Source: http://colliotte.free.fr/scoutisme.htm
Timestamp: 2017-06-23 15:39:37+00:00

Document:
Collo et l'histoire du Scoutisme
L’Histoire du Scoutisme Au cours d'une guerre coloniale, le Général anglais Lord Baden POWEL assiégé à Mafeking, en Afrique du Sud par les boers, va utiliser tous les civils, hommes, femmes et enfants. Ces derniers groupés en patrouilles avec un responsable enfant, assumeront des charges à leur mesure : guetteur (éclaireur), agent de transmission portant les messages (faute de téléphone), aide-soignant, brancardier, employé aux cuisines... Ils se révéleront d'une grande efficacité et rendront des services tels qu'au retour à Londres, Baden POWEL conçut l'idée de reprendre cette forme d'organisation paramilitaire et de l'adapter aux enfants de la capitale anglaise en définissant les principes fondamentaux, les règlements généraux, les programmes éducatifs et la tenue réglementaire qui constitueront « le Scoutisme for boys ». D'inspiration militaire, le Scoutisme va très vite se révéler comme une méthode d'éducation active d'une grande valeur et va s'étendre en quelques décennies dans le monde entier
En France l'Association des Eclaireurs de France sera fondée en 1911. C'est cette association mère qui introduira le Scoutisme en Algérie dès 1914. Car les Européens installés en Algérie avaient naturellement recours aux méthodes et organisations de jeunesse existant en France pour l'éducation et les loisirs de leurs enfants (clubs sportifs, cercles culturels ... ) ; aussi les associations scoutes vont, au fur et à mesure de leur création en France, installer des antennes en Algérie. Le Scoutisme pour les musulmans d'Algérie.
Chez la population musulmane des grandes villes, qui côtoyaient souvent des Scouts français il a fallut attendre vingt ans pour lancer en 1935, Ie groupe El Fallah à Alger et surtout à partir de 1936 pour les autres villes, alors que les clubs sportifs ont commencé à s'ouvrir dès l'application de la loi du 1er juillet 1901. La raison principale de ce retard s’explique par le fait qu’en Algérie des années 30, les hommes se coiffaient de chéchia ou de turban. Porter un chapeau, c'était « haram », un pêcher ; les rares Algériens qui portaient le chapeau ou la casquette étaient considérés comme « infidèles » à leur peuple et à l'Islam.
Les garçons portaient le sarouel plissé ou le pantalon long et mettre une culotte courte ou un short en ville était inconvenant pour un enfant, et carrement indécent pour un adolescent et un adulte.
Ainsi il a fallut adapter une tenue adéquate. Les S.M.A. adopteront dès le début, la chéchia « stamboul » mais ils porteront la culotte scoute, très pratique pour le campisme, et ce malgré les inconvénients sociaux inhérents aux coutumes.
Selon Mohamed DEROUICHE, auteur d’un livre sur le scoutisme en Algérie, deux événements ont pu déclancher chez les jeunes musulmans cet engouement pour le Scoutisme :
- Le déploiement d'une manifestation particulièrement spectaculaire par 3000 Eclaireurs, organisée à Alger à l'occasion des fêtes du centenaire en avril 1930
- L'accession du roi Farouk au trône d'Egypte en avril 1936, alors qu'il avait 16 ans ; il a été présenté par la presse en tenue scoute avec une chéchia comme coiffure. Son accession au trône d'Egypte, un pays musulman qu'on connaissait déjà par la presse arabe et par les Oulémas, sera diffusé par la presse algérienne. Le roi avait alors 16 et Il sera aussi projeté sur les écrans des cinémas algériens par le Pathé journal (les actualités d'alors).
Plus encore, son portrait en tenue scoute circulera dans toute l'Algérie ; des commerçants vont spéculer sur l'engouement des musulmans qui regardaient vers l'Orient pour vendre ce portrait en carte postale.
Les musulmans vont donc s'intéresser au Scoutisme parce que certains ont été impressionnés par les manifestations du centenaire, d'autres ont été fascinés par le portrait de Farouk. Enfin, des jeunes ayant fait du Scoutisme chez les Eclaireurs de France, iront créer des troupes de scouts musulmans ou viendront grossir les rangs des chefs dans les groupes SMA ou EMA naissants, Mus par le désir de servir la jeunesse algérienne, ils ont choisi la méthode scoute comme d'autres Algériens ont opté pour le sport en créant des Clubs...
La création du mouvement remonte à 1935, avec l’apparition du premier mouvement de scouts musulmans algérien à l’initiative du fondateur du mouvement scout Mohamed Bouras. Suivi par l’apparition de groupes à Miliana – Oran et Tlemcen, avec un lien spirituel et celui du mouvement Scout en général avec le mouvement des « Oulémas » Musulmans Algériens.
