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Timestamp: 2016-10-23 09:56:16+00:00

Document:
2C_616/2012 (01.04.2013)
2C_616/2012
Me Jean-Pierre Moser, avocat,
Refus d'approuver l'octroi d'une autorisation de s�jour,
recours contre l'arr�t du Tribunal administratif f�d�ral, Cour III, du 18 mai 2012.
A.a A.X.________, ressortissante d'origine camerounaise, n�e en 1971, a �pous� en d�cembre 2001 � Douala, B.X.________, ressortissant suisse n� en 1956. Arriv�e en Suisse le 22 avril 2002, A.X.________ a �t� mise au b�n�fice d'une autorisation de s�jour pour regroupement familial, puis, en juin 2007, d'une autorisation d'�tablissement. Le 23 avril 2002, A.X.________ a rempli un rapport d'arriv�e, dans lequel elle a indiqu� souhaiter que, par la suite, sa fille, F.________ (ci-apr�s: F.________), n�e en 1991, et ses trois enfants adoptifs, D.________ (ci-apr�s: D.________), n� en 1985, C.________ (ci-apr�s: C.________), n� en 1990, et E.________ (ci-apr�s: E.________), n�e en 1993, tous ressortissants camerounais, puissent venir la rejoindre en Suisse.
Par jugement du 12 septembre 2002, devenu d�finitif le 3 mars 2008, le Tribunal de premi�re instance de Douala-Bonanjo a prononc� l'adoption simple par A.X.________ des trois enfants de feu son fr�re, d�c�d� en 1996, soit D.________, C.________ et E._______, en vue de lui permettre d'assurer convenablement leur encadrement.
F.________, D.________, C.________ et E.________ ont, le 10 janvier 2003, d�pos�, aupr�s de l'Ambassade de Suisse � Yaound�, des demandes d'autorisation d'entr�e et de s�jour au titre du regroupement familial. Dans plusieurs courriers envoy�s en 2003 � diff�rentes autorit�s suisses, A.X.________ et son �poux ont confirm� leur volont� d'accueillir en Suisse F.________, D.________, C.________ et E.________ et leur ont fait parvenir diff�rents documents les concernant. A.X.________ expliquait que ses enfants adoptifs vivaient au Cameroun chez sa soeur, qu'elle leur t�l�phonait deux � trois fois par semaine et qu'elle leur envoyait de l'argent tous les mois pour leurs besoins.
Le 15 mai 2003, la m�re biologique de D.________, C.________ et E.________ a sign� une autorisation parentale par laquelle elle permettait � ses trois enfants de quitter le Cameroun et de voyager accompagn�s de A.X.________ pour se rendre en Suisse.
Le 11 juillet 2003, le Service de la population du canton de Vaud (ci-apr�s: le Service de la population) a habilit� la repr�sentation de Suisse � Yaound� � d�livrer un visa d'entr�e en faveur de F.________. Entr�e sur territoire helv�tique ce m�me mois, celle-ci a �t� mise au b�n�fice d'une autorisation de s�jour pour regroupement familial.
C.________ est arriv� ill�galement en Suisse le 20 f�vrier 2006 et y a d�pos� une demande d'asile. Par d�cision du 13 mars 2006, l'Office f�d�ral des migrations a rejet� cette requ�te et prononc� le renvoi de Suisse de C.________. Le 26 avril 2006, la Commission suisse de recours en mati�re d'asile n'est pas entr�e en mati�re sur le recours interjet� contre cette d�cision.
Le 18 avril 2007, C.________ a rempli un rapport d'arriv�e aupr�s du Bureau des �trangers de O.________. Le Service de la population a rejet�, par d�cision du 15 octobre 2007, la demande d'autorisation de s�jour de celui-ci.
