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Timestamp: 2017-06-29 03:39:09+00:00

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2.1. L’Eclairage de l’Ecriture
Saint Paul, saint Matthieu, saint Jean
Saint Paul[1]
« 4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi, 5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale. 6 Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4,4-6)
Galates 4,4-6 fait partie de ces passages du Nouveau Testament rédigés selon un "schéma d’envoi" : on y parle de Dieu (le Père) qui "envoie" (Gal 4,4, Rm 8, 3-4, 1 Jn 4,9), ou qui "donne" (Jn 3, 16) son propre Fils au monde. Le Fils "envoyé" par Dieu est préexistant comme "Fils" du Père. Avec l’Incarnation, le divin-préexistant passe à une autre forme d’existence, selon la chair. Autrement dit, Jésus de Nazareth n’est pas seulement un homme particulièrement aimé par Dieu, ou un fils préféré. Il est Dieu au sens véritable. Le Père l’a ainsi confirmé, quand il l’a ressuscité des morts par la puissance de l’Esprit Saint (Rm 1,1-4).
L’effet de sa venue parmi nous est que nous devenons aussi fils de Dieu, en vertu de l’Esprit Saint, qui est l’Esprit de Jésus[2]. Devenu, donc "fils dans le Fils", nous pouvons invoquer Dieu avec le nom ineffable de "Père" (Ga 4, 6).
Saint Matthieu [3]
Dans l’annonce à Joseph (Mt 1,18-25), trois phrases dénotent le caractère divin de l’enfant conçu par Marie.
L’expression "son peuple" est très forte. Personne ne dit « mon peuple », pas même le roi ou l’empereur. Le peuple appartient à Dieu. L’expression « son peuple » se rapporte uniquement à Dieu qui avait choisi Israël comme son peuple[4] et qui maintenant, par l’œuvre du Christ, s’est acquis un nouveau peuple, formé aussi des Gentils (= les non-Juifs) (Ac 15,14; Hé 4,9; 10,30; 1 Pt 2,10; Tt 2,14).
Le peuple appartient donc en même temps au Père et au Fils, le Christ. Jésus, le nouvel « Emmanuel » a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre (Mt 28,19).
Le fait que Jésus sauve son peuple de ses péchés est un témoignage indirect de sa divinité. Nous l’apprenons de la suite de l’évangile. "Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis. Et voici que quelques scribes se dirent par-devers eux: Celui-là blasphème." (Mt 9,3). En effet, "Qui peut remettre les péchés sinon Dieu seul ?" (Mc 2,7)
"Emmanuel… Dieu avec nous" (Mt 2, 23)
« L’Emmanuel » n’est pas simplement un homme. On pouvait le penser d’Ezéchias dans la prophétie d’Isaïe 7,14. Mais nous sommes ici dans une autre situation. "Il y a ici plus que le temple" (Mt 12,6) "il y a ici plus que Jonas !.. il y a plus que Salomon !" (Mt 12,41.42) Jésus ressuscité promet aux disciples : "Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde" (Mt 28,20) : ce n’est plus à mesure humaine. Dans l’Evangile de saint Matthieu, Jésus Emmanuel, Dieu avec nous, est vraiment un Être divin.
Saint Luc[5]
« L’Esprit Saint surviendra sur toi et la puissance du Très haut fera-ombre-sur-toi » (Lc 1,35).
Quatre fois dans ce verset on fait référence au mouvement de descendre d’en haut. L’Esprit surviendra sur la Vierge, la puissance du Très haut, Celui qui est au-dessus de manière absolue, faire-ombre-sur : un soulignement fort qui sert à décrire la dimension transcendante, surnaturelle de l’événement.
Dans les premières chrétientés orientales, imprégnées de spiritualité vétéro-testamentaire, l’événement de l’Annonciation a été lu à la lumière du chapitre premier de la Genèse, comme une véritable nouvelle création. Cela est attesté par une des Odes de Salomon: « L’Esprit étendit ses ailes sur le sein de la Vierge, elle conçut, enfanta et devint Mère-Vierge avec beaucoup de miséricorde. » (Ode 19,6).
« La puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre » (Lc 1, 35).
L’image appartient à la théologie du culte d’Israël ; elle renvoie à la nuée qui recouvre de son ombre le Temple et indique ainsi la présence de Dieu. Marie apparaît comme la tente sainte, sur qui la présence cachée de Dieu devient efficace.[6]
Dans l’Ancien Testament, la nuée est signe de la présence divine qui s’établit sur la tente de la rencontre (Ex 40,34-35 ; Nm 9,18.22) ou guide Israël en marche dans le désert (Nm 10,36). Mais lorsque Isaïe 63,14 relit ces passages de l’Exode et des Nombres, il convertit l’image de la nuée en l’Esprit du Seigneur : « L’esprit du Seigneur les guidait au repos »
Cette équivalence entre « Esprit de Dieu » et « nuée » semble pouvoir aussi être tirée de la comparaison entre Gn 1,2 « l’esprit qui planait sur les eaux » et Jb 38,9 où il s’agit de « la nuée ».
Luc reçoit le symbolisme « Nuée / Esprit » aussi bien dans le récit de la transfiguration (Lc 9,34) que dans le récit de l’Annonciation :
« L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1,35). Or, quand la nuée couvrit la tente de la rencontre, la gloire du Seigneur, sa Shekinah remplissait le lieu (Ex 40,34-35). De même, Marie sur laquelle descend l’Esprit Saint est le lieu de la présence divine. Les titres de Jésus « saint » et « Fils de Dieu » sont à entendre au sens fort du terme.
L’Incarnation dans le dessein créateur de Dieu[7]
Lorsque l’ange Gabriel dit à Marie « L’Esprit Saint viendra sur toi » (Lc 1, 35), il fait aussi allusion au récit de la Création (Gn l, 2) où l’Esprit couvre les eaux, met de l’ordre dans le chaos, donne la vie, appelle du néant à l’être. Saint Luc veut donc dire qu’au moment de l’Incarnation commence une création nouvelle, ou l’accomplissement de la Création.
Mais il y a plus. Dans l’Ancien Testament, l’Esprit est à l’œuvre pour récréer le peuple rescapé de l’exil (Is 32,15; Is 44,3; Ez 37,5-6. 9-10.14). Le retour des exilés sera une renaissance à la vie, presque une résurrection opérée par l’Esprit du Seigneur, un retour matériel et spirituel, une conversion. Et ce changement est comparé à l’exode égyptien et même à la création du monde (Is 51,9-10)[8]
L’Incarnation dans le dessein rédempteur de Dieu : l’Incarnation, acte de la miséricorde divine
Prenons une image. Un enfant casse une porcelaine, honteux et en colère, il va se cacher dans l’obscurité de la cave. Après un certain temps, le père ou la mère ouvre la porte, un rayon de soleil illumine l’escalier et rejoint l’enfant qui se laisse rejoindre en bas, se laisse prendre par la main et remonte. Si l’enfant représente l’humanité, la porte qui s’ouvre représente « l’ouverture du ciel ».
