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Timestamp: 2018-07-19 19:07:06+00:00

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Inquiétude & Certitudes - mardi 30 juin 2009
Prier… [1] oiseaux, ciel gris et lourd, silence… comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voilà que la mer s’agita violemment… sensation que l’embarquement du Christ provoque la tempête… mais lui dormait. Souveraineté de cet homme, il donne le signal du départ puis s’en remet à tous et à tout. Il est tout entier dans l’instant, dans ce qu’il fait, guérissant, parlant, dormant, priant, unité profonde de cet homme. C’est le reflet humain, la conséquence humaine de l’éternité, de son éternité. Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? Evangile d’avant-hier également, le lien entre la peur et la non-foi. Psychologique ? factuel ? dialectique ? Quoique sans doute indifférent personnellement, Jésus « fait son numéro », les gens aussi, bien davantage donc que les disciples, de la rive ? d’autres barques ? Nous sommes perdus. Ils sont du métier, mais semblent mauviettes. Contraste accentué entre le maître et les disciples. Suite des aventures et intercessions de la « trinité » apparue sous le chêne de Mabré à Abraham. Sauvetage miraculeux de Loth et des siens. Episode de la petite ville de Soar, relais et abri pour Loth et les siens, l’épouse transformée en statue de sel, les deux mystérieux anges ou hommes parlent à la première personne du singulier. Loth et Abraham constatent chacun le désastre. Pâture depuis pour les reconstructeurs d’un temps sphérique et pour la science-fiction, l’écologie. Leçon autre, lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s’est souvenu d’Abraham et il a fait échapper Loth. La prière d’intercession. La mienne, la nôtre, la leur, la vôtre, celle du Christ en croix. Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? L’inspiration manifeste de la première admonestation de Jean Paul II qui supposait une réelle et personnelle imprégnation dans ce seuil – pour nous tous – de la foi : discernement, lecture, confiance, prière. Sous mes pieds, le terrain est sûr.
La Mauritanie… tout est biaisé pour un scrutin présidentiel maintenu au 18 Juillet. Le président démissionnaire en toute logique soutient le président de l’Assemblée nationale qui du premier instant à maintenant, a dénoncé le pustch. Sa personnalité charismatique a un impact qui dépasse celle-ci, puisqu’il est d’ascendance servile. Depuis trois ans, il m’est apparu que l’unité nationale dans ce pays et les équilibres inter-ethniques sont fonction de la cohésion sociale : les « grandes tentes » maures sont maintenant enclines à soutenir un tel candidat, et cela avant même l’option qu’incarne Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La candidature d’Ahmed Ould Daddah n’a plus la signification qu’elle eut en 1992 : l’opposition de la société civile à la perpétuation de la mainmise militaire sur le pays, puisque « le chef de l’oppoisition démocratique » déclara « comprendre » les putschistes au lendemain de leur coup, pour beaucoup de raisons, trop… sans doute et pour sauvegarder l’unité de son propre parti ; elle n’a pas non plus la signification de recomposition et de réflexion collective sur l’identité mauritanienne ; elle n’est plus que la candidature personnelle d’un homme d’Etat. En face, deux militaires qui ne sont certainement plus complices : une dizaine de candidats en tout, élections plus pluralistes que jamais mais dont l’observation et le contrôle sont impossibles à improviser en quinze jours. Il y aura demain une semaine, le Conseil constitutionnel annulait la convocation des électeurs pour le 18 Juillet. A peine nommé par Sidi Ould Cheikh Abdallahi, dernier acte avant sa « démission volontaire » ouvrant constitutionnellement l’intérim, le gouvernement censément d’ « union nationale » a repris le décret, prévoyant la même date, alors que la Constitution donne jusqu’au 26 Septembre prochain. Que ce soit l’un des deux militaires ou l’un des deux principaux civils, le prochain scrutin ne sera qu’une phase d’un combat de plus de trente ans maintenant : quelle est la source de la légitimité et du pouvoir en Mauritanie ? depuis 1978, l’armée ou plutôt une partie de sa hiérarchie, assure que c’est elle, proprio motu. Depuis dix mois, une conscience passionnément hostile et très argumentée soutient que ce sont les urnes, et une partie avancée de cette conscience ajoute que la démocratie politique ne peut se re-fonder que par l’intégration sociale et l’aveu d’un passé traditionnel mais innommable.
La France en régression. Son régime politique évidemment, mais ses équipements publics. Mon amie autrichienne, vendredi dernier, Air France de Vienne à Paris, trois heures de retard. Aujourd’hui, elle d’Angoulême à Paris, par le train, une heure et demi de retard : intempéries dans le sud-ouest, impossibilité d’acheminer des matériels de retard… et ma femme de Vannes à Paris, une heure de retard. L’aller-retour plein tarif : 140 euros, il est vrai que le quatrième voyage sera gratuit. Tarification : notre amie de Vienne a trouvé des allers-retours par avion : 90 euros. – Annonce claironnante, baisse du prix des SMS à partir de demain (mode de communication que je ne pratique pas mais dont je vois les ravages en courriel : l’orthographe a disparu, tout est abrégé ou onomatopé). Le fait de la commissaire européenne à la concurrence… – Le député-maire de Maisons-Laffite qui communique beaucoup me donne son dialogue avec un religieux musulman, tel que le publie le Fig.-Mag. sur la burkha. Rappel de la querelle sur le foulard au temps des Mitterrand : François et Danielle, d’avis opposés.