A.b Par arr�t du 18 juin 2009, le Tribunal cantonal du canton de Vaud (ci-apr�s: le Tribunal cantonal) a partiellement admis le recours de A.X.________, de son �poux et de ses enfants adoptifs en tant qu'il concernait C.________; l'autorit� administrative avait, notamment, trop "minimis�" les effets de l'adoption simple en mati�re de regroupement familial. Le Tribunal cantonal a, en outre, admis le recours pour d�ni de justice formel en tant qu'il concernait D.________ et E.________; rien ne justifiait qu'il se soit �coul� six ans depuis le d�p�t des demandes de regroupement familial sans que le Service de la population n'agisse.
Le 26 f�vrier 2010, C.________ a �t� interpell� par les gardes-fronti�re de P.________. Il a alors expliqu� qu'il �tait venu en Suisse en 2006, qu'il y avait d�pos� une demande d'asile sous une fausse identit� et qu'il n'avait jamais quitt� notre pays malgr� le rejet de sa requ�te.
Apr�s que le Service de la population lui eut transmis le dossier et les autorisations envisag�es pour approbation � la suite de l'arr�t du 18 juin 2009 du Tribunal cantonal, l'Office f�d�ral des migrations a, par d�cision du 17 d�cembre 2010, refus� de d�livrer une autorisation d'entr�e en Suisse en faveur de D.________ et E.________ et d'approuver l'octroi d'une autorisation de s�jour � ceux-ci, ainsi qu'� C.________, tout en pronon�ant le renvoi de celui-ci. Il a estim� que les enfants n'avaient pas un droit � une autorisation de s�jour au regard du droit des �trangers, leur adoption n'�tant qu'une adoption simple; en outre, les liens qui les unissaient � leur m�re adoptive n'�taient pas suffisamment intenses et �troits pour qu'ils puissent tirer un droit de l'art. 8 CEDH.
Au mois de mai 2011, A.X.________ a obtenu la nationalit� suisse.
Apr�s avoir pris connaissance de l'acte de d�c�s de la soeur de A.X.________ survenu en mars 2011 et de l'obtention, par C.________, en juin 2011, de son certificat de capacit� de constructeur de routes, le Tribunal administratif f�d�ral a rejet�, par arr�t du 18 mai 2012, le recours de A.X.________ et de B.X.________. Il a jug� en substance que l'adoption simple prononc�e au Cameroun n'engendrait pas la rupture des liens de filiation entre l'enfant et sa famille biologique; dans un tel cas, l'enfant adopt� ne pouvait tirer aucun droit au regroupement familial de l'art. 17 al. 2 3�me phrase de la loi f�d�rale du 26 mars 1931 sur le s�jour et l'�tablissement des �trangers (LSEE; RS 1 113), que son parent adoptif soit au b�n�fice d'une autorisation d'�tablissement ou soit suisse; en outre, les trois enfants adoptifs de A.X.________ ne se trouvaient pas dans une situation qui constituait un cas de rigueur. Finalement, D.________, C.________ et E.________ �taient tous �g�s de plus de dix-huit ans, ce qui avait pour cons�quence qu'ils ne pouvaient tirer aucun droit de l'art. 8 CEDH.
Agissant par la voie du recours en mati�re de droit public, A.X.________, ainsi que C.________, D.________ et E.________ demandent au Tribunal f�d�ral, sous suite de frais et d�pens, d'annuler l'arr�t du 18 mai 2012 du Tribunal administratif f�d�ral, de dire que l'autorisation de s�jour d�livr�e par le canton de Vaud aux trois enfants est approuv�e; subsidiairement, de renvoyer la cause au Tribunal administratif f�d�ral afin qu'il approuve ces autorisations de s�jour; plus subsidiairement, de lui renvoyer la cause pour qu'il annule la d�cision du 17 d�cembre 2010 et transmette la cause � l'Office f�d�ral des migrations pour que cet office approuve les autorisations de s�jour.
L'Office f�d�ral des migrations conclut au rejet du recours. Le Tribunal administratif f�d�ral a renonc� � prendre position.
