Source: http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Bremond/volume04/index.htm
Timestamp: 2017-11-25 07:39:37+00:00

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L'�COLE DE PORT-ROYAL
I. La première rencontre de Sainte-Beuve avec Port-Royal; les deux aspects du jansénisme.  M. Hamon préféré au grand Arnauld.  Une étude plus critique confirme cette première impression.  Déviation précoce : l'esprit d'Arnauld substitué à celui de Saint-Cyran. Le a prêtre » vaincu par le « docteur ».  Cinq volumes sur six raconteront la décadence de Port-Royal.  Enthousiasme bien naturel de Sainte-Beuve . il ne connaissait pas d'autres chrétiens.
II . Les reliures jansénistes.  Sainte-Beuve et le style janséniste.  Théories anti-littéraires de Saint-Cyran.  Les stylistes de Port-Royal; d'Andilly.  M. Le Maître et les rythmes de la prose.  Nicole contre « l'éloquence d'eau chaude ».  Tous gens de lettres.
III. S'ils ont créé le style janséniste, ce fut malgré eux.  L'ont-ils créé?  Le témoignage des contemporains.  Les Messieurs de Port-Royal écrivent comme les autres écrivains religieux de l'époque.  La prose après Balzac.  Le P. Grasset.  Voluptés perdues; Le Maître et Flaubert.  Qu'il n'y a pas de style janséniste et que, soit pour le style, soit pour le reste, ils furent peut-être moins originaux qu'on ne l'a cru.
Une tête de Méduse l'épitaphe d'Arnauld.  Le vrai talisman des jansénistes: leur grand air de religion et d'austérité.  Que récole française présente la même « rigueur a et que par suite loriginalité de Port-Royal tient du mythe.  L'humanisme dévot et l'école française.  Les exagérations et le a pessimisme n de celle-ci.  Gibieuf et l'augustinisme de Bérulle.  Morale de la voie étroite.  Le P. Lejeune.  Saint-Cyran et l'école française. Le jansénisme dénoncé dès le début par les maîtres de cette école.  Olier et Vincent de Paul.  A quel point ces maîtres diffèrent du jansénisme, malgré quelques ressemblances de surface.  Que leur mysticisme corrige leur pessimisme.
I. Un malheureux.  Exagération de ses admirateurs et de ses adversaires.  Fascination exercée par lui.  Madame de Chantal.  Ce qui peut expliquer son prestige.  Illuminisme au moins apparent.  Banalité de ses oracles.  « Quand un prophète m'aurait parlé... »  Prodigieusement occupé de soi.  « Nous avons, Dieu merci, des pensées plus hautes ».  Son héroïsme prétendu.  Le théâtre et la vie réelle.
II. Hérédité psychopathique.  La Question royale.  Récidive « grave de symptôme ».  « Ou n'est pas fait comme cela ou on est extraordinaire ».  Les lettres saisies.  L'esprit de Principauté.  Le rival de Richelieu.  Courbe de sa névrose.  Vers l'hébétude.  Les aphasies soudaines.  Les velléités.  Le cabinet d'Allemagne.  Inconstance: il n'achève rien.  Saint-Cyran à Port-Royal.  Les autres malades de la famille : obsession du jeune de Hauranne.  Mélancolie douce ; rien de sinistre.  Les enfants.  Délire de la persécution.  Les larmes.  Retour à l'enfance.  Mégalomanie morbide ; ataxie intellectuelle.  Un génie et un saint manqués.
