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Timestamp: 2019-04-24 04:04:15+00:00

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» Non classé Do Delaunay
11 mars 2019 § 0 commentaire § permalink
12 février 2019 § 0 commentaire § permalink
6 février 2019 § 0 commentaire § permalink
Un an et deux jours.
Il y a eu un an hier, maman s'en allait dans l'au-delà du temps, dans deux jours LA ROUE DU TEMPS va s'installer sur le Giratoire de Cologny, dont je vous parle et vous rebats les oreilles depuis quelques nouv'ailes.
Ces deux événements sont corrélés puisque son départ a libéré quelques énergies sonnantes et trébuchantes qui m'ont permis de mener ce projet à terme. Je pars demain pour Genève et vendredi 11 janvier 2019 vers 14 heures, la Roue aura été dédouanée, transportée, levée et posée sur le rond point de la route de Vandœuvres, sans même interrompre la circulation des bus de cette banlieue de Genève sur la rive sud du Léman. Puisqu'il est dans l'air du temps trouble d'occuper les ronds points, je suis heureux et sereinement excité de le faire artistiquement avec ma première sculpture monumentale.
À bientôt pour les photos !!!
Et merci à tous celles et ceux qui ont souscrit à ce projet en gravure ou en tee-shirt ! La souscription reste ouverte... https://dodelaunay.com/accueil/
Décembre fut période de rangement (inachevé) de l'atelier trop plein, mais le temps des réponses aux appels à projets est revenu avec sa part de rêves, de créativité et d'imaginaire.
Et revient aussi l'envie de re-démarcher les galeries avec le nouveau book que je viens de me faire éditer.... Mais cela reste une épreuve redoutable que de franchir en demandeur le seuil de ces officines...
Peu de cinéma pendant cette période d'entre ans, mais néanmoins une pépite : Asako I &II de Ryusuke Hamaguchi dont j'avais déjà bien aimé Senses au printemps dernier. Belle histoire formidablement jouée à la beauté formelle magnifique. Des cadres captés comme des tableaux.... À voir aussi Bohemian Rhapsody de Brian Singer, biopic bien ficelé sur la vie de Freddy Mercury du groupe Queen avec l'impressionnant et perfor(m)ant Rami Malek.
Il y a vingt ans j'avais été profondément séduit par Le Dieu des Petits Riens, puissant roman de l'indienne Arundhati Roy. Alors quand j'ai su qu'elle venait de publier un second livre, j'ai couru l'emprunter à Ulysse, ainsi se nomme la médiathèque de mon quartier. Le roman s'appelle Le Ministère du Bonheur Suprême et je serai curieux d'avoir votre avis si vous le lisez. Roman foisonnant, déroutant, qui m'a perdu, m'a retrouvé et m'a emporté dans le torrent sauvage de sa langue jusqu'au terme apaisé de sa lecture.
L'hiver est là mais la Roue du Temps nous dit que l'été a commencé à germer dans le minuscule allongement de la durée du jour. Restons attentifs. Alors comme l'a si bien dit Spinoza : bien faire et rester en joie.
Mon amoureuse m'a offert pour la joie du solstice une belle écharpe safran en soie et mohair d'angora.
do 9119
9 janvier 2019 § 0 commentaire § permalink
« Mon port balance » a dit l’oiseau à sa descente d’avion après la lecture des précédentes Nouv’ailes. Les vagues transatlantiques ont poursuivi leurs lentes oscillations mémorielles, parfumées de bagels new-yorkais, de feuilles d’érable et de délices de la mer à la sauce Queen Mary. Avec en bruits de fond les vapeurs d’armistices et le soufre jaune des gaz lacrymogènes qui augmente le pouvoir d’crachat et aveugle les marches pour le climat. Le niveau de l’amer monte, la sommation de consommer asphyxie le tiers du monde et même toujours plus, le pactole du pétrole suicide l’espoir sol(id)aire d’une petite planète bleue et l’humanité se menace d’une insouciante disparition. Et construit des murs de frontières pour mieux foncer dedans, sans oser prévenir ses enfants. Je ne le dirai pas mais pourtant j’aurai bien envie de dire « que l’on vous l’avait bien dit ». Et de faire revenir Reiser, Gébé et tous les amoureux de l’An 01.
