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Timestamp: 2017-08-18 18:14:09+00:00

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﻿ Jurisprudence - gestion mat.
L'administration ne peut retirer une décision individuelle explicite créatrice de droits illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision.
Rappel du considérant de l'arrêt TERNON du Conseil d'Etat du 26 octobre 2001:
" (...) Considérant que, sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires contraires, et hors le cas où il est satisfait à une demande du bénéficiaire, l’administration ne peut retirer une décision individuelle explicite créatrice de droits, si elle est illégale, que dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ; (...) "
Conseil d'Etat, Assemblée, 26 octobre 2001, TERNON.
Absence de mesures de sécurité.
Une jurisprudence basique, sans surprise, mais qui rappelle que la sécurité doit être toujours présente et que des interventions ponctuelles en EPLE doivent s’entourer de précautions :
Un collégien a chuté dans la trappe d'un ascenseur en panne, ladite trappe ayant été ouverte par un agent de l'établissement afin de faire sortir des élèves bloqués dans l'ascenseur. Les parents de l'élève ont poursuivi l'État pour obtenir réparation de leur pré­judice. S'agissant de la responsabilité de l'État, le tribunal a jugé « qu'il résulte de l'instruction que l'agent de l'établissement a fait sortir les élèves de l'ascenseur sans mettre en place préalablement des chaînes de sécurité autour de la trappe qu'il avait ouverte; que, s'il est constant qu'une surveillante du collège était présente sur les lieux, elle n'a cependant pas établi un périmètre de sécurité; que ces éléments permettent de montrer l'absence de mesure de sécurité ainsi qu'un défaut d'organisation dans la surveillance des élèves et caractérisent une faute de nature à engager la res­ponsabilité de l'État, que cette faute a un lien de causalité directe avec l'accident dont a été victime le jeune A. T. ». Le tribunal a cependant considéré que l'imprudence dont avait fait preuve la victime était constitutive d'une faute de nature à limiter la responsabilité de l'État aux deux tiers des consé­quences dommageables de l'accident.
TA, Limoges, 12.05.2005, M. et Mme T. c/ Rectorat de l'académie de Limoges,
Prise en charge des cahiers de TP par les familles
La Cour administrative d’appel de Nantes par un arrête du 26 mai 2005 a considéré qu'un cahier de TD "alors même qu'il vient en complément d'un manuel, constitue un instrument pédagogique à usage personnel " et qu'ainsi, "les frais liés à son acquisition ne rentrent pas dans les dépenses de fonctionnement à la charge de l'Etat et le coût en résultant peut légalement être mis à la charge des familles"
Cette décision contredit le jugement du tribunal administratif de Melun, lequel indiquait que le financement des cahiers de travaux dirigés devait être assuré par les établissements.
Arrêt en date du 26 mai 2005 de la cour administrative d’appel de Nantes.
Logement de fonction - Ordre d'attribution des concessions par nécessité absolue de service - Pouvoir de proposition du conseil d'administration de l'EPLE.
CAA, MARSEILLE1 17.04.20071 collectivité territoriale de Corsel n° 04MA00715
Par un jugement n° 020881 du 29 janvier 2004, le tribunal administratif de Bastia avait annulé, sur la demande de M. L., conseiller principal d'éducation, un arrêté du président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse portant attribution de logements de fonction aux personnels de l'État dans les établissements publics locaux d'enseignement pour l'année scolaire 2002-2003, en tant qu'il attribuait à un «fonctionnaire de l'intendance!J le logement de fonction du lycée X qui lui avait été concédé l'année précédente par nécessité absolue de service.
Par un arrêt du 17 avril 2007, la cour administrative d'appel de Marseille a, en adoptant les motifs retenus par les premiers juges, rejeté la requête en appel formée par la collectivité territoriale de Corse.
M. L. avait fait notamment valoir que la procédure prévue par le décret n° 86-428 du 14 mars 1986 relatif aux concessions de logement accordées aux personnels de l'État dans les établissements publics locaux d'enseignement n'avait pas été respectée.
Aux termes de l'article 2 de ce décret, «selon les critères fixés par l'article R. 94 du code du domaine de l'État, sont logés par nécessité absolue de service les personnels appartenant aux catégories suivantes: a) Les agents de direction, de gestion et d'éducation [. ..] .
Aux termes de son article 13, « sur rapport du chef d'établissement, le conseil d'administration de l'établissement propose les emplois dont les titulaires bénéficient d'une concession de logement par nécessité absolue ou par utilité de service, la situation et la consistance des locaux concédés ainsi que les conditions financières de chaque concession.
Les premiers juges avaient considéré que «la circulaire en date du 22 avril 2002 adressée aux chefs d'établissements par le président du conseil exécutif de Corse pour l'attribution des logements de fonction pour l'année scolaire 2002-2003, est entachée d'une erreur de droit, dans la mesure où, en son 1/, a, elle donne des instructions impératives en ce qui concerne l'ordre d'attribution des concessions par nécessité absolue de service pour les personnels de direction, gestion et éducation qu'elle énumère, en classant, en premier, le chef d'établissement et, en dernier ; "alternativement et dans cet ordre: fonctionnaire de l'intendance et fonctionnaire d'éducation"; qu'aucun texte ne donnait compétence au président du conseil exécutif pour modifier l'article 2, a précité du décret du 14 mars 1986, en transformant en ordre de priorité une simple énumération, et restreindre, par suite, le pouvoir de proposition du conseil d'administration de l'établissement public local d'enseignement, en portant ainsi atteinte à son autonomie; que dès lors M. L. est fondé à demander l'annulation partielle de l'arrêté attaqué, lequel est motivé par le souci de "respecter l'alternance entre des agents de gestion et des agents d'éducation" .
