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Timestamp: 2019-02-17 08:54:56+00:00

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DECRET n° 2005-992 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-992 du 21 octobre 2005, relatif à l’orthographe et la séparation des mots en wolof
RAPPORT DE PRESENTATATION
Depuis les années 60, avec l’adoption concertée des
caractères latins pour l’écriture des langues nationales, l’orthographe du wolof et l’alphabétisation dans cette langue ne cessent de s’améliorer.
C’est ainsi qu’à l’occasion de la 29ème Semaine nationale de l’Alphabétisation le décret n° 85-1232 du 20 novembre 1985 a été revu, complété et remis à jour, lors de l’atelier des 7 et 8 septembre 2004, en tenant compte des acquis de la pratique, de la dimension dialectale ainsi que des avancées de la recherche et de la production dans la langue.
Vu le décret 85-1232 du 20 novembre 1985 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en wolof, annulant et remplaçant le décret 75-1026 du 10 octobre 1975 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en wolof ;
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation de mots en wolof sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet wolof compte vingt-sept lettres, dont vingt et une consonnes et six voyelles, selon la liste alphabétique suivante :
Majusc.
maison,domicile
goûter/nourriture
waññ/woññ
mouton/fendre
- Les consonnes sont : b, c, d, f, g, h, j, k, j, i, m, n, ñ, ŋ, p, q, r, s, t, w, x, y.
Art. 3. - En wolof, toutes les consonnes peuvent être géminées à l’exception de f, h, q, s, et x. La gémination est pertinente et apparaît en position interne et finale de lexèmes. Elle se note par le redoublement de la consonne.
« aller plier »
« déplier »
/ bëtt
« passer en travers de »
/ sëgg
« se baisser, se courber »
Art. 4. - Toutes les consonnes occlusives du wolof peuvent être prénalisées. Pour les orthographier, la nasale m est utilisée devant les labiales b et p, et la nasale n devant toutes les autres consonnes :
nàmp
« vente » / nom de famille
« jambe, pied »
« porte ».
Art. 5. les occlusives sonores se réalisent sourdes en finale absolue de lexème. Mais elles sont toujours notées sous leur forme sonore, à l’écriture.
fab [fap]	« prendre »	=>	fabul
« il n’a pas pris »
soj [s)c]	« rhume/être enrhumé »	=>	sojul
« il n’est pas enrhumé »
néeg [ne :k]	« chambre »	=>	néegam	« sa chambre »
toob [t ) :p]	« nom de famille »	=>	toobeen	« la famille des Top ».
Art. 6. - Le graphe ë/Ë est choisi pour orthographier la voyelle centrale moyenne [ ].
ë	=>
xëcc
xëm
« s’évanouir/se carboniser »
ëpp
« être de trop, éventer ».
Art. 7. - Pour les voyelles e et o, il existe une opposition pertinente d’aperture. La fermeture est notée par l’accent aigu.
« heurter »
« intelligence	»
/ xél
« fuite, vitesse »
« tout droit »
« plat à base de manioc »
/ xott
« onomatopée exprimant
Art. 8. Il existe trois sortes de voyelles a en wolof :
une voyelle notée a/A ;
une voyelle plus ouverte notée à/À ;
une voyelle nasale notée ã/Ã.
« brousse »
ãhãa !
Art. 9. - Dans le système vocalique wolof, à chaque voyelle brève correspond une longue, à l’exception de la voyelle /à/ :
« argent pur/ enfler (pied) »
« pirogue »
wéer
« adosser »
bëer
« (variété de poisson) »
« être clair, audible »
« exprimant la mollesse »
« onomatopée profond »
« verser ».
Art. 10. - Lorsque la voyelle longue (suite de deux brèves identiques) est accentuée, seule la première voyelle porte l’accent. Il en est de même de la voyelle centrale.
néeg
« variété de poisson »
