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Timestamp: 2016-10-27 22:47:05+00:00

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A.a A.________, n� en 1958, et dame A.________, n�e en 1961, se sont mari�s le 4 juin 1997 � Gen�ve, sans conclure de contrat de mariage. Deux enfants sont issus de leur union: B.________, n�e le 24 octobre 1997, et C.________, n�e le 7 juin 1999.
Le mari a travaill� en qualit� de g�rant de fortune aupr�s d'une banque de 1999 jusqu'en f�vrier 2007, date de son licenciement imm�diat en raison d'actes constitutifs de gestion d�loyale et d'abus de confiance, pour un montant d'au moins 2'000'000 fr. Il avait alors le titre de directeur adjoint.
Une instruction p�nale a �t� ouverte, dans le cadre de laquelle une grande partie de la fortune du mari a �t� saisie � titre conservatoire, bien que celui-ci e�t rembours� l'int�gralit� du dommage avant le d�but de la proc�dure p�nale. Celle-ci a abouti � la condamnation de l'int�ress� par arr�t de la Cour correctionnelle du 10 mars 2010, qui n'a pas �t� produit. Il ressort cependant des d�clarations de l'�pouse que le mari a �t� condamn� � une peine privative de libert� de 24 mois avec sursis et que la saisie p�nale conservatoire de ses comptes bancaires a �t� lev�e.
A la suite de son licenciement, le mari a per�u des indemnit�s de ch�mage de l'ordre de 8'000 fr. par mois jusqu'en septembre 2008. Il a indiqu� n'avoir pas retrouv� d'activit� professionnelle � ce jour, la reprise de son activit� de g�rant de fortune n�cessitant l'autorisation de l'Autorit� f�d�rale de surveillance des march�s financiers (FINMA), autorisation qui n'�tait pas acquise vu sa condamnation p�nale. Selon l'�pouse, il a toutefois indiqu� � la Cour correctionnelle, lors de l'audience de jugement du 10 mars 2010, qu'il travaillait comme courtier immobilier en Valais et percevait des commissions � ce titre.
Durant la proc�dure p�nale ouverte � son encontre, le mari a continu� � assumer l'essentiel des charges courantes du m�nage et � verser � l'�pouse une somme mensuelle de l'ordre de 1'100 � 1'200 fr., allocations familiales en sus. Il s'est par ailleurs acquitt� des frais de scolarit� de la cadette des enfants pour l'ann�e scolaire 2009-2010, pour un montant de 11'050 fr., � charge pour l'�pouse de lui en rembourser la moiti�, comme convenu entre eux.
A.b Le 22 avril 2009, l'�pouse a sollicit� des mesures protectrices de l'union conjugale, assorties de mesures pr�provisoires urgentes et de mesures provisionnelles avec mesure d'urgence.
Par ordonnance du 25 mai 2009, le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve a consid�r� que le caract�re d'urgence n'�tait pas r�alis� et a d�s lors rejet� la requ�te de mesures pr�provisoires urgentes.
Le 5 septembre 2009, � la suite d'une violente altercation physique entre les conjoints, l'�pouse a quitt� le domicile conjugal avec ses deux filles. Apr�s avoir v�cu un mois dans l'appartement mis � sa disposition par son fr�re, elle a pris � bail un logement de 4,5 pi�ces pour un loyer de 1'500 fr. par mois, obtenu comme solution de d�pannage gr�ce � des contacts personnels et dot� d'un confort minimum. Le contrat de bail a �t� �tabli pour une dur�e d�termin�e du 1er octobre 2009 au 28 f�vrier 2011, l'immeuble devant subir d'importants travaux.
Selon les �changes de correspondance intervenus en octobre 2009 entre leurs conseils respectifs, les �poux sont convenus que le mari verserait � l'�pouse, d�s le 1er octobre 2009, une somme mensuelle de 6'000 fr. pour l'entretien de la famille, cet accord n'emportant pas renonciation par celle-ci � des pr�tentions �mises en proc�dure de mesures protectrices.
Par jugement sur mesures protectrices du 21 mai 2010, le Tribunal de premi�re instance a, notamment, autoris� les �poux � se constituer des domiciles distincts, attribu� au mari la jouissance exclusive du domicile conjugal, confi� la garde des enfants � la m�re, sous r�serve d'un droit de visite usuel du p�re, condamn� celui-ci � verser � l'�pouse une contribution � l'entretien de la famille d'un montant de 8'500 fr. par mois, allocations familiales ou d'�tudes non comprises, prononc� la s�paration de biens et compens� les d�pens. Les parties ont �t� d�bout�es de toutes autres conclusions.
