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OHADA Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d apurement du passif - PDF
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1 Acte uniforme portant organisation des procédures collectives d apurement du passif Acte adopté le 10 avril 1998 et paru au JO n 7 du 1 er juillet 1998 Index [NB - Les chiffres renvoient aux numéros des articles] Actes - à titre onéreux : 69, 71 - conservatoires : 52, 53, 54, 61 - de gestion courante : 11, 52 - de mauvaise foi : interdits au débiteur : 11 Action - déchéance : 75 - forclusion : 78 - nullité : 75 - paulienne : résolution : 75 - revendication : 78, 84, 85,101 s - prescription : 18, 75, 78, responsabilité : 176 Adjudication amiable : 150, 155 et s Appel - de la décision d homologation du concordat : de la décision d ouverture : 4, 33 - des autres décisions : 216 s - délais : 218 Application - dans l espace : dans le temps : 247 Assignation des créanciers : 28 Assistance du débiteur - début : 11, 52 - fin : 18, 136 Assistance judiciaire : 176 Associes solidaires : 4, 6, 181, cessation des paiements : 31, 33, concordat : radiation : 31 - réhabilitation : scellés : 59 Audience non publique : 15, 29, 42, 201, 212 Avantages particuliers : 127, 229, 233, 244, 245 Avertissement : - pour produire : 79 - pour les offres concordataires : 119 Bail : - privilège du bailleur : 98 - résiliation du bail : 97 Banqueroute : - associés solidairement responsables : délits assimilés : 230 s - domaine d application : 227, frais de poursuite : 237s - frauduleuse : 229, peines : procédure : publicité : simple : 228, 231 Bilan : 6, 26, 55, 79, économique et social : 66 Casier judiciaire : 203, 213, 246 Caution : 11, 18, 91 s, 134, 139, 140 Cessation des paiements : - date : 34, 67 - de fait : déclaration : 25, 26 - définition : 2, 25 - fixation de la date de : 34, pièces jointes : 26 Cession d entreprise : 7, 27, 131 Cession globale d actif : 160 s Cession partielle d actif : 7, 27, 131 s Clause de réserve de propriété : 103 Clause de retour a meilleure fortune : 83 Clause résolutoire : 107 Comblement du passif : 183 s - cession forcée des droits sociaux : 185 Acte Uniforme sur les procédures collectives 1/48
2 - juridiction : - compétence : décision : prescription : 186 Commerçant : - décédé : 30, 63, radié : 31 - retiré : 31 Compensation : 68, 103, 109 Compromis : 148 Compte courant : 103 Compte spécial de la procédure collective : 45 - apurement du passif : compte rendu : 112, 113, exécution du concordat : extinction du passif : mainlevée : 45 - opposition : ouverture : 45 - versement du produit des ventes : 147 Concordat de redressement : 118 s - annulation : 127, 134, 140 s, 145, assemblée concordataire : 122 s - assistance du débiteur : avantages particuliers : 127, 244, caution : 93, 134, 139, cession d actif : 131 s - communication : contrôle : contrôleurs : 128, coobligé : 93, créanciers munis de sûretés réelles : 120, 121, effets : 134 s - exécution : 134 s - homologation : 52, 58, 126, 127, 132, hypothèque légale : offres d acquisition : personne morale : 130, proposition : publicité : rapport du syndic : reddition des comptes du syndic : 137 s - résolution : 134, 139 s - sérieux : 33 - voies de recours : vote : 125 Conjoint : 99, avantages matrimoniaux : reprises : 99 Consignation : 103, 178 Continuation de l activité : 112 s - contrats en cours : 107 s - créanciers contre la masse : liquidation des biens : location-gérance : 115 s - participation du débiteur : participation des dirigeants sociaux : redressement judiciaire : 112 Contrats de travail : 7, 27, 110, 111 Contrats en cours : - contrats de travail : dommages-intérêts : exception d inexécution : option du syndic : 108 Controleurs : 48 s - assemblée concordataire : assistance du débiteur : 52 - avertissement : 79 - avis sur le rapport du syndic : 66 - contestations : 45 - continuation de l activité : désignation : 48 - dessaisissement du débiteur : 53 - exécution du concordat : 128, 129, location-gérance du fonds : 115, mission : 49 - offres d acquisition d actif : propositions concordataires : rapport sur la liquidation des biens : réalisation des immeubles : responsabilité : 49 - résolution du concordat : révocation : 48 - révocation du syndic : 42 - vérification des créances : 84 Coobligé : 18, 91 s, 134 Créances contre la masse : 98, 108, 117, 142, 166, 167 Décision judiciaire : - d ouverture : 15, 32 - publicité : 17, 36, 37, 38 Dépenses : 45, 50, 147, 165, 176 Dépot : 103 Dessaisissement du débiteur : 11, 18, 52, 53 Dirigeants des personnes morales : 180 s - cession des droits sociaux : comblement du passif social : 183 s - concordat : droit de vote : extension des procédures collectives : 189 s - indication des : 6, 26 - ouverture des procédures collectives : rémunération : responsabilité civile : scellés : 59 Dividendes : 83, 130, 164 Douane : 63, 65, 81, 85, 149, 150 Droits sociaux : - cession forcée : dépôt des titres : 57 - droit de vote : 199 Acte Uniforme sur les procédures collectives 2/48
3 - garde et restitution : 58 - immobilisation : 57 - incessibilité : 57 Effets de commerce : 68, 69, 102 Engagements excessifs : 68, 71 Exécution provisoire : 23, 217 Extension des procedures collectives : - confusion des masses : domaine d application : date de cessation des paiements : juridiction : - compétence : décision : 193 Faillite personnelle : 194 s - actes graves : domaine d application : droit de vote des dirigeants : durée : effets : facultative : ministère public : obligatoire : procédure : 200 s - avis : demande : opposition : publicité de la décision : réhabilitation : - de plein droit : facultative : décision : 212 Fisc : 39, 65, 81, 85, 149, 150 Fonds de commerce : 7, 27, 115 s Forclusion : 78, 79, 83, 90 Frais : 45, 50, 147, 165, 237 s - de justice : 166, 167 Fraude : 143 Gage : 149, 167 Greffier : 36 Hypothèque : 68, 166, 168 Hypothèque légale de la masse : 74, 135 Infractions : - autres infractions : 240 s - banqueroute : 226 s - délits assimilés à la banqueroute : 230 s - recel : 240 Inopposabilité : - action : 11, 12, 70 - de droit : 11, 68 - dessaisissement : 11, 18, 52, 53 - effets : 71 - facultative : 69 Interdiction d acquérir : 51, 160, de faire le commerce : de diriger, gérer ou administrer : du droit de vote : 203 Intérêts : 10, 77 Inventaire : 63, 141 Journal d annonces légales : 36, 78, 79, 87, 97, 129, 219 Journal officiel : 37, 188, 219 Juge-commissaire : - assistance du débiteur : 52 - compte rendu du syndic : 43, 44 - contrôleurs : 48, 49 - décisions : 40 - définition des pouvoirs du syndic : 43 - deniers recueillis par le syndic : 45 - désignation : 16, 35 - information du Ministère Public : 47 - information par le Ministère Public : 47 - mission : 39 - nomination du syndic : 41 - opposition : 40 - remplacement : 39 - révocation du syndic : 42 Juridiction compétente : - assignation : 28 - compétence ratione materiae : 3 - compétence territoriale : 4, 184, décision d ouverture : 15, 32, 33 - option : 33 - saisine : 25 s - saisine d office : 29 Juridiction sociale : 90 Lettres : 56 Libéralités : 68, 69, 71 Licenciement pour motif économique : 7, 27, 110, 111 Liquidation des biens : - adjudication amiable des immeubles : 155 s - apurement du passif : 164 s - cession globale d actif : 160 s - clôture : 58, 170 s, compromis : définition : 2 - effets de la réalisation : insuffisance d actif : 173 s - publicité : rapport du syndic : réalisation de l actif : 147 s - réalisation des gages et nantissements : réalisation des immeubles : 150 s - réalisation des meubles : répartition des deniers : 164 s - saisie immobilière : 150, 152, solution : 146 s - transactions : union : 146 s - vente d immeuble de gré à gré : 159 Acte Uniforme sur les procédures collectives 3/48
4 Livres comptables : 55, 61 Location : 103 Location-gérance : 115 s Mandat : 103 Masse des créanciers : 72 s - confusion des masses : 141, créances contre la masse : 108, 117, 142, 166, hypothèque légale : 74, liquidation des biens : représentation de la : 72, 75 Mesures conservatoires : 182 Ministère public : - assemblée concordataire : 123, communication au : 35, 47 - continuation de l activité : faillite personnelle : 195, inventaire : 63 - rapport du syndic : 66 - saisine de la juridiction compétente : 29 Monnaie étrangère : 76 Nantissement : 68, 149, 167 Période suspecte : 67 s Organes de la procedure collective : 15 Paiement : - dettes échues : 11, 68, 69, 71 - dettes non échues : 68, 71 Prêt : 103 Privilège : - bailleur : 97, 98 - douane : V. ce mot - général : 166, salaires : 95, 96 - sécurité sociale : V. ce mot - spécial : super privilège des salaires : 166, trésor public : V. ce mot - vendeur de fonds de commerce : 98 - vendeur de meuble : 104 s Production des créances : 78 s - arrêté de l état des créances : 86 - avertissement du syndic : 79 - contestations : 85, 88s - créances fiscales, douanières et sociales : 65, 81, 85 - forclusion : 78, 79, 83, 90 - formes : 80 - information des créanciers : 87 - obligation de produire : 78, opposition des créanciers : 88 - réclamation des créanciers : 88 à 90 - restitution des dossiers : 82 - vérification : 84, 141 Redressement judiciaire - conversion en liquidation des biens : 33, 52, 118, 141, définition : 2 - solutions : 118 s Registre du commerce : 36 Règlement préventif : 5 s - actes interdits au débiteur : 11 - assistance du débiteur : 11, 18 - concordat préventif : - admission : 15, 16 - annulation : 18, 21 - effets : 18 - exécution : 16, 20 - proposition : 7 - résolution : 18, 21 - sérieux : 15 - contrôleurs : 16 - coobligés : 18 - décision de suspension des poursuites individuelles : 8 - décision de règlement préventif : 15 - définition : 2 - publicité : 17 - intérêts : 10 - juge-commissaire : 16 - juridiction : - désignation des organes : 16 - décision : 15, 16 - saisine : 14 - organes du - : 16 - prescription : 18 - requête : 5, 6 - syndic : - désignation : 8, 16 - mission : 12 - rapport : 13 - reddition des comptes : 10 - voies de recours : - contre les décisions de la juridiction compétente : 23 - contre les décisions du Président de la juridiction compétente : 22, 24 - délai : 218 Répartition des deniers : 162, 164 s Représentation du débiteur : 53 s Responsabilité des tiers : 118 Résolution : 106 s Rétention : 104 Revendication : 75, 78, 84 s, 101 s, 105, des effets de commerce : des meubles : 104 s Saisie-arret : 68 Saisie immobilière : 150, 152, 154 Salaires : 83, 95, 96, 166, 167 Scelles : 59 s, 141, 182 Seconde procedure collective : 144 Secours du débiteur : 64, 165, 182 Sécurité sociale : 39, 81, 85, 149, 150 Acte Uniforme sur les procédures collectives 4/48
