Source: https://info-turk.be/258.htm
Timestamp: 2019-01-22 22:44:42+00:00

Document:
24e Année - N°258
Février/February 2000
Le défi raciste d'Ankara à l'Europe
Le discours expansionniste du ministre turc de la défense à Munich
Des dirigeants islamiste et d'extrême droite critiquent l'UE
Haider à l'Europe: occupez vous plutôt de la Tchétchénie et de la Turquie
La Turquie propose de participer à la force de réaction rapide
La Turquie renonce à briguer un siège au Conseil de sécurité de l'ONU
Ankara regrette le report d'une réunion de la commission parlementaire mixte
Cem: l'entrée de la Turquie dans l'UE ne prendra pas plus de 15 ans
Human Rights Watch dénonce les liens entre forces de sécurité et Hizbullah
La candidature de la Turquie "loin de faire l'unanimité" en France (Moscovici)
Le chef de la diplomatie suédoise réclame plus de droits pour les Kurdes
L'UE exprime son "étonnement" à la suite des décisions contre le HADEP
Rapport américain sur les droits de l'homme en Turquie
Double Standard in favour of Turkey
Un militant d'extrême gauche turc porte plainte pour tortures
POLITIQUE INTERIEURE/INTERIOR POLICY
Unanimité des partis pour prolonger le mandat du président Demirel
L'opposition veut une élection présidentielle au suffrage universel
Les Verts allemands décidés à empêcher la vente de chars à la Turquie
Opération anti-Hizbullah: 52 corps découverts en deux semaines
Complaint over failure in Guclukonak case
4 nouveaux corps trouvés, dont 3 dans un charnier
Un avocat d'Ocalan poursuivi pour insulte envers l'Etat et l'armée turcs
Onze militants turcs de Greenpeace interpellés à Ankara
La police empêche une manifestation en faveur des droits de l'Homme
La police libère plus de 200 manifestants arrêtés samedi
Cinq policiers et trois membres du Hizbullah tués dans une fusillade
Dix morts dans une fusillade entre policiers et membres du Hizbullah
Pour les mineurs aussi, la peine de mort est requise
Verdict on Manisa case police officers postponed again
Maires interpellés: affrontements entre la police et manifestants
Nouvelle manifestation à Diyarbakir en faveur des maires interpellés
Arrestation des trois maires d'un parti pro-kurde interpellés
Les présidents du parti pro-kurde HADEP condamnés pour soutien au PKK
Quatre maires du parti pro-kurde HADEP démis de leur fonctions
IHD Malatya Branch Closed 'Indefinitely'
Les trois maires d'un parti pro-kurde réintégrés dans leurs fonctions
Le parti pro-kurde demande qu'un quatrième maire réintègre son poste
Les charniers de l'alliance de l'Etat avec le Hizbullah
Jusqu'à 15 ans de prison requis contre vingt et un membres du Hizbullah
Torture victims group calls for international protest against trial in Turkey
Ismail Besikci pessimiste pour l'avenir
General Staff sentenced Yurdatapan and Onaran
16 ans après sa mort Guney agite toujours l'opinion turque
Ouverture du procès visant à fermer une fondation kurde à Istanbul
CNN-Turk fermée pendant une journée pour une émission "séparatiste"
Le PKK confirme l'arrêt de la lutte armée
La rébellion kurde tente de muer pour devenir une organisation politique
La Turquie restreint les contacts entre Ocalan et ses avocats
MIT-CIA protocol for Apo
L'Etat turc resserre l'étau autour du parti pro-kurde HADEP
Armenian Call to European Parliament
Génocide arménien : le Sénat français soumis aux chantages d'Ankara
Arménie : M. Ecevit se félicite d'une décision du Sénat français
Le Conseil d'Etat refuse de rétablir la nationalité turque d'une islamiste
Plus de 300 enseignantes révoquées pour port du voile en cours
Ministry dismisses over 300 'fundamentalist' teachers
Turkey postpones decision again on nuclear plant tender
TUSIAD Released Report on Turkish Democratization
Dans les camps de tentes, les victimes du séisme luttent contre le froid
Six mois après le séisme d'août, un tiers des sans-abri campent encore
Recensement en Turquie en octobre 2000
L'éducation sexuelle entre timidement dans les écoles primaires turques
Prémices d'un dégel dans les relations entre l'Arménie et la Turquie
Lancement de la construction du gazoduc Blue Stream
Cem et Papandréou appellent la presse à développer l'amitié gréco-turque
Conférence sur la sécurité de l'eau: divergences entre l'Irak et la Turquie
L'Iran proteste contre les déclarations du Premier ministre turc
Représentation à Chypre : Cem s'en prend à la Bosnie et la Macédoine
Ambassade à Chypre: M. Izetbegovic demande de la "compréhension" à Ankara
Faux terroristes kurdes et vrais acteurs: la police paie sa méprise
L'attitude de Vienne envers le racisme, "vitale" pour la Turquie (Ecevit)
Expulsion des partisans d'un chef islamiste turc lors de son procès
Ambiance électrique à l'ouverture du procès du "calife" Metin Kaplan
Le PKK mobilise quelque 20.000 manifestants pour Ocalan
Ankara demande l'extradition d'un commandant du PKK réfugié aux Pays-Bas
Alors que l'Union européenne est fort occupée de l'affaire Haider, le régime turc gouverné par une coalition des partis nationaliste de gauche (DSP), néo-fasciste (MHP) et conservateur (ANAP), en défiant les critères de Copenhague pour la candidature à l'UE, resserre l'étau autour du peuple kurde par une série des mesures répressives:
1. Le président du parti HADEP Ahmet Turan Demir et son prédécesseur Murat Bozlak ont été condamnés le 24 février à trois ans et neuf mois de prison chacun par une Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Ankara pour "soutien et recel" en faveur du PKK, avec 16 autres membres de leur parti. Ils étaient jugés avec 29 autres accusés pour leur implication dans les grèves de la faim et manifestations de soutien organisées par le HADEP en faveur du chef du PKK, Abdullah Ocalan, alors que celui-ci avait séjourné de novembre 1998 à janvier 1999 en Italie.
2. Quelques heures avant cette condamnation, la DGM de Diyarbakir (sud-est) a inculpé et écroué pour les mêmes chefs d'accusation les maires de Diyarbakir, Siirt (sud-est), et Bingol (est), respectivement Feridun Celik, Selim Özalp et Feyzullah Karaaslan, membres du HADEP, en dépit d'appels des pays et institutions européens pour leur remise en liberté.
Le HADEP a remporté en avril 1999 la majorité des mairies kurdes dans l'est et le sud-est, dont celle de la plus grande ville de la région, Diyarbakir.
Le HADEP fait l'objet depuis fin janvier 1999 d'une procédure d'interdiction par la justice pour "liens organiques" avec le PKK et il est menacé de fermeture.
"Ces mesures portent atteinte a la crédibilité de l'Etat dans le sud-est. L'atmosphère de paix qui régnait dans la région depuis des mois va en souffrir", a déclare à l'AFP Hüsnü Ondul, président de l'influente Association de défense des droits de l'Homme (IHD) de Turquie.
3. En réaction à l'arrestation des trois maires kurdes, le Conseil de l'Europe et Amnesty International avaient demandé leur libération et la présidence de l'Union européenne, assurée par le Portugal, avait entamé mardi des consultations avec ses partenaires européens sur cette affaire.
La président du Parlement européen, Mme Nicole Fontaine avait elle aussi demandé la libération immédiate des trois maires kurdes.
Toutefois, le Premier ministre turc Bulent Ecevit a accusé aujourd'hui les pays européens de tenter d'exercer des pressions sur la Turquie.
Le président de la République Süleyman Demirel a, lors des manoeuvres militaires à l'Est, attaqué les pays européens en ces termes: "Qu'est-ce qu'ils veulent? La République turque n'a-t-elle pas le droit à appliquer ses propres lois? S'il y a des gens qui ont commis des crimes, l'Etat n'aura-t-il pas le droit à les poursuivre en justice?"
Ce qui est le plus signifiant est ce que le président de la République Demirel honorait ces manoeuvres militaires en uniforme de commando et portait à la main une canne à pomme de "Loup", symbole du mouvement néo-fasciste turc.
Le ministre turc de la défense nationale M. Sabahattin Cakmakoglu, lors de la conférence internationale des ministres européens sur la défense nationale à Munich, a déclaré qu'il ne voit rien inquiétant dans la participation du FPÖ au gouvernement autrichien.
M. Cakmakoglu, également un des dirigeants principaux du parti néo-fasciste turc MHP*, a harangué les partisans et sympathisants de son parti en prononçant un discours expansionniste lors de sa visite à l'Association des Loups Gris (ÜOD) à Munich.
"Jusqu'au centenaire de notre République, à savoir dans les 25 ans qui viennent, la Turquie deviendra une super puissance dans le monde et le leader incontestable dans notre région. Nous sommes en train d'éliminer toutes les différences de dialecte dans la langue turque parlée par 250-300 millions Turcs dans le monde. Grâce à nous [le MHP], les enfants turcs apprennent non seulement l'histoire des Turcs à l'intérieur de la Turquie, mais également l'histoire de toutes les populations turques dans le monde. A cette connaissance s'ajoutent également les valeurs de l'Islam. Donc, n'aient pas peur! Voici arrive la grande nation turque!" a-t-il dit. (Hürriyet, le 8 février 2000)
Aucun des ministres européens participant à la conférence n'a manifesté moindre malaise à cause de la présence d'un ministre fasciste à cette réunion alors que certains d'entre eux parlaient de boycotter les réunions en présence des ministres autrichiens.
Au contraire, ils n'ont épargné aucun effort pour calmer la colère de ce ministre sur l'ambiguïté du statut de la Turquie dans la future structure de défense européenne. Et les médias turcs l'ont annoncé comme une nouvelle victoire diplomatique de la Turquie.
ï La Turquie est actuellement gouvernée par le gouvernement d'Ecevit en coalition avec le MHP (Parti d'action nationaliste). Ce parti néo-fasciste est responsable de plus de cinq mille assassinats politiques dans les années 60 et 70. Le MHP prône la supériorité de la race turque et tâche pour la constitution d'un grand empire turc, Turan, qui regrouperait tous les turcophones à partir de la Mer adriatique jusqu'aux Murailles de Chine. Ses militants Loups Gris en Europe, protégés des missions diplomatiques turques, se sont impliqués dans plusieurs actes de grande criminalité y compris le trafic et dans l'attentat contre le Pape en 1981. En décembre 1998, les Loups Gris ont incendié deux associations kurdes à Bruxelles.
Des dirigeants du parti islamiste de la Vertu et du parti d'extrême droite de l'Action nationaliste (MHP) ont critiqué la réaction européenne à l'arrivée de l'extrême droite en Autriche, au nom du respect du vote populaire, cités vendredi par le quotidien Milliyet.
"La position européenne est erronée. Il y a un vote du peuple", a déclaré au quotidien Milliyet (libéral) Abdullah Gul, député du principal parti d'opposition et unique formation islamiste de Turquie, le parti de la Vertu Fazilet.
"L'attitude de l'UE peut déranger les gens en Europe. Ils peuvent dire que c'est une ingérence dans les affaires intérieures", a-t-il ajouté.
Une large partie de la presse turque a accueilli positivement la réaction européenne envers l'Autriche, la comparant à la campagne menée par la puissante armée turque contre les islamistes en Turquie, qui avait abouti à la démission du premier ministre islamiste Necmettin Erbakan en 1997.
Son parti de la Prospérité (Refah) avait été fermé. Le Fazilet, successeur du Refah, est l'objet d'une procédure en justice visant à l'interdire, pour activités contraires à la laïcité.
De son côté, le secrétaire général adjoint du MHP, le député Sait Gonen, a estimé que tout parti ayant participé dans les règles à des élections devait pouvoir former un gouvernement. "Ce qui compte, c'est la législation intérieure", a-t-il dit à Milliyet.
Le MHP, deuxième parti par le nombre de députés au parlement, est membre de la coalition gouvernementale tripartite du Premier ministre Bulent Ecevit, du parti de la Gauche démocratique (DSP). (AFP, 4 février 2000)
Le chef de l'extrême droite autrichienne Joerg Haider a critiqué les pays européens qui s'en prennent à son pays, leur conseillant de s'occuper plutôt des violations des droits de l'Homme en Tchétchénie ou en Turquie, dans un entretien au quotidien Hurriyet vendredi.
"Les pays européens doivent obéir à leurs propres règles. Ils adoptent une position dure contre l'Autriche mais ne font rien contre les violations des droits de l'Homme en Tchétchénie ou les abus contre les intellectuels d'opposition en Turquie", a-t-il déclaré.
Depuis l'arrivée au pouvoir à Vienne d'un gouvernement de coalition regroupant les conservateurs et l'extrême droite, l'Union européenne (UE) a gelé les contacts politiques bilatéraux avec l'Autriche.
"L'Europe a tourné l'attention de la communauté internationale sur l'Autriche pour faire oublier ses problèmes internes", a ajouté M. Haider. "Je trouve drôle que le monde entier soit effrayé par un petit parti dans un petit pays comme l'Autriche".
Il a par ailleurs rejeté les allégations selon lesquelles son parti de la liberté (FPO) menait une politique raciste.
"Nous considérer comme des xénophobes est une décison politique visant à freiner notre succès", a-t-il estimé.
La Turquie, qui a décroché le statut de candidat à l'UE lors du sommet d' Helsinki en décembre, n'a pas rompu ses liens avec Vienne, tout en déclarant qu'elle suivrait de près la politique future du nouveau gouvernement autrichien vis-à-vis de la communauté turque dans ce pays, forte de 150.000 membres.
M. Haider a exclu une discrimination visant les Turcs mais estimé que ceux-ci étaient "incapables" de s'intégrer à la société autrichienne.
Le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel a récemment assuré que son gouvernement soutiendrait les ambitions européennes de la Turquie et protégerait les droits des Turcs dans son pays, dans un message adressé au Premier ministre turc Bulent Ecevit. (AFP, 11 février 2000)
La Turquie a décidé de proposer de participer avec un contingent de la taille d'une brigade à la force de réaction rapide que l'Union européenne (UE) envisage de créer d'ici 2003, a indiqué lundi le ministère turc des Affaires étrangères.
"Notre gouvernement a décidé, pour contribuer aux efforts en vue de développer une force de réaction rapide, de proposer à l'UE de participer à cette unité avec un contingent de la taille d'une brigade appuyé par des éléments aériens et navals," précise un communiqué du ministère.
"Notre conviction est que la Turquie, membre de l'Otan depuis 1952 et acteur important de la sécurité et de la défense européennes, prendra sa juste place dans cette nouvelle structure", souligne le document, sans préciser le nombre de soldats qui constitueront le contingent turc.
Selon la chaîne de télévision d'informations NTV, l'unité turque sera composée de 3.000 hommes.
Au sommet d'Helsinki en décembre dernier, les Européens ont décidé d'assumer de nouvelles responsabilités dans la gestion militaire de crises du type Kosovo et ont choisi de se doter d'ici trois ans d'une force de réaction rapide composée de 60.000 hommes.
La Turquie, candidat officiel à l'entrée dans l'UE depuis le sommet d'Helsinki, s'était déclarée "loin" d'être satisfaite de la structure de la défense européenne alors qu'elle n'aura pas accès aux organes de contrôle de cette dernière, n'étant pas membre à part entière de l'UE. (AFP, 14 février 2000)
La Turquie a abandonné sa campagne lancée pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU en raison des difficultés financières qu'elle connaît depuis les séismes dévastateurs qui ont frappé le pays l'an dernier, a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères.
"La candidature pour un siège au sein du Conseil de sécurité de l'ONU nécessite d'importantes ressources financières", indique un communiqué signé par Sermet Atacanli, un porte du ministère des Affaires étrangères.
"Les séismes dévastateurs qui ont frappé le pays le 17 août et le 12 novembre nous ont obligé à réévaluer la façon dont nous allons utiliser nos ressources limitées", indique le communiqué.
Ces deux séismes avaient fait plus de 21.000 morts au total.
La Turquie avait déjà dépensé une somme très importante pour accueillir en novembre le sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), rappelle le communiqué.
"Nous avons décidé qu'il serait plus correct d'utiliser les fonds restants pour des activités liées à notre candidature à l'adhésion à l'Union européenne", écrit le porte-parole qui précise que "la candidature pour un siège au Conseil de sécurité serait réévaluée à l'avenir".
La Turquie a fait campagne depuis 1995 pour obtenir un des deux sièges de membre non-permanent au Conseil de sécurité alloués au pays occidentaux à l'occasion des élections d'octobre 2000. L'Italie, la Norvège et l'Irlande briguent également ces sièges.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a cinq membres permanents -- les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne --, et 10 membres non-permanents qui sont élus par l'Assemblée générale de l'ONU pour un mandat de deux ans. (AFP, 15 février 2000)
La Turquie a regretté jeudi le report d'une réunion de la commission parlementaire mixte Turquie-UE prévue la semaine prochaine à Ankara, lié au refus des autorités turques d'autoriser une visite des membres de la délégation européenne à une ex-députée kurde emprisonnée.
"Nous regrettons cette attitude. Ces réunions ne doivent pas dépendre des personnes, cela n'est pas correct", a déclaré devant la presse Kursat Eser, le co-président turc de la commission.
La réunion, prévue les 22 et 23 février, a été repoussée en raison du refus des autorités turques d'autoriser une visite de trois des 12 membres de la délégation européenne, dont l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, à Leyla Zana, une ex-députée kurde emprisonnée à Ankara.
Mme Zana, ex-députée du parti pro-kurde de la Démocratie (DEP) dissous pour activités séparatistes, purge une peine de quinze ans de prison depuis 1994. Elle est lauréate du prix des droits de l'Homme Sakharov du parlement européen.
"Seuls les proches de la détenue et ses avocats peuvent lui rendre visite, selon la loi", a dit M. Eser.
Il a ajouté que la réunion de la commission aurait probablement lieu en mai ou juin. (AFP, 17 février 2000)
L'entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE) ne prendra "pas plus de quinze ans", a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Ismail Cem, dans un entretien avec le quotidien Die Welt paru mercredi.
Evoquant les critères politiques nécessaires pour briguer la qualité de membre de l'UE, il a reconnu que la Turquie cumulait "encore des retards dans certains domaines". Mais elle s'efforce de les combler "au plus tôt", a-t-il assuré.
"Nous serons à même d'entrer dans l'UE dans un futur pas trop lointain", a-t-il ajouté sans donner de "délai précis". Dans tous les cas "cela ne prendra pas plus de 15 ans", a-t-il estimé.
Parmi les critères qui handicapent Ankara, M. Cem a cité la peine de mort, encore en vigueur dans son pays. "La Turquie est prête" à l'abolir, a-t-il affirmé.
Précisant que lui-même et un certain nombre de ministres étaient dans "tous les cas pour" cette abolition, il a rappelé que personne, du reste, n'avait été exécuté dans son pays depuis 15 ans.
M. Cem a aussi évoqué la question des Kurdes, à propos desquels il a admis qu'il y avait "une grande différence de vue" entre la Turquie et les états membres de l'UE".
"Nous ne voulons pas que la race ou que l'appartenance à un peuple jouent un rôle aux yeux de l'Etat. Nous voulons au contraire que tous les citoyens de notre pays aient plus de droits dans tous les domaines", a-t-il affirmé à ce sujet.
Puis le ministre turc a évoqué le sommet européen d'Helsinki, au cours duquel son pays a acquis le statut de candidat à l'UE pour souligner que cela avait "signifié beaucoup pour la Turquie que l'UE lui offre la perspective de la rejoindre".
"Nous présentons des avantages" par rapport aux autres candidats, a-t-il insisté, "car même si nous ne sommes pas membres de l'UE nous entretenons déjà une union douanière".
