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Timestamp: 2016-10-24 20:20:03+00:00

Document:
1A.122/2005 (31.08.2006)
1A.122/2005 / 1A.134/2005
1P.288/2005 / svc
1P.288/2005 / hsf
S�ance du 31 ao�t 2006
1A.122/2005 et 1P.288/2005
Eole-Res S.A.,
recourante, repr�sent�e par Me Sven Engel, avocat,
la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage ainsi que l'Association Patrimoine Suisse (ci-apr�s: A.________
et consorts),
intim�s, repr�sent�s par Me Marie Tissot, avocate,
de Neuch�tel, case postale 3174, 2001 Neuch�tel 1,
D�partement de la gestion du territoire de la R�publique et canton de Neuch�tel, 2001 Neuch�tel 1, autorit� int�ress�e,
Conseil communal de la commune de Fontaines, 2046 Fontaines, autorit� int�ress�e,
Conseil communal de la commune des Hauts-Geneveys, 2208 Les Hauts-Geneveys,
1A.134/2005
Conseil d'Etat de la R�publique et canton de Neuch�tel, 2001 Neuch�tel 1,
partie int�ress�e, repr�sent�e par Me Sven Engel, avocat,
Conseil communal de la commune
des Hauts-Geneveys, 2208 Les Hauts-Geneveys, autorit� int�ress�e.
plan d'affectation cantonal (parc �olien du Cr�t-Meuron),
recours de droit administratif (1A.122/2005, 1A.134/2005) et recours de droit public (1P.288/2005) contre l'arr�t du Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel du 31 mars 2005.
En 1997, l'administration cantonale neuch�teloise a engag� une �tude pr�liminaire visant � �valuer les sites potentiels les plus favorables pour des installations de production d'�nergie �olienne. Le site du Cr�t-Meuron a �t� retenu, avec d'autres, dans le cadre de cette �tude. Ce site, au lieu-dit "Derri�re T�te-de-Ran" � environ 1'300 m d'altitude, se trouve � proximit� du col de la Vue-des-Alpes, � quelques kilom�tres de la ville de La Chaux-de-Fonds, sur le territoire des communes de Fontaines et des Hauts-Geneveys.
Le site du Cr�t-Meuron est compris dans le p�rim�tre du "plan des sites naturels du canton" annex� au d�cret du 14 f�vrier 1966 concernant la protection des sites naturels du canton (ci-apr�s: le d�cret de 1966 [RSN 461.303]). Ce site fait partie des "zones de cr�tes et de for�ts", en principe non constructibles. Le plan d'am�nagement (plan g�n�ral d'affectation) de la commune des Hauts-Geneveys, entr� en vigueur le 30 mai 1995, classe le site du Cr�t-Meuron - pour la partie situ�e sur le territoire de cette commune - dans la zone de cr�tes et for�ts, qualifi�e de zone � prot�ger et de zone d'affectation cantonale. Quant au plan d'am�nagement de la commune de Fontaines, en vigueur depuis le 27 juin 2001, il classe le reste de ce site � la fois dans la zone de cr�tes et for�ts (zone d'affectation cantonale) et dans la zone agricole (zone d'affectation communale).
Apr�s l'�tude pr�liminaire pr�cit�e, l'administration cantonale a �labor�, puis mis en consultation en juin 2001, une nouvelle fiche de coordination 9-0-04 du plan directeur cantonal. L'objet de cette fiche est ainsi d�crit: "Planification cantonale pour l'implantation de deux parcs d'�oliennes en vue de la production d'�nergie �lectrique; le premier parc est planifi� sur le site du Cr�t-Meuron; le deuxi�me parc doit encore �tre d�termin�". Deux services cantonaux, celui de l'am�nagement du territoire et celui de l'�nergie, sont d�sign�s comme "instance cantonale de coordination". En ce qui concerne l'�tat de la coordination, la fiche indique qu'il s'agit de "mesures arr�t�es". Le 29 ao�t 2001, le Conseil d'Etat de la R�publique et canton de Neuch�tel a compl�t� le plan directeur cantonal en y ins�rant la fiche 9-0-04. Cette adjonction a �t� approuv�e par le Conseil f�d�ral le 4 d�cembre 2001.
Un projet de parc �olien au Cr�t-Meuron a �t� mis au point par le service cantonal de l'�nergie, l'association Suisse-�ole (association pour la promotion de l'�nergie �olienne en Suisse) et la soci�t� anonyme fran�aise Eole-Res S.A., pr�sent�e comme le "d�veloppeur" du projet. Le D�partement cantonal de la gestion du territoire (DGT - ci-apr�s: le d�partement cantonal) a �labor�, puis adopt� le 20 d�cembre 2001, un projet de plan d'affectation cantonal, avec un p�rim�tre g�n�ral de 111.5 ha et des "p�rim�tres d'�volution" (cercles d'un diam�tre de 50 m) pour sept �oliennes r�parties dans le p�rim�tre g�n�ral. Le plan figure encore trois autres p�rim�tres d'�volution (pour un m�t de mesures, un b�timent technique et un parking), des chemins d'acc�s, des p�rim�tres de revitalisation des p�turages bois�s ainsi que des emplacements de mares � cr�er (mesures de compensation). Il reprend pour le reste les donn�es relatives � l'affectation des zones selon le plan annex� au d�cret de 1966 ou selon les plans communaux.
Le r�glement du plan d'affectation cantonal (RPAC) pr�voit que ce plan (PAC) d�finit les r�gles d'utilisation du sol applicables aux constructions et installations n�cessaires au parc �olien; pour autant que ce r�glement n'en dispose pas autrement, les prescriptions des r�glements sur les constructions des communes de Fontaines et des Hauts-Geneveys demeurent applicables (art. 2 RPAC). Les dispositions de l'art. 2 du d�cret de 1966 sont �galement applicables, sauf � l'int�rieur des p�rim�tres d'�volution (art. 4 ch. 1 RPAC). L'art. 5 ch. 2 RPAC d�finit les caract�ristiques des sept �oliennes: chacune est constitu�e d'un m�t de 60 m de haut sur lequel est fix� un rotor � trois pales de 66 m de diam�tre; la hauteur totale d'une �olienne ne doit pas d�passer 93 m.
Le r�glement du plan d'affectation cantonal impose par ailleurs au "propri�taire-exploitant du parc �olien" plusieurs charges ou obligations, notamment � propos de l'entretien des installations (art. 11 ch. 2 RPAC), de leur d�montage apr�s leur mise hors service (art. 10 ch. 2 RPAC), ou de la r�alisation d'infrastructures (art. 9 ch. 3 RPAC). L'art. 14 RPAC dispose que la d�livrance du permis de construire - apr�s l'entr�e en vigueur du plan - sera subordonn�e � la constitution d'un droit de superficie renouvelable pour l'exploitation des installations, inscrit au registre foncier au titre de servitude personnelle en faveur du propri�taire-exploitant du parc �olien. Pendant l'�laboration de ce projet, Eole-Res S.A. a du reste sign� des conventions avec certains propri�taires de terrains dans le p�rim�tre g�n�ral (X.________, Y.________ et Z.________, notamment) afin d'�tre autoris�e � mener des �tudes et aussi en vue de pr�parer la conclusion de baux.
Le projet de plan d'affectation cantonal a �t� mis � l'enqu�te publique du 11 au 31 janvier 2002. Le dossier comprenait, outre le plan et le r�glement, un document intitul� "rapport de conformit� selon art. 47 OAT/notice d'impact sur l'environnement", �tabli par le bureau d'ing�nieurs Urbaplan, � Neuch�tel.