5 Suretés : - constitution : 11 - inscriptions : - par le syndic : 54 - pendant la période suspecte : 68, 69, 71 - arrêt du cours : 73 - purge : 133, 150, reprises du conjoint : 99 - réelles spéciales : 75, 119 s, 168 Suspension des poursuites individuelles : 9, 75 Syndic : - assistance du débiteur : 52 s - conservation des pièces : 46 - déclarations diverses : 65 - deniers recueillis : 45 - désignation : 35, 41 - honoraires : 128, interdiction d acquérir : 51, mission : 43, 54 - option pour les contrats en cours : rapport : 66 - reddition des comptes : 43, 44, 137, 177, remplacement : 41 - représentation du débiteur : 53 s - responsabilité civile : 43 - responsabilité pénale : révocation : 42 - vérification de la publicité : 38 Transactions : 148 Trésor public : 50, 149, 150 Usages : 197, 228 Vendeur de meubles : 104 s - droit de rétention : résolution : revendication : revendication des créances : 84 s Voies de recours : 129, 216 s - appel : 216, 218, 221 à décision : - de comblement du passif : de faillite personnelle : 220 à d ouverture de la procédure collective : 219, délais : exécution provisoire : opposition : 216, 218 à publicité de la décision d appel : 225 Art.1.- Le présent Acte uniforme a pour objet : d organiser les procédures collectives de règlement préventif, de redressement judiciaire et de liquidation des biens du débiteur en vue de l apurement collectif de son passif ; de définir les sanctions patrimoniales, professionnelles et pénales relatives à la défaillance du débiteur et des dirigeants de l entreprise débitrice. Art Le règlement préventif est une procédure destinée à éviter la cessation des paiements ou la cessation d activité de l entreprise et à permettre l apurement de son passif au moyen d un concordat préventif. Le règlement préventif est applicable à toute personne physique ou morale commerçante et à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d une personne morale de droit privé qui, quelle que soit la nature de ses dettes, connaît une situation économique et financière difficile mais non irrémédiablement compromise. 2. Le redressement judiciaire est une procédure destinée à la sauvegarde de l entreprise et à l apurement de son passif au moyen d un concordat de redressement. 3. La liquidation des biens est une procédure qui a pour objet la réalisation de l actif du débiteur pour apurer son passif. 4. Le redressement judiciaire et la liquidation des biens sont applicables à toute personne physique ou morale commerçante, à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d une personne morale de droit privé qui cesse ses paiements. Art.3.- Le règlement préventif, le redressement judiciaire et la liquidation des biens relèvent de la juridiction compétente en matière commerciale. Cette juridiction est également compétente pour connaître de toutes les contestations nées de la procédure collective, de celles sur lesquelles la procédure collective exerce une influence juridique, ainsi que de celles concernant la faillite personnelle et les autres sanctions, à l exception de celles qui sont exclusivement attribuées aux juridictions administratives, pénales et sociales. Art.4.- La juridiction territorialement compétente pour connaître des procédures collectives est celle dans le ressort de laquelle le débiteur a son principal établissement ou, s il s agit d une personne Acte Uniforme sur les procédures collectives 5/48
6 morale, son siège ou, à défaut de siège sur le territoire national, son principal établissement. Si le siège social est à l étranger, la procédure se déroule devant la juridiction dans le ressort de laquelle se trouve le principal centre d exploitation situé sur le territoire national. La juridiction du siège ou du principal établissement de la personne morale est également compétente pour prononcer le règlement préventif, le redressement judiciaire ou la liquidation des biens des personnes solidairement responsables du passif de celle-ci. Toute contestation sur la compétence de la juridiction saisie doit être tranchée par celle-ci dans les quinze jours de sa saisine et, en cas d appel, dans le délai d un mois par la juridiction d appel. Lorsque sa compétence est contestée en raison du lieu, la juridiction, si elle se déclare compétente, doit statuer aussi sur le fond dans la même décision ; celle-ci ne peut être attaquée sur la compétence et sur le fond que par la voie de l appel. Art.1.- Le présent Acte uniforme a pour objet : d organiser les procédures collectives de règlement préventif, de redressement judiciaire et de liquidation des biens du débiteur en vue de l apurement collectif de son passif ; de définir les sanctions patrimoniales, professionnelles et pénales relatives à la défaillance du débiteur et des dirigeants de l entreprise débitrice. Art.2.- 1) Le règlement préventif est une procédure destinée à éviter la cessation des paiements ou la cessation d activité de l entreprise et à permettre l apurement de son passif au moyen d un concordat préventif. Le règlement préventif est applicable à toute personne physique ou morale commerçante et à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d une personne morale de droit privé qui, quelle que soit la nature de ses dettes, connaît une situation économique et financière difficile mais non irrémédiablement compromise. 2) Le redressement judiciaire est une procédure destinée à la sauvegarde de l entreprise et à l apurement de son passif au moyen d un concordat de redressement. 3) La liquidation des biens est une procédure qui a pour objet la réalisation de l actif du débiteur pour apurer son passif. 4) Le redressement judiciaire et la liquidation des biens sont applicables à toute personne physique ou morale commerçante, à toute personne morale de droit privé non commerçante, à toute entreprise publique ayant la forme d une personne morale de droit privé qui cesse ses paiements. Art.3.- Le règlement préventif, le redressement judiciaire et la liquidation des biens relèvent de la juridiction compétente en matière commerciale. Cette juridiction est également compétente pour connaître de toutes les contestations nées de la procédure collective, de celles sur lesquelles la procédure collective exerce une influence juridique, ainsi que de celles concernant la faillite personnelle et les autres sanctions, à l exception de celles qui sont exclusivement attribuées aux juridictions administratives, pénales et sociales. Art.4.- La juridiction territorialement compétente pour connaître des procédures collectives est celle dans le ressort de laquelle le débiteur a son principal établissement ou, s il s agit d une personne morale, son siège ou, à défaut de siège sur le territoire national, son principal établissement. Si le siège social est à l étranger, la procédure se déroule devant la juridiction dans le ressort de laquelle se trouve le principal centre d exploitation situé sur le territoire national. La juridiction du siège ou du principal établissement de la personne morale est également compétente pour prononcer le règlement préventif, le redressement judiciaire ou la liquidation des biens des personnes solidairement responsables du passif de celle-ci. Toute contestation sur la compétence de la juridiction saisie doit être tranchée par celle-ci dans les quinze jours de sa saisine et, en cas d appel, dans le délai d un mois par la juridiction d appel. Lorsque sa compétence est contestée en raison du lieu, la juridiction, si elle se déclare compétente, doit statuer aussi sur le fond dans la même décision ; celle-ci ne peut être attaquée sur la compétence et sur le fond que par la voie de l appel. Acte Uniforme sur les procédures collectives 6/48
