Source: http://data.legilux.public.lu/file/eli-etat-leg-rgd-2018-08-01-a774-jo-fr-html.html
Timestamp: 2019-08-18 04:42:47+00:00

Document:
Règlement grand-ducal du 1er août 2018 établissant les biotopes protégés, les habitats d’intérêt communautaire et les habitats des espèces d’intérêt communautaire pour lesquelles l’état de conservation a été évalué non favorable, et précisant les mesures de réduction, de destruction ou de détérioration y relatives.
Vu la loi du 18 août 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles, et notamment ses articles 4 et 17 ;
Les avis de la Chambre d'agriculture et de la Chambre des métiers ayant été demandés ;
De l’assentiment de la Conférence des présidents de la Chambre des députés ;
Art. 1er. Liste des biotopes protégés
Les biotopes protégés conformément aux articles 4 et 17 de la loi du 18 juillet 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles et leurs codes retenus au niveau national sont :
1° complexes de parois rocheuses des zones d’extraction [BK01] ;
2° complexes d'éboulis et de blocs rocheux des zones d’extraction [BK02] ;
3° complexes de pelouses pionnières et maigres des zones d’extraction [BK03] ;
4° magnocariçaies [BK04] ;
5° sources [BK05] ;
6° roselières (Phragmition, Phalaridion, Sparganio-Glycerion) [BK06] ;
7° pelouses maigres sur sols sableux et siliceux [BK07] ;
8° eaux stagnantes [BK08] ;
9° vergers à haute tige [BK09] ;
10° prairies humides du Calthion [BK10] ;
11° friches humides, marais des sources, bas marais et végétation à petites Laîches [BK11] ;
12° cours d'eau naturels [BK12] ;
13° peuplements d’arbres feuillus [BK13] ;
14° chênaies xérophiles à Campanule [BK14] ;
15° lisières forestières structurées [BK15] ;
16° bosquets composés d'au moins cinquante pour cent d'espèces indigènes [BK16] ;
17° haies vives et broussailles [BK17] ;
18° groupes et rangées d’arbres [BK18] ;
19° chemins ruraux à caractère permanent, incluant les bandes et talus herbacés ou boisés en accotement [BK19] ;
20° murs en pierres sèches [BK20] ;
21° cairns et murgiers [BK21] ;
22° cavités souterraines, mines et galeries [BK22].
Art. 2. Description et évaluation des biotopes protégés et des habitats
Les caractéristiques des biotopes protégés, ainsi que des habitats d’intérêt communautaire sont précisées en annexe 1. Les plantes caractéristiques y mentionnées figurent uniquement à titre indicatif.
L’évaluation globale de tout biotope protégé ou d’habitat d’intérêt communautaire est à réaliser suivant les trois paramètres à évaluer individuellement :
1° la structure et l’aspect général et, selon le type de biotope protégé ou d’habitat d’intérêt communautaire, la stratification ;
2° le nombre et la composition en essences ou espèces caractéristiques et, selon le type de biotope protégé ou d’habitat d’intérêt communautaire, leur abondance et leur taux de recouvrement ;
3° le degré des détériorations éventuelles.
L’évaluation globale de l’état de conservation de chaque biotope protégé ou de chaque habitat d’intérêt communautaire est à qualifier selon une des catégories suivantes :
A = excellent état de conservation ;
B = bon état de conservation ;
C = état de conservation moyen à mauvais.
Les habitats des espèces d’intérêt communautaire pour lesquelles l’état de conservation a été évalué non favorable, visés par la protection de l’article 17 de la loi précitée du 18 juillet 2018 correspondent à tous les biotopes ou habitats occupés par lesdites espèces, sous condition que leur venue y est régulière et qu’un lien fonctionnel direct existe entre l’habitat et les spécimens de ces espèces. Outre les sites de reproduction, y inclus tous les habitats essentiels à la reproduction, et les aires de repos, qui sont soumis à une protection particulière par l’article 21 de la loi précitée du 18 juillet 2018, les habitats des espèces animales d’intérêt communautaire ayant un état de conservation non favorable, visés par l’article 17 de la prédite loi correspondent également aux habitats de chasse ou de recherche de nourriture, ainsi qu’aux couloirs écologiques, régulièrement visités ou occupés.
Le ministre ayant l’Environnement dans ses attributions arrête les modalités de l’identification, de la détermination botanique et de l’évaluation des biotopes protégés, des habitats d’intérêt communautaire de l’annexe I de la loi précitée du 18 juillet 2018, ainsi que des habitats des espèces d’intérêt communautaire pour lesquelles l’état de conservation a été évalué non favorable.
Art. 3. Mesures relatives aux biotopes protégés et habitats forestiers
Les mesures générales de réduction, de destruction ou de détérioration des biotopes protégés forestiers et des habitats d’intérêt communautaire forestiers, et interdites par l’article 17 de la loi précitée du 18 juillet 2018, sont :
1° l’emploi de biocides ou de pesticides ;
2° le pâturage ou le panage, à l’exception des bosquets composés d'au moins cinquante pour cent d'espèces indigènes [BK16] ;
3° l’enlèvement de la litière forestière ;
4° le remblayage ou le déblayage ;
5° le travail du sol dans la couche minérale ;
6° l’amendement, le chaulage ou la fertilisation ;
7° le dessouchage ;
8° le broyage surfacique de la végétation ;
9° l’essartement à feu courant ;
10° le changement du régime hydrique, le drainage ou le curage ;
11° la circulation à engins lourds en dehors des chemins forestiers et des layons de débardage ;
12° la coupe excessive supérieure à un hectare ne préservant pas, par hectare, un volume de bois d’au moins cent cinquante mètres cubes dans les futaies et d’au moins cinquante mètres cubes dans les taillis sous futaie et les taillis ;
13° la récolte de l’arbre entier par l’enlèvement du tronc et des branches ;
14° l’enlèvement d’arbres à cavité ou de vieux arbres à cavité potentielle en-dessous du seuil de deux arbres par hectare ;
15° l’enlèvement de bois mort ou d’arbres dépérissant en-dessous du seuil d’un arbre par hectare ;
16° les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences forestières feuillues adaptées à la station en-dessous du seuil de cinquante pourcent ;
17° les plantations réalisées avec des essences résineuses sur plus de cinquante pourcent de la surface ;
18° les plantations réalisées avec des essences résineuses par groupe ou paquet supérieur à dix ares.