Il est temps de mesurer la différence entre nos futurs et no future.
Deux podcast d’émissions de radio se sont télescopées dans mes oreilles de ce mois. Celle sur la campagne présidentielle de René Dumont en 1974 – tout était déjà dit- et celle sur l’irruption du Big Brother de la télé-réalité en 2001- chaque jour, il faut éliminer un des participants, « puisqu’on n’arrête pas le progrès », puisqu’il faut virer le maillon faible… Mais voilà que l’on a maille à partir avec les mailles du tissu social et qu’il faut éviter qu’il se détricote, voire même prendre un nouveau patron… qui ne soit pas taxé d’être une copie carbone… « À vos souhaits ! » Mais il est interdit d’éternuer !
Le rire de celui qui a atteint la félicité est sans pourquoi (Tchouang-tseu)
Dans un mois, le 11 janvier, La Roue du Temps sera installée sur le rond-point de Cologny, près de Genève. Et je mettrai mon tout nouveau tee-shirt pour fêter cela ! Vous en voulez un ? Allez à la photo n°1 de ces Nouv’ailes et passez par la case « Départ pour une belle année 2019 ».
C’est facile de commander sur Internet, cette à-ma-zone commerciale qui met la consommation à portée d’être apportée à domicile. Ça ne va pas ? Pas grave, on peut renvoyer gratuitement le produit à l’expéditeur et fera travailler ces nouveaux esclaves moderne que sont les sous-traitants d’Amazon et continuera d’alourdir le bilan carbone de la planète. Il y a au moins Trois Suisses que cela Redoute.
Il y a des films dont on a pas envie de sortir en sortant du cinéma. Ce fut le cas pour Amanda de Mikhael Hers, dont j’avais déjà beaucoup aimé Ce sentiment de l’été. Ce le fut aussi pour Pupille, beau film sensible sur et autour de l’adoption.
Je voue une cordiale détestation à ce ou cette styliste qui a lancé il y a quelques années la mode des jeans déchirés, cette singerie soit-disante moderne des haillons de la pauvreté. Même sentiment pour l’envahissement de nos costumes des villes et de nos costumes des champs par les motifs de camouflage militaire !
« En quinze ans un tiers des oiseaux ont disparus de nos ville et de nos campagnes » ont alerté le Muséum d’Histoire Naturelle et le CNRS. En un an, 21000 tonnes de plomb sont dispersés dans la nature par les chasseurs en Europe. Quant aux chats et autres matous dont les minois ont fait florès sur les moustaches de nos écrans, il s’avère que ce sont en réalité de furieux prédateurs qui ont sûrement leur part de responsabilité dans cette hécatombe volatile.
Content d’entendre le photographe brésilien Sébastião Salgado confirmer à la radio mon intuition que la destitution de Dilma Roussef et la mise en prison de Lula étaient bien une forme de coup d’état « soft » dont le militaire de profession Bolsonaro est la suite logique.
J’ai acheté le numéro spécial de Reporters Sans Frontières consacré à Vincent Munier. Un excellent moyen de soutenir la liberté de la presse et de se régaler l’œil avec ses somptueuses et émouvantes photos noir & blanc d’ours blancs ou noirs, de grues du Japon ou de phoques barbus.
« Je vis avec curiosité » a dit Louis Sébastien Mercier (1740-1813) cité par le grand Jean Claude Carrière dont la devise est « les hommes n’ont pas besoin de croyances, mais de connaissances » dans une belle et savoureuse émission de France Inter à (ré)écouter :
Cent milliards, c’est à quelques unités près, le nombre d’étoiles dans une galaxie, le nombre de galaxies dans l’univers, le nombre de neurones dans votre cerveau et le nombre d’humains passés sur Terre depuis l’Origine du Monde qui se perd dans la Nuit des Temps.
