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⭐BULLETIN SOCIÉTÉ HISTORIQUE RÉGIONALE VILLERS-COTTERÉTS
BULLETIN SOCIÉTÉ HISTORIQUE RÉGIONALE VILLERS-COTTERÉTS
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1 2 BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE RÉGIONALE DE VILLERS-COTTERÉTS3 BULLETIN DELA SOCIÉTÉ HISTORIE liégiolli DE V1LLERSCOTTERÊTS CHARME DELACONSIBVATION DU MUSÉE ALEXANDRE DUMAS,g;SMAMTtLS~t SOISSONS ImprimerieDEl'ARGU SOJSSONNAIS 15,RUE SAINT-ANTOINB,4 BULLETIN DE LA Société historique 'Régionale DE VILIEES-COTTBBÊTS LaSociété ucdlenfl aucunement adopter uh se porter garante des opinions ou assertions qui pourront être émises riens les Mémoires dont elle aura autorise le lecture vu l'impression. (Statuts. Titre art. V, 1(i, 3.) DEUXIÈME A.JVIMÉE! PREMIÈRE SÉANCE Dimanche 14 Janvier 1906 Présidencede M. Emile POTTIER, Vice-Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. Sur la proposition de M. Emile Dupuis, trésorier, on décide l'insertion des Statuts de la Société dans le présent Bulletin5 STATUTS DE LA Société Historique Régionale DE VILLERS-COTTERËTS TITRE 1 Objet DE LA SOCIÉTÉ Article i". La Société Historique Régionale do Villers-Cotteréts a pour but la propagation et l'étude de tout i;e qui se rattache, au point de vue historique et archéologique, à la ville de Villers-Cotterèts, principalement, et à ses environs. ART. 2. Elle conserve et sauvegarde tous les précieux restes des siècles passés qui, sous des formes diverses (Monuments, Statues, Tableaux, Urnes, Armures, Monnaies, Médailles, Manuscrits, etc.), font connaître l'état des arts et des sciences aux différentes époques de la vio sociale elle réunit ainsi tous les éléments nécessaires à l'histoire des localités et des hommes qui ontt joué un rôle dans la Contrée. ART. 3. La Société a aussi pour but spécial l'organisation et la Conservation d'un Musée qui sera installé à Villers-Cotterêts et qui portera le nom de Musée Alexandre Dumas. Tous les objets le composant deviendront la propriété de la Ville, a titre inaliénable, La gestion et la conservation du Musée appartiendront à la Société tant que durera son existence. ART. 4. Le Siège delasociété est Villers-Cotterèts.6 TITRE II Composition ET ORGANISATIONDE LASOCIÉTÉ Art. 5. Les Membres de la Société Historique se divisent en Membres titulaires; Membres correspondants; Membres associes libres; Membres honoraires; et Membres fondateurs. Ces derniers sont ceux qui, s'intéressant d'une façon particulière à l'œuvre de la Société, auront versé, pour son organisation, une somme non inférieure à 50 francs. ART. 6. Le nombre des Membres titulaires ne peut excéder vingt-cinq. Celui des autres Membres est illimité. Aht. 7. LesMembres titulaires paient une cotisation annuelle de 10 francs et les Membres correspondants une cotisation annuelle de 5 francs quant aux Associés libres et aux Membres honoraires, ils ne paient pas de cotisation. Les Secrétaires, en raison du travail qu'exigent leurs fonctions, ne paient pas, non plus, de cotisation. ART. 8. Les Cotisations partent du lct Janvier. Elles sont exigibles dans le premier trimestre. En cas de démission, et quelle qu'en soit l'époque, la cotisation est due pour l'année entière. Art. 'J. Pour être Membre titulaire ou honoraire il faut avoir été présenté par deux Membres titulaires et réunir la majorité absolue des suffrages dans un scrutin secret où ne sont admis à voter que les Membres titulaires l'élection n'est valable qu'autant que le scrutin a donné à l'un des Candidats un nombre de voix au moins égal au tiers du nombre des Membres titulaires en7 exercice. Pour toute élection, le scrutin n'aura lieu qu'à la séance ordinaire r[ui suivra celle où la présentation aura été faiti1. Pour être Membre correspondant ou Associé libre, il suffira d'être présenté par trois Membres