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TRIBUNAL D E GRANDE INSTANCE DE PARIS JU(;EMENT rendu Je 13 Septembre COMPosmON DU TRIBUN& - PDF
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1 TRIBUNAL D E GRANDE INSTANCE DE PARIS JU(;EMENT rendu Je 13 Septembre 2006 DEMANDEUR 9ème chambre Association U: 2ème section EL -" 75 PARIS N RG : 05/14936 N MINUTE: Assignation du : 18 Décembre 2003 représenté par la SCP BOUAZIZ BENAMARA, avocats au barreau de PARIS, vestiaire P215 et plaidant par Maître André BRASSEUR (Barreau de Grenoble) de la SCP BRASSEUR-BAREK, Consom'actes DÉFENDERESSES SA S 75 PARIS représentée par la SCP DUBARRY LE DOUARIN VEIL, avocats au barreau de PARIS, vestiaire P86 et plaidant par Maître DUBARRY Le G- groupement d'intérêt économique, Intervenant Volontaire Conclusions du 11/08/ ( PARIS représentée et plaidant par Maître Etienne RACHEZ, avocat au barreau de PARIS, vestiaire P421 - COMPosmON DU TRIBUN& Christian HOURS, Vice-Président ayant fait rapport à l'audience Alain PALAU, Vice Président Françoise SALOMON~ Juge: 1 Expéditions exécutoires délivrées Je : J,'"J' 't'\~ assisté de Marie-Françoise LEPREY, Greffier DEBATS A l'audience du 24 Mai 2006 présidée par Christian HOURS tenue en audience publique Après clôture des débats, avis a été donné aux Avocats que le jugêment seraitarendu le 13 Septembre 2006 JUGEMENT Prononcé en audience publique Contradictoire en premier ressort 1 a f\f Page 12 Le litige: Le 18 décemhtp 1:003 l'association il de consommateur U a assigné la S devant ce tribunal pour ootenu notamment la suppression sous défenderesse astreinte de diverses à clients clauses ' 'de la eonvention de compte proposée par la Une proposition de médi~ltion faite par1ejuge de la mise en état le 7 septembre 2004 n1a pas été acceptée Par conclusiolls du 30 décembre 2004, le G: es~; intervenu volontairement à l'instanœ pour contester les <1emandes l'v intéressant les clauses en rapport avec les cartes bancaires L'affaire, radiée le 17 mai 2005, a été remise au rôle le Il octobre 2005 Aux tendes de ses conclusions récapitulatives du 11 octobre 2005, l'u maintient sa demande de S1Jppression, sous astreinte de 2000 euros par jour de retard, de 38 clauses litigit~uses détaillées infra Elle souhaite par ailleursqtl'ilsoit fait interdiction àla banque d'en faire usage à l'avenir, réclame la somme de euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudicc: subi par la collectivité des consommateurs sur l'ensemble du territoire franç:ais, la publication du jugement à intervenir dans les journaux Le M:onde, Le };'igaro, Libération, aux frais de la banque, à concurrenœ de c:uros par irlsertion, de même que sur le site d'accueil de la banque pendant 2 mois, ainsi que l'envoi par la banque à ses clients, dans le délai d'un mois, d'un courrier, élec:tronique ou papier, les infonnant des clauses réputées non écrites au visa de la décision à intervenir Elle sollicite l'exécution provisoire du jugement et l'octroi d'une somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du nouveau code de procédure civile 1 Dans ses écritures récapitulatives en date du 3 janvier 2005, la S, -,soulève l'irrecevabilité de l'action de l'u, qui, d'une part, ne justifierait pas des pouvoirs régtllièrement donnés à son président, et d'autre part, agissant sur le fondement de:; articles L421-6 et L 1321 du code de la consommation, a omis de préciser quelle directive, entrée dans l'ordre juridique interne, aurait été violée par chac1me des clauses contestées La demande de dommages et intérêts serait égalej:nent irrecevable dans la mesure où l'v n'aurait pas qualité pour réclamer l'indemnisation du préjudice subi par l'ensemble des consommateurs Elle indique sur le fond avoir modifié 9 clauses contestées) conclut au débouté de la demanderesse pour tes motifs détaillés ci-dessous et lui réclame la somme de 3000 euros sur le fondement des dispositions de l)article 700 du nouveau code de procédure civile Dans ses écritul~es récapil~ulatives en date du 30 décembre 2004, le G soulève l'irrecevabilité de l'action de l'u,que œ soit sur le fondement des articles L et L du code de la consommation, à défaut d'avoir indiqué les textes répressifs méconnus par les stipulations critiquées, ou sur celui de l'article L 421-6, faute d'avoir précisé laquelle des 12 directives transposées en droit ~[1terne n'aurait pas été respectée par chaque clause litigieuse a C\r Page 23 Sur le fond, elle indique avoir modifié trois clauses à l'occasion de œtte procédure et conclut au débouté de 1'0 à laquelle elle réclame la somme 3000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du nouveau code de procédure civile -, Dans ses écritures précitées, l'g réplique qu'au regard de l'article L421;6 du code de la c,onsomination, les associations sont parfaitement recevables à solliciter du juge la 5~upptession d'une clause illicite ou abusive dans tout contrat ou type de contrat proposé ou destiné aux consommateurs sans qu'il soit nécessaire de viser en outre une infraction pénale ou une directive particulière Motifs de la dé(:ision : Sur la recevabilil~ Il n'est plus contesté à l'audience que l'association U justifie des pouvoirs de son président, Monsieur Bazot, pour engager œtte action; Contrairement à ce que soutient le G l, l'action de l'v jl'estpas fondée sur l'article L du code de la consommation de sorte que, n'exerçant pas l'action civile, elle III 'est pas dans l'obligation de viser des textes répressifs à l'appui de ses demandes tendant à voir juger certaines clause illicites; L'U fonde ses demandes exclusivement sur les articles L421-1, et 132~1 du code de la consommation; L'article L du code de la consommation dispose que les associations de consommateurs peuvent agir devant la juridiction civile pour faire œsser ou interdire tout agissement illicite au regard des dispositions transposant les directives mentionnées à l'article 1er de la directive n 98/27/CE; Cette directive est celle relative aux actions en cessation en matière de protection des consommateurs; elle comporte en annexe la liste des directives que vise l'article L et parmi elle la directive 93/13/CE relative aux clauses abusives; Il n'est pas sérieusement discutable que la directive en cause est celle relative aux clauses abusives; - L'action de }'O est ainsi recevable; Sur le fond Aux termes de l'article L du code de la consommation, sont abusives dans les contrats entre professionnels et consommateurs, les clauses qui ont pour objet ou pour effet de (;réer J au détriment du non professionnel ou du consommateur, un déséquilibre!;ignificatif entre les droits et les obligations des parties au contrat; Une annexe comprend une liste indicative et non exhaustive de clauses qui peuvent être regardées comme abusives; En cas de litige concernant un contrat conœrnant une telle clause, le demandeur n'est pas dispensé d'apporter la preuve du caractère abusif de œtte clause; ~ (\r Page 34 Le caractère abusif d'une clause s'apprécie en se référant, au moment de la conclusion du contrat, à toutes les circonstances qui entourent sa conclusion, de même qu'à toutes les autres clauses du contrat Il s'apprécie également au regard de celles contenues dans un autre contrat lorsque la conclusion ou l'exécution