III. Le réformateur.  « Sieyès spirituel en disponibilité ». Beaucoup de bruit pour rien.  Post hoc ergo propter hoc.  Pourquoi pas le grand Arnauld ?  Témoignage de Vincent de Paul.  Leur intimité.  Il l'a vénéré, il n'a pas pris au sérieux ses boutades réformatrices.  Saint-Cyran à Vincennes.  Le beau cas de conscience pour Vincent de Paul.  Loin de charger le prétendu réformateur, il l'excusera de son mieux.  La déposition de Vincent.  Un cerveau mal fait, mais un saint homme.  Toute complaisance serait ici criminelle.  Second jugement de Vincent de Paul sur Saint-Cyran.  Comment peut s'expliquer ce revirement ?  Auquel des deux jugements faut-il croire  Le premier, résultat d'une longue série d'observations ; le second, d'un raisonnement.
I. NOTE BIBLIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE.  1. Les lettres de Jansénius à Saint-Cyran.  La publication et l'éditeur de ses lettres.  Les suppressions.  Le commentaire du P. Pinthereau.  Impression que donnent ces lettres.  2. Le Procès de Vincennes.  Irrégularités du procès.  Principales pièces.  Les témoins à charge.  Dom Jouaud, abbé de Prières.  Son importance dans cette histoire.  Ses relations avec Rapin.  Ce que les jansénistes opposent à son témoignage, lequel d'ailleurs doit faire foi.  La dénonciation de Zamet.  Critique de cette pièce.  Lettres et mémoires qui ont servi au procès.  Interrogatoire de Saint-Cyran.  La défense.  Apologie pour Laubardemont.
II. Qu'on peut sans témérité soupçonner Saint-Cyran des pires desseins.  La consigne du secret.  Les secrets innocents.  Ce qu'il ne pouvait dire à d'Audilly qu' « à la faveur des ombres des arbres ».  Procédes indécents qu'il emploie pour s'assurer le secret.  Que nul ne fut moins secret que lui.  Ses folles imprudences.  La scène devant les murailles de Maubuisson.  Les deux Saint-Cyran : à l'état normal et pendant les crises.  Le théologien et l'illuminé.  Lequel des deux est le vrai ?
III. « La grande affaire », l'ultime secret.  Saint-Cyran et Jansénius. -- Activité des conspirateurs de Louvain et importance de leur rôle.  Pilmot.  Qu'ils ne trament. pour l'instant, rien contre l'Eglise.  Leur désir de rester en communion avec les Universités catholiques.  Leur soumission au Pontife romain.  Qu'ils désiraient gagner le Pape à leur conspiration.  Le Pilmot original, vague projet de contre-réforme  L'évolution de Pilmot.
IV. § 1. La hiérarchie et la guerre aux réguliers.  « Nous défendons partout l'autorité épiscopale ».  Que c'était là une des directions de la contre-réforme catholique.  Le P. Bourgoing, l'Oratoire et l'esprit hiérarchique.  Les conjurés soutiendront la même doctrine, mais en la prenant sous son aspect négatif et agressif.  L'assaut contre les jésuites.  Que Saint-Cyran n'avait aucune raison de leur en vouloir.  Ses neveux confiés aux Pères.  Acharnement de Jansénius et bientôt de tout le parti.  § 2. La restauration de l'augustinisme.  Que le premier projet des doux conjurés n'était certainement pas de répandre la fausse doctrine sur la grâce que Jansénius proposera dans l'Augustinus.  En 1619, ils sont déjà d'accord sur Pilmot et cependant ni l'un ni l'autre n'a la moindre idée des futures cinq propositions.  En 1620, Jansénius « découvre » saint Augustin et les cinq propositions.  Il fait part à Saint-Cyran de la bonne nouvelle, mais sans entrer à ce sujet dans le moindre détail.  La grande lettre du 5 mars 1621 , document capital dans l'histoire du jansénisme.  « Voilà ce que je ne vous ai pas dit jusqu'à maintenant », et il ne le lui dit pas encore.  Caractère de sa découverte et qu'elle n'a rien de religieux.  Que les deux fondateurs du jansénisme, Jansénius et Arnauld ne sont que des intellectuels. Saint-Cyran, confident de tragédie, continue à ne rien savoir de la découverte.  Qu'avaient-ils donc fait pendant leur retraite de Bayonne ?  Saint-Cyran de moins en moins spéculatif, et plus érudit que théologien.  Excitateur plus que maître.  Qu'il n'a rien appris à Jansénius.  Enfantillages qui les occupaient.  Rendu à lui-même, Jansénius a pris son essor et fait la fameuse découverte.  Comment Saint-Cyran adopte l'Augustinus.  Renversement des rôles : Saint-Cyran à la remorque de Jansénius.  Qu'à partir de cette époque, Pilmot et l'Augustinus ne font qu'un.
