Source: http://docplayer.fr/16608908-Comment-optimiser-fiscalement-votre-cession.html
Timestamp: 2018-11-19 16:53:13+00:00

Document:
COMMENT OPTIMISER FISCALEMENT VOTRE CESSION? - PDF
Download "COMMENT OPTIMISER FISCALEMENT VOTRE CESSION?"
1 COMMENT OPTIMISER FISCALEMENT VOTRE CESSION? La fiscalité de la cession varie fortement selon qu il s agisse d une entreprise individuelle ou d une société, qu elle s effectue à titre onéreux ou à titre gratuit. Des dispositifs d exonération ont été mis en place par le législateur pour alléger le coût de la transmission et notamment celui de la transmission familiale. Ces dispositifs s appuient notamment sur le deux leviers fiscaux que sont les droits d enregistrement et l imposition des plus values. 1- L exonération de droits de succession et de donation Pour réduire les coûts de la transmission (droits de succession ou de donation) d entreprises individuelles et de parts sociales ou d actions à titre gratuit, les dirigeants d entreprise (cédants) peuvent anticiper et mettre en œuvre le dispositif «Pacte Dutreil» (institué en 2003 par la loi pour l initiative économique). Ce dispositif permet, sous certaines conditions, d alléger la charge des droits de mutation ou de succession (sans limitation de montant) dus lors de la transmission en bénéficiant d un abattement de 75 % applicable sur la valeur transmise. Lorsque la transmission à titre gratuit porte sur des parts ou actions de société, ce mécanisme d exonération est associé à la prise d un engagement collectif (impliquant au moins deux associés dont le donateur, tous deux disposant d au moins 34 % des parts sur une société non cotée) de conservation des titres, dit engagement collectif de conservation ou Pacte Dutreil, pendant au moins 2 ans à compter de l enregistrement de l acte constituant cet engagement. Chaque héritier ou donataire doit également s engager individuellement sur une conservation des titres transmis pendant 4 ans à compter de l expiration de l engagement collectif de 2 ans au minimum. Par ailleurs, un des donataires ayant pris l engagement individuel de conservation des titres - ou un des associés ayant signé l engagement collectif doit exercer son activité principale ou une fonction de dirigeant dans la société pendant la durée de l engagement collectif et les 3 années suivant la transmission. S il s agit d une entreprise individuelle, et pour que l exonération s applique, il faut que le donateur détienne l entreprise depuis au moins 2 ans, s il l avait acquise. Aucune durée minimale de détention n est exigée, s il avait créé son entreprise ou s il l avait reçue par donation ou succession. Pour les donataires, ce sont les mêmes dispositions que pour une société. Selon les articles 787 B du CGI pour les sociétés et 787 C pour les entreprises individuelles, le bénéfice de cette exonération partielle est réservée exclusivement aux entreprises exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Ces dispositions, initialement réservées aux successions, ont été étendues aux donations en pleine propriété et, sous certaines conditions, aux donations avec réserve d usufruit. A noter que :
2 Le paiement des droits de donation et de succession dus à l occasion de la transmission d une entreprise individuelle ou en société peut, sous certaines conditions, être différé cinq ans et fractionné sur une période de 10 ans (CGI, annexe III, art. 397 A et 404GA à 404GD) La loi LME a mis en place une exonération partielle des droits de mutation en faveur de certaines cessions d entreprises aux salariés ou à des proches. Ce régime consiste en l application d un abattement de sur la valeur du fonds ou de la clientèle ou sur la fraction de la valeur des titres représentative du fonds et de la clientèle (CGI, art. 732 ter) A noter que : Depuis la réforme fiscale du patrimoine en 2011, deux mesures sont venues assouplir le Pacte Dutreil. Désormais, il est possible de : - faire entrer de nouveaux associés dans un Pacte déjà existant, sous condition de reconduire le Pacte pour une durée minimale de 2 ans ; - céder (sous certaines réserves) des titres pendant la période d engagement collectif sans remise en cause de l exonération partielle des droits. Parole de cédant : L'approche de la retraite professionnelle et la volonté de pérenniser l'entreprise familiale nous ont poussés à réunir en amont les conseils de l'entreprise afin de définir les techniques à privilégier en vue d atteindre nos objectifs de transmission familiale. Ces