Par ordonnance du 3 juillet 2012, le Pr�sident de la IIe Cour de droit public a admis la demande d'effet suspensif en faveur de C.________.
1.1 Les recourants sont A.X.________ et ses trois enfants adoptifs. Ceux-ci n'ont toutefois pas pris part � la proc�dure devant le Tribunal administratif f�d�ral. Partant, ils n'ont pas qualit� pour recourir (art. 89 al. 1 let. a LTF) et le recours est irrecevable en ce qui les concerne.
1.2 La loi f�d�rale du 16 d�cembre 2005 sur les �trangers (LEtr; RS 142.20) est entr�e en vigueur le 1er janvier 2008. En vertu de l'art. 126 al. 1 LEtr, les demandes d�pos�es avant cette date sont r�gies par l'ancien droit. Tel est le cas en l'esp�ce et la pr�sente cause doit �tre examin�e � la lumi�re de la LSEE. Il y a d�s lors lieu de se fonder sur la jurisprudence rendue en relation avec l'ancien droit (ATF 136 II 120 consid. 3 p. 125; arr�t 2C_624/2009 du 5 f�vrier 2010 consid. 3).
1.3 Selon l'art. 83 let. c ch. 2 LTF, le recours en mati�re de droit public est irrecevable contre les d�cisions relatives � une autorisation de droit des �trangers � laquelle ni le droit f�d�ral, ni le droit international ne donnent droit.
D'apr�s la jurisprudence, il suffit qu'il existe un droit potentiel � l'autorisation, �tay� par une motivation soutenable, pour que cette clause d'exclusion ne s'applique pas et que, partant, la voie du recours en mati�re de droit public soit ouverte (ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179).
Selon une jurisprudence constante, pour statuer sur la recevabilit� (et le fond) du recours interjet� contre une d�cision rendue en mati�re de regroupement familial, le Tribunal f�d�ral se fonde, en ce qui concerne le droit interne, sur l'�ge de l'enfant au moment du d�p�t de la demande (ATF 136 II 497 consid. 3.2 p. 499). Sous l'angle de l'art. 8 CEDH, est en revanche d�terminant l'�ge au moment o� le Tribunal f�d�ral statue (ATF 136 II 497 consid. 3.2 p. 499; 130 II 137 consid. 2 p. 141 et les arr�ts cit�s ).
1.3.1 Aux termes de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, les enfants c�libataires de moins de dix-huit ans ont le droit d'�tre inclus dans l'autorisation d'�tablissement de leurs parents aussi longtemps qu'ils vivent aupr�s d'eux.
En l'esp�ce, lorsque la demande de regroupement familial a �t� formul�e, la recourante ne b�n�ficiait que d'une autorisation de s�jour, de sorte que l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE n'�tait pas applicable. Ce n'est qu'en juin 2007 qu'elle a obtenu une autorisation d'�tablissement et c'est l'�ge des enfants � ce moment-l� qui doit �tre pris en compte (arr�t 2C_319/2007 du 2 octobre 2007 consid. 1.1). D.________ avait alors 22 ans, si bien qu'il ne remplissait pas la condition de l'�ge de la disposition susmentionn�e, contrairement � C.________ et E.________ qui avaient moins de 18 ans.
1.3.2 En ce qui concerne C.________, qui est en Suisse depuis 2006, il ressort du dossier qu'il a d�m�nag� pour s'installer � R.________. Il ne vit d�s lors plus aupr�s de sa m�re adoptive et celle-ci ne peut, en cons�quence, plus tirer de droit de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, la vie commune �tant une condition de son application.
