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Timestamp: 2018-09-25 21:58:39+00:00

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Hyper-Spinoza - Chapitre 07 - Développement méthodique des principes d’organisation d’une monarchie
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Traité politique, VII, §31 - Mars 2005
Notre conclusion sera donc que le peuple peut conserver sous un roi une ample liberté, pourvu que la puissance donnée au roi ait pour mesure la puissance du peuple lui-même et qu’elle n’ait pas d’autre protection que le peuple. C’est la seule règle que j’ai suivie en posant les principes fondamentaux de l’État monarchique.
Traité politique, VIII, §01
Concluons que la multitude peut garder sous un roi une liberté assez large, pourvu qu’elle fasse en (...)
Traité politique, VII, §30 - Mars 2005
Bien que nul État que je sache n’ait eu les institutions exposées ci-dessus, nous pourrions cependant montrer même par l’expérience que cette forme de la monarchie est la meilleure, si nous voulons considérer les causes qui ont assuré la conservation d’un État non barbare et ont amené sa chute. Mais cela, je ne pourrais le faire sans infliger un grand ennui au lecteur. Je citerai donc un seul exemple digne à mon sens de mémoire : l’État des Aragonnais, qui furent très fidèles à leur roi et ont maintenu (...)
Traité politique, VII, §29 - Mars 2005
Je reconnais d’ailleurs qu’il n’est guère possible de tenir secrets les desseins de pareil État. Mais tous doivent reconnaître avec moi que mieux vaut que l’ennemi connaisse les desseins honnêtes d’un État, que non pas que les mauvais desseins d’un despote demeurent cachés aux citoyens. Ceux qui peuvent traiter secrètement les affaires de l’État l’ont entièrement en leur pouvoir, et en temps de paix tendent des pièges aux citoyens comme ils en tendent à l’ennemi en temps de guerre. Que le silence soit (...)
Traité politique, VII, §28 - Mars 2005
Les militaires stipendiés, c’est-à-dire pliés à la discipline, sachant supporter le froid et la faim, ont accoutumé de mépriser la foule des citoyens, très inférieure à eux, quand il s’agit de donner l’assaut ou de combattre en rase campagne. Mais que cette infériorité soit un malheur pour l’État ou une cause de fragilité, nul ayant l’âme saine ne l’affirmera. Au contraire, quiconque juge équitablement reconnaîtra que l’État le plus solide est celui qui peut défendre son bien, mais non convoiter le bien (...)
Traité politique, VII, §27 - Mars 2005
Peut-être cet écrit sera accueilli par le rire de ceux qui restreignent à la plèbe seule les vices inhérents à tous les mortels : dans la plèbe point de mesure ; elle est redoutable si elle ne tremble pas ; la plèbe est une humble esclave ou une dominatrice superbe ; il n’y a pas pour elle de vérité, elle est incapable de jugement, etc. La nature, dis-je, est la même pour tous et commune à tous. Mais nous nous laissons tromper par la puissance et le raffinement ; de là cette conséquence que deux hommes (...)
Traité politique, VII, §26 - Mars 2005
Nul ne peut transférer à un autre le droit d’avoir une religion, c’est-à-dire d’honorer Dieu. Mais nous avons traité amplement ce point dans les deux derniers chapitres du Traité Théologico-Politique et il est inutile d’y revenir ici. Je pense avoir démontré assez clairement, bien que brièvement, les principes fondamentaux de la monarchie la meilleure. Quant à l’accord de ces principes entre eux, ou à la conformité de l’État avec lui-même, quiconque voudra examiner ces principes avec quelque attention, se (...)
Traité politique, VII, §25 - Mars 2005
La forme de l’État doit demeurer la même et en conséquence le roi doit être unique, toujours du même sexe, et le pouvoir doit être indivisible . Pour ce que j’ai dit que le fils aîné du roi devait lui succéder, ou, s’il n’y a pas d’enfants, le plus proche parent du roi, cela ressort clairement, tant du § 13 du chapitre précédent que de cette considération que l’élection du roi, voulue par la masse, devrait être éternelle si c’était possible. Autrement, il arrivera nécessairement que le pouvoir souverain passe (...)
