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5A_820/2013 (16.01.2014)
5A_820/2013 � � Arr�t du 16 janvier 2014
tous les trois repr�sent�s par Me Jean-Luc Martenet, avocat,
action en annulation d'un testament,
recours contre le jugement du Tribunal cantonal du canton du Valais, Cour civile II, du 23 septembre 2013.
A.a.�F.________ est n� le 20 f�vrier 1923. Veuf depuis le 29 novembre 2003 et sans enfant, il est d�c�d� le 16 ao�t 2007 � la Clinique������ A.X.________ � St-Maurice.
�Ses trois fr�res, G.________, H.________ et I.________, ainsi que sa soeur, J.________, sont morts avant lui, soit le 5 mai 1931, 7 avril 1998, 26 janvier 2006 et 27 f�vrier 2006. Seul I.________ a eu des descendants, soit B.________ (1954), A.________ (1955), K.________ (1959) et L.________, d�c�d� en 1954.
A.b.�Le 24 mai 2004, le notaire M.________ a instrument� le testament authentique de F.________, qui comportait les clauses suivantes:
�" 1. Ce testament r�voque et remplace toute autre disposition successorale ant�rieure, en particulier le testament olographe �tabli le 7 juillet 1969.
�2. Mon �pouse �tant pr�d�c�d�e, j'institue en qualit� d'h�riti�res universelles de ma succession:
�a. pour 6/12
�mes, ma soeur J.________, domicili�e � T.________
�b. pour 3/12
�mes, ma ni�ce A.________, domicili�e � U.________
�c. pour 3/12
�mes, ma ni�ce et filleule B.________, domicili�e en France.
�3. Mes h�riti�res sus-d�sign�es sous lettre b � c devront veiller au bien-�tre de leurs parents, � savoir de mon fr�re et de son �pouse I.________ et V.________ et utiliser leur part d'h�ritage prioritairement � cet effet.
�4. Je d�signe Me M.________, notaire � St-Maurice, ou un successeur qu'il d�signera, en qualit� d'ex�cuteur testamentaire. "
A.c.�A une date ind�termin�e, mais vraisemblablement au d�but du mois de mars 2006, F.________ a demand� au notaire M.________ de passer � son domicile pour modifier son testament, suite au d�c�s de sa soeur J.________.
�Le 17 mars 2006, le notaire M.________ a instrument� le nouveau testament en son �tude, acte qui avait la teneur suivante:
�" 1. Ce testament r�voque et remplace toute autre disposition successorale ant�rieure, en particulier le testament authentique �tabli le 24.05.2004 (No xxxx).
�2. Mon �pouse, ma soeur et mon fr�re �tant pr�d�c�d�s, j'institue en qualit� d'h�ritiers universels de mon patrimoine mobilier et immobilier, apr�s r�glement des frais fun�raires, imp�ts ordinaires et successoraux, legs et autres frais de liquidation:
�a) mes voisins et amis C.________ et D.Y.________, � Z.________, pour 50% (cinquante pour cent);
�b) mon amie de longue date, Mme E.________, veuve de N.________, domicili�e � W.________, pour 25% (vingt -cinq pour cent);
�c) ma ni�ce et filleule B.________, domicili�e en France, pour 25% (vingt-cinq pour cent).
�3. Je l�gue � la Fanfare X.________, un montant en esp�ces de Fr. 20'000.- (vingt mille) pour son �cole de musique et ses besoins propres.
�4. Je l�gue � ma ni�ce A.________, fille de I.________, domicili�e � U.________ (VD) un montant en esp�ces de Fr. 20'000.- (vingt mille).
�5. Je d�signe en qualit� d'ex�cuteur testamentaire Me M.________, notaire � St-Maurice, ou un confr�re qu'il d�signera. "
A.d.�Au cours des derni�res ann�es de sa vie, F.________ a �t� hospitalis� du 26 novembre au 1
er�d�cembre 2001 pour subir une op�ration d'une tumeur maligne de la prostate, puis � nouveau du 17 au 21 novembre 2003 pour la m�me raison. Il a ensuite s�journ� � la Clinique A.X.________, � St-Maurice, du 15 juin au 16 ao�t 2007, date de son d�c�s. Dans leur rapport du 25 ao�t 2007, les m�decins ont pos� le diagnostic principal de cancer de la prostate �volu� avec attitude palliative et celui secondaire de d�mence �volu�e.
B.a.�Par �critures du 7 ao�t 2008, A.________, B.________ et K.________ ont ouvert action en annulation de ces deux testaments contre E.________, ainsi que contre C.________ et D.Y.________ devant le tribunal des districts de Martigny et de St-Maurice. En substance, ils ont fait valoir que le�
de cujus��tait incapable de discernement au moment de tester.
