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Timestamp: 2016-10-28 00:55:27+00:00

Document:
4P.343/2006 (26.04.2007)
4P.343/2006 /ech
recourante, repr�sent�e par Me Pierre-Yves Baumann,
intim�, repr�sent� par Me Fran�ois Kaiser,
droit d'�tre entendu, appr�ciation arbitraire des preuves,
A.a X.________ SA (ci-apr�s: X.________) est une soci�t� active notamment dans la vente et la commercialisation de produits alimentaires d'origine italienne.
Les 4 et 14 juillet 1997, X.________ et Y.________ ont sign� un contrat de travail, qui conf�rait au second la qualit� de "repr�sentant" de la premi�re � partir du 1er octobre 1997 dans des zones de vente, singuli�rement la r�gion lausannoise, le Lavaux et le Nord vaudois. L'accord pr�voyait un salaire mensuel assur� minimum de 4'500 fr. brut pour les trois premiers mois, puis, par la suite, un montant fixe de 1'800 fr. brut par mois et le paiement de provisions sur le chiffre d'affaires r�alis� par le travailleur. Il comportait �galement une clause prohibitive: Y.________ s'engageait � ne pas faire concurrence � son employeur sur l'ensemble du territoire suisse pendant une p�riode de deux ans apr�s la fin des relations contractuelles; la violation de ladite clause devait entra�ner le versement d'une peine conventionnelle, non lib�ratoire, �quivalant � une ann�e de r�mun�ration du travailleur, calcul�e sur la base de ce que celui-ci avait per�u le dernier mois d'activit�.
Outre sa fonction de repr�sentant, Y.________ s'est occup� d�s d�cembre 1997 de la gestion du d�p�t de X.________ sis � M.________. Ce d�p�t ne comptait ni secr�taire ni comptable, de sorte que le pr�nomm�, apr�s avoir rencontr� des clients pendant toute la journ�e, devait retourner � M.________ pour effectuer des t�ches de secr�tariat; il effectuait ainsi quotidiennement plus de 10,5 heures de travail. En outre, il n'y avait qu'un chauffeur par repr�sentant; la rotation du personnel �tant importante en ce qui concernait les livreurs, Y.________ devait fr�quemment effectuer lui-m�me des livraisons. Ce n'est cependant qu'en juin 1999 que ladite soci�t� a accept� de verser au travailleur, � sa demande, une indemnit� se montant � 0,2 % du chiffre d'affaires total du d�p�t de M.________.
Par courrier du 28 ao�t 2000, Y.________ a r�sili� pour le 31 octobre 2000 le contrat qui le liait � son employeur. Le 1er novembre 2000, il est entr� au service de A.________ SA afin de s'occuper du d�veloppement et de la promotion de produits alimentaires de diff�rentes origines.
A.b Le 26 avril 2001, X.________ a ouvert action contre Y.________ devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois. La demanderesse a conclu � ce que le d�fendeur lui doive paiement de 75'447 fr.20 plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 26 avril 2001 en application de la clause p�nale figurant dans le contrat de travail qui liait les parties.
Le d�fendeur a sollicit� le rejet des conclusions de la demande. Il a form� une reconvention tendant au versement en sa faveur de diverses indemnit�s atteignant le total de 24'732 fr.30, avec diff�rents int�r�ts.
Une expertise judiciaire a �t� confi�e � B.________ SA. Il r�sulte du rapport de cette soci�t� �tabli le 24 d�cembre 2002 que Y.________ avait une parfaite connaissance de la client�le de X.________ en Suisse romande, que l'engagement de ce dernier a permis � A.________ SA d'accro�tre son activit� commerciale au d�triment de son concurrent X.________ et que le recul du chiffre d'affaires de la demanderesse intervenu dans les derniers mois de l'ann�e 2000 provenait �galement du fait que le d�fendeur n'a pas �t� autoris� � pr�senter son rempla�ant � la client�le de X.________, ce qui a affaibli la pr�sence de cette soci�t� dans un march� tr�s convoit�.
