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Timestamp: 2016-10-27 16:55:02+00:00

Document:
1A.238/2005 (13.10.2006)
recourants, tous repr�sent�s par Me Bruno de Weck, avocat,
Tribunal administratif du canton de Fribourg, II�me Cour administrative, route Andr�-Piller 21,
r�vision du plan d'am�nagement local et du r�glement d'urbanisme de la Ville de Bulle,
recours de droit administratif et recours de droit public contre l'arr�t du Tribunal administratif du canton de Fribourg du 7 juillet 2005.
E.________ est propri�taire de la parcelle n� 679 du registre foncier de Bulle sur laquelle est �difi�e une ferme construite en 1679, dont il occupe la partie habitable. Deux logements ont �t� am�nag�s en 2001 dans le rural, propri�t� de A.X.________ et B.X.________, d'une part, et de D.________, d'autre part. C.________ a construit en 1973 une villa familiale sur la parcelle n� 1298, qu'il a c�d�e � son fils F.________. Il est propri�taire des parcelles nos 1299 et 1410, sur lesquelles a �t� �rig�e une villa jumel�e en ex�cution d'un permis de construire d�livr� le 7 mai 2002. Son autre fils, G.________, est propri�taire de la parcelle n� 1635, sur laquelle il projette de r�aliser une villa individuelle. Elle jouxte la parcelle n� 1297, non b�tie, qui appartient � la soci�t� Y.________ S�rl, sp�cialis�e dans la fabrication de poudres thermoplastiques, dont les b�timents d'exploitation sont implant�s de l'autre c�t� de la rue Saint-Joseph, � proximit� de la chapelle du m�me nom.
Ces parcelles sont comprises dans un secteur d�limit� � l'est par la rue des Usiniers, au sud par la rue Saint-Joseph, � l'ouest par le chemin de Planchy et au nord par une vaste surface class�e en zone sans affectation sp�ciale dans le plan des zones de la Commune de Bulle approuv� par le Conseil d'Etat du canton de Fribourg le 26 f�vrier 1985, et bord�e par la route de la P�la. Elles sont situ�es dans la zone d'habitations individuelles (H2), r�serv�e � la construction d'habitations individuelles � un ou deux appartements au maximum, d'une hauteur totale maximale fix�e � 13 m�tres. Elles font l'objet d'une servitude inscrite au registre foncier le 28 novembre 1972, qui limite les constructions admissibles � un �tage sur rez-de-chauss�e.
Le 2 octobre 1997, la Direction des travaux publics du canton de Fribourg a approuv� le dossier directeur �tabli par la Ville de Bulle le 1er septembre 1995. Selon ce document, l'ensemble du secteur pr�cit� fait partie du territoire p�ricentral � fonctions multiples, destin� en priorit� � l'habitation, aux activit�s de services n�cessitant ou ne n�cessitant pas un emplacement proche du centre de la ville, aux �quipements d'int�r�t g�n�ral assurant un service direct au profit de la population et des usagers de la ville et n�cessitant ou ne n�cessitant pas un emplacement proche du centre de la ville, et � d'autres activit�s � faibles nuisances compatibles avec le milieu urbain.
Du 5 avril au 8 mai 2002, la Commune de Bulle a mis � l'enqu�te publique la r�vision g�n�rale de son plan d'am�nagement local. Selon le nouveau plan des zones, les parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 sont class�es en zone p�ricentrale II, avec un degr� de sensibilit� III au bruit. Les parcelles de la soci�t� Y.________ S�rl au sud de la rue Saint-Joseph et celles de la scierie de l'entreprise Z.________ SA, � l'est de la rue des Usiniers, sont colloqu�es en zone d'activit�s I, avec un degr� de sensibilit� IV au bruit, alors que les parcelles pr�c�demment class�es en zone sans affectation sp�ciale prennent place en zone p�ricentrale I, avec un degr� de sensibilit� au bruit III.
A.X.________ et B.X.________, ainsi que C.________, D.________, E.________ et F.________ ont fait opposition en concluant � ce que la zone o� se trouvent leurs biens-fonds soit class�e en zone r�sidentielle � faible densit�, avec un degr� de sensibilit� II. Ils demandaient que les parcelles accueillant les locaux d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl soient class�es en zone d'activit�s II, avec un degr� de sensibilit� III, et que les parcelles situ�es au nord de leurs propri�t�s soient colloqu�es sur une largeur de quarante m�tres en zone p�ricentrale III, soumise � un r�gime sp�cifique, le reste de cette zone �tant class� en zone p�ricentrale I ou II. Ils sollicitaient enfin le classement des fermes de la rue Saint-Joseph n� 20 et de la rue de Planchy n�s 14 et 16 dans le plan du site des b�timents prot�g�s et le classement du chemin Saint-Joseph au plan du site des voies historiques.
Le Conseil communal de la Ville de Bulle a �cart� les oppositions, apr�s les avoir jointes, au terme d'une d�cision prise le 11 d�cembre 2002 que les opposants ont contest�e aupr�s de la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions du canton de Fribourg. Par d�cisions du 31 mars 2004, cette autorit� a rejet� le recours et approuv� la r�vision g�n�rale du plan d'am�nagement local de la commune de Bulle avec certaines r�serves, qui ne concernent pas les parcelles des opposants. Ces derniers ont recouru aupr�s du Tribunal administratif du canton de Fribourg (ci-apr�s: le Tribunal administratif ou la cour cantonale) contre ces d�cisions en reprenant leurs conclusions pr�c�dentes. Cette autorit� a rejet� le recours par arr�t du 7 juillet 2005.
Par actes s�par�s du 9 septembre 2005, A.X.________ et B.X.________ ainsi que C.________, D.________, E.________, F.________ et G.________ ont form� un recours de droit administratif et un recours de droit public contre cet arr�t.
Au terme du recours de droit administratif, ils concluent � l'annulation du jugement cantonal et � l'affectation de la zone o� se trouvent leurs propri�t�s � un degr� de sensibilit� II et de la zone o� se trouve la propri�t� principale de Y.________ S�rl � un degr� de sensibilit� III. Ils d�noncent � ce propos une mauvaise application de l'art. 43 de l'ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB; RS 814.41) ainsi qu'une violation de leur droit d'�tre entendus et des art. 8 al. 1 et 26 al. 1 Cst.
Dans leur recours de droit public, ils demandent au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t attaqu�, de renvoyer la cause au Tribunal administratif pour nouvelle d�cision dans le sens des conclusions prises devant cette autorit�. Selon eux, les affectations du secteur compris entre la rue de Vevey, le chemin de Planchy, la rue des Usiniers et la route de la P�la reposeraient sur une application arbitraire des art. 15 et 21 al. 2 de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire (LAT; RS 700) et consacreraient une atteinte inadmissible � leur droit de propri�t� garanti � l'art. 26 al. 1 Cst. Ils voient �galement une violation de leur droit d'�tre entendus tel qu'il d�coule des art. 57 du Code de proc�dure et de juridiction administrative fribourgeois (CPJA) et 29 al. 2 Cst. dans le refus successif des autorit�s cantonales de proc�der � une inspection locale.