Mardi, après une rencontre avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, M. Cem avait vivement remercié l'Allemagne pour avoir contribué à ce processus d'intégration de la Turquie à l'UE. (AFP, 16 février 2000)
L'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé jeudi les liens entre les forces de sécurité turques et le mouvement islamiste clandestin Hizbullah, alors que se multiplient les découvertes de fosses contenant ses victimes présumées.
Dans un communiqué reçu à Ankara, l'organisation basée à New York indique avoir écrit le 16 février au Premier ministre turc Bulent Ecevit en "détaillant les preuves de tels liens et appelant à une enquête judiciaire indépendante".
Une vaste opération de police est en cours depuis un mois contre ce groupe actif depuis le début des années 90 dans le sud-est à majorité kurde, théâtre de la rébellion du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Le chef du groupe, Huseyin Velioglu, a été tué à Istanbul le 17 janvier. Depuis, des centaines de membres présumés du Hizbullah ont été arrêtés, conduisant à la découverte d'une soixantaine de leurs victimes présumées, enterrées dans des caches à travers tout le pays.
"Les opérations actuelles contre le Hizbullah et le meurtre de son chef sont-ils une simple façon de se débarrasser d'une organisation fantoche qui a épuisé son utilité? Ou le gouvernement turc est-il prêt à lancer une enquête complète sur les liens entre les forces de sécurité et le Hizbullah", demande HRW.
L'organisation indique avoir demandé une telle enquête dès 1992, à une époque où, selon elle, "ceux qui s'opposaient à la politique du gouvernement étaient tués au rythme de deux par jour". "En tout, plus d'un millier de personnes ont été tuées dans des fusillades de rue entre 1992 et 1995", relève HRW.
Une commission parlementaire, créée en 1995 pour enquêter sur les accusations de collusion, "a produit des résultats qui semblaient confirmer ces liens, mais aucune action n'a été entreprise après son rapport", souligne HRW.
"Par action ou par omission, l'Etat turc porte une responsabilité pour les massacres commis par le Hizbullah", conclut l'organisation. (AFP, 17 février 2000)
La candidature de la Turquie à l'Union européenne "est très loin de faire l'unanimité" en France, reconnaît le ministre français aux affaires européennes Pierre Moscovici dans un entretien-débat publié vendredi par l'hebdomadaire Le Point.
"Il est vrai qu'on aurait pu adopter un autre type de relation entre la Turquie et l'Union européenne", admet le ministre, en réponse aux critiques et arguments développés par le président de l'Union pour la Démocratie Française (UDF-droite modérée) et député européen François Bayrou, opposé à une adhésion de la Turquie.
Lors du sommet d'Helsinki, en décembre dernier, les dirigeants de l'Union européenne ont "accepté que la Turquie soit un candidat reconnu à l'Union et non qu'elle entre en négociations avec elle", rappelle Pierre Moscovici.
Le ministre insiste sur les conditions préalables à l'ouverture des négociations, notamment la fin des liens entretenus par les militaires avec le pouvoir".
"Nous ne faisons que concrétiser une décision prise, en filigrane, en 1963", explique-t-il. "C'est en 63 qu'a été reconnue la vocation européenne de la Turquie", souligne-t-il.
François Bayrou rejette cet argument. "L'Europe, c'est une communauté d'histoire et de civilisation, et, évidemment, la Turquie n'appartient pas à cet ensemble", affirme l'eurodéputé, membre du Parti Populaire Européen (PPE-droites modérées), le plus important groupe politique du Parlement européen.
"L'adhésion de la Turquie, par son poids et un modèle de société radicalement différent du nôtre, constitue --pour moi, c'est, hélas, comme si c'était écrit-- un risque d'explosion ou d'inexistence, de disparition politique de l'Europe", ajoute-t-il.
"Si cette radicale différence ne se réduisait pas, la Turquie ne pourrait évidemment pas adhérer à l'Union", concède Pierre Moscovici.
"Quant aux réticences de l'opinion publique, revenons à la réalité: il est évident que, comme toute adhésion à l'Union, celle de la Turquie ne pourra pas être acquise sans que l'opinion soit consultée. Au minimum par l'intermédiaire du Parlement. Peut-être par référendum", ajoute-t-il. (AFP, 18 février 2000)
La ministre suédoise des Affaires étrangères Anna Lindh a réclamé vendredi à Ankara plus de droits culturels pour les Kurdes en Turquie, notamment la légalisation de l'enseignement et des émissions télévisées en kurde.
"Les Kurdes doivent bénéficier de libertés culturelles et avoir droit à une éducation dans leur propre langue", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse au dernier jour d'une visite de 48 heures en Turquie.
Mme Lindh s'est félicitée des progrès accomplis par la Turquie en matière de respect des droits de l'Homme, surtout en matière de prévention de la torture, mais a souligné que "beaucoup reste encore à faire".
"Des efforts considérables en matière de liberté d'expression et d'association sont nécessaires", a-t-elle précisé.
La ministre s'est félicitée que la Turquie ait été désignée candidate à l'Union européenne au sommet d'Helsinki en décembre.
"Nous voulons voir la Turquie adhérer à l'UE dans les plus brefs délais et j'ai constaté qu'elle (la Turquie) a un ambitieux agenda à cet effet", a-t-elle dit.
Mme Lindh a par ailleurs exprimé sa "profonde préoccupation" concernant les attaques contre les étrangers dans son pays, dont les Turcs, attribuées à des groupuscules néo-nazis.
"La xénophobie constitue le plus grand défi des pays européens dans les années à venir", a-t-elle estimé.
Mme Lindh s'est entretenue vendredi avec son homologue Ismail Cem et devait rencontrer le Premier ministre Bulent Ecevit.
La veille, elle avait eu des entretiens avec les dirigeants des principaux mouvements de défense des droits de l'Homme, ainsi qu'avec des élus kurdes. (AFP, 18 février 2000)
Une troïka européenne a exprimé jeudi son "étonnement" aux autorités turques après les arrestations et condamnations visant les membres du parti pro-kurde de la démocratie du Peuple (HADEP), a-t-on indiqué de source diplomatique à Ankara.
La troïka s'est rendue au ministère des Affaires étrangères pour "demander des informations dans le contexte des ambitions européennes de la Turquie", qui a décroché le statut de candidat à l'Union européenne (UE) en décembre, a-t-on précisé de même source.
La troïka était composée du Portugal et de la France --respectivement, actuel et prochain présidents en exercice de l'UE-- ainsi que du représentant en Turquie de la Commission européenne.
Le président du HADEP, Ahmet Turan Demir, et son prédécesseur Murat Bozlak ont été condamnés jeudi à trois ans et neuf mois de prison chacun pour "soutien et recel" en faveur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie).
Ces condamnations sont intervenues quelques heures après l'arrestation de trois maires de ce parti --ceux de Diyarbakir (sud-est), Siirt (sud-est) et Bingol (est)-- pour les mêmes chefs d'accusation, en dépit des appels européens en faveur de leur libération.
Le HADEP est menacé de fermeture par la justice turque pour "liens organiques" avec le PKK.
Le Conseil de l'Europe et l'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty International, ont appelé à la libération des maires et la présidence de l'UE, assurée par le Portugal, avait entamé mardi des consultations avec ses partenaires européens sur cette affaire. (AFP, 24 février 2000)
Le département d'Etat américain a publié le 25 février 2000 son rapport 1999 réalisé par le bureau de la démocratie, des droits de l'homme et du travail, sur la situation des droits de l'homme en Turquie. Extraits :
Dans un premier temps, le rapport souligne que " les militaires exercent une influence substantielle, mais indirecte sur les actions ? la politique? du gouvernement, estimant qu'ils sont les protecteurs constitutionnels de l'Etat ( ) Les forces armées, appuyées par la police et particulièrement la gendarmerie, effectuent des opérations contre le PKK dans la région sous état d'urgence ( ) Bien que les autorités civiles et militaires se soient publiquement engagées au respect de la loi et des droits de l'homme, des membres des forces de sécurité, comprenant les " équipes spéciales " de la police, des personnels de la police nationale, des gardiens de villages, et des gendarmes se livrent à de sérieux abus des droits de l'homme "
"( ) Le gouvernement Ecevit a adopté des mesures destinées à améliorer les droits de l'homme et certains responsables ont participé à de larges débats publics sur la démocratie et les droits de l'homme. Des exécutions extrajudiciaires, comprenant les décès dus à l'utilisation excessive de la force et ceux en détention dues à la torture, continuent. Il y a quelques rapports sur les meurtres mystérieux et disparitions des activistes politiques ; cependant, les autorités ont échoué à mener des investigations adéquates pour les disparitions dans le passé. Torture, passage à tabac, et autres abus, de temps en temps conduisant à la mort, pratiqués par les forces de sécurité demeurent répandus. La police et la gendarmerie emploient souvent la torture et abusent des détenus lors des détentions et interrogations tenues au secret. L'absence d'accès universel et immédiat à un avocat et de longues périodes de détention pour ceux qui sont détenus pour des crimes politiques sont des facteurs majeurs dans la réalisation de la torture par la police et autres forces de sécurité. Avec la diminution des opérations et détentions dans le sud-est, il y a eu peu de cas d'abus enregistrés ; cependant, la proportion des cas dans lesquels des abus se sont produits restent à un niveau important. "
" La rareté des condamnations et la légèreté des sentences infligées à la police et autres forces de sécurité pour meurtres ou bien torture continuent d'encourager le climat d'impunité qui reste l'obstacle majeur ( ) Des investigations et procès d'officiers suspectés d'abus continuent d'être prolongés et sans équivoque ( ) "
Le rapport continue en dénonçant les atteintes portées à la liberté d'expression : " Les autorités ont interdit et confisqué de nombreuses publications et effectué des descentes de police dans des locaux de journaux, encourageant l'autocensure sur les reportages sur le Sud-est. La police et les tribunaux ont continué à limiter la liberté d'expression en ayant recours aux restrictions contenues dans la Constitution de 1982 et plusieurs autres lois comprenant la loi anti-terreur de 1991 (diffusion de propagande séparatiste), l'article 159 du code pénal (injurier le Parlement, l'armée, la République, ou le système juridique), l'article 160 (injurier la république turque), l'article 169 (soutien à une organisation illégale), l'article 312 (incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse), la loi de protection d'Atatürk, et l'article 16 sur la presse ( ) "
Concernant les partis politiques, le département d'Etat note que " le HADEP et le parti islamiste Fazilet, qui ont vu tous deux leurs prédécesseurs dissous, font l'objet de demandes d'interdiction pour activités anticonstitutionnelles ". Il souligne également que " le PKK a continué de commettre des abus durant ses 15 ans de violentes campagnes contre le gouvernement et des civils, à majorité des Kurdes. Dans la première moitié de l'année, les terroristes du PKK ont commis des meurtres et attaques au hasard en Turquie pour protester contre la capture d'Öcalan ( ) Ces dernières années la pression militaire a réduit de façon significative l'efficacité du PKK, et ses membres?bien que pas dans la totalité ?
ont noté l'appel d'Öcalan pour mettre fin à lutte armée et le retrait du PKK de la Turquie ( ) Selon la déclaration de fin d'année du Président Demirel, depuis 1984, 25 139 membres du PKK, 5 882 membres des forces de sécurité, et 5 424 civils, ont perdu la vie dans les combats ( ) "
" Le nombre exact des personnes déplacées de force de leurs villages dans le Sud-est depuis 1984 est inconnu ( ) Les statistiques du gouvernement tendent à minimiser le nombre des personnes qui ont quitté la région malgré elles. Les observateurs s'accordent à dire qu'entre 3 000 et 4 000 villages et hameaux ont été dépeuplés. Le gouvernement a chiffré 362 915 personnes évacuées en 1999 pour 3 236 villages et hameaux, 26 481 ont été réinstallés avec l'assistance du gouvernement dans 176 villages et hameaux ( ) Cependant, les observateurs dans la région estiment que le nombre total des personnes déplacées est approximativement 800 000, et certaines ONG donnent des chiffres aussi importants que 2 millions le nombre de déplacés ". (CILDEKT, 3 mars 2000)
The truth of the matter is that the EU is applying a double standard concerning Turkey but this is a double standard in favour of Turkey." (Sahin Alpay, Milliyet, February 29, 2000)
La Cour européenne des droits de l'Homme a examiné mardi à Strasbourg la plainte pour tortures déposée contre le gouvernement turc par un militant d'une fraction armée d'extrême gauche turque, "Devrimci Sol".
Metin Dikme, 31 ans, actuellement détenu à la maison d'arrêt d'Istanbul, affirme, d'après son avocat, que pendant sa garde à vue, du 10 au 28 février 1992, à la Section anti-terrorisme de la Direction de la sûreté d'Istanbul, il a été victime pendant des heures de "pendaison palestinienne" (par les bras), d'application d'électrodes sur les pieds, dans la bouche et sur les parties génitales, et qu'il a été sévèrement battu.
La représentante du gouvernement turc, Deniz Akçay, a mis en doute la véracité des faits: Metin Dikme n'a évoqué ces tortures que "de façon incohérente, vague et surtout tardive", plus de six mois après qu'elles soient censées avoir eu lieu, selon elle.
Rappelant que le mouvement interdit "Devrimci Sol" avait revendiqué l'assassinat d'un général, d'un responsable des forces de sécurité et de deux ressortissants britanniques, considérés comme des "suppôts de l'impérialisme américain", Mme Akçay a soutenu que les blessures cicatrisées relevées sur le corps de M. Dikme pouvaient provenir de la formation paramilitaire du militant.
Le détenu a été condamné à mort par les tribunaux turcs, mais son jugement ayant été cassé, il attend d'être rejugé. La prochaine audience aura lieu en Turquie le 16 mai, a dit Mme Akçay.
L'arrêt de la Cour européenne est attendu dans deux à trois mois. (AFP, 29 février 2000)
Les deux partis d'opposition turcs ont donné leur accord à un compromis mis au point par le gouvernement tripartite qui ouvre la voie à une réélection du président Suleyman Demirel, a annoncé mardi le Premier ministre Bulent Ecevit.
"Tous les partis représentés au parlement se sont mis d'accord sur un amendement constitutionnel" permettant au président d'être élu pour deux mandats de cinq ans, a déclaré M. Ecevit après avoir rencontré les dirigeants du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) et de la Juste voie (DYP, centre droit).
"L'amendement peut être adopté très rapidement", a-t-il ajouté.
M. Demirel, 75 ans, a été élu en 1993 pour un mandat unique de sept ans comem le prévoit la constitution. Mais aucun autre candidat ne semble pouvoir réunir les suffrages du parlement, qui élit le président, à l'approche de l'expiration de son mandat en mai.
Une fois adopté, l'amendement constitutionnel envisagé lui permettrait de briguer un nouveau mandat de cinq ans.
M. Ecevit prône la réélection de M. Demirel en faisant valoir qu'elle contribuerait à la stabilité du pays et à son prestige à l'étranger.
Il a rejeté l'idée d'une élection au suffrage universel, avancée un temps par l'opposition, estimant que cela signifierait "une transition vers un système présidentiel (...) qui peut créer certains problèmes". (AFP, 1er février 2000)
Les deux partis d'opposition turcs ont soumis mardi au parlement un projet d'amendement constitutionel prévoyant l'élection du président de la République au suffrage universel.
Le projet a été signé par les 104 députés du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) et de 83 députés du parti de la Juste voie (DYP, centre droit) qui a 85 sièges au parlement qui en compte 550 au total.
Le projet stipule aussi que le président peut être élu pour deux mandats de cinq ans.
Selon la constitution, le président est élu pour un mandat unique de sept ans par le parlement.
Ce projet, qui intervient alors que le Premier ministre Bulent Ecevit oeuvre en faveur d'une réélection du président Suleyman Demirel, a peu de chances d'être adopté étant donné qu'un amendement constitutionel nécessite les voix des 2/3 des députés (367) et n'est pas soutenu par les trois partis de la coalition gouvernementale au pouvoir.
M. Demirel, 75 ans, a été élu en 1993. Mais aucun autre candidat ne semble pouvoir réunir les suffrages du parlement à l'approche de l'expiration de son mandat en mai.
M. Ecevit avait annoncé au début février que tous les partis représentés au parlement, y compris l'opposition, se sont mis d'accord sur un amendement constitutionnel permettant au président d'être élu pour deux mandats de cinq ans.
Une fois adopté, l'amendement constitutionnel envisagé permettrait à M. Demirel de briguer un nouveau mandat de cinq ans.
Il rejette l'idée d'une élection au suffrage universel estimant que cela signifierait "une transition vers un système présidentiel (...) qui peut créer certains problèmes". (AFP, 15 février 2000)
Les Verts allemands, membres de la coalition gouvernementale du chancelier Gerhard Schroeder, sont fermement décidés à empêcher la livraison de chars allemands à la Turquie, a affirmé la spécialiste des questions de défense du parti écologiste Angelika Beer.
Evoquant l'intention prêtée à Ankara de demander à Berlin d'autoriser par avance la livraison d'un millier de chars, Mme Beer a déclaré dans une interview au quotidien Berliner Morgenpost paru vendredi: "ce sera un non et il n'y aura pas d'approbation".
"Nous devons jouer cartes sur table", a-t-elle poursuivi, estimant que la fourniture début janvier par l'Allemagne d'un premier char Leopard II à la Turquie pour permettre à ses forces armées de le tester était déjà "une catastrophe".
Ankara avait lancé l'été dernier un important appel d'offre international pour la fourniture d'un millier de chars auquel l'Allemagne a répondu, parmi d'autres pays, en proposant le Leopard II.
Mais sous la pression des Verts, qui accusent la Turquie de violer les droits de l'homme, notamment à l'égard des Kurdes, le gouvernement allemand a adopté entre-temps une nouvelle réglementation des exportations d'armes.
Celle-ci conditionne la délivrance d'autorisations par les autorités allemandes au respect des droits de l'homme dans les pays acquéreurs. (AFP, 11 février 2000)
La police turque a retrouvé mardi à Diyarbakir et Batman (sud-est) les cadavres de 4 nouvelles victimes présumées du Hizbullah, portant à 52 le nombre de morts découverts en deux semaines d'opérations contre l'organisation intégriste clandestine.
Alors que les recherches macabres se poursuivent à travers le pays, les autorités gardent le mutisme sur les motifs possibles de ces assassinats, et sur les liens entre les victimes et le mouvement accusé de les avoir tuées, parfois après les avoir soumises à des tortures.
Trois corps, dont celui d'une femme, ont été découverts par la police lors de fouilles effectuées au rez-de-chaussée d'une maison à Diyarbakir d'où cinq corps et des ossements avaient été dégagés dimanche et lundi, ont indiqué les autorités locales de la ville.
Les deux corps ont été retrouvés dans des sacs en plastique. L'un d'eux, retrouvé nu et ligoté, porte des traces de tortures, a-t-on précisé.
La police continuait mardi après-midi de fouiller la maison.
Un quatrième cadavre, celui d'un homme réduit à l'état de squelette, a été dégagé d'une maison à Batman.
L'opération anti-Hizbullah a été lancée le 17 janvier à la suite d'une fusillade à Istanbul au cours de laquelle le chef de l'organisation, Huseyin Velioglu, a été tué et deux de ses lieutenants capturés.
Lundi, le ministère de l'Intérieur a publié un premier communiqué détaillé sur le bilan de ses opérations: près d'un millier d'interpellations et la saisie d'un important arsenal.
La police n'a cependant fourni aucune explication sur les motifs de ces tueries, qui ont provoqué une vague d'indignation dans l'opinion publique, ni sur les liens des victimes avec cette organisation "terroriste".
Seuls 22 corps ont pu être identifiés jusqu'à présent, selon la police.
