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Timestamp: 2020-05-26 07:19:12+00:00

Document:
RS 0.515.031 Accord du 6 septembre 1978 entre la Confédération suisse et l’Agence internationale de l’énergie atomique relatif à l’application de garanties dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires
entre la Confédération suisse et l’Agence internationale de l’énergie atomique relatif à l’application de garanties dans le cadre du Traité sur la non—prolifération des armes nucléaires
Conclu le 6 septembre 1978
Entré en vigueur le 6 septembre 1978
(Etat le 6 septembre 1978)
Considérant que la Confédération suisse (ci—après dénommée «La Suisse») est Partie au Traité sur la non—prolifération des armes nucléaires (ci—après dénommé «le Traité»), ouvert à la signature à Londres, à Moscou et à Washington le 1er juillet 19681, et entré en vigueur le 5 mars 1970,
vu le par. 1 de l’art. III du Traité, qui est ainsi conçu:
Tout Etat non doté d’armes nucléaires qui est Partie au Traité s’engage à accepter les garanties stipulées dans un accord qui sera négocié et conclu avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, conformément au Statut de l’Agence internationale de l’énergie atomique et au système de garanties de ladite Agence, à seule fin de vérifier l’exécution des obligations assumées par ledit Etat aux termes du présent Traité en vue d’empêcher que l’énergie nucléaire ne soit détournée de ses utilisations pacifiques vers des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires. Les modalités d’application des garanties requises par le présent article porteront sur les matières brutes et les produits fissiles spéciaux, que ces matières ou produits soient produits, traités ou utilisés dans une installation nucléaire principale ou se trouvent en dehors d’une telle installation. Les garanties requises par le présent article s’appliqueront à toutes matières brutes ou tous produits fissiles spéciaux dans toutes les activités nucléaires pacifiques exercées sur le territoire d’un Etat, sous sa juridiction, ou entreprises sous son contrôle en quelque lieu que ce soit.
considérant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (ci—après dénommée «l’Agence») est habilitée, en vertu de l’Art. III de son Statut2 à conclure de tels accords,
la Suisse et l’Agence
Première partie Engagement fondamental
La Suisse s’engage, en vertu du par. 1 de l’art. III du Traité, à accepter des garanties, conformément aux termes du présent Accord, sur toutes les matières brutes et tous les produits fissiles spéciaux dans toutes les activités nucléaires pacifiques exercées sur le territoire de la Suisse, sous sa juridiction, ou entreprises sous son contrôle en quelque lieu que ce soit, à seule fin de vérifier que ces matières et produits ne sont pas détournés vers des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires.
L’Agence a le droit et l’obligation de veiller à l’application des garanties, conformément aux termes du présent Accord, sur toutes les matières brutes et tous les produits fissiles spéciaux dans toutes les activités nucléaires pacifiques exercées sur le territoire de la Suisse, sous sa juridiction, ou entreprises sous son contrôle en quelque lieu que ce soit, à seule fin de vérifier que ces matières et produits ne sont pas détournés vers des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires.
Coopération entre la Suisse et l’Agence
La Suisse et l’Agence coopèrent en vue de faciliter la mise en oeuvre des garanties prévues au présent Accord.
Les garanties prévues au présent Accord sont mises en oeuvre de manière:
A éviter d’entraver le progrès économique et technologique de la Suisse ou la coopération internationale dans le domaine des activités nucléaires pacifiques, notamment les échanges internationaux de matières nucléaires;
A éviter de gêner indûment les activités nucléaires pacifiques de la Suisse et, notamment, l’exploitation des installations;
A être compatibles avec les pratiques de saine gestion requises pour assurer la conduite économique et sûre des activités nucléaires.
a) L’Agence prend toutes précautions utiles pour protéger les secrets commerciaux et industriels ou autres renseignements confidentiels dont elle aurait connaissance en raison de l’application du présent Accord.
i) L’Agence ne publie ni ne communique à aucun Etat, organisation ou personne des renseignements qu’elle a obtenus du fait de l’application du présent Accord; toutefois, des détails particuliers touchant l’application de cet Accord peuvent être communiqués au Conseil des gouverneurs de l’Agence (ci—après dénommé «le Conseil») et aux membres du personnel de l’Agence qui en ont besoin pour exercer leurs fonctions officielles en matière de garanties, mais seulement dans la mesure où cela est nécessaire pour permettre à l’Agence de s’acquitter de ses responsabilités dans l’application du présent Accord;
Des renseignements succincts sur les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord peuvent être publiés sur décision du Conseil si les Etats directement intéressés y consentent.
a) L’Agence tient pleinement compte, en appliquant les garanties visées au présent Accord, des perfectionnements technologiques en matière de garanties, et fait son possible pour optimiser le rapport coût/efficacité et assurer l’application du principe d’une garantie efficace du flux des matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord grâce à l’emploi d’appareils et autres moyens techniques en certains points stratégiques, dans la mesure où la technologie présente ou future le permettra.
b) Pour optimiser le rapport coût/efficacité, on emploie des moyens tels que:
Le confinement, pour définir des zones de bilan matières aux fins de la comptabilité;
Des méthodes statistiques et le sondage aléatoire pour évaluer le flux des matières nucléaires;
La concentration des activités de vérification sur les stades du cycle du combustible nucléaire où sont produites, transformées, utilisées ou stockées des matières nucléaires à partir desquelles des armes nucléaires ou dispositifs explosifs nucléaires peuvent être facilement fabriqués, et la réduction au minimum des activités de vérification en ce qui concerne les autres matières nucléaires, à condition que cela ne gêne pas l’application par l’Agence des garanties visées au présent Accord.
Système national de contrôle des matières
a) La Suisse établit et applique un système de comptabilité et de contrôle pour toutes les matières nucléaires soumises à des garanties en vertu du présent Accord.
b) L’Agence applique les garanties de manière qu’elle puisse, pour établir qu’il n’y a pas eu détournement de matières nucléaires de leurs utilisations pacifiques vers des armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires, vérifier les résultats obtenus par le système de la Suisse. Cette vérification comprend, notamment, des mesures et observations indépendantes effectuées par l’Agence selon les modalités spécifiées dans la Deuxième partie du présent Accord. En procédant à cette vérification, l’Agence tient dûment compte de l’efficacité technique du système de la Suisse.
Renseignements à fournir à l’Agence
a) Pour assurer la mise en oeuvre effective des garanties en vertu du présent Accord, la Suisse fournit à l’Agence, conformément aux dispositions énoncées à la Deuxième partie du présent Accord, des renseignements concernant les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord et les caractéristiques des installations qui ont une importance du point de vue du contrôle de ces matières.
i) L’Agence ne demande que le minimum de renseignements nécessaire pour l’exécution de ses obligations en vertu du présent Accord;
En ce qui concerne les renseignements relatifs aux installations, ils sont réduits au minimum nécessaire au contrôle des matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord.
c) Si la Suisse le demande, l’Agence est disposée à examiner, en un lieu relevant de la juridiction de la Suisse, les renseignements descriptifs qui, de l’avis de la Suisse, sont particulièrement névralgiques. Il n’est pas nécessaire que ces renseignements soient communiqués matériellement à l’Agence, à condition qu’ils soient conservés en un lieu relevant de la juridiction de la Suisse de manière que l’Agence puisse les examiner à nouveau sans difficulté.
Inspecteurs de l’Agence
i) L’Agence doit obtenir le consentement de la Suisse à la désignation d’inspecteurs de l’Agence pour la Suisse;
Si, lorsqu’une désignation est proposée, ou à un moment quelconque après la désignation d’un inspecteur, la Suisse s’élève contre la désignation de cet inspecteur, l’Agence propose à la Suisse une ou plusieurs autres désignations,
Si, à la suite du refus répété de la Suisse d’accepter la désignation d’inspecteurs de l’Agence, les inspections à faire en vertu de l’Accord sont entravées, ce refus est renvoyé par le Directeur général de l’Agence (ciaprès dénommé «le Directeur général») au Conseil pour examen, afin qu’il prenne les mesures appropriées.
b) La Suisse prend les mesures nécessaires pour que les inspecteurs de l’Agence puissent s’acquitter effectivement de leurs fonctions dans le cadre du présent Accord.
c) Les visites et activités des inspecteurs de l’Agence sont organisées de manière à:
Réduire au minimum les inconvénients et perturbations pour la Suisse et pour les activités nucléaires pacifiques inspectées;
Assurer la protection des secrets industriels ou autres renseignements confidentiels venant à la connaissance des inspecteurs.
