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Timestamp: 2017-11-20 11:33:42+00:00

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Le XIXe siècle est une période de profonds changements politiques, économiques, sociaux, scientifiques et techniques.
La Révolution se termine en 1799 avec le coup d’état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), mais ce siècle va voir :
deux empires : Napoléon 1er (1803-1815) et Napoléon III (1852-1870)
trois monarchies : Louis XVIII et la restauration de la monarchie (1815-1824), l’avènement de Charles X après la mort de Louis XVIII (1824-1830) et l’arrivée de Louis-Philippe après le renversement de Charles X (1830-1848)
deux républiques : 1848-1852 et 1870-1940
trois révolutions : 1830, 1848, 1870
sans oublier la terrible guerre de 1870.
Une mutation s’opère également dans la société avec l’émergence de deux nouvelles classes : celle du prolétariat et des ouvriers et celle de la bourgeoisie, suscitée par une révolution industrielle issue des progrès technologiques.
Concernant Pussay, la révolution industrielle se traduit, vers les années 1870-1880, par la concentration et la mécanisation des fabriques de bas et bonneterie, qui avaient proliféré pendant toute la première moitié du siècle, et par l’augmentation du nombre des ouvriers dans la commune, venus tout particulièrement de la Corrèze ou du Cantal. Les dirigeants de ces fabriques présentent quant à eux des caractères réformateurs pour les uns, tout autant que conservateurs pour d’autres. L’histoire de ces fabriques est relaté à la rubrique «Travail de la laine » et à l’article « L’essor des manufactures au 19ème siècle ». Nous nous concentrerons donc ici sur l’impact que cet afflux a provoqué sur la population de Pussay.
Mais la transformation de la société s’opère également à travers la scolarisation accrue des enfants et des adultes. Le XIXe siècle voit émerger plusieurs lois scolaires qui vont aboutir aux lois de Jules Ferry de 1881 et 1882. Ce sujet a été traité à la rubrique « Vie quotidienne » et à l’article « L’école », avec ses répercussions spécifiques à Pussay, à la suite de la laïcisation des écoles et nous avons déjà constaté que dès le milieu de ce siècle, de nombreux enfants savent lire et écrire.
Le XIXe siècle voit également s’améliorer les communications entre les villes et les campagnes à travers le développement des chemins vicinaux et des voies ferrées. Il n’est cependant pas exempt de crises et nous tenterons d’évoquer tous ces aspects dans ce chapitre, sans oublier la terrible guerre de 1870 que les Pussayens ont directement vécue.
ÉVOLUTION ET TRANSFORMATION DE LA SOCIÉTÉ
L’état de la population, par classe d’habitants, de la commune de Pussay, établi par le maire le 25 mai 1822, nous donne un aperçu du nombre de fabricants de bas dans la commune. Malheureusement, il ne distingue pas à la rubrique manouvriers, les ouvriers agricoles et les ouvriers en laine, car la plupart d’entre eux exercent encore à cette époque les deux métiers simultanément, selon la saison.
Professions Pères et Enfants Enfants Domestiques ou ouvriers Total
Mères -de 12 ans 12 ans et + à demeure
Propriétaires-Bourgeois 12 5 17
Merciers-Epiciers 2 2
Maître d’enseignement 2 1 2 5
Fabricants 46 32 20 19 117
Cultivateurs 2 charrues* 8 7 10 10 35
Cultivateurs moins de 2* 4 1 5
Petits cultivateurs 10 5 5 20
Journaliers des champs 14 4 1 19
Cabaretiers 4 4 8
Charrons 5 3 8
Menuisiers 1 1 2
Maréchaux 6 5 11
Bourreliers 2 2 2 6
Bouchers 2 2
Boulangers 2 4 6
Tailleurs 2 1 3
Cordonniers 4 3 3 10
Maçons 6 4 3 13
Manouvriers 223 122 100 445
Mendiants 3 2 5
Total 358 195 152 34 739
*le nombre de charrues indique l’étendue de terre qu’on peut labourer avec un attelage de charrue.
Si nous rapprochons cet état de celui de tous les citoyens portés au rôle de la contribution personnelle pour l’année 1830, pour servir au recensement général de la garde nationale, nous obtenons un autre angle de vue.
Ce dernier état recense 193 contribuables, parmi lesquels les plus imposés sont :
Nom et prénom Métier Loyer d’habitation
Dujoncquoy Jean Pierre Fabricant de bas 140
Dujoncquoy Alexandre Fabricant de bas 140
Denizeau Simon Propriétaire cultivateur 120
Boyard Louis Henry fils Fabricant de bas 100
Delanoue Jean Pierre Propriétaire cultivateur 100
Denizeau Jean Baptiste Cultivateur 100
Duret Charles Potentien Cultivateur 100
Pavard Jean Baptiste Cultivateur 100
Thomas François Cultivateur 100
Séjourné Charles aîné Cultivateur 100
Ballot Vincent Arnoult Fabricant de bas 80
Buret Louis Vincent Fabricant de bas 80
Buret Venard Fabricant de bas 80
Chaudé Alexandre Propriétaire cultivateur 80
Ferré Daniel Fabricant de bas 80
Perrot Pierre Cultivateur 80
Belzacq Louis Fabricant de bas 65
Chaussier Germain Fabricant de bas 60
Damon Louis Vincent Boucher 60
Gry Louis Bertrand Propriétaire 60
Guillot Antoine Maréchal 60
Pelletier François Fabricant de bas 60
Amiet Isidore Fabricant de bas 55
Buret Langlois Fabricant de bas 55
Buret Vincent jeune Fabricant de bas 55
Langlois Charles Fabricant de bas 55
Pelletier Hunger Fabricant de bas 55
Savouré Louis Fabricant de bas 55
Buret Savouré Fabricant de bas 50
Duret Félix Alexandre Fabricant de bas 50
Langlois Louis Jean Baptiste Fabricant de bas 50
Lejeune Louis Joseph Boulanger 50
Lemaire Louis Elie Fabricant de bas 50
Renard Jean Pierre fils Aubergiste 50
Roger Charles Propriétaire 50
Vassort Charles Epicier 50
Sur l’ensemble des 193 contribuables, nous trouvons :
22 fabricants de bas, dont 20 recensés dans les plus importants mentionnés dans le tableau ci-dessus,
92 ouvriers en bas,
23 cultivateurs ou propriétaires cultivateurs, dont 11 recensés ci-dessus,
17 charretiers, bergers, manouvriers,
18 artisans (maréchaux-ferrants, charrons, menuisiers, maçons, couvreurs, bourreliers, chaudronniers),
12 commerçants (boucher, boulanger, épicier, aubergiste, cordonnier, tailleur, cabaretier, marchand d’habits, mercier)
un instituteur, un officier en retraite, un garde-champêtre, un jardinier, un messager.
La totalité des journaliers, manouvriers, batteurs en grange ne figure pas au nombre des contribuables, alors qu’un grand nombre d’ouvriers en bas y figure, ce qui tend à prouver que les seconds gagnent mieux leur vie que les premiers à l’époque.
La moyenne de loyer est de 27,2 francs. 83 contribuables, parmi lesquels un très grand nombre d’ouvriers en bas ont un loyer d’habitation de 15 francs. 44 contribuables ont un loyer de 10 francs, soit le plus petit.
