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Timestamp: 2020-05-29 20:39:04+00:00

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Support 08 | Droit statutaire | Constitution
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Cours : Droit constitutionnel de la Vme Rpublique Auteur : Michel VERPEAUX Leon n 8 : Le pouvoir juridictionnel
Section 1. La reconnaissance d'un pouvoir juridictionnel ..................................................................p. 2
1. La place du juge dans la socit franaise........................................................................................................... p. 2 2. La reconnaissance par le juge constitutionnel de l'existence d'un pouvoir juridictionnel....................................... p. 2
Section 2. Les manifestations de l'existence d'un pouvoir juridictionnel.......................................... p. 4
1. Les validations lgislatives ....................................................................................................................................p. 4 2. L'amnistie ou l'effacement des condamnations prononces par un juge...............................................................p. 4
Section 3. Les juridictions nationales ...................................................................................................p. 5
1. Le Conseil Constitutionnel......................................................................................................................................p. 5
A. Composition et organisation du Conseil constitutionnel................................................................................................................ p. 5
1. Les membres du Conseil constitutionnel.................................................................................................................................................................... p. 5 2. L'organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel.................................................................................................................................. p. 8
B. Les attributions du Conseil constitutionnel.................................................................................................................................... p. 9
1. Le Conseil constitutionnel est une autorit constitutionnelle ................................................................................................................................... p. 10 a) La dsignation du Prsident de la Rpublique....................................................................................................................................................... p. 10 b) Les pouvoirs de crise .............................................................................................................................................................................................p. 10 2. Le Conseil constitutionnel est le juge des lections et des votations nationales..................................................................................................... p. 10 a) Le contentieux des lections parlementaires .........................................................................................................................................................p. 11 b) Le contentieux de l'lection prsidentielle ............................................................................................................................................................. p. 11 c) L'organisation et le contentieux du rfrendum ..................................................................................................................................................... p. 11 3. Le Conseil constitutionnel est un juge constitutionnel.............................................................................................................................................. p. 12
2. Les juridictions judiciaires et administratives ...................................................................................................... p. 13
A. Les garanties constitutionnelles de l'indpendance de l'autorit judiciaire : le Conseil suprieur de la magistrature ..................p. 13 B. L'indpendance reconnue des juridictions administratives ......................................................................................................... p. 14 C. La rpartition des comptences entre les juridictions de l'ordre judiciaire et celles de l'ordre administratif ................................ p. 14
3. Les juridictions politiques..................................................................................................................................... p. 15
A. La difficile conciliation du politique et du pnal .......................................................................................................................... p. 15 B. La Cour de justice de la Rpublique........................................................................................................................................... p. 15
1. La comptence de la Cour de justice de la Rpublique.......................................................................................................................................... p. 15 2. L'organisation de la Cour de justice de la Rpublique............................................................................................................................................. p. 16 3. La procdure devant la Cour de justice de la Rpublique....................................................................................................................................... p. 16
Remarque S'il est peu courant d'inscrire le pouvoir juridictionnel au sein des pouvoirs dont la sparation est constitutionnellement assure sous la Vme Rpublique, l'existence de ce pouvoir est une ralit qui se traduit par l'existence d'un systme juridictionnel complexe et fond sur l'indpendance des organes qui le composent.
Section 1. La reconnaissance d'un pouvoir juridictionnel
La Constitution ne fait pas rfrence l'existence d'un pouvoir juridictionnel, pas mme d'un pouvoir judiciaire, elle aborde seulement une autorit judiciaire (Titre VIII, art. 64 66-1).
1. La place du juge dans la socit franaise
La ralit d'un pouvoir juridictionnel en France rsulte la fois d'une situation socio-politique et d'une reconnaissance par le Conseil constitutionnel qui illustre le renforcement de la place du juge dans la socit contemporaine. Indpendamment de la formulation constitutionnelle, qui ne vise que l'autorit judiciaire, la justice tend s'riger en un vritable pouvoir. Cette volution se manifeste de plusieurs manires. D'une part, le dveloppement d'un droit fond essentiellement sur le respect des droits fondamentaux renforce incontestablement la figure du juge. Un deuxime indice de l'importance du juge tient la pnalisation de la vie sociale. Sur le plan national, la pnalisation de la vie politique est manifeste, comme en tmoignait l'affaire dite du sang contamin dans les annes 1990, ou, plus rcemment, le dveloppement de la mise en cause de responsables politiques dans des affaires conomiques ou de financement de la vie politique.Il en est de mme du dveloppement de la pnalisation de certains comportements, en matire de relations entre les sexes, de relations de travail, voire en matire de prise de position politique ou idologique. Sur le plan international, l'rection d'entits, comme l'humanit, en sujet de droit et l'affaiblissement de l'ide de souverainet conduit une internationalisation du droit pnal, dont la Cour pnale internationale, cre par le Trait de Rome du 18 juillet 1998 reprsente l'une des traductions les plus clatantes. Enfin, il convient de relever la prtention des autorits juridictionnelles s'riger en pouvoir indpendant. Remarque Les dbats rcurrents sur l'indpendance du parquet par rapport au Garde des sceaux en tmoignent sur le plan national.
