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Timestamp: 2019-06-16 19:39:03+00:00

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Légende Majeure/Chapitre XII
CHAPITRE 12 : L’EFFICACITÉ DE SES SERMONS. SON POUVOIR DE GUÉRISON.
Un mot résume tout François : fidèle serviteur du Christ[1]. Et c’est pour agir en tout avec une fidélité parfaite qu’il s’étudiait à pratiquer surtout les vertus que l’Esprit lui signalait comme les plus agréables à Dieu. Mais cela lui valut d’être plongé un jour dans un doute angoissant qui le tint fort longtemps ; après avoir prié, il finit par le soumettre à ses compagnons habituels afin d’en obtenir la solution :
« Mes frères, que me conseillez-vous, quel est votre avis ? Dois-je me consacrer à la prière ou bien cheminer de ville en ville pour prêcher ? Car enfin je suis un pauvre petit homme simple, sans éloquence, plus doué pour la prière que pour la prédication. Dans la prière on obtient et on accumule les grâces, tandis que la prédication est pour ainsi dire une distribution des biens reçus du ciel. Dans la prière on purifie tous les élans de son âme pour les centrer avec plus de fermeté sur Celui qui est l’unique, le vrai et le souverain Bien, tandis que dans la prédication notre esprit lui aussi finit par avoir comme le corps « les pieds couverts de poussière », les distractions nous viennent de partout et la discipline se relâche. Dans la prière enfin nous parlons à Dieu et nous l’écoutons, menant ainsi à peu de choses près la vie des Anges, tandis que la prédication nous force à nous mettre toujours au niveau des hommes et à vivre comme eux, penser, voir, parler et écouter comme eux… Mais contre tous ces avantages de la prière, il y a un argument qui, si l’on se place du point de vue de Dieu, semble péremptoire : c’est que le Fils unique de Dieu, Sagesse suprême , a quitté le sein du Père pour le salut des âmes, afin de se donner au monde en exemple, d’adresser aux hommes la Parole qui sauve, de leur donner son sang comme rançon libératrice, comme bain purificateur[2] et comme breuvage fortifiant : il n’a rien gardé pour lui[3] mais nous a tout donné afin de nous sauver. Et puisque nous devons imiter ses actions, – comme Moïse façonna le chandelier d’or selon le modèle que Dieu lui montra sur la montagne[4], – il me semble que ce qui est le plus agréable à Dieu, c’est que j’abandonne le calme de ma retraite pour m’en aller travailler et prêcher. »
Pendant plusieurs jours il poursuivit avec ses frères la discussion sans arriver à se forger une conviction certaine sur le choix qui serait le plus agréable au Christ. Lui qui recevait des révélations merveilleuses grâce à son esprit de prophétie n’arrivait pas à s’éclairer lui-même pour trancher la question : Dieu le permettait ainsi pour mettre en évidence par un miracle le mérite de son serviteur au moment de repartir pour la prédication, et sauvegarder son humilité[5].
En vrai Mineur, il n’hésitait pas à demander à des simples de minimes conseils, lui qui avait reçu du Maître suprême de grandioses révélations. Chercher par quelle voie, par quel moyen il pourrait plus parfaitement servir Dieu comme Dieu lui-même voulait être servi, telle était sa préoccupation constante : c’était pour lui le sommet de la philosophie, ce fut toujours son plus grand désir tant qu’il vécut, et il demandait à tous, savants et illettrés, parfaits ou novices, jeunes et vieux, le moyen d’arriver à toujours plus de perfection. Il désigna deux frères et les envoya à frère Sylvestre, – celui qui avait vu jadis une croix sortant de la bouche de François, et qui demeurait pour lors sur la montagne qui domine Assise, passant ses jours et ses nuits en prière, – pour lui demander de la part du Seigneur de rechercher la solution conforme à la volonté de Dieu. Il demanda aussi à Claire, la vierge sainte, d’en conférer avec la plus pure et la plus simple de ses sœurs et de prier avec toutes les autres, afin de connaître la volonté du Seigneur[6]. L’unanimité fut merveilleuse : le prêtre et la moniale, sous l’inspiration du Saint-Esprit, interprétèrent ainsi le bon plaisir de Dieu : le héraut du Christ doit aller prêcher par le monde. Quand les frères, de retour, lui eurent transmis la volonté de Dieu telle qu’on leur en avait confié le message, François se leva aussitôt et, retroussant sa bure[7], se mit en route sur-le-champ, sans un moment de répit. Il avançait avec allégresse pour obéir aux ordres de Dieu et marchait à grands pas, comme s’il avait acquis, sous l’emprise du Seigneur[8], un regain de force.