La Suisse applique les dispositions pertinentes de l’Accord sur les privilèges et immunités de l’Agence internationale de l’énergie atomique1 à l’Agence (notamment à ses biens, fonds et avoirs) et à ses inspecteurs et autres fonctionnaires exerçant des fonctions en vertu du présent Accord.
1 RS 0.192.110.127.32
Art. 11 Consommation ou dilution des matières nucléaires
Les garanties sont levées en ce qui concerne des matières nucléaires lorsque l’Agence a constaté que lesdites matières ont été consommées, ou ont été diluées de telle manière qu’elles ne sont plus utilisables pour une activité nucléaire pouvant faire l’objet de garanties, ou sont devenues pratiquement irrécupérables.
Art. 12 Transfert de matières nucléaires hors de Suisse
La Suisse notifie à l’avance à l’Agence les transferts prévus de matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord hors de Suisse, conformément aux dispositions énoncées dans la Deuxième partie du présent Accord. L’Agence lève les garanties applicables aux matières nucléaires en vertu du présent Accord lorsque l’Etat destinataire en a assumé la responsabilité, comme prévu dans la Deuxième partie. L’Agence tient des registres où sont consignés chacun de ces transferts et, le cas échéant, la réapplication de garanties aux matières nucléaires transférées.
Art. 13 Dispositions relatives aux matières nucléaires devant être utilisées dans les activités non nucléaires
Lorsque des matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord doivent être utilisées dans des activités non nucléaires, par exemple pour la production d’alliages ou de céramiques, la Suisse convient avec l’Agence, avant que les matières soient utilisées, des conditions dans lesquelles les garanties applicables à ces matières peuvent être levées.
Non—application des garanties aux matières nucléaires devant être utilisées dans des activités non pacifiques
Si la Suisse a l’intention, comme elle en a la faculté, d’utiliser des matières nucléaires qui doivent être soumises aux garanties en vertu du présent Accord dans une activité nucléaire qui n’exige pas l’application de garanties aux termes du présent Accord, les modalités ci—après s’appliquent:
La Suisse indique à l’Agence l’activité dont il s’agit et précise:
Que l’utilisation des matières nucléaires dans une activité militaire non interdite n’est pas incompatible avec un engagement éventuellement pris par la Suisse en exécution duquel les garanties de l’Agence s’appliquent, et prévoyant que ces matières sont utilisées uniquement dans une activité nucléaire pacifique;
Que, pendant la période où les garanties ne seront pas appliquées, les matières nucléaires ne serviront pas à la fabrication d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires;
La Suisse et l’Agence concluent un arrangement aux termes duquel, tant que les matières nucléaires sont utilisées dans une activité de cette nature, les garanties visées au présent Accord ne sont pas appliquées. L’arrangement précise dans la mesure du possible la période ou les circonstances dans lesquelles les garanties ne sont pas appliquées. De toute manière, les garanties visées au présent Accord s’appliquent de nouveau dès que les matières sont retransférées à une activité nucléaire pacifique. L’Agence est tenue informée de la quantité totale et de la composition de ces matières non soumises aux garanties se trouvant en Suisse, ainsi que de toute exportation des ces matières;
Chacun des arrangements est conclu avec l’assentiment de l’Agence. Cet assentiment est donné aussi rapidement que possible; il porte uniquement sur des questions telles que les dispositions relatives aux délais, aux modalités d’application, à l’établissement des rapports, etc., mais n’implique pas une approbation de l’activité militaire – ni la connaissance des secrets militaires ayant trait à cette activité – ni ne porte sur l’utilisation des matières nucléaires dans cette activité.
La Suisse et l’Agence règlent les dépenses qu’elles encourent en s’acquittant de leurs obligations respectives en vertu du présent Accord. Toutefois, si la Suisse ou des personnes relevant de sa juridiction encourent des dépenses extraordinaires du fait d’une demande expresse de l’Agence, cette dernière rembourse le montant de ces dépenses, sous réserve qu’elle ait consenti au préalable à le faire. De toute façon, les coûts des opérations supplémentaires de mesure ou de prélèvement d’échantillons que les inspecteurs peuvent demander sont à la charge de l’Agence.
Responsabilité civile en cas de dommage nucléaire
La Suisse fait en sorte que l’Agence et ses fonctionnaires bénéficient, aux fins de la mise en oeuvre du présent Accord, de la même protection que ses propres nationaux en matière de responsabilité civile en cas de dommage nucléaire, y compris de toute assurance ou autre garantie financière, qui peut être prévue dans sa législation ou sa réglementation.
Toute demande en réparation faite par la Suisse à l’Agence ou par l’Agence à la Suisse pour tout dommage résultant de la mise en oeuvre des garanties applicables en vertu du présent Accord, autre que le dommage causé par un accident nucléaire, est réglée conformément au droit international.
Mesures permettant de vérifier l’absence de détournement
Au cas où, après avoir été saisi d’un rapport du Directeur général, le Conseil décide qu’il est essentiel et urgent que la Suisse prenne une mesure déterminée pour permettre de vérifier que des matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord ne sont pas détournées vers des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires, le Conseil peut inviter la Suisse à prendre ladite mesure sans délai, indépendamment de toute procédure engagée pour le règlement d’un différend conformément à l’art. 22 du présent Accord.
Au cas où le Conseil, après examen des renseignements pertinents communiqués par le Directeur général, constate que l’Agence n’est pas à même de vérifier que les matières nucléaires qui doivent être soumises aux garanties en vertu du présent Accord n’ont pas été détournées vers des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires, le Conseil peut rendre compte, comme il est dit au par. C de l’Art. XII du Statut de l’Agence1 (ci—après dénommé «le Statut»), et peut également prendre, lorsqu’elles sont applicables, les autres mesures prévues audit paragraphe. A cet effet, le Conseil tient compte de la mesure dans laquelle l’application des garanties a fourni certaines assurances et donne à la Suisse toute possibilité de lui fournir les assurances supplémentaires nécessaires.
Interprétation et application de l’Accord et règlement dés différends
La Suisse et l’Agence se consultent, à la demande de l’une ou de l’autre, sur toute question concernant l’interprétation ou l’application du présent Accord.
La Suisse est habilitée à demander que toute question concernant l’interprétation ou l’application du présent Accord soit examinée par le Conseil. Le Conseil invite la Suisse à prendre part à ses débats sur toute question de cette nature.
Tout différend portant sur l’interprétation ou l’application du présent Accord, à l’exception des différends relatifs à une constatation faite par le Conseil en vertu de l’art. 19, ou à une mesure prise par le Conseil à la suite de cette constatation, qui n’est pas réglé par voie de négociation ou par un autre moyen agréé par la Suisse et l’Agence doit, à la demande de l’une ou de l’autre, être soumis à un tribunal d’arbitrage composé comme suit: la Suisse et l’Agence désignent chacune un arbitre et les deux arbitres ainsi désignés élisent un troisième arbitre qui préside le tribunal. Si la Suisse ou l’Agence n’a pas désigné d’arbitre dans les trente jours qui suivent la demande d’arbitrage, la Suisse ou l’Agence peut demander au Président de la Cour internationale de Justice de nommer un arbitre. La même procédure est appliquée si le troisième arbitre n’est pas élu dans les trente jours qui suivent la désignation ou la nomination du deuxième. Le quorum est constitué par la majorité des membres du tribunal d’arbitrage; toutes les décisions doivent être approuvées par deux arbitres. La procédure d’arbitrage est fixée par le tribunal. Les décisions du tribunal ont force obligatoire pour la Suisse et l’Agence.
