et dans l'application du droit (art. 9 Cst.).
�Des observations n'ont pas �t� requises. Toutefois, l'intim� a spontan�ment d�pos� une �criture par courrier post� le 16 mai 2015, � laquelle la recourante a r�pondu par courrier post� le 18 mai 2015.
Par ordonnance du 10 avril 2015, la requ�te d'effet suspensif de la recourante a �t� rejet�e quant au transfert de la garde de C.________, qui se trouve chez son p�re depuis le 1er avril 2015, mais accord�e quant aux pensions dues jusqu'� la fin du mois de f�vrier 2015.
�Par ordonnance du 16 avril 2015, la demande de reconsid�ration de l'ordonnance pr�cit�e d�pos�e par la recourante a �t� rejet�e.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue sur recours par une autorit� sup�rieure statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige portant tant sur la garde que sur la contribution d'entretien due � l'�pouse, il est de nature non p�cuniaire dans son ensemble, de sorte que le recours est ouvert ind�pendamment de la valeur litigieuse. La recourante a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant partiellement succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
2.1.�La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5), de sorte que seule peut �tre invoqu�e � leur encontre la violation de droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s ( "principe d'all�gation ", art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 133 IV 286 consid. 1.4).
�En particulier, une d�cision ne peut �tre qualifi�e d'arbitraire (art. 9 Cst.) que si elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit censur�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 138 I 305 consid. 4.4; 138 III 378 consid. 6.1; 137 I 1 consid. 2.6 et les r�f�rences). Partant, le recourant ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition, notamment en se contentant d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente. Il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application de la loi ou une appr�ciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 et les r�f�rences).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, la partie recourante ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t attaqu� que si elle d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� cantonale, conform�ment au principe d'all�gation susmentionn� (cf.�
supra�consid. 2.1); les art. 95, 97 et 105 al. 2 LTF ne s'appliquent pas directement (ATF 133 III 393 consid. 7.1; 133 III 585 consid. 4.1). Toutefois, l'application de l'art. 9 Cst. aboutit pratiquement au m�me r�sultat: le Tribunal f�d�ral ne corrige les constatations de fait que si elles sont arbitraires et ont une influence sur le r�sultat de la d�cision (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 ).
�Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la constatation des faits, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 118 Ia 28 consid. 1b et les r�f�rences). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 134 V 53 consid. 4.3). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque, comme en l'esp�ce, le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3). Le recourant qui entend d�noncer la violation de l'art. 9 Cst. ne peut donc pas se borner � contredire les constatations litigieuses par ses propres all�gations ou par l'expos� de sa propre appr�ciation des preuves. Une critique des faits qui ne satisfait pas aux exigence du principe d'all�gation est irrecevable (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.3).
�Les faits nouveaux sont prohib�s dans la proc�dure f�d�rale (art. 99 al. 1 LTF). Il s'ensuit que l'�criture de l'intim� dans laquelle celui-ci se pr�vaut essentiellement d'une requ�te de mesures provisionnelles du 11 mai 2015 d'o� il ressortirait que la recourante aurait planifi� des vacances en Gr�ce avec son fils en �t� 2015 est irrecevable.
La recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst.) en reprochant � l'autorit� cantonale d'avoir refus� de prendre en compte des t�moignages �crits portant sur ses qualit�s de m�re.
3.1.�Premi�rement, l'autorit� cantonale a consid�r�, en se fondant sur l'art. 317 al. 1 CPC, que les t�moignages �crits produits par la recourante �taient irrecevables d�s lors qu'ils �taient dat�s post�rieurement � l'audience des d�bats du 28 octobre 2014 et qu'ils auraient pu �tre produits en premi�re instance, ou que ces t�moins auraient pu �tre cit�s � compara�tre ou �tre amen�s en audience en premi�re instance. Deuxi�mement, elle a ajout� que cinq de ces t�moignages �crits (pi�ces 111, 112, 122, 126 et 127) provenaient de personnes dont elle avait refus� l'audition par lettre du 3 f�vrier 2015 et que trois d'entre eux (pi�ces 111, 122 et 126) provenaient de personnes qui avaient auparavant �t� cit�es � compara�tre � l'audience du 19 septembre 2014, mais que la recourante avait renonc� � faire t�moigner. Troisi�mement, elle a pr�cis� que, dans son t�moignage, le Docteur F.________, mandat� par la recourante, proc�dait � une simple appr�ciation du rapport du Service social du Saanenland du 25 septembre 2014 sans apporter de nouveaux �l�ments d�terminants concernant l'enfant et qu'il n'avait pas entendu le p�re. En dernier lieu, elle a estim� que, m�me � supposer que tous les t�moignages �crits seraient recevables, ceux-ci n'influeraient pas sur l'issue du litige s'agissant de l'attribution de la garde de l'enfant.