�Outre l'examen de pi�ces, l'instruction a consist� en l'audition de 16 t�moins, l'interrogatoire des parties et la mise en oeuvre d'une expertise judiciaire, rendue le 31 octobre 2011 par le m�decin associ� et le chef de clinique adjoint du d�partement psychiatrique du centre d'expertises de Cery (VD). Le r�sultat de l'administration de ces preuves sera discut� ci-apr�s, en tant que de besoin.
�Par d�cision du 28 mars 2012, le juge a rejet� la demande.
B.b.�Par �critures du 6 juin 2012, les demandeurs ont form� un appel aupr�s du Tribunal cantonal valaisan contre cette d�cision, concluant � sa r�forme en ce sens que les conclusions prises en premi�re instance sont admises.
�Par arr�t du 23 septembre 2013, le tribunal cantonal a rejet� cet appel.
Par �critures du 30 octobre 2013, A.________ et B.________ interjettent un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Elles concluent � sa r�forme, sans pr�ciser dans quel sens. En substance, elles se plaignent d'arbitraire dans l'�tablissement des faits, de la violation des art. 8 CC, 29 et 30 Cst. ainsi que de toute autre disposition l�gale applicable.
Bien que les recourantes ne pr�cisent pas leurs conclusions, on peut d�duire de leur motivation qu'elles requi�rent la r�forme de l'arr�t attaqu�, en ce sens que leur demande introduite le 7 ao�t 2008 soit admise. Interjet� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF), par des recourantes qui ont succomb� devant le tribunal sup�rieur du canton statuant sur recours (art. 76 al. 1 LTF et art. 75 al. 1 LTF), dans une affaire successorale (art. 72 al. 1 LTF) dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le recours en mati�re civile est en principe recevable.
2.1.�Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office sans �tre li� ni par les motifs de l'autorit� pr�c�dente, ni par les moyens des parties (art. 106 al. 1 LTF). Cependant, sous peine d'irrecevabilit�, le recourant doit exposer succinctement en quoi l'acte attaqu� viole le droit (art. 42 al. 2 LTF), c'est-�-dire discuter les motifs de la d�cision entreprise et indiquer pr�cis�ment en quoi il estime que l'autorit� pr�c�dente a m�connu le droit (ATF 133 II 249 consid. 1.4.1; 133 IV 286 consid. 1.4). En outre, le Tribunal f�d�ral ne conna�t de la violation de droits fondamentaux que si de tels griefs ont �t� invoqu�s et motiv�s par le recourant ("principe d'all�gation", art. 106 al. 2 LTF; ATF 137 II 305 consid. 3.3; 134 I 83 consid. 3.2), c'est-�-dire s'ils ont �t� express�ment soulev�s et expos�s de fa�on claire et d�taill�e (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 133 II 249 consid. 1.4.2).
2.2.�Le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si ces faits ont �t� �tablis de fa�on manifestement inexacte - ce qui correspond � la notion d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 137 I 58 consid. 4.1.2; 137 II 353 consid. 5.1) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF).
�Le Tribunal f�d�ral se montre r�serv� en mati�re de constatations de fait et d'appr�ciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconna�t en ce domaine aux autorit�s cantonales (ATF 120 Ia 31 consid. 4b; 104 Ia 381 consid. 9 et les r�f�rences). Il n'intervient que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la port�e d'un moyen de preuve, s'il a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou s'il a effectu�, sur la base des �l�ments recueillis, des d�ductions insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2; 134 V 53 consid. 4.3; 133 II 249 consid. 1.4.3; 129 I 8 consid. 2.1).
A titre liminaire, il faut pr�ciser que la proc�dure en annulation des testaments a �t� introduite en 2008 et que le premier juge a rendu et communiqu� sa d�cision aux parties apr�s le 1
er�janvier 2011. Aussi, la proc�dure de premi�re instance �tait soumise � l'ancien droit cantonal de proc�dure (art. 404 al. 1 CPC); en revanche, la proc�dure d'appel �tait r�gie par le CPC (art. 405 al. 1 CPC).
