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6B_281/2013 (16.07.2013)
6B_281/2013 � � Arr�t du 16 juillet 2013
A.X.________, repr�sent� par Me Youri Widmer, avocat,
2.�C.________,
Tentative de contrainte; infraction � la LCR; fixation de la peine; sursis,
recours contre le jugement de la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 17 d�cembre 2012.
Par jugement du 8 juin 2012, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois a condamn� A.X.________ � une peine p�cuniaire de 150 jours-amende � 100 fr. pour tentative de contrainte (art. 22 et 181 CP) et violation grave des r�gles de la circulation routi�re (art. 34 al. 4 et 90 al. 2 LCR). Sur le plan civil, il a renvoy� le plaignant, C.________, � agir par la voie civile.
Par jugement du 17 d�cembre 2012, la Cour d'appel p�nale du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel form� par A.X.________ et confirm� le jugement de premi�re instance.
B.a.�Par jugement du 12 mars 2002 du Tribunal de Grande instance de Paris, A.X.________ et son �pouse B.X.________ ont �t� condamn�s solidairement � verser 30'490, 35'000, 11'400 et 4'574 euros � la soci�t� D.________. Se fondant sur ce jugement, cette soci�t� a introduit le 29 mai 2002 contre les �poux une poursuite en paiement de 118'053 fr. 50 avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 avril 2002. A.X.________ a form� opposition au commandement de payer et mandat� l'avocat C.________, notamment dans la perspective de l'audience de mainlev�e. Interpell� par le pr�sident � l'audience, l'avocat a consenti � la production tardive d'une attestation du cours de l'euro, renon�ant ainsi � un moyen de nullit�. Par prononc� du 29 novembre 2002, le pr�sident a prononc� la mainlev�e d�finitive de l'opposition, d�cision confirm�e par la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal vaudois et le Tribunal f�d�ral. En octobre 2003, les �poux ont �crit � leur avocat, lui reprochant de ne pas avoir soulev� le moyen de nullit� lors de l'audience de mainlev�e. L'avocat n'a pas donn� suite � ces lettres.
En octobre 2004, A.X.________ a pris contact avec C.________ et l'a mandat� dans le cadre de la proc�dure p�nale l'opposant en qualit� de pr�venu � D.________. Le 7 octobre 2004, il a ordonn� le versement de 4'000 fr. en faveur de C.________, avec la mention " facture A.X.________ " sous la rubrique motif du versement. Par courrier du 11 octobre 2004, C.________ confirmait l'acceptation du mandat p�nal, sp�cifiait que ses honoraires seraient pris en charge par E.________ AG dont les int�r�ts �taient �galement touch�s par la proc�dure p�nale et accusait r�ception du versement de 4'000 fr. en couverture partielle des honoraires demeur�s en suspens dans l'affaire civile l'ayant oppos� � D.________, pr�cisant que le solde encore d� � ce titre s'�levait � 7'380 fr. 50. A.X.________ ne s'est pas acquitt� de ce montant, ni d'ailleurs de la totalit� des honoraires de C.________ au p�nal malgr� les rappels des 17 mars et 30 juin 2005.
Le 25 octobre 2005,�A.X.________ a envoy� � l'Office des poursuites de Lausanne des r�quisitions de poursuite � l'encontre de C.________, se pr�valant d'une cr�ance de 250'000 fr. au titre de " Dommage + int�r�ts proc�s D.________ Tribunal Cantonal ".�C.________ a form� opposition totale au commandement de payer, dont le poursuivant n'a pas requis la mainlev�e. En outre, il a ouvert action en constatation de l'inexistence de la cr�ance de 250'000 fr.; A.X.________ a fait d�faut � l'audience.
Le 18 octobre 2005, faute d'obtenir le paiement du solde de ses honoraires, C.________ a mandat� un agent d'affaires en vue du recouvrement de sa cr�ance. Apr�s un dernier rappel, ce mandataire a requis une poursuite tant � l'encontre de A.X.________ que de B.X.________ pour le montant de 7'380 fr. 50, invoquant comme titre de cr�ance " solde red� sur diverses factures selon lettre du 11 octobre 2004 ", frais d'intervention et de poursuite en sus. Le commandement de payer a �t� �tabli le 28octobre 2005.
