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Timestamp: 2018-12-10 05:31:04+00:00

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Decret n° 2005-985 du 21 octobre 2005
Decret n° 2005-985 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en ménik.
L’écriture du ménik (appelé aussi bedik) a déjà bénéficié d’efforts isolés, comme de missionnaires chrétiens qui ont travaillé sur les langues dites à usage localisé
Avec la décision de l’Etat d’étendre le statut de langue nationale à toutes les langues parlées dans le pays, dès lors qu’elles sont codifiées, le code praphique du ménik a été validé à l’occasion de la 29e Semaine nationale de l’Alphabétisation (atelier des 12 et 13 septembre 2004 à Kédougou) afin d’avoir une base conventionnelle qui puisse régir l’orthographe de cette langue et permettre son développement.
Vu le décret n° 71-566 du 21 mai 1971 relatif à la transcription des langues nationales, abrogeant le décret n° 68-871 du 24 juillet 1968 et complété par le décret n° 72-702 du 16 juin 1972 ;
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation de mots en ménik sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet ménik comprend vingt-neuf lettres, dont vingt trois consonnes et six voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
békal
idën
ginal/enal
chambre, case
imëy
fait de mordre
piquant de
uraf/oraf
hauteur, croissance
usal/osal
itëd
sorte de natte
iyanga/eyanga
gikëY/ikëY
* Les consonnes sont : b, b, c, d, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ñ,n, p, r, s, ŝ, w, y, Y.
* Les voyelles sont : i, e, ë, a, o, u.
Art. 3. - Le ménik prénasalise les occlusives sonores à toutes les positions. Pour noter la prénasalisation, la lettre m est retenue devant la labiale b, et la lettre n davant les autres consonnes :
mban « je refuse »
gimbil « araignées »
gindéY « information »
igènd « grossesse »
ganjem « cil »
iwudënj « mettre du lalo dans la sauce »
ngë « et »
gangol « porte »
Art. 4. - Le graphe s est utilisé pour orthographier la chuintante [ ] :
Art. 5. - Pour les voyelles moyennes /e/ et o/, il existe une opposition pertinente d’aperture.
La fermeture est notée par l’accent aigu.
abel « il a allongé les pieds »
abél « c’est lisse »
meco « j’ai boité »
meco « j’ai mis le feu »
Art. 6. - Le mènik possède deux voyelles centrales : une forte notée ë et une faible notée è.
olëm « décès »	olèm « fait d’enduire »
Art. 7. - Le mènik est une langue à classe nominales. Les classificateurs sont préfixés au nom. Le classificateur préfixe au radical marque l’indéfini.
jënat
« chien/un chien »
« visage/un visage »
« lèvres/des lèvres ».
Art. 8. - Les marques du défini, de l’indifini d’altérité, de l’interrogatif, du démonstratif, du possessif, du numéral et du relatif sont séparées du nom.
gangam an
iyanga igélém
« une autre maison »
iyanga edo
« cette maison »
nanso nansa ?
« quel enfant »
alam asasën
« un troisième roi »
iyanga idam
iyanga idoj
« ta maison »
iyanga er yicëme ed
« la maison que j’ai acheté »
gikëY gan démme an
« la vache que j’ai acheté »
Art. 9. - L’infinitif du verbe en mènik est marqué par la particule m + voyelle. Cell-ci varie selon le radicale.
mèsëb
« éternuer »
Art. 10 . - Le pronom personnel sujet est préfixé ou suffixé au verbe selon l’aspect. Le pronom personnel objet est préfixé au radical verbal. le pronom sujet emphatique est séparé du verbe.
etuweme
« je mange/je suis en train de manger »
« il m’a chassé »
no etuweme
« moi, je mange »
Art. 11. - Les marques de temps, d’aspect et de mode sont affixées au radical verbal. Les variations observées au niveau du radical verbal sont aux phénomènes de l’alternance consonantique et de l’harmonie vocalique.
« je suis en train de manger »
masokëmso
« je mange (habitude) »
metuwe
« je mangerai »
« j’ai mangé »
masoYédëme
« j’étais en train de manger »
« mange ! ».
Art. 12. - Dans la dérivation, les affixes sont rattachés au radical.
nug	=>
mënug
« un écrivain »
yikén	=>
mèyikén
« chauffeur »
ayikén
« celui qui chauffe »
Art. 13. - Les éléments d’un mot composé sont reliés par un trait d’union.
jënat « chien » + tongo « prénom » => jënat-tongo « mante religieuse »
hongi « avion » + ër « de » + mënge « eau » => hongi-ër-mënge
« pirogue, bateau ».
Art. 13. - Pour délimiter la phrase et ses composantes, le Mènik adopte les signes et les valeurs de la ponctuation en usage en français, en respectant la structure de la phrase ménik.
Les signes de ponctuation employés sont :
Mènik
gakalaya
oyën
gakalaya oyën
gakalaya-gan-onen
gakalaya-gon-hisanak
gakalaya bëki
gonëŋeŋ
ñënugél
gumèd
paranthèses
ufid (mèpid au pluriel)
bënatel bëki
nèpug
nakesel nan samay
bëkën-bëkën
Osëcot ufat
La préparation du champ
onenod ngë maheca e, asém ale gen ufat orom koyèdé. Han fayër utéb le mayekoye ocëc ufat od. Gon sëcë ko on akokumad bacëc ban ubar bitin-bitin. Bot bon ngë mayamb man ubar bacëc bingum. Ngë ayër oye odëkënhan omël. Awa, ngë akënëla ulad bindab en kenan ocëla gétéb ën.
Vers la fin de la saison sèche, le paysan pense à son champ. Avant les premières pluies, il va couper les feuilles des arbustes qui ont repoussé. Ensuite, de ces feuilles et des tiges de mil de la précédente récolte, il fait des tas. Quand tout est sec, il les brûle jusqu’à ce que tout le champ soit propre. Enfin, après ce nettoyage, il sème le mil et attend les pluies.
Art. 14. - Sont abrogées toutes disposition contraires au présent décret.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 13

Art. 14