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Timestamp: 2018-02-21 20:56:46+00:00

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Cène/Eucharistie : Présence dans les éléments
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Groupe des Dombes « Vers une même foi eucharistique » Presses de Taizé, 1972
§14 C’est l’Esprit qui, invoqué sur l’assemblée, sur le pain et le vin, nous rend le Christ réellement présent, nous le donne et nous le fait discerner. Le mémorial et l’invocation de l’Esprit (anamnèse et épiclèse), qui sont orientés vers notre union au Christ, ne peuvent être accomplis indépendamment de la communion.
§16 Nous reconnaissons le caractère épiclétique de toute la prière eucharistique.
§17 L’action eucharistique est don de la personne du Christ. En effet, le Seigneur dit : « Prenez… ». Nous confessons donc unanimement la présence réelle, vivante et agissante du Christ dans ce sacrement.
§18 Le discernement du corps et du sang du Christ requiert la foi. Cependant, la présence du Christ à son Eglise dans l’eucharistie ne dépend pas de la foi de chacun, car c’est le Christ qui se lie lui-même, par ses paroles et dans l’Esprit, à l’événement sacramentel, signe de sa présence donnée.
§19 L’acte du Christ étant don de son corps et de son sang, c’est à dire de lui-même, la réalité donnée sous les signes du pain et du vin est son corps et son sang 1. C’est en vertu de la parole créatrice du Christ et par la puissance du St Esprit que le pain et le vin sont faits sacrements et donc « communication du corps et du sang » du Christ (1 Cor. 10.16). Ils sont désormais, dans leur vérité donnée, et le demeurent en vue de leur consommation. Ce qui est donné comme corps et sang du Christ reste donné, et demande à être traité comme tel.
§20 Constatant la diversité des pratiques des Eglises mais tirant les conséquences de l’accord précédent, en vue de la métanoia ecclésiale reconnue nécessaire, nous demandons :
• que, du côté catholique, on rappelle, notamment dans la catéchèse et la prédication, que l’intention première de la réserve eucharistique est la distribution aux malades et aux absents ;
• que, du côté protestant, soit mise en œuvre la meilleure façon de témoigner le respect dû aux éléments qui ont servie à la célébration eucharistique, c’est-à-dire leur consommation ultérieure, sans exclure leur usage pour la communion des malades.
Dans son commentaire, le document ajoute (page 48) :
Une telle approche du mystère eucharistique nous a donc permis d’aborder en face le point particulièrement controversé de la permanence de la présence. Ce que nous avons pu dire, non sans difficulté, pourra apparaître sans doute excessif à beaucoup de protestants et insuffisant à beaucoup de catholiques, en dépit des références à St Thomas et Calvin citées en note. C’est pourquoi nous nous sommes permis, sur ce point précis, de rappeler l’importance de la « conversion confessionnelle » nécessaire (aussi bien dans les usages que dans les mentalités), compte tenu de la diversité des pratiques dont il convient de retrouver le sens et auxquelles il y a lieu d’apporter les clarifications indispensables.
1 Cela ne signifie ni localisation du Christ dans le pain et le vin, ni changement physico-chimique de ces choses. Cf S. Thomas, S.T. III, 76, 3à5 et III, 77, 5à8. Calvin, I.C. I,11.13 et IV,14.18
Les Thèses de Lyon (1968) : La Cène du Seigneur
Adoptées par les Synodes réformés et luthériens de France
Jésus-Christ : le donateur et le don
Lors de la célébration de la cène, le Seigneur Jésus est, selon sa promesse, présent et agissant dans son Eglise par le St Esprit. Le moyen choisi par le Seigneur pour nous y communiquer la grâce de sa présence est le pain qu’il nous ordonne de manger et la coupe qu’il nous ordonne de boire. (…) Il se donne à nous pour que nous recevions en Lui, le pardon de nos péchés, la vie nouvelle et la force d’être ses témoins.
Bien que dans la cène, le pain et le vin restent ce qu’ils sont, ils y reçoivent une destination nouvelle, celle de nous communiquer le don de Dieu en jésus Christ et d’exprimer qu’il est réelle notre nourriture et notre breuvage. Aussi ne devons-nous jamais dissocier la réalité de la communion au corps et au sang du Christ de l’acte de manger et de boire.
Le mode de présence du Seigneur est toujours un mystère qui ne peut être défini, mais nous confessons la réalité et l’efficacité souveraine de sa présence. Dans la cène cette présence ne dépend pas de la foi de chacun, car le Christ s’est lié à cet acte. Ceux qui prennent la cène dans la foi en cette présence reçoivent la grâce ; ceux qui la prendraient en refusant d’y croire, en recevraient leur jugement.
La Concorde de Leuenberg (1973)
§15 Dans la cène, Jésus Christ, le ressuscité, s’offre lui-même, en son corps et en son sang donnée pour tous par la promesse de sa parole, avec le pain et le vin. Il nous accorde ainsi le pardon des péchés et nous libère pour une vie nouvelle dans la foi. Il renouvelle notre assurance d’être membre de son corps. Il nous fortifie pour le service des hommes.
