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⭐Germano Dottori. Nato Fellowship Program
Germano Dottori. Nato Fellowship Program
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1 Germano Dottori Nato Fellowship Program Organisations Non-Gouvernementales et Forces Armées Problèmes et prospectives de coordination des opérations de maintien de la paix et d'aide humanitaire à l'étranger Germano Dottori2 ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES ET FORCES ARMÉES: PROBLEMES ET PROSPECTIVES DE COORDINATION DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX ET D AIDE HUMANITAIRE A L ETRANGER Préliminaires et remerciements La multiplication des situations de crise au cours desquelles les organisations internationales de bénévoles civils sont amenées à agir aux côtés des Forces Armée, n a mis en évidence que tout récemment la gamme complexe des problèmes relatifs à leurs rapports réciproques lors du déroulement des missions respectives. Cet état de fait explique pourquoi la bibliographie traitant ce sujet n est qu approximative, voire nulle. Il est cependant aisé d obtenir de la documentation de source gouvernementale - publiée, par exemple, par le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la Défense ou rédigées en collaboration avec les autoritées militaires - traitant des problèmes de l Aide au Développement et des actions accomplies par les Forces Armées lors d interventions à l étranger. De même, il n est pas difficile d avoir accès aux publications des Organisations Non Gouvernementales ( ONG ) qui traitent des aspects techniques et politiques relatifs à l engagement des bénévoles civils italiens et étrangers dans l aide humanitaire en situation d urgence. Ce qui manquent véritablement, sont les ouvrages traitant de la problématique des rapports entre ONG et unités militaires. C est pour cette raison que, pour l élaboration de la recherche en question, l acquisition d informations par voie directe, c est à dire par la réalisation d entretiens avec les principaux acteurs du secteur concerné, a revêtue une importance toute particulière. Des contacts ont été établis et développés dans trois directions: a) le Ministère des Affaires Etrangères ( MAE ) b) le Ministère de la Défense ( MD ) c) les ONG italiennes qui ont opéré dans les différents pays où le Gouvernement Italien a également envoyé ses Forces Armées.3 Par contre, il n a pas été établi de contacts ni avec des ONG étrangères ni avec des officiers ou des fonctionnaires des Forces Armées non italiennes. Le but était en effet de circonscrire l analyse aux seules opérations au cours desquelles l Italie a été représentée à la fois par ses propres ONG et par ses propres Forces Armées. Une exception - tout du moins partielle - a été cependant consentie en ce qui concerne les deux interventions militaires voulues par le Gouvernement italien au Liban ( ) et au Kurdistan (1991), dans la mesure où un des objectifs de cette recherche était d évaluer la capacité des Forces Armées à mettre en place des opérations de secours humanitaire d urgence. En outre, l expérience réalisée à Beyrouth par le contingent italien représente un exemple non négligeable pour d autres raisons. C est à l occasion de cette mission, en effet, que les opérations d humanitarian relief ont été insérées de manière systématique dans la doctrine et les usages italiens du peace-keeping. Par conséquent, les études de cas examinées ont été celles du Liban ( ), du Kurdistan (1991), de l Albanie ( ), de la Somalie ( ), du Mozambique ( ) et de la Bosnie-Ex Yougoslavie ( ). Par contre, il n est pas apparu opportun d étudier les situations au cours desquelles les ONG italiennes étaient présentes sur le théâtre d opérations menées exclusivement par des Forces Armée différentes de celles italiennes. La sélection des interlocuteurs a été <<réfléchie>>. En ce qui concerne le MAE, des fonctionnaires de la Direction Générale pour la Coopération au Développement, ainsi que du personel diplomatique ayant déja pris part à des actions<<sur le terrain>> ont été contactés. Nous tenons à remercier, à l occasion, pour leur collaboration: le Ministre Augelli (Plénipotentiaire du Gouvernement italien à Mogadiscio, disparu prématurément avant que cette recherche n'ait pu être achevée), le Conseiller Benassi ( MAE-DGCS-XV Bureau), le Dr. Cavalcaselle (MAE-DGCS-XI Bureau), le Dr. Corti (ayant été membre de l'équipe de