L’Europe en fin d’époque. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe demande que soit établie par la loi la co-décision du Parlement fédéral en matière européenne. Nous avons de notre côté, depuis Maastricht, révisé X fois nos derniers titres de la Constitution qui n’est plus celle de 1958, ni en esprit ni dans la lettre. Là où tout s’écrivait en quelques lignes, nous avons trois ou quatre pages d’alinéas divers pour des articles bis à quinquiès.
Le Rio-Paris et maintenant un Yémen-Comores : autant de ressortissants français sur l’un et sur l’autre, un peu plus de soixante, mais ce n’était pas – aujourd’hui – Air France et la compagnie ou l’appareil étaient interdits de ciel français.
La femme et la politique. Toujours Jacques Myard, mais l’homme est un modèle, son élection à l’arraché il y a maintenant vingt ans après plusieurs mandats municipaux dans l’opposition à Maisons-Laffite, une expérience de cabinet (la Coopération avec Michel Aurillac pendant la première cohabitation), une sagesse et une énergie telles qu’il reste à l’U.M.P., structure de portance et d’accueil tout en s’opposant autant qu’il veut au prince régnant, moyennant quelques retours à une révérence peu coûteuse. Les sécessionnistes dans tous les partis n’y gagnent rien : Nicolas Dupont-Aignan, Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement finalement quoique ce dernier fasse finalement une bonne carrière Troisième République… donc Myard disputant dans le Fig.Mag. le cas des femmes masquées ou emprisonnées : la même France également tolérante au spectaculaire de l’insupportable, produit cela mais aussi la « réussite » de Rachida Dati, la burkha ou la robe Dior, un destin d’esclave ou celui d’une « présidentiable », dans les deux cas, la photo.magazine. Nos idoles et nos repoussoirs. En Mauritanie, les filles de leur pères respectifs. Ministre secrétaire général de la présidence de la République, la fille d’un vétéran de la politique depuis cinquante ans : Cheikhna Ould Mohamed Laghdaf. Secrétaire particulière de son père, Sidi Ould Cheikh Abdallahi de son renversement en Août dernier à maintenant où elle devient porte-parole du candidat légitimiste Messaoud Ould Boulkheir, et entretemps, elle se marie : chère Amal. Chez nous, l’inimaginable mise en scène : « la première dame ». Yvonne de Gaulle s’en retourne dans sa tombe, l’AFP – que je compile – d’une discrétion égale à l’anti-héroïne mentionne comment elle accompagne le Général dans ses voyages en province. Il me semble que cette imposture – qui va de pair avec notre dégénérescence politique – date de Bernadette Chirac, un goût pour le pouvoir et un mépris de plus en plus évident pour son mari, l’ont malheureusement inspirée. Claude Pompidou faillit perdre son mari, mais la chose n’était que d’amour d’un côté et de mœurs de l’autre, fort peu de politique puisqu’au demeurant l’épouse du Premier ministre détestait le milieu et la passion politiques. Anne-Aymone Giscard d’Estaing, née de Brantès, avait une classe et un savoir-être plus qu’adéquats. Danielle Mitterrand aima François, le borda à gauche, comprit tout de l’époux volage, de l’enfant adultère et de ses propres fils embarrassants. La chute de la Cinquième n’est que mise en scène par Nicolas Sarkozy pour ce que celui-ci croit son entrée dans l’histoire et la gloire, quoiqu’il ne vive qu’au présent, ce qui caractérise sans doute son dérangement mental, la chute date de l’élection à l’usure, en 1995, de Jacques Chirac : que de temps, que d’énergie, que d’argent, que de militance surtout furent alors gâchés.
Inquiétude & Certitudes - lundi 29 juin 2009
Prier… [1] la solennité des deux fondateurs, itinéraires, tempéraments, talents, charismes totalement différents sinon opposés, complémentaires. Matthieu qui a vêcu le ministère public du Christ décrit et motive la primauté de Pierre : Heureux es-tu Simon, fils de Jonas, et Luc, l’historiographe, raconte sa libération miraculeuse. Paul vivra la même chose. L’Ange du Seigneur… mon Père qui est aux cieux. Jésus n’évoque pas, comme agent de la profession de foi de Pierre, l’Esprit Saint. Dans les évangiles, l’Esprit atteste l’identité du Christ, il inspire les disciples seulement après avoir été envoyé par celui-ci. C’est le Père qui rend témoignage au Fils par Pierre, par l’Eglise, par nous. Une fondation spirituelle, une lignée temporelle, inspirés certes mais sans mandement scripturaire les chrétiens, les apôtres survivants inventeront l’élection du successeur de Pierre qui ne sera pas l’un des Douze : Jean survivant de beaucoup à Pierre, aurait pu être « élu pape ». Non, le rôle, la fonction, le charisme sont tout autres. Les clefs du Royaume (le roman « chinois » de Cronin, Gregory Peck) et le sacrement dit autrefois de pénitence, ce qui certainement était une mauvaise appellation, réductrice, et apelé aujourd’hui de réconciliation ce qui a sa vérité spirituelle et plus encore psychologique. Contemplation aujourd’hui de deux faits, donc. Et conclusion de Paul, le bilan d’une vie apostolique. Il me semble être au seuil, moi-même comme tant d’autres, fourbu, fatigué, la foi de naissance : le Seigneur me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son Royaume. Cette fillette de pas quatre ans, hier, à la plage, qui sait expliquer qu’elle a un grand frère, au ciel, qui ne reviendra jamais. Bribe de foi de ses parents ? notre fille, une petite méduse desséchée là où plantant un fétu de paille, elle improvise ce que je lui explique un cadran solaire, mais la méduse : pauvre petite méduse, ses parents doivent s’inquiéter. Il me sauvera… tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. L’humanité, chargée d’elle-même et devenant Eglise par les sacrements qu’elle a reçus et administre, son fondement étant la foi au Christ, Fils de Dieu. L’ensemble de cette pétition – réalité de foi pour le chrétien – est évidemment difficile à recveoir pour les autres monothéistes, plus encore pour les incroyants. Surtout s’il est énoncé d’une manière rituelle ne distinguant nullement celui qui se drape ainsi, des autres se croyant mieux habillés que lui… Jésus a prévenu l’objection : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela. Ce qui réduit (ou agrandit...) notre « rôle » à la prière d’intercession et au travail sur nous-mêmes : je me suis bien battu, j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle. Dans la confiance et un discernement de ce que Dieu opère dans le monde et en nous : maintenant, je me rends compte que c’est vrai : le Seigneur a envoyé son Ange, et il m’a arraché aux mains d’Hérode et au sort que me souhaitait le peuple juif.
