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Timestamp: 2016-10-27 09:00:36+00:00

Document:
X.________ SA, repr�sent�e par Me Daniel Richard,
Y.________, repr�sent�e par Me Urs Saal,
ex�cution d'une sentence arbitrale �trang�re,
recours en mati�re civile et recours constitutionnel subsidiaire contre l'arr�t rendu le 25 mars 2010 par la 1�re Section de la Cour de justice du canton de Gen�ve.
A.a Par contrat du 22 novembre 2002, amend� le 5 f�vrier 2003, X.________ SA (ci-apr�s: X.________), soci�t� de droit suisse, a confi� � Y.________ (ci-apr�s: Y.________), soci�t� de droit am�ricain, la maintenance et le service de trois avions contre r�mun�ration. Les conditions g�n�rales applicables � ce contrat incluaient une clause compromissoire.
Un litige �tant survenu dans l'ex�cution du contrat, Y.________ a mis en oeuvre la proc�dure arbitrale, qui pr�voyait la nomination de trois arbitres neutres. X.________ a toutefois accept� que le diff�rend soit tranch� par un arbitre unique.
Par sentence du 13 f�vrier 2008, l'arbitre A.________ a condamn� X.________ � payer � Y.________ la somme de 1'102'486,97 USD, plus un montant de 785'088,36 USD correspondant aux int�r�ts de cette somme arr�t�s au 14 f�vrier 2008, ainsi qu'un int�r�t additionnel de 0,049315% par jour depuis cette date jusqu'� celle du paiement.
A.b Le 16 avril 2008, l'United States District Court, Central District of Illinois a reconnu cette sentence et condamn� X.________ � payer � Y.________ les sommes et l'int�r�t additionnel susmentionn�s.
B.a La d�bitrice ne s'�tant pas acquitt�e de son d�, Y.________ lui a fait notifier, le 8 d�cembre 2008, un commandement de payer qui a �t� frapp� d'opposition.
Le 16 octobre 2009, Y.________ a assign� X.________ devant le Tribunal de premi�re instance du canton de Gen�ve afin d'obtenir la mainlev�e d�finitive de l'opposition. Elle a requis, � titre pr�alable, la reconnaissance et l'exequatur de la sentence arbitrale et du jugement de la cour de district am�ricaine. X.________ a conclu au rejet de la demande, motif pris de ce que la sentence aurait d� �tre rendue par trois arbitres, selon la clause compromissoire, et non par un arbitre unique.
Statuant le 30 novembre 2009, le Tribunal de premi�re instance a reconnu et d�clar� ex�cutoires, en Suisse, la sentence du 13 f�vrier 2008 et le jugement du 16 avril 2008. En cons�quence, il a prononc� la mainlev�e d�finitive de l'opposition au commandement de payer form�e par la d�bitrice. A l'appui de sa d�cision, le premier juge a consid�r�, en substance, que X.________ ne pouvait pas invoquer le moyen tir� de la composition irr�guli�re du tribunal arbitral, d�s lors qu'elle avait particip� sans r�serve � la proc�dure, y �levant m�me des pr�tentions reconventionnelles. Il a �galement d�ni� � la d�bitrice le droit de soulever devant lui des arguments relevant du fond du litige.
B.b Le 14 d�cembre 2009, X.________ a appel� du jugement de premi�re instance. Elle a produit un courriel, �tabli le 2 d�cembre 2009 par le d�nomm� B.________, dont il ressort que l'arbitre et C.________, le conseil de Y.________, avaient exerc� par-devant "the US Court of Appeals for the tenth Circuit" (pce n� 6). Par courrier du 27 janvier 2010, l'appelante a encore produit un "affidavit", �tabli la veille par son conseil, D.________, selon lequel C.________ avait indiqu�, lors d'une conf�rence t�l�phonique tenue le 19 octobre 2006 par l'arbitre avec les conseils des parties, qu'il avait accompagn� une fois la fille de l'arbitre � un �v�nement social et qu'� cette occasion il avait rencontr� bri�vement le p�re de cette personne au domicile de celle-ci. L'avocat D.________ ajoutait ne pas avoir vu de r�f�rence � cette entrevue dans la lettre de l'arbitre du 24 octobre 2006 (pce n� 8).
