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Timestamp: 2019-02-18 18:05:54+00:00

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21 PHI Pythagore fèves Théano 2009_10 - Encyclopédie Retorica
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21 PHI Pythagore fèves Théano 2009_10
A – 21 PHI Pythagore jalons 2009_10
1. On peut consulter :
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore
– http://mathematiques.ac-bordeaux.fr/viemaths/hist/mthacc/pythagore.htm
On connaît Pythagore par des témoignages très tardifs notamment Jamblique (240 – 325), célèbre professeur de philosophie platonicienne. (Jamblique “Vie de Pythagore”, introduction, traduction et notes par Luc Brisson et A. Ph. Segonds, Les Belles-Lettres, 1996.)
2. Le nom de Pythagore est un hommage à la Pythie de Delphes. Elle avait déclaré à ses parents, sans qu’ils le lui demandent, qu’ils donneraient naissance à un enfant exceptionnel. La famille s’installa dans l’île de Samos. Pythagore serait peut-être né en 606 avant notre ère.. Tout jeune “il se signalait par des actes cultuels, par son savoir, par son régime extraordinaire, par la stabilité de son âme, par la maîtrise de son corps” (Jamblique § 9). “Pythagore, le chevelu” est connu pour sa technique du pugilat qui le fait triompher d’athlètes adultes. A 18 ans il part pour recevoir l’enseignement des quatre plus grands sages grecs d’alors dont Thalès. A 22 ans il rejoint l’Egypte par bateau. Pendant la traversée de deux nuits et trois jours il reste immobile sans parler, ni manger, ni boire, ni dormir, devant un équipage gagné, malgré lui, aux vertus du silence. (Jamblique § 16) Il poursuit sa formation en Egypte pendant 22 ans. Mais, lors de sa conquête de l’Egypte, Cambyse l’envoie en captivité à Babylone. Il y reste 12 ans (Jamblique § 19). Quand il est libéré, sa formation, à base de chamanisme orphique, s’est enrichie de tous les ésotérismes qu’il a pu assimiler. Il revient à Samos mais n’a qu’un élève. Il décide de partir pour l’Italie. Il a environ 56 ans.
Il s’installe à Crotone, au sud de l’Italie. Là il rencontre Milon, athlète supérieurement doué. Pythagore l’a peut-être entraîné physiquement et mentalement. En 532 Milon remporte aux Jeux Olympiques la première de ses six victoires consécutives. Ce qui en fera un homme très riche. Pythagore reste 40 ans à Crotone, presque jusqu’à sa mort survenue à 97 ans, vers 510.
3. Milon de Crotone serait devenu le gendre de Pythagore et aurait financé son institut. Cette école, cette secte, jouait un rôle important dans le gouvernement de Crotone, cité-Etat (300.000 personnes en incluant les villages environnants). L’institut, poursuivait des recherches scientifiques et formait cette élite politico-religieuse qui conseilla les souverains dans toute l’Italie. D’où cette prospérité économique, politique et culturelle qui valut à l’Italie le qualificatif de “Grande Grèce”. La grandeur de Crotone, l’archéologie l’atteste, commence avec l’arrivée de Pythagore et cesse avec le départ progressif et forcé des Pythagoriciens de toute l’Italie entre 510 et 445. Cette désaffection s’explique par la destruction inqualifiable de Sybaris.
Sybaris était une cité-Etat puissante (300.000 personnes) par ses terres et sa situation. Elle était célèbre par son luxe et sa cuisine. En 511 son gouvernement aristocratique fut renversé. Les insurgés en bannirent des membres vers Crotone puis demandèrent leur retour afin de les châtier. Milon et Pythagore convainquirent les citoyens de Crotone de refuser cette demande qu’ils jugeaient injuste. Il en résulta une guerre de 70 jours et la victoire totale de Milon et ses 100.000 citoyens sur les 300.000 Sybarites. La ville fut détruite et rasée. Les Crotoniates détournèrent le cours du fleuve Crati pour qu’il passe sur les ruines. Les survivants se dispersèrent.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sybaris
Crotone se divisa sur le sort du butin. Les pythagoriciens refusaient le partage des terres conquises, partage demandé par le peuple. Cylon (ou Kylôn), homme puissant, riche, violent et dominateur, avait demandé en vain son admission dans l’école. Proclamé ou auto-proclamé “gouverneur de Sybaris” il regroupa autour de lui les mécontents et prit la tête de la révolte. Ses hommes mirent le feu à la maison de Milon. Les responsables pythagoriciens périrent à l’exception de deux d’entre eux. Pythagore s’était déjà réfugié dans la ville voisine de Métaponte où il mourut rapidement. Les autres villes n’avaient pas soutenu Crotone. Désavoués, les Pythagoriciens quittèrent progressivement l’Italie. (d’après J. § 248 – 251)
“Isolés, complètement désespérés par ce qui était arrivé, les Pythagoriciens se dispersèrent chacun en un endroit différent et ne supportant plus de partager la conversation d’un seul homme, ils s’isolèrent dans des régions inhabitées, partout où c’était possible, et se renfermant complètement, chacun se réjouissait de sa propre société de préférence à celle de tout autre.” Ils craignaient de mécontenter les dieux en laissant disparaître le nom même de philosophie. Ils composèrent des Mémoires faits de sommaires et de symboles, ordonnant à leurs enfants de ne les donner à personne en dehors de la famille. Ce que les familles observèrent pendant très longtemps. (J. § 253).
