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Timestamp: 2016-10-21 13:13:42+00:00

Document:
Dame A.________, demanderesse et recourante, repr�sent�e par Me Joanna B�rgisser, avocate � Gen�ve,
X.________ S.A., d�fenderesse et intim�e, repr�sent�e par Me Yves Pirenne, avocat � Gen�ve;
(contrat de travail; r�siliation imm�diate; �galit� entre
A.- a) X.________S.A. (ci-apr�s: X.________), soci�t� sp�cialis�e dans le courtage en assurance et r�assurance, a engag� dame A.________, n�e en 1950, d�s le 1er juillet 1992 en qualit� de secr�taire-gestionnaire, charg�e en outre d'assister le pr�sident du conseil d'administration de X.________. Le salaire mensuel de dame A.________ s'�levait � 5700 fr., plus 300 fr. de participation aux frais. Elle travaillait depuis 1975 dans le domaine des assurances et avait d�j� �t� engag�e par X.________ une premi�re fois en 1987 et 1988. A la fin de l'ann�e 1994, dame A.________ a �t� promue au poste de conseill�re en entreprise, avec, d�s le 1er janvier 1995, un salaire mensuel de 6200 fr., plus 500 fr. de frais forfaitaires et une gratification de 2000 fr. Un an plus tard, la r�mun�ration mensuelle et la gratification ont �t� port�es � 6330 fr. Dans le m�me temps, dame A.________ a �t� dispens�e de la recherche de client�le. Au mois de juillet 1996, X.________ a confi� � dame A.________ le soin de s'occuper des clients priv�s poss�dant de petits portefeuilles d'assurances. Invoquant la loi f�d�rale sur l'�galit� entre femmes et hommes (LEg; RS 151.1), dame A.________ a sollicit�, le 21 ao�t 1996, l'adaptation de son salaire. X.________ a refus� cette requ�te, notamment pour le motif qu'une dispense lui avait �t� accord�e quant � la recherche de client�le. Malgr� les protestations de dame A.________, X.________ a persist� dans sa d�cision. Par lettre du 18 octobre 1996, celle-l� a fait savoir qu'elle renon�ait � sa revendication, par crainte des cons�quences d'un licenciement sur sa situation personnelle (art. 64 al. 2 OJ).
b) Le 5 septembre 1997, X.________ a reproch� � dame A.________ son attitude et des r�flexions n�gatives � l'encontre de la direction ainsi qu'un manque de collabora-
tion pour suppl�er � la r�ceptionniste durant ses vacances. Le lendemain, dame A.________ s'est plainte aupr�s du pr�sident du conseil d'administration d'�tre la victime de mobbing et de harc�lement sexuel, notamment de la part du directeur. Le 9 septembre 1997, le pr�sident du conseil d'administration lui a annonc� qu'il chargera la direction de l'ouverture d'une enqu�te � ce sujet (art. 64 al. 2 OJ). Dame A.________ a protest� contre cette r�action qu'elle tenait pour maladroite. Le 16 septembre 1997, elle s'est adress�e � l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (ciapr�s: OCIRT) pour d�noncer le mobbing dont elle pr�tendait faire l'objet. Le 18 septembre 1997, dame A.________ a �chang�, sur le syst�me informatique de l'employeur, avec deux coll�gues de travail, divers messages personnels contenant des r�flexions vulgaires. Inform� de ce fait, l'employeur a, par courrier du 19 septembre 1997, licenci� dame A.________ avec effet imm�diat. X.________ lui reprochait, en substance, d'avoir diffam� par �crit des membres de la direction et d'autres coll�gues de travail, d'avoir incit� de jeunes collaboratrices � se comporter n�gativement envers la direction et de les avoir associ�es � la cr�ation de propos honteux sur le r�seau informatique, d'�mettre r�guli�rement des remarques et allusions sexuelles lors de dialogues avec les collaborateurs, d'exercer une influence n�gative dans la soci�t�, de diffuser des supports pornographiques, d'utiliser Internet dans ce but et, enfin, de se servir de ce syst�me � titre priv�. A la demande de X.________, un huissier judiciaire a assist� au licenciement et a pris possession d'une copie de sauvegarde du disque dur de l'ordinateur utilis� par dame A.________. Les deux coll�gues de travail de celle-ci, dont celle qui avait pris l'initiative de l'�change des messages incrimin�s, n'ont pas �t� licenci�es. Souffrant d'un �tat d�pressif, dame A.________ s'est retrouv�e en incapacit� totale de travailler d�s le 23 septembre 1997 (art. 64 al. 2 OJ). Elle a d�pos� une demande de rente AI, qui a �t� admise le 19 novembre 1999, � raison de 100%.
B.- Le 7 novembre 1997, dame A.________ a ouvert action contre X.________ aupr�s du Tribunal des prud'hommes du canton de Gen�ve. Ses derni�res conclusions tendaient au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire du 19 septembre au 30 novembre 1997; de 30 280 fr. (recte: 38 280 fr.), � titre d'indemnit� pour cong� imm�diat injustifi�; de 10 000 fr., � titre d'indemnit� pour tort moral et de 109 476 fr., � titre de diff�rence de salaire en vertu du principe de l'�galit� des salaires entre femmes et hommes, le tout plus int�r�ts. Par jugement du 17 novembre 1998, le Tribunal des prud'hommes a condamn� X.________ au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire, et de 6000 fr., � titre d'indemnit� pour r�siliation imm�diate injustifi�e. Le Tribunal a, en revanche, d�bout� dame A.________ de ses pr�tentions relatives � l'indemnit� pour tort moral et � la disparit� salariale. S'agissant de celles-ci, il a consid�r� que dame A.________, tout en ayant le m�me titre (de conseill�re en entreprise) que ses coll�gues masculins, n'effectuait pas le m�me travail qu'eux, car elle ne faisait pas partie de la direction et n'avait aucun employ� sous ses ordres. Statuant sur appel de dame A.________, la Chambre d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve a, par arr�t du 8 novembre 1999, confirm� la condamnation au paiement de 14 886 fr., � titre de salaire, mais lui a allou� 12 000 fr., � titre d'indemnit� pour r�siliation imm�diate injustifi�e. La Chambre d'appel a refus� � dame A.________ une indemnit� pour tort moral et a rejet� ses pr�tentions fond�es sur la LEg. C.- Dame A.________ interjette un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral. Elle conclut � l'annulation de l'arr�t cantonal et maintient, � titre principal, ses derni�res conclusions formul�es pr�c�demment. Elle conclut, � titre subsidiaire, au renvoi de la cause � la juridiction cantonale
pour statuer sur la quotit� du salaire d� en vertu de la LEg. La demanderesse requiert l'assistance judiciaire, selon l'art. 152 OJ. La d�fenderesse propose le rejet du recours.