Petite parenthèse sur les impôts à l’époque
Jusqu’au Premier Empire, quatre impositions directes ou ordinaires suffisent au budget de l’Etat et des communes :
les trois premières instituées par l’Assemblée constituante en 1790 :
la contribution foncière portant sur tous les terrains,
la contribution mobilière portant sur les revenus qui n’étaient pas tirés du commerce ou de la terre,
la patente sur les revenus commerciaux et industriels.
la quatrième établie par le Directoire en 1798, l’impôt sur les portes et les fenêtres.
Au Premier Empire, avec le retour des guerres, ces impôts ne suffisent plus à couvrir les dépenses et les impositions indirectes ou extraordinaires sont alors rétablies.
Ces quatre impositions directes ou ordinaires, souvent appelées « les quatre contributions », perdurent jusqu’en 1916, date à laquelle est mis en œuvre l’impôt général sur le revenu, qui avait été institué par la loi de finances promulguée le 15 juillet 1914.
La population de Pussay augmente considérablement tout au long du siècle, passant de 739 habitants en 1822 à 952 habitants au recensement de 1836 et à 2105 habitants au recensement de 1896. Mais surtout, elle va totalement se transformer pour passer d’une population quasi agricole à une population majoritairement industrielle. L’état de 1822 mentionnait 23 fabricants (46 parents en fait, le père et la mère). Ce chiffre ne change guère vers le milieu du siècle, mais le nombre d’ouvriers augmente et à la fin du XIXe siècle, si le nombre de fabrique se réduit, le nombre d’ouvriers explose. [sur cet aspect, voir la rubrique « Travail de la laine », article « Essor des manufactures au 19e siècle »]
(708 habitants en 1819 réponse à un questionnaire sur les écoles)
L’explosion se situe entre 1891 et 1896 en plein boom industriel. Le sommet est atteint en 1906 avec 2147 habitants. La population ne fait ensuite que décroître, la première cause en est la première guerre mondiale, la seconde l’absence d’emploi et la fermeture de la dernière usine après la seconde guerre mondiale.
Le recensement de 1866 prévoit, outre le dénombrement de la population, une répartition par profession ce qui permet de savoir que :
175 personnes sont employées à l’agriculture ce qui correspond à 26 exploitations (elles ne sont plus que 109 personnes à vivre de l’agriculture au recensement de 1872)
656 personnes sont employées dans l’industrie lainière (elles sont 858 à vivre de l’industrie lainière au recensement de 1872 et il y a 25 fabriques).
77 personnes vivent du commerce en 1872.
Parmi les exploitations agricoles :
12 sont habitées par leurs propriétaires, soit 12 chefs d’exploitation, 10 hommes et 2 femmes, plus leur famille de 14 personnes, soit un total de 26 individus.
12 autres exploitations sont mises en valeur par des « régisseurs faisant valoir pour le compte d’un propriétaire absent », soit 11 chefs d’exploitation et 29 ouvriers agricoles dont 3 femmes, ce qui représente, avec leur famille, 76 individus.
Il y a en plus 2 jardiniers pépiniéristes faisant vivre 8 personnes.
Les établissements industriels sont au nombre de 13 et emploient 19 patrons dont une femme, un ingénieur, 217 ouvriers et 190 ouvrières ce qui fait avec leur famille un total de 656 individus.
Au recensement de 1872, 106 hommes et 119 femmes ne savent ni lire ni écrire, sachant que ce nombre comprend 76 garçons et 58 filles de moins de 6 ans, plus 6 garçons et 2 filles dont l’âge est compris entre 6 et 20 ans. Il n’y a en fait que 24 hommes et 59 femmes de plus de 20 ans qui ne savent ni lire ni écrire. 12 savent lire seulement ; 468 hommes et 413 femmes savent lire et écrire.
Dans la première moitié du XVIIIe siècle, un enfant sur 4 meurt à Pussay, ce qui est un peu moins que la moyenne générale. Dans la première moitié du 19ème siècle, il n’y a plus pratiquement qu’un enfant sur six qui décède. Cette diminution est à mettre en parallèle avec celle de la mortalité maternelle, ce qui tendrait à prouver que les accouchements et les soins donnés aux nouveau-nés se sont améliorés.
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l’augmentation du taux de mortalité infantile est probablement due à l’industrialisation, qui se développe de façon importante à ce moment-là à Pussay. Il est à constater d’ailleurs que cette augmentation se manifeste surtout de 1850 à 1874 : 22,26 %, pour retomber à 18,29 % de 1875 à 1899.
Les pics de mortalité se présentent en :
1832-1833 et 1849, dus au choléra : 30 morts fin 1832, 40 morts début 1833 et 47 morts en mars 1949, l’un des chiffres les plus importants pour l’époque si l’on excepte la fin du siècle où la population est beaucoup plus nombreuse,
1861 et 1865 : 39 décès pour chacune de ces deux années, dont 22 enfants de moins de 2 ans en 1861 et 14 enfants de moins de 2 ans en 1865, surtout décédés en juillet/août,
1878 : 37 décès, le double de l’année précédente, dont 16 enfants de moins de 6 mois. Il y a de plus en plus de parents qui habitent Paris, parfois ailleurs, et dont les enfants sont gardés par les grands parents. Il y a également beaucoup d’enfants donnés en nourrice.
[Pour l’analyse détaillée des naissances et décès, voir la rubrique « Vie quotidienne », l’article « Les médecins »]
Face à cette explosion démographique et industrielle, il a fallu adapter les infrastructures. Dans le recueil administratif de l’année 1832, le préfet de Seine-et-Oise s’enthousiasme : « Le perfectionnement de l’éducation primaire et l’amélioration des chemins vicinaux sont les deux plus grands bienfaits que nous puissions réaliser pour la masse entière du peuple et je croirai laisser quelques honorables souvenirs dans ce département si mon administration peut avoir produit d’heureux résultats sous ce double rapport. Des communications faciles et sûres mettent en valeur toutes les richesses et toutes les industries et répandent l’aisance entre les hommes, comme l’éducation primaire propage les lumières et les bonnes mœurs ».
Nous allons voir comment Pussay a mis en œuvre cette politique, tout particulièrement sur le plan de l’urbanisation et de l’école entre autres et comment le village a traversé les grandes crises du XIXe siècle.
Ce chapitre est donné en annexe à cette rubrique
Le territoire de Pussay n’est traversé par aucun cours d’eau et la population est donc entièrement tributaire des puits et des mares pour son approvisionnement en eau au XIXe siècle. Le cadastre Napoléon qui date de 1832, mentionne clairement trois puits publics situés place du Caruège [Carouge], place du Four et place du Carrefour. Ernest Maisse indique dans sa monographie en 1899 que : « Le plus ancien est le puits de la place du Carouge, puis viennent par ordre d’ancienneté ceux du Four, du Carrefour, du jeu de Paume, l’époque de la construction de ces 4 puits est inconnue ». Nous pouvons donc situer l’époque de construction des trois premiers avant 1832 et celle du puits de la place du jeu de Paume après 1832.