L’Incarnation de Jésus est bien sûr une ouverture du ciel, infiniment : elle dévoile Dieu ! Elle redonne la lumière venant du ciel !
L’Incarnation est une miséricorde de Dieu. Le Nouveau Testament le précise et insiste…
Citons saint Matthieu, dans l’annonce à Joseph, l’enfant conçu de l’Esprit Saint « sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 2,21).
Dans l’évangile de Luc, le Magnificat chante les grandes choses que Dieu a faite, c’est-à-dire, juste avant dans le récit de Luc, l’Incarnation. Or, au centre et à la charnière du Cantique de Marie, il y a l’admiration de la miséricorde de Dieu (Lc 1, 50)[9]. Marie chante l’Incarnation comme un acte de miséricorde ! En effet :
47 et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur
48 parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante.
49 car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses
52 Il a renversé les potentats de leurs trônes
53 Il a comblé de biens les affamés
54 Il est venu en aide à Israël, son serviteur,
55 selon qu’il l’avait annoncé à nos pères
en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais !
Dans la première partie (Lc 1, 48-50), tout ce passe entre Dieu et son humble servante et rien ne les sépare. Cette première partie s’achève en élargissant le regard dans la perspective universelle de tous « ceux qui le craignent », et sur lesquels s’étend « la miséricorde » de Dieu.
Dans la seconde partie (Lc 1, 51-54), une troisième catégorie (les superbes), sépare Dieu de ceux qu’il aime (les humbles), mais la victoire de Dieu est acquise, l’heure est à la joie et à la louange. Les puissants sont renversés et les humbles sont élevés, les affamés sont comblés de bien et les riches renvoyés les mains vides. Le Magnificat ne peut pas être réduit à une perspective socio-politique parce qu’il porte une dimension salvifique : Dieu est présent et c’est lui qui est au centre. Mais il ne peut pas être réduit à une prière privée car il concerne le monde et son histoire.
Cette partie ne peut pas être séparée de la première : la même action de Dieu accomplie en sa servante (v 49) se déploie dans le monde (v 51). Les humbles (v 52) font écho à Marie (v 48) dont Dieu a regardé l’humilité. Les puissants (v 52) s’opposent à Dieu le Puissant (v 49) dont ils usurpent de manière insupportable le divin pouvoir. Les superbes (v 51) s’opposent à « ceux qui le craignent » et qui vivent de la miséricorde de Dieu (v 50).
Les deux derniers versets forment une conclusion. Revient le thème de la miséricorde de Dieu. S’apaise le combat le Dieu contre les oppresseurs dont on ne fait plus mention. On ne mentionne plus que Dieu et son serviteur Israël que rien ne sépare, tout comme au début du cantique on mentionnait que Dieu et son humble servante.
Israël est ensuite désigné sous le vocable « Abraham et sa descendance », un vocable qui se prête à une interprétation spirituelle plus universelle, car « Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham » (Lc, 3,8), selon les paroles de Jean Baptiste, celui-là même qui fut bénit lors de la Visitation où Marie chante son Magnificat.
Oui, l’Incarnation est miséricorde (Lc 1, 50.54) par laquelle le ciel qui semblait fermé par le péché est de nouveau ouvert.
Ce thème de la miséricorde parcourt encore tout l’Evangile de Luc. La Vierge du Magnificat lui aurait-elle suggéré d’y prêter attention ? A la naissance du Précurseur, Zacharie chante cette miséricorde (Lc 1, 78). La parabole du bon samaritain montre l’exemple de la miséricorde (Lc 10. 37). Jésus invite aussi à se laisser pardonner et à pardonner (Lc 15). Crucifié, il invoque le pardon du Père pour ses bourreaux (Lc 23, 33). Et les dernières instructions de Jésus à ses apôtres concernent « l’annonce du repentir en vue de la rémission des péchés » (Lc 24, 47).
La miséricorde elle est la grâce pour vivre le Royaume de Dieu, l’amour des ennemis (Lc 6, 27-36), la fidélité matrimoniale (Lc 16, 18) etc… Jésus ne se contente pas d’ouvrir miséricordieusement le ciel, il manifeste ce qu’il y a au ciel, le sens ultime des choses, la beauté du Royaume. 2.2. Stupeur et liturgie
L’acte liturgique est un acte de louange, il jaillit de l’étonnement, de l’émerveillement. C’est pourquoi notre titre est : « stupeur et liturgie ». La beauté de la liturgie vient d’abord de l’événement qui est célébré, un événement toujours en rapport avec l’amour de Dieu et avec notre salut.
Parmi les évènements du salut, l’Incarnation a une place centrale, et avec l’Incarnation, la maternité de Marie.
La première liturgie a laissé des traces dans l’Evangile, ensuite, la liturgie se découvre dans les sacramentaires et dans les missels au long des siècles.
Une liturgie mariale dans l’Eglise de saint Luc
L’Eglise de saint Luc vénère avec stupeur la maternité de Marie : sa maternité virginale, royale, divine, œuvre de l’Esprit Saint, est objet d’une vénération pleine de stupeur de la part d’Elisabeth lors de la Visitation, et de la part de l’Eglise de saint Luc qui a gardé ces récits dans un cadre liturgique.
Le cadre du récit de saint Luc 1-2 est liturgique : ces deux chapitres commencent au temple de Jérusalem et s’achèvent au temple de Jérusalem. Cinq cantiques semblent alterner avec les lectures : -1. Le cantique de Zacharie après la naissance de Jean Baptiste (Lc 1, 68-79). -2. Le petit cantique d’Elisabeth en accueillant Marie (Lc 1, 42). -3. Le cantique du Magnificat (Lc 1, 46-55). -4. Le cantique des anges de Noël (Lc 2, 14). -5. Le cantique de Siméon accueillant l’enfant Jésus (Lc 2, 29-32). Ces deux chapitres pouvaient donc être repris dans la liturgie de l’Eglise de saint Luc.
Or Luc 1-2 contient de grands motifs d’émerveillement concernant Marie :
La maternité de Marie est virginale. Marie est vierge (Lc 1,27) et dit « je ne connais pas d’homme » (Lc 1,34).
C’est une maternité royale : le fils de Marie est de la descendance de David et son règne n’aura pas de fin.
Le prince qui naîtra d’elle n’est pas seulement fils de David, mais Fils de Dieu (on observe la progression entre le v 32 et le v 35).
L’étonnement, la stupeur, l’émerveillement devant une telle maternité conduisent à vénérer Marie. En effet, Marie, en tant que mère portant Jésus, est vénérée par l’Eglise de saint Luc autant que l’était l’arche d’Alliance[10] :
1) Saint Luc a décrit l’Esprit Saint recouvrant Marie de son ombre (Lc 1,35), elle est couverte de toute part des feux de l’Esprit comme l’Arche d’alliance était couverte d’or et enveloppée de la nuée, la gloire de Dieu : Marie est le lieu de la présence divine, elle porte le Verbe incarné. Marie qui a reçu le pain de la vraie vie, la nouvelle manne, le Christ.
