Source: https://lesautresphilosophes.blogspot.com/2016/11/l-art-ancien_26.html
Timestamp: 2019-04-26 06:23:35+00:00

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Les autres philosophes | Philosophie pour enfants ou adultes: L'Art ancien
Une introduction historique à la Logique
La Logique, pratiquée et étudiée vingt-trois siècles durant en tant que première discipline philosophique du cursus scolaire, est à présent ignorée du cursus scolaire. La philosophie elle-même est l'unique science à être réduite et reléguée à une seule année d'étude, la dernière.
Cette page, en cours de création, présente les principaux textes de dialectique et de logique de la tradition philosophique formant l'équipement logique de base, sur lesquels se base l'exercice et l'étude des opérations logiques, des concepts logiques, des problèmes et des questions logiques. Cette page présente aussi un Index des concepts logiques, un Index des personnages conceptuels de la logique, un Index des textes logiques et des choix de lectures en matière dialectique et logique.
L'Art ancien (Ars vetus ou Logica vetus) est le surnom médiéval du corpus des premiers textes logiques sur lequel se base l'étude et l'exercice de l'art dialectique ou logique : l'Isagogè, l'Introduction de Porphyre (ca. 233–310) au premier des traités logiques d'Aristote (-384 – -322), le traité sur les Catégories, appelées aussi Prédicaments, le traité De l'interprétation et, à partir du onzième siècle, les commentaires et les traités logiques de Boèce (ca. 480–525).
L'Art nouveau (Ars nova ou Logica nova) désigne à partir de la seconde moitié du douzième siècle le corpus composé des autres traités logiques d'Aristote : les Premiers Analytiques, les Seconds Analytiques, les Topiques et les Réfutations sophistiques.
Derniers ajouts : 24.4.2019
Index des concepts logiques
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A : proposition universelle
affirmative ● Absurde ● Accident ● Affirmation,
Affirmative ● Analogue ● Analyse ou Résolution,
Analytique ● Antécédent ● Arbre de Porphyre ou Ligne prédicamentale
Argument, Argumentation, Argumenter ● Art (ancien ou nouveau) ● Attribut ● Calcul des propositions,
Calcul des prédicats ● Carré logique ● Catégorie, Prédicament ou Genre suprême,
Catégorique ● Concept ou Intention (première ou seconde), Concevoir ● Conclusion
Conséquence ● Conséquent ● Contradiction, Contradictoire, Principe de
non-contradiction ● Contraire, Contrariété ● Déduction ● Définition ● Démonstration
Dialectique ● Différence ● Division (des genres selon leurs espèces) ou Diérèse ● E : proposition universelle négative
Entendement ● Équivoque ● Erreur ● Espèce, Spécial, Spécifique ● Essence ou Substance seconde ● Existence
Extension (d'un concept) ● Fausseté, Faux ● Figure (d'un syllogisme) ● Forme ● Genre, Général, Générique ● Hypothèse, Hypothétique ● I : proposition particulière affirmative ● Idée ● Identité, Principe d'identité ● Implication ● Individu ou Substance première ● Inférence ● Infini ● Intension ou Compréhension (d'un concept) ● Jugement, Juger ● Logique
(Terme) Majeur, (Prémisse) Majeure (d'un syllogisme) ● Matière ● Méthode ● (Terme) Mineur, (Prémisse) Mineure (d'un syllogisme) ou Assomption ● Modale, Modalité (Possible, Impossible, Nécessaire, Contingent)
Mode (du syllogisme) ● Modus ponens, Modus tollens, Modus ponendo tollens, Modus tollendo ponens, Indémontrable ● Moyen terme
Multiplicité ● Négation, Négative ● Non sequitur : raisonnement dont la conclusion ne s'ensuit pas logiquement des prémisses, i.e. raisonnement dont la conclusion n'est pas une conséquence ● O : proposition particulière négative ● Objection
Octogone logique ● Opposé, Opposition ● Paradoxe ● Particulier ● Pensée, Penser ● Philosophie ● Prédicable ou
Universaux ● Prédicat ● Prémisse ou Lemme ● Proposition ou Énonciation ● Qualité ● Quantité
Question ● Raison, Raisonnement, Raisonner ● Réfutation ● Science ● Sens
Signification ● Singulier ● Sophisme, Sophistique ● Substance (première ou seconde)
Sujet ● Supposition des termes : personnelle (discrète ou commune), matérielle ou
simple ● Syllogisme (catégorique, hypothétique, indémontrable), Syllogistique ● Synthèse,
Synthétique ● Terme ● Principe du Tiers exclu ● Topiques ou Lieux ● Transcendantaux
Triangle sémantique : les mots, les concepts et les choses ● Un, Unité ● Universaux,
Universel‧le ● Univoque ● Validité logique (d'un raisonnement), Concluant,
Bonne conséquence ● Vérité, Vrai
Index des personnages conceptuels de la logique
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L'âne Brunellus
L'Âne qui est à Paris et à Reims
L'Antéchrist ● L'Arbre de Porphyre
Le Bouc-cerf ● Bucéphale, Le cheval d'Alexandre le Grand
Le Centaure ● Cent thalers ● Le cercle carré ● César (mort) ●
Le Chemin de Thèbes à Athènes et d'Athènes à Thèbes ● Le Cheval ● La Chimère
Le Cornu ● Dieu● Dion ● Sherlock Holmes ● L'Insensé ● Le Jardin ● La Licorne ● Ménon
Le Menteur ou Le Crétois ● Moïse ● Le Moissonneur ● La Montagne d'or
Napoléon ● Nixon ● Personne ● Le Phœnix ou Adam ou Le Griffon
Platon ● Le Rhinocéros ou l'Hippopotame ● (Le nom de la rose,
le concept de la rose et) La Rose (qui n'existe pas)
Socrate ● Le Sophiste
La Statue d'airain
Index des textes logiques
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(introduction) de Porphyre à la Logique
Le traité Sur la dialectique de Plotin ● Les Dialogues socratiques de Platon
La Logique stoïcienne de Chrysippe ● La Dialectique de Martianus Capella
Les Commentaires et Traités logiques de Boèce ● Le Dialogue sur la dialectique d'Alcuin
Le traité Des syllogismes hypothétiques d'Abbon de Fleury ● La Logique d'Avicenne
La Dialectique de Garland de Besançon ● Les Introductions à la dialectique de Guillaume de Champeaux
La Dialectique et la Logique de Pierre Abélard ● Les Introductions Montagniennes d'Albéric de Paris
L'Art dialectique d'Adam de Balsham ● L'Art melodunois de Robert de Melun
Le Condensé porétain de Logique de Gilbert de Poitiers ● Les Sommes messines de Nicolas de Paris
Les Introductions à la logique de Guillaume de Sherwood ● Les Petites Sommes de logique de Pierre d'Espagne
La Somme de Logique de Lambert d'Auxerre ● Les Petites Sommes de dialectique de Roger Bacon
L'Épître pour Shams al-Din sur les Principes de la Logique de Najm al-Dīn al-Kātibī
Le Commentaire des Seconds Analytiques de Thomas d'Aquin ● Les Questions logiques de Jean Duns Scot
La Somme de logique de Guillaume d'Ockham ● Les traités Sur la pureté de l'art logique de Gauthier Burley
La Logique de Gérard Odon ● Les Petites Sommes de logique de Jean Buridan ● La Logique très utile d'Albert de Saxe
La Petite et la Grande Logique de Paul de Venise ● Les Disputes dialectiques de Lorenzo Valla
La Somme de Logique de Pedro de Castrovol ● La Moelle de la Dialectique de Jerónimo Pardo
La Somme de Dialectique et la Somme de Logique abrégée de Juan Martínez Silíceo
Les Introductions à la dialectique de Domingo de Soto ● La Dialectique de Pierre de La Ramée
Les Institutions Dialectiques de Pedro da Fonseca
La Question De la nature de la logique et les Tables de logique de Giacomo Zabarella
La Logique mexicaine d'Antonio Rubio ● La Logique des Conimbres de Sebastião do Couto
Les Règles pour la direction de l'esprit de René Descartes
L'Art logique de Jean de Saint Thomas ● La Logique de Hambourg de Joachim Jungius
La Logique Ancienne et Nouvelle de Johannes Clauberg
La Logique de Port-Royal ou L'Art de penser d'Antoine Arnauld et Pierre Nicole
La Logique de Gottfried Wilhelm Leibniz ● Les Petites Sommes de Logique de Blas de Salas
La Logique d'Emmanuel Kant ● La Logique de Bernard Bolzano
La Science de la Logique de G. W. F. Hegel ● La Logique de Gottlob Frege
La Logique des noms propres de Saul Kripke
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Ignacio Angelelli ● Jacob Archambault ● Roger Ariew
Earline Jennifer Ashworth ● Sylvain Auroux ● Jonathan Barnes ● Michael Beaney
Fedor Benevich ● Ali Benmakhlouf ● Susanne Berger ● Amos Bertolacci ● Mauricio Beuchot
Joël Biard ● Irene Binini ● Susanne Bobzien ● Józef Maria Bocheński ● Philotheus Boehner ● Jacques Brunschwig
Margaret Cameron ● Jesús Alberto López Cardenete ● Steeven Chapados ● Saloua Chatti ● Alessandro Conti ● Brian P. Copenhaver ● William J. Courtenay ● Louis Couturat ● Lambertus Marie de Rijk ● Alain de Libera ● Monique Dixsaut ● André Doz ● Olivier Dubouclez ● Carlos A. Dufour ● Michael Dummett ● Catarina Dutilh Novaes ● Sten Ebbesen ● Khaled El-Rouayheb ● Frédéric Fauquier ● Michel Ferré ● Odile Gilon ● Jean-Baptiste Gourinat ● Kevin Guilfoy ● Ahmad Hasnawi ● Wilfrid Hodges ● Yukio Iwakuma ● Klaus Jacobi ● Jean Jolivet ● Alexander Kalbarczyk ● Anthony Kenny ● Peter King ● Gyula Klima ● Simo Knuuttila ● Norman Kretzmann ● Sandra Lapointe ● Henrik Lagerlund ● Huaping Lu-Adler ● Jan Łukasiewicz ● João Madeira ● John Marenbon ● Christopher J. Martin ● John N. Martin ● Mary Margaret McCabe ● Richard McKeon ● Bruno Michel ● Lorenzo Minio-Paluello ● Zia Movahed ● François Muller ● Vicente Muñoz Delgado ● Roxane Noël ● Claire Pagès ● Ruprecht Paqué ● Terence Parsons ● Volker Peckhaus ● Jenny Pelletier ● Paloma Pérez-Ilzarbe ● Jan Pinborg ● Giorgio Pini ● Graham Priest ● Jean-Baptiste Rauzy ● Stephen Read ● Walter Redmond ● Ana Rieger Schmidt ● André Robinet ● Magali Roques ● Irène Rosier-Catach ● Robert William Schmidt ● Jacob Schmutz ● Jan Šebestik ● Paul Vincent Spade ● Anthony Speca ● Joke Spruyt
Riccardo Strobino ● Tony Street ● Eleonore Stump ● Stefan Swiezawski ● Caterina Tarlazzi
Paul Thom ● Clinton Tolley ● Sara L. Uckelman ● Luisa Valente
Nicolás Vaughan ● Jules Vuillemin
Extraits de l'Isagogè (Εἰσαγωγή, « Introduction », 268–270) de Porphyre (ca. 233–310) aux Catégories d’Aristote,
dans laquelle Porphyre définit les cinq prédicables ou universaux : le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident
Initiale enluminée sur la première page de la traduction par Boèce de l'Isagogè de Porphyre, dans un manuscrit latin de 1309–16. La Logique ou Dialectique dialogue avec deux enfants de l'arbre figurant, à gauche, la division des cinq prédicables et des dix prédicaments ou catégories. Le texte dit :
1. Puisqu'il est nécessaire, Chrysaorios, pour recevoir l'enseignement relatif aux catégories d'Aristote de savoir ce qu'est un genre, une différence, une espèce, un propre et un accident, et puisque pour donner des définitions ainsi que pour ce qui concerne la division et la démonstration cette étude est utile, je te ferai un court exposé à ce sujet, en m'efforçant de parcourir brièvement sous forme d'introduction ce qui se trouve chez les Anciens, en m'abstenant d'entrer dans les questions trop profondes, et ne touchant qu'avec mesure aux plus faciles.
2. Tout d'abord concernant les genres et les espèces, la question de savoir (1) s'ils existent ou bien s'ils ne consistent que dans de purs concepts, (2) ou, à supposer qu'ils existent, s'ils sont des corps ou des incorporels, et, (3) en ce dernier cas, s'ils sont séparés ou bien s'ils existent dans les sensibles et en rapport avec eux –, voilà des questions dont j'éviterai de parler, parce qu'elles représentent une recherche très profonde et qu'elles réclament un autre examen, beaucoup plus long ; en revanche, concernant genres et espèces et les autres en question, comment les Anciens, et tout particulièrement ceux du Péripatos, en ont traité d'une manière plus logique, c'est ce que je vais m'efforcer de te montrer.
5. Les philosophes définissent le genre ainsi : « c'est ce qui est prédicable de plusieurs différant par l'espèce relativement à la question Qu'est-ce que c'est ? », comme 'animal'.
6. Parmi les prédicables en effet, les uns ne se disent que d'un seul, comme les individus comme Socrate, celui-ci ou ceci, les autres se disent de plusieurs, comme les genres, les espèces, les différences, les propres et les accidents qui sont communs, et non pas particuliers à un seul individu (un genre, c'est par exemple l'animal ; une espèce, l'homme ; une différence, rationnel ; un propre, capable de rire ; un accident, blanc, noir, être assis).
II. L'espèce
1. Espèce se dit à propos de la forme de chaque chose […]
2. On appelle encore espèce ce qui est embrassé sous un genre défini, au sens où nous disons que l'homme est une espèce de l'animal, lequel est un genre, ou que le blanc est une espèce de la couleur, ou le triangle, une espèce de la figure. […]
3. Les philosophes définissent donc l'espèce ainsi : « L'espèce est ce qui est rangé sous le genre et dont le genre se prédique relativement à la question Qu'est-ce que c'est ?. »
4. Ou encore de la façon suivante : « L'espèce est ce qui est prédicable de plusieurs différant par le nombre relativement à la question Qu'est-ce que c'est ?. » Néanmoins, cette dernière définition ne vaut que pour l'espèce la plus spéciale, pour ce qui n'est qu'espèce, tandis que les autres s'appliquent aussi aux espèces qui ne sont pas les plus spéciales.
5. Éclaircissons ce que je viens de dire de la façon suivante. Dans chaque catégorie, il y a des termes plus généraux et, inversement, d'autres termes absolument spéciaux, et, entre les plus généraux et les plus spéciaux, d'autres termes. Le plus général, c'est celui au-delà duquel il ne saurait y avoir de genre plus élevé, tandis que le plus spécial, c'est celui après lequel il ne saurait y avoir d'espèce subordonnée ; et entre le plus général et le plus spécial, il y a d'autres termes, qui sont à la fois des genres et des espèces, mais à chaque fois relativement à quelque chose d'autre.
6. Rendons patent ce qui est dit en prenant l'exemple d'une catégorie. L'essence est elle-même un genre ; sous elle vient le corps ; sous le corps, le corps animé ; sous celui-ci, l'animal ; sous l'animal, l'animal rationnel ; sous l'homme, Socrate, Platon et les hommes particuliers. Eh bien, parmi ces termes, l'essence est le plus général, c'est-à-dire ce qui n'est que genre ; l'homme est l'espèce la plus spéciale, c'est-à-dire ce qui n'est qu'espèce ; le corps est bien une espèce de l'essence, mais genre du corps animé. Et le corps animé, à son tour, est bien une espèce du corps, mais genre de l'animal ; à son tour, l'animal est bien une espèce du corps animé, et genre de l'animal rationnel ; et l'animal rationnel, une espèce de l'animal, mais genre de l'homme ; et l'homme, une espèce de l'animal rationnel, mais non pas genre des hommes particuliers, il est seulement espèce ; de même tout ce qui, rangé antérieurement aux individus, en est immédiatement prédiqué, ne peut être qu'espèce, et non pas également genre.
