Source: http://www.cyberie.qc.ca/chronik/20010320.html
Timestamp: 2017-10-19 14:23:13+00:00

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Les Chroniques de Cybérie du 20 mars 2001
Le mardi 20 mars 2001
Canada : train de mesures législatives visant Internet
Naples : e-gouvernement et mobilisation en ligne...
... mais les administrations sont-elles prêtes?
Que sait Joe Clark?
Juno gratuit, mais à quel prix?
En bref : fièvre aphteuse et télécoms, débranchera-t-on Ottawa?, Dvorak et le spam
La ministre de la Justice, Ann McLellan, déposait mercredi dernier un projet de loi omnibus, le projet de loi C-15, visant à modifier le Code criminel et d'autres lois canadiennes. L'automne dernier, un certain nombre de ces modifications étaient mortes au feuilleton, lors du déclenchement hâtif de l'élection, et elles sont reprises dans le nouveau projet de loi. Nommément, les projets de loi C-17 (cruauté envers les animaux, désarmement d'un agent de la paix) et C-36 (harcèlement criminel, invasion de domicile, demandes d'examen auprès du ministre, erreurs judiciaires) de la précédente législature.
Viennent toutefois s'ajouter au présent C-15 des dispositions visant à protéger les enfants d'activités criminelles, par l'entremise d'Internet, pour les leurrer et les exploiter à des fins sexuelles, et la création d'une nouvelle infraction pour quiconque transmet, rend accessible, exporte et accède délibérément à de la pornographie juvénile sur Internet.
Dans un communiqué émis par son ministère, Madame McLellan a déclaré : «Nous savons que les criminels utilisent Internet. Il est crucial de lutter contre les crimes commis par l'intermédiaire d'Internet, particulièrement lorsqu'ils visent les membres les plus vulnérables de notre société  nos enfants.»
Les réactions ont été mitigées chez les membres de l'Opposition, non tant sur le contenu du projet de loi mais sur la manière de procéder de la ministre. En fait, les journalistes ont eu droit à des documents explicatifs, de la part du ministère, avant même qu'ils ne soient disponibles aux députés. Ces derniers étaient donc assez mal préparés à répondre aux questions des journalistes après le dépôt, en Chambre, du projet de loi de 78 pages. Bill Blaikie, membre du Nouveau parti démocratique (NPD), a cependant eu une bonne idée en insistant pour que ceux et celles qui connaissent bien Internet examinent le projet de loi pour déterminer si les dispositions étaient applicables.
Dans l'ensemble, les nouvelles dispositions sont acceptables et doteront le Canada d'un outil pour lutter contre les producteurs et diffuseurs de pornographie juvénile, et protéger les personnes d'âge mineur des prédateurs.
Par contre, le projet de loi crée une nouvelle infraction, celle de «l'accès simple» : «Quiconque accède à de la pornographie juvénile est coupable : a) soit d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans; b) soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire.» Le texte précise : «Pour l'application [...] accède à de la pornographie juvénile quiconque, sciemment, agit de manière à en regarder ou fait en sorte que lui en soit transmise.»
On se demande comment, s'il n'y a pas de suite à l'accès (vente, échange, distribution, diffusion ou autre), on pourra découvrir et arrêter les présumés coupables «d'accès simple». S'agira-t-il d'une surveillance à grande échelle des comportement des utilisateurs? De perquisitions à la suite de délations? On ne sait trop. Cependant, il y a ici un risque de surveillance accrue et non justifiée que le législateur devrait réviser.
Normalement, le projet de loi aborde le rôle qu'on attribue à ce que l'on appelle le «gardien de l'ordinateur» et qui, dans un contexte Internet, peut s'avérer être le fournisseur de services. Il peut être tenu, sur demande du juge, «de remettre une copie électronique de la matière (Ndlr. document pornographique) au tribunal; b) de s'assurer que la matière n'est plus emmagasinée ni accessible au moyen de l'ordinateur; c) de fournir les renseignements nécessaires pour identifier et trouver la personne qui a affiché la matière.»
