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These Leg Off | Névrose | Sigmund Freud
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Le Sillage Obsessionnel
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tel-00447427, version 1 - 14 Jan 2010
UNIVERSITE RENNES 2 Ecole Doctorale - Sciences Humaines et Sociales
Laboratoire de Cliniques Psychologiques, Psychopathologies et Criminologies (EA 4050)
PASSAGE A L’ACTE ET ANGOISSE PAROXYSTIQUE :
INTERROGATION PSYCHO-CRIMINOLOGIQUE
Présentée par Isabelle LE GOFF
Directeur de thèse : Pr Loïck M. VILLERBU
André SIROTA, Professeur émérite, Université de Paris X Nanterre (Rapporteur) Daniel BEAUNE, Professeur, Université de Lille 3 (Rapporteur) Patrick JEGO, Professeur, PH, Université de Rennes 1 Loïck M. VILLERBU, Professeur, Université de Rennes 2 (Directeur de thèse) Astrid HIRSCHELMANN-AMBROSI, Maitre de conférences, Université de Rennes 2
Le Goff, Isabelle. Passage à l'acte et angoisse paroxystique : interrogation psycho-criminologique - 2009
Je tiens à remercier le Professeur Loïck M. Villerbu pour la confiance qu’il m’a accordée depuis le début de ce cheminement. Son oreille attentive, sa clairvoyance, ses mots justes … m’ont guidé jusqu’à l’aboutissement de mon travail.
Je souhaite y associer la présence « contenante » et structurante de toute l’équipe enseignante du laboratoire de Cliniques Psychologiques, Psychopathologies et Criminologies. La pertinence des critiques, en particulier d’Astrid Hirschelmann-Ambrosi qui m’ont plus d’une fois tirée de l’imbroglio d’une pensée diffuse, et la guidance et l’éclairage de Claude Bouchard ainsi que la présence dynamique et rassurante de Valérie Moulin.
Sans oublier, également, l’œil averti, les connaissances, la disponibilité, … et l’humour de Fabien. De même, les collègues doctorants qui redonnent du souffle, le sourire et qui savent écouter.
Sommaire ………………………………………………………………………………
Liste des tableaux ……………………………………………………………………
Une première recherche : étude sur le Trouble Panique, de l’angoisse à la crise d’angoisse ………………………………………………
1. Le champ analytique ……………………………………………………………
1.1. Différenciation des névroses …………………………………………………
1.2. Concordance entre les névroses ………………………………………………
2. Les théories bio comportementales et le modèle de Donald KLEIN ………………. 38
2.1. Le concept de trouble panique ………………………………………………… 38
2.2. Le développement du trouble panique …………………………………………. 39
2.3. Epidémiologie …………………………………………………………………. 40
2.3.1. Les facteurs psychologiques et sociaux ………………………………… 40
2.3.2. L’étiopathogénie du trouble selon Thérèse LEMPERIERE ……………. 42
3. Mise à l’épreuve des 2 champs théoriques : le champ analytique et le bio- comportementalisme ………………………………………………………………… 43
3.1. Protocoles de recherche ………………………………………………………… 43
3.1.1. Population ………………………………………………………………. 43
3.1.2. Matériel …………………………………………………………………. 44
3.1.3. Mode d’analyse et traitement des données………………………………. 45
3.1.4. Analyse des résultats ……………………………………………………
3.2. Analyse clinique ………………………………………………………………
3.2.1. Résultat expérimental …………………………………………………. 47
3.2.2. Les signes d’aménagement défensifs……………………………………. 50
5. Conclusion …………………………………………………………………………… 54
4. Le trouble panique : un trouble évolutif ……………………………………………
Partie I : De l'angoisse à l'angoisse paroxystique ………………………………
1. Qu'est ce que l'angoisse? ……………………………………………………………. 58
3. Pourquoi le concept …………………………………………………………………. 60
2. Définitions de paroxysme et paroxystique…………………………………………
Chapitre 1 : Le concept d’angoisse dans le champ analytique contemporain
1. L’angoisse est un affect ……………………………………………………………
2. Le mouvement pulsionnel…………………………………………………………
Le mouvement en interaction avec la réalité extérieure ………………………
2.1.1. La notion de limite : Moi corporel et Moi psychique …………………….
2.1.2. Le pare excitation et les enveloppes psychiques…………………………
La topologie du Moi-peau ………………………………………………………. 70
Didier ANZIEU et les enveloppes psychiques
Les fonctions du Moi-peau ………………………………………………………. 71
La décharge pulsionnelle ………………………………………………………
2.2.1. Pulsion et langage ……………
2.2.2. Pulsion et désir ……………………………………………………………
2.2.3. La relation pulsionnelle et les objets ……………………………………
L'objet a …………………………………………………………………………. 80
3. Le symptôme d’angoisse …………………………………………………………… 82 3.1.La problématique du désir et signal d'angoisse …………………………….…… 82
3.2.Du complexe d'Œdipe au complexe de castration ……………….……………. 86
3.2.1. Complexe d'Œdipe ……………………………………………………. 86
3.2.2. Complexe de castration ………………………………………………. 87
Les 5 formes stadiques de l’objet ……………
3.2.3. Le phallus ……………………………………………………………
3.2.4. Surmoi et castration …………………………………………………
3.3.Les aménagements défensifs……………………………………………………
3.3.1. L'angoisse de séparation, "le syndrome d'abandon" ……………………. 91
3.3.2. La trace psychique d’un trauma ………………………………………… 93
4. Conclusion ………………………………………………………………………… 96
Chapitre 2 : Le concept « d’angoisse paroxystique » ………………………………… 99
1. Les accès d’angoisse paroxystique ………………………………………………… 100
1.1. L'angoisse de mort ………………………………………………………………101
1.2. L'angoisse automatique …………………………………………………………. 102
1.3. Le refoulement …………………………………………………………………. 105
2. Eros et Thanatos ……………………………………………………………………
2.1. Le fonctionnement pulsionnel ……………………………………
2.2. La pulsion de mort ………………………………………………………………109
2.3. Le narcissisme …………………………………………………………………
L’identification primaire…………………………… …………………………
L’effondrement psychique……………………………………………………… 111
Sentiments de culpabilité et de honte ………………………………………….
Narcissisme négatif et négativité ……
2.4. Sadisme et masochisme ………………………………………………………
Le masochisme primaire………………………………………………………
Le masochisme secondaire ……………………………………………………
Le masochisme moral …………………………………………………………
3. Le fantasme …………………………………………………………………………
De Freud à Lacan ……………………………………………………………………. 118 Les fantasmes originaires ……………………………………………………………. 120
4. Le spéculaire ………………………………………………………………………… 121
5. Conclusion …………………………………………………………………………… 123
5.1. L’angoisse au centre du processus névrotique …………………………………. 123
L'approche processuelle de l'angoisse paroxystique……………………………
5.4. Le processus comme mouvement évolutif ……………………………………… 124
5.3. L'affect d'angoisse paroxystique ………………………………………………
Chapitre 3 : Conclusion première partie…………………………………………….
1. Les limites psychiques ……………………………………………………………… 127 1.1.Illustration avec la mythologie …………………………………………………. 127
Les représentations des limites psychiques ……………………………………
Eros et Thanatos : entre le plein et le vide ………………………………………
Vers l’intérieur : l’effroi ……………………………………………………………. 129 Vers l’extérieur : le vide, un autre silence …………………………………………. 130
2. Le fonctionnement psychique du mouvement de l’angoisse paroxystique…………. 130
2.1. L'insécurité ……………………………………………………………………
2.2. La revendication ………………………………………………………………
2.3. La culpabilité …………………………………………………………………… 132
Schéma de synthèse ……………………………………………………………………… 135
2.4. La déprivation …………………………………………………………………
Partie II : Angoisse paroxystique et clinique de l’extrême: interrogation criminologique .136
Chapitre 1 : Le mouvement psychodynamique de l’agir …………………………… 138
1. Passage à l’acte et acting-out …………………………………………………………139
1.1. Le passage à l’acte ………………………………………………………………140
1.3. L’acte suicidaire et le mode opératoire …………………………………………. 142
1.2. L’acting-out ……………………………………………………………………
1.3.1. L’acte suicidaire : passage à l'acte ou acting-out
1.3.2. Le mode opératoire …………………………………. …………………
2. Du passage à l'acte au "recours à l'acte": la crise suicidaire………………………
2.1. Les réactions du moi devant la pulsion …………………………………………. 149
2.2. Le rapport de l'acte primaire et du trauma originaire dans l'acte ………
2.2.1. Le rapport Moi /Idéal du Moi …………………………………………
2.2.2. L'inhibition: retrait et isolation …………………………………………
2.2.3. L’acte et le fantasme ou défaillance du fantasme ……………………….
2.2.4. La mise en acte conditionnée par une attitude passive ou une attitude active156
2.3. Les 3 étapes du processus dynamique de la crise ………………………………. 157
2.3.2. 2 ème étape : état de crise correspondant à l’agir …………………………. 160
2.3.3. 3 ème étape : l’issue de la crise …………………………………………… 160
2.4. La répétition ……………………………………………………………………. 162
2.4.1. Phase positive de la répétition …………………………………………… 162
2.4.2. Phase négative de la répétition …………………………………………. 163
2.3.1. 1 ère étape : état de vulnérabilité …………………………………………
La récidive ……………………………………………………………… 163
Conclusion ………………………………………………………………………… Les dispositions mentales :
3.1. Résignation-Réitération ………………………………………………………
3.2. Isolement- Confrontation ………………………………………………………
3.3. Autopunition-Révolte …………………………………………………………… 166
3.4. Dévalorisation-Activité …………………………………………………………. 167
Chapitre 2 : L’angoisse dans la dichotomie du Moi corporel et du Moi psychique… 169
1. De l'angoisse paroxystique au corps …………………………………………………172
1.1. L'alerte pulsionnelle : de l'angoisse à la somatisation …………………………
Symptôme et douleur somatique ………………………………………………
Perte d’Objet et douleur ………………………………………………………… 173 La fonction contenante de la douleur …………………………………………… 174 Pierre MARTY et l’école psychosomatique de Paris ……………………………175
1.2. Angoisse paroxystique et douleur ………………………………………………. 176
2. Le débordement pulsionnel: quelles voies de décharge? …………………………
2.1. La formation du symptôme ……………………………………………………
2.2. Le processus fantasmatique au service du moi : le désir sur la scène du réel? … 178
2.3. Le corps imaginaire ……………………………………………………………
2.4. "L’effraction" corporelle……………………………………………………. …
3. Conclusion …………………………………………………………………………
Chapitre 3. Violence, agressivité et destructivité ……………………………………
1. Fragilité des assises narcissiques : l’attachement …………………………………… 186
1.1. Relations primaires de l’enfant et de sa mère : identification narcissique
1.2. Les identifications ………………………………………………………………. 187
1.3. Les investissements narcissiques ………………………………………………
1.3.1. Le concept d’autoérotisme ……………………………………………… 188
de base 186
1.3.2. L’incorporation …………………………………………………………
1.4. Processus de séparation et d’individuation ……………………………………
1.5. Défaillance narcissique ………………………………………………………… 194
1.6. Défaut d’introjection, échec de la fonction identifiante ………………………… 196
2.1. Le concept de violence ………………………………………………………. 198
2.1.1. La violence fondamentale de Bergeret …………………………………
2.1.2. Violence et souffrance psychique abordée par Piera Aulagnier………… 200
2.1.3. La violence instinctive…………………………………………………… 202
2.2.1. La violence subie : la contrainte ………………………………………… 203
L’élaboration fantasmatique …………………………………………………… 205
2. La violence selon l’axe narcissique ……………….………………………………
2.2. L’impact de la violence sur les comportements ………………………………
Contrainte et inhibition ……………………………………………………
La violence agie : l’impulsivité ……………….………………………… 205
La recherche de sensation ……………………………………………………… 206
La conduite ordalique …………………………………………………………
Violence et destructivité ………………………………………………………
2.3.1. La destructivité dans le masochisme ……………………………………
2.3.2. Les conduites d’autopunition …………………………………………… 208
3.1. Emprise et dépendance …………………………………………………………. 210
3.1.1. La pulsion d’emprise ……………………………………………………. 210
3.1.3. Le renoncement …………………………………………………………. 212
3.1.4. La recherche de séparation ………………………………………………. 213
3.2. La relation d’emprise …………………………………………………………… 214
3.2.1. Emprise et domination …………………………………………………… 215
3.2.2. Emprise et agressivité ……………………………………………………. 215
3. L’emprise ……………………………………………………………………………
3.1.2. L’impossible séparation …………………………………………………
4. Conclusion …………………………………………………………………………
Chapitre 4 : Conclusion de la 2 ème partie ……………………………………………
1. Mouvement évolutif de l’angoisse paroxystique …………………………………
2. Emergence d’une problématique …………………………………………………
Travail de modélisation expérimental
Les types d'organisation psychique ……………………………………………
2.1.1. Attitude de victimisation ………………………………………………… 222
2.1.2. Destruction de l’autre ……………………………………………………. 223
2.1.3. Effondrement psychosomatique …………………………………………. 223
2.1.4. Intériorisation de la honte ………………………………………………
Les dimensions psychiques ……………………………………………………
2.2.1. La possessivité …………………………………………………………
2.2.2. L’envahissement ………………………………………………………… 225
Tableau de la modélisation …………………………………………………………. 226
2.3. Les dérivées de la crise ………………………………………………………
2.3.1. Le mode relationnel ……………………………………………………… 227
2.3.2. Retentissements sur la crise ……………………………………………… 228
2.3.3. Modélisation et dérivées de la crise ……………………………………… 228
Partie 3 : Expérimentation ……………………………………………………………
Chapitre 1 : Les dispositifs de recherche clinique ……………
Présentation de l’étude de recherche clinique et des hypothèses ………………….
