Source: http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20140519/cmp.html
Timestamp: 2019-10-17 06:57:05+00:00

Document:
Commission mixte paritaire : compte rendu de la semaine du 19 mai 2014
Commission mixte paritaire sur la proposition de loi relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d'assurance vie en déshérence
Commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises
- Présidence de Mme Marie-Christine Dalloz, députée -
- Mme Marie-Christine Dalloz, députée, présidente ;
- M. Alain Fauré, député,
La commission mixte paritaire a procédé à l'examen des treize articles restant en discussion.
Elle a adopté dans le texte du Sénat les articles 6 (régime fiscal des sommes restituées par la Caisse des dépôts et consignations à leurs bénéficiaires), 7 ter (contrôle de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution sur la mise en oeuvre par la Caisse des dépôts et consignations des dispositions de la présente proposition de loi), 9 (coordination dans le code général de la propriété des personnes publiques), 11 (mesures de coordination) et 12 bis (rapport annuel de la Caisse des dépôts et consignations).
Elle a élaboré une rédaction pour les articles 1er (comptes inactifs), 4 (contrats d'assurance vie non réclamés), 5 (contrats d'assurance vie non réclamés - dispositions relatives aux mutuelles), 5 bis (plafonnement des frais précomptés) 7 bis (consultation du fichier des comptes bancaires et du fichier des contrats d'assurance vie dans le cadre du règlement des successions), 12 (mesures transitoires), 12 bis A (entrée en vigueur de la réduction de la durée des mesures de redressement des situations de surendettement des particuliers) et 13 (entrée en vigueur).
- Présidence de M. Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale -
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - En vous accueillant ici, à l'Assemblée nationale, je souhaiterais tout d'abord remercier l'ensemble des députés et des sénateurs qui ont examiné le texte dans des délais restreints. Je rappelle que le projet de loi a été déposé par le Gouvernement le 3 janvier dernier, que l'Assemblée nationale l'a adopté le 29 avril et le Sénat le jeudi 15 mai dernier. Le Gouvernement a déclaré la procédure accélérée le 18 avril, soit entre notre réunion de commission et le passage en séance publique, et, les deux assemblées n'étant pas parvenues à un texte identique, a convoqué la réunion d'une commission mixte paritaire, en application de l'article 45 alinéa 2 de la Constitution.
M. Raymond Vall, sénateur, vice-président. - Ce texte ayant été voté pratiquement à l'unanimité au Sénat comme à l'Assemblée nationale, je souhaite également que nous trouvions des solutions à nos quelques divergences. L'attente des professionnels, qui est grande, doit être satisfaite.
M. Arnaud Leroy, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - L'Assemblée nationale a travaillé sur ce projet de loi avec un souci de simplicité, de réactivité et de logique. Je prends acte des quelques divergences qui sont apparues avec le Sénat, et je pense que nous réussirons à les aplanir.
Mme Odette Herviaux sénatrice, rapporteure pour le Sénat. - Je crois que nous pouvons avant tout nous féliciter du climat de fort consensus qui règne autour de ce texte, à l'Assemblée nationale comme au Sénat. Les votes en commission comme en séance publique, à la quasi-unanimité, l'ont montré.
M. Alain Richard, sénateur. - Madame la rapporteure a parfaitement présenté la méthode selon laquelle le Sénat a abordé ce texte. Dans les deux assemblées, le Parlement est un : les commissions échangent pour perfectionner des textes voués à intégrer des codes. Cette codification fait une différence substantielle pour les praticiens du droit.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - En l'absence d'autre demande de prise de parole, nous en venons à la discussion des articles.
M. Arnaud Leroy, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Nous proposons que la contribution des entreprises privées de protection des navires au financement du conseil national des activités privées de sécurité ne soit pas limitée aux seules entreprises françaises. Dès lors que le marché est ouvert à toutes les entreprises européennes et qu'elles bénéficieront de l'encadrement offert par le CNAPS sans préjudice de leur enregistrement en France ou à l'étranger, il est juste qu'elles soient assujetties comme les autres.
