Source: https://fr.scribd.com/doc/136748759/Introduction-a-la-science-politique-pdf
Timestamp: 2016-06-01 05:33:37+00:00

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Introduction-a-la-science-politique.pdf
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C'est au moment de changements sociaux brutaux, soudains et inhabituels que se multiplient les réflexions sur le politique en général. Pour les Chinois par exemple, ce fut entre le Ve et le IIIe siècle avant l'ère chrétienne que se sont multipliées les réflexions au moment du passage des royaumes combattants vers la constitution d'un grand Empire. La pensée politique grecque apparaît pour sa part au moment où cette civilisation amorce son déclin. Sensible à cette situation, Platon a été l'un des premiers en occident à essayer de proposer une forme « idéale » d'organisation politique. Aristote va continuer cette quête du meilleur gouvernement possible en s'interrogeant sur la nature des régimes politiques et sur leurs meilleurs exercices. De fait, on se rend compte que la première question d'ordre social à se poser a été politique. Il était donc normal et logique que l'organisation des rapports gouvernants/gouvernés soit posée comme le premier problème à résoudre. C'est cette préoccupation qu'on retrouve selon un système de réflexion particulier dans la philosophie politique des Anciens (de l'antiquité à Machiavel). Vue sous cet angle, la réflexion sur la politique serait ancienne. Cependant, l'histoire de la réflexion sur la chose politique est à différencier de la science politique qui est une activité scientifique plus récente, moderne, et dont l'apparition est concomitante, parallèle, contemporaine de la construction des sciences sociales modernes. Ces sciences sociales sont apparues dans la mouvance de la réflexion générale sur la science. Ces sciences vont revendiquer et acquérir un statut de science distincte de la philosophie politique (ex : Économie, sociologie, anthropologie apparition récente). • L'économie : Développement au moment où le capitalisme commençait à prendre forme alors qu'on se demandait comment construire, constituer les sociétés pour mener à un enrichissement collectif. C'est ainsi que s'est imposée l'école de la pensée mercantiliste, physiocratique et que se produit la fondation du libéralisme (Smith /Ricardo) La sociologie : Apparition avec l'émergence du peuple comme acteur et comme partie prenante de l'Histoire et de l'organisation du politique. C'est très certainement vers la fin du XVIIIe siècle que l'on commence à mesurer le poids politique et social des nouvelles classes et des nouvelles catégories sociales dans la société Depuis Montesquieu et son ouvrage De l'esprit des lois (1748), mais aussi plus tard Auguste Comte, Karl Marx, Émile Durkheim, Max Weber, on retrouve des réflexions scientifiques de ces sociologues sur la politique et la société. L'anthropologie : Apparition dans le sillage des grandes conquêtes territoriales françaises et britanniques. Étudier les sociétés, étudier leur rapport au politique : Claude Levi Strauss/Qu'est ce que l'autre ? /Controverse de Valladolid /…
Dès lors, ces différentes disciplines n'apparaissent pas de façon fortuite ou suite à une spéculation gratuite. Elles apparaissent dans des contextes ou des moments particuliers. Il est permis de dire l'histoire de la science politique parallèlement à la science humaine. Il est vrai que la réflexion sur le politique peut être considérée comme une activité très ancienne (Platon, Aristote, penseurs du Moyen-Age). En revanche, la science politique est d'apparition très récente : fin XVIIIe siècle. Son essor date d'après la Seconde Guerre mondiale. L'association de « science » et « politique » pose problème, doit la considérer comme une science dure ? Posent problèmes aussi l'objet, la méthode et les techniques à employer. Qu'est-ce qui relève de la science politique ? Qu'est-ce qui n'en relève pas ?
L'objet de la science politique comme l'objet de la politique posent problème et notamment des problèmes de limites. Par exemple, la question du pouvoir : Sa nature intéresse d'autres disciplines comme la philosophie, le droit, l'histoire, mais aussi l'anthropologie ou la psychologie. Autant de manières plus ou moins distinctes de définir le politique. Ceci nous amène à souligner un point fondamental. Bien que le politique soit abordé par d'autres disciplines, ceci n'explique pas nécessairement que la science politique ne porte pas un regard particulier sur le politique. La science politique est une discipline académique qui, comme les autres sciences sociales, a ses propres méthodes, même s’il y a des études et des notions qui se rapprochent des autres sciences sociales. Chronologiquement, il est revenu à la philosophie politique de définir les premiers contours de la notion de politique. Ceci n'a rien d'étonnant, car la philosophie coiffait l'ensemble des disciplines et c'est elle qui en a déterminé les ramifications. Platon et ensuite Aristote ont donné pour près d'un millénaire une classification des disciplines scientifiques. Ils ont tracé le cadre général des contours de la notion de politique dans un système de réflexion particulier. Ainsi, si dans ce système de réflexions la philosophie politique se donnait pour objectif de réfléchir sur le pouvoir, l'exercice du politique selon un objectif normatif – c'est-à-dire qu'elle assigne au politique la réalisation d'une société plus juste — cela signifie donc que toutes les réflexions sur le pouvoir politique se faisaient dans le cadre d'une recherche de nature prescriptive, celui de trouver et de cerner le meilleur gouvernement possible. C'est ainsi que Platon va proposer une utopie, la République dirigée par les Rois-philosophes. Chez Aristote, son regard se porte sur les régimes tels qu'ils existent ou qu'ils pourraient exister. C'est ainsi que Aristote reconnaît trois sortes de constitutions qu'il classe selon le nombre de gouvernants : • La monarchie qui est le pouvoir d'un seul • L'aristocratie qui les pouvoirs du groupe • La politeia (la République) le pouvoir de « tous » Pour Aristote, ces trois types initiaux évoluent et deviennent respectivement Tyrannie, Oligarchie et Démocratie Corruption des formes originales. Aristote va établir une relation entre les types de régime et leurs évolutions respectives. Il s'applique ainsi à dégager et à mettre en lumière les différences qui traversent chaque type. Il distingue alors cinq types de monarchies qu'il observe à Sparte, chez les barbares, dans la Grèce archaïque et ailleurs. Ce faisant, il procède à la première étude comparative de l'histoire. Cette classification devait lui permettre de cerner la nature de chaque régime politique et les facteurs qui contribuent à leur maintien ou à leur dégénérescence. Aristote pose à la fois un jugement de valeur sur les bonnes et les mauvaises constitutions, et insiste sur leurs caractéristiques propres à partir d'éléments distinctifs. Cette tradition normative introduite par la philosophie politique grecque va se poursuivre dans le système philosophique des modernes (Hobbes, Locke, Rousseau, J. S. Mill) la démarche philosophique se fixe pour mission de cerner les conditions d'établissement d'une autorité idéale. Ainsi, son langage porte sur le juste et l'injuste, le désirable et l'indésirable, le possible et l'impossible. S'inscrivant toujours dans cette tradition, certains auteurs on poursuivit l'observation des régimes politiques et des expériences de pouvoir. Ainsi en a-t-il été des oeuvres de Machiavel, Montesquieu, Tocqueville qui a des époques bien différentes ont essayé de saisir le fonctionnement du politique. Comment le droit constitutionnel a-t-il envisagé la science politique ? Le droit constitutionnel a joué un rôle assez important dans l'éclairage des phénomènes politiques. Il traite de manière plus immédiate les institutions propres à la politique. Il décrit entre autres quelles sont les règles et les procédures que la loi prévoit ou devrait prévoir dans l'exercice de l'autorité. Pendant longtemps, la science politique s'est appliquée à décrire les fonctionnements des institutions en se concentrant sur les plus apparentes : Exécutif, législatif. L'étude des institutions a permis d'établir des distinctions entre types de régime (présidentiel/parlementaire), type d'État (unitaire/fédéré). L'intérêt se porte tardivement sur les acteurs de la vie politique. Ainsi, les partis politiques au tournant du XIXe et du XXe siècle commencent à encadrer de plus en plus l'action des
représentants du peuple. Ils perdent alors leurs caractères de simples groupements de références et s'intègrent dans le jeu du fonctionnement des institutions politiques. L'expansion du corps électoral, par la généralisation du suffrage universel rend nécessaire l'étude du rapport entre les électeurs et les partis politiques. Certes ces rapports sont encadrés par le droit électoral. Cependant, ces mêmes rapports suscitent des interrogations et appellent un usage des nouvelles approches sociales et psychologiques. Plus tard, essentiellement dans le cadre de la science politique aux États-Unis, on s'aperçoit qu'audelà des partis politiques qui sont des regroupements formels, il existe des groupements informels qui peuvent influencer la direction du vote, agir sur les partis politiques ou sur les gouvernements. Ils peuvent servir d'interface entre gouvernants et électeurs. Les groupes de pression (les lobbies). Si on compare ces groupes de pression aux partis politiques, on s'aperçoit que ces groupes ont rarement une existence légale. Ils peuvent être tolérés. Reconnus, ils se déclarent ainsi. Certains de ces groupes n'agissent pas de façon ouverte ou directe, mais leur observation va nécessiter la mobilisation de méthodes et de techniques issues des analyses sociologiques. Enfin, le dernier cercle, celui des électeurs a été lui aussi traité sous un angle normatif, c'est-à-dire le statut de l'électeur, la protection de l'exercice du droit au suffrage. Cette perspective s'avère limitée lorsqu'il s'agit de répondre à la question de savoir qui vote, quelles sont les variables explicatives. Celle-ci ne pouvait être cernée que par l'usage de techniques cernant avec précision les motivations et comportements de l'électeur. C'est ainsi que vont apparaître d'abord dans un objectif de guidage des choix à la disposition des élus et ensuite dans un objectif scientifique les techniques d'interview, des statistiques électorales, … L'expérimentation a précédé la sociologie presque parallèlement, pour rendre compte de l'action de ces diverses instances les unes sur les autres. L'étude de la communication politique a servi à lier leurs influences réciproques. Ainsi à partir d'un noyau central : État/gouvernement ; les différentes perspectives juridiques, politiques, anthropologiques vont progressivement étendre leurs champs d'analyse. Cette extension conduit à modifier les cadres d'analyse des faits politiques. De la philosophie politique et juridique le regard est devenu plus sociologique, car le phénomène politique n'est plus envisagé sous un angle juridique, il est avant tout un objet social. Qu'est-ce que la science politique ? La science politique = Étude des phénomènes politiques, de la vie politique, de son évolution et des facteurs qui l'influencent. Le terme « politique » signifie ce qui se rapporte à l'action d'un gouvernement. On parlera alors de la politique sociale ou étrangère d'un gouvernement. La science politique se veut donc une application de méthodes et de techniques afin de saisir des variables latentes explicatives de l'évolution du système politique ou d'un facteur politique. Cependant, l'expression science politique pose un problème. Ainsi, dans certains manuels on parle de la sociologie politique, c'est-à-dire une application des méthodes de la sociologie aux faits politiques. Dans d'autres cas, on parle de science du politique, car la langue française ne permet pas de marquer une différence entre ce qui relève : • Des présidents, de l'action gouvernementale (programmes, décisions, actions) « Policy » en anglais P. Lebrot l'appelle le politique, c'est-à-dire un espace social dans lequel les individus choisissent de conforter leurs intérêts. • De La politique Politics (en anglais) : espace symbolique dans lequel prend place la compétition entre les candidats à la représentation du peuple. 1 ère partie : la naissance la science politique : Ce qui pose problème ici est de donner les dates majeures de l'apparition d'une discipline académique. Habituellement on fait remonter la naissance et le développement de la science politique à la période antique et notamment aux auteurs grecs. Dans une certaine mesure, cette historiographie n'est pas fausse, mais il s'agit essentiellement d'une réflexion sur la politique qu'on ne peut assimiler à la science politique moderne. De fait, communément, on pense que la science
• Deuxième obstacle d'ordre institutionnel : Dans l'ensemble des pays. Si on retient ces 3 modalités. Pour ce qui est de la France. la naissance de l'esprit de la science politique date de la parution de l'ouvrage d'Alexis de Tocqueville. on remarque en effet que la réflexion sur la politique précède l'apparition et le développement d'institutions d'enseignements et de recherche de la science politique. Favre: « Histoire de la science politique » in Grawitz et Leca Traité de science politique Tome 1. Globalement. Donner sens à une science à part. 1969). PUF. On ne réfléchit pas sur le 'bon' pouvoir ou la 'bonne' politique.politique moderne apparaît vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle (1850-1920). il ne faut pas oublier que la parution de certains ouvrages. Pierre Favre la naissance de la science politique en France. que sa construction en terme de sens n'est pas achevée. De la démocratie en Amérique. P. Or ces institutions constituent la condition première pour perpétuer l'effort de recherche. Cependant. On peut considérer en revanche que de façon très disparate. Véritablement. des normes. Or la naissance d'enseignement. Chapitre 1: Les obstacles qui ont retardé la naissance de la science politique. On trouve les prémices de réflexion sur la chose politique à partir de l'apparition de l'ouvrage de Machiavel. encadré par des règlements. une langue qui lui était spécifique. on peut dire que la naissance de la science politique fût longue et difficile en raison d'un certain nombre d'obstacles . Mais si on retient cette périodisation.
. leur classement en « sciences politiques » ne signifie pas qu'il y avait une réflexion sur la chose politique. communautés de scientifiques. car. de système de recherche prédéterminé. Troisième obstacle : Il est d'ordre culturel. À savoir. il a fallu un temps d'adaptation relativement long pour que naisse une communauté de scientifique propre à la science politique ( en France 1re thèse de science po. • La rationalisation: L'enseignement et la recherche se font désormais dans le cadre de cursus. de nouvelles disciplines est en soi un problème politique (Prélèvement de moyens aux dépens d'autres sciences). En Italie et en Espagne. particulière . Boutmy crée l'école libre de science politique (1871) nationalisée en 1946 pour donner naissance à l'IEP de Paris. la réflexion sur la politique dans le cadre des systèmes philosophiques est différente de la réflexion sur le politique dans le cadre d'un système de réflexion propre à la science politique. Favre pense que la science politique apparaît au moment où E. La naissance de ces thèmes n'a été possible que lorsque la science politique a pu définir des méthodes. Pierre Favre pense que la science politique en France apparaît sous l'influence de trois facteurs: • La visibilité: On va parler d'une science politique à travers des ouvrages. L'apparition de ce domaine académique n'a été possible que lorsqu'on a su surmonter trois obstacles majeurs : • Un obstacle d'ordre interne : temps relativement long avant que ne se définissent les problématiques centrales de la science politique. l'apparition est plus tardive. son exercice et ses formes .
=> Article de P. 3 grands obstacles: • Prééminence de la philosophie politique • L'indifférence de la sociologie naissante (spécifique à la France) • L'emprise du droit public Section 1: La prééminence de la philosophie politique La chose politique a constitué de tout temps un objet de la philosophie. elle se situe dans les deux premières décennies du 20e siècle. 1985. on peut dater l'apparition de la science politique de la seconde moitié du 19e siècle aux États-Unis. le pouvoir : son essence. • La laïcisation: La science politique entame un processus qui l'amène à se séparer d'une réflexion fondée sur des présupposés moraux et politiques. le prince. L'État comme pouvoir politique et comme société juridique. en G-B et en Allemagne.
Querelle très particulière entre sociologie et science politique entre contenant et contenu. construite autour de la règle de l'interrogation des hypothèses par le biais des expériences. Comte Préoccupation de faire de la sociologie. Pour la science politique. En effet. de ces objectifs de raisonnements. une science équivalente aux sciences dures et dont l'objectif est de construire une « physique sociale » qui peut être une « science de gouvernement ». vont avoir sur la science politique française un double impact. • E. • A. La science politique va connaître une double emprise: • Emprise institutionnelle: Les enseignements du droit sont envisagés. La thèse d'E. où Max Weber va s'intéresser à l'ordre politique en y investissant les méthodes de la sociologie (le rapport au politique n'est plus secondaire à la sociologie. au regard de leurs rapports avec des variables sociologiques sans pour autant que ces faits ou variables soient politiques. la sociologie d'Auguste Comte comme celle d'E. Elle est aussi interprétative.La philosophie politique est spéculative et elle s'interroge essentiellement sur la construction des systèmes de réflexions applicables au politique. elle cherche à étudier et à expliquer ce qui est. Durkheim fait 2500 pages. Ce rapport va d'une certaine façon. anomie. Cependant. Elle est fondée. ses préoccupations appartiennent plus à la société civile (intégration. La sociologie en tant que discipline académique apparaît à la seconde moitié du 19e siècle. Jusqu'à l'enracinement de la sociologie politique. En effet. 2e impact : la sociologie française de cette fin du 19e va intégrer l'ordre politique dans une réflexion d'ensemble contrairement à ce qu'il se passe ailleurs. priver la science politique d'une partie de la dynamique de réflexion que va connaître la science politique entre 1920 et 1930.
