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Timestamp: 2017-11-18 00:56:50+00:00

Document:
paroles de notre eveque - Communauté; catholique du Bon Pasteur de Thionville
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 15:59
Message de Noël de Mgr Raffin, évêque de Metz
Noël, espérance pour l’humanité
Le nouveau-né de Bethléem n’est pas seulement le messie qu’attendait depuis plusieurs siècles le peuple d’Israël, car Jésus ne vient pas seulement pour son peuple, mais pour toute l’humanité. Ce n’est pas pour rien que l’Evangile a placé, peu après la naissance de Jésus, la venue des mages. Ces mages sont les prémices des nations païennes qui accueilleront le messie promis à Israël.
« Grâce à l’Evangile, commente l’apôtre Paul, les païens sont associés au même héritage, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus » (Ep 3, 6).
Noël a donc d’emblée une portée universelle, l’événement concerne toute la famille humaine. Ensommes-nous conscients ?
Les apôtres, que Jésus ressuscité enverra porter l’Evangile à toutes les nations, accompliront ce qui est annoncé au moment de sa naissance et de son épiphanie. L’Eglise, à leur suite, ne cesse de redire le même Evangile à toute la famille humaine.
Rien n’est plus contraire à l’Evangile que ces barrières qui empêchent les hommes de communiquer, d’échanger et de partager. Rien n’est plus contraire à l’Evangile que les inégalités et les injustices qui maintiennent les peuples les plus faibles sous la dépendance économique et politique des plus forts. Aussi, dans sa doctrine sociale, l’Eglise ne cesse-t-elle pas de faire appel à un ordre économique, fondé sur le partenariat et l’échange des dons, qui permette au plus grand nombre d’avoir accès aux biens de la création, au sein d’une humanité solidaire. En comprenonsnous le bien fondé ?
En 2003, dans son Exhortation sur l’Eglise en Europe, le pape Jean-Paul II interpellait les nations européennes à propos des migrations, et il les invitait à promouvoir une culture de l’accueil, qui régule les flux migratoires en tenant compte de « l’égale dignité de toute personne et du devoir de solidarité à l’égard des plus faibles » (n° 101). Ces appels ont été par la suite souvent repris tant par le pape et les évêques des pays européens que par de nombreux mouvements laïcs.
Dans son message pour la 97ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié (16 janvier 2011), Benoît XVI écrit : « Le phénomène de la mondialisation, caractéristique de notre époque, n’est pas seulement un processus socio-économique », il met en effet en avant « une humanité de plus en plus interconnectée, dépassant les frontières géographiques et culturelles… Tous appartiennent à une unique famille, migrants et populations locales qui les accueillent, et tous ont le même droit de bénéficier des biens de la terre, dont la destination est universelle ». Sommes-nous ouverts à ces perspectives, même si elles sont souvent difficiles à atteindre ? Pour mettre en oeuvre ce programme, il faut « des hommes droits, des acteurs économiques et des hommes politiques fortement interpellés dans leur conscience par le souci du bien commun » (Caritas in veritate, n° 71). Noël ne peut être aujourd’hui espérance pour l’humanité que si les hommes se laissent interpeller et transformer par ce message et en font leur programme de vie, tantdans le gouvernement du monde, la direction des entreprises et des finances, que dans l’humble labeur de chaque jour. Serons-nous de ceux-là ?
Published by Raffin Pierre - dans Paroles de notre évêque
13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 14:03
Situer à sa juste place le ministère des prêtres
Situer à sa juste place le ministère ordonné
Le temps du carême est marqué en mars 2010 par la réflexion sur le ministère ordonné à laquelle toute l'Eglise est conviée en cette année sacerdotale. La récollection des prêtres par zone pastorale et les conférences de carême proposées à Metz en constituent des temps forts.
L'ecclésiologie de Vatican II favorise la pluralité des ministères, elle invite chacun à prendre sa place dans l'Eglise et dans le monde, mais elle n'estompe pas le ministère ordonné, elle invite plutôt à l'évaluer à sa juste place, à en manifester la beauté et à témoigner du bonheur que l'on peut éprouver à l'exercer.
Il serait dommageable que, par un mouvement de balancier, on passe d'une situation où le prêtre faisait à peu près tout à un autre extrême, et que le ministère ordonné s'en trouve obscurci.