Font partie des biotopes protégés et habitats forestiers visés par l’alinéa 1er :
1° les habitats d’intérêt communautaire forestiers :
a) hêtraies du Luzulo-Fagetum [9110] ;
b) hêtraies de l’Asperulo-Fagetum [9130] ;
c) hêtraies calcicoles médio-européennes du Cephalanthero-Fagion [9150] ;
d) chênaies pédonculées ou chênaies-charmaies sub-atlantiques et médio-européennes du Carpinion betuli [9160] ;
e) forêts de pentes, éboulis ou ravins du Tilio-Acerion * [9180] ;
f) tourbières boisées * [91D0] ;
g) forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior (Alno-Padion, Alnion incanae, Salicion albae) * [91E0] ;
h) formations stables xérothermophiles à Buxus sempervirens des pentes rocheuses (Berberidion p.p.) [5110].
2° les biotopes protégés forestiers :
a) peuplements d’arbres feuillus [BK13] ;
b) chênaies xérophiles à Campanule [BK14] ;
c) lisières forestières structurées [BK15] ;
d) bosquets composés d'au moins cinquante pour cent d'espèces indigènes [BK16].
De manière additionnelle à ces mesures générales précitées, des mesures de réduction, de destruction ou de détérioration spécifiques à certains biotopes protégés et habitats d’intérêt communautaire des milieux forestiers sont définies en annexe 2.
Art. 4. Mesures relatives aux biotopes protégés et habitats des milieux ouverts
Les mesures générales de réduction, de destruction ou de détérioration des biotopes protégés et des habitats d’intérêt communautaires des milieux ouverts, et interdites par l’article 17 de la loi précitée du 18 juillet 2018, sont :
2° l’emploi de boues d’épuration, de purin ou de lisier ;
3° la réduction du nombre, de l’abondance ou du taux de recouvrement des espèces caractéristiques du biotope ou habitat concerné, notamment par un apport inadapté de fertilisant, de chaux ou de tout autre matériau dans le but de modifier la structure ou la fertilité du sol ;
4° le retournement ou le labourage ;
5° le remblayage ou le déblayage ;
6° la construction incorporée au sol ou non ;
7° le réensemencement ou le sursemis ;
8° le changement du régime hydrique, le drainage ou le curage ;
10° le broyage surfacique de la végétation, à l’exception de la lutte mécanique localisée contre les adventices de l’agriculture dans le contexte de la conditionnalité ;
11° l’affouragement du bétail sur la surface même du biotope protégé ou de l’habitat d’intérêt communautaire ;
12° la surexploitation par fauchage ou par pâturage ;
13° le changement d’occupation du sol par reforestation.
Font partie des biotopes protégés et habitats des milieux ouverts visés par l’alinéa 1er :
1° les habitats d’intérêt communautaire des milieux ouverts :
a) landes sèches européennes [4030] ;
b) formations à Juniperus communis sur landes ou pelouses calcaires [5130] ;
c) pelouses sèches semi-naturelles et faciès d’embuissonnement sur calcaires (Festuco-Brometalia) [6210] (* sites d’orchidées remarquables) ;
d) formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l’Europe continentale) [6230] * ;
e) prairies à Molinia sur sols calcaires, tourbeux ou argilo-limoneux (Molinion caeruleae) [6410] ;
f) prairies maigres de fauche de basse altitude (Alopecurus pratensis, Sanguisorba officinalis) [6510].
2° les biotopes protégés des milieux ouverts :
a) complexes de pelouses pionnières et maigres des zones d’extraction [BK03] ;
b) magnocariçaies [BK04] ;
c) roselières (Phragmition, Phalaridion, Sparganio-Glycerion) [BK06] ;
d) pelouses maigres sur sols sableux et siliceux [BK07] ;
e) vergers à hautes tiges [BK09] ;
f) prairies humides du Calthion [BK10] ;
g) haies vives et broussailles [BK17] ;
h) groupes et rangées d’arbres [BK18] ;
i) chemins ruraux non stabilisés à caractère permanent, incluant les bandes et talus herbacés ou boisés en accotement [BK19].
De manière additionnelle à ces mesures générales précitées, des mesures de réduction, de destruction ou de détérioration spécifiques à certains biotopes protégés et habitats d’intérêt communautaire des milieux ouverts sont définies en annexe 2.
Art. 5. Mesures relatives aux biotopes protégés et habitats humides ou aquatiques
Les mesures générales de réduction, de destruction ou de détérioration des biotopes protégés et des habitats d’intérêt communautaires humides ou aquatiques, et interdites par l’article 17 de la loi de la loi précitée du 18 juillet 2018, sont :
2° l’amendement, le chaulage ou la fertilisation ;
3° le retournement ou le labourage ;
5° la construction incorporée au sol ou non ;
6° le réensemencement ou le sursemis ;
7° l’affouragement du bétail ou l’appâtage du gibier sur la surface même ou dans un rayon de dix mètres autour du biotope protégé ou de l’habitat d’intérêt communautaire ;
8° le changement du régime hydrique, la prise d’eau, le captage, le pompage, la dérivation directe ou indirecte, le drainage ou le curage ;
9° le broyage surfacique de la végétation, à l’exception de la lutte mécanique localisée contre les adventices de l’agriculture dans le contexte de la conditionnalité ;
10° l’introduction de spécimens de plantes ou d’animaux, indigènes ou non, hormis le repeuplement en poissons indigènes des cours d’eau naturels.
Font partie des biotopes protégés et habitats humides ou aquatiques visés par l’alinéa 1er :
1° les habitats d’intérêt communautaire humides ou aquatiques :
a) eaux stagnantes, oligotrophes à mésotrophes avec végétation du Littorelletea uniflorae et/ou de l'Isoëto-Nanojuncetea [3130] ;
b) eaux oligo-mésotrophes calcaires avec végétation benthique à Chara spp. [3140] ;
c) lacs et plans d’eaux eutrophes naturels avec végétation du Magnopotamion ou Hydrocharition [3150] ;
d) rivières des étages planitiaire à montagnard avec végétation du Ranunculion fluitantis et du Callitricho-Batrachion [3260] ;
e) mégaphorbiaies hygrophiles d’ourlets planitiaires et des étages montagnard à alpin [6430] ;
f) tourbières de transition et tremblantes [7140] ;
g) sources pétrifiantes avec formation de travertins (Cratoneurion) [7220] *.
2° les biotopes protégés humides ou aquatiques :
a) sources [BK05] ;
b) eaux stagnantes [BK08] ;
c) friches humides, marais des sources, bas marais et végétation à petites Laîches [BK11] ;
d) cours d'eau naturels [BK12].
De manière additionnelle à ces mesures générales précitées, des mesures de réduction, de destruction ou de détérioration spécifiques à certains biotopes protégés et habitats d’intérêt communautaire, humides ou aquatiques, sont définies en annexe 2.