2. La reconnaissance par le juge constitutionnel de l'existence d'un pouvoir juridictionnel
Bien que la Constitution reconnaisse lexistence de juridictions indpendantes, disposant dune mission spcifique, elle ne reconnaissait pas ncessairement un pouvoir judiciaire et, a fortiori, un pouvoir juridictionnel. Pourtant, une interprtation constructive en ce sens n'tait pas dpourvue de lgitimit. C'est en ce sens que s'est tablie la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
Jurisprudence S'agissant des juridictions judiciaires et administratives, le Conseil constitutionnel a pos les fondements de l'existence d'un vritable pouvoir juridictionnel dans sa dcision 80-119 DC du 22 juillet 1980. Il a en effet considr qu'"Il rsulte des dispositions de l'article 64 de la Constitution, en ce qui concerne l'autorit judiciaire et des principes fondamentaux reconnus par les lois de la Rpublique en ce qui concerne la juridiction administrative, que l'indpendance des juridictions est garantie ainsi que le caractre spcifique de leurs fonctions sur lesquelles ne peuvent empiter ni le lgislateur, ni le gouvernement". Il en a dduit que ni le lgislateur, ni le gouvernement, ne pouvaient censurer leurs dcisions, leur adresser des injonctions ou se substituer elles dans le jugement des litiges. L'on retrouve ici un certain nombre des lments qui peuvent caractriser l'existence d'un pouvoir : un organe indpendant, dot d'une mission spcifique, dans laquelle ne peuvent, en principe intervenir les autres pouvoirs. Incontestablement, le pouvoir juridictionnel est ici plac sur le mme plan que le pouvoir lgislatif et le pouvoir excutif. Concernant les juridictions financires, le Conseil constitutionnel a galement reconnu leur indpendance dans sa dcision 2001-448 DC. Il convient dintgrer ce pouvoir dautres juridictions ou institutions juridictionnelles : l'indpendance du Conseil constitutionnel rsulte de son statut constitutionnel, en particulier ses dcisions ne sont susceptibles d'aucun recours et s'imposent toutes les autorits administratives et politiques (art.62 ) et il est aujourd'hui admis qu'il remplit une fonction juridictionnelle. Cest ce quil a lui-mme reconnu son propos dans la dcision 2008-566 DC du 9 juillet 2008, fondant son indpendance sur le titre VII de la Constitution qui lui est consacr. A ct des ordres juridictionnels, judiciaire, administratif et constitutionnel, il existe une juridiction dune nature particulire, dont lexistence est expressment prvue par la Constitution et qui a t cre par la loi constitutionnelle n 93-952 du 27 juillet 1993 : la Cour de justice de la Rpublique, charge de juger de la responsabilit pnale des ministres pour les actes accomplis dans lexercice de leurs fonctions. Jurisprudence L'indpendance de la Cour de justice de la Rpublique a t reconnue par le Conseil constitutionnel dans sa dcision 93-327 DC du 19 novembre 1993. Il s'agit d'un ordre juridictionnel politique.
Section 2. Les manifestations de l'existence d'un pouvoir juridictionnel
Lexistence dun pouvoir juridictionnel nimplique pas une totale indpendance de ce dernier au regard des autres pouvoirs. Le principe selon lequel le Prsident de la Rpublique est le gardien de lindpendance de la magistrature, ou la rgle selon laquelle le Premier ministre prside le Conseil dEtat, traduisent les interactions ncessaires entre lexcutif et le pouvoir juridictionnel. Deux techniques juridiques manifestent les limites de lindpendance du pouvoir juridictionnel, en ce quelles ralisent une intervention du lgislateur dans le fonctionnement de la justice.
1. Les validations lgislatives
Si les mcanismes regroups sous le terme de validation lgislative sont la fois divers et nombreux, de telles interventions lgislatives ont en commun d'empcher le juge de censurer un acte irrgulier ou de priver d'effets une dcision de justice ayant annul ou dclar illgal un acte irrgulier. Il peut s'agir de dispositions lgislatives qui ont pour effet, soit de se substituer des dispositions administratives illgales, soit d'habiliter le gouvernement le faire, soit de modifier le rgime juridique d'un acte irrgulier, soit son rgime contentieux. De manire directe ou indirecte, ces interventions reprsentent par nature une immixtion du lgislateur dans l'exercice de la fonction juridictionnelle. Jurisprudence Or, la jurisprudence du juge constitutionnel (cf. par exemple dcisions 93-335 DC, 94-358 DC et 96-375 DC) admet de telles interventions en tenant compte de deux critres : d'une part, l'invocation d'un intrt gnral qui justifie, en quelque sorte qu'il soit port atteinte au principe de sparation des pouvoirs, et d'autre part, la gravit de l'atteinte porte au principe de sparation des pouvoirs.
2. L'amnistie ou l'effacement des condamnations prononces par un juge
Le Conseil Constitutionnel (cf. dcision 88-244 DC du 20 juillet 1988) a dfini l'amnistie comme tant :"l'oubli de certains faits et l'effacement de leur caractre rprhensible". En fait, cette dfinition est probablement un peu large, car ce ne sont pas les faits qui sont oublis, mais seulement leur caractre rprhensible. Il sagit en toute hypothse dune intervention du lgislateur dans le cours de la justice, la diffrence du droit de grce, attribution rgalienne appartenant au prsident de la Rpublique (art. 17 modifi par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008). Jurisprudence Dans sa dcision 89-258 DC du 8 juillet 1989, le Conseil constitutionnel a considr que, par nature, l'amnistie interdit certaines poursuites ou efface des condamnations, et qu'en cela elle droge ncessairement au principe de sparation des pouvoirs ; mais cette drogation trouve son fondement dans l'article 34 al. 4 de la Constitution.
Section 3. Les juridictions nationales
Il existe, en France, une pluralit d'ordres de juridictions. Si l'organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel intressent en tout premier lieu le droit constitutionnel, l'tude des autres ordres juridictionnels n'est pas trangre ce droit partir du moment o, comme on l'a relev, ces juridictions sont rgies par certaines exigences constitutionnelles et o certaines d'entre elles (les juridictions judiciaires et administratives) peuvent parfois tre considres comme des juridictions constitutionnelles, au sens o elles mettent en uvre et assurent le respect d'exigences constitutionnelles.
Le Conseil constitutionnel est une des crations les plus originales de la Vme Rpublique, qui se distingue nettement du Comit constitutionnel de la IVme Rpublique qui a peu - ou quasiment pas - fonctionn et dont les leons de l'chec ont t tires. Le rle du Conseil constitutionnel a beaucoup volu par rapport l'origine et par rapport sans doute aux intentions des rdacteurs de la Constitution de 1958. Le contrle de constitutionnalit de la loi a longtemps t ignor ou refus en France, du fait de la tradition de la souverainet de la loi ou lgicentrisme. Le texte de la Constitution est extrmement sommaire sur le Conseil constitutionnel et laisse la place beaucoup dinterprtations. La rforme de sa saisine en 1974 a considrablement augment son rle, mais cette volution est due aussi sa jurisprudence, inaugure en 1971. Le Conseil constitutionnel a vu son rle considrablement augmenter avec lintroduction du contrle a posteriori des lois par la rvision du 23 juillet 2008. Remarque A propos du dveloppement de la justice constitutionnelle, on peut parler d'une volution prtorienne puisqu'elle est due, en partie, l'intervention de la juridiction elle-mme.Cependant, le Conseil constitutionnel n'est pas l'quivalent de la Cour Suprme des Etats-Unis, car il n'est pas au sommet de l'ensemble des juridictions franaises, et il a sans doute moins de poids et joue un rle plus modeste que ses homologues europens, du moins aujourd'hui. La rvision du 23 juillet 2008 est cependant de nature renforcer le rle du Conseil constitutionnel en lui permettant d'effectuer un contrle a posteriori des lois.
Jurisprudence Il n'a pas une comptence gnrale pour veiller au respect de la Constitution, il ne possde que des comptences d'attribution qui lui sont dvolues par la Constitution et il ne peut pas intervenir sur tous les problmes d'ordre constitutionnel (cf. dans ce sens la dcision 74-54 DC du 15 janvier 1975, Interruption volontaire de grossesse, consid. 1).