M. Arnaud Leroy, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Le sénateur Alain Richard a très bien expliqué le danger qui naîtrait d'une mention explicite du commandement de l'autorité légitime comme clause d'exonération de responsabilité pénale. Nous avons souhaité que ce texte protège le capitaine et lui permette de se consacrer à sa tâche : la navigation. Nous proposons donc une rédaction plus globale.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - L'article 22 est conforme.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - Je rappelle que les articles 25 à 27 sont conformes.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - Les articles 29 et 30 sont conformes.
Mme Odette Herviaux, sénatrice, rapporteure pour le Sénat. - La rédaction actuelle prévoit une même sanction pour deux infractions, mais elle relie celles-ci par un « et ». On pourrait imaginer que seule la présence cumulative de ces deux infractions permettrait de prononcer une sanction. C'est pour dissiper ce doute que nous proposons de préciser le texte.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - L'article 41 A est conforme.
M. Jean-Paul Chanteguet, député, président. - L'article 42 est conforme.
- Présidence de M. Daniel Raoul, président de la commission des affaires économiques
du Sénat -
Sécurisation du droit de préemption commerciale
Statut des contrats de mise à disposition d'emplacement dans les grands magasins et les centres commerciaux
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Cet article, qui définit les conditions dans lesquelles les « corners » peuvent relever du champ des baux commerciaux, définit des conditions trop strictes : de nombreux commerçants risqueraient de ne plus avoir accès à ce statut. Pour qu'il y ait bail commercial, il faut, selon la jurisprudence, que le locataire dispose d'un local déterminé, d'une clientèle propre, et qu'il ne soit pas soumis à des contraintes incompatibles avec le libre exercice de son activité. Il est préférable de s'en tenir à cette jurisprudence pour régler des situations de fait très diverses : d'où ma proposition de supprimer cet article.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Avis favorable.
M. Daniel Fasquelle, député. - Souhaitez-vous ou ne souhaitez-vous pas appliquer le régime des baux commerciaux aux locaux commerciaux loués dans les centres commerciaux ? Ce n'est pas très clair...
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Nous préférons laisser le juge appliquer la jurisprudence actuelle pour apprécier l'existence ou non d'un bail commercial.
M. Daniel Fasquelle, député. - Cela me convient.
Résiliation anticipée d'un bail commercial par le locataire ou par les ayants droits du preneur
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Notre proposition de rédaction n° 7 précise le champ d'application dans le temps de la nouvelle obligation d'établir un état des lieux à l'entrée et à la sortie.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La définition de la convention d'occupation précaire a davantage sa place dans le code de commerce, par référence au régime des baux commerciaux, que dans le code civil. Tel est l'objet de la proposition de rédaction n°8.
M. Daniel Fasquelle, député. - N'y a-t-il pas de contradiction entre l'objet et le texte de la proposition de rédaction ? Celui-ci énonce que les conventions d'occupation précaires ne sont pas soumises au présent chapitre du code du commerce.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Ces conventions sont bien intégrées dans le code de commerce mais n'entrent pas dans le champ des baux commerciaux...
Durée du bail commercial renouvelé
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Cet article revient sur un arrêt de la Cour de cassation qui fixe à 9 ans la durée du bail renouvelé, sauf accord au moment du renouvellement des parties pour une période plus longue. En raison de la durée de l'engagement, il est souhaitable que la durée du bail renouvelée ne puisse être décidée de manière définitive lors de la conclusion du bail initial. Telle est notre proposition de rédaction n°9.
Suppression des dispositions restrictives à l'égard des commerçants de nationalité étrangère
Inopposabilité de la prescription biennale des actions en nullité posée à l'article L. 145-60 du code de commerce
Information du garant en cas de défaut de paiement du locataire
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 10 est formelle : elle précise que la clause de garantie est rédigée au bénéfice du bailleur et non pas au bénéfice du cédant ; seul le bailleur peut donc l'invoquer.
