Source: http://enbordeauxetbleu.blogspot.com/2012/01/
Timestamp: 2018-07-16 08:13:06+00:00

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En Bordeaux et Bleu: janvier 2012
Ce projet de vitrail dédié à sainte Barbe est signé Bizuth. Il a été publié dans le Bruxelles Universitaire du 1er décembre 1923. C'est la plus vieille version connue de ce dessin.
Sainte Barbe est la patronne du Cercle polytechnique. Les initiales du cercle et ses armoiries (le marteau, la pioche et le compas) figurent d'ailleurs au-dessus de sa tête.
Le Bleu, après avoir potassé une pile de bouquins (à droite), est reçu au paradis, parmi les saints... qui sont en fait des profs de l'Ecole polytechnique. Il est agenouillé devant sainte Barbe, qui va le couronner du chapeau buse qu'elle lui apporte sur un plateau. Et l'on sait que la buse est la coiffe préférée des Bleus... Du coup, l'un dans l'autre, on ne sait plus très bien s'il s'agit du paradis ou... de l'enfer.
Remarquez que le Bleu comme sainte Barbe portent des étoiles sur leur penne et non des boulons comme c'est le cas aujourd'hui.
Dessin de Bizuth dans le Bruxelles universitaire du 1er décembre 1923.
Libellés : Bizuth, buse, C.P., caricature, penne
Le baptême ne s'est pas toujours appelé de la sorte et n'a pas toujours été l'apanage des sections facultaires de l'Assemblée générale (ce qu'on appellerait aujourd'hui cercles facultaires).
Au début du 20e siècle, cet accueil folklorique au sein de la communauté estudiantine a porté le nom de dépoirification, terme d'argot poilique aujourd'hui complètement disparu. Et était aussi organisé par des sociétés intimes, comme les Nébuleux et les Paradisiaques.
L'Echo des Etudiants du 11 novembre 1909 publie le compte-rendu de la séance de rentrée de la Section Polytechnique, tenue au "Ballon" le 5 novembre 1909. Cet article permet de se faire une idée du déroulement de l'accueil à cette époque : "Bleus, tremblez, l’heure de la dépoirification est arrivée. Notez que dans notre cercle, les microbes de la poire et du bourgeois sont totalement inconnus. Il ne faut pas qu’ils s’y infiltrent. Vous les jeunes, vous êtes tous atteints et c’est pour vous en débarrasser que nous allons procéder au lavage abondant de votre occiput et de vos parois stomacales. S’il en subsiste, la chaleur de nos réunions aura tôt fait des réfractaires."
L'Echo des Etudiants de ce même mois de novembre 1909 rapporte aussi que l’Ordre des Paradisiaques a apporté sa maîtrise "dans les dépoirifications qu’il a daigné entreprendre".
Il est à noter que, dans les Sociétés étudiantes suisses et allemandes, le baptême (appelé ainsi) consiste, tout comme la dépoirification, à verser une bière sur la tête du néophyte après lui en avoir fait ingurgiter bien plus et, particularité, après lui avoir attribué un surnom. Il y a évidemment là à la fois parodie et imitation des termes et des rites chrétiens. Lisez : (Baptême et burschification en Suisse).
Libellés : argot, baptême, dépoirification, Echo des étud., intronisation, Paradisiaques
Le 1er décembre 1923, Bruxelles Universitaire, alors "revue bi-mensuelle de l'Association générale des étudiants de l'Université libre de Bruxelles", publie en Une une caricature de Manneken-Pis, fait Poil honoraire. Elle est signée Bizuth.
Ce dessin fait écho à une tradition de la Saint-Verhaegen : dans l'entre-deux-guerres, les étudiants de l'ULB habillaient le plus vieux Poil de Bruxelles le 20 novembre et allaient le saluer en cortège. Pour voir des photos : (Manneken Pis, étudiant honoraire).
Libellés : B.U., Bizuth, caricature, Manneken Pis
Dans les sociétés suisses et allemandes, les étudiants néophytes portent le nom de Fuchsen, autrement dit de renards. Bref, ils sont sympathiques mais rusés. Aussi, parfois, sont-ils aimés. Et, parfois, non...
Carte postale envoyée de Friedrichsberg bei Berlin,
le 7 octobre 1903.
Carte postale envoyée à Hannovre,
