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5A_15/2014 (28.07.2014)
5A_15/2014 � � Arr�t du 28 juillet 2014
recours contre l'arr�t du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile, du 11 octobre 2013.
A.a.a.�A.________, n� en 1960, et dame A.________, n�e en 1967, se sont mari�s en 1998. De cette union sont issus deux enfants: B.________, n� en 2000, et C.________, n�e en 2004. Les parties se sont s�par�es dans le courant du premier trimestre de l'ann�e 2010 au plus tard.
A.a.b.�La situation financi�re actuelle des parties a �t� arr�t�e comme suit en instance cantonale, �tant pr�cis� que A.________ conteste ses propres charges et les revenus de son �pouse:
A.a.b.a.�A.________, employ� aupr�s de la soci�t� D.________, r�alise un revenu compos� de prestations p�riodiques d'un montant mensuel net de 26'498 fr. (13
�me�salaire et prestations accessoires inclus), auxquelles s'ajoute un bonus "Centre" annuel qui s'est �lev�, en 2011, � 146'141 fr. brut. Il per�oit en outre une autre gratification, sous la forme d'unit�s d'actions assujetties � des restrictions (RSUP). Selon le d�compte salaire de mars 2012, cette gratification a atteint le montant de 129'501 fr. 25, dont il pourrait b�n�ficier � la r�alisation des actions, dans trois ans. Au d�but de l'ann�e 2013, A.________ a en revanche d�j� touch� un montant brut de 111'100 fr. � ce titre, correspondant au produit de r�alisation de ses actions bloqu�es en 2010.
�S'agissant de ses charges, d'un montant total de 18'654 fr. 50, celles-ci comprennent le montant de base LP de 1'200 fr., le loyer de 3'300 fr., le solde de primes d'assurance-maladie de 80 fr. (le reste �tant pris en charge par l'employeur), le montant de 200 fr. � titre d'autres d�penses, les imp�ts de 11'074 fr. 50 et les pensions en faveur des enfants de 2'800 fr. au total.
�Sur la base des seules prestations p�riodiques, le budget de l'�poux pr�sente donc un exc�dent de 7'843 fr. 50 par mois.
A.a.b.b.�dame A.________ n'exerce aucune activit� lucrative. Ses charges, d'un montant total de 7'430 fr., comprennent le montant de base LP de 1'350 fr., un loyer hypoth�tique �valu�, faute de pi�ces, � 1'980 fr. (d�duction faite de la part de logement des enfants de 40%), la prime d'assurance-maladie de 300 fr., les frais de transport de 200 fr., le montant de 300 fr. � titre d'autres d�penses, et les imp�ts estim�s � 3'300 fr.
�Le budget de l'�pouse pr�sente donc un d�ficit de 7'430 fr. par mois.
A.b.a.�Statuant le 28 mars 2012, la Cour d'appel civil du Tribunal cantonal fribourgeois a partiellement admis le recours interjet� par dame A.________ contre une ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale du 22 juin 2010. Elle a ainsi attribu� la jouissance du domicile conjugal sis � E.________ � l'�pouse jusqu'au 31 ao�t 2012, celle-ci �tant tenue de s'acquitter des charges courantes de la maison et l'�poux �tant tenu de s'acquitter des int�r�ts et de l'amortissement hypoth�caires. Elle a en outre condamn� l'�poux, du 15 mars 2010 au 31 ao�t 2012, soit tant que l'�pouse et les enfants demeuraient dans la maison familiale, � verser les montants de 875 fr. pour chacun des enfants et de 11'900 fr. pour l'�pouse, puis du 1
er�septembre 2012 au 31 d�cembre 2012, soit jusqu'� l'�ch�ance du d�lai imparti � l'�poux pour vendre ou louer la maison, � verser le montant de 1'400 fr. pour chacun des enfants et de 10'875 fr. pour l'�pouse, et enfin, d�s le 1
er�janvier 2013, � verser les montants de 1'400 fr. pour chacun des enfants et de 13'775 fr. pour l'�pouse.
