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Timestamp: 2019-01-23 00:04:53+00:00

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DECRET n° 2005-982 du 21 octobre 2005
DECRET n° 2005-982 du 21 octobre 2005 relatif à l’orthographe et la séparation des mots en mandinka.
Depuis l’élaboration, vers les années 1980 du premier projet de décret sur l’orthographe du mandinka, la langue a continué d’être écrite et utilisée sur le terrain pour la formation et l’alphabétisation. Mais, ni l’orthographe, ni la séparation des mots n’a été uniformisée.
Il a fallu attendre les 3èmes Journées culturelles de Sédhiou tenues du 21 au 25 mai 1997 pour voir beaucoup d’experts et de locuteurs mandingues de toutes les variantes dialectales, proposer un code graphique harmonisé pour cette langue à dimension sous-régionale incontestable.
Les 7 et 8 septembre 2004, à l’occasion de la 29e Semaine nationale de l’Alphabétisation, un atelier a procédé à la révision et à la correction de ce projet de décret.
Vu la Constitution, notamment en ses articles 1er , 8 et 21 ;
Article premier. - Les règles qui régissent l’orthographe et la séparation des mots en mandinka sont fixées par le présent décret. Les exemples sont pris dans les différents dialectes.
Art. 2. - L’alphabet mandinka compte vingt cinq lettres, dont vingt consonnes et cinq voyelles, selon l’ordre alphabétique suivant :
/discuter
ŋaaŋaa
paapiya
avoir, fortune
* les consonnes sont : b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, n, n, p, r, s, t, w, x, y.
* les voyelles sont : a, e, i, o, u.
Art. 3. - La longueur vocalique est pertinente en mandinka. Elle est notée par le redoublement de la voyelle :
aa jaato
ee seenoor
castrer, châtre
ii kiilo
oo sooto
uu suuto
Art. 4. - Le mandinka étant une langue à syllabes ouvertes et comportant beaucoup de particules à initiale vocalique, il se produit souvent des phénomènes d’élision et de contraction à l’oral, à la frontière des mots.
L’écriture ne tient pas compte de ces réalisations.
n be taa	=>
[mb ta :]	=>
a be i fee =>
[abi : f :] =>
ka i kuu	=>
[ ke : ku :] =>
Art. 5. - La gémination n’est pas phonologique en mandinka. Mais elle est observée dans certains cas, celui des emprunts notamment. Elle est marquée par le redoublement de la consonne là où elle est réalisée.
« rangée de prière »
nbajjoo
Les particules à initiale latérale /I/ sont généralement assimilées par la nasale finale de la base lexicale précédente, le résultat aboutissant à un redoublement de la consonne qui est notée à l’écriture.
bun + lu	=>
« les cases »
sin + la	=>
man + la + fi =>
Mallafi
« non désiré ».
Art. 6. - Le mandinka est une langue à tons. Mais, pour des raisons d’économie et de simplicité, il est convenu de ne pas les noter, sauf pour distinguer les formes homophoniques des pronoms personnels.
Le ton bas concerne les pluriels.
i « tu » =>
i taata « tu es allé/allée »
ì « ils/elles » =>
i taata « ils/elles sont allés/allées »
n « je » =>
n taata « je suis allé/allée »
n « nous » =>
n’taata « nous sommes allés/allées »
Art. 7. - La consonne initiale du suffixe adjectivant - rin varie selon le contexte : r I d. Les variantes sont respectivement écrites comme elles sont réalisées.
laa « coucher » =>
kara « coudre » =>
« cousu »
sinan « mouiller » =>
sinandin
« mouillé »
Art. 8. - Le substantif indéfini mandinka se présente comme un radical nu. La forme définie s’obtient par l’adjonction du suffixe -o (singulier) ou -olu (pluriel) au substantif indéfini.
bun « une case » =>
buno « la case »
bunolu « les cases »
basa « une natte » =>
basoo « la natte »
basoolu « les nattes »
Devant le suffixe déterminatif -o les voyelles finales longues -ii et -uu s’abrègent.
Jii	« une eau » =>
jio « l’eau »
Suu « un cheval »	=>
suo « le cheval »
Lorsque le nom se termine par les voyelles longues -aa ou -oo, la détermination se réduit au ton modulé haut-bas (^).
Mais celui-ci n’est pas noté, conformément aux dispositions de l’article 7 ci-dessus. Le contexte permet de distinguer les sens.
