Source: https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2014/03/13/linquisition-romaine-24/
Timestamp: 2018-03-23 22:13:48+00:00

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L’Inquisition romaine 2/4 | +†+Yesus Kristus azu+†+
[…] Rappelez-vous, si vous voulez saisir ce que je veux dire, certains procès récents qu’il vaut mieux ne pas mentionner ici, pour obéir au précepte apostolique que ces ignominies n’aient même pas l’honneur d’être nommées parmi vous. Le moyen âge, j’entends les grands papes du moyen âge, n’acceptaient pas de pareilles inconséquences. Ils estimaient sagement que poursuivre l’erreur, c’est écraser le serpent dans l’œuf, puisque l’erreur devenue fait s’appelle crime.
Ce faisant, ils agissaient en souverains soucieux de la tranquillité des nations, puisqu’alors, aux yeux de tous, l’hérésie n’était pas seulement un péché contre Dieu, mais encore un crime de haute trahison envers l’État. La rechercher et la punir était donc faire œuvre de défense sociale bien entendue, car, comme le disait un jour Guizot, à la Chambre des députés (1831), « le premier devoir d’un gouvernement est de résister non seulement au mal, mais à son principe, non seulement au désordre, mais aux passions et aux idées qui enfantent le désordre ». Pour n’avoir pas mis en pratique la sage économie politique qui dictait ces paroles à l’éminent homme d’État, la France du seizième siècle eut à subir, comme nous le verrons, les atrocités des guerres de Religion, et celle du dix-huitième siècle fut condamnée, après les folies fangeuses de la régence et les destructrices aberrations du philosophisme, à rouler dans l’orgie de sang et de boue qui a nom la Terreur… Puissions-nous n’avoir pas de pires ruines à déplorer, d’ici peu, comme une conséquence nécessaire des délires intellectuels protégés par la plus désastreuse des libertés : la licence de tout écrire et de tout dire !
Cette simple réflexion, qu’il serait aisé de fortifier de cent considérations philosophiques, va être mise en lumière par le commentaire d’un homme qui est le précepteur responsable de nos générations universitaires, le créateur de la mentalité contemporaine, et qui serait, avec toutes ses déclamations sur la tolérance et la liberté de conscience, le plus intolérant des hommes s’il n’avait, pour marcher de pair avec lui, Voltaire, Diderot et les grands auteurs de l’Encyclopédie, Robespierre, Marat et tous les rejetons du philosophisme, les grands exécuteurs de la Révolution ; j’ai nommé Jean-Jacques Rousseau. Voici l’enseignement du philosophe que j’emprunte à son Contrat social : Le droit que le pacte social donne « au souverain sur les sujets ne passe point, comme je l’ai dit, les bornes de l’utilité publique. Les sujets ne doivent donc compte au souverain de leurs opinions qu’autant que ces opinions importent à la communauté. Or, il importe bien à l’État que chaque citoyen ait une religion qui lui fasse aimer ses devoirs, mais les dogmes de cette religion n’intéressent ni l’État ni ses membres qu’autant que ces dogmes se rapportent à la morale et aux devoirs que celui qui la professe est tenu de remplir envers autrui. Chacun peut avoir, au surplus, telles opinions qu’il lui plaît, sans qu’il appartienne au souverain d’en connaître : car, comme il n’a point de compétence dans l’autre monde, quel que soit le sort des sujets dans la vie à venir, ce n’est pas son affaire, pourvu qu’ils soient bons citoyens dans celle-ci. Il y a donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle. Sans pouvoir obliger personne à les croire, il peut bannir de l’État quiconque ne les croit pas ; il peut le bannir, non comme impie, mais comme insociable, comme incapable d’aimer sincèrement les lois, la justice, et d’immoler au besoin sa vie à son devoir. Que si quelqu’un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit comme ne les croyant pas, qu’il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes : il a menti devant les lois ! »
En vérité l’Église n’a jamais connu ces impitoyables rigueurs des philosophes tolérants.
Avant de permettre à la justice civile de prononcer la peine de mort, vous allez entendre combien d’efforts elle tentait, combien de longanimité elle apportait à son œuvre, qu’elle voulait, avant tout, curative et moralisatrice.
