Source: http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/djibouti.htm
Timestamp: 2016-06-27 07:31:16+00:00

Document:
R�publique de Djibouti
Capitale: Djibouti Population: 799 000 (2005) Langues officielles: arabe et fran�ais Groupe majoritaire: somali ou issa (61,1 %) Groupes minoritaires: afar (20,4 %), arabe (15,4 %),
fran�ais (2,1 %), amharique (0,3 %), grec, tigrina, etc.
art. 1, 3, 6 et 89 de la
Constitution du 4 septembre 1992
Lois linguistiques: Loi n� 15-78 r�glementant l'usage du terme �national� par les entreprises � caract�re commercial ou industriel (1978);
Arr�t� n�91-896/PR/MEN portant institution d�un comit� intersectoriel pour le programme d�alphab�tisation (1991);
Loi organique n� 1/ AN /92 relative aux �lections (1992);
Code p�nal (1995);
Loi n�114/AN/96/3e L relatif � la protection du droit d'auteur (1996); Loi n� 40/AN/99/4e L fixant la r�glementation applicable aux entreprises d'assurance (1999);
Loi n� 96/AN/00/4e L du 10 juillet 2000 portant orientation du syst�me �ducatif djiboutien (2000);
Arr�t� n�2003-0186/PRE portant organisation du Forum des langues et des cultures (2003); Arr�t� n�2002-0217/PRE portant organisation du symposium sur la langue
somali (2002); Arr�t� n� 2003-0070/PRE portant organisation du symposium sur la langue afare (2003);
D�cret n�2004-0087/PR/MENESUP portant cr�ation d'un baccalaur�at pour l'enseignement secondaire en langue arabe (2004);
Arr�t� n� 2004-0655/PR/MENESUP organisant la formation initiale des �l�ves-instituteurs arabisants enseignant la langue arabe � l'Enseignement de base (2004);
D�cret n� 2004-0087/PR/MENESUP portant cr�ation d'un baccalaur�at pour l'enseignement secondaire en langue arabe (2004);
Loi n� 79/AN/04/5e portant Code de la nationalit� djiboutienne (2004);
Loi n� 133/AN/05/5e L portant Code du travail (2005);
Arr�t� n� 2006-0051/PRE portant organisation de la Journ�e nationale des artistes et de la Journ�e nationale des langues maternelles (2006);
Loi n� 28/AN/08/6e L portant sur la protection, la r�pression de la fraude et la protection du consommateur (2008);
Loi portant organisation du minist�re de l'�ducation nationale et de l'Enseignement sup�rieur (2012);
Code de commerce (2011);
Loi n� 164/AN/12/6e L portant organisation du minist�re de l'�ducation nationale et de la formation professionnelle (2012);
D�cret n� 2014-122/PR/MENSUR fixant les conditions et la proc�dure d'octroi des �quivalences/reconnaissances des dipl�mes de l'enseignement sup�rieur (2014).
Djibouti est un �tat d'Afrique orientale situ� � l'entr�e de la mer Rouge, appartenant � la Corne de l�Afrique et limit� � l'est par le golfe d'Aden, au sud-est par la Somalie, au sud et � l'ouest par l'�thiopie et au nord par l'�rythr�e. Djibouti est s�par� de la p�ninule Arabique (et du Y�men) par le d�troit de Bab el-Mandeb, d'une largeur de 30 km.
Le pays poss�de une fa�ade maritime longue de
370 km, qui donne sur la mer Rouge et le golfe d�Aden; sa superficie ne d�passe pas 23 200 km� (Belgique: 30 527 km�) et sa capitale est la ville de Djibouti. La R�publique de Djibouti est divis�e en
cinq circonscriptions administratives appel�es districts: Djibouti (Jiibūti), Ali-Sabieh (Ali Sabīh),
Dikhil (Dihil), Tadjoura (Tajūra) et Obock (Ubuk); voir la carte
d�taill�e du pays. La nouvelle politique du gouvernement en mati�re de
d�centralisation a cr�� des Conseils r�gionaux aux sein des districts. Les
membres de ces conseils sont choisis parmi les r�sidents des districts et
disposent d'un large pouvoir en mati�re de gestion publique.
On constate que les
districts sont de taille tr�s in�gale. Les districts formant la r�gion Afar (Dikhil, Tadjoura et Obock),
avec plus de 87 % de la superficie totale du pays, forment l'essentiel du
territoire de la r�publique de Djibouti; � eux seuls, les districts d'Obock et de
en repr�sentent plus de 60 % du pays. La r�gion de Djibouti-Capitale, qui
forme un seul district, ne compte que pour 2,5 % de la superficie du pays. �gions et districts
I. R�GION
D'AFAR
20 200 km�
(1) District d'Obock
5700 km�
% (2) District de Dikhil
7200 km�
7300 km�
% II. R�GION
DE SOMALI-ISSA
2400 km�
(4) District d'Ali-Sabieh 2400 km�
% III. R�GION
DE DJIBOUTI-CAPITALE
District de la ville de
Djibouti 600 km�
71,4 % TOTAL: R�PUBLIQUE DE DJIBOUTI
23 200 km�
% Le nom du pays proviendrait, soit de Dji-bouti
signifiant en arabe y�m�nite �am�ne le boutre�, c'est-�-dire un petit navire arabe � voiles, � l'arri�re tr�s �lev� (le boutre �tant utilis�
par les premiers Y�m�nites arriv�s � Djibouti), soit de Djab-outi,
signifiant en langue somali �le lieu o� s'est cass� l'ogre�. Djibouti est �galement connu sous le nom de �Pays des Braves�. Les relations avec les pays occidentaux se sont renforc�s depuis le 11 Septembre 2001. D�s 2002, Djibouti accueillait une base militaire am�ricaine d'environ 4000 hommes. 2
La population de Djibouti �tait estim�e en
2005 � 799 000 habitants (en 1998: 588 100), dont plus des deux tiers vivent dans Djibouti-Capitale. � cette population, il
faudrait ajouter les quelque 300 000 r�fugi�s originaires de l'�thiopie, de
la Somalie ou de l'�rythr�e que les conflits ethniques ont pouss� � l'exode. Groupe ethnique
Somalis (Issa)
Arabes, Omani
arabe (Omani Spok)
Arabes, Ta'izz-Adeni
arabe (Taizzi-Ade)
pays compte deux grandes ethnies principales aux rapports parfois difficiles: les Somalis (61,1 %) et les Afars
(20,4 %), selon les donn�es officielles. Cependant, Ethnologue, qui se base sur une population de 658 207 habitants, propose 45,5 % pour l'afar (300 000), 44,2 % pour le somali (291 207), 7,9 % pour l'arabe (52 000) et 2,2 % pour le fran�ais (15 000).