Fêtes vos jeux et ne mettez pas tous vos vœux dans la même année.
do 91218
8 novembre 2018 § 0 commentaire § permalink
Un poisson et un oiseau.
L’océan et le ciel. L’horizon et la verticale.
Le poisson, je l’ai vu le premier matin de la traversée après le départ de Southampton. Quelques dauphins sont venus jouer dans l’écume et j’ai retrouvé leur écho dans les pales des hélices très contemporaines sur le pont avant du bateau (photos 1et 2). L’oiseau, il m’a été donné, à peine débarqué, sur les quais de Brooklyn, chapeautant de son vol la silhouette érigée de la Statue de la Liberté (photo 8). Entre ces deux termes de cette bulle d’espace et de temps en forme de paquebot, il y aura le bain dans le jacuzzi sur le pont arrière, la contemplation sans fin de la ligne d’horizon à travers la fenêtre de la cabine 4048 (photo 3), les portraits croqués dans les bars ou les coursives (photo 4). Le concours de fléchettes, les parties de scrabble sur le pont n°2, au ras des flots, là où la mer d’un profond bleu métallique agite aux abords de Terre-Neuve des vagues qui ressemblent à des montagnes dont l’écume mouvante serait comme un instant de neige éternelle.
Il y aura aussi le plaisir d’une conférence sur mon projet de sculpture en Suisse LA ROUE DU TEMPS que je donnerai pour le public francophone de cette traversée, une cinquantaine de français parmi les quelques 1200 britanniques, les 500 américains et la trentaine de nationalités présentes sur le Queen.
À ce propos, ma souscription pour LA ROUE DU TEMPS est toujours ouverte, vous pouvez la retrouver sur la page d’accueil de mon site dodelaunay.com. Et c’est parce que je pars ce jour à Genève pour préparer son installation que ces Nouv’ailes paraissent dès le 8.
Après l’inoubliable mais fraîche arrivée dans le port de New York, juste avant l’aube de ce jeudi 25 octobre, pendant que la pleine lune descendait doucement pour venir coiffer la Statue de la Liberté, il y eut l’hôtel à Times Square, la découverte du métro, de sa vétusté crade et de sa signalétique d’un siècle passé, le passage au mémorial de Ground Zero (photo 6) et la montée dans le ciel ensoleillé au One World Trade Center, plus haut gratte-ciel de la Grosse Pomme ouvert en 2014 et mesurant 1776 pieds (541m), en référence à l’année de la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis. De cette tour admirée dans le soleil levant depuis les ponts du Queen Mary, nous le vîmes alors reprendre la mer (après douze petites heures de ravitaillement dont je vous laisse imaginer la logistique bien rodée) et faire un tour sur lui même dans la rade de New york pour saluer le porte-avion Queen Elizabeth a qui en son honneur fit tonner quelques coups de canon… (Photo n°5)
Puis il y eut le ravissement des yeux et du cœur devant les toiles et sculptures du MOMA, les citrouilles d’Halloween sur les escaliers de Soho et de Greenwich Village, les écureuils, un saxophoniste et un quintet de jazz vocal dans les allées de Central Park, une messe évangélique et chantante à Harlem, et pour boucler ces denses jours sur les bords de l’Hudson, sa traversée piétonne sur le Brooklyn Bridge à la tombée du jour qui allume les lumières de la ville.
Une fois passé les frontières peu accueillantes de la douane américaine, il y eut la chaleur retrouvée des amies québecoises, le fun automnal et francophone de Montréal, le plaisir de fouler et de se souvenir de la rue Sainte Catherine, du boulevard Saint Laurent et des quais du vieux port d’où j’embarquais il y a trente cinq ans sur un autre paquebot cette fois polonais qui s’appelait le Stefan Batory.