Il s'agit d'hommes d'affaires kurdes originaires du sud-est anatolien, de deux ouvriers travaillant dans le bâtiment et d'une femme connue comme une féministe et une islamiste modérée, aux idées controversées dans les milieux religieux.
En dehors des informations, souvent contradictoires, publiées par les journaux sur les méthodes utilisés par les membres du mouvement à l'égard de leurs victimes --garrottage, mutilations, humiliations-- aucune déclaration officielle n'est intervenue concernant les cassettes vidéos contenant des scènes d'interrogations que la police aurait saisies dans les caches du Hizbullah.
Le Conseil national de sécurité (MGK), puissant organe politico-militaire du pays s'est déclaré déterminé lundi à "poursuivre jusqu'au bout les opérations" et réaffirmé que l'Etat n'avait aucun lien avec cette organisation, comme l'ont suggéré bon nombre de journaux turcs.
Le Hizbullah turc, qui n'est apparemment pas associé au groupe du même nom actif au Liban, a été créé au début des années 80 dans le sud-est de la Turquie, où il a affronté les rebelles séparatistes kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). (AFP, 1er février 2000)
A group of intellectuals, among them Professor Ali Nesin, Assistant Professor Fikret Baskaya, Human Rights Association (IHD) chairman Husnu Ondul, former general of the Association of Human Rights and Solidarity for Oppressed Peoples (Mazlum-Der) Ihsan Arsan, a number of journalists and musician Sanar Yurdatapan, has issued a second complaint about the inability of officials to find those responsible for the Guclukonak massacre, which took place four years ago and in which 11 people were killed and the minibus in which they were traveling set on fire.
Standing alongside lawyer Ercan Kanar, Yurdatapan read a statement in front of the Sultanahmet courthouse, outlining some of the details of the massacre, which took place on Jan. 15, 1996. The incident took place on the road between the village of Kocyurdu and the Taskonak garrison, near Guclukonak in the Sirnak province. In his statement Yurdatapan showed the group's concern for the fact that the only step taken so far in relation to the incident had been the filing of a complaint against those who had complained, and he went on to say, "it is for this reason that we are complaining again, because we know that nothing has been done during this time."
Yurdatapan said that the General Staff's Directorate had brought foreign and local press to the place of the incident immediately after the massacre, announcing that it had been a Kurdistan Workers' Party (PKK) attack. He said that this assertion by the General Staff had been rejected by the relatives of the dead. He also went on to say that both sides of the road were under surveillance by military groups, which led him to believe that certain officials have been withholding the truth. Kanar then continued the statement and stressed that the truth behind such incidents had to be revealed and that those responsible had to be found and punished.
After the statement the group handed its petition of complaint about the officials employed at the General Staff's Directorate and Prime Ministry at that time, over to the Istanbul Prosecutor's Office. (Turkish Daily News, February 1, 2000)
La police turque a trouvé mercredi à Diyarbakir et Gaziantep (sud-est) les corps de quatre nouvelles victimes présumées du Hizbullah, portant à 56 le nombre de morts découverts en deux semaines d'opérations contre l'organisation intégriste clandestine.
Trois corps ont été découverts par la police lors de fouilles effectuées dans une maison à Diyarbakir transformée en charnier, d'où huit corps, dont celui d'une femme, et des ossements avaient été dégagés depuis dimanche, ont indiqué les autorités locales de la ville.
Comme la plupart des autres corps de ce charnier, ces trois dernières victimes avaient également été enterrées nues et ligotées, a-t-on précisé.
La police continuait mercredi en fin d'après-midi de fouiller la maison.
Un quatrième cadavre, celui d'un homme, a été retrouvé par la police dans une maison à Gaziantep, a indiqué l'agence Anatolie.
Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a réaffirmé mercredi la détermination de l'Etat turc de poursuivre les opérations jusqu'à ce que le Hizbullah soit "éradiqué".
"Ce réseau du mal vise non seulement à détruire la République laïque et démocratique mais aussi à diviser notre peuple", a-t-il notamment dit devant le groupe parlementaire de son parti la Gauche démocratique (DSP).
Lundi, le ministère de l'Intérieur avait publié un premier communiqué détaillé sur le bilan de ses opérations: près d'un millier d'interpellations et la saisie d'un important arsenal.
Le chef de la police d'Ankara, Kemal Iskender, a demandé à tout son personnel, dans une circulaire publiée mercredi, de redoubler de vigilance contre d'éventuels actes de "vengeance" de militants du Hizbullah dans la capitale, a indiqué Anatolie.
Le Hizbullah turc, qui n'est apparemment pas associé au groupe du même nom actif au Liban, a été créé au début des années 80 dans le sud-est de la Turquie, où il a affronté les rebelles séparatistes kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). (AFP, 2 février 2000)
Un avocat du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan a été inculpé pour avoir "insulté et humilié" l'Etat turc ainsi que l'armée, encourant une peine de un à quinze ans de prison, a indiqué lundi l'agence Anatolie.
Un tribunal d'Istanbul accuse Ahmet Zeki Okcuoglu d'avoir "insulté et humilié" l'Etat turc dans des commentaires faits en mars dernier, deux mois avant l'ouverture du procès de son client, un délit passible de un à six ans de prison.
Me Okcuoglu avait estimé sur la chaîne de télévision pro-kurde Med-TV que le procès était gagné avant même de s'ouvrir parce que la Cour jugerait en fait l'Etat turc et deviendrait une tribune permettant à Ocalan d'exposer le problème kurde en Turquie, selon l'acte d'accusation cité par Anatolie.
Med-TV a entre-temps disparu car la Grande-Bretagne a annulé sa licence d'émission pour incitation à la violence après l'arrestation d'Ocalan mi-février au Kenya.
Me Okcuoglu est en outre poursuivi pour avoir prétendu qu'Ocalan avait été interrogé par des officiers après avoir été drogué, selon l'acte d'accusation. Il est aussi accusé de commentaires insultants envers le président Suleyman Demirel. Il risque de 3 à 15 ans de prison pour ces accusations.
Me Okcuoglu s'était retiré de la défense peu avant l'ouverture en mai du procès d'Ocalan sur l'île prison d'Imrali, arguant d'actes de violence et d'intimidations perpétrées contre lui par des ultra nationalistes et dénonçant la protection insuffisante fournie par les autorités.
Ocalan, chef du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), a été condamné à mort en juin pour trahison et séparatisme. Ankara a suspendu le processus d'exécution en janvier suivant une demande de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a réclamé un sursis en attendant d'avoir statué sur le fond. (AFP, 7 février 2000)
La police turque a interpellé vendredi 11 militants turcs de l'organisation écologiste Greenpeace qui manifestaient devant le ministère de l'Environnement pour dénoncer l'autorisation de fonctionner d'un incinérateur "obsolète" dans le nord-ouest du pays, a-t-on appris auprès de l'organisation.
Des militants de Greenpeace vêtus de noir et le visage peint en blanc pour représenter la mort, ont franchi tôt vendredi les grillages du ministère et se sont enchaînés à des tonneaux, sur lesquels on pouvait lire "déchets toxiques", a indiqué l'un des militants à l'AFP.
La police, averti par le personel du ministère, a coupé les chaînes et emmené les activistes qui refusaient de se disperser.
L'incinérateur, qui fait l'objet de critiques répétées de Greenpeace, est situé à Izmit et avait été fermé en 1998 par le ministère de l'Environnment car il présentait un danger potentiel pour la santé humaine.
Il avait été réouvert fin août 1999, après un violent séisme qui avait frappé la région le même mois faisant près de 20.000 morts, pour l'élimination des déchets provoqués par le désastre.
Mais, selon un communiqué de Greenpeace, ce complexe construit avec des normes de sécurité obsolètes des années 80 présente de graves dangers pour la sécurité des populations avoisinantes et doit immédiatement être fermé par les autorités. (AFP, 11 février 2000)
La police turque a empêché samedi quelque 2.000 personnes de défiler en faveur des droits de l'Homme et a procédé à plus de deux cents interpellations, a annoncé l'agence Anatolie.
Les manifestants ont été appréhendés parce qu'ils n'avaient pas sollicité l'autorisation d'organiser cette manifestation, ont précisé les organisateurs, qui contestent cette assertion.
Parmi les personnes arrêtées figure le responsable de la branche d'Istanbul de l'Association pour les droits de l'Homme, principale organisation turque de défense des droits de l'Homme et organisateur de cette manifestation, a déclaré Kiraz Bicici, un membre du conseil exécutif de l'Association.
Selon lui, les autorités avaient été informées à l'avance de l'intention de l'Association de tenir cette manifestation, baptisée "Respect des droits de l'Homme dans les années 2000", et avaient reçu une réponse positive.
Toutefois, l'agence semi-officielle Anatolie cite le chef de la police d'Istanbul, Hasan Ozdemir, donnant pour instruction à ses hommes de "ne pas permettre cette manifestation illégale".
"L'Etat a une nouvelle fois prouvé qu'il ne respecte pas et ne respectera pas les droits de l'Homme", a affirmé dans un communiqué l'Association pour les droits de l'Homme. "Nous ne serons pas réduits au silence. Nous continuerons à lutter pour les droits de l'Homme en dépit de toutes les obstructions et de l'oppression." (AFP, 12 février 2000)
La police turque a libéré dimanche à Istanbul 212 personnes qui avaient été arrêtées samedi pour avoir tenté de manifester pour la défense des droits de l'Homme, a rapporté l'agence Anatolie.
Neuf manifestants restaient détenus dimanche, car ils figuraient sur une liste de personnes recherchées par la police, selon l'agence.
La manifestation était organisée par l'Association pour les droits de l'Homme, principale organisation turque de défense des droits de l'Homme.
Les manifestants avaient été appréhendés parce qu'ils n'avaient pas sollicité l'autorisation d'organiser cette manifestation, baptisée "Respect des droits de l'Homme dans les années 2000", avaient précisé les organisateurs, qui ont contesté cette assertion.
Le responsable de la branche d'Istanbul de l'Association pour les droits de l'Homme figure parmi les personnes libérées dimanche, selon Anatolie. (AFP, 13 février 2000)
Huit personnes, dont cinq policiers, ont été tuées lors d'une fusillade tôt lundi à Van (est) avec des militants du Hizbullah turc, organisation intégriste clandestine, a-t-on indiqué de source de sécurité locale à Diyarbakir (sud-est).
Trois membres du Hizbullah ont été tués et deux autres capturés au terme de la fusillade, qui a fait cinq morts et cinq blessés parmi les policiers et qui s'est produit dans une cache de l'organisation, a-t-on précisé de même source.
Le ministre de l'Intérieur Saadettin Tantan a qualifié l'incident de "grave", a rapporté l'agence Anatolie.
"Il y a eu des pertes dans les rangs de la police au cours de la fusillade, c'est grave", a-t-il dit lors d'une visite en Chine, cité par l'agence.
La police qui mène une vaste opération contre le Hizbullah dans tout le pays, a découvert dans plusieurs grandes villes, notamment Ankara, Istanbul et Diyarbakir, les corps de 56 personnes, victimes présumées du Hizbullah.
L'opération avait été déclenchée à la suite d'une première fusillade, le 17 janvier à Istanbul, au cours de laquelle le chef de l'organisation Huseyin Velioglu a été tué et deux de ses commandants capturés.
Le Hizbullah turc, qui n'est apparemment pas associé au groupe du même nom actif au Liban, a été créé au début des années 80 dans le sud-est de la Turquie, où il a affronté les rebelles séparatistes kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). (AFP, 14 février 2000)
Dix personnes, dont cinq policiers, ont été tuées lors d'une fusillade lundi à Van (est) avec des militants du Hizbullah turc, organisation intégriste clandestine, a-t-on indiqué de source de sécurité locale à Diyarbakir (sud-est).
Cinq membres du Hizbullah ont été tués et deux autres capturés au terme de la fusillade, qui a fait cinq morts et cinq blessés parmi les policiers et s'est produite tôt le matin dans des maisons utilisées comme caches de l'organisation, a-t-on précisé de même source.
Deux militants qui avaient réussi a s'échapper de ces maisons se sont engagés dans une deuxième fusillade avec les forces de l'ordre aux environs d'une maison située non loin du théâtre du premier affrontement, a rapporté l'agence Anatolie.
L'un des militants a été blessé, l'autre a réussi une nouvelle fois à prendre la fuite, a précisé l'agence.
La première de ces fusillades est la plus sanglante de ces dernières années opposant les forces de l'ordre turques à des militants d'un mouvement illégal.
La police qui mène une vaste opération contre le Hizbullah dans tout le pays, a découvert dans plusieurs grandes villes, notamment Ankara, Istanbul, Gaziantep (sud-est) et Diyarbakir, les corps de 56 personnes, victimes présumées du Hizbullah.
L'opération avait été déclenchée à la suite d'une première fusillade, le 17 janvier à Istanbul, au cours de laquelle le chef de l'organisation Huseyin Velioglu a été tué et deux de ses lieutenants capturés.
Sous un important dispositif de sécurité, la police a entamé des fouilles lundi dans les maisons où se se sont produites les premières fusillades, pour rechercher d'éventuelles victimes du Hizbullah.
221 mineurs sont passés en jugement l'an dernier devant des Cours de sûreté de l'Etat à Diyarbakir, capitale du sud-est de la Turquie à majorité kurde, et la peine de mort a été requise contre 68 d'entre eux, selon des statistiques du ministère turc de la Justice.
Ces chiffres ont été rendus publics par l'avocat Arif Altunkalem, président de la Commission pour les Droits des Enfants au barreau de Diyarbakir. L'année précédente, 169 mineurs sont passés devant ces cours d'exception traitant des offenses à l'Etat, note-t-il.
"Parce qu'il n'y a pas de tribunal pour enfants dans cette juridiction, les mineurs passent systématiquement devant des tribunaux pour adultes, même si cela est anormal", a-t-il expliqué à l'AFP, interrogé mardi par téléphone depuis Istanbul.
La loi turque définit comme enfant tout mineur de 15 ans et stipule qu'il doit être jugé par un tribunal pour enfants. Les plus de 15 ans sont considérés comme adultes et responsables devant les tribunaux ordinaires. Quinze adolescents de 15 ans ont toutefois comparu devant des Cours de sûreté de l'Etat (DGM) à Diyarbakir.
Me Altunkalem rappelle pourtant qu'en vertu d'une convention des Nation unies signée par la Turquie en 1990, et ratifiée par le Parlement turc en 1994, "aucun mineur de 18 ans ne peut être jugé hors d'un tribunal pour enfants".
Mais la Turquie ne compte que 6 tribunaux pour enfants: 2 à Ankara, 2 à Istanbul, un à Izmir (ouest) et un à Trabzon (nord), établis depuis 1989.
La nature des crimes jugés par les DGM, qui incluent la "propagande séparatiste" -- liée aux revendications d'une autonomie kurde ou au mouvement rebelle du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) --, explique la sévérité des réquisitoires des procureurs, selon Me Altunkalem.
Après le régime militaire issu du coup d'état de 1980, la Turquie n'a cependant jamais condamné à mort un mineur.
Et depuis 1984, aucune peine de mort n'a été exécutée en Turquie.
Le débat a refait surface depuis la condamnation à la peine capitale, le 29 juin dernier, du chef du PKK Abdullah Ocalan, pour trahison et séparatisme.
Le Premier ministre Bulent Ecevit s'est engagé devant l'Union européenne à tenter de faire abolir la peine de mort, juste après que son pays eut été déclaré officiellement candidat à l'UE au sommet d'Helsinki en décembre.
Mi-janvier, le gouvernement turc a décidé de surseoir à l'exécution d'Ocalan jusqu'à ce que la Cour Européenne des Droits de l'Homme se soit prononcée sur le fond.
Le gouvernement a aussi donné satisfaction à une autre demande de la Cour européenne, en supprimant à l'occasion du procès d'Ocalan devant la DGM n2 d'Ankara, le juge militaire qui siégeait jusque là aux côtés de deux civils. La Cour de Strasbourg estimait que la présence d'un juge militaire au sein de ces cours "ne garantissait pas leur impartialité".
Selon Me Altunkalem, le nombre de condamnations à mort requises par les DGM de Diyarbakir est "certainement le plus élevé de Turquie", parce que cette juridiction est celle où "la proportion de procès devant ces cours d'exception est la plus élevée du pays".
Le sud-est a été le théâtre pendant quinze ans de la guérilla lancée en 1984 par le PKK dans le but de créer un Etat kurde indépendant.
Pour Seda Akço, présidente de la Commission pour les Droits des Enfants au barreau d'Istanbul, il existe peu de recours pour les familles des condamnés face à cette "violation" de la Convention de l'ONU sur les droit des enfants.
Une plainte devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme peut déboucher sur une indemnisation des victimes, alors que l'ONU ne peut que dénoncer l'attitude de la justice turque, constate-t-elle. (AFP, 16 février 2000)
The saga of the Manisa case is not yet over. The Manisa Criminal Court decided yesterday to postpone the case once again, this time until March 28. In the session yesterday the court took evidence from police officers who denied that they had tortured 16 students and a teacher in 1995. The officers are pressing for the reinstatement of the first court ruling, which was overturned by the Supreme Court, in which they did not receive a prison sentence.
Although the Manisa Criminal Court did not impose a prison sentence on the majority of the police officers accused of torture in the first case, the ruling was overturned by the Supreme Court on grounds that some evidence had not been taken into consideration. However, the long-awaited court's verdict on the case was not given in yesterday's session. Ironically, the student torture victims received harsh prison sentences very rapidly when they appeared in court and their confessions, made under torture by the accused officers, were heard.
In yesterday's session the Manisa Criminal Court heard evidence from four of the accused police officers and has ordered that evidence be given by another four officers who were unable to attend the hearing because they were on duty in different parts of the country. The court also ordered the verdict to be postponed once again as they need to wait for the statements of the other police officers.
The Manisa case has attracted a massive reaction from the public and human rights activists in Turkey and abroad. The public outcry began when the media reported that 16 teenage students and one of their teachers had allegedly been tortured in the Manisa Police Anti-Terrorist Department. The police took them into custody on Dec. 25, 1995, stating they were members of an illegal organization.
Whilst being interrogated they were subjected to torture, according to doctors' reports. Despite that some of the students were sentenced to between two and 12 years in prison whilst others were acquitted of all charges in the first court case. In 1998 the Supreme Court annulled the students' and their teacher's sentences.(Turkish Daily News, February 18, 2000)
Des affrontements ont éclaté mardi à Diyarbakir (sud-est) entre la police et des manifestants qui protestaient contre l'interpellation pour liens avec les rebelles kurdes de Turquie de maires membres d'un parti pro-kurde, selon un journaliste de l'AFP sur place.
La police est intervenue et a fait usage de matraques pour disperser plus d'un millier de manifestants qui s'étaient rassemblés en groupes de 200-300 dans des secteurs proches de la municipalité de la ville.
Plusieurs personnes ont été blessées lors d'échauffourées et plusieurs autres ont été interpellées lors de la manifestation déclarée "illégale" par les autorités.
Feridun Celik, maire de Diyarbakir, Selim Ozalp, maire de Siirt (sud-est), et Feyzullah Karaaslan, maire de Bingol (est), membres du parti nationaliste kurde de la Démocratie du peuple (HADEP), ont été interpellés samedi et dimanche par la police pour liens présumés avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Ils avaient été élus aux municipales d'avril 1999.
Le HADEP est menacé de fermeture par la justice turque qui le considère comme une émanation du PKK.
Juste avant ces manifestations, 33 maires du HADEP se sont réunis dans la municipalité de Diyarbakir et ont réclamé la libération de leurs collègues.
"Ces interpellations sont contraires aus droits de l'Homme (...) et constituent une opportunité en or pour les milieux qui veulent saboter les efforts de démocratisation", selon un communiqué publié au terme de la réunion.
