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L IMPACT DU NOUVEAU FINANCEMENT - PDF
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Jean-Michel Gauthier Monette
1 Mémoire n 135 Août 2009 L IMPACT DU NOUVEAU FINANCEMENT HOSPITALIER SUR LES HÔPITAUX PUBLICS : EXEMPLE DE L HÔPITAL DU VALAIS Olivier Cordonier Ce mémoire a été réalisé dans le cadre du Master of Advanced Studies en économie et management de la santé / Master of Advanced Studies in Health Economics and Management (MASHEM)2 L impact du nouveau financement hospitalier sur les hôpitaux publics : exemple de l Hôpital du Valais Olivier Cordonier AOÛT 2009 MÉMOIRE N 1353 UNIVERSITE DE LAUSANNE FACULTE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES (HEC) FACULTE DE BIOLOGIE ET DE MEDECINE INSTITUT D'ECONOMIE ET DE MANAGEMENT DE LA SANTÉ MASTER OF ADVANCED STUDIES EN ÉCONOMIE ET MANAGEMENT DE LA SANTÉ (MASHEM) L IMPACT DU NOUVEAU FINANCEMENT HOSPITALIER SUR LES HÔPITAUX PUBLICS : EXEMPLE DE L HÔPITAL DU VALAIS par Olivier Cordonier Licencié HEC Lausanne Directrice de mémoire Professeur Iva BOLGIANI PhD, collaboratrice scientifique auprès de la Division de la santé publique du canton du Tessin et chargée de cours aux Universités de Genève, de Lausanne et de Suisse Italienne Experts Monsieur Dietmar MICHLIG Directeur général de l Hôpital du Valais (RSV) Monsieur Hermann ARNOLD Responsable finances et controlling de l Hôpital du Valais (RSV) Sion, août 20094 SYNTHÈSE L objectif de ce mémoire est d évaluer les conséquences du nouveau financement hospitalier de la LAMal sur les hôpitaux publics et plus particulièrement sur l Hôpital du Valais. Les nouvelles dispositions votées le 21 décembre 2007 par le Parlement ont pour but d accroître la concurrence entre les hôpitaux et de mettre sur un pied d égalité les établissements privés et publics. Ce document traite des principales modifications législatives et de leur entrée en vigueur, des nouveautés concernant le calcul des coûts et des tarifs à la charge de l assurance obligatoire des soins avec l inclusion des investissements et la nouvelle définition des frais de formation, de l introduction des forfaits par pathologie SwissDRG, des problématiques de l ouverture des frontières cantonales et de la concurrence. Selon les hypothèses retenues, des effets peu importants sont à prévoir en Valais pour l ouverture des frontières, la liste hospitalière et la répartition du tarif entre assureurs et cantons. Par contre on estime que la prise en compte des investissements augmentera les coûts de l Hôpital du Valais de 5 à 13% alors les activités d intérêt général se chiffrent entre 4 et 22 Mio. Les conséquences de l introduction de la concurrence voulue par le législateur sont plus difficiles à évaluer, car elles dépendent de paramètres encore inconnus tels que le gain espéré et le comportement des parties. Une concurrence par les prix prétéritera les hôpitaux publics si leurs spécificités, telles que les urgences, les soins intensifs et l obligation d admission, ne sont pas prises en compte dans la structure tarifaire, le prix ou la planification. Le changement de comportement du patient, des assureurs, des médecins traitants voire des cantons ou des médias constitue également une inconnue qui pourrait avoir de fortes conséquences et contraindre les hôpitaux publics à développer leurs concepts de marketing et de communication. REMERCIEMENTS Je remercie vivement Madame Iva Bolgiani pour son précieux soutien, Messieurs Michlig et Arnold ainsi que toutes les personnes qui m ont aidé directement et indirectement à l élaboration de ce mémoire. 25 TABLE DES MATIÈRES SYNTHÈSE... 2 TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION LES MODIFICATIONS LÉGISLATIVES DU NOUVEAU FINANCEMENT HOSPITALIER LIBRE CHOIX DE L HÔPITAL COMPARAISON DES COÛTS ET INDICATEURS DE QUALITÉ STRUCTURE TARIFAIRE, TARIFS ET FACTURATION MAISONS DE NAISSANCE SUPPRESSION DE LA CATÉGORIE SEMI-HOSPITALIER NOUVEAU RÔLE DE L ETAT CONCLUSION LE FINANCEMENT «TRADITIONNEL» DES HÔPITAUX PUBLICS FINANCEMENT DE L HÔPITAL DU VALAIS (RSV) TARIFICATION HOSPITALIÈRE CONCLUSION LA PRISE EN COMPTE DES INVESTISSEMENTS INVESTISSEMENTS ACTUELS INVESTISSEMENTS FUTURS Nouvelles dispositions légales Phase de transition Discussion INTÉRÊTS Nouvelles dispositions légales Phase de transition Discussion LOCATIONS ET ACHATS PAR ACOMPTES Nouvelles dispositions légales SIMULATION DES COÛTS DES INVESTISSEMENTS Généralités Simulation des coûts des investissements selon la valeur résiduelle Simulation des coûts des investissements selon la valeur d assurance incendie Simulation des coûts des investissements selon calculs RSV IMPACT DES DIFFÉRENTS CALCULS SUR LES COÛTS CONCLUSION LA NOUVELLE DÉFINITION DES ACTIVITÉS D INTÉRÊT GÉNÉRAL SITUATION AVANT NOUVELLE LOI DÈS Le maintien des capacités hospitalières pour des raisons de politique régionale La recherche et la formation universitaire DISCUSSION6 5.4 CALCULS Méthode REKOLE Estimations CONCLUSION L IMPACT DU NOUVEAU FINANCEMENT SUR LES HÔPITAUX PUBLICS CALCUL DES COÛTS UNIFORMES CATALOGUES UNIFORMES FINANCEMENT UNIFORME - TARIFICATION ORGANISATION PROBLÉMATIQUES INTRODUCTION DES FORFAITS LIÉS AUX PRESTATIONS Généralités Réadmissions Mesures d accompagnement CONCLUSION L OUVERTURE DES FRONTIÈRES CANTONALES PRINCIPE DE L OUVERTURE DES FRONTIÈRES SITUATION DES FLUX INTERCANTONAUX DE PATIENTS ANALYSE DES FLUX DES PATIENTS ESTIMATION DES FLUX DES PATIENTS Statistique OFS 2007 des cas électifs Rapport SSP Rapport Moser : Hospitalisation hors canton Autres considérations non chiffrées CONCLUSION L INTRODUCTION DE LA CONCURRENCE ENTRE HÔPITAUX NOUVEAU FINANCEMENT DES HOSPITALISATIONS ET PLANIFICATION ELÉMENTS DE CONCURRENCE PRINCIPALES DISTORSIONS DE CONCURRENCE Le prix de base tient compte des spécificités Le catalogue tarifaire tient compte des spécificités Le canton tient compte des spécificités dans sa planification ANALYSE DE LA CONCURRENCE EN VALAIS POTENTIEL DE CONCURRENCE COMMENT L HÔPITAL DU VALAIS S ORGANISE-T-IL POUR SE PRÉPARER