2) Le récit de la visite de Marie chez Elisabeth en Lc 1,39-44.56 semble modelé sur celui de 2 Sam 6,2-16, qui raconte le transport de l’arche de l’alliance de Baalam de Judas à Jérusalem.
Les commentateurs mentionnent habituellement les points de contact suivants entre les deux passages[11]:
- Le voyage de l’arche et celui de Marie se déroulent dans la région de Judas (2 Sam 6,1-2 et Lc 1,39).
- La joie déborde : celle du peuple et de David dansant devant l’arche, celle de Jean Baptiste qui tressaille dans le sein maternel.
- David comme Elisabeth lancent un cri de joie: « Elisabeth fut remplie d’Esprit Saint, s’exclama a forte voix (anaphonéô) ... » (Lc 1,42) le verbe grec “anaphonéo” est utilisé par les Septante exclusivement pour les acclamations liturgiques (1 Chr 16,4 ;5.42) et spécialement celles qui accompagnent le transport de l’arche de l’alliance (1 Chr 15,28 ; 2 Chr 5,13).
« Ayant entendu la salutation de Marie et le tressaillement de l’enfant dans son sein, Elisabeth est remplie de l’Esprit Saint, elle se trouve à l’improviste en présence même de Yahweh, et fait résonner devant Marie, qui porte le Fils de Dieu, l’acclamation joyeuse, qui est une action de grâce et une louange à Dieu seul. Elle a vu en Marie celle qui amène la sainte présence, et ne peut pas retenir ce grand cri d’extase qui caractérise l’apparition de l’arche, lieu de la présence du Seigneur. »[12]
- La présence de l’arche dans la maison d’Obed Edom (1 Sam 6,10.11) et la présence de Marie dans la maison de Zacharie sont des motifs de bénédiction : "Le Seigneur bénit Obed Edom et toute sa maison… à cause de l’arche de Dieu" (2 Sam 6,11.12) - Dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en son sein et Elisabeth « fut remplie de l’Esprit Saint » (Lc 1,40-44).
- Une sainte crainte pénètre David et Elisabeth. David dit : « Comment pourrait venir chez moi l’arche du Seigneur ? » (2 Sam 6,9). « Elisabeth… s’exclama… Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?» (Lc 1,43).
- L’arche stationna dans la maison d’Obed-Edom trois mois (2 Sam 6,11) tandis que Marie resta avec sa parente « environ trois mois » (Lc 1,56).
Le parallélisme entre « l’arche du Seigneur » et « la mère de mon Seigneur » est tout à fait remarquable, sous le jeu des transpositions on devine que Marie est vénérée comme la nouvelle arche d’Alliance ! [13]
La liturgie au cours des siècles
Le sacramentaire « Véronèse » (qui remonterait à la fin du 5ème siècle) exulte et jubile devant l’Incarnation : cette exultation vient de ceci : parce que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu fait homme, il peut nous faire participer à sa vie divine. Ecoutons :
« §1245 Il est vraiment digne : Et voici, selon la parole des prophètes, la vierge concevra et enfantera un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel, et il est Dieu avec nous : le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Voici l’enfant est né pour nous.
En tout cela nous comprenons clairement qu’il est Dieu et homme, en recevant ce qui est nôtre, il est capable de nous conférer ce qu’il est. [14] De là surabonde la joie. »
La prière actuelle est en pleine continuité :
« Seigneur, tu as voulu que ton Verbe prît chair dans le sein de la Vierge Marie ; puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, à la fois homme et Dieu, accorde-nous d’être participant de sa nature divine. » (Collecte du 25 mars).
Vers 660 Rome introduit dans la liturgie pontificale la fête de l’Annonciation.[15] Dans le Sacramentaire Gregorien Hadrien (Gr H 140-143) la fête ne porte plus le titre « Annonciation du Seigneur », mais le titre plus marial : « annonciation à Marie ». Notons l’accent pascal d’une des oraisons de la messe :
« O Père, qui nous as accueillis à ta table, confirmes en nous le don de la vraie foi, qu’elle nous fasse reconnaître dans le fils de la Vierge ton Verbe fait homme, et par la puissance de sa résurrection, guide-nous à la possession de la joie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. » (Sacramentaire Grégorien 142)
Cette prière est reprise dans le missel actuel :
« Par cette communion, Seigneur, fortifie en nos cœurs la vraie foi, afin qu’ayant proclamé le fils de la Vierge vrai Dieu et vrai homme, nous parvenions au salut et à la joie éternelle par la puissance de sa résurrection. » (Prière après la communion, 25 mars)
L’accent pascal est important, souvenons-nous que pour certains auteurs, le 25 mars était aussi le jour de la résurrection. En tout cas, par la présence de Dieu dans notre humanité, nous est rendue l’immortalité[16].
En 660 à Rome, voici la prière après la communion, ne la reconnaissez-vous pas ?
« Répands ô Père ta grâce en nos âmes ; toi qui à l’annonce de l’ange, nous as révélé l’incarnation de ton fils, guide-nous par sa passion et par sa croix à la gloire de la résurrection. Par Jésus le Christ notre Seigneur. » (Sacramentaire Grégorien 143)
Nous la reconnaissons : c’est maintenant la prière finale de l’Angélus. Avant, c’était la prière après la communion, c’était aussi très opportun : « Répands ô Père ta grâce en nos âmes », correspond à la communion qui remplit nos âmes. Ensuite, au cours de la prière, "la grâce" se transforme en "gloire."
Il y n’a pas de prière plus synthétique: l’Incarnation, la passion, la Résurrection.
La liturgie gallicane 7ème - 8ème siècle chante l’Incarnation comme miséricorde divine :
O Dieu, qui es riche de miséricorde, qui nous as fait revivre dans le Christ ton Fils, nous qui étions morts à cause de nos péchés. Celui qui a tout créé assume la forme de Serviteur ; et celui qui demeurait dans la divinité, il fut engendré dans la chair ; il était enveloppé de langes celui qui il est adoré dans les cieux ; il fut déposé dans une crèche celui qui régnait dans les cieux. Regarde-nous favorablement quand nous invoquons ta majesté et, à cause de la charité ineffable de ta miséricorde, donne-nous, à nous qui exultons à cause de la naissance de ton Fils, né de la Vierge et régénéré par l’Esprit Saint, d’obéir aux préceptes par lesquels il nous donna les enseignements du salut…
Il est vraiment digne, juste, convenable et salutaire de te rendre grâce, o Seigneur, Père saint, Tout-Puissant et Dieu éternel, parce que aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ a daigné visiter le monde. Par miséricorde il est descendu du ciel en procédant du sanctuaire d’un corps virginal. Les anges ont chanté Gloire au plus haut des cieux, lorsque l’humanité du Sauveur a resplendi. Toute la troupe des anges se mit à exulter, parce que la terre accueillit le roi éternel. La bienheureuse Marie est devenue un précieux temple qui porte le Seigneur des Seigneurs. Elle engendra en effet une vie illustre en remède à nos délits, pour que fût repoussée la mort amère. Ces entrailles en effet ne connurent pas la faute humaine, et méritèrent de porter Dieu. Il est né dans le monde celui qui vit toujours et vit dans le ciel, Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur… » [17]
« Si je cherche la mère, elle est aussi vierge ; si je cherche la Vierge, elle est aussi mère; si je cherche le fils, il est fils de la Vierge; et si je cherche l’intégrité, elle est chez sa mère entièrement.
