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Timestamp: 2016-10-22 07:16:27+00:00

Document:
d�fenderesse et recourante, repr�sent�e par Me Dominique de Weck,
contrat de bail; indemnit� de remise en l'�tat � la charge du locataire,
A.a Le 20 novembre 1985, N.________ a remis � bail � Y.________ SA, dont C.________ �tait administrateur, un magasin d'exposition avec arcade commerciale, � Gen�ve, que le locataire destinait � l'achat, la vente et l'exposition d'automobiles; le bail commercial �tait conclu pour une dur�e de 10 ans, renouvelable de 5 ans en 5 ans.
La faillite de Y.________ SA ayant �t� d�clar�e le 9 d�cembre 1993, deux nouveaux baux ont �t� conclus, en remplacement de l'accord pr�cit�, entre N.________, en tant que bailleur, et, conjointement, Z.________ SA et M.________, �pouse de C.________, en tant que locataires. Le premier contrat portait sur la location du magasin d'exposition avec l'arcade commerciale, alors que le second avait trait � une annexe au magasin. Ces baux, pass�s pour une dur�e initiale de 5 ans, soit du 1er mars 1994 au 28 f�vrier 1999, �taient renouvelables ensuite tacitement d'ann�e en ann�e. Les loyers annuels, sans les charges, avaient �t� fix�s � 74'670 fr. pour le magasin d'exposition et � 25'470 fr. pour l'annexe.
A.b A une date ind�termin�e, X.________ SA a acquis les biens-fonds de N.________, auquel elle a succ�d� dans tous ses droits et obligations de bailleur.
Par avis officiels du 16 janvier 1998, X.________ SA a r�sili� les deux baux pour l'�ch�ance du 28 f�vrier 1999; ces cong�s n'ont pas �t� contest�s par les locataires.
Les locataires n'ayant pas restitu� les locaux � la fin du bail, X.________ SA a d�pos� une demande d'�vacuation. Par accord du 21 juin 1999 intervenu devant le Tribunal des baux et loyers du canton de Gen�ve, Z.________ SA et M.________ ont pris l'engagement de quitter les locaux au 30 juillet 1999.
Par la suite, � une date inconnue, Z.________ SA a �t� d�clar�e en faillite.
A.c Le 31 juillet 1999, un premier proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie a �t� �tabli. Sous la rubrique "le locataire reconna�t �tre responsable des d�g�ts mentionn�s ci-dessous. Il s'engage � payer les travaux de r�paration ou de remise en �tat sur simple pr�sentation des factures et devis", les travaux suivants �taient indiqu�s :
� - R�parer et peindre la devanture,
- Nettoyer et d�caper le blanc sur les vitrines,
- D�poser tous les miroirs contre murs et piliers,
- Terminer le d�montage du bureau int�rieur,
- Nettoyer les ext�rieurs et �vacuer deux v�hicules,
- D�monter paroi bois poster L�mania,
- D�monter le bac � sable,
- Suite d�montage du bureau remettre en �tat le faux plafond �.
Ce constat, r�dig� par D.________, employ� de la r�gie de la bailleresse, a �t� sign� par le pr�nomm� et par C.________. Il a �t� retenu que d�s l'instant o� les locaux �taient encore occup�s le 31 juillet 1999, il �tait entendu que C.________ allait effectuer les travaux susd�crits dans la semaine suivante.
Un second proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie a �t� �tabli le 2 ao�t 1999. Ce document, dress� et sign� par un autre employ� de la r�gie susmentionn�e, qui constatait l'existence de douze d�g�ts et �num�rait les r�parations � op�rer, n'a pas �t� sign� par les locataires. L'employ� en question a d�clar� sous la foi du serment que le 2 ao�t 1999 � il n'y avait pas de gros d�g�ts ... (mais) des interventions que le locataire sortant devait effectuer �.
C.________ a restitu� les cl�s des locaux le 3 ao�t 1999.
Le 4 ao�t 1999, � la requ�te de la soci�t� X.________ SA, l'huissier judiciaire E.________ a examin� les locaux en cause; il a dress� un proc�s-verbal de ses constatations, auquel il a joint 20 photographies en couleur, illustrant ce qui suit:
� - l'enl�vement d'un cache-radiateur,
- le d�montage d'un lavabo,
- le d�montage, voire l'arrachage d'interrupteurs et de prises �lectriques,
- le d�montage, voire l'arrachage de canaux �lectriques,
- les d�tritus alentour�.