Ne devons-nous pas apprendre à porter sur le prêtre un regard plus profond qui est celui de la foi ? N'oublie-t-on pas trop souvent ce qui, dans le prêtre, n'est accessible que par la foi, à savoir sa dimension sacramentelle ? Le prêtre en effet représente sacramentellement le Christ Pasteur, il lui est configuré, à telle enseigne que, lorsqu'il pardonne les péchés en son nom, il ne dit pas : « Jésus te pardonne », mais «je te pardonne ».
Accueille-t-on toujours dans la foi la prédication du prêtre ? La question que l'on peut facilement poser est « Parle-t-il bien ? » ou « Confirme-t-il mes convictions personnelles ? » et pense-t-on que c'est Jésus qui parle à travers ce prêtre, même lorsqu'il balbutie ? Le prêtre n'est pas d'abord un orateur, mais un prédicateur, ce qui est tout différent. Il n'est pas un animateur, mais un célébrant. Il n'est pas un organisateur de la communauté, mais un pasteur. C'est Jésus qui parle, célèbre et guide à travers lui.
François d'Assise, qui était diacre, avait un très grand respect du prêtre et il exhortait souvent ses frères à respecter les prêtres quels qu'ils soient : « Le Seigneur me donna et me donne une telle foi dans les prêtres qui vivent selon la forme de la sainte Eglise romaine, à cause de leur ordre, que même s'ils me persécutaient, je veux recourir à eux. Et si j'avais autant de sagesse que Salomon et si je trouvais de pauvres prêtres de ce siècle, je ne veux pas prêcher dans les paroisses où ils demeurent, au-delà de leur volonté. Et ceux-là et tous les autres, je veux les craindre, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Et je ne veux pas considérer en eux le péché car je discerne en eux le Fils de Dieu et ils sont mes seigneurs. Et je fais cela parce que dans ce siècle, je ne vois rien corporellement du très haut Fils de Dieu, sinon son très saint corps et son très saint sang qu'eux-mêmes reçoivent et qu'eux seuls administrent aux autres ».
Il importe que le prêtre vive avec humilité et simplicité dans la conscience que le Christ l'habite de manière toute particulière comme la Tête de son Eglise. Et il importe que, du prêtre, les chrétiens découvrent mieux la dimension mystique. Si ce double voeu était exaucé, l'année sacerdotale aurait atteint son but.
fr. Pierre RAFFIN, o.p. évêque de Metz
Published by Eglise de Metz - dans Paroles de notre évêque
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 16:26
2 février 2010 – Fête de la Présentation de Jésus au Temple
C’est le pape Jean-Paul II qui institua la Journée mondiale de la vie consacrée le 2 février, jour où l’Eglise célèbre la Présentation de Jésus au Temple. En ce jour où Jésus, le consacré par excellence, est offert à son Père par le ministère de Marie et de Joseph, les consacrés sont invités à raviver leur propre consécration.
Le Catéchisme de l’Eglise catholique définit ainsi la vie consacrée : « C’est la profession des conseils évangéliques, dans un état de vie stable reconnu par l’Eglise, qui caractérise la « vie consacrée » à Dieu » (n° 915).
« L’état de vie consacrée apparaît dès lors comme l’une des manières de connaître une consécration « plus intime », qui s’enracine dans le baptême et est dédiée totalement à Dieu. Dans la vie consacrée, les fidèles du Christ se proposent, sous la motion de l’Esprit Saint, de suivre le Christ de plus près, de se donner à Dieu aimé par-dessus tout et, poursuivant la perfection de la charité au service du Royaume, de signifier et d’annoncer dans l’Eglise la gloire du monde à venir » (n° 916).
En 1996, l’Exhortation apostolique post-synodale, Vita consecrata, avait précisé qu’appartenaient à la vie consacrée la vie érémitique, les vierges et les veuves consacrées, la vie religieuse contemplative ou apostolique – masculine et féminine –, les instituts séculiers et, dans une certaine mesure, les sociétés de vie apostolique. Elle avait ouvert aussi la porte à « des formes de vie consacrée nouvelles ou renouvelées ». Elle avait défini la consécration comme « un approfondissement unique et fécond de la consécration baptismale » (n° 30) ; par cette consécration, « l’union intime avec le Christ, déjà inaugurée par le baptême, se développe pour être le don d’une conformation qu’exprime et réalise plus complètement la profession des conseils évangéliques » (ibid.) ; enfin, elle précisait que, pour appartenir à la vie consacrée, il faut vivre la chasteté dans le célibat.
