Source: http://jfjpm-politique.blogspot.com/2011/08/
Timestamp: 2018-06-19 10:29:04+00:00

Document:
Le Coin de Pierre - Politique: août 2011
Par Heidi FORTUNÉ
Publié par Dr. Pierre Montès à 15:35
NDCDP-Politique.- Jack Layton est décédé le 22 août 2011. Il aura droit, exceptionnellement, à des funérailles d'état.
Publié par Dr. Pierre Montès à 05:59
Mots-clés : Jack Layton
Martine Aubry, la femme politique la plus brillante, selon Lionel Jospin.
Photo: Paris-Match, Août 2011
Martine Aubry veut devenir candidate du PS français aux présidentielles de 2012 en face de Nicolas Sarkozy.
Elle vient d'écrire une lettre aux Français.
Cliquez sur le lien suivant pour lire cette lettre:
Martine Aubry: «Je veux vous parler de la France»
Pour se faire une juste idée de cette femme qui pourrait devenir présidente de la France, cliquez sur le lien suivant:
Wikipédia/ Martine AUBRY
Mots-clés : Martine Aubry
Jack Layton était le chef du parti NPD qui forme l'opposition officielle à Ottawa depuis les élections du 2 mai dernier.
Il est décédé ce matin à 4h45 à Toronto.
Depuis la fin du mois de juillet, lors de sa dernière apparition dans les médias pour annoncer qu'il était atteint d'un second cancer, on sentait qu'il vivait ses derniers jours. Cependant la nouvelle de sa mort ce matin est un choc pour tous les canadiens d'un océan à l'autre.
LCDP-Politique salue bien bas ce grand homme.
Pour comprendre un peu qui était Jack Layton, cliquez sur les liens suivants:
Jack Layton/Wikipédia
Messages de condoléances/Radio-Canada
Parcours politique de Layton en images et autres infos/Radio-Canada
Séparation des pouvoirs et classification des régimes politiques
Voici un lien vers un texte qui vous permettra de savoir un peu plus sur ce sujet:
Wikipédia/séparation des pouvoirs et classification des régimes politiques
Mots-clés : régimes politiques, séparation des pouvoirs
Source: lenouvelliste.com, 12 août 2011
Haïti: On m'a raconté l'histoire d'un président récent à qui des conseillers, chose quand même rare, faisaient remarquer qu'il ne pouvait pas soutenir un ignare trop bien connu à un poste électif majeur. Le chef de l'État objecta le plus sérieusement du monde : « Kijan ! Li pa ka leve men l ? » Chose dite, chose faite ! Le populisme à l'haïtienne ne fait pas dans la dentelle.
Ce qui est choquant dans ce qu'on est en train de vivre actuellement, c'est de voir des commentateurs s'arrêter à l'aspect purement formel de la question. On réclame le respect de la loi, le respect de la Constitution. Nos parlementaires prennent des positions, votent, en jurant ne vouloir que le respect des procédures et le bien de la nation. Pourtant, nous savons tous que ce formalisme n'est que façade et est sans consistance. Le jeu est truqué depuis que René Préval a tout fait pour mettre sous contrôle le Conseil électoral provisoire, sous les yeux d'une communauté internationale, indifférente, frileuse, pour ne pas dire complice, qui a été pourtant obligée d'intervenir quand le grain de sable Martelly est venu mettre à mal la machine Unité. Mais la magouille n'a été stoppée qu'à moitié. La seconde moitié a continué son petit bonhomme de chemin, bien que le Conseil électoral provisoire ait démontré son engagement à mener à bon port le projet INITE.
Aujourd'hui, commentateurs, hommes politiques opinent comme s'il y avait un cadre légal que voulaient respecter les acteurs en présence. Ils jouent tous la comédie en oubliant la réalité des intérêts mesquins, inavouables, souvent énormes, cachés derrière ce qui se déballe en public. Nous savons tous comment ont été acquises certaines fortunes, certaines positions. Nous savons tous que le jeu consiste, de part et d'autre, à protéger les acquis maffieux et à mettre la main sur ce qui reste des ressources de ce pays au bénéfice de clans qui ont sans cesse démontré leur mépris pour ce peuple et pour ce pays. Une certaine presse semble vouloir tomber dans le panneau. Ce qui est effrayant, c'est comme s'il était admis qu'une décision « politique » signifiait simplement une décision prise dans l'intérêt d'un groupe ou de plusieurs groupes, alors que ces groupes, en fait, ne s'entendent que sur une seule chose et ne défendent rien de politique: le partage du butin ! Le mot politique dans tout ce qu'il a de plus noble est dévoyé. Il n'est plus question de l'intérêt de la communauté, il n'est plus question de notre pays tout simplement. Ici, il n'est plus question de politique. Il est question de boue. On fait de la politique en République dominicaine. On ne fait pas de la politique en Haiti. On n'a qu'à voir la différence entre nos deux pays pour comprendre que ceux, ici, qui parlent de « décision politique », ne savent pas de quoi ils parlent. Il faut arriver à faire de la vraie politique en Haïti.