À AFFRONTER LA CONCURRENCE ET L OUVERTURE DES FRONTIÈRES? CONCLUSION CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES GLOSSAIRE ANNEXES7 1. INTRODUCTION La forte croissance des dépenses de santé ces dernières années obligent la majorité des pays à réformer leur système sanitaire. En effet, selon Domenighetti [1], les ressources disponibles pour financer les systèmes de santé ne seront plus suffisantes pour satisfaire, à un coût socialisé, la demande de plus en plus forte; celle-ci est favorisée par l'augmentation de la morbidité suite aux inégalités sociales plus importantes et aux nouveaux risques liés au travail ainsi que par la médicalisation de la vie, transformant les bien-portants en malades. Le vieillissement démographique est souvent désigné comme étant la cause principale de la constante croissance des coûts, mais une étude récente attribue deux tiers de toute l augmentation aux déterminants non démographiques que sont le progrès technique, les changements dans les pratiques médicales et les exigences croissantes des patients [2]. En Suisse, entre 2000 et 2005, les coûts du système de santé ont augmenté de 22%, soit de 4,1% en moyenne annuelle. Avec 10.8% du produit intérieur brut (PIB) consacré à la santé en 2006, la Suisse fait partie du trio de tête après les USA et la France 1. Une meilleure maîtrise des dépenses publiques peut passer par l'introduction des mécanismes de marché fondés sur la concurrence dans les administrations publiques et le système de santé. L'efficience devient donc une priorité sanitaire ainsi que la transparence par l'introduction et le développement notamment de la comptabilité analytique, du benchmarking et du financement à la prestation (DRG). Ainsi, l entreprise privée devient la référence en matière de gestion tandis que l Etat se voit attribuer un rôle plus stratégique [4]. L objectif de ce mémoire est d évaluer les conséquences du nouveau financement hospitalier prévu par la Loi sur l Assurance-Maladie (LAMal) pour les hôpitaux publics et plus particulièrement pour l Hôpital du Valais. Même si le système fédéraliste suisse est souvent cité comme frein à toute réforme, le 21 décembre 2007 le parlement votait la révision du financement hospitalier; celle-ci a pour but d accroître la concurrence entre les hôpitaux et de mettre sur un pied d égalité les établissements privés et publics. Il s'agit d'une révolution pour le monde hospitalier «public» qui a une culture de «service public» 2 par opposition aux activités privées plus orientées vers des notions de concurrence et de rentabilité. Dans cette optique plusieurs réformes sont introduites telles que des systèmes de financement uniformes pour toute la Suisse afin de pouvoir comparer les prix, le développement des statistiques pour la comparaison des coûts et de la qualité, le libre choix de l hôpital par le patient et une redéfinition de la planification. Ces nouveaux instruments auront certainement une influence sur les hôpitaux, leur financement et leur gestion et donc forcément sur l évolution de la médecine hospitalière. On rappellera l importance des hôpitaux et cliniques qui représentent 35.1% des coûts totaux de santé 3. A noter que les effets des prochaines décisions du Parlement pour des mesures urgentes suite aux annonces des prévisions d augmentation des primes de 15% pour 2010 ne sont pas pris en compte dans ce travail [5]. 1 Source: Eco-Santé OCDE 2008; état des données décembre Un service public est un service organisé dans une intention d'intérêt général et considéré comme devant être disponible pour tous. Ainsi les notions économiques telles que les résultats financiers ou la rentabilité ne sont pas l objectif prioritaire. 3 [3] : 18.5 sur 52.8 Mia en8 Comme certaines notions inscrites dans la loi demandent à être précisées et sont sujettes à interprétation, ce travail fournit les différents points de vue ainsi que des évaluations d impacts potentiels pour l Hôpital du Valais afin de disposer d un cadre général pouvant faire l objet d approfondissements en fonction des décisions prises au niveau politique. Ce travail, réalisé de février à août 2009, prend en compte la première demande d'approbation de la structure tarifaire pour le nouveau système de forfaits par cas SwissDRG auprès du Conseil Fédéral déposée le 9 juillet 2009 [6]. Ainsi, après des explications sur les principales modifications législatives et leur entrée en vigueur, on traitera des nouveautés concernant le calcul des coûts et des tarifs à la charge de l assurance obligatoire des soins (aos), soit l inclusion des investissements et la nouvelle définition des frais des activités d intérêt général. Puis on s'intéressera aux changements qui interviendront dans le financement des hôpitaux publics pour terminer avec les problématiques de l ouverture des frontières cantonales et de la concurrence. Avant d entrer dans le vif du sujet, en relation directe avec mon activité professionnelle 4, une présentation succincte de l Hôpital du Valais est nécessaire. Actuellement les appellations de Réseau Santé Valais (RSV) et Hôpital du Valais sont utilisés conjointement ; le RSV est le nom inscrit dans la Loi sur les établissements et institutions sanitaires (LEIS) et cette dénomination devrait être changée en Hôpital du Valais dans la prochaine révision législative. Ce changement de nom a pour but d identifier l entreprise comme une entité, l Hôpital du Valais, et non comme une instance qui coordonne des établissements (Réseau Santé Valais), ce qu était le RSV jusqu en Le Réseau Santé Valais (RSV) est un établissement de droit public autonome doté de la personnalité morale ayant son siège à Sion. Le statut du RSV est fixé dans la LEIS entrée en vigueur le 1er février Le Grand Conseil assure la haute surveillance et le Conseil d Etat assume les tâches d allocation de ressources, de surveillance et est responsable de l approbation des comptes du RSV. L Hôpital du Valais veut offrir des prestations médicales de qualité adaptées aux besoins du patient tout en