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Timestamp: 2020-07-10 16:58:52+00:00

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Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 12 décembre 2017, 17-80.821, Publié au bulletin | Legifrance
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Cour de cassation, criminelle, Chambre criminelle, 12 décembre 2017, 17-80.821, Publié au bulletin
Audience publique du mardi 12 décembre 2017
N° de pourvoi: 17-80821
N° A 17-80.821 FS-P+B
CASSATION sur le pourvoi formé par le procureur général près la cour d'appel de Paris, contre l'arrêt n° 5410 de la cour d'appel de Paris, chambre 2-7, en date du 12 janvier 2017, qui a renvoyé M. Y... Z... des fins de la poursuite du chef d'infraction à l'article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881 AR ;
La COUR, statuant après débats en l'audience publique du 31 octobre 2017 où étaient présents : M. X..., président, Mme A..., conseiller rapporteur, M. Straehli, Mme Durin-Karsenty, MM. Cathala, Ricard, Parlos, Bonnal, conseillers de la chambre, MM. Barbier, Ascensi, Mme de-Lamarzelle, conseillers référendaires ;
Avocat général : M. B... ;
Sur le rapport de Mme le conseiller A..., les observations de la société civile professionnelle PIWNICA et MOLINIÉ, avocat en la Cour et les conclusions de M. l'avocat général B... ;
Sur le moyen unique de cassation, pris de la violation de l'article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881 :
Vu les articles 593 du code de procédure pénale et 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881 ;
Attendu qu'il se déduit du second de ces textes, qui prohibe la révélation, par quelque moyen que ce soit, de l'identité des fonctionnaires appartenant à des services ou unités désignés par arrêté dont les missions exigent pour des raisons de sécurité le respect de l'anonymat, que cette interdiction n'est pas limitée à la révélation des nom et prénom des personnes concernées mais s'applique à la diffusion d'informations qui en permettent l'identification ;
Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué, du jugement qu'il confirme et des pièces de la procédure qu'un policier appartenant au groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), désigné par arrêté du 7 avril 2011 comme devant bénéficier de l'anonymat pour des raisons de sécurité, a déposé plainte auprès du procureur de la République, du chef de l'infraction prévue et réprimée par l'article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881, à la suite de la publication, dans le journal "Closer" du 13 au 26 février 2015, d'un article contenant des informations qui permettraient de l'identifier (publication de plusieurs photographies accompagnées d'un texte faisant état de la "protection régulièrement assurée par "M" ... "fonctionnaire à la petite cinquantaine" ... "premier des "sièges du Président au sein du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République)" ... "issu de l'ex-service de protection des hautes personnalités (devenu le Service de la protection)" ; qu'à la suite des poursuites engagées contre M. Z..., directeur de publication du magasine "Closer", sur le fondement de l'article 39 sexies de la loi sur la presse, le tribunal correctionnel a renvoyé celui-ci des fins de la poursuite ; que le ministère public a relevé appel de cette décision ;
Attendu que, pour confirmer le jugement et dire non établi le délit de l'article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881, l'arrêt énonce, d'une part, que cette disposition prohibe la révélation de l'état civil des fonctionnaires concernés et ne peut être interprétée comme pouvant s'appliquer à tout élément susceptible d'en permettre l'identification, voire à la diffusion de leur image et que, d'autre part, l'élément de révélation suppose que cette identité n'ait pas été précédemment révélée, ce qui était le cas en l'espèce ;
Mais attendu qu'en statuant ainsi, sans mieux rechercher si les éléments fournis par le journal "Closer" au sujet de ce policier permettaient de l'identifier, et alors que la diffusion de précédentes informations relatives à l'intéressé ne faisait pas obstacle à la caractérisation de l'infraction, la cour d'appel a méconnu les textes et les principes susvisés ;
CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel de Paris, en date du 12 janvier 2017, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi ;
RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Paris autrement composée, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil DAR ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le douze décembre deux mille dix-sept ;
ECLI:FR:CCASS:2017:CR02978
Titrages et résumés : PROTECTION DES DROITS DE LA PERSONNE - Respect de la vie privée - Atteinte - Révélation de l'identité d'une personne dont les missions exigent le respect de l'anonymat - Eléments constitutifs - Définition - Diffusion d'informations qui permettent l'identification
Il se déduit de l'article 39 sexies de la loi du 29 juillet 1881, qui prohibe la révélation par quelque moyen que ce soit de l'identité des fonctionnaires appartenant à des services ou unités désignés par arrêté, dont les missions exigent le respect de l'anonymat pour des raisons de sécurité, que cette interdiction n'est pas limitée à la révélation des nom et prénom des personnes concernées mais s'applique à la diffusion d'informations qui en permettent l'identification. La diffusion de précédentes informations relatives à l'intéressé ne fait pas obstacle à la caractérisation de l'infraction (arrêt n° 1, pourvoi n° 17-80.821 et arrêt n° 2, pourvoi n° 17-80.818)
PRESSE - Liberté d'expression - Restriction - Cause - Respect de la vie privée - Révélation de l'identité d'une personne dont les missions exigent le respect de l'anonymat - Eléments constitutifs - Définition - Diffusion d'informations qui permettent l'identification
Précédents jurisprudentiels : Sur la notion de révélation de l'identité d'une des personnes mentionnées à l'article 39 sexies de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, à rapprocher :1re Civ., 5 juillet 2005, pourvoi n° 04-10.607, Bull. crim. 2005, I, n° 298 (cassation), et l'arrêt cité
article 39 sexies de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881

References: l'article 39
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