Source: https://hetarchief.be/fr/media/l%C3%A9cho-belge-journal-quotidien-du-matin-paraissant-%C3%A0-amsterdam/EfRjbpLLWcTWUdlWWDJvhDAG
Timestamp: 2019-05-26 10:04:30+00:00

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s.n. 1915, 18 Juillet. L'écho belge: journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam. Accès à 26 mai 2019, à https://hetarchief.be/fr/pid/h41jh3f53r/
jère Année N®r36a 5 cents (ÎO centimes) Dimanche 18 juillet 1915 L'ECHO BELGE L'Union fait la Force. Journal quotidien du matin paraissant à Amsterdam» Belge est notre nom de Famille. Toutes les lettres doivent être adressées au bureau de rédaction: N.Z. VOOBBUHOWAL 334-240 Téléphone: 2797. Rédacteur en Cîicî : Gustave Jaspaers. _ ( Charles Bernard, Charles Herbie», Comité de Rédaction: ■ _ , . „ .. ( René Chamlbry, JEmlle Painparé. Pour les annonces, abonnements et vente au numéro, s'adresser à l'Administration du journal: N.Z. VOORBUBGWAL 234-240, Téléphone: I77S. Abonnement ( En Hollande fl. 1.50 par mois, payable par anticipation l Etranger fl. 2.00 ,, fl L'Exemple : M. Auguste van Cauwelaert, un granc garçon un peu timide, l'oeil doux et profond "V derrière lô lorgnon, la barbe noire, rare et ;• soyeuse. Avocat au barreau d'Anvers, exerçant sa profession avec une application ponctuelle mais laissant deviner que, pai dessus ses dossiers, à travers la vitre ^ ou s'encadre tout l'azur du ciel, son imagination se plaisait à errer dans uu monde ou ne pénètre pas l'intelligence du vulgaire. Poète.., . . , Une âme délicate, un coeur loyal et pur. Certainement il était de ceux qui croient à la bonté, à la justice, à tout cela que les philosophes appellent humanité. Est-ce parce que son rêve s'est brusquement écroulé, qu<iî dans cet artiste à la sensibilité su-■«raiguë s'est réveillé un héros? Non point. C'est parce que cet idéal, qui plus que jamais est le sien, se trouvait mis en péril, que chez lui l'action s'est trouvée tout na- - turellement la soeur du rêve et qu'il a laissé la plume pour le fusil. Cet amant du droit et de la justice que la platitude de la vie avait condamné à n'être qu'un avocat et , qui dépensait en de charmantes créations poétiques ces aspirations vers le sublime qui fermentaient en lui, est devenu le soldat do la justice et du droit. Du coup il s'égale lui-même à la cause la plus noble qui soit 'puisqu'il donne son sang pour elle. Bel exemple ! K .Sa valeur lui a valu le grade de^ sergent. Il sera décoré. Un galon, une croix, hum-ftes objets et si magnifiques, nous n'imaginons rien au monde qui soit plus digne d'envie. A les évoquer seulement, tout s'abolit des petitesses autour de nous, et :R;:nous avons le sentiment absolu de cette chose qu'on croyait bannie de la terre, la yertu. Ce jeune homme que j'ai coudoyé dans la vie, si peu différent des autres en apparence, lui aussi... Ah! quel trouble me \ ;saisit et comme je l'admire. Que signifient des phrases, des mots, l'appel le plus éloquent auprès de ceci? Malheureux ceux que ne subjugue point la ' beauté, exemplaire d'une telle action. Mais sans doute les paroles de celui qui agit seront entendues. Ecoutez ce qu'écrit Auguste van Cauwelaert à son frère: |T ,,Croyez-moi: les jeunes gens qui n'auront point pris part à cette lutte seront honteux quand la paix sera revenue dans le pays; une paix et une liberté pour laquelle ils •ont laissé d'autres se battre. _ J'apprécie hautement le sacrifice et l'amitié des professeurs hollandais qui veulent bien donner des cours à nos étudiants flamands dans les Universités néerlandaises; mais combien j'aimerais mieux qu'ils n'eussent pas d'auditeurs du tout parce -qu'alors tous les hommes valides seraient sous les armes. C ,,Ici nos garçons sont à l'école de la vie. S'ils tombent, leur mort sera au moins honorable.,,Je le vois: la Flandre grandit ici dans çhacun de