L'�pouse a appel� de ce jugement. Par arr�t du 30 septembre 2010, la Cour de justice du canton de Gen�ve a, entre autres points, ordonn� la saisie conservatoire, � concurrence de la moiti�, de cinq comptes bancaires dont le mari est titulaire ou ayant droit �conomique (ch. 1), ordonn� la saisie conservatoire des certificats d'actions dont le mari est titulaire, propri�taire ou ayant droit �conomique (ch. 2), dit que ces mesures seront maintenues jusqu'� complet paiement par celui-ci de la cr�ance de participation de l'�pouse, sauf jugement contraire ou accord entre les parties (ch. 3), fix� le montant de la contribution d'entretien � 14'000 fr. par mois d�s le 5 septembre 2009, sous d�duction de la somme de 64'800 fr. d�j� vers�e � ce titre (ch. 4), condamn� l'�pouse � verser � l'�tat de Gen�ve un �molument compl�mentaire de 3'000 fr. (ch. 5), enfin, condamn� le mari � payer les d�pens de premi�re instance et d'appel, y compris l'�molument compl�mentaire de 3'000 fr. mis � la charge de l'�pouse, incluant une indemnit� de proc�dure unique de 12'000 fr. � titre de participation aux honoraires d'avocat de celle-ci (ch. 6). Les parties ont au surplus �t� d�bout�es de toutes autres conclusions (ch. 7).
Par acte du 2 novembre 2010, le mari exerce un recours en mati�re civile contre l'arr�t du 30 septembre 2010. Il conclut � l'annulation des chiffres 1 et 3 (ce dernier, en tant qu'il concerne le chiffre 1) ainsi que des chiffres 4 et 6 du dispositif de cet arr�t, et demande que le montant de la contribution d'entretien soit fix� � 8'500 fr. par mois d�s le 5 septembre 2009, l'intim�e �tant condamn�e en tous les d�pens de la proc�dure tant devant le Tribunal f�d�ral que devant les autorit�s cantonales, d�pens qui comprendront une �quitable indemnit� valant participation aux honoraires d'avocat. Il sollicite pour le surplus la confirmation de l'arr�t entrepris et le rejet de toutes autres ou contraires conclusions prises par l'intim�e.
Par ordonnance du 16 novembre 2010, la Pr�sidente de la cour de c�ans a rejet� la requ�te d'effet suspensif pr�sent�e par le recourant, qui concernait la contribution d'entretien due pour la p�riode du 5 septembre 2009 au 31 octobre 2010.
1.1 Interjet� contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4 p. 395/396) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), dans une contestation de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a, 74 al. 1 let. b LTF), le recours est recevable au regard de ces dispositions. Il a par ailleurs �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale par l'autorit� sup�rieure du canton de Gen�ve (art. 75 LTF).
1.2 La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5 p. 396 et 585 consid. 3.3 p. 587), en sorte que le recourant ne peut se plaindre que de la violation de ses droits constitutionnels. Le Tribunal f�d�ral n'examine un tel grief que s'il a �t� d�ment invoqu� et motiv� (art. 106 al. 2 LTF), � savoir expos� de mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2 p. 88 et les arr�ts cit�s). Lorsque le recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� de recours dispose d'une libre cognition; il ne saurait se contenter d'opposer son opinion � celle de la juridiction pr�c�dente, mais doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une application du droit manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351/352 et les arr�ts cit�s). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591/592).
1.3 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Dans l'hypoth�se d'un recours soumis � l'art. 98 LTF, le recourant ne peut obtenir la rectification ou le compl�tement des constatations de fait de l'arr�t cantonal que s'il d�montre la violation de droits constitutionnels par l'autorit� pr�c�dente (ATF 133 III 393 consid. 7.1 p. 398 et 585 consid. 4.1 p. 588).
Dans le domaine de l'appr�ciation des preuves et de la constatation des faits, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv�, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re � l'autorit� cantonale (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 118 Ia 28 consid. 1b p. 30 et les r�f�rences cit�es). Il n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans motifs objectifs de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9); encore faut-il que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 in fine LTF). Cette retenue est d'autant plus grande lorsque le juge n'examine la cause que d'une mani�re sommaire et provisoire (ATF 130 III 321 consid. 3.3 p. 325 et les r�f�rences cit�es). Ainsi en va-t-il dans le domaine des mesures protectrices de l'union conjugale, qui sont ordonn�es � la suite d'une proc�dure sommaire, avec administration restreinte des moyens de preuve et limitation du degr� de la preuve � la simple vraisemblance (ATF 127 III 474 consid. 2b/bb p. 478 et les r�f�rences cit�es).