« Tous ces puits suffisent à tous les besoins ménagers, agricoles et industriels » nous dit Ernest Maisse. Ils sont complétés pour les besoins de l’agriculture par deux grandes mares situées en 1832, place du Carouge et sur l’actuel emplacement de la place du Souvenir pour celle que l’on appelle « la grande mare des champs ». Ces puits et mares publics sont également complétés par des puits privés
Nous allons cependant voir que tout au long de ce siècle, de nouveaux puits vont être creusés pour faire face à la consommation et que d’autres vont nécessiter des travaux d’entretien, voire même de creusement en profondeur et que par ailleurs des études vont voir le jour pour tenter d’irriguer le plateau de Beauce.
Ernest Maisse nous apprend en 1899, quand il rédige sa monographie que « La population tout entière est approvisionnée d’eau potable par 15 puits ayant de 35 à 38 mètres de profondeur, dont 7 sont communaux, tous munis d’une pompe à bras système Leconte de Chartres, deux en ont une à cheval, celui de la place du Carouge installé en 1892 et celui de la Mare, installé en juillet 1895 ». De nouveaux puits ont donc bien vu le jour tout au long de ce siècle.
Le premier de ces nouveaux puits est creusé sur la petite Place, en face des bâtiments de M. Savouré-Catry le 22 juillet 1860 pour 850 francs et approuvé par le préfet le 11 août. Les travaux sont exécutés par Sylvain Motte, maître maçon à Pussay. La réception provisoire est effectuée le 25 février 1861 et le certificat de réception définitive délivré le 16 février 1863. (Cahier vert page 43).
Le parcours de Sylvain Motte est tout à fait caractéristique de cette époque. Nous le connaissons par son mariage le 30 décembre 1858 avec Marie Rosalie Gautron, 22 ans, domestique, fille naturelle de Marie Rosalie Gautron. Il est né à Bonnat dans la Creuse le 29 novembre 1831. Lors de son mariage il est dit « demeurant actuellement en cette commune et ci-devant à Janville-au-Sel (Eure-et-Loir) », fils majeur de légitime de Louis Motte, maçon, âgé de 54 ans, demeurant à Nouzerolles (Creuse) et de Geneviève Lacoux, décédée. Il a pour témoin Félix Séjourné, maître maçon âgé de 32 ans, chez lequel il est probablement employé et Frédéric Bouclet, instituteur âgé de 46 ans. Les témoins de l’épouse sont ses deux oncles, ouvriers en laine.
A l’époque, de nombreux maçons montent de la Creuse, tout particulièrement, vers la région parisienne en s’arrêtant en chemin lorsqu’il trouve du travail. Sylvain Motte, quant à lui, reste à Pussay où il rencontre son épouse. Il est maître maçon dès 1861 et sa femme est parfois dite « sans profession » ou parfois journalière. Le couple illustre aussi parfaitement la vie de l’époque : ils mettent au monde dix enfants entre 1860 et 1875, dont quatre meurent avant six mois. Adrien Adolphe né le 28 mai 1863 décède à 12 ans le 2 janvier 1876, peu avant le décès de son père à 44 ans, le 12 juin de la même année.
L’année suivante, en 1877, il faut donc faire appel à un nouveau maçon pour creuser le puits de la Mare. La commune s’adresse à un puisatier de Grandville-Gaudreville : Etienne Julien Charron qui réalise l’ouvrage de 40 m de profondeur, pour 1 248 francs. Le puits est creusé sur un terrain communal longeant d’un côté la propriété de M. de Vézins, l’actuelle ferme visible sur la carte à l’arrivée de la route de Monnerville, et de l’autre le chemin de Rétréville.
Cette carte postale montre l’extrémité de la grande mare des champs et, derrière les personnages, la pompe qui actionne le puits
Enfin, le creusement du puits de la porte de Gommerville est décidé en 1896. Le plan en est dressé en novembre, approuvé par le préfet le 22 décembre 1896. Il est foré par M. Caillaut, puisatier à Saint-Germain-les-Arpajon. Il est d’une profondeur indéterminée, mais jusqu’à eau vive, colonne d’eau de un mètre et demi, et coûte 1260 francs.
Route de Dourdan – carte postée le 16 octobre 1906
Sur la gauche, le puits de la porte de Gommerville où des personnes puisent l’eau
Tous ces puits nécessitent bien sûr un entretien. Des travaux sont entrepris au puits du Four par Charles François Leclère, maître maçon à Pussay en 1850, pour un montant de 134,13 francs.
La grande rue – carte postée le 3 juin 1910
Sur la gauche, le puits du Four
Le 25 août 1872, Louis Leconte « spécialités de pompes, machines à vapeur » à Chartres précise : « A mon dernier voyage à Pussay, M. Brinon m’a dit que l’entretien des pompes étaient maintenant au compte de la commune et m’a engagé à vous écrire à ce sujet pour vous faire connaître nos conditions. Je puis m’engager à entretenir vos pompes pendant 10 ans à raison de 80 francs par an pour les quatre pompes », ce qui est fait le 10 octobre 1872.
Enfin, deux pompes à cheval sont installées sur les puits de la place du Carouge et de la Mare en 1892 et en 1895.
Pompe à cheval de la place du Carouge. Le photographe a pris toutes les personnes, munies de seaux, brocs ou autres récipients, venues quérir l’eau à la pompe actionnée par le cheval.
Ernest Maisse avait beau écrire en 1899 : « Tous ces puits suffisent à tous les besoins ménagers, agricoles et industriels », il n’en est pas moins vrai, qu’en cette fin de siècle, Pussay est en plein essor industriel et démographique et que très vite, ces puits vont devenir insuffisants. Un rapport daté du 16 mai 1906 écrit à ce sujet : « Tous sont creusés dans la masse du calcaire de Beauce ; deux d’entre eux traversent cette masse et pénètrent dans les sables de Fontainebleau. Les puits des usines suffisent difficilement aux besoins industriels ; quant à ceux de la commune, ils sont absolument insuffisants, d’autant que le niveau de l’eau a baissé de façon notable depuis plusieurs années. D’autre part, la commune dépense chaque année une somme considérable (2 à 3 000 francs) pour le curage de ces puits. Il importe donc d’entreprendre un travail pour assurer à Pussay une quantité d’eau plus grande que celle dont elle dispose ».
Ce préambule est extrait d’un rapport géologique du ministère des Travaux publics, qui conseille par ailleurs de recourir à un forage profond, car Pussay a besoin de 200 m3 d’eau par jour et la nappe aquifère superficielle ne semble plus en mesure de les fournir. L’emplacement est déjà choisi : au lieu-dit « Les Ouches du Moulin ». La commune est autorisée à commencer le forage le 23 juin 1909 et en avril 1913, l’eau coule dans les foyers de ceux qui peuvent faire face aux frais de raccordement au réseau, d’installation et d’abonnement. Les premières salles de bains font leur apparition !
Le puits – carte postée en 1913
Le « puits » terminé avec la date de 1913 et les meules à côté. On voit encore les trous qui ont servi pour les échafaudages
La Grande Rue de Pussay, à la hauteur de la boutique du photographe, horloger, bijoutier, lunetier Auchère, lorsque les tranchées pour amener l’eau ont été faites.
Il s’agit probablement là du château d’eau d’Orlu en Eure-et-Loir, montrant un scaphandrier prêt à aller prospecter en profondeur.
Il est possible également que l’entreprise générale de sondage V. Portet, située 25 rue de la Quintinie à Paris, ait effectué des travaux de sondage à Pussay ou dans les environs immédiats, puisque M. Auchère a pris cette plaque de verre.