Plusieurs particuliers, surtout des propri�taires de r�sidences secondaires dans les environs - il s'agit de A.________ et consorts, ainsi que deux organisations - la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage ainsi que l'Association Patrimoine Suisse - ont form� opposition (ci-apr�s: les opposants, ou A.________ et consorts).
Le d�partement cantonal a �cart� ces oppositions par trois d�cisions motiv�es, rendues le 18 f�vrier 2003 (la premi�re sur l'opposition de la Fondation suisse pour la protection et l'am�nagement du paysage, la deuxi�me sur l'opposition de l'Association Patrimoine Suisse, et la troisi�me sur l'opposition des particuliers).
Les opposants ont recouru aupr�s du Tribunal administratif cantonal contre les d�cisions du d�partement cantonal. Les deux recours - l'un form� par les deux organisations, l'autre par les particuliers - ont �t� joints. Le Tribunal administratif a, par un arr�t rendu le 31 mars 2005, admis les recours et annul� les d�cisions attaqu�es. En substance, il a effectu� une pes�e des int�r�ts en pr�sence, retenant notamment que la planification du parc �olien devait r�pondre � des exigences au moins aussi s�v�res que celles pr�vues pour l'octroi d'une d�rogation selon l'art. 24 LAT. Il a consid�r� que la zone de cr�tes dans laquelle s'inscrit le p�rim�tre du plan d'affectation cantonal litigieux b�n�ficiait d'une protection particuli�re; on ne pouvait par ailleurs pas d�duire des textes constitutionnels et l�gaux relatifs � la production d'�nergies renouvelables que la construction de parcs �oliens devrait �tre privil�gi�e par rapport aux imp�ratifs li�s � la protection de la nature et du paysage. Le Tribunal administratif a qualifi� d'"extr�mement faible, sinon quasi insignifiant" l'int�r�t, ou l'utilit� concr�te, d'augmenter la production d'�nergie par la r�alisation d'un parc �olien; l'int�r�t � la pr�servation des espaces naturels devait donc l'emporter. A ce propos, il a consid�r� que les �oliennes seraient bien visibles depuis de nombreux sites, dans un rayon de plusieurs kilom�tres (sommet de T�te-de-Ran, Vue-des-Alpes, haut de la ville de La Chaux-de-Fonds, versant nord de la vall�e de La Sagne, notamment); l'impact sur le paysage serait important, aussi dans la r�gion de T�te-de-Ran, qui est un site particuli�rement fr�quent� en tant que zone de d�lassement. D'apr�s cet arr�t, la plus grande partie du p�rim�tre du plan d'affectation cantonal est situ� dans une r�gion pratiquement vierge de toute autre construction ou installation; au nord-est de ce p�rim�tre, il se trouve toutefois un t�l�ski et une ligne �lectrique a�rienne � haute-tension.
Dans la proc�dure de recours au Tribunal administratif, Eole-Res S.A. a �t� qualifi�e de tiers int�ress�, en tant qu'auteur du projet de parc �olien. Cette soci�t� a pu d�poser une r�ponse et participer � l'administration des preuves. Un �molument judiciaire a �t� mis � sa charge.
Les autorit�s des communes de Fontaines et des Hauts-Geneveys ont �galement �t� invit�es � participer � la proc�dure comme tiers int�ress�s. Elles se sont prononc�es dans le sens d'un rejet des recours. Les propri�taires des immeubles compris dans le p�rim�tre du plan d'affectation cantonal n'ont en revanche pas particip� � la proc�dure judiciaire.
Agissant par la voie du recours de droit public (cause 1P.288/2005), Eole-Res S.A. demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif. Invoquant la garantie de la propri�t� (art. 26 al. 1 Cst.) ainsi que la libert� �conomique (art. 27 Cst.), elle qualifie cette d�cision d'arbitraire, notamment � cause d'une pes�e incompl�te des int�r�ts en jeu.
A.________ et consorts concluent au rejet du recours, dans la mesure o� il est recevable.
Le d�partement cantonal conclut � l'admission du recours de droit public.
Les conseils communaux de Fontaines et des Hauts-Geneveys n'ont pas d�pos� de r�ponse.
Agissant en outre par la voie du recours de droit administratif (cause 1A.122/2005), Eole-Res S.A. demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif et de statuer au fond, ou �ventuellement de renvoyer la cause au d�partement cantonal. Elle reproche � la juridiction cantonale, principalement, un abus et un exc�s de son pouvoir d'appr�ciation, en violation de prescriptions de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire (art. 2 al. 3, art. 24 let. b et art. 33 al. 3 let. b LAT).
Le d�partement cantonal conclut � l'admission du recours de droit administratif.
L'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage (actuellement: Office f�d�ral de l'environnement) a d�pos� des observations �crites. L'Office f�d�ral du d�veloppement territorial a renonc� � se d�terminer.
Agissant par la voie du recours de droit administratif (cause 1A.134/2005), le Conseil d'Etat de la R�publique et canton de Neuch�tel demande au Tribunal f�d�ral d'annuler l'arr�t du Tribunal administratif et de statuer au fond. Il d�nonce une violation de l'art. 24 let. b LAT, en reprochant au Tribunal administratif d'avoir exerc� incompl�tement son pouvoir d'examen qui l'oblige pourtant � peser tous les int�r�ts en pr�sence.
Eole-Res S.A. a renonc� � r�pondre au recours. Les conseils communaux de Fontaines et des Hauts-Geneveys n'ont pas non plus d�pos� de r�ponse.
L'Office f�d�ral de l'environnement, des for�ts et du paysage a d�pos� des observations �crites. L'Office f�d�ral du d�veloppement territorial a renonc� � se d�terminer.
Une d�l�gation du Tribunal f�d�ral a proc�d� le 12 d�cembre 2005 � une inspection locale, en pr�sence des parties et des int�ress�s. La d�l�gation s'est rendue sur le site du Cr�t-Meuron et � La Chaux-de-Fonds (quartier du lyc�e Blaise-Cendrars).
Les parties et les int�ress�s ont pu ensuite d�poser par �crit des observations finales.
L'Office f�d�ral de l'�nergie a �galement d�pos� un recours de droit administratif contre l'arr�t du Tribunal administratif du 31 mars 2005 (cause 1A.124/2005). Cette affaire a �t� trait�e s�par�ment et, par un arr�t rendu le 17 juin 2005, le Tribunal f�d�ral a d�clar� ce recours irrecevable.
Il y a lieu de joindre les trois causes 1P.288/2005, 1A.122/2005 et 1A.134/2005 pour statuer en un seul arr�t.
En raison de la r�gle de la subsidiarit� du recours de droit public (art. 84 al. 2 OJ), il convient d'examiner en premier lieu la recevabilit� des deux recours de droit administratif, form�s par Eole-Res S.A. et par le Conseil d'Etat.
2.1 Conform�ment � l'art. 97 al. 1 OJ en relation avec l'art. 5 al. 1 PA, la voie du recours de droit administratif est ouverte contre les d�cisions (prises en derni�re instance cantonale - art. 98 let. g OJ) fond�es sur le droit public f�d�ral. En mati�re d'am�nagement du territoire, la loi �num�re les d�cisions pouvant faire l'objet d'un recours de droit administratif. Il s'agit, selon l'art. 34 al. 1 LAT, des d�cisions sur des indemnisations r�sultant de restrictions apport�es au droit de propri�t�, sur la reconnaissance de la conformit� � l'affectation de la zone de constructions et d'installations sises hors de la zone � b�tir et sur des demandes de d�rogation en vertu des art. 24 � 24d LAT. L'art. 34 al. 3 LAT dispose que les autres d�cisions prises par les autorit�s cantonales de derni�re instance sont d�finitives, le recours de droit public au Tribunal f�d�ral �tant r�serv�.
