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Timestamp: 2016-10-23 08:03:48+00:00

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5A_93/2011 (13.09.2011)
5A_93/2011
A.________, repr�sent� par Me Nathalie Th�rler, avocate,
A.________, n� en 1962, et dame A.________, n�e en 1960, tous deux ressortissants britanniques, au b�n�fice d'un permis d'�tablissement � C �, se sont mari�s le 7 septembre 1991. Ils ont eu deux enfants, B.________ et C.________, n�s respectivement le 2 ao�t 1992 et le 14 janvier 1994.
Les conjoints se sont s�par�s en juillet 2004. Dame A.________ est demeur�e dans la villa familiale sise � D.________, tandis que A.________ a pris � bail un appartement de six pi�ces � E.________.
Par jugement du 9 janvier 2007, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a prononc� le divorce des �poux. Il a notamment astreint A.________ � payer � son ex-femme une contribution d'entretien de 3'000 fr. par mois jusqu'� ce qu'il atteigne l'�ge l�gal de la retraite ou r�alise un autre cas de pr�voyance (ch. 8). Il a encore ordonn� le partage par moiti� des avoirs LPP et transmis la cause au Tribunal cantonal des assurances sociales pour le partage effectif (ch. 10). Il a enfin relev� que, moyennant partage par moiti� entre eux du produit net de la vente de la villa conjugale, soit apr�s d�duction du remboursement de la dette hypoth�caire, des honoraires du courtier, des taxes et de tous autres droits �ventuels, les parties avaient liquid� � l'amiable leur r�gime matrimonial et n'avaient plus aucune pr�tention r�ciproque de ce chef (ch. 11).
Le 1er d�cembre 2009, A.________ a demand� la modification de ce jugement, concluant � la suppression des aliments dus � son ex-femme, avec effet d�s le 1er septembre 2008, et au remboursement des contributions vers�es jusqu'� cette date. La demande �tait assortie d'une requ�te de mesures provisoires.
Le 12 mai 2010, le Tribunal de premi�re instance de Gen�ve a rejet� les mesures provisoires. Sur le fond, il a modifi� le chiffre 8 du dispositif du jugement de divorce du 9 janvier 2007; il a suspendu la contribution d'entretien mensuelle de 3'000 fr. due � l'ex-�pouse, d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que la cr�direnti�re � ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale et d�finitive de travailler (ch. 1) �, confirm� pour le surplus en tant que de besoin le chiffre 8 (ch. 2), compens� les d�pens (ch. 3) et d�bout� les parties de toutes autres conclusions (ch. 4).
Le 17 d�cembre 2010, sur appel de dame A.________, la Chambre civile de la Cour de justice a annul� le chiffre 1 du dispositif de ce jugement; elle a notamment condamn� A.________ � verser � son ex-femme 2'000 fr. par mois d�s le 1er d�cembre 2009 et pr�vu l'indexation de ce montant.
A.________ exerce un recours en mati�re civile au Tribunal f�d�ral. Il conclut � la r�forme de l'arr�t cantonal en ce sens que la contribution de 2'000 fr. en faveur de son ex-�pouse est suspendue d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que la cr�direnti�re ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale ou d�finitive de travailler. Il demande en outre que les d�pens, y compris ceux de la proc�dure cantonale, soient mis � la charge de l'intim�e.
Dame A.________ propose le rejet du recours. L'autorit� cantonale se r�f�re � ses consid�rants.
Le recours, qui est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF), rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), par l'autorit� de derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 LTF), dans une cause de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF), est recevable au regard de ces dispositions. Il a de plus �t� interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), compte tenu des f�ries de No�l (art. 46 al. 1 let. c LTF), par la partie qui a succomb� dans ses conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente et qui a par cons�quent la qualit� pour recourir (art. 76 al. 1 aLTF; ATF 133 III 421 consid. 1.1).
