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Timestamp: 2019-06-18 21:05:18+00:00

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1789 - Les Adjots (16) : cahier de doléances de la paroisse - Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois
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jeudi 25 septembre 2008, par Pierre, 707 visites.
Les Adjots, aujourd’hui commune du canton de Ruffec ; en 1789, sénéchaussée et élection d’Angoulême, diocèse de Poitiers, marquisat de Ruffec. (P. Boissonnade, Essai, p. 105, 150.)
Taxée en 1789 à 2,475 l. de taille, 1,320 l. d’accessoires, 1,375 l. de capitation, 1,784 l. de vingtièmes.
Procès-verbal d’assemblée de la paroisse des Adjots.
Réunion le 8 mars, au devant de la porte de l’église paroissiale. Président : me Claude Larsier, notaire de la ville et marquisat de Ruffec, « faisant les fonctions de juge en cette partie », assisté de Pierre-Louis Ingrand, greflier pris d’ollice et assermenté. Comparants : me André Larsier, avocat en Parlement, Pierre Dijonneau, Jean Baillargeon, Jacques Merle, Etienne Lamy, Jean Bonnaud, Louis Forgerit, Louis Repain, charron, Jean Daigre, Pierre Billaudeau. Pierre Perron, Pierre Dillot, François Merle, Jean Couturier. François Machet, Jean Repain dit Province, Louis Repain, Pierre Maumon, Louis-Pierre Ingrand, André Héraud, le sr Mercier, le sr Bersaud, Pierre Baudouin. Louis Maumon, Jean Trillaud, Jean Clairaud, Pierre Merle, Jean Mabrunaud, Claude Larsier.
La paroisse compte 150 feux. 2 députés : les sieurs Claude et André Larsier.
17 signatures ; les autres comparants ne savent signer.
Cahier des doléances et représentations des habitants du bourg et paroisse des Adjots.
(Orig. ms., 3 p., in-folio. Arch. mun. Angouléme. AA 21.)
Se plaignent lesdits habitants qu’ils ne sont accablés d’impôts que parce qu’ils se trouvent placés dans une province où l’autorité des intendants a ci-devant établi le système injuste et meurtrier de la taille tariffée, où la Noblesse et le Clergé, sous prétexte de différents privilèges, le plus souvent même usurpés, possèdent les plus grands biens sans presque rien payer, pendant que le malheureux cultivateur, réduit à la plus médiocre fortune, paye presque tout, et encore parce que les ministres et leurs agents, tant dans l’administration que dans la finance, sans aucun respect pour eux-mêmes ni pour les sujets du Roi, sans égard aux lois du royaume qui veulent que les Français ne puissent être taxés que de leur consentement, ont insensiblement écarté et renversé tous les obstacles et augmenté jusqu’à l’excès, par l’effet de leur seule volonté, la charge du peuple, dont ils ont dissipé le produit ; que pour s’assurer à l’avenir la jouissance de leurs biens, ils veulent et entendent :
Seront tenus lesdits députés de faire insérer la déclaration des volontés desdits habitants dans le cahier du bailliage d’Angoulême, et chargent spécialement lesdits habitants ceux qui seront élus par l’assemblée dudit bailliage d’Angoulême de la faire valoir aux États généraux, et de ne consentir à la levée ou prorogation d’aucun subside, avant que ladite déclaration ait été adoptée par eux et solennellement proclamée ; leur donnent néanmoins pouvoir, sous la condition ci-dessus, et non autrement, de consentir à l’établissement ou prorogation des subsides que les États généraux jugeront indispensablement nécessaires aux besoins de l’État, toutes dépenses inutiles préalablement retranchées, pourvu toutefois que les impôts qui distinguent les Ordres, tels que la taille et les francs-fiefs, soient supprimés et remplacés par des subsides loyalement répartis entre tous les citoyens, sans distinctions ni privilèges, à raison seulement de leurs propriétés.
Chargent en outre lesdits habitants lesdits députés de représenter à l’assemblée du bailliage d’Angoulême
Art. 7. Représentent lesdits habitants que les contrôleurs, les ambulants, les directeurs et les régisseurs des droits de contrôle et du centième denier s’enrichissent en raison des vexations qu’ils exercent. L’arbitraire dans les perceptions de ces droits est monté à un point intolérable. Sans principe fixe, n’ayant d’autres règles que des arrêts du Conseil qu’ils obtiennent au besoin sur requête, ils ne se réunissent que dans un seul point, celui de pressurer le peuple, à la faveur des interprétations les plus absurdes. Un seul fait entre mille suffira pour caractériser l’esprit de cette régie.
Art. 8. Que le commerce soit absolument libre dans l’intérieur du royaume et que les traites soient renvoyées sur les frontières ;
Art. 9. Que les nobles ne puissent exempter aucun de leurs domestiques du tirage de la milice, à moins que ce ne soit leur valet de chambre ne faisant d’autre ouvrage que celui de leurs personnes.
Art. 10. Que la justice civile et criminelle soit réformée, et surtout l’abus qui règne dans la manière de distribuer les deniers mis aux consignations ;
Art. 11. Que la province d’Angoumois forme un État provincial, et le forme à elle seule, parce que, si elle était annexée à une autre province, comme elle n’aurait alors dans les assemblées qu’une influence relative à son étendue, ou les objets qui l’intéressent seraient négligés absolument, ou l’on ne s’en occuperait que lorsque on n’aurait plus rien à faire dans la province principale ;
Que cet État provincial sera chargé de la répartition et de la recette de tous les impôts généralement quelconques qui seront levés dans la province, et d’en faire passer directement le montant au Trésor royal, ce qui mettra Messieurs des Etats généraux dans le cas de supprimer les intendants et leurs subdélégués
Art. 12. Représentent aux États généraux que comme il a plu à Sa Majesté de supprimer les Bénédictins exempts de l’abbaye de Nanteuil-en-Vallée et d’en appliquer les revenus à Monseigneur de Poitiers qui n’en a aucun besoin, ainsi qu’au séminaire de Saint-Charles, qui était par là chargé de dix places gratuites qu’ils n’ont jamais voulu remplir, qu’il lui plaise aujourd’hui l’appliquer de préférence à l’hôpital de Ruffec, qui est très pauvre et qui non seulement étend son utilité à cinq lieues à la ronde, mais encore devient d’un secours inestimable pour les soldats malades qui ne cessent de le remplir, depuis que la troupe passe dans la ville de Ruffec.
Suivent la date et 17 signatures, les mêmes qu’au procès-verbal.

References: Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12