A.b.b.�Par arr�t 5A_323/2012 du 8 ao�t 2012, le Tribunal f�d�ral a rejet� le recours en mati�re civile interjet� par A.________ tendant en substance � verser des pensions inf�rieures � celles auxquelles la cour cantonale l'avait condamn�.
B.a.�Par demande unilat�rale du 12 octobre 2012 d�pos�e devant le Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois, A.________ a ouvert action en divorce.
�Par requ�te de mesures provisionnelles du 20 d�cembre 2012, il a conclu � ce que la pension mensuelle due pour l'entretien de sa famille soit fix�e, � compter du 1
er�janvier 2013, � 1'400 fr. en faveur de chaque enfant, allocations familiales �ventuelles en sus, et � 7'120 fr. en faveur de son �pouse.
�Par d�termination du 12 f�vrier 2013, pr�cis�e le 22 f�vrier 2013, dame A.________ a conclu au rejet de la requ�te et, � titre reconventionnel, � ce que son �poux soit condamn� � contribuer � l'entretien des siens par le versement en ses mains, d�s le 1
er�janvier 2013, d'un montant fixe de 20'000 fr., allocations familiales en sus.
�Le pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a consid�r� que les imp�ts courants de l'�poux, de 11'074 fr. 50, �taient largement sup�rieurs � ceux estim�s � 6'300 fr. par le Tribunal cantonal fribourgeois et constituaient d�s lors un fait nouveau lui permettant d'entrer en mati�re sur la requ�te. Il a ensuite adapt� les autres �l�ments de calcul, notamment le salaire de l'�poux.
�Par ordonnance de mesures provisionnelles du 14 ao�t 2013, le pr�sident a confirm� le montant de la contribution d'entretien due aux enfants de 1'400 fr. par enfant, allocations familiales en sus (I), mais a modifi� celle due � l'�pouse en condamnant A.________ � contribuer � l'entretien de dame A.________ d�s le 1
er�janvier 2013 par le versement d'une contribution d'entretien mensuelle de 7'635 fr. (II) et par le versement de la moiti� des revenus nets suppl�mentaires qui lui seront vers�s par son employeur � titre de prestations variables lorsqu'ils seront effectivement touch�s, le d�biteur �tant astreint � renseigner son �pouse et � lui pr�senter trimestriellement tous les d�comptes y relatifs (III).
B.b.�Par arr�t du 11 octobre 2013, la Juge d�l�gu�e de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel interjet� contre cette ordonnance par A.________.
Par acte post� le 8 janvier 2014, A.________ interjette un recours en mati�re civile devant le Tribunal f�d�ral contre cet arr�t. Il conclut, principalement, � sa r�forme en demandant � ce que les chiffres II et III de l'ordonnance de mesures provisionnelles du 14 ao�t 2013 soient remplac�s en ce sens qu'il est condamn� � contribuer � l'entretien de son �pouse par le versement d'une pension mensuelle de 7'120 fr. d�s le 1
er�janvier 2013, et, subsidiairement, � l'annulation de l'arr�t attaqu� et au renvoi de la cause � l'autorit� cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. En substance, il se plaint d'arbitraire dans l'application du droit (cf. art. 9 Cst.).
�Invit�es � se d�terminer, l'autorit� cantonale a renonc� � le faire alors que l'intim�e a conclu au rejet du recours.
�Dans leur r�plique et duplique, les parties ont persist� dans leurs conclusions respectives.
