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Timestamp: 2016-10-25 01:29:40+00:00

Document:
MM. les Juges Borella, Pr�sident, Kernen et Geiser, suppl�ant. Greffier : M. Berthoud
K.________, recourant, repr�sent� par Me Henri Carron, avocat, rue de Venise 3B, 1870 Monthey,
Lloyd's Underwriters London, Avry-Bourg 6, 1754 Avry-Centre, intim�e, repr�sent�e par Me Philippe Pont, avocat, avenue Ch�teau de la Cour 4, 3960 Sierre,
K.________ est titulaire d'un certificat de cuisinier ainsi que d'un dipl�me de l'�cole h�teli�re de Y.________. Il a exploit� un h�tel � Z.________, d'abord comme ind�pendant, puis en qualit� de salari� d'une personne morale au capital social de laquelle il participait � titre principal. Il a exerc� en outre une activit� accessoire dans l'agriculture.
En 1993, il s'est taillad� l'avant-bras gauche avec une scie. Les blessures subies dans cet accident ayant eu pour cons�quence en particulier une limitation de la force et une maladresse de cette main, l'int�ress� a d�pos� une demande de prestations de l'AI. Dans le cadre de l'instruction de celle-ci, il a �t� soumis notamment � l'expertise du psychiatre B.________ (cf. rapport du 22 novembre 1996).
Le 14 novembre 1997, alors qu'il �tait employ� comme directeur par W.________S�rl, soci�t� qu'il dominait, et affili� � ce titre � la caisse-maladie et accidents de la soci�t� suisse des h�teliers, Hotela (ci-apr�s: Hotela), K.________ a �t� victime d'un autre �v�nement accidentel. Tandis qu'il tentait de d�gager un v�hicule accident� aux abords de la voie de chemin de fer entre T.________ et Z.________, il a �t� happ� par un train et a subi une fracture ouverte du f�mur distal droit. Il a �t� op�r� et soign� � l'h�pital r�gional de Z.________ jusqu'au 1er d�cembre 1997. Ce cas a �t� pris en charge par Hotela, laquelle avait conclu un accord de collaboration (au sens de l'art. 70 al. 2 LAA) avec Lloyd's Underwriters London (ci-apr�s: Lloyd's).
Depuis cet accident, l'assur� n'a plus travaill� pour W.________S�rl. Le 5 ao�t 1998, l'�pouse de l'int�ress� a �t� victime d'une h�morragie c�r�brale qui l'a rendue d�finitivement impotente. L'h�tel de Z.________ a �t� ferm� � fin septembre 1998 et remis un mois plus tard.
Mandat� par l'assureur-accidents pour une expertise, le docteur A.________, sp�cialiste en chirurgie orthop�dique et traumatologie, a confirm� dans son rapport du 9 d�cembre 1998 que K.________ �tait � cette �poque encore totalement incapable de travailler. L'expert a toutefois estim� que l'assur� devrait �tre apte � reprendre ses occupations habituelles, comme avant l'accident du 14 novembre 1997, une fois obtenue la gu�rison de la fracture. L'int�ress� a repris son travail dans l'agriculture le 1er mars 1999. L'ablation du mat�riel d'ost�osynth�se s'�tant effectu�e le 30 ao�t suivant, il a de nouveau �t� en incapacit� de travailler totale jusqu'au 31 octobre 1999 et ensuite � 75 %.
A la demande de l'Office AI du canton du Valais, une expertise pluridisciplinaire de l'assur� a �t� men�e � la Clinique V.________. Dans leur rapport du 6 avril 2000, les docteurs C.________ et D.________ ont relev� les diagnostics suivants :
- Etat d�pressif majeur (degr� s�v�re)
- Personnalit� borderline
- Status apr�s fracture ouverte stade II du f�mur distal droit en 1997 ost�osynth�s�e par clou centrom�dullaire verrouill�
- Status apr�s tentamen par veinosection en 1993, entra�nant de multiples l�sions tendineuses partielles du poignet gauche
- Status apr�s fractures de la clavicule et de l'hum�rus droits en 1970
- Status apr�s fracture de la jambe droite en 1977
- Status apr�s fracture de la main droite en 1990
- Status apr�s tassement vert�bral en 1990.
Les experts ont en outre �valu� comme suit le degr� de capacit� de travail de l'assur�:
�K.________ pr�sente plusieurs pathologies influant sa capacit� de travail.