Le recourant se plaint de la violation de son droit d'�tre entendu, respectivement du principe de la maxime inquisitoire. Il reproche � l'autorit� cantonale de s'�tre fond�e, pour d�terminer le montant de sa fortune, sur un motif nouveau, soit sur l'�volution de l'indice boursier SMI (Swiss Market Index ou Index du march� suisse) - et non sur les pi�ces produites par lui -, sans l'interpeller pour lui donner la possibilit� de fournir des �l�ments compl�mentaires.
2.1 Il ressort de l'arr�t attaqu� que, par ordonnance pr�paratoire du 4 d�cembre 2009, le Tribunal de premi�re instance a fix� au mari un d�lai au 22 d�cembre suivant pour compl�ter son charg� de pi�ces en produisant, pour les ann�es 2007 � 2009, les documents sollicit�s par l'�pouse, ceux d�j� fournis ne permettant pas de d�terminer sa situation patrimoniale. L'autorit� cantonale a en outre constat� que le mari n'avait fourni qu'une partie des documents requis. Tenant compte de son manque de collaboration dans l'�tablissement de sa situation financi�re (art. 170 CC), elle a d�s lors proc�d� par appr�ciation des �l�ments dont elle disposait, comparant notamment l'�volution de sa fortune avec celle du SMI. Vu en outre les all�gations du recourant jug�es pour le moins douteuses, non document�es et non expliqu�es, elle est parvenue � la conclusion qu'il n'�tait pas vraisemblable que sa fortune ait diminu� autant qu'il le pr�tendait, � savoir de 75% en 2008 et d'environ 57% entre le 31 d�cembre 2007 et le 31 d�cembre 2009.
2.2 D�s lors que le recourant s'est vu ordonner, le 4 d�cembre 2009, de compl�ter son charg� de pi�ces et compte tenu de son manque de collaboration sur ce point, il ne saurait reprocher � l'autorit� cantonale de ne pas lui avoir donn� la possibilit� de fournir des explications ou des preuves compl�mentaires. Au demeurant, contrairement � ce qu'il pr�tend, les juges pr�c�dents ne se sont pas fond�s sur un motif juridique impr�visible (sur cette notion: ATF 130 III 35 consid. 5 p. 39; 128 V 272 consid. 5b/bb p. 278; 126 I 19 consid. 2c p. 22 et les arr�ts cit�s), mais ont cherch� � d�terminer sa situation financi�re r�elle sur la base du dossier en tenant compte, de surcro�t, de l'ensemble des circonstances, en particulier de l'�volution des march�s boursiers. Par ailleurs, m�me lorsque la maxime inquisitoire est applicable, les parties doivent collaborer � la proc�dure et indiquer leurs moyens de preuve en temps utile (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 413), le comportement de l'�poux qui, comme ici, viole le devoir qui lui est impos� par l'art. 170 CC pouvant avoir pour cons�quence de convaincre l'autorit� judiciaire de la fausset� compl�te ou partielle de ses all�gations (ATF 118 II 27 consid. 3 p. 28/29; arr�t 5A_783/2010 du 8 avril 2011, consid. 6.1).
Il n'y a donc ni violation du droit d'�tre entendu, ni application arbitraire de la maxime inquisitoire.
Le recourant reproche � l'autorit� pr�c�dente d'avoir retenu que sa fortune mobili�re s'�levait � 10'100'000 fr., alors que, selon ses relev�s bancaires, elle est pass�e de 17'115'980 fr. � fin 2007 � 4'333'755 fr. � fin 2008, soit une baisse de 74,68%, puis a augment� � 7'204'656 fr. � fin 2009. Il expose en substance que la Cour de justice s'est arbitrairement �cart�e des pi�ces produites au profit de la comparaison entre la variation de son patrimoine mobilier et celle du SMI, celui-ci n'�tant qu'un indicateur de l'�tat du march� boursier suisse sans en �tre le reflet fid�le; au demeurant, il ne d�tiendrait pratiquement que des titres de soci�t�s europ�ennes et nord-am�ricaines, de sorte que cet indice ne serait pas pertinent. La moins-value enregistr�e en 2008 a, selon lui, �t� accrue pour les clients qui, comme lui, �taient au b�n�fice de cr�dits lombards, les banques ayant exig� qu'ils vendent leurs titres � un moment peu favorable, donc � perte. De plus, en 2008, sa fortune mobili�re aurait de toute mani�re subi une baisse en raison de la variation du taux de change. Enfin, comme il n'a pas pu disposer de ses titres d'avril 2007 � mars 2010, vu la saisie conservatoire p�nale dont ceux-ci faisaient l'objet, la cour cantonale ne pouvait sous-entendre qu'il aurait volontairement diminu� l'ampleur de ses portefeuilles en dissimulant ou en ne d�clarant pas fiscalement les produits de leur vente.