B.b.�Le samedi 14 f�vrier 2006, vers 16 h 35, A.X.________ circulait au volant d'un v�hicule Porsche Cayenne Turbo sur l'autoroute A1 entre Kirchberg et Luterbach (SO). Il a alors rattrap� un autre usager et, sur un tron�on de 711 m�tres, a suivi cette voiture � une distance comprise entre 15 et 20 m�tres et � une vitesse moyenne de 117 km/heure. Interpell� peu apr�s par une patrouille de la police bernoise, A.X.________ n'a pas mat�riellement contest� les faits. Sans nier avoir �t� au volant de la voiture qu'il occupait, il a fait valoir qu'il avait eu l'impression de suivre � une distance de 30 � 40 m�tres l'automobile qui le pr�c�dait. Il a toutefois soutenu qu'il �tait diplomate, se r�servant de d�velopper ce moyen devant ses juges.
Contre cet arr�t cantonal, A.X.________ d�pose un recours en mati�re p�nale devant le Tribunal f�d�ral. Il conclut, principalement, � son acquittement des chefs d'accusation de tentative de contrainte et de violation grave des r�gles de la circulation routi�re et, � titre subsidiaire, au prononc� d'une peine p�cuniaire adapt�e � sa culpabilit� et � ses capacit�s financi�res, assortie d'un sursis, total ou partiel. En outre, il sollicite l'assistance judiciaire.
Le recourant conteste sa condamnation pour tentative de contrainte (art. 181 CP).
Se rend coupable de contrainte selon l'art. 181 CP celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la mena�ant d'un dommage s�rieux, ou en l'entravant de quelque autre mani�re dans sa libert� d'action, l'aura oblig�e � faire, � ne pas faire ou � laisser faire un acte.
1.1.1.�Alors que la violence consiste dans l'emploi d'une force physique d'une certaine intensit� � l'encontre de la victime (ATF 101 IV 42 consid. 3a), la menace est un moyen de pression psychologique consistant � annoncer un dommage futur dont la r�alisation est pr�sent�e comme d�pendante de la volont� de l'auteur, sans toutefois qu'il soit n�cessaire que cette d�pendance soit effective (ATF 117 IV 445 consid. 2b, 106 IV 125 consid. 2a) ni que l'auteur ait r�ellement la volont� de r�aliser sa menace (ATF 105 IV 120 consid. 2a). La loi exige un dommage s�rieux, c'est-�-dire que la perspective de l'inconv�nient pr�sent� comme d�pendant de la volont� de l'auteur soit propre � entraver le destinataire dans sa libert� de d�cision ou d'action (ATF 120 IV 17 consid. 2a/aa p. 19). La question doit �tre tranch�e en fonction de crit�res objectifs, en se pla�ant du point de vue d'une personne de sensibilit� moyenne (ATF 122 IV 322 consid. 1a p. 325; 120 IV 17 consid. 2a/aa p. 19).
Il peut �galement y avoir contrainte lorsque l'auteur entrave sa victime�" de quelque autre mani�re " dans sa libert� d'action. Cette formule g�n�rale doit �tre interpr�t�e de mani�re restrictive. N'importe quelle pression de peu d'importance ne suffit pas. Il faut que le moyen de contrainte utilis� soit, comme pour la violence ou la menace d'un dommage s�rieux, propre � impressionner une personne de sensibilit� moyenne et � l'entraver d'une mani�re substantielle dans sa libert� de d�cision ou d'action. Il s'agit donc de moyens de contrainte qui, par leur intensit� et leur effet, sont analogues � ceux qui sont cit�s express�ment par la loi (ATF 137 IV 326 consid. 3.3.1 p. 328; 134 IV 216 consid. 4.2; 119 IV 301 consid. 2a).
