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Timestamp: 2018-07-20 23:49:38+00:00

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Politique - Blog marseillais de l'Union Populaire Républicaine (UPR)
À force d'entendre les partisans de Mme Le Pen, mais aussi tous les médias et les partis installés, prétendre que le Front national propose la sortie de l'Union européenne – ce que nous savons faux –, nous avons voulu proposer une vérification approfondie à partir des textes officiels de ce parti qui est, comme nous l'avons montré précédemment, un épouvantail consentant au service du système.
Les paroles ont tendance à disparaître dans les airs ou à être mal interprétées, alors que les écrits, eux, restent, et que chaque mot compte... En examinant attentivement la prose du FN, le lecteur constatera que ce parti n’a aucune intention de sortir de l’UE, et n’a même pas véritablement l’intention de sortir de l’euro !
Le FN propose donc « d'initier une renégociation des traités », ce qui signifie discuter avec les gouvernements des autres pays membres de l'UE pour savoir s'ils seraient éventuellement d'accord pour accéder, peut-être, un jour, à nos requêtes. La détermination est donc plus qu'incertaine. Et la méthode est très douteuse. Le FN veut renégocier les traités « dans le cadre de l'article 50 ». Mais l'article 50 n'est pas fait pour renégocier quoi que ce soit, l'article 50 est fait pour sortir unilatéralement et complètement de l'Union européenne : « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union. » Ainsi, invoquer l'article 50 pour aboutir à une renégociation des traités relève à la fois de l'erreur (volontaire) et du chantage.
C'est doublement condamnable. D'une part, un candidat à la présidentielle ne peut se présenter comme un maître-chanteur ou un joueur de poker, c'est indigne de la fonction à laquelle il aspire. D'autre part, c'est évidemment méprisant pour les partenaires européens de la France, avec lesquels nous devons conserver de bonnes relations après notre sortie de l'UE – et toutes les bases sont là pour cela (traité d'amitié franco-allemand, Conseil de l'Europe, etc.).
Sous la pression de l'UPR, le FN mentionne pour la première fois l'article 50, mais de quelle manière ! Nous ne le laisserons pas salir et rendre confus ce formidable instrument de libération. Remarquons au passage l'emploi de l'expression « rompre avec la construction européenne dogmatique en total échec » qui laisse entendre qu'une construction européenne non dogmatique pourrait être mise en place et réussir. Nous sommes ici parfaitement dans le registre de l' « autre Europe » (qui ne saurait avoir lieu, comme François Asselineau ne cesse de le démontrer).
Une contribution nulle signifie : si je donne 100, je veux recevoir 100. Mais, au fait, si la France sort de l'UE, pourquoi avoir besoin de préciser ce point ?La sortie de l'UE serait le meilleur moyen de ne plus avoir l’occasion de déléguer à des autorités non élues le pouvoir d'accaparer et de dépenser l’argent collecté sur les impôts des Français.
Tiens donc, le FN veut sortir seulement du commandement intégré, donc il ne veut pas sortir complètement de l'OTAN. De plus, comme on ne sait pas si le terme « dénoncer » est ici à comprendre dans son acception juridique – utile ambiguïté... –, on est en droit d'affirmer que « dénoncer la participation de la France au commandement intégré de l’OTAN » (ce que prescrit le FN) et « sortir la France du commandement intégré de l’OTAN » (ce qu'il faudrait faire au minimum) sont deux choses tout à fait différentes. Nous avons ici affaire à une figure classique de la langue de bois politicarde visant à séduire les électeurs distraits.Elle consiste à « dénoncer », à se « scandaliser » d'une situation dont on s'accommode en fait très bien. Si vous lisez attentivement, vous constatez que ces protestations verbales n'engagent à rien.
Pourquoi interdire les drapeaux de l'UE sur les bâtiments publics de France si nous sortons de l'UE ?Ces drapeaux n'auraient plus lieu d'être, tout simplement !
Pourquoi poser le problème des transpositions de directives si nous sortons de l’UE ?Ou si la loi française redevient supérieure au droit dérivé de l’Union ?
Dans l’immédiat, l’application des directives européennes de libéralisation des services publics sera gelée, s’agissant en particulier du transport ferroviaire et des services postaux. »Quatrième renégociation des traités ? Eh bien...
‎Agriculture
Pour cela, la France adoptera cette politique agricole nationale ambitieuse financée par la réduction de sa contribution globale au budget européen, dans le cadre de la renégociation des traités européens qui sera entreprise dès 2012. » Et encore une proposition suspendue au résultat – très hypothétique – d'une renégociation des traités européens. Il est profondément malhonnête et irresponsable d'essayer de faire son beurre électoral avec des promesses attrayantes lorsque l'on sait que les conditions pour atteindre l'objectif politique sont impossibles à satisfaire.
