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Timestamp: 2020-05-29 04:36:03+00:00

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CONNAISSANCE OUVERTE: INDEX NIETZSCHE (4/16) : LES SOCIALISTES
«　Il faut être un crétin pour se définir comme un nietzschéen de gauche.　»
Michel Houellebecq, entretien avec Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 25 août 2005. Allusion évidente à Michel Onfray.
Pour une note générale sur mes indexations de Nietzsche, voir le début de "Dieu", la religion, dans l'œuvre de Frédéric Nietzsche.
Fragments posthumes, 1871,
U I 2b, fin 1870 - avril 1871 : [182]　: " Refuser la déification du peuple　: nous ne mettons ici nos pas que dans ceux du grand individu. Un pareil amoncellement de pareils débris peut-il être appelé civilisation [Cultur] , peut-il constituer une fin　? "
[183]　: " Est-ce que ce qui est utile à ceux de la multitude est une fin　? Ou bien ceux de la multitude ne sont-ils qu’un moyen　? "
U I 4a, 1871　: [69]　: " Le socialisme est une conséquence de l’inculture générale, de l’éducation abstraite, de la grossièreté d’âme. [allgemeiner Unbildung, abstrakter Erziehung, Gemüthsroheit]. "
[70]　: " Égalité de l’enseignement pour tous jusqu’à quinze ans. Car la prédestination au lycée par les parents, etc., est une injustice. "
Naissance de la tragédie (1872, 1874) :
§ 18　: " Il n’y a rien de plus terrifiant qu’un barbare état d'esclavage qui a appris à considérer son existence comme une injustice et qui se prépare à en prendre vengeance, non seulement pour elle, mais pour toutes les générations. [Es giebt nichts Furchtbareres als einen barbarischen Sclavenstand, der seine Existenz als ein Unrecht zu betrachten gelernt hat und sich anschickt, nicht nur für sich, sondern für alle Generationen Rache zu nehmen.] "
Cinq préfaces à cinq livres qui n'ont pas été écrits, 1980 [1872],
§ 3 L'État grec [Der griechische Staat] :
" La misère des hommes qui vivent péniblement doit encore être accrue pour permettre à un nombre restreint d'Olympiens de produire le monde de l'art. Voilà d'où provient ce ressentiment qu'ont entretenu de tout temps les communistes et les socialistes, ainsi que leurs pâles rejetons, la race blanche des "libéraux", à l'encontre des arts, mais aussi à l'encontre de l'Antiquité classique. Si la civilisation était réellement laissée au gré d'un peuple, si d'inexorables puissances n'y régnaient qui soient à l'individu lois et limites, on verrait alors le mépris de la civilisation, la glorification de la pauvreté d'esprit, la destruction iconoclaste des exigences artistiques, ce serait bien plus qu'une insurrection des masses opprimées contre quelques frelons oisifs : ce serait le cri de compassion qui renverserait les murs de la civilisation ; l'instinct [Trieb] de justice, le besoin d'égalité dans la souffrance submergeraient toutes les autres représentations. "
§ 4　: "Toute philosophie qui croit qu’un événement politique puisse écarter, ou qui plus est résoudre, le problème de l’existence est une plaisanterie de philosophie, une pseudo-philosophie. Depuis que le monde existe, on a vu souvent se fonder des États ; c'est une vieille histoire. Comment une innovation politique suffirait-elle à faire des hommes, une fois pour toutes, les heureux habitants de la Terre ?
Fragments posthumes, 1875-1877,
U II 8b, printemps-été 1875 : [188] : " L'État idéal, dont rêvent les socialistes, détruit les fondements des grandes intelligences, l'énergie forte. " [Der ideale Staat, den die Socialisten träumen, zerstört das Fundament der großen Intelligenzen, die starke Energie.]
N II 3, fin 1876 – été 1877　: 21[43]　: " Le socialisme se fonde sur la résolution de poser les humains égaux et d’être juste envers chacun　: c’est la moralité la plus élevée. [Der Socialismus beruht auf dem Entschluss die Menschen gleich zu setzen und gerecht gegen jeden zu sein: es ist die höchste Moralität.] "