Des amis suisses ont œuvré pour que se tiennent en septembre dernier une votation pour inscrire la bicyclette dans la constitution de la confédération helvétique. Cela peut paraître un détail mais imaginez les conséquences sur l’aménagement des territoires et la prolifération des pistes cyclables ! Les Suisses ont voté pour à 74%. À quand une telle initiative en France ?
Sur les ponts du Queen, j’ai lu Avec toute ma colère d’Alexandra Lapierre, qui conte la relation tempétueuse entre Nancy Cunard et sa très british de mère, Maud. J’ai connu l’existence de cette héritière de la compagnie anglaise qui arme Le Queen Mary 2 par les photos qu’en a fait dans les années 30 Man Ray. Ses bras ornés de nombreux bracelets africains sont devenus icône des années phare du surréalisme. Puis j’ai poursuivi mes lectures maritimes par un livre au titre opportun de l’islandais Jón Kalman Stefánsson qui s’appelle D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds. Dans un récit qui s’étend sur trois générations transpire toute la puissance narrative des contes et histoires de cette île de l’Atlantique Nord. Page 47 : « La vie naît par les mots et la mort habite le silence. » Je repenserai à cette phrase et à ma maman en assistant à la Fête des Morts au Musée des Arts Amérindiens, à la pointe sur de Manhattan (photo 7). Un moment fort de plumes, danses et tambours qui résonnent dans les lointains de l’âme.
En parlant de son dernier livre Dix sept ans, Éric Fottorino raconte qu’on lui disait qu’il était un enfant débrouillard et lui entendait qu’il était un enfant des brouillards.
Au retour de voyage, pour rester dans le bain du voyage, j’ai renoué avec le cinéma en allant voir… Le Grand Bain, film très réussi de Gilles Lellouche et En Liberté de Pierre Salvatori…
Cinq jours après le retour en avion, les effets du décalage horaire s’estompent doucement, à l’aller il fut peu ressenti puisque découpé en six reculs du réveil tout au long des nuits de traversée. Les vagues de ce beau moment de voyages continuent à bercer neurones et frissons de ma peau. J’écris cette chronique en écoutant la belle voix de musique de la chanteuse danoise Agnès Obel.
Ce matin, les poissons ont des ailes de voyage.
do 81118
10 octobre 2018 § 0 commentaire § permalink
Neuf mois, neuf jours.
Il y a eu neuf mois hier que Maman s’en est allée, il reste neuf jours avant que je m’embarque avec ma sœur Brigitte sur les ponts transatlantiques du Queen Mary 2 pour penser à elle et découvrir à l’aube du 25 octobre la Statue de la Liberté, Ellis Island et les tours qui grattent le ciel de la Grosse Pomme. Avant de revenir via Montréal « dans un grand Bœing bleu de mer » comme l’a si bien chanté Robert Charlebois. Est-il utile de préciser l’excitation paisible qui baigne mon cœur à l’horizon des quais de Southampton avant ces sept journées océaniques? Écho d’une autre traversée, cette fois dans l’autre sens qui me vit débarquer, il y a 35 ans dans le port de Rotterdam, au retour d’une année sabbatique et québécoise qui me fit embrasser les joies de la vie d’artiste…
Avant cela, et après les joies circulaires de l’Aronde des Regards sur les bords de la Gironde, vint une période intense à l’atelier pour finir toute une série de tableaux commencés pour certains depuis plusieurs années et pour préparer un nouveau book retraçant mes différentes réalisations entre 2016 et 2018… L’Œil du Temps que je joins à ces Nouv’ailes en est une des traces.