En particulier, une renégociation des traités européens mettra fin au dogme de "la concurrence libre et non faussée", qui promeut en réalité la loi de la jungle. » Une RENÉGOCIATION des traités... encore et encore... Autant de points de blocage possibles avec nos partenaires qui tous, de Malte à l’Allemagne en passant par la Lettonie, ont la même voix au chapitre ! Notons que l'expression « remettre en cause » fait aussi partie du répertoire de la langue de bois pseudo-volontariste. Quand on n'a pas vraiment l'intention d'agir mais que l'on veut donner l'impression de prendre les choses à bras-le-corps, on s'engage à « remettre en cause ».
Passons sur l'absurdité du « ministère chargé des Souverainetés ». Pourquoi pas un « ministère chargé des Libertés » aussi ?La souveraineté, comme la liberté, sont les pré-requis absolus d'un système véritablement démocratique, un gouvernement au service du peuple français ne doit pas relativiser ces notions en leur consacrant un ministère (qui ferait quoi exactement ?). Quand on pense qu'il suffirait d'invoquer l'article 50 du TUE pour éviter d'avoir à subir toutes ces (re)négociations qui, de plus, ne nous donnent AUCUNE garantie de résultat... De fait, la sortie de l'euro n'est même pas acquise pour le FN. Il évoque la possibilité de conserver l'euro, probablement si les fameuses renégociations n'aboutissent pas : « Une taxation exceptionnelle des actifs extérieurs libellés en euro détenus par les banques sera établie pour compenser les coûts pour l’État de sa dette résiduelle en euro, dans l’hypothèse très peu vraisemblable où l’euro existerait encore. » C'est ce dernier membre de phrase qui est important. Le FN mise sur un échec de l'euro, mais il ne s'engage en aucun cas à abandonner l'euro. Il compte ainsi que les événements choisiront à sa place, mais si l’euro tient, à grands coups de cures d’austérité et de baisses des salaires, le FN acceptera de le maintenir. C'est la politique du chien crevé au fil de l'eau. Revenons sur un épisode instructif : le 23 mai 2011, la présidente du FN est invitée sur France Info. Au cours de l'interview, la journaliste lui demande : « Est-ce qu'il faut sortir de l'Europe aussi, dans ce cas-là, Marine Le Pen ? » Et voici ce que lui répond l'intéressée : « Mais, madame, je ne dis pas qu'il faut sortir de l'euro, je dis que l'euro va s'effondrer, voilà. » Donc, non seulement Marine Le Pen ne répond pas à la question – « Faut-il oui ou non sortir de l'Europe ? » –, mais en plus elle nie être en faveur de la sortie de l'euro. Cela a le mérite d'être clair. Pour une fois. Mais les choses furent encore plus claires le 15 décembre dernier dans un autre épisode radiophonique. Louis Aliot, vice-président du Front national et compagnon de Marine Le Pen, est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Le journaliste lui demande : « Marine Le Pen est élue, immédiatement elle sort de l'euro ? ». Voici la réponse de M. Aliot : « Non, pas immédiatement, nous sommes un État au milieu d'autres États européens et nous sommes liés à d'autres États, il faut donc repenser l'Europe, rebâtir l'Europe [...] je pense que la première chose que ferait Marine Le Pen, c'est de demander un sommet européen pour parler de la reconstruction de l’Europe, basée cette fois-ci sur l'Europe des patries... »
Le FN entend visiblement préserver les traités européens coûte que coûte. Il prévient ainsi ses électeurs que la France ne sortira pas de l'Union européenne même si ses partenaires n'entendent pas négocier. C'est ainsi qu'il faut interpréter la phrase : « La France doit maintenir sa position en cas d’échec des négociations. » Comme la très longue liste des points à (re)négocier ne peut en aucun cas aboutir à un consensus à 27, l’électeur français peut être assuré que la seule chose que fera le FN c’est de bouder ses partenaires, en restant dans l’Union européenne. Nous sommes toujours surpris de voir les partisans de Mme Le Pen soutenir mordicus que le FN veut sortir de l'UE alors que les responsables du parti disent sans cesse le contraire, avec plus ou moins d'ambiguïté. Lorsqu'elle tient le 8 juin 2011 une conférence de presse commune avec Heinz-Christian Strache, président du Parti autrichien de la liberté (FPÖ), mouvement nationaliste anciennement dirigé par Jörg Haider, Marine Le Pen déclare : « [J]e souhaite remettre en cause non pas l’Europe mais l’Union européenne, afin que les traités soient profondément renégociés et qu’une ineptie telle que Schengen soit dénoncée. Et c’est sous cet auspice Monsieur Strache, et vous mes chers collègues et alliés européens, que nous travaillerons de notre mieux afin que des femmes et des hommes politiques qui ont à cœur l’intérêt de leurs peuples d’abord, l’avènement d’une autre Europe et finalement d’un autre Monde, arrivent au pouvoir. » C'est une preuve supplémentaire que la poursuite de la construction européenne est bien l'horizon politique du Front national.