Il est tout à fait curieux et symptomatique qu'on ait rejeté la candidature d'un citoyen au poste de Premier ministre parce qu'il a fait son travail comme ministre de la Justice en tentant par toutes les voies possibles, avec le peu de moyens dont il disposait, de stopper une opération menée par des hordes de voyous, de violeurs, de kidnappeurs - des gens qui ont assassiné et mutilé notre jeune poète le plus talentueux, Jacques Roche - et de s'opposer à certains diktats de la communauté internationale. Il y avait certainement des gens de l'autre côté de la barricade appuyant ces voyous, qui sont maintenant en position d'autorité ! La preuve que notre société est malade. Qu'aurait dû faire un ministre de la justice à ce moment ? Pactiser avec les bandits ? Permettez-moi de penser à cette jeune policière assassinée - Marie Christine Jeune - qui avait refusé aussi de pactiser avec des délinquants choyés par le pouvoir. Il faut vraiment que dans ce pays on commence à respecter ceux qui ont le courage de s'opposer à l'inacceptable.
On ne peut pas tomber dans le piège de ce formalisme sans consistance, de cette coquille vide que nous présentent parlementaires et membres de l'exécutif, alors que cette coquille ne sert qu'à dissimuler des sosyete madichon, une corruption triomphante qui détruit notre jeunesse et qui prépare pour notre pays un avenir de ruines, de poussière et de cendre.
Les comédiens, on les connaît. Pensent-ils qu'on ne se doute pas qu'ils sont des comédiens ? C'est peut-être pour cela qu'ils sont plus intransigeants, plus intolérants, plus pourfendeurs de l'intelligence, qu'ils se trouvent dans un camp ou dans l'autre. Il devient de plus en plus urgent que d'autres voix s'élèvent, surtout au niveau de la presse, pour qu'on ne fasse plus le jeu de ce formalisme trompeur, sans consistance, pour ne pas dire assassin. Il n'est jamais trop tard pour arrêter la corruption, pour arrêter la bêtise.
Publié par Dr. Pierre Montès à 18:07
Haïti/Crise politique/ Concertation oui, affrontement non
Trois mois sans Premier ministre, mais avec un gouvernement démissionnaire transitoire.
Le Président Michel Martelly a été élu sous la bannière du parti Répons Peyzan. Ce parti n'a fait élire que trois (3) députés; ces derniers ont rejoint le groupe GPR formé en majorité de députés du parti INITE.
Trois mois après avoir prêté serment devant le Parlement, le Président Martelly n'arrive pas à se doter d'un Premier ministre et d'un gouvernement pour commencer à exécuter son programme dont les priorités sont regroupées suivant quatre (4) axes: état de droit, éducation, environnement et emploi.
Deux candidats au poste de Premier ministre, Daniel Gérard Rouzier et Bernard Honorat Gousse, choisis par le Président Martelly, remplissaient tous les deux les conditions techniques exigées par l'article 157 de la constitution. Leur candidature a, malgré tout, été rejetée par un vote dit politique, le premier par la Chambre des députés, le second par le Sénat.
Depuis plus d'une semaine, les Présidents de la Chambre des députés et du Sénat attendent que le Président de la république les appelle en consultation comme le veut la constitution pour que le Président leur communique le nom de la personne qu'il choisit comme candidat au poste de Premier ministre, une personne que le Président croit pouvoir rallier une majorité tant à la Chambre des députés et au Sénat pour pouvoir gouverner pendant les cinq prochaines années.
Ce que peut faire le Président Michel Martelly.
On comprend très bien la déception du Président. Mais il est certain que le Président veuille réussir son mandat de cinq ans. Pour ce faire, il doit avoir un Premier ministre et un gouvernement qui mettra en application son programme.
Le Président de la république et son équipe doivent entamer le processus de consultation avec le Parlement pour aboutir à un choix de Premier ministre conformément à l'article 137 de la constitution.
J'ai bien dit le Parlement, car je pense que la consultation devra se faire avec les différents groupes de parlementaires au niveau des deux Chambres afin que le Président arrive à se rallier une majorité certaine au niveau de chacune des deux Chambres du Parlement. C'est grâce à l'appui de cette majorité que le Président pourra faire ratifier son Premier ministre désigné, et qu'il pourra gouverner le pays de manière efficace pendant les cinq années de son mandat.
Le Président Martelly est le chef du Pouvoir exécutif. Il est le chef de l'État. La nation est divisée en deux solitudes; il doit racoler les deux Haïti comme le symbolise notre drapeau et comme le dit notre devise: l'union fait la force.