objectifs étaient de consolider notre patrimoine en cédant pour partie l'entreprise à un enfant repreneur tout en réalisant parallèlement une donation égalitaire entre l'ensemble de nos enfants. Le montage réalisé, mêlant les techniques de LBO et de donation s'est appuyé sur les dispositifs fiscaux d'engagement de conservation pour alléger la facture fiscale. Les stratégies mises en œuvre par nos conseils nous ont donc permis de consolider notre patrimoine, de le transmettre à moindre coût fiscal et cela en toute sécurité. M. Joseph CHARDRON Cédant d une entreprise de travaux publics 2- L exonération des plus-values de cession Ces dernières années ont vu l apparition de nombreux régimes d exonération totale ou partielle ou encore de report d imposition de la plus value dégagée lors de la transmission d entreprise. C est ainsi qu il existe différents dispositifs d exonération d impôt sur la plus-value pour les entreprises d une valeur inférieure à euros ou réalisant un CA inférieur à euros (ou euros selon la nature de l activité), notamment lorsque cette vente s accompagne du départ à la retraite du cédant. Exonération en fonction du chiffre d affaires (C.A.) (régime d exonération dit des petites entreprises) Sous certaines conditions, les cédants (à titre onéreux ou gratuit) de petites entreprises (activités commerciales, agricoles, prestations de services) soumises à l impôt sur le revenu (entreprises individuelles, sociétés de personne) peuvent être exonérés totalement ou partiellement de l imposition sur les plus values (CGI, art. 151 septies et 151 nonies I) : Exonération totale si la valeur de cession ou le C.A. n excède pas pour les activités commerciales ou agricoles et pour les prestations de services Exonération partielle si la valeur de cession ou le C.A. est compris entre et pour les activités commerciales ou agricoles et compris entre et pour les prestations de services
3 Exonération en fonction de la valeur de cession Sous certaines conditions (CGI, art. 238 quindecies), la plus-value réalisée lors de la transmission à titre gratuit ou à titre onéreux d une entreprise individuelle d une branche complète d activité ou de parts de sociétés de personnes est exonérée : totalement d impôt si la valeur des éléments cédés servant de base aux droits d enregistrement n excède pas partiellement d impôt si la valeur est comprise entre et Exonération des plus-values de cession de titres (parts sociales ou actions) de sociétés soumises à l IS Les plus-values de cession de certains titres de sociétés soumises à l impôt sur les sociétés (IS) devaient, à partir du 1 er janvier 2012, bénéficier pour la première fois d un abattement fiscal d un tiers de leur montant par année de détention au-delà de la 5 e année (exonération totale au bout de 8 ans) (CGI, art. 150-OD bis et ter). Mais, dans le cadre de la loi de finances 2012 (article 80 de la loi de finances du 28 décembre 2011), il a été substitué à ces dispositions un dispositif de report d imposition se transformant en exonération définitive dans certains cas. Cet avantage fiscal sera toutefois d application beaucoup plus restrictive que celui en vigueur car soumis à certaines conditions avant la cession (détention d au moins 8 ans, à hauteur de 10 % des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux, exercice par la société d un activité éligible à l ancien dispositif ) et à des conditions postérieures à celle-ci (réinvestissement dans un délai de 36 mois de 80 % au moins du montant de la plus-value net des prélèvements sociaux, dans la souscription en numéraire au capital initial d une société par exemple). Le report d imposition sera remis en cause si le contribuable venait à céder les titres dans les 5 ans suivant leur souscription. Sachant que la plus-value de cession sera définitivement exonérée à l issue de ce délai. Cas particulier du départ à la retraite du dirigeant Le régime d exonération des plus-values de cession des mêmes titres en cas de départ à la retraite du dirigeant n est pas concerné par ces modifications. C est ainsi qu un dirigeant de PME (moins de 250 salariés et 50 millions d euros de chiffre d affaires) qui vend sa société à l occasion de son départ à la retraite pourra bénéficier, sous certaines conditions, de l abattement par année de détention. Il devra avoir été dirigeant de l entreprise et avoir détenu au moins 25 % des droits de vote pendant au moins les 5 années précédant la cession. Cela concerne des titres acquis ou souscrits