Toujours selon le recourant, le calcul effectu� par la cour cantonale pour d�terminer sa fortune mobili�re serait en outre lacunaire car cette juridiction n'a pas pris en consid�ration le fait qu'il a d� puiser dans sa fortune pour subvenir � l'entretien de sa famille depuis son licenciement, alors m�me qu'elle a admis � ce titre un montant de l'ordre de 200'000 fr. pour l'ann�e 2008. Il affirme en outre que cette somme a d� �tre augment�e d�s la fin de son droit � des indemnit�s de ch�mage, � tout le moins jusqu'� la mise en location de l'appartement conjugal en mai 2010. Le calcul de la Cour de justice ferait en outre abstraction de deux virements intervenus en 2009, � savoir un transfert de 800'000 fr. � son p�re et le �remboursement� d'un montant de USD 261'570.18.
3.1 Selon l'autorit� cantonale, il r�sulte des d�clarations fiscales du mari pour les ann�es 2007, 2008 et 2009 que sa fortune brute mobili�re est pass�e de 17'115'980 fr. au 31 d�cembre 2007 � 4'333'755 fr. au 31 d�cembre 2008, puis � 7'204'656 fr. au 31 d�cembre 2009. L'int�ress� explique en substance les variations de sa fortune par la chute, puis la reprise des march�s financiers; il indique aussi avoir d� rembourser un montant de plus de 3'000'000 fr. � son ancien employeur et avoir d� puiser dans sa fortune pour subvenir � l'entretien de sa famille. Ses explications ne sont toutefois pas convaincantes. En effet, entre le 1er janvier 2006 et le 31 d�cembre 2007, le SMI (indice sur lequel l'int�ress� se base lui-m�me pour expliquer aux autorit�s fiscales l'augmentation de sa fortune en 2005) a progress�, au plus, d'environ 25%, sa variation moyenne durant cette p�riode �tant de l'ordre de 12%; il convient d�s lors de relever la performance spectaculaire de la fortune du mari, qui aurait connu, selon ses dires, une progression de l'ordre de 130% durant cette m�me p�riode. Par ailleurs, ce dernier pr�tend que ses avoirs ont diminu� de 75% au cours de l'ann�e 2008 et d'environ 57% entre le 31 d�cembre 2007 et le 31 d�cembre 2008, sans toutefois d�montrer quelles op�rations seraient � l'origine de ce revers de fortune; or, celui-ci ne saurait s'expliquer uniquement par la baisse du march� des actions, �valu�e entre 35% et 50% en 2008 selon la Banque cantonale de Gen�ve et, pour le march� des actions suisses, � 25,5% entre le 1er janvier 2008 et le 6 ao�t 2010.
Estimant que le mari n'a pas rendu cr�dible la diminution de sa fortune et que ses d�clarations fiscales, qui comportent des lacunes et des incoh�rences, ne peuvent servir de base � cet �gard, la cour cantonale retient, en se fondant sur l'�volution du SMI entre le 1er janvier 2008 et le 6 ao�t 2010 (de l'ordre de moins 25%), que sa fortune mobili�re brute s'�l�ve, � tout le moins, � 12'836'985 fr. (17'115'980 fr. - [25/100 x 17'115'980 fr.]) et, apr�s d�duction de ses dettes chirographaires envers les banques, � 10'120'877 fr. (12'836'985 fr. - 2'716'197 fr.), soit un montant de 10'100'000 fr. en arrondissant. De surcro�t, voudrait-on se baser sur les d�clarations fiscales du mari et les pi�ces produites par les parties, en d�pit de leurs lacunes et de leurs incoh�rences, il conviendrait de retenir, � tout le moins, une fortune nette d'environ 7'700'000 fr.