Suspension de l’application des garanties de l’Agence en vertu d’autres accords
L’application des garanties de l’Agence en Suisse en vertu d’autres accords de garanties conclus avec l’Agence est suspendue tant que le présent Accord est en vigueur. Si la Suisse a reçu une assistance de l’Agence pour un projet, l’engagement pris par la Suisse aux termes de l’accord de projet de n’utiliser aucun des articles visés dans ledit accord de façon à servir à des fins militaires est maintenu.
a) La Suisse et l’Agence se consultent, à la demande de l’une ou de l’autre, au sujet de tout amendement au présent Accord.
b) Tous les amendements doivent être acceptés par la Suisse et l’Agence.
c) Les amendements du présent Accord entrent en vigueur aux mêmes conditions que l’Accord lui—même.
d) Le Directeur général informe sans délai tous les Etats Membres de l’Agence de tout amendement au présent Accord.
Le présent Accord entre en vigueur à la date à laquelle l’Agence reçoit de la Suisse notification écrite que les conditions d’ordre constitutionnel et législatif nécessaire à l’entrée en vigueur sont remplies. Le Directeur général informe sans délai tous les Etats Membres de l’Agence de l’entrée en vigueur du présent Accord.
Le présent Accord reste en vigueur aussi longtemps que la Suisse est Partie au Traité.
Deuxième partie Introduction
L’objet de la présente partie de l’Accord est de spécifier les modalités à appliquer pour la mise en oeuvre des dispositions de la Première partie.
Objectif des garanties
L’objectif des modalités d’application des garanties énoncées dans la présente partie de l’Accord est de déceler rapidement le détournement de quantités significatives de matières nucléaires des activités nucléaires pacifiques vers la fabrication d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires ou à des fins inconnues, et de dissuader tout détournement par le risque d’une détection rapide.
En vue d’atteindre l’objectif énoncé à l’art. 28, il est fait usage de la comptabilité matières comme mesure de garanties d’importance essentielle associée au confinement et à la surveillance comme mesures complémentaires importantes.
La conclusion technique des opérations de vérification par l’Agence est une déclaration, pour chaque zone de bilan matières, indiquant la différence d’inventaire pour une période déterminée et les limites d’exactitude des différences déclarées.
Système national de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires
Conformément à l’art. 7, l’Agence, dans ses activités de vérification, fait pleinement usage du système suisse de comptabilité et de contrôle de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord et évite toute répétition inutile d’opérations de comptabilité et de contrôle faites par la Suisse.
Le système suisse de comptabilité et de contrôle de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord se fonde sur un ensemble de zones de bilan matières et permet, le cas échéant, et comme le spécifient les arrangements subsidiaires, la mise en oeuvre des dispositions suivantes:
Un système de mesures pour la détermination des quantités de matières nucléaires arrivées, produites, expédiées, consommées, perdues ou autrement retirées du stock, et des quantités en stock;
L’évaluation de la précision et de l’exactitude des mesures et l’estimation de l’incertitude;
Des modalités de constatation, d’examen et d’évaluation des écarts entre les mesures faites par l’expéditeur et par le destinataire;
Les modalités de l’inventaire du stock physique;
Des modalités d’évaluation des accumulations de stocks et de pertes non mesurés;
Un ensemble de relevés et de rapports indiquant, pour chaque zone de bilan matières, le stock de matières nucléaires et les variations de ce stock, y compris les arrivées et les expéditions;
Des dispositions visant à assurer l’application correcte des méthodes et règles de comptabilité;
Des modalités de communication des rapports à l’Agence conformément aux art. 59 à 69.
Les garanties ne s’appliquent pas en vertu du présent Accord aux matières dans les activités d’extraction ou de traitement des minerais.
a) Si des matières contenant de l’uranium ou du thorium qui n’ont pas atteint le stade du cycle du combustible visé à l’al. c) sont directement ou indirectement exportées vers un Etat non doté d’armes nucléaires, la Suisse informe l’Agence de la quantité, de la composition et de la destination de ces matières, sauf si elles sont exportées à des fins spécifiquement non nucléaires.
b) Si des matières contenant de l’uranium ou du thorium qui n’ont pas atteint le stade du cycle du combustible visé à l’al. c) sont importées, la Suisse informe l’Agence de la quantité et de la composition de ces matières, sauf si ces matières sont importées à des fins spécifiquement non nucléaires.
c) Si des matières nucléaires d’une composition et d’une pureté propres à la fabrication de combustible ou à la séparation des isotopes quittent l’usine ou le stade de traitement où elles ont été produites, ou si de telles matières nucléaires ou toute autre matière nucléaire produite à un stade ultérieur du cycle du combustible nucléaire sont importées en Suisse, les matières nucléaires sont alors soumises aux autres modalités de garanties spécifiées dans le présent Accord.
a) Les garanties sont levées en ce qui concerne les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord, dans les conditions énoncées à l’art. 11. Si ces conditions ne sont pas remplies, mais que la Suisse considère que la récupération des matières nucléaires contrôlées contenues dans les déchets à retraiter n’est pas réalisable ou souhaitable pour le moment, la Suisse et l’Agence se consultent au sujet des mesures de garanties appropriées à appliquer.
b) Les garanties sont levées en ce qui concerne les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord, dans les conditions énoncées à l’art. 13, sous réserve que la Suisse et l’Agence conviennent que ces matières nucléaires sont pratiquement irrécupérables.
Exemption des garanties
A la demande de la Suisse, l’Agence exempte des garanties les matières nucléaires suivantes:
Les produits fissiles spéciaux qui sont utilisés en quantités de l’ordre du gramme ou moins en tant qu’éléments sensibles dans des appareils;
Les matières nucléaires qui sont utilisées dans des activités non nucléaires conformément à l’art. 13 et sont récupérables;
Le plutonium ayant une teneur isotopique en plutonium—238 supérieure à 80 %.
A la demande de la Suisse, l’Agence exempte des garanties les matières nucléaires, qui y seraient autrement soumises, à condition que la quantité totale des matières nucléaires exemptées en Suisse, en vertu du présent article, n’excède à aucun moment les quantités suivantes:
Un kilogramme au total de produits fissiles spéciaux, pouvant comprendre un ou plusieurs des produits suivants:
Uranium ayant un enrichissement égal ou supérieur à 0,2 (20 %), le poids dont il est tenu compte étant le produit du poids réel par l’enrichissement;
Uranium ayant un enrichissement inférieur à 0,2 (20 %) mais supérieur à celui de l’uranium naturel, le poids dont il est tenu compte étant le produit du poids réel par le quintuple du carré de l’enrichissement;
Dix tonnes au total d’uranium naturel et d’uranium appauvri ayant un enrichissement supérieur à 0,005 (0,5 %.);
Vingt tonnes d’uranium appauvri ayant un enrichissement égal ou inférieur à 0,005 (0,5 %);
Vingt tonnes de thorium; ou telles quantités plus importantes que le Conseil peut spécifier pour application uniforme.
Si une matière nucléaire exemptée doit être traitée ou entreposée en même temps que des matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord, des dispositions sont prises en vue de la réapplication des garanties à cette matière.
La Suisse et l’Agence concluent des arrangements subsidiaires qui spécifient en détail, dans la mesure nécessaire pour permettre à l’Agence de s’acquitter efficacement de ses responsabilités en vertu du présent Accord, la manière dont les modalités énoncées au présent Accord seront appliquées. La Suisse et l’Agence peuvent étendre ou modifier, d’un commun accord, les arrangements subsidiaires sans amendement du présent Accord.
Les arrangements subsidiaires entrent en vigueur en même temps que le présent Accord ou aussitôt que possible après son entrée en vigueur. La Suisse et l’Agence ne négligent aucun effort pour qu’ils entrent en vigueur dans les quatre—vingt—dix jours suivant l’entrée en vigueur du présent Accord; ce délai ne peut être prolongé que si la Suisse et l’Agence en sont convenues. La Suisse communique sans délai à l’Agence les renseignements nécessaires à l’élaboration de ces arrangements. Dès l’entrée en vigueur du présent Accord, l’Agence a le droit d’appliquer les modalités qui y sont énoncées en ce qui concerne les matières nucléaires énumérées dans l’inventaire visé à l’art. 41, même si les arrangements subsidiaires ne sont pas encore entrés en vigueur.