Le 10 ao�t 1999, X.________ SA, par la plume de son conseil, a avis� les locataires des d�fauts ayant fait l'objet du constat d'huissier.
A.d Le 19 ao�t 1999, l'entreprise W.________, a remis � la bailleresse un rapport �manant d'un ing�nieur �lectricien sur l'�tat des installations �lectriques des locaux. Il a �t� constat� que cet ing�nieur �lectricien a relev� que le 11 ao�t 1999 les installations �lectriques pr�sentaient un caract�re de dangerosit� et que � certaines parties � manquaient, le montant des r�parations �lectriques �tant estim� � un minimum de 12'000 fr.
B.a Apr�s l'�chec d'une tentative de conciliation, X.________ SA (la demanderesse) a saisi le Tribunal des baux et loyers et requis que M.________ (la d�fenderesse) soit condamn�e au paiement de diverses r�parations, qu'elle a chiffr�es comme il suit:
� - Electricit� 12'000.00 fr.
- Ma�onnerie pour marbrier 1'562.00 fr.
- R�paration sol carrosserie 700.00 fr.
- Evacuation de divers d�chets 3'222.00 fr.
- D�molition socle b�ton et container 2'257.50 fr.
- R�paration porte coulissante carrosserie 1'657.20 fr.
- Peinture et restauration int�rieure 39'131.30 fr.
- R�fection imposte 1'076.00 fr.
- D�molition miroirs, parois, bureau et estrade 10'836.00 fr.
- Frais d'expertise �lectrique 1'769.00 fr.
total: 115'956.00 fr. �.
Ce total est toutefois erron�, l'addition des diff�rents postes de la demande donnant un total de 114'817 fr.50.
M.________ s'est oppos�e � la demande. Elle a notamment fait valoir que les locaux au moment de leur restitution �taient dans le m�me �tat que lorsqu'elle en avait pris possession 15 ans auparavant et que toute d�gradation qui serait survenue rel�verait de l'usure normale. De plus, en l'absence d'un �tat des lieux d'entr�e, la comparaison avec l'�tat des lieux de sortie ne serait pas possible, de sorte que la demanderesse n'est pas � m�me de prouver un quelconque dommage. La d�fenderesse a form� une reconvention tendant au paiement de 28'802 fr. 75 � titre de solde de chauffage.
X.________ SA a admis la reconvention � concurrence de 10'508 fr.30 et diminu� le montant r�clam� initialement, qu'elle a ramen� � 112'234 fr., sous d�duction du montant dont elle s'est reconnue d�bitrice.
Le Tribunal des baux et loyers a ordonn� des enqu�tes. Il en ressort que c'est apr�s le d�part de la locataire que des d�pr�dations ont �t� constat�es (bris de miroirs, arrachage d'installations �lectriques et de moquette, d�montage d'un faux-plafond, descellement d'un coffre-fort, sciage de m�ts porte-drapeaux), en sorte que les locaux paraissaient laiss�s � l'abandon.
B.b Par jugement du 13 octobre 2003, le Tribunal des baux et loyers a condamn� la d�fenderesse � payer � la demanderesse 2'657 fr. 20, et, sur demande reconventionnelle de M.________, condamn� X.________ SA � lui payer 10'508 fr. 30.
Saisie d'un appel de la demanderesse, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve, par arr�t du 5 avril 2004, a annul� le jugement pr�cit� et renvoy� la cause au Tribunal des baux et loyers pour compl�ment d'instruction. La cour cantonale a jug� que la demanderesse avait avis� en temps utile les locataires des d�pr�dations constat�es, si bien qu'il y avait lieu, contrairement � l'opinion du Tribunal des baux et loyers, d'entrer en mati�re sur la totalit� des d�g�ts d�crits dans la demande. Sous cet angle, la Chambre d'appel a relev� que ledit Tribunal n'avait pas proc�d� � des enqu�tes pour d�terminer le montant d�finitif du dommage � r�parer en tenant compte de l'usure normale des installations pendant la dur�e du bail, d'o� la d�cision de lui renvoyer la cause.
B.c Le Tribunal des baux et loyers a ordonn� l'ouverture de nouvelles enqu�tes, entendant en particulier sept t�moins.
