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Timestamp: 2020-07-02 06:37:03+00:00

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Posté le 17-12-2010 14:44:00
Comme l'indique l'avertissement ci-dessus, la commission n'est pas compétente pour arbitrer des conflits et juger de choix d'orientation institutionnels, politiques et départementaux. Elle n'a pas non plus vocation à affirmer des éléments de statuts ou encore à "réagir", au sens d'un positionnement.
Elle ne pourra donc répondre que partiellement aux demandeurs, axant sa réflexion sur les applications concrètes du code de déontologie à la pratique du psychologue et la manière dont ce code peut la soutenir, de façon à préserver au mieux le respect des personnes (des usagers), dans leur dimension psychique.
A cet égard, elle conseille aux demandeurs de solliciter un syndicat, généraliste et/ou professionnel, qui sera plus à même de répondre sur l'aspect législation du travail.
Elle partira du postulat que la profession de psychologue et son code de déontologie sont encore parfois mal connus et qu'un travail exhaustif et pédagogique d'information peut être de nature à dissiper bien des malentendus.
Dans la situation exposée, il existe des points de divergence entre les conceptions du collège de psychologues et celles de certains collaborateurs issus d'autres corps professionnels. Ces points de vue différents ont une incidence sur les missions et la manière d'exercer des psychologues qui se perçoivent insuffisamment reconnus dans la diversité de leurs compétences et non respectés dans leur autonomie professionnelle. De manière plus large, cette demande questionne les difficultés liées aux dispositifs professionnels interdisciplinaires ainsi que le regard porté par les autres professionnels sur le psychologue.
Au regard des questions posées, la commission traitera donc des points suivants :
La définition de la profession de psychologue,
Les limites à l'exercice de certaines missions,
L'indépendance professionnelle du psychologue,
Les écrits professionnels du psychologue.
La définition de la profession de psychologue
La profession de psychologue est clairement définie par trois articles du Titre II du Code portant sur l'exercice professionnel et il peut être utile d'en rappeler les fondements aux partenaires professionnels et interlocuteurs hiérarchiques.
L'article 1 spécifie que la profession de psychologue est réglementée par l'usage d'un titre défini par une loi, l'article 3 décline la mission fondamentale et princeps du psychologue, enfin l'article 4 explicite les différentes missions qu'un psychologue peut assurer, du fait de sa formation universitaire de haut niveau, quel que soit son secteur d'exercice :
Article 1 - L'usage du titre de psychologue est défini par la loi n 85-772 du 25 juillet 1985 publiée au J.O. du 26 juillet 1985. Sont psychologues les personnes qui remplissent les conditions de qualification requises dans cette loi. Toute forme d'usurpation du titre est passible de poursuites.
Article 4 - Le psychologue peut exercer différentes fonctions à titre libéral, salarié ou d'agent public. Il peut remplir différentes missions, qu'il distingue et fait distinguer, comme le conseil, l'enseignement de la psychologie, l'évaluation, l'expertise, la formation, la psychothérapie, la recherche, etc. Ces missions peuvent s'exercer dans divers secteurs professionnels.
Notons que l'article 4 stipule que le psychologue "peut " exercer différentes missions qu'il doit distinguer lui-même et faire distinguer par autrui ; cet article introduit ici une nuance en ce sens que le psychologue dispose d'une palette de possibilités, qu'il n'est cependant pas toujours en mesure d'utiliser selon le contexte, le mandat qui lui a été confié, la ou les spécialisations qu'il a acquises et l'actualisation régulière de ses connaissances et savoir-faire cliniques
Cette nécessité de formation initiale et continue et de réflexion sur la pratique, au moyen par exemple d'un dispositif de supervision personnel ou groupal ou encore de la constitution d'un collège, comme c'est le cas dans cette institution, fait écho à l'article 5, concernant les conditions d'exercice de la profession, et au principe de compétence, Titre I-2 :
Titre I-2/ Compétence : Le psychologue tient ses compétences de connaissances théoriques régulièrement mises à jour, d'une formation continue et d'une formation à discerner son implication personnelle dans la compréhension d'autrui. Chaque psychologue est garant de ses qualifications particulières et définit ses limites propres, compte tenu de sa formation et de son expérience. Il refuse toute intervention lorsqu'il sait ne pas avoir les compétences requises.
Les limites à l'exercice de certaines missions
Si le psychologue est habilité à assurer différentes missions et compétent pour cela, quel que soit son champ d'activité, peut-il toujours toutes les exercer ?
Pour réaliser les missions qui lui sont confiées, le psychologue peut s'inspirer d'approches théoriques et méthodologiques fort diverses ; il est donc important qu'il cerne et fixe les limites de ses interventions, s'assure de leur légitimité et de la garantie d'une indépendance suffisante, permettant de les mener à bien.
