Source: http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2008/12/
Timestamp: 2017-08-20 03:51:46+00:00

Document:
Pour une école libre au Québec: 12/01/2008 - 01/01/2009
Cauchemar soviétique ?
Contre un cours superficiel et relativiste obligatoire.
Deux lettres ouvertures envoyées à la Tribune de Sherbrooke :
Je n'arrive pas à croire ici, au Québec, à l'expulsion prochaine d'élèves du secondaire qui boycottent le cours d'éthique et de culture religieuse. Où est l'éthique dans ça? J'ai l'impression d'être en plein cauchemar.
Collectivement nous sommes en train de commettre les mêmes erreurs que celles des systèmes politiques qui n'étaient basés que sur l'État et la coercition, notamment l'Union soviétique. Le gouvernement, les commissions scolaires et les écoles doivent prendre une pause, se remettre en question et arrêter tout le processus qui entoure ce cours.
Ils doivent redevenir les mandataires de l'éducation et non ses seigneurs et maîtres absolus. Ils doivent reconnaître qu'ultimement la responsabilité de l'éducation incombe aux parents. Il faut qu'ils agissent avant qu'il ne soit trop tard, car le cours d'éthique et de culture religieuse et tout ce qui l'entoure nous plongent dans un cauchemar collectif à vitesse grand V.
Éric Fontaine, Sherbrooke
Je suis contre ce cours qui survole sept religions et contre le fait que le gouvernement l'impose aux enfants. Ces sept religions que le gouvernement impose dans nos écoles du primaire sont inadaptées parce qu'à cet âge, les enfants sont beaucoup trop jeunes pour savoir ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Ce cours pourrait les perturber et les faire douter de leur propre religion. Plus important encore, il pourrait même leur faire oublier qui est leur Dieu et Sauveur.
Sonia Morneau, Sherbrooke
Libellés : contrainte, cours, État, éthique, Québec, religion
ECR : analyse d'un programme multiculturaliste et pluraliste normatif
Quelques extraits d'une analyse du programme d'éthique et culture religieuse par Charles-Philippe Courtois, docteur en histoire (UQAM) et en sciences politiques (Paris), parue dans l'ouvrage collectif Contre la réforme pédagogique, VLB éditeur. M. Courtois adopte une critique nationaliste et laïque (républicaine ou fermée qui cherche à rejeter la transmission de la religion hors de l'école). Nous ne souscrivons pas à toutes ses analyses, mais nous pensons qu'elles valent la peine d'être diffusées. Les intertitres sont de nous.
Programme évalué par la capacité à « s'ouvrir à l'autre »
Car c'est bien là que le bât blesse. la « culture religieuse » proposée ne s'enseignera pas dans un cursus où l'élève sera évalué sur la base de ses connaissances. Non, on ne mesurera pas, dans l'évaluation de ce cours, s'il peut expliquer sommairement les principales caractéristiques de chacune des grandes religions et leur histoire. Il sera évalué en fonction de ses « compétences ». En l'occurrence, le cours combinant « éthique » et « culture religieuse », le volet de culture religieuse sera évalué en fonction d'une seule compétence :« pratiquer le dialogue ». Et ce, tout au long du cursus, durant onze années ! Au fond, on se fiche bien de savoir si l'élève a appris l'histoire de Mahomet ou de Bouddha. Ce qu'on cherche, c'est d'évaluer sa capacité d'« ouverture à l'autre », d'acceptation de la diversité religieuse, car c'est bien cela que mesure la compétence « pratiquer le dialogue ».
Au surplus, le fait de combiner la culture religieuse à l'enseignement moral entraîne un effet d'amalgame : la morale et la religion sont liées [c'est un laïque qui écrit], et la morale et ce que d'aucuns nomment l'« hyper-tolérance » se voient confondues.
L'évaluation par compétence peut donc être particulièrement insidieuse, non seulement parce qu'elle rend secondaire l'accès aux connaissances de base, mais aussi parce qu'elle permet facilement d'accorder la première place au conditionnement idéologique dans le processus d'évaluation. Constatation qui ne manque pas de piquant, lorsqu'on songe que les défenseurs de la nouvelle pédagogie n'en finissent plus de se distancier des modèles classiques de l'école, soit catholique, soit républicain, en critiquant non seulement les idéologies véhiculées par ceux-ci, mais, prétendument, le fait même de favoriser soit le catholicisme, soit le patriotisme.
Le bourrage de crâne sera particulièrement intensif
Comme ce cours sera obligatoire de la première année du primaire à la dernière année du secondaire, le bourrage de crâne sera particulièrement intensif.
George Leroux détournerait la laïcité au profit du pluralisme
Ainsi, Leroux avance que la laïcité au Québec peut (lire: doit) s'ouvrir à ;la diversité selon des « modalités inédites de respect du pluralisme », telles qu'elles n'existent nulle part ailleurs (p. 11. [du livre de George Leroux, véritable apologie du cours d'ECR : Éthique, culture religieuse, dialogue, Fides, 2007])
Déjà, on saisit bien que la laïcité [républicaine à la française] telle qu'on la connaît n'est donc pas au programme. Une nouvelle définition de l'égalité, poursuit-il, s'est affirmée depuis les années 1960. De fait, cet énoncé semble suffire, dans le petit essai de Leroux, à justifier l'implantation du cours d'ECR.
Le respect multiculturel élevé en Bien fondamental démocratique
Leroux va même plus loin dans le passage suivant : « [c]omment cultiver ce respect, qui est la vertu fondamentale de la démocratie, sans soutenir la connaissance de l'autre et sans valoriser la différence ?» (c'est moi qui souligne, p. 12)
Pourquoi la vertu fondamentale de la démocratie, qui est, après tout, en premier lieu un régime où le peuple est souverain, est-elle définie par une interprétation multiculturaliste de l'égalité et des droits de l'homme ? En cela, l'argumentaire n'est pas loin de reposer sur un argument d'autorité : le Bien étant défini, il ne reste plus qu'à le faire appliquer. Les adversaires défendant du coup le Mal, il n'y a pas lieu de prendre en compte leur point de vue ou leurs arguments. En somme, le pluralisme apparaît comme un nouveau commandement, inscrit au premier rang de la nouvelle table des lois que voudraient nous imposer les clercs de la religion politiquement correcte.