M. Akashi en Bosnie et actuellement collaborateur de la base DGCS de Split), le Dr. Gentile (MAE-DGCS-XV Bureau), Mme Martilotti (MAE-DGCS-XIV Bureau), le Dr. Miozzo (MAE-DGCS-XIV Bureau) et Mme Onofri (MAE-DGCS-XV Bureau). Il est bien entendu que l auteur reste seul responsable de ce qui sera développé au cours de l'exposé qui suivra.4 En ce qui concerne le MD, au contraire, les commandants des principaux contingents militaires italiens engagés à l étranger ont été contactés, ainsi que des officiers d Etat-Major qui, de par leur position occupée à Rome ou dans les contingents cités ci-dessus, ont été confrontés aux exigences expresses des ONG. Nous voudrions remercier toute particulièrement les Généraux Angioni (Secrétaire Général de la Défense, commandant du contingent italien au Liban), Buscemi (Conseiller Militaire du Président du Conseil des Ministres et ancien commandant du contingent italien au Kurdistan), Ciacci et Quintana (commandants du contingent italien en Albanie), le Colonel Cantone (vice-commandant des unités parachutistes de la <<Folgore>> en Somalie), le Lieutenant-Colonel Graziano (commandant du Bataillon alpini <<Susa>> au Mozambique), ainsi que les responsables des Bureaux Planifications et Opérations des Etats-Majors de l Armée et de l Aéronautique Militaire Italienne. Une mention spéciale mérite d être réservée au Général Cucchi, Directeur du CeMiSS (Centre Militaire d'etudes Stratégiques), ainsi qu au Colonel Ruggieri, responsable de l unité UDAP de l Armée, pour leur collaboration lors de la préparation des entretiens. Dans ce cas également, la responsabilité des affirmations contenues dans le présent exposé incombe uniquement à son auteur. Passons ensuite à la diversité du microcosme des ONG. Les ONG italiennes sont regroupées en fédérations et peuvent être divisées en ONG <<d urgence>> et en ONG <<de développement>>, selon le type d actions entreprises. Afin de tenir compte de ces spécificités, nous avons décidé de prendre contact avec chacun de ces différents types. Ainsi, nous nous sommes entretenus avec des fonctionnaires: de la Focsiv (Fédération des Organismes Chrétiens de Service International de Volontariat), qui regroupe 52 ONG d inspiration catholique; du Cipsi, qui regroupe 27 autres ONG catholiques; du Cisp et du Vis (Volontariat International pour le Développement) et du Cis (Consortium Italien de Solidarité). Nous aimerions remercier, en particulier, Mme De Luca, responsable du Service de Presse de la Focsiv; le Dr. Dieci, du Cisp; le Dr. Teo Donno, Responsable du Service de Presse du Cipsi; le Dr. Raimondi du Vis; ainsi que Nadan Petrovic du Cis. Nous tenons à remercier également le Service de Presse du Cocis - une fédération regroupant 22 ONG d'inspiration laïque - pour la documentation fournie. Pour finir, nous avons recherché le témoignage de représentants du monde de l information et de la recherche. A ce sujet, nos remerciements vont à Mr. Mencacci,5 ancien correspondant de l ANSA en Somalie, ainsi qu à Mme Vanna Ianni, auteur de diverses publications sur l aide italienne au développement. Pour finir, nous tenons à remercier Mme Laurence Stoll, à qui revient le mérite d'avoir rendue la version française de cette recherche plus fluide et élégante de celle originale. Comme précédemment indiqué, à l auteur de l exposé seul revient la responsabilité des affirmations qui seront développées plus avant et ceci independamment de la reconnaissance évidente pour les informations obtenues et la collaboration apportée.6 Index 1. Politique de sécurité nationale, politique étrangère, politique de défense et politique de coopération au développement. 2. La politique italienne d aide au développement 2.1. Les acteurs de la politique de coopération: le MAE et les ONG italiennes 2.2. Méthodologie de financement et aspects législatifs de la distribution des fonds et de ses contrôles Sources de financement des ONG 2.4. Entité et distribution temporelle et géopolitique des aides publiques au développement La distribution géopolitique de l'activité des ONG italiennes 2.6. La gestion des aides d'urgence 3. L engagement à des fins humanitaires des Forces Armées italiennes à l étranger 3.1. Distribution temporelle et géopolitique des principales interventions humanitaires effectuées par les Forces Armées italiennes à l'étranger. Typologie des interventions et données quantitatives Coûts des missions et modalités de leur financement7 3.3 L humanitarian relief dans la doctrine et la pratique italiennes du peacekeeping: Quand et pourquoi déléguer des tâches aux militaires. Le point de vue des Forces Armées italiennes. 