1.3.3 Le seul enfant pour lequel le recours pourrait �tre recevable au regard de la disposition susmentionn�e est E.________. Encore faut-il, pour cela, que l'adoption simple du droit camerounais cr�e un droit potentiel � une autorisation de s�jour au regard l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE (cf. arr�t 2A.36/1995 du 9 janvier 1996). Cette question peut rester ouverte, le recours devant de toute fa�on �tre rejet� sur le fond. Il sera ainsi entr� en mati�re en ce qui concerne E.________ (cf. consid. 1.6).
1.4 L'art. 8 CEDH peut �galement conf�rer un droit � une autorisation de s�jour en faveur des enfants mineurs d'�trangers b�n�ficiant d'un droit de pr�sence assur� en Suisse (cf. � ce sujet ATF 137 I 351 consid. 3.1 p. 354) si les liens nou�s entre les int�ress�s sont �troits et si le regroupement vise � assurer une vie familiale commune effective (cf. ATF 137 I 284 consid. 1.3 p. 287; 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145).
1.4.1 Les enfants sont aujourd'hui �g�s de plus de dix-huit ans et ne se trouvent pas dans un �tat de d�pendance particuli�re par rapport � leur m�re adoptive, en raison par exemple d'un handicap ou d'une maladie grave (ATF 120 Ib 257 consid. 1d et 1e p. 261), de sorte qu'ils ne peuvent pas, en principe, d�duire de l'art. 8 CEDH le droit � une autorisation de s�jour, le moment d�terminant pour l'application de cette disposition conventionnelle n'�tant pas, comme pour l'art. 17 al. 2 LSEE, celui du d�p�t de la demande, mais celui auquel le Tribunal f�d�ral statue (cf. consid. 1.3). Certes, la recourante soutient que cette distinction est contraire � une jurisprudence de la Cour europ�enne des droits de l'homme (arr�t Tuquabo-Tekle et autres contre Pays-Bas, no 60665/00, du 1er d�cembre 2005). Les juges de Strasbourg ne se sont toutefois pas sp�cifiquement prononc�s sur l'applicabilit� de l'art. 8 CEDH lorsqu'un enfant devient majeur en cours de proc�dure devant les instances nationales, ce point n'�tant du reste pas litigieux entre les parties dans l'affaire concern�e (cf. arr�t 2A.285/2006 du 9 janvier 2007 consid. 1.2). En outre, celle-ci n'avait rien � voir avec l'�tat de fait � la base de la pr�sente cause.
Quoiqu'il en soit, l'irrecevabilit� du recours au regard de l'art. 8 CEDH en ce qui concerne E.________, 19 ans actuellement, importe peu, puisque le recours la concernant, recevable sous l'angle de l'art. 17 al. 2 LSEE, implique qu'il soit proc�d� � une pes�e compl�te des int�r�ts en cause (cf. consid. 2). Quant aux deux gar�ons, le recours serait de toute fa�on rejet� sur le fond: le regroupement vise � assurer une vie familiale commune effective (ATF 131 II 265 consid. 5 p. 268; 129 II 193 consid. 5.3.1 p. 211 et les arr�ts cit�s). Or, D.________ a aujourd'hui 27 ans, �ge auquel on est autonome et o� on ne vit en principe plus aupr�s de ses parents et C.________, �g� de 22 ans, a d�j� son propre appartement.
1.4.2 En ce qui concerne C.________, la recourante se pr�vaut encore du respect de la vie priv�e, �galement garanti par l'art. 8 � 1 CEDH.
Il est douteux que la recourante puisse invoquer le respect de la vie priv�e en faveur de son fils, �tant rappel� que celui-ci n'a pas la qualit� pour recourir (cf. consid. 1.1). Quoi qu'il en soit, le recours est irrecevable en tant qu'il a trait � cette disposition pour les raisons qui suivent.
