Source: https://www.nosdeputes.fr/15/seance/3117
Timestamp: 2019-07-19 12:07:10+00:00

Document:
Commission des affaires culturelles et de l'éducation : réunion du lundi 29 avril 2019 à 16h00 - NosDéputés.fr
Réunion du lundi 29 avril 2019 à 16h00
Présidence de Mme Céline Calvez, vice-présidente de la Commission, puis de M. Bruno Studer, président
Mes chers collègues, je vous prie tout d'abord de bien vouloir excuser le président Bruno Studer, retenu par la tenue du séminaire à Matignon, qui nous rejoindra après dix-huit heures. Il m'a demandé de vous indiquer que nous procéderons à la désignation du rapporteur sur le projet de loi pour la restauration et la conservation de la cathédrale Notre-Dame de Paris en fin de réunion.
Nous abordons tout de suite le premier point de l'ordre du jour, avec l'examen de la proposition de loi n° 1813 relative à la création du Centre national de la musique (CNM), sur laquelle notre collègue Pascal Bois a été désigné rapporteur.
C'est un sujet qu'il connaît bien puisqu'il a été chargé en mai 2018, avec notre collègue Émilie Cariou, d'une mission de préfiguration du Centre national de la musique, à la suite du rapport de M. Roch-Olivier Maistre, remis le 15 novembre 2017.
La proposition de loi que nous examinons aujourd'hui n'a pas vocation à déterminer l'ensemble des modalités d'organisation et de fonctionnement du futur Centre national de la musique – celles-ci devant être préparées et discutées par le comité opérationnel qui a été installé le 21 mars dernier – mais bien à consacrer, dans la loi, la création du nouvel établissement public qui constituera la forme juridique du CNM.
Pascal Bois, rapporteur
C'est un bel aboutissement que de vous présenter enfin, ce lundi, cette proposition de loi permettant la création d'un centre national de la musique. Il aura fallu bien de la persévérance pour y aboutir, mais nous y sommes, grâce au volontarisme et au courage politique de la majorité.
J'ai une pensée chaleureuse pour Françoise Nyssen, ministre de la culture, qui a relancé le sujet en 2017, avec une première mission confiée à Roch-Olivier Maistre, puis la mission de préfiguration confiée conjointement à votre serviteur et à notre collègue Émilie Cariou. En avril 2018, il y a tout juste un an, la ministre annonçait, lors du Printemps de Bourges, la création de ce centre, et cette mise en perspective montre que nous savons passer des paroles aux actes. Je n'oublie pas non plus l'intérêt que porte à ce projet notre actuel ministre de la culture Franck Riester, lui qui fut également rapporteur d'une mission sur le même sujet en 2011 : nous avons un ministre acquis à notre cause, qui a farouchement milité pour la création de ce centre.
Mais pour en revenir au sujet qui nous réunit cet après-midi, et avant d'entamer la présentation des enjeux et du contenu de cette proposition de loi, je ferai le constat suivant : la musique constitue – aussi bien dans l'exercice que dans l'écoute – la première pratique culturelle des Français, et demeure un puissant levier d'émancipation aussi bien pour les virtuoses que pour les néophytes. Elle nous apporte des émotions, nous apaise, nous fait découvrir d'autres cultures et d'autres langues. Elle accompagne nos moments festifs, ponctue aussi nos temps de commémoration, et nous vibrons de manière collective aux paroles et à la musique de notre hymne national… seule oeuvre musicale – je dirai même artistique – à être constitutionnalisée ! En définitive, composée il y a des siècles ou issue des dernières tendances contemporaines, la musique est un art vivant par excellence.
Son poids économique est considérable : 8,7 milliards d'euros – dont 10 % seulement provenant de la vente de musique enregistrée – et près de 240 000 emplois ; cela en fait la deuxième industrie culturelle de notre pays, au rayonnement international duquel elle contribue.
Toutefois, son potentiel n'est pas nécessairement estimé à sa juste valeur, et c'est le dernier art vivant qui ne dispose toujours pas d'un centre national, contrairement à la danse, au livre, au théâtre, aux arts de la rue et au cirque, au cinéma enfin – le Centre national du cinéma (CNC) ayant été créé dès 1946 !
La filière en outre est morcelée – certaines instances étant dotées d'une gouvernance hypertrophiée mais inefficiente – et ne dispose pas des outils d'analyse lui permettant d'objectiver auprès de l'administration l'impact des concours financiers, comme en témoignent les menaces ou les coups de rabot effectifs que ces derniers ont pu subir au gré des discussions budgétaires.
Enfin, son « écosystème » a été lourdement et successivement touché par le piratage de masse – faut-il rappeler que le chiffre d'affaires de la musique enregistrée s'est effondré de 60 % en quinze ans ? –, puis par l'évolution des pratiques – grâce aux smartphones, l'écoute est désormais sans limite, à tous moments et en tous lieux –, enfin par la révolution numérique et l'apparition de la lecture en flux ou streaming.
Si l'essor du streaming permet à la filière de renouer avec la croissance, il est aussi porteur de menaces pour la diversité culturelle, puisque les plateformes de streaming, essentiellement étrangères, ne font l'objet d'aucune régulation en matière de diffusion ou d'approvisionnement. De plus, les algorithmes de recommandation auxquels elles ont recours amplifient la concentration autour des artistes déjà connus et des genres les plus populaires au détriment des révélations.
Les enjeux liés à la création du Centre national de la musique sont donc multiples. Il s'agit avant tout de créer les conditions d'un partenariat ambitieux entre les pouvoirs publics et une filière musicale structurée, afin de soutenir la création et le rayonnement de nos artistes, d'accompagner les professionnels de la production, de l'édition, de la promotion, de la distribution et de la diffusion, et de garantir la diversité des modes d'expression du « spectacle vivant » et des variétés. Ce partenariat ambitieux doit permettre au Gouvernement – seul à même de défendre l'intérêt général – de doter d'une stratégie de long terme ses politiques publiques en faveur de la musique, conformément à ce qui est l'une des missions fondamentales du ministère chargé de la culture.
Il s'agit de rassembler les artistes et les acteurs de la filière – directions régionales des affaires culturelles (DRAC), collectivités territoriales et organismes de gestion collective –, pour qu'ils s'unissent autour d'enjeux communs. Il s'agit également de doter la filière et l'État d'un observatoire, véritable outil d'intelligence économique et sociale, lui permettant d'acquérir des données et des études susceptibles d'orienter les politiques publiques, notamment pour ce qui concerne les dispositifs de soutien financier. Enfin, le Centre national de la musique doit permettre de garantir la création et la diversité, en coordonnant les actions d'information, de formation et d'éducation artistique et culturelle, notamment dans les territoires, en partenariat avec les services déconcentrés de l'État ; d'accompagner le développement de la production de la musique live ou enregistrée, en anticipant les mutations technologiques et les contraintes sécuritaires ; de promouvoir l'innovation dans une perspective offensive face à la révolution numérique et au streaming qui ouvrent les portes d'un marché international dont la France ne peut s'exclure.
C'est la somme de ces enjeux et de ces objectifs qui m'a conduit au dépôt et à la défense de cette proposition de loi portant création d'un Centre national de la musique. Elle s'inscrit dans le droit fil des conclusions des missions et des rapports successifs sur le sujet. Elle est surtout la traduction législative du voeu quasi unanimement formulé par l'ensemble des acteurs de la filière musicale que j'ai pu rencontrer et auditionner.
C'est un texte qui se veut efficace et concis, car la plupart des dispositions relatives au fonctionnement d'un établissement public relèvent en fait du domaine réglementaire, et non du domaine de la loi.
La proposition de loi fixe en revanche les grands principes qui devront présider à l'action du Centre national de la musique.
Premièrement, placé sous la tutelle du ministre de la culture, le Centre national de la musique (CNM), comme l'actuel Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), sera un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).
Deuxièmement, ses missions de soutien à l'ensemble du secteur, dans toute sa diversité artistique et économique, porteront tant sur le spectacle vivant musical que sur la musique enregistrée et seront complémentaires de celles du ministère, dont les services centraux et déconcentrés continueront à soutenir la filière. À ce titre, il assumera la gestion des crédits d'impôt phonographique et du spectacle vivant musical. La connaissance du tissu créatif et économique lui permettra ainsi d'agir avec cohérence et efficacité.
Troisièmement, ce soutien se déclinera aussi bien à l'échelon territorial, national, qu'international, avec une attention particulière portée à l'exportation de la musique française ainsi qu'à l'innovation, qui constituent deux axes d'avenir essentiels pour la filière. À cette mission première de soutien, s'ajouteront également d'importantes missions d'observation, d'information et de formation.
S'agissant de sa gouvernance, la proposition de loi dispose simplement que le CNM doit être administré par un conseil d'administration et dirigé par un président nommé sur proposition du ministre de la culture.
J'ajoute que, parallèlement à la discussion parlementaire de cette proposition de loi, se tiennent, sous la présidence de Mme Catherine Ruggeri, des réunions de préfiguration du CNM, qui doivent aboutir à la rédaction des décrets relatifs à son fonctionnement et permettre au futur centre d'entrer en vigueur et d'être opérationnel le 1er janvier 2020, conformément à l'annonce du Premier ministre.
Concernant son périmètre, le nouvel établissement regroupera de nombreux leviers d'action publique aujourd'hui assurés par différentes structures expérimentées au bénéfice des artistes et de la filière. Je propose ainsi le regroupement du CNV, du Fonds pour la création musicale (FCM) et du Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles (IRMA). Nous pourrions également y intégrer le Bureau export (Burex), chargé du soutien des productions françaises à l'international, compte tenu d'une évolution sensible de nos partenaires à ce sujet. Cette idée, que nous avions émise en septembre avec Émilie Cariou, est aujourd'hui suffisamment mûre pour être envisagée.
Une telle opération nécessite que l'on accorde une attention toute particulière à la question du transfert des personnels. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé, avec Catherine Ruggeri, la mise en place d'une mission d'accompagnement.
En ce qui concerne son financement, le texte permet au CNM de bénéficier de la taxe sur les spectacles, aujourd'hui affectée au CNV. Par ailleurs, au-delà des ressources actuelles des structures qui auront été fusionnées et des deux crédits d'impôt, le texte n'exclut aucune autre possibilité de ressources. Nous aurons tout loisir d'enrichir la prochaine loi de finances de nos propositions.
Pour conclure, je suis fermement convaincu que la création d'un tel centre national, qui incarne la filière dans son ensemble et regroupe tous les artistes et les professionnels de la musique et des variétés, s'impose. Plus que jamais nous avons besoin d'une telle structure pour assurer le rayonnement de nos artistes et le développement d'un environnement garant d'une création riche et diversifiée, symbole de notre exception culturelle.
Attendue depuis longtemps par le secteur, la proposition de loi que nous allons examiner porte une ambition forte, celle de rassembler le monde de la musique dans une maison de toutes les musiques. Comme vous le savez, à l'initiative du ministère de la culture, un premier rapport, à l'intitulé éloquent : Rassembler la musique dans un Centre national, a été réalisé par M. Roch-Olivier Maistre en octobre 2017, jetant les bases du travail de préfiguration d'une grande qualité mené par notre collègue Émilie Cariou et notre rapporteur Pascal Bois à la demande du Premier ministre
Afin de donner un puissant levier à la deuxième industrie culturelle de notre pays, ces travaux ont conclu à la nécessité de légiférer pour créer le Centre national de la musique. Cette proposition de loi vise donc à apporter un meilleur accompagnement à l'ensemble des acteurs de la filière musicale, grâce au rapprochement du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz, du Fonds pour la création musicale et du Centre d'information et de ressources des musiques actuelles dans un même établissement.
En fédérant ses acteurs, l'idée est de mieux répondre aux enjeux de la diversité culturelle, d'offrir un meilleur soutien au développement économique et aux innovations de la filière, à sa diffusion dans les territoires et à son exportation : en d'autre termes, en faire une filière conquérante.
Après une chute vertigineuse des revenus du secteur musical dans les années 2000, nous avons aujourd'hui de quoi être optimistes : pour la troisième année consécutive, le secteur est en croissance. Cela ne nous dispense pas cependant d'une certaine prudence, cette croissance reposant en grande partie sur l'essor du streaming légal, dont on sait que le partage de la valeur n'est pas optimal. Reste que l'on doit saluer la vitalité de la création et de la production françaises, puisqu'en 2018, dix-neuf des vingt premières places du classement des albums vendus dans notre pays étaient occupées par des artistes produits en France. Il faut également souligner, en parallèle, le dynamisme du secteur du spectacle vivant et de la variété : avec un taux de croissance de 8 % par an entre 2012 et 2017, il témoigne de l'appétit croissant des Français pour ces spectacles.
Au coeur de cette dynamique, le projet du Centre national de la musique arrive à point nommé pour créer un effet de levier et soutenir la reprise de la croissance d'un secteur qui alimente la première pratique culturelle de nos concitoyens. C'est pourquoi le groupe La République en Marche est fier de porter cette proposition de loi, que la discussion parlementaire permettra sans nul doute d'enrichir.
Notre groupe a déposé plusieurs amendements visant à développer les missions du Centre national de la musique, pour qu'il soit le moteur d'une politique culturelle ambitieuse, notamment en matière d'éducation artistique et culturelle : sur l'ensemble du territoire, notre jeunesse doit, sans aucune discrimination sociale, pouvoir bénéficier d'un accès à la création et à la pratique musicale. Certains de ces amendements sont malheureusement tombés sous le coup de l'article 40 de la Constitution, mais je suis certaine que nous y reviendrons.
L'autre objectif de cette proposition de loi est d'accompagner les professionnels de la filière musicale dans le développement économique de leur activité. Ainsi, nous proposerons plusieurs amendements visant à faire figurer explicitement les variétés et le spectacle vivant dans le texte, à faire du soutien à la création une des missions du CNM ou encore à promouvoir le rayonnement international des oeuvres.