1.1. Espaces et lieux d’investigations ………………………………………………. 233
1.2. Description de la population d’étude et effectif par lieu d'investigation………
1.3. Echantillons cliniques et organisation de l’évaluation …………………………. 235
1.3.1. Les critères d’inclusion …………………………………………………
Choix méthodologique …………………………………………………… 238
1.3.3. Evaluation et instruments d’évaluation………………………………… 240
1.4. Articulations des hypothèses …………………………………………………… 246
1.4.2. Hypothèse 1………………………………………………………………. 246
1.4.1. Une hypothèse générale …………………………………………………
1.4.3. Hypothèse 2 ……………
1.4.4. Hypothèse 3 ……………
1.4.5. Synopsis des hypothèses ………………………………………………
1.5. Schématisation de l'évaluation dans le dispositif……………………………… 248
2.1. Rencontre avec la population: les effets transférentiels ………………………. 249
2.2. Les processus psychiques ………………………………………………………. 252
2. Exploitation des évaluations et de la modélisation…………………………………
2.3. La crise: l’effondrement psychique et corporel ………………………………
2.4. Rappel des dérivées de la crise ……………………………………………
3. Classification ………………………………………………………………………… 256
3.1. Sériation des sujets selon les groupes de modélisation………………………. 256
3.2. Répartition des sujets de l'expérimentation selon les groupes de modélisation 256
3.2.1. Groupe 1 ………………………………………………………………… 257
3.2.2. Groupe 2 ………………………………………………………………… 264
3.2.3. Groupe 3 ………………………………………………………………… 269
3.2.4. Groupe 4 ………………………………………………………………… 274
3.2.5. Un sujet non classé ……………………………………………………… 280
Chapitre 2 : Analyse ………………….………………………………………………
Le fonctionnement psychopathologique de l’angoisse paroxystique ………………
1.1. L’inhibition anxieuse………………………………………………………
Les sentiments de déréalisations et de dépersonnalisations ……………………. 284
L’épuisement neurasthénique …………………………………………………… 285
Le deuil ………………………………………………………………………… 287 La solitude ………………………………………………………………………. 288
La séparation ……………………………………………………………………. 280
1.2. La fonction contenante …………………………………………………………
1.3. La dépendance affective et les addictions………………………………………
1.3.1. La dépendance affective…………………………………………………
1.3.2. Les addictions ………………………………………………………….
Dépendance affective et addiction à l’alcool …………………………………… 293
Dépendance affective et addiction aux substances psycho actives ………….…
Dépendance affective et addictions comportementales ……………….………
Ordalie et alcool …………………………………………………………
Addiction au jeu ………………………………………………………… 296
Addiction amoureuse ……………………………………………………
Addiction au sport ………………………………………………………
1.4. La sublimation …………………………………………………………………
1.5. Conclusion sur le fonctionnement psychopathologique de l’angoisse paroxystique 301
1.5.1. Un même processus pour un aménagement défensif multiple correspondant
à la modélisation ………………………………………………………… 301
Identification de la spécificité du processus d’angoisse paroxystique
2. La destruction en œuvre ……………………………………………………………
2.1. Analyse de l’acte ………………………………………………………………
2.1.1. Le pré-acte ………………………………………………………………
2.1.2. L’action de la déliaison : la crise…………………………………………. 307
L’angoisse de mort dans les agirs………………………………………………. 309
L’acte de mutilation comme résolution de l’angoisse d’effacement …………… 310
L’accès violent comme mise en acte …………………………………………… 313 L’AVC et le coma : significatifs d’un mode de déliaison………………………. 314
La douleur : déliaison dans le corps propre ……………………………………
Les pathologies cardiovasculaires et "l’agressivité contenue" …………
Les expériences comateuses ……………………………………
2.2. Résolution par l’acte ?
2.2.1. Bénéfices de l’acte ………………………………………………………
2.2.2. Les risques de récidive …………………………………………………
2.3. Conclusion sur la destruction en œuvre dans l’analyse de l’acte………………
La modélisation dans la mise en acte …………………………………
2.3.1.1. Les particularités liées aux dimensions possessivité/envahissement 322
2.3.1.2. L'interprétation de l'agir et du symptôme révèlent l'appartenance à
l’un des groupes………………………………………………….
La résolution et la capacité de se projeter dans l’avenir révèlent le processus psychique et les positionnements…………………………
2.3.1.4. Tableau récapitulatif……………………………………………… 324
L'agir: point de butée du processus de l'angoisse paroxystique ………
3. Les modes de restructuration psychique ……………………………………………
3.1. Les troubles fonctionnels et somatiques ……………………………………….
3.1.1. L’unité soma-psyché ……………………………………………………. 329 Les syndromes somatiques Ŕ fonctionnels Ŕ organiques …………………330 L’hypocondrie …………………………………………………………… 331
L’alexithymie …………………………………………………………… 331
3.1.2. Les lois biologiques ou sens du symptôme ……………………………… 332
3.2. L’intersubjectivité ………………………………………………………………. 334 Intersubjectivité et dépendance …………………………………………………. 335
Le cadre thérapeutique …………………………………………………………
groupe ………………………………………………………………………
3.3. Conclusion sur les modes de restructuration psychique………………………
Conclusion générale ……………………………………………………………………. 340
1. Intérêts du concept d’angoisse paroxystique et valeurs heuristiques …………….
2. Réorganisations psychiques ………………………………………………………
2.1. La fonction contenante de l’hospitalisation et la réappropriation de l’individualité du sujet……………………………………………………………………………… 343
La libération du fonctionnement pathologique …………………………………. 344
3. Ouverture vers un protocole de soin ……………………………………………
3.1. Travail de désensibilisation progressive envers la dépendance affective ………. 345
3.1.1. Sécuriser face à l’angoisse d’abandon, de perte …………………………. 345
3.1.2. Libérer le sujet des relations d’emprise …………………………………. 346
3.1.4. Le refus, le rejet thérapeutique, l’agressivité ……………………………. 348
3.2. Travail thérapeutique autour de l’intentionnalité consciente et inconsciente du
sujet …………………………………………………………………………………
3.2.1. Le sens des mots …………………………………………………………. 350
3.2.2. Le langage du corps ……………………………………………………… 351
3.1.3. Faciliter un processus d’autonomisation identitaire ……………………
3.2.3. La réadaptation …………………………………………………………
Glossaire ………………………………………………………………………………
Index des mots…………………………………………………………………………
Index des auteurs ………………………………………………………………………. 362
Bibliographie …………………………………………………………………………… 363
Annexe 1 ………………………………………………………………………………… 368
Annexe 2 …………………………………………………………………………
Evaluations et tests HADS : NDL, CHGR
Tableau [PARTIE], chapitre . numérotation
Tableau 1 : Tableau caractéristique psycho-psychosociales ……………………………… 44 Tableau 2 : Répartition des névroses dans la population…………………………………. 46 Tableau 3 : Schéma de synthèse …………………………………………………………… 47
Tableau 4 : la présence de l’anxiété généralisée dans la répartition des formes névrotiques 52
Tableau 5 : Schéma opératoire bi-actionnel ………………………………………………
Tableau 6 : Présence de l’angoisse dans la répartition des formes névrotiques…………
Tableau 7 : La présence de la trace mnésique dans la répartition des formes névrotiques
Tableau I, 1 : Le passage de l’angoisse à l’angoisse paroxystique ………………………
Tableau I, 1-1 : Synopsis du chapitre 1……………………………………………………. 62
Tableau I, 1-2 : Synopsis des différents types d’angoisse et leurs orientations selon
l’orientation du désir ………………………………………………………………………
Tableau I, 3-1 : Schéma de synthèse ……………………………………………………… 135
Tableau II, 1 : Mouvement évolutif de l’angoisse paroxystique …………………………
Tableau II, 4-1 : Groupe 1 : attitude de victimisation……………………………………
Schéma II, 4-1 : Schématisation de la victimisation ……………………………………
Tableau II, 4-2 : Groupe 2 : destruction de l’autre ……………………………………….
Schéma II, 4-2 : Schématisation de la destructivité ……………………………………… 223
Tableau II, 4-3 : Groupe 3 : effondrement psychosomatique ……………………………
Schéma II, 4-3 : Schématisation de l’effondrement psychosomatique …………………
Tableau II, 4-4 : Groupe 4 : intériorisation de la honte ………………………………….
Schéma II, 4-4 : Schématisation de l’intériorisation de la honte …………………………
Tableau II, 4-5 : Modélisation ……………………………………………………………
Tableau II, 4-6 : Tableau des conversions des items du mode relationnel ……………….
Tableau II, 4-7 : Tableau des conversions des items de projets issus de la crise ………
Tableau II, 4-8 : Tableau récapitulatif modélisation- dérivées de la crise ………………
Tableau III, 1-1 : Groupe NDL …………………………………………………………… 234
Tableau III, 1-2 : Groupe CHGR …………………………………………………………. 235
Tableau III, 1-4 : Fiche de consentement …………………………………………………. 238 Tableau III, 1-5 : Entretien d’évaluation …………………………………………………. 242
Tableau III, 1-6 : Auto-questionnaire HADS ……………………………………………
Tableau III, 1-7 : Synopsis des hypothèses ………………………………………………. 247
Tableau III, 1-8 : Synopsis de l'analyse de l'entretien en corrélation avec les hypothèses
Tableau III, 1-9 : Critères caractéristiques pour l’identification d’un consensus et d’un mode comportemental selon les processus psychologiques des groupes………………………… 253
Tableau III, 1-10 : Les différentes manifestations d’angoisse relevées …………………
Tableau III, 1-3 : Fiche consigne …………………………………………………………
Tableau III, 1-11 : Les modes relationnels et projets issus de la crise ……………………. 255
Tableau III, 1-12 : Sériation de la population ……………………………………………
Tableau III, 1-13 : Répartition des sujets du groupe 1……………………………………. 257
Tableau III, 1-14 : Tableau descriptif des sujets du groupe 1 ……………………………
Tableau III, 1-15 : Tableau des dérivées de la crise du groupe 1…………………………
Tableau III, 1-16 : Tableau des résultats au test HADS pour le groupe 1………………
Tableau III, 1-17 : Répartition des sujets du groupe 2 …………………………………… 264
Tableau III, 1-19 : Tableau des dérivées de la crise du groupe 2 …………………………. 268
Tableau III, 1-20 : Tableau des résultats au test HADS pour le groupe 2 ………………
Tableau III, 1-21 : Répartition des sujets du groupe 3 …………………………………… 269 Tableau III, 1-22 : Tableau descriptif des sujets du groupe 3 ……………………………. 269
Tableau III, 1-18 : Tableau descriptif des sujets du groupe 2 ……………………………
Tableau III, 1-23 : Tableau des dérivées de la crise du groupe 3 ………………………… 273
Tableau III, 1-24 : Tableau des résultats au test HADS pour le groupe 3 ………………
Tableau III, 1-25 : Répartition des sujets du groupe 4 ……………………………………. 274
Tableau III, 1-26 : Tableau descriptif des sujets du groupe 4 ……………………………
Tableau III, 1-27 : Tableau des dérivées de la crise du groupe 4 …………………………. 279
Tableau III, 1-28 : Tableau des résultats au test HADS pour le groupe 4 ………………
Tableau III, 1-29 : Tableau du sujet non classé …………………………………………… 281
La problématique de l’angoisse interpelle de nombreux chercheurs. Les orientations cliniques actuelles y puisent une valeur heuristique singulière.
Le clinicien est confronté aux diverses formes symptomatiques que peut prendre l'angoisse. La prégnance des troubles anxieux induit, chez le patient, des comportements particuliers tant conscients: stratégies d'évitement, de replis, de fuite… qu'inconscients: répercutions symptomatiques, passages à l'acte … assez considérables. Dans ce travail de recherche, le concept d'angoisse est investi afin de réinterroger la clinique dans une démarche psychodynamique orientée vers une analyse processuelle de l'angoisse. L'objectif est de proposer une prise en charge plus adaptée aux demandes spécifiques du patient. La contrainte ressentie Ŕ notamment pour le clinicien Ŕ autour de la demande d’accompagnement porte essentiellement sur la souffrance actuelle du sujet : « je ne sais plus quoi faire, je ne supporte plus ces troubles, qu’est-ce qui se passe ». La demande d’aide dans l’expérience communiquée par le patient est associée à l’impatience de résolution de problème tant "la mort rode". Une certaine stupeur de la part du patient met en évidence une urgence face à des difficultés "actuelles" qui sont apparues brusquement, de manière inattendue comme si sa vie ne lui appartenait plus : « je ne me reconnais plus ».
F. Leguil, reprend les propos de J. Lacan, interviewé par un journaliste de Panorama et qui illustre bien la démarche du sujet suscitée par l’angoisse : « La peur. Quand il lui arrive des choses qu’il ne comprend pas, l’homme a peur. Il souffre de ne pas comprendre, et petit à petit il tombe dans un état de panique. C’est la névrose » 1 , et il décrit « … une plus grande peur ; celle-là, J. Lacan l’a nommée, c’est l’état de panique qu’il ne reconnaît pas comme un état d’angoisse stricto sensu » 2 . La demande est par conséquent pressante, elle devient une "question de vie ou de mort". L’impatience du sujet pour "un résultat", une solution immédiate risque toujours de déstabiliser le clinicien dans son travail analytique qui s’élabore dans et avec le temps. Les ressemblances surprenantes, concernant les descriptions symptomatiques, les circonstances, des expériences d’évitement, les moyens "contraphobiques" utilisés Ŕ qui orientent
1 F. LEGUIL : "Le stade de l’angoisse", in La cause freudienne, février 2005, N°59, pp23-32, p28
2 Idem, p 29
fréquemment le diagnostic autour du trouble panique Ŕ ont suscité un ensemble d'interrogation sur l’existence d’une éventuelle angoisse singulière.
L'investigation, dans cette recherche, donne une place spécifique à la nosographie psychanalytique, pour une analyse du sujet tant dans sa globalité que sa singularité, et pour une analyse au plus près du symptôme. La classification du DSM n’a pas été retenue : elle restreint cette analyse singulière du sujet et ceci malgré l'intérêt qu’elle présente pour sa rapidité d'utilisation dans l'urgence et sa capacité à catégoriser les cas cliniques lors d'une analyse comparative. La référence majeure est celle de « inhibition, symptôme et angoisse » freudien qui reposent essentiellement sur les névroses actuelles et névroses post-traumatiques. Le choix d’aborder le concept d’angoisse en référence à J. Lacan s’est effectué d’une part par la lecture du séminaire, livre X, « Angoisse », où J. Lacan fait référence à la lecture d’ « Inhibition, symptôme et angoisse » freudien, et d’autre part pour les liens intéressant pour notre recherche qu’il aborde, à savoir les rapports de l’angoisse avec le désir et le langage, ensuite pour le concept de passage à l’acte qu’il développe.