Durée d'une clause de garantie entre cédant et cessionnaire
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 11 est de précision.
Mme Arlette Grosskost, députée. - La question des trois ans nous pose problème.
M. Daniel Fasquelle, député. - Lors des débats, nous avions dit notre préférence pour deux ans.
Généralisation de l'application de l'indice des loyers commerciaux (ILC) et de l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT)
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 12 revient au texte voté par l'Assemblée : l'indice des loyers commerciaux (ILC) est plus stable et plus lisible que l'indice du coût de la construction (ICC). Il doit donc devenir l'indice de référence.
M. Daniel Fasquelle, député. - Les professionnels souhaitent qu'on les laisse libres de choisir. Selon la période économique, il peut être préférable de choisir un indice plutôt qu'un autre.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Nous avons eu ce débat en commission et en séance publique : la question n'est pas facile à trancher. Actuellement, l'ICC est plus intéressant, mais sur les moyen et long termes, l'ILC s'avère préférable, d'où notre proposition de rédaction.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Dans ce cas, qui choisirait entre les deux indices ?
M. Daniel Fasquelle, député. - Les co-contractants.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Et s'ils ne parviennent pas à se mettre d'accord ?
Mme Arlette Grosskost, députée. - Ils ne signent pas !
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - Un système à deux indices serait impraticable. Contentons-nous de remplacer l'ICC par l'ILC qui est plus conforme à la réalité économique.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La ministre avait mené une large concertation et elle était parvenue à un consensus, à l'exception d'un syndicat qui estime que l'ICC est actuellement plus avantageux. Pour notre part, nous estimons qu'il faut faire confiance à la concertation et que l'ILC offre plus de garanties de stabilité.
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - Pourquoi ne pas laisser les signataires de baux libres de choisir entre les deux indices ?
Mme Arlette Grosskost, députée. - Le bail est contractuel : les parties doivent pouvoir choisir l'indice de référence.
Extension de la compétence des commissions départementales de conciliation en matière de baux commerciaux
Lissage des augmentations du loyer permises par les dérogations aux règles de plafonnement
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de modification n° 14 conforte la rédaction du Sénat, qui étend le lissage des augmentations de loyer aux baux de longue durée supérieurs à 9 ans. Elle vise explicitement les exceptions aux règles de plafonnement induites par une clause relative à la durée du bail. Faire référence à la valeur locative, souvent difficile à établir, fragiliserait ce dispositif.
Date de révision du loyer commercial
Établissement d'un état des lieux et des charges locatives
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Le délai évoqué dans l'article relève du décret, lequel fait actuellement l'objet d'une large concertation entre le gouvernement et les organisations professionnelles représentatives des bailleurs et des locataires. Notre proposition de rédaction n° 16 vise à en tenir compte.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Tous les bailleurs doivent communiquer un état des travaux prévus sur les trois ans à venir et un récapitulatif des travaux réalisés les trois années précédentes, et ce, quelle que soit la répartition entre locataires et propriétaires, qui est de nature évolutive. La proposition de rédaction n° 17 revient à la rédaction de l'Assemblée tout en conservant les précisions apportées au Sénat.
Droit de préférence pour le locataire en cas de vente du local commercial qu'il occupe
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Porter à deux mois le délai dont dispose le locataire pour faire connaître sa volonté d'exercer son droit de préférence retarderait inutilement les cessions immobilières. La proposition de rédaction n° 19 en revient au délai du projet initial, c'est-à-dire un mois.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Certains investisseurs possèdent un portefeuille d'actifs immobiliers tertiaires pouvant comporter des locaux commerciaux situés dans des lieux différents. Or, l'article 6, tel qu'il est rédigé, interdit de céder globalement ce portefeuille à un autre investisseur sans purger un par un les droits des préférence existants. Toutes les ventes d'importance vont être bloquées ! Or, si un investisseur institutionnel ne peut pas vendre ses actifs, il risque de ne plus investir. La proposition de rédaction n° 20 apporte donc une précision utile.
