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Timestamp: 2016-10-25 21:08:32+00:00

Document:
5A_621/2014 (11.11.2014)
5A_621/2014 � � Arr�t du 11 novembre 2014
case postale 75, 1211 Gen�ve 8,
retrait du droit de garde et droit de visite,
recours contre la d�cision de la Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Gen�ve du 1er juillet 2014.
C.________, D.________ et E.X.________, n�s respectivement en 2007, 2009 et 2013, sont issus de l'union libre entre A.X.________ (1988) et B.________ (1981). A ce jour, seuls les deux a�n�s ont �t� reconnus par leur p�re et celui-ci s'est engag� � reconna�tre la benjamine.
A.a.�Le 29 f�vrier 2012, le Service de protection des mineurs��������� (ci-apr�s : SPMi) a d�pos� une requ�te en retrait de la garde � cause des probl�mes du couple, singuli�rement des �pisodes de violence r�p�t�es entre concubins devant les enfants.
�Par ordonnance du 20 avril 2012, le Tribunal tut�laire (devenu depuis le 1
er�janvier 2013 le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant) a suspendu la proc�dure en retrait de la garde, au vu des engagements pris par la m�re.
�Le 22 ao�t 2013, le SPMi a signal� au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant que les relations entre les parents se transformaient de mani�re chronique en pugilat, avec de la violence verbale, psychologique et physique devant les enfants mineurs. Lors d'une dispute le 19 ao�t 2013, l'a�n�e avait cherch� � s'interposer et calmer ses parents et avait �t� repouss�e par son p�re contre un mur. A la suite de ces �v�nements, le p�re a �t� plac� en d�tention pr�ventive. Il est sorti de prison le 5 novembre 2013 et soumis depuis lors � une mesure de probation et d'insertion jusqu'en 2018, ainsi qu'� une obligation de soins pour les probl�mes d'alcool et de violence.
�Lors de l'audience du 20 septembre 2013 devant le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, les parents ont reconnu qu'ils devraient entamer une th�rapie de couple.
�Par ordonnance du 26 septembre 2013, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a renonc� en l'�tat � prononcer une mesure de retrait de la garde au regard des engagements pris par les parents, tout en leur faisant instruction d'entreprendre sans d�lai un suivi individuel ax� sur la violence et une th�rapie de couple.
�Dans un rapport du 14 mars 2014, le SPMi a indiqu� que les mesures mises en place s'�taient r�v�l�es inefficaces, que toutes les conditions �taient r�unies pour qu'une nouvelle explosion de violences physiques survienne devant les enfants - malgr� le fait que le p�re vivait en foyer depuis d�but mars 2014 - et qu'au mois de janvier les conflits du couple avaient �t� d'une virulence telle que les voisins avaient appel� la police. Le SPMi a relev� que le d�veloppement de E.X.________ �tait menac� par une interaction m�re-b�b� inad�quate, la m�re refusant part ailleurs l'int�gration du b�b� en p�diatrie. Le SPMi a ainsi pr�avis� un retrait de la garde et un placement de E.X.________ � l'unit� des b�b�s au sein de la p�diatrie des H�pitaux universitaires de Gen�ve (ci-apr�s : HUG) et de C.________ et D.X.________ aupr�s de leur p�re.
�La m�re a refus� les placements propos�s par le SPMi.
�Lors de l'audience du 4 avril 2014 du Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant, le SPMi a relev� que la m�re avait suivi presque toutes les prescriptions de l'ordonnance du 26 septembre 2013, mais que cela n'avait pas �t� suffisant pour rem�dier de mani�re notable aux probl�mes constat�s, en particulier la violence dans le couple, m�me si les parents �taient actuellement s�par�s. Selon le SPMi la m�re disposait de capacit�s parentales partielles sur certains plans, notamment �motionnel, car elle ne parvenait pas � �couter les besoins de ses enfants et les insultes � leur �gard �taient continues. Le p�re s'est ralli� au pr�avis du SPMi.