1.- Vu l'importance des pr�tentions fond�es sur la LEg, elles seront examin�es en premier lieu. a) En mati�re d'�galit� des salaires entre femmes et hommes, le Tribunal f�d�ral a pos� des exigences particuli�rement �lev�es quant � la constatation des faits, � la proc�dure probatoire, au devoir d'examen du juge et � la compl�tude du dossier (cf. ATF 118 Ia 35 consid. 2; 117 Ia 262 consid. 4 p. 276). En instance de r�forme, le Tribunal f�d�ral examine librement si les crit�res, en vertu desquels l'employeur appr�cie les prestations de travail et d�termine les salaires, constituent une discrimination directe ou indirecte fond�e sur le sexe. Rentre �galement dans son pouvoir d'examen la question de savoir si l'autorit� cantonale a respect� les exigences sp�cifiques de droit f�d�ral quant � la constatation des faits ainsi que les dispositions f�d�rales en mati�re de preuve, singuli�rement celles pr�vues aux articles 6 et 12 LEg (en rapport avec l'art. 343 CO). En revanche, les constatations de faits qui r�sultent de l'appr�ciation des preuves par la derni�re autorit� cantonale ne sauraient �tre remises en cause dans le cadre du recours en r�forme, sous r�serve de la rectification d'office de celles reposant manifestement sur une inadvertance (art. 63 al. 2 OJ; ATF 125 III 368 consid. 3 p. 372).
b) Dans la mesure o� la demanderesse rel�ve la violation par la cour cantonale des exigences sp�cifiques de droit f�d�ral quant � la constatation des faits, voire l'existence de constatations reposant sur une inadvertance manifeste, ses griefs seront examin�s ci-apr�s, en rapport avec les discriminations all�gu�es.
2.- La demanderesse invoque la violation par la cour cantonale de l'art. 6 LEg, qui concerne l'all�gement du fardeau de la preuve. Elle soutient que les faits qu'elle all�gue suffiraient � pr�sumer une discrimination dans la r�tribution, une discrimination dans l'attribution des t�ches et une discrimination dans les conditions de travail, alors que l'employeur aurait �chou� � apporter la preuve de la justification objective des discriminations, dont le fardeau lui incombe.
L'art. 6 LEg s'applique notamment � l'attribution des t�ches, � l'am�nagement des conditions de travail et � la r�mun�ration, qui sont inclus dans l'interdiction de discrimination, pr�vue � l'art. 3 al. 2 LEg.
a) Aux termes de l'art. 6 LEg, l'existence d'une discrimination est pr�sum�e pour autant que la personne qui s'en pr�vaut la rende vraisemblable. Pour qu'il y ait vraisemblance, le juge n'a pas � �tre enti�rement convaincu; il suffit qu'il lui apparaisse une certaine probabilit� de discrimination salariale, m�me s'il envisage que cette discrimination pourrait finalement ne pas exister (ATF 125 III 368 consid. 4 p. 372 et l'arr�t cit�). L'application de l'art. 6 LEg implique que le juge se d�termine d'abord sur la vraisemblance all�gu�e, ce qui doit figurer dans sa d�cision. Dans la mesure o� le juge consid�re que la discrimination est prouv�e, ou qu'elle est plus vraisemblable que la non-discrimination ou qu'elle est plut�t invraisemblable mais pas exclue, il doit examiner si la partie adverse a rapport� la
preuve de l'inexistence d'une discrimination ou la preuve de la justification objective de celle-ci; si en revanche le juge consid�re que la discrimination est enti�rement douteuse ou qu'elle a simplement �t� all�gu�e, il doit d�bouter la travailleuse des conclusions y relatives (Sabine SteigerSackmann, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 57, 58 et 64 ad art. 6 LEg). b) La Chambre d'appel ne se d�termine pas clairement sur la question de la vraisemblance, au sens de l'art. 6 LEg, qu'elle ne semble pas exclure d'embl�e. Elle d�clare d'abord laisser ouverte la question de savoir si cette disposition doit �tre interpr�t�e en ce sens qu'elle contraindrait invariablement l'employeur � d�montrer une absence de discrimination entre les salaires les plus �lev�s, accord�s aux hommes, et ceux des employ�s de sexe f�minin. Puis elle traite de la discrimination, relevant que les coll�gues masculins de la demanderesse g�raient des portefeuilles plus importants et avaient l'obligation de rechercher de nouveaux clients. La cour cantonale reproche ensuite � la travailleuse de ne pas avoir satisfait � certaines de ses obligations proc�durales. La Chambre d'appel conclut encore � la justification admissible d'une diff�rence de salaire par rapport � un coll�gue masculin, dont le portefeuille g�r� serait plus petit que celui de la demanderesse. Enfin, la cour cantonale revient � la question de la vraisemblance de la discrimination salariale, consid�rant que "le dossier ne fournit de surcro�t aucun indice s�rieux donnant � croire que l'appelante aurait souffert d'une discrimination salariale � raison de son sexe". 3.- a) En r�gle g�n�rale, une discrimination salariale est consid�r�e comme vraisemblable, lorsque le salaire des repr�sentants d'un sexe est, pour un travail identique ou de valeur �gale, nettement inf�rieur � celui des repr�sentants de l'autre sexe. Le Tribunal f�d�ral a ainsi consid�r� une discrimination salariale comme vraisemblable dans le cas
d'une travailleuse dont le salaire �tait d'environ 15% � 25% plus bas que celui du travailleur qui accomplissait le m�me travail (ATF 125 III 368 consid. 4 p. 373).
b) aa) La demanderesse fait valoir une disparit� salariale, par rapport � ses coll�gues masculins, pour les ann�es 1995, 1996 et 1997, soit d�s sa promotion au poste de conseill�re d'entreprise. Selon l'art. 5 al. 1 let. d LEg, elle peut pr�tendre au paiement des salaires dus, lesquels, en tant que redevances ou prestations "p�riodiques" au sens des art. 128 ch. 1 et 131 CO, ne se prescrivent que par cinq ans d�s la mise en demeure ou d�s l'ouverture de l'action en justice (Margrith Bigler-Eggenberger, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 19-20 ad art. 5 LEg), laquelle a eu lieu, en l'esp�ce, le 7 novembre 1997.