Un nouveau premier commandement : la pluralité est une richesse
Les citations suivantes illustrent bien qu'il s'agit en effet d'un commandement : l'élève, explique Leroux, « doit être amené à déduire que la pluralité n'est pas un obstacle à surmonter [d'où la nécessité alors paradoxale d'imposer ce cours], mais une richesse à connaître et à intégrer dans sa vision du monde ». Non seulement il s'agit d'un commandement, mais il prime sur tous les autres, y compris sur les objectifs de la formation scolaire. Car « [c]e cadre [l'école] doit intégrer la connaissance de l'autre dans toutes les composantes de sa culture, et au premier rang de ses valeurs et de ses croyances, qu'elles soient ou non religieuses » (p. 17)
Volonté de contrôle idéologique tendancieux
Georges Leroux ajoute même que « faire passer chaque jeune de la constatation du pluralisme à la valorisation du pluralisme normatif » (pp. 13-14) devient carrément la « mission » de l'école. Affirmation qui exprime assez crûment une volonté de contrôle idéologique tendancieux. La pluralisme devient le principe d'éducation de la jeunesse québécoise (p. 40).
Étrange définition de l'intégration : intégrer le Québec au multiculturalisme
Voyons en effet comme [George Leroux] définit l'intégration : « Chacun entrera dans l'école comme dans une société où les identités sont à la fois communes et multiples : communes d'abord, dans la mesure où l'école [d'État] assume le mandat collectif de l'éducation publique et a pour mission de transmettre les valeurs fondamentales de la démocratie, mais aussi différentes, puisque chacun appartient à un monde qui varie selon ses origines, ses croyances, sa culture » (p. 15).
En d'autres mots [pour Leroux], l'école québécoise ne doit plus intégrer les enfants à la culture québécoise [...] Elle doit au contraire intégrer le Québec à la diversité culturelle du multiculturalisme ou du pluralisme, selon l'expression préférée...
Conséquences du métissage actuel du Québec imprévisibles, il faut juste s'ouvrir
Car personne ne peut prévoir où mènera le métissage au Québec « sur le plan des croyances, des pratiques, du métissage des identités et des cultures. » (p. 17), mais l'école doit travailler à ce que ce mélange se fasse le plus harmonieusement possible en s'ouvrant aux valeurs et aux croyances de l'autre, ce qui permettra une pleine sécularisation et laïcisation. Aucun autre objectif d'intégration n'est au programme que la fameuse « ouverture à l'autre », véritable lieu commun qu'ânonnent en chœur les nouveaux clercs de l'orthodoxie bien pensante.
Le pluralisme, le nouvel opium des intellectuels
En ce sens, on peut en effet dire que le pluralisme s'impose désormais sans partage comme le nouvel opium des intellectuels.
Mais pourquoi ? Ici, Leroux présente son « plaidoyer ». Il soutient que deux arguments démontrent la nécessité de ce cours : un argument historique et un argument de philosophie politique. L'argument est alambiqué. Il y a d'abord le processus de laïcisation enclenché depuis la Révolution tranquille. Or celui-ci ne mène pas forcément [si l'Histoire a un sens!] à ce type de pluralisme, mais plutôt à la laïcité. Mais on verra combien Leroux veut se séparer du modèle républicain, caricaturé, démonisé là encore à la manière du rapport Bouchard-Taylor[.]
Georges Leroux contre la laïcité à la française
En résumé, il y a trois arguments contre le républicain selon Leroux : il intègre à une culture nationale française alors qu'il devrait s'ouvrir à l'Europe et au pluralisme (argument de dissolution de l'identité nationale et des nations); il ne s'est pas bien ouvert à l'islam (argument curieux puisque la laïcité implique un principe de neutralité et d'égalité dont on pourrait, plutôt, exiger une meilleure application); et enfin, la culture classique est élitiste et n'attire pas tellement les jeunes (argument de démagogie culturelle et éducative).
la colère des musulmans français s'expliquerait par le manque de place faite à leurs racines — argument qui est peut-être un peu simpliste.
L'argument de philosophie politique en faveur du cours d'ECR : faible et puéril
Quant à l'argument de philosophie politique, il nous paraît être le plus faible ; car l'ouvrage de Leroux s'abstient, en définitive, d'argumenter véritablement. Il ne prend pas au sérieux les critiques et, par conséquent, ne se donne pas la peine d'exposer dans le détail la raison des choix qu'il défend.
Il s'agirait de « mettre en harmonie l'école avec la modernité politique » (p. 36). En soi, cela ne veut pas dire grand-chose. Qui définit la modernité ? A-t-il été une fois pour toutes déterminé que le multiculturalisme incarnait la modernité, la seule voie qu'un peuple et un État puissent choisir pour être « modernes »? Cet argument est puéril.
[Insensibilité de George Leroux comme Bouchard-Taylor aux volontés populaires]
Leroux relativise le principe de majorité qu'il dit « nostalgique »
Leroux va très loin. Il relativise le principe de majorité : ce principe est peut-être imaginaire, en tout cas « nostalgique ».
[... Le principe d'égalité], « le seul principe capable de régler notre rapport à la diversité » (p. 37). Encore une fois, relevons-le, la diversité se fonde elle-même dans l'argumentaire. C'est au nom de l'impératif du multiculturalisme que le tout se justifie, mais cet impératif n'est nullement argumenté par l'auteur. C'est pourquoi, au total, cet argumentaire est bien pauvre.
Tendances inquiétantes chez les experts habituels du Monopole de l'Éducation
En revanche, il nous instruit sur des tendances inquiétantes dans une partie de l'intelligentsia, et plus encore sur le fait de leur poids sur le ministère de l'Éducation. Nous parlons de cette ambition de rééducation idéologique, à la rectitude politique, qui vise à normaliser les esprits des citoyens québécois de demain selon les critères du multiculturalisme canadien.
Faire le lit de la chimère multiculturaliste et de la culture cosmopolite très anglicisée
Le cours d'ECR est vicié parce qu'il n'est pas centré sur l'instruction en matière de grandes religions, ni sur le civisme, buts qui seraient louables, mais sur une volonté crue de rééducation idéologique en faveur du multiculturalisme canadien, rebaptisé « pluralisme ».
Or, aborder le monde avec une perspective québécoise n'empêche en rien de s'ouvrir sur le monde, tandis qu'abolir la perspective québécoise sur le monde n'est qu'un moyen d'affaiblir radicalement l'identité québécoise et de menacer, à terme, la perpétuation de notre identité nationale et le terroir bien réel d'une de ces différences culturelles qu'on prétend chérir.