7 Titre 1 - Règlement préventif Chapitre 1 - Ouverture du règlement préventif Art.5.- La juridiction compétente est saisie par requête du débiteur exposant sa situation économique et financière et présentant les perspectives de redressement de l entreprise et d apurement du passif. La requête est adressée au Président de la juridiction compétente et déposée au greffe de cette juridiction contre récépissé. Elle indique les créances pour lesquelles le débiteur demande la suspension des poursuites individuelles. Aucune requête en règlement préventif ne peut être présentée par le débiteur avant l expiration d un délai de cinq ans suivant une précédente requête ayant abouti à une décision de règlement préventif. Art.6.- En même temps que la requête, le demandeur d un règlement préventif doit déposer : 1 un extrait d immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier ; 2 les états financiers de synthèse comprenant, notamment, le bilan, le compte de résultat, un tableau financier des ressources et des emplois ; 3 un état de la trésorerie ; 4 l état chiffré des créances et des dettes avec indication du nom et du domicile des créanciers et des débiteurs ; 5 l état détaillé, actif et passif, des sûretés personnelles et réelles données ou reçues par l entreprise et ses dirigeants ; 6 l inventaire des biens du débiteur avec indication des biens mobiliers soumis à revendication par leurs propriétaires et de ceux affectés d une clause de réserve de propriété ; 7 le nombre des travailleurs et le montant des salaires et des charges salariales ; 8 le montant du chiffre d affaires et des bénéfices imposés des trois dernières années ; 9 le nom et l adresse des représentants du personnel ; 10 s il s agit d une personne morale, la liste des membres solidairement responsables des dettes de celle-ci, avec indication de leurs noms et domiciles ainsi que les noms et adresses de ses dirigeants. Tous ces documents doivent être datés, signés et certifiés conformes et sincères par le requérant. Dans le cas où l un de ces documents ne peut être fourni, ou ne peut l être qu incomplètement, la requête doit contenir l indication des motifs de cet empêchement. Art.7.- En même temps que le dépôt prévu par l article 6 ci-dessus ou, au plus tard, dans les trente jours qui suivent celui-ci, le débiteur doit, à peine d irrecevabilité de sa requête, déposer une offre de concordat préventif précisant les mesures et conditions envisagées pour le redressement de l entreprise, notamment : les modalités de continuation de l entreprise telles que la demande de délais et de remises ; la cession partielle d actif avec indication précise des biens à céder ; la cession ou la location-gérance d une branche d activité formant un fonds de commerce ; la cession ou la location-gérance de la totalité de l entreprise, sans que ces modalités soient limitatives et exclusives les unes des autres ; les personnes tenues d exécuter le concordat et l ensemble des engagements souscrits par elles et nécessaires au redressement de l entreprise ; les modalités du maintien et du financement de l entreprise, du règlement du passif né antérieurement à la décision prévue à l article 8 cidessous, ainsi que, s il y a lieu, les garanties fournies pour en assurer l exécution ; ces engagements et garanties peuvent consister, notamment, en la souscription d une augmentation du capital social par les anciens associés ou par de nouveaux, l ouverture de crédits par des établissements bancaires ou financiers, la poursuite de l exécution de contrats conclus antérieurement à la requête, la fourniture de cautions ; les licenciements pour motif économique qui doivent intervenir dans les conditions prévues par les dispositions du droit du travail. le remplacement de dirigeants. Art.8.- Dès le dépôt de la proposition de concordat préventif, celle-ci est transmise, sans délai, au Président de la juridiction compétente qui rend une décision de suspension des poursuites individuelles et désigne un expert pour lui faire rapport sur la situation économique et financière de l entreprise, les perspectives de redressement compte tenu des délais et remises consentis ou susceptibles de l être par les créanciers et toutes autres mesures contenues dans les propositions du concordat préventif. Acte Uniforme sur les procédures collectives 7/48
8 L expert ainsi désigné est soumis aux dispositions des articles 41 et 42 du présent Acte uniforme. L expert est informé de sa mission par lettre recommandée ou par tout moyen laissant trace écrite du Président de la juridiction compétente ou du débiteur dans le délai de huit jours suivant la décision de suspension des poursuites individuelles. Art.9.- La décision prévue par l article 8 suspend ou interdit toutes les poursuites individuelles tendant à obtenir le paiement des créances désignées par le débiteur et nées antérieurement à ladite décision. La suspension concerne aussi bien les voies d exécution que les mesures conservatoires. Elle s applique à tous les créanciers chirographaires et munis de privilèges généraux ou de sûretés réelles spéciales telles que, notamment, un privilège mobilier spécial, un gage, un nantissement ou une hypothèque, à l exception des créanciers de salaires. La suspension des poursuites individuelles ne s applique ni aux actions tendant à la reconnaissance des droits ou des créances contestées ni aux actions cambiaires dirigées contre les signataires d effets de commerce autres que le bénéficiaire de la suspension des poursuites individuelles. Les délais impartis aux créanciers à peine de déchéance, prescription ou résolution de leurs droits sont, en conséquence, suspendus pendant toute la durée de suspension des poursuites elles-mêmes. Art.10.- Sauf remise par les créanciers, les intérêts légaux ou conventionnels ainsi que les intérêts moratoires et les majorations continuent à courir mais ne sont pas exigibles. Art.11.- Sauf autorisation motivée du Président de la juridiction compétente, la décision de règlement préventif interdit au débiteur, sous peine d inopposabilité de droit : de payer, en tout ou en partie, les créances nées antérieurement à la décision de suspension des poursuites individuelles et visées par celle-ci ; de faire aucun acte de disposition étranger à l exploitation normale de l entreprise, ni consentir aucune sûreté. Il est également interdit au débiteur de désintéresser les cautions qui ont acquitté des créances nées antérieurement à la décision prévue à l article 8 cidessus. Art ) L expert apprécie la situation du débiteur. A cet effet, il peut, nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, obtenir communication par les commissaires aux comptes, les comptables, les représentants du personnel, les administrations publiques, les organismes de sécurité et de prévoyance sociales, les établissements bancaires ou financiers, ainsi que les services chargés de centraliser les risques bancaires et les incidents de paiement, des renseignements de nature à lui donner une exacte information sur la situation économique et financière du débiteur. 2) L expert a la charge de signaler à la juridiction compétente les manquements à l article 11 cidessus. 3) L expert entend le débiteur et les créanciers et leur prête ses bons offices pour parvenir à la conclusion d un accord sur les modalités de redressement de l entreprise et l apurement de son passif. Art.13.- L expert commis dépose au greffe, en double exemplaire, son rapport contenant le concordat préventif proposé par le débiteur ou conclu entre lui et ses créanciers, dans les deux mois de sa saisine, au plus tard, sauf autorisation motivée du Président de la juridiction compétente de proroger ce délai d un mois. L expert est tenu de respecter le délai prévu par l alinéa précédent, sous peine d engager sa responsabilité auprès du débiteur ou des créanciers. Un exemplaire du rapport est transmis au représentant du Ministère Public par le greffier en chef. Art.14.- Dans les huit jours du dépôt du rapport, le Président saisit la juridiction compétente et convoque le débiteur à comparaître devant cette juridiction pour y être entendu en audience non publique. Il doit, également convoquer à cette audience l expert rapporteur ainsi que tout créancier qu il juge utile d entendre. Le débiteur et, éventuellement, le ou les créanciers sont convoqués par lettre recommandée ou par tout moyen laissant trace écrite, trois jours au moins à l avance. Art.15.- La juridiction compétente statue en audience non publique. Acte Uniforme sur les procédures collectives 8/48
9 1) Si elle constate la cessation des paiements, elle prononce, d office, et à tout moment, le redressement judiciaire ou la liquidation des biens sans préjudice des dispositions de l article 29 ci-dessous. 2) Lorsque la situation du débiteur le justifie, elle rend une décision de règlement préventif et homologue le concordat préventif en constatant les délais et remises consentis par les créanciers et en donnant acte au débiteur des mesures proposées pour le redressement de l entreprise. Les délais et remises consentis par les créanciers peuvent être différents. La juridiction compétente homologue le concordat préventif si : les conditions de validité du concordat sont réunies ; aucun motif tiré de l intérêt collectif ou de l ordre public ne paraît de nature à empêcher le concordat ; le concordat offre des possibilités sérieuses de redressement de l entreprise, de règlement du passif et des garanties suffisantes d exécution ; les délais consentis n excèdent pas trois ans pour l ensemble des créanciers et un an pour les créanciers de salaires. Dans le cas où le concordat préventif comporte une demande de délai n excédant pas deux ans, la juridiction compétente peut rendre ce délai opposable aux créanciers qui ont refusé tout délai et toute remise sauf si ce délai met en péril l entreprise de ces créanciers. Les créanciers de salaires ne peuvent consentir aucune remise ni se voir imposer un délai qu ils n ont pas consenti eux-mêmes. 3) Si la juridiction compétente estime que la situation du débiteur ne relève d aucune procédure collective ou si elle rejette le concordat préventif proposé par le débiteur, elle annule la décision prévue à l article 8 ci-dessus. Cette annulation remet les parties en l état antérieur à cette décision. 4) La juridiction compétente doit se prononcer dans le mois de sa saisine. Art.16.- La décision de la juridiction compétente homologuant le concordat préventif met fin à la mission de l expert rapporteur sous réserve des dispositions de l article 17 ci-après. Toutefois, la juridiction compétente peut désigner un syndic et des contrôleurs chargés de surveiller l exécution du concordat préventif dans les mêmes conditions que celles prévues pour le concordat de redressement judiciaire. Elle désigne également un Juge-commissaire. Art.17.