4. Le magistère de Pythagore était une tyrannie douce qui avait dérapé dans l’affaire de Sybaris. Jamblique donne un résumé de ses opinions : “Il faut exiler par tous les moyens, et éradiquer par le fer et le feu et de toutes manières possibles, du corps, la maladie ; de l’âme, l’ignorance ; du ventre, la gourmandise ; de la cité, la discorde ; de la famille, le dissentiment ; et, en même temps, de partout, la démesure”, grâce à quoi il rappelait à chacun, de la manière la plus affectueuse, les plus beaux de ses dogmes.” (J § 34) Cette rigueur s’expliquait par une conception universelle de la justice : “… c’est l’union des hommes les uns avec les autres qui produit la justice, tandis que la désunion et le mépris pour le genre humain produisent l’injustice. Voulant donc inspirer cette union profondément chez les hommes, il l’installa aussi dans leur rapport avec les animaux qui leur sont apparentés, leur enjoignant de les considérer comme leurs parents et leurs amis, de sorte qu’ils ne doivent nuire à aucun d’entre eux ni en tuer aucun ni en manger.” (J. § 168).
Ceci reposait sur une formation rigoureuse. Pendant trois ans on testait le candidat : qualités physiques, intellectuelles et morales, initiation au végétarisme, exercices de respiration, exercices sportifs, travail sur la mémoire. “Il n’est pas permis de mettre à la disposition du premier venu ce qui a été obtenu après tant de combats et d’efforts…” (J. § 75). Ensuite venait l’initiation elle-même qui durait cinq ans. Le candidat, astreint à un silence absolu, suivait les cours de Pythagore sans le voir. Enfin venait l’admission. Le nouveau membre abandonnait ses biens à l’ordre et rejoignait soit les “acousmaticiens”, soit les “mathématiciens”. Les premiers exerçaient des tâches concrètes dont l’administration de l’institut. Les seconds, les “mathématiciens” étaient voués à la recherche mathématico-théologique. (Voir 29 SCI nombre d’or) L’ordre a pu comporter jusqu’à 2.000 membres dont 600 “mathématiciens”. Le secret des enseignements était absolu. Si un membre le rompait on lui rendait ses biens en les doublant et on lui élevait un tombeau, symbole de sa mort spirituelle. (J. § 73). Ce qui créa des rancœurs. Voici quelques éléments complémentaires sur la doctrine.
5. L’interdiction des fèves. L’interdiction des fèves était fondamentale et reste mal comprise : http://www.chazallet.com/blog/gourmandise/histoire-produit/legume/feve.asp
– http://carmina-carmina.com/carmina/contes/feve.htm
— Dans un champ près de Tarente, Pythagore voit un bœuf qui mange des fèves vertes. Il demande au bouvier de lui parler pour l’en dissuader. Ironique, le bouvier l’invite à le faire lui-même. Pythagore passe alors plusieurs heures à parler au bœuf et le persuade de renoncer aux fèves. Ce bœuf finit ses jours dans un temple de Tarente et il ne mangeait que des nourritures humaines (d’après J. § 61) Explication : Pythagore a reconnu dans ce bœuf la réincarnation d’un être humain et le persuade de rejoindre les pythagoriciens dans une réincarnation ultérieure.
— Des soldats envoyés par Denis le tyran poursuivaient des pythagoriciens. Ceux-ci préférèrent mourir plutôt que de traverser un champ de fèves et périrent joyeux. Denis voulait les capturer afin de les interroger. Les soldats s’emparèrent d’un couple qui marchait lentement, Myllias et Timycha, car cette dernière était enceinte. Denys leur demanda pourquoi leurs compagnons avaient préféré mourir plutôt que de marcher sur des fèves. Myllias répondit : “Eh bien ! eux ont supporté de mourir pour ne pas marcher sur des fèves, et moi, pour ne pas t’en révéler la cause, j’aime mieux marcher sur des fèves.” Denys le fit exécuter puis ordonna de torturer Timycha.. Il pensait que, femme, veuve et enceinte elle céderait. Pour éviter de parler elle se coupa la langue avec les dents et la cracha au visage du tyran. (d’après J. § 193) Le secret des fèves était peut-être dérisoire mais il faisait partie du cosmos, de l’ordre du monde. Mieux valait mourir ou se couper la langue que de perturber cet ordre.