En somme, on se propose de promouvoir une chimérique diversité multiculturaliste, qui n'est qu'une autre forme d'intégration à une culture cosmopolite et très anglicisée, plutôt que de perpétuer le cadre d'une différence culturelle concrète, celle que définissent un peuple dûment constitué et une « société distincte ».
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Cours d'ECR — premières implantations faites dans le secret
Charles-Philippe Courtois dans le livre collectif Contre la réforme pédagogique (p. 252) nous rappelle que
« Le cours d'ECR sera implanté dans toutes les écoles du Québec, publiques autant que semi-privées [et même, l'auteur l'oublie dans les écoles privées sans subventions], à compter de l'automne 2008.
Des premières implantations expérimentales furent faites en 2006-2007 et 2007-2008, mais dans le secret : on voulait éviter que ces expériences soient répercutés médiatiquement.
En effet, le ministère de l'Éducation avait demandé aux écoles de première implantation de signer une entente de confidentialité[1].
Ironiquement, ses théoriciens, chantres du dialogue démocratique, voulaient à tout prix empêcher un débat de société avant que l'implantation générale du programme ne fût acquise, comme ce sera le cas cet automne (2008). »
[1] « Sachant la discussion hautement délicate, il a demandé aux huit écoles qui expérimentent déjà le programme de signer une entente de confidentialité, une première au ministère. » Marie-Andrée Chouinard, « Révolution culturelle dans les classes, Le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse bouleversera les traditions », Le Devoir, samedi 20 janvier 2007, p. B1.
Dénoncer l'idéologie selon laquelle il faut écouter l'enfant, découvreur de son propre savoir
« On n'apprend plus, on fait découvrir; ce qui est souvent pour l'enfant extrêmement douleureux. C'est une perte de temps tragique et cela ne fonctionne pas. Et il est très difficile de dénoncer cette idéologie. »
« L’école est en train de devenir une petite enclave soviétique. Plus ça va mal, plus les statistiques sont fabuleuses. Les Français qui le peuvent fuient massivement l’école publique. Les statistiques du bac seraient tordantes si le destin de ces jeunes [bacheliers] n’était si douloureux. Le baccalauréat et ces statistiques sont le paravent du désastre et de la déculturation. »
Libellés : dogmatisme, échec, école, français, France
En Beauce, pas de mesures contre les élèves qui continuent à ne pas se présenter au cours d'ECR
L'Éclaireur de Beauce du 23 décembre 2008 nous apprend que la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin (CSBE) n'encourage pas les écoles à prendre des mesures contre les élèves qui continuent à ne pas se présenter au cours d'Éthique et culture religieuse même si leur demande d'exemption a été refusée, pour autant que leur absence soit justifiée par leur parent, indique la directrice des Services éducatifs, Odette Lessard.
Les absences sont justifiées par les parents
« Il y a un code de vie dans chaque établissement qui prévoit des mesures en cas d'absence injustifiée, c'est ce qui est appliqué », affirme-t-elle. Selon les informations que nous rapporte le responsable des communications de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) de la Beauce, Jean Trottier, il y aurait jusqu'à une cinquantaine d'enfants qui n'assistent pas au controversé cours seulement à l'école secondaire Notre-Dame-de-la-Trinité. « Il y en a dans pas mal toutes les écoles du territoire », rapporte-t-il. Ce chiffre n'a pas été nié ni confirmé par la CSBE.
La plupart des écoles n'ont pas noté les enfants pour la première étape dans ce cours. On ignore encore pour l'instant si les enfants qui ne se conforment pas recevront un échec lors des prochaines étapes.
Ccei étant au Québec, nous connaissons personnellement des élèves qui n'ont jamais participé à un cours d'ECR et qui pourtant ont reçu une note très honorable en cette matière.
Par ailleurs, on nous apprend de sources enseignantes que plusieurs écoles primaires de la C.S. de Saint-Hyacinthe n'ont commencé le cours d'éthique et de culture religieuse qu'en novembre, les professeurs n'ayant aucun matériel pédagogique et plusieurs n'ayant aucune envie de commencer un cours dont la formation a été extrêmement lacunaire et peu appréciée (beaucoup d'enseignantes ne comprenant pas le formateur « trop allumé » et récoltant des « D » comme note lors de leur formation minimale). La partie éthique est celle qui pose le plus de difficultés auprès d'institutrices souvent déconcertées par leur nouveau rôle d’animatrices, alors que la partie culture religieuse est relativement facile à aborder quand il s'agit simplement de relater des traditions ou des contes religieux ou mythologiques.
Comment l'UQAT est devenue une université bilingue
Billet de Louis Lapointe sur Vigile.net :
« Si le projet de services collégiaux en anglais ne s’est jamais matérialisé, Pierre Corbeil a fait le nécessaire comme président de la Corporation de l’enseignement supérieur à Val d’Or, puis comme ministre libéral, pour que l’UQAT offre aux Cris de la Baie-James une formation universitaire uniquement en anglais à Val d’Or, la dernière pièce de cette entreprise étant la construction d’un pavillon autochtone dont les travaux se termineront bientôt. À cause de cette clientèle crie, l’UQAT, une université francophone, est devenue dans les faits une université bilingue dans une région où la population est française à plus de 95%. Pourtant, un peu plus au Nord, à Rouyn-Noranda, là où est le campus principal de l’UQAT, la commission scolaire offre aux Cris de la Baie-James une formation professionnelle uniquement en français. Cherchez l’erreur !»
Libellés : français, PLQ, Québec
Avec l’arrivée des nouveaux programmes d’histoire en secondaire quatre, la création controversée du cours d’éthique et culture religieuse, sans parler du taux de diplomation en chute libre parmi les élèves du secondaire, l’ouvrage collectif Contre la réforme pédagogique arrive à point nommé.
Brossant un portrait historique de la réforme, officiellement implantée en 2000, et approfondissant les oppositions exprimées tant dans la population qu’au sein du mouvement syndical enseignant, ce livre rassemble les témoignages de quatorze praticiens et analystes du monde de l’éducation.
Les auteurs s’accordent ici à dire que l’objectif de la Commission des États généraux (1995-1996) et la nécessaire réforme des programmes ont été détournés au profit d’un renouveau pédagogique hautement contestable.