nous. , ,,Je ne sais pas pourquoi je vous parle si Souvent de ceci dans mes lettres. Mais j'en ai une conscience ai profonde que je dois yous le dire." M , Simple langage adéquat à une âme d'éli-ie. Avons-nous besoin de désigner plus spécialement ceux-là à qui il s'adresse? Je ne veux en retenir qu'une phrase pour m'y associer des mes faibles forces : , ,La Flandre grandit ici dans chacun de nous." 0 oui! La Flandre n'est nulle part ailleurs, ni dans le pays que piétine la botte du; reître barbare, pas plus qu'ici même où d'aucuns s'imaginent en avoir apporté une parcelle au talon de leur soulier. La Flandre n'est pas là où il y a des ohaînes, elle n'est pas là où l'on ne peut mettre à son service que de piètres discours quand c'est tout le sang 'de ses fils qu'elle réclame. Elle est là et là seulement où ce sang jaillit en des fontaines fécondes, sur cette teare élue et sainte que es sang arrose et où les ossements des héros tombés frémissent de joie d'être foulés sous le pas hardi des héros qui montent à l'assaut. Le grand, l'exaltant spectacle et comme.. à côté, tout s'enfonce dans l'ombre. Là- - 'bas de l'éternité qu'on forge, de l'immortalité qui luit. Ailleurs, ici, l'oubli, la nuit. J'ai de la reconnaissance à Auguste van Cauwelaert d'avoir fait sentir cela mieux. Avec quelle ardeur j'aspire au moment où je pourrai solliciter de lui la faveur de tou- ^ cher une main qui s'est crispée sur le canon du mauser brûlant d'avoir trop craché la -, • mort. Et comme avec admiration je verrai » ; oe front pensif qui, naguère, avait rêvé du laurier, ceint de la couronne de chêne. Charles Bernard, Nécrologies. ^ On a déjà remarqué que les annonces mor-H tuaires allemandes no portaient généralement H* plus que : mort pour la patrie, alors qu'au début la généralité des avis parlait de: mort pour H l'empereur et la patrie. Maintenant, la formule a changé enoore et les socialistes emploient communément les 13 phrases suivantes : !| plombé sur le champ de bataille, victime de V la guerre mondiale...." I e;;jAMràché no^'re milieu par la guerre mon- ■ C ^ un acheminement vers le: I 'Ù '^me ^ militarisme allemand". - Lais cela, il y en a peut-être qui le pensent ta Allemagne, sans pouvoir l'écrire» Une Réponse Quelques flamingants ayant cru devoir se réunir a l'occasion de l'anniversaire de la bataille des Eperons d'0r(?!) avaient envoyé au Roi le télégramme suivant : Flamands et Néerlandais, réunis par milliers à Bussum, commémorant en la victoire des Eperons d'Or l'indépendance de Flandre et Belgique, adressent leurs hommages à Votre Majesté, confiants en votre haute sagesse pour garantir la Flandre autonome dans la Belgique indépendante.- Le Roi leur a répondu: Messieurs Deswarte et De Clercq, rédaction du Vlaamsche Stem, Amsterdam. SSS Panne, 14 98 15. 16 h. 45. ^ Le Roi a pris connaissance de votre télégramme et vous remercie des sentiments de dévouement que vous Lui exprimez. Sa Majesté considère que les autorités constituées du pays sauront prendre, quand la nation aura recouvert le libre exercice de sa souveraineté, toutes les mesures destinées à sauvegarder les aspirations et les intérêts de son peuple, en attendant le Roi fait un pressant appel à tous les Belges vour qtue devant l'ennemi ils n'aient d'autre but ni d'autre souci que la libération du territoire. Ingenbleek, secrétaire. Lunai— La taxe sir les absents et la garde civique Un groupe de gardes civiques nous prie d'insérer la lettre suivante : Notre gouvernement n'a pas assez protesté, semble-t-il, contre l'illégalité de la taxe sur les absents en ce qui concerne les gardes civiques réfugiés à l'étranger. D'après les termes de la Convention do La Haye, le garde civique répond à la définition du soldat. Les Allemands l'ont considéré comme tel : au début de la guerre, ils ont expédié comme prisonniers de