Certains principes ou articles du code de déontologie éclairent cette question des limites, que le psychologue devrait pouvoir lui-même se fixer. D'un point de vue pragmatique l'exercice concomitant de plusieurs missions est souvent complexe : il soulève notamment les notions de spécificité du travail psychologique, de compatibilité des missions entre elles mais aussi avec la compétence propre du psychologue.
Article 6 – "Le psychologue fait respecter la spécificité de son exercice…"
A ce propos, et les deux articles précédents en témoignent, la commission pense utile de préciser que le code de déontologie ne constitue pas, de part sa nature même d'ensemble de règles professionnelles, un texte allant à l'encontre de dispositions réglementaires préexistantes ou mises en place localement dans les institutions de la fonction publique.
L'article 8 rappelle par ailleurs, quel que soit le cadre professionnel et le mode d'exercice du psychologue, souvent étroitement lié à ce cadre, que ses devoirs restent les mêmes :
L'analyse des documents fournis par le demandeur à la CNCDP montre bien que des difficultés apparaissent dès lors qu'une institution ne permet pas au psychologue l'exercice de sa compétence professionnelle et de la responsabilité, tant morale que juridique, qui en découle directement. Le principe de compétence évoqué précédemment (Titre I-2) et le principe de responsabilité (Titre I-3) illustrent ces notions :
Titre I-3/ Responsabilité : Outre les responsabilités définies par la loi commune, le psychologue a une responsabilité professionnelle. Il s'attache à ce que ses interventions se conforment aux règles du présent Code. Dans le cadre de ses compétences professionnelles, le psychologue décide du choix et de l'application des méthodes et techniques psychologiques qu'il conçoit et met en œuvre. Il répond donc personnellement de ses choix et des conséquences directes de ses actions et avis professionnels.
La question des limites à l'exercice de certaines missions semble donc donner lieu à de multiples confusions alimentées sans doute par la multiplicité des intervenants, une connaissance insuffisante des missions et prérogatives de chacun, mais aussi par le nombre important de documents réglementaires et déontologiques, institutionnels ou spécifiques à chaque groupe professionnel.
Il incombe par conséquent au psychologue d'être vigilant quant à la distinction, pour lui, les usagers et les autres professionnels, de ce qui relève uniquement de son exercice propre d'une part et de ce qui relève de dispositions réglementaires de la fonction publique, d'autre part. Ce devoir de clarification, qui nécessite un l'effort pédagogique de présentation de la déontologie des psychologues, est inscrit dans l'article 25 du code :
Enfin, le psychologue, de par sa formation, est seul à pouvoir construire le cadre structurel de son intervention. Il prend alors en compte conjointement la mission qui lui est confiée et l'intérêt des usagers, dans une perspective temporelle présente et future. Il limite volontairement son action aux motifs précis de la demande qui lui est faite, comme le précise le titre I-6. :
Titre I-6/ Respect du but assigné. Les dispositifs méthodologiques mis en place par le psychologue répondent aux motifs de ses interventions, et à eux seulement. Tout en construisant son intervention dans le respect du but assigné, le psychologue doit donc prendre en considération les utilisations possibles qui peuvent éventuellement en être faites par des tiers.
Concernant ce deuxième point, la commission rappelle que l'exercice professionnel du psychologue nécessite la délimitation par ce dernier d'un champ de compétence précis, d'un but assigné à son intervention et d'une connaissance préalable de ses droits et devoirs, comme tous les salariés de la fonction publique territoriale.
La fiche de poste indiquant le profil du psychologue mais aussi son rattachement hiérarchique et fonctionnel dans l'institution, lui imposent les mêmes obligations qu'à tout fonctionnaire.
Il est en outre essentiel de noter que ces obligations prévalent sur le code qui ne fait pas actuellement l'objet d'une réglementation.
Ce cadre de la loi commune est donc incontournable et participe à maintenir l'indépendance professionnelle du psychologue, car il peut le faire valoir en cas de litige.
L'indépendance professionnelle du psychologue
Dans la fonction publique, qu'elle soit hospitalière ou comme ici territoriale, le psychologue est un cadre de catégorie A, de la filière médico-sociale, en charge de fonctions de direction et de conception, mais le plus souvent sans fonction hiérarchique car bien qu'il en ait la possibilité, il n'assure pas l'encadrement d'autres professionnels.
Tout comme les cadres socio-éducatifs ou les cadres de santé, il se trouve en principe directement soumis à l'autorité du Directeur de la structure globale ou l'établissement dans laquelle il exerce, par exemple Aide sociale à l'enfance, Direction de la solidarité, etc.
Si dans certains départements, le psychologue est affecté à une ou deux missions spécifiques qu'il exerce sur l'ensemble des unités territoriales ou Maisons de la solidarité, dans d'autres il est polyvalent, c'est-à-dire qu'il assure un ensemble de missions au sein de la même maison de solidarité et se trouve alors quelquefois, sous l'autorité du Directeur de ce territoire.