�L'art. 16 CC a �t� modifi� avec le nouveau droit de protection de l'adulte, entr� en vigueur le 1
er�janvier 2013. Jusqu'au 31 d�cembre 2012, sa teneur �tait que "[t]oute personne qui n'est pas d�pourvue de la facult� d'agir raisonnablement � cause de son jeune �ge, ou qui n'en est pas priv�e par suite de maladie mentale, de faiblesse d'esprit, d'ivresse ou d'autres causes semblables, est capable de discernement dans le sens de la pr�sente loi". Dans sa version actuelle, cet article dispose que "[t]oute personne qui n'est pas priv�e de la facult� d'agir raisonnablement en raison de son jeune �ge, de d�ficience mentale, de troubles psychiques, d'ivresse ou d'autres causes semblables est capable de discernement au sens de la pr�sente loi". Bien qu'ayant tranch� la cause en 2013, l'autorit� cantonale a jug� des questions relatives � la capacit� de discernement du�
de cujusen se r�f�rant � l'ancien art. 16 CC, sans aucune motivation sur le droit transitoire. N�anmoins, m�me � supposer que les deux versions diff�reraient quant � leur contenu mat�riel, les parties ne soul�vent aucun grief � ce sujet (art. 42 al. 2 LTF; cf.�
supra�consid. 2.1); il n'y a d�s lors pas lieu d'examiner si c'est � raison que la cour s'est fond�e sur l'ancien droit.
Sans pr�ciser sur quelle norme l�gale elles fondent leur grief, mais apparemment sur l'art. 29 al. 2 Cst., les recourantes se plaignent de " vices de proc�dure ".
4.1.�Elles soutiennent tout d'abord que les agendas et classeurs de paiements du�
de cujus�ont �t� pr�lev�s � son domicile par le notaire qui les a remis aux intim�s et qu'ils ne leur ont jamais �t� communiqu�s. Elles concluent que ces moyens de preuve " n'ont aucune valeur l�gale " et qu'ils " ne sont pas recevables ".
4.2.1.�Les nouveaux moyens de droit fond�s sur le droit constitutionnel, soumis au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF;�
supra�consid. 2.1), sont exclus en proc�dure f�d�rale en vertu du principe de la bonne foi et du principe de l'�puisement des griefs (ATF 133 III 639 consid. 2; arr�t 5A_149/2011 du 6 juillet 2011 consid. 4.2; HOHL, Proc�dure civile, tome II, 2
�me��d., 2010, n� 3046).
4.2.2.�En l'esp�ce, les recourantes ne se sont pas plaintes en instance d'appel du fait qu'elles n'auraient pas eu acc�s � certaines pi�ces, de sorte que le grief de la violation du droit d'�tre entendu prot�g� � l'art. 29 al. 2 Cst. est irrecevable.
Dans l'introduction de leur recours, les recourantes affirment qu'elles entendent se plaindre de la violation de l'art. 8 CC. N�anmoins, dans la suite de leur �criture, elles ne pr�sentent aucune motivation � cet �gard. Leurs arguments concernent tous le grief de la violation de l'art. 9 Cst., �tant rappel� que le recourant qui pr�tend que le juge a refus� � tort d'administrer une preuve r�guli�rement offerte, formul�e dans les formes et les d�lais pr�vus par la loi de proc�dure, et portant sur un fait pertinent pour l'appr�ciation juridique de la cause, doit se plaindre de la violation de l'art. 8 CC, mais que le recourant qui entend critiquer l'appr�ciation des preuves par le juge doit se plaindre de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'�tablissement des faits (arr�ts 5A_695/2012 du 20 mars 2013 consid. 4.1.1 et les r�f�rences; 5A_726/2009 du 30 avril 2010 consid. 3.1, non publi�
in�ATF 136 III 365).
�Ainsi, le grief relatif � l'art. 8 CC est infond�.
Les recourantes se plaignent d'arbitraire (art. 9 Cst.) dans l'�tablissement des faits relatifs � la capacit� de discernement du testateur.
6.1.�Pour disposer valablement par testament, il faut �tre capable de discernement (art. 467 CC), c'est-�-dire ne pas �tre priv� de la facult� d'agir raisonnablement par suite, notamment, de maladie mentale ou de faiblesse d'esprit (art. 16 aCC). Les dispositions pour cause de mort faites par une personne incapable de disposer au moment de l'acte peuvent �tre annul�es (art. 519 al. 1 ch. 1 CC).