3.2.1.�La recourante soutient que les attestations �crites sont toutes post�rieures � l'audience des d�bats du 28 octobre 2014 et qu'elles r�pondent d�s lors aux conditions de l'art. 317 CPC dans la mesure o� elles n'auraient pas pu �tre produites plus t�t. Elle pr�cise qu'elle n'a consult� le Docteur F.________ qu'en janvier 2015, raison pour laquelle il �tait impossible de le citer en premi�re instance. Elle ajoute qu'elle a renonc� � l'audition de t�moins parce qu'elle s'est fi�e � la convention conclue le 19 septembre 2014 qui, selon elle, lui confiait la garde de l'enfant jusqu'au terme de la litispendance, de sorte qu'on ne peut lui reprocher de s'�tre montr�e n�gligente dans ses offres de preuves.
3.2.2.�Selon l'art. 317 al. 1 CPC, un moyen de preuve nouveau n'est pris en compte au stade de l'appel que s'il est produit sans retard (let. a) et ne pouvait l'�tre devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise (let. b). Pour les�
pseudo nova, il appartient au plaideur qui entend les invoquer devant l'instance d'appel de d�montrer qu'il a fait preuve de la diligence requise, ce qui implique notamment d'exposer pr�cis�ment les raisons pour lesquelles le moyen de preuve n'a pas pu �tre produit en premi�re instance (arr�ts 5A_445/2014 du 28 ao�t 2014 consid. 2.1; 5A_739/2012 du 17 mai 2013 consid. 9.2.2; 4A_334/2012 du 16 octobre 2012 consid. 3.1). La maxime inquisitoire, applicable lorsque le juge est saisi de questions relatives aux enfants dans les affaires de droit de la famille (arr�t 5A_891/2013 du 12 mars 2014 consid. 5.1), ne dit pas jusqu'� quel moment les parties peuvent invoquer des faits ou des moyens de preuve nouveaux. Le Tribunal f�d�ral a d�s lors jug� qu'il n'est pas arbitraire d'appliquer l'art. 317 al. 1 CPC dans toute sa rigueur m�me dans le cadre d'une proc�dure soumise � cette maxime (arr�t 5A_22/2014 du 13 mai 2014 consid. 4.2, publi�
in�SJ 2015 I p. 17 et les r�f�rences; sur l'�tat de la jurisprudence f�d�rale, cf. Escher/Levante, Drei Jahre ZPO in Familiensachen,�
in�Siebte Schweizer Familienrecht�Tage, 23./24. Januar 2014 in Basel, 2014, p. 65 [76 s.]).
3.2.3.�En l'esp�ce, la recourante se trompe de grief lorsqu'elle invoque la violation de son droit d'�tre entendue. C'est l'application arbitraire de l'art. 317 CPC qu'elle aurait d� invoquer. Dans tous les cas, la recourante se m�prend manifestement sur le sens de l'art. 317 CPC lorsque, sans all�guer que les faits sur lesquels les t�moignages portent se seraient produits apr�s la cl�ture de la proc�dure probatoire de premi�re instance, elle affirme que, pour la seule raison que les attestations ont �t� �mises post�rieurement � l'audience de premi�re instance, elles seraient recevables. Or, la question � laquelle il faut r�pondre pour d�terminer si la condition de l'art. 317 al. 1 CPC est remplie est celle de savoir si le moyen de preuve n'aurait pas pu �tre obtenu avant la cl�ture des d�bats principaux de premi�re instance. Au surplus, la recourante ne peut pas s�rieusement penser �tre suivie lorsqu'elle invoque, comme explication au sujet des raisons l'ayant emp�ch�e de produire ces moyens de preuve en premi�re instance ou de requ�rir l'audition des personnes dont elle produit des d�clarations lors des enqu�tes men�es alors, qu'elle pensait que la garde de son fils lui �tait d�j� attribu�e et qu'elle n'a consult� le psychologue qu'en janvier 2015. La garde �tait pr�cis�ment l'objet principal du litige ainsi que de l'instruction qui �tait en train d'�tre men�e et les parties avaient chacune pris des conclusions sur ce point. Quant au d�but des consultations, la recourante ne pr�tend pas que celles-ci n'auraient pas pu avoir lieu plus t�t. Dans tous les cas, elle se borne � r�citer les comp�tences du psychologue; elle ne d�montre pas l'arbitraire de l'argumentation de l'autorit� cantonale qui, devant les consid�rations tr�s g�n�rales �mises par le psychologue (soit, en substance, qu'il est risqu� d'imposer un changement abrupte de garde � un enfant en bas �ge), a consid�r� que celui-ci n'apportait aucun �l�ment d�terminant pour la cause et n'avait proc�d� qu'� une simple appr�ciation du rapport du Service social du Saanenland, sans entendre les deux parents, de sorte que la force probante de ce t�moignage �tait restreinte.
�Il s'ensuit que le grief de la violation du droit d'�tre entendu doit �tre rejet�, pour autant que recevable. Dans la mesure o� la recourante reprend les �l�ments qui ressortent de l'un de ces t�moignages dans le grief qui suit d'arbitraire dans l'�tablissement des faits, ceux-ci seront ignor�s.
