Source: http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=de&zoom=&type=show_document&highlight_docid=aza%3A%2F%2F28-06-2016-5A_27-2016
Timestamp: 2016-09-30 08:21:12+00:00

Document:
5A_27/2016 (28.06.2016)
5A_27/2016 � � Arr�t du 28 juin 2016
repr�sent�e par Me Serge Fasel, avocat,
Masse en faillite de B.________ SA en liquidation,
production de cr�ances dans la faillite,
recours contre la d�cision de la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 17 d�cembre 2015.
A.a.�B.________ SA (ci-apr�s: B.________) et C.________ SA (ci-apr�s: C.________) ont conclu un contrat de d�veloppement et de production de produits horlogers le 24 octobre 2005.
La Banque A.________ (ci-apr�s: A.________) �tait la principale bailleresse de fonds de C.________. Une premi�re convention, du 2 octobre 2006, pr�voyait une cession g�n�rale des cr�ances actuelles et futures de C.________ en faveur de la banque. Deux autres cessions ont �t� sign�es, le 5 f�vrier 2008 et le 6 f�vrier 2009, portant le cr�dit accord� en compte courant � 6'500'000 fr.
A.b.�B._______ est tomb�e en faillite le 10 novembre 2009 et C.________ le 25 janvier 2010.
A.c.�Le 16 avril 2010, la masse en faillite de C.________ a produit dans la faillite de B.________ une cr�ance d'un montant total de 1'720'950 fr., correspondant selon elle � la somme de dix-neuf factures dont B.________ restait redevable envers C.________ au moment de la faillite.
Par avis du 23 juin 2010, l'Office des faillites (ci-apr�s: office) a �cart� la cr�ance au motif qu'elle correspondait � de la marchandise non livr�e.
Les 21 et 23 septembre 2011, la masse en faillite de C.________ et A.________ ont conclu une convention, par laquelle la banque r�troc�dait � la masse, aux fins de recouvrement, les cr�ances produites par celle-ci dans la faillite de B.________.
Par jugement du 3 octobre 2011, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve (ci-apr�s: tribunal) a rejet� l'action en contestation de l'�tat de collocation introduite par la masse en faillite de C.________.
Par arr�t du 31 ao�t 2012, la Cour de justice du canton de Gen�ve a confirm� ce jugement. Elle a consid�r� que la production par la masse en faillite de C.________ d'une cr�ance c�d�e �tait admissible pour autant que l'identit� r�elle du cr�ancier, soit A.________, f�t indiqu�e. En revanche, la masse n'�tait pas l�gitim�e � agir en justice en son nom pour contester la collocation d'une cr�ance dont elle n'�tait plus titulaire ni au moment de l'action, ni lors de la cl�ture de l'instruction. La cour a pr�cis� qu'en cas de r�trocession de cr�ances c�d�es, il incombait � la masse de proc�der � une nouvelle production (tardive) dans la faillite.
A.d.a.�Par courrier du 25 septembre 2012, la masse en faillite C.________ a produit dans la faillite de B.________ dix-neuf cr�ances pour un montant total de 1'563'204 fr. 85. Celles-ci correspondaient aux montants des dix-neuf factures pr�c�demment produites dans la faillite de B.________, sous d�duction d'un acompte vers� par B.________ et des d�pens allou�s � la masse en faillite de cette soci�t� dans le proc�s en contestation de l'�tat de collocation.
Elle a joint � sa production une copie de la convention de r�trocession. A.________ a contresign� cette production avec la mention " pour accord ".
A.d.b.�Par courrier du 6 mars 2013, l'office a statu� sur les cr�ances produites. Il a indiqu� que " suite � une �tude approfondie du dossier, il ressort[ait] que la production de la cr�ance tardive de CHF 1'563'204.85 [�tait] injustifi�e et [�tait] �cart�e en totalit� de l'�tat de collocation car elle correspond[ait] aux commandes non livr�es et annul�es par courrier du 21 janvier 2009 de B.________ SA � C.________ SA ".
A.d.c.�Le 30 mai 2013, la plainte dirig�e par la masse en faillite de C.________ contre cette d�cision a �t� rejet�e.
A.d.d.�Par jugement du 20 mai 2015, le tribunal a d�clar� irrecevable en raison de sa tardivet� l'action en contestation de l'�tat de collocation form�e par la masse en faillite de C._______. Il a par ailleurs jug� que, par la r�trocession de cr�ances conclue en septembre 2011, les parties avaient seulement voulu confirmer le mandat d'encaissement, avec pouvoir d'encaissement de la masse en faillite de C.________, qui �tait ainsi simple mandataire mais non titulaire des cr�ances litigieuses et ne disposait d�s lors pas de la l�gitimation active.