De son c�t�, Y.________ a d�pos� le compte rendu d'une audience pr�liminaire tenue le 24 octobre 2006. Il en appert que C.________ avait d�clar� avoir rencontr� une seule fois l'arbitre � une �poque o� lui-m�me et la fille dudit arbitre, alors stagiaire, travaillaient au sein de la m�me �tude d'avocats. Le conseil de X.________ avait r�pondu qu'il n'avait aucune objection � la poursuite de la proc�dure arbitrale (pce n� 10).
Par arr�t du 25 mars 2010, la Cour de justice du canton de Gen�ve a rejet� l'appel avec suite de frais et d�pens.
S'agissant du courriel produit par l'appelante, les juges cantonaux ont estim� que cette pi�ce nouvelle �tait "a priori irrecevable", en vertu du droit de proc�dure civile genevois, et qu'elle ne permettait pas, en tout �tat de cause, de faire douter de l'impartialit� de l'arbitre, �tant donn� qu'elle se bornait � constater que celui-ci et le conseil de l'intim�e avaient exerc� par-devant la m�me juridiction d'appel am�ricaine. Quant � l'affidavit du 26 janvier 2010, la cour cantonale l'a jug� irrecevable en raison de son d�p�t tardif. Elle a toutefois consid�r� que cela ne portait pas � cons�quence dans la mesure o� la pi�ce n� 10 produite par l'intim�e, dont la recevabilit� devait �tre admise puisqu'elle servait � r�pondre � un argument inopin� de l'appelante, �tablissait que la rencontre entre le conseil de l'intim�e et l'arbitre avait �t� port�e � la connaissance de l'appelante, laquelle n'avait pas �mis d'objection � cet �gard.
Apr�s avoir �cart� le grief tir� de la partialit� de l'arbitre, les juges cantonaux ont r�serv� le m�me sort au moyen pris de l'incomp�tence � raison du lieu de l'arbitre saisi, de m�me qu'� celui visant le fond du litige dans le cadre duquel l'appelante se plaignait de la violation des r�gles sur la demeure du d�biteur.
Le 27 avril 2010, X.________ a form� un recours en mati�re civile et un recours constitutionnel subsidiaire. Elle y invite le Tribunal f�d�ral � mettre � n�ant l'arr�t attaqu� et � d�bouter Y.________ de toutes ses conclusions. A titre subsidiaire, la recourante requiert le renvoi de la cause � l'instance cantonale.
L'intim�e conclut au rejet du recours, dont elle met �galement en doute la recevabilit�. La cour cantonale se r�f�re, quant � elle, aux motifs �nonc�s dans son arr�t.
Par ordonnance du 31 mai 2010, la pr�sidente de la Ire Cour de droit civil, saisie d'une requ�te d'effet suspensif, a constat� que le recours visait un jugement constitutif en mati�re civile, de sorte qu'il avait effet suspensif ex lege, dans la mesure des conclusions formul�es, en vertu de l'art. 103 al. 2 let. a LTF.
1.1 Le recours en mati�re civile soumis � l'examen du Tribunal f�d�ral a �t� interjet� par une partie qui a pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et a succomb� dans ses conclusions (art. 76 al. 1 LTF). Il est dirig� contre une d�cision finale (art. 90 LTF) ayant pour objet la reconnaissance et l'ex�cution d'une sentence arbitrale et d'un jugement �trangers (art. 72 al. 2 let. b ch. 1 LTF), ainsi que la mainlev�e d�finitive de l'opposition � un commandement de payer (ATF 134 III 115 consid. 1.1). Cette d�cision a �t� prise par une autorit� cantonale de derni�re instance (art. 75 al. 1 LTF) dans une affaire p�cuniaire dont la valeur litigieuse d�passe le seuil de 30'000 fr. fix� � l'art. 74 al. 1 let. b LTF pour la recevabilit� du recours en mati�re civile. Le recours en question, qui a �t� d�pos� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, est donc, en principe, recevable. D�s lors, le recours constitutionnel form� simultan�ment par la recourante est irrecevable en raison de son caract�re subsidiaire (art. 113 LTF).