Ces puits sont complétés pour les besoins de l’agriculture par deux grandes mares, celle des Champs, à l’est du village de beaucoup la plus importante et qui ne tarit jamais et celles de la place du Carouge au centre du village. A l’époque le curage des mares est vendu aux enchères, tout comme d’ailleurs le nettoyage des rues.
La mare – cachet de la poste 19 août 1907
Ainsi, le 10 juin 1838, la boue des mares est adjugée pour 6 ans par le maire de la commune : « Aujourd’hui 10 juin 1838, par nous maire de la commune de Pussay, a été mise en vente la boue des mares de cette commune ensuite de l’avertissement que nous avons donné mardi dernier, cinq présent mois, au son de la caisse pour avertir les habitants que ladite vente devait avoir lieu aujourd’hui à huit heures du matin ; nous nous sommes transportés sur le carreau desdites mares à ladite heure, nous avons déclaré aux habitants présents que la boue desdites mares était en vente moyennant le cahier des charges auquel l’adjudicataire sera assujetti, duquel nous en avons fait lecture.
Article 1er L’adjudication de la boue desdites mares se fera pour six années à commencer d’aujourd’hui dix juin 1838, jusqu’à pareille époque 1844.
Art. 2 L’adjudicataire sera tenu de payer par sixième d’année en année le prix de son adjudication entre les mains du percepteur des contributions directes de cette commune, dont le premier sixième sera exigible le 10 juin 1839, et ainsi de suite pour les autres années à la même époque, jusqu’à la fin desdites six années ; il paiera en outre les droits d’enregistrement et le timbre.
Art. 3 L’adjudicataire aura la faculté de demander une année de plus et même deux, à son choix, au bout des six années, afin qu’il puisse profiter de son acquisition ; et cela en payant annuellement le même prix des années précédentes.
Art. 4 L’adjudicataire ne pourra se servir pour le curage desdites mares que d’outils en bois, pourtant il pourra faire usage d’une bèche ou d’une pelle ferrée mais il lui est expressément défendu de se servir d’une pioche ou d’une tournée, le cas arrivant qu’il ferait une avarie même avec les outils permis, il serait responsable du dommage qu’il aurait occasionné, et il serait à cet effet nommé par nous un expert, et d’après son rapport, il serait ordonné aux frais de l’adjudicataire, tous les travaux nécessaires à la réparation.
Art. 5 L’adjudicataire se conformera auxdites charges et conditions, nous réservant tous droits et actions dans le cas où il s’en écarterait.
En conséquence, nous en avons ordonné la vente, la mise à prix a été de cent francs par M. Thomas ; cent vingt francs par M. Duret ; cent trente francs par M. Gry ; cent quarante-cinq francs par MM. Delanoue-Lefebvre et Thomas ; cent soixante francs par M. Duret ; cent soixante-quinze francs par M. Gry et cent quatre-vingt francs par MM. Delanoue-Lefebvre et Thomas.
N’ayant pas eu d’autres enchères, nous l’avons adjugée à Messieurs Delanoue-Lefebvre et Thomas, solidairement entre eux, lesquels ont signé avec nous le présent, qui sera envoyé à M. le sous-préfet d’Etampes, afin d’obtenir de Monsieur le préfet son autorisation… ».
Adjudication de la boue des mares le 10 juin 1838
Nous avons vu au chapitre sur l’urbanisation que le plan d’alignement des rues réduisait la surface des mares de la place du Carouge. Par ailleurs, pour des raisons de salubrité, ces deux mares n’avaient plus lieu d’être en plein cœur du village. Cependant, le village a besoin d’une mare. La commune envisage donc de supprimer les deux mares de la place du Carouge et d’en creuser une nouvelle ailleurs.
Louis Auguste Duret-Sevestre, cultivateur, expertise le 4 août 1869 :
le terrain où se trouvent actuellement les deux mares, situé le long du G. C. 18, et que la commune projette d’aliéner,
et un terrain de 15 ares à prendre dans la pièce dite de la Couture pour établir une nouvelle mare.
Le 14 septembre 1869, la commune est autorisée à « aliéner au profit de MM. Desmard et Gatineau les 1 are 95 centiares occupés actuellement par la mare pour 975 francs et à acquérir du sieur et de la dame Angot pour 1 500 francs un terrain de 15 ares 31 centiares pour y reporter la dite mare et ce car la mare longeant le G. C. 18 est dangereuse au point de vue de la circulation et que la nouvelle mare doit avoir une étendue de beaucoup supérieure à l’ancienne ».
Plusieurs entrepreneurs sont en compétition pour les travaux : Pierre Guet de Grandville-Gaudreville, Pierre Lespitau de Méréville, François Cyprien Mulard de Grandville-Gaudreville et Etienne Julien Charron de Grandville-Gaudreville. Le 23 novembre 1869, le préfet approuve un devis de 2 700 francs et le 11 décembre 1869, les travaux sont adjugés à Pierre Guet qui offre un rabais de 16 francs.
Cette mare, nous dit Ernest Maisse est maçonnée par Leclère et son coût a été de 4500 francs.
Le 13 juillet 1913 le Conseil municipal demande que la grande mare des champs « soit supprimée et que les eaux soient déversées dans un terrain situé en dehors du pays. Cette mare reçoit en cas de pluie les eaux provenant de l’écoulement des rues et ruisseaux, elle devient par suite de l’amoncellement des boues et poussières un véritable cloaque dégageant des odeurs pestilentielles dont les riverains ont beaucoup à se plaindre. Par mesure d’hygiène, il est d’utilité publique que ces travaux soient entrepris au plus tôt. La commune ayant exécuté des travaux d’adduction d’eau se trouve sans ressources. Pour cette raison, le conseil a l’honneur de demander une subvention départementale aussi large que possible prélevée sur les fonds du produit des amendes de police correctionnelle ».
La guerre va retarder cette suppression, mais elle aboutira ensuite. Le 25 août 1919, le Conseil municipal décide d’ériger le monument aux morts de la Grande Guerre sur son emplacement.
La mare dite de la Couture sera supprimée plus tard et remplacée par un square.
Ces mares sont très utiles aux habitants car d’une part, elles permettent d’abreuver les animaux, et d’autre part, elles permettent de lutter contre les incendies. Tous les animaux ne sont cependant pas autoriser à s’y abreuver. Le 15 octobre 1857, le maire de la commune rappelle qu’il « est interdit à tous les propriétaires de laisser baigner leurs canards de basse-cour et leurs oies dans les mares de la commune, considérant que ceux-ci, qui sont continuellement dans la mare servant d’abreuvoirs publics, sont susceptibles d’occasionner des exhalaisons malsaines et incommodes aux animaux domestiques ».
A la même époque, le 26 décembre 1857, le maire prend un arrêté pour éviter les incendies :
« Considérant que les maréchaux-ferrants ne peuvent embattre leurs roues dans leur forge et que le mode employé par eux les oblige à faire ces sortes de travaux sur la voie publique,
Considérant que les grands feux qu’exigent ces opérations seraient susceptibles d’occasionner des incendies s’il n’était pris toute mesure de précaution possible,
Art. 1er La portion de terrain vague située au bout midi de la mare des champs pouvant servir à ces sortes de travaux sans inconvénient grave à cause de la proximité de l’eau, sera seule permise aux maréchaux pour l’embattage de leurs roues.