6.1.1.�La capacit� de discernement est la r�gle en vertu de l'art. 16 aCC. En mati�re de capacit� de disposer � cause de mort, la jurisprudence en a d�duit que, s'agissant d'adultes, la capacit� de discernement doit �tre pr�sum�e, car selon l'exp�rience g�n�rale de la vie, ils ont g�n�ralement le discernement; celui qui pr�tend que le disposant �tait incapable de disposer au moment de l'acte doit donc le prouver et, parce que la nature m�me des choses rend impossible la preuve absolue de l'�tat mental d'une personne d�c�d�e, le degr� de la preuve requis est abaiss� � la vraisemblance pr�pond�rante. En revanche, lorsqu'une personne est atteinte de maladie mentale ou de faiblesse d'esprit, l'incapacit� de discernement est pr�sum�e, car cette personne doit g�n�ralement �tre consid�r�e, d'apr�s l'exp�rience g�n�rale de la vie, comme �tant selon une vraisemblance pr�pond�rante, d�pourvue, en principe, de discernement; c'est alors � celui qui se pr�vaut de la validit� du testament d'�tablir que la personne concern�e a accompli l'acte litigieux dans un moment de lucidit�; la contre-preuve que celle-ci a agi dans un intervalle lucide �tant difficile � rapporter, la jurisprudence facilite la preuve: il suffit de prouver que la personne concern�e, malgr� une incapacit� g�n�rale de discernement au vu de son �tat de sant�, �tait au moment d�terminant capable de discernement avec une vraisemblance pr�pond�rante (ATF 124 III 5 consid. 1b; arr�ts 5A_191/2012 du 12 octobre 2012 consid. 4.1.2 et les autres r�f�rences; 5A_204/2007 du 16 octobre 2007 consid. 5.2, publi�
in�RNRF 2011 (92) p. 30).
�Il ressort de la jurisprudence que toute atteinte � la sant� mentale ne permet pas de pr�sumer l'incapacit� de discernement. Il faut que cette atteinte cr�e une d�gradation durable et importante des facult�s de l'esprit (cf. les exemples cit�s�
in�arr�t 5A_191/2012 pr�cit�).
6.1.2.�Une expertise judiciaire sur l'�tat mental du�
de cujus�ordonn�e durant la proc�dure en annulation du testament constitue un �l�ment de preuve servant � d�terminer quelle pr�somption relative au discernement de celui-ci doit pr�valoir; la contre-preuve reste possible � apporter.
6.1.3.�Les constatations relatives � l'�tat de sant� mentale d'une personne, la nature et l'importance d'�ventuels troubles de l'activit� de l'esprit, le fait que la personne concern�e pouvait se rendre compte des cons�quences de ses actes et pouvait opposer sa propre volont� aux personnes cherchant � l'influencer rel�vent de l'�tablissement des faits. En revanche, la conclusion que le juge en a tir�e quant � la capacit� ou non de tester rel�ve du droit et le Tribunal f�d�ral la revoit librement (ATF 124 III 5 consid. 4; 117 II 231 consid. 2c).
6.2.1.�L'autorit� cantonale a tout d'abord examin� dans quel �tat g�n�ral se trouvait le�
de cujus�durant les p�riodes litigieuses, soit en mars 2006 et mai 2004, afin de d�terminer si celui-ci devait, ou non, �tre pr�sum� capable de discernement.
�Pour ce faire, elle s'est principalement fond�e sur l'expertise psychiatrique judiciaire de 2011, ordonn�e par le premier juge. Elle a consid�r� qu'il en ressortait que le�
de cujus�pr�sentait de multiples et importants d�ficits cognitifs depuis plusieurs ann�es mais que ceux-ci avaient eu peu d'impact sur les activit�s ordinaires de sa vie quotidienne puisque, jusqu'� sa derni�re hospitalisation en 2007, il g�rait seul ses affaires et accomplissait en principe lui-m�me toutes les t�ches courantes de son existence, conduisant m�me son v�hicule jusqu'� la fin du mois d'avril 2006. Les d�ficits cognitifs avaient vraisemblablement pour origine un processus mixte, avec une composante d�g�n�rative du type maladie d'Alzheimer et une composante vasculaire. Plus pr�cis�ment s'agissant des testaments, les troubles cognitifs dont souffrait le�
de cujus�ne paraissaient pas avoir alt�r� de mani�re significative sa capacit� de discernement concernant sa modification testamentaire et celui-ci avait �t� � m�me d'exprimer de mani�re raisonnable ses derni�res volont�s. Au moment de l'instrumentation du testament de 2004, l'�tat du testateur se situait vraisemblablement au stade 3 (affaiblissement intellectuel l�ger) et, au moment de celle du testament de 2006, � 3 ou 4 (affaiblissement intellectuel l�ger ou mod�r�; stade l�ger, initial ou pr�coce de la maladie) de l'�chelle de Reisberg, qui r�pertorie les sept stades de l'�volution de la maladie d'Alzheimer.
