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Timestamp: 2018-04-24 18:05:46+00:00

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Archive Septembre 2011 - Café philosophique de Montargis
21h27 29 septembre 2011
Le premier café philosophique de la saison aura lieu demain, vendredi 30 septembre à 18H30, à la brasserie du centre commercial de la Chaussée de Montargis.
Claire et Bruno proposent pour ce premier rendez-vous de discuter d'un sujet particulièrement ardu : le hasard.
Comme d'habitude, la participation est libre et gratuite.
21h23 29 septembre 2011
ARISTOTE ET LE HASARD
"§ 1. Parfois aussi on met le hasard et la spontanéité au rang des causes ; et l'on dit de bien des choses qu'elles sont produites, ou qu'elles existent, d'une manière spontanée et par hasard. Examinons donc de quelle façon il est possible de placer parmi les causes énumérées par nous le hasard et le spontané ; examinons de plus si fortune et spontanéité sont la même chose ou des choses différentes, en un mot, ce que c'est que spontanéité et hasard.
§ 2. Il y a des philosophes qui révoquent en doute l'existence du hasard, et qui soutiennent que rien ne se produit jamais par hasard, attendu que toutes les choses qu'on prend pour l'effet du hasard et qu'on croit spontanées, ont toujours une cause déterminée. Ainsi, disent-ils, quelqu'un va par hasard au marché, et il y rencontre une personne qu'il voulait joindre, mais qu'il ne pensait pas trouver là ; or, la cause de ce prétendu hasard, c'est la volonté qu'on avait d'aller au marché acheter quelque emplette. De même pour tous les autres cas qu'on attribue au hasard ; et en y regardant de près, on y découvre toujours une cause qui n'est pas du tout le hasard qu'on suppose.
§ 3. On ajoute que si en effet le hasard était quelque chose de si réel, il serait vraiment par trop étrange, et tout à fait incroyable, qu'aucun des anciens sages, en étudiant les causes de la production et de la destruction des choses, n'en eût pas dit un seul mot ; et l'on en conclut que ces sages étaient persuadés aussi que rien ne vient du hasard.
§ 4. Cependant ce silence même est fait pour étonner ; car il y a une foule de choses qui se produisent et qui sont par l'effet du hasard et spontanément; et bien qu'on n'ignore pas qu'on peut les rapporter chacune à quelqu'une des causes ordinaires, comme le veut cette maxime de la sagesse antique qui nie le hasard, cependant tout le monde n'en dit pas moins que certaines choses viennent du hasard et que d'autres n'en viennent pas.
§ 5. Il fallait donc que d'une façon ou d'une autre les sages dont nous venons de parler, fissent mention de ces doutes ; et parmi eux pourtant, personne n'a cru que le hasard fût un de ces principes : par exemple, ou l'Amour, ou la Haine, ou le feu, ou l'Intelligence, ou quelqu'autre principe analogue. Il est donc bien étrange que les sages n'aient pas admis le hasard ; ou s'ils le reconnaissaient, qu'ils l'aient si complètement passé sous silence.
§ 6. Plus d'une fois cependant ils en ont fait usage; et c'est ainsi qu' Empédocle prétend que l'air ne se secrète pas toujours dans la partie la plus haute du ciel, mais qu'il se secrète au hasard selon que cela se trouve. Dans sa cosmogonie, il dit en propres termes : « L'air alors court ainsi, mais parfois autrement. » Il dit encore que les parties des animaux sont presque toutes le produit d'un simple hasard.
§ 8. Mais c'est ici qu'il y a vraiment de quoi s'étonner; car on soutient que les animaux et les plantes ne doivent point leur existence et leur reproduction au hasard, et que la cause qui les engendre est ou la nature ou l'Intelligence, ou tel autre principe non moins relevé, attendu que la première chose venue ne nuit pas fortuitement d'un germe quelconque, mais que de tel germe c'est un olivier qui sort, tandis que de tel autre c'est un homme ; et en même temps on ose prétendre que le ciel et les choses les plus divines, parmi les phénomènes visibles, sont le produit spontané du hasard, et que leur cause n'est pas du tout analogue à celle qui produit les animaux et les plantes.
§ 9. Mais même en admettant qu'il en soit ainsi, un tel sujet pris à un tel point de vue mérite assurément qu'on s'y arrête, et il est bon d'en parler quelque peu ; car outre que cette opinion est absurde à bien d'autres égards, ce qu'il y a de plus absurde encore, c'est de la soutenir quand d'ailleurs on voit soi-même que rien dans le ciel ne se produit fortuitement, et que dans des phénomènes d'où l'on prétend exclure le hasard, il y a cependant beaucoup de choses qui sont produites par lui. Or, on devrait à ce qu'il semble, se former une opinion précisément contraire.
§ 11. Ainsi donc, il nous faut étudier ce que c'est que le hasard et le spontané ; il nous faut voir si c'est une seule et même chose ou des choses distinctes, et enfin comment ils rentrent dans les causes que nous avons reconnues et déterminées."