Les Somalis sont divis�s entre trois clans
distincts: les Issas, les Gadaboursis
et les Issaqs. Au nord du golfe, habitent les Afars, des �leveurs nomades, tandis que les Somalis,
qui se r�partissent en Issas (majorit�), en Gadaboursis (minorit�) et en
Issaqs,
habitent le Sud. Le pays compterait aussi 8 % d'Arabes (� Djibouti-Capitale) et un
faible pourcentage d'Europ�ens (2,3 %), presque tous des Fran�ais et un certain nombre de Grecs. Plus de la moiti� de la
population est concentr�e � Djibouti, une ville cosmopolite o� se c�toient �galement
Europ�ens, Arabes, �thiopiens, Y�m�nites, Pakistanais et Asiatiques divers.
En ce qui a trait aux langues, les ethnies djiboutiennes pratiquent la m�me �conomie, parlent des langues
du m�me groupe couchitique (famille
chamito-s�mitique) et professent la m�me religion musulmane. Les Afars parlent
l'afar, une langue couchitique de la famille chamito-s�mitique; les Issas,
les Gadaboursis et les Issaqs parlent le somali (appel� aussi l'issa), une autre langue
couchitique. Les Arabes, pour leur part, parlent l'arabe
djiboutien ou l'arabe omanais, alors que
les Europ�ens parlent g�n�ralement le fran�ais (sinon le grec).
Bien que les langues officielles soient le fran�ais et
l'arabe, le fran�ais est r�serv� � la capitale et uniquement aux communications formelles ou officielles; le somali demeure la v�ritable langue v�hiculaire dans tout le pays, alors que l'arabe djiboutien est la seconde langue. La langue afar semble en r�gression � Djibouti-Capitale au profit du somali et
du fran�ais. D'ailleurs, l'afar emprunte massivement � ces deux langues.
L'afar est parl� diff�remment � Djibouti, en �thiopie et en �rythr�e. Comme la majorit� des langues africaines, l'afar n'a pas de tradition �crite et sa culture rel�ve de l'oralit�, mais cette langue peut s'�crire et il existe m�me une revue dans cette langue en �thiopie (Qusba maaca : �L�Aube nouvelle�).
Personne ne parle l'arabe officiel au sein de la population djiboutienne, mais c'est la langue du Coran et d'une partie de l'enseignement secondaire. Pr�s de 98 % de
la population est compos�e de musulmans sunnites. Le christianisme n'est
pratiqu� en principe que par les communaut�s d'origine europ�enne, le juda�sme par les juifs, etc. De toute fa�on, cette question, relativement secondaire dans le cadre de cet article, ne concerne pas la langue. Djibouti se caract�rise aussi par une forte concentration de sa population dans la capitale, Djibouti-Ville, soit les deux tiers des habitants, et par une croissance d�mographique forte, accentu�e par l�immigration en provenance de l��thiopie et de la Somalie.
Les c�tes djiboutiennes furent fr�quent�es d�s le IIe
mill�naire par les commer�ants arabes attir�s par l'emplacement g�ographique
du pays. Au carrefour de l'Afrique, du Proche-Orient et de l'oc�an Indien,
Djibouti devint un important comptoir d'�changes entre les Arabes et l'Afrique
au cours du Moyen �ge, que ce soit pour le trafic d'esclaves ou le commerce
d'aromates. Les Britanniques furent les premiers Europ�ens � avoir eu une
politique expansionniste dans la r�gion de la mer Rouge. Ils s'install�rent �
Aden (Y�men du Sud), prise le 16 janvier 1839.
3.1 La pr�sence fran�aise
C'est aussi la situation g�ographique de Djibouti qui
suscita l'int�r�t des commer�ants fran�ais. D�s 1839, des explorateurs fran�ais
parcoururent la r�gion. Anticipant l'ouverture du canal de Suez (qui eut lieu
le 17 novembre 1867) et, souhaitant contrebalancer la pr�sence anglaise � Aden au
Y�men du Sud, la France �tablit en 1862, par un trait� avec les sultans afars
(repr�sent�s par Dini Ahmed Abou Baker), une colonie � Obock. En r�alit�,
il s'agissait d'une concession commerciale accord�e par le sultan � la France
pour quelque 50 000 francs de l'�poque. La premi�re concession dans ce qui
�tait appel� � ce moment-l� le territoire d'Obock fut
effectivement c�d�e en 1872 �
Denis de Rivoyre. Par la suite, vint Pierre Arnoux en 1880, puis tous deux fond�rent
en 1881 la Compagnie franco-�thiopienne; la m�me ann�e, Soleillet et Chefneux
cr��rent la Soci�t� fran�aise, mais elle fit faillite en 1886, alors que Br�mond
fonda les Factoreries fran�aises. L'enjeu pour la France �tait alors de rivaliser avec les Britanniques et
les Italiens et d'avoir acc�s � l'�thiopie. En 1883, L�once Lagarde fut nomm� commissaire du
gouvernement fran�ais � Obock. Il d�cida d'abandonner Obock
sur la rive nord du golfe de Tadjoura pour la rive sud et de transporter � Djibouti le si�ge de l'administration coloniale.
Nomm� en 1884 gouverneur de Djibouti, Lagarde
fit progressivement de la ville de Djibouti un port moderne, o� s'implant�rent des Somalis et
des Arabes. C'est � cette �poque qu'Arthur Rimbaud commer�ait avec M�n�lik
et faisait partir ses caravanes de Zayla et de Tadjoura. En 1893, Djibouti
comptait 1200 habitants, alors qu'Obock ne d�passait pas le
millier d'habitants. Par le d�cret du 20 mai 1896, les Fran�ais cr��rent une
nouvelle colonie en r�unissant le territoire d'Obock, les protectorats sur
Tadjoura, le Gobaad, le Ghoubbet-el-Kharab, le pays des Issas avec Djibouti pour
nouvelle capitale. Le d�cret du
20 mai 1896 devint l'acte de naissance officiel de la C�te fran�aise des
Somalis et d�pendances. Djibouti se transforma un port de mer important
dans toute la r�gion. En 1897, la ville de Djibouti comptait environ 6000
habitants, mais passa rapidement � 10 000 en 1898, puis � 15 000 en 1900, dont
quelque 2000 Europ�ens. C'est que la construction d'un chemin de fer (783 kilom�tres
de Djibouti � Addis Abeba en �thiopie) termin� en 1917 allait transformer la
petite ville de Djibouti. En effet, outre de nombreux Fran�ais, la ville vit
arriver des
travailleurs somalis, arabes, indiens, grecs et arm�niens, ainsi que des
populations nomades de l�int�rieur, tous attir�s par les activit�s li�es
au chemin de fer, au port de Djibouti et au commerce, sans oublier
l�exploitation des Salines. En 1920, Djibouti se classait en septi�me
position par rapport aux grands ports des colonies fran�aises.