Normand Baillargeon y approfondit, entre autres, la critique du fondement socioconstructiviste radical, élaboré par Ernst von Glasersfeld, qui a grandement influencé la réforme au Québec.
Cet ouvrage fait enfin la lumière sur les fondements de la réforme et sur ce qui touche spécifiquement l’histoire, l’enseignement du français et le cours d’éthique et culture religieuse.
Sous la direction de Robert Comeau
et Josiane Lavallée
2008 — 320 pages — 27,95 $
Libellés : désinformation, échec, État, pédagogie, Québec
Jean-Pierre Proulx et l'article 41 de la Charte québécoise
Réponse intéressante de Jean-Pierre Proulx dans le Quotidien de Chicoutimi à l'article de l'ancien ministre péquiste des affaires intergouvernementales, Jacques Brassard, publié dans les mêmes colonnes.
Jean-Pierre Proulx s'y évertue à prouver que le changement à l'article 41 est inoffensif et imposé par les obligations du Québec envers les Nations Unies et que l'article 41 aurait été modifié à la suite d'un processus démocratique.
Nations Unies et la modification à l'article 41 de la Charte québécoise
Citons M. Proulx :
« Cet article stipule, maintenant, que les parents ont le droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs convictions, dans le respect des droits de leurs enfants et de l'intérêt de ceux-ci.
Cette nouvelle formulation est un copier-coller quasi intégral de l'article 13,3 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, auquel le Québec souscrit. Le Québec n'a ici rien inventé : il s'est simplement conformé à ses obligations internationales.
Confrontons les allégations de M. Proulx aux faits.
D'abord l'article 41 (modifié) de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec :
et puis l'article 13,3 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies :
3. Les États parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l'Etat en matière d'éducation, et de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions.
De quel copier-coller M. Proulx veut-il parler ? L'article du Pacte parle des écoles privées, le nouveau article de la Charte québécoise ne parle même plus d'école ! L'article québécois institue l'État comme juge et partie de ce qu'est l'intérêt de l'enfant quand le choix des parents en matière d'éducation morale et religieuse déplairait à l'État, rien à ce sujet dans cet article du Pacte, etc.
Est-ce que les autres provinces canadiennes ont aussi modifié leurs lois sur l'éducation ou le Québec est-il de nouveau « en avance » prétextant des travaux d'un quelconque comité des Nations Unies ? (En effet, il y a fort à parier que M. J.-P. Proulx confonde l'article 13 de ce Pacte et des glosses faites par des comités des Nations Unies sur ce même article).
Un pacte n'impose en rien de restreindre les droits québécois qui étaient plus libéraux que ce que le Pacte prévoyait selon l'étrange notion de copier-coller de M. Jean-Pierre Proulx.
Une notion technocrate de la démocratie
Suit un long développement sur le fait que
Mme Marois, alors porte-parole de l'opposition en éducation aurait eu l'idée de modifier l'article 41;
M. Proulx à titre de président du Conseil supérieur de l'Éducation avait souligné le 1er juin 2005 les difficultés posées par l'ancien article 41 (qui ne permettait pas la suppression des cours de religion);
le lendemain la Commission de l'Éducation recevait Me Pierre Bosset de la Commission des droits et libertés de la personne pour signaler que l'ancien article 41 poserait problème si l'on voulait éliminer les cours de religion confessionnels des écoles publiques;
la Commission aurait ensuite prôner un « alignement de l'article 41 sur les engagements internationaux du Québec » (voir plus haut!)
quelques jours plus tard, le 7 juin, Mme Marois « a déposé un amendement visant à remplacer l'article 41 de la Charte par le texte du Pacte international » (sic)
Puis ayant pris conseil [auprès des mêmes experts ?], le ministre Fournier modifiait l'article 41 et Mme Marois acceptait de bonne grâce de retirer son amendement.
Il n'y a donc jamais eu de débat public impliquant la population pendant cette très courte période, débat portant sur une modification de la Charte des droits québécoises...
Ne parlons pas de choses aussi démocratique — horresco referens — qu'un référendum. Pouah !
Il faut laisser cela à des conseillers comme M. Proulx.
Libellés : contrainte, cours, désinformation, éthique, loi, obligatoire, parents, PLQ, Québec
Deux vidéos de la CLÉ (Saguenay)
Récemment, M. Réal Gaudreault de la CLÉ au Saguenay a donné une entrevue à des étudiants du département d'Art et technologie des média (ATM) du CEGEP de Jonquière.
Libellés : contrainte, cours, droits, éthique, parents, Québec, religion
Denis Watters forme une firme de conseils en éthique et culture religieuse
M. Denis Watters a coordonné les équipes de rédaction du cours controversé d'Éthique et de culture religieuse. L'an dernier, la ministre de l'Éducation (MELS), Michelle Courchesne, l'avait mandaté pour faire une tournée de la province afin de calmer les inquiétudes des parents à l'égard de ce cours. On ne peut pas dire que sa mission ait réussi. Depuis le 1er juillet dernier, Denis Watters n'est plus à l'emploi du ministère de l'Éducation.
M. Dennis Watters a désormais une firme de conseiller(s) : Denis Watters Consultants.
Dans la Voix de l'Est de ce samedi, il précisait que « Jusqu'à présent, aucune école n'a réclamé son aide pour régler des situations délicates liées à ce cours. »
M. Watters a confié à la Voix de l'Est que « [d]ans le cas de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, où des élèves ont été suspendus, la semaine dernière, pour ne pas avoir assisté au cours d'ÉCR, [il] voudrait prêter main-forte. »
L'ex-responsable du cours d'éthique et de culture religieuse déclare que l'État et son monopole d'enseignement auront encore besoin de longs conseils : « Le responsable de la rédaction du cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR), Denis Watters, prévoit encore trois ans de secousses avant que cette formation ne soit acceptée par l'ensemble des parents. « Ce programme n'a pas fini de faire jaser », admet-il. »
Rappelons que 45 % des Québécois sont contre le cours d'ECR imposé et que 72 % des parents québécois préfèreraient avoir le choix entre un tel cours et un cours de religion confessionnel.
Postes de Denis Watters dans l'administration publique
2007-2008 Porte-parole du ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport (MELS) dans le dossier de l’éthique et de la culture religieuse, auprès des médias et lors d’une tournée nationale d’information destinée aux parents du Québec.