Il ressort de l'arr�t attaqu�, que la demanderesse a expos� qu'� l'exception du salaire annuel de G.________, comparable au sien malgr� le fait que ce coll�gue est de 17 ans son cadet, sa r�tribution serait inf�rieure � celle de ses autres coll�gues masculins, qui auraient �t� r�mun�r�s comme suit:
bb) D'embl�e, il convient de relever que les constatations de fait de la cour cantonale ne portent que sur les salaires vers�s par la d�fenderesse en 1996, � l'exclusion de ceux vers�s en 1995 ou 1997. Il d�coule de l'art. 343 al. 4 CO, auquel renvoie l'art. 12 al. 2 LEg, que le juge peut et doit fonder son prononc� sur tous les faits pertinents r�sultant des d�bats, m�me si les parties ne les ont pas invoqu�s
� l'appui de leurs conclusions (ATF 107 II consid. 2b p. 236). En l'esp�ce, la production des attestations de salaire pour les ann�es 1995, 1996 et 1997 a constamment �t� requise pendant la proc�dure cantonale par la demanderesse, dont les pr�tentions portaient sur les salaires vers�s pendant ces trois ann�es. L'employeur ayant produit l'attestation AVS pour l'ann�e 1996, rien ne l'emp�chait d'en faire autant pour les deux autres ann�es, cela d'autant plus que des changements dans les conditions de travail de la demanderesse �taient intervenus � deux reprises en 1996 (cf. consid. 4a et 4d), ce qui rendait imp�rative la comparaison des salaires vers�s en 1995, soit avant lesdits changements.
cc) Selon l'attestation AVS pour l'ann�e 1996, sur laquelle s'est bas�e la cour cantonale, le montant des salaires mensuels �taient les suivants:
B.________ (calcul� sur 6,5 mois) fr. 12 098.40
C.________ (calcul� sur 9 mois) fr. 9 446.35
� l'exception du salaire de G.________ et de celui du directeur F.________ (cf. consid. 4g), ces montants font appara�tre pour l'ann�e 1996 des diff�rences entre les salaires des conseillers masculins et celui de la demanderesse de l'ordre de 17% � 42% environ, qui permettraient de conclure � la vraisemblance, au sens de l'art. 6 LEg, d'une discrimination dans la r�tribution. Toutefois, la cour cantonale a constat� que le volume des portefeuilles g�r�s par les personnes susmentionn�es n'�tait pas identique et qu'il �tait r�parti, � la fin de l'ann�e 1996, voire au 30 septembre 1997, de la fa�on suivante:
Dame A.________ fr. 2 488 619 fr. 2 202 000 dd) La cour cantonale a d�duit de ces montants ainsi que du fait que la demanderesse �tait, depuis le 1er janvier 1996, dispens�e de la recherche de nouveaux clients, une absence de discrimination salariale fond�e sur le sexe. Elle a �galement relev� que le salaire de la demanderesse ne saurait �tre compar� � celui du directeur, ni � celui d'un autre collaborateur qui assumait la responsabilit� de conseiller les membres de la soci�t�. Or, ce faisant, la cour cantonale a omis de tenir compte de plusieurs �l�ments d�terminants qui seront examin�s dans les consid�rants suivants. ee) Pour d�cider si un salaire d�termin� ou si la diff�rence entre les salaires est discriminatoire, il faut, d'une part, tenir compte de questions relevant du fait, tels le montant du salaire ou le montant de la diff�rence entre les salaires ainsi que de l'existence de circonstances all�gu�es, tels la formation professionnelle, l'�ge, etc.; il faut d�terminer, d'autre part, si les crit�res d'appr�ciation ou de diff�renciation sont admissibles, ce qui est une question de droit (cf. ATF 124 II 436 respectivement consid. 9 p. 446 et consid. 8 p. 442). Pour qu'une diff�rence de traitement soit justifi�e objectivement, il ne suffit pas que l'employeur invoque n'importe quel motif, il doit d�montrer qu'il poursuit un but objectif. Peu importe qu'il d�montre avoir agi sans aucune intention discriminatoire (ATF 113 Ia 107 consid. 4a p. 116). Il incombe au juge d'appr�cier les faits, afin de d�terminer la port�e exacte du crit�re avanc� par l'employeur pour justifier une diff�rence de traitement (cf.
Monique Cossali Sauvain, La loi f�d�rale sur l'�galit� entre femmes et hommes, in: Journ�e 1995 de droit du travail et de la s�curit� sociale, Zurich 1999, p. 57 ss/64).
4.- a) Tout d'abord, la cour cantonale a constat� qu'une r�organisation du travail a eu lieu le 1er juillet 1996, qui a abouti � une nouvelle r�partition des portefeuilles g�r�s par les conseillers de l'entreprise, plus pr�cis�ment au regroupement des portefeuilles des clients priv�s en mains de la demanderesse. L'incidence de cette r�organisation ne ressort pas de l'arr�t attaqu�, qui ne distingue pas entre le volume des portefeuilles avant le 1er juillet 1996 et apr�s cette date, de sorte que les chiffres pr�cit�s ne peuvent constituer, tels quels, une base valable pour la comparaison du travail effectu� par les conseillers de la soci�t� pendant les deux semestres de 1996. Au sujet de ladite r�organisation, la cour cantonale se borne � reprocher � la demanderesse de ne s'�tre plainte d'avoir perdu la responsabilit� de plusieurs polices que dans sa derni�re �criture du 2 juillet 1999, au stade ultime des d�bats, alors que l'instruction avait d�j� enti�rement eu lieu. La demanderesse tient cette affirmation pour une inadvertance manifeste. b) Il y a inadvertance manifeste, au sens de l'art. 63 al. 2 OJ, lorsque l'autorit�, par inattention, n'a pas lu ou a omis de prendre en consid�ration tout ou partie d'une pi�ce d�termin�e, vers�e au dossier, l'a mal lue ou mal comprise. Il ne suffit pas qu'elle ait mal appr�ci� les preuves r�unies (ATF 109 II 159 consid. 2b). Il faut qu'une constatation soit manifestement contraire aux pi�ces du dossier et que cela ne puisse s'expliquer que par l'inadvertance (cf. ATF 108 II 216 consid. 1a). La rectification, qu'elle intervienne d'office ou sur requ�te, doit non seulement �tre de nature � influencer la d�cision, mais aussi �tre possible sur la base des seules pi�ces du dossier (Poudret, COJ II, n. 5.1 et 5.5 ad art. 63 OJ).