Le Président doit se comporter en bon père de famille. Et il en est capable. Il a la bonne volonté, il aime travailler, il aime Haïti. Il doit être le pilote de la navette nationale, et en tant que tel, il doit avoir en tout temps les deux mains sur le volant; le Premier ministre doit être son co-pilote à bord.
Dans le processus de recherche d'une majorité au Parlement, dans la recherche du plus grand bien pour le plus grand nombre, et pour arriver à avoir un Premier ministre et un gouvernement, entre autres objectifs, voici une petite suggestion que je formule bien respectueusement et bien humblement au Président et à l'entourage du Président.
Il est suggéré de rencontrer, idéalement, chacun des parlementaires (99 députés, 30 sénateurs). Comme ce serait trop long maintenant car le temps presse, le Président et son équipe pourraient procéder de la manière suivante.
Il y a dix (10) départements géographiques et 99 circonscriptions électorales. Le Président pourrait décider de rencontrer en même temps les trois sénateurs et les députés des circonscriptions d'un même département. Cela ferait dix (10) groupes à rencontrer en tout. S'il accorde une demi-journée par rencontre, il pourrait, en cinq jours (disons une semaine) réaliser ce travail avec les parlementaires, tous les parlementaires.
Une semaine pour permettre au Président de la république et aux Parlementaires de s'apprivoiser, de se connaître, de s'entendre, de se concerter. [Selon le Larousse, concerter = préparer (une action) en commun; se concerter = s'entendre pour agir ensemble.]
Au cours des rencontres, le Président et son équipe de collaborateurs prendraient note des besoins, des attentes, des préoccupations, des problèmes de chacune des 99 circonscriptions électorales du pays et de chacun des dix (10) départements géographiques du pays. Ces données seraient utilisées aussitôt que possible et en particulier lors de la préparation du premier budget annuel du gouvernement Martelly. [Une circonscription est formée d'une partie de commune, d'une commune entière, ou bien de plusieurs communes réunies; il y a 143 communes en tout en Haïti.]
Bien sûr, durant la campagne électorale, Monsieur Martelly avait visité les différentes régions du pays; il connaît donc les problèmes; il les a touché du doigt; et il a son programme. Mais il y a tellement de problèmes à résoudre, il n'y a tellement pas assez de ressources qu'il faudra faire des choix et échelonner dans le temps les actions arrêtées et surtout, surtout, les répartir équitablement dans l'espace des dix départements géographiques du pays. Les données recueillies au cours des rencontres avec les parlementaires permettraient au Président Martelly d'ordonnancer les solutions des problèmes des différentes circonscriptions et départements en tenant compte de l'avis des parlementaires.
Ces premières rencontres seraient organisées pour faire partir la machine gouvernementale (choix et ratification du PM). Mais ces rencontres pourraient se répéter périodiquement, disons annuellement, et un suivi devrait être fait.
De plus ce genre d'exercices pourrait s'étendre à d'autre secteurs de la société haïtienne.
Le Président de la république doit être constamment à l'écoute des circonscriptions (des communes, des sections communales) et des départements. Nous savons tous que le Président en est capable et que le Président aime et aimera faire cela. Il doit montrer qu'il les entend, les comprend, les aide. C'est ainsi qu'il pourra acquérir et maintenir l'appui, sinon de la totalité, du moins de la majorité des parlementaires de chacune des deux chambres du Parlement.
Concertation oui, affrontement non. Le Président doit se comporter en tout temps en bon père de famille.
Source: lematin.com, 11 août 2011
Clarens est parti. La nouvelle de son décès m’a surpris et consterné. Une collaboration professionnelle active de cinq ans, faite de respect mutuel et d’échanges affectueux marque une vie, la mienne, si longue soit-elle. Mais un segment de vie d’une grande densité, de 2004 à 2009, celui de l’aventure exaltante du Nouveau Matin où j’ai eu le privilège de m’engager à côté de gens de qualité. Clarens en était et pas des moindres.
Il est arrivé tranquillement au nouveau Matin, succédant à Gary Victor et transportant avec lui ses souvenirs, son savoir-faire, ses méthodes, sa pédagogie de rédacteur en chef acquis au Matin, l’ancien de la rue Américaine à Port-au-Prince. Sabine Manigat l’appelait le Père tranquille. Il était pourtant loin d’atteindre l’âge qui va généralement avec un tel profil. Au contact de l’homme, c’était cependant l’impression qu’il laissait tant il avait la posture, la démarche, le regard doux, parfois amusé, de celui qui a tant vu, tant entendu et compris tant de choses.