Art. 2 Aussitôt leurs travaux terminés, les maréchaux devront enlever soigneusement leur braise, nettoyer la place et y jeter de l’eau en grande quantité pour éteindre toute chaleur et ne laisser aucune trace de leur travail ».
Pour les mêmes raisons, en avril 1852, un arrêté de police contre l’incendie fait défense :
« d’employer à l’avenir le chaume, la paille, les roseaux ou toute autre matière inflammable pour couvrir les bâtiments d’habitation ou d’exploitation. Les couvertures de cette matière qui existent aujourd’hui pourront être entretenues mais aucune réparation importante ne pourra y être faite »…
« d’établir les meules de grains, paille ou fourrage à moins de 100 m de la voie publique. Il devra être laissé entre les meules un espace d’au moins 25 m »…
« En cas d’incendie, les habitants sont tenus de laisser puiser à leur pompe, pièces d’eau, mares ou réservoirs. Tout propriétaire de chevaux est tenu de les fournir à la première réquisition pour porter ou pour réclamer des secours. Les habitants dont le service est requis sont tenus de se porter sur le lieu de l’incendie, de prêter aide et assistance en se conformant aux ordres de l’autorité qui se trouvera présente. A la première réquisition ils doivent apporter leurs seaux pour le service des pompes ».
Les projets de canaux
Le manque d’eau et donc l’irrigation ont toujours posé problème sur le plateau beauceron. La partie végétale du sol de Beauce n’a que 50 cm à 1 m d’épaisseur et le sous-sol est en général un terrain marneux d’une nature spongieuse qui forme un drainage naturel et absorbe en très peu de temps l’humidité des pluies. Elle a donc constamment besoin d’eau, d’autant que les précipitations ne sont pas suffisantes.
Ainsi, le 20 février 1865, le ministère de l’Agriculture, du commerce et des travaux publics ordonne que des études soient faites pour la préparation du projet de canaux d’irrigation des plaines de Beauce. L’étude est ordonnée « pour régénérer ou, plus modestement, améliorer l’agriculture de la Beauce par l’emploi des eaux ». Pour cela, il est nécessaire de connaître, eu égard à la nature du sol, les parties du territoire où l’eau est nécessaire. Cette étude doit donc prendre deux choses en considération :
l’utilité ou la nécessité de l’irrigation et plus généralement de la distribution des eaux sur les territoires des diverses régions de la Beauce pour en faire le meilleur usage dans l’intérêt agricole,
la possibilité matérielle de satisfaire à cette nécessité au point de vue hydraulique et économique.
L’idée est de capter l’eau de la Loire pour irriguer les plaines de la Beauce. En septembre 1867 et en janvier 1868, nous dit Ernest Maisse, le Conseil municipal de Pussay accorde « sa faveur au projet de canalisation de la Beauce lequel consistait à conduire, au moyen d’un canal partant de Mienne ou de Saint-Thibault, Nièvre, l’eau de la Loire à Paris à travers toute la Beauce qui aurait pu être irriguée à l’aide de prises d’eau faites à ce canal ».
En 1886, Eugène Dollon présente « un projet d’irrigation du plateau de la Beauce et de service d’eu permanent et continu pour toutes les villes et communes de la Beauce et la ville de Paris ».
Eugène Dollon explique dans son projet que : « La population est intelligente, industrieuse et sait trouver l’aisance dans le travail. Elle accueille de jour en jour davantage les instruments de culture perfectionnés ; la charrue beauceronne, de bois ou de fer, fait un bon travail, les scarificateurs, les semoirs, les herses de grande dimension, les machines à battre, sont employés dans presque toutes les fermes importantes.
Mais par le manque d’eau sont invinciblement arrêtés tous les véritables progrès de l’agriculture, et c’est là ce qui met le cultivateur dans la nécessité de suivre l’assolement triennal, mode de culture très épuisant puisque, sur trois récoltes, deux consistent en céréales. Pour qu’un assolement plus rationnel et plus profitable pût être introduit, il faudrait adopter la culture des plantes fourragères et multiplier des engrais, seul moyen de réparer l’épuisement progressif des anciennes richesses du sol.
Malheureusement, le fermier beauceron, n’ayant pas de prairies naturelles, faute d’eaux courantes, ne peut entretenir de bestiaux en quantité suffisante pour produire les engrais dont il a besoin. Les prairies artificielles lui sont une ressource trop précaire pour qu’il puisse y compter, puisque la moindre sécheresse estivale suffit à les faire manquer. La prudence oblige donc le cultivateur beauceron à n’avoir que peu de bétail. Car s’il vient à ne pouvoir le nourrir, il faut le revendre à tout prix et subir ainsi de grosses pertes ».
Le projet propose de dériver l’eau de la Loire à la hauteur de Decize, l’altitude du fleuve à cet endroit étant de 190 mètres au-dessus du niveau de la mer et la hauteur moyenne, vérifiée sur dix-neuf plaines du plateau de Beauce étant de 149 mètres. L’eau serait emmagasinée dans plusieurs réservoirs d’approvisionnement, situés sur les hauteurs du plateau de Beauce. Une artère principale se dirigerait sur Paris. Deux artères secondaires, partant de Patay ou d’Artenay la rejoindraient, après avoir arrosé la Beauce sur leur parcours.
« Avant-projet d’une société d’initiative d’études pour arriver à l’irrigation du plateau de la Beauce », Eugène Dollon, Archives Municipales d’Etampes
Ce projet est soumis aux municipalités qu’il doit traverser et le Conseil municipal de Pussay se prononce pour son adoption. Mais il ne verra jamais le jour.
Archives municipales de Pussay et d’Etampes
Archives départementales des Yvelines, 13M161
LES CRISES DU XIXe SIÈCLE À PUSSAY
La question de l’unité était posée depuis 1815 en Allemagne, comme en Italie. L’Allemagne était restée morcelée en 38 états qui formaient une Confédération sans lien réel entre les états. Deux de ces états étaient de grandes puissances : l’Autriche et la Prusse, qui voulaient chacune faire l’unité à son profit.
Depuis 1861, la Prusse était dirigée par Guillaume 1er et depuis 1862, son premier ministre était Bismarck. Tous deux pensaient que l’hégémonie allemande se ferait par les armes. L’armée fut réorganisée sous la direction de Moltke et son effectif porté à 450 000 hommes.
Une fois prêt l’outil de guerre, Bismarck déclencha une première guerre contre l’Autriche en 1866, car il ne pouvait y avoir place pour deux dans une Allemagne unifiée. S’étant assuré de la neutralité de la France, la guerre éclata le 16 juin. Moltke mena une campagne rapide et l’armée autrichienne fut mise en déroute à Sadowa le 3 juillet. L’Autriche renonçait à faire partie de l’Allemagne et la Prusse, annexant de nombreux territoires sans consulter la population, s’agrandit considérablement.
Après cette éclatante et rapide victoire, le prestige militaire de la France s’en trouva diminué d’une part, mais Napoléon III crut possible d’obtenir de la Prusse la récompense de sa neutralité en demandant des territoires, en échange desquels il offrait à la Prusse le droit d’agir à sa guise dans l’Allemagne du Sud, ce que Bismarck s’empressa de communiquer à cette dernière.