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre li� ni par les motifs de la juridiction pr�c�dente, ni par les moyens des parties (ATF 133 III 545 consid. 2.2 p. 550). Cependant, compte tenu des exigences de motivation pos�es, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), � l'art. 42 al. 2 LTF, il n'examine en principe que les griefs soulev�s; il n'est pas tenu de traiter, � l'instar d'une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui peuvent se poser lorsqu'elles ne sont plus discut�es devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 151). Le Tribunal f�d�ral n'examine la violation de droits constitutionnels que si ce grief a �t� d�ment invoqu� et motiv� par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-�-dire s'il a �t� express�ment soulev� et expos� d'une mani�re claire et d�taill�e (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 et les arr�ts cit�s), les critiques de nature appellatoire �tant irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arr�ts cit�s).
2.2 Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - soit de mani�re arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). Le recourant qui entend s'�carter des constatations de la juridiction cantonale doit exposer de mani�re circonstanci�e en quoi les exceptions pr�vues par l'art. 97 al. 1 LTF seraient r�alis�es, faute de quoi le Tribunal f�d�ral ne saurait tenir compte d'un �tat de fait qui diverge de celui figurant dans la d�cision attaqu�e (art. 105 al. 2 LTF; ATF 133 III 462 consid. 2.4 p. 466; 133 IV 150 consid. 1.3 p. 152).
De jurisprudence constante, lorsque la constatation des faits et l'appr�ciation des preuves sont critiqu�es pour violation de l'art. 9 Cst., le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� avant d'annuler une d�cision, vu le large pouvoir qu'il reconna�t dans ce domaine aux autorit�s cantonales (cf. notamment: ATF 120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399). Il n'intervient que si l'autorit� cantonale n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a op�r�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9; 134 V 53 consid. 4.3 p. 62) et si la d�cision se r�v�le en plus arbitraire dans son r�sultat (art. 97 al. 1 in fine LTF; cf. ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153; 133 II 257 consid. 5.1 p. 261; 133 III 462 consid. 4.4.1 p. 470). Ainsi, celui qui se plaint d'arbitraire ne saurait d�s lors se borner � critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en proc�dure d'appel, o� l'autorit� de recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer sa th�se � celle de l'autorit� pr�c�dente, mais il doit d�montrer, par une argumentation pr�cise, que cette d�cision se fonde sur une constatation des faits et une appr�ciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 133 II 396 consid. 3.2 p. 400); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arr�ts cit�s).
La Cour de justice a d'abord expos� les principes applicables � la modification du jugement de divorce. Elle a ensuite examin� si, depuis celui-ci, la situation financi�re du d�birentier s'�tait d�t�rior�e en raison de la crise �conomique, de son remariage et du fait qu'il venait d'avoir un enfant avec sa nouvelle �pouse, qui allait au demeurant r�duire son taux d'activit�. A cet �gard, elle a jug� que tel n'�tait pas le cas au vu des revenus de l'int�ress� (46'523 fr., soit 42'003 fr. [compte tenu d'une activit� � 50% de la nouvelle femme] + 4'520 fr. [revenus de la fortune mobili�re]; respectivement 50'837 fr., soit 46'317 fr. [en retenant une activit� � 100 % ] + 4'520 fr.) et de ses charges (23'455 fr.), qui lui laissaient un solde disponible sup�rieur � celui existant au moment du divorce (46'523 fr. - 23'455 fr. = 23'068 fr. // 40'000 fr. - 26'910 fr. = 13'090 fr.). En ce qui concerne la cr�direnti�re, elle a rappel� que le juge du divorce avait �valu� les revenus de l'int�ress�e � 7'000 fr. (rente AI [679 fr.]