L'art. 8 � 1 CEDH n'ouvre le droit � une autorisation de s�jour pour respect de la vie priv�e qu'� des conditions tr�s restrictives. L'�tranger doit en effet �tablir l'existence de liens sociaux et professionnels sp�cialement intenses avec la Suisse, notablement sup�rieurs � ceux qui r�sultent d'une int�gration ordinaire (ATF 130 II 281 consid. 3.2.1 p. 286). Au stade de la recevabilit�, il suffit toutefois que l'existence de tels liens soit all�gu�e et apparaisse vraisemblable au vu des circonstances pour que le Tribunal f�d�ral entre en mati�re sur le recours (ATF 136 II 177 consid. 1.1 p. 179).
En l'esp�ce, l'existence de liens sp�cialement intenses avec notre pays n'est pas �tablie ni m�me all�gu�e (cf. consid. 1.3). Il ressort, certes, de l'arr�t attaqu� que l'adaptation de C.________, � un �ge, soit 15 ans, o� il n'�tait pas d'embl�e �vident qu'il s'int�grerait dans notre pays, a �t� remarquable. Il a, en effet, d�but� sa scolarit� en Suisse dans une classe d'accueil d'un �tablissement secondaire � O.________, lequel lui a d�cern� le prix annuel en raison de son attitude positive en classe, son esprit de camaraderie et ses grands efforts d'int�gration. Puis, il a men� � bien son apprentissage, tout en suivant des cours d'appui, organis�s par le canton, aupr�s de Transition Ecole M�tier et est, depuis 2011, titulaire d'un certificat de capacit� de constructeur de routes. Il a, de plus, obtenu un travail, autoris� en cela par le Service de l'emploi du canton de Vaud, aupr�s d'une entreprise de travaux publics. Toutefois, ces ann�es pass�es depuis 2006 en Suisse l'ont �t� de mani�re ill�gale et elles ne peuvent pas �tre prises en consid�ration dans l'appr�ciation ou alors seulement dans une mesure tr�s restreinte (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p. 23 s.). Tenir compte du s�jour de C.________ reviendrait � encourager la politique du fait accompli et, par cons�quent, � porter atteinte au principe de l'�galit� par rapport aux nombreux �trangers qui respectent les proc�dures �tablies pour obtenir un titre de s�jour en Suisse et, en particulier, par rapport � sa soeur E.________ qui est rest�e au pays et qui ne peut pas b�n�ficier de l'art. 8 CEDH en tant que cette disposition prot�ge la vie priv�e. Il est vrai que, lorsqu'il est arriv� en Suisse, C.________ attendait depuis trois ans une d�cision du Service de la population; si cela ne saurait justifier une arriv�e ill�gale, il est pour le moins regrettable que les demandes d'autorisation des enfants adoptifs de la recourante, d�pos�es en 2003, n'aient �t� trait�es par le Service de la population qu'en 2007 en ce qui concerne C.________ et en 2009 pour ses fr�re et soeur; ainsi, dix ans apr�s le d�but de la proc�dure, celle-ci n'est toujours pas close avec toutes les cons�quences que cela induit.
Compte tenu des �l�ments susmentionn�s, on ne se trouve pas dans l'une des situations exceptionnelles o� un droit � une autorisation de s�jour peut �tre d�duit de l'art. 8 CEDH au titre de la protection de la vie priv�e.
1.5 Au regard de ce qui pr�c�de, le recours est recevable en tant qu'il concerne le regroupement familial de E.________ mais pas en ce qui concerne D.________ et C.________.
1.6 Pour le surplus, le recours, dirig� contre un arr�t final (cf. art. 90 LTF) et rendu par le Tribunal administratif f�d�ral (cf. art. 86 al. 1 let. a LTF), a �t� d�pos� dans les formes et le d�lai prescrits par la loi (cf. art. 42 et 100 al. 1 LTF). Il convient donc d'entrer en mati�re s'agissant de E.________.