de ces deux contrats dépendent juridiquement l'une de l'autre", ' Les clauses abusives sont :réputées nori écrites: Les 38 griefs de l'o concernent de~ ciauses relatives au compte- Courant, aux cartes de paiement, à l'assuranqe, à la facilité de caisse et à des dispositions diverses; Il convient de les examiner sucœssivement, au regard des dispositions précitées et de la réglementation applicable aux selviœs conœrnés, en exposant les positions des parties sur chacune des clauses critiquées, puis la décision du tribunal; La demanderesse est fondc~e à obtenir, le cas échéant, du tribunal qu'il déclare réputée non écrite une clause illicite ou abusive même dans l'hypothèse où elle aura été modifiée dans une version plus récente des conditions générales, d'une part pour que cette clause ne puisse plus être ultérieurement réintroduite, d'autre part car il n'est pas établi qu'en cas de modification d'une clause, le client reçoive une nouvelle version consolidée des conditions générales, de sorte qu'il peut se méprendre sur la ponée des clauses figurant dans les conventions qui lui ont été remises initialement; Grief n 1 : arti(:le I-A-l, Il dispose que les relations réciproques sont établies "dans le cadre d'un compte courant dans lequel entreront, sauf convention contraire, toutes leurs créances réciproques résultant de l'ensemble des opérations traitées entre eux"; L:!l ~nsidère que cettc~ clause est illicite dans la mesure où l'article L du code monétaire et financier prévoit que les comptes ouverts par des particuliers sont des comptes de dépôts; la loi Sécurité quotidienne du 15 novembre 2001, d'ordre public, parle également de la gestion d'un compte de dépôt Subsidiairement, cette clause serait abusive car la qualification inexacte de compte~courant pourrait donner à penser au consommateur qu'il est contraint d'accepter les conséquences de la nature d'un compte-courant, notamment l'effet de fusion valant novation, alors que, dans un compte de dépôt chaque créance garde son caractère indépendant et il n'y a pas réciprocité d'échanges et de créances; ~ :réplique que l'article L 312~1 du CMF parlant de compte de dépôt ne concerne que Je service minimum dont peut bénéficier toute personne dépourvue d'un compte et n'a pas vocation à régir les rapports entre la banque et sa clientèle, hormis ce cas particulier; par ailleurs un compte de dépôt n'a pas vocation à devenir débiteur alors que le compte litigieux peut le devenir dans certaines conditions; il n'existe enfin aucun déséquilibre résultant de la clause critiquée, les règles de fonctionnement étant identiques pour le client et pour la banque; Sur ce le tribulli!j L'article L du CMF, ayant vocation à régir les rapports entre la banque et l'ensemble de sa clientèle, dispose que les établissements de crédit sont tenus d'informer cette clientèle et le public sur les conditions générales et Page 45 tarifaires applicables aux opérations relatives à la gestion d'un compte de dépôt ; L'article 3,12-1 du même code ajouté par la loi du Il déœmbre 2001 dans une section l intitulée "droit au compte et relation avec le client" prévoit que toute personne physique ou morale domiciliée en Franœ, dépourvue d'un compte de dépôt, a droit à l'ouverture d'un tel compte dans l'établissement de crédit de son choix; Il ressort de ces deux textes qu'il existe un droit pour tout client de disposer d'un compte de dépôt; 1 La S est dès lors tenue d'offrir le serviœ d'un compte de dépôt à sa clientèle, alors que ses conditions générales ne font état que d'un compte courant; Or, ces deux formes de comptes ne sont pas identiques dans leurs effets, notamment en ce qui concerne l'effet novatoire, l'indivisibilité et les intérêts ; La S --, en ne mentionnant dans ses conditions générales que le serviœ d'un compte courant et non œlui-ci prévu par la loi du compte de dépôt, est susceptible d'induire en erreur le client sur son droit à un simple compte de dépôt; La clause critiquée est par ronséquent abusive, de même que toutes les références du contrat à un "compte courant" ; Grief n 2 : article I-A-2-a Cette clause dispose en son paragraphe 1er que pour l'ouverture d'un compte le client "doit être pleinement capable dans les actes de la vie civile ou, en cas d'incapacité, être dûment représenté" ; 1 ~ reproche à cette affimiation dont elle ne conteste pas l'exactitude d'être incomplète en laissant croire à tort à un mineur, représenté lors de l'ouverture d'un compte, qu'il peut ensuite effectuer les actes à la disposition de tous les titulaires de compte, sans distinction, de sorte que la clause serait ainsi déséquilibrée; La banque répond que l'objection n'est pas fondée car elle propose aux mineurs des conventions de compte spécifiques prenant en compte leur capacité juridique particulière, en interdisant notamment que le compte soit débiteur; elle souligne que toute infraction aux règles du code civil engagerait sa responsabiljté ; Elle indique toutefois avoir ajouté une phrase à la c]ause critiquée selon laquelle, " dans cette dernière hypothèse, le compte-courant fonctionne sous la signature du responsable légal ou avec son assistance selon ]es règles du régime de protection applicable "; Sur ce le tribunal La clause critiquée n'est pas abusive dans la mesure où elle est insérée dans un paragraphe relatif à l'ouverture du compte, de sorte que la précision réclamée par l'u ) qui concerne le fonctionnement du compte, n'avait pas nécessairement à y figurer; Grief n 3 : article I-A-2-bl1ara~al1hes 8 et 9 Cette clause dispose qu'en cas de décès et, sauf blocage par les ayantsdroit ou le notaire, le compte-joint continue de fonctionner mais au profit du Page 56 seul co-titulaire survivant qui peut seul faire fonctionner le compte et le clôturer, ainsi qu'obtenir des infonnations relatives aux opérations effectuées par lui postérieurement audit décès" ; ~ la considère abusive parce que déséquilibrée, au motif que les héritiers sont les continuateurs du défunt et que rien ne peut justifier que la banque refuse de leur fournir des informations sur le fonctionnement d'un compte éventuellement pour qu'ils les contester; connaissent les opérations fait~s sur le compte pour La banque répond que la clause critiquée n'interdit pas aux héritiers du pré-décédé d'obtenir des informations portant sur le fonctionnement du compte antérieurement au décès mais signifie seulement qu'au cas où le co-titulaire survivant continuerait à utiliser œ compte, il bénéficierait à son seul profit de la protection du secret bancaire pour les opérations postérieures; Sur ce le tribunal La clause critiquée ne fait pas obstacle à la communication d'infonilations sur le fonctionnement du compte antérieurement au décès; Le secret bancaire s'opposc~ seulement à ce que les héritiers du défunt aient accès aux opérations postérie1lres qui ne concernent que le seul co-titulaire survivant du compte-joint, lequel fi' est pas clôturé au décès du premier cotitulaire; La clause querellée n'est p~ls abusive Grief n' 4 : articles I-A-3-a l2ara{!raghe 3 et I-A-4-a-1 gara~aghe 4 "La S -se réserve le droit de refuser les remises de chèques émises sur des formulaires non confonnes aux nonnes en usage dans la profession" ; L:1[ considère œtte clause déséquilibrée car