+ fortune mobili�re [6'250 fr.] + allocations familiales). Elle a par ailleurs constat� que l'ex-�pouse r�alisait d�sormais une activit� lucrative (7'016 fr. 90), qui ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui procurait 10'544 fr., ce qui lui permettait de couvrir ses charges fix�es � 9'913 fr. Elle a toutefois consid�r� que le premier juge s'�tait fond� � tort sur cette seule circonstance pour suspendre la contribution d'entretien en faveur de l'ex-�pouse car, ce faisant, il avait omis de tenir compte du crit�re du maintien du train de vie des parties durant le mariage, �l�ment qui avait �galement �t� d�cisif. Elle a ainsi rappel� que le juge du divorce avait retenu qu'au regard des revenus du mari, le train de vie mensuel de l'�pouse pouvait �tre �valu� � 10'000 fr. au minimum, ce qui, rapport� � ses charges mensuelles incompressibles d'alors (7'500 fr.) et ses revenus mensuels (7'000 fr.), lui laissait un � disponible � de 2'500 fr. Elle en a d�duit qu'il avait ainsi estim� qu'au-del� de la couverture de ses besoins courants, la femme devait disposer de 2'500 fr. pour maintenir le train de vie qui avait �t� le sien pendant le mariage. Elle a d�s lors jug� que, compte tenu de la situation financi�re actuelle de la cr�direnti�re (revenus mensuels de 10'544 fr. pour des charges incompressibles de 9'913 fr. = 630 fr.), il manquait 1'870 fr. pour que le train de vie, tel que d�fini par le juge du divorce, soit maintenu. Partant, elle a r�duit la contribution d'entretien � 2'000 fr. par mois, pr�cisant que les parties seraient libres de demander une nouvelle modification de cette contribution si la sant� de l'ex-�pouse devait se p�jorer et influer sur sa situation financi�re.
Le recourant s'en prend � ces consid�rations en tant qu'elles portent sur le montant des charges de l'intim�e. Plus particuli�rement, invoquant une appr�ciation arbitraire des preuves, respectivement une violation de l'art. 8 CC, il conteste les postes relatifs aux revenus de la fortune mobili�re et aux int�r�ts d'une dette de 480'000 fr. Il se plaint en outre d'une violation des principes de l'art. 129 CC.
Dans un premier grief, le recourant se plaint d'une appr�ciation arbitraire des preuves en ce qui concerne les revenus de la fortune mobili�re de l'intim�e. Il soutient en bref que la Cour de justice aurait d� retenir � ce titre, non 2'500 fr. 50, mais 6'250 fr. � l'instar du juge du divorce ou, du moins, 5'029 fr. conform�ment � la d�claration d'imp�ts 2008 produite en proc�dure.
4.1 La Chambre civile a constat� que l'ex-�pouse exerce d�sormais une activit� lucrative � temps complet qui lui rapporte 7'016 fr. 90 net par mois et qui, ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui permet de r�aliser mensuellement 10'544 fr.
4.2 Il r�sulte de ces consid�rations que le montant retenu par l'autorit� cantonale � titre de revenus de la fortune mobili�re de l'intim�e s'�l�ve � 3'527 fr. 10 (10'544 fr. - 7'016 fr. 90), et non � 2'500 fr. 50 comme le soutient le recourant. Certes, dans la partie fait de son arr�t, appr�ciant le relev� bancaire du 10 juin 2010 produit par l'intim�e, la Cour de justice a constat� que la fortune mobili�re procurait � cette derni�re 2'500 fr. 50 par mois. Le raisonnement susmentionn� montre qu'elle n'a toutefois pas repris ce montant au moment d'op�rer la subsomption, pour se fonder sur la seule all�gation de l'intim�e. Faute de grief sur une telle contradiction - qui n'est au demeurant pas d�favorable au recourant -, la cour de c�ans est li�e par le chiffre de 3'527 fr. 10.
Pour justifier la prise en consid�ration d'un montant sup�rieur (6'250 fr., voire 5'029 fr.), le recourant pr�tend que son ex-femme n'a fourni aucune explication sur les raisons de la fluctuation du rendement de sa fortune mobili�re entre 2008 et 2010. Il semble toutefois oublier qu'il est notoire que, durant ces ann�es, le march� a �t� secou� par une crise boursi�re et financi�re dont il s'est lui-m�me pr�valu pour justifier la diminution de ses propres revenus. Pour le surplus, le montant retenu par le juge du divorce r�sultait d'une projection (placement conservateur � 5% de la fortune de 1'500'000 fr.) dont l'intim�e a d�montr� - pi�ce � l'appui - qu'elle ne s'est pas r�alis�e. Quant au chiffre r�sultant de la d�claration d'imp�ts pour l'ann�e 2008, le recourant ne d�montre pas en quoi il �tait insoutenable de s'en �carter en faveur de celui r�sultant de l'interpr�tation - au demeurant non critiqu�e - d'un document plus r�cent, � savoir le relev� bancaire du 10 juin 2010.
