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Le virus libéral par André Gandillon (II/II) - Club Acacia
<< Journal du 21 janvier 2011 Journal du 20 janvier 2011 >>
jean 21/01/2011 12:36
§ 7. Donc évidemment, toutes les constitutions qui ont en vue l’intérêt général sont pures, parce qu’elles pratiquent rigoureusement la justice. Toutes celles qui n’ont en vue
que l’intérêt personnel des gouvernants, viciées dans leurs bases, ne sont que la corruption des bonnes constitutions ; elles tiennent de fort près au pouvoir du maître sur l’esclave, (1) tandis
qu’au contraire la cité n’est qu’une association d’hommes libres.
§ 8. Après les principes que nous venons de poser, nous pouvons examiner le nombre et la nature des constitutions, et nous nous occuperons d’abord des constitutions pures ; une fois que celles-ci
seront déterminées, on reconnaîtra sans peine les constitutions corrompues.
§ 1. Le gouvernement et la constitution étant choses identiques, et le gouvernement étant le maître suprême de la cité, il faut absolument que ce maître soit, ou un seul individu, ou une
minorité, ou enfin la masse des citoyens. Quand le maître unique, ou la minorité, ou la majorité gouvernent dans l’intérêt général, la constitution est nécessairement pure ; quand ils
gouvernent dans leur propre intérêt, soit dans l’intérêt d’un seul, soit dans l’intérêt de la minorité, soit dans l’intérêt de la foule, la constitution est déviée de son but, puisque de
deux choses l’une : ou les membres de l’association ne sont pas vraiment citoyens ; ou, s’ils le sont, ils doivent avoir leur part de l’avantage commun.
§ 2. Quand la monarchie ou gouvernement d’un seul a pour objet l’intérêt général, on la nomme vulgairement royauté. Avec la même condition, le gouvernement de la minorité, pourvu qu’elle ne soit
pas réduite à un seul individu, c’est l’aristocratie, ainsi nommée, soit parce que le pouvoir est aux mains des gens honnêtes, soit parce que le pouvoir n’a d’autre objet que le plus grand bien
de l’État et des associés. Enfin, quand la majorité gouverne dans le sens de l’intérêt général, le gouvernement reçoit comme dénomination spéciale la
dénomination générique de tous les gouvernements, et se nomme république. § 3. Ces différences
de dénomination sont fort justes. Une vertu supérieure peut être le partage d’un individu, d’une minorité ; mais une majorité ne peut être désignée par aucune vertu spéciale,
[1279b] excepté toutefois la vertu guerrière, qui se manifeste surtout dans les masses ; la preuve, c’est que, dans le gouvernement de la majorité, la partie la plus puissante de
l’État est la partie guerrière ; et tous ceux qui ont des armes y sont citoyens.
§ 4. Les déviations de ces gouvernements sont : la tyrannie, pour la royauté ; l’oligarchie, pour l’aristocratie ; la démagogie, pour la
république. La tyrannie est une monarchie qui n’a pour objet que l’intérêt personnel du monarque ; l’oligarchie n’a pour objet que l’intérêt particulier des riches ; la démagogie,
celui des pauvres. Aucun de ces gouvernements ne songe à l’intérêt général.
« Dans notre première enquête sur les constitutions nous avons distingué, d’une part les trois constitutions correctes : royauté, aristocratie et
politie; d’autre part, leurs déviations : la tyrannie : déviation de la royauté; l’oligarchie : déviation de l’aristocratie; la démocratie : (démagogie ?) déviation de la politie
(république ?). »
de l’État et des associés. Enfin, quand la majorité gouverne dans le sens de l’intérêt général, le gouvernement reçoit comme dénomination spéciale la dénomination générique de tous les
gouvernements, et se nomme république.
«3. Nous appelons d’ordinaire royauté celles des monarchies qui a en vue l’intérêt général et aristocratie, le gouvernement d’un petit nombre, mais non d’une seule personne, soit parce que les
meilleurs ont le pouvoir, soit parce que leur pouvoir a pour objet le plus grand bien de la cité et de ses membres; quand la masse gouverne la cité en vue de l’intérêt général, on donne à
ce gouvernement le nom de politie, qui est commun à toutes les constitutions.»

References: § 7

§ 8

§ 1

§ 2
 § 3

§ 4