RAPPEL :la souscription pour LA ROUE DU TEMPS qui sera installée en janvier prochain près de Genève est toujours en cours. Vous pouvez la retrouver sur la page d’accueil de mon site
Vous n’en pouvez plus de cette actualité mortifère qui décadanse le monde insouciant qui va dans le mur qui se réchauffe aveuglément ? Lisez Mécaniques du chaos, prix 2017 de l’Académie Française de Daniel Rondeau, patchwork de personnages fictionnés entre Istanbul, Corbeil-Essonnes, Paris, la Libye … Mieux que la réalité…
Au rayon découverte, une auteure à l’écriture originale : Céline Minard. J’ai lu Le Grand Jeu, roman d’une retraite d’une femme en montagne qui en rencontre une autre et je viens de commencer Faillir être flingué pour lequel elle reçut le prix du livre Inter en 2014. Et me voilà embarqué par sa belle écriture dans les grandes plaines far west du western américain. Chevauchant !!! À lire avant d’aller voir Les frères Sisters de Jacques Audiard.
Dans la famille lectures écossaises, je demande et recommande Je te protègerai, dernier opus traduit de Peter May.
Dans les autres films du mois, Fortuna, beau film noir et blanc de Germinal Rouaux, qui réfugie une jeune éthiopienne dans un couvent suisse. Un peuple et son roi de Pierre Schœller, belle et intéressante fresque sur la révolution dont on espère la suite…
Connaissez vous Qwant ? Ce n’est pas l’avatar numérique d’un philosophe allemand, mais le nom d’un moteur de recherche français qui ne piste ni ne conserve les traces de vos cheminements numériques ? Il va être désormais utilisé à l’Assemblée Nationale et au ministère des Armées, (qui ne s’appelle plus ministère de la Défense…). Bye bye Google et son vampirisme asservissant… On n’entend plus beaucoup parler des GoogleGlass -ou l’écran dans vos lunettes- mais maintenant on va nous bassiner avec la voiture autonome, vedette du salon de l’auto qui se tient cette semaine à Paris. Me prend soudain l’envie d’un gigantesque bras d’honneur face à ce soit-disant progrès qui voudrait nous priver de (se) conduire et de demander à cette auto(nome)mobile ce qu’elle fera face au mur vers lequel roule notre petite planète bleue… pleine de bleus !
« Et pourtant » comme le chantait le petit mais grand Shahnourh Varinag Aznavourian, j’ai besoin et envie d’affirmer dans ces quelques lignes qu’il faut coûte que coûte maintenir cet incessant et nécessaire combat pour dire, chercher, créer, abreuver la beauté du monde. Et comme le disait le sage Jean Pierre Vernant, sans cesse remettre sur le métier « l’optimisme de la volonté pour qu’il ne soit pas anéanti par le pessimisme de l’intelligence ».
Ces Nouv’ailes sont magiques : elles peuvent se transformer en valise océane ou en malle aérienne. Alors, lecteurs fidèles et les autres aussi, je vous glisse dans les poches joyeuses de mon sac à Do et vous emmène valser dans les pages qui tournent la dense danse du voyage. À bientôt ! Ça rime avec hublot !
DO 91018
18 septembre 2018 § 0 commentaire § permalink
La dix-septième.
Pour cette nouvelle saison du Journal du Neuf, le 9 mute en 6 à cause de l’Aronde des Regards que je pars demain faire sur les bords de la Gironde, dans le cadre du Sentier des Arts, là où j’avais réalisé il y a deux ans Ailes de Gironde (voir Nouv’ailes #28). Faire du 9 du 6, on pourrait presque entendre faire du neuf avec du « si ». Et faire taire les bémols du monde.
Je vous ai envoyé en début d’été un appel à souscription pour soutenir par l’achat de gravures mon projet de sculpture monumentale LA ROUE DU TEMPS qui sera installée sur le giratoire de Cologny, près de Genève au premier trimestre 2019. Dans les réactions qui ont suivi cet appel, plusieurs m’ont dit « mais pourquoi ne fais-tu pas un crowdfunding ? » Peut-être y viendrais-je plus tard mais dans un premier temps, je souhaitai que ce soutien se manifeste par un échange, un partage à travers l’acquisition d’une œuvre d’art à prix pas trop élevé. À ce jour, près d’une vingtaine de gravures ont trouvé preneur et l’appel continue, vous pouvez le retrouver sur la page d’accueil de mon site dodelaunay.com. La ville de Cologny finance une partie des frais de cette exposition temporaire dont j’ai saisi l’opportunité pour partir à l’aventure du monumental. Cette souscription me permet de finaliser le budget de cette sculpture que j’espère à terme pouvoir vendre. J’ai besoin de votre aide et de vos soutiens. D’avance grand merci d’en être et d’en parler.