Le Tribunal administratif et la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions concluent au rejet des recours. Le Conseil communal de la Ville de Bulle n'a pas formul� d'observations.
Invit� � se d�terminer, l'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage d�clare ne pas avoir d'observations particuli�res � formuler et soutenir l'arr�t attaqu�.
Dirig�s contre un seul et m�me arr�t, les recours de droit administratif et de droit public form�s par les �poux X.________ et consorts peuvent �tre joints afin qu'il soit statu� simultan�ment � leur sujet (art. 24 al. 1 PCF par renvoi de l'art. 40 OJ).
Le Tribunal f�d�ral examine d'office et librement la recevabilit� des recours dont il est saisi (ATF 131 II 58 consid. 1 p. 60 et les arr�ts cit�s).
2.1 L'arr�t attaqu� confirme l'adoption du plan d'am�nagement local r�vis� de la commune de Bulle et le rejet des oppositions form�es contre celui-ci. En vertu de l'art. 34 al. 3 LAT, seule la voie du recours de droit public est en principe ouverte contre une telle d�cision. Cependant, selon une jurisprudence bien �tablie, lorsque certaines dispositions d'un plan d'affectation (plan g�n�ral ou plan de d�tail) reposent sur le droit f�d�ral de la protection de l'environnement ou sur d'autres prescriptions f�d�rales directement applicables, la voie du recours de droit administratif est ouverte � cet �gard (cf. ATF 132 II 209 consid. 2 p. 211; 129 I 337 consid. 1.1 p. 339; 125 II 18 consid. 4c/cc p. 25; 123 II 88 consid. 1a p. 91, 289 consid. 1b p. 291; 121 II 39 consid. 2b p. 42 et les arr�ts cit�s). Les griefs relatifs � l'application du droit de l'am�nagement du territoire peuvent alors aussi �tre �voqu�s dans ce cadre, pour autant qu'il existe un rapport suffisamment �troit avec l'application du droit public de la Conf�d�ration (ATF 132 II 209 consid. 2.2.3 p. 216 et les arr�ts cit�s). Il en va de m�me des moyens pris de la violation des droits constitutionnels (ATF 130 III 707 consid. 3.1 p. 709; 130 I 312 consid. 1.2. p. 318; 129 II 183 consid. 3.4. p. 188 et les arr�ts cit�s). Selon la jurisprudence, c'est par la voie du recours de droit administratif que le propri�taire doit se plaindre de l'attribution des degr�s de sensibilit� au bruit dans le cadre de la r�vision g�n�rale d'un plan de zones (art. 44 al. 2 OPB; cf. ATF 132 II 209 consid. 2.2.2 p. 214 et les arr�ts cit�s).
2.2 En l'esp�ce, les recourants se pr�valent exclusivement d'une violation de l'art. 43 OPB � l'appui de leur recours de droit administratif. Ils soutiennent qu'un degr� de sensibilit� au bruit II aurait d� �tre attribu� � la zone dans laquelle se trouvent leurs parcelles et un degr� de sensibilit� III aux parcelles accueillant les locaux d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl, compte tenu des constructions essentiellement r�sidentielles qui y sont �rig�es, respectivement des activit�s qui y sont d�ploy�es. Ils ne contestent toutefois pas que les degr�s de sensibilit� au bruit III et IV attribu�s � la zone p�ricentrale II et � la zone d'activit�s I, telles qu'elles sont d�finies par le nouveau r�glement d'urbanisme, ne seraient pas conformes aux exigences de l'art. 43 OPB. Sous couvert de la violation de cette disposition, ils critiquent en r�alit� la nouvelle affectation donn�e aux parcelles pr�cit�es au regard des r�gles de l'am�nagement du territoire qui doivent pr�valoir dans la d�limitation des zones � b�tir. Or, c'est dans le cadre d'un recours de droit public que de telles critiques doivent �tre examin�es (cf. arr�t 1A.277/2000 du 16 janvier 2001 consid. 4a paru � la SJ 2001 I 27). La recevabilit� du recours de droit administratif est pour le moins douteuse. Il est vrai que l'attribution d'un degr� de sensibilit� au bruit II � une zone mixte ouverte aux activit�s moyennement g�nantes compatibles avec l'habitation, telle que la zone p�ricentrale II, pourrait se concevoir dans les cas o� il s'agirait de garantir la tranquillit� d'une zone mixte compos�e essentiellement de b�timents d'habitation. La doctrine envisage cette hypoth�se pour les centres de localit� dans lesquels existent des quartiers calmes, afin de les pr�server d'une �l�vation du niveau du bruit (Anne-Christine Favre, La protection contre le bruit dans la loi sur la protection de l'environnement, th�se Lausanne 2002, p. 225; Beatrice Wagner Pfeifer, Umweltrecht I, Zurich 2002, p. 95). M�me si l'on voulait interpr�ter les conclusions des recourants en ce sens, celles-ci ne pourraient �tre accueillies. Leurs biens-fonds sont en effet bord�s tant � l'est qu'au sud par des parcelles pr�c�demment class�es en zone industrielle, occup�es respectivement par une scierie et une usine de production de poudres thermolactiques qui g�n�rent du bruit. Elles ne s'implantent donc pas dans un quartier jouissant d'une tranquillit� particuli�re qu'il conviendrait de prot�ger absolument par l'attribution d'un degr� de sensibilit� II au bruit, m�me si les normes f�d�rales en mati�re de bruit correspondant � un tel degr� sont actuellement respect�es. Suppos� recevable, le recours de droit administratif devrait par cons�quent �tre rejet�.
Par la voie du recours de droit public, les recourants font valoir une violation de leur droit d'�tre entendus garanti aux art. 57 CPJA et 29 al. 2 Cst. Ils contestent en outre l'affectation du secteur o� se trouvent leurs parcelles en zone p�ricentrale II, le classement de celles de la soci�t� Y.________ S�rl en zone d'activit�s I et le refus de classer les parcelles au nord de leurs propri�t�s en zone p�ricentrale III sur une bande de quarante m�tres. Ils d�noncent � ce propos une violation des principes de l'am�nagement du territoire ancr�s aux art. 1er et 3 LAT, des art. 15 et 21 al. 2 LAT et de la garantie de la propri�t� ancr�e � l'art. 26 al. 1 Cst. Ils s'en prennent enfin au refus de classer les fermes sises sur les parcelles n�s 678, 679 et 680 dans le plan du site des b�timents prot�g�s.
