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Timestamp: 2016-10-21 16:51:43+00:00

Document:
5A_401/2014 (18.08.2014)
5A_401/2014 � � Arr�t du 18 ao�t 2014
repr�sent�e par Me Nicolas Mattenberger, avocat,
A.a.�A.X.________, n� en 1971, et B.X.________, n�e en 1975, se sont mari�s le 31 octobre 2008. De leur union sont issus C.________, n� en 2008, et D.________, n�e en 2010.
A.b.a.�Les parties se sont s�par�es en 2011. Elles ont d�pos� diverses requ�tes de mesures protectrices de l'union conjugale, en particulier sur le droit de visite du p�re, certaines d�cisions rendues ratifiant une transaction des parties sur ce point. Un droit de visite a pu �tre r�guli�rement exerc� depuis le mois d'octobre 2012.
A.b.b.�Diff�rents rapports m�dicaux et sociaux ont �t� rendus. Ainsi, par certificat m�dical du 6 avril 2013, F.________, p�diatre, a attest� qu'il suivait les enfants depuis leur naissance, confirm� que ceux-ci pr�sentaient un d�veloppement " tout � fait excellent " et qu'ils �taient en parfaite s�curit� au domicile de leur m�re.
�Dans un rapport d'�valuation du Service de la protection de la jeunesse (ci-apr�s: SPJ), intervenu suite � des accusations du p�re selon lesquelles les enfants auraient �t� victimes d'abus sexuels au domicile de leur m�re et du nouveau conjoint de celle-ci, l'assistant social a relev� qu'aucun �l�ment ne laissait penser que les enfants auraient �t� abus�s. En revanche, le p�re �tait encore tr�s marqu� par la s�paration; il avait de la peine � s�parer les probl�mes conjugaux des questions relatives aux enfants. Ceux-ci n'�tant toutefois pas en danger, l'assistant social a pr�conis� de maintenir le droit de visite.
�Dans un document du 29 septembre 2013 intitul� " signalement d'un mineur en danger dans son d�veloppement " adress� au SPJ concernant l'enfant a�n�, G.________, psychologue assistante � la Policlinique de p�dopsychiatrie d'Aigle, a expos� notamment que l'enfant �tait " fort inhib�, sur la retenue, observateur des mouvements d'autrui, passif et soumis dans la relation, �vitant le conflit, avec peu d'initiative, mettant � distance les affects ", qu'elle avait d�but� son investigation le 8 ao�t 2013, et que les faits relat�s au sujet de l'enfant l'avaient �t� par la m�re selon laquelle celui-ci serait mis sous pression lors du droit de visite en �tant oblig� de prier et en entendant des propos n�gatifs du p�re envers elle. Son interpr�tation �tait que l'enfant pr�sentait une inhibition, une mise en retrait pour �viter les conflits et une difficult� � construire son identit� en raison de la peur de maltraitance susmentionn�e.
B.a.a.�Par requ�te de mesures provisionnelles et superprovisionnelles du 2 octobre 2013, B.X.________ a conclu � la suspension imm�diate du droit de visite jusqu'� la tenue d'une prochaine audience, pr�cisant qu'elle ne s'opposait pas � l'exercice de ce droit au Point Rencontre. Elle a fait valoir que son �poux adoptait depuis quelque temps un comportement alarmant, en proie � un d�lire mystique, persuad� que lui-m�me et les enfants allaient dispara�tre avant 2017. Elle a produit des courriels r�cents de plusieurs pages que lui avait adress�s son �poux. Dans l'un d'eux, celui-ci l'enjoignait � la p�nitence, affirmant que celui qui a second� la cr�ation errait sur terre jusqu'en 2017, date � laquelle il serait an�anti et les deux tiers de la population avec lui car " la tumeur du mal qui affecte l'humanit� est � un stade tr�s avanc� ne permettant plus aucun espoir de gu�rison pour les 2/3 incroyants ", et que la seule solution pour �chapper � ce sort �tait de se repentir de ses p�ch�s par la pri�re ou la fr�quentation d'�glises. Dans un autre, il lui proposait de l'aider � s'exorciser pour le cas o� elle renoncerait � cette premi�re solution. B.X.________ a �galement all�gu� que les enfants revenaient perturb�s des rencontres avec leur p�re et tenaient des propos incoh�rents tels que " le diable habite la t�te de maman " ou parlaient de la " fin du monde qui aura lieu en 2017".