Le 24 septembre 2003, le Tribunal d'arrondissement a entendu 13 t�moins. Au nombre de ces derniers figurent C.________, directeur commercial de X.________, qui est le fils de l'administrateur de celle-ci, D.________, qui travaille pour le compte de la demanderesse au Tessin, ainsi que E.________, F.________ et G.________, qui ont �t� tous trois employ�s de la demanderesse, les deux premiers en qualit� de repr�sentant, le troisi�me comme chauffeur.
Par jugement du 3 octobre 2003, le Tribunal d'arrondissement a rejet� les conclusions de la demanderesse et, admettant partiellement la reconvention, condamn� X.________ � verser au d�fendeur 2'700 fr. avec int�r�ts � 5 % d�s le 31 octobre 2000, somme retenue � tort sur le dernier salaire du travailleur, 5'761 fr.90 plus int�r�ts � 5 % d�s le 15 avril 1999 au titre d'indemnit� �quitable pour perte de provisions pendant les vacances du d�fendeur et 3'677 fr. avec int�r�ts � 5 % d�s le 15 mai 1999 � titre de versement de provisions acquises. Cette autorit� judiciaire, apr�s avoir retenu que les parties avaient conclu un contrat d'engagement des voyageurs de commerce tel que l'entendent les art. 347 ss CO, a rejet� la demande, au motif que la clause de prohibition de concurrence litigieuse, qui d�fendait � Y.________ de s'engager sur l'ensemble du territoire suisse aupr�s d'une entreprise concurrente de la demanderesse, �tait sans valeur, d�s l'instant o� elle contraignait le travailleur � exercer sa profession � l'�tranger.
Statuant sur le recours de la demanderesse, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 21 avril 2004, l'a admis, le jugement pr�cit� �tant annul� et la cause �tant renvoy�e aux premiers juges pour nouvelle instruction. Sur l'action principale, les juges cantonaux ont estim� que le Tribunal civil, qui a constat� la validit� formelle de la clause d'interdiction de concurrence, aurait d� faire application de l'art. 340a al. 2 CO et en limiter le champ d'application g�ographique, afin que le d�fendeur puisse continuer � exercer son activit� en Suisse.
B.a Le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a repris l'instruction de la cause selon les directives de la Chambre des recours. Lors d'une audience d'instruction qui s'est tenue le 22 juin 2005, il a entendu huit t�moins, dont cinq qui avaient d�j� d�pos� le 24 septembre 2003, soit C.________, D.________, E.________, F.________ et G.________. L'audition des t�moins a port� essentiellement sur les conditions de travail au sein de la demanderesse.
Par jugement du 27 juillet 2005, le Tribunal d'arrondissement a rejet� les conclusions prises par la demanderesse, admis partiellement la reconvention et prononc� que X.________ �tait d�bitrice de Y.________ de 2'700 fr plus int�r�ts � 5 % d�s le 31 octobre 2000, 5'761 fr. 90 avec int�r�ts � 5 % d�s le 15 avril 1999 et 1'370 fr.60 plus int�r�ts au m�me taux d�s le 1er juillet 1999.