Bien qu'elle invoque l'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits, la recourante reproche en r�alit� � l'autorit� cantonale d'avoir appr�ci� de mani�re arbitraire les circonstances du cas, en particulier les capacit�s �ducatives de chacun des parents, en confiant la garde de l'enfant au p�re.
4.1.�Pour �tablir les capacit�s �ducatives de chacun des parents, l'autorit� cantonale s'est fond�e sur les �l�ments suivants: le rapport du 25 septembre 2014 du Service social du Saanenland, qui, relevant que le bien de l'enfant n'�tait compromis par aucune des parties, avait toutefois recommand� que l'enfant f�t principalement pris en charge par le p�re; les d�clarations de la curatrice de l'enfant, qui avait recommand� de maintenir la garde � la m�re jusqu'au d�p�t du rapport d'expertise au motif qu'il n'y avait pas d'urgence � d�placer l'enfant; le comportement de la recourante avant et en cours de proc�dure, soit son courriel du 21 septembre 2013 d'o� il ressortait qu'elle ne sacrifierait pas sa vie pour son enfant, ses menaces de supprimer tout contact entre le p�re et l'enfant en raison d'un d�saccord au sujet de leur infirmi�re � domicile, son opposition � ex�cuter le droit de visite instaur� par mesures provisionnelles du 29 juillet 2014, son refus de signer une autorisation de voyager en faveur de l'enfant en raison d'un acte de proc�dure de son �poux qui lui d�plaisait, ses tergiversations et exigences pour se rendre avec l'enfant � Berne afin de faire renouveler le passeport de celui-ci, son manque de transparence sur le lieu o� avait s�journ� l'enfant pendant la sous-location de son domicile, son manque de compr�hension du lien unissant son fils � sa gouvernante qu'elle avait d'ailleurs song� � licencier selon un courrier d'octobre 2014, ses d�marches proc�durales guid�es par son propre int�r�t plut�t que par le bien de son enfant, et ses propos inappropri�s visant � discr�diter son �poux contenus dans son courrier du 27 octobre 2014 adress� au premier juge.
�L'autorit� cantonale a ensuite expos� les motifs pour lesquels elle accordait un poids particulier au rapport du Service social plut�t qu'aux d�clarations de la curatrice. Premi�rement, celle-ci n'avait pas connaissance de l'entier du dossier, en particulier de l'attitude de la recourante avant et pendant la proc�dure; deuxi�mement, la curatrice �tait avocate alors que le service social �tait constitu� de professionnels de l'enfance; troisi�mement, ses propres constatations sur le comportement de la recourante rejoignaient le contenu du rapport selon lequel la m�re ne semblait pas tr�s pr�occup�e par les questions d'�ducation, que sa conscience des besoins sp�cifiques de l'enfant ne s'�tait pas exprim�e tr�s fortement et qu'elle d�l�guait le travail d'�ducation au profit de ses int�r�ts personnels, alors que le p�re faisait preuve d'empathie et d'int�r�t pour le d�veloppement de l'enfant, et qu'il semblait tr�s concern� par l'�ducation et les besoins de son fils.
�Outre les capacit�s �ducatives des parents, l'autorit� cantonale a pris en compte les disponibilit�s de ceux-ci. Elle a retenu que le p�re ne travaillait pas et que, durant la vie commune, si l'enfant �tait plus souvent pris en charge par la gouvernante que par ses parents, c'�tait le p�re qui passait le plus de temps avec lui, alors que la m�re voyageait plusieurs semaines par ann�e pour son activit� professionnelle, qu'elle travaillait � plein temps entre No�l et f�vrier et � 50% � domicile le reste de l'ann�e.
�Sur la base de ces �l�ments, elle a confi� la garde de l'enfant au p�re.
4.2.1.�La recourante soutient en substance que l'autorit� cantonale a accord� un poids trop important au rapport du Service social du Saanenland par rapport � d'autres �l�ments du dossier qui d�montrent sa propre aptitude � s'occuper de son enfant, en particulier des d�clarations de la curatrice qui, selon la recourante, se serait " montr�e inqui�te par les changements et la structure que [le recourant] souhaite mettre en place autour de l'enfant ". Elle ajoute qu'il ne ressort ni du rapport du service pr�cit�, ni des d�clarations de la curatrice qu'il y aurait une urgence � modifier le droit de garde.