1.1.2.�Selon la jurisprudence, la contrainte n'est contraire au droit que si elle est illicite (ATF 120 IV 17 consid. 2a p. 19 et les arr�ts cit�s), soit parce que le moyen utilis� ou le but poursuivi est illicite, soit parce que le moyen est disproportionn� pour atteindre le but vis�, soit encore parce qu'un moyen conforme au droit utilis� pour atteindre un but l�gitime constitue, au vu des circonstances, un moyen de pression abusif ou contraire aux moeurs (ATF 137 IV 326 consid. 3.3.1 p. 328; 134 IV 216 consid. 4.1 p. 218; 120 IV 17 consid. 2a/bb p. 20). Ainsi, menacer d'une plainte p�nale pour une infraction que rien ne permet s�rieusement de soup�onner est un moyen en soi inadmissible (ATF 120 IV 17 consid. consid. 2a/bb p. 20 s.). En revanche, r�clamer le paiement d'une cr�ance ou menacer de d�poser une plainte p�nale (lorsque l'on est victime d'une infraction) constituent en principe des actes licites; ils ne le sont plus lorsque le moyen utilis� n'est pas dans un rapport raisonnable avec le but vis� et constitue un moyen de pression abusif, notamment lorsque l'objet de la plainte p�nale est sans rapport avec la prestation demand�e ou si la menace doit permettre d'obtenir un avantage indu (ATF 120 IV 17 consid. 2a/bb p. 20 et les arr�ts cit�s; au sujet de la contrainte susceptible d'�tre r�alis�e par un commandement de payer, cf. arr�t 6S.853/2000 du 9 mai 2001 et 6S.874/1996 du 26 f�vrier 1997).
1.1.3.�Sur le plan subjectif, il faut que l'auteur ait agi intentionnellement, c'est-�-dire qu'il ait voulu contraindre la victime � adopter le comportement vis� en �tant conscient de l'illic�it� de son comportement; le dol �ventuel suffit (ATF 120 IV 17 consid. 2c p. 22).
1.1.4.�Lorsque la victime ne se laisse pas intimider et n'adopte pas le comportement voulu par l'auteur, ce dernier est punissable de tentative de contrainte (art. 22 al. 1 CP; ATF 129 IV 262; 106 IV 125 consid. 2b p. 12).
1.2.�Il est reproch� au recourant d'avoir fait notifier � l'intim� un commandement de payer portant sur le montant de 250'000 fr., au titre de " Dommage + int�r�ts proc�s D.________Tribunal Cantonal ", dans le but de le dissuader de lui r�clamer le solde de ses honoraires. Il est donc manifeste que le recourant n'a pas us� de violence au sens de l'art. 181 CP. On ne se trouve pas non plus en pr�sence d'une menace; en effet, le recourant n'a pas seulement menac� sa victime de lui faire notifier un commandement de payer pour l'inciter, par la perspective des inconv�nients qui pourraient en r�sulter, � s'abstenir de r�clamer le solde de ses honoraires, mais l'a effectivement fait notifier. Il reste d�s lors � examiner si le recourant a entrav� " de quelque autre mani�re " le destinataire du commandement de payer dans sa libert� d'action.
Le commandement de payer notifi� �tait, en l'esp�ce, d�pourvu de tout fondement. En effet, il est admis qu'un cr�ancier au b�n�fice d'un jugement ex�cutoire peut introduire une nouvelle poursuite fond�e sur le m�me titre de cr�ance, notamment dans l'hypoth�se o� sa premi�re poursuite a �t� rejet�e pour des motifs formels. En cons�quence, si l'avocat s'�tait oppos� � la production tardive de l'attestation bancaire du cours de l'euro, le poursuivant aurait introduit une nouvelle poursuite et la mainlev�e d�finitive aurait �t� de toute fa�on prononc�e. En outre, le montant figurant sur le commandement de payer �tait excessif, puisque le jugement de mainlev�e condamnait le recourant et sa femme, en tant que d�biteur solidaire, � payer un montant de 116'000 fr., et non de 250'000 fr. Or, faire notifier un commandement de payer � une personne lorsqu'on n'est pas fond� � lui r�clamer une somme d'argent est sans conteste illicite. Par ce moyen, le recourant voulait dissuader l'intim� de r�clamer le solde de ses honoraires. Certes, les r�quisitions de poursuite, du 25 octobre 2005, sont ant�rieures � celle de l'intim�. Le recourant savait toutefois que l'intim� n'avait pas renonc� au recouvrement de ses honoraires, puisque, dans son courrier du 11 octobre 2004, lorsqu'il a accept� � nouveau d'�tre son conseil, il lui avait d�j� r�clam� le solde de ses honoraires au p�nal et lui avait envoy� par la suite plusieurs rappels.
