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Internet - Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah
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Internet: l'ennemi juré de la Société Watch Tower!
Depuis qu'Internet est apparu et s'est développé, la Société Watch Tower a publié de nombreux articles à son sujet. Tout comme pour la télévision, il est enseigné aux fidèles de faire attention dans leur utilisation d'Internet, car celui-ci est considéré comme dangereux: d'une part parce qu'elle estime que ses membres peuvent y passer beaucoup de temps au détriment des activités dites "spirituelles", et d'autre part parce que ce média comporte des dangers, réels ou supposés, incluant la pornographie, la pédophilie et ce qu'elle appelle les "apostats". Des études démontrent qu'Internet constitue une réelle menace pour la crédibilité de l'organisation, amenant des fidèles à remettre en cause la confiance qu'ils lui portent et ainsi à provoquer des défections.
1 Attitude envers Internet
1.1 Celle de la Watch Tower
1.2 Celle des adeptes
2 Utilisation d'Internet par la Watch Tower
2.1 Sites officiels
2.2 Surveillance des critiques
3 Réaction de la Watch Tower face aux sites pro- et anti-TJ
3.1 Sites anti-TJ
3.2 Sites pro-TJ
4 Présence de fidèles sur Internet
5 Effets possibles d'Internet sur la Watch Tower
5.1 Études sociologiques ou critiques
6 Publications abordant Internet
Attitude envers Internet
Celle de la Watch Tower
On peut noter toutefois qu'il y a souvent une différence notable concernant les dangers abordés suivant le public à qui s'adresse la publication.
Lorsqu'il s'agit d'un périodique à destination du grand public, tel que Réveillez-vous!, les mises en garde concernent principalement les risques liées à la pédophilie, la pornographie, le vagabondage sexuel et le flirt, ce qui correspond généralement aux dangers éventuels mis en avant dans les publications profanes et/ou correspondant à une morale puritaine; le piège représenté par les "apostats" est généralement absent ou présenté de façon succincte et voilée (le terme "apostats" est rarement utilisé et ceux-ci ne sont souvent pas clairement identifiés). De surcroît, les bienfaits de ce média sont alors généralement soulignés, bien que la prudence soit recommandée.
Pareillement, lorsqu'ils sont interviewés sur la question du comportement de l'organisation face à Internet, les officiels du mouvement ont tendance à édulcorer leur position en prétextant que cet outil n'est pas privilégié pour de simples raisons pratiques. Cité par Luís Santamaría del Río dans le cadre d'une étude sur les sectes et Internet, étude démontrant que ce dernier a favorisé le développement de nombreux sites critiques envers le mouvement, le représentant espagnol de la Watch Tower, A. Matos, a déclaré: « Creemos que es mucho más educativo y formativo instar a la lectura y a la comunicación en persona ».[1] De même, dans une conversation téléphonique du 12 février 1998 avec le webmaster du site anti-sectes Watchman, Judah B. Schroeder, directeur du département des affaires publiques de la Watch Tower, expliqua que la vraie raison pour laquelle l'organisation déconseillait aux adeptes de discuter de religion sur Internet n'était pas l'apostasie, mais une simple question de logistique, le contact direct étant jugé préférable.[2] Au vu des extraits de publications jéhovistes abordant l'Internet, il apparaît que cela ne reflète pas la réalité, la peur de l'apostasie étant bel et bien la cause première de la demande de rejet des discussions religieuses sur ce média. Adressée à une personne extérieure au mouvement, cette réponse cherchait manifestement à présenter la Watch Tower comme une organisation qui ne censure pas l'information critique, car cela aurait pu laisser penser qu'elle constituait une secte.
En revanche, les publications destinées aux Témoins de Jéhovah eux-mêmes, comme Le Ministère du Royaume, sont généralement bien plus critiques envers Internet et se focalisent principalement sur les conséquences directement liées à la "spiritualité" des fidèles. Ainsi, les risques relatifs au fait de côtoyer des "apostats", que ce soit par des sites critiques envers l'organisation, des fora de discussion dédiés à défendre sa foi ou des courriels, sont généralement longuement discutés. Les apostats sont alors identifiés plus précisément comme étant toutes les personnes qui critiquent la Watch Tower et sont présentés avec un vocabulaire très dur. Afin de bien faire passer ce message auprès des fidèles, la Watch Tower présente cette mesure comme une protection, le plus souvent étayée par des versets bibliques sans lien avec le sujet, et noie parfois ce "danger" au milieu d'autres problèmes bien réels et tout à faits légitimes. Internet étant responsable d'un certain nombre d'exclusions, ces recommandations visent à contrôler l'information à laquelle le fidèle peut accéder et à ne pas éveiller de soupçons envers le bien-fondé des doctrines, des pratiques, de l'histoire de l'organisation et le comportement de ses dirigeants.
En 2012, une lettre lue à toutes les congrégations dans la semaine du 2 avril annonçait la diminution du nombre de moitié du nombre de pages des périodiques à destination du public et attribuait ce changement à l'essor d'Internet, présenté comme efficace pour ce qui est de propager le message jéhoviste, précisant: "Internet est l'une des ressources techniques que l'organisation de Jéhovah utilise avec discernement afin d'annoncer la bonne nouvelle. (...) Chaque jour, ce sont en moyenne 400 000 personnes (...) qui consultent l'un de nos sites (...), lisent en ligne nos publications en plus de 430 langues, (...) près d'un demi-million de fichiers qui sont téléchargés (...) [et] une centaine de personnes [qui] demandent par Internet à bénéficier d’une étude de la Bible. C'est pourquoi, dans l'objectif d’une exploitation plus efficace des possibilités qu'offre Internet, le Collège central a décidé de fusionner nos trois sites actuels en un seul [ce qui fut réalisé en août 2012]. (...) Constatant qu'Internet est de plus en plus présent dans les habitudes de lecture des gens, le Collège central a réfléchi aux répercussions que cette tendance aura dans le monde de l’imprimerie."[3] Ainsi, malgré les nombreuses mises en garde contre Internet auprès des adeptes, la Watch Tower présente cet outil médiatique comme un moyen efficace pour le prosélytisme qui justifie une réduction du volume des périodiques: une vision positive d'Internet n'est donc possible que lorsque celui-ci est utilisé par les canaux officiels de l'organisation afin de promouvoir ses croyances et pratiques. De plus, bien que cette décision constitue un changement bénéfique sur un plan écologique (moins de pages, donc réduction du nombre d'arbres utilisés), elle traduit aussi une absence de prise en compte des pays pauvres, car l'essor d'Internet n'est une réalité que dans les pays développés.