La contestation porte en l'esp�ce sur un plan d'affectation au sens des art. 14 ss LAT, � savoir un plan r�glant le mode d'utilisation du sol dans son p�rim�tre. En vertu de l'art. 34 LAT, seule la voie du recours de droit public est donc en principe ouverte. La jurisprudence admet cependant qu'une d�cision relative � l'adoption d'un plan d'affectation fasse l'objet d'un recours de droit administratif lorsque l'application d'autres prescriptions du droit f�d�ral - en mati�re de protection de l'environnement, notamment - est en jeu (ATF 132 II 209 consid. 2.2.2 p. 214; 129 I 337 consid. 1.1 p. 339; 125 II 10 consid. 2a p. 13; 123 II 88 consid. 1a p. 91, 231 consid. 2 p. 234; 121 II 72 consid. 1b p. 75 et les arr�ts cit�s). En pareil cas, on est en pr�sence d'une d�cision fond�e non seulement sur la l�gislation en mati�re d'am�nagement du territoire, mais �galement sur des prescriptions sp�ciales du droit public f�d�ral au sens de l'art. 5 al. 1 PA. Par cons�quent, dans cette mesure, les r�gles de la proc�dure de recours de droit administratif s'appliquent (art. 97 ss OJ). Dans la mesure en revanche o� la contestation porte sur d'autres �l�ments du plan, sans qu'il y ait un rapport de connexit� suffisamment �troit entre l'application du droit administratif f�d�ral et celle des normes en mati�re d'am�nagement du territoire, l'art. 34 al. 3 LAT exclut tout autre recours au Tribunal f�d�ral que le recours de droit public (ATF 128 I 46 consid. 1b/aa p. 49; 123 II 359 consid. 1a/aa p. 361 et les arr�ts cit�s).
Dans le cas particulier, le Tribunal administratif a d'abord consid�r� que la r�alisation du projet de parc �olien supposait l'�laboration pr�alable d'un plan d'affectation, � cause des dimensions et des incidences d'une telle installation, et que par cons�quent l'octroi d'une simple autorisation de construire d�rogatoire sur la base de l'art. 24 LAT, sur des terrains hors de la zone � b�tir, n'�tait pas admissible. Cela n'est pas contest� et cette conception est conforme � la jurisprudence qui prescrit cette "obligation d'am�nager" (au sens de l'art. 2 al. 1 LAT) pour les installations importantes (cf. notamment ATF 129 II 321 consid. 3.1 p. 326 et les arr�ts cit�s). On ne saurait donc, en pareil cas, retenir que l'adoption du plan d'affectation sp�cial tendrait � �luder les prescriptions des art. 24 ss LAT (cf. ATF 124 II 391 consid. 2c p. 394). Cela �tant, le Tribunal administratif a consid�r� qu'il fallait soumettre l'adoption du plan d'affectation litigieux � des exigences "au moins aussi s�v�res que pour l'octroi d'une d�rogation selon l'art. 24 LAT", et il s'est r�f�r�, dans la pes�e des int�r�ts, � la jurisprudence concernant cette disposition. Ce faisant, il n'a pas statu� sur la reconnaissance de la conformit� � l'affectation de la zone de constructions et d'installations sises hors de la zone � b�tir, ni sur des demandes de d�rogation en vertu des art. 24 � 24d LAT. Au contraire, il a retenu que lors de l'adoption d'un plan d'affectation sp�cial dans un p�rim�tre class� auparavant hors de la zone � b�tir, les deux conditions �nonc�es � l'art. 24 LAT - l'implantation impos�e par la destination et l'absence d'int�r�t pr�pond�rant oppos� - n'�taient pas directement applicables mais qu'elles entraient �galement en consid�ration (� ce propos, cf. infra, consid. 4.2). En outre, la recourante Eole-Res S.A. ne se plaint pas du choix de la proc�dure du plan d'affectation plut�t que de celle de l'autorisation d�rogatoire selon l'art. 24 LAT; en tant que promoteur ou "d�veloppeur" du projet, elle a du reste adh�r� au choix des autorit�s d'�laborer un plan d'affectation cantonal (cf. ATF 117 Ib 9 consid. 2b p. 12). On ne se trouve donc pas dans un cas o� la voie du recours de droit administratif est exceptionnellement ouverte sur la base de l'art. 34 al. 1 LAT.
Par ailleurs, il ressort du dossier de l'enqu�te publique - sp�cialement du rapport de conformit�/notice d'impact - que les auteurs du projet ont examin� ses effets sur certains biotopes compris dans le p�rim�tre, sur les for�ts et p�turages bois�s, et qu'ils ont �valu� le bruit ainsi que le rayonnement �lectromagn�tique des �oliennes au regard des prescriptions du droit f�d�ral de la protection de l'environnement. Ces questions n'ont toutefois pas �t� trait�es par le Tribunal administratif, qui a annul� la d�cision d'adoption du plan d'affectation cantonal pour d'autres motifs. En outre, aucun des deux recourants ne reproche � la juridiction cantonale d'avoir viol� les prescriptions du droit f�d�ral sur la protection de la nature, des for�ts ou de l'environnement. L'application de ces prescriptions n'est pas en jeu, devant le Tribunal f�d�ral, de sorte qu'il n'y a pas l�, non plus, de motif de d�roger � la r�gle de l'art. 34 al. 3 LAT. Enfin, la loi f�d�rale sur l'�nergie, du 26 juin 1998 (LEne, RS 730.0), qui fait partie du droit public f�d�ral au sens de l'art. 5 PA, ne constitue pas le fondement de la d�cision attaqu�e, cette l�gislation ne contenant pas de normes directement applicables par les autorit�s cantonales lors de l'adoption des plans d'affectation. Il s'ensuit donc que seule la voie du recours de droit public est ouverte.
2.2 Dans l'arr�t 1A.124/2005 du 17 juin 2005 (recours de l'Office f�d�ral de l'�nergie), le Tribunal f�d�ral a indiqu� que l'arr�t du Tribunal administratif pouvait �tre attaqu� par la voie du recours de droit administratif (consid. 1.2). Ce consid�rant n'�tait toutefois pas d�cisif car l'office f�d�ral concern� n'avait, de toute mani�re, pas qualit� pour recourir au Tribunal f�d�ral, ni par la voie du recours de droit administratif (consid. 1.3 de l'arr�t 1A.124/2005), ni par celle du recours de droit public, en cas de conversion du recours; une autorit� f�d�rale ne peut en effet pas saisir le Tribunal f�d�ral selon la proc�dure des art. 84 ss OJ (ATF 129 II 225 consid. 1.5 p. 231). Sur cette question formelle, le consid�rant 1.2 de l'arr�t pr�cit� ne contenait pas d'arguments d�cisifs pour le sort du recours 1A.124/2005; on ne saurait en d�duire l'existence d'une jurisprudence ouvrant plus largement la voie du recours de droit administratif, nonobstant le r�gime sp�cial de l'art. 34 LAT.
Les recours de droit administratif 1A.122/2005 et 1A.134/2005 sont par cons�quent irrecevables.
Il convient d�s lors d'examiner la recevabilit� du recours de droit public form� par Eole-Res (1P.288/2005).
3.1 Le plan litigieux est un plan d'affectation cantonal au sens des art. 22 ss de la loi cantonale sur l'am�nagement du territoire du 2 octobre 1991 (LCAT; RSN 701.0). Selon ces dispositions - auxquelles renvoie du reste l'art. 9 du d�cret de 1966 pour les cas de modification du plan des zones de cr�tes et de for�ts -, la d�cision du d�partement cantonal sur les oppositions (art. 26 LCAT) ne conf�re pas force obligatoire au nouveau plan, puisqu'il doit encore �tre soumis � la sanction du Conseil d'Etat (art. 28 al. 1 LCAT). Dans le cas particulier, on peut n�anmoins admettre qu'apr�s la proc�dure de recours cantonale, cette sanction ne repr�sente qu'une simple formalit�; l'arr�t du Tribunal administratif a donc un caract�re final au sens des art. 86 et 87 OJ (arr�t non publi� 1A.120/2001 du 18 janvier 2002 dans la cause B., consid. 1.2 ainsi que les r�f�rences cit�es).