�Lors de cette audience, la m�re a confirm� que le p�re ne vivait plus au domicile familial depuis mars 2014, pr�cisant que le climat s'�tait apais�, et d�clar� avoir conscience que sa relation avec celui-ci ne fonctionnait pas et pr�t�ritait le d�veloppement des enfants. Elle a contest� les propos et faits de maltraitance et s'est oppos�e au retrait de la garde et au placement des mineurs.
A.b.�Par ordonnance du 4 avril 2014, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a notamment retir� la garde des trois enfants � leur m�re, ordonn� le placement en observation de E.X.________ au sein de l'unit� des b�b�s de la p�diatrie des HUG, ordonn� le placement des deux a�n�s au Foyer Y.________ en Valais, et r�serv� aux parents un droit de visite s'exer�ant s�par�ment.
�Le 17 avril 2014, la m�re a recouru contre cette d�cision, requ�rant, � titre de mesures provisionnelles, la restitution en sa faveur du droit de garde sur ses enfants et la r�int�gration de ceux-ci au domicile familial.
�La demande de restitution de l'effet suspensif form�e par la m�re a �t� refus�e par d�cision du 5 mai 2014.
�Par courrier du 5 juin 2014, la m�re a produit une �valuation du 6 mai 2014 effectu�e par le Service de p�diatrie g�n�rale des HUG, montrant que l'enfant E.X.________ ne pr�sentait aucun trouble pouvant compromettre son bon d�veloppement.
�Par courrier du 13 juin 2014, le SPMi a pr�conis� une expertise psychiatrique familiale afin d'�tablir les besoins et les possibilit�s d'un retour au domicile, a propos� le placement de E.X.________ au Foyer Piccolo et le placement des deux a�n�s dans un foyer genevois pour la rentr�e scolaire du mois d'ao�t 2014.
A.c.�Par d�cision du 17 avril 2014, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant a modifi� les modalit�s du droit de visite des parents avec les deux enfants a�n�s, pr�voyant que ce droit s'exerce dans une villa attenante au foyer o� sont plac� C.________ et D.X.________.
�La m�re a �galement interjet� un recours contre cette d�cision, demandant � ce que les modalit�s d'exercice des relations personnelles en sa faveur fix�es par l'ordonnance du 4 avril 2014 soient maintenues.
�Par d�cision du 13 mai 2014, la demande de restitution de l'effet suspensif a �t� refus�e.
�Le SPMi, par courrier du 21 mai 2014, a conclu � la confirmation des modalit�s d'exercice des relations personnelles d�finies dans l'ordonnance querell�e, a rappel� que les engagements successifs des deux parents de cesser la violence ou de se s�parer n'avaient jamais �t� suivis d'effets durables et a relev� que le p�re n'avait pas de domicile fixe, en sorte qu'il n'�tait pas exclu que celui-ci retourne un jour vivre " m�me en d�pannage " chez la m�re.
�Lors de l'audience du 18 juin 2014, la m�re a persist� dans ses deux recours, mais n'a pas contest� l'existence d'un climat de violences et des d�bordements devant les enfants. Elle a toutefois expos� que la situation avait chang� car elle �tait s�par�e du p�re depuis d�but mars, avait demand� de suivre une th�rapie parentale et repris des consultations chez un psychiatre.
A.d.�Par arr�t du 1
er�juillet 2014, communiqu� aux parties le 11 juillet 2014, la Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Gen�ve a rejet� les recours et confirm� les d�cisions attaqu�es.
Par acte du 12 ao�t 2014, A.X.________ exerce un recours au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t entrepris et principalement � sa r�forme en ce sens que la garde des trois enfants lui est restitu�e, que les enfants sont r�int�gr�s au domicile familial, et qu'il est r�serv� au p�re un droit de visite sur les deux a�n�s, � raison de deux heures par semaine au Point rencontre, subsidiairement au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente. Au pr�alable, la recourante sollicite le b�n�fice de l'assistance judiciaire pour la proc�dure f�d�rale et requiert, � titre de mesures provisionnelles, la restitution de son droit de garde sur les trois enfants et leur r�int�gration � son domicile.
