Source: https://www.lesedc.org/pensee-sociale-chretienne/bien-commun/
Timestamp: 2020-08-04 13:29:31+00:00

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Le principe du Bien Commun | Doctrine Sociale de l'Eglise | Les EDC
Accueil / Pensée sociale chrétienne / Bien commun
« A côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société :
le bien commun. C’est le bien du « nous tous ». »
Benoit XVI in Caritas in Veritate
« Le bien commun (…) n’est jamais l’addition des biens
de chacun de membres. Il est toujours le bien de
l’unité harmonieuse, organique, du tout social. »
Marcel Clément in La doctrine sociale de l’Eglise
L’entreprise contribue à son tour au bien commun da la société.
Le bien commun est une notion souvent ignorée ou mal comprise. Il est donc primordial de l’expliquer et de s’interroger sur sa mise en œuvre concrète. Rechercher le bien commun pour son entreprise consiste à la diriger, l’organiser et l’animer de façon à ce que chacun de ses membres et elle-même tendent vers « leur perfection ».
Le bien commun est central dans la Pensée Sociale Chrétienne. Ce principe apparaît comme une clé de voute qui ordonne tous les autres principes. Nous avons tous l’expérience du bien commun. Qui n’a pas ressenti des moments de grande harmonie avec l’ensemble des collaborateurs de son équipe ? Ou, à l’inverse, les conséquences de son absence ? Ces dernières mettent bien en évidence ce qu’il est. Que se passe-t-il, au sein d’une entreprise, dans une équipe quand le bien n’est plus recherché ? Quand il n’y a plus de but commun ? Quand le bien de chacun n’est pas respecté ? Quand l’individualisme prévaut ?
Mais ce qui s’expérimente simplement n’est pas forcément facile à expliquer. Pourtant, la compréhension en profondeur de ce qu’est le bien commun ne pourra qu’aider le dirigeant chrétien à orienter son action et à partager ses choix avec son conseil d’administration ou ses collaborateurs.
La pertinence du concept de bien commun comme principe créateur et élément conservateur de la société humaine est au cœur de la Doctrine sociale de l’Église depuis l’encyclique du pape Léon XIII Rerum novarum (1891).
« La perfection de toute société consiste, en effet, à poursuivre et à atteindre la fin en vue de laquelle elle a été fondée, en sorte que tous les mouvements et tous les actes de la vie sociale naissent du même principe d’où est née la société »
Rerum Novarum 22, 2
Dans sa définition la plus répandue1, le bien commun est cet « ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée… ». (Gaudium et Spes, 1965)
L’application de cette définition à l’entreprise donne au dirigeant le sens, la raison de sa responsabilité. Rechercher le bien commun pour son entreprise consiste à la diriger, l’organiser et l’animer de façon à ce qu’elle tende « vers sa perfection ». Ainsi, elle pourra contribuer, modestement ou plus largement, à ce que chacune des personnes qui y travaillent atteignent leur « propre perfection ». Cette contribution ne se limite pas aux seuls collaborateurs. Elle s’élargit aux parties prenantes de l’entreprise et à son environnement.
Cette perfection2 est certes un idéal impossible à atteindre sur cette terre car il supposerait une imitation parfaite de celui qui est la perfection même : Dieu, source du bien et bien suprême3. Pour autant nous sommes tous invités à y contribuer.
En quoi les entrepreneurs et dirigeants sont-ils concernés par le bien commun ? Nicolas Jeanson, formateur auprès des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens, y répond dans la vidéo :
Pour le dirigeant chrétien, cet effort au service du bien de tous4 est une réponse au commandement d’amour :
« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres »
La construction du bien commun est bien l’ambition de la Pensée Sociale Chrétienne. Cette œuvre au service de tous s’appuie sur la reconnaissance que :
Dieu est lui-même source de perfection et fin de chaque être créé. Tout ce qui nous rapproche de Dieu nous rapproche aussi du bien. Il n’y a pas de bien commun qui ne soit inspiré par le Père. Tout le bien vient de l’auteur du bien.
