Source: http://virgo-maria.org/articles_HTML/2007/005_2007/VM-2007-05-25/Van_de_Pol-1967-Chapitre_2.htm
Timestamp: 2020-02-19 07:06:53+00:00

Document:
Le choix de ce point de départ se justifie par le fait que l'anglicanisme n'a commencé à se développer en une forme particulière du christianisme, doué d'une physionomie propre, qu'à partir de la rupture entre Rome et Cantorbéry[1].
l'Église d'Angleterre (...) appartient à la vraie Église apostolique du Christ et, conformément à ce qu'exige notre devoir envers cette Église d'Angleterre, nous statuons et ordonnons qu'aucun de ses membres n'aura la faculté de soutenir ou de prétendre le contraire[2].
Nous vous engageons instamment à vous garder, vous-mêmes et les vôtres, des superstitions grandissantes et des autres additions par lesquelles la vérité de Dieu a été obscurcie ces derniers temps. C'est le cas notamment de la prétention à la souveraineté universelle sur l'héritage de Dieu que réclame pour soi le Siège de Rome, ainsi que de l'élévation de fait de la Bienheureuse Vierge Marie au rang de médiateur à la place de son divin Fils, et l'adresse de prières à elle comme à quelqu'un qui intercède entre Dieu et les hommes. Préservez-vous de pareilles choses, nous vous en supplions, sachant bien que le Dieu jaloux ne donne son honneur à personne d'autre[3].
C'est pourquoi il est de notre devoir de signaler aux fidèles que l'acte posé par l'évêque de Rome, au Concile du Vatican en l'année 1870 - acte par lequel, sur la base d'une prétendue infaillibilité, il s'est arrogé une suprématie sur tous les hommes en matière de foi et de morale - est un empiètement sur les prérogatives du Seigneur Jésus Christ[4].
Nous ne prétendons pas être les maîtres de l'héritage de Dieu. Nous recommandons cependant les résultats de cette Conférence à la considération de nos frères, éclairés par le Saint-Esprit de Dieu. Et nous demandons dans la prière que tous ceux qui, répandus dans le monde, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, puissent être un en esprit, puissent être unis dans une fellowship, puissent garder fermement la foi qui a été transmise aux saints, et qu'ils adorent leur seul Seigneur dans un esprit de pureté et d'amour[5].
L'attitude de la Communion anglicane envers l'Église de Rome prit pour la première fois une tournure plus œcuménique au cours de la troisième Conférence de Lambeth en 1888. Le cadre en fut le rapport sur la Home-reunion (on entend par là la réunion à l'intérieur du monde de langue anglaise). Ce rapport fut présenté par la première des trois commissions chargées au début de la Session de rendre compte des relations déjà existantes, ou éventuellement à nouer, avec les Églises chrétiennes les plus diverses du monde entier. Ce fut là le premier véritable effort œcuménique de grande envergure qui ait jamais été entrepris depuis la désunion des Église[6].
A son grand regret, la commission a été d'avis que, dans les circonstances présentes, il est sans utilité de traiter la question de l'union avec nos frères de l'Église romaine. Elle se rend compte, en effet, qu'aucune proposition en ce sens ne serait prise en considération par les autorités de cette Église sans une soumission totale de notre part aux prétentions à l'autorité absolue, et une acceptation des autres erreurs, doctrinales et disciplinaires, contre lesquelles nous avons été obligés de protester pendant trois siècles par fidélité à la Parole de Dieu et aux véritables principes de son Église[7].
Ce refus anglican doit se comprendre à la lumière d'une tradition quatre fois séculaire. Celle-ci débute avec les deux apologies classiques de Jewel (1562) et de Hooker (1594)[8]. Viennent ensuite les innombrables ouvrages du XVIIè siècle, âge d'or de la théologie anglicane, où fleurirent les théologiens carolins (Caroline Divines). Enfin, de nos jours, de nombreuses publications défendent le point de vue anglican authentique contre les déviations possibles du côté protestant ou du côté catholique-romain.
La conception que se faisaient les réformateurs de la place et du rôle de la Parole de Dieu, vivante, créatrice et en toutes choses seule déterminante, était partagée par les théologiens anglicans classiques[9]. A cet égard, la théologie anglicane part, elle aussi, du principe de la sola Scriptura, compris dans son sens originel et positif.
Article A, 5 : La doctrine de l'Église d'Angleterre est basée sur les Saintes Écritures et sur les enseignements des Pères anciens et des Conciles de l'Église qui sont en accord avec les dites Écritures. Cette doctrine s'exprime en particulier dans les 39 Articles de religion, le Livre de la Prière Commune et l'Ordinal[10].
La doctrine romaine concernant le purgatoire, les indul­gences, le culte et l'adoration tant des images que des reli­ques, et aussi l'invocation des saints, est une chose frivole, une pensée chimérique et dépourvue de fondement dans l'Écriture et qui est plutôt contraire à la Parole de Dieu[11].
Les sacrements n'ont pas été institués par le Christ pour être contemplés et transportés, mais pour que nous en usions comme il convient[12].
La transsubstantiation (ou le changement de la substance du pain et du vin) dans la Cène du Seigneur ne peut être prouvée par la Sainte Écriture. Elle est contraire aux claires expressions de l'Écriture, elle détruit l'essence du sacrement et elle a fait naître de nombreuses superstitions[13].
Le même article se termine en déclarant une fois de plus que «le sacrement de la Cène du Seigneur n'a pas été des­tiné, par l'institution du Christ, à être réservé, transporté, élevé ni adoré»[14].
L'offrande du Christ faite une seule fois est cette parfaite rédemption, propitiation et satisfaction pour tous les péchés du monde, originel et actuels. Et il n'y a d'autre satisfaction pour le péché que celle-là seule. C'est pourquoi les sacrifices des messes, dans lesquels on disait communément que le prêtre offrait le Christ pour les vivants et pour les morts, pour obtenir la rémission de la peine ou coulpe, étaient des fables blasphématoires et de dangereuses tromperies[15].
par l'offrande de lui-même faite une seule fois, y (à la Croix) accomplit un sacrifice, une oblation et une satisfaction plénière, parfaits et suffisants, pour les péchés du monde entier, et qui institua, et qui recommanda dans son saint Évangile de continuer, un mémorial perpétuel de cette précieuse mort jusqu'à ce qu'il revienne[16].
