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Timestamp: 2017-04-28 17:58:31+00:00

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UFC Que Choisir de Nancy et environsUFC Que Choisir de Nancy et environs1897 - La lutte contre les maladies à l'écoleNous, Préfet du département de Meurthe-et-Moselle, Commandeur de la Légion d'honneur,
Vu la loi municipale du 5 avril 1884, articles 94 et 97 ;
Vu la, loi du 30 octobre 1886, article 9, qui porte :
« L'inspection des établissements d'instruction primaire publies et privés est exercée …………. 7° au point de vue médical par les médecins inspecteurs communaux ou départementaux ………..
L'inspection des écoles publiques s'exerce conformément aux règlements délibérés par le Conseil supérieur ………..
Celle des écoles privées porte sur l'hygiène ……. »
Vu l'arrêté ministériel du 18 août 1893 ;
Sur la proposition de M. l'inspecteur d'académie ;
MESURES GÉNÉRALES A PRENDRE POUR ÉVITER L'ÉCLOSION DES MALADIES CONTAGIEUSES.
Art. 1er. Les écoles doivent être pourvues d'eau pure (eau de source, eau filtrée ou bouillie). L'eau pure seule sera mise à la disposition des élèves.
Art. 2 - Les cabinets d'aisances des écoles ne doivent pas communiquer directement avec les classes.
Art. 3. - pendant la durée des récréations et le soir après le départ des élèves, les classes doivent être aérées par l'ouverture de toutes les fenêtres.
Art. 4. - Le nettoyage du sol ne doit pas être fait à sec par le balayage mais au moyen d'un linge ou d'une éponge mouillée promenée sur le sol.
Art. 5. - Hebdomadairement il est fait un lavage du sol à grande eau et avec un liquide antiseptique. - Un lavage analogue des parois doit être fait au moins deux fois par an, notamment aux vacances de Pâques et aux grandes vacances.
Art. 6. - La propreté de l'enfant est surveillée à son arrivée. Chaque enfant doit se laver les mains au lavabo avant la rentrée en classe après chaque récréation.
MESURES GÉNÉRALES A PRENDRE EN PRÉSENCE D' UNE MALADIE CONTAGIEUSE.
Art. 7. - Le licenciement de l'école ne doit être prononcé que dans les cas spécifiés à l'article 14. Auparavant l'on doit recourir aux évictions successives et employer les mesures de désinfection prescrites ci-après.
Art. 8. - Tout enfant atteint de fièvre doit être immédiatement éloigné de l'école ou envoyé à l'infirmerie dans le cas d'un internat.
Art. 9. - Tout enfant atteint d'une maladie contagieuse confirmée doit être éloigné de l'école et, sur l'avis du médecin chargé de l'inspection, cette éviction peut s'étendre aux frères et soeurs dudit enfant ou même à tous les enfants habitant la même maison.
Art. 10. - La désinfection de la classe est faite, soit dans l'entre-classe, soit le soir après le départ des élèves.
Le lavage de la classe (sol et parois) avec une solution antiseptique.
La désinfection par pulvérisation des cartes et objets scolaires appendus au mur.
La désinfection par lavage des tables, bancs, meubles, etc.
La désinfection complète du pupitre de l'élève malade.
La destruction par le feu des livres, cahiers, etc., de l'élève malade, et des jouets ou objets qui auraient pu être contaminés dans les écoles maternelles.
Art. 11. - Il est adressé à la famille de chaque enfant atteint d'une affection contagieuse une instruction sur les précautions à prendre contre les contagions possibles et sur la nécessité de ne renvoyer l'enfant qu'après qu'il aura été baigné ou lavé plusieurs fois au savon et que tous ses habits auront subi, soit la désinfection, soit un lavage complet à l'eau bouillante.
Art. 12. - Les enfants qui ont été malades ne rentreront à l'école qu'avec un certificat médical et après qu'il se sera écoulé, depuis le début de la maladie, une période de temps égale à celle prescrite par les instructions de l'Académie de médecine.
Art. 13. - Dans le cas où le licenciement est reconnu nécessaire, Il est envoyé à chaque famille, au moment du licenciement, un exemplaire de l'instruction relative à la maladie épidémique qui l'aura nécessité.
MESURES PARTICULIÈRES A PRENDRE POUR CHAQUE MALADIE CONTAGIEUSE.