Il arriva en vue de Bevagna ; il aperçut un bosquet où des oiseaux de toute espèce s’étaient rassemblés par bandes entières. Il y courut aussitôt et les salua comme s’ils avaient été doués de raison. Ils s’arrêtèrent tous pour le regarder ; ceux qui étaient perchés sur les arbres se penchaient et avançaient la tête à son approche, le regardant de façon tout à fait extraordinaire. Il s’avança jusqu’au milieu d’eux, leur enjoignit doucement d’écouter la parole de Dieu et leur dit : « Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre Créateur qui vous a revêtus de plumes, vous a donné des ailes pour voler, vous a dévolu pour champ l’espace et sa limpidité, et qui prend soin de vous sans que vous ayez à vous inquiéter de rien[9]. » Ce discours provoquait chez les oiseaux de joyeuses manifestations : ils allongeaient le cou, déployaient leurs ailes, ouvraient le bec et regardaient attentivement François. Lui allait et venait parmi eux, l’âme délirante de ferveur ; il les frôlait de sa tunique, mais aucun ne s’éloigna. Enfin il traça sur eux le signe de la croix, et les oiseaux munis de sa permission avec sa bénédiction, tous ensemble s’envolèrent[10]. Ses compagnons, de la route, contemplaient le spectacle. Quand il les eut rejoints, cet homme simple et pur s’accusa de négligence pour n’avoir pas encore, jusque-là, prêché aux oiseaux.
Poursuivant dans les villages des alentours sa tournée de prédication, il arriva dans un bourg nommé Alviano, où il assembla le peuple et demanda le silence pour commencer à parler ; mais il arrivait à peine à se faire entendre, car des hirondelles qui nichaient là trissaient et gazouillaient : c’était un vacarme assourdissant. L’homme de Dieu, alors, devant tout son auditoire, les prit à partie : « Mes sœurs hirondelles, vous avez bien assez parlé jusqu’ici ; à mon tour maintenant. Écoutez la parole de Dieu et gardez le silence jusqu’à ce que j’aie fini de parler du Seigneur ! » Elles se turent aussitôt, comme si elles avaient été capables de comprendre, et restèrent en place sans bouger jusqu’à la fin du sermon. Tous les témoins, stupéfaits, rendirent gloire à Dieu, et la nouvelle de ce miracle, répandue dans tous les alentours, augmenta la vénération des gens pour le saint et leur foi en Dieu[11].
Un étudiant de Parme[12], excellent garçon, était en train d’étudier avec quelques compagnons, quand une hirondelle s’en vint les troubler et les importuner en jasant à plein gosier. Il dit à ses compagnons : « C’en est une qui a troublé aussi la prédication de l’homme de Dieu François jusqu’à ce qu’il eût imposé silence. » Il se tourna vers l’hirondelle et lui dit avec assurance : « Je t’ordonne, au nom du serviteur de Dieu François, de venir ici et de garder le silence ! » Au nom de François, elle se tut aussitôt, comme docile aux consignes du saint, et vint se blottir en toute sécurité entre les mains de l’étudiant, qui, stupéfait, lui rendit la liberté sans être ensuite importuné par ses cris.
Une autre fois, le serviteur de Dieu prêchait à Gaète sur la plage, et les foules, par dévotion, se ruaient sur lui pour le toucher ; mais lui qui avait horreur de ce genre de succès tumultueux, sauta seul dans une barque amarrée là. Et voilà que la barque, aux yeux étonnés de tous les assistants, s’éloigna du rivage comme si elle avait deviné et avança de quelques brasses sans l’intervention d’aucun rameur, mais comme propulsée par sa force propre ; puis elle se tint immobile sur les flots tant que le saint prêcha aux foules assemblées sur la plage. Après le sermon, le peuple témoin du miracle reçut la bénédiction et fut congédié pour ne pas importuner davantage le saint, et ensuite la barque, de son propre mouvement, revint à terre. Qui serait donc assez obstiné dans son impiété pour faire fi de la prédication de François au pouvoir si merveilleux que non seulement les animaux sans raison lui obéissaient, mais les objets inanimés eux-mêmes se mettaient, comme s’ils avaient une âme, au service de sa prédication ?