Mp XIV 1b, fin 1876 - été 1877　: 23[16]　: la navigation aérienne sera favorable au socialisme ;
23[25]　: " On reproche au socialisme de ne pas tenir compte de l’inégalité de fait entre les hommes　; toutefois ce n’est pas là un reproche, mais bien une caractéristique, car le socialisme décide de négliger cette inégalité et de traiter les hommes en égaux […] c’est dans cette décision de passer outre les différences que réside sa force exaltante. [Man wirft dem Socialismus vor, daß er die thatsächliche Ungleichheit der Menschen übersehe; aber das ist kein Vorwurf, sondern eine Charakteristik, denn der Socialismus entschließt sich, jene Ungleichheit zu übersehen und die Menschen als gleich zu behandeln [...] In jenem Entschluß, über die Differenzen hinweg zu sehen, liegt seine begeisternde Kraft.] "
Mp XIV 1 d, automne 1877　: 25[1]　: Socialisme　:
Améliorer la condition des couches les plus basses revient à améliorer leur capacité de souffrance　; le grand homme et la grande œuvre ne s’épanouissent que dans la liberté.
Les socialistes ont pour la plupart le tempérament sombre, débile, songe-creux, fielleux.
V, § 235　: les socialistes aspirent à créer un état de bien-être pour le plus grand nombre possible. Si le foyer permanent de ce bien-être, l’État parfait, était réellement atteint, ce bien-être même détruirait le terrain sur lequel se développent la grande intelligence et, d’une manière générale, la forte individualité.
VIII, § 446　: Pour ceux qui, en toute chose, envisagent l’utilité supérieure, le socialisme ne présente qu’un problème de puissance.
§ 463　: Une chimère dans la théorie de la révolution.
Tout bouleversement de ce genre fait chaque fois revivre les énergies les plus sauvages, ressuscitant les horreurs et les excès depuis longtemps enterrés d’époques reculées.
VIII, § 473　: Le socialisme au point de vue de ses moyens d’action.
Le socialisme est le frère cadet et fantasque du despotisme agonisant dont il veut recueillir l’héritage　; ses aspirations sont donc réactionnaires au sens le plus profond. Car il désire la puissance étatique à ce degré de plénitude que seul le despotisme a jamais possédé, il surenchérit même sur le passé en visant à l’anéantissement pur et simple de l’individu […] Ce qu’il lui faut, c’est la soumission la plus servile de tous les citoyens à l’État absolu, à un degré dont il n’a jamais existé l’équivalent. […] Il ne peut nourrir l’espoir d’arriver ici ou là à l’existence que pour peu de temps, en courant au terrorisme extrême. Aussi se prépare-t-il en secret à l’exercice souverain de la terreur, aussi enfonce-t-il le mot de «　justice　» comme un clou dans la tête des masses semi-cultivées, pour les priver complètement de leur bon sens (ce bon sens ayant déjà beaucoup souffert de leur demi-culture) […] Le socialisme peut servir à enseigner de façon bien brutale et frappante le danger de toutes les accumulations de puissance étatique, et à inspirer une méfiance correspondante envers l’État lui-même.
VIII, § 480　: les deux partis adverses, le parti socialiste et le parti national sont dignes l’un de l’autre　: l’envie et la paresse sont les puissances motrices de l’un comme de l’autre.
Les troupes socialistes sont déjà nivelées de l’intérieur, tête et cœur.
IX, § 483　: Ennemis de la vérité. — Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges. [Feinde der Wahrheit. — Ueberzeugungen sind gefährlichere Feinde der Wahrheit, als Lügen.]