B.a.a.�Par courrier du 17 juin 2015, A.________ a d�clar� produire dans la faillite de B.________ dix-neuf cr�ances pour un montant total de 1'721'233 fr. 94. Elle a fait valoir qu'elle �tait titulaire de ces cr�ances en vertu des conventions de cession de cr�ances des 6 f�vrier 2009, 5 ao�t 2008 et 2 octobre 2006 conclues avec C.________. Elle a indiqu� que, bien que tardive, cette production devait �tre admise dans la mesure o� elle se fondait sur le fait nouveau que constituait le jugement de premi�re instance du 20 mai 2015 dont il ressortait qu'elle, et non la masse en faillite de C.________, �tait titulaire des cr�ances.
Par courrier du 26 juin 2015 adress� � l'office, A.________ a expos� que les cr�ances produites le 17 juin 2015 r�sultaient des m�mes factures que celles qui avaient fait l'objet des productions de la masse en faillite de C.________ les 16 avril 2010 et 25 septembre 2012. Toutefois, la masse et elle-m�me avaient consid�r� qu'il appartenait � la premi�re de les faire valoir. Elle a pr�cis� que la convention de r�trocession n'avait �t� conclue qu'en vue de formaliser leur position commune.
B.a.b.�Par d�cision du 20 juillet 2015, l'office a refus� d'entrer en mati�re sur cette production au motif que A.________ avait d�j� produit les m�mes cr�ances, dont elle �tait seule titulaire, � deux reprises, par l'interm�diaire de la masse en faillite de C.________ agissant en tant que repr�sentante et que ces productions avaient �t� d�finitivement rejet�es. Il a ajout� que la banque commettait un abus de droit en attendant plus de 5 ans avant de produire ses pr�tendues cr�ances.
B.b.�Par d�cision du 17 d�cembre 2015, notifi�e le 4 janvier 2016, la Chambre de surveillance des offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve (ci-apr�s: Chambre de surveillance), a rejet� la plainte form�e le 3 ao�t 2015 par A.________ contre cette d�cision.
Par acte exp�di� le 15 janvier 2016, A.________ exerce un recours en mati�re civile contre cette d�cision. Elle conclut � sa r�forme en ce sens que sa production tardive de cr�ances dans la faillite de B.________ SA est recevable et qu'ordre est donn� � l'office de statuer sur ces cr�ances. Subsidiairement, elle conclut � son annulation et au renvoi de la cause � la Chambre de surveillance pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. En substance, elle se plaint de la violation de l'art. 32 CO.
Par ordonnance du 2 f�vrier 2016, la requ�te d'effet suspensif de la recourante a �t� admise.
Le recours a �t� d�pos� � temps (art. 100 al. 2 let. a LTF) � l'encontre d'une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 350 consid. 1.2) rendue en mati�re de poursuite pour dettes (art. 72 al. 2 let. a LTF, en relation avec l'art. 19 LP) par une autorit� de surveillance statuant en derni�re (unique) instance cantonale (art. 75 al. 1 LTF); il est recevable sans �gard � la valeur litigieuse (art. 74 al. 2 let. c LTF); la recourante, qui a succomb� devant l'autorit� pr�c�dente, a qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF).
2.1.�Le recours peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). Cependant, compte tenu de l'exigence de motivation contenue � l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, � respecter sous peine d'irrecevabilit�, il n'examine que les questions juridiques qui sont soulev�es devant lui; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 140 III 86 consid. 2; 137 III 580 consid. 1.3; 135 II 384 consid. 2.2.1; 135 III 397 consid. 1.4). D�s lors qu'une question est discut�e, le Tribunal f�d�ral n'est limit� ni par les arguments soulev�s dans le recours, ni par la motivation retenue par l'autorit� pr�c�dente; il peut admettre un recours pour un autre motif que ceux qui ont �t� invoqu�s et il peut rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 140 III 86 consid. 2; 138 II 331 consid. 1.3; 137 II 313 consid. 1.4; 135 III 397 consid. 1.4).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353 consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1
in fine�LTF).
