Source: http://passes-montagnes.fr/htlm1/ligne_charpal.html
Timestamp: 2019-12-11 00:26:54+00:00

Document:
Ancienne ligne "industrielle" de Charpal 01 - de l'embranchement de Larzalier au lac de Charpal à VTT
Ancienne ligne "industrielle" de Charpal
01 - de l'embranchement de Larzalier au lac de Charpal
De l'embranchement de Larzalier au lac de Charpal : 15,4 km
Photos du 10 juillet 2019
Aujourd'hui, avant d'atteindre
PN Larzalier 1903
et les galeries pare-neige de Larzalier,
les trains en provenance de La Bastide-Saint-Laurent-les-Bains se glissent entre un ancien poste d'aiguillage
UTM : 31 T 555635 4934682
et la maisonnette
du "gardien" de l'embranchement
de la "ligne industrielle
dite de Charpal".
"L'embranchement de Charpal, d'une quinzaine de kilomètres de longueur, se détache de la ligne de Marvejols à la Bastide. Il est construit sur un plateau situé à une altitude allant de 1 200 mètres à 1 400 mètres.
Le tracé comporte un certain nombre de tranchées, assez longues, dont la profondeur varie de 2 mètres à 8m50, qu'il a été nécessaire de protéger contre les accumulations de neige provoquées par le vent du nord.
Ce n'est pas par suite de sa chute que la neige risque d'encombrer la voie ; un chasse-neige a vite fait de déblayer cette neige de pleine chute. Mais dans ces régions élevées, le vent soulève les flocons de neige, les transporte au loin et les abandonne derrière les endroits abrités, où son action ne se fait plus sentir. La neige accumulée en abondance vers ces abris, forme ce que l'on appelle, dans le Massif central, des "congères". Les tranchées en déblai sont particulièrement favorables à la formation de ces dépôts. Le vent qui alimente les congères ne soulève pas la neige à une grande hauteur.
Elle glisse sur le sol ou sur la neige de pleine chute, en une nappe de 0m50 d'épaisseur moyenne, pouvant atteindre exceptionnellement 2 mètres par un vent très violent. Cette particularité a permis de trouver divers dispositifs permettant d'empêcher l'encombrement des tranchées,
non pas en supprimant la congère, mais en la déplaçant et en la situant de façon que son pied vienne mourir près du rail, sans encombrer la voie.
Les pare-neige en bois, jusqu'ici employés, ne donnant pas satisfaction à plusieurs points de vue, M. Merle a eu recours à des pare-neige en béton armé composés d'éléments séparés.
Une préoccupation a été d'obtenir avec des éléments préparés d'avance, des assemblages simples et pratiques.
La fabrication organisée en série a été faite sur un chantier situé à l'origine de la ligne ; les stocks constitués au printemps ont été mis en place l'été, pendant que la fabrication continuait.
Le Génie civil : revue générale des industries françaises
Un rapport du département de la Lozère de 1924 mentionne deux PK (669.881 et 670.317) pour l'embranchement de la ligne du lac de Charpal.
Si l'on prend pour repère le Km 669.5 aux abords de Larzalier, et qu'il n'a pas changé de place au fil du temps,
les embranchements des K 669.881 et
K 670.317 se situaient de part et d'autre de la maisonnette de gardien - une sorte de gare de départ et probable km 0 -
ce qui correspond en partie à la carte de 1953.
Il ne reste nulle trace des pare-neige en béton
fabriqués en série "à l'origine de la ligne"
qui s'éloignait à travers champs, coupant successivement les chemins d'exploitation N° 12
UTM : 31 T 555396 4934801
UTM : 31 T 555139 4934951
et N° 10.
UTM : 31 T 554801 4935129
La traversée rectiligne des terres s'observe encore aujourd'hui sur les terrains
clôturés avec le renfort d'anciennes traverses.
Sur le cadastre, la trace en site propre s'arrête sur une section "b"
parsemée d'amas de pierres
du chemin d'exploitation N° 6.