Les finalités ainsi que la démarche sociologique. elle ne répond pas à la question de ce qui « doit être ». mais envisager à travers les méthodes de la sociologie). notamment en Allemagne. la réflexion sur le politique aurait emprunté essentiellement les voies et les moyens d'une réflexion philosophique. même si elle tient compte des préoccupations de la philosophie politique. mais ne s'y intéressent pas spécifiquement. C'est dans les facultés de droit qu'on verra apparaître les premiers enseignements et les premières réflexions sur le politique. les finalités de la sociologie naissante différaient par essence des objectifs de la science politique. Durkheim avait une double préoccupation. Durkheim va connaître une très grande diffusion et une prééminence au cours des 20 dernières années du 19e siècle. la sociologie étudie l'ensemble des faits sociaux. de variables) qui président aux dynamiques sociales. mais de réfléchir sur la société en général pour mettre en évidence des lois (ordre de répétition d'un fait. • La sociologie considère que les faits sociaux doivent être étudiés. dans la formation des métiers du droit et dans la
. Or pendant longtemps. Elle est aussi prescriptive dans la mesure où dès l'origine elle cherche à la réponse de la question de savoir « quel serait le meilleur système de réflexion d'approcher de saisir le savoir sur le politique pour mettre en lumière le meilleur gouvernement possible ? » Or la science politique. L'objectif n'est pas de réfléchir sur un objet bien déterminé. Section 2: L'indifférence de la sociologie naissante. Durkheim 2e préoccupation plus scientifique. elle est différente de la philosophie politique. c'est strictement l'inverse. En faite. La science politique sera paradoxalement envisagée comme un complément de l'enseignement de deux des branches majeures du droit public Droit constitutionnel et droit administratifs. en latin. Il fonde une école à lui tout seul Il embrasse toute la dynamique sociale. division sociale du travail) et beaucoup moins à la chose politique. dont les faits politiques. cette préoccupation expérimentale et interprétative de la science politique a été jugée secondaire dans les réflexions sur la politique. dans le cadre de cette période du début du 20e siècle. • Ainsi. On ne cherche pas obligatoirement une relation au politique. Il n'y a pas de croisement de perspectives. Section 3 : L'emprise du droit public. On sait en effet que la sociologie d'E. Il reste en quelque sorte la figure de proue de l'ensemble de la sociologie de la fin du 19e siècle. Ses objets englobent le politique. la science politique est expérimentale. De fait.
n'a pas permis pendant une longue période.formation dans les métiers de la fonction publique. Section 2: L'émancipation institutionnelle On désigne l'apparition d'un cadre d'enseignement et de recherche propre et spécifique à la science politique. Section 1: l'émancipation intellectuelle D'abord. etc. psychologie. les partis politiques. D'abord une émancipation intellectuelle c'est-à-dire la définition d'un territoire. consacré par des normes. Disparaît tout ce qui est dans l'angle mort de la vie constitutionnelle et institutionnelle. se greffer. On identifie deux grandes périodes : §1 La période des pionniers de l'enseignement de la science politique:
. l'État est étudié sous d'autres angles. le champ de la science politique n'a pas été délimité selon une stratégie volontaire et de façon définitive. ne sont pas étudiés. très peu connue en France)
Cependant. que l'enseignement de la science politique. les groupes de pression. Ces territoires et cette émancipation ne sont pas donnés une fois pour toutes Émancipation largement inachevé. Il est certain cependant. Système universitaire Faculté de droit/de médecine jusqu'en 68 où elle hérite d'un rôle nouveau (ajout de la sociologie. Or pour ces métiers. 2) C'est aussi le renforcement d'une vision institutionnalisme de la politique. un ensemble de notions et de domaines. Il est en perpétuel évolution mais il s'est constitué à partir d'un noyau central de questions. et une émancipation institutionnelle c'est-à-dire la possibilité de disposer de lieu de recherche propre. • Emprise intellectuelle: À partir du moment où on envisage la science politique comme complément de la réflexion sur le droit. Ainsi pendant longtemps. sa reconnaissance en tant que discipline et domaine de recherche. Or dans la science politique. économie. la structure institutionnelle. les frontières entre ces cinq branches majeurs ne sont pas étanches. ne s'est imposé que très lentement et tardivement. de préoccupations qui sont de deux ordres. Ainsi. ce qui prime ce sont les mécanismes juridiques. d'éclairer l'ensemble des mécanismes qui prennent place en amont ou en aval de la création des normes et de leurs applications. deux domaines initiaux que sont d'abord: la réflexion sur la nature. la question du vote avec la naissance de la sociologie électorale (dernier tiers du 19ème siècle) au moment de la généralisation du suffrage et de l'ouverture du statut de l'électeur et de l'élu. accélérant l'apparition d'institutions d'enseignements et de recherches. Chapitre 2: Une émancipation progressive et largement inachevée.). privilégier la dimension normative. On peut les classer en 5 actes majeurs par ordre d'apparition: • • • • • • Sociologie des groupes dirigeants et des élites Analyse de discours des idiologies et de la communication politique Sociologie des organisations politiques Sociologie des organisations internationales (années 60) Analyse des politiques publics (85-86) (psychologie politique 90. différentes ramifications illustrant de nouvelles préoccupations vont venir se rajouter. 1) On aura une vision essentiellement normative de l'État. à définir. Ces 5 branches délimitent un territoire intellectuel de la science politique. Conclusion: La science politique a eu a déterminer. cela va avoir une double conséquence. à circonscrire un territoire intellectuel propre en définissant ces objets et ces méthodes. Échappe ainsi tout acteur de la politique qui n'est pas encadrée. Quand on parle d'un émancipation on parle essentiellement de la revendication du statut de science et de discipline universitaire. la connaissance de la chose politique relève uniquement de la culture générale. Cela passe par un double mouvement. la naissance et la transformation des régimes politique. Cette institutionnalisation de la formation du droit laisse peu de place aux autres matières vues comme un complément. À partir de ce noyau central.
ou de rapport au politique Ce n'est pas quelque chose d'universel. avec la direction du vote et la prégnance des idiologies politiques. Notion de pouvoir. alors que la science politique répond à des questions posées dans l'histoire. Aix. ▪ Il a été le premier à considérer la science politique comme un regard particulier. en ce qui concerne les résultats. – Raymond Aron a la particularité d'avoir eu une oeuvre qui a essayé d'embrasser l'ensemble du champ de la science politique (nature régime politique. 2ème défis: L'image sociale de la discipline. les partis politiques sous un angle sociologique. sous l'influence de M. tableau politique de la France de l'Ouest sous la troisième république . Section 3: Une émancipation inachevée Comme toute science. Les constituants d'une science sont momentanément et géographiquement valide. Cette corrélation. Badie l'Etat importé. les grands problèmes contemporains. 1971: Agrégation 1972: Création de la section 38 du CNRS. est fausse. Strasbourg. D'abord en raison de leurs productions scientifiques et ensuite grâce a la faveur de l'intégration de la science politique dans les facultés de droit : -Maurice Duverger Apport considérable sur trois plans. Lire ouvrage sur la sociologie politique. science du cognitif. B. Il a fallu tout réécrire en tenant compte des conditions de bases. On oppose l'image du journaliste et celle du politologue. méthodes des sciences sociales. étape pensée sociologique). En 1954. Dès 1945. ce n'est pas le même rôle. 1969: Doctorat en science politique. §2 l'apparition d'un cadre d'enseignement et de recherche en science politique. Ex: À quoi sert une élection dans un régime avec un seul parti ? Au lendemain des grandes vagues de décolonisation on s'est demandé comment étudier la notion de développement politique à travers la décolonisation ? On a pensé qu'il y aurait une relation avec un développement économique et développement politique. On peut dire ainsi. Enfin c'est le dédoublement de l'image entre acteurs politiques et politologues. une réforme de la licence en droit introduit trois enseignements que sont la sociologie politique. relation internationale. seuil 1990.Historiquement. Se pose à elle deux séries de questions. Sigfried va prendre part à la création de la sociologie électorale au sein de l'école libre de la science politique qu'il va continuer jusqu'en 1946. Bordeaux. Il fera partie de l'académie française laissera son siège a Georges Bernados. Duverger et de Goerges de Vedel. on remonte la paternité de la première oeuvre appartenant au champ de la science politique en France à André Sigfried qui publie une oeuvre majeur dans l'histoire. différent d'une vision institutionnaliste du politique. qu'il a été le précurseur de la sociologie électorale et de la sociologie politique. Et la promotion réelle de la science politique comme champ de recherche et d'enseignement est due à un certain nombre de personnalités. ▪ D'abord. Par essence. Création des IEP de provinces (1946): Lyon. La science politique n'est pas celle que reflète son image médiatique. Une première série de question qui concerne le niveau épistémologiques S'agit-il d'une science unifiée ou d'une assemblage de branches de recherches ? « Balkanisation des savoirs » ? Mais plus profondément. où l'auteur à parti d'une enquête de terrain sur une partie de la Bretagne essaie de démontrer qu'il y avait une corrélation entre le milieu physique ou géographique qui commande les données du peuplement. c'est la nationalisation de cette ELSP qui devient l'IEP de Paris. Elle est concentrée
. La même année la création de la fondation nationale de science politique et la revue française de science politique. Grenoble. les recherches et les notions se pose la question d'universalité des résultats. Jusqu'en 1945. il a été le premier juriste publiciste à considérer les régimes politiques. le seul lieu a été l'ELSP. la science politique n'a pas et ne peut pas définir une fois pour toute son territoire intellectuel. Nous ne sommes pas obligatoirement dans un domaine ou les conclusions sont transposables dans un autre territoire. A. le médiatique cherche à répondre à la question posée dans l'immédiat. La visibilité de la discipline en science politique est particulière. ▪ Producteur d'une théorie et d'une typologie des partis politiques fondé sur une corrélation entre leurs structures internes et leurs modes de fonctionnement Partis de masse / Partis de cadre.
La science politique jette un regard scientifique sur les faits politiques. les questions électorales constituent un champ d'activité pour des acteurs non académique. l'étude des faits sociaux. il y avait une aspiration à l'unification des problématiques notamment avec la tentative de construction d'une méthode générale.
. Le niveau de l'image sociale de la science politique. mais le politologue donne une vision originale sur la politique. il faut souligner l'extrême jeunesse de la discipline. Les objets de la science politique. notamment avec la sociologie avec laquelle elle partage certains objets et problématiques. les journalistes sur la politique n'est pas essentiellement de la science politique. En revanche la science politique a pour but de construire des grilles de lectures. Mais ce que font les médias. les difficultés de son assise scientifique à côté d'autres sciences sociales. L'unification des problématiques: il est légitime de se poser la question de ce qui relève des problématiques centrales de la science politique et ce qui n'en relève pas. La sociologie a à connaître certains faits politiques.statutairement à l'intérieur des IEP et rarement dans les facultés. de recherche. notamment les journalistes. Il existe un autre problème d'ordre épistémologique A sa construction. La science politique n'est pas émancipé et unifiée. Certains domaine sont en dehors de la science politique: elle n'a pas prétention à construire des modèles abstrait par modélisation. Au terme de cette première partie.
On cherchait alors a cerner le rapport au politique à travers les types d'institution. En revanche • Une technique est ce qui permet à une méthode de se déployer. La méthode de l'observation amène le déploiement de techniques comme par exemple: une observation d'un groupe par participation. des sondages. celles qu'on estimait principal dans le jeu de la politique. a permis à la science politique de circonscrire. Par conséquent. Ils pensent qu'on peut transférer une vitrine institutionnelle sur une toute autre réalité sociale. La quête de l'autonomie vis a vis de la philosophie politique et du droit public. la forme étatique devient l'institution centrale à étudier. à se donner des origines propres spécifiques. L'étude de l'Etat était central pour cerner le politique. et la stabilisation progessive de leurs structures. Cette volonté de chercher l'objet et de le cerner. Autrement dit: Peut on étudier les expériences étatiques occidentales et les expériences étatiques extra-occidentales pour arriver aux même conclusions? Grande controverse: Certains disent qu'il n'est pas possible de comparer les formes étatiques occidentales et extra-occidentales sous le même angle. seuil 1990. russes et ensuite à cause de l'extension de nouvelles formes étatiques suite aux différentes vagues de décolonisation. Statologie qui s'explique par le contexte politique qui va de la première moitié du 19ème siècle jusqu'aux année 50-60. certains (au cours des années 50-60) ont estimés que le fait de s'intéresser uniquement aux institutions faisait perdre de vue une grande partie des lieux du politique car on estimait que le pouvoir ne s'incarnait pas obligatoirement dans les institutions – ailleurs certainement aussi. On va alors essayer d'en cerner les variantes possibles. D'autres pensent le contraire. Parmi les techniques on peut citer les techniques de l'interview. Cependant. la multiplication des types d'Etat. mais en ce qui concerne les méthodes on peut appliquer la méthode dite de l'idéal-type. Badie B. de délimiter ses objets. etc. dans le cadre de cette perspective. on envisageait la science politique comme une science de l'Etat puisqu'on s'intéressait aux structures institutionnelles centrales. Ouvrage: l'Etat importé. fait de la science politique une science problématique comme le démontre Hana Arendt. les caractéristiques d'un fait universel. Chapitre 1: L'objet de la science politique La science politique a essayé dès les origines à se forger. Section 1: la science politique comme science de l'Etat C'est la perspective la plus ancienne. On va essayer d'étudier son
. allemandes. C'est un contexte très riche à cause de la démultiplication des expérience constitutionnelles française. cette universalité pose problème dans la mesure où: est-il envisageable d'étudier les formes étatiques selon les mêmes méthodes ? Peut on les étudier sous le même angle du rapport au pouvoir. Ce foisonnement d'expérience étatique vont donner à la forme étatique. de l'enquête. Cette période est marquée par la « prolifération » de la forme étatique. C'est-à-dire la construction d'un modèle a porté générale qui reproduit les traits saillants du réel. Initialement. Mais d'un autre côté.2ème partie: Méthodes et techniques Poser la question de la méthode et de la technique suppose qu'on ait répondu a deux questions fondamentales: • Quel est l'objet de la science politique ? Est-elle une science de l'Etat ou une science du pouvoir? • Quel est la fin de l'étude du politique ? S'agit-il de comprendre ou de prédire? S'agit-il d'avoir des méthodes et des grilles d'analyse ou de produire un savoir pratique (somme nous les conseillers du prince)? Différence entre méthode et technique: • Une méthode est une démarche logique que suit l'esprit afin d'étudier et de dominer la réalité sociale. Science de l'Etat = Statologie. fin du 19ème siècle.
en plus. Max Weber d'abord. Pour dépasser ces deux limites. Vu sous cet angle. tout les rapports sociaux dans une société donnée. Elle est un système traversé par des rapports sociaux des clivages donc on peut l'étudier sous un angle social. la réalité sociale se construit à travers et en parallèle des structures du pouvoir. Définition de Robert Dahl: « un système politique est une trame persistante de rapport humain qui implique une mesure significative de pouvoir. Mais ensuite. • En second lieu. d'institution ou d'ordre politique peuvent mobiliser des analyses sociologiques sur l'ensemble de la société. ces mêmes institutions sont reconnus comme légitime pour exercer le pouvoir. là aussi nous sommes face à des limites. ces deux perspectives sont limitées: • Le pouvoir s'incarne de façon limité dans les institutions • D'autres lieux concentrent de la contrainte sans pour autant pouvoir jouer un rôle politique. Déjà Max Weber. Les institutions sont secondaire par rapport à la trame générale de distribution du pouvoir dans une société donnée. la science politique est une science problématique dans la mesure où les notions de pouvoir. démographie). malgré ces précisions. On peut ainsi étudier les rapports économiques comme étant des rapports politiques (c'est ce qu'a fait Karl Marx et l'ensemble de ces héritiers). la science politique serait une science du pouvoir dans la mesure où celui-ci s'incarne dans des structures qui peuvent l'exercer car elles sont les seules capables de contraindre les individus. on ne peut pas étudier tout les rapports sociaux sous prétexte qu'il s'agit de rapport politique ou pouvant avoir une incidence sur les pouvoirs politiques.« exportation ». • D'autre part. Cet interdisciplinarité. En second lieu. Il en donne la définition suivante: « communauté humaine disposant sur un territoire donné du monopole de la coercition légitime ». Mais. même si on s'intéresse à l'institution centrale-l'Etat. avait entrepris de définir l'Etat dans Economie et société. Autrement dit. • En effet. Il essaie de démontrer qu'il y a une influence mutuelle entre le social et le politique mais chacun agissant partiellement. n'ont pas de finalité politique. Dans une société donnée des structures non politiques imposent aux individus des règles de conduites. Qu'il s'agisse d'une analyse fondée sur l'étude institutionnelle ou qu'il s'agisse d'une analyse fondée sur la définition de Weber. le rapport à l'Etat n'est plus envisagé obligatoirement à travers ses institutions. Cependant. sociologie. l'autorité politique dispose du monopole de l'exercice de la violence légitime sur un territoire donné. Cependant. toute forme de pouvoir. la complexité du pouvoir ? Comment éviter l'enfermement de l'analyse sur l'étude des structures et des institutions de l'Etat ? Démonstration en trois temps: • En premier lieu. Mais progressivement. le mode d'organisation des sociétés. • En troisième lieu. Comment dépasser la surdétermination. d'autorité de domination serait en quelque sorte un objet privilégie de la science politique. la science politique n'a pas obligatoirement pour objet unique. Section 2: La science politique comme science du pouvoir Objectif: chercher les lieux et les structures qui concentrent du pouvoir dans une société donnée.on s'aperçoit que celle-ci n'est pas une structure étanche. on va essayer de définir ce qu'est une autorité politique. Elle cherche à approcher le pouvoir par le biais des résultats et des techniques des autres sciences (histoire. de domination et d'autorité ». son expansion entre système sociaux particuliers. la science politique essaie par un croisement de perspective de rendre
. « la vocation de toute autorité politique est d'agréger pacifiquement l'ensemble des intérêts (dit la « constellation des intérêts) s'affrontant sur ce même territoire ». On en parlera plus de pouvoir ou d'Etat mais on parlera de système politique. il faut partir de l'hypothèse selon laquelle le pouvoir politique construit le social mais ne le construit que partiellement. il établit des liens entre modes d'organisations sociales et mode d'exercice du pouvoir. Ex: Lorsque Tocqueville compare sociétés aristocratiques et sociétés démocratiques. statistique. anthropologie. L'objectif est de voir comment se distribue le pouvoir dans un groupe donnée. non pas en fonction de ces structures institutionnelles mais en fonction de son rapport à la contrainte. C'est en cela qu'on pourra dire que la science politique est une science du pouvoir. permet de cerner les rapports entre structure sociale et pouvoir politique. mais à travers le rapport entre la contrainte et la domination. D'abord.