Art. 6. Mesures relatives aux biotopes protégés et habitats rocheux
Les mesures générales de réduction, de destruction ou de détérioration des biotopes protégés rocheux et des habitats d’intérêt communautaire rocheux, et interdites par l’article 17 de la loi de la loi précitée du 18 juillet 2018, sont :
2° le remblayage ou le déblayage ;
3° la construction incorporée au sol ou non ;
4° le jointage ou le calfeutrement des fentes et fissures ;
5° l’amendement, le chaulage ou la fertilisation ;
6° le changement du régime hydrique ;
7° l’essartement à feu courant ;
9° la reforestation.
Font partie des biotopes protégés et des habitats rocheux visés par l’alinéa 1er :
1° les habitats d’intérêt communautaire rocheux :
a) pelouses rupicoles calcaires ou basiphiles de l’Alysso-Sedion albi [6110] * ;
b) eboulis médio-européens siliceux des régions hautes [8150] ;
c) eboulis médio-européens calcaires des étages collinéen à montagnard [8160] * ;
d) pentes rocheuses calcaires avec végétation chasmophytique [8210] ;
e) pentes rocheuses siliceuses avec végétation chasmophytique [8220] ;
f) roches siliceuses avec végétation pionnière du Sedo-Scleranthion ou du Sedo albi-Veronicion dillenii [8230] ;
g) grottes non exploitées par le tourisme [8310].
2° les biotopes protégés rocheux :
a) complexes de parois rocheuses des zones d’extraction [BK01] ;
b) complexes d'éboulis et de blocs rocheux de zones d’extraction [BK02] ;
c) murs en pierres sèches [BK21] ;
d) cairns et murgiers [BK22] ;
e) cavités souterraines, mines et galeries [BK23].
De manière additionnelle à ces mesures générales précitées, des mesures de réduction, de destruction ou de détérioration spécifiques à certains biotopes protégés rocheux et habitats d’intérêt communautaire rocheux sont définies en annexe 2.
Art. 7. Mesures relatives aux espèces
Sont à considérer en tant que mesures générales de réduction, de destruction ou de détérioration des habitats d’espèces d’intérêt communautaire pour lesquelles l’état de conservation a été évalué en tant que non favorable, et interdites par l’article 17 de la loi précitée du 18 juillet 2018, tous types de mesures ayant comme conséquence une diminution de la quantité, de la diversité ou de l’accessibilité de la nourriture au niveau de l’habitat, respectivement une réduction du succès de la reproduction, ou encore une diminution dans la fonctionnalité de l’habitat en tant que couloir écologique.
Art. 8. Disposition supplémentaire
En supplément des mesures générales précitées sous les articles 3 à 7, ainsi que des mesures spécifiques figurant en annexe 2, tout autre acte volontaire ou involontaire conduisant à une réduction, destruction ou détérioration des biotopes protégés, des habitats d’intérêt communautaire ou des habitats d’espèces d’intérêt communautaire pour lesquelles l’état de conservation a été évalué non favorable est interdit.
Art. 9. Formule exécutoire et de publication
Nom du biotope protégé, respectivement de l’habitat d’intérêt communautaire
Caractéristiques sommaires et indicatives
Biotopes protégés et habitats forestiers
Hêtraies acidophiles médio-européennes des étages collinéens à montagnards, développées sur sols acides, dominées par le Hêtre Fagus sylvatica avec Luzula luzuloides et Polytrichum formosum, et souvent Deschampsia flexuosa, Vaccinium myrtillus ou Pteridium aquilinum. La strate herbacée est peu diverse et réduite. Dans l’étage collinéen et submontagnard, Fagus sylvatica domine, normalement avec un certain mélange de Quercus petraea.
Hêtraies neutrophiles médio-européennes, développées sur sols neutres ou presque neutres, à humus doux (mull), dominées par le Hêtre Fagus sylvatica, caractérisées par une forte représentation des espèces appartenant aux groupes écologiques d’Anemone nemorosa, Arum maculatum, Lamium galeobdolon, Galium odoratum etMelica uniflora. La strate arbustive est très peu développée.
Forêts xérothermophiles dominées par le Hêtre Fagus sylvatica, développées sur des sols calcaires, souvent superficiels et secs, généralement sur des pentes abruptes, accompagnées d'un sous-bois herbacé et arbustif généralement abondant, composé de laîches Carex spp. La présence d’orchidées telles que Cephalanthera spp., Listera ovata, Neottia nidus-avis ou Platanthera spp. est caractéristique.
Forêts dominées par le Chêne pédonculé Quercus robur (ou Quercus robur x Quercus petraea) installées sur sols hydromorphes ou à très bonnes réserves en eaux (fonds de vallon, dépressions, proximité de forêts riveraines...). Le substrat correspond à des limons ou à des colluvions argileux et limoneux ou encore, à des altérites argileuses ou des roches siliceuses peu désaturées. Chênaies pédonculées ou chênaies mixtes naturellement (pédonculées-sessiliflores) avec le Charme et le Tilleul à petites feuilles.
Peuplements d’arbres feuillus
Regroupement de biotopes protégés forestiers comprenant tous les peuplements forestiers ayant au moins cinquante pour cent d’arbres feuillus adaptés à la station, d’une surface minimale de 500 m2, hormis les peuplements forestiers qui disposent des caractéristiques d’un habitat d’intérêt communautaire forestier ou d’un autre biotope protégé forestier. Font partie de ce regroupement, les jeunes peuplements de feuillus issus par régénération naturelle ou par plantation, les taillis actifs ou anciens, les taillis reconvertis en futaies, les forêts de succession, les chênaies sessiliflores mélangées, ainsi que toutes les autres futaies dominées par des arbres feuillus.
Chênaies sessiliflores mélangées
sous-type du BK13
Forêts dominées par le Chêne sessile Quercus petraea, y inclus les chênaies de substitution sur des stations potentielles des hêtraies, avec la présence du Hêtre Fagus sylvatica et plus rarement du Chêne pédonculé Quercus robur, d’une surface minimale de 500 m2, surtout dans des stations à humidité alternante, mais marquées par une forte sécheresse estivale, sur des sols variés, acides ou calcaires, et de textures diverses, sableuses à argileuses.
Chênaies xérophiles à Campanule
Peuplements forestiers, d’une surface minimale de 500 m2, issus d’une exploitation traditionnelle par taillis, identifiés en tant que Campanulo-Quercetum. Il s’agit d’une variante rare et à très faible surface des taillis de chêne, ayant des caractéristiques xérothermophiles, développés sur des sols pauvres, secs et peu profonds, sur des pentes ensoleillées, souvent des versants sud, et qui sont accompagnés de Campanules.