Art. 14. - Sur l'avis du médecin inspecteur, les mesures suivantes doivent être prises, conformément aux indications contenues dans le rapport adopté par le comité consultatif d'hygiène annexé, lorsque les maladies ci-dessous désignées sévissent dans une école:
Variole. - Éviction des enfants malades (durée : 40 jours). - Destruction de leurs livres et cahiers. - Désinfection générale. - Revaccination de tous les maîtres et élèves.
Scarlatine. - Éviction des enfants malades (durée : 40 jours). - Destruction de leurs livres et cahiers. - Désinfection générale. - Licenciement si plusieurs cas se produisent en quelques jours malgré toutes précautions.
Rougeole. - Éviction des enfants malades (durée : 16 jours). - Destruction de leurs livres et cahiers. - Au besoin licenciement des enfants au-dessous de six ans.
Varicelle. - Évictions successives des malades.
Oreillons. - Évictions successives de chacun des malades (durée 10 jours).
Diphtérie. - Éviction des malades (durée : 40 jours). - Destruction des livres, cahiers, des jouets et objets qui ont pu être contaminés. - Désinfections successives.
Coqueluche. - Évictions successives (durée : 3 semaines).
Teigne et pelade. - Évictions successives. - Retour après traitement et avec pansement méthodique.
Nancy, le 11 février 1897.
La désinfection des locaux et du mobilier des écoles en cas d'épidémies. - Rapport au Comité consultatif d'hygiène publique de France, par M. le Dr Henri Napias.
Il y a quelques mois, le Comité consultatif d'hygiène, pour répondre à une lettre adressée par M. le Ministre de l'instruction publique à M. le Ministre de l'intérieur, relativement à l'inspection médicale des écoles primaires, approuvait les conclusions d'un rapport que nous lui présentions et notamment la conclusion suivante : Il est indispensable que l'inspection médicale s'exerce à la fois sur les écoles primaires publiques et privées.
Une des raisons qui avaient amené le rapporteur à proposer cette conclusion au nom de la Commission spéciale du Comité consultatif, c'est que, dans le cas d'une épidémie, si le licenciement des écoles primaires publiques devenait nécessaire, c'était une mesure qui restait illusoire et qui n'avait souvent pour résultat que de déplacer le danger, puisque les élèves des écoles publiques licenciés et renvoyés dans leur famille pour éviter les dangers de l'encombrement scolaire trouvaient un asile dans les écoles privées subitement encombrées à leur tour.
Mais le Comité consultatif d'hygiène, tout en reconnaissant que le licenciement des écoles pouvait être une mesure indispensable, dans certains cas, et tout en constatant que le corollaire nécessaire de cette mesure était d'appliquer les mêmes règlements sanitaires à toutes les écoles sans exception, ne manquait pas de remarquer que l'enfant de l'école maternelle ou de l'école primaire que le licenciement renvoie dans sa famille y est une cause de gêne : « Le père, la mère elle-même, disait alors le Comité dans son rapport, sont à l'atelier pendant les heures de classe, et l'école maternelle où les enfants sont reçus avant l'heure des classes et où ils peuvent être laissés un peu après constituent de véritables garderies qui continuent les crèches et qui permettent à la mère de vaquer à ses occupations, au travail, c'est-à-dire au pain quotidien. Que faire de l'enfant pendant toute la journée ? Il faudra bien le confier aux soins et à la surveillance d'une voisine qui reste chez elle, et il se trouvera que cette voisine sera souvent la mère d'un enfant malade que cette circonstance seule oblige à garder le logis. Si bien que le licenciement d'une école, loin de remédier au danger de contagion, tendra plutôt à le favoriser. »
Avec les ressources dont on dispose aujourd'hui pour la désinfection, le licenciement d'une école et surtout d'une école maternelle ou d'une école primaire est, la plupart du temps, un contresens hygiénique.
L'assainissement du local d'une école peut être réalisé en quelques heures ; sa durée doit être réduite au minimum ; la désinfection du sol, du mobilier, des parois, doit pouvoir être faite dans l'entre-classe. Ce n'est qu'une question d'outillage.