Il avait une écriture limpide, une plume alerte, fluide et incisive à la fois. Mais quand on lui demandait de commenter l’actualité, il souriait ; pas la peine d’insister. Quand il se résignait à produire un texte, il refusait de le signer. Souvent, trop souvent, il réécrivait celui des autres. Il avait plutôt la fibre de l’éditeur, pas l’âme de l’éditorialiste. Il ne pouvait pourtant pas se passer des chroniques, éditos et analyses de nos collaborateurs. Il fallait le sentir – on ne pouvait pas le voir – trépigner d’inquiétude à attendre la copie de Sabine, de Jacques Roche, de Kesner Pharel, de Lyonel Trouillot, de Patrice Dumont ou de Roody Edmé. À moi, il chuchotait : « Alors Claude, qu’est-ce que tu donnes aujourd’hui ? »
Son bureau était une école. Sans en avoir l’air, il a formé plusieurs jeunes. Il fallait les voir agglutinés autour de celui que tout le monde appelait affectueusement Le rédacteur. Ils attendaient ses instructions, ses ordres de mission, posaient des questions, prenaient des notes. Il leur apprenait, comme disaient nos grand-mères, à faufiler d’abord, coudre ensuite. Il les envoyait sur le terrain, suivait parfois leur itinéraire au téléphone et attendait leur retour pour un produit qui tarde à venir et dont il savait qu’il aurait fort à faire pour en venir à bout. Et là, il besognait, raturant, reformulant, polissant. Se déplaçant de temps en temps vers le bureau de Danice Joachim, le graphiste en chef, pour prendre de l’avance. Boucler l’édition demande du temps, et le temps lui faisait la guerre. Pour lui, il n’était pas question que le journal ne paraisse pas. Le circuit de la production à la diffusion était long et compliqué. Alors, beau temps, mauvais temps, insécurité ou non, il ne bougeait pas, travaillant tard dans la nuit, jusqu’à deux, trois heures du matin. Nicole Siméon, secrétaire de rédaction, le gourmandait ; je lui faisais remarquer qu’il ne pouvait pas continuer longtemps à combler toutes les défaillances. En tête-à-tête, il me détaillait toutes les difficultés; on se lamentait et lui de m’interpeller : « Sais-tu, Claude, qu’il y a des trous qu’on ne comble pas ? Alors on fait mieux de passer à côté. »
Je n’oublie pas que l’on avait relancé le quotidien à une période de grande ébullition nationale, où l’insécurité avait atteint une effroyable poussée de barbarie. Nous avons vécu au cours des années 2004 et 2005 les pires moments de criminalité : progression foudroyante du kidnapping, assassinats fréquents, histoires d’horreur répandues ici là. La panique gagnait Port-au- Prince. Clarens ne dérogeait pas. Quand en juillet 2005 Le Matin a été frappé de plein fouet par l’enlèvement et la séquestration de Jacques Roche, c’était à lui, Clarens, qu’on recourait pour mener les négociations avec les ravisseurs. Calme, rassurant au téléphone, il se voulait persuasif auprès de son interlocuteur anonyme. Et nous autour de lui, confiants, nous attendions le mot qui nous délivrerait de cette insupportable angoisse. Mais il ne disait pas plus que ce qu’il croyait pouvoir nous calmer. Jusqu’à ce jour fatidique du 14 juillet où s’est répandue la nouvelle de la découverte du cadavre de Jacques horriblement mutilé. Alors à l’immense cri de douleur et de rage s’élevant des locaux du journal, Clarens répondait par un silence stupéfait. Je l’ai vu prendre sa tête dans ses mains et se courber sur son bureau. Il souffrait. C’était son échec, notre échec. Il m’avouera plus tard nous avoir tu ce qui lui déchirait les entrailles : les suppliques et les cris d’épouvante de Jacques soumis à la torture. Nous avions plusieurs fois évoqué cette période. Je le trouvais triste, mais il l’était avec dignité. J’avais finalement appris à ne pas le « secouer », car, pour paraphraser l’écrivain et journaliste Henri Calet, je soupçonnais que son corps était rempli de larmes.
Il y avait beaucoup à apprendre du labeur opiniâtre de ce forgeron du Matin. Beaucoup à comprendre de cet homme des grands-fonds dont la pensée « prend racine dans le sol nu de la vie ». Ce collaborateur-là, je l’admirais ; cet homme-là, je l’aimais parmi tous ceux qui, dans notre pays naufragé, dans notre société à haute intensité d’aliénation, savent ce qu’il faut de courage pour garder espoir et d’espoir pour prendre courage. De la foi aussi, celle de Clarens qui n’était pas une certitude, mais un rêve qui permet de vivre d’espérance.