4. Les rapports entre ONG italiennes et Forces Armée italiennes sur les théâtres de crises. Etudes de cas La position des Fédérations quant à l opportunité politique et économique et à l efficacité technique des interventions humanitaires menées par les ONG et les Forces Armées Les rapports entre Forces Armées, agences humanitaires et ONG nationales. Sur le terrain: les études de cas Le Kurdistan L Albanie La Somalie Le Mozambique La Bosnie et l'ex-yougoslavie 5. Conclusions et propositions pour une meilleure coordination entre Forces Armées et ONG sur les théâtres de crises.8 Germano Dottori ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES ET FORCES ARMÉES: PROBLEMES ET PROSPECTIVES DE COORDINATION DES OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX ET D AIDE HUMANITAIRE A L ETRANGER 1. Politique de sécurité nationale, politique d aide au développement et politique étrangère. La politique de sécurité nationale, la politique étrangère, la politique de défense et la politique d aide au développement sont des champs d activités intimement liés entre eux. C est en effet au sein de la politique nationale de sécurité, que les facteurs à risques, les menaces et les opportunités stratégiques importantes pour la survie de l Etat et pour le développement de son système économique, se doivent d être indentifiés. Il incombe ensuite à la diplomatie nationale de définir et de concrétiser le champ complessif de politique étrangère à l intérieur duquel - de par le choix d alliances bilatérales et multilatérales - il sera possible d'affronter les menaces, de contenir les risques et de mettre à profit les opportunités. Dans des situations extrêmes, lorsqu il n existent pas d autres moyens de maintenir et de protéger les intérêts nationaux, les exigences de la sécurité nationale peuvent imposer l utilisation effective ou potentielle de la force militaire. Par conséquent, la politique de Défense est un instrument de la politique de sécurité nationale complémentaire de la politique étrangère et son importance est proportionnelle au degré de militarisation des relations internationales. Ainsi, la politique d aide au développement peut être considérée comme étant une composante essentielle de la politique étrangère de l Etat; et de fait, elle est un instrument pour la concrétisation des intérêts de la politique de sécurité nationale. Cependant, il s agit d un instrument particulier, dans la mesure où, en effet, l aide au développement s exprime en termes d initiatives et d activités à caractère humanitaire qui peuvent aussi être lancées indépendamment d une analyse objective9 des intérêts nationaux, par exemple en vue de la satisfaction d exigences philantropiques ressenties par l opinion publique. En outre, la politique de coopération, dans sa phase exécutive, fait usage d un nombre considérable d apports extérieurs à l'etat, comme ceux fournis par le volontariat civil international des ONG. Le fait d exposer la politique de coopération à des intervenants étrangers dans le contexte des intérêts de la politique de Sécurité nationale est certainement un facteur de démocratisation de la politique étrangère, mais il en complique singulièrement la formulation. Par la voie de l aide au développement, en effet, il peut arriver que des valeurs étrangères aux intérêts de Sécurité nationale déterminent des engagements de politique étrangère susceptibles d'engendrer par la suite des interventions militaires, comme celà a été le cas pour l Italie au Mozambique. Ceci aide à mieux comprendre pourquoi en Italie - mais pas seulement en Italie - il arrive de plus en plus fréquemment de prendre des décisions d engagement des Forces Armées dans des zones n'ayant pas un intérêt stratégique prioritaire 1. Le problème du rapport entre les ONG et les Forces Armées sur le théâtre des crises n est, en effet, qu un des aspects du rapport plus complexe qui existe entre la politique de coopération et la politique de défense ainsi qu entre les sources étatiques et non-étatiques de la politique étrangère 2. Ces préliminaires ayant été établis, et abstraction faite de ce facteur de complication exposé ci-avant, on peut affirmer que la politique d aide au développement est très