3.2 La qualit� pour agir par la voie du recours de droit public est d�finie � l'art. 88 OJ. Ce recours est ouvert uniquement � celui qui est atteint par l'acte attaqu� dans ses int�r�ts personnels et juridiquement prot�g�s. Le recours form� pour sauvegarder l'int�r�t g�n�ral ou ne visant qu'� pr�server des int�r�ts de fait est en revanche irrecevable (ATF 129 I 113 consid. 1.2 p. 117; 129 II 297 consid. 2.1 p. 300; 126 I 43 consid. 1a p. 44 et les arr�ts cit�s).
La recourante se d�finit, dans ses �critures adress�es au Tribunal f�d�ral, comme le "d�veloppeur" du parc �olien. Elle est une soci�t� (soci�t� anonyme du droit fran�ais) sp�cialis�e dans la conception, le d�veloppement, le financement, la construction et l'exploitation des parcs �oliens; elle a �t� mandat�e pour concevoir et r�aliser celui du Cr�t-Meuron. Elle se qualifie de "destinataire" du plan d'affectation cantonal. Des propri�taires de terrains compris dans son p�rim�tre ont conclu avec elle des promesses de baux � loyer et ces droits personnels sur la surface n�cessaire � l'implantation des �oliennes seront transform�s en droits de superficie lors de l'entr�e en vigueur du plan. La recourante fait valoir que la d�cision attaqu�e la prive int�gralement de toute possibilit� de r�aliser son projet de parc �olien, et elle affirme avoir qualit� pour se plaindre d'une violation de la garantie de la propri�t� (art. 26 al. 1 Cst.).
Selon la jurisprudence en mati�re d'am�nagement du territoire et de droit des constructions, la qualit� pour former un recours de droit public pour violation de la garantie de la propri�t� n'est pas reconnue uniquement � celui qui est titulaire du droit de propri�t� sur un immeuble (art. 641 CC) et qui se plaint d'une restriction des droits d�coulant de son statut de propri�taire foncier. Le titulaire de droits r�els restreints ou de droits contractuels sur un immeuble peut aussi se pr�valoir de cette garantie, notamment en cas de restriction de la possession (ATF 128 I 295 consid. 6a p. 311; 120 Ia 120 consid. 1b p. 121; � propos de la qualit� pour recourir d'un locataire, cf. arr�t non publi� 1P.771/2001 du 5 mai 2003, consid. 2, r�sum� in ZBl 105/2004 p. 111). La situation particuli�re du "promettant-acqu�reur" d'un bien-fonds, auteur d'une demande de permis de construire, a �galement �t� examin�e au regard de l'art. 88 OJ. Dans un arr�t rendu en 1968, le Tribunal f�d�ral a chang� sa jurisprudence pour reconna�tre d�sormais la qualit� pour recourir contre le refus du permis � la personne qui avait demand� cette autorisation alors qu'elle n'�tait ni propri�taire du fonds, ni titulaire d'un autre droit sur celui-ci (ATF 94 I 138 consid. 1 p. 140). Il est en effet courant que cette situation se pr�sente, le propri�taire actuel donnant son accord au futur constructeur pour effectuer ces d�marches administratives et le droit cantonal admettant que ce dernier soit le requ�rant du permis de construire. Cette nouvelle jurisprudence a �t� confirm�e peu apr�s (ATF 97 I 262 consid. 6 p. 266; cf. �galement ATF 105 Ia 43 consid. 1c p. 46).
Dans la pr�sente affaire, la situation juridique de la recourante est comparable � celle du "promettant-acqu�reur" qui conteste le refus d'un permis de construire qu'il avait requis. Le plan d'affectation cantonal (plan d'affectation sp�cial) a �t� �tabli en vue de la r�alisation du projet de la recourante, et le d�partement cantonal a pos� comme condition � la r�alisation de ce projet l'acquisition par la recourante de droits r�els restreints (droits de superficie). Cette condition devrait, selon le r�glement du plan litigieux, �tre r�alis�e dans une phase ult�rieure de la proc�dure administrative, au moment de l'octroi des autorisations de construire (art. 14 RPAC). L'obligation d'adopter pr�alablement un plan d'affectation sp�cial (cf. supra, consid. 2.1) a en quelque sorte pour effet de diff�rer la phase o� la recourante devra demander les permis de construire pour ses installations et, parall�lement, obtenir des droits r�els sur les biens-fonds concern�s. N�anmoins, la recourante a seule particip� � la proc�dure administrative, � l'exclusion des actuels propri�taires fonciers, et elle a manifest� clairement son intention de construire puis d'exploiter le parc �olien; son statut sp�cial d'auteur du projet lui a ainsi �t� reconnu par les autorit�s cantonales. Avant le changement d'affectation et la cr�ation d'une zone sp�ciale pour les �oliennes, il n'est au demeurant pas certain que les dispositions de la l�gislation f�d�rale sur le droit foncier rural (LDFR; RS 211.412.11), qui pose des restrictions de droit public � l'acquisition d'immeubles agricoles (art. 58 ss LDFR), voire celles de la loi f�d�rale sur le bail � ferme agricole (LBFA; RS 221.213.2) eussent permis � la recourante d'acqu�rir des droits r�els sur les biens-fonds inclus dans le p�rim�tre du plan, ou de conclure des baux � ferme. Dans ces circonstances particuli�res, la recourante peut se pr�valoir de la garantie de la propri�t� pour se plaindre de l'annulation d'une mesure d'am�nagement du territoire destin�e � lui permettre d'utiliser, pour ses activit�s, le p�rim�tre litigieux. Elle satisfait donc, de ce point de vue, aux exigences de l'art. 88 OJ.
3.3 Il n'y a pas lieu d'examiner si la recourante, en tant que soci�t� anonyme dont le si�ge est en France, peut �galement invoquer la libert� �conomique (art. 27 Cst.). Selon la jurisprudence r�cente, les personnes morales �trang�res ne b�n�ficient en effet de cette garantie constitutionnelle qu'� certaines conditions, qu'il n'est pas n�cessaire de rappeler ici (cf. ATF 131 I 223 consid. 1.1 p. 226). La recourante se pr�vaut de l'art. 27 Cst. pour justifier sa qualit� pour agir selon l'art. 88 OJ et pour pr�tendre qu'en tant que "d�veloppeur" de parcs �oliens, elle aurait un droit conditionnel � l'utilisation du terrain et � l'usage de l'�nergie �olienne. Or les griefs du recours de droit public concernent l'application des r�gles et principes de l'am�nagement du territoire, en particulier au sujet de la pes�e des int�r�ts � effectuer lors de l'adoption d'un plan d'affectation; en d'autres termes, la recourante ne fait pas valoir que l'annulation du plan litigieux poursuivrait des objectifs de politique �conomique �trangers aux fins de l'am�nagement du territoire. On ne saurait donc voir, dans l'invocation de l'art. 27 Cst. par la recourante, un grief distinct de celui de violation de l'art. 26 al. 1 Cst.
3.4 Les autres conditions l�gales de recevabilit� du recours de droit public sont remplies. Il y a lieu d'entrer en mati�re.