UTM : 31 T 554054 4935524
Au-delà, l'ancienne plate-forme ferroviaire, toujours aussi droite,
sert de support à la voie communale N° 5.
Elle croise bientôt le
chemin d'exploitation N° 3
UTM : 31 T 553388 4935877
au lieu dit La Peyrière, où peut-être il a existé une barrière non gardée.
A ce stade, on peut se demander ce que vient faire, à cette altitude, une ligne de chemin de fer orientée vers nulle part, dans un environnement hostile.
Il a été écrit de nombreuses contre-vérités et approximations au sujet de cette ligne de chemin de fer en raison peut-être de la faible publicité dont elle a joui, n'étant pas ouverte aux voyageurs.
Pourtant le journal officiel de la République Française du jeudi 5 avril 1923 ne fait pas mystère de la destination de cette voie ferrée :
"Le Président de la République française,
Vu le rapport du ministre de la guerre et des pensions ;
Art. 1er. - Sont autorisés et déclarés d'utilité publique, en vue de l'établissement d'un parc de stockage sous l'eau des poudres et explosifs de guerre, dit Charpal, sis dans les dépendances de la poudrerie nationale de Toulouse avec embranchement de voie ferrée et logements pour le personnel :
Les travaux à exécuter suivant les dispositions du projet ci-dessus visé ;
L'occupation temporaire et, s'il y a lieu, l'expropriation pour le service militaire, de diverses parcelles de terrain non bâties situées sur le territoire des communes d'Allenc-Llaubert, Pelouse, du Borne, Rieutort-de-Randon et Arzenc-de-Randon (Lozère). Lesdites parcelles figurées par trois teintes, jaune, violette et rose sur sept plans parcellaires, documents dressés par le directeur de la poudrerie nationale de Toulouse et annexées. Ces travaux seront exécutés comme travaux militaires pour le compte du ministre de la guerre et des pensions (direction des poudreries).
Art. 2. - Sont déclarées d'urgence la prise de possession par l'État des parcelles de terrain dont il s'agit et l'exécution des travaux, étant observé que les parcelles appartenant à la commune de Laubert figurant au cadastre de ladite commune, sous le n° 267 de la section A pour la totalité, sont soumises au code forestier.
Art. 3. - Le ministre de la guerre et des pensions est autorisé à emmagasiner les eaux de la Coulagne, sous la réserve que pendant les périodes de
remplissage, il devra s'écouler à l'aval du barrage un débit continu, savoir de 100 litres par seconde du 1er mars au 30 juin et du 16 août au 15 octobre et 50 litres par seconde du 1er janvier au 28 février, du 1er juillet au 15 août et du 16 octobre au 31 décembre.
Toutefois, les débits susvisés pourront être réduits après accord entre le ministre de la guerre et des pensions et le ministre de l'agriculture si la nécessité de diminuer la durée de remplissage du réservoir était
Art. 4. - Un arrêté préfectoral, pris sur les propositions des ingénieurs du service hydraulique, fixera les conditions de l'établissement et de l'exploitation du barrage-réservoir.
Art. 5. - L'administration de la guerre [service des poudres] sera tenu d'indemniser les irrigants et autres usagers de tous dommages qu'ils pourront prouver leur avoir été causés par les modifications que l'établissement et l'exploitation du barrage-réservoir apporteront au régime de la Coulagne.
Art. 6. - Le ministre de la guerre et des pensions est chargé de l'exécution du présent décret."
La voie déferrée atteint les 1231 mètres d'altitude
UTM : 31 T 552823 4936235
à la croix de la Prade
où elle quitte la commune d'Allenc et s'enfonce dans un bosquet, sis sur la commune de Laubert.
A l'époque ferroviaire des lieux, le passage à niveau de la route s'effectuait à l'arrière du petit bois.
Sur les photos aériennes de 1943, soit cinq ans après le déferrement de la ligne, on distingue encore une probable bâtisse (ellipse bleue).
Appartenait-elle au chemin de fer ? Rien ne permet pour l'heure de l'affirmer.
