Source: https://algeria-watch.org/?p=58118
Timestamp: 2019-09-20 13:52:23+00:00

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Bab el Oued les raisons de la catastrophe – Algeria-Watch
Bab el Oued les raisons de la catastrophe
Le Matin, 29 novembre 2001
Le bilan de la catastrophe de Bab El Oued est effarant et il l’est d’autant plus que les causes de la tragédie ayant fait, selon le dernier bilan rendu public hier, 757 morts à l’échelle nationale dont 706 pour la seule capitale, sont loin d’être d’origine pluviométrique mais bien plus, aggravées par un cumul de déficits et de laisser-faire dans les pratiques anarchiques de la gestion de l’espace urbain. La maffia du foncier, l’attribution anarchique de terrains à bâtir, la destruction des zones boisées, la détresse de populations ayant fui le terrorisme et élu domicile sur les berges des oueds quand ce n’est pas sur leur lit, l’absence de toute réglementation en matière de planification de l’espace urbain sont autant de facteurs ayant été propices à l’hécatombe de Bab El Oued. La responsabilité de l’Etat est entière, et tous les justificatifs avancés par le ministre de l’Intérieur ne font qu’appuyer cette thèse : c’est l’irresponsabilité cumulative d’une situation de non-Etat qui est à l’origine de l’ampleur de la tragédie. Zerhouni accuse la France dans la vétusté des canalisations et les APC FIS dans les constructions illicites comme s’il s’agissait d’une fatalité historique et terroriste. Or, s’il faut rester dans cette logique de responsabilités isolées, une enquête montre que la dilapidation des biens fonciers a atteint des proportions alarmantes au temps de la gestion des APC par les DEC. A cette véritable politique de l’autruche d’un pouvoir qui se rejette la balle et se cache dans ses inepties, il y a fait plus grave encore et qui se surajoute à ces sédiments d’une politique à tout-va qui obéit à la seule loi de la jungle : le bulletin spécial des services météorologiques transmis à temps aux autorités n’a pas été pris en compte. Pourtant, affirment des experts en la matière dont un spécialiste algérien en risques majeurs, le bilan aurait été moins lourd si le plan ORSEC avait été déclenché à temps. Ils révèlent, par ailleurs, l’absence d’une carte nationale des risques de catastrophes naturelles par wilaya et d’une structure nationale de gestion des catastrophes. Ils rappellent que le décret de 1985 portant sur l’organisation du plan ORSEC existe bel et bien mais qu’il a été, depuis, mis dans un tiroir. Les ravages commis depuis l’Indépendance et qui sont allés en s’amplifiant par les « intempéries » du pouvoir ont été ainsi mis à nu comme pris en flagrant délit par une intempérie naturelle qui, dans un Etat responsable, n’aurait pas provoqué l’hécatombe à Bab El Oued.
« Il n’y avait plus d’arbres pour retenir la terre »
C’est trois jours durant que nous avons sillonné, avec des brigades de forestiers, toute la zone qui s’est vu totalement transformée par le charriage des milliers de tonnes de boue et de gravats. Objectif des forestiers : situer et expertiser les talwegs de l’oued qui, n’ayant pas été protégés, ont fortement aggravé l’impact du ruissellement des eaux sur les communes situées en aval, en particulier celle de Bab El Oued qui n’est rien d’autre que l’exutoire même de l’oued. Notre objectif à nous : tenter de comprendre pourquoi autant de victimes et de dégâts.
Nous avons donc remonté ces affluents jusqu’aux sommets par des routes étroites, escarpées et fragilisées et dont l’accès a été rendu extrêmement difficile par les eaux qui les ont érodées et éventrées par endroits ce samedi 10 novembre, désormais mémorable pour tous les Algériens.
Les forestiers s’étaient déployés dès le premier jour des intempéries sur le terrain pour dégager des routes barrées par des arbres déracinés par les torrents et abattre d’autres présentant des risques de chute. Mais c’est samedi dernier, et en notre présence alors que nous longions la forêt de Baïnem, que le conservateur des forêts au niveau de la wilaya d’Alger est contacté par le wali en vue de dépêcher des équipes sur les lieux pour expertiser la zone sinistrée sur le versant nord-est. On comprendra qu’il vient d’être ordonné de couvrir par des plantations chaque mètre carré des terrains dénudés dans cette zone. On s’engage alors sur la RN4 pour atteindre Bab El Oued en passant par Hammamet, Raïs Hamidou et Bologhine. Les mots resteront à jamais trop faibles pour décrire le décor qui défile sous nos yeux, il ne reste que le silence comme ultime expression. Nous venons de passer d’une zone boisée sur quelque 500 hectares à une autre, sur le lieu du sinistre, le taux de boisement n’atteindrait pas les 0,5 %, selon M. Khelifa, directeur de la mise en valeur des terres à la Direction générale des forêts. Il n’est pas fortuit de faire cette comparaison. M. Cheriet, conservateur des forêts de la wilaya d’Alger – qu’on appelle désormais directeur des forêts et de la ceinture verte – fait remarquer que « si la forêt de Baïnem n’avait pas existé pas, les communes se situant à son aval auraient complètement disparu », bien que l’unique poumon d’Alger, toujours convoité par la mafia du foncier, résiste tant bien que mal à la fois à l’abattage massif pour des raisons sécuritaires, aux incendies répétitifs et aux coupes illicites. Par contre, le lieu de notre destination ne présente presque aucune protection végétale en amont, ce qui a augmenté la vitesse des eaux dans leur descente entraînant des amas de terre instables dans leur déferlement.
Nul besoin de rappeler ici le rôle de l’arbre dans la stabilisation des sols par ses racines outre la forte augmentation de l’infiltration des eaux. C’est justement et étrangement cette règle très simple pourtant qui semble être opiniâtrement foulée aux pieds par ceux auxquels on a confié la gestion de la cité. Que ce soit à Frais Vallon, à Triolet, Sidi Benour, Oued Koriche et encore plus haut à Beau Fraisier, où certaines altitudes atteignent les 250 mètres au-dessus du niveau de la mer, des milliers d’habitations sont érigées à même les lits des oueds et sur leurs berges avec, dans tous les cas, la bénédiction des services communaux qui soit ont accordé des autorisations de construire, soit ont laissé faire en dépit du danger inéluctable. Aujourd’hui, la majorité de ces habitations croulent sous des amas de terre, d’autres ont été naturellement traversées par le torrent. Lundi, lorsque les éléments des services forestiers ont tenté de les dégager, ils se sont heurtés au refus catégorique de leurs occupants. Motif : garder visibles les effets de la catastrophe jusqu’au passage des fonctionnaires de l’APC pour être éventuellement déclarés sinistrés et pouvoir enfin bénéficier d’un logement. Interrogés, ces citoyens affirment y habiter depuis les années 60, voire bien avant, tout en notant la venue récente d’autres familles ayant fui le terrorisme. Cependant, nombreux ont été les responsables au niveau des collectivités locales qui, déclinant toute responsabilité, imputent, étrangement de concert, l’octroi de ces autorisations aux APC Fis de 91. Est-ce la seule explication ? A Beau Fraisier, interrogé sur la carrière Jobert qui surplombe son quartier, un vieux nous affirme que son père lui a raconté qu’elle existe depuis au moins 1929 avant de déplorer : « Ce sont les explosions à la dynamite qui ont fragilisé nos maisons. » Dans ce quartier, de gigantesques blocs de pierre se sont détachées de la montagne en se projetant tout près des maisons « depuis des années sans que cela inquiète aucunement nos élus », déplore un citoyen avant d’ajouter le sourire aux lèvres, ironique comme seuls savent l’être les Algériens dans les moments les plus difficiles : « Je sais que ça ne sert à rien de le dire, j’ai juste besoin de dégager un peu ».