Le Tribunal d'arrondissement a d�clar� faire sien l'�tat de fait du jugement qu'il a rendu le 3 octobre 2003. Il a compl�t� cet �tat de fait en faisant notamment �tat de huit lettres, traduites de l'italien, que la demanderesse a adress�es singuli�rement au d�fendeur entre le 16 juin 1998 et le 29 ao�t 2000, par lesquelles la soci�t� priait le travailleur de se conformer aux dispositions internes de l'entreprise quant aux conditions de paiement octroy�es aux clients. Le Tribunal d'arrondissement a consid�r� que le d�fendeur avait plusieurs motifs justifi�s imputables � l'employeur pour r�silier son contrat de travail: l'organisation interne de la demanderesse �tait d�faillante (absence de secr�taire et de comptable au d�p�t de M.________, manque de livreurs), � telle enseigne que le d�fendeur devait effectuer des journ�es de travail d�passant 10,5 heures; la demanderesse a viol� son obligation, ancr�e � l'art. 349c al. 1 CO, d'indemniser le travailleur pour les pertes de provisions intervenues pendant ses vacances; l'ambiance de travail �tait mauvaise. Les deux premiers motifs �tant suffisants � eux seuls pour justifier l'application de l'art. 340c al. 2 CO, le Tribunal d'arrondissement a jug� que la prohibition de concurrence litigieuse avait pris fin. A propos des conclusions reconventionnelles, il a encore confirm� que la demanderesse restait d�bitrice du d�fendeur de 2'700 fr. repr�sentant une d�duction indue op�r�e sur le dernier salaire du travailleur, de 5'761 fr.90 � titre de paiement d'une indemnit� �quitable pour perte de provisions pendant les vacances du voyageur de commerce et de 1'370 fr.60 correspondant � un solde de provisions acquises par Y.________ entre avril 1998 et d�cembre 2000. Comme le dispositif envoy� aux plaideurs le 27 juillet 2005 ne mentionnait pas cette derni�re somme, le Tribunal d'arrondissement a d�clar� r�parer cette erreur manifeste par application de l'art. 302 CPC/VD en exp�diant aux parties un nouveau dispositif corrig�.
B.b Saisie d'un nouveau recours de la demanderesse, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois, par arr�t du 6 septembre 2006, l'a rejet�, le jugement critiqu� �tant enti�rement confirm�.
Les motifs de cet arr�t seront expos�s ci-apr�s dans la mesure utile.
Parall�lement � un recours en r�forme, X.________ forme un recours de droit public au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t du 6 septembre 2006, dont elle requiert l'annulation.
1.2 Conform�ment � la r�gle g�n�rale de l'art. 57 al. 5 OJ, il y a lieu de statuer d'abord sur le recours de droit public.
La recourante est personnellement touch�e par la d�cision attaqu�e, qui rejette enti�rement ses conclusions en paiement, de sorte qu'elle a un int�r�t personnel, actuel et juridiquement prot�g� � ce que cette d�cision n'ait pas �t� prise en violation de ses droits constitutionnels; en cons�quence, elle a qualit� pour recourir (art. 88 OJ).
Dans son arr�t du 6 septembre 2006, la cour cantonale a d�clar� faire sien dans son entier l'�tat de fait du jugement rendu par le Tribunal d'arrondissement le 27 juillet 2005. Elle a tout d'abord admis que la demanderesse a renonc� � faire valoir que le jugement du 27 juillet 2005 a �t� corrig� "hors du cadre l�gal", au motif que cette critique ne figurait que dans les "remarques liminaires" de son m�moire, avant l'expos� des moyens de nullit� proprement dits. Elle a consid�r� qu'on ne saurait reprocher au Tribunal d'arrondissement d'avoir renvoy� � son premier jugement sans en retranscrire int�gralement l'�tat de fait, du moment que ce jugement figurait toujours au dossier et que son �tat de fait n'�tait pas contraire au jugement du 27 juillet 2005. La Chambre des recours a ensuite confirm� l'appr�ciation des preuves, en particulier des t�moignages, effectu�e par les premiers juges. Puis elle a retenu que la clause d'interdiction de concurrence contenue dans le contrat de travail du d�fendeur avait pris fin conform�ment � l'art. 340c al. 2 CO, car le voyageur de commerce avait en tout cas un motif justifi� pour r�silier son contrat, ainsi que l'avaient retenu les premiers juges. L'autorit� cantonale a enfin confirm� que le d�fendeur avait bien droit � une restitution de provisions, par 1'370 fr.60, ainsi qu'� des d�pens cantonaux, puisqu'il avait obtenu gain de cause pour l'essentiel.