des lois pouvant renseigner sur la nature et l'essence du pouvoir. • La singularité de la sociologie: -Précision. partiellement ou si elle est non agissante dans un espace donné. C'est ce qui constitue l'objectif central de la sociologie d'Emile Durkheim. Il pensait par ailleurs que les sociologues devaient avoir un rôle politique. C'est-à-dire que l'objectif n'est pas de décrire ce qui est de l'ordre de l'appréhension primaire mais d'essayer de révéler les lois latentes qui se trouvent à la base des rapports sociaux. de mesurer le poids d'une opinion dans un groupe. Il s'agit d'une photographie du réel et ne constitue pas une fin. la sociologie est singulière. Il ne s'agit pas a ce stade d'une méthode. Il va le faire sur trois plans: ▪ D'abord les faits sociaux peuvent être approchés scientifiquement. ▪ Il va contribuer à faire reconnaître la sociologie comme discipline universitaire à part
. le positivisme en tant que mouvement philosophique. Spencer. C'est ainsi que dès sa naissance. Le traitement des faits par des techniques permet de déployer une méthode. C'est autour de la construction rigoureuse de la méthode et de l'objet que s'est construit le positivisme autour duquel s'est constitué la sociologie à partir de la seconde moitié du 19ème siècle. Toute les sciences sociales utilisent des outils et des techniques leur permettant de travailler la matière première que constitue les faits. Il pensait possible l'étude des rapports sociaux et donc des rapports politiques. L'objectif d'Auguste Comte était de s'affranchir de toute forme de spéculation quant à la nature des faits sociaux. ▪ Grâce à cette démarche. Mais c'est E. s'oppose à toute théorie basé sur un a priori ou un ensemble d' a priori. le terme sociologie a été inventé par Auguste Comte qui va fixer ne partie les règles de la méthode sociologique. Elle est spécifique dans sa démarche générale. Ce qui suppose d'abord que la méthode est une construction préalable et nécessaire pour appréhender un objet et l'étudier. Pour lui. l'objectif du positivisme en tant que mouvement a été la volonté de transposer les méthodes des sciences dures vers la connaissance des sociétés. la sociologie à d'abord eu pour objectif de cerner avec précision ses méthodes et ses techniques. Ce qui justifie selon lui qu'on exige l'utilisation des méthodes des sciences dures afin d'expliquer les faits sociaux. §1) l'apport de Durkheim ou l'ambition scientifique du positivisme Pour E. une récolte des faits. la sociologie se doit de déterminer de façon précise ces méthodes comme les sciences dures. la ou les techniques permet d'identifier les faits. Chapitre 2: Question de méthode Rappel: Une méthode est un ensemble de démarche que suit l'esprit pour découvrir et dominer la vérité. Il voulait donner à la sociologie une portée pratique et compréhensive. il va essayer de débarrasser la sociologie de toute référence métaphysique ou philosophique. D'abord. C'est-à-dire qu'ils n'approchent les faits sociaux que sous l'angle de la raison et non des sentiments. des lois explicatives des rapports au pouvoir. Comte et d'H. de les mesurer et de les rendre observables. Il s'agit en réalité d'un ensemble de grille appliquée à des fais réels. une trame de comportement) agit totalement. Section 1: le positivisme et la construction rigoureuse de l'objet. La technique permet donc un recueil. Dans la même lignée. En revanche. Ex: les enquêtes ou les sondages permettent par l'usage de la statistique de quantifier.apparent certains modes d'organisation des sociétés dans la mesure ou ces modes d'organisation peuvent expliquer leur succession dans le temps et dans l'espace. C'est-à-dire que l'on peut étudier un comportement dans n'importe qu'elle société de la même façon qu'un biologiste. La prétention de cette grille est de montrer la permanence d'une trame de pouvoir ou d'un mécanisme social. Ainsi la technique n'est qu'on moyen permettant le déploiement d'une méthode. Durkheim. Une méthode permet une approche d'un objet. Son objectif est de mettre en évidence des lois d'évolution générale. Au cour de la seconde moitié du 19ème siècle. Son objectif était aussi de s'éloigner de la philosophie. collectés et prêtés par l'outils statistique. Il s'agit d'une étape intermédiaire qui ce situe entre l'énoncé d'hypothèse et le déploiement de techniques de traitement du réel afin de vérifier si l'action d'une loi (c'est-à-dire. selon les objectifs des sciences dures. Pour atteindre cet objectif. la science politique se donne des méthodes et des techniques. c'est Herbert Spencer qui va réaliser ce projet de promotion de la sociologie au rang de discipline scientifique. Durkheim qui va prolonger et enrichir les travaux et les intuitions d'A.
L'objectif est de découvrir les lois d'évolution des sociétés humaines. Rappelons que l'objectif de Durkheim était d'établir une loi de régularité des comportements sociaux en fonction de la position sociale. ces préjugés. Durkheim tire deux conclusions. ▪ « Considérer les faits sociaux comme des choses ». Elle n'avait ni une démarche historique. ▪ En troisième lieu. L'origine des faits sociaux réside dans la structure matérielle et symbolique de la société. sur le plan des faits politiques. ▪ Ecarter les pré-notions: Pour E. ni une démarche descriptive.entière et lui revendiquer le statut de science. ne sont pas uniquement le fait du grand public. Ces pré-notions. de démonter des mécanismes. le genre littéraire va s'intéresser de très prêt aux mécanismes sociaux. agrégé dans des groupes ou des sous-groupes. E. et en fonction des règles de comportement que les individus acceptent de façon tacite (sans les discuter). C'est à partir de cette règle que Durkheim voulait affirmer l'appartenance de la sociologie à l'univers des sciences exactes. En France. l'étude des bouleversements sociaux de la fin du 19ème siècle. L'essor de la sociologie et plus largement des demandes de connaissances des groupes sociaux coïncide en France avec un changement de régime qui marque une césure profonde avec les régimes politiques précédents. Frédéric Le Play et un médecin. les habitudes des individus. c'est-àdire détachées des individus qui en sont les auteurs. la classe ouvrière. E. Mais la démarche est narrative et descriptive. ces lois s'imposent aux individus et aux groupes. Ceux qui observent les faits sociaux sont aussi soumis à la construction de préjugés ou de lieus communs
. le docteur Villermé qui vont utilisé les statistiques pour travailler. Pour parvenir à ce but. c'est plutôt de reconstituer. En réalité. L'objectif est de dominé la nature et de reproduire ses mécanismes. il faut traduire les comportements en données observables. vont nécessité la construction de techniques permettant d'analyser les groupes sociaux. De ce constat E. • La scientificité de la sociologie. se débarrasse des jugements de valeur qui peuvent nuire à son explication. Ainsi. La sociologie va disputer à la littérature la connaissance. bien plus que le projet d'A. Durkheim va bénéficier de l'apport de travaux des précurseurs des études sociales. Ex: Ainsi. Ce sont des lois latentes. La III ème République se voulait bien plus qu'un régime politique. les pré-notions sont les lieux communs et les préjugés qui rendent difficile la compréhension des faits sociaux. La sociologie va par analogie. Durkheim publie son ouvrage Les règles de la méthode sociologique. Comte ou d'H. Ils vont donner un tableau de la situation sociale et sanitaire d'une classe sociale. E. tout groupe social est régi par des lois propres. de les comprendre. E. C'est dans cet ouvrage qu'il expose les règles qui selon lui pouvaient hisser la sociologie au rang d'une science qui aurait les mêmes attributs que les sciences exactes. Spencer. Il s'agit de loi ou de règle qui sont acceptées en tant que telle. Les différentes politiques mise en oeuvres comme la politique de l'école ou la politique hygiéniste. ▪ En second lieu. Les individus les observent mécaniquement. l'acte de voter peut être mesuré quantitativement. se nourrir de la vision de la biologie. En 1895. leurs manières d'agir et de penser. On entre dans la science expérimentale. sur un plan scientifique. Durkheim. Toute société. elles dirigent leurs comportements de façon significative. la seconde moitié du 19ème siècle représente un point tournant dans l'histoire des sciences et des techniques car l'objectif n'est plus de décrire un « ordre des choses ». abstraction faite de l'identité ou de la situation personnelle de celui qui en est l'auteur. Ceci se fait grâce à la méthode expérimentale et grâce a la récurrence des expériences et des résultats. c'est une volonté de produire une nouvelle société. le fait social traduit en donnée statistique. elliptique. et un ensemble de déterminants (un ensemble de loi) qui conditionnent l'existence des individus. Durkheim va bénéficier d'un contexte propre à la fin du 19ème siècle et qu'on peut résumer en trois points: ▪ D'abord. aux bouleversements que connaissaient les sociétés de l'époque et notamment l'apparition et la massification que connaissait la classe ouvrière Zola. Ces règles sont au nombres de trois: ▪ La règle de la singularité des faits sociaux. Durkheim part du postulat selon lequel il existe un rapport direct entre les usages. Mais la sociologie se voulait singulière dans sont étude de ces contextes.
L'objectif de Durkheim était de démontré qu'un acte aussi individuel et intimiste que le suicide. C'est dans l'étude d'un cas particulier d'un fait sociale. Il démontre ainsi que lorsque la relation au groupe évolue. Pour Durkheim. moins forts.car le sociologue n'est pas à l'écart de la société.Par comparaison. elle est plutôt dans la recherche de ce qui pourrait expliquer depuis le contexte social le fait que les individus se suicident. peut-être considéré et étudié comme un fait social. Il s'agit essentiellement de personnes isolées. Durkheim va opérer une étude statistique au niveau européen. on remarque qu'il y a un très fort ou un fort taux de suicide. ouvrage écrit en 1897. Son objet était de cerner les taux de suicide rapportés à une population en fonction d'un certains nombres de variables. A partir de là. Il note ainsi que dans les sociétés ou dans les groupes où il n'y a pas une forte intégration des individus.. Il ne s'intéressait pas donc aux histoires individuelles. de femmes divorcées élevant des enfants Isolement social. Durkheim commence à donner la définition la plus neutre possible du suicide : « Le suicide est tout cas de mort qui résulte directement d'un acte positif ou négatif accomplit par la victime elle-même et qu'elle savait devoir produire ce résultat ». E. Afin de se débarrasser des pré-notions et de toutes références métaphysiques ou religieuses. il remarque une chute brutale. le taux de suicide diminue. E. Ainsi. Il démontre que dans la société protestante. les contacts avec le groupe sont plus occasionnels. Ce type de suicide est le propre d'individus qui vont dans des groupes trop intégrateurs. de femmes mariées sans enfant. le suicide. Son explication est moins liée aux motivations individuelles. Durkheim ne conteste pas le caractère individuel de l'acte. il va mettre en évidence l'existence de trois groupes possibles. c'est à dire autant de liens ou de corrélations entre: • Les variables sociales: le profil social de l'individu. le sociologue doit taire ses préférences afin de parvenir à un minimum d'objectivité. Ainsi les individus qui passent à
. Ce qu'il observe. il y a plus de célibataires. d'une variable Force ou faiblesse du lien que peut avoir un individu avec un groupe de référence. E. l'acte est considéré comme négatif lorsque l'individu détourne et profite d'un autre moyen pour se supprimer. Durkheim démontre que le profil social des individus est lui aussi particulier. de mettre en pratique ces trois règles fondamentales. Acte positif: cela signifie que la personne prépare un système et d'un moyen dont l'objectif est de se supprimer. Durkheim applique sa méthode basée sur une observation de la réalité et surtout basée sur une quantification des faits sociaux afin de parvenir à la construction d'une typologie des faits en rapport avec les variables latentes. qu'il y a une plus grande protection ou intégration au groupe. Autrement dit. Même si E. • Les variables de contexte: profession/chômage … Il tire alors trois catégories: • Le suicide égoïste: Il est mis en évidence à partir de l'étude d'une relation sociale. en moyenne. son objectif était de chercher les causes lointaines. E. mais après la crise du 16 mais 1877 (effet de foule plus forte intégration). isolé ou vivant dans un groupe • Les variables culturelles: religion/association . Mais ce premier rapport (l'explication par le lien social) est explicatif jusqu'à un certain point de ce type de suicide. donc les individus ont moins la possibilité de bénéficier d'une aide ou d'être pris en charge (exemple de la fin du 19ème siècle). En revanche. le taux de suicide a connu une évolution quasi-constante. comme un fait en rapport avec les variables sociales auxquelles sont soumis les individus. ce qu'il vit personnellement peut nuire à son jugement et à son objectivité. A partir de cette définition. on observe qu'il y avait un plus fort taux de suicide dans les sociétés protestantes plutôt que dans les sociétés catholiques.. il s'est posé la question de savoir si une structure donnée des rapports sociaux pouvait expliquer un geste que la société considère comme relevant de la sphère individuelle. aux récits. la religion étant moins normative et moins ritualisée. Section 2: La mise en pratique du positivisme dans l'étude du suicide. • Le suicide altruiste: Contrairement au premier groupe. Il remarque ainsi que durant l'année 1877. Le suicide. C'est le désir d'intégration et de reconnaissance qui se trouve à la source de la diminution du type de suicide.
Max Weber. il y a le poids des représentations et des Recherche de la variable forte agissant et valeurs qui expliquerait ce vote. Max Weber étant un sociologue allemand dans la tradition de la sociologie allemande qui nait fin 19ème et dans la droiture de la sociologie compréhensive dont l'objectif est de construire un cadre méthodologique général. Weber. l'esprit de sacrifice et d'abnégation est fortement cultivée. un fait social n'est pas déterminé par une cause unique. l'existence de lois.•
l'acte seraient des individus qui ont été exclues ou isolées du groupe de référence. De même. la complexité du monde réel. il en va de même de M. cette relation particulière est à nuancer en fonction des des situation spécifique que Durkheim découvre: Réfléchissant sur le taux de suicide des militaires. Ainsi. Les deux pensent que la société . Il explique ceci par le fait que dans les armées. Autrement dit. Actions orientées significativement par
. Durkheim. Section 3: La méthode de l'idéal-type et l'apport de Max Weber. Ils pensent que le poids de représentations ne permet pas une étude fine sur la base d'une quantification et de la construction d'un modèle général. Historiquement Max Weber est le contemporain d'E. il découvre que le taux de suicide est plus élevé chez les volontaires et plus faibles chez les appelés du contingent. §1) le postulat à analyser complétement le réel Max Weber se réclame de la philosophie de Rickert et de Simmel. c'est-à)dire pendant des moments propices à la pertes des repère et aux relâchement des liens traditionnelles qui lui permettent une socialisation. Ex: Le fait de mettre les votes dans la même catégorie ne veut pas dire que les individus de cette catégorie assignent les même représentations. pour être l'objet d'un modèle unique et faire l'objet d'une généralisation. va reprendre cette idée. • Il faut chercher à établir pour chaque série de fait.
Quel est l'intérêt de l'étude du suicide sur le plan de la science politique ? Deux grands intérêts : • Intérêt sur un plan méthodologique: L'étude des faits sociaux et politiques ne peut pas se faire uniquement sur la base d'une spéculation quant à leurs origines. professionnelle. Mais. Cependant. à l'intérieur du groupe des engagés il trouve un taux plus fort de suicide chez les officiers. se sépare de la tradition sociologique de Durkheim sur deux points : • Weber pense qu'un concept.Il ne ni pas l'existence de ces variables. ou bien dans les structures ou dans les groupes où l'individu n'a d'existence qu'en tant que membre d'une collectivité. mais en réalité un fait social est déterminé plutôt par des relations partielles et surtout par des relations probables entre plusieurs facteurs permettant de mettre à jour des régularités. Ce type de suicide survient durant les période de crise sociale ou en situation d'expansion économique. Durkheim signifie l'absence ou la perte de repères suite à une crise ou un dérèglement permanent d'un contexte économique ou social (ce n'est pas forcément une crise. E. Durkheim appartenait à la démarche positiviste. Il faut alors centrer le regard non pas sur la somme des actes et leurs rapports avec le contexte mais sur le rapport entre les faits et les représentations dans une situation ou dans une société donnée. même le plus précis ne peut résumer complètement et de façon exhaustive. Weber. cela peut être une amélioration des conditions économiques et sociales). • Il cherche à construire et forger des méthodes à portée générale. Leur étude doit se faire par le biais d'une quantification et par la recherche des corrélations entres des variables sociologiques apparemment indépendantes. expliquant de façon complète le fait social. ce type de suicide est très fréquent dans les armées. mais elle apparaît par le biais d'une vérification chiffrée et quantifiée des hypothèses de départ. contrairement à ce que démontre Durkheim. les faits sociaux sont trop nombreux et trop complexe. Le suicide anomique: « Anomie » selon E. Pour autant il n'y a jamais eu de contacts entre deux sociologies qui naissent de part et d'autre du Rhin. Cette loi n'apparaît pas au simple exposé des faits. d'un comportement régulier de variables. Il pense que le sociologue ne pourra jamais saisir qu'une partie de la réalité. Exemple: Le vote Durkheim Weber La variable forte serait la catégories socio.