Avoir avoir examiné le Réveillez-vous! du 22 juillet 1997, la sociologue Cécile Couchouron-Gurung en vint à la conclusion que "l'usage d'Internet n'est donc pas interdit aux fidèles, [mais que] les nombreuses mises en garde semblent viser à décourager cette pratique", relevant de "nombreux appels à la prudence qui jalonnent le texte", un vocabulaire orienté et une présentation indiquant que le Témoin peut tout à fait s'en passer. Elle liste les trois raisons avancées par le périodique pour rejeter Internet: le coût financer, le manque de sécurité informatique et surtout le temps qui peut lui être consacré au détriment des activités jéhovistes. Toutefois, elle estime que le discours de la Watch Tower vis-à-vis d'Internet est devenu plus radical avec Le Ministère du Royaume de novembre 1999.[4]
Concernant l'attitude des Témoins vis-à-vis d'Internet, le professeur de sociologie Benjamin-Hugo Leblanc, qui cite les travaux de 1996 de G.D. Chryssides, évoque une "certaine frilosité" et une attitude "prudente, voire méfiante", précisant qu'ils "ne s'intéressent pas particulièrement à Internet". Il ajoute que, pour eux, "il s'agit avant tout d'en tirer quelques bénéfices élémentaires sans pour autant se frotter dangereusement à de « mauvaises influences » ou, en d'autres termes, favoriser une stratégie à l'externe sans affecter la gestion interne."[5]
Celle des adeptes
Des sites pro-jéhovistes sont toutefois régulièrement créés, malgré les recommandations de l'organisation. De ce fait, l'auteur d'un tel site éprouve souvent le besoin de justifier sa démarche pour prouver qu'il n'est pas en désaccord avec la Watch Tower. Globalement, les Témoins créant des sites le font pour "entrer dans la controverse et défendre leur foi", "faire partager le fruit de leurs recherches sur la Bible", "communiquer des informations sur le groupe", ou "revendiquer leur appartenance aux Témoins de Jéhovah et montrer qu'on peut être jeune, moderne, témoin de Jéhovah et heureux". Beaucoup de ces sites précisent immédiatement qu'ils ne sont pas affiliés aux sites officiels de la Watch Tower.[6]
Certains adeptes expriment parfois leur étonnement de voir tant de leurs coreligionnaires participer sur Internet en dépit de cela et admettent parfois être ébranlés par certaines informations découvertes sur Internet. Preuve ce message datant de 2001, reproduit sur un site de Témoins: "Comment se fait il que la société diabolise Internet et que pourtant de plus en plus de Frères y ai[ent] recours.. ? (...) Certes il y a des choses complètement absurdes, et qui ne trompent personne quant à la fausseté des arguments. Pour d'autres c'est différent et ça laisse perplexe.. (...) Ça fait parti des bizarreries qui sont souvent cachées à la plupart des frères et sœurs, (...) [d]es faits qui sont pour le moins troublants et qui n'ont jamais été porté à la connaissance des Témoins de base. (...) En prédication on demande aux gens de s'informer sur la vérité, de faire des recherches, sur nos auxiliaires bibliques et d'accepter une discussion. De regarder autre chose que leur ancienne religion. Une fois témoins, on n'a plus le droit de le faire et encore moins de se poser des questions. C'est un peu ce qui me chiffonne. (...) Le plus grand danger d'Internet n'est il pas d'interdire Internet, s'il n'y a rien à cacher à quoi bon!!"[7]
Des Témoins cherchent parfois à réfuter l'accusation selon laquelle la Watch Tower censurerait Internet. Par exemple, un site jéhoviste français veut montrer que cela est faux et reproduit en intégralité les articles consacrés à Internet dans le Réveillez-vous! du 22 juillet 1997, article à destination du public et donc très édulcoré, qui malheureusement, n'aborde pas la question des "sites apostats".[8]
Les Témoins participant à des échanges religieux avec des critiques de leur organisation montrent parfois une facette cachée de leur personnalité qui tranche avec le discours d'amour prôné par l'organisation. En effet, alors qu'ils peuvent se contenir sur les forums publics sachant qu'ils vont être lus, certains n'hésitent pas à insulter copieusement leurs contradicteurs et leur promettre la destruction dans des messages privés ou des e-mails. Il n'est pas rare aussi que les commentaires des critiques, bien que tout à fait pertinents, soient purement et simplement effacés par le webmaster d'un blog jéhoviste.
Lorsqu'ils répondent à des accusations, les sites pro-TJ donnent rarement les liens vers les pages critiques, ou simplement l'adresse url mais sans qu'on puisse cliquer dessus (ex: le site de Thierry).
Utilisation d'Internet par la Watch Tower
Depuis 1997, la Société Watch Tower possède son propre site Internet, dont l'adresse figure au dos des publications. Toutefois, Benjamin-Hugo Leblanc relève que leur site web ne comporte "aucune adresse de courrier électronique [qui] permet[trait] d'écrire directement à l'organisation. Au mieux, l'internaute est invité à remplir un formulaire en laissant ses coordonnées et en précisant ses disponibilités, de sorte qu'il sera contacté ultérieurement à son domicile."[5]La Watch Tower déclare que, grâce à son site officiel, des personnes ont demandé à recevoir des publications ou à avoir la visite d'un adepte à leur domicile, et encourage les fidèles à aller voir de telles personnes sans tarder.[9]
Il y a les sites Internet de l'organisation au niveau mondial, qui se consacrent principalement sur les doctrines, et le site de la filiale française, qui "vise plutôt à répondre, de manière pédagogique, aux attaques de leurs adversaires", et "constitue un plaidoyer en faveur de l'organisation jéhoviste".[6] En fait, comme le note Leblanc, "les Témoins de Jéhovah n'ont aucune réticence à employer Internet pour tout ce qui relève d'une diffusion d'informations sommaires et introductives", mais "refusent visiblement toute communication plus élaborée par voie de l'ordinateur", et cela pour deux raisons: premièrement, le groupe privilégie le contact via les visites domiciliaires qui permettent une "interaction de proximité"; deuxièmement, Internet contient de nombreux témoignages d'ex-adeptes et des sites anti-sectes, autant d'informations dont les Témoins ne doivent pas prendre connaissance.[5]
Dans la rubrique "Avis" du Ministère du Royaume de novembre 1999, on pouvait lire cette mise au point:
« Il existe un site Web de la Société sur Internet. En voici l'adresse: http://www.watchtower.org. Les publications disponibles sur ce site sont celles que possèdent déjà les congrégations. Il n’est pas nécessaire qu’à titre personnel nous élaborions des pages Internet sur les Témoins de Jéhovah, nos activités et nos croyances. »
Il fut annoncé qu'en juin 2012, trois des sites officiels des Témoins de Jéhovah (watchtower.org, jw.org, jw-media.org) seraient fusionnés en un seul dont le nom serait jw.org, avec de nouvelles présentions et fonctions de navigation pratiques, que ce soit pour la consultation depuis un ordinateur ou depuis un téléphone portable. Selon la présentation que la Watch Tower elle-même fit de son futur site, celui-ci "offrira aux visiteurs un aperçu très attrayant de notre œuvre d'évangélisation, de nos Béthels à travers le monde, de nos Salles du Royaume ainsi que de nos assemblées. Un espace "salle de presse" présentera des informations récentes sur des situations concernant notre activité".[3] Ainsi, le nouveau site aurait une fonction de vitrine pour le mouvement. Toutefois, en juillet 2012, les trois sites existaient toujours: sur jw.org, il était alors précisé qu'une nouvelle version du site serait en ligne vers le 1er septembre 2012.