L'entrave � la libert� que constitue le proc�d� utilis� est loin d'�tre l�g�re. Une telle proc�dure est une source de tourments et de poids psychologique, qui sont de nature � inciter le destinataire � c�der � la pression dont il fait l'objet (cf. arr�t 6S.853/2000 du 9 mai 2001 consid. 4 et 6S.874/1996 du 26 f�vrier 1997 consid. 2b). En outre, elle �tait de nature � porter atteinte au cr�dit professionnel de l'intim�. Contrairement � l'avis du recourant, la possibilit� de se d�fendre par la voie judiciaire contre le dommage dont on est menac� ne supprime pas sans autre le caract�re s�rieux de celui-ci. En effet, tout proc�s exige des d�penses, et il arrive au demeurant fr�quemment qu'il ait une issue incertaine (ATF 122 IV 322 consid. 1a p. 325). En l'esp�ce, l'intim� s'est vu ainsi contraint d'ouvrir une action en constatation de l'inexistence d'une cr�ance.
Le recourant soutient avoir agi de toute bonne foi et avoir r�ellement cru que l' "erreur " de l'intim� lors de l'audience de mainlev�e avait eu une r�elle incidence. Il fait notamment valoir qu'il n'�tait pas juriste et qu'il r�sidait et travaillait essentiellement en Angleterre, de sorte qu'il ignorait le fonctionnement du droit suisse des poursuites et faillites. D�terminer ce qu'une personne a su, envisag� ou accept� rel�ve de l'�tablissement des faits (ATF 135 IV 152 consid. 2.3.2 p. 156), que le Tribunal f�d�ral ne peut r�examiner que�lorsque celui-ci est entach� d'inexactitude manifeste (art. 97 al. 1 LTF), � savoir d'arbitraire (ATF 134 IV 36 consid. 1.4.1 p. 39). En l'esp�ce, la cour cantonale a consid�r� que le renouvellement du mandat � l'intim� d�montrait que le recourant avait compris qu'il ne pouvait pas faire valoir des pr�tentions � son encontre en relation avec le moyen de nullit� qui aurait pu �tre tir� de l'absence de production du taux de conversion dans la proc�dure de mainlev�e. En outre, un homme rompu aux affaires comme le recourant ne pouvait ignorer qu'un cr�ancier au b�n�fice d'un jugement ex�cutoire pouvait introduire une nouvelle poursuite fond�e sur le m�me titre de cr�ance, notamment dans l'hypoth�se o� sa premi�re poursuite a �t� rejet�e pour des motifs formels. Le montant de 250'000 fr. sur lequel portait le commandement de payer �tait en outre excessif, ce que le recourant savait �galement. Le raisonnement de la cour cantonale est convaincant. C'est donc sans arbitraire qu'elle a retenu que le recourant a fait notifier un commandement de payer sans fondement, avec conscience et volont�, dans le but de dissuader l'intim� de recouvrer ses honoraires.
L'intim� ne s'est pas laiss� intimider, puisqu'il a requis la poursuite du recourant et de son �pouse pour le solde de ses honoraires. C'est donc � juste titre que la cour cantonale a retenu la seule tentative de contrainte.
Condamn� pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re pour ne pas avoir respect� une " distance suffisance " avec le v�hicule le pr�c�dant, le recourant soutient que son comportement doit �tre qualifi� de violation simple des r�gles de la circulation routi�re.
2.1.�L'art. 34 al. 4 LCR pr�voit que le conducteur doit observer une distance suffisante notamment lorsque des v�hicules se suivent. Cette disposition est concr�tis�e � l'art. 12 al. 1 OCR, selon lequel lorsque des v�hicules se suivent, le conducteur se tiendra � une distance suffisante du v�hicule qui le pr�c�de, afin de pouvoir s'arr�ter � temps en cas de freinage inattendu.
L'art. 90 al. 1 LCR pr�voit que celui qui viole les r�gles de la circulation pr�vues par la pr�sente loi ou par les dispositions d'ex�cution �manant du Conseil f�d�ral est puni de l'amende. Celui qui, par une violation grave d'une r�gle de la circulation, cr�e un s�rieux danger pour la s�curit� d'autrui ou en prend le risque est puni d'une peine privative de libert� de trois ans au plus ou d'une peine p�cuniaire (art. 90 al. 2 LCR).