Le pr�sent recours a �t� d�pos� en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) ainsi que dans la forme l�gale (art. 42 LTF), contre une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2; 133 III 393 consid. 4) rendue sur recours par une autorit� cantonale sup�rieure de derni�re instance (art. 75 LTF), dans une affaire matrimoniale (art. 72 al. 1 LTF). Le litige porte sur la contribution pour l'entretien de l'�pouse, allou�e � titre provisionnel pour la dur�e de la proc�dure en divorce, � savoir une cause de nature p�cuniaire dont la valeur litigieuse est sup�rieure � 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74 al. 1 let. b LTF). Le recourant a en outre pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente (art. 76 al. 1 let. a LTF) et, ayant succomb� dans ses conclusions, a un int�r�t � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 let. b LTF). Le recours en mati�re civile est en principe recevable au regard des dispositions qui pr�c�dent.
La d�cision attaqu�e porte sur des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5.1, 585 consid. 3.3).
�Saisi d'un recours fond� sur l'art. 98 LTF, le Tribunal f�d�ral ne revoit l'application du droit f�d�ral que sous l'angle restreint de l'arbitraire. De jurisprudence constante, une d�cision est arbitraire lorsqu'elle est manifestement insoutenable, m�conna�t gravement une norme ou un principe juridique clair et indiscut�, ou heurte de mani�re choquante le sentiment de la justice et de l'�quit�; il ne suffit pas qu'une autre solution paraisse concevable, voire pr�f�rable; pour que cette d�cision soit censur�e, encore faut-il qu'elle se r�v�le arbitraire, non seulement dans ses motifs, mais aussi dans son r�sultat (ATF 137 I 1 consid. 2.4; 136 I 316 consid. 2.2.2 et les r�f�rences). Le justiciable qui se plaint d'une violation de l'art. 9 Cst. ne saurait se contenter de critiquer la d�cision attaqu�e comme il le ferait en instance d'appel, o� l'autorit� sup�rieure jouit d'une libre cognition; en particulier, il ne peut se borner � opposer son opinion � celle de l'autorit� cantonale, mais doit, conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), d�montrer par une argumentation pr�cise que cette d�cision repose sur une application de la loi manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et les r�f�rences).
Les mesures protectrices de l'union conjugale demeurent en vigueur m�me au-del� de l'ouverture de la proc�dure de divorce. Une fois ordonn�es, elles ne peuvent �tre modifi�es par le juge des mesures provisionnelles qu'aux conditions de l'art. 179 CC (ATF 137 III 614 consid. 3.2.2; arr�ts 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 consid. 3.1; 5A_535/2013 du 22 octobre 2013 consid. 3.1). Le juge prononce les modifications command�es par les faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont d�termin�es n'existent plus. La modification des mesures provisoires ne peut �tre obtenue que si, depuis leur prononc�, les circonstances de fait ont chang� d'une mani�re essentielle et durable, notamment en mati�re de revenus, � savoir si un changement significatif et non temporaire est survenu post�rieurement � la date � laquelle la d�cision a �t� rendue, si les faits qui ont fond� le choix des mesures provisoires dont la modification est sollicit�e se sont r�v�l�s faux ou ne se sont, par la suite, pas r�alis�s comme pr�vus (arr�ts 5A_245/2013 du 24 septembre 2013 consid. 3.1; 5A_101/2013 du 25 juillet 2013 consid. 3.1; 5A_400/2012 du 25 f�vrier 2013 consid. 4.1; 5A_218/2012 du 29 juin 2012 consid. 3.3.2, publi�
in�FamPra.ch 2012 p. 1099; 5A_511/2010 du 4 f�vrier 2011 consid. 2.1). En revanche, les parties ne peuvent pas invoquer, pour fonder leur requ�te en modification, une mauvaise appr�ciation des circonstances initiales, que le motif rel�ve du droit ou de l'�tablissement des faits all�gu�s sur la base des preuves d�j� offertes; pour faire valoir de tels motifs, seules les voies de recours sont ouvertes (arr�ts 5A_153/2013 du 24 juillet 2013 consid. 2.1; 5A_147/2012 du 26 avril 2012 consid. 4.2.1), car la proc�dure de modification n'a pas pour but de corriger le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 131 III 189 consid. 2.7.4 [au sujet de l'art. 129 CC]).