Alors que de nombreuses publications sont disponibles sur le site officiel de la Watch Tower, le contrat de licence de Watchtower Library précise qu'on "ne p[eut] pas utiliser le logiciel en réseau, le mettre à disposition sur Internet ou l'utiliser par le biais d'Internet".
Nanette Gottlieb et Mark J. McLelland ont étudié la présence de la Watch Tower sur le web japonais et l'ont comparé à celle d'une religion asiatique, la Seicho No Ie. Cette étude met en évidence plusieurs points: 1/ la direction des Témoins de Jéhovah décourage généralement aux fidèles l'utilisation d'Internet "pour éviter d'être influencés par des influences négatives potentielles. En conséquence, les quartiers généraux régionaux ne publient pas leurs propres websites", et l'organisation se présente comme un groupe homogène, qui ne varie pas en fonction de la langue; 2/ "la plupart des sites des Témoins de Jéhovah sont hiérarchiques plutôt que liées entre eux", et beaucoup de sites pour et contre les Témoins présentent de très longs textes avec seulement quelques adaptations nécessaires pour Internet; 3/ les liens externes sont beaucoup plus nombreux sur les sites en faveur des Témoins, ce qui prouve que les défenseurs de l'organisation déploient davantage d'efforts que leurs opposants pour créer un réseau protecteur contre les sites critiques; 4/ la Watch Tower ne cherche pas à faire du prosélytisme sur Internet, mais essaie surtout à se défendre contre les critiques.[10]
Surveillance des critiques
On peut constater que, malgré les conseils de ne pas visiter des sites web "apostats", des membres ayant des fonctions importantes au sein des Témoins de Jéhovah peuvent faire des enquêtes sur Internet, autrement dit "pister" certains adeptes qu'ils suspectent d'avoir critiqué l'organisation jéhoviste, ou d'anciens adeptes afin de relever des comportements qu'ils pourraient leur reprocher.
Ce fut le cas de Paul Grundy en 2006. Dans les documents relatifs à son exclusion qu'il a légalement obtenus et qu'il a mis en ligne, on y apprend que le collège d'anciens a demandé à deux d'entre eux de déterminer si Grundy était lié à un site web "apostat" en allant consulter ce site. Comme aucun nom n'était mentionné, ils déterminèrent l'adresse d'où le site était enregistré, relevèrent des informations personnelles fournies par le webmaster et firent des recoupements avec celles concernant Grundy, le suivirent sur Wikipédia grâce à un lien ainsi que sur un forum de Témoins de Jéhovah. Ils enquêtèrent auprès du Bureau de Poste pour identifier l'auteur du site "apostat" et se rendirent compte qu'il s'agissait bien de la même personne que celle qui détenait un magasin mentionné par l'utilisateur sur Wikipedia; or, Grundy tenait un café dans la même ville. À partir de tous ces éléments, les anciens formèrent un comité pour exclure Grundy au motif d'apostasie.[11]
De même, Jacques Lejeune, un ex-adepte qui a intenté un procès à la branche belge du mouvement, s'est vu reproché dans les conclusions de cette dernière d'avoir médiatisé ce procès sur Internet en mettant en ligne sur un site critique tous les documents relatifs à cette affaire; cela suppose donc que l'organisation avait au préalable effectué des recherches sur le sujet sur la Toile, y compris sur un site qu'elle censure à ses adeptes.[12]
Réaction de la Watch Tower face aux sites pro- et anti-TJ
Sites anti-TJ
Voir article Poursuites judiciaires contre le site Quotes comme exemple
Pour la Watch Tower, quiconque la critique est un apostat, et ce même si la personne n'a jamais été Témoin. Dans ses publications, elle estime que les apostats, et notamment ceux utilisant Internet, ont forcément de mauvaises intentions qu'ils ne dévoilent pas au grand jour. Elle dit par exemple qu'ils "exploite[nt les fidèles] par des discours truqués",[13] présentent des "affirmations discutables" utilisées "par des personnes animées par un désir de vengeance"[14] et des gens qui "cachent ce qu'ils sont", constituent "la voix tendancieuse des étrangers" et ont recours aux "fausses accusations".[15]
Lors d'une assemblée de circonscription de 2003, une démonstration mettait en scène un Témoin qui surfait sur Internet afin d'obtenir des nouvelles de ses coreligionnaires dans les pays défavorisés. Il consulte un site qui contient, selon ses dires, des déclarations qui ne sont pas conformes à une lettre du Collège Central précédemment lue à la Salle du Royaume. Comprenant qu'il s'agit en fait d'un site "apostat", il se remémore oralement les instructions de la Watch Tower sur le sujet et, en bon adepte, décide de se déconnecter.
Lors de l'assemblée de district 2006, le septième point de la résolution déclarait notamment:[16] « Nous résisterons aussi à la curiosité ou à la tentation qui pourraient nous inciter à fréquenter de près des inconnus par des dialogues en ligne sur Internet. Nous sommes résolus à ne pas faire partie du monde et à continuer de pratiquer le culte qui est pur du point de vue de notre Dieu - <CiteBible>Jean 15:18,19</CiteBible> ; <CiteBible>Jacques 1:27</CiteBible> »
À une assemblée de circonscription en janvier 2010, l'orateur a conseillé aux fidèles de supprimer leur compte sur Facebook. En effet, il a fait remarquer que la Watch Tower n'avait pas de compte sur ce site, et que celui-ci favorise le sexe et les échanges avec des apostats.[17][18]
La Société Watch Tower a déjà poursuivi en justice des sites mettant en ligne certaines de ses publications. Voici quelques exemples:
Suite à la diffusion du livre réservé aux anciens par le site Watchtower Observer (stoppé par son auteur en 2003), la Société Watch Tower a tenté en 1995 de faire stopper l'accès Internet de l'auteur du site, Kent Steinhaug en écrivant à son fournisseur. Puis en mars 1997, celui-ci a été entendu par la police suite à une plainte du mouvement. Il retirera donc le livre controversé de son site.[19]
Vers juin 1998, le site "A Common Bond" (ACB) fut fermé après six mois de mise en ligne, suite à une plainte que l'organisation jéhoviste avait envoyée à Geocities, l'hébergeur du site, au motif de violation de copyright, le webmaster ayant utilisé une image du livre La Vérité qui conduit à la vie éternelle. Jim Moon, le webmaster, envoya un courrier au responsable de la fermeture du site dans lequel il reproche à la Watch Tower de ne pas avoir d'abord tenté un arrangement avec lui, faisant remarquer que beaucoup de sites pro-jéhovistes utilisent du matériel copyrighté par la Watch Tower, et cela sans autorisation. Cela permit malgré tout au site de bénéficier d'une couverture médiatique dans la presse américaine.[6]
