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Timestamp: 2013-05-23 19:54:55+00:00

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marie.laure.fouche - Immobilier et Copropriété
Par marie-laure.fouche le Lorsqu'il s'agit d'assigner devant un tribunal, mieux vaut ne pas se tromper de juridiction. En effet, si le mauvais tribunal est saisi, c'est un coup pour rien et il faut recommencer ensuite. Et vu ce que coûte un procès, autant n'en payer qu'un si on peut éviter d'en payer deux. En matière de litige pour un contrat de bail d'habitation, les règles sont très simples. En matière de compétence, deux question doivent se poser : la compétence d'attribution (quel type de tribunal est compétent : Conseil des Prud'hommes ? Tribunal de grande instance ? Tribunal de commerce?) et la compétence territoriale (tribunal de Paris ? de Toulouse ? de Lyon?)Tout d'abord, en matière de compétence d'attribution, c'est toujours le tribunal d'instance qui est compétent, aux termes de l'article R 221-38 du code de l'organisation judiciaire. Ensuite, en matière de compétence territoriale, c'est le tribunal d'instance dans le ressort duquel se situe l'immeuble qui est compétent, en application de l'article R 221-48 du même code. Cela signifie que les règles habituelles de compétence ne s'appliquent pas. Notamment, la règle générale qui veut qu'on assigne devant le tribunal dans le ressort duquel est domicilié l'adversaire est innaplicable. Donnons un exemple : Primus, qui habite à Toulouse, donne en location un appartement situé dans le 4ème arrondissement de Paris à Secundus, qui quitte donc son logement de Lyon pour venir y habiter. Tertius, cousin de Secundus, et qui habite à Lille, est caution. En cas de litige pour cette location, le tribunal compétent sera toujours le tribunal d'instance du 4ème arrondissement de Paris. Ni les tribunaux toulousains, ni les tribunaux lyonnais, ni les tribunaux lillois, ne peuvent être saisis, même si le problème est uniquement relatif, par exemple, à la caution de Tertius qui habite Lille. Photo par Brett JordanLicence Creative Commons Lire
Majorité pour autoriser une surélévation de l'immeuble en copropriété
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Comme je l'ai déjà exposé précédemment, tous travaux sur parties communes en copropriété doivent faire l'objet de votes en assemblée générale selon diverses majorités. S'il s'agit de travaux d'entretien, par exemple, c'est la majorité de l'article 24 de la loi de 1965. S'il s'agit de travaux sur parties communes demandés par un copropriétaire, c'est la majorité de l'article 25. Si ces travaux ont pour effet d'annexer une partie commune (par exemple un palier devient une partie privative) c'est la majorité de l'article 26. Mais dans certains cas, il s'agit pour la copropriété de s'interroger sur la possibilité de surélever l'immeuble, généralement pour créer de nouvelles parties privatives. Dans ce cas, la solution, très simple, résulte de l'article 35 de la loi de 1965: "La surélévation ou la construction de bâtiments aux fins de créer de nouveaux locaux à usage privatif ne peut être réalisée par les soins du syndicat que si la décision en est prise à l'unanimité de ses membres". Donc, c'est l'unanimité ou rien. En outre si surélévation il y a et que des copropriétaires subissent un préjudice, ils ont droit à une indemnité (article 36). Photo paul (dex)Licence Creative Commons 10 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Sur le principe, tout copropriétaire peut demander qu'une résolution soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale. PrincipeIl faut toutefois respecter les formalités inscrites à ce sujet dans la loi, et plus précisément dans le décret de 1967 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1965. Et sur ce point, il faut être particulièrement vigilant : en effet, la règle applicable a changé en septembre 2004. Précédemment, le copropriétaire qui voulait voir une résolution inscrite à l'ordre du jour devait contacter le syndic à cet effet dans un délai