�Invit�s � se d�terminer sur la requ�te form�e par la recourante tendant � la restitution du droit de garde sur les enfants, le p�re s'en est rapport� � justice, l'autorit� pr�c�dente a d�clar� n'avoir aucune observations � formuler et le SPMi s'y est oppos�.
er�septembre 2014, le Pr�sident de la IIe Cour de droit civil du Tribunal f�d�ral a rejet� la requ�te de mesures provisionnelles.
L'arr�t entrepris, qui statue sur une mesure de retrait du droit de garde de trois enfants n�s hors mariage et sur le placement de ceux-ci, est une d�cision prise en application de normes de droit public dans une mati�re connexe au droit civil, � savoir en mati�re de protection de l'enfant (art. 72 al. 2 let. b ch. 6 LTF; arr�ts 5A_939/2012 du 8 mars 2013 consid. 1.1; 5A_701/2011 du 12 mars 2012 consid. 1.1). Comme la question soumise au Tribunal f�d�ral est de nature non p�cuniaire, le recours est ouvert ind�pendamment de la valeur litigieuse (arr�t 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 1). Le recours a par ailleurs �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) et dans la forme pr�vue par la loi (art. 42 LTF) par une partie ayant qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF) prise par un tribunal sup�rieur statuant sur recours en derni�re instance cantonale (art. 75 LTF). Le recours en mati�re civile est donc en principe recevable.
Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF, y compris les droits constitutionnels (ATF 134 III 379 consid. 1.2 p. 382 s.). Le Tribunal f�d�ral n'examine, en g�n�ral, que les questions juridiques que la partie recourante soul�ve conform�ment aux exigences l�gales relatives � la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 135 I 91 consid. 2.1). Afin de satisfaire � cette obligation, celle-ci doit discuter les motifs de la d�cision entreprise et indiquer pr�cis�ment en quoi elle estime que l'autorit� pr�c�dente a m�connu le droit. Il faut qu'� la lecture de son expos�, on comprenne clairement quelles r�gles de droit auraient �t�, selon elle, transgress�es par l'autorit� cantonale (ATF 134 II 244 consid. 2.1; 134 V 53 consid. 3.3). De plus, le Tribunal f�d�ral n'entre en mati�re sur les moyens fond�s sur la violation de droits fondamentaux ou de dispositions de droit cantonal que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s de mani�re claire et pr�cise ("principe d'all�gation"; art. 106 al. 2 LTF).
�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� constat�s de fa�on manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont �t� �tablis d'une mani�re manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), � savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 III 268 consid. 1.2), doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi consiste la violation (�
cf. supra�"principe d'all�gation"; art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.2).
Le recours a pour objet le retrait du droit de garde des enfants n�s hors-mariage � la m�re et le droit de visite octroy� � celle-ci.
La recourante se plaint de la violation de son droit d'�tre entendue (art. 29 al. 2 Cst. et 6 CEDH), en ce sens que la cour cantonale a viol� son obligation de motiver la d�cision afin que les parties puissent la comprendre et l'attaquer utilement. Selon elle, la "pr�tendue motivation de la Cour de justice est totalement contradictoire ", en sorte qu'elle ne peut ni la comprendre, ni exercer ses droits de recours � bon escient. Elle conteste le climat de violences domestiques, rappelant que le p�re et elle sont s�par�s depuis d�but mars 2014 et insiste sur le fait qu'elle n'entend plus vivre avec celui-ci. La recourante d�clare donc que le retrait de la garde est incompr�hensible. Quant au droit de visite, la recourante soutient que le fait qu'il se d�roule correctement selon les modalit�s pr�vues dans l'ordonnance du 17 avril 2014, ne permet nullement de conclure qu'elles correspondent � l'int�r�t des enfants. Elle consid�rent que ces modalit�s restrictives n'ont aucune raison d'�tre. Elle critique en outre le manque d'instruction concernant cet aspect.