cultivant un esprit d entreprise qui lui permette de maîtriser les coûts et d'être attractif comme employeur, institution sanitaire et partenaire. Les organes du RSV sont les suivants : - Le Conseil d administration assume la responsabilité des compétences dévolues au RSV. A cette fin, il adopte les règlements internes nécessaires, définit la composition, l organisation et le mode de fonctionnement de la Direction générale et des directions des centres; il élabore également le rapport annuel à l attention du Grand Conseil et assure l information, la coordination et le suivi des relations avec les hôpitaux. - La Direction générale s occupe de tous les sujets essentiels et assume les tâches de moyen et à long terme telles que l'octroi des moyens, les décisions sur les objectifs et les projets importants, la mise en place de la structure d organisation du RSV et la communication. - Les directions des centres hospitaliers dépendent de la Direction générale. Elles exécutent les tâches confiées et assurent la gestion opérationnelle de leur centre respectif. L Hôpital du Valais (RSV) est constitué de trois centres hospitaliers (Haut-Valais, Valais central et Chablais) et d'un institut central (ICHV). Il regroupe 9 sites hospitaliers, totalise 486 millions de chiffre d affaires et emploie personnes (3'170 EPT) pour 351 Mio de masse salariale. 31'793 patients somatiques aigus, 5'671 patients de psychiatrie, gériatrie et réadaptation y sont traités annuellement et on y dénombre également 287'514 contacts ambulatoires [7]. 4 Responsable des tarifs de l Hôpital du Valais 69 L Hôpital du Valais comprend également deux entités ayant un statut spécial ; il s agit de l EMS Gravelone dont la gestion est autonome et confiée à un comité de Direction directement soumis au Conseil d administration et de l Hôpital du Chablais (HDC), hôpital intercantonal multisite (Monthey-Aigle), qui a gardé son statut juridique propre et dont la partie valaisanne fait partie du RSV selon la loi sous réserve de conditions particulières. Dans ce document, ces deux entités sont exclues sauf s il n est pas fait mention expressément. Des informations complémentaires sont consultables sur le site internet de l Hôpital du Valais 5. Centres et sites de l Hôpital du Valais 5 710 2. LES MODIFICATIONS LÉGISLATIVES DU NOUVEAU FINANCEMENT HOSPITALIER La loi sur l assurance-maladie a été introduite en 1996 et sa révision complète rejetée par le Conseil National en décembre Ainsi, le 25 février 2004, le Conseil Fédéral a défini les points sur lesquels devaient porter les réformes nécessaires de la LAMal ainsi que le calendrier. Il a décidé de présenter au Parlement, dans des messages indépendants, plusieurs trains de réformes qui devaient rapidement être mises en œuvre [8]. Les paquets de révisions comprennent plusieurs thèmes dont certains sont toujours en discussion comme la liberté de contracter, le financement moniste et le managed care. En ce qui concerne plus spécifiquement le financement hospitalier, le texte de modification de la LAMal a été adopté le 21 décembre 2007 et est entré en vigueur le 1 er janvier 2009 en l absence de référendum. Les Ordonnances en lien avec ces nouveautés, soit l Ordonnance du 27 juin 1995 sur l assurance-maladie (OAMal) et l Ordonnance du 3 juillet 2002 sur le calcul des coûts et le classement des prestations par les hôpitaux et les établissements médico-sociaux dans l assurancemaladie (OCP), ont été modifiées en conséquence et publiées en octobre La nouvelle loi comporte plusieurs nouveautés en relation avec la volonté politique de soumettre le secteur hospitalier aux vertus de la concurrence qui prône une plus grande transparence et une meilleure efficience des acteurs. Afin que cette concurrence puisse fonctionner, le législateur a décidé de toute une série de modifications qui constitue une révolution dans le domaine dont le libre choix de l hôpital, un système de financement uniforme, le développement d indicateurs statistiques et un nouveau rôle de l Etat. 2.1 LIBRE CHOIX DE L HÔPITAL En cas de traitement hospitalier l assuré aura, dès 2012, le libre choix de l hôpital et de la maison de naissance, parmi les établissements publics et privés et parmi les hôpitaux sis dans n importe quel canton, à certaines conditions de prise en charge de coûts. Les conséquences de ce libre choix sur la planification et la concurrence entre établissements seront traitées plus en détail dans les chapitres 7 et COMPARAISON DES COÛTS ET INDICATEURS DE QUALITÉ Le choix de l établissement par le patient, les assureurs ou les cantons, sera facilité par la publication des coûts et des indicateurs de qualité par la Confédération. Jusqu à présent, les données disponibles sur les hôpitaux permettaient difficilement de comparer les établissements entre eux et exigeaient leur accord. Dès le 1 er janvier 2009, les bases légales existent non seulement pour publier les données sans recours à l autorisation expresse des fournisseurs de prestations, mais également pour uniformiser le calcul des coûts et les prestations. Cela passe par un cadre commun notamment au niveau de la comptabilité, de la structure tarifaire et de la détermination des coûts imputables à charge de l assurance obligatoire des soins. Une grande nouveauté concerne la volonté affirmée de publier des indicateurs de qualité médicaux par l Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) selon l article 31 de l OAMal, même si l on peut relever que ces indicateurs de qualité étaient déjà inscrits dans la LAMal. Les difficultés sont ardues, car selon les experts et les hôpitaux, les données de routine ne peuvent mettre en évidence des indicateurs de qualité qui soient parfaitement comparables entre les différents hôpitaux. Il faut donc avoir la possibilité de faire des commentaires circonstanciés pour chaque 811 indicateur. On rappellera ici le danger de vouloir absolument publier des données de qualité sans concertation des partenaires. Cela peut prétériter les institutions notamment parce que les