Source: http://dictionnaire-journaux.gazettes18e.fr/journal/1260-varietes-litteraires-historiques-etc
Timestamp: 2019-06-17 23:34:04+00:00

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VARIÉTÉS LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, ETC. | Dictionnaire des journaux
Variétés littéraires, historiques, etc. Le sous-titre varie suivant les articles. Article 1 : L'année historique ou Recueil d'événements et époques mémorables, succinctement rapportés à leur ordre de date et indication d'années. Article 2 : Littérature légère, ou Recueil de vers, chansons anciennes, contes, tant en prose qu'en vers, etc. Article 3 : L'histoire soumise à l'opinion, ou morceaux détachés d'histoire, tant ancienne que moderne, discutés et éclaircis. Article 4 : Anecdotes ; traits curieux, intéressants, notice sur des personnages célèbres et autres. Article 5 : Traductions, ouvrages de différents auteurs anciens, avec des notes qui servent d'éclaircissement. L'article 5 n'était pas annoncé dans la présentation du périodique.
1786-1787. 4 volumes. Privilège de 1786. «Les cahiers seront distribués tous les quinze jours, le premier et le quinze du mois» ; il semble que cette périodicité ait été respectée ; 24 livraisons par an, sans mention précise de date. Datation des volumes : art. 1, 1786 pour le t. I, 1787 pour le t. II ; art. 2, 1786 pour le t. I, 1787 pour le t. II ; art. 3, 1786 (un seul t.) ; art. 4, 1786 pour le t. I, 1787 pour le t. II ; art. 5, 1787 (un t. portant la mention de t. II).
La collection comprend 8 vol. de 384 p. : art. 1, 2 t. en 2 vol. ; art. 2, 2 t. ou vol. ; art. 3, 1 t. ou vol. ; art. 4, 2 t. ou vol. ; art. 5, 1 ou 2 t. ou vol. de 384 p.
Un bandeau au début de chaque table des matières et au début des articles ; culs-de-lampe à l'intérieur des volumes et en dernière page.
Art. 1 : rue Neuve-Sainte-Catherine n° 21, puis, en p. 2, à Paris, au Bureau, rue Meslée, n° 59 ; puis en p. 2 du t. II, à Paris, au Bureau, place Saint-Michel. Ces trois adresses réapparaissent à divers endroits pour chaque article. Imprimeur : «De l'imprimerie de Demonville, rue Christine» (en fin de l'art. 4).
Au début du premier article : «Ouvrage périodique proposé par souscription et sans souscription. Avec approbation et privilège du Roi. [...] lequel paraîtra par cahiers, qui contiendront 4 feuilles in-8° et seront distribués tous les quinze jours (le premier et le quinze de chaque mois)».
Jean Marie Louis COUPÉ.
Contenu annoncé : art. 1, l'année historique ; art. 2, littérature légère ; art. 3, l'histoire soumise à l'opinion ; art. 4, anecdotes ; un cinquième article s'ajoute à la liste, dont le titre court est Traductions.
L'intérêt essentiel de ce périodique se répartit en deux axes privilégiés : d'une part une curiosité pour l'histoire, mais envisagée d'une façon anecdotique ; c'est pourquoi sont privilégiés les événements plus ou moins remarquables qui permettent d'avoir sur eux un jugement moral servant à l'édification générale. Le deuxième axe, d'autre part, est constitué par une littérature érotique, libertine, amoureuse qui se manifeste par des poèmes, des contes ou encore de petites histoires. D'une façon générale, on y repère les préoccupations de l'époque, les questions débattues, concernant la médecine par exemple. Ainsi cette relation, dans le t. II de l'année historique, d'un accouchement de jumeaux dont l'un est blanc et l'autre noir. L'auteur de la rubrique fait cette observation : «Sur cet accouchement singulier qui met en défaut tous les systèmes de nos naturalistes, on ajoute que la négresse intéressée a avoué qu'elle avait connu presque en même temps un blanc et un noir. D'après cette déclaration, quelles conjectures n'est-on pas en droit de tirer, contraires aux opinions reçues jusqu'à présent sur la formation des jumeaux».