Nous poursuivons notre montée pour atteindre le point culminant d’environ 357 mètres d’altitude à la limite de Bouzaréah. Nous passons par des quartiers quasiment isolés. Nous sommes dans la rue des Vieillards, dite rue Hocine Bouchachi. Plusieurs projets de construction en cours, d’autres finis, s’exposent sur le sommet de la montagne d’en face à la même altitude. Et là, nous découvrons la provenance, en partie, des grandes quantités de terre qui ont tout emporté sur leur passage. Il s’agit de montagnes de remblais, et donc de terre fragile, déposés par des entreprises de construction, dont Cosider, sur ce sommet aux pentes dénuées de toute protection, qu’elle soit végétale ou mécanique. Des ravins phénoménaux fraîchement ouverts par les eaux attestent que ces énormes quantités de terre ont dévalé sur Bab El Oued. Les tonnes de terre stockées par la carrière Jobert que nous avons laissée bien en bas ne représentent rien face à ce que nous venons de découvrir. Il n’y a aucun doute, s’il est incontestable que les pluies du 10 novembre ont été exceptionnelles de par leur quantité, l’ampleur de la catastrophe demeure la résultante de violations multiples des lois élémentaires de la nature en quête d’équilibre ; ce qui met à nu l’ignorance criante des détenteurs de la décision dans un pays où les charlatans sont mieux écoutés que des scientifiques avertis.
Entretien avec M. Chabane Cheriet, directeur des forêts et de la ceinture verte pour la wilaya d’Alger
Le Matin : Vous avez entamé samedi avec vos équipes des opérations sur des impluviums dans la zone sinistrée qui s’étale sur environ 40 km2. En quoi consiste exactement votre mission ?
Chabane Cheriet : L’objectif de notre intervention est de stabiliser les terrains fragilisés pour éviter d’éventuels accidents. Nous commencerons par les oueds et talwegs puis passerons aux versants. Nous avons à ce jour (lundi) mis un binôme de nos spécialistes sur chacun des quatre oueds qui, à partir de données relevées sur terrain, détermineront les protections adéquates à mettre sur les lieux. Ces protections seront soit biologiques par la plantation d’arbres adaptés à croissance rapide et enracinement profond, soit mécaniques par le gabionnage et système de gradins, ou les deux à la fois, c’est-à-dire la méthode mixte.
D’après les données que vous obtenez de vos sorties sur terrain, quel est à votre avis le scénario qui se rapproche le plus de la réalité quant au déroulement de la catastrophe du 10 novembre ?
Les grandes quantités d’eau qui se sont déversées sur Bab El Oued ne sont pas directement dues aux précipitations, et le drame aurait pu être évité si on avait respecté la nature. D’abord, le relief même de la zone est un ensemble de sous-bassins versants traversés par un dense réseau de talwegs dont la convergence constitue l’oued qui se jette dans la mer. Naturellement, un oued est là pour faire progressivement écouler les eaux. Or, ce que nous avons vu, c’est que la quasi-totalité des constructions sont érigées sur les lits des oueds et des terrains fragiles. Elles ont constitué, avec différents détritus, des obstacles, une sorte de barrages qui, sous l’effet de la pression, ont fini par céder et ce fut le déluge.
Votre mission va certainement se heurter à des hostilités relatives à la nature juridique des terrains ; comment comptez-vous vous y prendre ?
Nous sommes tenus d’agir là où il le faut quoi qu’il en soit. S’agissant des domaines publics de l’Etat, cela ne pose aucun problème. Pour ce qui est du domaine privé de l’Etat, c’est-à-dire les terrains appartenant aux collectivités locales, lorsque la situation l’exige, ils devront passer au public. Restent les propriétés privées ; là nous devons travailler de concert avec les citoyens concernés soit en les encourageant à adhérer à notre démarche par des mesures incitatives, soit appliquer les textes relatifs à l’expropriation pour utilité publique.
Et pour ce qui est des occupations des sols par des constructions illicites dans des zones boisées
Nous pouvons recourir à la justice dans le pire des cas, mais nous préférons d’abord que les collectivités locales assument plus sérieusement leurs responsabilités. Après tout ce qu’on a perdu, il est grand temps de tirer les leçons.
Propos recueillis par Yasmina F.
« On a urbanisé le lit de l’oued ! »
Entretien avec Dominique Laplace, un des experts de l’équipe de la Marseillaise des eaux
En mission humanitaire à Bab El Oued depuis le 14 novembre dernier, Dominique Laplace, un des experts de l’équipe de la Marseillaise des eaux, qui a fait le déplacement à Alger, s’exprime dans cet entretien accordé, avant son départ en France, à notre journal sur la catastrophe et les solutions à envisager pour parer à d’autres éventualités. Il est question, selon lui, de construire un bassin à Triolet pour retenir l’eau et des exutoires en sous-sol vers la mer pour éviter à l’avenir que le boulevard Abderrahmane-Mira soit noyé.
Le Matin : Vous êtes présent à Bab El Oued depuis le 14 novembre dernier ; quel est le diagnostic que vous faites de ce déluge qui s’est abattu sur Bab El Oued ?
Dominique Laplace : Après le déluge qui s’est abattu sur Bab El Oued, il y a eu des torrents d’eau et de boue qui se sont déversés sur ce quartier et qui ont envahi les rues, les maisons et les réseaux d’assainissement. Il a fallu donc qu’on travaille pour nettoyer ces réseaux de façon qu’ils puissent évacuer toutes ces eaux. On a travaillé alors en deux temps : on a évacué tout d’abord la boue qui se trouvait dans les voiries et les réseaux pluviaux, puis on a procédé au pompage dans toutes les caves qui étaient pleines d’eau. On a accompli ce travail pendant une dizaine de jours. Notre action s’est étendue du boulevard Abderrahmane-Mira jusqu’à Triolet, c’est-à-dire on a couvert l’ensemble de Bab El Oued.
L’ampleur des dégâts est-elle due uniquement à l’abondance des chutes de pluie ?
C’était un orage plus important, puisqu’il était de l’ordre de 200 mm en 24 h. Ce qui n’a pas été enregistré depuis 1936. Il y a des statistiques pluviométriques qui font état de l’importance des quantités d’eau qui se sont abattues sur Bab El Oued. C’est-à-dire il faut partir du principe que si elles sont tombées aujourd’hui, elles retomberont demain. Et prendre en compte que ces quantités importantes d’eau ne peuvent être évacuées par un réseau d’assainissement. Quand on calcule un réseau d’assainissement, rien ne justifie économiquement de faire des tuyaux aussi gros pour évacuer ce genre d’épisodes pluvieux. Cela nécessite donc de mettre en place des techniques qu’on appelle des bassins à rétention. Autrement dit, on fait des embranchements dans le fond du vallon et on essaye de retenir l’eau à la source. On va travailler dans ce sens et proposer ce genre de solutions pour éviter que Bab El Oued soit inondé encore une fois.