Par jugement du 30 novembre 2005, il a consid�r� que le dommage que la d�fenderesse devait rembourser � la bailleresse se montait � un total de 85'106 fr.50, plus int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005, et qu'il fallait donner acte � la demanderesse de son engagement de verser � son adverse partie la somme de 10'508 fr.30, la compensation avec le premier montant �tant ordonn�e � due concurrence.
Cette autorit� a retenu que 20 postes de dommage devaient �tre mis � la charge de la d�fenderesse. Il s'agit 1) du sol de l'arcade, 2) du sol du d�p�t, 3) des objets laiss�s par la d�fenderesse, 4) de la d�molition du � socle en b�ton du local container �, 5) de la r�paration des portes du local carrosserie, 6) du remplacement des vitres d�truites, 7) du grattage de la peinture sur les vitres, 8) de la repose des m�ts sci�s, 9) de la fourniture et pose des deux portes du garage, 10) de la r�fection du faux plafond, la d�pose du plafond en bois et la pose d'un faux plafond en pl�tre, 11) de la r�fection des murs, vitrages, radiateurs et ma�onnerie du b�timent A, 12) de la r�fection du plafond du b�timent B, 13) de la r�fection des murs, vitrages, radiateurs et ma�onnerie du b�timent B, 14) de la r�fection du plafond des WC et du local d'acc�s du b�timent B, 15) de la remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage, 16) de la r�paration d'une imposte ab�m�e, 17) des travaux de remise en �tat de l'installation �lectrique, 18) de la remise en place de l'auvent de la carrosserie, 19) des frais de l'entreprise W.________ et 20) de la note d'honoraires de l'huissier judiciaire E.________.
Le Tribunal des baux et loyers, � part les postes 1) �sol de l'arcade� et 15) �remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage�, n'a pas pris en compte l'usure normale, dans la mesure o� les locaux avaient �t� volontairement saccag�s.
B.d Statuant par arr�t du 12 juin 2006 sur l'appel de la d�fenderesse, la Chambre d'appel en mati�re de baux et loyers du canton de Gen�ve a confirm� le jugement du 30 novembre 2005. En substance, la cour cantonale a consid�r� que la bailleresse avait indiqu� � temps � la locataire les d�fauts qui avaient �t� constat�s apr�s la remise des locaux et que la d�fenderesse devait donc indemniser la demanderesse � raison des d�g�ts d�passant l'usure normale. Etant donn� qu'il avait �t� �tabli que la chose lou�e avait subi des d�gradations volontaires apr�s l'�tablissement des �tats des lieux de sortie, l'objection de la locataire relative � l'usure normale des locaux constituait un abus de droit. A supposer qu'il faille entrer en mati�re sur cette objection, a poursuivi la cour cantonale, force serait alors de tenir compte que les premiers juges ont largement pris en compte le facteur de v�tust�; la d�fenderesse, en se voyant condamner � payer 85'106 fr.50, a en effet b�n�fici� d'une erreur de calcul de ces derniers, puisque l'addition correcte des r�parations se montait � 94'935 fr.50 (recte: 93'216 fr.50). De toute mani�re, le Tribunal des baux et loyers a r�duit les frais relatifs au sol en marbre de l'arcade en fonction de la dur�e de vie de ce sol. Enfin, s'agissant des m�ts qui ont �t� sci�s, leur niveau d'usure doit �tre consid�r� � comme total et non conforme � l'usage convenu �.
Parall�lement � un recours de droit public qui a �t� rejet� dans la mesure de sa recevabilit� par arr�t de ce jour, M.________ exerce un recours en r�forme au Tribunal f�d�ral contre l'arr�t susmentionn�. Elle conclut � l'annulation dudit arr�t et � l'annulation du point 1 du dispositif du jugement rendu par le Tribunal des baux et loyers le 30 novembre 2005. Cela fait, elle requiert que le Tribunal f�d�ral prononce ce qui suit:
� - Donner acte � Mme M.________ de son engagement de verser � X.________ SA les sommes de CHF 340.-- (sol arcade), CHF 322.20 (�vacuation objets), CHF 1'657,20 (r�paration portes local carrosserie) et CHF 1'000.-- (grattage peinture sur vitres) soit au total la somme de CHF 3'319.40.
- Ordonner la compensation des montants mentionn�s pour l'un sous chiffre 2 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 et pour l'autre ci-dessus, � concurrence de CHF 3'319.40, la diff�rence devant �tre � la charge de l'intim�e.
