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Timestamp: 2016-10-23 07:55:36+00:00

Document:
X.________, repr�sent�e par Me Patrice Girardet,
repr�sent�e par Me Eric Kaltenrieder,
contrat d'entreprise; d�fauts de l'ouvrage, devoir d'information,
A.a X.________ est propri�taire d'un immeuble locatif sis dans le canton de Vaud. En 2004, elle a d�cid� d'entreprendre des transformations consistant notamment � proc�der � l'isolation thermique des appartements et � remplacer des corps de chauffe. Elle a confi� cette derni�re t�che � la soci�t� Z.________ SA (ci-apr�s: l'entreprise de chauffage, l'entreprise). Celle-ci devait en substance d�monter et �vacuer d'anciens radiateurs, les remplacer par de nouveaux mod�les et allonger les tuyaux de raccordement entre les radiateurs et l'installation de chauffage pr�existante. Le mari de la propri�taire, qui exerce la profession de ma�on, a �rig� de nouveaux murs par la pose de doublages en plaques; il s'agissait en particulier de cacher les colonnes montantes de chauffage. Il a coordonn� ses travaux avec l'entreprise de chauffage.
En 2005, la propri�taire a proc�d� � de nouvelles transformations et a confi� � l'entreprise des travaux de chauffage similaires � ceux r�alis�s en 2004.
A.b Des d�sagr�ments sonores sont apparus d�s la mise en marche du chauffage. Deux types de bruit �taient observ�s, soit d'une part des bruits de dilatation produisant l'effet de "coups de b�lier", d'autre part des bruits d'�coulement d'eau "en cascade". A cela s'ajoutaient des probl�mes de r�glage de temp�rature.
Dans les derniers mois de l'ann�e 2005, la propri�taire a fait appel � un chauffagiste bernois qui a install� un dispositif d�nomm� "by-pass"; l'intervention n'a pas eu d'effet. Au d�but de l'ann�e 2006, la propri�taire a mandat� un ing�nieur-conseil qui a constat� un probl�me d'ajustement entre l'ancien syst�me de distribution de chaleur et les nouveaux corps de chauffe. Il a recommand� de changer le vase d'expansion et la pompe de circulation au profit d'un mod�le � r�gulation diff�rentielle int�gr�e permettant d'ajuster la puissance de la pompe aux besoins de l'installation. Il pr�conisait aussi une purge compl�te de celle-ci et un contr�le g�n�ral de la r�gulation automatique.
L'entreprise de chauffage a remplac� le vase d'expansion et pos� � ses frais une pompe � d�bit variable. Avec le concours d'un technicien, elle a en outre proc�d� gratuitement � des r�glages sur le d�bit des radiateurs, sans succ�s.
A.c Constatant l'�chec des mesures entreprises, la propri�taire s'est oppos�e au plus tard au d�but du mois de mars 2006 � ce que l'entreprise et le technicien reviennent sur les lieux. Le 20 mars 2006, la propri�taire a requis et obtenu la mise en oeuvre d'une expertise hors proc�s.
Dans son rapport du 26 juin 2006, l'expert A.________, ing�nieur ETS, est arriv� � la conclusion que les travaux r�alis�s par l'entreprise de chauffage n'avaient pas �t� ex�cut�s dans leur int�gralit� selon les r�gles de l'art. Les bruits de dilatation lors de changements de r�gime provenaient du fait que les colonnes montantes de chauffage avaient �t� prises dans le pl�tre et cach�es par des doublages en plaques sans avoir �t� pr�alablement enrob�es d'une bande d'isolation, qui aurait permis une libre dilatation; la tuyauterie de raccordement des radiateurs �tait �galement noy�e dans les nouveaux doublages sans aucun enrobage isolant. Quant au bruit de "chuintement" � l'ouverture des vannes, il avait trois causes principales, soit un mauvais choix de la pompe, la d�cision d'�quiper tout le syst�me de chauffage de vannes thermostatiques, ce qui ne garantissait pas un d�bit minimal, et l'absence de pr�r�glage des corps de chauffe. Il �tait indispensable de suppl�er � ce dernier point afin d'�quilibrer l'installation et d'�viter toute propagation des bruits de circulation de l'eau par un d�bit trop �lev�. Entre autres mesures compl�mentaires, l'expert pr�conisait de r�duire la temp�rature de l'eau au d�part du circuit de chauffage et proposait une valeur de r�glage; cette op�ration devait avoir un effet positif sur les bruits de dilatation. L'expert chiffrait � 65'000 fr. le co�t li� � l'isolation des colonnes de chauffage et des tuyaux de raccordement.