A l'appui de son premier moyen, la recourante pr�tend que la cour cantonale est tomb�e dans l'arbitraire pour n'�tre pas entr�e en mati�re sur le grief selon lequel le jugement du 27 juillet 2005 a �t� corrig� "hors du cadre l�gal" � l'occasion de l'envoi aux parties de ses consid�rants motiv�s. Elle soutient que la partie intitul�e "remarques liminaires" de son m�moire cantonal �tait une critique claire du jugement et qu'il ne s'agissait pas d'un �l�ment accessoire valant renonciation du moyen.
3.1 Lorsque la partie recourante se plaint d'une transgression arbitraire du droit cantonal, elle doit indiquer avec pr�cision quelle est la disposition cantonale qui aurait �t� viol�e et l'examen se limite � cette question (ATF 128 I 273 consid. 2.1 in fine).
3.2 La cour cantonale a consid�r� que la critique �tait irrecevable faute d'�tre pr�sent�e dans le corps des moyens du recours en nullit�.
La demanderesse n'indique m�me pas quelle disposition de la proc�dure civile vaudoise concernant l'exigence de forme des actes de recours la cour cantonale aurait enfreinte en �cartant le grief.
Le moyen est donc irrecevable, puisqu'il ne r�pond pas aux exigences strictes de motivation de l'art. 90 al. 1 leb. b OJ (ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261/262).
La recourante se plaint du d�faut de motivation de l'arr�t cantonal. Elle s'en prend � la mani�re de proc�der de la Chambre des recours, qui a d�clar� adopter l'�tat de fait du jugement du 27 juillet 2005 sans r�diger elle-m�me une pr�sentation des faits d�terminants. La demanderesse expose qu'il a �chapp� � l'autorit� cantonale que le jugement de l'autorit� inf�rieure est lui-m�me une construction de diff�rents �tats de fait, puisque la page 7 de cette d�cision mentionne une reprise compl�te de l'�tat de fait du jugement du 3 octobre 2003 avec encore un compl�tement entra�n� par la reprise de l'instruction. A en croire la recourante, les t�moignages retranscrits par les premiers juges pr�senteraient des contradictions, si bien que leur appr�ciation par la cour cantonale ne pouvait �tre que totalement arbitraire. A cela s'ajouterait que l'autorit� cantonale a compl�t� l'�tat de fait du jugement du 27 juillet 2005 dans la partie "en droit" de son arr�t, m�lant l'�tablissement des faits � des discussions juridiques.
4.1 La jurisprudence a d�duit du droit d'�tre entendu l'obligation pour l'autorit� de motiver sa d�cision, afin que l'int�ress� puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorit� de recours puisse exercer son contr�le (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa, 97 consid. 2b; 125 II 369 consid. 2c; 124 II 146 consid. 2a). Le principe de la libre appr�ciation des preuves ne dispense pas le juge de l'obligation d'examiner avec soin le r�sultat de l'administration des mesures probatoires ordonn�es. Ce sont les circonstances du cas et l'int�r�t du justiciable qui sont d�terminants (cf. ATF 109 Ia 217 consid. 5c p. 234). Le juge n'est donc pas tenu d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqu�s par les parties; il peut se limiter � retranscrire ceux qui, sans arbitraire, apparaissent pertinents (ATF 121 I 54 consid. 2c et les arr�ts cit�s).
4.2.1 En l'esp�ce, l'arr�t attaqu� ne contient aucun �tat de fait. Il se borne � se r�f�rer dans son int�gralit� � celui dress� par le jugement du 27 juillet 2005, lequel ne comporte pas moins de 21 pages. De plus, il est vrai que le jugement en question renvoie � son tour aux faits retenus dans le jugement rendu par le Tribunal d'arrondissement le 3 octobre 2003, qui �taient d�velopp�s sur 13 pages.