L'enseignement primaire dans les �coles publiques fut
dispens� en fran�ais pour les gar�ons de la R�publique � partir de 1922. Dans les �tablissements priv�s, l'�cole de la Nativit� des S�urs franciscaines
de Calais �duquait les jeunes filles. Quant aux enfants djiboutiens, ils
suivaient la coutume et fr�quentaient les �coles coraniques ou parfois l'�cole franco-islamique.
s'appuyant tant�t sur les Afars tant�t sur les Issas, selon le principe du
connu �diviser
pour r�gner�, la colonisation fran�aise a m�me amplifi� les diff�rends entre les
Afars et les Issas. En 1946, la colonie devint un Territoire fran�ais
d'outre-mer (TOM). Les habitants acc�d�rent ainsi au statut de citoyen fran�ais, purent �lire une assembl�e territoriale et
envoyer un repr�sentant � chacune des assembl�es m�tropolitaines.
Au r�f�rendum constitutionnel de 1958, le maintien du
statut de TOM pr�n� par Hassan Gouled Aptidon l'emporta. Le pr�sident Hassan
Gouled, un Somali-Issa, r�ussit jusqu'� la fuite de Mengistu et l'attaque du Front
afar, � rester �neutre� malgr� une �thiopie pro-Afars et une Somalie
pro-Issas. L�agitation politique prit de l'ampleur et atteint un point culminant � l�occasion de l�escale du g�n�ral de
Gaulle, le 25 ao�t 1966; le 26 au soir, la L�gion �trang�re intervint
brutalement contre les manifestants venus acclamer le g�n�ral; il y eut
plusieurs dizaines de morts et de nombreux bless�s. De Gaulle quitta Djibouti d�s
Un nouveau statut du territoire fut pr�par� � Paris et adopt� en d�cembre 1966 par le Parlement.
En mars 1967, les �lecteurs djiboutiens se prononc�rent par r�f�rendum, dans
une proportion de 58,3 %, pour le maintien
de Djibouti au sein de la R�publique fran�aise. En juillet 1967, le territoire
de Djibouti prit le nom de Territoire
fran�ais des Afars et des Issas (TFAI). Ce changement de nom refl�tait les
changements de soutien au r�gime colonial de la part des deux plus grandes
communaut�s au pays, mais t�moignait �galement des tensions sociales et politiques;
l'arm�e fran�aise r�prima durement les �meutes de 1966-1967. Apr�s le
r�f�rendum sur le nouveau statut de Djibouti, les Afars
s�empar�rent des principaux postes administratifs du pays. Puis, les mouvements ind�pendantistes se multipli�rent.
En 1975, la Somalie revendiqua la ville de Djibouti et les territoires habit�s par les Somalis, acc�l�rant ainsi le processus d'ind�pendance.
Un nouveau r�f�rendum, tenu le 8 mai 1977, donna une majorit� en faveur
de l'ind�pendance (98,8 %). Le 27 juin 1977, le nouvel �tat acc�da
� l'ind�pendance sous le nom de r�publique de
On comprendra qu'� Djibouti la r�alit� coloniale a fait en sorte que le fran�ais a �t� la langue de l'�lite, ce qui a permis une promotion sociale � ceux qui savaient le fran�ais, et � l'afar et au somali, les langues nationales, de s'en tenir � un statut de seconde classe. En effet, leur ma�trise ne donnait ni droits ni privil�ges.
3.2 L'ind�pendance La vie politique resta domin�e par l�affrontement entre les deux ethnies, les
Afars et les Issas. L��quilibre recherch� dans le partage des pouvoirs � le pr�sident de la R�publique Hassan Gouled Aptidon �tant un Issa et le chef du gouvernement, Ahmed Dini,
un Afar � resta pr�caire et ne r�sista pas � l��preuve du pouvoir. Gouled Aptidon,
le premier pr�sident de la R�publique (r��lu jusqu'en mai 1993) fut toujours
appuy� par une importante pr�sence militaire fran�aise. En 1972, le r�gime d�cida que la langue somali serait �crite en
alphabet latin et acc�derait au rang de �langue nationale. Pour la langue afar, l'orthographe latine
s'est d�velopp�e en 1976 gr�ce � Dimis et Reedo dans deux recueils produits pour le compte de l'Union pour le
d�veloppement culturel (UDC).
Depuis 1991, le Front pour la restauration de l'unit� et de la d�mocratie (FRUD)
a entrepris un conflit arm� contre le pouvoir, mais en d�pit de l'accord de paix sign� en 1994 avec une faction des
bellig�rants les probl�mes
persist�rent. Les combats laiss�rent un pays cribl� de dettes et constamment sous la menace d'une grande instabilit� politique. Apr�s la d�mission du pr�sident Hassan Gouled Aptidon, �g� de 83 ans, l��lection pr�sidentielle du 9 avril 1999
concr�tisa la victoire de son candidat et ancien chef de cabinet, Isma�l Omar Guelleh.
Mais la nouvelle �lite dirigeante demeura peu encline � changer les r�gles
tr�s in�gales du jeu politique. En 1999, lors des �tats g�n�raux sur l'�ducation nationale, il s'est manifest� la n�cessit� de faire apprendre aux enfants les langues nationales, mais ce fut sans remettre en question le fran�ais qui demeura l'une des deux langues officielles et la langue de l�enseignement et de l�administration.
Les Afars ont continu� de contr�ler le nord du
pays, tandis que les Somalis demeurent solidement install�s dans la capitale. En attendant, le sort de Djibouti se joue autant � Paris qu��
Djibouti-Capitale. Les civils fran�ais repr�sentent 90 % de la population europ�enne,
la France contribue encore pour pr�s de 60 % au produit national brut du pays.