La recourante qualifie la d�cision attaqu�e d'arbitraire, parce qu'elle serait en contradiction �vidente avec la situation de fait. Elle reproche au Tribunal administratif une appr�ciation insoutenable des int�r�ts en jeu, en particulier de l'int�r�t public que repr�sente la production de l'�nergie �olienne. Elle soutient �galement que ce Tribunal, s'arrogeant la comp�tence de statuer en opportunit� - contr�le pour lequel il doit s'imposer une certaine retenue, par rapport aux choix politiques qu'il n'aurait ni la vocation ni les moyens de contr�ler -, n'a pas pris en consid�ration tous les int�r�ts en jeu, et a donc exerc� de mani�re incompl�te son pouvoir de cognition. Elle fait grief aux juges cantonaux, en substance, d'avoir ignor� les aspects favorables au projet pour n'en retenir que les rares aspects n�gatifs, notamment en surestimant l'importance du paysage.
4.1 En adoptant le plan d'affectation cantonal litigieux, le d�partement cantonal a pris une d�cision tendant � modifier (apr�s l'approbation par le Conseil d'Etat - cf. supra, consid. 3.1) le r�gime juridique d'une zone ayant principalement les caract�ristiques d'une zone � prot�ger au sens de l'art. 17 LAT, et accessoirement celles d'une zone agricole au sens de l'art. 16 LAT. Ce r�gime juridique a �t� d�fini par le plan cantonal annex� au d�cret de 1966 ainsi que, plus tard, par les plans d'am�nagement des communes de Fontaines et des Hauts-Geneveys.
Actuellement, depuis la r�vision de 1988 - qui avait pour but d'adapter ce plan cantonal aux exigences de la loi f�d�rale sur l'am�nagement du territoire, comme cela est expos� dans l'arr�t attaqu� (cf. �galement arr�t 1A.120/2001 du 18 janvier 2002 d�j� cit�, � propos d'une r�duction des zones de constructions basses au lieu-dit Chaumont) -, on peut consid�rer que la zone de cr�tes et de for�ts au Cr�t-Meuron est une zone � prot�ger au sens de l'art. 17 al. 1 let. b LAT ("paysages d'une beaut� particuli�re, d'un grand int�r�t pour les sciences naturelles ou d'une grande valeur en tant qu'�l�ments du patrimoine culturel"), inconstructible sous r�serve �ventuellement de la possibilit� d'y �difier des constructions agricoles ou foresti�res. En r�sum�, le plan annex� au d�cret de 1966 est donc actuellement un plan d'affectation au sens des art. 14 ss LAT; c'est du reste ainsi que le Tribunal administratif a interpr�t� la port�e des mesures d'am�nagement pr�vues, � l'endroit litigieux, par le d�cret de 1966.
L'art. 21 al. 2 LAT dispose que lorsque les circonstances se sont sensiblement modifi�es, les plans d'affectation feront l'objet des adaptations n�cessaires. Le l�gislateur f�d�ral a ainsi choisi une solution de compromis entre deux exigences contradictoires: d'une part, l'am�nagement du territoire �tant un processus continu, et la d�termination des diff�rentes affectations impliquant des pes�es d'int�r�ts fond�es sur des circonstances changeantes et des pronostics qui ne se confirment jamais enti�rement, l'adaptation p�riodique des plans d'affectation est indispensable pour assurer, progressivement, leur conformit� aux exigences l�gales; d'autre part, il faut tenir compte des int�r�ts priv�s et publics dont la protection n�cessite une certaine s�curit� juridique (cf. Thierry Tanquerel, Commentaire LAT, Zurich 1999, art. 21, nos 11 ss). La jurisprudence souligne que, pour appr�cier l'�volution des circonstances et la n�cessit� d'adapter un plan d'affectation, une pes�e des int�r�ts s'impose (ATF 131 II 728 consid. 2.4 p. 733). L'int�r�t � la stabilit� du plan, que les propri�taires fonciers peuvent invoquer dans certaines circonstances, doit �tre mis en balance avec l'int�r�t � l'adoption d'un nouveau r�gime d'affectation, qui peut lui aussi �tre prot�g� par la garantie de la propri�t� (cf. ATF 120 Ia 227 consid. 2 p. 232-234). Selon les cas, des int�r�ts publics pourront �galement justifier soit la stabilit� du plan, soit son adaptation. Il incombe donc � l'autorit� appel�e � statuer sur un projet de modification d'un plan en vigueur d'examiner, en fonction des circonstances concr�tes, une pluralit� d'int�r�ts (cf. ATF 128 I 190 consid. 4.2 p. 198).
La jurisprudence a eu l'occasion de pr�ciser, � propos de l'�laboration d'un plan d'affectation sp�cial en vue de la r�alisation d'une installation non susceptible d'obtenir une autorisation d�rogatoire hors de la zone � b�tir, � cause de ses dimensions voire de ses incidences sur la planification locale ou sur l'environnement (cf. supra, consid. 2.1), que la r�vision partielle du plan d'affectation - par l'adoption d'un plan d'affectation sp�cial - ne devait pas �tre soumise � des exigences moins strictes que l'octroi d'une d�rogation selon l'art. 24 LAT. Cela signifie que l'autorit� qui �tablit le plan d'affectation doit v�rifier que l'implantation des constructions ou installations � l'endroit retenu est impos�e par leur destination (cf. art. 24 let. a LAT), et qu'elle doit examiner si aucun int�r�t pr�pond�rant ne s'oppose au projet (cf. art. 24 let. b LAT). En d'autres termes, l'autorit� de planification doit proc�der � une pes�e g�n�rale des int�r�ts et, dans ce cadre, �valuer d'�ventuels emplacements alternatifs (cf. ATF 124 II 391 consid. 2c p. 393; 116 Ib 50 consid. 3b p. 55; 115 Ib 508 consid. 6b p. 514; arr�t 1A.79/1996 du 9 ao�t 1996, consid. 4d/cc, publi� in ZBl 98/1997 p. 231; Tanquerel, op. cit., art. 21, n. 50-51; Peter H�nni, Planungs-, Bau- und besonderes Umweltschutzrecht, 4e �d., Berne 2002, p. 532). Il n'en demeure pas moins que si, avec l'�volution des circonstances, une mise en oeuvre correcte des buts et principes de l'am�nagement du territoire (art. 1 et 3 LAT) ainsi qu'une concr�tisation des objectifs du plan directeur cantonal commandent de r�viser un plan d'affectation, dans un p�rim�tre restreint et en vue de la r�alisation d'un projet particulier, l'autorit� de planification doit pouvoir prendre les d�cisions n�cessaires sans �tre limit�e par une interpr�tation stricte des crit�res de l'art. 24 LAT. Cette autorit� n'est en effet pas dans la m�me position que celle qui d�livre des autorisations ou des d�rogations en veillant � ne pas mettre en p�ril la r�alisation du plan d'affectation en vigueur.