Les municipales. Alduy, deuxième génération, fraude il y a deux ans, fraude probable au premier tour où il est en tête, élu hier avec plus de 53%. Hénon-Beaumont, Marine Le Pen joue son avenir national, en deuxième position de la liste Front national qui obtient au premier tour plus de 40% des voix, en tête de liste pour lui céder la mairie, un « homme de terrain », qui laboure. Un Camus, sociologue ou du CEVIPOF : il ne suffit pas qu’il y ait désindustrialisation, crise, etc… il faut quelqu’un qui ne soit parisien, soit crédible en alternative, ne fasse que cela, du plein temps, vg. Stirbois. Autour, agitation verbale, la République, les Républicains, la réalité : le divers gauche ennemi juré d’un Ferrari qui au P S a dû lui faire quelque chose et à qui il ne tendra pas la main, il n’y aura donc pas d’union dans les urnes. Marine Le Pen, troisième en 2012 ? puisque « tous pourris » ?
[1] - Actes des Apôtres XII 1 à 11 ; psaume XXXIV ; 2ème lettre de Paul à Timothée IV 6 à 18 ; évangile selon saint Matthieu XVI 13 à 19
journal d'il y a quarante ans - dimanche 29 juin 1969
+ Dimanche 29 Juin 1969
Le gouvernement – dans sa composition .
comme dans ses premières déclarations – me semble
suer la médiocrité .
La non-entrée de Pinay . ne me chagrine pas .
mais elle domine le Gvt .
Le départ d’Edgar Faure . est par contre
gros de conséquences .
Aucune personnalité dans ce Gvt .
Et les nouveaux : Pleven et Duhamel ne sont que
des baudruches qui ne brillent pas par leur compétence
comme si Pompidou avait peur de gens qui seraient
en fait ses égaux .
L’élection présidentielle ne l’a en aucune manière
sacralisé .
Et le système est trop monarchique pour qu’il ne
faille pas en plus une forte légitimité pour occuper la place .
La compétence et le savoir-faire ne suffisent pas .
J’eusse aimé Edgar Faure aux Finances .
et bien sûr le maintien de Debré aux Affaires Etrangères .
De toutes façons . Pompidou est pris entre le regard
permanent du Général qu’il sent posé sur lui .
et le peuple le plus ingouvernable et surtout versatile
qui soit . Il y faut plus que de l‘habileté pour réussir .
Inquiétude & Certitudes - dimanche 28 juin 2009
Prier… [1] ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. Jésus constate le miracle que produit la foi, qu’est la foi, bien plus qu’il ne commet ce miracle. Ne crains pas, crois seulement. Les miracles sont d’abord un relationnement de l’homme à Dieu, Jaïre, l’hémorroïsse. Relationnement que les textes – notre expérience personnelle aussi – tire de sa gangue, les événements, la foule, l’agitation : la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. … Jésus voit l’agitation … Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui l’accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. La tempête apaisée, alors il se fit un grand calme. Jésus en famille, on entend le silence, on voit la scène. Il saisit la main de l’enfant … aussitôt, la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait douze ans… puis il leur dit de la faire manger. Miracle total ? résurrection effective ? science humaine ? puissance divine ? il y a du flou. Marc scrute la scène, il est du point de vue du Christ, acteur et rôle souverains, centraux. Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Jésus surhumain ? supranormal ? donc réductible à l’exceptionnalité, qui nous éloigne de Dieu, nos fausses routes que nous décrétons sûres, explicatives et magnifiques. L’évangile nous ramène au concret : un Christ que l’on va chercher, que l’on approche, qui vient, qu’on entoure de nos émotions et de notre nombre, de nos souffrances. Un Christ qui a sa place – divine – dans une époque, une époque analogue à la nôtre avec ses paramètres, ses habitudes et son bon sens. Notre époque. Paul en règle l’économie politique avec cette audace qui – j’en fus témoin – a quasiment converti un des remiers juristes du monde soviétique avec qui je conversais de confiance et souvent pendant ma mission au Kazakhstan : il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu’ils ont en moins, pour qu’un jour ce qu’ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins, et cela fera l’égalité, comme dit l’Ecriture à propos de la manne : celui qui en avait ramassé beaucoup n’a rien eu de plus, et celui qui en avait ramassé peu n’a manqué de rien. Qui s’arrête à une telle leçon ? en ce moment de crise, de paupérisation et de perte de tout repère dans l’avalanche de mots qui ne dérange aucune position acquise, c’est-à-dire ne conteste rien de l’inégalité criante ? Dérangement de nos sociétés tel que nous échappe l’affirmation décisive : Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même. … Dieu n’a pas fait la mort… Puis il leur dit de la faire manger… elle avait douze ans. Notre petite fille n’en a pas encore cinq. Sa voix. Nos morts à venir. Dieu, notre prière, la promesse. ‘ Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ’. Jésus partit avec lui.