Forêts mélangées d'espèces secondaires comme l’Érable sycomore Acer pseudoplatanus, le Frêne commun Fraxinus excelsior, l’Orme glabre Ulmus glabra ou le Tilleuil à petites feuilles Tilia cordata sur des éboulis grossiers, des pentes abruptes rocheuses ou des colluvions grossiers de versants, surtout sur matériaux calcaires, mais aussi parfois siliceux (Tilio-Acerion). On peut distinguer d'une part un groupement typique des milieux froids et humides (forêts hygrosciaphiles) sur des versants nord à est, généralement dominé par l'Érable sycomore Acer pseudoplatanus sous-alliance Lunario-Acerenion, et d'autre part un groupement typique des éboulis secs et chauds (forêts xérothermophiles) sur des versants sud à ouest généralement dominé par les tilleuls Tilia cordata et Tilia platyphyllos sous-alliance Tilio-Acerenion.
Forêts de feuillus (parfois en partie de conifères) sur substrat tourbeux humide-mouillé, dont le niveau de la nappe phréatique est en permanence élevé ou supérieur au niveau environnant. L'eau est toujours très pauvre en éléments nutritifs (tourbières hautes et bas-marais acides). Ces communautés sont en général dominées par le Bouleau pubescent Betula pubescens, accompagné d’autres espèces spécifiques des tourbières ou plus généralement des milieux oligotrophes telles que Frangula alnus, Molinia caerulea, Vaccinium spp. Sphagnum spp. et Carex spp.
Forêts riveraines (ripicoles) de Frêne commun Fraxinus excelsior et d’Aulne glutineux Alnus glutinosa, voire de Chêne pédonculé Quercus robur des cours d'eau planitiaires et collinéens (Alno-Padion) ou galeries arborescentes de Saules Salix alba et Salix fragilis bordant les rivières planitiaires, collinéennes ou submontagnardes (Salicion albae). Ces types se forment sur des sols lourds, généralement riches en dépôts alluviaux, périodiquement inondés par les crues annuelles, mais bien drainés et aérés pendant les basses eaux. La strate herbacée comprend toujours certaines grandes espèces comme Filipendula ulmaria, Carex spp., Cirsium oleraceum, Urtica dioica et parfois diverses espèces de géophytes vernaux.
Formations arbustives xérothermophiles et calcicoles dominées par le Buis Buxus sempervirens, des étages collinéens et montagnards. Ces formations correspondent à des fourrés xérothermophiles à buis des stations sèches et chaudes avec leurs associations d'ourlet de l'alliance du Geranion sanguinei sur substrat calcaire ou siliceux. Elles constituent également le manteau forestier naturel des forêts sèches riches en buis sur calcaire. En région eurosibérienne, les plus ouvertes de ces formations sont riches en espèces subméditerranéennes.
Lisières forestières structurées
Peuplements forestiers de transition entre le milieu forestier au milieu ouvert, d’une largeur minimale de 10 mètres et d’une surface minimale de 250 m2, constitués d’un ourlet herbacé, d’une ceinture arbustive et d’un manteau d’arbres d’au moins cinquante pour cent d’arbres feuillus et indigènes. Leur composition en espèces de plantes est hautement variable, mais est souvent caractérisée par la présence d’espèces mésophiles et thermophiles. Les lisières forestières structurées remplissent une fonction importante de corridor écologique et de nombreuses lisières forestières abritent des sites de reproduction ou représentent fréquemment un habitat de chasse des espèces d’oiseaux ou de chiroptères rares ou menacées.
Bosquets composés d’au moins cinquante pour cent d’espèces indigènes
Peuplements boisés ou forestiers, situés de manière isolée dans les milieux ouverts, formés d’au moins cinquante pour cent d’arbres feuillus et indigènes et d’une surface minimale de 250 m2 et maximale de 10.000 m2. Leur composition en essences d'arbres ou d'arbustes est hautement variable, mais est souvent caractérisée par la présence d’essences pionnières ou capables du rejet de souche. Habituellement, le climat intra-forestier typique, ainsi que la couche herbacée intra-forestière font défaut. Les bosquets remplissent une fonction importante de corridor écologique et de nombreux bosquet abritent des sites de reproduction ou représentent fréquemment un habitat de chasse des espèces d’oiseaux ou de chiroptères rares ou menacées.
Biotopes protégés et habitats des milieux ouverts
Landes mésophiles ou xérophiles sur sols siliceux, podzolisés, des climats atlantiques et sub-atlantiques, en plaines et basses montagnes de l'Europe occidentale, centrale et septentrionale. Uniquement les variantes à Callune Calluna vulgaris sont présentes au Luxembourg et habituellement accompagnées de genêts Genista spp. et d’autres espèces. Cet habitat se rencontre régulièrement en étroite association avec d’autres habitats, dont notamment des nardaies.
Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l’Europe continentale)*
Pelouses fermées à Nardus, sur sols pauvres en nutriments et très acides, des basses montagnes atlantiques à sub-atlantiques ou des zones montagnardes ou collinéennes, à forte pluviométrie. Issues en règle générale du pâturage, les nardaies typiques sont caractérisées par la présence de plantes spécialistes hautement adaptées. Cet habitat se rencontre régulièrement en étroite association avec d’autres habitats, dont notamment des landes sèches à Callune.
Formations à Genévrier commun Juniperus communis planitiaires à montagnardes. Au Luxembourg, elles correspondent essentiellement à des successions phytodynamiques des pelouses maigres mésophiles ou xérophiles sur calcaire, pâturées ou en friche (abandonnées) du Festuco-Brometea et Elyno-Sesleretea, la variante des stades de succession des bruyères des Calluno vulgaris-Ulicetea minoris sur sol acide ayant disparue.
Pelouses sèches semi-naturelles et faciès d’embuissonnement sur calcaires (Festuco-Brometalia)
(* sites d’orchidées remarquables)
Pelouses sèches à semi-sèches, ouvertes et clairsemées, sur sols calcaires et pauvres en nutriments, souvent sur des versants sud à ouest, des Festuco-Brometea. Au Luxembourg sont présentes les variantes des pelouses des régions subatlantiques à subméditerranéennes qui sont caractérisées par leur diversité en espèces thermophiles qui dépend de la manière de l’exploitation (fauchage ou pâturage).