M. Daniel Fasquelle, député. - C'est une très bonne chose.
Déspécialisation partielle du bail commercial en cas de procédure collective
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La possibilité de procéder à une déspécialisation partielle du bail en cas de procédure collective doit faciliter la reprise. Il n'est pour autant pas possible de fixer par avance le loyer applicable lors de la révision triennale sans porter atteinte à la liberté contractuelle. En outre, le juge commissaire ne peut procéder à une telle appréciation. Telle est la motivation de la proposition de rédaction n° 21.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - L'article 6 bis, qui instaure une mesure nouvelle concernant les procédures de liquidation, ne saurait s'appliquer aux procédures déjà ouvertes. La proposition de rédaction n° 22 le précise.
État des lieux obligatoire pour les locaux soumis à l'article 57 A de la loi n° 86-1290
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 23 précise le champ d'application dans le temps de la nouvelle obligation d'établir un état des lieux à l'entrée et à la sortie.
Règles relatives au statut de l'artisan
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 28 clarifie les dispositions relatives au contrôle des qualifications professionnelles par les chambres des métiers et de l'artisanat. Il convient de préciser qu'en cas de changement de situation le contrôle est opéré uniquement lorsque ce changement affecte les obligations de l'entreprise en matière de qualification. À défaut, les entreprises seraient contraintes de faire ces démarches lors de tout changement de situation, ce qui alourdirait inutilement leur gestion.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 28 bis apporte une modification rédactionnelle et supprime des dispositions adoptées par le Sénat, qui sont redondantes avec celles figurant aux alinéas 40 et 41 du même article.
Mme Arlette Grosskost, députée. - En ma qualité de députée de l'Alsace, je tiens à faire remarquer que chez nous, le registre des métiers est dénommé registre des entreprises. Faut-il le préciser ?
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - C'est déjà le cas, à l'article 22-2 de la loi du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat
Abrogation de l'article L. 8221-6-1 du code du travail
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 29 supprime un article ajouté en séance publique au Sénat, qui abroge l'article L. 8221-6-1 du code du travail afin de supprimer la présomption de non-salariat pour les auto-entrepreneurs. Or cette présomption est énoncée plus précisément à l'article L. 8221-6 du même code.
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - Je suis très surprise de cet avis favorable. Nombre d'auto-entrepreneurs sont des salariés déguisés : c'est une des déviances du système. Je souhaite donc le maintien de cet article.
M. Damien Abad, député. - La proposition de suppression pourrait au contraire être perçue de façon positive. Néanmoins le salariat déguisé est une réalité dans le bâtiment. Si cette proposition est adoptée, il faudra se montrer vigilant dans ce secteur d'activité.
M. Laurent Grandguillaume, député. - L'article adopté par le Sénat fragilise la situation juridique de 2,5 millions de travailleurs indépendants. Il y a eu 1 500 contrôles Urssaf en 2012 et 2013, et 3 % de salariat déguisé seulement a été relevé. Dans ce cas, le contrat de prestation est automatiquement requalifié en contrat de travail.
Mme Mireille Schurch, sénatrice. - Je suis extrêmement déçue par cette proposition de suppression, puisque j'avais proposé d'inverser la charge de la preuve et que M. Arnaud Montebourg avait soutenu mon amendement, estimant, en séance : « Il peut arriver que l'auto-entrepreneur soit insincère quand son statut est finalement un outil de subordination d'un autre entrepreneur, la subordination étant la caractéristique du contrat de travail. On peut imaginer que tel ou tel professionnel vienne réaliser un chantier accompagné d'auto-entrepreneurs qui en réalité sont ses salariés déguisés. Dans ce cas, le juge interviendra pour requalifier le contrat qui doit être considéré non comme un louage d'ouvrage ou une sous-traitance mais comme un contrat de travail. C'est le cas chaque fois que le professionnel donne des ordres et qu'il cherche à échapper à la législation du travail ».