�L'autorit� cantonale a ensuite examin� les autres moyens de preuve administr�s. Elle s'est tout d'abord fond�e sur le courrier du 10 avril 2006 et le t�moignage du Dr O.________, sp�cialiste FMH en m�decine interne, que le�
de cujus�avait consult� � la demande de son m�decin traitant. Il en ressortait que, si le�
de cujus�b�n�ficiait d'une bonne sant� habituelle, il souffrait n�anmoins d'une maladie d�butante incompatible avec la conduite automobile de v�hicules de la cat�gorie 3, mais compatible avec celle de v�hicules limit�s � 45 km/h, et que le m�decin avait re�u le�
de cujusen consultation le 5 avril 2006, soit quelques jours seulement apr�s la signature du second testament litigieux, durant laquelle il avait remarqu� que l'int�ress� �tait bien orient�, avait un bon raisonnement et savait exactement ce qu'il voulait. L'autorit� cantonale s'est ensuite fond�e sur le t�moignage du Dr P.________, sp�cialiste FMH en m�decine interne et m�decin traitant du�
de cujus.�Il en ressortait que ce m�decin avait proc�d� � une anamn�se compl�te du�
de cujus�le 12 mai 2006 et constat� que celui-ci pr�sentait un bon �tat de sant� physique, compte tenu notamment de son �ge, que son aptitude � raisonner �tait correcte, qu'il avait revu son patient quelques jours plus tard et qualifi� ses capacit�s de raisonnement de tout � fait ad�quates, et que l'�tat de sant� de son patient s'�tait d�grad� � partir de l'automne 2006, notamment en raison de son cancer de la prostate et pas seulement en raison de ses troubles de m�moire; selon lui, en mai, juin et juillet 2006 le�
de cujus�poss�dait une capacit� de raisonnement tout � fait normale. L'autorit� cantonale s'est aussi fond�e sur les t�moignages de Q.________, qui avait effectu� des travaux de peinture dans la villa du�
de cujus�vers 2005/2006, de R.________, qui avait travaill� comme femme de m�nage chez le�
de cujus�depuis qu'il �tait veuf, et de S.________, menuisier � la retraite et voisin du�
de cujus,�qui s'�tait occup� de l'entretien des am�nagements ext�rieurs de la villa du�
de cujus�pendant pr�s de dix ans jusqu'au d�c�s de celui-ci. Tous avaient confirm� qu'en mars 2006 (�
a fortiori�mai 2004) le�
de cujus�savait ce qu'il voulait, �tait bien orient�, leur avait command� des travaux et les avait r�gl�s en esp�ces apr�s avoir calcul� de mani�re correcte et pr�cise ce qu'il leur devait. L'autorit� cantonale s'est �galement fond�e sur l'agenda 2006 tenu par le�
de cujuset sur les commentaires des experts au sujet de cette pi�ce. Elle en a retenu que la pens�e exprim�e par le�
de cujus��tait coh�rente du point de vue des associations et des liens logiques. Enfin, l'autorit� cantonale a tenu compte des d�clarations du notaire qui avait instrumentalis� les deux testaments, qui a affirm� que la volont� du�
de cujus��tait tr�s claire et que celui-ci avait d�cid� de modifier son testament de 2004 en pleine connaissance de cause. L'autorit� cantonale a pr�cis� que, contrairement � ce que soutenaient les recourantes, le notaire n'avait pas agi avec pr�cipitation pour pr�parer le nouveau testament, puisque pr�s d'un mois s'�tait �coul� entre le moment o� le testateur avait pris contact avec lui et la signature du document.
�Compte tenu de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a consid�r� qu'en mars 2006 et mai 2004, la facult� du�
de cujus�d'agir raisonnablement n'�tait alt�r�e par aucune cause durable et caract�ris�e, qui aurait eu sur le comportement de l'int�ress� des cons�quences �videntes, qualitativement et profond�ment d�concertantes pour un profane averti. Elle a alors jug� que le�
de cujus�devait �tre pr�sum� capable de discernement.
�L'autorit� cantonale a ensuite examin� si les recourantes avaient renvers� la pr�somption pr�cit�e, en �tablissant avec un haut de degr� de vraisemblance que le�
de cujus��tait incapable de discernement lors de la signature des testaments litigieux, du 24 mai 2004 et 17 mars 2006.