Se pr�valant d'une violation de l'art. 8 CC, le recourant reproche ensuite � la Cour de justice d'avoir compt� dans les charges de l'intim�e 1'881 fr. 40, correspondant aux int�r�ts mensuels d'une dette de 480'000 fr., alors m�me qu'aucune preuve n'a �t� fournie � ce sujet. Il soutient en bref que la d�claration d'imp�ts ne suffit pas � en d�montrer l'existence, car ce document ne permet pas de dire que l'administration fiscale aurait admis la dette. L'intim�e n'aurait apport� aucune explication ni preuve sur la nature et l'objet de cette dette - qui n'existait pas au moment du divorce - ainsi que sur les circonstances dans lesquelles elle aurait �t� contract�e. Le recourant rel�ve aussi l'absence d'all�gu� � ce sujet devant le tribunal de premi�re instance.
5.1 Aux termes de l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le contraire, prouver les faits qu'elle all�gue pour en d�duire son droit. Pour tout le domaine du droit civil f�d�ral, la loi r�glemente non seulement la r�partition du fardeau de la preuve mais aussi les cons�quences de l'absence de preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290). Un droit � la preuve et � la contre-preuve est �galement d�duit de l'art. 8 CC (ATF 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). Le juge enfreint en particulier l'art. 8 CC s'il tient pour exactes les all�gations non prouv�es d'une partie, nonobstant leur contestation par l'autre, ou s'il refuse toute administration de preuve sur des faits pertinents en droit (ATF 130 III 591 consid. 5.4 p. 601; 114 II 289 consid. 2a p. 290; ATF 105 II 143 consid. 6a/aa p. 144). En pr�sence de deux affirmations oppos�es des parties, les juridictions cantonales ne sauraient d�s lors admettre celle qui leur para�t la plus plausible, sans avoir fait administrer des preuves, ne f�t-ce que par des indices ou par l'interrogatoire des parties (ATF 71 II 127). En revanche, l'art. 8 CC ne r�git pas l'appr�ciation des preuves, de sorte qu'il ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent �tre ordonn�es (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522), ni ne dicte au juge comment forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a p. 253, 519 consid. 2a p. 521); il n'exclut pas non plus que le juge puisse, sur la base d'une appr�ciation anticip�e des preuves d�j� disponibles, refuser l'administration d'une preuve suppl�mentaire au motif qu'il la tient pour impropre � modifier sa conviction (ATF 131 III 222 consid. 4.3 p. 226; 129 III 18 consid. 2.6 p. 24). Si le juge a refus� une mesure probatoire en proc�dant � une appr�ciation anticip�e des preuves, celle-ci ne peut �tre contest�e qu'en invoquant l'arbitraire (art. 9 Cst.).
5.2 Il ressort de l'arr�t cantonal que la Cour de justice a inclus dans les charges de l'intim�e le montant de 1'881 fr. 40, correspondant au service des int�r�ts d'une dette chirographaire de 480'000 fr. L'autorit� cantonale a relev� � cet �gard que l'appelante avait fait grief au premier juge de ne pas avoir pris en consid�ration cette dette, dont les int�r�ts annuels s'�levaient � 22'577 fr., soit 1'881 fr. 40 par mois, ce qui ressortait de sa d�claration d'imp�ts 2008 et n'�tait pas contest� par son ex-mari.
