Source: http://www.monastere-invisible.com/message-semaine.php?id=173
Timestamp: 2017-09-26 18:05:07+00:00

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« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables. »
(2 Timothée 4, 3-4 — [CEC* § 250])
L’invitation en cette deuxième semaine de carême à purifier notre foi est un désir du saint Père durant cette année de la foi [Porta Fidei, § 4]. La raviver — comme nous l’avons vu la semaine dernière —, est déjà une manière de la purifier, mais cela ne suffit pas.
Pour que notre foi théologale — le fait de croire au Dieu trinitaire — porte du fruit par son épanouissement en foi charismatique — capable de manifester l’action miséricordieuse de Dieu dans le monde —, il faut pour cela que notre foi soit fortement établie et purifiée.
Rien dans notre vie chrétienne ne peut être isolé. D’ailleurs, croire que l’on peut isoler quoique ce soit dans nos vies sans que cela aie des répercussions sur l’une ou l’autre partie de notre être, est illusoire. La foi, sans les œuvres, serait vaine et les œuvres sans la foi, n’auraient pas la même portée.
Notre foi est associée à l’espérance et à la charité comme le souligne Paul (1 Corinthiens 13, 13). N’oublions pas que nous avons une foi triphasée !
Pourquoi purifier notre foi ?
Comme toute chose, notre foi a besoin d’être entretenue. Nous pourrions dire : nettoyée, bichonnée, détartrée, désensablée…
Si nous n’y prenons garde, notre foi risque de se scléroser, de se dévitaliser, comme un cuir mal nourri, et casser lors d’une grande tension. Elle risque aussi de s’encrasser, de s’entartrer et ne plus laisser passer l’’eau vive. Elle peut également charrier un grand nombre de corps étrangers qui y ont été jetés au fil des jours par les propos entendus et emmagasinés en nous, au point qu’ils finissent par créer un véritable barrage. La foi vient de ce que l’on entend (Romains 10, 17), il est donc toujours bon de se méfier de la manière dont on écoute, comme le conseille Jésus (Luc 8, 18).
N’oublions pas cette belle définition de la foi : « la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11, 1 — CEC* § 146).
Dans cette formule s’articulent la foi théologale, garantie des biens que l’on espère ; et la foi charismatique, capable de donner la preuve des réalités qu’on ne voit pas, dans un seul et même mouvement.
Comme tous les exemples le montrent à la suite de la définition, dans l’épître aux Hébreux, la foi est un engagement mutuel entre Dieu et les hommes ; elle ne peut être que l’engagement de toute une vie. Il en fut ainsi pour les anciens qui nous précédèrent dans la foi : Abraham, Moïse et tant d’autres.
Les impuretés de la foi ne peuvent qu’amener à un engagement « relatif », moindre et donc profondément nuisible et insatisfaisant.
L’encrassement de la foi peut-être comparable à l’entartrement de notre cafetière qui fonctionne de plus en plus lentement, jusqu’à finir par ne plus fonctionner du tout.
Sur le plan doctrinal, le problème n’est pas nouveau. Comme nous le voyons dans l’épître de Paul à Timothée, citée en introduction, on constate qu’il n’a pas fallu longtemps pour que l’homme soit atteint de démangeaisons. Ça nous démange parce que ça nous dérange ! On voudrait que la foi nous apporte du « confortable », des choses croyables, sur lesquelles on peut gloser et spéculer selon nos envies du moment.
Tout cela se développe souvent sur un terreau d’ignorance qui crée une anémie de la foi. Prenons quelques exemples.
Quand la réincarnation prend la place de la résurrection !
Lorsque j’étudiais la théologie à Lyon, avec le doyen André Bourgeois, des réunions sur ce thème étaient organisées. Nous écoutions des chrétiens, pratiquants, nous expliquer qu’ils avaient retrouvé la force, la joie, le goût de vivre suite à une épreuve, en croyant à la réincarnation. Pour eux, la réincarnation donnait enfin l’explication, à la situation douloureuse qu’ils avaient vécue. Difficile d’ailleurs de dialoguer, car c’est avec les larmes aux yeux que ces personnes s’exprimaient.
Difficile d’échanger avecceux qui confondent sincérité et vérité — grand drame de notre époque !…
Bref, leur foi en la résurrection, ne leur apportait pas l’aide souhaitée dans leur détresse. Ils ont donc greffé une autre croyance qui fait que la résurrection — la finalité de notre vie, le sens même de la venue du Christ —, est reléguée au second plan, si ce n’est écartée de leur vie de foi. [CEC § 1013]
Aujourd’hui les sondages sont alarmants — même chez les pratiquants — la croyance en la réincarnation a fait son chemin. Beaucoup ne voie la résurrection que comme un symbole, une manière poétique de dire que la vie continue. C’est un récit mythique destiné à faire comprendre quelque chose ! Quoi ? On ne le saura jamais ; ou alors tout et n’importe quoi.
