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Les archives anglaises et l’histoire de la Saintonge, de l’Aunis, de l’Angoumois et du Poitou
D 7 décembre 2008 H 12:19 A Pierre C 0 messages A 2108 LECTURES
Ces provinces ont fait longtemps partie du royaume d’Angleterre. Les archives britanniques des XIIIe et XIVe siècles sont donc une source particulièrement intéressante pour leur histoire, ainsi que pour l’Histoire de la France et de l’Angleterre, avec un grand H.
Eléments de bibliographie - Ouvrages disponibles en ligne - Extraits relatifs au Poitou, à l’Aunis, à la Saintonge et à l’Angoumois.
Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre - Jules Delpit - Paris - 1847 - Cet ouvrage en ligne sur Books Google : Tome 1
Collection générale des documents (...)
Poitou, Aunis
Saintonge, Angoumois
Collection générale des documents français qui se trouvent en Angleterre - Jules Delpit - Paris - 1847
Table des divisions et chapitres dont se compose l’introduction.
Première partie. - Travaux exécutés en Angleterre dans l’intérêt de l’histoire de France.
Chapitre Ier. Mission de MM. Mathurin Esnault et Leprevost, en 1674.
Chapitre II. Mission de Brequigny, de 1764 à 1767.
Article 1er. — Travaux de Brequigny à Londres. — Résultats de cette mission. —Préjugé relatif à l’enlèvement de nos archives par les Anglais.
Article 2 - Examen du travail de Brequigny à Londres et des travaux entrepris sur sa collection.
Chapitre III. Missions de MM. Francisque Michel, Leon de Wailly, etc., en 1833 et années suivantes.
Chapitre IV. Mission de l’éditeur de ce volume, en 1842 et 1843. — Arrivée à Londres. — Note sur l’ensemble des archives anglaises. — Circonstances qui déterminent la publication de ce volume.
Deuxième partie - Description des archives visitées.
Chapitre Ier. Archives de Guild-Hall ou de la mairie de Londres.
Article 1er. — Édifice de Guild-Hall ; divisions de ses archives : 1° Collection de chartes originales ; 2° Répertoire et rôles des testaments ; 3° Cartulaires et manuscrits ; 4° Registres de la mairie.
Article 2. — Notes et remarques sur l’histoire de Londres.
§ 1er. Mairie de Londres ; opinion qu’on s’en faisait au moyen âge.
§ 2. Effets de la conquête sur l’organisation politique de Londres.
§ 3. Établissement et développements de la mairie.
§ 4. Électeurs municipaux.
§ 5. Répartition et levée des impôts.
§ 6. Corporation des métiers.
§ 7. Manière d’acquérir et de perdre le titre de citoyen.
§ 8. Administration de la justice municipale.
§ 9. Enregistrement à Guild-Hall des transactions et contrats des particuliers.
N° 1. Recognitiones debitorum.
N° 2. De scriptis inrotulatis : Chartes et privilèges des villes. — Police et
voirie. — Mezeaux, lépreux et mendiants. — Ordonnances sur les mœurs. — Boissons et aliments. — Mélanges.
Chapitre II. Archives du duché de Lancastre.
Chapitre III. Bibliothèque des avocats de Londres.
Chapitre IV. Archives de l’Échiquier, à Chapter-House.
Troisième partie. - Analyses ou résumés des principaux renseignements qui se trouvent dans ce volume.
Chapitre Ier. Histoire générale. — 1° XIe, XIIe et XIIIe siècles ; 2° XIVe siècle ; 3° XVe siècle ; 4° XVIe siècle.
Chapitre II. Histoire des provinces. — Boulenois, Artois, Ponthieu, Picardie, Flandres, Normandie, Ile-de-France. Champagne et Brie, Bretagne, Poitou, Aunis, Saintonge. Angoumois, Périgord, Limousin, Quercy, Rouergue, Guyenne et Bazadais, Agenais, Condomois, comté de Gaure, Armagnac, Landes, Soule et Labour, Béarn, Bigorre, Provence.