Djibouti accueille la seconde base militaire fran�aise d�Afrique. C'est le
seul pays d'Afrique de l'Est, par ailleurs massivement anglophone, li� par la
langue fran�aise � la Francophonie. Djibouti est n�anmoins entr� dans l��re des incertitudes, avec comme fond de sc�ne,
des conflits sanglants qui risquent de bouleverser la r�gion encore longtemps. 4
La politique linguistique de la r�publique de Djibouti en
est une de bilinguisme. C'est une politique qui favorise deux langues
officielles qui ne sont gu�re parl�es par la population locale. En effet, le
fran�ais et l'arabe (classique) sont les deux langues officielles, alors que
les langues usuelles sont l'afar, le somali et l'arabe dialectal. L'article 1er de la Constitution du 4 septembre 1992 proclame que les langues officielles sont l'arabe et le fran�ais :
1) L'�tat de Djibouti est une
r�publique d�mocratique souveraine une et indivisible. 2) Il assure � tous l'�galit� devant la loi sans distinction de langue d'origine de race de sexe ou de religion. Il respecte toutes les croyances. 3) Sa devise est �Unit�, �galit�, Paix�. 4) Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. 5) Ses langues officielles sont
l'arabe et le fran�ais. Comme dans tous les cas similaires, le texte ne pr�cise pas de quel arabe il s'agit, mais dans les faits c'est l'arabe classique, pas l'arabe dialectal ou djiboutien. Afin de pr�venir les antagonismes ethniques, l'article 3
reconna�t tous les Djiboutiens comme �gaux par la langue:
Article 3 La r�publique de Djibouti est compos�e de l'ensemble des personnes qu'elle reconna�t comme membres et qui en acceptent les devoirs sans distinction de langue, de race, de sexe, ou de religion. L'article 6.3 interdit aux partis politiques djiboutien de
s'identifier � une ethnie ou � une langue:
Article 6�
1) Les partis politiques concourent � l'expression du suffrage.
2) Ils se forment et exercent leur activit� librement dans le respect de la Constitution, des principes de la souverainet� nationale et de la d�mocratie.
3) Il leur est interdit de s'identifier � une race � une ethnie � un sexe � une religion � une secte � une langue ou � une r�gion. 4) Les formalit�s relatives � la d�claration administrative des partis politiques � l'exercice et � la cessation de leur activit� sont d�termin�es par la loi.�
4.1 La langue de l'�tat
Au point de vue des langues officielles, la langue de l'�tat est le fran�ais. Les lois sont
g�n�ralement r�dig�es en fran�ais; seuls les en-t�tes sont en fran�ais et en arabe classique. Comme il est pr�cis� dans le texte de la Constitution, la version fran�aise pr�vaut sur la version
arabe dans les textes bilingues:
Article 89 La pr�sente constitution sera soumise � r�f�rendum. Elle sera enregistr�e et publi�e en fran�ais et en arabe au Journal officiel de la r�publique de Djibouti, le texte en fran�ais faisant foi. Selon la
Loi organique n� 1/ AN /92 relative aux �lections (1992), pour �tre �ligible �
l'Assembl�e nationale, il faut savoir �crire et parler couramment le fran�ais
OU l'arabe: Article 11 Est �ligible � l'Assembl�e nationale tout djiboutien �g� de 23 ans r�volus, ayant la qualit� d'�lecteur et
sachant lire, �crire et parler couramment le fran�ais ou l'arabe.
De fa�on tout � fait exceptionnelle, le gouvernement devrait faire traduire en afar et en
somali certains textes juridiques tels la Convention relative sur les droits des enfants, afin de diffuser ces droits de mani�re plus efficace.
Dans les tribunaux, il existe, concurremment au syst�me calqu� sur le syst�me fran�ais et fonctionnant en fran�ais, deux autres ordres de juridiction : la Charia (en arabe classique) et le tribunal coutumier fonctionnant dans les langues nationales (arabe djboutien, afar et somali). Les articles 242 et 243 du
Code p�nal (1995) pr�voient le recours � l'interpr�tariat en cas de besoin: Article 242
Le fait, pour un interpr�te, en toute mati�re, de d�naturer la substance des paroles ou documents traduits est puni, selon les distinctions des articles 237 et 238, de trois ans d'emprisonnement et de 1 000 000 F d'amende, ou de cinq ans d'emprisonnement et de 2 000 000 F d'amende.
La subornation de l'interpr�te est r�prim�e dans les conditions pr�vues par l'article 239.
Dans les causes civiles et p�nales, l'arabe classique et le fran�ais sont autoris�s, ainsi que la traduction dans les langues nationales.
4.3 L'administration publique L'administration djiboutienne utilise le fran�ais dans ses formulaires et documents. L'emploi
de la langue arabe n'est pas encore tr�s fr�quent. C'est pourquoi, en vertu de
l'article 14 de la loi de 2001 portant organisation du minist�re de l��ducation
nationale et de l�Enseignement sup�rieur, le
gouvernement entendait �favoriser l�utilisation de la langue arabe par les services administratifs du Minist�re�.
Dans la version de la m�me loi de 2012, cet article est disparu. L'article 19 de la
loi n� 79/AN/04/5e portant Code de la nationalit� djiboutienne (2004) prescrit �une connaissance suffisante de l'une des langues employ�es en r�publique de Djibouti:
Nul ne peut �tre naturalis� s'il ne justifie de son assimilation � la communaut� djiboutienne, notamment, par une connaissance suffisante de l'une des langues employ�es en r�publique de Djibouti.
On peut supposer que cette article autorise l'emploi de l'afar, du somali et de l'arabe djiboutien, en plus de l'arabe classique et du fran�ais.
L'article 41 de la
loi n� 28/AN/08/6e L portant sur la protection, la r�pression de la fraude et la protection du consommateur (2008) oblige �l'emploi de l'une des langues officielles� dans la d�signation, l'offre, la pr�sentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, l'�tendue et les conditions de garantie d'un bien ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances :
Article 41 1) Dans la d�signation, l'offre, la pr�sentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, l'�tendue et les conditions de garantie d'un bien ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de l'une des langues officielles de la r�publique de Djibouti est obligatoire. Le recours � tout autre terme ou expression �quivalente est permis. 2) La d�nomination des produits typiques ou sp�cialit�s d'appellation �trang�re ou nationale bien connue du public est dispens�e de l'application des dispositions de l'alin�a pr�c�dent. Selon le Code du travail ou la
loi n� 133/AN/05/5e L portant Code du travail (2005), tout contrat d'apprentissage (art. 68) et toute convention collective (art. 256) doivent �tre r�dig�s dans la langue officielle, mais celle-ci n'est pas mentionn�e : Article 68
Le contrat d�apprentissage est constat� par �crit � peine de nullit�. Il est r�dig� dans la langue officielle en quatre exemplaires et soumis au visa des services comp�tents du Minist�re charg� du Travail.
