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Timestamp: 2019-01-23 00:07:15+00:00

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DECRET n° 2005-988 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-988 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en pulaar
Depuis les années 1960, avec l’adoption concertée des caractères latins pour l’écriture des langues nationales, l’orthographe du pulaar et l’alphabétisation dans cette langue ne cessent de se développer.
Le décret n° 80-1049 du 14 octobre 1980 n° 14 octobre 1980 avait pour objectif de satisfaire le besoin de principes et règles d’écriture régissant cette langue. Mais l’état actuel des connaissances et la pratique-éditoriale surtout
sur la langue pulaar ne permettent plus de se satisfaire des seules dispositions du décret de l’époque.
C’est ainsi qu’à l’occasion de la 29e Semaine nationale de l’Alphabétisation, les dispositions du décret n° 80-1049 du 14 octobre 1980 ont été revues, complétées et remises à jour, lors de l’atelier des 7 et 8 septembre 2004 ; ceci, en tenant compte des acquis de la pratique, des harmonisations sous-régionales, de la dimension dialectale ainsi que des avancées de la recherche et de la production dans la langue.
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en pulaar sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet du pulaar compte vingt huit lettres, dont vingt-trois consonnes et cinq voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
diidol
daanaade
faandu
eau de crue
naamde
sumde
ullundu
yeewde
Les consomnes sont : b, b, c, d, d, f, g, h, j, k, l, m, n, ñ, ŋ, p, r, s, t, W, y, y,’
Les voyelles sont : a, e, i, o, u
Chapitre II . - La phonologie
Art. 3. - L’occlusive glottale / ?/ est une consonne phonologique du pulaar. Elle est notée par l’apostrophe (’) à l’écriture. Elle est phonétiquement réalisée à toutes les positions. Pour des raisons de commodité graphique, l’occlusive glottale n’est pas notée en position initiale de mot, où elle est toujours prévisible.
Il est également convenu de ne pas la noter en position finale absolue ou devant une consonne. A ces deux positions, sa suppression est compensée par l’allongement de la voyelle précédente.
/’arde « venir »
=> arde
/fa’de/ « se diriger vers »
=> faade
/ya’ !/ « oust »
=> yaa !
L’occlusive glottale n’est finalement notée qu’en position intervocalique.
be’i
« des chèvres »
« des vaches »
o wi’ii
« il a dit »
o fa’ii Dakaar
« il est à Dakar »
Art. 4. - En plus des consonnes simples, le système consonantique du pulaar comporte une série de quatre consonnes prénatales : mb, nd, nj, ng. Pour les orthographier, la lettre m est retenue devant b et la lettre n devant les autres consonnes. Elles apparaissent en position initiale et interne.
mbaalu	« mouton »
hombo « il (duratif) »
ndamndi	« bouc »
gundo	« varan »
njuumri « miel »
kannje « gombo »
ngaari	« taureau »
dengo « (espèce d’herbe) ».
Art. 5. - Le pulaar connaît la gémination. Elle n’existe qu’en position. Elle est pertinente et est notée chaque fois qu’elle est réalisée.
« âne »
« corde »
« arbre, médicament »
Sammunnde
« hérisson ».
Art. 6. - Les prénasales peuvent être géminées, toujours en position interne. Dans ce cas, seule la consonne nasale est redoublée.
lummbol
« vallée »
kannje
« gombo »
janngude
« lire, apprendre ».
Art. 7. - Dans le cas d’une rencontre fortuite entre une consonne nasale et une occlusive, l’orthographe respecte la forme originelle de la consonne nasale.
« braire »
Lekki njanki
« arbre tombé ».
Art. 8. - Le système vocalique du pulaar connaît une opposition pertinente de longueur.
A chaque voyelle brève correspond une longue :
a omo hula « il a peur »
omo hulaa « il est craint »
e sekde « se fâcher »
seekde	« déchirer »
i silde « décomposer, analyser »
siilde « finir (une saison)
o morde « enlever les arêtes »
moorde « tresser »
u hulde « avoir peur »
huurde	« recouvrir »