- D�bouter l'intim�e de toutes autres ou contraires conclusions.
- Condamner l'intim�e en tous les d�pens, lesquels comprendront une �quitable indemnit� valant participation aux honoraires d'avocat de la recourante �.
Interjet� par la partie qui a succomb� dans ses conclusions lib�ratoires et dirig� contre un arr�t final rendu en derni�re instance cantonale par un tribunal sup�rieur (art. 48 al. 1 OJ) sur une contestation civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ), le recours en r�forme est en principe recevable, puisqu'il a �t� d�pos� en temps utile (art. 54 al. 1 OJ) dans les formes requises (art. 55 OJ).
2.1 Le pr�sent recours a pour partie un contenu identique au recours de droit public connexe que la d�fenderesse a d�pos�. Dans sa jurisprudence, le Tribunal f�d�ral a qualifi� d'abusif le proc�d� consistant � d�poser deux recours, dans des �critures certes distinctes, mais en m�langeant les griefs propres � une voie de droit avec ceux propres � une autre (ATF 116 II 92 consid. 1; 115 II 396 consid. 2a p. 397). Il ne s'ensuit pas que deux recours sont irrecevables du seul fait qu'ils ont la m�me motivation. Mais il ne sera pas entr� en mati�re si les moyens tir�s de la violation du droit f�d�ral et ceux tir�s de la violation du droit constitutionnel sont expos�s p�le-m�le, � telle enseigne que les arguments avanc�s � l'appui des deux recours apparaissent irr�m�diablement enchev�tr�s les uns aux autres (cf. � ce sujet les arr�ts les plus r�cents suivants: 4P.173/2006 du 5 octobre 2006, consid. 2.1 et 4P.17/2006 du 2 mai 2006, consid. 2.1). Lorsque le Tribunal f�d�ral est confront� � deux recours dont la motivation est similaire, il contr�lera si, pour chaque acte de recours, les moyens invoqu�s sont recevables dans le cadre de cette voie de droit et satisfont aux exigences de motivation qui y sont propres. Si la r�ponse est affirmative, le recours est recevable, quand bien m�me le recourant reprend textuellement le m�me grief dans une autre �criture (ATF 118 IV 293 consid. 2a p. 294 s.).
Dans le recours de droit public connexe, la recourante a d�velopp� notamment un grief ayant trait � la garantie constitutionnelle du juge impartial (art. 30 al.1 Cst.), alors que dans le recours en r�forme elle se pr�vaut explicitement, citations de doctrine et de jurisprudence � l'appui, d'une violation de l'art. 267 CO. C'est dire que les deux recours sont recevables, bien qu'ils comportent dix pages rigoureusement identiques.
2.2 Aux pages 9 � 14 de son m�moire de recours, la d�fenderesse expose comment les d�positions recueillies par le Tribunal des baux et loyers, dans le cadre des nouvelles enqu�tes qu'il a ordonn�es, auraient d'apr�s elle d� �tre interpr�t�es et invoque au surplus un dossier de photos. Au vu des principes qui viennent d'�tre rappel�s, elle y est irrecevable.
La recourante pr�tend que la cour cantonale a enfreint l'art. 267 al. 1 CO en ne tenant pas compte de l'usure normale de la chose lou�e dans la fixation de l'indemnit� due par la locataire � la bailleresse. Elle fait grief aux magistrats genevois d'avoir confirm� le jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005, par lequel cette autorit� avait sciemment omis de prendre en consid�ration cette usure, au motif que les locaux avaient �t� volontairement saccag�s sur ordre du mari de la locataire, et avait cons�quemment mis presque tous les co�ts de remise � neuf aux frais de cette derni�re.
La d�fenderesse s'en prend aux 20 postes de dommage retenus par le Tribunal des baux et loyers dans le jugement susrappel�, dont a fait �tat la Chambre d'appel aux pages 10 � 12 de l'arr�t d�f�r�.