On a fréquemment fait appel à ce texte liturgique pour prouver le caractère sacrificiel de l'office anglican de communion. Ceci nous oblige à bien voir que c'est la notion réformée du sacrifice qui domine ici. En effet, le sacrifice consiste, dans cette liturgie, principalement, dans la louange et l'action de grâces, et secondairement, dans une consécration générale de soi-même à Dieu. La prière anglicane après la communion demande, en effet, à Dieu «d'accepter ce sacrifice de louange et d'action de grâces», et plus loin : «Nous vous offrons et nous présentons, Seigneur, nous-mêmes, notre âme et notre corps, en un sacrifice raisonnable, saint et vivant»[17].
L'anglicanisme a opposé à la doctrine et à la pratique de l'Église romaine une nouvelle conception du caractère sacrificiel de la Cène. Cette conception nouvelle met l'accent sur la suffisance du sacrifice du Christ, en ce sens que la Messe ne peut en aucun cas avoir un caractère propitiatoire et qu'elle peut encore moins être considérée comme un sacrifice au sens vrai et propre du mot[18].
Le Dr Carpenter, actuellement évêque d'Oxford, a donné en 1955 une nouvelle édition revue de l'excellent commentaire de Bicknell sur les 39 Articles. D'après ce commentaire, l'article 31 ne rejetterait pas la doctrine du sacrifice eucharistique, mais condamnerait seulement les abus populaires courants en ce domaine[19]. Il en serait de même des abus condamnés dans les autres articles cités plus haut.
Le récent rejet par Rome de nos ordinations (orders) repose sur notre refus d'accepter une doctrine qui voit dans l'Eucharistie un sacrifice qui s'ajoute à celui du Calvaire. La protestation élevée par notre article gardera toute son actualité aussi longtemps que cette doctrine sera enseignée, quelque raffinée qu'en soit la forme[20].
Nous constatons avec reconnaissance que (du côté de l'Orient) ne se dresse aucun des obstacles qui barrent la route à la communion avec les Latins : ni la promulgation du dogme selon lequel l'infaillibilité de l'Église se concentre dans la personne du Souverain Pontife, ni la doctrine de l'Immaculée Conception, ni aucun autre des dogmes imposés par décret de conciles papaux. L'Église de Rome a toujours traité sa sœur d'Orient avec injustice. Elle envoie ses évêques comme des intrus dans les anciens diocèses, et elle continue à appliquer une méthode de prosélytisme actif[21].
La commission œcuménique de 1897 avait pour tâche «d'étudier et de faire rapport sur la question de l'unité chrétienne, touchant : a) les Églises d'Orient ; b) la Communion latine ; c) les autres groupes (Bodies) chrétiens»[22]. Un paragraphe à part fut donc consacré à l'Église catholique, comme c'est devenu l'habitude jusqu'à nos jours.
Se conformant à tous les décrets de ses prédécesseurs concernant la même cause, les confirmant pleinement et les renouvelant par son autorité, le pape déclara «de Notre propre mouvement et de science certaine, nous prononçons et déclarons que les ordinations conférées selon le rite anglican ont été et sont absolument vaines et entièrement nulles, irritas prorsus fuisse et esse omninoque nullas»[23].
Une exclusive de ce genre existe aussi dans l'Église anglicane, comme on peut le voir dans l'Ordinal de 1549. La préface de l'Ordinal dit, en effet, que «personne ne peut être regardé comme légitime évêque, prêtre ou diacre dans l'Église d'Angleterre s'il n'en a reçu le pouvoir et n'y a été ordonné selon le rite de l'Ordinal et s'il n'a reçu antérieurement une ordination par un évêque»[24]. La pratique de l'Église d'Angleterre montre que cette règle n'a de valeur juridique qu'au sein de la dite Église et ne prétend porter aucun jugement sur la valeur des ministères et des ordinations des autres Églises[25].
L'Église qui accepterait pareille déclaration, reconnaîtrait par le fait même qu'elle n'est pas une Église au vrai sens du mot et elle abaisserait son ministère sacramentel au rang des cérémonies dépourvues de contenu. Elle renoncerait par le fait même à sa propre existence. Dans leur réponse détaillée du 28 mars 1897, les archevêques de Cantorbéry et de York écrivirent de la déclaration de nullité de leurs ordinations qu'elle était «une lettre écrite dans l'intention de renverser notre statut ecclésiastique tout entier»[26].
Le père Francis Clark, S.J., a essayé récemment de jeter quelque lumière dans la discussion menée par les deux parties depuis 1896, en s'attachant à une analyse minutieuse de la notion d'intention et des arguments qui sont basés sur cette notion dans la lettre apostolique[27]. Il donne en outre un aperçu complet des écrits publiés de part et d'autre sur la question[28].
C'est ainsi que le pape anéantit ses propres ordres en enlevant toute validité aux nôtres ; c'est ainsi qu'il condamne sa propre Église. Ce grand péril de nullité a menacé l'Église romaine depuis le jour où le pape Eugène IV a introduit une nouvelle matière et une nouvelle forme de l'ordre sans dire un mot de celles qui sont la véritable matière et la véritable forme de ce sacrement. Personne, en effet, ne sait combien d'ordinations ont peut-être été faites, conformément à la doctrine de ce pape, sans l'imposition des mains, et sans la forme qui convient au sacrement. Le pape Léon XIII réclame l'emploi d'une forme inconnue aux évêques de Rome ses prédécesseurs, et l'intention qu'il réclame en même temps est défectueuse dans le catéchisme de l'Église orientale[29].
Les esprits peu préparés à admettre que le magistère officiel de l'Église catholique romaine et l'enseignement reconnu de ses théologiens fournissent un guide sûr en ces questions de théologie sacramentelle, n'accepteront pas la validité de mes prémisses (c'est-à-dire les prémisses catholiques)[30].