�Pour ce faire, s'agissant du premier testament (2004), elle s'est fond�e sur le propre comportement des recourantes lors de la f�te de No�l 2003, lorsque B.________ avait dactylographi� un projet de testament pr�par� par le�
de cujus.�Elle en a d�duit que les recourantes reconnaissaient elles-m�mes que le�
de cujus��tait encore capable de tester le 24 mai 2004. Elle s'est fond�e �galement sur le test�
Mini-Mental-Status�auquel le m�decin traitant avait soumis le�
de cujus�le 20 f�vrier 2004, dont le r�sultat �tait de 28 points sur 30 et durant lequel le�
de cujus�avait �t� en mesure de reproduire de mani�re pr�cise un dessin de deux pentagones formant une intersection. Elle s'est enfin fond�e sur les d�clarations du notaire et des deux t�moins qui ont confirm� la capacit� de disposer du testateur. Sur la base de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a consid�r� que rien ne permettait de retenir qu'en date du 24 mai 2004, le�
de cujus�n'avait pas une capacit� de discernement suffisante pour tester.
�S'agissant du second testament (2006), l'autorit� cantonale s'est fond�e sur l'expertise judiciaire, d'o� il ressortait qu'en mars 2006, le�
de cujus��tait � m�me d'exprimer de mani�re raisonnable ses derni�res volont�s et que les troubles cognitifs dont il souffrait n'avaient pas alt�r� de mani�re significative sa capacit� de discernement concernant sa modification testamentaire. Elle s'est �galement fond�e sur le t�moignage du notaire selon lequel, tant lors de la rencontre du 2 mars 2006 pour discuter des nouvelles dispositions testamentaires que lors de l'instrumentation de l'acte le 17 mars 2006, la volont� du�
de cujus��tait tr�s claire, que ce dernier avait chang� son testament en toute connaissance de cause et qu'il n'avait subi aucune influence ext�rieure. Elle s'est �galement fond�e sur les t�moignages (Q.________/S.________/R.________) desquels ils ressortaient que, durant la p�riode consid�r�e, le�
de cujus�se rendait compte de la port�e de ses actes et �tait capable de r�sister � d'�ventuelles influences ext�rieures. Elle s'est aussi r�f�r�e aux constatations m�dicales des Dr O.________, que le�
de cujus�avait consult� le 5 avril 2006, et P.________, que le�
de cujus�avait consult� les 12 et 24 mai 2006, d'o� il ressortait que l'int�ress� �tait bien orient�, raisonnait correctement et de fa�on logique, et savait ce qu'il voulait. Elle s'est ensuite � nouveau fond�e sur le t�moignage du notaire, qui avait affirm� qu'il n'avait jamais �t� en contact avec les �poux Y.________ en rapport avec le testament en question, pour retenir que les recourantes avaient �chou� � d�montrer que les �poux pr�cit�s avaient profit� de l'�tat de d�tresse de leur voisin. Elle a encore ajout� qu'il n'�tait pas non plus �tabli que les chocs �motionnels qu'aurait subis le�
de cujus�suite au d�c�s de son fr�re et de sa soeur auraient supprim� sa capacit� de discernement; au contraire, la r�action de l'int�ress� suite au d�c�s de son �pouse en 2003 - l'am�lioration de son �tat de sant� lui avait permis de quitter l'h�pital apr�s quelques heures seulement - permettait au contraire de retenir qu'il �tait capable de se remettre de ce type d'�motions. Enfin, l'autorit� cantonale s'est fond�e sur le contenu du testament, qu'elle a consid�r� comme nullement surprenant, au vu du pr�d�c�s des fr�res et soeurs du�
de cujus, des relations que celui-ci entretenait avec les h�ritiers institu�s et des diff�rentes dispositions qu'il avait prises envers ses neveux et ni�ces. Sur la base de ces �l�ments, l'autorit� cantonale a consid�r� que les recourantes n'avaient pas rendu hautement vraisemblable l'incapacit� du�
de cujus�lors de la r�daction du testament du 17 mars 2006.