Art. 9. - Dans la chaîne parlée, des contractions peuvent se produire, selon les dialectes, entre des mots qui forment des unités graphiques distinctes. L’écriture ne tient pas compte de ces contractions.
baali e be’i
[ba : le : be ?i] « des mouton et des chèvres »
so a arii
[sa : ? ari :] « si tu viens ».
Chapitre II. - Le nom et ses déterminants
Art. 10 - le pulaar est une langue à classes nominales. Les principaux classificateurs du pulaar
- au singulier : o, ba/mba, dam, dum, ka, kal, ki, ko, kol, kum, nde, ndi, ndu, nge, ngi, ngu, ngal, ngel, ngol.
- au pluriel : be, de, di, kon/kon/koy
Le nom générique est formé du radical nominal suffixé du morphème de classe. Cette forme est en même temps celle du nom indéfini.
« personne / une personne »
« case / une case »
« personnes / des personnes »
« village / un village »
« vache / une vache
Art. 11. - Le classificateur nominal est un morphème autonome et s’écrit toujours séparément du nom. Il assume plusieurs fonctions par rapport au nom.
Placé avant le nom, il joue le rôle de déterminant démonstratif et s’écrit avec sa finale vocalique longue (pour les classificateurs à finale vocalique).
oo neddo
« cette personne »
nduu suudu
« cette case »
bee yimbe
« ces personnes »
ngoo wuro
« ce village »
ngee nagge
« cette vache »
Placé après le nom, il joue le rôle de déterminant défini et s’écrit, toujours, avec la finale vocalique longue.
neddo oo
suudu nduu
« la case »
yimbe bee
« les personnes »
wuro ngoo
nagge ngee
Lorsque le classificateur, joue le rôle de substitut pronominal du nom, il s’écrit avec sa finale vocalique brève.
mi anndaa ngo
« je ne le connais pas »
ngo hodaaka
« il n’est pas habité ».
Art. 12. - Les classificateurs à valeur démonstrative peuvent être précisés par des adverbes de lieu indiquant la proximité ou la distance (doo, daa, too, gaa). Dans ce cas, ils en sont séparés.
oo doo suka
« ce jeune-ci »
oo gaa gorko
« cet homme-ci [de notre côté] »
ndee too lowre
« cette parcelle là-bas ».
Les classificateurs à valeur démonstrative ainsi que ces adverbes de lieu peuvent être affectés de suffixes indiquant cette même idée de variation de proximité.
ndee	=>
ndeen, ndeya, ndeenen
too	=>
toon, toya, toonen.
Art. 13. - Les déterminants possessifs s’écrivent séparément du nom.
wutte maa
« ton boubou [de toi] »
debbo makko
« sa femme [de lui]
gawri men
« notre mil [de nous] ».
Art. 14. - Le déterminant possessif am de la première personne du singulier, qui se prononce en liaison avec le mot précédent, s’écrit quand même séparément.
hooré am
[hooram]
« ma tête »
suudu am
[suudam]
« ma chambre »
laawol am
[laawolam]
Art. 15. - Les suffixes possessifs spécifiques à certains termes de parenté sont rattachés au nom. Ils ne s’appliquent pas à la propriété aliénable. Ces suffixes sont :
au singulier : -e, -iiko, -um
au pluriel :	-en, -on, -iibe
njaate
« ton aïeul »
taaniiko
« son grand parent »
« son frère aîné » ou « sa sœur aînée »
mawnen
« notre frère aîné ou « notre sœur aînée »
Art. 16. - Les déterminants interrogatif, indéfini, numéral et relatif s’écrivent séparément
hol galle ?
« quelle maison ? »
no foti ?
« combien [c’est] ? »
mande ba ngari ?
« quand sont-ils venus ? »
galleeji nayi
« quatre maisons »
galle nayabo
« quatrième maison »
galle mo coodmi oo
« la maison que j’ai achetée »
galle goddo
Art. 17. - Dans la conjugaison, les pronoms-sujets sont tels qu’indiqués dans le tableau ci-dessous :
Post-posées
- daa / -aa
1re pl. Inclusif
- den / -en
1re pl. Exclusif
-don/-on
- dee/-ee
Placé avant le verbe, le pronom personnel-sujet s’écrit séparément.
a ñaamii
« tu as mangé »
omo naama
« il mangé »
Placé après le verbe, le pronom personnel-sujet est rattaché au radical s’il commence par une voyelle, mais séparé de celui-ci par un trait d’union, s’il commence par une consonne.
ñaamen
« vous lavez »
ñaam-den
« nous mangeames »
loot-don
« vous lavâtes ».
Art. 18. - A l’exception de la forme suffixée -e de la deuxième personne du singulier objet, tous les pronoms personnels, objets ou compléments, s’écrivent séparément.