Sur la base du rapport initial mentionné à. l’art. 62, l’Agence dresse un inventaire unique de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en Suisse en vertu du présent Accord, quelle qu’en soit l’origine, et le tient à jour en se fondant sur les rapports ultérieurs et les résultats de ses opérations de vérification. Des copies de l’inventaire sont communiquées à la Suisse à des intervalles à convenir.
Renseignements descriptifs Dispositions générales
En vertu de l’art. 8, des renseignements descriptifs concernant les installations existantes sont communiqués à l’Agence au cours de la discussion des arrangements subsidiaires. Les délais de présentation des renseignements descriptifs pour les installations nouvelles sont spécifiés dans lesdits arrangements; ces renseignements sont fournis aussitôt que possible avant l’introduction de matières nucléaires dans une installation nouvelle.
Les renseignements descriptifs communiqués à l’Agence doivent comporter pour chaque installation, s’il y a lieu:
L’identification de l’installation indiquant son caractère général, son objet, sa capacité nominale et sa situation géographique, ainsi que le nom et l’adresse à utiliser pour les affaires courantes;
Une description de l’aménagement général de l’installation indiquant, dans la mesure du possible, la forme, l’emplacement et le flux des matières nucléaires ainsi que la disposition générale du matériel important qui utilise, produit ou traite des matières nucléaires;
Une description des caractéristiques de l’installation, en ce qui concerne la comptabilité matières, le confinement et la surveillance;
Une description des règles de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires, en vigueur ou proposées, dans l’installation, indiquant notamment les zones de bilan matières délimitées par l’exploitant, les opérations de mesure du flux et des modalités de l’inventaire du stock physique.
D’autres renseignements utiles pour l’application de garanties sont communiqués à l’Agence pour chaque installation, en particulier des renseignements sur l’organigramme des responsabilités relatives à la comptabilité et au contrôle des matières. La Suisse communique à l’Agence des renseignements complémentaires sur les règles de santé et de sécurité que l’Agence devra observer et auxquelles les inspecteurs devront se conformer dans l’installation.
Des renseignements descriptifs concernant les modifications qui ont une incidence aux fins des garanties sont communiqués à l’Agence pour examen; l’Agence est informée de toute modification des renseignements communiqués en vertu de l’art. 44, suffisamment tôt pour que les modalités d’application des garanties puissent être ajustées si nécessaire.
Art. 46 Fins de l’examen des renseignements descriptifs
Les renseignements descriptifs communiqués à l’Agence sont utilisés aux fins suivantes:
Connaître les caractéristiques des installations et des matières nucléaires, qui intéressent l’application des garanties aux matières nucléaires, de façon suffisamment détaillée pour que la vérification soit plus aisée;
Déterminer les zones de bilan matières qui seront utilisées aux fins de comptabilité par l’Agence et choisir les points stratégiques qui sont des points de mesure principaux et servent à déterminer le flux et le stock de matières nucléaires; pour déterminer ces zones de bilan matières, l’Agence applique notamment les critères suivants:
La taille des zones de bilan matières est fonction de l’exactitude avec laquelle il est possible d’établir le bilan matières;
Pour déterminer les zones de bilan matières, il faut s’efforcer le plus possible d’utiliser le confinement et la surveillance pour que les mesures du flux soient complètes et simplifier ainsi l’application des garanties en concentrant les opérations de mesure aux points de mesure principaux;
Il est permis de combiner plusieurs zones de bilan matières utilisées dans une installation ou dans des sites distincts en une seule zone de bilan matières aux fins de la comptabilité de l’Agence, si l’Agence établit que cette combinaison est compatible avec ses besoins en matière de vérification;
A la demande de la Suisse, il est possible de définir une zone de bilan matières spéciale qui inclurait dans ses limites un procédé dont les détails sont névralgiques du point de vue commercial;
Fixer la fréquence théorique et les modalités de l’inventaire du stock physique des matières nucléaires aux fins de la comptabilité de l’Agence;
Déterminer le contenu de la comptabilité et des rapports, ainsi que les méthodes d’évaluation de la comptabilité;
Déterminer les besoins en ce qui concerne la vérification de la quantité et de l’emplacement des matières nucléaires, et arrêter les modalités de vérification;
Déterminer les combinaisons appropriées de méthodes et techniques de confinement et de surveillance ainsi que les points stratégiques auxquels elles seront appliquées.
Les résultats de l’examen des renseignements descriptifs sont inclus dans les arrangements subsidiaires.
Art. 47 Réexamen des renseignements descriptifs
Les renseignements descriptifs sont réexaminés compte tenu des changements dans les conditions d’exploitation, des progrès de la technologie des garanties ou de l’expérience acquise dans l’application des modalités de vérification, en vue de modifier les mesures que l’Agence a prises conformément à l’art. 46.
Art. 48 Vérification des renseignements descriptifs
L’Agence peut, en coopération avec la Suisse, envoyer des inspecteurs dans les installations pour vérifier les renseignements descriptifs communiqués à l’Agence en vertu des art. 42 à 45 aux fins énoncées à l’art. 46.
Renseignements relatifs aux matières nucléaires se trouvant en dehors des installations
Lorsque des matières nucléaires doivent être habituellement utilisées en dehors des installations, les renseignements suivants sont, le cas échéant, communiqués à l’Agence:
Une description générale de l’utilisation des matières nucléaires, leur emplacement géographique ainsi que le nom et l’adresse de l’utilisateur à employer pour les affaires courantes;
Une description générale des modalités en vigueur ou proposées pour la comptabilité et le contrôle des matières nucléaires, notamment l’organigramme des responsabilités pour la comptabilité et le contrôle des matières.
L’Agence est informée sans retard de toute modification des renseignements communiqués en vertu du présent article.
Les renseignements communiqués à l’Agence en vertu de l’art. 49 peuvent être utilisés, dans la mesure voulue, aux fins énoncées dans les al. b) à f) de l’art. 46.
Comptabilité Dispositions générales
En établissant son système de contrôle des matières comme il est dit à l’art. 7, la Suisse fait en sorte qu’une comptabilité soit tenue en ce qui concerne chacune des zones de bilan matières. La comptabilité à tenir est décrite dans les arrangements subsidiaires.
La Suisse prend des dispositions pour faciliter l’examen de la comptabilité par les inspecteurs, particulièrement si elle n’est pas tenue en anglais, en espagnol, en français ou en russe.
La comptabilité est conservée pendant au moins cinq ans.
La comptabilité comprend, s’il y a lieu:
Des relevés comptables de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord;
Des relevés d’opérations pour les installations qui contiennent ces matières nucléaires.
Le système de mesures, sur lequel la comptabilité utilisée pour l’établissement des rapports est fondée, est conforme aux normes internationales les plus récentes ou est équivalent en qualité à ces normes.
Les relevés comptables contiennent, en ce qui concerne chaque zone de bilan matières, les écritures suivantes:
Tous les résultats de mesures qui sont utilisés pour la détermination du stock physique;
Tous les ajustements et corrections qui ont été faits en ce qui concerne les variations de stock, les stocks comptables et les stocks physiques.
Pour toutes les variations de stock et tous les stocks physiques, les relevés indiquent, en ce qui concerne chaque lot de matières nucléaires: l’identification des matières, les données concernant le lot et les données de base. Les relevés rendent compte des quantités d’uranium, de thorium et de plutonium séparément dans chaque lot de matières nucléaires. Pour chaque variation de stock sont indiqués la date de la variation et, le cas échéant, la zone de bilan matières expéditrice et la zone de bilan matières destinataire, ou le destinataire.
Art. 58 Relevés d’opérations
Les relevés d’opérations contiennent pour chaque zone de bilan matières, S’il y a lieu, les écritures suivantes:
Les données d’exploitation que l’on utilise pour établir les variations des quantités et de la composition des matières nucléaires;
Les renseignements obtenus par l’étalonnage de réservoirs et appareils et par l’échantillonnage et les analyses, les modalités du contrôle de la qualité des mesures et les estimations calculées des erreurs aléatoires et systématiques;
La description du processus suivi pour préparer et dresser un inventaire du stock physique et pour faire en sorte que cet inventaire soit exact et complet;
La description des dispositions prises pour déterminer la cause et l’ordre de grandeur de toute perte accidentelle ou non mesurée qui pourrait se produire.