certainement appelée à rester un des aspects fondamentaux de la politique de sécurité nationale de l Italie et ceci, même si les exigences de rééquilibrage des finances publiques tendent à réduire actuellement les financements pour les aides publiques au Tiers-Monde. La péninsule italienne est en effet située sur une ligne de discontinuité géopolitique et géoéconomique d importance cruciale, c est-à-dire celle qui sépare 1 Cfr., à ce propos l intervention d Ignacio Ramonet, Médias et conditionnement, <<Le Monde Diplomatique>>, Mars 1994, p.1 Ramonet observe avec préoccupation comment, dans les démocraties médiatiques, l'intimation humanitaire des moyens de communication de masse dicte à présent le comportement des chancelleries en ce qui concerne les crises et les conflits nationaux. Ramonet cite et fait sienne une observation intéressante de George F. Kennan, reprise dans <<International Herald Tribune>> du ler Octobre 1993: si la politique américaine et l engagement de nos forces armées à l étranger sont conditionnés par l industrie de la télévision commerciale et inspirées par les pulsions émotionnelles des gens, il n y aura plus de gouvernement responsable.10 l Europe Occidentale prospère et stable, du monde orthodoxe et islamique agité. Qu est-ce-à-dire, sinon que cette réalité devrait imposer au Gouvernement de Rome de la poursuite active de la stabilisation politique et du développement économique de toute la région méditerranéenne afin d éviter à la fois l incubation, l éclatement et l escalation de conflits dangereux qui s ensuivraient ainsi que l augmentation des différentiels de revenus. L aide au développement est un aspect fondamental de chaque politique régionale aspirant à la réalisation de ces objectifs. Les conflits ainsi que les forts différentiels de revenus - en particulier - représentent une incitation à l'émigration. L'endiguement de la pression migratoire est en passe de devenir une urgence prioritaire pour les autorités et pour l opinion publique italienne, et ceci, particulièrement après les "débarquements" des Albanais dans les Pouilles et les afflux de réfugiés provoqués par l éclatement de la guerre civile en Yougoslavie. Afin de mettre un frein à la migration de masse hors de l Albanie, le Gouvernement italien a déjà du intensifier de manière sensible son aide économique et humanitaire au Gouvernement de Tirana, allant - dans la phase la plus critique de l'urgence - jusqu'à envoyer sur l'autre rive de l'adriatique ses Forces Armées. En ce qui concerne l Italie, donc, l engagement contextuel de l aide au développement et des Forces Armées pour faire face aux menaces migratoires et pour réaliser un intérêt fondamental de la politique de sécurité nationale, est déjà une réalité. La stratégie qui vise à activer les processus de développement afin de limiter l augmentation des différentiels de revenus et de diminuer par la même les incitations à l émigration vers les pays plus développés n est - de toute manière - pas une option propre à l Italie. Elle a été également adoptée - bien qu avec des modalités différentes- par l Union Européenne envers les pays de l ancien bloc soviétique et elle est destinée, à l avenir, à intéresser l ensemble des pays industrialisés de l hémisphère septentrional envers le Tiers-Monde. L aide au développement doit, cependant, être considérée à présent comme faisant partie intégrante de la stratégie occidentale et septentrionale de gestion des flux 2 Parmi lesquels, pour d évidentes raisons, un rôle de premier plan a été joué par l Eglise Catholique et par les Associations laïques et religieuses liées à celle-ci.11 migratoires. En cas d urgence également, l utilisation des Forces Armées pour le peace-keeping et l aide à l initiative humanitaire peut faire partie de ce même dessein stratégique, en tant que condition nécessaire à la distribution des aides et - dans l'optique d'une période plus longue - comme condition et garantie des investissements dans le processus de développement. L étude des modalités visant à une meilleure coordination entre les instruments de coopération et les instruments militaires dans le but d atteindre le double objectif de la sécurité nationale et de la diffusion de la croissance économique revêt, par voie de conséquence, une importance décisive. 