de six jours à compter de la convocation. Depuis le 1er septembre 2004, la règle est très différente (article 10 du décret de 1967) : « A tout moment, un ou plusieurs copropriétaires, ou le conseil syndical, peuvent notifier au syndic la ou les questions dont ils demandent qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour d'une assemblée générale. Le syndic porte ces questions à l'ordre du jour de la convocation de la prochaine assemblée générale. Toutefois, si la ou les questions notifiées ne peuvent être inscrites à cette assemblée compte tenu de la date de réception de la demande par le syndic, elles le sont à l'assemblée suivante. »Autrement dit, il n'y a plus à attendre d'avoir été convoqué à l'Assemblée Générale pour formuler sa demande d'inscription de résolution à l'ordre du jour. Bien au contraire ! En effet, le texte précité indique bien que si les questions ne peuvent être inscrites à l'Assemblée Générale en raison de leur date de réception, elles seront inscrites à l'Assemblée Générale suivante. En pratique, cela signifie que si le syndic a déjà convoqué les copropriétaires à l'Assemblée Générale, il est trop tard. Il peut également en être de même si les convocations sont mises sous pli et prêtes à être envoyées. Donc si vous voulez voir une question mise à l'ordre du jour, il est vivement conseillé d'agir au plus vite. Par ailleurs, des formalités sont à respecter. Formalités Tout d'abord, à peine de nullité, cette demande doit être formulée au syndic par courrier recommandé avec avis de réception ou par télécopie avec récépissé. Inutile de préciser que sauf en cas d'extrême urgence, le recommandé est préférable, par sécurité. Par ailleurs, il faut s'assurer que la demande d'inscription à l'ordre du jour concerne bien une résolution. Il faut ainsi qu'il s'agisse d'une demande précise qui soit sujet à débat entre copropriétaires. Autrement dit, des observations personnelles ou des demandes vagues n'étant pas des résolutions, elles ne sont pas recevables. En outre le texte de la résolution doit être rédigé de façon claire ; le syndic n'a pas à faire un travail de réécriture. En outre, il ne faut pas oublier d'annexer tous les documents utiles le cas échéant (par exemple dans le cas d'une demande de travaux, il faut préciser exactement l'implantation et la consistance des travaux envisagés). À noter que dans ce cas, les éventuels frais supplémentaires de convocation à raison de l'ordre du jour complémentaire sont une charge commune et non à la charge de celui qui demande l'ajout. Si l'ensemble des formalités est respecté, la question doit être portée à l'ordre du jour. Sanction du défaut d'ajout de la résolution à l'ordre du jour Si le syndic n'ajoute pas la question à l'ordre du jour, il engage sa responsabilité. Toutefois, cela n'a pas pour effet automatiquement de vicier l'Assemblée Générale, qui n'est donc pas nécessairement nulle. En la matière, la règle est simple : si les décisions prises en Assemblée Générale n'ont pas de rapport avec la résolution qui aurait dû être mise à l'ordre du jour, l'Assemblée Générale reste valable. En revanche, si la question non portée à l'ordre du jour était liée aux résolutions votées, et qu'elle était de nature à éventuellement modifier le vote des copropriétaires sur les questions qui ont été portées à l'ordre du jour, l'Assemblée Générale encourt l'annulation. Photo par a.drian Licence Creative Commons 15 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté En matière de bail d'habitation, l'article 15 de la loi de 1989 dispose que : « Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou signifié par acte d'huissier. Ce délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée ou de la signification de l'acte d'huissier ».Cela signifie que pour donner congé à son locataire, le bailleur a le choix entre envoyer un courrier recommandé, ou faire procéder par huissier. Certes, l'huissier est plus onéreux que le courrier recommandé, puisqu'il coûtera de l'ordre de 100 Euros. Toutefois, c'est une solution que je conseille