c) A la page 2 et 3, respectivement chiffres 12. et 14. de son m�moire d'appel du 8 f�vrier 1999, la d�fenderesse a �crit ce qui suit: " (...) le portefeuille de clients entreprises ainsi que le portefeuille que Mme A.________ g�rait � la place de H.________ lui ont �t� enlev�s" et "Il convient de pr�ciser � ce sujet que la gestion des portefeuilles des priv�s est p�nible et on�reuse pour l'entreprise, raison pour laquelle ces dossiers avaient �t� auparavant r�partis entre plusieurs employ�s (...)". L'affirmation de la cour cantonale r�sulte donc bien d'une inadvertance manifeste, en raison de laquelle, elle ne s'est pas prononc�e sur les circonstances de cette r�organisation et sur ses cons�quences, en particulier sur le plan salarial. L'arr�t attaqu� sera donc annul� sur ce point, et la cause renvoy�e � l'autorit� cantonale, afin qu'elle proc�de aux constatations n�cessaires et tranche cette question (art. 64 al. 1 OJ). d) S'agissant de l'argument, avanc� par l'employeur et retenu par la cour cantonale, selon lequel la demanderesse a �t� dispens�e, d�s le 1er janvier 1996, de la recherche de client�le, il est vrai que ce crit�re pourrait constituer une justification objective de la diff�rence entre les salaires, s'il se r�v�lait d�terminant pour la prestation de travail et, par l�-m�me, pour une attribution diff�renci�e des salaires (ATF 125 III 368 consid. 5 p. 374). En l'esp�ce, il ressort toutefois des constatations de fait de la cour cantonale, qui lient le Tribunal f�d�ral en instance de r�forme, que ladite dispense est intervenue parall�lement � la promotion de la demanderesse, qui s'est traduite par une augmentation de son salaire et de sa gratification, ce qui permet de douter de l'importance de la recherche de client�le dans le cahier des charges de la demanderesse, dont on ignore du reste la teneur.
Au vu de ce qui pr�c�de, la cour cantonale ne pouvait consid�rer sans autre le crit�re de la recherche de client�le, inad�quat en l'esp�ce, comme justifiant objectivement une diff�rence entre les salaires, du moins pas sans avoir proc�d� � l'�claircissement des circonstances de la dispense, intervenue seulement en 1996 et apparemment en faveur de la demanderesse. Par ailleurs, la Chambre d'appel aurait d� d�terminer pr�alablement en quels termes et dans quelle mesure la recherche de client�le faisait partie du cahier des charges des diff�rents conseillers en entreprise et, le cas �ch�ant, le taux de cette activit� par rapport � l'ensemble des t�ches effectu�es. Cette derni�re remarque vaut �galement pour toute autre activit� extraordinaire, exerc�e par les coll�gues de la demanderesse, pour autant qu'elle soit d�ment �tablie et donc susceptible de justifier une diff�rence de salaire. e) La demanderesse reproche � la cour cantonale de ne s'�tre fond�e, pour admettre la justification de l'�cart entre les salaires vers�s, que sur le crit�re du volume des portefeuilles, sans tenir compte du nombre de polices � g�rer. S'agissant pr�cis�ment du volume g�r� par la demanderesse, la cour cantonale rel�ve seulement que celle-ci s'occupait des dossiers d'assurance en collaboration avec le pr�sident du conseil d'administration de la soci�t� et que l'on ne sait, sur les volumes qu'elle a articul�s en dernier lieu, ce qui doit lui �tre attribu� en propre et ce qui relevait de la comp�tence du pr�sident du conseil d'administration. Pour la demanderesse, il s'agit l� d'une inadvertance manifeste, puisqu'elle indique avoir produit deux pi�ces, n�s 57 et 58, en annexe � son m�moire compl�mentaire du 2 juillet 1999, dont il ressort qu'en 1995 elle g�rait 1148 polices "priv�s" et "entreprises", totalisant un chiffre d'affaires de 6 473 470 fr., et qu'elle s'occupait de surcro�t du portefeuille du pr�sident du conseil d'administration, soit de 413 polices, totalisant un chiffre d'affaires de 3 654 823 fr.
Mis � part le fait que les deux pi�ces contenant ces donn�es ont �t� effectivement produites, ce qui signifie que la cour cantonale a bien commis une inadvertance manifeste � cet �gard, � laquelle elle devra rem�dier (art. 64 al. 1 OJ), il lui appartenait, en vertu de l'art. 12 al. 2 LEg (en rapport avec l'art. 343 al. 4 CO), de tenir compte des faits juridiquement pertinents (cf. ATF 107 II 233 consid. 2b p. 236), la demanderesse lui ayant soumis les pi�ces n�cessaires conform�ment � son devoir de collaboration � la proc�dure (principe de la maxime inquisitoriale sociale). Or, la distinction entre les portefeuilles g�r�s par la demanderesse en son propre nom et pour le compte d'autrui, depuis 1995 et jusqu'� son licenciement, est sans aucun doute un �l�ment pertinent en l'esp�ce. f) aa) Lorsque le cahier des charges est le m�me ou qu'il est identique pour les travailleurs d'une soci�t�, ind�pendamment de leur sexe, de meilleures prestations de travail, quantitatives ou qualitatives, peuvent justifier une diff�rence de salaire, � condition qu'elles soient �tablies (ATF 125 III 368 consid. 5b p. 375). � supposer que de 1995 jusqu'au licenciement en 1997 le cahier des charges des diff�rents conseillers en entreprise ait �t� le m�me ou identique, ce qui ne ressort pas de l'arr�t attaqu�, l'on ne peut d'embl�e consid�rer, en l'esp�ce, que les prestations de la demanderesse justifiaient une diff�rence de salaire par rapport � ses coll�gues masculins. En effet, d'apr�s les constatations de fait de la cour cantonale, la demanderesse b�n�ficiait d'une exp�rience de plus de vingt ans en mati�re d'assurance, elle avait �t� r�engag�e par son employeur et elle avait �t� promue � deux reprises en 1995 et en 1996, soit en l'espace de deux ans. bb) Les circonstances particuli�res intervenues par la suite, � savoir la dispense de la recherche de nouveaux clients et la redistribution des portefeuilles, n'ont pas �t�
examin�es par les juges pr�c�dents, si bien que l'on ne sait, en l'�tat, si les prestations de la demanderesse avaient, par rapport � celles de ses coll�gues masculins, diminu� quantitativement ou qualitativement, justifiant ainsi �ventuellement une diff�rence de salaire. cc) Quand bien-m�me le crit�re du chiffre d'affaires r�alis� rev�t g�n�ralement une importance primordiale - encore faudrait-il examiner les conditions contractuelles � ce propos -, l'on ne saurait, en l'esp�ce et compte tenu des circonstances pr�cit�es, d'embl�e exclure d'autres crit�res pour comparer les salaires vers�s aux conseillers entre 1995 et 1997, tels le nombre et le genre des portefeuilles g�r�s, l'�ge et la formation des conseillers, leur exp�rience professionnelle ou leurs ann�es de service, all�gu�s par la demanderesse et dont on ne trouve aucune trace dans l'arr�t attaqu�.
g) Enfin, s'il est juste de ne pas comparer le salaire d'une travailleuse avec celui du directeur de la soci�t� qui l'emploie, il est en revanche parfaitement admissible de tenir compte, � titre de comparaison, du salaire per�u par les collaborateurs de la d�fenderesse alors qu'ils ne faisaient pas encore partie de la direction ou qu'ils n'exer�aient pas encore d'activit� extraordinaire, mais qu'ils accomplissaient les m�mes t�ches que la demanderesse. Or, les constatations de fait de la cour cantonale ne portent pas sur ce point.