Le texte qualifie les interpellations d'"intervention directe contre la volonté du peuple" qui a élu ces personnes "avec 70-80% des voix".
Le PKK a dénoncé l'interpellation des maires et l'a qualifiée de "développement très grave qui va sans nul doute provoquer de nouvelles tensions", dans un communiqué reçu lundi par l'AFP à Ankara.
"Le processus de paix va rencontrer des problèmes", estime le conseil de direction du PKK dans ce communiqué soulignant qu'elle interviennent alors qu'il vient de confirmer son abandon de la lutte armée.
Peu avant son interpellation, le maire de Diyarbakir, plus importante ville de la région, avait rencontré jeudi à Ankara le ministre suédois des Affaires étrangères, Anna Lindh, qui a plaidé pour des droits culturels en faveur des Kurdes lors d'une visite de 48 heures à Ankara. (AFP, 22 février 2000)
Une nouvelle manifestation a eu lieu mercredi à Diyarbakir (sud-est) pour protester contre l'interpellation le week-end dernier de 3 maires membres d'un parti pro-kurde, selon un journaliste de l'AFP sur place.
La police n'a pas recouru à la violence, comme elle l'avait fait la veille, pour disperser quelque 150 manifestants qui scandaient des slogans pour réclamer la libération "immédiate" des maires interpellés.
Mardi, les forces de l'ordre étaient violemment intervenues dans cette ville, plus importante de la région à majorité kurde, pour réprimer une manifestation déclarée "illégale" par les autorités.
Ahmet Turan Demir, le président du parti pro-kurde de la démocratie du Peuple (HADEP), auquel appartiennent les maires interpellés --ceux de Diyarbakir, Siirt et Bingol-- a appelé le gouvernement a "réparer sa faute" et à libérer les maires.
"Nous sommes un parti qui respecte les régles", a-t-il dit devant la presse à Diyarbakir.
Les trois maires ont été ammenés en début d'après-midi de mercredi à la Cour de sûreté de l'Etat (DGM) de Diyarbakir sous un important dispositif de sécurité où ils étaient entendus par un procureur.
La DGM décidera ensuite des suites à donner, soit de les libérer, de se prononcer pour un délai additionel de garde à vue ou enfin de les mettre en état d'arrestation.
Feridun Celik, maire de Diyarbakir, Selim Ozalp, maire de Siirt, et Feyzullah Karaaslan, maire de Bingol (est), avaient été interpellés samedi et dimanche par la police pour liens présumés avec le mouvement rebelle kurde du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Le Conseil de l'Europe et Amnesty International ont appelé à la libération des maires alors que que la présidence de l'Union européenne (UE), assurée par le Portugal, a entamé mardi des consultations avec les quatorze autres pays membres sur cette affaire.
Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a accusé les pays européens de tenter d'exercer des pressions sur la Turquie dans le cadre de l'interpellation des maires.
"Nous sommes genés par l'attitude des pays membres de l'UE (...) Nous sommes très sensibles concernant notre intégrité territoriale et si nécessaire, nous avertirons les pays européens", a-t-il dit dans un entretien mercredi au journal de centre-gauche Cumhuriyet. (AFP, 23 février 2000)
Les trois maires d'un parti pro-kurde interpellés le week-end dernier pour liens présumés avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie) ont été mis en état d'arrestation dans la nuit de mercredi à jeudi par la Cour de sûreté de Diyarbakir (sud-est), a indiqué l'un de leurs avocats.
Ils ont été inculpés aux termes de l'article 169 du code pénal turc qui prévoit une peine de 3 à 5 ans de prison pour "recel d'une organisation illégale", a dit Me Sinan Tanrikulu.
Les maires ont été écroués à la prison de haute sécurité de Diyarbakir.
Feridun Celik, maire de Diyarbakir, Selim Ozalp, maire de Siirt (sud-est), et Feyzullah Karaaslan, maire de Bingol (est), membres du parti pro-kurde de la Démocratie du Peuple (HADEP), avaient été interpellés samedi et dimanche par la police pour liens présumés avec le PKK.
Le HADEP, qui avait décroché toute une série de mairies aux municipales d'avril 1999, est menacé d'interdiction par la justice turque qui le considère comme une émanation du PKK.
Mardi et mercredi, des manifestations de protestation contre l'interpellation des maires et pour réclamer leur libération, ont eu lieu à Diyarbakir, plus importante ville de la région à majorité kurde.
Celle de mardi a été sévèrement réprimée par les forces de l'ordre avec de nombreuses interpellations et des blessés parmi les manifestants.
Le Conseil de l'Europe et Amnesty International ont appelé à la libération des maires et la présidence de l'Union européenne, assurée par le Portugal, a entamé mardi des consultations avec ses partenaires européens sur cette affaire.
Le vice-Premier ministre luxembourgeois, Lydie Polfer, s'est déclarée "très préoccupée" mercredi des interpellations.
"Nous avons du mal à comprendre les arguments qui ont provoqué leur interpellation", a dit Mme. Polfer, également chef de la diplomatie du grand-duché, en visite en Turquie.
"Nous sommes gênés par l'attitude des pays membres de l'UE (...) Nous sommes très sensibles concernant notre intégrité territoriale et si nécessaire, nous avertirons les pays européens", a-t-il dit dans un entretien mercredi au journal de centre-gauche Cumhuriyet.
Ankara, qui a décroché le statut de candidat à l'UE lors du sommet d'Helsinki en décembre, doit améliorer son bilan négatif en matière des droits de l'Homme avant que puissent s'ouvrir les négociations d'adhésion. (AFP, 24 février 2000)
Le président du Parti de la démocratie du Peuple (HADEP, pro-kurde) Ahmet Turan Demir et son prédécesseur Murat Bozlak ont été condamnés jeudi à trois ans et neuf mois de prison chacun pour "soutien et recel" en faveur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie), a rapporté l'agence Anatolie.
MM. Demir et Bozlak étaient jugés devant une Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Ankara avec 45 autres accusés pour leur implication dans les grèves de la faim et manifestations de soutien organisées par leur parti en faveur du chef du PKK, Abdullah Ocalan, alors que celui-ci avait séjourné de novembre 1998 à janvier 1999 en Italie.
La police avait alors procédé à des dizaines d'interpellations lors de descentes effectués à l'échelle du pays contre des bureaux du parti.
Seize autres accusés ont été condamnés à cette même peine et 29 autres ont été relaxés pour manque de preuves, a précisé l'agence.
Leurs avocats ont annoncé leur intention de faire appel.
Le HADEP fait l'objet depuis fin janvier 1999 d'une procédure d'interdiction pour "liens organiques" avec le PKK, lancée par le procureur de la Cour de cassation Vural Savas.
Ces condamnations interviennent quelques heures après l'arrestation par la DGM de Diyarbakir (sud-est) de trois maires de ce même parti nationaliste kurde pour les mêmes chefs d'accusation, en dépit des appels européens en faveur de leur libération: Feridun Celik, maire de Diyarbakir, Selim Ozalp, maire de Siirt (sud-est), et Feyzullah Karaaslan, maire de Bingol (est), membres du HADEP.
Le HADEP a remporté en avril 1999 plusieurs mairies dans l'est et le sud-est, dont celle de la plus grande ville de la région, Diyarbakir.
Ankara, qui a décroché le statut de candidat à l'UE lors du sommet d'Helsinki en décembre, est sous la pression de l'UE pour améliorer son bilan négatif en matière des droits de l'Homme avant que puissent s'ouvrir les négociations d'adhésion. (AFP, 24 février 2000)
Quatre maires du parti pro-kurde de la démocratie du Peuple (HADEP), dont trois ont été inculpés et un autre condamné pour soutien à la rébellion kurde, ont été démis de leurs fonctions vendredi par le ministre turc de l'Intérieur Saadettin Tantan, a indiqué l'agence Anatolie.
Les maires de Diyarbakir, de Siirt (sud-est) et de Bingol (est) avaient été inculpés jeudi par une Cour de sûreté de l'Etat (DGM) de Diyarbakir de soutien au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), en dépit d'appels de pays et institutions européens en faveur de leur remise en liberté.
Le quatrième maire démis de ses fonctions, Huseyin Yilmaz d'Agri (est), figure parmi les 18 dirigeants du HADEP condamnés le même jour à trois ans et neuf mois de prison par une DGM d'Ankara pour les mêmes chefs d'accusation, qui interdisent à un élu d'exercer des fonctions publiques pendant au moins trois ans, précise l'agence.
Aux termes de la constitution turque, le ministre de l'Intérieur peut démettre provisoirement de ses fonctions un élu local jusqu'à l'aboutissement de la procédure judiciaire à son encontre.
Le gouverneur de Diyarbakir, Mehmet Ali Serhadli, a indiqué lors d'une conférence de presse que le conseil municipal de la ville se réunirait le 29 février pour procéder à l'élection d'un maire par intérim. Si l'ex-maire de Diyarbakir, Feridun Celik, est acquitté, il pourra retrouver son poste, a-t-il ajouté.
La même procédure s'appliquera dans les trois autres villes dont les maires ont été démis de leur mandat, selon lui.
Une troïka européenne s'était rendue jeudi au ministère turc des Affaires étrangères pour exprimer son "étonnement" après ces décisions et "demander des informations dans le contexte des ambitions européennes de la Turquie", qui a décroché le statut de candidat à l'UE en décembre.
Ce statut la met en demeure d'améliorer son bilan des droits de l'homme et de régler la question kurde.
Un porte-parole de la Commission européenne à Bruxelles, Jean-Christophe Filori, avait estimé ces décisions "extrêmement regrettables", tout en affirmant que l'UE poursuivra le dialogue avec Ankara.
Les avocats des maires de Diyarbakir, de Siirt et de Bingol ont saisi vendredi une Cour supérieure à Diyarbakir pour demander la libération de leurs clients, arrêtés "contrairement aux lois et à leur application en vigueur", selon un correspondant de l'AFP.
Ils font valoir l'absence de preuves convaincantes démontrant leur culpabilité.
Le HADEP, menacé de fermeture par la justice turque, a remporté lors des municipales d'avril 1999 à une large majorité toute une série de mairies dans l'Est et le Sud-Est, dont celle de la plus grande ville de la région, Diyarbakir avec 65% des voix.
Le président du HADEP, Ahmet Turan Demir, son prédécesseur Murat Bozlak et 15 autres membres du parti avaient été condamnés en même temps que le maire d'Agri à des peines identiques pour leur implication dans les actions de soutien organisées par leur parti en faveur du chef du PKK, Abdullah Ocalan, alors que celui-ci avait séjourné de novembre 1998 à janvier 1999 en Italie.
Ocalan a été capturé au Kenya en février 1999 et condamné à mort en juin pour les quinze ans de guérilla armée menés par son parti en vue de créer un Etat kurde indépendant dans le Sud-Est à majorité kurde. (AFP, 25 février 2000)
The Malatya branch of the IHD [Human Rights Association] has been closed down indefinitely by the Governor's Office on the grounds that it stocked the album of "The Kurds From 1900 to 2000," which was given by our newspaper to its readers as a gift but which the Istanbul DGM [State Security Court] ordered off the stands, as well as the banned issues of the Ulkede Gundem and Atilim newspapers.
In a statement, branch chairman lawyer Dogan Karaoglan noted that a raid was conducted against the branch building on 16 February, adding that some of the issues of our newspaper, the album of "The Kurds From 1900 to 2000," as well as the Ulkede Gundem and Atilim newspapers were impounded during a search.
Karaoglan stated that the IHD branch was later closed down indefinitely by the Malatya Governor's Office in accordance with Article 54 of the Law on Associations on the grounds that it possessed banned publications.
Pointing out that the decision to close down the branch is arbitrary and devoid of any legal or legitimate basis, Karaoglan pledged to continue the just and legitimate struggle.(Ozgur Bakis, 26 Feb 2000)
Le ministère turc de l'Intérieur a réintégré dans leurs fonctions les trois maires du parti pro-kurde de la Démocratie du Peuple (HADEP) inculpés pour soutien à la rébellion kurde qui avaient été mis en liberté provisoire lundi, a annoncé l'agence turque Aanatolie.
Feridun Celik, de Diyarbakir, Selim Ozalp, de Siirt (sud-est), et Feyzullah Karaaslan, de Bingol (est), pourront conserver leur poste de maire jusqu'à la fin de leur procès.
Inculpés pour soutien au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes de Turquie), les trois maires avaient été démis de leurs fonctions la semaine dernière sur décision du ministre de l'Intérieur.
Lundi, ils ont été mis en liberté provisoire sur décision d'une Cour de sûreté de l'Etat (DGM), qui leur a toutefois interdit de quitter le pays pour se rendre à l'étranger avant leur procès dont la date n'a pas encore été fixée.
Les maires avaient été arrêtés le 19 février sous l'accusation d'avoir aidé et financé le PKK et d'avoir reçu des ordres du groupe séparatiste, considéré comme "terroriste" par Ankara. (AFP, 28 février 2000)
Le parti pro-kurde de la Démocratie du Peuple (HADEP) a appelé mardi les autorités turques à réintégrer dans ses fonctions le maire de Agri (est), membre du parti, à l'instar de ses collègues de Diyarbakir (sud-est), Siirt (sud-est) et de Bingol (est).
Le ministère turc de l'Intérieur a réintégré lundi dans leurs fonctions ces trois maires du HADEP inculpés pour soutien à la rébellion kurde, qui avaient été mis en liberté provisoire plus tôt dans la journée. Ils pourront ainsi conserver leur poste de maire jusqu'à la fin de leur procès, dont la date n'a pas encore été fixée.
"Nous nous félicitons de la libération de nos (trois) maires et attendons que celui de Agri puisse retrouver son poste", précise un communiqué du HADEP.
Interpellés le 19 février puis inculpés pour soutien au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), les trois maires avaient été démis de leurs fonctions la semaine dernière sur décision du ministre de l'Intérieur.
Lundi, ils ont été mis en liberté provisoire sur décision d'une Cour de sûreté de l'Etat (DGM), qui leur a toutefois interdit de quitter le pays avant leur procès.
"Ces développements anti-démocratiques démontrent que la lutte pour la démocratie et le droit est long et difficile", souligne le communiqué.
Le maire de Agri, Huseyin Yilmaz, a été condamné vendredi avec le président du HADEP Ahmet Turan Demir, de son prédécesseur Murat Bozlak, et de 16 autres responsables du parti à 3 ans et 9 mois de prison pour soutien au PKK et à son chef Abdullah Ocalan.
Son cas diffère cependant de ses trois autres collègues car selon la loi, un élu condamné pour un tel chef d'accusation est interdit d'exercer des fonctions publiques pendant au moins trois ans.
Feridun Celik, le maire de Diyarbakir, plus importante ville de la région à majorité kurde, s'est félicité mardi en retrouvant ses fonctions de voir que la "démocratie a gagné".
"Nous aurions souhaité que ce genre d'événements n'interviennent jamais", a-t-il dit aux journalistes devant sa mairie.
Les mesures visant les maires du HADEP avaient provoqué émotion et critiques en Europe, alors que la Turquie, candidate à l'UE, est censée améliorer son bilan en matière des droits de l'Homme et régler le conflit kurde. (AFP, 29 février 2000)
Le bilan des victimes du Hizbullah ne cesse d'augmenter depuis que les autorités turques ont décidé de mener des opérations" jusqu'à ce que cette organisation meurtrière soit éradiquée dans tout le pays" affirme le Premier ministre turc Bülent Ecevit.
Le quotidien turc Sabah donne au jour le jour en sa Une dans un macabre tableau intitulé "dernière situation", le nombre de victimes imputées à cette organisation intégriste religieuse. Selon ces chiffres en date du 3 février 2000, 58 corps ont été trouvés sur 17 tombes découvertes. La majorité des victimes ont été exhumées à Istanbul avec 19 corps, suivi de Diyarbakir avec 13 corps, puis Konya 12 victimes, Tarsus 7, Ankara 3, Batman 2, Adana 1 et Antalya 1.
La plupart des victimes étaient des Kurdes, dont beaucoup ont été torturés à mort avant d'être enterrés dans des cours de maison.
Les policiers de Diyarbakir, capitale du Kurdistan turc, ont mis au jour 12 corps dont deux enveloppés dans des sacs de plastique et les ossements d'un jeune homme de 18 ans.
"Hier, vers 9h00 alors que nous étions dans les bureaux de Sabah à Diyarbakir, on nous a informés de la découverte d'un nouveau corps. Deux heures après encore un. À midi, à l'heure du repas, un autre encore" relate l'envoyé spécial du journal Tayfun Devecioglu.
À Ankara, le Premier ministre réaffirme sa détermination à anéantir le Hizbullah, en déclarant que cette série de meurtres mettait en évidence le bien-fondé du système laïque officiellement établi dans le pays. Mais cette organisation qui a surtout pris pour cibles les Kurdes est soupçonnée de complicités dans les milieux officiels, bien que les insinuations aient été vigoureusement démenties. M. Devecioglu note à ce titre "Diyarbakir est la plus importante et plus grande ville de la région. La direction de la région sous un régime d'exception (OHAL) s'y trouve d'ailleurs. Aussi, on peut y voir les informations les plus importantes sur les opérations relatives au Hizbullah".
Par ailleurs, le quotidien anglophone Turkish Daily News comme la plupart des journaux turcs s'interroge dans son édition du 31 janvier 2000, sur les "meurtres non élucidés" dans la région kurde et en Turquie. "Hizbullah est le premier exemple de la politique de 'jouer avec les uns contre les autres' pratiquée par de l'Etat" s'intitule l'article en question.
"Depuis les années 80 jusqu'à la capture du leader du parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan au milieu de l'année 1999, l'organisation de terreur islamiste radicale, s'appelant Hizbullah ( ) a commis approximativement 2000 meurtres au sud-est de la Turquie. La plupart des funestes attaques contre les sympathisants du PKK aussi bien que contre des membres des partis politiques, comprenant le parti du travail du peuple (HEP), le parti de la Démocratie (DEP) et le parti de la Démocratie du Peuple (HADEP), n'ont pas été élucidées. Au début des années 90, le nombre de meurtres a rapidement augmenté, éveillant les allégations que l'organisation est soutenue par l'Etat." écrit le journal.
"Le journaliste Halit Güngen, la première personne qui a mis du poids dans cette thèse en prouvant le soutien de l'Etat à l'appui de photos a été tué au cours d'une attaque armée alors qu'il travaillait au bureau de Diyarbakir du journal 2000'e Dogru (Vers l'an 2000) ( ) Les photos prises par Güngen montraient des militants armés du Hizbullah recevant des exercices de tirs sur le terrain des forces anti-terroristes de la police de Diyarbakir. Le sort de Güngen a également été réservé à Hafiz Özdemir, journaliste au quotidien pro-kurde de Diyarbakir, Özgür Gündem, qui avait suivi la même approche. Et puis, plusieurs autres journalistes ont été assassinés, tous travaillant pour Özgür Gündem ou bien 2000'e Dogru. Au début des années 90, un sommaire 'massacre de journalistes' s'est déroulé au Sud-Est, et aucun de ces meurtres n'est élucidés" continue le journal.
"Le fait est que la plupart des journalistes assassinés étaient ceux qui menaient des investigations sur le Hizbullah, écrivaient des articles concernant l'organisation terroriste ou publiaient des interviews sur le terrorisme. De plus, aucun des assassins n'a été appréhendé par la police. Cette situation a accru plus encore les soupçons sur le soutien de l'Etat au Hizbullah."