Si le visa est refus�, le contrat est nul de plein droit.
Si l�omission du visa est due au fait de l�employeur, l�apprenti pourra faire constater la nullit� du contrat et pourra, s�il y a lieu, r�clamer des dommages et int�r�ts.
Si l�autorit� comp�tente pour accorder le visa n�a pas fait conna�tre sa d�cision dans les trente jours cons�cutifs � la r�ception de la demande de visa, ce dernier est r�put� avoir �t� accord�.
Article 256 La convention collective doit �tre �crite en langue officielle. Elle est �tablie sur papier libre et sign�e par les repr�sentants autoris�s des parties contractantes. Elle doit �tre d�pos�e au Minist�re charg� du Travail ou � ses services comp�tents qui l'enregistrent et en d�livrent r�c�piss�. Elle entre en application d�s sa signature � moins que les parties en d�cident autrement.
Les modifications apport�es � la convention collective initiale doivent �tre �tablies, d�pos�es, notifi�es et publi�es dans les m�mes formes et conditions que ci-dessus.
Le Code de commerce (2011) impose l'usage de l'une des langues officielles :
Article L.2301-2 Dans la d�signation, l'offre, la pr�sentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, l'�tendue et les conditions de garantie d'un bien ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de l'une des langues officielles de la R�publique de Djibouti est obligatoire. Le recours � tout autre terme ou expression �quivalente est permis.
La d�nomination des produits typiques ou sp�cialit�s d'appellation �trang�re ou nationale bien connue du public est dispens�e de l'application des dispositions de l'alin�a pr�c�dent.
Article L.4600-3 Le syndic d�sign� par une juridiction comp�tente peut exercer, sur un territoire �tranger, tous les pouvoirs qui lui sont reconnus par le pr�sent livre aussi longtemps qu'aucune autre proc�dure collective n'est ouverte dans cet �tat.
La nomination du syndic est �tablie par la pr�sentation d'une copie, certifi�e conforme � l'original de la d�cision qui le nomme ou par tout autre certificat �tabli par la juridiction comp�tente. Il peut �tre exig� une traduction de ce document dans la langue officielle de l'�tat sur le territoire duquel le syndic veut agir.
Par ailleurs, l'affichage gouvernemental utilise les deux langues officielles
avec les inscriptions en fran�ais (sup�rieur) et arabe (inf�rieur).
4.3 L'�ducation La population djiboutienne est tr�s largement, � 99%, de confession musulmane et le pr�ambule de la Constitution indique que l'Islam constitue la Religion de l'Etat. On trouve, cependant, � Djibouti-ville d'autres lieux de culte. Les langues officielles sont le fran�ais et l'arabe alors que le somali et l'afar, appartenant au groupe couchitique, repr�sentent les principales langues maternelles du pays. Si l'enseignement des langues nationales a �t� adopt�, sa r�alisation pratique est encore discut�e et les premiers manuels scolaires en langues nationales du primaire ont �t� �labor�s.
- Les �coles primaires et secondaires
C'est dans l'enseignement que
la politique de bilinguisme semble la plus apparente. L'�tat favorise
l'enseignement en afar et en somali � la maternelle, mais le fran�ais
d�s le d�but du primaire. L'enseignement de l'arabe
classique est introduit en CM1 (classe de cycle 3) et CM2 (classe de cycle 4), ainsi qu'au secondaire, concurremment au fran�ais.
L�arabe fait partie des �preuves
de l�entr�e en 6e, du BEPC ainsi que du BAC. Ces pratiques sont
conformes � l'article 5 de la Loi n� 96/AN/00/4e L du 10 juillet 2000 portant orientation du syst�me �ducatif djiboutien (2000):
Article 5 1) L��ducation et la formation sont dispens�es dans les langues officielles et dans les langues nationales.
2) Un d�cret pris en Conseil des ministres fixe les modalit�s de l�enseignement en fran�ais, en arabe, en afar et en somali. Malgr� la loi, on pourrait dire que le fran�ais demeure la langue d'enseignement unique dans les �coles djiboutiennes. L'enseignement primaire accueille un peu moins de 50 % des
enfants scolarisables, mais pr�s de 80 % des �l�ves ne poursuivent pas leurs
�tudes au secondaire. Parmi eux, une part importante n'a pas tir� tout le
profit souhait� de ce s�jour � l'�cole, notamment en fran�ais. Djibouti a
h�rit� de la colonisation fran�aise son syst�me �ducatif; il a conserv�,
jusqu'� r�cemment, les caract�ristiques du mod�le fran�ais: examens en fin
de cycles, encyclop�disme de l'enseignement, concours pour l'acc�s aux diff�rents
niveaux, etc. Cependant, certaines transformations semblent manifestes,
particuli�rement au primaire o� les programmes ont �t� r�vis�s afin d'y
introduire des notions plus proches de la r�alit� djiboutienne et de faire
appel � m�thodes p�dagogiques faisant plus activement appel � l'intelligence
des �l�ves. - La promotion des langues
L'�tat djiboutien a d�cid� de promouvoir les langues nationales ainsi que l'arabe. D'abord, il faut pr�voir un programme d'alphab�tisation. L'article 1er de l'Arr�t� n�91-896/PR/MEN portant institution d�un comit� intersectoriel pour le programme d�alphab�tisation (1991) avait pour but de r�duire le taux d'analphab�tisme:
Article 1er Il est institu� aupr�s du ministre de l��ducation nationale un Comit� intersectoriel dont le r�le est de : - mobiliser les ressources et l�appui n�cessaires pour la mise en �uvre des recommandations de la Conf�rence "�ducation pour tous" de Jomtien, notamment dans le domaine de l�alphab�tisation des adultes; - coordonner les activit�s d��ducation de base qui visent � r�duire le taux d�analphab�tisme en organisant un syst�me de partenariat entre le Minist�re de l��ducation Nationale responsable du programme d�alphab�tisation, les autres d�partements minist�riels concern�s, ainsi que les organisations internationales qui �uvrent pour la promotion de l��ducation de base;
- faciliter par la mobilisation et la sensibilisation, l�acc�s des femmes et des jeunes filles � l��ducation de base en r�duisant les facteurs �conomiques et socioculturels qui font obstacle � leur instruction. L'Arr�t� n�2003-0186/PRE portant organisation du Forum des langues et des cultures (2003) cr�ait un �Forum des langues et des cultures�:
Un Forum des langues et des cultures sera organis� du 24 au 26 mars 2003 � Djibouti, sous la tutelle de l�Institut des langues du CERD. Afin de faciliter les communications entre les personnes �mettrices par la voie des m�dias et les personnes r�ceptrices, il parut n�cessaire de standardiser les mots et les expressions les plus utilis�s par les m�dias. � cette fin, le gouvernement djiboutien a organis� des symposiums sur les langues nationales, l'afar et le somali. Le symposium sur l�afar s�est tenu en mars 2003 � Djibouti. Il s�est fix� pour objectif principal la standardisation de 3000 mots et des expressions couramment utilis�s � travers les activit�s survenues de par le monde. L'Arr�t� n�2002-0217/PRE portant organisation du symposium sur la langue
somali (2002) cr�ait un symposium sur la standardisation et de l�harmonisation de la langue somalie:
Article 1er Un symposium sur la standardisation et de l�harmonisation de la langue somali sera organis� du 23 mars au 5 avril 2002 au Palais du peuple, sous la tutelle du ministre de la Communication et de la Culture.