L’organisation reçut son agrément officiellement le 05 juin 1936, elle sra inscrite sous le no 2450 comme association locale régie par la loi de 1901. Par la suite, les différents groupes ont été unifiés sous la fédération des Scouts Musulmans Algériens en juillet 1939.
Les SMA est une organisation nationale, éducative et humanitaire d’intérêt générale.
Elle se réfère aux principes islamiques et au statut des scouts- au programme mondial des scouts(article 1-6)
L’organisation veille à l’éducation des jeunes et à leur inculquer les valeurs nationales et islamiques, la paix et la fraternité ( article 8).
Le Conseil National est composé de 125 membres élus pour un mandat de quatre ans, le conseil d’Administration est élu par le congrès et il est constitué pour sa part de 21 secrétaires nationaux. Ses ressources financières proviennent des subventions de l’Etat et des activités du mouvement.
Né à Miliana le 26 avril 1908, il fit des études primaires. Exclu après l'examen du Certificat d'Etudes, il organisa une manifestation avec ses camarades pour protester contre la mesure prise par le Directeur. En 1922, il adhère à une société de gymnastique et jouera comme goal ; puis il deviendra l'un des meilleurs tireurs à la carabine dans la société « La Milianaise » En 1926, il travaille à Maison Carrée (El Harrach) puis il est recruté par les services de l'Amirauté comme secrétaire dactylographe où son chef de service A. Carne, est lui même un chef scout. Jusqu'en 1930 il s'intéresse au Football ; il joue aux Deux Magots, ensuite il sera l'un des meilleurs joueurs du Mouloudia d'Alger en équipe première.
En 1932, il entre en même temps au Cercle du Progrès et suit des cours d'arabe à la Chabiba (cours d'adultes le soir). Il suivra aussi des études de Capacité en Droit à la Faculté d'Alger.
En 1934, il encourage par sa présence, la troupe El Kaoukeb El Tamthili.
Fondateur du premier groupe SMA El Fallah en 1935 à Alger, Il est considéré parmi les précurseurs du Scoutisme Musulman Algérien. Une année après, d'autres Algériens créeront des associations scoutes à Alger, à Constantine, à Annaba, à Mostaganem...
En 1936, il participe au Congrès des Elus, tenu au (Majestic) Atlas en tant que militant du mouvement El Islah de Cheikh El OKBI ; Entre 1936 et 1939, il se consacrera au scoutisme ; il se déplace souvent à Blida, à Miliana, à Médéa et à Tizi Ouzou pour confronter ses idées sur la Fédération SMA avec d’autres confrères.
En juillet 1939, il organise le camp fédéral d'El Harrach, cette rencontre consacrera la première Fédération des Scouts Musulmans Algériens créée officiellement le 7 avril 1939.
Il envisage de former une Fédération de Scoutisme Musulman Algérien et même une Fédération de Scoutisme Maghrébin.
Victime de son audace, de sa témérité devant une administration coloniale qui le traduira en Cour martiale, où une justice expéditive le fera condamner et exécuter en l’espace de trois semaines.
Les SMA et le 8 mai 1945 PREPARATION DES CEREMONIES POUR FETER LA VICTOIRE.
La France était libérée de l'occupation nazie. Les français décident de fêter cette victoire de la liberté sur l'oppression en associant les musulmans en Algérie parce que leurs fils ont contribué à cette victoire en combattant aux côtés des alliés.
Certains musulmans algériens espéraient, de bonne foi, qu'enfin la France leur reconnaîtrait, à eux aussi, le droit à la Liberté, à l'Egalité, à la Fraternité termes inscrits sur le fronton des édifices publics.
Les Français d'Algérie et les autorités coloniales ne l'entendaient guère de la sorte. Associer les musulmans aux festivités, les faire défiler et rendre hommage aux morts derrière le drapeau français… Oui ! Mais leur accorder l'égalité des droits politiques, NON !Les partis politiques nationalistes, les Ouléma et les Scouts Musulmans Algériens voyaient bien que rien dans les discours prononcés à Paris comme à Alger n'annonçait une amélioration possible. En fin de compte, étant donné les positions des deux communautés, chacune se prépare à manifester ses sentiments à sa manière avec des intentions et des buts diamétralement opposés. Les Scouts Musulmans Algériens participent avec leur communauté à la préparation des manifestations de Mai 1945. Partout ils sont mobilisés pour rehausser l'aspect du défilé par leurs uniformes, leur allure et leurs chants.
LES MANIFESTATIONS DU 8 MAI 1945
Pour les Français « le jour de gloire est arrivé », ils vont le fêter le 8 mal. En Algérie les autorités s'attendaient à ce que les musulmans expriment leurs revendications politiques, puisque le 1er Mai à Alger en particulier ces derniers ont manifesté et la police a tiré sur la foule, tuant et blessant plusieurs personnes.