Les sites correspondent à des habitats d’intérêt communautaire prioritaires s’il s’agit de sites d'orchidées remarquables. Par ce, il y a lieu d’entendre les sites qui sont notables selon l'un ou plusieurs des trois critères suivants :
a) le site abrite un cortège important d'espèces d'orchidées ;
b) le site abrite une population importante d'au moins une espèce d'orchidée considérée comme peu commune sur le territoire national ;
c) le site abrite une ou plusieurs espèces d'orchidées considérées comme rares, très rares ou exceptionnelles sur le territoire national.
Pelouses maigres sur sols sableux et siliceux
Pelouses maigres et sèches, souvent ouvertes et clairsemées, d’une surface minimale de 100 m2, riches en espèces, dont la structure ressemble à celle des pelouses pionnières ou sèches calcaires, mais qui se différencient par leur composition d’espèces caractéristiques en raison du sol acide et du manque relatif en bases. Au Luxembourg, elles se situent principalement sur le grès hettangien et le grès bigarré sous forme de pelouses maigres sableuses, ainsi que sur les schistes de l’Ösling sous forme de pelouses maigres siliceuses.
Complexes de pelouses pionnières et maigres des zones d’extraction
Biotopes des zones d’extraction comprenant différents stades de succession naturelle, dont notamment les pelouses pionnières ou maigres, sur roches siliceuses ou calcaires, et qui sont parfois accompagnées de structures à faible surface, telles que parois rocheuses ou éboulis. Ces complexes de biotopes sont essentiellement composés d’habitats d’intérêt communautaire 6110, 6210 ou 8230, ou de biotopes protégés BK07, mais sont indissociablement entrelacés avec d’autres habitats 8210, 8220, 8150, 8160.
Prairies à molinie planitiaires à montagnardes des stations à humidité variable et à sol pauvre en nutriments (azote et phosphore), des sols neutro-basiques à calcaires relativement riches en espèces et des sols plus acides relativement pauvres en espèces. Elles sont issues d'un régime de fauchage tardif extensif ou correspondent à des stades de dégénérescence de tourbières drainées.
Prairies de fauche planitiaires à submontagnardes, généralement non à peu fertilisées, riches en espèces, relevant de l'Arrhenatherion et du Brachypodio-Centaureion nemoralis, ayant des variantes sèches à humides. Ces prairies exploitées de manière extensive sont riches en espèces et notamment en fleurs, et elles ne sont pas fauchées avant la floraison des graminées, une à deux fois par an. Font également partie de cet habitat, les pâtures et les prairies pâturées, si elles présentent un cortège similaire d’espèces végétales caractéristiques.
Prairies humides du Calthion
Prairies humides de fauche planitiaires à submontagnardes, d’une surface minimale de 1000 m2, généralement non à peu fertilisées, car naturellement assez riches en nutriments, sur des sols alluviaux, mouillés ou humides, relevant du Calthion, caractérisées par la présence de laîches, joncs ou autres indicateurs hygrophiles, et notamment le Populage des marais Caltha palustris. Ces prairies exploitées de manière extensive sont riches en espèces et abritent fréquemment des espèces spécialisées, rares et menacées. Elles ne sont pas fauchées avant la floraison des graminées, une à deux fois par an. Font également partie de ce biotope, les pâtures et les prairies pâturées, si elles présentent un cortège similaire d’espèces végétales caractéristiques.
Végétations herbeuses amphibiennes, d’une surface minimale de 100 m2, dominées par une ou quelques grandes espèces de Laîches Carex spp., à formation fermée ou bossue. Généralement issus de prairies très humides laissées en friche, ces biotopes se situent principalement dans les zones de suintement des sources et des zones inondables des eaux courantes qui peuvent s’assécher temporairement, ou encore des zones d’envasement des eaux stagnantes.
Roselières (Phragmition, Phalaridion, Sparganio-Glycerion)
Végétations herbeuses amphibiennes assez hautes, d’une surface minimale de 100 m2, souvent dominées par une ou quelques espèces de plantes, présentes essentiellement sur les rives et zones d’atterrissement des eaux courantes ou stagnantes, sur les plans d’eau envasés ou en phase d’envasement avancé ou en périphérie des prairies humides, marais et marécages. Ce biotope peut être associé étroitement avec d’autres biotopes protégés ou habitats d’intérêt communautaire des zones humides. Les roselières remplissent une fonction importante de corridor écologique ou d’habitat d’espèces d’animaux.
Haies vives et broussailles
Structures végétales linéaires ou surfaciques, d’une longueur minimale de 10 mètres ou d’une surface minimale de 50 m2, composées d’arbustes et d’arbrisseaux, parfois également d’arbres, ainsi que d’autres plantes essentiellement indigènes, qui poussent parfois librement, mais sont généralement entretenues par une taille ou une mise-sur-souche régulière. Les haies vives et broussailles remplissent une fonction importante de corridor écologique ou d’habitat d’espèces d’animaux. Les haies d’agrément des propriétés privées sont exclues.
Vergers à haute tige
Peuplements d’au moins 10 arbres fruitiers ou noyers à haute tige, qui sont remarquables par leur fonction de structure paysagère ou d’habitat d’espèces. Les vergers remplissent une fonction importante de corridor écologique et de nombreux vergers abritent des sites de reproduction ou représentent fréquemment un habitat de chasse des espèces d’oiseaux ou de chiroptères rares ou menacées.
Groupes et rangées d’arbres
Structures végétales composées d’essences d’arbres essentiellement indigènes, qui sont remarquables par leur diamètre ou leur fonction de structure paysagère, de corridor écologique ou d’habitat d’espèces d’animaux. Les groupes d’arbres sont formés par au moins 2 arbres, dont les couronnes se touchent ou qui sont éloignés de 10 mètres au maximum. Les rangées d’arbres sont formées par au moins 3 arbres qui sont éloignés de 30 mètres au maximum.
Chemins ruraux à caractère permanent, incluant les bandes et talus herbacés ou boisés en accotement
Chemins de terre permanents ou chemins non imperméabilisés, d’une longueur minimale de 25 mètres et d’une surface minimale de 50 m2, ayant soit des propriétés thermophiles pour les chemins à caractère ouvert, y inclus les accotements herbacés, soit des propriétés ombragées pour les chemins aux accotements boisés. Les accotements herbacés ou boisés font partie intégrante du chemin rural. Sont exclues les servitudes par coutume qui correspondent à un simple passage à travers une parcelle pour atteindre une autre exploitation.
Biotopes protégés et habitats humides ou aquatiques
Végétation pérenne oligotrophe à mésotrophe, rase, aquatique à amphibie, des bords d'étangs, de lacs ou de mares (zones d'atterrissement) de l'ordre des Littorelletalia uniflorae, respectivement végétation annuelle rase et amphibie, pionnière des zones d'atterrissement relativement pauvres en nutriments de lacs, d'étangs et de mares, ou se développant lors de l'assèchement périodique de ceux-ci : classe des Isoëto-Nanojuncetea. Ces deux types peuvent apparaître à la fois en étroite association ou isolément. Les espèces végétales caractéristiques sont généralement des éphémérophytes de petite taille.