La plate-forme ferroviaire abandonnée se perd ensuite entre deux champs puis au centre d'une même terre
et réapparait entre deux cultures
UTM : 31 T 552580 4936437
sous l'aspect d'un ruban vert
parsemé de pierres (ellipse rouge).
UTM : 31 T 552555 4936543
qu'elle mimétise
avant de se recouvrir d'herbes folles.
Les trains négociaient une courbe
qui les orientait
face à une maisonnette
semblable à celle du gardien de l'embranchement de Lazarlier.
Le domaine de Charpal,
UTM : 31 T 552403 4937378
réparti sur cinq communes,
comprenait 4 maisons de gardiens dont cette maisonnette
Le ou les résidents de cette bâtisse implantée à 1264 mètres d'altitude
sur le point de partage des eaux le plus haut de France, ne devaient pas avoir pour seule préoccupation
le maniement des barrières du passage à niveau
du col de la Pierre Plantée.
En face, à la droite de l'oratoire Notre-Dame des Sources,
UTM : 31 T 552341 4937407
la voie déferrée poursuit sous forme de chemin panneauté "non carrossable".
On sait qu'en 1923 l'établissement d'un parc de stockage sous l'eau des poudres et explosifs de guerre, dit Charpal, ainsi qu'un embranchement ferroviaire avait été décrétés d'intérêt public.
On apprend des archives du Sénat qu'en 1928 : "Deux barrages-réservoirs pour l'immersion des stocks de poudre appartenant à la guerre sont actuellement en construction,
l'un à Charpal dans la Lozère, l'autre au Chambon sur la Romanche."
Impressions : projets, propositions, rapports... /
Sénat 30 juin 1928
Un rapport "de l'ingénieur en chef au Conseil général de Lozère" nous éclaire sur la nature des "3 groupes de maisons". Ils sont affectés au personnel de gardiennage.
La surveillance des travaux revient au service de la Poudrerie Nationale de Toulouse. L'exécution des travaux a été adjugée à la "Société Générale d'Entreprise", 56 rue du faubourg St-Honoré, à Paris.
En 1927, les travaux de chemin de fer, commencés en 1922, sont terminés ainsi que les trois groupes de maisons.
UTM : 31 T 551994 4937697
Pourtant durant la campagne 1926, ces travaux n'ont pas été poursuivis, la Société Générale d'Entreprise ayant demandé la résiliation de son marché.
Mais un arrangement amiable est intervenu et la S.G.E. a repris la construction du barrage au printemps de cette année.
D'aucuns ont pu penser que la construction du lac de Charpal avait eu pour but de cacher sous l'eau des munitions en prévision de futurs conflits. Le meilleur endroit pour cela n'aurait assurément pas été le domaine de Charpal, situé au milieu de nulle part. L'embranchement militaire et les voies ferrées de montagne à voie unique n'auraient pu supporter un tel trafic. Leur vulnérabilité au climat se serait ajoutée à celle découlant d'un état de guerre.
L'humidité ne fait pas, non plus, bon ménage avec la poudre.
Il s'agissait en fait de se débarrasser des munitions non explosées de la guerre 14/18. En 1918, la France s'est retrouvée avec un énorme stock de munitions résiduelles. Il y avait les munitions françaises mais aussi celles de nos alliés anglais et américains qu'ils ne voulaient pas rembarquer en raison - entre autre - de leur dangerosité.
A cela il faut ajouter les stocks que les allemands n'ont pas pu évacuer lors de la reprise de la guerre de mouvement dans les dernières semaines du conflit.
Au travers de la forêt sectionale de Gourgons,
l'ancienne ligne de chemin de fer "industrielle"
avant d'entreprendre,
UTM : 31 T 550923 4938650
en tranchée, une remontée vers le nord.
Devant l'immensité des stocks de munitions à déconditionner, neutraliser ou retraiter, l'armée française s'est retrouvée devant un problème insoluble qu'elle a voulu noyer.
Traiter ces munitions aurait eu un coût insupportable dans le contexte d'après-guerre. Certaines munitions retrouvées en mauvais état étaient difficiles à identifier et par voie de conséquence à désarmer.
