Source: http://archives-bofip.impots.gouv.fr/bofip-A/g3/g1/g4/25750-AIDA.html
Timestamp: 2018-12-17 09:46:48+00:00

Document:
B.O.I. N° 195 du 11 OCTOBRE 1996 [BOI 3D-4-96 ]
B.O.I. N° 50 du 12 MARS 1996 [BOI 3D-1-96]
B.O.I. N° 83 du 2 MAI 1995 [BOI 3D-6-95 ]
B.O.I. N° 76 du 20 AVRIL 1995 [BOI 3D-5-95 ]
B.O.I. N° 13 du 20 JANVIER 1995 [BOI 3D-2-95]
B.O.I. N° 192 du 7 OCTOBRE 1994 [BOI 3D-6-94]
B.O.I. N° 126 du 30 JUIN 1994 [BOI 3D-5-94]
B.O.I. N° 87 du 4 MAI 1994 [BOI 3D-3-94]
B.O.I. N° 211 du 4 novembre 1992 [BOI 3D-6-92]
B.O.I. N° 137 du 21 juillet 1992 [BOI 3D-5-92]
B.O.I. N° 75 du 15 avril 1992 [BOI 3D-3-92]
B.O.I. N° 234 du 10 décembre 1990 [BOI 3D-7-90]
B.O.I. N° 135 du 18 juillet 1990 [BOI 3D-6-90]
Références du document 3D-1-12
Date du document 09/02/12
N° 13 DU 9 FEVRIER 2012
INSTRUCTION DU 26 JANVIER 2012
ARRÊT N° 330608 DU 23 DECEMBRE 2011
NOR : BCR Z 12 00008 J
T.V.A. : trafic international des biens - échanges intracommunautaires - lieu des acquisitions intracommunautaires - dispositif spécifique dit du « filet de sécurité » (C.G.I., art. 258 C.-II.) - cas d'imposition en France - droit à déduction .
Par un arrêt rendu le 23 décembre 2011, le Conseil d'État a jugé, dans le droit fil de la jurisprudence communautaire 1 que dans le cadre des opérations dites triangulaires, n'ouvre pas immédiatement droit à déduction la T.V.A. ayant grevé une acquisition intracommunautaire dont, en application du mécanisme dit du « filet de sécurité », le lieu d'imposition est réputé se situer, non sur le territoire de l'État membre d'arrivée des biens mais sur celui de l'État membre qui a attribué le numéro d'identification sous lequel l'acquisition a été effectuée.
En effet, non seulement les biens n'ayant pas été réellement introduits dans l'État membre d'attribution du numéro d'identification ils ne sauraient y être utilisés pour les besoins des opérations taxables de l'assujetti concerné mais, en tout état de cause, si elle était autorisée, une telle déduction priverait d'effet utile le mécanisme dit du « filet de sécurité ».
Aussi, en cas d'application de ce dispositif, et afin d'éviter une double imposition, l'assujetti concerné peut-il seulement obtenir une diminution de la base d'imposition retenue par l'État membre d'identification s'il établit que l'acquisition a été effectivement soumise à la T.V.A. dans l'État membre d'arrivée des biens.
D . B. liée : 3 D-155 du 2 novembre 1996 .
C.E. 23 décembre 2011, n° 330608, 3 ème et 8 ème s.-s., Ministre c. / S.A. Subtil France .
D . B. liée : 3 D-155
« […] Considérant qu'il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que la société Subtil France, qui a pour activité le commerce de produits de céramique et de faïence, a acquis en 1997 et 1998 des produits de faïence auprès de la société Faianca Subtil, établie au Portugal, et les a revendus à des clients établis dans des Etats membres de la Communauté européenne autres que le Portugal et la France en les acheminant directement du site de production portugais vers l'État de destination ; qu'elle a soumis ces opérations d'acquisition à la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A.) et a procédé à la déduction de la taxe ainsi acquittée ; qu'à l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1 er janvier 1997 au 31 décembre 1998, l'administration fiscale a remis en cause le droit à déduction de la T.V.A. exercé par la société Subtil France ; que, par un jugement du 10 avril 2006, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de la société tendant à la décharge des rappels de T.V.A. résultant de ces redressements ; que, par un arrêt du 11 juin 2009, contre lequel le Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'État se pourvoit en cassation, la Cour administrative d'appel de Marseille a annulé ce jugement et déchargé la société Subtil France des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1 er janvier 1997 au 31 décembre 1998, ainsi que des pénalités correspondantes ;
Considérant que, par un arrêt du 22 avril 2010, X... van Financiën c./ X et Fiscale eenheid Facet BV (aff. C-536/08 et C-539/08), la Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit que les dispositions de l'article 17, paragraphes 2 et 3, et de l'article 28 ter, A, paragraphe 2, de la sixième directive 77/388/C.E.E. du Conseil du 17 mai 1977 en matière d'harmonisation des législations des États membres relatives aux taxes sur le chiffre d'affaires, doivent être interprétées en ce sens que l'assujetti qui relève de la situation visée au premier alinéa du paragraphe 2 du A de l'article 28 ter n'a pas le droit de déduire immédiatement la T.V.A. ayant grevé en amont une acquisition intracommunautaire ; qu'en effet, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans cet arrêt, d'une part, les biens meubles corporels faisant l'objet d'une acquisition intracommunautaire réputée effectuée dans l'État membre d'identification de l'acquéreur en application du dispositif dit du filet de sécurité prévu par l'article 28 ter, A, paragraphe 2, de la directive 77/388/C.E.E. n'ayant pas été réellement introduits dans cet État membre, ils ne sauraient y être utilisés pour les besoins des opérations taxables de cet assujetti ; que, d'autre part, le régime général de déduction de la taxe prévu à l'article 17 de la directive n'a pas vocation à se substituer au régime spécifique prévu au paragraphe 2 du A de l'article 28 ter de la directive, qui est fondé sur un mécanisme de réduction de base d'imposition permettant de corriger la double imposition ; qu'en outre, le fait d'accorder un droit à déduction dans un tel cas de figure risquerait de porter atteinte à l'effet utile du dispositif du filet de sécurité ainsi prévu et de mettre en péril l'application de la règle de base selon laquelle, s'agissant d'une acquisition intracommunautaire, le lieu d'assujettissement est réputé se situer dans l'État membre d'arrivée de l'expédition ou du transport, à savoir l'État membre de consommation finale, qui est l'objectif du régime transitoire ; qu'il résulte de l'interprétation ainsi donnée par la Cour de justice de l'Union européenne qu'un assujetti qui relève de la situation visée au premier alinéa du II de l'article 258 C du code général des impôts, pris pour la transposition du premier alinéa du paragraphe 2 du A de l'article 28 ter de la directive 77/388/C.E.E., ne saurait bénéficier du régime général de déduction prévu par les dispositions des II et V de l'article 271 du code général des impôts, pris pour la transposition des paragraphes 2 et 3 de l'article 17 de la directive 77/388/C.E.E. ;
Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que la société Subtil France n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1 er janvier 1997 au 31 décembre 1998 ;
Article 1 er : L'arrêt de la Cour administrative d'appel de Marseille du 11 juin 2009 est annulé.
Cette décision confirme la doctrine administrative.
1 C.J.U.E. 22 avril 2010, aff. 536/08 et 539/08, 3 e ch., Staatssecretaris van Financiën c. / X et Fiscale eenheid Facet BV / Facet Trading BV.

References: art. 258
 l'article 17
 l'article 28
 l'article 28
 l'article 28
 l'article 17
 l'article 28
 l'article 258
 l'article 28
 l'article 271
 l'article 17