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Timestamp: 2019-10-14 20:26:25+00:00

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Correspondance de Napoléon Ier - Août 1807 - Histoire du Consulat et du Premier empire
Correspondance de Napoléon Ier – Juillet-Août-Septembre 1810
Troude, Aimable-Gilles (1761-1824)
23 février 1809- La bataille des Sables d’Olonne
Correspondance de Napoléon Ier – Avril-Mai-Juin 1810
Saint-Cloud, 1er août 1807
Faites arrêter et saisir les papiers de Guérard, qui a fait un article dans le Mercure contre l’Église gallicane. Tout me porte à penser que cet homme l’a fait par instigation étrangère; il doit l’avoir fait à l’instigation de quelque fanatique de Rome. Après avoir saisi ses papiers et en avoir fait le dépouillement, vous le ferez venir et l’interrogerez pour lui demander quelle rage il a d’écrire et de déclamer si amèrement contre les libertés de l’Église gallicane.
Je vous prie de bien veiller à ce que ces ridicules discours ecclésiastiques, et surtout contre les libertés de l’Église gallicane, finissent dans les journaux. On ne doit s’occuper de l’Église que dans les sermons.
Faites-vous mettre sous les yeux les journaux qui, outre la politique, parlent de cette matière, et faites-moi un rapport.
Faites connaître sans délai au commandant de mon escadre à Cadix qu’une escadre russe se présentera devant Cadix ; qu’il est possible qu’elle lui demande des vivres; qu’il ait à lui en faire fournir sur le champ et en la plus grande quantité qu’il pourra; que même, sur une note pressante de l’amiral, il devra lui donner les vivres qui sont à bord de mes propres vaisseaux en en tirant des récépissés et en mettant sa comptabilité en règle. Ce cas arrivant, mon amiral pourvoira sur-le-champ au remplacement de ses vivres. Il retardera le moins possible l’escadre russe dans sa course. Vous l’autoriserez à engager sa signature, si cela était nécessaire, pour se procurer toutes les fournitures dont il aurait besoin, et je m’engage à payer. L’important est que l’escadre russe ne soit point retardée.
Écrivez à M. de Beauharnais pour qu’il cause avec le ministre russe pour lui faire connaître les ordres que je donne relativement à l’escadre, et avec le ministre de la marine d’Espagne pour qu’il donne les ordres nécessaires afin de bien recevoir l’escadre russe.
Vous donnerez les mêmes ordres aux préfets maritimes à Rochefort, à Lorient, à Brest, mais secrètement, que, si l’escadre russe se présente devant ces ports, ils lui donnent tous les secours en vivres et autres objets dont elle aurait besoin, sans la retenir, même ceux qu’ils auraient à bord de mon escadre de Brest et de Rochefort. Vous sentez que cela doit être tenu très-secret. Il est possible que cette escadre, forte de huit vaisseaux de guerre, vienne relâcher dans un de mes ports à la fin d’août ou au commencement de septembre.
Le grand chancelier de la Légion d’honneur propose de renvoyer dans ses foyers un légionnaire, sergent dans une compagnie de réserve, où il est dangereux par son insubordination et sa mauvaise conduite. Ce sergent a servi avec distinction dans la 21e légère, et il a eu une arme d’honneur pour sa conduite à la bataille de Sédiman. Le grand chancelier lui écrira pour lui enjoindre de se mieux conduire à l’avenir.
Saint-Cloud, 2 août 1807
Témoignez mon mécontentement à M. Osmond, évêque de Nancy, sur ce que l’on n’a point accordé à feu l’évêque démissionnaire Nicolas les mêmes honneurs que l’on rend aux autres évêques; ce qui aurait été un moyen d’union et de concorde, au lieu d’être un sujet de division. Il y a beaucoup de malhabileté dans tout cela.
ARTICLE ler. – Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d’août.
ART. 2. – Chacun de ces trois camps formera une division d’un corps qui portera le titre de Corps d’observation de la Gironde.
ART. 3. – Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d’observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
COMPOSITION DU CORPS D’OBSERVATION DE LA GIRONDE
ART. 4. – La IIe division sera composée :
Du 2e bataillon du 47e régiment d’infanterie de ligne, des deux bataillons du 86e de ligne, des deux bataillons du 70e idem, du 38e bataillon du 15e idem, d’un bataillon du 4e régiment suisse.
Chaque bataillon sera complété à l’effectif de 1,260 hommes ou 140 hommes par compagnie, par le moyen des 3e bataillons. Ce qui fera 8,820 hommes.
Le 4e bataillon du 15e de ligne retournera à Brest.
Le général de division Delaborde commandera cette division. Il aura sous ses ordres les généraux de brigade Brenier et Avril.
Douze pièces d’artillerie, avec le personnel, le matériel et les attelages, prises parmi celles du camp de Pontivy, seront attachées à cette division.
Au 15 août, le camp de Pontivy sera dissous, et le général Dela borde, avec ses généraux , les corps et l’artillerie, se mettra en marche pour Bayonne
ART. 5. – La 9e division sera composée :
Du 3e bataillon du 12e d’infanterie légère, du 3e bataillon du 15e idem, du 3e bataillon du 2e idem, du 3e bataillon du 4e idem, du 3e bataillon du 32e de ligne, du 3e bataillon du 58e idem et du 2e bataillon du 2e régiment suisse, porté au grand complet de 1,260 hommes, qui partira le 6 août de Toulon et d’Avignon.
Chacun de ces sept bataillons sera complété à l’effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Laroche commandera cette division; il aura sous ses ordres les généraux de brigade Charlot et Petitot.
ART. 6. – La 3e division sera formée des troupes du camp Napoléon, et sera composée :
De la légion du Midi, de la légion hanovrienne à pied, des bataillons du 66e de ligne, des bataillons du 82e idem, des bataillons du 26e idem, du 3e bataillon du 31e léger et d’un bataillon du 32e léger, qui sera complété à 1,260 hommes et qui partira le 6 août de Toulon.
Chaque bataillon sera complété à l’effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Travot commandera cette division; le général de brigade Fuzier y sera employé.
ART. 7. – La cavalerie du corps d’observation sera composée d’un escadron de chacun des ler , 3e, 4e, 5e, 9e et 15e régiments
de dragons, et d’un escadron du 26e de chasseurs ; chacun de ces escadrons sera complété à 240 hommes.
ART. 8. – Mercredi prochain, 5 août, le ministre me proposera la formation de l’état-major général, de l’état-major de l’artillerie et du génie, des administrations, et en général toutes les dispositions nécessaires pour mettre ce corps en état d’entrer en campagne.
MESURES A PRENDRE POUR LA DÉFENSE DE NOS CÔTES
ART. 9. – Le 3e bataillon du 5e régiment d’infanterie légère se rendra à Cherbourg.
Un détachement de troupes de la marine qui est à Rochefort, fort de 500 hommes, se rendra à l’île d’Aix, où continuera à commander le général Dufresse.
Sur les 3,000 hommes de gardes nationales qui sont à Bordeaux, 500 y resteront pour défendre l’embouchure de la Gironde, 500 se rendront à l’île d’Oléron et 2,000 à l’île d’Aix.
ART. 10. – Les dépôts de tous ces régiments continueront à rester où ils se trouvent. En conséquence, les majors, quartiers-maîtres, officiers d’habillement, ouvriers, etc. , continueront à rester dans les 12e, 13e et 14e divisions militaires.
ART. 11. – Pour compléter les cadres des bataillons, il ne sera pris aucun des conscrits de 1808, qui continueront à rester aux 3e ou 4e bataillons ou aux dépôts des régiments.
ART. 12. – Nos ministres de la guerre et de l’administration de la guerre sont chargés de l’exécution du présent décret.
Au maréchal Bernadotte, gouverneur des villes hanséatiques
Mon Cousin, vous devez être arrivé à Hambourg. Toutes les troupes espagnoles doivent être sous vos ordres. Les troupes hollandaises doivent être réunies du côté d’Emden, sur la gauche de l’Elbe; elles se montent à 12 ou 14,000 hommes. Dans le courant d’août, un corps de 20,000 Français vous aura joint.
Je ne veux point tarder à vous faire connaître mes intentions, qu’il faut tenir secrètes jusqu’au dernier moment.
Si l’Angleterre n’accepte pas la médiation de la Russie, il faut que le Danemark lui déclare la guerre, ou que je la déclare au Danemark. Vous serez destiné, dans ce dernier cas, à vous emparer de tout le continent danois. Comme vous êtes sur les frontières de ce pays, envoyez-moi des mémoires sur les obstacles que pourrait opposer le Danemark et sur les ressources qu’il présente pour vivre. Votre langage doit être celui-ci : vous récrier beaucoup sur ce que le Danemark a ouvert le passage du Sund et laissé violer une mer qui, pour les Danois, a dû être aussi inviolable que leur territoire.
J’ai donné les ordres les plus précis, et fait témoigner mon mécontentement à mes agents à Hambourg sur ce que mes ordres ne sont pas exécutés.
Il faut que les marchandises anglaises provenant du cru anglais et transportées par eux, comme charbon, etc., ou confectionnées en Angleterre, soient confisquées ; que la factorerie anglaise soit fermée, et les objets appartenant aux Anglais , à Hambourg, confisqués. Veillez à ce que toutes les mesures soient prises pour que tout le mal qu’il est convenable de faire à l’Angleterre ne soit pas neutralisé.
Je ne reçois pas d’états de situation de votre armée; envoyez-les-moi deux fois par mois, pareils à ceux que m’envoie le prince Eugène pour son armée, et portez attention à ce qu’ils soient faits avec le plus grand soin.
J’ai donné des ordres pour renforcer la garnison d’Ancône et de Cività-Vecchia, et je vais incessamment faire occuper Livourne, où les Anglais continuent à faire leur commerce.
Au général Junot, gouverneur de la 1e division militaire, à Paris
Je vois dans votre rapport que l’adjudant du Palais-Royal et de la Chaussée d’Antin dit beaucoup de mal des propose qui se tiennent dans cet arrondissement. Il faut lui faire préciser les faits et vérifier si ce qu’il dit est vrai ou s’il invente.
(Brotonne)
Saint-Cloud, 3 août 1807
Dans votre rapport du 24 juillet, vous me dites que 850,000 francs ont été prêtés à la ville de Paris par la caisse d’amortissement, pour les ponts et chaussées; mais vous les imputez à tort sur le produit de l’exportation des grains.
Faites-moi connaître, jeudi prochain, la situation du crédit de l’exportation des grains, ce que la commune de Paris devait faire cette année, ce qu’elle n’a pas fait, ce qu’il faut pour finir le canal de l’Ourcq et autres travaux de Paris, et proposez-moi un projet d’emprunt de la ville de Paris à la caisse d’amortissement, de deux millions, y compris les 850,000 francs déjà avancés, qui portera intérêt de quatre pour cents, et sera remboursable en quatre ans à raison de 500,000 francs par an.
J’ai fait avancer de l’argent pour le pont d’Iéna, mais mon intention était que ce pont fût donné à une compagnie. Il me semble que les spéculations des ponts ont assez bien réussi pour qu’on puisse en trouver une pour celui-là. S’est-on occupé de la chercher ?
Monsieur Champagny, mon Ministre de l’intérieur, je désire que la statue du général d’Hautpoul soit placée sur la place des Vosges.
A M. de Lacépède
Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d’honneur, j’ai lu le rapport que vous m’avez fait pour la restauration de deux anciennes tours du château d’Écouen, ou pour les remplacer par une grande salle. Je ne vois pas l’utilité de cette salle, dont l’architecture ne s’accorderait pas avec le caractère de celle du château. Je désire que ces tours soient démolies dans la petite portion qui en reste, et qu’elles ne soient remplacées par rien. On laissera subsister le pont et le passage qui conduisent au jardin.
Je reçois votre lettre du 24 juillet. Ce que vous me dites de l’armement de Tarente ne me satisfait pas. Les batteries qui avaient été
armées lorsque j’avais eu le projet d’envoyer une escadre dans cette rade sont-elles armées ? Faites-moi tracer un croquis qui me fasse connaître les batteries et les canons de chacune. Si ces batteries ont été armées, aucun effort humain ne peut les surmonter par mer.
Saint-Cloud, 4 août 1807
J’ai lu avec attention le rapport sur le commerce d’Amérique. Je ne puis que vous témoigner ma satisfaction du soin que vous avez eu de me mettre ce tableau sous les yeux.
En 1806, on a importé en Amérique pour 880,000 francs de toiles de Nankin. Pourquoi ne prohiberait-on pas l’entrée des toiles de Nankin ? N’en faisons-nous pas suffisamment en France pour notre consommation ?
Il y a de l’inquiétude à Bruxelles parmi les acquéreurs de biens nationaux. Faites-moi un rapport sur cet objet. On m’assure qu’il y a des projets pour corrompre M. Hourier, l’un des administrateurs du Domaine, auquel les acquéreurs attribuent les recherches légitimes que le Domaine fait faire sur lesdits acquéreurs.
A M. Collin, directeur général des douanes
Envoyez-moi le plus tôt qu’il vous sera possible un état qui me fasse connaître les importations et exportations de toute espèce de marchandises en France qui ont eu lieu pour l’an X, XI, XII, XIII et XIV. Envoyez-moi aussi le tarif des douanes pour chaque marchandise; je crois qu’il est imprimé.
Saint-Cloud , 4 août 1807
Monsieur Dejean, je désire que vous me fassiez faire, par le génie, un rapport qui me fasse connaître les travaux qui ont été faits cette année dans toutes les places de France, surtout à Alexandrie, Kehl, Wesel et Anvers.
Au maréchal Davout, à Varsovie
Mon Cousin, faites connaître à M. Vincent, mon résident à Varsovie, que je me suis réservé vingt millions de domaines pour être donnés aux Polonais, desquels il faut ôter deux millions qui ont été donnés aux généraux Zajonchek et Dombrowski.
La principauté que je vous ai donnée doit rendre 250,000 francs de rente, et 300,000 francs lorsqu’elle sera bien administrée. Celle du maréchal Lannes rapporte 150,000 francs. J’ai chargé M. Maret de donner à M. Vincent toutes les explications sur ce qui concerne ces principautés.
Faites-moi connaître ce qu’il y a de nouveau du côté du Niemen, et si l’armée russe est dissoute. Faites-moi connaître aussi la situation de vos hôpitaux.
Je suppose que vous devez avoir une division à Thorn, Woclawek, Plock, Bromberg, etc., une à Varsovie, Rawa, Pultusk, Ostrolenka, et une entre Kalisz et Posen. Ainsi distribuées, il me semble impossible que les troupes ne soient pas agréablement placées.
Portez tous vos soins à ce qu’on achève la tête de pont de Praga et les travaux que j’ai tracés à Sierock. On doit également continuer les travaux de Thorn.
Je ne pense pas que vous deviez avoir à Varsovie plus d’un ou deux régiments d’infanterie.
Savary est à Saint-Pétersbourg ainsi que Lesseps. Vous devez profiter des fréquentes occasions que vous devez avoir pour correspondre avec eux.
Le général Oudinot doit rester à Danzig avec toute sa réserve. Faites-moi connaître si l’on est content à Varsovie de la constitution que je leur ai donnée.
Par mon traité avec le roi de Saxe, je me suis réservé tous les droits du roi de Prusse. Ces droits, qui consistent dans les créances qu’a le roi de Prusse dans le duché de Varsovie, se montent à cinquante ou soixante millions. M. Vincent doit avoir connaissance de tout cela. J’ai ordonné au ministre des finances d’y envoyer des inspecteurs de l’enregistrement pour dresser les états de ces créances. De votre côté, concertez-vous avec M. Vincent, et faites-moi connaître ce que je dois en espérer.
J’ai ordonné, il y a quatre jours, à Soult de n’évacuer le pays jusqu’à la Vistule, que les papiers, archives et l’argent, appartenant au duché de Varsovie ou aux particuliers, ne soient rendus.
Faites-moi connaître où on en est des mouvements des troupes. Les 5e et 6e corps sont-ils rendus en Silésie ?
J’ai toujours eu une légion polonaise à mon service; je crois qu’elle se réunit à Breslau. Je ne fais pas difficulté de la reprendre, ainsi que le régiment de lanciers qui doit être aussi à Breslau; mais il faut qu’on complète bien ces corps. Ce sera toujours une force de 6,000 hommes d’infanterie et de 1,500 chevaux, qui seront prêts à se porter au secours de la Pologne. Les généraux Dombrowski et Zajonchek doivent rester au service de la Pologne.