I. Saint-Cyran et le rigorisme janséniste.  Vague de ses prétentions réformatrices.  Peu de sérieux que présente son rigorisme.  Il approuve des confesseurs molinistes.  Saint-Cyran, humaniste dévot.  Ne se mettre « en peine de rien ».  Les expériences mystiques de Saint-Cyran.  Le renouvellement de Lancelot.  Saint-Cyran au confessionnal.  La direction de Port-Royal.  « La communion tous les dimanches ou même une fois de plus dans la semaine ».  Le a renouvellement » à Port-Royal.  Déformation progressive de la doctrine de Saint-Cyran.
II. Semences d'hérésie dans la pensée confuse de Saint-Cyran.  La clairvoyance de Condren.  Vers un christianisme purement intérieur.  Individualisme mystique substitué au catholicisme.  Asacramentaire.  Indépendance absolue du chrétien intérieur.  Mais peut-être est-il imprudent de lui attribuer, même en puissance, une doctrine quelconque ?
III. Le vrai et le meilleur Saint-Cyran.  Le solitaire, le contemplatif.  Les deux aspects de sa vie intérieure.  Méditation lyrique.  Tumulte et magnificence.  Le flux et le reflux de la grâce.  Intensité religieuse et humanité.  De la « coutume ancienne de suspendre le Saint-Sacrement ».  Saint-Cyran précurseur du romantisme catholique.  La prière du pauvre.  Vers la contemplation.  Nul quiétisme.  Silence et flexibilité.  Le jansénisme trouvera Saint-Cyran trop mystique.  Ce qui l'empêche de parvenir au vrai mysticisme.  Les « témoignages de Dieu ».  Grandeur et misère de Saint-Cyran.
I. Les deux soeurs.  Agnès nous représente mieux qu'Angélique la vie intérieure de Port-Royal.  Le tableau de Champaigne.  Il n'est pas janséniste.  Les pêches de Robert d'Andilly.  Sainte-Beuve et les deux soeurs.  Le Port-Royal franciscain et salésien des débuts.  Le P. Archange.  Rigorisme précoce d'Angélique.  Le P. Archange et la mère Agnès.  François de Sales A Port-Royal.
II. Agnès fidèle à ses premiers maîtres.  Contre les scrupules.  « Souffrez comme si vous étiez juste ».  L'esprit des enfants.  L'humanisme dévot à Port-Royal.  La direction des novices.  Sainte et saine allégresse.  « Vous m'entendez bien, ma soeur ».  Le « baptême du sang ».  « Il faut avoir de bous sentiments de Dieu ».
III. Le Port-Royal oratorien.  Zamet et Condren.  Prompte initiation à la spiritualité de l'école française.  Angélique et l'extase qui dépend de nous.  Agnès et Condren.  La « désistance de l'âme ».  L'empreinte oratorienne.  Le Chapelet secret.  La légende et l'histoire.  La protestation de la Mère Agnès.  Doctrine foncièrement oratorienne du Chapelet secret.  « Cessez d'être. afin qu'il soit ».  « Inapplication ».  Que le Chapelet n'est pas un pamphlet coutre la communion fréquente et qu'il ne traite pas de la communion.  La rancune d'O. de Bellegarde et sa vengeance.  Un autre lutrin.