La surface des pérégrinations estivales fut d’un hectare de nectar.
Combien de litres d’encre ont-ils été nécessaires pour faire tous les tatouages que j’ai pus voir sur les corps de l’été ? Et quelles étaient les proportions des métaux lourds cancérigènes dans ces peintures de peaux qui ont déjà commencé à vieillir ?
La recette disait de faire revenir les oignons, mais je ne savais pas où ils étaient partis.
Intuition paranoiäque : J’abandonne Notre Dame des Landes mais tu me mets les nationales et départementales à 80, comme cela les gens prendront davantage l’autoroute pour sacrifier aux insatiables dieux de la vitesse et moi, Léonard de V ferait rimer péages avec avantages…
J’ai commencé hier le livre d’Adélaïde Bon, La petite fille sur la banquise. Qui décrit, j’en suis à mi-livre, les méandres nauséeux et les rebonds dévastateurs d’attouchements sexuels sur une petite fille de neuf ans qui met des années à poser le mot viol sur ce trou noir de souvenir encré en corps comme un tatouage indélébile. Et je repensais, en visitant les lourdes églises baroques des environs du Lac d’Orta et du Lac Majeur à cette formidable escroquerie qui depuis deux mille ans voudrait nous faire accroire qu’un dieu serait né d’une vierge. Et à celle d’un pape qui dans son incurie romaine incapable de balayer ses miasmes pédophiles voudrait envoyer les tendances homosexuelles des enfants chez un psychiatre. Basta ! Trois fois Basta !!!
J’entends encore le cliquetis des bâtons de rando sur les chemins de pierres de la vallée de l’Arc.
Mais le monument monumental des lectures de l’été fut Le Lambeau de Philippe Lançon, journaliste de Libé et de Charlie qui y était ce sinistre matin d’un 7 janvier 2015 où une balle lui fracassa la mâchoire et la mémoire à la vue de l’éclat sanguinolent du cerveau ouvert de Bernard Maris. De plus en plus, j’évite de lire trop de commentaires, de critiques avant d’ouvrir une première page. Je ne lis que rarement les quatrième de couverture, j’adore les conseils furtifs à la fin du Masque et la Plume, je jouis des murmures qui vont de bouche à oreille. Et là je n’aurai que deux mots à la bouche pour vos deux oreilles : lisez le.
Puis pour ne pas vous arracher les cheveux de rage ou de désespoir, lisez La Tresse de Lætitia Colombani, qui tisse trois histoire échevelées entre Inde, Sicile et Québec. Soyeux !
1+1=3. Entre Je et Tu, l’espace du Nous.
Peu de cinéma cet été. Mais avant d’aller voir Burning du coréen Lee Chang-dong, j’ai pris le temps de lire Les Granges Brûlées, nouvelle d’Haruki Murakami dont le film est inspiré. J’ai bien aimé l’écrit, j’ai bien aimé le vu et mesuré avec délice l’écart d’attention entre les deux.
Je me suis régalé à voir, face caméra, Guy de et avec Alex Lutz et je n’ai pas résisté d’aller rire avec Pierre Richard et ce bon vieux Schmoll dans l’adaptation de Christophe Duthuron de la savoureuse BD dessinée par Paul Cauuet et scénarisée par Wilfrid Lupano, Les Vieux Fourneaux.
Est-ce qu’un homme heureux aura une aura ?
Oui, dans la ronde des regards, la roue du temps et la connaissance de soie.
do 6918
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