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Aimé Robichaud
1 bulletin du PCM association professionnelle des ingénieurs des ponts et chaussées et des mines 1 28 rue des saints-pères paris 7e mensuel 64 e année janvier 19672 (PHOTO PRISE LE et CERTIFIÉE SANS AUCUNE RETOUCHE par le Studio BERTIN à MANTES) SIGNALISATION de L'AUTOROUTE de NORMANDIE, PRÈS DE CHAUFOUR, APRES 20 MOIS DE CIRCULATION. PRISMO FRANCE, PROMOTEUR DE LA PEINTURE RËFLECTORISËE EN FRANCE, ÉQUIPÉE en MATÉRIEL LOURD, S'EST TROUVÉE TOUT NATURELLEMENT... AU SERVICE DES AUTOROUTES PRISMO FRA NC E 53, Rue Jean -Bon al 92 LA GARENNE-COLOMBES Tél. :3 bulletin du PCM Janvier 1967 association professionnelle des ingénieurs des ponts et chaussées et des mines siège social : 28, rue des sts-pères, paris-7' S O M M A I R E L'E.R.A.P. dans la Politique Pétrolière Française.. Les Ingénieurs des Ponts et Chaussées devant la politique d'amélioration des logements anciens instaurée par le Y" Plan Compte-rendus de Mission aux Etats-Unis.. Procès-Verbaux des réunions du Comité du FP.C.M. : Séance du vendredi 4 novembre Mariage, Décès Offres de Postes Les Annales des Mines Mutations, Promotions et Décisions diverses P. Guillaumat. J. Moräne. G. Tournerie. P.-H. Fargier Photo de couverture : STEAM-GRACKING. Extraction de Butadiene. L'Assemblée générale du P.C.M. est, en principe, fixée au mercredi 19 avril La date exacte sera confirmée après les élections. Un certain nombre de postes de délégués généraux arrivant à expiration, les candidats éventuels sont invités à se faire connaître AVANT LE 1 er MARS PROCHAIN. LXlV e année - n i - mensuel RÉDACTION : 28, rue des Sts-Pères, Paris-7" LIT PUBLICITÉ : 254, rue de Vaugirard, Paris-15 e LEC l'association Professionnelle des Ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines n'est pas responsable des opinions émises dans les conférences qu'elle organise ou dans les articles qu'elle publie (Art. 31 de son règlement intérieur)4 ENROBAGE posies mobiles continus et dist.onlinus de T h ENROBAGE postes fiscs discontinus de 20 à 90 T/h STOCKAGE CHAUFFAGE POMPAGE citernes»t londoirs sut temotquri toutes capacités PRÉPARATION ET TRANSPORT (l'iisphdltc l't mastic bitumineux C.A.F. L ËPANDAGE équipements repandeurs tous liants tout le matériel pour revêtements COMPAGNIE DES ATELIERS routiers ET FORGES DE LA LOIRE Société Anonyme au capital de NF Département "ERMONT" 27, rue de la Rochefoucauld PARIS-9' Tél. - PIG5 traceurs de courbes et lecteurs automatiques de coordonnées Vue d'ensemble d'une installation de report et de lecture automalique de coordonnées Entrée et sortie numériques sur bande ou cartes perforées et bande magnétique Traitement des informations Haute précision de report et de lecture automatiques Applications Cartographie terrestre et céleste Topographie-Photogrammétrie Cadastre-Génie rural Génie militaire - Génie atomique Océanographie - Hydrographie Trajectoires Navigation Production industrielle Statistiques LABINAL ELECTRONIQUE Têtes imprimantes 5 et 10 chiffres imprimés à côté du point reporté, a la cadence normale de pointage Interpolation à programmes 1Or 2«n,e et 3Ome degré (Système CONTRAVÈS) Précision du report numérique conservée Tracé continu par système rapidographe Changement d'origine automatique Utilisation directe des coordonnées réelles DIVISION DE PRECISION MECANIQUE LABINAL S.A. CAPITAL: F 126, Boulevard Victor-Hugo, SAINT-OUEN (Seine) ORN6 les entreprises LEGAT Société Anonyme au capital de 5.5Ö0.0Ö0 F, Le compteur routier «ELMEG». e compteur de circulation «ELMEG», distribué par les Etablissements Phonia. est destiné a compter le passage