Pourquoi particulièrement Bab El Oued ?
C’était prévisible. C’est vrai que la configuration de Bab El Oued présentait déjà une vulnérabilité à ce genre de catastrophe. Bab El Oued signifie d’ailleurs les portes d’el oued. C’est vrai aussi que l’urbanisation a gagné tout le lit de l’oued. Il était imprudent de laisser cette construction se développer entre Triolet et la mer.
Votre équipe a inspecté l’effondrement du grand collecteur d’eau du oued M’kacel, dans la zone de Frais Vallon. Comment expliquez-vous ce phénomène qui a provoqué un cratère de plus de 10 m de diamètre ?
Oui tout à fait, on a fait venir deux spécialistes, des experts de la Société des grands travaux de Marseille pour expertiser ce cratère. Que s’est-il passé ? Les eaux se sont engouffrées dans ce collecteur et ont creusé un trou sur le bord de ce dernier. Il y a eu par la suite l’effondrement du terrain. Puis les eaux se sont engouffrées par le trou dans le collecteur, ce qui a créé un siphon similaire à celui d’un mouvement de tourbillon lorsqu’on vide un lavabo. Il reste aujourd’hui un cratère de plus de 10 m de diamètre qui est tout à fait circulaire. Au fond de ce cratère, il y a le collecteur d’eau qui est aujourd’hui envasé. On a évoqué des solutions vraiment techniques pour pouvoir mettre le plus rapidement possible ce collecteur en service.
Y a-t-il des moyens pour la réalisation de ce projet ?
Absolument, la technique a été évoquée. Nous allons faire un rapport rapidement et d’ici la fin de la semaine on le remettra aux autorités, notamment à la demande du secrétaire général du ministère des Ressources en eau.
Quelles sont les études que vous avez faites jusqu’à présent ?
On a réalisé à ce jour deux rapports : le premier est un prérapport sur l’événement pluvieux et sur les aménagements préconisés, tandis que le second est du domaine technique se rapportant au collecteur de Frais Vallon.
Les conséquences n’ont-elles pas été exacerbées par le fait d’une urbanisation anarchique et de non-respect des normes d’aménagement ?
Vous avez raison. Ces dernières années, il y a eu une urbanisation qui était difficilement maîtrisée compte tenu de l’exode rural massif. Les conséquences : on a assisté à un déboisement. Je n’ai pas vu avant le bassin, mais ce qui est apparent aujourd’hui est que l’ensemble des sols sont déboisés et que, par conséquent, rien ne retient la terre. Ce qui fait que lorsqu’on est en présence d’un déluge, l’eau amène des quantités phénoménales de terre sur l’axe de Triolet jusqu’à la mer.
Il existe en France des structures de prévention des risques de catastrophes. Est-il important de se doter de ce type de structures ?
Effectivement, il existe en France depuis les épisodes catastrophiques que nous avons connus au début des années 90 des structures qui établissent des PPR (Plans de prévention des risques). Ces mêmes structures réglementent les permis de construire. Cela fait partie des pistes qu’on va conseiller aux autorités algériennes de façon que ces aspects soient pris en compte à l’avenir.
Quelle est la solution pour éviter d’autres catastrophes à Bab El Oued ?
La solution ? En fait, il n’y en a pas une seule, ce sont plusieurs solutions qui concourront à ce qu’il n’y ait plus de problèmes. La solution administrative, il faut tout d’abord exproprier les gens qui habitent les sites les plus vulnérables parce qu’il n’est pas normal qu’ils restent sur le lit d’un oued. Il faudra par la suite réglementer et contrôler la construction de ceux qui bénéficient du permis de construire. Et après, les solutions seront d’ordre technique. On évoquera l’alerte de la population en fonction des prévisions météorologiques et si on fait dans la prévision des catastrophes, on pourra prendre l’exemple de ce que fait Météo-France. Celle-ci établit des cotes d’alerte selon le niveau de gravité des prévisions. Dans ce genre de cotes, on fait la relation entre les chutes de pluies et ses conséquences. C’est une manière d’attirer l’attention de la population sur le danger.
Pensez-vous que si les prévisions avaient été prises au sérieux, aurait-on pu limiter l’ampleur des dégâts ?
Il est sûr que si la population avait été prévenue à temps, on aurait pu dire aux gens d’évacuer le bas et monter aux étages, et la circulation aurait été fermée aux automobilistes. Il n’y a pas de sécurité dans une voiture qui flotte facilement sur l’eau. Après avoir évoqué les solutions administratives et celles ayant trait à l’alerte, on évoquera les aspects techniques qui consistent à essayer de retenir l’eau en amont. On peut également faire des bassins de cumul d’eau en aménageant un terrain de foot au fond sur le site de Triolet et une digue pour retenir l’eau. Il faudra certainement aménager un exutoire très important au niveau de la mer de façon que le boulevard Abderrahmane-Mira ne se remplisse pas d’eau. Le problème est qu’il y avait une digue au fond de la mer, mais l’eau est passée par-dessus de la digue pour s’évacuer dans la mer. Il aurait fallu qu’il y ait des exutoires au niveau du sol. Cela impose de mettre en place des clapets antiretour, un système qui empêchera la remontée de l’eau de mer, qui, de retour, pourra noyer le boulevard Abderrahmane-Mira. Vous voyez qu’il n’y a pas une solution unique, c’est un ensemble de solutions qui ne passera pas systématiquement par la sur-dimension des tuyaux. Une telle solution coûtera beaucoup plus cher. Car le problème relève de tout l’aménagement urbain.
C’était un désastre
C’est un désastre. Je me mets à la place de cette population qui, jusqu’à un certain moment, considérait la pluie comme un don de Dieu. Il paraît que les gens ont prié avant la catastrophe pour avoir la pluie et aujourd’hui ils voient la pluie avec un sentiment de terreur. C’est la raison pour laquelle des aménagements visibles de l’extérieur sont à même de rassurer les populations. Si on met des tuyaux qui sont enterrés, la population ne se rend pas compte de cette sécurisation. Mais les bassins sont visibles et sécurisants.
Entretien réalisé par Youcef Rezzoug
Ils ont construit sur des terrains forestiers
La période des DEC comprise entre 1992 et 1997 a été fatale au foncier agricole. Pour chaque année de cette période, une moyenne de 5 000 ha a été cédée, impunément et au mépris de l’environnement, à l’urbanisation. Un pic est enregistré en 1995, avec une surface bâtie de 5500 ha. Beaucoup de terrains agricoles ont été, ainsi, intégrés dans le PDAU pour en faire des surfaces habitables. La ceinture verte a été dévastée dans toutes les wilayas du Centre qui forment les plaines de la Mitidja. La commune de Bouzaréah n’est pas en reste. Son tissu forestier, complètement destructuré, l’a été, notamment, durant cette période-là. Le résultat de ces déboisements massifs a eu pour conséquences la tragédie que l’on connaît.