elle impose abusivement, en l'absence de toute norme en la matière, l'utilisation de formules de chèques proposées par les professionnels alors que, dès lors que les conditions légales prévues à l'article L du CMF pour la validité d'un chèque sont remplies, la banque doit exécuter le mandat; La banque répond que dc~s normes ont été édictées par un arrêté ministériel du 5 novembre (et non avril) 1998 et que rien n'interdit de convenir d'utiliser un modèle de formules de chèques eu égard aux exigences du système d'echange d'images Chèques et au devoir de vigilance renforcée en matière de lutte anti-blanchiment ; ~ur œ le tribunal L'article 4 de l'arrêté du 5 novembre 1998 du ministre de l'économie, des finances et de l'industrie interdit d'imprimer et de distribuer des formules de chèques non conformes à l'une des deux normes françaises NF K et NF K ; En outre, il n'est pas contestable que le coût du traitement d'un chèque dont le fonnat ne serait pas standardisé serait supérieur à celui d'un chèque répondant aux nonnes et que son contrôle, sauf à être manuel et par conséquent plus onéreux, serait rendu plus difficile; Cette clause n'est pas abusive; a-- Page 67 Grief il" 5 : article l-a-illb l2ara~a~he 10 "Lorsque le client veut efft~ctuer des retraits d'une certaine importance, il doit prévenir sonagence deux jours ouvrés à l'avance" ; - L:l[ considère que cette~ clause est déséquilibrée par son imprécision dans la mesure où toutes les condiltions de fonctionnementdu: compte doivent être précisées au contrat et qu'e1lie ouvre la porte à l'arbitraire puisqu'ej]e autorise la banque à refuser des retraits sur des montants à sa convenanœ, alors que le client doit avoir la libre disposition de ses fonds; La banguerépond que la cj:ausest justifiée, comme la suite de l'article l'explique, par des raisons de sécurité (il existe un protocple d'accord entre les banque et leur personnel entériné :par le ministère de l'intérieur définissant les règles de sécurité limitant notamnlent les encaisses) ainsi que par le fait que, compte-tenu de la disparité de VOlllIneS d'affaires entre les agenœs, il n'est pas possible de prévoir le même montant pour toutes, le client pouvant connaître celui s'appliquant dans sa propre ~!gence sur simple demande; Sur ce le tribuij,gl, Les raisons invoquées par :Ia banque pour expliquer la diligence mise à la charge du client sont pertinente:s : impératif de sécurité et impossibilité de prévoir un seuil uniforme pour toutes les agences, compte tenu de la grande disparité de leurs volumes d'affau'es ; La clause critiquée qui ré~ulte de motifs pertinents et n'oblige pas le client à effectuer des démarches e:~cessives n'est pas abusive; Griefn" 6: articles I-A-III-d~t I-A-5-a ~aragra~he 1er, "les opérations entraînant un incident de fonctionnement de compte (absence de signature, insuffisancl~ de provision, rejet pour cause de saisie ou d'avis à tiers détenteur) et nécessitant un traitement particulier font l'objet d'une tarification indiquée dans la brochure "; il ru considère que œtte clause est déséquilibrée par son imprécision qui pennet à la banque de qualifier d'incident toute opération de son choix, fûtce une contestation légitime du consommateur ou une difficulté technique de fonctionnement, et de qualifier elle-même les opérations néœssitant un traitement particulier; JOI De telles clauses seraient éjgalement contraires à l'article 32 alinéa 3 de la loi du 9 juillet 1991 prévoyant que les frais de recouvrement doivent rester à la charge du créancier dans le cas où l'incident de fonctionnement aboutit à une opération de recouvrement; "1-: La banguerépond que la qualification des opérations n'est pas arbitraire puisque les principaux cas sont iij:diqués dans la convention de compte et la brochure tarifaire; Aucun déséquilibre significatif ne résulte de ce qu'il soit prévu une tarification en cas d'irrégularité dans le fonctionnement du compte nécessitant un traitement particulier, la clause sanctionnant alors une anomalie ou des erreurs qui ne sont pas imputables à la banque; Elle Indique que la formule figurant dans les nouvelles conditions générales mentionne désormais les chèques irréguliers, l'absence de provision, le rejet pour cause de saisie ou d'avis à tiers détenteur ou l'opposition administrative et tout blocage judiciaire du compte; ~ I\~ Page 78 Sur œ le tribunal, Il ressort de la clause contestée que les opérations nécessitant un traitement particulier font l'objet d'une tarification indiquée dans la brochure "conditions appliquées aux opérations bancaires des particuliers" remise au titulaire lors de la signature de la convention de compte S, périodiquement mise à jour et tenue à la disposition du public dans les agences S ~ Il s'ensuit que sont seuls susœptibles de faire l'objet d'une facturation les événements figurant sur la tarification; Il n'existe ainsi aucune latitude laissée à l'intetprétation du banquier, le plaçant dans une position de supériorité par rapport à son client; il ne peut être exigé que Iii tarification soit intégrée dans le document lui-même, dès lors qu'elle est applelée à évoluer, l'important étant que le client en soit infonné au moment où il ouvre son compte et ultérieurement, en cas de modification de celle-ci; Dans ces conditions, la clause querellée n'apparaît pas abusive Grief n' 7 : article I-A-3-d et "efn 8: article I-A- he 4 Le premier article critiqué dispose: "la réception sans protestations et réserves des relevés de compte vaudra approbation des écritures et, en particulier, du taux conventionnel appliqué"; Le second: "les réclamations relatives aux opérations figurant sur un relevé de compte devant être formulées dans un délai de trois mois à peine de prescription" ; L:Q ~ritique le premier article qui emporterait exonération de responsabilité du banquier dès la réœption du relevé de compte, lui interdisant de solliciter réparation du préjudice consécutif à un non respect de ses obligations par le banquier; Elle impliquerait également un consentement implicite du consommateur à la réception des relevés qui serait abusif puisque "qui ne dit mot ne consent pas" ; Elle ne saurait permettre au banquier de conserver d'éventuels indus débités à tort sur le compte du client quand bien-même ils apparaîtraient sur les relevés; Le déséquilibre créé est d'autant plus grand qu'aucun délai limite n'est imposé à la banque pour modifier elle-même ses écritures en cas d'erreur prétendue de sa part ; S'agissant du second article qui a, selon l'u un champ différent puisqu'il ne conœme que les opérations figurant sur les relevés et non œlles qui auraient été omises, il est également abusif car prévoyant un délai trop court et ne pouvant valider les erreurs cclmmises ; Le mot de prescription serait abusif dans la mesure où la prescription légale en ce domaine est de 10 ans pour toutes les contestations; La banque répond que la conjonction des deux articles critiqués pose le principe de l'approbation tacite résultant de la réception des relevés sans protestation et précise le délai pendant lequel une réclamation mettra en échec ce principe, l'ensemble étant conforme au droit positif, l'absence de protestation ne créant qu'une présomption simple de régularité des opérations non tl~ f\~ Page 89 contestées dans le délai qui peut être renversée par la démonstration d'une faute de la banque; Elle indique que les nouvelles conditions générales ont porté à 4 mois le délai des réclamations et précisent que, passé œ délai, aucune contestation ne pourra être reçue sauf dans le <:as où le client rapporterait la preuve d'une erre,;!!, d'une omission ou d'une fraude; Sur ce le tribunal Les dispositions critiquées donnaient à penser au client dans leur version originale que, passé le délai de trois mois, aucune contestation ne pourrait plus être reçue; Cette présentation était fausse et la clause abusive car le silence gardé par le client pendant ce délai n'emportait qu'une présomption simple d'acceptation par le client des opérations inscrites sur le relevé, susceptible d'être contredite par la preuve contraire; En revanche, la version modifiée apparaît correcte, puisqu'elle précise qu'aucune contestation ne pourra être reçue à l'expiration du délai, sauf dans le cas où le client rapporterait la preuve d'une erreur, d'une omission ou d'une fraude, œ qui correspond à l'état du droit positif; Grief n 9 ; article I-A-m-]hl2ara~al2he 2 "Le client autorise la S à communiquer toutes informations conœrnant leurs relations aux personnes morales de son groupe, à des tiers pour des besoins de ge:stion, ou à des sous-traitants ainsi qu'à ses courtiers et assureurs", l'article 3 précisant: "vous pouvez vous opposer, sans frais à œ que les données vous concernant soient utilisées à des fms de prospection, notamment commerciales" ; ~ considère que ces stipulations sont, d'une part, déséquilibrées car l'attention du consommateur n'est pas attirée sur les clauses qui figurent au milieu de nombreuses conditions ~~énérales, mais surtout, d'autre part, illicites, car elles violent le secret bancaire dont le banquier ne peut se libérer par une simple disposition contractuelle générale, la possibilité d'opposition étant insuffisante car elle impose un renversement des conditions légales; L'article L du code des télécommunications introduit par la loi du 21 juin 2004, dite pour la confiance dans l'économie numérique interdit d'ailleurs toute prospection directl~ à l'aide d'un courrier électronique utilisant les coordonnées d'une personne physique qui n'a pas exprimé son consentement préalable à recevoir des prospectil~ns directes par tous moyens; La banque répond que le secret bancaire n'est pas d'ordre public mais de simple protection du client et qu'il peut en conséquenœ y renonœr ; il peut refuser cette renonciation en faisant part de son opposition; de plus la communication de œrtaines informations est néœssaire à ses assureurs ou courtiers ainsi qu'à des prestataires infonnatiques ou autres, œrtaines sociétés du groupe pouvant intervenir notamment dans l'instruction des demandes; elle précise qu'elle engage sa responsa'bilité si la confidentialité n'était pas respectée par les bénéficiaires de ces infomlations; Elle fait état d'une nouvelle rédaction de la clause qui maintient toutefois la possibilité d'une communication de données à des fins commerciales, œ que conteste l'v; t;i; J\r Page 910 Sur ce le tribunal L'U ne cite aucun texte imposant à la banque d'écrire la clause litigieuse en çafaetères plus importants que les autres; Les renseignements que la banque communique à des tiers pour l'exercice desonniétier edg8;ge!!t sa responsabilité et sont couverts par la confidentialité; 'J'article du code des postes et téléco~munications cité par l'u, qui exige une autorisation préalable du client pour la communication de données le conœmant, ne s'applique pas aux relations entre la banque et son client; S'agissant de l'exploitation commerciale des données, l'article 2 de l'arrêté du 8 mars 2005 indique que la convention de compte de dépôt précisele droit de s'opposer à un traitement des données à des fms de prospection commerciale ainsi que les modalités d'exercice du droit d'accès aux infom1ations concernant le client, conformément aux lois en vigueur; Il ressort de ce texte, d'u][le part que la banque peut se livrer à une exploitation commerciale des infonnations concernant le client et, d'autre part, que la possibilité offerte à celui-ci de s'opposer à cette exploitation suffit à préserver ses droits, sans que l'on puisse dire qu'il y a eu violation du secret bancaire dans cette hypothèse; - La clause querellée n'est ni illicite ni abusive; Grief n 10 : article I-A-4-!!::b "La délivranœ d'un chéquier est subordonnée à l'agrément, " de la S L:ll considère que cetu~ clause est illégale car l'article L du CMF exige une décision motivée pour le refus de délivrance de formules autres que celles remises pour un retrait de fonds par le tireur auprès du tiré tandis que le service de base minimum prévoit la fourniture d'au moins deux formules de chèques par mois; Cette clause serait également abusive car rien, à l'exception de l'interdiction bancaire ou judiciaire, ne saurait justifier qu'un consommateur ne puisse disposer de moyens de paiement lui permettant de retirer l'argent qu'il dépose sur son compte, la banque s'arrogeant ainsi un droit arbitraire sans prévoir d'infonnation préalable ni de préavis; " La banque soutient que rien n'interdit aux parties de déroger aux dispositions de l'article L du CMF et indique que les lettres type de refus de délivranœ mentionnent les motifs ayant conduit à une décision de refus; Elle indique qu'elle a modifié la clause litigieuse qui fait apparaître désormais que le refus sera motivé, le client pouvant demander une fois par an à son conseiller de clientèle que sa situation soit réexaminée, modification jugée insuffisante par l' U qui déplore l'absence persistante d' infomlation préalable et de préavis ainsi que l'importance du délai avant que la situation du client puisse être réexaminée; Sur ce le tribunal L'article L du code monétaire et financier oblige le banquier à motiver sa décision de refus de remise de chéquier à un client; 4 If Page 1011 Dès lors, la clause subordonnant la délivrance d'un chéquier à l'agrément de la banque sans préciser que sa décision doit être motivée est de nature à induire le client sur ses droits et est abusive; La situation débitrice pouvant s'aggraver dans des proportions importantes dans un laps de temps très court, l' absenœ de délai de préavis n'est en revanche pas critiquable, le c]ient ayant la possibilité de contester en justiœ le non renouvelle'ment d~ se~ chéquiers qui ~este~principe automatique, s'i! considère que le refus de les renouv6ler est abusif; Par ailleurs, le délai d'un an prévu pour le réexamen de la situation du client s'étant heurté à un refus n'apparaît pas manifestement excessif; Griefn" Il : article I-A-IV-a-2 para~aphe 4 " la S peut à tout moment demander au titulaire du compte ou à son mandataire la restitution des chéquiers en sa possession" ; L::u considère cette stipulation abusive car 1) l'intangibilité du contrat s'oppose à une modification unilatérale des conditions de fonctionnement du compte, 2) l'article R du code de la consommation interdit la clause qui a pour objet ou pour effet de réserver au professionnelle droit de modifier unilatéralement les caractéristiques du bien à livrer ou service à vendre, 3) il n'est prévu aucun motif ni préavis 