Dans une première recherche, la confrontation de la névrose d’angoisse et du trouble panique a été initialement posée. En mettant en présence la névrose d'angoisse avec le trouble panique, nous avons interrogé le concept d'angoisse sous son expression de crise d’angoisse. Etats de crises qui nous ont permis d’examiner le trouble panique comme représentant actuel de ces "apparitions" d’angoisse. Un travail épistémologique sur la sémiologie des névroses a été effectué, pour être ensuite expérimenté lors de l’analyse portant sur 20 sujets pour qui le trouble panique avec ou sans agoraphobie était diagnostiqué.
Durant cette première période, l’angoisse névrotique, telle que S. Freud l’a décrit 3 , apparaissait comme déterminante.
3 Dans "Inhibition, symptôme et angoisse ", S. Freud propose de traiter l’angoisse de réel comme l’angoisse
névrotique : « nous avons compris que l'apparence d'une relation particulièrement intime entre angoisse et névrose se ramène au fait que le moi se défend, à l'aide de la réaction d'angoisse, aussi bien contre le danger de
. D'autre part, il faut aussi que le danger (de réel) externe ait
subi une intériorisation pour pouvoir devenir significatif pour le moi; il faut qu'il soit reconnu dans sa relation à
une situation vécue de désaide » (S. FREUD : "Inhibition, symptôme et angoisse", 1993, PUF, Paris, 2002, suppléments § 200,201),Ŕ désaide pris dans la signification de détresse Ŕ. « Les symptômes lient l’énergie psychique qui, sans cela, serait éconduite sous forme d’angoisse, si bien que l’angoisse serait le phénomène fondamental et le problème capital de la névrose » (Idem, p 175).
pulsion que contre le danger de réel externe. (
Par contre, le fait que « les réactions d’angoisse ne soient pas toutes névrotiques » 4 peut parfois entrainer la confusion d’une angoisse désorganisante considérée comme angoisse psychotique. Comme l’a souligné J-C. Maleval 5 , ce sont les retentissements de l’angoisse névrotique qui peuvent prendre des formes autres suivant les structures psychiques en cause.
A la suite de la théorie freudienne et en référence à la névrose d'angoisse, il est apparu que la
"panique" suscitée par cette angoisse particulière n'entrait pas en totalité dans ce syndrome, qu'elle en débordait et n'en était donc pas significative à part entière. A la suite de ce questionnement, l’hypothèse d'une expression d'angoisse non névrotique émerge et conduit à étudier sa nature et ses effets dans un syndrome spécifique. La présence
de certains aspects des crises d’angoisse, le sentiment de dépersonnalisation ou des formes de
passage à l'acte Ŕ "la crise" Ŕ seraient des effets d’une forme particulière d'angoisse présente
dans les névroses diverses ainsi que dans les états limites et dans certains cas de psychose.
La notion "d'angoisse paroxystique" devient alors un fait d’intrication de la névrose d’angoisse dans le trouble panique. Ce faisant, nous sommes amenés à problématiser la notion d'une angoisse a-typique ou a-structurale. L’étude sur le concept d’angoisse sera approfondie pour envisager un processus d'angoisse spécifique apparaissant sous la forme d'une angoisse paroxystique.
travail d’ensemble repose sur l'analyse processuelle de l'angoisse.
première partie : « le concept d’angoisse dans la pensée psychanalytique contemporaine »,
précise les déterminations des concepts d'angoisse et d'angoisse paroxystique qui ont contribué à traiter l'analyse processuelle de l'angoisse paroxystique. Le concept d’angoisse est décrit pour esquisser une première approche métapsychologique de la notion d'angoisse
paroxystique, en tentant de l'articuler suivant quelques repères fondamentaux de la théorie freudienne 6 .
4 Idem § 198
5 « (…) selon l’approche lacanienne, il n’y a pas d’angoisse psychotique, au sens où il existerait une angoisse qui, par sa nature même, pourrait être identifiée comme psychotique (…). Ce n’est pas l’angoisse qui est psychotique, c’est le sujet chez lequel elle se manifeste » (J-C. MALEVAL, "il n’y a pas d’angoisse psychotique" in Quarto N°85 « Evaluation, Symptôme, Angoisse », nov 2005, p72) 6 L’angoisse se repère tant par sa manifestation clinique : expression d’un conflit intrapsychique, que par sa manifestation corporelle. L’observation des liens dynamiques entre : pulsions et désir, entre le Moi corporel et le Moi psychique, et les rapports entretenus avec le principe de déliaison et les états limites, constituera les bases sur lesquelles repose l’exploration de la notion d’angoisse paroxystique.
En quoi l'angoisse paroxystique ne peut-elle pas être assimilée à l'angoisse "ordinaire"? Différentes orientations émergent :
Est-ce dans les rapports qu’elle entretient avec l’Autre ? 7 Est-ce dans sa forme symptomatique ? C'est-à-dire en prenant forme dans une organisation pulsionnelle. 8 Ou encore de la poussée pulsionnelle? 9
Par conséquent, dans ces contextes, « le concept d’angoisse paroxystique » pourrait alors spécifier l’angoisse dans son processus, sa progression et son aboutissement quand rien ne vient y faire barrage. En associant des termes : "angoisse" et "paroxystique", s’identifierait un concept qui exprimerait en lui-même la singularité de l’angoisse lors des accès d’angoisse Ŕ attaque panique Ŕ. Les accès d’angoisse paroxystique procurent chez les sujets des symptômes et des comportements particuliers, et déterminent un fonctionnement psychique significatif.
L’angoisse paroxystique s’élabore dans un premier temps par l’exploration du concept d’angoisse. C’est par l’analyse « des principaux aspects du concept d’angoisse » que la question d’une angoisse différenciée : a- structurelle, a-typique, et processuelle prend la figuration d’une angoisse paroxystique. Dans le but de satisfaire une logique d’élaboration structurelle, et en considérant le déterminisme selon laquelle l’angoisse est un affect, les mises en lien de l’angoisse avec les représentations, puis tout naturellement avec les mécanismes de liaison d’où s’extraient les processus en jeu, sont mis en articulation.
7 Cependant toute angoisse engage la rencontre avec l’autre et son rapport avec le désir. Lacan, par exemple, accorde une place primordiale à l’Autre : l’Autre dans son attache avec le signifiant jusque dans son identification au corps, « l’affect le plus propre à faire surgir l’Autre est l’angoisse, caractérisée comme "la sensation du désir de l’Autre" » (P-L. ASSOUN : " Lacan", que sais-je ?, PUF, Paris, 2003, p66). Paul-Laurent Assoun ajoute, lui, dans son passage de Freud à Lacan : « s’il y a bien affect, c’est celui de la rencontre de l’Autre, sous l’effet de laquelle l’assise du sujet vacille » … « l’énigme de l’angoisse, c’est celle du désir de l’Autre ». (P-L. ASSOUN : "Leçons psychanalytiques sur l’angoisse", Editions ECONOMICA / Anthropos, Paris, 2002, 2006, p81)
8 L’angoisse prend la forme de symptôme en l’organisant autour d’une transformation de l’énergie pulsionnelle. Freud, dans « Inhibition, symptôme et angoisse », présente l’angoisse en tant que signal dans le Moi, de là émerge la formation du symptôme. Le signal d’angoisse ouvre la voie vers la problématique du désir et la question du manque. Et le versant symptomatique, qui en découle, prend la signification d’un déplacement, d’une défense particulière d’un conflit intrapsychique. Peut-on aller au-delà et se diriger vers « l’angoisse automatique » afin d’être au plus près de ce qui est observé lors de cette angoisse particulière ?
9 L’angoisse se développe, l’excitation pulsionnelle peut s’accroitre … .Rappelons que la pulsion est caractérisée par sa source, sa poussée, son but et son objet. Par conséquent, considérer la mobilité pulsionnelle, les actions, les impulsions et les rétentions, c’est analyser le mouvement dans et par son organisation tant dans la distinction et les interactions entre le Moi corporel et le Moi psychique, qu’entre les limites du dedans et du dehors. La pulsion et les frontières du Moi laissent apparaitre les intrications qui existent autour des limites du Moi. « … les barrières de contact ont une fonction de triple séparation de l’inconscient et du conscient, de la mémoire et de la perception, de la quantité et de la qualité. » (…) « Les excitations endogènes ne peuvent être reconnues qu’en étant (…) projetées dans le monde extérieur, associées à des représentations visuelles, auditives, tactiles, etc…, et enfin enregistrées par le réseau des barrières de contact. Il s’ensuit que les pulsions ne sont identifiables qu’à travers leurs représentants psychiques. » (Didier ANZIEU ; "Le Moi-peau", 1985, Dunod, Paris, 1995, p 103-
La problématique freudienne se retrouve ici:
L’angoisse de mort s’amplifie au détriment des autres formes d’angoisse. Elle s’adjoint à la perception de vide. Au delà de sa fonction de signal, dixit S. Freud, l’angoisse prend l’aspect de "l’angoisse automatique". Cette "angoisse automatique" est toujours une réaction du Moi face à un afflux d’excitations internes ou externes équivalent à une situation traumatique. Au delà du signal d’angoisse, l’impréparation fige le Moi, déborde le pare-excitation, et empêche les aménagements défensifs. L’angoisse dépasse son rôle de signal pour s’ancrer durablement et les symptômes se définissent plus spécifiquement par leurs déploiements qui s’approchent plus significativement de l’effroi. Cette angoisse entrainerait des comportements qui se renforcent dans la fuite et l’agressivité et qui pourrait maintenir le sujet dans une sorte d’emprisonnement. Le comportement du sujet s’orienterait de manière plus exhaustive autour d’une introspection massive l’entretenant dans l’écoute sensorielle au détriment de la créativité et de l’extériorité. L’angoisse paroxystique considérée à travers le fonctionnement pulsionnel éclaire le système de liaison-déliaison qui devient singulier. Si la décharge pulsionnelle reste une fonction indispensable pour l’homéostasie pulsionnelle, le dysfonctionnement de cette décharge serait dangereuse pour l’équilibre psychique. Les fantasmes sont les voies par lesquelles les décharges peuvent s’effectuer et les aménagements défensifs s’appuient sur ce travail fantasmatique.
De fait, l’angoisse paroxystique mettrait en évidence le mouvement évolutif de l’angoisse dans sa finalité, une progression poussée par la pulsion de mort comportant une certaine mise en acte pulsionnelle, dont il reste à dégager les effets. Le postulat selon lequel un type d’angoisse spécifique, qualifiant la désorganisation psychique, pourrait aboutir à la mort du sujet peut être dès lors annoncé.
La deuxième partie privilégie l'étude des mécanismes de « mises en actes psychiques» transmis par l’angoisse paroxystique. Sur le plan victimologique, « l'angoisse paroxystique et clinique de l’extrême : interrogation psycho-criminologique » fait apparaitre la question de l’acte comme centrale dans le processus de l’angoisse paroxystique.
Trois grandes questions sont traitées :
- Quels mécanismes d'agir particuliers peuvent révéler le processus de l'angoisse paroxystique?
- Quelles sont les incidences du processus de l'angoisse paroxystique sur le somatique?
- Peut-on préciser le sens d’une progression autodestructrice dévoilant une violence interne?
1- Quels mécanismes d'agir particuliers peuvent révéler le processus de l'angoisse paroxystique? Un déclenchement processuel est mis en place par le fonctionnement psychique afin de sauvegarder l’intégrité 10 des fonctions. Des aménagements défensifs spécifiques pourraient être mis en évidence pour lutter contre la désorganisation psychique. Les mises en actes de la pulsion d’agression et de la pulsion de destruction, dans leur versant interne / externe, formeraient les figures de l’agir et de la « somatisation ». Par « mise en acte psychique », c’est le processus de mise en acte du fantasme inconscient qui est représenté. La manifestation pulsionnelle de l’angoisse paroxystique produit une action, un acte. Le sens particulier donné à l’angoisse paroxystique pourrait s’extraire du comportement, de l’acte en tant qu’agir selon des figures spécifiques. Elles prendraient en considération le désir et le processus fantasmatique contenus dans l’action psychique de l’angoisse paroxystique et formeraient « le mouvement psychodynamique de l’agir ». Pour qu'il y ait passage à l'acte, il faut qu'il y ait impérativement un fond d'angoisse, par contre celui-ci peut se décliner en angoisse pathologique et en angoisse réactionnelle. Il s'agit d'un agir identique mais d'un symbolisme, d'un mode de défense intrapsychique différent. La nature de cette défense peut apparaitre sous deux formes d’actes dans le registre relationnel : l’acting-out et le passage à l’acte. Au delà de la distinction de l’acting-out et du passage à l’acte, l’acte prend valeur d’un traitement du doute et de décharge pulsionnelle. La voie d’accès de la notion de passage à l’acte au recours à l’acte est issue de la réflexion sur la crise suicidaire. La crise suicidaire déterminerait certaines fonctions qui font revenir à la compulsion de répétition, la demande, et la question de l’altérité. Le mode d’agir, autant que la demande, pourrait-être interprété : quelle est la place consciente et inconsciente que donne le sujet de son acte ? Plusieurs alternatives sont mises à disposition, en ce qui concerne les fonctionnements psychopathologiques qui sous-tendent la mise en acte, et, inciteraient à poser
10 Intégrité dans le sens de : « Le libre jeu des organes et l'intégrité des fonctions ( Nouv. anat. artist., t. 2, 1920, p. III). Dans le Trésor de la langue française.
constituent l'état de santé » (RICHER,
l’hypothèse d’une angoisse spécifique déterminant un mode de défense intrapsychique particulier.