A. Composition et organisation du Conseil constitutionnel
Il n'est pas compos comme une juridiction. Son organisation est lgre et sa procdure est parfois qualifie de rudimentaire, par rapport aux juridictions ordinaires.
Sauf pour les membres de droit, ils sont nomms par des autorits politiques. Mais le statut des membres est trs protecteur de leur indpendance et le caractre politique de cette nomination ne rejaillit pas sur l'attitude et le comportement des membres. 1. La nomination des membres L'article 56 distingue deux catgories de membres, les membres nomms par trois autorits politiques que sont le Prsident de la Rpublique et les prsidents des assembles, et les membres de droit. Les premiers sont nomms pour 9 ans, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans, ce qui est un gage de continuit et de stabilit. En consquence, sauf dcs ou dmission, chaque autorit nomme un nouveau membre tous les trois ans. Le Conseil constitutionnel n'est, en dfinitive, gure diffrent des autres juridictions constitutionnelles, notamment europennes, dont les membres sont nomms par les assembles ou parmi les juridictions suprmes. Il faut rappeler que la Cour suprme amricaine, qui sert parfois de modle, voit le Prsident des tats unis nommer tous les membres, aprs cependant validation par le Snat La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a apport une modification la procdure de nomination. Larticle 56 alina 1er modifi dispose en effet que la procdure prvue larticle 13 est applicable la nomination des membres du Conseil. Celle-ci interdit les nominations effectues par le Prsident de la Rpublique lorsque laddition des votes ngatifs dans chaque commission des lois des assembles reprsente au moins trois cinquimes des suffrages exprims au sein des deux commissions.La Constitution instaure ainsi une sorte de droit de veto du Parlement ( une majorit renforce) et non, comme aux Etats-Unis par exemple, une validation par le Parlement de nominations faites par le Prsident.La loi organique n 2010-837 du 23 juillet 2010 relative l'application du cinquime alina de l'article 13 de la Constitution a dtermin les emplois et les fonctions pour lesquels la nomination par le prsident de la Rpublique sexercera aprs avis public de la commission comptente de chaque assemble (art 13 al 5 nouveau). Pour les nominations au Conseil constitutionnel, qui sont rgies par la Constitution, c'est larticle 56 modifi lui-mme qui prvoit que, pour les membres nomms par le prsident de la Rpublique, la procdure prvue larticle 13 sera applicable. Quant la nomination des membres nomms par les prsidents de chaque assemble, elle nest soumise quau seul avis de la commission des lois de lassemble concerne, ce qui vitera quune assemble exerce un contrle, mme consultatif, sur les choix oprs par le prsident de lautre assemble. Le mandat des membres nomms nest pas renouvelable, sauf si le titulaire de celui-ci a succd un membre du Conseil dmissionnaire (trois cas depuis 1959) ou dcd (les hypothses sont moins rares) dans les trois dernires annes du mandat restant accomplir. L'article 56 alina 2 prvoit en outre que sont membres de droit et vie les anciens Prsidents de la Rpublique. Entre autres raisons, il sagissait dassurer ces anciens Prsidents une retraite, y compris matrielle, assez confortable. Les anciens Prsidents de la Rpublique de la IVme Rpublique y ont sig, qu'il s'agisse de Vincent Auriol jusquen 1960, ou de Ren Coty jusqu' sa mort en 1962. En revanche, les anciens Prsidents de la Vme Rpublique sy sont refuss (Gnral de Gaulle en 1969, F. Mitterrand en 1995) et V. Giscard dEstaing avait renonc y siger tout en revendiquant sa qualit de membre dans certaines circonstances quil considrait comme importantes. Son lection au Parlement de 1984 2002 rendait en effet incompatibles ses fonctions avec son mandat. Le Conseil constitutionnel a rappel dans une dcision 846983 du 7 novembre 1984 (A.N., Puy de Dme, 2me Circ.) que les membres de droit taient soumis aux mmes obligations que les autres membres du Conseil constitutionnel. La fin de ses diffrents mandats lectifs en 2004 a conduit Valery Giscard dEstaing siger au Conseil constitutionnel. Il y a t rejoint par Jacques Chirac en 2007, la fin de son deuxime mandat prsidentiel, mais la maladie lui interdit dsormais dy siger. Enfin, Nicolas Sarkozy a accept dy siger ds le mois de juin 2012, aprs sa dfaite llection prsidentielle.Cependant a choisi depuis sa condamnation par la justice en 2011 (pour des faits lis son mandat de maire de Paris) et en raison cause dun tat de sant affaibli, J. Chirac ne sige plus au Conseil constitutionnel.Enfin, Nicolas Sarkozy a accept dy siger ds le mois de juin 2012, aprs sa dfaite llection prsidentielle. Alors que diverses propositions, parlementaires ou doctrinales, souhaitaient la suppression de cette catgorie de membres, la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 n'a pas voulu modifier l'alina 2 de l'article 56, le Prsident de la Rpublique de l'poque s'tant oppos cette demande parce
que la prsence des anciens prsidents de la Rpublique apportant, ses yeux, une exprience irremplaable au Conseil. En savoir plus : Les membres du Conseil Constitutionnel Jean-Louis DEBR, nomm par le Prsident de la Rpublique en fvrier 2007 Valry GISCARD D'ESTAING, membre de droit Jacques CHIRAC, membre de droit (MAIS NE SIEGEANT PLUS) Nicolas SARKOZY, membre de droit Pierre STEINMETZ, nomm par le Prsident de la Rpublique en fvrier 2004 Jacqueline de GUILLENCHMIDT, nomme par le Prsident du Snat en fvrier 2004 Renaud DENOIX de SAINT MARC, nomm par le Prsident du Snat en fvrier 2007 Guy CANIVET, nomm par le Prsident de l'Assemble nationale en fvrier 2007 Michel CHARASSE, nomm par le Prsident de la Rpublique en fvrier 2010 Hubert HAENEL, nomm par le Prsident du Snat en fvrier 2010 Jacques BARROT, nomm par le Prsident de l'Assemble nationale en fvrier 2010 Claire BAZY MALAURIE, nomme par le Prsident de l'Assemble nationale en aot 2010 2. Le Prsident du Conseil constitutionnel Il est choisi par le Prsident de la Rpublique parmi les membres du Conseil constitutionnel qu'ils soient nomms ou, du moins en thorie, membres de droit, mme si ce dernier cas de figure, pourtant prvu par l'ordonnance portant loi organique du 7 novembre 1958 sur le Conseil constitutionnel, serait contraire l'esprit de l'institution. Jusqu' prsent, la