Source: https://vincenttchen.typepad.fr/droit_des_etrangers/3_droits_reconnus_pendant_le_sjour/page/2/
Timestamp: 2020-07-10 03:38:22+00:00

Document:
Actualité du droit des étrangers, de l'asile et de la nationalité: 3. Droits reconnus pendant le séjour
La loi relative au mariage pour tous reconnaît aux futurs époux dont l'un au moins a la nationalité française de se marier lorsqu'ils résident dans un pays qui n'autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe et dans lequel les autorités consulaires françaises ne peuvent pas procéder à sa célébration (L. n° 2013-404, 17 mai 2013, art. 6).
Art. 171-9. - Par dérogation aux articles 74 et 165, lorsque les futurs époux de même sexe, dont l'un au moins a la nationalité française, ont leur domicile ou leur résidence dans un pays qui n'autorise pas le mariage entre deux personnes de même sexe et dans lequel les autorités diplomatiques et consulaires françaises ne peuvent procéder à sa célébration, le mariage est célébré publiquement par l'officier de l'état civil de la commune de naissance ou de dernière résidence de l'un des époux ou de la commune dans laquelle l'un de leurs parents a son domicile ou sa résidence établie dans les conditions prévues à l'article 74. À défaut, le mariage est célébré par l'officier de l'état civil de la commune de leur choix.
Droits sociaux des candidats à l’asile à Mayotte
Code Lexis-Nexis 2012, Livre 7 et Annexe 8
L'article L. 348-1 du code de l'action sociale et des familles qui reconnaît au demandeur d’asile le droit à un hébergement provisoire n’est pas applicable au département de Mayotte. Si ce dernier relève, depuis le 31 mars 2011, du régime de l'identité législative prévu à l'article 73 de la Constitution, l'instauration d'un tel régime n'a pas pour effet de rendre applicable l'ensemble du droit applicable en métropole. Ce régime permet seulement l'applicabilité de plein droit des lois et règlements édictés à compter de cette date, sous réserve des adaptations éventuelles tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de cette collectivité (CE, 13 juin 2012, n° 357366, M. Barthélémy A).
Rédigé à 12h40 dans 3. Droits reconnus pendant le séjour, 8. Droit de l'asile politique et des apatrides, 9. Outre-mer | Lien permanent
Droit au logement des ressortissants étrangers
Code Litec 2012, p. 1326 (annexe 6)
L’article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation garantit un « droit à un logement décent et indépendant » au bénéfice de toute personne qui, résidant sur le territoire de manière régulière et permanente, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Sur ce fondement, le décret n° 2008-908 du 8 septembre 2008 impose aux ressortissants d’un pays tiers à l'Union européenne une condition de permanence du séjour (CCH, art. R. 300-2). Il établit par ailleurs, pour les personnes qui ne détiennent pas une carte de résident ou un titre de séjour équivalent, une liste de cinq catégories de titres de séjour permettant de demander le bénéfice du droit au logement opposable sous la double condition d'une durée de résidence préalable de deux ans et d'au moins deux renouvellements du titre de séjour. Cette liste ne comprend pas la carte de séjour « étudiant », « salarié en mission » et « compétences et talents ».
Ces restrictions ont été contestées au regard de l'article 6-1 de la convention internationale du travail n° 97 du 1er juillet 1949 concernant les travailleurs migrants. Cet article interdit toute discrimination au détriment des immigrants qui séjournent légalement et impose un traitement équivalent avec les nationaux en matière de logement et d’actions en justice. Cet engagement ne se borne pas à régir les relations entre États. Parce qu’il ne requiert l'intervention d'aucun acte complémentaire pour produire des effets et se suffit à lui-même, le Conseil d’État a estimé que le décret du 8 septembre 2008 était incompatible avec l’article 6-1 de la convention de 1949. En effet, le décret subordonne le droit au logement opposable de certains travailleurs migrants à une condition de résidence de deux ans qui ne s'applique pas aux nationaux et exclut de son champ d'application des titres de séjour susceptibles d'être attribués à des travailleurs migrants tels que les travailleurs temporaires ou les salariés en mission.
Si le pouvoir réglementaire pouvait subordonner le droit au logement à des conditions distinctes selon les titres de séjour, il devait respecter l’égalité de traitement et traiter de manière identique les étrangers placés dans une situation équivalente au regard de la permanence de leur séjour, sauf à rapporter un motif d'intérêt général en rapport avec l’objet de la loi. Tel n’est pas le cas des titulaires d'une carte de séjour « étudiant », « salarié en mission » et « compétences et talents » qui sont dans une situation comparable à celles d’autres détenteurs de titres de séjour. Pour cette raison, en excluant du bénéfice du droit au logement opposable les détenteurs de ces trois catégories de titres de séjour, le pouvoir réglementaire a méconnu le principe d'égalité. Pour prévenir les conséquences de la rétroactivité de l'annulation du décret de 2008 et pour permettre au Gouvernement d’assurer la continuité de la procédure du droit au logement, le Conseil d’État a reporté son annulation au 1er octobre 2012. Sous réserve des actions contentieuses engagées à la date de l’arrêt contre les actes pris sur son fondement, les effets produits par le décret avant son annulation sont définitifs (CE, 11 avril 2012, n° 322326, GISTI).