Mais si l'on doit réduire jusqu'à l'exception les occasions de licenciement dans les écoles, comment faire l'assainissement de ces écoles pour suppléer à cette mesure exceptionnelle et pour la compléter au besoin ? Comment surtout faire cet assainissement d'une façon simple et pratique, en tenant compte des difficultés qu'on ne manquera pas de rencontrer surtout dans les écoles rurales, loin de toute organisation d'un service quelconque de désinfection, dans une pénurie complète du matériel utilisé ordinairement et en l'absence d'un personnel qui sache s'en servir, si ce matériel existe ?
C'est de quoi s'est occupée la Commission spéciale d'hygiène des écoles nommée au sein du Comité et, pour répondre au désir manifesté par M. le Ministre de l'instruction publique et exprimé par notre éminent collègue, M. Buisson, elle a fait de cette question une nouvelle étude, recherchant d'abord les mesures générales d'hygiène et de salubrité qu'il convient de prendre dans les écoles pour empêcher l'éclosion des épidémies, examinant ensuite les mesures d'hygiène et de salubrité à prendre dès le premier cas d'une affection contagieuse, distinguant enfin et fixant les précautions spéciales nécessitées par chaque maladie en particulier.
Cette étude a été poursuivie par la Commission en vue d'arriver à des solutions simples et à des conclusions qui puissent servir de base au Ministère et au Conseil supérieur de l'instruction publique pour la rédaction d'un règlement pratique qui sache tenir compte des difficultés d'application et se contenter d'un minimum de précautions faciles à prendre partout. C'est en réduisant ainsi les exigences, nous semble-t-il, qu'on enlèvera tout prétexte et toute excuse à ceux qui seraient tentés, comme cela se rencontre assez souvent, de violer le règlement ou simplement de le considérer comme non avenu. C'est un travers qui n'est pas rare chez nous, ni très nouveau, puisqu'au XVIIème siècle Pelisson le constatait déjà en disant que « c'est le génie des Français de faire de très bons règlements et de les exécuter très mal ».
Une réglementation hygiénique est en tous cas très nécessaire quand il s'agit des écoles primaires, qui ne constituent pas la partie la moins intéressante de l'Université, puisqu'elle en forme, au contraire, la clientèle la plus nombreuse et que l'âge des enfants qui y fréquentent les expose d'autant mieux à la contagion qu'ils sont plus jeunes et n'ont pas encore acquis l'immunité que confèrent plusieurs maladies contagieuses par une première atteinte.
Disons enfin que si cette réglementation est nécessaire, elle sera d'une application relativement facile avec le personnel des instituteurs et institutrices, personnel discipliné de gens honnêtes et conscients du devoir, qui connaissent les inquiétudes et les fatigues de la surveillance, qui la pratiquent avec exactitude et intelligence, et qui ne s'étonneront pas qu'on en augmente encore les charges quand ils sauront qu'il s'agit de la santé de leurs élèves et, comme ils disent eux-mêmes, de leurs enfants.
A - MESURES GÉNÉRALES A PRENDRE POUR ÉVITER L' ÉCLOSION DES MALADIES CONTAGIEUSES A L' ÉCOLE.
La pureté de l'air et des eaux, la propreté des locaux et la propreté corporelle du personnel qui fréquente les écoles primaires sont les conditions premières de l'hygiène et de la salubrité de ces écoles.
Nous n'avons pas à rappeler ici les dangers des eaux impures dans la propagation de certaines affections épidémiques, telles que le choléra ou la fièvre typhoïde, mais nous rappelons que les enfants sont plus particulièrement exposés à contracter cette dernière maladie et qu'à l'école, plus qu'ailleurs, la nécessité s'impose d'avoir une eau absolument pure.
Une circulaire ministérielle du 29 septembre 1892, visant l'opinion du comité consultatif d'hygiène, conseille, en temps d'épidémie, la filtration par le filtre Chamberland ou l'ébullition préalable de l'eau destinée à être bue. Mais cette importante circulaire ne s'adressait guère qu'aux écoles normales et aux établissements d'enseignement secondaire.