Donc dans toutes les villes d'Algérie, les manifestations, vont provoquer des réactions plus ou moins brutales de la part des autorités coloniales. En général les masses musulmanes se sont rassemblées en dehors des cortèges officiels, elles débouchent dans les grandes artères de la ville avec à l'avant garde, les militants des Partis nationalistes (PPA et ÀMQ et les Scouts Musulmans Algériens, au moment choisi ordre est donné de sortir les pancartes, les banderoles et le drapeau algérien (vert et blanc frappé d'une étoile et d'un croissant rouges symboles de l'Algérie libre) en même temps que les drapeaux des alliés.
Le service d'ordre tente d'arracher les emblèmes, les banderoles et les pancartes. Il s'en suit des bousculades, des bagarres, des brutalités de part et d'autres. Dans certaines villes, on tire sur la foule (comme les scouts étaient à l'avant garde ils seront les premiers atteints) et on procède à l'arrestation des «meneurs». L'administration trouve l'occasion tant attendue de réprimer les nationalistes intempérants que sont les dirigeants, des Partis politiques, des Ouléma et des Scouts Musulmans algériens.
Voir aussi la page des évènements du 8 mai 1945 à Collo
Promesse de l'Eclaireur
Je promets sur mon honneur de faire mon possible pour :
• Suivre constamment la vole de Dieu et servir ma Patrie,
• Aider mon prochain en toute circonstance,
• Observer la Loi Scoute.
Art. 1 - La parole d'un Scout mérite confiance. Art. 2- Le Scout est loyal envers Dieu, sa Patrie, ses Chefs et ses Subordonnés. Art. 3 - Le Scout doit se rendre utile et venir en aide à son prochain. Art. 4 - Le Scout est l'ami de tous et le frère de tout autre Scout. Art. 5 - Le Scout est vertueux, il protège les faibles et il est bon pour les animaux. Art. 6 - Le Scout aime les plantes et voit dans la nature la Puissance de Dieu. Art. 7 - Le Scout est obéissant et consciencieux dans son travail.
Art. 8 - Le Scout est toujours de bonne humeur il garde le sourire même dans les moments difficiles.
Art. 9 - Le Scout est économe et prévoyant.
Art. 10 - Le Scout est propre dans ses pensées, son corps, ses paroles et ses actes.
Le Chant Fédéral des SMA
Clic pour agrandir Ecouter le Chant
Les SMA à Collo.
Dès l'année de la Fondation du premier groupe SMA El Fallah en 1935 à Alger par Mohamed Bouras, le Scoutisme Musulman Algérien se répand une année après dans tout le pays à travers des associations scoutes. La première association scoute v oit le jour à Collo à partir de l'année 1936. C'est ainsi que des jeunes colliotes vont se retrouver sous la responsabilité d'un animateur qui va leur insufler une soif d'apprendre et de comprendre, un esprit fraternel et patriotique ainsi qu'une joie communicative au cours des séances de chants, de jeux et de veilllées...
Pour l'administration coloniale, le fait que des musulmans se regroupent entre eux, paraissait suspect et de ce fait, les activités de ces groupes étaient surveillées étroitement à cause du caractère politique que cela pouvait engendrer...
LES SMA à COLLO dans les années 60 Au début de l'indépendance de l"Algérie, il y avait deux "FAWJ" à Collo. Ennasr et El Kawkab. Inutile de préciser que la consurrence entre ces deux groupes était rude sur le plan des activités terrain. A côté des SMA, il y avait d'autres jeunes qui militaient dans une structure du FLN, la JFLN ( la jeunesse du Front de Libération Nationale) dont la fanfare était des plus impressionnante lors des défilés.
Les activités des Scouts étaient partagées entre les réunions hebdomadaires, où on apprenait le chant, l'histoire du scoutisme, la préparation des festivités et les jeux d'éveil d'adresse et de découverte. Une séance de Cinéma dans le local qu'on appelait 'le Cercle' était programée une fois par semaine, où l'on prrojetait des films comme Mowgli, Banga, le fils de la jungle, et les films sur la révolution algérienne.
En 1965, les deux groupes fusionnèrent pour n'en former qu'un qui pris le nom du martyr local Kouicem Abdelhak.
Pendant les vacances scolaires, les réunions étaient quotidiennes, et souvent ont faisait une sortie dans le massif de Collo, à la découverte de la faune et la flore de la région. Certaines sorties duraient quelques jours et on prenaient nos sac à dos, notre tente et notre ravitaillement pour une sortie en meute. C'était l'occasion pour nos chefs de nous apprendre à utiliser la boussole, à se repérer par rapport aux étoiles, à faire des noeuds, à survivre en forêt avec peu de moyens, en utilisant uniquement les ressources dont on diposait ( un oeuf, une allumette et une boussole).