Nous décrétons que cette lettre et tout ce qu'elle renferme ne pourra jamais être taxée ou accusée d'addition, de suppression, de défaut d'intention de notre part ou de tout autre défaut ; mais qu'elle sera toujours valide et dans toute sa force, qu'elle devra être inviolablement observée par tous, de quelque grade ou prééminence qu'on soit revêtu, soit en jugement soit hors jugement ; déclarant vain et nul tout ce qui pourrait y être ajouté de différent par n'importe qui, quelle que soit son autorité et sous n'importe quel prétexte,sciemment ou par ignorance, et rien de contraire ne devra y faire obstacle[31].
Matthew Parker fut sacré archevêque (de Cantorbéry) le 17 décembre 1559 dans la chapelle de Lambeth. William Barlow, John Scory, qui fit le sermon d'installation, Myles Coverdale et John Hodgkins prirent part au rite solennel. Ni Matthew Parker, ni la reine, ni personne d'autre ne se sont souciés de le sacrer dans la succession apostolique ». Il fut sacré par des évêques en raison de la dignité de la fonction, non pour obéir à la nécessité de maintenir une continuité ininterrompue. La succession apostolique ne devint que plus tard le souci d'hommes d'Église[32].
Le Dr Norman Sykes, historien de l'Église à Cambridge, puis doyen de Winchester (décédé en 1961), a rassemblé d'innombrables matériaux extrêmement importants destinés à éclairer la conception anglicane des ministères. Il a publié cette documentation dans l'ouvrage intitulé Old Priest and New Presbyter[33]. Selon cet auteur, l'anglicanisme du XVIè siècle, tout en conservant l'usage du mot «prêtre», n'a pas vu en lui un sacerdos mais un presbyter au sens réformé de ce mot.
Le paragraphe qui y a trait dans le rapport présenté par la commission œcuménique débute en soulignant que le pape Léon XIII a manifesté dans une série de documents son désir de l'unité chrétienne. «Malheureusement il a déclaré que la seule base possible était la reconnaissance de sa suprématie papale comme étant de droit divin»[34]. La commission prend occasion de la lettre du pape sur les ordinations anglicanes et de la réponse des archevêques de Cantorbéry et de York pour faire remarquer ce qui suit :
Bien que la controverse soit une méthode qui rarement favorise l'unité, il y a cependant des raisons de se montrer reconnaissant : dans le ton courtois avec lequel cette discussion a été menée ; dans le fait que le pape a laissé tomber bien des choses qui étaient sans intérêt pour la question et de valeur douteuse mais qui précédemment rendait la discussion sans issue ; dans la délimitation de l'étendue de la controverse à quelques points bien définis ; dans la large documentation qui rassemble les résultats de bien des recherches ; dans le désir, enfin, manifesté de part et d'autre, de chercher à se comprendre et d'éviter consciemment les préjugés. Le développement de cet esprit donne de la valeur même à une controverse ; nous envisageons avec une entière confiance le résultat d'une controverse de ce genre[35].
L'attitude œcuménique adoptée par la Conférence de Lambeth en 1897 à l'égard de l'Église catholique ne l'a pas empêchée de témoigner sa sympathie envers les minorités protestantes qui doivent lutter pour leur liberté dans les pays catholiques, ni non plus envers certains groupes au sein de l'Église de Rome, groupes qui «font des efforts pour se soustraire à l'autorité usurpée du Siège de Rome, tout comme nous qui, il y a trois siècles, avons reconquis notre liberté»[36]. La Conférence de Lambeth exprime sa particulière sympathie envers les efforts déployés alors, au Mexique et ailleurs, en vue d'établir une hiérarchie nationale et autonome, «et aussi aux hommes sérieux et courageux de France, d'Italie, d'Espagne et du Portugal qui ont été amenés à se libérer du fardeau des conditions illégales exigées par l'Église de Rome pour la réception des sacrements»[37]. Ces paroles de l'encyclique d'introduction sont empruntées à une des résolutions prises par la Conférence. La même résolution se termine par ces mots :
Nous continuons à observer ces mouvements avec un intérêt profond et inquiet, et nous prions pour qu'ils soient bénis et guidés par le Dieu tout-puissant[38].
Le principe fondamental de l'attitude envers l'Église de Rome est établi dans le paragraphe concernant la communauté latine par une reprise quasi textuelle du passage de 1888 déjà cité plus haut[39].
Le rapport de la commission œcuménique de la Conférence de 1908 fut introduit par une considération générale. On y rappelait la 34è résolution de la Conférence précédente (1897) : «Toute occasion doit être saisie de mettre en vedette que le dessein divin de l'unité visible entre chrétiens fait partie de la révélation»[40].
La Conférence confirme à nouveau la résolution de la Conférence de 1897 (suit le texte de la résolution 34). Elle veut affirmer en outre que dans tous les projets d'union et d'intercommunion, l'accomplissement final du dessein de Dieu doit demeurer devant nos yeux comme le but que nous poursuivons, et qu'il faut veiller à exécuter ce qui peut avancer la réunion de l'ensemble de la chrétienté et à s'abstenir de faire quoi que ce soit qui puisse la retarder ou l'empêcher[41].
3. en même temps un intérêt croissant se manifeste dans la littérature courante de l'Église romaine pour les pratiques des autres Églises, de la nôtre en particulier, intérêt qui s'accompagne parfois du sentiment des déficits de l'Église latine elle-même, pour lesquels on doit chercher un remède au dehors[42].