Le Centre national de la musique permettra de rassembler tous les acteurs de la musique dans une maison commune, mais aussi les citoyens autour de ce qui demeure, année après année, la pratique culturelle préférée des Français. Il contribuera également au rayonnement culturel et économique de la France à l'étranger.
Après plusieurs occasions manquées, cette proposition de loi nous donne l'occasion d'accorder nos violons pour donner le jour à une oeuvre attendue, le Centre national de la musique.
La création du Centre national de la musique est une idée déjà ancienne, si l'on considère les premiers travaux qui avaient été conduits à l'initiative de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République. En effet, il avait compris qu'à l'instar du cinéma, le secteur de la musique avait besoin d'une structure pilote, et plus encore, dans un contexte marqué par l'effondrement de l'industrie du disque. C'était malheureusement sans compter sur la politique de table rase conduite par son successeur, François Hollande : cinq années ont ainsi été perdues.
Deux rapports et plusieurs mois de concertation plus tard, voilà le projet de CNM à nouveau sur pied ; il faut s'en réjouir, car c'est, monsieur le rapporteur, un bel aboutissement. La musique et les variétés méritent en effet un outil public d'aide, de prospective et de concertation, plus encore dans un univers ou la réalité du jour n'est évidemment pas celle du lendemain.
Néanmoins, permettez-moi de noter deux écueils auxquels risque de se heurter cette proposition de loi. Le premier concerne le financement, qui se résume pour l'heure au produit de la taxe sur les spectacles ; pour le reste, rendez-vous en loi de finances, soit le lieu de tous les dangers. C'est peu dire que les professionnels du secteur sont dans l'expectative. Un CNM, avec les moyens du CNV, c'est croire que l'on peut faire mieux avec autant, voire moins, ce qui est une illusion. 20 millions d'euros : c'est la somme préconisée par le rapport Bois-Cariou, sur laquelle l'ensemble du secteur s'accorde, et il faudra bien nous dire où trouver cette somme, tout comme il faudra rassurer les professionnels du spectacle vivant, qui s'inquiètent, à bon droit, de la destination des recettes de la taxe.
Qu'adviendra-t-il également des dispositifs de soutien financés par le Fonds pour la création musicale et le Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles ? La fusion au sein du CNM de ces organismes de droit privé ne peut se faire sans garanties solides.
Le second écueil tient à la composition du conseil d'administration : la proposition de loi renvoie les nominations à des décrets, suivant la formule classique mais discrétionnaire, qualificatif qui ne cadre pas avec l'ambition affichée du CNM de promouvoir le dialogue entre des acteurs aux intérêts souvent contradictoires. Confions au Parlement le soin de fixer les grands équilibres du conseil d'administration en toute transparence : c'est un préalable indispensable à l'écoute et au dialogue. À nous d'inventer une gouvernance réellement en phase avec l'ambition que portent les acteurs culturels pour le Centre national de la musique.
Je voudrais enfin revenir, monsieur le rapporteur, sur ce que vous avez dit dans votre préambule au sujet du Bureau export. Je suis d'autant plus intéressée par votre proposition qu'elle faisait l'objet de l'un de mes amendements déclaré irrecevable. Je pense donc que nous nous retrouverons sur ce point.
Nous examinons aujourd'hui la proposition de loi relative à la création du Centre national de la musique, portée par notre collègue Pascal Bois de La République en Marche et qui fait suite au rapport présenté il y a quelques temps devant notre commission par M. Roch-Olivier Maistre.
Le groupe du Mouvement Démocrate et apparentés se satisfait de la discussion qui s'engage. En effet, les Français ont un attachement particulier à la musique. Elle est même centrale dans la vie de nos concitoyens, puisque six Français sur dix déclarent en écouter quotidiennement et la même proportion déclare ne pas pouvoir s'en passer.
Or l'industrie musicale a connu un bouleversement important au cours de la dernière décennie. Si la révolution numérique a permis une ouverture culturelle inégalable, elle a aussi déstabilisé le secteur. Après avoir perdu près de 60 % de son chiffre d'affaires en quinze ans, la filière musicale connaît heureusement un regain de croissance depuis 2016, regain positif, certes, mais encore fragile, raison pour laquelle nous devons l'accompagner.
C'est pourquoi la création du Centre national de la musique, annoncée dès 2018 par Mme Françoise Nyssen, est essentielle. Réunissant de nombreux acteurs de l'industrie, de l'édition, du spectacle vivant et de la musique enregistrée, mais aussi des syndicats, le CNM sera un outil de convergence et d'intelligence collective indispensable pour accompagner au mieux le secteur dans sa progression.
Notre groupe est donc tout à fait favorable à l'essence de ce texte. Nous souhaitons néanmoins pouvoir en préciser quelques points. Tout d'abord le rapport Cariou-Bois souligne que la plus grande faiblesse du secteur de la musique réside dans son incapacité à disposer de chiffres fiables le concernant. L'observatoire prévu par la loi de 2016 n'a toujours pas été créé, car les décrets d'application n'ont pas encore vu le jour, faute d'accord entre les professionnels sur sa gouvernance. Or nous sommes convaincus de la nécessité d'obtenir des données concrètes pour pouvoir évaluer au mieux les besoins du secteur ; il est donc important que les dispositifs prévus par la loi puissent s'appliquer.
Ensuite, le Bureau export de la musique, communément appelé Burex, est un des rouages majeurs de l'industrie musicale, puisque l'un de ses objectifs est la conquête de nouveaux publics, grâce à l'exportation. Combiner le savoir-faire du Burex et du CNM constituerait donc un atout supplémentaire pour la défense de nos artistes et de nos créations nationales sur la scène internationale.
Le MODEM s'interroge également sur la pérennisation du crédit d'impôt phonographique, certes prorogé jusqu'en 2022, et du crédit d'impôt pour le spectacle vivant musical. Si nous sommes évidemment convaincus de la nécessité de soutenir financièrement la filière musicale, l'objectif à terme est bien que le secteur se porte de mieux en mieux. Une réflexion est-elle menée sur la modulation de ces crédits ou sur la création d'une solution alternative ?
Enfin, pourriez-vous nous apporter des précisions sur l'article 5 et les modalités de fusion des trois organismes qui seront regroupés au sein du CNM, sachant que deux d'entre eux sont des associations de droit privé ?
Le CNM permettra de donner davantage de puissance à un secteur ne disposant pas actuellement d'une telle force. Notre groupe aborde donc cette discussion favorablement, convaincu du bien-fondé de cette initiative et des chances qu'elle pourrait offrir au secteur de la musique. La France rayonne dans le monde, notamment à travers le prisme de la culture et de la création. Donnons donc au secteur de la musique les moyens de nos ambitions ; donnons à la création les moyens nécessaires pour se renouveler et se faire connaître au-delà de notre pays et de notre continent.
Nous examinons aujourd'hui la proposition de loi portant création du Centre national de la musique. La musique est la première pratique culturelle des Français. Elle est un vecteur de plaisir et d'émotion puissant, aussi bien collectif qu'individuel : chacun de nous a une chanson préférée, un air qui nous ramène à des souvenirs ou qui nous transporte vers un nouvel imaginaire.
La musique est aussi un secteur économique très dynamique, qui participe de notre modèle culturel. En France, la musique génère 240 000 emplois et 8,7 milliards d'euros. On sait combien ce secteur a subi un bouleversement profond, majeur. La révolution numérique a profondément perturbé la chaîne de valeur : entre 1999 et 2014, le chiffre d'affaires mondial de la musique enregistrée est ainsi passé de 23,8 milliards à 14,3 milliards d'euros, conséquence de l'explosion du piratage.
Aujourd'hui, la manière dont il est régulé est à la fois un modèle et un espoir pour d'autres secteurs. L'essor du streaming constitue un véritable potentiel de développement et, selon les prévisions, le chiffre d'affaires mondial de la musique enregistrée devrait plus que doubler dans les années à venir. Dans cette perspective, notre rôle, s'il consiste à favoriser le dynamisme économique de la filière musicale, est surtout d'assurer la qualité et la diversité de la création et de promouvoir la chanson francophone et son rayonnement partout dans le monde.
La création du Centre national de la musique était très attendue. Nous saluons donc les dispositions de cette proposition de loi, d'autant plus que le ministre Franck Riester connaît parfaitement le sujet, puisqu'il a, en 2011, participé à la rédaction d'un rapport sur le sujet. En regroupant trois structures existantes, le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz, le Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles et le Fonds pour la création musicale, l'État sera donc en mesure de développer une vision stratégique et de fédérer l'ensemble des acteurs dans l'accomplissement de celle-ci.
Le groupe UDI, Agir et Indépendants a souhaité déposer un certain nombre d'amendements en lien avec les professionnels du secteur, afin d'enrichir le texte pour que le futur Centre national de la musique soit le plus opérationnel et le plus représentatif possible. Nous souhaiterions profiter de cette discussion pour que vous nous apportiez des précisions sur la gouvernance et le financement du Centre. Les acteurs de la filière et nous-mêmes avons en effet besoin de plus de visibilité et de lisibilité sur le sujet, notamment pour ce qui concerne la composition du conseil d'administration. Comment les acteurs de la musique y seront-ils représentés ? Des représentants de l'État y siégeront-ils ? Quelles seront les modalités de fusion des organismes à l'origine de la création du Centre national de la musique ? Comment le Centre national de la musique va-t-il s'articuler avec les directions régionales des affaires culturelles ? Pouvez-vous enfin nous apporter quelques précisions sur le financement des missions du Centre national de la musique ?
Nous nous réjouissons de la création d'un organisme qui soit en mesure de répondre aux défis auxquels est confronté le secteur de la musique, qu'il s'agisse de la préservation de la diversité de la création face à un mouvement de globalisation et de concentration des acteurs, ou du développement de la filière musicale, notamment de par la conquête des marchés internationaux. Notre groupe aborde donc favorablement l'examen de cette proposition de loi, qui insufflera une nouvelle dynamique à la filière musicale.
Je souhaite en premier lieu remercier le rapporteur pour la richesse de son travail. La création du Centre national de la musique est un acte positif au service des artistes. Il devrait permettre de consolider la filière musicale, ce qui est important dans un pays où la musique tient une place importante dans les pratiques culturelles des uns et des autres.
Concernant les missions assignées au Centre national de la musique, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine a déposé un amendement visant à rattacher ces missions à la loi relative à la liberté de la création de 2016, qui insistait sur le fait qu'on devait favoriser la diversité dans la création.
Il serait également souhaitable d'inclure dans les missions du CNM le soutien à l'emploi. Je regrette que deux de nos amendements portant sur la mise en oeuvre des dispositifs d'aide à l'emploi et d'insertion professionnelle des artistes du spectacle aient été déclarés irrecevables : j'espère que nous pourrons revenir sur ce point dans le courant de la discussion.
J'entends par ailleurs que certaines dispositions relèvent du domaine réglementaire, mais il serait souhaitable que nos débats nous éclairent sur ce que sera la composition du conseil d'administration du CNM, car elle sera déterminante dans ses orientations.
Nous souhaitons également en savoir davantage sur le statut des personnels. Vous justifiez la création d'un EPIC par le fait que les organismes voués à se fondre dans le CNM emploient des salariés de droit privé : les contrats de ces salariés sont-ils susceptibles d'évoluer ?
Le groupe Libertés et Territoires a conscience de la longue réflexion qui a précédé notre réunion d'aujourd'hui – je pense notamment au rapport de M. Roch-Olivier Maistre sur le projet de maison commune de la musique et, plus récemment, à celui du rapporteur et de notre collègue Émilie Cariou.
Nous partageons votre constat sur les difficultés que traverse depuis quelques années le monde de la musique. Nous devons faire face à ce défi majeur que représente la transition numérique. L'arrivée d'internet a en effet bousculé ce secteur et fait émerger de nouvelles pratiques appelant de nouvelles règles.
Si certains artistes ont pu profiter de ce bouleversement des codes, d'autres pâtissent d'une concurrence internationale exacerbée, de la concentration des plateformes de streaming. Notre priorité est de défendre la diversité culturelle, et nous devons favoriser le développement d'oeuvres françaises et francophones, qui participent au rayonnement culturel de la France et de la francophonie – sujet qui me tient particulièrement à coeur, puisque j'ai été élu dans une circonscription de l'étranger, qui réunit seize pays, dont la plupart sont francophones.
Sur le plan économique, nous devons surtout soutenir cette filière industrielle qui est créatrice d'emplois en France. Au lieu de subir la transition numérique, nous devons l'accompagner car il y a de belles choses à construire à partir d'elle. La mutualisation des actions est donc la bienvenue. La création du CNM doit être synonyme de simplification et d'efficacité, le but étant de ne pas éparpiller les politiques dans ce domaine, au risque d'en affaiblir la portée.
Toutefois, je tiens à insister sur la nécessité d'accompagner un tel regroupement des ressources par une politique territoriale culturelle ambitieuse. Cela doit passer, par exemple, par des partenariats avec les collectivités et les acteurs locaux. Vous savez à quel point notre groupe est attaché à cet ancrage local et nous avons tous noté que le principal message du Président de la République, au sortir du Grand débat national, est ce retour vers les territoires.
Enfin, la création du CNM doit être l'occasion d'une réflexion sur la pertinence des nombreuses aides dédiées à la culture dont il est souvent difficile d'évaluer l'efficacité, en particulier en termes de promotion de la diversité culturelle. Sans remettre en question leur existence, il nous apparaît opportun de pouvoir remettre à plat les niches fiscales et les aides publiques existantes en la matière. Le Parlement doit jouer son rôle d'évaluation en lien avec le futur CNM.
Monsieur le rapporteur, nous avons des doutes sur le fait de confier à ce centre l'administration des crédits d'impôt en faveur des oeuvres phonographiques et des spectacles vivants. Cela pourrait s'apparenter à une forme de mainmise de l'administration sur le système. Nous serons attentifs à vos réponses sur ce point.
Nous attendons aussi de la commission qu'elle nous donne quelques clés de compréhension sur le financement de ce centre et sur l'avenir des personnes travaillant au sein des différentes structures concernées par la fusion et, comme vient de le dire ma collègue Marie-George Buffet, sur les membres du futur conseil d'administration.