France-Infos. deux journalistes de radio étrangère nous commentent. Un Belge, un Allemand. A peu près le même langage. Dépenses de fonds et de décors à Versailles par un Sarkozy faisant catalogue de vieilles mesures et ne jouant absolument rien dans le registre européen, ou même seulement franco-allemand. Seul « joli » coup dans le remaniement ministériel, un Mitterrand au gouvernement. Je ressens surtout de la commisération pour ce que nous croyons irrépressible ou suprême.
Séminaire gouvernemental (tandis que le couple Sarkozy-Bruni, dans les Caraïbes, se bronze sans communiquer et sans doute hors des territoires français, chez quelque richissime). Thème, se partager la manne attendue du « grand emprunt ». Type de discussion, genre confection du budget. C’est-à-dire incompréhension totale de la fonction économique et monétaire de l’emprunt (consolidation de la dette, diminution des liquidités) et désastreuse communication publique. Les Français comprennent parfaitement : 81% sont dubitatifs ou hostiles, selon un nouveau sondage. L’emprunt, s’il est couvert, le sera par les « zinzins », c’est-à-dire le système bancaire qu’on a garanti et renfloué à l’automne sans le moins du monde ni le réformer, ni entrer dans un système, provisoire ou pérenne, de contrôle.
La monocratie et ses effets. Vocabulaire régnant, depuis quelques mois, le président ne dit plus des décisions ou ne donne plus des orientations ; il propose des pistes. On ne peut, textuellement, faire plus modeste et moins souverain. De même que dans le temps, il y avait des priorités par centaines, ce qui rendait tout illisible, comme ceux qui surlignent de génération en génération les livres, manuels et polycopiés universitaires.
Le système contraire était notre monarchie d’avant 1789. Le roi, tenu en conscience devant Dieu, le roi gouvernant en conseil. Confusion des pouvoirs, ce qui correspond au tréfonds de l’inconscient : saint Louis, chef de guerre (les croisades, désastreuses à son époque) et rendant en même temps la justice sous son chêne à Vincennes. Les contre-pouvoirs étaient dans la vénalité des offices et dans les parlements de justice. La loi était passée au crible aussi bien des corporatismes et des intérêts, que de véritables orfèvres en textes. Le roi, tenant son pouvoir en théorie de Dieu (avec la thèse d’Eglise sur le régicide, loisible quand le roi est indigne ou défaillant à son serment) et en pratique de l’hérédité, de l’ascendance familiale n’était ni un arriviste, ni un ambitieux et avait reçu une éducation convenable. Ce dernier élément fait souvent défaut à nos chefs aujourd’hui, et nous sommes gouvernés par des arrivistes. Quant à la conscience… le tintamarre dans l‘exercice du pouvoir est tel, et l’arrivisme déforme tellement les psychologies, que la conscience – du roi, du peuple – est inaudible. En revanche, l’hérédité est partout : le show-bizz, médias compris, la politique, on est à la tête des villes ou députés sur plusieurs générations. Alduy, Baroin, Léotard, Alliot-Marie, etc… et le corporatisme avec ses cooptations nous régit.
[1] - Sagesse I 13 à 15 & II 23 à 24 ; psaume XXX ; 2ème lettre de Paul aux Corinthiens VIII 7 à 15 ; évangile selon saint Marc V 21 à 43
Inquiétude & Certitudes - samedi 27 juin 2009
Prier… [1] pourquoi Sara a-t-elle ri ? … Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? … Saisie de crainte, Sara se défendit en disant : ‘ Je n’ai pas ri ’. Mais le Seigneur répliqua : ‘ Si, tu as ri ’ Le schéma psychologique du péché : doute de soi, doute de Dieu, doute du rapport créature/créateur, doute du sens de l’univers, de la vie et nature du rire : l’auto-dérision. Combien je suis frappé du « pli » de notre époque, depuis combien de temps ? tous les dirigeants se font photographier hilares [2], les publicités aussi, montrer les dents… alors que chez les animaux c’est un signe de défi. Sauf chez la doyenne de nos chiennes, que nous avons vu souvent, dans son âge plus jeune, sourire, dents découvertes mais dodelinant de la tête en nous approchant. La trinité de Roublev méditée selon cette venue des trois hommes, parlant et faisant comme un seul, au plus chaud de la journée, tandis qu’ils font halte sous le chêne de Mambré où Abraham a établi son campement. Tableau en deux versions, que j’ai regardées, chacune, à Sergueiev-Passad (ex-Zagorsk pour l’époque soviétique) et qui a une histoire dans ma vie. Je crois que le tombeau pas seulement de saint Serge, mais de Boris Godounov se trouve dans ce monastère. Il renvoie les riches les mains vides, des vies entières nous paraissent un renvoi, des époques entières de ma vie : ainsi. Puisque vous êtes passés près de votre serviteur. Abraham docile à partir de chez lui selon l’injonction d’un Dieu qui ne se présente pas et dont le texte dit seulement l’intrusion dans vie calme et heureuse. Abraham docile à accueillir, sans le moindre pressentiment qu’il va recevoir confirmation de la promesse divine. Premier dire : Dieu face à face, celui de l’Ancien Testament, second dire : Dieu trinitaire qui se révèle quoique voilé mais selon notre accueil, le Nouveau Testament. La promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. Condition ? la docilité qui n’a de fondement que la foi : dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres… La démonstration par le droit romain, par la supérieure organisation de l’occupant donné en modèle pratique et spirituel, par le Christ. Je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. … Rentre chez toi, que tout se passe selon ta foi. Abraham, le centurion romain, le miracle-type : notre foi ratifiée, accueillie par Dieu en actes. Ceux de notre salut. Pour tous, et pour ceux rencontrés, dans ma propre vie, hier… pour ce pays aussi qui m’est cher, cette Mauritanie… pour notre pays en proie à lui-même, les yeux bandés, les mains qui ne sont plus qu’à peine tâtonnantes.
