Source: http://www.juricaf.org/arret/CONSEILDELEUROPE-COUREUROPEENNEDESDROITSDELHOMME-19751210-679474
Timestamp: 2017-07-25 06:52:01+00:00

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X c. REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE
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Type d'affaire : DecisionType de recours : Violation de l'Art. 6-1 ; Violation de l'Art. 8 ; Préjudice moral - constat de violation suffisantNumérotation : Numéro d'arrêt : 6794/74Identifiant URN:LEX : urn:lex;coe;cour.europeenne.droits.homme;arret;1975-12-10;6794.74 Analyses : (Art. 11) LIBERTE DE REUNION ET D'ASSOCIATION, (Art. 11-1) FONDER ET S'AFFILIER A DES SYNDICATS, (Art. 11-1) INTERET DES MEMBRESParties : Demandeurs : XDéfendeurs : REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNETexte : APPLICATION/REQUETE NÂ° 6794/7 4 X . v/FEDERAL REPUBLIC OF GERMANY X . c/RÃPUBLIQUE FEDÃRALE D'ALLEMAGN E DECISION of 10 December 1975 on the admissibility of the application DECISION du 10 dÃ©cembre 1975 sur la recevabilitÃ© de la requAt e
Article 10 of the Convention : Right to freedom of expression . Temporary seizure of a manuscript. Applicant neither prosecuted not prevented from publishing . No interference . Article 8 of the Convention : The seizure of a private document, albeit temporary, interfer with the right to respect for private life . Article 8, paragraph 2 of the Convention : The seizure of a private document for the purpose of criminal investigations falls under the prevention of crime within the meaning of this provision . Article 10 de ia Convention : Droit A la libertÃ© d'expression . Saisie temporaire d'un manuscrit. Absence de poursuites et d'interdiction de publier . Pas d'ingÃ©rence. Article 8 de la Convention : La confiscation, mÃ©me temporaire, de papiers personnels porte atteinte au droit au respect de la vie privÃ©e .
Article 8, paragraphe 2 de la Convention : La saisie d'un document personnel dans le cadre d'une instruction pÃ©nale relÃ©ve de la prÃ©vention des infractions pÃ©naies, au sens de cette disposition.
(English : see p . 1015)
RequÃ©rant, avocat allemand, en dÃ©tention prÃ©ventive 9 la prison de W . En novembre 1973 te tribunal cantonal de F . a ordonnÃ© la saisie d'un Â« projet de roman Â» du requÃ©rant, mettant en scÃ©ne divers personnages du monde judiciaire . Cette saisie, dÃ©cidÃ©e dans le cadre de l'instruction, devait permettre au psychiatre de faire un rapport sur la responsabititÃ© pÃ©nate du requÃ©rant . Le recours formÃ© contre cette dÃ©cision fut rejetÃ© en mars 1974 par le tribunal rÃ©gional de N . Le recours constitutionnel fut rejetÃ© par une chambre de trois juges de la Cour Constitutionnelle FÃ©dÃ©rale en juillet 1974 .
EN DROI T Le requÃ©rant se plaint de la saisie d'un u projet de roman Â» dont il est l'auteur, cette saisie ayant Ã©tÃ© pratiquÃ©e alors que le requÃ©rant Ã©tait en prison . Il est constan t
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que ce manuscrit, saisi au motif qu'il devait servir Ã l'enquPte pÃ©nale ouverte contre le requÃ©rant, lui a Ã©tÃ© restituÃ© aprÃ©s avoir Ã©tÃ© photocopiÃ© . Le requÃ©rant a invoquÃ© Ã ce sujet l'article 9 de la Convention, qui garantit la libertÃ© de pensÃ©e, de conscience et de religion . La Commission ne discerne, dans les faits exposÃ©s par le requÃ©rant, aucune apparence de violation de ce droit . La Commission a Ã©galement envisagÃ© le grief sous l'angle de l'article 10 de la Convention, invoquÃ© par le requÃ©rant . Cette disposition reconnait Ã toute personne le droit Ã la libertÃ© d'expression, qui comprend notamment la a libertÃ© de communiquer des informations ou des idÃ©es, sans qu'il puisse y avoir ingÃ©rence d'autoritÃ©s publiques Â» . En l'espÃ©ce, la Commission constate que le manuscrit a Ã©tÃ© saisi temporairement puis restituÃ© au requÃ©rant . Il n'apparait pas, par ailleurs, que des poursuites aient Ã©tÃ© engagÃ©es contre celui-ci relativement Ã son a projet de roman n ou qu'il ait Ã©tÃ© victime de quelque interdiction de le publier . Dans ces conditions la Commission estime qu'un examen du dossier ne permet de dÃ©celer aucune apparence de violation de cette disposition . La Commission a ensuite envisagÃ© le grief sous l'angle de l'article 8 de la Convention qui garantit notamment le droit au respect de la vie privÃ©e . Elle considÃ©re que la confiscation, mime temporaire, de papiers personnels porte atteinte Ã ce droit .
Aux termes du paragraphe 2 de l'article 8, l'ingÃ©rence d'une autoritÃ© publique dans l'exercice de ce droit est cependant permise lorsqu'elle est a prÃ©vue par la loi et nÃ©cessaire . . . Ã la prÃ©vention des infractions pÃ©nales Â» . En l'espÃ©ce, le tribunal a ordonnÃ© la saisie conformÃ©ment aux articles 94 et suivants du code allemand de procÃ©dure pÃ©nale (StPO) . Cette juridiction considÃ©rait en effet qu'une photocopie du document Ã©tait utile Ã l'instruction complÃ¨te de l'affaire en ce sens que ce document devait aider l'expert psychiatrique Ã dÃ©terminer le degrÃ© de responsabilitÃ© pÃ©nale du requÃ©rant . Cette mesure de saisie fait ainsi partie de l'application du droit pÃ©nal et relÃ©ve de la prÃ©vention des infractions au sens du paragraphe 2 de l'article 8 . Elle constitue dÃ©s lors une ingÃ©rence justifiÃ©e d'une autoritÃ© publique dans l'exercice du droit Ã la vie privÃ©e .