1.2 Pour s'opposer � la recevabilit� du recours en mati�re civile, l'intim�e soutient que la recourante aurait d� s'en prendre au jugement rendu par le Tribunal de premi�re instance, �tant donn� que l'arr�t de la Cour de justice, rendu dans le cadre d'un appel extraordinaire, s'est born� � rejeter le recours form� contre ledit jugement. Elle a tort. En effet, tel que la cour cantonale le d�crit elle-m�me au consid�rant 2 de son arr�t, son pouvoir d'examen n'�tait pas plus restreint que celui du Tribunal f�d�ral lorsqu'il statue sur un recours en mati�re civile. Aussi la recourante pouvait-elle se contenter d'attaquer l'arr�t rendu sur appel. En demandant que l'intim�e soit d�bout�e de toutes ses conclusions, elle a du reste conclu implicitement au rejet des requ�tes d'exequatur et de mainlev�e formul�es par cette partie, de sorte que son recours appara�t �galement recevable au regard de l'art. 107 al. 2 LTF.
Tombe � faux le reproche fait par l'intim�e � la recourante, toujours sous l'angle de la recevabilit�, de n'avoir pas attaqu� l'arr�t cantonal en tant qu'il a fond� la d�cision de mainlev�e d�finitive sur le jugement am�ricain du 16 avril 2008 et pas seulement sur la sentence arbitrale du 13 f�vrier 2008. De fait, il n'est pas du tout �tabli que la cour am�ricaine, qui a d'ailleurs statu� tr�s peu de temps apr�s que ladite sentence avait �t� rendue, par une d�cision apparemment non motiv�e au demeurant, ait eu le pouvoir de modifier la sentence arbitrale, si bien que son prononc� se serait substitu� � cette derni�re, ne pouvant d�s lors �tre reconnu et ex�cut� qu'aux conditions des art. 25 ss LDIP (cf. arr�t 4A_137/2007 du 20 juillet 2007 consid. 5 et les auteurs cit�s). Il ressort, au contraire, de l'arr�t attaqu� que le litige, au niveau cantonal, n'a tourn� qu'autour de l'ex�cution de la sentence arbitrale, � l'exclusion de celle du jugement am�ricain.
1.3.1 Le recours en mati�re civile peut �tre interjet� pour violation du droit, tel qu'il est d�limit� par les art. 95 et 96 LTF. Saisi d'un recours pour violation d'un trait� international (cf. art. 95 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral examine librement le m�rite des moyens pris d'une transgression du droit conventionnel.
En vertu de l'exception ancr�e � l'art. 106 al. 2 LTF, le Tribunal f�d�ral n'entre pas en mati�re sur la violation d'un droit de rang constitutionnel ou sur une question aff�rente au droit cantonal ou intercantonal si le grief n'a pas �t� invoqu� et motiv� de mani�re d�taill�e par la partie recourante. Pour le reste, il applique le droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans �tre limit� par les arguments soulev�s dans le recours ni par la motivation retenue dans la d�cision d�f�r�e; il peut donc admettre un recours pour d'autres motifs que ceux qui ont �t� articul�s ou, � l'inverse, rejeter un recours en adoptant une argumentation diff�rente de celle de l'autorit� pr�c�dente (ATF 134 III 102 consid. 1.1 et l'arr�t cit�). Toutefois, compte tenu de l'exigence de motivation pos�e par l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, sous peine d'irrecevabilit� (art. 108 al. 1 let. b LTF), le Tribunal f�d�ral n'examine en principe que les griefs invoqu�s; il n'est pas tenu de traiter, comme le ferait une autorit� de premi�re instance, toutes les questions juridiques qui se posent, lorsque celles-ci ne sont plus discut�es devant lui (ATF 134 III 102 consid. 1.1).