�Par ordonnance de mesures superprovisionnelles du 2 octobre 2013, le Pr�sident du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois a ordonn� que le droit de visite s'exerce par l'interm�diaire du Point Rencontre deux fois par mois, pour une dur�e maximale de deux heures, � l'int�rieur des locaux.
B.a.b.�A.X.________ a requis lui-m�me des mesures superprovisionnelles et provisionnelles le 3 octobre 2013 puis le 3 novembre 2013, tendant notamment � r�tablir le droit de visite et � �tre autoris� � contacter ses enfants. Il a notamment all�gu� qu'il ne proc�dait � " aucun endoctrinement fanatique de [ses] enfants, mais juste une volont� de leur transmettre des valeurs Christiques comme de pardonner y compris � ses ennemis, de ne pas juger et de condamner les autres " et qu'il leur transmettait " simplement une esp�rance qui [avait] des cons�quences positives dans la vie et dans l'interaction avec leur semblable. Leur transmettre la philosophie du n�ant du mat�rialisme [conduisait] tous ces jeunes � ne plus savoir quel sens donner � leur existence. L'impi�t� sans mesure de B.X.________ [faisait] obstacle � cette volont� de transmission de la foi, de cette esp�rance et c'[�tait] pourquoi elle [poursuivait] l'instrumentalisation de la justice. Ceci n'[�tait] pas sans rappeler ce que les Pharisiens et les sp�cialistes de la loi [avaient] r�alis� il y [avait] deux mille ans en instrumentalisant le pouvoir judiciaire de Ponce Pilate pour condamner un innocent venu t�moigner de ce qu'[�tait] la V�rit� ".
�Le pr�sident a rejet� ces requ�tes par d�cisions des 4 octobre et 4 novembre 2013.
B.a.c.�Le 27 novembre 2013, A.X.________ a adress� � la psychologue G.________ une lettre recommand�e de vingt-sept pages intitul�e " �tat de l'Amour, �tat du monde ". Il y exposait qu'il d�tenait la v�rit� sur le bien et le mal et qu'il �tait dans son devoir de la partager. Il y discourait sur la Vierge Marie, la physique quantique, la gen�se, l'adult�re, l'expiation des p�ch�s, l'av�nement du Christ pour 2017, r�p�tait que le " Grand Ch�timent " serait suivi du " Grand Miracle ", et qualifiait le comportement de son �pouse de " d�clarations et actions haineuses d'une m�re adult�re obstin�e dans le conflit ".
B.a.d.�Une audience de mesures protectrices de l'union conjugale s'est tenue le 19 d�cembre 2013, au cours de laquelle les parties ont convenu de la mise en oeuvre d'une expertise p�dopsychiatrique. B.X.________ a produit plusieurs courriels de son �poux o� celui-ci discourait sur le p�ch� de l'adult�re, lui reprochait d'avoir une perception du bien et du mal conduisant " in�vitablement au mal absolu qu'est le divorce, la haine, la s�paration des enfants ", l'avertissait qu'elle choisissait " toute seule l'enfer si [elle poursuivait] dans [sa] direction de division sans repentir " et expliquait que la " Fin des Temps " �tait simplement un passage de la Bible auquel il croyait et qu'il transmettait uniquement aux enfants " le message d'amour et de pardon tel qu'il a �t� v�cu par le Christ ".