pratique a voulu que le choix du Prsident de la Rpublique se porte sur les membres qu'il avait lui-mme dsigns, sauf dans le cas, un peu particulier de M. Guna, qui avait t nomm en tant que membre du Conseil par le Prsident du Snat avant d'tre dsign comme Prsident par le Prsident de la Rpublique. La dure du mandat du Prsident du Conseil constitutionnel est calque sur celle des membres, c'est--dire 9 ans, et le mandat n'est pas renouvelable non plus, ce qui doit interdire, en toute logique, de nommer le Prsident parmi les membres de droit. Les hasards du calendrier et de son double septennat avaient permis F. Mitterrand de nommer trois Prsidents successifs du Conseil constitutionnel, MM. Daniel Mayer, Robert Badinter et Roland Dumas. Mis en examen dans une procdure judiciaire, M. Dumas a choisi de se " mettre en cong " en mars 1999 du Conseil constitutionnel pour une priode indtermine et il a t remplac dans ses fonctions par le doyen d'ge, M. Guna, avant de dmissionner en 2000 et d'tre remplac, en tant cette fois que Prsident par M. Guna le 1er mars 2000. De 2004 2007, Pierre Mazeaud a donn l'institution un lan remarqu, avant d'tre remplac en tant que Prsident, la fin de son mandat, par M. Jean-Louis Debr qui a t ministre avant de devenir Prsident de l'Assemble nationale de 2002 2007. 3. Le statut des membres du Conseil constitutionnel Il se caractrise par une trs grande indpendance. Le non-renouvellement du mandat est un lment de cette indpendance, du fait du "devoir d'ingratitude l'gard de ceux qui les ont nomms" selon le mot de M. Badinter en 1986. Il n'y a pratiquement pas de conditions pour tre nomm au Conseil constitutionnel, ni ge maximum ou minimum - ni comptences professionnelles - ni sexe (cf. N. Lenoir depuis 1992 ou S Veil en 1998, M. Pelletier en 2000 ou D. Schnapper en 2001 et d'autres, toujours peu nombreuses, depuis). La place des juristes de formation est plus importante qu'auparavant puisque le Conseil a compris un certain nombre de professeurs de droit comme M. Waline,
F. Luchaire, G. Vedel, R. Badinter, J. Robert et J.-C. Colliard, et aussi des hommes politiques qui possdaient une formation juridique. Cette prsence est cependant plus limite que dans d'autres juridictions constitutionnelles et il n'y a plus, dans la composition issue des renouvellements de 2007 et de 2010, de professeurs de droit. Il n'y a pas de conditions professionnelles, la diffrence d'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne. Mais les choses se sont amliores avec le temps, mme si les sympathies professionnelles ou politiques expliquent certaines nominations, ce qui n'est pas forcment diffrent de la situation des cours constitutionnelles des autres pays. Il y a en revanche des incompatibilits, surtout lectives : la Constitution a fix un liste, assez faible, l'article 57. Elle a t tendue par l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel et modifie par la loi organique du 19 janvier 1995. Ce renforcement du rgime des incompatibilits a suivi le dveloppement du rle du Conseil constitutionnel. L'article 57 prvoit que les fonctions des membres du Conseil sont incompatibles avec celles de ministre ou de membre du Parlement, ce qui est assez logique au nom de la sparation des pouvoirs. L'incompatibilit a t tendue aux membres du Parlement europen. L'ordonnance du 7 novembre 1958 relative au Conseil avait tendu cette incompatibilit aux membres du Conseil conomique et social. Elle a t complte par la loi organique du 19 janvier 1995, qui rend la fonction incompatible avec tout mandat lectoral, y compris local : il faut voir l la consquence de l'examen, par le Conseil, de nombreuses lois relatives la dcentralisation : certains membres, qui taient aussi des lus locaux, risquaient en effet d'apparatre comme juges et parties.Les incompatibilits professionnelles sont assez faibles, ce qui correspondait la volont, au dpart, d'viter que le Conseil constitutionnel ne soit qu'une assemble de retraits ou de personnes sans qualification. Elles ont t tendues par la mme loi organique du 19 janvier 1995 qui a appliqu aux membres du Conseil les mmes incompatibilits que celles sappliquant aux parlementaires.
Le statut comporte enfin l'interdiction d'exercer une fonction de responsabilit ou de direction au sein d'un parti politique, ce qui n'a pas empch V. Giscard d'Estaing d'tre lu Prsident de l'UDF en 1982. Depuis 1984, son lection en tant que dput l'a oblig se mettre en cong du Conseil constitutionnel. Il y a une dernire contrainte qui est la prestation de serment devant le Prsident de la Rpublique de respecter la Constitution, mais les anciens Prsidents de la Rpublique ont t dispenss de cette obligation, juge humiliante au regard de leurs anciennes fonctions. Seul le Conseil constitutionnel peut prononcer la dmission d'office d'un de ses membres qui aurait accept une fonction ou un mandat lectif, ou exerc une activit, incompatibles avec sa qualit de membre de l'institution. Pour viter une procdure qui risquerait d'tre nuisible au prestige de l'institution, la dmission peut tre une solution commode...comme celle de M. Dumas en 2000. Les membres du Conseil reoivent une indemnit quivalente aux plus hauts traitements de la fonction publique. Le prsident du Conseil occupe le huitime rang protocolaire dans toutes les crmonies officielles, avant le Vice-Prsident du Conseil dEtat.
2. L'organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel
Le Conseil constitutionnel est une structure lgre, compare dautres juridictions, mais, compte tenu de ses modes de saisine, il statuait peu, en dehors du contentieux lectoral. Ses fonctions ont t multiplies du fait de la rvision de 2008 mais son organisation est reste, paradoxalement, la mme que celle en vigueur jusqu 2008. Il prsente le charme raffin dun club anglais., selon J.-Cl. Colliard. Son sige est au Palais-Royal, son administration est rduite et comprend une quarantaine de personnes, dont le Secrtaire gnral, issu le plus souvent du Conseil d'Etat (sauf une exception en 1983-1986), qui joue un rle essentiel, et quelques chargs de mission. Le greffe n'existe que depuis 1993, et cette cration renforce le caractre juridictionnel de l'institution. cette structure, s'ajoute dix rapporteurs adjoints, pour le contentieux lectoral suppos plus technique, qui sont issus du Conseil d'Etat et de la Cour des comptes.