ma mi totte
« je te donnerai »
ma mi tottu ma
o nelii am
« il a envoyé auprès de moi »
ma mi totte ngo
« je te le/la donnerai (classe ngo) »
galle mum/makko
« sa maison [de lui] ».
Les pronoms personnels objets placés après le verbe sont séparés de celui-ci et du pronom sujet post-posé par deux traits d’union.
ko dum tottu-moo-mi
« c’est ça que je lui ai donné ».
Art. 19. - En pulaar les dérivés s’écrivent en un seul mot, même en cas de réduplication radicale.
sagg-it-o-r-de/
« dictionnaire »
yankinaare
/yan-kin-aa-re/
« humilite ».
wiwilndu
/wil-wil-ndu/
« chauve-souris »
sorsortude
/sor-sor-t-u-de/
« faire des va-et-vient »
fiyfiyre
/fiy-fiy-re/
« chasse au crocodile ».
Art. 20. - Pour la composition, lorsque les constituants désignent une tierce entité différente de la somme des sens des éléments, ils constituent un mot composé et sont reliés par un trait d’union, à l’exemple des types de mots composés suivants :
* les mots constitués d’un verbe et d’un adverbe :
fabbi-janngo	[termine-demain]	« après-demain »
* les mots constitués d’un verbe et d’un nom :
war-hoore	[tue-tête]	« meurtre »
* les mots constitués d’un verbe de qualification et d’un nom qualifié :
wela-demngel	[à la petite langue bien fourchue]	« bavard ».
* les mots constitués de deux noms :
yitere-ngaari	[œil-bœuf ]	« (une plante) »
deftel-Alla	[livret-Dieu]	« papillon ».
Lorsque, dans un syntagme déterminatif, le sens premier des éléments constitutifs du nom composé se retrouve dans la signification de l’unité désignée, ils sont écrits séparément
joom wuro
[propriétaire village] « chef de village »
laani njoorndi
[véhicule terre]	« train »
Art. 21. - La ponctuation est marquée par les mêmes signes qu’en français. On tient compte de la structure propre à la phrase pulaar. Les signes employés sont :
tobbe didi
tobbe jowe
tobbere naamnal
tobbere haawtorde
tobbere e piccal
diidel jokkere
Art. 22. - On met la majuscule à l’initiale des noms propres, au début des phrases, des vers et pour la notation des sigles, des titres.
« Amadou » (nom propre de personne)
Boosoya
« Bosséa » (nom propre de province)
Ngal teddungal ina timmi
« cet honneur est parfait »
Fedde Bamtoore Pulaar
« Association pour la Renaissance du Pulaar ».
TEXTE D’ILLUSTRATIONbr
Danngal Ndikkiri
Ndikkiri ina jayloo, ina miijoo naldi mum mettudi e mette de naalankaagu foodani dum, gila nande o yenni galle Hammadi Garba’en haa oon ummanii warde mbo, o dogi. Jooni kadi demngal makko boccitiima mbo o yenni laamu, te ko o jogordo sokeede e yooloyeede to o artataa. E ngol, so o dadii, o woppat naalankaagu, o dabba gollal godngal, o wuura heen.
Yimbe laamu bee ina mbaaldi e tikkere mumen, pini, ina njidi nanngude Ndikkiri, Kono o tawaaka e suudu makko do o wonnoo doo. Be nji’aani so wonaa moolo e buubaa.
Be nganndaa so o diw walla o sor ; so leydi modi mbo walla o safa, be nganndaa. Neddo fof wi’ataa ma ko doo o naati.
Ndikkiri marchait en pensant à ses jours de déboires et aux multiples problèmes que la vie d’artiste lui avait créés, depuis le jour où il insulta la famille de Hamady Garba qui voulut le tuer et où il s’était enfui. Cette fois encore sa langue l’a trahi au point de faire outrage aux autorités ; il risque d’être arrêté et exilé d’où il ne reviendra pas.
Cette fois-ci s’il arrive à s’en tirer, il abandonnera la vie d’artiste pour se consacrer à un autre gagne-pain.
Les gens de la cour ont ruminé leur rancœur toute la nuit et, au réveil, ils ont cherché à mettre la main sur Ndikkiri. Mais personne ne le trouva dans la chambre où il était. Ils n’y ont trouvé que la guitare monocorde et le petit tam-tam. Ils ne savaient pas s’il s’est volatilisé ou dissout dans la nature, s’il a disparu sous terre ou dans les cieux ; nul ne savait. Personne ne pouvait dire là où il était.
Art. 23. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret, notamment le décret 80-1049 du 14 octobre 1980.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 19

Art. 20

Art. 21

Art. 22

Art. 23