2- Quelles sont les incidences du processus de l'angoisse paroxystique sur le somatique? Dans « L’angoisse dans la dichotomie du Moi corporel et du Moi psychique » se poursuit l’investigation psycho-criminologique vers les inscriptions traumatiques. La persistance de la souffrance psychique envisagée dans les symptômes corporels prend en considération "les fonctions de la somatisation" dans l’élaboration psychique. L'acte va être posé dans un but de restructuration, c'est à dire à partir duquel une construction des figures du soma devient possible. Lorsque la souffrance passe par les marques du corps, l'enveloppe corporelle tiendrait lieu de "réparation". Le passage à l'acte autocentré marque le désir d’en finir avec sa propre souffrance: trop aux prises avec soi-même, l'autre n'existe plus. L'observation du "moment de rupture" dans l'équilibre intrapsychique, propre à l'agir autocentré, apporterait les éléments psycho dynamiques de l'acte et l'approche clinique illustrerait l'aspect pluridimensionnel de l'acte, à savoir la dimension de souffrance psychique, sa transcription somatique et sa dimension sociale. La désintrication apparait comme intense: il s'agit, dés lors, d'admettre l’hypothèse que la souffrance psychique pourrait mettre le sujet dans une disposition d'autodestruction mortifère. La "crise", que symbolise le "moment de rupture" dans la continuité d’une expérience, prendrait le sens d’une « rencontre avec le réel », tel que le définit J. Lacan. L'harmonisation implique des processus complexes de liaison intrapsychique. L'angoisse paroxystique, interviendrait nécessairement comme signal d'anéantissement, de désorganisation et de destructivité psychique. Elle jouerait un rôle d'interface entre le Moi corporel et le Moi psychique, entre le maintien d'une décharge déstructurante et un acte libérateur. Les symptômes douloureux peuvent prendre la forme de symptômes corporels et de dysfonctionnement organique et/ou physiologique. Dans cette orientation « corps- symptôme », cet éprouvé physique se déclarait dans sa relation psychique et cette problématique s’afficherait dans l’analyse de l’expression somatique lors de l’alerte pulsionnelle. Les relations entre douleur somatique et angoisse paroxystique supposent d’établir des liens entre symptômes et douleur somatique, entre perte d’objet et douleur somatique. Une certaine "complaisance somatique" pourrait résulter de ce bénéfice défensif.
3- Peut-on préciser le sens d’une progression autodestructrice dévoilant une violence interne? Le chapitre sur « les problématiques liées à l’agressivité, à la destructivité et à l’emprise » insiste sur les retentissements des défaillances narcissiques, et caractérise les déterminations du concept de violence et de celui d’emprise. Toujours en fonction du postulat d’une angoisse a-structurelle, l’approfondissement de l’expertise porte à consulter, en 1 er lieu, les assises narcissiques. L'interrogation sur la souffrance psychique pouvant s’exprimer sous sa forme corporelle a pointé le rôle décisif du narcissisme primaire. Les défaillances narcissiques sont élaborées lors des phases précoces du développement. Elles découlent de la perturbation de l’attachement et des carences affectives au cours des processus de séparations et d’individuation et elles impacteraient sur les mécanismes d’auto-agressivité et d’autopunition. Elles influencent la formation des pathologies limites. Le concept d’autoérotisme et le processus de séparation-individuation apporteraient une compréhension nécessaire tant dans l’analyse de la répercussion somatique que pour les comportements de dépendance affective. Cette orientation indiquerait le sens d’une progression autodestructrice. Les mécanismes qui sous-tendent les dépendances affectives, les formations réactionnelles somatiques et organiques peuvent être plus aisément traités en abordant les failles narcissiques et leurs incidences sur les élaborations objectales.
L’exploration du pôle narcissique permet de développer le concept de violence. Et les mises en actes proposées précédemment imposent quant à elles un détour sur la violence sous les versants agressif et destructif et prolongent les émergences originaires liées au narcissisme. 11 Les déterminations du concept de violence serviraient, à leurs tours, de support d’interprétation dans la mise en acte du processus autodestructeur. La violence permet d’accéder à la différenciation entre l’agressivité et la destructivité. Cette différenciation conditionnerait le choix d’aborder le concept en termes de violence au pluriel. Les violences seraient considérées dés lors comme prédispositions aux agirs "par contrainte" ou "par impulsivité". Le retentissement de la violence primaire absolu, l’instinct de mort et la compulsion de répétition apparaissent dans les comportements d’automutilation et les conduites à risque.
11 Cette violence, trouve un éclaircissement avec Piera Aulagnier, en associant les violences primaires et secondaires, la violence combine le besoin et le nécessaire avec le registre du désir et ainsi résiste aux défenses du Moi. La réalité apparait à travers le corps dans la perception et les sensations. Le glissement vers l’inquiétant et le percécutif apparaît dans ce qu’elle nomme « décorporisation », sentiment d’étrangeté déstructurant l’espace corporel. L’étude et la comparaison des concepts définis par Aulagnier et Bergeret apportent une orientation et une contribution intéressante dans la distinction recherchée entre les notions de violence, d’agressivité et de destruction et du rapport qu’ils entretiennent avec la pulsion de destruction.
La pulsion d’agression, dirigée vers les objets extérieurs, amène à considérer « la pulsion d’emprise », car celle-ci semble s’allier à la pulsion de destruction. L’emprise met en lien ces deux premières questions sur les assises narcissiques et le concept de violence. L'emprise est considérée comme un moyen pour la pulsion d'atteindre la satisfaction et s'appuie sur un objet d'emprise qui appartient au monde extérieur et cela en se situant en objet d'emprise ou en prenant appui sur l'autre. L'emprise se situe donc à l'interface entre le monde extérieur et le monde intérieur. La pulsion d’emprise modère l’orientation externe de la pulsion de mort, en s’associant à l’idée de contrainte. L'emprise empêche le sujet de s'individualiser et dévoile la faille provoquée par certains traumas, comme l'abandon et la séparation.
L’hypothèse concernant le sens d’une progression d’autodestruction dévoilant une violence interne s’organiseraient autour de 3 axes :
1- Les failles du narcissisme primaire qui empêcheraient l’intrication pulsionnelle et brideraient l’organisation d’un conflit d’ambivalence, sous l’égide des principes de plaisir et déplaisir, renforceraient la liaison de la pulsion de destruction par l’Eros. 2- La désintrication renforcerait la suprématie de la pulsion de destruction et pourrait entrainer l’effondrement psychique et somatique du sujet jusqu’à la mort. 3- Et la pulsion d’emprise renforcerait l’imprégnation du sentiment de culpabilité et par conséquent le poids de la dette psychologique dont la deuxième question fera reconnaitre l’impact sur le processus somatique.
Une modélisation est proposée à partir des mécanismes de déliaison analysés au cours des trois grands axes précédents. Dans l’« émergence d’une problématique » se profile à la suite de ces investigations autour du processus de l’angoisse paroxystique : 1- un modèle du fonctionnement psychique qui s’organise selon un axe passif-actif, 2- des aménagements défensifs particuliers au processus, 3- un état de crise qui résulte d’une insuffisance et d’un échec des aménagements défensifs dont rendent compte les manifestations d’angoisse, et 4- des dérivées de la crise lors de son issue qui peuvent s’orienter vers des modes de restructuration psychique. Le processus d’angoisse paroxystique est induit par le mécanisme de déliaison. La modélisation du processus d'angoisse paroxystique propose une observation du sujet dans des postures psychiques particulières qui s'articulent autour de deux dimensions s'organisant elles- mêmes en paires d'opposés. Deux dimensions vont constituer le positionnement du sujet dans
son rapport à l’autre : 1- de l'interne vers l'externe où la visibilité du phénomène apparait par la réalité extérieure, une dimension autour de la possessivité Ŕ représentation de la présence invasive de soi-même sur autrui Ŕ, et, 2- de l'externe vers l'interne où l'incorporation fait surgir le signe par lequel il apparait, dimension qui apparait selon un vécu d’envahissement Ŕ représentation invasive d’autrui comme soi-même Ŕ. Le fonctionnement psychique conduit par le processus d’angoisse paroxystique met en condition quatre processus psychiques que nous appelons : insécurité, revendication, culpabilité, et déprivation. Ces processus induisent des comportements selon des attitudes passives/actives décrivant des dispositions mentales déterminées par l’expérience. Ces fonctionnements amènent à la construction de regroupements fonctionnels exprimant des types d'organisation psychique selon: une attitude de victimisation, de destructivité de l'autre, d'un effondrement psychosomatique, de l'intériorisation de la honte. L’importance du mouvement processuel de l’angoisse paroxystique est montrée et, à partir de la modélisation, la problématique se développe, à savoir qu’il existe un type d’angoisse spécifique qualifiant la désorganisation psychique qui peut aboutir à l’autodestruction du sujet, un fonctionnement psychopathologique sous jacent spécifique, un agir et un mode de restructuration particuliers élaborés par le Moi.
Dans la 3 ème partie : expérimentale, les dispositifs de recherche clinique sont dressés afin d’accéder à la construction et à l’élaboration des résultats cliniques. La construction met en évidence les éléments primordiaux pour la compréhension et la mise en évidence des résultats cliniques. Le cheminement théorique est articulé avec l’observation clinique. L’observation clinique s’établit sur deux sites hospitaliers : l’un en rééducation fonctionnelle, l’autre en psychiatrie afin d’observer le retentissement de l’angoisse sur le fonctionnel pour les 1ers et sur le psychologique pour les autres. Un même entretien semi-directif est effectué dans les deux établissements. L’angoisse paroxystique peut entrainer une déficience des processus d’autoconservation du sujet et renforcer les processus autodestructeurs. Le centre de rééducation fonctionnelle est spécialisé dans la prise en charge de pathologies neurologiques (AVC, atteinte dégénérative, cérébrale et/ou médullaire, traumatisme crânien …). A partir de l’analyse du discours, les prédispositions des sujets pour l’angoisse paroxystique peuvent émerger et permettent aux modes défensifs des sujets et aux retentissements sur le
fonctionnement psychique et somatique de se détacher. Quant aux mises en actes, elles se dessinent progressivement à partir d’un travail de déconstruction : l’analyse du mode de fonctionnement comportemental, qui, étape après étape permet de découvrir les modalités défensives qui en résultent. L’analyse devrait nous permettre de contrôler la pertinence de notre modélisation en tentant de placer nos sujets dans la sériation en quatre groupes. Ce regroupement pourra s’élaborer, dans le 1 er temps d’entretien, à partir du vécu traumatique de chacun et de la grille d’interprétation dans la manière dont le sujet l’exprime, le décrit. Le deuxième temps de l’entretien prendra en considération l’effondrement psychique et corporel actuel. Il mettra en relief le mouvement et le processus psychologique qui sous-tend la mise en acte autodestructrice. Le temps de projection sera ensuite analysé afin d’observer l’aboutissement de la mise en acte de l’angoisse sous un mode de résolution ou d’échec. De cette mise en acte, se décrit le double processus de " mise en mot" et de "mise en maux" du sujet pour traduire son état d’angoisse et/ou de désorganisation psychique.
De cette expérimentation sera recherchée tout d’abord une lisibilité spécifique de l’angoisse paroxystique et des aménagements défensifs qui sera exemplifiée à partir des études de cas recueillis. Nos hypothèses portent à considérer trois axes :
1- Le fonctionnement psychopathologique. 2- Le mouvement psycho-dynamique de l’agir. 3- Et du profit de la reconstruction corporelle sur les modes de restructuration psychique. 1- L'expérimentation clinique permet de mettre en évidence des facteurs de vulnérabilités liés aux traumas recueillis en fonction de leurs significations cliniques et constituants des modes de fonctionnement psychopathologique. Des perceptions de vide et un désir de fuite de la réalité contribuent à une inhibition anxieuse. Les sentiments de déréalisation et de dépersonnalisation symbolisent l’angoisse de vide en tant qu’angoisse de rupture de lien, le Moi fuit le danger interne et crée une forme de dissociation. L’épuisement neurasthénique constitue une autre expression de ce vide et la fuite passive dont il soumet le sujet. Dans la continuité de l’angoisse de vide en tant qu’angoisse de perte, la "fonction contenante" constituera un élément significatif pour le processus de l’angoisse paroxystique. Elle permet de comprendre les problématiques liées à la séparation. Les expériences de deuil, de solitude, de séparation sont fréquemment relevées lors de l’expérimentation. La dépendance affective et les addictions sont révélatrices du fonctionnement psychopathologique. Une forte concomitance avec des comportements de dépendance et
d’addiction retiendra l’attention et légitimera une orientation nouvelle et fondatrice. La dépendance affective domine l’observation et est soulignée par les nombreuses addictions relevées lors des évaluations. La dépendance deviendrait l’élément prédominant et révélateur d’une répercussion d’angoisse paroxystique Ŕ le sujet nie son désir au profit du besoin Ŕ. La dépendance serait liée à l’incapacité de liaison des tensions internes qui entrainerait la désorganisation psychique et corporelle. L’expression de la sublimation vient masquer les fragilités. La sublimation, au service de l’idéalisation, entretiendrait la satisfaction d’une excitation pulsionnelle interne. Elle rend compte d’un lien avec le narcissisme dans son surinvestissement du perceptif. La problématique narcissique pourrait être placée au carrefour d’où émerge l’angoisse paroxystique qui peut laisser apparaître tant des symptômes névrotiques du même type que ceux découverts dans les névroses dites actuelles Ŕ tels que les somatisations et résurgences des traumas archaïques Ŕ que des comportements limites Ŕ tels que les comportements à risques, les addictionsŔ. Les incidences du vécu sur l'organisation psychique ne s'articulent pas sous forme de structures mais d'aménagements défensifs privilégiés. Dans la conclusion, seront reprises les observations en les replaçant dans leurs rapports avec la modélisation.