4) une telle mesure peut être prise sans faute du consommateur; La banque fait valoir que la délivrance d'un chéquier étant subordonnée à l'existence de certaines conditions, la disparition de œlles-ci autorise tout naturellement la banque à en demande restitution, l'intangibilité du contrat signifiant seulement que l'on ne peut le modifier sans l'accord des parties, qui résulterait précisément de la convention de compte; Sur ce le tribunal De même que le banquit~r doit motiver son refus de délivrance de chéquier, il doit motiver sa demande de restitution des chéquiers en la possession de son client, sauf à ce que soit créée une situation de déséquilibre entre les parties que rien ne justifie; Cette clause doit être déclarée abusive; Grief n" 12 : article I-A-I\~ "L'opposition doit identifier suffisamment le chèque frappé d'opposition: numéro de la vignette, compte conœmé et, s'agissant d'un chèque créé ou émis, son montant, sa date d'émission, le nom du bénéficiaire"; LJl conteste cette clause jugée abusive car si l'article L du CMF impose que l'opposition soit confinnée par écrit, la réglementation n'impose pas les précisions exigées par la banque qui seront souvent impossibles à donner; cette clause donnerait à penser au client que son opposition ne sera pas considérée comme valable si les précisions réclamées ne sont pas données, alors que l'opposition peut être valablement faite par tous moyens et seulement confinnée par écrit; La banqu explique que les précisions demandées sont utiles puisqu'à défaut de celles-ci, elle n'aura d'autre choix que de rejeter tous les chèques qui lui seraient présentés; elle souligne qu'aucune sanction n'est prévue en cas d'absence des renseignementsollicites et précise qu'une vignette est jointe à chaque chéquier comportant les numéros de chèques délivrés et les modalités!1" ~~ Page Il12 des oppositions, point sur lequel elle insiste dans la nouvelle rédaction de ses copditions générales; Sur ce le tribunal La clause critiquée, rédigé:e au présent de l'indicatif, est de nature à laisser penser au clientquè;~iln~c~st pas en mesure de fournir l'ensemble des renseignements demandés: numléro de la vignette, compte conœrné et, s'agissant d'un chèque crée ou remis, son montant, sa date d'émission, le nom du bénéficiaire, son opposition ne pourra être prise en considération, alors que, clans cette hypothèse, ainsi que la banque l'indique elle-même, une opposition imprécise touchera tous les chèque~s en circulation; Susceptible d'induire en erreur un client ne disposant d'aucune connaissance juridique en la matière, cette clause créé un déséquilibre significatif entre le banquier et sonl client et doit être déclarée abusive; Grief n 13 : article I-A-4-,l: " La jurisprudence impose Je bjocage d'une provision correspondant au montant du chèque frappé d'opposition"; ",,"' ~ considère œtte clause comme abusive dans la mesure où l'opposition au paiement d'un chèque emporte révocation immédiate du mandat confié au banquier par le titulaire du compte, de sorte que le consommateur, par la stipulation contestée, se verrait priver du bénéfiœ de la provision correspondant au chèque frappé d'opposition pour un motif légal, d'ordre public; La banque se borne à invoquer les exigenœs de "la jurisprudenœ"; Sy[ ce le tribunal La jurisprudenre de la Cour de cassation impose effectivement au tiré d'un chèque frappé d'opposition d'en immobiliser la provision jusqu'à la décision judiciaire sur la validité de l'opposition, s'il a été mis en cause dans l'instanœ engagée à œtte fin et pendant une année suivant l'expiration du délai de présentation s'il ne l'a pas été; la clause critiquée n'est par conséquent pas abusive Grief n 14: même article disposition suivante, " La main levée de l' oppo:sition et le déblocage de la provision font l'objet d'une procédure précisée atl client à sa demande" ; k!j considère cette claulse comme abusive, un professionnel ayant l'obligation de fournir à son coccmtractant toutes les précisions utiles sans l'obliger à une démarche spécifique qui n'est d'ailleurs pas précisée; la bangue réplique que le contrat n'est pas tenu de décrire par le détail la conduite à tenir en cas de survenanœ de tel ou tel événement particulier, alors surtout qu'il indique que les précisions utiles dans ce cas précis lui seront communiquées à sa demande; Sur ce le tribunal Une clause prévoyant que l:a mainlevée de l'opposition et le déblocage de l'a provision font l'objet d'une procédure précisée au client à sa demande, ne fait perdre aucun droit au client et ne l'induit pas en erreur, de sorte qu'elle ne peut être considérée comme abusive; 1 ~ Page 1213 :""""~ Grief n 15 : article I-A-6-a Qaragraghe 1 "Il peut être mis fin à tout moment à la convention de compte soit à l'initiative du client sans préavis, soit à l'initiative de la S avec un préavis de 60 jours, sauf compo]~tement gravement répréhensible du client"; 1:U: considère que cette claüse estjllicite car l'article L 312-1,-" p'pl'agraphe 5,du CMF relatif~u droitau:coi:npte interdit de clôturer un compte sans notifier au corisommateur les motifs de sa décision tandis que l'article L du CMF ne donne qu'au client le droit, en cas de modification su~n~elle de l~ convention, de, (:lôturer le compte; Cette clause serait par ailleurs abusive car les banques auraient l'obligation d'ouvrir un compte de dépôt sauf à commettre un refus de vente ou de prestation de serviœ ; d'autre part, l' absenœ de motivation de œtte mesure expose le consommateur à l'arbitraire de la banque et œ sans préavis; La ban~ue répond que sauf dans le cas du service bancaire de base, elle n'est pas tenue d'accepter un clie:llt, les dispositions relatives aux pratiques individuelles restrictives de concurrence n'étant pas applicables aux opérations de banque en vertu de l'article L511-4 du CMF; la clause n'est pas abusive car elle donne à chaque partie la possibilité de mettre fin au contrat, avec délai de préavis lorsque la résiliation émanc: de la banque; Sur œ le tribunal L'article L du code monétaire et financier mis en avant par l'u ne concerne que le serviœ bancair(~ de base qui est une hypothèse particulière non couverte par la clause critiquéc~; n ne peut être invoqué un fi~fus de vente ou de prestation de service en cas de résiliation de 1a convention, 1es opérations de banque n'étant pas soumises aux dispositions relative!; aux pratiques individuelles restrictives de concurrence ; L'ouverture d'un compte étant un contrat à durée indétenninée, il peut y être mis fin par chaque partie moyennant un délai de préavis suffisant, à l'exception de l'hypothèse d'un comportement gravement répréhensible du client, dont tous les cas ne peuvent être énumérés, le client pouvant, dans cette hypothèse, contester en justiœ tout abus de la banque; La clause litigieuse n'apparaît par conséquent ni illicite ni abusive Grief n 16 : article IA-6b~ "S'il apparaît un solde débiteur après la clôture du compte, les intérêts courront sur le solde au taux app]iqué au découvert lors de la clôture majoré de trois points" ; ~ considère que œtte ~~lause comporte un déséquilibre significatif dans la mesure où rien ne justifie une majoration du taux de découvert, surtout de 3 points, d'autant qu'entre professionnels le