Il ne devrait par contre, en aucun cas dépendre de professionnels qui ne disposent pas de qualification pour évaluer son travail clinique.
Le psychologue territorial intervient essentiellement dans le cadre d'un partenariat, d'une collaboration, avec sa spécificité, son expertise concernant la compréhension du psychisme humain.
Comme tout psychologue, il dispose à la fois d'une indépendance et d'une autonomie professionnelles, indispensables à un exercice serein. Le titre I-7, précise à ce propos que le psychologue doit s'efforcer de préserver cette indépendance professionnelle étroitement associée à la qualité et à l'objectivité de ses prestations :
Titre I-7 / Indépendance professionnelle : Le psychologue ne peut aliéner l'indépendance nécessaire à l'exercice de sa profession sous quelque forme que ce soit.
L'article 6, déjà mentionné, rappelle d'autre part la nécessaire autonomie du psychologue, mais aussi le respect qu'il doit témoigner à l'égard de la pratique d'autres professionnels :
En conclusion de ces trois premiers points et pour répondre à la question des demandeurs, il n'apparaît pas fondé "d'interdire" à des psychologues d'effectuer des prises en charge psychothérapiques.
D'abord parce que toute intervention psychologique comporte ou est susceptible d'intégrer une dimension thérapeutique, si ténue soit-elle. Il existe en l'occurrence des approches thérapeutiques auxquelles certains psychologues sont formés et qui peuvent avoir tout à fait leur place dans un dispositif d'aide sociale à l'enfance et à la famille ou de protection maternelle et infantile.
Ensuite parce qu'il revient au psychologue de poser l'indication des actes qu'il estime de son ressort et appropriés à la (aux)personne(s) qu'il reçoit.
C'est ce que précise l'article 5 déjà cité : "Il détermine l'indication et procède à la réalisation d'actes qui relèvent de sa compétence."
Par contre, si le psychologue fonctionnaire peut exercer les fonctions, concevoir les méthodes et mettre en œuvre les moyens et techniques correspondant à la qualification issue de sa formation (décret n°92-853 du 28 août 1992), il n'a pas latitude pour déterminer seul sa (ou ses) mission(s) principale(s).
En effet, la fiche de poste qui lui a été présentée lors de sa prise de fonction, lui a été secondairement communiquée ou encore a été élaborée avec lui mentionne généralement les tâches ou missions prioritaires qui sont explicitement demandées et confiées.
Dans ce cadre précis, les responsables départementaux sont parfaitement légitimés à effectuer des choix (politiques) en matière d'aide sociale, de solidarité et de santé publique, et à privilégier certains partenariats (par exemple avec la pédopsychiatrie, des associations diverses pour ce qui relèverait de prises en charge psychothérapiques…).
Si en substance, un psychologue a été recruté pour une (ou des) mission(s) précise(s), et que cela lui a clairement été signifié, il doit logiquement s'y conformer et les assurer de manière prioritaire.
Rien ne l'empêche toutefois, d'élaborer et proposer des projets complémentaires ou modalités originales, qui peuvent être encouragés et soutenus par l'institution.
Le code est très clair au sujet des écrits du psychologue.
D'une part, l'article 12 rappelle que le psychologue est seul responsable de ses conclusions et doit les présenter de manière adéquate à ses destinataires, en veillant au respect du secret professionnel :
D'autre part l'article 14 précise les critères et exigences rédactionnelles et insiste sur le statut des documents produits par un psychologue, ceux-ci ne pouvant être en aucun cas modifiés ou signés par une autre personne.
Il apparaît ainsi très surprenant et contradictoire avec le statut professionnel que les écrits d'un psychologue soient validés ou simplement contrôlés par un partenaire professionnel, quel qu'il soit.
Une telle intervention, qui constitue une atteinte à l'indépendance et à la responsabilité du psychologue et aux cadres territoriaux en général, n'a aucune légitimité et amène la commission à faire l'hypothèse soit d'une méconnaissance de la profession de psychologue, soit de conflits de personnes et tensions professionnelles sérieuses.
Elle invite les demandeurs à engager un dialogue constructif avec leur direction générale et à s'adjoindre l'éclairage et l'assistance d'instances syndicales et de médiation.
Articles du code cités dans l'avis : Titre I-2 – Titre I-3 – Titre I-6 – Titre I-7 - Art. 1 - Art. 3 - Art. 4 - Art. 5 - Art. 6 - Art. 7 - Art. 8 – Art. 12 – Art. 14 – Art. 25.
Avis 09-18.doc

References: L'article 1
 l'article 3
 l'article 4
 l'article 4
 l'article 5

L'article 8
 l'article 25

L'article 6
 l'article 5
 l'article 12
 l'article 14
 Art. 1
 Art. 3
 Art. 4
 Art. 5
 Art. 6
 Art. 7
 Art. 8
 Art. 12
 Art. 14
 Art. 25