Dès lors, la Prusse rencontra de vives résistances à la fois de Napoléon III déçu dans ses espoirs de compensation territoriale et de l’Allemagne du Sud qui éprouvait une vive antipathie pour la Prusse, et Bismarck fut convaincu qu’une guerre contre la France pourrait unifier le nord et le sud de l’Allemagne.
Napoléon III était informé des intentions belliqueuses de la Prusse, mais il pensait que la guerre ne dépendrait que de lui et il était désireux de maintenir la paix. Aussi, il continua une politique de demi-mesures tant dans ses alliances que dans la réorganisation de l’armée. Or, le 2 juillet 1870, Léopold de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, se porte candidat au trône d’Espagne. La France se sent prise en étau, comme à l’époque de Charles Quint et exige le retrait de sa candidature qui est obtenu le 12 juillet.
Cependant, influencé par les bonapartistes autoritaires et l’opinion publique française, le ministre des affaires étrangères demande au roi de Prusse de s’opposer par écrit à toute candidature ultérieure du prince Léopold. Le roi acquiesce, mais Bismarck tronque la fameuse dépêche d’Ems et la transmet à toutes les ambassades et aux journaux, ce qui conduit la France, comme le voulait Bismarck, à déclarer la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870.
Mais l’armée n’est pas prête : la défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III, provoquent dès le 4 septembre 1870, la chute du Second Empire, l’exil de Napoléon III et la naissance de la Troisième République. La résistance s’organise avec Gambetta qui sort de Paris en ballon, mais l’armée française n’est pas de taille face à l’armée prussienne et l’armistice est signé à Versailles le 28 janvier 1871.
Dix jours auparavant, les princes de l’Allemagne du Sud entraient dans la Confédération des états allemands qui prenait le titre d’Empire allemand avec à sa tête, Guillaume 1er. Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871 : la France perd l’Alsace et une partie de la Lorraine et elle restera occupée jusqu’au paiement intégral d’une indemnité de guerre de cinq milliards de francs, de quoi susciter un esprit de revanche qui aboutira sur une nouvelle guerre en 1914.
La guerre de 1870 dans notre région
Les épisodes de cette guerre dans notre région sont plus particulièrement décrits dans le « Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 » par Gustave Desjardins, archiviste du département de Seine-et-Oise : « …Le prince Albert de Prusse, à la tête de la 4e division de cavalerie, s’avançait de Melun dans la direction de Thoury pour reconnaître la force et la situation des troupes françaises réunies en avant d’Orléans… Le 5 [octobre 1870], les habitants des villages de la Beauce s’assemblaient sur les routes et dans les champs, au bruit d’une forte canonnade grondant vers le midi. A Pussay, des cavaliers chargent, la lance au poing, la population inoffensive, pour la faire rentrer dans les maisons. Le prince Albert venait de rencontrer les Français à Thoury, et après un court combat, il battait en retraite. Les Prussiens ne voulaient pas de témoins de cet échec. Le soir, ils couchaient à Angerville et remontaient, le lendemain, vers Etampes jusqu’alors exempt de logements militaires, grâce à une ruse du maire qui, interrogé par les uhlans, leur avait annoncé l’arrivée imminente de plusieurs régiments français.
Derrière les Prussiens, deux compagnies de francs-tireurs s’avancent jusqu’à Courpain, et, retranchées dans une ferme, ouvrent le feu contre eux, le 8 octobre. Des lanciers français, venant de Sermaises, se montrent aux environs. Une batterie, placée sur les hauteurs qui dominent Fontaine à une demi-lieue de Marolles, canonne vainement le village ; les francs-tireurs tiennent bon. Mais sur le soir, ils apprennent qu’ils ont devant eux, non pas l’arrière-garde de la 4e division de cavalerie, mais un corps d’armée entier, et ils se replient sur Méréville pendant la nuit. Ils avaient arrêté une journée les Allemands qui durent camper autour de Marolles et La Forêt-Sainte-Croix et ne purent gagner que le lendemain leur gîte d’étapes. L’arrière-garde des francs-tireurs leur tue huit hommes à Méréville.
Embusqués dans les fossés de la route nationale n° 20, au nord d’Angerville, quarante-six partisans du Gers [capitaine d’Asies du Faur] les accueillent par une fusillade bien dirigée. Mais, cernés par des masses d’infanterie, après une résistance désespérée, ils sont presque tous tués ou pris. La ville aurait expié la belle conduite de cette poignée de braves, si le maire n’avait su l’allemand. Il parvint à faire comprendre à l’ennemi qu’il ne pouvait la rendre responsable d’un fait purement militaire. Méréville fut moins heureux, le maire et plusieurs habitants furent arrêtés, et la commune, condamnée à 50 000 francs d’amende, eut la douleur d’assister à l’assassinat de deux des francs-tireurs faits prisonniers. Car on ne peut appeler d’un autre nom le meurtre, accompli froidement, d’hommes appartenant à une troupe militairement organisée, obéissant à des chefs, portant un uniforme et servant d’éclaireurs à une armée régulière. Sorti de prison, le maire fit enterrer avec de grands honneurs les corps glorieux de ces martyrs de la patrie »…
A la lecture de ce tableau, il est compréhensible que des personnes nées après cette époque et n’ayant donc pas vécu ces événements, aient pu les raconter et parler avec terreur et horreur des « casques à pointe ». La mémoire collective les avait enregistrés.
L’impôt de guerre et l’emprunt de février 1871
Le 10 octobre 1870, le préfet de Seine-et-Oise, qui est alors l’Allemand von Brauchitsch, arrête que « …Le maire de chaque commune aura à percevoir dans les premiers jours de chaque mois, un douzième de la somme fixée pour la commune dans l’état du montant des rôles généraux des contributions foncières, personnelles, mobilières des portes et fenêtres et patentes pour l’année 1870. Cette somme devra être versée le 10 de chaque mois au maire du chef-lieu de canton qui devra faire le versement le 15 du même mois à la Caisse générale du département établie à Versailles…
Les maires, ainsi que les contribuables, auront à suivre strictement le présent arrêté, sinon je me verrai obligé de recourir à des mesures rigoureuses et à la force militaire pour faire payer des contributions réparties sur les communes du département… ». (Source : probablement le recueil officiel du département de Seine-et-Oise, publié par les Allemands pendant la guerre)
L’armistice conclu le 28 janvier 1871 stipule que le gouvernement de la défense nationale provoquera immédiatement la nomination d’une assemblée nationale qui aura la mission de décider de la paix ou de la guerre. Cette élection eut lieu le 5 février dans le département de la Seine et le 8 février dans tous les autres départements.
Le 15 février 1871, les Allemands décrètent un impôt de guerre qui se monte à dix millions de francs pour l’ensemble du département de Seine-et-Oise. Lors de la séance du Conseil municipal du 21 février, le maire, Edmond Féau, « fait connaître que dans l’assemblée des Maires et Délégués à Méréville, M. le Maire de Méréville a donné communication des demandes formées par le chef du détachement prussien envoyé à Méréville pour lever la contribution de guerre de 137 746 francs et des rigueurs auxquelles s’exposent les communes qui ne seraient pas d’avis d’en payer leur quote-part, savoir : 1° l’occupation militaire, 2° une amende de 514 francs par jour de retard, 3° la saisie de tous les bestiaux, des grains et fourrage existant dans la commune, 4° la vente publique du mobilier trouvé dans les maisons des contribuables jusqu’au parfait paiement de la quote-part de la commune dans ladite imposition de guerre ;
Que l’assemblée a été d’avis :
1° que la répartition devait être faite entre les communes proportionnellement au montant du rôle de leurs contributions directes telles qu’elles ont été payées depuis quatre mois ;
2° que MM. les Maires réuniraient de nouveau leurs conseils municipaux pour leur demander l’autorisation de payer ladite contribution de guerre et pour leur faire approuver la répartition adoptée dans la séance générale de Méréville.