�Le fait rev�t un caract�re nouveau lorsqu'il n'a pas �t� pris en consid�ration pour fixer la contribution d'entretien dans le jugement pr�c�dent (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1; 131 III 189 consid. 2.7.4; arr�t 5A_829/2012 du 7 mai 2013). Il n'est donc pas d�cisif qu'il ait �t� impr�visible � ce moment-l�. On pr�sume n�anmoins que la contribution d'entretien a �t� fix�e en tenant compte des modifications pr�visibles, soit celles qui, bien que futures, sont d�j� certaines ou fort probables (ATF 131 III 189 consid. 2.7.4; arr�t 5A_845/2010 du 12 avril 2011 consid. 4.1). Le moment d�terminant pour appr�cier si un fait nouveau s'est produit est la date du d�p�t de la demande de modification (ATF 137 III 604 consid. 4.1.1; 120 II 285 consid. 4b).
�Lorsqu'il admet que les circonstances ayant pr�valu lors du prononc� de mesures provisoires se sont modifi�es durablement et de mani�re significative, le juge doit fixer � nouveau la contribution d'entretien, apr�s avoir actualis� tous les �l�ments pris en compte pour le calcul dans le jugement pr�c�dent et litigieux devant lui (ATF 138 III 289 consid. 11.1.1; 137 III 604 consid. 4.1.2; arr�ts 5A_562/2013 du 24 octobre 2013 consid. 3.1; 5A_140/2013 du 28 mai 2013 consid. 4.1).
Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'application de l'art. 179 CC, en tant que la juge d�l�gu�e n'a pas pris en compte dans ses charges les frais d'amortissement et les int�r�ts hypoth�caires de la maison sise � E.________ dont il �tait propri�taire et qu'il n'est pas parvenu � vendre dans le d�lai que lui avait imparti l'autorit� cantonale fribourgeoise.
4.1.�La juge d�l�gu�e a tout d'abord relev� que, dans son arr�t du 28 mars 2012, le Tribunal cantonal fribourgeois avait autoris� l'intim�e � demeurer dans le domicile conjugal de E.________ jusqu'au 31 ao�t 2012 pour tenir compte du d�lai raisonnable dont celle-ci avait besoin pour se reloger. En �vacuant le domicile conjugal � cette date, l'intim�e avait respect� la d�cision judiciaire sans qu'on puisse lui reprocher d'avoir prolong� cette occupation par une quelconque manoeuvre. La juge d�l�gu�e a ensuite relev� que l'autorit� fribourgeoise avait retenu que, d�s le 1er septembre 2012, le recourant devait faire face � des frais de logement pour son propre appartement, par 3'300 fr., et pour la maison de E.________, par 5'800 fr., et que cette d�pense, clairement excessive, pouvait seulement �tre admise dans un court d�lai �ch�ant au 31 d�cembre 2012 pour permettre au recourant de vendre ou de louer la maison. M�me si une vente pouvait se r�v�ler difficile, ce d'autant plus que l'intim�e avait quitt� le logement � la fin ao�t 2012, il n'en demeurait pas moins que le recourant savait depuis le mois de mars 2012 qu'il devait vendre ou louer son immeuble et qu'il aurait en tout cas pu ais�ment le louer compte tenu de l'�tat du march� et de sa situation g�ographique.
�Sur ces motifs, la juge d�l�gu�e a refus� de tenir compte des frais li�s � la maison de E.________ dans les charges du recourant.