Le projet de loi comporte une procédure d'avis à une personne soupçonnée d'avoir affiché la dite «matière» et «le juge peut ordonner au gardien de l'ordinateur d'afficher le texte de l'avis à l'endroit où la matière était emmagasinée et rendue accessible, jusqu'à la date de comparution de la personne.» Le juge peut également ordonner au gardien de l'ordinateur d'effacer la matière. De plus, «Si le tribunal n'est pas convaincu que la matière constitue de la pornographie juvénile [...] il doit ordonner que la copie électronique soit remise au gardien de l'ordinateur.»
Après Washington en 1999 et Brasilia l'an dernier, c'est à Naples que se tenait il y a quelques jours, sous l'égide des Nations Unies, le Troisième Forum Mondial sur l'informatisation des gouvernements comme instrument de démocratie et de développement. Cette rencontre a accueilli plus de mille participants d'une quarantaine de pays, et aussi des milliers de manifestants anti-mondialisation (voir plus bas).
Six thèmes étaient proposés : gouvernement et citoyens actifs: un nouvel équilibre; impact des technologies sur l'organisation du gouvernement; mise en place du «E-Government» (l'État réseau en langage onusien); les services aux citoyens; les services aux entreprises; et la dichotomie du numérique et de la coopération internationale.
Sur ce dernier point, l'AFP rapporte les propos de Mark Malloch Brown, directeur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour qui «la diffusion d'Internet se heurte, dans la plupart des pays en voie de développement, au problème du coût élevé des télécommunications en raison de situations de monopoles». Selon M. Brown, dans 75 % des pays de la planète, il n'existe qu'un exploitant de services téléphoniques et, dans bon nombre de pays, le prix d'une minute de communication interurbaine est de deux dollars alors que des populations entières vivent avec en moyenne un dollar par jour».
Bill Gates, qui s'adressait par vidéoconférence aux participants, a pour sa part estimé que «Les progrès technologiques réalisés à l'école, dans la recherche, dans le commerce et dans la façon de gouverner continueront à dépasser les attentes des gens».
Le document final (non disponible sur le site Web de la conférence au moment d'écrire ces lignes) comporte 17 propositions adressées à différentes instances internationales, dont les pays membres du G-8, incluant celle de développer davantage les services administratifs en ligne, de favoriser la formation commune de fonctionnaires du service public, et de mettre au point de nouvelles technologies pour lutter contre la corruption. Le prochain Forum global se tiendra l'an prochain à Marrakech (Maroc).
Mais si les États se préparent à utiliser davantage Internet, les forces anti-mondialisation, elles, ont déjà investi le réseau et l'exploitent pour se mobiliser. Le nombre impressionnant de manifestants présents à Naples (50 000 selon les organisateurs de la manif, 20 000 selon la police) a pris de court les autorités. Il y a eu de nombreux affrontement entre manifestants et policiers débordés, les premiers enregistrant 70 blessés et les seconds 50. La police a procédé à une quinzaine d'arrestations. L'appel à manifester avait été lancé sur le site Web de la Agenzia di Comunicazione Antagonista.
Puis, pendant que les délégués palabraient et que policiers et manifestants en venaient aux coups, Reuters nous apprend que des hacktivistes s'en prenaient au plus grand site italien de bourse en ligne, Fineco Online, en guise de protestation contre le rôle croissant d'Internet comme outil de gouvernance. Des porte-parole du groupe ont déclaré avoir bombardé de connexions simultanées le site et l'avoir paralysé pendant vingt minutes, mais les propriétaires nient que leurs activités aient été perturbées.
Les administrations publiques entendent profiter de la vague Internet pour rapprocher les citoyens de leurs services, faciliter les échanges transactionnels, stimuler la communication entre électeurs et commettants et, avouons-le, économiser de l'argent par la prestation de services automatisés.
Mais sont-ils prêts à répondre aux exigences que comporte le nouvel ordre communicationnel.
Par exemple, lors du plus récent remaniement ministériel au Québec, le 8 mars, trois ministères d'une grande importance pour Internet et les nouvelles technologies changeaient de main. Madame Diane Lemieux passait du Travail à la Culture et aux Communications et recevait le dossier des inforoutes. M. David Cliche quittait l'Inforoute et les services gouvernementaux pour la Recherche, Science et Technologie. M. Sylvain Simard héritait du ministère de l'Administration et de la Fonction publique et de la présidence du Conseil du trésor, et devenait ainsi le grand argentier des ministères.