Quant � l'Arr�t� n� 2003-0070/PRE portant organisation du symposium sur la langue afare (2003), il portait sur la langue afare:
Article 1er Un symposium sur la standardisation et l�harmonisation de la langue afare sera organis�e du 19 f�vrier au 20 mars 2003 au Palais du peuple, sous la tutelle conjointe du ministre de la Communication et de la Culture et du ministre de la Justice, des Affaires p�nitentiaires et musulmanes, charg� des Droits de l�homme.
Quant � l'Arr�t� n� 2006-0051/PRE portant organisation de la Journ�e nationale des artistes et de la Journ�e nationale des langues maternelles (2006), il porte sur la Journ�e internationale de la langue maternelle :
Article 3 La Journ�e internationale de la langue maternelle a �t� d�clar�e par les �tats membres de l'UNESCO en reconnaissance de la valeur vitale des langues et les p�rils qui menacent dangereusement l'existence des langues du monde. Elle a �t� proclam�e par l'Assembl�e g�n�rale de l'UNESCO en novembre 1999.
Eu �gard au fait que l'on classe le Somali et l'Afar dans la cat�gorie des langues menac�es et donc a pr�server, la c�l�bration annuelle de la Journ�e internationale de la langue maternelle en r�publique de Djibouti nous offre une pr�cieuse opportunit� de rappeler la valeur unique des langues maternelles du peuple de Djibouti comme l'aspect central et fondamentale de notre histoire et notre h�ritage.
Elle sera c�l�br�e chaque ann�e le 21 f�vrier.
La langue arabe n'est pas laiss�e pour compte. Le D�cret n�2004-0087/PR/MENESUP portant cr�ation d'un baccalaur�at pour l'enseignement secondaire en langue arabe (2004) pr�voit un baccalaur�at pour l'enseignement secondaire en arabe:
� compter de la session d'examen du juin 2004, il est cr�� un baccalaur�at de l'enseignement secondaire en langue arabe, examen national sanctionnant la fin des �tudes de l'enseignement secondaire
Article 2 L'examen, qui conf�re le grade de bachelier de l'enseignement du secondaire, est organis� par le Service de l'�valuation et d'orientation du minist�re de l'�ducation nationale et de l'enseignement sup�rieur.
Un centre d'examen est ouvert chaque ann�e � Djibouti. La date de l'examen est fix�e par le ministre de l'�ducation nationale et de l'Enseignement sup�rieur.
Le jury est pr�sid� par un professeur d'universit� ou par un Inspecteur de l'enseignement moyen et secondaire, nomm� par le ministre de l'�ducation nationale et de l'Enseignement sup�rieur.
Les membres du jury sont nomm�s par le ministre de l'�ducation nationale et de l'Enseignement sup�rieur.
L'Arr�t� n� 2004-0655/PR/MENESUP organisant la formation initiale des �l�ves-instituteurs arabisants enseignant la langue arabe � l'Enseignement de base (2004) pr�voit un examen terminal comprend des �preuves �crites:
L'examen terminal comprend des �preuves �crites :
1) Une �preuve consistant en des questions pos�es sur un ou des textes traitant de philosophie, d'histoire ou de sociologie de l'�ducation, ou de p�dagogie g�n�rale, ou de psychologie.
Dur�e : deux heures. Note : sur 20. Coefficient : 3.
2) Une �preuve de Fran�ais adapt� au contenu du programme de formation consistant en des questions pos�es sur un texte visant � appr�cier les comp�tences du candidat dans la compr�hension du texte, du vocabulaire employ�, de la grammaire et de la conjugaison dans la perspective de comprendre et de se faire comprendre en fran�ais.
3) Une �preuve d�arabe consistant en des questions pos�es sur un texte litt�ral o� le candidat fera montre de sa ma�trise de la langue arabe et des r�gles qui la r�gissent (analyse, synth�se, rh�torique, grammaire, conjugaison, orthographe).
Dur�e : trois heures. Note : sur 20. Coefficient : 3.
4) Une �preuve consistant en des questions pos�es sur un texte traitant de la pens�e islamique et de l'histoire de l'Islam et visant � appr�cier les connaissances des candidats ayant trait � l'�ducation islamique.
Dur�e : deux heures. Note : sur 20. Coefficient : 2.
Pour ces �preuves, toute note sur 20 inf�rieure � 5 est �liminatoire.
La qualit� et la correction de l'expression �crite, y compris l'orthographe, seront �valu�es sur cette �preuve.
L'examen terminal comprend des �preuves orales :
1) Une �preuve consistant en un expos� devant un jury en r�ponse � des questions pos�es sur un texte de pr�sentation d'une s�ance de langue arabe ; questions ayant trait au contenu, d'une part, et aux aspects p�dagogiques et didactiques, d'autre part.
Pr�paration : une heure.
Expos� : quinze minutes.
Note : sur 20. Coefficient : 3.
2) Une �preuve consistant en un expos� devant un jury en r�ponse � des questions pos�es sur un texte de pr�sentation d'une s�ance d'�ducation islamique.
Le minist�re de l'�ducation nationale dispose d'un Bureau du
d�veloppement de la langue arabe et des langues nationales, lequel est notamment charg�
de mettre en �uvre et suivre la politique de valorisation de la langue arabe,
de promouvoir l�introduction des langues nationales dans le syst�me �ducatif
et de favoriser l�usage de la langue arabe par les services administratifs du Minist�re.