Aristote, Physique, Livre II, chapitre 4
Trad. J. Bathélémy Saint-Hilaire
Source : http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/phys2.htm
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21h10 28 septembre 2011
"PULP FICTION" : UN POLAR OÙ LE HASARD TIENT UNE PLACE CAPITALE
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07h04 28 septembre 2011
QUAND L’ART UTILISE L’ALÉATOIRE
John Cage, Cartridge Music. Rendez-vous également sur ce lien.
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10h47 25 septembre 2011
LA VIE N'EST-ELLE QU'UNE SUITE DE HASARDS ?
Le vendredi 30 septembre à 18H30 à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée, le café philosophique de Montargis fera sa rentrée. Le premier débat de cette troisième saison, choisi par les participants de la séance de juillet, aura pour titre : "La vie n'est-elle qu'une suite de hasards?"
Claire et Bruno, les animateurs du café philo, proposeront de s’interroger sur les différentes significations du hasard : a-t-il un sens pour notre existence ? Ainsi, il faudra sans doute se pencher sur son possible pouvoir : le hasard fait-il si bien les choses ? Qu’est-ce, alors, à dire de ma liberté ? Puis-je en effet me définir comme causalité libre si je dois composer avec l’incontrôlable, le non maîtrisable ? Enfin, quelle philosophie de vie mettre en place face à cette notion de hasard ? Puis-je le prendre en compte ?
Autant de questions qui seront discutées vendredi 30 septembre, à partir de 18 h 30, à la brasserie du centre commercial de La Chaussée. Participation libre et gratuite.
14h57 14 septembre 2011
MACHIAVEL ET LA FORTUNE
"Je n'ignore point que bien des gens ont pensé et pensent encore que Dieu et la fortune régissent les choses de ce monde de telle manière que toute la prudence humaine ne peut en arrêter ni en régler le cours: d'où l'on peut conclure qu'il est inutile de s'en occuper avec tant de peine, et qu'il n'y a qu'à se soumettre et à laisser tout conduire par le sort. Cette opinion s'est surtout propagée de notre temps par une conséquence de cette variété de grands événements que nous avons cités, dont nous sommes encore témoins, et qu'il ne nous était pas possible de prévoir: aussi suis-je assez enclin à la partager.
Néanmoins, ne pouvant admettre que notre libre arbitre soit réduit à rien, j'imagine qu'il peut être vrai que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu'elle en laisse à peu près l'autre moitié en notre pouvoir. Je la compare à un fleuve impétueux qui, lorsqu'il déborde, inonde les plaines, renverse les arbres et les édifices, enlève les terres d'un côté et les emporte vers un autre: tout fuit devant ses ravages, tout cède à sa fureur; rien n'y peut mettre obstacle. Cependant, et quelque redoutable qu'il soit, les hommes ne laissent pas, lorsque l'orage a cessé, de chercher à pouvoir s'en garantir par des digues, des chaussées et autres travaux: en sorte que, de nouvelles crues survenant, les eaux se trouvent contenues dans un canal, et ne puissent plus se répandre avec autant de liberté et causer d'aussi grands ravages. Il en est de même de la fortune qui montre surtout son pouvoir là où aucune résistance n'a été préparée et porte ses fureurs là où elle sait qu'il n'y a point d'obstacle disposé pour l'arrêter.
Si l'on considère l'Italie, qui est le théâtre et la source des grands changements que nous avons vus et que nous voyons s'opérer, on trouvera qu'elle ressemble à une vaste campagne qui n'est garantie par aucune sorte de défense. Que si elle avait été prémunie, comme l'Allemagne, l'Espagne et la France, contre le torrent, elle n'en aurait pas été inondée, ou du moins elle n'en aurait pas autant souffert.
Me bornant à ces idées générales sur la résistance qu'on peut opposer à la fortune, et venant à des observations plus particularisées, je remarque d'abord qu'il n'est pas extraordinaire de voir un prince prospérer un jour et déchoir le lendemain, sans néanmoins qu'il ait changé, soit de caractère, soit de conduite. Cela vient, ce me semble, de ce que j'ai déjà assez longuement établi, qu'un prince qui s'appuie entièrement sur la fortune tombe à mesure qu'elle varie. Il me semble encore qu'un prince est heureux ou malheureux, selon que sa conduite se trouve ou ne se trouve pas conforme au temps où il règne. Tous les hommes ont en vue un même but: la gloire et les richesses; mais dans tout ce qui a pour objet de parvenir à ce but, ils n'agissent pas tous de la même manière: les uns procèdent avec circonspection, les autres avec impétuosité; ceux-ci emploient la violence, ceux-là usent d'artifice; il en est qui sont patients, il en est aussi qui ne le sont pas du tout: ces diverses façons d'agir, quoique très différentes, peuvent également réussir. On voit d'ailleurs que de deux hommes qui suivent la même marche, l'un arrive et l'autre n'arrive pas; tandis qu'au contraire deux autres qui marchent très différemment, et, par exemple, l'un avec circonspection et l'autre avec impétuosité, parviennent néanmoins pareillement à leur terme: or d'où cela vient-il, si ce n'est de ce que les manières de procéder sont ou ne sont pas conformes aux temps ? C'est ce qui fait que deux actions différentes produisent un même effet, et que deux actions pareilles ont des résultats opposés. C'est pour cela encore que ce qui est bien ne l'est pas toujours. Ainsi, par exemple, un prince gouverne-t-il avec circonspection et patience: si la nature et les circonstances des temps sont telles que cette manière de gouverner soit bonne, il prospérera; mais il décherra, au contraire, si la nature et les circonstances des temps changeant, il ne change pas lui-même de système.