taux majoré n'est que de 1,5 fois le taux légal tandis que l'article 1153 du code civil ne prévoit pour le retard de paiement que l'intérêt légal; La banque répond d'une part que cette majoration est admise en jurisprudence et d'autre part qu'il n'est pas abusif de pratiquer un taux supérieur au taux de découvert dès lors qu'à l'expiration du délai de préavis, lors de la résiliation du compte, le client a l'obligation d'apurer le solde débiteur et, s'il ne le fait pas, il s'expose à un taux d'intérêt supérieur; a- f\~ Page 1314 Sur œ le tribunal Le fait pour une banque dc: prévoir un taux d'intérêt majoré en cas de solde débiteur du compte à sa clôture n'e~st p~busif, ce tribunaj n'ayant pas le pouvoir de diminuer la majo]~ation prévue qui n'est au demeurant pas manifestement abusive; Grief n' 17 : article I-B-2 ~U, "La carte est délivrée par la S œnt elle reste la propriété, à la demande et sous réserve d' acce:ptation de la demande, à ses clients titulaires d'un compte" ; ",~, L:!l considère œtte ClatlSe comme illicite car le serviœ bancaire de base imposant au banquier de foillmir une carte de paiement à autorisation systématique ou à défaut une carte de retrait autorisant des retraits hebdomadaires, il faut en déduire que le droit à la carte bancaire s'applique à tout particulier en service ordinaire; La clause serait également abusive car autorisant la banque à refuser de délivrer une carte de paiement sans motif et en dehors des cas légaux autorisés comme l'interdiction bancaire; en outre, le consommateur qui se voit souvent contraint de déposer ses ressources sur son compte bancaire se doit de pouvoir disposer des moyens de retrait de ~;on choix, sauf faute de sa part;!&q conteste 9ue la procédure très particulière mise en place par l'article L du CMF, distincte de la situation prévue dans les conditions générales critiquées, conduise à reconnaître un droit pour tous à la carte de paiement; Il affirme que les opérations de banque sont traditionnellement exclues de la législation économique, de sorte qu'aucun refus de vente ou de prestation de service ne peut être reproché; l'article du CMF qui reconnaît aux banques le droit de refuser l' ouverojfe d'un compte emporte celui de refuser une carte; enfin la délivrance d'une carte implique une prise de risque que la banque émettrice est seule à même d'apprécier et dont elle répond à l'égard des autres banques membres du réseau CB ; Sur œ le tribunal La clause, qui se borne à affimler que la délivranœ d'une carte bancaire est subordonnée à l'agrément de 1'4~tablissement et à l'absence d'inscription au fichier des cartes bancaires géré par la Banque de France, donne à l'établissement bancaire un pouvoir discrétionnaire dans l'octroi de cette carte, ne répond pas aux exigences de l'article 2, 4 a) de l'arrêté du 8 mars 2005 portant application de l'article L du code monétaire et financier et crée un déséquilibre significatif entre lc~ banquier qui n'est pas tenu de motiver ses décisions et le client se trouvant d,ans une situation de soumission; Elle doit dès lors être déclarée abusive; Grief n 18 : usa~e du codc~ secret de la ca~te bancaire, cc Lorsque le titulaire de la carte utilise un terminal à distance avec frappe du code secret, il doit prendre toutes les mesures propres pour assurer la sécurité du terminal à distance dont il a la garde" ; ~ considère que cettc~ clause est abusive au regard de l'article R du code de la consommation, d'ordre public, la banque devant veiller à la sécurité des matériels mis à la disposition de ses clients sans s'en décharger exclusivement sur eux, à supposer qu'ils puissent être considérés comme en ~ Page 1415 ayant la garde, œ qui n'est pas possible en l'absence de pouvoir de direction et de disposition;!&-q répond que la clause discutée ne concerne pas les terminaux de paiement électroniques Installés chez les commerçants mais les terminaux à distance que certains titulaires de carte ont souhaité détenir pour leur commodité personnelle et dont ils assurent en conséquence la gar(;ie juridique; il précise avoir supprimé tout risque d'équivoque dans une nouvelle ve"fsion du contrat porteur diffusée à ses membres à charge pour eux de l'intégrer dans les conventions renouvelées ou conclues avec de nouveaux clients; Sur ce le tribunal La version critiquée était sinon obscure, du moins arnbigüe, le client pouvant penser que le matériel visé était le tenninal détenu par le commerçant et non celui détenu à domicile par certains titulaires de carte; Cette clause doit en conséquence être déc1arée abusive, étant observé que la nouvelle rédaction proposée est satisfaisante ainsi que le reconnaît la demanderesse; Grief n 19 : article 5-4 &2 de la section b relative aux cartes de Raiement Il "Même si ces conventions prévoient un différé de paiement, la S a la faculté de débiter immédiatement le compte du montant des dépenses effectuées à l'aide de la carte en cas de décès, d'incapacité juridique du titulaire de la carte bleue et/ou du titulaire du compte, d'incidents de paiement ou de fonctionnement du compte (saisie)t de clôture du compte ou de retrait de la carte par la S, décision qui serait notifiée au titulaire de la carte et/ou du compte par simple lettre" ; L:U juge œtte clause illicite au regard de l'article L du code de la consommation dans la mesure où la clause impose un paiement prématuré sans l'accord exprès et préalable du consommateur qui n'est prévenu qu'a posteriori et par lettre simple; Elle considère subsidiairement que la clause est abusive en ce qu'elle prive sans préavis le consommateur du différé de paiement convenu entre les parties, ce qui constitue une possibilité de modification unilatérale du contrat par la banque et une atteinte au prulcipe d'intangibilité des contrats; au surplus, la clause confère à la banque un pouvoir discrétionnaire puisque les hypothèses dans lesquelles le différé de paiem4~nt n'interviendra pas ne sont pas fournies de manière limitative, ce qui peut placer le consommateur dans une situation financière délicate, emportant un déséquilibre significatif entre la banque et le consommateur; l,&,q répond que l'article L alinéa 2 concerne la perception de sommes par un professionnel à son profit, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, l'établissement bancaire réglant la banque du commerçant en débitant le compte de son client par un débit immédiat ou différé selon le contrat; La clause ne présenterait pas de caractère abusif car le titulaire d'une carte à débit différé est clairement infonné des cas particuliers et limitativement énumérés dans lesquels la banque pourra passer du débit différé au débit immédiat, la décision lui étant notifiée par lettre; œtte mesure constitue une gestion rationalisée du risque qui ne saurait créer un déséquilibre en défaveur du consommateur; (t; ~ Page 1516 Sur œ le tribunal L'article L du code df~ la consommation visé par la demanderesse, concerne relatif à la aucunement vente ou la l'hypothèse prestation considérée; de seivice sans commande préalable ne La clause ~ritiquée ne cojjlstituepa~ une modification unilatérale du contrat ni une violation du principe de l' intangibilité puisqu'elle prévoit les cas dans lesquels il y aura possibilité {)Our la banque de passer du débit différé au débit immédiat; Il n'est pas possible de dn~sser une liste exhaustive des incidents de fonctionnement de compte pouvimt se présenter, le client, prévenu de la décision de la banque, conservant au demeurant la possibilité d'engager la responsabilité de celle-ci s'il estime que sa situation ne justifie pas cette procédure; Cette clause n'est par ronséquent pas abusive; Grief n 20 : article 5-9 de la section b sur les cartes bancaires "La restitution d'un bien ou d'un serviœ réglé par carte bancaire ne peut faire l'objet d'une demande de remboursement auprès d'un commerçant que s'il y a eu préalablement une transactio1[1 débitée d'un montant supérieur ou égal Ce remboursement ne peut être fait qu'à l'initiative du commerçant" ; L:JJ considère que la (~lause est incompréhensible en ce qu'elle semble s'immiscer dans les rapports entre le client et le commerçant, suite à l'annulation d'une vente ou d'une prestation de service, ce qu'elle s'interdit par ailleurs, et abusive car elle donne à penser que seul le commerçant pourrait décider ou non du remboursement;!