Montréal, 9 août 2011
Publié par Dr. Pierre Montès à 04:27
Mots-clés : Clarens Fortuné, Haïti
Haïti/Crise politique/ «Madame Liliane Pierre-Paul voit rouge»
Madame Liliane Pierre-Paul voit rouge
Source: haiti-nation, 11 août 2011, 1:41 PM
Par Professeur Gérard Bissainthe
Madame Liliane Pierre-Paul, s'imaginant que Mgr Louis Kébreau (1) parle des "pantalettes roses" de Sweet Micky a vu subitement rouge et est sortie de ses gonds. Devant la stagnation actuelle on peut comprendre son exaspération. Mais il faut quand même préciser qu’à aucun moment le prélat haïtien n'a parlé de la couleur du "kanson" de Sweet Micky auquel il fait allusion dans sa récente déclaration demandant au chef d'Etat haïtien de "mété Kanson nan rein li pou li dirigé pays a." De toute évidence le prélat haïtien se réfère à la fameuse expression du président Paul Magloire qui s'était donné le surnom de "Kanson Fè".
Le glissement de "kanson" à "pantalette" est d'ailleurs dû à une candidate à la présidence qui voulait dire qu'arrivée au pouvoir, le fait qu'elle appartient au sexe féminin ne l'empêcherait pas d'avoir ce qu'il est convenu d'appeler de "mâles vertus". De là à arriver aux "pantalettes roses" de Sweet Micky (qui appartiennent à l'histoire passée de notre actuel président), il n'y a qu'un pas que Madame Liliane Pierre-Paul a franchi un peu trop vite et un peu trop allègrement.
A la vérité; le mot du prélat haïtien --est-il vraiment besoin de le dire? -- est donc à prendre non au sens littéral, mais au sens figuré. L’Archevêque du Cap-Haïtien se fait l'interprète d'un très grand nombre de personnes qui ont soutenu Michel Martelly en se disant que sa spontanéité, sa fougue, sa détermination, son anticonformisme même étaient et sont encore ce dont un chef d'Etat haïtien a le plus besoin aujourd’hui pour nous sortir de la crise actuelle. Il faut quelqu'un qui soit capable de donner la parole aux actes pour en finir, car la plaisanterie a assez duré. Toutes ces personnes attendaient du nouvel élu qu'il prenne le taureau de nos problèmes par les cornes et le terrasse. Or depuis qu'il est arrivé au pouvoir, il passe son temps ou à se sauver hors du pays, comme s'il en avait peur –bientôt en Argentine, hier à Washington, ou à Miami ou à New York ou en Espagne--, ou à faire de beaux discours, comme on a toujours fait avant lui. Depuis près de trois mois la nation est bloquée et rien ne se règle. Toutes ces personnes pensent qu'elles ont élu quelqu'un qui avait une image de "dur" et qu'elles se retrouvent apparemment devant un "mou" totalement inefficient. Et tout le monde se dit: "Mais où est donc passé cet homme décidé, ce fonceur qui s'appelait Sweet Micky et qui semble aujourd’hui ou impotent ou prisonnier?" C'est ce mécontentement qui va se généralisant qu'a voulu exprimer, j’en suis convaincu, le prélat haïtien.
Une telle conjoncture de désarroi et d’impairs me ramène à la mémoire ces vers de Racine:
"Cet esprit d'imprudence et d'erreur,
De la chute des rois funeste avant-coureur."
Si rose il y a, il est plutôt du côté de ceux, de quelque bord qu’ils soient, qui veulent faire croire que la situation actuelle est rose et que tout va très bien, Madame la Marquise", sauf qu'on déplore "un tout petit rien", à savoir que le pays est toujours sans PM, sans programme, sans plan, sans direction. Pour d’autres l’actuel Président n’est pas à sa place et doit partir tout de suite pour céder son siège, mais au fond à qui ? A un “déjà vu”? A un nouveau “sauveur”? Madame Liliane Pierre-Paul qui pour moi fait partie du “Gran-Lacou” et dont au fond je comprends le ras-le-bol, pourrait-elle nous faire part de la solution rapide et faisable qu’elle a en tête pour sortir du désordre sans entrer dans le chaos?
Pour ma part je pense qu’au lieu de tomber à bras raccourcis sur le nouvel élu, il faut avant tout essayer de “faire avec”. Il a voulu le poste; il l’a eu. Maintenant il doit faire le travail en s’entourant de gens capables et compétents. Presque trois mois sans même avoir mis le pied à l’étrier, c’est un record d’impuissance. Ça ne peut plus durer. Ça finira inéluctablement, croyez-en mon plus d’un demi-siècle d’expérience, par sentir le “Bonsoi dan’m” qui arrive toujours quand on s’y attend le moins.
Le prélat haïtien, de toute évidence, a voulu être paternel et même fraternel. Ses conseils sont gratuits. Souvent les conseils gratuits valent beaucoup mieux que ceux pour lesquels on paye très cher.