5.- a) La demanderesse voit dans la redistribution des portefeuilles, intervenue le 1er juillet 1996, pr�tendument � son insu, une discrimination dans l'attribution des t�ches, au sens de l'art. 3 al. 2 LEg. Elle all�gue avoir rendu vraisemblable, voire avoir prouv�, que cette nouvelle attribution des t�ches avait pour cons�quence le regroupement des activit�s les moins int�ressantes et les plus p�nibles en
ses mains. L'employeur n'aurait, quant � lui, pas cherch� � prouver le contraire. La demanderesse rel�ve encore qu'en tant que conseill�re en entreprise, engag� par un contrat de travail identique � celui de ses coll�gues masculins, elle ne b�n�ficiait pas de l'aide, ne serait-ce qu'� temps partiel, d'une secr�taire pour l'assister dans son travail. La demanderesse se plaint �galement du fait qu'elle �tait la seule parmi les conseillers � ne pas disposer d'un bureau individuel, partageant le m�me espace que les secr�taires de la soci�t�. Elle dit avoir d�montr� qu'elle �tait la seule parmi les conseillers � �tre appel�e � r�pondre au t�l�phone, en l'absence de la r�ceptionniste, l'employeur n'ayant pas fourni de motif objectif pour justifier cette diff�rence de traitement. b) La cour cantonale n'a pas statu� sur ces aspects, all�gu�s par la demanderesse dans son m�moire d'appel (chiffre 87) ou ressortant partiellement de l'arr�t attaqu� (suppl�ance de la r�ceptionniste, cf. arr�t attaqu� p. 4/d.), qui pourraient relever respectivement de la discrimination dans l'attribution des t�ches et dans l'am�nagement des conditions de travail, au sens de l'art. 3 al. 2 LEg. Si elles sont av�r�es, ces discriminations peuvent �galement fonder un droit � des indemnit�s (cf. Elisabeth Freivogel, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 58 et 60 ad art. 3 LEg). c) L'all�gement du fardeau de la preuve, au sens de l'art. 6 LEg, ne signifie pas qu'une discrimination rendue vraisemblable est d'embl�e d�j� �tablie, lorsque la preuve du contraire n'a pas �t� rapport�e; bien plus, les r�gles relatives au fardeau de la preuve n'interviennent que lorsqu'une preuve ne peut �tre rapport�e par les moyens probatoires � disposition dans la proc�dure en cours. Si un �tat de faits est incomplet, il doit d'abord �tre compl�t�, dans la mesure
ou la proc�dure le permet et dans la mesure o� c'est possible. La pr�somption l�gale n'intervient que si au terme de la proc�dure probatoire il n'y a toujours pas de r�sultat. d) Dans la mesure o�, en l'esp�ce, certaines constatations de fait font d�faut, il convient de renvoyer la cause � la cour cantonale en application de l'art. 64 al. 1 OJ, afin qu'elle les compl�te et qu'elle tranche. En revanche, l� o� l'�tat de fait est complet, la Chambre d'appel doit se d�terminer sur la vraisemblance des pr�tendues discriminations et, le cas �ch�ant, sur les cons�quences quant au fardeau de la preuve, conform�ment � l'art. 6 LEg. 6.- En r�sum�, l'on ne saurait exclure, contrairement � l'avis de la cour cantonale, une vraisemblance, voire la constatation de discriminations fond�es sur le sexe � l'encontre de dame A.________. L'arr�t doit par cons�quent �tre annul� sur ces points et la cause renvoy�e � la cour cantonale pour une nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants (cf. ATF 125 III 368 p. 370). Si elle conclut � l'existence de discriminations, la Chambre d'appel statuera �galement sur les indemnit�s dues � ce titre. 7.- a) Invoquant la violation par la cour cantonale des art. 5 al. 3 LEg et 33 de la loi f�d�rale sur le travail dans l'industrie, l'artisanat et le commerce (ci-apr�s: LTr; RS 822.11) ainsi que de l'art. 49 CO (cf. consid. 9h), la demanderesse reproche, en substance, � la cour cantonale d'avoir ni� l'existence de harc�lement sexuel et de lui avoir refus� une indemnit� de 10 000 fr., qu'elle qualifie de mani�re impr�cise d'indemnit� pour tort moral, laquelle engloberait la r�paration de plusieurs atteintes � sa personnalit� (cf. consid. 9b). b) aa) Aux termes de l'art. 33 al. 1 LTr, invoqu� par la demanderesse conform�ment � l'art. 342 al. 2 CO, l'em-
ployeur doit avoir les �gards voulus pour la sant� des femmes et veiller � la sauvegarde de la moralit�. Selon l'art. 5 al. 3 LEg, lorsque la discrimination porte sur un cas de harc�lement sexuel, le tribunal peut condamner l'employeur � verser au travailleur une indemnit�, � moins que l'employeur ne prouve qu'il a pris les mesures que l'exp�rience commande, qui sont appropri�es aux circonstances et que l'on peut �quitablement exiger de lui pour pr�venir ces actes ou y mettre fin. L'indemnit� due sera fix�e compte tenu de toutes les circonstances et sera calcul�e sur la base du salaire moyen suisse (cf. Margrith Bigler-Eggenberger, op. cit., n. 40 ad art. 5 LEg). Aux termes de l'art. 5 al. 4 in fine LEg, ladite indemnit� n'exc�dera pas le montant correspondant � six mois de salaire.