on pourra parler d'une oligarchie théocratique. (qualitatif)
Pour Max Weber. de construire un cadre de pensé qui permet de mettre en relief les traits principaux d'un modèle. est-ce que les individus obéissent parce qu'ils adhèrent et acceptent une forme de domination. Contrairement à Durkheim qui pense que le rapport au politique en général ne peut être étudié et saisi qu'à travers l'étude de la relation entre l'individu et le groupe. 2)L'application Max Weber va choisir d'appliquer sa méthode à ce qu'il estimait être une dynamique fondamentale du politique (fin 19ème. la puissance est selon Max Weber la chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté. de mettre en valeur et de rendre compte de l'évolution de l'Etat moderne. Ou alors. §2) La méthode de Max Weber et son application A cette méthode Max Weber donne le titre de méthode de « l'idéal-type » (le mot idéal ici vient du mot « idée »). En premier lieu. le sociologue va construire un tableau intermédiaire qui sera comparé à des situations censées être similaires. • Le sociologue. On fondera ainsi un type idéal qu'on va essayer de retrouver à chaque fois.Ordre de ce qui est quantifiable. le pouvoir d'un groupe restreint on parlera alors de type oligarchique. il peut s'agir d'un type de rapport au politique. Qu'il s'agisse d'un fait politiques. Tandis qu'Emile Durkheim est dans une logique beaucoup plus large (macro-sociologique). • En revanche.début 20ème). En quoi ceci permet d'étudier les formes et l'évolution de l'Etat moderne. une rationalisation des éléments singulier d'une réalité. l'objectif donc et de se recentrer non pas sur le groupe mais sur l'individu. Se pose cependant une question fondamentale : comment appliquer cette méthode à l'étude du politique ? 1)La méthode Max weber va structurer sa méthode en trois étapes: • L'observation afin de créer.
l'appartenance à un cadre de valeur. il pense que la somme des actions individuelles forment une trame social (individualisme). Par ailleurs en quoi le rapport à la domination politique et à l'obéissance à la domination politique permet-il d'expliquer. d'un système ou d'une organisation sociale. n'éclaire pas le pourquoi
. Si la caractéristique principale de ce groupe restreint est d'appartenir à un clergé. Il va d'abord distinguer la notion de domination et la notion de puissance: • La domination renvoie au mécanisme d'acceptation par un groupe donné d'une idée ou d'un ordre. L'idéal type est un modèle explicatif a portée générale dont l'objectif est de mettre en exergue les traits saillants d'une réalité sociale. Ainsi dans l'exemple de l'oligarchie. une analyse sociologique plus générale nous permettra d'expliquer le pourquoi de l'apparition d'un pouvoir du groupe et ses conséquences. on dira alors qu'il s'agit d'un pouvoir d'une oligarchie. Max Weber est plus dans une sociologie du politique. Max Weber ne contredit pas ce postulat. Le concept ne veut pas dire ici la forme de représentation idéale ou de référence. Mais cette notion de puissance. Exemples: • Si derrière l'organisation politique d'un pays. Idéal-type au sens littérale du terme signifie une représentation. Il s'intéresse au pourquoi de l'obéissance à l'ordre politique. on décèle l'action d'un groupe. va essayer d'expliquer par comparaisons les différences entre les modèles étudiés. L'idéal type que l'on tire du type oligarchie serait le pouvoir d'un groupe restreint. A chaque fois où on trouvera ailleurs. Enfin. L'idéal-type « pouvoir du groupe » nous livre une première analyse mais la comparaison des différentes expériences va nous livrer les variantes possibles. • À partir des traits saillants. Max Weber va essayer de voir si l'obéissance à un ordre politique vient du fait que cet ordre politique dispose des moyens de la puissance.
• « Un groupement de domination politique est celui dont l'existence ainsi que la validité des règlements sont garantis de façon continue à l'intérieur d'un territoire géographique déterminable par l'application et la menace d'une contrainte physique de la part de la direction administrative ». Autour de cet homme. l'apparition d'un appareil administratif achève l'évolution de la forme de domination et l'amène vers un dualisme entre une forme traditionnelle (le prince) et une forme plus rationalisée (Etat major administratif particulier). La domination charismatique: Ce type de domination correspond au groupement fondé sur la soumission personnelle et direct de ses membres à un chef. La légitimité du pouvoir dans le cadre de cette forme de domination. Il y'a deux évolutions possibles: ◦ Soit le système s'effondre quand le chef décède ◦ Soit on installe une base légale pour perpétrer le régime par une succession héréditaire par exemple. Dans le système traditionnel. La domination légale-rationnelle: Il s'agit de la forme moderne et actuelle de la domination. » Ce cadre normatif s'applique non seulement aux gouvernés mais constitue un cadre particulier dans
. des individus à un ordre légal. La légitimité est aussi fondée sur le consentement des gouvernés. va se constituer une communauté émotionnelle. C'est-à-dire qu'il est perçu par les individus comme doué d'un force ou d'un caractère surnaturel. Le cadre légal selon Max Weber est : « un droit établi rationnellement et composé de règles abstraites. Exemple: Arabie saoudite. Pour Weber l'exercice de la domination et de la puissance ne se fait qu'à travers des groupements de domination politique. Ces « spécialistes » sont choisis en dehors du cercle royal. il y a eu une succession de trois modèles. les liens entre le prince et ses sujets ne sont pas codifiés par des lois ou par des règlements. Donc il préfère utiliser une autre notion. Progressivement. logiquement agencées auquel obéit le détenteur légal du pouvoir lorsqu'il ordonne et le membre du groupe auquel s'applique l'ordre légal. un personnage. Le prince distribue les postes à ses proches. est la référence à une norme rationnelle. Mais M. Max Weber pense aussi que les formes de dominations se sont transformés en fonction de l'évolution des groupes de domination politique. Cette forme de domination est plus fragiles puisque basée uniquement sur la prééminence d'une seule personne. La norme légale-rationnelle est donc le critère fondamental de cette forme de domination. C'est la tradition qui borne l'action du souverain et l'action de toutes les autorités. Elle est marquée par une confusion entre la personne. on voit apparaître de nouvelles fonctions. trois formes de dominations. On entre dans le système charismatique. investit d'un charisme. Dans cette forme de domination. Par exemple: Dans certains pays on dévie d'une base légale. dans les systèmes primaires. Ces trois formes de domination se succèdent dans le temps mais peuvent se superposer: • La domination traditionnelle: Elle est liée au respect de la coutume lorsque celui-ci s'enracine et se perpétue dans le temps. Leurs titulaires sont désignés en fonction de la détention d'un savoir et non pas sur la base d'une proximité avec le prince. basés sur l'autorité du chef de clan. impersonnelles. Weber se pose la question de savoir si la domination et l'exercice de la puissance serait le propre des Etats modernes ? Il va partir d'une hypothèse selon laquelle l'Etat n'est qu'une forme possible de domination du politique. Il n'y a pas de coutumes ni des règles auxquelles peut s'adosser le système.de la soumission des individus à un ordre politique. le pouvoir du détenteur de l'autorité ne peut pas s'exercer en dehors d'une acceptation de celle-ci dans le cadre d'une coutume. celle de l'état contemporain. Il montre que historiquement. La seule possibilité de survie d'un tel régime réside dans sa capacité à créer des règles ou a intégrer des éléments traditionnels. les charges sont assumées à vie et peuvent être héréditaires. d'un texte qui va progressivement dénaturé le système du pouvoir. Dans une troisième étape. Elles sont spécialisées. Ainsi. la structure de commandement centrale (le prince) et sa proche garde. la structure de l'Etat est particulière. Weber démontre que ce système n'est pas figé et évolue dans le temps. abstraite et impersonnelle.
À l'intérieur des ces bureaucraties. Les valeurs que le sociologue porte peuvent provenir du contexte dans lequel il vit. sa permanence. soit par l'obéissance tacite à une coutume. Donc. Weber démontre qu'il y a une division et une spécialisation des fonctions et il y a aussi une séparation entre ce qu'il appel les « fonctions de commandements » et les « fonctions de coercitions ». Elles ont une « activité continue » et elles sont saisissable à travers une production.lequel s'intègre et obéit le pouvoir des gouvernants. Durkheim va s'attacher à une étude par le biais d'une technique précise. les actes pris conformément à un droit. Par ailleurs. Introduction: Dans le chapitre précédent. c'est-à-dire la prédiction d'une organisation politique ? Autrement dit. En s'attachant à ce projet.). muté. dans ce système. ainsi que celui qui s'applique aux gouvernants. sont subordonnés à la réalisation d'un objectif qui lui est extérieur (enseignement. ont été pré-détermine. est-ce que la science politique est prédictive ou est-ce qu'elle est compréhensive uniquement ? Le système de réflexion que construit Karl Marx à essayé de répondre à cette question. Pour Weber. notre rapport à la société nous est dicté par la société elle-même. dit que la structure des rapports aux pouvoirs est déterminé peut être par notre rapport à la société mais aussi par les valeurs que nous portons. Ce modèle s'impose selon Weber par « sa précision. sa permanence. voire à un groupe social. Les modèles peuvent cohabiter. s'est posé la question du rapport aux valeurs. le groupe a été consulté pour obtenir son consentement. un espace politique. son existence. Toujours selon Weber. Karl Marx donne à la science politique une finalité nouvelle. le travail du sociologue peut-être influencé par le contexte du moment. Une science n'a pas de parti pris.
. Cette posture pose problème. inédite pour l'époque où il produit son système de réflexion. ou peuvent ne pas être permanente. outre l'absence de neutralité. contemporaines et celles à venir. Ce problème se pose aussi lorsqu'on considère la science politique en générale.. Ainsi le métier du politologue peut être considéré par certains comme un prolongement du « conseil du prince » répondant à la question: ce que doit être le politique. (séparation des pouvoirs). Ce qui signifie que le cadre légal qui s'applique aux individus. La question des valeurs intéresse aussi le métier du sociologue car ce dernier ne vit pas en marge de la société. l'application stricite de la violence légitime sur un territoire donné. car il doit porter un regard clinique sur la réalité sociale. L'existence d'une organisation administratives et l'existence d'un cadre légal rationnellement et strictement agencé constituent le critère central de ce type de domination. Il est titulaire de la charge mais peut être révoqué. du cadre dans lequel il vit. la question qui se pose alors: est-ce que la science politique sert à découvrir. Karl Marx pensait qu'une science de l'histoire permettrait d'explorer les modes d'organisations du politique révolu afin de mettre en exergue les lois d'organisation du politique dans les sociétés actuelles. c'est-à-dire ses finalités. Sur un autre plan. La question des valeurs est donc importante car en l'absence d'une neutralité proclamée et pratiquée. la structure bureaucratique n'est pas une fin en soit. le titulaire de la charge ne peut s'approprier ses fonctions. celles que portent les individus dans leurs rapports sociaux et qui peuvent s'exprimer à travers leurs actes. Max Weber. son rigorisme et la confiance qu'il inspire ». . dans le modèle de la domination légale-rationnelle. peuvent avoir pour référence l'appartenance à une culture. Chapitre 3: Prédire ou comprendre ? La finalité de la science politique. Pour Weber. à mettre en valeur la succession des ordres politiques futurs. sa discipline. et que préalablement à leurs mises en oeuvre. les bureaucraties (termes utilisé dans le sens de l'organisation particulière) modernes constituent une parfaite illustration de ce type de domination. Les deux précédents modèles s'imposent en réalité soit par l'obéissance à un homme. Alors les lois qu'il va mettre en évidence. l'objectif de Max Weber a été de construire un cadre méthodologique général suffisamment large pour permettre d'étudier les formes que prend le rapport au pouvoir mais aussi de rendre apparentes certaines structures qui concourent à l'exercice du pouvoir. même si par nécessité il doit se détacher de ses propres valeurs. ce qui distingue aussi ce modèle par rapport aux autres est sa prévisibilité.. il s'agit d'un regard scientifique avec des méthodes neutres et permanentes. santé. c'est-à-dire. Max Weber démontre que contrairement au système traditionnel. peuvent ne pas refléter des aspects du réel qu'il observe.
Il faut lire cette oeuvre en rapport avec le contexte intellectuel de la seconde moitié du 19ème siècle et notamment à travers le double apport que va constituer pour l'oeuvre de Karl Marx. Toute l'oeuvre de Marx se veut une révélation et une vérification des lois de l'évolution historique. en disant que si l'on ne participe pas au politique. Il est permis de se poser la question de savoir si l'oeuvre de Karl Marx relève de la sociologie politique ou de la philosophie politique. Avant lui. La méthode de Karl Marx se veut une méthode scientifique à laquelle il donne le nom de « matérialisme historique » cette méthode est décrite dans le Tome 1 du Capital. À partir de la philosophie politique allemande et l'économie politique anglaise (Ricardo).Section 1: L'apport de Karl Marx L'influence de la philosophie politique et de la sociologie de Karl Marx a été déterminante sur les sciences sociales. Karl Marx exprime cette corrélation ainsi: « c'est le mode de production de la vie matérielle qui conditionne le processus de vie social. Autrement dit. À partir de cette observation. la nature. Son objectif aussi était d'essayer d'anticiper les modes de productions à venir. Il faut lire cette oeuvre en rapport avec le contexte du moment. Karl Marx estime que c'est le statut social qui commande le reste. chaque modèle de domination politique n'est que la conséquence d'une structure sociale qui elle même ne serait que la résultante d'un mode de production particulier. Mais. 1) La méthode: le matérialisme dialectique. A cette question. Objectif de cette méthode: • Jeter les bases d'une science de l'histoire non pas dans le sens d'un succession des sociétés humaines mais dans le sens d'une succession des modes de production révolus et ceux à paraître. le mode de production donne la forme sociale. Sous section 1: La double influence de la philosophie politique allemande et de l'économie politique anglaise Une double influence intellectuelle se trouve à la base de toute la réflexion de Karl Marx. Dans un premier temps. En parallèle il essaie de démontré que les systèmes politiques ne sont que la conséquence du rapport à l'économie. politique et intellectuel. le type des modes de productions qui précèdent le mode capitaliste (hypothèses). Marx essaie de déduire à partir de ce mode de production. Il inverse la logique. c'est parce qu'on ne peut pas. Tocqueville l'a démontré dans La démocratie en amérique. Selon lui. il est vrai que les structures politiques. il va s'intéresser à la mise en valeur des lois de fonctionnement du mode de production dont il était le contemporain. c'est-à-dire la seconde moitié du 19ème siècle. les conditions politiques dans lesquelles elle baigne. Ainsi il pense que la classe ouvrière en émergence. il faut lire cette oeuvre en fonction de l'objectif politique et de l'acteur politique qu'a été Karl Marx. les modes de production seraient particuliers et
. Cependant. ne sont en réalité que la conséquence du mode de production capitaliste. Marx a voulu construire: • Une méthode d'analyse • Une critique du modèle économique du moment • Un projet de transformation sociale L'objectif n'est pas uniquement d'étudier. Mais. Raymond Aron pense que Karl Marx n'a pas été un sociologue mais il pense qu'il y a de la sociologie dans l'oeuvre de Karl Marx. Il pense ceci sur trois plans: • Il y a de l'observation • Il y a la volonté de l'établissement de lois explicatives de l'évolution du social • Il se donne pour objectif d'établir une théorie générale Observer comprendre et établir des lois. le modèle d'analyse de Marx est particulier. Autrement dit. Pour Marx. la philosophie politique allemande et l'économie politique anglaise. c-à-d le mode de production capitaliste. mais d'étudier pour agir. au centre de tout processus historique il y a une combinaison spécifique des rapports de productions. C'est l'économie qui commande tout le reste. Si on regarde de près. ce n'est pas parce qu'on ne veut pas. il va établir un rapport entre mode de production et organisation sociale. par une sorte de régression logique.
Une explication scientifique de l'évolution de l'histoire La théorie de Marx est un « historicisme ». on entre dans l'ère des masses. les philosophies ont présentées l'Etat comme le reflet et le garant de l'intérêt général. Or selon Marx. ont eu un impact considérable sur la théorie de Marx. ➔ Accélération du progrès technique et notamment ce qu'on pourrait appeler le génie
. Selon Marx. dans une première phase de l'histoire humaine. notamment les travaux du courant classique. on va voir apparaître à côté de l'ordre politique. notamment la montée en puissance de la bourgeoisie. Karl Marx constate par ailleurs qu'il y a un accroissement continu des forces productives. Mais paradoxalement. C'est-àdire que la propriété des choses revenait au groupe. Il lui faut donc une conscience de classe. les conditions économiques. Pour lui. Ainsi. auraient pu s'opposer à ce coup d'Etat qui réinstaure l'Empire. C'est en cela que la situation sociale et économique des individus peut-être soit un handicap. À partir de ce stade. • Ce n'est pas la structure institutionnelle qui commande l'économie mais c'est l'inverser. l'histoire ne serait qu'une succession de ces formes de domination et une succession des antagonismes de classe. Mais l'ensemble de l'histoire humaine est traversée par une loi unique. il y avait une forme de « communisme primitif ». l'acteur social n'est pas l'individu détaché de la société. C'est-à-dire. les paysans ont apporté leur soutient à Napoléon. soit un incitatif à l'action politique. D'où cette contradiction fondamentale et permanente. • Le contexte économique et social de l'époque. antagonisme de classe et structure politique qu'elle que soit la période historique. Mais selon Marx. Ainsi. est un acteur doué de volontés et de raisons rassemblées et soudées par les conditions de vies et de travail. Selon lui. • Selon lui. l'Etat n'a plus de fonctions économiques. sociale et industrielle. classe la plus nombreuse en France. Il est plutôt une sorte d'instrument entre les mains de la classe dominante. la société civile et l'Etat étaient confondu. La classe. À ce stade. si l'ancien régime en France en tant que structure politique et sociale s'effondre à la fin du 18ème siècle. un ordre économique. A partir de ces constats multiples Karl Marx tire deux lois fondamentales : • Il existe une relation entre structure de la propriété. Ainsi. il n'est que l'instrument d'une minorité. celle d'une opposition qu'on trouve à toute les époques entre les détenteurs des moyens de production et ceux qui sont voués aux tâches d'exécutions. les paysans. l'absence de cette conscience collective explique par exemple l'absence de réaction pendant le coup d'Etat de 1851 qui rétablit l'empire. cette classe ne peut pas être un acteur agissant si elle ne dispose pas d'une conscience de sa propre force. alors qu'en réalité. Le progrès technique nécessaire à l'augmentation des profits des détenteurs des moyens de production à pour principale conséquence de rendre caduc les organisations institutionnelles et politiques.spécifiques à chaque période. c'est parce que l'évolution économique. ni l'individu comme composant élémentaire d'une société. une différenciation entre la politique et l'économie. ne s'était pas accompagné d'une modernisation politique qui prenne en compte l'aspiration de la classe montante à une participation au pouvoir. dans les écrits de Marx. La seconde moitié du 19ème siècle est un moment particulier dans l'aire industrielle ou cohabitent trois tendances: ➔ Passage d'un capitalisme familiale à un passage à un capitalisme de grandes firmes. Ainsi. mais aussi le cadre général de réflexion sur l'économie. Il y avait à cette époque. mais ne ne pouvait accorder ou octroyer un droit de propriété. un droit d'usage et non pas de propriété. celle qui possède les richesses et concentre la propriété du capital. C'est-à-dire. la situation sociale et politique auraient du pousser les paysans à se révolter. 2)L'apport des travaux des économistes anglais à l'analyse de Karl Marx Le contexte de la seconde moitié du 19 ème siècle. Le chef de la tribu pouvait accorder l'usage de la chose aux individus. une doctrine qui essaie d'expliquer l'évolution des sociétés humaines à partir de lois qu'on estime permanentes et qui commandent au réel. de ses moyens. L'apparition de la propriété mobilière et immobilière va entrainer la différenciation entre l'Etat et la société civile. qui fort habilement. a rétabli le suffrage universel. L'acteur principal selon lui est la classe sociale. c'est l'économie qui commande le politique Le primat du tout social sur les pensées et les actions individuelles Avec Karl Marx.
