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Timestamp: 2017-08-17 19:15:21+00:00

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Autour de quelques experimenta inédits
Magic and divination are strictly connected during the medieval period, in the theological censorship, but also in the practices which deliver us some rare manuscripts of the end of the Middle Ages. The ritual magic, in particular, appropriates gladly a divinatory function, which it realizes by resorting to a big variety of means. This article proposes a synthesis on this question, based mostly on experimenta of the ms. Amsterdam, Bibliotheca Philosophica Hermetica, 114 (end of XVth c.), edited as documentary evidence.
Magie et divination sont étroitement liées durant la période médiévale, dans la censure théologique, mais également dans les pratiques que nous livrent quelques rares manuscrits de la fin du Moyen Âge. La magie rituelle, en particulier, s’attribue volontiers une fonction divinatoire, qu’elle réalise en recourant à une grande diversité de moyens. Cet article propose une synthèse sur cette question, fondée pour une large part sur des experimenta du ms. Amsterdam, Bibliotheca Philosophica Hermetica, 114 (fin XVe s.), édités en pièce justificative.
Deviner l’avenir ou dévoiler les choses cachées dans les experimenta
Les voies de l’efficacité des experimenta divinatoires
1 Voir notamment Œuvres de saint Augustin, 11/2, La doctrine chrétienne/De doctrina christiana, II, (...)
2 Joannis Saresberiensis Policraticus I-IV, éd. K. S. B. Keats-Rohan, Turnhout, 1993 (CCCM, 118), I, (...)
3 Boudet, Entre science et nigromance, p. 137-155 ; J. Véronèse, « La transmission groupée des texte (...)
4 Th. Charmasson, Recherches sur une technique divinatoire : la géomancie dans l’Occident médiéval, (...)
1Durant la période médiévale, arts magiques et arts divinatoires sont étroitement liés sans pour autant être réductibles les uns aux autres. Sur la longue durée, depuis la fin de l’Antiquité, ils le sont sur le terrain doctrinal, dans le cadre de la définition de la catégorie plus large et polémique de « superstition ». Les autorités en la matière sont explicites, notamment saint Augustin et Isidore de Séville, pour qui pratiques magiques et mantiques, sans être confondues, sont toutes marquées du sceau indélébile du pacte démoniaque et de l’idolâtrie, reléguant ainsi au second plan ce qui peut les séparer dans la pratique1. Sur ces fondements, le Policraticus de Jean de Salisbury, au milieu du XIIe siècle, marque un tournant : si « les magiciens […] sont ceux qui, avec la permission du Seigneur (Domino permittente), troublent les éléments, enlèvent aux choses leur aspect normal, […] bouleversent les esprits des hommes en leur envoyant des songes et les tuent par la seule violence de leur enchantement »2 – ce qui correspond peu ou prou à la définition isidorienne –, ils sont également, et c’est nouveau, ceux qui « prédisent ordinairement l’avenir ». Ce détail, comme l’idée que les magi agissent sous l’autorité de Dieu, fait écho à une réalité nouvelle que connaît Jean : d’une part, l’introduction et la diffusion progressive en Occident, à compter des premières décennies du XIIe siècle, d’un nombre non négligeable de traditions de « magie » par le jeu de traductions de l’arabe, de l’hébreu ou du grec3 – selon le même mouvement de transfert culturel qui profite à l’astronomie-astrologie sur le plan théorique et pratique, comme à d’autres arts spécifiquement divinatoires, tels la géomancie4 ; d’autre part, le fait qu’un certain nombre de ces traditions professent bel et bien une finalité divinatoire, même si la situation propre au XIIe siècle nous échappe en grande partie au vu des manuscrits retrouvés, qui datent pour la plupart du XVe siècle.
5 R. Kieckhefer, Magic in the Middle Ages, Cambridge, 1989, p. 56-64 ; Boudet, Entre science et nigr (...)
6 A. Berthoin-Mathieu, Prescriptions magiques anglaises du Xe au XIIe siècle. Étude structurale, Par (...)
7 Marbode of Rennes’ (1035-1123) De lapidibus, éd. J. M. Riddle, Wiesbaden, 1977, respectivement p. (...)
8 Boudet, Entre science et nigromance, p. 125-131 ; J.-P. Boudet et N. Weill-Parot, «Être historien (...)
9 Dans la mesure où l’agent humain s’adresse à des intelligences supérieures pour obtenir des effets (...)
2Ce renouveau textuel ne féconde pas, il faut le préciser, un terrain résolument vierge : il existait en Occident ce que l’on a pu appeler une « tradition commune » de la magie5, celle dont relèvent par exemple les collections de charmes, de courts textes-recettes performatifs à la finalité avant tout défensive mais dotés parfois, de manière marginale dans ce corpus, d’une vertu divinatoire (par exemple relative au vol d’un cheval ou d’un animal)6 fondée sur la puissance immédiate de formules ; il existait aussi des traditions davantage savantes reposant sur un savoir issu de l’Antiquité gréco-latine, comme celles des lapidaires, qui reconnaissaient à certaines pierres une capacité à déterminer l’avenir. Le Lapidaire de Marbode de Rennes, compilation de la fin du XIe siècle à la postérité exceptionnelle, inventorie par exemple quatre pierres (sur 60) ayant, selon les anciens, une vertu divinatoire : l’émeraude (n° 7), l’héliotrope (n° 29), la pierre dite hyena (n° 44) et la chélonite (n° 39), cette dernière agissant, aux dires des magi, après qu’on l’a placée sous la langue, l’organe permettant la révélation7. Mais tous ces procédés ne peuvent véritablement se comparer, notamment en matière de magie divinatoire, aux traités et aux experimenta qui commencent à circuler en Occident à compter des premières décennies du XIIe siècle. Non seulement ceux-ci sont d’une plus grande complexité (avec parfois un fondement théorique visant à leur donner un statut quasi scientifique, revendiqué du reste par certains clercs au XIIe siècle8) et l’apanage de l’élite culturelle, mais leur efficacité, attestée là-encore par les anciens, repose pour une bonne part sur la mobilisation de principes capables d’accomplir ce que la nature, et en particulier la nature humaine, amoindrie sur le plan ontologique depuis le péché originel, n’est pas en mesure de réaliser. Ces principes renvoient à une sphère spirituelle plus ou moins christianisée selon que l’on est, sur le plan chronologique ou philologique, plus ou moins proche de la traduction – une sphère composée d’anges, de démons ou encore d’esprits placés sous l’autorité de Dieu –, et définissent le cadre d’une magie « destinative »9 qui n’exclut pas pour autant (selon des proportions variables) l’apport des forces de la nature.
10 P. Lucentini, « L’ermetismo magico nel secolo XIII », in Sic itur ad astra. Studien zur Geschichte (...)
11 D. Pingree, Picatrix. The Latin Version of the of the Ghāyat Al-Hakīm, Londres, 1986 ; trad. fr. p (...)
3Sur le plan chronologique, le mouvement de traductions (essentiellement de l’arabe dans ce cas) profite tout d’abord à la magie astrale10. Son efficacité repose sur l’emploi d’un talisman (une « image » bi- ou tridimensionnelle) élaboré sous une configuration céleste favorable, capable, en vertu du principe de similitude et par le jeu d’invocations, de capter l’influx naturel des planètes (ou d’autres corps célestes) et de mobiliser leur spiritus, afin d’agir sur un tiers (une personne, un animal, une ville, etc.) de manière positive ou négative. Le principe du talisman étant avant tout d’exercer une contrainte sur une cible donnée (figurée parfois par l’« image »), il ne fait guère partie de ses fonctions de déterminer l’avenir, alors même que le cours des planètes et la configuration astrale, sur lesquels se fondent de leur côté les astrologues pour établir leurs jugements, sont une variable importante dans l’économie de son efficacité. C’est ce que l’on constate par exemple dans le Picatrix, vaste compilation de magie talismanique et astrolâtrique traduite de l’arabe à l’initiative d’Alphonse X de Castille (v. 1256-1258), dans laquelle aucun des nombreux talismans évoqués n’a de réelle finalité divinatoire11.
12 C. Fanger, « Medieval Ritual Magic : What it is and Why we need to know more about it », dans Ead.(...)
13 Je pense en particulier à certains traités de l’ermite Pelagius (XVe s.). Cf. J. Dupèbe, « L’écrit (...)
14 Ph. Faure, « Les anges gardiens (XIIIe-XIVe siècles). Modes et finalités d’une protection rapproch (...)
4Le renouvellement textuel lié au phénomène de translatio concerne ensuite les traditions dites de « magie rituelle » – dans la mesure où la dimension astrologique passe au second plan et où prédominent les rites, en général complexes, d’invocation des anges ou de conjuration des démons ou des esprits12. Dans ce domaine, la frontière entre magie et religion, discutée de longue date par les anthropologues, peut être très ténue ; c’est le cas lorsqu’on a affaire au XVe siècle à des rituels d’invocation des anges dépouillés de leurs éléments les plus compromettants sur le plan doctrinal et proches d’une forme de dévotion privée13 (dans un contexte, qui plus est, de promotion de la dévotion à l’ange gardien14). Mais en général, le magister, l’artifex ou l’exorcizator recourt à des usages, des pratiques, voire des croyances qui, passés au spectre de l’analyse, ne sont pas pleinement canoniques, même si dans leur principe ils n’induisent pas de pacte démoniaque, ainsi que le voudraient les théologiens de la période scolastique dans la droite ligne d’Augustin et d’Isidore. Sans être pleinement un outsider – dans la mesure où il se définit comme un fidèle exemplaire et se veut, à la manière du prêtre qu’il est souvent, le spécialiste d’une liturgie agissant en vertu de la puissance divine et investie d’une fonction eschatologique et salvatrice –, le « maître » est le détenteur et l’utilisateur d’un savoir pratique qui agit hic et nunc, qui « instrumentalise » en partie la relation avec les sphères supérieures, et permet d’assouvir des désirs, bons comme mauvais sur le plan moral, matériels comme d’autres qui le sont moins, tels par exemple que déterminer sans erreur possible son propre sort, celui d’un tiers ou même celui d’un royaume, ce qui est en soi théologiquement répréhensible, puisque l’avenir, comme chacun sait, n’appartient qu’à Dieu.
15 Pour une mise au point synthétique, cf. Boudet, Entre science et nigromance, p. 214-234.
16 J.-P. Boudet et J. Véronèse, « Le secret dans la magie rituelle médiévale », Il Segreto, Micrologu (...)
17 G. Hedegård, “Liber iuratus Honorii” : A Critical Edition of the Latin Version of the Sworn Book o (...)
18 J. R. Veenstra, « Magic and Science : Berengario Ganell’s Summa sacre magice », Séminaire internat (...)
19 Ms. Amsterdam, B.P.H., 114, p. 101-102, Clavicula, I, 4.
20 R. Kieckhefer, Forbidden Rites. A Necromancer’s Manual of the Fifteenth Century, Stroud, 1997.
21 Boudet, Entre science et nigromance, p. 359-375.
22 Cf. infra pour des exemples.
5Le genre comprend initialement un nombre relativement restreint de traditions objet de censures au XIIIe siècle15. Mais se greffent aux XIVe et XVe siècles à ce tronc commun quelques textes supplémentaires, parfois d’envergure (par exemple la Clavicula Salomonis16, le Liber juratus sive sacratus d’Honorius de Thèbes17ou la Summa sacre magice de Bérenger Ganellus18), fondés en général sur la compilation ou la réécriture plus ou moins poussée des premiers, ainsi que toute une constellation d’experimenta relativement courts, qui peuvent dans les manuscrits être regroupés avec les précédents (avec lesquels du reste ils entretiennent parfois des liens génétiques) ou former des collections plus distinctes. Si les véritables traités de magie rituelle peuvent accorder ponctuellement une certaine place à la divination – par exemple dans la très démoniaque Clavicula Salomonis, attestée en Occident pour la première fois en 1310, un chapitre est consacré à la résolution d’un vol par la conjuration des esprits malins19 –, cette finalité est davantage mise en valeur dans le cadre de ces experimenta fonctionnant selon les mêmes principes mais vidés de toute artifice narratif ou théorique. Le meilleur exemple en est sans doute le manuel de nigromancie (i.e. de conjuration explicite des démons) du XVe siècle édité par Richard Kieckhefer en 1997, conservé dans le manuscrit de Munich, B.S.B., Clm 84920. Dans ce recueil, quelque 19 experimenta sur 42 ont une finalité divinatoire, soit une proportion de 45 % environ qui place la divination devant l’illusionnisme (14) et la contrainte psychologique (8)21. Ce n’est pas en soi représentatif, mais d’autres manuscrits du XVe siècle, assez semblables dans leur contenu, proposent eux aussi un nombre non négligeable d’experimenta divinatoires22.
