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1789 - Angoulême (16) : cahier de doléances des maîtres charpentiers de la (...) - Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois
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vendredi 20 juin 2008, par Pierre, 624 visites.
Procès-verbal d’assemblée et cahier de doléances des maitres charpentiers de la ville et faubourgs d’Angoulême.
(Orig. ms., 4 p. petit in-4°, Arch. mun. Angoulême, BB 19.)
Réunion le 26 février, dans la salle de la communauté des Cordeliers.
Présents : Jean Huet, syndic, Michel Hoche, Jean Aubinaud, Jean Demarsat, Pierre Ancelain, Jean Lutaud, Pierre Quoquaud, Louis Paponet, Laurent David, Jean Huet, maîtres et agrégés.
Election à la pluralité des voix d’un député. Pierre Ancelain.
Après mention des pouvoirs donnés au député, vient immédiatement le cahier de la communauté qui débute brusquement ainsi :
ART. 1ER. Les susnommés demandent à rester tels qu’ils sont ; ils se plaignent qu’ils sont surchargés par les commissaires qui font les rôles ; ils demandent que les seigneurs de la province et gros bénéficiers soient taxés suivant et chacun proportionnellement à leurs revenus, afin de soulager les misérables qui, depuis bien des années, sont surchargés d’impôts à ne pouvoir plus les supporter, n’ayant autre chose pour revenu que le travail de leurs bras, dont le prix de leur gain est si médiocre qu’ils ne peuvent parvenir à faire subsister leurs femmes et leur famille, qui souvent est de grand nombre, et à leur entretien ; si l’on se faisait représenter les rôles de ladite ville, on verrait que c’est la vérité.
ART. 2. On se plaint que tous les commissaires qui tiennent les contrôles font payer des prix exorbitants, sans que personne ne puisse y connaître les lois précises à cet égard ; l’on demande la réforme de ces abus à tous égards, la réforme de la confusion des procédures qui sont d’un si grand volume, ce qui fait la ruine du peuple Ce qui nous est apparent journellement est que ceux qui sont du Tiers état et sans fortune qui parviennent à pouvoir avoir une charge dans cet état, peu d’années après l’on voit briller leur fortune ; ce qui a ruiné des familles entières, soit par tuteur des mineurs ou par les biens des familles qui sont chargés de saisies réelles, ce qui met les familles à la mendicité et les créanciers à perdre leur dette.
ART. 3. La suppression des aides et gabelles et de toutes les entraves qui gênent les particuliers et le commerce ; eu égard à ce que les employés subtilisent les particuliers de leurs faux rapports et fausses procédures ; ils ont forcé plusieurs particuliers à signer leurs espèces de procès-verbal, en leur faisant beaucoup de menaces. Comme ils se qualifient d’être juges et parties dans leurs fondions, ils prennent par fraude. Qu’un particulier qui fera don à son voisin ou autrement d’une bouteille de vin pour le soulager à son besoin comme citoyen, et qu’ils aient forcé, soit disant, le contrevenant à leur taxer une amende considérable, ne puisse les payer, ils l’auraient emprisonné et lui ont enlevé jusques à sa couche. Et ils ont établi de nouveaux droits sur chaque charroi et charge de voilure de bois, foin, paille, tant au faubourg l’Houmeau qu’en ville ; ont plusieurs fois et différents particuliers surpris mal à propos, en disant que la charretée a été commencée à décharger et qu’ils n’étaient pas munis de quittance, pendant qu’il y avait un exprès à leur bureau pour en faire leur déclaration ; ils n’ont pas voulu le connaître et ont saisi bœufs et charrette, ce qui a causé la mort à plusieurs bœufs à cause de leur grande chaleur, et ont fait payer une amende considérable au bouvier et au particulier.
ART. 4. De réformer les droits inconnus qui sont perçus aux portes de la ville par une espèce d’argousin qui fait payer plusieurs denrées qui entrent en ville et qui collète journellement les particuliers qui entrent dans ladite ville, ce qui cause beaucoup de scandale.
ART. 5. Le renouvellement des États généraux tous les cinq ou sept années ; de pourvoir à l’acquittement des dettes de l’État et à l’entretien de ses dépenses annuelles, de la manière la moins conteuse à la Nation ; établir l’uniformité des poids et mesures dans tout le royaume ; réduire les trop gros bénéficiers et qu’un même individu ne puisse posséder plusieurs bénéfices à la fois, en ce qu’il ne peut faire le service divin qu’en un seul endroit.
ART. 6. Réduire les pensions et supprimer ceux qui ne l’ont pas mérité par aucun service ; demandons que ceux qui composent les officiers municipaux de cette ville soient nommés par les citoyens, suivant les privilèges de la ville ; de pouvoir parvenir [à] faire rendre directement les revenus dans la maison du Roi.
Et nous prions Dieu pour la conservation de notre puissant monarque et bon père Louis XVI et pour toute la famille royale.
Fait et passé en ladite communauté, ledit jour 26 février 1789, et ont signé :
Huet Jean, paroisse de Saint-Martial ; J. de Mayol, paroisse de Saint-Jacques de Lhoumeau ; Jean Ruet, paroisse Saint-Jacques de Lhoumeau ; François David, paroisse de Saint-Martial ; Jean Lussaud, paroisse de Saint-Martial ; Aubinaud, paroisse de Saint-Martin ; Quoquiaud et Roche, paroisse de Saint-Martial ; Ancelain, paroisse de Saint-Martin ; Louis Paponet, paroisse de Saint-Martial, a déclaré ne savoir signer.

References: ART. 1

ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 5

ART. 6