L'atteinte du membre sup�rieur gauche n'entra�ne plus de limitations, elle ne justifie aucune incapacit� de travail.
La fracture du f�mur droit, actuellement consolid�e, mais qui a occasionn� un raccourcissement du membre inf�rieur droit, est � l'origine d'une diminution de 50 � 75% de la capacit� de travail dans l'activit� d'agriculteur, et de 100% dans celle de cuisinier. Par contre, dans tout m�tier semi-s�dentaire (gestion d'h�tel ou d'un domaine agricole), elle est estim�e � 100%.
C'est l'atteinte psychiatrique qui se r�v�le actuellement la plus invalidante, puisque � l'origine d'une diminution de la capacit� de travail de 50% et pas moins, dans toute activit�. Cette atteinte remonte � septembre 1998, suite � l'h�morragie c�r�brale de l'�pouse de K.________.
L'�valuation professionnelle a montr� que nous pouvons exiger, du point de vue physique, une activit� de 50%.
Au terme de notre �valuation globale, qui prend en compte l'atteinte psychiatrique et les limitations physiques, nous estimons que dans une activit� semi-s�dentaire ou s�dentaire telle la gestion d'un h�tel, d'un domaine agricole ou toute autre gestion, la capacit� de travail de K.________ est de 50%.�
En compl�ment de ce rapport, les docteurs C.________ et E.________, de la Clinique V.________, ont pr�cis� ce qui suit � Lloyd's, dans une �criture du 15 septembre 2000, � propos de l'�tat d�pressif de l'assur� :
�(...) Ce trouble est apparu longtemps apr�s l'�v�nement traumatique en cause. Il n'a pas la sp�cificit� de ce qu'on retrouve apr�s un accident. Il rel�ve avant tout de facteurs personnels, familiaux et sociaux qui sont �trangers � l'accident du 14.11.97. la causalit� naturelle entre les troubles psychiques de l'assur� (en particulier l'�tat d�pressif majeur) et l'�v�nement traumatique du 14.11.97 doit donc �tre exclue. Comme les troubles psychiatriques pr�sent�s par l'assur� sont typiquement fonctionnels (psychog�nes) et donc potentiellement r�versibles, on ne saurait retenir d'atteinte � l'int�grit� sur le plan psychiatrique dans ce cas�.
En revanche, en ce qui concerne l'atteinte � l'int�grit� physique d�coulant de cet accident, les m�decins pr�nomm�s l'ont �valu�e � 5 %, dans le rapport du 15 septembre 2000.
Par d�cision du 7 juillet 2000, confirm�e sur opposition le 28 mars 2001, Hotela a mis fin aux prestations de courte dur�e (soins m�dicaux et indemnit�s journali�res) qu'elle allouait � K.________, avec effet au 31 mai 2000, except� la confection d'une semelle pour la sur�l�vation du membre inf�rieur droit.
De son c�t�, Lloyd's a rendu une d�cision, le 29 janvier 2001, par laquelle il a refus� de verser une rente d'invalidit� � l'assur�; dans cette d�cision, il lui a par ailleurs reconnu le droit � une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� d'un taux de 5 %. Par d�cision du 16 juillet 2001, cet assureur a rejet� l'opposition que K.________ avait form�e contre cette d�cision.
K.________ a d�f�r� ces deux d�cisions sur opposition au Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais.
La juridiction cantonale a joint les deux causes. Par jugement du 26 septembre 2002, elle n'est pas entr�e en mati�re sur le recours dirig� contre la d�cision rendue par Hotela le 28 mars 2001, et a rejet� le recours form� contre la d�cision de Lloyd's du 16 juillet 2001.
K.________ interjette un recours de droit administratif contre ce jugement dont il demande l'annulation en tant qu'il confirme la d�cision sur opposition de Lloyd's. Avec suite de d�pens, il conclut au versement d'une rente d'invalidit� fond�e sur un taux d'incapacit� de gain de 100 % et d'une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� de 50 %.
Lloyd's conclut au rejet du recours sous suite de d�pens. Tandis que Hotela estime ne pas avoir qualit� de partie en proc�dure f�d�rale, l'Office f�d�ral des assurances sociales a renonc� � se d�terminer.
Le litige porte sur le droit du recourant � des prestations de l'intim�e pour les suites de l'accident du 14 novembre 1997, singuli�rement une rente d'invalidit� de 100 % et une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� de 50 %.