Chapitre III. Histoire littéraire. — 1° Monuments littéraires en vers ; 2° Monuments littéraires en prose.
Chapitre IV. Histoire ecclésiastique.
Chapitre V. Histoire militaire ; organisation, approvisionnement des armées, etc.
Chapitre VI. Histoire judiciaire ; législation, officiers de justice.
Chapitre VII. Histoire municipale.
Chapitre VIII. Histoire financière.
Chapitre IX. Histoire commerciale.
Chapitre X. Histoire numismatique ; monnaies, sceaux.
Chapitre XI. Histoire de l’agriculture.
Chapitre XII. Histoire statistique.
Poitou, Aunis.
Le plus ancien document concernant ces provinces est de 1275 ; il constate qu’à cette époque les marchands et même les ecclésiastiques faisaient le commerce des vins avec l’Angleterre (n° XVIII, note). Souvent sans doute les marchands poitevins ou rochelais étaient compris dans les actes, où ils n’étaient désignés que par la dénomination générique de marchands gascons (voyez article Guyenne) : on en trouve une preuve évidente dans la liste des chevaliers gascons, dont Edward Ier se chargea de payer les dettes à Londres ; l’article 87 entre autres est consacré à quelques habitants de la Rochelle (n° LVI).
Le n° CVII fait connaître le détail des mésaventures arrivées à un marchand écossais qui était venu en Poitou prendre une cargaison de sel, etc., en 1318.
Les n°s CCXXIV, CCXXV, CCXXVI, sont relatifs à la mission confiée par le Pape, en 1335, à Bernard Sistre, chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers ; mais il faut ensuite passer aux temps de la domination du Prince Noir, en 1363, pour trouver le récit des chevauchées que fit ce prince dans le Poitou (n° CXCII).
J’ai déjà dit, au chapitre précédent, en quoi ce document différait du récit de Froissard ; ici je me bornerai à suivre l’ordre de l’itinéraire, qui me paraît le plus vrai.
D’après cet itinéraire, le prince d’Aquitaine et sa cour seraient arrivés de Saint-Jean d’Angely à la Rochelle, le 27 août 1363. Là ils reçurent dans l’église des frères mineurs les hommages des seigneurs de Parthenay, de Marans, de Thouars, etc., jusqu’au 29 août. Le 1er septembre, ils reçurent les hommages à Benon, et le 3 à Niort, où maître Pierre Perseschausses, maire de la ville, rendit hommage au nom de la commune. Le 6 septembre, le Prince s’arrêta à Sainl-Maixent, et le 13 il était arrivé à Poitiers, où il séjourna longtemps et reçut les hommages dans plusieurs églises de la ville et même un jour dans sa chambre.
C’est à Poitiers que le Prince reçut le plus grand nombre d’hommages et les plus importants, soit que réellement les contrées environnantes fussent plus peuplées de noblesse , soit que le Prince y demeurant longtemps , les seigneurs des autres contrées aient profité de la longueur de son séjour pour venir le joindre, comme firent les consuls d’une petite ville du Béarn. Le Prince séjourna à Poitiers du 13 septembre au 19 novembre (n° CXCII, art. 684 à 946).
Les comptes de l’administration financière de l’Aquitaine, dressés par Filongleye dans deux tableaux, forment les n° CCXXIII et CCXXIV de ce volume. (Voyez ce que j’en ai dit au chapitre précédent.) Dans le premier tableau, les revenus et les dépenses de la Rochelle sont joints à ceux de la Saintonge (n° CCXXIII, art. 71, 144 et 807 à 811). Le tout est tellement mêlé et confondu, qu’il faudrait un travail tout spécial pour le séparer. Je me bornerai à en donner les résultats généraux et communs aux deux sénéchaussées. Les revenus ordinaires furent près de trois fois supérieurs aux dépenses. Il est vrai que le trésorier avait reçu quelques sommes étrangères à sa recette ordinaire ; mais il est vrai aussi que les droits possédés par le Prince dans cette contrée étaient plus nombreux que dans les autres.