Traité politique, VII, §24 - Mars 2005
Sur les principes énoncés aux §§ 34 et 35 du chapitre précédent, il ne peut y avoir de contestation. Il est facile de démontrer que le roi ne doit pas faire sa femme d’une étrangère. Outre que deux cités, même liées entre elles par un traité, sont cependant en état d’hostilité l’une à l’égard de l’autre (par le § 14 du chapitre III), il faut craindre surtout que le roi ne soit poussé à faire la guerre par un intérêt de famille. Comme les discussions et les querelles ont pour origine principale cette sorte de (...)
Traité politique, VII, §23 - Mars 2005
Je crois connu de soi ce qui a été dit au § 32 du chapitre précédent sur l’admission des étrangers au nombre des citoyens. Je pense en outre que personne ne doute que ceux qui sont proches du roi par le sang doivent être tenus loin de lui et être écartés des affaires, non de la guerre, mais de la paix. C’est un honneur pour eux et une tranquillité pour l’État. Cela même n’a cependant pas paru suffisant aux despotes turcs pour qui c’est une chose sacrée de mettre à mort leurs frères. Rien d’étonnant à cela ; (...)
Traité politique, VII, §22 - Mars 2005
Nous avons dit qu’il ne fallait donner aucune rétribution à la milice : la plus haute récompense de la milice, c’est la liberté. A l’état de nature chacun cherche à se défendre autant qu’il le peut à cause seulement de la liberté et n’attend de son courage à la guerre d’autre récompense que de s’appartenir à lui-même ; dans l’état civil l’ensemble des citoyens doit donc être considéré comme un seul homme à l’état de nature, et tandis que les citoyens défendent cet état civil par les armes, c’est eux-mêmes qu’ils (...)
Traité politique, VII, §21 - Mars 2005
Que les juges doivent être assez nombreux pour qu’un particulier ne puisse gagner par des présents la majorité d’entre eux, qu’ils doivent exprimer leur opinion non publiquement mais dans un scrutin secret, et qu’une rémunération leur soit due pour leurs services, cela est aussi connu de tous. Mais la coutume est de leur attribuer un traitement annuel, d’où résulte qu’ils ne mettent aucune hâte à terminer les procès et que souvent les débats n’en finissent pas. De plus, quand la confiscation des biens par (...)
Traité politique, VII, §20 - Mars 2005
Pour que les citoyens soient égaux autant que possible, il faut que soient réputés nobles ceux-là seuls qui sont issus du roi. Mais s’il était permis à tous les descendants du roi de prendre femme et de procréer des enfants, dans la suite du temps leur nombre irait toujours en croissant et ils seraient pour le roi et pour tous non seulement une charge, mais un danger des plus redoutables. Les hommes en effet qui vivent dans l’oisiveté, méditent généralement des crimes. De là cette conséquence que (...)
Traité politique, VII, §19 - Mars 2005
A l’état de nature il n’est rien que chacun puisse moins défendre et dont il puisse moins s’assurer la possession, que le sol et tout ce qui s’attache au sol de telle sorte que l’on ne puisse ni l’emporter ni le cacher. Le sol donc, et ce qui est attaché au sol dans les conditions qui viennent d’être indiquées, est avant toute chose propriété de la Cité, c’est-à-dire propriété de ceux qui joignant leurs forces peuvent le défendre ou de celui qui a ce pouvoir parce qu’il lui a été transféré d’un commun accord. (...)
Traité politique, VII, §18 - Mars 2005
J’ai dit que les citoyens devaient être divisés en clans et que chacun d’eux devait nommer le même nombre de conseillers afin que les villes plus importantes aient plus de représentants, le nombre des citoyens étant plus grand, et puissent, comme il est juste, disposer de plus en plus de voix. Car la puissance de commandement et conséquemment le droit doit se mesurer au nombre. Je ne crois pas que l’on puisse trouver un moyen meilleur de conserver l’égalité entre les citoyens ; tous en effet sont (...)
Traité politique, VII, §17 - Mars 2005
C’est pour cette même raison, pour que les citoyens demeurent leurs propres maîtres et gardent leur liberté, que la force armée doit être composée des seuls citoyens et de tous sans exception. Un homme armé, en effet, est plus son propre maître qu’un homme désarmé (voir le § 12 de ce chapitre), et les citoyens transfèrent absolument leur droit à un autre et s’en remettent entièrement à sa loyauté, quand ils lui laissent leurs armes et lui confient la défense des villes. A cela s’ajoute l’avidité humaine, (...)