B.a.e.�Le 24 d�cembre 2013, A.X.________ a adress� une lettre de trois pages � ses enfants. Il y racontait qu'un personnage nomm� " L'Amour " devait combattre � l'aide du " Rosaire de Marie " le m�chant " Pitch " qui, par ses mensonges, entra�nait les enfants dans la nuit et la peur. Il continuait son r�cit en endossant le r�le du personnage Jack Frost et en expliquant que " l'Amour ", manifestement pour lui Dieu, lui avait donn� un b�ton en mains propres pour qu'il combatte le " m�chant Pitch " par sa faiblesse, qui est l'absence d'amour. Il ajoutait ensuite ces propos: " Alors, papa, pr�sent avec vous dans votre coeur, vous offre � vous deux, C.________ et D.________, la grosse somme d'argent qui appartient � papa et qui est cach�e dans la maison � E.________. Il offre � maman tout le reste de ses biens qui sont aussi dans la maison. Maman enverra les papiers � papa pour authentifier cet Acte d'Amour qui vient de l'Amour lui-m�me, pour se remettre dans la lumi�re de l'Amour ". Il terminait son r�cit en affirmant que, pour combattre l'�go�sme, Dieu envoyait � nouveau J�sus, son fils unique " que nous verrons tous ensemble en 2017", et qu'il fallait que les enfants gardent " le b�b� J�sus dans [leur] poche sans jamais le perdre jusqu'� ce qu'il revienne dans environ quatre ans ", ce qu'il �tait un des seuls au monde � savoir.
�A.X.________ s'est � nouveau adress� � ses enfants par lettre du 11 janvier 2014. Il y expliquait qu'un dragon, qui avait beaucoup d'argent et de haine en lui, l'emp�chait de les voir et de les aimer et qu'il devait aller le combattre, toujours avec ce m�me b�ton que Dieu lui avait donn�, qu'il consid�rait manifestement comme la pri�re. Il enjoignait les enfants � r�citer la pri�re catholique " Je vous salue Marie " pour l'aider � combattre le dragon.
�Par lettre du m�me jour adress� au Pr�sident du Tribunal civil, il a fait valoir que ses enfants �taient tr�s perturb�s, que B.X.________ avait emp�ch� tout contact avec eux malgr� qu'il lui e�t rappel� les notions de pardon et de r�alit� biblique de l'enfer et que les enfants �taient les victimes de la haine de son �pouse, alors que lui-m�me ne voulait leur transmettre qu'amour et paix. Il disait n'avoir plus confiance en la justice qui donnait la pr�f�rence � une m�re ayant des comportements sexuels d�viants devant ses enfants plut�t qu'� un p�re qui a la foi, l'esp�rance et la charit�, et que cette iniquit� conduirait les " deux enfants innocents � la m�me d�ch�ance que leur m�re ".
B.a.f.�Par lettre du 23 janvier 2014, la responsable du Point Rencontre a constat� que le p�re ne s'�tait pas rendu aux visites pr�vues les 21 d�cembre 2013, 4 et 18 janvier 2014, et que, sans nouvelles de lui depuis le 7 d�cembre 2013, le Point Rencontre renon�ait � planifier de nouvelles dates de visite.
B.a.g.�Par requ�te de mesures protectrices de l'union conjugale du 26 janvier 2014, A.X.________ a requis que son droit de visite soit r�tabli. Il r�p�tait que son �pouse avait abandonn� " le droit chemin de v�rit� et de justice ", qu'elle s'�tait " �gar�e en s'engageant sur le chemin du Mal sans mesure ", qu'il l'encourageait " vivement � se remettre en filiation avec le Bien, la V�rit�, l'Amour et la Justice pour le bien de ses enfants ", et il ajoutait que " seul un retour total et radical � J�sus-Christ, � son P�re et � leur Esprit-Saint dans la mis�ricorde infinie de notre Sauveur [permettait] un r�tablissement d'une authentique Paix du coeur. Toute autre voie [�tait] sans issue et [provoquerait] � terme un mal beaucoup plus grand ".
�Par d�cision du 28 janvier 2014, le Pr�sident du Tribunal a rejet� cette requ�te.