2.2.�Ce qu'il faut entendre par " distance suffisante " au sens de l'art. 34 al. 4 LCR d�pend des circonstances concr�tes, notamment des conditions de la route, de la circulation et de la visibilit�, de m�me que de l'�tat des v�hicules impliqu�s. Le sens de cette r�gle de circulation est avant tout de permettre au conducteur, m�me en cas de freinage inopin� du v�hicule qui pr�c�de, de s'arr�ter derri�re lui. La jurisprudence n'a d�velopp� aucun principe g�n�ral en ce qui concerne la distance � partir de laquelle une violation simple des r�gles de la circulation, au sens de l'art. 90 al. 1 LCR, doit �tre retenue dans tous les cas, m�me en pr�sence de conditions favorables. Elle a toutefois admis que la r�gle des deux secondes ou du " demi compteur " (correspondant � un intervalle de 1,8 seconde) �taient des standards minima habituellement reconnus (ATF 131 IV 133 consid. 3.1 p. 135 104 IV 192 consid. 2b p. 194; cf. aussi�PHILIPPE WEISSENBERGER, Kommentar zum Strassenverkehrgesetz, 2011, 2011, n� 53 ad art. 34 LCR).
Prenant en compte la pratique allemande et la doctrine, la jurisprudence du Tribunal f�d�ral a consid�r� que le cas peut �tre grave lorsque l'intervalle entre les v�hicules est inf�rieur � 0,8 voire 0,6 seconde (ATF 131 IV 133 consid. 3.2.2 p. 137 et les r�f�rences cit�es). Ainsi, une faute grave a �t� retenue lorsqu'un automobiliste a, sur une distance de 800 m�tres environ et � une vitesse sup�rieure � 100 km/h, suivi le v�hicule le pr�c�dant sur la voie de gauche de l'autoroute avec un �cart de moins de 10 m�tres, correspondant � 0,3 seconde de temps de parcours (ATF 131 IV 133; cf. aussi arr�ts 1C_356/2009 du 12 f�vrier 2010; 1C_7/2010 du 11 mai 2010; 1C_274/210 du 7 octobre 2010). Le Tribunal f�d�ral a �galement retenu une violation grave de la circulation en cas de distance sup�rieure � 0,6 seconde, lorsque les conditions de la route et de visibilit� n'�taient pas favorables (arr�t 6B_700/2010 du 16 novembre 2010; cf. aussi�WEISSENBERGER, op. cit., n� 54 ad art. 34 LCR).
2.3.�Avec sa Porsche, le recourant a suivi le v�hicule le pr�c�dant � 117 km/heure, sur 711 m�tres, � une distance entre 15 et 20 m�tres. Il est vrai que si l'on retient une distance de 20 m�tres, cela repr�sente une distance temporelle de 0,62 seconde. La jurisprudence n'a toutefois pas pos� de r�gle fixe, selon laquelle la violation des r�gles de circulation devait �tre qualifi�e de grave seulement si la distance �tait inf�rieure � 0,6 seconde. La qualification " grave " ou " simple " de la violation des r�gles de la circulation ne d�pend en effet pas uniquement de la distance, mais de l'ensemble des circonstances. En l'esp�ce, le trafic �tait dense. Or, comme le rel�ve le recourant lui-m�me, la densit� du trafic provoque de fr�quents ralentissements et oblige r�guli�rement les conducteurs � freiner. En outre, il y avait des poids lourds qui �taient susceptibles de masquer la perception par le recourant des conditions de circulation plus avant. Dans ces conditions, la cour cantonale n'a pas viol� le droit f�d�ral en condamnant le recourant pour violation grave des r�gles de la circulation routi�re.
Condamn� � une peine p�cuniaire de 150 jours-amende � 100 fr., le recourant se plaint de la s�v�rit� de cette peine. Il conteste le nombre des jours-amende, ainsi que leur montant.
3.1.�Pour fixer le nombre de jours-amende, le juge se fonde sur la culpabilit� de l'auteur (art. 34 al. 1 CP). Pour ce faire, il se r�f�rera aux crit�res pos�s � l'art. 47 CP. Il prendra en consid�ration les ant�c�dents et la situation personnelle de l'auteur ainsi que l'effet de la peine sur son avenir (art. 47 al. 1 CP ). Il tiendra compte de la gravit� de la l�sion ou de la mise en danger du bien juridique concern�, du caract�re r�pr�hensible de l'acte, des motivations et des buts de l'auteur et de la mesure dans laquelle celui-ci aurait pu �viter la mise en danger ou la l�sion, compte tenu de sa situation personnelle et des circonstances ext�rieures (art. 47 al. 2 CP).