Rapports Dispositions générales
La Suisse communique à l’Agence les rapports définis aux art. 60 à 69, en ce qui concerne les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord.
Les rapports sont rédigés en anglais, en espagnol, en français ou en russe, sauf dispositions contraires des arrangements subsidiaires.
Les rapports sont fondés sur la comptabilité tenue conformément aux art. 51 à 58 et comprennent, selon le cas, des rapports comptables et des rapports spéciaux.
L’Agence reçoit un rapport initial sur toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord. Le rapport initial est envoyé par la Suisse à l’Agence dans les trente jours qui suivent le dernier jour du mois civil au cours duquel le présent Accord entre en vigueur, et décrit la situation au dernier jour dudit mois.
Pour chaque zone de bilan matières, la Suisse communique à l’Agence les rapports comptables ci—après:
Des rapports sur les variations de stock indiquant toutes les variations du stock de matières nucléaires. Les rapports sont envoyés aussitôt que possible et en tout cas dans les trente jours qui suivent la fin du mois au cours duquel les variations de stock se sont produites ou ont été constatées;
Des rapports sur le bilan matières indiquant le bilan matières fondé sur le stock physique des matières nucléaires réellement présentes dans la zone de bilan matières. Les rapports sont envoyés aussitôt que possible et en tout cas dans les trente jours suivant un inventaire du stock physique.
Les rapports sont fondés sur les renseignements disponibles à la date où ils sont établis et peuvent être rectifiés ultérieurement s’il y a lieu.
Les rapports sur les variations de stock donnent l’identification des matières et les données concernant le lot pour chaque lot de matières nucléaires, la date de la variation de stock et, le cas échéant, la zone de bilan matières expéditrice et la zone de bilan matières destinataire ou le destinataire. A ces rapports sont jointes des notes concises:
Expliquant les variations de stock sur la base des données d’exploitation inscrites dans les relevés d’opérations prévus à l’al. a) de l’art. 58;
Décrivant, comme spécifié dans les arrangements subsidiaires, le programme d’opérations prévu, notamment l’inventaire du stock physique.
La Suisse rend compte de chaque variation de stock, ajustement ou correction, soit périodiquement dans une liste récapitulative, soit séparément. Il est rendu compte des variations de stock par lot. Comme spécifié dans les arrangements subsidiaires, les petites variations de stock de matières nucléaires, telles que les transferts d’échantillons aux fins d’analyse, peuvent être groupées pour qu’il en soit rendu compte comme d’une seule variation de stock.
L’Agence communique à la Suisse, pour chaque zone de bilan matières, des inventaires semestriels du stock comptable de matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord, établis d’après les rapports sur les variations de stock pour la période sur laquelle porte chacun de ces inventaires.
Les rapports sur le bilan matières contiennent les écritures suivantes, sauf si la Suisse et l’Agence en conviennent autrement:
Stock physique initial;
Variations de stock (d’abord les augmentations, ensuite les diminutions); c) Stock comptable final;
Ecarts entre expéditeur et destinataire;
Stock comptable final ajusté;
Stock physique final;
Différence d’inventaire.
Un inventaire du stock physique dans lequel tous les lots figurent séparément et qui donne pour chaque lot l’identification des matières et les données concernant le lot est joint à chacun des rapports sur le bilan matières.
Art. 68 Rapports spéciaux
La Suisse envoie des rapports spéciaux sans délai:
Si des circonstances ou un incident exceptionnels amènent la Suisse à penser que des matières nucléaires ont été ou ont pu être perdues en quantités excédant les limites spécifiées à cette fin dans les arrangements subsidiaires;
Si le confinement a changé inopinément par rapport à celui qui est spécifié dans les arrangements subsidiaires, au point qu’un retrait non autorisé de matières nucléaires est devenu possible.
Art. 69 Précisions et éclaircissements
A la demande de l’Agence, la Suisse fournit des précisions ou des éclaircissements sur tous les rapports dans la mesure où cela est nécessaire aux fins des garanties.
Art. 70 Dispositions générales
L’Agence a le droit de faire des inspections conformément aux dispositions des art. 71 à 82.
L’Agence peut faire des inspections ad hoc pour:
Vérifier les renseignements contenus dans le rapport initial sur les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord;
Identifier et vérifier les changements qui se sont produits dans la situation depuis la date du rapport initial;
Identifier les matières nucléaires et, si possible, en vérifier la quantité et la composition, conformément aux art. 93 et 96, avant leur transfert hors de la Suisse ou lors de leur transfert à destination de son territoire.
L’Agence peut faire des inspections régulières pour:
Vérifier que les rapports sont conformes à la comptabilité;
Vérifier l’emplacement, l’identité, la quantité et la composition de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord;
Vérifier les renseignements sur les causes possibles des différences d’inventaire, des écarts entre expéditeur et destinataire et des incertitudes sur le stock comptable.
L’Agence peut faire des inspections spéciales, sous réserve des dispositions de l’article 77:
Pour vérifier les renseignements contenus dans les rapports spéciaux;
Si l’Agence estime que les renseignements communiqués par la Suisse, y compris les explications fournies par la Suisse et les renseignements obtenus au moyen des inspections régulières, ne lui suffisent pas pour s’acquitter de ses responsabilités en vertu du présent Accord.
Une inspection est dite spéciale lorsqu’elle s’ajoute aux inspections régulières prévues aux art. 78 à 82 ou que les inspecteurs ont un droit d’accès à des renseignements ou emplacements qui s’ajoutent à ceux qui sont spécifiés à l’art. 76 pour les inspections régulières et les inspections ad hoc.
Portée des inspections
Aux fins spécifiées dans les art.71 à 73, l’Agence peut:
Examiner la comptabilité tenue conformément aux art. 51 à 58;
Faire des mesures indépendantes de toutes les matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord;
Vérifier le fonctionnement et l’étalonnage des appareils et autres dispositifs de contrôle et de mesure;
Appliquer et utiliser les mesures de surveillance et de confinement;
Utiliser d’autres méthodes objectives qui se sont révélées techniquement applicables.
Dans le cadre des dispositions de l’art.e 74, l’Agence est habilitée à:
S’assurer que les échantillons prélevés aux points de mesure principaux pour le bilan matières le sont conformément à des modalités qui donnent des échantillons représentatifs, surveiller le traitement et l’analyse des échantillons et obtenir des doubles de ces échantillons;
S’assurer que les mesures de matières nucléaires faites aux points de mesure principaux pour le bilan matières sont représentatives, et surveiller l’étalonnage des appareils et autres dispositifs;
Prendre, le cas échéant, avec la Suisse les dispositions voulues pour que: i) Des mesures supplémentaires soient faites et des échantillons supplémentaires prélevés à l’intention de l’Agence;
Les échantillons étalonnés fournis par l’Agence pour analyse soient analysés;
Des étalons absolus appropriés soient utilisés pour l’étalonnage des appareils et autres dispositifs;
D’autres étalonnages soient effectués;
Prévoir l’utilisation de son propre matériel pour les mesures indépendantes et la surveillance et, s’il en est ainsi convenu et spécifié dans les arrangements subsidiaires, prévoir l’installation de ce matériel;
Poser des scellés et autres dispositifs d’identification et de dénonciation sur les confinements, s’il en est ainsi convenu et spécifié dans les arrangements subsidiaires;
Prendre avec la Suisse les dispositions voulues pour l’expédition des échantillons prélevés à l’intention de l’Agence.