Les orateurs de groupe s'étant exprimés, nous allons passer aux questions.
Pour ma part, Monsieur le rapporteur, j'aimerais vous interroger sur l'éducation artistique et culturelle, une question soulevée dans le rapport de M. Roch-Olivier Maistre. Lors de la mission de préfiguration que vous avez effectuée avec notre collègue Émilie Cariou, cette question a donné l'occasion de dégager un consensus des organismes de gestion collective – OGC – concernant la mutualisation de leurs contributions financières, et de dresser une première évaluation de ce montant.
Le fait que des amendements portant sur l'éducation artistique et culturelle aient été déclarés irrecevables ne nous empêche pas de nous interroger sur la nécessaire coordination entre le ministère de la culture et celui l'éducation pour conduire des actions dans ce domaine, comme le plan qui a été présenté au mois de septembre 2018. Comment peut-on garantir cette bonne collaboration puisqu'il s'agit non pas de suppléer une éventuelle carence de l'État mais de consolider et de démultiplier les actions d'une politique ambitieuse et structurelle pour l'éducation dans le domaine de la musique ?
Existe-t-il à l'étranger des exemples de bonne coordination et complémentarité – termes que vous utilisez dans votre rapport – entre les actions entreprises au niveau central ou déconcentré de l'État et d'éventuelles actions conduites par un organisme comparable au CNM ?
Rappelons les enjeux qui sous-tendent la création d'un Centre national de la musique. Il s'agit de rassembler la musique dans toutes ses esthétiques et dans toute sa diversité et d'unifier les acteurs en permettant à la profession de se structurer et de parler d'une même voix. À cet égard, je souhaite que nous puissions adjoindre un conseil professionnel au conseil d'administration, et nous en débattrons dans le cadre des amendements. Il s'agit aussi de donner les moyens de soutenir la production, l'édition, la promotion, la distribution et la diffusion de la musique au sein d'un secteur qui a connu de grands bouleversements et qui a souffert du piratage. Nous pouvons nous réjouir que la création du CNM se réalise par le biais d'une proposition de loi. Cette création était attendue et elle est particulièrement soutenue par l'ensemble des acteurs du secteur, mais elle n'a de sens que si les moyens affectés sont suffisants. Le Parlement devra y être particulièrement attentif.
Plusieurs d'entre nous ont évoqué le Bureau export qui a démontré son efficacité mais qui nécessite des moyens supplémentaires. Le Parlement lui en a octroyé dès 2018, à la demande de notre commission, tous groupes confondus. Si les députés n'ont pas la possibilité de proposer l'intégration du Bureau export par voie d'amendement, en raison de la création d'une charge, que pensez-vous de cette intégration qui pourrait être proposée par le Gouvernement lors de l'examen du texte en séance publique ?
Ma seconde question porte sur le processus d'intégration des structures existantes au sein du Centre national de la musique. Cette intégration aura-t-elle un impact sur la date de création du Centre national de la musique, compte tenu de la différence de statut des différentes structures qui peuvent notamment avoir la forme d'une association ?
Permettez-moi, tout d'abord, de saluer l'effort de simplification entrepris dans cette proposition de loi qui rassemble trois entités en une, d'autant que ce texte arrive à point nommé : le secteur renoue avec la croissance après des années de baisse et il a besoin de soutien pour conforter sa position sur un marché mondial ultra-concurrentiel.
Cependant, il ne faudrait pas que cette fusion ne soit qu'une occasion de créer un nouvel objet administratif non identifié. Cela a été dit, mais j'y insiste : cette création n'a de sens que si elle s'accompagne d'un effet levier ou d'un effet d'entraînement. Le CNM ne doit pas être une simple bannière derrière laquelle se regrouperait le secteur. Cette modification substantielle doit se traduire concrètement par davantage de projets, d'oeuvres créées, d'artistes signés en tournée ou développés à l'export.
La clé de son financement, les 20 millions d'euros préconisés par le rapport Cariou-Bois sont un minimum pour atteindre les objectifs visés. La mission de soutien du CNM implique ainsi une politique d'incitation à l'investissement des entreprises de la musique au service de la création. Si le choix de renvoyer la question du financement au projet de loi de finances se comprend dans une logique de gestion des deniers publics, il laisse aussi la filière dans l'incertitude. À l'occasion de nos discussions, nous devons apporter très vite une réponse à cette question.
Enfin, la proposition de loi reste floue sur la composition du conseil d'administration, nous sommes nombreux à l'avoir signalé. Il me semble essentiel que ce conseil traduise deux exigences : efficacité et souplesse, tout en associant les professionnels de la filière aux décisions.
À mon tour, je me réjouis à la perspective de voir se créer bientôt cette maison commune de la musique tant attendue et depuis tant d'années. Comme notre collègue Brigitte Kuster, je rappelle que c'est pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy que s'étaient déroulés les travaux les plus prometteurs et les plus précis en la matière. À l'époque, Franck Riester, l'actuel ministre de la culture, y avait d'ailleurs pris toute sa part. Malheureusement, le projet n'ayant pu voir le jour avant la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, il avait été, comme nous le craignions beaucoup, définitivement enterré par François Hollande et la politique de la table rase.
Le projet a fait son retour avec l'arrivée de Mme François Nyssen rue de Valois. L'excellent rapport de Roch-Olivier Maistre, qui concluait à la pertinence de la création de cet instrument, avait été salué par l'ensemble des professionnels. C'était très important parce que nous savons à quel point les choses avaient longtemps achoppé sur les divisions et les dissensions entre professionnels. Le rapport avait aussi été salué par l'ensemble des forces politiques présentes ici.
Il reste à éclaircir quelques points. Plusieurs orateurs ont déjà évoqué le financement et Roch-Olivier Maistre soulignait qu'il faudrait aller au-delà d'une simple mutualisation des moyens des actuelles structures. Un grand flou entoure encore la composition du conseil d'administration. Le fait de renvoyer à un simple décret maintient beaucoup de gens, à commencer par les professionnels, dans l'incertitude. Je pose aussi très clairement la question de l'association des professionnels à travers la création d'un conseil professionnel intégré dans ce futur conseil d'administration dont nous aimerions connaître un peu plus précisément les contours. Pourriez-vous nous en dire plus, monsieur le rapporteur ? Pour terminer, j'aimerais saluer votre implication personnelle dans ce dossier important.
Ce projet nous offre l'opportunité de nous assurer que le CNM bénéficiera des innovations les plus avancées et des ressources dont la France dispose. La France possède l'un des plus grands centres de recherche publique au monde, dédié à la création musicale et à la recherche scientifique, qui assure aussi la transmission de ressources : l'Institut de recherche et coordination acoustiquemusique – IRCAM. Quelles relations sont-elles envisagées entre le CNM et l'IRCAM ?
À mon tour, je tiens à saluer la création de ce CNM, qui provoque l'enthousiasme de nombreux acteurs de la musique. Vous êtes bien placé pour le savoir, monsieur le rapporteur, vous qui travaillez avec eux depuis longtemps pour la mise en place de ce centre.
Cette création vient réparer un manque : la musique est le seul art à ne pas disposer d'un centre national. Elle permettra, nous n'en doutons pas, de donner un nouvel élan à la création musicale et de consolider la filière au moment où celle-ci renoue avec une croissance encore fragile. Comme nombre de mes collègues, je tiens à saluer votre travail et votre persévérance, monsieur le rapporteur.
Ma question porte sur la gouvernance du futur centre, et plus précisément sur les modalités d'intégration des structures existantes dans le CNM. C'est un sujet d'inquiétude pour certains acteurs du secteur. Nous savons que la préfiguratrice est au travail afin que le centre soit opérationnel le 1er janvier 2020. Pouvez-vous nous préciser comment vous avez abordé ce sujet, notamment l'article 5 qui a trait à la substitution du CNM aux institutions existantes oeuvrant dans le domaine de la musique que sont le CNV, le FCM et l'IRMA ?
Monsieur le rapporteur, je vous remercie pour vos propos liminaires. Dans votre rapport, vous insistez sur votre volonté de voir siéger au conseil d'administration du futur CNM non seulement des personnalités qualifiées et des fonctionnaires du ministère de la culture, mais aussi des représentants d'autres ministères, au premier rang desquels Bercy et l'éducation nationale.
J'approuve évidemment cette volonté d'ouverture du futur CNM à tous les interlocuteurs pertinents. Il est logique que ce centre soit rattaché au ministère de la culture. C'est sa vocation. Néanmoins, pour être ambitieuse et efficace, cette politique culturelle doit intégrer la participation de plusieurs ministères. Or la nomination de ses membres se fera par décret. Comment pouvons-nous nous assurer que le conseil d'administration sera largement représentatif ?
Merci chers collègues pour vos questions et pour votre présence en nombre en ce lundi de rentrée.
Je vais prendre les questions dans l'ordre, en commençant par celle de Mme Kuster sur le financement. Cette question, que nous nous posons tous, je l'ai évoquée dans mon propos liminaire et elle figure dans le rapport, que j'ai réalisé avec Emilie Cariou. Le Premier ministre nous demandait moins d'évoquer les ressources que de dresser le constat de la filière dans son ensemble. Nous avons néanmoins fait une estimation : 20 millions d'euros à ajouter aux moyens actuels du CNV.
Pour l'heure, je ne peux pas m'avancer davantage sur le financement ; je ne peux pas en préjuger. Tout dépendra aussi du partenariat qui sera noué avec les OGC qui auront une place prépondérante dans le conseil d'administration et qui sont disposés à contribuer sur le plan financier. Dans quelle mesure et selon quel fléchage ? Cela reste à déterminer. Lors de l'une des premières auditions des acteurs de la filière, au festival des Francofolies de La Rochelle où nous les avions tous regroupés, ils avaient déjà affiché leur volonté de contribuer, avec un fléchage plus particulier en direction de l'éducation artistique et culturelle. À l'époque, je leur avais indiqué que leur contribution n'irait pas forcément à l'éducation artistique et culturelle mais que nous trouverions toujours une vocation à leur financement.
Le Bureau export a suscité plusieurs questions de collègues de tous les groupes. Je viens d'ailleurs d'apprendre que mon amendement sur le sujet a été déclaré irrecevable en application de l'article 40 de la Constitution. C'était assez prévisible. Au début de nos travaux, en septembre, nous n'avions pas senti que les acteurs de la filière étaient prêts à intégrer le Bureau export, et il nous semblait un peu compliqué d'inclure une structure qui s'appuie sur le ministère des affaires étrangères.
En huit mois, les choses ont mûri. J'ai eu le temps de revoir très régulièrement les acteurs de la filière et je me suis posé la question : pourquoi ne pas intégrer tout de suite le Bureau export ? Je n'ai pas trouvé quel était l'intérêt d'attendre. Au contraire, je pense que la proposition de loi n'aurait pas une résonance à sa juste valeur si elle n'incluait pas la dimension internationale que représente le Bureau export. La pratique musicale se fait sur tous les territoires du pays mais aussi en Europe et dans le monde. Si nous créons cet établissement, c'est bien pour que nous soyons armés face à une forte concurrence internationale. Il serait paradoxal de ne pas inclure le Bureau export. Prenons acte du fait que nos amendements sont irrecevables. Le principal est qu'ils soient repris en séance par le Gouvernement, afin d'arriver au résultat.
Au passage, je signale qu'une nouvelle structure demande à être intégrée : le Club action des labels indépendants français – CALIF –, un syndicat de disquaires. Nous avons rencontré les représentants de ce syndicat lors d'une audition de l'IRMA, juste après la publication de la proposition de loi.
Maud Petit m'a interrogé sur la régulation des crédits d'impôt. Il n'y a pas de doute à avoir, bien au contraire, sur la gestion des crédits d'impôt car le système actuel n'est pas très efficient dans ce domaine. Le crédit d'impôt en faveur de la production phonographique est connu. Son utilisation est plus récente pour le spectacle vivant. L'une des vocations du CNM sera de faire un véritable état des lieux de ces crédits, ce qui permettra d'objectiver leur efficacité. Nous avions rencontré quelques écueils lors de l'examen du PLF pour 2019 : les études d'impact sur les crédits d'impôt en faveur du spectacle vivant n'étaient pas considérées comme forcément objectives car elles émanaient de la filière elle-même. On peut considérer que le CNM aura toute la reconnaissance voulue en matière d'objectivité lorsqu'il produira des données sur le bien-fondé de certains crédits d'impôt.
J'en viens aux questions sur la fusion des organismes. Pour le moment, je ne veux pas préjuger de l'ossature du conseil d'administration qui sera composé d'une quinzaine de personnes. Cela étant, l'idée est que la puissance publique y soit majoritaire pour assurer l'intérêt général – les acteurs de la filière sont d'ailleurs tout à fait d'accord avec cette volonté affichée. Ce conseil d'administration comptera des représentants des OGC, des collectivités territoriales, à travers l'Association des maires de France – AMF –, voire des Régions de France. Je ne veux pas préjuger ni griller les étapes puisque cette mission a été confiée à Catherine Ruggeri dans le cadre du comité de pilotage installé il y a quelques semaines.
À juste titre, Marie-George Buffet a signalé que les contrats de travail relevaient du droit privé, les entités ayant un statut d'association. Ils seront transférés et resteront de droit privé. Certains auteurs d'amendements se demandent pourquoi nous avons retenu le statut d'EPIC et non pas celui d'établissement public à caractère administratif – EPA. Le CNV étant déjà un EPIC, il nous a semblé plus simple de garder ce statut.
Monsieur Pierre-Yves Bournazel, je vous ai répondu sur la gouvernance. Nous travaillons en concertation avec les acteurs et nous avons déposé des amendements concernant la création d'un comité de professionnels, un point évoqué dans mon rapport et sur lequel tous les groupes semblent s'accorder.
S'agissant du financement, j'ajoute que nous aurons un deuxième acte important : le PLF. J'ai bien compris le message de Marie-George Buffet : il ne faut pas raisonner à budget constant. Je suis de cet avis et nous soutiendrons le ministre dans ce sens.
La loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine – LCAP – témoigne du même esprit que la proposition de loi : favoriser la création et la diversité.
M. M'jid El Guerrab exprimait des doutes sur la gestion des crédits d'impôt par le CNM. Il me semble normal que l'administration contrôle ce qui est une dépense fiscale de l'État.
Je pense avoir répondu aux questions des orateurs de groupes et j'en viens aux questions plus personnelles.
Madame Calvez, vous me demandez s'il existe des exemples étrangers de bonne coordination entre les services de l'État et un organisme qui serait comparable au futur CNM. Nous en avons discuté en audition avec les représentants du CNV. Nous pourrions nous inspirer d'expériences au Québec, au Danemark et en Belgique qui fonctionnent très bien dans le cadre du soutien aux industriels de la musique. Les systèmes passent souvent par des organismes collecteurs comparables aux nôtres : la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique – SACEM –, la Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes – SPEDIDAM –, la Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes – ADAMI. Au Québec, il s'agit de la SODEC, en Belgique de la SABAM et au Danemark de la KODA. La question est pertinente. Au lendemain de sa création, le CNM devra s'inspirer des bonnes expériences de nos voisins.
Madame Aurore Bergé, j'ai déjà répondu à votre question sur le Bureau export. La volonté est générale – je vois des signes d'acquiescement sur tous les bancs. Nous devrions pouvoir y arriver en séance. L'intégration des différentes structures nécessite quelques réglages de leur part et parfois la tenue d'une assemblée générale extraordinaire. Certaines sont en train de vérifier leur statut pour savoir si une simple réunion du bureau peut suffire ou s'il faut réunir une assemblée générale extraordinaire. En accord avec Catherine Ruggeri, il a été décidé que des administrateurs auraient pour mission de rencontrer le personnel de toutes les structures concernées. Il peut être envisagé de redéployer des compétences. Certains salariés pourront y trouver l'opportunité d'une ascension hiérarchique ou une évolution de leurs missions. Un salarié du Bureau export pourrait, par exemple, être intéressé par l'IRMA.
Monsieur Maxime Minot, vous m'avez aussi interrogé sur le financement.
Madame Constance Le Grip, j'ai répondu à vos questions sur le financement, le conseil d'administration et le conseil professionnel.
Madame Danièle Hérin, l'une des missions du CNM sera d'être en relation avec l'IRCAM. Plus globalement, tous les acteurs de la musique, y compris les organismes publics, doivent prendre part aux échanges au sein du CNM.
Nous allons prendre une dernière question.
Avant de répondre à cette dernière question, je reviens à celle de Mme Anne Brugnera sur la gouvernance. Nous allons dans le même sens : avoir une gouvernance plutôt restreinte pour gagner en efficacité. Quant à l'article 5, il fait l'objet d'un amendement qui propose une réécriture totale pour chaque structure.
Mme Danièle Cazarian m'a posé une question sur le conseil d'administration, à laquelle j'ai déjà répondu.
En réponse à Stéphane Claireaux, je précise que j'ai rencontré les syndicats de ce secteur, mais pas les représentants du personnel de chaque organisme : je ne pouvais pas me permettre ce qui aurait été quasiment une ingérence. Ce sera plutôt à la future gouvernance de les rencontrer.
Gaël Le Bohec m'a interrogé sur l'évaluation. Elle sera tout d'abord effectuée par le ministère de tutelle. Nous pourrions aussi créer une mission d'information parlementaire, par exemple un an après l'adoption de la loi.
Merci pour les réponses que vous avez pu apporter.
Je signale que 43 amendements ont été déclarés irrecevables en application de l'article 40. Nous sommes donc saisis de 144 amendements, dont un certain nombre sont identiques. Je remercie par avance leurs auteurs de bien vouloir les présenter d'une manière concise.
Article 1er : Création et missions de l'établissement public Centre national de la musique
La commission examine l'amendement AC45 de Mme Béatrice Descamps.
Nous nous interrogeons sur la symbolique et la portée du mode de gestion du CNM. L'amendement AC45 vise à en faire un établissement public administratif (EPA) et non un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). Ce mode de gouvernance permettra de renforcer les missions de service public confiées par le ministère de la culture. Le choix d'un EPIC aurait davantage une symbolique économique, ce qui ne nous paraît pas approprié en l'espèce.
Cette question, importante, a été abordée dans le rapport de Roch-Olivier Maistre comme dans celui que j'ai remis avec Émilie Cariou. Comme je l'ai indiqué, le CNV est un EPIC car il est issu de la transformation d'une association, entité de droit privé, et le CNM va reprendre les mêmes missions et les mêmes salariés. Il me paraît plus simple et plus cohérent d'en faire également un EPIC. Par ailleurs, la mission du CNM concerne essentiellement l'industrie musicale. J'émets donc un avis défavorable.
Puis elle est saisie de l'amendement AC21 de Mme Brigitte Kuster.
Cet amendement, qui relaie une demande des professionnels concernés, vise à inclure l'ensemble des esthétiques actuellement couvertes par le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) dans le titre du futur Centre national de la musique (CNM). Cette dernière appellation, restreinte à la musique, tendrait à exclure des pans entiers du spectacle vivant – humour, cabaret et comédie musicale. Cela conduirait à créer une instance dont le champ de compétences serait plus étroit que celui des trois organismes auxquels le CNM doit se substituer. Or ce n'est évidemment pas l'objet de la proposition de loi. De même que le nom complet du CNV fait aussi référence au jazz, il est important de mentionner les variétés dans le nom du CNM.
Je suis d'accord avec vous sur le fond : les variétés doivent, bien sûr, faire partie du champ d'intervention du CNM. Nous aurons l'occasion d'y faire plus précisément référence. En revanche, je ne souhaite pas modifier le nom du Centre national de la musique : on ratisse un champ large avec ce vocable, y compris les variétés. J'émets donc un avis défavorable.
Elle aborde ensuite l'amendement AC55 de Mme Virginie Duby-Muller.
L'amendement AC55 vise à rappeler l'impérieuse nécessité d'une complémentarité entre le rôle du CNM et les actions locales qui sont menées dans nos territoires depuis des années dans le domaine du soutien à la musique.
Le CNM doit être en lien direct avec les professionnels locaux de la filière musicale sur l'ensemble du territoire français, qu'il s'agisse des collectivités territoriales, de leurs groupements, de leurs établissements publics ou des acteurs de la création artistique. Il s'agit de garantir l'ancrage du centre national dans nos territoires.
Vous avez raison : les collectivités territoriales sont les premiers soutiens de la politique de la musique dans notre pays. J'ai déposé un amendement qui va dans le même sens que le vôtre, tout en étant rédigé d'une manière différente. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de citer la loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (LCAP), même si on s'inscrit bien sûr dans l'esprit de ce texte. Par conséquent, avis défavorable.
Mme Bazin-Malgras a présenté un bon amendement, qui est bien rédigé. Depuis 2012, l'idée du CNM a quasiment été enterrée au niveau national, mais les régions n'ont pas attendu pour agir : il s'y est passé beaucoup de choses dans le domaine de la musique. Je pense en particulier à la Cité de la musique et de la danse qui a été inaugurée en 2006 à Strasbourg et qui est très active. Il est important de préciser qu'il doit y avoir une complémentarité entre le rôle du CNM et les actions menées au niveau local.
Je suis tout à fait d'accord sur le fond. L'amendement que j'ai déposé va également dans ce sens.
Elle examine ensuite l'amendement AC52 de Mme Aurore Bergé.
Je vous propose de conforter la logique qui inspire la création de cette nouvelle structure, à savoir la concertation et l'écoute des professionnels, en prévoyant qu'il y ait un processus permanent de concertation avec l'ensemble des acteurs de la filière.
Le CNM est construit avec les acteurs concernés : la mission qui a été confiée à Roch-Olivier Maistre et celle que j'ai menée avec Émilie Cariou ont conduit à les rencontrer ; j'ajoute qu'un comité de préfiguration a été créé et que le CNM a vocation à regrouper le CNV, l'IRMA et le FCM, voire d'autres structures, qui travaillent avec ces acteurs.
Cependant, le CNM sera un établissement public, sous la tutelle de l'État. L'article 1er a pour objectif d'indiquer de quel type d'établissement public il s'agira et quelles seront ses missions. La loi doit rester claire. Cela n'empêchera pas de prévoir des modalités de concertation dans le cadre du nouvel établissement public, qui sera placé sous la tutelle du ministère de la culture. On peut enrichir le texte mais il doit rester efficace et peu bavard. J'émets donc un avis défavorable.
En conséquence, les amendements AC154 de Mme Florence Provendier, AC10 de M. Maxime Minot, AC108 de Mme Frédérique Dumas, AC125 de Mme Valérie Rabault, AC168 de Mme Constance Le Grip, AC22 de Mme Brigitte Kuster et AC61 de M. Pierre-Yves Bournazel tombent .
La commission adopte ensuite l'amendement AC178, rédactionnel, du rapporteur.
En conséquence, les amendements AC65 de M. Pierre-Yves Bournazel et AC93 de Mme Brigitte Kuster tombent .
La commission examine ensuite l'amendement AC53 de Mme Aurore Bergé.
Cet amendement vise à intégrer toutes les esthétiques musicales dans le champ d'action du CNM, en précisant que toutes les pratiques sont concernées. Nous garantirons ainsi une représentation de toute la diversité de la musique.
Puis elle est saisie de l'amendement AC169 de Mme Josette Manin.
Cet amendement vise à inclure dans les missions du CNM la défense d'un principe directeur figurant à l'article 2 de la convention de l'UNESCO de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, à savoir la « liberté d'expression » des artistes et individus qui s'investissent dans le milieu artistique – en l'occurrence musical.
La libre expression fait partie de la diversité. Par ailleurs, la liberté de création a été consacrée par la loi LCAP. On s'inscrit dans ce cadre. Par conséquent, avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC62 de M. Pierre-Yves Bournazel.
L'amendement AC62 vise à rappeler le caractère divers du secteur de la musique tout en affirmant le rôle majeur des services de l'État et des collectivités territoriales – aussi diverses soient-elles.
J'en profite pour revenir sur les amendements qui sont tombés, notamment le mien et celui de Mme Kuster : ils étaient importants, car ils visaient à inclure les spectacles de variété – le cabaret, l'humour et les comédies musicales – dans le champ d'intervention du CNM. J'aimerais que l'on puisse aborder ce sujet.
Vous pourrez redéposer ces amendements en séance.
En ce qui concerne l'amendement AC62, il me semble important de plutôt conserver une mention de la diversité des publics et des formes ainsi que de l'importance des territoires au sein de l'alinéa 4, qui concerne plus particulièrement les instruments de soutien financier du CNM. Cela permet de préciser dans la loi que les instruments d'intervention doivent concerner toutes les formes, toutes les esthétiques, tous les publics et tous les territoires. Par conséquent, j'émets un avis défavorable.
Puis elle est saisie de l'amendement AC138 de M. Jean-François Cesarini.
Nous souhaitons préciser à l'alinéa 3 que la diversité de la musique est économique, culturelle et artistique. Les objectifs du nouvel établissement concernent des enjeux économiques, mais aussi culturels ou de diversité artistique.
Je suis d'accord sur le fond, mais la diversité est un terme qui couvre déjà tout. Si l'on s'engage dans une déclinaison de différents domaines, on risque d'en oublier. On pourrait ainsi ajouter à votre liste que la diversité est sociale, esthétique, régionale – c'est sans fin. J'émets donc un avis défavorable.
La précision qui nous est proposée est vraiment spécifique et particulièrement intéressante. Je voterai volontiers en faveur de cet amendement.
Je le répète : je suis d'accord sur le fond, mais le risque est d'oublier certains aspects, à moins d'avoir une liste très exhaustive.
Puis elle examine, en discussion commune, les amendements identiques AC8 de M. Maxime Minot, AC25 de Mme Brigitte Kuster, AC57 de Mme Virginie Duby-Muller, AC90 de Mme Maud Petit, AC95 de M. Pierre-Yves Bournazel, AC123 de Mme Valérie Rabault, AC139 de M. Jean-François Cesarini et AC156 de Mme Florence Provendier ainsi que l'amendement AC48 de Mme Béatrice Descamps.
L'article 1er omet de mentionner la notion, pourtant essentielle, de création, et partant néglige le rôle décisif des auteurs et des artistes : ce sont des maillons indispensables de la chaîne de création de la valeur. Sans eux, il n'y aurait pas de production, d'édition ou de diffusion. Il est donc indispensable que le soutien à la création figure parmi les missions prioritaires du CNM. C'est d'ailleurs un objectif que le ministre de la culture lui a assigné : il a souligné que la future institution devra être « au service de l'ensemble de la vie musicale, de l'ensemble des esthétiques et, au premier chef, des artistes ». Tel est l'objet de l'amendement AC25.
Cette proposition de loi n'accorde pas une place suffisante à l'artiste. En mentionnant le soutien à la création, l'amendement AC57 permettra de rappeler le rôle des auteurs, compositeurs et artistes, qui créent et font vivre les oeuvres, les enregistrements musicaux et le spectacle vivant. La future « maison commune » a vocation à structurer la filière pour affronter les défis à venir, mais aussi à permettre aux artistes de se développer et de grandir. Le dénominateur commun du CNM doit être l'artiste.
L'amendement AC90 est défendu.
L'amendement AC95 vise également à mentionner la création. Les professionnels l'attendent. Il est important de rappeler le rôle des auteurs, des compositeurs et des artistes, qui créent et font vivre les oeuvres, les enregistrements musicaux et le spectacle vivant.
L'amendement AC123 du groupe socialiste a été proposé par l'Alliance des entreprises de la musique et soutenu par les représentants des auteurs et des compositeurs. Il vise à rappeler qu'il ne peut y avoir de production, d'exploitation et de diffusion de la musique si celle-ci n'est pas créée.