M. Laurent Grandguillaume, député. - Nous avions proposé qu'un suivi des auto-entrepreneurs soit opéré par un organisme de gestion agréée, mais nous n'avons pas été suivis, car le surcoût se montait à 20 millions d'euros par an. Le gouvernement a précisé sa position mardi dernier lors d'une question orale : Mme Valérie Fourneyron a dit qu'elle souhaitait revenir à la rédaction de l'Assemblée nationale.
M. Daniel Fasquelle, député. - Le phénomène de salariat déguisé n'est pas aussi important qu'on le pense. Évitons de provoquer une insécurité juridique pour ces travailleurs indépendants. Si le contrat doit être requalifié, il le sera par le juge.
Mme Mireille Schurch, sénatrice. - Je tiens à préciser que nous ne considérons pas que tous les auto-entrepreneurs soient des salariés déguisés ! L'article 12 A ne fait que renverser la charge de la preuve.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - J'entends les arguments de Mme Mireille Schurch comme de Mme Elisabeth Lamure, mais ne remettons pas en cause ce texte d'équilibre qui a apaisé les tensions entre artisans, auto-entrepreneurs et grandes entreprises.
Dispositions relatives au régime social des auto-entrepreneurs
Suppression de la dispense de stage de préparation à l'installation (SPI) pour les auto-entrepreneurs
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 32 supprime l'alinéa 2, introduit par le Sénat, qui élargit les cas de dispense de stage préparatoire à l'installation (SPI) pour les entrepreneurs ayant déjà bénéficié d'un accompagnement à la création d'entreprise délivré par un réseau d'aide à la création d'entreprises. Restons-en au régime actuel, qui prévoit trois types de dérogations. Nous avons déjà obtenu la généralisation du SPI, l'individualisation, et la modernisation du contenu des stages par les chambres des métiers. Ne remettons pas en cause l'équilibre trouvé.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n°33 supprime un alinéa qui prévoit l'obligation de suivre une formation à la sortie du régime pour les auto-entrepreneurs dont le chiffre d'affaires atteint le demi-plafond du régime micro-fiscal. Il faut simplifier. En outre, cette mesure n'est pas financée.
Acquittement de la taxe pour frais de chambres consulaires
Changement de registre de rattachement ou de lieu d'inscription au sein du registre d'un EIRL
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 35 propose une autre rédaction de l'alinéa 4 : le Sénat souhaitait que le transfert d'un registre à un autre soit réalisé à la demande de l'entrepreneur individuel concerné. Par mesure de simplification administrative, ce transfert doit être automatique.
Simplification du passage d'une entreprise individuelle au régime de l'EIRL
Suppression de l'obligation d'acquitter un droit d'enregistrement de la déclaration d'affectation du patrimoine pour l'EIRL
Possibilité de lier l'octroi d'une subvention à la limitation de l'attribution de dividendes
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Je retire la proposition de rédaction n° 37 au profit de la proposition de rédaction n° 37 bis élaborée par le rapporteur pour le Sénat.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Quelle élégance !
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Je remercie le rapporteur de l'Assemblée nationale. Je propose de modifier la rédaction de l'article 20 AB en remplaçant, à l'alinéa 3, le mot « comprend » par les mots « peut comprendre », à l'alinéa 5, le mot « délimite » par le mot « localise » et en ajoutant une définition des centralités urbaines : celles-ci peuvent inclure tout secteur, notamment centre-ville ou centre de quartier, caractérisé par un bâti dense présentant une diversité des fonctions urbaines, dans lesquels se posent des enjeux spécifiques du point de vue des objectifs mentionnés au premier alinéa ». Ainsi, les SCoT pourront comporter un document d'aménagement artisanal et commercial (DAAC), sans que cela soit obligatoire.