23 Boudet et Véronèse, « Le secret », art. cit.
24 C. E. Hopkin, The Share of Thomas Aquinas in the Growth of the Witchcraft Delusion, Philadelphie, (...)
25 J.-P. Boudet, « Les who’s who démonologiques de la Renaissance et leurs ancêtres médiévaux », Médi (...)
26 Deux versions présentes dans le ms. München, BSB, Clm 849, ont été éditées dans R. Kieckhefer, For (...)
27 S. Gentile et C. Gilly, Marsilio Ficino e il ritorno di Ermete Trismegisto, Florence, 1999, p. 226 (...)
28 Ms. Amsterdam, B.P.H., 114, p. 173-187.
29 Ibid., p. 178-179.
30 Ibid., p. 180 : Amon marchio magnus et potens est, et apparet in similitudine lupi et cauda ejus e (...)
31 Ibid., p. 182 : Wuperus princeps et comes magnus, aparet in specie angelica. Obscura est et turpis (...)
32 Cf. note supra.
33 J. Véronèse, « Le Contra astrologos imperitos atque nigromanticos (1395-1396) de Nicolas Eymerich (...)
6Cette fonction de la magie rituelle ne relève pas, il faut le préciser, que d’un opportunisme de bon aloi dans une société de la fin du Moyen Âge de plus en plus préoccupée par la question de la mesure et de la maîtrise du temps. Elle tient aussi au genre lui-même et à ses ressorts fondamentaux. Toutes les traditions qui s’y rapportent, qu’elles relèvent de la nigromancie ou de la théurgie, se définissent comme des savoirs révélés (en général à Salomon) ouvrant aux hommes, sous certaines conditions, une voie d’accès à Dieu23. Cette voie est, dans son acception la plus haute, celle du rachat du péché originel, de la restauration ontologique et du salut individuel après la mort, mais elle n’exclut pas pour l’adepte zélé un accès ponctuel ou définitif à l’omniscience et à la préscience divines, voire des bénéfices matériels. Dieu ne se manifestant ou n’agissant guère directement, la révélation de l’avenir est déléguée aux intelligences intermédiaires, bonnes, mauvaises ou neutres, dont les capacités en matière divinatoire sont du même coup reconnues par la tradition. C’est le cas en particulier pour les démons, ce qui ne manque pas de surprendre. La démonologie des textes latins de nigromancie n’est de fait pas celle définie dans le cadre de la théologie scolastique des XIIe-XIIIe siècles24 : non seulement les démons peuvent être reconnus comme bons (sans doute un héritage des conceptions néoplatoniciennes du daimōn) et capables de faire le bien, mais certains, avec la « permission de Dieu », peuvent connaître et annoncer l’avenir. En témoignent les catalogues de démons attribués à Salomon ou à saint Cyprien (un ancien magicien repenti) sur lesquels travaille actuellement Jean-Patrice Boudet25, qui livrent une géographie hiérarchisée du monde démoniaque dont l’exploitation ritualisée au profit du magicien est en général codifiée par un Livre des consécrations26. Si l’on suit par exemple la version du De officiis spirituum conservée dans un manuscrit d’origine germanique de la fin du XVe siècle – le ms. 114 de la Bibliotheca Philosophica Hermetica d’Amsterdam27 –, neuf souverains démoniaques sur trente se voient explicitement reconnaître un tel pouvoir, auxquels il faut ajouter d’autres qui sont dits capables de donner des réponses à propos des choses cachées (et donc ayant potentiellement trait à l’avenir)28. Parmi ceux qui peuvent répondre à tout ce qui concerne le passé, le présent et le futur, on peut citer « Oriens » (n° 4)29, l’un des puissants rois des points cardinaux, attesté dans d’autres traditions de nigromancie, « Amon » (n° 9)30, puissant marquis de son état se manifestant en forme de loup à la queue de serpent, ou encore « Wuperus » (n° 18)31, prince et comte, maître de 26 légions démoniaques pouvant apparaître sous l’apparence d’un ange. Dans les Secreta Cipriani32, la proportion est moindre, puisque vingt princes démoniaques sur 109 recensés s’occupent explicitement de divination. Mais le constat ne laisse planer aucun doute : les démons, placés par les rites et les signes sous l’emprise de Dieu, se voient reconnaître en contexte magique une réelle vertu à connaître et révéler les choses futures ou occultes, ce qui explique en définitive le large spectre d’experimenta disponible. Ceci avait de quoi irriter les théologiens confrontés à une telle littérature : de leur point de vue, les démons ne pouvaient par nature revendiquer, si ce n’est par orgueil et avec la volonté de tromper, quelque capacité véritable en la matière (les anges eux-mêmes n’ont pas accès à la pleine appréhension de l’avenir), quand le principe d’une délégation divine à des créatures déchues n’était guère admissible. C’est ainsi par exemple que le célèbre inquisiteur catalan Nicolas Eymerich († 1399), dans son Contra astrologos imperitos atque nigromanticos adressé en 1396 au roi de Navarre Martin Ier, refuse catégoriquement que les arts magico-divinatoires fondés selon lui de manière systématique sur l’intervention des démons puissent permettre d’obtenir des réponses certaines, ou ne serait-ce que conjecturales, sur l’avenir33. La conclusion de la question consacrée à la nécromancie (nigromancia) l’illustre bien :
34 Ibid., p. 298 : Ex hiis sex preambulis sequitur et deducitur conclusio intenta. Que est quod per a (...)
De ces six préambules il découle et est déduite la conclusion suivante. Qui est que par l’art de nigromancie nous ne pouvons pas juger de manière certaine et infaillible, ni même de façon conjecturale des choses cachées présentes, passées ou futures. Cette conclusion se justifie ainsi. Le diable, invoqué dans les sacrifices et attiré par les honneurs divins, qui parle et répond dans les cadavres des morts, est notre ennemi capital, notre hostile séducteur, le menteur, et même le pire des menteurs, et par conséquent par les réponses qu’il donne dans les cadavres susdits nous ne pouvons ni ne devons juger des événements occultes susdits de manière certaine, infaillible, voire même conjecturale34.
35 J.-P. Boudet, « Les condamnations de la magie à Paris en 1398 », Revue Mabillon, n.s., 12 (t. 73), (...)
36 Ibid., p. 150 (texte latin) et 153 (trad. fr.).
7La position de la Faculté de Théologie de l’Université de Paris n’est sur le fond pas différente lorsqu’elle condamne de manière solennelle la magie et ses arts le 19 septembre 1398 – censure importante si l’en est dans un contexte où la magie s’invite dans le jeu politique à la cour de Charles VI35. Si l’article 23 nie que les démons puissent être bons (comme l’affirme de manière plus ou moins explicite la littérature magique elle-même), l’article 16 de la determinatio rejette dans un même mouvement le postulat d’une origine révélée des arts magiques et leur utilisation à des fins divinatoires (celle-ci devant sans doute passer par une délégation théologiquement inacceptable de la préscience divine aux démons)36.
37 Boudet, Entre science et nigromance, p. 303-316.
8Après cette longue mais nécessaire mise en perspective, je me propose maintenant de donner un aperçu des pratiques proposées dans les manuscrits de la fin du Moyen Âge, en développant quelques exemples, dont certains inédits, avant de livrer une analyse plus structurelle des principes qui fondent leur efficacité. Si cette littérature a concerné au premier chef les clercs, elle a pu aussi intéresser ponctuellement (notamment au XVe siècle) des grands laïcs, voire même des souverains, dans un contexte où la présence dans les sphères du pouvoir de spécialistes de l’avenir et du temps tels que les astrologues était assez régulière37.
38 Sur ce point, cf. J.-P. Boudet, « Jeux et enjeux de pouvoirs dans les rituels magiques de chasse a (...)
39 Kieckhefer, Forbidden Rites.
40 F. Secret, « Sur quelques traductions du Sêfer Razî’el », Revue des Études Juives,128, 1969, p. 22 (...)
41 Cf. note supra.
42 Ce procédé est bien attesté dès l’Antiquité. Cf. A. Delatte, La catoptromancie grecque et ses déri (...)
9Dès lors qu’il est question de finalités divinatoires dans les textes de magie rituelle, en particulier dans les experimenta, ceux-ci sont présentés de manière stéréotypée : le magister peut en général obtenir des intelligences soit des révélations sur le passé, le présent et l’avenir (sans précisions) ou encore sur les choses cachées ou occultes, soit la découverte d’un voleur (ou du vol lui-même), d’un meurtrier ou d’un trésor caché38. Si d’autres objectifs ne sont ponctuellement pas à exclure (par exemple connaître l’issue d’une guerre, ce qui peut se révéler utile pour un prince, ou connaître l’heure de sa mort ou de celle d’un tiers, voire le sort d’une âme après la mort), l’invocateur apparaît donc, de manière temporaire, comme un maître du temps, mais également comme l’auxiliaire d’une justice immanente. Tout un arsenal de pratiques est mobilisable, sans que le moyen en vigueur n’induise une spécialisation dans une fin plutôt que dans une autre. Certaines d’entre elles recourent aux démons et relèvent ainsi de la « nigromancie », ce que montre bien le ms. de Munich Clm 84939 ; mais dans la mesure où la divination engage une révélation, d’autres mobilisent ces messagers naturels que sont les anges, soit dans le cadre de traités volumineux de théurgie (par exemple le Liber Razielis40ou les traités de l’ermite Pelagius de Majorque41), soit, notamment au XVe siècle, dans de courts procédés dont la forme est empruntée à la nigromancie, mais qui, sans doute comme gage d’orthodoxie, substituent la médiation angélique à l’intervention démoniaque. De manière générale, les modes opératoires en vigueur se distinguent moins par la nature de l’intelligence invoquée que par celle de l’objet dans lequel elle est appelée à se manifester : il peut s’agir d’une surface réfléchissante comme celle d’un miroir, d’un bassin ou d’un ongle et il est alors question respectivement de catoptromancie42, de lécanomancie et d’onychomancie ; d’un cristal (cristallomancie), d’un morceau ou d’une fiole en verre, de feu (pyromancie) ou d’un os poli (spatulomancie) ; mais l’on peut également interroger l’esprit d’un mort (nécromancie), recourir à son esprit familier (parfois préalablement enclos dans une bague), ou obtenir une révélation en rêve (oniromancie) au terme d’un processus plus ou moins complexe d’incubation. Je ne donnerai ici des exemples que de certains de ces modes opératoires, en me fondant autant que possible sur des textes inédits extraits du manuscrit d’Amsterdam précédemment cité, une compilation riche en experimenta divinatoires, démoniaques et angéliques.
43 Joannis Saresberiensis Policraticus I-IV, op. cit., p. 59 ; Boudet, Entre science et nigromance, p (...)
44 Joannis Saresberiensis, op. cit., p. 164-168 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 101 et 104 (...)
45 Kieckhefer, Forbidden Rites, n° 18 et 19, p. 236-238. Après avoir fait fabriquer un petit miroir m (...)
46 Véronèse, « Le Contra astrologos », art. cit.., p. 285 et 307 (texte latin).
47 Ms. Amsterdam cit., p. 220-223, notamment p. 220 : Ragam, Ragma, Mathi, Zachma […], conjuro vos si (...)
48 Ibid., p. 223 : Asperge locum circuli cum aqua benedicta et fac feria tercia vel feria quinta fac (...)
10Jean de Salisbury, le premier, évoque dans le Policraticus la pratique nouvelle des « spéculaires », « ceux, dit-il, qui, pratiquant la divination dans des objets polis et luisants, tels que les épées resplendissantes, les bassins et les coupes, les miroirs de toute espèce, répondent aux questions des gens curieux »43. Il le fait avec d’autant plus de verve qu’il aurait été en son jeune âge victime de leurs manigances44. Le genre de pratiques qu’il décrit au cœur du XIIe siècle est bien attesté à la fin du Moyen Âge. Le manuscrit de Munich propose ainsi cinq experimenta permettant de voir l’avenir dans un ongle préalablement enduit d’huile (n° 27A, 27C, 38, 39 et 40) et six nécessitant le recours à un miroir réfléchissant (speculum) (n° 18, 19, 20, 23, 29, 33). Parmi les derniers, on compte notamment deux versions du Miroir de Floron45, voué aux gémonies par Nicolas Eymerich († 1399) à la fin du XIVe siècle, qui l’a à l’évidence croisé dans le cadre de son activité inquisitoriale46. Mais dans la même veine, on peut mentionner un experimentum de catoptromancie du manuscrit d’Amsterdam se résumant pour l’essentiel à une longue conjuration de démons supposés apparaître dans un miroir à un enfant medium47. Les prescriptions rituelles sont aussi minimales qu’attendues : après avoir procédé à des aspersions d’eau bénite, il convient le mardi ou le jeudi de tracer sur le sol un cercle à l’aide d’une épée qu’il faut ensuite planter au centre de la figure ; puis inscrire sur le pourtour du cercle les noms démoniaques ouvrant la longue conjuration préalablement exposée, et réciter le début de l’évangile de Jean, le Pater noster, l’Ave Maria et le Credo48. La procédure conjuratoire, très brève, associant le maître et l’enfant peut alors véritablement commencer.
49 J.-P. Boudet, « Deviner dans la lumière. Note sur les conjurations pyromantiques dans un manuscrit (...)
50 Cf. infra, p. j., n° 1.
11Le même manuscrit propose en matière d’onychomancie un experimentum ad ungwem qui ne sollicite ni un démon, ni un ange, mais la Sybille, ce qui est relativement rare mais pas unique, puisque des experimenta de pyromancie d’un manuscrit conservé à Oxford, datant lui aussi du XVe siècle, la met également sur le devant de la scène49. La procédure destinée à découvrir l’auteur d’un vol et le lieu où le butin a été caché est relativement simple50 : il faut installer sur un siège en bois de chêne un enfant nu âgé de sept ou huit ans, lui couper l’ongle du pouce avec un couteau neuf, placer le doigt sur le manche dudit couteau et le lui oindre avec de l’huile de pavot, d’olive ou de lin. L’enfant doit ensuite regarder attentivement son ongle et réciter une conjuration destinée à dame Sybille, au nom de Dieu et plus largement de la virginité du Christ, de la Vierge, de Jean l’Évangéliste et de l’enfant lui-même. Une fois les mots prononcés, le maître doit demander fréquemment à l’enfant s’il aperçoit quoi que ce soit dans l’ongle, ce qu’il voit une fois que l’apparition a lieu, puis en dernier lieu quelle réponse il en a obtenu. L’objectif atteint, il lui faut alors procéder à des aspersions d’eau bénite pour faire fuir les esprits malins, et probablement dans le même but, prononcer une formule de bénédiction près des yeux de l’enfant en faisant le signe de croix avec son pouce, et finir par une lecture de l’Évangile de Jean. Christianisée depuis la fin de l’Antiquité, la figure de la Sybille est ici conçue comme positive et distincte des démons, dont à l’évidence on craint qu’ils ne prennent possession du jeune enfant au cours de l’opération.