titulaires. Les Membres honoraires sont les personnes auxquelles la Société désire donner une marque particulière de sa considération ou de sa reconnaissance. ART. 11). Seuls. les Membres titulaires ont voix délibératives en ce qui touche aux nominations et il l'administration intérieure. Les Membres correspondants peuvent assistera toutes les séances, mais ils n'ont voix délibérative que dans les discussions historiques, artistiques ou scientifiques seulement. Quant aux Associés libres, ils auront, sur leur demande écrite, le droit de venir présenter leurs travaux à l'une des séances de la Société, mais seulement après que ces dits travaux auront été soumis à l'examen du Bureau. ART. 10. Le Bureau se compose D'un Président d'honneur D'un Président actif D'un Vice-Président De deux Conservateurs; D'un Trésorier et de deux Secrétaires. ART. 12. Les Membres du Bureau sont élus pour trois ans et sont rééligibles. Attribution TITHE III DES MEMBRESDU Burkau ART. 13. Le Président actif règle l'ordre et la marche des séances; il signe les procès-verbaux et tous les actes de la Société; il ordonne les dépenses. Le Vice-8 Président remplace le Président; il peut-être, lui-même, remplacé par le Membre le plus âgé présent à la séance. Les Secrétaires rédigent les procès verbaux et comptes rendus des séances; il les contresignent. Ils tiennent la correspondance, font les convocations et en surveillent l'envoi en temps utile. Ils surveillent également et dirigent les publications de la Société. Le Trésorier est dépositaire et comptable des fonds do la Société; il tient le livre des recettes et des dépenses; il touche les mandats et autres effets au nom de la Société et opère tous les recouvrements. Il solde les dépenses sur mandats ou sur factures et après visa par le Président. Les Conservateurs sont chargés du classement et de la conservation des monnaies, médailles, objets d'art, etc. lls ont la garde des livres, manuscrits, dessins, etc., ils en dressent le catalogue et le tiennent à jour. Ils peuvent délivrer des copies ou extraitsde document confiés à leur garde, mais seulement avec l'autorisation du Président. TIT1SK 1V RECETTES ET Dépenses Art. 14. Le recettes se composent 1 Des cotisations annuelles; 2 Des sommes qui peuvent être allouées, à titre d'encouragement, à la Société, par l'etat, lu Département, la Commune, etc; 3 Des legs ou donation que la Société peut recevoir; i" Et la vente des ouvrages qu'elle pourra éditer. Les dépensent comprennent 1 Les frais de séances; 2" Les frais de correspondance; 3 Les frais d'impression; i Les frais de fouilles qui peuvent être entreprises dans un but de recherches scientifiques9 5 Et les frais d'aménagement et prix de location ou d'achat d'un logement pour les archives et documents et aussi pour les séances de la Société. TITRE V Travaux de la Société ART. 15. La Société tiendra une séance chaque mois au jour et heure fixés par la lettre de convocation. Elle pourra, en outre, tenir, chaque année, une ou plusieurs séances extraordinaires, dont elle déterminera, s'il y a lieu, les époques et les conditions. Une séance publique pourra être également tenue chaque année. Art. 16 La Société publiera tous les ans un bulletin de ses travaux. Ce bulletin contiendra le nom et l'adresse des nouveaux Membres; la correspondance documentaire et les mémoires in extenso ou par extraits; la liste des ouvrages, manuscrits, objets d'art, dessins, etc., offerts à la Société avec le nom du donateur. Les mémoires et travaux produits en séance par les associés libres seront également mentionnés. Le Bureau décidera de l'ordre dans lequel ces documents seront publiés. A cet effet, les ressources pécuniairees de la Société seront d'abord consultées. La Société n'entend aucunement adopter ou se porter garante des opinions ou assertions qui pourront être émises