Il est possible pour l'autorit� cantonale de se r�f�rer en bloc aux circonstances de fait des premiers juges, si le jugement de premi�re instance satisfait aux exigences de l'art. 51 al. 1 let. c OJ (cf. ATF 119 II 478 consid. 1d; Poudret, COJ II, n. 1 ad art. 51 OJ, p. 361).
Contrairement aux affirmations de la recourante, il n'a pas �chapp� aux juges cantonaux que le jugement du 27 juillet 2005 avait fait sien l'�tat de fait du jugement du 3 octobre 2003, d�s lors que cette circonstance est �voqu�e au consid�rant 3c de l'arr�t d�f�r�.
En revanche, on doit conc�der � la demanderesse qu'il e�t �t� logique de faire figurer le compl�tement des faits pris en compte par la cour cantonale dans la partie "en fait", et non dans la partie "en droit" de l'arr�t cantonal. Il en va de la coh�rence du raisonnement juridique.
4.2.2 Il n'en demeure pas moins que si l'ensemble des constatations de fait auxquelles se r�f�re l'arr�t attaqu� �taient contradictoires, le Tribunal f�d�ral ne serait pas en mesure de statuer sur le litige, de sorte que l'arr�t cantonal devrait �tre annul� d'office en application de l'art. 52 OJ, la cause �tant alors retourn�e � l'autorit� cantonale (Poudret, op. cit., n. 4 ad art. 51 OJ, p. 365).
La recourante affirme que les d�positions r�sum�es dans les jugements des 3 octobre 2003 et 27 juillet 2005 seraient contradictoires.
Elle a tort. En effet, seuls cinq t�moins ont �t� entendus deux fois, � savoir C.________, D.________, E.________, F.________ et G.________. Or, le jugement du 3 octobre 2003 ne fait pas �tat des d�positions de C.________ et D.________, de sorte que toute contradiction avec le second jugement est ipso facto exclue. G.________ a express�ment confirm� son premier t�moignage lors de son audition du 22 juin 2005 (cf. p. 20 in medio du jugement du 27 juillet 2005), ce qui n'est �videmment pas antinomique. Quant � F.________, il r�sulte du jugement du 3 octobre 2003 qu'il a rappel� avoir accord� des rabais sp�ciaux � certains clients (cf. p. 10 in medio dudit jugement), alors que le second jugement rapporte les d�clarations du t�moin relatives � la mauvaise ambiance de travail et au manque de livreurs affect�s par la demanderesse � son d�p�t de M.________ (cf. p. 18, 20 et 21 du jugement du 27 juillet 2005). Il n'y a rien l� de contradictoire. Enfin, en ce qui concerne le t�moin E.________, ses d�clarations ont �t� relat�es aux p. 4, 8, 9 et 11 du jugement du 3 octobre 2003 et aux pages 11, 14 et 20 et 21 du second jugement. Dans de telles conditions, il aurait appartenu � la recourante de montrer o� r�sideraient les pr�tendues contradictions des dires de ce t�moin. La recourante confond manifestement le Tribunal f�d�ral en instance de recours de droit public avec une autorit� de recours � m�me de revoir la cause librement en fait, ce qu'il n'est nullement comme on l'a rappel� ci-dessus.
4.2.3 Cela dit, le nouveau proc�d� utilis� par la Chambre des recours, consistant � renvoyer aux faits retenus par le premier juge sans plus se donner la peine de d�crire dans son arr�t les faits pertinents, pose manifestement probl�me. Outre qu'il rend nettement plus difficile la t�che du Tribunal f�d�ral, comme la Cour de c�ans l'a d�j� indiqu� r�cemment � la cour cantonale (arr�ts 4C.166/2004 du 16 septembre 2004, consid. 2, et 4P.147/2004 du 15 d�cembre 2004, consid. 2.2), il suscite une grande ins�curit� juridique et l'incompr�hension des justiciables. La Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois est de plus la seule instance romande � adopter ce mode de r�daction judiciaire, lequel semble uniquement dict� par des consid�rations tenant � la liquidation acc�l�r�e des proc�s pendants devant ladite Cour. Si louable puisse �tre ce but en tant que tel, il pourrait faire obstacle au contr�le judiciaire des arr�ts vaudois par la juridiction f�d�rale, ce qui constituerait une entorse au droit � un proc�s �quitable (art. 29 al. 1 Cst.).