51 Cf. infra, p. j., n° 2, pour une transcription des quatre experimenta.
52 B. Láng, Unlocked Books. Manuscripts of Learned Magic in the Medieval Libraries of Central Europe, (...)
53 J. Véronèse, L’Ars notoria au Moyen Âge. Introduction et édition critique, Florence, Micrologus’ L (...)
54 Jean de Morigny, Liber visionum beate Marie, C. Fanger et N. Watson (éd. du prologue avec trad. an (...)
55 Láng, Unlocked Books, p. 176-177, fig. 29 et 30, ms. Oxford, Bodl. Lib., Rawlinson liturg. d. 6, f (...)
56 Cf. infra, p. j., n° 2A.
57 Ph. Faure, « Uriel, le quatrième archange, en Occident », Constructing Tradition, Colloque inaugur (...)
58 P. A. Torijano, Solomon, The Esoteric King : from King to Magus, Development of a Tradition, Leyde (...)
59 Ms. Amsterdam cit., p. 237-238 : Experimentum ad vitrum probatum a multis. Per ipsum enim poteris (...)
12Autres matériaux assez répandus pour faire apparaître les esprits, le cristal, et, dans un moindre mesure, le verre. Le manuscrit de Munich propose deux experimenta (n° 24 et 25) de cristallomancie, quand celui d’Amsterdam en contient quatre, qui sont en outre plus conséquents51. Dans tous les cas les destinataires en sont les anges, ce que l’on constate aussi dans l’extraordinaire Livre de prières du roi de Pologne Wladislas (peut-être Wladislas Ier, roi de 1386 à 1434), aujourd’hui conservé à Oxford, récemment étudié par Benedek Láng52, qui a pu montrer que la destinativité angélique tenait à l’influence de traditions plus anciennes de théurgie, bien répandues en Occident, et notamment en Europe centrale, telles l’ars notoria (XIIIe s.)53 et l’un de ses dérivés du début du XIVe, le Liber visionum du moine bénédictin Jean de Morigny54. Ce manuscrit royal propose en outre, de manière tout à fait exceptionnelle, une représentation du prince-magicien qui, sous la protection de Dieu, figure en prière devant l’autel portant le cristal au dessus duquel apparaissent les anges (Michel, Raphael et Gabriel ?) agents de la révélation55. Piété, dévotion personnelle et magie, ici en milieu aristocratique, ne peuvent être de plus belle manière confondues, comme c’est du reste le cas, à titre d’exemple, dans le premier des quatre experimenta du manuscrit d’Amsterdam56. Celui-ci nécessite l’usage d’un cristal conservé dans de la cire neuve. Sur un côté de la pierre doivent être gravés les noms « Uriel » et « Tetragrammaton », et sur l’autre celui de « Salomon ». Uriel, archange non canonique en milieu chrétien57 auquel s’adresse aussi Wladislas dans son Livre de prières, et Salomon, archétype du roi sage mais également exorciste hors-pair et maître des esprits dans la tradition judéo-chrétienne58, sont au cœur de toute une liturgie fondée sur la récitation de prières canoniques – le Pater noster, l’Ave Maria, le Credo, le Kyrie – de psaumes et d’une longue conjuration répétée à plusieurs reprises demandant à Dieu de faire apparaître ses messagers visibiliter et specialiter dans le cristal aux yeux d’un enfant soumis au demandeur. Au moment où le cristal commence à « s’animer » (crescere) et à «luire » (clarescere), le maître doit clore de la main les yeux de l’enfant, réciter une conjuration adressée à la pierre lui enjoignant de se « fendre » (scindere) et de « s’ouvrir à la vision de l’enfant », et enfin asperger la maison et l’enfant d’eau bénite, la crainte d’une intervention démoniaque non contrôlée étant là encore patente. Si le cristal fait défaut, le verre, notamment une fiole remplie d’eau de source exposée aux rayons du Soleil provenant d’une fenêtre, peut le remplacer de manière efficace pour contraindre un ange et ses socii de se manifester et de livrer des révélations sur les choses cachées ou sur l’avenir59. Mais contrairement au cas précédent, ces anges sont en réalité des anges déchus, autrement dit des démons, puisque la conjuration qui les enjoint d’apparaître évoque le pouvoir qu’à Dieu de les maintenir « liés » en enfer à l’aide de « chaînes de feu » et de leur imposer en ce lieu des tourments (penas ignitas).
60 J. Coste, Boniface VIII en procès. Articles d’accusation et dépositions des témoins (1303-1311). É (...)
61 B. Rebiger et P. Schäfer, Sefer ha-Razim I und II. Das Buch der Geheimnisse I und II, Tübingen, 20 (...)
13D’autres moyens, beaucoup plus hétérodoxes, consistent à solliciter l’esprit des morts (voire le mort lui-même) ou à interroger son démon ou esprit familier, sorte de pendant à l’ange gardien dont bénéficie tout chrétien à partir du baptême et dont a été affublé par exemple le pape Boniface VIII dans l’acte d’accusation élaboré dans le cadre de son procès posthume par les juristes de Philippe IV le Bel au début du XIVe siècle60. Un magnifique experimentum de nécromancie est par exemple conservé dans le Liber Samayn, version latine du Sepher ha-Razim de la tradition juive tardo-antique, faisant office de6e livre dans la version en sept livres du Liber Razielis61. L’intéressé doit se rendre sur une tombe, réciter la longue liste des noms des anges de la cinquième armée du premier ciel servant le prince Ascymor, et, en tenant à la main un vase en verre neuf empli d’huile et de miel, conjurer autant que nécessaire un certain « Chozynarudya », l’esprit domicilié sur les os des morts, jusqu’à ce que le défunt choisi se dresse hors de la tombe et réponde « sans peur ni crainte » cum veritate sine aliqua contradictione à toute question. Lorsque le mort ressuscite, il convient de poser le vase devant lui, et le conjurateur doit agiter une verge sous son nez, sans doute comme signe de sa domination quasi sacerdotale.
62 Il s’agit du ms. Halle, Universitäts- und Landesbibliothek Sachsen-Anhalt, 14.B.36, fol. 135-151. (...)
14Mais on peut s’arrêter plus longuement sur une opération fusionnant nécromancie et recours à un esprit familier – qui peut être soit mauvais, soit bon – évoquée aux chapitres 9, 10 et 11 du Liber Theysolius, un texte faisant office d’annexe à ce même Liber Razielis dans un manuscrit de la fin du XVe siècle62. Dès lors que l’on veut avoir en sa possession un esprit familier capable de prédire l’avenir, il faut convenir tout d’abord, affirme le sage (qui lui-même renvoie aux sapientes et aux philosophi antiqui), de la forme dans laquelle on désire le voir apparaître. Il peut s’agir d’un enfant, d’un jeune homme, d’un vieillard, d’une vieille (vetula) ou au contraire d’une jeune fille, mais aussi d’un chien, d’un cheval, d’un serpent ou d’une autre bête. Si l’on souhaite posséder un bon esprit, il faut que la personne choisie ait été bonne, humble et pleine de mansuétude durant sa vie, et inversement si l’on préfère un esprit malin. Une fois que l’on a fait son choix, et notamment si l’on choisit une forme humaine, il faut se rendre sur la sépulture d’une personne ayant les caractéristiques requises et dont on connaît le nom, le nom de la mère, voire celui du père, dans un souci évident de juste identification. Il convient dès lors, après une préparation spirituelle intensive, durant la nuit du 14e au 15e jour du mois (c’est-à-dire à partir du moment où la Lune va commencer à croître) et à l’heure où les démons se promènent à proximité des tombes des morts, d’invoquer le défunt, en le conjurant, lui ou son esprit, d’apparaître non iratus sed de bono amore et bona voluntate. Afin de garantir la réussite de l’opération, des instructions complémentaires sont données pour fabriquer des mixtures efficaces (maxima potestas et fortissimum opus) servant à enduire des morceaux de linceul ou de suaire usagé sur lesquels a été au préalable inscrit le nom de l’esprit recherché et auxquels finalement on met le feu ; l’une est fabriquée à l’aide de vers élevés dans des cornes emplis d’huile d’olive préalablement enterrées aux quatre coins de la tombe, lorsque le Soleil est dans le Cancer (juin-juillet) ; l’autre, jugée plus puissante encore, à l’aide d’eau ayant servi à laver le visage d’un mort, portée à ébullition avec deux yeux de chat et de bouc mélangés à de la cire utilisée au moment d’un enterrement ; un dernier procédé, guère plus ragoûtant, consiste à utiliser les yeux d’un pendu ou d’un noyé. Quelle que soit la formule adoptée, le mort « vivifié » ou l’esprit conjuré (le texte est ambigu sur ce point) apparaît aussitôt et répond sans délai à la question qui lui est posée (ad omnia que quesieris ab eo respondebit tibi statim).
63 Sur le rêve en contexte magique, cf. F. Klaassen, « Magical Dream Provocation in the Later Middle (...)
64 F. Gal, La magie dans un manuel italien du milieu du XVe siècle. Étude du ms. italien 1524 de la B (...)
65 Ibid., p. 39, ms. Paris, BnF, ital. 1524, fol. 86v : « Volendo resistere al latrone se per ventura (...)
66 Ibid., p. 88, ms. Paris, BnF, ital. 1524, fol. 121v-122r.
67 Kieckhefer, Forbidden Rites, n° 16, 234-235.
68 Ibid., n° 41, p. 342-343.
69 Cf. infra, p. j., n° 3.
70 J. Véronèse, « Anges et démons personnels dans l’œuvre de Pelagius de Majorque (XVe siècle) », dan (...)
71 Ms. Amsterdam cit., p. 236 : la figure est dessinée.
72 Cf. infra, p. j., n° 3, § 5.
73 Cf. infra, p. j., n° 3, § 9.
74 Pour des exemples, cf. Véronèse, « Le rêve sollicité », art. cit.
15Enfin, les procédés visant à obtenir d’un esprit une révélation du futur ou de choses cachées dans le cadre d’un rêve sollicité sont particulièrement nombreux63. Parfois le rêve n’est qu’un aboutissement dans une procédure qui engage certains des moyens évoqués précédemment : par exemple, dans un manuscrit italien daté de 1446 probablement destinée à un aristocrate milanais et conservée à la BnF, une courte recette nécromantique se conclut par l’apparition de l’esprit en songe64. Mais le plus souvent le rituel place au premier plan ce que l’on peut appeler « le processus d’incubation ». La Necromantia du même manuscrit propose sur ce modèle deux recettes, l’une, très courte, pour démasquer un voleur65, l’autre, plus longue, pour s’assurer d’une chose douteuse66. Deux experimenta du ms. de Munich fonctionnent également sur ce mode : l’un pour découvrir quelque chose en songe67, l’autre pour localiser un trésor caché68. Mais le manuscrit d’Amsterdam offre lui un remarquable experimentum verissimum Salomonis fondé sur l’apparition en songe de l’ange gardien de l’opérant69, ce qui se rapproche des divers rituels plus conséquents circulant à la fin du XVe siècle sous l’autorité du mystérieux ermite de Majorque Pelagius (notamment dans le De proprio angelo)70. Si vis scire futura, possis scire per angelos affirme d’emblée le texte. L’opération commence par trois jours de jeûne et la préparation du lieu secret où l’impétrant est amené à trouver le sommeil : celui-ci doit être propre, consacré et exorcisé à l’aide de sel et d’eau bénits et illuminé par trois chandelles. Les draps du lit en particulier doivent avoir été lavés. Au terme des trois jours, le candidat à la révélation doit se dénuder le haut du corps et, à l’aide d’un glaive, tracer sur le sol une « figure » de forme carrée, dédiée à Dieu et aux archanges71, faisant à l’évidence office d’autel. Il doit alors prononcer une formule de consécration (Ego facio te in nomine Patris, etc.) et, après s’être placé dans la figure, une série de conjurations adressées aux archanges Michel, Gabriel et Raphael, leur enjoignant, en tant que princes des anges, de dépêcher en songe durant la nuit l’ange que Dieu a député à la garde du corps et de l’âme du demandeur afin qu’il le conduise « vers le lieu de la vérité »72, autrement dit qu’il lui révèle ce qu’il désire connaître. Les conjurations terminées, ce sont encore quelques Pater et Ave Maria qui doivent être prononcés. Puis le maître va se coucher, non sans s’être aspergé d’eau bénite au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans le but probable d’éloigner définitivement les démons, qui aiment par-dessus tout, comme le répète à l’envi les théologiens, se jouer des hommes durant leur sommeil, notamment par le jeu de l’imagination. L’efficacité du procédé est sans faille, le texte se concluant par l’affirmation suivante, fruit de l’expérience personnelle de Salomon : « […] et sache pour certain que ton ange viendra immédiatement lors du premier rêve et qu’il te conduira au paradis, c’est-à-dire qu’en songe il te fera découvrir toutes les choses qui te plaisent. »73 Ce n’est pas spécifié dans ce cas, mais il est souvent recommandé au dormeur sollicitant une révélation en songe de se coucher sur le côté droit, celui de la justice et de la vérité, le cas échéant en plaçant sa main ou une cédule (sur laquelle il a écrit la question posée) sous son oreille droite ou sous sa tête74.
16Si les modes opératoires sont d’une grande diversité, les principes qui fondent leur efficacité sont en revanche assez semblables d’un experimentum à l’autre, quelle que soit la nature de l’intelligence invoquée.
75 Cf. infra, p. j., n° 3, § 1.
76 Ibid., n° 2A, § 1.
77 Ibid., n° 3, § 1.
78 Ibid., n° 2D, § 5. Voir encore n° 1, § 1 : l’enfant doit être âgé de 7 ou 8 ans.
79 Cette vision se produit parfois esprit, l’enfant ayant les yeux clos. Cf. infra, p. j., n° 2A, § 9
80 Ibid., n° 2B, § 11-14.
17Le maniement de signes divinement institués (parfois du reste assimilés explicitement à des sacramenta dans des textes de même nature) nécessite toujours une importante préparation matérielle et spirituelle. Une préparation du lieu secret de l’opération – en général la chambre du maître75 –, qui doit être nettoyé, consacré et exorcisé à l’aide d’aspersions d’eau bénite, de fumigations d’encens, renforcées le cas échéant de signes de croix ; une préparation des acteurs de l’experimentum, et notamment du maître, dont la foi, l’humilité et la pureté ne doivent connaître aucune faille. « S’il veut faire l’expérience de celà, débute le premier experimentum de cristallomancie du manuscrit d’Amsterdam76, il doit tout d’abord être propre, confessé de ses fautes, lavé, en état de jeûne et vêtu de vêtements propres. » Reprenant la même antienne, l’experimentum verissimum Salomonis impose quant à lui un jeûne gradué de trois jours avant que l’opération ne commence77. Le tabou sexuel, par le renoncement impératif à la luxure et la chasse aux vices, est également récurrent. Le recours à un matériau sacré et l’entrée en contact, par le biais d’une vision, avec des créatures spirituelles nécessitent de facto la « spiritualisation » de l’adepte. Celle-ci, dans le cadre des experimenta divinatoires, n’est toutefois pas en général perçue comme suffisante, ce qui explique le recours fréquent à un enfant medium prépubère – puer castus et ydoneus78 –, exempt de toute souillure et donc davantage capable de « voir »79 et de transmettre la « vérité », même s’il doit parfois se faire prier80.