Je vous recommande de veiller à ce que mon régiment de chevau-légers polonais de ma Garde soit bien composé; je n’y veux que des propriétaires nobles. Un escadron doit être arrivé à Berlin avec ma Garde; informez-moi quand le régiment sera formé.
Entendez-vous avec le gouvernement pour qu’on ne permette point de bâtir, dans le faubourg de Praga, près des fortifications.
Faites passer la lettre ci-jointe au général Rapp à Danzig, par un courrier, et envoyez-lui en même temps les nouvelles de France.
Je reçois votre lettre du 24 juillet. Vous avez dû recevoir ma lettre par laquelle vous devez faire connaître que les deux lieues doivent s’entendre de deux lieues allemandes, ou d’un septième et demi de degré. Faites signer des lettres de change à la ville pour les dix millions qu’ils doivent me payer. Vendez les biens qui appar tiennent au Roi. Je vous autorise à faire passer cet acte de vente. Tenez ferme les officiers prussiens, et punissez sévèrement ceux qui se permettent des impertinences.
Je reçois votre lettre du 28 juillet au soir. Vous devez bien déclarer à M. de Schulenburg et autres individus qui ont des possessions sur la rive gauche de l’Elbe, qu’ils aillent avec le souverain où sont leurs possessions, ou bien qu’ils s’en défassent. M. de Schulenburg ne doit même être reçu comme agent du roi de Prusse que s’il se fixe en Prusse et vend ses biens sur la rive gauche; sans quoi il n’est plus Prussien.
Puisque les Badois sont inutiles au maréchal Brune, dirigez-les tous sur Hambourg, où ils passeront sous les ordres du maréchal Bernadotte. Si Berthier est à portée de vous, faites-lui part de cet article de ma lettre, pour qu’il donne lui-même les ordres.
Lacépède vous fera passer la grand’croix de l’Ordre de Saint- Hubert, que le roi de Bavière a voulu vous donner.
Le maréchal Berthier me mande que deux régiments de cavalerie hollandais, avec le matériel et le personnel de l’artillerie, vont se rendre à Stettin. Vous les dirigerez de là sur Hambourg.
Je ne me souviens pas si les marins de ma Garde la suivent. Si on les avait laissés à Danzig, écrivez qu’on les dirige sur Stettin,où ils peuvent servir au maréchal Brune.
Je ne sais pas où est le maréchal Berthier; voilà pourquoi je ne lui écris pas.
Envoyez la lettre ci-incluse au maréchal Brune.
Je reçois votre lettre du 25 juillet. Le prince de Ponte-Corvo commande dans les villes hanséatiques. Le prince de Neufchâtel a dû donner l’ordre de diriger tous les Hollandais du côté de Hambourg. J’ai besoin de troupes de ces côtés-là. J’entends, par les Hollandais à diriger du côté de Hambourg, les Hollandais que vous avez de votre côté, car mon intention est que tous les Hollandais se rendent en Hollande ou du côté d’Emden. J’approuve l’ordre que vous avez donné au général Dumonceau de se rendre à Coeverden, où il sera à portée de la Hollande.
Je vous prie de m’envoyer une note qui me fasse bien connaître la situation des provinces qui font partie de la Prusse, surtout des provinces qui, situées mi-partie sur les deux rives, se trouvent par là séparées.
Il faut que M. Daru écrive aux gouverneurs des provinces de Westphalie de faire envoyer des députations à Paris pour complimenter leur roi.
Vous trouverez ci-joint un article du Journal des Débats qui vous fera connaître quels sont les pays qui doivent faire partie du royaume de Westphalie.
Vous ferez mettre dans les journaux de Magdeburg et de Berlin l’avis suivant :
“Tous les propriétaires dont l’état est ci-joint, et qui possèdent des biens sur la rive gauche de l’Elbe, sont prévenus qu’aucun ne peut rester en Prusse, sous peine de perdre le droit d’hérédité, conformément aux dispositions du Code Napoléon en vigueur dans ce pays. Ils doivent donc se congédier du -service de Prusse et rentrer dans leur patrie.”
Mon Fils, j’ai travaillé avec Caffarelli; il m’a remis l’état de situation de l’armée; j’ai vu qu’elle était bien peu nombreuse. Il n’y
a plus de Polonais. Il faudrait donc chercher à compléter le plus promptement les cadres. L’organisation des compagnies est de 140 hommes, et dans l’état actuel leur effectif n’est pas de 80.
Je vois que les comptes de 1805 et de 1806 n’ont pas été imprimés; cependant je les ai signés à Varsovie; faites-les imprimer sans délai.
Je crois avoir arrêté le budget de 1807. Il faut arrêter le budget de 1808.
Faites-moi connaître où en sont les fortifications; les escarpes et les contrescarpes de Palmanova sont-elles finies ? Je vous ai envoyé, je crois, le projet définitif pour Osoppo ? Où en sont les travaux de Pietole et de Porto-Legnago ?
Vous devez avoir aujourd’hui en Italie neuf 3e bataillons indépendamment des deux bataillons des régiments qui sont à Naples.
Mon Fils, je reçois la lettre que vous avez écrite au Pape; elle me paraît fort bien.
Je désire que vous m’envoyiez l’état des importations et des exportations qui ont eu lieu dans mon royaume d’Italie pendant ces trois dernières années, ainsi que l’état du tarif des douanes. Pour plus de facilité pour moi, faites-moi traduire ces états en français; je désire que ce soit en huit jours.
Mon Fils, je reçois votre lettre du 30 juillet. Je ne sais quel coup de tête vous voulez que le Pape fasse. Vous avez dû mettre des troupes du côté de Bologne, et, s’il faisait quelque imprudence, ce serait une belle occasion de lui ôter les États de Rome.
A M. Melzi, chancelier du royaume d’Italie
Monsieur Melzi, je reçois votre lettre. Je vois avec peine que votre santé n’est pas aussi bonne que votre tête. Je vous remercie de tout ce que vous me dites. Vous avez raison de croire à la vraie estime que je vous porte.
Mon Frère, je vous ai écrit pour vous engager à faire mettre en construction deux vaisseaux de 80 et deux frégates; vous ne m’avez pas répondu là-dessus.
Vous devez verser des fonds, sur ceux des jeux, à la caisse des ponts et chaussées; vous ne l’avez pas fait; cependant c’était déclaré dans le budget. Faites-moi un rapport là-dessus, et faites-moi connaître pourquoi mon budget n’a pas été exécuté.
Vous devez également 175,000 francs pour 1806 à la caisse des théâtres, et 300,000 francs pour 1807.
Il est convenable que la fête qui se prépare à l’Opéra soit faite selon les formes et payée par l’Opéra. Que tout cela jette de l’argent inutilement !
Me porter le compte des recettes et dépenses conformément au budget que j’ai arrêté au 26 février 1806, pour l’an XIV et 1806, le projet de budget en recettes et en dépenses pour 1807, Apportez-moi cela mercredi à neuf heures du soir et également l’état de situation de la caisse.
Le ministre des finances rend compte à l’Empereur que les habitants de Lubeck refusent de remettre au Gouvernement français les marchandises anglaises dont ils ont fait la déclaration. Envoyer l’ordre à M. Bourrienne de requérir pour faire enlever ces marchandises par la force armée
M. François de Girac, ancien évêque de Rennes, fait connaître à l’Empereur qu’un procès s’est élevé entre lui et la famille des Montmorency, ses débiteurs, contre lesquels il a publié un mémoire. M. de Girac évalue ses pertes à la somme de 230,000 livres de rente. Renvoyé à M. Fouché. Dans cette querelle, le premier qui a imprimé a eu tort et a manqué à ce qu’il se devait en appelant le public à intervenir dans des discussions où il est étranger. Chez des hommes bien nés, des affaires d’argent ne méritent jamais qu’on se porte à cet excès. Le ministre connaît ma volonté sur cette affaire. Je ne veux aucune procédure criminelle, et , quant aux affaires d’intérêt, M. Bigot, président de mon Conseil d’État, fera les fonctions d’arbitre, et on s’en tiendra à sa sentence.
Saint-Cloud , 5 août 1807
Au roi de Wurtemberg
Monsieur mon Frère, dans l’intention où nous sommes de donner de plus en plus à Votre Majesté des témoignages sensibles de la haute estime que nous faisons de sa personne et de la parfaite amitié que nous avons pour elle et pour sa famille, nous regardons comme une circonstance heureuse de pouvoir vous demander en mariage pour notre très-cher frère Jérôme Napoléon, la princesse Catherine, fille de Votre Majesté. C’est pour en faire la demande avec la solennité convenable à un mariage qui nous est aussi agréable que nous avons nommé notre cousin, le maréchal Bessières, notre ambassadeur extraordinaire près Votre Majesté. Nous nous remettons à ce qu’il lui dira de notre part sur le plaisir que nous nous faisons de pou- voir, en formant avec elle par cette alliance l’union la plus étroite, regarder désormais les intérêts de sa Maison comme nous étant communs avec Votre Majesté. Et nous désirons qu’elle ajoute entière foi et créance aux assurances expresses qu’il lui donnera de notre empressement à concourir à tout ce qui peut être de la satisfaction de Votre Majesté dans une occasion aussi intéressante.
Saint-Cloud, 5 août 1807
Mon Fils, je désirerais mettre en construction, cette année, sur le chantier de Venise, trois vaisseaux de 74, deux au compte de la France et un au compte du royaume d’Italie; ce qui ferait huit vaisseaux en construction. Quand on n’en ferait que quatre vingt-quatrièmes, cela mettrait à même de les finir quand on voudrait. S’il y a du bois pour faire les quatre vingt-quatrièmes de ces vaisseaux, faites-y travailler sur-le-champ.
Mon Fils, faites-moi connaître les dispositions des esprits dans la province d’Urbin, dans la Marche d’Ancône et à Fermo jusqu’aux confins du royaume de Naples. Il serait fort important que mon royaume d’Italie pût s’étendre jusque-là, afin d’être en communication avec le royaume de Naples. Pourrait-on déterminer les habitants à demander leur réunion au royaume d’Italie ? Pour cela, il faut me faire connaître, 1° s’ils payent plus de contributions que les peuples de la Romagne; 2° la statistique de ces provinces en population, richesses, contributions et revenus. De cette manière on longerait la grande chaîne des Apennins jusqu’aux frontières du royaume de Naples.
Mon Frère, je reçois votre lettre du 28 juillet, par laquelle vous m’instruisez que vous allez mettre deux vaisseaux et une frégate en construction. Cela est très-important. Ne pousseriez-vous cette année, ces deux vaisseaux et cette frégate qu’aux six premiers vingt-quatrièmes, cela vous mettrait à même de les finir l’année prochaine.
Prenez des mesures pour être promptement informé, et informez- moi promptement de l’occupation des bouches de Cattaro et de Corfou. Je suis surpris que vous ne m’ayez pas encore parlé du passage de l’officier français et de l’officier russe qui , deux jours après la signature de la paix de Tilsit, sont partis pour aller à Cattaro. Faites-moi connaître quand ils sont passés, et quand vous avez l’espoir d’avoir des notions là-dessus.
Note pour M. de Ségur, Grand-Maitre des Cérémonies
On ira chercher Mme de Metternich avec des voitures de la cour qui seront dans le même nombre que pour la réception des ambassadeurs.
Une dame du palais recevra Mme de Metternich, à l’entrée des appartements où l’empereur reçoit ordinairement les femmes, et la présentera à sa Majesté
Saint-Cloud, 6 août 1807
Monsieur Champagny, mon Ministre de l’intérieur, j’ai lu avec attention votre rapport du 27 juin sur le monument de la Madeleine. Du moment qu’il est de fait que M. Vignon n’est architecte que depuis peu d’années et qu’il n’a prouvé son savoir dans les détails d’aucune construction, il y aurait folie à lui confier les détails d’un monument aussi important. En charger deux architectes serait un mauvais parti : ils ne s’entendraient point, et je n’aurais aucune responsabilité. Il faut trancher la question et me proposer un bon architecte. M. Vignon lui sera adjoint comme contrôleur; mais l’argent et les détails de construction regarderont exclusivement l’autre architecte.
En donnant la préférence au projet de M. Vignon, je n’ai considéré que les éloges que la classe de l’Institut lui a donnés et la forme de son, monument, qui est d’un beau style grec; mais je suis loin de vouloir que l’on en adopte tous les détails. Je désire donc que des changements considérables soient faits et que l’on supprime d’abord les colonnes de l’intérieur. Cette suppression sera économique et donnera beaucoup d’espace; elle permettra que l’on place le nombre de spectateurs nécessaire, c’est-à-dire le double de ce que peut contenir l’Opéra; elle facilitera la construction de belles tribunes pour l’Impératrice et d’un bel appartement pour moi.
NOTES POUR LE MINISTRE DES FINANCES
Il faut établir dans le compte des finances que les rentes n’excèdent pas les cinquante millions qui ont été fixés.
Nous avons cependant cinquante-quatre millions de rentes, mais la caisse en a eu quatre millions. Elle n’en a plus actuellement que 1,500,000 francs. Elle a vendu le reste à des corps qui possèdent pour ainsi dire en mainmorte; il n’y a donc réellement que cinquante millions.
Mais, en vendant, elle a acquis une somme de tant, qui représente tel capital. Ainsi, quand on le voudra, on pourra amortir une somme de tant. Il n’y a dont entre les mains des particuliers qu’un fonds flottant de tant. Il faut aussi rappeler au compte des finances le compte de la dette de Gênes et du Piémont. Cette dette a été fixée dans un procès-verbal; il faut voir les changements survenus.
Le compte de la caisse d’amortissement n’est pas suffisant; il faut faire plusieurs comptes séparés.
Le premier rapport aura pour objet de rappeler tous les avantages faits à la caisse d’amortissement depuis sa création, et d’établir, article par article ce que chacune de ces dispositions a produit. Un état joint à ce rapport présentera ce qu’elle doit avoir. Il sera intitulé Recette. Tout ce qui est changé à l’institution de la caisse d’amortissement ne sera pas compris dans ce travail.
Le second rapport présentera toutes les dépenses et toutes les conversions de valeurs que la caisse a faites comme caisse d’amortissement;
Le troisième, ce qu’elle a en caisse;
Le quatrième, ce qu’elle doit.
L’ensemble de ces quatre rapports doit établir et prouver la situation. Le restant en caisse doit prouver qu’on n’a rien soustrait de la caisse.
On a donné des domaines à la caisse d’amortissement. Elle en a acheté de la Légion d’honneur, du Sénat, etc. Il faut fournir le compte de ces opérations.
On considérera ensuite la caisse d’amortissement comme caisse de dépôt, et l’on fournira, à cet égard, autant d’états qu’il y a d’articles particuliers.
Saint-Cloud, 7 août 1807
J’ai reçu les lettres de Votre Majesté, et j’ai été très-sensible à tout ce que son ministre m’a dit de sa part. Je ne puis trop exprimer l’estime et l’amitié qu’elle m’a inspirées pendant mon séjour à Dresde, et combien je désire d’être agréable à elle et à toute sa famille.
Je reçois votre lettre du ler août. Je vois avec plaisir que M. Schulenburg n’ait point accepté la mission du roi de Prusse. Le rédacteur du Télégraphe pourra immédiatement se rendre à Cassel, où il sera employé par le roi.
Une expédition anglaise paraît être partie, le 28 juillet, pour passer la Baltique. Tous les Hollandais doivent se rendre du côté d’Emden.
Si cela n’était pas exécuté, écrivez-le au maréchal Brune, et, en cas d’événement, toutes les troupes qui seraient dans votre gouvernement appuieraient ce mouvement.
Je crois vous avoir mandé qu’une deuxième expédition anglaise de 8,000 hommes doit s’être rendue dans l’île de Rügen. Je pense que le maréchal Brune a autant de monde qu’il lui en faut; cependant le corps du maréchal Victor pourrait se porter au secours du maréchal Brune.
Saint-Cloud, 7 août 1807, 10 heures du soir
Au maréchal Soult, à Elbing
Je reçois votre lettre du 24 juillet. Je vous ai expédié, il y a quinze jours, un courrier, que vous devez avoir reçu à l’heure qu’il est, pour vous faire connaître que vous n’évacuiez pas Elbing et la Passarge que les poteaux n’aient été placés autour de Danzig, à deux milles d’Allemagne on un septième et demi de degré; que tout ce qui doit être donné au royaume de Westphalie, comme papiers, archives, fonds appartenant à des établissements particuliers, ne soit restitué.