7. De même donc que l'essence, étant suprême, est, parce que rien n'est supérieur à elle, le genre le plus général, de même l'homme, étant une espèce après laquelle il n'y a plus d'autre espèce ou rien qui puisse se diviser en espèces, mais seulement des individus (car ce sont des individus que Socrate, Platon ou ce blanc-ci), ne peut être qu'espèce, c'est-à-dire l'espèce ultime et, comme nous l'avons dit, l'espèce la plus spéciale. En revanche, les termes intermédiaires doivent être espèces de ceux qui les précèdent et genre de ceux qui les suivent. Par suite, ces termes intermédiaires ont deux relations, l'une avec ceux qui les précèdent, en vertu de laquelle ils sont appelés leurs espèces, l'autre avec ceux qui les suivent, en vertu de laquelle ils sont appelés leurs genres ; les termes extrêmes, en revanche, n'ont qu'une seule relation ; le plus général n'a de relation qu'avec ce qui vient sous lui, puisqu'il est le genre le plus élevé de tous, mais il n'a pas de relation avec ce qui le précède, parce qu'il est le plus élevé, parce qu'il joue le rôle de principe premier, et que, comme nous l'avons déjà dit, au-delà de lui, il ne saurait y avoir un autre genre ; et le terme le plus spécial aussi n'a qu'une seule relation, celle avec ceux qui le précèdent, dont il est une espèce ; quant à celle avec ce qui le suit, elle n'est pas différenciée, bien qu'ils soit appelé « espèce » des particuliers (mais au sens où il les embrasse), et inversement « espèce » de ce qui le précède (au sens où il est embrassé par eux).
8. Les philosophes définissent donc le terme le plus général de la façon suivante : « ce qui, tout en étant genre, n'est pas espèce », ou encore « ce au-delà de quoi il ne saurait y avoir un autre genre » ; et le plus spécial de la manière suivante : « ce qui, tout en étant espèce, n'est pas genre », et : « ce qui, tout en étant espèce, ne saurait plus être divisé en espèces », et : « ce qui est prédicable de plusieurs différant par le nombre relativement à la question Qu'est-ce que c'est ? ». […]
10. L'étant n'est pas un unique genre commun à toutes choses et toutes ne sont pas du même genre selon un genre suprême, comme le dit Aristote. Posons simplement, comme dans les Catégories, les dix premiers genres comme dix premiers principes […].
11. Dix sont donc les genres les plus généraux, tandis que les espèces les plus spéciales sont assurément en nombre déterminé, mais non pas infini ; enfin, les individus, qui viennent après les espèces les plus spéciales, sont en nombre infini. C'est pourquoi Platon (Philèbe, 16c ; Politique, 262a, b, c ; Sophiste, 266a, b et 219 sqq.) recommandait, en descendant depuis les genres les plus généraux, de s'arrêter aux espèces les plus spéciales, et d'accomplir cette descente à travers les termes intermédiaires en procédant à des divisions au moyen des différences spécifiques ; […]
12. En descendant vers les espèces les plus spéciales, il faut faire des divisions en cheminant à travers la multiplicité, alors que dans l'ascension vers les genres les plus généraux il faut rassembler la multiplicité dans l'un ; l'espèce, en effet, et plus encore le genre, rassemble le multiple dans une unique nature, alors qu'a contrario les particuliers et les individus divisent toujours l'un dans la multiplicité ; en effet, c'est par la participation à l'espèce que les multiples hommes constituent l'homme un, alors que par les individus l'homme unique et commun est pluriel ; car le particulier divise toujours, alors que le commun rassemble et unifie.
III. La différence
1. La différence se dit d'une manière commune, d'une manière propre et d'une manière tout à fait propre.
D'une manière commune une chose est dite différer d'une autre quand elle diffère de quelque façon par une altérité soit par rapport à elle-même soit par rapport à autre chose : ainsi, Socrate diffère de Platon par l'altérité ; il diffère de lui-même, lorsqu'il est enfant et qu'il est devenu homme, lorsqu'il accomplit un acte et lorsqu'il a arrêté, et sans cesse à cause des différences relevant de sa disposition. Au sens propre, une chose est dite différer d'une autre lorsque l'une diffère de l'autre par un accident inséparable (un accident inséparable, c'est la couleur verte des yeux, c'est avoir un nez aquilin, ou encore une cicatrice ineffaçable résultant d'une blessure). En un sens tout à fait propre, une chose est dite différer d'une autre lorsqu'elle s'en distingue par une différence spécifique : ainsi l'homme diffère du cheval par une différence spécifique, la qualité d'être capable de raison.
3. Parmi les différences les unes rendent d'une qualité autre, les autres essentiellement autre. Celles qui rendent essentiellement autre sont appelées 'différences spécifiques', tandis que celles qui rendent d'une qualité autre sont appelées simplement différences. En effet, lorsqu'à 'animal' est venue s'ajouter la différence 'rationnel', elle a rendu l'animal spécifiquement autre, tandis que la différence qui le fait mouvoir l'a seulement rendu différent relativement au repos, de sorte que la première différence l'a rendu autre, alors que la seconde différence ne l'a rendu que d'une qualité autre.
4. C'est donc selon les différences qui rendent autre que se fait la division des genres en espèces et que se forment les définitions, puisqu'elles sont constituées du genre et de ces différences spécifiques, tandis que les différences qui ne font que rendre d'une qualité autre ne produisent que des altérités et des changements dans la disposition.
5. Pour reprendre le problème depuis le commencement, il faut dire que parmi les différences, les unes sont séparables, les autres inséparables : en effet, se mouvoir, être en repos, être en bonne santé ou être malade, etc. sont des différences séparables, alors qu'avoir un nez aquilin ou camus, être rationnel, ou ne pas l'être, sont des différences inséparables. Et parmi les différences inséparables, les unes sont par elles-mêmes, les autres par accident ; en effet être rationnel appartient par soi à l'homme, ainsi qu'être mortel et pouvoir recevoir la science, mais avoir un nez aquilin ou camus est par accident et non par soi.
6. Les différences par soi sont donc comprises dans la définition de l'essence et rendent autre, alors que les différences accidentelles ne sont ni comprises dans la définition de l'essence, ni ne rendent autre, seulement d'une qualité autre.
8. Nous avons donc considéré trois espèces de différences et les unes sont séparables, les autres inséparables, et parmi les inséparables les unes sont par soi, les autres par accident, et parmi celles qui sont par soi, les unes sont celles selon lesquelles nous divisons les genres en espèces, les autres celles qui constituent en espèces les choses ainsi divisées. […] Ainsi donc les mêmes différences sont productives prises d'une certaine façon, diviseuses prises d'une autre façon, et toutes sont appelées différences spécifiques. Et l'on en a le plus grand besoin pour les divisions des genres et les définitions, mais non des différences accidentelles inséparables, ni encore moins des séparables.
9. Pour définir ces différences les philosophes énoncent : « Une différence est ce par quoi l'espèce dépasse le genre ». L'homme par rapport à l'animal a en plus 'rationnel' et 'mortel' : car l'animal n'est ni l'un ni l'autre — sinon d'où les espèces recevraient-elles leurs différences ? […]
V. L'accident
1. L'accident est ce qui est présent et absent sans corruption du sujet.
2. Il se divise en deux, en séparable et en inséparable. […]
4. Les philosophes le définissent aussi ainsi : « L'accident est ce qui d'une même chose peut être et ne pas être » ou bien « Ce qui n'est ni genre, ni différence, ni espèce, ni propre, mais qui est toujours subsistant dans un sujet ».
Porphyre, Isagogè
Alain de Libera, La Querelle des universaux : De Platon à la fin du Moyen Âge
Id., Universaux, dans Barbara Cassin (dir.), Vocabulaire européen des philosophies
Id., L'Archéologie philosophique : Séminaire du Collège de France 2013-2014
Ignacio Angelelli, Études sur Frege et la philosophie traditionnelle
Le traité de Plotin Sur la dialectique
Extraits du traité Sur la dialectique (Ennéades, I, 3) de Plotin (ca. 204–270)
Extraits du traité Sur la dialectique (Ennéades, I, 3) de Plotin :
4. C'est une capacité permanente de dire rationnellement sur chaque chose : qu'est-ce que chaque chose et en quoi elle diffère des autres et qu'est-ce que la communauté de ces autres dans lesquelles elle se trouve, et où se trouve chacune d'elles, et si elle est, ce qu'elle est, et combien d'être il y a et inversement combien de non-êtres, différents des êtres.
[…] Elle s'établit dans l'intelligible, et là elle se consacre à son étude, […] se servant de la division de Platon pour distinguer les formes, mais s'en servant aussi pour l'essence, et s'en servant aussi pour les genres premiers, et entrelaçant de façon intellective ce qui en dérive, jusqu'à ce qu'elle ait parcouru tout l'intelligible, et procèdant à l'inverse par analyse jusqu'à ce qu'elle arrive à un principe. […]
5. […] Il est donc nécessaire qu'étant la capacité permanente la plus noble parmi celles que nous avons en nous, elle porte sur l'être et sur ce qui qu'il y a de plus noble, en tant que prudence sur l'être, en tant qu'intellect, sur ce qui est au-delà de l'être.
Quoi donc ? N'est-ce pas la philosophie, ce qu'il y a de plus noble ? Alors, est-ce que la philosophie et la dialectique, c'est la même chose ?
C'est la partie noble de la philosophie.
John N. Martin, Themes in Neoplatonic and Aristotelian Logic: Order, Negation and Abstraction
Les Dialogues socratiques de Platon
Extraits des Dialogues socratiques de Platon (ca. -427 – -347)
Les quatre opérations de la dialectique :
la division, l'analyse, la définition, la démonstration
Les trois fonctions – 1. Distinguer les formes, 2. Définir ce qu'est quelque chose, 3. Distinguer les genres premiers – assignées à la division dialectique par Plotin sont distinguées dans le Sophiste (253 d-e) de Platon, la source de ce passage :
Diviser par genres et ne pas croire que la même forme est une autre, ou une autre la même, n'affirmerons-nous pas que cela relève de la science dialectique ?
Or, qui est capable de faire cela perçoit, à juste titre, une seule forme qui se répand complètement au travers d'une multiplicité, dont chaque composant est isolé ; plusieurs formes, différentes les unes des autres, entourées extérieurement par une seule forme ; et à nouveau, une seule forme, mais, maintenant, rassemblée dans une unité à partir de plusieurs ensembles ; et, enfin, beaucoup de formes totalement isolées. Cela signifie savoir distinguer, selon chaque genre, quels sont ceux qui peuvent, et ceux qui ne peuvent pas communiquer.
La division et l'analyse dialectiques sont déjà présentées dans le Phèdre (265 d-e) :
Tout le reste en fait n'a été qu'un jeu, mais, parmi les choses qu'une heureuse fortune m'a fait dire, il y a deux procédés, dont il ne serait pas sans intérêt que l'art nous permette d'acquérir la puissance.
Le premier : vers une forme unique, mener, grâce à une vue d'ensemble, les éléments disséminés de tous côtés, pour arriver, par la définition de chaque élément, à faire voir clairement quel est celui sur lequel on veut, dans chaque cas, faire porter l'enseignement. […]
Et l'autre, quel est-il, Socrate ?
Il consiste à pouvoir, à l'inverse, découper par espèces suivants les articulations naturelles, en tâchant de ne casser aucune partie, comme le ferait un mauvais boucher sacrificateur. […] Oui voilà, Phèdre, de quoi, pour ma part, je suis amoureux : des divisions et des rassemblements qui me permettent de parler et de penser. Si je crois avoir trouvé chez quelqu'un d'autre l'aptitude à porter ses regards vers une unité qui soit aussi, par nature, l'unité naturelle d'une multiplicité, « je marche sur ses pas et le suis à la trace comme si c'était un dieu ». Qui plus est, ceux qui sont capables de faire cela, dieu sait si j'ai raison ou tort de les appeler ainsi, mais, jusqu'à présent, je les appelle dialecticiens. […]
Autres extraits à venir.
Michael Beaney, Analysis, SEP
Susanne Bobzien, Dialectical School, SEP
Monique Dixsaut, Métamorphoses de la dialectique dans les dialogues de Platon
Jean-Baptiste Gourinat et Juliette Lemaire (éd.), Logique et dialectique dans l'Antiquité
Claire Pagès, Qu'est-ce que la dialectique ?
Justin Vlasits, Platonic Division and the Origins of Aristotelian Logic
Mary Margaret McCabe, Platonic Conversations
Frédéric Fauquier, Le Parménide au miroir des platonismes : Logique – Ontologie – Théologie
La logique stoïcienne de Chrysippe
Extraits des textes stoïciens de Chrysippe (-280 – -204) et d'Épictète (c. 50–130)
...s'il y a a une dialectique parmi les dieux, ce ne peut être que celle de Chrysippe.
Diogène Laërce, Vies des philosophes, VII, 180
Extrait Des contradictions des Stoïciens (IX) de Plutarque :
Chrysippe pense que c'est d'abord la logique qu'il faut enseigner aux jeunes gens […]. Il l'a répété plusieurs fois, mais il suffira de citer ce qui est au second livre Des Vies ; voici ses paroles : […] il faut mettre la logique au premier rang
La dialectique stoïcienne
Extraits des Vies des philosophes (livre VII) de Diogène Laërce :
La dialectique se divise en deux lieux : les choses signifiées et le langage ; l'étude des choses signifiées en lieux sur les représentations, et tous les exprimables qui en sont issus : énonciations parfaites, prédicats, cas droits et obliques, genres et espèces, raisonnements avec les modes du syllogisme, sophismes contraires au langage et à l'être ; on y trouve les raisonnements faux, les vrais, les négatifs, les sorites et d'autres semblables, les syllogismes incomplets, insolubles ou concluants, les sophismes, comme le « voilé », les « cornes », « personne » et le « moissonneur ». […] La théorie du syllogisme est extrêmement utile ; elle révèle la manière de démontrer, ce qui sert beaucoup à rectifier les jugements ; à la fois ordre et mémoire, elle fait valoir la fermeté du concept. Le raisonnement est composé d'assomptions et d'une conclusion ; le syllogisme est un raisonnement qui saisit l'ensemble de ces termes ; la démonstration est un raisonnement qui, par ce qui est mieux compris, va toujours à ce qui est moins compris. […] La dialectique elle-même est nécessaire ; elle est une vertu qui comprend en elle plusieurs autres ; ne pas précipiter son jugement, ou science de donner ou non son assentiment quand il le faut ; ne pas le donner inconsidérément, c'est-à-dire avoir une raison assez ferme pour ne pas céder au vraisemblable ; de ne le donner qu'irréfutable, c'est-à-dire avoir une telle force dans le raisonnement qu'il ne puisse vous conduire au jugement contraire ; ne pas porter de jugements frivoles, c'est-à-dire rapporter toujours les représentations à la droite raison. […] La dialectique, selon Posidonius, est la science de ce qui est vrai ou faux et de ce qui n'est ni l'un ni l'autre. Elle a trait, selon Chrysippe, à ce qui signifie et à ce qui est signifié.
Extraits des Entretiens ou Diatribes (livre I, VII) d'Épictète (c. 50–130) :
De la nécessité où est le sage d'être un bon dialecticien
Qu'est-ce qui nous est prescrit en logique ? De poser le vrai, de nier le faux, de suspendre notre jugement là où il n'y a pas d'évidence. Suffit-il de savoir cela ?
C'est suffisant, me dit-on.
Alors, si l'on ne veut pas se tromper en se servant de la monnaie, il suffira d'avoir appris pourquoi on accepte les drachmes de bon aloi et pourquoi on refuse les fausses ? Assurément non. Que faut-il donc encore ? Quoi, sinon la possibilité d'apprécier et de discerner les drachmes vraies et les fausses ? En logique non plus, ce que j'ai dit ne suffit pas ; on doit encore être capable d'apprécier et de discerner le vrai, le faux et l'incertain.
Que prescrit en outre la logique ? Accepter honnêtement ce qui résulte de ce que l'on a accordé. Ici encore, suffit-il de connaître cette prescription ? Non pas ; il faut encore savoir de quelle manière telle chose est la conséquence de telles autres, dans quel cas une proposition est la conséquence d'une proposition unique, dans quel cas elle est la conséquence de plus d'une. Ne faut-il pas ajouter que, si l'on veut procéder intelligemment en logique, on fera soi-même chaque démonstration et on suivra les démonstrations des autres sans se laisser égarer par les raisonnement sophistiques, comme s'ils étaient des démonstrations ? Nous arrivons ainsi à voir qu'il est nécessaire de traiter des raisonnements et des modes concluants et de nous y exercer.
Extrait du Livre I, VII : L'ignorance de la dialectique est une faute morale
Pourquoi donc cette inertie, cette paresse, cette nonchalance ? Pourquoi cherchons-nous des prétextes pour ne pas travailler à la logique et ne pas y consacrer nos veilles ?
Si je me trompe en ces questions ai-je commis un parricide ?
Esclave, ton père est-il ici pour pouvoir le tuer ? Qu'as-tu donc fait ? La seule faute que tu pouvais commettre en la circonstance, tu l'as commise. Moi-même, j'ai dit à Rufus qui me reprochait de ne pas avoir découvert un détail omis dans un syllogisme : « Je n'ai pas, je pense, incendié le Capitole ». Il me répondit : Esclave, dans le cas présent, ce qui est omis, c'est le Capitole ». Les seules fautes sont-elles donc d'incendier le Capitole et de tuer son père ? User de nos représentations au hasard, sottement et à l'aventure, ne pouvoir suivre un raisonnement, une démonstration ou un sophisme, et, en général, ne pas voir dans la suite des demandes et des réponses ce qui est conforme ou non à ce que nous avons accordé, ne sont-ce pas là des fautes ?