IX, § 630　: Si tous ceux qui nourrissaient une si grande idée de leur conviction, lui faisaient des sacrifices de toute nature et ne ménageaient à son service ni leur honneur, ni leur vie, avaient plutôt consacré ne serait-ce que la moitié de leurs forces à rechercher à quel titre ils tenaient à telle ou telle conviction, par quelle voie ils y étaient arrivés, quel air pacifique aurait l’histoire de l’humanité　! Quel surcroît de connaissances nous aurions　!
N II 7, été 1878, 30[3] : « J'ai vu le goût pour la sphère de pensée socialiste se répandre dans les classes supérieures : et j'ai dû dire, avec Goethe : " On ne semblait pas sentir qu'il faudrait d'abord tout perdre pour obtenir d'une certaine manière des bénéfices douteux. " » [« Man schien nicht zu fühlen, was alles erst zu verlieren sei, um zu irgendeiner Art zweideutigen Gewinnes zu gelangen.» (Kampagne in Frankreich, Pempelfort, novembre 1792)].
§ 99　: Le poète montrant la voie de l’avenir.
Pourvu qu’on ne l’entende pas comme si la tâche du poète était, à l’instar de quelque utopiste de l’économie politique (1), de préfigurer dans ses images des conditions de vie plus favorables pour la nation et la société, ainsi que les moyens de les rendre possibles.
1. Allusion probable à Karl Marx. " Quant à Marx, rien non plus [non plus que pour Sade], bien qu'une Internationale se soit tenue à Bâle en 1869 en présence de Marx et Engels, à l'époque où Nietzsche s'y établit. Il est possible que Wagner ait mentionné le nom de Marx devant Nietzsche, mais le compositeur lui-même s'y intéressa peu, malgré son passé révolutionnaire (cf. ses amitiés avec Bakounine, Röckel, Herwegh qui, eux, le connaissaient bien). Dans les années 1870, le nom de Marx était peut-être même devenu tabou chez les Wagner... " (Dorian Astor, communication personnelle via facebook).
§ 304　: Esprits révolutionnaires et esprits possédants.
« Le seul moyen contre le socialisme qui soit encore en votre pouvoir est de ne pas le provoquer, c'est-à-dire de mener vous-mêmes une vie sobre et modeste, d'empêcher de votre mieux l'exhibition de toute opulence et d'aider l'État quand il frappe d'impôts cuisants le superflu et tout ce qui ressemble à du luxe. Vous ne voulez pas de ce moyen ? Alors, vous les riches bourgeois qui vous dites "libéraux", confessez-le donc, c'est votre propre et chère mentalité que vous trouvez si effroyable et menaçante chez les socialistes, mais qu'en vous-mêmes vous acceptez comme inévitable, comme si elle y était quelque chose de tout à fait différent. Si, tels que vous êtes, vous n'aviez ni votre fortune, ni le souci de la conserver, cette mentalité-là ferait de vous des socialistes : seule la possession vous distingue de ceux-ci. »
N IV 2, juin-juillet 1879 : [5] : « La sujétion [Unfreiheit] de l'opinion et de la personne est attestée par le penchant révolutionnaire.
La liberté par la satisfaction, l'adaptation [Sich-ein passen] et le mieux-faire personnel. »
Le Voyageur et son ombre , 1879,
§ 285　: « Nos socialistes [...] gardent rancune à ce fameux juif ancien [Moïse] d’avoir dit　: Tu ne voleras point. D’après eux, le septième commandement doit plutôt s’énoncer　: Tu ne posséderas point. [...]
Il n'y a jamais eu deux lots réellement égaux, et quand il y en aurait, jamais l’envie de l’homme pour son voisin ne croirait à leur égalité. [...]
La mélodie fondamentale de l’utopie platonicienne, que continuent aujourd’hui encore à chanter les socialistes, repose sur une connaissance défectueuse de l’homme. [Plato’s utopistische Grundmelodie, die jetzt noch von den Socialisten fortgesungen wird, beruht auf einer mangelhaften Kenntniss des Menschen]. »
[Cf Leszek Kolakowski　: «　L’absence du corps et de la mort, l’absence de sexualité et d’agressivité, l’absence de conditions géographiques ou démographiques, bref, une interprétation qui ne voit en tous ces éléments que des facteurs purement sociaux, constitue l’une des dimensions les plus caractéristiques de l’utopie marxiste.　» Histoire du marxisme, XVI].