- La décision de règlement préventif est publiée dans les conditions prévues par les articles 36 et 37 ci-dessous. La vérification de la publicité est faite par l expert dans les conditions prévues par l article 38 cidessous. Chapitre 2 - Organes et effets du règlement préventif Art.18.- L homologation du concordat préventif rend celui-ci obligatoire pour tous les créanciers antérieurs à la décision de règlement préventif, que leurs créances soient chirographaires ou garanties par une sûreté dans les conditions de délais et de remises qu ils ont consenties au débiteur sans préjudice des dispositions de l article 15.2 ci-dessus. Il en est de même à l égard des cautions ayant acquitté des dettes du débiteur nées antérieurement à cette décision. Les créanciers munis de sûretés réelles ne perdent pas leurs garanties mais ne peuvent les réaliser qu en cas d annulation ou de résolution du concordat préventif auquel ils ont consenti ou qui leur a été imposé. Les cautions et coobligés du débiteur ne peuvent se prévaloir des délais et remises du concordat préventif. La prescription demeure suspendue à l égard des créanciers qui, par l effet du concordat préventif, ne peuvent exercer leurs droits ou actions. Dès que la décision de règlement préventif est passée en force de chose jugée, le débiteur recouvre la liberté d administration et de disposition de ses biens. Art.19.- L expert désigné en application de l article 8 rend compte de sa mission au président de la juridiction compétente dans le délai d un mois à compter de la décision admettant le concordat préventif. Le président de la juridiction compétente vise le compte rendu. A défaut de retrait, par le débiteur, des papiers et effets remis par lui à l expert, celui-ci en est dépo- Acte Uniforme sur les procédures collectives 9/48
10 sitaire pendant seulement deux ans à compter de son compte rendu. Art.20.- Le syndic désigné en application de l article 16 ci-dessus contrôle l exécution du concordat préventif. Il signale aussitôt tout manquement au Juge-commissaire. Il rend compte, tous les trois mois, au Jugecommissaire du déroulement des opérations et en avertit le débiteur. Celui-ci dispose d un délai de quinze jours pour formuler, s il y a lieu, ses observations et contestations. Le syndic qui cesse ses fonctions dépose ses comptes au greffe dans le mois suivant la cessation de ses fonctions. La rémunération du syndic en qualité de contrôleur est fixée par la juridiction qui l a nommé. Art.21.- A la demande du débiteur et sur rapport du syndic chargé du contrôle de l exécution du concordat préventif, s il en a été désigné un, la juridiction compétente peut décider toute modification de nature à abréger ou à favoriser cette exécution. Les dispositions des articles 139 à 143 ci-dessous sont applicables à la résolution et à l annulation du concordat préventif. Chapitre 3 - Voies de recours Art.22.- La décision de suspension des poursuites individuelles prévue par l article 8 ci-dessus n est susceptible d aucune voie de recours. Art.23.- Les décisions de la juridiction compétente relatives au règlement préventif sont exécutoires par provision et ne peuvent être attaquées que par la voie de l appel qui doit être interjeté dans le délai de quinze jours à compter de leur prononcé. Les dispositions de l article 218 ci-dessous relatives à la computation des délais sont applicables au règlement préventif. La juridiction d appel doit statuer dans le mois de sa saisine. Si la juridiction d appel confirme la décision de règlement préventif, elle admet le concordat préventif. Si la juridiction d appel constate la cessation des paiements, elle fixe la date de celle-ci et prononce le redressement judiciaire ou la liquidation des biens et renvoie la procédure devant la juridiction compétente. Dans les trois jours de la décision de la juridiction d appel, le greffier de cette juridiction en adresse un extrait au greffier de la juridiction du premier ressort qui procède à la publicité prescrite par l article 17 ci-dessus. Art.24.- Les décisions du Président de la juridiction compétente visées à l article 11 ci-dessus ne peuvent faire l objet que d une opposition devant la dite juridiction dans le délai de huit jours. Les dispositions de l article 218 ci-après relatives à la computation des délais sont applicables au règlement préventif. A cet effet, ces décisions sont déposées au greffe le jour où elles sont rendues. Elles sont notifiées aussitôt au débiteur par lettre recommandée ou tout moyen laissant trace écrite. La juridiction compétente doit statuer dans le délai de huit jours à compter du jour où l opposition est formée. L opposition est faite par déclaration au greffe. Le greffier convoque l opposant, par lettre recommandée ou tout moyen laissant trace écrite, à la plus prochaine audience pour y être entendu en Chambre du Conseil. Les décisions de la juridiction statuant sur l opposition ne sont susceptibles d aucune voie de recours autre que le pourvoi en cassation. Titre 2 - Redressement judiciaire et liquidation des biens Chapitre 1 - Ouverture du redressement judiciaire et de la liquidation des biens Art.25.- Le débiteur qui est dans l impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible doit faire une déclaration de cessation des paiements aux fins d obtenir l ouverture d une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, quelle que soit la nature de ses dettes. Acte Uniforme sur les procédures collectives 10/48
11 La déclaration doit être faite dans les trente jours de la cessation des paiements et déposée au greffe de la juridiction compétente contre récépissé. Art.26.- A la déclaration prévue par l article 25 cidessus, doivent être joints, arrêtés à la date de celleci : 1 un extrait d immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier ; 2 les états financiers de synthèse comprenant, notamment, le bilan, le compte de résultat, un tableau financier des ressources et des emplois ; 3 un état de la trésorerie ; 4 l état chiffré des créances et des dettes avec indication du nom et du domicile des créanciers et des débiteurs ; 5 l état détaillé, actif et passif, des sûretés personnelles et réelles données ou reçues par l entreprise ou ses dirigeants ; 6 l inventaire des biens du débiteur avec indication des biens mobiliers soumis à revendication par leurs propriétaires et de ceux affectés d une clause de réserve de propriété ; 7 le nombre des travailleurs et le montant des salaires et des charges salariales impayés ; 8 le montant du chiffre d affaires et des bénéfices imposés des trois dernières années ; 9 le nom et l adresse des représentant du personnel ; 10 s il s agit d une personne morale, la liste des membres solidairement responsables des dettes de celle-ci avec indication de leurs noms et domiciles ainsi que les noms et adresses de ses dirigeants. Tous ces documents doivent être datés, signés et certifiés conformes et sincères par le déclarant. Dans le cas où l un de ces documents ne peut être fourni, ou ne peut l être qu incomplètement, la déclaration doit contenir l indication des motifs de cet empêchement. Art.27.- En même temps que la déclaration prévue par l article 25 ci-dessus ou, au plus tard, dans les quinze jours qui suivent celle-ci, le débiteur doit déposer une offre de concordat précisant les mesures et conditions envisagées pour le redressement de l entreprise, notamment : les modalités de continuation de l entreprise telles que la demande ou l octroi de délais et de remises ; la cession partielle d actif avec indication précise des biens à céder ; la cession ou la location-gérance d une branche d activité formant un fonds de commerce ; la cession ou la location-gérance de la totalité de l entreprise, sans que ces modalités soient limitatives et exclusives les unes des autres ; les personnes tenues d exécuter le concordat et l ensemble des engagements souscrits par elles et nécessaires au redressement de l entreprise ; les modalités du maintien et du financement de l entreprise, du règlement du passif né antérieurement à la décision d ouverture ainsi que, s il y a lieu, les garanties fournies pour en assurer l exécution ; ces engagements et garanties peuvent consister, notamment, en la souscription d une augmentation du capital social par les anciens associés ou par de nouveaux, l ouverture de crédits par des établissements bancaires ou financiers, la poursuite de l exécution de contrats conclus antérieurement à la décision d ouverture, la fourniture de cautions ; les licenciements pour motif économique qui doivent intervenir dans les conditions prévues par les articles 110 et 111 du présent Acte uniforme. le remplacement de dirigeants. Art.28.- La procédure collective peut être ouverte sur la demande d un créancier, quelle que soit la nature de sa créance, pourvu qu elle soit certaine, liquide et exigible. L assignation du créancier doit préciser la nature et le montant de sa créance et viser le titre sur lequel elle se fonde. Le débiteur a la possibilité de faire la déclaration et la proposition de concordat prévues aux articles 25, 26 et 27 ci-dessus dans le délai d un mois suivant l assignation. Art ) La juridiction compétente peut se saisir d office, notamment sur la base des informations fournies par le représentant du Ministère Public, les commissaires aux comptes des personnes morales de droit privé lorsque celles-ci en comportent, les associés ou membres de ces personnes morales ou les institutions représentatives du personnel qui lui indiquent les faits de nature à motiver cette saisine. Le Président fait convoquer le débiteur, par les soins du greffier, par acte extrajudiciaire, à comparaître devant la juridiction compétente siégeant en audience non publique. L acte extrajudiciaire doit contenir la reproduction intégrale du présent article. 2) Si le débiteur comparaît, le Président l informe des faits de nature à motiver la saisine d office et reçoit ses observations. Si le débiteur reconnaît être Acte Uniforme sur les procédures collectives 11/48