IV. Saint-Cyran à Port-Royal.  Une expérience méthodiste.  La crise.  Le retour au bon sens et à la tradition.  La communion fréquente à Port-Royal.  Agnès et la communion fréquente.  « Les imparfaits ont droit de communier souvent ».  Quiétisme apparent de la Mère Agnès.  Contre l'oraison qui « dépend du raisonnement ».  Vers l'union mystique.  Quamodo obscuratum est aurum ?
V. Le Port-Royal angevin. Henry Arnauld.  Bourrigaut et Marie-Constance.  Le théâtre au couvent ; une farce anti-moliniste.  Le grand Arnauld à Angers.  La fin de Vert-Vert.  Le Port-Royal pour rire et les excuses du vrai Port-Royal.  Agnès essayant de lutter contre l'esprit de secte.  Avantages de l'humiliation.  Le pardon et le silence.  Agnès, sa nièce et la signature du formulaire.  « A Dieu ne plaise que je domine sur la foi d'autrui. »  Port-Royal pendant l'exil de la Mère Agnès.  La guerre au couvent.  L'agonie de Madeleine Mechtilde.  Les nouvelles Provinciales.  Les derniers jours de la Mère Agnès et la décadence de Port-Royal.
I.  Les « Messieurs de Port-Royal ».  Nous reprenons notre bien.  Le Maître et Saci, absous par le P. Rapin.  La pénitence à Port-Royal.  Cella interrupta.  La dévotion.  La joie.  Retraités et gens de lettres.  L'encre à Port-Royal.  Les distractions.  Préludes sectaires.  Le manque d'humour.  Fatuité dévote.  Leur désert n'est pas catholique.  Ils ignorent la vraie communion des saints.  Cisternas dissipatas.
Il. Archéologues, revenants et jacobites.  Pas encore jansénistes.  Leur Walter Scott.  Sainte-Beuve et M. Hamon.  Les concessions de M. de Tillemont.  Le rythme de sa vie intérieure : de l'angoisse à la paix.  Une prière critique.  La religion en fonction de la morale.  Tillemont peint par lui-même.  Les tentations des paoifiques.  « Tout homme est soldat ».  Tentations des hommes d'étude.  Le savant chrétien.
III. Devoirs envers le prochain : l'indépendance du chrétien et du savant.  Les parents. Manifesta teipsum mundo.  M. Le Nain.  Quid tibi et mihi mulier ?  Le commerce avec les méchants : libertins ou molinistes.  Trajan et Marc-Aurèle.  Le scandale de l'histoire.  Commerce avec les justes.  Les médisants à Port-Royal.  Les domestiques.  Vers le mysticisme.  La piété intérieure et le silence du ciel.  L'élève de Port-Royal « en droiture et qui n'a pas dévié ».  Sancte educatus, sancte rixit.  Le Port-Royal préjanséniste.
I. Que la poésie de Port-Royal n'est pas janséniste.  Ce que serait mie poésie, un lyrisme janséniste.  Erreurs théologiques; bizarreries; esprit de secte.  Tout ce que nous admirons chez eux reste catholique.
II. Le grand Arnauld.  Un docteur qui n'est que docteur.  Ses jarretières.  Son innocence.  Ses martyrs.  Les « ballots ».  Le « testament spirituel».  Tartufe et le pharisaïsme doctoral.  La messe de tous les jours et Vincent de Paul.  « Cela n'appartient qu'à M. Arnauld».  Qu'il nous aide à comprendre ce que n'est pas la religion.  « Ce qui s'appelle vraie spiritualité leur est entièrement inconnu».  Arnauld et Bossuet.  Du lyrisme au mysticisme.
III. Influence d'Arnauld.  Directement il fait des sectaires.  La fureur doctorale « dévorant le coeur de la charité qui fait vivre l'Eglise».  Bourdaloue, Jurieu, Malebranche, Quesnel.  Les bureaux de diffamation.  Jansénisme négatif.  Piété catholique des premières générations jansénistes.  Peu à peu l'organe créera la fonction et la secte, l'hérésie.  Le jansénisme du XVIIIe siècle.