4.2.2.1.�Les nouvelles dispositions du Code civil relatives � l'autorit� parentale sont entr�es en vigueur le 1
er�juillet 2014 (RO 2014 357). Selon l'art. 12 al. 1 Tit. fin. CC, elles sont d'application imm�diate. La garde est une composante de l'autorit� parentale (sous l'ancien droit: ATF 136 III 353 consid. 3.2; sous le nouveau droit: arr�t 5A_46/2015 du 26 mai 2015 consid. 4.4.4; GLOOR/SCHWEIGHAUSER, Die Reform des Rechts der elterlichen Sorge: eine W�rdigung aus praktischer Sicht,�
in�FamPra.ch 2014 p. 10 [13 s.]). En l'occurrence, tant le premier que le second juge ont statu� apr�s le 1
er�juillet 2014. N�anmoins, m�me lorsque l'autorit� parentale reste conjointe, la garde de l'enfant peut �tre attribu�e � un seul des parents. Un parent ne peut pas d�duire du principe de l'autorit� parentale conjointe le droit de pouvoir effectivement s'occuper de l'enfant (arr�t 5A_46/2015 pr�cit� consid. 4.4.3). Si ce n'est la comp�tence de d�terminer le lieu de r�sidence de l'enfant (art. 301a CC), le nouveau droit n'en modifie ni le contenu, ni les r�gles d'attribution, de sorte que les crit�res d�gag�s par la jurisprudence restent applicables (arr�t 5A_46/2015 pr�cit� consid. 4.4.2; S CHWENZER/COTTIER,�
in�Basler Kommentar, 5
�me��d., 2014, n�4 et 5 ad art. 298 CC).
4.2.2.2.�La r�gle fondamentale pour attribuer la garde est l'int�r�t de l'enfant. Au nombre des crit�res essentiels, entrent en ligne de compte les relations personnelles entre parents et enfants, les capacit�s �ducatives respectives des parents, leur aptitude � prendre soin de l'enfant personnellement, � s'en occuper, ainsi qu'� favoriser les contacts avec l'autre parent; il faut choisir la solution qui, au regard des donn�es de l'esp�ce, est la mieux � m�me d'assurer � l'enfant la stabilit� des relations n�cessaires � un d�veloppement harmonieux des points de vue affectif, psychique, moral et intellectuel. Lorsque le p�re et la m�re offrent des conditions �quivalentes, la pr�f�rence doit �tre donn�e, dans l'attribution d'un enfant en �ge de scolarit� ou qui est sur le point de l'�tre, � celui des parents qui s'av�re le plus disponible pour l'avoir durablement sous sa propre garde, s'occuper de lui et l'�lever personnellement. Si le juge ne peut se contenter d'attribuer l'enfant au parent qui en a eu la garde pendant la proc�dure, ce crit�re jouit d'un poids particulier lorsque les capacit�s d'�ducation et de soin des parents sont similaires (ATF 136 I 178 consid. 5.3; arr�t 5A_825/2013 du 28 mars 2014 consid. 4.3.1 et les r�f�rences).
�Pour appr�cier ces crit�res, le juge du fait dispose d'un large pouvoir d'appr�ciation. Le Tribunal f�d�ral n'intervient que s'il s'est �cart� sans motif des principes �tablis par la doctrine et la jurisprudence, lorsqu'il s'est fond� sur des faits qui ne devaient jouer aucun r�le pour la solution du cas d'esp�ce, ou lorsque, au contraire, il n'a pas tenu compte de circonstances qui auraient imp�rativement d� �tre prises en consid�ration (ATF 132 III 97 consid. 1; arr�t 5A_319/2013 du 17 octobre 2013 consid. 2.1, publi�
in�FamPra.ch 2014 p. 177).
4.2.3.�En l'esp�ce, m�me si l'on suivait la recourante dans son argumentation principale selon laquelle ses propres capacit�s �ducatives auraient �t� mal �valu�es, rien dans le reste de son argumentation ne d�montrerait l'arbitraire de la d�cision dans son r�sultat. En effet, pour qu'on puisse arriver � une telle conclusion, il ne suffit pas que la recourante d�montre que la garde aurait tout aussi bien pu lui �tre confi�e, mais bien qu'il est arbitraire de l'attribuer au p�re. Or, les d�clarations de la curatrice, sur lesquelles la recourante fonde principalement son propos, ne discr�ditent en rien les capacit�s �ducatives du p�re et son investissement pour l'enfant, qu'elle rel�ve positivement d'ailleurs. Si la curatrice a conclu au maintien de la garde � la m�re, ce n'est pas en fonction ses capacit�s �ducatives qu'elle aurait jug� meilleures que celles du p�re, mais uniquement en raison du fait qu'elle trouvait ce changement pr�matur� au vu de l'expertise p�dopsychiatrique qui devait �tre rendue prochainement. En outre, la recourante ne s'attaque pas � l'argument de l'autorit� cantonale, qui l'a conduite � accorder un poids plus important au rapport du service social plut�t qu'� l'avis de la curatrice, selon lequel celle-ci n'avait pas connaissance du comportement de la recourante qui lui permettait de conclure en particulier qu'elle ne favorisait pas les contacts avec le p�re. Elle se borne � cet �gard � affirmer que la curatrice aurait d�clar� " conna�tre le dossier ". L� n'est pas la question; l'�l�ment d�terminant pour que l'argumentation de la cour r�siste � l'arbitraire est que la curatrice ne s'est pas prononc�e sur le comportement de la recourante avant et pendant la proc�dure.