de véhicules L divers. Il est possible de ne compter que les véhicules dont le poids dépasse une valeur fixée à l'avance en réglant la membrane du contacteur manométrique. La plus grande sensibilité correspond au comptage de tous les véhicules, un réglage moyen correspond au comptage des véhicules dont le poids dépasse une valeur déterminée. L'appareil se compose d'un boîtier contenant le totalisateur ainsi que l'alimentation par une batterie sèche, et d'un luvau souple spécial qui est disposé au travers de la voie dont on veut compter la circulation. " L'aplatissement du tuyau au passage des pneumatiques comprime l'air qui y est contenu, la membrane ainsi sollicitée opère alors un contact avec la butée de réglage. Un circuit électrique est établi, le totalisateur effectue un pas (un demi-chiffre) après que la membrane est revenue a sa position de repos. Le passage en biais d'un véhicule qui provoquerait deux compressions successives pour un même essieu donnerait un comptage erronné. Le tuyau de caoutchouc doit donc être perpendiculaire à la trajectoire des véhicules. L'ensemble est prévu pour enregistrer une succession de passages de véhicules séparés seulement (deux essieux) L'appareil enregistre sans erreur le passage de véhicules circulant jusqu'à 160 km/h. Les Etablissements Phonia possèdent également des compteurs enregistreurs type ZG6, qui fonctionnent depuis dix ans sur toutes les routes de France. (1) Établissements PHONIA, 45-47, rue Villiers-de-1'Isie-Adam, Paris 20- SIÈGE SOCIAL : i IIIIII nui M iiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiiiiiiii i min Muni min i iiiiiin imiiiiiiiiiiiiiiiini i > 61, Rue Saint-Fursy - 80-PÉRONNE BOITE POSTALE 21 COMPTEUR ROUTIER TÉLÉPHONE B.C. Péronne 66 B 1 I.N.S.E.E. N PHONIA 45-47, rue Vilfiers-de-1'lsle-Adam PARIS-20* Documentation ELMEG n >;* sur demande Nom.. Adresse7 LES RUSSES VONT DANS LA LUNE mais pour traiter leurs ORDURES MÉNAGÈRES ils font appel à la SOCIÉTÉ TRIGA Spécialiste du compostage Références : PLAISIR DINARD VERSAILLES MOSCOU T/jour T/jour T/jour T/jour SPIE SOCIÉTÉ PARISIENNE POUR L'INDUSTRIE ÉLECTRIQUE SOCIETE ANONYME AU CAPITAL DE F. Siège social : 75, boulevard Haussmann, PARIS (8*) Téléphone : ENTREPRISES GÉNÉRALES Usine de Dinard 50 T/j TRIGA : 89, Av. Victor-Hugo, PARIS 16 e - Tél S té Métallurgique Haut-Marnaise JOINVILLE (Haute-Marne) TELEPHONE 320 et 321 Tout ce qui concerne le matériel d'adduction et de distribution d'eau Robmets-Vannes - Bornes-Fontames - Poteau x d'incendie - Bouches d'incendie - Robinetterie Accessoires de branchements et de canalisations pour tuyaux : Fonte - Acier - Eternit - Plomb - Plastiques Joints «PERFLEX» et «ISOFLEX» Ventouses «EUREKA» Matériel «SECUR» pour branchements domiciliaires Raccords «ISOSECUR» ÉQUIPEMENT DES CAPTAGES ET DES RËSERVOIRS Capots - Crépines - Robinets-Flotteurs Gaines étanches - Soupapes de Vidange Dispositif de Renouvellement Automatique de la Réserve d'incendie dans les Réservoirs ÉLECTRICITÉ Centrales 9 Postes de Transformation Lignes aériennes et souterraines Equipement électrique d'usines ELECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER D E S C A N A U X, D E S M I N E S HYDROCARBURES Construction de Raffineries et de Dépôts, Pipelines, Ports pétroliers. Parcs de réserve Installations de manutention d'hydrocarbures TRAVAUX PUBLICS Gros terrassements Canalisations d'eau, de gaz, etc.. 9 Voies ferrées (Fourniture et pose) Puits, forages, sondages, pieux et piles de iondations Drains horizontaux Rabattement de nappes TUYAUT E RI ES Appareils chaudronnés Tous accessoires d'installations Tuyaux plissés, soufflets, etc., pour