vivement (Et non, je n'ai pas d'huissier dans ma famille). En effet, si l'on observe bien le texte de la loi, on s'aperçoit que le point de départ du délai de six mois à prendre en considération pour le congé donné par le bailleur, si celui-ci agit par courrier recommandé, est de la date de la réception par le locataire. Donc si celui-ci prend son recommandé, comme le font les gens raisonnables, pas de problème pour le bailleur. En revanche, si le locataire ne prend pas son courrier recommandé, il n'y a pas de réception par le locataire dudit courrier et le délai de congé ne court pas, comme la Cour de Cassation l'a d'ailleurs rappelé récemment (Cass Civ 3, 13/07/2011, n° 10-20478). C'est la raison pour laquelle il est plus prudent pour le bailleur de toujours signifier le congé par huissier, ce qui évite qu'en raison de la mauvaise foi ou simplement de la négligence du locataire qui ne vas pas chercher son recommandé à la Poste, le délai de congé ne soit pas respecté et que le congé soit annulé... D'ailleurs, la signification par huissier, outre qu'elle permet de s'assurer que le congé a été délivré (peu important que le locataire soit là ou pas), permet aussi de s'assurer de la date du congé. Donc, voici une astuce bonne à savoir pour les bailleurs. Incidemment, cela veut dire que le locataire qui craint qu'on lui adresse un congé peut cesser de prendre ses recommandés, ce qui est une exception au principe que j'exposais dans un article précédent selon lequel la date de première présentation d'un recommandé est considérée comme celle à laquelle le courrier a été reçu. Photo par Ashley R. GoodLicence Creative Commons 2 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Le principe édicté par la loi de 1965 sur la copropriété est clair : le copropriétaire dispose de ses parties privatives comme il l'entend, tant qu'il ne porte pas atteinte aux droits des autres copropriétaires ou à la destination de l'immeuble. Pour les parties communes, il en a la jouissance de même que l'ensemble des autres copropriétaires, et il doit participer à leur entretien. En principe, parties communes et parties privatives sont strictement séparées et le Syndicat des Copropriétaires n'a aucun droit sur les parties privatives. Toutefois, il arrive que pour entretenir ou réparer des parties communes, il soit indispensable de passer par les parties privatives. Dans ce cas, le copropriétaire a l'obligation de laisser l'accès, tout particulièrement si les travaux ont fait l'objet d'un votre en Assemblée Générale, pour peu que « la consistance ou la jouissance des parties privatives comprises dans son lot n'en soient pas altérées de manière durable » (loi de 1965, article 9). Il faut toutefois préciser que cet accès n'est garanti que si l'intervention dans les parties privatives est indispensable. Si c'est simplement la solution la plus commode ou la moins coûteuse, le Syndicat des Copropriétaires doit faire en sorte de mettre en oeuvre une autre solution permettant d'éviter de passer par des parties privatives. Donc, par exemple, s'il s'agit d'avoir accès à une gaine technique située en plein milieu d'un appartement, le copropriétaire doit laisser l'accès. S'il s'agit de réparer un balcon, accessible depuis l'extérieur, la solution n'est pas nécessairement la même. Cela ne veut pas dire pour autant que le Syndicat des Copropriétaires peut faire les travaux sans que le copropriétaire n'ait rien à redire. En effet la loi précise que si le copropriétaire subit un préjudice à raison des travaux, soit parce que son lot subit une diminution définitive de valeur (par exemple, les travaux ont empiété définitivement sur la surface habitable), soit parce qu'il subit un trouble de jouissance grave, même temporaire (impossibilité d'habiter sur place), soit à raison de dégradations (absence de remise en état des lieux après les travaux), doit être indemnisé. Dans ces conditions, le copropriétaire doit demander une indemnisation pour compenser son préjudice. S'il ne parvient pas à l'obtenir à l'amiable avec son Syndicat