Ces changements et d'autres de ce genre continuent à se développer encore aujourd'hui ; ils sont devenus chose évidente pour tout observateur bien disposé et impartial. Dès 1908, les évêques anglicans les avaient discernés, et dès cette date ils en concluaient que «ces symptômes donnaient bon espoir pour l'avenir»[43]. Cependant ils maintenaient l'opinion déjà exprimée dans les Conférences précédentes, à savoir que
dans les circonstances présentes, il est inutile de considérer la question d'une intercommunion possible avec nos frères de la Communion romaine ; toute proposition de ce genre ne serait reçue qu'à des conditions inacceptables pour nous[44].
qu'aucun projet d'union ne pourra jamais être regardé comme satisfaisant s'il laisse délibérément en dehors les Églises de la Communion latine. En conséquence, ils (les dirigeants de la commission) désirent, nulle part plus qu'ici, insister auprès de nos représentants à l'étranger, sur l'importance qu'il y a, tout en maintenant fermement notre position propre, à témoigner une entière courtoisie chrétienne aux Églises de ces pays et à leurs autorités ecclésiastiques ; ils veulent dire aussi combien il est souhaitable que tous les chapelains choisis pour exercer un ministère en Europe ou ailleurs reçoivent la consigne de manifester cette courtoisie[45].
Enfin les membres de la commission consacrèrent un exposé détaillé à la délicate question des mariages mixtes contractés à l'étranger. Les évêques mettent en garde contre les conséquences qui découlent des mariages avec les catholiques romains, vu qu'au nombre des garanties exigées en pareil cas par l'Église catholique romaine se trouve la promesse que les enfants à naître de cette union seront élevés «dans une religion que la partie anglicane ne peut en conscience accepter»[46].
L'encyclique de la Conférence de 1908 ne nomme nulle part l'Église de Rome. Celle-ci a certainement dû être présente à l'esprit des évêques au cours de la rédaction, comme en témoignent les déclarations qui semblent formulées à son adresse, par exemple lorsque les évêques jugent nécessaire de préciser : «Nous appartenons à une Église qui (..). est l'Église des hommes libres et qui les éduque à la connaissance de la liberté de laquelle le Christ nous a rendus libres»[47]. Ou encore : «Nous ne pouvons penser à aliéner, au nom de la paix, les biens dont nous avons été faits les intendants. Encore moins pouvons-nous souhaiter que les autres soient infidèles aux obligations qu'ils considèrent comme non moins sacrées»[48].
Nous voulons donner aux membres de notre Communion un sévère avertissement contre les mariages contractés avec des catholiques romains dans les conditions imposées par le droit canon actuel de Rome, surtout parce qu'au nombre de ces conditions se trouve la célébration du mariage sans aucune prière ou invocation des bénédictions divines, et la promesse que les enfants de la partie anglicane seront élevés dans une religion qu'elle-même ne peut accepter[49].
Votre commission est d'avis qu'il est impossible d'établir un rapport traitant, de l'union entre les Églises épiscopales sans faire mention de l'Église de Rome, même si aucune résolution ne doit être proposée à son sujet. Nous ne pouvons mieux faire que de reprendre à notre compte les termes du rapport de 1908, qui nous rappelle qu'«aucun projet d'union ne pourra jamais accomplir le dessein divin s'il ne comprend pas finalement la grande Église latine d'Occident, à laquelle notre histoire a été mêlée si intimement dans le passé, et à laquelle elle est encore unie par de nombreux points de foi et de tradition». Mais nous nous rendons compte que «toute avance de ce côté, nous est, pour le moment, interdite par les difficultés que nous n'avons pas nous-mêmes créées, et que, nous ne pouvons pas de nous-mêmes faire disparaître». Si jamais l'Église de Rome manifeste le désir de discuter les conditions d'une réunion, nous serons prêts à accueillir favorablement de telles discussions. Nous voulons en outre attirer l'attention brièvement sur les mouvements qui se produisent dans l'Église de Rome et qui peuvent porter leur fruit dans l'avenir[50].
Il est clair qu'aucun pas en avant ne peut être fait actuellement ; mais les faits signalés plus haut peuvent contribuer à créer dans l'avenir une situation toute différente[51].
Si faibles que puissent paraître à présent les chances d'atteindre un pareil idéal, le sentiment de la commission est que, dans toute tentative de réunion, il faut avoir en vue l'unité de l'Église tout entière ; et elle n'abandonne pas l'espoir que l'attitude de l'Église de Rome, au moins en certaines parties du monde, puisse changer dans un avenir assez prochain[52].
Au reste, le paragraphe consacré à l'Église de Rome (dénommée cette fois : l'Église catholique romaine, et non plus : la Communion latine) se situe entièrement sous le signe des Conversations de Malines, qui se tinrent de 1921 à 1925 entre quelques catholiques romains et quelques anglicans[53]. En un sens, il est permis de considérer ces Conversations comme un résultat de l'Appel de Lambeth, en dépit de leur caractère strictement privé. Les termes qui introduisirent le paragraphe sur l'Église catholique semblent suggérer qu'un exemplaire de l'Appel de Lambeth avait été transmis au pape en 1920 et «qu'une réponse polie avait été reçue». Après cette courte allusion, le rapport traite aussitôt des Conversations de Malines : «La chose la plus importante que nous ayons à communiquer consiste dans les Conversations qui ont eu lieu à Malines, de 1921 à 1925, sous la présidence du cardinal Mercier». Le rapport insiste fortement sur le fait que tant l'archevêque de Cantorbéry que le cardinal Mercier ont explicitement déclaré que les participants à ces Conversations n'avaient reçu aucun mandat de leurs Églises respectives et ne pouvaient pas, par conséquent, être considérés comme leurs représentants officiels. Le but de ces conversations était simplement un «rapprochement des cœurs».
La commission œcuménique de la Conférence de 1930 ne se laissa cependant pas décourager par les revers subis. Elle garda fermement sa conviction que des conversations et des conférences œcuméniques gardent leur valeur, lorsqu'elles sont menées dans la loyauté et «elle regretta vivement que, par décision du pape, toutes rencontres de ce genre soient interdites et qu'il ne soit pas permis aux catholiques romains de prendre part aux conférences sur l'unité. Diverses raisons nous autorisent à croire que la même déception est ressentie par plus d'un membre de l'Église de Rome»[54].