centrales et raffineries DÉPARTEMENT «ENTREPRISES» 85, Boulevard Haussmann PARIS-VIN" Tél Directions Régionales : Valenciennes Ferrière-la-Grande Rouen Nancy Laval Nantes Nevers Lyon Toulouse8 SOCIÉTÉ DES GRANDS TRAVAUX DE MARSEILLE Société Anonyme au Capital de Francs Siège Social : 25, Rue de Courcelles, PARIS (8*) - Té! Aménagements hydroélectriques - Centrales nucléaires - Centrales thermiques Constructions industrielles - Travaux de Ports - Routes - Ouvrages d'art Béton précontraint - Canalisations pour fluides - Canalisations électriques - Pipe-Lines SOCIÉTÉ CHIMIQUE DE LÀ ROUTE 2, avenue Vélasquez PARIS (8 8 ) Tél Société Armoricaine d'entreprises Générales Société à Responsabilité limitée au Capital de F. TRAVAUX ET PUBLICS PARTICULIERS SIEGE SOCIAL : 7. Bue do Bernus, VANNES Téléphone : BUHEAU A PARIS : 9, Boul. des Italiens Téléphone : HIC CHASSE-NEIGE MODERNE (Système L. BAUCHON) TRAVAUX ROUTIERS AERODROMES TRAVAUX HYDRAULIQUES V. R. D. LIANTS ET PRODUITS SPECIAUX ETRAVES, LAMES BIAISES TRIANGLES REMORQUÉS SUR ROUES à commandes pneumatiques ou hydrauliques ANCIENS ÉTABLISSEMENTS D U R A N D Rue Raspail - GRENOBLE - Tél arbec équipement et matériel 24, RUE DE LONDRES, PARIS 9 e -TÉL. : ET pour travaux publics et routiers signalisation9 TERRASSEMENTS ET GÉNIE CIVIL SIÈGE SOCIAL 77-79,Av RAYM ON D-POIN CAR É - PARIS16' - Tel GROS TERRASSEMENTS - TRAUAUX ROUTIERS CENTRE DE PONTAULT-COMBAULT (77) 112, Av DE LA REPUBLIQUE - Tel 155 CENTRE DE LYON (69) 69, RUE DES CHANNÉES - Tel CENTRE DE DIJON (21) RUE DU GÉNÉRAL DELABORDE Tel ENTREPRISE J.-B. HUILLET lses Fils Société Anonyme au capital de irancs Siège Social COUR-CHEVEBNY (Loir et Cher) Bureaux 15, rue Chanoineau, TOURS (I.-&-L.) Tel PUITS FILTRANTS - PUITS PROFONDS CÄPTÄGES - SONDAGES - FONDATIONS SCAPHANDRE - TOUS TRAVAUX D'EAU Concessionnaire exclusif du filtre anti-sable Ch CUAU Tous les problèmes de l'eau et des fondations Etudes SCHUBEL & FILS Société Anonyme au Capital de 1 S F TRAVAUX ROUTIERS - CYLINDRAGE TERRASSEMENT - NIVELLEMENT - BEPANDAGE SUPERFICIEL - ENROBES - BETON BITUMINEUX Siège Social : COLMAR (Haut-Rhin) Zone industrielle Nord - 6, rue André-Kiener Telephone. 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ABIDJAN ROCHE-SUR-YON, 1114 seul constructeur ayant 30 ans d'expérience dans l'utilisation des détecteurs de véhicules signalisation acyclique auto-adaptative commandée par le trafic carrefours simples et complexes axes coordonnés zones urbaines complexes intégration de trafic autoroutier 22, rue de l'arcade Paris 8 e tél télex : Socever - Paris 2955715 L'E.R.A.P. dans la POLITIQUE PÉTROLIÈRE FRANÇAISE par Pierre GUILLAUMAT, Président de l'e.r.a.p. L'Entreprise de Recherches et d'activités Pétrolières, E.R.A.P., vient de célébrer le 1" janvier son premier anniversaire. Cet établissement public résulte de la fusion du Bureau de Recherches des Pétroles (B.R.P.) et de la Régie Autonome des Pétroles (R.A.P.) dont il a repris les activités. Il constitue le noyau de ce que l'on appelle souvent le «Groupe des Pétroliers nationaux», groupe qui comprend d'une part la Société Nationale des Pétroles d'aquitaine (S.N.P.A.) et d'autre part l'ensemble des filiales de production, raffinage et distribution qui dépendaient jusqu'en 1966 du B.R.P. et de la R.A.P. Le poids de l'e.r.a.p. dans la vie économique du pays est encore relativement peu connu. C'est pourtant l'un des grands groupes industriels français comme le montrent les quelques données qui suivent. En 1966, sa production de pétrole brut a été de près de 20 millions de tonnes, soit environ 35 % de la consommation intérieure française. Elle