Sagissant du contrle a priori, organis sur le fondement des articles 54 et 61, la procdure juridictionnelle est en partie inspire par celle applicable devant les juridictions administratives, sous l'influence peut-tre des diffrents Secrtaires gnraux, et de la formation de beaucoup de ses membres, mais elle n'est pas codifie. Elle est inquisitoire, c'est--dire dirige par le Conseil constitutionnel, en pratique par un rapporteur dsign par le Prsident du Conseil constitutionnel, qui peut entendre toute personne intresse, ministre ou rdacteur de la saisine. La procdure est crite : la saisine se fait par lettre, les observations du Gouvernement sont rdiges sous forme de mmoire. Les unes et les autres sont publies au Journal officiel, en mme temps que la loi et la dcision depuis, respectivement, 1983 et 1994. Elle est secrte, pour l'instruction et pour la dlibration, et la dcision est publie. Lintroduction du contrle a posteriori des lois dans larticle 61-1 ajout par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a entran une modification de la loi organique du 7 novembre 1958 relative au Conseil constitutionnel et a oblig ce dernier dicter un nouveau Rglement de procdure. Celui-ci introduit une vritable procdure contradictoire imposant la prsence des parties et de leurs conseils. Une audience publique est organise, ne serait-ce que pour satisfaire aux exigences de larticle 6 1 de la Convention europenne des droits de lhomme.Le dlibr reste secret. Remarque Conformment une tradition franaise applicable devant toutes les juridictions et par souci aussi de protger lindpendance de linstitution et de ses membres, le Conseil constitutionnel ne publie pas les opinions dissidentes , cest--dire celles de membres qui auraient, ventuellement, une opinion diffrente de celle exprime dans la dcision.
Le Conseil constitutionnel a toujours refus de se considrer comme une autorit constitutionnelle ayant comptence pour rgler tous les problmes d'ordre constitutionnel en France. En effet, il estime qu'il n'a pas une comptence gnrale, mais une comptence troitement dlimite par les textes. Ces textes sont la Constitution et l'ordonnance portant loi organique du 7 novembre 1958. Jurisprudence Dans la dcision 62-20 DC du 6 novembre 1962, Loi rfrendaire, il a lui-mme considr "que le Conseil ne saurait donc tre appel se prononcer sur d'autres cas que ceux qui sont limitativement prvus par ces textes" que sont la Constitution et la loi organique (consid 1). Cette position a t confirme par la dcision 92-313 DC du 23 septembre 1992 (consid 1). Dans la dcision du 14 septembre 1961, Demande d'avis, saisi par le Prsident de l'Assemble nationale afin de dterminer si la motion de censure tait recevable pendant la priode d'application de l'article 16, il a estim que la Constitution a strictement dlimit la comptence du Conseil constitutionnel, que celui-ci ne saurait tre appel statuer ou mettre un avis que dans les cas et suivant les modalits qu'elle a fixs . Jurisprudence De mme, il a affirm dans la dcision 74-54 DC, Interruption volontaire de grossesse, du 15 janvier 1975 : "Considrant que l'art. 61 de la Constitution ne confre pas au Conseil Constitutionnel un pouvoir gnral d'apprciation et de dcision identique celui du Parlement, mais lui donne seulement comptence pour se prononcer sur la conformit la Constitution des lois dfres son examen". Cette forme d'auto-censure a t formule de nombreuses reprises par le Conseil constitutionnel dans des dcisions postrieures 1975 et, depuis 2001, il estime que son pouvoir d'apprciation n'est pas de nature identique celui du Parlement.
Le Conseil constitutionnel possde plusieurs types d'attributions, qui sont dfinies dans diffrents titres de la Constitution et pas seulement dans le Titre VII consacr au Conseil constitutionnel (cf. les Titres II, V, VI, XII et XIII). La nature de ces attributions est varie : il peut intervenir en tant qu'autorit constitutionnelle, dans un processus situ en dehors de tout contentieux. Les dcisions ou avis qu'il prend ne sont alors pas des actes juridictionnels.
1. Le Conseil constitutionnel est une autorit constitutionnelle
Il intervient dans deux hypothses diffrentes qui intressent l'une et l'autre le Prsident de la Rpublique.
a) La dsignation du Prsident de la Rpublique
propos de la vacance de la prsidence de la Rpublique, le Conseil prend, au titre de l'article 7 de la Constitution, une vritable dcision, insusceptible de recours.Il constate l'empchement dfinitif des pouvoirs du Prsident de la Rpublique, sur demande du Gouvernement.Dans ce cas, s'ouvre alors l'intrim, qui est exerc par le Prsident du Snat. Le Conseil peut ou doit - selon les hypothses - aussi prononcer le report ventuel de la date de l'lection prsidentielle en cas d'empchement ou de disparition d'un candidat (art. 7 modifi par la loi constitutionnelle du 18 juin 1976). Remarque Il n'a jamais eu intervenir dans cette hypothse depuis 1976. Dans ces deux situations, il prend de vritables dcisions comme le montre la "Dclaration" du Conseil Constitutionnel du 28 avril 1969, par laquelle il constate que sont runies les conditions prvues l'art. 7... relatives l'exercice provisoire des fonctions ... par le Prsident du Snat . Il dclare, en mme temps, que s'ouvre le dlai fix pour l'lection du nouveau Prsident de la Rpublique (cf. dclaration du 3 avril 1974 dans les mmes termes et dans les mmes circonstances quen 1969).
b) Les pouvoirs de crise
Ils sont marqus par une double intervention du Conseil constitutionnel dans le cadre de l'article 16, pour le dclenchement de celui-ci et pour les mesures prises en application de l'article 16. Il existe cependant une diffrence entre les deux catgories d'avis, car si le premier est publi et motiv, les seconds ne le sont pas (cf. avis du 23 avril 1961). Par sa publication et sa motivation, il impose au Prsident de la Rpublique de respecter les conditions prvues par la Constitution pour utiliser larticle 16. Le non-respect flagrant de celles-ci serait susceptible dentraner la responsabilit du Prsident de la Rpublique devant la Haute Cour. La rvision de 2008 a tendu son rle en cas de prolongation de lutilisation de larticle 16. Au terme de trente jours, il peut tre saisi par les prsidents des assembles et par soixante dputs ou soixante snateurs afin de vrifier si les conditions dutilisation de larticle 16 sont encore remplles. Au bout de soixante jours, il se saisit de lui-mme pour oprer la mme vrification(cf. leon 3).
2. Le Conseil constitutionnel est le juge des lections et des votations nationales
Le Conseil constitutionnel est le juge de toutes les lections nationales, prsidentielles, parlementaires et des rfrendums nationaux, par opposition aux lections locales et aux lections europennes dont le contentieux est confi au juge administratif (art. 60 a contrario).