J’approuve fort que vous mainteniez haut la main les Prussiens. Il est malheureux qu’on ait été obligé de laisser 500 malades à Koenigsberg. S’ils n’étaient pas traités convenablement, ayez soin de réclamer fortement. Envoyez-moi fréquemment des nouvelles de Russie par tous les courriers que vous m’expédierez.
Saint-Cloud, 8 août 1807
Je suis propriétaire, dans le duché de Varsovie, de toutes les créances du roi de Prusse sur des particuliers. Ces créances résultent des prêts faits à des propriétaires avec hypothèque sur leurs terres. Elles paraissent devoir s’élever à un capital de plus de soixante millions. Cette affaire a déjà occupé M. l’auditeur Vincent, qui est resté à Varsovie en qualité de mon résident. Mon intention est que vous envoyiez auprès de lui un agent de la régie de l’enregistrement qui connaisse la langue allemande. Cet agent s’occupera avec activité de la recherche de toutes les créances du roi de Prusse; il en dressera les états, et correspondra exactement avec vous sur les progrès de ses opérations et sur les moyens les plus propres à tirer le meilleur parti possible de cet objet important.
Saint Cloud le 9 août 1807
A Monsieur Bigot de Preameneu, ministre des Cultes
Monsieur Bigot, M. Locré vous remettra dix mille francs en forme de gratification. Je désire que vous y voyiez un témoignage de satisfaction des services que vous m’avez rendus dans le courant de l’année dernière, priant Dieu, qu’il vous ait, Monsieur Bigot, en Sa Sainte garde.
Saint-Cloud, 9 août 1807
REPONSE A LA DÉPUTATION DU ROYAUME D’ITALIE
(Députation composée de Caffarelli, ministre d’e la guerre du royaume eftalie, de Contarini, membre de la Consulte d’Efat, et du patriarche de Venise, qui porta la parole.)
J’agrée les sentiments que vous m’exprimez au nom de mes peuples d’Italie.
J’ai éprouvé une joie particulière, dans le cours de la campagne dernière, de la conduite distinguée qu’ont tenue mes troupes italiennes. Pour la première fais depuis bien des siècles, les Italiens se sont montrés avec honneur sur le grand théâtre du monde. J’espère qu’un si heureux commencement excitera l’émulation de la nation ; que les femmes elles-mêmes renverront d’auprès d’elles cette jeunesse oisive qui languit dans leurs boudoirs, ou du moins ne les y recevront que lorsqu’ils seront couverts d’honorables cicatrices.
Du reste, j’espère avant l’hiver aller faire un tour dans mes États d’Italie, et je me fais un plaisir tout particulier de me trouver au milieu des habitants de ma bonne ville de Venise. Le vice-roi ne m’a pas laissé ignorer les bons sentiments qui les animent et les preuves d’amour qu’ils m’ont données.
Monsieur Maret, vous trouverez ci-joint les décrets (Ces projets de décrets, nommant les titulaires des douze duchés du royaume d’Italie, ont été depuis modifiés par le sénatus-consulte du ler mars 1808, par les décrets du 15 août 1809, etc.) en conséquence desquels vous me soumettrez sur-le-champ des lettres patentes. Vous y insérerez que je permets que les ventes se fassent sans mon autorisation, sauf les fonds en résultant être placés sur le grand-livre du trésor public, en attendant qu’ils le soient définitivement en fiefs situés dans l’intérieur de l’Empire, qu’il est dans mon intention d’instituer au profit de ces individus, pourvu qu’ils trouvent à vendre à un capital de cinq pour cent. S’ils devaient vendre au-dessous de ce capital, ils ne pourront le faire sans mon autorisation.
La Banque de France escompte à quatre pour cent. La caisse du trésor public reçoit les négociations à quatre pour cent. Cette circonstance est notable. Faites faire par des hommes qui connaissent bien les finances de l’ancien régime des articles qui rappellent, ce que tout le monde sait d’ailleurs, que dans les moments de paix de l’ancien régime les effets publics ne se négociaient pas à moins de six pour cent. Il faut faire sentir à quels abus et dilapidations étaient livrées les branches des finances, et mettre ce désordre en opposition avec la sévérité et l’ordre introduits aujourd’hui.
Monsieur Gaudin, je viens de rendre un décret comprenant la distribution des six derniers millions de la troisième série des bons de la caisse d’amortissement. Je désire que vous m’apportiez, pour être imprimé dans le compte, un tableau de distribution des trente millions des trois premières séries entre les exercices et les ministères, et que vous demandiez aux différents ministres des tableaux particuliers, par exercice, par chapitre et par article, de leurs budgets; lesquels tableaux feront connaître, avec ce qui sera accordé à chaque chapitre et à chaque article, ce qui sera dû pour solder les dépenses liquidées. Il y aura autant de tableaux que d’exercices. Ces tableaux seront rédigés suivant le modèle ci-joint n° 1. Vous ferez remarquer aux ministres que, ce travail devant être imprimé dans les comptes, il est nécessaire qu’ils le remettent dans le courant de la semaine.
Les ministres pourraient être embarrassés pour faire la classification par exercice et par chapitre de ce qui leur est accordé par le crédit de ce jour; mais cette difficulté n’existera pas, attendu que, leur ayant accordé tout ce qu’ils demandaient, à l’exception seulement des créances de la compagnie Varville et de la compagnie Breidt, de l’administration de la guerre, ils peuvent facilement calculer là-dessus.
Vous demanderez en même temps aux ministres des états de l’An XIV et 1806, dressés suivant le modèle ci-joint n° 2.
Vous leur demanderez un autre état sur l’exercice de 1807 , rédigé suivant le modèle ci-joint n° 3.
Mon intention n’est pas de faire imprimer les budgets tels que je les ai arrêtés, mais tels que je les arrêterai en conséquence de ces états.
Monsieur le Prince de Bénévent, faites connaître à l’envoyé du roi de Prusse, dans un entretien, que mon armée n’évacuera point jusqu’à ce que les contributions aient été payées; que cela est stipulé dans le traité; que les contributions ne m’appartiennent pas, mais à mon armée, et que, si elles n’étaient pas payées, je serais obligé d’en faire sortir la valeur de mon trésor ; que je n’ai pas voulu la destruction de la monarchie prussienne, puisque j’ai rendu au roi les trois quarts de ses provinces; que je suis fâché qu’après avoir rétabli la Prusse on dise que j’ai voulu l’anéantir; que, si le roi de Prusse eût été à Paris, il ne se fût pas conduit de même; que, relativement an payement de la contribution, j’ai donné tous mes pouvoirs à M. Daru pour s’entendre avec les agents du gouvernement prussien et leur donner les facilités qu’il sera possible d’accorder.
Je désire que vous ayez cet entretien demain, afin que cet envoyé fasse partir sur-le-champ un courrier pour donner connaissance de cela à sa cour et empêcher qu’on ne s’y flatte de fausses espérances.
Vous ferez connaître au ministre de Saxe l’état ci-joint des bouches à feu qui seront laissées dans le duché de Varsovie. Vous lui direz que le général Hanicque est chargé de faire l’évaluation de ces bouches à feu ; que cela doit être payé par le gouvernement polonais, et qu’on donnera tout le temps nécessaire pour faire ce payement. Cela se joindra à deux ou trois millions que ce gouvernement me doit encore. Vous écrirez la même chose à M. Bourgoing.
Saint-Cloud, 9 août 1807.
Monsieur le Prince de Bénévent, l’affaire de Munich mérite attention. Je pense qu’il faut faire arrêter le ministre de Würzburg qui a autorisé le recrutement dans les États de la Confédération, et écrire à Bade pour qu’on ne le reçoive pas comme ministre. Demander à M. de Metternich si l’Autriche veut me laisser tranquille; lui dire que le caractère de cet individu n’empêchera pas qu’il soit arrêté à Munich ou dans tout autre endroit où il se trouverait; que l’Autriche a travaillé tout l’été le Tyrol et le Vorarlberg ; que je parais fermer les yeux là-dessus et ne désire pas en être informé, mais qu’il serait temps enfin que M. de Stadion mît un terme à ses petites chicanes et à ses plates manoeuvres.
Écrivez dans ce sens à M. Otto et parlez ici à M. de Cette, pour que le roi prenne des mesures rigoureuses contre ces individus qui cherchent à mettre le trouble. Tout cela me paraît très-important et à faire sans délai.
Je viens de vous nommer ministre de la guerre, et j’ai nommé le général Hulin général de division et commandant d’armes de Paris. Je désire que vous laissiez le commandement des troupes et tout votre gouvernement entre les mains du maréchal Victor, que vous restiez deux jours avec lui pour lui communiquer mes ordres et qu’ensuite vous vous rendiez sans délai à Paris. Avant de partir, vous ferez connaître au général Saint-Hilaire que je l’ai nommé, sous les ordres du maréchal Victor, pour commander la ville de Berlin et y rester tout le temps que les circonstances l’exigeront. Comme le général Junot, qui commande à Paris, part dans peu de jours pour le Portugal, je désire que le général Hulin puisse partir sans délai pour se rendre à son nouveau poste.
Vous aurez soin de faire connaître aux maréchaux Soult, Mortier et Brune la nomination du maréchal Victor au gouvernement de Berlin.
Mon Fils, faites-moi connaître si vous avez fait l’ouverture de la passe Novissima grande au port de Venise et les autres travaux nécessaires pour faire sortir les vaisseaux du chantier et les faire rentrer en rade, ce qui était une dépense de 100 à 150,000 francs. Je ne parle pas du projet de huit millions qui est un projet de longue haleine et que je veux méditer.
Raguideau est mort il y a un an. Il avait beaucoup d’argent à toutes les personnes de ma maison. De fortes présomptions font penser que l’argent a été enlevé par le premier clerc et la veuve. Il faudrait faire suivre sa femme, son premier clerc et tâcher de savoir le lieu où il faut mettre la main sur leurs papiers. Depuis ce tems-là, il ne veut rien faire et l’on dit qu’il ne donne pas même 50% à un grand nombre d’officiers qui vont perdre des sommes considérables.
Au général Dejean, ministre de l’administration de la guerre
Monsieur Dejean, il est inutile de donner des sarrots de toile aux Russes, non plus que des capotes.
Saint-Cloud, 10 août 1807
Monsieur Champagny, mon Ministre des relations extérieures, les députés de Danzig doivent être arrivés. Je désire qu’ils rédigent leur constitution, afin qu’elle soit soit soumise à mon approbation, et que, par la garantie que je leur donnerai, elle puisse leur présenter la sécurité convenable. Vous ferez connaître à ces députés que les deux lieues autour de la ville qui doivent en former le territoire doivent s’entendre de deux lieues d’Allemagne ou de lieues d’un quinzième de degré. Mon intention est de me réserver toutes les propriétés appartenant au roi de Prusse qui se trouvent dans la ville et le territoire, mais de les vendre à la ville.
Il est convenable que vous donniez des ordres dans tous mes ports pour que, sans mettre l’embargo sur les bâtiments portugais, cependant on n’en laisse sortir aucun, afin que, la guerre venant à avoir lieu avec cette puissance, comme on peut le penser, je puisse m’emparer de tous les bâtiments qu’elle a dans mes ports.
Faites-moi connaître le nombre des bâtiments danois qui se trouvent dans mes ports.
Au maréchal Brune, commandant le corps d’observation de la Grande-Armée
Faites mettre le séquestre sur tous les biens royaux et nationaux de la province de Poméranie.
Faites en faire l’inventaire que vous m’enverrez.
Les bois sont compris dans cette mesure.
Saint-Cloud, 11 août 1807
Je reçois votre lettre du 6 août. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous versiez 500,000 francs de la caisse des travaux de Venise dans celle d’Osoppo. Je ne pense pas qu’il faille augmenter les fonds de Mantoue. Chaque chose doit se faire doucement. La grande affaire à Mantoue est d’employer les fonds que j’ai accordés à finir Pietole.
Monsieur Champagny, je vous envoie une lettre de M. Winzingerode. Vous voudrez bien témoigner mon mécontentement du ton ambigu de cette lettre au ministre du roi de Wurtemberg. Il est trop évident que cette lettre est injurieuse pour le prince de Neufchâtel. Toutefois le déshonneur est pour celui qui l’a écrite.
Saint-Cloud, 12 août 1807, deux heures après midi
Mon Cousin, je vous prie de m’apporter, ce soir à huit heures, le projet de sénatus-consulte relatif au Tribunat et le projet de décret relatif aux titres.
Je vous prie également de lire cet exposé et de me le rapporter ce soir avec vos observations.
Les collèges électoraux de département forment aujourd’hui le corps intermédiaire de l’État. Si le cas arrivait de casser le Corps législatif, ce serait à eux à élire les éléments avec lesquels le nouveau Corps législatif serait formé. Ils exercent, il est vrai, cette fonction en concurrence avec les collèges d’arrondissement; mais il n’en est pas moins certain que, si leurs choix étaient bons, le Sénat pourrait nommer parmi leurs candidats, et il serait indifférent que les choix faits par les collèges d’arrondissement fussent mauvais.
Ainsi il existe dans l’Étal un corps nombreux nommé par le choix du peuple, choisi parmi les propriétaires et dont les fonctions sont à vie et d’une grande importance pour l’ordre public.
Ce serait donc un système analogue à notre organisation que celui qui attacherait aux fonctions des collèges électoraux l’aptitude à recevoir des titres.
Ainsi, tous ceux qui présideraient ou auraient présidé les collèges pourraient recevoir un titre; mais ce titre, purement personnel, ne deviendrait transmissible à leurs enfants que lorsqu’ils auraient obtenu la permission de constituer un majorat de 10 à 20,000 livres de rente.
Les membres des collèges qui seraient dans le cas de présenter une terre libre, d’un revenu net de 10,000 francs au moins, et qui auraient exercé pendant plus de six ans les fonctions de membre d’un collège, pourraient solliciter de la faveur de l’Empereur un titre transmissible, qu’ils seraient aptes à obtenir.
Entre autres avantages, cette institution rendrait les places des collèges électoraux plus considérées et distinguerait les fortunes acquises légitimement et depuis un certain temps, des fortunes nouvelles nées d’entreprises ou de spéculations.
Ces distinctions ainsi accordées seraient l’objet des voeux d’un grand nombre de personnes, parce qu’il est dans la nature humaine de désirer laisser à ses enfants une marque de la considération dont on a joui , comme de leur laisser une fortune suffisante et honorable.
Il ne sera pas si facile d’arriver à être membre d’un collège, puisqu’il n’y en a pas plus de trois cents par département, qu’on peut arriver à ces fonctions dans un âge déjà avancé, et qu’il est possible que le ferme de la carrière arrive avant que les six années nécessaires soient accomplies.
En résumé, le souverain accorde des titres on permet d’établir des majorats aux citoyens qui se sont distingués par des vertus publiques et des services importants. Lui seul en est le juge, et, à cet égard, aucune condition particulière ne peut mettre des bornes à sa volonté.
Quant aux autres citoyens qui ne réunissent pas ces qualités dans un degré aussi éminent, le souverain peut leur accorder la même faveur; mais il faut qu’ils soient distingués par leur fortune, puisqu’ils doivent être du nombre des plus imposés; il faut qu’ils aient obtenu le suffrage de leurs concitoyens, puisque les membres des collèges sont nommés par les assemblées de canton; il faut enfin qu’ils aient occupé pendant une certaine durée un poste d’évidence, puisqu’on exige qu’ils aient exercé leurs fonctions pendant plus de six ans.
On peut ajouter à ces considérations générales que l’exécution de ce système est le seul moyen de déraciner entièrement l’ancienne noblesse. On s’appelle encore duc, marquis, baron; on a repris ses armes et ses livrées. Il était facile de prévoir que, si l’on ne remplaçait pas ces habitudes anciennes par des institutions nouvelles, elles ne tarderaient pas à renaître. Enfin quel inconvénient peut-il y avoir pour l’ordre public à créer une nouvelle monnaie qui soit le prix accordé aux services et à la considération, à donner de l’éclat aux choix du peuple, et à faire connaître que toutes les distinctions ne sont pas militaires, et que, si la carrière des armes est la plus brillante, elle ne fait pas oublier les travaux honorables et utiles ?