12 en cessation des paiements ou en difficulté ou si le Président acquiert l intime conviction qu il est dans une telle situation, ce dernier lui accorde un délai de trente jours pour faire la déclaration et la proposition de concordat de redressement prévues aux articles 25, 26 et 27 ci-dessus. Le même délai est accordé aux membres d une personne morale indéfiniment et solidairement responsables du passif de celle-ci. Passé ce délai, la juridiction compétente statue en audience publique. 3) Si le débiteur ne comparaît pas, il en est pris acte et la juridiction compétente statue à la première audience publique utile. Art.30.- Lorsqu un commerçant est décédé en état de cessation des paiements, la juridiction compétente est saisie dans le délai d un an à partir du décès, soit sur déclaration d un héritier, soit sur l assignation d un créancier. La juridiction compétente peut se saisir d office dans le même délai, les héritiers connus du débiteur étant entendus ou dûment appelés. Dans ce cas, la procédure de l article 29 ci-dessus est applicable. En cas de saisine de la juridiction compétente par les héritiers, ceux-ci doivent souscrire une déclaration de cessation des paiements et déposer une offre de concordat dans les conditions prévues aux articles 25, 26 et 27 ci-dessus. En cas de saisine de la juridiction compétente sur assignation des créanciers, les dispositions de l article 28 ci-dessus sont applicables. Art.31.- L ouverture d une procédure collective peut être demandée, dans le délai d un an à partir de la radiation du débiteur du Registre du commerce et du crédit immobilier, lorsque la cessation des paiements est antérieure à cette radiation. Elle peut également être demandée contre un associé indéfiniment et solidairement responsable du passif social dans le délai d un an à partir de la mention de son retrait au Registre du commerce et du crédit immobilier lorsque la cessation des paiements de la société est antérieure à cette mention. Dans les deux cas, la juridiction compétente est saisie sur assignation des créanciers ou se saisit d office dans les conditions prévues aux articles 28 et 29 ci-dessus. Art.32.- L ouverture d une procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des biens ne peut résulter que d une décision de la juridiction compétente. Avant la décision d ouverture d une procédure collective, le Président de la juridiction compétente peut désigner un juge du siège ou toute personne qu il estime qualifiée, à charge de dresser et lui remettre un rapport dans un délai qu il détermine, pour recueillir tous renseignements sur la situation et les agissements du débiteur et la proposition de concordat faite par lui. La juridiction compétente statue à la première audience utile et, s il y a lieu, sur le rapport prévu à l alinéa précédent ; elle ne peut rendre sa décision avant l expiration d un délai de trente jours à compter de sa saisine, quel que soit le mode de saisine. La juridiction compétente saisie ne peut inscrire l affaire au rôle général. Art.33.- La juridiction compétente qui constate la cessation des paiements doit prononcer le redressement judiciaire ou la liquidation des biens. Elle prononce le redressement judiciaire s il lui apparaît que le débiteur a proposé un concordat sérieux. Dans le cas contraire, elle prononce la liquidation des biens. La décision qui constate la cessation des paiements d une personne morale produit ses effets à l égard de tous les membres indéfiniment et solidairement responsables du passif de celle-ci et prononce, contre chacun d eux, soit le redressement judiciaire, soit la liquidation des biens. A toute époque de la procédure de redressement judiciaire, la juridiction compétente peut convertir celle-ci en liquidation des biens s il se révèle que le débiteur n est pas ou n est plus dans la possibilité de proposer un concordat sérieux. La décision de la juridiction compétente est susceptible d appel. La juridiction d appel qui annule ou infirme la décision de première instance peut prononcer, d office, le redressement judiciaire ou la liquidation des biens. Art.34.- La juridiction compétente doit fixer provisoirement la date de cessation des paiements, faute de quoi celle-ci est réputée avoir lieu à la date de la décision qui la constate. Acte Uniforme sur les procédures collectives 12/48
13 La date de cessation des paiements ne peut être antérieure de plus de dix-huit mois au prononcé de la décision d ouverture. La juridiction compétente peut modifier, dans les limites fixées au précédent alinéa, la date de cessation des paiements par une décision postérieure à la décision d ouverture. Aucune demande tendant à faire fixer la date de cessation des paiements à une autre date que celle fixée par la décision d ouverture ou une décision postérieure, n est recevable après l expiration du délai d opposition prévu à l article 88 ci-dessus. A partir de ce jour, la date de cessation des paiements demeure irrévocablement fixée. Art.35.- La décision d ouverture nomme un Jugecommissaire parmi les juges de la juridiction, à l exclusion de son Président sauf en cas de juge unique. Il désigne le ou les syndics sans que le nombre de ceux-ci puisse excéder trois. Le cas échéant, l expert désigné pour le règlement préventif d un débiteur ne peut être désigné comme syndic. Le greffier adresse immédiatement un extrait de la décision au représentant du Ministère Public. Cet extrait mentionne les principales dispositions de la décision. Art.36.- Toute décision d ouverture de procédure collective est mentionnée, sans délai, au registre du commerce et du crédit mobilier. Si le débiteur est une personne morale de droit privé non commerçante, la mention est portée au registre chronologique ; en outre, une fiche est établie au nom de l intéressé au fichier alphabétique avec mention de la décision la concernant ; il est indiqué, de plus, les nom et adresse du ou des dirigeants ainsi que le siège de la personne morale. La décision est, en outre, insérée par extrait, avec les mêmes indications, dans un journal habilité à recevoir des annonces légales au lieu du siège de la juridiction compétente. Une deuxième insertion doit être faite, dans les mêmes conditions, quinze jours plus tard. Outre les indications prévues par le présent article, les deux extraits doivent contenir avertissement fait aux créanciers de produire leurs créances auprès du syndic et reproduction intégrale des dispositions de l article 78 du présent Acte uniforme. La même publicité doit être faite au lieu où le débiteur ou la personne morale a des établissements principaux. La publicité ci-dessus est faite, d office, par le greffier. Art.37.- Les mentions faites au registre du commerce et du crédit mobilier sont adressées, pour insertion, au Journal officiel, dans les quinze jours du prononcé de la décision. Cette insertion contient, d une part, indication du débiteur ou de la personne morale débitrice, de son domicile ou siège social, de son numéro d immatriculation au Registre du commerce et du crédit mobilier, de la date de la décision qui prononce le règlement préventif, le redressement judiciaire ou la liquidation des biens et, d autre part, l indication des numéros du journal d annonces légales où ont été publiés les extraits prévus à l article 36 ci-dessus ; elle indique également le nom et l adresse du syndic auprès duquel les créanciers doivent produire leurs créances et reproduit intégralement les dispositions de l article 78 du présent Acte uniforme. L insertion au Journal officiel est faite, d office, par le greffier ou, à défaut, le syndic. Elle est facultative si la publicité dans un journal d annonces légales a été faite conformément aux dispositions de l article 36 ci-dessus. Elle est obligatoire dans le cas contraire. Art.38.- Le syndic est tenu de vérifier si les mentions et publicités prévues par les articles 36 et 37 du présent Acte uniforme ont été accomplies. Il est également tenu d inscrire la décision d ouverture conformément aux dispositions organisant la publicité foncière. Chapitre 2 - Organes du redressement judiciaire et de la liquidation des biens Section 1 - Juge-commissaire Art.39.- Le Juge-commissaire, placé sous l autorité de la juridiction compétente, veille au déroulement rapide de la procédure et aux intérêts en présence. Il recueille tous les éléments d information qu il juge utiles. Il peut, notamment, entendre le débiteur ou les dirigeants de la personne morale, leurs préposés, les créanciers ou toute autre personne, y compris le conjoint ou les héritiers connus du débiteur décédé en état de cessation des paiements. Acte Uniforme sur les procédures collectives 13/48