4.2.�En l'esp�ce, le recourant se borne � affirmer que la vente de la maison n'a pas pu avoir lieu � la fin de l'ann�e 2012 et qu'il faudrait donc tenir compte de cet �l�ment nouveau. Ce faisant, soit il se base sur un �tat de fait contraire � celui de l'arr�t attaqu� sans en d�montrer l'�tablissement arbitraire (comportement chicanier de l'intim�e et mauvais entretien du b�timent par celle-ci; efforts fournis sans m�nagement par lui-m�me en vue de r�aliser la vente), soit il r�fute les crit�res retenus par la juge d�l�gu�e sans en d�montrer l'appr�ciation arbitraire (�tat du march� immobilier et situation g�ographique de la maison).
�Cette argumentation est appellatoire et le grief doit donc �tre d�clar� irrecevable.
Le recourant se plaint d'arbitraire dans l'application du droit, en tant que la juge d�l�gu�e n'a pas imput� un revenu hypoth�tique de 2'500 fr. � l'intim�e obtenu soit par son activit� de peintre dont elle cacherait les gains, soit par une activit� que celle-ci pourrait effectuer aupr�s de l'entreprise F.________. Il fonde principalement son argumentation sur le principe du�
clean break, applicable selon lui � la pr�sente proc�dure.
5.1.�La juge d�l�gu�e a consid�r� qu'aucun revenu hypoth�tique ne pouvait �tre imput� � l'intim�e compte tenu du fait que celle-ci avait deux enfants, dont le plus jeune n'avait pas encore 10 ans, qu'elle n'avait pas exerc� d'activit� professionnelle durant la vie commune, qu'elle n'avait pas de formation suffisante pour trouver un emploi et que les moyens du recourant permettaient de couvrir l'ensemble des besoins de la famille.
5.2.1.�M�me lorsqu'on ne peut plus s�rieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC demeure la cause de l'obligation d'entretien r�ciproque des �poux (ATF 137 III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2). Tant que dure le mariage, les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon leurs facult�s (art. 163 al. 2 CC), aux frais suppl�mentaires engendr�s par l'existence parall�le de deux m�nages. Le montant de la contribution d'entretien se d�termine en fonction des facult�s �conomiques et des besoins respectifs des �poux. Si leur situation financi�re le permet encore, le standard de vie ant�rieur, choisi d'un commun accord, doit �tre maintenu pour les deux parties. Le train de vie men� jusqu'� la cessation de la vie commune constitue la limite sup�rieure du droit � l'entretien. Il s'agit d'un principe g�n�ral qui s'applique ind�pendamment de la m�thode de fixation de la pension (m�thode fond�e sur les d�penses effectives; m�thode de minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent [sur la distinction entre ces deux m�thodes: cf. ATF 137 III 102 consid. 4.2.1.1]). Quand il n'est pas possible de conserver ce niveau de vie, les conjoints ont droit � un train de vie semblable (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b et les r�f�rences; arr�ts 5A_36/2014 du 9 juillet 2014 consid. 4.1 et les r�f�rences).
�Pour fixer la contribution d'entretien, si le juge des mesures provisionnelles peut devoir modifier la convention conclue pour la vie commune afin de l'adapter en fonction du devoir de chacun des �poux de participer, selon ses facult�s, aux frais suppl�mentaires qu'engendre la vie s�par�e, il ne doit pas proc�der � un "mini-proc�s" en divorce: il ne doit donc pas trancher, m�me sous l'angle de la vraisemblance, les questions de fond, objet du proc�s en divorce, en particulier celle de savoir si le mariage a influenc� concr�tement la situation financi�re du conjoint (ATF 138 III 97 consid. 2.2; 137 III 385 consid. 3.1, pr�cisant l'ATF 128 III 65; arr�ts 5A_502/2010 du 25 juillet 2011 consid. 3.2.1, publi�
in�FamPra.ch 2011 p. 993; 5A_236/2011 du 18 octobre 2011 consid. 4.2.3; 5A_122/2011 du 6 juin 2011 consid. 4).