« du sel »
baa te jan
« il n’y a pas de chèvre ici »
« la chèvre n’est pas ici »
Lorsque le nom se termine par la voyelle longue -ee, le substantif déterminé se termine soit en - ee, soit en -eo. Et c’est la forme réalisée qui est écrite.
Saatee « un village » =>
saatee/saateo « le village »
Kee « un homme » =>
kee / keo « l’homme »
Lorsque le substantif se termine par une voyelle brève, le défini se forme en -oo.
tili « un soleil » =>
tiloo « le soleil »
musu « une femme » =>
musoo « la femme »
kele « une guerre » =>
keloo « la guerre ».
Art. 9. - Les déterminants démonstratif, possessif, interrogatif, indéfini, numéral et relatif s’écrivent séparément.
ñiŋbuno
buŋjumaa ?
« quelle case ? »
buŋo miŋjaŋita
« la case qui a brûlé »
buŋfula
« deux cases »
wo buŋo
« l’autre case »
buŋ luulunjaŋo
« la cinquième case »
n na buŋ
« ma case ».
Art. 10. - Lorsque le nom est suivi d’un ou de plusieurs qualificatifs, les suffixes de la détermination sont joints au dernier élément du groupe.
bun dibirino	« la case sombre »
buno « la case » =>	bun dibirin luulunjano
« la cinquième case sombre »
bun dibirinolu « les cases sombres »
Art. 11. - Les pronoms personnels sujets simples, emphatiques et objets sont séparés du verbe.
n be taa wuloo kono
« j’irai en brousse »
nte, n be taa wuloo kono
« moi j’irai en brousse »
ali si taa suo kono
« vous irez à la maison »
i si naa bii
« tu viendras aujourd’hui »
a be i lon
« il te connaît ».
La liste complète des pronoms personnels est
présentée dans le tableau suivant :
Sujets ou objets
« je/me/ »
m’ nte
« tu/te/t’ »
« il/elle/le, la, l’ »
« lui / elle »
ntelu/ntolu
alu/ali
alitelu/alitolu /alutolu
« ils/elles/les, leur »
itelu/itolu
« eux / elles »
Art. 12 - De façon générale, la forme infinitive des verbes se construit avec la particule ka, éventuellement suivi de a (pronom personnel objet 3e pers. Singulier) pour le verbe transitif, ou de i (pronom personnel objet 2e pers. Singulier) pour le verbe pronominal. Les constituants de la forme infinitive s’écrivent séparément.
forme intransitive =>
ka taa « partir »
ka naa « venir »
ka bori « courir »
forme transitive =>
ka a domo « [le] manger »
ka a lii « [le] raser »
ka a tabi « [le] faire cuire »
forme pronominale =>
ka i kuu « [se] laver »
ka i laa « [se] coucher
Il existe un cas spécifique de formation de l’infinitif avec la marque -o ou -oo de la forme nominale définie.
domoroo
Art. 13. - Le mandinka possède des particules qui marquent les modalités verbales comme be... la, be ...to, be ... kan, ye, si/se, le, kana, te, ti, mu, to, man, etc. Ces particules ainsi que les divers auxiliaires s’écrivent séparément.
kunkoo man sene « le champ n’a pas été cultivé » (négatif)
dindino ye domoroo ke « l’enfant a mangé » (accompli)
dindino ye domoroo ke le nun « l’enfant avait mangé »
(accompli, passé)
i si taa suu « tu iras à la maison » (futur)
sanoo buka komon	« l’or ne rouille pas » (négation)
a be siinoo la « il est en train de dormir » (accompli)
a be tabiroo le la « c’est cuisinier qu’il est en train de faire »
(emphatique du verbe inaccompli).
Art. 14. - Le suffixe aspectuel -ta de l’accompli est rattaché à la base verbale.
Baa faata
« le fleuve est en crue »
Kunkoo seneta
« le champ a été cultivé »
Kidoo sosota
« le fusil a été chargé ».
Art. 15. - Les suffixes dérivatifs tels que - rin, -too, -taa, -labi, -loo, -maa, -nte, -ndin, -nka, -ran, -lan, -dan, -yaa, - koo, -jan, -ntan, etc. sont rattachés à la base lexicale.
wulundino
« le chiot »
kataatoo
« le malchanceux »
santaa	»
« quelque chose à vendre
kaabunkoo
« le ressortissant du Gaabu »
konomaayaa
« l’état de grossesse »
karanbaliyaa
« l’analphabétisme »
fulanjan
luuntan
« étranger ».
Art. 16. - Le nom composé du mandinka s’écrit en un seul mot sans trait d’union.
San « ciel » + ji « eau » =>	sanji « pluie »
Mantaa « chance » + ben « rencontre »
=> mantaaben « chanceux ».