3.1 L'art. 267 al. 1 CO dispose qu'� la fin du bail, le locataire doit restituer la chose dans l'�tat qui r�sulte d'un usage conforme au contrat. Il s'ensuit qu'au terme du contrat le locataire doit tout d'abord assumer les travaux de nettoyage et les petites r�parations au sens de l'art. 259 CO (SVIT-Kommentar Mietrecht, 2e �d., n. 9 ad art. 267-267a CO; David Lachat, Commentaire romand, n. 3 ad art. 267 CO). Selon les circonstances, il doit ensuite r�gler les frais de remise en �tat des locaux � la suite d'une r�novation ou une modification qu'il a op�r�e sans l'accord du bailleur (art. 260a al. 2 CO a contrario; David Lachat/Daniel Stoll/Andreas Brunner, Das Mietrecht f�r die Praxis, 6e �d, chap. 32, ch. 3.2, p. 616; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 20 ad art. 267-267a CO). Il incombe enfin au locataire de prendre en charge les d�g�ts qui exc�dent l'usure normale de la chose (art. 267 al. 1 CO a contrario; parmi d'autres auteurs David Lachat, Le bail � loyer, chap. 31, ch. 5.1).
L'usure normale des locaux, qui est fonction de leur destination, s'appr�cie sur la base de tabelles d�terminant la dur�e de vie moyenne des installations (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 24 ad art. 267-267a CO; David Lachat, Commentaire romand, n. 4 ad art. 267 CO). Les tables de long�vit� des installations n'ont toutefois qu'une valeur indicative (Pierre Engel, Contrats de droit suisse, 2e �d., p. 187).
Le locataire doit donc supporter les frais de r�paration de l'installation qui est affect�e d'un d�faut d� � l'usage anormal de la chose lou�e. Si une r�paration est impossible ou si les co�ts en seraient disproportionn�s, le preneur ne r�pond pas de la valeur � neuf de l'installation, mais de sa valeur actuelle (Zustandswert) compte tenu de la d�pr�ciation de la chose due � l'�coulement du temps (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322; SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 22 ss ad art. 267-267a CO; Peter Higi, Commentaire zurichois, n. 113 ss ad art. 267 CO).
Partant, le bailleur ne dispose d'aucune pr�tention en dommages-int�r�ts � l'�gard du locataire lorsque les d�g�ts touchent une chose qui devait de toute mani�re �tre remplac�e � consid�rer son degr� de v�tust� (arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2, in SJ 1996 p. 322). En effet, l'indemnit� due au bailleur n'a pas pour fin de l'enrichir (Peter Higi, op. cit., n. 108 ad art. 267 CO; Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., chap. 31, ch. 5.5 in fine, p. 600).
Conform�ment � l'art. 8 CC, il appartient au bailleur d'apporter notamment la preuve du d�faut exc�dant l'usure normale, du dommage en r�sultant et de son �tendue ( arr�t 4C. 131/1995 du 15 novembre 1995, consid. 2 in fine, in SJ 1996 p. 322).
Dire s'il y a eu dommage et quelle en est la quotit� est une question de fait qui lie le Tribunal f�d�ral saisi d'un recours en r�forme. C'est en revanche une question de droit de dire si la notion juridique du dommage a �t� m�connue et de d�terminer si l'autorit� cantonale s'est fond�e sur des principes de calcul admissibles pour le fixer (ATF 129 III 18 consid. 2.4; 128 III 22 consid. 2e, 180 consid. 2d; 127 III 73 consid. 3c, 543 consid. 2b).
En cons�quence, il convient de s'attacher � v�rifier si pour les diff�rents d�g�ts �num�r�s dans l'arr�t entrepris - dont il est admis que la locataire a �t� avis�e par la bailleresse en temps utile au sens de l'art. 267a al. 1 CO - la cour cantonale a correctement appliqu� les principes juridiques relatifs au calcul du dommage concret qu'ils entra�nent.
3.2.1 La recourante ne conteste plus devoir supporter 340 fr. pour avoir endommag� le sol de l'arcade. Il n'y a pas lieu d'y revenir.
3.2.2 La d�fenderesse reconna�t avoir laiss� quatre trous dans le sol du d�p�t. Lorsqu'elle all�gue que ce local a �t� construit par ses soins, elle se pr�vaut de faits non constat�s, donc irrecevables. Et on ne voit pas quels principes juridiques les magistrats genevois auraient viol�s en retenant que ces trous, non n�gligeables puisqu'ils pr�sentaient chacun une surface de 80 cm2, avaient �t� r�par�s pour la somme globale - du reste modique - de 700 fr., dont la locataire �tait ainsi redevable.
3.2.3 Il a �t� retenu d�finitivement que la recourante, apr�s avoir quitt� les locaux lou�s, y a laiss� de nombreux objets, � telle enseigne que les lieux paraissaient � l'abandon.