14 Nonobstant toute disposition législative ou réglementaire contraire, il peut obtenir communication, par les commissaires aux comptes, les comptables, les membres et représentants du personnel, par les administrations et organismes publics, les organismes de prévoyance et de sécurité sociales, les établissements de crédit ainsi que les services chargés de centraliser les risques bancaires et les incidents de paiement, des renseignements de nature à lui donner une information exacte sur la situation économique et financière de l entreprise. Le Juge-commissaire fait rapport à la juridiction compétente de toutes contestations nées de la procédure collective. La juridiction compétente peut, à tout moment, procéder au remplacement du Juge-commissaire. Art.40.- Le Juge-commissaire statue sur les demandes, contestations et revendications relevant de sa compétence, dans le délai de huit jours à partir de sa saisine. Passé ce délai, s il n a pas statué, il est réputé avoir rendu une décision de rejet de la demande. Les décisions du Juge-commissaire sont immédiatement déposées au greffe et notifiées par les soins du greffier, par lettre recommandée ou tout moyen laissant trace écrite, à toutes personnes à qui elles sont susceptibles de faire grief. Elles peuvent être frappées d opposition formée par simple déclaration au greffe dans les huit jours de leur dépôt ou de leur notification ou suivant le délai prévu à l alinéa premier du présent article. Pendant le même délai, la juridiction compétente peut se saisir d office et réformer ou annuler les décisions du Juge-commissaire. La juridiction compétente statue à la première audience. Lorsque la juridiction compétente statue sur une opposition formée contre une décision du Jugecommissaire, ce dernier ne peut siéger. Section 2 - Syndic Art.41.- Aucun parent ou allié du débiteur jusqu au quatrième degré inclusivement ne peut être nommé syndic. Lorsqu il y a lieu de procéder à l adjonction ou au remplacement d un ou de plusieurs syndics, il en est référé par le Juge-commissaire à la juridiction compétente qui procède à la nomination. Art.42.- La juridiction compétente peut prononcer la révocation d un ou de plusieurs syndics sur proposition du Juge-commissaire agissant, soit d office, soit sur les réclamations qui lui sont adressées par le débiteur, par les créanciers ou par les contrôleurs. Si une réclamation tend à la révocation du syndic, le Juge-commissaire doit statuer, dans les huit jours, en rejetant la demande ou en proposant à la juridiction compétente la révocation du syndic. Si, à l expiration de ce délai, le Juge-commissaire n a pas statué, la réclamation peut être portée devant la juridiction compétente ; s il a statué, sa décision peut être frappée d opposition dans les conditions prévues par l article 40 ci-dessus. La juridiction compétente entend, en audience non publique, le rapport du Juge-commissaire et les explications du syndic. Sa décision est prononcée en audience publique. Art.43.- Le ou les syndics sont chargés de représenter les créanciers sous réserve des dispositions des articles 52 et 53 ci-après. Ils ont la qualité de mandataires rémunérés et sont civilement responsables de leurs fautes dans les termes du droit commun, sans préjudice de leur responsabilité pénale. S il a été nommé plusieurs syndics, ils agissent collectivement. Toutefois, le Juge-commissaire peut, selon les circonstances, donner à un ou plusieurs d entre eux, le pouvoir d agir individuellement ; dans ce cas, seuls les syndics ayant reçu ce pouvoir sont responsables en cas de faute de leur part. Si une réclamation est formée contre l une quelconque des opérations du syndic, le Jugecommissaire est saisi et statue dans les conditions prévues à l article 40 ci-dessus. Le syndic a l obligation de rendre compte de sa mission et du déroulement de la procédure collective au Juge-commissaire selon une périodicité définie par ce magistrat. A défaut, il doit rendre compte une fois par mois et, dans tous les cas, chaque fois que le Juge-commissaire le lui demande. Art.44.- Le syndic qui cesse ses fonctions doit rendre ses comptes au nouveau syndic, en présence du Juge-commissaire, le débiteur dûment appelé par Acte Uniforme sur les procédures collectives 14/48
15 lettre recommandée ou tout moyen laissant trace écrite. Art.45.- Les deniers éventuellement recueillis par le syndic, quelle qu en soit la provenance, sont versés immédiatement à un compte spécialement ouvert pour chaque procédure collective auprès d un établissement bancaire ou postal ou au Trésor. Dans les huit jours des recettes, le syndic doit justifier lesdits versements au Juge-commissaire. En cas de retard, le syndic doit les intérêts des sommes qu il n a pas versées. Le Juge-commissaire arbitre les sommes nécessaires aux dépenses et frais de la procédure. Si des fonds dus au débiteur ont été déposés à un compte spécial par des tiers, il en est fait transfert à un compte ouvert par le syndic au nom de la procédure collective, à charge par lui d obtenir mainlevée des oppositions éventuelles. Les fonds ainsi versés ne peuvent être retirés qu en vertu d une décision du Juge-commissaire. Art.46.- Le syndic est responsable des livres, papiers et effets remis par le débiteur ou appartenant à celui-ci ainsi que par les créanciers ou par tout apporteur pendant cinq ans à partir du jour de la reddition des comptes. Section 3 - Ministère public Art Le représentant du Ministère Public est informé du déroulement de la procédure collective par le Juge-commissaire. Il peut, à toute époque, requérir communication de tous actes, livres ou documents relatifs à la procédure collective. Le défaut de communication d information ou de document ne peut être invoqué que par le représentant du Ministère Public. 2. Le représentant du Ministère Public communique au Juge-commissaire, sur sa demande ou même d office, les renseignements utiles à l administration de la procédure collective et provenant de toute procédure pénale, nonobstant le secret de l instruction. Section 4 - Contrôleurs Art.48.- A toute époque, le Juge-commissaire peut nommer un ou plusieurs contrôleurs choisis parmi les créanciers, sans que leur nombre puisse excéder trois. Toutefois, la nomination de contrôleurs est obligatoire à la demande des créanciers représentant, au moins, la moitié du total des créances même non vérifiées. Dans ce cas, le Juge-commissaire désigne trois contrôleurs choisis respectivement parmi les créanciers munis de sûretés réelles spéciales mobilières ou immobilières, les représentants du personnel et les créanciers chirographaires. Aucun parent ou allié du débiteur ou des dirigeants de la personne morale, jusqu au quatrième degré inclusivement, ne peut être nommé contrôleur ou représentant d une personne morale désignée comme contrôleur. Les contrôleurs peuvent être révoqués par la juridiction compétente sur proposition du Jugecommissaire. Après révocation, le Jugecommissaire nomme leurs remplaçants. Art.49.- Les contrôleurs assistent le Jugecommissaire dans sa mission de surveillance du déroulement de la procédure collective et veillent aux intérêts des créanciers. Ils ont toujours le droit de vérifier la comptabilité et l état de situation présenté par le débiteur, de demander compte de l état de la procédure, des actes accomplis par le syndic ainsi que des recettes faites et des versements effectués. Ils sont obligatoirement consultés pour la continuation de l activité de l entreprise au cours de la procédure de vérification des créances et à l occasion de la réalisation des biens du débiteur. Ils peuvent saisir de toutes contestations le Jugecommissaire qui statue conformément aux dispositions de l article 40 ci-dessus. Les fonctions des contrôleurs sont gratuites et doivent être exercées personnellement. Les contrôleurs ne répondent que de leurs fautes lourdes. Section 5 - Dispositions générales Art.50.- Lorsque les deniers du débiteur ne peuvent suffire immédiatement aux frais de la décision de redressement judiciaire ou de liquidation des biens, de signification, d affiche et d insertions de cette décision dans les journaux, d apposition, de garde Acte Uniforme sur les procédures collectives 15/48
16 et de levée des scellés ou d exercice des actions en déclaration d inopposabilité, de comblement du passif, d extension des procédures collectives et de faillite personnelle des dirigeants des personnes morales, l avance de ces frais est faite, sur décision du Juge-commissaire, par le Trésor public qui en sera remboursé, par privilège, sur les premiers recouvrements. Cette disposition est applicable à la procédure d appel de la décision prononçant le redressement judiciaire ou la liquidation des biens. Art.51.- Il est interdit au syndic et à tous ceux qui ont participé à l administration de toute procédure collective, d acquérir personnellement, soit directement, soit indirectement, à l amiable ou par vente de justice, tout ou partie de l actif mobilier ou immobilier du débiteur en état de règlement préventif, redressement judiciaire ou liquidation des biens. Chapitre 3 - Effets de la décision d ouverture a l égard du débiteur Section 1 - Assistance ou dessaisissement du débiteur Art.52.- La décision qui prononce le redressement judiciaire emporte, de plein droit, à partir de sa date, et jusqu à l homologation du concordat ou la conversion du redressement judiciaire en liquidation des biens, assistance obligatoire du débiteur pour tous les actes concernant l administration et la disposition de ses biens, sous peine d inopposabilité de ces actes. Toutefois, le débiteur peut accomplir, valablement, seul, les actes conservatoires et ceux de gestion courante entrant dans l activité habituelle de l entreprise, conformément aux usages de la profession, à charge d en rendre compte au syndic. Si le débiteur ou les dirigeants de la personne morale refusent de faire un acte nécessaire à la sauvegarde du patrimoine, le syndic peut y procéder seul, à condition d y être autorisé par le Jugecommissaire. Il en est ainsi, notamment, lorsqu il s agit de prendre des mesures conservatoires, de procéder au recouvrement des effets et des créances exigibles, de vendre des objets dispendieux à conserver ou soumis à dépérissement prochain ou à dépréciation imminente, d intenter ou de suivre une action mobilière ou immobilière. Si le syndic refuse son assistance pour accomplir des actes d administration ou de disposition au débiteur ou aux dirigeants de la personne morale, ceux-ci ou les contrôleurs peuvent l y contraindre par décision du Juge-commissaire obtenue dans les conditions prévues par les articles 40 et 43 cidessus. Art.53.