L’hérésie, avons-nous dit, était justement, aux époques agitées des douzième et treizième siècles, l’élément d’insociabilité contre lequel s’élève impitoyablement l’auteur du Contrat social.
Alors synonyme d’anarchie, « elle était devenue le signal de révolte à main armée encore plus redoutable pour la vie politique et sociale des peuples que pour les intérêts religieux eux-mêmes[16]. » Aussi, Guizot a-t-il pu dire que « l’Inquisition fut plus politique que religieuse et destinée à maintenir l’ordre, bien plus qu’à défendre la foi ».
L’hérétique qui falsifie le dépôt de la foi, et que saint Thomas compare à un faux monnayeur, s’attaquait non seulement à l’Église, mais à ce composé d’Église et d’État qu’on appelle la chrétienté. Sa faute était donc frappée simultanément par la loi de l’Église et par celle de l’État[17].
Mais, tandis que l’État n’a qu’un but de justice, l’Église vise tout d’abord la conversion du coupable. Même en sévissant, elle n’oublie pas la grande loi de charité de son divin fondateur. La sévérité dont elle use n’est-elle pas le signe de sa sollicitude à l’égard du troupeau ?
« C’est charité, dit saint François de Sales, que de crier au loup, quand le loup est dans la bergerie. » Et pour rappeler un mot d’un des premiers inquisiteurs du treizième siècle, le B. Moneta, qui prêta son lit à saint Dominique pour y rendre le dernier soupir : « C’est miséricorde et non cruauté de détruire le loup qui vient ravager le troupeau. Les brebis ne se défendent pas ; mais les bergers n’ont d’autre mission que de couvrir de leur protection les brebis impuissantes. Ne vous plaignez donc pas, hérétiques, d’être traités par nous comme le sont les agneaux et les brebis par les loups, mais bien, en réalité, comme des loups que poursuivent les pasteurs et les chiens[18]. »
Mais nous le répétons, même dans cette répression, l’Église n’oubliait pas que son rôle est tout d’indulgence.
Aussi ses peines procèdent par degrés. Elles sont échelonnées et comme autant d’invites au repentir : d’abord médicinales et expectantes avec l’excommunication, elles deviennent affectives avec les châtiments temporels, lesquels sont eux-mêmes proportionnés à la gravité du délit. Ce n’est qu’après avoir épuisé tous les moyens d’amendement que, devant l’obstination du coupable, l’Église retire sa main, jusqu’alors protectrice et laisse à la puissance séculière le soin de frapper le prévaricateur incorrigible. Or, si l’Église laissait à la puissance séculière le soin d’agir, c’est qu’elle ne pouvait elle-même que se soumettre à un état de choses qu’elle n’avait pas créé. La procédure rigoureuse des tribunaux n’est pas le triste apanage des siècles de l’Inquisition. Il y avait longtemps que Rome redevenue chrétienne, après avoir vu le sol de l’empire abreuvé du sang de millions de martyrs, avait inscrit l’hérésie au nombre des crimes de lèse-humanité[19]. Cette maxime – « offenser la majesté divine est plus grave que violer les lois humaines[20]» – fut celle du code Justinien avant de figurer aux Décrétales[21] ; car « il n’est personne, dit encore le grand empereur de Byzance[22], que n’atteignent les outrages infligés à la religion divine ». Cette manière de voir, vieille de tant de siècles, fut celle de la dernière période du moyen âge. Malgré les défaillances du pouvoir, si souvent en lutte avec l’Église, la législation fut constante à protéger la conscience humaine contre les séducteurs. De Constance à Théodose, de Justinien aux Césars germaniques, les lois et les constitutions impériales traitent en ennemis de Dieu et des hommes les corrupteurs de la vérité et les apôtres de l’erreur. Feuilletez au hasard les Miroirs de Saxe et de Souabe[23], ces deux monuments insignes de la dureté des lois médiévales, il n’est presque pas de chapitre qui ne vous apporte la preuve de la sévérité des peines édictées contre les docteurs opiniâtres de doctrines condamnées par l’Église. Écoutons l’un des plus fameux de ces successeurs de Charlemagne, certes peu suspect de tendresse à l’égard de la papauté qu’il