L'�vacuation de tous ces objets, qui rel�ve de travaux de nettoyage, a �t� factur�e � la bailleresse par l'entreprise qu'elle avait mandat�e pour un total de 3'222 fr. Ce montant doit sans conteste �tre support� par la d�fenderesse.
3.2.4 Il a �t� constat� que la locataire a fait d�molir, � coups de barre � mine, le mur dans lequel �tait scell� un coffre-fort, ce qui a entra�n� des frais de r�paration ascendant � 2'257 fr. Briser un mur d'un local lou� exc�de bien �videmment l'usure normale, de sorte que les frais en question doivent �tre mis � la charge de la locataire.
3.2.5 La recourante admet devoir assumer la r�paration des portes du local carrosserie, par 1'657 fr.20. Ce point est acquis au d�bat.
3.2.6 La recourante pr�tend que les vitres d�truites, dont la long�vit� pour un garage est r�duite de 50 %, avaient atteint leur dur�e de vie maximale lorsqu'elle a restitu� les locaux, si bien qu'elle ne doit rien de ce chef.
Selon la table de long�vit� des installations donn�e par David Lachat, Le bail � loyer, Annexe III, p. 567, la dur�e de vie des vitrages est de 30 ans. Cet auteur pr�cise que selon la destination des locaux, cette long�vit� doit �tre r�duite. Pour les lieux o� est exerc�e une industrie, � l'instar des locaux remis � bail � la d�fenderesse, Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., Anhang VIII, p. A-43 in fine, proposent un taux de r�duction de 25 � 50 %.
Le remplacement des vitres a entra�n� en l'esp�ce la d�pense de 4'100 fr. Selon l'arr�t cantonal, les locaux lou�s �taient destin�s au commerce d'automobiles. Si l'on prend en compte un facteur de r�duction de 30 %, la dur�e des vitrages d�terminante est de 21 ans. La d�fenderesse ayant reconnu avoir occup� les lieux pendant 14 ans (cf. p. 19 in initio de son recours en r�forme), seul un tiers de la facture pour l'installation de nouvelles vitres peut �tre mis � sa charge, soit 1366 fr.65, arrondi � 1367 fr.
3.2.7 Le grattage de la peinture sur les vitres et le nettoyage de divers sols a occasionn� une facture de 2'900 fr. Le nettoyage des locaux avant leur restitution devant �tre fait par le locataire (cf. consid. 3.1 supra), la d�fenderesse est d�bitrice de cette note.
3.2.8 Il a �t� retenu que la recourante a sci� � ras des m�ts, dont la repose par une entreprise a entra�n� une facture de 11'550 fr. Comme la destruction de m�ts n'a rien � voir avec l'usure normale des locaux, la recourante doit indubitablement payer cette facture.
3.2.9 La recourante ne conteste pas avoir emport� deux portes du garage. Il s'agit l� d'un usage totalement anormal de la chose lou�e. La facture pour remplacer ces deux portes, par 10'560 fr., doit �tre prise en charge par la d�fenderesse.
3.2.10 A propos de la r�fection du faux plafond, de la d�pose d'un plafond et de la pose d'un nouveau en pl�tre, la recourante pr�tend que ces cloisons �taient arriv�es en fin de vie � son d�part des lieux et qu'elle ne doit de toute mani�re pas supporter le co�t de l'application de deux couches de peinture, par 3'161 fr. 60.
La cour cantonale a jug� que ces travaux, qui ont engendr� une facture d'un montant de 6'529 fr.15, doivent �tre mis � la charge de la locataire, � en vertu des effets de l'engagement du 31 juillet 1999 �.
Le proc�s-verbal d'�tat des lieux de sortie du 31 juillet 1999 mentionne express�ment que le locataire s'engage � payer les travaux de r�paration ou de remise en �tat qui y sont indiqu�s. Un tel constat sign� engage le locataire en ce sens qu'il vaut convention d'indemnisation ( SVIT-Kommentar Mietrecht, n. 37 ad art. 267-267a CO; Higi, op. cit., n. 134 ss ad art. 267 CO).
Ce constat stipule en particulier que c'est la locataire qui supporte la remise en �tat du faux plafond. Il n'a toutefois pas �t� sign� par celle-ci, mais par son �poux.