Lacs ou mares avec eaux relativement riches en bases dissoutes (pH souvent égal à 6-7) ou avec eaux bleu verdâtre, très claires et pauvres à moyennement riches en éléments minéraux nutritifs, riches en bases (pH souvent > 7.5). Le fond de ces masses d'eau non polluées, est couvert par des tapis d'algues charophytes Chara et Nitella.
Eaux, d’origine naturelle ou anthropogène, habituellement gris sale à bleu verdâtre, plus ou moins troubles, particulièrement riches en bases dissoutes (pH habituellement > 7), avec communautés flottantes du Hydrocharition ou associations de grands potamots Magnopotamion des eaux libres, profondes.
Tous les plans d'eau stagnante, mésotrophe à eutrophe, d’une surface minimale de 25 m2, d’origine naturelle ou anthropogène, permanents ou pouvant s’assécher pendant quelques mois par an, au développement naturel et qui ne correspondent pas aux caractéristiques d’un des trois habitats d’intérêt communautaire des eaux stagnantes [3130], [3140] ou [3150]. Les rives et les berges du plan d’eau devraient disposer au moins partiellement d’une végétation de type roselière, typhaie, cariçaie, jonçaie, mégaphorbiaie ou d’autres plantes amphibiennes, ou le plan d’eau devrait abriter des espèces animales rares ou menacées. Les barrages, ainsi que les étangs d’agrément ou de pisciculture sont exclus.
Cours d'eau des étages montagnards à planitiaires avec végétation de plantes aquatiques flottantes ou submergées du Ranunculion fluitantis et du Callitricho-Batrachion (niveau d'eau très bas en été) ou de bryophytes aquatiques.
Tous les types de cours d’eau, permanents ou temporaires, et qui ne correspondent pas aux caractéristiques de l’habitat d’intérêt communautaire des rivières du Ranunculion fluitantis et du Callitricho-Batrachion [3260]. Les cours d’eau remplissent une fonction importante de corridor écologique ou d’habitat d’espèces d’animaux. Ces biotopes se rencontrent souvent en étroite association avec d’autres biotopes protégés ou habitats d’intérêt communautaire ripicoles, comme des mégaphorbiaies, magnocariçaies, roselières, bandes d’arbres, forêts alluviales, ... Les rives et berges, ainsi que la première rangée d’arbres de la ripisylve font partie intégrante du cours d’eau. Sont exclues, les masses d’eau qualifiées comme artificielles ou fortement modifiées, telles que définies par la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l’eau.
Bordures herbacées hautes, nitrophiles et humides le long des cours d'eau et en bordure des forêts humides, relevant des Glechometalia hederaceae et des Convolvuletalia sepium. Ces mégaphorbiaies sont présentes aussi bien dans les milieux forestiers que dans les milieux ouverts. Elles se développent généralement sur des sols humides et naturellement enrichis en nutriments et sont caractérisées par la présence de nitrophytes. Les communautés dominées par des espèces de nitrophytes banales ou par des néophytes sont exclues.
Sources d'eau calcaire avec dépôt actif de travertins. Ces formations se rencontrent dans des milieux assez divers tels que des forêts ou dans des milieux ouverts. Elles sont en général confinées en petits éléments ponctuels ou longilignes, et dominées par les bryophytes Cratoneurion commutati.
Résurgences d’eau souterraine, permanentes ou pouvant s’assécher temporairement. L’environnement direct des sources peut comprendre une végétation typique de source, un ruisseau de source, un marais des sources, une prairie humide, un bas marais, une roselière, une cariçaie, une mégaphorbiaie, un plan d’eau, … Font partie de cette catégorie de biotope tous les types de sources non utilisées à des fins de consommation humaine, indépendamment d’une présence ou non d’une végétation typique de source.
Friches humides, marais des sources, bas marais et végétation à petites Laîches
Regroupement de plusieurs sous-types de biotopes protégés des zones humides difficilement différenciables, d’une surface minimale de 100 m2, comprenant les friches humides, les marais des sources, les bas marais et les végétations à petites Laîches :
a) Les friches humides sont des végétations herbacées essentiellement caractérisées par l’absence ou la rareté d’exploitation, ainsi qu’une certaine richesse en espèces, dont notamment des espèces indicatrices hygrophiles ;
b) Les marais des sources sont marqués par une ou plusieurs résurgences d’eau souterraine. Un haut niveau d’eau permanent est caractéristique. Ces marais peuvent être assez riches en espèces ;
c) Les bas marais, issus par turbigenèse due à une nappe phréatique peu profonde ou par envasement d’eaux stagnantes, sont identifiables par la présence de sphaignes Sphagnum spp., et d’une couche de tourbe ;
d) Les végétations à petites Laîches sont des communautés spécifiques, dominées par les petites Laîches sur des sols très humides, pauvres en nutriments et souvent tourbeux.
Formations turfigènes, se développant à la surface d'étendues d'eau oligotrophe à mésotrophe, intermédiaires entre les communautés soligènes et ombrogènes. Elles présentent une grande diversité de communautés végétales. Dans les grands ensembles tourbeux, les communautés les plus représentatives sont des pelouses tremblantes ou flottantes dominées par les cypéracées de petite à moyenne taille, associées à des sphaignes et mousses pleurocarpes. Par ailleurs elles peuvent être accompagnées de groupements végétaux aquatiques ou amphibies.
Biotopes protégés et habitats rocheux
Communautés pionnières xérothermophiles ouvertes, sur sols calcaires superficiels ou sols riches en bases, dominées par les espèces annuelles et les espèces crassulescentes de l'alliance de l’Alysso alyssoidis-Sedion albi. Font partie de cet habitat, les communautés d’origine naturelle ou ayant un état semi-naturel, notamment des zones d’extraction. Des communautés similaires qui peuvent se développer sur substrats artificiels ne doivent pas être prises en compte.
Éboulis siliceux des collines de l'Europe centrale et occidentale, d’origine naturelle ou ayant un état semi-naturel, pour lesquels peuvent être caractéristiques la présence entre autres de Galeopsis spp., Epilobium spp., Senecio viscosus, ainsi que différentes espèces de lichens ou de mousses.