des Copropriétaires, il devra saisir un Juge. Il faut enfin préciser à ce sujet que souvent, le Règlement de Copropriété précise que le copropriétaire doit souffrir l'accès dans ses parties privatives sans indemnisation, ce qui est contraire à ce que je viens d'exposer. Or le principe d'indemnisation est d'ordre public, c'est-à-dire que le Règlement de Copropriété ne peut y déroger. Ainsi toute disposition du Règlement de Copropriété qui empêche ce principe d'indemnisation est considérée comme nulle et ne sera pas appliquée par le Juge. 41 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Généralement, le Règlement de Copropriété d'un immeuble mentionne que les copropriétaires doivent laisser l'accès, même à l'intérieur de leurs parties privatives, lorsqu'il est nécessaire de réaliser des travaux sur parties communes. Fort bien, vu que si un copropriétaire peut bloquer à lui tout seul des travaux votés en Assemblée Générale, on est pas sortis. Le problème, c'est que le Syndicat des Copropriétaires ne se préoccupe pas toujours d'éviter que les droits des copropriétaires concernés soient préservés. J'avais vu ainsi un exemple voici quelques temps. Une colonne commune, passant dans la cuisine d'un copropriétaire, fuyait de sorte qu'il fallait intervenir en passant par chez lui. Sauf que la colonne d'une part était encastrée (normal) et que d'autre part, la cuisine du copropriétaire était construite autour. Là aussi, rien que de très normal, puisqu'en pratique cette colonne était située derrière un angle du mur, et que le copropriétaire était libre d'aménager sa cuisine comme il l'entendait. L'ennui était donc qu'il fallait démonter la cuisine, et casser le doublage pour parvenir à la colonne. Donc, outre les travaux communs proprement dit, il fallait ensuite tout remettre en place, soit refermer l'accès à la colonne, remettre de l'enduit et un coup de peinture, et remonter les meubles de cuisine à leur emplacement. Bien entendu, tout cela a un coût. Et, bien entendu, le Syndicat des Copropriétaires, représenté par son syndic, refusait de prendre quoi que ce soit en charge, au motif que le copropriétaire devait laisser l'accès aux travaux communs, votés en Assemblée Générale et/ou urgents. Donc le copropriétaire se retrouvait avec une note pas totalement négligeable, qui ne lui était absolument pas imputable : il n'était aucunement responsable de ce que la colonne commune fuyait à son niveau. Dans un cas de figure tel, à savoir lorsque des travaux communs entraînent pour le copropriétaire un préjudice, la loi de 1965 a tout prévu. Ainsi l'article 9 de la loi dispose expressément que : « Les copropriétaires qui subissent un préjudice par suite de l'exécution des travaux, en raison soit d'une diminution définitive de la valeur de leur lot, soit d'un trouble de jouissance grave, même s'il est temporaire, soit de dégradations, ont droit à une indemnité ».Dans notre cas, le copropriétaire a donc droit à une indemnité puisqu'il subit des dégradations à raison de l'exécution des travaux. Et cette indemnité est due par le Syndicat des Copropriétaires, puisque selon l'article 14 de cette même loi il : « est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers par le vice de construction ou le défaut d'entretien des parties communes, sans préjudice de toutes actions récursoires ».Bon à savoir, non ? Photo par billjacobus1Licence Creative Commons 11 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Le présent billet va essentiellement s'adresser à ceux qui ont acheté un bien immobilier, mais il faut garder à l'esprit que cela demeure valable pour tout type de vente. Je souhaite ainsi aborder, brièvement, la question des vices cachés du bien vendu, et tout particulièrement de l'exclusion de garantie qui peut-être convenue. En effet, ceux qui ont acheté un bien immobilier savent que généralement, au détour de l'acte notarié, se cache une clause indiquant que le vendeur est déchargé de tout vice même caché qui affecterait le bien. Et nombreux sont ceux qui, une fois l'achat fait, se