Nous avons dès lors communiqué avec les cabinets de ces trois ministres pour leur poser quelques questions. Par exemple, le programme d'aide au branchement des familles sera-t-il reconduit? Le volet de la Politique québécoise de la science et de l'innovation où on estime qu'il est crucial de continuer à hausser le niveau des connaissances scientifiques et technologiques et d'en assurer le partage dans toute la collectivité sera-t-il maintenu? Idem pour l'implantation de «l'État réseau» par opposition à «l'État corridor».
Résultat : un accusé de réception, et une réponse laconique. Mes collègues journalistes n'ont pas dû avoir de succès, on ne sait toujours pas si nous sommes en rupture, en continuité ou en innovation en matière de technologies et de réseaux au Québec.
On comprendra les transitions administratives, la familiarisation avec les dossiers, la préparation des demandes d'affectation de crédits pour le prochain budget, etc. mais on a le droit d'être un peu déçu.
Aux États-Unis, le Congress Online Project, un projet de recherche sur l'utilisation du Web et des autres modes de communication réseau par les membres du Sénat et de la Chambre des représentants, vient de publier un rapport révélateur sur le volume de courrier électronique reçu par les élus fédéraux américains.
On y apprend que le nombre de courriels reçus chaque année à la Chambre des représentants est passé de 20 millions en 1998 à 48 millions en 2000. Chambre et Sénat confondus, les élus ont reçu 80 millions de courriels en 2000. La récente comparution de John Ashcroft devant un comité sénatorial pour entériner sa nomination au poste d'Attorney General a suscité un tel volume de courriels que les serveurs ont été presque paralysés durant quelques jours. Le volume est tel que le personnel de soutien administratif ne suffit plus à la tâche. Et pour amplifier le problème, certains bureaux d'élus répondent par courrier ordinaire à des courriels, grevant les budgets affectés au papier, enveloppes et timbres.
Selon les auteurs du rapport, une partie de ce courrier provient d'organismes populaires, de groupes d'intérêts et de lobbyistes qui envoient des messages identiques à tous les élus pour faire connaître leurs positions sur différents projets de loi. Mais le problème demeure : un grand nombre de citoyens sont mécontents lorsqu'ils écrivent une lettre à un élu et ne reçoivent pas de réponse.
Le Congress Online Project aimerait que soit adopté un code de conduite qui régirait les envois massifs aux élus. Il propose également de sensibiliser le public à une méthode pour communiquer électroniquement avec ses représentants, d'affecter des crédits supplémentaires pour l'embauche de personnes chargées de répondre au courrier, et de mettre en place de logiciels spécialisés et hautement performants pour les aider dans leurs tâches.
De conclure les auteurs du rapport : «La communication électronique peu éventuellement renforcer notre démocratie. Elle promet une plus grande transparence et un dialogue plus ouvert entre élus et commettants. Mais pour que ce potentiel devienne une réalité, le public, les militants et les élus doivent utiliser à meilleur escient les outils puissants dont ils disposent.»
Que sait Joe Clark, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada? La question se pose. Et une autre aussi : qui veut savoir ce qu'il sait. Le quotidien Ottawa Citizen rapportait samedi dernier qu'un ordinateur portatif a été dérobé, jeudi soir dernier, dans les bureaux des recherchistes du Parti, au dixième étage d'un immeuble à bureaux d'Ottawa. Le vol a été perpétré entre 18h30 et 20h00 dans des bureaux adjacents aux bureaux de parti de M. Clark.
L'ordinateur appartenait à Madame Stacey Gray, attachée de presse de M. Clark et contenait des documents hautement confidentiels relatifs au «Shawinigate», une affaire de prêts gouvernementaux consentis à des proches du Premier ministre, Jean Chrétien. Selon Madame Gray, l'ordinateur contenait sous forme de courrier électronique des documents sur les actions du Parti en Chambre, sa stratégie pour la période des questions, des informations sur le «Shawinigate» et bien d'autres choses encore. Il serait donc possible de retrouver, dans cet ordinateur, les noms et adresses de courriel des correspondants de M. Clark et de son personnel de recherche.
Au moment du vol, l'ordinateur portatif était branché à une station d'accueil (dispositif qui reçoit un portatif de façon qu'il puisse être utilisé comme un ordinateur de table). Rien d'autre n'a été dérobé dans les bureaux; l'étui de l'ordinateur et son imprimante portable ont été par la suite retrouvés deux étages plus bas. Il n'y avait aucune trace d'entrée par effraction. Tous les accès à l'immeuble sont contrôlés, après 18h00, par carte magnétique. La sûreté municipale d'Ottawa enquête.