provient actuellement de cinq pays différents : la France, l'algérie (pour la plus grande part), le Gabon, le Congo et le Nigeria. Ses gisements de gaz dont, bien entendu, principalement, celui de la S.N.P.A. à Lacq, ont fourni la totalité du gaz naturel produit en France. Sa capacité de raffinage dépasse déjà 11 millions de tonnes et approchera de 15 millions de tonnes avec la mise en service de la future raffinerie de Porcheville. Ses activités de distribution, récemment regroupées au sein de l'union Générale de Distribution de Produits Pétroliers (U.G.D.), atteignent globalement près de 12 % du marché des produits finis en France. Dans le domaine de la chimie du pétrole, ses activités, notamment celles de la S.N.P.A., sont importantes. Sans vouloir abuser des chiffres, rappelons que la S.N.P.A. produit tonnes d'éthylène, tonnes de benzène, 45,000 tonnes d'élhyl benzène, tonnes de styrène et tonnes de cyclohexane. Il faut savoir également que sa production de soufre ( tonnes/an) la place au rang des tous premiers producteurs mondiaux de cette matière première et lui permet par ailleurs de fabriquer tonnes d'acide sulfurique et de développer une branche toute nouvelle de chimie du soufre. Une autre filiale de l'e.r.a.p., la Société Rhône-Alpes, associée avec la S.N.P.A. et divers groupes chimiques français et belges, met en service une unité de «steam-cracking» qui est la plus grosse d'europe et qui va fournir tonnes d'éthylène, 15o!oOO tonnes de propylène et tonnes de butadiene, alimentant une dizaine d'usines chimiques de la région. Un développement aussi vaste, aussi varié et aussi rapide implique comme on peut l'imaginer des mouvements de capitaux très importants. A la Bourse de Paris, le titre S.N.P.A. constitue une valeur de pointe. Sa capitalisation fait de la S.N.P.A., à elle seule, la deuxième affaire de France par ordre d'importance en capital. D'autre part, on peut estimer que le chiffre d'affaires consolidé du Groupe est de l'ordre 1316 de 3,8 milliards de francs en 1966 répartis presque également entre ses activités de production d'une part et ses activités de raffinage, distribution et pétrochimie de l'autre. On retrouve une proportion analogue dans l'effort d'investissement du Groupe qui a été en 1966 d'environ 2 milliards de francs. Dans le domaine de la recherche et de la production, le programme d'investissement a essentiellement pour objet de permettre la diversification de nos ressources en pétrole. L'E.R.A.P. a actuellement des permis de recherche dans une vingtaine de pays et leur surface totale couvre environ knv, soit 2 fois et demi la superficie du territoire français. Le travail de recherche au Sahara est le mieux connu et l'e.r.a.p. le poursuit en association avec ses partenaires algériens dans le cadre de l'a.s.c.o.o.p. L'effort le plus nouveau du Groupe se place au Moyen-Orient où l'e.r.a.p. va commencer ses forages au bord de la Mer Rouge. Quant à l'iran, si nous avons été au cours d'une première tentative déçus dans nos espoirs, nous avons actuellement là-bas des perspectives importantes tant sur le plan de la recherche terrestre que sur celui de la prospection offshore grâce au contrat d'entreprise que nous avons passé récemment avec la National Iranian Oil Company. La formule, originale dans sa présentation, répond à la nécessité de se conformer à la situation d'un pays où le pétrole est nationalisé ; les conditions du contrat sont au demeurant très proches de celles retenues par des compagnies internationales dans des situations analogues en Argentine en 1958 et Indonésie en Au Canada, notre filiale la S.N.P.A. a fait une très belle