2.1 Selon la jurisprudence (cf. ATF 136 II 78 consid. 4.1; 133 II 6 consid. 3.1 p. 9 ss; 129 II 11 consid. 3.1.1 p. 14 et les arr�ts cit�s), le but de l'art. 17 al. 2 LSEE (cf. consid. 1.3.1) est de permettre le maintien ou la reconstitution d'une communaut� familiale compl�te entre les deux parents et leurs enfants communs encore mineurs (la famille nucl�aire). Ce but ne peut �tre enti�rement atteint lorsque les parents sont divorc�s ou s�par�s et que l'un d'eux se trouve en Suisse depuis plusieurs ann�es, et l'autre � l'�tranger avec les enfants, ou lorsque l'un d'eux est d�c�d�. Il n'existe pas un droit inconditionnel de faire venir aupr�s du parent �tabli en Suisse des enfants qui ont grandi � l'�tranger dans le giron de leur autre parent. Il en va de m�me lorsque, par exemple en raison du d�c�s de l'autre parent ou pour d'autres motifs, l'�ducation des enfants � l'�tranger n'a pas �t� assur�e par un parent au sens �troit (p�re ou m�re), mais par des personnes de confiance, par exemple des proches parents (grands-parents, fr�res et soeurs plus �g�s etc.) (cf. ATF 129 II 11 consid. 3.1.4 p. 15; 125 II 585 consid. 2c p. 588 ss et les arr�ts cit�s). La reconnaissance d'un droit au regroupement familial suppose alors qu'un changement important des circonstances (sur cette notion, cf. ATF 133 II 6 consid. 3.1.2 p. 11), notamment d'ordre familial, se soit produit, rendant n�cessaire la venue des enfants en Suisse, comme par exemple une modification des possibilit�s de leur prise en charge �ducative � l'�tranger (cf. ATF 136 II 78 consid. 4.1; 133 II 6 consid. 3.1 p. 9 ss).
Il s'agit de mettre en balance, d'une part, l'int�r�t priv� de l'enfant et du parent concern� � pouvoir vivre ensemble en Suisse et, d'autre part, l'int�r�t public de ce pays � poursuivre une politique restrictive en mati�re d'immigration. L'examen du cas doit �tre global et tenir particuli�rement compte de la situation personnelle et familiale de l'enfant et de ses r�elles chances de s'int�grer en Suisse. A cet �gard, le nombre d'ann�es qu'il a v�cues � l'�tranger et la force des attaches familiales, sociales et culturelles qu'il s'y est cr��, de m�me que l'intensit� de ses liens avec son autre parent �tabli en Suisse, son �ge, son niveau scolaire ou encore ses connaissances linguistiques sont des �l�ments primordiaux dans la pes�e des int�r�ts. Un soudain d�placement de son cadre de vie peut en effet constituer un v�ritable d�racinement pour lui et s'accompagner de grandes difficult�s d'int�gration dans un nouveau pays d'accueil. De plus, une longue dur�e de s�paration d'avec son parent �tabli en Suisse a normalement pour effet de distendre ses liens affectifs avec ce dernier, en m�me temps que de resserrer ces m�mes liens avec le parent et/ou les proches ayant pris soin de lui � l'�tranger, dans une mesure pouvant rendre d�licat un changement de sa prise en charge �ducative. C'est pourquoi il faut continuer autant que possible � privil�gier la venue en Suisse de jeunes enfants, mieux � m�me de s'adapter � un nouvel environnement (familial, social, �ducatif, linguistique, scolaire, ...) que des adolescents ou des enfants proches de l'adolescence (ATF 133 II 6 consid. 3 et 5 p. 9 ss).