Pour compléter le système, il paraît indispensable d’y comprendre ce premier corps de l’État qui a un rapport si direct avec les collèges électoraux, puisque les candidats destinés à le composer sont désignés par eux; il faut donc que les sénateurs, qui, dans notre organisation, forment la noblesse à vie, reçoivent par cela même des titres qui deviendront aussi transmissibles, lorsque les titulaires auront présenté un capital suffisant à transformer en majorat.
Ainsi la manière de présenter ces objets et de les développer est celle qui suit :
Sa Majesté a créé des duchés de la même espèce que celui de Danzig, parce que celui de Danzig n’est pas le seul qui ait été bien mérité. Elle a créé des duchés civils pour récompenser des services qui sont moins éclatants, mais non moins importants. Elle a créé des récompenses moins considérables pour des services militaires d’un moindre éclat; et ces récompenses, étendues aussi à l’ordre civil, se trouvent applicables sans distinction à toutes les carrières, comme cela a déjà été fait pour la Légion d’honneur, afin que la nation soit toujours d’un même mélange, d’une même nature.
Il suffit pour ces institutions d’un décret communiqué au Sénat. Les principales considérations seront énoncées dans les motifs de cet acte. Elles seront développées et complétées dans le message comme elles pourraient l’être dans un rapport.
Vu nos décrets du 30 mars 1806, par lesquels nous avons créé des titres héréditaires pour concilier les intérêts et la dignité de notre trône et le sentiment de notre reconnaissance pour les services qui nous ont été rendus dans la carrière civile et dans la carrière militaire;
Vu le sénatus-consulte du 14 août 1806, relatif, soit aux duchés et autres titres que nous pourrions juger à propos de créer, soit à l’autorisation qui peut être donnée par nous à un chef de famille de substituer ses biens libres pour former la dotation d’un titre héréditaire que nous érigerions en sa faveur;
Considérant les nombreux services qui nous ont été récemment rendus dans la carrière des armes;
Considérant aussi la nécessité de donner une plus grande extension aux moyens de récompenser les services non moins importants qui nous ont été rendus dans la carrière civile;
Voulant également effacer jusqu’au souvenir des anciennes distinctions et des anciens privilèges qui ont été réprouvés par nos constitutions et par nos lois, donner plus de consistance à nos collèges électoraux, ajouter un nouvel éclat aux choix du peuple, distinguer les hommes recommandables parmi leurs concitoyens, donner un nouveau lustre aux propriétés honorablement acquises,
ARTICLE Ier. – Les duchés transmissibles héréditairement de mâle en mâle et par ordre de primogéniture sont portés au nombre de …..
ART. 2. – Il sera créé des titres de comte et de baron personnels ou héréditaires.
ART. 3. – Les membres du Sénat et nos conseillers d’État à vie porteront le titre de comte leur vie durant.
ART. 4. – Les présidents de nos collèges électoraux de département et ceux de nos cours de cassation et d’appel auront le titre de baron leur vie durant.
ART. 5. – Ceux de nos sénateurs, conseillers d’État à vie, présidents de nos collèges électoraux de département, présidents et procureurs généraux de nos cours de cassation et d’appel, qui, ayant sollicité de notre bienveillance la formation en titre de majorat d’une portion de leurs propriétés libres, d’un revenu net et annuel de …… pourront obtenir les lettres patentes nécessaires à cet objet. Le titre dont ils seront revêtus, attaché audit majorat, deviendra transmissible à leurs descendants de mâle en mâle et par ordre de primogéniture.
ART. 6, – Les membres de nos collèges électoraux de département, qui, ayant honorablement rempli leurs fonctions pendant l’espace de six années consécutives, se pourvoiront par devers nous pour obtenir l’érection en titre de majorat d’une portion de leurs propriétés libres, formant un revenu net de 10,000 francs au moins, pourront, lorsqu’ils auront obtenu des lettres patentes en conséquence, être revêtus du titre de baron, transmissible héréditairement à leurs descendants de mâle en mâle et par ordre de primogéniture.
ART. 7. – La transmissibilité héréditaire des titres pourra s’étendre, non-seulement aux descendants naturels et légitimes, mais encore aux enfants adoptifs, lorsque l’adoption, faite suivant les formes prescrites par le Code civil, aura été spécialement approuvée par nous.
ART. 8. – La transmission desdits titres héréditaires ne pourra donner aucun droit aux places ou fonctions dont l’ascendant aurait été revêtu, la nomination auxdites places et fonctions ne pouvant jamais résulter que de l’élection du peuple, ou de notre choix, conformément à nos constitutions.
ART. 9. – Il sera fait au Code civil, par une loi, les modifications nécessaires pour constater les droits résultant desdits majorats, et régler la condition des biens dont ils se trouveront composés.
Saint-Cloud, 12 août 1807
Le ministre de l’intérieur propose de nommer M. Arago à une place d’adjoint au bureau des longitudes. Faire connaître s’il est ou non étranger et si un traitement est attaché á cette place.
A M. de Regnaud (de Saint-Jean d’Angely)
Comme il est possible que demain vendredi, à la prochaine séance du Sénat, je propose le sénatus-consulte relatif au Tribunat, je vous prie de préparer un petit décret où vous ne manquerez pas de faire comprendre les services rendus par le Tribunat.
Monsieur Champagny, je vous renvoie vos deux portefeuilles. Vous me présenterez une réponse à l’archiduc d’Autriche, dont la lettre est dans l’un des portefeuilles. Ayez quelques explications avec M. de Metternich sur les armements de la cour de Vienne. Dites-lui, mais légèrement,, que je n’ai donné aucun sujet d’inquiétude à l’Autriche; qu’armer dans ce moment, c’est ruiner ses finances sans raison ; que, de mon côté, cela m’empêche de désarmer, ce qui m’est très-préjudiciable, parce que cela me coûte beaucoup d’argent.
Vous pouvez répondre à M. de Reigersberg que je verrai avec grand plaisir le grand-duc de Würzburg.
Vous causerez avec M. Lavallette, mon directeur général des postes, de l’objet de la lettre du prince de Masserano. Toute espèce de facilités doit être donnée pour la communication.
Écrivez à M. Dupont-Chaurnont de porter plainte, par écrit, au gouvernement hollandais de ce que les communications continuent avec l’Angleterre, comme elles pourraient avoir lieu en, temps de paix; qu’on abuse de la bonté du. roi, et qu’il est temps qu’on prenne des mesures pour faire cesser toutes ces manoeuvres, si l’on ne veut pas avoir des troupes françaises en Hollande.
Écrivez à M. Bourgoing qu’il doit accompagner le roi de Saxe partout où se rendra ce prince, toutes les fois que cela lui sera agréable.
Dites un mot de la dépêche du consul de Tripoli au ministre d’Amérique, et invitez-le à en porter plainte à son gouvernement, en lui déclarant que j’ai ordonné que mon consul n’eût aucune communication avec le consul américain, jusqu’à ce que la conduite de ce dernier ait été désapprouvée par son gouvernement.
Faites faire pour le Moniteur des extraits des différentes nouvelles de Raguse et de Tripoli.
12 – 31 Août 1807
Saint-Cloud , 12 août 1807
Monsieur de Champagny, je désire que vous écriviez à M. de Metternich une lettre confidentielle dans laquelle vous lui direz à peu près ceci : « Quel esprit de vertige s’est emparé des esprits de Vienne ? Vous avertissez partout de se tenir prêt à marcher pour la défense de la patrie; quel ennemi vous menace ? Vous mettez toute la population sous les armes; vos princes parcourent les champs comme des chevaliers errants : que direz-vous si vos voisins en font autant ? Vous provoquez donc une crise ? Assurés, comme nous le sommes, que vous n’avez aucune liaison avec la Russie, le secours de l’Angleterre ne vous serait d’aucune utilité. L’Empereur a peine à concevoir ce que vous voulez; il n’a donné jusqu’ici aucun ordre à ses troupes. Pouvez-vous me dire confidentiellement ce que tout cela veut dire, et le moyen d’empêcher que ceci ne tourne en crise ? Par ces armements extraordinaires, vous indiquez à vos voisins le besoin d’armer. Jusqu’à ce moment l’Empereur a tout retenu et a écrit que, ne pouvant croire à une telle folie, il fallait attendre ce que l’on voulait. Les lettres de votre commerce, de vos négociants, disent que votre cour est tournée à la guerre; que tout ce qu’elle fait ressemble à ce que faisait la Prusse en 1806; que l’alarme est grande chez vous; et, dans le fait, si vous ne voulez rien, pourquoi perdre tant d’argent, alarmer votre peuple et détériorer votre charge ? Vous entendez bien que, si vous persistez dans ces armements, l’Empereur prendra un parti; il armera aussi; mais certainement, s’il vous laisse faire sans témoigner aucune inquiétude, vous vous ôtez tout moyen de négocier sur les affaires à venir de l’Europe, car l’Empereur ne s’entendra jamais avec une puissance qui, se présentant avec une attitude hostile et menaçante pour négocier, s’en interdit par là le pouvoir. Cette lettre est toute confidentielle; mais jetez quelques regards sur les affaires de chez vous. Après de grandes crises , votre patrie est en bonne situation; voulez-vous perdre tout cela ? L’Empereur veut encore ignorer vos armements. Je vous écris confidentiellement. Faites qu’on licencie cette garde nationale qu’on lève chez vous ; laissez en repos vos cultivateurs, vos soldats; ménagez votre argent, et ne menacez personne.”
Il faut que cette lettre soit douce, mesurée, dans la forme confidentielle, mais qu’elle laisse cependant entrevoir ce qui arrivera.
Il paraît qu’un grand nombre de spéculateurs anglais ont envoyé des marchandises à Montevideo. Ces marchandises n’ont pas de débit; si elles en ont, il est probable que les bâtiments reviendront chargés des produits du pays. Je suis donc dans l’opinion que huit ou dix frégates qu’on enverrait sur le derrière de Montevideo, pouvant relâcher dans les possessions espagnoles ou portugaises, feraient de très-bonnes affaires. Cela aurait l’avantage, si nous faisons la guerre au Portugal, de pouvoir faire un mal affreux au commerce du pays et de nous emparer d’un grand nombre de bâtiments. Faites-moi un mémoire là-dessus. Ces bâtiments pourraient même, s’ils le jugeaient convenable, envoyer leurs prises à l’île de France.
Vous pourriez prendre la frégate la Manche et le brick le Cygne, qui partiraient de Cherbourg, l’Italien et la Syrène, qui partiraient de Saint-Malo, l’Hortense, l’Hermione, la Pénélope et la Thémis, de Bordeaux; la Caroline et le Favori partiraient de Flessingue en doublant l’Irlande; la Vénus et la Junon partiraient du Havre; le Courageux et le d’Hautpoul,
Paris, 13 août 1807
Sa Majesté, dans le conseil d’administration qu’elle a tenu aujourd’hui, a arrêté,
Monsieur Daru, je reçois votre lettre du 5 août. Mon intention est que les contributions des provinces qui font partie du royaume de Westphalie et du grand-duché de Berg soient payées comme les autres; ainsi les contributions extraordinaires et les contributions ordinaires de l’armée doivent être payées entièrement et tous les magasins vendus. Voici seulement les modifications à faire pour les magasins : il faut les garder en séquestre et en traiter avec les agents du roi de WestphaIie, de manière qu’il n’y ait rien de dilapidé, ni aucune perte faite.
Dans la Prusse et dans la Silésie, je conçois qu’on peut essuyer quelques pertes dans la vente des magasins; on n’en doit éprouver aucune dans le royaume de Westphalie. Du moment que le roi sera installé, on traitera avec ses ministres; par ce moyen nos intérêts seront à couvert.
J’approuve fort ce que vous avez fait relativement aux commissaires berlinois. La condition principale de la remise tient à l’acquittement des contributions. Il sera convenable que M. la Bouillerie envoie à la caisse d’amortissement toutes les traites payables à Paris provenant de la ville de Königsberg.
Envoyez-moi tous les jours un bulletin de ce qui se dit à Berlin.
Monsieur Daru, je n’entends pas parler des marchandises anglaises qui ont été confisquées dans les villes hanséatiques; il est cependant temps d’en finir. Vous sentez que je ne veux rien perdre. Je veux en tirer au moins dix-huit à vingt millions. Les marchandises coloniales doivent être comprises dans cette confiscation.
Que les travaux du canal de Bourgogne seraient repris cette année;
Que les ateliers de la route de Mayence à Paris seraient triplés, pour terminer cette route d’ici à l’année prochaine;
Que les ateliers de la route qui conduit de Lyon au pied du mont Cenis seraient également triplés;
Que les ateliers de la route de Savone à Alexandrie et ceux du port de Savone seraient doublés;
Qu’un pont serait construit sur la Scritia , entre Tortone et Alexandrie;
Que la route de Wesel à Paris serait ouverte; les travaux commenceront cette année du côté de Wesel;
Que la percée qui doit faciliter les débouchés des forêts du Nivernais à l’Yonne serait commencée;
Que les deux arches du pont de Saint-Cloud qui sont en bois seraient remplacées par deux arches en pierre;
Que les travaux pour construire un pont de pierre à Sèvres, sur la route de Paris à Versailles, seraient commencés cette année;
Que des greniers publics, capables de contenir plusieurs millions de quintaux de blé, seraient construits du côté de l’Arsenal et de la Gare, et commencés cette année même, s’il était possible;
Qu’enfin la conduite des eaux de l’Ourcq dans Paris serait disposée de manière que les eaux de la Beuvronne, qui arriveront dans le bas- sin de la Villette, fussent dirigées d’abord sur les rues Saint-Denis et Saint-Martin, sur les boulevards, et fournissent de l’eau à la fontaine ,des Innocents;
Qu’on continuerait les travaux nécessaires pour distribuer cette grande quantité d’eau dans toutes les rues de Paris.
Quatre cent mille francs seront réservés pour construire un pont sur la Gironde, devant Bordeaux, dès que les plans en seront arrêtés.
Palais impérial de Saint-Cloud, 14 août 1807
Sénateurs, nous avons jugé convenable de nommer à la place de vice-grand électeur le prince de Bénévent. C’est une marque éclatante de notre satisfaction que nous avons voulu lui donner pour la manière distinguée dont il nous a constamment secondé dans la direction des affaires extérieures de l’Empire.
Nous avons nommé vice-connétable notre cousin le prince de Neufchâtel. En l’élevant à cette haute dignité, nous avons voulu reconnaître son attachement à notre personne et les services réels qu’il nous a rendus, dans toutes les circonstances, par son zèle et ses talents.
Sénateurs, conformément à l’article 57 de l’acte des constitutions de l’Empire en date du 28 floréal an XII, nous avons nommé membres du Sénat :
Klein, général de division,
Beaumont, général de division,
Béguinot, général de division;
Nous désirons que l’armée voie dans ces choix l’intention où nous sommes de distinguer constamment ses services;
Fabre, de l’Aude, président du Tribunat,
Curée, membre du Tribunat;
Nous désirons que les membres du Tribunat trouvent dans ces nominations un témoignage de notre satisfaction pour la manière dont ils ont concouru, avec notre Conseil d’État, à établir les grandes bases de la législation civile;
l’archevêque de Turin;
Nous saisissons avec plaisir cette occasion de témoigner notre satisfaction au clergé de notre Empire, et particulièrement à celui de nos départements au delà des Alpes;
Dupont, maire de Paris;
Notre bonne ville de Paris verra, dans le choix d’un de ses maires, le désir que nous avons de lui donner constamment des preuves de notre affection.
Saint-Cloud, 14 août 1807
Au cardinal Fesch
Mon Cousin, j’ai lu avec attention votre lettre du 14 août. Je reste dans l’opinion que votre galerie de tableaux serait mieux placée à Lyon, dans votre palais épiscopal, si toutefois vous ne préférez vous en défaire. La Chaussée-d’Antin n’est pas un quartier convenable pour un cardinal. Au reste, je n’ai point d’autres sujets de plainte que ceux-là. Vous avez donc tort d’être dans l’affliction. Si vous êtes désireux de me plaire, il faut que, dans vos fonctions épiscopales, comme dans celles de mon grand aumônier, vous ne preniez pas trop vivement l’éveil et ne prêtiez pas l’oreille à de vaines susceptibilités. Tous mes officiers sentent l’éminence de votre rang, et personne ne veut faire tort à votre dignité; mais aussi il ne faut rien exagérer. Dans l’ancienne cour, rien n’était fixe, tout était en discussion, tout dépendait des circonstances du moment. Dans la mienne, des statuts invariables ont réglé les fonctions des grands officiers de ma couronne, et je donne tort à ceux qui ne s’arrangent pas entre eux par la conciliation et la modération. Vous savez que ces qualités sont les premières de votre état , dont vous possédez si éminemment les vertus. Quand vous me ferez un rapport sur les affaires de l’Église, méditez- les bien, et n’avancez aucune assertion hasardée ou douteuse, car j’y fais trop d’attention pour ne pas m’en apercevoir, et, dès lors, je n’y ai plus la même confiance.