Dans chacune de ses démarches, en effet, François était assisté par l’Esprit du Seigneur, dont il avait reçu l’onction et le mandat[13], et par le Christ, vertu et sagesse de Dieu[14]: ainsi pouvait-il communiquer par sa parole leur authentique enseignement, et déployer leur puissance en d’éclatants miracles. Sa parole était un feu ardent, pénétrant jusqu’au fond des cœurs, et remplissait d’admiration tous ses auditeurs, car elle ne faisait pas étalage d’ornements inventés par un cerveau d’homme, mais ne répandait que les parfums de vérités révélées par Dieu. On s’en aperçut bien un jour où, devant prêcher en présence du Pape et de ses cardinaux, à la demande du cardinal d’Ostie, il avait appris par cœur un sermon soigneusement composé ; mais une fois debout au milieu de l’assemblée pour prononcer son discours, il l’oublia entièrement sans en pouvoir retrouver un seul mot. Il avoua le fait humblement, se recueillit pour invoquer la grâce de l’Esprit-Saint et trouva aussitôt une éloquence si persuasive, si puissante sur l’âme de ses illustres auditeurs, que cette évidence éclatait à tous les yeux ce n’était plus lui qui parlait, mais l’Esprit du Seigneur.
Et comme il avait commencé par pratiquer lui-même ce qu’il conseillait aux autres, il prêchait avec assurance[15], sans crainte de la contradiction. Il n’avait pas pour habitude de caresser les vices des grands, mais il y portait le fer ; ni de traiter avec ménagements la vie des pécheurs, mais leur assénait de sévères admonestations. Il s’en prenait aux grands et aux petits avec la même vigueur et trouvait la même joie à s’adresser à de petits groupes qu’à d’immenses auditoires. Hommes et femmes, jeunes et vieux, couraient voir et entendre cet homme nouveau envoyé du ciel ; lui, parcourait les provinces, annonçant avec ardeur la bonne nouvelle, avec l’aide du Seigneur qui, à renfort de miracles, se portait garant de sa doctrine[16]. Au nom du Seigneur, en effet, le héraut de la vérité chassait les démons, guérissait les malades[17]; qui plus est, il arrivait à faire mollir les âmes obstinées et les ramenait à la pénitence, guérissant ainsi à la fois les corps et les âmes, comme le prouvent les prodiges dont voici quelques exemples.
A Toscanella, il avait été reçu avec dévotion par un chevalier dont le fils unique était perclus de naissance. Vaincu par les prières du papa, François prit par la main l’enfant qui aussitôt, à la vue de tous, retrouva la santé, des membres solides et, vigoureux désormais, se mit à marcher et gambader en louant Dieu[18].
Il y avait à Narni un paralytique entièrement privé de l’usage de ses membres. A la prière de l’évêque, François fit sur le malade un grand signe de croix, de la tête aux pieds… L’autre se leva, complètement guéri.
Dans l’évêché de Rieti, une maman toute en larmes vint lui présenter son enfant au ventre tellement gonflé par l’hydropisie que, lorsqu’on le mettait debout, il ne pouvait apercevoir ses pieds, et cela depuis quatre ans ; le saint le toucha : l’enflure disparut.
A Orte, un autre enfant était tout recroquevillé : sa tête touchait ses pieds, et il avait plusieurs os brisés ; ses pauvres parents vinrent supplier le saint qui, d’un signe de croix, le redressa aussitôt et le guérit.
Une femme de Gubbio avait les mains tellement noueuses et desséchées qu’elle ne pouvait plus travailler ; après avoir obtenu, elle aussi, le signe de la croix au nom du Seigneur, sa guérison fut si radicale que, telle autrefois la belle-mère de saint Pierre, elle put, de ses propres mains, préparer chez elle un repas pour François et ses frères.