IV. Progrès et ravages de l'intellectualisme sectaire.  Un héros national.  Boileau et le grand Arnauld.  La guerre civile.  Prudence et modération des grands spirituels.  La bonne cause a eu ses Arnauld.  Influence fâcheuse de ces polémiques sur la vie intime du catholicisme français.  Les agités.  Le P. Rapin et les modérés.  Le P. Rapin et, l'Evangile.  La retraite de M. Le Maître.  Les honnêtes gens et les mystiques.  « Polémiques déprimantes et stérilisantes ».  Le jansénisme et la retraite des mystiques.
La doctrine janséniste a-t-elle pénétré la vie intérieure de Pascal? Complexité particulière du problème.  Jansénius a été le premier maître de Pascal.  Les deux opinions reçues : la prière de Pascal toute janséniste ;  toute catholique. Qu'il y a lieu de chercher une solution moyenne.
§ 1.  La joie de Pascal.
La vie intérieure de Pascal n'a pas été assombrie par le jansénisme. Maine de Biran.  « Joie, joie, pleurs de joie ».  La doctrine « douce et savoureuse » de Calvin.  La piété janséniste et la certitude, au moins implicite, du salut.  Formules dévotes à l'usage de Port-Royal.  Joie de « ceux qui, par un heureux sort, se trouvent du petit nombre » des élus.  Je t'aime, comme j'aime « mes élus... Ne t'inquiète donc pas».  Le sens catholique et le sens janséniste du « Je te veux guérir».  « Espérer extraordinairement».  « non timeo quia amo ».
§ 2.  Le « signe » donné à Pascal et la « consolation » sensible.
Comment sait-il qu'il est aimé ?  « Ce que je te le dis est un signe », et un signe qui n'est pas donné à tous.  Ce n'est pas une révélation proprement dite, mais une grâce de dévotion sensible.  « Consolation » et « Désolation », d'après les spirituels catholiques.  La « Consolation » et l'ascèse ignatienne».  Développement tardif de la sensibilité religieuse chez Pascal.  La conversion de 1646.  Qu'il y a loin de « sentir Dieu » à l'aimer.  La rechute.  « Horribles attaches » et « moments » de ferveur.  L'automne de 1654 et la crise de « désolation ».  « S'il avait les mêmes sentiments de Dieu qu'autrefois... »
§ 3.  Le « signe » de « feu».
I. Caractère unique du « ravissement ».  Hallucination ? expérience mystique? simple ferveur? Pourquoi pas les trois ensemble?  La conversion de saute Gertrude.  Une conversion méthodiste : Henry Alline  Celle de Pascal est entre les deux.  Le « Feu » du Mémorial; Dominus Deus tuus ignis consumens.  Les deux moments de l'expérience.  Au ravissement succède une méditation ordinaire.  II. Encore la certitude du salut.  Pour les jansénistes, l espérance chrétienne a consiste à se regarder comme étant du nombre des élus».  La joie du remords.  Certitude et crainte.  Sens catholique et sens janséniste du « Tu ne me chercherais pas...».  La tristesse de Pascal.  Les mystiques, les humanistes dévots et l'École française contre Pascal.
§ 4.  La religion de Pascal.
A. Le « Dieu » de Pascal.  Joie tragique.  Un monde maudit. L' « opposition invincible entre Dieu et nous ».  Doctrine contraire de François de Sales.  La peur de Dieu.  Pascal et l'idée de Dieu. « Impossible, inutile, dangereux... de le connaître ».  Nous ne devons nous représenter Dieu qu'en fonction de la faute originelle.  Pas d'autre Dieu que « le réparateur de notre misère ».  La faute de Pascal « n'est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité ».  Le Dieu des Pensées et le Dieu de la liturgie catholique.