Se basant sur l'avis des experts de la Clinique V.________, les premiers juges ont retenu d'une part que Lloyd's n'a pas � r�pondre des cons�quences d'origine psychique sur la capacit� de gain du recourant et que, d'autre part, les s�quelles somatiques de cet �v�nement ne r�duisent pas cette capacit�. En outre, se r�f�rant aux tables d'indemnisations des atteintes � l'int�grit� �tablies par le service m�dical de la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (CNA), la Cour cantonale a confirm� la quotit� de l'indemnit� allou�e � ce titre par l'intim�e au recourant.
De son c�t�, le recourant all�gue que les troubles psychiques dont il est atteint n'ont jamais �t� invalidants ant�rieurement � l'accident du 14 novembre 1997 et conteste les conclusions des m�decins de la Clinique V.________ qui nient le lien de causalit� naturelle entre cet �v�nement accidentel et ces troubles. En outre, il estime que l'activit� dans l'entreprise familiale, comparable � celle d'un ind�pendant, qu'il exer�ait avant l'accident en cause n'est plus exigible de sa part, car cette entreprise a fait faillite. A son avis, le degr� de son invalidit� a �t� d�termin� en ne tenant compte que d'une partie des activit�s qui �taient les siennes � l'�poque. Il pr�tend par ailleurs une indemnit� pour atteinte � l'int�grit� prenant en consid�ration les s�quelles psychiques de l'�v�nement accidentel du 14 novembre 1997.
La juridiction cantonale de recours a expos�, pour l'essentiel, les r�gles applicables � la solution du litige, de sorte qu'il suffit de renvoyer � ses consid�rants. Il convient encore de compl�ter cet expos� en pr�cisant que la loi f�d�rale sur la partie g�n�rale du droit des assurances sociales (LPGA), du 6 octobre 2000, entr�e en vigueur le 1er janvier 2003, n'est pas applicable en l'esp�ce, le juge des assurances sociales n'ayant pas � tenir compte des modifications du droit ou de l'�tat de fait survenues apr�s que la d�cision litigieuse (in casu du 16 juillet 2001) a �t� rendue (cf. ATF 127 V 467 consid. 1, 121 V 366 consid. 1b).
En l'esp�ce, le cas du recourant a fait l'objet d'une �tude approfondie � la Clinique V.________ o� l'int�ress� a s�journ� du 14 au 17 mars 2000 et o� il �t� soumis � l'examen de plusieurs m�decins sp�cialistes dans diverses disciplines. Le m�decin-chef du service psychosomatique de cette clinique, le docteur E.________, a �tabli rapport le 16 mars 2000, relevant en particulier ce qui suit :
�(...) Les difficult�s majeures commencent avec les suites d'une auto-mutilation, le 24.08.1993, o� l'assur� s'�tait taillad� la face palmaire de l'avant-bras gauche. A l'�poque, l'�valuation psychiatrique avait relev� l'�tat limite (personnalit� borderline) sans retenir d'invalidit� psychiatrique significative. Je pense, quant � moi, qu'il s'agissait d'une appr�hension tout � fait justifi�e de l'�tat psychique de l'�poque.
La suite est une succession d'�v�nements dramatiques. Le premier est un deuxi�me accident en novembre 1997 o� l'assur� est happ� par le train, alors qu'il portait secours � un automobiliste. En 1998, son �pouse a �t� victime d'une h�morragie c�r�brale avec suites gravement invalidantes. Les modifications du fonctionnement familial expliqueraient le d�part mal accept� de la cadette vers une tante dans le Haut-Valais. Enfin, en automne 1999, l'assur� a d� reconna�tre le corps d'un proche, tu� par le train, ce qui a �t� v�cu comme extr�mement traumatique.
