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Timestamp: 2019-01-23 00:07:41+00:00

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DECRET n° 2005-989 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-989 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en saafi-saafi
L’objectif de faire des langues sénégalaises des langues de culture et, par la même occasion, de donner plus de moyens et d’efficacité à l’éducation, à la modernité et aux efforts de développement, exige que ces langues soient écrites, introduites dans le système éducatif et utilisées dans la vie officielle et publique.
L’écriture du saafi-saafi a déjà bénéficié d’efforts isolés comme ceux de missionnaires chrétiens et de la Société internationale de Linguistique (SIL) qui ont travaillé sur les langues dites à usage localisé.
Avec la décision de l’Etat d’étendre le statut de langue nationale à toute langue parlée dans le pays à partir de sa codification, le saafi-saafi a pu bénéficier d’une base conventionnelle d’écriture depuis le 5 décembre 2004.
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en saafi-saafi sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet saafi-saafi comprend vingt et huit lettres dont vingt trois consonnes et cinq voyelles.
deemb/deem
saisir avec la bouche
celui qui bégaie
Les consonnes sont : b, b, c, d, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ñ, ŋ, p, r, s, t, w, y, y,’
Art. 3. - Dans le système vocalique du saafi-saafi, la longueur est pertinente. Chaque voyelle brève a sa correspondance longue. La longueur vocalique est notée par le redoublement de la voyelle.
/	faad
« nouer le pagne »
/	diip
« faire tomber/
« pleurer »
/	fuud	.
Art. 4. - Le système consonantique du saafi-saafi comporte une série de quatre prénasales. Pour les orthographier, la lettre m est retenue devant b et la lettre n devant les autres consonnes.
njenoh
« petite calebasse »
Art. 5. - La gémination existe en saafi-saafi. Elle est notée, quand elle est réalisée, par le redoublement de la consonne.
hab	bet !
« bien fait ! tant pis ! »
yissuut
cakkat/njakkat !
« (interjection d’inquiétude ou de surprise) ».
Art. 6. - Les prénasales peuvent être géminées en saafi-saafi. Dans ce cas, seule la nasale est redoublée.
ndommbo
« amulette »
« tombeau en pyramide »
« il berça ».
Art. 7. - Le saafi-saafi est une langue à classes nominales. Les classificateurs (ou morphèmes de classe) sont représentés par des consonnes. Le saafi-saafi compte 10 classes nominales dont 8 du singulier et 2 du pluriel :
Classes de singulier
Classes de pluriel
pe’ « chévre »
=> pe’fi « la chèvre »
pe’ci « les chèvres »
miis « lait » => miis mi
miis ci « les laits »
fisa « poitrine »=>fisaa ri
« la poitrine »
fisaa ci « les poitrines »
ndimu « pagne »
=> ndimuu ni « le pagne »
dimaa ci « les pagnes »
Kur « village » => kur ki	« le village,
kur ci « les villages, les pays »
saafi « saafi » =>saafi ndi
« le saafi »
saafi ci « les saafi »
yaar « homme »
=>yaari « l’homme »
yaar ci « les hommes »
bo’personne => bo’yi « la
boo bi « les personnes ».
Art. 8. - Les classificateurs s’écrivent séparément du nom. La marque -i du déterminant défini est suffixée au classificateur.
inoh « vache »	=>
inoh fi « la vache »
Inoh ci « les vaches »
miis « lait »	=>
miis mi	« le lait »
Art. 9. - Lorsque le mot appartient à la classe zéro le déterminant du défini singulier est directement rattaché au radical.
Exemple : Yaar « homme »	=> yaari « l’homme ».
