Source: http://www.laviedesreseaux.fr/layout/set/print/content/view/full/8594
Timestamp: 2019-12-12 01:17:46+00:00

Document:
Blindage de tranchées : Première partie
Ce dossier consacré au blindage de tranchées présente dans une première partie les généralités sur le blindage et, ensuite les différents procédés de blindage.
Partie 2 Quand doit-on réaliser un blindage de tranchées ? : Réglementation
Partie 3 La profondeur de la tranchée : un critère parmi d’autres
Partie 4 Lexique
Qu’est-ce qu’un blindage ?
Lorsque la nature des travaux réalisés nécessite l’ouverture d’une tranchée, le blindage consiste à soutenir les parois pour éviter un écroulement de celle-ci. Plusieurs critères engendrent la nécessité de blinder une fouille : profondeur, nature du terrain, vibrations voisines, conditions hydrologiques, surcharges de toute nature avoisinante (construction dans le voisinage, matériaux divers, déblais…), ébranlements dus à la circulation sur les voies carrossables, les pistes et les voies avoisinantes.
Le but du blindage est d’assurer la sécurité des ouvriers contre l’ensevelissement ou l’enfouissement.
Qu’est ce qu’un bon blindage ?
Un bon blindage doit pouvoir être installé et déposé sans qu’il y ait de risque d’éboulement pour les exécutants. Il doit être robuste de façon à résister à la force et la poussée des terres. Le blindage doit constituer une cage résistant aux efforts obliques.
Les nombreux procédés de blindage sont choisis en fonction de la qualité du terrain, de la nature et l’importance des travaux à réaliser.
La réglementation concernant les blindages de tranchées est régit par le décret du 8 janvier 1965 modifié intitulé « travaux de terrassement à ciel ouvert ». Les articles 66, 67, 68, 70, 71, 72, 74 et 77 concernent les blindages. L’élément le plus important dans ces articles est stipulé dans l’article 66 : « Lorsqu’une tranchée à parois verticales a plus de 1,30 m de profondeur et que sa largeur est égale ou inférieure au 2/3 de sa profondeur, elle doit être obligatoirement blindée quelle que soit la nature du terrain. Dans les autres cas, les parois doivent être aménagées de façon à éliminer les risques d’écoulement.
Ci-dessous les extraits des articles en questions :
Art. 66 modifié. - Les fouilles en tranchée de plus de 1,30 m de profondeur et d'une largeur égale ou inférieure aux deux tiers de la profondeur doivent, lorsque leurs parois sont verticales ou sensiblement verticales, être blindées, étrésillonnées ou étayées.
Les parois des fouilles en tranchée autres que celles qui sont visées à l'alinéa précédent, ainsi que les parois des fouilles en excavation ou en butte, doivent être aménagées, eu égard à la nature et à l'état des terres, de façon à prévenir les éboulements. Si cette condition n'est pas remplie, des blindages, des étrésillons ou des étais appropriés à la nature et à l'état des terres doivent être mis en place. Ces mesures de protection prescrites ne doivent pas être réduites ou supprimées lorsque les terrains sont gelés sous l'influence des conditions atmosphériques.
Art. 67. - Il doit être tenu compte, pour la détermination de l'inclinaison à donner aux parois ou pour l'établissement des blindages, des étrésillons et des étais des fouilles en tranchée ou en excavation, des surcharges dues aux constructions ou aux dépôts de toute nature (tels que : matériaux divers, déblais, matériel) existant dans le voisinage, ainsi que des surcharges et des ébranlements prévisibles dus à la circulation sur les voies carrossables, les pistes de circulation et les voies ferrées se trouvant à proximité des fouilles.
Art. 68. - La reprise des fondations en sous-œuvre ne doit être exécutée que par petites portions et au fur et à mesure que les blindages, les étrésillons ou les étais mis en place assurent une sécurité suffisante. Toutefois, cette prescription ne fait pas obstacle à l'emploi de procédés particuliers assurant aux travailleurs une sécurité au moins équivalente.