Lorsqu'il statue sur un recours en mati�re civile, le Tribunal f�d�ral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en �carter que si les constatations factuelles de l'autorit� cantonale ont �t� �tablies de fa�on manifestement inexacte - notion qui correspond � celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 134 V 53 consid. 4.3) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Il appartient au recourant de soulever express�ment un grief � ce propos et de pr�senter une d�monstration claire et circonstanci�e (art. 106 al. 2 LTF; ATF 133 II 249 consid. 1.4.2 p. 254).
1.3.2 A titre liminaire, la recourante expose un certain nombre de faits, all�guant en particulier que la pi�ce n� 10 produite par l'intim�e ne lui serait jamais parvenue. Croyant pouvoir s'affranchir de la r�gle selon laquelle le Tribunal f�d�ral statue sur la base des faits �tablis par l'autorit� pr�c�dente, elle se pr�vaut, � ce propos, d'un passage de l'arr�t publi� aux ATF 101 Ia 521 o� il est �crit que, si l'ex�cution d'une sentence arbitrale �trang�re se fonde sur une convention internationale, le Tribunal f�d�ral revoit librement les faits, les parties pouvant m�me lui en pr�senter de nouveaux (consid. 1b). Il lui a cependant �chapp� que, par la suite, le Tribunal f�d�ral, modifiant sa jurisprudence en la mati�re, a, d'une part, limit� son examen � l'arbitraire dans la constatation des faits pour les recours dirig�s contre une d�cision d'une autorit� judiciaire (ATF 129 I 110 consid. 1.3) et, d'autre part, �tendu l'interdiction d'all�guer des faits nouveaux aux recours fond�s sur la violation d'un trait� international (ATF 128 I 354 consid. 6c). Dans ces conditions, il n'est pas possible de prendre en consid�ration les faits nouveaux all�gu�s par la recourante, non plus que les critiques appellatoires que celle-ci formule � l'encontre de l'�tat de fait de l'arr�t cantonal (cf. recours, p. 4 � 6 et 8 � 10).
Ne sont pas davantage recevables les consid�rations �mises par la recourante, sous l'angle du "droit � la preuve", en ce qui concerne l'affidavit du 26 janvier 2010 (cf. recours, p 10 s.). On y trouve, pr�sent�s p�le-m�le, des griefs tir�s de la mauvaise application du droit priv� f�d�ral, tel l'art. 8 CC, et de diverses dispositions du droit de proc�dure civile genevois, le tout pr�sent� derechef comme si la recourante s'adressait � une cour d'appel.
Sous le titre "Griefs de rang constitutionnel", la recourante reproche ensuite � la cour cantonale d'avoir viol� les art. 9 et 29 al. 2 Cst. (recours, p. 12 � 14).
A l'appui de son grief d'arbitraire, l'int�ress�e se lance � nouveau dans des explications de type appellatoire, fond�es sur des all�gations en partie nouvelles, en vue de dissiper, selon elle, le malentendu relatif � la d�signation d'un seul arbitre au lieu de trois, qui a pu amener la cour cantonale � imaginer qu'elle �tait de mauvaise foi, et pour expliquer les circonstances dans lesquelles le d�nomm� B.________ lui a adress� le courriel du 2 d�cembre 2009 (pce n� 6). De telles explications, en grande partie irrecevables, sont tout � fait impropres � �tayer semblable grief.
Quant � la violation de son droit d'�tre entendue, la recourante la d�duit du fait que la cour cantonale a refus� d'admettre la recevabilit� de l'affidavit du 26 janvier 2010. Le moyen tombe � faux: d'une part, pareil refus reposait sur l'application d'une disposition du droit de proc�dure civile genevois - l'art. 306A al. 1 LPC/GE - dont la recourante n'a pas �tabli le caract�re pr�tendument arbitraire; d'autre part, les juges cantonaux ont consid�r�, sans que l'on puisse leur en faire grief au titre de l'art. 9 Cst., que, m�me s'il avait �t� jug� recevable, cet affidavit n'aurait pas la port�e que lui pr�te la recourante, eu �gard au contenu de la pi�ce n� 10 produite par l'intim�e.