Mais la lettre encyclique sur les moyens de promouvoir l'unité (Mortalium animos) publiée par le pape Pie XI en 1928, a montré une fois de plus, avec toute la clarté désirable, que la seule méthode de réunion que Rome veuille admettre est celle de la soumission à la papauté. Durant les vingt années écoulées, il n'y a pas eu le moindre indice permettant de croire à une diminution quelconque de cette exigence. D'autre part, il est impossible aux Églises de la Communion anglicane de l'accepter. Il faut se rappeler qu'en plus de la question de la position de la papauté, il existe encore des divergences très graves de foi et de discipline entre nous et l'Église catholique romaine, qui font que pour le moment des démarches en vue de l'intercommunion n'auraient guère de chances d'aboutir[55].
Mais, à parler franchement, nous sommes embarrassés par la contradiction apparente entre ces invitations générales à la coopération adressées à plusieurs reprises par le pape lui-même, et l'attitude de beaucoup de catholiques romains dans divers pays, quand il s'agit d'établir des programmes concrets. On a été déçu également de ce que certains rapports, certaines formes de coopération nés dans plusieurs pays pendant la guerre, et qui semblaient pleins d'avenir, n'aient pas été continués. Bien que la cessation de ces rapports dans tel ou tel pays puisse avoir été purement accidentelle, nous en demeurons sincèrement perplexes. En effet, il peut se présenter des difficultés concernant l'interprétation et l'application de la liberté de religion, et d'autres difficultés de toutes sortes[56].
Nous avons conscience de l'urgente nécessité d'une coopération entre catholiques romains et autres chrétiens sur une base commune qui ne touche pas aux questions fondamentales de constitution ecclésiastique ou de doctrine qui nous divisent. Nous croyons qu'il reste un domaine très large en dehors de la foi et de la constitution ecclésiastique. C'est pourquoi nous attacherions une grande importance à tout éclaircissement ultérieur du côté catholique romain sur la manière de réaliser une telle coopération et nous serions reconnaissants si l'on pouvait trouver un moyen de la rendre pleinement efficace. Nous pensons que du côté anglican, aucun effort ne sera négligé[57].
La situation a commencé à s'améliorer à partir du mois de décembre 1949, grâce à la publication à Rome d'une instruction enjoignant à tous les évêques «non pas seulement de veiller diligemment et efficacement sur tout ce mouvement (en vue de l'unité chrétienne), mais encore de le promouvoir et de le diriger avec prudence»[58].
Bien que l'Église catholique romaine maintienne sa conviction que l'unique fin de la réunion soit la soumission à la papauté, certains signes, qui sont les bienvenus, montrent que les autorités romaines reconnaissent davantage l'importance du mouvement œcuménique[59].
Le rapport accorda en conséquence un bref examen à l'instruction du Saint-Office sur le dialogue œcuménique et souligna la participation croissante des fidèles de toutes les Églises à la Semaine universelle de prière pour l'unité chrétienne, du 18 au 25 janvier, «avec une large approbation des autorités catholiques romaines»[60].
La commission marqua son accord à la formule de l'intention de prière proposée par l'abbé Couturier pour la Semaine de l'unité. Cette formule exclut tout a priori concernant la voie de l'unité, puisque la prière demande que l'unité des chrétiens se réalise «telle que le Christ la veut et par les moyens qu'il voudra». La commission est d'avis que «l'observance simultanée de cette Semaine par les catholiques romains et par les membres d'autres Églises est une contribution de valeur à la recherche de l'unité»[61].
C'est avec une impatience pleine d'espoir que nous attendons la prochaine réunion de la Conférence de Lambeth. Celle-ci est prévue pour l'été de 1968, soit donc moins de trois ans après la clôture du Concile du Vatican. L'œuvre accomplie par le Concile en faveur de l'unité, et en particulier le décret sur l'œcuménisme, avec sa mention spéciale de la Communion anglicane[62], ne pourra manquer de susciter parmi les évêques assemblés à Lambeth une réflexion nouvelle sur le problème des rapports entre l'anglicanisme et l'Église romaine[63].
[1] Voir plus haut p. 35.
[2] «The Church of England ... belongs to the true and apostolic Church of Christ ; and, as our duty to the said Chureh of England requires, we do constitute and ordain that no member thereof shall he at liberty to maintain or hold the contrary». (Canon Law Revision 1959, Londres, 1960, p. 2.)
[3] «Furthermore, we entreat you to guard yourselves and yours against the growing superstitions and additions with which in these latter days the truth of God hath been overlaid ; as otherwise, so especially by the pretention to universal sovereignty over God's heritage asserted for the See of Rome, and by the practical exaltation of the Blessed Virgin Mary as mediator in the place of her Divine Son, and by the addressing of prayers to her as intercessor between God and man. Of such beware, we beseech you, knowing that the jealous God giveth not His honour to another” (The Six Lambeth Conferences, Londres, 1920, p. 50).
[4] «The fact that a solemn protest is raised in so many Churches and Christian communities throughout the world against the usurpations of the See of Rome, and against the novel doctrines promulgated by its authority, is subject for thankfulness to Almighty God. All sympathy is due from the Anglican Church to the Churches and individuals protesting against these errors, and labouring, it may be, under special difficulties from the assaults of unbelief as well as from the pretensions of Rome.
[5] «We do not claim to be lords over God's heritage, but we commend the results of this our Conference to the reason and conscience of our brethren as enlightened by the Holy Spirit of God, praying that all throughout the world who call upon the name of our Lord Jesus Christ may he of one mind, may be united in one fellowship, may hold fast the Faith once delivered to the saints, and worship their one Lord in the spirit of purity and love». (Ibid., p. 98).
[6] Le rapport de la commission porte le titre : «Report of the Committee appointed to consider what steps (if any) can be rightly taken on Behalf of the Anglican Communion towards the Reunion of the Various Bodies into which the Christianity of the English-speaking races is divided» (Cf. ibid., pp. 156 et ss).
[7] «The Committee with deep regret felt that, under present circumstances, it was useless to consider the question of Reunion with our brethren of the Roman Church, being painfully aware that any proposal for reunion would be entertained by the authorities of that Church only on condition of a complete submission on our part to those claims of absolute authority, and the acceptance of those other errors, both in doctrine and in discipline, against which in faithfulness to God's Holy Word, and to the true principles of His Church, we have been for three centuries bound to protest » (Ibid., p. 159).