O Dieu, auteur de tous les prodiges, o Dieu de toutes les créatures, o Dieu créateur de l’univers, o Dieu, origine de toutes les merveilles ! Avec tous tes miracles, avec toutes tes grandeurs, avec toute ta puissance, tu as accompli ce prodige, cette œuvre, ce résultat : tu as ouvert les trésors de ta miséricorde, tu as donné la preuve de ta mystérieuse pitié, tu as ouvert les richesses de ton pardon, tu as fait couler les fleuves de ta clémence pour mon salut et pour le salut du monde, pour ma rédemption et pour la rédemption du monde, pour ma justification et pour la justification du monde, pour ma libération et pour la libération du monde ! »[18]
La liturgie actuelle continue de faire goûter la miséricorde de Dieu lorsqu’elle célèbre l’Incarnation.
« Que cette communion, Seigneur notre Dieu, nous fasse mieux connaître ta miséricorde, pour qu’en célébrant avec foi la mémoire de la Vierge Marie, Mère de ton Fils, nous trouvions un gage de notre salut dans le mystère du Verbe incarné. Lui qui règne avec toi pour les siècles des siècles. » (Prière après la communion , messe votive de la Vierge Marie à l’Annonciation du Seigneur)[19] °°°°°°°°
Il existe aujourd’hui une messe votive à « sainte Marie, temple du Seigneur ». On lit 1 R 8, 11 qui parle de la demeure du Seigneur que Dieu a remplie de sa présence, ou Ap 21, 1-5 qui parle de la cité sainte où Dieu demeure, puis on lit l’Evangile de l’Annonciation (Lc 1, 26-38).
Voici le verset de l’Alléluia :
« Réjouis-toi, Marie, temple saint de Dieu, temple de pitié pour nous, pécheurs.
Réjouis-toi, temple rempli de l’Esprit Saint, demeure que le Père a choisie pour son Fils. » La préface rend gloire à Dieu le Père ainsi :
« Marie est la demeure précieuse, que ton Esprit a ornée de toutes les vertus ; le palais du Roi, qui brille de la splendeur de la vérité ; la cité sainte, que réjouissent les flots de la grâce ; l’arche de l’Alliance nouvelle, qui contient l’auteur de la nouvelle Loi, Jésus Christ, notre Seigneur. »
Nous goûtons la richesse de la liturgie actuelle, et sa cohérence avec l’Ecriture. Les mots « temple » ou « demeure » de Dieu correspondent à ce que saint Luc dit de Marie (Lc 1, 35). Parler de Marie comme « arche de l’Alliance nouvelle » correspond à Lc 1,39-56. Parler d’un « temple de pitié pour nous pécheurs » est tout à fait cohérent avec l’image du temple comme lieu de la miséricorde divine (surtout le jour du kippour) et avec le fait que l’Incarnation est miséricorde de Dieu (Lc 1, 50.54).
2.3. L’éclairage du magistère et des saints
Les premiers conciles[20]
Les premiers conciles concernent des hommes encore tout proches des temps évangéliques, et leur témoignage est reçu par toutes les Eglises du monde d’aujourd’hui.
L’enjeu des premiers conciles est de dire qu’en Jésus Christ, c’est bien Dieu qui nous a visités, et il n’a pas fait semblant. Dieu s’est vraiment uni à nous, tout en restant Dieu.
Le premier concile de Constantinople, en l’an 381, déclare[21] :
« Et Incarnatus est de Spiritu santo et Maria Virgine »[22] : « Il s’est incarné de l’Esprit Saint et de la Vierge Marie. » Observons attentivement.
L’Incarnation se réalise indissociablement de Marie la Vierge et de l’Esprit Saint.
En lisant ce qui précède immédiatement, Marie est liée non seulement à l’Incarnation en tant que telle, mais à son but : « pour nous les hommes et pour notre salut ».
Il est aisé de faire le lien avec ce qu’affirme l’Ecriture lorsque l’ange annonce Jésus « conçu de l’Esprit Saint », venu pour « sauver son peuple de ses péchés » (Mt 2,21).
Le concile d’Ephèse en 431 déclare[23] que la sainte Vierge est la Theotokos (mère de Dieu), « non pas en ce sens que la nature du Verbe et sa divinité ait eu de la sainte Vierge le début de son origine, mais qu’en ayant tiré d’elle ce corps sacré perfectionné par l’âme intelligente à qui il était uni selon l’hypostase, se déclare né selon la chair. »
Le concile de Chalcédoine en 451[24] donne à la doctrine mariale du concile d’Ephèse sa forme dogmatique : le Fils « qui avant les siècles est engendré par le Père selon la divinité, dans les derniers jours, le même, pour nous et pour notre salut, est engendré par Marie Vierge Mère de Dieu selon l’humanité ».
Il est aisé de faire le lien entre ces deux conciles et ce qu’affirme l’Ecriture, notamment saint Paul qui parle du Fils envoyé par Dieu le Père et né d’une femme (Ga 4, 4-6).
Lorsque le concile de Chalcédoine professe « un seul et même Christ, Fils unique et Seigneur, en deux natures, sans confusion ou mutation, sans division ou séparation entre ces deux natures », il veut permettre aux chrétiens :
-de pouvoir pleinement imiter Jésus (Jésus n’est pas un homme muté, il est imitable, cf. par exemple Jn 13,15).
-et de pouvoir l’adorer (Jésus est vraiment Dieu, sans séparation, les hommes l’adorent, cf. par exemple : Mt 2,11).
Le dessein de Dieu selon saint Irénée
Après s’être penché sur les premiers conciles, il est important de connaître la pensée mariale de saint Irénée car elle est entrée dans les documents du Concile Vatican II.
Saint Irénée naquit en Asie mineure dans les premières décennies du second siècle ; jeune, il fut disciple de Polycarpe (lui-même disciple de saint Jean l’évangéliste) ; il connut Rome ; autour au 177 nous le trouvons à Lyon où il fut presbyte et évêque attentif, passionné, large d’idées.
Dans un contexte de gnose, saint Irénée affirme la foi
Au 2ème siècle, les vrais chrétiens s’engagèrent et furent souvent martyres. Par contre, les Gnostiques (« connaisseurs »), qui vivaient aux marges des communautés chrétiennes, rivalisaient en faisant de la théologie et leur réflexion sur le message de Christ en était une déformation.