le 16 septembre 1900.
Libellés : caricature, intronisation
Un étudiant qui entre dans une Société estudiantine suisse ou allemande est d'abord Fuchs (renard, en allemand). Durant un ou deux semestres, il apprend les rites, les chants et l'histoire de la Société auprès du Fuchs-Major (F.-M., en abrégé) ; il est par ailleurs chargé du service de la bière pendant les séances avec les autres membres du Fuchsenstall (l'assemblée des Fuchsen).
Durant cette période d'apprentissage, il reçoit un vulgo, c'est-à-dire un surnom, au cours du baptème. Et à la fin de sa période de Fuchs, il peut être reçu Bursch (garçon, en allemand) si l'assemblée des Burschen (appelée Burschent-Convent) l'en juge digne. Pour cela, il sera entre autre interrogé sur le Comment (qui comporte les principaux rites de la Société) et sur le Biercomment (qui concerne les rites liés à la boisson).
Les principales règles du Comment sont celles que nous pratiquons en Kneipen et Cantus dans les universités belges. Lisez : (Tenue d'une Kneipe, d'un Cantus) , (Silentium ex ! Colloquium !) et (Réception dans une société d'étudiants)
Le Baptême, selon le Comment de l'Helvetia vaudoise, édité en 1988 :
Art. 130. - Un Fux doit être baptisé d'un vulgo.
Art. 131. - Le baptême a lieu pendant le temps de Fux. Le candidat au baptême choisit à cet effet une commission de 3 Burschen. Chaque vulgo proposé est suivi au moins d'un Ganz bu par le candidat.
Le Fux est tenu d'accepter un des vulgo proposés.
En cas d'incapacité manifeste du candidat à poursuivre le baptême, la Commission peut l'interrompre.
Pendant qu'elle rapporte, la Commission est omnipotente.
Art. 132. - Le baptême ne peut se casser. Une fois baptisé, le vulgo suivra l'Helvétien toute sa vie.
Art. 133. - Une fois que le candidat a choisi son vulgo, le F.-M. procède au baptême. Il récite la formule d'usage : "In nomine Gambrini, Bacchi Venerisque tibi nomen do ... (surnom) ... ; es, sis et eris in Helvetia nostra ... (surnom) ... in aeternum, amen" et baptise en versant une chope sur la tête du néophyte.
La Burschification, telle qu'elle est pratiquée à l'Helvetia vaudoise :
Art. 14. - C'est sur proposition du F.-M. ou de deux Burschen que le B.-C. (Burschen-Convent) statue sur l'admission d'un Fux à l'examen de Burschification.
Art. 15. - L'examen de Burschification comporte trois parties :
a) L'histoire de l'Helvétia ;
b) Chants helvétiens et académiques suivants:1, 2, 4, 6, 7, 9, 12, 15, 17, 18, 34, 35, 48, 55;
c) Statuts centraux, Règlement, Comment et Biercomment. Cet examen a lieu devant la Commission de Burschification.
Art. 16. - La Commission de Burschification est nommée par le Comité.
Art. 17. - Seuls les membres de la Commission procèdent à l'interrogation. Ils prennent leur décision à la majorité simple.
Art. 18. - La Commission de Burschification donne son préavis au B.-C. à qui revient la décision finale. Le B.-C. vote à main levée.
Art. 19. - Pour être burschifié, le Fux doit avoir rédigé son travail de Burschification et être en ordre avec la caisse des Füxe et celle de la section.
Art. 20. - En cas d'échec à l'examen de Burschification, le Fux est réintégré dans le Fuxenstall, mais perd tous les avantages financiers dont il jouissait auparavant.
Libellés : baptême, Helvetia, intronisation, surnom
Quelques règles en vigueur lors d'un Cantus.
Carte postale de la Société de Zofingue,
envoyée de Sint Gallen le 18 janvier 1909.
L'Intendant est chargé de l'administration matérielle du Cantus et s'occupe plus particulièrement du local des réunions. Il veille à ce que la boisson soit de qualité et en quantité suffisante.
Le Censor :
Le Censor a pour mission de veiller à ce que les protocoles soient bien observés et à ce qu'une entorse à ceux-ci soit relevée et punie d'une peine de bière.
Le Censor propose au Senior d'infliger telle peine de bière à un membre pour tel motif.