6. Miracles et manipulations mentales. Les récits de miracles pythagoriciens sont nombreux. La secte n’en était pas totalement dupe :“...ils croient à toutes ces histoires, et eux-mêmes en font l’expérience une quantité de fois, mais à propos de ces histoires, de celles qui semblent être de simples mythes, ils rappellent qu’ils ne refusent de croire à rien de ce qui pourrait élever vers la divinité.” (J. § 138).
— Un pythagoricien allait être mis à mort par des bandits. Il invoqua les déesses persécutrices et les dieux vengeurs. Les attaquants se prirent de querelle et se massacrèrent mutuellement. (d’après J. § 222).
— Abaris était un chamane scythe et prêtre d’Apollon Hyperboréen Assez âgé, il fut dispensé de toute initiation. Il voyageait sur une flèche sacrée qu’il offrit à Pythagore. Grâce à cette flèche Pythagore put se livrer à des expériences de bilocation. (J. § 90 – 91)
7. L’Univers est Vie. L’Univers est l’Etre vivant dont tous les êtres tirent leur propre existence. La naissance est une punition et la mort une délivrance. L’âme remonte vers la vie céleste mais garde la nostalgie de la terre car elle n’est pas encore totalement pure. Sur terre la musique, l’amour et la bonté sont des approches de cette perfection. Les actions ont donc leurs répercutions d’une vie sur l’autre, comme dans le karma des brahmanes et des bouddhistes. La pratique du végétarisme a pour but de s’alléger de l’animalité :
http://www.voltaire-integral.com/Html/20/viande.htm
Le terme de Cosmos désigne à la fois le Monde, son ordre et la beauté (cf cosmétique). Le Monde est un Temple. La distinction entre sacré et profane est insensée. Il n’y a pas de profane : il n’y a que du profané. L’écologiste anglais James Lovelock a développé dans l’“hypothèse Gaïa” le thème pythagoricien de “la Terre être vivant” (1990).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypothèse_Gaïa
8. L’Univers est Nombre. Le nombre d’or et la section dorée sont traités dans un fichier à part (29 SCI nombre d’or). On attribue à Pythagore, entre autres, la table de multiplication et le théorème sur la construction de l’angle droit, indispensable en architecture. Pour les pythagoriciens le Nombre est vivant et lie tous les êtres et tous les arts. Pythagore percevait la musique des sphères c’est-à-dire des astres (J. § 65 – 66). La musique servait aussi en médecine (J. § 110). La mantique (la prédiction à partir des chiffres) était en honneur car elle exclut les sacrifices sanglants (J. § 147).
Mais la mesure de la diagonale du carré (racine de 2), provoqua une crise terrible ; c’est une grandeur irrationnelle, incommensurable, inexprimable, a-logon. Les nombres, êtres vivants, pouvaient donc être écartelés !
http://www.math93.com/pythagore.htm
Cette crise mathématique fut aussi grave que la crise politique de la destruction de Sybaris.
Le nombre complet est 10. C’est un nombre triangulaire 1 + 2 + 3 + 4 de côté 4, appelé tétrade (Tétraktys). La décade est le tout :
1 : l’unité divine
2 : l’union du masculin et du féminin
3 : la clé de la vie
4 : (1 + 3) la perfection divine
5 : l’harmonie ; le pentagramme, qui s’inscrit dans le cercle, symbolise l’amour, la beauté, la santé
6 : le mouvement des choses et l”univers
7 : l’indivisibilité même de la divinité
8 : le premier cube explore l’espace dans toutes ses dimensions
9 : l’énigme de la puissance de la divinité
10 : ce nombre parfait qui contient les autres
9. Le Serment. Le Serment lie le pythagoricien à l’Un, à la Divinité qui le surveille (J. § 175) Les serments passés entre les hommes en sont le reflet et, à ce titre, inviolables . Entre amis tout est commun La fidélité est exigée de l’épouse mais aussi de l’époux (J. § 50) : le modèle est Ulysse qui a refusé l’immortalité que lui promettait Calypso s’il abandonnait Pénélope (J. § 57). Le secret entraîné par le Serment conduit à développer systématiquement le symbole et l’énigme. Les pythagoriciens se reconnaissent entre eux par des mots-de-passe qu’eux seuls comprennent. Exemple “Ne tisonne pas le feu avec un couteau” (J. § 227). La métaphore est pour eux un outil fondamental d’investigation comme elle l’est dans l’hypothèse Gaïa.
10. Les vers dorés. Pendant des siècles les vers dorés, c’est-à-dire aussi précieux que l’or, seront lus matins et soir et recopiés par des disciples fervents.
Que les Dieux immortels soient honorés par toi,
Dans l’ordre qui leur fut assigné par la Loi.