§16 En célébrant la cène, nous proclamons la mort du Christ par laquelle Dieu a réconcilié le monde avec lui-même. Nous confessons la présence du Seigneur ressuscité parmi nous. Dans la joie de la venue du Seigneur auprès de nous, nous attendons son avènement dans la gloire.
§18-20 Dans la cène, JC le ressuscité se sonne lui-même en son corps et son sang, livrés à la mort pour tous, par la promesse de sa parole, avec le pain et le vin. De la sorte, il se donne lui-même sans restriction à tous ceux qui reçoivent le pain et le vin ;: la foi reçoit la cène pour le salut, l’incrédulité la reçoit pour le jugement.
Nous ne saurions dissocier la communion avec J.C. avec son corps et en son sang de l’acte de manger et de boire. Toute considération du mode de présence du Christ dans la cène qui serait détachée de cet acte risque d’obscurcir le sens de la cène.
La Cène du Seigneur – Liebfrauenberg 1981
Assemblée commune luthéro-réformée française
§2 Dans la cène, repas de la Nouvelle Alliance, le Seigneur se lie à l’acte communautaire de manger et de boire. Pour nous communiquer la grâce de sa présence, il a choisi le pain qu’il nous invite à manger et le vin qu’il nous invite à boire. En les recevant, nous recevons le corps du Christ donné pour nous. Cette présence, dont aucune explication ne pourra jamais rendre compte de manière entièrement satisfaisante, est fondée sur la promesse du Christ. Elle n’est pas l’œuvre de la subjectivité et de la piété humaine, mais elle est l’œuvre du St Esprit.
En ce qui concerne la manière de traiter les éléments après la célébration proprement dite, il y a des sensibilités différentes. Celles-ci n,e mettent pas en cause la foi commune dans la présence réelle. ? Mais elles comportent des interpellations mutuelles sur nos diverses pratiques ? Les uns veulent éviter toute sacralisation des éléments. Les autres estiment que, eu égard à leur destination, les éléments doivent être traités avec respect, même après la célébration. Les uns et les autres s’efforceront de ne pas blesser la sensibilité de leurs partenaires œcuméniques.
Document Baptême Eucharistie Ministère – COE 1982
§14 (…) dans la certitude d’être exaucée en raison de la promesse de Jésus dans les paroles de l’institution, l’Eglise demande au Père l’Esprit Saint pour qu’il accomplisse l’événement eucharistique : la présence réelle du Christ crucifié et ressuscité donnant sa vie pour toute l’humanité.
(…) L’épiclèse est située différemment par rapport aux paroles de l’institution dans les diverses traditions liturgiques. Dans les liturgies primitives, toute la prière eucharistique était conçue comme apportant la réalité promise par le Christ. L’invocation de l’Esprit était faite à la fois sur la communauté et sur les éléments du pain et du vin. En retrouvant cette conception, nous pourrions surmonter nos difficultés concernant un moment particulier de la consécration.
§15 C’est en vertu de la parole vivante du Christ et par la puissance du Saint Esprit que le pain et le vin deviennent les signes sacramentels du corps et du sang du Christ. Ils le demeurent en vue de la communion.
Dans l’histoire de l’Eglise, il y a eu diverses tentatives pour comprendre le mystère de la présence réelle unique du Christ dans l’Eucharistie. Certains se limitent à l’affirmation pure et simple de cette présence sans vouloir l’expliquer. D’autres considèrent comme nécessaire l’affirmation d’un changement accompli par l’Esprit Saint et les paroles du Christ, qui fait qu’il n’y a plus un pain et un vin ordinaire mais le corps et le sang du Christ. D’autres enfin ont élaboré une explication de la présence réelle qui ne prétend pas épuiser la signification du mystère mais veut protéger contre les interprétations nuisibles.
§32 Certaines Eglises insistent sur la durée de la présence du Christ dans les éléments consacrés de l’eucharistie, après la célébration ; d’autres mettent l’accent majeur sur l’acte de la célébration elle-même et la consommation des éléments dans la communion. La manière de traiter les éléments réclame une attention particulière. En ce qui concerne la réservation des éléments, chaque Eglise devrait respecter les pratiques et la piété des autres. Etant donné la diversité parmi les Eglises et en tenant compte aussi de la situation présente dans le développement des convergences, il est utile de suggérer :
que, d’un côté, on rappelle, notamment dans la catéchèse et la prédication, que l’intention première de la réservation des éléments est la distribution aux malades et aux absents ;
que, d’un autre côté, on reconnaisse que la meilleure façon de témoigner le respect dû aux éléments qui ont servie à la célébration eucharistique est leur consommation, sans exclure leur usage pour la communion des malades.
La Doctrine et la pratique de la Sainte-Cène - 1994
Assemblée Européenne de la Communion de Leuenberg, Vienne
III.6 Bien que la conception protestante n’envisage pas la transsubstantiation des éléments lors de la cène, le respect de l’utilisation des dons de la création que sont le pain et le vin dans la cène et l’attention œcuménique appellent un usage approprié des éléments restants.

References: §14

§16

§17

§18

§19

§20

§15

§16

§18

§2

§14

§15

§32