Éboulis médio-européens calcaires des étages collinéen à montagnard *
Éboulis calcaires ou marneux des étages collinéen à montagnard, d’origine naturelle ou ayant un état semi-naturel, pour lesquels peuvent être caractéristiques la présence entre autres d’Asplenium spp., Galeopsis spp., Rumex scutatus, Gymnocarpium robertianum, ainsi que différentes espèces de lichens ou de mousses, souvent dans les stations sèches et chaudes avec associations de Stipetalia calamagrostis.
Parois rocheuses calcaires et végétation des fentes des falaises et pentes rocheuses calcaires de l'intérieur des terres, de la région méditerranéenne ainsi que des étages planitiaire à alpin de la région eurosibérienne, relevant essentiellement des Potentilletalia caulescentis et Asplenietalia glandulosi et présentant typiquement des mousses, lichens ou fougères. Cet habitat se rencontre en étroite association avec les éboulis calcaires et les pelouses pionnières des surfaces rocheuses calcaires.
Parois rocheuses siliceuses et végétation des fentes des falaises siliceuses de l'intérieur des terres, présentant typiquement des mousses, lichens ou fougères. Cet habitat se rencontre en étroite association avec les éboulis siliceux et les pelouses pionnières des surfaces rocheuses siliceuses.
Communautés pionnières du Sedo-Scleranthion ou du Sedo albi-Veronicion dillenii, colonisant les sols superficiels des surfaces de roches siliceuses. Comme conséquence de la sécheresse, la végétation ouverte est caractérisée par de nombreuses mousses, lichens et Crassulacées.
Grottes non exploitées par le tourisme, y compris leurs plans et écoulements d'eau, abritant des espèces spécialisées ou endémiques restreintes, ou qui sont des habitats de très grande importance pour la conservation d'espèces rares ou menacées, dont notamment les chiroptères ou des invertébrés spécialisés.
Cavités souterraines, mines et galeries
Cavités souterraines semi-naturelles, incluant des constructions souterraines désaffectées, ainsi que des anciennes mines et galeries, creusées dans un gisement rocheux, représentant des habitats d’importance pour la conservation d'espèces rares ou menacées, dont notamment les chiroptères ou des invertébrés spécialisés. Les orifices et puits miniers des anciennes mines et galeries remplissent des fonctions importantes pour l’accès des espèces.
Complexes des parois rocheuses des zones d’extraction
Biotopes rocheux des zones d’extraction, avec une présence prépondérante des parois rocheuses, parfois accompagnées de structures à faible surface, telles que crevasses, éboulis ou encore de pelouses pionnières. Ces complexes de biotopes sont essentiellement composés d'habitats d’intérêt communautaire 8210 ou 8220, mais sont indissociablement entrelacés avec d’autres habitats 8150, 8160, 8230 ou 6110, ou biotopes protégés BK07.
Complexes d'éboulis et de blocs rocheux de zones d’extraction
Biotopes rocheux des zones d’extraction, avec une présence prépondérante d’éboulis et de blocs rocheux, parfois accompagnés de structures à faible surface, telles que parois rocheuses ou encore de pelouses pionnières. Ces complexes de biotopes sont essentiellement composés d’habitats d’intérêt communautaire 8150 ou 8160, mais sont indissociablement entrelacés avec d’autres habitats 8210, 8220, 8230 ou 6110, ou biotopes protégés BK07.
Structures construites en pierres naturelles, par assemblage et superposition desdites pierres sans utilisation de mortier, de liant ou autre produit de colmatage, d’une longueur minimale de 5 mètres. Les murs en pierres sèches remplissent une fonction importante de corridor écologique ou d’habitat d’espèces d’animaux et de plantes spécialisées, rares ou menacées.
Cairns et murgiers
Tas de pierres parementés, d’une surface minimale de 25 m2, soit édifiés en une seule fois lors du défrichement et du débroussaillement d'une parcelle, soit lentement constitués par l'épierrage récurrent, essentiellement des labours, mais également des herbages.
Mesures spécifiques à considérer en tant que réduction, destruction ou détérioration, et interdites par l’article 17 de la loi du 18 juillet 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles
- La coupe rase ou la coupe par bouquets supérieure à vingt-cinq ares ;
- Les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences forestières indigènes typiques de l’habitat en-dessous du seuil de soixante-quinze pourcent ;
- Les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences forestières principales caractéristiques pour l’habitat en-dessous du seuil de cinquante pourcent ;
- Les plantations réalisées avec des essences non indigènes d’un taux excédant vingt-cinq pourcent.
- Toutes interventions non prévues par un plan de gestion dûment approuvé.
- Les plantations réalisées avec des essences non indigènes d’un taux excédant vingt-cinq pourcent ;
- Les mesures de régénération qui ne permettent pas la conservation du chêne, respectivement un état de conservation favorable du chêne.
Chênaies sessiliflores mélangées (sous-type des peuplements d’arbres feuillus)
- Les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences forestières indigènes typiques du biotope en-dessous du seuil de soixante-quinze pourcent ;
- Les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences forestières principales caractéristiques pour le biotope en-dessous du seuil de cinquante pourcent ;
- Les mesures sylvicoles qui ont pour effet de réduire la proportion en termes de taux de recouvrement des essences forestières indigènes typiques dudit chêne ;
- L’introduction d’essences arborescentes ou arbustives non-indigènes.
- Toutes interventions sans autorisation ministérielle.
- La destruction de l’ourlet herbacé sur une largeur de 2 mètres à partir de la strate arbustive, par labourage ou par emploi de biocides ;
- Le fauchage de l’ourlet herbacé avant le 15 juin ;
- La taille annuelle de la strate arbustive ou l’élagage annuel des arbres ;
- L’élagage des branches, sauf dans le cadre d’un plan de gestion de la lisière dûment approuvé ;
- Le labourage ou le retournement dans le système racinaire, ou toute autre mesure impactant les racines.
Bosquets composés d’au moins cinquante pour cent d'espèces indigènes
- Toute coupe dépassant les vingt-cinq ares ;
- L’élagage des branches sur une hauteur de plus de quatre mètres ;
- Le fauchage annuel, non adapté au maintien de l’état de conservation de la lande sèche et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure, à l’exception de la lutte mécanique contre différentes plantes compétitives, telles que les fougères aigles ou les ronces ;
- Le pâturage, à l’exception d’un pâturage itinérant ;
- L’installation d'enclos nocturnes pour le bétail sur la surface même, en cas de pâturage itinérant.
Pelouses sèches semi-naturelles et faciès d’embuissonnement sur calcaires (Festuco-Brometalia) (* si sites d’orchidées remarquables)
- Le fauchage précoce ou répétitif, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la pelouse sèche et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le pâturage à trop haute densité de bétail, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la pelouse sèche et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le fauchage précoce ou répétitif, plusieurs passages de fauche par an, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la pelouse sèche et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le fauchage précoce ou trop répétitif, supérieur à deux passages de fauche par an, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la prairie maigre de fauche et qui a pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le pâturage non adapté au maintien de l’état de conservation et qui a pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences caractéristiques ou de dégrader la structure.