De mani�re g�n�rale, le devoir de protection de la personnalit� du travailleur par l'employeur est pr�vu � l'art. 328 CO, qui a �t� compl�t� lors de l'introduction de la LEg par la mention expresse de la protection contre le harc�lement sexuel. Dans la mesure o� la LEg constitue une loi sp�ciale par rapport aux dispositions du Code des obligations et o� la r�paration du m�me pr�judice est pr�vue dans les deux lois, le travailleur n'aura droit qu'� une seule indemnit� pour la m�me atteinte (Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 75 in fine; cf. �galement Margrith BiglerEggenberger, op. cit., n. 42 ad art. 5 LEg). bb) Les remarques sexistes et les commentaires grossiers ou embarrassants rentrent dans la d�finition de l'harc�lement sexuel (FF 1993 I p. 1219), pr�vu � l'art. 4 LEg, dont l'�num�ration n'est pas exhaustive. Bien que les exemples cit�s dans cette disposition ne se r�f�rent qu'� des cas d'abus d'autorit�, la d�finition n'exclut pas d'autres actes portant atteinte � la dignit� du travailleur et ne relevant pas d'un abus d'autorit�, mais contribuant � rendre
le climat de travail hostile, par exemple des plaisanteries d�plac�es (Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 68; Claudia Kaufmann, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 17 ss ad art. 4 LEg).
cc) Il sied de relever que la LEg ne traite que de la responsabilit� de l'employeur et non de celle de l'auteur du harc�lement sexuel, qui peut �tre tenu notamment de r�parer le tort moral de la victime en vertu des art. 41 ss CO. La LEg a introduit � l'art. 5 al. 3 un droit suppl�mentaire, lequel permet au juge de condamner l'employeur � verser au travailleur une indemnit�, ind�pendamment du pr�judice subi. L'employeur peut se lib�rer en d�montrant qu'il a pris les mesures que l'exp�rience commande, qui sont appropri�es aux circonstances et que l'on peut �quitablement exiger de lui pour pr�venir le harc�lement sexuel ou y mettre fin. Si l'employeur prouve qu'il a rempli son devoir de diligence, il ne peut �tre condamn� au versement de ladite indemnit� (Margrith Bigler-Eggenberger, op. cit., n. 37 ad art. 5 LEg; Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 69; Claudia Kaufmann, op. cit., n. 44 ss ad art. 4 LEg; Sabine Steiger-Sackmann, Der Beweis in Gleichstellungsprozessen, in: Das Bundesgesetz �ber die Gleichstellung von Frau und Mann, St. Gall 1996, p. 117-118). c) En l'esp�ce, la cour cantonale a constat� que des histoires os�es circulaient parmi le personnel de la soci�t�, que le directeur s'est une fois exclam� "toutes des salopes" en entrant au secr�tariat, qu'il a demand� � la demanderesse, en pr�sence d'une nouvelle employ�e, si elle �tait "lesbienne" et qu'un autre collaborateur s'est �galement adress� � la demanderesse de mani�re grivoise. Tout en admettant que les remarques du directeur �taient d�plac�es, la cour cantonale reproche � la demanderesse d'avoir eu recours au m�me vocabulaire, de s'�tre abstenue de d�noncer les faits aux administrateurs de la soci�t� pour obtenir que le
directeur cesse son comportement et de ne pas avoir ouvert action en r�paration contre le directeur personnellement. Elle consid�re en outre que la d�nonciation de la demanderesse � l'OCIRT s'est r�v�l�e en d�finitive infond�e au regard de l'ensemble des circonstances. d) Au vu des principes �nonc�s, la demanderesse n'�tait pas tenue d'actionner le directeur personnellement, comme le sugg�re la cour cantonale, mais pouvait s'en prendre � l'employeur en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg. Par ailleurs, aucun �l�ment de l'arr�t attaqu� ne permet de consid�rer la d�nonciation � l'OCIRT comme infond�e, ce point n'�tant du reste pas d�cisif dans l'examen de l'application des art. 33 LTr et 5 al. 3 LEg. En outre, la cour cantonale se contredit, puisqu'elle a elle-m�me constat� que la demanderesse a avis� le pr�sident du conseil d'administration du harc�lement et du mobbing subis. L'employeur alert� se devait d'intervenir et de prendre des mesures pour mettre fin aux comportements incrimin�s ou pour pr�venir d'autres comportements inad�quats. Or, il s'est born� � annoncer qu'il confierait l'ouverture d'une enqu�te � la direction, laquelle faisait �galement l'objet d'accusations de la part de la demanderesse. Cette mesure ne peut en aucun cas �tre qualifi�e d'appropri�e. Quant au fait que la demanderesse avait recours au m�me vocabulaire - encore faut-il que l'utilisation d'un tel langage n'ait pas eu lieu dans un contexte a priori personnel, tel les messages �chang�s entre les coll�gues de travail -, il ne saurait justifier l'admission par l'employeur de remarques sexistes, grossi�res ou embarrassantes, en particulier de la part d'un sup�rieur hi�rarchique, dont le comportement peut d�teindre sur celui de ses subordonn�s. e) En l'esp�ce, l'employeur n'a pas r�ussi � d�montrer qu'il a rempli le devoir de diligence, qui lui incombe. La demanderesse r�clame la somme de 10 000 fr., � titre de diverses atteintes � sa personnalit�, examin�es s�par�ment
(cf. consid. 5, 8 et 9h ). Selon l'art. 63 al. 1 OJ, le Tribunal f�d�ral est li� par les conclusions des parties, mais non par les motifs qu'elles invoquent. Il convient par cons�quent de lui allouer, en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg, un montant de 4'988 fr., correspondant au salaire mensuel brut suisse (valeur centrale) en 1996; (Office f�d�rale de la statistique, L'enqu�te suisse sur la structure des salaires 1996, Domaine 3 Emploi et vie active, Neuch�tel 1999, p. 19).
8.- La demanderesse fait valoir la violation par la cour cantonale de l'art. 328 CO et de l'art. 26 de l'Ordonnance 3 relative � la loi sur le travail (OLT 3; RS 822.113), qui prohibe l'utilisation de syst�mes de surveillance ou de contr�le destin�s � surveiller le comportement des travailleurs � leur poste de travail. La surveillance illicite de son poste de travail aurait permis � l'employeur de prendre connaissance du texte r�dig� sur son traitement de texte et adress�, le 16 septembre 1997, par fax � l'OCIRT. Pour la demanderesse, c'est la connaissance de ce texte par l'employeur qui aurait d�clench� sa d�cision de la licencier.
La cour cantonale a consid�r� que la surveillance illicite du poste de travail informatique n'�tait pas �tablie. Il s'agit l� d'une appr�ciation des preuves que la demanderesse ne peut remettre en cause dans le cadre du recours en r�forme (ATF 122 III 219 consid. 3c).
9.- a) La demanderesse critique le montant de l'indemnit�, allou� en application de l'art. 337c al. 3 CO et correspondant � moins de deux mois de salaire. Pour elle, la Chambre d'appel n'aurait pas pris en consid�ration la disparit� de la situation sociale et �conomique des deux parties, la gravit� de l'atteinte � sa personnalit�, la mani�re de licencier ainsi que le caract�re abusif et discriminatoire du licenciement injustifi� (art. 10 LEg qui renvoie � l'art.