découverte avec le Champ de Rainbow Lake qui est une des grandes premières de l'histoire pétrolière de ce pays. L'E.R.A.P. y est également elle-même présente et prospecte le Grand Nord canadien avec tout ce que l'on peut imaginer comme difficultés techniques. Au Nigeria notre filiale la S.A.F.R.A.P. poursuit la mise en production du beau gisement d'obagi dont la production démarre actuellement au rythme de T/an. Il serait fastidieux d'énumérer les divers pays où opèrent les équipes de géologues, de géophysiciens et de foreurs qui ont forgé leur expérience au service du B.R.P. et de la R.A.P. et sont désormais regroupés au sein de l'e.r.a.p. ; on peut dire pour simplifier qu'on les trouve dans des paysages d'une extrême variété et sur des terrains où les embûches semées par la nature se renouvellent sans cesse. Si l'intervention directe de l'etat dans toutes les branches de l'industrie du pétrole est une chose relativement récente, sa politique générale à l'égard de l'industrie pétrolière n'a jamais varié. Depuis près de quarante ans et notamment grâce aux possibilités d'action que lui ont données les lois de 1928, l'etat poursuit avec une persévérance et une continuité remarquables une politique tendant à favoriser le développement d'une industrie pétrolière nationale et à conserver entre des mains françaises une part raisonnable de l'approvisionnement de notre pays. Le groupe E.R.A.P. est né d'un manque d'initiative des capitaux en matière de recherche pétrolière. En France métropolitaine et au Sahara, où les sociétés internationales ont d'ailleurs joué ultérieurement un rôle notable et utile toutes les initiatives en matière de recherche et toutes les premières grandes découvertes ont été l'œuvre d'organismes émanant de l'etat ou contrôlés par lui. Il suffit de trois 1417 noms pour évoquer ce rôle de l'etat : Lacq, Edjeleh, Hassi-Messaoud. Cette action n'a jamais voulu être un monopole, malgré les tentations que donnait trop souvent l'affrontement de notre ouverture aux prospecteurs étrangers et du chauvinisme des administrations étrangères réputées les plus libérales. Dès 1959, l'etat se trouvait à la têtt; d'une production de pétrole importante et c'est cet état de fait qui a conduit ses filiales de production à entamer le processus d'intégration industrielle qui a été celui de toutes les entreprises pétrolières depuis la découverte du pétrole il y a une centaine d'années. C'est ainsi que notre Groupe d'abord producteur est devenu en quelques années raffineur, distributeur et chimiste. Cette intervention de l'etat et ce processus d'intégration sont aujourd'hui plus nécessaires que jamais. En effet, le rôle économique du pétrole comme source d'énergie et comme matière première de la chimie s'accroît sans cesse. C'est désormais un jour sur deux de lumière et de force motrice qui en dépend. Il en résulte bien évidemment que l'importance politique du pétrole grandit de même et qu'aucun état ne saurait se désintéresser de la question. Dans de nombreux pays d'ailleurs l'etat a opté pour la solution la plus radicale qui consistait à nationaliser l'industrie du pétrole. Chez certains de nos voisins, l'etat encourage dans un climat de concurrence libérale la coexistence entre des organisations qu'il contrôle (comme c'est le cas de PE.N.I. ou de la B.P.) et les compagnies internationales. Quant au pays qui s'affirme le plus libéral en matière économique, les Etats-Unis, il assure à ses entreprises nationales un marché intérieur rémunérateur grâce à une protection rigoureuse en deçà de ses frontières tout en facilitant leur expansion à l'étranger par des dispositions fiscales