Droit d’accès pour les inspections
a) Aux fins énoncées aux al. a) et b) de l’art. 71 et jusqu’au moment où les points stratégiques auront été spécifiés dans les arrangements subsidiaires, les inspecteurs de l’Agence ont accès à tout emplacement où, d’après le rapport initial ou une inspection faite à l’occasion de ce rapport, se trouvent des matières nucléaires.
b) Aux fins énoncées à l’al. c) de l’art.71, les inspecteurs ont accès à tout emplacement dont l’Agence a reçu notification conformément aux sousalinéas d) iii) de l’art. 92 ou d) iii) de l’art. 95.
c) Aux fins énoncées à l’art. 72, les inspecteurs de l’Agence ont accès aux seuls points stratégiques désignés dans les arrangements subsidiaires et à la comptabilité tenue conformément aux art. 51 à 58.
d) Si la Suisse estime qu’en raison de circonstances exceptionnelles il faut apporter d’importantes limitations au droit d’accès accordé à l’Agence, la Suisse et l’Agence concluent sans tarder des arrangements en vue de permettre à l’Agence de s’acquitter de ses responsabilités en matière de garanties compte tenu des limitations ainsi apportées. Le Directeur général rend compte de chacun de ces arrangements au Conseil.
Dans les circonstances qui peuvent donner lieu à des inspections spéciales aux fins énoncées à l’art. 73, la Suisse et l’Agence se consultent immédiatement. A la suite de ces consultations, l’Agence peut:
Faire des inspections qui s’ajoutent aux inspections régulières prévues aux art. 78 à 82;
Obtenir, avec l’assentiment de la Suisse, un droit d’accès à des renseignements ou emplacements qui s’ajoutent à ceux qui sont spécifiés à l’art. 76. Tout désaccord concernant la nécessité d’étendre le droit d’accès est réglé conformément aux dispositions des art. 21 et 22; si les mesures à prendre par la Suisse sont essentielles et urgentes, l’art. 18 s’applique.
Fréquence et intensité des inspections régulières
L’Agence suit un calendrier d’inspection optimal et maintient le nombre, l’intensité et la durée des inspections régulières au minimum compatible avec l’application effective des modalités de garanties énoncées dans le présent Accord; elle utilise le plus rationnellement et le plus économiquement possible les ressources dont elle dispose aux fins des inspections.
Dans le cas des installations et zones de bilan matières extérieures aux installations, contenant une quantité de matières nucléaires ou ayant un débit annuel, si celui—ci est supérieur, n’excédant pas cinq kilogrammes effectifs, l’Agence peut procéder à une inspection régulière par an.
Pour les installations contenant une quantité de matières nucléaires ou ayant un débit annuel excédant cinq kilogrammes effectifs, le nombre, l’intensité, la durée, le calendrier et les modalités des inspections régulières sont déterminés compte tenu du principe selon lequel, dans le cas extrême ou limite, le régime d’inspection n’est pas plus intensif qu’il n’est nécessaire et suffisant pour connaître à tout moment le flux et le stock de matières nucléaires; le maximum d’inspection régulière en ce qui concerne ces installations est déterminé de la manière suivante:
Pour les réacteurs et les installations de stockage sous scellés, le total maximum d’inspection régulière par an est déterminé sur la base d’un sixième d’année d’inspecteur pour chacune des installations de cette catégorie;
Pour les installations, autres que les réacteurs et installations de stockage sous scellés, dont les activités comportent l’utilisation de plutonium ou d’uranium enrichi à plus de 5 %, le total maximum d’inspection régulière par an est déterminé sur la base de 30 × Ö journées d’inspecteur par an pour chaque installation de cette catégorie, E étant le stock de matières nucléaires ou le débit annuel, si celui—ci est plus élevé, exprimés en kilogrammes effectifs. Toutefois, le maximum établi pour l’une quelconque de ces installations ne sera pas inférieur à 1,5 année d’inspecteur;
Pour les installations non visées aux al. a) ou b), le total maximum d’inspection régulière par an est déterminé en autorisant pour chaque installation de cette catégorie un tiers d’année d’inspecteur plus 0,4×E journées d’inspecteur par an, E étant le stock de matières nucléaires ou le débit annuel, si celui—ci est plus élevé, exprimé en kilogrammes effectifs.
La Suisse et l’Agence peuvent convenir de modifier les chiffres spécifiés dans le présent article pour le maximum d’inspection lorsque le Conseil décide que cette modification est justifiée.
Sous réserve des dispositions des art. 78 à 80, le nombre, l’intensité, la durée, le calendrier et les modalités des inspections régulières de toute installation sont déterminés notamment d’après les critères suivants:
Forme des matières nucléaires, en particulier si les matières sont en vrac ou contenues dans un certain nombre d’articles identifiables; composition chimique et, dans le cas de l’uranium, s’il est faiblement ou fortement enrichi; accessibilité;
Efficacité du système suisse de comptabilité et de contrôle, notamment mesure dans laquelle les exploitants d’installations sont organiquement indépendants du système suisse de comptabilité et de contrôle; mesure dans laquelle les dispositions spécifiées à l’art. 32 ont été appliquées par la Suisse; promptitude avec laquelle les rapports sont adressés à l’Agence; leur concordance avec les vérifications indépendantes faites par l’Agence; importance et exactitude de la différence d’inventaire confirmée par l’Agence;
Caractéristiques du cycle du combustible nucléaire de la Suisse, en particulier nombre et type des installations contenant des matières nucléaires soumises aux garanties; caractéristiques de ces installations du point de vue des garanties, notamment degré de confinement; mesure dans laquelle la conception de ces installations facilite la vérification du flux et du stock de matières nucléaires; mesure dans laquelle une corrélation peut être établie entre les renseignements provenant de différentes zones de bilan matières;
Interdépendance des Etats, en particulier mesure dans laquelle des matières nucléaires sont reçues d’autres Etats, ou expédiées à d’autres Etats, aux fins d’utilisation ou de traitement; toutes opérations de vérification faites par l’Agence à l’occasion de ces transferts; mesure dans laquelle les activités nucléaires de la Suisse et celles d’autres Etats sont interdépendantes;
Progrès techniques dans le domaine des garanties, y compris l’emploi de procédés statistiques et du sondage aléatoire pour l’évaluation du flux de matières nucléaires.
La Suisse et l’Agence se consultent si la Suisse estime que l’inspection est indûment concentrée sur certaines installations.
Préavis des inspections
L’Agence donne préavis à la Suisse de l’arrivée des inspecteurs dans les installations ou dans les zones de bilan matières extérieures aux installations:
Pour les inspections ad hoc prévues à l’al. c) de l’art. 71, vingtquatre heures au moins à l’avance; une semaine au moins à l’avance pour les inspections prévues aux al. a) et b) de l’art. 71 ainsi que pour les activités prévues à l’art. 48;
Pour les inspections spéciales prévues à l’art. 73, aussi rapidement que possible après que la Suisse et l’Agence se sont consultées comme prévu à l’art. 77, étant entendu que la notification de l’arrivée fait normalement partie des consultations;
Pour les inspections régulières prévues à l’art. 72, vingt—quatre heures au moins à l’avance en ce qui concerne les installations visées à l’al. b) de l’art. 80 ainsi que les installations de stockage sous scellés contenant du plutonium ou de l’uranium enrichi à plus de 5 %, et une semaine dans tous les autres cas.
Les préavis d’inspection comprennent les noms des inspecteurs et indiquent les installations et les zones de bilan matières extérieures aux installations à inspecter ainsi que les périodes pendant lesquelles elles seront inspectées. Si les inspecteurs arrivent d’un territoire extérieur à celui de la Suisse, l’Agence donne également préavis du lieu et du moment de leur arrivée en Suisse.
Nonobstant les dispositions de l’art. 83, l’Agence peut, à titre de mesure complémentaire, effectuer sans notification préalable une partie des inspections régulières prévues à l’art. 80, selon le principe du sondage aléatoire. En procédant à des inspections inopinées, l’Agence tient pleinement compte du programme d’opérations fourni par la Suisse conformément à l’al. b) de l’art. 64. En outre, chaque fois que cela est possible, et sur la base du programme d’opérations, elle avise périodiquement la Suisse de son programme général d’inspections annoncées et inopinées en précisant les périodes générales pendant lesquelles des inspections sont prévues. En procédant à des inspections inopinées, l’Agence ne ménage aucun effort pour réduire au minimum toute difficulté pratique que ces inspections pourraient causer à la Suisse et aux exploitants d’installations, en tenant compte des dispositions pertinentes de l’art. 44 et de l’art. 89. De même, la Suisse fait tous ses efforts pour faciliter la tâche des inspecteurs.