Mon intention est que vous me présentiez un projet de campagne pour la sortie de mes escadres l’hiver prochain.
Il faut obtenir le but suivant : envoyer 1,200 hommes à la Martinique; 500 à Santo-Domingo; 600 à la Guadeloupe; 300 à Cayenne; 100 au Sénégal; 400 à l’île de France.
Mes escadres de Rochefort et de Brest peuvent être employées à cet objet, leur ordonnant de faire leur retour à Toulon.
Les frégates que j’ai à Bordeaux, Saint-Malo, Cherbourg, Flessingue, doivent servir à former de petites divisions qui seront envoyées en croisières sur les côtes du Brésil et derrière le Rio de la Plata. Un vaisseau et deux frégates de Lorient doivent servir à faire une croisière sur les côtes de l’Afrique et le cap de Bonne-Espérance.
Je désire sur tout cela un projet.
A M. Portalis, ministre de la culture
Rendez-moi compte de ce que c’est que le Journal des Curés. Des plaintes s’élèvent contre cette feuille. Elle paraît être dans le plus mauvais esprit et contraire aux libertés de l’Église gallicane et aux
maximes de Bossuet. Quel est donc cet étrange fanatisme qui tend à renverser la doctrine de nos pères ? Veut-on nous faire ultramontains ? Il ne reste plus qu’à prêcher que le Pape a le droit de mettre l’interdit sur les souverains temporels. Les principes de l’Église gallicane et les propres paroles de Bossuet ne sont-elles pas que l’Église gallicane conserve avec soin cette doctrine venue des apôtres : que les évêques reçoivent immédiatement de Jésus-Christ leur institution et leur puissance ? Comment le Journal des Curés peut-il proclamer des principes si opposés à cette doctrine ?
PAROLES DE L’EMPEREUR A SON ENTRÉE DANS L’ÉGLISE MÉTROPOLITAINE DE PARIS,
LE 15 AOUT 1801.
Monsieur l’Archevêque, tout vient de Dieu. Il m’a donné de grandes victoires. Je viens dans la première métropole de mon Empire rendre grâces à la Providence de ses bienfaits, et me recommander à vos prières et à celles du clergé.
DISCOURS DE S. M. L’EMPEREUR ET ROI, A L’OUVERTURE DU CORPS LÉGISLATIF, LE 16 AOUT 1807.
Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, messieurs les Tribuns et les membres de mon Conseil d’État,
Depuis votre dernière session, de nouvelles guerres, de nouveaux triomphes, de nouveaux traités de paix ont changé la face de l’Europe politique.
Si la maison de Brandebourg, qui, la première, se conjura contre notre indépendance, règne encore, elle le doit à la sincère amitié que m’a inspirée le puissant empereur du Nord.
Un prince français régnera sur l’Elbe. Il saura concilier les intérêts de ses nouveaux sujets avec ses premiers et ses plus sacrés devoirs.
La Maison de Saxe a recouvré, après cinquante ans, l’indépendance qu’elle avait perdue.
Les peuples du duché de Varsovie, de la ville de Danzig, ont recouvré leur patrie et leurs droits.
Toutes les nations se réjouissent d’un commun accord de voir l’influence malfaisante que l’Angleterre exerçait sur le continent détruite sans retour.
La France est unie aux peuples de l’Allemagne par les lois de la Confédération du Rhin; à ceux des Espagnes, de la Hollande, de la Suisse et des Italies, par les lois de notre système fédératif. Nos nouveaux rapports avec la Russie sont cimentés par l’estime réciproque de ces deux grandes nations.
Dans tout ce que j’ai fait, j’ai eu uniquement en vue le bonheur de mes peuples, plus cher à mes yeux que ma propre gloire.
Je désire la paix maritime. Aucun ressentiment n’influera jamais sur mes déterminations; je n’en saurais avoir contre une nation, jouet et victime des partis qui la déchirent, et trompée sur la situation de ses affaires comme sur celle de ses voisins.
Mais, quelle que soit l’issue que les décrets et la Providence aient assignée à la guerre maritime, mes peuples me trouveront toujours le même, et je trouverai toujours mes peuples dignes de moi.
Français, votre conduite dans ces derniers temps, où votre Empereur était éloigné de plus de cinq cents lieues, a augmenté mon estime et l’opinion que j’avais de votre caractère. Je me suis senti fier d’être le premier parmi vous.
Si, pendant ces dix mois d’absence et de périls, j’ai été présent à votre pensée, les marques d’amour que vous m’avez données ont excité constamment mes plus vives émotions. Toutes mes sollicitudes, tout ce qui pouvait avoir rapport même à la conservation de ma personne, ne me touchaient que, par l’intérêt que vous y portiez et par l’importance dont elles pouvaient être pour vos futures destinées, Vous êtes un bon et grand-peuple !
J’ai médité différentes dispositions pour simplifier et perfectionner nos institutions.
La nation a éprouvé les plus heureux effets de l’établissement de la Légion d’honneur. J’ai créé différents titres impériaux pour donner un nouvel éclat aux principaux dd mes sujets, pour honorer d’éclatants services par d’éclatantes récompenses, et aussi pour empêcher le retour de tout titre féodal, incompatible avec nos constitutions.
Les comptes de mes ministres des finances et du trésor public vous feront connaître l’état prospère de nos finances. Mes peuples éprouveront une large décharge sur la contribution foncière.
Mon ministre de l’intérieur vous fera connaître les travaux qui ont été commencés ou finis. Mais ce qui reste à faire est bien plus important encore; car je veux que dans toutes les parties de mon empire, même dans le plus petit hameau, l’aisance des citoyens et la valeur des terres se trouvent augmentées par l’effet du système général d’améliorations que j’ai conçu.
Messieurs les Députés des départements au Corps législatif, votre assistance me sera nécessaire pour arriver à ce grand résultat, et j’ai le droit d’y compter constamment.
Qu’est-ce que c’est que le journal intitulé le Journal des curés ? Qui le rédige ? On se plaint du n° 113. Rendez-m’en compte
Quel est le Bertin qui demeure : rue Saint-Honoré, n° 317 ? Qu’est-ce qu’un nommé Pirault, homme de loi, qui demeure rue Ventadour.
Paris, 16 août 1807
Monsieur Daru, vous verrez par les pièces ci-jointes que les 800,000 boisseaux d’avoine n’ont probablement jamais été fournis. Portez une grande attention à cela. Il y a eu beaucoup de dilapidations à Berlin. Je vous prie d’être très-sévère, car je suivrai cette comptabilité en matières. Je me fie à votre fidélité et à votre zèle. S’il y a des voleurs, il faut les punir.
Faites-moi connaître quels sont les individus qui sont auprès du roi de Sardaigne, et s’ils jouissent de leurs biens; s’ils sont sur des listes d’émigrés, et s’il leur est loisible de rentrer en France. S’il n’y a rien de fixé là-dessus, il faut me présenter un projet de règlement complet pour ordonner, 1° qu’un état soit dressé des individus qui ne sont point en Piémont et sont auprès des puissances étrangères; 2° que le délai pour leur rentrée soit fixé; 3° qu’à défaut d’être rentrés dans les délais fixés ils perdent leurs droits de cité.
Il y avait à l’armée russe des Piémontais qui nous faisaient du tort, en ce qu’ils engageaient à la désertion les Piémontais; ce qui fait sentir l’importance que des sujets piémontais ou français ne soient point au service des étrangers.
Je désapprouve que vous ayez donné à M. de Rohan l’autorisation de revenir en France. Il faut que M. de Rohan renonce au service d’Autriche s’il veut venir en France. Tout cela est de mauvaises plaisanteries et ne sert qu’à miner la France. Je ne puis que vous en témoigner mon mécontentement.
Présentez-moi enfin un état de toutes les personnes qui sont à Mittau et en Angleterre, pour les maintenir vraiment sur une liste d’émigrés.
Monsieur Champagny, il faut que M. Agar renonce à toute prétention au Corps législatif s’il veut rester au service du grand-duc de Berg.
Je recevrai M. de Watteville; mais, comme il est ambassadeur extraordinaire, il faut régler ce qu’il est d’usage de faire dans cette circonstance.
Quant au ministre de Wurtemberg, faites-lui connaître qu’il se mêle de ce qui le regarde ; que la princesse, étant mariée, vient en France comme princesse de France, et que les honneurs à lui rendre ne regardent point le ministre de Wurtemberg.
Quant à l’objet de la lettre de M. Durand, il faut m’en faire un petit rapport. Mon intention n’est pas qu’on laisse dégrader les ministres des grandes puissances. S’il était donc d’usage que le ministre de Wurtemberg rendît la visite au ministre de France, il faut que cela soit, sans quoi je ne laisserai à Stuttgart qu’un chargé d’affaires.
Je vous prie à cette occasion de me faire un rapport sur la différence du grade dans les missions à l’étranger. Il est ridicule que j’aie ici un ministre de Saxe-Gotha, un ministre de Weimar, etc., qui viennent demander à être traités comme les ministres des grandes puissances.
Faites-moi un rapport sur les griefs que je puis avoir contre les pachas turcs, et qui résultent de la lettre de mon consul à Venise du 3 avril.
Faites-moi également un rapport sur la demande des catholiques de Danzig ; mon intention est de protéger partout les catholiques. Faites mettre dans le Moniteur des articles sur ce qui s’est passé à Danzig.
Répondez à M. Daru qu’on ne doit exiger aucune contribution du duc de Saxe-Cobourg.
Mon Frère, j’ai reçu votre lettre du 6 août. Les troupes napolitaines ne peuvent porter d’aigles, puisque ce ne sont point les armes de votre royaume. Les armées italiennes portent un lion. A tout prendre, il est plus naturel que vos troupes portent les drapeaux aux armes de votre royaume. Il ne faut point non plus prendre les couleurs tricolores françaises. Les couleurs françaises ne sont point celles de Naples.
Je suis fâché de vous voir tant de troupes napolitaines. Vous sentez bien que, pour moi, ces troupes ou rien, c’est la même chose. Il faut tant de temps pour former l’esprit d’une armée ! Si je suis obligé de vous donner de l’argent, il faut que je retire mon armée; autant de régiments napolitains que vous formerez, autant je serai forcé de diminuer les troupes françaises que vous avez : or c’est remplacer de la bonne monnaie par de la fausse.
Partez bien de ce principe, que j’ai des dépenses immenses à faire; celles de la marine surtout sont considérables.
J’ai tiré quelques avantages des troupes italiennes à la Grande Armée; mais ce sont des troupes que j’ai organisées depuis six ans et que j’ai formées au camp de Boulogne.
Si la compagnie des chevau-légers est composée de gens riches, je ne vois pas d’inconvénient que vous l’envoyiez en France. Je verrai à la faire former.
Mon Fils, j’ai reçu vos lettres du 11. Je vois avec plaisir le décret que vous avez pris; il faut en suivre l’exécution avec activité, ne laisser aucun individu au service de 1’Autriche et les faire inscrire aux greffes des tribunaux comme inhabiles à hériter.
Le Pape s’est résolu à m’envoyer le cardinal Litta; nous verrons ce que ces gens-là veulent faire. Le cardinal Litta est un des plus mauvais hommes du sacré collège. Il passera par Milan. Il faut que le vieux Litta le tance fortement, comme chef de la famille, lui disant qu’ils sont una manica di c ….. qu’ils veulent perdre leur temporel; que ce n’est pas le Pape qu’on accusera, mais que le blâme des hommes sensés retombera sur les cardinaux qui le conseillent si mal.
Champagny ne m’a pas encore remis la lettre de M. Alquier, ainsi je ne peux pas vous écrire plus en détail.
Faites arriver à Pesaro, à Fano et à Ancône toutes les troupes que j’ai ordonné que vous réunissiez à Rimini. Lorsqu’elles seront arrivées, vous ferez mettre le séquestre sur toutes les marchandises anglaises, et vous ferez arrêter tous les Anglais. Écrivez qu’on fasse la même chose à Cività-Vecchia. La colonne de 6,000 hommes que vous avez réunie à Bologne, dirigez-là sur Livourne, sans la faire cependant passer par Florence. Lorsqu’elle aura dépassé Florence et qu’elle ne sera qu’à deux marches de Livourne, le commandant déclarera qu’elle se rend à Livourne pour y tenir garnison, et, du moment qu’elle y sera arrivée, vous lui donnerez pour instruction de mettre immédiatement le séquestre sur toutes les marchandises anglaises, soit coloniales, soit du cru et de fabrique anglaise, qui seront confisquées à mon profit.
Faites-moi un rapport sur l’insulte qui m’a été faite à Sienne pendant que j’étais en Allemagne, et chargez mon ministre de demander que les principaux chefs soient livrés à l’armée; il faut en faire fusiller deux.
Si le général Miollis ne vous est pas absolument nécessaire à Venise, vous pouvez l’envoyer commander en Toscane, en lui donnant deux généraux de brigade probes.
Toutes les troupes qui se trouvent et qui seront dans les États du Pape doivent être nourries par mes provinces où elles sont placées.
Ecrivez à mon ministre à Florence de faire arrêter les nommés Peraldi, Petriconi et autres individus de Corse qui viennent à Naples, et vous les ferez conduire sous bonne escorte au fort de Fenestrelle , où on les retiendra.
Renvoyez ces pièces à M. Neuville, maître des requêtes, pour que les trois maîtres des requêtes qui doivent voir les comptes de l’Opéra fassent une enquête très-sérieuse sur l’abus des billets et autres dilapidations qui pourraient avoir eu lieu à l’Opéra.
Saint-Cloud, 17 août 1807
Mon Frère, ni moi ni mes ministres ne recevons des nouvelles de mon armée de Naples. Je n#en ai aucun état de situation. Je vous avais demandé de me les envoyer tous les dix jours. Je n’ai point non plus de détails de l’exécution de mes ordres, relativement à l’occupation de Corfou.
Je vous ai fait connaître qu’il fallait envoyer 4,000 hommes. Ces troupes peuvent être bloquées dans cette île; 1,500 hommes ne sont pas suffisants. Envoyez-moi l’état du régiment que vous y faites passer avec les noms des officiers d’état-major, d l’artillerie et du génie. Ordonnez à votre chef d’état-major de correspondre fréquemment et longuement avec le ministre, sur tout ce qui regarde l’armée, et de lui la situation tous les cinq jours. Si cela continue ainsi, je serais obligé d’envoyer un chef d’état-major à Naples
(Du Casse)
Paris, 17 août 1807
Monsieur Champagny, faites connaître à M. Alquier que je ne veux pas du cardinal Litta, et que je suis fàché que le Pape veuille envoyer près de moi un homme qui n’a pas de religion, puisque c’est l’homme qui a fait entrer les Russes dans l’Ordre de Malte, ce qui est contraire à la religion et à l’Église, un cardinal dont le vote, d’ailleurs, à l’occasion du voyage du Pape à Paris, est publiquement connu; qu’autant son frère est estimable et m’est attaché, autant le cardinal Litta s’est fait connaître comme intrigant et ennemi furibond de la France; que c’est un homme qu’on aurait pu envoyer à la coalition pour négocier, si elle eût été victorieuse; que je veux ou le cardinal Caprara ou le cardinal Bayane. Pourquoi un cardinal français ne serait-il pas choisi comme un autre, et, puisqu’on m’envoie un de mes sujets italiens, pourquoi ne serait-ce pas un Français qui connaît les affaires de France ? Enfin on peut envoyer le cardinal Vincenti, qui a été longtemps nonce en Espagne. M. Alquier ajoutera qu’il eût été bien plus sage de ne point faire l’appareil d’un envoyé extraordinaire, et de donner des pouvoirs aux individus qui sont sur les lieux.
Témoignez à M. de Dreyer tout l’intérêt que je porte à l’état critique dans lequel se trouve le Danemark , et faites-lui connaître que j’ai donné des ordres au maréchal prince de Ponte-Corvo de donner au Danemark tous les secours en hommes dont il aura besoin, et qu’il ait à en faire part à son gouvernement.