particulièrement favorables et une protection politique efficace. Là où pour une raison ou pour une autre l'etat n'a pas cru devoir intervenir, on contaste que les entreprises pétrolières nationales périclitent et disparaissent devant la formidable disproportion dans les rapports de force qui existent entre elles et certaines compagnies internationales. On l'a bien vu dans un pays comme l'allemagne où la part des sociétés allemandes dans le raffinage et la distribution décline sans cesse depuis dix ans au profit des compagnies étrangères, principalement américaines. Récemment, l'une des plus anciennes et des plus importantes sociétés allemandes, la D.E.A., a été rachetée par la puissante T.E.X.A.C.O. contre un petit paquet d'actions de la maison américaine représentant environ 2 % de son capital et le quart de son bénéfice de l'année. Aujourd'hui, FE.R.A.P., grâce aux hommes qu'elle emploie à tous les échelons de l'industrie pétrolière, grâce aux ressources en pétrole brut et en gaz naturel que lui ont apportées ses constituants, grâce à ses raffineries neuves et à son réseau de distribution en plein développement est apte à jouer un rôle important dans le cadre de la politique française du pétrole. Son action complète à bien des égards celle de la Compagnie Française des Pétroles qui, on s'en souvient, a été créée également à l'initiative de l'etat au lendemain de la guerre de 1914 pour participer au côté des compagnies anglo-saxonnes à l'exploitation des pétroles au Moyen-Orient, tâche qu'elle accomplit avec vigilance et efficacité depuis plus de quarante ans. L'E.R.A.P., grâce à son caractère d'établissement public, constitue en effet un instrument efficace pour l'exécution de la politique étrangère de la France. A cet égard, l'exemple du traité franco-algérien de juillet 1965 est significatif. C'est l'e.r.a.p. (pour l'essentiel) qui, avec la CF.P. à un degré moindre, est chargée d'exécuter la politique de coopération franco-algérienne, et notamment de participer dans le cadre de l'a.s.c.o.o.p. (Association Coopérative) à l'exécution du nouveau programme de recherche de l'algérie. 1518 Mais si une part toujours substantielle de l'effort de recherche de l'e.r.a.p. est consacrée à l'algérie, l'e.r.a.p. se tourne vers d'autres pays producteurs dont le commerce avec la France offre des possibilités de développement considérables dans le cadre d'une politique de collaboration économique bilatérale. A cet égard, le contrat d'entreprise entre l'e.r.a.p. et la N.I.O.C. (National Iranian Oil Company), autre entreprise d'etat, offre pour les deux parties des possibilités de coopération tout à fait intéressantes dont on peut espérer à terme un accroissement substantiel des échanges entre nos deux pays. Il apporte, en outre, à notre pays l'espoir d'un complément d'approvisionnement en pétrole brut dans des conditions économiques favorables. C'est dans le même esprit d'ouverture vers l'extérieur qu'ont été conclus les contrats d'approvisionnement passés entre l'e.r.a.p. et le SOJUZNEFT, organisme exportateur de l'industrie pétrolière soviétique. Grâce à l'expansion du commerce bilatéral entre la France et l'u.r.s.s. que permettent ces contrats, les exportateurs français, notamment les constructeurs de biens d'équipement auront la possibilité de développer vigoureusement leurs ventes en Union Soviétique. Sans l'e.r.a.p., une telle politique d'importation n'aurait pu connaître un semblable développement. Mais puisque nous parlons d'importations françaises de pétrole brut, peutêtre est-il bon de rappeler que l'existence même de l'e.r.a.p. a introduit sur le marché français un élément de