81 C’est le cas dans les experimenta édités infra en p. j.
82 J. Véronèse, « La parole efficace dans la magie rituelle médiévale (XIIe-XVe siècle) », Colloque i (...)
18L’efficacité de toute opération repose sur l’emploi réglé et massif de signes qui permettent de solliciter ou de contraindre l’entité attendue à se manifester et à opérer la révélation. Ces signes sont au premier chef destinés à Dieu, qui en est la source et qui doit les investir de sa puissance une fois que leur utilisateur a fait la preuve de sa valeur spirituelle ; ils sont secondairement adressés aux intelligences dont on sollicite l’apparition sous une forme qui ne nuira pas à l’invocateur, surtout s’il s’agit de mauvais démons. Ils peuvent dans un cas comme dans l’autre être utilisés par écrit, ou être l’objet d’une locution dans le cadre de prières et surtout de conjurations qui sont en général en latin81, mais parfois en d’autres langues sapientielles (supposées telles bien sûr : hébreu, chaldéen, grec), jugées d’autant plus puissantes qu’elles n’ont pas de signification pour les clercs occidentaux et qu’elles attestent de l’ancienneté et de la nature divine du savoir utilisé82.
83 B. Grévin et J. Véronèse, « Les “caractères” magiques au Moyen Âge central (XIIe-XIVe siècle) », B (...)
84 Les noms des démons sont aussi inscrits sur le pourtour du cercle dans l’experimentum de captoptro (...)
85 Cf. infra, p. j., n° 2B, § 1.
19Le magicien nomme bien évidemment les intelligences qu’il veut voir intervenir, et une grand part de son pouvoir rituel tient du reste dans la connaissance même du ou des noms qui leur donne(nt) vie. Le cas évoqué plus haut du Miroir de Floron le montre bien : au centre du miroir est gravé le nom Floron, et sur le pourtour dix nomina auxquels correspondent des caracteres, qui en sont ici de mystérieux équivalents graphiques83. La nature de ces noms n’est pas précisée, mais leur morphologie laisse supposer qu’il s’agit non pas de noms divins, mais de noms d’esprits, sans doute placés sous la tutelle de Floron. La maîtrise des noms démoniaques et la récitation d’une conjuration non latine suffisent ici à exercer la contrainte84. On a vu aussi que les experimenta de cristallomancie imposent de graver sur la gemme le nom des entités dont on attend des révélations (Uriel et Salomon), voire de les inscrire sur les paupières de l’enfant medium85.
86 J. Véronèse, « God’s Names and their Uses in the Books of Magic attributed to King Solomon », Magi (...)
87 Nous renvoyons sur ce point à une communication faite en commun avec J.-P. Boudet, appelée à être (...)
88 Cf. Liber Razielis, ms. Halle, U.L.S.A., 14.B.36, fol. 6v-7v.
20Toutefois, ce qui fonde au premier chef la puissance de l’invocateur ou du conjurateur, au-delà de l’emploi de prières ou de formules liturgiques canoniques, est sa connaissance du nom imprononçable de Dieu, décomposé en un nombre plus ou moins important de nomina prononçables investis d’une vertu intrinsèque qui ne connaît pas de limites puisqu’il s’agit de la puissance même de Dieu86. C’est de fait l’usage de ces noms qui donne une vertu à la parole, aux actes et aux objets que manipule le maître, et qui délivre à ce dernier, alors même qu’il n’est pas (forcément) prêtre, le pouvoir de lier et de délier87. Signes du pacte que le magister noue avec la divinité, ils ont une vertu consécratrice, protectrice et coercitive et sont à ce point sacrés qu’il convient parfois, lorsque l’on fabrique le livre de magie, de les copier à l’aide d’une encre et d’un calame spéciaux préparés rituellement88.
89 Cf. infra, p. j., n° 2C, § 1.
90 Ms. Amsterdam cit., p. 219.
91 Kieckhefer, Forbidden Rites, n° 16, p. 234-235.
92 Ms. Amsterdam cit., p. 124, Clavicula, II, 7. Cf. infra, p. j., n° 2C, § 1 : le couteau doit avoir (...)
21On retrouve tout d’abord les noms divins de la tradition judéo-chrétienne – dont certains sont reconnus par la tradition isidorienne (Adonay, Eloy, Sabaoth, Tetragrammaton, etc.), mais auxquels s’ajoutent, au gré des copies, un certain nombre de créations originales – en bordure des fameux cercles ou figures magiques qui assurent, en plus des consécrations et exorcismes du lieu et des personnes, la protection du maître et de ses éventuels disciples, en même temps qu’ils permettent de « lier » (ligare) les esprits. Les exemples décrits plus haut l’ont peu mis en évidence (justement parce que c’est évident), mais la construction de cercles sur le sol de la chambre est, à quelques exceptions près, un préalable indispensable à la tenue des rituels89. Les experimenta du ms. d’Amsterdam sont ainsi précédés d’une figura exorcismatorum générique90, à laquelle il n’est fait par la suite que quelques allusions, et en bordure de laquelle on retrouve un certain nombre de noms habituels de la tradition hébraïque ou grecque : Ely, Agla, On, Adonay, Messyas, Sother, Emanuel, Ayos, Otheos, Athanatos, Eloy, etc. Ce type de figure est classique, et on le retrouve par exemple dans la Clavicula Salomonis, qui est très largement un art du cercle, ou encore dans un experimentum d’oniromancie du ms. de Munich, où il sert d’écrin aux noms que le dormeur doit écrire sur la charte qu’il place ensuite sous son oreille droite91. Dans la plupart des cas, la figure est dessinée ou gravée dans le sol à l’aide d’une épée, d’un glaive ou d’un couteau qui est lui-même l’objet d’une préparation rituelle, comme l’illustre bien la Clavicula Salomonis92.
93 Cf. infra, p. j., n° 2C, § 16 : […] Homo, Salvator, Alpha et O, Primogenitus, Homo, Finis, Via, Vi (...)
94 F. Chave-Mahir, Une parole au service de l’unité. L’exorcisme des possédés dans l’Église d’Occiden (...)
95 Cf. infra, p. j., notamment n° 2A, § 5.
96 Kieckhefer, Forbidden Rites, p. 126-149.
97 Cf. infra, p. j., n° 2A, § 8 et 2B, § 20.
98 Ibid., n° 2B, § 8 et 18 ; n° 2C, § 5, 14 et 16 ; n° 2D, § 9.
99 Ms. Amsterdam cit., p. 81-87, Clavicula, I, 2.
22Les noms de Dieu peuvent encore être gravés sur l’objet dans lequel l’intelligence est supposée apparaître : « Tetragramathon » marque ainsi le cristal de nos experimenta. Mais ces noms, dont certains renvoient au Christ93, ont plus encore vocation à être prononcés (cum magna diligencia atque devocione) dans le cadre de conjurations auxquelles ils donnent force et qui, au-delà de la fonction spécifique allouée à ces dernières (c’est-à-dire contraindre une intelligence à apparaître immédiatement), les distinguent des exorcismes chrétiens canoniques, tout à fait comparables sur le plan formel94. Le magister, comme le montrent les experimenta de cristallomancie95, conjure comme l’exorciste au nom de la Trinité, du Christ, de la Vierge, des saints, des martyrs, etc.96 ; il mobilise encore les temps forts de l’histoire biblique et chrétienne, notamment les épisodes de la vie du Christ, en particulier la Passion97 ; mais la puissance de la liturgie tient avant tout aux sanctissima nomina – ainsi que le montrent certaines conjurations adressées au cristal ou aux anges dans le manuscrit d’Amsterdam98 –, des noms que l’exorciste, lui, n’invoque pas et qui trouvent leur équivalent dans le signe de croix qui lui permet in fine de délivrer les possédés. L’importance de ces noms est telle que leur usage est parfois l’objet d’une gradation qui donne un tour quasi dramatique à la liturgie qui engage le combat avec l’intelligence à dompter. C’est le cas par exemple dans la Clavicula Salomonis : l’exorcizator conjure initialement au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, sans faire appel à des éléments exogènes ; mais au fur et à mesure que les démons résistent, il lui est nécessaire d’introduire les nomina qui eux seuls en définitive sont capables de contraindre les esprits rebelles à apparaître sous une forme bénigne, à devenir les agents de la vérité, et à accomplir en définitive sa volonté99.
23Le magicien fonde donc son pouvoir, et notamment son pouvoir divinatoire, sur l’emploi ritualisé de signes dont certains appartiennent à la culture liturgique occidentale, mais dont d’autres lui sont spécifiques et que la tradition dont il se réclame érige parfois ouvertement en « sacrements », dans la mesure où ils ont été historiquement l’objet d’une institution divine. Ces signes sont efficaces en vertu d’un pacte noué avec Dieu, une divinité qui délègue par leur intermédiaire son infinie puissance et sa grâce à ceux qui sont capables de les employer sans commettre de sacrilège. Le maître revendique ainsi une voie d’accès au sacré qui n’a pas de vocation universelle mais reste l’apanage d’une étroite élite spirituelle. Si le prophète traditionnel subit seul les révélations dont il bénéficie, le magicien et devin, aidé le cas échéant d’un enfant medium, est lui un maître des voies divines d’autant plus redoutable qu’il prétend obtenir des réponses claires de sa propre initiative, où il veut, quand il veut et pour qui il veut.
Ms. Amsterdam, Bibliotheca Philosophica Hermetica, 114, XVe siècle.
N° 1) Ms. cit., p. 234-235, experimentum d’onychomancie
[rubr.] Visio in ungwe :
[1] Experimentum ad ungwem. Recipe sedem quercinum et loca desuper puerum septem vel octo annorum nudum, et rade ei ungwem cum cutello novo, et pone pollicem supra manubrium cutelli, et ungas ungwem cum oleo papaveris vel olive aut lini, et fac puerum diligenter inspicere ad ungwem, et dic hanc conjuracionem :
[2] « Zyra, Zyra, Zyra, Amara, Amara, Amara, Opera, Opera, Opera. Conjuro te, Sibilla, per nomen tuum lucidum, et per nomen Domini Egleria, et per virginitatem Domini nostri Ihesu Christi, et per virginitatem gloriose Virginis Marie, ac per castitatem sancti Johannis apostoli et ewangeliste, et per castitatem hujus pueri N., ut dicas et ostendas huic puero et nobis veritatem de tali re quis hoc furtum vel N. etc. subtraxit.
[3] Conjuro vos, Domine Galien, Domine Gabien, Domine Elibip, per septem celos Dei, per septem planetas Dei, et per omnem civitatem celestem, et per omnes virtutes celorum, et per omnes sanctos et electos Dei, ut faciatis venire dominam sanam et allegorisatam et bene ornatam et paratam ad dicendum et ostendendum nobis veritatem de hac re N. quis hoc furtum subtraxit.
[4] Conjuro vos, Domine Conthriel, Conaan, Esestiliom, Freze, quod faciatis venire dominam Sibillam sanam et allegorizatam et bene paratam ad dicendum et ostendendum nobis veritatem de hac re N. quis hoc furtum subtraxit et quo deportavit. »
[5] Et postea queras de puero frequenter si aliquid in ungwe videat vel quid videat et videbit finem deferentem furtum ad alia loca sicut actum est. Postea aspergas te et puerum et circumsedentes cum aqua benedicta ad fugandum spiritus malignos. Et dic hanc conjuracionem ad oculos pueri, faciendo semper signa sancte crucis cum pollice tuo :
[6] « Pax Christi † virtus sancte cru † cis et integritas sancte † Marie pietas Spiritus † Sancti victoria omnium † sanctorum † benedi † cant nos nunc et semper, amen. »
[7] Ewangelium : In principio100.
N° 2) Ms. cit., p. 223-234, experimenta de cristallomancie
N° 2A) Ms. cit., p. 223-225 :
[rubr.] Visio cristalli :
[1] Experimentum in kristallo. Si huic vult facere experienciam, primo debet esse mundus, a viciis confessus, balneatus, jejunatus, mundis vestibus indutus. Fiat autem sic in domo circulariter ornata et lintheaminibus mundis circumdata circulariter et ante meridiem, et fit pro furtu aut pro thesauro abscondito aut pro infirmo si evadet an non aut pro bello aut pro illo qui est in partibus quomodo se habeat.
[2] Primo legantur tria Pater noster et Ave Maria, Credo in Deum, Kyrieleyson per totum. Tunc accendatur candela et dicatur psalmus Benedicite omnia opera, etc.101, et ewangelium In principio erat Verbum et Verbum erat apud Deum102, et verbum sit super te N., ante te et retro te et circa te, ex utraque parte signando signo sancte crucis, et in fine ewangelii dic per istos sermones :
[3] « Mitte, Domine Ihesu Christe, Urielem et Salomonem in kristallum illum visibiliter et specialiter, ut ipsi venientes faciant eum crescere et clarescere et tante latitudinis apparere, ut iste puer possit videre omnia que cupio scire et audire, sine omni falsitate ostendat et dicat veritatem. »
[4] Et hic nota quod cristallum debes prius ponere in novam ceram sic dicendo in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. Tunc scribas super cristallum ex ista parte ante « Uriel » inferius, « Tetragramathon » superius, et ex altera parte « Salomon » antequam incipias legere, legas et dic :
[5] « Exorciso te, rex regum, regem super omnes reges et principem super omnes principes, per tuam altitudinem, per tuam latitudinem, per tuam claritatem et benignitatem atque dignitatem, ut mittas Urielem et Salomonem in kristallum istum visibiliter et specialiter, ut ipsi venientes in eum faciant eum crescere et clarescere et tante latitudinis apparere quod iste puer possit videre omnia que cupio scire et audire sine omni falsitate, Deus Abraham, Deus Ysaac, Deus Jacob, Deus patriarcharum, Deus prophetarum, Deus apostolorum, Deus martirum, Deus confessorum, Deus virginum, Deus viduarum, Deus virtutum celestum, Deus milicie celestis, operare, Domine, hanc operacionem, Domine Ihesu Christe, cum piissima mater et Virgo Maria per illum amorem quem habuisti cum Filio tuo Domino nostro Ihesu Christo operare, Domine Ihesu Christe, per illum amorem quem habuisti cum sancto Johanne baptiste et ewangeliste, et per illa secreta que vidit cum in cena Domini supra pectus recubuit.