données publiées ne sont pas comparables à cause par exemple d une mauvaise prise en compte de la lourdeur des traitements ou un problème de définition de cas et cela peut inciter à travailler dans le sens de l indicateur et non pour le bien du patient. La publication des indicateurs de mortalité par l OFSP sur le modèle des cliniques allemandes Helios en est une bonne illustration [9]. Début février 2009, des articles paraissent dans les quotidiens romands et parlent de mortalité en ces termes : Fribourg a l hôpital le plus mortel de Suisse [10]. H+, l association faîtière des hôpitaux, cliniques et EMS, prend position en expliquant la problématique des taux de mortalité et reproche de ne pas avoir fait de distinction entre décès naturels et indésirables [11]. Une manière d éviter ces polémiques serait que l OFSP rejoigne l Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ) créée en mars 2009 qui réunit les partenaires de la santé (cantons, H+, santésuisse et les assureurs fédéraux). La nouvelle association veille à ce que tous les hôpitaux et cliniques suisses mesurent la qualité dans les domaines de soins somatiques aigus, de la psychiatrie et la réadaptation, selon des méthodes unifiées pour permettre des comparaisons au niveau national [12]. De plus, elle a été instituée dans la Convention relative à l introduction de la structure tarifaire SwissDRG 6 comme l organisme de référence chargé de la qualité. 2.3 STRUCTURE TARIFAIRE, TARIFS ET FACTURATION La loi précise à l article 49 que la rémunération du traitement se fait généralement sous forme de forfaits qui doivent être liés aux prestations et qui se basent sur des structures uniformes pour l ensemble de la Suisse. SwissDRG SA est l organisme compétent chargé du développement et de la maintenance de la nouvelle structure tarifaire introduite au 1 er janvier Les partenaires conviennent par convention des tarifs hospitaliers qui seront déterminés «en fonction de la rémunération des hôpitaux qui fournissent la prestation tarifée obligatoirement assurée, dans la qualité nécessaire, de manière efficiente et avantageuse». Ces tarifs à charge de l aos seront calculés selon les nouvelles dispositions, soit en y incluant les charges d investissements et en y excluant les coûts des prestations d intérêt général, notamment celles liées au maintien des capacités hospitalières pour des raisons de politique régionale ainsi que les frais pour les activités de recherche et de formation universitaire. Les rémunérations sont prises en charge par le canton et les assureurs selon leur part respective déterminée chaque année par le canton mais qui doit se monter à 55% au moins dès 2012, sauf pour les cantons ayant des primes basses qui ont jusqu en 2017 pour atteindre ce pourcentage selon des modalités fixées dans la loi. Dans l intervalle, les taux de couverture 7 d avant la modification sont maintenus. La part du canton est versée directement à l hôpital, sauf si les financeurs conviennent qu elle soit payée à l assureur. Afin d augmenter la transparence le fournisseur de prestations doit, dès le 1 er janvier 2009, séparer les factures de l assurance de base et de l assurance complémentaire ainsi que les factures aos selon les parts du canton et de l assureur. De plus, les soins stationnaires sont désormais toujours couverts en tiers payant et une copie de la facture doit, comme actuellement, être transmise au patient par le fournisseur de prestations, ou si convenu, par l assureur. 2.4 MAISONS DE NAISSANCE Dès le 1 er janvier 2009, les maisons de naissance sont nouvellement considérées comme prestataires selon la LAMal et doivent, à ce titre, respecter les obligations imposées aux fournisseurs de prestations, notamment en matière de transmission de données et de présentation des comptes. Les 6 [13] : article 11 7 Répartition de la facture hospitalière entre assureur et canton. Voir également section12 maisons de naissance ne traiteront que des cas «légers». En effet, l encadrement médical exigé étant suffisant avec une sage-femme, les grossesses à risques et les complications seront prises en charge par les hôpitaux. Avec l introduction des maisons de naissance, on peut donc s attendre à ce que les accouchements «simples» soient pratiqués dans ces nouveaux établissements spécialisés pour un prix certainement inférieur à celui de l hôpital puisqu utilisant une infrastructure minimale. Toutefois, un hôpital devra disposer d'un mandat de prestations pour accueillir les cas plus difficiles. Il conviendra alors d avoir le financement adapté à l infrastructure technique et au personnel spécialisé répondant aux exigences des cas «compliqués» et aux cas d urgence transférés des maisons de naissance. En Valais, les accouchements ont été regroupés en 2004 à Viège et à Sion afin de disposer d'une masse critique suffisante à même à améliorer la qualité et l'efficience [14]. 2.5 SUPPRESSION DE LA CATÉGORIE SEMI-HOSPITALIER La catégorie de prestations «semi-hospitalier» est supprimée dès le 1 er janvier 2009 et ses actes désormais considérés comme des prestations ambulatoires 8. Il n y a donc plus ni planification du canton, ni statistiques différenciées et la fourniture des soins se fait aussi sur le lieu de travail comme pour des prestations ambulatoires. La suppression du semi-hospitalier est bienvenue, car cette notion n était pas appliquée de manière uniforme sur tout le territoire suisse. Ainsi en Valais, les séjours répétés en psychiatrie (hôpital de jour) étaient considérés comme des cas ambulatoires et non pas comme des semi-hospitalisations, pour des raisons principalement techniques liées à un besoin de définition uniforme des cas médicaux, statistiques et facturés. 