Le journal ajoute que "le soutien ne consistait pas simplement à donner des cours de tirs au Hizbullah au QG des corps expéditionnaires. Selon certaines allégations, les terroristes d'Hizbullah capturés par des habitants locaux au péril de leur vie, étaient libérés par la police en quelques jours. Au milieu de l'année 1992, un homme d'affaires qui possédait une boutique de souvenirs à Nusaybin, province de Mardin, a été assassiné dans son magasin par un terroriste. L'assassin a été capturé par les propriétaires du magasin voisin et délivré à la police. À la surprise générale, il a été libéré après quelques jours."
"Sur la base de l'augmentation des taux de meurtres non élucidés dans la région et de l'importance des allégations affirmant que l'organisation terroriste reçoit l'aide de l'Etat, une commission d'investigation parlementaire a été formée au début de 1993 ( ) En réponse à des questions posées par le président de la commission Sadik Avundukluoglu, député du parti de la Juste Voie (DYP) et autres membres de la commission ( ) Le chef de la police de Batman, Öztürk Yildiz a admis que les militants du Hizbullah effectuent des exercices de tirs dans leurs camps des villages Sekili, Çiçekli, et Gönüllü de Gercus et que la gendarmerie fournit une aide logistique à l'organisation. Cette conversation, qui a eu lieu dans le bureau du gouverneur adjoint de Batman, a été enregistrée dans une cassette audio par le juge Akman Akyürek, qui est mort d'un troublant accident de voiture en 1997. Suite à sa mort, cette cassette a disparu mystérieusement. Des détails de la conversation entre le chef de la police et les membres de la commission d'investigation ont été publiés dans la presse ( ) Cependant, le bureau du chef d'état-major a censuré l'émission 'Arena', un célèbre programme de télévision ( ) juste avant que l'information sur la cassette audio ne soit annoncée."
Les raisons de démantèlement du Hizbullah sont également dénoncées par le journal. "Aujourd'hui, l'Etat n'a plus besoin d'Hizbullah. L'organisation terroriste PKK est d'une part réduite ( ) et plus encore ( ) les militants du PKK ont commencé à quitter la Turquie. Ce retournement de situation a laissé l'Etat face à la menace du Hizbullah. Sur la base d'informations obtenues par les informateurs du Hizbullah ( ) les forces de sécurité turques ont lancé des attaques contre le Hizbullah dans le Sud-Est, causant de lourdes pertes à l'organisation terroriste. Réalisant qu'il ne restait plus de place pour eux pour se cacher et dans l'intention de couvrir leurs pistes, les terroristes ont commencé à migrer dans des villes comme Istanbul, Ankara, Izmir, et Konya et subséquemment ont pris pour cibles des membres qui avaient déserté l'organisation. ( ) De nombreuses personnes, y compris des hommes d'affaires accomplis d'origine kurde, ont été kidnappées dans ce but et exécutées après de longues séances de tortures et d'interrogatoire." (CILDEKT, 3 février 2000)
Des procureurs de Diyarbakir (sud-est) ont requis vendredi des peines allant jusqu'à quinze ans de prison contre vingt et un membres présumés de l'organisation musulmane extrémiste Hizbullah, selon l'agence Anatolie.
L'acte d'accusation reproche aux prévenus d'être membres d'une organisation clandestine armée qui cherche à détruire l'ordre constitutionnel. Ankara affirme que le Hizbullah a pour but de renverser le régime laïc pour instaurer un pouvoir islamiste.
Les suspects avaient été arrêtés lors d'une vaste opération contre le Hizbullah, lancée dans tout le pays le 17 janvier quand la police avait abattu son chef, Huseyin Velioglu, et capturé deux de ses commandants lors d'une fusillade dans une maison d'Istanbul, selon Anatolie.
La découverte dans cette maison de disquettes informatiques contenant des informations sur le Hizbullah avait permis à la police de mettre la main sur ces vingt et un suspects, selon l'agence.
Au cours de ses recherches, la police a aussi découvert une soixantaine de cadavres de victimes supposées de cette organisation dans plusieurs fosses communes un peu partout en Turquie et a trouvé un certain nombre de caches d'armes.
La police turque considère le Hizbullah comme responsable d'environ 500 assassinats commis depuis sa création, au début des années 80. Le Hizbullah turc, qui n'est pas censé être lié au groupe libanais du même nom, a été fondé dans le sud-est turc avec pour principal but de combattre la rébellion séparatiste kurde réclamant l'indépendance de cette région. (AFP, 3 mars 2000)
A human rights group called on the international community Tuesday to protest Turkish charges against three doctors that worked with torture victims.
"We call on world governments to enter into dialogue with the Turkish government (and) bring pressure to bear on Turkey for the harassment of doctors working against torture," said Inge Genefke of the International Rehabilitation Council for Torture Victims.
The three doctors face separate charges and the separate trials start in April. Turkish authorities declined to comment on ongoing trials.
"The motive behind the harassment of our colleagues is to destroy the medical work against torture, to prevent and deter the diagnosis and documentation of torture," Genefke, the secretary-general of the privately funded council, said.
She said another motive was "to deny victims of torture access to rehabilitation treatment and support."
Alp Ayan, a psychiatrist and human rights activist, was arrested last year during a rally by people protesting the deaths of 10 inmates killed during a prison riot. Ayan, who was released from prison last month pending the outcome of his trial, faces charges of defying police and a ban on rallying.
Veli Lok, an orthopedic surgeon who heads the Turkish Human Rights Foundation, is standing trial for a speech in which he condemned Ayan's arrest. He is charged with attempting to interfere in court proceedings.
Zeki Uzun, a gynecologist, is accused of aiding Kurdish rebels, after an informant claimed that he treated the wife of a rebel.
"What confidence can the torture victim have in receiving medical treatment when those providing the treatment are themselves at risk of, and being subjected to, torture?" Genefke asked in the statement.
The Copenhagen-based council, which works at helping torture victims recover and preventing torture, has nearly 200 centers worldwide.(AP, February 29, 2000)
Déclaré prisonnier de conscience par Amnesty International depuis son long calvaire dans les geôles turques en raison de ses recherches sur les Kurdes, et libéré récemment à la suite d'une loi ajournant les peines infligées pour les délits commis par voie de presse et de publication, le sociologue turc Ismail Besikçi a répondu aux questions du rédacteur en chef de l'hebdomadaire kurde Roja Teze dans son édition datée 21 janvier 2000.
[Faisant allusion à l'affaire Öcalan, N.D.T.] en précisant que les politiciens peuvent bien renoncer à défendre ce qu'ils défendaient dans le passé, il émet "qu'un académicien ne peut se permettre de renoncer à défendre les faits scientifiques. Dans les conditions actuelles, défendre ces faits est un exercice à risque. Il appartient alors à chacun de nous d'en assumer le risque". Il ajoute "que les conditions pour ceux qui s'intéressent aux Kurdes et pour les Kurdes eux-mêmes sont devenues plus difficiles. Alors que l'on devrait, grâce au sacrifice fait jusqu'à présent, s'attendre à ce que cette question [kurde] soit abordée plus facilement, on assiste, au contraire, à un durcissement dans les conditions du traitement de la question. On ne peut toujours pas en parler comme il faudrait. On risque encore d'être condamné à de lourdes peines de prison à cause de la question".
Pour Besikçi, qui a passé plus de 16 ans de sa vie dans les prisons turques en raison de ses travaux et publications sur les Kurdes, le régime continue toujours d'avoir des préjugés envers les Kurdes et de les traiter de manière humiliante: "Lorsqu'on évoque les Tchétchènes ou les Bosniaques, on évite soigneusement d'utiliser un adjectif pour les présenter. Quand il s'agit de nommer Fehriye Erdal, qui a tenté d'assassiner l'homme d'affaires turc Sabanci, on se contente de la citer nommément alors que quand il s'agit d'un Kurde de Turquie, on utilisera les adjectifs «terroriste» ou séparatiste». Si c'est un Kurde d'Irak, on dira «chef de tribu" en utilisant toujours des adjectifs humiliants». Se prononçant sur le règlement, à court ou moyen terme, de la question kurde, Besikçi se montre assez pessimiste et indique que le statut de candidat dont la Turquie dispose pour entrer dans l'UE ne changera pas pour autant le règlement de la question kurde.
Mettant en avant l'importance de la langue kurde qu'il considère comme étant le seul élément différenciant les Kurdes des Turcs, Besikci ajoute qu'il est, de ce fait, important de maintenir vif l'usage de celle-ci.
Quant aux conditions du monde extérieur par rapport à sa vie de prisonnier qu'il a subie, il pense "qu'il existe toujours un état de répression et de siège. Il n'est donc pas possible que des gens comme moi puissent faire des projets à long terme. Il est tout à fait possible qu'un travail qu'on entamerait reste à mi-chemin en cas d'arrestation ou pour des raisons similaires. Ce n'est pas vous-mêmes qui déterminez ce que vous faites, mais ce sont toujours les autres".
Les livres qu'il a écrits sur la question kurde sont toujours vus d'un mauvais oeil de la part des autorités et n'ont pas droit de cité dans la vente et dans la diffusion alors qu'une large littérature communiste, sujet auparavant tabou en Turquie, circule sans aucune entrave. Malgré cela, il a le projet de publication d'un livre sur la situation des Kurdes jusqu'en 1974, qui a recours à un large usage de notions scientifiques en remettant notamment en cause la négation dont les Kurdes font toujours l'objet. (CILDEKT, 3 février 2000)
The General Staff military court has sentenced artist Sanar Yurdatapan and journalist Nevzat Onaran to two months in prison for making publication to lose people's enthusiasm for the military service. Sanar Yurdatapan said that they would take the case to the European Court of Human Rights (ECHR) defending that the civilians can not be tried in a military court.
Yurdatapan said in his defense argument that the military courts can not try the civilians stating that the article 155 of Turkish Penal Code (TCK) was contradicting with the Constitution. Military prosecutor said that the court previously rejected the claims of defendants about this issue and there was no need to take another decision about this matter. Then, the court announced its ruling about this matter in favor of the prosecutor. After a short adjournment, the General Staff military court has sentenced artist Sanar Yurdatapan and journalist Nevzat Onaran to two months in prison and 2.5 million fines under the article 155 of TCK for making publication to lose people's enthusiasm for the military service.
After the court's decision Yurdatapan said, "The civilians can not be tried in the military courts. The principles of European Convention on Human Rights' fair trial are very clear. We saw this in the case of Ocalan. The same issue also exists here. There can be a trial in a military court regarding an incident occurred during the military service, but there is no such thing in this case. Now, we will appeal the case, then take to the ECHR. Likewise, there was one military judge at the State Security Courts and the ECHR demanded new arrangements. In a military court everybody is soldier including prosecutor and judges."
This trial started with the publication of a book entitled "Dusunceye Ozgurluk-9" (Freedom to Thought-9). A press statement of Osman Murat Ulke, Turkish conscientious objector, was published in this book. Then, the Koray Duzgoren and Nilufer Akbal, who put their signatures on the book, were tried and sentenced. But their sentences were suspended. Dusunceye Ozgurluk-38" (Freedom to Thought-38) was published in July of 1999. (Ozgur Politika, 3 February 2000)
Une vive polémique agite ces derniers jours les médias turcs autour de la personnalité et de l'art du cinéaste kurde Yilmaz Güney.
Tout est parti d'une interview de la scénariste Inci Aral, publiée dans le quotidien Hürriyet du 26 janvier où elle parle du projet d'un film sur la vie de Güney. Le scénario qu'elle a écrit a été présenté au cinéaste Costa Gavras qui l'a lu et aimé. Elle est en train d'y apporter les ultimes retouches. De son côté Mme Güney a pris une série de contacts autorisant à penser que ce projet de film pourrait se réaliser dans un avenir assez proche.
L'interview a déclenché une série de réactions véhémente dans les médias nationalistes et conservateurs turcs qui crient à "un nouveau complot contre la Turquie". Si le Grec Costa Gavras réalise un film magnifiant la vie du cinéaste Güney connu pour être un communiste et un séparatiste kurde, affirment les nationalistes turcs c'est pour internationaliser la question kurde et dénigrer la Turquie. Du coup ils versent sur le cinéaste disparu de tombereaux d'insultes. De leurs côtés, les intellectuels libéraux prennent la défense d'un "artiste exceptionnel" sans partager ses opinions. "Qui a entaché l'image de la Turquie? Le cinéaste Güney qui a tendu le miroir de son art pour montrer les travers de notre société ou bien ceux qui au nom de la patrie ont détruit des milliers de villages, tué des milliers d'innocents, torturé des enfants?" demande l'éditorialiste du quotidien Cumhuriyet du 28 janvier.
Excédée par cette polémique, Mme Güney a porté plainte pour injure et diffamation contre plusieurs journalistes de droite. Dans le même temps, elle prépare la sortie prochaine dans les salles de deux chefs d' uvre du cinéaste disparu, Umut (Espoir) et Sürü (le Troupeau), interdits d'écrans turcs depuis le coup d'Etat militaire de 1980. L'auteur de l'inoubliable Yol, qui obtint la Palme d'or au festival de Cannes de 1982, est décédé en 1984 en exil à Paris à l'âge de 47 ans après avoir passé douze années de sa brève vie dans les geôles turques. (CILDEKT, 15 février 2000)
Le procès, visant à fermer une fondation culturelle kurde accusée d'être devenue un foyer d'activités séparatistes, s'est ouvert mercredi à Istanbul, a indiqué l'agence de presse Anatolie.
Les poursuites contre la Fondation kurde pour la culture et la recherche (Kurt-kav) ont été lancées par la Direction générale des fondations de Turquie, qui veille au respect de la loi par les fondations.
"Les directeurs de Kurt-Kav ont transformé la fondation en foyer d'activités séparatistes et étaient impliqués dans des activités qui semblent soutenir une certaine race", a estimé la Direction des fondations dans sa requête à la cour, citée par Anatolie.
"Ils (les directeurs) ont continué à administrer la fondation avec de mauvaises intentions malgré tous les avertissements", a-t-elle ajouté.
Elle demande la fermeture de Kurt-Kav et l'interdiction pour ses 18 administrateurs de pouvoir être actifs dans une fondation.
Kurt-Kav, dont les statuts sont reconnus depuis 1995, n'a jamais pu donner de cours en kurde et ses deux classes ont été scellées par les autorités.
Le kurde est banni de l'enseignement et de la radio et télédiffusion en Turquie, où la seule langue officielle est le turc.
Kurt-Kav dispense toutefois des bourses à quelques étudiants pour les envoyer apprendre le kurde à l'université d'Uppsala en Suède, dans l'espoir qu'ils puissent un jour l'enseigner en Turquie.
Début février, 11 administrateurs de Kurt-Kav avaient été acquittés de l'accusation d'incitation à la haine raciale portée contre eux après la parution dans la presse des petites annonces offrant ces bourses d'étude. (AFP, 16 février 2000)
La chaîne de télévision d'information en continu CNN-Turk sera fermée pour la première fois pendant un jour sur décision du Haut Conseil de l'audiovisuel (RTUK), pour diffusion d'une émission jugée "séparatiste", a-t-on indiqué vendredi de source proche du RTUK.
La date à laquelle CNN-Turk, joint-venture entre le groupe turc Dogan Media Group (DMG) et la chaîne américaine d'informations en continu CNN, sera suspendue, n'a pas encore été annoncée, a-t-on indiqué de même source.
Dans une émission diffusée le 13 janvier par la chaîne, les développements relatifs à la procédure d'exécution du chef Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, condamné à mort pour trahison, avaient été débattus entre le présentateur de l'émission Mehmet Ali Birand et ses invités sur le plateau, dont un universitaire turc.
Les propos utilisés lors de cette émission sont contraires à un article du RTUK qui stipule: "Il est interdit de diffuser une émission contraire à l'indépendance et à l'unité de l'Etat turc", a-t-on précisé de même source.
Les suspensions de chaînes de télévision sont très fréquentes depuis la création du puissant RTUK en 1994 par décision gouvernementale. Elles interviennent au rythme de plusieurs fois par mois, généralement pour "non respect de la famille et de la structure familiale".
CNN-Turk connaîtra une telle suspension pour la première fois depuis son lancement en octobre dernier et envisage de prendre les "mesures nécessaires" contre cette décision dès qu'elle lui sera notifiée par le RTUK, a-t-on appris auprès de la chaîne.
CNN Turk est la deuxième chaîne d'information en continu de Turquie après NTV.
Depuis 1990, date de la fin du monopole d'Etat sur la radio et la télévision, le nombre de chaînes de télévision nationales et régionales a atteint 260, celui des radios 1.200 en Turquie.
Depuis sa création, le RTUK, composé de membres de partis politiques représentés au parlement, a déjà suspendu pendant des délais divers près de 450 chaînes de radio et télévision, selon les chiffres officiels. (AFP, 18 février 2000)
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rébellion kurde de Turquie) a réaffirmé mercredi qu'il mettait fin à sa lutte armée et poursuivrait son combat pour les droits des Kurdes "dans le cadre de la paix et de la démocratisation".
"Le septième Congrès extraordinaire du PKK (...) a décidé de confirmer la décision de notre leader (Abdullah Ocalan) de mettre fin à la lutte armée", précise un communiqué du PKK, reçu par l'AFP à Ankara.
Le communiqué souligne que le Congrès, réuni en janvier, a adopté le "combat politique démocratique" comme base de sa nouvelle stratégie dans le cadre d'un nouveau programme.
"Le PKK est devenu un parti qui vise à la transformation et au développement d'une solution à la question kurde en Turquie dans le cadre de la paix et de la démocratisation", souligne le texte.
Le document précise en outre que le Congrès est convenu d'une restructuration au sein du parti, avec l'élection de nouveaux dirigeants, dont Ocalan au poste de secrétaire général.
La branche armée du PKK, l'ARGK (armée populaire de libération du Kurdistan) doit devenir une "force de défense du peuple" et le Front national pour la libération du Kurdistan (ERNK, aile politique du PKK) doit devenir une "Union démocratique du peuple" chargée de développer "des organisations légales et la lutte politique démocratique", selon le texte.
Un "projet de paix détaillée" lié "inséparablement" à Ocalan, figure dans les conclusions du Congrès du PKK.
"Notre parti lance un appel à notre peuple et à toutes les forces démocratiques (...) pour le lancement d'une campagne générale avec un slogan: liberté de travail politique au président Ocalan et paix pour le Kurdistan", ajoute le document, sans préciser le lieu où s'est tenu ce congrès.
Selon la presse turque, il s'est déroulé en Iran.
Le PKK a entamé fin août 1999 un retrait de Turquie, puis annoncé en septembre qu'il mettait fin à la lutte armée pour se transformer en organisation politique, suite aux appels de son chef.
Mais l'armée turque a rejeté ses appels à la paix comme de la "propagande" et réitéré sa détermination à pourchasser le PKK.
Ocalan a été condamné à mort en juin pour trahison et séparatisme après les 15 ans de lutte armée menée par ses rebelles dans le sud-est anatolien à majorité kurde en vue d'établir un Etat kurde indépendant.
Ankara a suspendu le processus d'exécution en janvier, suivant une demande de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui a réclamé un sursis en attendant d'avoir statué sur le fond.
Depuis sa capture en février 1999 au Kenya, Ocalan a déclaré à plusieurs occasions que le PKK ne visait pas à créér un Etat indépendant dans le sud-est anatolien, revendiquant essentiellement une autonomie culturelle pour les Kurdes. (AFP, 9 février 2000)
Les rebelles kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont annoncé mercredi les grandes lignes d'une "nouvelle stratégie" qui doit transformer la guérilla armée en organisation politique.
Dans un communiqué reçu par l'AFP à Ankara, le PKK a présenté les résultats de son 7-ème congrès, tenu en janvier en un lieu non précisé, qui a confirmé l'abandon de la lutte armée lancée en 1984 et précisé comment il compte se transformer en mouvement pacifique.