France-Infos. « duel du jour », commentaires entre compères. L’un : le PC c’est le Président. Ce n’est pas un gouvernement en situation d’échec. Et de l’autre côté, on ne voit pas d’alternative, ni de grand orateur, capable de répondre au Président. – Je réponds mais in petto… puisque je n’ai aucun signe, sinon deux ou trois « commentaires » en un an… le système fait le vide. Il le produit en politique économique et sociale puisqu’il a achevé le désarmement et le démantèlement de l’Etat et ne rétablit aucun outil au contraire : on n’a jamais autant parlé de modèle social français, et de démocratie irréprochable depuis que nous subissons tout le contraire. Il le produit surtout en vie politique, puisqu’il empêche toute expression divergente. L’opposition est illégitime par principe : chroniques du Figaro dont le propriétaire est invalidé en tant qu’élu, ne traitant que du PS et par commisération, révision du règlement intérieur des assemblés pour réduire le temps de parole, l’opposition n’étant qu’obstruction aux bonnes action du gouvernement. Quant à oser évoquer l’art oratoire du président tel qu’en face aucun ne peut s’aligner… cela montre bien qu’une partie du désespoir français tient à ceux des médias censés parler en notre nom.
Un ami de village, nous échangeons, le monde se déstructure et d’une façon irréversible, redressement ou re-départ s’il y a seront difficiles, coûteux et moyennant beaucoup de casse. Elle sort de congé-maternité, assure la comptabilité à la cidrerie, la vente aujourd’hui où il y a peu de monde. Heureuse d’un travail. Son mari dans l’intérim, trois agences, surtout le milieu rural, Pontivy et autour, émigration à Vannes, le marché du tertiaire, tout s’est effondré, plus rien. Des amis en Ile de France, lui, tête pensante chez Renault, primes sautées, salaire diminué donc de 20%. Elle a fait campagne autour d’elle contre Sarkozy, vous allez voir, on lui répondait, il faut que çà change, elle disait, çà ne changera pas dans le bon sens. Les manifestations ne servent plus à rien, tout est inexorable. Je réponds par l’image de la cocotte minute, par la probabilité d’un « collapse » présidentiel, la suractivité, la suraffirmation par dopage médicamenteux, la pupille dilatée, le mépris de l’adversaire et des subordonnés, la grossièreté dans un laisser-aller que ne compensent ni culture ni éducation. La culture et les ascendances révolutionnaires de notre pays. Mais elle aussi assure qu’il n’y a pas de relève. J’ai quant à moi Ségolène Royal, Martine Aubry, Michel Sapin, Pierre Moscovici. Ce sont les Benoît Hamon et Manuel Valls qui propagent l’image de vacuité des oppositions. Et François Bayrou va rebondir s’il est non seulement ambitieux mais intelligent, s’il s’entoure et suscite le compagnonnage.
La marraine autrichienne de notre fille – à qui je dois une compréhension que je crois fondée de toute l’Europe centrale de l’Est et des conditions ayant créé l’ambiance pour la « chute du mur » – m’offre un mélange de textes (coll. bouquins de Robert Laffont) sur Marie-Antoinette. L’acte d’accusation, puis des éléments du procès montre la reine comme un des acteurs principaux (et des plus intelligents) des années qui firent la Révolution et la France contemporaine. La reine est notamment accusée d’avoir dilapidé les deniers publics avant 89, puis mené l’Assemblée législative sans que Mirabeau soit pourtant évoqué, correspondu avec l’ennemi, inspiré la coalition et la guerre, et surtout organisé une « conspiration » qui provoqua la journée fatale du 10 Août 1792. Elle tient tête, nie, rectifie, établit les faits, elle est reine plus que jamais.