Le 8 septembre 2005, la Watch Tower engagea des poursuites judiciaires contre le site canadien Qwotes.info, réclamant 100 000 $ parce qu'il mettait en ligne de nombreuses citations extraites de ses publications anciennes qui ne sont plus, pour la majorité, réimprimées aujourd'hui. Globalement, la WT estimait que le site avait pour but de la mettre dans l'embarras et violait les droits de copyright. Peter Mosier, le webmaster lui-même ex-TJ, résume cette affaire sur le site.[20]
Le 19 août 2007, le webmaster du site sectes.net fut mis en demeure par les Témoins de Jéhovah de retirer de son site deux livres des Témoins de Jéhovah à usage interne : celui concernant l'organisation de la vie d'une congrégation et destiné aux anciens, et celui expliquant le fonctionnement d'une filiale et réservé aux permanents d'une filiale.[21]
Le 30 octobre 2009, la Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah de France demanda de publier un droit de réponse sur le site Prévensectes suite au témoignage de NJ dans le cadre d'un procès entre les Témoins de Jéhovah et le député Jacques Myard.[22] Bien qu'affirmant n'avoir pas de devoir légal de le faire, car selon lui, le mouvement s'est substitué à une personne physique, le webmaster accepta de la publier et le commenta.[23]
Sites pro-TJ
Au fil du temps, plusieurs sites défendant la Watch Tower ont également fermé. En effet, l'organisation estime qu'il ne faut pas monter de tels sites, bien qu'officiellement, elle ne l'interdise pas catégoriquement. Voici quelques exemples de sites ayant fermé:
Les sites witnesses.miningco.com et jwnet.org, furent fermés.[24]
Le 13 décembre 2000, le site anglais witnesses.net annonça sa fermeture, après près de trois ans d'existence. Le webmaster déclara que, suite à la censure d'Internet par le Le Ministère du Royaume de novembre 1999, plusieurs sites TJ avaient fermé. Déjà inactif, il termine sa lettre d'adieu par des propos critiques sur l'organisation.[24]
Selon Stephane Merahila, en 2007, le site de l'auteur Témoin de Jéhovah, Gérard Gertoux est fermé suite aux menaces d'excommunication que l'auteur aurait reçues de la part de direction du mouvement.[25]
En août 2007, le site de Mario Filteau, un webmaster qui se présentait comme Témoin de Jéhovah, fut fermé. Il s'agissait d'un des premiers sites de Témoins de Jéhovah du Web.[26]
En octobre 2007, le site français de Didier consacré à la défense de la Traduction du Monde Nouveau disparaît de la Toile.
En septembre 2009, un blog anglais pro-jéhoviste Examinigthescripturesdaily.blogspot.com reçut un courrier des avocats de la Société Watch Tower au motif de violation de copyright parce qu'il mettait en ligne le texte du jour. Le webmaster, en colère suite à cette menace, critiqua la Watch Tower d'avoir elle-même copyrighté la Traduction du monde nouveau et l'accusa d'avoir couvert des actes de pédophilie.
En octobre 2009, plusieurs blogs et sites pro-jéhovistes décidèrent soudainement de fermer, dont Hautetfort.com, Silentlambexposed.blogspot.com et ceux de Davy Forget (certains ont réapparu depuis). Cela laisse à penser que ces sites avaient reçu des instructions de la Watch Tower à ce sujet.
Fin 2011, le site de Thierry fut énormément simplifié par la disparition de nombreuses pages. Le webmaster se justifie en expliquant que des questions sont "mieux traitées sur d'autres sites" (lesquels?), que certaines accusations ont perdu de leur pertinence et qu'il est préférable d'"éviter les discussions sottes" (<citebible>Tite 3:9</citebible>). En conséquence, de nombreux sujets polémiques n'apparaissent plus sur son site.[27] Faut-il y voir là un aveu implicite d'impuissance pour ce qui est de répondre de manière satisfaisante à certaines critiques?
Selon la sociologue Céline Couchouron-Gurung, "la critique systématique de l'organisation jéhoviste à l'encontre des animateurs de sites web ou de forums de discussion est très mal vécue" par bon nombre de TJ propriétaires d'un site et certains d'entre eux ont cherché, souvent avec peu de succès, à "contourner l'interdiction en garantissant la sûreté de leur espace de discussion".[6] Elle dit que certains webmasters jéhovistes ont vécu l'interdiction de monter un site comme étant "une véritable trahison".[28]
Présence de fidèles sur Internet
Voir aussi Liste de sites web, Sites de rencontres, Sites d'agences de voyages, Participations sur Wikipédia et Interventions sur fr.soc.sectes
Les Témoins de Jéhovah participent principalement sur des blogs, des sites et des fora spécialement créés à l'intention des fidèles, et donc constituant des espaces plutôt "sécurisés" dans lesquels ils auront moins de chance de se heurter à la critique. Toutefois, nombre d'entre eux contribuent également sur des sites grand public tels que des fora non-jéhovistes (doctissimo ou yahoo.questions) ou des listes de discussions. De même, des adeptes apportent, généralement de façon anonyme et ponctuelle, des modifications aux articles qui leur sont consacrés sur Wikipédia, l'encyclopédie en ligne sur laquelle n'importe qui peut contribuer librement. Bien que tous les contributeurs jéhovistes ne soient pas similaires et qu'il y ait quelques exceptions, un examen des interventions du Témoin lambda met généralement en évidence les aspects suivants: 1/ il rejette systématiquement les critiques à l'encontre de sa religion, quitte à nier les évidences et à faire preuve de malhonnêteté intellectuelle; 2/ il manifeste une certaine agressivité vis-à-vis de ses contradicteurs, souvent accompagnée d'un sentiment de supériorité; 3/ ses contributions, tant dans le fond que dans la forme, témoignent d'un niveau plutôt médiocre. Généralement, le Témoin n'a même pas conscience qu'il donne ainsi une mauvaise image de son mouvement.
De plus, en dépit des recommandations de la Société Watch Tower qui décourage la fréquentation des inconnus sur Internet, des sites de rencontres pour Témoins de Jéhovah sont apparus et se sont développés depuis une dizaine d'années, comptant désormais comme abonnés de nombreux adeptes de tous pays. Il existe également des sites d'agences de voyages spécialement destinés aux Témoins de Jéhovah.
Effets possibles d'Internet sur la Watch Tower
Études sociologiques ou critiques
Taux d'équipement à Internet (en %) par rapport à la population totale de chaque pays. Ce taux est souvent inversement proportionnel à l'accroissement du nombre de Témoins de Jéhovah.