Remarque Ce rle nouveau, que le Conseil a exerc pleinement ds sa cration, lui donne des attributions contentieuses et des attributions non contentieuses.
a) Le contentieux des lections parlementaires
Cest larticle 59 de la Constitution qui donne ce rle au Conseil constitutionnel. Cette comptence reprsente une nouveaut de la Constitution de 1958. Pour les lections parlementaires, la tradition franaise tait en effet de laisser les assembles matresses de leur propre contentieux par le biais de la vrification des pouvoirs confis par les lecteurs aux lus : elles pouvaient invalider llection de certains de leurs membres, ce qui manifestait l'autonomie du Parlement mais risquait d'entraner des abus, comme sous la IVme Rpublique. La Vme Rpublique a voulu changer cet tat du droit et a confi au Conseil constitutionnel ce contentieux.Peut-tre parce que le Conseil n'tant pas surcharg de tches dans l'esprit des rdacteurs de la Constitution, il tait loisible de lui confier celleci en plus, mais aussi parce que les parlementaires n'auraient pas accept d'tre jugs, dans le cadre du contentieux lectoral, par le juge administratif, pourtant juge lectoral des lections locales et habitu de ce contentieux. Le Conseil constitutionnel statue en cas de contestation sur la rgularit de llection des dputs et des snateurs et examine la rgularit des candidatures, les conditions dligibilit et la rgularit des oprations de vote. Le Conseil a t conduit censurer llection de plusieurs dizaines de dputs et de seulement quelques snateurs. Il na cependant jamais utilis le pouvoir, dont il dispose, dinverser le rsultat des lections, cest--dire de proclamer lu un autre candidat que celui dsign par les urnes.
b) Le contentieux de l'lection prsidentielle
Il peut tre appel se prononcer sur le report ventuel de la date de l'lection en cas d'empchement ou de disparition d'un candidat (cf. ci-dessus). L'article 58 lui confie surtout un rle essentiel dans l'lection du Prsident de la Rpublique. Il est la fois charg de veiller la rgularit de cette lection et d'examiner les rclamations et de proclamer les rsultats du scrutin. ce double titre, il reoit les candidatures, veille leur rgularit en ce qui concerne le parrainage et, depuis la loi organique du 11 mars 1988, il reoit la dclaration de situation patrimoniale de chaque candidat (seule celle de celui qui sera lu sera publie au dbut et la fin de son mandat). Il tablit la liste officielle des candidats, il surveille les oprations lectorales et il dsigne pour cela des dlgus sur l'ensemble du territoire, et il procde au recensement gnral des votes. Il proclame officiellement les rsultats. En matire d'lection prsidentielle, il n'y a pas eu jusqu' prsent de rel contentieux, pour lequel il ne peut tre saisi que par les seuls candidats et non par les lecteurs qui sont trop nombreux. Il peut prononcer l'annulation partielle des suffrages exprims dans certains bureaux de vote et il pourrait mme annuler totalement l'lection ou en rformer le rsultat.
c) L'organisation et le contentieux du rfrendum
Il ne s'agit que du seul rfrendum national, c'est--dire faisant participer l'ensemble du corps lectoral franais, par opposition toutes les formes de rfrendums locaux susceptibles d'exister. Ce sont donc les rfrendums constituants de larticle 89 et les rfrendums lgislatifs prvus larticle 11 de la Constitution qui sont concerns par ce rle du Conseil constitutionnel prvu larticle
60. A ces deux catgories de rfrendum, il faut ajouter celle prvue larticle 88-5, destin faire approuver le trait dadhsion dun nouvel Etat lUnion europenne. Larticle 60 dispose quil veille la rgularit des oprations de rfrendum et en proclame les rsultats . L'ordonnance portant loi organique du 7 novembre 1958 prcise qu'il est consult sur son organisation, et qu'il est avis de toutes les mesures prises cet effet. Le droulement de la campagne rfrendaire est plac sous sa surveillance. Le Conseil surveille galement les oprations de vote et assure le recensement gnral des suffrages. Il proclame ainsi officiellement les rsultats de la consultation. Il peut alors tre amen prononcer soit l'annulation partielle des rsultats, soit l'annulation totale, ce qu'il n'a jamais fait jusqu' prsent. Jurisprudence Alors qu'il se refusait statuer sur les rclamations concernant les oprations prliminaires au rfrendum, le Conseil constitutionnel a accept de se reconnatre comptent pour examiner les requtes mettant en cause la rgularit des actes pralables la votation, propos du dcret dcidant de soumettre le projet de rvision de la Constitution relatif au quinquennat au rfrendum (dcision du 25 juillet 2000, Hauchemaille).Cette solution, adopte propos du rfrendum constituant, pourrait tre tendue au rfrendum lgislatif, au titre de la mission gnrale de contrle de la rgularit des oprations rfrendaires confie au Conseil constitutionnel par l'article 60. La loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 a introduit une nouvelle comptence du Conseil constitutionnel en cas dorganisation dun rfrendum sur une proposition de loi dinitiative parlementaire et populaire (art. 11 al. 4). Il sagit dun cas nouveau de comptence obligatoire (ce que rappelle lalina 1er modifi de larticle 61) car le Conseil contrle , cest--dire doit contrler , les conditions de prsentation de cette proposition ainsi que le respect de lobjet et de la condition de dlai dun an entre une disposition lgislative promulgue et la proposition de loi dinitiative parlementaire et citoyenne prvue par lalina 3 nouveau de larticle11. Une loi organique, non encore adopte, doit prciser les conditions de prsentation de la proposition rfrendaire et du contrle exerc par le Conseil.
3. Le Conseil constitutionnel est un juge constitutionnel
Il s'agit de sa fonction la plus importante. Il se prononce comme un vritable juge sur la conformit la Constitution d'un certain nombre de normes et ses dcisions ont un caractre juridictionnel. C'est l o sa qualit de juridiction, donc son indpendance, sont les plus ncessaires. Remarque Elle a connu l'volution la plus remarque, du fait du Conseil constitutionnel, partir d'un texte constitutionnel relativement sommaire (cf. dcision 71-44 DC du 16 juillet 1971). La rforme de la saisine en 1974 pour les lois ordinaires, puis en 1992 pour les engagements internationaux, a acclr ce processus. La rvision de 2008 a boulvers ce rle. La Constitution a prvu plusieurs interventions du Conseil constitutionnel lgard des normes juridiques. Cinq concernent la loi, sans distinguer ici entre la loi organique et la loi ordinaire (art. 37 al. 2, art. 39, art. 41, art. 61 et art. 61-1) Une intresse les rglements des assembles (art. 61), Une concerne les engagements internationaux (art. 54). Ces interventions ne se font pas toutes au mme stade de la vie des textes concerns. L'volution de la situation politique et juridique de la Nouvelle-Caldonie a conduit en outre le constituant et le lgislateur organique donner une comptence originale au Conseil constitutionnel pour le contrle des lois du pays . (art 77 al. 3). Celle de la Polynsie franaise lui donne comptence pour dclasser des dispositions lgislatives intervenues dans les domaines de comptence dsormais attribues aux autorits de Polynsie (art. 74, al. 9).