Respecte le Serment, les héros glorieux,
Et comme veut la Loi, les Génies de la Terre,
Honore tous les tiens, et ton père et ta mère.
Aime chez les humains d’abord les vertueux.
Ne va pas négliger la santé de ton corps.
Fais-le boire, manger, jouer avec mesure.
Ce qui ne fait point mal est la mesure sûre.
Et aime la vie propre et la vie simple encor.
Que tes yeux ne soient pas du doux sommeil fermés
Sans voir les actions faites dans la journée.
L’homme choisit soi-même et librement ses peines,
Sans entendre ni voir, hélas ! les biens prochains.
Rare est celui qui sait se défaire des chaînes.
D’un tel sort sont troublées les âmes des humains :
Ils vont comme des roues, sous le mal accablés.
La Discorde invisible, au fond du cœur cachée,
Marche du même pas, les afflige et leur nuit.
Ne la provoque point, mais fuis et cède-lui.
Abstiens-toi d’aliments que notre ordre interdit.
Applique ta raison à t’épurer toi-même.
Pense à te libérer, et réfléchis sur tout.
Choisis pour guide seul là-haut l’Esprit suprême :
Ton corps abandonné, si tu parviens au bout,
Dans cette région où règne l’éther libre,
Comme un dieu immortel, toujours incorruptible,
De la mort à jamais tu demeureras libre.
(Extraits et traduction de Robert Brasillach).
Gérard de Nerval (1808 – 1855) en a donné un condensé saisissant :
On n’oubliera pas Baudelaire et ses “correspondances” : “La Nature est un Temple…”
11. Casimir (10 oct 2009) : cette intéressante biographie confirme et conforte mes hypothèses // je ne comprenais pas le miracle culturel grec // ça ne collait pas du tout avec ma théorie // en effet, une culture rayonnante ne peut procéder que d’une civilisation puissante, assise sur des conditions matérielles minimales : un fleuve pour l’irrigation, une céréale sélectionnée, une main d’œuvre asservie nombreuse, donc l’existence de la métallurgie // rien ou presque rien de tel en Grèce //mais la solution est claire : les Grecs (Platon, sans doute Aristote) se sont mis à l’école des Crétois, des Egyptiens (22 ans) et des Mésopotamiens (12 ans) // dès lors, tout devient compréhensible // et ensuite, ils ont effacé presque tout de la dette qu’ils devaient à ces grands cultures / cela était d’autant plus facile et ‘légitime’ que la culture et la formation reçues étaient dispensées sous le sceau du secret et de l’ésotérisme, chers à la classe aristocratique et cléricale.
Roger (10 oct) : Tout-à-fait exact. J’ajoute que le sentiment de Vérité qui a fait des trois monothéismes des « religions meurtrières » (expression d’Eli Barnavi) se trouve en germe dans le pythagorisme et conduit aux mêmes effets. J’ai mis du temps à comprendre le lien entre la destruction de Sybaris et Pythagore. (…) Casimir (11 oct) : et on peut parler de conviction en une vérité exclusive // je ne sais rien de la destruction de Sybaris Roger (11 oct) : Intéressante du point de vue rhétorique : « vérité exclusive » : est-ce un pléonasme ou un oxymore ? Destruction de Sybaris ?… mais c’est en partie l’objet du fichier ! revoir § 3 ci-dessus. Casimir (11 oct) : je ne crois pas parce qu’il y a des niveaux de vérité , du fait que la vérité approchée est insérée dans une grille interprétative originale // le monothéisme se veut la vérité >> mono n’est pas égal à un mais à un seul, donc à l’exclusion de toute autre vérité possible Roger ajout (15 mai 2015) : « vérité exclusive » serait donc à la fois pléonasme et oxymore…
B – 21 PHI Pythagore fèves 2009_10
1. Fèves mal comprises. Je reviens sur cette histoire de fèves, mal comprise dans l’antiquité comme le montrent les citations suivantes.
http://carmina-carmina.com/carmina/contes/feve.htm
“ll faut s’abstenir de manger des fèves, parce qu’elles sont pleines de vent et participent à l’âme, et que si on s’en abstient, on aura le ventre moins bruyant et d’autre part on fera des rêves moins lourds.” Diogene de Laerce Vie doctrines et sentences des philosophes illustres. Robert Genaille Garnier 1933 T 1 Livre VII p.125
“Platon veut qu’on aille dormir après avoir disposé le corps de telle façon qu’il ne puisse égarer l’âme ou la troubler. C’est pour une raison semblable, croit-on, qu’il est interdit aux Pythagoriciens de manger des fèves : cet aliment gonfle beaucoup et nuit ainsi au calme dont a besoin une âme en quête de vérité.” Ciceron Traité de la divination I – XXX
“Ainsi les Pythagoriciens proscrivent radicalement la fève comme si elle gonflait l’âme et non le ventre.” Ciceron Traité de la divination II – LVIII. Dans 21 PHI Pythagore (2009_10_10) jalons je n’ai pas traité correctement ce problème des fèves.