3.1 S'agissant de l'application du droit f�d�ral, la recourante reproche � la Cour de justice d'avoir viol� les "art. 194, 190 al. 2 let, b, 6 ch. 1 CEDH, 25 et 27 LDIP et V ch. 1 Convention de New-York du 10 juin 1958" (sic; recours, p. 15 � 20).
La d�cision attaqu�e n'est pas la sentence arbitrale �trang�re dont l'ex�cution a �t� ordonn�e. Par cons�quent, la recourante invoque en vain l'art. 190 al. 2 let. b LDIP relatif au recours en mati�re civile contre les d�cisions de tribunaux arbitraux au sens de l'art. 77 al. 1 LTF. La r�f�rence � cette disposition est d'autant moins pertinente que celle-ci ne vise pas les griefs se rapportant � la composition du tribunal arbitral, lesquels rel�vent de l'art. 190 al. 2 let. a LDIP, mais ceux qui ont trait � la comp�tence du tribunal arbitral.
De m�me, pour les motifs sus-indiqu�s (cf. consid. 1.2, 2e par.), il n'y a pas mati�re � appliquer les art. 25 ss LDIP en l'esp�ce.
Quant � l'art. 6 par. 1 CEDH, il n'est pas non plus directement applicable en tant que tel pour fixer les conditions de la reconnaissance et de l'ex�cution des sentences arbitrales �trang�res.
En d�finitive, conform�ment � l'art. 194 LDIP, c'est � la lumi�re des dispositions pertinentes de la convention de New York du 10 juin 1958 pour la reconnaissance et l'ex�cution des sentences arbitrales �trang�res (RS 0.277.12; ci-apr�s: la Convention de New York) qu'il y a lieu d'examiner, en fonction des griefs formul�s par la recourante, si la cour cantonale a viol� le droit f�d�ral en octroyant l'exequatur � la sentence litigieuse, de m�me qu'� la d�cision judiciaire ent�rinant celle-ci, et en pronon�ant, sur cette base, la mainlev�e d�finitive de l'opposition au commandement de payer form�e par la d�bitrice.
3.2.1 L'art. V de la Convention de New York �nonce de mani�re exhaustive les motifs de refus de reconnaissance et d'ex�cution d'une sentence arbitrale �trang�re (ATF 135 III 136 consid. 2.1 p. 139). Ces motifs doivent �tre interpr�t�s restrictivement pour favoriser l'exequatur de la sentence arbitrale (ATF 135 III 136 consid. 3.3). Il appartient � la partie qui s'oppose � l'exequatur d'�tablir que l'un des motifs de refus de l'art. V ch. 1 de la Convention de New York existe (ATF 135 III 136 consid. 2.1 p. 139), alors que le juge pourra retenir d'office les deux motifs de refus de l'exequatur indiqu�s � l'art. V ch. 2 de ladite convention (Kaufmann-Kohler/Rigozzi, Arbitrage international, Droit et pratique � la lumi�re de la LDIP, 2e �d. 2010, n� 897).
En vertu de l'art. V ch. 1 let. d de la Convention de New York, invoqu� par la recourante, le d�fendeur peut s'opposer � l'exequatur de la sentence en �tablissant, notamment, que la constitution du tribunal arbitral n'a pas �t� conforme � la convention des parties. Encore faut-il que le vice dans la composition du tribunal arbitral ait jou� un r�le causal dans l'issue du litige (Kaufmann-Kohler/Rigozzi, op. cit., n� 893 in fine).