B. Le devoir religieux.  « Marque d'orgueil que de vouloir aller à Dieu directement».  Que c'est là au contraire le devoir religieux par excellence.  « Pourquoi Dieu a établi la prière ? » ; Réponse de Pascal ; réponse des grands spirituels catholiques.  La prière est avant tout « adoration, louange ». « Premièrement regarder Dieu ».  L'adorer « par ce qu'il est en soi plutôt que par ce qu'il est au regard de nous ».  Dévotion de l'Ecole française à la sainte Trinité.  Théocentrisme lyrique de Bossuet.  Que l'Eglise, dans sa liturgie, entend nous élever à cette religion parfaite.
C. « Jésus-Christ ! Jésus-Christ ! ».  Joubert et Sainte-Beuve : les Jansénistes « ôtent au Père pour donner au Fils».  Et cependant la christologie de Pascal diminue le Christ. α) Le Christ de Pascal n'a pas su racheter le monde.  Combien plus grand le Christ de l'humanisme dévot!  O felix culpa!  Le Christ vaincu de Pascal et notre Christ-Roi.  Le cantique de Fortunat. β) Le Christ de Pascal uniquement pour l'homme, celui de l'Eglise d'abord pour Dieu.  L'adorateur parfait. γ) L'Ecole française et sa dévotion théocentrique au Verbe incarné.
D. Le meilleur Pascal.  Que le fond véritable de Pascal n'est pas janséniste.  Contradictions inconscientes que tôt ou tard il eût aperçues.  « Le Pape est premier » .  La dernière conversion.  « Le coeur » de Pascal et la « cime de l'âme».  Mysticisme des Pensées  Pascal et la dévotion à la personne du Christ.
I. Pourquoi l'étudier dès maintenant ?  Récapitulation de ce qui a été dit plus haut sur le mouvement janséniste.  Importance capitale de l'intervention d'Arnauld.  Premières ambiguïtés et premières maladresses.  Nicole réparera les maladresses d'Arnauld ; grâce à lui, Arnauld n'aura pas à choisir entre la pleine révolte et la pleine soumission.
II. Nicole et la distinction entre le fait et le droit.  Habileté et loyauté.  Cette distinction apaise les angoisses intérieures de Port-Royal.  On avait peur que le jansénisme ne fût la vérité.  Tendances molinistes de Nicole.  La cour de Rome et le thomisme.  Les « cinq articles » thomistes de Nicole approuvés par le Pape.  Thomisme atténué.  Du prétendu « pouvoir » accepté par les jansénistes et qui n'est qu' a un pouvoir garrotté par des liens invincibles. »  Une véritable grâce, et « surnaturelle » donnée à tous les hommes.  « Les ruines d'un édifice surnaturel sont surnaturelles ».  Quam me delectat Theramenes; Nicole et Pascal sur les vertus des « Lacédémoniens ».  Curieuse sévérité de Sainte-Beuve à l'endroit du « psychologiste » Nicole.  La politesse en enfer.  Nicole et l'humanisme dévôt.
III. Qu'il y a d'autres Pères que saint Augustin, et que saint Augustin à lui seul n'est pas l'Eglise.  « Comparant autorité à autorité, il semble juste de préférer celle du Pape D.  Nicole suspect aux intransigeants du parti.  A-t-il joué double jeu, comme on l'en accuse des deux côtés.  Que Nicole a toujours cru à l'orthodoxie foncière d'Arnauld.  A quelles enseignes ?  Psychologie de l'entêtement doctoral : « On combat un sentiment parce qu'on l'a combattu ».  Arnauld thomiste, mais honteux.  Malentendu persistant entre les deux théologiens du parti.  Timidité et optimisme de Nicole.  Sa responsabilité dans la renaissance du jansénisme, après « la paix de l'Eglise ».