�Pour le reste, la recourante ne s'attaque pas, ou seulement de mani�re appellatoire en se bornant � opposer � l'arr�t attaqu� de pures appr�ciations subjectives (cf. en particulier, n� 9 p. 11 du recours, premier par.), aux �l�ments autres que les capacit�s �ducatives des parents retenus pour attribuer la garde: la recourante a moins de disponibilit� que son �poux, qui ne travaille pas, pour prendre personnellement soin de l'enfant, elle n'a pas favoris� les contacts de son fils avec son p�re et celui-ci est le parent qui passait le plus de temps avec l'enfant durant la vie commune. Ensuite et surtout, m�me si l'enfant est rest� aupr�s de sa m�re depuis la s�paration des �poux et que ce crit�re rev�t une importance essentielle dans l'attribution de la garde, la recourante ne s'attaque pas � l'argument de l'autorit� cantonale qui a consid�r� que, en r�alit�, la personne de r�f�rence de l'enfant est sa gouvernante, � laquelle il est particuli�rement attach�. Par ailleurs, les d�clarations de la directrice de la garderie que fr�quente l'enfant, que la recourante cite aussi plusieurs fois, selon lesquelles l'�tat de C.________ s'est am�lior� depuis la s�paration des parents, ne permettent pas de conclure que ce changement est forc�ment d� au s�jour aupr�s de sa m�re; il est tout aussi possible que l'am�lioration r�sulte du fait que l'enfant soit moins expos� au conflit opposant ses parents depuis que ceux-ci se sont s�par�s. D�s lors, et compte tenu qu'il est �tabli que la gouvernante continuera � prendre soin de l'enfant aupr�s du p�re alors que la recourante a, au contraire, menac� � plusieurs reprises de la licencier, il n'appara�t pas arbitraire d'avoir confi� la garde au p�re, m�me si l'enfant n'est pas rest� aupr�s de lui durant la proc�dure cantonale. Enfin, l'argument de la recourante selon lequel il n'y aurait pas d'urgence � modifier la garde n'est pas pertinent: l'autorit� cantonale saisie d'un recours sur le prononc� de mesures provisionnelles �tait �videmment tenue de trancher la question de la garde.
�Il s'ensuit que le grief d'arbitraire dans l'attribution de la garde de l'enfant doit �tre rejet�, pour autant qu'il soit recevable.
La recourante reproche ensuite � l'autorit� cantonale d'avoir appr�ci� de mani�re arbitraire sa fortune et ses revenus.
5.1.�L'autorit� cantonale a tout d'abord jug� que la pi�ce n� 110 (attestation de la fiduciaire du 3 f�vrier 2015) produite par la recourante en appel �tait irrecevable, d�s lors qu'il y �tait fait mention de sa situation financi�re depuis le 1
er�janvier 2014 et que ces informations auraient pu �tre produites en premi�re instance. Elle a ensuite consid�r� que la recourante n'avait pas collabor� � l'�tablissement des faits relatifs � sa situation financi�re en refusant de produire les pi�ces comptables relatives � sa soci�t�, dont la situation restait opaque, ou tout autre document attestant de sa situation financi�re personnelle. L'autorit� cantonale a constat� que la recourante percevait un salaire de sa soci�t�, d'un montant net de 8'851 fr. 90. Elle a �galement constat� que la recourante all�guait avoir proc�d� � des pr�l�vements personnels de 707'628 fr. sur le compte de sa soci�t� mais que, faute pour elle d'avoir rendu vraisemblable qu'elle aurait utilis� ces fonds pour son entretien ou celui de sa famille durant la vie commune, il s'agissait d'une dette personnelle de la recourante envers sa soci�t�. Aucune pi�ce ne prouvait que la situation financi�re de la soci�t� serait gravement ob�r�e et, m�me si on admettait l'existence d'un pr�t entre la soci�t� et la recourante, il n'y avait aucune raison pour laquelle la recourante devrait consacrer l'int�gralit� de son salaire au remboursement d'une dette qu'elle avait elle-m�me cr��e.
5.2.1.�La recourante rel�ve que la comptable de sa soci�t� a confirm� que le compte courant actionnaire pr�sentait un solde d�biteur de 700'337 fr. au 23 mai 2014. Elle affirme que cette dette doit �tre amortie et qu'elle est donc dans l'incapacit� de se verser un salaire. Elle ajoute que la pi�ce n� 110 l'atteste �galement et que cette preuve a �t� ind�ment �cart�e �tant donn� que, dat�e du 3 f�vrier 2015, elle porte sur l'exercice de 2014 et janvier 2015.