2- Ces processus seront ensuite confrontés: aux questionnements sur le mouvement psycho-
dynamique particulier dans l’agir et la nécessité du moment particulier de l’acte, puis aux effets résolutoires ou non de l'abréaction psychique. Dans une perspective interprétative de l’analyse de l’acte seront introduits deux modes de mises en actes: un fonctionnement réfléchi et un autre impulsif. L’observation de l’action de la déliaison symbolisée sous diverses formes : psychique, physiologique ou somatique amènera une analyse post-acte. Celle-ci sera sensée évaluer les modes résolutoires de l’acte transmis par les bénéfices et/ou les répétitions observées : prémices permettant d’aborder notre troisième hypothèse. La mise en acte peut survenir après accumulation de tension pour lesquelles le sujet se sent de plus en plus impuissant, vulnérable et où l’angoisse augmenterait alors à son paroxysme : le fonctionnement interne se désorganiserait, la pulsion de destruction anéantirait le sujet et "le désagrègerait". Pour l'analyse de l'acte seront passées en revue :
- La période qui précède la mise en acte : elle apparaitrait soit de manière impulsive Ŕ lorsque la mise en acte vient mettre fin aux tensions excessives et insoutenable sous la forme d’un comportement incontrôlable Ŕ ou de manière réfléchie Ŕ lorsque la mise en acte est
significative d’un sentiment d’apaisement lors de la décision et apparaitrait pour le sujet comme la seule solution et la bonne solution puisqu’elle procurerait un dégagement bénéfique. Puis, l’action de la déliaison propre au « recours à l’acte » sera analysée. Il s’agirait d’une fuite « hors-Moi », fuite du néant. - De l’expérimentation, émergerait plusieurs réactions :
L’angoisse de mort dans les agirs : un sentiment de se sentir « happé » par la mort sans pouvoir lui résister : ambivalence entre le désir de se tuer et le désir de vivre. L’acte de mutilation comme résolution de l’angoisse d’effacement : nécessité d’une décharge pulsionnelle purement économique qui illustrerait le mode de la pulsion de mort qui mobilise l’excès pulsionnel sous la forme d’un autoérotisme destructeur. La déliaison dans le corps propre : le processus d’autopunition dans l’autodestructivité 12 . L’expérimentation à NDL offre un large échantillon de sujet de pathologies cardio-vasculaires ou neurologiques d’origine cardio-vasculaires dont on pourra retenir la valeur manifeste de la rétention et de l’inhibition de l’action qui augmente le besoin de maitrise. Et les expériences de "coma" comme reflétant des actes de désintrications pulsionnelles. L’analyse post-acte proposera l’observation des résolutions par l’acte. Les bénéfices apparaitraient lorsque l’acte prend la valeur d’auto-engendrement, de libération des contraintes d’objets. Lorsque le cadre institutionnel supplée le manque de fonction contenante, il servirait de dépôt du surplus d’affect et donnerait sens à l’existence singulière du sujet. Les répétitions seraient significatives, quant à elles, d’une demande d’aide pour parer au risque d’effondrement non contenu dans l’acte, d’un sentiment d’indestructibilité ou du déni de l’angoisse de mort. L’agir pourrait donc être considéré comme un point de butée du mouvement processuel de l’angoisse paroxystique. Par l’analyse du fonctionnement de la mise en acte destructif du sujet, qu’il soit autodestructif ou de l’ordre de l’autopunition psychique, l’acte apparaitrait comme irrémédiable, nous pourrions y retrouver toute la teneur de l’aboutissement de l’angoisse paroxystique à savoir : la poussée irrépressible vers le néant Ŕ exprimée sous l’expression de « la seule solution » Ŕ. Dans la conclusion un tableau confrontera notre modélisation aux aménagements défensifs de cette analyse.
12 Pour reprendre Hesnard, ce processus correspondrait à l’utilisation de la maladie comme érotisme de crainte, d’angoisse et de souffrance, se punir dans son corps jusqu’à l’autodestruction total de l’être.
3- La problématique, concernant les modes de restructuration psychique, confrontée à l’hypothèse d’une reconstruction corporelle significativement profitable pour la réorganisation psychique sera alors discutée en tenant compte de deux facteurs essentiels. - La distinction entre les déterminations des troubles fonctionnels et somatiques renverrait à la notion de besoin. - La prégnance, chez le sujet dépendant affectif, du besoin de l’autre mettrait en exergue le rôle de l’intersubjectivité. La corporéisation des affects servirait de clivage d’où s’extraient non seulement le déni du désir mais également le sens, la signification de l’angoisse. L’angoisse viendrait "se lier" dans le corps. La scène psychique devient la scène corporelle. L’agir suicidaire, le coma et la douleur insupportable pourront être mis sur un même plan, en considérant une même désintrication pulsionnelle. L’unité du fonctionnement psychique du sujet recherchée dans l’observation des intrications entre le somatique et le psychique indiquerait, quant à elle, que le développement d’une atteinte corporelle (maladie, affection, organique et/ou fonctionnelle) serait le résultat d’un processus : par régression Ŕ sous forme de crise Ŕ ou par déliaison pulsionnelle Ŕ atteinte évolutive Ŕ. Certaines désintrications pulsionnelles, conséquentes de leur reflux dans le soma, porteraient directement leur action sur les organes et les capacités immunitaires. La décharge pulsionnelle se ferait par l’intermédiaire du symptôme corporel dans un but de « satisfaction substitutive ». Le rôle de l’intersubjectivité pourra être découvert 13 . L’intersubjectivité permettrait de situer le sujet "dépendant affectif" dans son besoin d’être reconnu par les autres, le groupe, la société … besoin d’existence : il existe dans et par l’autre. Il remettrait ainsi en évidence le rôle indéniable du cadre thérapeutique, du groupe donc, de l’impact social. L’hypothèse selon laquelle le symptôme somatique tiendrait lieu de réparation psychique bénéfique sera critiquée, elle déterminerait néammoins des causes équivalentes sous un mode de fonctionnement psychique différents, reliant ainsi : TS, coma et douleurs. Il ne s’agirait donc pas du regard de l’autre sur l’expression somatique d’une souffrance psychique (visibilité par l’extériorisation douloureuse) mais de la prise en compte de l’intentionnalité consciente et/ou inconsciente intéressante dans la démarche thérapeutique. Le symptôme, quelque soit la forme qu’il prend, viendrait masquer ou réduire l’angoisse, il serait significatif d’un mécanisme de régulation, de défense : - en freinant l’accumulation d’excitations pulsionnelle, - en tant que voie de décharge pulsionnelle, - en venant court-circuiter
13 L’intersubjectivité sera entendue ici comme une activité qui accompagne le processus primaire et prolonge le processus de séparation-individuation. Et en lien avec l’agir, l’expression de C. Dejours « d’agir expressif » viendrait rendre compte des modalités d’engagement du corps dans la relation à l’autre et permettrait d’élargir ce concept à l’intentionnalité.
l’élaboration mentale. La régression qu’il peut convoquer dans son mouvement mortifère pourrait rendre compte d’un recours à l’acte sous-tendu par la pulsion de mort.
Des voies heuristiques s’ouvriront suite à ces nouvelles considérations. Prenant en compte, en fait, que l’expérimentation ne répond pas en totalité aux attentes hypothétiques. Elle offrirait des opportunités conceptuelles intéressantes quant à la prise en charge spécifique par la compréhension des mécanismes psychiques déployés lorsque le sujet se trouve confronté et submergé par l’angoisse ainsi identifiée comme étant paroxystique. Les regroupements effectués avec les comportements addictifs et les impacts de l’intersubjectivité pourront favorablement conduire vers le renouvellement d’un protocole de soin.
UNE PREMIERE RECHERCHE Etude sur le trouble panique : de l’angoisse à la crise d’angoisse
Nous allons reprendre brièvement la recherche sur le trouble panique et sa conclusion pour
éclairer le lecteur sur l'orientation vers une analyse processuelle et vers l'accès paroxystique
de l'angoisse. Les apports de cette première étude est nécessaire pour bien comprendre le
développement d'analyse qui a contribué au travail actuel : « passage à l’acte et angoisse
paroxystique ».
1. Le champ analytique
1.1. Différenciation des névroses
1.2. Concordance entre les névroses
2. Les théories bio comportementales et le modèle de Donald KLEIN
2.1. Le concept de trouble panique
2.2. Le développement du trouble panique
2.3. Epidémiologie
2.3.1. Les facteurs psychologiques et sociaux
2.3.2. L’étiopathogénie du trouble selon Thérèse LEMPERIERE
3. Mise à l’épreuve des deux champs théoriques : le champ analytique et le bio- comportementalisme.
3.1. Protocoles de recherche
3.1.3. Le mode d'analyse et traitement des données
3.1.4. Analyse des résultats
3.2. Analyse clinique
3.2.1. Résultat expérimental
3.2.2. Les signes d'aménagement défensifs
4. Le trouble panique : un trouble évolutif
Un travail de recherche sur le trouble panique Ŕ son étiologie, sa genèse et les facteurs constituant le trouble décrit dans le DSM IV Ŕ, incite à revisiter la névrose d’angoisse freudienne, à redistribuer les symptômes contenus sous le terme de trouble panique dans les différentes névroses. L’intérêt de ce travail a été de mettre en évidence des facteurs de vulnérabilité conduisant au surgissement de l’angoisse caractéristique du trouble. Les questions sous-tendant la recherche sont au nombre de deux et proposent une hypothèse centrale :
1- Peut-on considérer le trouble panique comme étant une névrose d’angoisse « actualisée » ? 2- Et, quels rapports existent t-il entre le trouble d’anxiété généralisée (TAG) et le trouble panique (TP). Cette distinction engage à questionner la réelle séparation des deux ou de leur continuité par l’évolution du trouble. Dans l’idée de développement, et en suivant le « prototype » de névrose d’angoisse, l’hypothèse d’une aggravation de l’anxiété généralisée dans la névrose d’angoisse a été posée.
Le travail de recherche est épistémologique. L’étude bio-comportementale sur l’origine du trouble panique (origine endogène, réactionnelle, intrapsychique ou externe) basée sur les
recherches de Donald Klein et Thérèse Lempérière permet la comparaison du trouble avec la névrose d’angoisse. La classification des différentes névroses, leurs valeurs et leurs portées sont explorées d’après la métapsychologie freudienne. Un double intérêt émerge de l’étude:
- L’analyse du trouble panique par le DSM permet de dégager des facteurs
), le DSM, en effet, facilite l’étude des co-morbidités du
(prédisposant, favorisant
trouble avec d’autres pathologies.
- L’intérêt rapporté par l’étude psychodynamique est d’identifier les mécanismes intrapsychiques présents et de dégager l’aspect processuel de l’angoisse qui a conduit vers l’interrogation actuelle.
Le DSM IV est approuvé par la psychiatrie pour sa facilité d’utilisation, sa construction scientifique, cartésienne et statistique. Du coté institutionnel, il faut reconnaître qu’il facilite un consensus diagnostic entre tous les membres qui la composent. Mais du coté de la psychanalyse, le DSM IV trouve plus de réticence, d’une part du fait de la disparition des structures psychopathologiques reconnues par la psychanalyse au profit de cette classification
nosographique et d’autre part par l’objectif différencié de la psychopathologie qui privilégie
l’étude étiologique de la pathologie du sujet en tenant compte de sa singularité.
L’interprétation psychodynamique est plus difficilement opérationnalisable que le DSM mais
permet de mieux rendre compte de la réalité psychique. Du reste, la psychiatrie classique
conserve la conception unitaire de la névrose d'angoisse établie par S. Freud, on ne peut
concevoir un travail sur les névroses sans tenir compte du modèle psycho dynamique
Il s’agit de « déconstruire » le trouble afin d’identifier sa base notionnelle et percevoir s’il
existe ou non un effet évolutif du trouble qui perturbe le champ analytique. Après avoir
distingué les grands types de névroses constituant la structure névrotique telle qu’elle apparait
dans la classification freudienne, avec le modèle biocomportemental, nous observerons les
facteurs agissant sur le trouble de manière longitudinale, envisageant l’aspect évolutif
possible, et enfin après avoir discuté des aspects cliniques, nous aborderons les conclusions de
1. Le champ analytique :
S. Freud différencie les névroses de transfert des névroses actuelles dont fait partie la névrose
d’angoisse. Les névroses de transfert sont également appelées névroses de défense car il
s'agit d'une tentative de résolution de conflits infantiles, conséquents du développement
libidinal, dans un mécanisme de défense. Les symptômes "détériorent" la personnalité et les
comportements et s'inscrivent dans la vie, dans le quotidien du sujet.
L’angoisse, phénomène fondamental de toute névrose, a été dissociée par S. Freud dés 1895
comme étant prédominante dans la névrose d’angoisse et considérée comme un échec du
refoulement et la mise en place de symptômes. 14
14 S. FREUD ; "La première théorie des névroses", Quadrige PUF, Paris, 1995, 1997 :
P 61, §357 : « Je trouvais, en effet, ce que en quoi E. Hecker m’avait devancé, que les symptômes névrotiques en question se laissaient en totalité regrouper comme inhérents à l’expression de l’angoisse, et je pus ajouter, à partir de mes efforts portant sur l’étiologie des névroses, que ces parties du complexes « névrose d’angoisse » permettent de reconnaitre des conditions étiologiques particulières … », p63, §360 : « les symptômes d’angoisse …, comme cause générale de toutes ces névroses », p54, § 339 : « Le système nerveux réagit dans la névrose contre une source d’excitation interne comme il le fait dans l’affect correspondant contre une source externe analogue ».
Avant 1926, S. Freud considère l'angoisse comme conséquence névrotique et basée sur la pulsion sexuelle. Les causalités sont principalement externes. L'étude psychologique de l'angoisse est alors difficile. A partir de cette date, lui-même élabore une nouvelle théorie qui détermine cette fois la névrose comme conséquente à l'angoisse. L'angoisse devient une réaction du moi devant la pulsion et est à l'origine de la formation des symptômes et d'origine infantile. A partir de la 2 ème topique, on reconnaît l'angoisse comme préalable aux aménagements défensifs tel que le refoulement. 15
1.1. Différenciation
phobique et la névrose obsessionnelle.
S. Freud, soulignait déjà dans la première topique l’existence de « névrose mixte » :
« Restent encore quelques remarques sur les relations de la névrose d’angoisse aux autres névroses en ce qui concerne leur occurrence et leur parenté interne. (…) Là où se trouve une névrose mixte, on peut mettre en évidence un mélange de plusieurs étiologies spécifiques. (…) Dans d’autres cas la pluralité de facteurs étiologiques n’est pas fortuite, mais au contraire l’un de ceux-ci a entrainé l’effet de l’autre. » 16
Névrose d'angoisse:
La névrose d'angoisse est caractérisée par une excitabilité permanente, il s'agit d'un état de tension plus ou moins permanent ressenti comme un inconfort et sous jacent au déroulement des évènements psychiques. La spécificité de la névrose d’angoisse est que l’accumulation d’excitation pulsionnelle provient du somatique et « que l’angoisse de celle-ci n’autorise pas une dérivation psychique ; c'est-à-dire qu’on ne peut acquérir l’apprêtement à l’angoisse, qui forme le noyau de la névrose, par un affect d’effroi psychiquement bien fondé, unique ou répété » 17 , S. Freud décrit cette absence de dérivation psychique en tant que « dénégation ».