c'est-à-dire. Mais on trouve chez Marx. Ce qui a pour effet immédiat la paupérisation croissante de la classe ouvrière. qu'il y a une décalage de plus en plus grand entre le rythme de progression de la population et le rythme de la production des denrées agricoles (effet de ciseaux). R. C'est ainsi qu'il sera le rédacteur des statuts de la première internationale. Il proposera d'ailleurs une théorie de l'action révolutionnaire (Manifeste du parti communiste). Prémisse d'une substitution de la machine au travail. un auteur français dit la même chose (Etienne Leroy Beaulieu. va donner à Karl Marx un argument central: celui du caractère foncièrement injuste de l'ordre économique en cours. tire de tout ça. Marx a été l'observateur et l'analyste de cette époque. une analyse. Il note d'après ses observations. Il va tirer une conclusion majeure lui permettant de fonder une « science de l'histoire ». ce qui accentue le caractère injuste. David Ricardo va permettre à Karl Marx de construire une nouvelle théorie économique: La notion de valeur travail. Il vante d'ailleurs les effets régulateurs des guerres et des épidémies. une étude. plus on mettait en production des parcelles et des surfaces peut fertiles. David Ricardo a été un fin observateur de son époque. il propose la création d'une organisation du monde ouvrier. que plus la population augmente dans un pays donné. un Etat. si la classe ouvrière est de plus en plus importante. Il propose une limitation des naissances et une suppression des aides aux pauvres. la traduction de la production et du profit en unité de travail. si sa situation se dégrade ceci va la pousser à une révolte généralisée qu'il convient d'encadrer (et non pas de susciter). L'Etat moderne et ses fonctions). un peu sous le même angle que Malthus. Sous section 2: Une science de l'histoire Remarques: • Chez Karl Marx. Dans un système où la progression du profit tend à culminer voire à baisser.] Ce pessimisme et aussi l'usage de cette analyse pour justifier l'ordre libéral et l'ordre économique.industriel: les moyens de production se mécanisent et augmentent la productivité horaire. en se basant sur le cas de l'agriculture. deux conclusions majeures: • Le système capitaliste qu'il observe est fondé autour de la répartition du profit entre la rente et le travail. inéquitable du système. ce qui amène les propriétaires terriens à diminuer la part laisser à ceux qui travail la terre et à augmenter leurs propres rentes. de sa période. • L'apport des travaux des économistes anglais à Karl Marx. Il montre. Selon lui. Il a voulu en être l'acteur. Il devient acteur de son époque. Essai sur le principe de population. ➔ Dégradation de la condition ouvrière avec une journée de travail qui durait parfois 14 ou 15h. une prédiction de ce que devait être un gouvernement. Ce qui signifie que les coûts de mise en production augmentent mais corrélativement les profits baissent. Deux auteurs ont fournis à Karl Marx la base théorique de sa théorie économique: Robert Malthus 1766-1836 David Ricardo 1772-1823 Dans un ouvrage. Absence d'une sociologie de l'Etat chez Karl Marx. Car. Il a fondé son analyse politique sur deux hypothèses de base: ◦ Absence de toute autonomie du politique par rapport à l'économique ◦ L'étude du politique ne doit pas être centré sur l'Etat mais un système plus large
. La concentration capitalistique de la production s'accentue. face à la détresse ouvrière. la part du travail tend à baisser au minimum vital voire en dessous. cet écart de plus en plus grand mènerait l'humanité à la famine. Malthus s'est donné pour objectif de justifier le credo libéral et l'ordre économique dont il était le contemporain qui selon lui était fondé sur la propriété et sur l'inégalité sociale. Karl Marx. il n'y a pas une sociologie politique et encore moins une sociologie de l'Etat. • A partir de cette analyse économique Karl Marx va tirer une conclusion politique: En effet. [En 1897. face aux crises économiques a répétition.
En revanche. par des structures latentes. mais l'ensemble des structures dans une société donnée. moraux ou normatifs. postule à l'idée qu'il y a une sorte de confusion. ses valeurs. interprète. celui qui observe. Ainsi. C'est la somme des actions individuelles qui forment le tout. Il pense que l'Etat à une position secondaire par rapport aux structures économiques dans la distribution du pouvoir dans une société donnée. il s'éteint ». L'Etat ne serait en quelque sorte qu'une institution secondaire même si vers la fin de sa vie Marx a essayé de construire une théorie de l'Etat qui est restée inachevée. la classe dominante (entendue sous l'angle économique) et les structures politiques et institutionnelles et ce quelque soit la période. Ainsi dans son ouvrage. Max Weber identifie deux obstacles devant ce qu'il appel un projet d'une sociologie compréhensive du politique: • Le rapport aux valeurs: non pas le rapport aux valeurs dont serait porteur le sociologue mais les valeurs dont serait porteur ceux qui agissent. Le jugement de valeur est une opinion émise sur une attitude ou une situation en le « jugeant » en fonction de critères. il ne dicte pas et il ne prescrit pas. • La rationalité de l'action. L'Etat n'est pas aboli. Ce schéma d'analyse constitue une des faiblesses de l'analyse marxiste car on ne sait pas si Karl Marx pose des jalons d'une histoire à venir ou si il pose les bases d'une idéologie. l'objectif premier d'un sociologue est d'expliquer en excluant tout jugement de valeur. Le capital. Section 2: Comprendre: l'autre apport de Max Weber. seul l'Etat est capable de réaliser une coexistence pacifique de ces trois niveaux. la famille et la société civile. la classe dominante assure la perpétuation d'un système économique. par comparaison. Toujours pour Hegel. l'Etat est ce qui permet la symbiose entre l'individu. Pour Hegel.Hypothèse 1: L'absence de l'autonomie du politique par rapport à l'économie C'est la structure économique dans un pays donnée. Max Weber n'a pas cherché à prendre en défaut ou en contre pied les analyses marxistes. Mais ce même Etat n'est en réalité que le reflet d'un rapport de domination. la nature du pouvoir et sa distribution. d'osmose entre d'une part. Hypothèse 2: Une analyse plus large du politique Marx. Max Weber encadre strictement ce qui relève du métier du savant. Cette contradiction fondamentale à l'intérieur de l'Etat fait que celui-ci s'achemine vers sa fin car dans une société où sera aboli le rapport de domination d'ordre économique alors « le gouvernement des personnes fait place à l'administration des choses et à la direction des opérations de production. Il suppose simplement que la sociologie. Sous section 1: Le problème du rapport aux valeurs Max Weber reste fidèle à la tradition positiviste. Ainsi. la société civile et la famille. Ce dernier décrit. peu visibles dans lesquelles. Le savant et le politique. Pour lui. les acteurs sociaux. Donc il ne saurait satisfaire aux exigences de cette coexistence pacifique entre l'individu. n'investit pas que les structures ou les rouages de l'Etat. Cette théorie devait être une critique de la théorie hégélienne de l'Etat. doit étudier. l'ensemble de la société. celui qui observe. Cependant. éthiques. Il doit étudier les faits sociaux sans porter des jugements de valeur. n'a pas à être conservatrice ou réformatrice. Donc s'intéresser uniquement à l'Etat renseigne peu sur la distribution et l'exercice d'un pouvoir dans une société donnée. par l'observation. Elle ne sert pas à construire des projets politiques. car selon lui l'Etat ne saurait protéger sans priver l'individu d'une partie de sa liberté. doit avoir pour souci principal de taire ses inclinations personnelles. des structures et des institutions sociales. le rapport aux valeurs par différence. son raisonnement du postulat de construction d'une science car celle-ci ne peut faire l'économie d'une vérification des hypothèses de départ par l'expérience. l'Etat est peu étudié. Ainsi. constituent objectivement des lieux d'exercice du pouvoir. Il pensait que le sociologue. Cette osmose ne concerne pas uniquement que l'Etat ou les structures institutionnelles. Karl Marx postule à l'inverse. ce qui éloigne sa production. doit s'intéresser. La domination s'exerce par d'autres institutions. le sociologue. à un moment donné particulier qui détermine la forme des institutions. la classe dominante. Il pense que cet Etat n'est qu'un instrument qui traduit les intérêts de la classe dominante dans le cadre d'un rapport de production donné.
. dans les écrits de Karl Marx.
Sous-section 2: Le problème de la rationalité de l’action Quand on parle d’une rationalité de l’action en science politique. Il signifie. une fin et des moyens. • Ainsi Max Weber donne un exemple: La révolte de Berlin de 1848. En revanche. il y avait des éléments fortuits ou intentionnels. Ceci ne veut pas dire
. leur apparition ou leur disparition. L’action traditionnelle. Weber affirme qu’il n’existe pas de théorie générale. Selon lui. reconstituer un tableau. Mais la situation politique. déclencheurs. Il démontre que les évènements qui ont conduit à cette révolte ont été déclenché par deux coups de feu tirés accidentellement. on désigne un type d’action où il est possible d’identifier les objectifs. faits et structures. affective. Ainsi par exemple. Weber va établir deux règles pour cerner et analyser le rapport aux valeurs sous-jacentes aux actions des individus. A partir de là. selon Weber. L'intérêt de cet exemple est de faire une distinction entre ce qui est redevable aux valeurs et ce qui relève d'une origine accidentelle. Il faut introduire une rationalité relative dans l’ordre chaotique des actions sociales tout en respectant le détachement vis-à-vis de l’objet c'est à dire faire de telle sorte que les analyses du sociologue ne soient pas entachées de jugements de valeur. Comme dans le cadre de son projet construisant la méthode de l'idéal-type. En revanche. Weber n’établit pas une hiérarchie entre les valeurs. le vote ou l’abstention en tant qu’action doit être relié a un rapport a l’action politique. dans la phraséologie et dans le projet scientifique de Weber. Comme dans le cas des formes de domination. Les sciences sociales et de ce fait la science politique n’ont pas pour objectif de trancher la question des objectifs et des fins du politique ( à quoi ça sert ?) . rationnelle en valeur et l’action rationnelle en finalité: • L’action traditionnelle désigne un type de conduite machinale à travers laquelle l’individu se plie inconsciemment à des valeurs jugées évidentes. Weber va mettre en évidence 4 types d’actions qui selon lui résument en partie les partis politiques.En revanche. Max Weber va utiliser la méthode de l’idéal type. Il faudra alors par une technique d’enquête essayer de cerner les motivations des individus et essayer de déduire de ces motivations leurs valeurs c'est à dire ce que les individus avancent comme cause explicative de leur comportement. il pense que c’est la confrontation entre les valeurs qui explique l’avènement des structures politiques. Contrairement à la sociologie de Marx. A l’inverse de Marx. 1) La reconstitution de la séquence dans laquelle s'est inscrite l'action Cette première phase consiste en une reconstitution de la généalogie de l'évènement afin de voir si dans l'enchevêtrement des faits. 2) Comparer le sens donné par un individu à une action par un entretient par Ex et le sens latent que peut reconstituer le sociologue Le sociologue est un observateur qui doit. La sociologie de Weber se veut une sociologie avec une compréhension de l’action sociale.: • La reconstitution de la situation objective dans laquelle s'est inscrite l'action. • Attitude compréhensive = le sociologue doit essayer de trouver la relation possible entre les valeurs de l’individu et les actions de celui-ci. l'étude des motivations et des significations que les individus assignent à leurs actes. le rapport aux valeurs relève. comprendre une action sociale c’est s’engager à introduire une rationalité. leur objectif est de rendre apparent par des méthodes et des techniques les enchaînements et relations entre valeurs. Ainsi. Ce type d’action n’est pas sans rappeler les rites et les actions coutumières qui prennent lace à l’intérieur de société ou de groupe ou il y a une forte référence à des conduites acceptées en tant que telle. le sociologue se doit d’adopter une attitude compréhensive des valeurs dont seraient porteurs les individus. C'est à dire que l'on va décrire. • Comparer le sens donné par un individu à une action et le sens latent que peut déceler le sociologue. un ordre dans l’enchevêtrement des actions individuelles. d'une tout autre catégorie. la situation de crise était telle que n'importe quel événement aurait eu pour effet de déclencher une révolte. le rapport entre la signification donnée par l'acteur à son acte et l'action elle-même constitue l'objet de la sociologie compréhensive. opérer ce qu’il appelle un détachement axiologique c'est à dire de taire ses préférences propres et ne pas laisser imprégner son travail par des considérations personnelles.
elle se situe à la frontière du comportement psychotique et du comportement rationnel. Il en va ainsi par exemple de l’allégeance à un ordre traditionnel ou l’acceptation d’une structure traditionnelle du pouvoir. de la coutume . d’abord. A titre d’exemple. un tableau d’analyse pour réduire la complexité du réel même s’il pense qu’il n’existe pas et qu’il ne peut exister une théorie générale. Ce type d’action imprègne surtout les sociétés ou malgré l’existence d’un système légal rationnel le pouvoir des chefferies rationnelles reste reconnu et important. L’action affective est marquée par la prédominance de l’instinct et de l’émotion . Si le premier s’attache a construire une méthode générale. L’action traditionnelle peut être motivée par un ensemble d’interdit plus ou moins larges selon les sociétés. L’acteur s’intéresse au déroulement de son action et néglige les conséquences directes de son acte. Il s’agit donc d’une morale inconditionnelle du tout ou rien ».•
qu’il n’existe pas de règle mais que celles-ci ne découlent pas d’un système de référence normé et rationnel. un acteur animé par une éthique de conviction serait vraisemblablement « un homme de principe animé par le sentiment d’obligation envers ce qu’il considère comme son devoir sans considération des conséquences que pourraient entraîner la réalisation de son idéal c’est le cas du pacifiste purement doctrinal qui réclame à tout prix la paix sans tenir compte des conséquences ni du rapport de force. Ce type d’action se retrouve dans les sociétés traditionnelles mais on les retrouve aussi dans certaines sociétés ou le mode de domination est un mode légal rationnel. l’action affective peut expliquer assez facilement les attitudes politiques ou l’évolution d’un vote quand surviennent des évènements qui bien que n’ayant pas une valeur politique en soi peuvent changer la perception d’un électorat. l’action rationnelle en valeur serait le fait d’individus isolés ou de groupes restreints. le sociologue se donne comme objectif de construire des méthodes c'est à dire des grilles d’analyse permanentes censées mettre en exergue les lois latentes qui gouvernent le social et le politique. Toutes les actions individuelles se réfèrent à un code de conduite accepté de façon inconditionnelle. L’action rationnelle en valeur elle est le fait d’individus s’inspirant de leur seule conviction personnelle et qui n’envisage pas les conséquences prévisibles de leurs actes. les individus se donnent un plan en deux temps. La deuxième étape est celle de la définition des moyens pour parvenir a la réalisation de l’objectif. la définition des objectifs a atteindre (ex: s’emparer du pouvoir)
Ici entre en jeu des considérations idéologiques propres au groupement en question. En revanche.
. l’acteur agit en fonction « d’une éthique » de conviction. c’est « l’éthique de la responsabilité » qui fonde l’action rationnelle en finalité. • En revanche. l’action rationnelle en finalité est le propre de toute organisation politique dont l’objectif est de concourir pour le pouvoir ou de participer à un projet politique. Contrairement à l’action affective. en cela il reste fidèle aux enseignements de l’un de ses maîtres : Simmel. évalue les moyens les plus appropriés pour atteindre la fin. Elles peuvent avoir pour origine des croyances mystiques ou religieuse. Il en va ainsi par exemple de la permanence de la référence à la religion dans un certains nombre de pays qui par ailleurs ont imposé un principe de séparation entre les Etats et l’Eglise. le partisan de l’éthique de responsabilité tient compte du possible. Dans l’action rationnelle en valeur. L’éthique de conviction s’attache uniquement aux fins tandis que l’éthique de la responsabilité analyse le rapport entre les fins et les moyens. guident les actions individuelles et expliquent jusqu'à un certain point le rapport au politique. le second reste fidèle à ses convictions et à son objectif : celui de construire un cadre théorique. Pour conclure sur ce chapitre. Dans ce type d’action. Ici prévaut un calcul entre fin et moyen. Cependant une différence fondamentale est à souligner entre Marx et Weber. Il est conscient de l’impact du but qu’il poursuit et de sa responsabilité a l’égard d’autrui. Les individus obéissent à un ordre politique mais motivent cette acceptation par un rapport à la religion. Certaines institutions qui relèvent de la tradition. • Pour Weber. Les deux dernières actions (en valeur et en finalité) peuvent être envisagées sous l’angle d’un rapport aux valeurs. autant chez Weber que chez Marx. L’action rationnelle en finalité elle est le fait d’individus qui sont capables de définir des objectifs et d’évaluer les moyens les plus adéquates et nécessaires a la réalisation de ces objectifs.