Extrait du Livre II, XII : Il ne suffit pas de connaître la dialectique ; il faut savoir en user
Nos maîtres ont déterminé avec précision ce qu'il fallait apprendre et savoir pour user du raisonnement ; mais sur la façon d'en user, nous ne sommes absolument pas préparés. Donne à qui tu veux d'entre nous un profane pour discuter avec lui ; il ne trouve pas la manière d'en user avec lui ; il presse un peu son homme, et si celui-ci répond mal à propos, il ne peut plus se saisir de lui ; alors il dit : « Ce n'est pas un connaisseur, il n'y a rien à faire avec lui ». Lorsqu'un guide trouve quelqu'un qui se trompe, il le conduit jusqu'au bon chemin et il s'en va sans s'être moqué de lui ni l'avoir injurié. Toi aussi, montre-lui la vérité et tu verras qu'il te suivra. Tant que tu ne la lui auras pas montrée, ne ris pas de lui, mais aie plutôt le sentiment de ta propre incapacité.
Socrate ne méprisait pas son interlocuteur
Comment faisait Socrate ? Il forçait son interlocuteur à témoigner pour lui, et il ne lui fallait pas d'autre témoin. Aussi pouvait-il dire : « Je laisse les autres de côté et, comme témoin, je me contente de celui qui dialogue ; j'en appelle non à l'opinion des autres, mais seulement à celle de mon interlocuteur ». Il posait d'une manière si claire les propositions qui procèdent de nos idées, qu'il donnait à n'importe qui conscience de s'être contredit et le faisait sortir de là. […] Ainsi il ne s'en allait qu'une fois l'idée complète et précise ; […]
Ce qu'il y a de plus particulier à Socrate, c'est de ne jamais se fâcher dans le dialogue, de ne jamais prononcer une parole insultante ou injurieuse, mais de supporter ceux qui insultent et de faire cesser la dispute.
Extrait des Vies des philosophes (livre VII) de Diogène Laërce :
Dans les propositions non simples, il y a l'implication (συνημμένον), comme dit Chrysippe dans les Questions dialectiques et Diogène de Babylonie dans l'Art dialectique, constituée par la conjonction si, marquant la connexion ; cette conjonction annonce que la seconde partie s'ensuit de la première : « S'il fait jour, il fait clair ». […] En outre, quant au vrai et au faux, sont opposées l'une à l'autre les propositions dont l'une est la négation de l'autre : « Il fait jour ; il ne fait pas jour ». Est vraie l'implication dont la contradictoire (ἀντικείμενον) du conséquent contredit l'antécédent : « S'il fait jour, il fait clair » est vraie, car « il ne fait pas clair », contradictoire (ἀντικείμενον) du conséquent, contredit l'antécédent « il fait jour ». Est fausse l'implication dont la contradictoire (ἀντικείμενον) du conséquent ne contredit pas l'antécédent : « S'il fait jour, Dion se promène » ; car « Dion ne se promène pas » ne contredit pas « il fait jour ».
La division logique stoïcienne du raisonnement
Le raisonnement, comme dit Crinis, est constitué par un lemme, une assomption et une conclusion : « S'il fait jour, il fait clair ; or il fait jour ; donc il fait clair ». Lemme : s'il fait jour, il fait clair ; assomption : or il fait jour ; conclusion : donc il fait clair. Le trope est comme la forme du raisonnement : « Si le premier, le second ; or le premier ; donc le second ». Le raisonnement trope est composé des deux : « Si Platon vit, Platon respire ; or le premier ; donc le second ». On a introduit ce raisonnement trope pour ne plus avoir à énoncer, dans les combinaisons un peu longues, l'assomption, si elle est longue, et la conclusion, mais pour dire en abrégeant : « or le premier, donc le second ».
Les raisonnements sont les uns concluants, les autres non concluants. Non concluants, ceux où l'opposé de la conclusion ne contredit pas la connexion établie par les lemmes : « S'il fait jour, il fait clair ; or il fait jour ; donc Dion se promène ».
Les raisonnements concluants s'appellent les uns concluants, du même nom que le genre, les autres syllogistiques. Sont syllogistiques ou bien ceux qui sont indémontrables, ou bien ceux qui se ramènent aux indémontrables selon un ou plusieurs thèmes : « Si Dion se promène, donc Dion se meut ». Sont concluants au sens restreint ceux qui ne concluent pas en forme de syllogisme : « Il est faux qu'il fasse jour et qu'il fasse nuit ; or il fait jour ; donc il ne fait pas nuit ». Sont non syllogistiques ceux qui s'approchent de la forme syllogistique assez pour convaincre, mais qui ne concluent pas : « Si Dion est un cheval, il est un être vivant ; or il n'est pas un cheval ; donc il n'est pas un être vivant ».
En outre, les raisonnements sont les uns vrais, les autres faux. Sont vrais ceux qui concluent au moyen de propositions vraies : « Si la vertu est utile, le vice est nuisible ». Sont faux ceux qui ont une proposition fausse dans les lemmes, ou qui sont non concluants : « S'il fait jour, il fait clair ; or il fait jour ; donc Dion est vivant ».
Il y a des raisonnement possibles et impossibles, nécessaires et non nécessaires.
Il y a aussi des raisonnements dits indémontrables, parce qu'ils n'ont pas besoin de démonstration. Chrysippe en compte cinq, qui forment le tissu de tout raisonnement ; ils sont pris dans les raisonnements concluants, dans les syllogistiques et dans les modaux.
Les cinq syllogismes indémontrables de Chrysippe
Si le premier, le second.
Donc le second.
Non le second.
Donc non le premier.
Non à la fois le premier et le second.
Donc non le second.
Ou le premier ou le second.
Donc non le second. modus tollendo ponens
Le premier indémontrable
est celui dans lequel tout le raisonnement est formé d'une implication, de l'antécédent par lequel commence l'implication, et conclut le conséquent.
Le second indémontrable est celui qui est formé d'une implication et de la contradictoire du conséquent, et conclut la contradictoire de l'antécédent.
La prémisse additionnelle provient de la contradictoire opposée au conséquent et la conclusion de la contradictoire opposée à l'antécédent. Le troisième indémontrable est celui qui, d'une conjonction négative et d'un des membres de cette conjonctive, conclut la contradictoire du membre restant.
Le quatrième indémontrable est celui qui, d'une disjonctive et d'un des membres de cette disjonctive, conclut la contradictoire de celui qui reste. Le cinquième indémontrable est celui dans lequel tout le raisonnement est formé d'une disjonctive, de la contradictoire d'un de ses membres et conclut celui qui reste.
Selon les Stoïciens, le vrai suit du vrai : de « il fait jour » suit « il fait clair ». Le faux suit du faux : de « il fait nuit » supposé faux, suit « il fait obscur ». Le vrai suit du faux : de « la terre vole » suit « la terre existe ». Le faux ne suit pas du vrai : de « la terre existe » ne suit pas « la terre vole ».
Les raisonnements non concluants :
par incohérence, par déficience, par invalidité formelle ou par redondance
Extrait des Esquisses pyrrhoniennes (livre II, 13, 146-149) de Sextus Empiricus :
Les dialecticiens disent qu'un raisonnement est non concluant soit par incohérence, soit par déficience, soit par le fait d'être proposé sous une forme invalide, soit par redondance.
Par incohérence quand les prémisses n'ont pas de consécution l'une avec l'autre et avec la conséquence, par exemple ce raisonnement : « S'il fait jour, il y a de la lumière ; or on vend du blé sur l'agora ; donc Dion se promène. »
Par redondance quand une prémisse se trouve redondante par rapport au caractère conclusif du raisonnement, par exemple : « S'il fait jour, il y a de la lumière ; or il fait jour et Dion se promène ; donc il y a de la lumière. »
Par invalidité de la forme, quand la forme du raisonnement n'est pas concluante.
Par exemple, alors que selon eux, les raisonnements suivants sont des syllogismes : « S'il fait jour, il y a de la lumière, or il fait jour, donc il y a de la lumière. », « S'il fait jour, il y a de la lumière, or il n'y a pas de la lumière, donc il ne fait pas jour. », le raisonnement suivant est non concluant : « S'il fait jour, il y a de la lumière ; or il y a de la lumière ; donc il fait jour. »
En effet, puisque l'implication (συνημμένον) annonce que si son antécédent est le conséquent est aussi, il est vraisemblable que si l'on prend en plus l'antécédent, le conséquent est lui aussi inféré, et que si le conséquent est supprimé, l'antécédent l'est aussi. En effet, si l'antécédent était, le conséquent serait aussi. Mais si l'on prend en plus le conséquent, l'antécédent n'est pas posé du même coup dans tous les cas. Car l'implication (συνημμένον) ne promettait pas que l'antécédent suive du conséquent, mais seulement le conséquent de l'antécédent. Pour cette raison, donc, du raisonnement qui tire logiquement le conséquent d'une implication (συνημμένον) et de son antécédent on dit qu'il est syllogistique, et de même pour celui qui tire l'opposé de l'antécédent d'une implication (συνημμένον) et de l'opposé du conséquent.
Mais celui qui tire l'antécédent d'une implication (συνημμένον) et du conséquent est non concluant, comme c'est le cas de celui dont on vient de parler ; c'est pourquoi, même quand ses prémisses sont vraies, il conclut quelque chose de faux, quand il est énoncé de nuit, alors qu'il y a la lumière d'une lampe. Car « S'il fait jour, il y a de la lumière » est une implication (συνημμένον) vraie, ainsi que la prémisse supplémentaire « or il y a de la lumière » ; mais la conséquence « donc il fait jour » est fausse.
Jonathan Barnes, Logic and the Imperial Stoa
Józef Maria Bocheński, A History of Formal Logic, Part II, III. The Megarian-Stoic Logic
Jacques Brunschwig (dir.), Les Stoïciens et leur Logique
Jean-Baptiste Gourinat, La Dialectique des Stoïciens
Jan Łukasiewicz, Contribution à l'histoire de la logique des propositions
Anthony Speca, Hypothetical Syllogistic and Stoic Logic
Jules Vuillemin, Le carré Chrysippéen des modalités, Dialectica, vol. 37, n° 4
La Dialectique de Martianus Capella
Extraits du quatrième livre, La Dialectique, des Noces de Philologie et de Mercure (420) de Martianus Capella (Vᵉe s.)
La Dialectique de Martianus Capella, héritière d'un millénaire de tradition logique aristotélicienne et stoïcienne hellénique et romaine, est l'un des fondements de l'étude et de la pratique médiévales de la dialectique et de la logique.
Présentation et extraits à venir.
Martianus Capella, Les Noces de Philologie et de Mercure, Tome IV, Livre IV : La Dialectique
Michel Ferré, Les modes des syllogismes hypothétiques dans la dialectique de Martianus Capella
Les Commentaires et les Traités logiques de Boèce
Extraits des commentaires et des traités logiques de Boèce (ca. 480–525)
Commentaires logiques de Boèce :
Dialogue sur l'Isagogè de Porphyre
Commentaire sur l'Isagogè de Porphyre
Commentaire mineur sur le De l'interprétation d'Aristote
Commentaire majeur sur le De l'interprétation d'Aristote
Scholies sur les Premiers Analytiques d'Aristote
Commentaire sur les Topiques de Cicéron
Traités logiques de Boèce :
Introduction aux syllogismes catégoriques
Des syllogismes catégoriques
Des syllogismes hypothétiques
Des différences topiques
Extraits du Commentaire sur les Topiques de Cicéron
(I, 2) :
Puisque tout syllogisme est fait de propositions, les propositions de termes, et les termes diffèrent en ce que l'un est le majeur et l'autre le mineur, une conclusion ne peut naître des propositions à moins que les propositions, qui procèdent au moyen de termes, ne conjoignent les termes extrêmes par l'intermédiaire d'un troisième terme. Ce qui se démontre facilement par un exemple. Soit en effet la question Si l'homme est une substance, ou non. J'adopte une part de la question à démontrer, c'est-à-dire, l'homme est une substance ; en celle-ci sont deux termes, substance et homme, dont le majeur est substance, et homme le mineur.
Par conséquent afin de joindre substance et homme, nécessaire est la découverte d'un moyen terme, qui unisse les deux termes ; Que cela soit animal, et que ceci soit une proposition : Tout homme est un animal. En cette proposition animal est donc le prédicat, homme le sujet. Alors j'ajoute : Or tout animal est une substance. En cette proposition animal est le sujet, substance le prédicat. Par conséquent je conclus : Tout homme est une substance.
Ainsi les termes extrêmes sont donc unis par l'interposition d'un moyen terme, et ainsi les membres de la question sont unis l'un à l'autre et le doute est résolu par la preuve employée ; Un argument n'est rien d'autre que la découverte du moyen terme : car un intermédiaire pourra conjoindre les extrêmes, si l'affirmation est défendue, ou les disjoindre, si la négation est revendiquée.
Lambertus Marie de Rijk, On the chronology of Boethius' work on logic
Bruno Michel, Abélard lecteur de Boèce
Eleonore Stump, Dialectic and Its Place in the Development of Medieval Logic
Boethius, On Topical Differences
John Marenbon, Anicius Manlius Severinus Boethius, SEP
Catarina Dutilh Novaes & Stephen Read (éd.), The Cambridge Companion to Medieval Logic
Peter Boschung, Boethius and the early medieval 'Quaestio'
Le Dialogue sur la dialectique d'Alcuin
Extraits du Dialogus de dialectica (786-90) d'Alcuin (735–804)
John Marenbon, From the Circle of Alcuin to the School of Auxerre: Logic, Theology and Philosophy in the Early Middle Ages
Id., Pour une histoire sociale de la logique durant le haut Moyen Âge
Lambertus Marie de Rijk, On the curriculum of the Arts of the Trivium at St. Gall from ca. 850–1000
Logic in the Carolingian Age: Glosses, Diagrams, and Manuscripts
Le traité Des syllogismes hypothétiques d'Abbon de Fleury
Extraits du De syllogismis hypotheticis d'Abbon de Fleury (c. 950–1004)
Abbo von Fleury, De Syllogismis Hypotheticis. Textkritisch herausgegeben, übersetzt, eingeleitet und kommentiert von Franz Schupp
Pierre Riché, Abbon de Fleury : un moine savant et combatif (vers 950–1004)
La Logique d'Avicenne
Extraits de la Logique du Livre de la guérison (Kitāb al-Šifā, 1020–27), de la Logique du Livre de la délivrance (Kitāb al-Najāt, ca. 1030) et de la Logique du Livre des Directives et Remarques (Kitāb al-’Išārāt wa l-tanbīhāt, 1030) d'Avicenne (ca. 970–1037)
La Logique, par laquelle débute le Livre de la guérison d'Avicenne, contient l'équivalent des introductions à la philosophie qui inaugurent aux cinquième et sixième siècles l'étude de la philosophie dans les écoles platoniciennes d'Alexandrie et d'Athènes.
Avicenne, Logica
Avicenne, Métaphysique du Kitāb al-Šifā, livre 5 : L'universel et le particulier. Le tout et la partie
Saloua Chatti, Avicenna's Logic, IEP
Riccardo Strobino, Ibn Sina's Logic, SEP
Amos Bertolacci, The ‘Ontologization’ of Logic. Metaphysical themes in Avicenna’s reworking of the Organon
Zia Movahed, A Critical Examination of Ibn Sina's Theory of the Conditional Syllogism
Ahmad Hasnawi et Wilfrid Hodges, Arabic Logic up to Avicenna, dans The Cambridge Companion to Medieval Logic
Khaled El-Rouayheb, Arabic Logic after Avicenna, dans The Cambridge Companion to Medieval Logic
Tony Street, Arabic and Islamic Philosophy of Language and Logic, SEP
Fedor Benevich, Essentialität und Notwendigkeit: Avicenna und die Aristotelische Tradition
Alexander Kalbarczyk, Predication and Ontology: Studies and Texts on Avicennian and Post-Avicennian Readings of Aristotle’s Categories
Wilfrid Hodges, Mathematical Background to the Logic of Ibn Sīnā
La Logique d'al-Ghazālī
Extraits de la Logica d'al-Ghazālī alias Algazel (1058–1111)
Extrait de la Logique d'al-Ghazālī (édition Lohr, p. 245-46) :
…considérés du point de vue logique il y a cinq sortes de mots. Il y a en effet des synonymes (univoca), des polyonymes (diversivoca), des hétéronymes (multivoca), des homonymes (aequivoca), et des convenientia. Les synonymes sont les mots comme « animal » qui convient à l'homme et au cheval selon la même intention et indifféremment, sans plus ni moins, et sans antérieur ni postérieur ; en effet, pour tous il y a une seule et même animalité. De la même façon « homme » convient à la fois à Pierre et à Jean. Les polyonymes sont une pluralité de noms pour une même chose, par exemple « épée », « glaive », etc. Les hétéronymes sont une pluralité de noms d'une pluralité de choses, par exemple « âne » et « cheval » qui sont d'individus différents. Les homonymes sont un seul nom convenant à une pluralité de choses différentes entre elles, comme « chien » que l'on dit de l'animal qui aboie et de la constellation céleste. Et enfin il y a les convenientia qui sont intermédiaires entre les synonymes et les homonymes comme « étant » qui se dit à la fois de la substance et de l'accident. En effet, ce n'est pas un mot comme « chien » : ceux que l'on appelle du nom de « chien » ne conviennent pas dans une même signification de « chien », alors que « être » convient à la fois de la substance et de l'accident. Mais ils ne sont pas non plus comme les synonymes, car l'animalité convient à égalité à l'homme et au cheval, indifféremment et sur le même mode, alors que la substance a à titre premier l'être, puis l'accident, par l'intermédiaire d'un autre que lui ; l'être leur revient donc selon l'antérieur et le postérieur. On appelle cela un mot ambigu, dans la mesure où il tient à la fois des uns et des autres (des homonymes et des synonymes).