L'amendement AC139 va dans le même sens. Le CNM se doit de soutenir la création artistique. Il n'y a pas de musique sans créateurs, sans artistes, sans auteurs et sans interprètes. On ne peut pas ne pas mentionner la création dans cette partie du texte.
L'amendement AC48 tend à mentionner, à l'alinéa 4, la création et l'innovation artistique. Défendre la création, la diversité et l'innovation correspond à l'essence même du CNM.
Je suis favorable aux amendements visant à inclure la création à l'alinéa 4. Sans création, il n'y a ni production ni rayonnement. Il faut bien en passer par là. J'émets, en revanche, un avis défavorable à l'amendement AC48. L'innovation artistique fait partie de la création. Il suffit donc de mentionner cette dernière.
En conséquence, l'amendement AC48 est sans objet.
Mon amendement tend à préciser que les dispositifs de soutien du CNM doivent aussi porter sur les variétés. Je déposerai en séance un amendement visant à réinsérer la notion de musique à l'alinéa 2 – elle a en effet disparu avec l'adoption de l'amendement de Mme Bergé – à côté des variétés.
Par l'amendement AC66, nous vous proposons de mentionner la variété à l'alinéa 4. Il me paraît important d'intégrer expressément ce secteur dans le champ d'action du futur CNM : cela fait partie des domaines de création essentiels. Les professionnels des cabarets demandent que ce soit une des prérogatives et des points d'attention du CNM.
Nous nous rejoignons sur le fond, mais je préfère que l'on parle des variétés, plutôt que de la variété, au singulier. Je vous propose donc de retirer votre amendement.
Cela ne me pose pas de problème : ce qui est important est d'intégrer les cabarets, les spectacles d'humour et les comédies musicales dans le champ d'intervention du CNM.
L'amendement AC66 est retiré.
J'aimerais revenir sur les amendements qui sont tombés tout à l'heure : il faudra veiller à intégrer aussi le cabaret, la comédie musicale et l'humour dans les alinéas précédents. Ceux qui ont suivi les débats sur les crédits du ministère de la culture, en loi de finances, savent que ces secteurs ne bénéficient plus du crédit d'impôt prévu pour le spectacle vivant. Ce n'est pas qu'une question de mots : il est important de reconnaître que l'humour et la comédie musicale sont, à part entière, du spectacle vivant. Il faut l'acter.
J'adhère tout à fait à ce que vous venez de dire. C'est essentiel pour bien couvrir le champ. Nous y serons vigilants.
La commission adopte l'amendement AC195.
Puis elle est saisie de l'amendement AC140 de M. Jean-François Cesarini.
Nous avons déposé un amendement qui est certes rédactionnel mais qui permet aussi d'insister sur le fait que la promotion doit être faite de la même manière sur l'ensemble du territoire. Il ne doit pas y avoir deux niveaux d'intervention – au plan national et dans les territoires – mais une volonté unique s'appliquant partout, sans velléité de hiérarchisation.
J'ai déposé un autre amendement rédactionnel qui tend à remplacer l'expression : « au sein des territoires » par « territorial ». Cette rédaction serait plus légère et surtout plus précise sur le plan juridique. Je vous propose de retirer votre amendement.
La commission est saisie de l'amendement AC181 du rapporteur.
C'est l'amendement rédactionnel auquel je viens de faire allusion.
Elle examine ensuite l'amendement AC24 de Mme Brigitte Kuster.
Il s'agit d'ajouter à l'alinéa 4 « en lien avec les collectivités territoriales ». Les collectivités territoriales sont en effet des acteurs indispensables du financement et de l'accès à la culture partout en France. À ce titre, elles méritent d'être mentionnées comme des partenaires incontournables du CNM.
Je suis favorable à ce que le CNM travaille de façon étroite avec les collectivités territoriales mais je l'écrirais plutôt à la fin de l'article 1er : c'est l'objet d'un amendement à venir qui ajoute un paragraphe évoquant spécifiquement le lien avec les territoires. Avis défavorable.
L'amendement AC163 de Mme Marie-George Buffet est retiré.
Cet amendement vise à compléter l'alinéa 4 par les mots : « et en complémentarité des dispositifs directement déployés par le ministère de la culture ». Il s'agit de souligner l'importance de la complémentarité des outils et des dispositifs mis en place pour la prospérité du secteur de la musique et de rappeler la nécessité de la mutualiser toutes les initiatives, notamment ministérielles.
C'est un objectif de cohérence, en consacrant les synergies nécessaires entre l'ensemble des politiques publiques en faveur de la musique.
Tout en espérant ne pas aller à l'encontre de la volonté du Gouvernement, je suis favorable à l'idée. La rédaction de l'amendement AC86 me semble juridiquement plus solide. Je demande donc le retrait de l'autre amendement.
La commission adopte l'amendement AC86.
Elle examine ensuite l'amendement AC56 de Mme Virginie Duby-Muller.
Il s'agit d'insérer après l'alinéa 4 le texte suivant : « Favoriser le développement territorial de l'écosystème musical, en contribuant à la définition et à la mise en oeuvre de partenariats en lien étroit avec les services déconcentrés de l'État, et en concertation avec les collectivités territoriales et le secteur ». Nous souhaitons garantir un centre national ancré dans nos territoires.
Pour moi, la coordination avec les collectivités territoriales n'appelle pas la création d'un nouveau dispositif ou de nouvelles procédures ; elle s'applique à l'ensemble des actions du CNM. D'ailleurs, le CNV travaille bien actuellement avec les collectivités territoriales sur différents dispositifs de soutien aux professionnels. Avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC164 de Mme Marie-George Buffet.
Il nous semble que la lutte contre le sexisme et la promotion de l'égalité homme-femme doit faire partie des missions du CNM. Comme moi, vous avez tous eu connaissance du récent manifeste, signé par plus d'un millier de femmes, intitulé « Femmes engagées des métiers de la musique (FEMM) ». Il dit à quel point les femmes artistes sont oubliées, parfois masquées, et que l'on continue d'empêcher les femmes d'être à égalité avec les hommes dans ce domaine.
Sur le fond, je vous rejoins, la lutte contre le sexisme doit se mener aussi dans le milieu de la musique. La musique urbaine, qui est actuellement dominante chez les jeunes, est d'ailleurs, sans que ce soit forcément du sexisme, très masculine.
Il faut savoir que le CNV, que nous avons auditionné, travaille actuellement sur ces questions, avec un projet d'évolution de ses programmes d'aides en fonction de la présence des femmes dans les équipes.
Par ailleurs, le 2° de l'article 3 de la loi LCAP dispose que la politique en faveur de la création artistique doit « favoriser l'égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la création artistique ».
Toutefois, je ne pense pas qu'il faille faire de la lutte contre le sexisme une mission du CNM en tant que telle. En revanche, la place des femmes devrait constituer un critère d'attribution des aides, et cela pourrait être inscrit dans le décret. Avis défavorable.
Comme si la lutte pour l'égal accès des femmes et des hommes aux professions musicales n'était pas du domaine législatif ! C'est un combat important. Il ne s'agit pas seulement de lutter contre le sexisme mais aussi de favoriser un égal accès : cela peut être une mission du CNM.
Elle adopte ensuite l'amendement rédactionnel AC194 du rapporteur.
En conséquence, l'amendement AC67 de M. Pierre-Yves Bournazel tombe .
Le soutien à l'export est une mission essentielle du CNM qu'il convient de ne pas restreindre à la production de phonogrammes mais qu'il faut au contraire élargir à la promotion à l'international du spectacle vivant et des oeuvres musicales dans leur ensemble. Tel est l'objet de mon amendement AC26.
L'amendement AC59 de Mme Duby-Muller précise la mission du CNM de soutien à l'export, selon les modalités qui viennent d'être présentées par nos collègues.
L'amendement AC70 procède de la même volonté : le développement international de la filière doit s'appliquer tant aux productions de phonogrammes et spectacles vivants qu'aux oeuvres musicales.
L'amendement AC87 est défendu.
L'amendement AC126 l'est également.
Je vous invite à retirer ces amendements au profit de l'amendement AC158 de Mme Provendier, qui insère les mots « au rayonnement des oeuvres », pour que le texte se lise comme suit : « contribuant au soutien à l'exportation des productions musicales, au rayonnement des oeuvres et à la présence des artistes français à l'international ».
La proposition de ces amendements, c'est la rédaction « à l'exportation des oeuvres et productions musicales ». L'exportation des oeuvres n'est pas la même chose que le rayonnement des oeuvres. J'aimerais donc que le rapporteur nous précise son intention.
Nous parlons du soutien à l'exportation des productions et au rayonnement des oeuvres.
Vous nous renvoyez à un amendement qui n'a pas le même sens. « L'exportation des oeuvres et des productions musicales », qui est le sens des amendements ici proposés, cela ne revient pas à dire ce que vous venez de nous expliquer sur le rayonnement des oeuvres.
Il y a en effet une certaine confusion dans la signification des termes. J'ai retiré mon amendement mais je parlais moi aussi d'exportation des oeuvres, qui n'est pas la même chose que le rayonnement des oeuvres.
Quand on parle du soutien à l'exportation de la production, cela intègre forcément les oeuvres. La production musicale, ce sont des oeuvres. L'amendement qui suit vous proposera la rédaction : « à l'exportation des productions musicales, au rayonnement des oeuvres et à la présence des artistes français à l'international ».
Si les oeuvres n'ont pas été exportées, elles n'ont par définition pas de rayonnement à l'international. Mais peut-être cela doit-il être précisé, monsieur le rapporteur, pour qu'il n'y ait pas d'erreur d'interprétation ?
Je relis le texte qui sera proposé : « en contribuant au soutien à l'exportation des productions musicales, au rayonnement des oeuvres et à la présence des artistes français à l'international ». La notion de productions a une connotation plus industrielle que les oeuvres elles-mêmes, qui font néanmoins partie de la production musicale. Au départ, nous n'avions pas pensé au terme de « rayonnement » mais nous en sommes tombés d'accord lors d'une discussion au ministère parce que derrière le mot « oeuvre », il y a tout ce qui relève de la propriété intellectuelle.
L'amendement AC179 du rapporteur est retiré.
La commission est saisie de l'amendement AC158 de Mme Florence Provendier.
Il s'agit, comme le rapporteur l'a dit, d'ajouter les mots « , au rayonnement des oeuvres ». Cet amendement vise à préciser la rédaction du cinquième alinéa de l'article 1er, lequel prévoit que le CNM « favorise le développement international de la filière, en contribuant au soutien à l'exportation des productions et à la présence des artistes français à l'international ». Une telle formulation pourrait laisser croire que cette mission est exclusivement de nature économique alors qu'elle a naturellement vocation à comprendre la dimension artistique des créations du secteur.
Puis elle examine l'amendement AC170 de Mme Josette Manin.
De nombreux artistes francophones mais qui ne jouissent pas de la nationalité française demeurent sur notre territoire, y ont l'essentiel de leur activité artistique et contribuent pas conséquent à l'excellence et au rayonnement de la France sur la scène musicale nationale et internationale. Il s'agit, avec cet amendement, de leur permettre de bénéficier du soutien à l'exportation de leurs productions musicales au même titre que les artistes français.
Actuellement, un artiste francophone non français mais qui a un producteur français ou un éditeur français peut bénéficier des aides du Bureau export car c'est le statut du porteur de projet qui compte pour l'octroi des aides. Je pense donc qu'il ne faut pas changer le sens de cette phrase car il s'agit bien d'aider la filière française et les artistes français. Avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC135 de Mme Valérie Rabault.
Cet amendement de notre groupe, issu d'une proposition de l'Alliance des entreprises de la musique et soutenu par les représentants des auteurs et des compositeurs, précise que la mission du CNM de soutien à l'export s'adresse tant aux artistes qu'aux auteurs-compositeurs.
Les auteurs-compositeurs font partie des artistes au sens large. Cependant, les aides s'adressent à des projets économiques et passent donc par les producteurs, éditeurs, diffuseurs... Avis défavorable.
Elle adopte ensuite l'amendement rédactionnel AC180 du rapporteur.
La commission est saisie de l'amendement AC49 de Mme Béatrice Descamps.
Le présent amendement vise à préciser la mission internationale du CNM, en intégrant la réalité de l'écosystème de la culture, en insérant l'alinéa suivant : « Soutenir l'exportation des créations musicales les plus innovantes et exigeantes dont l'économie nécessite le soutien financier afin d'en assurer le rayonnement international ».
Cette notion fait partie du soutien à l'export prévu à l'alinéa 5. Avis défavorable.
Puis elle examine l'amendement AC99 de M. Pierre-Yves Bournazel.
Cet amendement vise à intégrer la notion de mobilité artistique, de nos artistes nationaux comme ceux de l'étranger : le CNM doit ainsi favoriser le développement international de la filière musicale sous toutes ses composantes. Il s'agit donc d'ajouter, après l'alinéa 5, l'alinéa suivant : « Favoriser la mobilité des équipes artistiques et de professionnels ».
Les dépenses liées à la mobilité peuvent déjà être incluses dans les demandes de financement pour des projets de production phonographique ou de tournées. Avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC137 de M. Pierre-Yves Bournazel.
Cet amendement vise à associer les collectivités territoriales et à favoriser le développement territorial de la musique. Les collectivités territoriales sont le premier financeur des musiques actuelles. Elles concourent encore aujourd'hui à la dynamisation du secteur en créant de nouveaux lieux de création, de diffusion, de pratique, d'accompagnement des musiques ou de festivals.
L'État, les régions et le CNV ont notamment développé ces dernières années des « contrats de filière » avec plusieurs régions pour développer les initiatives à l'échelle locale. Il est important que le CNM puisse reprendre, faire perdurer et enrichir les initiatives.
Après l'alinéa 5, je propose donc d'insérer l'alinéa suivant : « Favoriser le développement territorial de l'écosystème musical, en contribuant à la définition et à la mise en oeuvre de partenariats en lien étroit avec les services déconcentrés de l'État, et en concertation avec les collectivités territoriales et le secteur ».