poursuivit tant d’années de sa haine ambitieuse en la personne d’Honorius III, Grégoire IX et Innocent IV. Il s’agit de l’impie et superstitieux fils de Barberousse : Frédéric II. « Par l’édit de notre présente loi, – c’est la loi Inconsutilem § 54[24] – nous décrétons condamnés à mort les patarins et tous autres hérétiques sous quelque nom qu’ils se cachent, pour que, livrés au jugement des flammes, ils soient brûlés vifs, au regard des hommes. » Le terrible monarque appuie son rescrit sur un considérant auquel on ne saurait refuser une certaine grandeur : « Le souci du gouvernement qui nous a été commis par le ciel et le faîte de la dignité impériale à laquelle, par le don de Dieu, nous présidons, exigent que nous tirions contre les ennemis de la foi et pour l’extermination de l’hérétique perversité le glaive matériel, distinct de celui du sacerdoce, pour que nous poursuivions en jugement et justice, comme rongeurs du sein maternel, ces fils vipérins de perfidie qui se lèvent insultants contre Dieu et l’Église et que nous ne permettions pas de vivre à ces mauvais, dont la science séductrice infecte le monde, brebis de pestilence et de mort pour le troupeau fidèle. Nous statuons donc et sanctionnons que les hérétiques de tous noms qui, sur tout le territoire de l’empire auraient été condamnés par l’Église et livrés au bras séculier, soient punis du châtiment qui leur est dû. » Par un autre rescrit, le même empereur ordonne que le crime d’hérésie et de participation à une secte condamnée quelconque soient mis au nombre des crimes publics, comme il est ordonné par les lois anciennes ; mais, bien plus, ce crime doit être jugé par tous plus horrible que le crime commis contre la majesté impériale, puisqu’il porte injure à la majesté divine[25] ». Cette intervention du farouche Hohenstaufen nous semble, tout en nous donnant le résumé des idées contemporaines sur la question, la meilleure preuve de la part directe, personnelle, intéressée des princes temporels à la répression de l’hérésie[26].
Certes, en rapportant ces faits, je suis loin de m’en faire l’apologiste ; en exposant impartialement devant vous cet état d’âme de nos ancêtres, je me garde bien d’en tout admirer.
Je vous demande seulement de vouloir bien ne les pas apprécier avec les idées qui informent notre cerveau. L’atmosphère d’un siècle n’est pas celle d’un autre siècle : rien n’est aussi injuste que de vouloir mesurer et juger les mœurs d’une époque d’après les impressions de l’époque suivante qui lui est souvent opposée. Caton accusé, à l’âge de quatre-vingt-six ans, de je ne sais quelle faute commise au temps de sa jeunesse, refusait d’en rendre responsables ses dernières années. « Il est difficile, disait-il, de rendre compte de sa propre conduite à des hommes d’un autre siècle que celui où l’on a vécu. »
L’histoire ne peut légitimer à nos regards bien des choses qui tout d’abord nous paraissent inadmissibles, que si nous savons nous arracher aux influences qui nous dominent, à notre ambiance cérébrale, à notre milieu social, que si nous pouvons entrer dans les sentiments du temps que nous étudions et nous refaire une mentalité et une moralité équivalentes à celle des contemporains d’un ordre de choses différent du nôtre par mille circonstances et par ses institutions les plus fondamentales.
Autrement, comme Caton, l’histoire se déclare incapable de rendre compte de ses faits et gestes à des hommes dont l’examen demeurera partial et le jugement nécessairement injuste, parce qu’ils la voudront étudier en dehors des conditions qui furent celles où elle évolua.
Jugeons donc des choses du passé, comme il convient de le faire, non en dogmatistes dont la pensée ne peut fléchir à l’égard d’un infléchissable dogme, mais en historiens et en moralistes aux yeux desquels l’humanité a des plans successifs dont l’aspect change avec la saison et sous la lumière qui les baigne.
Cela étant, nous pouvons dire que la papauté n’a pas à être incriminée d’un état de choses qu’elle ne fonda pas, mais accepta comme une réalité obligatoire.