dans les mémoires dont elle aura autorisé la lecture ou l'impression. Gé dernier alinéa sera imprimé en tête de chaque volume ou livraison du bulletin. Chaque Membre do la Société aura droit à un exemplaire du Bulletin, à l'exception, toutefois, des associés libres qui ne recevront ce bulletin que s'ils ont présenté un travail ou fourni des documents à la Société dans l'année précédant la publication dudit bulletin. Ai\t. 17. La Société s'interdit toute discussion politique ou religieuse.10 ART. 18. Aucun changement ni modification ne pourront être apportés aux présents Statuts sans l'agrément d'une majorité des trois quarts des Membres titulaires en exercice. Villers-Cotterèts Mars-Octobre La Société reçoit ensuite, pour le Musée De M. Barot, instituteur à Vivières 1 Trois haches en silex 2 Cinq médailles romaines (bronze) trouvées au lieudit la Houssoye, dans la forêt de Retz 3" Et une curieuse empreinte en terre cuite (intaille) trouvée sur le terroir de Longavesne. Cette empreinte représente une femme tenant une lyre. La Société reçoit, en outre, à titre de dépôt, de la Subdivision des Sapeurs-Pompiers de Villers- Colterêts un écusson orné de dix-sept médailles (deux en or quatorze en argent et une en bronze) gagnées dans divers concours, par l'ancienne Compagnie des Sapeurs-Pompiers. La séance est levée à quatre heures.11 DEUXIÈME SBANCE Dimanche 11 Février 1906 Présidencede M.EmilePOTTIER,Vice-Président. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. OUVRAGES OFFERTS ET DÉPOSÉS Un Village de la Vallée de la Serre (Chalandry), volume broché, offert par l'un des auteurs M. Edmond Brucelle, de Soissons, vice-secrétaire de la Société archéologique de Soissons, et membre libre de la Société historique. Une Chasse sous François I", comédie en deux actes, en prose, de feu Emile Janney, décédé receveur de l'enregistrement, à Villers-Cotterêts, et président-fondateur du Cercle lyrique de la même ville, le 29 mai (Cette pièce terminée par Victor Cueille, greffier de la Maison de retraite, contient des couplets écrits par M. Ernest Uoch, secrétaire de la Société historique, sur des airs composés par feu Alphonse Gailliot et orchestras par M. Emile Giot. Elle fut représentée pour la première et unique fois sur la scène du Cercle lyrique de Villers-Cotterêts, le 14 janvier 1883), brochure offerte par M. Jules Delinge. DONSAUMUSÉE De M. Glinel, président d'honneur de la Société académique de Laon Une lettre autographe du général comte Charpentier, d'oigny.12 De M. Ch. Jacque, de Soissons Mouchettes en fer forgé et aigle en cuivre de l'ancienne Compagnie des Sapeurs-Pompiers de Villers-Cotterêts De M. Jules Delinge Un lot de défenses de sangliers, trouvées sur la route de Faîte. De M. Guillemette, notaire à Villers-Cotteréts Un moulin a poivre dits «Moulin à poivre d'alexandre Dumas» (En réalité, ce moulin provient de l'ancienne épicerie Dambrun et Nivert-Dambrun où Alexandre Dumas, jeune homme et même homme mûr, fréquentait assidûment, lorsqu'il habitait ou venait se promener à Villers-Cotterêts, et qui, toujours aussi grand enfant que grand génie prenait, dit-on, un certain plaisir à tourner la manivelle de ce moulin, tout en bavardant et en riant; d'où ce qualificatif de «Moulina poivre d'alexandre Dumas» que l'ustensileen question conserva, jusqu'à nos jours, parmi ceux des Cottéréziens qui connaissaient son histoire). De M. Jules Iliraux, membre correspondant Un hausse-col d'ollicier de la garde nationale de Villers- Cotterêts (1848) et plusieurs pièces trouvées dans des fouilles de caves pratiquées sur l'emplacement d'un ancien chemin de Compiègne. De M. Ernest Roch, secrétaire 1 Le schako d'un sous-officier allemand du 13" landwher, 2" compagnie (Iserlom Schneider, âgé de 32 ans), décédé à l'ambulance internationale établie dans une maison de la rue de Noue (aujourd'hui rue Demoustier), le 21 décembre Cette maison appartenait à M. Bosseux, de Paris, membre titulaire de la Société historique elle a été rasée en 1896 pour le dégagement de la place de l'ecole communale des garçons. 