Max Weber centre quant à lui son analyse sur le rôle de l’Etat dans la diffusion d’un sentiment de confiance dans une population qui va ainsi accepter plus facilement un ordre politique et une domination. Dès lors. Cette théorie s’articule autour de la notion de violence institutionnelle exercée par la classe dominante. §1 : La contrainte manifeste « Le système de domination actuel va s’effondrer car la domination exercée par les individus va atteindre un niveau insupportable économiquement. 1) le cadre conceptuel Lénine va essayer de continuer le projet de Marx en essayant de construire une théorie de l’état autour de trois axes : l’origine. Section1 : la notion de domination dans les courants marxistes. il est surtout une sorte d’interface qui s’interpose entre une classe minoritaire qui mobilise l’ensemble des piliers du pouvoir et une classe dominée exclue de l’exercice du pouvoir. la notion de contrainte devait être réécrite.
. Ces deux explications soulèvent néanmoins des critiques car elles ne fournissent pas une explication satisfaisante et définitive quand a la pérennité des régimes politiques. Il faut remettre en perspective que leur objectif était une recherche du meilleur gouvernement possible mais ce n’était pas celui de Marx. les analyses du rôle de l’Etat séparait la description de sa structure institutionnelle des moyens d’actions institutionnels. adhésion a l’ordre politique. les institutions et les moyens d’action. Ce projet n’a pas été achevé. reconstruite. Ce dernier en donnant à la domination politique sa consistance économique et philosophique n’a pas approfondi la notion. ce n’est que vers la fin de sa vie qu’il va poser les prémisses d’une théorie de l’Etat. il va être repris par Lénine qui va fixer le cadre général. L’exercice de Marx et Engels était une césure de ces formes d’analyses car leur objectif était de jeter de passerelles entre ces trois éléments que sont la structure. un pouvoir ne peut se perpétuer que dans la mesure ou ils seraient capables d’insérer son action dans une relation ambivalente de domination et acceptation.3e PARTIE : ANALYSE DES MODES D’INSTITUTION DU SOCIAL Introduction: Deux paradigmes ( ensemble de méthode et de technique propres à un champ scientifique structurant la réflexion dans le cadre de ce champ scientifique et qui sont envisagées comme vraies jusqu'à ce que l’on démontre qu’ils sont partiels ou faux :Kuhn) Ils s’affrontent dans la recherche d’une réponse satisfaisante à la question de l’origine du pouvoir. ceux qui sont les tenant de l’idée de contrainte et qui pensent que tout pouvoir ne peut se perpétuer qu’a condition d’exercer de façon continue et multiforme une contrainte sur les individus (on règne plus par la peur que par l’adhésion). n’est pas une idée uniquement marxiste car on la retrouve chez Hobes. En effet. Pour lui. l’analyse marxiste ne permettait plus d’expliquer le pourquoi de la pérennité des systèmes économiques et des systèmes de pouvoir « capitaliste ». Ce projet théorique sera achevé par Engels. Le point de départ de l’analyse de Marx est l’hypothèse selon laquelle l’Etat n’est pas l’acteur d’une domination. Chapitre 1: la domination le pourquoi de la contrainte Qu’est-ce qui fait que les individus obéissent à un pouvoir politique ? Les analyses de Marx ont été centré essentiellement sur la notion de domination. • Le deuxième courant du aux travaux de Weber s’inscrit dans la tradition de la sociologie compréhensive pour ses tenants. au cours du premiers tiers du XXe siècle. Jusqu'à Marx. En quoi consiste le cadre conceptuel que construit Lénine. » mais quand ? Marx et Engels ont situé la contrainte qui pèse sur les classes laborieuses dans l’ordre économique. Machiavel ou Platon qui à divers époque nous ont montré l’adéquation entre domination politique et économique c'est à dire le pouvoir des plus riches ( plutocratie). • Il y a d’un coté. On sépare aussi de l’exercice réel du pouvoir. Ceci explique aussi pourquoi Marx n’a pas mis en évidence une théorie de l’Etat. la nature et les moyens. Il ne situe pas les outils de la contrainte dans une institution particulière qui constitue l’instrument de la domination. Il faut rappeler l’idée que « toute domination politique n’est qu’une domination économique ». l’Etat n’est qu’un instrument entre les mains de la classe dominante.
celui de la construction d’une conscience de classe chez les ouvriers non pas car c’était la classe la plus nombreuse mais car cette classe a en commun une identité faite de déracinement et de mauvaises conditions de vie. la prise violente du pouvoir. La théorie sert à transformer les consciences. ◦ Instrumentale = Pour l’ensemble du courant Marxiste. Engels s’est efforcé d’apporter une contribution dans son ouvrage « l’origine de l’Etat. Ces institutions ont pour objectif de maintenir les choses en état.•
L’origine est une question récurrente de la philosophie politique et la philosophie du droit. Par ailleurs. de la famille et de la propriété ». on trouve un préalable. Chaque classe dominante à chaque période de l’histoire humaine a contribué directement à la production des idéologies ou « a la production des illusions qui structurent les consciences collectives» selon Marx. Les moyens de l’Etat sont de trois ordres : les moyens de pression physique. Une nature instrumentale et coercitive. Selon lui. Marx a été ‘observateur de l’échec de la Commune de Paris et en a tiré un ensemble d’enseignement et construit donc un modèle révolutionnaire. l’Etat n’a pas toujours existé. Ainsi. Ces illusions permettent de perpétuer l’ordre politique. ». nous avons un apport substantiel de Lénine car pour lui l’Etat a une double nature. ensuite. c’est ce qui explique pourquoi Marx et Engels n’accordaient qu’un intérêt marginal à la paysannerie. pour lui la séparation du pouvoir ou les élections ne sont que des illusions. ils se sont donné pour objectif de construire un modèle de transformation des sociétés. Engels ou Lénine. la théorie ne sert pas seulement à comprendre un ordre social. Au centre de ce modèle. Tirant des enseignements de cette expérience. Selon Engels. ◦ La bureaucratie.
2) L’application pratique Chez Marx et plus encore chez Lénine. D’abord. Lénine va aller plus loin car il pense que la classe dominante n’est pas unifiée. la naissance de l’Etat à engendrer la naissance de la propriété privée. ◦ L’idéologie = pour Lénine l’idéologie est sans conteste le moyen le plus achevé des instruments d’actions de l’Etat capitaliste. Le décalage croissant entre la prédiction de la fin du capitalisme et sa réalité telle qu'elle émerge au début du XX ème siècle. la bureaucratie et l’idéologie. Marx a cru voir dans le caractère hétérogène des rangs des insurgés la source de l’échec. il s’agit à la fois d’un processus et d’un moyen. l’Etat est dès sa naissance un outils garantissant la continuité de l’hégémonie de la classe dominante. A ce titre. il s’agit de segment pouvant avoir des intérêts différents. son apparition est liée a la division progressive du travail et à l’appropriation privative des moyens de production. L’objectif premier était de produire un modèle révolutionnaire universel. Ce dernier a exigé la création de structures de plus en plus nombreuses dont l’objectif est de mieux contrôler la société et de perpétuer une domination. Marx remarque que les insurgés n’avaient pas de plan de prise du pouvoir. Le processus consiste a ce que la bureaucratie illustre le long processus d’évolution capitaliste. l’Etat a eu pour fonction essentielle la pacification des rapports entre groupes dominants. il s’agit aussi d’un ressort de l’action « les idées deviennent des forces matérielles ». Ainsi. En même temps. La bureaucratie apparaît alors comme une structure centralisée. Qu’il s’agisse de Marx. Marx et plus tard Lénine vont mettre sur pied une théorie de la guerre révolutionnaire sur trois étages. explique les tentatives de certains penseurs pour ajuster la théorie aux nouvelles donnes du capitalisme moderne. L’absence de ce projet a lourdement handicapé cette expérience. hiérarchisée et ritualisée. Est-ce que notre explication n'est-elle pas fausse et
. « la religion est l’opium du peuple et l’expression de la misère. ils avaient une tactique de terrain mais n’avaient pas assez clarifié leur projet révolutionnaire. l’instauration d’une dictature du prolétariat et enfin le dépérissement de l’Etat et l’instauration de la société communiste. l’Etat n’a aucune autonomie par rapport aux classes dominantes. La nature de l’Etat . ◦ Les moyens de pression physique s’agit surtout de l’armée et la police. Ceci se remarque à l’occasion de la mobilisation de la force publique dont l’objectif est d’arbitrer les conflits d’intérêt entre les masses laborieuses et les classes dominantes. ◦ La nature coercitive = Lénine définit l’Etat comme un détachement d’hommes armés chargés de contenir la classe laborieuse. en observant cette expérience.
puisque Althusser pense que l'Etat capitaliste se distingue par la construction d'un appareil idéologique. Gramsci part d'un constat. Donc. Cependant. Un régime économique. les individus et les intérêts. le plus fort d'A. d'un côté les moyens de la domination ce que Gramsci appel « la société politique » Armée. • La réhabilitation de l'idéologie. mobilise les individus autour d'un idéal. influencer les structures politiques mais ce n'est pas obligatoirement de façon direct et totale. ce que Gramsci appel « la société civile » Parlements. Si l'Etat est à la fois moyen d'exercice de la coercition et moyen de la cohésion sociale. Observant le cas des Etats dont il était le contemporain. ni l'entité instrumentalisée par l'ordre économique tel que le marxisme orthodoxe essaie de le démontrer. ◦ On aura ainsi. Il démontre que la force de l'Etat capitaliste se situe selon lui dans sa capacité de conviction et de mobilisation des masses. cette ambivalence n'est pas sans influence sur son organisation. correspond une société civile très dense où l'Etat crée et organise un ensemble de structures chargées de régler les conflits qui surgissent entre les groupes. la notion de contrainte va devenir le paradigme. construit pour amener les individus à respecter des règles de comportement. S'il est fondé à la fois sur la peur et sur la conviction. Gramsci. un ensemble de structures dont l'objectif est la réalisation d'une société ainsi que le maintient de sa cohésion. des individus. Ces deux ordres ne peuvent exister en l'absence d'une idéologie. de réécrire non seulement l'histoire du capitalisme mais fournir une explication de la perpétuation du système. syndicats. Gramsci remarque qu'à un très haut niveau du développement du capitalisme. selon Gramsci. autour d'images et construit une mémoire collective. bureaucratie. d'une critique de la théorie marxiste: il pense que celle-ci confond évolution économique et évolution sociale. Pour Gramsci. c'est-à-dire. A) Le concept d'Hégémonie A. Il démontre qu'il y a possibilité que les structures politiques évoluent vers plus de justice et plus de démocratie sans pour autant qu'il y ait une transformation économique. analysant l'échec de la révolution en Allemagne après la 1ère guerre mondiale ainsi que l'échec en Hongrie. d'un bilan. notamment dans le cadre d'une participation au débat politique. partis politiques et l'ensemble du tissus associatif. Mais ils se séparent sur un point. Gramsci pense que cette hégémonie ne s'exerce pas obligatoirement par la force. ◦ D'autre part les moyens de la persuasion. • C'est aussi un des premiers à vouloir rompre avec la conception violente du changement. • C'est le premier qui exprime la nécessité de construire un Etat interventionniste. Il pense qu'il n'y a pas obligatoirement de correspondance entre évolution économique et évolution sociale. • Il a été un des premiers à affirmer que le modèle soviétique n'était pas exportable et que la théorie marxiste ne permettait pas la construction d'un cadre d'action politique sans recours à la violence. Deux penseurs vont renouveler le legs marxiste: • Antonio Gramsci (1891/1937) • Louis Althusser (1918 – 1990) Ils se rencontrent sur deux points: nécessité d'expliquer le capitalisme par la notion de contrainte et l'hégémonie. Celle-ci exalte un certain ordre et promet en même temps un type de société. L'Etat est aussi selon lui un outils d'hégémonie. police. C'est ce cadre qui oriente significativement le comportement politique des personnes. Pour lui l'Etat n'est ni l'abstraction libérale. le politique peut avoir une certaines autonomie par rapport à l'ordre économique. un système économique peut commander.comment rectifier le tir ? Dès lors. ces deux échecs vont convaincre qu'il faut reconstruire la théorie marxiste autour de 3 points: • Il propose la réhabilitation du politique. cette ambivalence se reflète dans les moyens et dans les institutions. Gramsci est parti d'une analyse. • La réhabilitation de l'Etat. C'est l'apport le plus substantiel.
. la notion centrale permettant de renouveler. Gramsci démontre que l'Etat au delà de sa structure est un outils de domination: C'est-à-dire un moyen mis en place.
il fonctionne plus à l'adhésion qu'à la coercition. religion. Il réfléchit sur le cas des partis communistes en Europe occidentale en se posant la question de leur devenir et surtout. Pierre Bourdieu reconnaît à Gramsci et Althusser la primauté dans la découvert de la fonction de coercition et la fonction d'hégémonie. Gramsci démontre que l'Etat capitaliste moderne fonctionne à l'adhésion mais aussi à la coercition. il a essayé de réfléchir sur leur difficulté et sur la perte de sens de leur idéologie. c'est à dire la presse. elle évoluent. Bourdieu pense que l'espace social est traversé par un clivage fondamental. la radio. face à une perte de sens. quant à lui. Il s'agit d'une violence symbolique qu'on peut saisir. Mais contrairement à Gramsci. à mesure que le développement économique s'accélère. visualiser à travers un certain nombre de
. où les individus voient leurs niveaux de vie augmenter. Althusser est dans un contexte d'une société apaisée. • Structuration de l'espace social propice à la contrainte intériorisée P. il faut alors investir. Gramsci remarque que ces transformations tardent à venir dans des pays qui auraient du basculer. dans les systèmes politiques dont il était le contemporain sont plus diffuses. Il pense cependant que les ces fonctions ne sont pas figées. Il peut s'agir de symboles. Comme Gramsci. Le point de départ est le même que celui de Gramsci. il va réfléchir sur l'Etat. L'ensemble du champ social: éducation. Il y'a les dominés d'un côté et les dominants de l'autre. Chaque champ particulier est investit par une classe dominante spécifique qui s'approprie le champ en question et produit des valeurs et qui va adapter ce champ à sa stratégie propre. Il pense que la structure sociale pousse les individus à intérioriser la contrainte. Or. de plus en plus large. que cette autonomie est de plus en plus grande. Dans les deux camps il y a des clivages et une hiérarchie. Althusser penser que l'Etat moderne exerce son hégémonie dans des lieux où se construit la conscience politique. Bourdieu. Il va prendre appuie sur les concepts de domination et d'hégémonie développés par Gramsci. ce changement ne peut-être que violent. développer avec précision par Pierre Bourdieu à travers une notion qu'il appel la contrainte intériorisée. de leurs difficulté. elle s'exerce de façon complexe. • Les mécanismes de la violence symbolique La recherche sur les mécanismes de la violence symbolique est sans doute la principale innovation de la sociologie de P. essayer de remédier à ses faiblesses pour fournir une réponse à la perte de sens idéologique.est marqué par ce clivage dominants/dominés. Althusser modère cette ambivalence. les lieux d'enseignements. Dans le marxisme orthodoxe. infiltrer les lieux ou se produit l'idéologie. amène Gramsci a poser la question de la stratégie de conquête du pouvoir et du changement du système. L'espace social est marqué par une circulation de flux que P. Contrairement à Gramsci. Cette idée de localiser dans l'école les mécanismes de reproduction de la société va être développée analyser. de contrainte. culture. s'est posé la question de la rénovation du socialisme dans l'après 2 ème guerre mondiale. plus indirectes. C) La contrainte intériorisée: l'apport de Pierre Bourdieu. B) le concept d'appareil idéologique d'Etat Si Gramsci s'est donné pour objectif l'explication des difficultés de l'avènement de la révolution (sens marxiste). Ces deux catégories ne sont pas homogènes. Il concède que cet Etat dispose d'une relative autonomie par rapport au système économique. Il démontre par ailleurs. de titres universitaires ou culturels. Althusser. il va essayer de relire l'oeuvre de Marx. L'objectif d'Althusser est bien particulier. Cette tactique est a l'opposée de ce que prônait le marxisme orthodoxe C'est-à-dire le coup de force et la prise de pouvoir par une minorité. c'est-à-dire l'école et tous les autres lieux de reproduction du système. L'accès à ces symboles est foncièrement inégalitaire et il reproduit le schéma binaire dominant/dominés. Il se pose la question de l'idéologie des partis communistes. Il démontre que l'Etat moderne fonctionne plus à l'idéologie qu'à la violence. Bourdieu appel des « capitaux ». L'accès à un certain nombre de domaine est structuré selon une logique de dominés dominants. de titres politiques. si dans la société civile se situe les leviers de persuasions nécessaires aux changements de mentalité.Cette triple réhabilitation. Il en tire la conclusion selon laquelle. très rarement physiques. Althusser ne rompt pas avec l'idée selon laquelle l'Etat serait l'instrument entre les mains de la classe dominante. Il pense que cette domination n'est pas uniquement physique ou économique. Il pense que les fonctions de domination.