2. La métaphore : les fèves = le vivant. Heureusement, Simone me l’a fait remarquer en notant que j’avais probablement donné l’autre référence sans la lire. C’est vrai. La voici :
http://www.chazallet.com/blog/gourmandise/histoire-produit/legume/feve.asp
“Les petits personnages sur lesquels nous nous cassons les dents dans les galettes des rois ont emprunté leur nom à un légume délicieux : la fève. Elle est, en effet, promesse de prospérité et de fécondité, les pythagoriciens en avaient fait un légume interdit en raison de sa ressemblance avec l’embryon humain. Auparavant, les égyptiens appelaient « champ de fèves » le lieu où les morts attendaient la réincarnation, la consommation des fèves était donc proscrite.”
Simone note aussi que dans certaines maladies des reins on donnait des fèves (ressemblance entre la forme de la fève et celle du rein). Elle ajoute qu’on offre des fèves lors de la fête juive de Simhrat Tora (la joie de la Tora). Précision : cette fête marque la fin du cycle annuel de lecture de la Tora et dans le même souffle on en recommence la lecture. Cette fête est marquée par des explosions de joie où les participants dansent avec les rouleaux de la Tora. Car la Tora est vie.
On comprend mieux pourquoi les pythagoriciens vénéraient les fèves. Par une métaphore qu’on va retrouver dans l’hypothèse Gaïa la métaphore fève = vie est plus qu’une métaphore : toute fève est une chose vivante. En écraser une c’est tuer un être vivant, un bébé. Tout est vivant. Tout est lié (…) L’homme préhistorique, le primitif vivent en symbiose avec la nature. Il en reste des traces très fortes dans le récit extraordinaire sur les indiens Jivaros “Le vieux qui lisait des romans d’amour” de Luis Sépulveda. Jean Descola dans les analyse cette question dans “Par delà la nature et la culture” (2005). Chacun s’assimile à un animal sauvage désigné par le chamane et en tirera sa force. D’où des problèmes imaginés par Jean M. Auel quand une femme reçoit un totem normalement masculin (dans la saga “Les enfants de la terre”). Les animaux sont considérés comme des quasi semblables qu’on aime et qu’on punit quand ils agissent mal. D’où les procès d’animaux au moyen-âge. Revenons aux fèves.
http://www.fabophilie.com/historique.htm :
“La fève est consommée et cultivée couramment depuis les temps préhistoriques. Elle fertilise le sol où elle a été semée comme engrais. Sa forme étrange qui évoque l’embryon lui confère un rôle important dans de nombreux rites antiques. Chez les anciens Egyptiens, le champ de fèves est le lieu où les morts attendent leur réincarnation. Les fèves symbolisent le fœtus ; elles sont le premier don de la terre au printemps, des morts aux vivants. Liée à la fécondité de la terre, les fèves sont d’une manière générale considérées comme symbole des bienfaits et de la prospérité des morts. Au Moyen-Age, c’est essentiellement le symbole de vie qui subsiste, ce qui explique la place qu’elle occupent dans les cérémonies de mariages et de labours. La fonction alimentaire est importante : la soupe de fève fait partie de la vie du paysan. S’inspirant des Grecs qui votaient à l’aide d’une fève blanche ou noire indiquant l’acquittement ou la condamnation, elles servent aussi de jeton de vote.” Et encore :
http://www.boitearecettes.com/fruits_legumes/feves-text.htm :
« La fève symbolise le soleil minéral, l’embryon. Elle évoque le soufre emprisonné dans la matière. Eugène Canseliet remarque que la fève de la galette des Rois est parfois remplacée par un bébé minuscule (un baigneur) ou par un petit poisson. » Eloïse Mozzani explique très bien dans “Le livre des Superstitions” le symbolisme de la fève : » Symbole d’embryon, la fève servait, selon les anciens Égyptiens, de refuge aux âmes, d’où le nom de champ de fèves qu’ils donnaient au lieu où les âmes attendaient la réincarnation. Considérée également comme symbole de l’âme dans le monde grec, la fève joue un rôle fondamental dans la pensée pythagoricienne qui voyait en elle » le premier être vivant qui naquit de la putréfaction originelle en même temps que le premier des hommes. » Le fait qu’elle soit la seule de toutes les plantes à posséder une tige creuse sans nœud en faisait » un moyen de communication privilégié entre l’Hadès et le monde des hommes » et » le lieu de passage où s’opère continûment l’échange des vivants et des morts « . Fonction qu’évoque Pythagore dans ses Discours sacrés : » Elles servent de point d’appui et d’échelle pour les âmes pleines de vigueur, quand, des demeures de l’Hadès, elles remontent à la lumière. «