3.2.1.�La cour cantonale a retenu les ant�c�dents en mati�re de LCR, � savoir une condamnation p�nale r�primant deux infractions graves � la LCR commises en 2003 et 2004. Elle a en outre relev� les explications d�sinvoltes qu'il a donn�es pour tenter de justifier son comportement (impliquant ses enfants) et sa tentative particuli�rement d�risoire � l'�gard des policiers bernois de se pr�valoir de l'immunit� diplomatique. S'agissant de la tentative de contrainte, elle a consid�r� que son attitude � l'�gard de son conseil �tait empreinte de cynisme et de perfidie. A d�charge, elle a observ� que le recourant n'avait plus occup� les autorit�s judiciaires depuis 2006 et que la tentative de contrainte �tait proche de la prescription.
3.2.2.�Le recourant reproche � la cour cantonale de ne pas avoir att�nu� la peine, d�s lors que la contrainte n'a �t� que tent�e.
L'art. 22 al. 1 CP pr�voit une att�nuation de la peine, au sens de l'art. 48a CP. Cette att�nuation est facultative. Toutefois, selon la jurisprudence, la peine doit de toute mani�re �tre r�duite lorsque le r�sultat de l'infraction ne s'est pas produit. La mesure de cette att�nuation d�pend notamment de la proximit� du r�sultat ainsi que des cons�quences effectives des actes commis. S'il n'y a pas lieu d'att�nuer la peine en application de l'art. 48a CP, le juge doit tenir compte de l'absence de r�sultat dommageable, comme �l�ment � d�charge, dans le cadre de l'application de l'art. 47 CP (arr�t 6S.547/2006 du 1er f�vrier 2006; ATF 127 IV 101 consid. 2b p. 103; 121 IV 49 consid. 1b p. 54 s.).
En l'esp�ce, la cour cantonale n'a pas m�connu le fait que l'infraction de contrainte n'�tait que tent�e. Comme le jugement forme un tout, l'on doit admettre qu'au moment de fixer la peine, le juge garde � l'esprit les �l�ments qui y figurent, de sorte qu'il n'est pas tenu de les mentionner � nouveau, � moins qu'il s'agisse d'un �l�ment d�cisif. En l'esp�ce, le recourant a tout fait pour que l'infraction soit consomm�e, et ce sont les circonstances externes qui ont emp�ch� la r�alisation du r�sultat. Dans ces conditions, seule une att�nuation minime de la peine s'impose, et l'on ne saurait reprocher � la cour cantonale de ne pas avoir mentionn� express�ment cet �l�ment � nouveau au stade de la peine.
3.2.3.�Le recourant fait grief � la cour cantonale de ne pas avoir retenu que l'infraction en question �tait � quelques mois pr�s de la prescription de l'action p�nale (art. 48 let. e CP).
Ce grief est infond�. La cour cantonale mentionne express�ment � d�charge le fait que l'infraction de tentative de contrainte est proche de la prescription.
3.2.4.�Enfin, le recourant soutient avoir �t� gravement tent� par le comportement de son conseil et invoque la circonstance att�nuante de l'art. 48 let. b CP.
Le recourant m�conna�t le sens de cette circonstance att�nuante, qui ne s'applique pratiquement qu'en mati�re d'infraction sexuelle. En effet, la cour de c�ans ne voit pas en quoi l'intim� aurait induit en tentation grave le recourant, de sorte que celui-ci n'aurait pas pu r�sister � lui adresser un commandement de payer.
3.2.5.�En d�finitive, la cour cantonale n'a pas omis d'�l�ment important lors de la fixation de la peine et a correctement motiv� celle-ci. Il convient encore d'examiner si, au vu des circonstances, la peine inflig�e appara�t s�v�re au point de constituer un abus du pouvoir d'appr�ciation.
La culpabilit� du recourant est d'une certaine importance. Il ne fait preuve d'aucune consid�ration pour autrui lorsqu'il est au volant de sa voiture. Son attitude � l'�gard de son conseil est empreinte de cynisme et de perfidie. A charge, il faut retenir ses ant�c�dents, ainsi que le concours d'infractions. A d�charge, on rel�vera que le recourant n'a plus occup� les autorit�s judiciaires depuis 2006, que l'infraction de contrainte n'a �t� que tent�e et qu'elle �tait proche de la prescription.
Au vu de l'ensemble de ces circonstances, la peine p�cuniaire de 150 jours-amende n'est pas s�v�re, de sorte qu'il faille conclure � un abus du large pouvoir d'appr�ciation accord� � la cour cantonale.
Le recourant conteste �galement le montant du jour-amende, fix� � 150 fr. Il reproche � la cour cantonale de ne pas avoir instruit suffisamment pour obtenir des informations sur son revenu.