§ 286　: « L’exploitation de l’ouvrier, on le comprend maintenant, fut une sottise, un gaspillage aux dépens de l’avenir, une menace pour la société. Voici que déjà on a presque la guerre　: et en tout cas, pour maintenir la paix, signer des contrats et obtenir la confiance, les frais seront désormais très grands, parce que la folie des exploitants aura été si grande et si durable. »
§ 292. Victoire de la démocratie.
« Toutes les puissances politiques essaient maintenant d'exploiter la peur du socialisme pour consolider leur force. Mais à la longue, seule la démocratie en tirera avantage : car tous les partis sont aujourd'hui obligés de flatter le "peuple" et de lui donner des facilités et libertés de tous genres, grâce auxquelles il finit par devenir omnipotent. Le peuple est on ne peut plus éloigné du socialisme en tant que théorie visant à modifier l'acquisition de la propriété ; et quand un beau jour il aura en main la vis des impôts, grâce aux grandes majorités de ses parlements, il s'attaquera aux magnats du capitalisme, du négoce, de la bourse, et donnera lentement naissance, dans le fait, à une classe moyenne qui pourra oublier le socialisme, comme une maladie heureusement passée. — Le résultat pratique de cette démocratisation envahissante sera tout d'abord une fédération des peuples européens »
N V 4, automne 1880 : [106]　: L’objection majeure contre le socialisme, c’est sa volonté de donner des loisirs aux natures vulgaires. Le vulgaire oisif est à charge à lui-même et au monde. [À rapprocher de cette réflexion de Julien Green　: «　Tristesse immense du boulevard de Clichy, de cette foule qui ne sait pas comment s’amuser. Quel bonheur pour elle si l’esclavage était rétabli　! Elle ne connaîtrait plus l’angoisse du loisir. » Journal, 5 décembre 1932].
[109]　: L'alcoolisme est beaucoup plus funeste que toutes les oppressions sociales.
Aurore. Pensées sur les préjugés moraux (1881, 1887),
II, § 132　: " Tous les systèmes socialistes reposent sans le vouloir sur le sol commun des doctrines de la compassion. [alle socialistischen Systeme haben sich wie unwillkürlich auf den gemeinsamen Boden dieser Lehren gestellt]. "
M III 1, printemps-automne 1881 : 11[188]　: En général la direction du socialisme comme celle du nationalisme est une réaction contre le devenir individuel. [Im Allgemeinen ist die Richtung des Socialism wie die des Nationalismus eine Reaktion, gegen das Individuellwerden. Man hat seine Noth mit dem ego, dem halbreifen tollen ego: man will es wieder unter die Glocke stellen.]
N V 7, automne 1881 : [81]　: comprend beaucoup d'insatisfaits, qui autrefois se fussent raccrochés à Dieu.
Le Gai Savoir. "la gaya scienza" (1882, 1887)
I, § 40 : les masses [...] sont disponibles pour n'importe quel esclavage [le XXe siècle l'a bien montré]
V, § 356 : l'espèce d'hommes la plus myope, peut-être aussi la plus sincère, en tout cas la plus bruyante d'aujourd'hui, Messieurs les socialistes.
Fragments posthumes, 1884-1886,
W I 1, printemps 1884 : [263]　: Le socialisme moderne veut créer le pendant laïque du Jésuitisme : chacun est absolument instrument. Mais le but n’a pas encore été trouvé jusqu’ici.
W I 2, été-automne 1884 : [360]　: Comme je trouve ridicules les socialistes avec leur optimisme imbécile portant sur «　l'homme bon　» qui attendrait au coin du bois qu'on ait d'abord supprimé l'　«　ordre　» connu jusqu'ici et qu'on lâche ensuite tous les «　instincts naturels　».
[364]　: le grand mensonge «　égalité des hommes　».
N VII 1, avril-juin 1885 : [75]　: Sottise des socialistes qui expriment toujours les seuls besoins du troupeau.
Le socialisme rêve tout à fait naïvement à la stupidité grégaire du "bon, vrai, beau" et aux droits égaux.