3.1 La vocation pour agir par la voie du recours de droit public est d�finie � l'art. 88 OJ. Ce recours est ouvert uniquement � celui qui est atteint par l'acte attaqu� dans ses int�r�ts personnels et juridiquement prot�g�s; le recours form� pour sauvegarder l'int�r�t g�n�ral, ou visant � pr�server de simples int�r�ts de fait, est en revanche irrecevable (ATF 130 I 306 consid. 1 p. 309; 129 I 113 consid. 1.2 p. 117; 129 II 297 consid. 2.1 p. 300; 126 I 43 consid. 1a p. 44 et les arr�ts cit�s). La qualit� pour former un recours de droit public contre un plan d'affectation est reconnue non seulement au propri�taire d'un terrain compris dans le p�rim�tre du plan, mais aussi au propri�taire d'un fonds voisin qui pr�tend que l'�tablissement du plan l'atteindrait dans ses droits constitutionnels parce qu'il r�duirait � n�ant ou modifierait la port�e de normes qui tendent �galement � le prot�ger ou parce que ce plan restreindrait l'utilisation de sa propri�t�. Dans l'un et l'autre cas, la qualit� pour agir du propri�taire se limite � la contestation des effets du plan sur son propre fonds (ATF 127 I 44 consid. 2d p. 47; 125 II 440 consid. 1c p. 442; 119 Ia 362 consid. 1b p. 364/365; 118 Ia 112 consid. 2a p. 116; 116 Ia 193 consid. 1b p. 194, 433 consid. 2a p. 436/437 et les arr�ts cit�s).
Les recourants ont qualit� pour se plaindre d'une violation de leur droit d'�tre entendus, ind�pendamment de leur qualit� pour agir sur le fond. On peut en revanche se demander s'ils peuvent se pr�valoir d'un int�r�t juridiquement prot�g� selon l'art. 88 OJ � contester l'affectation de leurs parcelles en zone p�ricentrale II et � solliciter leur classement en zone r�sidentielle � faible densit� d�s lors que cette nouvelle affectation ne rend pas non conformes � la destination de la zone les habitations individuelles ou group�es qu'ils y ont �difi�es; cette question peut rester ind�cise, car la qualit� pour recourir doit de toute fa�on leur �tre reconnue en tant que propri�taires voisins pour s'opposer au classement dans cette zone de la parcelle n� 1297, non b�tie, dans la mesure o� pourraient y prendre place des constructions ou des installations qu'ils jugent incompatibles avec la vocation r�sidentielle de la zone, que ce soit en raison de leurs dimensions, de leur affectation ou encore des nuisances qu'ils devraient tol�rer. Les dispositions relatives � la protection contre les immissions, aux dimensions et � la densit� des constructions sont en effet des r�gles mixtes destin�es � prot�ger aussi bien l'int�r�t public que celui des voisins (ATF 127 I 44 consid. 2d p. 47; 118 Ia 232 consid. 1b p. 235).
Les recourants sont, pour les m�mes raisons, habilit�s � contester le classement des parcelles sises au nord des leurs en zone p�ricentrale I au motif qu'il autoriserait l'implantation de constructions d'une hauteur et d'une densit� qu'ils jugent excessives � proximit� de leurs propri�t�s. Leur qualit� pour recourir contre l'affectation des parcelles de la soci�t� Y.________ S�rl en zone d'activit�s I pose en revanche des questions d�licates et sera examin�e plus loin.
Les recourants demandent enfin � ce que les fermes sises au n� 20 de la rue Saint-Joseph et aux nos 18 et 20 du chemin de Planchy soient class�es dans le plan du site des b�timents prot�g�s. Ils se r�f�rent � cet �gard � la prise de position du Service cantonal des biens culturels exprim�e dans un courrier du 3 juillet 2003, qui appuie leur d�marche. De jurisprudence constante, les normes relatives au classement de b�timents dignes d'�tre conserv�s ont �t� �dict�es en faveur de l'int�r�t public exclusivement (ATF 116 Ia 433 consid. 2a in fine p. 437). Les recourants n'ont donc pas qualit� pour contester le refus de classer les fermes �difi�es sur les parcelles nos 680 et 681, appartenant � la famille H.________. Il en va de m�me s'agissant de la ferme construite sur la parcelle n� 679 � la rue Saint-Joseph n� 20. En tant que propri�taires de ce bien-fonds, A.X.________ et B.X.________, D.________ et E.________ ne peuvent en effet se pr�valoir d'aucun droit au classement de ce b�timent, qui d�coulerait directement de la garantie de la propri�t� ancr�e � l'art. 26 al. 1 Cst. ou d'une autre norme de droit constitutionnel f�d�ral. Ils ne d�montrent pas davantage que le droit cantonal ait voulu donner aux propri�taires fonciers un droit au classement d'un b�timent qui leur appartient et qu'ils jugent digne de protection (cf. arr�t 1P.49/1992 du 20 ao�t 1992 consid. 2b). Cela �tant, le recours de droit public est irrecevable en tant qu'il porte sur le refus de classer les b�timents pr�cit�s dans le plan du site.
3.2 Pour le surplus, le recours a �t� form� en temps utile contre une d�cision prise en derni�re instance cantonale et r�pond aux exigences des art. 86 al. 1 et 89 al. 1 OJ. La conclusion tendant au renvoi de la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens qu'ils indiquent est en revanche incompatible avec la nature cassatoire du recours de droit public et est, partant, irrecevable (ATF 129 I 129 consid. 1.2 p. 131).
Les recourants voient une violation de leur droit d'�tre entendus, tel qu'il d�coule des art. 57 CPJA et 29 al. 2 Cst., dans le fait qu'en d�pit d'une requ�te en ce sens, ni la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions, ni le Tribunal administratif n'ont jug� utile de proc�der � une inspection locale en leur pr�sence. Cette mesure d'instruction aurait en effet �t� n�cessaire pour se rendre compte si les mesures d'am�nagement propos�es par la Commune de Bulle �taient effectivement adapt�es, s'agissant en particulier des degr�s de sensibilit� au bruit. Les recourants ne pr�tendent pas que la disposition cantonale invoqu�e leur conf�rerait un droit absolu et inconditionnel d'exiger la mise en oeuvre d'une inspection locale. C'est donc exclusivement au regard des garanties minimales d�duites de l'art. 29 al. 2 Cst. qu'il convient d'examiner ce grief; le Tribunal f�d�ral jouit � cet �gard d'une libre cognition (ATF 126 I 15 consid. 2a p. 16).
4.1 Le droit d'�tre entendu d�coulant de l'art. 29 al. 2 Cst. comprend notamment celui de faire administrer les preuves pour autant que celles-ci soient requises dans les formes pr�vues par le droit cantonal et qu'elles apparaissent utiles � l'�tablissement des faits pertinents (ATF 129 II 497 consid. 2.2 p. 504; 127 I 54 consid. 2b p. 56; 126 I 97 consid. 2b p. 102). L'autorit� de d�cision peut donc se livrer � une appr�ciation anticip�e de la pertinence du fait � prouver et de l'utilit� du moyen de preuve offert et, sur cette base, refuser de l'administrer. Ce refus ne viole le droit d'�tre entendu que si l'appr�ciation � laquelle l'autorit� a ainsi proc�d� est entach�e d'arbitraire (ATF 131 I 153 consid. 3 p. 157 et les arr�ts cit�s; sur la notion d'arbitraire, voir ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 128 I 273 consid. 2.1 p. 275; 128 II 259 consid. 5 p. 280). Ces principes s'appliquent �galement � la tenue d'une inspection locale (ATF 120 Ib 224 consid. 2b p. 229; 112 Ia 198 consid. 2b p. 202).