6.2.2.�Pour critiquer cette motivation cantonale, les recourantes recopient certains passages des pi�ces et t�moignages que l'autorit� cantonale aurait selon elles omis de prendre en compte et concluent que celle-ci ne fait que choisir les �l�ments qui vont dans le sens du premier jugement. Elles semblent vouloir dire qu'en qualifiant de "courrier" le document �crit du 12 novembre 2007 adress� par le m�decin traitant du�
de cujus�� leur mandataire, l'autorit� cantonale n'a pas trait� cette pi�ce comme un moyen de preuve. Elles soutiennent que l'autorit� cantonale n'a pas tenu compte des notes personnelles du m�decin traitant. Elles soutiennent aussi que le notaire est un t�moin partial. Pour autant qu'on parvienne � comprendre leur grief, elles affirment enfin que l'expert n'a pas pris en compte le dossier m�dical complet de l'"H�pital de B.X.________" du�
de cujus, qui ne lui a pas �t� transmis, de sorte que son rapport est incomplet et que cette expertise a, dans tous les cas, une valeur probante restreinte �tant donn� qu'elle a �t� r�alis�e quatre ans apr�s le d�c�s du�
6.2.3.�En l'esp�ce, l'argumentation que les recourantes pr�sentent � l'appui de leurs deux premi�res critiques est purement appellatoire: s'agissant de celle relative aux �l�ments de preuve que l'autorit� cantonale aurait omis de prendre en consid�ration, elles ne font qu'opposer leur propre appr�ciation � celle de l'autorit� cantonale, de plus en insistant en grande partie sur de simples nuances apport�es par les t�moins dans leurs propos ou en pr�sentant des t�moignages d�nu�s de force probante quant � l'�tat de sant� mentale du�
de cujus. En outre, lorsqu'elles affirment que l'autorit� cantonale a ignor� les notes personnelles du m�decin traitant dont il ressortait qu'il aurait prescrit des m�dicaments au�
de cujus, elles n'exposent pas, en se r�f�rant pr�cis�ment aux pi�ces du dossier, avoir offert ce moyen r�guli�rement et en temps utile dans la proc�dure cantonale, de sorte que ce moyen doit �tre consid�r� comme nouveau et donc irrecevable (art. 99 LTF); au demeurant, elles donnent leur propre explication sur la port�e de cette pi�ce, sans que cette explication soit appuy�e par les d�clarations du m�decin traitant lui-m�me, de sorte que, faute pour elles de poss�der des connaissances professionnelles � cet �gard, leur avis est d�nu� de pertinence. Par ailleurs, l'autorit� cantonale a administr� le moyen de preuve consistant en la production du courrier du 12 novembre 2007 du m�decin traitant; on ne saisit donc pas la port�e de la critique des recourantes quant � la qualification de ce document par les juges. S'agissant de la partialit� du notaire, on peine � comprendre en quoi une quelconque partialit� ressortirait des passages que les recourantes rel�vent.
�S'agissant du dossier m�dical du�
de cujus�qui n'aurait pas �t� transmis � l'expert, � supposer que les recourantes ne se trompent pas dans la d�nomination de l'�tablissement hospitalier, ce grief est nouveau et est donc irrecevable (cf.�
supra�consid. 4.2.1); � supposer qu'elles entendent en r�alit� se r�f�rer au dossier m�dical de la Clinique������A.X.________, leur grief demeure irrecevable, au motif que les recourantes ne s'attaquent pas, dans les formes exig�es par le principe d'all�gation (cf.�
supra�consid. 2.1), � l'argumentation de l'autorit� cantonale sur ce point, selon laquelle l'expert a eu en mains tous les �l�ments de ce dossier relatifs � la capacit� de disposer du�
de cujuset, dans tous les cas, aucune des parties n'a sollicit� un compl�ment ou une r�vision de l'expertise, ni ne s'est plainte d'une irr�gularit� en lien avec la mise en oeuvre de ce moyen de preuve.
�S'agissant de la valeur probante de l'expertise qui serait att�nu�e parce que r�alis�e quatre ans apr�s le d�c�s du�
de cujus, on ne per�oit pas la pertinence de cet argument: peu importe le nombre d'ann�es �coul�es depuis la mort du testateur; ce qui caract�rise l'expertise, c'est sa qualit� d'expertise�
post mortem, effectu�e par un m�decin qui n'avait pas examin� lui-m�me le�
de cujus�du vivant de celui-ci, mais s'est fond� sur des rapports m�dicaux. Or, l'autorit� cantonale a parfaitement tenu compte de cette qualit�, non seulement en examinant les autres �l�ments probatoires � sa disposition, mais aussi en admettant que la contre-preuve de la capacit� de discernement du�
de cujus�pouvait encore �tre tent�e (cf.�
�Au vu de ce qui pr�c�de, le grief d'arbitraire dans l'�tablissement des faits relatifs � la capacit� de discernement doit �tre rejet�, dans la tr�s faible mesure de sa recevabilit�.
�Il en r�sulte que c'est � juste titre que l'autorit� cantonale a retenu, sur la base de ces faits, que le�
de cujus�devait �tre pr�sum� capable de discernement et que, faute pour les recourantes d'�tre parvenues � apporter la contre-preuve avec un haut degr� de vraisemblance, elle a rejet� leurs conclusions en annulation des testaments.
Les recourantes soul�vent le grief d'arbitraire contre le montant des frais et d�pens mis � leur charge.