Les frais li�s � la proc�dure d'expertise hors proc�s se sont �lev�s � 16'083 fr.90.
B.a Le 28 juin 2007, la propri�taire a ouvert action contre l'entreprise devant le Tribunal civil de l'arrondissement de La Broye et du Nord vaudois en concluant au paiement de 85'210 fr.90. Elle pr�tendait � l'allocation de 65'000 fr. pour le co�t de r�paration des d�fauts ou la moins-value li�e � ceux-ci, au d�dommagement de ses frais d'avocat et d'expertise avant proc�s et au remboursement des factures des diverses entreprises consult�es. La propri�taire concluait en outre � la mainlev�e de l'�ventuelle opposition au commandement de payer dont la notification �tait requise le m�me jour.
Le 13 juillet 2007, l'entreprise s'est oppos�e � la poursuite notifi�e deux jours auparavant. Le 26 octobre 2007, elle a conclu au rejet de l'action et, reconventionnellement, au paiement de 3'668 fr.60 � titre de paiement du solde de sa facture finale.
Une expertise a �t� confi�e � l'ing�nieur ETS B.________. Avec l'accord de la propri�taire, celui-ci a modifi� le r�glage de la chaudi�re. Le deuxi�me essai effectu� le 17 f�vrier 2009 a permis, par l'abaissement de la temp�rature de l'eau de chauffage, de r�duire consid�rablement les bruits de dilatation et d'�coulement d'eau, au point que ceux-ci sont devenus acceptables. La chaudi�re a pu �tre r�gl�e sur position 10 (44� C par - 5� C de temp�rature ext�rieure), alors que l'expert A.________ l'avait dans un premier temps r�gl�e sur position 18 (64� C par - 5� C de temp�rature ext�rieure). Dans son rapport du 27 avril 2009, l'expert B.________ a conclu que les travaux demand�s par le ma�tre avaient �t� r�alis�s dans les r�gles de l'art, m�me si certains d�tails auraient pu �tre trait�s avec plus de soin. L'entreprise aurait en outre pu proposer les compl�ments n�cessaires pour l'isolation des conduites et le pr�r�glage du d�bit d'eau � chaque radiateur. L'isolation des conduites devait �viter toute perte thermique et tout risque de frottement avec le pl�tre. Toutefois, la r�sistance du pl�tre n'�tait pas suffisante pour provoquer des bruits de dilatation, � tout le moins pas � long terme; on ne pouvait imputer la totalit� de l'origine de ces bruits aux travaux en cause. En outre, la temp�rature de l'eau de chauffage aurait d� �tre r�duite apr�s l'ach�vement des travaux d'am�lioration thermique de l'immeuble. Il �tait recommand� de renoncer � baisser le chauffage la nuit pour �viter tout risque de bruit de dilatation. Quant au pr�r�glage de l'ensemble des radiateurs, il aurait certes �t� pr�f�rable, mais cette op�ration n'�tait pas r�alis�e d'embl�e lors de travaux de r�novation pour lesquels aucune �tude thermique n'avait �t� demand�e par le ma�tre. En d�finitive, l'expert B.________ a jug� d�raisonnable de proc�der aux travaux de 65'000 fr. sugg�r�s par l'expert A.________ d�s lors que les bruits de dilatation �taient fortement r�duits et ne pouvaient �tre imput�s de fa�on certaine aux travaux de r�novation r�alis�s entre 2004 et 2005; il a ni� l'existence d'une moins-value pour l'immeuble.
La propri�taire ayant requis la mise en ?uvre d'une deuxi�me expertise, une audience incidente s'est tenue le 10 novembre 2009 en pr�sence des experts A.________ et B.________. Ceux-ci ont maintenu leur point de vue respectif. L'expert B.________ a pr�cis� qu'un pr�r�glage des radiateurs �tait d'autant moins n�cessaire en pr�sence de vannes thermostatiques que celles-ci cr�aient une pression autor�gulant l'installation, et que cette op�ration ne devait se faire que post�rieurement au r�glage de la temp�rature de l'eau au d�part de l'installation, lequel n'avait pas �t� effectu�.