4.1.�La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu le devoir pour le juge de motiver sa d�cision, afin que le destinataire puisse en saisir la port�e, le cas �ch�ant, l'attaquer en connaissance de cause et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445 s. et les arr�ts cit�s). Pour r�pondre � ces exigences, il suffit que le juge mentionne, au moins bri�vement, les motifs qui l'ont guid� et sur lesquels il a fond� sa d�cision; il n'est pas tenu de discuter tous les arguments soulev�s par les parties, mais peut se limiter � ceux qui lui apparaissent pertinents (ATF 136 I 229 consid. 5.2 p. 236; 136 V 351 consid. 4.2 p. 355 et les r�f�rences).
4.2.�En tant qu'elle critique l'�tablissement des faits s'agissant des violences domestiques et l'instruction de la cause s'agissant du droit de visite, les critiques de la recourante sont d'embl�e irrecevables, faute de griefs soulev�s en relation avec ces reproches, en particulier l'arbitraire (art. 42 al. 2 et 106 al. 2 LTF;�
cf. supra�consid. 2). Quant � la motivation de l'arr�t entrepris, la recourante cite un passage tronqu� de cette d�cision et le qualifie ensuite de contradictoire. L'autorit� pr�c�dente a certes relev� que la m�re avait entrepris certaines d�marches et s'�tait s�par�e du p�re, mais a �galement retenu que les engagements pris par le pass� n'avaient pas �t� tenus, en sorte qu'il s'imposait - en l'�tat - de confirmer le retrait de la garde, bien qu'une restitution du droit de garde � la m�re serait peut-�tre envisageable � moyen terme, si les d�marches prises par celle-ci s'av�raient tenues. Il suit de ce qui pr�c�de que la motivation de l'arr�t entrepris concernant le retrait du droit de garde discute les arguments des parties et, lue�
in extenso,est claire et non contradictoire. Quant au droit de visite, l'arr�t attaqu� retient que les modalit�s d'exercice de ce droit ont �t� modifi�es le 17 avril 2014 en raison du fait que le p�re �tait de retour au domicile familial et qu'il convenait d'�viter que les mineurs ne soient mis en pr�sence de leurs deux parents en m�me temps. Il ressort de la confirmation des modalit�s d'exercice du droit de visite repose sur une justification explicite et non seulement sur une phrase d�clarant ces modalit�s correctes. Mal fond�, le grief de violation du droit d'�tre entendu (art. 29 al. 2 Cst.) doit �tre rejet�.
La recourante soutient que l'autorit� pr�c�dente a viol� son droit � la preuve, garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. Elle expose qu'elle a sollicit� en vain l'audition du p�diatre des enfants, de la p�dopsychiatre des deux a�n�s, des enseignants et des responsables de cr�che, afin de d�montrer que le d�veloppement psychologique des enfants n'�tait pas menac� aupr�s d'elle, qu'elle disposait des capacit�s et comp�tences pour s'occuper de ses enfants et �tre � l'�coute de leurs besoins. Elle reproche � la cour cantonale de n'avoir proc�d� � aucun acte d'instruction et de n'avoir pas mentionn� cette requ�te,�
a fortiori�de ne pas avoir statu� sur ce point, dans son arr�t, alors que l'audition de ces t�moins �tait d�cisive pour d�terminer l'int�r�t des enfants. La recourante juge d'autant plus choquant cette absence d'instruction, alors que l'autorit� pr�c�dente requiert une expertise psychiatrique familiale pour d�terminer les mesures ad�quates.