Des critiques de l'organisation affirment qu'Internet constitue une réelle menace pour l'organisation,[29] voire même qu'il constitue son "pire cauchemar".[30] Ils affirment que la Société Watch Tower est mal préparée aux nouvelles technologies, dont Internet, qui met en évidence ses erreurs et affectera sa croissance. En effet, il sera désormais possible aux personnes intéressées par le message jéhoviste de se renseigner avant de s'engager dans une étude biblique, et les réseaux sur Internet combleront un besoin social que des gens pouvaient auparavant trouver dans un groupe comme les Témoins de Jéhovah.[31]
Dans "Les Témoins de Jéhovah sur Internet", Céline Couchouron-Gurung s'est livrée à une étude à propos du rapport entre le mouvement et Internet. Ses recherches ont notamment "rév[élé] l'apparition de nouveaux acteurs et de nouvelles formes de contestation internes ou extérieures à l'organisation jéhoviste. L'anonymat procuré par Internet rend inopérants les moyens de contrôle habituel et l'organisation ne parvient plus à juguler la multiplication des sites personnels et des forums de discussion animés par des témoins de Jéhovah. Un groupe de pression interne à l'organisation apparaît sur le web, ainsi que d'autres associations constituées d'anciens témoins de Jéhovah et qui entrent dans la controverse par le biais de sites web où ils exposent leurs arguments". Elle cite le cas d'AJWRB comme groupe de pression interne qui "tent[e] d'influencer la politique de l'organisation", et l'association ACB comme groupe de pression extérieur qui souhaite "susciter une réflexion chez les témoins de Jéhovah autour de la question de l'homosexualité".[6]
Un étude menée notamment par Jean-François Mayer révéla que, selon la Watch Tower, Internet ne peut se substituer à son activité de porte à porte. Le sociologue pense que les propos hostiles à l'organisation disponibles sur Internet "ont eu un impact réel et auraient fait perdre au mouvement un nombre non négligeable de membres".[32] De son côté, le sociologue Massimo Introvigne estimait en 1999 que seuls quelques dizaines d'adeptes quittaient le mouvement chaque année en France à cause d'Internet, et que ceux-ci faisaient bien "de ne pas perdre de temps et d'énergie à lutter sur le Web au lieu de faire leur prosélytisme habituel".[33]
Une étude menée par Stephen Cox, professeur de littérature à l'université de San Diego, relate entre autres l'évolution d'un site anglais de Témoins réformateurs nommé H2O et sa perception au sein de la communauté jéhoviste, et montre combien la Watch Tower a beaucoup de difficultés à maintenir sa "vérité" à cause d'Internet. Par exemple, l'étude en question relate l'affaire du compromis de la Watch Tower relatif au sang en Bulgarie en 1998 et comment Internet a répandu la nouvelle. C'est dans ce contexte-là que la Watch Tower a décidé de publier le Ministère du Royaume de novembre 1999 relatif aux dangers d'Internet. L'étude note que le nombre de baptêmes n'a pas augmenté dans les 17 pays les mieux équipés d'Internet, et ce malgré l'approche de l'an 2000. Enfin, l'étude évoque trois attitudes possibles que la Watch Tower adoptera dans l'avenir face à ce média: soit elle reconnaîtra ses erreurs — ce qui fort improbable —, soit elle continuera à isoler ses membres de l'information et finira comme les Amishs, soit elle adaptera progressivement sa "vérité" aux faits qu'Internet a mis en lumière (ce qui paraît être l'hypothèse la plus probable).[34]
Concrètement, une comparaison entre les chiffres de 2010 donnés sur Wikipédia pour le nombre d'abonnements Internet par pays, exprimé en pourcentage par rapport à la population du pays,[35] et les chiffres de croissance de la Société selon son rapport de l'année de service 2010, indique une certaine corrélation entre la disponibilité d'Internet et l'évolution du nombre d'adeptes dans un pays donné — bien que ces données soient à relativiser dans la mesure où d'autres facteurs entrent en ligne de compte. Bien sûr, il est difficile de faire une étude globale mondiale, parce que la Société ne publie pas de chiffres précis pour 30 "autres pays et territoires" dans lesquels la prédication se fait sous l'interdiction gouvernementale et qui affichent un pourcentage d'accroissement plus élevé que celui de l'ensemble de tous les pays comptabilisés. Toutefois, la plupart de ces pays sont des États islamiques ou communistes où le nombre de personnes ayant accès à Internet est restreint; ainsi, si ces pays étaient rajoutées à l'étude ci-dessous, les chiffres seraient probablement encore plus révélateurs du fort impact d'Internet sur la croissance de l'organisation.
Fondamentalement, ce sont les pays où la population n'a pas facilement accès à l'information et est donc la plus ignorante qui constituent les terrains de chasse les plus fertiles pour la Watch Tower. Bien sûr, s'agissant de moyennes, il arrive que des pays aient résisté à la tendance générale: par exemple, seulement 14,5% de la population de Cuba a accès à l'Internet, mais l'augmentation de Témoins dans ce pays n'a été que de 1%; inversement, 58,8% de la population de la Malaisie se connecte à Internet, et pourtant la Watch Tower affiche une augmentation de 8% dans ce pays. Toutefois, ces exceptions sont rares, et la tendance globale est que l'ignorance est propice aux conversions.[36]
Rapport du nombre d'abonnés à Internet par rapport à la population totale du pays
Augmentation moyenne dans ces pays (pour 2009-2010)
de 75% à 100%
Norvège, Suède, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Luxembourg, Nouvelle Zélande, Royaume-Uni, Corée du Sud, Suisse, Allemagne, Canada, Japon, Australie, États-Unis, Belgique, Estonie
0.647059%
de 50% à 75%
Autriche, Slovaquie, Israël, Taïwan, France, Hong Kong, Lettonie, Argentine, République tchèque, Irlande, Slovénie, Espagne, Hongrie, Lituanie, Malte, Malaisie, Pologne, Serbie, Uruguay, Chili, Macédonie, Colombie, Croatie
1.304348%
Italie, Macao, Portugal, Bulgarie, Biélorussie, Grèce, Monténégro, Turquie, Azerbaïdjan, Costa Rica, Albanie, Chypre, Russie, République dominicaine, Kirghizistan, Vénézuela, Brésil, Porto Rico, Roumanie, Kazakhstan, Ukraine, Mexique, Pérou, Bosnie-Herzégovine, Moldavie, les Philippines, îles Cap-Vert, Liban, Nigéria, Panama, Thaïlande
3.290323%
de 0% à 25%
Équateur, île Maurice, Kosovo, Paraguay, El Salvador, Guatemala, Indonésie, Cuba, Afrique du Sud, Bolivie, Zimbabwe, Honduras, Mongolie, Pakistan, Nicaragua, Kenya, Soudan, Ouganda, Sri Lanka, Inde, Sénégal, Gambie, Zambie, Namibie , Bostwana, République du Congo, Togo, Ghana, Angola, Côte d'Ivoire, Malawi, Rwanda, Cameroun, Népal, Mozambique, Bénin, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mali, Tchad, Tanzanie, Madagascar, Burkina Faso, République démocratique du Congo, Éthiopie
4.590909%
Publications abordant Internet
Voici une liste non exhaustive des publications des Témoins de Jéhovah abordant la question d'Internet. Les articles présentés ici sont majoritairement ceux dont Internet est le thème principal. En revanche, les courts articles de "Coup d'œil" sur le monde, très brefs et souvent basés sur un aspect spécifique d'Internet (cyberdépendance, pédophilie, infidélité conjugale...) à partir d'une citation ou d'une étude chiffrée, ne sont pas répertoriées ici.