Le Front national, s'il prend soin de marteler régulièrement qu'il négociera avec ses partenaires, sait parfaitement que la construction européenne finira par l'emporter. Il prépare même ses électeurs à l'échec car, au chapitre crucial sur la démocratie et les institutions, il avertit déjà qu' « en cas d'échec des négociations », la France ne sortira pas de l'Union européenne, mais se contentera de... « maintenir sa position ». La belle affaire ! Le général de Gaulle a déjà tenté la politique de la chaise vide de juin 1965 à janvier 1966, et l'inertie européenne a eu raison de sa stratégie. Alors même que l'Union ne comprenait que six membres et que de Gaulle jouissait d’un prestige difficilement comparable, avec une France au beau milieu des Trente Glorieuses ! Une Union européenne à 27, 28 ou 30 ne fera qu'une bouchée de la « position maintenue » de Marine le Pen. Le FN, qui s'accommode très bien de la construction européenne et de la théorie du « Choc des civilisations » que celle-ci promeut, fait par avance le choix de la résignation. Que personne ensuite n'aille dire qu'il n'était pas prévenu. Le Front national n'entend ni véritablement sortir de l'euro, ni se retirer des traités européens, dont il envisage au mieux de bloquer provisoirement le fonctionnement. Voilà qui mérite que l'on fasse le choix plus simple, plus direct, et finalement plus sûr, d'un candidat qui s'engage à faire jouer l'article 50 pour sortir sereinement et démocratiquement à la fois de l'Union européenne et de l'euro (tout en proposant aux Français de se rassembler provisoirement au-dessus du clivage droite-gauche). C'est pourquoi l'UPR et François Asselineau feront savoir aux Français que « [t]out État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union. » Les élections présidentielles de 2012 sont l'occasion de révéler les leurres et les impasses et de proposer un programme concret et ambitieux pour rétablir la démocratie et rendre au peuple français sa souveraineté et son indépendance.
Le croque-mitaine semestriel est de retour. Marine Le Pen respecte une nouvelle fois le contrat que le système attend du FN : elle demande à la fois la sortie de l'euro ET le rétablissement de la peine de mort ! Comme nous l'avons continuellement analysé depuis la création de l'UPR, l'objectif constant qui a été fixé au FN par le système dans un jeu ambigu et malsain est de parasiter et de discréditer toute idée de souveraineté et d'indépendance nationales en associant systématiquement ce message libérateur à des propos racistes ou xénophobes, ou à des propositions typiques de l'extrême droite.
En bon auxiliaire du système, le clan Le Pen obéit avec zèle ; il sait que ses « dérapages » réguliers sont la contrepartie requise par ceux qui ont intérêt au maintien du FN dans son rôle de verrouillage de la situation politique française, pour avoir accès aux médias et y salir les idées de patriotisme, de souveraineté, d'indépendance et de nation.
On nous demande souvent pourquoi nous critiquons aussi fermement le FN. Voici la raison : nous voulons dévoiler aux Français le jeu réel que joue ce parti. Le FN est un élément à part entière du dispositif d'asservissement du peuple français. Le FN n’est pas du tout un mouvement hors système, comme tout le monde – et lui le premier – s’empresse de le qualifier, c'est tout le contraire ! Le FN est un pion parfaitement consentant que l'on pousse médiatiquement aux moments opportuns pour salir et discréditer jusqu'à l'idée même de souveraineté et d'indépendance, avec la fameuse technique des « dérapages ».
Ainsi, dès que l'on parle à des Français qui ne connaissent pas l'UPR de sortir de l'UE et de l'euro, beaucoup associent comme par un réflexe ces propositions au FN et ne veulent pas en savoir davantage, et cela alors même que ce parti ne s'est pas prononcé en faveur d'une sortie unilatérale de l'UE ni de l'euro. Cette situation de rêve pour l’ordre établi repose sur l’application méthodique de la reverse psychology à la politique : « Si moi, dirigeant euro-atlantiste, je veux que quelque chose n'arrive pas, il me suffit d’en laisser faire la promotion par le FN, qui proposera cette chose en l’amalgamant à d’autres idées qui révulsent une majorité de l’opinion ». Et le tour est joué.