L'incident fait suite à un autre, survenu quelque jours plus tôt, alors qu'on a surpris un homme non identifié en train de fouiller dans le bureau de M. Clark sur la colline parlementaire. Prévenus de l'incident, les responsables de la sécurité ont conseillé au personnel du bureau de M. Clark de s'assurer que toutes les portes sont fermées à clé en tout temps, même durant les heures de bureau.
En plus du Shawinigate, M. Clark est partie prenante dans un autre dossier explosif, celui des révélations faites par Karlheinz Schreiber, l'homme au centre des enquêtes Airbus et Messerschmitt Bolkow Blohm (MBB), à l'émission d'affaires publiques «The Fifth Estate» sur la chaîne d'État. Schreiber admet avoir financé, avec d'autres, la campagne visant à destituer Joe Clark alors qu'il était chef du Parti en 1991, et à le remplacer par un politicien plus sensible aux besoins des grandes entreprises. M. Schreiber n'a pas voulu dévoiler à qui il avait versé cet argent, et pour sa part M. Clark a refusé de commenter l'émission, ajoutant «Peut-être dans mes mémoires...»
Le vol de l'ordinateur aux bureaux du parti de M. Clark rappelle d'autres incidents du genre. En janvier 2000, un ordinateur portatif disparaissait des bureaux du Département d'État américain. En octobre de la même année, le FBI offrait une récompense de 25 000 $ à quiconque pourrait l'aider à le retrouver. En avril 2000, un autre ordinateur portatif contenant des renseignements hautement confidentiels disparaissait des bureaux Recherche/renseignement du Département d'État américain. On apprenait plus tard que l'ordinateur contenait des renseignements sur les «sources et méthodes» d'espionnage, ainsi que de nombreux noms de code appariés à des informations nominatives.
En juin, en marge de l'affaire «Trashgate» (espionnage industriel chez Microsoft), on apprenait que l'organisme Citizens for a Sound Economy et le Independent Institute affirmaient que des documents confidentiels et des ordinateurs portatifs avaient été dérobés de leurs bureaux et que des renseignements confidentiels avaient fait l'objet de fuites aux médias.
En septembre 2000, le premier dirigeant de la société Qualcomm (fabricant le logiciels), Irwin Jacobs, prononçait une conférence devant un groupe de journalistes financiers. Après la conférence, alors qu'il s'entretenait hors podium avec quelques personnes, son ordinateur portatif personnel, qui avait servi à illustrer sa présentation, disparut mystérieusement.
Hors la perte matérielle qui découle du vol d'un ordinateur portatif, les renseignements qu'il contient constituent sa véritable valeur. On peut protéger l'accès de certains logiciels ou documents par des mots de passe, mais ces vigies virtuelles ne résistent pas longtemps à un utilisateur expérimenté, surtout s'il a tout son temps pour les craquer. Le chiffrement des données est possible mais, en pratique, complique l'utilisation. Reste à resserrer la protection physique des portatifs et des données qu'ils contiennent.
Et pour boucler la boucle, reste à savoir ce que Joe Clark sait, et qui veut savoir ce qu'il sait. À qui profite le crime?
Le fournisseur d'accès gratuit Juno.Com faisait parvenir à ses abonnés la semaine dernière une note décrivant les nouvelles politiques d'utilisation de ses services. Pas moins de 28 pages dont nous retiendrons les principaux éléments. Curieusement, la version anglaise est datée du 13 mars 2001, alors que la version française est datée du 1er mai 2000. La version française, précisons-le, ne reflète pas les modifications qui ont été apportées aux conditions d'utilisation.
Bref tour d'horizon, l'article 2.4 est une permission de revendre les renseignements personnels des abonnés à des fins commerciales. Juno se dégage de toute possibilité qu'un tiers ne respecte pas les clauses de demande de retrait (opting out).