A Bevagna, une petite aveugle put enfin voir la lumière tant désirée après que le saint lui eut appliqué de la salive sur les yeux par trois fois au nom de la sainte Trinité.
Une femme de Narni, également atteinte de cécité, revit la lumière grâce au signe de croix que le saint avait tracé sur elle.
A Bologne, un enfant avait sur l’un de ses deux yeux une taie qui l’empêchait de voir, et tous les remèdes avaient été impuissants. Un signe de croix, et aussitôt il recouvra si bien la vue qu’il distinguait, – affirmait-il plus tard après son entrée dans l’Ordre, – beaucoup mieux de l’œil guéri que de celui qui avait toujours été sain.
A San Gemini, le serviteur de Dieu reçut l’hospitalité chez un homme pieux dont la femme était tourmentée par le démon. Après avoir prié, il somma le démon, en vertu de l’obéissance, de quitter cette femme, et le mit si bien en fuite qu’on ne pouvait se soustraire à l’évidence[19] : l’obstination des démons ne résiste pas à la vertu de la sainte obéissance.
A Città di Castello, une femme était possédée par un esprit mauvais et furieux ; une sommation au nom de l’obéissance le mit en fuite, plein de rage, laissant libre de corps et d’esprit la femme jusque là enchaînée par lui.
Un frère souffrait d’un mal affreux qui semblait à beaucoup une possession diabolique bien plus qu’une infirmité naturelle : il se jetait fréquemment par terre et se roulait, écume aux lèvres, contracté, puis cambré, puis recroquevillé, noué, dur, raidi ; quelquefois il se lançait en l’air horizontalement, le corps raidi, pour retomber aussitôt violemment. Le serviteur du Christ eut pitié du malheureux atteint d’une maladie si triste à laquelle on ne pouvait apporter de remède ; il lui fit manger une bouchée de son propre morceau de pain, et à peine le malade en eut-il goûté qu’il recouvra ses forces, et, depuis, ne fut jamais plus tourmenté par cette maladie.
Dans le comté d’Arezzo, une femme était en couches depuis plusieurs jours et ne pouvait être délivrée : la mort semblait imminente et l’on ne pouvait plus attendre de remède que de Dieu seul. Or, le serviteur du Christ, à cheval à cause de ses maladies, était passé dans la région, et l’on ramenait la bête en passant par le village où agonisait cette femme. Les habitants, voyant le cheval qu’avait monté le saint, lui enlevèrent le mors pour l’appliquer à la parturiente : au seul contact, tout danger fut écarté, elle accoucha et fut sauvée.
A Città della Pieve, un homme pieux et craignant Dieu possédait une corde que le saint avait portée en ceinture. Comme beaucoup d’hommes et de femmes étaient, dans cette ville, atteints de diverses maladies[20] cet homme allait les visiter, leur donnait à boire de l’eau dans laquelle il avait trempé la corde, et beaucoup furent ainsi guéris.
La puissance de Dieu agissait enfin chez ceux qui mangeaient du pain touché par l’homme de Dieu, et ils recouvraient rapidement la santé.
Ces miracles – et bien d’autres encore – donnaient un lustre merveilleux à la prédication du héraut du Christ, et l’on écoutait ses paroles avec autant d’attention que si un ange du Seigneur lui-même eût parlé. Et de fait, le rôle qu’il joua lui vaut notre vénération ; son enseignement, notre adhésion confiante ; sa sainteté, notre admiration. Il fut vraiment l’ange du Seigneur, l’annonciateur de la bonne nouvelle du Christ, dix témoignages le prouvent indubitablement à la face des siècles :
– ses vertus (Cf. ch. 5 à 10).
– son esprit prophétique (ch. 11).
– sa puissance miraculeuse (ch. 12, § 9, 10, 11).
– l’ordre de prêcher qui lui fut donné du ciel (ch. 12, § 2).
– la transformation radicale des cœurs de ceux qui écoutaient sa parole (ch. 11, § 6).
– la science qu’il reçut de l’Esprit-Saint et non de l’enseignement d’un homme (ch. 11, § 2 ; ch. 12, § 7).