On apprenait aussi à entretenir son corps, à le soigner quand il va mal, et à soigner les autres quand il ont mal. C'était une initiation au secourisme. Désinfecter une plaie, faire un pansement, atteler une fracture n'avait ainsi plus aucun secret pour nous.
Les camps d'été, quant à eux, regroupaient tout le fawj ( la meute, la troupe et le clan qu'on appelait aussi routiers. Quelques jours avant le camp, les éclaireurs partaient en premier pour repérer un endroit ou établir le camp, généralement prés d'une source d'eau et dans une petite clairette ou planter les tentes du camp. Ils leur fallait quelques jours pour installer les cuisines, la cantine et les toilettes. Puis, une fois terminé le travail, la meute arrivait au camp en dernier.
Le fait le plus marquant de ces camps c'étaient les veillées autour du feu de camp. C'était l'occasion de chanter ensembles, de se raconter les sorties exploration de chaque groupe ou d'organiser des petits spectacles improvisés ou préparés sommairement.
Les aprés-midi, après la sieste, c'était l'occasion pour chaque groupe de se promener, de découvrir les alentours, d'observer la nature ...de ramener des trophés...
La veille du dernier jour de camp était spéciale : On pouvait se faire des farces, sans respect de la hiérarchie. Tous les coups étaient permis. Gare à ceux qui sous le coup de la fatigue, baissaient la paupière ou carrément dormaient.
Ceux qui se souviennent de ces camps, se rappeleront certainement la gigantesque Tamina que l'on mangeait à l'occasion de mon anniverssaire, le 25 juillet. Mon cadeau c'était de me retrouver parmi des camarades de mon âge, de différentes conditions sociales, mais partageant le même but : Faire la BA.
Vivre le scoutisme pendant ces camps, c'était un style de vie, un ensemble de valeurs que nous apprenions à partager même au delà du camp. De mémoire, j'ai participé aux camps suivants :
- Aïn Mellaksab, l'été 64
- Jijel, l'été 65
- Oued li Lejbel, été 66 - Sidi Achour Cheraïa, hiver 66 - Ettarass,été 67 - Aïn Aghbal, hiver 67
- Collo plage, l'été 68.
Les activités culturelles étaient nombreuses et variées. Comme je jouais déjà de la musique ( piano), mon père ( qui était commaissaire scout et responsable du Clan) me confia la tâche d'apprendre à jouer à deux camarades scouts, pour former le premier orchestre du groupe Ennasr avec deux mélodicas et une derbouka.
Nous organisions régulièrement des festivités pour les évènements religieux et politiques. Notre local ( ou tannière) était le lieu de petites fêtes, organisées entre nous ( anniversaire- réussite à un examen etc.). Le cercle était réservé pour la projection de films et pour nos soirées scouts des deux groupes réunis ( El Kawkab et Ennasr).
La salle des fêtes de la mairie nous servait de salle de spectacle, quant le public était admis à voir nos prestations de chanteurs, musiciens et comédiens. C'était réservé pour les grandes dates, comme le 5 juillet et le 1er novembre.
Nous faisions les quatre défilés annuels :
- Celui du premier mai, fête des travailleurs.
- Celui du 5 juillet, date anniversaire de l'indépendace.
- Celui du 1 novembre, date anniversaire du déclenchement de la geurre de libération - Celui du 20 août, en commemoration des évenements du 8 mai 1945, où des jeunes manifestants scouts sont tombés sous les balles de la police coloniale. Nous participions également aux journées volontariat pour le reboisement de notre forêt et pour l'assainissement de la plage, avant la période estivale. L'hiver, la plage était pleine de détritus que ramenaient les grosses vagues sur le rivage. J'ai souvenir aussi que mon père organisa un chantier scout, à Taleza, pour venir en aide à une coopérative agricole des anciens moudjahines. Le chantier scout consistait à construire un hangar, pour entreposer du matériel agricole et c'est les routiers qui furent assignés à ce volontariat.
La section féminime scoute, de son côté, disposait déjà d'un orchestre depuis bien plus longtemps que nous grâce notament aux efforts de Ahcène Souiki ( Chef et commaissaire scout à Collo) dont les enfants scouts jouaient tous d'un instrument de musique et faisaient partie de l'orchestre et de la fanfare.
C'est ainsi que se passa ma deuxième enfance à Collo, avant de rejoindre le lycée à Constantine, aprés le passage en classe de 6eme.
Voir les Diaporamas Scouts Denis Mourad Chetti. Août 2005

References: Art. 1
 Art. 2
 Art. 3
 Art. 4
 Art. 5
 Art. 6
 Art. 7

Art. 8

Art. 9

Art. 10