2.2 Dans le cas particulier, il ressort du dossier que la recourante est arriv�e en Suisse en 2002 et qu'elle a d'embl�e d�clar� vouloir faire venir sa fille biologique et ses trois enfants adoptifs. E.________ �tait alors �g�e de huit ans. Puis, en 2003, l'int�ress�e a effectivement d�pos� des demandes d'autorisation d'entr�e et de s�jour pour tous ses enfants. Par la suite, elle a, � plusieurs reprises, envoy� des courriers aux autorit�s confirmant sa volont� de faire venir ses enfants. Si ce n'est qu'en 2007 que la recourante a obtenu une autorisation d'�tablissement et, partant, un droit au regroupement, on ne peut pas lui reprocher d'avoir attendu pour formuler des demandes ni d'avoir v�cu loin de E.________ durant ces ann�es. En outre, compte tenu de ces �l�ments, rien ne porte � croire que la demande est avant tout motiv�e par des raisons �conomiques.
Le moment d�terminant pour juger du fond, au regard de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE, est 2007, ann�e o� la recourante a re�u une autorisation d'�tablissement (cf. consid. 1.3.1 et l'arr�t cit�); E.________ avait alors quatorze ans. La situation de celle-ci entre le moment de la s�paration d'avec sa m�re adoptive, en 2002, et 2007 n'est pas claire. L'arr�t attaqu� rel�ve, en effet, que la recourante avait tout d'abord affirm� qu'� son d�part pour la Suisse ses enfants avaient v�cu avec sa soeur; puis, dans son recours du 1er f�vrier 2011 devant le Tribunal administratif f�d�ral, elle indiquait que ceux-ci avaient �t� pris en charge d'abord par la grand-m�re paternelle et que �a n'�tait qu'� la suite de probl�mes de sant� de celle-ci, en 2006, qu'ils avaient v�cu chez sa soeur; le mari de la soeur ne voulant plus s'en occuper, E.________ et ses fr�res auraient finalement �t� accueillis par une amie de la recourante. Compte tenu de ces incoh�rences, le changement important de circonstances - condition du droit au regroupement familial en l'esp�ce (cf. consid. 2.1) -, soit de la prise en charge �ducative de E.________, est sujet � caution. De plus, � supposer que les circonstances aient effectivement chang�, des solutions ont �t� trouv�es pour la prise en charge de cette enfant. En outre, en 2007, le fr�re a�n� de E.________, D.________, avait vingt-deux ans et �tait, ainsi, � m�me de prendre soin de sa soeur. Certes, selon les dires de la recourante, celui-ci ne b�n�ficie pas de formation et il "bricolerait"; toutefois, l'int�ress�e fait parvenir de l'argent � ses enfants adoptifs chaque mois, ce qui, compte tenu du co�t de la vie au Cameroun, notoirement moins �lev� qu'en Suisse, doit constituer une aide substantielle. De plus, D.________ est la seule personne de sa famille avec laquelle E.________ a continuellement v�cu, puisque F.________ est arriv�e en Suisse en 2003 au b�n�fice d'un visa d'entr�e et que C.________ est venu ill�galement en 2006.
Finalement, � quatorze ans, E.________ est d�sormais arriv�e � un �ge o� elle ne requiert plus les m�mes soins et la m�me attention qu'une jeune enfant. Il appara�t aussi qu'elle compte l'essentiel de ses relations familiales et toutes ses attaches sociales et culturelles au Cameroun. Son d�placement dans un nouveau cadre de vie aurait enfin pour cons�quence de l'�loigner de son fr�re a�n�.
Compte tenu des �l�ments qui pr�c�dent, principalement de l'absence d'un changement important dans la prise en charge �ducative de E.________, la recourante ne peut pr�tendre au regroupement familial en faveur de sa fille adoptive sur la base de l'art. 17 al. 2 3�me phrase LSEE.
Succombant, la recourante supportera les frais judiciaires (art. 65 et 66 al. 1 et 5 LTF) et n'a pas droit � des d�pens (art. art. 68 al. 1 LTF).
Le pr�sent arr�t est communiqu� au mandataire de la recourante, au Service de la population du canton de Vaud, � l'Office f�d�ral des migrations et au Tribunal administratif f�d�ral, Cour III.

References: ATF 
 ATF 
 art. 90
 art. 86
 art. 42
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 68