Art. 10. - A l’exception de la classe zéro, les marques du défini, de l’indéfini d’altérité du démonstratif, du numéral, du possessif et du relatif sont séparés du nom.
« le village, le pays »
selin ngo
« mon oiseau »
komaaki wiriis
« un autre enfant »
wi nde kidig ?
pe’kaahay
« trois chèvres »
Art. 11. - Lorsque la détermination se fait par allongement de la voyelle suffixée, le tout s’écrit en un seul mot.
« du sel » =>
midaami
« un arbre » =>
kidigii
« cet arbre-ci ».
Art. 12. - Les pronoms personnels sont toujours séparés du verbe.
mi yeek
mi, mi yeek
« moi, je chante »
a hayid
ba hayid
« ils ou elles sont venus (humains) »
a yii yeek ko
« il est en train de me chanter »
ca hayid
« ils ou elles sont venus (non humains) ».
Art. 13. - Dans les verbes conjugués, les particules qui marquent le temps, l’aspect et le mode sont rattachées au radical verbal, à l’exception de yii de l’inaccompli.
a mbece
« il dansait »
a mbecca
« il dansa »
a mbecan
a mbeceen
« il avait dansé »
a mbecang mbec
« il a l’habitude de danser »
a yii mbec
« il est en train de danser ».
Art. 15. - En saafi-saafi, la dérivation se fait à partir du radical auquel on ajoute un affixe (préfixe ou suffixe).
Art. 16. - Les éléments d’un mot composé » sont reliés par un trait d’union..
ngeelemb « chameau » +	Kooh	« Dieu »
=> ngeelemb-kooh « mante religieuse »
pulohaad « lieu de sortie » +	noh « soleil »	=> pulohaad-noh « levant, Est »
pambi « poule »	+	nduuf « forêt »
=> pambi-nduuf	« perdrix
Art. 17. - Pour délimiter la phrase et ses composantes, le saafi-saafi utilise les signes et les valeurs de la ponctuation en français, en tenant compte de la structure de la phrase saafi-saafi. Les signes sont :
tap-kafind
tap kanak
tap-tufkid
fiis-yin
fiis-ambsoh
dipdoh
rangdoh
tap meeksoh
tap feyu
Rok ci wati
Siga ! Fu inhid ne inin kerah n kur saafi moddi e. Ba woo ne roka laayid nga lool. Te kat, wa hun na ap. Ba uup (ki) yurah n doopaat ci na bitik.Ba aas, fu kuruk ne fu nuptoh ba dah, ba wees da. N kerah ne ba bayang bi gidi kotii, baat ngan kalab ci na japil ci. Te ba inah ne ba mindi adgid doopaat ci dah, ba hoos ca n diska. Wi raak n kur daf uupid.
Ba ngud tukun can bo ya jen po nikiis ca keennda n diska. E bitib ci kadang kahan naara na baab hot ca, ndo bo’ inahha diska wa raakoh. Bo ya yaa n opitaal, bo’inahdi andi a hay pese, andi a hay kaane.
Wa miskohid lool. Kur ci na goornomaani joyid ki kuruk nga.
Wa kad fiki dah, wa baahuu. Wa modaadi’id lool.
Les voleurs d’aujourd’hui
Siga ! Tu sais que j’ai appris une chose inquiétante en pays saafi. Le plus souvent les malfaiteurs s’attaquent aux animaux et aux boutiques.
Quand ils rentrent chez toi, ils te tirent dessus dès que tu essaies de les pourchasser. Il paraît que maintenant, ils sont armés de fusils en plus des coupe-coupe et des couteaux. Et quand ils savent qu’ils ne peuvent pas s’enfuir assez vite avec les animaux, ils les égorgent sur place.
Ce qui s’est passé dans notre village est encore pire. Ils ont coupé tous les doits de leur victime et les quatre sont même tombés sur les lieux. Ce sont les femmes qui se rendent chez les libanais, chaque matin, qui les ont trouvés. Auparavant personne ne connaissait le lieu de l’agression. La victime est aujourd’hui à l’hôpital et personne ne sait s’il va survivre ou non.
Cela fait vraiment mal au cœur. Les populations et l’Etat doivent prendre les mesures idoines contre ce fléau parce que si cela continue ainsi, ce sera un désastre. C’est vraiment regrettable.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 15

Art. 16

Art. 17