Peut-être conviendrait-il de la renouveler et de la faire connaître à tous les instituteurs. Il serait désirable aussi qu'elle ne demandât pas seulement pour les temps d'épidémie les sages précautions qu'elle prescrit pour la pureté de l'eau de boisson, et que les instituteurs soient avertis qu'en tout temps ces précautions sont utiles et celle-ci, notamment, qui terminait la circulaire du 29 septembre 1892. « Il ne devra être laissé à l'usage des élèves, pendant les récréations et notamment à l'heure du goûter, d'autre eau que celle qui doit servir pour les repas. En conséquence, les pompes et fontaines des cours de récréation ou les conduits qui les alimentent devront être rigoureusement interdits aux élèves. »
Le filtrage ou l'ébullition sont indiqués pour les eaux de rivière et pour beaucoup d'eaux de puits. Il conviendrait, en tout cas, pour ces dernières, qu'elles fussent périodiquement examinées par les soins du Conseil d'hygiène.
Quand, au contraire, l'école est alimentée en eau de source, il n' y a d'autre précaution à prendre que de veiller à la propreté des gobelets de métal retenus par des chaînettes, qui sont le plus souvent mis à la disposition des enfants pour boire pendant les récréations et, dans le cas où une affection contagieuse viendrait à se produire à l'école, particulièrement dans le cas de diphtérie, il y aurait lieu de flamber ledit gobelet à l'alcool.
La bonne tenue des cabinets d'aisances a une importance qui doit aussi être rappelée et il conviendrait de décider que, dans aucun cas, ces cabinets ne doivent communiquer directement avec les classes.
Il est évidemment difficile de fixer règlementairement et pour toutes les écoles, même pour celles des plus petits villages, un type de cabinet d'aisances scolaire. Les solutions seraient ici variables selon qu'il s'agirait de grandes villes ou de petites communes, selon que la localité est plus ou moins abondamment pourvue d'eau, selon qu'elle a ou n'a pas une canalisation convenable pour l'évacuation immédiate des eaux résiduaires et des produits usés.
Il pourra être tenu compte, dans la mesure du possible, des indications fournies par la Commission d'hygiène scolaire au Ministère de l'instruction publique et, comme cette commission l'avait indiqué, il pourra être installé dans certains cas des cabinets à la terre ou à la tourbe sèche. Ce sont là des questions d'espèce. Mais ce qui doit être réglementaire, dans tous les cas, c'est que les fosses fixes, là où il en existe, soient établies le plus loin possible des puits.
Un règlement institué par arrêté ministériel du 17 juin 1880 a pourvu à la disposition générale des locaux scolaires, au cubage des classes, à la surface à attribuer à chaque élève ; ces questions ont été également reprises par la Commission d'hygiène scolaire et nous ne nous en occuperons pas ici. Mais il ne suffit pas qu'on ait prévu un cube d'air suffisant ou même surabondant si la ventilation n'est pas régulièrement faite, si surtout l'aération n'est pas assurée largement et très régulièrement chaque jour, et c'est pourquoi la Commission spéciale du Comité consultatif estime qu'il conviendrait, dans un règlement relatif à la salubrité des écoles en vue d'éviter l'éclosion des épidémies, de spécifier que, pendant la durée des récréations et le soir après le départ des élèves, les classes doivent être aérées par l'ouverture de toutes les fenêtres.
La question du nettoyage du sol a une importance considérable. Le balayage, qui est le procédé le plus communément employé, a un grave inconvénient au point de vue de l'hygiène ; il soulève des poussières qui mêlent à l'air, avec des crachats desséchés, les bacilles phtisiogènes ; un seul enfant phtisique devient ainsi un danger pour tous les élèves d'une classe. Le nettoyage ne doit donc pas se faire à sec. Un lavage à l'eau
additionnée ou non d'une substance antiseptique lui est toujours préférable, et si les conditions du climat ou de la saison s'opposent au lavage à grande eau, on peut toujours pratiquer avec un linge ou une éponge légèrement mouillée une sorte d'essuyage du sol.
Indépendamment des avantages que ce mode de procéder présente au point de vue de la prophylaxie d'autres affections contagieuses, c'est peut-être le seul moyen que nous ayons de diminuer les chances de la propagation de la plus meurtrière de toutes, de la phtisie, dans les agglomérations scolaires, et c'est pourquoi nous pensons qu'il convient d'en faire une prescription strictement réglementaire. Cette prescription serait d'ailleurs utilement complétée par un lavage hebdomadaire du sol à grande eau et avec une substance désinfectante et par un lavage complet des parois au moins deux fois par an, soit à Pâques et aux grandes vacances.
