Source: https://www.incadat.com/fr/case/910
Timestamp: 2019-10-15 14:03:20+00:00

Document:
INCADAT | J. v. B., 25 April 2007, Court for Family Matters, Beersheva
J. v. B., 25 April 2007, Court for Family Matters, Beersheva
HC/E/IL 910
Cour aux affaires familiales de Beersheva (Israël)
Droit de garde - art. 3 | Risque grave - art. 13(1)(b) | Opposition de l'enfant au retour - art. 13(2) | Droits de l'homme - art. 20 | Questions liées au retour de l'enfant
3 12 13(1)(a) 13(1)(b) 13(2) 14 20
The application related to a boy born in January 1999 to a Belgian father and Israeli mother. Divorce proceedings were issued in June 2002 and in July 2002 the mother was granted custody. In January 2004 the mother was given permission to relocate to France and she moved there with the child in March 2004. The father appealed against the custody award and on 22 November 2005 a court of appeal in Belgium ordered that from 3 January 2006 the child should live with the father in Belgium.
On 21 December 2005 the mother issued custody proceedings in France. On 4 January 2006 the mother took the child to Israel. On 7 March the mother's custody application was refused, the French court noting that the Belgian order was enforceable in France. Return proceedings were initiated in Israel in December 2006.
Removal wrongful and return ordered to a Member State other than the State of the child's habitual residence; none of the exceptions had been proved to the standard required under the Convention.
The first issue for the Court was whether the removal was wrongful and in particular if the father had rights of custody under French law. Paying regard to Article 21(1) of the Brussels II bis Regulation the Court concluded that under French law the Belgian appeal court judgment was afforded automatic recognition, therefore the rights afforded to the father by that judgment were recognised on the day of the removal of the child from France. The Court added that further weight was provided by the French court judgment of 7 March 2006 which held that none of the exceptions to recognition in the Brussels II bis Regulation applied to the Belgian judgment. The removal, being in breach of the father’s custody rights, was therefore wrongful.
The mother sought to invoke the grave risk of harm exception on the basis of the father’s alleged violence towards the child and because of his religion and national origin. The Court rejected the first limb of the argument noting how the psychologist had found there to be a certain warmth between father and son, rather than fear or alienation. Moreover the same argument had not been accepted in either the French or Belgian proceedings. As to the second limb the mother argued that the child had been living an ultra-orthodox Jewish life for over a year and if handed over to the father, whose parents were ardent Christians, he would not be able to maintain his religious way of life, which would cause him harm and place him in an intolerable situation. The Court noted that significant hardship was part of the life of a child when the parents separated. In the present case that was accompanied by the parents wanting to live in different countries. The Court held that when Israel had ratified the Convention it had done so without making any exception for Jewish children abducted to Israel. The change in the child’s life was not relevant to the Convention proceedings but to the substantive issue of custody.
The Court found the child to have a degree of maturity at which it was appropriate to take his views into account. However the Court held that the objections were not substantive, thought out or based on clear arguments in respect of the father’s actions towards him. The Court further accepted the views of the psychologist that the child’s objections were possibly not based on his own views and were influenced by the mother. The Court held that Article 13(2) had to be construed narrowly and only accepted where all doubts had been removed regarding factors influencing the views of the child.
Finally the mother sought to invoke Article 20 arguing that she and the child would not receive a fair, objective and neutral hearing in Belgium because of the connections the father and his family had there. The Court held that the validity of the Belgian appellate judgment had to be contested in that jurisdiction and the mother had not proved the Belgian legal system to be deficient in its respect for human rights and fundamental freedoms.
The Court held that the child could be sent to Belgium, notwithstanding that he had been habitually resident in France prior to the wrongful removal. The Court noted that there was no reference in the text of the Convention to the place to which the child should be returned. Furthermore had the child not been removed from France he would have been sent to Belgium under French law in any event.
The subsequent history of the case is detailed in : B. v. G. [INCADAT Reference: HC/E/IL 923]. The enforcement of the return order is still pending.