mordent les doigts d'avoir accepté cette clause, à raison des dommages qu'ils constatent a posteriori. Evacuons tout de suite un point : l'acheteur n'aurait très certainement pas été en mesure d'éviter que cette clause ne soit inscrite. En effet, sauf à ce que l'acheteur soit en importante position de force par rapport au vendeur, celui-ci voudra toujours inscrire cette limitation qui est susceptible de lui éviter bien des tracas par la suite. C'est une clause de style, pour une vente immobilière elle ne sera que très rarement omise. Rappelons à présent le fonctionnement de la garantie des vices cachés : elle bénéficie à l'acheteur d'un bien qui présente un tel défaut caché que l'usage du bien est impossible, ou tellement diminué que l'acheteur, s'il avait connu le défaut, soit ne l'aurait pas acheté, soit l'aurait acheté moins cher. Il faut donc que le défaut soit caché ; le défaut apparent est réputé accepté par l'acheteur. En principe, le vendeur est donc tenu d'indemniser l'acheteur pour tous les défauts cachés de la chose qui diminuent de façon importante l'usage de la chose ou le rendent impossible, même s'il ignorait ce défaut. C'est là qu'arrive la clause habituellement insérée dans les actes notariés de vente d'immeuble. En effet, le Code Civil dispose que dans le cas où le vice caché n'est pas connu du vendeur, celui-ci peut contractuellement stipuler qu'il ne sera pas tenu à la garantie. Si l'on traduit, voilà ce que ça veut dire : le vendeur qui ignore tout des éventuels vices cachés a le droit de se décharger de la garantie. Autrement dit, le vendeur de bonne foi, persuadé que son bien est exempt de vices cachés, prend alors la précaution de s'exonérer de la garantie qui pourrait lui être demandée si par la suite, d'aventure, l'acheteur découvrait un vice. Dès lors, la bonne foi du vendeur est essentielle. S'il écarte dans l'acte notarié toute garantie de vice, et ce parce qu'à sa connaissance, il n'y en a pas, la clause d'exclusion de garantie est parfaitement valable. A l'inverse, si le vendeur connaissait l'existence du vice, la clause d'exclusion de garantie insérée dans l'acte est nulle. Reste pour l'acheteur à rapporter la preuve - et ce n'est pas toujours évident - que le vendeur était conscient de l'existence du vice caché.Dans ces conditions, si l'acheteur, victime de manoeuvres du vendeur, parvient à prouver que celui-ci lui a caché des vices dont il avait connaissance, il est fondé à demander soit une diminution du prix, soit le remboursement du prix, concomitant avec la restitution du bien. Des dommages et intérêts sont même envisageables. Autrement dit, ce n'est pas parce que votre vendeur vous a caché des choses, voire vous a induit en erreur, tout en insérant une clause d'exclusion de garantie, que vous ne pourrez jamais rien réclamer et que vous serez piégé. Photo par metaphoricalplatypus.comLicence Creative Commons 76 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Il est malheureusement fréquent, dans les copropriétés, que certains ne paient pas leurs charges. Généralement, cela entraîne à leur encontre une action en recouvrement engagée par le syndic au nom du SDC, sans qu'il y ait besoin d'autorisation en Assemblée Générale. Est-ce à dire que les copropriétaires qui s'acquittent de leurs dettes envers la copropriété doivent pallier la carence de celui qui refuse de régler? Sur le principe, aucunement. En effet, les charges de copropriété ne font l'objet d'aucune solidarité entre copropriétaires ; chacun paie uniquement ce qu'il doit personnellement. En revanche, la difficulté est que ce défaut de règlement de charges peut, à terme, mettre en danger la copropriété. Par conséquent, l'Assemblée Générale peut décider de répartir les sommes entre les autres copropriétaires, si aucun autre moyen n'a été trouvé (faire vendre l'appartement et se payer sur le prix, faire opposition entre les mains du notaire sur le prix de vente si l'appartement a été vendu à l'initiative du copropriétaire...)En revanche le syndic n'a pas le droit de faire un appel de fonds, de sa propre initiative, pour combler le vide. En outre, il est possible, en cas de difficulté, que l'Assemblée Générale vote un appel de fonds afin de pallier l'absence de fonds, le temps que les procédures de recouvrement portent leurs fruits, étant précisé que par la suite, cet appel de fonds sera remboursé aux copropriétaires par déduction sur ses charges. 