guerre en Allemagne les gardes de Tongres et Hasselt; ils obligent les gardes restés en Belgique à signer la déclaration de ne plus porter les armes contre l'Allemagne, ce qui équivaut à les, faire prisonniers sans devori les nourrir ; tout dernièrement encore, nos maîtres temporaires ont emmené comme prisonniers dé guerre les gardes civiques des environs de Namur qui se refusaient à signer la déclaration. Le garde civique réfugié à l'étranger conformément aux conseils de son gouvernement doit donc être considéré comme un soldat ayant passé la frontière en civil, qui ne doit donc pas être interné par les neutres, mais qui n'en reste pas moins un soldat. Il est tout particulièrement contraire aux conventions internationales de frapper d'un impôt pour absence un soldat ayant quitté son pays conformément aux instructions de son gouvernement. XJn tel impôt peut faire, semble-t-il, l'objet d'une protestation spéciale auprès des neutres et peut justifier en cfiroit international des mesures de représailles financières de la. part du gouvernement belge et de ses alliés, telles que, par exemple, la saisie et la vente d'une partie des biens des Allemands en pays alliés comme contre-valeur de la taxe perçue par les Allemands sur les absents en Belgique. Beaucoup de gardes civiques ayant dépassé l'âge du service d'ans les troupes de .première ligne attendent à l'étranger au prix do réels sacrifices le moment où le gouvernement belge aura besoin d'eux, lors de la réorganisation du pays, pour les services de garnison et les services auxiliaires de l'armée (approvisionnements, chemins de fer, télégraphes, téléphones, etc.). Il leur serait agréable de s'entendre dire de fa-çon précise et tonnelle par le gouvernement belge: lo. que celui-ci les considère également comme des soldats; le gouvernement belge ne s'est jamais prononcé nettement à ce sujet; il s'est créé ainsi une situation équivoque que les Allemands exploiteront naturellement à leur profit et qui donne aux gardes les inconvénients du soldat sans lui en donner les avantages. 2o. que le gouvernement belge indemnisera entièrement les gardes civiques des. dommages que leur causerait l'impôt sur les absents. Nous ne voyons pas ce que notre gouvernement attend pour adopter une attitude énergique à ce sujet. A la longue, beaucoup de gardes civiques réfugiés à l'étranger et no recevant jamais aucune communication de leur gouvernement, même s'ils se sont fait inscrire à leur consulat, se croient désormais inutile à la défense du pays et — rentrent en Bel-gique.Est-ce vraiment l'intérêt bien compris de la Belgique de laisser se tarir ainsi une source do recrutement dont d'autres pays ont pu tirer un excellent parti pour la défense nationale? Nous vous serions obligés de publier la présente dans ,,lMEcho Belge". Vous rendrez ainsi service et vous donnerez courage à XJn groupe de gardes civiques réfugiés en Hollande. , A V 9 S. Nous serions reconnaissants à nos abonnés qui reçoivent leur journal par la poste et dont l'abonnement expira le 15 juillet de bien vouloir nous envoyer un mandat poste de fl. 1.50 en mentionnant sur le mandat poste : Renouvellement d'abonnement. En Belgique. A Bruxelles. Voici quelques petits détails sur l'arrestation du député socialiste de Bruxelles. M. Meysmans. La police allemande avait fait une perquisition chez une personne habitant Bruxelles, qui était soupçonnée d'être en relations avec l'état-major anglais. Elle trouva dans les papiers un projet de contrat émanant de M. Meysmans, qui esi avocat. Aussitôt, l'arrestation de l'honorable député fut décidée'. On prétendit le conduire à la Kommandantur, chère à Jean François Fonson. Arrivé place Ma-dou, les sbires qui le conduisaient lui dirent qu'ils devaient se rendre à St. Gilles. M. Meysmans se rebiffa et, bousculant les représentants de la police