avant le 1 er janvier Pour plus d informations : Donation d entreprise à un salarié ou un apprenti La donation d entreprise à un salarié ou un apprenti (CGI, art. 790 A) de fonds artisanaux, de fonds de commerce, de fonds agricoles, de clientèles d entreprise individuelle et selon certaines modalités, de parts et actions dont la valeur est inférieure à , bénéficie d un abattement d un montant de Taux d imposition de plus values à long terme Les plus-values à long terme sont celles qui sont constatées à l occasion de cessions d éléments d actifs acquis depuis plus de 2 ans et plus. En-dehors des exonérations (notamment lors du départ à la retraite du dirigeant), le taux d imposition des plus-values à long terme, à compter du 1 er octobre 2011 est, en fonction des titulaires et sous réserves de conditions particulières, le suivant :
4 - Personnes physiques qui, dans le cadre de la gestion d un patrimoine privé réalisent des cessions à titre onéreux de valeurs mobilières ou de droits sociaux : Taux d imposition : 32,5 % (19 % + 13,5 % des prélèvements sociaux) dès le 1 er euro de cession - Entreprises soumises à l impôt sur le revenu (IR) Taux d imposition : 29,5 % (16 % + 13,5 % de prélèvements sociaux) - Entreprises soumises à l impôt sur les sociétés (IS) En principe, les plus-values réalisées sont imposées à un taux réduit d IS. Ce taux réduit est fixé à 15 % pour les sociétés qui réalisent un chiffre d affaires inférieur à 7,630 millions d euros et détenues pour 75 % par des personnes physiques ou par une société elle-même détenue à 75 % par des personnes physiques. Toutes les plus-values résultant de cessions ne relevant pas du taux réduit sont ajoutées aux bénéfices de la société et imposées dans les conditions normales (33,33 %) 4- Loi de finances rectificative pour 2011 / Réforme de la fiscalité du patrimoine La loi de finances rectificative pour 2011 (Loi n du 29 juillet 2011 / J.O. du 30/07/11), portant sur la réforme de la fiscalité du patrimoine, à été validée par le Conseil constitutionnel du 28 juillet Cette nouvelle loi simplifie le régime fiscal des Pactes Dutreil (cf. paragraphe 1), mais durcit la fiscalité de la transmission (article 6 de la première loi de finances rectificative pour 2011). C est ainsi, qu outre le relèvement du taux d imposition des deux dernières tranches les plus élevées du barème des droits de succession à titre gratuit et en ligne directe (faisant passer ces taux de 35 % et 40 % à des taux de 40 % pour des donations comprises entre et et de 45 % pour des donations supérieures à ), la loi supprime les réductions de droits de donation liées à l âge du donateur. Toutefois, ces réductions demeurent applicables pour les donations de parts ou d actions de sociétés ou d une entreprise individuelle, si un pacte de conservation des titres ou de l entreprise a été signé. De plus, la loi porte le délai de rappel fiscal des donations de 6 à10 ans, ce délai étant celui qu il convient d attendre pour bénéficier de nouveau à plein, notamment, des abattements fiscaux. Un dispositif de lissage transitoire est mis en place pour permettre une entrée en vigueur progressive de cette disposition
5 Quelques données clés Les droits de mutation (ou d enregistrement) pour l acquisition d un fonds de commerce, fonds artisanal ou fonds de clientèle libérale sont de : 3% du prix d acquisition (si la valeur du fonds < euros) avec abattement de euros sur le montant d achat. 5% si la valeur du fonds > euros Les droits de mutation (ou d enregistrement) dûs par l acquéreur (à titre onéreux) de titres ou actions de sociétés non cotées (SA, SAS) ont fait l objet d aménagements dans le cadre de la loi de finances Cette loi de finances pour 2012 remplace notamment le versement de 3 % sur les cessions d actions par le barème progressif par tranches suivant : 3 % pour la fraction d assiette inférieure à , 0,5 % pour la fraction comprise en et 500 Millions, 0,25 % pour la fraction excédant 500 Millions. En outre, le plafonnement à est supprimé. A noter que le Gouvernement pourrait rétablir le droit d enregistrement de 3 % plafonné à qui s appliquait avant le 01/01/2012 A suivre. Les cessions de parts sociales (SNC, SARL, EURL) sont, quant à elles, soumises au droit d enregistrement de 3 % après un abattement de (cet abattement étant proratisé en proportion de la part de capital transmise). Abattement 2011 de l ISF : la tranche de l ISF pour les contribuables ayant entre et de patrimoine est supprimée. Seuil 2011 de l ISF : de patrimoine Seuil 2012 de l ISF : de patrimoine Parole d expert : Face à la complexité et à la constante évolution de la fiscalité applicable à la cession/transmission, le chef d entreprise doit nécessairement s entourer d experts de la transmission du patrimoine professionnel. Un audit patrimonial, juridique et fiscal, mènera le plus souvent à la restructuration préalable du patrimoine du chef d entreprise et de l entreprise elle-même afin d optimiser la fiscalité de l opération. L anticipation reste nécessairement la clé d une cession ou d une transmission familiale réussie. 