Les parties ont convenu de fixer l'audience de jugement au printemps 2010. La propri�taire s'est r�serv� le droit de faire constater par l'expert B.________ l'�ventuelle persistance des probl�mes au cours de l'hiver, cas �ch�ant de renouveler sa requ�te de deuxi�me expertise, �ventuellement de se r�former. Elle n'a toutefois pas fait usage de ce droit. L'expert B.________ est encore intervenu en avril 2010 pour effectuer un r�glage apr�s que la propri�taire eut observ� l'apparition de bruit dans certains radiateurs.
B.b Par jugement du 7 avril 2011, le Tribunal civil a rejet� l'action principale et admis la demande reconventionnelle en ce sens que la propri�taire doit payer � l'entreprise la somme de 3'668 fr.60.
Le tribunal a pass� en revue chacune des anomalies r�pertori�es par l'expert A.________ en se ralliant en substance � l'avis exprim� par l'expert B.________. En droit, il a conclu que l'ouvrage n'�tait pas d�fectueux. Il a constat� que les "coups de b�lier" �taient dus � la dilatation des tuyaux de chauffage et que les travaux ex�cut�s par l'entreprise ne portaient pas � proprement parler sur ces tuyaux; en outre, le probl�me avait �t� r�solu par le r�glage de la chaudi�re, laquelle n'�tait pas concern�e par les travaux en question. Quant aux bruits de cascade et aux probl�mes de temp�rature, ils �taient dus au d�faut d'�quilibrage de l'installation. Sur ce point non plus, ce n'�tait pas � proprement parler l'ouvrage livr� par l'entreprise qui �tait d�fectueux; celle-ci avait tent� � bien plaire de r�soudre ce probl�me post�rieurement � l'ex�cution des travaux. Par �quilibrage, il fallait comprendre la r�gulation [thermo-hydraulique, r�d.] de l'installation de chauffage par le r�glage de la chaudi�re et des diff�rents corps de chauffe.
Le tribunal a retenu une violation du devoir d'informer en ce sens que l'entreprise aurait d� signaler la n�cessit� d'isoler les conduites de chauffage; toutefois, le ma�on assumait une part de responsabilit�. A �t� laiss�e ind�cise la question de savoir si l'entreprise aurait d� spontan�ment se d�clarer incomp�tente pour proc�der � l'�quilibrage de l'installation de chauffage et recommander de faire appel � un tiers. Aucun dommage ne pouvait de toute fa�on �tre retenu en relation avec les obligations enfreintes.
B.c La propri�taire a d�f�r� ce jugement � la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois. Elle a conclu au paiement de 30'000 fr., � la mainlev�e d�finitive de l'opposition � concurrence de ce montant et au rejet de toute autre conclusion.
L'appel a �t� rejet� par arr�t du 23 juin 2011.
La propri�taire (ci-apr�s: la recourante) interjette un recours en mati�re civile aupr�s du Tribunal f�d�ral. Elle r�it�re les conclusions prises devant l'autorit� pr�c�dente.
L'entreprise (ci-apr�s: l'intim�e) conclut au rejet du recours. La Cour d'appel se r�f�re � son arr�t.
La recourante s'est d�termin�e sur la r�ponse de l'intim�e. Cette derni�re a b�n�fici� d'un d�lai pour dupliquer, droit qu'elle a renonc� � exercer.
Le pr�sent recours satisfait aux conditions de recevabilit� du recours en mati�re civile (cf. art. 72 al. 1, art. 75, 76 al. 1 et art. 90 LTF). En particulier, la valeur litigieuse exc�de le minimum l�gal de 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et 74 al. 1 let. b LTF). Les exigences de d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et de forme (art. 42 LTF) sont �galement respect�es sur le principe.
2.1 Le recours en mati�re civile peut �tre form� pour violation du droit f�d�ral (art. 95 let. a LTF). Le recourant ne peut pas se plaindre d'une violation du droit cantonal en tant que tel, mais peut faire valoir que l'application de ce droit est arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. ou contraire � d'autres droits constitutionnels et contrevient ainsi au droit f�d�ral (ATF 134 III 379 consid. 1.2).
Le Tribunal f�d�ral applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF). N'�tant pas li� par l'argumentation des parties, il s'en tient cependant, d'ordinaire, aux questions de droit que la partie recourante soul�ve conform�ment aux exigences l�gales relatives � la motivation du recours (art. 42 al. 2 LTF; ATF 135 III 397 consid. 1.4). A cet �gard, le recourant doit se d�terminer au moins bri�vement par rapport aux consid�rants de l'arr�t entrepris et expliquer, ne serait-ce que succinctement, en quoi l'autorit� cantonale sup�rieure viole le droit f�d�ral (ATF 134 II 244 consid. 2.1 et 2.3). Par exception � la r�gle de l'art. 106 al. 1 LTF, le Tribunal f�d�ral n'examine la violation d'un droit constitutionnel ou une question relevant du droit cantonal que s'il est saisi d'un grief motiv� de mani�re pr�cise (cf. art. 106 al. 2 LTF); le recourant doit �noncer le droit ou principe constitutionnel viol� et exposer de mani�re claire et circonstanci�e en quoi consiste la violation (ATF 135 III 232 consid. 1.2; 134 II 244 consid. 2.2).