Elle n’eut pas à établir un droit pénal. Il existait. Elle n’eut pas à déterminer un code criminel. Il existait. Elle n’eut pas à créer une procédure juridique. Elle existait ; mais là, elle intervint pour introduire l’équité et l’humanité qui en étaient souvent absentes.
En sorte qu’il est facile de se rendre compte, par les documents, que ce tribunal exécré de l’inquisition, loin d’être un instrument de barbarie, n’est, à tout prendre, qu’un adoucissement aux mœurs judiciaires des siècles qui nous occupent. « Entre l’intransigeance sans rémission des tribunaux civils, qui, n’ayant aucune puissance sur le cœur et la volonté des coupables, les frappait d’une vindicte sans miséricorde, et le tribunal de la pénitence chrétienne qui n’atteignait que les pécheurs apportant l’aveu volontaire de leurs fautes[27], l’Église, en instituant l’Inquisition, établit en quelque sorte un tribunal intermédiaire qui, dit Lacordaire, pût pardonner, modifier la peine « même prononcée », engendrer le remords par la bonté, un tribunal qui changeât le supplice en pénitence et n’abandonnât ses justiciables au bras fatal de la justice humaine qu’à la dernière extrémité. »
Pour bien mettre en relief la procédure inquisitoriale, rappelons-nous ce qu’était alors la poursuite criminelle en usage.
S’inspirant tout à la fois de la procédure romaine et de la procédure germanique, le pouvoir social ne prenait l’initiative d’aucune poursuite judiciaire. L’affaire relevait exclusivement de deux particuliers, l’offenseur et l’offensé. Mais de quels éléments disposait l’offensé, pour se faire rendre justice ? Ou du serment prononcé par deux répondants appelés cojurateurs, et alors, toute la sentence dépendait du degré d’influence et de la puissance des relations d’une des parties ; ou du duel judiciaire, et dans ce cas, l’issue du procès, comme nos duels modernes, tenait à l’habileté et au sang-froid du premier spadassin venu. Ni dans le cas du serment, ni dans le cas du prétendu « jugement de Dieu ou ordalie » la faiblesse et l’innocence n’étaient authentiquement protégées[28].
Aussi l’Église, qui avait déjà réussi à rejeter le combat judiciaire et qui n’admettait le serment des cojurateurs que lorsqu’il y avait diffamation, c’est-à-dire lorsque la rumeur publique signalait un fait dont personne ne pouvait fournir la preuve, s’efforça d’humaniser encore la procédure.
Elle commença par mettre à l’abri du talion le particulier qui venait dénoncer, au cas où le procès eût dû être abandonné faute de preuves suffisantes. Ce fut la première étape de la réforme judiciaire. L’honneur de la poursuite d’office qui se substitua, dès lors, à la poursuite particulière, c’est-à-dire les moyens de preuves, par l’audition des témoins, – procédure par inquisition, revient à l’initiative du pape sublime qui porte le nom d’Innocent III. Cette procédure que le concile de Latran, en 1215, se hâta d’approuver[29], est la procédure même des tribunaux de l’inquisition, avec cette seule différence, que la publication des noms des témoins n’y était point admise[30], restriction qui est passée dans notre procédure d’instruction criminelle.
Cela posé, rien n’est plus facile que de déterminer le rôle du prêtre dans ce tribunal. Une étrange erreur, entretenue par les déclamations passionnées des adversaires de l’Église, a cours parmi la foule qui s’imagine, en effet, que le représentant de l’autorité ecclésiastique y siégeait à titre de juge et d’exécuteur et que le pape faisait mouvoir tous les rouages de cette institution. L’inquisiteur n’y était pas juge. Son rôle se bornait à celui du juré de nos cours d’assises, ou, mieux encore, était analogue à celui du médecin aliéniste appelé à donner son avis sur l’état mental de l’accusé, par suite, sur son degré de responsabilité morale.
Un document, découvert à la bibliothèque de l’Université de Madrid, par notre regretté ami, le P. Balme, dominicain, nous permet de déterminer exactement le processus inquisitorial en usage[31].