Enfin, en même temps qu'on assurera la propreté et le nettoyage rationnel des locaux scolaires, il convient de veiller à la propreté de l'écolier à son arrivée à l'école et avant qu'il rentre en classe au sortir de la récréation. Ce sont des prescriptions déjà faites et qu'il conviendrait de rappeler aux instituteurs en leur montrant quelle utilité elles ont comme complément d'un ensemble de mesures d'hygiène et de salubrité dont doit profiter la santé des élèves.
Sans doute cette propreté corporelle serait singulièrement facilitée si toutes les écoles avaient à leur disposition des bains-douches, mais si cela est souhaitable, il faut convenir que la réalisation de ce souhait n'est guère possible que dans des communes d'une certaine importance, et que ce souhait ne saurait, sans imprudence, être transformé en une prescription règlementaire. En attendant, partout où il y a des cours d'eau il y aurait lieu de favoriser en été les bains de rivière et peut-être de réserver dans l'horaire des écoles une heure ou deux par semaine pour qu'on y puisse conduire les élèves.
B. - MESURES A PRENDRE EN PRÉSENCE D'UNE MALADIE CONTAGIEUSE EN GÉNÉRAL.
Les mesures d'hygiène générale dont nous venons de parler ont pour but et auront certainement pour résultat de mettre les élèves dans les meilleures conditions pour éviter les affections contagieuses, mais elles ne constituent pas une garantie certaine. Ces maladies peuvent atteindre quand même tel ou tel enfant qui pourra les apporter à l'école où elles se développeront avec une intensité variable et pourront parfois constituer de véritables et graves épidémies.
Quelles mesures nouvelles convient-il donc de prescrire dans de tels cas ? Le licenciement a été souvent employé comme unique mesure préservatrice et nous savons que c'est une mesure parfois illusoire. - Faut-il pourtant y renoncer définitivement ? Tel n'est pas l'avis de la Commission, qui estime que c'est une mesure qui peut encore être prise, non si facilement qu'on a pu le faire en de certaines circonstances, ni pour quelques cas isolés, mais exceptionnellement quand on ne peut prendre aucune autre mesure, c'est-à-dire quand l'épidémie est généralisée d'emblée ou seulement après quelque temps quand elle s'étend et s'aggrave malgré toutes précautions prises.
Pour beaucoup de cas, au contraire, l'éviction successive et la désinfection peuvent et doivent suffire à arrêter une épidémie. - L'éviction temporaire devrait même être faite de tout enfant présentant de la fièvre (37°5 ou 38 °, température axillaire), se plaignant de mal de tête, ayant le visage rouge, les yeux brillants. Il ne faut pas hésiter dans de tels cas à renvoyer l'enfant à sa famille immédiatement ou à le diriger sur l'infirmerie s'il s'agit d'un internat. Peut-être cet état fébrile de l'enfant est-il passager, et le lendemain ou le surlendemain il pourra revenir à l'école sans inconvénient, mais cette éviction dès le premier mouvement de fièvre est une précaution nécessaire, qu'il ne faut pas regretter d'avoir prise, qu'il faut que le règlement prévoie.
S'il s'agit d'une maladie contagieuse confirmée, cette éviction doit être maintenue, elle doit même pouvoir être étendue, sur l'avis du médecin, aux frères et soeurs, ou même aux enfants qui habitent la même maison
que l'enfant malade.
L'enfant éloigné de l'école, il faut assainir celle-ci. Mais comment s'y prendre ? Comment dire les précautions qui seront applicables à toutes les écoles ? Sans doute s'il s'agit de Paris et de deux ou trois grandes villes, on trouve les ressources suffisantes, des étuves de bon fonctionnement, des pulvérisateurs irréprochables, un personnel expérimenté. Mais que faire dans les communes rurales ? Là il faut prescrire un petit nombre de précautions faciles à prendre, pas aussi sûres peut-être dans tous les cas, mais permettant la plupart du temps, moyennant la surveillance personnelle des instituteurs, d'empêcher le développement d'une épidémie qui pourrait devenir meurtrière.
Les mesures de désinfection qu'on peut exiger partout doivent d'ailleurs être considérées comme un minimum et il sera facile à toute commune un peu importante de faire mieux et de s'inspirer des exemples des grandes cités.
La désinfection, selon les cas, pourra être faite, soit dans l'entre-classe, soit le soir après le départ des élèves, soit au besoin pendant une après-midi, pendant laquelle on laisserait les élèves en congé.