5.2.2.�En l'esp�ce, s'agissant de la recevabilit� de la pi�ce n� 110, la recourante m�conna�t � nouveau les conditions de l'art. 317 al. 1 CPC (cf.�
supra�consid. 3.2.2), norme qu'elle n'invoque d'ailleurs m�me pas: elle ne saisit pas que, pour d�montrer que l'autorit� cantonale aurait appliqu� de mani�re arbitraire cette disposition, il ne suffit pas de d�clarer que cette pi�ce a �t� �mise � une date post�rieure aux d�bats de premi�re instance et qu'elle porte sur l'entier de l'exercice 2014 ainsi que sur janvier 2015; il faut d�montrer que c'est � tort que l'autorit� cantonale a retenu qu'elle aurait pu offrir des preuves au sujet de la situation financi�re de la soci�t� en premi�re instance d�j�. S'agissant de son obligation de rembourser sa soci�t�, la recourante se borne � r�p�ter que sa comptable a attest� d'une dette, alors que l'autorit� cantonale l'a elle-m�me relev�, mais elle ne s'attaque pas � la motivation juridique de cette autorit� sur les raisons qui l'ont amen�e � retenir que la recourante devait consacrer son salaire � son entretien plut�t qu'� ce remboursement.
�Le grief d'arbitraire dans l'�tablissement de son salaire et de sa fortune doit donc �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
La recourante reproche � l'autorit� cantonale d'avoir �tabli de mani�re arbitraire le train de vie des parties durant leur vie commune pour fixer la contribution d'entretien.
6.1.�Sur la base d'un courriel du 1
er�ao�t 2013 dans lequel l'intim� avait arr�t� les d�penses mensuelles du couple � 45'000 fr. environ ainsi que de la constatation du premier juge selon laquelle le budget mensuel des vacances des parties �tait de 3'333 fr., l'autorit� cantonale a �tabli que le train de vie des parties durant la vie commune s'�levait � 20'750 fr. chacune, compte tenu du co�t de 6'800 fr. aff�rent � l'enfant. Elle a pr�cis� que la recourante avait indiqu� que son �poux �tait un " radin ", qu'elle avait �t� " peu g�t�e " durant son mariage et que le train de vie des �poux �tait peu �lev�; elle en a d�duit que le montant pr�cit� de 20'750 fr. paraissait d�s lors tout � fait ad�quat, l'�pouse ne pouvant pr�tendre qu'au maintien du train de vie qui �tait effectivement le sien, et non � un train de vie sup�rieur que la fortune de son �poux aurait permis d'assurer. Elle a ensuite consid�r� que, le bail du chalet ayant �t� conclu au seul nom de la recourante, celle-ci devait en assumer le paiement. A cet �gard, elle a pr�cis� que les contrats de pr�t que les �poux avaient sign�s en novembre et d�cembre 2013 en relation avec la location de ce chalet (garantie de loyer, avance de loyers et commission de courtage) �taient des contrats internes et n'avaient aucun lien avec le calcul de la contribution d'entretien. L'autorit� cantonale a alors d�duit du montant de 20'750 fr. le salaire de la recourante, par 8'850 fr.; elle a ajout� � ce montant les imp�ts � la source de 19,81% dus par la recourante. Suite � ces op�rations, elle a fix� la contribution d'entretien � 14'300 fr.
6.2.1.�La recourante affirme qu'il ressort des pi�ces n� s 10 et 10bis de son bordereau du 2 juin 2014 que l'intim� a consenti � la location du chalet qu'elle habite, qu'il a n�goci� les termes du contrat et qu'il s'est en outre engag� � en payer le loyer, de sorte qu'il revient � l'intim� de prendre en charge le co�t de ce logement; � d�faut, il faudrait alors au moins additionner le montant du loyer � la contribution d'entretien qui lui est due. Elle soutient ensuite que le train de vie ressort de la pi�ce n� 17 de son bordereau du 2 juin 2014 et de la pi�ce n� 42 du bordereau de l'intim� du 11 ao�t 2014 et que l'autorit� cantonale n'en a pas tenu compte. Enfin, la recourante soutient que l'autorit� cantonale s'est m�prise au sujet de son argument portant sur le caract�re �conome de l'intim�. Selon elle, celui-ci a v�cu en dessous de ses moyens et il est notoire qu'un contribuable impos� forfaitairement n'a int�r�t � l'�tre que si ses d�penses sont inf�rieures � ses revenus r�els. La recourante en conclut que " les calculs aventureux de l'arr�t sur le train de vie des parties, qu'il r�duit en-de�� du revenu imposable, en raison de l'avarice de l'intim�, ne sont m�me pas vraisemblables ". Elle ajoute encore que l'autorit� cantonale a omis de prendre en charge l'augmentation des charges du couple due � la s�paration ainsi que les imp�ts sur son revenu. Enfin, la recourante affirme qu'elle n'a pas refus� de produire des pi�ces.