Au principe de la vie consacrée, il y a un appel au don total de soi qui est réponse au don total du Christ, manifestant l’amour infini de Dieu pour l’humanité : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16). Le consacré est un croyant qui, saisi par l’inouï de ce don, entend donner en retour tout ce qu’il est et tout ce qu’il a. La vie consacrée est impensable en dehors de cette réciprocité du don total et, dès qu’elle ne vit plus à ce niveau d’exigence, elle dépérit. C’est incontestablement l’affaiblissement de cette perspective au cours des dernières décennies qui est à l’origine de tant d’abandons et d’affadissements. Ne soyons pas dupes ! La vie consacrée ne retrouvera son élan qu’au feu incandescent de l’amour divin, toutes les autres tentatives de reprise qui s’en écartent sont vouées à l’avance à l’échec.
Le quatrième centenaire de la fondation de l’Ordre de la Visitation nous remet très opportunément en présence d’un élément essentiel de son patrimoine spirituel, la doctrine de saint François de Sales que le bienheureux Pie IX déclara en 1877 docteur de l’Eglise pour avoir proposé aux chrétiens une voie de sainteté « sûre, facile et douce ».
Au début de l’année 1609, François de Sales publie l’Introduction à la vie dévote qui connaît un succès immédiat et considérable. La vie dévote « ou sainteté et perfection chrétienne est, pour saint François de Sales, à la portée de toute personne et de toute condition » : « C’est donc une erreur, ainsi qu’une hérésie, écrit-il, que de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés ».
Il faut donc « accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier ». Au coeur de cette doctrine spirituelle, il y a la conviction que l’homme est capable d’aimer : « il n’est pas de terre ingrate que l’amour du laboureur ne féconde » et, en régime chrétien, cette capacité d’aimer est évidemment décuplée par la charité théologale. Jeanne-Françoise de Chantal, qui avait parfaitement assimilé la doctrine spirituelle de l’évêque de Genève, expliquait un jour à ses soeurs ce qu’est le martyre d’amour. Il s’agit, disait-elle, de donner à Dieu un consentement absolu et, dès lors, de laisser l’amour divin envahir les parties les plus secrètes de notre être en lui donnant une préférence absolue. C’est un martyre qui n’a rien de spectaculaire mais qui exprime qu’au principe de notre consécration, nous nous sommes donnés à Dieu sans réserve. Si la vie consacrée, en ses diverses formes, ne favorise pas ce « martyre d’amour », elle ne peut que s’affadir et finalement dépérir.
A peine François de Sales vient-il de publier l’Introduction à la vie dévote qu’il commence la rédaction de son Traité de l’amour de Dieu qui ne paraîtra qu’en 1616. Dieu est si proche du coeur humain, s’émerveille François de Sales : « Le doux Jésus, qui nous a rachetés par son sang, désire que nous l’aimions, afin que nous soyons éternellement sauvés, et désire que nous soyons sauvés afin que nous l’aimions éternellement ». En humaniste délibérément imprégné de l’expérience chrétienne, l’évêque de Genève considère que la volonté de l’homme, malgré la faute originelle, demeure capable, avec le secours de la grâce, de s’élever jusqu’à la connaissance de l’amour de Dieu. Ce faisant, François de Sales partageait le plus profond de son expérience spirituelle. « Que Dieu doit être bon, s’exclamait saint Vincent de Paul à propos du saint évêque, puisque Monsieur de Sales est si bon ! ». En fait, il aimait puissamment Dieu et les hommes. De même que « Dieu est Dieu du coeur humain », en quête du coeur de l’homme, de même François de Sales, devenu « le serviteur de tous en toutes choses » (oraison de sa fête), se mit avec confiance sur les traces du Bon Pasteur. Ainsi toute personne qu’il aborde peut penser qu’elle est unique pour lui, car elle se sent aimée d’un amour singulier. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal, lors du procès de canonisation de l’évêque de Genève, a évoqué ce nombre incalculable de personnes que le saint a aidées par sa parole chaude et confiante, par son écoute et, parfois, « même d’un seul regard ».