Le Tribunal f�d�ral enjoint donc la Chambre des recours � revenir � son ancienne pratique et � relater d�sormais dans ses arr�ts les �l�ments de fait pertinents pour la cause � juger.
La recourante invoque l'appr�ciation arbitraire des t�moignages recueillis.
Selon la jurisprudence, l'arbitraire, prohib� par l'art. 9 Cst., ne r�sulte pas du seul fait qu'une autre solution pourrait entrer en consid�ration ou m�me qu'elle serait pr�f�rable; le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la d�cision attaqu�e que lorsque celle-ci est manifestement insoutenable, qu'elle se trouve en contradiction claire avec la situation de fait, qu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique indiscut�, ou encore lorsqu'elle heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit� (ATF 132 I 13 consid. 5.1, III 209 consid. 2.1; 131 I 57 consid. 2 p. 61).
En ce qui concerne l'appr�ciation des preuves et la d�termination des faits, le juge tombe dans l'arbitraire si, sans raison s�rieuse, il omet de prendre en consid�ration un �l�ment de preuve propre � modifier la d�cision, s'il se fonde sur un moyen manifestement inapte � apporter la preuve, s'il a, de mani�re �vidente, mal compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve ou encore si, sur la base des �l�ments recueillis, il en tire des constatations insoutenables. Le grief tir� de l'appr�ciation arbitraire des preuves ne peut �tre pris en consid�ration que si son admission est de nature � modifier le sort du litige, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il vise une constatation de fait n'ayant aucune incidence sur l'application du droit (ATF 129 I 8 consid. 2.1 et les arr�ts cit�s). Il appartient au recourant d'�tablir la r�alisation de ces conditions en tentant de d�montrer, par une argumentation pr�cise, que la d�cision incrimin�e est insoutenable (art. 90 al. 1 let. b OJ; ATF 129 I 185 consid. 1.6; 122 I 170 consid. 1c). Enfin, pour qu'une d�cision soit annul�e pour cause d'arbitraire, il ne suffit pas que la motivation formul�e soit insoutenable, il faut encore que la d�cision apparaisse arbitraire dans son r�sultat (ATF 132 I 13 consid. 5.1; 131 I 217 consid. 2.1; 129 I 8 consid. 2.1).
5.1 Selon la recourante, le t�moignage de E.________ aurait d� �tre �cart�, d�s lors que le pr�nomm� a vari� dans ses d�positions entre les audiences du 24 septembre 2003 et du 22 juin 2005, cela parce qu'il est maintenant en litige avec la demanderesse.
La circonstance que E.________ est en proc�s avec la recourante a �t� relev�e par les magistrats vaudois � la p. 7 de l'arr�t critiqu�. Comme il a �t� retenu, sans que l'arbitraire soit invoqu�, que l'audition des t�moins entendus le 22 juin 2005 avait principalement port� sur les conditions de travail dans l'entreprise de la demanderesse, il est parfaitement naturel que le t�moin susnomm� se soit prononc� plus particuli�rement sur cette question au cours de sa seconde audition. De toute mani�re, les d�clarations en question de E.________ ont �t� confirm�es par les t�moins F.________ et G.________ (cf. p. 18 et 20 du jugement du 27 juillet 2005), ce qui retire tout arbitraire � leur prise en compte.