2007-2008 Responsable du programme Éthique et culture religieuse (MELS)
2005-2007 Responsable de la coordination des équipes de rédaction du programme Éthique et culture religieuse (MELS)
Éthique des fonctionnaires et anciens fonctionnaires
Tiré de http://www.mce.gouv.qc.ca/publications/ethique.pdf
LES RÈGLES APPLICABLES AUX ANCIENS FONCTIONNAIRES
Les règles applicables à la personne qui a cessé d’exercer ses fonctions dans la fonction publique constituent un prolongement des obligations d’honnêteté, de discrétion et d’éviter tout conflit d’intérêts qui lui étaient applicables à titre de fonctionnaire.
Ainsi, la personne qui a été fonctionnaire doit éviter de tirer un avantage indu
de ses fonctions antérieures. Elle ne peut donc profiter du fait qu’elle a été
fonctionnaire pour obtenir un privilège auquel elle n’aurait pas eu droit, n’eût
été ses fonctions antérieures.
Libellés : État, éthique, Québec
Article 36 de la Loi sur l'instruction publique
Rôle de l'école.
« [L'école] doit, notamment, faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement. »
Les sorcières et païennes dialoguent autour du cours d'ECR
En anglais (et pas toujours favorable au cours d'ECR) : « Raelians, Witches And Christians — In Quebec There Is No Difference »
Extrait d'un des commentaires :
« C'est le produit des universités françaises. Les universités françaises produisent des suicides et des socialistes et, d'une certaine manière, il n'y a pas beaucoup de différences. »
Libellés : contrainte, cours, État, Québec, relativisme, religion
Sévère éditorial du Calgary Herald contre le cours d'éthique et de culture religieuse
Extrait traduit du Calgary Herald de ce dimanche
Libertés fondamentales menacées par un cours religieux
Un véritable cours de religions comparées se penche sur les principales religions de manière scientifique et neutre. C’est également un cours facultatif dans n’importe quel programme d’études de base, si ce n’est pour les étudiants en théologie ou en sciences des religions. La nature imposée du nouveau cours d’éthique et de culture religieuse du Québec suggère fortement que ce programme n’est pas simplement une introduction innocente au pluralisme religieux.
Toute cette histoire empeste le buffet relativiste et politiquement correct qui encourage les enfants à choisir parmi un ensemble de religions et de sectes comme si faire ce choix était aussi banal que de choisir entre un sandwich au thon sur du pain blanc ou du pain entier. Le message sous-jacent que l’on fait passer aux enfants dont l’identité et les croyances sont en formation au contact de la religion de leur famille, c’est que toutes les religions et tous les codes moraux présentés sont d’une égale valeur, sans aucune considération pour l’enseignement de l’histoire ou des parents, vous pouvez choisir ce que vous voulez. Soyez un catholique, un juif, un musulman, devenez un adepte des spiritualités autochtones, pratiquer la sorcellerie blanche [wiccan], devenez un animiste ou rejoignez les raëliens, tout se vaut.
L’école québécoise doit également « faciliter » la spiritualité des élèves « afin de favoriser son épanouissement ». Pourtant, c’est sans conteste du ressort des parents et non des écoles.
Et des enfants en bas âge doivent être solidement enracinés dans leurs propres identités – à nouveau la prérogative des seuls parents – afin de bien comprendre et saisir les croyances et l’identité des autres. [N.d.T. Il n’est en effet pas sûr qu’un relativiste touche-à-tout comprenne vraiment la spiritualité d’un véritable croyant.]
S’il n’existait pas une volonté insidieuse de manipuler la mentalité des enfants dans un sens politiquement correct et vers un égalitarisme religieux bidon, ce cours serait optionnel. Au lieu de quoi, une école suspend des élèves parce qu’ils ou leurs parents ont refusé qu’ils participent à ce cours. [Une action en justice contre l’imposition de ce cours a été déposée.]
Les tribunaux doivent statuer fermement en faveur de la liberté de conscience et des droits parentaux dans cette affaire, toute autre décision serait un affront aux libertés fondamentales.
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Québec — Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006
Selon une une étude sur le taux de réussite des élèves québécois, la réforme pédagogique imposée au Québec depuis l'an 2000 n'a pas vraiment porté ses fruits. En un an, entre 2005 et 2006, une nouvelle baisse de 2 % dans les résultats signifie que désormais seuls 81 % des élèves de sixième réussissent l'examen écrit de français. En 2000, 90 % d'entre eux réussissaient cette épreuve. Réaction immédiate : il faut réforme la réforme, annonce la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique. Et si on mettait plutôt fin à l'mposition de réformes par le monopole de l'Éducation et ses experts habituels ?
Le Soleil, qui rapporte ces faits ajoute que les filles résistent mieux à la baisse que les garçons, 89 % d'entre elles ont réussi l'examen contre 74 % des jeunes garçons alors que pour 2005, on constatait un taux de réussite de 78 % chez les garçons, là encore à mettre en rapport avec les 89 % de 2000...
Michelle Courchesne, ministre du Monopole de l'Éducation, avait prévu un plan de 22 mesures pour remédier à cette situation.
Les résultats détaillés de l'année 2006 nous apprennent que c'est l'orthographe qui a donné le plus de fil à retordre aux élèves : 77 % ont réussi ce critère en 2005 contre 68 % en 2006. Les erreurs les plus fréquentes sont d'ordre grammatical, peut-on lire dans le document. Pour réussir cet examen, l'élève doit faire moins de 10?% de fautes dans un texte.
Parmi les cinq éléments évalués (vocabulaire, syntaxe et ponctuation, pertinence et suffisance des idées, organisation du texte, orthographe), la syntaxe et la ponctuation est le seul critère qui a été mieux réussi qu'en 2005, même si le score reste inférieur à celui de 2000. Le rapport du ministère stipule que « les taux de réussite constituent une base valable de comparaison pour les trois années retenues étant donné que les conditions d'échantillonnage et de correction sont les mêmes ». Il recommande « d'apporter des correctifs nécessaires pour favoriser une meilleure réussite chez les élèves ». Vous m'en direz tant.
À la Fédération des syndicats de l'enseignement, on juge ces résultats décevants. La porte-parole, Sylvie Lemieux, a réitéré « l'urgence de poursuivre la réforme de la réforme en cours », notamment en revoyant les programmes de français afin de mettre l'accent sur l'acquisition de connaissances.
Fin octobre, le ministère publiait un premier document précisant les connaissances à acquérir en orthographe et en conjugaison au primaire. D'autres documents du même genre suivront au cours des prochains mois.