En octobre 1995, la gestion de la Délégation exécutive communale (DEC) de Bouzaréah est vivement contestée par des citoyens. On retient contre elle « la déperdition de la commune par un comportement despotique et négatif ». Son président est, entre autres, accusé d’avoir livré des arpents entiers de forêt à l’urbanisation en dépit de la réglementation et des lois sur l’environnement. Le scandale avait fait, à l’époque, les choux gras de la presse nationale et une enquête avait été diligentée. Interrogé par des journalistes, le DEC avoue avoir octroyé des lots de terrain à ses proches, en déclarant non sans aplomb : « Parfois la gestion d’une commune se fait par les sentiments et non par la loi. » L’affaire du quartier Bousmaha représente, en ce sens, un véritable massacre écologique. Perché sur les hauteurs de Bouzaréah, il respire grâce au massif forestier qui le borde. Deux mois après son installation à la tête de la commune, le président de la DEC de Bouzaréah engage en pleine forêt des travaux de terrassement. Des dizaines d’arbres sont abattus pour ouvrir des pistes dans le but de réaliser un lotissement. Le terrain est même morcelé et vendu à des particuliers. La pinède est pourtant protégée par une loi claire et sans ambiguïtés. Il faut savoir, en effet, que la forêt constitue à la fois un couvert végétal protecteur des sols, un régulateur des eaux de ruissellement et d’infiltration, une source d’oxygène inégalable et un réservoir précieux de diversité biologique. En été, l’arbre est un humidificateur qui favorise la baisse de température dans la mesure où entre 28 et 118 litres d’eau s’évaporent quotidiennement. Cela étant, une circulaire présidentielle, en août 1995, vient rappeler aux différents responsables que l’urbanisation des terrains forestiers ou à vocation forestière est strictement interdite. En sus, un décret datant de 1991 stipule que seule l’AGERFA (Agence de gestion et de régulation foncière urbaine) est habilitée à gérer le portefeuille du foncier des communes. Personne, hormis elle, ne peut procéder à une cession de terrain. Les autorités locales, DEC et chefs de daïra, doivent impérativement adhérer à l’agence et s’abstenir formellement de toute transaction au profit de particuliers. Le scandale de Bousmaha, mis à jour par des organisations de la société civile relayées par la presse, révèle que le premier magistrat de la commune a outrepassé toutes ces lois. Le terrain en question n’a pas de permis de lotir et n’a pas été soumis à l’expertise de l’AGERFA. En fait, il est même loin de correspondre au Plan directeur de l’aménagement et de l’urbanisme (PDAU). Pour se justifier, ce dernier invoque des manipulations dirigées contre sa personne en reconnaissant cependant avoir fait bénéficier quatre ou cinq membres de sa famille de parcelles de terrain au motif qu’ils étaient natifs de la commune. « C’est normal, dira-t-il, ils sont nés à Bouzaréah. »
Au lieudit Puits des Zouaves, la même DEC s’empare d’un terrain devant accueillir un projet de logements sociaux de l’EPLF. Après enquête, on s’aperçoit que le lot amputé au projet a été découpé en sept parcelles et vendu à des particuliers qui y ont entamé des travaux de construction. « Nous sommes propriétaires du site et nous en faisons ce que nous voulons », répondra, alors, le DEC. A la cité Baranès, située sur la route Neuve de Bouzaréah, des membres d’une coopérative immobilière sont spoliés d’une bonne partie de leur patrimoine – celui qui devait servir à l’aménagement d’espaces verts – au profit de personnes complètement étrangères à leur projet. Pour la petite histoire, les terrains ont été cédés au prix dérisoire de
80 000 DA les 820 m2. Des villas sont érigées là, défiant toutes les lois de l’urbanisme. Les experts parlent de risque imminent d’affaissement du sol. Phénomène de mode des années 90, les kiosques ont poussé comme des champignons à Alger. Bouzaréah détient la palme du nombre de kiosques au mètre carré. Là encore, la DEC autorise puis feint de vouloir sévir en annonçant une campagne de démolition, mais n’en fait finalement rien. Bouzaréah a été, ainsi, mis cycliquement sous les feux de la rampe par les agissements « anti-écologiques » de sa délégation exécutive. Si l’on sait que son premier responsable – victime de règlement de comptes ou franchement coupable – a répondu de ses actes devant la justice, l’histoire ne dit pas, en revanche, si le mal fait à la nature a été réparé. Comme dans cette autre scabreuse affaire, encore pendante au tribunal et qui s’est déroulée dans une commune voisine, Draria, toujours durant cette fameuse période des DEC, : un citoyen a été exproprié de ses terres et a assisté, impuissant, à l’abattage de ses quelque 4000 arbres fruitiers. La liste est, assurément, loin d’être exhaustive, mais reflète que la gestion des communes, en ces temps, certes difficiles du point de vue sécuritaire, a donné le coup de grâce à une politique, déjà catastrophique de l’environnement. Une politique, serait-on tenté de dire, qui se résume à une insipide célébration de la journée de l’arbre.
Saïda est une mère de trois enfants qui habitait au boulevard commandant Mira. Elle se rappellera, jure-t-elle, toute sa vie cette nuit cauchemardesque du 9 au 10 novembre. Son immeuble est construit sur le Front de mer. Les vents très forts et l’intensité des pluies qui ne se sont pas arrêtées depuis le début de la matinée empêchent la jeune femme de dormir. « Vers minuit, le niveau de la mer commence à monter. Les vagues atteignaient déjà la cage d’escalier, mais nous ne pensions pas que cela allait être en moins d’une heure pire ». Il était 2 h du matin quand les cris de la voisine qui habite le premier retentirent dans tout l’immeuble. « Zohra criait de toutes ses forces, elle ne pouvait pas passer dans la chambre de ses enfants, elle hurlait sans cesse : « Mes enfants se sont noyés ». Des jeunes ont dévalé les escaliers pour lui venir en aide. Ils ont lutté contre le courant déjà très fort pour récupérer les gosses. Sa maison était désormais perdue. Au prix de grands efforts, ils parviennent à remonter avec les enfants. Ils étaient mouillés, souillés de boue et terrorisés par ce qui venait de leur arriver. Leur mère était dans un état hystérique. Après, raconte-t-elle, le niveau d’eau n’a cessé de monter. Nous avons compris que leur immeuble était perdu. Une fois avoir acquis la certitude qu’il leur était impossible de quitter l’immeuble, ils se décident d’appeler la Protection civile. « Nous l’avons appelée en vain pendant plus de deux heures. Ils nous ont abandonnés sous prétexte que toute la capitale est inondée. Nous ne devons notre salut qu’aux jeunes du quartier. Ils ont tout fait pour nous faire sortir.»
Les jeunes en question se sont servis des embarcations des pêcheurs pour faire sortir les habitants de l’immeuble. Ils ont combattu la force des eaux par les cordes qu’ils passaient autour de la taille des sinistrés. A 4 h du matin, tous les habitants de l’immeuble étaient sauvés par de jeunes secouristes bénévoles animés de leur foi et d’une forte volonté d’aider un voisin en danger.