Afin de d�terminer si un �poux est autoris� par l'autre � repr�senter l'union conjugale, il y a lieu de se r�f�rer aux r�gles g�n�rales des art. 32 ss CO (arr�t 4C.131/2006 du 4 juillet 2006, consid. 2.2). In casu, force est d'admettre que la d�fenderesse, qui a laiss� cr�er l'apparence d'un pouvoir de repr�sentation par l'effet d'une procuration externe apparente, se trouve li�e par les actes accomplis en son nom par son �poux, la bonne foi de la demanderesse - pr�sum�e (art. 3 al. 1 CC) - ne faisant aucun doute (cf. sur cette probl�matique ATF 131 III 511 consid. 3 et les r�f�rences).
C'est donc sans violer le droit f�d�ral que la cour cantonale a fait supporter � la recourante la somme de 6'529 fr.15 pour les travaux en cause.
3.2.11 La recourante fait valoir que la r�fection des murs, vitrages, radiateurs, et ma�onnerie du b�timent A ne lui incombe pas, car ces installations avaient atteint la fin de leur vie � son d�part.
Il r�sulte du bar�me de Lachat (Le bail � loyer, Annexe III, p. 567) que la dur�e de vie des murs est au plus de 10 ans et celle des vitrages, comme on l'a vu, de 30 ans. Pour les radiateurs normaux, Lachat/Stoll/Brunner, op. cit., Anhang VIII, p. A 43, indiquent 20 ans; ces m�mes auteurs donnent une dur�e de 40 � 100 ans pour le gros oeuvre, � l'exemple de la ma�onnerie (op. cit., p. A.39 in principio). La destination des locaux lou�s par la recourante commande de r�duire ces diff�rentes long�vit�s (cf. consid. 3.2.6 ci-dessus).
D'apr�s l'arr�t cantonal, les travaux susmentionn�s ont fait l'objet d'une facture de 8'825 fr.65, sans que l'on sache comment ils ont �t� ventil�s.
Dans un tel contexte, le Tribunal f�d�ral fait application de l'art. 42 al. 2 CO et consid�re que la moiti� de la facture r�sulte de l'usure nomale et qu'elle ne doit en cons�quence �tre support�e par la d�fenderesse qu'� concurrence de 4'412 fr.80.
3.2.12 La recourante soutient que la r�fection du plafond du b�timent B ne doit pas �tre mise � sa charge, puisque cet objet �tait d�j� amorti � son d�part.
Contrairement � ce qu'a retenu la Chambre d'appel, la d�fenderesse n'est pas li�e sur ce point par le constat du 31 juillet 1999, qui ne fait pas r�f�rence � ce d�faut.
Lachat (Le bail � loyer, Annexe III, p. 567) estime a au maximum 10 ans la dur�e de vie d'un plafond. C'est dire que la locataire, qui a occup� les lieux pendant 14 ans, ne doit rien de ce chef et c'est � tort que l'autorit� cantonale lui a fait supporter 6'112 fr.
3.2.13 La recourante all�gue que la r�fection des murs, vitrages, radiateurs, et ma�onnerie du b�timent B ne lui incombe pas, en raison de leur v�tust�.
A ce sujet, on peut se r�f�rer mutatis mutandis au consid. 3.2.11 ci-dessus. Il suit de l� que seule la moiti� de la facture globale de 10'399 fr.75, soit 5'199 fr.85, sera prise en charge par la d�fenderesse.
3.2.14 La recourante pr�tend qu'elle n'a pas � supporter la r�fection du plafond des WC et de celui du local d'acc�s du b�timent B, �tant donn� la dur�e de vie de ces cloisons.
Ce d�faut n'est pas mentionn� dans l'�tat des lieux de sortie du 31 juillet 1999, de sorte que la d�fenderesse, en d�pit de ce qu'a retenu la Chambre d'appel, ne s'est pas engag�e � en assumer le co�t.
La dur�e de vie d'un plafond �tant tout au plus de 10 ans (cf. consid. 3.2.12), la facture pour le remettre � neuf, par 2'016 fr.25, n'incombe pas � la locataire.
3.2.15 A propos du poste � remise en �tat des murs, serrureries, radiateurs et tuyaux du garage �, la recourante soutient que toutes ces installations �taient amorties, de sorte qu'elle n'a m�me pas � supporter une partie de ces d�g�ts.