15 S. FREUD ; " Inhibition, symptôme et angoisse ", PUF, Paris, 1993, 2002, suppléments, p 73, §194 « Autrefois, je considérais l’angoisse comme une réaction générale du moi dans les conditions du déplaisir (…). De plus, il se dégageait l’apparence d’une relation particulièrement intime entre angoisse et libido, qui à son tour ne s’harmonisait pas avec le caractère général de l’angoisse comme réaction de déplaisir. (…) La conception antérieure n’était pas loin de considérer la libido de la motion pulsionnelle refoulée comme la source de l’angoisse ; selon la conception nouvelle, c’était au contraire le moi qui devait faire les frais de cette angoisse. Donc angoisse-du-moi ou bien angoisse-de-pulsion (-du-ça). Comme le moi travaille avec de l’énergie désexualisée, l’intime corrélation de l’angoisse et de la libido a été elle aussi relâchée dans la nouvelle conception. »
16 S. FREUD ; "La première théorie des névroses", Quadrige PUF, Paris, 1995, 1997, p 55, §339, 340.
17 Idem, in « sur la critique de la "névrose d’angoisse", p 64, §360
L'angoisse se caractérise par une angoisse flottante en quête de représentation pour une fixation éphémère. Il est question d'une angoisse diffuse qui recouvre un vécu de détresse et appelle des mécanismes énergiques et urgents du moi pour limiter leurs effets à la fois psychologique et somatique. Elle se manifeste sous deux formes: un éprouvé psychique Ŕ l'accès d'angoisse Ŕ et une atteinte somatique sans accompagnement d'angoisse d'équivalence anxieuse. L'angoisse est une angoisse du réel, projection directe sur le corps sans médiation psychique. S. Freud écrit la symptomatologie de la névrose d'angoisse dans la première topique en 1895 dans « Du bien-fondé à séparer de la neurasthénie un complexe de symptômes déterminé, en tant que "névrose d’angoisse" », il décrit un tableau clinique en dix points 18 dont nous pouvons retenir:
- « La susceptibilité générale aux stimuli » qui représente une excitation pulsionnelle dépassant le seuil de charge que le système nerveux peut tolérer. Donc, « une accumulation de stimulus absolue ou relative » impossible à supporter.
- « L’attente anxieuse », anxiété déterminant « l’inclinaison à une conception pessimiste des choses » et correspondant à ce qu’on appelle communément "la dramatisation" et qui élabore un « mode de contrainte ». « L’attente anxieuse est le symptôme nucléaire de la névrose » (…) « on pourrait dire qu’ici existe un quantum d’angoisse librement flottant qui, lors de l’attente, domine le choix des représentations et est prêt à tout instant à se lier à n’importe quel contenu de représentation qui convient ».
- L’angoisse peut se manifester autrement que par cette attente anxieuse et se libérer brusquement. Lors d’un accès d’angoisse, elle fait « irruption dans la conscience de façon soudaine, sans être éveillée par le cours de représentations et provoquer ainsi un accès d’angoisse ».
- Les accès d’angoisse s’accompagnent de symptômes qui peuvent prendre divers aspects : « il y a en conséquence des accès d’angoisse rudimentaires et des équivalents de l’accès d’angoisse, vraisemblablement tous de la même significativité, qui montrent une grande richesse de formes, jusqu’à présent peu pris en compte ». (vassodilatation, troubles cardio-respiratoires, activité gastro-intestinale, vertige, phobies, paresthésies) De brusques ruptures du fonctionnement mental peuvent entraîner des passages à d'autres types de fonctionnement, caractériel, comportemental ou somatique. L'expression somatique n'est pas relative dans la névrose d'angoisse d'un mécanisme de conversion mais se réfère à
18 S. FREUD ; "La première théorie des névroses", Quadrige PUF, Paris, 1995, 1997, p 33, 34, §317 à 319
des dysfonctionnements psychiques dont les effets vont jouer à la frontière entre le psyché et le soma. L'accumulation d'excitations pulsionnelles et le défaut de jonction somatopsychologique de l'excitation entraînent l'absence de liaison entre l'excitation issue du soma et les représentations inconscientes. La différenciation de la névrose d’angoisse avec l’hystérie apparait :
Dans la similitude : « d’un coté comme de l’autre une déficience psychique à la suite de laquelle des processus somatiques anormaux se produisent. D’un coté comme de l’autre survient à la place d’une élaboration psychique une déviation de l’excitation dans le somatique » et dans la différence : « la différence réside seulement en ceci que l’excitation, dont le déplacement est la manifestation de la névrose, est, dans la névrose d’angoisse, une excitation purement somatique et dans l’hystérie une excitation psychique (provoquée par conflit) » 19 . La névrose d’angoisse, par l’effet de "vertige" ressenti, est souvent accompagnée d’agoraphobie et par l’effet d’anxiété chronique, accompagnée de menaces physiologiques (angoisse des serpents, de l’obscurité…). D’où la comparaison fréquente avec la phobie :
« La concordance se trouve en ceci que dans un cas comme de l’autre une représentation devient contraignante par la connexion avec un affect disponible. Le mécanisme de la commutation d’affect vaut donc pour les deux espèces de phobies. Mais dans les phobies de la névrose d’angoisse, 1) cet affect est un affect monotone, toujours celui de l’angoisse, 2) il n’est pas issu d’une représentation refoulé (…). Le mécanisme de la substitution ne vaut donc pas pour les phobies de la névrose d’angoisse. » 20 La différence apparait avec la névrose obsessionnelle du fait qu’il faut envisager la substitution de l’obsessionnelle comme « un acte de défense du moi contre l’idée inconciliable » et que « les obsessions sont multiples et plus spécialisées » 21
« Il en ressort de ces considérations que l’on doit encore faire la différence entre les conditions étiologiques de l’occurrence des névroses et leurs facteurs spécifiques » 22
19 S. FREUD ; "La première théorie des névroses", Quadrige PUF, Paris, 1995, 1997, p 57-58, §342
20 Idem, p 38-39, § 322
21 Idem, p26,§ 351
22 Idem, p 56, § 340
Dans l'hystérie Le conflit psychique résulte de l'immaturité du moi et l'affect est converti directement sur le corps. Les symptômes du phobique comme de l'hystérique viennent exprimer une angoisse de même nature. Mais l’angoisse est masquée par le phobique qui va éviter l'objet substitutif tandis que l'hystérique va le déposer sur la scène relationnelle où il va impliquer l'observateur extérieur. Dans les phobies, la libido n'est pas convertie par le refoulement mais elle prend la forme d'angoisse fixée sur un objet extérieur. Si la revendication libidinale est tout autant présente dans la névrose obsessionnelle que dans l'hystérie, c'est dans la névrose obsessionnelle qu'elle apparaît plus clairement, de fait, le rôle du complexe de castration est central dans l'émergence de la défense chez l'obsessionnelle. La passivité de l'hystérie s'inverse en activité agressive et sadique dans la névrose obsessionnelle. L'hystérie est plus facilement associée à la féminité et la névrose obsessionnelle à la masculinité.
Dans la névrose phobique
L'angoisse provient de l'angoisse de castration, résulte de la trace mnésique d'une séduction infantile représentée par un affect unique et projetée dans le monde extérieur sur un objet réel. La peur phobique est toujours en lien avec le traumatisme. Le phobique s'installe alors dans une organisation psychique axée sur le danger extérieur afin de nier la libido redoutée, pouvoir la contrôler par l'évitement de l'objet substitué. La phobie migre tantôt vers l'hystérie, tantôt vers l'obsession. La névrose d'angoisse peut être considérée comme une phobie "d'occasion" : la peur d'avoir peur, qui ne provient pas d'une représentation refoulée, tandis que la phobie commune est apparentée à la névrose obsessionnelle. La névrose d'angoisse anticipe des dangers indéterminés et à venir tandis que le phobique anticipe des dangers imaginaires cristallisés sur des objets extérieurs précis. L'agoraphobie est la phobie la plus représentative, avec la phobie sociale, de la névrose d’angoisse et est la significative d’un mode contrainte, l’inhibition. « Une inhibition de la marche, abasie ou agoraphobie, se complète, se détaille une fois que ce symptôme a réussi à se hisser jusqu'à devenir la représentante d'un souhait inconscient et de la défense contre celui-ci » 23 .
23 S. FREUD : "Animisme, manie et toute puissance des pensées" § 118 [XIV 1915-1917]
Toujours en comparaison avec la phobie, la situation de danger de l'obsessionnel est intériorisée, représentée par l'hostilité du surmoi et non projetée sur un objet extérieur. L'obsession perdure même en l'absence de l'objet, l'angoisse est liée à des idées, tandis que l'objet extérieur du phobique reflète symboliquement le conflit intrapsychique.
L'énergie pulsionnelle, nécessaire au maintien du processus de refoulement réitéré par ses échecs successifs, lutte contre l'angoisse de castration du fantasme primaire. La défense intrapsychique met en place un processus de négation et de déplacement de l'angoisse tout en la gardant intériorisée. L'affect reste donc présent et rend constant l'activité psychique ce qui complexifie la vie du sujet. L'état émotif diffère très largement entre le phobique et l'obsessionnelle, en effet, on peut observer une certaine monotonie phobique et une variété d'obsessions dense chez l'obsessionnelle avec apparition, en plus, de doutes, remords, colère… et autres expressions de l'anxiété.
La structure névrotique est caractérisée par la problématique œdipienne conduisant à l’angoisse de castration.
1.2. Concordance entre les névroses:
La névrose est une défense inappropriée, employée pour s'opposer à une jouissance inconsciente, dangereuse et "douloureuse". Elle se transforme en souffrance névrotique, c'est à dire en symptôme. Elle substitue à une jouissance inconsciente, dangereuse et irréductible, une souffrance consciente, supportable et, en dernière instance réductible. Elle génère une décharge inadéquate, insuffisance psychique, défenses avec substitution. Nous retrouvons, avec J-D. Nasio 24 , un essai de synthèse intéressant pour rendre compte de la
répartition du Trouble Panique dans les névroses. Il propose trois modes différents de vivre sa névrose:
- Souffrir névrotiquement sur un mode obsessionnel, c'est souffrir consciemment dans sa pensée, c'est à dire déplacer la jouissance inconsciente et intolérable en souffrance de pensée: échec par déplacement.
24 J-D. NASIO : "le plaisir de lire Freud", Editions Payot et rivages, 1999
- Souffrir sur un mode phobique, c'est souffrir consciemment du monde qui nous entoure, c'est à dire projeter au dehors, sur le monde extérieur, la jouissance inconsciente et intolérable et la cristallisation en un élément de l'environnement externe, devenu alors l'objet menaçant de la phobie: échec par projection.
- Souffrir sur un mode hystérique, c'est souffrir consciemment dans le corps c'est à dire convertir la jouissance inconsciente et intolérable en souffrance corporelle: échec par conversion
Nous pouvons alors dire que:
- Lorsque les crises d'angoisse et les symptômes somatiques dominent le tableau clinique on parle de névrose d'angoisse,
- Lorsque l'individu élabore des stratégies d'évitement par anticipation d’une irruption d'angoisse, on est en présence des diverses formes de phobies,
- Lorsque l'angoisse, pour être maîtrisée, désamorcée, suscite des réactions d'intellectualisation ou des aménagements défensifs ritualisés, on entre dans la pathologie névrotique obsessionnelle,
- Lorsque l'angoisse est liée à des sentiments de frustrations dans les relations interpersonnelles et qu'elle constitue une sorte de transaction avec l'entourage, elle tend à s'exprimer au travers de manifestations bruyantes, dans le registre des somatisations ou de la détresse hystérique.
Le type de défense utilisé par le moi différencie plus spécifiquement les névroses. La névrose est différente selon le type de représentation que la surcharge pulsionnelle finit par investir après avoir quitté la représentation intolérable. Cette nosographie permet de conclure que les névroses sont l’expression des défenses du moi, du déplacement des conflits intrapsychiques, d’un dérèglement dans la vie libidinale. Lors de la réactivation d’un conflit œdipien mal éliminé, le conflit intrapsychique Ŕ pulsion/Surmoi ou désir/défense Ŕ se fait jour et des défenses peu efficaces se mettent en place. Les défenses névrotiques apparaissent au travers du refoulement, du déplacement, de la régression, des formations réactionnelles, de l'isolement et de l'inhibition mentale (formation de compromis). Les névroses sont des maladies de la personnalité caractérisées par des conflits intrapsychiques qui entravent les conduites sociales. Elles déstructurent moins les rapports du moi avec la réalité que les psychoses (H. EY). Elles sont psychologiquement compréhensives.
2. Les théories bio-comportementales et le modèle de Donald Klein
2.1 Le concept de trouble panique
2.2 Le développement du trouble panique
Donald Klein marque son passage dans l'éclatement nosographique des névroses en
participant à l'élaboration d'homogénéités nouvelles du DSM III en 1980, où il crée le concept
psychiatrique « d’attaque de panique ».
Il propose en effet, dés 1962, de scinder la névrose d'angoisse en deux entités: le trouble
panique et le trouble d'anxiété généralisé.
Le DSM identifie les troubles par des critères cliniques : classification des symptômes et des
manifestations les plus observables. La discrimination du trouble panique et du trouble
d'anxiété généralisé repose sur les critères du trouble panique. Cette distinction est très
largement controversée, notamment en ce qui concerne le positionnement du trouble panique
par rapport aux autres troubles anxieux. L’attaque de panique est analysée comme un trouble
de l’anxiété anticipatoire : l’individu construit à son insu un schéma cognitif d’après une
situation traumatisante qui crée une distorsion de sa pensée : façon de percevoir, d’analyser
les situations… . L'anxiété est toujours une anxiété d'attente, attente d'un danger imminent: la
punition, la douleur, la mort. L’anxiété d’attente souvent interprétée par la peur de mourir
pourrait correspondre à l’angoisse dans son rapport à l'orgasme, telle que le définit J. Lacan :
« (…) la connexion étroite (…) de l’orgasme et de l’angoisse, en tant que l’un et
l’autre peuvent être définis par une situation exemplaire, celle de l’attente de
l’Autre » 25 .
Pour D. Klein l'attaque de panique est essentiellement liée à une vulnérabilité biologique, à
une certaine détermination génétique (fréquence de séparation précoce chez ces patients:
syndrome de séparation) et en rapport avec l'angoisse de séparation décrite par J. Bowlby. Il
classe ces attaques de panique comme pathologie singulière dans la névrose d'angoisse. D.
Klein pose la question d'une causalité neurobiologique qui induirait une sensibilité à la
séparation exprimée à l'âge adulte par un trouble panique. De même il propose que l'anxiété
pourrait venir de conditions pathogènes du développement psychoaffectif. Pour lui, la
pathologie se construit à partir de l'anxiété.