[6] O Uriel et Salomon, conjuro vos per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum ab utraque procedente, et per cherubin et seraphin, et per hec sanctissima nomina Domini nostri Ihesu Christi El, Ely, Eleon, Thetragramathon, Ayos, Ysckiros, Ayos, Athanathos, Ayos, Otheos, Eleyson, Ymas, sancte Deus, sancte fortis, sancte misericors et immortalis, adjuva nos per hec sanctissima nomina Domini nostri Ihesu Christi, vos conjuro, Uriel et Salomon, ut veniatis in hunc kristallum visibiliter et specialiter et faciatis eum crescere et clarescere et tante latitudinis apparere quod iste puer N. possit omnia videre et audire et nobis perfecte et juste sine omni mendacio indicare.
[7] O Uriel et Salomon, conjuro vos per anunciacionem sancte Marie Virginis, per nativitatem sancte Marie Virginis, per castitatem sancte Marie Virginis, per virginitatem sancte Marie Virginis, et per incarnacionem Domini nostri Ihesu Christi, et per nativitatem ejus, et per lac quem lactavit sacro ubere, et per montem Oliveti, et per ejus corpus virginale, et per virginitatem omnium virginum, et per virginitatem istius pueri virginis, ut veniatis in kristallum illum visibiliter et specialiter et eum crescere faciatis et clarescere et tante latitudinis apparere quod iste puer possit omnia videre et audire et nobis perfecte ac juste sine mendacio indicare.
[8] O Uriel et Salomon, conjuro vos per passionem Filii Dei, per mortem et sepulturam ejus, per resurrectionem ejus, et per gloriosam ascensionem ejus, per tremendum diem judicii et suplicii, per obedenciam quam tenemini Deo vero, et per quatuor ewangelistas, videlicet Marcum, Matheum, Johannem et Lucam, et per infernalem maledictionem, vos conjuro, ut veniatis in istum kristallum visibiliter et specialiter et faciatis eum crescere et clarescere et tante latitudinis apparere quod iste puer possit omnia videre et audire et nobis perfecte ac juste sine omni mendacio indicare, mitte, Domine Ihesu Christe, Urielem et Salomonem in kristallum istum visibiliter et specialiter, ut ipsi venientes ostendant nobis veritatem. »
[9] Hic interroga puerum si crescit kristallum an non. Et si crescit, tunc repete conjuracionem fortiter ter vel quater, ymmo tamdiu donec dicat : « Nimis magnus sit ! » Tunc claude oculos pueri cum manu, dicendo :
[10] « Adjuro te, petra kristallina, per horam horribilem in qua petre scisse sunt et monumenta aperta sunt et per fixuras clavorum et lateris appericionem, ut te scindas et aperias ad visionem istius pueri, ut in te et per te possit videre omnia que cupio scire et audire, amen. Fiat ! Fiat ! Fiat ! »
[11] Et cum aqua benedicta aspergas domum et puerum primitus.
N° 2B) Ms. cit., p. 225-227 :
[rubr.] Visio kristalli :
[1] Item primo fac circulum cum gladio et dic hos psalmos Celi enarrant103; Deus in nomine104 ; Deus judicium tuum105. Tunc in medio circuli pone sedem quercinum tripedem et sub quolibet pede sedis pone unum lapidem fluvialem et sub pedibus pueri similiter duos, et in fronte pueri scribe hec nomina cum oleo olive « Kamphat », et super oculos « Uriel » et « Salomon », post signa puerum, et dic ewangelium totum In principio erat verbum, etc.106, hoc verbum quod <est> :
[2] « In principio erat apud Deum, sit apud te, sit intra te, sit ultra te, benedicat te, divina majestas, per Patrem, Filium et Spiritum Sanctum, amen, pax Christi quam tibi Dominus tradidit per ewangelium suum, Dominus noster Ihesus Christus, custodiat corpus tuum et animam tuam hic et in vitam eternam, Domine, exaudi, Dominus vobiscum, Domine sancte Pater omnipotens, mittere digneris, Domine Deus, sanctos angelos tuos ad opus nostrum, Urielem et Salomonem, ut regant presentem operacionem, ut per merita ipsorum omnia optata secure sine impedimento et omni mendacio et falsitate ac lesione mea et istius pueri N. percipiamus per Dominum, etc. »
[3] Deinde circumda cristallum cera nova et scribe in una parte « Uriel », et in secunda « Salomon », superius et inferius « Tetragramathon ». Tunc unge cum oleo olive, tunc da kristallum in manu pueri dextera107 et teneas sibi manum in radios Solis, dicendo :
[4] « In te, Domine, speravi, non confundar in eternum108 usque in manus tuas, Domine, commendo puerum istum N. et kristallum istum, ut te juvante dignetur videre cuncta que desideramus. »
[5] Tunc fac puerum diligenter respicere in kristallo, tunc signa capud pueri cum pollice intincto in oleo olive, dicendo :
[6] « Hoc est cum fortitudine Domini nostri Ihesu Christi super oculum dexterum, hoc est cum potencia Domini nostri Ihesu Christi super sinistrum, hoc est cum adjutorio Domini nostri Ihesu Christi. »
[7] Post hoc dic hanc orationem : « Mittere digneris, etc. », ut supra. Tunc dic septem psalmos sine letania ; post hoc : Miserere mei Deus109, cum Pater noster, Ave Maria. Tunc dic super kristallum :
[8] « In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, conjuro vos, boni spiritus Dathon, Abyzon et Effrain, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, amen, per sanctissima fortissima nomina Dei El, Eloy, Elyon, Yschiros, Tetragramathon, Agla, et per virginitatem et castitatem sancte Marie Virginis, et per mundiciam hujus pueri N., ut cito in lumine hujus radii Solis in istum cristallum veniatis et ipsum tam longum, tam latum atque profundum crescere faciatis ad quantitatem unius palme. »
[9] Hec conjuracio ter repetatur. Quere a puero si cristallum crevit an non. Si non crescit, tunc adde istam conjuracionem :
[10] « Conjuro vos, boni spiritus Dathan, Abyron, Effrain, per tremendum diem judicii, et per verbum Dei per quod creavit celum et terram et herbam virentem et omne semen in genere suo, per Solem et Lunam que Deus fecit in celo et in terra, in mari et in omnibus abyssis, per signa et tempora et tonitrua, et per omnes sanctos et electos Dei, et per omnia que creavit Deus ad laudem et gloriam nominis sui, ut cito veniatis in ipsum kristallum et ipsum tam longum, tam latum atque profundum crescere faciatis ad quantitatem unius palme. »
[11] Si puer « crescit ! » dicat, bonum est. Si puer dicat quod non, tunc cesset operans, quia puer non valet huic operi. Si puer tacet et non vult loqui, dic sic :
[12] « Ego amoneo te cum sancta Trinitate per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, ut michi loquaris et respondeas et que interrogavero michi dicas et annuncies. Hoc tibi precipio in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, amen. »
[13] Tunc interroga ipsum. Si non loquatur, conjura ipsum istis verbis, susurrando sibi ad aures :
[14] « Ego primo amoneo te cum Patre altissimo qui est in clara divinitate in celo empireo, secundo amoneo te cum Filio ejus qui est in puritate et qui natus est ex Maria Virgine, qui de celo venit et clausit in humanitate omnibus fidelibus ad redempcionem et salutem, tercio amoneo te cum Sancto Spiritu qui est in amplitudine et latitudine sicut sancta divinitas comprehendit et qui in altissimo trino reclusus est in clara divinitate in celo empireo, ego precipio per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, amen. »
[15] Tunc si dicat quod crevitur ad quantitatem unius palme vel dicit quod incipit crescere, conjura cum secunda conjuracione per tremendum diem judicii110. Quo facto repete primam conjuracionem, donec crescat ad quantitatem clippeii. Post hoc ad totius mundi visionem hoc facto operans dicat :
[16] « Conjuro te, kristalle, per virtutem qua velum templi scissum est et monumenta aperta sunt, et per fixuras Domini nostri Ihesu Christi, et per mundiciam illius pueri, ut scindas te per medium, ut in te et per te videre possimus omnia que volumus. »
[17] Hanc conjuracionem repete ter. Quod si scindatur, dic iterum per tremendum diem judicii, ut supra, illam repete tamdiu donec scindatur. Quo facto conjura regem Salomonem, dicens :
[18] « Conjuro te, rex Salomon, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, amen, et per sanctissima nomina Dei El, Ely, Eloy, Elyon, Eloym, Yschiros, Tetragramathon, Agla, et per eorundem nomini virtutem et efficaciam, et per dignitatem sancte Marie Virginis, et per mundiciam istius pueri N., ut cito appareas in isto cristallo visibiliter tamquam rex in aurea corona et veste purpurea indutus sicut decet regem sine mendacio et sine omni admixtione falsitatis. »
[19] Hanc conjuracionem repete ter. Quo facto quere a puero si regem venientem videat an non. Si non, tunc dicat hanc conjuracionem :
[20] « Conjuro te, rex Salomon, per corpus Domini nostri Ihesu Christi, et per annunciacionem et concepcionem beate Marie Viriginis, et per nativitatem Domini nostri Ihesu Christi, per incarnacionem et circumcisionem ejus, per baptismum et jejunium ejus, per angustiam et passionem ejus, per mortem et sepulturam ejus, per gloriosam resurrectionem ejus, et per ascensionem ejus in celum, per adventus Spiritus Sancti paracliti, ut cito appareas in hoc cristallo et omnem veritatem <revelas>. »
N° 2C) Ms. cit., p. 227-228 :
[rubr.] Visiones cristalli alie :
[1] In nomine Dei Adonay, recipe oleum olive et scribe cum eo super cristallum « millam habens maclain111 hoc nomen Uriel », videlicet in sumitate kristalli. Deinde accipe puerum virgineum et legitimum, et loca ipsum versus orientem, facies circulum circa te, et scribe in medio circuli hec sanctissima nomina : « On, Agla, Vranchet, Phanuel, Ihubra, Gelmezis, Yeth, Sabaoth, Christus, Ypanthon. » Et nota quod hec nomina debent scribi in circuitu circuli cum cutello album manubrium habentem, et tunc das puero kristallum in manu sinistra112, et dices antea septem psalmos113 cum letania flexis genibus et hanc oracionem :
[2] « Domine sancte Pater, Deus vite mee qui subito nasceris et continuo hominum peccata dimittis, qui Adam ex nichilo terre procreasti ipsi que universalia mortalia pedibus suis subjecisti et post tuam sanctissimam resurrectionem angelos tuos bonos et malos sibi subjunxisti et ob tuam reverendam misericordiam unigenito Filio tuo non pepercisti, sed pro nobis peccatoribus in mundum de virgine purissima nasci voluisti, ut in aspero crucis patibulo mortem a ter femina pateretur, miserere michi, famulo tuo N., per quod abdita et rerum absconsis tuis fidelibus reveles atque thesauros absconditos in veritatis judicio manu tua valida demonstres, ut idem angelus tuus sanctus Uriel huic puero virgineo N. in isto cristallo appareat ipsumque puerum de omnibus interrogatis veraciter expediat necnon thesaurum absconditum incipicem veritatis et affectum suavitatis manifestet. »
[3] Hanc oracionem repetes ter flexis genibus versus orientem cum magna diligencia atque devocione :
[4] « Adjuro vos, tres boni spiritus Datiron, Abiron et Effron, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, per unitatem subite fidei et per hanc dilectionem que inter matrem Christi sanctam Mariam Virginem et filium ejus unigenitum Dominum nostrum Ihesum Christum consistit, et per omnia signa que in celo et in terra facta sunt a Domino, ut arte et virtute vestra in istud kristallum veniatis et in latum, longum et spissum atque profundum crescere faciatis, ita ut in eo iste puer virgineus possit veritatem videre et de hiis de quibus quero veritatem respondere.
[5] Adjuro vos per sancta nomina Dei On, Agla, Vranichet, Panuel, Hubragelineris, Yeth, Sabaoth, Christus, Ypanthom, ut arte et virtute vestra in istud kristallum veniatis et in longum latumque spissum atque profundum crescere faciatis, ita ut in eo iste puer virgineus possit veritatem videre et de hiis de quibus quero veritatem respondere. »
[6] Tandem adjurabis cristallum :
[7] « Per Deum verum, per Deum vivum, per Deum sanctum, per Deum qui cuncta creavit ex nichilo et universam herbam virentem in suo genere stabilivit, quatenus amplitudinem, latitudinem, spissitudinem, profunditatem nunc acrescas et de cetero non decrescas donec iste puer virgineus N. qui in te contemplatur verum locum thesauri abscondit, videat et veritatem thesauri absconditi atque locum verum certitudinaliter demonstret.
[8] Adjuro te, kristalle, per hec sanctissima nomina Tetragramathon, Panthagraton, Thetragraton, et per majestatem Domini et omnium nominum excelsorum hebraycorum, latinorum, caldaycorum, et per hec sanctissima nomina genitricis Virginis Marie que sunt Mediatrix, Auxiliatrix, Restauratrix, Illuminatrix, Adjutrix, et per lac gloriose Virginis Marie et unigenitum suum Dominum nostrum Ihesum Christum quem lactavit, et per inviolatum uterum ejus in quo Alpha et O, primus et novissimus inclusus serio jacere voluit, et per auream portam per quam unigenitus Filius Dei ex utero gloriose Virginis Marie est egressus, et per omnia mirabilia que in nocte sacratissima orta sunt quando Dominus noster Ihesus Christus nasceret, et per illud gaudium quod beata Virgo eadem nocte habuit cum suum dilectum puerum genuit et post partum Virgo permansit.