2" Une vieille enseigne de Villers-Cotterêts «A la Clef de bronze» autrefois scellée dans la façade13 d'une maison de la grande rue de Soissons (numéro 29). Ce fut dans cette maison qu'alexandre Dumas, âgé de trois ans et demi, passa la nuit du 26 au 27 février 1806, tandis que son père, le général Dumas, mourait dans une chambre de Xllôtel de VEpée. La maison «A la Clef de bronze» était une serrurerie dont le maître avait nom Fortier et était proche parent d'alexandre Dumas. Son frère était l'abbé Fortier, curé de Vivières, dont il est question dans les Mémoires de Dumas. COMMUNICATIONS ET TRAVAUX M. le président donne lecture 1 D'une lettre par laquelle M. Edmond Brucelle, vice-secrétaire de la Société archéologique de Soissons demande à faire partie de la Société historique régionale de Villers-Cotterêts. Demande acceptée à l'unanimité 2 D'une lettre de M. Gabriel du Chaffault relative à une rectification de prénom Gabriel véritable prénom, au lieu de Georges indiqué dans le Bulletin. La Société décide ensuite 1 D'insérer une annonce dans les journaux de la région, invitant les ouvriers agricoles et forestiers à vouloir bien FAIREPARTde leurs trouvailles monnaies anciennes, médailles, silex, etc.), (en aux membres de la Société historique régionale de Villers-Cotterêts 2" D'adresser h l'administration forestière une demande en faveur de la conservation des arbres, situés en bordure de l'allée Royale, et aussi pour la14 préservation des arbres entourant le regard des Sentines (autrefois regard Choizy). Vœu déjà formulé par MM. Pottier, vice-président, et Jules Delinge, conservateur, au cours de la séance de lundi 7 août De fixer au samedi 17 mars courant, à huit heures et demie du soir, une réunion générale des membres titulaires de la Société afin d'élire un président et un nouveau membre titulaire, en remplacement de MM. Alexandre Michaux et Cottignies, décédés, et conformément à l'article 10 des Statuts de la Société. M. Ernest Roch, l'un des secrétaires, donne lecture d'un Mémoire, dont il est l'auteur, sur les anciennes Hôtelleries cotteretzicnnes LES HOTELLERIESCOTTERETZIENNES AUX XVII' ET XVIII' SIÈCLES Villers-Cotterêts compte, actuellement (Février 190C) trois Hôtels proprement dits: l'hôtel du Dauphin; l'hôtel de l'epée et l'hôtel de la Pomme d'or. Ce sont là les seules survivantes des trente-cinq ou quarante «Hôtclleryes dont les enseignes se balancèrent, de compagnie, aux quatre-vents du Bourg cotterêlzien, durant le cours des dix-septième et dix-huitième siècles; toutes les autres ont successivement éteint les feux de leurs vastes «cuysines» et fermé, a jamais, l'huis de leurs salles hospitalières ou ne descendait plus la clientèle de marque émigrée sous d'autres cieux par suite des changements de régime ou15 des bouleversements politiques; non plus que la gent messagère ou roulière, tombée, elle aussi, mais un peu plus tard, sous les coups irrésistibles des progrès de la locomotion. Trente-cinq ou quarante hôtelleries! avons-nous dit. Ces chiflres, si élevés qu'ils puissent paraître, ne sont pas du domaine de la fantaisie ou de l'imagination, et, pour en donner la preuve et sans aucunement invoquer les témoignages de l'un des historiens bien connus du Valois, le Prieur Carlier (1) nous allons, documents en mains, passer comme une sorte de «Revues des Ombres» de ces familiales maisons, tant estimées de nos ancètres et dont quelques-unes jouirent, avec juste raison, parait-il, d'une véritable renommée gastronomique une renommée aux cent bouches, c'est le cas de le dire au temps où les «Altesses royales» et sérénissimes» amenaient, ou attiraient, ici, la