4.1.1.�Selon l'art. 34 al. 2 2�me phrase CP, le juge fixe le montant du jour-amende selon la situation personnelle et �conomique de l'auteur au moment du jugement, notamment en tenant compte de son revenu et de sa fortune, de son mode de vie, de ses obligations d'assistance, en particulier familiales, et du minimum vital.
Les principes d�duits de cette disposition ont �t� expos�s dans l'ATF 134 IV 60 (consid. 6 p. 68 ss) et dans l'arr�t 6B_845/2009 du 11 janvier 2010 (consid. 1 publi� in : SJ 2010 I 205) auxquels on peut se r�f�rer. Il en r�sulte notamment que le montant du jour-amende doit �tre fix� en partant du revenu net que l'auteur r�alise en moyenne quotidiennement. Ce qui est d� en vertu de la loi ou ce dont l'auteur ne jouit pas �conomiquement doit en �tre soustrait. Il en va ainsi des imp�ts courants, des cotisations � l'assurance-maladie et accidents obligatoire ou encore des frais n�cessaires d'acquisition du revenu. La loi mentionne aussi sp�cialement d'�ventuelles obligations d'assistance, familiales en particulier.
4.1.2.�Lorsque l'accus� refuse de fournir au juge les informations relatives � sa situation patrimoniale ou que ceux-ci ne paraissent pas plausibles, l'art. 34 al. 3 CP permet au juge de s'adresser aux administrations pour obtenir des informations compl�mentaires. Si ces moyens s'av�rent insuffisants ou inefficaces, le juge peut encore recourir aux autres moyens ordinaires d'instruction (�SANDRO CIMICHELLA, Die Geldstrafe im schweizerischen Strafrecht, 2006, p. 130;�YVAN JEANNERET,�in Commentaire romand, Code p�nal I, 2009, n� 42 ad art. 34 CP).�Le train de vie sert de crit�re auxiliaire dans les cas o�, ne pouvant �tre �tablis faute de renseignements pr�cis des autorit�s fiscales et de d�clarations probantes de l'int�ress� lui-m�me, les revenus de l'auteur doivent faire l'objet d'une estimation. Le juge peut en effet augmenter le montant du jour-amende lorsque l'auteur m�ne un train de vie visiblement plus �lev� que ce que lui permettraient les revenus, par comparaison assez bas, que l'instruction a permis d'�tablir (ATF 134 IV 60 consid.6.3; arr�t 6B_217/2007 du 14.4.2008 consid. 2.1.3).
4.2.�Dans la mesure o� le recourant n'a pas son domicile fiscal en Suisse, mais � Londres, le juge ne pouvait solliciter des renseignements aupr�s des autorit�s fiscales suisses. Il aurait pu certes proc�der � l'audition de t�moins (par exemple d'un repr�sentant de la soci�t� E.________ AG ou de l'�pouse du recourant). Ces mesures d'investigation auraient �t� toutefois laborieuses, et ne se justifiaient pas en raison du peu de gravit� de l'affaire. Dans la mesure o� le recourant n'a pas donn� d'informations cr�dibles et qu'il n'est pas impos� en Suisse, la cour cantonale n'a donc pas viol� le droit f�d�ral en proc�dant � une correction des revenus all�gu�s sur la base du train de vie.
Le recourant soutient que sa r�tribution annuelle brute est de 60'000 � 80'000 fr., dont il convient encore de d�duire les charges professionnelles. La cour cantonale a corrig� les revenus all�gu�s compte tenu de son train de vie �lev�. En effet, ses revenus effectifs lui permettent notamment de financer la location d'un appartement en plein centre de Londres, d'un bureau � Gen�ve, d'une villa au loyer de 2'500 fr., sans compter l'entretien de sa famille, englobant trois enfants �tudiants ou �l�ves enti�rement � sa charge. Au vu de l'ensemble de ces informations, la cour cantonale a fix� le montant du jour-amende � 100 fr. De la sorte, elle a l�g�rement augment� le revenu annonc� par le recourant, sans abuser de son pouvoir d'appr�ciation.
Le recourant conteste le refus du sursis, total et partiel, � l'ex�cution de sa peine, ainsi que le refus de l'application de l'art. 42 al. 4 CP. Il fait valoir qu'il n'a plus commis la moindre infraction depuis pr�s de 7 ans.