Les interventions du Conseil constitutionnel peuvent aussi se diviser en contrle obligatoire et en contrle facultatif, c'est-dire entre la saisine obligatoire et saisine facultative, puisqu'il n'y a pas d'auto-saisine qui permettrait au Conseil de se saisir en cas de constatation d'une violation de la Constitution. Le Conseil n'est pas non plus, contrairement l'image parfois rpandue, l'organe comptent pour rsoudre toutes les questions d'interprtation et d'application du texte constitutionnel.
Les interventions du Conseil constitutionnel peuvent porter sur la rpartition entre la loi et le rglement, ou sur le contrle du contenu des textes, qu'il s'agisse des lois et des traits. C'est sans doute la distinction fondamentale, car si la premire comptence tait celle primitivement envisage par les constituants et qui a progressivement perdu de son importance, la seconde comptence a pris une grande ampleur et prsente un intrt essentiel pour les droits fondamentaux.
Pour ltude dtaille de ces attributions du Conseil constitutionnel, se reporter la leon 10.
2. Les juridictions judiciaires et administratives
A. Les garanties constitutionnelles de l'indpendance de l'autorit judiciaire : le Conseil suprieur de la magistrature
L'article 64C confie au Prsident de la Rpublique la garantie de l'indpendance de l'autorit judiciaire. Cette indpendance tient essentiellement au principe de l'inamovibilit des magistrats du sige (art. 64 al. 3), et non du Parquet.Un troisime instrument de protection de l'indpendance de l'autorit judiciaire est constitu par le Conseil suprieur de la magistrature. Le Conseil suprieur de la magistrature a connu une profonde rforme par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 aprs une prcdente rvision survenue en 1993. Le Conseil suprieur de la magistrature (C.S.M) a pour mission d'assister le Prsident de la Rpublique dans sa mission de garant de l'indpendance de l'autorit judiciaire (art. 64 al 2). Son organisation et ses comptences sont prvues par larticle 65 qui a t complt par la loi organique du 22 juillet 2010 mais le prsident de la Rpublique a perdu, en 2008, la prsidence du C.S.M. Quant au ministre de la justice, il peut, sauf en matire disciplinaire, participer aux sances des formations du C.S.M. La composition de l'institution connat une inversion du rapport de force entre les magistrats (six) et les non-magistrats (un conseiller d'Etat, un avocat, et six personnalits qualifies nommes par le prsident de la Rpublique, et les prsidents des deux assembles) qui deviennent majoritaires. Le C.S.M. comprend deux formations, l'une comptente pour les magistrats du sige, prside par le premier prsident de la Cour de la cassation (art 65 al 2, 4, 6), l'autre comptente pour les magistrats du parquet, prside par le procureur gnral prs la Cour de cassation (art 65 al 3, 5 et 7). Ces deux formations pourraient tre de nature remettre en cause l'unit de la magistrature. Elles sont comptentes pour faire des propositions des magistrats ou pour donner un avis conforme pour les magistrats du sige, selon le grade concern. S'agissant des magistrats du parquet soumis l'autorit hirarchique du ministre de la justice. Elles servent aussi de formations de discipline l'gard de chacune des catgories de magistrats concerns. Le C.S.M. se runit en formation plnire pour rpondre aux demandes formules par le prsident de la Rpublique et sur les questions de dontologie et toute question relative au fonctionnement de la justice dont le saisit le ministre de la justice (art 65 al 8). Les justiciables se voient reconnatre, l'alina 10 de l'article 65 et dans des conditions fixes par la loi organique du 22 juillet 2010, le droit de saisir le C.S.M. pour se plaindre d'un dysfonctionnement de la justice, ce qui constitue une consquence indirecte de l'affaire dite d'Outreau . La responsabilit des magistrats pourrait tre renforce en cas de faute disciplinaire.
B. L'indpendance reconnue des juridictions administratives
La Constitution ne contient aucune disposition relative cette question. C'est le Conseil constitutionnel qui, dans la dcision 80-119 DC du 22 juillet 1980, a considr que le principe d'indpendance des juridictions administratives tait un principe fondamental reconnu par les lois de la Rpublique, issu de la loi du 24 mai 1872, ayant valeur constitutionnelle au mme titre que l'article 64 applicable aux seules juridictions judiciaires. Les deux ordres juridictionnels semblent ainsi placs sur le mme plan.
C. La rpartition des comptences entre les juridictions de l'ordre judiciaire et celles de l'ordre administratif
La rpartition des comptences entre les deux ordres juridictionnels obit un certain nombre de principes constitutionnels. Il existe ainsi une rserve de comptence au profit de chacun de ces deux ordres de juridiction.
Jurisprudence Selon le Conseil constitutionnel, si la sparation des autorits administratives et judiciaires est seulement un principe de valeur lgislative, il existe un principe fondamental reconnu par les lois de la Rpublique, en l'espce, la loi du 24 mai 1872, selon lequel " l'exception des matires rserves par nature l'autorit judiciaire, relve en dernier ressort de la comptence du juge administratif l'annulation et la rformation des dcisions prises, dans l'exercice de prrogatives de puissance publique, par les autorits exerant le pouvoir excutif, leurs agents, les collectivits territoriales de la Rpublique, ou les organismes publics placs sous leur autorit ou leur contrle" (cf. dcisions 86-224 DC du 23 janvier 1987 et 89-261 DC du 28 juillet 1989). Cette formule implique l'existence de rserves de comptence tant au profit du juge judiciaire que du juge administratif, alors mme que, selon le juge constitutionnel, il est possible sous certaines conditions, et dans l'intrt d'une bonne administration de la justice, d'unifier les rgles de comptence au sein de l'ordre juridictionnel principalement intress. La rserve constitutionnelle de comptence du juge administratif est beaucoup plus restreinte que le champ de ses comptences actuelles. Ainsi, cette rserve de comptence ne concerne que le contentieux de l'annulation et de la rformation des actes administratifs et non le contentieux de pleine juridiction comme, par exemple, les contentieux contractuel et de la responsabilit. Jurisprudence La rserve constitutionnelle de comptence du juge judiciaire concerne, selon les dcisions prcites du Conseil constitutionnel, les matires rserves par nature l'autorit judiciaire. Ces matires sont rserves aux juridictions judiciaires en vertu de principes constitutionnels. Il s'agit tout d'abord de la libert individuelle, au titre de l'article 66C, c'est dire la sret. Le juge judiciaire est galement le gardien de la proprit immobilire prive. Cette comptence est fonde sur un principe fondamental reconnu par les lois de la Rpublique (cf. dcision 89- 256 DC du 25 juillet 1989). Enfin, relvent de la comptence judiciaire l'tat et la capacit des personnes (cf. implicitement, la dcision 89-261 DC ).