Le but des gnostiques était la solution du problème du mal et le chemin des hommes vers le salut. Mais leur méthode était l’exclusion de la foi, puis l’exclusion de l’Écriture et de la tradition et l’usage prépondérant de la philosophie platonicienne. Le contenu de leurs gnoses était un mélange de christianisme et de philosophie, une prédominance de la philosophie avec une apparence de christianisme[25].
Pour Irénée, à la suite d’Ignace, Justin, Méliton… la vraie « sagesse », c’est le Christ et le Christ vit dans l’Église. La « connaissance » chrétienne est la connaissance de la foi. La foi est la même pour le savant et pour l’ignorant, elle est transmise et non pas trouvée ; elle n’est pas inventée mais gardée dans l’Église avec une tradition ininterrompue qui remonte au Christ.
Saint Irénée : une théologie de l’Histoire
La pensée de saint Irénée sur l’Incarnation (et donc sur Marie) a deux dimensions :
1-L’accomplissement du projet de Dieu quand il créa le monde. Cette dimension donne le sens de l’existence : la vie existe pour un but, un projet divin.
On l’appelle aussi le plan de la création
2-La régénération, ou récapitulation : le salut après le péché. Cette dimension donne l’espérance dans le combat spirituel.
On l’appelle aussi le plan de la rédemption.
Ces deux dimensions forment ensemble une théologie de l’Histoire.
Précisons le plan de la Création : en réfléchissant sur les Écritures Saintes, Irénée découvre que l’homme a « une dimension ouverte vers l’infini ». Il est en effet corps, âme et don de l’Esprit Saint, tendu vers la communion éternelle avec le Père : c’est un être qui a reçu vocation de devenir Dieu, d’unir en soi le créé et l’incréé. C’est pourquoi l’archétype (le modèle) de chaque homme n’est pas Adam, le premier homme, mais c’est Jésus, « le Verbe incarné », qui synthétise le créé et l’incréé. Or Jésus est né de Marie.
Précisons le plan de la Rédemption : le péché d’Adam et Ève a bloqué ce projet de Dieu: ainsi commence l’histoire humaine, histoire de passions, d’esclavage, de pauvreté, une histoire dépourvue de la communion avec Dieu. Mais le péché originel, selon Irénée, n’a été qu’un accident de parcours qui n’a que momentanément interrompu le processus que Dieu a décidé de réaliser par l’Incarnation du Verbe.
Le Verbe parle dans l’histoire de l’homme avec ses premières révélations, ses lumières, ses appels, ses prophéties, ses lois… Puis, avec l’incarnation nous avons le « déblocage » pour arriver à la réalisation du projet de Dieu : l’humanisation de Dieu et la divinisation de l’homme.
Par le mot "Salut", saint Irénée signifie le projet divin qui fait descendre Dieu dans l’homme et transporte l’homme en Dieu. c’est une reprise du début, une régénération, une récapitulation dans le Christ. Dans cette restauration radicale, chacun des éléments gâtés au moment de la chute est renouvelé à la racine : le Christ reprend Adam ; la croix reprend l’arbre de la chute, Marie reprend Ève.
Nous voyons donc que Marie se situe au sommet de la « théologie de l’Histoire ». Saint Irénée précise encore.
Saint Irénée : une théologie mariale
Si Adam fut créé par la terre-vierge, non encore travaillée, donc par la vertu et la puissance de Dieu (cf. Gn 2, 4b-7), le nouvel Adam aussi doit avoir ses origines d’une terre-vierge, par la même puissance et la vertu de Dieu. Marie est cette terre-vierge dont Christ se fait "premier-né":
« Car, de même que, par la désobéissance d’un seul homme qui fut, le premier, modelé à partir d’une terre vierge, beaucoup ont été constitués pécheurs et ont perdu la vie, ainsi fallait-il que, par l’obéissance d’un seul homme qui est, le premier, né de la Vierge, beaucoup soient justifiés et reçoivent le salut. »[26]
Marie transmet au Christ toute la réalité humaine d’Adam, pour qu’il soit le nouvel Adam, le Fils de l’homme, le « résumé » de tous les hommes depuis le premier. [27]
« Car il fallait qu’Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l’immortalité, et il fallait qu’Ève le fut aussi en Marie, afin qu’une Vierge, en se faisant l’avocate d’une vierge, détruisit la désobéissance d’une vierge par l’obéissance d’une Vierge. »[28]
Marie, en accueillant le Salut, est définie "auteur de salut" pour ceux à qui Ève avait causé la mort. Marie sait défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort.
C’est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »[29]
Quand à l’Annonciation Marie parle avec l’ange Gabriel et se montre obéissante, elle défend le genre humain, solidaire, elle est « avocate » d’Eve[30].
Comme vraie mère, Marie garantit que Dieu a tout assumé de nous jusqu’à devenir "Fils de l’homme", donc nous sommes entièrement assumés et entièrement sauvés. Comme Vierge divinement féconde, Marie garantit que c’est Dieu qui est né d’elle (« l’Emmanuel de la Vierge »), et qu’ensuite il sauve vraiment : avec sa puissance divine.
« Ceux qui prétendent qu’il n’est qu’un pur homme engendré de Joseph demeurent dans l’esclavage de l’antique désobéissance et y meurent, n’ayant pas encore été mélangés au Verbe de Dieu le Père et n’ayant pas eu part à la liberté qui nous vient par le Fils, selon ce qu’il dit lui-même : Si le Fils vous affranchit, vous serez vraiment libres (Jn 8,36). Méconnaissant en effet l’Emmanuel né de la Vierge (Is 7,14), ils se privent de son don, qui est la vie éternelle ; n’ayant pas reçu le Verbe d’incorruptibilité, éternelle ; n’ayant pas reçu le Verbe d’incorruptibilité, de la mort, pour n’avoir pas accueilli l’antidote de vie. »[31]
« Ils ont prêché l’Emmanuel né de la Vierge (Cf. Is 7,14) : par là ils faisaient […] que lui, le Pur, ouvrirait d’une manière pure le sein pur qui régénère les hommes en Dieu et qu’il a lui-même fait pur ; que, s’étant fait cela même que nous sommes, il n’en serait pas moins le "Dieu fort" (Is 9,6), celui qui possède une connaissance inexprimable (Is 53,11) »[32]
L’école franciscaine en Occident et N.Cabasilas en Orient suivent en grande partie saint Irénée, chacun avec sa note propre.
Marie et le dessein de Dieu selon l’école franciscaine[33]
L’amour de saint François d’Assise († 1226) se porte sur la création toute entière, « frère soleil », « sœur eau » etc. Cet amour jaillit de sa foi. Saint Bonaventure, son disciple, l’explicite.