5.1.�Selon l'art. 42 al. 1 CP, le juge suspend en r�gle g�n�rale l'ex�cution d'une peine p�cuniaire, d'un travail d'int�r�t g�n�ral ou d'une peine privative de libert� de six mois au moins et de deux ans au plus lorsqu'une peine ferme ne para�t pas n�cessaire pour d�tourner l'auteur d'autres crimes ou d�lits.
Pour l'octroi du sursis, le juge doit poser un pronostic quant au comportement futur de l'auteur. En l'absence de pronostic d�favorable, il doit prononcer le sursis. Celui-ci est ainsi la r�gle dont le juge ne peut s'�carter qu'en pr�sence d'un pronostic d�favorable ou hautement incertain (ATF 134 IV 1 consid. 4.2.2 p. 5). Pour �mettre ce pronostic, le juge doit se livrer � une appr�ciation d'ensemble, tenant compte des circonstances de l'infraction, des ant�c�dents de l'auteur, de sa r�putation et de sa situation personnelle au moment du jugement, notamment de l'�tat d'esprit qu'il manifeste. Il doit tenir compte de tous les �l�ments propres � �clairer l'ensemble du caract�re de l'accus� et ses chances d'amendement. Il ne peut accorder un poids particulier � certains crit�res et en n�gliger d'autres qui sont pertinents (ATF 134 IV 1 consid. 4.2.1 p. 5). Le d�faut de prise de conscience de la faute peut justifier un pronostic d�favorable, car seul celui qui se repent de son acte m�rite la confiance que l'on doit pouvoir accorder au condamn� b�n�ficiant du sursis (arr�t 6S.489/2005 consid. 1.3; ATF 82 IV 81).
Le juge doit par ailleurs motiver sa d�cision de mani�re suffisante (cf. art. 50 CP); sa motivation doit permettre de v�rifier s'il a �t� tenu compte de tous les �l�ments pertinents et comment ils ont �t� appr�ci�s (cf. ATF 134 IV 1 consid. 4.2.1; arr�t 6B_648/2007 du 11 avril 2008 consid. 3.2).
5.2.�La cour cantonale a �mis un pronostic d�favorable. Elle l'a fond�, principalement, sur deux �l�ments, � savoir l'absence de prise de conscience et les ant�c�dents. Elle a relev�, s'agissant de la tentative de contrainte, que le comportement du recourant en cours de proc�dure avait �t� accablant, celui-ci faisant preuve de d�ni et de mauvaise foi. En ce qui concerne l'infraction � la LCR, ses explications captieuses d�montraient son absence totale de prise de conscience des risques qu'il faisait courir aux autres usagers de la route. En outre, si l'infraction de contrainte �tait unique, sans ant�c�dent similaire, ses ant�c�dents p�naux et administratifs en mati�re de LCR �taient nombreux et n'avaient eu aucun effet sur lui.
Les �l�ments pris en compte pour refuser le sursis sont pertinents et on n'en discerne pas d'importants qui auraient �t� omis ou pris en consid�ration � tort. Malgr� des pr�c�dentes condamnations p�nales et administratives, le recourant n'a pas h�sit� � mettre � nouveau en danger les autres usagers de la route. Son comportement en cours de proc�dure ne laisse pas pr�sumer une prise de conscience de sa faute. Enfin, son comportement n'est pas aussi exemplaire qu'il le soutient, puisqu'il a fait l'objet d'un retrait de permis de quatre mois en 2009 pour perte de ma�trise en effectuant un d�passement en mars 2008. Dans ces conditions, la cour cantonale ne peut se voir reprocher d'avoir abus� de son pouvoir d'appr�ciation en posant un pronostic d�favorable. Le pronostic d�favorable exclut le sursis complet et le sursis partiel (ATF 134 IV 1 consid. 5.3.1 p. 10). Dans ce cas-l�, l'application de l'art. 42 al. 4 CP est �galement exclue.
Comme ses conclusions �taient vou�es � l'�chec, l'assistance judiciaire ne peut �tre accord�e (art. 64 al. 1 LTF). Le recourant devra donc supporter les frais (art. 66 al. 1 LTF), dont le montant sera fix� en tenant compte de sa situation d�favorable.
Il n'y a pas lieu d'allouer d'indemnit� � l'intim� qui n'a pas d�pos� de m�moire dans la proc�dure devant le Tribunal f�d�ral.

References: ATF 
 art. 34
 art. 34
 ATF 
 art. 34
 ATF 
 art. 50
 ATF