2.6 NOUVEAU RÔLE DE L ETAT Afin d encadrer le système sanitaire et d assurer l approvisionnement sur tout le territoire, la mise en place de la concurrence est accompagnée notamment d un nouveau rôle attribué à l Etat. La Confédération est chargée de publier les données nécessaires à la surveillance de la loi et à la planification. La modification de la base légale permettra à l avenir de montrer statistiquement non seulement les dépenses de l assurance-maladie, des séjours à l hôpital et en EMS, mais aussi les données relatives aux fournisseurs de prestations du secteur ambulatoire. Le but est de générer des informations permettant de vérifier le caractère économique et la qualité des prestations. Les assureurs sont donc nouvellement tenus de transmettre des données concernant la facturation des prestations et l activité d assurance, l évolution des coûts et les mesures éventuelles à prendre pour les maîtriser, le contrôle du caractère économique des prestations et l égalité de traitement des assurés. Ces nouvelles informations transmises aux autorités permettront à l OFSP de publier les données concernant l assurance-maladie sociale et faisant apparaître clairement les recettes et dépenses, le résultat par assuré, les réserves, les provisions pour les cas non liquidés, les coûts des soins, la compensation des risques, les frais d administration, l effectif des assurés, les primes, le bilan et le compte d exploitation 9. Les fournisseurs de prestations sont également astreints à fournir des renseignements supplémentaires. Ainsi, l Office fédéral de la statistique qui est chargé des relevés doit effectuer les changements nécessaires pour la collecte de ces données ; pour les hôpitaux, la révision de la statistique médicale et administrative est en phase de finalisation et son introduction prévue en Les données collectées par l OFS sont mises à disposition de l OFSP, du Surveillant fédéral des prix, de l Office fédéral de la justice, des cantons et des assureurs ainsi qu à tout autre 8 Pour plus de détails voir le schéma de définition des cas en annexe 1 9 LAMal 21 al4 ; OAMal 28, 28a, 28b 10 Relevé statistique 2011 basé sur les données de l année13 organisme selon les conditions de l article 84 LAMal. L OFSP est chargée de publier les chiffres de l assurance-maladie sociale par fournisseurs de prestations ou par catégorie de fournisseurs de prestations concernant l offre de prestations, les diplômes et titres postgrades, les indicateurs de qualité médicaux, l étendue et le genre des prestations fournies ainsi que l évolution des coûts. Avec la nouvelle loi, les cantons se voient attribuer de nouveaux critères nationaux unifiés de planification établis par la Confédération et pouvant se rapporter à la qualité, l efficience, l économicité, le nombre minimal de cas et la réalisation de synergies. Cela devrait permettre de réduire les différences de concepts de planification entre cantons, qui devront désormais planifier pour les soins somatiques aigus non plus selon les capacités, mais selon les prestations et se référer au Guide pour une planification hospitalière liée aux prestations édité par la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) [15] ainsi qu au Modèle de projection du recours aux soins comme outil d aide à la planification hospitalière de l Observatoire suisse de la santé [16]. La médecine hautement spécialisée devra être planifiée de manière coordonnée par les cantons [17]. De plus, avec le libre choix de l établissement hospitalier, les cantons devront mieux collaborer entre eux afin de planifier les quantités adéquates et assurer également les soins sur leur territoire. La planification se fera donc sur la base d une liste hospitalière établie par le canton sur laquelle les hôpitaux (publics et privés, sis dans le canton et hors canton) inscrits se verront attribuer des mandats de prestations. Figurer sur la liste hospitalière implique notamment une obligation de traitement pour les patients domiciliés dans le canton 11 et la reconnaissance du remboursement du traitement par l aos et le canton de domicile. Les cantons devront avoir établi cette nouvelle planification au plus tard trois ans après l introduction des forfaits par cas, soit au 1 er janvier CONCLUSION La nouvelle loi promeut le benchmarking par la comparaison des coûts et de la qualité, modifie le rôle de l'etat et la manière de financer les séjours stationnaires. Avant de traiter spécifiquement des changements dans le financement hospitalier et ses effets, des explications sur le financement actuel aideront certainement le lecteur à mieux appréhender les problématiques futures. 11 LAMal 41a Obligation d admission 1114 3. LE FINANCEMENT «TRADITIONNEL» DES HÔPITAUX PUBLICS 12 Actuellement les hôpitaux publics sont financés de manière diverse en fonction de la loi cantonale sur la santé et de la «culture» sanitaire. Certains cantons sont propriétaires de leurs hôpitaux et leur assurent une couverture de déficit [18]. D autres se sont dotés de structures pour séparer l activité hospitalière des autres activités publiques de l Etat, avec des organisations autonomes de droit public (VS, NE, TI, JU, FR) ou des sociétés anonymes (BE, ZH, tendance alémanique, ). Il existe encore des modèles différents, comme Vaud avec la Fédération des Hôpitaux Vaudois (FHV) qui regroupe et défend les hôpitaux privés d intérêt public. Les formes juridiques les plus fréquentes pour les hôpitaux sont l'établissement de droit public (36%) et la société anonyme (34%). 18% des hôpitaux revêtent la forme d'une fondation de droit public ou privé, 8% sont organisés comme des associations et les 4% restants sont constitués sous des formes juridiques diverses [19]. 