5.1.�Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., le droit d'�tre entendu comprend notamment le droit pour l'int�ress� de s'exprimer sur les �l�ments pertinents avant qu'une d�cision touchant sa situation juridique ne soit prise, de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donn� suite � ses offres de preuves pertinentes, de participer � l'administration des preuves essentielles ou � tout le moins de s'exprimer sur son r�sultat, lorsque cela est de nature � influer sur la d�cision � rendre (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504 s.; 127 III 576 consid. 2c p. 578). Le droit � la preuve ne s'oppose pas � ce que l'autorit� mette un terme � l'instruction lorsque les preuves administr�es lui ont permis de forger sa conviction et que, proc�dant d'une mani�re non arbitraire � une appr�ciation anticip�e des preuves qui lui sont encore propos�es, elle a la certitude que ces derni�res ne pourraient l'amener � modifier son opinion (ATF 138 III 374 consid. 4.3.2 p. 376; 136 I 229 consid. 5.3 p. 236 s.; 134 I 140 consid. 5.3 p. 148; 115 Ia 97 consid. 5b p. 101). Ce principe vaut m�me lorsque la maxime inquisitoire s'applique (ATF 130 III 734 consid. 2.2.3 p. 735 et les arr�ts cit�s). Dans les affaires relatives � la protection de l'enfant, le juge est li� � la maxime inquisitoire en ce qui concerne l'�tablissement des faits et l'appr�ciation des preuves (art. 446 CC applicable par renvoi de l'art. 314 al. 1 CC). Le tribunal, qui a le devoir d'administrer les preuves, n'est cependant pas li� par les offres de preuves des parties, il d�cide au contraire selon sa conviction, quels faits doivent encore �tre �tablis et quels sont les moyens de preuves pertinents pour d�montrer ces faits (arr�ts 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 3.1.2; 5A_877/2013 du 10 f�vrier 2014 consid. 4.1.1; AUER/ MARTI, Basler Kommentar, Erwachsenenschutz, 2011, n� 8
ad�art. 446 CC).
5.2.�La recourante se m�prend lorsqu'elle soutient que la cour cantonale a jug� n�cessaire la remise d'une expertise psychiatrique familiale, voire aurait confirm� la n�cessit� de cette expertise, puisqu'il n'a jamais �t� ordonn� la reddition d'un rapport d'expertise psychiatrique familiale dans le cadre des d�cisions entreprises. Pour le surplus, il appara�t que l'autorit� pr�c�dente a proc�d� � une appr�ciation des preuves disponibles et a consid�r� celles requises par la recourante comme n'�tant pas pertinentes, d�s lors qu'elle a jug� qu'il �tait �tabli que les parents n'avaient pas adopt�s ces derni�res ann�es un comportement ad�quat. La cour cantonale a ainsi implicitement refus� l'administration de moyens de preuves concernant cet aspect. La critique de la recourante ne permet pas de retenir que la cour cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en consid�rant qu'elle �tait suffisamment renseign�e et que le dossier �tait en �tat d'�tre jug�, d�s lors qu'elle se borne � exposer son point de vue selon lequel les mesures probatoires qu'elle sollicite sont n�cessaires au jugement de la cause, sans d�montrer que l'appr�ciation anticip�e des preuves � laquelle s'est livr�e l'autorit� cantonale serait arbitraire, c'est-�-dire manifestement insoutenable. Insuffisamment motiv� (�
cf. supra�consid. 2; art. 106 al. 2 LTF), le grief appara�t ainsi irrecevable.
La recourante critique l'appr�ciation arbitraire (art. 9 Cst.) des preuves, en ce qui concerne sa s�paration d'avec le p�re des enfants. Elle estime qu'il est insoutenable de retenir " qu'il semble que les parents n'aient plus dor�navant l'intention de revivre ensemble ". En se r�f�rant au rapport du 24 avril 2014 de la p�diatre des enfants et au rapport du 6 mai 2014 des HUG, la m�re expose que les enfants �voluent bien et qu'elle est soucieuse de leur sant� et de leur d�veloppement, ainsi qu'� l'�coute de leurs besoins. Estimant qu'il est �tabli qu'elle a de bonnes capacit�s parentales, notamment au vu d'un courrier du SPMi du 23 juin 2014 l'autorisant � prendre ses deux a�n�s au foyer durant 6 heures, elle consid�re l'arr�t entrepris arbitraire, en ce sens qu'il se fonde - selon elle - sur les seules all�gations du SPMi, document�es par aucune pi�ce, mais rapport�es par le p�re.