&-q précise que la clause vise le cas où, à la suite d'une résolution avec restitution réciproque des prestations, qui postule 1 'acrord des deux parties, le commerçant actionnera le terminal de paiement dont il est équipé afin de recréditer, à hauteur du montant restitué, le compte du titulaire de la carte antérieurement débité du montant de l'opération; n ajoute que cette clause ne dit nullement que la demande de remboursement ne peut intervenir qu'à l'initiative du commerçant mais énonce simplement que, sur la demande qui en aura été faite auprès du commerçant, le remboursement ne peut être fait qu'à l'initiative de œlui-ci ; LeG accepte de clarifier la rédaction de la clause litigieuse; Sur ce le tribunal la version initiale de la clause litigieuse était ambigüe et pouvait induire en erreur le client sur les conditions dans lesquelles il pouvait obtenir le remboursement par le commerçant d'un bien acheté par carte bancaire; elle doit être déclarée abusive, observation faite que la nouvelle rédaction proposée par le G est satisfaisante; Grief n 21 : article 7-2 alinéa 2 relatif au 12aiement Dar carte "La ne sera pas tenue pour responsable d'une perte due à une panne technique du système de paiement si celle-ci est signalée au titulaire de la carte par un mess:~ge sur l'appareil ou d'une autre manière visible" ; ~ ~ Page 1617 L:Jl critique œtte c:lause qui emporterait exonération de responsabilité de la banque au seul motif que la panne technique du système serait signalée au titulaire de la c_artet est ainsi contraire aux dispositions de l'article R qui interdit toute clause supprimant le droit à réparation du col1s0mmateur en cas de manquement du professionnel à l'une quelconque de ses obligations; kq _répond qu' elle 4~st bien évidemment responsable des pertes subies par le titulaire de la carte avant l'affichage de la panne, conformément au premier alinéa de l'article 7-2 ; l'alinéa critiqué ne vise que les pertes subies par le titulaire de la carte après l'affichage de la panne, l~adverbe toutefois montrant bien qu'il est fait exception au précédent alinéa; il n'est pas injustifié de faire supporter au titulaire de la carte les conséquences de l'utilisation d'un appareil dont il aura été averti de la panne; Sur ce le tribunal La clause critiquée est suffisamment claire pour ne pas donner à penser au client qu'il serait responsable des pertes occasionnés par un mauvais fonctionnement de l'appareil dont il n'aurait pas été averti; Elle ne vise manifestement que le cas du client, averti d'un dysfonctionnement de l'appareil, qui aurait malgré tout persisté à vouloir l'utiliser; La clause critiquée n'est pas abusive Grief n 22: article 7-2 alir~ "La responsabilité de la S, pour l'exécution erronée de l'opération sera limitée au montant principal débité du compte du titulaire de la carte ainsi qu'aux intérêts sur œ montant au taux légal" ; LJJ considère cette clause comme abusive au re~ard de l'article R du code de la consomma1lion, d'ordre public, puisqu'elle emporte limitation de la réparation du préjudice qui doit être intégrale; I&Q,affinne que cette formulation vise à assurer l'indemnisation de plein droit du client et n'a pas objet d'exclure l'indemnisation, sur justification, des préjudices indirec:ts éventuellement liés à la modification du solde disponible résultant d'une écriture de débit accidentelle; Sur ce le tribunal La clause critiquée est rédigée de telle façon qu'elle est de nature à laisser croire à un client qu'il ne saurait en aucun cas être indemnisé d'un montant supérieur au montant débiité de son compte, augmenté des intérêts, à l'exclusion d'un éventuel préjudic(~ supplémentaire ; Créant une situation injustifiée de déséquilibre entre le client et sa banque, cette clause doit être déclarée abusive; 1 Grief n 23 : article 92 alid~a 2 de la section B relative aux cartes bancaires, Toute opposition qui n'a pa,s fait l'objet d'une déclaration signée par le titulaire de la carte et/ou du compte doit être confinnée sans délai, par lettre remise ou expédiée sous pli recommandée, au guichet tenant le compte sur lequel fonctionne la carte; 1 (j, Page 17 ~18 " En cas de contestation sur l'opposition, l'opposition sera réputée avoir été effectuée à la date de réception de ladite lettre par la S " ; ~ :onsidère qu'il est inadmissible que la banque impose une lettre par voie recommandée dès lors qu'une télécopie, un télégramme ou un courriel constituent aussi des écrits dont i1 est aisé d'avoir la confirmation de la réception; Elle -ne comprend pas pourquoi il ne serait pas tenu compte d'une opposition par téléphone puisqu'un numéro d'enregistrement de œtte opposition aura été fourni au consommateur, sans contestation possible, alors qu'il serait injuste de ne pas tenir compte de l'opposition pendant le délai d'acheminement de la lettre recommandée; l&q fait valoir que I,'exigence d'une lettre recommandée vise à pallier, au regard de l'identification de l'opposant, l'insuffisance de l'opposition initiale formalisée autrement que par une déclaration écrite remise sur place; le deuxième alinéa critiqué vise uniquement le cas d'une contestation sur l'opposition étant précisé que, dans cette hypothèse, le simple dépôt d'une lettre au guichet est possible; Le G accepte de préc:iser dans la nouvelle rédaction de la clause critiquée que l'opposition est immédiatement prise en compte; Sur ce le tribunal, La clause litigieuse donne à penser que seule une déclaration écrite rend efficace l'opposition alors qu'une opposition verbale dont il peut être justifié est suffisante, est de nature à induire en erreur le client sur l'étendue de ses droits et crée ainsi un déséquilibre entre ]lui et le banquier, de sorte qu'elle doit être déclarée abusive; Les précisions apportées pllr le G dans la nouvelle rédaction de cette clause, selon lesquelles un numéro d'enregistrement de l'opposition verbale est communiqué au titulaire de la carte et/ou du compte et l'opposition immédiatement prise en compte, ~Dnt suffisamment apparaître l'efficacité de l'opposition initiale; " Grief fi 24 : article Il 2 de la section B relative aux cartes bancaires "Le ou les titulaires du