IV. Nicole essayant d'arrêter le développement de la secte.  Des a vues de conscience » qui d'abord lui avaient permis d'intervenir dans la lutte.  Polémiste malgré lui; ses regrets.  Il ne se reconnaît pas le droit d'écrire contre les « ministres de l'Eglise ».  Le droit de ne pas médire.  Les lois de la polémique chrétienne.  L'assurance de M. Arnauld.  « Je ne me puis appuyer... sur la vocation de M. Arnauld, puisque j'en doute ».  L'utilité de cette lutte, « la chose du monde dont je doute le plus ».  Dans quel esprit est-il permis de s'indigner contre l'injustice.  Nicole et Gerbet.  Nicole n'est pas janséniste.
V. Dangers que peuvent présenter les Essais de morale.  Exagérations et déclamations pessimistes.  Indulgence foncière de Nicole.  Qu'il y a plus de « fautes d'obscurcissement » que de « fautes de passion ».  La méthode morale de Nicole et l'inoculation du scrupule.  Plus moraliste que religieux.  Sainte-Beuve, Joubert et la véritable infériorité de Nicole.  « Quand le christianisme est raisonnable, il n'a plus de force ».  Nicole n'est pas mystique.
§1 .  Trente ans de campagne contre les mystiques.
I. Stupeur croissante causée à Nicole par l'enseignement des mystiques,  Un courant mystique, même à Port-Royal.  Desmarets de Saint-Sorlin, les Délices de l'esprit et les Visionnaires.  Le succès de Desmarets révèle à Nicole les étranges progrès de la propagande mystique au XVII° siècle.  Mystiques plus importants : J. de Bernières et Guilloré.  Indignation de Nicole.  Le Traité de l'Oraison ; rare mérite de cet ouvrage.  Période d'apaisement : Nicole entrevoit la difficulté et le sérieux du problème mystique.  Qu'on ne peut a raisonnablement » condamner l'oraison de quiétude.  Louables efforts, mais inutiles : il ne comprend pas.  Débuts de l'agitation anti-quiétiste ; Mme Guyon chez Nicole.  L'esprit de l'escalier.  Bossuet, Nicole et la Réfutation des principales erreurs du quiétisme.  Mort de Nicole.
II. La trilogie anti-mystique de Nicole et son importance.  Ne serait-ce pas uniquement une trilogie anti-quiétiste ?  Attitude de Nicole à l'endroit des mystiques modernes ; défiance respectueuse; craignant d'avoir à les condamner, il ne veut pas les étudier.  « Gardons-nous de prendre ABSOLUMENT pour illusion » l'oraison a extraordinaire » dont ils parlent.  Saint Bernard et saint Jean de la Croix.  Est-il vrai que les Pères n'aient:pas connu l'oraison mystique ?  Le vice fondamental de la méthode de Nicole; il ne s'agissait pas de comparer les faux mystiques du siècle aux Pères des premiers temps, mais aux vrais mystiques de l'époque moderne.  Balzac et le serment de Strasbourg.  Les spirituels qu'il a combattus sont-ils vraiment de faux mystiques ?  Bernières, Malaval, d'Estival, Guilloré, Mme Guyon.  Erreurs et imprudences, mais orthodoxie foncière des quatre premiers.  On lui abandonne Mme Guyon.  Lui abandonnerait-on les autres, qu'il resterait à savoir si les arguments que Nicole fait valoir contre eux, ne vont pas à exterminer tout aussi bien les vrais mystiques.
§ 2.  L'anti-mysticisme de Nicole.
§ 4. Nécessité de l'effort humain (intelligence, volonté) dans la prière.  Apologie de la méditation et de saint Ignace.
§ 5. Critique de l'effort humain dans la prière.  L'illuminisme quiétiste de plusieurs jansénistes et le quiétisme prétendu des mystiques orthodoxes.
§ 4. Obsession jansénisante ou rousseauiste.  La grâce conçue comme un divin plaisir, comme une délectation victorieuse.
§ 5.  Les « pensées imperceptibles ».

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