Art. 11. - Du fait de l’harmonie vocalique, lorsque la première voyelle d’un mot est fermée (i, u, e, o), toutes les voyelles des syllabes suivantes se réalisent fermées. En vertu de cette prévisibilité, seules les premières voyelles sont notées fermées, avec un accent, lorsqu’il s’agit de e ou o.
[ndimo]
[go :re]
« faire homme »
[te :re]
su wutee
[su wute :]
« s’il cherche ».
Art. 12. - Tout élément qui détermine un nom en est séparé. Toutefois, le possessif-am de la 3ème personne du singulier, postposé au nom, lui est rattaché.
am réew
« un pays »
kër googu
sunu xarit
« notre ami ».
rëewam
« son pays »
xaritam
« son ami »
jëam
« son front »
« son souffle »
Art. 13. - Dans un syntagme déterminatif, la marque -u/-i du rapport complétant/complété est rattachée au terme complété.
néegu ñax
« la case en paille (paillote) »
ay saami kaani
« des tas de piment »
fukkéelu garab gi
« le dixième arbre »
Art. 14 - Les marques polysyllabiques de modalité verbale suivantes forment une seule unité graphique :
dama, danga, dafa, danu, dangeen, dañu,
nanu, nañu,
Dinaa, dinga, dina, dinanu, dingeen, dinañu,
duma, dunu, dungeen, duñu,
lanu, lañu.
Ces marques de modalités sont séparées du verbe, de même que ma, maa, doon, daan :
dama gis
gis nañu
dungeen gis
« vous ne verrez pas »
goor lañu
« ce sont des hommes »
maa doon foot
« c’est moi qui lavais le linge »
dina gis
« il verra ».
Art. 15. - La marque de locatif ng- affectée d’une voyelle exprimant la distance est autonome.
ma/mu nga ca biir
« il est à l’itérieur »
maa ngi fii toog
« je suis assis ici »
mu nga nee
Art. 16. - Sont rattachées au radical verbal, les marques :
. du perfectif négatif :
« nous n’avons pas vu »
. de l’impératif :
du passé, sous la forme –oon ou –aan :
gisoon nañu
« ils avaient vu »
su gisaan « quand il voyait »
. de la conditionnalité (sous ses différentes formes aa – ee –oo) :
su ma bëggee
bu soxlaa
« s’il est dans le besoin,
s’il a besoin de »
su nu nangoo
« si nous acceptons »
bi/ba mu ñëwee
« quand il est venu ».
Art. 17. - Lorsque la marque du passé se présente sous la forme woon ou waan, elle est séparée du verbe.
gisuma woon
« je n’avais pas vu »
waxuleen woon loolu
« vous n’aviez pas dit ça »
su demul waan/woon
« s’il lui arrivait de ne pas partir »
Art. 18. - L’élément emphatique a ou ay (contraction de a di) est séparé du mot qui le précède, lorsque ce dernier se termine par une consonne, mais il lui est rattaché, si celui-ci se termine par une voyelle, donnant ainsi une forme contractée avec cette dernière.
sa nijaay a ko wax
« c’est ton oncle qui l’a dit »
Momar a ubbi bunt bi
« c’est Momar qui a ouvert la porte »
muus a ngi ci néeg bi
« il y a un chat dans la chambre »
wax a wax ba soon
« être fatigué à force de parler »
Yalla rekk ay Buur
« il n’y a de Dieu que Dieu »
kuraa ko yonni
« c’est Coura qui l’envoie »
Faatoo ubbi bunt bi
« c’est Fatou qui a ouvert la porte ».
Art. 19. - Les éléments de forme contractée ne sont pas séparés. Ils sont notés en une seule unité graphique.
(Faatu + a + ngi) =>
Faatoongi	« voici Fatou »
(téere + am)	=>
téereem « son livre ».
Art. 20. - les affixes de dérivation sont rattachés au radical. En wolof, les préfixes sont peu nombreux et peu productifs. Parmi ceux-ci, on peut noter :
saa	=>	Saayaali, Saakura, Saangoone, Saanjambur (noms propres)
ma(a) =>	Masoogi, Manjaay, Masoxna, Maajoor (noms propres)
(n)ja	=> boot (porter sur le dos) => njaboot (famille)
naaw (voler)
=> njanaaw (ensemble des oiseaux)
niiw (corps d’un mort) =>janiiw/njaniiw (l’au-delà)
ba(n)	=>
neex (être bon)	=>
bànneex (bonheur)
rax (mélanger)
=> barax (herbe qui pousse dans les marigots)
ga =>