4.3 Quand la contestation porte sur la modification d'un plan d'affectation, les parties admises � se pr�valoir de la garantie de la propri�t� (art. 26 al. 1 Cst.) peuvent se plaindre du fait que les nouvelles restrictions qui leur sont impos�es ne sont pas justifi�es par un int�r�t public (cf. art. 36 al. 2 Cst.) ni conformes au principe de la proportionnalit� (cf. art. 36 al. 3 Cst.). Elles peuvent en d'autres termes critiquer sous cet angle l'application des r�gles d'am�nagement du territoire et le r�sultat de la pes�e des int�r�ts. Ces questions rel�vent en principe du contr�le de la l�galit�, les int�r�ts � prendre en compte �tant prot�g�s par des normes du droit f�d�ral ou cantonal, dans le domaine de l'am�nagement du territoire proprement dit (art. 1, 3, 14 ss LAT notamment) ou dans d'autres domaines juridiques (cf. ATF 121 II 378 consid. 1e/bb p. 384; 117 Ia 430 consid. 4b p. 432; 115 Ia 350 consid. 3d p. 353; 114 Ia 371 consid. 4b p. 373). Dans le cadre de la juridiction constitutionnelle, le Tribunal f�d�ral examine en principe librement si les mesures d'am�nagement du territoire r�pondent � un int�r�t public et respectent le principe de la proportionnalit�; il s'impose toutefois une certaine retenue lorsqu'il s'agit de tenir compte de circonstances locales ou de trancher de pures questions d'appr�ciation (ATF 129 I 337 consid. 4.1 p. 344; 126 I 219 consid. 2c p. 222 et les arr�ts cit�s). Les constatations de fait, dans la proc�dure de recours de droit public, ne sont revues que sous l'angle de l'arbitraire et le grief de violation de l'art. 9 Cst. n'a dans cette mesure, en cas de contestation du r�sultat de la pes�e des int�r�ts, pas de port�e ind�pendante (cf. ATF 122 I 168 consid. 2c p. 173; 119 Ia 362 consid. 3a p. 366).
4.4 Dans la pes�e des int�r�ts qu'il a effectu�e, en appliquant par analogie les crit�res de l'art. 24 LAT, le Tribunal administratif a en premier lieu consid�r� que l'implantation du projet du parc �olien sur le site du Cr�t-Meuron �tait impos�e par sa destination (cf. art. 24 let. a LAT). Il a notamment retenu � ce propos qu'il n'�tait pas n�cessaire que l'emplacement propos� constitu�t l'unique possibilit� car il suffisait de pouvoir se fonder sur des motifs importants et objectifs justifiant la r�alisation de la construction � l'endroit pr�vu. Cette conclusion n'est pas contest�e par la recourante; quant aux opposants intim�s, ils ne discutent pas cet aspect. Il convient n�anmoins de mentionner, dans ce contexte, quelques �l�ments compl�mentaires.
4.5 C'est dans le cadre de la pes�e g�n�rale des int�r�ts - ou de l'application par analogie de l'art. 24 let. b LAT - que le Tribunal administratif a accord� une importance pr�pond�rante � la protection de l'environnement naturel ou, en d'autres termes, � la conservation des sites naturels et des territoires servant au d�lassement, conform�ment au principe �nonc� � l'art. 3 al. 2 let. d LAT. Cette pes�e des int�r�ts est critiqu�e par la recourante, qui fait valoir que l'adoption du plan d'affectation cantonal s'inscrit dans une politique publique (ensemble d'activit�s normatives et administratives) f�d�rale et cantonale en faveur du d�veloppement des �nergies renouvelables. Elle reproche d'une part au Tribunal administratif une compr�hension objectivement insoutenable de l'int�r�t public que repr�sente la production d'�nergie �olienne. D'autre part, elle pr�tend que l'appr�ciation de la valeur du paysage est arbitraire.
En droit cantonal, l'art. 5 de la Constitution cantonale (Cst./NE; RS 131.233) �num�re les t�ches de l'Etat et des communes; cette liste mentionne l'approvisionnement en eau et en �nergie, la gestion parcimonieuse des ressources non renouvelables, ainsi que l'encouragement � l'utilisation des ressources renouvelables (art. 5 al. 1 let. l Cst./NE). La loi cantonale sur l'�nergie (LCEn; RSN 740.1) �nonce, dans la d�finition de ses buts et des principes de l'approvisionnement �nerg�tique, des normes analogues � celles de la loi f�d�rale (cf. art. 1er et 30 LCEn). A propos des "�nergies indig�nes" (note marginale), l'art. 31 LCEn dispose que le canton et les communes m�nent une politique active en vue de la mise en valeur des ressources �nerg�tiques indig�nes, notamment la force hydraulique, l'�nergie solaire, la g�othermie, la chaleur et le froid de l'environnement, la biomasse, dont le bois, l'�nergie �olienne et les ordures.
L'arr�t attaqu� mentionne un autre instrument de la politique �nerg�tique en Suisse, le programme "SuisseEnergie", lanc� en janvier 2001 � la suite d'un pr�c�dent programme "Energie 2000". Ce programme est un instrument de coordination pour l'administration f�d�rale et qui sert notamment � mettre en oeuvre la collaboration avec les cantons et d'autres organisations (cf. Riccardo Jagmetti, Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht, tome VII, Energierecht, B�le 2005, n� 1329 p. 44). Dans un document publi� en 2001, l'Office f�d�ral de l'�nergie a d�fini le cadre et les objectifs de "SuisseEnergie". Ces objectifs sont qualifi�s de "valeurs indicatives politiques"; ils pr�voient une augmentation de la part des "autres �nergies renouvelables" (� distinguer de la production hydro�lectrique) dans la production de courant �lectrique et de chaleur. "SuisseEnergie" pr�conise de soutenir les sources d'�nergie renouvelables, les cantons �tant charg�s de d�velopper et financer leurs propres programmes pour lesquels ils devraient recevoir des contributions globales f�d�rales (cf. art. 15 LEne). Le programme f�d�ral fixe encore des principes pour la collaboration avec des organisations priv�es (Agences), notamment l'Agence suisse des �nergies renouvelables et de l'efficacit� �nerg�tique (ASER), qui regroupe diff�rents r�seaux existants, dont Suisse-�ole.
Il appara�t ainsi que, dans le cadre fix� par le droit f�d�ral, les cantons ont une grande latitude pour choisir les mesures de politique �nerg�tique qu'ils entendent mettre en oeuvre dans le domaine des nouvelles �nergies renouvelables (cf. Jagmetti, op. cit., n� 7105 p. 851). Il appartient ainsi au seul droit cantonal de r�gler les conditions d'autorisation pour une installation de production d'�nergie �olienne, l'utilisation du vent n'�tant au demeurant pas soumise � l'exigence d'une concession (cf. Jagmetti, op. cit., n�s 7301 ss p. 865). Des mesures d'am�nagement du territoire prises � cet effet ne sont pas contraires aux buts et principes des art. 1 et 3 LAT. D'apr�s ces dispositions, il incombe aux autorit�s de soutenir par des mesures d'am�nagement les efforts en vue de garantir des sources d'approvisionnement suffisantes dans le pays (art. 1 al. 2 let. d LAT), cette norme visant notamment l'approvisionnement en �nergie (cf. Pierre Tschannen, Commentaire LAT, art. 1 n. 40).
Dans l'arr�t attaqu�, le Tribunal administratif a appr�ci� l'int�r�t � la r�alisation du parc �olien du Cr�t-Meuron en �valuant l'importance de la production d'�lectricit� dans le march� global. Cette production nette serait de 14.35 GWh/an, soit 1,43 % de la consommation d'�lectricit� du canton. Avec l'autre parc �olien mentionn� dans la fiche de coordination du plan directeur cantonal, la production globale atteindrait 25 GWh/an, soit 2,5 % de la consommation cantonale. Le parc �olien du Cr�t-Meuron ne serait en outre vou� qu'� la production d'�nergie et non pas � la recherche ou au d�veloppement. Sur la base de ces chiffres, en affirmant appr�cier l'utilit� concr�te de l'installation litigieuse, le Tribunal administratif a qualifi� l'int�r�t poursuivi par la recourante d'extr�mement faible, voire de quasi insignifiant.