Aux termes de l'art. V ch. 2 let. b de la Convention de New York, dont la recourante se pr�vaut �galement, la reconnaissance et l'ex�cution d'une sentence arbitrale pourront aussi �tre refus�es si l'autorit� comp�tente du pays o� la reconnaissance et l'ex�cution sont requises constate que la reconnaissance ou l'ex�cution de la sentence serait contraire � l'ordre public de ce pays. En tant que clause d'exception, la r�serve de l'ordre public s'interpr�te de mani�re restrictive, sp�cialement en mati�re de reconnaissance et d'ex�cution de jugements �trangers, o� sa port�e est plus �troite que pour l'application directe du droit �tranger (effet att�nu� de l'ordre public). Il y a violation de l'ordre public lorsque la reconnaissance ou l'ex�cution d'une sentence �trang�re heurte de mani�re intol�rable les conceptions suisses de la justice. Une sentence �trang�re peut �tre incompatible avec l'ordre juridique suisse non seulement � cause de son contenu mat�riel, mais aussi en raison de la proc�dure dont elle est issue. A cet �gard, l'ordre public suisse exige le respect des r�gles fondamentales de la proc�dure d�duites de la Constitution, telles que le droit � un proc�s �quitable et celui d'�tre entendu (arr�t 4P.173/2003 du 8 d�cembre 2003 consid. 4.1 et les pr�c�dents cit�s). L'ind�pendance et l'impartialit� de l'arbitre comptent assur�ment au nombre de ces r�gles-l� (ATF 93 I 265 consid. 4a; Kaufmann-Kohler/Rigozzi, op. cit., n� 360 in fine).
3.2.2 Un arbitre doit, � l'instar d'un juge �tatique, pr�senter des garanties suffisantes d'ind�pendance et d'impartialit� (ATF 125 I 389 consid. 4a; 119 II 271 consid. 3b et les arr�ts cit�s). Pour dire s'il pr�sente de telles garanties, il faut se r�f�rer aux principes constitutionnels d�velopp�s au sujet des tribunaux �tatiques (ATF 125 I 389 consid. 4a; 118 II 359 consid. 3c p. 361). Il convient, toutefois, de tenir compte des sp�cificit�s de l'arbitrage, et singuli�rement de l'arbitrage international, lors de l'examen des circonstances du cas concret (ATF 129 III 445 consid. 3.3.3 p. 454).
La partie qui entend r�cuser un arbitre doit invoquer le motif de r�cusation aussit�t qu'elle en a connaissance. Cette r�gle jurisprudentielle vise aussi bien les motifs de r�cusation que la partie int�ress�e connaissait effectivement que ceux qu'elle aurait pu conna�tre en faisant preuve de l'attention voulue, �tant pr�cis� que choisir de rester dans l'ignorance peut �tre regard�, suivant les cas, comme une manoeuvre abusive comparable au fait de diff�rer l'annonce d'une demande de r�cusation. La r�gle en question constitue une application, au domaine de la proc�dure arbitrale, du principe de la bonne foi. En vertu de ce principe, le droit d'invoquer le moyen tir� de la composition irr�guli�re du tribunal arbitral se p�rime si la partie ne le fait pas valoir imm�diatement, car celle-ci ne saurait le garder en r�serve pour ne l'invoquer qu'en cas d'issue d�favorable de la proc�dure arbitrale (arr�t 4A_234/2008 du 14 ao�t 2008 consid. 2.2 et les arr�ts cit�s).
3.3 La recourante invoque un motif de refus de l'exequatur tir� � la fois de l'art. V ch. 1 let. d et de l'art. V ch. 2 let. b de la Convention de New York. Elle le fonde toutefois, dans l'un et l'autre cas, sur les m�mes circonstances. Par cons�quent, l'examen de ses arguments se fera simultan�ment sous l'angle de ces deux dispositions. Il s'agira de rechercher si, comme le soutient la recourante, la sentence pour laquelle l'exequatur a �t� accord� � l'intim�e a �t� rendue par un arbitre n'offrant pas des garanties suffisantes d'impartialit� et d'ind�pendance au regard des exigences pos�es par la jurisprudence susmentionn�e. Si tel devait �tre le cas, il y aura lieu de conclure � la violation des deux dispositions pr�cit�es (constitution irr�guli�re du tribunal arbitral et incompatibilit� de la sentence avec l'ordre public du pays requis de l'ex�cuter).