Au sujet de l'enseignement professionnel, la
Loi n� 164/AN/12/6e L portant organisation du minist�re de l'�ducation nationale et de la formation professionnelle (2012) pr�voit des examens en langue fran�aise au baccalaur�at, sauf ceux en arabe: Article 13
Le service du baccalaur�at est charg� de l'organisation du baccalaur�at en langue fran�aise.
Article 14 Le service arabe est charg� de l'organisation de tous les examens et concours en langue arabe.
Article 15 Le service des autres examens et concours est charg� des examens de l'enseignement fondamental et des examens de l'enseignement professionnel en langue fran�aise. Il assure �galement l'organisation de tous les concours de recrutement ainsi que les concours professionnels en partenariat avec le minist�re charg� de la Fonction publique.
Article 47 Le service des langues maternelles est charg� de l'�laboration et de la mise en �uvre des activit�s de promotion des langues maternelles dans le syst�me �ducatif. - L'enseignement sup�rieur
L'enseignement sup�rieur comprend l'Universit� de Dibouti, l'Institut universitaire de technologie industrielle et l'Institut universitaire de technologie tertiaire. L'Universit� de Djibouti est une universit� publique cr��e le 7 janvier 2006 par le d�cret gouvernemental n� 2007-0167/PR/MENESUP2. Elle compte cinq facult�s: la Facult� de droit, d'�conomie et de gestion (FDEG), la Facult� des sciences (FS), la Facult� des lettres, langues et sciences humaines (FLLSH), la Facult� d'ing�nieur (FI) et la Facult� de m�decine (FM). La plupart des cours se donnent en fran�ais, mais plusieurs peuvent �tre en arabe. Le
D�cret n� 2014-122/PR/MENSUR fixant les conditions et la proc�dure d'octroi des �quivalences/reconnaissances des dipl�mes de l'enseignement sup�rieur (2014) exige que les documents d'�quivalence des dipl�me soient libell�s en fran�ais ou en arabe:
Article 10 Les demandes d'�quivalence de tous grades universitaires, titres, dipl�mes, sanctionnant des �tudes ou formations sup�rieures sont adress�es au Minist�re de l'enseignement sup�rieur et de la recherche accompagn�es d'un dossier comprenant les pi�ces justificatives et documents suivants : [...]
11) un document officiel attestant que le demandeur de l��quivalence de dipl�me a s�journ� r�guli�rement durant sa scolarit� dans le pays o� il a pr�par� le dipl�me objet de la demande d'�quivalence.
Tout document libell� dans une langue autre que le fran�ais ou de l'arabe, doit �tre accompagn� d'une traduction int�grale dans l'une de ces langues, assur�e, soit par l'autorit� comp�tente du pays ayant d�livr� le dipl�me, vis�e �ventuellement par les services de l'ambassade de la r�publique de Djibouti, soit par un interpr�te asserment�.
La pr�sentation des documents originaux est obligatoire lors du d�p�t de la demande d'�quivalence. Toute demande incompl�te sera rejet�e.
Loi portant organisation du minist�re de l'�ducation nationale et de l'Enseignement sup�rieur (2012) a cr�� un �Bureau du d�veloppement de la langue arabe et des langues nationales�, lequel est notamment charg� de promouvoir l'arabe et les langues nationales:
Article 13 Le Secr�tariat g�n�ral comprend :
- La Direction g�n�rale de la p�dagogie
- La Direction g�n�rale de I' Administration centrale
- Quatre bureaux rattach�s directement au Secr�taire g�n�ral :
� Le bureau du d�veloppement de la langue arabe et des langues nationales ;
� Le bureau de suivi de la coop�ration internationale ;
� Le bureau des relations publiques ;
� Le bureau d'ordre et des archives ;
Le Bureau du d�veloppement de
la langue arabe et des langues nationales est notamment charg� :
- De mettre en �uvre et suivre la politique de valorisation de la langue arabe ;
- De promouvoir l'introduction des langues nationales dans le syst�me �ducatif ;
- De favoriser l'utilisation de la langue arabe par les services adinistratifs du Minist�re.
Le Bureau a du travail sur les planches, car l'enseignement des langues nationales laissent encore grandement � d�sirer. - Les difficult�s
Bien que l'enseignement soit d'assez bonne qualit�, le
Minist�re note lui-m�me certaines insuffisances, notamment en ce qui a trait
aux manuels scolaires mal adapt�s, aux conditions mat�rielles m�diocres
et au manque de qualification de nombreux enseignants, sans oublier les nombreux
retards dans le paiement des salaires.
La majorit� d'entre eux, soit 62,5 %, sont titulaires d�un dipl�me p�dagogique,
mais 37,4 % sont des contractuels qui n�ont re�u aucune formation professionnelle. Par ailleurs, l'enseignement de la langue anglaise est en train de faire une perc�e importante dans les �tablissements priv�s, notamment dans les �cours du soir�. Par le fait m�me, il faut constater une baisse des effectifs dans ces �tablissements d'enseignement du fran�ais et de l'arabe. L'un des probl�mes des �l�ves djiboutiens provient du fait qu'ils ne se trouvent gu�re dans une environnement francophone � la fin de leurs �tudes. Le monde du travail n'est pas le fran�ais, il n'existe que fort peu de livres en fran�ais (hormis les manuels scolaires) et la presse fran�aise demeure rare. De plus, il n'y a pas beaucoup de francophones avec qui parler. Le fran�ais demeure davantage un v�hicule de l'unit� nationale qu'une langue de la vie quotidienne, car ce sont l'afar et le somali, qui demeurent les langues populaires. N�anmoins, ces langues s'impr�gnent du fran�ais, comme l'affirmait l'ambassadeur fran�ais Dominique Decherf lors de son arriv�e � Djibouti en 2007: Ensuite, depuis que je suis arriv� � Djibouti, je constate un ph�nom�ne qui ne trompe pas, qui est la p�n�tration du fran�ais dans les langues nationales. Il s�insinue dans l�afar et impr�gne le somali. On le regrette et, bien entendu, il faut d�fendre les langues nationales, mais c�est aussi la marque que toutes ces langues sont des langues vivantes, c�est la contrepartie de l�appropriation du fran�ais par tous les Djiboutiens.