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - Merci pour cet effort. Le Sénat est attentif au développement de l'urbanisme commercial, et nous souhaitions que les DAAC soient réintégrés dans les SCoT. Entre la suppression de l'article et la rédaction adoptée par le Sénat, il y avait place pour un compromis, vers lequel nos deux rapporteurs nous emmènent.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - L'expression « peut comprendre » n'est pas très normative... Mais respectons le compromis, et nous verrons à l'usage quel sens elle prend.
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - Nous avions déjà cette différence avec l'Assemblée nationale à propos de la loi ALUR...
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Le DAAC avait été adopté à l'unanimité par le Sénat sous une précédente mandature. C'est dire si ce compromis nous coûte !
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Il nous coûte aussi. C'est donc un bon compromis !
Intégration de l'urbanisme commercial dans l'urbanisme de droit commun
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 38 supprime la disposition du code de l'urbanisme prévoyant qu'un permis de construire portant sur un projet soumis à une autorisation d'exploitation commerciale ne peut être accordé avant la délivrance de celle-ci.
Coordination de la réforme de l'urbanisme commercial avec l'ordonnance du 18 juillet 2013 sur les recours abusifs
M. Laurent Grandguillaume, député. - La proposition de rédaction n° 39 vise à prévenir un risque de détournement du recours pour excès de pouvoir contre le nouveau permis.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Avis favorable à cette proposition de rédaction qui permet d'éviter un élargissement excessif du champ des requérants.
Opposabilité directe du SCoT au demande de permis de construire tenant lieu d'autorisation d'exploitation commerciale
Composition de la commission départementale d'aménagement commercial
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 40 effectue de simples ajustements rédactionnels et ajoute à l'article L. 751-2 du code de commerce la mention des avis de la commission départementale d'aménagement commercial, émis sur le permis de construire, à côté de celle de ses décisions, rendues en l'absence de procédure d'autorisation de construire.
Statut et composition de la Commission nationale d'aménagement commercial
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 41 renvoie à un décret en Conseil d'État la fixation des modalités du renouvellement triennal de la Commission nationale d'aménagement commercial et prend en compte l'entrée en vigueur différée de cet article.
Obligations déontologiques des membres de la CNAC
Transparence des modalités de saisine des commissions départementales d'aménagement commercial (CDAC)
Élargissement de la liste des autorités pouvant saisir l'Autorité de la concurrence en matière d'urbanisme commercial
Critères d'appréciation des commissions départementales d'aménagement commercial
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 45 prévoit qu'en l'absence de SCoT, le plan local d'urbanisme intercommunal peut contenir des dispositions relatives à la régulation des implantations commerciales, et prévoit par conséquent la compatibilité de l'autorisation d'exploitation commerciale avec ces dispositions. Il apporte aussi quelques modifications rédactionnelles.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Est-il proscrit d'écrire CO2 dans un texte de loi ?
Mme Marie-Noëlle Battistel, députée, vice-présidente. - Tout le monde n'est pas chimiste...
Prise en considération des critères d'appréciation dans le cadre d'une nouvelle autorisation
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 46 apporte une clarification.
Cessibilité de l'autorisation d'exploitation commerciale en cas de vente en l'état futur d'achèvement
Saisine de la Commission nationale d'aménagement commercial
Clarification du lien entre permis de construire et autorisation d'exploitation commerciale
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Les propositions de rédaction n° 48 et 49 suppriment l'article 23 quater.
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - Nous en revenons à la surface de vente !
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - Nous avions adopté le critère de la surface de plancher pour faire baisser le seuil des 1 000 mètres carrés. Si nous revenons en arrière, par crainte d'un risque juridique, nous pourrions aussi bien l'abaisser à 800 mètres carrés, par exemple.
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - L'objectif est d'éviter la confusion : si chacun sait ce qu'est la surface de vente, la surface de plancher serait un critère nouveau. Mieux valait abaisser directement le seuil !
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Impossible !
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - Restons-en donc à la surface de vente.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Nous devons pouvoir contrôler les surfaces qui s'installent sans autorisation dans nos communes !
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Avis favorable aux propositions de rédaction n° 48 et 49.