6.2.2.�Par cette argumentation en grande partie appellatoire, la recourante ne d�montre pas l'�tablissement arbitraire des faits (cf.�
supra�consid. 2.2). En tant qu'elle affirme qu'il ressortirait de pi�ces que l'intim� se serait engag� � payer le loyer, elle ne s'attaque pas, alors qu'elle aurait d� le faire pr�liminairement, � la constatation de l'autorit� cantonale selon laquelle l'intim� s'est seulement engag� � lui pr�ter de l'argent. En tant qu'elle affirme que le train de vie des parties ressortirait de deux pi�ces, elle ne s'attaque pas � la constatation de l'autorit� cantonale selon laquelle ce train de vie pouvait �tre �tabli sur la base d'un courriel de l'intim�; au demeurant, elle ne d�crit m�me pas le contenu des pi�ces qu'elle cite et ne chiffre pas quel serait d�s lors le train de vie des parties. S'agissant de son argument sur le caract�re " �conome " de l'intim�, non seulement celui-ci repose sur de pures sp�culations, mais la recourante m�conna�t, en droit, la notion de train de vie pertinent pour fixer les contributions d'entretien, soit celui qui �tait effectivement men� par les parties durant la vie commune. Quant aux charges suppl�mentaires dues � la vie s�par�e que l'autorit� cantonale aurait omis de prendre en consid�ration, le loyer mis � part, qui sera examin� ci-apr�s (cf.�
infra�consid. 7), la recourante ne les chiffre m�me pas et n'all�gue pas avoir offert des preuves pour les d�montrer; s'agissant des imp�ts sur le revenu, la recourante ne s'attaque pas � la motivation en droit de l'autorit� cantonale sur ce point. Enfin, pour ce qui est des pi�ces qu'elle aurait produites, la recourante ne tire aucune conclusion de cet argument sur le r�sultat de l'arr�t attaqu�; en particulier, elle n'expose pas quel �l�ment de fait susceptible de d�terminer le train de vie des parties il en ressortirait.
�Il s'ensuit que le grief d'arbitraire dans l'�tablissement du train de vie doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable.
7.1.�L'autorit� cantonale a appliqu� la m�thode fond�e sur les d�penses indispensables au maintien du train de vie men� avant la s�paration pour fixer la contribution d'entretien de la recourante. Elle a arr�t� ce train de vie � 20'750 fr. par personne sur la base d'un courriel du 1
er�ao�t 2013 r�dig� par l'intim�, en pr�cisant qu'il �tait vraisemblable que l'intim� ne payait pas d'hypoth�que sur le chalet qu'il avait acquis � U.________. Elle a ensuite jug� que le loyer mensuel de 12'500 fr. du chalet � V.________, o� la recourante habitait depuis la s�paration des parties, �tait compris dans ce montant, au motif que celui-ci constituait la limite sup�rieure de l'entretien. L'autorit� cantonale a ajout� que la location d'un chalet de neuf pi�ces pour un loyer de 12'500 fr. apparaissait manifestement excessive par rapport au budget de la recourante et encourageait vivement celle-ci � trouver un autre logement correspondant � ses moyens.
7.2.1.�La recourante soutient que la s�paration implique n�cessairement des charges suppl�mentaires et que le train de vie auquel elle a le droit s'entend comme le standard de vie choisi d'un commun accord. Elle affirme en outre que le chalet qu'elle loue correspond au standard de vie sur lequel les parties s'�taient mises d'accord, vu " l'immense et luxueux chalet de U.________ " dans lequel elles vivaient avant la s�paration. Elle conclut que le montant du loyer du chalet doit d�s lors �tre ajout� au montant relatif � son train de vie.
7.2.2.1.�Le principe et le montant de la contribution d'entretien due selon l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures provisionnelles prononc�es pour la dur�e de la proc�dure de divorce (art. 276 al. 1 2
�me�phr. CPC), se d�terminent en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des conjoints. Le juge doit partir de la convention, expresse ou tacite, que les �poux ont conclue au sujet de la r�partition des t�ches et des ressources entre eux, l'art. 163 CC demeurant la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux m�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur une reprise de la vie commune (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1). Quelle que soit la m�thode appliqu�e pour fixer la contribution d'entretien, le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien (arr�t 5A_445/2014 du 28 ao�t 2014 consid. 4.1, publi�
in�FamPra.ch 2015 p. 217).
7.2.2.2.�En cas de situation financi�re favorable, dans laquelle les frais suppl�mentaires li�s � l'existence de deux m�nages s�par�s sont couverts, l'�poux cr�ancier peut pr�tendre � ce que la pension soit fix�e de fa�on telle que son train de vie ant�rieur soit maintenu. Pour fixer la pension, il faut alors se fonder sur les d�penses n�cessaires au maintien du train de vie (ATF 115 II 424 consid. 2), m�thode qui implique un calcul concret (cf. not. ATF 140 III 485 consid. 3; arr�t 5A_440/2014 du 20 novembre 2014 consid. 4.2.1 et les autres r�f�rences).