3.2 La Cour de justice a constat� que le recourant n'avait fourni qu'une partie des documents requis, que ses explications �taient pour le moins douteuses, non document�es et non expliqu�es, et qu'on ne pouvait se fonder sur ses d�clarations fiscales, une proc�dure de redressement �tant au demeurant en cours contre lui pour des arri�r�s d'imp�ts �valu�s � pr�s de 1'000'000 fr. Dans ces conditions, cette juridiction pouvait a priori consid�rer sans arbitraire, � ce stade de la proc�dure (cf. supra, consid. 1.3 in fine), qu'il y avait lieu de s'�carter des pi�ces produites par l'int�ress�, jug�es lacunaires et incoh�rentes (art. 170 CC; cf. supra, consid. 2.2).
Quoi qu'il en soit, le point de savoir si la fortune du mari s'�l�ve � 10'100'000 fr. ou, � tout le moins, � 7'700'000 fr., comme le retient l'arr�t attaqu�, ou encore � 7'204'656 fr. au 31 d�cembre 2009, ainsi qu'il r�sulte de la d�claration fiscale de l'int�ress�, peut rester ind�cis, quand bien m�me l'autorit� cantonale a tenu compte du rendement de ladite fortune pour calculer le revenu du d�birentier. En effet, m�me si celui-ci se voit contraint de puiser momentan�ment, et dans une mesure relativement limit�e, dans son importante fortune pour assurer � sa famille, pendant la proc�dure de mesures protectrices, la m�me position �conomique et sociale que durant la vie commune, cette situation n'appara�t pas insoutenable, d'autant que le recourant s'est mis lui-m�me, vu les infractions p�nales commises, dans l'impossibilit� temporaire de retirer de son activit� professionnelle un revenu comparable � celui qui �tait le sien lorsqu'il exer�ait comme g�rant de fortune et directeur adjoint d'une banque. Or, comme il sera expos� ci-apr�s, l'autorit� cantonale ne peut se voir reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire s'agissant de la d�termination du niveau de vie ant�rieur des �poux (cf. infra, consid. 5). Dans ces conditions, rien ne s'oppose � ce que le mari utilise non seulement le revenu, mais aussi la substance de sa fortune, la loi pla�ant elle-m�me les deux crit�res sur un pied d'�galit� (arr�t 5A_14/2008 du 28 mai 2008, consid. 5; 5P.345/2005 du 23 d�cembre 2005, consid. 4.2.3; ATF 129 III 7 consid. 3.1.2 p. 9/19; SUTTER/FREIBURGHAUS, Kommentar zum neuen Scheidungsrecht, 1999, n. 54 ad art. 125 CC).
Le recourant s'en prend aussi au revenu de sa fortune mobili�re. Il expose que celui-ci n'est pas de 21'000 fr. par mois, comme l'a retenu arbitrairement la cour cantonale sur la base d'un rendement th�orique moyen de 2,5%, mais de 5'115 fr. par mois, ainsi qu'il r�sulte de ses pi�ces bancaires et de ses d�clarations fiscales.
4.1 Selon l'arr�t attaqu�, le taux de rendement de 1,01% en 2009 all�gu� par le mari n'appara�t pas cr�dible. A le suivre, les cr�dits lombards de pr�s de 3'000'000 fr. obtenus aupr�s des banques ne lui procureraient, au final, qu'un rendement net inf�rieur � celui dont il pourrait b�n�ficier en investissant ses avoirs dans des placement tr�s s�rs, comme les obligations de la Conf�d�ration, qui offrent un rendement de l'ordre de 1,25%. De plus, en 2009, le rendement annuel moyen des obligations en Suisse s'�levait � 1,97%. D�s lors que le mari est un g�rant de fortune professionnel exp�riment� et performant - comme l'atteste la progression de sa fortune mobili�re, d'environ 6'000'000 fr. � plus de 17'000'000 fr. -, il convient d'appliquer un taux de rendement moyen de 2,5% pour tenir compte de la gestion effectu�e par l'int�ress�, gestion qui ne se limite vraisemblablement pas � des investissements dans des obligations suisses.