La bière, le vin et l'alcool blanc sont les seules boissons poiliques.
Le Fuchs Major (aussi appelé Maître des bleus) dirige le service de la boisson, accompli par les Fuchsen (les bleus).
Les pintes seront remplies avant la séance et pendant chaque Colloquium.
On ne boit jamais seul mais seulement en invitant un membre ou à l'invitation d'un membre. Pour ce faire, on dit : "Prosit Untel !" et on boit un schluk. Le membre honoré répond "Prosit mit !" et boit un schluk.
Personne ne forcera un membre à boire au-delà des forces de ce dernier.
On ne peut pas boire pendant le Silentium, à moins que le Senior ne dise : "Licet ad libitum bibere !"
De l'impotence :
Au début de la séance, un membre peut, en justifiant sa demande, dire au président : "Senior, rogo plenam impotentiam". Le président la refuse par "Non habes!" ou l'accorde par "Habes !", ce qui dispense le demandeur de boire pendant la séance.
Le membre peut aussi demander "Rogo minorem impotentiam", ce qui l'exempte de boire mais le laisse cependant tenu de participer aux à-fond généraux, comme la Salamandre.
Pro-poena et Pro-laude :
Si un membre a bien chanté, si sa guindaille était amusante, s’il a bien parlé, le Censor peut le féliciter par une récompense bibitive.
Inversement, lorsqu’un membre s’est trompé dans une formule latine, s’il ne s’est pas levé pour parler, s’il est trop bruyant ou pour quelqu'autre raison, le Censor peut lui imposer une sanction bibitive.
Le Censor interpelle le membre, lui explique pourquoi il va le féliciter ou le sanctionner. Puis il déclare d’une fois forte "Ad libitum" (quelques gorgées) ou "Ad diagonalem" (la moitié du verre) ou "Ad fundum" (à-fond). L’ad fundum de récompense donne lieu à une Salamandre.
Si le membre a été félicité, il se lève et dit : "Gaudeo quod non pecaui et illum poculum merui" puis il boit la quantité demandée Pro-laude.
Si le membre a été sanctionné, il se lève et dit : "Paenitet me pecasse sive pecauisse" puis il boit la quantité demandée Pro-poena. En cas d'ad fundum, le Senior ou le Censor peuvent arrêter le buveur, avant que la pinte ne soit vide, par le mot "Satis !".
Le membre doit boire avant de discuter la récompense ou la sanction. En cas de besoin, le Censor le lui rappelle par l'adage : "Primum bibere deinde philosophari."
Libellés : ad fundum, argot, Cantus, caricature, Kneipe, Salamandre
Quelques-unes des règles en vigueur lors d'un cantus.
Carte postale de l'Allemannia,
envoyée de Fribourg le 11 novembre 1927
Senior et Fuchs Major :
Le Senior est chargé de rythmer la séance tandis que le Fuchs Major est chargé de la formation folklorique des nouveaux.
Silentium et Colloquium :
﻿﻿﻿﻿﻿Le Silentium est réclamé par le Senior, qui ponctue cette demande d'un coup de maillet, lors des cérémonies ainsi que lors des prises de parole, des lectures et des chants.
Le Silentium se poursuit jusqu'à ce que le Senior déclare : "Silentium ex ! Colloquium !"
Pendant le Colloquium, on peut parler, servir la bière et bien entendu la boire. Mais on ne chante pas. C'est durant le Colloquium que les membres de la Coronna qui ont demandé un Tempus peuvent quitter la table.
Lorsqu'un Poil souhaite prendre la parole, il se lève et dit au président : "Senior, peto verbum". Le Senior accepte en disant "Habes !" ou refuse en disant "Non habes !" Le président peut également différer la prise de parole en répondant "Non habes pro tempore !"
﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿﻿Lorsqu'un Fuchs (aussi appelé bleu) désire s'exprimer, il se lève et retire sa penne. Puis il se tourne vers le Fuchs Major (aussi appelé Maître des bleus) et dit : "Fuchs Major, peto verbum." Le Fuchs Major transmet sa demande de parole au président : "Senior, peto verbum pro Fuchs Untel." A quoi, le Senior répond : "Habet !" ou "Non habet !" Cette réponse est transmise au Fuchs par le Fuchs Major, par les mots "Habes !" ou "Non habes !"