La journée annuelle de la vie consacrée, loin d’être un rite répétitif, doit être l’occasion pour chaque consacré de se retremper dans l’amour divin qui est à l’origine de son engagement. Sinon elle ne sert à rien.
Published by Onésime - dans Paroles de notre évêque
18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 16:02
Message de Noël de notre évêque
Et Dieu se fit petit enfant
Noël, c’est d’abord la naissance d’un enfant qui est le propre Fils de Dieu. En la
personne de cet enfant, est proclamée la dignité de tout enfant.
Alors que la culture contemporaine considérait l’enfant comme quantité négligeable,
Jésus le regarde comme une personne de plain-pied avec le Royaume des cieux et il met en
avant ses capacités spirituelles. L’enfant symbolise le disciple authentique. C’est en petit enfant qu’il s’agit en effet d’accueillir le Royaume.
Le secret de la vraie grandeur, c’est de se faire petit enfant : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant, n’y entrera pas », nous dit Jésus (Mc 10,15).
Qu’avons-nous fait de ce message ? Aujourd’hui, le monde est rempli d’enfants à qui
l’amour des parents est refusé, d’enfants des rues qui n’ont pas de foyer. Certains pays font
des enfants des instruments de guerre en les enrôlant comme soldats. Un peu partout des
enfants sont blessés au plus profond de leur âme par l’industrie de la pornographie…
Dans nos pays d’Europe occidentale à la natalité frileuse, tantôt on revendique le droit d’avoir un enfant à n’importe quel prix, tantôt on récuse la perspective de sa naissance parce qu’elle gêne.
L’enfant-roi, privé de la véritable éducation qui lui permettrait de grandir harmonieusement, ne
prépare pas pour demain des adultes structurés et responsables.
La fête de Noël ne pourrait-elle pas être l’occasion de découvrir dans le nouveau-né de
Bethléem la beauté et la fraîcheur dont tout enfant est porteur ?
Published by Pierre Raffin - dans Paroles de notre évêque
8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 16:20
Messe chrismale à la cathédrale St Etienne
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 11:18
Message de l'évêque de Metz
Message de l'évêque de Metz aux habitants de l'archiprêtré de Saint-Avold
Au cours de la visite pastorale, prêtres, diacres et animateurs laïcs ont pris le temps d'échanger avec leur évêque sur les retombées de la crise économique actuelle dans l'archiprêtré. Ils ont souhaité qu'une parole de confiance et d'espérance soit adressée à ses habitants.
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, ne sont-ils pas aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, puisqu'il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leurs coeurs » (Gaudium et spes, n°1).
Sur cette crise, bien des paroles d'Eglise ont déjà été dites : celle des évêques de France le 8 octobre 2008, celle de plusieurs mouvements apostoliques, la conférence-débat du 17 janvier 2009 à Saint-Avold organisée par le Mouvement Chrétien des Cadres et Dirigeants (La crise, vers quelle humanité ?).
Aux plus meurtris par la crise, qui ont un urgent besoin d'être aidés, l'Eglise offre le savoir-faire et la générosité de ses organismes caritatifs, soucieux non seulement de venir en aide, mais de remettre les personnes debout. Mais cela ne suffit pas : il faut rebâtir un monde de justice et de paix, et cette tâche mobilise l'engagement de chacun. L'évangélisation du monde de l'économie revient en propre aux fidèles laïcs, soutenus le cas échéant par les institutions de l'Eglise. Par ailleurs, nous constatons que la crise économique est liée à une crise de la société : crise de la famille et de l'éducation qui ne sont plus les courroies habituelles de transmission des valeurs qui fondent la vie en société. On ne sortira pas réellement de la crise économique actuelle sans trouver des réponses réalistes à ces graves questions.
C'est ce que déclaraient les évêques de France en octobre dernier en appelant à une réflexion éthique : il ne s'agit pas de toujours avoir plus, il faut d'abord chercher à être plus. Nous devons tous nous interroger sur nos modes de vie, sur notre rapport à l'argent, sur nos manières de faire fructifier notre épargne et de recourir au crédit.
Pour les chrétiens, le carême qui vient de s'ouvrir pourrait être un temps favorable à ce
questionnement. La prière plus intense, la lecture de la Parole de Dieu, le partage avec d'autres chrétiens devraient aider à porter sur la situation actuelle un regard d'espérance et susciter de nouveaux engagements.