Description du contenu et commentaire
Réveillez-vous!, 22 juillet 1997, article "Internet: pourquoi être prudent" Après trois articles définissant ce qu'est Internet, ses services et ses applications, et l'opportunité de l'utiliser, quatre pages abordent les dangers de ce média, principalement la pédophilie, et donne des conseils aux parents et aux enfants pour éviter de se faire piéger. Un court paragraphe met en garde les adultes contre "des 'amis' indésirables" et les "sérieux problèmes" que certains se sont occasionnés à cause de "l'anonymat que procure un pseudonyme", sans toutefois faire référence de façon explicite aux "apostats". L'article conclut en montrant certains avantages d'Internet ("Une partie du contenu d'Internet et bon nombre des services qu'il propose sont assurément instructifs et peuvent être utilisés avec profit. (...) Utiliser Internet est un peu comme voyager dans un pays étranger: il y a beaucoup de choses à voir et à entendre. Lorsqu'on voyage, il faut montrer du savoir-vivre et prendre des précautions."), tout en précisant que l'utiliser ou pas relève d'une décision personnelle.
Réveillez-vous!, 8 janvier 1998, p. 12, article "Comment affronter l'ère de l'information" L'article n'aborde pas spécifiquement Internet, mais un petit encadré intitulé "Attention à Internet" indique notamment: "Des individus immoraux mettent Internet au service de leurs perversions sexuelles. Ils recherchent des partenaires consentants ou d'innocentes victimes. D'autres utilisent Internet pour défendre des intérêts personnels. Des apostats créent des sites Web pour piéger les naïfs. (...) On trouve aussi sur Internet des choses extrêmement nuisibles, parmi lesquelles de la pornographie et de l'apostasie."
Le Ministère du Royaume, novembre 1999, article "Soyons conscients des dangers d'Internet"[37]
§ 1 à 9: le thème est abordé avec des généralités, évoquant la violence et la pornographie, mais précise que l'article abordera un piège "plus insidieux encore".
§ 10 à 16: le problème de l'anonymat des utilisateurs d'Internet est souligné, il n'y a donc aucune garantie que des sites créés par des Internautes se déclarant Témoins de Jéhovah le soient effectivement. Au contraire, dans la congrégation, les membres se connaissent.
§ 16, 17: les "criminels" pouvant sévir sur Internet, le risque d'un flirt pouvant conduire à un adultère et le danger des apostats sont cités pèle-mêle.
§ 19: le site de la Watch Tower suffit, il n'est donc pas nécessaire de créer des sites personnels.
§ 20 à 23: le fait de se transmettre le fruit de ses recherches dans le cadre de l'étude des publications TJ est découragé.
§ 24 à 26: il faut utiliser son temps sagement en privilégiant les activités cultuelles.
§ 27 à 32: le caractère futile et invérifiable des info qui peuvent nous être envoyés par e-mail est souligné. Au contraire, les publications jéhovistes "foisonnent de récits vérifiables"... (!)
§ 33 à 36: l'article conclut sur l'urgence des temps et la nécessité d'être équilibrés.
=> Il apparaît que sous le thème général des dangers d'Internet, la Watch Tower fait en réalité presque uniquement référence aux "apostats".
La Tour de Garde, 1er mai 2000, p. 10, article "Défendons fermement l'enseignement divin" "Internet fait partie des médias dont les apostats se servent de plus en plus pour induire la population en erreur au sujet des Témoins de Jéhovah. Résultat: des gens sincères qui cherchent à se renseigner sur nos croyances tombent parfois sur cette propagande apostate. Même des Témoins ont, sans le vouloir, pris connaissance de ces pensées pernicieuses. (...) Le refus de tout contact avec ces opposants est une protection contre leurs pensées corrompues."
=> Or, alors que la Watch Tower présentent les idées émanant de sites critiques à son encontre comme étant des mensonges, il s'avère que beaucoup de ces sites se contentent en fait de reproduire des passages de certaines publications jéhovistes (cf. le site Quotes, que la Watch Tower a tenté de réduire au silence). S'il s'agit bien de mensonges comme elle le prétend, alors on peut se demander pourquoi cette organisation très procédurière n'a pas attaqué ces sites pour diffamation, et ainsi pourquoi, lorsqu'elle a effectivement entrepris des poursuites judiciaires contre certains d'entre eux, elle a basé sa plainte sur des critères d'ordre technique telle que la violation de copyright...
Réveillez-vous!, 22 janvier 2000, pp. 19-21, article "Les jeunes s'interrogent... Comment éviter les dangers d'Internet?" Dans l'introduction, Internet est présenté comme étant pratique et fournissant beaucoup d'informations, mais "de très nombreux sites Web ont un contenu moralement corrompu et spirituellement destructeur". L'article met en garde contre les sites "malsain[s]" ou "dangereux" sur lesquels on peut tomber par hasard et identifiés à de la pornographie, les mauvaises compagnies pouvant conduire à l'immoralité sexuelle ou la pédophilie, et les e-mails futiles pouvant faire perdre du temps. Un astérisque déclare toutefois: "Ces risques peuvent exister aussi dans les séances de bavardage en ligne que des chrétiens bien intentionnés organisent dans le but de discuter de sujets spirituels. Il arrive que des individus qui cachent leur jeu et des apostats se joignent aux discussions et tentent insidieusement de gagner leurs correspondants à leurs idées non bibliques".
=> On remarque que, selon la Watch Tower les "apostats" utiliseraient des "idées non bibliques". Or, il s'avère que de nombreux anciens Témoins se servent précisément de la Bible pour démontrer aux adeptes des incohérences dans l'enseignement jéhoviste.
Le Ministère du Royaume, septembre 2002, p. 8, article "Ne poursuivons pas des "choses sans valeur"" Le courrier électronique est le sujet principal de ce court article. Il met en garde contre le fait de transmettre des "nouvelles" relatives à la communauté TJ, qui sont présentées comme pouvant être "déformé[e]s ou amplifié[e]s", "inexact[e]s ou trompeu[se]s". Il rappelle que seul "l'esclave fidèle et avisé" est habilité à transmettre "la nourriture en temps voulu" car soi-disant mandaté par Dieu. Il est rappelé que le fait de diffuser les publications de l'organisation sur Internet constitue une violation de copyright.
Réveillez-vous!, 8 février 2003, p. 31, article "Vérifiez vos sources" L'article est très bref. Il cite le New York Times: "L'Internet, sous son plus mauvais jour, n'est qu'un égout à ciel ouvert." Puis l'article dit: "N'importe qui peut écrire n'importe quoi sur l'Internet (...). Nous devons donc faire preuve de discernement et nous habituer à ne pas prendre pour argent comptant tout ce que nous lisons. Ceux qui souhaitent des renseignements exacts doivent vérifier la validité de leurs sources. Cela demande du temps. Mais, ce faisant, nous raisonnerons avec justesse, nous jugerons avec exactitude et nous prendrons avec confiance les décisions importantes."