Le conseil municipal de Pussay, ouï cette communication de M. le Maire, A été d’avis :
1° de payer sans retard ladite contribution de guerre, s’élevant pour la commune de Pussay, à la somme de 13 311,03 francs afin d’éviter à la commune de plus grands malheurs et l’amende pour cause de retard ;
2° d’approuver la base de répartition adoptée par l’assemblée de Méréville ;
3° attendu le bref délai fixé pour le payement de ladite contribution de guerre ;
attendu l’épuisement de la commune qui ne permettrait pas d’exiger actuellement avec rigueur, de tous les contribuables, le payement de leur part dans ladite contribution de guerre ;
attendu que la commune doit déjà payer dans le courant du mois un douzième de contributions directes pour le mois de février et trois douzièmes à titre de contributions indirectes de janvier et février ;
de contracter au nom de la commune un emprunt avec intérêt de 5 % et remboursable trois mois après la cessation de la guerre ou plus tôt si la commune peut auparavant contracter un emprunt auprès de la société de crédit foncier ou de toute autre manière ;
et d’inscrire à la suite de cette délibération le nom de tous les prêteurs et le montant des sommes versées pour leur servir de titre indépendamment des reçus qui leur seront remis.
Le conseil municipal charge M. le Maire de tous les détails d’exécution. De plus, aucun des habitants de la commune invités publiquement au son du tambour, par le crieur public, à assister à ladite séance et présents à la délibération ci-dessus, n’ayant été d’avis contraire, les mesures ci-dessus énoncées ont été approuvées à l’unanimité ».
Liste des souscripteurs à l’emprunt communal du 21 février 1871
Les prêteurs sont essentiellement les fabricants de bas de Pussay, « Alexandre Dujoncquoy et fils » et « Brinon, Charles Boyard et Veuve Boyard » en tête, ainsi que Louis Eugène Vassor-Terpreau et Casimir Désiré Vassor, tous deux frères et apiculteurs ; leur père Charles François était marchand épicier. Le montant de la souscription s’élève à 16 260 francs.
Le 30 août 1871, le Maire de Pussay écrit au Préfet de Seine-et-Oise : « Par suite de l’invasion étrangère, les dettes de la commune contractées tant pour les réquisitions en nature faites pour l’entretien des troupes allemandes pendant leur séjour dans la commune, que pour les emprunts faits pour le payement des contributions imposées par les autorités allemandes, d’octobre 1870 à fin février 1871, s’élèvent, en y ajoutant les intérêts jusqu’au 1er avril 1872 à 54 527,14 francs.
Qu’au début de la guerre, la commune a pris l’engagement de payer à court terme toutes les fournitures qui lui seraient faites ;
Qu’aujourd’hui par suite de la mauvaise récolte de cette année, les fournisseurs ont un pressant besoin de leurs fonds, soit pour remplacer les animaux que la commune leur a requis, soit pour se procurer des grains de semence ;
Que les réquisitions faites directement par la commune ne sont qu’une partie des dommages subis par les habitants, puisque les dégâts admis par la commission cantonale s’élèvent à environ 70 000 francs ;
Que la commune pour faire face à ses dettes, n’a pour toutes ressources que le recours à une imposition extraordinaire de dix centimes et dont le produit s’élève à environ 930 francs, somme de beaucoup inférieure même pour servir les intérêts seuls ;
Que dans les circonstances actuelles, il y a impossibilité de traiter d’un emprunt avec le Crédit Foncier de France, puisque cet établissement ne peut offrir en ce moment que des obligations de 500 francs 5 % remise au pair et négociable aux risques et périls de l’emprunteur (lettre du gouverneur de Crédit Foncier du 20 juillet 1871) ;
Et qu’enfin l’administration municipale se trouve dans un grand embarras pour faire face à ses engagements …
Sollicite auprès du Gouvernement un secours sur le crédit de cent millions que l’Assemblée Nationale vient de mettre à sa disposition pour dédommager les communes qui ont souffert de l’invasion étrangère … ».
Rapport écrit par l’instituteur de Pussay, Louis Victor Portier, le 11 janvier 1872
Ce rapport est rédigé en réponse à un questionnaire de l’administration et signé, outre l’instituteur, par le curé Victor Chenu et le maire Edmond Féau. Il nous renseigne précisément sur les brutalités et les exigences de l’ennemi et sur l’occupation de Pussay par ses troupes. (ADY 4M1/92)
« I – Rapports entre l’ennemi et les autorités
Les rapports entre l’ennemi et les autorités ont été des plus difficiles. L’ennemi s’est toujours montré très exigeant dans ses réquisitions. Non content de recevoir de la mairie ce qu’il demandait, il s’introduisait chez les habitants et prenait de vive force ce qui lui convenait. Le maire faillit être fait prisonnier plusieurs fois en défendant les intérêts de la commune et des habitants contre les exigences des Allemands, notamment le 26 novembre et le 16 mars et ne dut sa liberté qu’en se cachant.
Les réquisitions faites dans la commune de Pussay ont eu lieu du 20 octobre 1870 au 18 mars 1871. Elles s’élèvent à 33433F56. Les contributions payées à l’ennemi s’élèvent à 17043F10.
II – Evénements, combats, incendies, destructions d’édifice …
Aucun fait de guerre ne s’est passé dans la commune de Pussay. Quoique les habitants se soient toujours appliqués à éviter toute collision avec l’ennemi, ils ont été cependant en diverses circonstances victimes de sa brutalité. Parmi les traits les plus saillants, on peut citer :
1° Le 6 octobre, lendemain de sa déroute à Toury, l’ennemi, inquiet de voir les habitants de Pussay au dehors du village, ordonne à ses éclaireurs de faire une charge ; ces cavaliers déchargent leurs armes sur les habitants. Heureusement, personne n’est atteint ; mais cinq d’entre eux sont arrêtés, frappés, les uns de coups de plat de sabre, les autres de coups de hampe de lance, conduits devant le colonel du 5e régiment de cuirassiers blancs et condamnés par lui à être fusillés pour servir d’exemple. Cependant, après quelques explications, ils sont reconnus inoffensifs et renvoyés avec recommandation de ne plus sortir dans les champs.
2° Le 11 novembre, la commune de Pussay est encombrée de soldats, de chevaux, de voitures, etc. Plusieurs fermes à proximité du camp sont pillées, les bestiaux, les grains battus, les fourrages sont enlevés, les grains non battus servent de litière aux chevaux ; les voitures, les charrues, les herses, etc. sont brûlées. Un habitant qui défendait l’entrée de sa cave est battu et précipité du haut en bas de l’escalier de sa cave. Beaucoup d’habitants sont volés par les soldats qu’ils logeaient.