Dans son Encyclique sur l'espérance, Benoît XVI écrit : « La vie humaine est un chemin. Vers quelle fin ? Comment en trouvons-nous la route ? La vie est comme un voyage sur la mer de l'histoire, souvent obscur et dans l'orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance. Certainement, Jésus Christ est la lumière par excellence, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l'histoire. Mais pour arriver jusqu'à lui, nous avons besoin aussi de lumières proches - de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée. Et quelle personne pourrait plus que Marie être pour nous l'étoile de
l'espérance, elle qui par son « oui » ouvrit à Dieu lui-même la porte de notre monde ; elle qui devient la vivante Arche de l'Alliance, dans laquelle Dieu se fit chair, devint l'un de nous, planta sa tente au milieu de nous (Jn 1,14). » (Spe salvi, n° 49).
Published by MGR Raffin - dans Paroles de notre évêque
20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 18:20
homélie de notre évêque lors de la messe Chrismale
Prêtres pour un peuple sacerdotal
Au-delà de la finalité immédiate du renouvellement des saintes huiles, la liturgie de la messe chrismale nous invite à approfondir le mystère de Jésus Christ. Nous sommes tellement habitués à dire Jésus Christ que nous en oublions la signification profonde.
Jésus, qui veut dire en hébreu Dieu sauve (Mt 1, 21), nous sauve entre autres parce qu'il est l'Oint du Seigneur, comme il le déclare lui-même dans la synagogue de Nazareth : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction ». Or oint en grec se dit Christ et en hébreu Messie : oint, Christ et Messie sont trois mots synonymes.
Certes Jésus n'a pas reçu l'onction rituelle qui, sous la Première Alliance, consacrait le grand prêtre, ainsi que les rois et plus rarement les prophètes. En prenant chair dans le sein de Marie, le Verbe de Dieu a conféré à l'humanité de Jésus l'onction divine qui faisait de lui le Prêtre, le Prophète et le Roi de la Nouvelle Alliance et qui conférait la même consécration à tous les membres de son Corps.
La consécration messianique éternelle de Jésus vient de se révéler lors de son baptême par Jean quand, selon l'expression des Actes des Apôtres : « Dieu l'a oint de l'Esprit Saint et de puissance » (Ac 10, 38), « pour qu'il fût manifesté à Israël » (Jn 1, 31) comme son Messie.
Quand il arrive dans la synagogue de Nazareth, Jésus vient d'être baptisé par Jean. Seuls les quarante jours passés au désert à l'épreuve du tentateur le séparent de l'événement. Il peut donc déclarer que c'est bien lui le Messie. Il a reçu l'onction pour accomplir les missions attribuées traditionnellement au Messie et qu'il décline en citant Isaïe 61, 1-9, notre première lecture, et que l'on peut résumer en une phrase : « Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ».
Les membres du Corps du Christ que sont tous les baptisés participent à la triple consécration du Christ comme Prêtre, Prophète et Roi. C'est la raison pour laquelle, lors de la réforme liturgique, le pape Paul VI a voulu faire de la Messe chrismale, en lien avec le jeudi saint, la fête du sacerdoce : sacerdoce unique du Christ, qui offrit son sacrifice le vendredi saint sur l'autel de la croix et en institua le mémorial le jeudi saint à la dernière Cène ; sacerdoce des évêques et des prêtres qu'il a appelés à continuer son œuvre en annonçant l'Evangile, en conduisant son peuple et en célébrant les sacrements, avec le pouvoir exclusif de célébrer son sacrifice et de remettre les péchés en son nom ; sacerdoce du peuple chrétien chargé lui aussi de faire connaître Jésus Christ, d'être dans le monde un ferment de sainteté et d'instaurer le Royaume de Dieu en accomplissant des tâches temporelles.
Les chrétiens, devenus d'autres christs par le baptême, n'auront jamais fini de découvrir et d'approfondir leur noble condition. Le Carême leur est offert chaque année pour cela. Les membres des Equipes d'Animation Pastorale du diocèse ont pu le faire au cours des samedis de Carême et, avec une équipe de jeunes frères dominicains, j'ai eu la joie d'animer la retraite dans la ville par internet sur le thème du sacerdoce des baptisés.