Traité politique, VII, §16 - Mars 2005
Il est hors de doute que les citoyens sont d’autant plus puissants et conséquemment d’autant plus leurs propres maîtres, qu’ils ont de plus grandes villes et des villes plus fortes : plus sûr en effet est le lieu de leur habitation, mieux ils peuvent préserver leurs libertés contre un ennemi du dehors et moins ils ont à redouter un ennemi de l’intérieur. Il est certain aussi que les hommes veillent d’autant plus à leur sécurité qu’ils sont plus puissants par leurs richesses. Que si les villes ont besoin (...)
Traité politique, VII, §15 - Mars 2005
Outre les principes qui (...)
Traité politique, VII, §14 - Mars 2005
Dans nulle Cité autre que celle qui est organisée de la sorte, le roi ne peut attendre plus de sécurité. Outre, en effet, qu’un roi que ses propres soldats ne veulent plus défendre, a bientôt fait de périr, il est certain qu’un roi est exposé au plus grand danger par ceux qui sont le plus près de lui. Plus petit donc sera le nombre des conseillers et plus puissants ils seront en conséquence, plus grand sera pour le roi le danger qu’ils ne transfèrent le pouvoir à un autre. Rien n’a plus effrayé David (...)
Traité politique, VII, §13 - Mars 2005
Pourquoi il ne faut pas que les conseillers du roi soient élus à vie, mais pour trois, quatre ou cinq ans au plus, cela ressort clairement aussi bien du § 10 de ce chapitre que de ce que nous avons dit au § 9 du même. S’ils étaient élus à vie, en premier lieu, la majeure partie des citoyens n’aurait aucun espoir d’atteindre à cet honneur, et il y aurait ainsi parmi les citoyens une grande jalousie, d’où résulteraient des haines, des protestations et finalement des séditions, qu’à la vérité le roi, avide (...)
Traité politique, VII, §12 - Mars 2005
Le roi à lui seul ne peut en effet tenir tous les citoyens par la crainte, son pouvoir, nous l’avons dit, repose sur le nombre des soldats, plus encore sur leur valeur et leur fidélité, et cette fidélité est toujours constante parmi les hommes quand ils sont liés par un besoin commun, qu’il soit honorable ou non. De là cette coutume qu’ont les rois d’user plutôt de stimulants que de contrainte à l’égard des soldats, d’être plus indulgents pour leurs vices que pour leurs vertus, et la plupart du temps, (...)
Traité politique, VII, §11 - Mars 2005
Le roi donc, soit qu’il redoute la masse de la population ou veuille s’attacher la majorité des citoyens armés, soit que par générosité il ait en vue le bien public, donnera force de loi à l’opinion qui aura obtenu la majorité des suffrages, c’est-à-dire (par le §5 de ce chapitre), celle qui sera la plus conforme à l’intérêt de la majorité, et il s’efforcera de rallier, autant que possible, les dissidents de façon à être suivi de tous. Il emploiera tout ce qu’il a de force à cette tâche, afin que les (...)
Traité politique, VII, §10 - Mars 2005
Que de plus les membres du conseil, une fois qu’il aura été établi, ne puissent être ramenés à un nombre moindre, nous le verrons sans peine si nous considérons les affections communes des hommes. Tous sont sensibles à la gloire et il n’est personne qui, étant en bonne santé, n’espère prolonger sa vie jusque dans la vieillesse. Si donc nous faisons le calcul de ceux qui ont effectivement atteint leur cinquantième et leur soixantième année et que nous tenions compte du grand nombre de membres du conseil à (...)
Traité politique, VII, §09 - Mars 2005
Traité politique, VII, §08
Il ne peut être douteux que nul ne concevra jamais la pensée de corrompre le conseil par des présents. Car si, parmi un si grand nombre d’hommes il s’en trouvait un ou deux capables de se laisser gagner, cette faiblesse n’aurait pas de suite, puisque, nous l’avons dit, une opinion qui ne rallie pas au moins cent suffrages est écartée [1].
Traité politique, VII, §10
Que personne ne se flatte de pouvoir corrompre le Conseil par des présents. Si, en (...)
Traité politique, VII, §08 - Mars 2005
Une autre disposition de grande importance contribue à la paix et à la concorde, c’est que nul citoyen ne possède de biens fixes (voir le § 12 du chapitre précédent). De là suit qu’à la guerre le péril est à peu près le même pour tous : tous en effet s’adonneront au commerce, l’espérant lucratif, ou se prêteront de l’argent les uns aux autres, surtout si, comme jadis chez les Athéniens, il y a une loi qui interdise de prêter de l’argent à intérêt à d’autres qu’à des habitants de la Cité. De la sorte les (...)