Le CNM devra travailler avec les collectivités territoriales comme le fait le CNV actuellement. Les collectivités sont les premiers soutiens de la musique à travers le financement de salles, d'orchestres, de tournées… Néanmoins, cela ne doit pas constituer une mission supplémentaire : cela doit faire partie de la logique de fonctionnement du CNM. Avis défavorable.
La commission est saisie de l'amendement AC142 de M. Jean-François Cesarini.
Pour son ambition d'intérêt général, le CNM doit aussi produire des soutiens non financiers, accessibles à tous, via un accompagnement professionnel et transversal, notamment par la conception et la mise à disposition de ressources pédagogiques présentes sur l'ensemble des parcours et concourant à la valorisation du domaine musical.
Les missions que vous indiquez font partie de la mission décrite à l'alinéa 7. C'est la mission actuelle de l'IRMA, qui joue un rôle de conseil aux professionnels, ainsi que du Bureau export s'agissant du conseil au développement international. Avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC171 de Mme Josette Manin.
À l'instar des missions assurées par le Centre national de la danse et le Centre national du cinéma et de l'image animée, il est important que le CNM puisse défendre à l'échelle européenne et internationale les intérêts du secteur musical français. Cet amendement vise par conséquent à l'énoncer clairement dans la loi.
Dans le prolongement du rapport de Roch-Olivier Maistre et du rapport de préfiguration d'Émilie Cariou et moi-même, nous avons fait le choix de laisser les missions régaliennes dans le champ de compétences du ministère de la culture. Avis défavorable.
Elle examine ensuite l'amendement AC143 de M. Jean-François Cesarini.
L'extension à la notion d'écosystème indique qu'il ne s'agit pas d'une observation à portée uniquement industrielle, et que la diversité de l'ensemble des composantes et des enjeux du secteur musical est bien prise en considération. Cette mission doit pouvoir prendre différentes formes : indicateurs économiques, études et analyses prospectives.
Les missions de soutien du CNM ainsi que la collecte de la taxe sur les spectacles créent des liens avec les entreprises, qui permettent d'avoir des idées très précises sur l'activité économique. Cela permet d'envisager un observatoire de l'économie de la filière. Cela n'empêchera pas le CNM d'avoir une vision d'ensemble et une bonne connaissance de l'écosystème. Je crois donc que l'amendement est satisfait ; j'en demande le retrait.
La commission adopte ensuite l'amendement rédactionnel AC182 du rapporteur.
En conséquence, l'amendement AC68 de M. Pierre-Yves Bournazel tombe .
La commission est saisie de l'amendement AC1 de Mme Emmanuelle Anthoine.
La quatrième mission proposée reprend la gestion de l'observatoire de l'économie de la filière musicale auparavant confiée au CNV par l'article 12 de la loi du 7 juillet 2016 dite loi LCAP, actant la fusion de cet établissement au sein du CNM.
Or la rédaction actuellement proposée ne précise pas l'existence d'un comité d'orientation de cet observatoire. L'article 7 de la présente proposition de loi entend abroger l'article 30 de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France pour tirer les conséquences de la fusion du CNV au sein du CNM. Ce faisant, elle supprime les dispositions législatives introduites par la loi LCAP relatives au comité d'orientation de l'observatoire de l'économie de l'ensemble de la filière musicale.
Il convient dès lors de les maintenir dans la loi en précisant la rédaction du périmètre de la mission proposée au présent alinéa, en complétant l'alinéa 6.
Le détail de l'organisation de l'observatoire de la filière musicale relève plutôt du niveau réglementaire. Le comité de pilotage mis en place sous l'égide de Catherine Ruggeri travaille à cela. J'ajoute que l'observatoire qui a été adjoint au CNV n'a pas pu être mis en place, car on a échoué à mettre en place ses organes de gouvernance. Il ne faudrait pas reproduire cet échec en figeant dans la loi une organisation trop lourde. Il s'agit d'un observatoire mettant à disposition des données économiques, non d'une instance politique.
Puis elle en vient à l'amendement AC144 de M. Jean-François Cesarini.
Le rôle du CNM ne correspond pas seulement à un service : il s'agit bien d'une responsabilité et d'un objectif global, donc d'une fonction, voire d'une mission, capitale pour fonder une ambition d'intérêt général s'adressant à toutes et tous au-delà des intérêts catégoriels. Elle facilite la solidarisation de tous les acteurs, individus comme entreprises.
Je suis favorable à cet amendement qui permet de clarifier le fait que le CNM n'est pas un guichet. À l'alinéa 7, il est question des missions de l'IRMA.
Je retire mon amendement au profit de l'amendement AC145 de M. Cesarini.
L'amendement AC145 vise à ce que la vocation à fournir de l'information s'appuie avant tout sur un objectif pédagogique et de production d'expertise utile pour la structuration du secteur et les pratiques des acteurs, ainsi que leur valorisation.
Il est important que le Centre national de la musique soit aussi un centre de ressources – reconversion, auditions et offres d'emploi, appels à projets, médiation, conseil juridique, etc. – pour tous les professionnels du secteur musical.
Sa dimension nationale et publique le prédispose à jouer ce rôle plus efficacement que tout autre acteur du secteur musical. Tel est l'objet de l'amendement AC172.
Je persiste et signe avec l'amendement AC69, qui vise à intégrer expressément le secteur de la variété dans le champ d'action du Centre national de la musique.
Je suis favorable aux amendements AC145 et AC69, et défavorable à l'amendement AC172.
L'amendement AC183 est retiré.
Elle rejette l'amendement AC172.
Elle adopte l'amendement AC69.
Puis elle adopte l'amendement rédactionnel AC184 du rapporteur.
La formation professionnelle est essentielle : l'amendement AC72 vise donc à garantir la formation professionnelle au sein du CNM tout en préservant les organismes préexistants. Il me semble qu'il s'agit là d'une mesure attendue et d'intérêt général.
Si le centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles (IRMA) propose des formations professionnelles spécifiques, il existe également une offre de formation émanant d'organismes privés agréés. La fusion de l'IRMA au sein du Centre national de la musique ne doit pas être l'occasion d'élargir le champ des formations déjà dispensées, et ainsi de faire supporter aux organismes précités une concurrence qui ne peut leur être que fatale. Tel est l'objet de l'amendement AC28.
Tant que les formations confiées à des organismes extérieurs ou à des vacataires sont facturées en lien avec leurs coûts, il n'y a pas de problème de distorsion de concurrence. Cela dit, le rôle du CNM en matière de formation est plutôt envisagé pour combler les manques en offrant des formations qui ne sont pas proposées sur le marché – c'est ce que fait l'IRMA aujourd'hui, grâce à un agrément qui lui permet d'offrir des formations quand le service correspondant n'est pas proposé ailleurs. Il conviendra que le CNM ait lui aussi cet agrément.
J'émets donc un avis défavorable aux amendements AC72 et AC28.
Elle est saisie de l'amendement AC146 de M. Jean-François Cesarini.
Le CNM doit favoriser le développement de la formation professionnelle. Par son ingénierie, sa connaissance du secteur et de son environnement, il sera en mesure d'anticiper et qualifier les besoins pour définir des réponses adaptées, fédérer et soutenir le développement des organismes intervenant dans ce champ.
Si je comprends votre souhait et suis favorable à votre amendement sur le fond, sa rédaction me semble pouvoir être revue et améliorée avant la séance publique. Je vous invite par conséquent à le retirer.
La commission examine l'amendement AC147 de M. Jean-François Cesarini.
L'innovation n'est pas que technologique, elle repose autant sur des usages qui la valident. Il importe donc de les observer pour mieux anticiper et participer aux évolutions de l'écosystème de demain.
Je suis d'accord sur le fond mais je vous invite à retirer cet amendement afin d'en revoir la rédaction avant la séance publique.
La commission est saisie de l'amendement AC50 de Mme Béatrice Descamps.
Nous souhaitons que le CNM ait pour mission de prioriser les dispositifs et critères favorisant les missions de service public déléguées à de nombreux opérateurs de la filière, tout en préservant la création musicale dans sa grande diversité esthétique et en prenant en compte la réalité économique de chacun de ses secteurs.
Le CNM se démarquera en étant un acteur de régulation économique dans un esprit de solidarité de filière et de soutien aux esthétiques peu diffusées, comme aux acteurs de l'économie sociale et solidaire.
À l'alinéa 9, il est plutôt question d'innovation technologique à l'heure du numérique que de création artistique. Je suis donc défavorable à cet amendement.
Le partage de la valeur au sein de la filière musicale est bouleversé par la révolution numérique. Les modèles économiques des plateformes réduisent les rémunérations des artistes par rapport à celles provenant des supports physiques. Les revenus octroyés aux créateurs s'avèrent ainsi souvent insuffisants. L'importante concentration du secteur sur certains artistes populaires compromet alors la diversité de l'offre musicale en ne permettant pas aux « petits » artistes – ne voyez aucune intention péjorative dans l'adjectif que j'emploie – de vivre correctement de leurs créations.
L'amendement AC5 vise à compléter l'article 1er par l'alinéa suivant : « Assurer un suivi du partage de la valeur au sein de la filière musicale. »
Ce qui est proposé ici faisant partie des objectifs de l'observatoire de l'économie de la filière, définis à l'alinéa 6, je vous invite à retirer ces deux amendements.
Elle est saisie de l'amendement AC29 de Mme Brigitte Kuster.
L'amendement AC29 est l'occasion de conférer une base légale au fonds d'intervention pour la sécurité des sites et des manifestations culturels, doté en 2019 de deux millions d'euros et géré par le CNV, qui permet de soutenir les organisateurs de spectacles face à la montée exponentielle des coûts de sécurité.
Cette mesure permettrait de pérenniser le dispositif et d'éviter qu'il soit remis en cause d'une année sur l'autre, ou bien qu'il tarde, comme ce fut le cas cette année, à être activé par la voie d'un décret. En matière de sécurité, l'accompagnement des professionnels du spectacle nécessite tout à la fois du temps et une certaine lisibilité, comme je l'ai souligné dans le rapport pour avis sur les crédits de la culture que j'ai rédigé au nom de cette commission.
Si je suis favorable à la gestion par le CNM du fonds d'intervention pour la sécurité des sites et festivals, un autre amendement, prévoyant une convention avec le ministère de la culture et visant les pans du spectacle qui ne sont pas dans le champ du CNM – je pense en particulier au théâtre – a ma préférence.
Sauf erreur, le fonds d'intervention pour la sécurité des sites et festivals, géré par le CNV et institué à la suite de la circulaire Collomb, qui mettait à la charge des organisateurs de spectacles le coût résultant de la mise en place de mesures de sécurité, concerne tous les spectacles. Quant aux théâtres, ils bénéficient d'un fonds d'urgence en faveur du spectacle vivant, créé à la suite des attentats. Pouvez-vous nous préciser comment se coordonnent ces deux fonds ?
Il n'y a aujourd'hui qu'un seul fonds, qui concerne à la fois la musique, les variétés et le théâtre : il s'agit en fait de permettre au CNM d'intervenir aussi pour le théâtre.
Si vous ajoutez le théâtre, ne faut-il pas prévoir des crédits supplémentaires ?
Il s'agit simplement de donner au CNM une compétence supplémentaire, celle du théâtre, mais le champ d'intervention du fonds reste le même.
Elle examine l'amendement AC73 de M. Pierre-Yves Bournazel.
L'exposé des motifs de la proposition de loi indique que « les bouleversements engendrés ces dernières années par la mutation du secteur ont mis en évidence la nécessité de rassembler les dispositifs de soutien à la filière musicale, afin de permettre à ses acteurs de s'unir pour porter les réflexions à ces enjeux communs et d'améliorer la cohérence du soutien public à la filière. »
L'amendement AC73 vise à institutionnaliser la concertation de l'ensemble des acteurs du secteur au sein des missions du CNM, dans le but d'améliorer l'interconnaissance et favoriser le développement de chaque composante du secteur.
Si l'un des objectifs du CNM est que tous les professionnels du secteur et toutes les musiques se rencontrent, je ne crois pas qu'il faille faire de cet objectif une disposition à caractère normatif. La volonté même de créer ce que certains ont appelé la « maison commune de la musique » se retrouve dans l'une des missions de l'IRMA, centre de ressources et lieu de bouillonnement artistique, où les artistes peuvent se rencontrer, confronter leurs expériences et leurs projets.
Elle est saisie de l'amendement AC148 de M. Jean-François Cesarini.
Organisme fédérateur, le CNM doit pouvoir légitimement s'investir dans des chantiers d'intérêt général – santé, prévention des risques, développement durable, parité. Appuyé pour cela sur son expertise unique, il doit pouvoir aussi bien prendre l'initiative qu'accompagner et doter de moyens dédiés des mobilisations portées par le secteur. Tel est l'objet de l'amendement AC148.
La faculté de mobilisation du secteur fait partie des potentialités du CNM, sans qu'il soit besoin de l'écrire dans la loi si l'on souhaite que ces initiatives partent des professionnels sur une base volontaire. Je suis donc défavorable à cet amendement.
Elle examine ensuite l'amendement AC150 de M. Jean-François Cesarini.
Le CNM n'est pas une administration. Pour être un lieu de vie, ouvert sur la cité, où les acteurs se rencontrent, échangent, se forment et s'informent, il doit affecter une part de ses moyens à cette fonction. Pour cela, il est important de l'affirmer clairement dans ses objectifs : tel est l'objet de l'amendement AC150.
Je souhaite aussi que le CNM soit un lieu d'accueil et de rencontre, mais je ne pense pas que cela relève du niveau législatif, c'est pourquoi je vous invite à retirer cet amendement.
La commission est saisie de l'amendement AC155 de Mme Florence Provendier.
L'amendement AC155 vise à intégrer dans les missions du CNM la valorisation du patrimoine musical. La conservation et la valorisation du patrimoine musical font aujourd'hui partie des missions du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz.