6.1.�De jurisprudence constante, le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatation des faits et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en la mati�re aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arr�ts cit�s) et n'intervient que si l'autorit� cantonale n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 137 III 226 consid. 4.2 p. 234; 136 III 552 consid. 4.2 p. 560; 134 V 53 consid. 4.3 p. 6). La partie qui se plaint d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves et l'�tablissement des faits doit motiver son grief d'une mani�re correspondant � l'exigence de l'art. 106 al. 2 LTF ("principe d'all�gation",�
6.2.�En l'occurrence, il ressort de l'arr�t cantonal que la m�re a certes pris des mesures, mais que les engagements successifs des parents de cesser toute violence ou de se s�parer n'ont jamais �t� suivis d'effets durables. L'autorit� pr�c�dente a �galement constat� que les parents avaient reconnu l'existence d'un climat de violence lors de leur comparution personnelle du 18 juin 2014. Quant aux rapports du SPMi, il appara�t que les mesures pr�conis�es par ce service reposent sur des constatations factuelles, notamment le fait que les voisins ont appel�s la police en janvier 2014 � la suite de virulents conflits du couple et que la p�diatre de l'enfant E.X.________ a sugg�r� � la m�re l'hospitalisation du b�b� le 28 mars 2014, mais aussi sur des renseignements fournis par des tiers. Le SPMi a ainsi contact� le p�dopsychiatre des deux enfants a�n�s qui leur avait fait part de sa grande inqui�tude de voir les enfants �voluer dans un climat de violences psychologiques peu propices au d�veloppement d'un attachement s�cure. De surcro�t, il appara�t que le rapport du SPMi reconna�t que la m�re avait suivi presque toutes les prescriptions de l'ordonnance du 26 septembre 2013, mais que cela n'�tait pas suffisant pour rem�dier de mani�re notable aux probl�mes constat�s, bien que celle-ci disposait de bonnes capacit�s parentales dans certains domaines. Vu ce qui pr�c�de, il appara�t que les rapports du SPMi ne se fondent pas sur de simples all�gations non document�es et que les constatations d�duites des preuves tiennent compte de l'ensemble des circonstances, sans omettre de prendre en consid�ration des preuves pertinentes. La recourante tend en d�finitive � substituer sa propre appr�ciation des preuves - en �cartant les rapports du SPMi - � celle effectu�e par l'autorit� pr�c�dente, sans d�montrer en quoi cette appr�ciation serait entach�e d'arbitraire ( art. 9 Cst.). Autant qu'il est recevable (�
cf. supra�consid. 2 et 6.1; art. 106 al. 2 LTF), le grief d'appr�ciation arbitraire des preuves doit �tre rejet�.
La recourante soul�ve ensuite, sans plus de pr�cisions, le grief de la violation de l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.). Elle expose que sa situation a �volu� favorablement, qu'elle est en mesure d'offrir � ses enfants un cadre de vie stable, une meilleure hygi�ne de vie, que le climat de violences domestiques n'existe plus et qu'elle a compris que la pr�sence du p�re �tait n�faste pour les enfants. Compte tenu de ces �l�ments, la recourante consid�re que le retrait de son droit de garde est choquant et injustifiable.