Tout fut créé pour le Christ[34]. « Tout a été créé par lui et pour lui » (Col 1,15), en vue de lui. C’est pourquoi le Christ, le Verbe incarné, est le vrai Roi, ou la pierre fondamentale sur laquelle tout s’édifie. La création trouve sa plénitude dans l’humanité du Verbe incarné.
En décrétant de toute l’éternité l’incarnation du Verbe, Dieu, dans le même décret, a choisi Marie comme sa mère. Marie ne s’est pas soumise passivement au décret divin, mais elle accepta dans la foi de collaborer activement au dessein de Dieu. C’est pourquoi la mère et le Fils sont indissociables.[35]
Marie est une « cause associée de la création universelle ». Le Christ et Marie sont les aînés de la création, pour eux deux tout fut créé, ils sont devenus eux-mêmes la cause exemplaire et la cause finale de tout ce qui est créé, des anges, des hommes et de l’univers entier. La mère et le fils sont intimement unis[36] si bien que le primat du Christ est en étroite corrélation avec celui de Marie[37].
Saint François dit du Christ : « Lui qui fut riche par-dessus tout, il voulut lui-même dans le monde, avec la très bienheureuse Vierge, sa mère, choisir la pauvreté. » [38]
L’humilité du Très-haut rencontre l’humilité de la jeune fille de Nazareth et à ce moment-là des deux "oui" s’unissent dans les noces mystiques entre la nature divine et la nature humaine, dans l’assentiment commun à la volonté du Père. C’est alors que saint François comprit que l’humilité à suivre est celle de Marie, qui se joignit parfaitement à celle du Fils de Dieu qui se faisait homme. Désormais il veut imiter leur attitude de vie et leur pauvreté[39], il comprend que cela fait partie du plan rédempteur.
Marie et le dessein de Dieu selon N. Cabasilas Nicolas Cabasilas († 1398 - Eglise d’Orient)[40] distingue aussi deux plans dans la pensée de Dieu, celui de la création et celui de la rédemption. Développée dans son homélie sur la Nativité, sa pensée sur Marie est grandiose.
Le plan de la création :
Lorsque Dieu crée, il a un but : il œuvre avec sagesse, toute-puissance et justice.
Dieu a créé l’univers et le cosmos par amour et pour l’inviter à participer à sa vie divine : quand serait atteint la plénitude des temps, Dieu s’incarnerait, entrant non seulement dans l’histoire mais encore dans le cosmos, il assumerait la vie de l’homme qui est un micro-cosmos, rassemblant les qualités des êtres inférieurs dans son corps et les perfections des anges dans son esprit, et par l’homme, Dieu assumerait toute la création dans la vie divine.
Dieu n’a pas créé l’humanité parfaite au point de ne plus avoir à grandir pour atteindre sa plénitude, il lui a donné le libre arbitre, et l’humanité doit progresser librement, en exerçant la vertu, dans une lutte directe contre les passions et le mal, lutte pour laquelle Dieu lui a donné les indications de sa loi divine et toutes les capacités requises. A la fin, l’humanité pourrait ainsi mériter l’immutabilité dans le bien et l’incorruptibilité, et le projet du Créateur pourrait alors être accompli par la coopération de l’humanité.
En outre, avant les noces définitives, Dieu demanderait encore à l’humanité son consentement. Et il ne s’agit pas de l’humanité en général, mais de chaque personne humaine en particulier.
Marie a fait réussir le projet du Créateur :
« La Vierge, en effet, n’est-elle pas, à proprement parler, le premier homme, la première et la seule qui ait montré en elle la nature humaine (dans toute sa splendeur) ? […]
La Vierge ne nous a pas donné la nature, mais elle l’a conservée. Elle ne nous a pas façonné, mais elle a contribué à notre formation, et a été l’aide du Créateur. Elle a prêté son concours à l’artiste pour réaliser son Chef d’œuvre. […]
Elle seule a mis en valeur le pouvoir que Dieu nous avait donné de triompher du mal ; elle seule a obtenu à notre nature la récompense promise à cette victoire, c’est-à-dire l’immutabilité dans le bien, par le fait qu’elle est devenue la Mère d’un Fils absolument parfait. » [41]
Le plan de la Rédemption :
Tous les autres hommes, depuis les premiers, ont abandonné la route du bien. Ils ont déformé leur nature humaine, au point que la nature humaine, créée bonne, semble maintenant mauvaise. Ils se sont rendus incapables du projet créateur, le ciel leur est fermé.
Dans ce contexte, Dieu ajoute à son premier plan, un second plan, celui de la rédemption. Dieu veut sauver le corps de l’humanité qui n’est plus qu’un plaie, mais il veut encore le faire par la coopération humaine.
L’Incarnation n’aura plus seulement le sens d’un accomplissement de la création, elle aura en plus le sens d’une miséricorde. Elle sera toujours une noce, mais elle sera accompagnée de souffrance : les noces seront scellées sur la croix.
Marie dans le plan de la Rédemption : « elle a attiré ces choses avec lesquelles nous sommes remodelés » !
Le cheminement de Marie vers sa plénitude apparaît encore plus extraordinaire lorsqu’on la voit dans le plan de la rédemption. Entourée de mauvais exemples, elle a cheminé seule, elle a ouvert la voie : avant que les Cieux aient été ouverts et que le Verbe soit descendu, quand un mur divisait encore le ciel de la terre, quand le ciel était encore fermé d’une manière impénétrable, la Vierge précédait ceux qui voulaient se lever vers Dieu.
Le fruit excellent de ses efforts ennoblit toute la race humaine. Son offrande fut si puissante qu’elle attira sur la terre le Seigneur.
« La vertu d’une seule âme suffit pour arrêter la méchanceté des hommes de tous les temps… et le déluge du mal non seulement s’arrêta devant elle mais, à cause d’elle, se retira de tout le genre humain. […]
Elle n’a pas formé l’homme, mais elle l’a trouvé perdu, elle ne nous a pas donné la nature, mais elle nous l’a conservé: elle ne nous a pas modelés, mais elle a attiré ces choses avec lesquelles nous avons étés remodelés. » [42]
A travers ses yeux et par sa lumière, les hommes devenus aveugles voient la Lumière divine. Par elle donc, tandis que sur terre vient le Seigneur, les hommes sont introduits de nouveau au ciel, et tout le cosmos est libéré.
Le dessein de Dieu selon saint Louis-Marie de Montfort
Saint Louis-Marie de Montfort († 1716) a médité, entre autres, saint Irénée et l’école franciscaine. Concernant Marie dans le plan de la création, saint Louis-Marie de Montfort dit : « Il est impossible d’exprimer d’un côté les ineffables communications de la Très Sainte Trinité à cette belle créature [Marie], et, de l’autre, la fidélité avec laquelle elle correspondit aux grâces de son Créateur. » (ASE 105). Elle met au monde Jésus qui accomplit l’œuvre de la création et fait entrer la création dans la vie divine.