Cette désinfection élémentaire comprendrait : le lavage de la classe, sol et parois, avec une solution antiseptique ; le lavage avec la même solution des tables et bancs ; la désinfection par pulvérisation des cartes et objets scolaires appendus aux murs : la désinfection complète par lavage du pupitre de l'élève malade dont les livres seront brûlés et remplacés à son retour par des livres neufs.
Le lavage ne présente pas de grandes difficultés, des balais de crin, des éponges, des torchons, de l'eau savonneuse chaude, puis une solution de sublimé à 1 / 1, 000 ème, an besoin, si l'on n'a pas autre chose sous la main, de l'eau de javel, deux ou trois manœuvres et les parois et le sol peuvent être rapidement assainis.
Pour les cartes et objets appendus au mur, il est certain que la pulvérisation d'une substance désinfectante devrait être faite, mais il faut tenir compte aussi de l'impossibilité pour certaines communes pauvres de se procurer un pulvérisateur et on pourrait recommander au moins un appareil très simple et peu coûteux dont notre ancien collègue Richard a donné la description sous le nom de projecteur Loriot ou quelque instrument analogue.
Dans toutes les villes où il existerait un service municipal de désinfection, il serait donné avis à ce service de chaque cas contagieux observé à l'école comme il est fait à Paris, afin que par ses soins la désinfection à
domicile puisse être faite et que notamment les vêtements de l'enfant soient désinfectés avant son retour à l'école.
La Commission a pensé qu'il serait utile d'envoyer à la famille de chaque enfant atteint d'une maladie contagieuse une instruction sur les précautions à prendre contre les contagions possibles et sur la nécessité de ne renvoyer l'enfant qu'après qu'il aura été baigné ou lavé plusieurs fois au savon et que tous ses habits auront subi, soit la désinfection, soit un lavage complet à l'eau bouillante. Ces instructions très courtes formeraient une petite feuille ou une petite carte dont la couleur pourrait être différente pour chacune des maladies contagieuses.
Dans le cas où la généralisation épidémique de la maladie obligerait au licenciement de l'école, l'instruction dont il vient d'être parlé serait envoyée non seulement aux familles des enfants malades, mais aux familles de tous les enfants licenciés.
Il reste bien entendu d'ailleurs que les enfants malades ne seraient reçus à l'école qu'avec un certificat médical et après qu'il se serait écoulé depuis le début de la maladie une période de temps égale à celle qui est prescrite par les instructions de l'Académie de médecine.
C. - INDICATIONS RELATIVES A QUELQUES MALADIES CONTAGIEUSES EN PARTICULIER.
Variole. - Disons d'abord combien c'est une chose triste et déconcertante qu'il faille aujourd'hui, plus d'un siècle après la découverte de la vaccine, s'occuper des mesures à prendre en face d'une épidémie de variole ; de songer que, chaque année, dans notre France, tantôt ici et tantôt là, on constate des épidémies varioliques, on compte des morts par centaines, et que cette année encore, à Paris même, il faudra continuer à voir mourir des gens que la vaccine eût sûrement préservés. Il y a dans ce fait une sorte de déni de civilisation et nous ne pouvons nous empêcher de rappeler qu'il suffirait, pour le faire cesser, d'un simple article de loi, depuis longtemps réclamé par le Comité consultatif, par l'Académie de médecine, par la Société de médecine publique et par les Congrès d'hygiène.
Quoi qu'il en soit, la variole existe. Elle peut se montrer à l'école et dans un tel cas, indépendamment des mesures générales signalées tout à l'heure (éviction du premier malade, désinfection, destruction des livres et cahiers de l'élève), il n'y a qu'une mesure tout à fait efficace à prendre, c'est la revaccination de tous les élèves. Il sera la plupart du temps possible d'y procéder précisément à cause de la crainte qu'inspire le commencement d'une épidémie et si surtout les maîtres donnent l'exemple en se soumettant les premiers à la revaccination.
Scarlatine. - Pour la scarlatine, la Commission a pensé qu'après les mesures générales qu'elle recommande, il faudrait recourir au licenciement quand il viendrait à se produire plusieurs cas dans l'espace de quelques jours.