A mon avis, il est aujourd'hui tout � fait juste d'admettre une invalidit� psychiatrique significative dans ce cas. Je la chiffre � 50 % et pas moins. Quant � moi, elle remonte � l'automne 1998, dans les suites de l'h�morragie c�r�brale de l'�pouse de l'assur�. (...)�
Dans leur rapport compl�mentaire du 15 septembre 2000, les docteurs E.________ et C.________ ont apport� les pr�cisions suivantes � l'intention de Lloyd's qui les interrogeait notamment sur le lien de causalit� naturelle entre l'accident du 14 novembre 1997 et l'incapacit� de travail de l'assur� :
�(...) L'�valuation de cette situation ne para�t pas poser de probl�me particulier. Sur le plan psychiatrique, ont �t� retenus les diagnostics d'�tat d�pressif majeur (degr� s�v�re), de personnalit� borderline et d'abus d'alcool. En r�gle g�n�rale, ces troubles n'ont pas la sp�cificit� de ce qu'on s'attend naturellement � avoir apr�s un �v�nement traumatique. En particulier, il n'a jamais �t� relev� de signes et sympt�mes d'un trouble de l'adaptation post-traumatique (TAP) ou d'�tat de stress post traumatique (ESPT). L'�tat d�pressif remonte vraisemblablement au mois de septembre 98, dans la foul�e de la maladie grave de l'�pouse de l'assur� et des cons�quences qu'elle a eues sur la situation sociale, familiale et �conomique du couple. Rien n'indique qu'il y ait eu un �tat d�pressif significatif et en tout cas invalidant avant cette p�riode. Si l'accident du 14.11.97 a aussi pu avoir un r�le d�favorable, il n'a, en tout cas pas, de valeur pr�pond�rante pour l'�mergence de cet �tat d�pressif s�v�re. Celui-ci rel�ve avant tout de la maladie grave de l'�pouse et des difficult�s qu'a rencontr�es le couple par la suite. Il proc�de aussi d'un fond de personnalit� pathologique retrouv� � l'examen clinique et aux tests psychologiques projectifs.
L'abus d'alcool peut remonter � de nombreuses ann�es. Il proc�de aussi essentiellement d'un contexte psychosocial particulier et de la pathologie de personnalit�. Rien n'indique que l'accident du 14.11.97 l'ait aggrav� de fa�on significative. L� encore, si l'accident en cause a pu avoir un r�le d�favorable, il ne peut en tout cas pas �tre retenu comme un �l�ment pr�pond�rant dans le maintien ou l'aggravation d'un abus d'alcool qui �volue probablement depuis de tr�s nombreuses ann�es.
Enfin, le trouble de la personnalit� remonte, comme c'est la r�gle, au d�but de l'�ge adulte. Il s'est manifest� par des variations de l'humeur ayant probablement pris occasionnellement la valeur d'un v�ritable �tat d�pressif. Il explique une certaine instabilit�, une difficult� dans les relations interpersonnelles, l'abus d'alcool, l'impulsivit� (tentative de suicide). Ce trouble structurel ne peut en aucun cas �tre reli� � l'�v�nement traumatique du 14.11.97. Rien n'indique non plus que celui-ci ait pu en aggraver les manifestations cliniques.�
De ces renseignements m�dicaux clairs et coh�rents, on ne saurait tirer la conclusion que, selon une vraisemblance pr�pond�rante, si l'accident en cause n'�tait pas survenu, le recourant n'aurait pas subi d'atteinte invalidante � sa sant� psychique. L'�v�nement accidentel en question n'appara�t donc pas comme la condition sine qua non de cette atteinte. Contrairement � ce que soutient le recourant, le fait qu'il ait �t� confront� � des difficult�s financi�res et d�cid�, d�j� avant la maladie de son �pouse, de remettre l'h�tel qu'il exploitait n'est pas de nature � faire douter de la pertinence des conclusions des experts m�dicaux. En effet, celles-ci se fondent en particulier sur l'absence de troubles de l'adaptation ou d'�tat de stress post traumatique chez l'int�ress� apr�s l'accident du 14 novembre 1997. Que les experts n'aient pas examin� le recourant entre cet �v�nement et l'h�morragie c�r�brale qui a frapp� son �pouse n'est pas non plus d�terminant. Durant cette p�riode en effet, l'assur� a consult� le docteur F.________. Or, ce m�decin traitant, dont le dossier a �t� joint aux actes de la pr�sente proc�dure, n'a jamais fait �tat de difficult�s d'ordre psychique dans les diverses attestations qu'il a r�dig�es avant que l'�pouse du recourant tombe gravement malade (cf. �critures des 4 mars, 23 juin et 28 ao�t 1998). Par ailleurs, dans le rapport du docteur A.________ du 9 d�cembre 1998, il n'est nullement fait mention d'un quelconque signe de d�pression. Au demeurant, le fait que l'expert B.________, mandat� en 1996 par l'administration de l'AI pour examiner le recourant, n'ait pas d�cel� � cette �poque chez ce dernier d'atteinte invalidante � la sant� psychique ne saurait donner d'indication d�terminante sur l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'accident du 14 novembre 1997 et l'�tat d�pressif constat� en mars 2000.