336a CO; cf. � ce sujet Anne-Marie Barone, in: Kommentar zum Gleichstellungsgesetz, B�le 1997, n. 44 ad art. 10 LEg). b) De plus, la demanderesse voit dans le refus de l'octroi d'une indemnit� pour tort moral, la violation par la cour cantonale de l'art. 49 CO. Elle estime que les atteintes � sa personnalit�, soit le harc�lement sexuel, la surveillance illicite de son outil de travail et les discriminations fond�es sur le sexe, exerc�es principalement par le directeur de la soci�t�, sont d'autant plus graves qu'elles interviennent apr�s sa requ�te aupr�s de l'employeur, relative au respect de l'�galit� entre femmes et hommes. Ces aspects ont d�j� �t� trait�s ci-dessus, � l'exception de l'atteinte r�sultant de l'attitude de l'auteur du harc�lement sexuel, seule � �tre encore prise en consid�ration ci-apr�s. c) Selon la jurisprudence, les indemnit�s pr�vues aux art. 336a et 337c al. 3 CO sont de m�me nature et visent les m�mes buts (ATF 123 III 391 consid. 3). Elles ont une double finalit�, punitive et r�paratrice. Du fait de leur finalit� r�paratrice, lesdites indemnit�s ne laissent gu�re de place � l'application cumulative de l'art. 49 CO, car elles embrassent toutes les atteintes � la personnalit� du travailleur qui d�coulent de la r�siliation abusive ou injustifi�e du contrat. Demeure r�serv�e l'hypoth�se dans laquelle une telle atteinte serait � ce point grave qu'un montant correspondant � six mois de salaire du travailleur ne suffirait pas � la r�parer. Sous cette r�serve, l'application de l'art. 49 CO, parall�lement aux art. 336a et 337c al. 3 CO, ne saurait entrer en ligne de compte que dans des circonstances exceptionnelles. d) Le montant des indemnit�s pr�vues aux art. 336a et 337c al. 3 CO est fix� librement par le juge en fonction de toutes les circonstances (art. 4 CC); le pouvoir d'appr�ciation qui est reconnu de la sorte � l'autorit� cantonale
conduit le Tribunal f�d�ral � ne substituer sa propre appr�ciation � celle de l'instance inf�rieure qu'avec une certaine retenue. Il n'interviendra que si la d�cision s'�carte sans raison des r�gles �tablies par la doctrine et la jurisprudence en mati�re de libre appr�ciation ou s'appuie sur des faits qui, en l'occurrence, ne devaient jouer aucun r�le ou encore ne tient, au contraire, pas compte d'�l�ments qui auraient absolument d� �tre pris en consid�ration; le Tribunal f�d�ral sanctionnera, en outre, les d�cisions rendues en vertu d'un tel pouvoir d'appr�ciation lorsqu'elles aboutissent � un r�sultat manifestement injuste ou � une iniquit� choquante (ATF 121 III 64 consid. 3c et les r�f�rences).
e) D�s lors que la loi impose au juge de tenir compte de toutes les circonstances, il ne saurait faire abstraction, entre autres �l�ments, de la dur�e des rapports de travail et des effets �conomiques du licenciement. Peuvent �galement �tre d�terminants la gravit� de l'atteinte � la personnalit� de la personne cong�di�e et le comportement des deux parties lors de la r�siliation du rapport contractuel, notamment une faute concomitante de la personne cong�di�e (arr�t non publi� du 8 janvier 1999, dans la cause 4C.310/1998, reproduit in: SJ 1999 I 277, consid. 3c). La jurisprudence a pos� qu'une r�siliation imm�diate injustifi�e, intervenue dans des conditions qui correspondent � une r�siliation abusive, ne peut donner droit aux deux indemnit�s pr�vues par les art. 336a et 337c al. 3 CO. Dans un tel cas, le juge n'allouera qu'une indemnit� fond�e sur l'art. 337c al. 3 CO (ATF 121 III 64 consid. 2a p. 66 et les r�f�rences). Dans la d�termination du montant de l'indemnit� de l'art. 337c al. 3 CO, la r�siliation abusive peut �tre prise en consid�ration au nombre de "toutes les circonstances" dont le juge doit tenir compte (ATF 121 III 64 consid. 2b p. 67 in fine et 68); il en est de m�me lorsqu'on est en pr�sence d'un cong� de r�torsion au sens de l'art. 10 LEg
(cf. � ce sujet Kathrin Klett, Schutz vor Rachek�ndigungen, in: Das Bundesgesetz �ber die Gleichstellung von Frau und Mann, p. 161 ss/177 et 178; Thomas Geiser, AJP 1995 p. 941 s., qui d�sapprouve l'interdiction du cumul).
f) En l'esp�ce, la cour cantonale a tenu compte, � juste titre, de la dur�e de l'engagement de la demanderesse, soit cinq ans. Les juges pr�c�dents ont �galement estim� avec raison que nonobstant l'avertissement qui lui avait �t� adress� - lequel, il convient de le pr�ciser, ne sanctionnait pas express�ment une attitude vulgaire, mais n�gative -, la conduite de la demanderesse le 18 septembre ne justifiait pas un licenciement imm�diat, puisqu'il a �t� �tabli que bon nombre de collaborateurs et m�me des membres de la direction de la soci�t� avaient coutume de formuler, en s'adressant � des coll�gues ou � des subordonn�s, des r�flexions � connotation sexuelle, parfaitement d�plac�es. Toutefois, la cour cantonale estime que la demanderesse devait �tre consciente, � l'�poque, que sa place de travail se trouvait s�rieusement remise en question. La cour cantonale ne voit pas dans le recours � un huissier judiciaire un manque d'�gard particulier de la part de l'employeur, mais uniquement une mesure �tant essentiellement destin�e � sauvegarder des preuves. Elle rel�ve encore que la demanderesse, n�e en 1950, n'a pas retrouv� de travail, et consid�re que celle-ci ne saurait imputer � l'employeur les probl�mes psychiques qu'elle a ensuite rencontr�s. g) Si l'�ge du travailleur au moment du licenciement est un �l�ment pouvant �tre pris en compte par le juge, c'est � bon droit que la demanderesse critique cette derni�re appr�ciation de la cour cantonale. En effet, celle-ci a omis de tenir compte de l'incapacit� totale de la demanderesse de travailler d�s le 23 septembre 1997, soit quatre jours apr�s son licenciement. Du reste, il ne ressort pas de l'arr�t at-
taqu� que la demanderesse aurait souffert de troubles similaires d�j� avant son licenciement et ind�pendamment de celui-ci. Par ailleurs, l'�tat de sant� de la demanderesse, qui a donn� lieu � l'octroi d'une rente AI � 100%, t�moigne de la gravit� de l'atteinte � sa personnalit�. La cour cantonale n'a pas non plus tenu compte des r�percussions du licenciement sur l'avenir professionnel de la demanderesse, ni de la capacit� financi�re du d�biteur. M�me si la demanderesse aurait pu, au vu des difficult�s sur son lieu de travail, faire preuve de plus de retenue, le texte de la lettre de licenciement, dont le contenu est en contradiction �vidente avec les faits constat�s par la cour cantonale, contrevient manifestement au principe de la bonne foi et conf�re au licenciement un caract�re abusif (ATF 125 III 70 consid. 2b p. 73) devant �tre pris en consid�ration lors de la fixation de l'indemnit�. Il en est de m�me du fait que l'employeur n'a pas �tabli que la r�clamation adress�e au pr�sident du conseil d'administration le 6 septembre 1997 ne constituait pas la cause du licenciement intervenu le 19 septembre 1997. En effet, d�s qu'il y a r�clamation, au sens de l'art. 10 LEg, un tel rapport de causalit� est pr�sum� (cf. Kathrin Klett, op. cit. p. 173; Monique Cossali Sauvain, op. cit., p. 84). Enfin, la pr�sence de l'huissier judiciaire peut �tre consid�r�e comme disproportionn�e, d�s lors qu'elle n'�tait pas indispensable pour effectuer une copie de sauvegarde du contenu de l'ordinateur de la demanderesse, et qu'il ne ressort pas des faits constat�s que l'attitude de celle-ci par le pass� aurait n�cessit� une telle pr�sence. La d�cision cantonale a fait abstraction d'�l�ments pertinents, qui justifient l'octroi � la demanderesse d'une indemnit� de 31 900 fr. au total, �quivalant � cinq mois de son salaire mensuel en 1997, dont le montant est demeur� incontest� par l'employeur.