[9] Adjuro te, kristalle, per trium magorum nomina Caspar, Melchior, Balthasar, qui Christum adoraverunt et ei munera obtulerunt, et per omnia mirabilia que Dominus noster Ihesus Christus in celo et in terra exoravit, quatenus in amplitudinem, latitudinem, spissitudinem, profunditatem nunc acrescas et de cetero non decrescas donec iste puer virgineus N. qui in te contemplatur verum locum thesauri absconditi atque locum verum certitudinaliter demonstret. »
[10] Tunc interrogabis puerum si crescat kristallum, et si dicat ita tunc queras qua quantitate sit, et si dicit in quantitate unius scutelle vel dolei vel civitatis aut sit in quantitate mundi, deinde eum adjurabis :
[11] « Adjuro te, kristalle, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, et per virtutem predictarum conjuracionum que te crescere fecerunt, ut de cetero non decrescas sed in ista quantitate permaneas, qua nunc es donec iste puer virgineus N. in isto kristallo verum locum thesauri absconditi pro quo nunc certitudinaliter, finaliter atque complete demonstret. »
[12] Si vero angelus non veniet in kristallum, tunc repetas conjuracionem predictam bis vel ter vel pluries. Ex tunc adjurabis angelum, sic dicens :
[13] « Exorciso et adjuro te, angele Dei Uriel, per Deum vivum, per Deum verum, per Deum sanctum, et per hanc potestatem que tibi a Domino Deo tradita est in thesauros absconditos te invocantibus revelas et ad veritatem penitus atque finaliter perdutus, ut huic puero virgineo N. in isto kristallo appareas verum atque certissimum locum thesauri absconditi sub terra vel supra terram demonstrando demonstres.
[14] Adjuro te, angele Dei Uriel, per Deum Abraham, per Deum Ysaac, per Deum Jacob, per Deum Hely, Moysi, Aaron, angelorum, archangelorum et omnium sanctorum Dei, per hec sanctissima nomina Dei Trinitatis On, Ayon, Debelseton et alia omnia nomina Dei hebrayca, greca, latina quorum potestatem veram tremet, infernus formidat, celi exultent, ut huic puero virgineo N. in isto cristallo appareas verum et certum locum thesauri absconditi sub terra vel supra terram finaliter demonstrando demonstres.
[15] Conjuro te, angele Dei Uriel, per celum et terram et per omnia que in eis sunt, per sanctam Trinitatem atque ineffabilem unitatem, per thronum et speculum sancte Trinitatis et omnia gaudia que in celis sunt, et per hunc amorem qui inter sanctam Trinitatem versatur, et per misericordiam summi Patris quam unigenitus Filius tuus Dominus noster Ihesus Christus habuit pro nobis peccatoribus in aspero crucis patibulo ostendit per quam genus humanum redemit, et per providenciam Dei quam in mente habuit priusquam mundus fieret, et per Deum qui fecit celum et terram, mare et omnia que in eis sunt, et per Deum qui fecit Solem et Lunam et stellas, ut huic puero virgineo N. in isto cristallo appareas, ipsique puero verum atque certissimum locum thesauri absconditi sub terra vel super terram demonstrando demonstres.
[16] Adjuro te, angele Uriel, per omnia nomina Dei Trinitatis On, Ayos, Creator, Deus, Sabaoth, Emanuel, Adonay, Athanathos, Otheos, Ponthon, Tetragramathon, Usis, Usios, Ely, Homo, Salvator, Alpha et O, Primogenitus, Homo, Finis, Via, Vita, Veritas, Lupus, Virtus, Aries, Leo, Scorpio, Verbum, Ely, Elyon, Victor, Plasmator et Robustus, Sother, Messyas, Ymago, Lux, Gloria, Splendor, Panis, Vitis, Lapis, Januor, Petra, Angulus, Sponsus, Pastor, Sacerdos, Propheta, Immortalis, Rex, Christus, Ihesus, Pater, Filius hominis, Spiritus Sanctus, Summum Bonum, ut huic puero virgineo N. in isto kristallo appareas ipsique verum atque certum locum thesauri absconditi sub terra vel supra terram demonstrando demonstres.
[17] Adjuro te, angele Dei Uriel, per castitatem, disciplinam, obedienciam, mansuetudinem, per humilitatem, per perseveranciam, temperanciam ceterasque virtutes gloriose Virginis Marie, et per omnia merita ejus quibus concipere, bajolare et parere Dominum nostrum Ihesum Christum.
[18] Conjuro te, per viginti quatuor seniores qui in conspectu Dei asistunt, et per omnes patriarchas, prophetas, apostolos, martires, confessores, virgines et viduas, monachos et heremitas, et per omnes sanctos et electos Dei, et per omnia archana sancte Trinitatis, ut huic puero virgineo N. in isto kristallo appareas ipsique verum et certum locum thesauri absconditi sub terra vel super terram finaliter demonstrando demonstres.
[19] Conjuro te, angele Dei Uriel, per omnes angelos et archangelos, thronos, dominaciones, potestates, cherubin et seraphin atque virtutes celorum.
[20] Conjuro te, angele Dei Uriel, per adventus, concepcionem, nativitatem, circumcisionem, apparicionem, baptismum, jejunium et per crucem et passionem, per mortem et sepulturam, per resurrectionem et ascensionem, per gratiam Sancti Spiritus paracliti, per virginitatem hujus pueri, per tremendum diem judicii, et per eum qui venturus est judicare vivos et mortuos et seculum per ignem, ut in istum kristallum venias et huic puero virgineo N. appareas ipsique puero verum et certum locum thesauri absconditi sub terra vel super terram finaliter demonstrando demonstres. »
[21] Hanc oracionem tamdiu repete quousque angelus appareat :
[22] « Adjuro te per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum et puerum virgineum N., per majestatem sancte Trinitatis et per providenciam angelorum, per disciplinam archangelorum, et per viginti quatuor seniores et castitatem sancte Marie Virginis, per sanctitatem S. Johannis Baptiste, et per dilectionem sancti Johannis Ewangeliste, per fidem S. Petri apostoli, et per conversionem et predicacionem S. Pauli apostoli, et per obedenciam aliorum apostolorum, et per victoriam martirum, et per castitatem confessorum, per castitatem virginum, per nobilitatem S. Bartholomeii, per perseveranciam Yosie regis, per sapienciam Salomonis, per decorem veri et summi Absolonis, et per lac beate Virginis Marie, quatenus michi virtutem omnium predictarum conjuracionum ad omnia ac singula interrogata de quibuscumque materiis fuerit materiata sub terra aut super terram debes per immensam clemenciam, misericordiam et benignitatem et per omnia nomina Dei omnipotentis veraciter respondere. »
N° 2D) Ms. cit., p. 231-234 :
[rubr.] Alia visio :
[1] Primo habeas cristallum et non fractum reconsigna, et illud pone in novam ceram consecratam et manu teneatur in qua scribe nomina hec « On, etc. » que scripta sunt post hoc opus. Et fac circulum cum ense lucido in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti. Tunc flexis genibus dic devote psalmos Miserere114 ; Magnus Dominus115 ; Quicumque vult116 cum letania ; deinde psalmum Benedicite opera omnia117, tria Pater noster et tria Ave Maria. Postea dic puero in aure : Veni sancte Spiritus. Postea dic :
[2] « Emitte nobis, Domine, clemenciam et potenciam tuam de sede majestatis tue, ut mecum sit et mecum laboret, ut sciam ubi major vel minor thesaurus sit absconditus, Deus, cujus providencia in sui disposicione non fallitur, te supliciter exoramus, ut noxia cuncta submoneas et omnia nobis proficua concedas in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, et in nomine pii et misericordissimi Domini nostri Ihesu Christi et beate Virginis Marie, amen. »
[3] Tunc unge pueri118 oculos oleo olyve et dic :
[4] « Theos, Theleos, tuos super nos oculos aperi mitissimos, et mitte sanctos angelos tuos hodie nobis socios adjutores fortissimos, ut nobiscum sint et nobiscum laborent, amen. »
[5] Et similiter unge sibi ungwes peditarum et digitorum, prius circumcisset ungwibus, et operans sit confessus, et habeat puerum castum et ydoneum quem locet super tripedem novum factum de quercu versus meridiem, et appone sibi stolam, et asperge terram et puerum cum aqua benedicta. Et da puero kristallum intra manus. Postea dic :
[6] « Sancta Dei genetrix, Virgo semper Maria, per preces tuas nos adjuva, ut hic quod querimus inveniamus. »
[7] Hic thurifica consecrato thure et dic :
[8] « Ayos, Yschiros, Ayos, Athanathos, Eleyson, Ymas, sancte Deus, sancte fortis, sancte et immortalis miserere nobis, Christe, adjuva nos, ut hoc quod querimus invenire valeamus, qui vivis et regnas Deus in secula seculorum, amen.
[9] Conjuro te, kristalle, per Patrem et Filium et Sanctum Spiritum, et per creatorem celi et terre et omnia que in eis sunt, et per omnia nomina Domini nostri Ihesu Christi Trinitas, Ayos, Otheos, Yschiros, Athanathos, Sabaoth, Sother, Messyas, Emanuel, Ysus, Eloym, Eloe, Elyon, Eloy, Panthathron, Agla, Yen, Ya, Yava, Gelmasis, Tetragramathon, Yehuhe, Ysir, Osye, Gedion, Gedeon, Thebeon, Anepheyton, Phaneon, Senayon, Arethon, Sanctidagor, Sasaph, Adech, Benediones, Caresdras, Vrande, Sanach, Metubor, Burion, Dyson, Boreth, Phanuel, Panthon, Salaizeptra, Agthon, Grativos, Hebreal, Hehone, Salvator, Primogenitus, Achynoba, Leo, Serpens, Aries, Ymago, Gloria, Lux, Splendor, Affriel, Daffriel, Asiel, Panis, Fons, Vivuus, Januor, Petra, Lapis, Angularis, Pastor, Sponsus, Propheta, Sacerdos, Sanctus, Immortalis, Ihesus Christus, Filius hominis, Spiritus Sanctus paraclitus, Ego sum primus qui sum, Mediator, Agnus, Ovis, Vitulus, Omnipotens, Misericors, Creator et Redemptor, Primus et Novissimus, Unitas, Summum bonum, et per omnem passionem Domini nostri Ihesu Christi, et per crucem ejus, et per descensionem ejus ad infernos et gloriosam ascensionem ejus, et per adventus Spiritus Sancti paracliti, per tremendum diem judicii, et per omnem sacramentum sacre sancte Ecclesie, per dominicam oracionem et omnem sagwinem innocentem qui effusus est pro Christi nomine, et per dulce nomen Domini nostri Ihesu Christi per quod omne genuflectitur celestium, terrestrium et infernorum, ut crescas in longum, latum et profundum istius pueri N., ut omnia que in eis sunt de quibus interrogavero in te perfecte possit videre sine omni impedimento, per eum qui venturus est, etc. »
[10] Tunc fac puerum diligenter inspicere kristallum, et dic unum Pater noster et Ave Maria, Credo, dicendo oracionem dominicam :
[11] « O rex glorie Domine Ihesu Christe dulcissime qui es Alpha et O, fons et origo, conditor et redemptor omnium, te supliciter invoco, imploro et exoro per omnia nomina tua effabilia et ineffabilia et inclita et gloriosa Trinitas, et per merita omnium sanctorum et sanctarum, et per omnium sanctorum intercessionem mittere digneris nobis sanctum angelum tuum Urielem in hunc kristallum ad visionem illius pueri N. qui veritatem michi et puero isto manifestet de omnibus rebus et singulis de quibus interrogavero sine omni dolo et fantasia, et hoc fac propter nomen sanctum tuum gloriosum quod est benedictum in secula seculorum, amen. »
[12] Et cum puer angelum videt, tunc dic puero conjuracionem :
[13] « Conjuro te, angele Dei, per meam virginitatem, et per hec sanctissima nomina Domini nostri Ihesu Christi Messias, Sother, Sabaoth, Emanuel, Adonay, Melchay, Melchaym, El, Eloe, Eloym, Gedeon, Usyon, Usye, Ysus, Agla, Anepheyton, Tetragramathon, et per omnem passionem Domini nostri, et per omnia sacramenta sacre sancte Ecclesie, et per omnem sagwinem justum qui innocenter effusus est pro Christi nomine, et per omnem orationem in sancta sanctorum et sanctarum Dei, et per dulce nomen Domini nostri Ihesu Christi per quod omne genuflectitur celestium, terrestrium et infernorum, ut isti puero N. appareas in isto kristallo et nobis veritatem ostendas sine omni dolo et falsitate et fantasia de omnibus rebus de quibus interrogamus vos, et signum verum nobis ostendas sine omni contradictione, per eum qui venturus est, etc. »
[14] Tunc quere ubi sit thesaurus absconditus vel qui sint custodes :
[15] « Conjuro vos, custodes hujus thesauri quem querimus, qui absconditus est in cavernis terre sive sub lapidibus vel in loco quocumque, ut michi et sociis meis qui mecum venerunt ad locum thesauri sine omni dolo et falsitate ac fantasia ostendatis, hoc precipio vobis per virtutem obedientie, quod si non feceritis, tunc omnis sagwis qui pro Christi nomine effusus est sit in augmentum vestrum et vestri suplicii omnisque oracio justorum cadat vobis in majorem dampnacionem omneque sacramentum corporis et sagwinis Christi veniat vobis in dedecus perpetuum et suplicium sempiternum, per eum que venturus est judicare vivos et mortuos et seculum per ignem, amen.
[16] Domine sancte Pater omnipotens qui in septem diebus omnia creasti, per Dominum nostrum Ihesum Christum, et per intercessionem Dei genitricis Virginis Marie et omnium sanctorum intercessionem et omnium angelorum, cherubin et seraphin, thronorum, principatuum, virtutum, potestatum, virtutum, dominacionum, prophetarum, apostolorum, ewangelistarum, martirum, confessorum, virginum et viduarum et omnium sanctorum ac sanctarum.