B.a.h.�Alors qu'un droit de visite au Point Rencontre �tait fix� d�s le 1
er�f�vrier 2014, A.X.________ a inform� son �pouse par courriel du 1
er�mars 2014 qu'il cesserait toute visite d�s le 15 mars 2014 jusqu'� ce que son droit soit r�tabli de mani�re usuelle, le mode actuel �tant trop traumatisant pour les enfants. Il y d�veloppait un paragraphe sur le concept d'adult�re au sens de l'Eglise catholique et expliquait � son �pouse qu'elle pourrait s'en sortir en faisant appel � la mis�ricorde de Dieu.
B.a.i.�Par d�cision du 24 janvier 2014, le Pr�sident du Tribunal a confirm� l'ordonnance de mesures superprovisionnelles du 2 octobre 2013 (cf.�
supra�B.a.a), dit que l'exercice du droit de visite s'exercera par l'interm�diaire du Point Rencontre deux fois par mois pour une dur�e maximale de deux heures, � l'int�rieur des locaux exclusivement, et ordonn� la mise en oeuvre d'une expertise p�dopsychiatrique des enfants, confi�e � un p�dopsychiatre � Vevey, la mission de l'expert consistant � �valuer les comp�tences parentales des deux parents, en particulier de faire toutes propositions utiles quant � l'attribution de l'autorit� parentale et de la garde, ainsi qu'aux modalit�s d'exercice des relations personnelles.
B.b.�Par arr�t du 28 mars 2014, le Juge d�l�gu� de la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal vaudois a rejet� l'appel interjet� contre cette d�cision par A.X.________.
Par acte post� le 12 mai 2014, A.X.________ interjette un recours en mati�re civile contre cet arr�t. Il conclut, principalement, � sa r�forme en ce sens que l'ordonnance de mesures superprovisionnelles du 2 octobre 2013 est r�voqu�e et la requ�te de mesures provisionnelles de B.X.________ du 2 octobre 2013 rejet�e, et, subsidiairement, � son annulation et au renvoi de la cause � l'autorit� pr�c�dente pour nouvelle d�cision au sens des consid�rants. Il se plaint de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'application des art. 273 s. et 303 CC, ainsi que de celle de l'art. 15 Cst.
L'arr�t entrepris est une d�cision finale (art. 90 LTF; ATF 133 III 393 consid. 4) rendue en mati�re civile (art. 72 al. 1 LTF), de nature non p�cuniaire, prise sur recours par un tribunal sup�rieur statuant en derni�re instance cantonale (art. 75 al. 1 et 2 LTF). Le recours a en outre �t� interjet� dans le d�lai (art. 100 al. 1 LTF) et la forme (art. 42 LTF) pr�vus par la loi, par une partie ayant pris part � la proc�dure devant l'autorit� pr�c�dente et ayant un int�r�t digne de protection � l'annulation ou � la modification de la d�cision attaqu�e (art. 76 al. 1 LTF). Au regard de ces dispositions, le recours est donc recevable.
D�s lors que la d�cision attaqu�e porte sur la modification de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 179 CC), soit de mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393 consid. 5), le Tribunal f�d�ral dispose d'un pouvoir d'examen limit�, seule la violation des droits constitutionnels pouvant �tre invoqu�e (ATF 134 I 83 consid. 3.2; 133 III 589 consid. 2). Le Tribunal f�d�ral n'examine de tels griefs que s'ils ont �t� invoqu�s et motiv�s conform�ment au principe d'all�gation (art. 106 al. 2 LTF), � savoir express�ment soulev�s et expos�s de mani�re claire et d�taill�e (ATF 139 I 229 consid. 2.2; 134 I 83 pr�cit�; 133 II 249 consid. 1.4.2). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF 133 III 589 consid. 2).
Le recourant se plaint de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'application des art. 273 s. CC en tant que son droit de visite doit s'exercer de mani�re surveill�e au Point Rencontre.