Parmi les mesures comprises dans le plan d'action de la ministre Courchesne, on trouve aussi des séances de lecture quotidienne, la rédaction d'un texte par semaine de même que l'embauche de nouveaux bibliothécaires et de conseillers pédagogiques en français. Plus d'employés c'est toujours bon à prendre pour un syndicat.
Les exigences de réussite à l'épreuve d'écriture de sixième année seront aussi rehaussées, notamment en orthographe. Avec les risques d'une nouvelle baisse des résultats si les examens devenaient enfin sérieux ?
Pas un mot pour laisser plus de liberté aux écoles pour jeter aux orties les lubies de certains pédagogistes et laisser aux écoles le soin de choisir la méthode, la pédagogie et le temps qu'elles trouvent nécessaires à une bonne acquisition du français selon leur clientèle ?
Libellés : contrainte, échec, État, français, primaire, Québec
Oratorio de Noël, BWV 248
Émission radio : le MLQ, les « catholiques » et les histrions étatistes de la SRC
Émission radio-canadienne qui tentait de présenter un débat entre le MLQ et la CLÉ, les « catholiques » comme disait le présentateur Michel Lacombe dans les annonces de cette émission.
Que M. Lacombe ne maîtrise pas ses dossiers (mais est-ce une surprise ?) : il pensait vraiment que la CLÉ ne regroupait que des catholiques ;
Que M. Lacombe confondait ce qui se passait Drummondville (le procès) et à Granby (les expulsions), ignorant qu'il s'agissait là surtout de parents protestants ;
Que M. Lacombe balaie du revers de la main ce que Jacques Brassard, qui a contribué à la déconfessionalisation des commissions scolaires comme ministre des Affaires intergouvernementales, déclarait cette semaine : « il n'a jamais été question d'abolir le droit à l'enseignement religieux », prétexte de M. Lacombe : c'est maintenant un ex-ministre !
Que Mme Poisson du MLQ a été très posée et a également signalé que le MLQ recevait des plaintes de parents de toute confession (après mention que la CLÉ avait reçu des demandes d'assistance de la part d'athées) ;
Que le débat entre le MLQ et les représentants de la CLÉ était courtois, mais qu'il fut malheureusement trop court ;
Que la fin de ce segment de l'émission est franchement médiocre avec l'intervention de l'ancien professeur qui devait ressortir les poncifs technocratiques les plus éculés :
confondre la liberté de conscience avec la liberté d'avoir un cours d'art ou de français particulier (or les chartes protègent la liberté de conscience, pas le choix du cours d'art !)
prétendre qu'il y ait un consensus (alors que tous les sondages prouvent le contraire : 45 % des Québécois contre le cours, 72 % des parents pour la liberté de choix) ;
imaginer que les technocrates sont les mieux habilités dans le domaine du choix de formation morale et que leurs décisions devraient s'imposer à tous (bref, faire confiance au Monopole de l'éducation pourtant si prompt à se tromper, comme tant de monopoles) et ne pas offrir de choix, ce qui est pour le moins paradoxal pour un ancien professeur des HEC.
On nous a également appris que, une fois les micros fermés, l'ex-professeur chroniqueur à cette émission et le clown Christopher Hall ont tenu des propos peu amènes déclarant que MM. Andries et Côté étaient des « intégristes » et des « extrémistes ». M. Hall a même ajouté « Vous êtes toujours tous comme ça ! », M. Andries lui a demandé de bien confirmer « Tous, toujours comme ça ? ». Avec un grand sourire M. Hall a dit oui. On voit que le personnage sait manier la nuance et la morgue. On se demande vraiment qui est un intégriste grossier ici. On remarquera aussi l'hypocrisie de ces personnages, défenseurs d'un cours sur le « dialogue », la « diversité », la « tolérance » et un nouvel art du « vivre-ensemble », qui ont recours à l'insulte et à l'invective à l'égard de leurs opposants un peu trop coriaces.
On nous informe qu'une plainte devrait être envoyée à ce sujet à l'ombudsman de Radio-Canada.
Libellés : contrainte, éthique, libre, loi, obligatoire, privé, public, Québec, relativisme, religion
Le collège Loyola devant la Cour supérieure du Québec le 12 mars 2009
Le cours d'éthique et culture religieuse ne fait pas des vagues qu'en régions.
Le collège Loyola de Montréal, une école secondaire privée catholique et anglophone, se retrouvera devant la Cour supérieure contre le monopole de l'Éducation le 12 mars prochain.
Selon son directeur Paul Donovan, l'obligation d'enseigner le cours d'ÉCR va à l'encontre de la mission catholique de l'établissement. Il a d'ailleurs reçu 620 demandes d'exemption au cours d'ÉCR, sur un total de 729 élèves.
« Ces demandes nous sont parvenues pour la plupart à la fin de la dernière année scolaire, dès que le ministère de l'Éducation a fait l'annonce de l'implantation du cours d'ÉCR », a expliqué M. Donovan à la Voix de l'Est de ce vendredi. L'école avait envoyé à ce moment aux parents de tous les élèves une lettre dénonçant le cours d'ÉCR et un formulaire de demande d'exemption.
Libellés : catholique, contrainte, privé, Québec
Cours d'éthique et culture religieuse enregistré sur le vif
Radio-Canada est allé écouter ce qui se disait dans un cours d'éthique et de culture religieuse au premier cycle du secondaire.
Trente élèves et un professeur « dialoguent » autour des récits de la création du monde.
Les enfants réagissent en disant qu’on ne peut pas savoir quelle est la vérité.
Selon un des élèves, le cours est intéressant comme la mythologie grecque est intéressante (le christianisme dans le panthéon post-moderne ?)
Les enfants parlent de dieux païens en les appelant « dieu » ou « un dieu ».
Les enfants tentent de régler entre eux ce qui est plus plausible.
Les enfants rient de certaines croyances (« enfantines »).
Les récits sont racontés comme s'ils étaient d'une égale valeur entre eux.
Les enfants sont invités à laisser de côté leur esprit critique (valorisation de l'originalité, absence de critique des récits de la part du professeur).
Les enfants rationalisent en discutant à savoir si c’est plus profitable de se poser ces questions ou non, de croire ou non.
Sont appelées religions, des croyances non jusqu’ici retenues dans le terme religion qui est normalement réservé aux grandes religions.