A. La difficile conciliation du politique et du pnal
La Constitution de 1958 avait prvu que la responsabilit pnale du Prsident de la Rpublique et celle des membres du gouvernement relveraient de la comptence d'une Haute cour entirement compose de parlementaires. A la suite des problmes poss par la mise en jeu de la responsabilit de certains ministres, le jugement de la responsabilit pnale des ministres pour les actes commis dans l'exercice de leurs fonctions a t confi en 1993 une nouvelle juridiction, la Cour de justice de la Rpublique, alors que la mise en jeu de la responsabilit pnale du Prsident de la Rpublique a conduit distinguer la destitution (dcision politique qui relve d'une instance politique, la Haute Cour) et la mise en jeu de la responsabilit pnale qui relve des juridictions de droit commun aprs la cessation de ses fonctions (cf leon 3 sur le prsident de la Rpublique).
B. La Cour de justice de la Rpublique
1. La comptence de la Cour de justice de la Rpublique
Sont justiciables de la Cour tous les membres du gouvernement. Cette qualit s'apprcie la date des faits incrimins et non la date laquelle la procdure est engage. En ce qui concerne la comptence ratione materiae, sont viss les actes accomplis par le ministre dans l'exercice de ses fonctions (art. 68-1). Ainsi, les actes dtachables des fonctions relvent des juridictions de droit commun. A ce propos, la Cour de cassation a interprt restrictivement la notion d'actes accomplis dans l'exercice des fonctions.
Jurisprudence Elle a ainsi prcis que "les actes commis par un ministre dans l'exercice de ses fonctions sont ceux qui ont un rapport direct avec la conduite des affaires de l'Etat... l'exclusion des comportements concernant la vie prive ou les mandats lectifs locaux ' (Cass. Crim. 27 juin 1995). S'agissant des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions, ces actes doivent tre qualifis de crimes ou de dlits par le code pnal, ce qui exclut les contraventions ou les faits non susceptibles de qualification pnale. Lorsque ces conditions sont runies, la Cour de justice de la Rpublique est exclusivement comptente. Elle est lie par le principe de lgalit des dlits et des peines (art. 68-1).
2. L'organisation de la Cour de justice de la Rpublique
De manire assurer un filtrage des recours tout en garantissant une efficience suffisante du droit au recours juridictionnel ainsi que la protection des droits dventuelles victimes, le constituant a conu la Cour de justice comme un difice trois tages, incluant une instance de poursuite, la Commission des requtes, un organe dinstruction, la Commission dinstruction, ainsi quune formation de jugement, la Cour de justice de la Rpublique proprement dite.
3. La procdure devant la Cour de justice de la Rpublique
L'engagement des poursuites L' article 68-2 de la Constitution prvoit que toute personne qui se prtend lse par un crime ou un dlit commis par un membre du gouvernement dans l'exercice de ses fonctions peut porter plainte auprs d'une commission des requtes qui, soit ordonne le classement de la procdure, soit sa transmission au procureur gnral prs la Cour de cassation fin de saisine de la Cour de justice de la Rpublique. Cette commission se compose de trois magistrats du sige de la Cour de cassation, de deux conseillers d'Etat et de deux conseillers matres la Cour des comptes et d'autant de supplants.En outre, le Procureur gnral prs la Cour de cassation peut saisir d'office la Cour de justice, mais sur avis conforme de la Commission des requtes.
L'instruction La Commission d'instruction cre par la loi organique du 23 novembre 1993 est compose de trois magistrats de la Cour de cassation dsigns par les magistrats du sige, hors hirarchie de la Cour, pour trois ans et de trois supplants. Elle a les pouvoirs d'un juge d'instruction, elle peut modifier la qualification des faits et ses dcisions sont susceptibles d'un recours en cassation. Elle est saisie par un rquisitoire du Procureur gnral prs la Cour de cassation. Lorsque l'information est termine, conformment au droit commun, la Commission d'instruction communique le dossier au Procureur gnral prs la Cour de cassation qui prend ses rquisitions. La Commission peut prononcer un non lieu ou ordonner un renvoi de l'affaire devant la Cour de justice.
Les dbats et le jugement La formation de jugement comprend quinze juges : douze parlementaires lus, en leur sein et en nombre gal, par le Snat et l'Assemble nationale, aprs chaque renouvellement partiel ou gnral de ces assembles, et trois magistrats du sige de la Cour de cassation, dont l'un prside la Cour de justice de la Rpublique. En la matire, les rgles du code de procdure pnale relatives aux jugements en matire correctionnelle sont en principe applicables. En revanche, la procdure retenue pour le dlibr est proche de celle en vigueur devant une cour d'assise. Le Conseil constitutionnel a, par une directive d'interprtation, prcis que devait tre appliqu l'article 485 du Code de procdure pnale, selon lequel les jugements doivent tre motivs.
Les voies recours
La loi organique rend possible un recours en cassation, tant en ce qui concerne les arrts de la Commission d'instruction, qu'en ce qui concerne les arrts de la Cour de justice.S'agissant des rformes qui pourraient concerner cette procdure, on pourrait imaginer, qu'un organe indpendant et incontestable puisse dterminer la nature des actes reprochs au ministre ; de nature politique, ces actes relvent de la responsabilit du ministre devant l'Assemble nationale et, le cas chant devant le Prsident de la Rpublique ; de nature prive et pnale, ces faits relvent de la comptence des juridictions ordinaires, les deux procdures pouvant tre combines lorsque les faits reprochs au ministre ont une nature mixte.
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References: art. 64
 l'article 64
 l'article 34
 L'article 56
 l'article 13
 L'article 56
 l'article 56
 l'article 57
 L'article 57
 l'article 16
 l'article 7
 l'article 16
 l'article 16
 L'article 58
 l'article 60
 art. 39
 art. 41
 art. 61
 art. 61

L'article 64
 l'article 65
 l'article 64
 l'article 66
 l'article 485