Faites-moi connaître si M. Alquier a demandé ses passeports, comme votre prédécesseur a dû lui en donner l’ordre. Donnez-moi une explication là-dessus. Ce n’est pas que je veuille rompre avec la cour de Rome, mais un chargé d’affaires me suffit, et il n’est pas de ma dignité d’avoir un ambassadeur à Rome, lorsque mon intention est de faire entrer des troupes sur le territoire de l’État romain et d’en réunir trois provinces à mes États d’Italie, si le Pape se refuse à toute négociation.
Mon Cousin, envoyez un courrier extraordinaire à Hambourg pour faire connaître au maréchal Bernadotte qu’il est nécessaire qu’il se tienne prêt, avec toutes ses troupes espagnoles et hollandaises, à marcher au secours du Danemark ou contre le Danemark, selon l’issue que vont prendre les affaires de ce côté. Écrivez-lui toutefois d’offrir au prince royal tous les secours dont il aura besoin pour résister à l’injuste agression de l’Angleterre.
Mon Fils, après les renseignements que j’ai pris sur le cardinal Litta, je me suis résolu à ne pas l’accepter. J’en fais écrire à M. AIquier. Si jamais le cardinal Litta avait quitté Rome, mon intention est que vous lui donniez l’ordre de se rendre dans les terres de son frère, sans qu’il puisse retourner à Rome ni se rendre en France.
Faites-lui écrire par son frère qu’il ferait mieux de rester tranquille et de ne pas se mettre dans la tourbe des gens qui veulent me contrarier; que mon intention, s’ils ne se tiennent pas tranquilles, est d’envoyer 10,000 hommes à Rome, d’en exiler à soixante lieues tous les cardinaux turbulents, dont lui, Antonelli et di Pietro sont du nombre.
Paris, 18 août 1807
Monsieur Champagny, la rédaction du ministre de Wurtemberg est tout à fait impertinente. Il ne faut pas l’envoyer chercher et le laisser dire ce qu’il veut. La meilleure manière de répondre à ces prétentions est le silence; elles tombent alors d’elles-mêmes. Il n’y a pas de locution plus impertinente que d’arguer du silence d’un puissant ministre en faveur de ses prétentions; c’est d’un homme qui ne sait pas vivre, et la seule manière de s’en ressentir est le plus profond mépris. Quant à M. de Winzingerode, il ne faut avoir aucune discussion avec lui, ne lui répondre rien du tout, qu’il ne vous ait fait sa visite, d’autant plus que je ne suis pas du tout instruit de l’arrivée de cet ambassadeur extraordinaire.
Monsieur de Champagny, répondez au cardinal-légat une note conçue à peu près en ces termes :
“Le soussigné, ministre des relations extérieures, a mis sous les yeux de S. M. l’Empereur les félicitations du cardinal Caprara. Sa Majesté ne doute pas de la vérité des sentiments qu’il exprime, sentiments personnels à Sa Sainteté, mais non à ceux qui composent son conseil et à ses ministres. Le nonce apostolique à Vienne n’a jamais cessé de donner des preuves de là plus grande malveillance contre la France. Les nouvelles les plus désastreuses lui arrivaient de Rome et n’étaient répandues que par lui. Il est vrai que cet homme est d’une incapacité telle, qu’il y a dans le corps diplomatique peu d’hommes plus ignorants et plus idiots. Sa Majesté a profité de ses victoires pour rendre dominante et triomphante la religion catholique en Pologne, et pour l’arracher, au sein même du luthéranisme en Saxe, au joug des protestants. Elle espère qu’enfin le Pape voudra mettre un terme aux discussions fâcheuses et ridicules, de quelque prêtraille, aussi malveillante qu’ignorante, qui gouverne aujourd’hui à Rome, et qu’ainsi Sa Sainteté prouvera la sincérité de ses sentiments et remplira le premier de ses devoirs sur cette terre, qui est de contribuer au bien de la religion et à la tranquillité de ses États. Le bien de la religion s’est fait en Italie, malgré le Saint-Siège et en dépit des fausses mesures qu’il veut prendre. En Allemagne., la religion est perdue, parce qu’on a mieux aimé la livrer aux protestants que de s’adresser aux évêques d’Allemagne. Tant de fausses directions sont dues à la profonde ignorance qui parait être aujourd’hui le caractère distinctif des ministres de Rome. Sa Majesté est fâchée de voir que de bons prélats, comme Votre Éminente et beaucoup d’autres, n’aient aucun crédit auprès de Sa Sainteté, qui n’accorde sa confiance qu’à des hommes sans talents et d’une aveugle passion. Au reste, ces ministres malveillants répondront devant Dieu, et peut-être devant les hommes, des malheurs qu’ils occasionnent aux peuples infortunés et si mal,gouvernés de l’État romain.
“Par une suite du même système de malveillance qui anime la cour de Rome, le royaume de Naples est agité de la même manière, et la ville de Rome est remplie des ennemis de la France. La sûreté de l’armée de Naples exige cependant des mesures. Il faut donc, ou que le Saint-Père donne des sûretés en chassant de Rome tous les étrangers et les ennemis de la France, ou que les États d’Italie et de Naples soient mis à l’abri de tout événement, en réunissant à l’un de ces deux royaumes la Marche d’Ancône, le duché d’Urbin et le Camerino. Après avoir privé l’Etat romain de trois provinces, Sa Majesté ne veut pas le priver de ces trois autres; mais l’intérêt et la sûreté de ses Etats l’exigent, si le Pape continue à rester dans cet état d’irritation et d’hostilité et à suivre les conseils qu’inspire le démon aux Antonelli, aux di Pietro, aux Litta, aux Caraffà et autres. Cet affaiblissement du temporel de la cour de Rome devient nécessaire, si la cour de Rome suit le même système de conduite, et le Saint-Père en sera responsable devant les souverains et devant l’Église. Au reste, les peuples ne pourront qu’y gagner, car ils sont fort tourmentés et mal gouvernés.
“Quant au choix du cardinal Litta, Sa Majesté m’a chargé de vous faire connaître qu’elle ne l’ignorait pas; qu’il prouvait combien le Pape est trompé et les dispositions peu pacifiques de la cour de Rome; que le cardinal Litta est d’ailleurs un homme sans religion, puisque c’est lui qui a traité pour faire entrer les hérétiques dans l’Ordre de Malte.”
Dans la rédaction définitive, vous pouvez rendre beaucoup de choses plus coulantes et pins liantes sans les affaiblir.
Le Conseil d’État, Monsieur, a délibéré sur votre rapport un projet de décret tendant à accorder des pensions de retraite aux ministres des cultes avancés en âge et infirmes.
Sa Majesté, à qui ce projet a été soumis, n’y a point donné son approbation, ayant pensé que, dans tous les temps, les titulaires des places ecclésiastiques ont pu conserver leurs fonctions jusqu’à la fin de leur vie.
Palais impérial des Tuileries, 18 août 1807
ARTICLE ler. – Tous les États dénommés ci-après composant le royaume de Westphalie seront, au 1er septembre, réunis dans un seul gouvernement et dans une seule administration : savoir :
Les États de Brunswick-Wolfenbuttel, la partie de l’Alt-Marck située sur la rive gauche de l’Elbe;
La partie du pays de Magdeburg située sur la rive gauche de l’Elbe, le territoire de Halle, le pays de Hildesheim et la ville de Goslar, le pays de Halberstadt, le pays de Hohenstein, le territoire de Quedlinburg, le comté de Mansfeld, l’Eichsfeld avec Treffurt, Mülhausen, Nordhausen; le comté de Stolberq;
Les États de Hesse-Cassel avec Rinteln et le Schauenburg, non compris le territoire de Hanau, Schmalkalden et le Katzenelnbogen du Rhin; Goettingen et Grubenhagen, avec les enclaves de Hohenstein et d’Elbingerode, l’évêché d’Osnabrück, l’évêché de Paderborn, Minden et Ravensberg, et le comté de Bietberg-Kaunitz.
ART. 2. – Une régence , composée de nos conseillers d’État MM. Beugnot, Siméon et Jollivet, et du général de division Lagrange sera chargée de la police et de l’administration du pays.
ART. 3. – L:intendant général et les autres administrateurs de nos armées s’adresseront à ladite régence pour tout ce qui est relatif au passage et aux différents besoins de l’armée.
ART. 4. – A partir du 10 octobre, le roi de Westphalie prendra possession de ses Etats et administrera pour son propre compte.
ART. 5. – La régence aura soin, 1° de bien étudier le pays, pour y adapter l’organisation qui doit y être établie conformément à la constitution; 2° de faire rentrer dans la caisse de l’armée la contribution ordinaire de l’année, ainsi que les contributions extraordinaires.
ART. 6. – La régence correspondra pour tous ces objets avec le prince de Neufchâtel, notre major général.
ART. 7. – Notre ministre de la guerre est chargé de l’exécution du présent décret.
Au général Junot
Je désire demain, à six heures après midi, avoir une grande parade dans la cour des Tuileries. Toutes les troupes quelconques de la Garde impériale, de la garde de Paris et de la garnison se trouveront à cette parade. Tout cela formé par compagnies et par bataillons selon les contrôles. Vous ferez faire le service par un seul régiment de la garde de Paris, que je verrai un autre jour. La cavalerie sera également à la parade.
Saint-Cloud, 18 août 1807
Monsieur Decrès, sous le prétexte que l’Angleterre a déclaré la guerre aux Danois, donnez des ordres dans mes ports pour empêcher qu’on ne donne aucune expédition aux bâtiments danois jusqu’à nouvel ordre.
Palais impérial des Tuileries, 19 août 1807
Sénateurs, nous avions jugé convenable d’arrêter le mariage de notre frère le prince Jérôme avec la princesse Catherine de Wurtemberg. Depuis un an, les circonstances où nous nous sommes trouvé en avaient retardé l’accomplissement. La paix qui vient d’être conclue nous ayant rendu à nos peuples, nous n’avons pas voulu que cette union éprouvât un plus long retard , et nous avons envoyé notre cousin le maréchal Bessières à Stuttgart pour y recevoir la princesse. Le mariage n’aura lieu que le 23 de ce mois. Nous n’avons pas cru, cependant, devoir différer de vous instruire de cette détermination. Vous y reconnaîtrez l’intention où nous sommes constamment de multiplier les liens qui unissent nos peuples à ceux des États alliés.
Paris, 19 août 1807
Mon Frère, voici le projet de constitution qu’il me paraît convenable de donner à votre royaume. J’ai nommé une régence pour administrer vos États jusqu’au ler octobre, époque où commencera votre règne. Faites communiquer la constitution aux députés de vos États qui sont ici, pour avoir leurs observations selon les connaissances qu’ils ont des localités.
(Voir ci-après cette constitution, à la date du 15 novembre)
Monsieur de Champagny, témoignez mon mécontentement à mon ministre en Hollande sur tout ce qui se passe dans ce pays. Envoyez-lui un courrier extraordinaire, pour lui donner ordre de voir la régence et de se plaindre sévèrement de la protection qu’elle accorde au commerce anglais.
Écrivez vous-même à mes consuls de vous faire connaître le départ et l’arrivée de tous les bâtiments allant et venant d’Angleterre. Faites venir ceux qui représentent ici le roi de Hollande, et témoignez-leur de même mon mécontentement. Faites connaître que, si cela continue, j’enverrai 30,000 Français en Hollande pour fermer les ports; que les Hollandais se couvrent de honte, lorsque, dans le temps que les Anglais brûlent leurs bâtiments à Batavia, ils se constituent leurs plus grands amis et les principaux fauteurs de leur commerce.
Mon Cousin, vous recevrez un décret qui nomme une régence pour administrer le royaume de Westphalie. Cette régence annule entièrement la division en départements et gouvernements. Les gouverneurs pourront cependant rester pour la police sous les ordres de la régence. Il faut que les membres de la régence séparent entièrement les intérêts des provinces de la rive gauche de l’Elbe de ceux des provinces de la rive droite. Faites partir ces conseillers d’État, de manière qu’ils soient arrivés le 24, afin d’avoir le temps , avant le 1er septembre, de communiquer le décret et de commencer réellement leurs fonctions le 1er septembre.
Mon Cousin, occupez-vous sans délai d’achever l’organisation du corps d’observation de la Gironde. Concertez-vous à cet effet avec le général Junot. Je vois, dans les états, qu’on porte le général Boyer comme employé dans ce corps, tandis que j’avais destiné ce général à être employé dans la 13e division militaire.
Faites-moi connaître la situation du camp de Saint-Lô, qui entre dans la composition de l’armée de Bayonne, et proposez-moi le départ de détachements des bataillons qui sont à Paris, pour compléter les bataillons à 1,260 hommes.
Proposez-moi également les détachements à faire partir pour compléter, à 3 ou 400 hommes chacun, les sept escadrons qui sont en marche pour Rayonne, de manière que ces escadrons fassent une force de 2 ou 3,000 hommes.
Le ler régiment de dragons a 96 hommes au camp et 306 à Versailles : formez le ler escadron au moins à 300 hommes. Le 3e à 97 hommes au camp et 260 à Versailles : formez-le également à 300 hommes. Le 4e, le 5e, le 9e, peuvent également compléter leurs escadrons à 300 hommes. Le 26e de chasseurs est dans le même cas.
Il faut compléter à 350 hommes les escadrons qui pourront l’être, de manière que les sept escadrons forment, au moins 2,400 chevaux. Il faut organiser ces sept escadrons en quatre régiments provisoires ; le ler composé du 26e de chasseurs, qui sera commandé par le major de ce régiment, et les trois autres, des six escadrons de dragons. Chaque régiment, sera commandé par un major; un général de brigade commandera deux régiments provisoires, et un général de division commandera les quatre régiments.
Proposez-moi le général de. division et les deux généraux de brigade qui devront commander ces régiments.
Mon Frère, ni moi, ni mon ministre, ne recevons de nouvelles de mon armée de Naples. Je n’en ai aucun état de situation. J’avais demandé qu’on me les envoyât tous les dix jours. Je n’ai point de détails de l’exécution de mes ordres pour Corfou. Je vous ai recommandé d’y envoyer 4,000 hommes. Ils peuvent être bloqués; 1,500 hommes ne sont pas suffisants.
Je vous prie de me faire connaître l’état des régiments que vous y avez envoyés, le nom des officiers d’état-major, du génie et d’artillerie; et que votre chef’ d’état-major corresponde longuement avec le ministre et lui envoie la situation de l’armée tous les cinq jours. Si cela continue ainsi, je serai obligé d’envoyer un chef d’état-major à Naples.
Vous ne m’avez pas envoyé le projet sur la comptabilité nationale; il est d’autant plus important de s’occuper de cette affaire que cela doit servir de débouché à un grand nombre de tribuns.
Mon Cousin, témoignez mon mécontentement au maréchal Brune de ce que les Espagnols et les Hollandais ne sont pas encore partis de son camp, quoique vous lui en ayez donné l’ordre depuis bien du temps.
Il faudra faire imprimer le journal du siège de Stralsund, lorsque la place sera prise ou sur le point de l’être.
Mon Fils, il y a, je crois, un ou deux régiments napolitains dans le royaume d’Italie. Faites-en passer la revue, et faites-moi connaître dans quelle situation ils se trouvent. Ces régiments seraient-ils dans le cas de faire campagne en Dalmatie ?
Paris, 21 août 1807
Le 13, le Danemark a déclaré la guerre à l’Angleterre. Expédiez un courrier à Toulon et Gènes pour que les bâtiments danois soient retenus dans ces ports, afin qu’ils ne tombent pas au pouvoir de l’Angleterre.
Paris, 21 août 1807, minuit.
Mon Fils, le Danemark a déclaré la guerre à l’Angleterre, le 13 de ce mois. Il est nécessaire que les bâtiments danois qui se trouvent à Livourne, à Venise et dans les autres ports de mon royaume d’Italie, y soient retenus. Prévenez de cela le roi de Naples.
Monsieur de Champagny, voici une lettre que je reçois par le courrier de Hambourg. Expédiez un courrier à Madrid pour communiquer la nouvelle qu’elle contient, et pour qu’on ne laisse partir aucun bâtiment danois des ports de l’Espagne. Ecrivez à M. Beauharnais de parler de cela au ministre de Russie, et de lui dire que, si l’escadre russe arrive à Cadix, l’ambassadeur russe fasse connaître à son amiral que mon opinion est qu’il reste à Cadix jusqu’à nouvel ordre, de peur que les Anglais ne s’emparent de son escadre et ne la gardent en otage.
Le courrier sera porteur d’une lettre de vous au préfet de Bordeaux, par laquelle vous le chargerez d’empêcher le départ d’aucun bâtiment danois.