NB : S'agissant des personnels techniciens, ouvriers et de service (TOS) transférés aux collectivités territoriales par la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, la procédure d'attribution de logements de fonction est fixée par l'article 21 de la loi n° 90-1 067 du 28 novembre 1990 relative à la fonction publique territoriale et portant modification de certains articles du code des communes, modifié par l'article 67 de la loi n° 2007-209 du 19 février 2007.
Réflexion perso : cette jurisprudence semble condamner des instructions données au préalable par la CT ; mais ne pas remettre en cause le libre choix de cette dernière de suivre ou pas l'avis du CA ; car le TA et la CAA annulent l'arrêté sur un vice de procédure, la CT ayant donné des instructions impératives aux EPLE quant à l'ordre de priorité entre les catégories de l'article 2a du décret de 1986.
Logement de fonction : par utilité ou par nécessité absolue de service
Un logement est concédé par utilité de service lorsque, sans être absolument nécessaire à l'exercice de la fonction, il présente un intérêt certain pour la bonne marche du service.
Dans un arrêt du 20 juillet 2007, le Conseil d’Etat considère qu’une requête relative à l'attribution d'un logement concédé en raison des fonctions exercées par utilité de service, concerne la situation individuelle d'un agent public et se trouve donc au nombre des litiges visés par le 2° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative « relatifs à la situation individuelle des fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que des agents ou employés de la Banque de France, à l'exception de ceux concernant l'entrée au service, la discipline et la sortie du service ». Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller ou ayant une ancienneté minimale de deux ans est donc compétent pour statuer même si la requête comportait des conclusions à fin de décharge au demeurant non chiffrées.
Les juges du CE précisent également qu'aux termes de l'article R. 94 du code du domaine de l'Etat il y a :
- nécessité absolue de service, lorsque l'agent ne peut accomplir normalement son service sans être logé dans les bâtiments où il doit exercer ses fonctions.
- utilité de service lorsque, sans être absolument nécessaire à l'exercice de la fonction, le logement présente un intérêt certain pour la bonne marche du service. En l'espèce, l'utilité de service était justifiée par le fait que " (...) l' intéressé n'avait pas à exercer un service de jour comme de nuit tout au long de l'année ni à réaliser de mission de surveillance du site autoroutier et précisé que ses astreintes, organisées par roulement, n'appellent pas une présence sur son lieu de résidence pouvant être regardée comme constante (...) ".
Le Conseil d'Etat rappelle enfin qu'il résulte des articles R. 98 et R. 100 du code du domaine de l'Etat que la gratuité du logement n'est prévue que s'il répond à une nécessité absolue de service, les logements concédés pour utilité de service donnant lieu à la perception d'une redevance.
Liste d’attribution par la collectivité des logements à ses personnels.
Considérant qu'aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 214-6 du code de l'éducation: «La région assure l'accueil, la restauration, l'hébergement ainsi que l'entretien général et technique, à l'exception des missions d'encadrement et de surveillance des élèves, dans les établissements dont elle a la charge»; qu'aux termes de l'article L. 214-6-1 du même code: «La région assure le recrutement et la gestion des personnels techniciens, ouvriers et de service exerçant leurs missions dans les lycées [...] » ;
Considérant que, sur le fondement de ces dispositions ainsi que de celles précitées de l'article 21 de la loi du 28 novembre 1990, le conseil régional d'île-de-France a pu, par l'article 3 de la délibération attaquée du 6 octobre 2006, adopter la liste des emplois de personnels techniques, ouvriers et de service pour lesquels un logement de fonction est attribué au sein du parc de logements des établissements publics locaux d'enseignement ; que cette décision, qui détermine la liste des emplois concernés, ainsi que l'ordre de priorité dans l'attribution des concessions en fonction de la catégorie des établissements et du parc de loge­ments disponible, est applicable aux seuls agents gérés par la région et n'a pas pour objet, et ne pourrait avoir légalement pour effet, de modifier les conditions d'attribution des logements de fonction aux fonctionnaires de l'Etat en poste dans ces établissements, telles qu'elles sont fixées par les dispositions du décret du 14 mars 1986 relatif aux concessions de logement accordées aux personnels de l'Etat dans les établissements publics locaux d'enseignement; que, dès lors, le syndicat national des enseignements de second degré ne saurait utilement soutenir, à l'appui de sa demande d'annulation de l'article 3 de la délibé­ration attaquée, que le conseil régional a fait une inexacte application des dispositions du décret du 14 mars 1986 .
CONSEIL D'ÉTAT, 5 SEPTEMBRE 2008 - SYNDICAT NATIONAL DES ENSEIGNEMENTS DU SECOND DEGRÉ (SNES).

References: l'article 2
 l'article 2
 l'article 21
 l'article 67
 l'article 2
 l'article 21
 l'article 3
 l'article 3