4.2 En l'occurrence, la cour cantonale a �cart� ce grief, parce que les recourants n'avaient jamais demand� formellement la mise en oeuvre d'une inspection locale et parce que cette mesure d'instruction �tait inutile. La question de savoir si les exigences formelles pos�es � l'art 81 al. 2 CPJA ont ou non �t� respect�es peut demeurer ind�cise car la seconde motivation invoqu�e n'est pas critiquable. La situation des parcelles des recourants dans leur environnement b�ti pouvait en effet �tre appr�ci�e en connaissance de cause sur la base des plans et des autres documents vers�s au dossier. D�s l'instant o� les recourants admettaient que les exigences en mati�re de protection contre le bruit pour un degr� de sensibilit� au bruit II �taient respect�es, il n'�tait nullement indispensable de se rendre sur place pour se rendre compte du bruit existant. Une inspection locale ne se justifiait pas davantage pour statuer sur la requ�te de classement des fermes du chemin de Planchy dans le plan du site des b�timents prot�g�s. En effet, les autorit�s cantonales de recours pouvaient appr�cier la valeur de chaque objet sur la base des pi�ces produites et des explications fournies � ce sujet par les diff�rents intervenants � la proc�dure. Le refus de donner suite � cette mesure d'instruction ne r�sulte donc pas d'une appr�ciation arbitraire des circonstances, ce qui conduit au rejet du grief tir� de la violation de l'art. 29 al. 2 Cst.
Les recourants pr�tendent que les circonstances de fait ne se seraient pas modifi�es dans le secteur depuis l'entr�e en vigueur du plan d'am�nagement local en 1985 et sa r�vision partielle en 1992 au point de justifier un changement de l'affectation r�sidentielle de leurs biens-fonds dans une zone mixte ouverte � d'autres activit�s que l'habitation individuelle ou group�e. Ils d�noncent � ce propos une application arbitraire du principe de la stabilit� des plans consacr� � l'art. 21 al. 2 LAT.
Les recourants perdent de vue que l'affectation de leurs parcelles en zone p�ricentrale II intervient dans le cadre de la r�vision g�n�rale du plan d'am�nagement local. L'application de cette disposition devait �tre examin�e au regard de l'ensemble du territoire communal et non pas uniquement du secteur dans lequel s'implantent leurs parcelles. Vu le laps de temps �coul� depuis l'adoption du plan d'am�nagement local, le 25 f�vrier 1985, le Conseil communal de la Ville de Bulle �tait habilit� � proc�der � une r�vision compl�te de sa planification sans violer l'art. 21 al. 2 LAT. Les plans d'affectation peuvent en effet �tre r�vis�s � l'issue d'un d�lai de quinze ans, m�me en l'absence de modifications sensibles des circonstances, dans la mesure o� l'on peut admettre que de nouvelles conceptions sont suffisantes (cf. art. 15 lit. b LAT et 33 al. 2 de la loi fribourgeoise sur l'am�nagement du territoire et les constructions; ATF 128 I 190 consid. 4.2 p. 198; 119 Ib 138 consid. 4e p. 145; arr�t 1A.16/2003 du 9 janvier 2004 consid. 3.2 paru � la RDAF 2004 I p. 121). Au demeurant, comme le rel�ve la cour cantonale, la Commune de Bulle a connu une croissance importante depuis le d�but des ann�es 80, voyant sa population augmenter de 8'575 habitants en 1985 � 11'370 habitants en 2001; par ailleurs, la mise en service de la route de contournement de la ville de Bulle et de la jonction de la P�la est propre � apporter de profonds changements dans le secteur o� se trouvent les parcelles des recourants, en le rendant plus attractif pour les entreprises et les particuliers. L'�volution d�mographique ainsi que le d�veloppement pr�visible et attendu du secteur par sa liaison � la future route de contournement de la ville de Bulle, constituent indubitablement une modification sensible des circonstances de nature � justifier un nouvel examen du plan d'am�nagement local et, plus particuli�rement, de la planification du secteur compris entre la route de la P�la, le chemin de Planchy, la rue Saint-Joseph et la rue des Usiniers.
Le recours est donc mal fond� en tant qu'il porte sur une application pr�tendument arbitraire de l'art. 21 al. 2 LAT.
Les recourants s'opposent au classement des parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 en zone p�ricentrale II et demandent, pour diff�rents motifs, leur maintien dans une zone r�sidentielle � faible densit�, avec un degr� de sensibilit� au bruit II. Ils d�noncent sur ce point une violation de la garantie de la propri�t� ancr�e � l'art. 26 al. 1 Cst. et de l'art. 15 LAT.
6.1 Les restrictions � la propri�t� que les plans d'affectation ont pour effet d'imposer doivent, pour �tre conformes � l'art. 26 Cst., reposer sur une base l�gale, se justifier par un int�r�t public suffisant et respecter les principes de la proportionnalit� et de l'�galit� devant la loi (art. 36 al. 1 � 3 Cst.; ATF 129 I 337 consid. 4.1 p. 344 et les arr�ts cit�s). Le premier principe suppose que la mesure de planification litigieuse soit apte � produire les r�sultats attendus et que ceux-ci ne puissent pas �tre atteints par des mesures moins restrictives. En outre, il interdit toute limitation qui irait au-del� du but vis� et il exige un rapport raisonnable entre celui-ci et les int�r�ts publics et priv�s qui sont compromis (ATF 132 I 49 consid. 7.2 p. 62 et les arr�ts cit�s). Une d�cision viole le droit � l'�galit� de traitement lorsqu'elle �tablit des distinctions juridiques qui ne se justifient par aucun motif raisonnable au regard de la situation de fait � r�glementer ou lorsqu'elle omet de faire des distinctions qui s'imposent au vu des circonstances (ATF 131 V 107 consid. 3.4.2 p. 114; 129 I 113 consid. 5.1 p. 125, 346 consid. 6 p. 357 et les arr�ts cit�s). Ce principe n'a qu'une port�e r�duite dans l'�laboration des plans d'affectation. Il est dans la nature m�me de l'am�nagement local que la d�limitation des zones cr�ent des in�galit�s et que des terrains de m�mes situation et nature puissent �tre trait�s diff�remment en ce qui concerne tant leur attribution � une zone d�termin�e que leur possibilit� d'utilisation. Du point de vue constitutionnel, il suffit que la planification soit objectivement soutenable, c'est-�-dire qu'elle ne soit pas arbitraire (ATF 121 I 245 consid. 6e/bb p. 249 et les arr�ts cit�s; Pierre Moor, Commentaire de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire, Zurich 1999, n. 42 ad art. 14).