A Alexandre, prince de Neuchâtel
Mon Cousin, vous ordonnerez au colonel Morio de garder les arrêts pendant quinze jours, pour avoir écrit sans ordre à mes intendants et leur avoir dit que je l’avais nommé ministre provisoire pour l’organisation du royaume de Westphalie. Vous lui ferez sentir les conséquences d’un pareil mensonge et combien je suis indulgent en me contentant de cette punition.
Paris, 22 août 1807
A M. de Ségur, Grand-Maître des Cérémonies
Le grand nombre de princes étrangers qui se trouvent dans ce moment à Paris rendant nécessaire de régler les rangs entre eux et les princes de nia famille, je juge convenable de vous faire connaître par la présente mes intentions.
Tous les membres de ma famille ne prendront rang autour de moi que selon leur rang de famille. Mes beaux-frères, ne recevant de leurs femmes aucun droit politique, n’ont aucun rang dans les cérémonies du trône, à moins qu’ils ne soient conseillers d’État, ministres, sénateurs, grands officiers de l’Empire ou grands dignitaires, auxquels cas ils prennent le rang de leur place, selon l’ordre de leur nomination, Dans mes palais ils prennent le rang de leur femme; bien entendu qu’ils cèdent le pas à tous les princes de mon sang. Ainsi mes neveux, ayant droit au trône, passeront constamment avant eux.
Aucun prince étranger, dans mes palais, ne passe avant mes frères, qui prennent rang, non-seulement chez moi mais partout, avant les grands-ducs et les autres princes de la Confédération. Ils ne cèdent même, chez moi, aux empereurs et aux rois que dans les circonstances, et lorsque cela est déterminé par une lettre close de moi.
Les grands dignitaires français sont traités comme princes. Ils passeront constamment dans mes palais avant tous les princes de la Confédération et les princes de tous les empires et royaumes étrangers. Ils pourront cependant céder le pas aux grands-ducs que nous aurons reconnus comme grands-ducs de la Confédération, lorsque nous l’aurons décidé par lettre close.
Le fauteuil est uniquement réservé pour l’Empereur et l’Impératrice; pour ce voyage seulement il sera accordé à la Reine de Naples; mais à l’avenir cette princesse sera traitée selon le rang qu’elle doit
Monsieur mon Frère, j’ai reçu les différentes lettres de Votre Majesté. La princesse est arrivée hier au soir, bien portante, et, quoiqu’elle soit venue extrêmement vite et qu’il fasse une excessive chaleur, elle a encore eu le courage de faire, après dîner, une promenade en calèche dans le jardin des Tuileries. Votre Majesté peut se reposer sur les sentiments que je lui porte. Je sens combien, dans ces moments et dans un pays qui lui est étranger, elle a besoin de retrouver les soins de l’amitié auxquels elle était si accoutumée à Stuttgart. Je souhaite que Votre Majesté se trouve bien de cette horrible chaleur. Elle est telle ici qu’il n’y en a pas eu une pareille depuis soixante ans. Pour moi, dont la mémoire ne date pas de si loin, je ne me souviens pas d’avoir jamais eu si chaud en France.
Monsieur de Champagny, écrivez à l’envoyé extraordinaire de Lucques que je suis surpris qu’il passe ici son temps à faire mettre son nom dans les journaux; que la princesse de Lucques l’a envoyé près de moi et ne l’a pas envoyé près des journaux de Paris. Cette conduite est à la fois inconvenante et indigne de son rang.
Paris, 24 août 1807
EXPOSE DE LA SITUATION DE L’EMPIRE
PRESENTE PAR LE MINISTRE DE L INTERIEUR LE 8 AOUT 1807
Le pain à Paris, sans être trop cher, est cependant plus cher que ne comporte le prix du blé; cela a des inconvénients. Prenez cet objet en considération, et voyez s’il n’y aurait pas moyen d’opérer quelque diminution, en laissant cependant assez gagner les boulangers.
Monsieur de Champagny, réitérez à mon ministre en Hollande la nécessité de faire terminer tout cela. Il faut que le décret sur le blocus soit exécuté en Hollande, s’ils ne veulent point s’attirer des marques de mon mécontentement.
Saint-Cloud, 24 août 1807
A . de Champagny
Monsieur de Champagny, je vous envoie différentes lettres du roi de Prusse. Vous vous ferez remettre sous les yeux tout ce que M. le prince de Bénévent a écrit, par mon ordre, au prince de Neufchâtel, au maréchal Soult et à l’intendant général. Vous entrerez en explication sur ces objets avec l’envoyé de Prusse, et vous lui ferez comprendre que je ne demande que l’exécution du traité; que, quant aux contributions, M. Daru a ordre de donner des facilités pour leur payement, mais que rien ne se paye, parce que le roi ne charge aucun agent de ses pouvoirs. Il vous sera facile de lui faire entendre qu’avant d’évacuer le territoire prussien il faut que toutes ces affaires aient été terminées.
A M. Regnier
Monsieur Regnier, donnez des ordres pour que, sur tous les points de l’empire où il aurait été décerné des contraintes contre les Anglais, ces contraintes reçoivent leur prompte et entière exécution et que les individus soient mis en prison sans qu’ils puissent en sortir. Rapportez votre décision du 18 ventôse et prescrivez que toute contrainte reçoive avant tout son exécution, sauf à l’autorité militaire à prendre les mesures convenables.
Votre Majesté m’a donné l’ordre de mettre la ville de Danzig en possession de toutes les propriétés qui vont être séquestrées. Je lis dans la lettre de Votre Majesté que ces propriétés doivent être vendues; je pense qu’il faut lire rendues… Renvoyé au prince de Neuchâtel. je ne sais pas ce que M. Daru veut dire. Bien loin de rendre les domaines pris à Danzig, mon intention est de les vendre au Trésor public.
Saint-Cloud, 25 août 1807
Mon fils, j’ai reçu vos lettres. J’ai vu avec plaisir les notes que vous m’envoyez sur les cardinaux et les autres prêtres italiens qui sont à Rome.
Donnez-moi des renseignements, si vous en avez, sur ce Schepeler ct sur ce Catinelli qui me paraissent être de forts mauvais sujets
A M. de Luçay
Je ne veux pas qu’on joue la Vestale.
Je pense qu’il est convenable de donner la Mort d’Adam, puisqu elle est prête.
A M. de Caulaincourt, Grand-Ecuyer
Donnez ordre à, M. de Montesquiou de se rendre chez M. de Champagny et d’y prendre des dépêches et l’argent nécessaire pour aller à Saint-Pétersbourg. Il séjournera, dans cette ville une quinzaine de jours, et, tant là qu’à Riga, il s’instruira de la situation des affaires, des lieux où se trouvent les troupes, etc. M. de Montesquiou passera par Danzig et sera porteur de lettres au général Rapp et au maréchal Soult
Je vous envoie un état des billets gratis et des billets payants de l’Opéra pendant le mois dernier; cela me paraît énorme. Faites-moi connaître le prix des différentes places. Ne pourrait-on pas les mettre au-dessous du prix des autres spectacles, et par là supprimer les billets gratis ?
Monsieur de Champagny, je vous renvoie votre portefeuille d’hier. Faites mettre dans les journaux des extraits des nouvelles de Buenos-Ayres.
Comme les courses de Saint-Pétersbourg sont très-longues, peut- être serait-il préférable d’expédier un officier d’ordonnance que d’y envoyer un courrier, parce que cet officier pourra en même temps faire des observations en allant et venant. Vous pouvez faire partir l’officier d’ordonnance Montesquiou. Vous écrirez en chiffre au général Savary que je serai sans doute flatté de voir l’empereur Alexandre à Paris, mais que, cependant, il ne faut point le presser là-dessus. Vous lui direz que, dans sa lettre du 6 août, il n’y a pas assez de détails, surtout de ceux qui fassent connaître la cour, l’opinion, la situation de l’armée, les pertes faites, etc. Dites-lui que vous avez écrit, par mon ordre, à Madrid, dès que l’on a appris les affaires de Copenhague, pour donner le conseil que la flotte russe séjournât à Cadix. Vous enverrez au général Savary les journaux des huit derniers jours.
Écrivez à M. de Beauharnais pour qu’il demande le changement du ministre d’Espagne à Saint-Pétersbourg, M. de Noronha; faire comprendre qu’on pourrait envoyer à sa place le ministre d’Espagne à Berlin, qui est tout à fait inutile dans cette résidence, et qu’il serait nécessaire qu’on lui donnât les moyens de faire une assez forte dépense.
Vous ferez ouvrir au général Savary un crédit illimité sur Saint-Pétersbourg par la maison Perregaux.
Au maréchal Soult
J’ai reçu votre lettre du 9. Je suis bien aise que mes ordres soient arrivés à temps, et que mes troupes n’aient point évacué Elbing, Marienburg et Marienwerder; car elles sont mieux placées là qu’à Neuenburg, Mewe et à la rive gauche de la Vistule.
Je suppose qu’à l’heure qu’il est le territoire de Danzig est marqué Vous savez que M. de Schulenburg n’a point accepté la Commission du roi de Prusse, et qu’il veut être sujet du roi de Westphalie Mais le roi de Prusse a, depuis, pourvu à son remplacement, et la Commission négocie avec M. Daru.
Les Prussiens ont élevé la ridicule prétention que la partie de la Pologne qui avait été réunie pour l’administration à la Silésie devait leur rester. Cela est trop absurde pour avoir besoin de réfutation.
Je viens de donner ordre qu’on paye un mois de solde à toute l’armée.
Mon Cousin, je reçois vos lettres des 14 et 15 août. Vous me proposez de donner des capotes aux troupes du général Zajonchek. Ces troupes doivent être habillées, soldées et nourries par la Pologne; cela ne doit me regarder d’aucune manière. Mes magasins doivent servir à mes soldats.
Dans une de vos lettres vous me dites que les créances du roi de Prusse dans le duché de Varsovie se montent à cinquante millions, mais que, en en déduisant l’argent prêté par les collèges des Pupilles et les dépôts civils, cette somme diminuera de beaucoup – mais, par le traité, le roi de Prusse doit restituer toutes ces sommes.
Il faut vous immiscer le moins possible dans les détails des troupes polonaises. Il faut leur faire sentir toute l’importance de vivre unis.
J’ai vu, dans la lettre que vous écrit le prince Poniatowski, qu’il demande si le général Zajonchek est au service de Pologne : il faut lui répondre que oui; le général Dombrowski et lui n’ont plus rien de commun avec le service de France.
La légion du Nord se rend à Varsovie et fait partie des troupes polonaises. Les lanciers polonais et la légion polacco-italienne ayant demandé à rentrer au service de France, je ne vois pas d’inconvénient à la prendre, et elle évacuera la Silésie en même temps que les troupes françaises.
Au général Savary
Monsieur le Général Savary, j’ai reçu votre lettre du 6 et vos notes. J’ai vu avec plaisir les bons sentiments de l’empereur Alexandre. Vous trouverez ci-joint une lettre que vous remettrez à ce prince.
Nous avons célébré à Paris le mariage du roi de Westphalie, ce qui m’a fait rester quatre ou cinq jours à Paris, où la chaleur a été excessive. Me voilà de retour à Saint-Cloud. J’ai chargé M. de Champagny de vous écrire en détail.
On ne manquera pas de vous parler de la princesse : elle est bonne, d’une figure assez agréable et fort bien élevée; des Prussiens : ils continuent à ne savoir ce qu’ils font; il est faux qu’on leur ait imposé aucune contribution nouvelle; mais, par la convention passée à Königsberg avec le maréchal Kalkreuth, toutes les contributions doivent être payées avant l’évacuation, celles seulement dont le pays aurait eu connaissance avant la paix. J’ai, au reste, donné des facilités pour leur payement; mais ce sont des gens qui se plaignent toujours et ne savent prendre aucun parti.
Paris, 25 août 1807
A l’empereur de Russie
Monsieur mon Frère, je m’empresse de faire part à Votre Majesté du mariage de mon très-cher frère Jérôme Napoléon avec la princesse Catherine de Wurtemberg, célébré le 22 de ce mois, dans mon château impérial des Tuileries. Cette union m’est d’autant plus agréable qu’elle établit entre Votre Majesté et mon frère des liens de parenté auxquels nous attachons le plus grand prix. Je saisis, avec un véritable plaisir, cette occasion pour exprimer à Votre Majesté ma satisfaction des rapports d’amitié et de confiance qui viennent d’être établis entre nous, et l’assurer que je n’omettrai rien pour les cimenter et les consolider. Je compte sur la plus parfaite réciprocité de sentiments de la part de Votre Majesté. Je la prie d’être bien persuadée de la sincère amitié avec laquelle je suis, Monsieur mon Frère, de Votre Majesté le bon frère.
Monsieur Daru, je reçois votre lettre du 18 août, par laquelle je vois qu’il y a à Magdeburg et dans le royaume de Westphalie une grande quantité de sel, et qu’il est nécessaire d’en fournir tant aux pays de la Westphalie qu’aux pays qui rentrent à la Prusse. Voici ma décision : vendez le plus de sel que vous pourrez pour le profit de mon trésor, mais ne le faites pas d’une manière désastreuse pour le royaume de Westphalie. Ainsi, quand vous devriez le vendre à deux pour cent meilleur marché vendez tout le sel qui sera nécessaire pour l’approvisionnement de Berlin et de la Silésie. Mon intention n’est pas de préférer l’avantage du roi de Westphalie au mien, mais je ne veux pas faire tort au roi de Westphalie pour remplir mes coffres. Vous comprenez cela parfaitement.
J’approuve que vous envoyiez à Paris non-seulement les quarante-deux millions de lettres de change payables dans cette ville, mais encore celles qui sont payables à Hambourg, Amsterdam et Francfort.
A M. Régnier
Je vous envoie une note sur le président de la cour d’appel de Turin. Faire appeler M. Botton et lui demander les resnseignements nécessaires et si cette lettre dont il est question existe.
Monsieur Daru, j’ai envoyé à Cassel une régence composée de trois conseillers d’Etat, MM. Siméon, Beugnôt et Jollivet. Je les ai chargés spécialement de faire rentrer toutes les contributions qui me sont dues. Écrivez-leur là-dessus. Cette régence doit gouverner toutes les provinces qui composent le royaume de Westphalie.
Vous savez que la Nouvelle-Marche appartient, partie à la Prusse, partie à la Westphalie. Faites donc une répartition des contributions entre ces deux provinces, afin que l’on sache ce que doit payer la
partie qui est sur la rive gauche.
Vous me proposez de vendre les magasins de Küstrin. Voici ma réponse : ces magasins sont de 90,000 quintaux; ils doivent se trouver encore augmentés de ce qui viendra de Breslau, de Glogau et des autres parties de la Silésie; si l’on peut les vendre leur valeur et trouver à acheter du côté de Magdeburg, il n’y a pas d’inconvénient à vendre; mais il ne faut le faire que quand mes troupes évacueront Küstrin; car, si je n’évacuais pas 1cette place, je préférerais y avoir des approvisionnements à avoir de l’argent. Quant à Magdeburg, je ne saurais y avoir trop de denrées, parce que j’y laisserai beaucoup de troupes. Les locaux ne doivent point manquer, car les Prussiens avaient l’habitude d’avoir de grands magasins. Dans tous les cas, votre règle doit être l’état de la récolte de cette année; si la récolte est aussi belle qu’en France, il ne doit y avoir d’embarras pour rien.
Saint-Cloud, 26 août 1807
Monsieur mon Frère, je remercie Votre Majesté des sentiments qu’elle m’exprime dans sa lettre du 23 juillet.
Elle sera instruite des affaires de Danemark. Aussitôt que je les ai apprises, j’ai fait expédier un courrier à Madrid pour faire connaître ces événements à l’ambassadeur de Votre Majesté, et pour l’engager à conseiller à son amiral, lorsqu’il passera à Cadix, d’y rester avec son escadre et d’attendre là l’issue des événements. J’espère que Votre Majesté verra dans ce conseil mon désir d’être agréable à son service.
Je suis impatient d’apprendre ce que Votre Majesté compte faire pour secourir le Danemark et forcer le roi de Suède à faire cause commune avec lui, comme il y est tenu par son plus vrai intérêt, l’indépendance de la Baltique.
Dans tous les cas, Votre Majesté peut compter sur moi. J’ai une armée réunie à Hambourg. J’attends avec impatience des nouvelles de Votre Majesté sur ces événements, priant Dieu qu’il la veuille avoir, Monsieur mon Frère, en sa sainte et digne garde.