Les rubriques sont courtes, nombreuses, il semble bien que l'objectif majeur ait été de présenter une sorte de divertissement intellectuel en faisant rejaillir continuellement l'intérêt grâce à la diversité des contenus.
B.N., Z 28872-28879 ; Opéra ; Sorbonne ; B.U. Lyon.
Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s): Les Variétés littéraires… sont proposées par souscription dans le Journal de la généralité de Montpellier du 7 mai 1785, p. 5, et annoncées dans le Mercure de France de mai 1785, pp. 90-91. Le 14 mai 1785, le premier de ces périodiques donne en outre deux extraits en pré-publication (D.R.).
« Cet Ouvrage […] paroit depuis le premier Avril […]. Il a déjà paru douze cahiers » (Hommage à l’Œuvre de la Rédemptions des captifs. Variétés littéraires, historiques, &c. [Prospectus], [Paris], Demonville, s.d. [septembre 1785], p. 2-3: Paris, BnF, ZZ 3958). Arrêt (présumé) en mars 1787; 2 années, 48 numéros (F.M.).
Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables: à côté des contributions de Coupé, on relève une présence importante de textes écrits par Jean-François de Bastide, ou, en tout cas, déjà utilisés par lui dans des œuvres précédentes: vers, « portraits », correspondances et « conversations » culturelles, interventions en moraliste, essayiste ou pédagogue. Ils sont tirés, principalement, du Choix des anciens Mercures et du Nouveau Choix de pièces tirées des anciens Mercures (1757-1758); du Nouveau Spectateur (1758-1760); des Mémoires apologétiques (1766); du précédent recueil des Variétés littéraires, galantes, &c., de 1774. On republie également un (controversé) Dictionnaire des mœurs de 1773, que Bastide rééditera à Milan en 1797 sous le titre Les Coups d’œil. Une partie consistante des anecdotes historiques est tirée, certainement de la Morale de l’histoire (1769), portefeuille de textes et de matériaux que le colonel Mopinot de la Chapotte avait mis à la disposition de l’écrivain, quelques années auparavant (voir Variétés littéraires, […] L’Année historique, 1786, vol. 1, p. 311, note.). Outre les contributions de Bastide (toutes déjà publiées) et celles de l’abbé Coupé (souvent originales), apparaît un grand nombre de textes hétérogènes, contemporains ou non: morceaux extraits, condensés, et ainsi régénérés, à partir d’encyclopédies et de dictionnaires; ou, encore d’anthologies, de florilèges et de spicilèges de fiction et de poésie; d’essais de morale et de philosophie. Dans quelque cas, les rédacteurs indiquent auteur et provenance mais, le plus souvent, ils les omettent: « Nous déclarons que nous avons puisé également dans notre imagination, dans les livres, dans les porte-feuilles, dans les manuscrits. Les morceaux que nous offrirons successivement n’auront pas, tous, le piquant de la nouveauté; mais nous nous les sommes appropriés si généralement par nos réflexions, et par le parti que nous nous en avons tirés […], qu’ils sont devenus comme nouveaux » (voir Variétés littéraires, […], 1786, vol. 1, p. 2.) (F.M.).
Activités journalistiques: le nom de Bastide – en tant que rédacteur et, dans certains cas, propriétaire titulaire des Variétés – est également indiqué par la plupart des sources contemporaines repérées traitant du périodique (Paris, A.N. F 17 1212: « gens de lettres qui demandent des pensions », s.d. [oct. 1785/févr. 1786]. Dans cette liste manuscrite (déjà publiée par J.-L. Chappey et A. Lilti, « Les Demandes de pension des écrivains 1780-1820 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2010/4, p. 156-183), Bastide est parmi les requérants, présenté comme « Auteur de la Bibliothèque des romans, de plusieurs journaux anciens, et de celui intitulé Varietés littéraires au profit de la rédemption des captifs » (souligné dans le texte). Voir aussi Mallet du Pan, Jacques, Mémoires et correspondance, Paris, Amyot, [1785/1787] 1851, vol. 1, p. 133; Mémoires secrets, 22 novembre 1785; mentions (sans indication d’auteur) dans le Journal de Paris, n° 267, 24 septembre 1785, p. 1101; n° 86, 27 mars 1787, p. 377) (F.M.).
Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s) :
Pendant ces deux années (1786-1787), les Variétés et la Bibliothèque universelle des romans, ont le même imprimeur/éditeur (Demonville), et des bureaux administratifs qui varient souvent mais coïncident toujours. En outre, on trouve fréquemment dans les Variétés des références et des renvois à des morceaux et à des textes de la Bibliothèque; dans certains cas, l’identification entre auteurs des deux périodiques est explicite, et la relation d’échange rédactionnel entre les deux périodiques apparaît évidente: « Puisque le Public veut des Folles, on peut lui en donner. Nous n’imaginions pas, quand nous fîmes connaitre la jolie insensée du château de Riant, dans la Bibliothèque des romans, que cette fille vierge deviendrait mère de tant d’enfans » (Variétés littéraires, […] 1786, vol. 1, p. 114).
En octobre 1785, par la diffusion d’un nouveau prospectus, est lancée une campagne originale d’abonnements; l’opération est inspirée par le déroulement d’une manifestation parisienne, du 17 au 19 octobre: une procession religieuse publique, organisée par « Les Mathurins et les Religieux de la Merçi », à laquelle participent 313 Français ex-prisonniers des pirates algériens, libérés après paiement d’une rançon. Les congrégations religieuses, par ce fait, ont contracté des dettes et ont besoin d’un soutien financier immédiat :
Les papiers publics et la voix de l’humanité imploraient pour cette œuvre sublime les secours des âmes sensibles. Un Homme de Lettre lui a consacré une partie du fruit de ses travaux […]. [Il] ouvre une nouvelle Souscription [d’abonnements], dont la quatrième partie sera déposée, pendant tout le temps que l’Ouvrage aura cours, dans la caisse des deux Ordres, pour être employée et servir […] à la délivrance des François. […] Le Roi, touché des sentiments qu’annonce un pareil don, […] a daigné souscrire pour cinquante exemplaires (Hommage à l’Œuvre, p. 1-6.).
La décision de faire don au profit d’une œuvre de bienfaisance d’une partie du produit des nouveaux abonnements est tout à fait la même que celle que Bastide adoptera à Marseille pour essayer d’obtenir des autorités locales et de ses concitoyens le financement d’une nouvelle édition de la Bibliothèque universelle des romans (1787), et d’une autre, en douze volumes, de ses Œuvres diverses et choisies (1789). Réalisée à quelques mois seulement du début du périodique, cette campagne est un signe évident de difficultés: « il paraît qu’elles [les Variétés] se débitaient mal » (Bulletin critique, vol. 13-14 (1892), p. 278; voir aussi Hatin, vol. 3, p. 139.). La liste des abonnés, que la rédaction s’était engagée à rendre publique dans les premiers jours de novembre 1785 (L’Année littéraire, 1785, p. 342), n’a pas encore été publiée à la fin de décembre et « On croit […] devoir renouveler une invitation […] avant de publier la liste des souscripteurs » (Journal politique, décembre 1785, vol. 2, p. 54). Dans ces mêmes semaines, Bastide a déposé une demande de pension (voir n. 4) et la Bibliothèque universelle des romans, en baisse constante d’abonnés, est chargée de dettes (Sauvy, Anne, « Lecteurs du XVIIIe siècle: les abonnés de la Bibliothèque Universelle des Romans - premières approches », Australian Journal of French Studies, 1986/1, p. 51-52; idem, « Les souscriptions à la Bibliothèque Universelle des romans (1776-1780) », L’Europe et le livre. Réseaux et pratiques du négoce de librairie XVIe-XIXe siècles, Paris, Klincksieck, 1996, p. 376-377) (F.M.).
Denis REYNAUD et Fabio Marinai

References: L'article 5
 art. 1
 art. 2
 art. 3
 art. 4
 art. 5
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