4.2 Le recourant, qui ne s'en prend pas � cette motivation, n'�tablit pas en quoi l'opinion des juges pr�c�dents serait insoutenable. Se r�f�rant � ses d�clarations fiscales, il soutient qu'il a effectivement retir� de sa fortune mobili�re, pour les ann�es 2008 et 2009, un revenu net moyen de 5'115 fr. par mois. Il convient � cet �gard de relever qu'il n'appartient pas au Tribunal f�d�ral de proc�der une nouvelle fois � l'appr�ciation des preuves administr�es, mais � la partie recourante d'�tablir en quoi celle op�r�e par l'autorit� cantonale serait manifestement inexacte ou incompl�te, ou en quoi les faits constat�s auraient �t� �tablis au m�pris des r�gles de proc�dure (arr�ts 9C_246/2009 du 14 juillet 2009, consid. 3.1; 5A_495/2008 du 30 octobre 2008, consid. 2.2). Quoi qu'il en soit, les pi�ces sur lesquelles il se fonde ont �t� �cart�es par la Cour de justice au motif qu'elles n'�taient pas cr�dibles, sans qu'on puisse lui reprocher d'avoir fait preuve d'arbitraire � ce sujet. Au demeurant, comme il a �t� expos� ci-dessus (cf. supra, consid. 3.2), il est en l'occurrence admissible d'obliger le recourant � utiliser non seulement le rendement, mais aussi la substance de sa fortune pour assurer � sa famille le m�me train de vie que durant la vie commune. La question n'appara�t donc pas d�cisive. Pour autant qu'il soit recevable (art. 106 al. 2 LTF), le grief est par cons�quent infond�.
Invoquant l'application arbitraire des art. 163 et 176 al. 1 CC, le recourant reproche � l'autorit� cantonale d'avoir fix� la contribution d'entretien � 14'000 fr. par mois d�s le 5 septembre 2009 alors que le train de vie ant�rieur des parties n'a �t� ni all�gu�, ni �tabli.
5.1 D'apr�s l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution p�cuniaire � verser par l'une des parties � l'autre en application des principes d�gag�s par la jurisprudence � propos de l'art. 163 al. 1 CC. Tant que dure le mariage, les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facult�s, aux frais suppl�mentaires engendr�s par l'existence parall�le de deux m�nages. Chaque �poux a le droit de participer de mani�re identique au train de vie ant�rieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa p. 318; cf. aussi: ATF 132 III 593 consid. 3.2 p. 594), la fixation de la contribution d'entretien ne devant pas anticiper sur la liquidation du r�gime matrimonial. En cas de situation financi�re favorable, il convient ainsi de se fonder sur les d�penses indispensables au maintien du niveau de vie durant la vie commune, qui constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 2b p. 100; 118 II 376 consid. 20b p. 378). Le montant de la contribution d'entretien se d�termine en fonction des facult�s et des besoins respectifs des �poux. Lorsque les revenus de ceux-ci ne suffisent pas � assurer le maintien de leurs conditions de vie ant�rieures, la substance de leur fortune peut, le cas �ch�ant, �tre prise en consid�ration (ATF 130 III 537). En tant que des enfants mineurs sont concern�s, le juge ordonne les mesures n�cessaires d'apr�s les dispositions sur les effets de la filiation (art. 176 al. 3 CC). Selon l'art. 285 al. 1 CC, la contribution d'entretien doit correspondre aux besoins de l'enfant ainsi qu'� la situation et aux ressources des p�re et m�re, compte tenu de la fortune et des revenus de l'enfant ainsi que de la participation de celui des parents qui n'a pas la garde de l'enfant � la prise en charge de ce dernier.
Il incombe au cr�ancier de la contribution de pr�ciser les d�penses n�cessaires � son train de vie et de les rendre vraisemblables (ATF 115 II 424 consid. 2 p. 425). D�s lors que la contribution d'entretien doit �galement couvrir les besoins d'enfants mineurs, la maxime inquisitoire est applicable (art. 176 al. 3 et 280 al. 2 CC), imposant au juge d'�claircir les faits et de prendre en consid�ration d'office tous les �l�ments qui peuvent �tre importants pour rendre une d�cision conforme � l'int�r�t de l'enfant, m�me si ce sont les parties qui, en premier lieu, doivent lui soumettre les faits d�terminants et les offres de preuve (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1 p. 412 ss et les citations).