foule opulente et festoyeuse de leurs courtisans, dont les «gens toujours fort nombreux, se répandaient dans les établissements publics du bourg et y semaient les écus, tandis qu'étaient traités magnifiquement leurs seigneurs et maîtres, dans cette demeure princière, depuis lors successivement transformée en Dépôt de mendicité d'abord, puis en Maison de retraite où les vaincus de la vie et les invalides du travail du département de la Seine, trouvent, loin des soucis du monde, sinon les douceurs superflues si chères à la vieillesse, du moins un abri convenable jusqu'à leur dernière heure et le pain quotidien» largement assuré. L'Hostellerye de l'estoile d'argent Lorsque le voyageur, contemporain de Louis X11I, arrivait à «Villiers-CottereU» par le «Pavé de Paris-», (I)» l.e commercech ce lieu, ilil Ciirlier, dans son Histoire ilu «Jhichi:lie Valois,consiste iirincipalrmenl dans le déhil des subsis- «lancesnécessairesà lvnliï'liendes auberges qui y sont en i^rand «nombreà causedu passade[les voilurespubliques».16 la première hôtellerie, qui s'oflrait à lui, était l'hôtellerie de «l'estuille d'argent» sise à l'angle de la rue de Largny et de la ruelle mpnant aux terres de Noue (aujourd'hui rue Saint-Nicolas-aux-Fleurs). Ce n'était, certes, pas la plus élégante du pays, bien que très fréquentée ce n'était pas non plus, au métal près, l'unique du nom une autre hôtellerie de l'etoile «l'estoile-d'or» celle-là, scintillait, à la même époque, sur la place du Marché. Nous en parlerons en son temps. A l'etoile de la rue de Largny s'arrêtaient, de préférence, les meneurs de «gros bestail ainsi que les marchands de «musles et bourricquets», dont les troupeaux ou bandes pouvaient ruminer ou s'ébrouer à l'aise dans te grand enclos qui s'estendait au midy et à l'occident vis-a-vis de l'hostellerye». En 1623, «l'estoille d'argent» était tenue par un sieur Jehan Costel en 1680, par Marin Gosnût; en 1700, par Jean-François Jaunet. Les propriétairesdufondsétaient, conjointement, JeanLague, tailleurs d'habits, et Charles Goret, tourneur sur bois. Quelques années avant la Révolution, cette maison cesse d'être une hôtellerie et passe à un sieur Violette, puis aux Bigot de Bigotière, qui l'occupent, avec un sieur Floury ou Fleury, fabricant d'allumettes. Erlin, un marchand de chevaux (Mauprivez) y établit ses écuries. On peut voir encore, sur la façade de cette maison, l'enseigne du maquignon Mauprivez un alezan naïvement peint en manière de fresque. Ce n'est plus, aujourd'hui, qu'un immeuble de rapport appartenant à une rentière de La Ferté-Milon. L'Hostellerye de la Croix-Rouge A deux cents mètres de «l'estoile et de l'autre côté de la rue prospérait «la Croix-Rouge» (maison n" 42 et 44) qu'il ne faut pas confondre avec l'auberge du même nom, ou la mère Lagrange trônait il y a une soixantaine 917 d'années (maison n 69) et où nous reviendrons tout à l'heure. L'hôtellerie qui nous occupe, pour le moment, était gouvernée en 1604 par un sieur Hyérosme Boucher, «ancien vivandier de la compagnie du sieur de Esdouville», et marié à Marye Le Madré. En 1638 IIyérosme Boucher étant mort sa veuve et ses enfants se partagent les biens laissés par lui; et, aux termes de l'acte reçu par «Cherrou, nottaire à Villiers-Costeretz», la «Croix-Rouge devient la propriété du sieur Jehan Miniolle, serrurier, qui lafaitgérer par un sien neveu Charles Beaumont (lequel signe de Beaumont). Puis, en 1683, le serrurier Miniolle ayant fait connaissance avec les clets du Paradis ou avec les barreaux de l'enfer, ses héritiers, parmi lesquels figurait Charles de Beaumont, qui venait de reprendre une hôtellerie, rue de Villers-les-Moines, font «bail il Christophe Gervais, cuysinier à Crespy, de l'hostellerye de la Croix-Rouge, laquelle tient, dit l'acte, d'un costé à Françoys Boucahaut, d'autre au jardin du sieur Lefrancq (ci-devant ruelle du Rossignol conduisant à l'orangerie. Acte du 23 septembre 1638), par-devant à la rue, et par derrière audit sieur Letrancq (ci-devant muraille du parc même acte de 1638). La ruelle du Rossignol dont nous venons de parler (aïeule de la rue Neuve), n'était pas, comme cette dernière, perpendiculaire à la rue de Largny, elle obliquait de l'encoignure de la Croix-Rouge à l'encoignure de l'orangerie du château royal. Et c'était sans doute une ruelle propice aux doux tête-à-tête, un endroit de prédilection pour les amoureux, amateurs passionnés des chants du rossignol, sous la brise embaumée par les fleurs d'orangers, car, en 1706, «les sieurs Guère et Boullye et autres honorables personnes attachées au service des jardins du parc de S. A. S., supplient très humblement le sieur Villeroy des Roches, concierge du château roïal de Villiers-Costeretz, de faire surveiller par les sergents la ruelle du Rossignol, où hantent force18 mauvais garçons et filles qui les ont ja injuriés et rossés en sortant par la poterne de l'orangerye qui donne sur ladyte ruëlle». Cédée à François Sauvage, en 1715, L'hôtellerie de la Croix-Rouge, ainsi qu'un clos voisin appelé le «Clos Langlois», devinrent, en 1741, la propriété de Claude Picard et de Médard Fournier, vitrier à Attichy. Ces derniers ayant fait deux lots, et ces lots, dit l'acte, «ayant été tirés au sort, au moyen de deux billets pliés également, mis dans un cliapeau, par un enfant qui passait dans la rue! la Croix-Rouge échut à Claude Picard. Incendiée en partie, vers 1755, cette hôtellerie, qui était alors la propriété de Charles Picard, garde général de la forêt de Retz, fut acquise, quelque temps après, par un sieur Henry Marsaux, marchand de bois, qui en fit une maison bourgeoise. Un sieur Darsonval acheta l'enseigne, moyennant 25 sols, et la fit sceller dans la façade d'une hôtellerie qu'il venait d'ouvrir, là où est aujourd'hui la maison de culture Morel n 69). Cette nouvelle Croix-Rouge fut tenue, jusque dans les premières années du dix-neuvième siècle, par les Guillemard. La clientèle augmentant. François Guillemard ajoute, en 1809, une «Salle à boire et à manger». C'est alors que la mère Lagrange en devint l'hôtesse, et la tint jusqu'à sa mort, arrivée en Cette maison subsista comme hôtellerie durant les trois années qu'elle fut exploitée par Baquet-Mangin. Enfin, elle fut très fréquentée comme auberge et «maison de louage», avec Chevalier, Duval-Chevalier et le père Alexis Bouchez. C'est, aujourd'hui, une maison de culture, dont la propriétaire est Madame Symonet, veuve d'un avocat général. L'Hostellerye des Trois-Maillets ci-devant des Ras Presque en face de l'ancienne hôtellerie de la Croix-19 Rouge (n ' 53 et 55), était l'hôtellerie des Ras. Un sieur Landry du Boys, la tenait dès A plus d'un demi-siècle de distance, très exactement en 1643, on se demanda, si l'enseigne, inspirée du petit quadrupède rongeur, beaucoup trop connu, n'était pas d'un suggestif plutôt peu engageant. Débaptisée en 1G45,elle fut rebaptisée «Hostellerye des Trois-Maillets», le «douxiesme septembre» de la même année. Son propriétaire était Antoine Lavoisier, marié à Magdeleine Du Boys, petite-lille de Landry Du Boys. Le 8 novembre 1654, Antoine Lavoisier et sa femme cèdent à l'église et fabrique de Villers-Cotterest, 25 livres de rente à prendre sur l'hostellerye des Trois-Maillets. L'hôtelier est un sieur Hubert Lague. En décembre t691, «Bernard De Fours, conseiller et «aumônier duroy, abbé de l'abbaye desaint-nicotasde «Glairefontaine transféréeàlacuredevillers-costerest; «Germain Lecat et IsaacVatlard.marguilliers en charge; «Guillain "Wuarnier; Claude Vivier; Michel de Blesson, «sindicq; Gabriel I,efrancq; Fleurent Sauvage Marin «Blavier; Hubert Boulland; Nicolas Levasscur; Louis «Lefranc; Jean Nigot; Jean Cheron; Nicolas Petit; Jacques