Changer ainsi à propos, c'est ce que les hommes même les plus prudents ne savent point faire, soit parce qu'on ne peut agir contre son caractère, soit parce que, lorsqu'on a longtemps prospéré en suivant une certaine route, on ne peut se persuader qu'il soit bon d'en prendre une autre. Ainsi l'homme circonspect, ne sachant point être impétueux quand il le faudrait, est lui-même l'artisan de sa propre ruine. Si nous pouvions changer de caractère selon le temps et les circonstances, la fortune ne changerait jamais."
Nicolas Machiavel, Le Prince, trad. Patrick Dupouey,
Nathan, "Les intégrales de philo", 1998
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14h35 14 septembre 2011
NIETZSCHE : ZARATHOUSTRA OU LE HASARD DOMPTÉ
"Zarathoustra le sans-dieu : – Je fais bouillir dans ma marmite tout ce qui est hasard. Et ce n'est que lorsque le hasard est cuit à point que je lui souhaite la bienvenue pour en faire ma nourriture. Et en vérité, maint hasard s'est approché de moi en maître : mais ma volonté lui parle de façon plus impérieuse encore, – et aussitôt il se mettait à genoux devant moi en me suppliant de lui donner asile et accueil cordial, et me parlant de manière flatteuse: Vois donc, Zarathoustra, il n'y a qu'un ami pour venir ainsi chez un ami !"
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, III, 5
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10h56 14 septembre 2011
HASARD ET NÉCESSITÉ – CONTINGENCE ET DARWINISME
"Le même jardinier fait des semis à tout hasard, et parmi le plus grand nombre des variétés individuelles qui résultent fortuitement des diverses dispositions des germes, combinées avec des influences accidentelles de l’atmosphère et du sol, il s’en trouve quelques unes qui réunissent les conditions de propagation, en ce sens que le cultivateur a intérêt à les propager, de préférence aux autres qu’il sacrifie. Les individus conservés en produisent à leur tour une multitude d’autres, parmi lesquels on tire encore ceux qui, par des circonstances fortuites, réunissent à un plus haut degré les qualités que l’on prisait dans leurs ancêtres, qualités qui vont ainsi se consolidant et se prononçant de plus en plus par les transmissions successives d’une génération à l’autre : et par là s’explique la formation des races cultivées, qui sont comme les types nouveaux, artificiellement substitués à ceux de la nature sauvage. Cet exemple peut donner l’idée de la part du hasard et de la multiplication indéfinies des combinaisons fortuites de l’établissement de l’ordre final et des harmonies qui s’y remarquent."
Antoine Augustin Cournot, Essai sur les Fondements de nos Connaissances,
1851. éd. Hachette, 1922, p. 93
Merci à Guy-Louis pour ce texte.
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10h44 13 septembre 2011
"AU HASARD, BALTHAZAR" DE ROBERT BRESSON
09h07 09 septembre 2011
A sa mort, le vieux psychanalyste était presque un trésor national vivant. De loin, dandy foutraque adulé ou haï, célèbre pour ses cigares tordus, son noeud pap' et le public people se pressant à son séminaire ; de près, un corps saisi de pensée. Place à la voix. On écoutait cette lente parole entrecoupée de soupirs, débobinant des phrases en quête de chute, piégées dans une grammaire exacte, mais dure à suivre. Alors Lacan revenait sur ses pas, tirant ses auditeurs le long d'un fleuve dont seule sa logique connaissait le cours. Nous, bateaux ivres ; lui, le hâleur. Résultat ? Une pensée couteau suisse. On l'a sur soi, elle sert à tout.
Dans la moisson de textes qui saluent sa mémoire, deux sont de lui, édités par Jacques-Alain Miller. Inédits, les deux datent de 1971-1972. Le premier est le livre XIX du Séminaire et s'intitule... Ou pire - points de suspension signifiant le vide, et Lacan pouvant toujours "faire pire". Ce texte est lui-même flanqué de conférences titrées Je parle aux murs (ceux de la chapelle de l'hôpital Sainte-Anne, autrefois "asile clinique" où les murs jouaient leur rôle)...
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13h54 08 septembre 2011
HASARDS, HASARDS... (SANS COMMENTAIRE)
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11h00 07 septembre 2011

References: § 2

§ 3

§ 4

§ 5

§ 6

§ 8

§ 9

§ 11