Les obus chimiques ou à gaz n'avaient pas été conçus pour être neutralisés. Les obus explosifs à ciment poudre avaient été stabilisés dans une résine spéciale qui les durcissait mais aussi qui empêchait ensuite de les vider.
La solution de rassembler toutes ces munitions en surface pour les y stocker aurait demandé des moyens que la France de l'époque n'avait pas.
Il aurait fallu ensuite en assurer un gardiennage sans fin.
Les risques qu'auraient fait courir ce stockage n'étaient pas acceptable dans un pays qui pourtant n'avait pas encore inventé le principe de précaution...
appliqué de nos jours !
Il reste peu de trace ferroviaire sur les chemins qui ont pris place sur la plate-forme déferrée. Ici ou là, un oeil avisé ou un pneu fragile peut rencontrer quelque tire-fond nomade
ou sédentaire.
UTM : 31 T 550214 4939030
La France de l'après-guerre 14/18 n'avait pas non plus les moyens de procéder à un enfouissement profond des munitions inemployées ou abandonnées par l'ennemi.
Recourir à de vieilles mines - encore eût-il fallu pouvoir s'en passer en ces temps difficiles - aurait consisté à
entreposer des engins dangereux dans des lieux qui le sont déjà.
C'est ainsi qu'a germé l'idée d'immerger ces munitions dans deux plans d'eau.
A l'époque le territoire n'était pas pourvu de lacs adaptés, suffisamment isolés, pour recevoir l'encombrant stock.
Le ministère de la guerre eut alors l'idée de ressortir des cartons un projet hydraulique au domaine de Charpal en Lozère.
Il proposa conjointement 10 millions de francs à la Société Civile des Intérêts Collectifs de la Romanche si celle-ci consentait à rendre possible une vidange de la retenue du Chambon en construction sur la Romanche.
Le 25 juin 1929, le Sénat fit état des sommes engagées cette année-là à ces fins.
Les eaux du ravin de L'Ours (ruisseau de l'ourse) s'écoulent beaucoup plus profondément que les eaux de surface.
UTM : 31 T 550186 4939415
En raison du décalage entre l'urgence du traitement des munitions et les lenteurs administratives, c'est une solution de fortune qui est adoptée.
Les munitions subiront un enfouissement léger de surface, au cas par cas, là où elles se trouvent, sans réelle traçabilité.
Depuis, certaines enceintes militaires qui accueillaient ces rebuts sont revenues au domaine civil.
On considère que les deux-tiers de ces munitions ont aujourd'hui "disparu".
La voie négocie deux courbes importantes
d'intérêt directionnel contradictoire.
Les procédures d'expropriation des terres ont dû s'avérer complexes compte tenu du nombre important de parcelles cadastrales traversées.
La voie virait au nord
de Froubaldèches
UTM : 31 T 550073 4938817
avant de tirer pas tout à fait droit au nord-ouest
entre des amoncellements
de blocs de pierre.
Au-delà d'une probable
vis pour attache d'éclisse,
accueille, face à un parc à bestiaux,
le GR 43 et le GRP "Tour de la Margeride" accompagnés d'un circuit VTT.
UTM : 31 T 549695 4939217
s'engageaient alors dans une "tranchée" protégée par des pare-neige en béton.
De nos jours les pare-neige ont disparu.
La voie déferrée surplombe le ravin du Chapel, naissant,
UTM : 31 T 549473 4939300
puis étale ses restes de ballast
UTM : 31 T 549295 4939161
qui n'apparaît pas sur le cadastre napoléonien rénové en 1931.
les trains s'en allaient croiser
le chemin de Pelouse à Arzenc qui fait frontière entre les communes de Laubert
UTM : 31 T 548618 4939175
et de Pelouse.
La voie "non carrossable",
accompagnée du GR 43
et du GRP du Tour de la Margeride,
s'orientent au nord
où ils sautent
le ruisseau de la Loubière
UTM : 31 T 548309 4939694
et d'atteindre,
le point culminant de la ligne.