allemande, crut pouvoir s'échapper. Il avait compté sans les badauds qui le prirent pour un voleur et s'en saisirent. Il fut donc conduit, menottes aux poings, à la grande maison hospitalière de l'Avenue Ducpétiaux. Il a fourni des explications plausibles, très heureusement, et, en attendant sa comparution devant des juges, M. Meysmans a été relâché, en versant une caution de 4.000 francs. C'est le montait de l'indemnité parlementaire d'une année. * * * M. de Bremaecker, conseiller communal de Bruxelles, a aussi été coffré. Il avait commis le crime d'écrire une lettre à M. Adolphe Max, qui se trouve, toujours ,,dans une détention honorable" comme disent les pinCe-sans rire de la Kommandantur. Ceux-ci accusent également M. de Bremaecker d'avoir parlé en termes désobligeants des amis de M. von Bissing. * * * La cérémonie de l'élection du nouveau bâtonnier de l'ordre des avocats a été très brève. Me Léon Théodor, bâtonnier sortant, prononça un discours de la bonne manière. Comme nous l'avons annoncé. Me Théodor a été réélu à l'unanimité et Mes De Jongh et de Burlet, qui s'étaient désistés de leurs fonctions de membres du conseil de discipline, pour des motifs uniquement personnels, furent remplacés par Mes Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, et De Bue. Aucune autre modification n'a été apportée dans la composition du conseil. Les Allemands auront pu voir que notrç cher maïeur n'était pas oublié au Palais! * * * Boerken van Brussel, cette illustration de la Chambre des représentants, est retourné à ses boeufs et à ses charrues, l'indemnité parlementaire lui faisant, à présent, défaut. Il est certain que cet adversaire irréductible de la réorganisation militaire ne reparaîtra plus rue de la Loi ! * * * Le dernier arrêté en date, de von Bissing, se rapporte à la saisie des céréales servant à la panification ainsi que de l'orge et de la farine provenant de la récolte de 1915 J'ai décidé, fait savoir le gouverneur, que les céréales servant à la panification et les autres produits de l'agriculture mentionnés à l'article 1er et provenant de la récolte de cette année seront réservés exclusivement à l'alimentation de la population dans toute l'étendue du gouvernement général. A cette fin, j'ordonne d'abord que tous les stocks désignés ci-après soient saisis conformément aux dispositions du présent arrêté. Le but de cette saisie est d'empêcher la spéculation de renchérir le prix du pain ; en outre, cette mesure permettra de répartir équitablement les céréales et la farine en tenant compte des besoins des différentes régions du pays, Je compte bien que la population belge ei surtout les propriétaires d'exploitations agricoles prouveront, leur bonne volonté en facilitant l'application de ces mesures, dont le pays profitera exclusivement. Art. 1er. Les céréales de tout genres (pai exemple le seigle, le froment, l'épeautre) pouvant servir à la panification et l'orge (orge destinée à l'alimentation du bétail ei orge pour les malteries) qui sont cultivéeî dans le territoire du gouvernement généra! seront saisies au profit de la population; civile dès l'instant où elles seront fauchées, peu importe qu'elles soient ou non mélangées à d'autres céréales. La, saisie s'étend à la paille et à la farine (y compris le rebulet] provenant de céréales saisies. Après le bat tage, la saisie de la paille est levée. Art. 2. Excepté lorsque les dispositions du présent arrêté en décident autrement, il es1 défendu de changer les stocks saisis ou d'er disposer par convention ou contrat. Art. 3. Les propriétaires des stocks saisis ont le droit et l'obligation d'exécuter tou: les ouvrages nécessaires à la conservation de leurs produits ; ils ont le droit et l'obligatior de procéder au battage. Art. 4. Si le propriétaire n'"exécute pas dans le délai fixé à cette fin par le elle: d'arrondissement, tel, ouvrage nécessaire l la conservation de son stock, le chef d'arrondissement pourra charger un tiers d'exé cutei4 l'ouvrage en question aux frais di propriétaire. La même disposition s'applique à tout propriétaire qui ne procédera pas ai battage dans le délai que le chef d'arrondis seinent lui aura prescrit. Art. 5. Sera puni d'une peine d'emprisonnement de 5 ans au plus ou d'une amende de 20,000 marcs au plus: a) quiconque soustrait^ sans autorisation en tout ou en partie, des stocks saisis ou, sans autorisation, les fait sortir du territoire de la commune; quiconque les détériore, détruit ou, saris y être autorisé, les transforme ou les consomme; b) quiconque, sans y être autorisé, vend ou achète des stocks saisis ou conclut une convention quelconque en vue de s'en dessaisir ou dé les acquérir; 1 c) quiconque, contrairement à ses obligations, omet d'accomplir les ouvrages nécessaires à la conservation des stocks ou ne procède pas au battage dans le délai fixé. Toutes ces infractions seront jugées par les tribunaux militaires. Art. 6. Les stocks saisis seront achetés au comptant à la prise de livraison par une commission que j'instituerai à cette fin et ils seront mis à fa disposition de la population du ge>uvernement général. A Ânveir Me Frédéric Delvaux, ainsi que nous le faisions prévoir, a été élu bâtonnier de l'ordre des avocats pour l'exercice 1914—'1;5. * * * ,,Neptune" publie la nouvelle que la Banque centrale anversoise va être absorbée par la Deutsche Bank et que l'administrateur délégué de ladite banque devient directeur de cette institution. Cette nouvelle fera sensation, tant parmi les milieux financiers et commerciaux, que dans la bourgeoisie. On peut se demander comment la chose s'est faite, car si même le conseil de la banque s'est laissé faire, les ac tionnaires auront certainement protesté, en tous cas les actionnaires belges qui doivent être majorité'. D'après ce que nous apprenons cette absorption serait tout simplement un coup de forcé défiant toute loi, toute justice, un de ces coups de force dans lesquels les Allemands sont passés maîtres. Cela promet pour nous, pauvres Belges, et nous ne voyons pas où les vainqueurs vont s'arrêter! Ainsi que nous l'avons dit, ils ont monopolisé les principales branches du .commerce et de l'industrie, ils ont établi un contrôle sévère des échanges, et ils ont déjà même manifesté l'intention de contrôler et de diriger les actes du comité de secours. Nous ne croyons pas aller trop loin en déclarant qu'ils .prendront tout en Belgique et que, si leur occupation dure encore quelques mois, ils auront vsaigné la Belgique à blanc. Ils se sont abattus sur nous comme une nuée de sauterelles sur un champ et il ne restera plus rien après leur passage. Si au moins ils ne laissent pas mourir de faim nos malheureux compatriotes restés là-bas... Pour en revenir aux banques, on peut se demander jusqu'où ira cette absorption et 6i elle ne signifie pas le début d'une politique qui a pour but d'absorber toutes les banques anversoises et toutes les banques belges; si ce n'est pas là un pas pour avoir le contrôle des dépôts en Banque et des encaisses, pour s'accaparer de ceux-ci sous un prétexte quelconque, notamment celui de changer l'argent belge en argent allemand, ou bien encore pour prendre 1!argent — car ce serait un véritable vol — et le convertir en emprunts de guerre. Avec les Allemands on peut s'attendre au pis. Ils n'ont reculé devant rien jusqu'ici, et ils se permettront tout également à l'avenir. Il est fort à craindre qu'avant de nous quitter les envahisseurs auront tout pris et tout enlevé. Il faudra nous en consoler, mais cela ne nous abattra pas. Dès que notre chère , patrie sera libérée, nous nous mettrons tous à l'oeuvre, dans l'union la plus parfaite, pour reconstruire, réédifier et