5.2 Selon l'arr�t attaqu�, il est possible que les parties soient progressivement amen�es � restreindre leur niveau de vie ant�rieur. En proc�dure de mesures protectrices de l'union conjugale, l'�pouse et les enfants ne doivent cependant pas �tre r�duits � leur minimum vital, mais peuvent au contraire pr�tendre au maintien d'un train de vie confortable, proche de celui qui �tait le leur durant la vie commune. Or, la famille vivait dans un appartement en attique de 300 m2 au centre de Gen�ve et leurs deux filles �taient, jusqu'� l'ann�e derni�re, scolaris�es en �cole priv�e, l'une d'elles l'�tant encore actuellement. De plus, si le budget mensuel pr�sent� par l'�pouse est de 9'425 fr. 25, il se limite pour l'essentiel aux d�penses concernant l'�cole, les activit�s des enfants, le loyer et les charges de base du droit des poursuites. Or, vu la situation favorable du couple, le minimum vital LP est cependant manifestement inf�rieur aux conditions de vie de la famille pendant la vie commune. Pour la juridiction pr�c�dente, les charges admissibles de l'�pouse - incluant un loyer de 1'500 fr. - peuvent �tre arr�t�es � 7'372 fr. Il convient toutefois de tenir encore compte du fait qu'elle devra prochainement d�m�nager, car elle ne b�n�ficie actuellement que d'un appartement provisoire dot� d'un confort minimum. �tant donn� la p�nurie de logement et le standing de l'ancien domicile conjugal (actuellement lou� pour 11'500 fr.), il y a lieu de prendre en consid�ration un loyer de 4'500 fr. Les charges de l'�pouse doivent ainsi �tre �valu�es � 10'500 fr., sans compter les imp�ts, de l'ordre de 2'000 fr. par mois.
De l'avis de l'autorit� cantonale, le montant de 8'500 fr. allou� par le Tribunal de premi�re instance appara�t ainsi insuffisant. Le revenu mensuel du mari, de 22'500 fr. jusqu'au 30 avril 2010, �tant de 29'494 fr. depuis le 1er mai 2010, la contribution � l'entretien de la famille doit �tre fix�e � 14'000 fr. par mois.
5.3 Contrairement � ce que pr�tend le recourant, les juges pr�c�dents disposaient ainsi, au stade des mesures protectrices, de suffisamment d'�l�ments pour �valuer le niveau de vie ant�rieur de la famille. Du reste, le recourant n'explique pas, ni par cons�quent ne d�montre, dans quelle mesure la contribution d'entretien fix�e par appr�ciation � 14'000 fr. par mois permettrait � l'�pouse et aux enfants de b�n�ficier d'un train de vie sup�rieur � celui qu'il leur assurait avant la s�paration des parties. En tant qu'il pr�tend que son revenu effectif serait de 6'365 fr., puis de 12'359 fr. depuis le 1er mai 2010, il s'�carte des constatations de fait de l'autorit� cantonale, sans avoir �tabli d'arbitraire � ce sujet. Il en va de m�me lorsqu'il soutient que l'�pouse dispose, apr�s paiement de ses charges, d'un solde de 7'000 fr., tandis que lui-m�me est contraint d'entamer la substance de sa fortune pour verser la contribution d'entretien et faire face � ses propres d�penses. Autant qu'elle est recevable (art. 106 al. 2 LTF), la critique est par cons�quent infond�e.
Selon le recourant, la Cour de justice aurait �galement consid�r� de mani�re arbitraire que le blocage de la moiti� de ses avoirs bancaires et la saisie conservatoire de ses certificats d'actions �taient justifi�s par la mise en danger de la cr�ance de l'intim�e dans la liquidation du r�gime matrimonial.
6.1 L'art. 178 CC pr�voit que le juge peut, � la requ�te de l'un des �poux, restreindre le pouvoir de l'autre de disposer de certains de ses biens sans le consentement de son conjoint et ordonner les mesures de s�ret� appropri�es. Cette disposition tend � �viter qu'un �poux, en proc�dant � des actes de disposition volontaires, se mette dans l'impossibilit� de faire face � ses obligations p�cuniaires envers son conjoint, que celles-ci d�coulent des effets g�n�raux du mariage (devoir d'entretien, pr�tention de l'�poux au foyer) ou du r�gime matrimonial (acquittement de r�compenses, participation aux acqu�ts; ATF 120 III 67 consid. 2a p. 69). A titre de mesure de s�ret� (art. 178 al. 2 CC), le juge peut notamment ordonner le blocage des avoirs bancaires (arr�t 5A_852/2010 du 28 mars 2011, consid. 3.2 et les r�f�rences). L'�poux qui demande de telles mesures de s�ret� doit rendre vraisemblable, sur le vu d'indices objectifs, l'existence d'une mise en danger s�rieuse et actuelle (ATF 118 II 378 consid. 3b p. 381 et les citations).