Les Anglais ont débarqué le 16 devant Copenhague. Ils bombardent cette ville. Je suis dans l’opinion que la Russie doit faire marcher une armée contre la Suède pour l’obliger à faire cause commune avec le Danemark. L’empereur n’a qu’à me dire là-dessus ce qu’il désire, et je ferai ce qui sera nécessaire; j’ai une armée assez considérable à Hambourg.
Je pense également que, si les Anglais continuent ainsi, il faut leur fermer tous les ports de l’Europe, même ceux de l’Autriche, faire chasser du continent tous les ministres anglais et même faire arrêter les individus. Si l’empereur est de cet avis, nous ferons ensemble une déclaration à l’Autriche, qui sera bien obligée de s’y conformer.
Vous profiterez de cette ouverture selon la position des affaires où vous êtes.
Monsieur de Champagny, vous pouvez faire connaître, mais légèrement, au ministre de Saxe, qu’il est assez inutile que le roi de Saxe charge ses finances de tous les employés prussiens qui étaient dans le duché de Varsovie, qui, pour la plupart, se sont mal conduits, et qui, d’ailleurs, trouveront des ressources en Prusse.
Monsieur de Champagny, il n’y a pas de doute que la dépense de la fête qu’a donnée M. Bourgoing doit lui être remboursée, Vous ferez connaître à ce ministre qu’il doit presser le roi de Saxe de se rendre le plus tôt possible à Varsovie pour y organiser tout et y faire régner le bon ordre.
Vous me ferez un rapport sur la lettre de la chambre de Wetzlar, et sur ce que je puis faire pour elle.
Vous ne manquerez pas de faire connaître par extrait au maréchal Soult ce qu’il doit réclamer des états prussiens, en l’invitant à tirer des mémoires de M. Daru.
Faites-moi un rapport sur la lettre du Landamman, que je n’ai pas ouverte, et faites finir cela.
Je désire que les pièces relatives à la Gazette de Barcelone soient mises dans le Moniteur.
Saint-Cloud, 27 août 1807
NOTES POUR LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR
Vous voudrez bien prendre vos mesures de manière que demain, à midi, le marché se tienne au marché des Jacobins, de sorte qu’après-demain il n’y ait plus de marchands d’herbages dans la rue Saint-Honoré et rues adjacentes.
S’occuper de la bibliothèque impériale, d’abord pour l’organiser. Il faut un chef en tout. Ce chef sera mon bibliothécaire à moi. Il emportera à la bibliothèque les livres nouveaux qu’il m’aura mis sous les yeux. Et ensuite cela m’évitera bibliothèque sur bibliothèque.
Avoir soin qu’on ne dilapide point la bibliothèque du Tribunat.
Il faudrait pour les bibliothèques une forte administration, un homme d’administration qui eût sous ses ordres le nombre d’hommes convenable. Faire connaître ce qu’il faut pour la mettre à jour. J’ai donné, il y a un an, 200,000 francs.
Donner le droit de faire revenir des autres bibliothèques ce qui manque à la Bibliothèque impériale, et envoyer à celles-ci les doubles inutiles.
Enfin, distinguer les médailles et les gravures, qui n’ont rien commun avec la bibliothèque, pas plus que les statues et les tableaux.
Préparer le travail pour les archives. Mon intention est de les mettre toutes au Louvre. J’ai fait connaître le local à l’architecte. Le réunir; faire un rapport général; débarrasser le palais législatif. Quand passent les papiers aux archives ?
Monsieur Mollien, mes premiers calculs me conduisent au résultat porté dans l’état ci-joint. Pour couvrir le déficit de cent treize millions, il n’y a que le restant en caisse; mais il faut le dépouiller avec habileté, afin de ne rien comprendre de ce qui serait une perception par anticipation, comme les obligations.
Il ne faut pas comprendre les trente-six millions des bons de la caisse d’amortissement qui appartiennent à l’an XII et années antérieures. Quant à ces exercices, ils ont trente-huit millions en recettes et trente-huit millions en dépenses; c’est pourquoi l’on n’en parle pas.
On a porté cinquante-deux millions à recouvrer, en conséquence du travail d’aujourd’hui, c’est-à-dire :
2,000,000 de récépissés d’acquéreurs de biens nationaux;
10,000,000 de création de nouveaux boas;
6,000,000 de régularisations;
et 24,000,000 d’anciens bons de la caisse d’amortissement
Il me semble que cette manière de présenter les états répond à toutes les questions, qu’il n’y a pas de double emploi, et qu’il ne s’agit plus que de mettre les chiffres exactement. Pour avoir une manière
conforme aux écritures du trésor, il convient de porter peut-être les régularisations comme des recettes à faire.
Comme je suppose qu’on doit avoir au moins cent cinquante millions en caisse, je me trouverai avoir quarante-cinq à cinquante millions de profit.
Par cette manière de faire les écritures, le ministre peut porter de nouveaux soins à l’an XIV et à l’an 1806. Tout l’arriéré, quoi qu’il arrive, ne peut influer en rien, puisqu’on lui donne son lot en bons et en régularisations, avec lesquels il doit se contenter.
MONTANT DU BUDGET BESOINS. OBSERVATIONS.
PAYÉ AVANT
le ler juillet 1807 RESTANT A PAYER
An XIII…. 714,000,000
1806… 894,000,000
1807… 720,000,000Totaux… 2,328,000,000 688,000,000
267,000,0001,772,000,000 26,000,000
453,000,000556,000,000
An XIII …. »
1806… 65,000,000
1807… 310,000,000 »
11,000,000 »
20,000,000 Les états du ministre du trésor ne sont pas exacts. Dans l’un il est porté 61,000,000, dans l’autre 65,000,000. Il y a là des choses à rectifier.
Total des besoins : 590,000,000
MONTANT DU BUDGET MOYENS OBSERVATIONS
RENTRÉ AU TRÉSOR RESTE A RENTRER
1807… 720,000,000Totaux : 2,238,000,000 662,000,000
340,000,0001,772,000,000 52,000,000
458,000,000556,000,000
Moyens des Fonds Spéciaux
1806…..69,000,000
1807… 31,000,000 69,000,000
21,000,000 »
Total des moyens : 468,000,000
Les besoins sont de ………… 590,000,000
Les moyens sont de ….468,000,000
Déficit : 122,000
Saint-Cloud, 28 août 1807
Faites-moi un rapport qui me fasse connaître qu#elle est la quantité de cautionnement que nous avons, quel est l’intérêt fixe, et me proposer une loi pour fixer tous les intérêts à 4%
Monsieur Mollien, je vois dans votre compte, à la page 43, que j’avais mis un million en bons de la caisse d’amortissement pour solde arriérée de la guerre, et que 426,000 francs seuls ont été mis à la disposition du ministre, lesquels 426,000 francs n’étaient pas encore ordonnancés.
Je vois dans le livret d’août, à l’article des dépenses faites pour l’exercice an VIII et années antérieures pendant le mois de juillet, que vous avez dépensé 3,000 francs en argent. Comment cela est-il possible, puisque depuis longtemps vous ne devez pas dépenser d’argent pour ces exercices ?
Je vois que vous avez payé cinq millions pour l’exercice an XII et années antérieures. Je ne comprends pas davantage cela, puisque cet exercice doit être soldé en bons de la caisse d’amortissement.
Saint-Cloud, 28 août 1807 (Cette pièce, qui se trouve, parmi les minutes, est placée dans une feuille de papier sur laquelle on lit : En suspens – Saint-Cloud, 28 août 1807; – puis au crayon : Russie. Projet de lettre.)
Monsieur mon Frère, j’ai écrit, il y a peu de jours, à Votre Majesté sur les affaires de Copenhague. Dans ce moment, je reçois des lettres du 21 août qui m’apprennent que cette ville est assiégée en règle. Je ressens une grande indignation de cet horrible attentat, et j’éprouve un grand désir d’en faire repentir le gouvernement anglais. Il me semble que ce qu’il y aurait à faire serait d’abord de forcer la Suède à se déclarer contre l’Angleterre, ensuite d’obliger l’Autriche à chasser le ministre anglais de Vienne et à fermer le port de Trieste à l’Angleterre. Si Votre Majesté partage ces sentiments, il ne s’agira que d’envoyer des instructions à son ministre à Vienne, et alors nos deux ambassadeurs demanderont de concert une conférence au ministre des: affaires étrangères d’Autriche, et s’efforceront de lui persuader que l’intérêt de toutes les puissances est de n’avoir aucune communication avec une puissance qui foule aux pieds ce qu’il y a de plus sacré parmi les hommes. Si, après quelques conférences, la cour de Vienne reste récalcitrante, ils déclareront qu’ils ont ordre de quitter Vienne, si, dans un terme fixé, le ministre d’Angleterre n’a lui-même quitté cette résidence. Je suppose que l’Autriche ne s’exposera pas à une guerre combinée de nos deux Etats; si elle le faisait, elle aurait bientôt lieu de s’en repentir.
Quant à la Suède, je ne puis concevoir que le souverain actuel puisse être indifférent à ce qui se passe à Copenhague. On n’en peut trouver l’explication que dans le caractère de ce prince. Dans tous les cas, il est difficile qu’il reste neutre. S’il fait cause commune avec les Anglais, il me semble que Votre Majesté m’a dit que ses traités l’obligeaient à secourir le Danemark. Pour moi, je lui donnerai tout secours, et l’armée que cette puissance a en Norvège pourrait l’aire une diversion à l’attaque que Votre Majesté ferait contre la Suède.
Monsieur de Champagny, il est convenable que vous remettiez à M. de Metternich une note conçue à peu près en ces termes :
“La guerre qui avait éclaté sur le continent étant terminée, et les affaires du continent étant arrangées, Sa Majesté, qui désire pouvoir désarmer et se livrer avec sécurité à tous les biens de la paix, ne peut le faire cependant que lorsqu’il n’y aura plus aucun sujet de craindre que cette paix puisse être troublée. La reconnaissance des rois de Naples, de Hollande et de Westphalie, déjà reconnus par les autres puissances, est une question d’une telle importance que, si l’empereur d’Autriche ne s’expliquait pas autrement là-dessus, Sa Majesté ne pourrait se considérer que dans une position douteuse envers cette cour, et dès lors ne pourrait point regarder la comme assurée. Le soussigné est donc chargé de demander la reconnaissance de ces trois princes, ainsi que les ont reconnus la Russie et la Prusse. S. M. l’empereur d’Autriche avait fait connaître qu’elle qu’il reconnaîtrait le roi de Naples dès que quelque autre puissance l’aurait reconnu, et il avait témoigné le désir de n’être point le premier à le aire. Il ne peut plus y avoir de difficulté aujourd’hui que l’Espagne, la Prusse et la Russie l’ont reconnu.”
Cette note, demande à être rédigée avec plus de détails et avec le soin possible. Vous en enverrez la copie au général Andréossy pour qu’il négocie cette affaire. Vous lui ferez sentir qu’il m’est difficile d’abandonner les provinces limitrophes d’Autriche, si tout n’est pas fait.
Monsieur de Champagny, je vous renvoie votre portefeuille. Vous répondrez à mon consul à Cagliari que, s’il ne reçoit point de satisfaction sur l’affaire des quatre bâtiments français, il ait à quitter Cagliari et à se rendre en France.
Saint-Cloud, 29 août 1807
Monsieur de Champagny, faites-moi un projet de réponse à la lettre du due de Saxe-Cobourg. Répondez à la lettre de la régente de Bayreuth.
Assurez M. de Dreyer qu’aussitôt que le Danemark m’aura fait connaître en détail sa position politique et militaire, je m’empresserai de lui fournir tous les secours dont il aura besoin, mais que je conserve l’espoir que Copenhague résistera. Une ville populeuse et fortifiée ne sera pas prise en deux mois de temps, et les glaces donneront les moyens de la secourir.
Saint-Cloud, 30 août 1807
Monsieur de Champagny, vous témoignerez mon mécontentement à M. de Beauharnais de ce que, le jour de ma fête, il a porté la santé de l’empereur de Russie, lorsque son devoir était de porter celle du roi d’Espagne. Vous ajouterez que le nom de l’empereur de Russie n’avait rien à faire dans cette circonstance en Espagne; qu’il y a dans cette conduite de la jeunesse et de l’enivrement; que nous n’avons, d’ailleurs, aucune raison de chercher à augmenter le crédit des Russes en Espagne; que vous ne pouvez donc que lui témoigner votre mécontentement sur cette inadvertance.
Je vois dans votre compte que les canaux affermés n’ont rendu que 194,000 francs dans le courant de l’année : cela me paraît fort extraordinaire. Celui du Loiret seul aurait dû rendre 500,000 francs. Je vois que les dix pour cent sur l’octroi n’ont rendu que quatre millions; ils auraient dû en rendre six.
Mon Cousin, donnez l’ordre au 5e régiment d’infanterie légère et au 19e de ligne, qui sont à Stralsund, de partir sans délai pour Hambourg, où ils feront partie de la division Dupas. Donnez l’ordre au régiment des troupes de Paris, qui est à Hambourg, de se diriger sur Paris. Par ce moyen, la division du général Dupas sera composée des 4e et 5e régiments d’infanterie légère et des 15e, 58e et 19e de ligne.
Donnez ordre au bataillon des marins de la Garde, lorsqu’il ne sera plus nécessaire à Stralsund, de se rendre à Hambourg.
Donnez ordre au maréchal Mortier de ne pas évacuer un pouce de la Silésie avant qu’il en reçoive l’ordre signé de moi ; et de ne point s’en référer à la convention passée avec le maréchal Kalkreuth.
Faites-lui connaître que j’ai vu avec peine qu’il ait permis qu’on célébrât la fête du roi de Prusse, ce qu’on n’a pas fait à Berlin, et ce qu’il était très-inutile de laisser faire en Silésie.
Recommandez-lui de maintenir une bonne discipline, de bien faire nourrir les troupes et de faire payer toutes les contributions.
A M. aru
Monsieur Daru, je reçois votre lettre du 22 août. Les prétentions des Prussiens sont aussi plates que ridicules. Ils ne savent donc pas lire, puisqu’ils demandent l’artillerie de la place de Custrin. Vous pouvez les assurer que M, de Knobelsdorf n’a rien obtenu et n’obtiendra rien et s’ils veulent voir évacuer leur pays, ils se dépêcheront de payer.
Saint-Cloud, 31 août 1807
Monsieur de Champagny, écrivez à M. Alquier qu’il doit avoir vu par vos dépêches que je me refusais à recevoir M. Litta; que sa dernière lettre, du 19 août, me fait connaître encore davantage combien peu on doit se fier à la cour de Rome, puisque sa pensée n’est pas de donner des pouvoirs entiers à son envoyé pour terminer les objets en litige, et que mon intention, cependant, est d’en finir d’une manière ou d’autre avec la cour de Rome; que ces discussions sont de deux natures : 1° le temporel : l’Empereur se fera raison par les armes; 2° les affaires spirituelles : comme roi d’Italie et protecteur de la Confédération du Rhin, l’Empereur en appellera à un concile contre l’ineptie et la mauvaise foi de la cour de Rome et pour arranger les affaires d’Italie et d’Allemagne. Quant aux affaires spirituelles de France, elles ne donnent lieu à aucune discussion avec la cour de Rome. Si dans la cour de Rome on ne prend pas de moyen d’accommodement, et si l’on n’envoie pas au légat des pleins pouvoirs pour tout terminer, mon intention bien positive est de me faire droit moi-même. Vous réitérerez à M. Alquier que, sa présence étant inutile à Rome, il peut y laisser un chargé d’affaires et s’en revenir tout doucement à Paris.
Au maréchal Victor, gouverneur général de Berlin
Je reçois vos lettres du 22 août. Les régiments provisoires ne doivent être dissous qu’au fur et à mesure que les corps passent l’Oder et l’Elbe. A mesure seulement que les corps passent ces fleuves, les hommes qui leur appartiennent, et qui font partie des bataillons de Küstrin, Stettin, Magdebourg, Spandau, Wittenberg et Glogau, doivent les rejoindre. Ainsi tout ce qui fait partie du Ier corps et de la division Dupas doit déjà les avoir rejoints.

References: ART. 2

ART. 3

ART. 4

ART. 5

ART. 6

ART. 7

ART. 8

ART. 9

ART. 10

ART. 11

ART. 12

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ART. 7