concurrence dans les prix des pétroles bruts qui s'est révélé finalement favorable à l'économie nationale. Il semble en effet que depuis l'introduction sur le marché français du pétrole brut saharien, les groupes internationaux aient baissé de 8 à 15 % les prix de cession de leurs propres bruts à leurs filiales françaises. Cette mesure ne peut être que bénéfique pour les résultats de leurs filiales françaises mais aussi pour la balance des comptes de la France. Il faut songer en effet que pendant très longtemps les importations de pétrole brut aux prix postés, c'est-à-dire aux prix pleins, sans rabais commercial, ont pesé lourd dans le déséquilibre des comptes extérieurs français. D'une façon directe l'existence de productions de l'e.r.a.p. constitue pour notre balance des comptes un élément positif dont on peut estimer l'ordre de grandeur à 300 millions de dollars. Dans le domaine du raffinage nous nous sommes efforcés de contribuer à l'effort de développement économique entrepris par le Gouvernement. En particulier l'extension de notre usine de Feyzin au domaine de la pétrochimie dans une région où l'industrie chimique est implantée de façon traditionnelle représente un apport considérable à l'économie de la région. Autour de ces deux pôles industriels que sont Lacq et Feyzin, notre Groupe, d'abord par l'intermédiaire de la S.N.P.A., puis directement lui-même, a développé le vaste effort de recherche scientifique et technique entrepris d'abord et puissament dans les seuls domaines de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures. Dès maintenant la S.N.P.A. a dans ses laboratoires et dans ses unités pilotes mis au point des procédés originaux dont le premier procédé français de polymérisation de l'éthylène ainsi qu'un nouveau procédé de fabrication de polybutadiène. Dans ce domaine comme dans d'autres l'intervention de l'etat permet d'espérer le développement de la technique française dans un domaine où la dépendance de notre pays à l'égard des brevets étrangers est encore très grande. Contribuant à mettre en œuvre une politique dont les grandes lignes ont été fixées au lendemain de la première guerre mondiale, l'e.r.a.p. constitue non pas une innovation mais une synthèse d'éléments humains, industriels, techniques et financiers qui permettent à notre pays de sauvegarder son indépendance dans un domaine dont son existence quotidienne dépend d'une façon aussi primordiale. 1619 LES INGÉNIEURS DES PONTS ET CHAUSSÉES DEVANT LA POLITIQUE D'AMÉLIORATION DES LOGEMENTS ANCIENS INSTAURÉE PAR LE V e PLAN «M. Pisani, Ministre de l'equipement, a donné, tors de sa conférence de presse du 17 janvier, le «coup d'envoi» d'une vaste campagne d'information sur la politique d'amélioration des logements anciens instaurée par le V Plan. «Cette campagne d'information est entreprise par le Comité national d'action pour l'amélioration de l'habitat existant récemment constitué sous la présidence de M. Moräne, Inspecteur général des ponts et chaussées. «Le «Bulletin du P.C.M.» avait publié en janvier 1966 un premier article de M. Moräne sur le problème de l'amélioration des logements anciens. Il nous a paru intéressant de lui demander de faire aujourd'hui le point et de nous exposer en même temps ses vues sur le champ d'action que la mise en œuvre de la nouvelle politique instaurée par le V e Plan ouvre à nos camarades des ponts et chaussées.» J'avais publié dans le n de Jairvier 1966 du Bulletin du P.CM. un article consacré à la politique d'amélioration des logements anciens instaurée par le V e Plan. Après avoir exposé les objectifs visés par le V" Plan et esquissé les modalités envisagées