war (monter)
=>	gawar (cavalier)
cax = sax (pousser, germer)
=> gàncax (pousses de culture)
ka =>
joor (terre sablonneuse)
=> kajoor (royaume, contrée)
war (monter)	 => kawar (cheveux).
Par contre, les suffixes sont nombreux et productifs. Leur graphie reste invariable malgré la variation de prononciation due à l’harmonie vocalique. Parmi ceux-ci on peut noter :
baxal « faire bouillir »
=>bax « bouillir »
tër « immobiliser
=> tëral « coucher
quelqu’un ou quelque chose »
adi =>
tër « immobiliser »
=>tëradi « être agité dans son sommeil »
xam « connaître »
=>xamadi « être impoli, être ignorant »
ale =>
gan « étranger/hôte »
=>ganale « gâter son hôte »
gën « être meilleur »
=> gënale « être impartiel/ faire du favoritisme »
ati =>
wax « parler »
=> waxati « redire »
dikk « venir »
=> dikkati « revenir ».
Malgré la lourdeur séquentielle apparente, lorsqu’un suffixe commençant par une consonne s’ajoute à un radical terminé par la même consonne géminée, il est convenu de tenir compte du phénomène de la suffixation et d’écrire les trois consonnes.
lekk + kat	=>
lekkkat
xàll + leen	=>
xàllleen
« faites place »
lakk + kat=>
làkkkat
« personne étrangère à l’ethnie wolof ».
Art. 21. - Lorsque les éléments d’un mot composé peuvent avoir une existence autonome ou lorsqu’il s’agit d’un redoublement de radical, ces éléments sont séparés par un trait d’union.
gaynde « lion » + géej « mer » =>
gaynde- géej « requin »
mbaam « âne » + àll « brousse » =>
mbaam-àll « phacochère »
« connaissance, science »
lakk-lakk
waalo-waalo
« ressortissant du Wâlo ».
Art. 23. - En wolof, les signes et la ponctuation sont les mêmes qu’en français, mais l’on tient compte de la structure de la phrase wolof.
tom-kos
yat/yet bu jëm cammoñ
yat/yet bu jëm ndeyjoor
tomb kaw/kow
ñaari tomb
tomb laaj
tomb jalu
tomb wéyale
këmbu xala
këmbu keppu
rëddu boole
rëddu texale
Làmb powum cosaan la ci réew mi. Dëkk bu ne am na ay mbër yu ràññiku. Mbër yu ndaw yi, ci mbappat lañu daan gimmee ci bëre. Bu jëkk, lolli lañu daan tëgg làmb ; dëkk bu tëgg, ña ko wër wallisi. Booba melul ni leegi, ndax mbër ya daawuñu am dara ; po rekk la woon ; ku ci nekk, li la soxaloon moo doon ub làmb ja. Leegi nag, xaalis bu takku la Mbër yiy laaj. Mbër mu ci siiw, boo nangoo bëre, ñi la dar ñooy waxaale ak boroom làmb yi ; bu ñëpp bokkee kàddu, ñu dawal la xaalis bu am solo. Boo bëree, bu bëre bi sottee, ñu jox la la ca des. Looloo tax ba ku daan am, te ku daanu itam am sag pey.
La lutte est un jeu traditionnel dans ce pays. Chaque village a des lutteurs distingués. Les jeunes lutteurs s’aguerrissaient durant les séances nocturnes. Autrefois, c’est après les récoltes que l’on organisait les séances de lutte. Chaque village qui en organisait, recevait la visite des lutteurs venus des villages voisins. De nos jours, les choses ne se font plus comme avant, parce qu’à l’époque les lutteurs ne recevaient rien. C’était simplement un jeu. Ce qui intéressait chaque protagoniste, c’était de remporter le dernier combat, celui des champions. Aujourd’hui, les lutteurs réclament beaucoup d’argent. Les plus connus, s’ils acceptent un combat, ce sont les membres de leur encadrement qui négocient avec l’organisateur. Si les deux parties tombent d’accord, le lutteur reçoit une avance substantielle. Au terme du combat, il reçoit le reste. C’est pourquoi, le vainqueur, tout comme le vaincu, perçoivent leur cachet.
Art. 24. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret, notamment le décret 85-1232 du 20 novembre 1985.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 19

Art. 20

Art. 21

Art. 23

Art. 24