il ne , nous faudra pas longtemps pour retrouver une patrie prospère. Nous serons tous ruinés peut-être, mais nous serons restés Bel-, ges. Haut les cœurs donc et pas de découragement.A Liéie. Dans quelques jours, le pont le plus aimé des Liégeois, le pont des Arches, le plus fameux de leur histoire, ne sera plus qu'une file d'écueils barrant le fleuve. Aux premiers jours d'août 1914, le génie belge fit sauter la pile numérotée 2 en partant de la rive gauche. Le pont, en ce moment. ne présentait plus que trois arches intactes. Les arches comprises entre les piïtes 1 *" et 2, 2 >et 3, effonefrées dans ( le fleuve, formaient un amas de débris des plus hétéroclite: pierres de taille, dalles de béton, conduites d'eau et de gaz, rêver-[ bères, bras et jambes de statues. Les rails i de tramway, qui avaient conservé incluses , entre eux des plaques de pavé, formaient une montagne russe ondulant par dessus le6 décombres sans aucune solution de continuité. Quelques mois plus tard, l'arche re-: liant les piles 3 et 4 s'effondrait à son , tour. Le pont resta dans cet état jusqu'au jour où les ponts et chaussées firent déblayer toute la partie effondrée. Les blocs furent s enlevés à l'élingue par une grue flottante, transportés par bacs remorqués et déchargés pêle-mêle au port du quai de l'Industrie.Les bateaux du trafic fluvial passaient à ce moment sous la dernière arche (rive droite). Les difficultés de la navigation par i cette passe exigèrent la remise en état de lvancien chenal, au milieu du fleuve Un dragage du fond permit l'établissement, entre les arches 2 et 3, d'un chenal de 12 mètres de largeur signalé par des bouées flottantes, aujourd'hui remplacées par des pilotis. La ville résolut à son tour de démolir les dernières arches restantes, les deux arohes extrêmes. A la suite d'une adjudication, la maison Prax vit sa soumission agréée au prix de 38,00(5 francs. Les travaux commencèrent le 1er mars, menés rondement par une équipe de soixante ouvriers. Les Liégeois en suivirent la marche avec l'intérêt qu'ils savent accorder à tous les monuments de leur passé ; ils voient ces jours-ci s'effondrer les avant-derniers vestiges de leur cher pont. C'est par la rive gauche que commença l'ingénieur. Il monta sur une allège formé de pans de charpente en métal, entretoisés par des refendages et recouverts d'un couchis en planches. Le bateau, lesté de sacs de terre, fut amené et amarré avec sa charge sous l'arche à démolir, dans l'axe de celle-ci. Par l'enlèvement progressif du lest, on .arrivait à augmenter peu à peu l'émergence du bac, jusqu'à appliquer exactement le cintre sous la voûte. C'était, en somme, le procédé employé pour le relèvement de l'obélisque de Lo-uksor. La charpente fut alors assise solidement par madriers sur le quai de la Hibuée, passant sous l'arche, et d'autre part au couronnement de la pile. Pour pouvoir procéder au décalage des blocs, on eut recours au fil hélicordal, qui scia toute la maçonnerie suivant une génératrice. Dans chaque pierre à enlever, on forait alors au marteau pneumatique, (auquel un compresseur installé sur la rive fournissait l'énergie) des trous de 60 rnm. de diamètre Une grue placée à quai chargeait alors les matériaux dans un bac au moyen de louves. Les poids moyens dès blocs était de 2.500 kilos. Quant aux dalles d 'encorbellement, établies par le même entrepreneur, il y a cinq ans, ' elles étaient décalées au vérin et enlevées par élingues. Elles atteignaient jusqu'à 7.500 kilos. Les bacs qui recueillaient les déblais les conduisaient au port du quai des Tanneurs par câble aérien. Pour l'autre arche extrême, l'étroitesse de la voie de halage sous-jacente força l'ingénieur à battre des files de pilotis prolongeant l'appui jusqu'au milieu de l'espace sous voûte. Sur cette rive, on put adjoindre aux bacs un Decauville qui