Dans le Poitou (n° CCXIII, art. 296 à 367 et 814 à 817), les recettes ordinaires dépassèrent à peine les dépenses. Cependant les droits royaux avaient été et même étaient encore très-nombreux en Poitou ; mais le Prince les avait sans doute aliénés (1), tandis que sa domination n’avait pas été établie d’une manière bien claire sur quelques-unes des prévôtés voisines des frontières de la France.
Le second tableau de Filongleye, en ce qui concerne la Rochelle et le Poitou, ne peut guère nous servir à contrôler l’exactitude des chiffres du premier ; dans ce second tableau, la Rochelle est jointe avec la Saintonge, et le Poitou avec le Limousin.
Je renvoie ce que j’ai à dire du monnayage an chapitre X. Le louage, en Poitou, où il fut levé quatre fois, produisit plus de 38,000 livres, c’est-à-dire deux fois autant que les recettes ordinaires du Poitou jointes à celles du Limousin, et cependant les frais de perception ne s’étaient pas élevés à un soixantième du produit. Il faut ajouter que les bourgeois de la Rochelle avaient fait exceptionnellement un don de 1,000 livres au Prince, à une époque qui n’est pas indiquée (n° CCXXIV, art. 21).
Le 8 octobre 1370, le Prince étant à son château de Cognac, donna à son frère Jean, duc de Lancastre, le château, la ville et la chastellenie de La Roche-sur-Yon, avec tous ses droits et revenus, à la seule charge des redevances féodales ordinaires. Il y avait peu de temps sans doute que ce domaine était entré dans ses mains, car il n’en est pas question dans les comptes de Filongleye (n° CCXVIII).
Le prince Edward, en quittant l’Aquitaine, y avait laissé pour gouverneur son frère, le duc de Lancastre ; mais celui-ci était également revenu à Londres, et le 3 mai 1371, il mandait à Thomas de Percy, sénéchal de Poitou, de faire payer par Bert. Palerank, receveur dans l’île d’Oleron, la somme de 600 francs d’or à Guichard d’Angle, maréchal d’Aquitaine, à compte sur les receltes provenant de l’impôt d’un franc ou guyonnais hardy, sur chaque tonneau de vin croissant dans le pays d’Aunys. Cet impôt, octroyé l’année précédente au duc de Lancastre, avait été donné par lui au maréchal d’Aquitaine, qui n’en avait pas été payé (n" CCXXVIII). Voir ce document
Bientôt après, le duc de Lancastre se trouvant à la Rochelle, afferma pour tout le temps de la guerre, sa ville de La Roche-sur-Yon, à Th. de Percy, J. de Harpedenne et Regnaut de Vivonne, moyennant une rente annuelle de 500 marcs. Dans cette somme étaient formellement comprises toutes les confiscations des biens des vassaux rebelles dont la valeur ne dépasserait pas 100 livres. Le duc abandonnait en outre les rançons à imposer sur les terres de Bretagne et d’Anjou, en spécifiant que si les seigneurs de Laval et Clisson venaient à faire la paix avec le roi d’Angleterre, ce qui diminuerait les terres sur lesquelles on pouvait faire des courses, il serait fait une diminution sur le prix de ferme, à dire d’expert (n° CCXXXI). (1) Nous savons entre autres que le chambarlatge de Poitiers était tenu en fief (n° CXCII, art. 1033.