Le requÃ©rant prÃ©tend cependant que la saisie n'a pas Ã©tÃ© effectuÃ©e en fait pour les besoins de l'expertise psychiatrique, mais parce que le procureur se serait senti directement visÃ© par le roman, dont le personnage central serait une caricature de sa personne et de sa fonction . Il allÃ©gue donc un dÃ©tournement de pouvoir . La Commission a examinÃ© cette allÃ©gation sous l'angle de l'article 8 combinÃ© avec l'article 18 de la Convention ainsi libellÃ© : rt Les restrictions qui, au terme de la prÃ©sente Convention, sont apportÃ©es auxdits droits et libertÃ©s ne peuvent Ãªtre appliquÃ©es que dans le but pour lequel elles ont Ã©tÃ© prÃ©vues . n Elle estime que l'assertion du requÃ©rant ne repose sur aucun commencement de preuce . En particulier, celui-ci n'a fait l'objet d'aucune poursuite en diffamation et a pu rentrer en possession de son manuscrit . Un examen du grief tel qu'il a Ã©tÃ© soumis, y compris un examen d'office, ne permet donc pas Ã la Commission de discerner l'apparence d'une violation des articles 9 et 10 de la Convention, ni de l'article 8, tant pris isolÃ©ment que combinÃ© avec l'article 18 .
II s'ensuit que la requÃªte est manifestement mal fondÃ©e au sens de l'article 27, 4 2, de la Convention . Par ces motifs, la Commis .sio n DÃCLARE LA REQUÃTEIRRECEVABLE . Summary of the facts The applicant, a German solicitor, was detained on remand in W . Prison . In November 1973, the district court of F . ordered the seizure of an applicant's ; "draft nove/" the action thereof involving various characters from the Judiciary . The seizure took place within the framework of the criminal investigation laid against the applicant. It was designed to enable a psychiater report on the applicant's criminal responsibility .
Appeal against that order was rejected in March 1974 by the N. Regional Court. The applicant then lodged a constitutional appeal with the Federal Constitutional Court which was rejected by a three judges' chamber in July 1974 .
I TRANSLATION I THE LAW The applicant is the author of a "draft novel" which, he complains, was seized in the course of his detention . It is clear that the said manuscript was seized for the declared purpose of a criminal enquiry laid against the applicant, photocopied and given back to the applicant afterwards . He invokes Article 9 of the Convention which protects the right to freedom of thought, conscience and religion . However, the Commission fails to see, in the facts as submitted by the applicant, any appearance of a violation of that right . The Commission then looked at the complaint under Art . 10 of the Convention, which had also been raised by the applicant . This provision recognises for everybody the right to freedom of expression which includes in particular, "the freedom to impart information or ideas without interference by public authority" . In the present case the Commission note that the manuscript was seized for a short period and quickly returned . On the other hand, the applicant has apparently neither been prosecuted in relation to his draft novel nor in any way been prevented from publishing it . Under these conditions, an examination ot the file by the Commission does not disclose any appearance of a violation of this provision . The Commission next considered the complaint under Article 8 of the Convention which especially guarantees the right to respect for private life . It is of the opinion that the seizure of a private document, albeit temporary, interferes with that right . Under paragraph 2 of Article 8, however, interference by a public authority with the exercise of the said right is permissible where it is "in accordance with the law and necessary . . . for the prevention of crime" . In the present case, the seizure was ordered by the court in accordance with Section 94 and following of the German Code of criminal procedure IStPOI . A photocopy of that document was held by the Court to be necessary for a full investigation of the case and, in particular, for the assessment by a psychiatric expert, of the applicant's criminal responsibility .
Such a seizure is a part of the enforcement of criminal law and falls under the prevention of crime within the meaning of paragraph 2 of Art . B . It constitutes therefore a justified interference by public authority with the exercise of the right to private life . The applicant claims however, that the seizure was not for the purpose of an expert psychiatric opinion but because the Prosecutor felt the book was directed against him as the central figure in the novel was a caricature of him and his office . He alleges in fact an abuse of power (dAtournement de pouvoir) . The Commission considered this allegation under Article 8 of the Convention in conjunction with Article 18 which reads :
"The restrictions permitted under this Convention to the said rights and freedoms shall not be applied for any purpose other than those for which they have been prescribed . " - However it finds that the allegation is not supported by any evidence . The Commission notes in panicular that the applicant was not prosecuted for defamation and was given his manuscript back . An examination by the Commission of this complaint as it has been submitted, including an examination made ex officio, does not therefore disclose any appearance of a violation of Articles 9 and 10 of the Convention or Article 8, taken either separately or in conjunction with Article 18 . It follows that the application is manifestly ill-founded within the meaning of Article 27 121 of the Convention . For these reasons, the Commissio n DECLARE THE APPLICATION INADMISSIBLE .
- 107 -Origine de la décision Pays : Conseil de l'EuropeJuridiction : Cour européenne des droits de l'hommeFormation : Cour (plénière)Date de la décision : 10/12/1975Fonds documentaire : HUDOC Haut de page

References: l'article 9
 l'article 10
 l'article 8
 l'article 8
 l'article 8
 l'article 8
 l'article 18
 l'article 8
 l'article 18
 l'article 27