Certains disciples de Pythagore voulurent prouver que la plante participait aux cycles de naissances et de résurrections en enterrant dans la terre ou sous le fumier un récipient contenant une fève. » Au bout de quelques jours, quarante ou quatre-vingt dix, selon les versions, on déterre le récipient, et, à la place de la fève, on trouve soit une tête d’enfant déjà formée, soit un sexe féminin, soit une tête d’homme, ou encore du sang. » Ou bien, ils proposaient de rogner une fève et de la laisser un moment au soleil : elle dégageait alors soit » l’odeur de la semence humaine, ou, selon une autre version, l’odeur du sang humain versé par un meurtre. «
Par conséquent, la fève, associée à la pourriture, au sexe et aux » parties honteuses » ou encore au sang » représente, dans le système de valeurs des Pythagoriciens, le pôle de la mort, des renaissances nécessaires, à l’opposé de la vie véritable, réservée aux dieux immortels dont le corps n’est pas fait de sang et de chair, mais demeure incorruptible, comme les aromates et les substances parfumées. Le second trait, marqué par la cosmogonie, c’est que la fève sur sa tige est comme la plante humaine, qu’elle est un double de l’homme, son frère jumeau. » Ainsi s’explique l’interdit pythagoricien de manger des fèves.” On voit donc que les résonnances, les harmoniques des fèves étaient extraordinairement complexes chez les Pythagoriciens. Là était leur secret.
4. La théorie des signatures. Elle est développée au XVI° siècle par Paracelse, médecin et alchimiste. Consulter :
http://les-herboristes.forumactif.com/histoire-f7/la-theorie-des-signatures-t474.htm
Tous les éléments de la création, qu’ils appartiennent au monde minéral, végétal ou animal sont en correspondance avec l’anatomie ou la physiologie de l’homme. On a vu que la fève ayant la forme du rein permettait de le soigner. Les hommes préhistoriques tombaient malades comme nous et se soignaient avec des plantes. Les chamanes, sorciers, hommes-médecine expérimentaient selon le principe similia similibus curantur (les semblables soignent les semblables), avec quelques succès et probablement beaucoup d’échecs. Mais c’est ainsi que naquit la pharmacie moderne. Pline l’Ancien (23-79), naturaliste, historien et militaire romain donne des rudiments de cette médecine par analogie dans son Histoire naturelle. Le véritable inventeur de la théorie des signatures est Philippus Aureolus Theophrastus Bombast von Hohenheim dit Paracelse (1493-1541). Il répartissait les plantes médicinales selon 7 groupes en rapport avec les 7 planètes (connues à l’époque), les 7 couleurs de l’arc-en-ciel etc. Son système de correspondances ressemble assez aux correspondances de la médecine chinoise fondée sur les 5 éléments (air, eau, feu, terre plus bois). Gianbattista Della Porta développa après Paracelse les correspondances morphologiques des plantes dans son « Phytognomonica » en 1588. Ainsi la reine des prés et le saule vivent dans des milieux humides propres aux fièvres et aux rhumatismes. Ils doivent donc les guérir. Et ils les guérissent car ces deux plantes contiennent les constituants principaux de l’aspirine. La tige de prêle ressemble à la colonne vertébrale : elle est donc efficace pour le mal de dos. Les grains de café ressemblent aux deux lobes du cerveau et ont donc une action stimulante, etc.
5. Homéopathie et théorie des signatures. Samuel Hahnemann (1755 – 1843), médecin allemand, découvre que l’écorce de quinquina provoque les mêmes symptômes que la fièvre tierce (paludisme). Il pose en 1796 les bases de l’homéopathie s’appuyant explicitement sur le principe similia similibus curandur vu plus haut. Il l’oppose au principe contraria contrariis curandur (les contraires soignent les contraires) sans condamner formellement celui-ci. Sur le lien entre l’homépathie et la théorie des signatures voir :
http://www.homeoint.org/books3/hahnemann/similia.htm
Cette médecine repose sur trois bases : le principe de “similitude”, l’adaptation du traitement au patient et, ce qui reste très controversé, l’efficacité des grandes dilutions.
6. 20 NAT nature (2007_09_03) Descola
Elargissons encore le problème pour conclure.
61. Par delà nature et culture. L’anthropologue Philippe Descola, après “Les Lances du crépuscule” (Plon 1993) consacré aux Jivaros Achuar, publie “Par delà nature et culture” (Gallimard 628 p. 2005). Il y montre que la distinction entre nature et culture est propre à l’Européen occidental. Il en profite pour distinguer quatre modes de connaissance de la nature : l’animisme, le totémisme, l’analogisme et le naturalisme. Ces quatre modes de connaissance peuvent, au moins en partie, se combiner entre eux.