[17] Conjuro te, thesaure abscondite, ut te michi et sociis meis patefacias et usque ad gaudium sanctorum que meorum veniat.
[18] Omnipotens sempiterne Deus, ostende nobis potenciam tuam et veni et mittere digneris sanctum angelum tuum de celis qui nobis veritatem designet, ut aperiat nobis locum hujus thesauri quem querimus, ut gaudentes gaudeamus et sicut dignatus es aperire mare rubrum, ita aperiatur locus thesauri hujus, exaudi nos, Domine, clamantes ad te et te deprecantes, ut sicut dignatus es exaudire Jonam in ventre ceti et Moysen in monte Synay et Danielem in lacu leonum, ita nos misericorditer exaudias et aperias nobis locum hujus thesauri quem querimus, per eum qui venturus est judicare vivos et mortuos et seculum per ignem, amen. »
[19] « On † El † Eloy † Adonay † Samuel † Sabaoth † Messias † Sother † Emanuel » : ista nomina circulariter scribi debent supra circum benedictum circum voluendo kristallum cum cera, et fac Luna crescente et non alio modo.
N° 3) Ms. cit., p. 235-237, experimentum d’oniromancie
[1] Experimentum verissimum Salomonis.
Si vis scire futura, possis scire per angelos, et hoc potes in mense semel operare quandocumque volueris, et quando vis facere debes tres dies jejunare. In prima die commede cibaria, in secunda unum ferculum, in tertia die debes jejunare in pane et in aqua et debes te munde balneare et vestes tuas mundare et omnia lavanda et ordina tibi locum mundum et secretum ubi vis dormire, et lava omnia preparamenta lecti, et habeas tres candelas benedictas et sal benedictum et aquam fluentem et benedictam, et aspergas cameram tuam, et exuas te vestes usque ad camisiam, et facias istam figuram cum gladio, dicens hec nomina :
[2] « Ego facio te in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti et in nomine sancte Trinitatis, Alpha et O, Deus, homo factus est. »
[3] Et sta in figura et incipias conjurare per istas conjurationes :
[4] « Sancte Michahel, princeps paradisii et aliorum angelorum, o sancte Gabriel nuncius Dei, o Raphael medicus et causidicus omnium hominum, conjuro vos, principes aliorum angelorum, per Patrem et Filium et Spiritum Sanctum, per Deum vivum, per Deum verum, per Deum sanctum, per Deum qui creavit celum et terram, mare et omnia que in eis sunt, et per illum qui nos et vos creavit et nos honoravit ante omnes angelos et archangelos, et per gaudium quod nunc jam habetis et videtis hodie et cottidie in deitate, et per thronos in quibus vos estis residentes et laudantes Deum et dicentes : “Sanctus, sanctus, sanctus Dominus Deus Sabaoth, pleni sunt celi et terra gloria tua Osanna in excelsis benedictus qui, etc.”
[5] Conjuro vos, principes aliorum angelorum, ut meum angelum quem michi Dominus pro custode ordinavit corporis et anime mee in hac nocte huc ad me in sompnis meis dimittatis, ut dicat michi de ista re N. de qua in hac nocte peciero, ut me ducat ad locum veritatis.
[6] Iterum conjuro vos, principes aliorum angelorum et archangelorum, per septuaginta due nomina119 Domini nostri Ihesu Christi El, Eloy, Ely, Eloe, Adonay, et per illum qui venit in nomine Domini nostri Ihesu Christi et natus ex Maria Virgine propter nos homines et nos redeunt suo precioso sagwine.
[7] Conjuro vos, principes aliorum angelorum et archangelorum, per nativitatem Domini nostri Ihesu Christi, per circumcisionem ejus, per baptismum ejus, per sacrum jejunium ejus, per temptacionem ejus, per passionem ejus, per mortem et sepulturam ejus, per resurrectionem ejus, per ascensionem ejus, per adventus Spiritus Sancti, ut vos, tres principes aliorum angelorum, per quindecim signa que erunt ante diem novissimum et archangelorum meum angelum quem michi Dominus pro custode corporis et anime mee ordinavit, ut prius.
[8] Conjuro vos, principes aliorum angelorum, per .xij. signa que erunt ante diem novissimum usque in seculum per ignem. »
[9] Hoc finito dic quatuor Pater noster et Ave Maria vel plus ad placitum, et ponas te dormitum, et aspergas te in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, et ultra non loquaris, et scias pro certo quod statim primo sompno veniet angelus tuus et ducet te in paradisum, ita in sompno manifestet tibi omnia quecumque tibi placuerint. Sed caveas quod nulli dixeris nisi prius confitearis vel in malo habebis.
Sequitur figura : [figure]120
1 Voir notamment Œuvres de saint Augustin, 11/2, La doctrine chrétienne/De doctrina christiana, II, cap. XX, 30, Paris, 1997, p. 182 ; saint Augustin, Confessions, trad. A. d’Andilly, Paris, 1993, IV, 2, p. 117-118 ; San Isidoro de Sevilla, Etimologías, texte latin, trad. espagnole et notes par J. Oroz Reta et M.-A. Marcos Casquero, Madrid, 1992, t. I, p. 714.
2 Joannis Saresberiensis Policraticus I-IV, éd. K. S. B. Keats-Rohan, Turnhout, 1993 (CCCM, 118), I, 10, p. 56. Trad. fr. de ce passage par J.-P. Boudet, Entre science et nigromance. Astrologie, divination et magie dans l’Occident médiéval (XIIe-XVe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, 2006, p. 91.
3 Boudet, Entre science et nigromance, p. 137-155 ; J. Véronèse, « La transmission groupée des textes de magie “salomonienne” de l’Antiquité au Moyen Âge. Bilan historiographique, inconnues et pistes de recherche », dans L’Antiquité tardive dans les collections médiévales : textes et représentations, VIe-XIVe siècle, S. Gioanni et B. Grévin (dir.), Collection de l’École française de Rome – 405, Rome, 2008, p. 193-223.
4 Th. Charmasson, Recherches sur une technique divinatoire : la géomancie dans l’Occident médiéval, Paris, 1980 ; plus largement, Boudet, Entre science et nigromance, p. 89-117.
5 R. Kieckhefer, Magic in the Middle Ages, Cambridge, 1989, p. 56-64 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 120-122.
6 A. Berthoin-Mathieu, Prescriptions magiques anglaises du Xe au XIIe siècle. Étude structurale, Paris, 1996, I, p. 164-165, 178-179, 204-205 et 218-219.
7 Marbode of Rennes’ (1035-1123) De lapidibus, éd. J. M. Riddle, Wiesbaden, 1977, respectivement p. 44-45, 67-68, 80-81 et 75-76.
8 Boudet, Entre science et nigromance, p. 125-131 ; J.-P. Boudet et N. Weill-Parot, «Être historien des sciences et de la magie médiévales aujourd’hui : apports et limites des sciences sociales », dans Être historien du Moyen Âge au XXIe siècle, XXXVIIIe Congrès de la Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public (2007), Paris, Publications de la Sorbonne, 2008, p. 199-228.
9 Dans la mesure où l’agent humain s’adresse à des intelligences supérieures pour obtenir des effets concrets dans le monde sublunaire. Cf. N. Weill-Parot, Les « images astrologiques » au Moyen Âge et à la Renaissance. Spéculations intellectuelles et pratiques magiques (XIIe-XVe siècle), Paris, Honoré Champion, 2002 ; Id., « Astral Magic and Intellectual Changes (Twelfth-Fifteenth Centuries) : “Astrological Images” and the Concept of “Addressative” Magic », dans The Metamorphosis of Magic from Late Antiquity to the Early Modern Period, éd. J. N. Bremmer et J. R. Veenstra, Louvain-Paris-Dudley MA, Peeters, 2002, p. 167-187.
10 P. Lucentini, « L’ermetismo magico nel secolo XIII », in Sic itur ad astra. Studien zur Geschichte der Mathematik und Naturwissenschaften. Festschrift für den Arabisten Paul Kunitzsch zum 70. Geburstag, éd. M. Folkerts et R. Lorch, Wiesbaden, 2000, p. 409-450 ; P. Lucentini et V. Perrone Compagni, I testi e i codici di Ermete nel Medioevo, Florence, 2001 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 138-144.
11 D. Pingree, Picatrix. The Latin Version of the of the Ghāyat Al-Hakīm, Londres, 1986 ; trad. fr. par B. Bakhouche, F. Fauquier et B. Pérez-Jean, Picatrix. Un traité de magie médiéval, Turnhout, Brepols, 2003.
12 C. Fanger, « Medieval Ritual Magic : What it is and Why we need to know more about it », dans Ead., Conjuring Spirits. Texts and Traditions of Medieval Ritual Magic, Stroud, 1998, p. vii-xviii. On verra infra que la frontière entre invocation et conjuration est poreuse, puisque les anges peuvent être conjurés dans certains experimenta.
13 Je pense en particulier à certains traités de l’ermite Pelagius (XVe s.). Cf. J. Dupèbe, « L’écriture chez l’ermite Pelagius. Un cas de théurgie chrétienne au XVe siècle », Le texte et son inscription, Paris, éd. du CNRS, 1989, p. 113-153 ; Id., « L’ermite Pelagius et les Rose-Croix », Rosenkreuz als europäisches Phänomen im 17. Jahrhundert, Amsterdam, In de Pelikaan, 2002, p. 137-156 ; J. Véronèse, « La notion d’“auteur magicien” à la fin du Moyen Âge : le cas de l’ermite Pelagius de Majorque († v. 1480) », Médiévales,51, 2006, p. 119-138.
14 Ph. Faure, « Les anges gardiens (XIIIe-XIVe siècles). Modes et finalités d’une protection rapprochée », La protection spirituelle au Moyen Âge, Cahiers de Recherches Médiévales, 8, 2001, p. 23-41.
16 J.-P. Boudet et J. Véronèse, « Le secret dans la magie rituelle médiévale », Il Segreto, Micrologus. Natura, Scienze e Società Medievali, XIV, 2006, p. 101-150. Voir le ms. Amsterdam, Bibliotheca Philosophica Hermetica, 114, p. 74-137, qui propose une version comportant quelques lacunes.
17 G. Hedegård, “Liber iuratus Honorii” : A Critical Edition of the Latin Version of the Sworn Book of Honorius, Stockholm, 2002.
18 J. R. Veenstra, « Magic and Science : Berengario Ganell’s Summa sacre magice », Séminaire international Science et magie au Moyen Âge organisé par J.-P. Boudet et N. Weill-Parot, Paris, 14 mars 2008. Le seul ms. latin est le ms. Kassel, Landesbibliothek und Murhardsche Bibliothek der Stadt Kassel, 4° astron. 3, p. 1-350, dont John Dee (1527-1608) a été l’un des possesseurs. Voir C. Gilly, « Tra Paracelso, Pelagio e Ganello : l’ermetismo in John Dee », in Magia, alchimia, scienza dal’400 al ’700. L’influsso di Ermete Trismegisto, éd. C. Gilly et C. Van Heertum, Venise-Amsterdam, 2002, p. 275-285. L’édition de ce texte, réalisée par Damaris Gehr, devrait paraître prochainement.
24 C. E. Hopkin, The Share of Thomas Aquinas in the Growth of the Witchcraft Delusion, Philadelphie, 1940 ; T. B. de Mayo, The Demonology of William of Auvergne. By Fire and Sword, Lewiston-Queenston-Lampeter, 2008 ; et pour une synthèse plus large et plus récente, cf. M. Ostorero, Le diable au sabbat. Littérature démonologique et sorcellerie (1440–1460), thèse de l’université de Lausanne, 2008, t. I, p. 156-175, sous presse à la Micrologus’ Library.
25 J.-P. Boudet, « Les who’s who démonologiques de la Renaissance et leurs ancêtres médiévaux », Médiévales, 44, 2003, p. 117-139 ; Jean-Patrice Boudet a découvert deux versions du XVe siècle des Secreta Cypriani ou Secretum sigillum Cypriani dans les mss Cambridge, University Libr., Dd.4.35, fol. 27r-40v, et Oxford, Bodleian Libr., Digby 30, fol. 1r-28v. L’édition de ces catalogues démonologiques est prévue dans la série Salomon Latinus ; les citations infra sont fondées sur des transcriptions présentées lors d’une journée d’étude du programme de recherche Faussaires et apocryphes (Moyen Âge – Renaissance) tenue à Orléans en 2010, organisée par les universités de Tours (CESR) et d’Orléans (SAVOURS).
26 Deux versions présentes dans le ms. München, BSB, Clm 849, ont été éditées dans R. Kieckhefer, Forbidden Rites, op. cit., p. 256-276. Une autre se trouve dans le ms. Oxford, Bodleian Libr., Rawlinson D. 252, fol. 81r-87r. Quant au ms. Florence, BML, Plut. 89 sup. 38, fol. 270r-278v, il en conserve une version incomplète attelée à une version du Liber almandal.
27 S. Gentile et C. Gilly, Marsilio Ficino e il ritorno di Ermete Trismegisto, Florence, 1999, p. 226-229. Pour une notice plus détaillée de ce manuscrit que nous sollicitons abondamment infra, cf. J. Véronèse, L’Almandal et l’Almadel latins au Moyen Âge. Introduction et éditions critiques, Micrologus’ Library, série Salomon Latinus II, Florence, 2011, sous presse.
30 Ibid., p. 180 : Amon marchio magnus et potens est, et apparet in similitudine lupi et cauda ejus est serpentina, flammas ex ejus ore proiciens. Quando suscepit humanam formam, habet dentes caninos, et capud ejus assimilatur magno nocticoraci. Velocissimus est omnium principum. Bene scit preterita et futura. Dat gratiam omnium amicorum. Habet sub se 60 legiones.
31 Ibid., p. 182 : Wuperus princeps et comes magnus, aparet in specie angelica. Obscura est et turpis, capud ejus assimilatur leoni, pedes ejus sicut anseris et cauda ejus leporina. Bene scit presentia, preterita et futura. Reddit hominem ingeniosum et audacem. Habet sub se 26 legiones.