Le PKK y abandonne au passage son but de créer un Etat kurde indépendant, longtemps contenu dans son programme, et se dit désormais "un parti qui vise à la transformation démocratique et au développement d'un règlement de la question kurde en Turquie".
La base de la "nouvelle stratégie" du parti est "la lutte politique démocratique".
Dans ce cadre, son aile militaire, l'Armée populaire de libération du Kurdistan (ARGK) "doit être changée et réorganisée comme une force de défense du peuple". L'aile politique, le Front national pour la libération du Kurdistan (ERNK), doit être remplacée par une "Union démocratique du peuple" chargée de "développer les organisations légales et la lutte politique démocratique dans tous les domaines".
Le Comité central, un terme aux connotations marxiste-léninistes, est remplacé par une "Assemblée du parti". Une nouvelle direction a été désignée et le chef du PKK, Abdullah Ocalan, condamné à mort pour trahison et emprisonné sur l'île d'Imrali (ouest), a été élu "secrétaire général".
Pour réussir sa mue, le PKK appelle "tous les cadres du parti, notre peuple et nos amis à se renouveler".
Il indique avoir adopté un "projet de paix" et se dit prêt à travailler avec quiconque "dans le cadre de projets justes et raisonnables pour réaliser la solution pacifique et démocratique".
Il prône enfin une grande campagne pour obtenir "la liberté de travail politique pour le président Apo (NDLR: diminutif d'Ocalan) et la paix pour le Kurdistan".
Or, le Premier ministre turc Bulent Ecevit s'est récemment agacé des nombreux communiqués diffusés par le chef rebelle depuis sa prison via ses avocats, et lui a enjoint de se taire.
Avec cette nouvelle stratégie, le PKK entérine la ligne de conduite tracée par Ocalan depuis le début de son procès en mai.
Mais il y a peu de chance que l'Etat turc accepte un PKK même révisé, alors qu'il le tient pour un mouvement terroriste, responsable des 36.500 morts qu'ont fait les violences liées à la rébellion.
La Turquie a toujours refusé de considérer le PKK comme un interlocuteur et l'armée turque a rejeté les appels à la paix d'Ocalan comme de la propagande, s'affirmant déterminée à pourchasser jusqu'au bout les rebelles qui ne se rendraient pas, et multipliant pour ce faire les incursions dans le nord de l'Irak.
Privé de son chef charismatique, expulsé de Syrie en octobre 1998 avec ses militants, le PKK est aussi affaibli par des divisions. Des dissidents, réunis au sein d'une "Initiative kurde en Europe", ont récemment critiqué l'abandon de la lutte armée comme une "concession historique".
Et le comité central du PKK avait reconnu que ses appels à un retrait de Turquie des combattants à partir de septembre avaient été ignorés par au moins deux unités rebelles armées, qui avaient choisi de rester pour se battre.
La confirmation de l'abandon de la lutte armée est en tout cas rassurante pour Ocalan: le gouvernement turc a décidé mi-janvier de suspendre son exécution, en réponse à une demande de la Cour européenne des droits de l'Homme. Mais il y avait mis une condition: que le PKK et ses sympathisants se tiennent tranquilles. (AFP, 9 février 2000)
Les autorités turques ont réduit la fréquence et la durée des visites que les défenseurs du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan sont autorisés à rendre à leur client dans l'île-prison d'Imrali (ouest), a indiqué samedi l'un des avocats.
"Depuis le 24 janvier, nous ne sommes autorisés à le voir qu'une fois par semaine pendant une heure", a déclaré à l'AFP Me Dogan Erbas.
Jusqu'alors, les défenseurs du chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) avaient le droit de lui rendre des visites de deux heures deux fois par semaine.
Une lettre des avocats demandant à être reçus au ministère de la Justice est restée à ce jour sans réponse, selon Me Erbas. "Si cela continue, nous saisirons la Cour européenne des droits de l'Homme car, à notre avis, il s'agit d'une restriction des droits de la défense", a-t-il dit.
Me Erbas a indiqué que depuis la mi-janvier, les défenseurs s'abstenaient de diffuser des déclarations écrites d'Ocalan, les dirigeants turcs, dont le Premier ministre Bulent Ecevit, ayant averti que "Imrali n'est pas une tribune politique". "Nous ne voulons pas faire monter la tension", a expliqué l'avocat.
Abdullah Ocalan a été condamné à mort en juin dernier pour trahison et séparatisme. Ankara a suspendu le processus d'exécution en janvier, suivant une demande de la Cour européenne des droits de l'Homme, dont le siège est à Strasbourg, qui a réclamé un sursis en attendant d'avoir statué sur le fond. (AFP, 12 février 2000)
"On the first anniversary of the outlawed Kurdistan Workers' Party [PKK] chieftain Abdullah 'Apo' Ocalan's capture, Radikal's Tuncay Ozkan revealed in his book, 'The Operation,' the behind-the-scenes story of the way Apo was brought back to Turkey. It all began with a visit the CIA representative in Ankara paid to National Intelligence Organization [MIT] Undersecretary Senkal Atasagun at the latter's residence on the evening of Feb. 4, 1999. He suggested a joint operation to apprehend Apo but demanded a guarantee to the effect that Apo would be brought home alive and given a fair trial.
Turkey had learned on Feb. 1 that Apo was in Athens, but Greek officials had denied it. After making that 'protocol' with the CIA on Feb. 4, the MIT created a seven-member special team which included an MIT official with a military background who had lost many of his men in the fight against the PKK, a man who had taken part in the efforts to organize the Turkmens in northern Iraq.
There was only one army member on the team, who was a lieutenant colonel and cardiologist working for the Gulhane Military Medical Academy [GATA]. All the rest were close combat and defensive arts experts.
On Feb. 5 MIT started looking for a long-range plane for the team. Determining that businessman Cavit Caglar had a plane suitable for that purpose, the MIT undersecretary called Caglar and told him he wanted to lease his plane for an overseas trip. They agreed on the fee, which was $200,000. While preparations were being made, the CIA official told Atasagun that they could not locate Apo in Kenya.
Was the United States having second thoughts? Atasagun told him, 'Apo is staying at the residence of the Greek ambassador in Nairobi.' The American, flabbergasted to see that the Turkish secret service was able to keep track of Apo so accurately, realized that there could be no turning back at that point.
The plane, which left Ankara on Feb. 10, landed at Nairobi on Feb. 15 after making stopovers in various places. From the moment he stepped into the plane,
Apo was videotaped nonstop. A 90-minute film was made. Atasagun personally prepared a seven-minute film out of that footage and distributed it to the media."(Radikal, February 16, 2000)
L'Etat turc a resserré jeudi l'étau autour d'un parti pro-kurde qu'il accuse de soutenir les rebelles du PKK, avec la condamnation en justice de ses principaux dirigeants et l'arrestation de trois de ses maires, au risque de tendre ses relations avec l'Union européenne.
Le président du parti de la démocratie du Peuple (HADEP), Ahmet Turan Demir, son prédécesseur, Murat Bozlak, et 16 autres membres du parti ont été condamnés à trois ans et neuf mois de prison chacun par une Cour de sûreté de l'Etat (DGM) d'Ankara pour "soutien et recel" en faveur du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Ils étaient jugés avec 29 autres accusés --acquittés-- pour leur implication dans les grèves de la faim et manifestations de soutien organisées par le HADEP en faveur du chef du PKK, Abdullah Ocalan, lors de son séjour en Italie de novembre 1998 à janvier 1999.
Ocalan a été capturé en février 1999 au Kenya et condamné à mort en juin par la justice turque pour trahison et séparatisme. A la mi-janvier, le gouvernement turc a décidé de surseoir à son exécution jusqu'à ce que la Cour Européenne des droits de l'homme se soit prononcée sur le fond.
Le PKK a entre-temps annoncé qu'il abandonnait sa lutte armée lancée en 1984 pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le Sud-Est de la Turquie à majorité kurde.
Quelques heures avant la décision de la DGM d'Ankara, une Cour de sûreté de l'Etat à Diyarbakir (sud-est) inculpait et écrouait pour les mêmes chefs d'accusation les maires de Diyarbakir, Siirt et Bingol, tous membres du HADEP, en dépit d'appels de pays et institutions européens pour leur remise en liberté.
Une troïka européenne s'est rendue jeudi au ministère turc des Affaires étrangères pour exprimer son "étonnement" aux autorités turques après ces arrestations et "demander des informations dans le contexte des ambitions européennes de la Turquie", qui a décroché le statut de candidat à l'UE en décembre, selon un diplomate européen.
Un porte-parole de la Commission européenne à Bruxelles a estimé ces décisions "extrêmement regrettables", tout en affirmant que l'UE poursuivra le dialogue avec la Turquie, selon Jean-Christophe Filori, porte-parole du commissaire à l'élargissement Guenter Verheugen.
Le PKK a aussitôt condamné les décisions de la justice turque, indiquant qu'elles "tendent" l'atmosphère en Turquie.
"Ces décisions ne sont pas une coïncidence et tendent l'atmosphère en Turquie", a dit Faruk Doru, membre de l'aile politique du PKK, interrogé à Bruxelles par téléphone par l'AFP.
Il a ajouté que ces décisions n'allaient cependant pas "dévier" le PKK de son objectif pour une "solution démocratique et pacifique" à la question kurde en Turquie.
Le HADEP fait l'objet depuis fin janvier 1999 d'une procédure d'interdiction par la justice pour "liens organiques" avec le PKK.
"Ces mesures portent atteinte a la crédibilité de l'Etat dans le Sud-Est. L'atmosphère de paix qui régnait dans la région depuis des mois va en souffrir", a déclaré à l'AFP Husnu Ondul, président de l'influente Association de défense des droits de l'homme (IHD) de Turquie.
Il a ajouté que les récentes décisions juridiques étaient en "condradiction" avec les aspirations turques d'adhérer à l'UE et "peuvent augmenter la tension" dans le Sud-Est.
Le HADEP a remporté en avril 1999 la majorité des mairies dans l'Est et le Sud-Est, dont celle de la plus grande ville de la région, Diyarbakir.
Un autre diplomate européen à Ankara a estimé que les "pressions" à l'encontre du HADEP allaient "assombrir" les relations entre l'UE et Ankara, censée améliorer son bilan en matière des droits de l'homme et régler la question kurde pour pouvoir devenir membre de l UE. (AFP, 24 février 2000)
The European Delegation of the Armenian National Committee (ANC-EU) called upon the European Parliament today to strictly enforce its June 18, 1987 resolution, "On a Political Solution of the Armenian Question," which cites Turkey's recognition of the Armenian Genocide as an absolute prerequisite for its consideration for membership in the European Union.
In presenting these issues, the ANC-EU emphasized Turkey's increasingly well-funded efforts to deny the Armenian Genocide through an international campaign which increasingly relies upon the use of political pressure and economic blackmail against governments, political institutions and the media. The ANC-EU also stressed Turkey's ongoing blockade of humanitarian aid to Armenia.
Two members of the European Parliament have already taken advantage of written and spoken questioning procedures to address this matter to both the European Council and the European Commission. Marie Anne Issler Beghin (V Greens France) questioned the Council about the reasons behind the 1987 resolution as well as the European response to Turkey's ongoing blockade of Armenia.
The Chairwoman of the Parliament's committee on relations with the Transcaucasus states, Ursula Scheicher (PPE, CSU, Germany), questioned both the European Commission and the Council of Europe about the steps they intend to take to lift Turkey's blockade of Armenia. (Press Release ANC-EU, February 21, 2000)
La direction du Sénat français a décidé mardi par 14 voix contre six de ne pas inscrire à l'ordre du jour la proposition de loi reconnaissant le génocide du peuple arménien par la Turquie en 1915.
Cette proposition avait été adoptée fin mai 1998, à l'unanimité, à l'Assemblée nationale (chambre basse du parlement).
Cette question ne sera donc pas discutée en séance plénière au Sénat (chambre haute) dans l'immédiat.
La Turquie avait avertit que l'inscription à l'ordre du jour du Sénat français d'une proposition de loi reconnaissant le génocide "nuirait aux étroites relations" turco-françaises.
Les déportations d'Arméniens de 1915 à 1917 vers la Syrie, alors province de l'empire ottoman, ont fait entre 1,2 et 1,3 million de morts selon les Arméniens et 250.000 à 500.000 selon les Turcs. (AFP, 22-17 février 2000)
[Ndlr Info-Türk: La Turquie menace depuis long temps la France en rappelant que la France sera exclue du marché d'hélicoptères d'un montant de $4 milliards. Les cinq compagnies qui sont en lice sont la société italienne International Mangusta avec Agusta, le consortium franco-allemand Eurocopter, les sociétés américaines Boeing et Bell Helicopter-Textron avec les hélicoptères Apache et King Cobra et Kamov en collaboration avec l'Aérospatiale israélienne pour les hélicoptères " Erdogan "]
Le Premier ministre turc Bulent Ecevit s'est félicité samedi de la décision du Sénat français de ne pas débattre d'une proposition de loi reconnaissant le "génocide" du peuple arménien par les Turcs en 1915, sujet épineux pour les relations franco-turques.
M. Ecevit a exprimé ses remerciements à ce sujet lors d'une entretien avec l'ambassadeur de France en Turquie, M. Jean Claude Cousseran, qui lui a fait ses adieux, a indiqué l'agence Anatolie.
M. Cousseran a été nommé directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement français.
Cette proposition qui avait été adoptée fin mai 1998, à l'unanimité, à l'Assemblée nationale (chambre basse du parlement), provoquant de vives réactions d'Ankara, n'a pas été incrite mardi à l'ordre du jour du sénat.
Erevan affirme que jusqu'à 1,3 million d'Arméniens ont été tués en 1915 par les Turcs. Selon Ankara, qui rejette catégoriquement le terme de "génocide", ce chiffre serait d'environ 300.000.
M. Ecevit a d'autre exprimé à l'ambassadeur de France, prochain président en exercice de l'Union européenne qui a donné en décembre le statut de candidat à la Turquie, son "malaise" au sujet des réactions européennes aux condamnations et arrestations de membres du parti pro-kurde de la démocratie du Peuple (HADEP), a précisé l'agence.
Les maires de Diyarbakir (sud-est), de Siirt (sud-est) et de Bingol (est) avaient été inculpés et écroués jeudi par un tribunal de Diyarbakir de soutien au PKK, en dépit d'appels de pays et institutions européens en faveur de leur remise en liberté.
Le président du HADEP, Ahmet Turan Demir, son prédécesseur Murat Bozlak et 15 autres membres du parti avaient été condamnés à des peines de prison le même jour pour les mêmes chefs d'accusations. (AFP, 26 février 2000)
Le Conseil d'Etat turc a rejeté mardi l'appel d'une députée islamiste qui réclamait l'annulation d'un décret gouvernemental l'ayant déchue de sa nationalité turque, a indiqué l'agence Anatolie.
Merve Kavakci, 31 ans, élue aux législatives d'avril sur les listes du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) à Istanbul, avait été déchue de sa naitonalité turque en mai 1999 par décret parce qu'elle avait obtenu la nationalité américaine sans en informer au préalable les autorités turques.
Ce décret avait suivi le scandale qu'elle avait provoqué au parlement en se présentant à sa session inaugurale le 2 mai pour prêter serment en portant le foulard islamique, acte sans précédent dans les annales de la République turque laïque.
Face au tollé provoqué parmi les députés pro-laïcs, elle avait dû quitter le parlement sans prêter serment, et ne s'y est plus présentée depuis.
La plus grande confusion règne depuis sur le statut de Mme Kavakci, et même sur sa nationalité.
Selon les experts en droit constitutionnel, elle n'est plus députée car elle n'est plus citoyenne turque, condition première requise pour siéger au parlement. Mais son parti affirme qu'elle l'est encore et le parlement lui-même a toujours évité de se prononcer sur la question.
La confusion a été accentuée par son mariage avec un homme d'affaires turc en octobre, qui lui ouvre le droit d'acquérir la nationalité de son époux et donc d'être citoyenne turque.
La loi turque interdit le port du foulard dans les écoles, les universités et la fonction publique. Il n'est pas explicitement banni au parlement, mais ses détracteurs arguent que les députés doivent se soumettre aux mêmes restrictions vestimentaires que celles prévues pour les fonctionnaires. (AFP, 8 février 2000)
Plus de trois cents enseignantes ont été révoquées pour avoir porté pendant les cours le voile islamique, interdit dans la fonction publique, a indiqué jeudi le ministre turc de l'Education nationale.
"Les lois sont appliquées en Turquie et tout le monde est tenu de s'y conformer", a déclaré Metin Bostancioglu devant la presse à Izmir (ouest), cité par l'agence Anatolie, sans préciser depuis quand ces expulsions ont eu lieu.
Les lois de République turque laïque interdisent le port du foulard dans les écoles, les universités et la fonction publique. Le port de signes ostentatoires à l'école est également interdit pour les élèves, dans un pays à 99% musulman.
La puissante armée turque, qui se considère comem la gardienne des principes laïcs, demande régulièrement le renforcement des mesures contre le fondamentalisme musulman. (AFP, 10 février 2000)
Over 300 primary and secondary school teachers were dismissed by the Education Ministry on grounds that they defied the dress code of the ministry and insisted on wearing Islamic-style headscarves to work, Education Minister Metin Bostancioglu disclosed Thursday.
Asserting that all civil servants were obliged to abide by the dress code, Bostancioglu said no one was above the laws of the country. He said fundamentalist or radical activities will not be tolerated.
"According to the Council of State, if a civil servant gets involved in radical activities, he or she must be dismissed, and as a result 300 teachers involved in such activities have been let go," said the minister.
Pointing out that court appeals filed by some civil servants who were fired have been rejected, Bostancioglu said: "There is no need to discuss the subject if they take part in these activities. This is a crime, the punishment of which is dismissal from civil service. Everybody must comply with this rule. If they don't, they have no place among us."
11 private dormitories closed down
The minister also disclosed that11 private dormitories in Izmir and some of its districts, which he claimed were used for fundamentalist activities, have been closed down and the 250 students staying in them transferred to other lodgings.
According to a commission established to investigate fundamentalist activities, the 11 dormitories were used for these activities in defiance of Prime Ministry circulars banning such practices. (Turkish Daily News, February 11, 2000)
Turkey needs more time to make a final decision on a controversial nuclear plant project designed to supply the country's growing energy demand, Energy Minister Cumhur Ersumer said Tuesday.
"The work on the issue is continuing," Ersumer told reporters.
"We need some more time, but I think this will be a very short period."
Ersumer declined to give an exact date for the announcement of the final decision, but Anatolia news agency quoted energy ministry sources as saying it had been postponed until March 1.
This is the fourth time that Turkey has postponed a decision on the project. The winner of the tender was supposed to be announced by January 31.
Environmentalists and neighbouring countries have strongly condemned the project as the proposed site -- Akkuyu, near the Mediterranean port city of Mersin -- lies 25 kilometres (15 miles) away from a seismic faultline.
Opposition to the plant grew after a strong earthquake, measuring 6.3 on the Richter scale, rocked the neighbouring region of Adana in 1998, killing more than 140 people.
But in December the government decided to press ahead with the plan after power cuts in several Turkish cities caused by a shortfall of natural gas supplies from Russia.
Ersumer said Tuesday the government was waiting for the evaluation of some institutions related to the project.
Three international consortia with Turkish partner companies are bidding to build the plant: Westinghouse of the United States and Japan, AECL of Canada and NPI of France.