5.3 Selon le recourant, contrairement � cette derni�re consid�ration, il aurait contest� l'existence de la dette et les int�r�ts y relatifs. On ne saurait le suivre sur ce point. Dans sa r�ponse � l'appel, il a critiqu� dans leur ensemble les charges all�gu�es par l'intim�e, se contentant de renvoyer la Chambre civile � celles arr�t�es par le Tribunal de premi�re instance et de d�clarer tout ignorer de la dette invoqu�e. Au fond, il s'est limit� � marquer son �tonnement face � l'augmentation des charges pr�sent�es en appel alors m�me qu'en premi�re instance son ex-�pouse s'�tait born�e � renvoyer au jugement de divorce. La cour cantonale pouvait admettre - en tout cas le recourant ne d�montre pas que le droit cantonal s'y opposait (art. 106 al. 2 LTF) - que, ce faisant, il n'avait pas contest� l'existence de la dette et des int�r�ts litigieux. Une prise de position aussi indigente pouvait �tre consid�r�e comme une contestation insuffisante pour infirmer l'all�gation de l'intim�e �tay�e par la pi�ce d�pos�e. Le droit cantonal de proc�dure peut en effet exiger d'une partie - sans que le droit f�d�ral, et en particulier l'art. 8 CC, ne soit viol� - qu'elle expose au moins succinctement les raisons pour lesquelles elle critique la d�pense qui est all�gu�e et ne se contente pas d'une affirmation visant globalement toutes les charges (cf. ATF 117 II 113 consid. 2; 113 Ia 433). Pour le reste, d�s lors que l'autorit� cantonale s'est fond�e sur une preuve pour motiver sa constatation sur l'existence de la dette et des int�r�ts y relatifs, on ne saurait lui reprocher d'avoir tenu pour exactes des all�gations non prouv�es, nonobstant leur contestation, en violation de l'art. 8 CC. En soutenant que la Cour de justice ne pouvait retenir le montant litigieux, pour le motif qu'il ressort uniquement de la d�claration d'imp�ts 2008, � l'exclusion du bordereau, le recourant s'en prend par ailleurs � l'appr�ciation des preuves dont il lui appartenait de d�montrer l'arbitraire (cf. supra, consid. 2). Quoi qu'il en soit, il suffit de relever qu'au terme de la d�claration d'imp�ts 2008, qui fait �tat de la dette contest�e et des int�r�ts y relatifs, l'intim�e a d�clar� un revenu imposable ICC de 137'721 fr. et une fortune imposable ICC de 1'052'016 fr., montants que l'administration fiscale a retenus pour le calcul de l'imp�t. Enfin, quand le recourant invoque le fait que la charge litigieuse n'avait pas �t� all�gu�e en premi�re instance, sa critique - nonobstant qu'elle n'a pas �t� soulev�e devant la Cour de justice - n'a rien � voir avec l'art. 8 CC.
Selon le recourant, alors qu'au moment du divorce, l'intim�e, d�j� �g�e de 46 ans, invalide, gravement et durablement atteinte dans sa sant� et n'ayant plus exerc� d'activit� lucrative depuis plus de quinze ans, n'avait aucune perspective de r�insertion professionnelle et de gain, sa situation financi�re a d�sormais notablement chang�, d�s lors qu'elle a repris une activit� � plein temps qui lui rapporte 7'016 fr. 90 par mois. Il soutient que ce changement notable �tait impr�visible et est durable, le risque de r�cidive du cancer �tant d�sormais caract�ris� de faible et l'intim�e ayant recouvr� une capacit� de gain pleine et enti�re contrairement au pronostic pos� par le juge du divorce. Le recourant soutient qu'en niant ces principes, l'autorit� cantonale a viol� l'art. 129 CC.
6.1 Selon l'art. 129 al. 1 CC, si la situation du d�biteur ou du cr�ancier change notablement et durablement, la rente peut �tre diminu�e, supprim�e ou suspendue pour une dur�e d�termin�e; une am�lioration de la situation du cr�ancier n'est prise en compte que si une rente permettant d'assurer son entretien convenable a pu �tre fix�e dans le jugement de divorce.
L'application de cette disposition suppose un changement notable durable et � impr�visible � de la situation financi�re - globale - de l'une des parties au moins (arr�t 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 3.2 publi� � la FamPra.ch 2011 p. 193).