Les inspecteurs sont désignés selon les modalités suivantes:
Le Directeur général communique par écrit à la Suisse le nom, les titres, la nationalité et le rang de chaque fonctionnaire de l’Agence dont la désignation comme inspecteur pour la Suisse est proposée, ainsi que tous autres détails utiles le concernant;
La Suisse fait savoir au Directeur général dans les trente jours suivant la réception de la proposition, si elle accepte cette proposition;
Le Directeur général peut désigner comme un des inspecteurs pour la Suisse chaque fonctionnaire que la Suisse a accepté, et il informe la Suisse de ces désignations;
Le Directeur général, en réponse à une demande adressée par la Suisse, ou de sa propre initiative, fait immédiatement savoir à la Suisse que la désignation d’un fonctionnaire comme inspecteur pour la Suisse est annulée.
Toutefois, en ce qui concerne les inspecteurs dont l’Agence a besoin aux fins énoncées à l’art. 48 et pour des inspections ad hoc conformément aux al. a) et b) de l’art. 71, les formalités de désignation sont terminées si possible dans les trente jours qui suivent l’entrée en vigueur du présent Accord. S’il est impossible de procéder à ces désignations dans ce délai, des inspecteurs sont désignés à ces fins à titre temporaire.
La Suisse accorde ou renouvelle le plus rapidement possible les visas nécessaires à chaque inspecteur désigné pour la Suisse.
Conduite et séjour des inspecteurs
Les inspecteurs, dans l’exercice de leurs fonctions au titre des art. 48 et 71 à 75, s’acquittent de leurs tâches de manière à ne pas gêner ou retarder la construction, la mise en service ou l’exploitation des installations, ou compromettre leur sûreté. En particulier, les inspecteurs ne doivent pas faire fonctionner eux—mêmes une installation ni ordonner au personnel d’une installation de procéder à une opération quelconque. Si les inspecteurs estiment qu’en vertu des art. 74 et 75 l’exploitant devrait effectuer des opérations particulières dans une installation, ils font une demande à cet effet.
Si, dans l’exécution de leurs fonctions, des inspecteurs ont besoin de services qu’ils peuvent se procurer en Suisse, notamment d’utiliser du matériel, la Suisse leur facilite l’obtention de ces services et l’usage de ce matériel.
La Suisse a le droit de faire accompagner les inspecteurs par ses représentants pendant les opérations d’inspection, sous réserve que les inspecteurs ne soient pas de ce fait retardés ou autrement gênés dans l’exercice de leurs fonctions.
Déclarations relatives aux activités de vérification de l’Agence
Des résultats des inspections à des intervalles spécifiés dans les arrangements subsidiaires;
Des conclusions qu’elle a tirées de ses opérations de vérification en Suisse, en particulier sous forme de déclarations pour chaque zone de bilan matières, lesquelles sont établies aussitôt que possible après que le stock physique a été inventorié et vérifié par l’Agence et qu’un bilan matières a été dressé.
Les matières nucléaires soumises ou devant être soumises aux garanties en vertu du présent Accord et qui font l’objet d’un transfert international sont considérées, aux fins de l’Accord, comme étant sous la responsabilité de la Suisse:
En cas d’importation en Suisse, depuis le moment où une telle responsabilité cesse d’incomber à l’Etat exportateur, et au plus tard au moment de l’arrivée des matières à destination;
En cas d’exportation hors de Suisse, jusqu’au moment où l’Etat destinataire assume cette responsabilité, et au plus tard au moment de l’arrivée des matières nucléaires à destination.
Le stade auquel se fera le transfert de responsabilité est déterminé conformément aux arrangements appropriés qui seront conclus par les Etats intéressés. Ni la Suisse ni aucun autre Etat ne sera considéré comme ayant une telle responsabilité sur des matières nucléaires pour la seule raison que celles—ci se trouvent en transit sur son territoire ou au—dessus de son territoire, ou transportées sous son pavillon ou dans ses aéronefs.
Transferts hors de Suisse
a) La Suisse notifie à l’Agence tout transfert prévu hors de Suisse de matières nucléaires soumises aux garanties en vertu du présent Accord, si l’expédition est supérieure à un kilogramme effectif, ou si, dans l’espace de trois mois, plusieurs expéditions distinctes doivent être adressées au même Etat, dont chacune est inférieure à un kilogramme effectif mais dont le total dépasse un kilogramme effectif. Aucune notification préalable n’est requise pour les transferts à destination du Liechtenstein.
b) La notification est faite à l’Agence après la conclusion du contrat prévoyant le transfert et normalement au moins deux semaines avant que les matières nucléaires ne soient préparées pour l’expédition.
c) La Suisse et l’Agence peuvent convenir de modalités différentes pour la notification préalable.
d) La notification spécifie:
L’identification et, si possible, la quantité et la composition prévues des matières nucléaires qui sont transférées, et la zone de bilan matières d’où elles proviennent;
L’Etat auquel les matières nucléaires sont destinées;
Les dates et emplacements où les matières nucléaires seront préparées pour l’expédition;
Les dates approximatives d’expédition et d’arrivée des matières nucléaires;
Le stade du transfert auquel l’Etat destinataire assumera la responsabilité des matières nucléaires aux fins du présent Accord, et la date probable à laquelle ce stade sera atteint.
La notification visée à l’art. 92 est telle qu’elle permette à l’Agence de procéder, si nécessaire, à une inspection ad hoc pour identifier les matières nucléaires et, si possible, en vérifier la quantité et la composition avant qu’elles ne soient transférées hors de Suisse et, si l’Agence le désire ou si la Suisse le demande, d’apposer des scellés sur les matières nucléaires lorsqu’elles ont été préparées pour expédition. Toutefois, le transfert des matières nucléaires ne devra être retardé en aucune façon par les mesures prises ou envisagées par l’Agence à la suite de cette notification.
Si les matières nucléaires ne sont pas soumises aux garanties de l’Agence sur le territoire de l’Etat destinataire, la Suisse prend les dispositions voulues pour que l’Agence reçoive, dans les trois mois suivant le moment où l’Etat destinataire accepte la responsabilité des matières nucléaires en lieu et place de la Suisse, une confirmation du transfert par l’Etat destinataire.
Transferts à la Suisse
a) La Suisse notifie à l’Agence tout transfert prévu de matières nucléaires devant être soumises aux garanties en vertu du présent Accord, qui sont destinées à la Suisse, si l’expédition est supérieure à un kilogramme effectif, ou si, dans l’espace de trois mois, plusieurs expéditions distinctes doivent être reçues du même Etat, dont chacune est inférieure à un kilogramme effectif mais dont le total dépasse un kilogramme effectif. Aucune notification préalable n’est requise pour les transferts en provenance du Liechtenstein.
b) La notification est faite à l’Agence aussi longtemps que possible avant la date prévue de l’arrivée des matières nucléaires et en aucun cas plus tard que la date à laquelle la Suisse en assume la responsabilité.
L’identification et, si possible, la quantité et la composition prévues des matières nucléaires;
Le stade du transfert auquel la Suisse assumera la responsabilité des matières nucléaires aux fins du présent Accord, et la date probable à laquelle ce stade sera atteint;
La date prévue de l’arrivée, l’emplacement où il est prévu que les matières nucléaires seront déballées, et la date à laquelle il est prévu qu’elles le seront.
La notification visée à l’art. 95 est telle qu’elle permette à l’Agence de procéder, si nécessaire, à une inspection ad hoc pour identifier les matières nucléaires et, si possible, en vérifier la quantité et la composition, au moment où l’envoi est déballé. Toutefois, le déballage ne devra pas être retardé en raison des mesures prises ou envisagées par l’Agence à la suite de cette notification.
Art. 97 Rapports spéciaux
La Suisse envoie un rapport spécial, comme prévu à l’art. 68, si des circonstances ou un incident exceptionnels l’amènent à penser que des matières nucléaires ont été ou ont pu être perdues au cours d’un transfert international, notamment s’il se produit un retard important dans le transfert.
A. Par ajustement, on entend une écriture comptable indiquant un écart entre expéditeur et destinataire ou une différence d’inventaire.