L’inquisiteur nouvellement institué par le Pape, ou confirmé par lui, en arrivant dans le territoire de son mandat, avait à se présenter successivement à la puissance séculière, s’en faire donner pleins pouvoirs, à l’effet de faciliter sa mission difficile et dangereuse, puis, à l’ordinaire du diocèse. D’entente avec eux, il déterminait le lieu de sa résidence, où, dans une allocution au clergé et au peuple, il donnait lecture des pouvoirs à lui conférés par le souverain pontife et des lettres testimoniales de son provincial. Puis, soit verbalement, soit par écrit, il lançait les citations dont la teneur était la suivante : « Les inquisiteurs de l’hérétique perversité au chapelain un tel… salut dans le Seigneur. De par l’autorité dont nous sommes revêtus, nous vous enjoignons, et nous vous mandons d’avoir à citer de notre part et autorité pour tel jour et en tel lieu, tous les paroissiens ou habitants de cette église ou de ce lieu, à partir de quatorze ans pour les hommes et de douze ans pour les femmes…, qu’ils aient à comparaître devant nous pour y répondre des fautes qu’ils auraient pu commettre contre la foi et y abjurer l’hérésie… et, si une inquisition n’a pas été faite déjà dans ce lieu, à tous ceux qui, cités nominativement ou ne seraient d’ailleurs pas dignes de pardon, nous remettons la peine de l’emprisonnement, si, dans le délai fixé, arrivant de plein gré et repentants, ils nous disent pleine et entière vérité, soit à leur sujet, soit à celui d’autrui. » C’était ce qu’on appelait le délai de grâce ou d’indulgence. Voilà donc un tribunal, dont le premier acte était de pardonner à tout coupable qui consentirait à reconnaître sa faute. Lui connaissez-vous un pendant dans la législation civile ? – Lorsque les personnes citées à comparaître s’étaient rendues à sa convocation, l’inquisiteur leur faisait abjurer l’hérésie et prêter serment de dire « pleine et pure vérité sur eux-mêmes et sur les autres, tant défunts que vivants, au sujet du fait d’hérésie, d’être prêts à garder, à défendre la foi catholique, de ne prêter ni aide ni assistance aux fauteurs de la secte, de dénoncer à l’Église, aux pouvoirs séculiers ou à leurs baillis et officiers ceux qu’ils voudraient arrêter, de s’opposer à ceux qui seraient tentés de porter obstacle au ministère inquisitorial[32]. » (…)
4 commentaires sur “L’Inquisition romaine 2/4”
16. E. DE MOLÈNES, Documents inédits sur l’Inquisition. Paris, 1897.
17. Cf. P. DANZAS, L’hérésie et la répression. Lyon, 1883. Voici à ce sujet comment s’expriment Les coutumes du Bauvaisis (éd. Beugnot, 1842), au chap. XI. Des cas des quiex la connoissanche appartient à sainte Église et des quiex à la cour laie. « Por ce que sainte Eglise est fontaine de foy et de créance, cil qui proprement sont estauli à garder le droit de sainte Eglise, doivent avoir la connissance et savoir le foy de çascun, si que, s’il a aucun lai qui mescroie en le foy, il soit redrecies à la vraye foy par l’ensegnement, il s’il ne les veut croire, ençois se veut tenir en se malvese erreur, il soit justiciés comme bougres et ars. Mais en tel cas, doit aidier le laie justice a sainte Eglise, sainte Eglise le doit abandonner à le laie justice, et le laie justice le doit ardoir, por ce que le justice espirituel ne doit nului metre à mort.
Le no CXXIII des Ordonnances des Roys de la troisième race définit très nettement en ces termes l’intervention et le rôle de chacun des deux pouvoirs : « Se il estoit soupçonneux de la foy, la justice laie le devroit prendre adonques et envoier au juge ordinaire (l’évêque) ; car quand sainte Eglise ne puet plus fère, elle doit appeler l’aide des chevaliers et la force… et quand li juges l’auroit examiné, se il trouvoit que il feust bougres, se il le devroit fère envoier à la justice laie, et la justice laie le doit faire ardoir. »
18. Voir sur toute cette question saint THOMAS, Summa Theolog. 2. 2. qu. X, qu. XI, art. 3, et surtout ce passage en X, art. 8, ad. 3 : Sicut vovere est voluntatis, reddere autem necessitatis, ita accipere fidem est voluntatis, sed tenere eam acceptam est necessitatis. Et ideo haeretici sunt compellendi ut fidem teneant.