La clé de notre pays, encore aujourd’hui, est dans ces années 1774-1799-1815 (projet d’écrire une réflexion-méditation-mise au point-histoire de Ces crises de légitimité qui ont fait la France, né dans ce que l’on appelait à la fin des années 1950, encore le « petit train de ceinture » SNCF aux wagons marrons qui faisaient le tour de Paris avec une sorte de nœud ferroviaire de la SNCF à Pont-Cardinet. C’est devenu une jachère, les voies, parfois des terrains de tenis ou de sports, les gares devenant des restaurants. Et l’on réinvestira à grands frais pour du périphérique, tramways et autres. Effort des collevctivités locales dans les années 1880-1900 pour les chemins de fer « d’intérêt local », réseaux des tramways notamment à Paris, les vitres de ma grand-pmère rue de Rennes, non loin de la gare Montparnasse avec sa façade où se serrèrent la main de Gaulle et Leclerc, et dont je ne comprends pas qu’elle ait été détruite au lieu de son classement – dans le « petit train » donc, je lisais de Bainville l’histoire de la troisième République, assez mince et brochée chez Fayard, pour découvrir à mes quinze ans, qu’il n’y avait pas cent ans que nous avions failli revenir, sans doute définitivement, sous le sceptre de nos rois).
[1] - Genèse XVIII 1 à 15 ; cantique de Marie Luc I 47 à 55 ; évangile selon saint Matthieu VIII 5 à 17
[2] - suite… se faire photographier à deux dirigeants, chacun faisant valoir l’autre pour son opinion nationale, la main dans la main, mais sans se regarder, les yeux vers les preneurs d’images, de même que l’essentiel des voyages officiels n’est plus une conversation approfondie à loisir, mais une conférence de presse « commune » donc pour la montre de chacun, plus longue que les entretiens dont elle est censée donner la substance. Ainsi ont dérivé les accords entre les hommes qui ne sont plus que semblants et les tutoiements qui ne sont plus intimité politique ou personnelle. Jésus le regarda et l’aima… accolades et poignées de main, de Gaulle et Adenauer … les regards en continu des trois personnages attablés sous le chêne selon Roublev
Inquiétude & Certitudes - vendredi 26 juin 2009
Dieu bénisse mes aimées et ce travail, ces entretiens, et toutes rencontres, tous dialogues, à commencer par ceux prévisibles en son temple. Ce jour qui peut être celui de ma mort. La mienne ou celle d’un proche, aimé, ce qui revient au même : entrée dans la foi. – Prier… tu verras le bonheur de Jérusalem, tous les jours de ta vie. Ultime parole (possible, spirituellement certaine, probable à l’époque) du Christ regardant s’éloigner le lépreux, guéri parce que croyant, croyant parce que rencontré. Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : ‘ Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ’. Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : ‘ Je le veux, sois purifié ’. Aussitôt, il fut purifié de sa lèpre. Incarné, le Fils de Dieu reprend notre langage, entre dans nos demandes, de demande rien en retour et se soumet même aux usages de notre époque… Abraham se prosterna. Il se mit à rire car il se disait : ‘ Un homme de cent ans va-t-il avoir un fils, et Sara va-t-elle enfanter à quatre-vingt dix ’ (le rire, travaux de Le Goff sur le Moyen-Age, hypothèse d’Umberto Eco, Au nom de la rose : Jésus ne rit jamais, n’a pas ri ni souri, selon la littéralité des textes évangéliques). Humilité et bon sens de notre père dans la foi : ‘ Accorde-moi seulement que’Ismaël vive sous ton regard ’, pas sous le sien, mais sous celui de Dieu. Pluralisme du monothéisme : j’ai bien entendu ta prière, je le bénis, le ferai fructifier et se multiplier beaucoup, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation. Ismaël et Isaac donc : Quant à mon alliance, c’est avec Isaac, que je l’établirai, avec l’enfant que Sara va te donner l’an prochain à pareille époque. Dieu nous exauce mais selon ses plans et bien plus littéralement que nous l’espérerions ou à plus forte raison l’exprimerions, jamais. Les bienfaits de Dieu se constatent. Va te montrer… Heureux, es-tu ! A toi le bonheur ! Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de ta table, comme des plans d’olivier. Ainsi, soit-il ! pour tous et pour chacun de nous. Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies. … Je suis le Dieu Tout-Puissant, marche en ma présence et sois parfait… Lorsque Dieu eut fini de parler avec Abraham, il disparut à ses yeux. [1] Dieu parle… visiblement… se donne à voir et à entendre… touche. Jésus étendit la main, le toucha.
56% des Français – sondage pour Le Figaro – sont hostiles au « grand emprunt national ». Effet du discours à Versailles, devant le Congrès : forme et fond. Les Américains, propension grandissante à épargner, analyse des causes de la crise : l’endettement pour acquisitions immobilières. Commentaire (pour les Etats-Unis) : cela conforte la récession. Relance par la consommation, chez nous, là-bas…
Sarkozy deux fois deux heures dans les Antilles. Du moins, pour le public. Entretemps ? ou après ? Un referendum sur l’autonomie à la Martinique, pourquoi pas à la Guadeloupe. Quelles consultations ? quelles délibérations préalables en conseil des ministres ? un conseil où simplement s’est enregistré avant-hier la recomposition. Du referendum sans que cela fasse courir le moindre risque au pouvoir, le referendum refusé aux Français sur la Constitution, sur l’Europe, sur le service public.