[8] J. Jewel, An Apology of the Church of England, 1562 ; The Works of John Jewel, ed. by the Parker Society, Cambridge, 1848, vol. I, pp. 81-552. R. Hooker, Treatise on the Laws of Ecclesiastical Polity, livres I-IV, 1594 ; livre V, 1597 ; livres VI-VIII, posthumes 1648, 1662 et 1648 (édition moderne en 2 vol., Everyman's Library, Dent and Sons, Londres, 1907). Sur Jewel, voir aussi J.E. Booty, John Jewel as Apologist of the Church of England, Londres, 1903
[9] Sur la nature et le contenu de ce témoignage fondamental, trésor commun à toutes les Églises de la Réforme, voir : W.H. VAN DE POL, Het Getuigenis van de Reformatie, Roermond, 1960 (trad. allemande : Das Zeugnis der Reformation, Essen, 1963).
[10] «The doctrine of the Church of England is grounded in the Holy Scriptures and in such teachings of the ancient Fathers and Councils of the Church as are agreeable to the laid Scriptures. In particular sueh doctrine is to be found in the Thirty-nine Articles of Religion, the Book of Common Prayer, and the Ordinal» (Canon Law Revision 1959, p. 10).
[11] «The Romish Doctrine concerning Purgatory, Pardons, Worshipping and Adoration, as well of Images as of Reliques, and also invocation of Saints, is a fond thing vainly invented, and grounded upon no warranty of Scripture, but rather repugnant to the Word of God». Les Articles of Religion sont imprimés dans les éditions courantes du Prayer Book de l'Église d'Angleterre. Traduction française partielle par G. Coolen, Histoire de l'Église d'Angleterre, Paris, 1932, pp. 182-191. L'art. 22 est à la page 186 et ss.
[12] «The Sacraments were not ordained of Christ to be gazed upon, or to be carried about, but that we should duly use them», art. 25 (Coolen, p. 187).
[13] «Transsubstantiation (or the change of the substance of Bread and Wine) in the Supper of the Lord, cannot be proved by holy Writ ; but it is repugnant to the plain words of Scripture, overthroweth the nature of a Sacrament, and hath given occasion to many superstitions», art. 28 (Coolen, p. 188).
[14] «The Sacrament of the Lord's Supper was not by Christ's ordinance reserved, carried about, lifted up, or worshipped» ; art. 28 (Coolen, p. 188).
[15] «The Offering of Christ once made is that perfect redemption, propitiation, and satisfaction, for all the sins of the whole world, both original and actual ; and there is none other satisfaction for sin, but that alone. Wherefore the sacrifices of Masses, in the which it was commonly said, that the Priest did offer Christ for the quick and the dead, to have remission of pain or guilt, were blasphemous fables, and dangerous deceits» ; art. 31 (Coolen, p. 189).
[16] «(Jesus Christ) who made there (on his Cross) by his one oblation of himself once offered, a full, perfect and sufficient sacrifice, oblation and satisfaction, for the sins of the whole world ; and did institute, and in his holy Gospel command us to continue a perpetual memory of that his precious death until his coming again» (Book of Common Prayer, The Order for the Administration of the Lord's Supper or the Holy Communion)
[17] «...mercifully to accept this our sacrifice of praise and thanksgiving... And here we offer and present unto thee, O Lord, ourselves, our souls and bodies, to be a reasonable, holy and lively sacrifice unto Thee » (ibid.).
[18] Le Concile de Trente, session XXII (17 sept. 1562), traite de la doctrine du Saint Sacrifice de la Messe (Denzinger 937a - 956). Cap. 2 «Sacrificium visibile esse propitiatorium pro vivis et defunctis». Can. I «Si quis dixerit in Missa non offerri Deo verum et proprium sacrificium, aut quod off erri non sit aliud quam nobis Christum ad manducandum dari A.S.» (anathema sit).
[19] E.J. BICKNELL-H.J. CARPENTER, The Thirty-nine Articles of the Church of England, Londres, 3è éd., 1953, p. 417 : «So this Article has its eye throughout on mediaeval abuses and on the attempt of the Council of Trent to shelter them as far as possible».
[20] «As we saw, the latest Roman denial of our orders is based on our rejection of any such view winch makes the sacrifice of the Eucharist additional to that of Calvary. As long as it is taught, in however refined a form, the protest of our Article will not be out of date» (Ibid., p. 418)
[21] «We reflect with thankfulness that there exist no bars, such as are presented to communion with the Latins by the formulated sanction of the Infallibility of the Church residing in the person of the supreme pontiff, by the doctrine of the Immaculate Conception, and other dogmas imposed by the decrees of Papal Councils. The Church of Rome has always treated her Eastern sister wrongfully. She intrudes her Bishops into the ancient Dioceses, and keeps up a system of active proselytism». (The Six Lambeth Conferences, p. 115).
[22] «Report of the Committee appointed to consider and report upon the subject of Church Unity in its relation : (a) to the Churches of the East ; (b) to the Latin Communion ; (e) to other Christian bodie” (Ibid., p. 243 et ss).
[23] «Itaque omnibus Pontificum decessorum in hac ipsa causa decretis usquequaque assentientes, eaque plenissime confirmantes ac veluti renovantes auctoritate Nostra, motu proprio, certa scientia pronuntiamus et declaramus, ordinationes ritu Anglicano actas, irritas prorsus fuisse et esse omninoque nullas... » (Dz, 1966 ; trad. française : Lettres apostoliques de Léon XIII, Éd. Bonne Presse, tome V, p. 75).
[24] «And therefore to the extent these orders should bec continued, and reuerentlye used, and estemed in this Church of England, it is requysite, that no man (not beynge at thys presente Bisshop, Priest, nor Deacon) shall execute anye of them, excepte he be called, tryed, examined, and admitted, accordynge to the forme here after folowing” (The First and Second Prayer-Books of King Edward the Sixth, Ed. Everyman's Library, Londres, réimp. 1927, p. 292).