2. La politique italienne d aide au développement 2.1. Les acteurs de la politique de coopération: le MAE et les ONG italiennes Les acteurs de la politique d aide au développement en Italie sont, essentiellement, pour ce qui est du domaine public, le MAE et pour ce qui est du domaine privé, les entreprises et les ONG. L engagement des Forces Armées dans la réalisation des interventions de humanitarian relief à l étranger et le financement occasionnel des missions dans l out of area grâce au fonds pour la coopération, ne sont pas suffisants à faire du MD le second sujet étatique principal de la politique de coopération. En Italie, la politique de coopération est considérée comme faisant partie intégrante de la politique étrangère, même si elle intéresse également la programmation économique. Et c est la diplomatie nationale qui, sauf cas exceptionnels, est chargée de la gestion des contributions du Budget de l Etat, destinées aux activités de coopération, et ceci dans le cadre d un plan de priorités qui, jusqu en 1994 a été établi périodiquement par le CICS (Comité Interministériel pour la Coopération au Développement) et qui à présent est mis au point par le CIPE (Comité Interministériel pour la Programmation Economique). 3 3 Parmi ces cas exceptionnels nous avons déjà cité le recours aux fonds de coopération pour le financement des interventions militaires de peace-keeping dans l out of area. Le CICS a été dissout en 1994 par le DPR 373/1994. Légalement le CICS avait la tâche de déterminer les << orientations générales de l aide au développement et les fonctions de programmation et de coordination qui en découlait>> (art. 3, comma 2, Loi 49/1987). La préférence accordée par le CICS au Ministre des Affaires Etrangères, qui le présidait par procuration du Président du Conseil, était une preuve évidente du rôle prioritaire-sinon exclusif-du MAE dans la gestion de la politique de coopération. Ce rôle a été12 Pour faire face aux charges techniques et politiques de l activité de coopération, depuis 1987 le MAE est doté d une Direction Générale spéciale: la Direction Générale pour la Coopération au Développement (DGCS), articulée autour de 19 bureaux auxquels s'ajoute l'unité Technique Centrale, elle même divisée en 5 sections. Le Bureau I s occupe des aspects promotionels de l activité de coopération; le Bureau II de l organisation et des fonctions de secrétariat; le Bureau III, des questions juridiques y compris des procédures d adjudication, des contrats, des conventions et des décrêts pour la mise en place des programmes de coopération; - le Bureau IV s occupe de la coopération multilatérale - les Bureaux V, VI, VII, VIII, IX, et X s occupent de la gestion de l activité de coopération par zones géographiques; - le Bureau XI s intéresse aux initiatives <<promues>> par les ONG. - le Bureau XII étudie les modalités de promotion de la condition féminine dans les pays en voie de développement; - le Bureau XIII programme les interventions de formation et de collaboration universitaires, y compris l attribution de bourses d etude ad hoc et le développement de projets communs de recherche appliquée; - le Bureau XIV est compétent en matière d urgences et d interventions extraordinaires; son pouvoir a été récemment augmenté par la création d un Comité Technique d Urgence (Nucleo Tecnico d Emergenza, Nte ) 4 ; - le Bureau XV est chargé de l organisation et de la coordination fonctionnelle de l activité de l Unité Technique Centrale et des Unités Techniques à l étranger; avec plus de 200 fonctionnaires, il est le Bureau du MAE le plus important; - le Bureau XVI est chargé de la gestion de la coopération financière bilatérale et multilatérale, c est-à-dire de l attribution des crédits d aide, des financements aux entreprises mixtes et des interventions d allègement de la dette extérieure des pays en voie de développement; - les Bureaux XVII, XVIII et XIX s occupent des aspects administratifs essentiels au fonctionnement de la DGCS, comme, par exemple, la gestion du personnel, la comptabilité et les dépenses de fonctionnement, y compris des missions à l étranger. renforcé ultérieurement par le décrêt de dissolution du CICS et par le transfert contextuel de ses fonctions au Ministre des Affaires Etrangères. Une partie des compétences du CICS, d'ailleurs, a été attribuée au CIPE (Comité Interministériel pour la Programmation Économique). 