En outre, le Tribunal administratif est certes fond� � consid�rer que la non-r�alisation du parc �olien litigieux ne compromettrait pas directement l'approvisionnement en �lectricit� en Suisse ou dans le canton, et qu'il n'y a pas de n�cessit� de disposer dans un proche avenir de nombreuses nouvelles sources de courant. N�anmoins, les objectifs de la politique �nerg�tique, dans le domaine des �nergies renouvelables, ne consistent pas uniquement � garantir le maintien du statu quo, dans l'hypoth�se - retenue par le Tribunal administratif - d'une offre de courant surabondante en Suisse et en Europe; ces objectifs tendent plut�t � favoriser les diverses sources d'�nergies renouvelables, � plus long terme (voir notamment le document d�j� cit� de l'Office f�d�ral de l'�nergie de 2001, sur le programme "SuisseEnergie"). Un r�cent message du Conseil f�d�ral relatif � la modification de la loi sur les installations �lectriques et � la loi f�d�rale sur l'approvisionnement en �lectricit�, cit� par la recourante (message du 3 d�cembre 2004, FF 2005 p. 1493), mentionne, comme motifs justifiant d'accorder une importance plus grande au d�veloppement des �nergies renouvelables, l'existence de ressources fossiles limit�es, la probl�matique du CO2 et la forte d�pendance � l'�gard de l'�tranger; il en d�duit qu'un passage � des syst�mes �nerg�tiques nouveaux est inexorable � long terme et qu'afin d'�viter un changement radical d'ici � quelques dizaines d'ann�es, il faut introduire d�s aujourd'hui de nouvelles technologies sur le march�, notamment pour produire de l'�lectricit� � partir d'�nergies renouvelables (FF 2005 p. 1506). Il n'y a pas lieu d'examiner plus avant, dans le pr�sent arr�t, la politique �nerg�tique de la Conf�d�ration ou du canton de Neuch�tel; il suffit en effet d'exposer dans quel cadre s'inscrivent les mesures d'encouragement de l'�nergie �olienne. Le d�veloppement de cette �nergie est clairement conforme aux programmes des autorit�s, l� o� la g�ographie le permet, soit sp�cialement dans l'arc jurassien et notamment dans le canton de Neuch�tel.
La recourante rel�ve en outre qu'un march� existe pour l'�nergie �olienne, en d�pit de co�ts de production actuellement plus �lev�s. Cela n'est pas contest�. Il ressort du "rapport de conformit�/notice d'impact" que les �oliennes projet�es sont, de ce point de vue, plus comp�titives que des �oliennes de la g�n�ration pr�c�dente (notamment � cause de la hauteur du rotor). La recourante rel�ve encore que le projet litigieux constitue l'essentiel des possibilit�s de production de nouvelles �nergies renouvelables � court terme (d'ici � 2010) dans le canton de Neuch�tel, ce qui n'est pas non plus contest�. La politique �nerg�tique d'un canton peut au demeurant privil�gier une ou plusieurs sources d'�nergies renouvelables.
En r�sum�, si l'on fait abstraction de la part proportionnellement faible de l'�nergie �olienne dans la production et la consommation globales d'�lectricit�, ce qui n'est pas un �l�ment d�terminant, on doit admettre que le projet litigieux a une importance certaine. Compte tenu des objectifs de la politique �nerg�tique f�d�rale et cantonale, il existe un int�r�t public certain � r�aliser une installation de production d'�nergie �olienne telle que celle pour laquelle le plan d'affectation cantonal a �t� �labor�. Au surplus, avant toute exp�rience de production d'�nergie �olienne dans le canton de Neuch�tel, et compte tenu de l'existence actuellement d'un seul autre parc �olien aux caract�ristiques comparables dans l'arc jurassien, il n'est pas soutenable de retenir d'embl�e le caract�re pr�tendument insignifiant de cette nouvelle �nergie renouvelable dans le march� global de l'�lectricit�. Cet int�r�t public doit donc �tre admis en l'�tat, �tant pr�cis� que le r�sultat de ces exp�riences, ou l'�volution d'autres circonstances comme la consommation globale d'�lectricit� - la politique �nerg�tique tendant �galement � favoriser les �conomies -, pourraient � l'avenir justifier une appr�ciation diff�rente de l'importance de l'�nergie �olienne en Suisse.
Concr�tement, le plan d'affectation cantonal litigieux n'implique pas la constructibilit� de l'ensemble des terrains concern�s. A l'ext�rieur des "p�rim�tres d'�volution" d�limit�s pour sept �oliennes et trois installations annexes, le r�gime de la zone de cr�tes et de for�ts demeure applicable (cf. supra, consid. 4.2 in fine). En d'autres termes, ce plan d'affectation cantonal n'a pas des effets comparables � ceux d'un classement en zone de constructions basses, au sens des art. 3 ss du d�cret de 1966, ou d'une affectation dans une zone � b�tir ordinaire; en d�finissant de fa�on restrictive les possibilit�s de construction dans ces p�turages, il ne permet pas une modification fondamentale de l'utilisation du sol. L'autorit� cantonale de planification a en outre pr�vu, selon la fiche de coordination 9-0-04 du plan directeur cantonal, de limiter � deux le nombre de parcs �oliens sur le territoire du canton; cela signifie que les cas de d�classement de terrains en zone de cr�tes et de for�ts pour r�aliser des objectifs de politique �nerg�tique devraient demeurer tr�s rares. En adoptant des mesures de planification pour le projet litigieux - et pour un second parc �olien, � un endroit non encore d�termin� et au sujet duquel le dossier ne donne du reste aucune indication concr�te -, ni le Conseil d'Etat ni le d�partement cantonal n'ont d�cid� un d�mant�lement progressif du r�gime de protection des sites naturels du canton.
Cela �tant, le Tribunal administratif rel�ve � juste titre certaines caract�ristiques du projet litigieux, qui le distinguent d'autres projets d'urbanisation: la dimension des �oliennes (hauteur du moyeu � l'axe du rotor: 60 m; diam�tre des pales: 66 m; hauteur totale: 93 m); l'infrastructure n�cessaire (un m�t de mesure de 60 m, des nouveaux chemins carrossables sur une longueur de 1,8 km); la probabilit� que le parc �olien devienne une attraction touristique (il pourrait attirer 20'000 visiteurs par an). La dimension des �oliennes et du m�t de mesure, � savoir leur impact visuel, est sans conteste l'�l�ment le plus important. En effet, l'extension du r�seau de voies d'acc�s ne repr�sente pas une atteinte sensible au site du Cr�t-Meuron, �tant donn� qu'il existe d�j� de nombreux chemins, carrossables ou non, dans les p�turages et for�ts de la r�gion de T�te-de-Ran/La Vue-des-Alpes, o� se trouvent plusieurs installations touristiques (remont�es m�caniques pour skieurs, restaurants, notamment). En outre, les autorit�s conservent la possibilit� d'emp�cher la plupart des effets n�gatifs d'un afflux de touristes ou de promeneurs dans un site naturel d�j� largement ouvert au public - le Tribunal administratif qualifie la r�gion de T�te-de-Ran de "site particuli�rement fr�quent� en tant que zone de d�lassement" -, en r�glementant l'acc�s en v�hicule et le stationnement, en balisant les chemins de randonn�e, en prot�geant sp�cialement des biotopes, etc. Ainsi, c'est bien l'impact visuel des �oliennes qui repr�sente l'atteinte la plus sensible au site, qui manifestement m�rite d'�tre prot�g�. L'arr�t attaqu� mentionne les endroits o� cet impact visuel serait important. Il s'agit de lieux d'une part relativement proches du parc �olien (le sommet de T�te-de-Ran, � environ 300 m, le col de la Vue-des-Alpes, � 2,5 km) et de lieux plus �loign�s (le versant nord de la vall�e de La Sagne, � 4 km, et un quartier sup�rieur de la ville de La Chaux-de-Fonds, � 5 km). Or, sur le site lui-m�me (le long de la combe menant du col de la Vue-des-Alpes � T�te-de-Ran), les �oliennes s'ajouteraient � d'autres installations techniques - ligne � haute tension, remont�es m�caniques (� savoir un t�l�ski dans le p�rim�tre du plan d'affectation cantonal et quatre autres � proximit� directe), notamment -, ce qui relativiserait dans une certaine mesure leur impact visuel. Par ailleurs, le fait que les �oliennes seraient visibles depuis un quartier de La Chaux-de-Fonds n'est pas un �l�ment d�cisif car la pr�sence d'installations techniques ou d'ouvrages imposants � proximit� d'une grande ville n'est pas singuli�re; c'est un inconv�nient, ou une caract�ristique, dont les citadins s'accommodent g�n�ralement, pour autant que d'autres parties du paysage conservent leur aspect naturel, ce qui est le cas � La Chaux-de-Fonds. Cela �tant, les �oliennes ne seraient pas visibles de la plupart des quartiers de cette ville, ni depuis le Val-de-Ruz (au sud et � l'est du Cr�t-Meuron), ni de nombreux autres endroits de la r�gion. C'est pourquoi il n'y a pas lieu de surestimer leur impact visuel - ind�pendamment de la question de savoir si la vue d'�oliennes dans un paysage jurassien peut �tre appr�ci�e de mani�re positive par des habitants ou des promeneurs. Dans le cas particulier, comme il se trouve d�j� sur le site du Cr�t-Meuron ou dans les environs imm�diats plusieurs constructions ou installations (l'auberge de G�mmenen, l'h�tel de T�te-de-Ran, une ligne �lectrique, une installation de t�l�communications sur le sommet de T�te-de-Ran, des remont�es m�caniques pour skieurs), et que ce site, proche d'une grande ville, est d�j� tr�s fr�quent� par des promeneurs et des skieurs, l'int�r�t � en assurer une protection renforc�e est moindre que pour d'autres sites naturels, moins accessibles et plus pr�serv�s. Par ailleurs, les �oliennes, relativement dispers�es dans le p�rim�tre du plan d'affectation cantonal, ne seraient visibles que depuis quelques lieux des environs, de sorte que l'atteinte au paysage serait moins sensible que dans d'autres emplacements.