Il est frappant de constater, comme l'intim�e le souligne avec raison, que la recourante a d�velopp� une argumentation sensiblement diff�rente devant les trois instances qui ont �t� appel�es � conna�tre de la pr�sente affaire. Sans doute �tait-ce l� son droit. Il n'en demeure pas moins que pareille variation dans la d�monstration du bien-fond� de sa propre th�se constitue un s�rieux indice de la fragilit� de la position adopt�e par celle qui la d�fend.
Quoi qu'il en soit, cette th�se ne repose que sur des all�gations qui s'�cartent des seules constatations auxquelles le Tribunal f�d�ral doit se tenir, � savoir celles qui ont �t� faites par l'autorit� pr�c�dente. De ces constatations, il appert uniquement, d'une part, que C.________, conseil de l'intim�e, et l'arbitre ont exerc� par devant la m�me juridiction d'appel am�ricaine, sans autres pr�cisions quant � la p�riode durant laquelle ils l'ont fait et � la nature du travail ex�cut� par chacun d'eux aupr�s de cette juridiction, et, d'autre part, que ces deux personnes se sont rencontr�es � une occasion, lorsque C.________ et la fille de l'arbitre, alors stagiaire, pratiquaient au sein de la m�me �tude, circonstance port�e � la connaissance de l'avocat de la recourante, lors de l'audience pr�liminaire d'arbitrage du 24 octobre 2006, lequel avait alors indiqu� qu'il n'avait aucune objection � la poursuite de la proc�dure arbitrale. Il est donc exclu de tenir compte des affirmations de la recourante selon lesquelles le conseil de l'intim�e et la fille de l'arbitre avaient travaill� "des ann�es durant" dans la m�me �tude, ni de celles voulant que l'avocat de la recourante, D.________, n'ait jamais pris connaissance du compte rendu de l'audience du 24 octobre 2006.
Ainsi, la recourante cherche � paralyser l'ex�cution d'une sentence arbitrale �trang�re et de la d�cision judiciaire qui ent�rine cette sentence en faisant valoir un motif - la rencontre entre l'arbitre et le conseil de l'intim�e � une �poque o� celui-ci travaillait dans la m�me �tude que la fille de celui-l� - que son propre avocat n'a pas consid�r�, alors, comme �tant susceptible de mettre en cause l'impartialit� de l'arbitre unique et en avan�ant un autre motif - le fait que l'arbitre et le conseil de l'intim�e avaient exerc� devant la m�me juridiction am�ricaine - qui, objectivement, n'�tait de toute �vidence pas de nature � disqualifier l'arbitre. Il n'y a pas l� de quoi justifier le refus d'accorder l'exequatur � la sentence et � la d�cision en question.
Pour le surplus, c'est en vain que la recourante reproche � C.________ d'avoir lui-m�me viol� les r�gles relatives � la proc�dure arbitrale. On ne voit pas, � cet �gard, en quoi l'art. 8 du Code de conduite pour les proc�dures arbitrales se d�roulant en Suisse, invoqu� par elle, serait applicable en l'esp�ce, s'agissant d'une proc�dure arbitrale conduite aux Etats-Unis d'Am�rique. On voit encore moins comment la recourante peut tirer argument d'une disposition figurant dans le code professionnel de conduite applicable aux conseils se pr�sentant devant le Tribunal international charg� de poursuivre les personnes pr�sum�es responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie.
Cela �tant, le recours en mati�re civile ne peut qu'�tre rejet� dans la faible mesure o� il est recevable.
Succombant, la recourante devra payer les frais de la proc�dure f�d�rale (art. 66 al. 1 LTF) et verser des d�pens � l'intim�e (art. 68 al. 1 et 2 LTF).
Les frais judiciaires, arr�t�s � 17'000 fr., sont mis � la charge de la recourante.

References: art. 25
 art. 95
 art. 95
 ATF 
 ATF 
 art. 9
 art. 25
in fine
in fine