Il parait que la levée de l’impôt d’un franc par tonneau de vin croissant dans le pays d’Aunys, n’avait pas été accordée au duc de Lancastre aussi bénévolement qu’il le disait ; il semble même que dans l’île d’Oleron la levée de cet impôt avait excité un tel mécontentement que le duc avait été obligé d accorder d’abord un délai pour le payement, puis d’écrire à son receveur, non-seulement de ne rien lever cette année, mais de restituer les sommes qu’il pouvait avoir perçues. Cependant il écrivit à la même époque au sénéchal de Poitou de faire lever cet impôt par ses agents quand le délai serait expiré (n°s CCXXXII, CCXXXIII). Voir ce document
Le 18 avril de la même année, le duc de Lancastre certifia que pendant qu’il était en Aquitaine il avait reçu fidèlement de J. Compaignon de Nyort, les provisions de blés, vins, foins, etc., que les pourvoyeurs Rob. Hadrigant et P.Petruche lui avaient livrées pour l’approvisionnement de Nyort (n° CCXXXVII).
Le 4 avril 1374, J. Cressewelle et Geoffroi Saint-Quentin, gouverneurs du château de Lusignan, qui avait été assiégé par les Français depuis le premier samedi du Carême, et ne pouvaient maintenant, à cause des trêves, s’approvisionner dans le pays, sans argent, vinrent trouver le duc de Lancastre à Bordeaux et obtinrent de lui 6,000 florins d’Aragon, moyennant quoi ils promirent de garder la ville jusqu’au 1er septembre, époque à laquelle les trêves devant cesser, ils pourraient s’approvisionner sans payer (n° CCLII).
Le dernier document inédit qui concerne cette province est relatif à la ville de la Rochelle ; le 11 octobre 1409, Henri IV fit annoncer aux marchands anglais que d’après les trêves conclues avec ses adversaires de France, jusqu’au 1er mai prochain, les marchands anglais qui voudraient aller à la Rochelle ou les marchands de la Rochelle qui voudraient venir en Angleterre avec des vins ou d’autres marchandises, pouvaient le faire sans danger (n° CCCXVIII).
Saintonge, Angoumois.
Les documents relatifs à ces provinces sont peu nombreux dans ce volume et se bornent presque aux articles qui les concernent, dans le procès-verbal des hommages rendus au Prince Noir et dans les comptes de Rich. Filongleye. Cependant dans le mémoire sur les moyens de mettre l’Aquitaine en état de défense, en 1325, il est recommandé au comte de Kent de faire mieux approvisionner le château de Saintes (n° CXII, art. 25).
En 1560, le Prince Noir arriva à Angoulême le 18 août, et il y reçut les hommages dans la salle du château jusqu’au 21. Le 24 août il les recevait dans la cathédrale de Saintes, et le 26 à Saint-Jean-d’Angely. En 1364 le Prince était de retour à Angoulême le 28 mars, et s’y trouvait encore le 4 avril. C’est alors qu’il y reçut l’hommage du comte d’Armagnac (n° CXCII, articles 467 à 646, et 1037 à 1047).
Dans le premier tableau de Filongleye, les articles relatifs à la Saintonge sont mêlés à ceux de la Rochelle. L’Angoumois seul est à part, et les dépenses ordinaires y balancent presque les recettes. On y remarque que le captal de Buch possédait la terre de Cognac, le seigneur de Mucidan la seigneurie d’Aubeterre, etc., et que le Prince avait donné à un certain hermite les greffes de Montendre, de Saintes et de Talmont. Il est possible que cet hermite fût celui qui était chargé d’entretenir le fanal de la tour de Cordouan (n° CCXXIII, art. 71 à 144, 407 à 436, 807 à 811, 821 à 825).
Dans le deuxième tableau, les comptes de la Saintonge sont aussi mêlés avec ceux de la Rochelle ; il n’y eut point de monnayage à Angoulême ; mais il y eut quatre fouages, tandis qu’il n’y en avait eu que trois en Saintonge (n° CCXXIV, art. 1, 7, 13, 16).
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§ 3

§ 4

§ 5

§ 6

§ 7

§ 8

§ 9
 art. 684
 art. 71
 art. 296
 art. 21
 art. 1033
 art. 25
 art. 71
 art. 1