La Dialectique de Garland de Besançon
Extraits de la Dialectica (ca. 1040–1075) de Garland de Besançon (ca. 1015–1084/1102)
Division de la Dialectique de Garland :
Livre premier : Des voix incomplexes
Des cinq prédicables
Des dix prédicaments
Livre second : Des voix complexes
Livre troisième : De la proposition une et multiple
Livre quatrième : Des différences topiques
Livre cinquième : Des syllogismes catégoriques
Livre sixième : Des syllogismes hypothétiques
Les Introductions à la dialectique de Guillaume de Champeaux
Extraits des Introductiones dialecticae de Guillaume de Champeaux (ca. 1070–1121)
J'arrivais enfin à Paris, où depuis longtemps la dialectique était particulièrement florissante, auprès de Guillaume de Champeaux, qui devint mon maître, alors considéré, à juste titre, comme le premier dans cet enseignement.
Pierre Abélard, Histoire de mes malheurs
Kevin Guilfoy, William of Champeaux, SEP
Lambertus Marie de Rijk, Logica Modernorum. A Contribution to the History of Early Terminist Logic
Yukio Iwakuma, Introductiones dialecticae secundum Wilgelmum and secundum G. Paganellum
Id., Pierre Abélard et Guillaume de Champeaux dans les premières années du XIIᵉ siècle : une étude préliminaire
Id., Pseudo-Rabanus Super Porphyrium (P3)
Jean Jolivet, Données sur Guillaume de Champeaux, dialecticien et théologien
Irène Rosier-Catach (ed.), Arts du langage et théologie aux confins des XIᵉ et XIIᵉ siècles : Textes, maîtres, débats
Id., Priscien lu par Guillaume de Champeaux et son école. Les Notae Dunelmenses
La Dialectique et la Logique de Pierre Abélard
Extraits de la Dialectica (ca. 1115–17, 1121–23 et 1135–37), de la Logica dite 'Ingredientibus' (ca. 1118–20),
du Traité des intellections (ca. 1124) et de la Logica NPS, «nostrorum petitioni sociorum» (ca. 1125) de Pierre Abélard (1079–1142)
La Dialectique de Pierre Abélard, première édition critique complète du manuscrit parisien publiée en 1956 par Lambertus Marie de Rijk. À ce jour n'existe toujours aucune traduction d'une des plus importantes somme de logique de tous les temps écrite par l'un des meilleurs dialecticiens et logiciens de l'histoire de la philosophie.
et – au onzième jour avant le début du mois de mai 1142 – Abélard confia son espoir d'être compté parmi les bons philosophes.
Division de la somme de Dialectique de Pierre Abélard :
Premier traité : Livre des parties
Premier volume (perdu) : Antéprédicaments : des cinq voix de Porphyre
Premier livre : Du genre et de l'espèce
Second livre : De la différence, du propre et de l'accident
Troisième livre : Des propriétés et des communs
Second volume : Prédicaments : des prédicaments d'Aristote
Premier livre : De la substance
Second livre : De la quantité
Troisième livre : Des autres prédicaments
Troisième volume : Postprédicaments : des voix significatives
Premier livre : De la signification
Second livre : Des discours indéfinis
Troisième livre : Des discours définis
Second traité : Des catégoriques
Premier livre : Des parties des catégoriques
Second livre : Des différentes espèces de catégoriques
Troisième livre : Des syllogismes catégoriques
Troisième traité : Topiques
Premier livre : Des lieux
Second livre : Des divisions de Thémistius et Cicéron
Quatrième traité : Des hypothétiques
Premier livre : De la division des hypothétiques selon leurs propriétés
Second livre : Des syllogismes hypothétiques
Cinquième traité : Des divisions et des définitions
Premier livre : Des divisions
Second livre : Des définitions
Division de la Logique de Pierre Abélard :
Premier livre : Gloses sur Porphyre
Second livre : Gloses sur les Prédicaments d'Aristote
Troisième livre : Gloses sur le traité De l'interprétation d'Aristote
Quatrième livre : Glose sur le traité Du syllogisme catégorique de Boèce
Cinquième livre : Glose sur le traité Du syllogisme hypothétique de Boèce
Sixième livre : Glose sur le traité De la division de Boèce
Septième livre : Gloses sur les Topiques
Extraits des Gloses sur Porphyre :
Ici commencent les Gloses selon maître Abélard sur Porphyre
§ 1 Quant à nous qui commençons la logique [Ingredientibus nobis logicam] — offrant un aperçu de la propriété de cette discipline — tirons exorde de son genre, qui est la philosophie. Or Boèce n'appelle pas 'philosophie' n'importe quelle science, mais celle qui consiste dans les réalités les plus grandes : en effet nous ne disons pas 'philosophes' n'importe quels savants, mais ceux dont l'intelligence pénètre les problèmes subtils. Or de la philosophie Boèce distingue trois espèces, la spéculative relative à la nature des réalités à spéculer, la morale relative à l'honnêteté de la vie à considérer, la rationnelle relative à la raison des arguments à composer, que les Grecs nomment 'logique'. […]
§ 3 Or en écrivant sur la logique cet ordre est nécessaire, en l'occurrence : puisque les argumentations sont jointes à partir des propositions, les propositions à partir des mots, il est nécessaire que celui qui écrit parfaitement la logique écrive d'abord sur les termes simples, ensuite sur les propositions, qu'enfin dans les argumentations il accomplisse la fin de la logique, comme aussi notre chef de file Aristote le fait, lui qui pour la doctrine des termes écrivit au long les Prédicaments, pour celle des propositions le De l'herméneutique, pour celle des argumentations les Topiques et les Analytiques.
§ 4 Or Porphyre — l'auteur dont il s'agit ici — prépare, comme l’enseigne le libellé même du titre, cette ‘Introduction’ pour les Prédicaments d’Aristote, introduction que toutefois Porphyre lui-même montre par après être nécessaire à tout l’art logique. […]
§ 8 Mais par quelle partie la science du présent ouvrage tend vers la logique, cela est aussitôt reconnu si d'abord nous avons diligemment distingué les parties de la logique. Or il y en a deux — selon les auteurs Cicéron et Boèce — qui composent la logique, à savoir la science de découvrir des arguments et celle de juger, c'est-à-dire de confirmer et de corroborer ceux découverts. Deux choses sont en effet nécessaires à celui qui argumente, d'abord qu'il découvre les arguments par lesquels il argumente, ensuite si quelqu'un les critique en tant que vicieux ou bien pas assez fermes, qu'il sache les confirmer. D'où Cicéron dit que la découverte est naturellement antérieure. Or c'est à l'une et l'autre partie de la logique, mais surtout à la découverte, que se rapporte la science de l'ouvrage de Porphyre : aussi est-elle une certaine partie de la science de découvrir. Comment en effet un argument peut-il être tiré du genre ou bien de l'espèce comme des trois autres éléments, sauf une fois connus les points qui sont ici traités ? D'où Aristote lui-même introduit les définitions de ces éléments dans ses Topiques, quand il traite de leurs lieux, comme aussi Cicéron dans ses Topiques. Mais puisqu’un argument est confirmé à partir des mêmes choses à partir desquelles il est découvert, cette science n’est pas étrangère au jugement. Tout comme en effet l’argument est tiré de la nature du genre ou bien de l’espèce, ainsi à partir de la même nature est confirmé l'argument extrait. […]
§ 9 Certains cependant séparent tout à fait de la découverte et du jugement cette science et aussi celles des prédicaments ou bien des divisions ou des définitions ou encore des propositions et ne les reçoivent d’aucune manière dans les parties de la logique, quoique cependant ils les jugent nécessaires à toute la logique. À ceux-là certes tant l’autorité que la raison semblent contraires. Car Boèce sur les Topiques de Cicéron pose une double division de la dialectique, dont l’une et l’autre partie inclut ainsi l’autre tour à tour, de telle sorte que ces deux parties une à une comprennent toute la dialectique. La première division certes est par la science de découvrir et de juger, la deuxième par la science de diviser, de définir, de colliger. Lesquelles divisions aussi il les ramène ainsi l’une à l’autre, de telle sorte que dans la science de découvrir, qui est un membre de la précédente division, il inclue aussi la science de diviser ou de définir, à savoir pour cela que tant des divisions que des définitions des arguments soient tirés. D’où aussi la science du genre et de l’espèce ou des autres éléments est par une raison similaire accommodée à la découverte. Boèce lui-même dit aussi que pour les débutants en logique le texte des Prédicaments se présente en premier parmi les livres d’Aristote. À partir de quoi il appert que les Prédicaments n’ont pas à être séparés de la logique, eux dans lesquels le lecteur a un introït de la logique, surtout vu que cette distinction des prédicaments fournit de très grandes forces pour argumenter, puisque par elle peut être confirmé de quelle nature chaque réalité est ou bien n’est pas. La propriété des propositions aussi n’est pas étrangère aux arguments, puisqu’elle prouve tantôt celle-ci tantôt celle-là ou bien comme la contraire ou la contradictoire ou de quelque manière autrement l’opposée. Parce que donc tous les traités de logique sont inclinés vers la fin de cette dernière, c’est-à-dire vers l’argumentation, nous ne retranchons d’aucun d’eux la science de la logique.
§ 12 […] Porphyre pose quatre choses dans lesquelles il montre l'utilité quadrifide, comme nous l'avons mentionné ci-dessus, à savoir les prédicaments, les définitions, les divisions, les démonstrations, c'est-à-dire les argumentations. […]
§ 15 Pour les divisions aussi ces cinq [prédicables, c'est-à-dire le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident] sont tellement nécessaires que sans leur connaissance la division se fait plus par hasard que par raison. […]
Le nom de la rose, le concept de la rose, et la rose qui n'existe pas
La quatrième question d'Abélard ajoutée aux trois questions du questionnaire de Porphyre
Au §18, Abélard ajoute une quatrième question au questionnaire de Porphyre :
§ 18 [0.4.2. Énumération des questions que soulève la deuxième phrase de Porphyre à propos des universaux] Or elles sont trois, comme Boèce dit, mystérieuses et très utiles et non pas mises à l’épreuve par peu de philosophes, mais résolues par peu. Or la première est de cette sorte : les genres et les espèces subsistent-ils ou sont-ils posés dans les seules etc. ?, comme s’il disait : ont-ils un vrai être ou consistent-ils seulement dans l’opinion ? Tandis que la seconde est, s’ils sont concédés être avec véracité : sont-ils des essences corporelles ou incorporelles ? Tandis que la troisième est : sont-ils séparés des sensibles ou posés en eux ? […]
Relativement à ces mêmes genres et espèces d’autres questions aussi peuvent être faites qui sont tout aussi difficiles, comme l’est celle relative à la cause commune de l’imposition des noms universels — cette question est en l’occurrence : selon quoi les diverses choses s’accordent-elles ? —, ou aussi la question relative à l’intellection des noms universels, puisque aucune chose ne semble être conçue par de tels noms, et que ces mots ne semblent porter sur aucune chose, et de nombreuses autres questions difficiles.
Nous pouvons ainsi analyser « et se maintenant autour de ces choses, c’est-à-dire des sensibles », de sorte que nous ajoutions une quatrième question : les genres et les espèces ont-ils nécessairement, aussi longtemps qu’ils sont genres et espèces, une chose subordonnée à eux par nomination ? Ou, si l'on préfère, si les choses nommées sont anéanties, l’universel peut-il consister seulement dans la signification du concept (littéralement, de l’intellection), comme ce nom ‘rose’ s'il n’y a plus de roses auxquelles il soit commun ?
Pierre Abélard, édition et traduction française du début de la Logique
Maria Teresa Beonio-Brocchieri Fumagalli, The Logic of Abelard
Klaus Jacobi, Peter Abelard's Investigations into the Meaning and Functions of the Speech Sign 'Est'
Peter King, Peter Abelard, SEP
Jean Jolivet, À propos d'une critique abélardienne du réalisme
Paul Thom, La logique abélardienne des modales de rebus
Margaret Cameron, The Logic of Dead Humans: Abelard and the transformation of the Porphyrian Tree
Irène Rosier-Catach, Abélard et les grammairiens : sur le verbe substantif et la prédication
Id., Priscien, Boèce, les Glosulae in Priscianum, Abélard : les enjeux des discussions autour de la notion de consignification
Id., Les discussions sur le signifié des propositions chez Abélard et ses contemporains
Christopher J. Martin, Imposition and Essence: What's new in Abaelard's Theory of Meaning?
Id., Denying conditionals: Abaelard and the failure of Boethius' account of the hypothetical syllogism
Luisa Valente, Names That Can Be Said of Everything: Porphyrian Tradition and 'Transcendental' Terms in Twelfth-Century Logic
Roxane Noël, Understanding Universals in Abelard’s Tractatus de Intellectibus: The Notion of "Nature"
Irene Binini, Possibility and Necessity in the Philosophy of Peter Abelard
Irene Binini's current research on 12th century logic
Les Introductions Montagniennes d'Albéric de Paris
Extraits des Introductiones Montanae Minores (ca. 1130) et Maiores d'Albéric de Paris (ca. 1100–1160)
Dès que je fus passé en Gaule, tout jeune encore, y poursuivre mes études […], je me rendis auprès du Péripatéticien du Pallet [Pierre Abélard] qui, alors sur la Montagne Sainte-Geneviève, illustre et admirable maître, avait la préséance sur tous. Là, à ses pieds j'ai reçu les premiers rudiments de cet art et, dans la faible mesure de mes aptitudes naturelles limitées, tout ce qui sortait de sa bouche, je le recevais avec toute l'avidité dont était capable mon esprit. Ensuite, après son départ qui me parut trop rapide, je devins l'élève assidu de maître Albéric, qui d'entre tous les autres brillait comme le dialecticien le plus illustre, et il faut reconnaître qu'il était le plus farouche attaquant contre l'école nominaliste. Ayant passé environ deux années complètes sur la Montagne, j'ai eu comme professeurs dans cet art Albéric et maître Robert de Melun – pour le désigner par le surnom que lui valut son mérite auprès de ceux qui dirigeaient les écoles, puisqu'en réalité il est originaire d'Angleterre.
Jean de Salisbury (ca. 1115–1180), Metalogicon (1159), II, 10
Division des Introductions Montagniennes :
I. De la proposition catégorique
II. De la proposition hypothétique
Des syllogismes faits d'hypothétiques simples
Des syllogismes faits d'hypothétiques composées
Lambertus Marie de Rijk, Logica Modernorum. A Contribution to the History of Early Terminist Logic, vol. II, 2, pp. 7-109
Yukio Iwakuma, Alberic of Paris on Mont Ste Geneviève against Peter Abelard
Joke Spruyt, The Introductiones Montanae maiores: A Student’s Guide to Logic
L'Art dialectique d'Adam de Balsham
Extraits de l'Ars disserendi (1132) d'Adam de Balsham (ca. 1100–1181)
Lambertus Marie de Rijk, Logica Modernorum. A Contribution to the History of Early Terminist Logic, vol. I, pp. 62-81
Lorenzo Minio-Paluello, The Ars disserendi of Adam of Balsham Parvipontanus
L'Art melodunois de Robert de Melun
Extraits de l'Ars Meliduna (ca. 1154) de Robert de Melun (ca. 1100–1167)
Division de l'Art melodunois :
Première partie : Du terme
Seconde partie : Des significations des termes
Troisième partie : Des propositions
De la proposition catégorique
De la proposition hypothétique
Quatrième partie : Des énoncés des propositions ou des énonçables
Lambertus Marie de Rijk, Logica Modernorum. A Contribution to the History of Early Terminist Logic, vol. II, 1, pp. 264-390
Klaus Jacobi, Nomina transcendentia. Untersuchungen von Logikern des 12. Jahrhunderts über transkategoriale Terme
Luisa Valente, Logique et théologie. Les écoles parisiennes entre 1150 et 1220
Le Condensé porétain de Logique de Gilbert de Poitiers
Extraits du Compendium Logicae Porretanum (1155–70) de Gilbert de Poitiers (ca. 1085–1154)
Sten Ebbesen, Karin Margareta Fredborg & Lauge Nielsen, Compendium logicae Porretanum: A Manual of Porretan Doctrine by a Pupil of Gilbert’s
Christopher J. Martin, The Compendium logicae Porretanum: A Survey of Philosophical Logic from the School of Gilbert of Poitiers
John Marenbon, Gilbert of Poitiers: A note on the Porretani, dans Peter Dronke (ed.), A History of Twelfth-Century Western Philosophy
Le Metalogicon de Jean de Salisbury
Extraits du Metalogicon (1159) de Jean de Salisbury (ca. 1115–1180)
Les différentes parties de la dialectique et le but poursuivi par les logiciens
Extrait du livre II, chapitre 5
Ses auteurs (Cicéron, Topiques 2.6 et Boèce, Commentaires sur Porphyre 1) ont divisé la logique en une science de l'invention et une science du jugement, et ils ont enseigné que cette même logique repose entièrement sur les divisions, les définitions et les inférences. Et de fait elle apprend à inventer et à juger, et à diviser et à définir, et, pour ce qui est d'argumenter, elle rend compétent ou plutôt maître en la matière.