3.1 FINANCEMENT DE L HÔPITAL DU VALAIS (RSV) La LEIS qui consacre deux chapitres exclusivement au Réseau Santé Valais définit la planification sanitaire, les mandats de prestations et les conditions de subventionnement. Le financement d un hôpital est différent selon le type de patients (hospitalier, ambulatoire), la catégorie de soins (somatique aigu, gériatrie, psychiatrie, réadaptation), le type d assurance qui prend en charge les coûts (LAMal, LAA, assurance privée), la couverture d assurance du patient (division commune, demi-privée ou privée) et le lieu de résidence (valaisan, romand, suisse, étranger). Pour l Hôpital du Valais, l annexe 2 illustre la répartition des recettes de l activité 2008 avec 55% provenant de l activité somatique aiguë dont 79% pour les patients hospitaliers LAMal valaisans. Dans le domaine ambulatoire, les tarifs LAA restent pratiquement inchangés tandis que les tarifs LAMal sont négociés avec santésuisse chaque année. La détermination du tarif se fait sur le modèle développé par santésuisse basé sur la neutralité des coûts et confirmé par la jurisprudence. D'après les données du Datenpool de santésuisse 13, les montants payés par les assureurs entre deux périodes sont comparés et si le volume a augmenté, la valeur de point sera diminuée. Cette méthode est contestable puisqu elle ne prend en compte ni l évolution médicale (transfert d activités hospitalières en ambulatoire), ni l évolution démographique (vieillissement de la population et transferts démographiques), ni l évolution technologique, ni la pleine évolution des coûts (taux de 1%). A noter que l activité facturée en TARMED représente 55% du total facturé en ambulatoire, le solde étant constitué principalement de ventes de médicaments, des analyses de laboratoire et des prestations de thérapies Les hôpitaux universitaires, qui ne sont pas l objet de ce mémoire, représentent certainement la part la plus complexe, avec des activités cliniques, de formation, de perfectionnement, de recherche et également d intérêt public et aussi privé. 13 Données des assureurs, disponibles sous : r2 14 Valeur de point TARMED 2009 pour l Hôpital du Valais signée à 0.89 pour 2009 et15 Dans le domaine stationnaire, les tarifs LAMal et LAA sont fixés par convention avec les assureurs (santésuisse et le service central des tarifs médicaux LAA (SCTM)) et les tarifs sont basés sur les coûts imputables des hôpitaux. Ceux-ci sont déterminés en prenant en compte les charges d exploitation, sans les charges des investissements 15 ni les frais de formation 16, financés par les pouvoirs publics. L annexe 3 présente les différents tarifs APDRG 2009 applicables pour les patients somatiques aigus LAMal. Le tarif LAMal VS négocié avec les assureurs se monte à 8'027.-, avec un taux de couverture des coûts de 47.5 % soit un montant de 3'813.- à la charge des assureurs-maladie et le solde de 4'214.- à la charge du canton. Le taux de couverture des coûts est le pourcentage financé par les assureurs ; ce taux est négocié entre l Etat et les assureurs et devrait représenter la transparence des coûts de l hôpital, car plus ce taux est élevé, moins il y a d incertitude sur les coûts et plus les assureurs participent au financement. L objectif était de récompenser les cantons qui incitaient leurs hôpitaux à la transparence par l introduction d une comptabilité analytique en voyant leur participation diminuer. Cette notion a perdu de sa consistance et a été biffée de la nouvelle loi au profit d un taux minimal de 55 % à la charge du canton. Pour les patients non valaisans, le tarif est applicable uniquement pour les cas d urgence. La CLASS, conférence latine des affaires sanitaires et sociales, convient d un même tarif de 4'522.- pour la part financée par les cantons de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel, Vaud, Tessin et Valais. Pour les autres patients, le tarif est déterminé en ajoutant la part des investissements et la non couverture des coûts LAMal, ce qui donne une valeur de base-rate de 9' Concernant les activités stationnaires non somatiques aiguës, la réadaptation (cardiaque et générale) prodiguée au Centre Valaisan de Pneumologie à Crans-Montana est facturée au moyen de forfaits par cas tandis que des forfaits journaliers sont appliqués pour la gériatrie, la psychiatrie, la psychogériatrie et la pédopsychiatrie. La part de financement du canton aux hôpitaux est réglée également dans la LEIS. Le financement des investissements est précisé avec la mise à disposition gratuite des terrains et bâtiments nécessaires à l exploitation. En ce qui concerne la détermination de la part du canton aux dépenses d exploitation plafonnée à hauteur du budget fixé, elle est composée des frais de formation et des charges du service public ainsi que de la contribution du canton au tarif LAMal en tenant compte des écarts d activité 17. Pour le financement de l exploitation, l Hôpital du Valais envoie ses factures ambulatoires par voie électronique aux assureurs comme l exige le contrat national TARMED. Pour les factures concernant un séjour, la part destinée à l assureur est transmise tandis que la part de l Etat est comptabilisée. Sur la base du budget annuel déterminé, le Service de la Santé Publique (SSP) verse au RSV des acomptes mensuels et un décompte final est effectué après le rapport annuel de subventionnement établi par le SSP. 3.2 TARIFICATION HOSPITALIÈRE L article 49 alinéa 1 de la LAMal (Etat le 27 décembre 2006) précise que la rémunération du tarif hospitalier se fait par forfaits. Pour les patients du canton ces forfaits couvrent au maximum le 50 % des coûts imputables dans la division commune d hôpitaux publics ou subventionnés. La part des frais d exploitation résultant d une surcapacité, les frais d investissement et les frais de formation et de recherche ne sont pas pris en compte. 15 cf chapitre 4 16 cf chapitre 5 17 Ordonnance sur les écarts d'activité du Réseau Santé Valais (Subventionnement) du 20 décembre 2006; ; L Etat paie le 30% de la part de tarif à sa charge pour les cas dépassant le budget et finance le 70% des cas budgétés non effectués. 1316 Les établissements privés qui concluent une convention LAMal sont financés uniquement par l aos. En Valais, la clinique privée de Valère est sur la liste hospitalière [20] pour la chirurgie notamment mais elle facture toujours en forfait cas et le canton ne participe à aucun financement, que ce soit comme contribution au tarif ou aux frais d investissements. Dès lors, 30% de patients privés sont nécessaires pour que l établissement soit viable [21]. 