(1) NDCDP-Politique.-
Pour un résumé de cet événement, cliquer sur les liens suivants:
a) Un article sur le site Web de Radio Vision 2000 rapportant les propos de Mgr Kébreau:
Haïti : Michel Martelly doit enfiler son pantalon de Sweet Micky pour pouvoir gouverner, selon un responsable ecclésiastique
b) Un article de Roberson Alphonse dans Le Nouvelliste rapportant la mise au point de Mgr Kébreau:
Haïti: Kébreau et le pantalon de Sweet Micky font des vagues !
Publié par Dr. Pierre Montès à 15:01
Haïti/Président Michel Martelly au micro de Paule Robitaille, journaliste de Radio-Canada
Voici une petite entrevue que le Pésident Michel Martelly a accordée à Paule Robitaille, journaliste de Radio-Canada.
Pour visionner l'entrevue, cliquez sur les liens suivants:
Président Martelly au micro de Paul Robitaille (1ère partie), martellytv, 12 min 37 sec, 9 août 2011
Président Martelly au micro de Paule Robitaille (2e partie), martellytv, 7 min 46 sec, 9 août 2011
Président Martelly au micro de Paule Robitaille (3e partie) , martellytv, 10 min 36 sec, 9 août 2011
Michel Martelly est l'homme du moment. Il faut un Premier ministre qui puisse sentir ce que le Président sent; il faut un gouvernement qui puisse mettre à exécution le programme sur lequel le Président a été élu.
Compliments, Monsieur le Président. Restez comme vous êtes. Le peuple vous appuiera, et tout ira bien.
Haïti - Politique : Propos du Président Martelly sur la crise politique
, haitilibre, 9 août 2011
Publié par Dr. Pierre Montès à 13:38
Mots-clés : Haïti, Président Michel Martelly
Selon la constitution des 35 pays de l'Amérique, on peut dire qu'il y a en grande majorité deux régimes politiques actuellement en vigueur dans ce continent:
Les pays à régime présidentiel (20)
Les pays à régime parlementaire faisant partie du Commonwealth britannique (13)
Un pays à régime parlementaire ne faisant pas partie du Commonwealth britannique (1)
Un pays à régime dit semi-présidentiel (1)
a) Les pays à régime présidentiel sont au nombre de 20. En voici la liste et les liens vers leurs constitutions:
Dans les pays à régime présidentiel le pouvoir exécutif est dirigé par un Président élu au suffrage universel direct. Il est chef de l'État et chef de Gouvernement. Il n'a donc pas de Premier ministre.
b) Les pays à régime parlementaire faisant partie du Commonwealth britannique sont au nombre de 13. En voici la liste et les liens vers leurs constitution:
St Vincent et les Genadines
À l'exception de la Dominique et de la République de Guyane qui ont un Président, les 11 autres pays ont un Gouverneur général représentant la Reine d'Angleterre et nommé par le Premier ministre. Le Premier ministre et les ministres sont issus de la Chambre des députés, généralement du parti ayant la majorité en chambre. La nomination du Premier ministre et des ministre dans ces pays à système parlementaire se fait de la même façon. L'exemple de la Jamaïque est typique. Voici ce que dit l'article 70 alinéa 1 de la constitution jamaïcaine:
70 (1).- Whenever the Governor-General has occasion to appoint a Prime Minister he, acting in his discretion, shall appoint the member of the House of Representatives who, in his judgment, is best able to command the confidence of a majority of the members of that House and shall, acting in accordance with the advice of the Prime Minister, appoint from among the members of the two Houses such number of other Ministers as the Prime Minister may advise.
Le gouvernement peut être renversé par un vote de non-confiance à la Chambre. Dans ce cas, de nouvelles élections générales sont déclanchées. Durant la campgne électorale, le Premier ministre sortant et ses ministres, qui sont en campagne, continuent à liquider les affaires courantes.
c) Un pays à régime parlementaire ne faisant pas partie du Commonwealth: République de Suriname. Voici le lien vers sa constitution:
République de Suriname
La constitution du Suriname dit clairement en son article 55, alinéa 2: «The National Assembly is the highest organ of the State». De plus, le Président de la République est élu au second degré pour cinq ans par l'Assemblée nationale. Il n'y a pas de Premier ministre au Suriname. Le Président est chef de gouvernement.
d) Un pays à régime dit semi-présidentiel: Haïti. Voici le lien vers sa constitution:
La Constitution de 1987, telle que construite, rend le pays ingouvernable.
Le Président est élu au suffrage universel direct. Selon l'article 137 de la constitution de 1987, le Premier ministre est choisi par le Président parmi les membres du parti majoritaire au Parlement, s'il y en a un; dans le cas contraire, il choisit son Premier ministre en consultation avec les Présidents des deux chambres. Dans les deux cas, le choix doit être ratifié par le Parlement.
De plus, l'une ou l'autre des deux chambres du Parlement peut renvoyer le Premier ministre par un vote de non confiance. Mais le Président de la République ne peut pas dissoudre le Parlement.