Triolet, l’hécatombe
Il était 7 h 30 quand les crues qui dévalaient les voies express de Frais Vallon devenaient trop fortes. « J’ai vu de jeunes femmes attendant à l’arrêt de bus de Triolet lutter contre le courant. Elles ne parvenaient plus à rester debout. J’ai couru vers elles et j’ai tenté de les aider. J’ai réussi à faire traverser la route à plusieurs d’entre elles et puis la catastrophe est tombée du ciel », raconte Adel. Une monstrueuse vague boueuse a déferlé à toute vitesse sur les voies rapides, nous explique-t-il. Et puis l’inimaginable se produisit. La vague emporta tout sur son passage. Des voitures, des piétons étaient emportés par le courant. « J’ai assisté impuissant à un spectacle sans précédent. Des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes étaient tous emportés par les crues. C’étaient atroce, ils n’arrivaient même plus à crier », dit-il avant de marquer une pause et d’enchaîner : « L’eau était plus forte que tout. J’ai vu l’immense bus du personnel du Sheraton emporter comme s’il était une feuille de papier. Les voitures des particuliers avec leurs occupants, des écoliers c’était l’enfer ! Non plutôt le déluge. »
Le marché était entièrement recouvert par les eaux boueuses et les rues étaient devenues des torrents furieux.
Si Adel affirme qu’une équipe de la police urbaine tentait vainement d’aider les citoyens, il n’ y avait aucune autre assistance. Pas de Protection civile, ni armée, ni nulle autre institution. « Voyant que nous étions coupés du monde, nous avons lancé des fumigènes pour alerter au moins l’armée. La Défense n’est pas loin d’ici, vous savez. Je suis certain qu’ils ont vu nos feux de détresse. Personne ne nous a apporté assistance avant 13 h 30, heure à laquelle se sont pointés les sapeurs-pompiers. L’armée, quant à elle, n’a investi les lieux que vers 18 h. Tout était fini à ce moment là. Nous étions les survivants du déluge. »
« L’alerte n’a pas été donnée à temps »
Entretien avec Mohand-Amokrane Mendjekane, responsable à la sous-direction des risques majeurs de la Protection civile Mohand-Amokrane Mendjekane, responsable à la sous-direction des risques majeurs de la Protection civile, explique dans cet entretien la nature de la catastrophe qui a frappé Bab El Oued et les causes qui ont aggravé la situation. S’il y avait eu une intervention en amont, au moment de la catastrophe, on aurait pu, selon lui, limiter les dégâts, surtout en pertes humaines. La création d’un organisme national de gestion des catastrophes est, pour lui, la seule solution pour parer à d’autres éventuelles calamités naturelles.
Le Matin : Que s’est-il réellement passé à Bab El Oued ?
Mohand-Amokrane Mendjekane : C’est une accumulation des fortes précipitations exceptionnelles qui ont atteint 210 mm en 48 heures. La configuration géographique et les caractéristiques urbanistiques de Bab El Oued ayant été compliquées par l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux pluviales ont permis une accentuation de la crue. Celle-ci est la conséquence de l’accumulation des eaux ayant atteint un certain niveau allant jusqu’au débordement. A Bab El Oued, la puissance et la vitesse de cette crue ont emporté tout ce qui se trouvait sur leur passage.
Aurait-on pu prévoir cette catastrophe ?
Oui, on aurait pu prévoir une telle situation. A partir du moment où on avait les données de la météo annonçant de fortes pluies, les responsables concernés auraient pu procéder au contrôle continu du niveau de l’eau et prendre des dispositions de prévention au niveau des quartiers menacés.
Cela suppose que le bulletin météo n’a pas été pris au sérieux
Pour ce qui concerne la Protection civile, on recevait régulièrement des bulletins météo spéciaux (BMS) qui sont tout d’abord développés à notre niveau pour confectionner par la suite des messages adressés aux structures des wilayas concernées. C’est déjà un message d’alerte qui impose à nos structures au niveau des wilayas concernées de réquisitionner le personnel et rassembler les moyens spécifiques nécessaires.
C’était le cas pour Bab El Oued ?
Les premières interventions de la Protection civile ont eu lieu à 2 h du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, et ce, à la suite des appels des citoyens.
C’était une intervention de routine puisqu’aucune disposition n’a été prise pour faire évacuer les lieux
Le déclenchement du plan ORSEC n’est pas de notre ressort. Il est des prérogatives du premier responsable de la wilaya. Mais il fallait tout d’abord donner l’alerte, car les risques d’inondation étaient prévisibles. Chose qui aurait permis l’évacuation de la population menacée et bloquer par la suite les accès aux routes traversées par la crue. A cette condition, on aurait pu atténuer les effets dévastateurs de la catastrophe. C’est vrai, contrairement à l’inondation où l’eau monte graduellement, la crue ne vous laisse pas le temps d’intervenir. La majorité des victimes a été emportée sur la route par la crue. Mais il appartenait tout de même aux services de l’hydraulique de suivre l’évolution et la montée des eaux pour donner l’alerte au moment opportun.
Pour chaque type de catastrophe, il y a des intervenants. Pour le cas présent, l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH) est une institution chargée de superviser le niveau de l’eau et d’alerter les autorités. C’était d’ailleurs la principale recommandation dégagée par le séminaire national qui avait été organisé au mois de mars dernier à Sidi Bel Abbès par la Protection civile. Il était question d’installation de réseaux d’alerte au niveau de certaines wilayas où le risque d’inondation existe.
Possède-t-on une cartographie des risques ?
C’est une opération en cours. Elle est très complexe et elle demande une étude pointue pour développer l’étendue des risques par wilaya. La réalisation de cette cartographie prendra beaucoup de temps. Il est nécessaire aujourd’hui de réfléchir à la création d’une structure nationale de coordination entre les différents secteurs bénéficiant des moyens pour l’élaboration de cette carte des risques. Certaines institutions ont des budgets pour l’élaboration, dans le cadre de leur spécialisation, de cette carte. Pour les risques d’inondation, l’ANRH est en train de développer un système d’information géographique devant aboutir à la réalisation de cartes des zones inondables. Quant au séisme, il existe des structures comme le CGS (Centre national de gestion parasismique) et le CRAAG. Mais il ne faudra pas se contenter des cartes globales, car ces dernières devront être représentatives des risques à l’échelle de wilaya et des communes. La mise en uvre de ce type de projet exige la collaboration et la mobilisation des organismes spécialisés.
En l’absence d’un organe national de gestion des catastrophes, l’Algérie active dans le cadre de la stratégie internationale pour la réduction des risques des catastrophes naturelles qui est l’émanation des structures de l’ONU, dont le PNUD.
Avez-vous déjà effectué dans le cadre de la prévention des opérations de simulation ?
Ces opérations se font chez nous, mais il faut qu’elles se généralisent à travers le territoire national, là où le risque est fréquent. On doit déterminer le type et l’importance du risque pour prendre les mesures nécessaires. L’opération de simulation n’est crédible et préventive qu’après ce travail préalable des spécialistes. A la Protection civile, on est obligés parfois de faire le travail des autres. Dans le cadre du plan ORSEC, on gère à présent sur le terrain des modules qui ne sont pas de notre ressort. On est en train de préparer également la cartographie nationale des risques qui permettra de renseigner les responsables à tous les niveaux sur les catastrophes survenues et les risques potentiels inhérents à chaque wilaya.