W I 6a, juin-juillet 1885 : [11]　: Le socialisme – tyrannie extrême des médiocres et des sots, c’est-à-dire des esprits superficiels, des jaloux, de ceux qui sont aux trois quarts des comédiens – est en réalité la conséquence des idées modernes et de leur anarchisme latent ; une chose aigrie et sans avenir　; rien n’est plus risible que la contradiction entre les visages venimeux et désespérés de nos socialistes, – et de quels lamentables sentiments d’écrasement leur style même ne rend-il pas témoignage　! – et la jovialité moutonnière et anodine de leurs espérances et de leurs rêves.
La doctrine socialiste dissimule mal la " volonté de nier la vie "　; ce sont des déshérités, hommes ou races, qui ont dû inventer pareille théorie.
Le socialisme retarde l'avènement de la "paix sur la Terre" et du caractère débonnaire de la bête de troupeau démocratique ; il oblige l'Européen à garder de l'esprit.
[14]　: Le plus grand des mensonges – égalité des êtres humains.
W I 8, automne 1885 – automne 1886　: [180]　: Tous les partis politiques actuels me répugnent, le socialiste n’est pas seulement l’objet de ma pitié.
I " Des préjugés des philosophes ", § 21 : sorte d'apitoiement socialiste de ceux qui prennent la défense des criminels. [tellement actuel]
V " Contribution à l'histoire naturelle de la morale ", § 202　: ni dieu ni maître dit une formule socialiste [devise d’Auguste Blanqui].
§ 203　: « La dégénérescence générale de l'humanité, son abaissement au niveau de ce que les rustres et les têtes plates du socialisme tiennent pour « l'homme futur », — leur idéal — cette déchéance et ce rapetissement de l'homme transformé en bête de troupeau (l'homme, comme ils disent, de la "société libre"), cette bestialisation des hommes ravalés au rang de gnomes ayant tous les mêmes droits et les mêmes besoins, c'est là une chose possible, nous ne pouvons en douter ! Quiconque a pensé jusqu'au bout cette possibilité connaît un dégoût de plus que les autres hommes — et peut-être aussi une tâche nouvelle ! » — —
IX " Qu'est-ce qui est aristocratique ? ", § 259 : «　De nos jours on s’exalte partout, fût-ce en invoquant la science, sur l’état futur de la société où "le caractère profiteur" n’existera plus [allusion probable à Karl Marx] : de tels mots sonnent à mes oreilles comme si on promettait d’inventer une forme de vie qui s’abstiendrait volontairement de toute fonction organique. L’ "exploitation" [Ausbeutung] n’est pas le propre d’une société vicieuse ou d’une société imparfaite et primitive　: elle appartient à l’essence du vivant dont elle constitue une fonction organique primordiale, elle est très exactement une suite de la volonté de puissance, qui est la volonté de la vie. – À supposer que cette théorie soit nouvelle, en tant que réalité c’est le fait premier de toute l’histoire　: ayons donc l’honnêteté de le reconnaître　! –　».
Généalogie de la morale (1887),
I " « Bon et méchant », « bon et mauvais » ", § 5 : " Qui nous garantit que la démocratie moderne, l''anarchisme encore plus moderne et surtout cette tendance que l'on observe aujourd'hui chez tous les socialistes d'Europe, à instaurer une " Commune ", c'est-à-dire à restaurer la forme sociale la plus primitive, ne soit pas un monstrueux atavisme ?
II " La « faute », la « mauvaise conscience » ", § 11　: " Un ordre juridique souverain et universel, conçu non pas comme instrument de lutte entre des complexes de puissance, mais comme arme contre toute lutte, répondant à peu près au cliché communiste de Dühring, selon lequel toute volonté devrait considérer toute autre volonté comme égale, cet ordre serait un principe hostile à la vie. un agent de destruction et de dissolution de l'homme, un attentat à l'avenir de l'homme, un symptôme de fatigue, un chemin détourné vers le néant... "
