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Timestamp: 2017-10-17 02:04:28+00:00

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LE SOPHISTE LO GOURMO TROMPE LE MAGISTRAT VADILI MOHAMED RÏSS COMME UN ENFANT... - grouptriangle
LE SOPHISTE LO GOURMO TROMPE LE MAGISTRAT VADILI MOHAMED RÏSS COMME UN ENFANT...
Voilà ce qui arrive quand les avocats, qui de surcroit font de la politique, se veulent arbitre de l'interprétation de la constitution. Un avocat ne fait ni ne dit la loi, son travail est de plaider, c'est-à-dire d'essayer de convaincre en utilisant tout ce qu'il peut pourvu qu'il ne soit pas pris en flagrant délit d'incompétence juridique. Il ne lui est pas interdit de berner la galerie.
Tout le génie et l'efficacité d'un avocat dépend du talent de son adversaire qui a droit aux mêmes artifices : le respect de la loi étant garanti par chaque adversaire autorisé à interpeller les juges qui sont censés la connaître autant ou plus que lui. En somme la mauvaise foi est une arme légale de l'avocat. Quant aux spectateurs, aux citoyens en l'occurrence, de leur niveau en droit et de leur connaissance de la nature humaine dépend leur lucidité...
De là peut-être la singularité en Mauritanie, peut-être une volonté inconsciente d'humilier le peuple que d'aller demander à une population à majorité illettrée son avis sur une manipulation constitutionnelle d'une nature suffisamment complexe pour occuper toute l'élite à base d'arguments discutables car la constitution bancale fut bricolée pour rassurer Taya.
A propos de la constitution mauritanienne, seuls certains arabisants et certains francophones qui n'ont pas suivi tous nos articles pensent comme Lo Gourmo que les pères fondateurs de cette chinoiserie ont été cohérents. Ne les détrompons plus, passons. Voyons seulement comment Lo Gourmo trompe les téléspectateurs avec des arguments enfantins.
Pour répondre au souci de simplification souhaité par l'animateur histoire de ne pas perdre les téléspectateurs, maître Lo Gourmo a développé en début d'émission une métaphore qui semble avoir impressionné l'animateur et certainement les téléspectateurs ayant un ½il sur l'écran et l'autre sur leur smartphone.
Pour montrer que l'article 38 est indissociable des articles 99 et suivants censés encadrer la révision de la constitution, l'avocat professeur prit pour exemple un terrain. Exemple qui parle à tout mauritanien à partir d'un certain âge où l'esprit est justement bien constitué face à l'interprétation de la vie sous nos cieux.
L'avocat professeur dit « imaginons qu'un article (38) dise : tout mauritanien qui dispose d'un terrain à Nouakchott peut construire. C'est une disposition générale. Le président de la république peut recourir au référendum. Dispositions générales. Maintenant supposons qu'il y ait un article 99 et 100 qui dise si on veut construire deux étages il faudrait nécessairement avoir l'autorisation de la communauté urbaine de Nouakchott. 99 et100. Vous me suivez mais j'ai un terrain, je veux construire deux étages qu'est-ce que je vais faire ? Est-ce que je vais m'en tenir à la disposition générale selon laquelle tout mauritanien qui a Nouakchott dispose d'un terrain peut construire ou bien je vais dire je dispose d'un terrain je vais construire mais je suis obligé d'aller avoir l'autorisation de la communauté urbaine de Nouakchott parce que l'article 99 et 100 dit que pour pouvoir construire ces deux étages il faut nécessairement avoir l'autorisation de la communauté urbaine de Nouakchott »
Là le journaliste impressionné arrête Lo Gourmo pour laisser Vadili Mohamed Raiss répondre mais ce dernier, certainement sonné par l'exemple et dans l'espoir de recouvrer ses esprits, demande qu'on laisse Lo Gourmo terminer ce qu'il a dire. En vérité l'adversaire de Lo Gourmo aussi brillant que lui n'a pas vu le petit montage désarticulé de l'avocat professeur dans les deux exemples qu'il prend.