Les recourants ne contestent pas la base l�gale du classement des parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 en zone p�ricentrale II, de sorte qu'il n'y a pas lieu de qualifier l'atteinte port�e en l'occurrence � leur droit de propri�t� par cette affectation. Le Tribunal f�d�ral examine en principe librement si une restriction de la propri�t� se justifie par un int�r�t public suffisant et si cet int�r�t l'emporte sur l'int�r�t priv� auquel il s'oppose; il jouit d'une m�me latitude lorsqu'il s'agit d'appr�cier si une telle restriction viole le principe de la proportionnalit�. Il s'impose toutefois une certaine retenue quand il s'agit de tenir compte de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation (ATF 125 II 86 consid. 6 p. 98 et les arr�ts cit�s). Tel est notamment le cas lorsque le litige porte sur la d�limitation des zones d'affectation (ATF 113 Ia 444 consid. 4b/ba p. 448 et les arr�ts cit�s). Le Tribunal f�d�ral n'est en effet pas l'autorit� sup�rieure de planification et il n'a pas � substituer son appr�ciation � celle des autorit�s cantonales. Il doit n�anmoins examiner, dans le cadre des griefs soulev�s (art. 90 al. 1 let. b OJ), si la d�cision attaqu�e se prononce de fa�on compl�te sur les motifs d'int�r�t public invoqu�s pour justifier l'atteinte au droit de propri�t� et si, dans la pes�e des int�r�ts, les int�r�ts priv�s ont �t� pris en consid�ration de mani�re ad�quate (cf. ATF 120 Ia 270 consid. 3b p. 275; 118 Ia 384 consid. 4b p. 388, 394 consid. 2b p. 397 et les arr�ts cit�s). Le grief d'arbitraire dans la d�termination et la pes�e des int�r�ts en jeu n'a pas de port�e ind�pendante (cf. ATF 118 Ia 384 consid. 4b p. 388).
6.2 Le fait que les parcelles des recourants soient b�ties de maisons individuelles ou jumel�es ne fait pas en soi obstacle � leur classement dans une zone mixte ouverte � des activit�s moyennement g�nantes compatibles avec le caract�re de la zone. En l'absence d'assurances re�ues en ce sens de l'autorit� comp�tente, ils ne peuvent en effet se pr�valoir d'aucun droit d�coulant de la garantie de la propri�t� au maintien de leurs biens-fonds dans une zone r�sidentielle de faible densit� (ATF 118 Ia 151 consid. 6c p. 162, 510 consid. 4d p. 514; 118 Ib 38 consid. 2c p. 42; 116 Ia 236; 114 Ia 32 consid. 6 p. 33; 113 Ia 444 consid. 5b p. 455). La zone p�ricentrale II n'est pas d�nu�e de toute port�e pratique, comme les recourants tendent � le faire croire. Il subsiste en effet des possibilit�s de construire non n�gligeables sur la parcelle n� 1297, propri�t� de l'entreprise Y.________ S�rl, qui repr�sente � elle seule une partie importante de la zone, et sur les parcelles nos 1263 et 1264, appartenant � la famille H.________. Les recourants pr�tendent il est vrai que seule une surface de 3'000 m�tres carr�s serait concern�e par une affectation mixte, eu �gard aux projets de construction envisag�s par cette soci�t� sur la parcelle n� 1297. Il n'y a pas lieu d'examiner ce qu'il en est exactement. En effet, lors de l'adoption ou de la r�vision d'un plan d'affectation, l'autorit� de planification doit aussi prendre en compte les besoins l�gitimes de l'�conomie et, en particulier, des entreprises d�j� implant�es sur le territoire communal, de mani�re � garantir leur existence et leur p�rennit�, en leur donnant les moyens de r�nover et, le cas �ch�ant, d'�tendre leur domaine d'exploitation (cf. art. 1er al. 2 let. b et c LAT; arr�t 1A.317/1997 du 7 juillet 1998 consid. 7c/aa, s'agissant d'une scierie sur la commune de Sch�nis). Ainsi, m�me si la zone p�ricentrale II litigieuse devait finalement ne r�pondre qu'aux seuls besoins d'un propri�taire, comme le pr�tendent les recourants, cela ne serait pas encore critiquable en soi.
Quoi qu'il en soit, ceux-ci perdent de vue que la planification ne se fait pas parcelle par parcelle, mais en fonction de la coh�rence de l'ensemble d'un p�rim�tre qui doit � son tour s'int�grer dans la planification locale, voire r�gionale (Alexandre Fl�ckiger, Commentaire de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire, Zurich 1999, n. 24 ad art. 15), excluant ainsi une appr�ciation isol�e des qualit�s d'un plan (ATF 122 II 32 consid. 5b p. 330/331 et les arr�ts cit�s; Pierre Moor, op. cit., n. 69 ad art. 14). La pertinence de la zone p�ricentrale II devait ainsi �tre examin�e dans une perspective plus large, tenant compte de l'environnement des parcelles concern�es ainsi que du d�veloppement pr�visible et souhait� par la commune (cf. arr�t 1P.297/2002 du 26 novembre 2002 consid. 4.5). Les biens-fonds class�s dans cette zone s'inscrivent dans la portion du territoire communal compris entre la rue Saint-Joseph, le chemin de Planchy, la rue des Usiniers et la route de la P�la. Comme l'a retenu � juste titre l'autorit� communale, ce secteur est appel� � se d�velopper avec la mise en service de la route de contournement de la ville de Bulle et de la jonction de la P�la. L'ouverture de ce secteur, partiellement class� en zone sans affectation sp�ciale, � l'habitation, aux activit�s de service, aux �quipements d'int�r�t g�n�ral assurant un service direct au profit de la population et � d'autres activit�s moyennement g�nantes compatibles avec le caract�re de la zone est apte � r�pondre au d�veloppement souhait� par la Commune de Bulle, dont celle-ci doit veiller � la concr�tisation en garantissant un m�lange des fonctions suivant les art. 43 al. 2 et 44 du r�glement communal d'urbanisme. Elle est au surplus conforme au dossier directeur �tabli le 1er septembre 1995 par la Ville de Bulle. Celle-ci a d'ailleurs tenu compte de la pr�sence d'habitations individuelles et group�es dans cette portion du territoire communal en le classant dans la zone p�ricentrale II.