L’ampleur des dégâts était importante à Bab El Oued ; ne pensez-vous pas qu’il y ait d’autres causes qui auraient rendu ce quartier vulnérable à ce genre de catastrophe ?
Oui. Il y a tout d’abord l’aspect historique du quartier : une route avait été ouverte sur un oued. Mais des dispositions avaient été prises à l’époque en installant des réseaux d’assainissement sous la route afin d’assurer l’évacuation des eaux. La construction plus tard sur le lit de l’oued a aggravé la situation, comme d’ailleurs la déforestation et le rasage du couvert végétal qui ont favorisé l’érosion. S’il y avait eu une politique de protection des végétations sur les hauteurs d’Alger, la crue n’aurait pas emporté des apports solides (la boue). Le marché de Triolet n’était pas également à sa place. Toutes ces erreurs conjuguées à la lenteur de l’intervention au moment de la catastrophe – l’alerte n’a pas été lancée à temps – ont exacerbé les conséquences de la catastrophe. On aurait pu minimiser les dégâts, surtout en pertes humaines.
Qu’est-ce que le plan ORSEC ?
Article 1er : Dans le cadre des lois et règlements en vigueur, toute autorité ou organe habilité est tenu de prendre et de mettre en uvre les mesures et normes réglementaires et techniques de nature à éliminer les risques susceptibles de mettre en danger la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement ou à en réduire les effets.
Art. 2 : Chaque ministre veille à la mise en uvre des dispositions visées à l’article 1er ci-dessus et définit pour son secteur, le cas échéant, conjointement avec le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales le dispositif du plan de prévention des risques d’origine naturelle ou technologique en rapport avec l’action et/ou l’activité de son secteur.
Art. 3 : Chaque wali veille à la mise en uvre et à l’adaptation éventuelle, aux communes de sa wilaya, des mesures et normes arrêtées en matière de prévention des risques.
Art. 4 : Dans le cadre de la mise en uvre des dispositions de l’article 1er ci-dessus, chaque ministre arrête, pour son secteur, le ou les programmes périodiques correspondant au dispositif de prévention.
Il veille, le cas échéant, conjointement avec le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales à l’exécution du programme arrêté pour son secteur.
Art. 5 : Par application du programme prévu à l’article 4 ci-dessus, chaque entreprise, établissement, unité ou organisme met en place le plan de prévention des risques conforme à ses activités et aux normes du dispositif arrêté.
Dans ce cadre, l’autorité de tutelle veille à l’intervention effective et à la mise à jour du dispositif prescrit.
Art. 6 : Chaque ministre arrête conjointement avec le ministre concerné des mesures de formation des personnels appelés à mettre en uvre les programmes de prévention.
Art. 7 : Chaque ministre arrête et/ou met en uvre, le cas échéant, conjointement avec le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales et le ou les ministres concernés les programmes d’information et de sensibilisation sur les risques inhérents à son secteur d’activité.
Art. 8 : Il est institué, au sein des entreprises, établissements, unités et organismes publics et privés une cellule de prévention des risques.
Dans le cadre de la réglementation en vigueur et sous l’autorité du responsable de l’entreprise, l’établissement, l’unité et ou l’organisme public et privé, ladite cellule est chargée, en relation avec le service de la protection civile concerné, notamment de mettre en uvre le dispositif de prévention, assurer la gestion du plan d’organisation des interventions et secours prévu par le décret n° 85-231 du 25 août 1985 susvisé.
Art. 9 : Le service de la protection civile, territorialement compétent, assume le contrôle permanent du dispositif de prévention des risques dans ses aspects et effets liés à la mise en uvre des dispositions du décret n° 85-231 du 25 août 1985 susvisé.
Art. 10 : Les dispositions du présent décret ne s’appliquent pas aux organismes relevant de la Défense nationale qui demeurent régis par le règlement d’administration militaire qui leur est applicable.
Ils habitaient sur le lit de l’oued
Même enterrée, la dépouille de ce Patriote assassiné par les terroristes, il y a quelques années, aura été malmenée par les dernières intempéries qui n’auront pas aussi épargné le cimetière de Frais Vallon. Situées sur le bord de ces hauteurs montagneuses, plusieurs tombes ont été emportées par la violence des eaux diluviennes.
Des ossements ont été découverts par les habitants de ce quartier. Mais ce n’est là qu’un anodin échantillon des larges dégâts occasionnés par la catastrophe dans cette partie de la capitale qui se plaignait déjà en temps normal d’être oubliée. A cause justement de la nature des lieux, le nombre ds personnes ayant été victimes de la tragédie a été important dans cette localité. La plupart des habitations sont érigées au sommet de la collines ou nichées sur les versants de la montagne. Plusieurs familles sont venues, durant la décennie écoulée, agrandir l’agglomération fuyant le terrorisme. Elles ont, du coup, grossi l’ampleur du problème des constructions illicites. Les dernières intempéries ont surtout mis en évidence la précarité de tout le quartier érigé de manière anarchique. Aujourd’hui, les habitants reprochent à l’Etat cette négligence qui leur a été fatale. Même ceux dont les maisons sont des biens de l’Etat n’omettent pas de responsabiliser ce dernier. « C’est un bien de l’Etat que j’ai acheté, ils ne peuvent pas me reprocher d’avoir construit d’une manière illicite, mais pourquoi m’a t-on vendu sachant que l’endroit est dangereux ? », s’indigne M. Kahleras, résidant depuis plusieurs années. Ainsi, le danger côtoie en permanence les habitants de Frais Vallon. Ils ne sont pas encore au bout de leurs peines. A chacune de nos escales dans ce quartier, plus précisément dans le lieu-dit Sidi-Medjeber, aux alentours de l’oued, l’on entend les mêmes plaintes. Il faut monter une pente pour pouvoir y arriver. Quelques jours seulement après le sinistre, la chaussée est défoncée alors que le bord de la route donnant sur l’oued s’est écroulé réduisant du coup sa largeur. La plupart des habitations déjà fragilisées ne tiennent à présent qu’à un fil. Les murs sont fissurés, alors que les montagnes de boue ont sérieusement ébranlé leur stabilité relative. La plupart des maisons visitées ont été à moitié recouvertes de boue, inondant jusqu’aux moindres recoins. Les traces de la boue sont encore visibles sur le mur. Dans une baraque s’entassent deux couples avec deux enfants en bas âge. Recouvert de nylon, le toit en contreplaqué n’a pu être un rempart contre les eaux qui ont inondé le sol. Une partie du plafond s’est effondrée. Le peu de mobilier vétuste a été endommagé. Comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est ce moment précis qu’a choisi le propriétaire de la baraque pour exiger de ses occupants de quitter les lieux. Même les maisons à l’apparence plus solide n’ont pas résisté. Les dommages sont à des degrés divers. La montagne de boue qui s’est déversée sur elles a recouvert le