=> Conseil certes plein de sagesse, mais qui, pour la Watch Tower, n'est malheureusement pas valable lorsqu'il s'agit de ses propres publications!
Réveillez-vous!, 8 décembre 2004, pp. 18-21, article "D'après la Bible... Comment se protéger des dangers liés à l'Internet" L'article débute en qualifiant Internet d'"instrument extrêmement puissant et pratique", mais présentant des dangers. Ces dangers sont la cyberpornographie, les forums de discussion qui "font souvent perdre du temps et sont de plus en plus responsables des échecs relationnels" et les pédophiles. Un encadré donne des exemples de concrets de criminalité sur l'Internet en rapport avec la pédophilie, ainsi que les dangers du sexe en ligne qui peut produire des problèmes conjugaux. L'article se termine par des versets bibliques censés protéger l'Internaute. Ainsi, aucun référence n'est faite aux "apostats".
Réveillez-vous!, 22 septembre 2005, pp. 19-21, article "Les jeunes s'interrogent... Que devrais-je savoir sur les chats?" L'article s'adresse principalement aux jeunes et met en garde contre les "prédateurs sexuels", le risque de commettre un acte sexuel suite à une rencontre, et le danger de mentir ou d'être trompé sur son identité/personnalité/sentiments ou ceux de ses interlocuteurs. Ce dernier point est développé sans toutefois faire référence aux "apostats", mais indique que Satan est le père du mensonge et cite <CiteBible>Psaume 26:4</CiteBible>.
Le Ministère du Royaume, juillet 2007, p. 3, article "Réponses à vos questions: Quels dangers y a-t-il à utiliser Internet pour correspondre avec quelqu'un que nous ne connaissons pas?" L'article très court, est composé de quatre paragraphes. Le deuxième déclare: "Sur Internet, un individu peut facilement mentir sur son identité, sa spiritualité ou ses intentions (Ps. 26:4). Quelqu'un qui se dit Témoin de Jéhovah peut en fait ne pas partager nos croyances, être un excommunié, voire un apostat qui répand sa propagande (Gal. 2:4). Il a été également rapporté que de nombreux pédophiles se servent de ce genre de sites pour trouver des victimes." Le paragraphe suivant parle des obscénités que l'on peut échanger dans ce genre de discussion.
Le Ministère du Royaume, septembre 2007, article "L'esclave fidèle et avisé approuve-t-il les réunions de groupes indépendants de Témoins ayant pour but de se livrer à des recherches et à des débats bibliques? - Mat. 24:45, 47."
La réponse examine les moyens (sites Web, messagerie instantanée ou forums, la tenue de conférence ou la rédaction de livre) et les buts recherchés par de tels Témoins de Jéhovah ("afin de présenter le fruit de leurs recherches et de compléter la connaissance dispensée à nos réunions chrétiennes et dans nos publications" ou "ont entrepris d'étudier l'hébreu et le grec bibliques pour analyser l'exactitude de la Traduction du monde nouveau. D'autres examinent en profondeur des sujets scientifiques qui ont un rapport avec la Bible").
Il s'agit donc de canaux parallèles d'enseignement ou de recherches bibliques en dehors de l'organisation, qui n'ont pas reçu l'aval ou n'ont pas été effectués par la direction du mouvement.
Le mouvement affirme donc ne pas "approuver" ce genre de sites webs, livres ou réunions et "conseille" aux Témoins de Jéhovah de parfaire leur connaissance biblique par l'étude des livres et revues du mouvement.
=> On peut noter que le mouvement n'interdit franchement donc pas une telle démarche, il la regrette et la déconseille, enfin il n'interdit pas la tenue de forum ou site en vue d'évangélisation. C'est en tout cas ainsi que certains Témoins interprètent ce document.[38]
La Tour de Garde, 15 juillet 2011, p. 16, § 6,7, article "Tiendrez-vous compte des avertissements de Jéhovah?" Cette publication destinée aux adeptes lors de la réunion du week-end précise qu'il faut éviter "les faux enseignants", parmi lesquels figurent les "apostats" [qui] sont "malade[s] mentalement et cherchent à contaminer les autres avec leurs enseignements contraires à la vérité". Concrètement, cela signifie pour les adeptes "refuser de lire leurs écrits, de regarder des émissions de télévision dans lesquelles ils interviennent, de consulter leurs sites Internet ou encore de laisser des commentaires sur leurs blogs." Cet ordre est présenté comme venant de Jéhovah lui-même. Les deux motivations avancées pour obéir à cet ordre sont l'amour pour Dieu et pour l'organisation, cette dernière ayant dispensé ce que le périodique appelle des "vérités merveilleuses".
=> L'organisation presse ses adeptes à rester bien ignorants en utilisant toutes sortes de faux raisonnements: attaques sur les contradicteurs (leurs enseignements sont jugés a priori "contraires à la vérité") qui vont jusqu'à l'insulte par le truchement d'interprétations bibliques (ce sont des malades mentaux), appel à l'autorité (c'est Dieu qui le demande) et un appel à l'émotion (vous iriez lire des choses qui critiqueraient l'organisation qui vous a appris de si belles vérités?). De plus, si les adeptes des autres religions adoptaient le même raisonnement, alors ils ne pourraient jamais devenir Témoins, puisqu'ils ne prendraient jamais connaissance des arguments qui contredisent leurs croyances.
Annuaire des Témoins de Jéhovah (anglais), 2011, p. 9 La Watch Tower expliqua ceci: "Le Comité de rédaction suit le modèle de "tracer toutes choses avec exactitude". Mais où peuvent être trouvées des informations fiables? Tandis qu'Internet est une source pratique et rapide de grandes quantités d'informations, nos chercheurs ne comptent pas sur des blogs ou des articles sur le web mal documentés rédigés par des personnes non identifiées ou non qualifiées. Par exemple, Wikipedia, une encyclopédie en ligne, met en garde que certains articles sur son propre site "contiennent une désinformation significative, du contenu non encyclopédique, ou du vandalisme", ajoutant que "les utilisateurs doivent être conscients de cela". Ainsi, le Comité de rédaction cherche des ouvrages de référence, des articles rédigés par des experts reconnus et des livres publiés par des éditeurs respectés."
=> Ces remarques appellent plusieurs observations:
1) La Watch Tower est mal placée pour estimer que des documents rédigés par "des personnes non identifiées ou non qualifiées" ne sont pas crédibles dans la mesure où ses propres publications sont écrites anonymement et par des personnes dont on ignore les qualifications.
2) Même si toutes les informations provenant de Wikipédia ne sont pas fiables, beaucoup d'entre elles le sont et peuvent être vérifiées par des liens web renvoyant vers des sources réputées (ouvrages de références, articles de journaux, etc) qui sont parfois scannées ou numérisées.
3) Le Comité de rédaction, ici placé en exemple, a pourtant souvent cité des sources non reconnues (ex: John Denham Parsons au sujet de la croix), a dénaturé le sens de certaines citations (ex: dans ses ouvrages sur le sujet évolution/création ou sur la Trinité), a parfois omis de citer ses références (ex: "des spécialistes", "selon des ouvrages de références", notamment à propos de la fréquence des tremblements de terre), et a totalement ignoré les experts reconnus sur certains sujets quand leurs conclusions ne cadraient pas avec la théologie jéhoviste (ex: sur la date de destruction de Jérusalem).