2.2 Le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il tient compte non seulement des faits retenus par la d�cision de derni�re instance attaqu�e, mais aussi de ceux figurant dans le jugement de l'autorit� inf�rieure, pour autant que l'arr�t attaqu� reprenne au moins implicitement cet �tat de fait (cf. ATF 129 IV 246 consid. 1, confirm� apr�s l'entr�e en vigueur de la LTF notamment par l'arr�t 4A_565/2009 du 21 janvier 2010 consid. 2.2.4).
3.1 La recourante reproche � la Cour d'appel de ne pas avoir compl�t� l'instruction pour �tablir le dommage caus� par la violation du devoir d'information de l'intim�e. La cour lui aurait reproch� � tort de ne pas avoir all�gu� un tel dommage. La recourante ne pouvait pas anticiper quelle appr�ciation les juges porteraient sur les deux expertises divergentes. D�s lors que le Tribunal civil envisageait de retenir une notion nettement plus restreinte du dommage, il aurait d� spontan�ment ordonner un compl�ment d'instruction pour �tablir celui-ci; l'ancienne proc�dure acc�l�r�e vaudoise pr�voyait en effet l'instruction d'office (art. 339a al. 3 aCPC/VD [ancien Code de proc�dure civile vaudoise du 14 d�cembre 1966]). La Cour d'appel aurait pu et d� suppl�er � cette omission en ordonnant elle-m�me une telle mesure d'instruction. Elle aurait aussi d� ordonner un compl�ment d'expertise ou une deuxi�me expertise afin notamment de d�terminer si des d�fauts subsistent malgr� l'intervention de l'expert B.________.
3.2 Le Tribunal civil a consid�r� que l'ouvrage �tait exempt de d�fauts mais que l'intim�e n'avait pas donn� l'information n�cessaire pour une utilisation conforme. D�s lors que la violation contractuelle ne prenait pas corps dans un d�faut, le ma�tre devait �tre d�dommag� en fonction de son int�r�t positif � l'ex�cution r�guli�re du contrat. En l'occurrence, le dommage r�sidait dans la diff�rence entre la situation patrimoniale actuelle du ma�tre et la situation dans laquelle il se serait trouv� si l'entrepreneur avait en temps utile attir� son attention sur la n�cessit� d'isoler les conduites, et �ventuellement s'il s'�tait d�clar� d'embl�e incomp�tent pour proc�der � l'�quilibrage de l'installation. Au vu du succ�s des r�glages effectu�s par l'expert B.________, le dommage pouvait tout au plus consister en une diff�rence de consommation entre l'installation sans isolation et l'installation avec isolation, ou cas �ch�ant en une diminution de loyer accord�e aux locataires du fait des d�sagr�ments sonores jusqu'� l'intervention de l'expert. Or, la recourante n'avait pas all�gu� un tel dommage ni propos� de m�thode pour un calcul normatif.
La Cour d'appel a confirm� ce point de vue en relevant que sur la base de l'expertise B.________ et de la confrontation des deux experts � l'audience incidente du 10 novembre 2009, la recourante aurait pu se r�former pour all�guer les �l�ments nouveaux r�sultant de l'instruction, facult� qu'elle s'�tait d'ailleurs r�serv�e et qu'elle avait renonc� � utiliser.
3.3.1 L'ancien droit cantonal r�gissait la proc�dure de premi�re instance jusqu'au jugement du Tribunal civil (art. 404 al. 1 CPC). La recourante ne pr�tend pas que les normes cantonales d�terminant le moment et la mani�re d'introduire des all�gations nouvelles auraient �t� appliqu�es de fa�on arbitraire. Elle ne soul�ve pas non plus le grief d'arbitraire en relation avec l'art. 339a al. 3 aCPC/VD, de sorte que la cour de c�ans ne saurait contr�ler l'application (ou non-application) de cette disposition. La cour de c�ans est ainsi li�e par le point de vue selon lequel la recourante, au regard de l'ancien droit de proc�dure cantonal, aurait pu et d� all�guer les �l�ments du dommage.