25 Jacques LACAN : "Le séminaire, livre X, l’angoisse", Editions du Seuil, Paris, 2004, p 208
2.2. Le développement du trouble panique :
Son développement repose sur:
- La répétition des attaques de panique qui génère la constitution d'un état anxieux permanent : il est question ici de l’anxiété anticipatoire de la névrose d'angoisse.
- Un trouble incitant le sujet à des conduites d'évitement qui peuvent progressivement le conduire vers l'agoraphobie (considérée alors comme complication des attaques de panique). Le comportement "d'évitement", comportement aux références multiples des névroses, met parfois en doute l'appartenance à la névrose d'angoisse.
Il est important de rappeler que l'état panique est caractérisé par :
- Une anxiété généralisée, c'est à dire un état d'anxiété flottante, diffuse, représentée par une dramatisation des évènements et des anticipations négatives sur les évènements à venir,
- Des ruminations anxieuses qui génèrent une insécurité permanente.
- L'impression, pour le sujet, d'être observateur et non acteur de sa propre vie Ŕ sentiment de dépersonnalisation Ŕ, cet état lui dicte une hyper vigilance. Cette tendance procure une nervosité, une réactivité, un sentiment de faiblesse généralisée (et fatigabilité). Le système limbique est perturbé par cette sensibilité émotionnelle et par conséquent entraîne une diminution des capacités mnésiques: trous de mémoire et une irritabilité. Ce fond anxieux ajouté à des facteurs favorisants provoquent des crises d'angoisse plus intenses, sans circonstances déclenchantes, pouvant conduire à des crises paroxystiques appelées aussi attaque de panique (angoisse aiguë, d’apparition soudaine, les symptômes somatiques sont marquants et alertent le sujet.). Ces crises génèrent un état d'anxiété anticipatoire: peur du surgissement impromptu de l'état d'angoisse et des symptômes évoquant une dysrégulation physiologique autonome. L'état d'anxiété anticipatoire obsède le patient et devient le symbolisant du "signal" de danger. L'inhibition, conséquent de cet état, entraîne souvent l'agoraphobie qui devient la représentation de l'angoisse sur un objet de la réalité extérieure, et de manière moins fréquente, la phobie sociale vient signifier cette défense.
2.3.1 Les facteurs psychologiques et sociaux
2.3.2 L’étiopathogénie du trouble selon Thérèse LEMPERIERE
Le modèle bio-comportemental étudie l’influence de divers facteurs (constitution individuelle,
environnement, mode de vie, milieu social) sur le trouble panique, notamment sur leur
fréquence, distribution et étiologie, ainsi que sur tout autre phénomène biologique ou social
Le vécu global comprend toutes les implications affectives, toutes les valeurs appropriées
dans l'enfance: son équilibre permet au sujet de se réaliser au sein des interrelations. Par
contre lorsque le vécu est chargé d'affects, la force du désir va se trouver modifiée par les
déplacements stimulés par la libido. Ce vécu global peut être considéré comme le facteur
prédisposant. Les évènements nouveaux, quant à eux, constituent le facteur déclenchant, que
l'on peut considérer comme favorisant l'accroissement d'énergie pulsionnelle dans la tentative
d'accession au désir, au principe de plaisir. L'autonomie peut-être vue comme une conquête
perpétuellement remise en question par rapport à l'autre et à soi-même Ŕ gestion des
réactivations d'angoisses antérieures susceptibles d'émerger Ŕ. En effet, désirer, c'est tendre
vers la possession de l'Objet qui manque, en relation avec les images idéales inculquées Ŕ
intégration du désir de l'autre comme sien Ŕ. Le facteur précipitant dépend des capacités, des
circonstances, des motivations actuelles du sujet. Le sujet recherche l’homéostasie avec la
réalité externe et la réalité interne. Une fragilité précipite l’individu dans un déséquilibre
psychique, ce facteur appelé facteur favorisant tient compte de ses réactions dans ses rapports
à l’environnement intégrant son activité psychique, son organisation interne du moment.
Ces réactions font parties des modes de défense intrapsychiques.
Les facteurs génétiques ont une incidence et sont plus spécifiques au trouble panique et à
l'anxiété généralisée même si cette dernière est plus dépendante des facteurs
environnementaux tels que l'angoisse de la perte, de l'abandon. Cela veut dire qu'il existe une
prévalence des troubles chez des sujets dont au moins un des membres de la famille est
La personnalité anxieuse antérieure aurait une valeur prédictive. T. Lempérière, en citant Reich, parle de "faible force émotionnelle et d'extraversion et une dépendance interpersonnelle plus élevée". F. Rouillon l'explique, dans ce même ouvrage, par le fait que ces sujets ont une tendance à l'externalisation des faits évènementiels, « les anxieux ayant souvent tendance à attribuer à une causalité externe l'apparition de leurs symptômes » 26 . Ne faut-il pas relier ces effets biologiques à l'anxiété généralisée étant donné le manque de patterns biologiques précis? L'enfance : D. Klein détermine un lien entre les troubles et la survenue, durant l'enfance, de manifestations liées à l'anxiété de séparation. Anxiété de séparation de nature diverse qui contribue parfois à l'association d'anxiété telle que des terreurs nocturnes, phobies scolaires, phobies sociales de l’adolescence… L'environnement familial joue également un rôle précurseur, on retrouve de fortes corrélations entre les patients issues de : 1 - familles hyper protectrices Ŕ dont la mère est surprotectrice et le père insignifiant ( Goldstein et Chambless, 1978) Ŕ, 2- de familles où existe un manque de soins ou d'affection maternelle Ŕ négligence au sens du faible contrôle ou de l'indifférence parentale (Harnis et coll.,1986) Ŕ, 3 Ŕ des familles où régnait un climat de violence physique voire sexuelle (Raskin et coll., 1982). Les facteurs précipitants:
Le début des crises se situent généralement entre 20 et 30 ans avec un pourcentage plus élevé chez la femme. Les circonstances de survenue des attaques de panique sont des évènements tels que : la rupture affective, la mort ou la maladie d'un proche, un problème de santé qui fait surgir un sentiment de vulnérabilité, et des abus toxiques. Thorpe et Burns (1983), font le constat que pour un tiers des cas, l'exposition à un événement traumatique comme la survenue de la maladie d’un proche ou de lui-même, la mort d'un proche ou la présence sur un lieu d'accident, réactive le syndrome d'abandon à l'âge adulte par la similarité émotionnelle. Par contre, la question sur la spécificité de ces facteurs sur le trouble panique n'est pas admise formellement. La séparation d'avec le milieu familial, un deuil, un divorce, un échec sentimental favoriseraient la survenue des troubles, les travaux de Roy, Byrne (1986) déterminent ce constat également pour un tiers des sujets observés (11 cas sur 33).
26 F. ROUILLON, in "le trouble panique", T. LEMPERIERE, Acanthe, MASSON ,Paris, 1998, p 82
L'abus de substances (alcoolisme ou toxicomanie secondaire) ou le sevrage apparaissent également comme des facteurs précipitants.
2.3.2. L’étiopathogénie du trouble selon T. Lempérière 27
T. Lempérière considère que le trouble panique est bâti sur un fond d'anxiété permanent qui se
transforme en crise d'angoisse à l'occasion de situations difficiles. Ce fond d'anxiété permanent est d'origine infantile et indique une attente anxieuse, des attaques de panique et des symptômes somatiques. Ces caractéristiques correspondent également au diagnostic des
névroses d'angoisses.
T. Lempérière appuie la thèse d'une transmission de la personnalité anxieuse par la mère, une
personnalité "vulnérable" aux troubles anxieux, donc un facteur familial, biologique prédispose le sujet au trouble panique. Les facteurs circonstanciels déclenchants sont en rapport avec le vécu infantile : peur de la perte (syndrome d'abandon), frustration ou conflits d'ordre sexuels, insécurité. Du trouble panique à l’attaque de panique : « ce qui spécifie le trouble panique, c'est la répétition rapprochée des attaques et le caractère inattendu de leurs déclenchements » 28 .
La comparaison des névroses avec le trouble panique va permettre l'analyse des rapports qui existent entre eux et établir la place du trouble panique. Si la névrose d'angoisse ne correspond pas au trouble panique alors on aura une différenciation entre trouble panique et trouble d'anxiété généralisé. Les études de la symptomatologie des troubles anxieux ne montrent pas de fortes consistances internes et ne permettent pas l'autonomisation du trouble panique et du trouble d'anxiété généralisé. Constats en référence avec les travaux de: Robins et al. en 1981, Cameron et al. en 1986, Barlow en 1985, Mannuzza et al en 1989 29 . Et les résultats recueillis par la national comorbidity survey (NCS), Barlow en 1985, Blowers en 1987, Tarrier et Main en 1986 30 . Le TAG peut représenter une forme d'anxiété prodromique du TP: validité de la dichotomie TP et TAG 31 . La dichotomie se révèle difficile à affirmer en pratique clinique du fait du passage d'une forme à l'autre.
T. LEMPERIERE : "Le trouble panique", Acanthe, MASSON , Paris, 1998 Idem, p 1
29 J. ADES, F. ROUILLON : " Les états névrotiques", Editions J-P GOUREAU, Château-du-Loir, 1992, p. 81
30 ANAES/ mars 2001, p. 30-34 et p. 53
31 J. ADES, F. ROUILLON : " Les états névrotiques", Editions J-P GOUREAU, Château-du-Loir, 1992, p. 83
Ce travail de déconstruction du trouble panique et de l'analyse des névroses est nécessaire
pour les comparer objectivement. En effet, la comparaison du syndrome du trouble panique,
apparentée à une étude épidémiologique, et des névroses, n'est rendue effective qu'à partir du
moment où l'analyse des structures névrotiques est accessible.
Mise à l’épreuve des deux champs théoriques : le champ analytique et le bio- comportementalisme 2.4.Protocoles de recherche 2.5.Analyse clinique
3.1. Protocole de recherche :
Le groupe est constitué de 20 patients, tous appartenant au service du Docteur LE FOLL au
CHGR de Rennes.
Le diagnostic de trouble panique est établi par les psychiatres consultés par ces patients. Ils
sont suivis par l'un des cinq psychiatres du service. Le repérage des patients est donc basé sur
un diagnostic psychiatrique et va donc laisser une large marge de manœuvre au diagnostic
psychologique. De ce regroupement par critères psychiatriques, les particularités
psychologiques pourront être dégagées.
Afin d’accéder à une pertinence maximum, un questionnaire diagnostic basé sur le DSM IV
est rempli grâce aux indications données par les psychiatres. En effet, les informations
transmises par les dossiers psychiatriques ne peuvent pas décrire comparativement les patients
du fait des prises de notes multiples, variées, propres à chacun des psychiatres. Les sujets
sont donc tous représentatifs du trouble panique, avec ou sans agoraphobie. Cette évaluation
par un diagnostic similaire va unifier le groupe de patients constituant l'échantillon.
Les critères diagnostiques du TAG sont associés à ce questionnaire et mettent clairement à
jour les notes indiquées dans le DSM : "L'anxiété généralisée survient très fréquemment en
même temps que des troubles de l'humeur, d'autres troubles anxieux (p. ex., Trouble panique,
Phobie sociale, Phobie spécifique) et des troubles liés à des substances"…."Un diagnostic
différentiel d'anxiété généralisée ne doit être fait que lorsque l'objet de l'anxiété et des soucis
n'est pas lié à ce trouble, c'est à dire que les soucis excessifs ne se résument pas au fait d'avoir
une attaque de panique (comme dans le Trouble Panique), d'être gêné en public (comme dans la Phobie sociale), d'être contaminé ( comme dans le Trouble Obsessionnel Compulsif), de prendre du poids (comme dans l'anorexie mentale), d'avoir une maladie sévère (comme dans l'hypocondrie) En psychiatrie, les patients présentant une anxiété généralisée pure sont rares, elle est le plus souvent associée à un autre type de pathologie anxieuse. Les patients hospitalisés pour TS (pour échapper au TP ressenti comme irrémédiable, crise d'angoisse insurmontable…) sont exclus des critères de choix de notre population ainsi que les pathologies aggravées. Ce premier questionnaire permet d'obtenir le critère d'acceptation du patient pour la recherche et de recueillir les informations concernant l'âge, le sexe, la situation familiale et professionnelle du patient.
Tableau des caractéristiques psychosociales: tableau 1
II ans
III ans
Etudiante archéologie
Prépa. Auxiliaire puéricultrice
Constitution de l'entretien Un entretien semi-directif est construit en fonction des facteurs définis par D. Klein combinés avec les caractéristiques de la névrose d'angoisse afin de faire apparaître le maximum de critères distinctifs dans les réponses. Le but étant de croiser les repérages descriptifs, symptomatiques et la description structurale, dynamique.
Construction de la grille de cotation
Les questions (=les items) reprennent les caractéristiques décrites dans l'étude théorique
freudienne. Les items-réponses sont dégagés à partir de la sémiologie des névroses et intégrés
sous forme de tableau les mettant en correspondance.
Les résultats sont combinés aux facteurs qui émergent de l'analyse de D. Klein
- Facteurs Prédisposants :
génétique (= vulnérabilité biologique), personnalité, enfance,
- Facteurs Précipitants : facteurs de maintien (/actualité), ex. circonstance survenue A.P.
- Les symptômes cibles: types d'angoisse (= situations déclenchantes), DSM
- Les sentiments : manifestations somatiques : frustration, irritabilité.
- Les comportements: anticipations, stratégies, conséquences
Chaque entretien donne lieu ainsi à une codification
La cotation des critères réponse utilisés par le patient est ensuite répertoriée sous forme de
tableau de cotation qui permet de classifier les réponses selon leurs appartenances aux types
des névroses. De cette distinction consensuelle, des facteurs d'hétéro et d'homogénéité
émergent ainsi que l'observation du trouble en tant que trouble endogène ou réactionnel. La
codification va permettre de comptabiliser les types de réponses en "unités de sens" et
d'observer les liens entre les types de réponses. La présence ou non présence de certains types
de réponse peut être également révélatrice dans l'analyse.
3.1.3. Le mode d'analyse et le traitement des données:
L'analyse va permettre d'analyser:
- Les fréquences des critères-réponse / groupe
- Les corrélations inter-réponse / groupe
- Les corrélations intra-réponse / sujet
Les critères réponse vont être exploités de manière à observer:
- S'ils correspondent à des réponses sur les faits ou sur la position du sujet sur les faits.
- S'ils sont "largement fournis", "fournis" ou "non fournis".
