Source: http://ecoumene.blogspot.jp/2018/
Timestamp: 2018-04-20 03:14:45+00:00

Document:
Mésologiques: 2018
Y a-t- il une technique naturelle ? / A. Berque
Lady Chiyo and the Broken Water Bucket
Yoshitoshi (1889-11)
間 AIDA, 3 e Rencontre franco-japonaise en anthropologie et philosophie, "Questionner le paradigme de la technique", 15 décembre 2017, EHESS-Paris
Y a-t- il une technique naturelle ?
§ 1. La technique d’un ineffable compositeur
La première édition du Petit Larousse (1906) définit la technique comme suit : « Ensemble des procédés d’un art, d’un métier : la technique des peintres ». Rien là qui concerne la nature. Justement, la première idée que l’on peut se faire de la technique, c’est qu’elle transforme la nature, et n’est donc pas naturelle ; elle est culturelle, d’autant plus qu’elle n’est pas innée. On l’apprend. D’où l’opposition classique, en sciences sociales, entre nature et culture.
Publié par Yoann Moreau Libellés : agriculture naturelle, geste, technique
« La pensée paysagère », qu’est-ce que cela veut dire ? / Augustin Berque
Un chat peut-il regarder un paysage ?
(question de Yoann Moreau à Hiroshige)
Conférence, 9 décembre 2017
« La pensée paysagère »,qu’est-ce que cela veut dire ?
§ 1. Dans un certain passé
« Pensée paysagère » est une expression peu courante. La pensée paysagère, c’est d’abord le titre d’un petit livre sur le paysage que j’ai publié en 2008[1] ; titre à dessein quelque peu ambivalent, car il concerne à la fois des choses et l’existence humaine. Ce titre consonne probablement avec celui d’un livre qu’avait dirigé peu auparavant Javier Maderuelo[2], Paisaje y pensamiento (Paysage et pensée, 2006), auquel j’avais participé[3], ainsi qu’avec celui d’un livre de Michel Collot, La pensée-paysage[4]. Ce dernier a été publié un peu plus tard, en 2011, mais il faisait suite à un séminaire du même titre. Il n’est donc pas impossible que ces deux titres m’aient inspiré au moment où j’en cherchais un pour mon propre livre, écrit en 2007 à la demande de Martine Bouchier pour une collection qu’elle était en train de lancer ; demande qui venait à point, car j’éprouvais le besoin de mettre au clair les idées directrices de l’enseignement que j’avais dispensé pendant une quinzaine d’années dans le tronc commun du Diplôme d’études approfondies (DEA) « Jardins, paysages, territoires » (JPT)[5], fondé en 1991 par Bernard Lassus à l’école d’architecture de Paris-La Villette (EAPLV, aujourd’hui ENSAPLV) en association avec l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Dans ce cadre, je considérais le paysage du point de vue de la mésologie, l’étude des milieux dans le fil du fûdoron 風土論de Watsuji et de l’Umweltlehre d’Uexküll[6].
Publié par Yoann Moreau Libellés : paysage, subjectité
Paysage, morphose et mésologie / Augustin Berque
Picture of the Emperor's Travels to Ōu
Viewing Rice Paddies in Saitama Prefecture
(Hiroshige, 1876)
École nationale d’architecture de Paris-La Villette
Exposé au Laboratoire Architecture, Milieu, Paysage (AMP), le 1er décembre 2017
Paysage, morphose et mésologie
Résumé : La problématique du milieu a débuté en ce qui me concerne avec un séminaire collectif organisé en 1983-1984 à l'EHESS sur le thème « paysage empreinte, paysage matrice ». Empreinte parce que, par la technique, les formes paysagères portent la marque des œuvres humaines (c'est l'anthropisation de l'environnement) ; matrice parce que, par le symbole, elles influencent nos manières de percevoir, de penser et d'agir (c'est l'humanisation de l'environnement) ; ce qui, à l'échelle de l'espèce, par effet en retour, a même entraîné l'hominisation (l’on adopte ici la thèse de Leroi-Gourhan). L'ambivalence de ces formes actives et passives à la fois en fait des prises médiales, analogues aux affordances gibsoniennes, et relevant du syllemme (à la fois A et non-A) comme le « troisième et autre genre » (triton allo genos) de la chôra platonicienne, c’est-à-dire le monde sensible ou le milieu existentiel, qui est à la fois « l’empreinte sur la cire » et la « mère » ou la « nourrice », autrement dit à la fois l'empreinte et la matrice de l'être relatif, la genesis.
Publié par Yoann Moreau Libellés : paysage
Qu’est-ce que la mésologie ? / Augustin Berque
Two Women Embracing (E. Schiele, 1915)
Pour Sciences critiques.
Qu’est-ce que la mésologie ?
1. La fondation positiviste