Pour le surplus, la recourante ne pr�tend � juste titre pas que le principe de la bonne foi aurait d� conduire le Tribunal civil � attirer son attention sur le fait qu'il s'appr�tait � retenir une d�finition plus stricte du dommage. Il ne s'agissait en effet pas de modifier une conception juridique. A l'issue de l'audience incidente, il apparaissait que les experts ne s'accordaient pas sur l'�tat de l'ouvrage et la mani�re dont l'intim�e avait ex�cut� ses obligations, �l�ment qui �tait propre � influer sur la question des d�fauts, de la responsabilit� assum�e par l'intim�e et du dommage subi. La recourante, assist�e d'un avocat, ne pouvait ignorer les cons�quences juridiques qu'impliquaient les avis divergents �mis par les deux experts.
3.3.2 L'appel au Tribunal cantonal �tait soumis � la nouvelle proc�dure f�d�rale (art. 405 al. 1 CPC). Cette voie de droit permettait de contr�ler l'application de l'ancien droit de proc�dure civile par l'autorit� de premi�re instance (DENIS TAPPY, in Code de proc�dure civile comment�, 2011, n� 24 s. ad art. 405 CPC; IVO SCHWANDER, in Schweizerische Zivilprozessordnung, DIKE-Kommentar, 2011, n� 5 ad art. 405 CPC; FRIDOLIN WALTHER, Das �bergangsrecht zur neuen ZPO - offene Fragen und m�gliche Antworten, RSPC 2010 p. 416). En revanche, la nouvelle proc�dure d�terminait � quelles conditions des all�gations nouvelles pouvaient �tre introduites en deuxi�me instance (TAPPY, op. cit., n�s 14 et 25 ad art. 405 CPC). L'art. 317 CPC dispose que les faits et moyens de preuve nouveaux ne sont pris en compte que s'ils ne pouvaient �tre invoqu�s ou produits devant la premi�re instance bien que la partie qui s'en pr�vaut ait fait preuve de la diligence requise. Dans la mesure o� des faits ont �t� fautivement pass�s sous silence en premi�re instance, ils ne peuvent �tre pr�sent�s en appel (DAVID HOFMANN/CHRISTIAN L�SCHER, Le Code de proc�dure civile, 2009, p. 197). Le nouveau droit n'offrait ainsi aucune possibilit� de rem�dier au d�faut d'all�gation en premi�re instance. On ne saurait d�s lors reprocher � l'autorit� d'appel de s'�tre abstenue d'ordonner une mesure d'instruction sur le dommage alors que la recourante avait fautivement omis d'all�guer les �l�ments topiques.
3.3.3 La recourante pr�tend encore que la Cour d'appel aurait pu chiffrer le dommage en �quit� en vertu de l'art. 42 al. 2 CO.
L'application de cette r�gle suppose que la preuve du dommage ou de son �tendue ne puisse pas �tre rapport�e ou ne puisse pas �tre raisonnablement exig�e (ATF 134 III 306 consid. 4.2 p. 312; 122 III 219 consid. 3a). Une telle impossibilit� n'est pas �tablie en l'esp�ce. L'art. 42 al. 2 CO ne saurait servir � rem�dier au d�faut d'all�gation des faits pertinents par la recourante.
3.4 Contrairement � ce que plaide la recourante, la Cour d'appel a suffisamment motiv� sa d�cision en se concentrant sur l'argument d�cisif du d�faut d'all�gation. Elle n'avait pas � expliquer la port�e de l'art. 42 al. 2 CO, ni � rappeler par le d�tail les r�gles de l'ancienne proc�dure relatives � l'introduction d'all�gu�s nouveaux et au pouvoir du juge en proc�dure acc�l�r�e. Le grief formel de violation du droit d'�tre entendu doit �galement �tre rejet� (sur l'�tendue du devoir de motivation d�duit de l'art. 29 al. 2 Cst., cf. par ex. ATF 135 III 513 consid. 3.6.5).
3.5 Quant au fait que la Cour d'appel n'a pas ordonn� d'instruction compl�mentaire sur l'�ventuelle persistance de d�fauts nonobstant l'intervention de l'expert, il peut �tre renvoy� aux consid�rations qui pr�c�dent. La recourante ne pr�tend pas avoir fait � cet �gard les all�gations n�cessaires en temps utile.