Le professeur parle de la religion comme si celle-ci est inventée par les humains (ce qui va à l’encontre de la Révélation selon la perspective judéo-chrétienne).
En d’autres termes, les enfants tentent en classe de résoudre le problème de la foi, de la création, de l’au-delà, et de ce qui est digne d’une certaine croyance ou non. Le tout sans aucun élément de direction ou de perspective ou de réplique selon la religion d’origine de ces enfants qui sont probablement pour la plupart catholiques ou chrétiens.
L'animateur déclare qu'on lui aurait dit que c'est l'éthique et le dialogue qui primaient dans cette séquence. D'une part, pourquoi alors choisir un sujet aussi délicat que la religion pour dialoguer ? D'autre part, en quoi le « dialogue » est-il promu ici ? Les enfants rient de certains récits...
Libellés : Québec, relativisme, religion
L’inquiétant nouveau programme québécois
Une maxime souvent attribuée aux jésuites proclame « Donnez-moi un enfant jusqu'à sept ans, je vous donne le reste. »
Jusqu’à sept ans ? Amateurs ! Depuis septembre tous les élèves du Québec du début de l’école primaire à la fin du secondaire, doivent suivre le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse (ECR). Les enseignants, quelle que soit leur foi, doivent également l’enseigner.
Jonathan Gagné, un courageux élève de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc de Granby, vient juste d’être suspendu, et sera probablement expulsé, parce qu’il a boycotté le cours d’ECR. Il est devenu le héros de milliers de Québécois, principalement des catholiques, furieux de l’imposition du programme d’ECR qu’ils considèrent être une violation de leurs droits fondamentaux.
L’objectif du programme d'ECR est d’introduire les élèves à la riche diversité des religions du Québec et de leurs rites et « de faciliter le cheminement spirituel de l'élève afin de favoriser son épanouissement ». Depuis quand l’État « favorise-t-il » l’épanouissement spirituel ? Pour les parents qui prennent la religion au sérieux, il s’agit d’une intrusion horrifiante dans ce que toutes les chartes des droits démocratiques considèrent comme du ressort de l’autorité parentale.
Le programme d’ECR a été adopté à la quasi-unanimité, sa mission consiste à inculquer « le pluralisme normatif » aux élèves. Le « pluralisme normatif » est du relativisme moral remodelé, cette idéologie selon laquelle il n’existe pas de bien ou de mal absolu et il y autant de « vérités » que d’opinions. Le programme fut imposé en l’absence de toute consultation publique.
Le programme adopte la pire des pédagogies pour de jeunes enfants : la « pédagogie du conflit » du philosophe Hegel. Comme l’indiquait un des pères du cours, il faut « ébranler la suffisance identitaire » des élèves pour que, « par delà les divergences et conflits de valeurs », il apprenne grâce « au questionnement ».
Le cours d’ECR est à la compréhension authentique de la religion et de la spiritualité ce que l’espéranto est à la connaissance de l’espagnol et de l’anglais – dans les deux cas il s’agit d’ornements inutiles et artificiels plutôt que de constructions organiques. Pire, ils peuvent même dégoûter l’élève et le détourner d’une connaissance sérieuse.
La lecture des manuels et des cahiers d’activités ECR révèle un salmigondis superficiel fait de platitudes à la mode dont l'effet cumulatif sera de convaincre l’enfant que toutes les croyances se valent et que toutes les religions – y compris l’animisme et les cultes païens – sont toutes « vraies ». Le matériel est parsemé d’éléments du prêt-à-penser politiquement correct qui dénaturent clairement les valeurs judéo-chrétiennes. Plusieurs manuels combinent idéologie et religion. La manipulation des structures sociales est au cœur du programme d’ECR : dans le plus récent des cahiers d’activités publiés, par exemple, le christianisme a droit à 12 pages alors que le féminisme en a 27.
Le manuel n’interroge aucun chef religieux, mais Françoise David, la dirigeante radicale et féministe du parti marxiste Québec-Solidaire est « interviewée ». À côté d’une grande photo de Mme David, au sourire bienveillant et au visage légèrement penché vers le haut à l’ancienne mode soviétique, les auteurs demandent : « Qu’aimeriez-vous dire aux adolescents et adolescentes qui ne se sentent pas concernés par le féminisme ? » Mme David répond : « [Les adolescents] auront besoin d’une analyse féministe dans leur vie. »
(page 198, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)
Le paganisme et les sectes bénéficient d’un traitement égal à celui du christianisme [dans ce cahier]. Les sorcières « sont des femmes comme les autres dans leur vie quotidienne. » « Technologiquement, [les raëliens] sont en avance de 25 000 ans sur nous ». Quand on considère que seuls 700 des 80 000 autochtones du Québec s’identifient d’abord aux spiritualités autochtones (l’immense majorité des autochtones se disent chrétiens), les manuels accordent une place et un respect tout à fait disproportionnés aux spiritualités autochtones (identifiées à tort à l’écologisme).
(page 103, du cahier d'éthique et de culture religieuse, Dialogue II, publié par les éditions La Pensée, 2008)
Dans cette monoculture d'ECR, seules les similitudes entre les religions sont valorisées afin de promouvoir l'illusion béate que toutes les religions sont de simples variations sur un même thème de l'amour fraternel.
Prenez comme exemple subtil l’interprétation que fait un manuel d’ECR de la règle d’or – Le « fait à autrui ce que tu veux qu’il te soit fait » du christianisme, l’« Aime ton prochain comme toi-même » du judaïsme et l’« Aucun d'entre vous n'est véritable croyant tant qu'il n'aimera pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même. » Tous sont présentés par le manuel ECR comme une reconnaissance identique de l’humanité commune de tous les enfants de Dieu.
(page 59, manuel de l'élève A d'éthique et de culture religieuse, 1re année du 3e cycle du primaire, publié par les éditions La Pensée, 2008)
Mais, en réalité, il existe un gouffre interprétatif entre l’« autrui » du christianisme et le « prochain » du judaïsme – qui désignent tout être humain – et le « frère » de l’islam qui renvoie aux seuls coreligionnaires musulmans. Voilà une « divergence » vraiment digne de « questionnement ». Mais le développement d’un véritable esprit critique est précisément ce que le cours d’ECR s’efforce sournoisement d’éviter.