4 MAE, DGCS, Rapport d activité du Bureau des Urgences (1 Décembre novembre 1993), in <<DIPCO>>, n.6/1994, p.1.13 L Unité Technique Centrale, enfin, comme nous l avons déjà introduit auparavant, est divisée en 5 sections: la première, en particulier, est chargée de fonctions extrêmement délicates, comme la phase d'instruction, l évaluation, la gestion et le contrôle des programmes, les initiatives et les diverses interventions de coopération; les sections II, III, IV et V accomplissent les mêmes tâches selon leurs zones géographiques de compétence. Depuis décembre 1992, en outre, l'unité Technique Centrale est responsable, conjointement aux Bureaux territoriaux intéressés, des programmes "confiés" aux ONG et qui relevaient précédemment des compétences du Bureau XI. La DGCS est, évidemment, sous la responsabilité d un Directeur Général, épaulé par un Vice-directeur, des fonctionnaires spéciaux et un Secrétariat 5. Au-dessus de la DGCS se trouve le Comité Directionnel de la Coopération au Développement, qui est un organe de délibération présidé par le Ministre des Affaires Etrangères, ou bien par un des Sous-Secrétaires désigné par le premier, et qui est composé par l'ensemble des Directeurs Généraux du MAE et par des représentants des autres administrations 6. Le Comité Directionnel joue un rôle important dans le domaine de la programmation générale de l'activité de coopération et c'est à cet organisme que revient la tâche d'approuver les principaux projets présentés par les ONG. Avant 1994, il existait deux autres organes - le Comité Consultatif et la Commission pour les ONG 7 - avec comme conséquence la complication ultérieure du cadre des sujets participant au processus décisionnel au sein de la Coopération. Le Comité Consultatif avait pour tâche d'exprimer des opinions concernant la programmation de la Coopération et les directives exposées par le Comité Directionnel 8. 5 Roberto Benedetti, Claudia Caggiula, Le Ministre des Affaires Etrangères, NIS, Rome, 1992, pp Parmi ceux-ci, le Secrétaire Général pour la Programmation Economique du Ministère du Budget, un Directeur Général du Ministère du Trésor, le Directeur Général pour les Devises du Ministère du Commerce Extérieur et le Directeur Général du "Mediocredito Centrale", et ceci comme preuve de l'importance de la Coopération pour les Ministères et les sujets institutionnels chargés de la gestion de la programmation économique. 7 A la fois le Comité Consultatif et la Commission pour les ONG ont été dissous par DPR 608/ Le Comité Consultatif était présidé par le Ministre des Affaires Etrangères ou par un Sous-Secrétaire désigné. En étaient membres le Directeur Général de la Coopération et celui pour les Affaires Economiques ainsi que 33 autres personnalités, nommées sur la base de leurs compétences propres ou sur la base de leur rôle institutionnel. Parmi les autres figuraient: 5 représentants des ONG, 3 délégués des principales confédérations syndicales, un représentant du Conseil National des Recherches et 10 experts désignés par le MAE. Le caractère pléthorique de cet organe est évident.14 La Commission pour les ONG, au contraire, exerçait des fonctions de consultant plus restreintes 9 : en particulier, elle se prononçait sur la concession aux ONG du label <<aptitude>> de la part du MAE 10 ; en outre, le Commission participait à la sélection des programmes <<promus>> par les ONG et exprimait ses avis quant à l'attribution des programmes <<confiés>> à celles-ci. Le MAE développe des activités de coopération de façon autonome ou en collaboration avec le monde des entreprises et les ONG. Dans le cadre des interventions de coopération effectuées par le MAE, on trouve la réalisation de ses projets et programmes ( par exemple, le transfert de know-how par les fonctionnaires de la DGCS ), la participation au capital d organismes, de banques et de fonds internationaux, la participation à la réalisation de projets et de programmes définis par d autres entités 11. Les interventions peuvent être de type ordinaire, extraordinaire ou d urgence. Les interventions ordinaires visent à la promotion du développement à long terme et ont un caractère structurel; les interventions extraordinaires, au contraire, sont circonscrites et ont des ambitions et des horizons temporels plus limités; les interventions d urgence, enfin, consistent à envoyer de l aide et à fournir des services aux populations en danger. D un point de vue financier, le MAE concrétise son activité de coopération grâce aux <<dons>>, aux <<crédits d aide>> et aux <<crédits