6.3 Les recourants se pr�valent en vain de la situation g�ographique de leurs parcelles dans le prolongement direct du quartier r�sidentiel de "Saucens" pour justifier le classement des parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 en zone r�sidentielle � faible densit�. Ils perdent en effet de vue que ce lotissement, au contraire du leur, est d�j� presque int�gralement construit et qu'il ne forme pas une unit� g�ographique avec leurs biens-fonds, dont il est s�par� par le chemin de Planchy. De ce point de vue, l'autorit� de planification pouvait de mani�re soutenable d�finir le r�gime juridique applicable aux parcelles pr�cit�es en relation avec les biens-fonds sis au nord et ceux qui les bordent � l'est et au sud, class�s en zone sans affectation sp�ciale, respectivement en zone industrielle dans l'ancien plan de zones communal.
6.4 Les recourants pr�tendent que l'affectation des parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 en zone p�ricentrale II serait inconciliable avec les restrictions au droit de construire qui les gr�vent. Les r�f�rences cit�es � cet �gard ne sont toutefois pas pertinentes en tant qu'elles concernent exclusivement des servitudes d'interdiction de b�tir (DFJP/OFAT, Etude relative � la LAT, Berne 1981, n. 13 ad art. 15, p. 197/198; Alexandre Fl�ckiger, op. cit., n. 46 ad art. 15). S'il est effectivement peu opportun de classer en zone constructible des terrains frapp�s d'une servitude d'interdiction totale de b�tir, que ce soit en raison de prescriptions de droit public ou de droit priv�, tel n'est pas le cas de terrains grev�s de restrictions au droit de b�tir qui font obstacle non pas � la constructibilit� du secteur, mais � l'application de certaines prescriptions de la zone en question.
En l'occurrence, la servitude qui gr�ve les parcelles class�es en zone p�ricentrale II selon le nouveau plan d'am�nagement local limite les constructions admissibles � un �tage sur rez-de-chauss�e; si elle s'oppose � la r�alisation d'immeubles de la hauteur autoris�e dans cette zone, elle n'exclut en revanche pas l'implantation d'installations artisanales moyennement g�nantes ou des �quipements d'int�r�t g�n�ral, qui seraient conformes � la fois � la servitude et � la vocation mixte de la zone p�ricentrale II. La pr�sence de cette servitude ne rend pas les biens-fonds concern�s impropres � la construction. Il ne s'agit donc pas d'un fait pertinent dont l'autorit� de planification devait imp�rativement prendre en consid�ration dans la d�finition du r�gime juridique applicable � cette zone.
6.5 Les recourants pr�tendent encore que le maintien des parcelles class�es en zone p�ricentrale II dans une zone r�sidentielle de faible densit� s'imposerait pour des motifs li�s � la protection du patrimoine; ils se r�f�rent � cet �gard � la prise de position du Service cantonal des biens culturels exprim�e dans un courrier du 3 juillet 2003. Dans cette �criture, ce service se borne � indiquer les mesures qu'il conviendrait de prendre pour assurer � la chapelle Saint-Joseph et aux trois fermes du chemin de Planchy un environnement adapt� (maintien des jardins et vergers existants, d�finition d'un p�rim�tre de protection �chelonn� assurant la conservation de d�gagements et r�glant les �chelles de ces b�timents par rapport � toute nouvelle construction), dans l'hypoth�se o� la Commune de Bulle envisagerait de les prot�ger dans le plan. Or, celle-ci a renonc� � classer les fermes �difi�es sur les parcelles nos 679, 680 et 681 dans le plan du site des b�timents prot�g�s, en raison notamment de l'environnement industriel dans lequel elles se trouvent et des difficult�s auxquelles se heurte une protection efficace dans une telle situation. Les recourants n'ont pas qualit� pour se plaindre de cette d�cision, � laquelle la Commission cantonale des biens culturels ne s'est d'ailleurs pas oppos�e lors de la consultation du projet aupr�s des services de l'Etat. Cela �tant, les recommandations �mises par le Service des biens culturels dans sa prise de position du 3 juillet 2003 n'ont aucune port�e juridique contraignante. Dans ces conditions, un classement de la zone o� se trouvent les parcelles des recourants en zone r�sidentielle de faible densit� ne s'impose pas davantage pour ce motif. On observera au demeurant que la servitude de droit priv� qui r�git cette zone permet dans une certaine mesure de garantir la protection voulue de ces b�timents en limitant la hauteur de toute nouvelle construction � un �tage sur rez.
6.6 Selon les recourants, l'affectation des parcelles nos 679, 1296, 1297, 1298, 1299, 1635 et 1637 dans une zone r�sidentielle de faible densit� se justifierait �galement au regard du rapport de risques r�alis� en d�cembre 2001 par le bureau Ernst Basler + Partner AG, qui constate la conformit� du nouveau plan d'am�nagement local aux exigences de l'ordonnance sur la protection contre les accidents majeurs (ordonnance sur les accidents majeurs; RS 814.012) pour autant que le nombre de personnes dans les zones p�ricentrales I et II voisines n'augmente pas.
Selon la jurisprudence, le d�tenteur d'une installation potentiellement dangereuse pour la population et l'environnement ne peut pas s'opposer � un projet de construction dans le voisinage en tout point conforme aux r�gles de police des constructions parce qu'il aurait pour effet de rendre le risque inacceptable. Il lui appartient au contraire de prendre � ses frais les mesures de s�curit� propres � ramener le risque � un niveau acceptable et, dans la n�gative, de proc�der � l'assainissement de ses installations (cf. arr�t 1A.14/2005 du 8 ao�t 2006 consid. 7). Cela �tant, seule la soci�t� Y.________ S�rl dispose d'un int�r�t direct et personnel � contester le classement des parcelles situ�es au nord de la rue Saint-Joseph dans la zone p�ricentrale II en raison des cons�quences qu'une telle affectation pourrait avoir sur l'exploitation de ses installations. Il est douteux que les recourants soient habilit�s � se pr�valoir du non-respect �ventuel de l'ordonnance sur les accidents majeurs pour s'opposer � l'affectation de la zone o� se trouvent leurs parcelles en zone p�ricentrale II. Peu importe en d�finitive.