Quelques liens utiles pour plus de détails sur les différents régimes politiques:
Liste des formes de gouvernement
Mots-clés : Amérique, Haïti, lois constitutionnelles, régimes politiques
Haïti/crise politique/ Ce que dit réellement l'article 137 de la constitution de 1987
À l'attention des Parlementaires de la 49e législature...
«Le Président de la République choisit un Premier Ministre parmi les membres du parti ayant la majorité au Parlement. A défaut de cette majorité, le Président de la République choisit son Premier Ministre en consultation avec le Président du Sénat et celui de la Chambre des députés.
Dans les deux (2) cas le choix doit être ratifié par le Parlement.»
Nous avons mis en gras l'article indéfini «un» et l'adjectif possessif «son» et en avons augmenté la taille de leurs caractères pour bien attirer l'attention du lecteur.
Quand il n'y a pas de parti majoritaire au Parlement, aucun parti ne peu imposer un Premier ministre au Président de la république.
Lien vers la constitution de 1987:
Haïti/Constitution de 1987
Publié par Dr. Pierre Montès à 07:32
Mots-clés : Constitution de 1987, Haïti
Constitutions des pays de l'Amérique et notion d'État-nation
Constitutions des pays de l'Amérique.-
Si la question constitutionnelle vous intéresse, voici un lien qui vous conduira vers les textes des constitutions des différents pays d'Amérique, y compris Haïti.
Loi constitutionnelle des 35 pays de l'Amérique et comparaison des systèmes présidentiels de 20 d'entre eux
Alors qu'Haïti est à sa 25e constitution, celle de 1987, (a), la République dominicaine, elle, est à sa 38e constitution (b). Mais ça marche mieux en RD qu'en Haïti. Les dominicains ont un système présidentiel; le Président dominicain est à la fois chef d'État et chef de gouvernement.
Le Canada, la Jamaïque et les autres pays de la Caraïbe anglophone ont un système parlementaire. Le Gouverneur général est le chef de l'État, le représentant la Reine (d'Angleterre); il est choisi et nommé par le Premier ministre; le chef du gouvernement est le Premier ministre, un député, chef du parti majoritaire à la Chambre. Les ministres sont tous des députés élus (en général, issus du parti majoritaire). Le pouvoir exécutif est issu du Parlement, mais forme une entité entité distincte; les ministres et le premier ministre restent députés: ils ont deux chapeaux; ils sont interrogés en chambre par les députés de l'opposition à tout moment. Par un vote de non-confiance, la Chambre peut renverser le gouvernement et ainsi provoquer de nouvelles élections générales. Le Premier ministre peut déclancher des élections générales, soit à date fixe, soit au moment qu'il juge opportun. Dans ces pays à système parlementaire, ça marche bien mieux qu'en Haïti.
Après avoir vécu plus de 180 ans sous un système présidentiel (ou quelques fois sous une monarchie) selon ses 24 premières constitutions, Haïti a choisi, depuis 1987, de tenter une expérience nouvelle avec une constitution qui propose un système dit semi-présidentiel et semi-parlementaire. Elle introduit le poste de Premier ministre (c). Le Premier ministre est choisi par le Président de la république, parmi les membres du parti politique qui est majoritaire au Parlement. Si aucun parti politique n'est majoritaire au Parlement, le Président de la république choisit son Premier ministre en consultation avec les Présidents des deux chambres. Selon le professeur Sauveur Pierre-Étienne (entrevue à l'émission Samedi-midi sur CKUT), cette consultation permet au Chef de l'État de prendre connaissance de la configuration de chacune des deux chambres.
Il est intéressant de souligner la nuance que contient l'article 137 de la constitution:
Article 137: Le Président de la République choisit un Premier ministre parmi les membres du Parti ayant la majorité au Parlement. À défaut de cette majorité, le Président de la République choisit son Premier ministre en consultation avec le Président du Sénat et celui de la Chambre des Députés. Dans les deux (2) cas, le choix doit être ratifié par le Parlement.
Le Premier ministre peut être renvoyé par ce Parlement.
En 1987, je me souviens, au moment où la 25e constitution fut votée par référendum, le sociologue Hubert de Ronceray eut à dire qu'avec cette constitution de 1987, le pays serait in-gou-ver-na-ble. Les 25 dernières années lui ont donné raison. Voir aussi l'article de Me Serge Moïse (c).
Notion d'État-nation.-
Le chercheur Wilson St-Elmy, dans l'intéressante émission dominicale de la radio CPAM, Paroles d'Haïtiens, constate qu'Haïti est un État qui n'a pas su chercher, jusqu'à présent, à devenir un État-nation. Pour comprendre un peu la notion d'État-nation, on consultera les liens fournis à la note (d).