- La décision qui prononce la liquidation des biens d une personne morale emporte, de plein droit, dissolution de celle-ci. La décision qui prononce la liquidation des biens emporte, de plein droit, à partir de sa date, et jusqu à la clôture de la procédure, dessaisissement pour le débiteur de l administration et de la disposition de ses biens présents et de ceux qu il peut acquérir à quelque titre que ce soit, sous peine d inopposabilité de tels actes, sauf s il s agit d actes conservatoires. Les actes, droits et actions du débiteur concernant son patrimoine sont accomplis ou exercés, pendant toute la durée de la liquidation des biens, par le syndic agissant seul en représentation du débiteur. Si le syndic refuse d accomplir un acte ou d exercer un droit ou une action concernant le patrimoine du débiteur, celui-ci ou les dirigeants de la personne morale ou les contrôleurs s il en a été nommé, peuvent l y contraindre par décision du Juge-commissaire obtenue dans les conditions prévues par les articles 40 et 43 ci-dessus. Art.54.- Dès son entrée en fonction, le syndic est tenu de faire tous actes nécessaires pour la conservation des droits du débiteur contre les débiteurs de celui-ci. Il est tenu, notamment, de requérir au nom de la masse, les inscriptions des sûretés mobilières et immobilières soumises à publicité qui n ont pas été requises par le débiteur lui-même. Le syndic joint à sa requête, un certificat constatant sa nomination. Art.55.- Dans les trois jours de la décision d ouverture, le débiteur doit se présenter au syndic avec ses livres comptables en vue de leur examen et de leur clôture. Tout tiers détenteur de ces livres est tenu de les remettre au syndic sur sa demande. Le débiteur ou le tiers détenteur peut se faire représenter s il justifie de causes d empêchement reconnues légitimes. Acte Uniforme sur les procédures collectives 16/48
17 Dans le cas où le bilan ne lui a pas été remis par le débiteur, le syndic dresse, à l aide des livres, documents comptables, papiers et renseignements qu il se procure, un état de situation. Art.56.- En cas de liquidation des biens, les lettres adressées au débiteur sont remises au syndic, sauf celles ayant un caractère personnel. Le débiteur, s il est présent, assiste à leur ouverture. Art.57.- A partir de la décision d ouverture d une procédure collective contre une personne morale, les dirigeants de droit ou de fait, apparents ou occultes, rémunérés ou non, ne peuvent, à peine de nullité, céder les parts sociales, actions ou tous autres droits sociaux qu avec l autorisation du Jugecommissaire et dans les conditions fixées par lui. La juridiction compétente prononce l incessibilité des droits sociaux de toute personne qui s est immiscée dans la gestion de la personne morale à quelque moment que cette immixtion ait été constatée. Les titres constatant les droits sociaux sont déposés entre les mains du syndic. A défaut de remise volontaire, le syndic met en demeure les dirigeants de procéder au dépôt entre ses mains. La non remise de ces titres est constitutive de l infraction prévue à l article 231, 7 ci-après. Le syndic fait, le cas échéant, mentionner sur les registres de la personne morale et au Registre du commerce et du crédit mobilier, l incessibilité des droits sociaux des dirigeants. Le syndic dresse un état des droits sociaux et délivre aux dirigeants un certificat de dépôt ou d inscription d incessibilité pour leur permettre de participer aux assemblées de la personne morale. Art.58.- Le syndic assure, sous sa responsabilité, la garde des titres qui lui sont remis par les dirigeants sociaux. Il ne peut les restituer qu après homologation du concordat ou après clôture des opérations de liquidation des biens, sauf à les remettre, à tout moment, à qui la justice l ordonnera. Art.59.- La décision d ouverture peut prescrire l apposition des scellés sur les caisses, coffres, portefeuilles, livres, papiers, meubles, effets, magasins et comptoirs du débiteur et, s il s agit d une personne morale comportant des membres indéfiniment responsables, sur les biens de chacun des membres. L apposition des scellés peut également être prescrite sur les biens des dirigeants des personnes morales. Le greffier adresse immédiatement avis de la décision au Juge-commissaire qui appose les scellés. Avant même cette décision, le Président de la juridiction compétente peut désigner, parmi les membres de celle-ci, soit d office, soit sur réquisition d un ou plusieurs créanciers, un juge qui appose les scellés, mais uniquement dans le cas de disparition du débiteur ou de détournement de tout ou partie de son actif. Le Juge-commissaire ou le juge désigné selon les dispositions de l alinéa précédent, donne, sans délai, avis de l apposition des scellés au Président de la juridiction qui l a ordonnée. Art.60.- Si la juridiction compétente a ordonné l apposition des scellés, le Juge-commissaire peut, sur proposition du syndic, le dispenser de faire placer sous scellés ou l autoriser à en faire extraire : 1 les objets mobiliers et effets indispensables au débiteur et à sa famille sur l état qui lui est soumis ; 2 les objets soumis à dépérissement prochain ou à dépréciation imminente ; 3 les objets nécessaires à l activité professionnelle du débiteur ou à son entreprise quand la continuation de l exploitation est autorisée. Ces objets sont, de suite, inventoriés avec prisée par le syndic, en présence du Juge-commissaire qui signe le procès-verbal. Art.61.- Les livres et documents comptables sont extraits des scellés et remis au syndic par le Jugecommissaire après que ce magistrat les a arrêtés et qu il a constaté sommairement, dans son procèsverbal, l état dans lequel il les a trouvés. Les effets en portefeuille à courte échéance ou susceptibles d acceptation ou pour lesquels il faut faire des actes conservatoires, sont extraits des scellés par le Juge-commissaire, décrits et remis au syndic pour en faire le recouvrement. Art.62.- Dans les trois jours de leur apposition, le syndic requiert la levée des scellés en vue des opérations d inventaire. Art.63.- Il est procédé, par le syndic, à l inventaire des biens du débiteur, lui présent ou dûment appelé par lettre recommandée ou par tout moyen laissant trace écrite. Acte Uniforme sur les procédures collectives 17/48
18 En même temps qu il est procédé à l inventaire, il est fait récolement des objets mobiliers échappant à l apposition des scellés ou extraits de ceux-ci après inventaire et prisée. Le syndic peut se faire aider par telle personne qu il juge utile pour la rédaction de l inventaire comme pour l estimation des biens. Les marchandises placées sous sujétion douanière font l objet, si le syndic en a connaissance, d une mention spéciale. Lorsque la procédure collective est ouverte après le décès du débiteur et qu il n a pas été fait d inventaire, celui-ci est dressé ou poursuivi en présence des héritiers connus ou dûment appelés par lettre recommandée ou par tout moyen laissant trace écrite. Le représentant du Ministère Public peut assister à l inventaire. L inventaire est dressé en double exemplaire : l un est immédiatement déposé au greffe de la juridiction compétente, l autre reste entre les mains du syndic. En cas de liquidation des biens, une fois l inventaire terminé, les marchandises, les espèces, les valeurs, les effets de commerce et les titres de créance, les livres et papiers, meubles et effets du débiteur sont remis au syndic qui en prend charge au bas de l inventaire. Art.64.- Le débiteur peut obtenir sur l actif, pour lui et pour sa famille, des secours fixés par le Jugecommissaire. Celui-ci prend sa décision après avoir entendu le syndic. Art En cas de redressement judiciaire, le syndic doit immédiatement requérir le débiteur de souscrire toutes les déclarations lui incombant en matière fiscale, douanière et de sécurité sociale. Le syndic surveille la production de ces déclarations. 2 En cas de liquidation des biens, le syndic doit immédiatement requérir le débiteur de lui fournir tous les éléments d information ne résultant pas des livres de commerce, nécessaires à la détermination de tous impôts, droits et cotisations de sécurité sociales dus. Le syndic transmet aux administrations fiscales, douanières et de sécurité sociale, les éléments d information fournis par le débiteur et ceux qu il a à sa disposition. 3 Dans l un et l autre des cas visés ci-dessus, si le débiteur n a pas déféré, dans les vingt jours, à la réquisition du syndic, celui-ci constate cette défaillance et en avise le Juge-commissaire ; il en informe, dans les dix jours, les administrations fiscales, douanières et de sécurité sociale en leur fournissant les éléments d information dont il dispose sur les affaires réalisées et sur les salaires payés par le débiteur. Art.66.- Le syndic, dans le mois de son entrée en fonction, sauf prorogation exceptionnelle de délai accordée par décision dûment motivée du Jugecommissaire, remet à ce magistrat un rapport sommaire de la situation apparente du débiteur, des causes et caractères de cette situation faisant apparaître un bilan économique et social de l entreprise et les perspectives de redressement résultant des propositions concordataires du débiteur. L avis des contrôleurs, s il en a été nommé, doit être joint au rapport. Le Juge-commissaire transmet immédiatement le rapport avec ses observations au représentant du Ministère Public. Si ce rapport ne lui a pas été remis dans le délai prescrit, il doit en aviser le représentant du Ministère Public et lui expliquer les causes du retard. Section 2 - Actes inopposables à la masse des créanciers Art.67.- Sont inopposables de droit ou peuvent être déclarés inopposables à la masse des créanciers, telle que définie par l article 72 ci-après, les actes passés par le débiteur pendant la période suspecte débutant à la date de cessation des paiements et finissant à la date de la décision d ouverture. Art.68.- Sont inopposables de droit s ils sont faits pendant la période suspecte : 1 tous les actes à titre gratuit translatifs de propriété mobilière ou immobilière ; 2 tout contrat commutatif dans lequel les obligations du débiteur excédent notablement celles de l autre partie ; 3 tout paiement, quel qu en soit le mode, de dettes non échues, sauf s il s agit du paiement d un effet de commerce ; 4 tout paiement de dettes échues, fait autrement qu en espèces, effet de commerce, vire- Acte Uniforme sur les procédures collectives 18/48