La partie recourante qui soutient que les faits ont �t� constat�s d'une mani�re arbitraire doit satisfaire au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), selon lequel le Tribunal f�d�ral n'examine la violation des droits fondamentaux que si ce grief a �t� invoqu� et motiv� de fa�on claire et d�taill�e par le recourant (ATF 135 III 397 consid. 1.4�
in fine; 133 II 249 consid. 1.4.2). Pour le surplus, les faits et moyens de preuve nouveaux sont prohib�s, � moins de r�sulter de la d�cision de l'autorit� pr�c�dente (art. 99 al. 1 LTF; ATF 135 I 221 consid. 5.2.4; 133 IV 342 consid. 2.1).
3.1.�La Chambre de surveillance a constat� que, malgr� l'acte de r�trocession de cr�ances, la recourante avait contresign� " pour accord " la production de cr�ances qu'avait faite la masse en faillite de C.________ le 25 septembre 2012. Elle a alors �tabli que, quand bien m�me il �tait indiqu� que la production en cause avait �t� effectu�e pour le compte de la masse en faillite de C.________, la masse agissait en r�alit� en tant que repr�sentante de la recourante. Cela valait d'autant plus que la production �tait intervenue peu apr�s que l'arr�t du 31 ao�t 2012 avait pr�cis� qu'une production par la masse en faillite de C.________ dans la faillite de B.________ d'une cr�ance c�d�e �tait admissible pour autant que l'identit� r�elle du cr�ancier f�t indiqu�e. La d�cision rejetant la production de la masse en faillite �tait donc opposable � la recourante. Par cons�quent, dans la mesure o� les cr�ances litigieuses avaient d�j� fait l'objet d'une d�cision entr�e en force, la recourante ne pouvait pas les produire une seconde fois.
3.2.�Dans un premier argument, la recourante se plaint de la violation de l'art. 32 CO sur deux points. Premi�rement, se basant sur la d�cision du 6 mars 2013 et sur un courrier du 18 juin 2015 de l'office, elle soutient que celui-ci n'a jamais affirm� ou laiss� entendre que la masse en faillite de C.________ agissait comme sa repr�sentante et que c'est � tort que la Chambre de surveillance a retenu le contraire. Elle ajoute que si tel avait �t� le cas, l'office aurait d� alors l'indiquer dans ces deux documents et que, dans sa d�cision du 20 juillet 2015, il adopte une position ambigu� confirmant sa mauvaise foi vu qu'il affirme � la fois qu'elle avait d�j� produit sa cr�ance tout en lui reprochant d'avoir attendu plus de 5 ans pour le faire. La recourante affirme qu'il faut en d�duire qu'aucun effet de repr�sentation ne s'est produit. Secondement, la recourante soutient que la masse en faillite de C.________ n'a jamais eu la volont� d'agir en qualit� de sa repr�sentante lors de ses productions et qu'elle s'�tait d'ailleurs pr�sent�e comme cr�anci�re. Elle ajoute que, par la mention " pour accord " figurant dans le courrier du 25 septembre 2012, elle entendait indiquer qu'elle consentait � ce que le masse en faillite de C.________ produise les cr�ances en son propre nom et pour son propre compte et que, dans son courrier du 26 juin 2015, elle n'a pas indiqu� que les cr�ances qu'elle produisait �taient les m�mes que celles qui avaient fait l'objet d'une pr�c�dente production. Elle conclut que c'est � tort que la Chambre de surveillance a retenu qu'elle voulait �tre repr�sent�e par la masse en faillite de C.________ et que l'art. 32 al. 2 CO ne s'applique pas.
Dans un second argument, sans invoquer de norme l�gale, la recourante souligne que le retard dans sa production n'est pas abusif �tant donn� que, face � un office qui avait " clairement d�montr� �tre dispos� � faire preuve de la mauvaise foi la plus crasse ", il �tait n�cessaire qu'elle attende l'issue des proc�dures civiles. Elle en conclut que l'argument de l'office selon lequel son retard serait abusif est infond� et que, la Chambre de surveillance n'ayant pas examin� ce moyen, la cause doit lui �tre renvoy�e � titre subsidiaire.
La question qui se pose est de savoir si la recourante peut produire tardivement sa cr�ance au sens de l'art. 251 LP.
4.1.1.�Aux termes de l'art. 251 al. 1 et 3 LP, les productions en retard sont admises jusqu'� la cl�ture de la faillite et, si l'administration admet la production, elle proc�de � la rectification de la collocation et en avise les cr�anciers au moyen d'une publication.