Il suit de ce qui pr�c�de qu'il n'existe pas de motif de s'�loigner des conclusions d�ment motiv�es des experts de la Clinique V.________ dont le rapport et son compl�ment remplissent les conditions jurisprudentielles pour qu'une pleine valeur probante leur soit reconnue (cf. ATF 125 V 352 consid. 3a et la r�f�rence). C'est donc � juste titre que les autorit�s inf�rieures ont ni� l'existence d'un lien de causalit� naturelle entre l'accident et l'atteinte psychique en cause. L'intim�, qui ne r�pond pas de ces affections psychiques, �tait donc fond� � s'�carter du taux d'invalidit� de 77 % que l'AI (cf. prononc� du 26 mai 2000 et d�cisions de rentes des 21 et 25 juillet 2000) avait retenu pour maladie de longue dur�e (cf. ATF 126 V 288).
5.1 Le droit du recourant � une rente d'invalidit� � la charge de l'assureur-accidents a �t� ni� par la Cour cantonale au motif que les seules cons�quences somatiques de l'accident du 14 novembre 1997 n'entra�naient aucune diminution de sa capacit� de gain dans l'activit�, exigible de lui, de g�rant d'h�tel.
Le recourant de son c�t� soutient que l'entreprise familiale � la t�te de laquelle il se trouvait, et pour la bonne marche de laquelle la contribution de son �pouse �tait essentielle, a disparu dans une faillite provoqu�e par l'accident susmentionn�. Il fait valoir que cette d�confiture, d'une part, et l'h�morragie c�r�brale dont a �t� victime son �pouse, d'autre part, l'ont priv� de toute possibilit� de recr�er une entreprise du m�me type dans laquelle ses horaires de travail, ses responsabilit�s et son revenu �taient sup�rieurs � ceux d'un simple employ�. Partant, il estime que le revenu d'invalide � prendre en consid�ration doit correspondre � celui qu'il pourrait encore obtenir dans une activit� de salari� sur un march� �quilibr� du travail et en fonction de sa formation.
5.2 En l'esp�ce, du rapport d'enqu�te �conomique de l'Office AI du canton du Valais du 2 mars 1999, il resort que durant les mois qui ont pr�c�d� l'accident du 14 novembre 1997, le recourant a rempli des t�ches administratives dans son h�tel, mais n'a collabor� � aucun travail pratique. En 1997, avant l'�v�nement accidentel susmentionn�, il s'est tourn� vers un travail de prospection le faisant beaucoup voyager. Il n'apportait alors plus aucune aide aux travaux agricoles, se limitant � une supervision toute g�n�rale. Apr�s l'accident, le recourant n'a plus travaill� pour l'h�tel, qui a �t� ferm� le 30 septembre 1998, et il a continu� � assurer une supervision toute g�n�rale de son domaine agricole, sans toutefois collaborer � aucun des travaux pratiques.
Ant�rieurement, soit entre le tentamen de 1993 et jusqu'� fin 1996, le recourant s'occupait des t�ches administratives de l'h�tel et supervisait la cuisine mais sans y apporter aucune aide aux travaux pratiques. Il avait une activit� accessoire dans l'agriculture, laquelle �tait cependant d�ficitaire.
Dans ces circonstances et compte tenu de l'�valuation de la capacit� de travail des experts de la Clinique V.________ - laquelle n'est pas contest�e comme telle par le recourant - il y a lieu de retenir, avec les premiers juges, qu'une activit� de g�rant d'h�tel � plein temps est exigible de la part du recourant.
5.3 Du prononc� de l'Office AI du canton du Valais du 26 mai 2000, il ressort que les gains annuels du recourant ont �t� les suivants durant les ann�es pr�c�dant l'accident du 14 novembre 1997 :
P�riode 1993 - 1994:
P�riode 1995 - 1996:
Salaire de mai 1997 � fin octobre 1997 annualis�
A la suite de cet accident, le recourant n'a plus exerc� d'activit� dans le cadre de l'h�tel qu'il dirigeait, lequel a �t� ferm� le 30 septembre 1998, selon le rapport d'enqu�te �conomique du 2 mars 1999. Le m�me document r�v�le que l'int�ress� n'a d�s lors d�ploy� qu'une activit� de supervision de son domaine agricole et qu'il s'est parall�lement lanc� dans de nouvelles affaires au sujet desquelles le dossier ne donne pas de pr�cisions.
