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Timestamp: 2016-10-26 23:22:36+00:00

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France, Conseil d'État, 9 / 10 ssr, 10 novembre 2000, 197905
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Type d'affaire : AdministrativeType de recours : Plein contentieux fiscalNumérotation : Numéro d'arrêt : 197905Numéro NOR : CETATEXT000008035533 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2000-11-10;197905 Analyses : CONTRIBUTIONS ET TAXES - IMPOTS SUR LES REVENUS ET BENEFICES - REGLES GENERALES - IMPOT SUR LE REVENU.Texte : Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 10 juillet et 9 novembre 1998 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Jean-Yves X..., demeurant Penven à Ploubazlanec (22620) ; M. X... demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'arrêt du 7 avril 1998 par lequel la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté sa requête tendant à l'annulation du jugement du 2 mars 1995 du tribunal administratif de Rennes rejetant sa demande en décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 1983 et 1984 ;
Considérant que, par décision du 20 avril 2000, postérieure à l'introduction du pourvoi de M. X..., le directeur des services fiscaux des Côtes d'Armor a, en application des dispositions de l'article 38 sexdecies J de l'annexe III au code général des impôts, accordé à l'intéressé le dégrèvement en droits et pénalités, à concurrence de 52 205 F et 6 389 F, de cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 1983 et 1984 ; que les conclusions de la requête de M. X... sont, dans cette mesure, devenues sans objet ;
Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 69 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux bénéfices réalisés en 1983 : "I. Lorsque les recettes d'un exploitant agricole, pour l'ensemble de ses exploitations, dépassent une moyenne de 500 000 F mesurée sur deux années consécutives, l'intéressé est obligatoirement imposé d'après son bénéfice réel, à compter de la deuxième de ces années ..." ; qu'aux termes de l'article 69 du même code dans sa rédaction applicable aux bénéfices réalisés en 1984 : "I. Lorsque les recettes d'un exploitant agricole, pour l'ensemble de ses exploitations, dépassent une moyenne de 500 000 F mesurée sur deux années consécutives, l'intéressé est obligatoirement imposé d'après son bénéfice réel à compter de la première année suivant la période biennale considérée ..." ; qu'aux termes de l'article 38 sexdecies A de l'annexe III à ce code : "Les recettes à retenir pour l'appréciation de la limite de 500 000 F ... s'entendent de toutes les sommes encaissées au cours de l'année civile" ; que, pour l'application de ces dispositions, doivent être regardées comme encaissées au cours d'une année toutes les sommes mises à la disposition du contribuable soit par voie de paiement, soit par voie d'inscription au crédit d'un compte courant sur lequel l'intéressé a opéré ou aurait pu, en fait ou en droit, opérer un prélèvement au plus tard le 31 décembre de ladite année ;
Considérant qu'il résulte de la combinaison de ces dispositions du code général des impôts avec les articles 1er et 7 de la loi susvisée du 8 août 1962 instituant les groupements agricoles d'exploitation en commun et, en ce qui concerne les bénéfices réalisés en 1984, avec le II de l'article 3 de la loi susvisée du 29 décembre 1984 portant loi de finances pour 1985 que, pour déterminer le régime d'imposition applicable aux associés d'un groupement agricole d'exploitation en commun (G.A.E.C.), il convient de comparer, pour chacun d'eux, la part des recettes dudit groupement qui correspond à ses droits dans ce groupement au plafond de recettes fixées par les dispositions précitées du code général des impôts ;Considérant que la cour administrative d'appel a fait une exacte application des dispositions précitées du code général des impôts en jugeant, pour rejeter la requête de M. X..., qu'une somme de 41 233 F perçue par le G.A.E.C. de Kergadou, dont M. X... détenait un tiers des parts, devait être rattachée aux recettes de l'année 1982 dès lors qu'elle a été effectivement encaissée en 1982 et nonobstant la circonstance qu'elle a été versée au titre de livraisons effectuées en 1981 ; que le moyen tiré de ce que c'est à tort que l'administration a intégré à l'année 1983 une somme de 45 935 F encaissée en 1984, dès lors que cet encaissement ne pouvait être regardé comme volontairement différé, est nouveau en cassation ; que, par suite, M. X... n'est pas fondé à soutenir que la Cour aurait insuffisamment motivé sa décision ou commis une erreur de droit en jugeant que les recettes perçues par l'intéressé au titre des années en cause excédaient la limite de 500 000 F fixée par les dispositions précitées du code général des impôts ;
Considérant, en second lieu, qu'aux termes de l'article 39-1 du code général des impôts, rendu applicable pour la détermination du bénéfice réel de l'exploitation agricole par l'article 72 du même code : "Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant notamment ... 2°) ... les amortissements réellement effectués par l'entreprise ... ; qu'il résulte de ces dispositions que ne peuvent être déduits du bénéfice imposable que les amortissements qui ont été effectivement inscrits dans les écritures comptables à la clôture de chacun des exercices concernés ; qu'il appartient au contribuable de justifier que cette inscription a été effectuée avant l'expiration du délai imparti pour souscrire la déclaration des résultats annuels de l'entreprise ; qu'en jugeant que M. X..., qui n'avait pas souscrit de déclaration selon le régime des bénéfices réels, n'établissait pas, par la seule production d'écritures comptables dépourvues en l'espèce de date certaine, que ces inscriptions avaient été effectuées avant l'expiration du délai imparti pour souscrire la déclaration annuelle de résultats de l'entreprise, la Cour s'est livrée à une appréciation souveraine des faits qui lui étaient soumis, sans entacher son arrêt de contradiction de motifs et sans commettre d'erreur de droit ;
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et de condamner l'Etat à payer à M. X... une somme de 8 000 F au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ;
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. X... à concurrence des dégrèvements de 52 205 F et 6 389 F prononcés le 20 avril 2000.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. X... la somme de 8 000 F au titre de l'article 75-I de la loi susvisée du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. Jean-Yves X... et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.Références : CGI 69 A, 69, 39-1, 72CGIAN3 38 sexdecies JLoi 62-917 1962-08-08 art. 1, art. 7Loi 84-1208 1984-12-29 art. 3 Finances pour 1985Loi 91-647 1991-07-10 art. 75Publications :Proposition de citation: CE, 10 novembre 2000, n° 197905Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur : M. MahéRapporteur public : M. GoulardOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatFormation : 9 / 10 ssrDate de la décision : 10/11/2000Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 38
 l'article 69
 l'article 69
 l'article 38
 l'article 3
 l'article 39
 l'article 72
 l'article 75
 l'article 75
 art. 1
 art. 7
 art. 3
 art. 75