5.2.2.�La capacit� de pourvoir soi-m�me � son entretien est susceptible d'�tre limit�e totalement ou partiellement par la charge que repr�sente la garde des enfants. En principe, on ne peut exiger d'un �poux la prise ou la reprise d'une activit� lucrative � un taux de 50 % avant que le plus jeune des enfants n'ait atteint l'�ge de 10 ans r�volus, et de 100 % avant qu'il n'ait atteint l'�ge de 16 ans r�volus (arr�t 5A_319/2013 du 17 octobre 2013 consid. 2.3.3, publi�
in�FamPra.ch 2014 p. 177; cf. aussi, ATF 115 II 6 consid. 3c). Ces lignes directrices sont toujours valables d�s lors que la garde et les soins personnels sont dans l'int�r�t des enfants en bas �ge, ainsi que de ceux en �ge de scolarit�, et que les soins personnels repr�sentent un crit�re essentiel lors de l'attribution de la garde. Elles ne sont toutefois pas des r�gles strictes; leur application d�pend des circonstances du cas concret (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2; arr�t 5A_241/2010 du 9 novembre 2010 consid. 5.4.3, publi�
in�FamPra.ch 2011 p. 193), notamment de ce qui a �t� convenu durant la vie commune ou des capacit�s financi�res du couple (arr�t 5A_65/2013 du 4 septembre 2013 consid. 4.2.2). Le juge du fait tient compte de ces lignes directrices dans l'exercice du large pouvoir d'appr�ciation qui est le sien (ATF 134 III 577 consid. 4).
5.3.�En l'esp�ce, en tant que le recourant pr�tend que l'intim�e g�n�re des gains par des expositions de peinture qu'elle organiserait, il se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arr�t attaqu�, sans en d�noncer l'arbitraire par une argumentation conforme aux exigences du principe d'all�gation (cf.�
supra�consid. 2), ainsi que sur une pi�ce nouvelle (le profil�
Linkedln�de l'intim�e), irrecevable (cf. art. 99 al. 1 LTF), d�s lors qu'il pr�tend avoir produit celle-ci dans sa r�ponse sur demande reconventionnelle du 15 novembre 2013.
�En tant que le recourant se borne � pr�tendre que l'intim�e pourrait dans tous les cas obtenir un revenu hypoth�tique de 2'500 fr. en travaillant dans la restauration rapide, il ne d�montre pas l'arbitraire de l'arr�t attaqu�: par son argumentation, il n'attaque pas les crit�res retenus par la juge d�l�gu�e (en particulier l'�ge de l'enfant cadet, le manque de formation de l'intim�e et la capacit� financi�re du recourant) et se pr�vaut d'une stricte application du principe du�
clean break�qui, en tant que tel, ne joue pas de r�le dans le cadre des mesures provisionnelles (cf.�
supra�consid. 5.2.1 2�me par., ainsi que l'arr�t 5A_860/2013 du 29 janvier 2014 consid. 6
�Le grief d'arbitraire doit donc �tre rejet�, pour autant qu'il soit recevable.
Le recourant reproche ensuite � la juge d�l�gu�e d'avoir appliqu� la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent pour fixer la contribution d'entretien due � l'intim�e, et non celle bas�e sur les d�penses effectives permettant de maintenir le niveau de vie ant�rieur.
6.1.�S'agissant de la m�thode de calcul de la contribution d'entretien, la juge d�l�gu�e a retenu que le Tribunal cantonal fribourgeois avait appliqu� celle du minimum vital �largi avec r�partition par moiti� de l'exc�dent au motif que le recourant n'avait pas prouv� son all�gation selon laquelle il aurait effectu� des rachats LPP � hauteur de 605'761 fr. dans les cinq ans pr�c�dant la s�paration au moyen des seuls revenus de son travail, ni qu'il continuerait � �pargner, et que rien n'indiquait que les contributions octroy�es permettraient � l'intim�e d'obtenir un niveau de vie sup�rieur � celui connu durant la vie commune. Elle a alors jug� que le recourant ne pouvait fonder sa requ�te en modification sur une mauvaise appr�ciation des circonstances initiales et tenter par ce biais de corriger le premier jugement. Elle a donc conclu que la m�thode retenue pr�c�demment n'ayant pas �t� valablement contest�e par le recourant, celui-ci ne pouvait s'en pr�valoir dans le cadre d'une proc�dure en modification.