3 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté J'évoquais dans un précédent billet le cas du copropriétaire qui gagne son procès contre le Syndicat des Copropriétaires, et plus particulièrement la question des frais d'avocat. Je rappelais à ce sujet que la loi de 1965 prévoyait que le copropriétaire qui avait gagné ne participait pas à la dépense commune relative aux honoraires d'avocat et dépens supportés par le SDC. Autrement dit, les frais d'avocat exposés par le SDC pour sa défense devaient être répartis entre copropriétaires, à l'exclusion de celui contre qui l'action était menée, et qui avait gagné. Mais qu'en est-il des autres frais? Plus précisément, supposons que le copropriétaire gagne contre le SDC, qui est condamné à lui verser des dommages et intérêts. La question se pose, de savoir si le copropriétaire gagnant doit participer à la dépense commune, constituée par la condamnation dont il bénéficie, ou si au contraire il est exclu. Autrement dit, doit-il payer des charges, au titre des sommes qu'il va ensuite lui-même percevoir ? Eh bien, la réponse est oui. Le copropriétaire gagnant doit participer à la dépense commune qui a pour objet de l'indemniser. La raison est simple : par principe, tout copropriétaire doit participer à toutes dépenses communes à proportion de ses tantièmes quels qu'ils soient. Par exception, il est dispensé de participer à la dépense correspondant à la défense du SDC, et ce depuis la loi SRU de 2000, au motif que le faire participer à cette dépense spécifique est inéquitable. Toutefois, la loi ne dit rien des indemnités éventuellement versées par le SDC au copropriétaire lésé (même si on peut considérer que c'est tout aussi inéquitable). Celui-ci doit donc participer à la dépense commune. Photographie par PapalarsLicence Creative Commons 3 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Mauvaise nouvelle, vous venez d'obtenir le résultat du procès qui vous opposait à la copropriété, et vous avez perdu. Une question qui se pose est donc de savoir ce qui va se passer concernant les frais d'avocat : les vôtres, et ceux du syndicat des Copropriétaires, dont vous faites partie. Tout d'abord, si vous avez perdu, il y a de bonnes chances que le SDC n'ait PAS été condamné à vous verser une quelconque somme au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile. Vous devez donc payer votre avocat entièrement sur vos deniers, sans pouvoir espérer que votre adversaire en prenne en charge une partie. Ensuite, il y a des chances que VOUS ayez été condamné à verser des sommes à ce titre au SDC. Pas le choix : vous devez les payer au SDC (concrètement, les remettre entre les mains du syndic, ou de son avocat, qui transmettra). Reste la question des charges de copropriété correspondant aux honoraires de l'avocat adverse, c'est à dire l'avocat de la copropriété. Si votre condamnation sur le fondement de l'article 700 du CPC couvre ces honoraires, il n'y aura pas d'appel de charges correspondant, vous aurez tout payé vous-même. Si cette condamnation ne couvre pas les honoraires de l'avocat adverse, le reliquat des honoraires de l'avocat de la copropriété se traduira en charges qui seront partagées entre tous les copropriétaires, et notamment vous. Puisque vous aurez perdu, vous ne pourrez bénéficier des dispositions favorables de la loi de 1965 qui permettent au copropriétaire qui gagne de ne pas participer à la dépense commune des frais de l'avocat du SDC. Image par Fallingwater123Licence Creative Commons 6 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté On me pose assez souvent des questions du type suivant : "Je suis copropriétaire et j'ai posé/modifié/changé le garde corps/la