L'�tat de collocation est une d�cision de l'administration de la faillite. Sa force de chose jug�e ne peut �tre remise en question par une production tardive. C'est pourquoi, celle-ci n'est admissible que si elle porte sur une cr�ance nouvelle ou sur des faits nouveaux relatifs � une cr�ance d�j� produite. Cette proc�dure n'a pas pour fonction de corriger des erreurs commises dans l'�tablissement de l'�tat de collocation et le cr�ancier ne saurait user de cette possibilit� pour tenter de remettre en question un refus de colloquer entr� en force (ATF 115 III 71 consid. 1; 108 III 80 consid. 5; 106 II 369 consid. 3 [376 s.]; 106 III 40 consid. 4; arr�ts 5A_66/2010 du 16 novembre 2010 consid. 6, r�sum�
in�SJ 2011 I 204; 7B.94/2003 du 24 juin 2003 consid. 3.1).
4.1.2.�Selon l'art. 244 LP, applicable aux productions tardives (JAQUES,�
in�Commentaire romand, Poursuite et faillite, 2005, n� 15 ad art. 251 LP; SPRECHER,�
in�Kurzkommentar SchKG, 2�me �d. 2014, n� 1 ad art. 251 LP), l'administration examine chaque production et fait les v�rifications n�cessaires; elle consulte le failli. L'examen porte sur l'existence, le montant et le rang de la cr�ance. Il s'�tend �galement � la l�gitimation du cr�ancier de la faire valoir (HIERHOLZER,�
in�Basler Kommentar, SchKG II, 2
�me��d., 2010, n� 15 ad art. 244 LP). Si la cr�ance repose sur un jugement d'un tribunal suisse ex�cutoire avant l'ouverture de la faillite, l'administration de la faillite est li�e par les consid�rants de ce jugement quant � l'existence et le montant de la cr�ance (arr�t 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3).
Bien que l'administration ait l'obligation de v�rifier pr�cis�ment chaque cr�ance produite, l'examen doit rester sommaire, comme cela d�coule d�j� du court d�lai qui lui est imparti pour dresser l'�tat de collocation. L'administration de la faillite ne v�rifie pas l'existence de la production, mais elle admet au passif la pr�tention dont l'existence lui para�t vraisemblable (arr�ts 5A_709/2015 du 15 janvier 2016 consid. 4.1.1, publi�
in�SJ 2016 I p. 277; 5A_105/2013 du 12 juin 2013 consid. 3.4.1; 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.3; 5A_141/2008 du 6 ao�t 2008 consid. 3.1). En cela, la proc�dure de v�rification est comparable � la proc�dure de mainlev�e de l'opposition (BRACONI, La collocation des cr�ances en droit international suisse de la faillite, 2004, n� 1.3 p. 76). Pour effectuer son contr�le, l'administration se fonde avant tout sur les moyens de preuve de l'art. 232 ch. 2 LP; il appartient au cr�ancier d'�tayer sa production par les moyens de preuve ad�quats (ATF 93 III 59 consid. 2; arr�ts 5A_141/2008 du 6 ao�t 2008 consid. 3.2.1; 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3).
La violation du devoir de proc�der aux v�rifications n�cessaires peut - en tant qu'erreur de proc�dure - �tre attaqu�e par la voie de la plainte (ATF 119 III 84 consid. 2a; 96 III 106 consid. 2; arr�t 5A_476/2007 du 2 novembre 2007 consid. 3). En revanche, il n'appartient pas aux autorit�s de surveillance de statuer sur les litiges portant sur la qualification d'une dette comme obligation de la masse ou obligation du failli, mais � l'autorit� comp�tente pour statuer sur le fond de la pr�tention en cause, � savoir le juge civil ou les autorit�s ou juridictions administratives suivant la nature du contentieux (arr�t 5A_329/2012 du 5 septembre 2012 consid. 4.4.2 et les r�f�rences).
4.2.1.�La cession (art. 164 ss CO) op�re la substitution du titulaire d'une cr�ance par un nouveau titulaire. La cr�ance faisant l'objet de la cession est ainsi transf�r�e du patrimoine du c�dant � celui du cessionnaire. En vertu de cette op�ration juridique, le c�dant perd le pouvoir de disposition sur la cr�ance c�d�e, ce qui se manifeste notamment par le fait qu'il ne peut plus la transf�rer � une autre personne ni la faire valoir en son propre nom, que ce soit pour demander son ex�cution ou pour proc�der � une compensation. Si le cessionnaire c�de au c�dant la cr�ance qui lui a �t� transf�r�e ant�rieurement par ce dernier, on parle de r�trocession. Toutes les cons�quences juridiques de la cession s'appliquent � la r�trocession (ATF 130 III 248 consid. 3.1; arr�t 4A_248/2008 du 1
er�septembre 2008 consid. 3.2).