Le rapport succinct �tabli en d�cembre 1993 par la maison K.________ SA, � laquelle a succ�d� l'entreprise Y.________ S�rl, a d�montr� que les activit�s d�ploy�es sur le site ne causaient pas de danger direct pour l'entourage imm�diat. Les auteurs du rapport de risques �tabli en d�cembre 2001 dans le cadre de la proc�dure de r�vision g�n�rale du plan d'am�nagement local ont confirm� cette appr�ciation; ils recommandaient toutefois que les surfaces actuellement sans constructions situ�es dans le proche voisinage de l'entreprise ne pr�sentent pas � l'avenir une densit� de personnes moyenne ou haute. Le Service cantonal de l'environnement s'est ralli� aux conclusions et recommandations de ce rapport dans son pr�avis du 9 septembre 2003; il a toutefois exig� que les projets d'implantation situ�s en zone p�ricentrale I et II et jouxtant l'entreprise Y.________ S�rl soient discut�s au pr�alable avec lui. Lors du projet de construction de villa jumel�e sur les parcelles nos 1299 et 1410, il avait constat� que les crit�res de pr�vention d�finis dans l'�tude de risque r�alis�e dans la proc�dure de r�vision du plan d'am�nagement local �taient respect�s; il avait alors donn� son aval � la demande de permis de construire sans �mettre de conditions particuli�res en relation avec l'ordonnance sur les accidents majeurs. Il est donc possible d'�riger des maisons individuelles group�es dans le voisinage proche du site d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl tout en respectant les exigences de l'ordonnance sur les accidents majeurs. A fortiori il en va de m�me des �quipements d'int�r�t g�n�ral ou des activit�s moyennement g�nantes ne pr�sentant pas une forte densit� de personnes dans les surfaces encore libres de constructions. La soci�t� Y.________ S�rl est propri�taire de la parcelle n� 1297 qui est la plus proche du site de l'entreprise et, partant, la plus expos�e en cas d'accidents majeurs. Elle est donc en mesure de pr�senter un projet de construction qui respecterait tout � la fois les exigences d�coulant de l'ordonnance sur les accidents majeurs et l'affectation de la zone p�ricentrale II. En l'�tat, il est �tabli que des constructions ou des activit�s conformes � la destination mixte de la zone p�ricentrale II peuvent y �tre �rig�es sans violer les exigences de cette ordonnance. Cela suffit pour admettre que l'affectation donn�e � ce secteur n'est pas insoutenable et qu'un classement du secteur en zone r�sidentielle de faible densit� ne s'impose pas pour des raisons tir�es de l'ordonnance sur les accidents majeurs.
6.7 Selon les recourants, le classement de leurs parcelles en zone p�ricentrale II serait �galement injustifiable au regard du bruit caus� par l'exploitation des installations de l'entreprise Y.________ S�rl situ�es au sud de la rue Saint-Joseph. Ils reconnaissent toutefois que les immissions sonores en provenance de ces installations respectent les valeurs limites d'immission du degr� de sensibilit� II au bruit, � partir d'une distance de vingt m�tres depuis la partie du b�timent d'exploitation qui abrite les machines. Ils rel�vent encore que la situation a �t� am�lior�e avec le d�placement des ventilateurs sur les fa�ades du b�timent non contigu � la zone o� se trouvent leurs propri�t�s. Ces faits ont �t� v�rifi�s lors de la proc�dure ayant abouti � la d�livrance du permis de construire une villa jumel�e sur les parcelles nos 1299 et 1410.
Dans ces conditions, l'affectation en zone r�sidentielle � faible densit� ne se justifiait pas davantage pour des motifs tir�s de la protection contre le bruit.
6.8 Vu ce qui pr�c�de, on ne saurait affirmer que l'affectation de la zone o� se trouvent les parcelles des recourants en zone p�ricentrale II serait d�nu�e de toute pertinence au regard des buts et des principes de l'am�nagement du territoire qui doivent dicter le choix des autorit�s de planification dans la d�limitation des zones. Compte tenu de la marge d'appr�ciation laiss�e aux autorit�s cantonales dans ce domaine, le Tribunal f�d�ral n'a aucune raison d'intervenir.
Les recourants critiquent le classement des parcelles accueillant les locaux d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl en zone d'activit�s I avec un degr� de sensibilit� IV. La nature des activit�s d�ploy�es dans ce secteur et sa proximit� avec une zone d'habitations individuelles comportant des b�timents dignes de protection et d'une chapelle class�e en cat�gorie B dans le plan du site imposeraient leur affectation en zone d'activit�s II avec un degr� de sensibilit� III. Cette affectation se justifierait par ailleurs au regard de celle conf�r�e aux terrains de l'entreprise L.________ AG, �galement situ�e � proximit� d'habitations. Ils d�noncent sur ce point une mauvaise application des art. 1er al. 2 let. b, 3 al. 3 let. b et 15 LAT ainsi qu'une violation de l'art. 8 al. 1 Cst.
Le Tribunal administratif s'est prononc� sur ce point uniquement en relation avec le grief tir� d'une pr�tendue in�galit� de traitement. Il s'est r�f�r� au surplus aux consid�rants d�velopp�s dans l'arr�t de la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions qu'il d�clarait faire siens. Les recourants ne pr�tendent pas qu'une telle mani�re de faire serait contraire aux exigences de motivation qui d�coulent du droit cantonal de proc�dure ou du droit d'�tre entendu garanti � l'art. 29 al. 2 Cst. Ils devaient en cons�quence attaquer cette d�cision dans les formes requises par l'art. 90 al. 1 let. b OJ, � peine d'irrecevabilit� (cf. ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 262). Or, ils se bornent dans une large mesure � reprendre l'argumentation qu'ils avaient d�velopp�e devant l'autorit� inf�rieure de recours, puis qu'ils ont reprise devant le Tribunal administratif, ce qui n'est pas admissible. La recevabilit� du recours sur ce point peut cependant demeurer ind�cise, car celui-ci est de toute fa�on mal fond�.
Comme le rel�ve la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions, l'affectation des parcelles abritant les b�timents d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl en zone d'activit�s I est conforme � l'activit� d�ploy�e par cette soci�t� et aux objectifs de planification poursuivis par la Commune de Bulle. Elle est en outre coh�rente avec les mesures pr�vues dans le secteur, � savoir avec l'affectation en zone p�ricentrale II du secteur comprenant les parcelles des recourants, le classement en zone p�ricentrale I des terrains sis au nord de celles-ci, et le refus de mettre sous protection les fermes implant�es sur les parcelles nos 679, 680 et 681 et le chemin Saint-Joseph. Enfin, la possibilit� de construire des b�timents jusqu'� une hauteur de 20 m�tres dans la zone d'activit�s I n'est pas plus critiquable si l'on se r�f�re aux zones p�ricentrales I et II au sud et au nord, qui autorisent l'implantation de b�timents d'une hauteur de 18,40 m�tres, respectivement de 15,70 m�tres. Selon le proc�s-verbal de la s�ance de conciliation tenue le 26 juin 2002, non contest� sur ce point, l'affectation en zone d'activit�s I des parcelles de l'entreprise Y.________ S�rl permettrait de rendre les installations existantes r�glementaires sans qu'une d�rogation ne soit n�cessaire, d�s lors que certaines superstructures exc�dent la hauteur de 15 m�tres. Elle r�pond de ce fait � un int�r�t public important (ATF 114 Ia 32 consid. 6 p. 33). Au demeurant, les recourants n'expliquent pas, comme il leur appartenait de le faire (ATF 125 I 173 consid. 1b p. 175), en quoi l'augmentation de la hauteur admissible des b�timents de quinze � vingt m�tres, que permettrait le passage des parcelles pr�cit�es en zone d'activit�s I, aurait des effets n�gatifs sur leurs biens-fonds et les fermes du chemin de Planchy, situ�es � bonne distance de la zone litigieuse. Ils invoquent cet argument uniquement par rapport � la chapelle Saint-Joseph. Ils ne sont d�s lors pas habilit�s, en tant que voisins, � s'en prendre � l'affectation des parcelles de l'entreprise Y.________ S�rl en zone d'activit�s I pour ce motif (cf. ATF 127 I 44 pr�cit�). Un �ventuel rehaussement de cinq m�tres des constructions existantes sur la parcelle voisine de la chapelle ne serait d'ailleurs que peu perceptible et n'aggraverait pas l'atteinte port�e � l'environnement de ce b�timent dans une mesure inadmissible. Les int�r�ts li�s � la protection du patrimoine ne s'opposent donc pas plus au classement des parcelles de la soci�t� Y.________ S�rl en zone d'activit�s I.