fenêtre/le grillage/la dalle de ma terrasse. On me cherche des noises. Pourtant, j'ai fait comme le voisin / cela ne change rien à l'immeuble / Cela est plus en harmonie qu'avant avec l'immeuble. Que faire ?"Autrement dit, ces questions portent toutes sur des travaux, parfois menus, réalisés à l'extérieur de l'immeuble en copropriété. En réalité, la réponse à ce type de question est très simple, elle réside dans l'article 25 b de la loi du 10 juillet 1965. Rappelons les termes de cet article : "Ne sont adoptées qu'à la majorité des voix de tous les copropriétaires les décisions concernant (...) b) L'autorisation donnée à certains copropriétaires d'effectuer à leurs frais des travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble, et conformes à la destination de celui-ci". Autrement dit, dès qu'un copropriétaire veut faire des travaux soient qui touchent à des parties communes (percement de la façade pour poser une ventilation, changement de canalisations communes...) soit qui simplement affectent, au sens modifient, l'aspect extérieur de l'immeuble (pose d'une plaque ou enseigne, changement des volets...), il est contraint de solliciter l'avis de l'Assemblée Générale des copopriétaires, qui votera sur la question. Tout ce qui touche à l'apparence de l'immeuble doit faire l'objet d'une décision en AG. Si ce n'est pas le cas et que les travaux sont malgré tout réalisés, aussi modestes soient-ils, le Syndicat des copropriétaires est en droit d'exiger une remise en état. Il faut savoir que cette règle s'applique même si la modification de l'immeuble consiste à faire des travaux dans un jardin à jouissance privative, si le gros oeuvre en dessous (partie commune) est touché. Tous travaux même légers affectant la façade (par exemple pour y fixer un grillage, une enseigne) doivent faire l'objet d'une autorisation. Il faut donc être très prudent quant aux travaux réalisés et il est préférable de solliciter l'accord de la copropriété avant d'agir, cet accord devant impérativement prendre la forme d'une autorisation en AG. 39 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Le problème est le suivant. Vous êtes copropriétaire, plutôt au rez-de-chaussée. Vous avez un jardin privatif. Mais vous trouvez que vous ne pouvez pas en profiter au maximum : vous n'appréciez pas trop le regard plongeant des voisins du dessus, et puis vous aimeriez, au beaux jours, pouvoir déjeuner à l'ombre. Ou tout simplement, vous aimeriez bien avoir une pièce supplémentaire. Bref, vous voulez installer une véranda, ou encore une pergola. Sur ce point il faut rappeler qu'une véranda est une construction relativement « lourde » qui ajoute véritablement une pièce, alors qu'une pergola est une construction plus simple et légère, constituée d'un toit et de poteaux, souvent utilisés comme support de plantes et qui permet de créer de l'ombre. Et d'ailleurs, pourquoi s'en priver : ce jardin, il est à vous !Tout simplement parce qu'il s'agit de travaux qui concernent les parties communes (la construction affecte la façade ainsi que le support en dur du jardin, partie commune) et donc doivent faire l'objet d'une autorisation de l'Assemblée Générale des copropriétaires. Et, pire, ils ne peuvent pas être votés à la majorité simple de l'article 24 de la loi (pour en savoir plus sur les majorités en copropriété, voir ce billet).En effet, l'ajout d'une véranda ou d'une pergola modifie l'aspect extérieur de l'immeuble. Or les travaux affectant cet aspect extérieur doivent être votés à la majorité de l'article 25, c'est-à-dire la majorité de tous les copropriétaires de l'immeuble. Donc, si vous voulez construire votre véranda tout en évitant les ennuis, la seule façon de procéder est de faire inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine Assemblée Générale, et, pour réaliser les travaux, d'attendre que l'Assemblée Générale les ait acceptés, quitte à contester une décision qui ne serait pas favorable. Bref, si vos voisins ne veulent pas que vous construisiez votre pergola, c'est mal parti. A noter, cela est valable pour toutes les travaux affectant l'aspect de l'immeuble, comme par exemple le changement de fenêtres pour un modèle différent, ou la pose de volets extérieurs (par exemple, changement de volets « accordéon » par des volets roulants). Photo par ZixiiLicence Creative Commons 19 commentaires Lire
