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Timestamp: 2017-03-27 14:26:18+00:00

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Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Gaston Flosse devient autonomiste - Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Gaston Flosse devient autonomiste - Histoire de l'institution Tarahoi, le site Taraho'i, le nom
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Gaston Flosse devient autonomiste
Le projet d’autonomie interne de 1980
Alexandre Léontieff qui participe au projetd'autonomie interne
Avant 1977, G. Flosse, tout en combattant les autonomistes, avait montré que les institutions inchangées depuis décembre 1958 n’étaient plus adaptées aux évolutions de la Polynésie.
Son hostilité à l’égard de la plupart des représentants de l’État, illustrait aussi la complexité de sa position. Il aurait ainsi attaqué en langue tahitienne, le haut-commissaire, le 18 septembre 1978 : « qu’on fustige ce popa’a, cet étranger qui commande à tout le monde sans avoir été élu et qui se substitue aux élus » (1). Le haut-commissaire Paul Cousseran lui avait d’ailleurs répliqué à sa façon : « si Gaston Flosse n’avait pas occupé dans la vie politique le créneau de la présence française, nous l’aurions peut-être déjà trouvé parmi les autonomistes les plus virulents, tant sont grandes sa haine de l’Administration et ses réactions poujadistes à l’égard de l’État » (2).
Pour contrer cette façon dont la France se comportait en Polynésie, G. Flosse s’engagea résolument dans l’élaboration d’un statut d’autonomie interne en 1979 et 1980. Avec une équipe restreinte composée d’Alexandre Léontieff (photo ci-dessus), d’Eric Lequerré, de Patrick Peaucellier, de Georges Kelly et de son attaché parlementaire Jean-Claude Marquis, il considéra que, désormais, les électeurs étaient majoritairement favorables à une autonomie que l’État ne refusait plus. De plus en plus de jeunes avaient fait des études supérieures et pouvaient occuper des fonctions de direction. Sans une autonomie poussée (une « décentralisation économique »), le développement était freiné. G. Flosse aurait déclaré en langue tahitienne : « Il y a des étrangers qui désirent venir investir dans le Territoire. Il faut qu’ils obtiennent une autorisation, laquelle vient de Paris. Nous demandons que ces autorisations soient données par nous-mêmes, car elles sont longues à venir de Paris, et, de guerre lasse, les investisseurs abandonnent leur projet » (3).
G. Flosse critiqua le système des conventions :
« Actuellement, presque chaque mois des missionnaires partent pour aller demander de l’argent aux Français (il ne faut plus dire mendier…). Continuerons-nous encore comme cela ?
Comment pourrait-on dire alors que nous sommes adultes et que nous avons les destinées de notre pays entre nos mains, puisque la métropole continue à nous donner de l’argent nécessaire pour faire fonctionner le Territoire ? (4) »
Il utilisa aussi des arguments tactiques, car il savait que refuser encore l’autonomie serait suicidaire politiquement parlant. Habilement, l’entourage de G. Flosse se rallia à l’idée d’aller plus loin que les autonomistes eux-mêmes. Il s’agissait de démontrer désormais que non seulement l’autonomie n’était pas l’antichambre de l’indépendance, mais qu’elle seule était susceptible d’empêcher des progrès de la revendication indépendantiste. La conclusion du projet soulignait : […] « loin de conduire la Polynésie française sur le chemin dangereux et aléatoire de l’indépendance, ce nouveau statut, en permettant une pleine utilisation des franchises locales, ne pourra que renforcer les liens qui unissent la Polynésie à la France ».
Quelque vingt ans plus tard, G. Flosse se justifia encore : « lorsque j’ai acquis la conviction, au début des années 80, que l’autonomie était la seule voie d’avenir pour la Polynésie, j’ai immédiatement porté mes efforts sur l’adoption de ce statut » (5).
Le plus grand secret permit à G. Flosse de créer la surprise, voire la stupéfaction quand, le 7 mars 1980, au cours d’une conférence de presse, il annonça qu’il avait déposé une proposition de loi à l’Assemblée nationale relative à l’élaboration d’un « véritable statut d’autonomie interne » (6). Néanmoins, le haut-commissaire, tout en ignorant ce qui se tramait précisément, avait bien compris qu’un jour ou l’autre G. Flosse évoluerait :
« [Gaston Flosse est] partisan de donner aux conseillers de gouvernement des attributions individuelles. Il n’a jamais pardonné à l’Administration le camouflet qu’il a reçu lors de l’adoption du statut actuel. S’étant juré de ne plus jamais être dupe, il évitera d’être devancé et de toutes façons conservera toujours les distances qu’il a prises avec l’Administration » (7).
(1) Centre des Archives Contemporaines (CAC) 950175, Art. 41, fiche sur G. Flosse.
(2) Conférence de P. Cousseran, février 1981, rapportée in art. 41.
(3) P. Cousseran à Ministre de l’Intérieur, 11 mars 1980, art. 41.
(4) 7 mars 1980, interview de G. Flosse en tahitien à la télévision, par Ahiti Roomataroa, art. 41.
(5) PV de l’AT, 1er juillet 2003.
(6) Proposition de loi n° 1 710, relative à l’organisation de la Polynésie française, enregistrée à la présidence de l’AN le 13 mai 1980. Après l’alternance, G. Flosse déposa la même proposition de loi (n° 580, enregistrée le 13 novembre 1983). Le Bureau d’études et le Cabinet militaire du haussariat admirent qu’aucun des organismes de renseignements n’avait su que G. Flosse préparait un projet de statut. « Le milieu tahitien est de plus en plus étanche et délivre rarement des informations à un service officiel ». Art. 41, 5 août 1980.
(7) Art. 41, fiche du Bureau d’études du HC, 18 février 1980. [J.M.Regnault]
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References: Art. 41
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