Extrait du livre III, chapitres 9 et 10
Les Topiques, comme le dit Isidore de Séville, ont été nommés ainsi parce qu'ils traitent des topos, c'est-à-dire des lieux qui sont les fondements des arguments, les sources des significations et l'origine des termes employés. Et la discipline elle-même est appelée la topique, pour la raison qu'elle expose les lieux. […] Sur eux repose la matière de l'invention, que Guillaume de Champeaux, de joyeuse mémoire, […] a définie […] comme la science qui permet de trouver le moyen terme et d'en tirer un argument. Quand en effet on hésite sur l'inhérence d'un argument, il est nécessaire de chercher un moyen terme qui permette d'unir les extrêmes. […] De fait les lieux de l'argumentation comme de la division et de la définition sont le plus souvent les mêmes. Mais la valeur de cet art est surtout efficace dans les argumentations.
Présentation et autres extraits à venir.
Les Sommes messines de Nicolas de Paris
Extraits des Summe Metenses (ca. 1220) de Nicolas de Paris (ca. 1185–1260)
Division des Sommes messines de Nicolas de Paris :
Chapitre 1 : Des introductions
I. Du terme et de ses accidents
Chapitre 2 : Des suppositions
Chapitre 3 : Des appellations
Chapitre 4 : Des restrictions
II. De la proposition et de ses accidents
Chapitre 5 : Des équipollences
Chapitre 6 : Des modales
III. Des argumentations
Chapitre 7 : Des prédicables
Chapitre 8 : Des lieux
Chapitre 9 : Des sophismes
Chapitre 10 : Des syllogismes
IV. Des relatives
V. Des distributions
Lambertus Marie de Rijk, Logica Modernorum. A Contribution to the History of Early Terminist Logic, vol. II, 1, pp. 449-490
Les Introductions à la logique de Guillaume de Sherwood
Extraits des Introductiones in logicam (ca. 1235–1250) de Guillaume de Sherwood (ca. 1200–1271)
Les Introductions à la logique de Guillaume de Sherwood sont l'un des quatre plus influents manuels scolaires de logique au treizième siècle, aux côtés de la Somme de Logique de Lambert d'Auxerre, des Petites Sommes de dialectique de Roger Bacon et des Petites Sommes de logique de Pierre d'Espagne.
Division des Introductions à la logique de Guillaume de Sherwood :
Premier traité : Énonciations
Second traité : Prédicables
Troisième traité : Syllogisme
Quatrième traité : Raisonnement dialectique
Cinquième traité : Propriétés des termes
Sixième traité : Raisonnement sophistique
Introductions de maître Guillaume de Sherwood à la logique
Puisque les principes des choses sont deux, à savoir la nature et l'âme, deux seront les genres des choses. De certaines choses en effet, le principe est la nature. Et de celles-ci la science est celle communément appelée naturelle. Et certaines, dont le principe est l'âme. Et celles-ci sont double. Car puisque l'âme est créée sans vertus et science, elle fait certaines opérations par lesquelles elle atteint les vertus. Et de celles-ci est l'éthique. Et desquelles elle fait des opérations, par lesquelles elle atteint la science. Et de celles-ci est la science du discours. Et cette science a trois parties : la grammaire, qui enseigne à parler correctement, et la rhétorique, qui enseigne à parler élégamment, et la logique, qui enseigne à parler vraiment.
Et la logique est principalement science du syllogisme, dont la connaissance nécessite la connaissance de la proposition. Et puisque toute proposition est faite de termes, nécessaire est la connaissance des termes.
Sara L. Uckelman, William of Sherwood, SEP
Les Petites Sommes de logique de Pierre d'Espagne
Extraits des Summulae logicales (ca. 1230–1245) de Pierre d'Espagne
Paradis, Chant XII, Les Cieux : St Bonaventure et ses compagnons : enluminure (ca. 1445) par Giovanni di Paolo (ca. 1403–1482) de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Assis à la droite de Thomas d'Aquin, au centre, Pierre d'Espagne tient les légendaires Petites Sommes de logique. Source : British Library, f.151r
Les Petites Sommes de logique de Pierre d'Espagne sont le manuel de base de l'étude de la logique quatre siècles durant, quand la logique est au cœur du premier cycle d'études universitaires. Les étudiants de Pierre étant âgés d'une quinzaine d'années, il écrit simplement et organise son livre soigneusement. Aucun livre de logique n'est lu par autant de lecteurs jusqu'au vingtième siècle, et peu d'ouvrages ont une influence supérieure à la sienne.
Division des Petites Sommes de logique de Pierre d'Espagne :
Premier traité : Des Introductions
Second traité : Des Prédicables
Troisième traité : Des Prédicaments
Quatrième traité : Des Syllogismes
Cinquième traité : Des Lieux
Sixième traité : Des Suppositions
Septième traité : Des Sophismes
Huitième traité : Des Relatives
Neuvième traité : Des Ampliations
Dixième traité : Des Appellations
Onzième traité : Des Restrictions
Douzième traité : Des Distributions
Le premier traité s'ouvre sur ces mots :
I, 1. La dialectique est l'art des arts, conduisant aux principes de toutes les méthodes. C'est pourquoi, dans l'acquisition des sciences, la dialectique doit être première. Elle est appelée 'dialectique' de dia, qui signifie deux, et de logos, qui signifie discours, ou de lexis, qui signifie raison, comme s'il s'agissait du discours ou du raisonnement de deux parties — à savoir, l'opposant et le répondant disputant. […]
La science médiévale des figures et des modes du syllogisme
Extraits du Quatrième traité : Des syllogismes
2. Tout syllogisme consiste en trois termes et deux propositions. De ces propositions, la première est appelée la proposition majeure, la seconde la mineure. Mais deux propositions ne peuvent être faites de trois termes sans que l'un d'eux ne soit pris deux fois, et alors ce terme sera ou bien sujet dans l'une et prédicat dans l'autre, ou bien prédicat dans les deux, ou bien sujet dans les deux. De ces termes, en outre, l'un est appelé le moyen, un autre le majeur extrême, l'autre le mineur extrême. Le moyen est le terme pris deux fois avant la conclusion. Le majeur extrême est le terme pris avec le moyen dans la proposition majeure. Le mineur extrême est le terme pris avec le moyen dans la proposition mineure.
3. Au syllogisme est nécessaire le mode et la figure. La figure est l'ordre des trois termes selon le sujet et le prédicat. Or cet ordre se fait triplement, comme il a été dit ; les figures sont donc trois.
La première figure est quand celui qui est sujet dans la première proposition est prédicat dans la seconde.
La seconde figure est quand le même est prédicat dans les deux.
La troisième figure est quand le même est sujet dans les deux.
Le mode est l'ordre correct des deux propositions en qualité et quantité.
4. Par conséquent sont données ces règles universelles pour toute figure :
Un syllogisme ne peut être uniquement fait de particulières, d'indéfinies ou de singulières.
Par conséquent, l'une ou l'autre des prémisses doit être universelle. En outre,
En nulle figure un syllogisme ne peut être uniquement fait de négatives.
Par conséquent, l'une ou l'autre prémisse doit être affirmative. En outre,
Si une quelconque des prémisses est particulière, la conclusion doit être particulière, et non conversement ; En outre,
Si une quelconque des prémisses est négative, la conclusion est négative, et conversement. En outre,
Le moyen ne doit jamais être mis en conclusion.
En ces quatre vers sont dix-neuf mots assignés aux dix-neuf modes des trois figures, de sorte que par le premier mot [barbara] est intelligé le premier mode de la première figure, par le second mot [celarent] le second mode, et ainsi de suite. Par conséquent les deux premiers vers sont assignés aux modes de la première figure, le troisième vers — à part son ultime mot [darapti] — est assigné aux modes de la seconde figure, de sorte que le premier mot du troisième vers [cesare] est assigné au premier mode de la seconde figure, le second mot [cam[b]estres] le second mode, et ainsi de suite. L'ultime mot du troisième vers [darapti], avec les autres mots du quatrième [felapto, disamis, datisi, bocardo, ferison], sont assignés aux modes de la troisième figure par ordre.
Science doit encore être que par les voyelles a e i o sont intelligés les quatre genres de propositions. Ainsi par cette voyelle a est intelligée l'universelle affirmative, et par e l'universelle négative, et par i la particulière affirmative et par o la particulière négative.
En outre, en chaque mot sont trois syllabes, et s'il en reste elle est superflue — excepté m, ainsi qu'il apparaîtra. Et par la première de ces trois syllabes il est intelligé la proposition majeure d'un syllogisme, par la seconde la mineure, par la troisième la conclusion. Par exemple, le premier mot — à savoir barbara — a trois syllabes en lesquelles est placé a et par a placé trois fois est signifié que le premier mode de la première figure se constitue de deux universelles affirmatives concluant à une universelle affirmative. Et ainsi est l'intelligence des autres mots selon les voyelles qui y sont placées.
En outre, science doit être que les quatre premiers mots du premier vers débutent par ces consonnes, b c d f, et tous les autres mots suivants. Par cela il est intelligé que tous les modes indiqués par ces mots débutant par b doivent être réduits au premier mode de la première figure [barbara], et tous les modes signifiés par un mot débutant par c au second [celarent], et par d au troisième [darii], et par f au quatrième [ferio]. En outre, quand un s est placé dans ces mots, il signifie que la proposition intelligé par la voyelle immédiatement précédente doit être convertie simplement. Et par p il signifie que la proposition doit être convertie par accident. Et quand est placé un m, il signifie que doit être faite une transposition des prémisses, et une transposition est faire une mineure d'une majeure et inversement. Et en outre où c est placé, il signifie que le mode intelligé par ce mot-là doit être prouvé par [réduction à] l'impossible.
Rosace des syllogismes figurant dans un manuscrit latin du quinzième siècle des Petites Sommes de logique de Pierre d’Espagne.
Source : BnF, mss latin 14716, f.63. Reproduction : Mathieu Sourdeix.
Peter of Spain, Summaries of Logic, texte latin et traduction anglaise de Brian P. Copenhaver, Calvin G. Normore et Terence Parsons
Joke Spruyt, Peter of Spain, SEP
Henrik Lagerlund, Medieval Theories of the Syllogism, SEP
La Somme de Logique de Lambert d'Auxerre
Extraits de la Logica alias Summa Lamberti (ca. 1250) de Lambert d'Auxerre (ca. 1220–1270)
Division de la Somme de Logique de Lambert d'Auxerre :
Premier chapitre : Propositions
Second chapitre : Prédicables
Troisième chapitre : Catégories
Quatrième chapitre : Remarques suivant les Catégories
Cinquième chapitre : Syllogisme
Sixième chapitre : Topiques
Septième chapitre : Topiques sophistiques
Huitième chapitre : Propriétés des termes
Extrait du premier chapitre : Propositions
Et on s'enquiert en outre de ce qu'est un art. On répond à cela que l'art est une collection de multiples préceptes tendant à une fin, c'est-à-dire une collection de multiples documents et de multiples règles qui sont ordonnées à une fin, à savoir à la connaissance de ce dont un art est principalement concerné. Ce qui est patent en grammaire : puisque toutes les règles et tous les documents qui sont transmis en grammaire le sont afin que nous connaissions la perfection et la convenance d'une locution. Et pareillement en logique : toutes les choses enseignées ici le sont afin que nous connaissions le syllogisme selon soi et ses espèces. L'art est encore dit de arto, artas. Car par les règles de l'art nous sommes ceints (artamur) et dirigées par elles dans les choses qui sont appropriées à chacun des arts.
Et on s'enquiert en outre de ce qu'est la logique. La logique est la science de discerner le vrai du faux par l'argumentation ; La logique est encore dite de logos qui signifie discours et ycos qui signifie science, comme science du discours. Mais puisque les sciences du discours sont trois ainsi qu'il a été dit et qu'elles peuvent chacune être dites logique, on s'enquiert pourquoi ce nom là à la logique plutôt qu'à la grammaire ou la rhétorique. On répond à cela que quelquefois ce qui est commun à une multitude est approprié à l'un en raison de son excellence ou dignité, ce qui est patent : 'apôtre' est commun à tous les apôtres et si on dit 'apôtre', cela doit être compris de Paul en raison de son excellence et de sa dignité. Pareillement bien que 'logique' soit un nom commun à tout art du trivium, il est cependant approprié à la logique en raison de sa dignité et de son excellence supérieures aux autres. Ce qui est patent par sa définition : « la logique est l'art des arts, la science des sciences qui ouvre à toutes celles qui sont ouvertes et qui clôt toutes celles qui le sont, sans laquelle n'est nulle science, et que toute requière. »
Elle peut être dite d'une dignité supérieure aux autres pour une autre raison, parce que les autres doivent leurs méthodes à la logique : la méthode scientifique en effet, c'est-à-dire la manière de procéder dans les sciences, est de définir, diviser, et colliger ou réunir, c'est-à-dire de prouver et infirmer. Nulle autre science que la logique n'enseigne à définir et diviser et colliger, mais seule la logique fait cela et ainsi dirige et corrige les autres dans sa manière de procéder. Raison pour laquelle elle peut être dite d'une dignité supérieure aux autres, et excelle ainsi la grammaire et la rhétorique. Un signe en est que Boèce au commencement de ses Topiques divise la logique en art de découvrir et art de juger et cette division ne s'applique à nul autre art puisque seule la logique détermine la manière de découvrir et de juger.
Et on s'enquiert en outre de ce qu'est la dialectique. La dialectique est l'art des arts conduisant aux principes de toutes les méthodes. Seule la dialectique en effet dispute probablement des principes de tous les arts. […] On s'enquiert alors quelle est la différence entre la logique et la dialectique. On répond à cela que la logique en tant qu'elle est un art et en tant qu'elle est une science est supérieure à la dialectique. La logique est en effet la science qui enseigne tous les syllogismes, alors que la dialectique les syllogismes dialectiques ou apparemment dialectiques. De même l'art logique utilise tous les syllogismes, alors que la dialectique utilise seulement les syllogismes dialectiques ou apparemment dialectiques. La logique est transmise dans l'ensemble des livres de logique, qui sont six, à savoir le livre des Prédicaments et le livre Sur l'interprétation qui sont à présent appelés l'ancienne logique (vetus logica), les livres des Premiers Analytiques, des Analytiques Postérieurs, des Topiques et des Réfutations Sophistiques, qui sont tous les quatre appelés la nouvelle logique (nova logica).
Les Petites Sommes de dialectique de Roger Bacon
Extraits des Summulae dialectices alias Summulae super totam logicam (ca. 1250) de Roger Bacon (ca. 1214–1294)
Division des Petites Sommes de dialectique de Roger Bacon :
Première partie de la logique : Du terme
Des prédicables
Des prédicaments
Seconde partie de la logique : De l'énonciation
Des propriétés des parties de l'énonciation
Troisième partie de la logique : De l'argumentation
Roger Bacon, The Art and Science of Logic: A translation by Thomas S. Maloney of the Summulae dialectices
Alain de Libera, The Oxford and Paris traditions in logic, in The Cambridge History of Later Medieval Philosophy
Id., Roger Bacon et le problème de l'appellatio univoca
Id., Roger Bacon et la référence vide
Id., Roger Bacon et la logique
L'Épître pour Shams al-Din sur les Principes de la Logique
de Najm al-Dīn al-Kātibī
Extraits de Al-Risāla al-Shamsiyya (1262) de Najm al-Dīn al-Kātibī (1203–1277)
Le Shamsiyya est un des manuels de logique le plus étudié de tous les temps.