Par marie-laure.fouche le Dernier commentaire ajouté Dans le domaine de la copropriété, toutes les décisions concernant les parties communes doivent faire l'objet d'un vote en Assemblée Générale. Toutefois, selon le type de décision, la majorité du vote change. Il y a ainsi quatre majorités différentes prévues par la loi du 10 juillet 1965 qui régit le statut de la copropriété. Enfin, il faut savoir que ce n'est pas le nombre de copropriétaires qu'il faut compter, mes les millièmes de parties communes, sachant que chaque copropriétaires est titulaire d'une quote-part des parties communes au prorata de ses lots privatifs. L'importance de chaque copropriétaire dans une Assemblée Générale se calcule au nombre de voix dont il dispose. Ainsi, un copropriétaire peut être titulaire de deux fois plus de voix qu'un autre, s'il dispose de deux fois plus de millièmes. Pour les développements qui suivent, on supposera l'exemple très simple une copropriété de 10.000 millièmes où chaque copropriétaire est titulaire de 1.000 millièmes, de sorte qu'il y a dix copropriétaires disposant chacun du même nombre de voix. La majorité de l'article 24 C'est la majorité des copropriétaires présents ou représentés lors d'une Assemblée Générale. Par exemple, sur les 10 copropriétaires que compte la copropriété, supposons que seuls six sont présents ou représentés. La résolution sera adoptée si plus de la moitié votent pour, donc dans notre exemple, quatre copropriétaires. Ceci signifie que dans les cas où les copropriétaires ne prennent pas le soin d'être présents ou représentés à l'Assemblée Générale, les résolutions peuvent être adoptées par un très petit nombre de personnes, puisque dans notre exemple, le vote positif de seulement 40% des copropriétaires suffit.Cette majorité simple est la majorité normale, par défaut. Les autres majorités sont ainsi appliquées dans des hypothèses définies par la loi. La majorité de l'article 25 C'est la majorité de tous les copropriétaires. Ainsi, pour la copropriété de 10 personnes prise en exemple, il faut, pour une résolution soit adoptée, que plus de la moitié votent pour, soit 6 personnes. Cette majorité est impérative dans plusieurs cas énumérés à l'article 25 de la loi, et par exemple lorsqu'il s'agit de changer de syndic, de supprimer le vide-ordures, de voter des travaux (demandés par, et à la charge, d'un copropriétaire) qui affectent l'aspect extérieur de l'immeuble comme par exemple la construction d'une véranda... La majorité de l'article 26C'est la majorité de plus des deux tiers des copropriétaires. Dans notre exemple, pour qu'une résolution soit adoptée, il faut ainsi qu'au moins 7 copropriétaires votent pour. Cette majorité s'applique par exemple lorsqu'il s'agit de vendre des parties communes, de modifier le Règlement de Copropriété, d'organiser les modalités d'ouverture des portes d'accès aux immeubles. L'unanimitéCertaines décisions sont si importantes qu'elles justifient l'accord de tous. Il s'agit par exemple de la vente de parties communes dont la conservation est nécessaire au respect de la destination de l'immeuble. Il peut s'agir, par exemple, de vendre l'ascenseur dans un immeuble de 15 étages au propriétaire du dernier étage, de sorte que lui seul peut l'utiliser. Bien entendu, la destination de l'immeuble est affectée est l'unanimité est nécessaire. Enfin, comme je le rappelais dans ce billet, toute atteinte à une partie privative suppose l'accord du copropriétaire propriétaire de celle-ci. 19 commentaires Lire

References: l'article 24
 l'article 25
 l'article 26
 l'article 35
 l'article 15
 l'article 9
 l'article 14
 l'article 700
 l'article 700
 l'article 25
 l'article 24
 l'article 25
 l'article 24
 l'article 25
 l'article 25
 l'article 26