3.1.�L'autorit� cantonale a consid�r� que le signalement donn� par la psychologue G.________, plusieurs mois apr�s les d�clarations du Dr F.________, attestait que l'�volution de l'enfant a�n� n'�tait pas bonne et qu'il �tait vraisemblable qu'elle �tait en relation directe avec le comportement du p�re, qui apparaissait envahi par un mysticisme qui prenait le pas sur sa raison. Il r�sultait par ailleurs des pi�ces que, m�me lorsqu'il s'adressait � des tiers (autorit� judiciaire, personnel m�dical), le recourant revenait sur des th�mes qui lui �taient chers, de sorte qu'on ne pouvait pas admettre qu'il �tait en mesure de faire la part des choses entre une �ducation religieuse normale et ses convictions plus personnelles mettant en �vidence des id�es d�lirantes. Au stade de la vraisemblance, il paraissait inimaginable que le recourant parv�nt � s'en tenir � un discours limit� lorsqu'il s'agissait d'�duquer ses enfants dans la foi catholique, tant ses convictions religieuses, objectivement terrorisantes en ce qu'elles se r�f�raient syst�matiquement � l'Apocalypse, au Jugement dernier ou � l'expiation des fautes, semblaient l'obs�der. Son courrier du 24 d�cembre 2013 faisait r�f�rence directe � la fin du monde d�s lors qu'il enjoignait les enfants � garder le " b�b� J�sus " dans leur poche " jusqu'� ce qu'il revienne dans environ quatre ans ". En outre, dans celui du 11 janvier 2014, le recourant faisait croire � ses enfants qu'un dragon qui avait " beaucoup d'argent " l'emp�chait de les voir, alors qu'il avait renonc� � se rendre au Point Rencontre, pr�f�rant ne pas rencontrer ses enfants tant que le droit de visite s'exer�ait par ce biais. Il apparaissait ainsi comme une personne intransigeante, autoritaire et culpabilisante. Par ailleurs, le recourant ne parvenait pas � dissocier le conflit parental des questions relatives aux enfants, ce que le SPJ avait d'ailleurs d�j� constat� en avril 2013, allant jusqu'� int�grer dans son r�cit de No�l des questions li�es � la liquidation de son patrimoine (r�f�rence � une " grosse somme d'argent " et au fait que " maman enverra les papiers � papa pour authentifier cet Acte d'Amour "). Enfin, le recourant, qui ne semblait pas comprendre que les id�es de fin du monde et de p�nitence syst�matique pouvaient s'av�rer traumatisantes, avait une attitude � l'�vidence n�faste pour le d�veloppement des enfants qui faisait craindre le pire. Il se justifiait donc de prot�ger les enfants jusqu'aux conclusions de l'expertise p�dopsychiatrique et de confirmer la d�cision du premier juge.
3.2.1.�Selon l'art. 179 al. 1 1
�re�phr. CC - qui n'a pas �t� modifi�e par la r�vision du Code civil du 21 juin 2013 entr�e en vigueur le 1
er�juillet 2014 -, � la requ�te d'un �poux, le juge ordonne les modifications command�es par les faits nouveaux et rapporte les mesures prises lorsque les causes qui les ont d�termin�es n'existent plus.
�Cette norme exige un fait nouveau et l'action en modification ne doit pas aboutir � recommencer la proc�dure de mesures protectrices; il faut au contraire un changement notable des circonstances qui impose imp�rativement, pour le bien de l'enfant, une modification de la r�glementation adopt�e dans le pr�c�dent jugement. Cependant, cela ne signifie pas que la modification de la r�glementation du droit de visite doive �tre soumise � des exigences particuli�rement strictes. Il suffit que le pronostic du premier juge sur les effets des relations personnelles entre le parent auquel la garde n'a pas �t� confi�e et l'enfant se r�v�le erron�, et que le maintien de la r�glementation actuelle risque de porter atteinte au bien de l'enfant. Ainsi, il faut surtout garder � l'esprit que le fait nouveau est important et suffisant pour modifier le jugement lorsqu'un tel changement appara�t comme n�cessaire pour r�pondre au bien de l'enfant (en mati�re de divorce: cf. ATF 111 II 405 consid. 3; arr�ts 5A_756/2013 du 9 janvier 2014 consid. 5.1.1; 5A_120/2013 du 23 mai 2013 consid. 2.1.1).