Le caract�re notable de la modification se d�termine in concreto, en fonction de chaque cas particulier, en comparant les situations avant et apr�s le changement de circonstances (cf. sous l'ancien droit: ATF 118 II 229 consid. 3a p. 232). Des comparaisons en pourcentages des revenus peuvent repr�senter un indice utile, mais ne dispensent pas le juge d'une analyse concr�te du cas d'esp�ce (cf. arr�t 5C.197/2003 du 30 avril 2004 consid. 3, sp�c. 3.3).
Le changement doit par ailleurs �tre durable, soit probablement de dur�e illimit�e (PICHONNAZ, op. cit., no 34 ad art. 129 et l'auteur cit� en note 55). S'il est d'une dur�e limit�e ou incertaine, il peut aboutir � une suspension partielle de la rente, voire � une r�duction de celle-ci pour un laps de temps d�termin�. On peut aussi pr�voir une suspension de la rente avec une r�serve de r�augmentation (PICHONNAZ, op. cit., no 35 ad art. 129 et les auteurs cit�s).
S'agissant du caract�re � impr�visible � est d�terminant le fait que, au moment de la fixation de la rente, le juge du divorce ou les parties ne pouvaient prendre en consid�ration les cons�quences concr�tes de la modification des circonstances dans le calcul de la rente (ATF 131 III 189 consid. 2.7.4 p. 199).
6.2.1 La Chambre civile a retenu que la situation financi�re de l'ex-mari ne s'est pas d�t�rior�e depuis le prononc� du divorce. Celui-l� disposait d�sormais de 46'523 fr. (42'003 fr. en retenant une activit� � 50 % pour sa nouvelle �pouse + 4'520 fr.), respectivement de 50'837 fr. (46'317 fr. pour une activit� � 100 % + 4'520 fr.). Ses charges, fix�es � 23'455 fr., �taient inf�rieures � celles qu'il supportait au moment du divorce (23'910 fr. + 3'000 fr. de contribution en faveur des enfants = 26'910 fr.). Il b�n�ficiait ainsi d'un solde disponible sup�rieur � celui constat� lors de la dissolution du mariage (46'523 fr. - 23'455 fr. = 23'068 fr. // 40'000 fr. - 26'910 fr. = 13'090 fr.). Sur ce point, le recourant ne critique l'arr�t cantonal ni quant aux faits constat�s ni quant � l'application du droit (cf. supra, consid. 2).
En ce qui concerne l'ex-�pouse, l'autorit� cantonale a relev� qu'au moment du divorce, ses revenus mensuels s'�levaient � 7'000 fr. (rente AI + revenus de la fortune mobili�re + allocations familiales) et ses charges � 7'500 fr. Elle exer�ait d�sormais une activit� lucrative (7'016 fr. 90) qui, ajout�e aux revenus de sa fortune mobili�re, lui permettait de r�aliser 10'544 fr. Elle parvenait ainsi � couvrir ses charges, fix�es � 9'913 fr. Le recourant a �chou� � d�montrer l'arbitraire de ces montants (supra, consid. 4 et 5). Il ne soutient en outre pas - dans un grief motiv� (cf. supra, consid. 2) - que la cour cantonale aurait viol� le droit f�d�ral en tenant compte de la nouvelle charge d�coulant du service des int�r�ts de la dette chirographaire de 480'000 fr.
6.2.2 En droit, la Cour de justice a estim� que la seule constatation que l'intim�e puisse d�sormais faire face � ses d�penses par ses revenus ne suffisait pas � justifier la suspension de la rente. Elle a consid�r� que le premier juge avait omis de tenir compte du crit�re du maintien du train de vie des parties durant le mariage, qui avait �t� �galement d�cisif au moment du divorce. Le juge du divorce avait en effet retenu qu'au regard des revenus du mari, le train de vie mensuel de l'�pouse pouvait �tre �valu� � 10'000 fr. au minimum, ce qui rapport� � ses charges mensuelles incompressibles d'alors (7'500 fr.) et ses revenus mensuels (7'000 fr.), lui laissait un � solde disponible de 2'500 fr. �, [compte tenu d'une rente de 3'000 fr.]. Il fallait donc admettre qu'il avait jug� qu'au-del� de la couverture de ses besoins courants, la femme devait disposer de 2'500 fr. pour maintenir le train de vie qui avait �t� le sien durant le mariage. En cons�quence, eu �gard � la situation financi�re actuelle (revenus de 10'544 fr. pour des charges incompressibles de 9'913 fr. = 630 fr.), il manquait 1'870 fr. pour que le train de vie de la cr�direnti�re, tel que d�fini par le juge du divorce, soit maintenu. La contribution devait ainsi �tre r�duite � 2'000 fr., les parties �tant libres de demander une nouvelle modification si la sant� de l'appelante devait se p�jorer et influer sur sa situation financi�re.