La demande concernait un petit garçon né en 1999 de père belge et de mère israélienne. Ces derniers avaient divorcé en 2002 et la garde avait été confiée à la mère. En janvier 2004 la mère demanda l'autorisation de s'intaller en France et y déménagea en mars 2004 avec l'enfant. Le père forma appel de la décision de garde et le 22 novembre 2005 une cour d'appel belge ordonna qu'à compter du 3 janvier 2006 l'enfant devrait vivre avec son père en Belgique.
Le 21 décembre 2005, la mère entama une procédure tendant à la garde en France. Le 4 janvier 2006 la mère emmena l'enfant en Israël. Une procédure en vue du retour fut initiée en décembre 2006 en Israël.
Déplacement illicite et retour ordonné vers un Etat autre que l'Etat de résidence habituelle de l'enfant ; aucune des exceptions conventionnelles n'étaient applicables.
La première question qui se posait à la Cour était de savoir si le déplacement deul'enfant était illicite et si le père avait un droit de garde en application du droit français. S'attachant à l'article 21 alinéa 1 du Règlement de Bruxelles II bis, la Cour conclut que l'arrêt belge était automatiquement reconnu en France, et que, des lors, le droit de garde du père étaient reconnus au jour du déplacement de l'enfant. La Cour ajouta que la décision française du 7 mars 2006 renforçait cette solution en ce qu'elle constatait qu'aucune des exceptions à la reconnaissance prévues dans le Règlement de Bruxelles ne s'appliquait au jugement belge. Dès lors, le déplacement était illicite.
La mère invoquait l'exception de risque grave, et alléguait la violence du père à l'égard de l'enfant; violence motivée par ses origines religieuses et nationales. La Cour rejeta cet argument, observant que le psychologue avait constaté une certaine chaleur entre le père et l'enfant et non la peur et l'aliénation. En outre cet argument avait été rejeté dans les procédures française et belge. La mère invoquait également un autre argument au soutien de l'exception de risque grave: le fait que l'enfant vivait depuis un an une vie de juif ultra-orthodoxe qu'il serait contraint d'abandonner s'il devait vivre avec son père, dont les parents étaient d'ardents chrétiens. POur elle, cela caractérisait une situation intolérable. La Cour reconnut que la vie d'enfants de parents séparés était singulièrement difficile, et ce d'autant plus si, comme dans le cas présent, les parents souhaitaient vivre dans des pays différénts. La Cour estima qu'en adhérant à la Convention de la Haye, Israël n'avait pas formulé d'exception particulière au regard d'enfants juifs enlevés vers Israël. Le changement de style de vie de l'enfant n'était pas un élément pertinent dans la cadre de la procédure de retour, mais un élément à prendre en compte dans la procédure de garde.
La Cour estima que l'enfant avait atteint un degré de maturité suffisant pour qu'il soit approprié de tenir compte de son opinion. Toutefois la Cour considéra que son opposition n'était pas profonde ni fondée sur des arguments clairs concernant les actes du père à son égard. La Cour reprit la position du psychologue selon lequel l'opposition de l'enfant était peut-être influencée par la mère et non pas personnelle. La Cour décida que l'article 13 alinéa 2 devait s'interpréter restrictivement et ne s'appliquait que si tous les doutes concernant les facteurs d'influence de l'enfant étaient éliminés.
Enfin la mère invoquait l'article 20: selon elle, l'enfant et elle ne sauraient faire l'object d'une procédure équitable, objective et neutre en Belgique étant donné les liens du père et de sa famille dans ce pays. La Cour estima que la validite de la décision d'appel belge devait être contestée devant les tribunaux de ce pays ; la mère n'avait pas établi que le système judiciaire belge était déficient en matière de respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La Cour décida que l'enfant pouvait être renvoyé en France nonobstant le fait qu'il avait eu sa résidence habituelle en France avant le déplacement illicite. La Cour souligna que la Convention ne se référait pas au pays dans lequel l'enfant devait être renvoyé. En outre si l'enfant n'évait pas fait l'objet d'un déplacement illicite, il aurait été renvoyé en Belgique en application du droit français.

References: art. 3
 art. 13
 art. 13
 art. 20
 l'article 21
 l'article 13
 l'article 20