Source: https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-19860507-60051
Timestamp: 2019-03-26 06:46:41+00:00

Document:
France, Conseil d'État, 7 / 8 ssr, 07 mai 1986, 60051
Numéro d'arrêt : 60051
Numéro NOR : CETATEXT000007622663
Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;1986-05-07;60051
Vu la requête sommaire enregistrée le 18 juin 1984 au secrétariat du Contentieux du Conseil d'Etat, et le mémoire complémentaire, enregistré le 15 octobre 1984, présentés pour M. Ahssene X..., demeurant ... à Chalons-sur-Marne 71100 , et tendant à ce que le Conseil d'Etat :
1° annule le jugement, en date du 14 avril 1984, par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande en décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée auxquels il a été assujetti au titre de la période du 1er avril au 31 mai 1981 à raison de l'activité d'ostéopathe qu'il exerce à Chalons-sur-Saône ;
Vu le traité instituant la communauté économique européenne, en date du 25 mars 1957 ;
Vu la sixième directive du conseil des communautés européennes, en date du 17 mai 1977 ;
Vu l'arrêté du 6 janvier 1962 ;
- les observations de la SCP Martin-Martinière, Ricard, avocat de M. Ahssene X...,
Considérant qu'aux termes de l'article 256 du code général des impôts, dans la rédaction issue de l'article 24 de la loi du 29 décembre 1978 : "I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens meubles et les prestation de services effectuées à titre onéreux par un assujetti en tant que tel" ; qu'aux termes de l'article 256 A du même code, dans la rédaction issue du même article de la loi du 29 décembre 1978 : "Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent d'une manière indépendante, à titre habituel ou occasionnel, une ou plusieurs opérations soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention" ; qu'enfin, aux termes de l'article 261 du même code, dans la rédaction issue de l'article 31 de la loi du 29 décembre 1978 : "Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : 4 professions libérales et activités diverses : 1° les soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales ainsi que les travaux d'analyses de biologie médicale et les fournitures de prothèses dentaires par les dentistes et les prothésistes" ;
Considérant que le législateur, en se référant aux "soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales" a entendu exonérer uniquement les soins dispensés par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées par le code de la santé publique ou les textes pris pourson application ; que les traitements relevant de l'ostéopathie sont des actes médicaux qui, conformément à ce code et aux textes pris pour son application, notamment à l'article 2 de l'arrêté du 6 janvier 1962, pris pour l'application de l'article L.372.10 dudit code, ne peuvent être effectués que par des docteurs en médecine ; que M. X..., qui exerce à Chalons-sur-Saône l'activité d'ostéopathe n'est pas titulaire du diplôme de docteur en médecine ; qu'il n'appartient, au surplus, à aucune des professions réglementées, au sens des dispositions susrappelées ; que, dès lors, son activité, qui entre dans le champ d'application des articles 256-I et 256-A précités du code général des impôts, ne peut être exonérée de la taxe sur la valeur ajoutée en vertu des dispositions également précitées du 1° du 4 de l'article 261 du même code ;
Sur l'application de la sixième directive du conseil des communautés européennes :
Sur l'application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales :
Considérant que si M. X... entend se prévaloir de la position prise par l'administration, notamment dans une réponse ministérielle en date du 1er juin 1979, à l'égard des psychologues diplômés, il n'est pas fondé à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, une prise de position administrative qui ne contient aucune interprétation formelle d'un texte fiscal en ce qui concerne l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée des ostéopathes ;
Proposition de citation: CE, 07 mai 1986, n° 60051

References: l'article 256
 l'article 24
 l'article 256
 l'article 261
 l'article 31
 l'article 2
 l'article 261