La première est d’ordre normatif c'est à dire quels sont les critères par lesquels on peut constater le caractère démocratique c'est à dire les procédures de gouvernement. L'ensemble de ces pratiques ressortent directement de ce P. Cette violence est « naturalisée » car es croyances et les conduites sont perçues comme légitime. Pour répondre à la première question. ces pratiques individuelles sont réglées selon des principes qui pour l'essentiel échappent à l'entendement particulier des individus. Stratégies de résignation: les classes populaires seraient plus prompts à se résigner à leurs statuts à leur sorts. Leurs habitus particuliers les amènent à développer des stratégies inconscientes soit de retrait.comportements. soit au niveau de chaque champ particulier les normes et les conduites qui seront tenues pour légitime par les autres agents sociaux et qui façonnent significativement le vie et la conduite des autres agents sociaux. D'autre part. les classes sociales se rangeraient dans des catégories particulières. Il s'agit ensuite d'une violence intériorisée dans la mesure où chaque agent social en raison de sa position participe à son insu à des pratiques qui ressortent en faite de la contrainte. Bourdieu explique l'abstention politique qui est selon lui symptomatique d'une intériorisation des compétences. Non seulement dans le cadre de l'activité politique mais aussi des comportements plus communs comme les modes vestimentaires. règles ses choix. Bourdieu démontre que les fractions dominantes s'efforcent d'imposer soit au niveau de la société globale.
. il s'agit d'une violence socialement acceptée car le fait d'adhérer à des pratiques prédéfinies par d'autres ne laisse pas l'impression de subir une contrainte. Bourdieu. « un ensemble de dispositions intériorisées. Cette prétention à la légitimité des croyances et des pratiques s'exerce dans tous les champs de la vie sociale. Si la démocratie à cette substance la politique qui est un domaine très riche de controverse lui fournit alors une illustration et un cadre d’exercice. Selon P.La seconde renvoie à la nature. . les gouts culinaires ou les loisirs. Ex: La notion de vacance et la concomitance des périodes et des lieux. ◦ Ex: Dans le monde la culture. C'est ainsi que le système se reproduit. C'est ainsi que P. la qualité des régimes politiques c’est de savoir qu’est ce qu’un gouvernement démocratique ? Elle renvoie aux pratiques et pour cela il faut étudier historiquement les différentes formes de gouvernement. • Stratégies de retrait: les classes dominées éprouvent généralement un sentiment d'indignité à l'égard des produits définis comme légitimes. Stratégies de mimétisme: les classes populaires se contentent souvent d'imiter les habitus des classes supérieures ou de se donner des habitus comparables. Bourdieu. c'est à dire. P. Bourdieu appelait les « habitus ». L'habitus oriente l'individu dans l'espace social. une matrice structurée de perception et d'attitude que tout individu possède et qui se modèle en fonction de l'appartenance à un espace social particulier. ses attitudes jusqu'à ses opinions politiques ». Il nous faudra aussi s’attacher à montrer combien cette notion constitue à la fois un idéal insaisissable et mouvant mais aussi un mode de gouvernement qu’on peut saisir à travers un certain nombre de critère comme la participation du citoyen à la décisions et aux modes de dévolution du pouvoir mais aussi à travers les modes de résolutions et d’exposé des grandes controverses qui animent la scène politique. Pour les classes dominées cela deviendrait des standards. soit de mimétisme soit de résignation. les classes dominantes iront particulièrement à l'opéra. La course derrière ce type de symbole est la trame d'une forme de domination et d'acceptation des normes des dominants. Ces pratiques restent en dehors de la sphère d'intervention des institutions. ses goûts. Pour P. Chapitre 2: La démocratie La question de la démocratie a été et reste largement la question centrale de l’étude du politique elle pose a la science politique deux questions fondamentales : . Il s'agit là d'une « position d'aliénation absolue » qui ne se retrouve pas dans les franges intermédiaires de la société mais dans les classes populaires. il faut commencer par définir ce qu’est la démocratie.
Le passage de la démocratie instrument de liberté ( 1eépoque) à la démocratie comme outils de socialisation de la prospérité n’a été possible que dans un certains nombre de pays et dans des zones bien délimitées. cheminer les régimes. la liberté se traduit par l'absence de contrainte et par le sentiment d'une
. une relation entre liberté d’un coté et démocratie de l’autre. si le critère ultime d’un pouvoir démocratique est d’être représentatif on dira alors que l’acceptation de la coercition et de la domination ne serait possible que dans un système ou les individus ont délégué à un pouvoir politique la possibilité de gérer la violence et de leur garantir leur sécurité et leur liberté. la démocratie est tout d’abord un système de gouvernement qui doit inclure la multitude. aux hommes. L’autre critère décisif est celui de la délégation par les individus d’une possibilité d’exercice de la violence légitime par la biais d’un mandat ou d’une représentation. les structures institutionnelles et la situation des individus.Définition provisoire de la démocratie : Si on prend le sens commun. une forme rêvée. Il en est de même pour la mise en œuvre et l’exercice de droit de 3e génération actuelle. Tout pouvoir qui ne procède pas du peuple n’est pas démocratique ! Dès lors. Il s’agit donc d’un contrat au sens de Rousseau mais qu’on retrouve aussi chez Hobbes. l’idée de liberté qui a inspiré la démocratie est en principe illimitée. Cette dernière respecte et garantit la liberté des individus. De fait. Ceci est partiellement vrai car en effet. une situation vers laquelle doivent évoluer. La définition de la démocratie comme un gouvernement du peuple par le peuple est simpliste mais qui permet de caractériser ce qui n’est pas démocratique. Section 1 : L’idée et l’idéal Le terme démocratie souffre d’un excès de signification. La démocratie n’est donc saisissable qu’a travers l’écart qui sépare une situation actuelle et immédiate et un idéal. a) La démocratie comme instrument de liberté. Donc. la démocratie est tout régime dans lequel le peuple peut s’administrer et se gouverner. la délégation tend à la limiter. . Cette exigence n’est définissable que par rapport à un idéal. le principe de représentation. Si la liberté des individus est en principe illimitée et absolue. Montesquieu envisage la séparation des pouvoirs afin de limiter le nombre de participants. . soumet l’autorité au droit et n’accorde ce mandat que de façon momentanée et précaire. Celle de la liberté de tout être humain grâce à laquelle il peut assumer son destin. le peuple dans l’exercice du pouvoir. et vrais citoyens de la cité. des situations et des époques. Il en résulte donc une évolution parallèle de la démocratie comme mode de gouvernement.La démocratie a d’abord été considérée comme un moyen de liberté et c’est ainsi qu’elle sera introduite dans les institutions sous sa force exclusivement politique. Divers écrits présentes les cités grecques antiques comme le lieu ou serait apparut les prémisses de la démocratie. Se pose alors une questions fondamentale : comment garantir la participation de tous à l’exercice du pouvoir ? Très tôt on se rend compte que la participation du plus grand nombre n’était pas possible voire pas souhaitable.L’étape actuelle concerne les sociétés hautement développées ou les institutions crées et mises en places sont censées permettre un plus grand contrôle de la collectivité non seulement sur le pouvoir politique mais aussi sur l’économie.Elle a ensuite été considérée comme un instrument de justice entraînant de profondes réformes notamment à travers la mise en place d’outils d’institutions pour enraciner de nouveau droits qui relèvent de ce qu’on a appelé la dynamique économique et sociale. La connotation actuelle donne au mot un double sens il s’agit d’abord d’un idéal. Par ailleurs. si on dresse l’historique du terme dans ses usages a varié en fonction des lieux. (jusqu’en 58) . ces cités-Etats étaient fondées sur la participation des citoyens au pouvoir mais cette participation était restreinte à une certaine partie de la population c'est à dire ceux qui étaient libres. Cette prolifération des sens provient essentiellement du fait que la démocratie a été considérée à la fois comme la manière d’être des institutions et comme une exigence morale. Dans cette perspective. Il s’agit aussi d’un mode de gouvernement qui supporte différentes variantes. Sous-section 1 : La démocratie comme exigence Dans l’évolution de l’idée démocratique on peut repérer trois époques. C’est ainsi que la philosophie politique du XVIIIe et du XIXe siècle a établit un lien.
C'est ce constat qui va fonder une nouvelle conception de la liberté de la démocratie. l'évolution sociale. On passe alors d'une démocratie-participation à une démocratie économique et sociale. Dès lors. même consacrée constitutionnellement. L'exemple type est l'inscription dans le préambule de la constitution de 1946 du droit au travail et à l'assistance. présuppose. enracine les droits qu'il proclame dans la liberté inhérente à la nature humaine. l'Art. l'idée de liberté a été lente à s'imposer. en même temps à chacun la protection et la ou les libertés fondamentales. il faut que le pouvoir politique s'abstienne de dresser des obstacles devant les libertés individuelles et surtout devant les libertés économiques considérées comme la première des libertés. On glisse du principe à la modalité. fondatrice des libertés fondamentales. tous le système politique doit être aménagé de tel sorte que l'individu se voit reconnaître des droits et dispose de garanties d'exercice de ses libertés. Selon cette conception. A partir de là. Ce double caractère du droit donne à la démocratie une dynamique à laquelle elle ne pouvait prétendre lorsque son objectif était exclusivement politique. soit en assurant les moyens d'exister à ceux qui sont hors d'état de
. C'est cette liberté-participation qui rend possible la protection de la première (la liberté-autonomie). De la Réforme (fin du XV ème et seconde moitié du XVI ème siècle). sous l'impulsion de Martin Luther jusqu'au XVIII ème siècle. C'est en ce sens qu'il faut comprendre « les hommes naissent et demeure libres et égaux en droit ». elle n'est qu'une modalité particulière qui rend opérationnel un statut particulier. se trouve inscrite dans les constitutions un certain nombre d'obligation de protection des droits mais aussi un certain nombres d'objectif d'équité et de justice sociale. La démocratie comme instrument de justice sociale visait à affranchir l'individu de l'ensemble des contraintes économiques qui l'opprime. proclamait ceci: « Les secours publics sont une dette sacrée. que l'individu dispose de droits naturels. la démocratie apparaît alors comme inséparable de la philosophie libérale. devient un objectif politique. Pour l'exercer. la déclaration met en lien liberté et égalité. Autrement dit la notion première liberté-autonomie est une garantie absolue. • La liberté politique est subordonné à la liberté individuelle et civile. elle vise la libération de l'homme de toutes les contraintes qui pèsent sur son épanouissement. C'est celle ci qui se trouve à la base de la première conception de la démocratie politique. La démocratie ne vise plus alors la limitation du pouvoir et la participation des individus. postule. Il lui appartient de les réaliser. On s'aperçoit que la conception libérale de la liberté ne garantissait pas obligatoirement l'égalité de tous. une liberté ne peut être équitablement exercée par tous. la deuxième. qui part de l'idée selon laquelle: toute dépendance économique constitue un obstacle devant l'exercice des libertés politiques. Cette dernière. de les protéger et des les exercer. C'est cet ensemble de droit qui forme le socle de se que l'on a appelé l'Etat providence. 21 de la déclaration des droits de 1793. dès la fin du XVIII ème siècle. on s'aperçoit qu'il y a une inégalité de fortune. pour la protéger. elle est fondatrice de la démocratie politique. la deuxième se construit autour de la notion de justice. d'une égalité sociale. Ce mouvement philosophique trouve illustration et aboutissement dans la déclaration des droits de l'homme de 1789. Ainsi. Dès lors. il faut construire un cadre qui permet à la fois de limiter le pouvoir des gouvernants et qui garantit aussi. la liberté-participation n'était pas présente dans toute les constitutions. il ne se justifie que par elle et n'a d'autre objet que de la garantir. Cette transformation. B) La démocratie comme instrument de justice La conception de la liberté dans la philosophie politique de la révolution française est libérale dans la mesure où elle considère que les libertés individuelles sont inscrites dans les facultés naturelles de chacun. Or. des inégalités économiques qui rendent impossible l'exercice des libertés politiques. C'est sous cet angle qu'on peut lire à la fois Voltaire et Rousseau. Pour souligner que la meilleur protection de la liberté est l'égalité devant l'exercice de l'autorité. l'instauration d'une justice sociale. était déjà dans les idées. Si la première est fondée sur l'idée. La société doit subsistance aux citoyens malheureux soit en leur procurant du travail. De fait. Il s'agit donc d'une liberté-autonomie qui est menacée à tout instant par l'arbitraire du pouvoir politique. La liberté-participation n'est pas une fin en soi. • Le droit politique prend ainsi appui sur la liberté individuelle.indépendance tant physique que spirituelle. Ce texte. la notion d'égalité. Entendu comme instrument de liberté. les droits ne sont plus seulement des prérogatives reconnus aux individus mais deviennent des créances de l'individu sur la société. Il faut donc limiter le pouvoir. Tout au long du 19 ème siècle. fit apparaître presque aussitôt. que même proclamée solennellement. Cette liberté autonomie aura donc besoin de moyens qui permettent à chacun le libre exercice des droits politiques: on passe donc à une liberté participation.
ces lois renferment un principe d'organisation des sociétés. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ». Celui de pouvoir faire tout ce que les lois permettent: « la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut dans un Etat. Art 16 déclaration des droits: « toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée. il en conclut que celles-ci n'étaient ni naturelles. les textes révolutionnaires français. Un principe nécessaire pour éviter tout absolutisme. Son objectif était de construire un état de droit doté d'une séparation des pouvoirs. ni diverses. C'est en cela que Montesquieu a pu inspiré les constitutions américaines et plus tard les constituant français. 1) La sécurité collective La notion de séparation des pouvoirs est très connue. « spécialisation des structures »: l'essentielle de la réflexion est étayée par une démonstration construite autour d'exemples et notamment l'exemple du régime politique britannique auquel Montesquieu reconnaît des avantages mais. le concept fondamental n'est pas l'indépendance mais la liberté car celle-ci et inséparable de ce qu'il appel « la sécurité juridique ». la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir. La différence fondamentale entre la variante française et la variante américaine s'explique par
. c'est-à-dire la séparation des pouvoir à apporté une sécurité juridique collective. Il s'agit essentiellement d'une mise en application de solutions institutionnelle autour d'une double séparation. Chez Montesquieu. la déclaration d'indépendance américaine. Ainsi dans son ouvrage. c'est-à-dire dans une société où il y a des lois. peu connue. Montesquieu considère les lois comme « des principes qui permettent cette tranquillité d'esprit qui provient de l'opinion que chacun a de sa sureté ». l'esprit des lois (1748). » Sous-section 2: La démocratie comme mode de gouvernement La déclaration des droits en Angleterre. Dans L'esprit des lois. La séparation des pouvoirs Toute la démarche de Montesquieu en matière d'organisation politique visait a critiquer le système monarchique absolutiste. La traduction institutionnelle de cette vision a été de constater l'existence de trois pôles: exécutif. Les relations entre ces trois pôles doivent être limitée et codifiées afin que chaque pouvoir ne peut investir le domaine de l'autre. L'apport de Montesquieu a été de donné à la notion de séparation des pouvoirs. Contrairement à une idée répandue. » Les constituant français ont repris à leur compte l'idée de séparation des pouvoirs. ont eu un impact institutionnel profond. Ce soucis de l'équilibre et de la représentation traduit dans la constitution américaine fait dire à Madison ceci: L'objectif était d'opposer l'ambition à « l'ambition et attacher l'intérêt de l'homme aux attributions constitutionnelles de la place. législatif et judiciaire. Montesquieu distingue la liberté de l'indépendance. les constituants français ont vu dans la séparation des pouvoirs une règles qui doit régir le système constitutionnel.travailler. En revanche. ni la séparation des pouvoirs déterminés n'a point de constitution ». et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Le deuxième à permis au politique de construire une sécurité en soumettant les pouvoirs au contrôle du droit. qui à ses yeux ne constituait pas un gouvernement viable. Montesquieu considérait que les lois étaient changeantes et arbitraires. On la retrouve chez John Locke chez lequel Montesquieu va chercher une grande partie de son raisonnement. L'apport initial de Montesquieu a été de réfléchir sur la nature des régimes. Selon lui. La liberté civile ou politique est selon lui un droit. une portée générale. Il s'agit de suppléer par l'opposition et la rivalité des intérêts à l'absence des sentiments meilleurs. Il en fournit d'ailleurs une typologie. En revanche. • Une séparation des pouvoirs • Une séparation entre la fonction du prince et la personne Ces textes et ces pratiques ont permis la construction d'Etat constitutionnel. Etudiant de près la nature des lois. Il réfute l'indépendance absolue au profit de la liberté. Montesquieu n'est pas le précurseur de l'idée de séparation des pouvoirs. Le premier versant. Ce qui est totalement différent de dire que la liberté est absolue. les débats en science politique autour de la séparation entre la fonction et la personne du titulaire de la charge est peu analysée. l'indépendance se caractérise selon lui par le fait de pouvoir faire tout ce que l'on veut. Pour garantir cette « sécurité juridique ». Montesquieu préconise une stricte séparation des pouvoirs. cette séparation est minimale et ne signifie en aucun cas. Alors que les américains l'on envisagé comme garantie ultime protégeant la collectivité contre tout pouvoir envahissant. Contrairement aux constituants américain.