33 J. Véronèse, « Le Contra astrologos imperitos atque nigromanticos (1395-1396) de Nicolas Eymerich (O. P.) : contexte de rédaction, classification des arts magiques et divinatoires, édition critique partielle », dans Chasses aux sorcières et démonologie : entre discours et pratiques (XIVe-XVIIe siècles), éd. M. Ostorero, G. Modestin et K. Utz Tremp, Micrologus’ Library, Florence, Sismel-Edizioni del Galluzzo, 2010, p. 271-329.
34 Ibid., p. 298 : Ex hiis sex preambulis sequitur et deducitur conclusio intenta. Que est quod per artem nigromancie non possumus de occultis presentibus, preteritis vel futuris certitudinaliter et infallabiliter (sic), ymo nec conjecturaliter judicare. Hec conclusio probatur sic. Diabolus qui in sacrificiis invocatus et divinis honoribus allectus in mortuorum cadaveribus loquitur et respondet est noster capitalis inimicus, seductor infestus, mendax, ymo mendacissimus, ergo ex ejus datis responsionibus in predictis cadaveribus non possumus nec debemus de predictis occultis eventibus certitudinaliter, infallabiliter, ymo nec conjecturaliter judicare. [Paris, BnF, lat. 3171, fol. 82rb-va]
35 J.-P. Boudet, « Les condamnations de la magie à Paris en 1398 », Revue Mabillon, n.s., 12 (t. 73), 2001, p. 121-157 ; Id., « La postérité des condamnations de la magie à Paris en 1398 », dans Chasses aux sorcières et démonologie, op. cit., p. 331-347.
38 Sur ce point, cf. J.-P. Boudet, « Jeux et enjeux de pouvoirs dans les rituels magiques de chasse au trésor », Trésors et pouvoirs, de l’Antiquité à l’époque moderne, Journée des Historiens de l’Université d’Orléans (Orléans, Muséum des sciences naturelles), 20 mars 2008.
40 F. Secret, « Sur quelques traductions du Sêfer Razî’el », Revue des Études Juives,128, 1969, p. 223-45 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 195-97. Cette version, dont D. Gher remet en cause dans un article sous presse la paternité alphonsine, est conservée dans deux manuscrits, l’un de la seconde moitié du XIVe siècle, l’autre de la fin du XVe.Il s’agit respectivement des mss Vaticano, BAV, Reg. lat. 1300, fol. 1r-202v, et Halle, Universitäts- und Landesbibliothek Saschsen-Anhalt, 14.B.36, fol. 1r-130v.
42 Ce procédé est bien attesté dès l’Antiquité. Cf. A. Delatte, La catoptromancie grecque et ses dérivés, Paris-Liège, 1932.
43 Joannis Saresberiensis Policraticus I-IV, op. cit., p. 59 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 104 (trad. fr.).
44 Joannis Saresberiensis, op. cit., p. 164-168 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 101 et 104 (trad. fr.).
45 Kieckhefer, Forbidden Rites, n° 18 et 19, p. 236-238. Après avoir fait fabriquer un petit miroir muni d’un manche en acier pur, avoir gravé sur celui-ci un certain nombre de « caractères » et de noms (dont au centre celui de Floron), enduit la surface centrale de beaume et procédé à des suffumigations, le maître doit placer un enfant vierge contre lui en tenant d’une main le miroir, asperger l’air de vin, et prononcer une conjuration adressée au démon Floron, composée pour l’essentiel de nomina barbara (sans signification). C’est alors qu’apparaît à la surface du miroir un chevalier – apparence classique pour un démon – que le maître peut lui-même interroger sur le passé, le présent et le futur et qui répond au conjurateur de vive voix.
47 Ms. Amsterdam cit., p. 220-223, notamment p. 220 : Ragam, Ragma, Mathi, Zachma […], conjuro vos sive estis in oriente sive in occidente sive in meridie sive in septentrione sive in mari sive in aere vel in quocumque loco sitis. Conjuro vos per fortissimum Deum On, Panthon, Panthraton, Tetragramathon […], ut michi et benigno puero N. […] sine illusione, deceptione et fallacia in speculo isto appareatis et eum crescere faciatis […].
48 Ibid., p. 223 : Asperge locum circuli cum aqua benedicta et fac feria tercia vel feria quinta fac circulum cum gladio et fide gladium in medium circuli et scribe suprascriptas karacteres, scilicet Ragam, Ragma, etc. Item primo dic ewangelium “In principio erat verbum, etc.”, Pater noster, Ave Maria, Credo in Deum.
49 J.-P. Boudet, « Deviner dans la lumière. Note sur les conjurations pyromantiques dans un manuscrit anglais du XVe siècle », dans Religion et mentalités au Moyen Âge. Mélanges en l’honneur d’Hervé Martin, S. Cassagnes-Brouquet et al. (dir.), Rennes, PUR, 2003, p. 523-530 ; Id., « Lumière et vision dans la magie et la divination médiévales », dans Lumière et vision dans les sciences et dans les arts, M. Hochmann et D. Jacquart (dir.), Genève-Paris, Droz, 2010, p. 119-135. Il s’agit du ms. Bodl. Lib., Rawlinson D. 252, fol. 13r-14v et 90r-94v.
52 B. Láng, Unlocked Books. Manuscripts of Learned Magic in the Medieval Libraries of Central Europe, University Park, 2008, p. 162-188. Il s’agit du ms. Oxford, Bodl. Lib., Rawlinson liturg. d. 6.
53 J. Véronèse, L’Ars notoria au Moyen Âge. Introduction et édition critique, Florence, Micrologus’ Library, SISMEL – Ed. del Galluzzo, 2007.
54 Jean de Morigny, Liber visionum beate Marie, C. Fanger et N. Watson (éd. du prologue avec trad. angl.), Esoterica : the Journal of Esoteric Studies, 3, 2001, p. 108-217 ; C. Fanger et N. Watson, « Some Further Manuscripts Containing Copies of the Liber visionum of John of Morigny », Societas Magica Newsletter, 12, 2004, p. 4-5 ; C. Fanger et B. Láng, « John of Morigny’s Liber visionum and a Royal Prayer Book from Poland », Societas Magica Newsletter, 9, 2002, p. 1-4.
55 Láng, Unlocked Books, p. 176-177, fig. 29 et 30, ms. Oxford, Bodl. Lib., Rawlinson liturg. d. 6, fol. 15r et 72r.
57 Ph. Faure, « Uriel, le quatrième archange, en Occident », Constructing Tradition, Colloque inaugural de la Société européenne d’histoire de l’ésotérisme occidental (ESSWE), Tübingen, 19-21 juillet 2007. Voir aussi l’article de B. Ribémont dans ce volume.
58 P. A. Torijano, Solomon, The Esoteric King : from King to Magus, Development of a Tradition, Leyde, 2002.
59 Ms. Amsterdam cit., p. 237-238 : Experimentum ad vitrum probatum a multis. Per ipsum enim poteris invocare angelos, ut in propria persona videas eos, ut expediant te de re dubia, scilicet ad furtum, de homicidia vel de thesauro abscondito, tam de amicorum vita quam de morte, de rebus ablatis sive de quocumque que volueris tibi indicant. […].
60 J. Coste, Boniface VIII en procès. Articles d’accusation et dépositions des témoins (1303-1311). Édition critique, introduction et notes, Rome, 1995, p. 148-149 ; A. Paravicini Bagliani, Boniface VIII. Un pape hérétique ?, Paris, 2003, p. 351-357 ; Boudet, Entre science et nigromance, p. 469-471.
61 B. Rebiger et P. Schäfer, Sefer ha-Razim I und II. Das Buch der Geheimnisse I und II, Tübingen, 2009, vol. 1, p. 38-39, § 98-102 : Si volueris loqui cum mortuo et interrogare ab ipso […].
62 Il s’agit du ms. Halle, Universitäts- und Landesbibliothek Sachsen-Anhalt, 14.B.36, fol. 135-151. Texte édité partiellement par S. Page, « Magic and the Pursuit of Wisdom : The “Familiar” Spirit in the Liber Thesolius », La Coróníca, 36/1, 2007, p. 41-70, notamment ici p. 56-68.
63 Sur le rêve en contexte magique, cf. F. Klaassen, « Magical Dream Provocation in the Later Middle Ages », Esoterica, 8, 2006, p. 120-147 ; J. Véronèse, « Le rêve sollicité : un thème de la magie rituelle médiévale », Société & Représentations. Rêves, 23, 2007, p. 83-103.
64 F. Gal, La magie dans un manuel italien du milieu du XVe siècle. Étude du ms. italien 1524 de la Bibliothèque Nationale, D.E.A. de l’Université Paris X – Nanterre, 2002, t. II, p. 105, ms. Paris, BnF, ital. 1524, fol. 141v-142r : « Volendo saper di ciaschuna cosa che ti piacie, va ad una sepultura unde sia un huomo morto, et sappi il suo nome, et vuol esser di notte, et chiamalo per suo nome, poi così diciendo : “Io ti conjuro per Ezechiel, il quale è signiore di tutti i morti et ha tutte le cose vostre in sua potenzia, che tu debbi venir ad me in questa notte et dirmi in sonnio, cioè che è o che debba essere di tal facienda, etc. pero ché ’l voglio sapere.” Et lui ti dira il vero dormendo. »
65 Ibid., p. 39, ms. Paris, BnF, ital. 1524, fol. 86v : « Volendo resistere al latrone se per ventura gia fosse fatto il furto in casa tua, scrive questo psalmo Magnus Dominus et laudabilis et queste carratteri, et pone sotto il capo ove dormi et conoscerai in sonnio il latrone [caractères]. »
70 J. Véronèse, « Anges et démons personnels dans l’œuvre de Pelagius de Majorque (XVe siècle) », dans De Socrate à Tintin. Anges gardiens et démons familiers de l’Antiquité à nos jours, Colloque internationalorganisé à l’Université d’Orléans les 8 et 9 juin 2006 par J.-P. Boudet, P. Faure et C. Renoux, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, sous presse.
79 Cette vision se produit parfois esprit, l’enfant ayant les yeux clos. Cf. infra, p. j., n° 2A, § 9.
82 J. Véronèse, « La parole efficace dans la magie rituelle médiévale (XIIe-XVe siècle) », Colloque international Le pouvoir des mots au Moyen Âge organisé à l’Université Lyon II – Lumière par N. Bériou, J.-P. Boudet et I. Rosier-Catach les 22-24 juin 2009, Turnhout, Brepols, sous presse. Cf. infra, p. j., n° 2C, § 8 et 14.
83 B. Grévin et J. Véronèse, « Les “caractères” magiques au Moyen Âge central (XIIe-XIVe siècle) », Bibliothèque de l’École des Chartes, 162 – 2, 2004, p. 407-481.
84 Les noms des démons sont aussi inscrits sur le pourtour du cercle dans l’experimentum de captoptromancie du ms. d’Amsterdam cité supra.
86 J. Véronèse, « God’s Names and their Uses in the Books of Magic attributed to King Solomon », Magic, Ritual, and Witchcraft, 5/1, 2010, p. 30-50.
87 Nous renvoyons sur ce point à une communication faite en commun avec J.-P. Boudet, appelée à être publiée, « Lier et délier dans la magie médiévale », Séminaire Lier et délier au Moyen Âge,organisé par l’Université d’Orléans (CESFiMA : J.-P. Boudet et B. Ribémont) et l’IRHT (J.-B. Lebigue, CNRS), Orléans, 4 février 2011.
92 Ms. Amsterdam cit., p. 124, Clavicula, II, 7. Cf. infra, p. j., n° 2C, § 1 : le couteau doit avoir un manche de couleur blanche ; n° 2D, § 1 : une épée brillante.
93 Cf. infra, p. j., n° 2C, § 16 : […] Homo, Salvator, Alpha et O, Primogenitus, Homo, Finis, Via, Vita, Veritas, Lupus, Virtus, Aries, Leo, Scorpio, Verbum, Ely, Elyon, Victor, Plasmator et Robustus, Sother, Messyas, Ymago, Lux, Gloria, Splendor, Panis, Vitis, Lapis, Januor, Petra, Angulus, Sponsus, Pastor, Sacerdos, Propheta, Immortalis, Rex, Christus, Ihesus, Pater, Filius hominis […] ; ou encore n° 2D, § 9.
94 F. Chave-Mahir, Une parole au service de l’unité. L’exorcisme des possédés dans l’Église d’Occident (Xe-XIVe siècle), thèse de l’Université Lumière – Lyon 2, 2004. Cette thèse est sous presse chez Brepols. Nous préparons en commun un article sur le rapport entre exorcisme canonique et conjuration magique à la fin du Moyen Âge.
100 Io 1 : 1
101 Ps 102 : 2 ; et surtout Dn 3 : 57
102 Io 1 : 1
103 Ps 18
104 Ps 53
105 Ps 71
106 Io 1 : 1
107 dexteram A
108 Ps 70 : 1
109 Ps 50
111 sic
112 sinistram A
113 i.e. les psaumes pénitentiels.
114 Ps 50
115 Ps. 47
116 Symbole d’Athanase.
117 Ps 102 : 2 ; et surtout Dn 3 : 57
118 puero A
119 Il s’agit des 72 noms de la tradition hébraïque, qui, évidemment, ne renvoient pas en tant que tels au Christ. Cf. J. Véronèse, « God’s Names », art. cit., p. 47-50.
120 Il s’agit d’une figure carrée, bordée de noms divins (Ayos, Otheos, Tetragramathon, Anathano) et dédiée aux « princes » des anges Michael, Gabriel et Raphaël.
Julien Véronèse, « La magie divinatoire à la fin du Moyen Âge », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 21 | 2011, 311-341.
Julien Véronèse, « La magie divinatoire à la fin du Moyen Âge », Cahiers de recherches médiévales et humanistes [En ligne], 21 | 2011, mis en ligne le 10 mai 2014, consulté le 17 août 2017. URL : http://crm.revues.org/12451 ; DOI : 10.4000/crm.12451
10.4000/crm.12451

References: § 5
 § 9
 § 1
 § 1
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 § 5
 § 1
 § 9
 § 11
 § 1
 § 1
 § 1
 § 16
 § 5
 § 8
 § 20
 § 8
 § 5
 § 9
in fine
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 § 98
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 § 1
 § 1
 § 16
 § 9