Michaël Jackson, mort, accident cardiaque, 700 millions d’albums vendus (« de mon temps », on disait disques), tournée d’adieux, Londres, à partir du 13 Juillet, 700.000 billets vendus en un après-midi, endetté, il attendait beaucoup de ses adieux. Pour moi, un noir qui passa sa vie à se travailler une peau blanche, et qui a eu des affaires, vraies ou supposées, de pédophilie. C’est tout. Jamais entendu, jamais vibré, j’étais à l’étranger, j’écoutais les infos. pas les variétés. Je passe à côté de mon époque. Ma femme, née en 1962, le pas de danse, le fameux pas de danse en arrière, Thriller, elle fait donc chorus avec le mouvement mondial : le génie de la musique, le réinventeur absolu, le père de… Des fans. effondrés de chagrin, parvis de Notre-Dame, l’icône, l’idole, la danse, le chant, il était tout pour moi. La radio donne en boucle, j’écoûte, une voix de fille, du son, j’ai entendu cela naturellement, toute une époque, après le « yéyé », un fond. Notre fille, quatre ans et demi, trouve cela très bien, elle aime. Je débarque donc… Mais pas Sarkozy, plusieurs minutes de textes, communier avec le peuple anesthésié par cette mort, sans doute peut-être, mais anesthésié politiquement par ce système depuis deux ans et un mois. VGE avait commencé, mais à toute petite et timide échelle, se faire photographier à l’arrivée du Tour de France, avec le vainqueur. Sarkozy fait mieux, il est fan. de tout ce dont les Français sont fan. De fait, il témoigne de la même émotion et du même emballement que ma chère femme. Votera-t-elle pour lui en 2012 pour avoir ainsi communié ?Pour se citer dans son texte, le président rappelle Aimé Césaire, l’éloge du matin, à ne pas rapprocher mais à dire quand même : universalité analogue, lui et Jackson. – Les condoléances et expression de communion de Barack Obama ont été par communiqué et non en verbe direct. Césaire, Jackson, Obama sont des Noirs, ils sont situés et se veulent tels, même si Jackson… où sommes-nous à chercher, nous, nos idoles ? L’apathie a ses repères ou bien – je débarque – se trouve-t-on en « se lâchant » ? danser sur chant-chanson. Il m’a aidé à supporter les difficultés de la vie, confesse une fille hoquetant de larmes. Me voici à penser à cet homme qui fut d’abord un homme à chercher et se chercher, seul depuis son procès et qui refaisait surface. Mystère du médecin traitant, il vaut mieux dire : médecin dopant, au point que le cœur inopinément (58 ans ?) lâche. Disparu. – Il y a peu Baschung (orthographe), jamais entendu ni jamais perçu part une quelconque évocation, mais du texte rétriospectivement me fait l’estimer. Il va en être ainsi de Jackson que je vais pénétrer par l’histoire et la sociologie, par notre époque. Ma femme, après d’autres, dit que je danse très mal, mais hors quelques réceptions de mariage, nous n’avons encore jamais dansé ensemble. Au Musiksverein, à Vienne, bien tenu, j’ai valsé une nuit entière, avec bonheur, des yeux noisettes, verres de contact, m’épousaient et disaient que le bonheur était partagé.
[1] - Genèse XVII 1 à 22 passim ; psaume CXXVIII ; évangile selon saint Matthieu VIII 1 à 4
lecture annotée de la déclaration présidentielle au Congrès, le lundi 22 juin 2009
Inquiétude & Certitudes - jeudi 25 juin 2009
Je ne vous ai jamais connus. Ecartez vous de moi, vous qui faites le mal. … Et tout homme qui écoute ce que je vous dis, sans le mettre en pratique, est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. … Il parlait en homme qui a autorité … Jésus parle de bon sens, clairement et nettement, mais le tranchant n’est pas dans le conseil qu’il donne, la simple prévoyance, il est dans le relationnement à Lui. L’incarnation du Fils de Dieu rend les choses et le mouvement précis, accessibles tandis qu’Abraham erre entre Sara et Agar, à la recherche de sa postérité propre et dans une certaine confusion car la promesse divine continue de le motiver et de l’habiter. Abraham inspiré par Sara, sa femme, n’aboutit pas même si la tradition monothéiste nous propose, dans les deux descendances par Ismaël et Isaac la généalogie de toute fraternité spirituelle. Jean-Marie Lustiger y ajoute la considération subtile et forte que toute conversion au Christ passe par l’itinéraire religieux d’Israël, l’attente, la révélation, la promesse. Mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Nous sommes renvoyés à l’enseignement du Fils. [1] Rien à revendiquer es qualités. Pas de créance humaine sur Dieu, rien ne nous est mérite. Nous sommes appelés à la maturité d’une conduite adulte : construire sur le roc. Et pas seul. Toi qui les sauve, visite-moi : que je voie le bonheur de tes élus ; que j’aie part à la joie de ton peuple, à la fierté de ton héritage.
France… la démocratie irréprochable. Diffusion d’un article de media-part : une affaire de fausses factures concernant Sarkozy père et fils. François Fillon, absent du remaniement, nomme un universitaire, membre de l’UMP et bras droit du maire de Neuilly après avoir été le faiseur de la campagne de David Martinon : sa nouvelle plume pour le discours économique. Dans les trois jours sur demande de Jean Sarkozy, il doit s’en séparer.
Les « états-généraux » de l’Outre-Mer… programmés pour Avril avec participation soutenue du président de la République. Des réunions dont peu arrive en « métropole » depuis un mois, le visage avant-hier d’un secrétaire d’Etat sans doute de peu de carrure mais qui avait compris que la domination « békée » ne fait l’affaire ni des locaux ni de la France en plus général pour aujourd’hui, en boucle, le battage médiatique sur une présence là-bas du président de la République, deux heures par île.