h) S'agissant en revanche de l'attitude du directeur, m�me si elle doit �tre qualifi�e de critiquable, il n'est pas �tabli qu'elle ait entra�n�, avant le licenciement et ind�pendamment de celui-ci, une atteinte � la sant� de la demanderesse, qui fonderait l'octroi de l'indemnit� exceptionnelle pr�vue � l'art. 49 CO (cf. arr�t non publi� du 8 janvier 1999, dans la cause 4C.310/1998, reproduit in: SJ 1999 I 277, consid. 4b). 10.- a) La demanderesse conteste que le certificat de travail, dat� du 7 janvier 1999, refl�te le travail qu'elle a accompli chez la d�fenderesse. Elle invoque une violation de l'art. 330a CO, selon lequel le travailleur peut demander en tout temps � l'employeur un certificat portant notamment sur la nature des rapports de travail. L'entreprise ayant fait savoir � l'ensemble de sa client�le que la demanderesse assurait d�s le 1er juillet 1996 la direction du service des clients priv�s, celle-ci est d'avis que cette mention devrait figurer sur son certificat de travail, lequel devrait �galement tenir compte de son activit� ant�rieure au 1er juillet 1996. La cour cantonale consid�re que ledit certificat est suffisant et qu'il n'y a pas lieu de le compl�ter par une mention sur "la direction du d�partement client priv�", la demanderesse n'ayant eu aucun employ� sous ses ordres. b) Le certificat de travail doit �tre v�ridique (consid. 4c/aa non publi� de l'arr�t paru aux ATF 123 III 391). En l'esp�ce, le fait pour la demanderesse de ne pas avoir un employ� sous ses ordres n'emp�chait pas de la consid�rer comme l'unique responsable dudit service. Cet aspect ne ressort toutefois pas de mani�re pr�cise du certificat incrimin�. De m�me, le texte donne l'impression que, depuis sa promotion au poste de conseill�re d'entreprise, la demanderesse s'est exclusivement occup�e des porte-
feuilles d'assurances des clients priv�s, � l'exclusion de ceux des entreprises. Le certificat devra donc �tre compl�t� sur ces deux points. 11.- La demanderesse ne remet pas en cause l'allocation par la cour cantonale du montant de 14 886 fr., � titre de salaire durant le pr�avis de cong�. L'arr�t attaqu� sera donc confirm� sur ce point. Il sera en revanche r�form�, en tant qu'il porte sur les indemnit�s dues en vertu de l'art. 5 al. 3 LEg et en raison du licenciement imm�diat injustifi�. Pour le surplus, la cause sera renvoy�e � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants. Selon l'art. 12 al. 2 LEg, qui renvoie � l'art. 343 CO, la proc�dure est gratuite, ind�pendamment de la valeur litigieuse. Cela vaut �galement lorsque des pr�tentions, d�coulant du contrat de travail mais sup�rieures � 20 000 fr., sont, comme en l'esp�ce, indissociables de la question de l'�galit� entre femmes et hommes.
La demanderesse, qui est dans le besoin, est mise au b�n�fice de l'assistance judiciaire (art. 152 OJ). Son recours est admis dans une large mesure. Toutefois, elle obtient moins d'un tiers des pr�tentions qu'elle fait valoir; pour le reste l'issue de la cause est incertaine. Dans une telle situation, il se justifie de compenser les d�pens.
1. Admet partiellement le recours et r�forme l'arr�t attaqu� en ce sens que la d�fenderesse versera � dame A.________ les sommes de 4'988 fr. et de 31 900 fr., avec int�r�ts � 5% d�s le 19 septembre 1997; confirme cet arr�t en tant qu'il condamne la d�fenderesse � verser � dame A.________ la somme de 14 886 fr. brut (sous d�duction des charges sociales), plus int�r�ts � 5% d�s le 19 septembre 1997; 2. Renvoie pour le surplus la cause � la cour cantonale pour nouvelle d�cision dans le sens des consid�rants;
3. Dit qu'il n'est pas per�u de frais judiciaires;
5. Dit que la Caisse du Tribunal f�d�ral versera � Me Joanna B�rgisser la somme de 7000 fr. � titre d'honoraires, sous r�serve de l'application de l'art. 152 al. 3 OJ;
6. Communique le pr�sent arr�t en copie aux mandataires des parties et � la Chambre d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Gen�ve (Cause n� C/32585/97-9).

References: ATF 
 ATF 
 art. 6
 art. 128
 art. 5
 ATF 
 ATF 
 art. 63
 ATF 
 art. 3
 ATF 
 art. 5
 art. 5
in fine
in fine
 art. 5
 art. 4
 art. 41
 art. 5
 art. 4
 art. 33
 art. 10
 art. 336
 art. 336
 art. 336
 art. 336
in fine
 ATF