5- L impôt de Solidarité sur la Fortune (l ISF) : Maître Guillaume PAINSAR Notaire Une fois vendue, l entreprise n est plus considérée comme outil de travail et le patrimoine dégagé sera donc redevable de l ISF. La plus value dégagée par la cession viendra s ajouter à votre patrimoine personnel. Désormais, la loi de finances rectificative du 29 juillet 2011 fixe le seuil d imposition de l impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dû au titre de l année 2011, mais s appliquant aussi au titre de 2012, à (et non plus ). A compter de 2012, un taux d imposition unique s appliquera au patrimoine taxable dès le 1 er euro, ce taux étant de : 0,25 % entre 1,3 et 3 millions d euros de patrimoine net taxable, à déclarer en même temps que les revenus, l ISF étant mis en recouvrement ultérieurement 0,5 % au-delà de 3 millions d euros de patrimoine à mentionner sur une déclaration ISF, déclaration devant s accompagner du paiement de l impôt
6 Toutefois, afin d atténuer les effets de ces seuils, un dispositif de décote sera introduit pour les patrimoines compris entre 1,3 millions et 1,4 millions d euros et pour ceux compris entre 3 millions et 3,2 millions d euros. Réfléchissez alors avec des conseils spécialisés aux différentes possibilités qui s offrent à vous pour réduire cet impôt, comme par exemple : réinvestir dans une autre activité professionnelle transmettre totalement ou partiellement ce patrimoine en pleine propriété ou en usufruit exploiter des avantages fiscaux pour limiter l impôt payé.* * A compter du 1 er janvier 2012, les contribuables qui investissent au capital de petites entreprises (moins de 50 salariés, voir critères retenus) en phase de démarrage ou d expansion peuvent bénéficier d un dispositif spécifique : la réduction d impôt est égale à 18 % des versements effectués (jusqu au 31 décembre 2012), pris dans la limite annuelle de (personne seule) ou (couple marié ou pacsé) D autres solutions Les éléments de réponses présentés ne sont pas représentatifs de l ensemble des montages. Des solutions existent (démembrement des droits sociaux, apport à une holding, location-gérance ) mais leur mise en œuvre implique une préparation plus fine en amont. Ne pas oublier par ailleurs que les droits de mutation (ou d enregistrement) incombant au repreneur sont calculés à partir du prix de vente. Leur taux est fonction de la forme juridique de l entreprise. Cette fiscalité venant s ajouter au prix de vente, est un argument pour le repreneur pour réviser à la baisse ce prix ; une planification préalable permet dans certains cas, d atténuer ces taxes, en passant d une SARL à une SA ou SAS. Parole d expert : Aujourd hui transmettre son entreprise devient, dans les méandres de la législation fiscale, un véritable cassetête chinois. En effet au cours de ces dernières années, le législateur a multiplié les régimes de faveur permettant d alléger le coût fiscal de la transmission ; ces régimes obéissent à des conditions spécifiques. L avocat est là pour accompagner afin d optimiser cette législation complexe et ardue en toute sécurité juridique et fiscale. Chaque chef d entreprise doit prévoir et anticiper son projet de transmission, afin que le gain net retiré de la cession, fruit de son travail, soit le plus élevé possible. Maître Evelyne BRULÉ Cabinet d avocat, Avocate en droits des sociétés, membre de l Ordre des avocats de Morlaix Le conseil de Reprendre en Bretagne «Quelques années avant la date de cession envisagée, faites faire votre bilan patrimonial. La fiscalité ne doit pas, à elle seule, conditionner la cession. La meilleure vente ne s effectue pas en retenant la solution permettant de se soustraire au maximum d impôts. La fiscalité dépend toujours d un contexte, seuls des spécialistes (notaires, avocats ) sauront vous conseiller un montage optimisé.»

References: art. 397
 art. 732
 art. 151
 art. 238
 art. 150
 art. 790