�Si le juge admet l'existence d'un fait nouveau, et d�cide donc d'entrer en mati�re sur la requ�te en modification, les dispositions relatives aux effets de la filiation s'appliquent (cf. art. 176 al. 2 CC), � savoir l'art. 273 CC pour le principe des relations personnelles et l'art. 274 CC pour les limites de celles-ci.
3.2.2.�Si les relations personnelles (art. 273 al. 1 CC) compromettent le d�veloppement de l'enfant, si les p�re et m�re qui les entretiennent violent leurs obligations, s'ils ne se sont pas souci�s s�rieusement de l'enfant ou s'il existe d'autres justes motifs, le droit d'entretenir ces relations peut leur �tre retir� ou refus� (art. 274 al. 2 CC). Ce refus ou ce retrait ne peut �tre demand� que si le bien de l'enfant l'exige imp�rieusement et qu'il est impossible de trouver une r�glementation du droit de visite qui sauvegarde ses int�r�ts: la r�gle a pour objet de prot�ger l'enfant, et non de punir les parents. Il existe un danger pour le bien de l'enfant si son d�veloppement physique, moral ou psychique est menac� par la pr�sence, m�me limit�e, du parent qui n'a pas l'autorit� parentale. Conform�ment au principe de la proportionnalit�, il importe en outre que ce danger ne puisse �tre �cart� par d'autres mesures appropri�es. Le retrait de tout droit � des relations personnelles constitue l'�
ultima ratioet ne peut �tre ordonn� dans l'int�r�t de l'enfant que si les effets n�gatifs des relations personnelles ne peuvent �tre maintenus dans des limites supportables pour l'enfant. En revanche, si le risque engendr� pour l'enfant par les relations personnelles peut �tre limit� gr�ce � la pr�sence d'un tiers, le droit de la personnalit� du parent non d�tenteur de l'autorit� parentale, le principe de la proportionnalit� et le sens des relations personnelles interdisent la suppression compl�te de ce droit (ATF 122 III 404 consid. 3b; arr�ts 5A_505/2013 du 20 ao�t 2013 consid. 2.3, publi�
in�FamPra.ch 2013 p. 1045; 5A_586/2012 du 12 d�cembre 2012 consid. 4.2, publi�
in�FamPra.ch 2013 p. 510). L'�tablissement d'un droit de visite surveill�, comme le refus ou le retrait du droit aux relations personnelles selon l'art. 274 al. 2 CC, n�cessite des indices concrets de mise en danger du bien de l'enfant. Il ne suffit pas que ce dernier risque abstraitement de subir une mauvaise influence pour qu'un droit de visite surveill� soit instaur� (ATF 122 III 404 consid. 3c; arr�ts 5A_377/2009 du 3 septembre 2009 consid. 5.2, publi�
in�SJ 2010 I p. 314 et�
in�FamPra.ch 2010 p. 209; 5A_699/2007 du 26 f�vrier 2008 consid. 2.1, publi�
in�FamPra.ch 2008 p. 695; 5C.58/2004 du 14 juin 2004 consid. 2.1.2).
�Pour r�gler le droit de visite, le juge du fait dispose d'un pouvoir d'appr�ciation dont le Tribunal f�d�ral contr�le l'exercice dans le cadre de mesures provisionnelles selon l'art. 98 LTF avec une cognition limit�e � l'arbitraire. Le Tribunal f�d�ral n'intervient que si le juge a abus� du pouvoir d'appr�ciation qui lui est accord�, ou s'il l'a exc�d�; tel est le cas lorsque la d�cision repose sur une appr�ciation insoutenable des circonstances, qu'elle est inconciliable avec les r�gles du droit et de l'�quit�, qu'elle omet de tenir compte de tous les �l�ments de fait propres � fonder la d�cision ou encore, lorsqu'elle prend au contraire en consid�ration des circonstances qui ne sont pas pertinentes (ATF 109 Ia 107 consid. 2c; arr�t 5A_699/2007 du 26 f�vrier 2008 consid. 2.2, publi�
in�FamPra.ch 2008 p. 695).