5.2 Pour la recourante, la cour cantonale n'a pas consid�r� que le t�moin F.________ est entr� � son service le 5 f�vrier 2001, � savoir post�rieurement � la fin des relations contractuelles entre les plaideurs.
La recourante n'a pas tax� d'arbitraire la constatation de l'autorit� cantonale, selon laquelle F.________, avant d'�tre engag� le 5 f�vrier 2001 par la demanderesse, avait d�j� travaill� � son service de 1996 � 2000 (cf. consid. 3b de l'arr�t d�f�r�). On cherche vainement l'arbitraire en l'occurrence.
5.3 La recourante semble soutenir, en trois lignes, que c'est de mani�re ind�fendable que la d�position du t�moin G.________ a �t� retenue.
Cette critique, �minemment appellatoire, est irrecevable.
5.4 Aux yeux de la recourante, la Chambre des recours aurait ignor� la d�position de D.________, qui a affirm� que l'intim� ne respectait pas les directives de la demanderesse concernant les conditions de paiement � accorder aux clients.
Le grief est t�m�raire du moment que les d�clarations en cause figurent explicitement � la page 11 in initio du jugement rendu par le Tribunal d'arrondissement le 27 juillet 2005.
5.5 La recourante para�t faire grief � la cour cantonale d'avoir retenu avec circonspection le t�moignage de C.________.
D�s lors que C.________ est le fils de l'administrateur de la demanderesse dont il est au surplus directeur commercial et qu'il est ainsi int�ress� � l'issue du diff�rend, il n'y avait bien entendu aucun arbitraire � ne retenir ses dires que s'ils �taient confirm�s par d'autres moyens de preuve.
5.6 La recourante reproche � l'autorit� cantonale de n'avoir arbitrairement pas examin� diverses preuves, et singuli�rement un document, qui montreraient l'origine des probl�mes d'ambiance de travail existant au sein de la demanderesse.
La question de la mauvaise ambiance de travail chez la recourante n'a pas �t� consid�r�e comme une circonstance factuelle d�terminante pour admettre que le d�fendeur avait un motif justifi� pour r�silier son contrat, � l'inverse de l'organisation interne d�faillante de la recourante et du non-versement du salaire au travailleur emp�ch� sans sa faute.
La constatation �voqu�e est, partant, d�nu�e de toute incidence sur le sort de la querelle, si bien que la Chambre des recours n'avait pas � instruire plus avant sur ce point.
6.1 A l'appui de son dernier moyen, la recourante se pr�vaut d'une application arbitraire de l'art. 340c al. 2 CO. Elle fait valoir qu'au pire, les deux parties doivent �tre tenues pour �galement responsables de la r�siliation des rapports de travail. Et de relever en vrac que la mauvaise ambiance de travail r�gnant au sein de la demanderesse n'a pas �t� �tablie, que les dol�ances de l'intim� avaient trait � sa r�mun�ration qu'il estimait trop basse et que ce dernier ne s'est jamais plaint aupr�s de son employeur de ses conditions de travail. La recourante reproche enfin aux magistrats vaudois de n'avoir pas pond�r� les fautes imputables � chacun des plaideurs, mettant l'accent sur les seuls manquements de l'employeur.
6.2 Le moyen a trait � l'application du droit f�d�ral, si bien qu'il est irrecevable dans la pr�sente instance, la voie de la r�forme �tant ouverte (art. 84 al. 2 OJ). Pour le reste, il s'�puise en un tissu de critiques appellatoires, �videmment irrecevables.
Comme la valeur litigieuse, d�termin�e par les pr�tentions de la demanderesse � l'ouverture de l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41), d�passe 30 000 fr., la proc�dure n'est pas gratuite (art. 343 al. 2 et 3 CO).
La recourante, qui succombe, paiera l'�molument de justice et versera des d�pens � l'intim� (art. 156 al. 1 et 159 al. 1 OJ).

References: art. 347
in fine
 ATF 
 ATF 
 art. 51
 art. 51
 ATF