Rougeole. - Pour la rougeole, qui reste pour ainsi dire une maladie nécessaire, les évictions successives avec désinfections soigneuses pourront enrayer le commencement d'une épidémie. Il n'y faut pas trop compter cependant à cause que le plus souvent la contagion est faite avant que la maladie ait été reconnue. Le licenciement de l'école ne s'imposera que rarement et seulement pour les petites classes ; les enfants des classes plus élevées se trouvant généralement préservés, par des atteintes antérieures.
Varicelle. - Pour la varicelle, les évictions successives devront toujours suffire, la maladie est trop bénigne pour que le licenciement s'impose.
Oreillons. - Il en va de même pour les oreillons.
Diphtérie. - Pour la diphtérie, les évictions successives, les désinfections soigneuses, les lavages journaliers antiseptiques du sol, la propreté des enfants, donneront sans doute des résultats utiles, mais il n'est pas de circonstance qui fasse plus regretter qu'il n'y ait pas dans les petites communes de moyens de désinfection par l'étuve.
Quand on sait la ténacité de l'agent contagieux, sa reviviscence après plusieurs mois parfois dans le même local, on comprend qu'il ne suffit pas d'assaillir l'école, qu'il faudrait pouvoir désinfecter aussi le logement de l'élève atteint par le mal et faire passer à l'étuve les hardes et matelas. Sans quoi un commencement d'épidémie, d'abord éteint, pourra se rallumer après quelques mois et faire soudain un grand nombre de victimes.
En tout cas pour la diphtérie, autant et plus que pour la variole et la scarlatine, la destruction par le feu des livres de l'écolier malade s'impose absolument.
Coqueluche. - On peut d'ailleurs en dire autant de la coqueluche qui, d'autre part, ne nécessitera que des évictions successives et non le licenciement.
Teignes. - Pour la teigne, la question est particulièrement délicate et doit être envisagée différemment suivant qu'il s'agit des écoles des villes ou de celles des campagnes. Il est évident que l'éviction s'impose dans tous les cas ; mais tandis que le teigneux pourra être hospitalisé pendant quelque temps dans les grandes villes, suivre au besoin les cours d'écoles spéciales comme de celle de l'hôpital Saint-Louis à Paris, celte hospitalisation n'est pas possible dans les communes rurales ; or, renvoyer le petit malade dans sa famille, ce n'est l'éloigner de ses camarades qu'aux heures de classes, c'est-à-dire aux heures où le danger de contagion est le moindre ; il continuera dans les intervalles à se mêler aux jeux des autres et c'est alors que la contagion sera possible. La commission pense que, dans de tels cas, en même temps que l'éviction serait prononcée, le médecin scolaire devrait être averti, et qu'après les premiers jours de traitement et une épilation soigneuse, le petit malade, convenablement pansé et la tête enduite d'un corps gras et recouverte d'une coiffe de toile, pourrait être de nouveau admis à l'école. Il est certain que la régularité du pansement serait assurée par ce fait que l'instituteur renverrait immédiatement à sa famille l'enfant qui se présenterait avec un pansement insuffisant.
Indépendamment des maladies dont nous venons de parler et qui sont proprement les maladies scolaires, il faut dire quelques mots d'autres affections qui ne nécessitent pas le licenciement et qui seront assez rares pour qu'on n'en fasse pas mention dans un règlement qui doit être simplifié.
Fièvre typhoïde. - La fièvre typhoïde, par exemple, n'exigera jamais le licenciement d'une école, mais seulement la surveillance de l'eau de boisson et la désinfection des latrines.
La stomatite ulcéro-membraneuse est devenue une rareté ; l'éviction d'un cas qui se produirait serait pourtant nécessaire dés que ce cas serait constaté.
L'ophtalmie granuleuse nécessiterait aussi l'éviction des écoliers qui en seraient atteints ; mais il faut bien dire qu'en l'absence de moyens de traitement dans les communes rurales, ce sera une mesure insuffisante ; il faut constater une fois de plus que c'est seulement après le vote que nous espérons très prochain de la loi sur l'assistance médicale gratuite qu'il sera possible de se montrer sévère dans l'application d'un règlement sur la prophylaxie des maladies contagieuses à l'école.
A. - Il convient de prendre des mesures générales d'hygiène destinées à empécher l'éclosion d'une épidémie à l'école.
B. - II convient, si une épidémie tend à se développer, d'indiquer les mesures d'hygiène et de salubrité à prendre dès le premier cas.