Présentation d'un nouveau projet par un pétitionnaire après le rendu de sa décision par la Commission nationale d'aménagement commercial
Possibilité pour le préfet d'agir contre la création d'un commerce non autorisé
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 51 opère une coordination avec la formulation retenue dans le reste de l'article 752-23 du code de commerce.
Dispositions relatives à la procédure de délivrance de l'autorisation d'aménagement cinématographique
Compétence de la cour administrative d'appel pour connaître en premier et dernier ressort des litiges relatifs aux permis de construire tenant lieu d'autorisation d'exploitation commerciale
Destination des locaux dans un plan local d'urbanisme
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 53 prévoit une entrée en vigueur des dispositions de l'article 25 bis au 1er janvier 2015, pour ne pas perturber les milliers de commerçants qui ont déjà programmé des soldes flottants dans les mois à venir.
M. Daniel Fasquelle, député. - Mettons ce délai à profit pour remettre en question le régime des soldes. Supprimer les soldes flottants ne suffira pas à nous faire sortir de la confusion.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Les soldes flottants ont été instaurés par la loi de modernisation de l'économie.
Mme Élisabeth Lamure, sénatrice. - Pour supprimer les soldes déguisés !
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - Avec le succès que l'on peut constater ! Ils continuent sous d'autres formes : l'imagination est au pouvoir, nous avons des soldes toute l'année !
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Nous le voyons dans nos rues commerçantes... Il n'y a même pas de synchronisation entre commerces voisins !
Dispositions relatives au Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 54 rétablit l'article 25 dans sa rédaction initiale, telle que votée par l'Assemblée nationale. Il s'agit de substituer un dispositif d'appel à projets à la logique actuelle de guichet.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Vous souhaitez donc revenir au texte de l'Assemblée nationale.
Nombre de sièges d'une chambre de commerce et d'industrie territoriale
Codification des dispositions de l'ordonnance du 26 septembre 1977 relatives à la chambre d'agriculture, de commerce, d'industrie, de métiers et de l'artisanat (CACIMA) de Saint-Pierre-et-Miquelon
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 55 apporte une précision.
Modalités d'application du code de l'artisanat à Saint-Pierre-et-Miquelon
Harmonisation des sanctions en matière de non-respect des délais de paiement dans le domaine du transport
Plan de prévention des ruptures d'approvisionnement dans le secteur des produits pétroliers dans les outre-mer
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 57, issue de la discussion tenue au Sénat à l'initiative de M. Jean-Etienne Antoinette, sénateur de la Guyane, prévoit une sanction aux manquements éventuels des entreprises du secteur de la distribution en gros de carburant aux dispositions de l'article L. 672-2 du code de l'énergie créant un service minimum d'approvisionnement du carburant dans certaines collectivités d'outre-mer.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Avis favorable.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Malgré les dispositions prises contre le racket - il n'y a pas d'autre mot - qu'effectuent aux Antilles les entreprises de distribution de carburant, ce problème n'est pas résolu.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 59 vise à ce que le plan de prévention des ruptures d'approvisionnement créé pour le secteur des carburants dans les outre-mer soit élaboré par le Préfet, après concertation avec les professionnels, et non par les entreprises de distribution en gros.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - La proposition de rédaction n° 60 donne au Préfet la faculté de procéder à la réquisition d'une entreprise de distribution en gros du secteur des carburants en outre-mer si elle refuse d'appliquer le plan de prévention des ruptures d'approvisionnement.
Droit de présentation d'un successeur par le titulaire d'une autorisation d'occupation dans une halle ou un marché
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - La proposition de rédaction n° 62 rétablit un droit de présentation de leur successeur par les commerçants non sédentaires établis sur les marchés, adopté à l'initiative du président de la commission des affaires économiques, M. François Brottes. Sans ôter aux maires leurs prérogatives, cette mesure permettra au successeur de savoir s'il pourra s'installer, ou non. Il s'agit d'une demande forte des commerçants concernés.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - N'importe qui peut présenter un dossier. Quel est l'avantage d'une telle rédaction ?