Un pays comme le Québec, par exemple, est une nation qui n'a pas réussi par deux fois à se constituer démocratiquement en État pour devenir un État-nation. Le Québec est l'une des Provinces d'un État fédéral qu'est le Canada. Chaque Province du Canada est doté d'un système parlementaire provincial à l'image du système parlementaire canadien.
Depuis quelques temps, Haïti n'est presque pas un État et ne s'est pas encore reconnue comme étant une Nation.
Alors, il faudra que les haïtiens travaillent sur deux fronts à la fois: se reconnaître enfin comme une Nation et chercher à redevenir un État.
Il est évident qu'Haïti doit se doter d'une nouvelle constitution.
Mais avant d'y arriver, il faudrait, enfin, se définir et s'accepter comme Nation. Dans cette démarche, il y aura lieu, entre autres actions, de relire l'ouvrage de Jean Price-Mars, Ainsi Parla l'Oncle, d'organiser d'urgence ce que le Dr Turneb Delpé ne cesse de demander depuis des années: une «Conférence nationale» haïtiano-haïtienne, de commencer à inculquer aux jeunes (et aux vieux aussi) les notions d'État, de Nation, d'État-nation.
Une fois Haïti devenue un État-nation, alors, une n-ième Constitution, qu'elle privilégie un système parlementaire comme la Jamaïque, ou un système présidentiel comme la Dominicanie, aura la chance d'être appliquée.
Il y a lieu de rappeler cette affirmation attribuée à Che Guevara: «Peu importent les révolutions, si l'homme n'est pas changé.»
Écoutons parler l'Oncle, sa parole nous portera à changer; elle nous apprendra comment faire des hommes haïtiens, et, comme le dit Michelet, tout ira bien.
(a) Liste des 25 constitutions d'Haïti selon wikipedia:
Liste des 25constitutions d'Haïti
(b) Constitution de la République dominicaine selon wikipedia:
Constitution de la République Dominicaine (en espagnol)
(c) Il est vrai que la dernière constitution (1983) que le président Jean-Claude Duvalier n'a pas eu le temps de mettre en application, avait déjà introduit le poste de premier ministre et la double nationalité.
(d) Me Serge Moïse, Constitution quand tu nous tiens:
Constitution quand tu nous tiens
(e) Pour comprendre la notion d'État-nation voir les liens suivants:
Nation-state (en anglais)
État-nation (en français)
Publié par Dr. Pierre Montès à 03:37
Mots-clés : Amérique, État-nation, Haïti, lois constitutionnelles
Haïti/Sa candidature rejetée par 16 sénateurs, Bernard Gousse réagit.
Par Bernard GOUSSE
Ma désignation a soulevé un débat public salutaire où les forces saines de la population se sont exprimées en faveur du bien, de la vie, de l'éducation, contre le mal absolu incarné dans une barbarie s’étant abattue éhontément sur les bébés, les femmes âgées, les petites marchandes et les ouvriers.
Je remercie aussi mes compatriotes sénateurs du groupe des 16 pour la publicité faite autour de mon nom avec un zèle quotidien dont n’aurait pu faire preuve la meilleure agence de publicité. J’ai pu grâce à eux me prouver à moi-même et démontrer à mes compatriotes mon endurance à garder le front haut et la tête altière, le regard porté vers un destin collectif de grandeur, indifférent aux crachats et aux vulgaires piaillements. Je ne manquerai donc pas de leur faire parvenir leurs honoraires s’ils me soumettent une facture pour un travail décidément bien fait.
Le combat dans lequel je suis engagé dépasse désormais ma personne; je ne peux l’abandonner. L’horizon de ce combat ne s’arrête pas à la question de premier ministre. Le temps est venu pour que la dignité, le travail honnête et l’éducation soient les valeurs proposées en exemple et récompensées, pour que soient vaincues l’immoralité, la corruption, les richesses spontanées et l’arrogante ignorance.
Je resterai donc parmi vous.
Mots-clés : Bernard Gousse, crise politique, Haïti
Les pays de l'Amérique: constitutions et étude comparative (Georgetown University)
Voici des liens vers la constitution de quelques pays:
République d'Haïti (1987; en français)
République dominicaine (2010; en espagnol)
République dominicaine (2002; en espagnol)
Jamaïque (1962, et révisions jusqu'en 1999; en anglais)
Cuba (1976, et révisions jusqu'en 2002; en espagnol)
Canada (1982, et révisions jusqu'en 1993; en anglais)
Canada (1982; en français)
USA (1787, et révisions jusqu'en 1992; en anglais)
USA (révisions constitutionnelles; en anglais)
Les 35 pays de l'Amérique: Constitutions et étude comparative
Mots-clés : Amérique, lois constitutionnelles

References: l'article 157
 l'article 137
 l'article 70
 l'article 137
 l'article 137
 l'article 137