Rédigé à 16h25 dans 3. Droits reconnus pendant le séjour | Lien permanent
Code Litec 2012, p. 984
L'échange d'un permis de conduire étranger n’est pas subordonné à la conclusion d'un accord avec l'État au nom duquel le permis a été délivré. L'article 14 de l’arrêté du 8 février 1999 prévoit certes que le ministre chargé des transports établit la liste des pays qui accordent aux Français les avantages ou privilèges analogues à ceux reconnus en France aux ressortissants de ces États. Toutefois, l'absence de mention d'un État sur cette liste ne fait pas obstacle à l'échange d'un permis s'il est établi que l’État qui l'a délivré procède dans les mêmes conditions à l'échange des permis de conduire français et si aucune exigence de sécurité routière ne s'y oppose (CE, 16 mai 2012, n° 342768. - contra CAA Versailles, 8 oct. 2007, n° 06VE00142, min. Int. et Aménag. territ.).
Accès des étudiants étrangers au marché de l’emploi
Code Litec 2012, p. 138
La circulaire n° INTV1224696C du 31 mai 2012 des ministres de l’Intérieur, du travail et de l’enseignement supérieur a abrogé les circulaires des 31 mai 2011 et 12 janvier 2012 relatives à l’accès au marché de l’emploi des étrangers titulaires d’un niveau master obtenu en France. La circulaire invite les services préfectoraux à donner « toute leur portée » à l’article L. 311-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui reconnait un droit de séjour provisoire au titulaire d’un master qui souhaite compléter sa formation par une première expérience professionnelle participant au développement économique de la France et du pays dont il a la nationalité. Sur ce fondement, une autorisation provisoire de séjour de six mois doit être délivrée « dès lors, notamment, que serait établi, par tout moyen, le respect du critère d’adéquation du diplôme et de l’emploi envisagé ». Cette preuve peut être établie par une attestation du responsable de l’établissement et du chef d’entreprise sans que l’intéressé ait à fournir l’attestation de réussite aux examens lors du dépôt de sa demande. « En aucun cas » la demande ne doit être subordonnée à l’examen préalable de la situation de l’emploi dans le département. L’autorisation de séjour est alors délivrée dès obtention du diplôme si l’intéressé satisfait aux conditions de l’article L. 311-1 du code, le renouvellement étant accordé jusqu’à l’issue de la première expérience professionnelle.
Pour les étudiants sollicitant un changement de statut de droit commun, les services doivent valoriser, « notamment », la contribution à l’attractivité de l’enseignement supérieur et les besoins de l’entreprise. Le préfet peut ici se référer à plusieurs critères énumérés par la circulaire qui ne sont ni limitatifs ni cumulatifs : l’entreprise dispose d’un établissement ou d’intérêts dans le pays d’origine, la zone géographique ou culturelle du candidat ; la formation a été soutenue par l’entreprise ; le niveau des études suivies et les résultats obtenus révèlent un parcours d’excellence ; le parcours s’inscrit dans le cadre d’une mobilité encadrée par une convention signée entre des établissements français et du pays d’origine ; l’étudiant a effectué tout ou partie de ses études secondaires en France, dans un établissement français à l’étranger ou dans un établissement étranger sous convention avec la France, avant de poursuivre un cursus universitaire en France. En application de l’article R. 311-2 du code, le dépôt des demandes est effectué dans les deux mois précédant l’expiration du titre de séjour. La recherche effective de l’employeur est réputée réalisée si l’offre transmise à Pôle emploi n’a pas été satisfaite après trois semaines de publication.
Dans le cadre de la mise en oeuvre de la circulaire, les services sont invités à examiner l’ensemble des demandes dans un délai de deux mois pour éviter que l’offre d’emploi soit pourvue par un autre canal. Les dossiers déposés depuis le 1er juin 2011 et représentés depuis la publication de la circulaire sont prioritaires. Aucune obligation de quitter le territoire notifiée après un premier refus ne doit être exécutée pendant le réexamen. À cet effet, une autorisation provisoire de séjour de six mois non renouvelable avec autorisation de travail est accordée durant l’instruction du dossier.
Téléchargement INTV1224696C
Téléchargement INTV1224696C - annexe
Rédigé à 16h25 dans 2. Titres de séjour, 3. Droits reconnus pendant le séjour | Lien permanent

References: art. 6

Art. 171
 l'article 74
 l'article 73
 l'article 6
 L'article 14