C. - Il convient enfin de fixer les précautions spéciales nécessitées par chaque maladie contagieuse en particulier.
A . - MESURES GÉNÉRALES A PRENDRE POUR ÉVITER L' ECLOSION DES MALADIES CONTAGIEUSES A L'ÉCOLE.
1° Les écoles doivent être pourvues d'eau pure (d'eau de source, eau filtrée ou bouillie).
2° Les cabinets d'aisances des écoles ne doivent pas communiquer directement avec les classes.
Les fosses, quand il en existera, seront étanches et le plus possible éloignées des puits.
3° pendant la durée des récréations et le soir après le départ des élèves, les classes doivent être aérées par l'ouverture de toutes les fenêtres.
4° Le nettoyage du sol ne sera pas fait à sec par le balayage, mais au moyen d'un linge ou d'une éponge mouillée promenée sur le sol.
5° hebdomadairement il sera fait un lavage du sol à grande eau et avec un liquide antiseptique. - Un lavage analogue des parois devra être fait au moins deux fois par an, notamment aux vacances de Pâques et aux grandes vacances.
6° La propreté de l'enfant sera surveillée à son arrivée. On veillera aussi à ce qu'il se lave les mains au lavabo avant la rentrée en classe après chaque récréation.
1° Le licenciement doit être une mesure exceptionnelle prise seulement quand on n'en peut prendre d' autre ou quand une épidémie s'est généralisée malgré toutes les précautions : L'éviction successive avec les mesures de désinfection doivent suffire dans la plupart des cas.
2° Tout enfant atteint de fièvre sera immédiatement éloigné de l'école ou envoyé à l'infirmerie dans le cas d'un internat.
3° Tout enfant atteint d'une maladie contagieuse confirmée sera éloigné de l'école et, sur l'avis du médecin chargé de l'inspection, cette éviction pourra s’ étendre aux frères et soeurs dudit enfant ou même à tous les entants habitant la même maison.
4° La désinfection de la classe sera faite, soit dans l'entre-classe, soit le soir après le départ des élèves.
Le lavage de la classe (sol et parois) avec une. solution antiseptique ;
La désinfection par lavage des tables et balles ;
La désinfection complète du pupitre de l'élève malade dont les livres seront détruits par le feu et remplacés à son retour en classe par des livres neufs.
5° II sera adressé à la famille de chaque enfant atteint d'une affection contagieuse une instruction sur les précautions à prendre contre les contagions possibles et sur la nécessité de ne renvoyer l'enfant qu'après qu'il aura été baigné ou lavé plusieurs fois au savon et que tous ses habits auront subi, soit la désinfection, soit un lavage complet à l'eau bouillante.
6° Les enfants ne seront reçus à l'école qu'avec un certificat médical et après qu'il se sera écoulé, depuis le début de la maladie, une période de temps égale à celle prescrite par les instructions de l'Académie de médecine.
7° Dans le cas où le licenciement serait reconnu nécessaire, il serait envoyé à chaque famille, au moment du licenciement, un exemplaire de l'instruction relative à la maladie épidémique qui l'aurait nécessité.
C - MESURES PARTICULIÈRES A PRENDRE POUR CHAQUE MALADIE CONTAGIEUSE .
En ce qui concerne chaque maladie en particulier, il est évident que les indications du présent rapport seront complétées par le médecin scolaire et suivant les cas. On peut toutefois pour quelques-unes de ces maladies poser les règles suivantes :
Variole. - Éviction. - Désinfection. - Destruction des livres et cahiers. - Revaccination de tous les maîtres et élèves.
Scarlatine. - Éviction. - Désinfection. - Destruction des livres. - Licenciement si plusieurs cas se produisent en quelques jours malgré toutes précautions.
Rougeole. - Éviction. - Désinfection. - Au besoin licenciement des petites classes.
Varicelle. - Évictions successives. Oreillons. - Évictions successives.
Diphtérie. - Évictions. - Désinfections répétées. - Destruction des livres.
Coqueluche. - Éviction. - Désinfection. - Destruction des livres.
Teignes. - Éviction. - Retour après traitement et avec pansement méthodique.
(Conclusions approuvées par le Comité consultatif d'hygiène publique de France dans sa séance du 3 juillet 1893.)

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7
 l'article 14

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14