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France, Conseil d'État, 03 avril 2002, 234546
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Type d'affaire : AdministrativeNumérotation : Numéro d'arrêt : 234546Numéro NOR : CETATEXT000008118850 Identifiant URN:LEX : urn:lex;fr;conseil.etat;arret;2002-04-03;234546 Analyses : ETRANGERS - RECONDUITE A LA FRONTIERE.Texte : Vu la requête, enregistrée le 7 juin 2001 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentée par M. Driss X..., demeurant chez M. Mohamed X..., Mas Moulines à Mudaison (34130) ; M. X... demande au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 23 avril 2001 par lequel le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 5 avril 2001 du préfet de l'Hérault ordonnant sa reconduite à la frontière ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ainsi que la décision de refus de séjour sur laquelle il est fondé ;
Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que M. X..., de nationalité marocaine, s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après la notification, le 25 novembre 2000, de la décision du 20 novembre 2000 du préfet de l'Hérault lui refusant un titre de séjour et l'invitant à quitter le territoire ; qu'il était ainsi dans le cas prévu par les dispositions précitées de l'ordonnance du 2 novembre 1945 où le préfet peut décider la reconduite d'un étranger à la frontière ;
Considérant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. X... ou son conseil ait soutenu devant le tribunal administratif de Montpellier que la décision en date du 20 novembre 2000 du préfet de l'Hérault refusant la délivrance d'un titre de séjour à l'intéressé, aurait été prise en méconnaissance des dispositions du 3° de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée ; que, par suite, le tribunal administratif n'a pu entacher son jugement d'irrégularité en ne répondant pas à un tel moyen ; que le tribunal administratif a répondu au moyen tiré de la méconnaissance du 7° du même article ;
Considérant que la décision du 20 novembre 2000 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé d'admettre M. X... au séjour énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde ; qu'elle est, par suite, suffisamment motivée ;
Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" prévue au premier alinéa du même article est délivrée de plein droit : "(à) 3° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant (à)" ; que M. X... reconnaît lui-même résider en France depuis moins de dix ans ; que par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault ne pouvait légalement prendre à son encontre une décision de refus de titre de séjour sans méconnaître les dispositions précitées ne peut qu'être écarté ;Considérant qu'aux termes de l'article 12 bis de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée susvisée : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : (.) 7° A l'étranger, ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de refus (.)" ;
Considérant que la décision de refus de séjour est notamment fondée sur la circonstance que le refus de séjour ne porterait pas une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé au regard des dispositions de l'article 12 bis 7° de l'ordonnance du 2 novembre 1945 modifiée et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que ces seuls motifs ;
Considérant que si M. X... fait valoir qu'une partie de sa famille réside sur le sol français et qu'il y a lui-même tissé des liens personnels extrêmement importants, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, âgé de 26 ans, n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine ; qu'ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions de son séjour en France à la date de la décision contestée, la décision du préfet de l'Hérault en date du 20 novembre 2000 n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels a été décidée cette mesure ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault ne pouvait légalement prendre à son encontre la décision refusant de l'admettre au séjour sans méconnaître les dispositions du 7° de l'article 12 bis de l'ordonnance précitée ne peut qu'être écarté ;
Considérant que si M. X... soutient qu'à la date de l'arrêté attaqué il résidait depuis plus de dix ans en France, il ressort des pièces du dossier qu'il n'apporte pas d'éléments suffisamment probants à l'appui de ses allégations ; que, par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault ne pouvait légalement prendre à son encontre l'arrêté attaqué sans méconnaître les dispositions du 3° de l'article 12 bis précitées ne peut qu'être écarté ;Considérant que si M. X... fait valoir qu'il s'est marié le 14 avril 2001 avec une ressortissante de nationalité française, cette circonstance, postérieure à la date à laquelle le préfet de l'Hérault a pris une mesure de reconduite à son encontre, est sans influence sur sa légalité ; qu'ainsi, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet arrêté a été pris ; que, par suite, en prenant ledit arrêt le préfet de l'Hérault n'a pas méconnu les dispositions du 7° de l'article 12 bis ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Considérant que M. X... fait valoir qu'il n'a jamais troublé l'ordre public et qu'il dispose d'une promesse d'embauche ; que ces circonstances ne sont pas de nature à faire regarder l'arrêté attaqué comme entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur la situation personnelle de l'intéressé ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. X... n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat délégué par le président du tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 5 avril 2001 par lequel le préfet de l'Hérault a ordonné sa reconduite à la frontière ;
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. Driss X..., au préfet de l'Hérault et au ministre de l'intérieur.Références : Arrêté 2001-04-05Code de justice administrative L761-1Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales 1950-11-04 art. 8Ordonnance 45-2658 1945-11-02 art. 22, art. 12 bis, art. 12 quater, art. 15Publications :Proposition de citation: CE, 03 avril 2002, n° 234546Inédit au recueil LebonTélécharger au format RTFComposition du Tribunal :Rapporteur public : M. SebanOrigine de la décision Pays : FranceJuridiction : Conseil d'ÉtatDate de la décision : 03/04/2002Fonds documentaire : Legifrance Haut de page

References: l'article 12
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 l'article 8
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 l'article 8
 art. 8
 art. 22
 art. 12
 art. 12
 art. 15