Là encore, on est dans l’ordre du symbolique !
Comment le Christ peut-il être présent dans cette hostie ? La messe est une manière de faire mémoire, de perpétuer ce que Jésus a fait. Quant à la présence réelle !… C’est dramatique.
Ce qui est encourageant, c’est qu’à la surprise générale, les jeunes qui viennent à la foi aujourd’hui, ont un désir d’adoration eucharistique montrant leur profonde adhésion à cette réelle présence.
Si nous connaissions la parole de Dieu et y croyions vraiment, comment ne pas prendre au sérieux ce que dit Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6, 54).
C’est un mal typiquement français qui s’est répandu dans tous les pays occidentalisés ; mais nous en restons les champions.
Le doute est de rigueur.
L’inversion de l’adage de saint Augustin : « Je crois pour comprendre et je comprends pour mieux croire » [CEC § 158] en « Je comprends pour croire », mène dans une impasse.
On voit bien la difficulté que Jésus a eu d’accomplir des miracles à Nazareth, car les habitants de la ville, qui l’avaient vu grandir, ne pouvaient s’imaginer qui il était vraiment et ne pouvaient croire en lui. Ce qu’ils savaient de lui, était un obstacle. Ce que nous savons, quand nous connaissons mal, peut être un véritable obstacle à la foi.
Pourtant, la foi n’est pas contraire à la raison, nous rappelle sans cesse Benoît XVI. Bien au contraire ! Elle est la suprême raison qui terrasse la déesse raison, qui n’est qu’une des idoles nuisibles au bonheur de l’homme.
Une aberration peut en cacher une autre.
L’aberration cartésienne nous conduit à une autre forme d’aberration : la croyance désordonnée et l’attrait vers les voyants en tous genres ; devins, cartomanciennes, astrologues… sensés posséder la connaissance de la racine de nos maux et les clés de notre avenir.
Il y a quelques jours, j’étais dans une abbaye quand, sortant de la chapelle, un homme m’arrête et me dit sa détresse. Il était venu à l’église car il avait la foi. Nous échangeons et à un moment il me dit : « de toute façon, je vais aller voir une voyante ou une astrologue pour y voir clair ! »
Le mélange m’a surpris et consterné. Il est pourtant représentatif du comportement de nombreux chrétiens qui mélangent ces pratiques à leur foi, sans mesurer les conséquences désastreuses qu’elles engendrent. [CEC § 2110-17]
Paul disait à Tite au sujet de certains crétois (1, 13) : « reprends-les pour qu’ils conservent une foi saine. »
Nous pourrions aussi évoquer en vrac, la messe du matin et les pratiques ancestrales (vaudou, macumba, …) l’après-midi, pour des retours de fortune, d’affection, de santé… Livrer son âme aux idoles c’est d’une gravité extrême et un poison mortel pour l’âme de ceux qui pratiquent un tel mélange.
Ne nous leurrons pas, une certaine approche de la spiritualité peut revêtir un caractère magique car ce n’est plus une relation au Dieu d’amour que nourrit notre cœur, mais une volonté de protection contre des puissances maléfiques que l’on sent présentes et qui nous effraient. [CEC § 2111]
Pour sortir de cette peur on serait prêt à tout… sauf peut-être à s’engager dans une étude profonde, véritable, amoureuse, de la révélation chrétienne à travers la Parole de Dieu, la vie sacramentelle et l’enseignement de l’Église, qui depuis deux mille ans a approfondi le mystère de la foi révélé par le Christ et conduit par l’Esprit Saint.
Purifions notre foi afin qu’elle soit forte et vigoureuse, qu’elle irrigue du fond de notre âme, notre cœur, notre intelligence et jusqu’aux fibres de notre corps de chair et tenons bien ensemble la foi, l’espérance et la charité. Voilà ce à quoi nous pouvons œuvrer durant cet Avent.
Durant cette semaine, réciter chaque jour le Credo, soit le symbole des Apôtres, soit celui de Nicée-Constantinople.
Quel soin est-ce que j’apporte à l’entretien de ma foi :
— Prière quotidienne,
— Lecture et méditation de la Parole de Dieu,
— Pratique des sacrements…
Approfondissons notre foi en la résurrection [CEC § 638) et en l’Eucharistie [CEC § 1322].
« Je vous invite à découvrir toujours plus
les joies et les réalités authentiques de la vie,
en vous purifiant de tout ce qui est médiocre.
Vous produirez alors des anticorps efficaces contre l’esprit de banalisation aujourd’hui diffus et vous laisserez émerger
le désir profond de Dieu ! »
audience du 7 novembre 2012

References: § 250
 § 4
 § 146
 § 1013
 § 158
 § 2110
 § 2111
 § 638
 § 1322