Chaque homme est aimé de Dieu : une personne digne et libre vivant en relation avec ses frères.
Extraits du Cahier Bien commun et entreprise
Gaudium et Spes a enrichi la définition du bien commun donnée en 1961 par Mater et Magistra (§65) en l’élargissant aux groupes. C’est cette définition plus large qui est reprise dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (§1906) et dans le Compendium (§164) ↵
Qu’est-ce que la perfection pour mon entreprise ? La question peut paraitre ambitieuse voire complètement irréaliste. Pourtant c’est bien celle que pose Gaudium et Spes à chaque dirigeant. En prenant le temps d’y réfléchir, il s’apercevra que la question est en fait très concrète et permet d’intégrer la finalité de l’entreprise/le service au client, les relations humaines et l’efficacité économique. ↵
Le Bien fait partie des transcendantaux. Outre l’Être lui-même, on reconnaît dans les transcendantaux ses propriétés : l’unité, le vrai, le bien. Dans l’absolu, le bien s’identifie à l’auteur du bien. ↵
En prenant le terme politique dans son sens le plus élevé, faire vivre ensemble dans la cité, le pape François, se référant à Saint Thomas d’Aquin, disait : « La politique est la forme la plus haute de la charité, car elle cherche le bien commun ». (7/06/2013 aux élèves des Jésuites). Le bien de tous est plus grand que le bien d’un seul. ↵
Interview d’Anne Duthilleul dans Réforme – juin 2018 « Ce n’est pas très connu car on ne le claironne pas en France, mais la norme RSE élaborée au plan international est d’inspiration chrétienne ! », rappelle Anne Duthilleul […]
En quoi les entrepreneurs et dirigeants sont-ils concernés par le bien commun ?
En quoi les entrepreneurs et dirigeants sont-ils concernés par le bien commun ? Le bien commun légitime l’existence du pouvoir…
Le dirigeant contraint à une réflexion constante
« Les rôles de l’entrepreneur et du dirigeant revêtent une importance centrale du point de vue social, car ils se situent au cœur du réseau de liens techniques, commerciaux, financiers et culturels qui caractérisent la réalité moderne de l’entreprise. À partir du moment où les décisions de celle-ci produisent, en raison de la complexité croissante de son activité, une multiplicité d’effets conjoints d’une grande importance, non seulement économique mais aussi sociale, l’exercice des responsabilités de l’entrepreneur et du dirigeant exige, en plus d’un effort continuel d’aggiornamento spécifique, une réflexion constante sur les motivations morales qui doivent guider les choix personnels de ceux à qui incombent ces tâches. »
§344, Compendium de la Doctrine sociale de l’Église
Doctrine sociale de l'Eglise : bien commun et communauté
Les membres de cette fondation, dont Robert Leblanc, ancien président des EDC, et Pierre de Lauzun, président de la commission Ethique financière, ont participé au congrès international organisé fin mai sur le thème : « Nouvelles politiques et nouveaux styles de vie à l’ère numérique »
« S’enrichir sans avilir » : réflexion sur le bien commun de l’équipe Paris Saint-Joseph
Beaucoup autour de nous pensent (ou semblent penser) que l’on ne peut réussir dans le monde des affaires que si l’on est un « loup parmi les loups » et que tous les moyens sont bons (quelle que soit leur valeur morale), en d’autres termes, qu’il faut avilir pour s’enrichir.
Du Jardin d'Eden à la Jérusalem céleste
S’il est un cadre propice et emblématique du bien commun dans la Bible, c’est bien le jardin d’Eden : ce lieu primordial où Dieu plaça l’homme comme gardien et cultivateur n’est pas seulement « bien commun » au sens où il est donné en commun à Adam et Eve, comme un bien matériel où nos premiers parents vivaient en harmonie avec Dieu et la nature.