Le dernier Concile nous a rappelé qu'« Il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire un Peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C'est pourquoi il s'est choisi le Peuple d'Israël pour être son Peuple avec qui il fait alliance et qu'il a progressivement instruit... Tout cela cependant n'était que pour préparer et figurer l'Alliance nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ... C'est là la Nouvelle Alliance dans son sang, appelant un Peuple, venu des Juifs et des païens, à se rassembler dans l'unité, non pas selon la chair, mais dans l'Esprit » (Lumen Gentium, n°9).
Quelles sont les caractéristiques de ce Peuple qui le distinguent de tous les groupements religieux, ethniques, politiques ou culturels de l'histoire ?
- il est le Peuple de Dieu, c'est-à-dire qu'il est, selon l'expression de 1 P 2, 9-10, un peuple que Dieu s'est acquis « populus acquisitionis » et qui lui appartient : « Autrefois, vous n'étiez pas son peuple, mais aujourd'hui vous êtes le peuple de Dieu ».
- de ce peuple, on devient membre non par la naissance physique comme c'était le cas dans la Première Alliance, mais par « la naissance d'en-haut, de l'eau et de l'Esprit » (Jn 3, 3-5), c'est-à-dire par la foi au Christ et par le baptême.
- ce peuple a pour tête Jésus le Christ et, de ce fait, ce Peuple qui, par les sacrements du baptême et de la confirmation, a part à l'onction de Jésus, est le Peuple messianique.
- la condition de ce Peuple, c'est la dignité et la liberté des fils de Dieu : dans leur cœur, comme dans un Temple, habite l'Esprit Saint.
- sa loi, c'est le commandement d'aimer comme Jésus lui-même a aimé. C'est la « loi nouvelle » de l'Esprit Saint.
- sa mission, c'est d'être « le sel de la terre et la lumière du monde » (Mt 5, 13-16).
- sa destinée, c'est le « Royaume de Dieu, commencé sur la terre par Dieu lui-même qui doit se dilater de plus en plus, jusqu'à ce que, à la fin des temps, il soit achevé par Dieu lui-même » (Lumen Gentium, n°9).
Dans la continuité de la Première Lettre de Pierre, Lumen Gentium explique que, par le baptême, le chrétien participe à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ.
Voilà succinctement évoqués les fondements de la vocation et de la mission des fidèles laïcs dans l'Eglise et dans le monde, voilà brièvement rappelées les raisons qui ont conduit notre Projet Pastoral Diocésain à inviter les baptisés à s'engager dans l'Eglise, par exemple dans le cadre des Equipes d'Animation Pastorale, sans déserter pour autant leur poste au cœur du monde.
Mais, pour que les fidèles laïcs puissent accomplir leur vocation et leur mission dans l'Eglise et dans le monde, ils ont besoin du sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres qui seul rend visible la présence du Christ comme Tête et Prêtre de son Eglise : comme le rappelle le Catéchisme de l'Eglise catholique dans la continuité de Lumen Gentium : « Le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise » (n° 1547). Loin de s'opposer, sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel ou hiérarchique sont ordonnés l'un à l'autre. Dans l'Exhortation apostolique Pastores gregis du 16 octobre 2003, concernant les évêques, il est écrit : « La réciprocité, qui existe entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel, et que l'on retrouve dans le ministère épiscopal lui-même, se manifeste dans une sorte de « circularité » (périchorèse) entre les deux formes de sacerdoce : circularité entre le témoignage de foi de tous les fidèles et le témoignage de foi authentique de l'évêque dans ses actes magistériels ; circularité entre la vie sainte des fidèles et les moyens de sanctification que l'évêque leur propose ; circularité enfin entre la responsabilité personnelle de l'évêque par rapport au bien de l'Eglise qui lui est confiée et la coresponsabilité de tous les fidèles par rapport au bien de cette même Eglise » (Pastores gregis, n° 20). Il n'y a donc pas d'Eglise sans évêques et sans prêtres. Il peut y avoir moins de prêtres aujourd'hui et demain qu'hier, mais il ne peut y avoir d'Eglise sans un minimum de prêtres. Jésus nous a invité à les demander au Maître de la moisson avec foi et persévérance dans une humble prière.