La Tour de Garde, 15 août 2011, pp. 3-6, article "Bien utiliser Internet" L'article met en garde contre Internet: ce média peut "fournir des renseignements inexacts", faire "perdre un temps considérable" en devant une addiction au détriment des priorités de la vie (famille, amis, congrégation) et "corrompre moralement", notamment par la pornographie. Un moteur de recherche est comparé "à une armée de ramasseurs de champignons qui cueilleraient inlassablement toutes sortes de champignons — les comestibles comme les toxiques. (...) Si vous ne voulez pas vous intoxiquer, il vous faut user de discernement et faire le tri". Une comparaison est faite avec Ève qui s'est laissée séduire par le serpent, et une illustration montre une prise Internet dont l'ombre présente la forme de cet animal. Le conseil suivant est donné: "Considérez d'un œil critique les informations qui vous sont présentées. Avant d'y ajouter foi, posez-vous ces questions:
1) Qui en est l'auteur ? S'agit-il d'une autorité en la matière ?
2) Pourquoi a-t-il publié ces informations? Quelles sont ses motivations ? Est-il réellement objectif ?
3) Quelles sont ses sources? Y a-t-il moyen de les vérifier ?
4) Ses informations sont-elles à jour ?"
L'article conclut ainsi: "Faut-il utiliser Internet ? Faut-il au contraire le bannir de notre existence ? Cette dernière mesure peut être nécessaire dans certains cas."
=> Bien sûr, les conseils donnés dans cet article sont en eux-mêmes tout à fait valables; le problème est que la Watch Tower interdit à ses adeptes de procéder de la même manière envers les publications qu'elle édite. Voici pourtant ce que cela pourrait donner si on les soumettaient aux questions préconisées par la périodique:
1) Les publications sont anonymes et on ignore tout des compétences réelles des auteurs, n'ayant probablement aucune formation dans les domaines qu'ils abordent — par exemple les thèmes scientifiques. N'étant pas spécialistes, ils se contentent souvent de reproduire ce qu'ils ont trouvé ici où là, en fonction du dogme de l'organisation, voire de leurs convictions personnelles (cf les articles sur l'aluminium parus dans L'Âge d'Or). Bien souvent, le seules créances de ces personnes se résument à avoir été nommées par le Collège Central pour écrire des articles ou des livres en raison de leur loyauté envers le mouvement, et ainsi d'aider le Collège à remplir son rôle de représentant officiel des disciples oints.
2) Les informations publiées ont systématiquement pour effet de glorifier l'organisation / critiquer ce qui n'en fait pas partie / montrer que le monde va mal et touche à sa fin / maintenir l'unité dans le groupe. Du fait de l'autorité quasi-divine dont les publications sont investies, elles exercent une emprise psychologique sur les adeptes en leur dictant ce qu'ils doivent penser sur tel ou tel sujet. Très subjectives, elles présentent une soigneuse sélection de sources retenues sur la base de leur compatibilité avec le dogme.
3) Les références provenant d'ouvrages profanes ne sont pas toujours fournies (cf. cas de la fréquence des tremblements de terre 20 fois supérieure depuis 1914), et lorsque c'est la cas, elles sont parfois malhonnêtes, étant tronquées ou sorties de leur contexte (cf. les citations du livre La Vie: Comment est-elle apparue? Évolution ou Création).
4) Ironiquement, les informations fournies par le Collège Central sont, par principe, toujours d'actualité puisque qu'elles sont censées être la "nourriture spirituelle en temps voulu", ce qui autorise même des retours à des interprétations antérieures! Quand aux citations provenant de sources profanes, certaines sont très anciennes et ont été actualisées depuis (cf. sur le sujet de la croix).
Ainsi, si l'on utilise les critères définis par la Watch Tower pour mettre à l'épreuve la valeur d'une information, ses propres publications ne passent pas le test avec succès...
La Tour de Garde, 15 août 2012, p. 14, "Conduisez-vous en citoyens du Royaume" Sous le sous-titre "Tenez-vous compte des avertissements relatifs à Internet?", la Watch Tower rappelle que ce média "est un moyen pratique pour communiquer, s'instruire ou se divertir. L'organisation de Dieu le met d'ailleurs à profit, et avec d'excellents résultats. Toutefois, de nombreux sites sont moralement et spirituellement dangereux". Il est rappelé qu'il faut être prudents avec les réseaux sociaux qui peuvent mettre au contact de "mauvaises compagnies". Il est donc recommandé de relire les conseils des publications à ce sujet, car "s'en dispenser reviendrait à prendre un médicament puissant sans lire les avertissements figurant sur la notice".
=> On note l'ambivalence du comportement vis-à-vis d'Internet: utile tout en étant dangereux. La comparaison de Facebook avec un "médicament puissant" est pour le moins surprenante!
Qui fait la volonté de Jéhovah?, 2012, p. 28 Cette brochure aborde les différentes caractéristiques du site web officiel de l'organisation, www.jw.org, affirmant que cette utilisation d'Internet est l'une des mises en pratique de <CiteBible>Matthieu 5:16</CiteBible>. Un petit texte de mise en garde intitulé "Prudence!" déclare: "Des gens qui s'opposent à nous se servent de sites Internet pour raconter des mensonges à notre sujet. Leur but est d'éloigner les gens de Jéhovah. Méfiez-vous de ces sites! — <CiteBible>Psaume 1:1: 26:4; Romains 16:17</CiteBible>"
=> Ainsi, il n'est prêté que de mauvais mobiles à ceux qui critiqueraient un tant soit peu la Société Watch Tower et tout ce qui lui est défavorable est rejeté en bloc comme étant des "mensonges"; pas un seul instant il n'est envisagé dans ce paragraphe l'idée que ces personnes puissent monter ces sites tout simplement pour exposer des faits dissimulés qu'elles estiment importants. De plus, suivant ce conseil, il ne faudrait donc ne visiter que le site officiel pour connaître l'organisation, sans même lire ce qu'en disent des gens qui expriment des critiques à son encontre... Est-ce le meilleur moyen pour se faire une opinion objective, dans la mesure où le site officiel constitue une "vitrine" destinée à mettre en avant uniquement les aspects valorisant du mouvement? Enfin, n'est-ce pas quelque peu bizarre qu'une organisation qui clame au monde entier être la vérité ait besoin d'interdire à ses fidèles la confrontation aux critiques?
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↑ 5,0, 5,1 et 5,2 Leblanc, 2000, pp. 109,110 (pp. 9,10 du pdf)
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La Tour de Garde, 15 janvier 2006, p. 23 § 13
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jehovah.forum-religion.org, forum TJ [lien mort]
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References: § 1

§ 10

§ 16

§ 19

§ 20

§ 24

§ 27

§ 33
 § 6
 § 13