3.3 CONCLUSION Avec la nouvelle loi sur le financement, la transparence voulue pour la concurrence amène à des exigences nouvelles. Ainsi pour les tarifs 2012, le calcul des coûts imputables à charge de l aos implique l inclusion des investissements dans les comptes et l exclusion des activités d intérêt général financées par les pouvoirs publics. Les chapitres suivants traiteront de ces sujets plus en détail. 1417 4. LA PRISE EN COMPTE DES INVESTISSEMENTS 18 Les investissements étant inclus dans les tarifs dès 2012, l OCP a défini de nouvelles règles concernant le calcul des amortissements, des intérêts, des loyers et des leasings pour ce qui est à charge de l aos. 4.1 INVESTISSEMENTS ACTUELS Selon les bases légales en vigueur, les investissements des établissements subventionnés par l Etat sont pris en charge intégralement par le canton ; les loyers et leasing sont également considérés comme des investissements et les intérêts calculatoires y relatifs ne sont pas pris en compte. A l Hôpital du Valais, les investissements de 30.3 Mio en 2009 sont exclus des comptes 19. Les infrastructures immobilières avec une valeur d assurance incendie avoisinant les 627 Mio sont la propriété du canton et mises à disposition gratuitement ; les marchandises et installations financées par canton mais propriétés du RSV se montent à 189 Mio [7]. 4.2 INVESTISSEMENTS FUTURS Nouvelles dispositions légales Les investissements sont définis à l article 8 alinéa 1 de l OCP révisée comme les biens meubles et immeubles ainsi que les autres immobilisations nécessaires pour remplir le mandat de prestations et l article 10 alinéa 5 précise que seuls les objets d une valeur d achat de 10'000.- ou plus sont considérés comme des investissements 20. Les hôpitaux et les maisons de naissance doivent tenir une comptabilité des immobilisations selon les normes de l OCP afin d en calculer les coûts d utilisation. L Ordonnance fournit un descriptif détaillé des données obligatoires et précise que pour les immobilisations nécessaires à l exploitation et à l accomplissement du mandat de prestations le montant annuel maximum pris en compte est déterminé selon un amortissement linéaire à partir de la valeur d achat sur la durée prévue d utilisation jusqu à la valeur résiduelle nulle. Ainsi aucune charge d amortissement ne peut être prise en compte pour une immobilisation amortie. On constate dans ces articles la volonté d imposer des règles concernant le calcul des investissements. Le commentaire de l Ordonnance explique que ces prescriptions sont nécessaires du fait que les coûts justifiés doivent servir de base au calcul des tarifs, qu elles facilitent la comparabilité du caractère économique, qu elles limitent les conséquences financières pour l assurance obligatoire des soins et que les valeurs d achat des immobilisations sont pertinentes pour l aos, contrairement à la valeur de remplacement des immobilisations qui repose sur des estimations Phase de transition Les mesures transitoires de l OCP prévoient que les montants des amortissements sont déterminés selon la valeur résiduelle et uniquement pour les immobilisations avec une valeur comptable disponible au moment de la transition. Le commentaire de l OCP justifie cette mesure en précisant 18 Etat au 21 juillet HDC compris 20 Seuil de 3'000.- dans l ancienne OCP 1518 que l élaboration des structures tarifaires exige des données fiables et qu il faut garantir que les immobilisations déjà amorties ne le soient encore une fois Discussion L OCP s immisce dans la comptabilité analytique des hôpitaux et interdit toute comptabilisation économique pour les coûts des investissements à charge de l aos. Cette manière de faire pourrait inciter les hôpitaux à ne plus utiliser les installations mobiles au-delà de leur durée d amortissement et à les vendre plus tôt pour acquérir une installation semblable. De plus, les hôpitaux auront peu d intérêt à rester propriétaire de leurs bâtiments, car il pourrait être plus intéressant de faire valoir un loyer [22]. Mais le commentaire de l OCP est clair en ce qui concerne la valorisation des investissements : «Indépendamment du fait qu un hôpital donné soit ou non en mesure de présenter ses coûts d investissements, ce dernier a droit, dans le nouveau régime de financement, à la rémunération de la part des coûts d utilisation des immobilisations prise en compte dans la structure tarifaire. Dans une deuxième phase, les partenaires tarifaires conviennent du montant en francs avec lequel une prestation sera finalement rémunérée.» On en déduit que les coûts des investissements pris en compte dans le calcul de la structure tarifaire seront déterminés sur la base des règles de la phase de transition. On peut donc craindre que les montants déterminés dans le tarif futur pour financer les investissements soient inférieurs à la réalité et que le refinancement entier d une immobilisation par la rémunération des forfaits liés aux prestations selon SwissDRG ne soit ainsi pas garanti. Les points suivants peuvent également être soulevés : - Selon l OCP le montant de 10'000.- comme limite d investissement est valable depuis le 1 er janvier 2009 ; cependant les assureurs ont refusé de prendre en compte cette disposition dans la détermination du tarif L OCP ne fait pas de distinction entre les biens meubles et immeubles, alors que cette notion est importante pour notre canton puisqu elle détermine la propriété du bien. - Cette nouvelle loi vise le financement hospitalier et a donc un impact sur la rémunération des prestations stationnaires. On pourrait logiquement s interroger sur la prise en compte des investissements dans la détermination des tarifs ambulatoires qui sont fixés sur le principe de neutralité des coûts. - Les fournisseurs de prestations devront établir plusieurs comptabilités analytiques : une selon les dispositions de l OCP pour déterminer et négocier les tarifs LAMal et une tenant compte des règles de gestion courantes de comptabilisation économique pour déterminer les résultats des activités, les tarifs non LAMal et pour livrer les données à SwissDRG INTÉRÊTS Nouvelles dispositions légales L OCP admet des intérêts calculatoires appliqués au capital immobilisé au taux actuel de 3.7% sur la valeur moyenne des immobilisations 22 ; le taux d intérêt calculatoire est examiné périodiquement par le Conseil Fédéral Phase de transition L Ordonnance précise à l alinéa 3 des dispositions finales que, durant la phase de transition, les intérêts sont toujours calculés selon la méthode de la valeur moyenne mais sur la base de la valeur comptable au lieu de la valeur d achat. 