Dans le concret, le nombre insuffisant de prêtres est le plus souvent la cause du manque d'harmonie entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel et des dérives qui peuvent naître ici ou là. Chercher à augmenter le nombre des prêtres n'est pas priver les fidèles laïcs « d'avantages acquis », mais au contraire leur permettre de mieux accomplir leur vocation et leur mission.
J'invite les diocésains de Metz à tout entreprendre pour que notre Eglise diocésaine jouisse aujourd'hui et demain d'un nombre suffisant de prêtres et, pour cela, à faire sauter tous les verrous qui empêchent aujourd'hui encore de proposer sereinement aux jeunes le ministère de prêtre comme un chemin de croix sans doute, mais surtout comme un chemin de bonheur et de joie. « Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat iuventutem meam », disions-nous naguère au bas de l'autel avec le psaume 42,4, car c'est vrai que le prêtre est le serviteur de la vraie joie qu'apporte la recherche de Dieu et l'expérience de sa présence. Si seul Dieu est assez grand pour remplir la grandeur, la hauteur, la profondeur et la longueur de notre cœur, le prêtre est par excellence l'humble ministre de la joie du Seigneur.
+fr. Pierre RAFFIN, o.p.
1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 16:13
Déclaration de Mgr Raffin au sujet des prochaines élections municipales
Extrait de la déclaration de la Commission Sociale des Evêques de France – 1999
« Réhabiliter la politique », n°14
Notre foi chrétienne nous donne également des repères qui éclairent notre réflexion et inspirent notre action.
§1 – le primat de la dignité de la personne humaine. Toute institution, toute société est au service de la promotion de l’homme, appelé à prendre la parole et à participer . (Mc 2,27)
§2 – l’attention toute particulière donnée au pauvre, au faible, à l’opprimé, vivantes images du Christ incarné : « ce que vous faites à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu, 25,40). C’est la grandeur de la politique de reconnaître, d’intégrer et de promouvoir les plus démunis, les exclus et d’éradiquer les conditions d’existence déshumanisantes.
§3 – le pouvoir conçu comme un service, non comme une domination : « Que celui qui gouverne parmi vous se comporte comme celui qui sert » (Lc 22, 26).
§ 4 – le respect de l’adversaire : il a, lui aussi, sa part de vérité. L’Evangile nous invite même à aller au-delà : « Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi vous serez fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 44-45).
§5 – l’ouverture à l’universalisme, notamment par le dépassement de tout nationalisme et de tout racisme. « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste » (Ac 10, 34-35).
§6 – le partage et la destination universelle des biens. « Si quelqu’un, jouissant des richesses du monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en en lui ? » (1 Jn 3,17).
20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 16:37
Message de Mgr Pierre Raffin
et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1,4)
La vie est le plus beau don de Dieu. Nous le rappelons chaque année à Noël. En la personne du nouveau né de Bethléem est la vie en plénitude, lumière pour les hommes. Aussi les chrétiens sont-ils fortement attachés à la vie, de son fragile commencement à son accomplissement naturel.
A Bethléem, Jésus naît entouré de Joseph et de Marie qui constituent sa famille, la Sainte Famille. La famille est le lieu normal où la vie est accueillie et peut ensuite se développer harmonieusement. C’est la cellule de base de la communauté humaine, le premier lieu où les hommes apprennent la confiance en eux-mêmes et dans les autres. C’est donc un droit, pour tout enfant, que d’avoir un père et une mère unis par les liens du mariage.
A Bethléem, Jésus naît dans la condition précaire de l’immigré, puisque Joseph et Marie n’ont pu lui offrir, pour sa naissance, un logement normal. C’est en regardant la crèche que les chrétiens trouvent les énergies nécessaires à leur engagement en faveur des immigrés, afin qu’ils reçoivent en notre pays un accueil généreux, responsable et respectueux des droits de l’homme. C’est aussi en regardant la crèche que les chrétiens trouvent les énergies nécessaires à leur combat en faveur des biens de la terre, plus équitablement partagés et davantage respectés.
Oui à la vie, oui à la famille, oui à un accueil plus généreux des immigrés, oui à un meilleur partage et à un plus grand respect des biens de la terre. Ces oui, puissions-nous les redire tout au long de l’année 2008, dans l’élan de la prochaine fête de Noël.
13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 15:13
Communiqué de notre évêque à propos du Téléthon 2007
Published by Mgr Pierre RAFFIN - dans Paroles de notre évêque

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