Pomeret; François Girard. tous habitants «dudit Villers-Costerest, deuement assemblez en la salle presbitéralle après la cloche sonnée à l'ordinaire. «Lesquels ont dit que la fabrique de l'esglise ayant été «taxée de 468 livres 12 sols 4 deniers pour droit d'amor- «tissement do nouvel acquest, ordonné et levez par n Sa Majesté, ils avaient estez poursuivis, contraints et «exécutez en leurs biens par exploit de Jennard, à la << requestre de Jean Fumée, charge du recouvrement. «Attendu que le revenu do ladite iabricque est sy «modicque qu'il n'est suffisant que pour l'acquit des «gages de ladite Esglise. C'est pourquoy ils ceddent à «Louys Coppié, cuysinier, 25 livres de rente à prendre «sur l'hostellerye des Trois-Mnillets, et due par Jean «Lague, de présent détempteur de ladite maison.20 «moïennantaoolivresqu'ila payée, comptée, et nombrée «auxdicts marauillicrs en espèces de louis d'or et autres «monnoyes ayant cours en ce roïaume». Ce faict «audit Villers-Costerest, après-midy, i l'issue des «vêpres, dites et chantées en l'esglise dudit lieu, l'an «1691, le 26' décembre, jour de Saint-Estienne». Non seulement Coppié fut subrogé dans les droits de l'eglise sur l'hôtellerie des Trois-Maillets, mais il se rendit acquéreur des droits de Jean Lague, sur cette hôtellerie. De sorte qu'il en resta l'unique propriétaire. Cette maison était d'une certaine importance puisqu'elle comportait «deux estages à neuf chambres «haultes, grande et petite cuysine; salles à manger et «trois escuryes de trente chevaux chacune». En 1737, il est encore question de L'hostellerye des Trois-Maillets», dans un «Relevé et Estat do dégrada- «tions dressé par Quesnard à la suyte des inonda- «tions d'orages et desbordcments du canal, qui ont «compromis d'importance la solidité de l'hostellerye, «laquelle est dit le rapport pour le moyns vielle de deux siècles et plus». C'est, probablement, peu de temps après la visite de l'architecte Quesnard, c'est-à-dire vers le milieu du dixhuitième siècle, que l'hostellerye des Trois-Maillets tomba sous le pic des démolisseurs. L'Hostellerye du Grand-Cerf Sur le même rang que l'hôtellerie des Trois-Nlaill(,,ts s'ouvrait l'hôtellerie du Grand-Cerf maison n 43). Trois maisons, seulement, séparaient le «Grand-Cerf» des «Trois-Maillets» c'était 1 le pavillon d'un maître jardinier du château royal; 2'une grande bâtisse appelée communément la «Maison du Canal», à cause des eaux d'égout qui passaient entre ses fondations; et 3 l'habitation personnelle de l'un des lieutenants de la capitainerie des chasses, M. de Marguerie. Le pavillon du jardinier Joseph- lequel, soit dit en21 passant, avait fait une merveille du jardin y attenant est devenu maison bourgeoise (propriété Lafontaine); même sort a été réservé à la Maison du Canal (propriétés Guillemelte et Grisot] quant à l'ancienne habitation du lieutenant des chasses, avant de devenir également maison bourgeoise, elle fut, notamment, un «Ouvreur», qui n'eut pas tout le succès qu'en espéraient les dames patronnesses; et aussi l'un des berceaux du pensionnat de jeunes tilles créé par Madame Grasse. Mais revenons à notre «hostellerye du Grand-Cerf Tenue en 1620, par Estienne Saulnier qui cumulait avec la profession de «marchand hostelain» celle, cependant fort peu compatible de passeur de peaulx», elle passa ensuite aux mains de Estienne Saulnier le fils, en 1650 puisde Jean Saunier, en 1678et de Claude Saunier, en 1719 ce dernier était également corroyeur. En 1750, Claude Saunier meurt. L'hôtellerie échoit à Pierre Saunier, mégissier à Attichy, et à Jeanne Saunier, mariée à Philbert Tirlet, huissier royal au bailliage et siège présidial de Crespy. En 1754, Jacques Bonnard, hostelier, et Claude Le Chartier, serrurier, se rendent acquéreurs de l'hostellerye, sous le cautionnement d'adrien Jaulnet. Huit ans après, ce dernier