Officials had said that construction of the plant would start in early 2000 and take six years. (AFP, February 1, 2000)
Turkish Industrialists` and Businessmen`s Association (TUSIAD) on Friday released its report titled ``Rising Democratic Standards in Turkey: Discussions and Latest Developments.``
The report which was distributed to General Council members during Friday`s meeting included points about ``implementing capital punishment only during the war and similar situations, terminating obligatory religion classes at schools, removing of Article 8 of Anti-Terrorism Law about freedom of thought, rewriting Article 312 of Turkish Penal Code, removing Article 81 of Political Party Law which prevents formation of minorities.``
The first part of the report written by Prof. Bulent Tanor, promoted the works carried out in democratization in the last three years in Turkey. The second part included ten articles which are crucial for Turkey`s democratization programme.
About the Article 81 of the Political Parties Law which is about ``prevention of minority formations`` was asked to be removed completely in the report.
``There are already statements in the Constitution and Political Parties Law which protects the unity of state. The article which we are asking to remove causes party closings which represent cultural concerns which are faitfull to the unitary state. Closing of the Democratic Mass Party is the latest example of this. Removing this article will contribute to the peaceful solution of the Kurdish problem following the termination of separatist terrorism,`` the report said.
About lifting political immunity of parliamentarians, it was said that ``political immunity of parliamentarians which almost enables them to commit a crime must be changed in a way that will make it possible to accuse and try them.``
Regarding abolition of death penalty, the report stated that capital punishment should be limited to war and similar situations and not be carried out at other times. It was reminded that Turkey did not carry out capital punishment since 1984.
``We must remember that life imprisonment is not a lighter punishment than capital punishment. But the implementation of punishment must not be prevented by populist behaviour and amnesty laws,`` it was noted.
The report also proposed radical changes in the education system. Obligatory religion classes should stop at schools and ``Imam-Hatip`` high schools which give religious education should not only target to train clergymen but must have a larger perspective, it was said.
Removing Article 8 of the Anti-Terrorism Law which is linked to Article 312 of Turkish Penal Code will not cause any problems. The first part of Article 312 should be completely removed and its second part must be adjusted. The law which defines organization of meetings and demonstrations must be changed and improved, the report said.
Erkut Yucaoglu, the Chairman of TUSIAD`s Executive Board, said their political reform demands were in harmony with Copenhagen criteria.(AA, January 15, 2000)
L'inflation atteint 68,9% en glissement annuel en janvier
Les prix à la consommation ont augmenté en Turquie de 4,9% en janvier par rapport à décembre, portant la hausse en glissement annuel à 68,9%, contre 68,8% en décembre, a annoncé jeudi l'Institut des statistiques d'Etat (DIE).
Les prix de gros ont augmenté de 5,8% en janvier par rapport à décembre et de 66,4% sur un an.
Le sous-secrétaire d'Etat au Trésor Selcuk Demiralp a souligné que ces chiffres étaient plus élevés que prévu tout en assurant qu'ils n'auraient pas d'effet négatif sur l'accord stand-by signé avec le Fonds monétaire international (FMI) en décembre.
Le gouvernement turc a adopté un ambitieux programme de réformes économiques avec comme objectif prioritaire de réduire l'inflation chronique, au terme d'un accord avec le FMI qui lui a ouvert une ligne de crédit de 4 milliards de dollars sur trois ans.
"L'inflation diminuera de façon significative en février", a assuré M. Demiralp sur NTV.
Il a mis les chiffres médiocres de janvier sur le compte de hausses dans les secteurs public et privé à la fin de 1999.
Ankara avait pour objectif de ramener à 50% l'inflation fin 1999. Ses nouveaux objectifs sont 20% fin 2000, 10% fin 2001, puis 5% fin 2002.
La hausse des prix en glissement annuel avait atteint 69,7% fin 1998 (54,3% pour les prix de gros) contre 99,1% (91% pour les prix de gros) fin 1997. (AFP, 3 février 2000)
Les pieds dans la neige, un groupe de femmes rescapées du séisme de novembre fait la vaisselle près d'une rangée de tentes offertes par la Suisse, dans un des camps de la ville de Bolu (nord-ouest), tandis que des camionnettes assurent la distribution de pain et de gaz.
Un séisme d'une magnitude de 7,2 sur l'échelle ouverte de Richter avait ravagé le 12 novembre la région de Duzce, près de Bolu, faisant 1.113 morts et 5.000 blessés, selon le dernier bilan officiel.
"Depuis trois mois, nous faisions tout ça sous la neige", raconte Bedriye, 39 ans. "Aujourd'hui, Dieu merci, le soleil est revenu!"
"Quand rentrerons-nous à la maison?", demande la petite Bilge, 4 ans, à son père instituteur. "Dès que la terre cessera de trembler...", lui répond Tuncay Demir, qui s'attend toujours "à une secousse d'amplitude 5, d'après ce que l'on sait."
"Il n'y a pas une semaine, nous avons encore senti nos jambes vaciller, et nous avons vu l'ampoule se balancer", raconte une vieille femme qui attend son pain. "Pour l'instant, il est plus sûr de rester sous la tente", assure-t-elle.
Le 17 août, déjà, une secousse de 7,4 avait tué plus de 20.000 personnes près d'Izmit, province voisine.
Dans la région montagneuse de Bolu, on compte encore une quarantaine de camps de toile gérés par le Croissant Rouge turc, abritant 75.000 sinistrés, selon le gouverneur spécial pour les régions dévastées.
Kemal Onal estime à "au moins 105.000" le nombre de personnes qui n'ont pu être relogées, y compris ceux qui vivent sous des tentes de fortune par peur de rentrer chez eux.
"Ici, nous n'avons pas à nous plaindre", explique Bedriye. "Nous avons deux repas chauds par jour et du gaz pour nous chauffer. Mais après, nous ne savons pas ce que nous allons devenir. Personne ne veut plus habiter dans sa maison, même quand elle est en bon état".
"Le plus gros problème, avec ce froid, c'est les incendies", détaille Tuncay. "La nuit, il fait -5 degrés, parfois -10, et les tentes flambent facilement si on ne fait pas attention", dit-il.
Durant cet hiver exceptionnellement rigoureux pour la Turquie, plusieurs feux ont pris dans des villages de tentes des deux derniers tremblements de terre. La semaine dernière encore, ils ont fait 4 morts à Adapazari, un vieillard grabataire et 3 enfants.
Sur un total de 10.000 logements préfabriqués prévus dans les provinces de Bolu et Duzce, la moitié a été livrée, selon les services du gouverneur spécial.
Mercredi, lors de l'inauguration d'un "village japonais" de 500 préfabriqués, le vice-ministre japonais des Affaires Etrangères Ichiata Yamamoto a annoncé la prochaine livraison de 1.100 nouveaux logements.
A une trentaine de kilomètres à l'est de Bolu, le village de Kaynasli a vu 98% de ses habitations totalement ou partiellement détruites. Le séisme du 12 novembre y a fait 316 morts.
Les deux-tiers de ses habitants vivent toujours dans des conditions précaires, rendues encore plus difficiles par les intempéries. Pour remplacer les camps de tentes existant, 600 des 850 logements préfabriqués sont déjà achevés.
Hacar Toprak, 50 ans, fait la lessive en plein air. Elle refuse de quitter les ruines de son ancienne maison, où elle a planté sa tente.
Elle a perdu son mari dans le séisme et ses trois enfants ont été blessés. Sans autre ressource désormais que l'aide publique, elle espère qu'on va lui construire une maison au même endroit.
Elle devra encore attendre : les autorités turques ont promis cet automne que l'ensemble de la population sinistrée serait relogée dans des habitations en dur d'ici à la fin de l'année. (AFP, 11 février 2000)
Six mois après le terrible séisme qui a frappé le nord-ouest de la Turquie le 17 août, faisant plus de 20.000 morts, plus d'un tiers des 600.000 sans-abri qu'il a engendrés campent encore sous des tentes.
Dans la boue du dernier camp de toile de la ville de Golcuk, la famille Acikdeniz s'installe dans la tente n 27, les femmes vident des cartons, tandis qu'un homme bricole un auvent avec une bâche de plastique.
"Le camp où nous étions depuis le début vient de fermer, et nous allons vivre ici en attendant", raconte Melek, 35 ans, qui espère se voir attribuer un logement préfabriqué.
Locataire d'un appartement jugé "moyennement endommagé", elle ne bénéficie pas pour cette raison du droit à être relogée gratuitement, ni de l'aide gouvernementale de 100 millions de livres turques (environ 200 euros, autant de dollars) pour louer une nouvelle demeure.
Comme beaucoup, leur propriétaire a profité de l'arrivée de ces aides pour augmenter le loyer, forçant la famille Acikdeniz à se réfugier sous les tentes du Croissant Rouge turc. Mais jusqu'à quand ? Les autorités ont décidé le 8 février de mettre fin, d'ici au 1er mars, à la distribution de repas chauds dans les villages de toile de la région dévastée par le séisme d'août, d'une magnitude de 7,4 sur l'échelle ouverte de Richter.
Le gouverneur chargé des provinces sinistrées, Kutluay Oktem, explique à l'AFP qu'il reste "180.000 sinistrés dans les camps, et environ 60.000 autres dans des abris de fortune".
Mais la priorité semble désormais donnée à la fermeture rapide de ces camps, dont 21 subsistent sur 37 juste après le séisme, selon M. Oktem.
"125.000 personnes habitent déjà dans des maisons préfabriquées, précise-t-il, et 5.600 autres seront livrées prochainement".
La livraison de simples vivres de longue conservation permettra de diminuer le coût mensuel de l'assistance à 1.500 milliards de livres turques, contre 4.500 actuellement (environ 9 millions d'euros, autant de dollars), indique-t-on.
"On a bien remarqué que les distributions diminuaient, raconte Melek Acikdeniz, heureusement que le peuple turc et de grosses municipalités continuent de faire des dons!"
"Mais combien de temps cela va-t-il durer?", s'inquiète-t-elle. "Nous voulons bien gagner notre vie, explique Melek, mais je vendais des broderies et mon mari est manoeuvre journalier, et il n'y a plus de travail par ici..."
Le gouverneur de la province d'Izmit, Kemal Onal, admet que, "si les grosses industries ont repris une activité quasi-normale, le reste du tissu économique mettra du temps à repartir".
Près d'Adapazari, dans le village de toile d'Emirdagi qui compta jusqu'à 25.000 réfugiés, seules quelques dizaines de tentes sont encore habitées. Le dernier camp de la province n'abrite plus que 1.700 personnes.
"On voit bien qu'on n'en a plus pour longtemps", commente Sukran, 20 ans. "Mon mari avait trouvé du travail ici, mais après, il ne nous restera qu'à nous construire un abri de fortune et à nous débrouiller".
"Il faut pousser les gens à se reprendre en main", explique un collaborateur du gouverneur spécial, estimant qu'au moins 20% d'entre eux ne font que profiter des repas chauds.
L'AFP a pu constater que plusieurs cités préfabriquées n'étaient que partiellement occupées.
Dans le campement de l'ONU du centre d'Izmit, Mustafa Senkul, retraité de 55 ans, "refuse" de prendre possession de son logement provisoire : il ne veut pas "marcher dans la boue" et "entendre ses voisins".
Et il préfère attendre la subvention avec laquelle il rebâtira une demeure.
La construction des quelque 60.000 maisons en dur promises par le Premier ministre Bulent Ecevit pour la fin de l'année doit commencer en mars. (AFP, 16 février 2000)
La Turquie procèdera le 22 octobre à un recensement, le 14ème depuis 1927, indique une note circulaire signée du Premier ministre Bulent Ecevit et adressée aux organisations gouvernementales, cité par l'agence Anatolie.
Un couvre-feu sera imposé ce jour-là, un dimanche, sur l'ensemble du pays, lors de l'opération organisée par l'Organisation des statistiques d'Etat, précise l'agence.
Les précédents recensements s'étaient également déroulés sous couvre-feu, en dépit des critiques d'une large majorité de la population.
La Turquie compte plus de 62,5 millions d'habitants, selon les résultats du précédent recensement effectué en novembre 1997.
Au premier recensement effectué en 1927, quatre ans après la proclamation de la République sur les ruines de l'empire ottoman, la Turquie comptait 13,6 millions d'habitants. (AFP, 25 février 2000)
"Madame, pourquoi les prostituées ne tombent-elles jamais enceintes?"
Burcu, 13 ans, a pour la première fois l'occasion de trouver réponse à ses questions d'adolescente grâce à un programme pilote d'éducation sexuelle qui a débuté la semaine dernière dans les écoles primaires d'Istanbul.
L'école Kuvayi Milliye, dans le quartier de Sisli, fait partie des établissements bénéficiant du projet lancé par le ministère de l'Education Nationale, sous l'intitulé "changements en période d'adolescence". Il vise à "informer enfants, parents et enseignants sur les transformations physiques et psychologiques liées à l'adolescence".
"Les enfants étaient jusqu'ici laissés totalement à l'écart de ces sujets", explique à l'AFP le docteur Tanju Yilmazer, coordinateur général du projet au ministère.
"Nous cherchons à leur donner des notions de base et à créer un environnement protecteur pour qu'ils sachent à qui s'adresser en cas de besoin", ajoute-t-il.
Une expérience similaire, menée entre 93 et 97 auprès de plus de 2 millions de filles, révélait que seules 2% d'entre elles savaient à qui s'adresser pour évoquer ce genre de problèmes, alors que plus d'une sur trois souhaitait en parler avec son instituteur.
Tugba Gokec, l'une des 21 formatrices de ce programme qui parcourera toute la Turquie jusqu'en 2003, reconnait que "la demande d'information des élèves est trés grande, alors que leur connaissance est inexistante ou fausse".
Première des questions posées par ces adolescents de 12 à 15 ans --le cursus primaire dure jusqu'au lycée en Turquie: les causes de stérilité, souvent considérées comme une honte ou une malédiction dans la société turque, raconte Nuriye Kahraman, une formatrice.
Le programme, co-financé par deux grandes marques de produits hygiéniques, ne porte pas uniquement sur la sexualité, mais elle constitue la préoccupation essentielle des pré-adolescents ciblés:
"Est-ce que les préservatifs servent à éviter la rupture de l'hymen?"
"La taille du sexe masculin influe-t-elle sur les chances d'avoir un bébé?"
"Est-il vrai qu'avaler du sperme est dangereux?"
Tugba ajoute qu'à la fin de cette heure d'information dispensée à chaque classe, la plupart des élèves lui demandent quand elle reviendra.
Le directeur de l'école Kuvayi Milliye, Enver Bahcekapili, estime que "tous ces tabous doivent être levés, et qu'un tel enseignement devrait être systématisé". Lui-même pourtant, père d'un garcon de 18 ans et d'une fille de 11 ans qui n'ont pas suivi de tels cours, avoue qu'ils "apprendront par eux-mêmes", parce que "ce sont des questions embarrassantes a évoquer en famille".
Il n'existe jusqu'à présent dans l'enseignement turc qu'un cours de sciences incluant la reproduction, et un autre de santé dispensé aux élèves de lycée entre 16 et 18 ans, évoquant les maladies infectieuses.
Le programme expérimental est pour l'instant limité à cette campagne d'information, qui consiste en une rencontre avec garcons et filles séparément, et à la remise d'un fascicule destiné aux élèves et aux enseignants ainsi que d'une lettre pour les parents.
Dans ce pays à 99% musulman, les résistances des couches les plus religieuses de la population se sont déja manifestées.
"L'éducation sexuelle doit être dispensée d'après les règles du Coran, parce que l'Islam régit l'ensemble des activités humaines", expliquait vendredi un théologien sur la chaîne islamiste Kanal 7.
Le quotidien islamiste Milli Gazete regrettait pour sa part la semaine dernière que l'on donne des cours d'éducation sexuelle au lieu de cours d'éducation religieuse. (AFP, 29 février 2000)
La Turquie et l'Arménie, en froid depuis 1993, viennent d'esquisser un rapprochement en signant un accord de coopération économique, mais un véritable dégel dépendra de l'issue des conflits au Nagorny Karabakh et en Tchétchénie, selon les experts.
Outre la signature de cet accord économique, la visite d'une délégation turque en Arménie, du 17 au 21 janvier, essentiellement composée d'hommes d'affaires, a été marquée par plusieurs gestes significatifs.
Fermée depuis 1993, la frontière entre les deux pays a été ouverte les 17 et 21 janvier pour laisser passer la délégation. Dans les milieux politiques arméniens, ce seul fait a été analysé comme l'indice d'une amélioration des relations entre les deux pays. La présence de collaborateurs du ministère des Affaires étrangères dans la délégation lui donnait une touche politique.
Les hommes d'affaires arméniens et turcs sont également convenus que les échanges commerciaux entre leurs deux pays passeraient par la portion de frontière géorgienne la plus proche, entre Valé et Possov, en attendant la réouverture de leur frontière commune.
"Aujourd'hui, nous notons des mouvements favorables, auxquels nous réagissons avec un optimisme mesuré. Nous ne pensons pas que la réouverture de la frontière et le rétablissement des relations diplomatiques est une question qui sera résolue dans un futur proche", a déclaré à l'AFP Ara Papian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères d'Arménie.
Déjà très tendues par la question du génocide arménien de 1915, non reconnu par la Turquie, les relations entre Ankara et Erevan se sont envenimées en 1993 au moment du conflit du Nagonry Karabakh. Les deux pays soutenaient chacun l'une des deux parties en guerre.
Le Nagorny Karabakh, un territoire azerbaïdjanais peuplé majoritairement d'Arméniens, réclamait son indépendance, soutenu par l'Arménie. L'Azerbaïdjan s'y est opposé. Musulman et turcophone, il a reçu l'appui de la Turquie.
Les tensions sont restées tellement fortes entre l'Arménie et la Turquie à la suite de ce conflit qu'un simple développement des échanges commerciaux sera insuffisant pour enclencher un rapprochement politique, selon les experts arméniens.
"La preuve en est que le président turc Suleyman Demirel a déclaré: 'Nous ne pouvons pas vexer nos frères azerbaïdjanais pour des relations commerciales de quelques sous'", affirme Akop Tchakrian, un analyste spécialiste de la Turquie.
Le conseiller du président américain pour les pays de Communauté des Etats Indépendants (ex-républiques soviétiques moins les pays baltes), Steven Sestanovitch, a fait cependant remarquer le 22 janvier à Erevan que "ces derniers temps, les discussions sur des relations bilatérales (Arménie-Azerbaïdjan) se sont intensifiées, ce qui signifie que les deux parties y sont intéressés et que ce processus peut trouver un prolongement" vers Ankara.
Selon les analystes, la guerre en Tchétchénie peut également jouer un grand rôle pour activer les relations entre l'Arménie et la Turquie.
"Lorsque la guerre sera finie, la Russie essaiera avec une force nouvelle de mettre la main sur la région. Et la Turquie, qui prétend à un rôle leader, tentera de développer ses relations avec les pays de la zone pour faire contre-poids à la Russie", prédit Arsen Avakian, directeur du département turc au ministère arménien des Affaires étrangères. (AFP, 3 février 2000)
Les ministres des Affaires étrangères de Grèce et de Turquie Georges Papandréou et Ismail Cem ont appelé samedi les journalistes des deux pays à oeuvrer au développement des relations gréco-turques et à "construire des ponts d'amitié" en mer Egée.
Inaugurant une conférence "des medias gréco-turcs" à Athènes, M. Papandréou a comparé les journalistes présents à des "boussoles". "Vous êtes la boussole qui doit montrer le chemin à nous autres capitaines afin de pouvoir conduire le navire de notre amitié qui a en ce moment le vent en poupe", a-t-il souligné.
Reprenant une formule d'un journaliste turc connu, M. Cem, en visite officielle pour 48 heures à Athènes, avait auparavant déclaré: "construisons des ports (en mer Egée) et ensuite relions les pour en faire des ponts d'amitié dans cette mer commune qui nous est si chère et qui encore nous sépare".