Le premier, c'est celui de la métaphore du terrain. Tout le développement du sophiste professeur ne tient que sur sa première phrase « tout mauritanien qui dispose d'un terrain peut construire ». Voilà déjà une mauvaise métaphore qui n'a rien voir avec l'article 38 qui donne plein pouvoir au chef de l'état. Lo Gourmo aurait dû dire « Tout mauritanien qui dispose d'un terrain a le droit d'y construire ce qu'il veut ». Avec « ce qu'il veut » la métaphore devient pertinente et les dispositions des articles suivants n'ont plus d'effet « tout mauritanien qui veut construire 2 étages doit demander l'autorisation de la CUN »
On pourrait rédiger mieux les articles sur les terrains pour que cela soit cohérent or la constitution mauritanienne n'est pas cohérente car c'est un copié-collé bancal avec des mots rajoutés ici et là pour qu'elle serve le tyran Taya.
Et pour le prouver encore une fois, il suffit de se servir de l'exemple que Lo Gourmo sort à propos de la ratification des traités internationaux car là encore il y a dans notre chinoiserie une transformation bancale des dispositions françaises cohérentes.
« Vous avez dans la constitution un autre exemple que vous auriez dû citer au lieu d'aller sur l'exemple du président du Sénat : c'est l'article 36 qui dit « le président de la république signe et ratifie les traités ». Point. N'est-ce pas ? Puis vous avez plus loin un titre 5 qui lui est consacré aux traités internationaux. Vous savez qu'est-ce qui est dit dans les articles relatifs aux traités internationaux comme les articles qui viennent plus loin comme les articles 99, 100 et 101 ?
Ils disent : « pour les traités de commerce, pour les traités qui engagent les finances de l'état, pour les traités qui vont dans le cadre de l'organisation internationale, pour les traités qui concernent l'intégrité territoriale de la Mauritanie, ils ne peuvent être ratifiés que par la loi. Vous me suivez ? Le président de la république on a bien dit dans l'article 36 qu'il signe et ratifie alors je vous pose la question : supposons que le président de la république veuille signer une convention où il y a de l'argent ( il donne l'exemple la convention chinoise ) le parlement refuse de ratifier, est-ce que le président peut dire ok je vais revenir à l'article 36 puisqu'il est dit que le président signe et ratifie les conventions et donc j'en conclue que moi, je peux passer outre à la compétence législative pour la ratification ? »
Si le magistrat en face du sophiste n'était pas du niveau qui est le sien et si Lo Gourmo était de bonne foi avec des exemples mieux choisis, tous deux auraient pu trouver là l'occasion de pointer du doigt une autre bêtise de cette chinoiserie constitutionnelle et surtout son origine que voici :
Pour cet exemple de l'article 36 et le titre 5 des traités, les pères fondateurs ont tout piqué aux français mais ils ont changé un mot qui a détruit la cohérence.
D'abord chez les français il n'y a pas ce grand écart sino-mauritanien avec des articles jetés un peu partout. Tous les articles en question sont dans le même titre VI français ensuite l'article 52 français contrairement à la chinoiserie 36 mauritanienne ne dit pas que le président signe et ratifie mais il négocie et ratifie. Cela change tout. Car après négociation l'article 53 français copié par les mauritaniens dit que les traités ne peuvent être ratifiés qu'en vertu d'une loi.
C'est cohérent alors que les mauritaniens l'article 36 chinois remplace le « négocie et ratifie » français par « signe et ratifie » ensuite les mauritaniens ont créé plus loin un titre au sujet des traités qui permet aujourd'hui à Lo Gormo de jouer des effets spéciaux en osant parler de la cohérence des pères fondateurs.
Cela m'a suffi, je n'ai pas suivi le reste du débat entre ces sommités.
Conclusion : Lo Gourmo malgré lui pointe une autre chinoiserie de notre constitution dont l'article 38 est guinéen. C'est tout son mérite...
Source : www.chezvlane.com
# Posté le dimanche 23 avril 2017 17:39

References: l'article 38
 l'article 99
 l'article 38
 l'article 36
 l'article 36
 l'article 36
 l'article 36
 l'article 52
 l'article 53
 l'article 36
 l'article 38