3° du 17 au 22 novembre, plusieurs cachettes sont découvertes et pillées par les soldats. Plusieurs habitants sont chassés de leurs demeures par les soldats et obligés de passer la journée dans la rue.
4° le 16 mars, les cuirassiers blancs du 6e régiment, après avoir reçu de la mairie leur réquisition de fourrage et de paille, s’introduisent dans une ferme, enlèvent le fourrage et la paille qu’ils y trouvent. Un conseiller municipal, voulant s’opposer à ce pillage, est assailli par ces soldats qui auraient pu lui faire un mauvais parti, si plusieurs habitants n’étaient accourus à son secours.
III – Occupation de la commune – passage des troupes
Dates Nombre Corps auquel ils appartiennent
d’arrivée de départ d’hommes de chevaux
11 nov 13 nov 5000 1500 76e d’infanterie prussienne, artillerie, équipages, ambulances
17 nov 22 nov 4000 400 36e d’infanterie prussienne, artillerie, équipages, ambulances
4 déc 5 déc 1200 400 Infanterie bavaroise
14 déc 15 déc 100 250 Artillerie prussienne
24 déc 26 déc 100 250 35e d’infanterie prussienne
25 déc 26 déc 50 100 Equipage
26 déc 27 déc 250 280 Cuirassier bavarois
26 déc 27 déc 1250 20 Infanterie bavaroise
11 fév 13 fév 3000 200 46e d’infanterie prussienne, artillerie, équipages, ambulances
13 fév 14 fév 250 400 Artillerie prussienne, 5e régiment
16 mars 17 mars 300 320 6e régiment de cuirassiers blancs
17 mars 17 mars 350 250 Pontonniers prussiens
17 mars 19 mars 300 60 20e d’infanterie prussienne
18 mars 19 mars 150 150 4e régiment de hussards prussiens
Fait à Pussay le 11 janvier 1872 par l’instituteur L.O. Portier et signé en plus par le curé V. Chenu et le maire Edmond Féau ».
La dette de la commune et un nouvel emprunt
Le 31 janvier 1872, le maire brosse au préfet de Seine-et-Oise un tableau alarmant de la situation de la commune : « La commune doit en ce moment pour les réquisitions qu’elle a faite pendant la guerre en argent et en denrées diverses, dans le but de satisfaire aux exigences des Prussiens, la somme de 34 967 francs. Les personnes qui lui ont prêté de l’argent ont pour la plupart besoin d’être remboursées au plus tôt. Quant aux particuliers et aux cultivateurs qui lui ont fourni des vaches, des moutons, de l’avoine, etc., etc., il est urgent que nous leur donnions au plus vite les moyens de garnir de nouveau les étables de bestiaux pour que leur culture devienne autant productive qu’il est possible.
Les secours que nous pourrons recevoir de l’Etat, bien qu’ils soient très précieux pour nous, auront toujours, lors même qu’ils seraient à la longue capables de payer toute notre dette, l’inconvénient de laisser languir trop longtemps nos cultivateurs nécessiteux qui, pour comble de malheur, ont fait cette année une récolte pitoyable.
Dans ces circonstances, je pense que notre commune ferait acte de bonne administration en empruntant une somme d’argent qui lui permit de solder les dettes qu’elle a contractées pendant l’invasion.
Et nous savons déjà qu’un seul habitant de Pussay nous prêterait volontiers une vingtaine de mille francs à 5 %.
La commune ne pouvant disposer que d’une imposition extraordinaire de 10 centimes produisant 930 francs … demande donc avis au préfet
1° serions-nous autorisés à nous imposer extraordinairement de 30 centimes pendant 21 ans soit annuellement 2795,22 francs pour éteindre la dette de nos réquisitions ?
2° avons-nous quelque chance d’être autorisés à contracter un emprunt ?
3° pouvons-nous espérer de nouveaux secours de l’Etat ? ».
Rien qu’en ce qui concerne les réquisitions en nature, la commune doit encore 15 722 francs, sur un montant initial de 28 162 francs.
Etat des sommes restant dues au 16 février 1972 par la commune pour réquisitions en nature faites pendant l’occupation allemande
Le 8 février 1872, le préfet fait connaître, qu’en raison de la légitimité et de l’urgence de paiement de pareilles dépenses, l’emprunt et l’imposition extraordinaire en question seront autorisés sans difficulté par le gouvernement, « vu que les circonstances présentes ne permettent pas d’espérer que l’Etat puisse rembourser complètement dans un avenir prochain le montant des contributions de guerre et généralement toutes les pertes subies par les communes ». Le montant de l’emprunt s’élève cette fois à 36 090,46 francs.
Nous apprenons à cette occasion que les fonds de la commune servent notamment à l’établissement de plusieurs chemins vicinaux nouvellement classés, à d’urgentes réparations à faire exécuter aux rues et aux chemins ruraux et à couvrir les frais de creusement d’une mare, si bien qu’aucune ressource n’est disponible pour le remboursement de la dette et que le recours à l’emprunt est la seule solution.
L’emprunt total, remboursable en 22 annuités à partir du 1er janvier 1873, est voté à l’unanimité du Conseil municipal, de même que l’imposition extraordinaire de 30 centimes additionnels. L’ensemble est avalisé par le préfet en mars 1872.
Utilisation du secours accordé par l’Etat
Le 10 février 1876, le Conseil municipal délibère sur l’aliénation de 20 bons de liquidation attribués à la commune de Pussay pour dommages résultant de la guerre et s’élevant à 10 355 francs.
Le maire, Adolphe Brinon, énumère les travaux qu’il y aurait à exécuter dans l’intérêt de la commune :
1° création d’une salle d’asile ;
2° perforation d’un puits et établissement de sa pompe pour le quartier de la brèche ;
3°percement d’une rue communale
4° achèvement du chemin de Grandville ;
5° bordure d’un trottoir longeant la maison Savouré-Ballot au côté droit de la rue donnant accès à la nouvelle mare ;
6° remboursement de l’emprunt communal occasionné par la guerre.
Il ajoute que la création d’une salle d’asile est selon lui d’une grande utilité. « Cet établissement recevant par son caractère de tous jeunes enfants auxquels les soins vraiment maternels sont donnés, aurait en outre l’avantage de décharger nos maisons d’école, tout en offrant à notre classe ouvrière toutes les garanties de soins intelligents et de première éducation ». Il croit devoir faire part au conseil que dans le cas où l’on établirait une salle d’asile, la commune recevrait un secours du tiers de la dépense. Il n’hésite d’ailleurs pas à dire qu’il en a la promesse écrite.
Un membre du Conseil fait alors observer que les sommes accordées pour l’indemnité de guerre, doivent servir exclusivement à l’extinction de la dette. Cependant, le maire fait remarquer que cette destination, bien qu’indiquée, n’est nullement obligatoire.
Après avoir délibéré, le Conseil décide, à la majorité, que les bons de liquidation seront intégralement employés à l’extinction de la dette. Un procès-verbal d’enquête sur le projet d’aliénation des bons, en date du 5 mars 1876, confirme l’attribution des bons à l’extinction de la dette.
Archives Départementales de l’Essonne : 2O1080
Archives Départementales des Yvelines : 4M1/92
« Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 » par Gustave Desjardins, archiviste du département de Seine-et-Oise.
Recueil des actes administratifs du département de Seine-et-Oise

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 1

Art. 2