3.6 Dans ses d�terminations du 5 d�cembre 2011, la recourante souligne que la Chambre des recours (sic) s'est limit�e � constater l'absence d'arbitraire dans l'appr�ciation des preuves alors qu'elle disposait d'un plein pouvoir d'examen.
Dans sa premi�re �criture, la recourante pr�cisait ne pas remettre en cause le ralliement des juges � l'expert B.________ et ne formulait aucun grief d'appr�ciation arbitraire des preuves. Le moyen est tardif d�s lors qu'il a �t� soulev� apr�s l'�ch�ance du d�lai de recours. Suppos� recevable, il devrait de toute fa�on �tre rejet�. Apr�s avoir rappel� qu'elle pouvait revoir librement les faits sur la base des preuves administr�es en premi�re instance, la Cour d'appel civile a conclu que l'appr�ciation des preuves op�r�e par le Tribunal civil ne pr�tait pas le flanc � la critique et devait �tre confirm�e. Il n'y a ainsi aucun indice que la cour aurait restreint � tort son pouvoir d'examen.
4.1 La recourante, qui ne conteste pas la qualification de contrat d'entreprise au sens des art. 363 ss CO, reproche � la Cour d'appel d'avoir m�connu le fait qu'il subsistait des d�fauts apr�s l'intervention de l'expert B.________. Ainsi, la diminution du r�glage de la puissance de la pompe induirait le risque que le deuxi�me �tage de l'immeuble ne soit pas correctement chauff� en cas de grand froid. Par ailleurs, la suppression de l'abaissement nocturne du chauffage entra�nerait une surconsommation de gaz.
4.2 L'art. 368 CO pr�voit une r�glementation sp�ciale en cas d'ex�cution d�fectueuse de l'ouvrage. C'est une question de droit que de dire si l'ouvrage est entach� de d�fauts au sens de cette disposition. En revanche, la d�termination de l'�tat de l'ouvrage et des �ventuels inconv�nients qui en d�coulent rel�ve du fait et peut notamment �tre �tablie par expertise (cf. PETER GAUCH, Der Werkvertrag, 5e �d. 2011, p. 595 s. n�s 1511-1513).
4.3 La recourante ne pr�tend pas que les inconv�nients qu'elle �nonce r�sulteraient de l'�tat de fait de l'arr�t attaqu�. Il appara�t tout au plus que les experts A.________ et B.________ ont discut� du probl�me de surconsommation qui pourrait d�couler de la renonciation au r�glage diff�rentiel diurne et nocturne, sans qu'une telle surconsommation ne soit pr�cis�ment �tablie. Faute de constatations de fait, la question de savoir si les inconv�nients invoqu�s pourraient constituer des d�fauts au sens de l'art. 368 CO est priv�e d'objet.
Sur le plan formel, la Cour d'appel n'a pas m�connu le grief de la recourante, qu'elle a r�sum� au consid�rant 4.2.2 de l'arr�t attaqu�, avant d'y r�pondre au chiffre suivant; le grief de violation du droit d'�tre entendu est ainsi infond�, la recourante invoquant du reste par inadvertance l'art. 9 Cst. en lieu et place de l'art. 29 al. 2 Cst.
4.4 La recourante para�t en outre reprocher � la Cour d'appel de ne pas avoir retenu l'existence de d�fauts entre l'ach�vement de l'ouvrage et l'intervention r�ussie de l'expert. Le grief est toutefois insuffisamment motiv� pour �tre recevable.
5.1 La recourante soutient que l'intim�e devrait assumer une pleine et enti�re responsabilit� pour ne pas avoir attir� son attention sur la n�cessit� d'isoler les conduites de chauffage. A tout le moins la Cour d'appel aurait-elle d� admettre que l'intim�e devait r�parer une partie du dommage d�s lors qu'elle lui imputait une part de responsabilit�, en concours avec le ma�on.
5.2 Les autorit�s cantonales ont consid�r� que le dommage r�sultant de la violation du devoir d'informer ne pouvait r�sider que dans une �ventuelle diff�rence de consommation entre l'installation actuelle et l'installation avec isolation, ou �ventuellement dans une perte de loyer. Or, un tel dommage n'�tait pas �tabli.
La recourante a soulev� un grief relatif � l'�tablissement du dommage, qui s'est r�v�l� infond� (cf. supra, consid. 3.3). Pour le surplus, elle ne pr�tend pas que l'autorit� cantonale se serait fond�e sur une conception erron�e du dommage, de sorte qu'il n'y a pas � discuter le point de vue exprim� par la Cour d'appel. En l'absence de dommage, la question d'un �ventuel partage de responsabilit� importe peu.