Concernant Marie dans le plan de la Rédemption, saint Louis-Marie de Montfort voit en l’Immaculée une personne active, qui forme ceux qui se donnent à elle (tout en restant à sa place de créature) :
« Si Marie, qui est l’arbre de vie, est bien cultivée en votre âme par la fidélité aux pratiques de cette dévotion, elle portera son fruit en son temps; et ce fruit n’est autre que Jésus-Christ. […] Par la voie immaculée de Marie et cette pratique divine que j’enseigne, on travaille pendant le jour, on travaille dans un lieu saint, on travaille peu. Il n’y a point de nuit en Marie, puisqu’il n’y a point eu de péché ni même la moindre ombre. Marie est un lieu saint, et le Saint des saints, où les saints sont formés et moulés. » (VD 218)
« Comme elle est partout Vierge féconde, elle porte dans tout l’intérieur où elle est la pureté de cœur et de corps, la pureté en ses intentions et ses desseins, la fécondité en bonnes oeuvres. […] C’est particulièrement dans l’âme où elle est que Jésus-Christ est son fruit et son chef-d’œuvre. » (SM 56)
Saint Louis-Marie compare à l’œuvre de la création la conversion d’un pécheur, obtenue par celui qui s’offre pour lui et intercède pour lui par Marie :
« Il faudrait connaître quel bien c’est que de convertir un pécheur ou délivrer une âme du purgatoire : bien infini, qui est plus grand que de créer le ciel et la terre, puisqu’on donne à une âme la possession de Dieu. » (VD 172)
Marie et le dessein de Dieu chez Jean Paul II et au concile Vatican II
Je vous suggère de lire ce paragraphe en faisant les liens avec tout ce qui vient d’être dit.
Jean Paul II explique la place de Marie dans le dessein de Dieu en commentant l’hymne aux Ephésiens :
déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté,
à la louange de gloire de sa grâce, dont Il nous a gratifiés dans le Bien-Aimé. » (Eph 1, 3-6)
« Ces paroles de la Lettre aux Ephésiens révèlent le dessein éternel de Dieu le Père, son plan pour le salut de l’homme dans le Christ. C’est un plan universel qui concerne tous les hommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Tous, de même qu’ils sont inclus au commencement dans l’œuvre créatrice de Dieu, sont aussi inclus éternellement dans le plan divin du salut qui doit se révéler totalement à la plénitude du temps avec la venue du Christ. »[43]
Jean Paul II mentionne explicitement le double dessein de Dieu : créateur et rédempteur.
L’œuvre créatrice de Dieu, c’est son projet créateur, c’est que nous soyons unis au Christ et vivions sa vie de Fils bien-aimé. L’existence n’a pleinement de sens que si elle est ainsi vécue, immaculée. Le sens de l’Histoire est la réalisation de ce projet de Dieu, la maturation de la sainteté et de l’amour. « C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Eph 1, 4).
En Marie, l’œuvre de Dieu est réussie, Marie est l’Immaculée par sa communion à la présence de Dieu : Marie est unie au Fils de Dieu par « un lien étroit et indissoluble » (Vatican II, LG 53), dès sa conception et toute sa vie. Le plan divin du salut, au temps de la venue du Christ, c’est la rédemption par la croix, le pardon des péchés (qui auraient pu ne jamais exister !).
Marie en bénéficie : elle est « rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils, unie à lui par un lien étroit et indissoluble… » (LG 53).
Et Marie conçoit en vue de la Rédemption. Elle est Mère de Jésus en tant que Jésus est le rédempteur : « La Vierge Marie en effet, qui, lors de l’Annonciation faite par l’ange, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps, et présenta au monde la vie est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur. » (LG 53).
Le concile a voulu montrer l’Incarnation comme un acte de miséricorde : « Mais le Père des miséricordes a voulu que l’Incarnation… » (LG 56)
Une dernière phrase condense l’ensemble de notre propos :
« La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l’intérieur du dessein d’incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d’une disposition de la Providence divine, la vénérable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son oeuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. » (LG 61)
N.B. Toute cette théologie, depuis saint Irénée jusqu’à Jean Paul II nous montre bien que la trahison de Judas, et tous les autres péchés, n’étaient en rien nécessaires, ils ne faisaient pas partie d’un plan divin, mais ils ont contraint Dieu à adapter son plan.
2.4. Chemins spirituels
Au terme de cette seconde partie, qui est une découverte de l’attitude de Dieu dans « l’Alliance de l’Incarnation », je vous propose ces balises sur le chemin spirituel :
Invoquer l’Esprit Créateur, Sanctificateur.
Invoquer le Seigneur qui repose en Marie comme sur l’arche d’Alliance, lieu de la présence divine.
L’arche d’Alliance est faite pour être portée, déplacée. Marie après l’Annonciation va se mettre en route vers sa parente Elisabeth, bien loin de chez elle, et elle va se mettre aussi en route au niveau spirituel. Marcher nous aussi !
Avec saint Irénée, entrer avec Marie dans une plus grande espérance, un sens de l’Histoire.
Avec les saints franciscains, dans un même amour, aimer Marie et aimer tout le monde créé. Aimer aussi la sainte pauvreté.
Avec saint Nicolas Cabasilas, devenir attentifs à ce que le Créateur nous a donné pour triompher du mal ; prendre davantage nos responsabilités pour faire réussir le projet du Créateur.
Avec saint Louis-Marie, vivre en Marie, puisque Marie nous est donnée par Dieu.
Avec le concile Vatican II, situer toutes ces notes spirituelles « dans le mystère du Christ et de l’Eglise »[44].
Regardons l’icône de couverture. Ce qui est premier, c’est l’expression de la tendresse du Fils envers la Mère. Comme enchanté, Jésus contemple en Marie celle qui réalise le projet initial du Créateur.
En assumant la nature humaine, Dieu s’est remis à elle, Il est le Rédempteur radicalement vulnérable, qui a voulu associer sa mère à la Rédemption.
2.5. Assimilation
Vous notez 5 points que vous désirez retenir. Vous pouvez compléter lorsque vous avez d’autres connaissances, d’autres expériences.
(Cette page d’assimilation, vous la copiez directement sur le e-mail plutôt qu’en fichier joint, en indiquant comme objet « assimilation N°2 »).
sourcefb@yahoo.it
[1] Cf. A. Vanhoye, La Mère du Fils de Dieu selon Ga 4,4, in Marianum 40 (1978), pp.237-247., p. 244-247 et A. Serra, Madre di Dio, dans Nuovo dizionario di mariologia, ed De Fiores, San Paolo, Milan 1985, p.725-726
[2] cf. aussi 2 Thes 2,8 ; 2 Cor 3,17b ; Gal 4,6 ; Rm 8,9 ; Phil 1,19
[3] Cf. A.Serra, “Madre di Dio” dans Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.726-727
[4] Mt 2.6 ; Lc 1,77 ; 2.32 ; 7,16 : Ac 13,17 ; Rm 9,25-26 ; 11,1-2 ; 15,10 ; 2 Cor 16 ; He.25-2
[5] Cf. A. Serra, E C’era la madre di Gesù, saggi di esegesi biblico-mariana (1978-1988), ed. Cens-Marianum, p. 54-58
[6] Cf. J. Ratzinger, La fille de Sion, édition Parole et Silence 2002, p.56.57
[7] Cf. A. Serra, E C’era la madre di Gesù, saggi di esegesi biblico-mariana (1978-1988), ed. Cens-Marianum, p. 54-58
[8]Ce passage d’Isaïe parle en effet de la création : celui qui a fendu Rahab et a desséché la mer pour qu’émerge la terre habitable, c’est, selon la culture du Moyen Orient, le Dieu Créateur.