Division du Shamsiyya d'al-Kātibī :
Première enquête : Sur ce qu'est la Logique et son utilité
Seconde enquête : Sur le sujet de la Logique
Livre 1 : Des termes
Première section : Des mots
Seconde section : Des signifiants simples (Prédicables)
Troisième section : Cinq enquêtes sur les universaux et les particuliers
Quatrième section : Des définitions
Livre 2 : Des propositions et de leurs règles
Introduction : Définition de la proposition et sa division primaire
Première section : De la proposition catégorique
Seconde section : Des différentes espèces de propositions hypothétiques
Troisième section : Règles concernant les propositions
Livre 3 : Du syllogisme
Premier chapitre : Définition et division du syllogisme
Première enquête : De la matière des syllogismes
Seconde enquête : Des parties dont consistent les sciences
Najm al-Dīn al-Kātibī, Logic for Shams al-Dīn, traduction anglaise par Aloys Sprenger
Tony Street, Logic dans The Cambridge Companion to Arabic Philosophy
Tony Street, Kātibī, Taḥtānī, and the Shamsiyya dans The Oxford Handbook of Islamic Philosophy
Tony Street, Arabic Logic, dans Handbook of the History of Logic vol.1: Greek, Indian and Arabic Logic
Le Commentaire des Seconds Analytiques de Thomas d'Aquin
Extraits de l'Expositio in libros Posteriorum Analyticorum (1271–72) de Thomas d'Aquin (ca. 1225–1274)
Extrait du Prohème :
2. Cet art est la logique, c'est-à-dire la science rationnelle. Qui est non seulement rationnelle selon ceci, qu'elle est conforme à la raison (ce qui est commun à tout art) ; mais encore selon cela, qu'elle fait de l'acte même de la raison sa propre matière.
3. La logique est par conséquent estimée être l'art des arts, car elle dirige la raison, dont tous les arts procèdent.
4. Il est donc nécessaire de diviser les parties de la logique selon la diversité des actes de la raison. Or les actes de la raison sont trois : dont les deux premiers sont rationnels, en ce qu'elle est intelligence. Le premier acte de l'intellect est l'intelligence des indivisibles ou des incomplexes, selon lequel est conçu ce qu'est la chose. Et cette opération est dite par certains information de l'intellect ou représentation par l'intellect. À cette opération rationnelle est ordonnée la doctrine dont traite Aristote dans le livre des Prédicaments. La seconde opération de l'intellect est la composition ou la division de l'intellect, en laquelle est le vrai et le faux. Et à cet acte rationnel est consacrée la doctrine dont traite Aristote dans le livre De l'interprétation. Le troisième acte de la raison est propre à la raison, à savoir discourir d'un point à un autre, afin que par ce qui connu nous parvenions à la connaissance de l'inconnu. Et à cet acte sont dédiés les autres livres de logique.
Thomas d'Aquin, Commentaire aux Seconds Analytiques d'Aristote
Guy-François Delaporte, Lecture du Commentaire de Thomas d'Aquin sur le Traité de la démonstration d'Aristote
Robert William Schmidt, The Domain of Logic according to Thomas Aquinas
Les Questions logiques de Jean Duns Scot
Extraits des Questions logiques de Jean Duns Scot (ca. 1265–1308)
Division des Questions sur le premier livre De l'interprétation d'Aristote de Duns Scot :
Question 1 : Quel est le sujet du livre De l'interprétation ?
Question 2 : Un nom signifie-t-il une chose ou une espèce de l'âme ?
Question 3 : Une mutation s'étant produite concernant la chose signifiée par une voix, une mutation se produit-elle dans la signification de cette voix ?
Question 4 : La différence établie par Aristote entre les lettres et les voix, les passions et les choses est-elle pertinente ?
Question 5 : Un terme commun se dit-il univoquement des choses existantes et non-existantes ?
Question 6 : Y a-t-il des suppôts simples d'un terme commun signifiant une nature vraie outre les suppôts existants ?
Question 7 : Les propositions « César est un homme », « César est un animal » sont-elles vraies, César n'existant pas ?
Question 8 : Les propositions « Un homme est un homme », « César est César » sont-elles vraies si ni l'un ni l'autre n'existent ?
Division des Questions sur les deux livres De l'interprétation d'Aristote – Sur le premier livre de Duns Scot :
Question 5 : Le verbe « est » est-il seulement une copule unissant le prédicat au sujet ?
Question 6 : Un verbe au présent est-il mis pour le maintenant actuel ou bien pour n'importe quel présent indifféremment ?
Question 7 : Une proposition au futur est-elle déterminément vraie ou fausse ?
Question 8 : La proposition « A sera » est-elle déterminément vraie maintenant ?
Question 9 : Est-il possible que ni l'une ni l'autre partie d'une contradiction ne soit vraie ?
Division des Questions sur les deux livres De l'interprétation d'Aristote – Sur le second livre de Duns Scot :
Question 6 : La proposition « Un homme blanc court » est-elle une ?
Question 7 : La proposition « Le blanc est musicien » est-elle une ?
Question 8 : La proposition « Un homme blanc est un homme musicien » est-elle une ?
Question 9 : La proposition « Un homme qui est blanc court » est-elle une ?
John Duns Scotus, Questions on Aristotle's Categories
Jean Duns Scot, Signification et vérité : Questions sur le Peri hermeneias d'Aristote
Giorgio Pini, Categories and Logic in Duns Scotus: An Interpretation of Aristotle's Categories in the Late 13th century
Id., How is Scotus’s Logic related to his Metaphysics? A reply to Todd Bates
Id., The Transcendentals of Logic: Thirteenth-Century Discussions on the Subject Matter of Aristotle’s Categories
Odile Gilon, Indifférence de l'essence et métaphysique chez Jean Duns Scot
Stefan Swiezawski, Les intentions premières et les intentions secondes chez Jean Duns Scot
Richard McKeon, The Relation of Logic to Metaphysics in the Philosophy of Duns Scotus
Scotus Archiv – Bonn
La Somme de logique de Guillaume d'Ockham
Extraits de la Summa logicae alias Summa totius logicae (ca. 1323) de Guillaume d'Ockham (ca. 1285–1347)
Division de la Somme de logique de Guillaume d'Ockham :
Premier traité : Les termes
Second traité : Les propositions
Troisième traité : Les arguments
Première partie : Le syllogisme en général
Seconde partie : Le syllogisme démonstratif
Troisième partie : Les conséquences
Quatrième partie : Les fallacies
Prologue du Frère et Maître Adam Wodeham d'Angleterre
À quel point sont importants, pour ceux qui cherchent la vérité, les résultats de cette science du langage que nous appelons la logique, c'est ce que nous apprennent de multiples savants qui font autorité ; la raison et l'expérience le confirment et le montrent nettement. Ainsi Aristote, principal auteur de cette science, l'appelle tantôt méthode introductive, tantôt manière de savoir, tantôt science commune à toutes choses et chemin vers la vérité, donnant par là à comprendre que personne ne trouve d'accès au savoir s'il n'est instruit en logique. Averroès aussi, interprète d'Aristote, dit dans la Physique que la dialectique est «l'instrument permettant de distinguer le vrai du faux». […]
Seule cette discipline permet d'argumenter en tout problème, elle apprend à résoudre tout genre de sophisme et à trouver le moyen terme dans un syllogisme démonstratif ; elle délivre l'esprit des liens par lesquels il est, hélas, retenu, et elle le rend à la liberté. De la même manière, en effet, que des liens retiennent les membres du corps et entravent l'exercice des fonctions pour lesquelles ceux-ci sont faits, de même, comme l'enseigne Aristote (Réfutations sophistiques, I, 2, 165 a 15-17), les arguments faux et sophistiques enchaînent l'esprit. […]
C'est pourquoi, poussé par l'intuition de l'utilité que présente la logique et que je viens de rappeler, Aristote, l'illustre philosophe péripapéticien, l'élabora avec art. […]
Lettre préface de Guillaume d'Ockham
La logique est en effet, de tous les arts, l'instrument le plus approprié, sans lequel aucune science ne peut être parfaitement connue. Et elle ne s'émousse pas continûment à l'usage, comme les instruments matériels, mais s'accroît au contraire en permanence par l'exercice et l'étude de n'importe quelle autre science. […]
Suivant donc le contenu que la logique prend en considération, il faut commencer par les termes, comme ce qui est premier ; sont ensuite examinées les propositions, et enfin les syllogismes et les autres espèces d'argumentation. […]
Chapitre 1. Définition et division générale du terme
Tous les auteurs de logique entendent montrer que les arguments et les syllogismes se composent de propositions et les propositions de termes. Le terme n'est donc rien d'autre que la partie élémentaire de la proposition. Pour définir le terme, Aristote dit en effet au livre I des Premiers Analytiques (1, 24b 16-18) : «J'appelle terme ce dans quoi se résout la proposition, comme le prédicat et ce dont il est prédiqué, que l'être ou bien le non-être lui soit attribué ou en soit séparé.» […]
Guillaume d'Ockham (c. 1285–1347), vitrail de Lawrence Stanley Lee (1919–2011),
All Saints' Church, Ockham, Comté de Surrey, Angleterre.
Pierre Alféri, Guillaume d'Ockham le singulier
William J. Courtenay, Ockham and Ockhamism: Studies in the Dissemination and Impact of his Thought
Jacob Archambault, The development of the medieval Parisian account of formal consequence
Joël Biard, Guillaume d'Ockham : Logique et philosophie
Id., Logique et théorie du signe au quatorzième siècle
Ruprecht Paqué, Le Statut parisien des nominalistes
Magali Roques, L'essentialisme de Guillaume d'Ockham
Nicolás Vaughan, Ockham’s Conception of Logic as a Rational Science: An Inferentialist Interpretation
Jenny Pelletier, Connections between Metaphysics and Logic in Ockham's Thought
Les traités Sur la pureté de l'art logique de Gauthier Burley
Extraits des deux traités De puritate artis logicae (avant 1324 et 1325–28) de Gauthier Burley (ca. 1275–1344)
Extraits du plus court Traité sur la pureté de l'art logique :
Je propose de compiler, si Dieu l'accorde, une sorte de traité sur la pureté de l'art de la logique, afin que les jeunes qui argumentent sur tout problème puissent être entraînés et puissent brièvement en disposer. Le petit livre enfermera quatre parties. Dans le première partie certaines règles générales seront définies afin d'être utilisées en matière de conséquence logique. La seconde partie traitera brièvement et succinctement de certains points de l'art sophistique, la troisième partie de l'art d'exercer les étudiants, et la quatrième partie de l'art de la démonstration.
La première partie sera subdivisée en trois sous-parties : dans la première, les règles générales des conséquences seront établies. La seconde traitera de la nature des termes syncatégorématiques. La troisième discutera certaines questions concernant les suppositions des termes.
Première partie : Des règles générales
Première sous-partie : Des règles générales des conséquences
Premièrement j'assume une certaine distinction, à savoir celle-ci : Une espèce de la conséquence est simple, l'autre espèce est momentanée. Une conséquence simple est celle qui s'ensuit pour tout temps. Par exemple 'Un homme court ; donc, un animal court'. Une conséquence momentanée s'ensuit pour un temps déterminé et non toujours. Par exemple 'Tout homme court ; donc, Socrate court'. Car cette conséquence ne s'ensuit pas toujours, mais seulement quand Socrate est un homme.
La première règle des conséquences est celle-ci : En toute bonne conséquence simple, l'antécédent ne peut être vrai sans le conséquent. Donc si en certains cas possibles posées l'antécédent peut être vrai sans le conséquent, alors la conséquence n'est pas bonne. Mais dans une conséquence momentanée l'antécédent ne peut momentanément être vrai sans le conséquent — à savoir, pendant le temps pendant lequel la conséquence s'ensuit.
Joël Biard, Logique et théorie du signe au quatorzième siècle
Catarina Dutilh Novaes, Medieval Theories of Consequence, SEP
La Logique de Gérard Odon
Extraits de la Logica (ca. 1320–25) de Gérard Odon (ca. 1285–1349)
Division de la Logique de Gérard Odon :
Livre premier : Des syllogismes
De la matière éloignée ou des termes
De la matière proche ou des propositions
De quelques préambules à la forme du syllogisme
De la forme du syllogisme
De la première figure
De la seconde figure
Annexe I : De la nature de l'opposition contradictoire
Livre second : Des suppositions
Livre troisième : Des deux principes les plus communs des sciences
De la matière de ces deux principes
De la forme dont sont énoncés ces principes
De la communauté de ces principes
De la vérité de ces principes
De la nécessité de ces principes
De la primauté de ces principes
De l'immédiateté de ces principes
De la priorité de ces principes
De l'évidence de ces principes
De la causalité de ces principes
Annexe III : Du premier sujet de la logique
Giraldus Odonis O.F.M., Opera Philosophica, Volume 1: Logica, Critical Edition from the Manuscripts by Lambertus Marie de Rijk
Ana Rieger Schmidt, La primauté de l'étant et les premiers principes chez Gérard Odon
Les Petites Sommes de logique de Jean Buridan
Extraits des Questions sur l'Art ancien, Du Traité des conséquences (1335),
et des Summulae logicales alias Summulae de Dialectica (ca. 1337–1357) de Jean Buridan (ca. 1292–1363)
Extrait du Prologue des Questions sur l'Isagogè de Porphyre (ca. 1341) de Jean Buridan :
Le mot logique vient du grec λόγος qui signifie discours, de logis ou lexis, qui signifie raison ou raisonnement, et de icos, qui veut dire science, autrement dit il s'agit d'une science portant sur le discours raisonnant. Or le discours raisonnant n'est rien d'autre que l'argumentation. Dès lors, on peut dire que toute la logique porte sur les argumentations, leurs principes, leurs parties et leurs passions, et qu'en logique, on n'étudie que ce qui a rapport à l'argumentation. C'est pourquoi toute la division de la logique se fait en fonction de l'argumentation.
La logique se divise en art ancien (ars vetus) et en art nouveau (ars nova).
L'Art ancien étudie l'argumentation non pas dans sa totalité mais dans ses parties intégrantes, à savoir les termes incomplexes, les phrases ou énonciations. Les termes incomplexes sont les parties éloignées de l'argumentation, tandis que les énonciations sont ses parties proches. Les parties éloignées, à savoir les termes incomplexes, sont abordées dans le Livre des prédicaments d'Aristote ; les parties proches, à savoir les énonciations, sont traitées dans le Perihermenias.
Vous savez que Porphyre a rédigé une introduction très utile aux Prédicaments d'Aristote, c'est le Traité des cinq prédicables. Par ailleurs, étant donné qu'Aristote dans son Livre des prédicaments a passé très vite sur les six premiers prédicaments, Gilbert de la Porrée a consacré un livre spécial à ces six prédicaments, intitulé le Livre des six principes. C'est pour cette raison que ces deux livres, à savoir celui de Porphyre et celui de Gilbert, sont considérés comme constituant la vieille logique, non pas en tant que parties principales, mais plutôt comme annexe et complément du Livre des prédicaments.
De son côté, l'Art nouveau traite de l'argumentation dans sa totalité.
Mais pourquoi parle-t-on d'Art ancien et d'Art nouveau ? D'un point de vue rationnel, on peut dire que la matière d'une chose précède dans le temps la chose qui en est issue ; or ce qui précède dans le temps est considéré comme plus ancien. Or les termes et les énonciations, dont il est question dans le Livre des prédicaments et le Perihermenias, sont les parties matérielles dont sont faites les argumentations. C'est pourquoi on peut les appeler anciennes par rapport à l'argumentation totale. Dès lors, pour cette raison, on appelle logique ancienne (logica vetus) la logique qui en fait l'étude.
De son côté, la logique nouvelle se divise en deux, car l'argumentation envisagée dans sa totalité peut se diviser en deux. Premièrement, comme inférant une conclusion à partir des prémisses ; deuxièmement comme prouvant une conclusion par les prémisses. La première façon est abordée dans les Premiers Analytiques ; la seconde dans d'autres livres, mais différemment. Car lorsque la preuve de la conclusion doit se faire à partir de prémisses très connues, il arrive qu'elle se fasse à partir de prémisses nécessaires et connues de soi ou allant de soi ; dans ce cas, on parle d'une démonstration qui engendre une science de la conclusion, laquelle est étudiée dans les Seconds Analytiques. Il arrive aussi que la preuve se fasse à partir de prémisses non nécessaires et n'étant pas connues de soi, c'est-à-dire à partir de prémisses probables ; dans ce cas, on parle d'une argumentation dialectique, qui n'engendre pas la science mais seulement l'opinion, argumentation qui est étudiée dans les Topiques. Il arrive parfois que l'on ait affaire à une argumentation sophistique qui semble prouver mais ne prouve pas ; de cela on traite dans les Réfutations sophistiques.
Division du Traité des conséquences de Jean Buridan :
Livre II : Les conséquences entre propositions modales
Livre III : Les syllogismes constitués de propositions assertoriques
Livre IV : Les syllogismes constitués de propositions modales
Définition de la conséquence
Extrait du livre I, chapitre 3 :
Dans le troisième chapitre, nous devons examiner ce qu'il faut entendre par conséquence, par conséquent et par antécédent.