La meilleure façon de discréditer et de condamner une idée ce n'est pas de la réfuter en argumentant. C'est de faire en sorte que le FN soit identifié publiquement comme étant son principal partisan. Et comme le FN plagie, déforme et salit toutes les idées potentiellement dangereuses pour le système (nous l'avons souvent constaté avec nos analyses sur l'euro et l'UE), c'est une combine très efficace. Il fallait y penser. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait les élites euro-atlantistes.
Le rythme des provocations lepénistes requises par le système est d'environ une fois tous les 6 mois. Ni trop, ni trop peu. Juste ce qu'il faut pour appâter les électeurs, puis leur taper dessus et faire fuir la grande masse.
=> Aujourd'hui, elle vient de réclamer à la fois la sortie de l'euro ET l'organisation d'un référendum pour le rétablissement de la peine de mort pour les tueurs d'enfants (exploitant de façon éhontée un tragique fait divers) :
=> Et que nous réserve donc le FN pour dans 6 mois, en pleine campagne électorale ? M. Le Pen et sa fille ont-ils déjà fait leur choix du énième « dérapage » prévu pour conforter l'asservissement de la France à la dictature euro-atlantiste ? Vont-ils par exemple nous assurer à la fois qu'il faut sortir de l'euro et que « le temps est venu de réhabiliter le Maréchal Pétain » ? Ou bien s'assureront-ils d'un plus grand tollé en déclarant à la fois qu'il faut sortir de l'OTAN et que « l'Allemagne hitlérienne avait quand même réglé le problème du chômage »
La tactique est toujours la même : faire croire aux Français que l'on ne peut pas critiquer l'Union européenne et l'euro sans être au minimum très conservateur, sinon d'extrême droite. En faisant croire que l'on ne peut pas vouloir sortir de l'euro sans rétablir la guillotine, comme si l'un n'allait pas sans l'autre, Mme Le Pen vient de rendre un nouveau et fieffé service à José Manuel Barroso, Mario Draghi et Goldman Sachs. Bravo Mme Le Pen !
La stratégie est toujours la même : rendre odieuse à tous les Français modérés et à la plupart des électeurs de gauche l'idée même de sortie de l'euro ; détourner une grande majorité de Français de toute réflexion approfondie sur la construction européenne en lui faisant croire que s'y opposer serait équivalent à être d'extrême droite.
Depuis la médiatisation subite du FN décidée par l'oligarchie euro-atlantiste en 1983, cela fait 28 ans que ce piège mortel pour la France fonctionne. Mme Le Pen vient de confirmer une nouvelle fois qu'en digne émule de son père, elle n'a accès aux médias que pour poursuivre ce travail infâme.
Jusqu'à quand les Français vont-ils se laisser prendre à cette ficelle de plus en plus grosse ? Une ficelle que l'UPR est le seul mouvement politique à avoir le courage de dénoncer pour ce qu'elle est : de la haute trahison, sous le couvert machiavélique du patriotisme.
Nous prenons connaissance, avec tristesse mais sans surprise, des réactions habituelles des partisans de Mme Le Pen lorsque nous leur révélons le rôle d'épouvantail consentant que joue le FN. Ils ne répondent jamais à notre analyse, ils répondent toujours à côté, et toujours de deux façons :
- d'une part, en ergotant sur les propos tenus, en faisant mine de ne comprendre ni l’effet qu'ils ont produit ni la perversité roublarde avec laquelle ils ont été choisis : « un détail de l’Histoire ? Mais c'est une partie d’un tout ! On fait un faux procès à M. Le Pen » ; « une armée d’Occupation ? Mais c'est une image pour désigner une multitude d’étrangers ! On fait un faux procès à Mme Le Pen » ; « les problèmes d’immigration en Norvège qui ont pu conduire un fou à massacrer 77 personnes ? Mais c'est une réalité ! On fait un faux procès à M. Le Pen » ; etc.
- d'autre part, en brocardant la faible notoriété de l’UPR par rapport aux sondages mirobolants dont est crédité, une fois de plus, le FN. Cette réponse est encore plus affligeante car elle montre à quel point les partisans du FN ne comprennent pas que la notoriété du FN ne provient que d’une chose : sa promotion ambiguë par les grands médias depuis 28 ans ; et ils comprennent encore moins pourquoi les grands médias – en fait ceux qui les contrôlent ou les influencent – agissent de la sorte.