pour son application, j'avais terminé mon article en formulant : une conclusion : «Les efforts doivent tendre désormais à mettre en action dans les délais les plus rapides l'ensemble des moyens juridiques, fiscaux, financiers, administratifs et professionnels qui en conditionneront le succès.» un vœu : «Est-il permis d'espérer que beaucoup de nos Camarades, prenant conscience de l'importance de l'enjeu, voudront, sous les formes que les circonstances leur suggéreront, concourir à cette œuvre d'intérêt national?» Un an plus tard : - la politique d'amélioration des logements anciens instaurée par le V e Plan est entrée dans les faits, - la réforme administrative qui s'achève amène un grand nombre de nos Camarades à assumer désormais des responsabilités professionnelles directes dans le domaine du logement, et cela non seulement pour la construction neuve mais aussi, à parité, pour l'amélioration des logements anciens. Il convient donc de faire le point. 1720 RAPPEL DES OBJECTIFS DU V e PLAN Les limites de la politique de construction neuve apparaissent aujourd'hui en pleine lumière : limites techniques et financières, limites sociales aussi du fail qu'un grand nombre de Français ne disposent pas des moyens suffisants pour accéder à un logement neuf. Chacun comprend dès lors que promouvoir une large politique d'amélioration des logements anciens c'est entreprendre une tâche de grande portée sociale et apporter du même coup à la construction neuve non pas un concurrent mais bien au contraire un élément d'équilibre indispensable. Aussi, pour la première fois dans l'histoire de la planification française, le V* Plan a-t-il pris à bras-le-corps le problème de l'amélioration du patrimoine immobilier existant. Les études relatives aux «Perspectives 1985» ont mis en évidence deux données numériques fondamentales : même avec un rythme de construction neuve de logements par an 7 millions de logements anciens tant urbains que ruraux n'en seront pas moins encore habités en 1985 sur ces 7 millions de logements anciens, 4 millions sont actuellement démunis du confort le plus élémentaire. L'objectif du V e Plan est d'atteindre en 1970 un rythme annuel d'amélioration de logements, de telle sorte qu'en maintenant ce rythme jusqu'en 1985 l'on parvienne à achever à cette date la mise en état décent d'habitabilité de l'ensemble du patrimoine immobilier existant. LA TABLE RONDE DE L'HABITAT EXISTANT Le V e Plan ayant été approuvé par le Parlement le 19 novembre 1965, il importait d'étudier rapidement les mesures d'ordre juridique, fiscal, financier, technique, etc.. propres à assurer l'application de la nouvelle politique d'amélioration des logements anciens. Le rythme actuel d'amélioration n'est guère que de logements par an : il fallait donc aller vite sous peine de compromettre les chances d'arriver en 1970 au rythme de logements par an prévu par le V" Plan. Telle a été la tâche de la Table Ronde de l'habitat Existant créée en mars 1966 par le Secrétaire d'etat au Logement. La Table Ronde a mené ses travaux en coopération étroite avec l'association pour l'hygiène et le Progrès social dans l'habitation et la Fédération Nationale des Comités de Propagande et d'action contre le Taudis (P.A.CT.), dont j'avais déjà signalé dans mon article de Janvier 1966 le rôle important dans la phase préparatoire du V s Plan : c'est là un exemple, qui n'est pas si fréquent, d'un bon travail d'équipe. Elle a clos ses travaux en octobre 1966 : ce sont ses conclusions qui ont inspiré les diverses mesures qui vont être exposées ci-dessous. 18 Montrer encore
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