6.2.3 Le recourant pr�tend que l'intim�e a vu sa sant� s'am�liorer sensiblement, que le risque de r�cidive de son cancer est faible et qu'elle a recouvr� - contre toute attente - une capacit� de gain pleine et enti�re, que ces �l�ments fondent l'existence d'une modification notable, durable et impr�visible des circonstances et que, d�s lors, la cour cantonale a ni� les principes de l'art. 129 CC. Dans ses conclusions formelles, reprenant les termes du dispositif du jugement de premi�re instance, il demande toutefois � la cour de c�ans de � suspendre la contribution [...] de 2'000 fr. due [...] d�s le 1er d�cembre 2009 et tant que [l'intim�e] ne souffre pas d'une rechute de son cancer entra�nant une incapacit� totale ou d�finitive de travailler �. Il faut d�s lors convenir qu'il ne s'en prend � l'arr�t cantonal que dans la mesure o� celui-ci se borne � r�duire la rente de 3'000 fr. � 2'000 fr. au lieu de la suspendre totalement.
Or, on cherche en vain dans l'acte de recours une quelconque motivation qui s'en prendrait aux consid�rations fondant la r�duction sur le crit�re du maintien du train de vie. Le recourant se contente d'opposer que, depuis le divorce, la situation financi�re de l'intim�e a notablement chang�, que celle-ci a en effet recouvr� une capacit� de gain pleine et enti�re d�s lors qu'elle a repris une activit� lucrative � temps complet pour un revenu mensuel net de 7'016 fr. 90 qui lui a permis d'augmenter ses revenus dans la m�me proportion, circonstance que la Cour de justice a pr�cis�ment jug�e insuffisante � elle seule. Une critique aussi g�n�rale ne suffit pas (cf. ATF 135 III 145 consid. 6 p. 153).
Pour satisfaire � l'obligation de motiver les conclusions et les moyens � l'appui de celles-ci (art. 42 al. 2 LTF), le recourant doit discuter � au moins de mani�re succincte les consid�rants de la d�cision attaqu�e � (ATF 134 II 244 consid. 2.1 p. 245/246; arr�t 8C_650/2009 du 21 janvier 2010 consid. 2.2). A cet �gard, le Message du Conseil f�d�ral indique que la nouvelle loi � pose des exigences assez �lev�es dans la motivation des m�moires de recours � (Message, FF 2001 p. 4031, ch. 2.2.4). En particulier, il ne suffit pas que le recourant �mette des r�criminations ou des critiques g�n�rales sans rapport avec un consid�rant d�ment cit� (arr�t 5A_49/2011 du 12 juillet 2011 consid. 3.1 non publi� aux ATF 137 X xxx; ATF 127 III 529 consid. 3b p. 531; 116 II 745 consid. 3 p. 748 s.; arr�t 4A_72/2007 du 22 ao�t 2007 consid. 4.1.1).
Vu ce qui pr�c�de, le recours doit �tre rejet� dans la mesure o� il est recevable. Le recourant, qui succombe, supportera les frais de la proc�dure et versera des d�pens � l'intim�e, laquelle, invit�e � r�pondre, a propos� le rejet du recours (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).

References: art. 74
 ATF 
 art. 95
 ATF 
 ATF 
in fine
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 129
 art. 129
 ATF 
 ATF 
 ATF