Sous 30 centimètres d'eau - par temps de sécheresse -
la voie déferrée patauge
ou patine sous la Cabane des Bergers
Diapositive Jean-Louis Roche - février 2016
avant d'émerger
à la croisée de la départementale 1.
UTM : 31 T 548010 4939739
Les "Tours en Margeride" et la "Grande Traversée du Massif Central à VTT"
empruntent à nouveau la "voie non carrossable" maintenant asséchée.
La voie déferrée sautille le ruisseau de la Combe des Ânes
UTM : 31 T 547900 4939764
qu'elle surplombe un temps
sans pouvoir s'opposer à ce que d'autres eaux tentent de s'y déverser.
Le chemin serpente à l'ouest
puis entre en tranchée
pour en ressortir au nord-ouest.
La regard porté sur une longue ligne droite
se laisse dévier par "d'imposants blocs de granit érodés par le temps, déposés ça et là, qui construisent un paysage mystérieux, chaotique,
faits de tas de pierres, amoncellements curieux de masses énormes, ovales ou rondes, disséminées sur les landes ou dans les bois".
sur deux galeries jumelles,
maçonnées à l'attention du ravin de la Fouon del Rougio
qui fait frontière entre les communes de Pelouse
UTM : 31 T 546774 4940208
et de Le Born.
UTM : 31 T 546697 4940319
La voie déferrée supporte maintenant
UTM : 31 T 546645 4940350
la chaussée d'une piste
embranchée à la départementale 1.
UTM : 31 T 546515 4940359
Les trains passaient d'un remblai
à une tranchée
protégée par des pare-neige. La forêt n'avait pas encore été plantée.
Tout n'était que lande.
Le lac de Charpal n'existait pas
"Le pourtour du lac a été aménagé pour la balade touristique
offrant ainsi aux marcheurs
une boucle de 9 kilomètres où certaines portions se font sur des ponts en bois.
distance parcourue 1,9 km
distance à parcourir 6,8 km
Cet aménagement a été réalisé par la communauté de communes de la Haute Vallée d'Olt.
Mais la popularité du lac vient du fait qu'il est le plus grand lac de pêche au brochet "no-kill" de France.
Le GR 43 entre en tranchée
comme le faisaient jadis les trains qui pénétraient sur une emprise de deux ou trois voies, transformée en parking.
UTM : 31 T 545988 4940846
Là-même, le 14 février 1927, des wagons étaient pris dans la neige près d'une grue hydraulique destinée à l'approvisonnement en eau des locomotives. La maison de gardien
Photo : archives départementales de Lozère
Y avait-il d'autres installations sur les lieux ; telle qu'une plaque tournante ? L'abondance de neige cache la réponse à cette interrogation.
La voie parvient aux confins de la commune de Le Born
et entre sur le territoire communal de Rieutort-de-Randon.
UTM : 31 T 544936 4941071
affrontaient une dernière tranchée
protégée comme les précédentes par des pare-neige en béton.
"Le site est également très dépaysant
du fait des grandes étendues boisées qui entourent le lac
et qui confèrent à l'ensemble une ambiance très canadienne."
Un faisceau de trois voies, en marge de la piste actuelle,
UTM : 31 T 544680 4941105
divers points du chantier de construction du barrage.
La voie centrale menait
à une fosse près de laquelle se trouve
Diapositive Jean-Louis Roche - 1976
toujours la mystérieuse
UTM : 31 T 544519 4941214
épave d'un tender.
Les photos d'époque semblent indiquer que les wagons s'approchaient très près du barrage en construction.
La ligne a probablement eu des terminus évolutifs en fonction de l'avancement des travaux.
Une partie des crédits inscrits aux chapitres 23 et 24 vise les divers travaux relatifs au magasinage et à la conservation des poudres et explosifs.