Car la question que nous soulevons n'est pas de savoir s'il faut être pour ou contre la peine de mort. C'est une question de conviction personnelle et, quoiqu'une majorité d'entre nous y est opposée, nous admettons que la démocratie requiert de demander l'avis des électeurs.
La question que nous soulevons, c'est : pourquoi Mme Le Pen, en ces instants tragiques où la France est en train de sombrer, ressort-elle ce débat polémique vieux de 30 ans ?
Ce que nous affirmons, c'est que Mme Le Pen sait parfaitement ce qu'elle fait. Comme son père avant elle, et comme elle le fait tous les 6 mois, elle lance ce débat délibérément parce qu'elle sait que c'est un débat extrêmement clivant, qui va venir empoisonner, parasiter et occulter les sujets essentiels.
Nous le disons et nous le répétons : l'objectif réel de Mme Le Pen et du FN, c'est de semer la zizanie chez les Français, et en particulier d'empêcher que se constitue un rassemblement de Français pour sortir de l'UE. Chose que, d'ailleurs, Mme Le Pen ne propose absolument pas. Elle vient encore de le prouver en présentant pour la énième fois un aperçu de son programme samedi dernier : elle ne parle que d'une « renégociation des traités » (avec qui ?) et de « jeter les bases d’une Europe respectueuse des souverainetés populaires... » (c'est-à-dire de faire une « autre Europe »).
L'objectif réel du FN est de permettre aux médias et aux partis installés de faire croire aux Français modérés, aux Français du centre, aux Français de gauche qu'être contre l'euro et critiquer l'UE, c'est forcément être d'extrême droite, c'est forcément vouloir ressortir la guillotine du placard, etc.
Et ce qui est terrifiant, c'est que ça marche ! Il suffit de voir certaines réactions qu'a déjà suscitées notre démonstration sur notre page Facebook :
- d'un côté les partisans de Mme Le Pen, qui ne comprennent pas la manipulation dont ils sont l'objet, qui se récrient comme de juste que l'on a le droit de rétablir la peine de mort, etc., bref qui tombent à pieds joints dans le panneau qui leur est tendu ;
- de l'autre côté, les sympathisants de gauche, qui sont aussitôt révulsés par cette sortie et qui nous rappellent ce que nous avons tous constaté : à savoir que l'on se fait traiter de « facho », de partisan de l'extrême droite – « Ah, mais vous dites la même chose que le FN ! » – dès que l'on dit autour de soi que l'on veut sortir de l'UE et de l'euro. Eux savent très bien que cette mise en avant de la peine de mort par Mme Le Pen va de nouveau renforcer cette image scandaleuse qui est attribuée dans l'opinion publique au fait de dénoncer l'UE.
François ASSELINEAU et l'ensemble du Bureau National de l'UPR
Le Premier ministre slovaque, Iveta Radicova,
le 26 septembre 2011. REUTERS/Nikola Solic
Comme tous les autres éditorialistes européistes, j’ai passé les vingt dernières années à décrire les opposants à l’U.E. comme ne valant guère mieux que les pires des hooligans. Quels qu’aient pu être leurs arguments, j’ai persisté à indiquer que le chauvinisme était leur seul et réel motif d’opposition.
Les eurosceptiques ont eu beau affirmer que la Commission européenne était anti-démocratique, le budget de l’U.E. au service d’intérêts particuliers et la PAC et les politiques de pêche désastreuses ; je n’ai considéré ces objections que comme étant de grossiers appels du pied aux xénophobes.
Les opposants au système bruxellois pouvaient bien parler l’esperanto (comme Sir Teddy) ou être mariés à des Allemandes (comme Nigel Farage), je les ai dénigrés comme des petits provinciaux de la pire espèce.
Je reconnais aujourd’hui qu’ils avaient raison depuis le début. L’U.E. a ruiné notre économie, corrompu notre démocratie et brimé nos libertés. Si seulement nous avions écouté les eurosceptiques il y a vingt ans, nous pourrions alors être aujourd’hui dans la même situation enviable que la Suisse ou la Norvège.
En fait, ceux qui étaient réellement bornés étaient ces pro-Européens qui, sous prétexte de marquer ostensiblement leur mépris du nationalisme, ont détourné les yeux des échecs de l’U.E.. Il s’avère que, durant tout ce temps, nous étions ceux qui avions des œillères et je tiens à présenter mes excuses pour les torts que cela a pu causer.
Source : http://www.contrepoints.org/2011/09/16/46152-excuses-aux-eurosceptiques

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