[9] Cf. A.Valentini, “Approcci esegetici a Lc 1, 46b-55”, in Theotokos V,1997 n°2, p. 403-422
[10] L’Arche d’Alliance était un coffret de bois doré à l’intérieur duquel étaient gardées les deux tables de la loi reçue par Moїse au mont Sinaї (Dt 10,1-8), la manne et le bâton avec lequel Moїse avait ouvert la mer rouge et frappé au désert le rocher pour que l’eau en jaillisse. L’arche est portée, elle accompagne la marche du peuple (Nb 10,33-35). Pour parler aux Israélites, Dieu descend dans le petit espace entre les ailes des séraphins sur le couvercle de l’arche (Ex 25,21). Salomon plaça l’Arche dans le Saint des Saints du temple. (Lors de la destruction du temple par Nabuchodonosor, rien n’est dit au sujet de l’Arche d’Alliance, mystère…)
[11] A.Serra, “Madre di Dio”, Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.728-729
[12] M.Thurian, Maria Madre del Signore, immagine della Chiesa, Morcelliana, Brescia 1980, p.64
[13] Relire la note 42 pour en mesurer l’importance liturgique.
[14] Cette phrase est la traduction liturgique du concile de Chalcédoine !
[15] Le letture bibliche : Is 7, 11-15, la profezia sulla Vergine che darà alla luce; vangelo Lc 1,26-38, l’annuncio di Gabriele a Maria.
Il complesso dei canti antifonari riprende ancora testi dal comune delle vergini (introito e graduale), ma ne presenta altri di indole mariana, perfettamente aderenti alla celebrazione (offertorio: Ave Maria ; comunione: Ecce virgo concipiet).
[16] Cf. l’actuelle prière après la communion du Jour de Noël dans le missel romain : « Nous t’en prions, Dieu notre Père, Puisque le Sauveur du monde, en naissant aujourd’hui, nous a fait naître à la vie divine, qu’il nous donne aussi l’immortalité. »
[17] Missel Gothique, Rite gallican ancien, VII°-VIII° siècles, Messe de Noël, §14 et 17 ; Traduction par F. Breynaert à partir de G. GUARIB, Testi mariani del primo millennio, Città nuova editrice, 1990 p. 929-930
[18] Cf. Idelfonse de Tolède, Libellus de virginitate Sanctae Mariae contra tres infideles), II, 4.
[19] « La Vierge Marie à l’Annonciation », Congrégation du Culte Divin, Messes en l’honneur de la Vierge Marie, Desclée Mame, p. 41
[20] Cf. S.Meo, “Madre di Dio” dans Nuovo dizionario di mariologia, a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, p.731-739
[21] H.Denzinger - A.Schönmetzger, Enchiridion Symbolorum, Definitionum et declarationum de rebus fidei et morum, Herder, (= DS) § 150.
[22] Version littérale latine du texte grec original.
[23] DS § 250ss.
[24] DS 301-302
[25] Cf E. Toniolo, S. Ireneo: la teologia della salvezza, in Riparazione mariana, LXI (1976) 5, 12-13.
[26] Irénée de Lyon, Contres les hérésies, III 18,7
[27] Irénée de Lyon, Démonstration de la Prédication apostolique § 32
[28] Irénée de Lyon, Démonstration de la Prédication apostolique § 33
[29] Irénée de Lyon, Contres les hérésies, III,22,4
[30] Irénée de Lyon, Contres les hérésies V, 19,1
[31] Irénée de Lyon, Contres les hérésies III,19,1
[32] Irénée de Lyon, Contres les hérésies IV 33, 11
[33] Cf. S.-M. Cecchin, Maria Signora Santa e Immacolata nel pensiero francescano, PAMI, Città del Vaticano 2001, p. 7-9
[34] Saint Bonaventure, «Thesaurus » (Opera Omnia V), cap. VIII.
[35] Vatican II reprend cette vision : juste après avoir évoqué le dessein de Dieu (LG 52), il est question du « lien étroit et indissoluble » qui unit Marie et son Fils (LG 53)
[36] Ce que reprend Paul VI, Lettre apostolique “Marialis cultus” § 7.
[37] «Similis Christo Maria in praedestinatione. Similis, in quam, in praedestinatione, quondam Christus praedestinatus est non ut Deus, sed ut homo filius Mariae, ergo una cum Cristo predestinata est Maria» (Laurent de Brindisi, Sermon V in Concepitone Immacolata, Mariale [Padova 1928] 454). Saint Laurent de Brindisi (†1629), capucin, est docteur de l’Eglise.
[38] Saint François d’Assise, Lettre aux fidèles II, 5 dans Ecrits, Sources chrétiennes 285, Cerf, Paris 1981, p. 232
[39] Cf. Francesco, Ultima voluntas sanctae Clarae scripta, 1.
[40] Nicolas Cabasilas est né à Thessalonique entre 1319 et 1323, il mourut aux alentours de 1398. Neveu du patriarche Nilo Cabasilas, Nicolas Cabasilas est un des plus célèbres auteurs du XIV° siècle dans l’Eglise Byzantine. Il eut des engagements politiques et ne se fit pas moine mais il défendit son ami Grégoire Palamas avec lequel il demeura au mont Athos pendant un an, il fut aussi ami de Demetrio Cidone qui traduisit en grec la somme de saint Thomas d’Aquin. Il concilia l’ascèse avec une haute culture et montra que la spiritualité pouvait être vécue en dehors des monastères. Cf. www.culturamariana.com
[41] N.Cabasilas, Homélie de sur la Nativité, dans G. LIMOURIS, Les homélies mariales de Nicolas Cabasilas, monument liturgique et théologique, dans La mère de Jésus-Christ et la communion des saints dans la liturgie, conférences saint-Serge, 32ème semaine d’Etude liturgiques, Paris 25-28 juin 1985, Rome 1986, p. 149-171.
[42] N. Cabasilas, Homélie de la Nativité, op. cit.
[43] Jean Paul II, Lettre encyclique Redemptoris mater (RM), § 7
[44] Vatican II a donné pour titre au chapitre 8 de Lumen Gentium : « De la Bienheureuse Marie, Vierge, Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise ».

References: §1245
 §14
 § 150
 § 250
 § 32
 § 33
 § 7
 § 7