62. L’animisme. Les Jivaros Achuar élèvent les animaux et jardinent les plantes en les traitant comme des personnes car les animaux, les végétaux et les minéraux sont dotés d’une intériorité de même nature que celle des humains. Ils mènent comme eux une vie culturelle et sociale. C’est ce que Descola appelle l’”animisme”.
63. Le totémisme. Les chasseurs Achuar entretiennent avec le gibier des relations d’affinité, une sorte de parenté sans consanguinité comme celle que l’on entretient avec un beau-père ou un beau-frère. Dans le “totémisme” humains et non-humains partagent des propriétés physiques et morales qui les classent dans différentes catégories.
64. L’analogisme. L’”analogisme” enfin, caractérise le monde comme une infinité de singularités, toutes différentes les unes des autres. C’est l’exemple chinois d’un monde composé de dix mille essences, le modèle le plus répandu dans le monde (Asie, Afrique de l’Ouest, Andes).
65. Le naturalisme. Le “naturalisme”, le mot n’est peut-être pas très heureux, c’est l’idée que seuls les humains sont dotés d’une intériorité. Il a fini par triompher, mais pas entièrement, des trois autres modes de connaissances. La séparation de l’homme et de la nature s’est faite avec les Grecs et l’invention de la nature comme physis, objet d’enquête aux réaction prévisibles et non soumise aux caprices des dieux. Le christianisme en constitue une seconde étape avec un Créateur extérieur à l’homme et un homme extérieur au monde qui lui est réservé. La troisième étape c’est la révolution scientifique où la nature devient totalement observable grâce aux instruments (microscope, télescope) et à la peinture de paysage. Ajout de Maïthé : Complétons avec la photographie, le cinéma…
66. Ce qu’on fait de la nature est un bon indicateur de la manière dont on traite les hommes. Le naturalisme les utilise, notamment, d’une manière inhumaine. Il faut donc se créer des règles de sagesse en évitant tout angélisme. Une société animiste vit en équilibre avec son environnement parce que sa population est réduite et ses moyens techniques rudimentaires. Les Indiens d’Amérique ne comprennent pas les ONG environnementalistes car ils considèrent les espèces comme des personnes, donc comme des voisins. Comme le philosophe italien Gramsci, Philippe Descola dit tenter de combiner un certain optimisme de la volonté avec le pessimisme de la lucidité. Mais le “naturalisme” serait en voie d’effritement, remplacé par un “analogisme” planétaire. Le “naturalisme” démocratique est confronté à des rythmes de développement différents : comment des millions de petits-bourgeois chinois pourront-il renoncer à une voiture ? (d’après des propos recueillis par Olivier Pascal-Moussellard, Télérama, 28_12_05)
7. Isabelle (25 oct 2009) : Cher Roger, Je suis avec toujours autant d’intérêt tes publications. A propos des fèves, je crois qu’un argument
favorisant leur éviction est qu’elles constituent un redoutable allergène. Roger (26 oct) : Merci. J’ai trouvé un lien :
http://www.compare-diet.com/dietetiques-feve
où l’on parle d’allergies quelquefois mortelles.
Ajout Roger (15 mai 2015) : Je crois que nous avons percé le mystère des fèves. Au départ, il y aurait une mort inexpliquée due à une allergie. Cette mort traumatise le groupe qui cherche une explication. Il examine attentivement les fèves et croit avoir trouvé la solution : les fèves ressemblent à un fœtus, sont un fœtus. La métaphore devient réalité. Le défunt a été puni pour le meurtre d’un être vivant. D’où l’interdiction absolue des fèves chez les Pythagoriciens.
C – 21 Pythagore Théano 2009 – 11
1. Encore Pythagore ! Eh oui. Cet homme est un continent. Par ailleurs, dans Retorica, chaque fichier est une aventure et une ouverture. (…) J’en veux pour preuve cette trace écrite d’une émission de France Inter du 8 janvier 2008 (La tête au carré de Mathieu Vidard). Elle concerne Théano, la femme de Pythagore. Les réactions des auditeurs sont elles aussi intéressantes…
2. Theano, épouse de Pythagore. D’après Henriette Chardak « L’énigme Pythagore, la vie et l’œuvre de Pythagore et de sa femme Theano » (Presses de la Renaissance, 2007, 455 p)
« Surgi des tréfonds mystérieux d’une Grèce antique plus fascinante que jamais, Pythagore incarne comme personne avant lui la grandeur humaine.
« Héros olympique, champion de lutte, élève de Thalès, ami du pharaon Amasis, géomètre, philosophe, musicien, astronome, il aimait rire, apprendre, partager. Avec lui, nous foulons le sol de Samos, d’Olympie, de Tyr, de Jérusalem, d’Alexandrie, de Babylone, d’Héraklion… La belle et brillante Théano combla de bonheur cet homme déjà mûr qui, avant de la rencontrer, préférait le célibat à un mariage sans âme.