W II 2, automne 1887 : [2]　: Mon combat contre le christianisme latent (par exemple dans la musique, le socialisme)
[82]　: Le socialisme n'est qu'un moyen d'agitation de l'individualiste : ce qu'il veut n'est pas la société comme fin du particulier, mais la société comme moyen.
[170]　: Totalité de l'idéal socialiste : malentendu balourd de l'idéal moral chrétien.
W II 3, nov. 1887 - mars 1888 : [60]　: l’ouvrier aujourd’hui éprouve son existence comme un état de détresse [Nothstand] (moralement parlant comme une injustice…)
[341]　: dans un troupeau l’égalité peut primer [sur la liberté]　; […] dans le socialisme il n’y aura pas de convoitise.
W II 5, printemps 1888 : 14[6]　:Concevoir l’étroite interdépendance de toutes les formes de corruption　; et, ce faisant, ne pas oublier la corruption chrétienne […] pas plus que la corruption socialiste-communiste (une conséquence de la chrétienne). [Wille zur Macht als Moral
ebensowenig die socialistisch-communistische Corruption (eine Folge der christlichen)]
La plus haute conception de la société des socialistes　: la plus basse dans la hiérarchie des sociétés.
[höchste Societäts-Conception der Socialisten die niederste in der Rangordnung der Societäten]
[29]　: L’interprétation par laquelle le pécheur chrétien cherche à se comprendre est une tentative de trouver justifié son manque de puissance et d’assurance　: il préfère se trouver coupable que de se sentir mal pour rien　: en soi, c’est un symptôme de déclin qu’avoir seulement besoin de telles interprétations. Dans d'autres cas, le laissé pour compte en cherche la raison non dans sa "faute" (comme le chrétien), mais dans la société : le socialiste […] en ressentant son existence comme quelque chose qui est forcément la faute de quelqu'un, est en cela ce qu'il y a de plus proche du chrétien, qui croit aussi mieux supporter son mal-être [Sichschlechtbefinden] et son échec quand il a trouvé quelqu’un qu’il puisse en rendre responsable.
haine de l'égoïsme des autres chez le socialiste.
[30]　: " Quand le socialiste, avec une belle indignation, réclame "justice", "droit", "droits égaux", il est seulement sous l'effet de sa culture insuffisante, qui ne sait comprendre pourquoi il souffre　: d’un autre côté, il s’en fait un plaisir. "
[75]　: Ignominie de tous les socialistes systématiques : penser qu'il pourrait y avoir des circonstances, des "combinaisons" sociales, dans lesquelles le vice, la maladie, le crime, la prostitution, la détresse cessent de se développer … Mais c'est condamner la vie même.
W II 6a, printemps 1888 : [30]　: Nous sommes tolérants envers des choses, seulement parce que de loin elles ont de vagues relents chrétiens …Les socialistes en appellent aux instincts chrétiens, et c'est encore leur plus fine habileté.
§ 53 : Sens où tout socialiste prend le mot de "vérité".
§ 57 : Ceux que je hais le plus ? la canaille socialiste, ceux qui rendent le travailleur envieux, qui lui enseignent la vengeance.
Divagations d'un "inactuel", § 34 : Le socialiste attribue son mal-être aux autres.
Esprit de vengeance qui pousse l'ouvrier socialiste à dénigrer la société.
§ 37 : L’ "égalité", une vague assimilation de fait, qui ne fait que s’exprimer dans la doctrine de l’ " égalité des droits ", relève essentiellement de la décadence […] nos socialistes sont des décadents [en français dans le texte].
INDEX NIETZSCHE (5/16) : MONTAIGNE, LA FRANCE
Publié par Connaissance ouverte à 12:06
Libellés : droits égaux, Marx, Nietzsche, philosophie, socialisme, utopie

References: § 18

§ 3

§ 4
 § 235
 § 446

§ 463
 § 473
 § 480
 § 483
 § 630

§ 99

§ 304

§ 285

§ 286

§ 292
 § 132
 § 40
 § 356
 § 21
 § 202

§ 203
 § 259
 § 5
 § 11

§ 53

§ 57
 § 34

§ 37