Traité politique, VII, §07 - Mars 2005
On ne peut contester que la majorité de ce conseil n’aura jamais le désir de faire la guerre, mais au contraire aura un grand zèle pour la paix et qu’elle la préférera toujours. Outre en effet qu’on craindra toujours que la guerre n’entraîne la perte des biens et de la liberté, elle exige des dépenses nouvelles, et les membres du conseil savent que leurs enfants et leurs proches occupés de leurs propres affaires, seront contraints de s’appliquer au métier des armes et de partir en campagne, ce qui ne (...)
Traité politique, VII, §06 - Mars 2005
Si je n’avais à cœur d’être bref je montrerais ici les autres grands avantages de ce conseil ; j’en indiquerai un seul qui me paraît être de la plus haute importance. Rien n’excite plus à la vertu que l’espoir permis à tous d’atteindre aux plus grands honneurs, car tous nous sommes mus principalement par l’amour de la gloire ainsi que je l’ai montré dans mon Éthique.
Ce serait présentement le lieu, si je ne m’appliquais à être court, de montrer les autres grands avantages d’un tel (...)
Traité politique, VII, §05 - Mars 2005
Il est certain en outre qu’il n’est personne qui n’aime mieux gouverner qu’être gouverné ; personne ne cède volontairement le commandement à un autre, comme le fait observer Salluste dans le premier discours adressé par lui à César. Il est évident par suite que la masse de la population ne transférerait jamais son droit à un petit nombre d’hommes ou à un seul si elle pouvait s’accorder avec elle-même, et si les discussions qui s’engagent le plus souvent dans les grandes assemblées n’engendraient pas des (...)
Traité politique, VII, §04 - Mars 2005
Mais la nature humaine est ainsi faite que chacun cherche toujours avec la plus grande ardeur ce qui lui est utile à lui-même, que les lois qu’il juge les plus justes sont celles qu’il croit nécessaires à la conservation et à l’accroissement de son bien et qu’il défend la cause d’un autre dans la mesure où il pense par là affermir sa propre situation. Il faut en conséquence nécessairement choisir des conseillers dont la situation et les intérêts propres dépendent du salut commun et de la paix pour tous, (...)
Traité politique, VII, §03 - Mars 2005
Que l’office de celui qui détient le pouvoir soit de connaître toujours la situation de l’État, à condition de veiller au salut commun, et de faire ce qui est utile à la majeure partie des sujets, tout le monde en convient. Comme d’autre part un seul homme ne peut embrasser tout cela d’un regard, ni avoir toujours l’esprit également présent et l’employer à penser, qu’il est souvent empêché par la maladie, la vieillesse ou d’autres causes, de s’occuper des affaires publiques, il est nécessaire que le (...)
Traité politique, VII, §02 - Mars 2005
Il faut noter ensuite qu’en posant ces principes fondamentaux il est nécessaire de tenir le plus grand compte des affections auxquelles sont sujets les hommes ; il ne suffit pas d’avoir montré ce qui devrait être fait, il faut montrer ce qui peut être fait pour que les hommes, qu’ils soient guidés par la raison ou mus par leurs affections, aient cependant des lois bien établies et fixes. Si les droits garantis par l’État, c’est-à-dire la liberté publique, n’ont d’autre appui que des lois sans force, (...)
Traité politique, VII, §01 - Mars 2005
Après avoir énoncé les principes fondamentaux d’un État monarchique, j’ai entrepris de les démontrer avec ordre et, il faut le noter en premier lieu, il n’est nullement contraire aux précédents que les institutions soient si fermement établies que le roi lui-même ne les puisse abolir. Les rois de Perse étaient honorés comme des dieux, et cependant ils n’avaient pas le pouvoir de changer les lois établies ainsi qu’il ressort du livre de Daniel, chapitre VI. Et nulle part, que je sache, un monarque n’est élu (...)

References: §31
 §01
 §30
 §29
 §28
 §27
 §26
 §25
 § 13
 §24
 § 14
 §23
 § 32
 §22
 §21
 §20
 §19
 §18
 §17
 § 12
 §16
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