Une universit� � Djibouti a �t� cr��e lors de la rentr�e
scolaire de 2000-2001 avec l'ouverture, le 14 octobre 2000, du P�le universitaire
de Djibouti, un �tablissement regroupant en son sein l'ensemble des formations
sup�rieures de l'�ducation nationale. Les dipl�mes sont d�livr�s par les
universit�s fran�aises, ce qui garantit ainsi aux candidats la possibilit� de
poursuite d'�tudes sup�rieures de second et de troisi�me cycle � Djibouti ou
� l'�tranger. 4.4 Les m�dias
Depuis quelques ann�es, le pluralisme politique et syndical a favoris� l'exercice des libert�s publiques. Tout citoyen peut publier un journal qu'il soit de nature politique, culturelle, artistique, sportive ou professionnelle. Par ailleurs, la presse �trang�re est librement diffus�e � Djibouti. Les seuls journaux francophones sont Agora et La Nation (bi-hebdomadaire). L'acc�s � l'information a lieu gr�ce � la radio nationale qui diffuse dans quatre langues (fran�ais, arabe, afar et somali), mais aussi � la t�l�vision nationale qui s'est d�velopp�e ces derni�res ann�es, ainsi que la libre r�ception des programmes t�l�vis�s par antennes paraboliques. Les �missions et les films sont g�n�ralement en fran�ais, mais des bulletins d'information et des �missions religieuses sont diffus�s en arabe, en somali et en afar. En raison de la pr�sence de militaires am�ricains (env. un millier) sur une ancienne base fran�aise (le camp Lemonnier), Voice of America (VOA), le service de diffusion internationale par radio et t�l�vision du gouvernement am�ricain, �met en arabe et en anglais, bien que le fran�ais soit la deuxi�me langue officielle du pays. En outre, les programmes pour enfants diffus�s par les m�dias proviennent de sources aussi bien nationales qu'internationales; ce qui permet � l'enfant djiboutien d'avoir acc�s aux autres cultures tout en restant enracin� dans sa culture � la fois africaine et musulmane. Les journaux djiboutiens paraissent massivement en fran�ais, une minorit� en arabe. L'unique cin�ma de la capitale diffuse uniquement des films en fran�ais.
4.5 Les entreprises et le monde du travail
� Djibouti, les entreprises utilisent diverses langues dont le fran�ais, l'anglais et l'arabe. L'article 1er de la
Loi n� 15-78 r�glementant l'usage du terme �national� par les entreprises � caract�re commercial ou industriel (1978) traite du mot �national� dans les raisons sociales, ce qui suppose l'emploi du fran�ais: Article 1er
L'usage d'une raison sociale comportant l'emploi du mot " national" est r�serv� aux seuls �tablissements publics constitu�s dans les conditions pr�vues par les lois vigueur.
L'article 30 de la
Loi n� 40/AN/99/4e L fixant la r�glementation applicable aux entreprises d'assurance (1999) impose l'emploi du fran�ais devant la Commission des recours arbitraux: Article 30
Repr�sentation Les parties peuvent agir en personne devant la Commission des recours arbitraux � la condition d'utiliser la langue fran�aise. Elles peuvent aussi se faire repr�senter par tout mandataire de leur choix � condition que celui-ci utilise la langue fran�aise.
C'est peu, mais relativement important dans la mesure o� le fran�ais semble �tre la seule langue mentionn�e dans le monde des affaires. Le bilinguisme de Djibouti est pour le moins
in�galitaire. Le fran�ais est plus officiel que l'arabe. Il est vrai que,
contrairement au fran�ais, l'arabe n'est parl� par personne dans le pays, �
l'exception des religieux, des enseignants et quelques autres sp�cialistes de
la communication. Il semble que le statut officiel de l'arabe tienne plus du
symbole que des n�cessit�s de la vie quotidienne. Le fran�ais, pour sa part,
a conserv� ses acquis. On peut donc affirmer que la politique linguistique
djiboutienne correspond � un bilinguisme d�s�quilibr�. Ce n'est pas un mod�le
dont pourraient s'inspirer d'autres �tats. De plus, les langues nationales sont
rest�es � peu pr�s oubli�es dans cette politique. On ne peut m�me pas
parler d'une politique de valorisation des langues nationales, puisqu'une telle
politique n'a jamais �t� v�ritablement entam�e. Le seul �v�nement qui
a eu lieu concerne un symposium sur la langue somali (voir l'arr�t�
n� 2002-0217/PRE portant organisation du symposium sur la langue somali) et une autre sur l'afar (voir l'arr�t�
n� 2003-0070/PRE portant organisation du symposium sur la langue afare)
Pour le reste, le fran�ais accapare toute la place. Lors de la p�riode coloniale, les Fran�ais �taient tr�s fiers de la francisation de ce petit territoire. Contre toute attente, il est rest� francophile. Ce n'est pas pour rien que la France, depuis des d�cennies, continue d'apporter une aide �conomique au pays. Djibouti reste �galement la plus importante des bases militaires fran�aises sur le continent africain. Bref, Djibouti demeure, selon les mots du pr�sident djiboutien Isma�l Omar Guelleh
un ��lot de francophonie dans un oc�an anglo-arabophone�. Derni�re mise �
jour: 23 d�c. 2015
CAPRILE, Jean-Pierre. �Situation respective du
fran�ais et des langues africaines en Afrique centrale�, dans Les
relations entre les langues n�gro-africaines et la langue fran�aise,
Paris, Conseil International de la langue fran�aise, 1977, p.
108-137.
COUBBA, Ali. Djibouti: une nation en otage, Paris, L'Harmattan, 1993, 353 p.
COUBBA, Ali. Le mal djiboutien: rivalit�s ethniques et enjeux
politiques, Paris, L'Harmattan, 1996, 174 p.
HALAOUI, Nazam, Danielle BOUHAJEB, Anne DUPUY,
Anne-Marie BUI DO. Les langues des �tats francophones :
l�gislations, politiques et situations, Talence, ACCT, CIFDI,
1994; vol. III: ��tats francophones d�Afrique noire� (B�nin � C�te
d�Ivoire).
NATIONS UNIES. Rapports initiaux des �tats
parties devant �tre pr�sent�s en 1993: Djibouti, Gen�ve, Haut Commissariat aux
droits de l'homme, 3 ao�t 1998, CRC/C/8/Add.39. MANESSY, Gabriel. Le fran�ais en Afrique
noire, Mythe, strat�gies, pratiques, Paris, 1994, �ditions
L�Harmattan, 245 p. L'Afrique
Accueil: am�nagement

References: art. 1
 L'article 1
 l'article 3
 L'article 6
 l'article 239

l'article 14
 L'article 19

L'article 41
 l'article 5
 L'article 1
 L'article 1

L'article 30