S'il n'apparaît pas nécessaire de reprendre la mission de conservation, notamment en raison du fait que le CNV n'a jamais exercé cette mission et que la Bibliothèque nationale de France (BNF) s'en charge, il convient de conserver la valorisation de notre patrimoine musical parmi les missions du CNM. Il s'agit en effet d'un aspect fondamental de la politique culturelle en faveur de la musique et de son accès au plus grand nombre.
La valorisation du patrimoine musical fait intervenir plusieurs acteurs, dont la BNF, qui est chargée de la conservation des archives, mais il faut reconnaître qu'il y a des marges de progrès. Je suis donc favorable à confier au CNM la mission de participer à la valorisation du patrimoine musical.
Face aux risques pesant sur la diversité de la création musicale, le Centre national de la musique doit avoir un rôle d'expertise auprès des pouvoirs publics en leur suggérant les évolutions législatives et réglementaires permettant de préserver la diversité culturelle.
L'amendement AC4 vise à compléter l'article 1er par l'alinéa suivant : « Suggérer au Gouvernement et au Parlement des évolutions législatives et réglementaires permettant de préserver la diversité de la création musicale. »
Dans l'esprit des rapports rédigés par Roch-Olivier Maistre d'une part, par Emilie Cariou et moi-même d'autre part, je ne souhaite pas que le Centre national de la musique récupère toutes les compétences de l'administration centrale en matière de musique. Les fonctions régaliennes, comme la définition de la politique et la réflexion sur le cadre législatif et réglementaire ou sur la régulation, doivent à mon sens rester du domaine du ministère de la culture. Cela n'empêchera pas le CNM de faire des propositions à sa tutelle, mais il n'est pas nécessaire de l'écrire dans la loi, c'est pourquoi je suis défavorable à ces deux amendements.
Face aux difficultés que représentent les bouleversements du partage de la valeur suscités par la révolution numérique, au sein de la filière musicale, il serait intéressant que le Centre national de la musique mette son expertise du secteur à la disposition des pouvoirs publics pour proposer des évolutions législatives et réglementaires améliorant les revenus des acteurs de cette industrie culturelle.
L'amendement AC6 vise à compléter l'article 1er par l'alinéa suivant : « Suggérer au Gouvernement et au Parlement des évolutions législatives et réglementaires pour assurer un meilleur partage de la valeur. »
Comme je l'ai dit au sujet des amendements précédents, rien n'empêchera le CNM de faire des propositions à sa tutelle. Son observatoire de l'économie de la filière musicale lui permettra d'avoir une connaissance fine du partage de la valeur.
Elle examine l'amendement AC186 du rapporteur.
Cet amendement vise à préciser que le CNM travaille en lien avec les collectivités territoriales, qui sont un acteur incontournable des politiques publiques en faveur de la musique. Les organismes qui ont vocation à être intégrés dans le CNM, en particulier le CNV et l'IRMA, travaillent aujourd'hui, selon les dispositifs, en étroite collaboration avec les acteurs locaux.
L'amendement AC186 vise donc à compléter l'article 1er par un alinéa ainsi rédigé : « Il veille à associer les collectivités territoriales et leurs groupements à l'exercice de ses missions. »
Nous voyons enfin arriver cet amendement que M. le rapporteur a évoqué à de multiples reprises depuis le début de la discussion des articles et, à titre personnel, j'aurais préféré qu'il apparaisse plus tôt dans le texte – cela dit, nous le soutiendrons.
Monsieur le rapporteur, pouvez-vous nous préciser ce que signifie l'expression : « il veille à associer » ?
L'exemple qui me vient spontanément à l'esprit est celui d'un contrat d'objectifs conclu entre le CNV et la région Occitanie. Je précise que, parmi les collectivités territoriales et leurs groupements évoqués par l'amendement AC186, il peut y avoir des communautés de communes ou d'agglomération.
Dans l'hypothèse où cet amendement serait adopté, je ne vois pas très bien ce que cela impliquerait en termes d'obligations du CNM par rapport aux collectivités territoriales qui pourraient le solliciter : serait-il simplement tenu de traiter toutes les demandes qui lui seraient adressées ?
Il s'agit simplement de maintenir la coordination qui existe déjà entre le CNV et les collectivités territoriales.
Je rejoins ce qui a été dit par Mme Rabault sur le manque de précision de l'alinéa qu'il est proposé d'ajouter à l'article 1er : la notion d'association des collectivités territoriales laisse la porte ouverte à beaucoup de choses, que ce soit en matière de financements ou d'engagements.
Comme Frédéric Reiss et plusieurs de nos collègues, j'aurais préféré que cet amendement soit situé plus en amont du texte. Ainsi, j'avais pour ma part proposé à l'alinéa 4 un amendement visant au soutien à la production, qui était beaucoup plus précis en ce qui concerne le lien avec les collectivités territoriales.
Nous sommes d'accord sur le fond, mais il me semble qu'il aurait justement été réducteur de se contenter de s'appuyer sur l'alinéa 4. Le fait de créer un alinéa à part entière permet de couvrir tous les champs énumérés dans les alinéas précédents.
Notre amendement AC55, qui a reçu un avis défavorable au motif que nous allions examiner ultérieurement un amendement du rapporteur dont la rédaction était plus satisfaisante, posait pour principe que « le Centre national de la musique met en oeuvre une politique de service public construite avec les services centraux et déconcentrés de l'État, et en concertation avec les collectivités territoriales, leurs groupements, leurs établissements publics, ainsi que les acteurs de la création artistique. »
Selon moi, la rédaction de cet amendement était plus précise que celle de l'amendement AC186 qui nous est ici proposé.
À mon sens, le verbe « associer » et l'expression « en concertation » expriment des idées très similaires. Dès lors, votre préoccupation est satisfaite.
Elle est saisie de l'amendement AC157 de Mme Florence Provendier.
L'amendement AC157 vise à insérer, après l'alinéa 9, l'alinéa suivant : « Le ministre chargé de la culture peut confier par convention au Centre national de la musique l'instruction et la gestion de dispositifs d'aides pour la sécurité des sites et manifestations culturelles du spectacle vivant hors de son champ de compétences ».
L'accompagnement des acteurs culturels en faveur d'une sécurisation de leurs établissements et événements a commencé dès 2015 avec l'article 119 de la loi de finances rectificative pour 2015, qui a instauré pour trois ans le Fonds d'intervention pour la sécurité et le risque économique lié à des événements imprévisibles dans le spectacle vivant au sein du CNV.
Ce fonds, géré par un comité d'engagement rassemblant la profession et présidé par le ministère de la culture, a soutenu les entreprises en difficulté en prenant en considération les surcoûts liés au renforcement des mesures de sécurité et, la première année seulement, les pertes de recettes liées à une baisse de fréquentation ou à des spectacles annulés ou reportés.
Par le décret n° 2019-203 du 18 mars 2019, le Gouvernement a pérennisé l'existence de ce fonds d'intervention pour la sécurité des sites et des manifestations culturelles. Sont éligibles à ce fonds les entreprises du spectacle vivant, les éditeurs de publications d'information politique et générale et les éditeurs des services de presse en ligne.
Afin de simplifier la gestion du fonds d'intervention et de garantir une équité de traitement de l'ensemble des entreprises du spectacle vivant, il est proposé d'autoriser le ministre de la culture à passer une convention avec le CNM pour lui confier l'instruction et la gestion des aides qui relèvent de la compétence du ministère dans le champ du spectacle vivant.
La mission flash sur les charges de sécurité des spectacles et des festivals, menée par Bertrand Bouyx et Brigitte Kuster, avait recommandé que le fonds d'urgence créé après les attentats de 2015 pour aider les salles à prendre en charge les mesures de sécurité soit prorogé. Il venait en effet à échéance fin 2018. Il était géré par le CNV.
Les crédits ont été votés en PLF, le fonds d'intervention a été pérennisé par décret du 18 mars 2019, mais il manquait la base législative pour permettre au CNM de gérer ce fonds, y compris pour les salles de théâtre.
Je suis donc favorable à la mesure proposée ici qui permettra au CNM de gérer le fonds pour l'ensemble des spectacles.
La commission examine l'amendement AC160 de Mme Marie-George Buffet.
Nous venons de définir les différentes missions assignées au Centre national de la musique. Mon amendement prévoit que leur mise en oeuvre soit régie par l'article 3 de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création et à la liberté artistique, dite LCAP, qui garantit la liberté de création artistique sous toutes ses formes et définit l'action conduite par l'État pour la préserver.
Bien entendu, les dispositions de la loi LCAP sur la liberté de la création doivent s'appliquer au CNM. Je ne pense pas qu'il soit utile de créer un renvoi d'une loi vers l'autre.
Elle est ensuite saisie de l'amendement AC33 de Mme Brigitte Kuster.
Le présent amendement propose d'expérimenter le transfert partiel au futur CNM de la gestion de la mesure 9 – soutien à l'emploi des artistes dans le secteur de l'édition phonographique – du Fonds national pour l'emploi pérenne dans le spectacle (FONPEPS).
En effet, il est notamment établi que les délais de traitement des dossiers d'aide par l'opérateur actuel sont très longs – 124 jours en moyenne – ce dernier connaissant peu les entreprises du secteur et n'étant pas armé pour instruire les dossiers de manière fluide.
Votre amendement porte sur la mesure 9 du FONPEPS qui est une mesure sectorielle. De fait, portant sur le secteur de l'enregistrement phonographique, elle pourra être gérée par le CNM sans qu'il soit besoin de l'écrire.
Si l'expérimentation proposée se révélait concluante, elle permettrait de sécuriser cette mesure de soutien à l'emploi artistique dans les très petites entreprises d'édition phonographique, mais aussi de limiter leur prise de risque. Je maintiens mon amendement.
Puis elle en vient à l'amendement AC32 de Mme Brigitte Kuster.
L'objectif du CNM est de créer un véritable effet de levier pour l'ensemble de la filière musicale : dans un contexte de reprise fragile de la croissance, il doit être un instrument au service de la production locale et de la diversité des talents.
Dans cette perspective, sa mission générale de soutien au secteur, définie à l'article 1er, doit se traduire par une politique d'incitation au développement des investissements des entreprises de la musique au service de la création.
Actuellement, la filière dispose de guichets d'aide dont elle assure le financement et la gouvernance. La dévolution de ces outils au sein d'un EPIC où l'État sera majoritaire doit s'accompagner de garanties sur ses missions dans un objectif d'efficacité économique.
Le présent amendement propose donc d'informer la représentation nationale des orientations qui seront prises par le Comité opérationnel présidé par Catherine Ruggeri pour soutenir la croissance du marché de la musique dans toutes ses composantes – musique enregistrée, spectacle vivant, édition musicale – au sein du futur CNM.
Je ne suis pas favorable au fait d'inscrire des demandes de rapports dans la loi. Si de nouveaux dispositifs d'aide devaient voir le jour, il faudra de toute façon plus de trois mois pour les mettre en place.
En tant qu'établissement public placé sous la tutelle du ministère de la culture, le CNM devra rendre compte de son action. Nous pourrons aussi auditionner son président en commission pour l'interroger sur l'avancement de ces dossiers.
Pour ma part, je m'engage à convoquer Mme Ruggeri dans un délai de trois mois si vous le jugez utile, sinon le bureau de la commission déterminera à quelle échéance cette audition pourra avoir lieu.
La commission étudie l'amendement AC119 de Mme Valérie Rabault.
Cet amendement propose que le conseil d'administration du CNM soit paritaire.
L'obligation de parité hommes femmes s'impose au CNM en tant qu'établissement public, mais nous pouvons l'inscrire dans le texte. Le secteur de la musique a en effet des marges de progrès à faire en matière de place donnée aux femmes. C'est pourquoi mon avis est favorable.
Cet amendement vise à insérer après le mot « administration » les mots « majoritairement représenté par l'État ou des personnalités qualifiées nommées par l'État, ».
Cet amendement prévoit que la composition du conseil d'administration ne soit pas uniquement laissée à l'appréciation du Gouvernement.
Comme nous l'avons écrit dans notre rapport avec Émilie Cariou, nous souhaitons que l'État ait la majorité des sièges au conseil d'administration. Je pense cependant que la composition des organes de gouvernance ne relève pas du niveau législatif et qu'il ne faut pas trop figer cela dans la loi.
Puis elle examine, en discussion commune, l'amendement AC34 de Mme Brigitte Kuster, les amendements identiques AC14 de M. Maxime Minot, AC94 de M. Pierre-Yves Bournazel, AC128 de Mme Valérie Rabault, AC174 de Mme Constance Le Grip, ainsi que l'amendement AC112 de Mme Frédérique Dumas.
La mission de préfiguration, confiée aux députés Cariou et Bois, a conclu à l'intérêt d'une nomination du président du CNM sur proposition d'un ou de plusieurs membres du conseil d'administration, et non à la seule discrétion du ministre. L'amendement AC34 vient soutenir cette proposition.
La mission de préfiguration préconise l'association du conseil d'administration à la nomination du président du CNM par la voie d'une ou plusieurs propositions faites au ministre de la culture. L'amendement AC94 soutient cette proposition.
L'amendement AC128 émane de l'Alliance des entreprises de la musique.
S'agissant de l'amendement précédent, nous souhaitions en fait nous caler sur la composition du conseil d'administration du CNC au sein duquel siègent des parlementaires. Cela nous paraissait logique, le CNM étant en quelque sorte le pendant du CNC.
L'amendement AC174 reprend l'une des propositions de la mission de préfiguration qui préconisait d'associer le conseil d'administration à la nomination du président du CNM par la voie d'une ou plusieurs propositions.
L'amendement AC112 est défendu.
C'était en effet une recommandation que nous avions faite avec Émilie Cariou. Néanmoins, j'ai finalement préféré dans la proposition de loi marquer la tutelle claire du ministre de la culture. L'objectif est que le CNM soit rapidement opérationnel. Le conseil d'administration aura toute sa place dans la définition de la stratégie et des grandes orientations du CNM.