Art. 70. - La mise en place des blindages, étrésillons ou étais doit être effectuée dès que l'avancement des travaux le permet.
Art. 71. - Dans le cas où les divers éléments d'un blindage sont assemblés hors de la fouille, la hauteur de ces éléments doit être au moins égale à la profondeur totale de la fouille.
Art. 72. - Afin d'empêcher les chutes de déblais, de matériaux, d'outils ou d'objets de toute nature à l'intérieur des fouilles en tranchée de plus de 1,30 m de profondeur, celles-ci doivent être entourées de plinthes d'une hauteur de 15 centimètres au moins ou comporter un blindage dont les éléments constituants dépassent le niveau du sol d'une hauteur minimale de 15 centimètres.
Art. 74 modifié. - Des mesures (telles que le creusement de cunettes, l'exécution de drainages) doivent être prises pour limiter les infiltrations provenant des eaux de ruissellement.
Art. 77 modifié. - Il ne peut être procédé à l'enlèvement d'un blindage, d'un étrésillon ou d'un étai que lorsque des mesures de protection efficaces ont été prises contre les risques d'éboulement.
La profondeur de la fouille n’est pas le seul critère à prendre en compte. Plusieurs autres critères engendrent la nécessité de blinder une fouille :
- Les vibrations voisines (travaux voisins)
- Les conditions hydrologiques
- Les surcharges de toute nature avoisinante (construction dans le voisinage, matériaux divers, déblais…)
- Les ébranlements dus à la circulation sur les voies carrossables, les pistes et les voies avoisinante
- La configuration des tranchées (ex : croisement de tranchées)
- La nature des travaux à exécuter
- La stabilité globale du terrain
L’ensemble de ces critères peuvent avoir une influence sur la stabilité pour une durée courte.
Au niveau de la sécurité, les intervenants d’un chantier (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, coordonnateur, entreprise) ont de nouvelles obligations qui les obligent à évaluer le risque à tous les niveaux, c'est-à-dire de la conception, à la préparation et à la réalisation.
L’ensemble de ces paramètres doivent être prise en compte afin d’effectuer le choix le plus approprié du mode de blindage.
Les analyses sur les accidents ont démontré que sur une période de 10 ans, 7% des accidents graves ou mortels ont eu lieu dans des tranchées étroites dont la profondeur était comprise entre 0,70 mètre et 1,30 mètre.
Afin de bien comprendre ce dossier il semble nécessaire d’expliquer en détails les termes utilisés dans ce domaine.
Planche : Elément de revêtement en bois placé au contact du terrain.
Longrine : Pièce verticale continue soutenant des planches horizontales et reportant les efforts sur les étrésillons.
Porteur : Terme fréquemment employé pour désigner dans le blindage à planches verticales, les montants compris entre deux niveaux de longrines.
Etrésillon : Pièce horizontales servant à buter l’une contre l’autre les deux parois du blindage. Les termes « étais » et « étançon » désignent des pièces qui travaillent aussi à la compression pure, mais en position verticale ou faiblement inclinée. Le terme « tirant », parfois employé dans le même sens qu’étrésillon, est impropre.
Potelle : Rigole creusée en fond de fouille pour permettre la butée d’extrémité des planches verticales pendant leur enfoncement.
Cadre : Ensemble obtenu après assemblage dans la tranchée de 2 longrines et 2 étrésillons ou de 2 montants et 2 étrésillons. Terme synonyme : ceinture.
Faux chapeau : Planche interposée horizontalement au droit du recouvrement des planches verticales et destinée à faciliter les opérations de pose et dépose de celles-ci.
Moise : Pièce verticale fixée sur les longrines et les étrésillons de niveaux différents pour maintenir leur écartement et empêcher leur glissement.
Clameau : Pièce en fer rond généralement en forme d’U à 2 pointes servant à solidariser entre elles les pièces de blindage.

References: Art. 66

Art. 67

Art. 68

Art. 70

Art. 71

Art. 72

Art. 74

Art. 77