La majeure partie des stocks de poudres, cotons-poudres et explosifs de diverse nature restés au compte du Service des poudres au moment de la démobilisation existe encore. Elle appartient maintenant au Service de l'artillerie ; mais celui-ci ne disposant pas des installations nécessaires pour les conserver, a demandé au Service des poudres de les stocker dans ses établissements. Tous les stocks existants ne répondent pas aux conditions de recette exigées actuellement des produits neufs de même nature.
Ces stocks ne peuvent pas par conséquent être transformés immédiatement en munitions de la réserve de guerre. Néanmoins il y a lieu de les considérer comme constituant un approvisionnement "d'avance" susceptible après remaniement, d'être utilisé pour les besoins de la mobilisation.
Les stocks de poudres restant de la guerre, ont été classés en 2 groupes comprenant d'une part les poudres susceptibles d'entrer dans les approvisionnements, d'autre part,
les poudres à conserver sous l'eau suivant le système approuvé en 1919 par la commission des armements de la Chambre des Députés et par la Chambre elle même dans sa séance du 14 octobre 1919.
Les poudres du 1er groupe sont stockées en magasins et visités annuellement. Celles du 2e groupe sont provisoirement, pour une fraction, immergées dans les ballastières de certaines poudreries, pour le reste conservées en magasin, jusqu'à aménagement des lacs artificiels
Photo archives départementales de Lozère
actuellement en cours de réalisation en montagne.
A cet effet, deux lacs artificiels doivent être créés par édification de 2 barrages, l'un à Charpal sur la Colagne (Lozère) à 1300 mètres d'altitude, l'autre sur la Romanche au lieu dit le Chambon (Isère) à 1000 mètres.
Rapport du Sénat du 12 avril 1926
Le barrage, construit dans des conditions difficiles et dangereuses, est fragile. A sa mise en eau, de nombreuses fuites sont constatées. Deux brèches doivent être pratiquées qui réduisent sa capacité des deux tiers.
journal l'Humanité du 09 juillet 1924
Le projet d'enfouissement est abandonné.
La construction a pris du temps pendant lequel les munitions ont été enterrées et "oubliées".
Ainsi quand il est acquis qu'aucun obus ne sera immergé, il ne reste plus qu'à démonter la voie ferrée. Ce sera fait en 1938*.
* Selon Wikipédia qui ne cite pas sa source.
En 1942, une grande partie du domaine de Charpal glisse du ministère de la Production industrielle vers celui du ministère de l'agriculture et du ravitaillement.
Art.1er. - Le domaine dit "de Charpal" constitué par le bassin de retenu des eaux de Charpal, ainsi que l'emprise de la voie ferrée reliant le parc de stockage des poudres à la ligne de Mende à Labastide dans la partie comprise entre Charpal et la route nationale N° 88 (Mende-le Puy) au lieudit "Pierre-Plantée", avec les bâtiments construits sur cette emprise, l'ensemble d'une contenance totale de 339 hectares, 10 centiares, précédemment affecté au secrétariat d'Etat à la production industrielle (direction des industries chimiques) est affecté au ministère de l'agriculture et du ravitaillement (direction générale des eaux et forêts).
Art. 2. - Le ministre secrétaire d'Etat à l'agriculture et au ravitaillement est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de l'Etat français
Fait à Vichy, le 11 juillet 1942.
Le ministre secrétaire d'Etat à l'agriculture et au ravitaillement,
Jacques Le Roy Ladurie."
Un panneau implanté sur le site résume l'histoire du barrage.
Il comporte quelques inexactitudes dont une passe presque inaperçue mais a été reproduite sur internet :
"Il n'y avait donc plus assez d'eau pour assurer l'immersion et parallèlement l'invention de la poudre pyroxylé beaucoup plus stable a rendu ce projet caduc."
Aucune invention n'a pu venir contrarier le projet d'enfouissement de poudres qui n'étaient pas destinées à resservir.
La ville de Mende, propriétaire de l'ouvrage depuis 1946, remet le barrage en état en 1992 et lui rend sa capacité initiale. Le lac sert alors d'alimentation en eau de la ville.
"sites et monuments" 3ème trimètres 1992 page 74

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art.1

Art. 2