« Epouse, mère, élève puis maître à penser, cette femme exceptionnellement moderne tint de son vivant un rôle de premier ordre. L’école qu’elle fonda avec Pythagore fut celle de la tolérance et de l’ouverture sur le monde. On compara Pythagore à Apollon pour sa beauté, on compara Jésus à Pythagore pour sa bonté. Vinci, Kepler et bien d’autres furent fascinés, inspirés par sa science. Pythagore savait déjà que la Terre était ronde, qu’elle tournait autour du Soleil… » (4° de couverture). Mais sur Babelio twinckel n’a pas aimé (16 juin 2012) : « une biographie/roman sur un personnage qui nous a bien pris la tête pendant les cours de maths à l’école. Je me réjouissais de le découvrir sous un autre jour. Et ce livre m’a bien pris la tête aussi. Pénible, long, lent, sans saveur, sans passion. Un excellent assommoir, digne du plus pénible problème mathématique. »
3. L’entretien (France Inter du 8 janvier 2008). Invitée de « La tête au carré » de Mathieu Vidard, Henriette Chardak ne semble pas avoir fait une forte impression. Voici cinq commentaires critiques :
> de Felix Culpa 08/01/2008 14h38 Je me souviens avoir lu avec beaucoup de plaisir un roman d’Alain Nadaud : « L’Archéologie du Zéro « , centré sur le personnage de Pythagore. Disponible en Folio-Gallimard; Je ne peux que le recommander à l’attention de vos auditeurs
> de Mr Sceptique 08/01/2008 14h36 Que de merveilles avec si peu de sources, l’héliocentrisme attribué à Pythagore étonne : on s’intéresse et l’on demande des sources (l’héliocentrisme d’Aristarque 2 siècles plus tard est quant à lui attesté) ; on sait que le théorème de
Pythagore (dont la démonstration est dans les éléments d’Euclide) était utilisé des siècles avant Pythagore en Mésopotamie ! Sans parler de la mystique pythagoricienne écartée par votre auteur ; étranges révélations avec si peu de sources (une traduction arabe d’un livre perdu après Alexandrie !)
> de Philippe > 08/01/2008 14h35
Bonjour, Etant un peu dur de la feuille, j’ai cru que la femme de Pythagore s’appelait Théalo et non Théano. C’est p’têt pour ça qu’il est à l’origine de la boisson la plus consommée sur la planète, le thé. Il y pensé juste en regardant sa femme. Bonjour chez vous, PB PS : la Pythie vient en mangeant.
> de cat > 08/01/2008 14h34 j’aimerai avoir les coordonnées du disney dont vous avez parlé. je ne l’ai pas trouvé sur Internet
> de Milon > 08/01/2008 14h16 Ca commence fort, cette émission sur Pythagore ! Le comparer à Einstein, alors qu’il s’agissait d’un chef religieux, expliquer que sa couleur préférée était le blanc pour voir quand il se tâchait, alors qu’il s’habillait de lin blanc pour des raisons de pureté religieuse, c’est quand même très fort ! Je serais curieux de savoir dans quels textes votre invitée a pu pêcher ces théories, disons, curieuses…
Les propos publiés ici n’engagent que leurs auteurs. (Retorica site non identifié)
4. Recherche complémentaire sur Théano. Roger (15 mai 2015) : En quelques années, les informations se sont multipliées grâce à internet. Faire sur Google : « Théano, épouse de Pythagore ». On trouve un article de Wikipédia « Théano, mathématicienne ». Sur le blog lebistrotdelarosecroix.com j’ai trouvé les éléments suivants, que je trouve assez dynamiques et qui me suffiront :
« Théano est l’épouse du Maître, elle fut aussi son élève et donc sa « fille » symbolique, mais du fait qu’elle appartenait à la fraternité, elle était également sa « sœur »!
C’est elle qui succéda à Pythagore à la tête de l’école.
Elle était fille d’un notable de Crotone.
Réputée brillante en mathématiques, ses écrits et poèmes étaient appréciés, on la considère comme la première femme philosophe, la première femme grecque évidemment…
Outre, un Traité sur le Nombre d’Or, elle était l’auteur d’un Traité sur la Vertu et il était tentant de l’interroger à ce sujet.
-« Combien de jours après avoir fait l’amour à un homme, une femme redevenait-elle pure »…
Sa réponse fut: -« S’il s’agit du sien, tout de suite, sinon jamais! » »
(6.000 mots, 36.800 caractères)
Mots-clésphilosophiePythagoreThéano

References: § 9
 § 16
 § 19
 § 248
 § 253
 § 34
 § 168
 § 75
 § 73
 § 61
 § 193
 § 138
 § 222
 § 90
 § 65
 § 110
 § 147
 § 175
 § 50
 § 57
 § 227
 § 3