[25] Voir par ex. N. Sykes, Old Priest and New Presbyter, Cambridge, 1956, chap. II : «A parity of ministers asserted», p. 30 et ss, et chap. III : «An imparity of ministers defende”, p. 58 et ss. Cf. C. Meyer, Elisabeth I and the religious Settlement of 1559, St. Louis, U.S.A., 1960, pp. 75 et ss.
[26] «Which aimed at overthrowing our whole position as a Church » (Anglican Orders, réimpression 1957, p. 23). Dans l'édition latine, p. 21 : «Quae totumt nostrum statum ecclesiasticum subvertere conarentur». Le texte de l'édition française (1897) a été utilisé ici (paragraphe I, p. 7).
[27] F. Clark, Anglican Orders and Defect of Intention, Longmans, Londres. 1956.
[28] F. Clark. ouvr. cité, pp. 203 et ss.
[29] «Thus in overthrowing our orders, he (the Pope) overthrows all his own, and pronounces sentence on his own Church. Eugenius IVth indeed brought his Church into great peril of nullity when he tought a new matter and a new form of Order and Ieft the real without a word. For no one knows how many ordinations may have been made, according to his teaching, without any laying on of hands or appropriate form. Pope Leo demands a form unknown to previous Bishops of Rome and an intention which is defective in the catechisms of the Oriental Churc” (Anglican Orders, p. 60 ; édition française 1897 : pp. 43-44).
[30] «Those who are unprepared to admit that the official magisterium of the Roman Catholic Church and the approved teaching of her theologians provide sure guidance in these matters of sacramental theology, will not accept the validity of my premises» (Clark, ouvr. Cité. p. 202).
[31] «Praesentes vero litteras et quaecumque in ipsis habentur nullo tempore de subreptionis aut obreptionis sive intentionis Nostrae vitio aliove quovis defectu notari vel impugnari posse ; sed semper validas et in suo robore fore et esse, atque ab omnibus cuiusvis gradus et praeemi­nentiae inviolabiliter in judicio et extra observari dehere decernimus : irritum quoque et inane si secus super his a quoquam, quavis auctoritate vel praetextu, scienter vel ignoranter contigerit attentari declarantes, contra­rüs non obstantibus quibuscumque » (ASS, 29, 1896-1897, p. 203, et Anglican
[32] «On the 17th of Decernber, Matthew Parker was consecrated in Lambeth Chapel. William Barlow, John Scory, who also preached the installation sermon, Myles Coverdale, and John Hodgkins participated in the solemn rite. Neither Matthew Parker nor the queen nor others were concerned that he be consecrated in «Apostolic Succession». He was consecrated by bishops because of the dignity of the office, not because of the necessity of keeping a direct continuity. Apostolic succession became the concern of churchmen of a Iater generation» (Carl MEYER, Elisabeth I and the Religious Settlement of 1559, St. Louis, U.S.A., 1960, p. 82).
[33] N. Sykes, Old Priest and New Presbyter, Cambridge, University Press, 1956, 2è édition 1957.
[34] «...but unfortunately asserting as its only basis the recognition of the papal supremacy as of divine right» (The Six Lambeth Conferences, p. 246).
[35] «Though controversy is rarely a method of promoting unity, there are grounds for thankfulness in the corteous tone in which much of this controversy has been conducted ; in the abandonment by the Pope of much irrelevant and spurious matter which previously rendered discussion hopeless ; in the limitation of the sphere of controversy to definite points ; in a large amount of subsidiary literature embodying the results of much research ; and in the desire shown on both sides to understand and not consciously to misrepresent one another. If this spirit increases, even controversy will not have been in vain ; and we await the issue of such controversy with entire confidenc” (Ibid., p. 246).
[36] «We recognise with warm sympathy the endeavours that are being made to escape from the usurped authority of the See of Rome as we ourselves regained our freedom three centuries ago» (Ibid., p. 194).
[37]«With the brave and earnest men of France, Italy, Spain, and Portugal who have been driven to free themselves from the burden of unlawful terms of Communion imposed by the Church of Rome» (Ibid., p. 194).
[38] «We continue to watch these movements with deep and anxious interest, praying that they may be blessed and guided by Almighty God».
[39] Voir p. 52.
[40] «That every opportunity be taken to emphasize the Divine purpose of visible unity among Christians, as a fact of revelation» (The Six Lambeth Conferences, p. 205).
[41] «This Conference reaffirms the resolution of the Conference of 1897 that (follows res. 34, 1897). It desires further to affirm that in all partial projects of reunion and intercommunion the final attainment of the divine purpose should be kept in view as our object ; and that tare should be taken to do what will advance the reunion of the whole of Christendom and to abstain from doing anything that will retard or prevent it » (Ibid., p. 331, résolution 58).
[42] «(1) They notice the freer entrance of Roman Catholic theologians into the general field of modern scholarship... ; (2) they notice the tendency of many who are not of the Roman Catholic Communion, or, indeed, in many cases, membres of any episcopal Church, to look with sympathetic hope towards that great Communion as embodying ideals which they find to be largely lacking in much of the sectional Christianity of to day, and this all the more when they see a new spirit of intellectual liberty and ecclesiastical and social reform stirring within its Borders ; (3) at the same time they perceive in the current literature of the Roman Catholic Church a growing interest in the practical concerns of other Churches, and not least of our own, which is sometimes accompanied with a senne of deficiencies in the Latin Church itself for which a remedy will have to be sought outside » (Ibid., p. 426 ; trad. française par J. de la SERVIÈRE dans Études, tome 117, 5 oct. 1908, p. 24).
[43] «These indications brighten the outlook for the future» (Ibid., p. 426).
[44] «...that under present circumstances it is useless to consider the question of possible intercommunion with our brethren of that Communion in view of the fact that no such proposal would be entertained but on conditions which it would be impossible for us to accept” (Ibid. p. 426 ; trad. Cite note 43, p. 26)
[45] « Nevertheless they desire to place upon record their conviction that no projects of union can ever be regarded as satisfactory which deliberately leave out the Churches of the Latin Communion ; and nowhere more than here would they urge the importance of the cultivation of relations of friendly courtesy on the part of our representatives abroad towards the ecclesiastical authorities in the countries where they live, and the desirability that all chaplains chosen for service on the continent of Europe and elsewhere should be instructed to show this courtesy» (Ibid., p. 426).