4.5.4 En d�cidant d'annuler le plan d'affectation cantonal pour des motifs de protection du site, le Tribunal administratif n'a en r�alit� pas �valu� concr�tement les atteintes suppl�mentaires qui seraient caus�es au Cr�t-Meuron et dans les environs par les �oliennes, compte tenu des atteintes d�j� existantes. Comme cela est retenu dans l'arr�t attaqu� sur la base de constatations faites au parc �olien du Mont-Soleil (dans le canton de Berne), il est certain que de grandes �oliennes, toujours implant�es � l'�cart des agglom�rations, ont un impact important sur le paysage, mais cela ne permet pas d'exclure, en quelque sorte par principe, de tels projets dans des sites non construits m�ritant protection. Il n'est pas rare que d'autres ouvrages servant � la production d'�nergie - des lacs d'accumulation avec barrages, des ouvrages hydro�lectriques le long des rivi�res, etc. - doivent eux aussi �tre r�alis�s dans des sites naturels m�ritant d'�tre pr�serv�s, sans pour autant qu'une protection absolue soit prescrite, et l'int�r�t public � la conservation du site ne l'emporte pas (cf. par exemple ATF 119 Ib 254 consid. 8e p. 279). Il convient d'ailleurs de relever � ce propos que la r�gion de T�te-de-Ran ne fait pas partie des objets port�s � l'inventaire f�d�ral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (inventaire IFP, annex� � l'ordonnance concernant l'inventaire f�d�ral des paysages, sites et monuments naturels [OIFP; RS 451.11]), contrairement � d'autres sites naturels caract�ristiques du Jura ou du Haut-Jura dans le canton de Neuch�tel (cf. objets IFP n� 1002, Le Chasseral; n� 1003, Tourbi�re des Ponts-de-Martel; n� 1004, Creux-du-Van; n� 1005, Vall�e de la Br�vine; n� 1006, Vall�e du Doubs). Il en r�sulte que le Tribunal administratif a accord�, dans le cas particulier, une importance excessive � l'atteinte au paysage et, corollairement, qu'il n'a pas suffisamment pris en consid�ration l'int�r�t public � r�aliser une installation de production d'�nergie �olienne, conform�ment aux objectifs de la politique �nerg�tique f�d�rale et cantonale (cf. supra, consid. 4.5.2). En d'autres termes, une pes�e correcte des int�r�ts en jeu imposait au Tribunal administratif de ne pas emp�cher, par principe, la r�alisation d'un parc �olien au Cr�t-Meuron.
4.5.5 Les griefs de la recourante � propos de la pes�e des int�r�ts effectu�e par le Tribunal administratif sont donc fond�s. Comme cela a �t� expos� plus haut (consid. 4.3), le contr�le de la pes�e des int�r�ts rel�ve de l'examen de la l�galit�, et non pas de l'opportunit�. Dans l'arr�t attaqu�, l'annulation des d�cisions relatives � l'adoption du plan d'affectation cantonal n'est du reste pas justifi�e par des motifs d'opportunit�, mais elle est fond�e sur l'application de normes du droit de l'am�nagement du territoire. C'est l'application d�ficiente de ces r�gles de droit que le Tribunal f�d�ral doit sanctionner dans le pr�sent arr�t, en admettant le recours de droit public. Ce recours a une nature par principe exclusivement cassatoire et la recourante a, pr�cis�ment, conclu � l'annulation de l'arr�t attaqu�. Ces conclusions doivent �tre admises, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur le contenu de la nouvelle d�cision que le Tribunal administratif sera amen� � rendre dans la pr�sente contestation.
Vu le sort des deux recours de droit administratif, d'une part, et du recours de droit public, d'autre part, et compte tenu des circonstances particuli�res de ce litige, il se justifie de ne pas percevoir d'�molument judiciaire. Les d�pens, auxquels peuvent pr�tendre Eole-Res S.A. (dans la cause 1P.288/2005) et les intim�s A.________ et consorts (dans les causes 1A.122/2005 et 1A.134/2005) - les autorit�s cantonales et communales n'y ayant quant � elles pas droit (art. 159 al. 2 OJ) -, doivent �tre compens�s.
Les causes 1P.288/2005, 1A.122/2005 et 1A.134/2005 sont jointes.
Le recours de droit administratif form� par le Conseil d'Etat de la R�publique et canton de Neuch�tel (1A.134/2005) est irrecevable.
Le recours de droit administratif form� par Eole-Res S.A. (1A.122/2005) est irrecevable.
Le recours de droit public form� par Eole-Res S.A. (1P.288/2005) est admis et l'arr�t rendu le 31 mars 2005 par le Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel est annul�.
Le pr�sent arr�t est communiqu� en copie aux mandataires de Eole-Res S.A. et de A.________ et consorts, au Conseil d'Etat et au Tribunal administratif de la R�publique et canton de Neuch�tel, aux conseils communaux des communes de Fontaines et des Hauts-Geneveys, � l'Office f�d�ral du d�veloppement territorial et � l'Office f�d�ral de l'environnement.

References: art. 47
 art. 24
 art. 33
 art. 98
 art. 24
 art. 14
 ATF 
 art. 24
 ATF 
 art. 24
 ATF 
 art. 84
 art. 22
 art. 86
 ATF 
 ATF 
 art. 14
 art. 21
 ATF 
 ATF 
 art. 24
 art. 24
 ATF 
 art. 21
 art. 36
 art. 36
 ATF 
 ATF 
 art. 24
 art. 1
 art. 15
 art. 1
 art. 1
in fine
 art. 3
 ATF