5.3 La recourante reproche � l'intim�e d'avoir en outre enfreint son devoir d'information en omettant de lui conseiller la mise en ?uvre d'une �tude thermique avant d'engager les travaux de r�novation, l'expert B.________ s'�tant � tort born� � constater que la recourante n'en avait pas demand�. Elle fait aussi grief � l'intim�e de n'avoir pas su �quilibrer l'installation de chauffage nonobstant le temps suffisant dont elle aurait dispos�, alors que l'expert B.________ y est rapidement parvenu. L'intim�e devrait ainsi assumer les frais des divers intervenants auxquels la recourante a l�gitimement fait appel, dont 16'083 fr.90 pour les frais de la proc�dure d'expertise hors proc�s.
5.3.1 L'entrepreneur assume un devoir de diligence (cf. art. 364 al. 1 CO en relation avec l'art. 321a al. 1 CO) dont d�coulent des devoirs de renseigner et conseiller le ma�tre. Compte tenu de sa qualit� de sp�cialiste, l'entrepreneur doit signaler toute circonstance importante pour l'ex�cution de l'ouvrage (ATF 129 III 604 consid. 4.1). S'il a connaissance d'�l�ments susceptibles de compromettre l'ex�cution de l'ouvrage, il doit les communiquer imm�diatement au ma�tre (FRAN�OIS CHAIX, La violation par l'entrepreneur de ses devoirs d'information vis-�-vis du ma�tre de l'ouvrage, SJ 2009 II p. 121 n� 10). Il ne doit accepter des travaux que s'il a les comp�tences n�cessaires (cf. ATF 93 II 317 consid. 2e/bb p. 324). Le devoir de renseigner peut perdurer apr�s la livraison de l'ouvrage (GAUCH, op. cit., p. 332 n� 821; CHAIX, op. cit., p. 132 n� 34). Pour pr�venir un dommage, l'entrepreneur peut �tre tenu de renseigner le ma�tre sur l'utilisation ad�quate de l'ouvrage (ATF 129 III 604 consid. 4.1 p. 611); ainsi, l'installateur d'un chauffage central doit fournir des indications pr�cises sur la qualit� d'eau � utiliser (ATF 94 II 157 consid. 5). L'obligation d'informer et de conseiller porte tant sur les faits que l'entrepreneur conna�t effectivement que sur ceux qu'il aurait d� conna�tre; il doit se laisser imputer la connaissance d'un entrepreneur diligent plac� dans les m�mes circonstances (GAUCH, op. cit., p. 336 n� 831; CHAIX, op. cit., p. 121 s. n� 10).
5.3.2 L'expert B.________ a conc�d� qu'il aurait �t� pr�f�rable d'effectuer un pr�r�glage du d�bit d'eau sur chaque radiateur et que l'intim�e aurait pu proposer ce compl�ment, mais il a ajout� qu'une telle op�ration n'�tait pas r�alis�e d'embl�e lors de travaux de r�novation pour lesquels aucune �tude thermique n'avait �t� demand�e par le ma�tre. A l'audience, il a pr�cis� qu'un pr�r�glage s'imposait d'autant moins que les radiateurs �taient �quip�s de vannes thermostatiques et qu'� l'issue de travaux entra�nant une am�lioration thermique de l'immeuble, il convenait de r�gler correctement la temp�rature de l'eau au d�part de la chaudi�re, avant m�me de proc�der au pr�r�glage des radiateurs.
L'expert a ainsi laiss� entendre qu'une �tude thermique pr�alable �tait n�cessaire avant d'effectuer le pr�r�glage des radiateurs, pr�r�glage que l'intim�e aurait d� proposer. Quoi qu'il en soit, l'expert a expliqu� que l'omission de l'intim�e n'avait pas pr�t� � cons�quence d�s lors qu'il convenait de proc�der en premier lieu � la r�gulation de la temp�rature de l'eau et que ce travail, une fois effectu�, avait permis de r�soudre le probl�me des bruits d'�coulement. Se pose donc tout au plus la question de savoir si l'intim�e aurait d� indiquer qu'il importait de r�gler la temp�rature de l'eau � l'issue des travaux. S'agissant d'un �l�ment de moindre importance, la Cour d'appel pouvait s'�pargner de discuter l'argument de l'�tude thermique; le grief de violation du droit d'�tre entendu doit d�s lors �tre rejet�.