Le terme « mésologie », au sens de : « étude des milieux », a été créé par un disciple d’Auguste Comte, le médecin Charles Robin (1821-1885), qui le proposa lors de la séance inaugurale de la Société de biologie, le 7 juin 1848. Cofondateur de la Société, Robin fixait, parmi les tâches de la biologie à venir, celle de développer ladite mésologie. Celle-ci, notamment sous l’impulsion du médecin, anthropologue et statisticien Louis-Adolphe Bertillon (1821-1883), devait effectivement connaître un bel épanouissement au XIXe siècle, ce qui lui valut de figurer dans la première édition du Petit Larousse (1906) avec la définition suivante : « Partie de la biologie qui traite des rapports des milieux et des organismes », alors que le terme « écologie » n’y figurait pas encore.
Publié par Yoann Moreau Libellés : histoire de la mésologie
Les fondements philosophiques de l’« agronomie naturelle » selon Fukuoka / Augustin Berque
Échantillon de semences de blé germé
(Musée de l'agriculture de l'alimentation, Ottawa)
Les Journées scientifiques de SupAgro – Montpellier, 21 novembre 2017 –
Les fondements philosophiques de l’« agronomie naturelle » selon Fukuoka
Résumé : Fukuoka Masanobu (1913-2008) promouvait une « agronomie naturelle » (shizen nôhô) fondée sur la négation des principes de l’agronomie moderne : pas de machines, pas de labour, pas d’engrais chimiques, pas de pesticides, pas de désherbage, pas d’élagage. On montre les racines taoïstes et bouddhiques de sa manière de penser, pour terminer sur un rapprochement entre Fukuoka, Hésiode et Virgile, et un éloge de l’inartifice.
Plan : § 1 L’agronomie naturelle ; § 2. La nature ; § 3. La négation ; § 4. La relation ; § 5. La recouvrance de l’Âge d’or.
Publié par Yoann Moreau Libellés : agriculture naturelle
Chaînes sémiologiques et production de la réalité / Augustin Berque
Café in Mytilene (Spyros Papaloukas, 1929)
Congrès de l’Association française de sémiotique / Greimas aujourd’hui : l’avenir de la structure / UNESCO, Paris, 30 mai – 2 juin 2017
Publié par Yoann Moreau Libellés : chaîne trajective, réalité
Pour que naquît ce paysage / Augustin BERQUE
Calling on a Friend in the Snow (détail, Sun Zhi, 1595)
NdE. : à penser en rapport avec
"L'antre de la Femelle obscure" d'A. Berque
Paru dans Œuvre et lieu, sous la direction d'Anne-Marie Charbonneaux et Norbert Hillaire en collaboration avec Annie Delay, Paris, Flammarion, 2002, p. 18-34. (c) avec l'aimable autorisation des éditions Flammarion, pour diffusion scientifique.
Pour que naquît ce paysage
I. Pour que naquît ce paysage, il avait fallu bien du temps : le long travail d'une histoire, lentement tissée entre la montagne et les cals de mains humaines, sous des ciels changeants ; mais là-devant, je n'ai passé que deux journées d'automne, saison propice aux imparfaits du subjonctif. C'était en octobre, la fête était passée (du moins, j'en avais la trace écrite), et dans quelques semaines, tout cela serait recouvert par la neige. Par beaucoup de neige : dans la cour de l'ancienne école de Tsuchikura, la perche du nivomètre était graduée jusqu'à plus de quatre mètres. Encore cette école, qui par manque d'enfants dut être fermée en Heisei VIII (1996), n'était-elle qu'une annexe utilisée l'hiver ; l'école principale, celle de la belle saison, n'étant alors plus dégagée par le chasse-neige. Un refuge, en somme, avec un beau grand poêle dans la salle de gymnastique.
Les limites radicales de la subjectité / Augustin Berque
L’araignée qui pleure (Odilon Redon, 1881)
À paraître dans Method(e)s. African Review of Social Sciences Methodology, 2017 : Fractures épistémologiques dans un monde globalisé.
Les limites radicales de la subjectité occidentale moderne
– quelques implications épistémologiques de la mésologie –
Résumé – On distingue d'abord ici la subjectité de la subjectivité. La subjectité est proprioceptive: c'est avoir une certaine conscience de soi, donc être un sujet, pas un objet. La subjectivité est un attribut de la subjectité : c'est voir les choses de son propre point de vue. Le mécanicisme occidental moderne a dénié la qualité de sujet aux vivants non-humains, voire à certains humains. Au contraire, la mésologie (l’Umweltlehre d’Uexküll) pose que tout être vivant est un sujet, qui de ce fait a son propre monde. On creuse ici la question des degrés et des champs de cette subjectité, du vivant le plus primitif au "moi je" du sujet occidental moderne.
Plan : §1. Quelques mots du sujet ; §2. Le paradigme mécanique ; §3. Le tournant uexküllien ; §4. Une science du de-soi-même-ainsi (shizengaku 自然学) ? ; §5. Le vif du sujet ; §6. Des concepts et, pourquoi pas, un autre paradigme ?
Publié par Yoann Moreau Libellés : subjectité
Les limites radicales de la subjectité / Augustin ...
Les fondements philosophiques de l’« agronomie nat...
« La pensée paysagère », qu’est-ce que cela veut d...

References: § 1

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