– l’autorisation de prêcher accordée par le Souverain Pontife, et pour laquelle il ne fallut rien de moins qu’une révélation (ch. 3, § 8).
– la règle elle-même, confirmée par le même Vicaire du Christ, et qui enseigne la manière de prêcher (ch. 4, § 11).
– enfin, et en guise de ratification, le sceau du Grand Roi imprimé dans sa chair (ch. 13).
[1] Saint Bonaventure attachait certainement beaucoup d’importance à l’idée et à son expression ; témoins d’abord l’apparition insolite chez lui de revera en tête de phrase (équivalent à notre essentiellement, par essence), et aussi la répétition rigoureusement textuelle de la phrase dans sa Legenda minor, au début du récit de la stigmatisation.
[2] Ep 5 26
[3] Développement parallèle dans la Lettre au Chapitre général de saint François, avec la conclusion : « Ne gardez pour vous rien de vous afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se donne à vous tout entier ».
[4] Ex 25 40
[5] Par tout cet exposé des raisons « pour et contre », saint Bonaventure prouve aux Spirituels son esprit compréhensif : pas plus que François il ne méconnaît la valeur de la vie érémitique. Il n’en sera que plus fort lorsque deux Spirituels authentiques auront tranché le débat : Claire et Sylvestre.
[6] Il est à souligner que François demande à deux contemplatifs s’il doit mener la vie active. – Cf. supra 4 2.
[7] Geste familier aux voyageurs et tâcherons du temps, pour plus de liberté de manœuvre. Textuellement : il se ceignit (expression employée aussi en Jn 21 7 à propos du Christ avant le lavement des pieds) ; le sens exact est : assurer la ceinture pour mieux y assujettir la robe retroussée.
[8] 2 R 3 15
[9] On attendrait pour terminer : « … qui vous a gratifiés d’un si joli ramage ». Ni Celano, ni les Fioretti, ni Julien de Spire (pourtant maître de chapelle de saint Louis) n’y font la moindre allusion. Et pourtant François, qui aimait chanter, qui aimait tant la musique qu’un ange se dérangea pour lui en donner un concert, ne devait pas être insensible aux charmes du chant des oiseaux… Les Actus en parlent : « Vous êtes redevables à Dieu de votre liberté, de votre plumage, de la nourriture qui vous est fournie sans travail, et du chant qui vous a été enseigné par le Créateur ». (Ch. 16).
[10] On peut relever un parallèle curieux dans un roman de l’époque : l’épisode de l’arbre aux oiseaux dans : CHRÉTIEN DE TROYES, Le Chevalier au Lion (Yvain) aux vers 455-482. (Cf. Suzanne Méjean, dans Romania, 91 (1970) pages 392-99).
[11] Alors que saint Antoine, si l’on en croit Fioretti 40, n’aurait prêché aux poissons que pour faire honte aux Cathares qui ne voulaient pas l’écouter, François n’a absolument pas parlé aux oiseaux pour donner une leçon aux hommes, mais par fraternité spirituelle avec eux, et peut-être aussi à cause du texte évangélique : « Considérez les oiseaux du ciel » (Mt 6 26-30).
[12] Certains manuscrits disent Paris.
[13] Is 61 1 ; Lc 4 18
[14] 1 Co 1 24
[15] C’est la caractéristique donnée aussi par saint Luc, dans les Actes des Apôtres, à la prédication de Pierre, Jean et les autres (4 13, 30, 31) ; et quand saint Bonaventure ajoute : « sans crainte de la contradiction », c’est sans doute pour résumer la notation des Actes : « On ne pouvait résister à sa sagesse ni à l’Esprit par lequel il parlait. »
[16] Mc 16 20
[17] Lc 11 15
[18] Ac 3 7-8
[19] 1 C 69 nous apprend en effet que François se demanda s’il n’avait pas été le jouet d’une illusion, tant la fuite du diable avait été rapide.
[20] Nous savons par Wadding (épisode du martyr des canonistes, t. VI, p. 32-34) que Città della Pieve possédait un grand hôpital.

References: § 9
 § 2
 § 6
 § 2
 § 7
 § 8
 § 11