côté arrière de la plupart d’entre elles. La colline, dont les flancs ont été dévorés par l’eau, ne constitue plus un mur de soutènement pour la plupart des habitations. Au fil du temps, les rochers sur lesquels ces dernières ont été bâties se sont érodés, les exposant à des dangers certains. Les occupants doivent alors procéder régulièrement à la solidification des alentours de la bâtisse à l’aide de grosses pierres, du sable ou des clôtures de roseaux. Ces mesures atténuent certes la force des eaux et des vents, mais seulement en partie. Par ailleurs, les arbres déracinés par la force du vent constituent une autre source de préoccupation. « Dès qu’il pleut c’est la panique, nous ne pouvons fermer l’il de la nuit. Nous guettons le moindre mouvement des arbres ou une chute de la boue. Juste après les intempéries, nous mettions nos enfants chez la voisine dont la maison présente moins de dangers ! », raconte anxieuse une mère de famille. Et de nous montrer un grand arbre à moitié penché, se balançant au-dessus de sa demeure au gré du vent. « Vous vous imaginez si cet arbre tombe sur nos têtes ! », s’écrie-t-elle. Il y a lieu de relever, à ce sujet, qu’en construisant à cet endroit, les habitants ont porté un coup à l’équilibre écologique. En creusant le sol, les arbres ont été ébranlés. Ajoutons à cela le phénomène des chantiers inachevés qui causent plus de dégâts qu’ils ne sont utiles. « Vous voyez cette conduite d’eau, elle a été installée il y a trois ans. Il n’y a toujours pas d’eau dans les robinets et les travaux ne sont pas complètement achevés ! », nous montre un citoyen. En attendant que ce précieux liquide arrive dans toutes les maisons, les citoyens se démènent comme ils peuvent. Pour s’approvisionner, les habitants de Frais Vallon doivent traverser l’oued et escalader la colline. L’on imagine aisément quel exercice périlleux cela peut être lorsqu’il pleut. Cela en particulier pour les enfants, obligés d’aller faire leurs courses ou devant se rendre à l’école. « Ils reviennent souvent avec des blessures ou des égratignures !», dit, sur un ton désolé, une maman. Mêmes risques pour s’approvisionner chez les commerçants. Sur place, l’on attire notre attention sur les habitations construites à même le lit de l’oued, et donc plus exposées aux crues. Les riverains sont en colère contre les autorités qui ont procédé à l’installation de buses pour recueillir l’eau aux lieu et place d’un mur datant de l’époque coloniale. Non seulement ces buses sont inopérantes, assurent-ils, mais elles ont été bouchées de part et d’autre à cause du terrorisme. Les solutions à ces problèmes inextricables tardent à venir d’autant que la présence de l’Etat dans ce type de région difficile d’accès est souvent inexistante. Dans le cas de Frais Vallon, cette réalité a été accentuée avec le phénomène terroriste. Si bien que depuis quelques années, les relevés de gaz ou d’électricité ne parviennent à leurs destinataires que par le biais des commerçants dont les locaux sont plus ou moins proches de l’autoroute. Même les dernières intempéries n’ont pas atténué cet isolement. Si les sinistrés ne se déclarent pas eux-mêmes, ce ne sont pas les agents de l’APC, et encore moins les responsables et autres officiels, qui escaladeront ces sentiers abrupts. Depuis trois ans, le maire n’a pas mis les pieds ici.
Des sinistrés chassés des écoles et des APC
La rue pour seul refuge
Trois semaines après la catastrophe, trois semaines de promesses, trois semaines dans l’attente et l’espoir de se voir relogées, et voilà que les pouvoirs publics décident de jeter des dizaines de familles à la rue sous prétexte que les écoles doivent reprendre les cours et que ces sinistrés occupaient des constructions illicites. Un « acte » qui ne leur donne aucun droit à un logement. Rencontrées hier près de l’APC de Oued Koriche, dix familles dorment à la belle étoile depuis une dizaine de jours. Il était midi. Ils étaient assis sur des peaux de mouton et des couvertures entièrement trempées. La pluie de la nuit avait complètement mouillé leur literie. Les habitants du quartier leur ont offert dans la matinée des toiles cirées pour s’abriter de la pluie. Des âmes charitables hébergent quelques enfants, souvent les plus jeunes durant les nuits pluvieuses, tandis que les autres restent livrés au froid et à la faim de ces nuits glaciales du mois du Ramadhan. « Sommes-nous des Algériens ou pas ? Si nous n’avons aucun droit dans ce pays qu’ils nous en chassent », dit calmement une jeune femme. Sa mère, plus émotive, les yeux larmoyants : « Nous les avons accompagnés à nos domiciles pour qu’ils voient de leurs propres yeux l’état dans lequel ils se trouvent. Leur commission d’enquête a constaté par elle-même que ces logements sont inhabitables, et maintenant ils nous abandonnent dans la rue comme si nous étions des clochards. Est-ce raisonnable ? » Dans cette situation floue, et au moment où des familles sont jetées dans la rue en attendant la fin des enquêtes, il n’y a de toute apparence plus de place à la raison. « Nous n’avons rien eu, ni dons alimentaires, ni vêtements pour les enfants, ni la moindre aide étatique et nous étions résignés. Pourvu qu’ils nous donnent un toit », nous dit une vieille femme avant que sa voisine ne lui coupe la parole pour s’expliquer : « Quand nous parlons de toit, ça ne veut absolument pas dire un logement. Nous sommes conscients qu’ils ne peuvent pas loger tout le monde en même temps ! Qu’ils nous donnent au moins une tente ou qu’ils nous hébergent dans un centre de transit. »
Plus loin, sous un autre abri de fortune vivent deux familles. Des cas sociaux.
M. Hacène Ourabi, un jeune homme de 34 ans handicapé moteur à 100 %, nous interpelle : « Regardez ce que les autorités de notre APC font de nous. » Il nous raconte son malheur et sa mauvaise fortune. Il est père de cinq enfants. Il habitait Beau Fraisier avant la catastrophe. Aujourd’hui que son domicile est envahi par deux mètres et demi de boue et il s’interroge : « Comment veulent ­p;ils que je l’intègre ? Où vais-je aller maintenant et que vais-je faire de mes enfants ? » Nous apprenons que quatre d’entre eux sont hébergés chez des familles dans les immeubles avoisinants. Le plus jeune âgé de deux ans étant malade, ses parents préfèrent le garder avec eux. Yamna A. n’est pas mieux lotie. Orpheline et divorcée avec à sa charge deux enfants, elle ne sait plus à quel saint se vouer, elle ne peut placer deux mots sans que les larmes ne l’étranglent. « Avant la catastrophe, j’étais logée chez une vieille femme. Elle est morte ce samedi noir et maintenant que vais-je faire ? », s’interroge-t-elle. Les autorités ? Elles n’ont rien voulu savoir ; on lui aurait même demandé de partir à Diar Erahama. « A l’APC, ils me demandent de leur montrer mon ancien domicile ; je leur ai dit qu’il ne m’appartenait pas et que c’était le domicile de ma bienfaitrice. Je ne pouvais pas mentir, ce n’est pas mon domicile mais j’y habite depuis plus de quinze ans. Ils ont décidé alors que je devrais partir pour Diar Erahma. Est-ce que mes enfants n’ont pas le droit de vivre ensemble ? », gémit-elle.