amenait les matériaux au pont distant de quelque cent mètres. Le poids total' des déblais, pour ce travail uniquement, s'élève à 2 millions de kilos. Quant aux quatre statues des arches intéressées, intactes aux piles de la rive droite, quelque peu mutilées vers la rive gauche, elles seront enlevées par le même entrepreneur un de ces jours et transportées à l'Académie des Beaux-Arts. Le sort des débris est maintenant réglé. Heconstruira-t-on tout de suite, au moins provisoirement? Les finances communales sont forcément réduites. Pourtant deux artères, les plus commerçantes peut-être de notre ville, ont maintenant des allures d'impasse.4 Et l'on demande en attendant la reconstruction, assez lointaine sans doute, du pont de pierres, de rendre un peu de vie à ce quartier en établissant une passerelle de bois analogue à celle que nous avons vue en 1904 suppléer au pont du Commerce alors en élargissement. A Gasîd. L'assemblée générale des avocats à la Cour d'appel de G and aura lieu le vendredi 24 juillet. Elle procédera à l'élection du bâtonnier et au renouvellement du conseil de discipline pour l'année 1915— 1916. Ne sont pas rééligibles cette année comme membres du conseil, par suite du roulement réglementaire, Mes Yan Cleemputte, i Vanden ïïeuvel. De Baets, Ceuterick et De Cossaux. * * * L'an dernier, peu de jours avant la guerre, l'Etat avait décidé de mettre en adju- | dication les travaux de réfection à exécuter j aux talus de la Coupure, à Gand. L'administration communale (comme i nous l'avons annoncé) va faire exécuter le : travail à ses propres risques. Un talus en ciment et béton 6ur pilotis ! sera construit jusqu'à 50 centimètres au-dessus du niveau d'eau. Tout le travail , 6era exécuté à la main. lia rive gauche du canal de Bruges, s'éten-dant depuis la Coupure jusqu'à l'Allée-Verte, sera restaurée de la même manière. D'autre part, une équipe d'ouvriers est occupée à restaurer une partie du mur de quai qui longe le quai aux Tilleuls et qui menaçait de s'effondrer sur plusieurs mètres de distance. * * * Une amende de 3000 marks sera infligée aux hôteliers de tous les hôtels du centre ou des environs •> de la Gare St. Pierre qui, chaque matin, avant neuf heures, n'auront pas déclaré le nombre de lits dont ils peuvent disposer pour les officiers et les soldats. Aucun hôtel ou maison de pension ne peut héberger des militaires allemands sans qu'ils soient porteurs d'un billet de logement délivré par la Kommandantur. Junte aux rhéteurs qui n'ont pas île patrie!" Le ,,Vaderland" du 10 juillet publie un compte rendu de la brochure de M. Léon Picard ,,Vlaanderen na den Oorlog" (La Flandre après la guerre) dont voici la substance: Au début des hostilités, voyant la Belgique alliée à la France, un flamingant bien pensant pouvait se dire: à présent la Flandre est perdue. Mais — heureusement — (l'auteur ne le dit pas, mais il le pense) l'alliance franco-anglo-belge ne fut pas assez forte pour résister à l'Allemagne. Il s'est fait ensuite qUe les Allemands nous ont traités moins durement qu'on aurait pu le craindre. Us ont bien fusillé quelques Belges et châtié quelques villes, mais ils y ont été contraints, la population s'étant révoltée. M. Picard trouve même un mot, non pour justifier, mais pour expliquer cette révolte. En réalité, ce sont les journaux belges qui ont répandu la terreur dans le pays, on devine dans quel but. Maintenant, quel sera l'avenir de la Flandre? Ou bien la Belgique redevient indépendante et alors l'influence française sera toute puissante et la ,,belgification" de la Flandre sera poursuivie systématiquement. Ou bien la Belgique est annexée à l'Allemagne; dans ce cas, les Allemands ne commettront pas la maladresse de vouloir ,,assimiler" encore quatre millions de Flamands. Us donneront à cette partie de la population belge le plus de droits