mixtes>>. Les aides sous forme de <<dons>> consistent à envoyer des biens, à réaliser un programme ou une oeuvre sans aucune contrepartie de la part du pays bénéficiaire. Le <<crédit d aide>> est un prêt consenti à un pays en vue de la réalisation d un projet prédéfini précis. Le <<crédit mixte>> est un financement qui consiste, d une part, en un crédit d aide et, d une autre part, en un crédit allégé à l exportation. La collaboration avec les entreprises se réalise aussi bien par des concours pour l exécution d interventions à divers titres programmées et financées par le MAE, qu à 9 La Commission pour les ONG était présidée par le Directeur Général de la Coopération et était composé de 7 membres désignés par le MAE (3 délégués des ONG, 2 des syndicats, 2 d'autres administrations étatiques). 10 L'<<aptitude>> est la reconnaissance qui abilite les ONG à collaborer avec la DGCS du MAE et à en percevoir les financements. 11 Roberto Benedetti, Claudia Caggiula, Le Ministre des Affaires Etrangères, op. cit., p. 110.15 travers la participation de la DGCS au capital de risque italien dans le cadre de jointventure avec des entreprises appartenant à des pays en voie de développement 12. Grâce à ce mécanisme, la politique d aide au développement peut être orientée afin de servir les intérêts stratégiques ou économiques nationaux, en facilitant l implantation des producteurs italiens sur de nouveaux marchés, la réalisation de délocalisations productives réfléchies ainsi que l activation d un processus de développement endogène capable de réduire les poussées migratoires. L analyse des problématiques liées à cette méthode d intervention n entre pas dans le cadre de cette recherche. Il suffit, pour le moment, de rappeler l existence de ce canal d aides publiques au développement ( APS ) et de se souvenir de quelle façon celui-ci concourre à déterminer, grâce à sa présence objective, des intérêts susceptibles d être protégés, en cas de crise, par le recours aux Forces Armées. Il existe également toute la gamme des programmes coordonnés par les ONG, ces programmes leur ayant été soit <<confiés>> soit ayant été <<promus>> par celles-ci. Un programme peut être défini comme étant <<confié>> s il a été planifié dans le cadre de la DGCS du MAE mais mis en oeuvre par une ou plusieurs ONG abilitées. Un programme, au contraire, est qualifié de <<promu>> quand l ONG elle même définit le projet et le propose au MAE afin d approuver son financement. Dans le cadre des programmes <<confiés>>, qui peuvent être financés par le MAE de manière significative, allant même de l'ordre de 8 à 12 milliards de Lires, les ONG mettent en oeuvre des activités de gouvernement et se comportent pareillement à des sociétés exécutrices. Dans le cas des programmes <<promus>>, au contraire, les ONG opèrent comme agents autonomes de la coopération, même si elles bénéficient du concours financier du MAE ( qui peut parfois atteindre jusqu à 70% du montant total ) Roberto Benedetti, Claudia Caggiula, Le Ministre des Affaires Etrangères, op. cit., pp Les entreprises privées italiennes ont été de tout temps les principales destinataires des financements de la Coopération que ce soit dans le domaine des aides <<en don>> ou de celui des <<crédits d'aide>>. Les entreprises se sont vues confier en particulier la réalisation des grandes interventions d'infrastructure dans le Tiers Monde. On pense généralement que c'est justement dans le domaine des programmes gérés par les entreprises que se sont vérifiés les épisodes plus macroscopique de gâchis et de corruption. Comme dans d'autres cas, les enrichissements illicites ont été réalisés à travers le mécanisme de la hausse des coûts au cours des travaux. A ce sujet, cf. Federica Bellicanta, Non solo ombre. Intervista all'on. Ennio Grassi, in << Solidarietà Internazionale>>, n. 1/1996, pp-6-9, Ennio Grassi a été, jusqu'à la dissolution du Parlement, Vice-Président de la Commission Bicamérale d'enquête sur la Coopération. 13 Dans les environnements du Ministère des Affaires Etrangères, d ailleurs, on se souvient que même les projets <<promus>> peuvent, parfois, être considérés comme instruments de la politique gouvernementale de coopération. Ceci arrive, par exemple, quand à travers le financement de projets Montrer encore
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References: Art. 1
 Art. 2
 Art. 3
 Art. 1
 Art. 1
 Art. 1
 Art.1
 Art. 4