Mais c'est pendant la troisième république. dans une conception plus récente. par lequel les fonctions politiques sont rationalisées. désincarnées et soumises à un ensemble de règle stable qui fixe les prérogatives. Cette conception part d'un postulat selon lequel la démocratie est bien plus qu'un mode de gouvernement. » Crise du 16 mai 1877 où le Maréchal de Mac Mahon pensait pouvoir contourner les lois constitutionnelle en essayant de dissoudre une assemblée qui ne lui était pas favorable. Il en sera de même pour la IV ème république. ce que l'on pourrait appeler le style de gouvernement mais pas un pouvoir personnel. libérale. La démocratie. Mais dans l'esprit de Montesquieu cette séparation n'avait comme objectif que la possibilité de pérenniser l'ordre en place. Il ne s'agissait pas d'élargir le cadre d'exercice du pouvoir au peuple. il fallait limiter l'accès à ce pouvoir. 1983 La séparation entre la fonction et la personne du titulaire de la charge Là aussi se mêle des considérations d'ordre juridique et des considérations d'ordre politique. la représentation constitue alors la seule modalité pratique réellement visible. la césure révolutionnaire a été l'occasion d'une dépersonnalisation du pouvoir. Il affirme que la fonction législative devait être en principe exercée par le peuple mais il nuance sa recommandation en introduisant un doite sur la possibilité d'une traduction institutionnelle de ce principe. c'est-à-dire. La séparation des pouvoirs et le principe de représentation ont constitué et constitue toujours les deux modalités de traduction institutionnelle de la démocratie comme mode de gouvernement. Cette dernière conception se veut l'antithèse de la conception plus ancienne. que le mouvement va s'accentuer. il n'était entendu qu'une seule conception de la démocratie. en énonçant que les principe de séparation reste la garantie contre tout abus. • Il y a d'une part la période de la démocratie classique: celle qui correspond le mieux aux
. Cette séparation marque le passage vers une forme démocratique du pouvoir basée sur la distance entre le titulaire de la charge et la fonction qu'il exerce. M. plus équitable. qu'est ce que le Tiers-Etats ? PUF. Ce dernier. les modalités de cessation des fonctions et éventuellement. L'imprécision de la notion explique ces contradictions. les sanctions en cas de manquement aux charges ou devoir de la charge. Cela signifie d'abord la création d'un système plus juste. on vise essentiellement le pouvoir personnel à nuancer avec la notion de pouvoir personnalisé. la démocratie ne signifie pas uniquement une libre détermination. le plus long que la France a connu jusqu’alors a été une longue période de dépersonnalisation du pouvoir. Elle présente des aspects contradictoires. Ce qu'on désigne par séparation entre fonction et personne titulaire de la charge est un long processus fondamental dans la démocratie politique. Ainsi dans son histoire des idées politiques. est une idée et un idéal. On peut dire que certains constituants n'envisageaient la séparation des pouvoirs que comme un moyen de contrôle de la participation du peuple aux affaires. Prelot a écrit que « la troisième république fut une époque de dépersonnalisation du pouvoir. Dès lors. Cependant. • Enfin.l'absence de précision dans le texte de Montesquieu. Sous-section 1: la démocratie libérale L'expression « démocratie libérale » vise deux périodes différentes séparées par un long laps de temps. Grévy aura une influence considérable quant à la dépersonnalisation du pouvoir: « un président doit se soumettre et se démettre ». Ce régime. quand on parle de séparation entre la personne et la charge. s'accélérer. délibérément recherchée et pratiquement obtenue. Section 2 : Les variantes possibles On peut dire jusqu'au début du XX ème siècle et plus spécifiquement jusqu'au début des années 50. D'ailleurs. une ritualisation un style individuel mais borné et limité par le droit. • Dans une conception plus restreinte la démocratie signifie la liberté laissée à un groupe de choisir le mode de gouvernement et le type d'institution par lequel il souhaite être administré et gouverné. dans les grands Etats il est difficile de faire participer le peuple. c'est un type de société dans lequel les individus s'expriment et se déterminent le plus librement possible. C'est une idée ambiguë car en effet: Libre détermination de chacun ceci reviendrait a dire qu'il y a une pluralité de conception et une multiplicité des voix. Cf. Et c'est justement celles-ci qui ont permis la mise en place des différentes variantes. Dès la première constitution. l'apparition d'un statut du gouvernant constitue aussi un des critères décisif de la démocratie comme mode de gouvernement. L'abbé Seyes. celle de la démocratie libérale. Plus tard.
de bénéficier d'une protection de l'Etat. par la consultation et le suffrage universel. par la protection des libertés. Tout est pensé en fonction de l'individu. le groupe n'est pas déterminant. les deux constituent un joug et une forme d'oppression. Le soucis de Rousseau était de préservé la liberté des individus tout en évitant l'anarchie. • Le centre de toute réflexion politique: l'individu. l'individu est le centre de toute réflexion.
La première période correspond à la démocratie politique. La deuxième conception correspond à une époque plus récente. C'est par exemple. Il faut qu'en même temps. Il s'agit là d'une conception et d'une stricte application des idées de Rousseau et de nombre de philosophes du XVIII ème siècle : Idée d'un homme qui serait « bon par nature et que c'est la société qui le corrompt ». ce qui peut s'apparenter à une atteinte de la liberté de l'individu. l'individu est le seul sujet de connaissance. L'amène à abandonner ce qui le singularise. à savoir sa liberté naturelle. la croyance en la liberté fondamentale de l'homme va se traduire par une limitation des pouvoirs. Ce droit encadre en même temps. l'exercice du pouvoir et garantit les libertés individuelles. notamment à parti de 1792.
. le droit va définir un nouveau lien politique (citoyenneté. du droit. Rousseau a été fidèle aux conceptions philosophiques du 17 ème siècle et notamment il était méfiant vis à vis de l'Etat et du droit. égalité. la solution d'un contrat social apparaît comme une formule permettant à chacun de se dessaisir d'une partie de sa liberté mais en contre-partie. la philosophie politique libérale refuse la notion de valeur collective: pour elle. Dès lors. Si le rattachement philosophique fait remonter la démocratie politique au philosophes grecs. La deuxième correspond à une démocratie économique et sociale qui émerge au lendemain de la deuxième guerre mondiale. dans la constitution de l'An I (1793) que s'exprime cette conception rousseauiste du droit et de la démocratie. l'individu garde une partie de son libre arbitre. actuelle où la notion de démocratie est traduite institutionnellement et où les objectifs sont plus liés à la réalisation d'une justice économique et sociale. 1) La démocratie politique: XVIII ème siècle. Pour lui. par la séparation des pouvoirs. il faut contractualiser la relation entre l'Etat et l'individu. Dès lors cette philosophie libérale. Cette idée constitue le fil conducteur de l'oeuvre de Rousseau dont la traduction pratique a été sont ouvrage du contrat social. ◦ La condamnation de tout ce qui peut paraître. C'est une des conceptions qui sera avancée au lendemain de la révolution française.•
principes tels qu'ils ont été défini. cependant les traits et les procédés de la démocratie classique/politique sont plutôt la résultante d'un mouvement intellectuel qui démarre au XVIII ème siècle. on trouve à chaque fois deux postulats de base : ◦ Mettre en valeur l'individu et le considérer comme valeur première et suprême. C'est au nom de ce même principe que la philosophie libérale a condamné le tournant « plus collectif » qu'a pris la révolution. Dans la doctrine libérale qui s'élabore à la fin du XVIII ème siècle. d'aménager la société de telle sorte que cette liberté puisse être préservée et mise en valeur. exprime une méfiance vis à vis du groupe car ce dernier contraint l'individu. C'est à partir de cette conception que sera forgée la notion d'Etat de droit. J-J Rousseau croit en cette bonté originelle de l'homme et en sa liberté fondamentale et naturelle. Pour la philosophie politique libérale. Ainsi. tout se ramène vers lui. A)Les traits fondamentaux Deux traits: • La croyance en la liberté fondamentale et naturelle de l'homme. Au coeur de la doctrine libérale. Dès lors. Il propose. ce qui le distingue. au fil des luttes contre la résurgence de l'absolutisme. il existe un corps de normes. Dès lors pour préserver la liberté des individus. C'est cette même conception qu'on retrouve tout au long du XIX ème siècle. elle s'est traduite par un ensemble de textes qui ont amené la dissolution des groupements des corporations et de toutes les structures qui ne permettaient pas la naturelle expression de la liberté individuelle. participation). D'une manière générale. Lorsque cette conception a prévalu pendant la période révolutionnaire en France. un droit qui puisse à la fois préserver les droits fondamentaux des individus et aussi la liberté naturelle des individus.
Il faut par la disposition des choses que le pouvoir arrête le pouvoir. la démocratie en tant que forme de pouvoir. Dans les faits. la démocratie cela signifie : le respect des voix d'une majorité. Les trois autres modalités sont techniques. Car en effet. Cette loi de la majorité a aussi pour conséquence : la minorité doit accepter les choix décidés par la majorité. non pas comme un corps unique mais pas un assemblage de segments et de groupes. (Qu'est ce qu'un Sénat dans un Etat unitaire ? Modes de scrutin posent problème) • La reconnaissance des partis politiques et de leurs rôles. Il constitue le moyen pour l'individu de participer à l'exercice du pouvoir. Il peut s'agir d'une participation directe à travers les référendums ou indirecte par le biais de représentations. Dans la conception libérale. à une philosophie. En fait. l'exercice du pouvoir ne peut se suffire de l'existence de ces modalités. une majorité. ». une nouvelle
. C'est aussi une conception selon laquelle la chambre haute représentait des intérêts et des segments de la société qui appartenait aux anciennes classes du pouvoir. la démocratie économique et sociale n'est en réalité qu'une transformation. il se gouverneraient démocratiquement. la liberté d'appartenance à un groupe. les chambres basses plus larges étaient censées représenter un courant plus libéral et représenter donc les couches plus populaires. Il s'agit là d'une mise en application d'un principe mis en évidence par Montesquieu qui dit ceci : « […] c'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. or les partis politiques apparaissent comme des « diviseurs » puisqu'ils regroupent des personnes partageant les mêmes idées. constitue la preuve d'une réalisation de ce qui est centre de la vie d'un individu : sa propre liberté. Cette logique de représentation est certes aujourd'hui dépassé comme l'atteste les débats autour des statuts des chambres hautes dans les pays les plus avancés. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre l'avènement de la démocratie économique et sociale. il faut non pas concentrer le pouvoir mais le diviser. il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. En effet. une unanimité. va secréter de nouvelles exigences. En revanche. Qui le dirait ! La vertu même a besoin de limites. • La séparation des pouvoirs. Leur existence et le degré de liberté constituent une modalité de la démocratie politique. Au cours du XIX ème siècle la création de différentes chambres résultait d'une volonté d'introduction d'une forme de limitation des pouvoir à l'intérieur du législatif. mais corrélativement la minorité doit être respectée. il est impossible de construire pour chaque question. • Le pluricamérisme. une règle de la majorité simple ou qualifiée devient le meilleur moyen pour traduire en décision les voeux de la collectivité. Mais là aussi il y a une contradiction fondamentale entre l'idée de démocratie et la notion même de parti politique. Les partis politiques sont des institutions politiques. Or. le séparer entre différentes institutions et organes. La recherche de l'unanimité a suscité la méfiance des philosophes. Ainsi. des penseurs. Ainsi Rousseau dans le contrat social exprimait ainsi cette méfiance « A prendre le terme unanimité dans la rigueur de l'acception. dans la philosophie politique libérale. mais un gouvernement si parfait ne convient pas aux hommes. Ces quatre modalités constituent ce qu'on pourrait appeler un idéal démocratique. On peut donc penser que les partis politiques contribuent à l'accentuation des différences plutôt qu'à l'établissement d'une volonté générale. Cela suppose donc que si l'on veut se prémunir contre les abus possibles. Dès lors. 2) La démocratie économique et sociale Deux remarques préalables: • la démocratie économique et sociale a été souvent confondue avec la notion de démocratie au sens de la philosophie politique marxiste. » . se suffrage doit être universel : il implique un certain nombre de conséquences et notamment la règle de la majorité. Il faut non seulement que ce pouvoir soit réparti mais il faut qu'il y ait un équilibre entre les différentes institutions. mais il s'agit là d'une assimilation inexacte. Si il y avait un peuple de dieux. le contrat social. à une association de son choix. il n'a jamais existé de véritables démocraties et n'en existera jamais. Néanmoins. le bicamérisme correspondait à une conception propre.B/ les procédés de la démocratie politique La démocratie libérale s'exprime par un ensemble de procédés qu'on peut considérer comme une application des principes de la philosophie libérale: • Le droit au suffrage.
La démocratie économique et sociale ainsi que la démocratie libérale. C'est la naissance difficile et en marge de la légalité des syndicats (texte fondateur. entre les deux guerres mondiales. en plus des droits fondamentaux. elle a cru libérer l'individu en supprimant tous les liens. non seulement les structures administratives. La révolution de 1789 avait essentiellement un fondement individualiste.•
étape de la démocratie libérale. On constate ainsi. comme le droit au travail. l'individualisme et les mécanismes politiques qu'il exprimait. Celle ci se distingue par la mise en oeuvre de nouveaux droits et un nouveau rapport à l'Etat. A une réponse qui va plus loin que le cours : note maximale. Il s'agit là d'une extension des procédés de la démocratie libérale à des domaines jusqu'alors n'étaient pas envisagés dans les faisceaux des droits fondamentaux. On passe donc d'une démocratie au sens politique du terme à une démocratie économique et sociale. les clivages se construisent en fonction de critère économiques. un droit à l'environnement. de savoir et de charges politiques. une remise en question d'un mode d'organisation de la société et le constat d'une collectivisation progressive des rapports sociaux. les enfants travaillaient dans les mines dès l'age de 5 ans. Partiel Examen qui va durer une heure 4 questions. On s'aperçoit en réalité que les inégalités d'origine ont été remplacé par des inégalités de richesses. Parrallèlement. Ces derniers ont connu des crises qui ont amené une modification profonde de la base sur laquelle a été fondée la démocratie libérale. d'un nouveau régime. la disparition des corps intermédiaires de l'ancien régime était la condition sine qua none pour l'édification d'un nouveau système politique. le développement de l'industrie. de sociétés de masses. les rapports entre l'Etat et les individus sont plus encadrés par un cadre particulier: La mise en place d'un système de responsabilité de l'Etat en tant qu'acteur politique mais aussi en tant qu'acteur économique. Mais ceci va avoir pour conséquences. la reconnaissance des droits sociaux et économiques des individus. En parallèle.
A/ les raisons de l'avènement de la démocratie économique et sociale On peut se poser la question de savoir : pourquoi est-on passé d'une conception à une autre ? Une réponse s'impose. de terrains sur la base de fait
. le droit à la santé. les individus. mais va contribuer à la construction d'un cadre de responsabilité de l'élu et de l'acteur politique. Cours autour de 4-5 auteurs. Au total. Les procédés de la démocratie politique se sont révélés inadaptés car l'évolution de la société. une atomisation de la société. Durkheim a une technique particulière qui est une technique d'enquête. On s'aperçoit en réalité. toutes les appartenances à quelques groupes que ce soit. Privilégie la possibilité d'aller plus loin que le cours. On les appellera les droits sociaux et économiques de deuxième génération. Les groupes. vont essayer de défendre leurs intérêts. qui constituent un réinvestissement des acquis des droits de l'homme mais dans le champ social et économique. Les conditions sociales vont se durcir à mesure que la société industrielle se met en place. Ce cadre de responsabilité va concerner progressivement. En d'autre termes. presque simultanément. Copies bien présentées. l'urbanisation on remis en question profondément. le docteur Villermet dénonce l'exploitation des catégories les plus défavorisées Par exemple. Celle qui peut être fournie par l'étude de l'histoire des régimes politiques occidentaux. Dans un rapport de 1840. les régimes démocratiques occidentaux sont apparus à la fois inadaptés pour faire face à de nouvelles exigences et relativement inefficaces. les début de l'interventionnisme économique et social constitue le socle de la démocratie économique et sociale. un appel est lancé à l'Etat pour encadrer et ordonner la vie économique : l'Etat devient correcteur des mécanismes économiques et de leurs impacts sur la sécurité économique des individus. Dans une phase plus récente. Dans cette société. l'isolement des individus. Parallèlement à ce développement industriel. B/ Un nouveau rapport à l'Etat Dans le cadre de ce que l'on a appelé la démocratie économique et sociale. ceux par exemple des générations futures. font parti d'une même univers intellectuel. que le libéralisme typique de la période post-révolutionnaire a aboutit à la création d'une société très inégalitaire. Ne pas se restreindre. On va mettre en place de nouveaux droits qui sont. chartes d'Amiens). Correction du « galop d'essai » Première question: Comparer les méthodes et les techniques. Ainsi. on va reconnaître des nouveaux droits. la concentration urbaine donne naissance à une nouvelle société que les sociologues qualifieront plus tard.
… Il faut partir d'une définition. Troisième question: La science politique. on revient au particulier pour en expliciter les évolutions). C'est un concept qu'il va falloir situer dans le temps. Ce qui la distingue de la philosophie politique qui est spéculative. Revenir vers l'histoire et l'historique du terme. Toute la partie pratique sort du cadre de la réponse. ce que Max Weber ne fait pas. Il manque à l'oeuvre de Karl Marx une autre influence qui n'est pas d'ordre épistémologique mais plutôt de pratique. Raisonnements pluridisciplinaires. Marx était sociologue. L'une et l'autre voie préfigure nos raisonnements en sciences politiques (général au particulier. Mais parler d'une science est quelque chose de très tardif. Il faut se donner des limites face à une question de ce type La genèse. Deuxième question: Les fondements de la sociologie marxiste. Discipline très jeune dont les périmètres posent problèmes. on reste dans la logique de la méthode. Trois auteurs (Hegel. dans la conception. un ordonnancement Est-ce que cette logique n'est pas l'oeuvre d'une loi. Il aurait fallu élargir au delà du corps. L'examen portera sur : concept. Quatrième question: Le positivisme. le cadre général.sociale. Max Weber se donne un modèle général et se pose entre la distance du modèle générale par rapport à la situation observée. dans l'espace. À partir de quand ? La réflexion sur la chose politique démarre depuis l'antiquité. Malthus et Ricardo) et deux fondements. Il fait un comptage. Se pose la question de ses méthodes et ce qui la distingue des autres sciences: Expérimentales et interprétatives. Selon Raymond Aron. Madeleine Gravitz. définition. On compare deux auteurs qui n'avaient aucun contact l'un et l'autre.
. Il a une praxis d'un socialisme romantique qui n'était pas suffisamment outillée pour changer l'ordre des choses. un ou deux auteurs et autour d'un fait particulier. Durkheim dit que le fait d'établir des lois passe par des étapes intermédiaires.
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