La cession peut �tre op�r�e � titre d'encaissement lorsque le c�dant transf�re une cr�ance au cessionnaire afin que celui-ci proc�de � l'encaissement en tant que titulaire de la cr�ance; le cessionnaire agit en son propre nom, mais pour le compte du c�dant (ATF 71 II 67 consid. 1; arr�ts 4C.215/1993 du 5 octobre 1993 consid. 3; 5P.63/1989 du 3 juillet 1989 consid. 4). Cette cession doit �tre distingu�e du mandat d'encaissement par lequel le mandataire s'oblige � encaisser une cr�ance que le mandant d�tient contre un tiers d�biteur. Dans un tel cas, le mandataire ne devient pas titulaire de la cr�ance. Il agit d�s lors r�guli�rement en qualit� de repr�sentant du mandant, soit au nom ou pour le compte de celui-ci (PROBST,�
in�Commentaire romand, Code des obligations I, 2�me �d., 2012, n� s 2 et 9 ad art. 164 CO). En revanche, la construction selon laquelle le mandataire serait nanti du seul pouvoir d'encaisser la cr�ance en son propre nom, sans toutefois devenir titulaire de la cr�ance n'est pas licite (ATF 130 III 417 consid. 3.4; 78 II 265 consid. 3.a; arr�ts 5C.243/2002 du 2 juin 2003 consid. 2.3; 4C.226/1992 du 6 mai 1993 consid. 3; cf. aussi ATF 119 II 452 consid. 1 dans lequel le droit du repr�sentant d'agir en son nom a �t� reconnu dans des circonstances sp�ciales; PROBST,�
op. cit., n� 9 ad art. 164 CO).
4.2.2.�La repr�sentation (art. 32 ss CO) permet au repr�sentant de faire des actes juridiques avec un tiers de mani�re � ce que les effets se produisent directement en la personne du repr�sent� (TERCIER/PICHONNAZ, Le droit des obligations, 5�me �d., 2012, n� 381). Il s'ensuit que le repr�sentant n'est pas li� par l'acte accompli. Les effets de la repr�sentation ne naissent que si le repr�sentant a manifest�, express�ment ou tacitement (art. 32 al. 2 CO), sa volont� d'agir au nom d'autrui et s'il dispose du pouvoir de repr�sentation, c'est-�-dire s'il est habilit� � faire na�tre des droits et des obligations directement en faveur et � la charge du repr�sent� (ATF 126 III 59 consid. 1b et les r�f�rences). L'application du principe de la confiance permettra de trancher la question de savoir si le tiers devait inf�rer des circonstances l'existence d'un rapport de repr�sentation (ATF 130 III 633 consid. 2.2.2; 120 II 197 consid. 2b/aa; arr�ts 4A_313/2010 du 3 septembre 2010 consid. 3.4.1; 4C.134/2005 du 13 septembre 2005 consid. 2.2). C'est ainsi que, lorsque le repr�sentant ne s'est pas express�ment fait conna�tre comme tel, l'effet de repr�sentation ne se produit que si le tiers doit savoir, ou �tre � m�me de savoir, que le repr�sentant agit non pas pour lui-m�me mais pour le repr�sent�. Ce qui est d�cisif ce n'est pas la volont� interne effective du repr�sentant d'agir pour une autre personne. Il suffit que le tiers puisse inf�rer du comportement du repr�sentant qu'il existe un rapport de repr�sentation (arr�t 4A_317/2010 du 5 octobre 2010 consid. 3.2.2 et les r�f�rences).
4.2.3.�Appel� � interpr�ter un contrat (art. 18 CO), le juge doit d'abord rechercher la r�elle et commune intention des parties (interpr�tation subjective), le cas �ch�ant empiriquement, sur la base d'indices; si elle aboutit, cette d�marche conduit � une constatation de fait, qui lie le Tribunal f�d�ral (art. 105 al. 1 LTF), � moins qu'elle ne soit manifestement inexacte (art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF), c'est-�-dire arbitraire au sens de l'art. 9 Cst.; cf.�
supra�consid. 2.2). Ce n'est que s'il n'y parvient pas que le juge doit recourir � l'interpr�tation normative (ou objective) du contrat, � savoir rechercher la volont� objective des parties, en d�terminant le sens que, d'apr�s les r�gles de la bonne foi, chacune d'elles pouvait et devait raisonnablement pr�ter aux d�clarations de volont� de l'autre, autrement dit conform�ment au principe de la confiance; il s'agit d'une question de droit, que le Tribunal f�d�ral examine librement (art. 95 LTF; arr�t 4A_447/2015 du 31 mars 2016 consid. 4.2.1 et les r�f�rences, destin� � la publication).