�S'agissant des �l�ments de calcul de la contribution d'entretien, la juge d�l�gu�e a consid�r�, sur la base des faits tels qu'�tablis en premi�re instance le 14 ao�t 2013, que le revenu du recourant - compos� de prestations p�riodiques d'un montant mensuel net de 26'498 fr. ainsi que d'un bonus "Centre" annuel de 146'141 fr. brut en 2011 et d'une gratification octroy�e sous la forme d'unit�s d'actions assujetties � restrictions r�alis�es tous les trois ans de 111'100 fr. en 2013 - avait augment� depuis le prononc� des mesures protectrices de l'union conjugale. Elle a �galement retenu que les charges du recourant avaient augment� depuis ce prononc� et s'�levaient d�sormais � 18'655 fr., contributions d'entretien des enfants comprises.
6.2.�En l'esp�ce, au regard des exigences du principe d'all�gation (cf.�
supra�consid. 2), l'argumentation du recourant ne d�montre pas l'arbitraire de la d�cision attaqu�e. En effet, se m�prenant sur les conditions de l'art. 179 CC (cf.�
supra�consid. 3 1er par.), il tente de faire modifier la m�thode de calcul retenue dans le jugement de mesures protectrices de l'union conjugale, en se pr�valant de faits qu'il n'avait pas r�ussi � prouver lors de cette proc�dure. Par ailleurs, il pr�tend que la pension allou�e permettrait � l'intim�e de b�n�ficier d'un train de vie sup�rieur � celui qui �tait le sien durant la vie commune, toutefois toujours en se pr�valant des d�penses effectives support�es durant cette p�riode. A aucun moment, il n'invoque que le principe selon lequel le train de vie ant�rieur constitue la limite sup�rieure de l'entretien vaut aussi lorsque l'on applique la m�thode du minimum vital �largi avec r�partition de l'exc�dent (cf.�
supra�consid. 5.2.1), de sorte que ce principe aurait �t� appliqu� de mani�re arbitraire;�
a fortiori, il n'essaie m�me pas de d�montrer que, m�me en se fondant sur cette m�thode, tout exc�dent sup�rieur � celui allou� en 2012 lors de la premi�re proc�dure, soit 6'345 fr., procurerait � l'intim�e un niveau de vie sup�rieur � celui qui �tait le sien, compte tenu des d�penses comprises dans le minimum vital �largi du couple durant la vie commune, �tant admis que celui-ci ne r�alisait pas d'�conomies � cette p�riode. Il n'invoque pas non plus la violation d'un droit constitutionnel en lien avec le fardeau de la preuve qu'aurait d� apporter l'intim�e, qui s'est en l'occurrence born�e � invoquer la m�thode de calcul de la pension et l'augmentation du revenu de son �poux pour fonder son droit � l'augmentation de sa pension (cf. arr�ts 5A_516/2013 du 2 avril 2014 consid. 3.3; 5A_205/2010 du 12 juillet 2010 consid. 4.2.2, publi�
in�FamPra.ch 2010 p. 894; 5A_504/2008 du 20 novembre 2009 consid. 2.3).
�Le grief tir� de la violation de l'art. 9 Cst. doit donc �tre rejet�, pour autant qu'il soit recevable.
En conclusion, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 2'000 fr., sont mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Celui-ci versera � l'intim�e la somme de 2'000 fr. � titre de d�pens (art. 68 al. 1 LTF).
Le recourant versera � l'intim�e la somme de 2'000 fr. � titre de d�pens.

References: art. 9
 ATF 
 art. 74
 ATF 
 ATF 
 art. 99