devient seul propriétaire de ladite hostellerye Jacques Bonnard est décédé, mais sa veuve, née Marie-Anne Le Franc, tient toujours la maison. Le 13 décembre 1768, la veuve Bonnard marie son fils, Jacques Bonnard, à la fille d'antoine Camus «de la Croix de Lauraine». Le 16 du même mois, Adrien Jaulnet loue l'hotcllerye aux nouveaux époux. Adrien Jaulnet meurt. Sa nièce, Marie-Marguerite Picart, hérite du «Grand-Cerf D. Enfin, le 20 aoùt 1785, devant Grégoire, notaire, M"1" Picart, fille majeure, vend le «Grand-Cerf» à Melaye-Dumas, aubergiste et garde-vente, «moyennant «la charge de payer à 11 de la Hante, de Crespy, un surcens de 21 livres, un chapon, 40 sols et. un verre22 <t de crystal (!) et, en outre, moyennant, pour la vende- «resse, une rente de 147 livres 10 sols». Avec sonne l'hallali de «l'hostellerye du Grand- Cerf». Nicolas Melaye, marchand de bois, la recueille dans la succession de son père, et en fait une habitation bourgeoise, que l'excellent Duponcest, photographe d'alexandre Dumas», achète en Aucun de nous n'a oublié la disposition bizarre de t'annonce professionnelle qui s'étalait sur la façade de la maison du confrère de Nadar ICIVOUSAVEZ SIXPOBIWIIS-CiUTES I I POURCINQFRANCS I I 1 DUPONCEST PHOTOGRAPHE D'ALEXANDRE DUMAS Annonce que, sans tenir compte de la baie séparative, les loustics s'amusaient à lire comme suit ici vous avez Duponcest, six portraits-cartes photographe, pour cinq francs d' Alexandre Dumas. L'ancienne «hostellerye du Grand-Cerf» appartient, aujourd'hui, à M. Sauvanot, entrepreneur de maçonnerie. L'Hostellerye du Petit-Lion Contiguë àl'hostellerye dugrand-cerf, celle-ci était une sorte de succursale de la fameuse maison du Lion-d'Or (ci-devant Lion-Rouge) à laquelle, d'ailleurs, elle faisait face. Propriétaires et tenanciers du «Petit-Lion» furent toujours les mêmes que ceux du «Lion-d'Or». Mais au «Petit-Lion», on ne logeait qu'à pied. La vie du «Petit-Lion» étant, antérieurement à 1764, intimement liée a celle du Lion-d'Or, nous n'en dirons qu'un mot, c'est qu'en cette même année (1764) Nicolas-23 Thomas Maugras, alors propriétaire, «détempteur» ou principal locataire de plusieurs hostcllerycs du bourg, au nombre desquelles le Lion-d'Or et le Petit-Lion, ayant consenti bail, puis vente, à un sieur Martin, orfèvre, ainsi qu'à une dame Desmoulins, veuve d'un exempt de la maréchaussée, de «l'hostellerye appelée le Petit-Lion, vis-à-vis le Lion-d'Or, avec «deffense» de vendre vin il jamais». Ce fut la fin du «Petit-Lion» en tant que succursale du Lion d'or et en tant qu' hostellerye». Le «Petit-Lion» occupait, depuis 1602, l'emplacement des maisons qui portent aujourd'hui les n"' 39 et 41 de la rue de Largny. L'Hostellerye ci-devant du Lion-d'Or Lion-Rouge De très grande réputation gastronomique et aussi de célébrité quasi-démoniaque, le «Lion-Rouge florissait, dès le seizième siècle, à l'endroit de la rue de Largny où l'on ne voit plus aujourd'hui qu'une grande maison bourgeoise (Mouton-Chrétien), quelques remises et un jardinet. Sa réputation gastromique? Il la tenait dès 1592 de maître Jean-Baptiste Le Francq, ancien «ayde des cuisines roîalles de la Maison de Fontaynebleau». Quant à sa célébrité quasi-démoniaque, elle lui venait d'un puits magnifique creusé aubeau milieu de l'une des cours de l'hostellerye. Le Prieur Carlier lui-méme en parle dans son Histoire du duché de Valois «La plupart des habitans du «bourg, dit-il, estant dépourvus de baromètre, «venaient consulter le puits de l'hostellerye, infaillible «pour annoncer les divers changements de temps. «A chaque approche des variations de l'atmosphère, le puits hurlait et se lamentait extraordinairement». Ajoutons, tout de suite, qu'unauteurmoderne (Héricart de Thury, cité par notre concitoyen Alexandre Michaux) Montrer encore
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