[46] «in a religious system which, the Anglican parent cannot conscientiously accept» (Ibid., p. 427).
[47] «We belong to a Church which, in the words of one of our number who has entered into rest, is the Church of free men, educating them into a knowledge of the liberty wherewith Christ has made us free » (Ibid., p. 295).
[48] «We dare not, in the name of peace, barter away those precious things of which we have been made stewards». Cf. texte II p. 23. (Ibid., p. 315).
[49] «We desire earnestly to warn members of our Communion against contracting marriages with Roman Catholics under the conditions imposed by modern Roman canon law, especially as these conditions involve the performance of the marriage ceremony without any prayer or invocation of the divine blessing, and also a promise to have their children brought up in a religious system which they cannot themselves accept» (Ibid., p. 333, résolution 67 ; trad. citée, p. 26).
[50] «Your Committee feels that it is impossible to make any Report on Reunion with Episcopal Churches without some reference to the Church of Rome, even though it has no resolution to propose upon the subject. We cannot do better than make our own the words of the Report of 1908, which reminds us of «the fact that there can be no fulfilment of the Divine purpose in any scheme of reunion which does not ultimately include the great Latin Church of the West, with which our history has been so closely associated in the past, and to which we are still hound by many ties of common faith and tradition». But we realize that - to continue the quotation - «any advance in this direction is at present barred by difficulties which we have not ourselves created, and which we cannot of ourselves remove». Should, however, the Church of Rome at any lime desire to discuss conditions of reunion we shah he ready to welcome such discussions. We desire, moreover, very briefly to indicate that there are movements going on in the Church of Rome which may be fruitful in the future...» (The Lambeth Conference 1920, p. 144).
[51] «It is obvious that no forward step can be taken yet ; but the facts thus referred to may help to create in the future a very different position» (Ibid., p. 144).
[52] «However little prospect there may be at present of the attainment of any such ideal, the Committee feels that in any attempt at Reunion the unity of the whole Church must be in their minds, and they are not without hope that the attitude of the Church of Rome may in some parts of the world at any rate change in the not very distant future» (The Lambeth Conference 1930, p. 131).
[53] Voir : The conversations at Malines 1921-1925 (Report presented to the Archbishop of Canterbury by the Anglican Members), Milford, Londres, 1926 (le texte anglais et la version française se trouvent en regard l'un de l'autre) ; The Conversations at Malines 1921-1925 (original documents published by Lord HALIFAX), Allan, Londres. 1930 (les textes sont publiés dans la langue où ils furent présentés au cours des Conversations) ; W.H. FRERE, Recollections of Malines, Centenary Press, Londres, 1930 ; J. DE BIVORT DE LA SAUDÉE, Anglicans et Catholiques. Le problème de l'union auglo-romaine (1833-1933), Plon, Paris, 1948.
[54] «...it much regrets that by the action of the Pope all such meetings have been forbidden, and Roman Catholics have been prohibited from taking part in conferences on Reunion. This regret, they have reason to believe, is shared by many members of the Church of Rome» (The Lambeth Conference 1930, p. 131).
[55] «But the Encyclical Letter on fostering union (Mortalium Animos) issued by Pope Pins XI in 1928 made it at once again abundantly plain that the only method of reunion which Rome will accept is that of submission to the Papacy. There are no signs whatever of any abatement of this demand in the last twenty years. Nor is there any possibility of its acceptance by the Churches of the Anglican Communion. It should be remembered that in addition to the question of the position of the Papacy, there are still most serious divergences in faith and practice between ourselves and the Roman Catholic Church, which make the prospect of hopeful approaches towards intercommunion unpromising for the present» (The Lambeth Conference 1948, II, p. 66).
[56] «But we are frankly puzzled by the apparent contradiction between these repeated general invitations to co-operation which the Pope himself has issued and the attitude of many Roman Catholics in particular countries when it comes to definite programs. It has also been a disappointment that certain co-operative relationships which seemed to promise well in some countries during the war have not been maintained. The fact of their not being maintained in particular countries may be purely accidental, but we are genuinely perplexed. Difficulties occur over the meaning and application of religions freedom ; and there are other difficulties of various kinds» (ibid., p. 67).
[57] «We are conscious of the urgent need of co-operation between Roman Catholics and other Christians on a common ground where ultimate questions of Church-order and doctrine which divide us are not raised. We believe that the area, outside the field of faith and order, is very large. We would therefore greatly value further elucidation from the Roman Catholic side on the manner of such co-operation, and would be thankful if the way could be found to make it fully effective. We feel that no effort will be wanting on the side of members of the Anglican Communion» (ibid., p. 68).
[58] Texte latin : AAS. 42 (1950), pp. 142-147 (la citation est à la page 143). Trad. française : Irénikon 23 (1950), pp. 221-228, DC, 47 (1950), col. 329-335. (La phrase citée est au début du n° I : Irénikon, p. 223 et DC, col. 331.)
[59] «Although the Roman Catholic Church retains its conviction that the only goal of re-union must be submission to the Papacy, there are some welcome signs of an increasing recognition by the Roman authorities of the importance of the Ecumenical Movement» (The Lambeth Conference 1958, II, p. 48).
[60] «With much official Roman Catholic approval» (ibid., p. 49).
[61] «The simultaneous observances of this Week by Roman Catholics and by members of other Cherches are a valuable contribution to the efforts towards unity» (ibid., p. 49).
[62] Concile Vatican II, Décret Unitatis Redintegratio, § 13 (début du chapitre III). (Note du traducteur.)
[63] Les cinq dernières phrases de ce chapitre ont été adaptées à la situation postconciliaire. (Note du traducteur.)

References: l'article 31
 art. 25
 art. 28
 art. 28
 art. 31
 § 13