7.1.1.�Pour toute argumentation, les recourantes affirment que les frais et d�pens de la d�cision attaqu�e sont excessifs "par rapport au dossier (un �change de lettre) " et ne correspondent pas "aux tarifs appliqu�s habituellement".
7.1.2.�L'autorit� cantonale a consid�r� qu'il n'y avait pas lieu de modifier le montant des frais et d�pens de premi�re instance (art. 318 al. 3 CPC�
a contrario�) et que, pour les motifs expos�s par le premier juge, les frais de premi�re instance �taient donc fix�s � 16'250 fr. (art. 13 et 16 al. 1 de la loi du 11 f�vrier 2009 fixant le tarif des frais et d�pens devant les autorit�s judiciaires ou administratives [LTar; RSVS 173.8]; �moluments de justice: 8'624 fr.; frais d'expertise: 6'200 fr.; indemnit�s aux t�moins: 1'195 fr.; indemnit� d'huissier: 100 fr.; frais de photocopies par des tiers: 131 fr.) et l'indemnit� de d�pens � 14'500 fr. L'autorit� cantonale a ensuite jug� que, pour la proc�dure d'appel, l'�molument �tait calcul� par r�f�rence au bar�me applicable en premi�re instance, pr�voyant en l'occurrence une fourchette de 4'500 fr. � 15'000 fr., compte tenu d'un coefficient de r�duction de 60% (art. 19 LTar) et que la cause �tait d'un degr� de difficult� ordinaire, de sorte que, compte tenu des principes de la couverture des frais et de l'�quivalence des prestations, les frais de justice devaient �tre arr�t�s � 3'000 fr. Quant aux d�pens, la cour a jug� que ceux-ci �taient �galement calcul�s par r�f�rence au bar�me applicable en premi�re instance, compte tenu d'un coefficient de r�duction de 60% (art. 35 al. 1 let. a LTar), qu'ils variaient entre 4'440 fr. et 6'160 fr. (40% de 11'100 fr. et de 15'400 fr.; art. 34 al. 1 et 2 LTar), que l'activit� du conseil des intim�s avait, pour l'essentiel, consist� � prendre connaissance de la d�claration d'appel et � r�diger une r�ponse, de sorte que, eu �gard au degr� ordinaire de difficult� de la cause, les d�pens devaient �tre arr�t�s � 5'300 fr. d�bours compris.
7.2.1.�Le tarif des frais, qui comprennent les frais judiciaires et les d�pens (art. 95 CPC), rel�ve du droit cantonal (art. 96 CPC), soit en l'occurrence de la LTar.
�La violation du droit cantonal en tant que telle ne peut �tre invoqu�e devant le Tribunal f�d�ral, mais il est en revanche possible de faire valoir qu'une mauvaise application du droit cantonal constitue une violation du droit f�d�ral, en particulier qu'elle est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 138 I 143 consid. 2; 136 I 241 consid. 2.4).
�Une d�cision est arbitraire lorsqu'elle viole gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou contredit d'une mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�. Le Tribunal f�d�ral ne s'�carte de la solution retenue par l'autorit� cantonale de derni�re instance que si sa d�cision appara�t insoutenable, en contradiction manifeste avec la situation effective, adopt�e sans motifs objectifs ou en violation d'un droit certain. En outre, il ne suffit pas que les motifs de la d�cision soient insoutenables; il faut encore que celle-ci soit arbitraire dans son r�sultat. Il ne suffit d'ailleurs pas non plus qu'une solution diff�rente de celle retenue par l'autorit� cantonale puisse �tre tenue pour �galement concevable ou apparaisse m�me pr�f�rable (ATF 138 I 305 consid. 4.3; 137 I 1 consid. 2.4; 136 III 552 consid. 4.2).
7.2.2.�En l'esp�ce, par leur motivation qui ne satisfait manifestement pas au principe d'all�gation (cf.�
supra�consid. 2.1), les recourantes ne d�montrent aucune violation de l'art. 9 Cst. dans l'application du droit cantonal. En particulier, leur argument selon lequel la cause n'aurait entra�n� qu'un "�change de lettre" est incompr�hensible. Leur grief est donc irrecevable.
En conclusion, le recours est rejet�, dans la tr�s faible mesure de sa recevabilit�. Les frais judiciaires, arr�t�s � 5'000 fr., sont mis solidairement � la charge des recourantes, qui succombent (art. 66 al. 1 LTF). Les intim�s, qui n'ont pas �t� invit�s � r�pondre, n'ont droit � aucun d�pens.

References: art. 8
 art. 75
 art. 95
 art. 106
 ATF 
 art. 16
 art. 34