�Le grief est d'embl�e irrecevable. La recourante se limite � pr�senter de mani�re appellatoire sa propre appr�ciation globale de la cause, sans dire en quoi l'arr�t attaqu� violerait le droit, se bornant � contester l'appr�ciation de l'autorit� pr�c�dente et � juger le r�sultat insoutenable et choquant. La critique ne r�pond donc manifestement pas � l'exigence minimale de motivation (�
cf. consid. 2 ci-dessus; 106 al. 2 LTF).
La recourante soul�ve enfin la violation des art. 310 CC, 8 CEDH et du principe de proportionnalit� (art. 5 Cst.). Elle conteste le retrait de son droit de garde, exposant que la gravit� de cette mesure ne se fondait sur aucun �l�ment objectif et v�rifi� aupr�s de professionnels de la sant� ou de l'�ducation, et qu'aucun �l�ment nouveau depuis 2012 ne justifiait de mani�re imp�rieuse et dans l'urgence, le retrait du droit de garde et le placement des enfants. Elle rel�ve que le danger de violence a �t� d�finitivement �cart� par le d�part du p�re de son domicile et que l'autorit� pr�c�dente ne pouvait se contenter des seules all�gations du SPMi et des pr�tendues craintes du p�re pour prononcer une mesure aussi incisive. La m�re affirme qu'elle a fait preuve de "compliance", en sorte que la situation a �volu� positivement et a d�bouch� sur une am�lioration des condition de vie des enfants, partant que la confirmation de la mesure de retrait de la garde est insoutenable. La recourante d�plore �galement que la cour cantonale n'ait pas discut� le principe de proportionnalit�, et n'ait jamais envisager de mesure moins incisive.
8.1.�L'art. 8 par. 1 CEDH garantit notamment le droit � la vie priv�e et familiale. La suppression du droit de garde des p�re et m�re constitue une atteinte grave au droit au respect de la vie priv�e et familiale au sens de l'art. 8 par. 2 CEDH (arr�t 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1 et les r�f�rences). En droit suisse, cette ing�rence des autorit�s publiques dans l'exercice des droits parentaux est pr�vue par l'art. 310 CC. Dans ce domaine, la r�glementation du Code civil suisse est conforme � l'art. 8 CEDH (arr�t 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1). Pour qu'une telle ing�rence soit licite, encore faut-il que cette r�glementation ait �t� correctement appliqu�e; le crit�re essentiel qui doit guider les autorit�s est le bien, autant physique que psychique, de l'enfant (ATF 136 I 178 consid. 5.2 p.180; 120 Ia 369 consid. 4b p. 375; 107 II 301 consid. 6 p. 304 et les arr�ts cit�s). Le principe de proportionnalit� doit en outre �tre respect�: le retrait de l'enfant de son milieu familial doit �tre le seul moyen de garantir ses droits. C'est � la lumi�re de l'ensemble des circonstances que la pertinence et la suffisance des motifs invoqu�s pour justifier la restriction aux droits parentaux doit �tre analys�e (arr�t 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.1).
�Selon l'art. 310 al. 1 CC, lorsqu'elle ne peut �viter autrement que le d�veloppement de l'enfant ne soit compromis, l'autorit� de protection de l'enfant retire l'enfant aux p�re et m�re ou aux tiers chez qui il se trouve et le place de fa�on appropri�e. Cette mesure de protection a pour effet que le droit de garde passe des p�re et m�re � l'autorit�, qui d�termine d�s lors le lieu de r�sidence de l'enfant et, partant, choisit son encadrement (arr�ts 5A_335/2012 du 21 juin 2012 consid. 3.1; 5A_238/2010 du 11 juin 2010 consid. 4, publi�
in�FamPra.ch 2010 p. 713). Le danger doit �tre tel qu'il soit impossible de le pr�venir par les mesures moins �nergiques pr�vues aux art. 307 et 308 CC; la cause de la mesure doit r�sider dans le fait que le d�veloppement corporel, intellectuel ou moral de l'enfant n'est pas assez prot�g� ou encourag� dans le milieu de ses p�re et m�re ou dans le milieu o� ceux-ci l'ont plac� (arr�ts 5A_378/2014 du 30 juin 2014 consid. 4.2; 5A_729/2013 du 11 d�cembre 2013 consid. 4.1). Comme l'application des art. 310 ss CC suppose une pes�e d'int�r�ts de la part des autorit�s cantonales, le Tribunal f�d�ral fait preuve de retenue en revoyant leurs d�cisions (ATF 120 II 384 consid. 5b p. 387); il n'intervient que si la d�cision attaqu�e s'�carte des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation. Il incombe � la partie recourante de d�montrer, par une argumentation pr�cise, en quoi la d�cision attaqu�e repose sur une appr�ciation du bien de l'enfant manifestement insoutenable; il ne peut se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� jouit d'un libre pouvoir d'examen (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s.; 117 Ia 10 consid. 4b p. 11 s. et les arr�ts cit�s).