possible afin d'affaiblir l'esprit de revanche qui régnera après l'annexion. •M. Picard jurait, d'après le ,,Vader-. land", donné dans sa brochure un très savant aperçu du passé historique de la Flandre. Tout d'abord, il est prudent de se méfier de la science des fanatiques, surtout quand ils touchent à l'histoire. Pour ma part, je ne donne pas lourd pour l'érudition de M» Léon Picard qui, flamingant enragé, n'a même jamais su se donner la peine d'apprendre à parler et écrire correctement sa langue maternelle à laquelle, cependant, ^ sacrifie son honneur et sa patrie. Son honneur je préfère n'en pas parler. Il e6t des gens dont l'honneur s'évalue en marcs et cette monnaie est pour le mo» ment tellement dépréciée Sa patrie. C'est la Belgique, dont il ignore le passé glorieux et dont il ne comprend pas la grandeur présente. M. Picard^, que je connais personnellement, appartient à cette espèce d'hommes insignifiants, orgueilleux et entreprenants qui savent profiter des situations troublées ; qui, dans l''e>rganisme social, jouent le rôle de mauvais microbes. Quand cet organisme est sain et vigoureux, les bons éléments annihilent le travail des éléments morbides. Us les tuent et les digèrent. Mais, lorsque la santé est ébranlée, lorsque la force de résis. tance tombe, le travail des microbes devient fatal. C'est pourquoi il faut toujours se méfier, éliminer à temps ces hôtes dangereux. Un pays comme un individu doit purger. Il y aura, en Europe, après cette guerre honteuse, une grande fosse d'aisance. Elle est toute désignée à recevoir les excréments de6 nations saiîies ,,Ce sont les journaux belges qui ont répandu la terreur dans le pays. Les popuilia* tions se sont révoltées. Messieurs les Allemands ont été obligés de massacrer un peu par-ci par-là". Ignoble farceur. Où étiez-vous donc quand les Prussiens pillaient et' incendiaient Visé, Louvain, Dinant, Aer-schot, Termonde, quand ils massacraient des centaines et des centaines d'hommes et de femmes dont le seul crime était d'être Belges. Cessez donc pendant quelques jours votre travail de taupe et faites le chemin de l'Yser à la Meuse, comptez les maisons qui restent debout le long de nos routes, comptez dans les champs et dans les cime" tières, en Flandre comme en Wallonie, les tombes des victimes innocentes. Vous na calomniez pas vos compatriotes en les accusant de révolte, car celle-ci aurait été plei-< nement justifiée, mais vous mentez dans l'intérêt des Allemands. Vous savez bien qu'il n'y a pas eu de francs-tireurs en Belgique et nos ennemis le savent aussi bien que vous. Notre pays a été ravagé d'après la vieille tactique: où le Prussien a passé, l'herbe ne pousse plus. Vous mentez sous le couvert d'un flamingantisme étroit et égoïste. Vous ne comprenez donc pas que le sort» de la terre flamande est indissolublement uni à celui de la terre wallonne; que, pour la Flandre surtout, en dehors de la Patrie belge, il n'y a point de salut. Vingt siècles de luttes, pas toujours communes, il est vrai, mais toujours analogues, nous ont donné, Wallons et Fla^ mands, une âme belge, une âme honnête, tenace, indépendante et fière que les Allemands et les ,,picards" ne peuvent comprendre et préfèrent nier. Où étiez-vous quand de toutes nos villes, de tous nos villages partaient les soldats et les volontaires? Je les ai vus, moi, en Ar-denne, à Liège, au Boiinage, en Flandre. Parteyut, ils s'en allaient avec le même courage stôïque, sans cris, décidés et calmes, comme ils allaient aux champs ou à l'usine. Rien n'était encore décidé, on attendait les événements, à quoi bon s'émouvoir. C'était bien belge ! Mais je les ai revus dans les rues pavoisées de Louvain, par milliers cette fois-là, Wallons et Flamands, de toutes les l armes, parcourant Ja yille, bras dessus brag
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