Cette 1 ère catégorisation va se faire en regroupant des critères réponses par "quantité
exprimée".
Cette classification laisse émerger les caractéristiques spécifiques (critères dominants, singuliers ou exclusifs) pour évaluer, reconnaître une réalité du trouble panique dans sa totalité dynamique. Cette réalité reconnue, on devrait pouvoir construire un concept explicatif visant l'élaboration d'une théorie.
3.1.4. Analyse des résultats:
Les résultats montrent que les sujets répondent majoritairement aux items par des critères réponse correspondant à la névrose d'angoisse. L'histogramme suivant va représenter schématiquement ces résultats 32 .
Répartition des névroses dans la population :Tableau 2
Histogramme: distinction des névroses
% items / névroses
Les résultats montrent une certaine homogénéité: seul le patient V a des caractéristiques plus fortes concernant des traits phobiques et obsessionnels. Cependant, peut-on conclure à une inclusion totale du trouble panique dans la névrose d'angoisse ? Ou doit-on élargir la conception du trouble panique à une névrose complémentaire Ŕ reconnaissant l'appariement fort avec la névrose d'angoisse tout en impliquant les névroses de défense Ŕ ce qui, d'une certaine manière, apparait vraisemblable quand on observe la structure panique. Cette première analyse demande donc à être approfondie par d'autres analyses mais cette fois avec un regard nouveau qui porterait sur cette nouvelle structure "composée". Selon ce mode d’exploitation choisi, deux sortes de corrélations sont observées : soit un discours d'inquiétude vis à vis de la peur de perdre l'autre par le conflit ou la dévalorisation, soit un discours de dépendance vis à vis de la mère, de l'autre.
32 Cf annexe 1: tableau A de résultats par items
La position du sujet sera retranscrite en fonction des observations constituées sur les critères
suivants 33 :
- Hérédité: les antécédents familiaux d'anxiété, soi, la soumission, la dévalorisation
- F. familiaux: la rigidité éducative, l'agressivité, le climat anxieux, le climat conflictuel, l'insécurité.
- F. déclenchants: accord avec hérédité dans la crise, désaccord,
le vécu de séparation, la confiance en
facteur affectif
- F. favorisants: solitude, insécurité, dépendance
- Attitude: inhibition, culpabilité, dévalorisation
- Tempérament: anxiété anticipatoire, peur de l'incertain, fatigabilité, sentimentalité, attachement, dépendance, évitement, recherche soutien social.
- F. psychosociaux: sexe, âge, activité professionnelle, vie familiale, relations sociales :
Schéma de synthèse : tableau 3
1/Antécédent
2/vécu de séparation
3/ soumission
4/ dévalorisation
1/ rigidité
2/ climat anxieux
3/ climat conflictuel
4/ insécurité
1/relation crise /hérédité
2/ F. affectifs surajoutés
1/solitude
2/insécurité
3/dépendance
Modes de défense intra-psychiques
3.2. Analyse clinique :
2.5.1. Résultat expérimental
2.5.2. Les signes d’aménagements défensifs
3.2.1 Résultat expérimental
A partir de cette mise à l’épreuve du champ analytique confronté au champ bio
comportementalisme, une construction structurale de l'angoisse se dégage. Une organisation
33 Cf annexe 1: tableau B récapitulatif
bipolaire ressort des structures névrotiques. On peut considérer deux niveaux d'observation sur chacune des névroses, à savoir un niveau manifeste, la face visible de " l'iceberg", et un trouble électif, qui n'affecte pas l'ensemble du trouble. La genèse de l'angoisse et des affects apparaît de façon intra psychique mais peut être considérée comme exogène, réactionnelle dans la mesure où les affects prennent sens dans le réel, en entrant en contact avec la réalité extérieure. L'étude a permis de mettre en évidence quatre éléments révélateurs: 1- des facteurs constitutionnels, 2- une personnalité évitante et dépendante, 3- une forte inhibition, 4- une angoisse « sans objet ». 1- Des facteurs constitutionnels, incluant une personnalité fragile, une vulnérabilité, favorisés par un environnement social ou familial insécurisant et prédisposant à l'anxiété généralisée. Le facteur prédisposant principal à l’apparition du trouble traduit souvent une perte ou une séparation durant l’enfance. L’évènement de vie traumatique est caractérisé par une rupture, un bouleversement affectif dans l’organisation psychique du sujet et provient de la prime enfance ou de l’enfance qui fragilise le sujet et apparaît, à l’âge adulte, comme cause de vulnérabilité. Il est possible d’établir un lien entre les traumas précoces et la pathologie actuelle, le facteur précipitant est souvent issu d’un évènement de vie de séparation récente. Le sujet semble se trouver dans une difficulté d’adaptation face aux difficultés de vie et une réaction de défense intrapsychique se met en place. K. Jaspers (1948) montre alors qu’il existe un lien étroit entre la circonstance déclenchante et l’état réactif, de même qu’il existe une relation entre l’évènement vécu et le comportement pathologique ultérieur. Toute réaction devient alors visible dans un enchaînement logique et affectif à partir d’un facteur déclenchant. 2- La personnalité évitante et dépendante est fréquente dans l'anxiété généralisée et est exacerbée dans l'accès paroxystique, dans le besoin excessif d'être pris en charge et dans la crainte de séparation. Le refoulement accentue l'évitement et le sujet se réfugie dans sa vie infantile et inconsciente. La situation anxiogène engendre une réaction d'alerte correspondant à l'attente anxieuse décrite par S. Freud. 3- L'inhibition et le comportement d'évitement sont fortement corrélés :
Dans la phobie, l'inhibition apparaît dans la gêne quotidienne provoquée par la peur persistante d'un stimulus déterminé, il s'agit d'une inhibition partielle, situationnelle :
l'anticipation par conduite d'évitement porte sur un ou des objets précis. Cependant la fuite situationnelle ou l'inaction peut conduire également à l'isolement social. Le phobique exprime aussi son isolement physiquement par un manque d'énergie, une perte de confiance le
faisant apparaître comme timide ou indifférent et dans une grande difficulté décisionnelle. Dans la névrose obsessionnelle, les critères se rapprochant de la névrose d’angoisse lors des attaques paniques sont cristallisés autour : de gênes sociales, de détresse perçue, d'une hyper vigilance environnementale, de mesures protectrices, de luttes perpétuelles pour identifier un danger. L'inhibition est alors représentée par un état de rigidité, d'indécision, d'évitement relationnel. Les conduites d'évitement sont inefficaces. Quant à l'hystérie, plus éloignée, elle se voit principalement exprimée dans les symptômes de conversion. L'inhibition est plus localisée, mais perturbe l'ensemble de l'action en altérant la mémoire et le relationnel, Ŕ d'où l'isolement Ŕ, dans un sentiment d'insatisfaction permanente et par la perturbation de la sexualité. L’hystérie recueille moins de critères réponse en lien avec les attaques paniques contrairement à ce que S. Freud (1895) soulignait. Nous pouvons considérer que l’hystérie est une névrose qui a évoluée, aujourd’hui le comportement hystérique est moins "théâtrale" et moins décelable par les critères définis dans la nosologie freudienne. 4- Une angoisse « sans objet » : La spécificité des attaques paniques tient dans l'impossibilité du sujet à faire le lien entre la cause et les effets: tout devient anxiogène…, il s'agit d'une inhibition anxieuse plus diffuse basée sur des antécédents d'anxiété généralisée où les actions sont anticipées pour se prémunir d'une éventuelle mise en danger. Les restrictions des actions s'étendent à tel point que le sujet évite les objets qu'il identifie comme un danger réel, les situations, les déplacements, les contacts. La présence d'anxiété manifeste ou latente prédomine dans la panique comme dans l'anxiété généralisée par sa consistance, divergente des phobies ou de la névrose obsessionnelle dans la mesure ou celles-ci sont canalisées. Le rapprochement fréquent que l'on peut faire entre névrose d'angoisse et phobie tient dans la nécessité de donner un sens à la situation: la représentation transforme l'angoisse en peur. Le sujet se focalise sur une situation extérieure anxiogène particulière au détriment de la cause réelle, dans le déni d'information intra psychique le rapprochant d'un système de réalité. Il est ainsi incapable, par une action de défense de contrôler, de supprimer l'angoisse. On est dans un processus d'angoisse panique qui correspond à un renforcement continu de l'état d'alerte. Processus physique de l'attaque panique: le "malaise" comporte tous les symptômes somatiques qui marquent la défaillance du moi ; « le corps devient représentant de l'angoisse » (S. Freud). L'angoisse incontrôlable est la représentation de l'afflux d'excitations incontrôlables. L'angoisse augmente le degré d'incertitude, le sujet est complètement "désorganisé", ce que révèlent les sentiments de doute, d'indécision, d'inquiétude. Comportement qui vient remplacer l'agitation, l'agressivité et déplace l'angoisse du conflit
moi-surmoi et vient pointer le besoin de soumission, de dépendance (accompagnement…) comme moyen exutoire, d'autopunition. Ce processus de désorganisation mentale perdure par la peur que le sujet pressent de la reproduction de cette expérience, "le vécu d'angoisse panique". Une défense réussie serait construite par la vérification situationnelle afin de transformer la source d'inquiétude Ŕ objet de la TCC).
Des résultats émerge une structure, semble t-il, caractéristique de l'échantillon de patients. Les observations, dans l'analyse de l'attaque de panique, apparaissent plus étendues que la description donnée par le DSM avec des caractéristiques communes aux névroses et des caractéristiques spécifiques à la névrose d'angoisse. L'analyse permet de sortir le TP d'un syndrome structural pour en décrire une logique interne s’insérant dans la structure névrotique. De l'analyse dynamique, s’élabore des traits "panique" qui se différencie de l'anxiété flottante. Une dichotomie apparaît dans un rapport relationnel entre les manifestations névrotiques et les troubles observés.
3.2.2. Les signes d’aménagements défensifs :
Signes et interprétations :
L'analyse des mécanismes en jeu à partir du modèle psycho-dynamique permet d'identifier un ensemble de condition permettant l'identification des conflits intrapsychiques.
- Le "syndrome d'abandon" 34 avec: le sentiment de solitude, l'absence, le manque au niveau du désir, le sentiment d'insécurité. Le syndrome d'abandon entraîne un manque de confiance retranscrit dans l'état de doute et par un état de soumission : la peur de la perte signe l'immaturité (/régression), l'Autre vient faire défaut, le sujet vit pour devancer les attentes de l'autre et génère l’occultation du soi ou du "pour soi". L’analyse des résultats caractéristique de l’effet du syndrome d’abandon et ses déclinaisons :
o Présence /absence: la mère est présente voire hyper protectrice, mais dépressive, le père absent, ou/et autoritaire; le vécu de l'enfance dans un climat anxieux, avec au moins un des parents anxieux. Bien que tous les sujets appartiennent à une fratrie, un seul évoque l'anxiété de frères et sœurs.
34 Le syndrome d’abandon fait référence à la psychanalyste Germaine GUEX. Nous reprenons sa définition p 88.
La culpabilité: lie le doute et la soumission qui doivent rester constant pour maintenir l'équilibre de la structure. L’expression du désir se révèle dans la manière d'exprimer la pulsion interdite (non autorisée) du désir: excitation excessive pulsionnelle, jouissance impossible. Les instances surmoïques sont très fortes voire excessives.
L'inhibition: l'isolement, l'agoraphobie : le sujet a besoin d'être accompagné pour sortir.
- L'accès d'angoisse découlant de l'anxiété généralisée bouleverse la structure d'une névrose d'angoisse dans des expressions phobiques et obsessionnelles.
- L'expression corporelle. Elle sert de support à la représentation "impossible" de l'angoisse (processus de déplacement). Les symptômes somatiques ne sont pas atténués dans le discours et la prise de médicaments omise alors que la prescription touche tous les patients (la question n'étant pas posée clairement, il peut s'agir d'un biais lors de la passation). Pour S. Freud, la somatisation reflète l'échec de défense, la souffrance somatique marque la défaillance du moi: le corps devient représentant de l'angoisse.
La genèse de l'angoisse et des affects apparaît de façon intra psychique mais peut être considérée comme exogène, réactionnelle dans la mesure où les affects prennent sens dans le réel, en entrant en contact avec la réalité extérieure. L'analyse des faits nous amène à concevoir l'inhibition comme centrale. Traiter l'inhibition peut permettre d'évacuer plus rapidement les défenses mises en place.
L'analyse demande à chercher au delà du contenu manifeste afin d'en découvrir le contenu latent, en effet les facteurs déclenchants et la survenue des troubles ne suffisent pas à la compréhension des conflits. La connaissance du clinicien et la reconnaissance par le sujet du poids du passé ; anamnèse et traumatismes. La démarche du clinicien est bien de rendre compte de la cause des conflits inconscients dans l'apparition des symptômes, expression du conflit psychique émergeant de la vie infantile du sujet de part ses compromis entre désir et défense. Cette constatation amène à réviser les aspects phénoménologiques du trouble panique. Nous pouvons concevoir un élargissement de la névrose d'angoisse dans le trouble panique. La présence de l'anxiété généralisée et dans son élargissement Ŕ par des liens entre les phénomènes observés Ŕ la présence d’autres types de névroses ont été mis en évidence.
L'hypothèse émise d'un trouble évolutif s'est confirmée dans l'étude. A la lumière de ces observations, nous ne pouvons comprendre le trouble panique que dans la mesure où nous le considérons dans ses implications névrotiques. Le trouble panique peut donc être reconnu comme une combinaison de traits névrotiques appartenant à plusieurs formes névrotiques. En ramenant les résultats cités plus haut à une échelle de 100 : 46.3% des résultats correspondent à la névrose d'angoisse, 26.5% à la phobie, 17.3% à la névrose obsessionnelle et 9.8% à l’hystérie.
La présence de l'anxiété généralisée dans le trouble panique a été montrée. L'anxiété
généralisée bouleverse la structure d'une névrose d'angoisse et lui confère des connotations phobiques et obsessionnelles. On peut considérer:
La présence de l’anxiété généralisée dans la répartition des formes névrotiques: tableau 4
TAG (Trouble manifeste* 1 ) Fluctuation de l'angoisse Anxiété situation phobique Lutte anxieuse récurrente de l'O el Expression corporelle, réactionnelle

References: § 200
 § 198
 §357
 §360
 § 339
 §194
 §339
 §360
 §317
 §342
 § 322
 § 340
 § 118