Du point de vue de l’orthographe, la distinction entre mots composés (devant s’écrire en un seul bloc et sans trait d’union) et syntagmes déterminatifs simples (qui s’écrivent en éléments séparés) obéit à deux critères :
. si la résultante de la composition est une nouvelle entité sémantique, les éléments de la composition s’écrivent en un seul mot, sans trait d’union :
kuta « tortue » + kun « tête » =>	kutakun « plaie sur le gros orteil »
. si la résultante est la somme des constituants, les éléments du syntagme s’écrivent séparément :
kuta « tortue » + kun « tête » =>	kuta kun « tête de tortue (réelle) ».
On peut également reconnaître le mot composé au connectif - n - intercallé entre les éléments.
fali « âne » + din « petit » =>	falindin
« petit de l’âne » (ânon)
tabaa « tabac » + daa « marmite »
=>	tabaandaa « pipe ».
Art. 17. - Pour la ponctuation, on emploie celle du français en tenant compte des particularités de la phrase mandinka. Les signes sont :
fiininka tonbu
kaaba tonbu
tonbuniijii
tonbu fula
tonbu futabaloo
tonbuniiniindino
wandibunoolu
tonbulaarin fula
Art. 18. - La majuscule est notée au début des phrases, des vers et des noms propres et, par ailleurs, dans les conditions particulières de mise en relief (sigles, abréviations, titres, etc ...).
Dindinolu be tuluno la
« Les enfants jouent »
« Mamadou (non propre) »
« Sédhiou (ville) ».
Seejo la jonboyi sabanjano mandin danbee kan
Ñinan fanan koteke, ka bo tili 21 fo tili 25, mee karoo, 1997 sano. Seejonkoolu ye duniyaa bee kili mandinkayaa kidimandoo la. Duniyaa bee ye i dankun i ma. Beno diiyaata, minnu bee maabeeta, wolu seewoota. Seejonkoolu, musu kafu kee, dindin keebaa, bee ye i wakkili, i keta kilin ti, i ye i tee siti, i ye mandin nin mandinkoolu kano janayaandi. Alamaa, nin i joo la, kiilaa boromoo to.
Minnu maabeeta n be wolu le kono ; n teeroo fanan, mandikoo nten, n sanawu fulandino le mu. Bari a ye ñin ne seedeyaa ko a ye keolu nin musoolu minnu je seejo, i ye ñin ne yitandi ko mandinkayaa man ke bii kuu ti, a te ke noo la kuu feeyaarin fanan ti.
Mandin bi taa la le ñaato doron. A ye ñin kafu wo kumoo kan ko : bii koolaa saama koolaa, ate keta seejonkoo ti le.
Luuntan toomaalu fanan, nin minnu taata, ñoo la, wolu ye wo kuma kilino le fo. I ye ñin kafu wo kan, ì ko nin Ala sonta, ì be i dankun na ì ma le. Wo tumoo, Bala Musaa DAFFE nin seejonkoolu alu ninbaara, mandin nin duniyaa muumee be alu jayi la, ka alu tentu. I be duwaa la alu ye siimaayaa, jaatakendeyaa, kanbeno nin taañaatoo la.
Alamaa, n nin alu mee la duniyaa.
Les journées culturelles de Sédhiou
Cette année encore, du 21 au 25 mai 1997, les Sédhiois ont invité le monde entier à venir fêter la culture mandingue. Les journées culturelles ont été une réussite. Et les invités ont été réellement heureux. Les populations de Sédhiou, femmes, enfants et hommes, unis comme un seul homme, se sont mobilisées pour faire honneur au peuple mandingue. Que chacun d’eux en soit remercié par la grâce divine.
Nous faisons partie de ces invités, mon ami et moi. Il n’est pas mandingue, c’est mon cousin pulaar. Il a témoigné que les femmes et les hommes qu’il a vus à Sédhiou ont fait honneur à la ville et à la culture mandingue.
Il a également dit que la culture mandingue ne date pas d’aujourd’hui, qu’elle est une très grande culture et qu’elle ira toujours de l’avant. Mon ami a ajouté que désormais, il est citoyen de la ville de Sédhiou.
Les invités ont tous dit la même chose. Ils ont tous pris l’engagement de toujours répondre à l’appel des sédhiois. Châpeau à Balla Moussa Daffé et aux populations de Sédhiou.
Le Mandé et le monde entier vous remercient et prient pour vous.
Que Dieu nous accorde une santé de fer, une bonne continuation et une longue vie !
Art. 18. - Sont abrogées toutes dispositions contraires au présent décret.

References: Art. 2

Art. 3

Art. 4

Art. 5

Art. 6

Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10

Art. 11

Art. 12

Art. 13

Art. 14

Art. 15

Art. 16

Art. 17

Art. 18

Art. 18