L'affectation litigieuse permettrait certes � cette entreprise de proc�der � des activit�s plus bruyantes que celles qui existent actuellement en raison du degr� de sensibilit� IV attribu� � la zone. Cette �ventualit� reste n�anmoins th�orique compte tenu des activit�s effectivement d�ploy�es sur le site, qui respectent les exigences en mati�re de protection contre le bruit r�sultant d'un degr� de sensibilit� II au bruit � la suite des mesures d'assainissement prises par la soci�t� Y.________ S�rl lors de la construction de la villa jumel�e sur les parcelles n�s 1410 et 1299. Il en va de m�me de l'�ventuelle implantation d'une autre entreprise sur le site, pr�sentant des activit�s bruyantes pour le voisinage. L'entreprise Y.________ S�rl n'est par ailleurs pas dispens�e pour autant de respecter les exigences d�coulant d'un degr� de sensibilit� III attribu� � la zone p�ricentrale II et de prendre les mesures pr�ventives qui pourraient raisonnablement �tre exig�es d'elle afin de limiter le bruit qui r�sulterait d'une �ventuelle activit� plus bruyante dans les locaux existants. En l'absence d'un projet concret, cette question reste toutefois th�orique et ne saurait s'opposer � elle seule � l'affectation choisie.
Les recourants pr�tendent que l'environnement b�ti du secteur serait comparable � celui de l'entreprise L.________ AG, class�e en zone d'activit�s II, de sorte que l'affectation de la parcelle abritant les locaux d'exploitation de l'entreprise Y.________ S�rl dans cette zone s'imposerait pour un motif d'�galit� de traitement. La cour cantonale a �cart� cette argumentation parce que le secteur auquel les recourants faisaient allusion comprenait une large zone r�sidentielle � haute densit� alors que leurs parcelles sont entour�es par un milieu pour l'essentiel encore non b�ti et destin� � des activit�s diverses. Les fonctions des deux secteurs ne sont donc pas comparables au point de provoquer une violation du principe de l'�galit� de traitement. Les recourants ne d�montrent pas en quoi cette appr�ciation des faits serait arbitraire. Le recours est donc irrecevable sur ce point. Au demeurant, le principe de l'�galit� de traitement n'a qu'une port�e limit�e en mati�re de d�limitation des zones dans un plan d'affectation et il se confond avec l'interdiction de l'arbitraire (cf. ATF 121 I 245 consid. 6e/bb pr�cit�). Dans la mesure o� l'affectation retenue est soutenable, la solution propos�e ne s'imposait pas pour des motifs tir�s de l'art. 8 al. 1 Cst. Pour cette raison �galement, la comparaison que les recourants font avec la parcelle b�tie de l'entreprise Y.________ S�rl sise de l'autre c�t� du chemin de Planchy et class�e en zone p�ricentrale I est vaine.
Les recourants critiquent enfin l'affectation en zone p�ricentrale I des terrains sis au nord de leurs parcelles, class�s jusqu'ici en zone sans affectation sp�ciale, dans la mesure o� elle autoriserait la construction de b�timents jusqu'� une hauteur de 18,40 m�tres; elle ne tiendrait pas compte de la proximit� d'un quartier d'habitations individuelles comprenant des b�timents dignes de protection. Il aurait �t� judicieux de pr�voir une zone-tampon d'une quarantaine de m�tres, au nord de leurs parcelles, pr�sentant des caract�ristiques mieux adapt�es � l'environnement b�ti existant, s'agissant tant de la densit� des constructions, que de leur hauteur ou encore du taux d'occupation du sol. Ils d�noncent sur ce point une application arbitraire des art. 1er al. 2 let. b, 3 al. 3 let. b et 15 LAT.
Les recourants n'ont aucun droit � ce que les parcelles voisines class�es en zone agricole restent colloqu�es dans cette zone et ne soient pas b�ties � terme (cf. ATF 124 II 391 consid. 4b p. 396). Par ailleurs, la comparaison des hauteurs doit �tre faite en fonction non pas des constructions existantes, limit�es � un �tage sur rez en raison de la servitude de droit priv� grevant leurs parcelles, mais de celles qu'ils seraient en droit d'�lever conform�ment � l'affectation de la zone p�ricentrale II, laquelle a �t� jug�e ad�quate. Dans cette perspective, l'affectation critiqu�e ne pr�te pas flanc � la critique. Une limitation de la densit� ou de la hauteur des constructions admissibles sur une bande de quarante m�tres, comme le sugg�rent les recourants, ne s'impose pas davantage pour les motifs de protection du patrimoine invoqu�s, dans la mesure o� la Commune de Bulle n'a pas jug� utile de classer les fermes du chemin de Planchy dans le plan du site des b�timents prot�g�s. Les recourants peuvent �tre renvoy�s sur ce point aux arguments d�velopp�s au consid�rant 3.1 pr�cit�. Au demeurant, comme le rel�ve la Direction cantonale de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions, le fait que la solution qu'ils pr�conisent serait �galement possible ou opportune ne suffit pas pour admettre que la Commune de Bulle aurait abus� de son pouvoir d'appr�ciation en ne la retenant pas.
Le recours de droit public doit par cons�quent �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les recourants, qui succombent, prendront en charge un �molument judiciaire (art. 156 al. 1 OJ). Il n'y a pas lieu d'octroyer des d�pens � la Ville de Bulle, qui a agi par son service juridique.
Les recours de droit administratif et de droit public sont rejet�s dans la mesure o� ils sont recevables.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie au mandataire des recourants, au Conseil communal de la Ville de Bulle, � la Direction de l'am�nagement, de l'environnement et des constructions et au Tribunal administratif du canton de Fribourg, ainsi qu'� l'Office f�d�ral de l'environnement.

References: art. 8
 art. 15
 art. 57
 ATF 
 ATF 
 art. 57
 art. 1
 art. 15
in fine
 art. 86
 art. 57
 ATF 
 art. 15
 ATF 
 ATF 
 art. 14
 ATF 
 ATF 
 art. 1
 art. 15
 art. 14
 art. 43
 art. 15
 art. 15
 art. 1
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 1
 ATF