3.3.�En l'esp�ce, le recourant ne d�montre en rien l'arbitraire de la d�cision attaqu�e. En effet, il se base sur des rapports datant d'avril 2013 pour soutenir que l'�volution des enfants ne pr�sente aucun probl�me, alors que l'autorit� cantonale s'est fond�e sur un rapport post�rieur, de septembre 2013, rendu pr�cis�ment � l'�poque o� le recourant a envoy� � l'intim�e des courriers � la teneur alarmante, et �met de vagues hypoth�ses sur la fa�on dont se serait d�roul� l'examen de la psychologue G.________. Il soutient que l'autorit� cantonale s'est avant tout fond�e sur les d�clarations de l'intim�e relat�es par cette th�rapeute, alors qu'elle s'est au contraire principalement pench�e sur ses propres �crits et son comportement pour appr�cier la situation. Il se borne � pr�senter sa propre interpr�tation de ses courriers adress�s aux enfants, pour soutenir que ceux-ci sont des " contes pour enfants dont le but est d'inculquer les valeurs nobles du Christianisme ", alors qu'on ne peut reprocher � l'autorit� cantonale d'avoir vers� dans l'arbitraire en les consid�rant comme objectivement terrorisants pour des enfants de cet �ge et extr�mement radicaux. Enfin, il soutient que l'autorit� cantonale aurait vers� dans l'arbitraire en ne se basant pas uniquement sur les courriers adress�s aux enfants, mais aussi sur ceux adress�s � des tiers, alors qu'elle �tait parfaitement fond�e � �valuer le comportement du recourant sur la base de ces �crits-l�, ceux-ci �tant pertinents pour cerner dans quelle mesure le mysticisme du recourant envahit compl�tement son rapport � autrui ainsi que sa compr�hension du monde et de l'existence. C'est donc sans arbitraire que l'autorit� cantonale a consid�r� vraisemblable que le recourant ne sait pas faire la part des choses entre une �ducation religieuse adapt�e � de jeunes enfants et l'inculcation de ses convictions personnelles concr�tement susceptibles de porter atteinte au bien-�tre psychique de ceux-ci.
�Au vu de ce qui pr�c�de, le grief de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'application des art. 273 s. CC doit �tre rejet�, pour autant qu'il soit recevable.
Le recourant se plaint encore de la violation de l'art. 9 Cst. dans l'application de l'art. 303 al. 1 CC et de celle de l'art. 15 Cst. Il affirme que l'autorit� cantonale s'immisce dans l'�ducation religieuse qu'il prodigue � ses enfants alors que cette �ducation ne leur porterait aucun pr�judice.
4.1.�Aux termes de l'art. 303 al. 1 CC, les p�re et m�re disposent de l'�ducation religieuse de l'enfant. Il s'agit d'une composante de l'autorit� parentale que conserve le parent qui se voit retirer le droit de garde seulement. La facult� des parents de d�cider de l'�ducation religieuse de leurs enfants est une composante de leur propre libert� de conscience et de croyance, garantie par l'art. 15 al. 1 Cst. (ATF 129 III 689 consid. 1.2).
4.2.�En l'esp�ce, l'autorit� cantonale a pr�cis�ment retenu que le discours du recourant et son pros�lytisme mettaient en danger le bien-�tre des enfants, sans que celui-ci ne d�montre l'arbitraire de cette appr�ciation. Elle devait par ailleurs tenir compte de ce bien-�tre pour r�gler les relations personnelles (cp. arr�t 5C.146/2003 du 23 septembre 2003 consid. 4, non publi� aux ATF 129 III 689).
�Ainsi, les griefs soulev�s par le recourant deviennent sans objet et doivent �tre rejet�s, pour autant que recevables.
En conclusion, le recours doit �tre rejet�, dans la mesure o� il est recevable. Les frais judiciaires, arr�t�s � 3'000 fr., sont mis � la charge du recourant qui succombe (art. 66 al. 1 LTF). Des d�pens ne sont pas dus.

References: art. 273
 ATF 
 art. 273
 ATF 
 art. 176
 art. 273
 ATF