�La limite sup�rieure � l'entretien que constitue le train de vie de la famille avant la s�paration ne se comprend pas en num�raire. En effet, la s�paration, notamment l'existence de deux m�nages, implique n�cessairement des charges suppl�mentaires. Le train de vie au maintien duquel le cr�direntier a droit lorsque la situation financi�re le permet s'entend donc comme le standard de vie choisi d'un commun accord (arr�t 5A_248 2012 du 28 juin 2012 consid. 6.2).
7.2.2.3.�Seuls les frais de logement effectifs ou raisonnables doivent �tre pris en consid�ration dans le calcul des charges des �poux, menant � celui de la contribution d'entretien (arr�ts 5A_905/2014 du 12 mai 2015 consid. 3.3; 5A_365/2014 du 25 juillet 2014 consid. 3.1; 5A_748/2012 du 15 mai 2013 consid. 5.2.2; 5A_361/2012 du 27 novembre 2012 consid. 6.1).
7.2.3.�En l'esp�ce, dans sa motivation, l'autorit� cantonale a manifestement viol� les r�gles qui pr�c�dent en estimant que le montant de 20'750 fr. permet � la recourante de maintenir son train de vie ant�rieur, alors qu'elle a �galement retenu en fait que ce montant ne comprenait pas de frais hypoth�caires. Ce faisant, l'autorit� cantonale est partie du principe erron� que le train de vie s'entend en num�raire. Au montant de 20'750 fr., il aurait fallu ajouter les frais suppl�mentaires induits par la constitution de domiciles s�par�s que la recourante avait rendu vraisemblables, soit en l'occurrence le loyer. Si le logement choisi par la recourante ne correspondait pas au standard de vie du couple, l'autorit� cantonale aurait alors d� estimer le montant du loyer raisonnable et ajouter ce montant aux autres d�penses n�cessaires � maintenir le train de vie ant�rieur de la recourante.
�Cela �tant, dans son r�sultat, la d�cision ne viole pas l'art. 9 Cst. En effet, l'autorit� cantonale a �tabli que la recourante a vraisemblablement, en sus de son salaire de 8'851 fr. 90, une fortune et/ou des revenus suppl�mentaires dont elle n'a pas fait �tat, constatation que la recourante conteste mais n'attaque pas conform�ment aux exigences du principe d'all�gation. Pour calculer le besoin d'entretien de la recourante, l'autorit� cantonale n'a toutefois pris en compte que le salaire �tabli, de sorte que l'on doit consid�rer que la recourante b�n�ficie de ressources suppl�mentaires non chiffr�es. Il en r�sulte que la recourante ne d�montre pas que, avec ses propres moyens et la pension de 14'300 fr., elle ne parvient pas � maintenir son niveau de vie, m�me si on y ajoute un loyer de 12'500 fr., que l'autorit� cantonale a, au surplus, et sans que la recourante n'attaque cette appr�ciation, qualifi� d'excessif. La violation du devoir de collaboration dans l'�tablissement de la situation financi�re s'oppose pratiquement � ce que la recourante puisse se pr�valoir avec succ�s d'arbitraire pour toute question impliquant que l'on connaisse ses revenus et sa fortune.
La recourante reproche enfin � l'autorit� cantonale d'avoir rendu une d�cision arbitraire en refusant d'accorder une�
8.1.�L'autorit� cantonale a r�p�t� que la recourante r�alisait un salaire mensuel net de 8'851 fr. 90. et qu'elle percevait d'autres revenus et/ou poss�dait d'autres fonds. Elle en a conclu que la recourante n'avait pas �tabli qu'elle se trouvait dans le besoin au point qu'elle devrait entamer les moyens qui lui sont n�cessaires pour couvrir son entretien courant. L'autorit� cantonale a ajout� que la recourante n'avait en outre pas besoin de s'adjoindre les conseils de deux avocats, ce qui augmentait consid�rablement le montant des honoraires. Sur la base de ces �l�ments, elle a d�s lors jug� que la recourante n'avait pas droit � une�
8.2.�En l'esp�ce, la recourante se borne � r�p�ter qu'elle n'a pas d'autres ressources que sa soci�t� d�ficitaire et endett�e, que la valeur litigieuse du divorce est consid�rable et que l'intim� peut, par sa fortune, s'adjoindre l'assistance de trois avocats.
�Cette argumentation manifestement appellatoire, par laquelle la recourante ne fait qu'opposer son propre point de vue aux consid�rants de l'arr�t attaqu�, conduit � d�clarer irrecevable le grief d'arbitraire.
En conclusion, le recours est rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Il n'est pas allou� de d�pens � l'intim�, qui n'a pas �t� invit� � se d�terminer sur le fond et s'est oppos� partiellement � tort � la requ�te d'effet suspensif (art. 68 al. 1 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, � C.________ et � la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile au Tribunal cantonal du canton de Vaud.

References: ATF 
 art. 106
 art. 95
 ATF 
 ATF 
 art. 298
 ATF