La cour cantonale, pour tenir compte de l'usure normale, n'a mis qu'un tiers de la facture globale engendr�e pour r�parer l'ensemble de ces d�fauts � la charge de la d�fenderesse, par 1'750 fr. La recourante n'apporte aucun �l�ment montrant la fausset� de ce calcul, qui doit ainsi �tre confirm�.
3.2.16 La recourante reconna�t avoir ab�m� une imposte en cours de bail, mais elle pr�tend l'avoir r�par�e six mois avant de quitter les locaux.
Il n'a pas �t� constat� que la d�fenderesse ait supprim� ce d�faut. Les frais de r�paration, par 1'076 fr., doivent incontestablement �tre mis � sa charge.
3.2.17 La recourante pr�tend qu'elle �tait en droit de reprendre les prises et luminaires qu'elle avait fait installer � ses frais.
Il a �t� constat� d�finitivement par huissier judiciaire, que, le 4 ao�t 1999, lendemain du d�part de la d�fenderesse, les interrupteurs et les prises �lectriques des locaux remis � bail avaient �t� d�mont�s, voire arrach�s et qu'il en allait de m�me des canaux �lectriques. La remise en �tat des installations �lectriques, qui pr�sentaient alors un caract�re de dangerosit�, a entra�n� un co�t de 12'000 fr. Il n'y a pas besoin de longues explications pour admettre que ces d�pradations, totalement contraires � l'usage normal des locaux, sont � la charge de la d�fenderesse.
3.2.18 La recourante pr�sente le m�me grief au sujet de l'auvent de la carrosserie, qu'elle pr�cise avoir � enlev� de fa�on soign�e � pour prot�ger les tiers d'un danger.
L'arrachage d'un auvent constitue � l'�vidence un usage anormal de la chose lou�e. Les frais de remise de cet objet, par 3'500 fr, doivent �tre support�s par la locataire.
3.2.19 La recourante conteste, en une ligne, devoir s'acquitter des frais de l'entreprise W.________, par 1'769 fr. Le moyen, d�nu� d'une motivation conforme � l'art. 55 al. 1 let. c OJ, est irrecevable.
En pure perte. Les constatations de l'huissier judiciaire ont �t� rendues n�cessaires par le comportement de la d�fenderesse, qui a caus� de graves d�pradations entre l'�tablissement du second �tat des lieux de sortie, le 2 ao�t 1999, et la remise des cl�s, survenue le lendemain.
4.1 En d�finitive, le recours doit �tre partiellement admis dans la mesure de sa recevabilit�. Il convient de condamner la d�fenderesse � payer � la demanderesse la somme de 72'742 fr.50 (340 fr. + 700 fr + 3'222 fr. + 2'257 fr. + 1657 fr.20 + 1'367 fr. + 2'900 fr. + 11'550 fr. + 10'560 fr. + 6'529 fr.15 + 4'412 fr.80 + 5'199 fr.85 + 1'750 fr. + 1'076 fr. + 12'000 fr. + 3'500 fr. + 1'769 fr. + 1952 fr.50), laquelle portera int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005. Les chiffres 2 � 5 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 seront confirm�s.
4.2 La recourante n'obtient une r�duction que d'environ 15 % de la somme qu'elle avait �t� condamn�e � payer en instance cantonale � la demanderesse. Au vu de ce r�sultat, il convient de mettre l'�molument judiciaire de 4'000 fr. � raison de 3'400 fr. � la charge de la d�fenderesse et de 600 fr. � la charge de la demanderesse. La d�fenderesse devra verser des d�pens � la demanderesse, r�duits selon cette proportion.
L'issue de la cause ne commande pas une nouvelle r�partition des frais de l'instance cantonale.
Le recours est partiellement admis dans la mesure o� il est recevable, en ce sens que la d�fenderesse est condamn�e � payer � la demanderesse la somme de 72'742 fr.50, avec int�r�ts � 5 % l'an d�s le 30 novembre 2005.
Les chiffres 2 � 5 du jugement du Tribunal des baux et loyers du 30 novembre 2005 sont confirm�s.
Un �molument judiciaire de 4'000 fr. est mis � raison de 3'400 fr. � la charge de la d�fenderesse et de 600 fr. � la charge de la demanderesse.
La d�fenderesse versera � la demanderesse une indemnit� de 3'500 fr. � titre de d�pens r�duits.

References: art. 267
 art. 267
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 art. 267
 art. 267
 art. 267
in fine
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 art. 267
 art. 267
 art. 32
In casu
 ATF