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Un poissonnier, par exemple, partant à la retraite, pourra demander un rendez-vous au maire et s'enquérir de ses intentions : maintiendra-t-il la poissonnerie au même endroit ? Si la réponse est positive, cela valorisera le fonds de commerce. Pour autant, le maire restera libre de sa réponse.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Parler de successeur, c'est déjà empiéter sur les prérogatives du maire : c'est à lui de décider !
Mme Marie-Noëlle Battistel, députée, vice-présidente. - Il s'agit simplement de donner à l'acquéreur éventuel la possibilité de connaître la position de la collectivité. Le maire conserve tout son pouvoir de décision. Cela donne à l'acquéreur une sécurité.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Quelle sécurité ?
Mme Mireille Schurch, sénatrice. - Notre commission a considéré à l'unanimité que cet article, redondant, venait introduire des dispositions législatives où il n'y en a nul besoin. Comment parler de successeur pour une personne qui occupe le domaine public ? Nous avons fait des efforts, je demande à présent que cet article superfétatoire soit supprimé.
M. Daniel Fasquelle, député. - Je suis très hostile à cet article, qui est au mieux inutile - quelle est sa portée normative ? - et au pire, très dangereux : certains cherchent à accaparer l'espace public sur les marchés, et ces dispositions déboucheront sur une patrimonialisation des droits de place sur les marchés ! Votre vocabulaire révèle bien ce malaise : parler de fonds de commerce est inadéquat, sauf à privatiser l'espace public. Or le domaine public est inaliénable.
M. Claude Bérit-Débat, sénateur. - J'avais exprimé en séance publique mon opposition à cette disposition. C'est au maire, qui décide en dernier ressort, de déterminer, au besoin en concertation avec les acteurs du marché, quel équilibre il entend faire régner entre les activités. Cet article le mettra sous pression en créant une forme d'adoubement, que je crois dangereuse. Je m'abstiendrai.
Mme Marie-Noëlle Battistel, députée, vice-présidente. - Il ne s'agit pas tant de présenter son successeur que de connaître à l'avance la décision de maintien ou non de l'activité sur le marché, pour éviter toute mauvaise surprise à l'acquéreur.
M. Fabrice Verdier, député, rapporteur pour l'Assemblée nationale. - Ces dispositions ne sont pas superflues, comme les auditions nous l'ont montré. Il n'y a pas toujours de règlement de marché. Le maire conservera ses prérogatives, mais, avec ce droit de présentation, nous formalisons des pratiques existantes en créant une obligation de dialogue et de transparence. Les députés de la majorité y sont attachés.
Mme Mireille Schurch, sénatrice. - Nous devons simplifier les lois. Faisons confiance aux élus ! Aux maires de se doter d'un règlement. Cet article complexe est dangereux : de quel droit parler d'un successeur lorsqu'on occupe le domaine public ? La commission des affaires économiques a supprimé cet article à l'unanimité ! Je vous serais reconnaissante de nous rejoindre sur ce point.
M. Daniel Fasquelle, député. - Certains développent désormais des stratégies pour patrimonialiser et vendre leur place en créant des sociétés... N'encourageons pas ce phénomène d'accaparement ! Nous savons bien que ce droit de présentation sera monnayé par les commerçants.
M. Yannick Vaugrenard, sénateur, rapporteur pour le Sénat. - Je demande une suspension de séance.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - J'allais la proposer.
M. Daniel Raoul, sénateur, président. - Je mets aux voix la proposition de rédaction n° 62.
Autorisation d'occupation temporaire du domaine public pour l'acquéreur ou l'héritier d'un fonds de commerce
Vidéo protection aux abords des commerces sensibles

References: l'article 45
 L'article 22
 L'article 41
 L'article 42
 l'article 6
 L'article 6
 l'article 57
 l'article 22
 L'article 12
 l'article 20
 l'article 23
 l'article 752
 l'article 25
 l'article 25