21 Les règles de l OCP peuvent biaiser le calcul des cost-weights. 22 OCP commentaire Art. 10a p.5 : Valeur moyenne = moitié de la valeur de départ 1619 4.3.3 Discussion On pourrait discuter de la méthode pour déterminer le taux d intérêt calculatoire de 3.7% 23 mais il paraît plus essentiel de relever les deux éléments suivants, soit la non-prise en compte d intérêts calculatoires sur le capital circulant si les intérêts effectifs sont déduits lors de la détermination des tarifs comme actuellement et la sous-évaluation des intérêts calculatoires dans la phase de transition. Ainsi, pour l Hôpital du Valais, si l on prenait en compte les intérêts calculatoires sur le capital circulant de Mio pour 2008 au taux de rendement des obligations de la Confédération de 2.41% 24, cela représente un intérêt calculatoire de 2.7 contre 1.6 Mio de charges financières effectives du rapport annuel 2008 [7]. 4.4 LOCATIONS ET ACHATS PAR ACOMPTES Nouvelles dispositions légales Les opérations de location et d achat par acomptes devront être justifiées séparément en tant que coûts d utilisation des immobilisations pour garantir un contrôle et permettre d éviter des charges de location et d achat par acomptes nettement plus élevées que si l objet concerné avait été acquis. Actuellement ces coûts sont déduits des tarifs puisqu'ils sont considérés comme des investissements ; ils représentaient pour l Hôpital du Valais 1.4 Mio en SIMULATION DES COÛTS DES INVESTISSEMENTS Généralités Les anciennes dispositions légales obligeaient le RSV à tenir des inventaires, mais les différentes pratiques et outils techniques au sein des établissements ont rendu cette tâche difficile. Afin de pouvoir évaluer les impacts de la nouvelle loi, des inventaires basés sur la réglementation future ont été fournis par les différents centres hospitaliers et un loyer a été estimé pour les bâtiments qui appartiennent à l Etat du Valais Simulation des coûts des investissements selon la valeur résiduelle Cette méthode évalue le montant des coûts des investissements et intérêts pour la phase de transition selon l OCP. Ainsi l évaluation du coût des investissements se monte à 20 Mio selon le calcul de l annexe 4 dont 12 Mio de loyer pour les bâtiments et 2.9 Mio d amortissement pour les équipements Simulation des coûts des investissements selon la valeur d assurance incendie Le calcul des coûts des investissements sur la base de la valeur d assurance incendie est la méthode d évaluation de REKOLE. REKOLE [23] est un manuel de gestion hospitalière édité par H+ qui fixe les lignes directrices d une uniformisation de la comptabilité analytique d exploitation au niveau national. A noter que les différences constatées entre l OCP et la version actuelle de REKOLE s expliquent, car l OCP n a pas pris en compte tous les principes de REKOLE antérieurs à la nouvelle ordonnance. Le montant calculé en annexe 5 avoisine les 55 Mio dont 30 Mio de loyer pour les bâtiments et 20 Mio d amortissement pour les équipements. 23 Voir [22] pour plus de précisions 24 Taux au 21 juillet20 4.5.4 Simulation des coûts des investissements selon calculs RSV Les montants calculés en interne sont présentés à l annexe 6. Les bâtiments ont été évalués à la valeur d assurance incendie et les équipements selon les inventaires effectués par les centres avec la durée d utilisation normative et la valeur d achat. Le montant ainsi calculé est de 42 Mio dont 30 Mio de loyer pour les bâtiments et 8.2 Mio d amortissement pour les équipements. 4.6 IMPACT DES DIFFÉRENTS CALCULS SUR LES COÛTS Les montants du point soit 42 Mio de francs ont été intégrés dans la comptabilité analytique 2008 en utilisant les mêmes clés de répartition que pour les autres charges. L annexe 7A montre ainsi une augmentation des coûts globale de 9% pour le CHCVs et de par point APDRG avec un impact peu marqué entre les secteurs. L annexe 7B différencie les taux d augmentation de coûts selon l activité stationnaire uniquement ou en tenant compte de l ambulatoire. La nouvelle loi ne concernant que le financement hospitalier, serait-il légitime que les investissements en relation avec l activité stationnaire soient complètement imputés sur celle-ci, même ces investissement sont utilisés en ambulatoire? 4.7 CONCLUSION Le tableau ci-après donne un aperçu des simulations effectuées. En Mio Valeur résiduelle Valeur d'ass. inc Calculs RSV Charges d'investissements dont Loyer dont Equipements Augmentation coûts en % 5% 13% 10% Les coûts analytiques stationnaires et ambulatoires augmenteront de 13% (55 Mio) si l on se base sur les valeurs d assurance incendie et de 5% (20 Mio) en prenant la valeur résiduelle. Selon les «Calculs RSV» la faible valeur d amortissement des équipements de 8.3 Mio peut s expliquer par des investissements peu importants jusqu en Si les tarifs DRG incluent les investissements selon les dispositions de l OCP, le montant de 20 Mio pris en compte sera certainement insuffisant. Appliqués aux calculs des tarifs, l évaluation selon la valeur d assurance incendie est proche des 12% mentionnés dans un article récent paru dans la presse [24]. Vu l importance du dossier il faudra être attentif aux décisions futures et contribuer à ce que les valeurs prises en compte dans la structure tarifaire et le prix du point DRG représentent une indemnisation qui corresponde à la réalité et qui permette le refinancement des investissements. 25 Rattrapage d environ 20 Mio pour 2008 et Montrer encore
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 Art. 3
 art. 7