Pour mettre cela en évidence, j'affirme qu'une proposition se divise en proposition catégorique et en proposition hypothétique. Une conséquence est une proposition hypothétique, car elle est formée de plusieurs propositions reliées conjointes par le mot si ou par le mot donc ou un équivalent. Ces mots indiquant que, des propositions qu'ils relient, l'une est la conséquence de l'autre. La différence entre eux est que le mot si indique que la proposition qui le suit immédiatement est l'antécédent et que l'autre proposition est le conséquent, tandis que le mot donc indique l'inverse.
Certains affirment que toute proposition hypothétique de ce genre, c'est-à-dire conjoignant plusieurs propositions par si ou par donc, est une conséquence ; et que, dès lors, une conséquence est divisible, puisque, dans certains cas, elle est vraie et, dans certains cas, elle est fausse. D'autres prétendent que, si elle est fausse, elle ne doit pas être appelée conséquence, mais qu'elle doit l'être seulement si elle est vraie. Mais de cela il n'y a pas lieu de discuter, car les noms ont une signification conventionnelle. Dès lors, qu'il en soit ainsi ou pas, je veux dans ce traité signifier par le nom conséquence une conséquence vraie, et par antécédent et conséquent des propositions dont l'une est consécutive à l'autre par une vraie conséquence, c'est-à-dire une conséquence valide.
Extrait du livre I, chapitre 8 :
À ces présuppositions j'ajoute ces principes : en toute contradiction, une des contradictoires est vraie et l'autre fausse, et il est impossible qu'elles soient toutes les deux simultanément vraies ou simultanément fausses ; en outre, toute proposition est ou vraie ou fausse et il est impossible que la même proposition soit simultanément vraie et fausse.
3ᵉ théorème
Troisième théorème : en toute bonne conséquence, de la contradictoire du conséquent s'ensuit la contradictoire de l'antécédent ; et toute proposition énoncée sous forme de conséquence est une bonne conséquence si la contradictoire de l'antécédent résulte de la contradictoire du conséquent.
Division des Petites Sommes de logique de Jean Buridan :
Premier traité : Traité des propositions
Second traité : Traité des prédicables
Troisième traité : Traité des prédicaments
Quatrième traité : Traité des suppositions
Cinquième traité : Traité des syllogismes
Sixième traité : Traité des lieux dialectiques
Septième traité : Traité des failles logiques
Huitième traité : Traité des démonstrations
Neuvième traité : Traité de la pratique des sophismes
Jean Buridan, Questions sur l'Art ancien
Id., Traité des conséquences, suivi du Traité sur les propositions
Id., Les Petites Sommes de logique
Stephen Read, John Buridan's Theory of Consequence and his Octagons of Opposition
La Logique très utile d'Albert de Saxe
Extraits de la Perutilis Logica (1361–70) d'Albert de Saxe (ca. 1320–1390)
Division de la Logique très utile d'Albert de Saxe :
Premier traité : Des termes
Second traité : Des suppositions des termes
Troisième traité : Des propositions
Quatrième traité : Des conséquences
Cinquième traité : Des paralogismes ou fallacies
Sixième traité : Des insolubles
Philotheus Boehner, Medieval Logic: An Outline of Its Development from 1250 to c. 1400
La Petite Logique et la Grande Logique de Paul de Venise
Extraits de la Logica Parva (1393–95) et de la Logica Magna (1396–99) de Paul de Venise (ca. 1369–1429)
Division de la Petite Logique de Paul de Venise :
Chapitre 1 : Des termes, propositions et arguments
Chapitre 3 : Des conséquences
Chapitre 4 : Des preuves des termes
Chapitre 5 : Des obligations
Chapitre 6 : Des insolubles
Chapitre 7 : Objections au chapitre I
Chapitre 8 : Objections au chapitre III
Alessandro Conti, Paul of Venice, SEP
Sara L. Uckelman, The Syllogism in Paul of Venice's Logica Magna
Les Disputes dialectiques de Lorenzo Valla
Extraits des Disputationes dialecticae (1439, 1444, 1446) de Lorenzo Valla (ca. 1406–1457)
Lorenzo Valla, Dialectical Disputations, edited and translated by Brian P. Copenhaver
Julio Agnelo Pimenta Pattio, La théorie de la connaissance dans les Dialectiques du XVIe siècle de Lorenzo Valla à Pierre de La Ramée : Topique, signification et nature
La Somme de Logique de Pedro de Castrovol
Extraits de la Logica (1490) de Pedro de Castrovol (ca. 14??–1500)
L'œuvre de Pedro de Castrovol peut être considérée comme la meilleure Somme de Logique du quinzième siècle espagnol.
Vicente Muñoz Delgado, La Lógica (1490) de Pedro de Castrovol
La Moelle de la Dialectique de Jerónimo Pardo
Extraits de la Medulla Dyalectices (1500) de Jerónimo Pardo (14??–1502)
Division de la Moelle de la Dialectique de Jerónimo Pardo :
1. De la vérité et de la fausseté de la proposition
2. Des règles générales des conséquences
3. Des contradictoires
4. Des conversions
5. Des hypothétiques
6. Des ampliations
7. Des appellations
8. Des modales
9. Des syllogismes
10. De la descente
Paloma Pérez-Ilzarbe, El significado de las proposiciones. Jerónimo Pardo y las teorías medievales de la proposición
Vicente Muñoz Delgado, La obra lógica de los españoles en Paris (1500-1525)
La Dialectique et la Logique abrégée de Juan Martínez Silíceo
Extraits de la Dialectica (1517) et de la Logica Brevis (1521) de Juan Martínez Silíceo (1486–1557)
Division de la Somme de Logique abrégée de Juan Martínez Silíceo :
Chapitre 1 : Des termes
Chapitre 2 : Des prédicables
Chapitre 3 : Des prédicaments
Chapitre 4 : Des suppositions (Propriétés des termes)
Chapitre 5 : Des catégoriques
Chapitre 6 : Des hypothétiques
Chapitre 7 : Des conséquences
Chapitre 8 : Des exponibles
Chapitre 9 : Des syllogismes
Chapitre 10 : Des divisions
Chapitre 11 : Des définitions
Chapitre 12 : Des démonstrations
Chapitre 13 : Des lieux
Chapitre 14 : Des sophismes
Chapitre 15 : Des insolubles
Chapitre 16 : Des obligations
Vicente Muñoz Delgado, La Lógica nominalista en la Universidad de Salamanca (1510-1530)
Les Introductions à la dialectique de Domingo de Soto
Extraits des Introductiones dialectice (1529) de Domingo de Soto (1494–1560)
Vicente Muñoz Delgado, Lógica formal y filosofía en Domingo de Soto (1494-1560)
Walter Redmond, La lógica del Siglo de Oro. Une introducción histórica à la lógica
Jesús Alberto López Cardenete, La enseñanza de la Lógica en el primer tercio del s. XVIII en el Colegio de S. Pablo de Granada según el manuscrito de Súmulas del P. Blas de Salas
Thomas Izbicki & Matthias Kaufmann, School of Salamanca, SEP
La Dialectique de Pierre de La Ramée
Extraits de la Dialectique (1555) de Pierre de La Ramée (ca. 1515–1572)
Division de la Dialectique de Pierre de La Ramée :
Premier livre : De l'Invention
Second livre : Du Jugement
Du syllogisme
Pierre de La Ramée, Dialectique
André Robinet, Aux sources de l'esprit cartésien : L'axe La Ramée-Descartes, de la Dialectique de 1555 aux Regulæ
Walter Ong, Ramus, Method, and the Decay of Dialogue: From the Art of Discourse to the Art of Reason
Earline Jennifer Ashworth, The eclipse of medieval logic, dans The Cambridge History of Later Medieval Philosophy
Lisa Jardine, Humanism and the teaching of logic, dans The Cambridge History of Later Medieval Philosophy
Nelly Bruyère, Méthode et dialectique dans l'œuvre de Pierre de La Ramée
Extraits des Institutionum Dialecticarum (1564) de Pedro da Fonseca (1528–1599)
Pedro da Fonseca, Institutionum Dialecticarum
João Madeira, Pedro da Fonseca’s Isagoge Philosophica and the Predicables from Boethius to the Lovanienses
Amândio Augusto Coxito, Pedro da Fonseca: A teoria da suposição e o seu contexto escolástico
António Manuel Martins, Lógica e ontologia em Pedro da Fonseca
La Question De la nature de la logique
et les Tables de logique de Giacomo Zabarella
Extraits de la Question De natura logicae (1579) et des Tabellae Logicae (1580) de Giacomo Zabarella (1533–1589)
Extraits de la Question De la nature de la logique
Livre second. Chapitre X, De l'utilité des arts démonstratif, dialectique et sophistique
D'où nous concluons qu'il y a trois usages différents du syllogisme, et qu'il en résulte trois arts logiques particuliers, qui enseignent à accorder le syllogisme à ces trois usages. Le premier est la sophistique, le second la dialectique, le troisième l'art démonstratif. De fait, quand nous jugeons les opinions des autres, la connaissance de la sophistique nous est nécessaire pour déceler et réfuter les arguments captieux et trompeurs des autres. De même en effet que, si un voyageur rencontrait des obstacles qui l'empêcheraient de voyager, il ne pourrait progresser sans les avoir déplacés, de même, sur la voie de la connaissance, nous ne pouvons avancer dans l'exploration de la vérité sans résoudre ni réfuter les sophismes des autres qui nous conduiraient à l'erreur. Il a donc fallu un certain art logique qui enseignât de combien de façons quelqu'un peut employer le syllogisme pour tromper, non dans le but de faire usage de ce genre de sophisme, mais pour savoir le résoudre quand les autres en font usage, et pour nous défendre nous-mêmes.
En second lieu vient l'usage de l'art dialectique, qui enseigne à prouver par des arguments probables n'importe quel problème. En effets les raisonnements ce genre sont faciles et populaires, et ils engendrent dans l'esprit une certaine opinion de la chose qui doit être démontrée ensuite, et préparent notre esprit à percevoir la force de la démonstration qui engendre la science solide de la chose.
Ainsi le dernier de tous est-il l'usage de la démonstration, qui, parce qu'il scrute les causes de la chose, est plus difficile pour l'entendement. Aristote en parle dans les Seconds Analytiques, où il enseigne comment il faut user du syllogisme pour atteindre la science des choses.
Conséquences des modales
Le possible s'ensuit-il du nécessaire ?
Extrait des Tables de logique
En outre de celle-ci "il est nécessaire d'être", on peut inférer "donc il est possible d'être" : mais de celle-ci selon les Anciens s'ensuit celle-là "il n'est pas nécessaire d'être" : donc du premier au dernier s'ensuit "s'il est nécessaire d'être, il n'est pas nécessaire d'être", et ainsi une contradictoire s'ensuivrait de sa contradictoire, ce qui est absurde.
On doute si est vrai ce qui a été pris pour argumenter contre les Anciens, à savoir que de celle-ci, "il est nécessaire d'être", s'ensuit celle-là, "il est possible d'être". En effet il y a une raison en faveur de chaque partie ; d'abord certes il semble que cela est correctement inférer ; car si cela ne s'ensuivait pas, il s'ensuivrait donc sa contradictoire, qui est "il n'est pas possible d'être", mais c'est manifestement absurde, que cela, qu'il est nécessaire d'être, ne soit pas possible, donc si celle-ci ne s'ensuit pas, l'autre s'ensuit, et ainsi la conséquence est bonne, "il est nécessaire d'être, donc il est possible d'être" ;
Mais d'un autre côté elle ne semble pas correcte, car on dit possible ce qui peut être et ne pas être : donc si nous disons correctement "il est nécessaire d'être, donc il est possible d'être", il s'ensuit que le nécessaire peut être et ne pas être, ce qui est absurde ;
Autres extraits des textes du philosophe de Padoue à venir.
Iacobus Zabarella, Tables de Logique
Jacques Zabarella, La nature de la logique
Heikki Mikkeli, Giacomo Zabarella, SEP
La Logique mexicaine d'Antonio Rubio
Extraits de la Logica mexicana sive Commentarii in universam Aristotelis logicam (1603) d'Antonio Rubio (1548–1615)
Antonio Rubio, Logica mexicana t. I et II
Walter Redmond et Mauricio Beuchot, La lógica mexicana en el Siglo de Oro
La Logique des Conimbres de Sebastião do Couto
Extraits des Commentarii Collegii Conimbricensis e Societate Jesu. In universam dialecticam Aristotelis Stagirita (1606)
de Sebastião do Couto (1567–1639)
Conimbricenses.org ⎜ A Digital Encyclopedia of Coimbra Philosophy
Le Jardin de la Logique
Extraits du Jardin de la Logique (1614) de Martin Meurisse (ca. 1584–1644)
Images et présentation à venir.
Susanne Berger, The Art of Philosophy: Visual Thinking in Europe from the Late Renaissance to the Early Enlightenment
Id., Martin Meurisse's Garden of Logic
Extraits des Regulæ ad directionem ingenii (1628) de René Descartes (1596–1650)
Id., Descartes. La lumière naturelle : intuition, disposition, complexion
Jean-Luc Marion, Sur l'ontologie grise de Descartes : Science cartésienne et savoir aristotélicien dans les Regulæ
Stephen Gaukroger, Cartesian Logic: An Essay on Descartes's Conception of Inference
Roger Ariew, Descartes, les premiers cartésiens et la logique
Id., Descartes and the First Cartesians
L'Art logique de Jean de Saint Thomas
Extraits de l'Ars logica seu de forma et materia ratiocinandi (1631) de Jean de Saint Thomas (1589–1644)
Division de L'Art logique de Jean de Saint Thomas :
Première partie, Des instructions dialectiques, qui sont appelées Petites Sommes
Prologue à toute la dialectique
L'art logique, sa division, son ordre et sa nécessité
Livre 1 : La première opération de l'intellect
divisé en 6 chapitres
Livre 2 : La seconde opération de l'intellect
divisé en 24 chapitres
Livre 3 : La troisième opération de l'intellect
divisé en 14 chapitres
Seconde partie, Des instruments logiques de la partie matérielle
I. Objet et Nature de la Logique
II. De l'universel
III. Enquêtes antéprédicamentales. De l'unité de la signification
IV. Des catégories
V. Des signes, des cognitions et des concepts
VI. De la démonstration et de la science
La Logique de Hambourg de Joachim Jungius
Extraits de Logica Hamburgensis (1638) de Joachim Jungius (ca. 1587–1657)
Division de la Logique de Hambourg de Joachim Jungius :
Livre premier : Des concepts
Livre second : Du jugement
Livre troisième : De l'inférence ou Du raisonnement
Logique spéciale
Livre quatrième : De la logique apodictique
Livre cinquième : De la dialectique
Livre sixième : De la sophistique
François Muller, La logique de Hambourg de Joachim Jungius : traduction et commentaire
Extraits de la Logica Vetus et Nova (1654–58) de Johannes Clauberg (1622–1665)
Division de la Logique Ancienne et Nouvelle de Clauberg :
Prolégomènes de la Logique
Première partie : Enseignant la manière correcte de former ses pensées dans la perception, le jugement et la mémoire
Deuxième partie : Comment expliquer ses pensées à autrui en accord avec la raison
Troisième partie : De la recherche du vrai sens de la phrase obscure
Quatrième partie : Où les concepts, les définitions, les divisions, l'ordre des pensées, les jugements, les propos, les questions, les preuves et les disputes des hommes sont pesés au trébuchet de la droite raison
Massimiliano Savini, Johannes Clauberg. Methodus cartesiana et ontologie
La Logique de Port-Royal ou L'Art de penser
Extraits de la Logique ou L'Art de penser (1662) d'Antoine Arnauld (1612–1694) et Pierre Nicole (1625–1695)
Division de la Logique de Port-Royal :
Contenant les réflexions sur les idées, ou sur la première action de l'esprit, qui s'appelle concevoir
Contenant les réflexions que les hommes ont faites sur leurs jugements
Extrait du Premier Discours, Où l'on fait voir le dessein de cette nouvelle Logique.
Il n'y a rien de plus estimable que le bon sens et la justesse de l'esprit dans le discernement du vrai et du faux. Toutes les autres qualités d'esprit ont des usages bornés ; mais l'exactitude de la raison est généralement utile dans toutes les parties et dans tous les emplois de la vie. Ce n'est pas seulement dans les sciences qu'il est difficile de distinguer la vérité de l'erreur, mais aussi dans la plupart des sujets dont les hommes parlent, et des affaires qu'ils traitent. Il y a presque partout des routes différentes, les unes vraies, les autres fausses ; et c'est à la raison d'en faire le choix. Ceux qui choisissent bien, sont ceux qui ont l'esprit juste ; ceux qui prennent le mauvais parti, sont ceux qui ont l'esprit faux, et c'est la première et la plus importante différence qu'on peut mettre entre les qualités de l'esprit des hommes.