4.3.�En l'esp�ce, la Chambre de surveillance a retenu que la recourante avait sign� " pour accord " la production de cr�ance du 25 septembre 2012 et que l'acte des 21 et 23 septembre 2011 intitul� " r�trocession aux fins de recouvrement " avait �t� conclu peu apr�s que la Cour de justice e�t jug� qu'une production d'une cr�ance c�d�e n'�tait admissible que pour autant que l'identit� de cr�ancier f�t indiqu�. Sur ces �l�ments, elle a �tabli, en fait, la volont� r�elle des parties, soit que, en concluant l'acte pr�cit�, la recourante et la masse en faillite de C.________ ont convenu d'un mandat d'encaissement en faveur de la seconde (art. 394 ss CO); en revanche, la recourante n'avait pas r�troc�d� � la masse en faillite la titularit� de ses cr�ances (art. 164 ss CO). Pour cette raison, en produisant les cr�ances le 25 septembre 2012, la masse en faillite pr�cit�e avait seulement agi en qualit� de repr�sentante de la recourante (art. 32 CO), seule titulaire des cr�ances. En cons�quence, le 17 juin 2015, la recourante n'avait pas produit une cr�ance nouvelle, au sens de l'art. 251 LP.
A titre pr�liminaire, il sied de relever que la recourante ne pr�tend pas (art. 42 al. 2 LTF) que la Chambre de surveillance aurait proc�d� � un examen allant au-del� du contr�le sommaire postul� par l'art. 244 LP (cf.�
supra�consid. 4.1.2). Cette question peut d�s lors demeurer ind�cise.
Pour le reste, la recourante ne s'attaque pas � la motivation de la Chambre de surveillance: elle ne soul�ve pas le grief d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits. Elle n'apporte aucun �l�ment qui permettrait de comprendre les motifs qui l'auraient amen�e � c�der ses cr�ances � la masse en faillite de C.________, ne serait-ce qu'� titre fiduciaire (elle n'�voque d'ailleurs aucun engagement interne sur l'usage que la masse en faillite aurait �t� en droit de faire des cr�ances r�cup�r�es, cf. PROBST,�
op. cit., n� 44 ad art. 164 CO), et d'en perdre ainsi la titularit�. Elle se borne au contraire, dans son grief relatif � l'art. 32 CO, � faire des d�veloppements sur ce que, � son avis, l'office a, ou non, entendu retenir dans ses d�cisions ainsi que, sans la moindre r�f�rence � une norme l�gale ou constitutionnelle, sur la bonne foi de celui-ci. De tels arguments ne sont en rien pertinents pour l'issue de la cause. Peu importe la mani�re dont la Chambre de surveillance a formul� son propos; seul importe les faits qu'elle a retenus. Or, en l'occurrence, elle a retenu l'existence d'un mandat d'encaissement. M�me � supposer que la recourante entende, par cette critique, soulever le grief d'arbitraire, celle-ci ne r�pondrait pas au principe d'all�gation. La recourante ne fait en effet qu'opposer sa propre version des faits � celle de la Chambre de surveillance, sans s'attaquer aux �l�ments d�cisifs de la d�cision. Par ailleurs, m�me si la recourante comptait ainsi se plaindre de la violation de l'art. 5 al. 3 Cst., son grief ne serait pas pertinent: on ne voit pas les assurances que l'office lui aurait donn�es dans ses actes ou les inconstances dont celui-ci aurait fait preuve envers elle (cf. not. arr�t 2C_771/2010 du 22 mars 2011 consid. 2.1 et les r�f�rences).
Son argument selon lequel son retard n'est pas abusif est non seulement sans objet, mais il est aussi irrecevable, en tant qu'il est dirig� contre la d�cision de l'office, qui seul lui a oppos� un tel abus.
En conclusion, le recours est irrecevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis � la charge de la recourante qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Des d�pens ne sont pas dus (art. 68 al.1 LTF).
La recours est irrecevable.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties et � la Chambre de surveillance des Offices des poursuites et faillites de la Cour de justice du canton de Gen�ve.

References: ATF 
 art. 95
in fine
in fine
 ATF 
 art. 251
 art. 251
 art. 244
 art. 164
 ATF 
 art. 164
 art. 164