compte, lorsqu'ils ne sont pas titulaires de la carte, sont solidairement et indivisiblement tenus des conséquenœs financières résultant de la responsabilité du titlliaire de la carte au titre de la conservation de la carte et du code secret, et de leur utilisation, jusqu'à restitution de la carte à la S et, au plus tard, jusqu'à la date de [m de validité, en cas de révocation, par le titulaire du compte, du mandat donné au titulaire de la carte ou de (la) clôture du oompte "; 1:JJ critique cette clause qui viserait à exonérer la banque de toute responsabilité pour ne pas avoir tenu compte de la révocation du mandat par le mandataire, alors au surplus qu'il lui appartient d'obtenir elle-même la restitution des moyens de paiement d'une personne qui n'a plus de raison d'en disposer et, le cas échéant, de supporter les risques d'un usage frauduleux; ~ indique que cette clause vise à faire supporter au client les paiements que le mandataire révoqué peut continuer d'effectuer, malgré opposition, en particulier à l'étranger auprès de commerçants dépourvus de tenninaux de paiement électronique; a f\\ Page 1819 sur ce le tribunal Dès lors que le mandant jillstifie avoir révoqué le mandat et en avoir informé la banque, celle-ci ne dtjit plus exécuter les ordres du mandataire dessaisi qui agit ainsi frauduleusement; ' lfcl8tise critiquée, qui aboutit à faire supporter p~e 'seu~ client titulaire de la carte la responsabilité de toute utilisation'frailduleuse de la Carte par le mandataire révoqué, apparaît abusive; Grief n' 25 : article 12-3 ~I~ la section B relative aux cartes bancaires, "La S a le droit de retirer ou de faire retirer ou de bloquer l'usage de la carte à tout moment ou de ne pas la renouveler" ; L:l! :ritique cette clause: qu'elle juge abusive car rien ne justifie à ses yeux que la banque modifie unilatéralement les conditions d'exécution d'un contrat passé de manière synallagmatique, violant ainsi son caractère intangible, ce sans avoir averti préalablement son cocontractant, sans le moindre préavis et sans fournir de motif; Le G fait valoir qlue la banque n'utilise en pratique cette stipulation que dans les cas où le titulaire de la carte utilise celle-ci au delà des capacités financières du compte; elle accepte que la décision prise par la banque soit motivée mais conteste; le préavis réclamé, compte-tenu du risque que le titulaire n'utilise ce délai pour aggraver le découvert du compte; Sur œ le tribunal, La clause critiquée, en ce qu'elle octroie à la banque le pouvoir de retirer la carte bancaire à son client SaJ:lS motif, crée entre eux une situation de déséquilibre que rien ne justifie, e1: doit être déclarée abusive; La proposition du G de motiver la décision de retrait apparaît satisfaisante même si aucun préavis n'est prévu, eu égard au risque de création rapide d'un découvert important sii un délai de préavis avait été mis en place ; Grief 26 : artic1e 15-1 de tg! section B re1ative aux cartes bancaires, "La SI est autorisée à diffuser les informations recueillies dans le cadre du présent contrat, les informations figurant sur la carte et celles relatives aux opérations effectuées: au moyen de celle-ci" ; 1:!l juge cette clause illicite car elle violerait le secret bancaire et indique que, s'il est compréhensible que des infonnations puissent être fournies au sous-traitant ou organisme participant au respect des obligations du banquier pour les opérations passées par le consommateur, tien ne justifie qu'elles puissent être diffusées pour "la mise en place d'actions commerciales" ; Cette clause est subsidiairement abusive car un consommateur n'ouvre pas un compte pour que les informations confidentielles qu'il fournit et celle que la banque ponctionne soient divulguées, sans contrepartie et sans accord préalable, à des tiers à des fins commerciales, sans d'ailleurs que son attention ait été attiré sur les dispositions visées qui figurent au milieu de nombreuses conditions générales; ~ _qui a remplacé la clause prévue par le G par la clause critiquée soutient que cen~-ci il' est pas illicite car le secret bancaire est de simple protection pour le clien1 qui peut valablement y renoncer; th- Page 1920 déclare La clause n'est pas abusive car la communication de données est nécessaire pour permettre l' exéculion des opérations ordonnées; s'agissant de la divulgation à des fins commerciales, la banque affirme que la loi du 6 août 2004 modifiant la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, autorise le traitement des données à caractère personnel en cas de consentement de la personne concernée ou s'il correspond à la réalisation de l 'intérêt l~gitîiîle poursuivi par le r~sponsable du traitement ou par le destinataire sous réserve de ne pas méconnaître l'intérêt ou les droits et libertés fondamentaux de la personne concernée, la commission des lois relevànt dans son rapport que cette rédaction devrait pennettre aux responsables du secteur privé de procéder pour des raisons commerciales au traitement automatisé d'informations sous réserve de respecter l'équilibre précité; Sur ce le tribunal Si le secret professionnel du banquier est de simple protection de son client qui peut y renoncer, la clause critiquée, qui inverse le mécanisme en disposant que "le client autorise la S ", sans même qu'il lui ait été rappelé qu'il peut s'y opposer ni a fortiori lui indiquer concrètement la façon de le faire, est illicite car de natur(: à le faire se méprendre sur l'étendue de ses droits; La nouvelle clause qui ex i!~e un motif légitime pour s'opposer à l'usage de ses données est encore abusiive, le client n'ayant pas à se justifier de l'exerciœ d'un droit discrétionnaire; grief n 27 : article 17 & 3 de la section B relative aux cartes bancaires "Tous frais et dépenses réelles, engagés pour le recouvrement forcé des opérations sont à la charge solidairement du titulaire de la carte et/ou du titulaire du compte concerné" ; ~ ~outient que cette: clause est illicite au regard de l'article 32 de la loi du 9 juillet 1991 qui met les frais d'un recouvrement entrepris sans titre exécutoire à la charge du créancier; 1cÇJl indique que la stipulation critiquée est conforme à l'article 32 car elle n'entend traiter que les conséquences financières du recouvrement forcé, c'est à dire de l'exécution forcée après obtention d'un titre exécutoire, qui sont bien eux à la charge du débiteur; ~ que ses nouvelles conditions générales apportent cette précision; Sn! ce le tribunal La clause critiquée était ins:uffisamment claire pour un client non juriste, de sorte qu'elle doit être considérée comme abusive, la précision apportée dans la nouvelle rédaction "recouvrem~~nt forcé en vertu d'un titre exécutoire" étant en revanche satisfaisante; Grief n 28 : article 18-1 de la section B relative aux cartes bancaires, "La Sr se réserve le droit d'apporter des modifications non financières aux conditions du contrat qui seront portées à la connaissance du titulaire du compte et/ou de la carte, notamment lors du renouvellement de œlle-ci" ; " ~ considère que cett<~ clause est illicite puisque l'article L du CMF n'autorise sous condition que la modification des conditions financières et non des conditions générales; 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