Au premier abord, le programme d’ECR présente une image multiculturelle innocente qui paraît même édifiante. Mais son ordre du jour subliminal est pernicieux : court-circuiter le développement spirituel authentique en banalisant les grandes religions afin que l’enfant s’identifie plutôt à la religion d’État québécoise marquée à gauche et à son idéologie rétive à tout patrimoine.
Le Québec s’engage ici sur un terrain politique dangereux et digne d’Orwell. Je souhaite à Jonathan Gagné et à sa famille toute la force morale – et l’appui du public – afin qu’ils puissent résister pacifiquement jusqu’au bout à la coercition de l'État. Ils doivent savoir qu'ils ne luttent pas seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour la liberté de conscience de tous les citoyens du Québec. En d’autres mots, l’essence de la démocratie, rien de moins.
Libellés : contrainte, éthique, manuel, Québec, religion
L'ex-ministre Jacques Brassard et la modification de la Charte des droits : « Je n'ai rien vu passer »
L'ancien ministre de Affaires intergouvernementales du Québec s'expriment longuement sur le cours d'éthique et de culture religieuse dans les colonnes du Quotidien de Chicoutimi.
(version partielle ici, complète ci-dessous)
Les dieux sont vraiment tombés sur la tête !
Lorsque j'étais, dans une vie antérieure, ministre des Affaires intergouvernementales, j'ai contribué, avec Pauline Marois et Stéphane Dion, à faire adopter par les deux Parlements un amendement constitutionnel qui avait pour effet de déconfessionnaliser les commissions scolaires. Le but recherché était d'en faire des structures linguistiques.
Lors des débats parlementaires, cependant, tout le monde insistait pour dire que la création de commissions scolaires linguistiques n'abolissait pas le droit à l'enseignement religieux garanti par la Charte des droits et libertés. Jusque-là, pas de problème !
Quand le ministère de l'Éducation a concocté et imposé à tous les jeunes du primaire et du secondaire un cours d'éthique et de culture religieuse, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre que l'Assemblée nationale avait modifié à l'unanimité et à toute vapeur, en juin 2005 sans vote nominal la Charte des droits. Résultat : abolition, à toutes fins utiles, de la liberté de choix des parents en matière d'enseignement religieux et moral.
J'avoue que je n'ai rien vu passer. Même l'ADQ qui, aujourd'hui, réclame un moratoire sur le nouveau cours, ne s'est pas opposée à l'amendement. Pourtant, on dit que la Charte des droits et libertés a plus de valeur et d'importance qu'une loi ordinaire. Et que, par conséquent, il ne faut lui toucher qu'avec grande précaution et après un large débat permettant une décision éclairée. Ce ne fut évidemment pas le cas sur cette question délicate.
Cela vaut la peine de lire le texte avant sa modification... « Les parents ont le droit d'exiger que, dans les établissements publics, leurs enfants reçoivent un enseignement religieux ou moral conforme à leurs convictions, dans le cadre de programmes prévus par la loi. » C'est en vertu de cette disposition que les écoles publiques du Québec offraient le choix aux parents entre l'enseignement religieux et l'enseignement moral. Dans 80 % des cas, c'était l'enseignement religieux qui était choisi.
Désormais, le nouvel article, tel que modifié, ne fait que reconnaître aux parents le « droit d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants ». Il n'est plus question, toutefois, que ça se passe dans les « établissements publics ». Il s'agit d'un changement majeur puisqu'il abolit la liberté de choix (entre enseignement religieux ou moral) des parents. Tout cela s'est fait pratiquement en cachette et à toute vapeur. Une telle désinvolture en matière de droits et libertés est pour le moins offensante et méprisante à l'égard des parents du Québec.
Le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse est je le dis sans ménagement, une horreur. C'est une macédoine indescriptible qui oblige des enfants de six ans à « fréquenter » au moins six religions. Jésus, Allah, Bouddha, Vishnou, Ganesh, Jéhovah et le Grand manitou, C'est toute une ribambelle de dieux qui vont se bousculer dans le cerveau des tout-petits.
L’effet recherché de ce cafouillis divin, c’est de relativiser (cela s’appelle le relativisme éthique) l’héritage judéo-chrétien des Québécois. Vous croyez que je divague ? Voici ce qu’écrit le géniteur du cours, Fernand Ouellet : « Il ne suffit pas, nous avoue-t-il, d’éduquer à la reconnaissance et au respect de l’autre. Il faut aussi apprendre à ébranler la « suffisance identitaire » et à s’intéresser à l’autre par delà les divergences et les conflits de valeurs ». Plus loin, il ajoute qu’il faut « ébranler une identité trop massive et y introduire la divergence et la dissonance ». Pas mal, hein ? Comprenez que l’héritage, les traditions, le patrimoine et l’éthique judéo-chrétienne forment un noyau trop dur, trop résistant, trop coriace. Ainsi, il est essentiel de le casser, de le fractionner, afin de permettre à nos enfants et petits-enfants d’être propulsé dans le nirvana du multiculturalisme et de la surabondance divine.
Au moins, on ne peut pas reprocher à la Machine technocratique de l’Éducation de manquer de clarté et d’avoir des objectifs flous. Les Québécois, selon ces bonzes et ces mollahs du Ratatinement Identitaire, ont la fâcheuse propension à considérer que leur identité nationale (400 ans d’histoire en Amérique, une langue, une culture, une patrie, un patrimoine, un vieil héritage judéo-chrétien) se doit d’être dominante et prépondérante au Québec. C’est d’un très mauvais goût !
Il convient donc pour ces technocrates que l’immense majorité des parents réduisent leur « suffisance identitaire » , c’est-à-dire, selon le Petit Larousse, leur « satisfaction excessive de soi-même ». Il faut que ces Québécois cessent de faire preuve d’un attachement inconvenant et abusif à la dimension judéo-chrétienne de leur identité nationale, ce qui se traduisait auparavant par l’inscription massive de leurs enfants au cours d’enseignement religieux plutôt qu’à celui de morale. Voilà pourquoi, désormais, nos écoles ont recours à Bouddha, Allah, Vishnou et tout le panthéon planétaire pour désarticuler, chez des enfants de six ans, la part judéo-chrétienne de notre identité nationale.
Si l’on pouvait tenir un référendum (comme dans la plupart des États américains) sur cette question, une forte majorité obligerait sûrement les idéologues multiculturels à rétablir la liberté de choix des parents comme un droit fondamental.
Libellés : contrainte, loi, Québec, religion
Barbara Kay, National Post Published: Wednesday, December 17, 2008
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