B. Par débit annuel, on entend, aux fins des art. 79 et 80, la quantité de matières nucléaires transférées chaque année hors d’une installation fonctionnant à sa capacité nominale.
C. Par lot, on entend une portion de matières nucléaires traitée comme une unité aux fins de la comptabilité en un point de mesure principal, et dont la composition et la quantité sont définies par un ensemble unique de caractéristiques ou de mesures. Les matières nucléaires peuvent être en vrac ou contenues dans un certain nombre d’articles identifiables.
D. Par données concernant le lot, on entend le poids total de chaque élément de matières nucléaires et, dans le cas de l’uranium et du plutonium, la composition isotopique s’il y a lieu. Les unités de compte sont les suivantes:
Le gramme pour le plutonium contenu;
Le gramme pour le total d’uranium et pour le total de l’uranium—235 et de l’uranium—233 contenu dans l’uranium enrichi en ces isotopes;
Le kilogramme pour le thorium, l’uranium naturel et l’uranium appauvri contenus.
Aux fins des rapports, on additionne les poids des différents articles du lot avant d’arrondir à l’unité la plus proche.
E. Le stock comptable d’une zone de bilan matières est la somme algébrique du stock physique déterminé par l’inventaire le plus récent et de toutes les variations de stock survenues depuis cet inventaire.
F. Par correction, on entend une écriture comptable visant à rectifier une erreur identifiée ou à traduire la mesure améliorée d’une quantité déjà comptabilisée. Chaque correction doit spécifier l’écriture à laquelle elle se rapporte.
G. Par kilogramme effectif, on entend une unité spéciale utilisée dans l’application des garanties à des matières nucléaires. La quantité de kilogrammes effectifs est obtenue en prenant:
Dans le cas du plutonium, son poids en kilogrammes;
Dans le cas de l’uranium ayant un enrichissement égal ou supérieur à 0,01 (1 %), le produit de son poids en kilogrammes par le carré de l’enrichissement;
Dans le cas de l’uranium ayant un enrichissement inférieur à 0,01 (1 mais supérieur à 0,005 (0,5 %), le produit de son poids en kilogrammes par 0,0001;
Dans le cas de l’uranium appauvri ayant un enrichissement égal ou inférieur à 0,005 (0,5 %.) et dans le cas du thorium, leur poids en kilogrammes multiplié par 0,00005.
H. Par enrichissement, on entend le rapport du poids global de l’uranium—233 et de l’uranium—235 au poids total de l’uranium considéré.
I. Par installation, on entend:
Un réacteur, une installation critique, une usine de transformation, une usine de fabrication, une usine de traitement du combustible irradié, une usine de séparation des isotopes ou une installation de stockage séparée;
J. Par variation de stock, on entend une augmentation ou une diminution de la quantité de matières nucléaires, exprimée en lots, dans une zone de bilan matières; il peut s’agir de l’une des augmentations et diminutions suivantes:
i) Importation;
Arrivée en provenance de l’intérieur: arrivée en provenance d’une autre zone de bilan matières ou d’une activité non contrôlée (non pacifique) ou arrivée au point de départ de l’application des garanties;
Production nucléaire: production de produits fissiles spéciaux dans un réacteur;
Levée d’exemption: application de garanties à des matières nucléaires antérieurement exemptées du fait de l’utilisation ou du fait de la quantité;
Expédition à destination de l’intérieur: expédition à destination d’une autre zone de bilan matières ou d’une activité non contrôlée (non pacifique);
Consommation: perte de matière nucléaire due à sa transformation en élément(s) ou isotope(s) différents à la suite de réactions nucléaires;
Rebuts mesurés: matière nucléaire qui a été mesurée, ou estimée sur la base de mesures, et affectée à des fins telles qu’elle ne puisse plus se prêter à une utilisation nucléaire;
Déchets conservés: matière nucléaire produite en cours de traitement ou par suite d’un accident d’exploitation et jugée pour le moment irrécupérable, mais stockée;
Exemption: exemption de matières nucléaires des garanties, du fait de l’utilisation ou du fait de la quantité;
Autres pertes: par exemple, perte accidentelle (c’est—à—dire perte irréparable de matières nucléaires par inadvertance, due à un accident d’exploitation) ou vol.
K. Par point de mesure principal, on entend un endroit où, étant donné sa forme, la matière nucléaire peut être mesurée pour en déterminer le flux ou le stock. Les points de mesure principaux comprennent les entrées et les sorties (y compris les rebuts mesurés) et les magasins des zones de bilan matières, cette énumération n’étant pas exhaustive.
L. Par année d’inspecteur, on entend, aux fins de l’art. 80, 300 journées d’inspecteur, une journée d’inspecteur étant une journée au cours de laquelle un inspecteur a accès à tout moment à une installation pendant un total de huit heures au maximum.
M. Par Zone de bilan matières, on entend une zone intérieure ou extérieure à une installation telle que:
Les quantités de matières nucléaires transférées puissent être déterminées à l’entrée et à la sortie de chaque zone de bilan matières,
Le stock physique de matières nucléaires dans chaque zone de bilan matières puisse être déterminé, si nécessaire, selon des modalités spécifiées, afin que le bilan matières aux fins des garanties de l’Agence puisse être établi.
N. La différence d’inventaire est la différence entre le stock comptable et le stock physique.
O. Par matière nucléaire, on entend toute matière brute ou tout produit fissile spécial tels qu’ils sont définis à l’Art. XX du Statut. Le terme matière brute n’est pas interprété comme s’appliquant aux minerais ou aux résidus de minerais. Si après l’entrée en vigueur du présent Accord, le Conseil, agissant en vertu de l’Art. XX du Statut, désigne d’autres matières et les ajoute à la liste de celles qui sont considérées comme des matières brutes ou des produits fissiles spéciaux, cette désignation ne prend effet en vertu du présent Accord qu’après avoir été accepté par la Suisse.
P. Le Stock physique est la somme de toutes les quantités de matières nucléaires des lots se trouvant à un moment donné dans une zone de bilan matières, ces quantités étant des résultats de mesures ou des estimations calculées, obtenus selon des modalités spécifiées.
Q. Par écart entre expéditeur et destinataire, on entend la différence entre la quantité de matière nucléaire d’un lot, déclarée par la zone de bilan matières expéditrice, et la quantité mesurée par la zone de bilan matières destinataire.
R. Par données de base, on entend les données, enregistrées lors des mesures ou des étalonnages, ou utilisées pour obtenir des relations empiriques, qui permettent d’identifier la matière nucléaire et de déterminer les données concernant le lot. Les données de base englobent, par exemple, le poids des composés, les facteurs de conversion appliqués pour déterminer le poids de l’élément, le poids spécifique, la concentration de l’élément, les abondances isotopiques, la relation entre les lectures volumétrique et manométrique, et la relation entre le plutonium et l’énergie produits.
S. Par point stratégique, on entend un endroit choisi lors de l’examen des renseignements descriptifs où, dans les conditions normales et en conjonction avec les renseignements provenant de l’ensemble de tous les points stratégiques, les renseignements nécessaires et suffisants pour la mise en oeuvre des mesures de garanties sont obtenus et vérifiés. Un point stratégique peut être n’importe quel endroit où des mesures principales relatives à la comptabilité bilan matières sont faites et où des mesures de confinement et de surveillance sont mises en oeuvre.
Fait à Vienne, le 6 septembre 1978, en double exemplaire en langue anglaise et en langue française, les deux textes faisant également foi.
RO 1978 1720
1 RS 0.515.032 RS 0.732.011
Accord du 6 septembre 1978 entre la Confédération suisse et l’Agence internationale de l’énergie atomique relatif à l’application de garanties dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires

References: Art. 11

Art. 12

Art. 13
 art. 59

Art. 46

Art. 47

Art. 48
 art. 42

Art. 58
 art. 60
 art. 51

Art. 68

Art. 69

Art. 70
 art. 71
 art. 93
 art. 78
 art.71
 art. 51
 art. 51
 art. 78
 art. 21
 art. 78
 art. 48
 art. 74

Art. 97
 art. 79