Le cœur des EDC bat au rythme des rencontres en équipe, quand vérité et liberté se rencontrent. De bonnes pratiques de relecture permettent à chacun de revisiter quelques semaines trépidantes. Comment ressaisir ces événements, ces rencontres, ces décisions ? La clé du bien commun nous décentre…
Le bien commun du côté des Apprentis d'Auteuil
Itinéraire en équipe sur Laudato Si
Itinéraire "Mon comportement en vue du bien commun"
Cahier des EDC : Responsabilité sociétale de l'entreprise
Lien entre bien commun et subsidiarité
Il est impossible de promouvoir la dignité de la personne si ce n’est en prenant soin de la famille, des groupes, des associations, des réalités territoriales locales, bref de toutes les expressions associatives de type économique, social, culturel, sportif, récréatif, professionnel, politique, auxquelles les personnes donnent spontanément vie et qui rendent possible leur croissance sociale effective. Tel est le cadre de la société civile, conçue comme l’ensemble des rapports entre individus et entre sociétés intermédiaires, les premiers à être instaurés et qui se réalisent grâce à « la personnalité créative du citoyen ». Le réseau de ces rapports irrigue le tissu social et constitue la base d’une véritable communauté de personnes, en rendant possible la reconnaissance de formes plus élevées de socialité.
Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise § 185
En tout cas, le bien commun correctement compris, dont les exigences ne devront en aucune manière contraster avec la protection et la promotion de la primauté de la personne et de ses principales expressions sociales, devra demeurer le critère de discernement quant à l’application du principe de subsidiarité.
Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise §188
Lien entre bien commun et participation
L’application du principe conduit à organiser chaque communauté[1] au service des personnes qui la composent. Celles-ci se devant de participer en retour au bien commun particulier de la communauté. « La participation est un devoir que tous doivent consciemment exercer, d’une manière responsable et en vue du bien commun. »
Catéchisme de l’Eglise catholique § 1913 et § 1917
« Le bien commun engage tous les membres de la société : aucun n’est exempté de collaborer, selon ses propres capacités, à la réalisation et au développement de ce bien. »
Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise § 167
[1] « L’entreprise doit tendre à devenir une communauté de personnes, dans les relations, les fonctions et les situations de tout son personnel. » Jean XXIII (Mater et Magistra 91)
Lien entre bien commun et dignité
Lien entre bien commun et destination universelle des biens
Parmi les multiples implications du bien commun, le principe de la destination universelle des biens revêt une importance immédiate: « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité ». Ce principe se base sur le fait que « la première origine de tout bien est l’acte de Dieu lui-même qui a créé la terre et l’homme, et qui a donné la terre à l’homme pour qu’il la maîtrise par son travail et jouisse de ses fruits (cf. Gn 1, 28-29). Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne. C’est là l’origine de la destination universelle des biens de la terre. En raison de sa fécondité même et de ses possibilités de satisfaire les besoins de l’homme, la terre est le premier don de Dieu pour la subsistance humaine. »
En effet, la personne ne peut pas se passer des biens matériels qui répondent à ses besoins primaires et constituent les conditions de base de son existence; ces biens lui sont absolument indispensables pour se nourrir et croître, pour communiquer, pour s’associer et pour pouvoir réaliser les plus hautes finalités auxquelles elle est appelée.
Lien entre bien commun et solidarité
Le message de la doctrine sociale sur la solidarité met en évidence le fait qu’il existe des liens étroits entre solidarité et bien commun, solidarité et destination universelle des biens, solidarité et égalité entre les hommes et les peuples, solidarité et paix dans le monde.
Le terme « solidarité », largement employé par le Magistère, exprime en synthèse l’exigence de reconnaître dans l’ensemble des liens qui unissent les hommes et les groupes sociaux entre eux, l’espace offert à la liberté humaine pour pourvoir à la croissance commune, partagée par tous. L’effort dans cette direction se traduit par l’apport positif à ne pas faire manquer à la cause commune et par la recherche des points d’entente possible, même là où prévaut une logique de division et de fragmentation, dans la disponibilité à se dépenser pour le bien de l’autre au-delà de tout individualisme et particularisme.
Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise §194

References: §344
 § 185
 §188
 § 1913
 § 1917
 § 167
 §194