Juno se réserve le droit d'installer sur l'ordinateur des abonnés des dispositifs de traitement partagé du type Seti@Home. Donc, en vertu de l'article 2.5, Juno pourrait exiger que votre ordinateur soit allumé en permanence pour pouvoir profiter à plein des «temps morts» d'utilisation et exploiter son «computational software». C'est en revendant la puissance de traitement de l'ordinateur des abonnés que Juno espère récupérer un peu d'argent pour le service qu'il offre (en plus de la vente des données personnelles et de la publicité). Mais faisons le calcul : bloc d'alimentation 300W + écran + périphériques, le tout 24/7 multiplié par le tarif au Kwh. Vous serez étonnés.
L'article 2.7 confère à Juno le droit de modifier sans préavis les conditions de l'abonnement (nombre de messages, durée de conservation des messages, fréquence et durée de connexion, etc.). L'article 3.1 permet à Juno de censurer tout contenu, non pas en vertu de la loi, mais bien de ses propres lignes directrices. La section 6 est claire : Aucune garantie de services. L'article 8 aussi : Juno se réserve le droit de mettre fin au service sans aucun préavis ou motif. L'article 10 fait en sorte que vous renoncez à tout service, toute communication en français avec Juno. Rubrique «Mass Mailings» : on vous interdit d'envoyer tout message, même personnel, à plus de 50 destinataires. Rubrique «Viruses» : on vous interdit (avec raison) l'envoi de codes malicieux (virus, vers), mais que faire des codes qui se propagent tout seul, souvent à l'insu des utilisateurs? Aucune précision là-dessus.
Quant à la politique de respect de la vie privée (Privacy Statement), elle est tout simplement risible.
Alors c'est ça, le prix du gratuit. Et merci au lecteur qui m'a mis sur cette piste, espérant avoir répondu à ses questions.
On apprend dans la publication en ligne Electronics Times que l'épizootie de fièvre aphteuse qui frappe le Royaume-Uni (et d'autres territoires) a des conséquences sur l'infrastructure des télécommunications britanniques. En raison des zones de quarantaine imposées pour tenter de circonscrire l'épizootie, certains exploitants de réseaux, et leurs sous-traitants qui assurent la maintenance d'installations dans ces dites zones, n'ont plus accès aux lieux et ne peuvent donc plus assurer le dépannage. On parle de mâts d'antennes, de tours relais et de stations de base situées en zones rurales. Cette situation se conjugue aux difficultés encourues cet hiver par les entreprises de télécommunications en raison du temps inclément qui a retardé la construction de nouvelles installations pour bonifier l'infrastructure britannique.
Le gouvernement canadien pourrait bien tourner au ralenti si l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) met en oeuvre sa menace de grève. La semaine dernière, 87,6 % des 8 000 professionnels de la technologie de l'information à l'emploi du gouvernement fédéral ont voté en faveur de mesures de grèves si les négociations devant un bureau de conciliation devaient s'avérer infructueuses. On a déjà, à l'IPFPC un slogan de grève : «Un gouvernement débranché», allusion au projet Gouvernement en direct (GED) de l'administration publique canadienne visant à faire du pays et de ses citoyens les plus branchés au monde d'ici 2004. L'IPFPC estime que ses membres accusent un retard salarial sur leurs collègues du secteur privé et demande l'équivalent d'une hausse de traitement de 17 % étalée sur deux ans (les salaires actuels varient entre 27 000 et 89 675 $ selon la classification et l'expérience). Mais tout ne s'arrêterait pas dans les services informatiques gouvernementaux en cas de grève, l'employeur a réussi à faire désigner «essentiel» 18 % de ce groupe de salariés, ce qui a pour effet de leur nier le droit de grève.
«En plein dans le mille, John.» C'est la réaction que nous avons eue en lisant les deux premières phrases d'un article du commentateur John C. Dvorak dans PC Magazine. Les voici : «Chaque matin, quand je lis les dizaines de pourriels qui engorgent ma boîte aux lettres électronique, je me demande si ces abrutis qui m'envoient cette m.... font de l'argent en le faisant. Je pense aussi que c'est bien malheureux quand on est rendu au point où on peut observer et analyser, dans le secteur technologique des «tendances du spam.» Tout est dit.
Vous connaissez Tamas Revesz? Photographe exceptionnel, il semble à l'aise dans tous les genres, du portrait au documentaire, en couleur ou en noir et blanc. Allez faire connaissance, vous passerez de bons moments.
Et sur ce, nous vous souhaitons à tous et toutes un très beau printemps.
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