S’il a reçu la parole, le membre se lève et se découvre. Puis il dit : "Ergo habeo."
Quand le Senior s'adresse à la Corona, il débute ses propos par : "Commilitones !" ou "Corona !" Tout autre Poil de la Corona commence sa prise de parole par : "Senior, Corona !" Et un Fuchs entamme son propos par : "Fuchs Major, Corona !"
Lorsqu'un Poil de la Corona achève sa prise de parole, il s'adresse au Senior (ou au Fuchs Major, s'il s'agit d'un Fuchs) et déclare : "Dixi !"
Lors d'un Cantus, les membres manifestent leur approbation ou leur joie en battant la table de leur main ou, plus exactement, en frappant la table de leurs phalanges.
Si un Poil souhaite quitter la table quelques minutes, il dit au président : "Senior, peto tempus." Le Senior donne son accord : "Habes !" ou refuse : "Non habes !"
Le Fuchs transmet sa demande de Tempus au Senior, via le Fuchs Major, comme pour sa demande de Verbum.
Lorsqu'un membre quitte la table, il laisse sa penne sur son verre.
A son retour, il signale au Senior : "Tempus ex !" Et il remet sa penne.
En général, le Tempus dure trois bierminutes, soit cinq minutes bourgeoises.
En milieu de soirée, le Senior accorde un "Tempus commune !" à l'ensemble de la Corona. Cette pause dure six bierminutes, soit dix minutes bourgeoises.
Cantus :
Pour pouvoir entonner un chant, un Poil dit au président : "Senior, peto cantus !". Celui-ci lui répond : "Ad cantandum, habes !" ou "Non habes !"
Si un membre a reçu l'autorisation de chanter, il se lève et se découvre avant de lancer l'hymne.
Le Senior peut décider d'abréger un chant en renvoyant la Corona au dernier couplet, en décrétant : "Ad ultimam !"
A la fin d'un chant collectif, le Senior déclare "Cantus ex ! Prosit Corona !" et boit un schluk à la santé de la Corona. Cette dernière se lève alors et répond : "Prosit Senior !"
A la fin d'un chant interprété par un seul chanteur, celui-ci dit : "Cantus ex !" Et le Senior lui répond par la formule "Prosit cantor !" et boit un schluk.
Libellés : argot, Cantus, caricature, Kneipe
Libellés : canne, caricature, Dratz, Fleurs du Mâle, manchaballe, Poil
Raide comme un "manche à balai", sage, studieux mais aussi suffisant, le manchaballe (ou manchabal, selon les plumes) est la bête noire de l'étudiant guindailleur. Il en est même l'antithèse : c'est un "faux Poil" qui ne fréquente pas son cercle facultaire et dont les oreilles saignent au moindre couplet des "Fleurs du Mâle".
Cet article du Bruxelles universitaire (5 avril 1946), écrit au vitriol, démontre assez que "manchaballe", mot d'argot poilique, a la force des injures de charretiers.
Libellés : argot, manchaballe
Depuis l'époque de François Villon, les étudiants pratiquent la chasse à l'Opossum. Les cercles ulbistes sont devenus des maîtres dans cet art, tout comme les sociétés d'étudiants allemands portant casquette et ruban.
Cette carte postale, intitulée "Nächtlicher Ulk" ("Farce nocturne"), a été envoyée de Berlin le 21 février 1898.
Opossum : ce terme de l'argot poilique ne désigne pas l'affreuse bestiole bien connue des biologistes mais le Bourgeois sympathique ou cet objet inutile (et pourtant combien précieux) que l'étudiant croise et "emprunte" au cours de ses vadrouilles nocturnes.
Publié dans le Bruxelles universitaire du 25 janvier 1946, cet article - dont on ne comprend toujours pas pourquoi il ne figure pas dans l' Encyclopedia Britannica - fait le point sur cette créature protéiforme et rend l'hommage dû à ses valeureux chasseurs.
Triboulet, l'auteur de cette irremplaçable étude exerce non pas le dur métier de professeur mais de personnage de Rabelais. Quant aux "docteurs" Soeur et Tainsy, mentionnés dans le chapeau, il s'agit de deux éminents... membres du Cercle des Sciences.
Libellés : argot, Bourgeois, Opossum, Zoologie

References: Art. 130

Art. 131

Art. 132

Art. 133

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 19

Art. 20