- Le fauchage précoce ou trop répétitif, supérieur à deux passages de fauche par an, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la prairie humide et qui a pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le pâturage non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la prairie humide et qui a pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences caractéristiques ou de dégrader la structure.
- Le pâturage ;
- Le fauchage annuel, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la cariçaie et qui a pour effet de réduire le taux de recouvrement des essences caractéristiques ou de dégrader la structure.
- Le fauchage ou le pâturage, à l’exception d’un fauchage prévu par un plan de gestion dûment approuvé.
- Le défrichement ou le dessouchage **;
- La taille annuelle de la haie, hormis la taille annuelle latérale des haies longeant une route, uniquement du côté de la voie de circulation ;
- L’utilisation d’une faucheuse à fléaux pour la taille ;
- La mise-sur-souche sur plus d’un tiers de leur longueur ou de leur surface endéans trois ans, si la longueur dépasse cent mètres ou si la surface dépasse 250 m2 ;
- La mise-sur-souche sur plus de cinquante pour cent de leur longueur ou de leur surface endéans trois ans, si la longueur est inférieure à cent mètres ou si la surface est inférieure à 250 m2, à l’exception des haies dont la longueur est inférieure à 25 mètres ou dont la surface est inférieure à 100 m2 qui peuvent être mises sur souche dans un seul trait ;
- La répétition de la mise-sur-souche du même tronçon de la haie ou de la même partie de la broussaille dans un lapse de temps inférieur à dix ans ** ;
- La réduction définitive du volume de la haie ou de la broussaille de plus d’un tiers **. ** à l’exception des mesures prévues par un plan de gestion dûment approuvé
- L’enlèvement d’arbres ;
- Le labourage ou le retournement dans le système racinaire, ou toute autre mesure impactant les racines ;
- Les mesures non adaptées au maintien de l’état de conservation des vergers et qui ont pour effet de nuire directement ou indirectement aux arbres ou de dégrader la structure générale des vergers.
- Les mesures non adaptées au maintien de l’état de conservation favorable des groupes ou rangées d’arbres et qui ont pour effet de nuire directement ou indirectement aux arbres ou de dégrader la structure générale des groupes ou rangées d’arbres.
- L’empierrement d’un chemin de terre permanent ;
- Le recouvrement d’un chemin non imperméabilisé d’un revêtement en macadam, asphalte, goudron ou béton ;
- La destruction des bandes ou talus herbacés le long des chemins par labourage ou par emploi de biocides ou de pesticides ;
- Le fauchage avant le 15 juin du chemin, des bandes ou talus herbacés ;
- La taille annuelle du boisement ou de la haie ;
- La réduction définitive du volume du boisement ou de la haie de plus d’un tiers.
- Toutes interventions au niveau du plan d’eau et de ses rives sans autorisation ministérielle ;
- L’amendement, le chaulage, la fertilisation, l’emploi de biocides ou de pesticides dans un rayon de dix mètres autour du plan d’eau ;
- Le labourage, le retournement, le remblayage et le déblayage dans un rayon de dix mètres autour du plan d’eau.
- Toutes interventions au niveau du plan d’eau et de ses rives sans autorisation ministérielle ou non prévues par un plan de gestion dûment approuvé ;
- Toutes interventions au niveau du cours d’eau, de ses rives et berges sans autorisation ministérielle ;
- L’amendement, le chaulage, la fertilisation, l’emploi de biocides ou de pesticides sur dix mètres de part et d’autre des berges du cours d’eau ;
- Le labourage, le retournement, le remblayage et le déblayage sur cinq mètres de part et d’autre des berges du cours d’eau.
- L’approfondissement du fond du cours d’eau ;
- L’enlèvement des méandres ;
- La consolidation des berges en vue d’empêcher les phénomènes de la dynamique alluviale ;
- Le fauchage annuel, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable des rives et berges du cours d’eau qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- Le défrichement de la végétation ligneuse le long des cours d’eau ;
- La taille annuelle de la végétation ligneuse ;
- La mise-sur-souche sur plus d’un tiers de la végétation ligneuse endéans trois ans ;
- La répétition de la mise-sur-souche du même tronçon dans un lapse de temps inférieur à dix ans ;
- Le curage des fossés contenant des mégaphorbiaies ;
- L’essartement à feu courant ;
- La reforestation ;
- Le fauchage annuel, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la mégaphorbiaie et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure.
- Toutes interventions sans autorisation ministérielle, y inclus dans un rayon de dix mètres autour des sources pétrifiantes ;
- Toutes les interventions ayant pour conséquence une atteinte au système hydrologique souterrain associé à la source.
- Le fauchage précoce ou répétitif, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable de la source et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- L’amendement, le chaulage, la fertilisation, l’emploi de biocides ou de pesticides dans un rayon de dix mètres de la source ;
- Le labourage ou le retournement dans un rayon de dix mètres de la source ;
- L’affouragement du bétail ou l’appâtage du gibier sur la surface même et dans un rayon de dix mètres de la source ;
- La reforestation.
- Le fauchage précoce ou répétitif, non adapté au maintien de l’état de conservation favorable du biotope protégé et qui a pour effet de réduire le nombre, l’abondance ou le taux de recouvrement des espèces caractéristiques ou de dégrader la structure ;
- L’amendement, le chaulage, la fertilisation, l’emploi de biocides ou de pesticides dans un rayon de dix mètres des marais des sources, des bas marais ou encore des végétations à petites Laîches ;
- L’affouragement du bétail ou l’appâtage du gibier sur la surface même et dans un rayon de dix mètres du biotope protégé ;
- Le pâturage des deux sous-types, les bas marais et les végétations à petites Laîches ;
- Toutes interventions au niveau de la tourbière sans autorisation ministérielle ;
- L’amendement, le chaulage, la fertilisation, l’emploi de biocides ou de pesticides dans un rayon de dix mètres autour de la tourbière ;
- Le labourage, le retournement, le remblayage et le déblayage dans un rayon de dix mètres autour de la tourbière.
- L’enlèvement total ou partiel du mur ;
- L’enlèvement de la végétation non ligneuse des fentes, de la couronne ou du pied du mur ;
- Le nettoyage à l’eau sous pression ;
- Le jointage ou le colmatage des pierres.
- L’enlèvement total ou partiel de pierres.

References: Art. 1

Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9