5.3.3 La recourante reproche essentiellement � l'intim�e de n'avoir pas trouv� la solution aux probl�mes de bruit et de temp�rature observ�s apr�s les travaux alors que l'expert B.________ y est rapidement parvenu.
Encore une fois, la solution du probl�me r�sidait dans le r�glage de la temp�rature d'eau chaude au d�part de la chaudi�re. L'expert B.________ ne pr�tend pas que l'intim�e aurait enfreint son devoir d'information et de conseil en ne sugg�rant pas cette mesure; un tel reproche n'est pas non plus formul� par l'expert A.________, lequel avait aussi recommand� une telle mesure, sans insister sur son caract�re prioritaire, soulignant plut�t la n�cessit� de pr�r�gler les radiateurs.
De surcro�t, la difficult� � identifier la cause, respectivement � trouver la solution aux probl�mes de bruit et de temp�rature est d�montr�e par le nombre de propositions faites par les diff�rents intervenants. Le chauffagiste bernois consult� par la recourante a proc�d� � une op�ration qui s'est r�v�l�e inutile. L'ing�nieur-conseil qu'elle a ensuite sollicit� a fait �tat d'un probl�me de pompe et de vase d'expansion, mat�riaux qui ont �t� chang�s sans que les probl�mes ne soient r�solus. Le technicien du fournisseur de l'intim�e a mis en cause un mauvais choix des vannes. L'expert A.________ a �nonc� une s�rie de causes possibles, en particulier l'absence d'isolation des colonnes montantes et des tuyaux de raccordement, le choix de la nouvelle pompe, la d�cision d'�quiper la totalit� des chauffages de vannes thermostatiques et l'absence de pr�r�glage des corps de chauffe. Entre autres mesures, il a pr�conis� de baisser la temp�rature au d�part de l'installation; la r�duction qu'il a propos�e s'est toutefois r�v�l�e insuffisante, l'expert B.________ ayant finalement r�gl� la temp�rature en-de�� de la valeur indiqu�e par son confr�re.
Au vu de ces �l�ments, l'on ne saurait reprocher � l'intim�e d'avoir enfreint son obligation de diligence en ne parvenant pas � �quilibrer l'installation, respectivement en n'indiquant pas � la recourante quelle op�ration devait �tre faite pour supprimer les probl�mes.
D�s lors que l'intim�e n'assume aucune responsabilit� contractuelle, l'on ne saurait mettre � sa charge les frais engag�s par la recourante pour constater l'�tat de l'ouvrage, �tablir la cause des bruits et probl�mes de temp�rature et y mettre un terme. Il en est de m�me pour les frais d'avocat ant�rieurs au proc�s, la recourante admettant express�ment qu'il s'agit d'un poste li� � l'admission de son action.
La recourante para�t �galement contester la mise � sa charge des frais et d�pens de premi�re instance, respectivement des frais d'appel. En tant que le moyen est li� � l'admission d'une responsabilit� de l'intim�e, il ne peut qu'�tre rejet�. Quoi qu'il en soit, s'agissant des frais de premi�re instance, la recourante n'a pas soulev� le grief d'application arbitraire du droit de proc�dure cantonal, de sorte qu'il n'y a pas � entrer en mati�re. Quant aux frais d'appel, le droit f�d�ral pr�voit qu'ils sont en principe support�s par la partie qui succombe (cf. art. 106 al. 1 CPC).
La recourante reproche enfin � la cour cantonale de ne pas avoir discut� son moyen tendant au rejet de la pr�tention reconventionnelle de 3'668 fr.60.
Le grief liait le rejet de l'action reconventionnelle � la reconnaissance d'une mauvaise ex�cution contractuelle de l'intim�e, respectivement � une compensation avec une pr�tention de la recourante. Ces conditions n'�tant manifestement pas r�alis�es, la cour cantonale pouvait s'�pargner d'expliquer pour quels motifs le jugement attaqu� devait �tre confirm� sur ce point. La recourante ne soulevant qu'un grief d'ordre formel, l'admission de la conclusion reconventionnelle ne peut qu'�tre confirm�e.
En d�finitive, le recours est rejet� dans la mesure o� il est recevable. En cons�quence, la recourante supportera les frais judiciaires et versera des d�pens � l'intim�e (art. 66 al. 1 et art. 68 al. 1 et 2 LTF).

References: art. 72
 art. 75
 art. 90
 ATF 
 art. 106
 ATF 
 art. 405
 art. 405
 art. 405
 ATF 
 art. 363
 art. 364
 ATF 
 art. 106
 art. 68