Voici comment s’exprime le B. MONETA, un des inquisiteurs du treizième siècle : « Officium pastorum est expellere lupum a grege suo. (Summa contra cath. et Valdens, p. 509). Hoc non fit crudeliter, sed misericorditer (p. 540). Et si non inveniantur oves lupos persequi et occidere, invenimus tamen quod ovium pastores lupos persequuntur et occidunt. Unde dico quod vos (haeretici) non patimini persecutiones a nobis ut oves vel agni a lupis, sed ut lupi a pastoribus et canibus (p. 514). »
19. COD. THEOD., lib. XVI, tit. V, n° 40 : « Volumus esse publicum crimen (sc. haeresim Manichoei et Priscill.) quia quod in religione divina committitur, in omnium fertur injuriam ». (Théodose II en 407). – Cf. loi de Marcien (C. J. LL. t. V, n° 8) contre les fauteurs des erreurs d’Eutychès.
20. COD. JUSTIN., lib. I, tit. V, n° 19. Théodose le Grand dit (C. J. L. XVI, t. XVI, t. V, n° 9) (Manichoeus) : Summo supplicio et inexpiabili poena jubemus affligi.
21. DECRET, C. Vergentis, X. De Haereticis.
22. COD. JUSTIN., lib. I, tit. V, n° 4. Cf. T. IV, t. VIII, n° 5. Une loi de Théodose le Jeune condamnant au dernier supplice les apôtres de l’erreur qui égarent le peuple par séduction ou par intimidation, et ce à quelque secte qu’ils appartiennent.
23. SACHSENSPIEGEL, 2e liv., art. 13, § 7. – SCHWABENSPIEGEL, Landreccht, § 313. – Cf., sur toute cette question : RIFFEL, Kirche und Staat, p. 656 et s.
24. Cf. Die Ketzergesetze Friederichs II, dans HUILLARD-BRÉHOLLES, Hist. diplom. Frieds II, 14 vol. in-4o. Paris, 1853. – BOEHMER, Die Regesten des Kaiserreiches unter Philipp, etc. (1198-1254).
25. Innocent IV, par bref daté de Pérouse, v. kal de juin 1252, n’eut qu’à se rapporter à ces édits impériaux et ordonna d’observer les lois portées contre les hérétiques par Frédéric II.
26. Voir Note V.
27. G. ROMAIN, L’Inquisition, son rôle religieux, politique et social. Paris,1900.
28. C’est la procédure d’accusation : elle laissait, d’une part, la porte ouverte aux vengeances individuelles et aux inculpations mensongères, d’autre part, par la peine du talion menaçant l’accusateur, elle enlevait toute énergie à la poursuite des crimes les plus graves. Cf. Tardif. Voir NOTE V a.
29. Saint Louis IX l’établit dans le domaine de la couronne à une époque probablement antérieure à l’année 1260, date de l’ordonnance. Au treizième siècle cette procédure était pratiquée dans le nord de la France, dans l’Artois entre autres, qui l’admettait pour les roturiers mais la repoussait pour les nobles. L’enseignement des décrétales dans les universités contribua à la répandre.
30. Ou plus justement « pouvait n’y être point admise », car la Grande Bulle d’Urbain IV en 1264 laisse expressément aux inquisiteurs la faculté de ne point publier les noms des témoins, quand cette publication paraîtrait dangereuse pour ceux-ci.
31. M. S., no 53, publié par A. Tardif dans La Nouvelle revue historique du Droit français et étranger. Cf. D. MARTÈNE, Thesaurus nov. anecd., t. V. col. 1795 ; et PÈNA, Tractatus tractatuum, t. XI, P. 2.
32. Voir Note VI.
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Cette entrée a été publiée le 13 mars 2014 par +++Yesus Kristus azu+++ dans Mensonges historiques, Sur l'inquisition, Sur l'inquisition, et est taguée catholicisme, Inquisition, inquisition mythes et réalités, inquisition romaine, Louis Albert Gaffre, Mensonges historiques, moyen age, mythes historiques.
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References: § 54
 art. 3
 art. 8
 art. 13
 § 7
 § 313