6.2 En l'esp�ce, le recourant ne d�montre pas que l'autorit� cantonale aurait arbitrairement appliqu� l'art. 178 CC. En particulier, il ne suffit pas d'affirmer que, contrairement � l'opinion des juges pr�c�dents, les relev�s bancaires qu'il a produits leur permettaient parfaitement d'�tre renseign�s sur sa fortune, de sorte qu'il n'a pas failli � son devoir de renseigner selon l'art. 170 CC, et qu'au demeurant, il aurait appartenu � la Cour de justice de l'interpeller tant en vertu du droit d'�tre entendu que de la maxime inquisitoire: autant qu'elles sont suffisamment motiv�es, ces all�gations, d�j� formul�es par le recourant dans un autre contexte, ont en effet �t� rejet�es (cf. supra, consid. 2.2). Il ressort en outre de l'arr�t d�f�r� que la fortune mobili�re brute du mari est pass�e, selon lui, d'un montant de l'ordre de 17 millions au 31 d�cembre 2007 � environ 7 millions au 31 d�cembre 2009, sans qu'il ne fournisse d'explications satisfaisantes ni de pi�ces pour expliquer cette diff�rence. Dans la mesure o� le recourant n'a pas �tabli que l'arr�t cantonal serait insoutenable sur ce point, son argumentation tombe d�s lors � faux.
En consid�rant qu'il convenait de prononcer les mesures de blocage sollicit�es par l'�pouse, d�s lors que celle-ci avait rendu vraisemblable que le mari tentait de dissimuler ses biens afin de se soustraire � ses obligations, la Cour de justice ne saurait ainsi se voir reprocher d'avoir arbitrairement appliqu� l'art. 178 CC. Certes, les mesures de s�ret� ordonn�es en application de cette disposition doivent respecter le principe de proportionnalit� et ne pas d�passer ce qui est n�cessaire pour atteindre l'objectif vis� par la loi, qui est notamment d'assurer l'ex�cution d'une obligation p�cuniaire r�sultant de la liquidation du r�gime matrimonial (ATF 118 II 378 pr�cit�). Il convient �galement de tenir compte de l'int�r�t de chacun des �poux (SP�HLER, Berner Kommentar, Erg�nzungsband, n. 367 ad art. 145 CC). Les mesures ordonn�es peuvent, mais ne doivent pas n�cessairement, comprendre l'essentiel des biens d'un �poux. Leur but est de maintenir la situation �conomique de la communaut� matrimoniale (arr�t 5P.52/1994 du 5 avril 1994, consid. 2; HASENB�HLER/OPEL, Basler Kommentar, 3e �d., n. 4 ad art. 178 CC; HAUSHEER/REUSSER/GEISER, Kommentar zum Eherecht, n. 9 ad art. 178 CC). Le recourant affirme que la cr�ance matrimoniale de l'intim�e �tait d�j� garantie par la mesure de blocage portant sur l'appartement conjugal, mesure qui, selon lui, vient d'�tre confirm�e par une restriction du droit d'ali�ner selon une ordonnance du 14 septembre 2010, contre laquelle il n'entend pas interjeter appel; � cela s'ajoute qu'il est nu-propri�taire, avec sa soeur, d'une maison familiale sise � Fribourg, cet �l�ment de patrimoine pouvant �galement constituer une garantie pour l'intim�e. Il soutient en outre que le blocage de la moiti� de ses avoirs bancaires va r�duire sensiblement les revenus qu'il pourrait tirer de leur gestion et donc la possibilit� de s'acquitter de la contribution d'entretien. De nature appellatoire, ces all�gations ne permettent pas de consid�rer que l'injonction litigieuse serait insoutenable, �tant pr�cis� que l'arbitraire ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution serait concevable ou m�me pr�f�rable (ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.; 134 I 140 consid. 5.4 p. 148, 263 consid. 3.1 p. 265/266). Au demeurant, il convient de rappeler que l'�poux concern� peut toujours disposer des biens vis�s par la mesure avec l'accord de son conjoint (HAUSHEER/REUSSER/GEISER, op. cit., loc. cit.; HASENB�HLER/OPEL, op. cit., n. 19 ad art. 178 CC).
En conclusion, le recours se r�v�le mal fond� et doit d�s lors �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Le recourant, qui succombe, supportera par cons�quent les frais de la pr�sente proc�dure (art. 66 al. 1 LTF). L'intim�e, qui s'est prononc�e sur la requ�te d'effet suspensif, concluant � son rejet, a droit � des d�pens de ce chef (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: ATF 
in fine
 ATF 
in fine
 ATF 
 art. 125
 art. 163
 ATF 
 ATF 
 art. 145
 art. 178
 art. 178
 art. 178