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Déduire un achat de son maasser - Techouvot.com
Déduire un achat de son maasser Voir le sujet suivant
Posté le: Mer 13 Avril 2011, 19:11
Bonjour, j'ai acheté un livre de tora à mon élève qui n'en possédait pas. Puis je déduire cet achat de mon maasser? (l'élève n'est pas un démuni) est ce mieux de ne pas déduire cet achat du maasser? Merci d'avance.
Posté le: Dim 17 Avril 2011, 22:31
L'obligation du Maasser sur le revenu monétaire (qui n'est pas sous forme de "récolte"), n'est pas mentionnée dans le Talmud (Bavli), et n'est pas si évidente que ça;
[comme le Morde'haï sur Baba Kama §192 et sur Baba Bathra §659, voir aussi Tosfot Taanit 9a],
[comme le Maaril §54, le Sha'h et le Taz dans Yoré déa §331 et le Noda Biyehouda tome I, Yoré déa §73],
[comme le Ba'h YD §331, le 'Havout Yaïr §224, le Shvout Yaacov II §85 et le 'Hatam Sofer YD §231].
Je précise au passage que les avis divergent aussi en ce qui concerne la promesse de bénédiction de prospérité annoncée par D… pour celui qui donnerait son maasser correctement (Mala'hi III,10), est-elle applicable même en ce qui concerne le "maasser ksafim" (=de l'argent), ou uniquement "maasser dagan" (=des céréales)?
Le Shla cité par le Pit'hei Tshouva dans §249 pense que ça ne concerne que "maasser dagan" mais le Tour (§247) n'est vraisemblablement pas de cet avis.
Des mots des Rishonim il semblerait plutôt comme le Tour, voir Or Zaroua (Il'hot tsedaka §13)
et Rabeinou Yona dans Séfer Ayira (p.41 de l'édition moderne, en fin de d"h Al timna tov).
(Il n'est pas certain que Rabeinou Yona en soit réellement l'auteur, mais c'est ce qu'on dit généralement).
Si on considère la promesse applicable à maasser ksafim, il semblerait que l'on pense que Maasser ksafim est "min Athora", mais ça ne se vérifiera pas toujours.
Cependant Rabbi Yaacov Emden semble penser que ça va de pair –voir son argument (dans Shéilat Yaabets vol.I §3 vers la fin de cette très longue tshouva , dans l'édition de Lemberg 1884 dont je dispose, c'est page 10a) pour prouver que son père –le 'Ha'ham Tsvi- à raison de penser comme le Ba'h que le maasser ksafim n'est rien d'autre que de la tsedaka.
Au passage il est intéressant de noter que cette tshouva qui est la première de l'auteur –et dans son livre , et dans sa vie-, qui est très longue et qu'il a écrite (pour répondre aux arguments adressés à son père contre une décision ala'hique de son père,) alors qu'il n'avait que 16 (ou 17 ?) ans, lui a valu l'approbation de son père qui s'est concrétisée par bisou du papa (au fils très fier) accompagné du verset (mishlei XXIV, 26) Sfatayim yishak meshiv dvarim ne'ho'him.
Comme ceci est conté par le Yaabets (= R.Y.Emden) lui-même dans son extraordinaire autobiographie Meguilat Sefer.
(précision au passage: la traduction en français de ce livre aux éd. du Cerf comporte des erreurs –parfois grave selon moi- dont le lecteur ne pourra se douter s'il n'a pas lu l'original en hébreu.)
Et puisqu'on est dans les "précisions au passage" j'en profite pour préciser que le fait que le 'Ha'ham Tsvi ait prononcé ce verset en embrassant son fils, indique qu'il le comprenait comme Rashi (ad loc & sur Guitin 9a) et non comme Tosfot (Guitin 9a) qui comprennent ce passouk comme le Metsoudat David (sur Mishlei XXIV, 26).
Mais je me rends compte que l'on s'égare de notre sujet, venons –en donc à votre question,
comme beaucoup de poskim retiennent l'avis du Ba'h, ils parlent d'une notion de "décision à prendre": vais-je donner mon maasser comme un 'hiyouv et donc je ne pourrais pas utiliser l'argent du maasser pour faire des mitsvot "non-obligatoires" , ou non.
C'est-à-dire que d'après de nombreux poskim , quelqu'un qui depuis ses premiers gains ne se serait engagé à donner le maasser (ksafim) que selon l'opinion du Ba'h, c'est-à-dire comme une sorte de Minhag tov, et donc de Tsedaka, pourrait utiliser son argent de maasser pour faire des mitsvot "non-obligatoires" (ce qui exclue l'achat de Tfilin, loulav, etc… qui sont des mitsvot "obligatoires", mais qui inclue les mitsvot comme procurer un livre d'étude de Thora à qui n'en a pas et ne se l'achètera pas)
(je précise encore que celui qui se conduit comme le Ba'h, s'il ne pourra pas acheter ses tfilin avec son maasser, il pourra acheter le Hidour de ses tfilin avec son maasser, par exemple; si des tfilin (qui sont kshérim) se vendent à 200 euros, et que d'autres tfilin qui sont plus parfaits (mehoudar) se vendent à 500 euros, il pourra payer 200 de sa poche et 300 du maasser.)
Donc tout dépendra de votre habitude, donnez-vous le maasser comme un 'hiyouv (obligation) ou comme une bonne habitude?
Réponse A = vous ne pouvez PAS déduire l'achat du livre
Reponse B = vous pouvez déduire l'achat du livre.
(Si vous n'aviez jamais pensé à la question, il ne sera pas forcément évident de décreter maintenant que vous optez pour le Ba'h car le fait d'avoir donné du maasser en pensant que c'est un 'hiyouv peut éventuellement conférer à votre situation un statut de voeux ...)
Aussi, notez bien que si vous suivez le Ba'h , vous ne devrez pas vous attendre à voir s'accomplir la promesse de D... qui ne concerne que la mitsva de Maasser, or si vous considérez que ce n'est que Mida Tova et Tsedaka, ça n'est pas maaser...

References: §192
 §659
 §54
 §331
 §73
 §331
 §224
 §85
 §231
 §249
 §13
 §3