19 ment, prélèvement, carte de paiement ou de crédit ou compensation légale, judiciaire ou conventionnelle de dettes ayant un lien de connexité entre elles ou tout autre mode normal de paiement ; 5 toute hypothèque conventionnelle ou nantissement conventionnel, toute constitution de gage, consentie sur les biens du débiteur pour dettes antérieurement contractées ; 6 toute inscription provisoire d hypothèque judiciaire conservatoire ou de nantissement judiciaire conservatoire. Art ) Peuvent être déclarés inopposables à la masse des créanciers, s ils lui ont causé un préjudice : 1 les actes à titre gratuit translatifs de propriété mobilière ou immobilière faits dans les six mois précédant la période suspecte ; 2 les inscriptions des sûretés réelles mobilières ou immobilières, consenties ou obtenues pour des dettes concomitantes lorsque leur bénéficiaire a eu connaissance de la cessation des paiements du débiteur ; 3 les actes à titre onéreux si ceux qui ont traité avec le débiteur ont eu connaissance de la cessation des paiements du débiteur au moment de leur conclusion ; 4 les paiements volontaires des dettes échues si ceux qui ont perçu ont eu connaissance de la cessation des paiements du débiteur au moment des paiements. 2) Par dérogation au 4 du paragraphe 1 du présent article, le paiement fait au porteur diligent d une lettre de change, d un billet à ordre ou d un chèque est opposable à la masse sauf dans les cas suivants où une action en rapport est possible contre : 1 le tireur ou le donneur d ordre en cas de tirage pour compte qui a eu connaissance de la cessation des paiements du tiré, soit au moment du tirage, soit au moment du paiement de la lettre de change à lui fait par le tiré ; 2 le bénéficiaire du billet à ordre qui a eu connaissance de la cessation des paiements du souscripteur, soit au moment de l endossement de l effet par lui, soit au moment du paiement à lui fait par le souscripteur ; 3 le tireur d un chèque qui a eu connaissance de la cessation des paiements du tiré au moment de l émission du chèque ; 4 le bénéficiaire d un chèque qui a eu connaissance de la cessation des paiements du tireur au moment de l émission du chèque ; 5 le bénéficiaire d un chèque qui a eu connaissance de la cessation des paiements du tiré soit au moment de l émission, soit au moment du paiement du chèque ; Art.70.- Seul le syndic peut agir en déclaration d inopposabilité des actes faits pendant la période suspecte devant la juridiction ayant prononcé l ouverture de la procédure collective. Il ne peut exercer cette action après le dépôt de l arrêté de l état des créances prévu à l article 86 ciaprès. Art.71.- L inopposabilité profite à la masse. 1 La masse est colloquée à la place du créancier dont la sûreté a été déclarée inopposable. 2 L acte à titre gratuit déclaré inopposable est privé d effet s il n a pas été exécuté. Dans le cas contraire, le bénéficiaire de la libéralité doit rapporter le bien dont la propriété a été transférée gratuitement. En cas de sous-aliénation à titre gratuit, le sousacquéreur, même de bonne foi, est soumis à l inopposabilité et au rapport du bien ou au paiement de sa valeur à moins que le bien ait disparu de son patrimoine par suite d un cas de force majeure. En cas de sous-aliénation à titre onéreux, le sousacquéreur n est soumis au rapport ou au paiement de sa valeur que si, au moment de l acquisition du bien par lui, il avait connaissance de la cessation des paiements du débiteur. En tout état de cause, le bénéficiaire principal de l acte à titre gratuit reste tenu du paiement de la valeur du bien si le sous-acquéreur ne peut ou ne doit rapporter le bien. 3 Le paiement déclaré inopposable doit être rapporté par le créancier qui devra produire au passif du débiteur. 4 Si le contrat commutatif déséquilibré déclaré inopposable n a pas été exécuté, il ne peut plus l être. S il a été exécuté, le créancier peut seulement produire au passif du débiteur pour la juste valeur de la prestation qu il a fournie. 5 Les actes à titre onéreux déclarés inopposables sont privés d effets s ils n ont été exécutés. S il s agit d une aliénation exécutée, l acquéreur doit rapporter le bien et produire sa créance au pas- Acte Uniforme sur les procédures collectives 19/48
20 sif du débiteur ; s il y a eu sous-aliénation à titre gratuit, le sous-acquéreur est tenu de restituer le bien sans recours contre la masse ; s il y a eu sousaliénation à titre onéreux, le sous-acquéreur est tenu de rapporter le bien et de produire sa créance au passif du débiteur si, au moment de l acquisition du bien par lui, il avait connaissance du caractère inopposable de l acte de son auteur. Si le débiteur a reçu tout ou partie de la prestation du cocontractant qui ne peut être restituée en nature, le créancier doit produire sa créance pour la valeur de la prestation fournie. Chapitre 4 - Effets de la décision d ouverture a l égard des créanciers Section 1 - Constitution de la masse et effets suspensifs Art.72.- La décision d ouverture constitue les créanciers en une masse représentée par le syndic qui, seul, agit en son nom et dans l intérêt collectif et peut l engager. La masse est constituée par tous les créanciers dont la créance est antérieure à la décision d ouverture, même si l exigibilité de cette créance était fixée à une date postérieure à cette décision à condition que cette créance ne soit pas inopposable en vertu des articles 68 et 69 ci-dessus. Art.73.- La décision d ouverture arrête le cours des inscriptions de toute sûreté mobilière ou immobilière. Art.74.- La décision d ouverture emporte, au profit de la masse, hypothèque que le greffier est tenu de faire inscrire immédiatement sur les biens immeubles du débiteur et sur ceux qu il acquerra par la suite au fur et à mesure des acquisitions. Cette hypothèque est inscrite conformément aux dispositions relatives à la publicité foncière. Elle prend rang du jour où elle a été inscrite sur chacun des immeubles du débiteur. Le syndic veille au respect de cette formalité et, au besoin, l accomplit lui-même. Art.75.- La décision d ouverture suspend ou interdit toutes les poursuites individuelles tendant à faire reconnaître des droits et des créances ainsi que toutes les voies d exécution tendant à en obtenir le paiement, exercées par les créanciers composant la masse sur les meubles et immeubles du débiteur. La suspension des poursuites individuelles s applique également aux créanciers dont les créances sont garanties par un privilège général ou une sûreté réelle spéciale telle que, notamment, un privilège mobilier spécial, un gage, un nantissement ou une hypothèque sous réserve des dispositions des articles 134 alinéa 4, 149 et 150 alinéas 3 et 4 ci-dessous. La suspension des poursuites individuelles ne s applique pas aux actions en nullité et en résolution. Les actions tendant uniquement à la reconnaissance de droits ou de créances contestés ou à en fixer le montant sont exercées ou reprises, de plein droit, par les créanciers, après production de leurs créances, si ces droits et créances ont été rejetées définitivement ou admis provisoirement ou partiellement par le Juge-commissaire. Ces actions sont exercées ou reprises contre le débiteur et le syndic dans les conditions prévues aux articles 52 et 53 ci-dessus. Les délais impartis aux créanciers à peine de déchéance, prescription ou résolution de leurs droits sont, en conséquence, suspendus pendant toute la durée de suspension des poursuites elles-mêmes. Les actions et les voies d exécution non atteintes par la suspension ne peuvent plus être exercées ou poursuivies au cours de la procédure collective qu à l encontre du débiteur assisté du syndic en cas de redressement judiciaire ou représenté par le syndic en cas de liquidation des biens. Art.76.- La décision d ouverture ne rend exigibles les dettes non échues qu en cas de liquidation des biens et à l égard du débiteur seulement. Lorsque ces dettes sont exprimées en monnaies étrangères, elles sont converties en monnaie du lieu où la décision de liquidation des biens a été prononcée, selon le cours du change à la date de cette décision. Art.77.- Quelle que soit la procédure, la décision d ouverture arrête, à l égard de la masse seulement, le cours des intérêts légaux et conventionnels, de tous intérêts et majorations de retard de toutes les créances, qu elles soient ou non garanties par une sûreté. Toutefois, s agissant d intérêts résultant de contrats de prêt conclus pour une durée égale ou Acte Uniforme sur les procédures collectives 20/48
MANUEL PRATIQUE DE GESTION DES PROCEDURES COLLECTIVES D APUREMENT DU PASSIF DES ENTREPRISES EN DIFFICULTE EN ZONE OHADA Manuel à l usage des greffes et tribunaux Evelyne MANDESSI BELL Docteur d État en
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