Ainsi la principale application qu'on devrait avoir, serait de former son jugement et de le rendre aussi exact qu'il le peut être, et c'est à quoi devrait tendre la plus grande partie de nos études. On se sert de la raison comme d'un instrument pour acquérir les sciences, et on se devrait servir au contraire des sciences comme d'un instrument pour perfectionner sa raison : la justesse de l'esprit étant infiniment plus considérable que toutes les connaissances spéculatives, auxquelles on peut arriver par le moyen des sciences les plus véritables et les plus solides.
Extrait du Second Discours, Contenant la Réponse aux principales objections qu'on a faites contre cette Logique.
Il s'est trouvé des personnes qui ont été choquées du titre d'art de penser, au lieu duquel ils voulaient qu'on mît l'art de bien raisonner. Mais on les prie de considérer que la Logique ayant pour but de donner des règles pour toutes les actions de l'esprit, et aussi bien pour les idées simples, que pour les jugements et pour les raisonnements, il n'y avait guère d'autre mot qui enfermât toutes ces différentes actions, et certainement, celui de pensée les comprend toutes ; car les simples idées sont des pensées, les jugements sont des pensées, et les raisonnements sont des pensées. Il est vrai que l'on eût pu dire, l'art de bien penser ; mais cette addition n'était pas nécessaire, étant assez marquée par le mot d'art, qui signifie de soi-même, une méthode de bien faire quelque chose, comme Aristote même le remarque. Et c'est pourquoi on se contente de dire l'art de peindre, l'art de compter, parce qu'on suppose qu'il ne faut point d'art pour mal peindre, ni pour mal compter.
Extrait de la Troisième partie de la logique : Du Raisonnement.
Chapitre premier : De la nature du raisonnement, et des diverses espèces qu'il y en peut avoir.
La nécessité du raisonnement n'est fondée que sur les bornes étroites de l'esprit humain, qui ayant à juger de la vérité ou de la fausseté d'une proposition, qu'alors on appelle question, ne le peut pas toujours faire par la considération des deux idées qui la composent, dont celle qui en est le sujet est aussi appelée le petit terme, parce que le sujet est d'ordinaire moins étendu que l'attribut, et celle qui en est l'attribut est aussi appelée le grand terme par une raison contraire. Lors donc que la seule considération de ces deux idées ne suffit pas pour faire juger si l'on doit affirmer ou nier l'une de l'autre, il a besoin de recourir à une troisième idée, ou incomplexe ou complexe, (suivant ce qui a été dit des termes complexes) et cette troisième idée s'appelle moyen.
La distinction entre intension (ou compréhension) et extension (ou étendue) d'un concept
Extrait du Chapitre VI de la première partie : Des idées considérées selon leur généralité, particularité et singularité
Les idées qui ne représentent qu'une seule chose s'appellent singulières ou individuelles, et ce qu'elles représentent, des individus, et celles qui en représentent plusieurs s'appellent universelles, communes, générales.
[…] Or dans ces idées universelles il y a deux choses qu'il est très important de bien distinguer, la compréhension, et l'étendue.
J'appelle compréhension de l'idée, les attributs qu'elle enferme en soi, et qu'on ne lui peut ôter sans la détruire, comme la compréhension de l'idée du triangle enferme extension, figure, trois lignes, trois angles, et l'égalité de ces trois angles à deux droits, etc.
J'appelle étendue de l'idée, les sujets à qui cette idée convient, ce qu'on appelle aussi les inférieurs d'un terme général, qui à leur égard est appelé supérieur, comme l'idée du triangle en général s'étend à toutes les diverses espèces de triangles.
Jill Buroker, Port Royal Logic, SEP
Sylvain Auroux, La logique des idées
Jacob Schmutz, Le tournant facultatif de la logique dans la scolastique française du XVIIe siècle
La Logique de Gottfried Wilhelm Leibniz
Extraits des opuscules logiques de Gottfried Wilhelm Leibniz (1646–1716)
Leibniz n'avait pas encore douze ans qu'il se plongeait avec délices dans les épines de la Logique
scolastique : il se délectait des livres de Zabarella, de Rubio et de Fonseca, et il lisait Suárez.
Louis Couturat, La Logique de Leibniz, chapitre 2
Présentation et extraits des opuscules logiques du philosophe de Hanovre à venir.
Extrait de la lettre de Leibniz à Arnauld du 4/14 juillet 1686, GP II 56 :
Toujours, dans toute proposition affirmative véritable, nécessaire ou contingente, universelle ou singulière, la notion du prédicat est comprise en quelque façon dans celle du sujet, prædicatum inest subjecto ou bien je ne sais ce que c'est que la vérité.
La définition modale de l'essence de la vérité
Extraits des Nouveaux Essais sur l'Entendement humain (1695–1704) :
Comme la vérité ou la fausseté n'appartient qu'aux propositions, il s'ensuit que, quand les idées sont nommées vraies ou fausses, il y a quelque proposition ou affirmation tacite. C'est qu'il y a une supposition tacite de leur conformité avec quelque chose, […] à ce qui existe réellement (comme est l'homme et non pas le centaure), à l'essence dont dépendent les propriétés de la chose, […]
Je crois qu'on pourrait entendre ainsi les vraies ou les fausses idées, mais comme ces différents sens ne conviennent point entre eux et ne sauraient être rangés commodément sous une notion commune, j'aime mieux appeler les idées vraies ou fausses par rapport à une autre affirmation tacite, qu'elles renferment toutes, qui est celle de la possibilité. Ainsi les idées possibles sont vraies et les idées impossibles sont fausses.
Livre 2, chapitre 32, §1 à §5.
Pour les essences, genres ou espèces, il ne s'y agit que de possibilités, qui sont indépendantes de notre pensée. […] L'essence dans le fond n'est autre chose que la possibilité de ce qu'on propose.
Livre 3, chapitre 3, §14 et §15.
La division de la vérité
en vérités de raison ou vérités nécessaires et vérités de fait ou vérités contingentes
Extrait des Principes de la philosophie ou Monadologie (1714) :
32. Et celui de la Raison suffisante, en vertu duquel nous considérons qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai ou existant, aucune énonciation véritable, sans qu'il y ait une raison suffisante, pourquoi il en soit ainsi et non pas autrement, quoique ces raisons le plus souvent ne puissent point nous être connues.
33. Il y a aussi deux sortes de Vérités, celles de Raisonnement et celles de Faits. Les Vérités de Raisonnement sont nécessaires et leur opposé est impossible, et celle de Faits sont contingentes et leur opposé est possible. Quand une vérité est nécessaire, on en peut trouver la Raison par l'Analyse, la résolvant en idées et en vérités plus simples, jusqu'à ce qu'on vienne aux primitives.
35. Et il y a enfin des idées simples, dont on ne saurait donner la définition ; il y a aussi des Axiomes et Demandes ou en un mot des principes primitifs, qui ne sauraient être prouvés et n'en ont point besoin aussi, et ce sont les Énonciations identiques, dont l'opposé contient une contradiction expresse.
Gottfried W. Leibniz, Recherches générales sur l'analyse des notions et des vérités
Louis Couturat, La Logique de Leibniz
Martin Heidegger, Fonds métaphysiques initiaux de la logique en partant de Leibniz
Wolfgang Lenzen, Leibniz's Logic, IEP
Volker Peckhaus, Leibniz's Influence on 19th Century Logic, SEP
David Rabouin, Situation et reconstitution de la mathesis universalis leibnizienne
Jean-Baptiste Rauzy, La doctrine leibnizienne de la vérité : aspects logiques et ontologiques
Les Petites Sommes de Logique de Blas de Salas
Extraits de la Dialectica Minor sive logicale compendium, quod vulgo Summulae nuncupatur (1729) de Blas de Salas (1695–1751)
Extraits des leçons de Logique de Blomberg (1770), de Vienne (ca. 1780), de la Critique de la raison pure (1781–87), et des leçons de Logique de Dohna-Wundlacken (1792) et de Jäsche (1800) d'Emmanuel Kant (1724–1804)
Emmanuel Kant, portrait (détail) par Johann Leonhard Raab et Georg Döbler, XIXᵉ s. Source : Europeana
Nombre des étudiants qui assistent aux cours de Logique professés par Emmanuel Kant à l'Université de Königsberg de 1755 à 1797 sont âgés de quatorze ou quinze ans.
Division du cours de Logique édité en 1800 par Gottlob Benjamin Jäsche :
I. Concept de la Logique
II. Divisions principales de la Logique
III. Concept de la philosophie en général
IV. Abrégé d'une histoire de la philosophie
V. La connaissance en général
VI. Perfection de la connaissance :
A. selon la quantité
VII. B. selon la relation
VIII. C. selon la modalité
X. Probabilité ; méthode de la philosophie
I. Doctrine générale des éléments :
Premier chapitre : Des concepts
Deuxième chapitre : Des jugements
Troisième chapitre : Des raisonnements :
I. Raisonnements de l'entendement
II. Raisonnements de la raison
III. Raisonnements de la faculté de juger
II. Doctrine générale de la méthode :
Premier chapitre : Des définitions
Deuxième chapitre : De la division logique des concepts
Extraits des écrits et des cours de Logique du philosophe de Königsberg à venir.
Rudolf Eisler, Kant-Lexikon, t. I & II
Georges Rey, The Analytic/Synthetic Distinction, SEP
Sandra Lapointe, Qu'est-ce que l'analyse ?
Jean Cavaillès, Sur la Logique et la théorie de la science
John MacFarlane, What Does it Mean to Say that Logic is Formal?
Huaping Lu-Adler, Kant and the Science of Logic: A Historical and Philosophical Reconstruction
La Logique de Bernard Bolzano
Extraits de De la logique (1811–12), de la Théorie de la science (1837) et du Nouvel Anti-Kant (1847) de Bernard Bolzano (1781–1848)
…la Théorie de la Science de Bernard Bolzano, datant de 1837, un ouvrage qui, en ce qui concerne la « théorie logique élémentaire », laisse loin derrière lui tout ce que la littérature mondiale nous offre comme ébauches d'une logique systématique. […] Dans les deux premiers tomes de son ouvrage, […] il l'a exposée avec une pureté et une rigueur scientifique, et ce avec une telle abondance d'idées originales scientifiquement assurées et, en tout cas, fécondes, que ce sont là des motifs suffisants pour qu'on doive le considérer comme un des plus grands logiciens de tous les temps.
Edmund Husserl, Recherches Logiques, I
Présentation et extraits des écrits logique du philosophe pragois de Bohême à venir.
Jacques Laz, Bolzano critique de Kant
Franz Příhonský, Bolzano contre Kant : Le Nouvel Anti-Kant
Id., Bolzano's Theoretical Philosophy: An Introduction
Edgar Morscher, Bernard Bolzano, SEP
Jan Šebestik, Bolzano's Logic, SEP
Clinton Tolley, Bolzano and Kant on the Nature of Logic
La Science de la Logique de G. W. F. Hegel
Extraits de la Wissenschaft der Logik (1812–32) et de la Science de la Logique de l'Encyclopédie des sciences philosophiques (1816–30)
de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770–1831)
Les Vacances de Hegel, René Magritte (1898–1967), 1958.
Division de la Science de la Logique de Hegel :
Premier volume : Logique objective
Premier livre : L'être
Première section : Déterminité (Qualité)
Deuxième section : La grandeur (Quantité)
Troisième section : La mesure
Deuxième livre : L'essence
Première section : L'essence comme réflexion dans elle-même
Deuxième section : Le phénomène
Troisième section : L'effectivité
Second volume : Logique subjective
Troisième livre : Le concept
Première section : La subjectivité
Chapitre premier : Le concept
Chapitre deuxième : Le jugement
Chapitre troisième : Le syllogisme
Deuxième section : L'objectivité
Troisième section : L'Idée
II La logique, en revanche, ne peut présupposer aucune de ces formes de la réflexion ou de ces règles et lois de la pensée, car elles constituent une partie de son contenu et elles ont à être fondées au préalable à l'intérieur d'elle. Or, non seulement l'indication de la méthode scientifique, mais, lui aussi, le concept même de la science, appartient à son contenu, et, en vérité, il constitue son ultime résultat ; ce qu'elle est, la logique ne peut, par conséquent, pas le dire à l'avance, mais le traitement tout entier de cette science n'amène au jour ce savoir d'elle-même que comme ce qu'elle a d'ultime et comme son achèvement. Pareillement, son objet, le penser ou, de façon plus précise, le penser qui conçoit, est essentiellement traité à l'intérieur d'elle ; le concept de cet objet s'engendre dans le parcours qu'elle accomplit et il ne peut, par conséquent, pas être dépêché à l'avant. […]
Si l'on prend la logique comme la science de la pensée en général, on entend alors, par là, qu'une telle pensée constitue la simple forme d'une connaissance, que la logique fait abstraction de tout contenu, et que le second élément constitutif – ainsi dit-on – qui est censé appartenir à une connaissance, la matière, doit nécessairement être donné suivant une autre provenance, que, du même coup, la logique, en tant que cette matière serait tout à fait indépendante d'elle, ne peut donner que les conditions formelles d'une connaissance vraie, mais non pas contenir une vérité réelle elle-même, ni non plus être ne serait-ce que le chemin manant à une vérité réelle, puisque précisément ce qu'il y a d'essentiel dans la vérité, le contenu, résiderait en dehors d'elle.
Mais en premier lieu, il est déjà maladroit de dire que la logique fait abstraction de tout contenu, qu'elle n'enseigne que les règles de la pensée, sans pouvoir se pencher sur ce qui est pensé et prendre en compte sa condition constitutive. Car, étant donné que la pensée et les règles de la pensée doivent être son objet, elle a bien immédiatement en elles son contenu propre ; elle y a aussi le deuxième élément constitutif, évoqué il y a un instant, de la connaissance, une matière dont elle se préoccupe, quant à sa constitution constitutive.
Mais, deuxièmement, d'une façon générale, les représentations sur lesquelles reposait jusqu'à maintenant le concept de la logique, pour une part, ont déjà sombré, tandis que, pour une autre part, il est temps qu'elles disparaissent complètement, que le point de vue où se tient cette science soit conçu à un niveau plus élevé, et qu'elle gagne une figure pleinement changée.
XII Le concept de la science, c'est que la vérité soit la conscience de soi pure et qu'elle ait la figure du Soi, à savoir que ce qui est en soi est le concept, et que le concept est ce qui est en soi.
Extrait de la Division générale de la Logique :
L'élément de cette science est l'unité faisant que l'être est en soi-même concept pur et que seul le concept est l'être véritable.
A Map of Hegel's Science of Logic
André Doz, La Logique de Hegel et les problèmes traditionnels de l'ontologie
Béatrice Longuenesse, Hegel et la Critique de la métaphysique
André Léonard, Commentaire littéral de la Logique de Hegel
André Stanguennec, Le dialectique, la dialectique, les dialectiques chez Hegel, dans le recueil Lectures de Hegel
Evald Vassilievitch Ilyenkov, Dialectics as Logic
Graham Priest, Francesco Berto & Zach Weber, Dialetheism, SEP
Robert B. Pippin, Hegel's Realm of Shadows: Logic as Metaphysics in the Science of Logic
Extraits des écrits logiques de Lewis Carroll (1832–1898)
Amirouche Moktefi, La logique symbolique en débat à Oxford à la fin du XIXᵉ siècle : Les disputes logiques de Lewis Carroll et John Cook Wilson
Id., La théorie syllogistique de Lewis Carroll
L'Idéographie de Gottlob Frege
Extraits des écrits logiques de Gottlob Frege (1848–1925)
Ali Benmakhlouf, Gottlob Frege, logicien philosophe
Michael Dummett, Les origines de la philosophie analytique
Extraits de Naming and Necessity (1970) et de Reference and Existence (1973) de Saul Kripke (1940–)
Choix de lectures philosophiques en matière logique
Jan Aertsen & Wouter Goris, Medieval Theories of Transcendentals, SEP
Jc Beall & Greg Restall, Logical Consequence, SEP
Józef Maria Bocheński, A History of Formal Logic
Steeven Chapados, Dictionnaire philosophique et historique de la logique
Carlos A. Dufour, Die Lehre der Proprietates Terminorum : Sinn und Referenz in mittelalterlicher Logik
Thomas Hofweber, Logic and Ontology, SEP
Norman Kretzmann, Anthony Kenny, Jan Pinborg (ed), The Cambridge History of Later Medieval Philosophy
Gyula Klima, The Medieval Problem of Universals, SEP
Simo Knuuttila, Medieval Theories of Modality, SEP
Catarina Dutilh Novaes & Stephen Read (ed), The Cambridge Companion to Medieval Logic
Terence Parsons, Articulating Medieval Logic
Terence Parsons, The Traditional Square of Opposition, SEP
Paul Vincent Spade, Thoughts, Words and Things: An Introduction to Late Medieval Logic and Semantic Theory
Jules Tricot, Traité de logique formelle
Id., Everything You Wanted to Know About Medieval Logic But Were Too Embarrassed To Ask

References: § 1

§ 3

§ 4

§ 8

§ 9

§ 12

§ 15
 §18

§ 18
 §1
 §5
 §14
 §15