Je ne suis pas convaincue par l'argumentation du rapporteur. Je ne suis pas sûre que la nomination par le ministre constituera une garantie de rapidité, qui à ce stade n'est d'ailleurs pas la préoccupation première. Un consensus serait préférable. J'avais cru comprendre par ailleurs que la présidence de M. Macron n'obéissait pas forcément aux règles de la verticalité : j'observe que l'on revient à une nomination par le ministre alors que c'est le rôle des conseils d'administration. Nous verrons d'ailleurs ce qu'il en sera pour France Télévisions.
L'amendement AC42 précise la composition du conseil d'administration du Centre national de la musique. Sans détailler plus avant la répartition du nombre de sièges, qui relève de la compétence du pouvoir réglementaire, il paraît néanmoins nécessaire d'établir les équilibres de la représentation entre l'État, les collectivités territoriales et les représentants des professionnels du secteur. La composition du conseil d'administration jouera un rôle déterminant dans les orientations du CNM, et le Parlement ne peut donc se limiter à la définition des missions du futur établissement.
Enfin, comme le préconise votre rapport, monsieur Bois, la précision de la composition du conseil d'administration et le nombre maximal de ses membres devraient figurer dans la loi afin d'encadrer et hâter l'élaboration des mesures réglementaires d'application.
La composition du conseil d'administration relève du décret. Il n'est pas nécessaire de l'écrire dans la loi, ni même souhaitable, car cela rendrait toute modification ultérieure très lourde.
Puis elle examine, en discussion commune, les amendements identiques AC196 du rapporteur, AC15 de M. Maxime Minot, AC54 de Mme Aurore Bergé, AC88 de Mme Maud Petit, AC116 de Mme Frédérique Dumas, AC129 de Mme Valérie Rabault ainsi que l'amendement AC43 de Mme Brigitte Kuster.
L'amendement AC196 reprend l'une des propositions de la mission de préfiguration du CNM que j'ai conduite avec Émilie Cariou, qui portait sur la mise en place d'un conseil professionnel, adjoint au conseil d'administration, associant la filière musicale à la détermination des priorités du CNM et à sa politique en matière de soutien.
Si le conseil d'administration du CNM relève d'une prérogative du ministre de la culture, il faut lui adjoindre un conseil professionnel, ce qui est d'ailleurs une demande de la filière musicale. Tel est l'objet de l'amendement AC54.
L'amendement AC88 est défendu.
L'amendement AC116 est également défendu.
Tout comme l'amendement AC129.
La mission de préfiguration du Centre national de la musique, confiée aux députés Cariou et Bois, a conclu à la nécessité d'adjoindre au conseil d'administration une instance représentative des organisations privées concernées par l'action du futur établissement. Cette instance participera à la désignation des personnalités qualifiées appelées à siéger au conseil d'administration, ou au sein des commissions consultatives d'attribution des aides, et pourra émettre des avis à caractère consultatif ou obligatoire sur les orientations stratégiques ou les programmes d'aides fixés par le conseil d'administration.
Un tel conseil est nécessaire afin que toutes les parties prenantes soient représentées dans la situation où le conseil d'administration sera resserré autour de quinze membres. C'est l'objet de l'amendement AC43.
Suivant l'avis favorable du rapporteur, la commission adopte les amendements identiques AC196, AC15, AC54, AC88, AC116 et AC129.
En conséquence, l'amendement AC43 tombe .
Article 3 : Délivrance des agréments pour le bénéfice de crédits d'impôts
La commission adopte l'amendement rédactionnel AC187 du rapporteur.
La commission adopte l'amendement AC188.
En conséquence, l'amendement AC16 tombe .
Puis la commission adopte l'article 3 modifié.
Puis elle examine, en discussion commune, l'amendement AC36 de Mme Brigitte Kuster, les amendements identiques AC18 de M. Maxime Minot, AC113 de Mme Frédérique Dumas, AC132 de Mme Valérie Rabault, AC176 de Mme Constance Le Grip ainsi que l'amendement AC82 de M. Pierre-Yves Bournazel.
L'enjeu de l'amendement AC36 est de garantir aux entreprises qui s'acquittent de la taxe fiscale sur les spectacles, issue de la loi du 30 décembre 2003, que les fonds qu'elle génère bénéficieront exclusivement au soutien à la production et à la diffusion de spectacles, et non à d'autres opérations entrant dans le périmètre du CNM.
L'amendement AC113 est défendu.
L'amendement AC132 est retiré.
L'amendement AC176 propose d'apporter des garanties s'agissant de l'affectation des fonds anciennement collectés et distribués par le CNV. Il importe en effet de s'assurer que la taxe sur les spectacles et sa redistribution par le CNM bénéficiera aux acteurs qui entrent dans le périmètre de cette taxe et la génèrent eux-mêmes. Tous nos amendements relaient les fortes préoccupations des professionnels exprimés en la matière.
L'amendement AC82 propose d'apporter des garanties s'agissant de l'affectation des fonds anciennement collectés et distribués par le CNV. Il importe en effet de s'assurer que la taxe sur les spectacles et sa redistribution par le CNM bénéficiera expressément aux acteurs qui entrent dans le périmètre de cette taxe et la génèrent eux-mêmes, à l'image du fonctionnement actuel du CNV.
L'article 4 dispose que le produit de la taxe sur les spectacles sera affecté au CNM et non plus au CNV. S'agissant de l'utilisation de ces sommes, la question devra être posée lors de l'examen du projet de loi de finances, lorsque nous examinerons l'ensemble des ressources du CNM.
Il est difficile de se satisfaire de cette réponse. Nous n'aurons plus la main ! Les professionnels qui acquittent cette taxe ont très clairement exprimé qu'ils attendent des garanties. Ce point est très important. Nous ne pouvons pas nous contenter d'un renvoi à la loi de finances d'autant que celle-ci n'entrera pas dans de tels détails.
J'entends les préoccupations de nos collègues, mais le Parlement doit tenir son rôle, faute de quoi il ne sert à rien. Comme pour toutes les taxes affectées, un plafond doit être maintenu. Je rappelle que, sous la précédente législature, le plafond du CNV est passé de 20 millions d'euros à 50 millions d'euros, ce qui laisse une certaine marge de manoeuvre. Le contrôle du législateur doit être conservé.
La confiance doit prévaloir jusqu'au bout dans la construction de cette maison commune de la musique qui, jusqu'à présent, s'est faite dans la concertation avec les professionnels. En effet, ces derniers ont besoin de garanties, or la rédaction proposée n'est pas encore de nature à les rassurer.
Certains d'entre vous ont déposé des amendements tendant à garantir cette réserve, et le Gouvernement y était favorable, mais ils ont été déclarés irrecevables au titre de l'article 40 de la Constitution.
La commission rejette l'amendement AC36.
Elle adopte ensuite l'amendement de coordination AC191 du rapporteur.
Enfin, la commission adopte l'article 4 modifié.
La commission se saisit de l'amendement AC136 de Mme Valérie Rabault.
Cet amendement me tient particulièrement à coeur. Lorsque le gouvernement précédent a créé la « taxe YouTube », bien que ce soit l'actuel ministre de l'économie qui ait signé le décret permettant son entrée en vigueur, nous avions prévu que son rendement serait partagé entre le CNC et le CNV puisque bien des vidéos comportent à la fois des images et de la musique.
Malheureusement, le fléchage vers le CNV n'a pas été mis en place. Je redépose donc cet amendement pour qu'au-delà d'un certain rendement de la taxe, le CNM reçoive sa part.
Votre amendement prévoit un partage du produit de la taxe sur les revenus publicitaires des sites de vidéo à la demande dite « taxe YouTube » entre le CNM et le CNC via un mécanisme de plafonnement.
Nous avions évoqué cette hypothèse dans notre rapport avec Émilie Cariou. Cela dit, pour l'instant, les recettes de cette taxe sont faibles, je ne suis pas certain qu'il soit opportun de compliquer son affectation. En tout état de cause, il faudrait avoir cette discussion en loi de finances puisque cela concerne aussi le CNC.
Article 5 : Intégration du Centre national des variétés et d'associations existantes dans le Centre national de la musique
L'amendement AC192 propose une nouvelle rédaction de l'article 5 afin de préserver la liberté des associations.
Une forme d'insécurité juridique pesait en effet du fait de la rédaction initiale de l'article 5 de la proposition de loi, notamment à cause du changement de statut des associations.
Cet amendement propose donc une nouvelle rédaction, dont j'espère qu'elle fera l'objet d'une modification lors de l'examen du texte en séance publique afin d'intégrer le Bureau export.
L'adoption de ces amendements aura pour conséquence de rendre sans objet un certain nombre d'amendements. Leurs auteurs peuvent donc prendre la parole, s'ils le souhaitent.
L'inquiétude s'était exprimée en effet sur différents bancs de cette commission. Je me réjouis donc de cette nouvelle rédaction. La sécurisation de l'absorption des associations de droit privé ne constitue pas un petit sujet. Nous voterons les amendements identiques.
L'article 5 est donc ainsi rédigé.
En conséquence, les amendements AC40 de Mme Brigitte Kuster, AC19 de M. Maxime Minot, AC114 de Mme Frédérique Dumas, AC134 de Mme Valérie Rébault, AC177 de Mme Constance Le Grip, AC91 de M. Pierre-Yves Bournazel, AC152 et AC153 de M. Jean-François Cesarini, AC20 de M. Maxime Minot, AC60 de Mme Virginie Duby-Muller, AC92 de M. Pierre-Yves Bournazel et AC115 de Mme Frédérique Dumas n'ont plus d'objet.
La commission examine l'amendement AC51 de Mme Béatrice Descamps.
Cet amendement vise à confier au CNM la mission de développer des partenariats forts avec les collectivités, en articulation avec les directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Non seulement le CNM ne doit pas être placé en situation de concurrence avec les DRAC, mais il doit oeuvrer en cohérence et de manière articulée avec les dispositifs du ministère de la culture, dans le cadre d'un dialogue partenarial avec les DRAC.
L'article 1er dispose déjà que le CNM soutient la production, l'édition, la promotion, la distribution et la diffusion de la musique sous toutes ses formes et auprès de tous les publics, aux niveaux national et territorial. Ce faisant, le CNM soutient les prises de risque artistiques sur la base de projets construits. Comme le font déjà le CNV, le Fonds pour la création musical et le Bureau export, le CNM n'accordera pas ses aides en fonction d'un jugement esthétique ou consensuel mais en fonction du projet, encourageant ainsi l'innovation. Dans ces conditions, l'amendement est satisfait.
La commission passe à l'amendement AC41 de Mme Brigitte Kuster.
L'article 5 ayant été réécrit, je tiens à m'assurer que cet amendement lui apporte un complément pour veiller à la sincérité de cette nouvelle rédaction. Il vise à ce que le Gouvernement procède à l'évaluation d'une mesure sécurisée en vue de l'absorption des trois autres associations de droit privé susceptibles de rejoindre le futur CNM, en empruntant la voie du conventionnement tant pour éviter tout risque d'inconstitutionnalité que pour accompagner leur transfert – qu'il s'agisse du transfert du personnel et des locaux ou de la gestion des réserves – tout en apportant des garanties suffisantes concernant la pérennité et l'amplification des programmes que ces associations mettent actuellement en oeuvre.
Le rapport devrait notamment répondre aux questions suivantes : celle du bail, puisque le FCM vient de signer un nouveau bail de six ans, ainsi que celle des transferts de personnel, et celle de la reprise et de la pérennisation des programmes d'aide existants – actuellement, le FCM accorde des aides sélectives protectrices de la diversité tout en tenant compte du poids économique des acteurs ; nous voudrions avoir l'assurance que cet équilibre sera préservé. Autre question à régler : l'évolution de ces programmes d'aide et des conditions de l'association des professionnels à la prise de décision. Aujourd'hui, les programmes évoluent de manière souple sous l'impulsion des professionnels. Cette souplesse constitue pour eux un atout qui doit être préservé, y compris dans un EPIC où l'État est majoritaire.
Ces rattachements sont à l'étude et j'y suis favorable ; j'ai même déposé un amendement visant à intégrer le Bureau export et le CALIF, mais il a été déclaré irrecevable.
Par principe, je ne suis pas favorable à ajouter dans la loi des dispositions prévoyant la rédaction de rapports mais soyez certaine que des discussions sont en cours concernant l'intégration des associations en question. Pour le reste, la nouvelle rédaction adoptée à l'article 5 respecte la liberté d'association. La reprise des droits et obligations permettra de régler les questions relatives au bail et, naturellement, au transfert du personnel. Je propose donc le retrait de l'amendement ; à défaut, j'émets un avis défavorable.
Article 6 : Décret d'application
La commission est saisie de l'amendement AC122 de Mme Valérie Rabault.
Cet amendement vise à ce que le Gouvernement établisse un horizon budgétaire clair et fixe pour le CNM. En effet, l'effort à consentir au regard des finances publiques, pour être à la hauteur des ambitions de cette proposition de loi, doit être connu des parlementaires, en particulier depuis que le Gouvernement a réduit les budgets qu'il était envisagé de consacrer au CNM.
Par principe, je ne suis pas favorable à l'adoption dans le corps de la loi de dispositions prévoyant la présentation d'un rapport. D'autre part, il va de soi que nous aurons une discussion sur la question du financement – y compris pluriannuel – du CNM lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2020.
Assistaient également à la réunion. - M. Jean-François Cesarini, M. Fabien Di Filippo, M. M'jid El Guerrab, Mme Nadia Essayan, Mme Valérie Rabault

References: l'article 40
 l'article 5
 l'article 5
 l'article 40
 l'article 5
 l'article 40
 L'article 1
 l'article 2

L'article 1
 l'article 1
 l'article 3
 l'article 1
 l'article 12
 L'article 7
 l'article 30
 l'article 1
 l'article 1
 l'article 1
 l'article 1
 l'article 1
 l'article 119
 l'article 3
 l'article 1
 l'article 3

L'article 4
 l'article 40
 l'article 4
 l'article 5
 l'article 5

L'article 5

L'article 1

L'article 5
 l'article 5