De toute fa�on, il appara�t quasi impossible de d�terminer le revenu qu'aurait pu r�aliser l'int�ress� sans la survenance de l'atteinte � sa sant� physique dont r�pond l'assureur-accidents. D'une part, un changement de la marche des affaires de son h�tel peut �tre � l'origine de la nouvelle orientation de ses activit�s (vers la prospection de client�le) au sein de cette entreprise d�s le printemps 1997. D'autre part, la perte du concours de son �pouse, occup�e � plein temps dans l'h�tel, apr�s la maladie dont elle a �t� frapp�e et l'accompagnement que son �tat n�cessite constituent des �v�nements susceptibles d'influencer consid�rablement ce revenu, sans pour autant �tre li�s � l'�v�nement accidentel en cause.
Par ailleurs, vu la diminution de la capacit� de gain du recourant imputable � l'atteinte � sa sant� psychique, dont on a vu que Lloyd's ne r�pond pas, il n'est gu�re possible de d�terminer concr�tement le revenu qu'il pourrait r�aliser en exer�ant l'activit� de g�rant d'h�tel, exigible selon les consid�rants qui pr�c�dent.
L'on ne peut donc fixer ou �valuer s�rement le montant des deux revenus de la confrontation desquels r�sulterait la diff�rence permettant de calculer le taux de l'invalidit�. En pareil cas, selon la jurisprudence, il faut, en s'inspirant de la m�thode sp�cifique pour non-actifs (art. 27 RAI), proc�der � une comparaison des activit�s et �valuer le degr� d'invalidit� d'apr�s l'incidence de la capacit� de rendement amoindrie sur la situation �conomique concr�te. La diff�rence fondamentale entre la proc�dure extraordinaire d'�valuation et la m�thode sp�cifique (selon l'art. 28 al. 3 LAI en corr�lation avec les art. 26bis et 27 al. 1 RAI) r�side dans le fait que l'invalidit� n'est pas �valu�e directement sur la base d'une comparaison des activit�s; on commence par d�terminer, au moyen de cette comparaison, quel est l'emp�chement provoqu� par la maladie ou l'infirmit�, apr�s quoi l'on appr�cie s�par�ment les effets de cet emp�chement sur la capacit� de gain. Une certaine diminution de la capacit� de rendement fonctionnelle peut certes, dans le cas d'une personne active, entra�ner une perte de gain de la m�me importance, mais n'a pas n�cessairement cette cons�quence. Si l'on voulait, dans le cas des personnes actives, se fonder exclusivement sur le r�sultat de la comparaison des activit�s, on violerait le principe l�gal selon lequel l'invalidit�, pour cette cat�gorie d'assur�s, doit �tre d�termin�e d'apr�s l'incapacit� de gain (proc�dure extraordinaire d'�valuation; ATF 128 V 30 consid. 1, 104 V 136 consid. 2; VSI 1998 p. 122 consid. 1a et p. 257 consid. 2b).
L'application en l'esp�ce de cette m�thode extraordinaire conduit, pour les cons�quences de l'atteinte physique � la sant� du recourant dont r�pond l'assureur-accidents, � retenir, comme l'a fait la Cour cantonale, qu'il n'y a pas de diminution de la capacit� de gain.
En ce qui concerne l'indemnit� pour atteinte � l'int�grit�, le recourant ne remet en cause le jugement attaqu� que dans la mesure o� le taux de cette indemnit� a �t� fix� compte tenu de la seule atteinte � sa sant� physique. L'assureur-accidents ne r�pondant d'aucune autre atteinte (v. consid. 4 ci-dessus), le recours se r�v�le �galement mal fond� sur ce point.
Le recourant, qui succombe, ne peut pr�tendre de d�pens (art. 159 al. 1 OJ a contrario). Il a va de m�me s'agissant de Lloyd's, bien que cet assureur obtienne gain de cause, car il a agi en qualit� d'organisme charg� de t�ches de droit public (art. 159 al. 2 OJ in fine; ATF 128 V 271 consid. 7 et les r�f�rences).
Le pr�sent arr�t sera communiqu� aux parties, � Caisse-maladie et accidents de la soci�t� suisse des h�teliers Hotela, au Tribunal des assurances du canton du Valais et � l'Office f�d�ral des assurances sociales.

References: in casu
 ATF 
 ATF 
 ATF 
 art. 26
 ATF 
in fine
 ATF