8.2.�Au vu des faits retenus, � propos desquels la recourante n'�tablit aucun arbitraire (art. 9 Cst.;�
cf. supra�consid 5 et 6), la Chambre de surveillance ne saurait se voir reprocher d'avoir viol� le droit f�d�ral et conventionnel et, en particulier le principe de proportionnalit�, en consid�rant, sur la base des rapports et suggestions - document�s - du SPMi, que le retrait du droit de garde de la recourante est encore actuellement la seule mesure susceptible de r�pondre � l'int�r�t des enfants en leur offrant un milieu s�cure pour se d�velopper. Proc�dant � une pes�e des int�r�ts en pr�sence - soit une question d'appr�ciation que le Tribunal f�d�ral ne revoit qu'avec retenue -, les juges cantonaux ont tenu compte de mani�re ad�quate des �l�ments susceptibles d'entrer en consid�ration pour appr�cier l'int�r�t des enfants. Ils ont en particulier pris en compte les engagements pris par la m�re, mais aussi le fait que ceux-ci n'�taient jamais suivis d'effets durables. Ils ont ainsi r�serv� la possibilit� que tel soit pourtant le cas, en n'excluant pas de pr�voir � moyen terme un retour des enfants au domicile de leur m�re, sachant que les mesures de protection de l'enfant (art. 307 ss CC) peuvent �tre modifi�es en tout temps en cas de changement des circonstances (art. 313 al. 1 CC; ATF 120 II 384 consid. 4d p. 386). L'�volution de la situation pourra conduire, au besoin, � une adaptation des mesures qui ont �t� prises, ce que les juges pr�c�dents ont clairement r�serv�. Vu ce qui pr�c�de, l'autorit� pr�c�dente a pris en consid�ration l'inaptitude - actuelle - de la recourante de conserver le droit de garde, vu ses acc�s de violence, qu'elle a d'ailleurs reconnus en comparution personnelle le 18 juin 2014. La pes�e des int�r�ts effectu�e par la cour cantonale ne pr�te pas le flanc � la critique. Le grief est mal fond�.
En conclusion, le recours doit �tre rejet� dans la mesure de sa recevabilit�. La recourante, qui succombe, supportera les frais de la pr�sente proc�dure (art. 66 al. 1 LTF). Ses conclusions �tant d'embl�e d�nu�es de chances de succ�s, sa requ�te d'assistance judiciaire ne saurait �tre agr��e (art. 64 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer d'indemnit� de d�pens � l'intim� qui s'en est remis � justice s'agissant de la requ�te de mesures provisionnelles et n'a pas �t� invit� � d�poser de r�ponse sur le recours.
Le pr�sent arr�t est communiqu� aux parties, au Service de protection des mineurs par Mmes F.________ et G.________, au Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant de Gen�ve et � la Chambre de surveillance de la Cour de justice du canton de Gen�ve.

References: art. 95
 ATF 
 art. 106
 art. 106
 ATF 
 art. 106
 art. 9
 art. 106
 art. 310
 art. 307
 art. 310
 ATF