Une foule de personnes nous entoure et commence à nous raconter comment les 48 familles qui habitaient l’école Saïd-Henni ont été délogées de force mardi après-midi. Un jeune homme nous jure que « les policiers étaient sans pitié avec ces pauvres gens. Je les ai vu de mes propres yeux tirer des femmes par les cheveux tout en leur assenant des coups de pied. Ils bousculaient tout le monde même les vieux. Ils leur ont jeté leurs affaires en pleine rue et les ont obligés à rejoindre leur maison en ruine. Notez que l’Etat doit assumer ses responsabilités dans tout ce qui pourrait leur arriver. Constructions illicites ou pas, ne sont-ils pas algériens ? »
Les commerces y ont été fortement endommagés
Les assureurs boudent la rue Khaled-Dekkar
On l’aura écrit à maintes reprises : les rues Khaled-Dekkar et Rachid Kouache à Bab El Oued sont les lieux les plus sinistrés de ce quartier. Des dizaines de corps y ont été retrouvés et déterrés, alors que les habitations effondrées et qui menacent ruine sont innombrables. Les locaux commerciaux n’y ont pas échappé non plus. L’inquiétude est d’autant plus grande que la totalité des commerces de la rue Khaled-Dekkar n’ont pas été assurés. Non que leurs propriétaires n’y aient pas pensé mais parce que les assureurs ne prennent pas de risques dans ces endroits. « Nous avons sollicité à maintes reprises les assurances, mais à chaque fois ils refusent. Dès qu’ils savent que nous sommes à la rue Khaled-Dekkar, ils refusent arguant du fait que la rue est souvent exposée aux inondations ! » « Ils n’acceptent de couvrir que les petits risques comme les fuites d’eau ou de gaz, mais excluent les dégâts liés aux inondations », nous précise-t-on cependant. Selon toujours les témoignages de nos interlocuteurs, dès qu’il pleut fort, le niveau des eaux s’élève à quelques centimètres, et les locaux ne peuvent être ouverts qu’une fois l’eau évacuée. Mais l’on garde encore en mémoire les inondations qui ont eu lieu notamment en 1982, en 1996 et en 1998 pour avoir provoqué des dégâts non négligeables dans les commerces. C’est à l’issue de ces crues que les commerçants ont décidé de se prémunir contre ces risques naturels, en vain. Pour cette fois, ils ont été carrément pris de court et choqués. Debout, prostrés devant leurs locaux à suivre des yeux l’avancée progressive des travaux de déblaiement ou prenant eux-mêmes les choses en main, ils n’avaient pas l’air, hier encore, d’avoir complètement admis ce qui est advenu de leurs locaux. Chacun y allait de ses propres regrets et de son récit des manques à gagner. « J’en ai pour près de 300 millions de centimes entre les équipements détériorés et le local à réparer, j’ai tout perdu. Actuellement, j’ai du mal à subvenir aux besoins de ma famille en particulier en ce mois de Ramadhan », se plaint un jeune menuisier. Son voisin enchaîne pour déplorer sa propre situation : « J’ai trois locaux dans cette rue, au n° 4, qui sont complètement irrécupérables. J’en ai pour près de 200 millions de centimes dans le seul local de matériaux de construction. Depuis la catastrophe nous nous relayons mon frère et moi pour essayer de retrouver le coffre où il y a tous les papiers des locaux et de l’argent, mais sans succès ! » L’intérieur des locaux n’a toujours pas été dégagée et la boue en recouvre presque les deux tiers. Les travaux de déblaiement étant concentrés sur les rues pour dégager les voies d’accès aux citoyens, ils se font lentement à l’intérieur des locaux. Il y a deux jours, une équipe d’experts est passée pour constater les dégâts et auxquels il a été demandé de faire l’inventaire des dommages subis par leurs locaux. Mais ce que déplorent les concernés, c’est l’opacité et le manque d’informations qui entourent l’opération en ce sens qu’ils souhaiteraient en savoir plus, et surtout être rassurés quant à leur devenir. « Ils se contentent de constater les dégâts, de nous demander de faire la liste des dommages qu’on a subis et d’attendre leur retour pour confirmer la véracité de nos déclarations. A cause de la boue qui les gêne, ils ne peuvent pas le faire sur place. Mais on aurait aimé savoir si on sera indemnisés et comment », nous dit-on. Un groupe de détaillants dont les locaux sont sis au n° 1 de la rue Khaled-Dekkar, posent le problème du sort des bâtisses. Les locaux en question sont en effet situés au-dessous de logements classés au rouge pour être détruits et dont tous les habitants ont été évacués. « Or, on ne nous a rien dit à ce sujet ; vont-ils détruire et reconstruire ailleurs ou vont-ils les laisser pour juste les réparer ? », s’interroge-t-on.
Un bilan chaque jour plus effarant
Si les causes de la catastrophe du 10 novembre sont en partie cernées, ses conséquences apparaissent, en revanche, chaque jour davantage difficile à quantifier. Le temps qui passe met à nu une tragédie aux facettes multiples. L’évaluation des dégâts livre à une opinion publique médusée de nouveaux bilans sur l’étendue du drame, en plus des pertes humaines que les derniers chiffres estimaient, hier, à 757 morts dont 706 à Alger, alors que le nombre de personnes portées disparues s’élevait à 122. Les dommages matériels commencent à donner leurs premiers chiffres. Les petits commerçants de Bab El Oued ont été durement touchés. Mais, le nud gordien du drame demeure le relogement des familles sinistrées.
1 200 familles ont été relogées définitivement, disent les chiffres officiels, mais combien d’autres ne le sont pas et ne le seront probablement jamais, au motif que leur situation de sinistré est antérieure au déluge de samedi
10 novembre. Ayant trouvé refuge dans les écoles, voilà qu’on les déloge à grand renfort de services de police. « Occuper une école n’ouvre pas droit au relogement », justifient les responsables. 22 écoles ont été ainsi débarrassées de leurs « indus occupants », jetés sans aucune autre forme de procès à la rue. Retourner dans leur ancienne masure serait suicidaire pour eux. La plupart des habitations précaires, d’où ils viennent, ont été achevées par les intempéries. Pourtant, c’est bien la démarche qui leur est suggérée par les pouvoirs publics. « Un bidonville est par définition un lieu à hauts risques, et ceux qu’ils encourent maintenant ne sont pas différents de ceux auxquels ils se soumettaient auparavant. » Cette réflexion qui renseigne sur le degré de légèreté mise dans la prise en charge de ce problème leur est faite lorsqu’ils demandent qu’on leur trouve au moins une solution provisoire, comme celle des centres de transit. Le traitement de ces cas, nous précise-t-on à la wilaya, ne peut se faire que dans le cadre d’un traitement global de l’éradication des bidonvilles. On tient à nous souligner que la majorité des écoles a été occupée plusieurs jours après le 10 novembre. C’est le cas notamment, nous dit-on, des 10 écoles qui restent encore « squattées » à Bouzaréah.
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References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

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Art. 7

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Art. 9

Art. 10