"Nous appartenons à la même famille, nous pouvons être en conflit ou en bonne entente mais nous ne pouvons pas changer la réalité de cette parenté. Il faut donc beaucoup travailler pour faire disparaitre nos problèmes mais nous réussirons", a-t-il ajouté.
Les deux ministres ont évoqué les divergences qui persistent entre leurs pays, notamment les questions de souveraineté en mer Egée et celle de Chypre.
"Malgré le fait que le dossier chypriote est un dossier à part discuté actuellement à Genève, il n'est pas indépendant des relations gréco-turques puisque une détérioration des relations bilatérales amène chaque fois une détérioration de ce problème", a fait remarquer M. Cem. "Donc l'amélioration actuelle ne peut qu'amener une détente" sur cette question, a-t-il ajouté.
M. Papandréou a également abordé la question de la minorité turque --quelque 100.000 en Thrace occidentale (nord-est de la Grèce)--, appelée "musulmane" par Athènes, observant que "les citoyens appartenant à cette minorité commencent de plus en plus à se sentir des citoyens européens". (AFP, 5 février 2000)
Le ministre irakien de l'Irrigation Mahmoud Diab al-Ahmad a demandé mardi que la Turquie accepte de conclure un accord tripartite avec son pays et la Syrie, sur le partage "équitable et raisonnable" des eaux entre les trois pays.
Lors d'une conférence au Caire sur la sécurité des eaux arabes, des divergences ont opposé l'Irak et la Syrie d'une part à la Turquie, d'autre part sur le partage équitable des eaux du Tigre et de l'Euphrate et la construction par Ankara de barrages sur ces fleuves.
Le ministre irakien a rejeté le concept turc qui fait, selon lui, des eaux internationales communes un "produit commercial", et a affirmé que ce concept est "contraire aux principes de la loi internationale".
M. Diab a également critiqué la construction de 22 barrages et de projets turcs sur ces fleuves.
Le directeur du centre turc de politique hydraulique et de recherches stratégiques, M. Ali Ehsan, a pour sa part estimé "injustifiées" les objections syriennes et irakiennes sur la construction par la Turquie de barrages.
La conférence sur la sécurité des eaux arabes, qui s'est ouverte lundi pour trois jours, est organisée par le Centre d'études euro-arabe de Paris et parrainée par la Ligue Arabe. (AFP, 22 février 2000)
L'Iran a officiellement protesté jeudi contre les déclarations du Premier ministre turc Bulent Ecevit, qui avait exprimé le 21 février l'espoir que, désormais, l'Iran cesserait d'"exporter son régime" islamique.
Cette déclaration est une "nette ingérence dans les affaires intérieures de l'Iran, et un affront au peuple iranien et à la République islamique d'Iran", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Mohsen Aminzadeh, cité par l'agence IRNA.
M. Aminzadeh a émis cette protestation auprès de l'ambassadeur de Turquie à Téhéran, Turan Murali, qui a été convoqué par le gouvernement iranien.
"La déclaration de M. Ecevit ne va pas seulement à l'encontre des relations de bon voisinage entre l'Iran et la Turquie, mais montre aussi le manque de compréhension, de la part du Premier ministre, du développement historique et politique en cours en Iran", a ajouté M. Aminzadeh.
"Nous sommes certains que le peuple musulman de Turquie ne partage pas le point de vue exprimé par son Premier ministre à propos de l'Iran", a poursuivi le responsable iranien.
"Nous espérons que les dirigeants turcs vont comprendre la situation, corriger leur conduite erronée, et éviter d'alimenter les malentendus entre les deux pays", a souligné M. Aminzadeh.
"Je tiens à féliciter les femmes et les jeunes en Iran (NDLR: qui ont très largement apporté leurs voix aux réformateurs). J'espère que ce pays cessera d'exporter son régime vers d'autre pays dans l'avenir", avait déclaré M. Ecevit.
"Les milieux anti-laïcs en Turquie ne pourront plus voir le régime iranien comme une source d'inspiration", avait-il estimé.
"Je souhaite que la nouvelle ère en Iran puisse bénéficier à tout le monde musulman, y compris à la Turquie", avait ajouté M. Ecevit. (AFP, 24 février 2000)
Représentation à Chypre : M. Cem s'en prend à la Bosnie et la Macédoine
Le chef de la diplomatie turque Ismail Cem s'en est pris samedi à Nicosie (partie turque) à la Bosnie-Herzégovine et à la Macédoine pour leurs efforts d'ouvrir des ambassades dans le secteur grec, internationalement reconnu, de Chypre, soulignant leurs conséquences défavorables sur les relations avec ces pays.
"Il est évident que de tels développements n'auront pas des conséquences favorables sur les relations avec ces pays", a-t-il dit devant la presse lors d'une visite éclair dans la République turque de Chypre du nord (RTCN, reconnue par la seule Turquie).
La Turquie a des liens culturels et historiques étroits avec la Bosnie et la Macédoine, où vivent des minorités turques. La Turquie soutient la Macédoine pour son intégration à l'OTAN, dont elle est membre.
Un contingent turc est déployé dans la ville bosniaque de Zenica depuis fin 1995 dans le cadre de la Force de stabilisation de l'OTAN (SFOR).
Le Premier ministre de la Fédération croato-musulmane de Bosnie, Edhem Bicakcic, qui a achevé vendredi une visite en Turquie, a subi les vives critiques des dirigeants turcs concernant la décision de son gouvernent d'inaugurer une ambassade à Nicosie (partie grecque), rapporte samedi la presse turque.
Le dirigeant Chypriote-turc et président de la RTCN Rauf Denktash a lui aussi critiqué les efforts de ces pays, estimant qu'elles reviendraient à "encourager" la partie chypriote-grecque dans ses efforts de "coloniser" le nord de l'île.
Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis l'intervention militaire de la Turquie en 1974 en riposte à un coup d'Etat des nationalistes grecs à Nicosie qui visait à rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 26 février 2000)
Le président bosniaque Alija Izetbegovic a demandé mardi à la Turquie de faire preuve de "compréhension" à l'égard de la décision de la Bosnie d'ouvrir une ambassade dans le secteur grec de Chypre.
"Nous demandons de la compréhension pour une telle politique de la part de la Turquie et des autres pays amis", a écrit M. Izetbegovic, cité par la radio nationale bosniaque, dans une lettre au président turc Suleyman Demirel.
Le chef de la diplomatie turque Ismail Cem avait critiqué samedi notamment la Bosnie-Herzégovine pour ses efforts d'ouvrir une ambassade dans le secteur grec, internationalement reconnu, de Chypre, soulignant ses conséquences défavorables sur les relations entre Ankara et Sarajevo.
"Nous savons que Chypre est un problème douloureux pour la Turquie, mais notre diplomatie ne sera pas l'otage des intérêts d'autrui", avait déclaré pour sa part samedi le chef de la diplomatie bosniaque, Jadranko Prlic, dans une interview au quotidien bosniaque Oslobodjenje.
L'île de Chypre est divisée en deux secteurs, turc au nord et grec au sud, depuis l'intervention militaire de la Turquie en 1974 en riposte à un coup d'Etat des nationalistes grecs à Nicosie, qui visait à rattacher l'île à la Grèce. (AFP, 29 février 2000)
La police de Londres a accepté mercredi de payer 55.000 livres (88.000 euros) de dommages à 11 réfugiés kurdes, arrêtés alors qu'ils répétaient une pièce d'Harold Pinter avec des armes factices.
Alertée par des voisins affirmant que des hommes en armes menaçaient le public dans une salle municipale, la police avait débarqué en force et en hélicoptère à Harringay (nord de Londres), en juin 1996.
Les onze acteurs avaient été arrêtés, menottés et embarqués dans une camionnette de la police, où on leur avait interdit de communiquer en kurde.
La défense de parler leur langue, faite aux Kurdes par les autorités turques, est justement le thème de la pièce de Pinter, "La Langue des Montagnes" ("Mountain Language"). L'auteur a soutenu l'action en justice des acteurs, en estimant dans une déclaration à leurs avocats que "la pièce parle d'un peuple à qui on a interdit de parler sa langue et qui est persécuté pour cela". "J'ai été horrifié d'apprendre que ces Kurdes qui avaient été agressés, menottés et emprisonnés, se sont également vu défendre de parler leur langue entre eux", a ajouté le dramaturge, qui a rencontré les victimes.
"C'est un cauchemar devenu réalité, où la vie imite l'art", a déclaré l'avocat des Kurdes, Sadiq Khan, "le traitement qu'ils ont subi est exactement ce qu'ils enduraient en Turquie et d'où ils ont fui".
Selon leurs défenseurs, certains des acteurs souffrent désormais de stress post-traumatique.
Le groupe a affirmé qu'il avait avait bel et bien averti la police locale des particularités de la répétition, mais un porte-parole de Scotland Yard a assuré que ses hommes "avaient agi de bonne foi". (AFP, 2 février 2000)
Le Premier ministre turc Bulent Ecevit a déclaré samedi que l'attitude du nouveau gouvernement autrichien à l'égard du racisme revêtait "une importance vitale" pour la Turquie.
"Je suis convaincu que le gouvernement autrichien va être très vigilant au sujet de son attitude envers le racisme (...) Cela revêt une importance vitale pour nous car il y a une forte communauté turque dans ce pays", a-t-il rappelé, cité par l'agence Anatolie.
La communauté turque en Autriche est estimée à quelque 180.000 personnes, dont la très grande majorité est constituée de travailleurs arrivés dans les années 70 et 80.
Le Président Suleyman Demirel a pour sa part déclaré samedi que la Turquie suivait de près la montée du racisme et de la xénophobie en Europe.
"Nous suivons de près les développements comme la montée du racisme et de la xénophobie en Europe en tant que pays qui a une forte communauté dans plusieurs" des Etats européens, a-t-il dit dans une déclaration diffusée par ses services de presse.
"La politique future du nouveau gouvernement autrichien méritera dans ce contexte une attention toute particulière", a-t-il précisé.
M. Demirel estime qu'il est incompréhensible de qualifier d'"ingérence" les réactions de l'Union européenne à l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite en Autriche. (AFP, 5 février 2000)
Quelque 70 partisans d'un chef islamiste turc, Metin Kaplan alias "le calife de Cologne", ont été expulsés mardi du tribunal de Duesseldorf (ouest) où venait de s'ouvrir son procès, a constaté l'AFP sur place.
Un quart d'heure après l'ouverture de l'audience, le président du tribunal a ordonné aux partisans du "calife" de quitter la salle, estimant qu'ils perturbaient son déroulement.
Conspuant la Cour, les 70 personnes, dont une dizaine de femmes et fillettes voilées des pieds à la tête, ont quitté la salle, sous escorte policière. "Allah est grand. Vive le califat! Le monde appartient à Dieu. Ayez peur!", ont-elles scandé en quittant l'audience. L'accusé à mêlé sa voix à celles de ses partisans.
Le président de la cour a demandé la vérification de leurs identités et leur a interdit tout retour dans la salle. La plupart d'entre eux avaient déjà refusé de se lever à l'entrée de la Cour.
Seule une trentaine de journalistes assistent désormais au procès.
Kaplan, un théologien musulman de 47 ans qui dirige l'organisation Hilafet Devleti (Califat) à Cologne, est soupçonné d'avoir lancé une fatwa (décret religieux) contre un rival, Halil Ibrahim Sofu, appelant à son meurtre à deux reprises en 1996. Sofu, jeune médecin turc qui revendiquait lui aussi le titre de "calife", a été assassiné en mai 1997. Le meurtre n'a jamais été élucidé.
Kaplan est accusé de "direction de complot dans une organisation criminelle" et "d'incitation publique à des actes criminels". (AFP, 8 février 2000)
Le procès d'un chef islamiste turc, Metin Kaplan alias "le calife de Cologne", soupçonné d'avoir lancé une fatwa mortelle contre un rival, s'est ouvert mardi à Duesseldorf (ouest) dans une ambiance électrique, sous haute protection policière.
Enturbanés, portant drapeaux et banderoles à la gloire d'Allah, quelques membres du Califat avaient pris place dès l'aube devant l'entrée du "Bunker", l'annexe spéciale du tribunal vouée aux affaires d'atteintes à la sécurité de l'Etat, priant à même le trottoir devant des policiers interloqués.
Théologue musulman de 47 ans, Kaplan dirige l'organisation islamique Hilafet Devleti (Califat) à Cologne, dont le but premier est de renverser la démocratie turque pour y substituer un califat. Les services de renseignement allemands voient en lui un "fanatique dangereux", à la tête d'une organisation radicale qui fait montre d'un antisémitisme virulent.
La Turquie avait réclamé son extradition, mais le gouvernement allemand avait refusé, arguant d'un refus d'Ankara à lui garantir la vie sauve.
Accusé de "direction de complot dans une organisation criminelle" et "d'incitation publique à des actes criminels", Metin Kaplan est en fait soupçonné d'avoir appelé deux fois en 1996 au meurtre d'un jeune médecin turc qui lui disputait le titre de "calife", Halil Ibrahim Sofu. Le 8 mai 1997, Sofu était abattu à son domicile par trois hommes masqués.
Le meurtre n'a jamais été élucidé. Mais pour l'accusation, les déclarations de Kaplan, qui bénéficie de l'asile politique, "sont contraignantes et ont été entendues".
Dans le box, les deux plus proches lieutenants du "calife" autoproclamé, Hasan Basri G., 34 ans, et Harun A., 27 ans, sont accusés "d'appartenance à une organisation criminelle".
Cas rare, la première matinée de ce procès qui pourrait durer près d'un an a été consacrée à une procédure d'urgence visant deux personnes du public.
Le président de la Cour, Ottmar Breidling, ulcéré par les slogans religieux clamés au sein même de la salle d'audience et par le refus des partisans de Kaplan de se lever lors de l'entrée des magistrats, a en effet condamné deux de ses partisans à deux jours de prison, pour trouble à l'ordre public. Il avait dû auparavant ordonner l'expulsion des fidèles du Califat qui refusaient de se plier aux usages du tribunal.
Sur les quelque 250 partisans venus des quatre coins d'Allemagne, une soixantaine avait pris place dans le public, dont un tiers de femmes et fillettes voilées de la tête aux pieds, certaines émues jusqu'aux larmes à l'arrivée du "calife" dans la salle.
Les autres sont restés dehors, sous haute surveillance, alternant les slogans religieux et les paroles de soutien à leur chef, maintenu en détention depuis son arrestation en mars 1999.
"Je n'ai pas vu le calife depuis 11 mois! Je ne me suis pas contrôlé!", devait ainsi expliquer à la Cour l'un des deux "agitateurs" envoyés en détention. Mais le président Breidling a refusé l'indulgence: "Vous n'êtes pas dans une mosquée mais dans un tribunal! Il y a des règles et aucune exception culturelle ou religieuse qui tienne!"
"Maintenant ça suffit, Monsieur Kaplan!", a aussi martelé M. Breidling pour mettre un terme aux invectives du "calife" à l'encontre des interprètes, accusés de traductions sélectives.
"Qui comptez-vous tromper?", avait lancé Kaplan aux traducteurs, les accusant de représenter la Turquie laïque. Hors de la salle, des partisans criaient de leur côté "A bas le kémalisme, vive le califat!".
"On ne peut condamner quelqu'un dès le départ parce qu'il refuse un système. L'Islam et la démocratie ne sont pas compatibles. C'est un procès à l'Islam que l'on fait là!", a estimé Kaplan devant la Cour.
"Nous ne nous battons pas ici contre l'Islam", a sèchement rétorqué le président. (AFP, 8 février 2000)
Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) a fait une démonstration de force samedi à Strasbourg en mobilisant quelque 20.000 personnes selon les organisateurs, plus de 15.000 selon la police, pour l'anniversaire de l'arrestation du leader kurde Abdullah Ocalan au Kenya.
"Nous manifestons symboliquement à Strasbourg, capitale de l'Europe, pour prouver que le peuple kurde existe bien, car la condamnation à mort d'Abdullah Ocalan n'est rien d'autre que le rejet de notre peuple", a déclaré à l'AFP l'un des responsables de la manifestation.
Ce responsable kurde, qui a gardé l'anonymat, a souligné que cette manifestation avait pour but d'admonester "l'Europe qui garde le silence sur le problème kurde" et de "peser sur la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Europe, qui ne vaudra pas tant que le problème kurde ne sera pas résolu".
A l'appel de la Fédération des associations kurdes de France, plus de trois cents cars, selon la police, venus de France, de Belgique, d'Allemagne, de Suisse et des Pays-Bas ont convergé dès le début de la matinée vers la métropole alsacienne, dans l'est de la France.
La manifestation strasbourgeoise, "la plus importante organisée en France" par les Kurdes en faveur de leur chef "Apo", selon les organisateurs, a rassemblé pendant plus de trois heures des manifestants condamnant "le complot international du 15 février", date de l'arrestation au Kenya du leader kurde.
Plusieurs dizaines de femmes kurdes en costume national et parées des couleurs du Kurdistan ouvraient la marche en portant solennellement un immense drapeau à l'effigie d'Ocalan.
Encadré par un important service d'ordre des manifestants, les militants en chasuble noir, la tête ornée d'un bandeau appelant à "libérer Ocalan" ont défilé en arborant des drapeaux du PKK frappés de l'étoile rouge, tandis que d'autres étaient munis de petits fanions ornés du portrait du leader de la rébellion kurde.
Dans le cortège figuraient de nombreux jeunes, mais aussi des enfants, des personnes âgées, dont certaines coiffées de keffiehs, qui scandaient des slogans en kurde pour exiger la "Liberté pour Ocalan" et la "paix au Kurdistan".
La manifestation, qui s'est déroulée sans incident, s'est achevée par un rassemblement sur une vaste esplanade où était dressée une tribune. Un groupe en costume national a entonné des chants et récité des poèmes à la gloire du Kurdistan et pour la "libération d'Ocalan".
Avant de prendre la route du retour, plusieurs groupes de manifestants ont entamé des danses dans une atmosphère de kermesse sous un chaud soleil.
Le chef kurde avait été jugé et condamné à mort le 29 juin en Turquie. Son exécution a été suspendue à la mi-janvier par le gouvernement turc dans l'attente d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme concernant une plainte déposée à Strasbourg par les avocats d'Ocalan. (AFP, 12 février 2000)
La Turquie a demandé l'extradition de Murat Karayilan, un des principaux chefs militaires du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) réfugié depuis novembre dernier aux Pays-Bas, a-t-on appris mardi auprès du ministère néerlandais de la Justice.
"Nous avons reçu la requête officielle turque il y a une ou deux semaines. La procédure va suivre son cours mais cela pourrait prendre cinq à sept mois avant une décision finale", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère, Victor Holtus.
La demande d'Ankara a été transmise depuis au parquet de La Haye et le tribunal de la ville aura à trancher la question, a-t-il précisé.
En cas de feu vert à son extradition, Murat Karayilan pourra cependant déposer un recours devant le Conseil d'Etat. Quelle que soit la décision de ce dernier, le dossier atterrira ensuite sur le bureau du ministre de la Justice mais pourra encore faire l'objet d'un appel, a-t-il ajouté.
Murat Karayilan, 46 ans, alias "Cuma", originaire du village de Suruc, dans la province de Sanliurfa (sud-est de la Turquie), a demandé l'asile politique aux Pays-Bas le 18 novembre 1999.
Il était l'un des principaux chefs militaires du PKK, avec Cemil Bayik et Osman Ocalan, frère du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan. Depuis la condamnation à mort en Turquie en juin dernier d'Abdullah Ocalan, le PKK prône une solution pacifique du problème kurde et a proclamé l'abandon de la lutte armée lancée en 1984. (AFP, 22 février 2000)
(January/janvier 1998 -January/Janvier 2000)

References: l'article 159
 l'article 160
 l'article 169
 l'article 312
 l'article 16
 l'article 169