Le chômage empirant, les statistiques multipliant par dix ou vingt ans les annonces faisant état de quelques grands noms ou de moyennes entreprises : les trois mille licenciés de Michelin, et chaque jour deux ou trois entreprises vidant chacune quatre ou cinq cent personnes. Une politique macro-économique qui commence de ressembler à celle – Calonne – qui emporta l’Ancien Régime : l’emprunt pour faire croire que l’Etat peut encore quelque chose. Aucune coordination avec l’Allemagne, qui – elle-même – a beaucoup de mal à placer les obligations publiques. Le Monde donne une page presque entière à une dame ayant débuté dans les cosmétiques, pas en laboratoire mais en salon d’esthétique et de coiffure, qui serait maintenant le « nez » économique du gouvernement.
Ceux à qui la disgrâce va bien. Celles… Christine Albanel refuse la villa Médicis.
Mauritanie… la situation est révolutionnaire. Depuis vingt-quatre heures, l’hélicopère transportant vers Tamchakett (cent sud-est) le général-candidat est introuvable : canular, scenario du général de Gaulle un autre mercredi, il y a quarante-et-un ans, disparition réelle. Le Conseil constitutionnel, en soirée, hier, a annulé, contre toute attente le décret de l’intérimaire convoquant les électeurs pour le 18 Juillet, nonobstant qu’aucun des préalables convenus il y a près d’un mois à Dakar n’a été rempli. Cet après-midi, à seize heures locales, manifestation de toutes les oppositions au centre-ville de Nouakchott, place de la Liberté sur laquelle donne l’avenue de l’Indépendance. J’habitais presqu’à l’angle en 1965-1966 : les blocs-manivelle (la forme au sol vue d’avion). Le site internet Taqadoumy n’est plus connecté que par intermittence : une trentaine de tentatives d’intrusion hostile par jour depuis l’arrestation de son directeur de publication, il y a six jours.
Mauritanie… le général-candidat est arrivé à destination. Son alter ego, El Ghazouani, qui tient pour lui la présidence du Haut Conseil d’Etat, dont les opposants veulent la dissolution, a été suspecté vingt-quatre heures… Franco fut suspecté de l’accident d’avion qui coûta la vie à son alter ego, le général Sanjurjo, très vite après le soulèvement du… 18 Juillet 1936 .
Les nouvelles se catapultent l’une sur l’autre. A Tamchakett, Mohamed Ould Abdel Aziz assure – comme à propos de la date du 6 Juin initialement arrêtée pour l’élection présidentielle anticipée – que celle du 18 Juillet est irréversible, ce qui signifie que les candidatures seront reçues jusqu’à demain soir… par un Conseil constitutionnel qui vient d’invalider le décret mettant, précisément, en œuvre cette date. A Nouakchott, le président sénégalais Abdoulaye Wade rencontre l’intérimaire et aussi le président, « déchu » selon les uns, légitime selon les autres, à qui réclamer d’ailleurs sa signature pour la formation d’un gouvernement d’union nationale toujours pas composé, et pour sa démission « volontaire ». C’est – en comptant les vingt-quatre heures de disparition de « l’homme fort » - du théâtre-bouffe italien. La manifestation convoquée pour seize heures locales a-t-elle eu lieu ? elle avait pour objet le « décret M’Baré », c’est-à-dire de contester la tenue du scrutin à une date artificielle sans que les préalables d’un gouvernement d’union nationale et d’une refonte de la commission électorale, aient été rempli. Il n’y a – censément – plus de « décret » M’Baré ».
France… je parcours pour l’annoter prochainement, la « déclaration » présidentielle devant le Congrès, à Versailles, lundi. Mélange d’Henri Guaino et de la dialectique sarkozienne, le ton du scandale pour se donner l’impératif du changement, l’invocation du Conseil national de la résistance, la pétition d’une conscience commune de l’héritage national. A la lecture, cela sonne faux. Pas tant par le rappel des mesures déjà répétées et dites depuis des mois que par ces pétitions qui, dans la bouche, de tout autre ne viendraient jamais tout simplement parce qu’il est évident qu’un Français se sent solidaire du passé français. Pourtant, la nationalité d’adoption – 1947 – du père de Nicolas Sarkozy n’est pas, proportionnellement, plus récente que celle de bien de nos compatriotes africains ou maghrébins. Pourtant, Mazarin pouvait dire : mon parler n’est pas français, mais mon cœur l’est bien. Il y a chez Nicolas Sarkozy quelque chose d’étranger et qui n’a rien à voir avec son passé ou ses ascendances, ce lui est personnel, il y a quelque chose – que je n’ai pas encore élucidée, mais que beaucoup sentent – qui résiste à notre identité nationale, qui fait de lui peut-être un dirigeant, peut-être un animateur, peut-être l’acteur de rôles ou de fonctions dont nous n’avions pas l’usage ni sans doute le goût ou la nécessité, mais à quoi nous avons majoritairement consenti, mais qui certainement empêche que nous nous reconnaissions d’instinct en lui, en ce qu’il dit, en ce qu’il propose. Si l’on cherche une différence fondamentale avec de Gaulle, elle est là. De Bonaparte ou de Napoléon, il reste ce mot du grand Carnot (la levée en masse, les soldats de l’an II), à une époque plus que critique : 1815. Mais, sire ! vous êtes la France. Et Louis XVIII dit, à peine plus tard, à la reine Hortense qui le répéta à son fils, le futur Napoléon III : sachez, madame, que j’ai souvent admiré celui que vous avez aimé.
Interrogation dramatique – certainement articulée par beaucoup au plan social à l’adresse de beaucoup de dirigeants depuis des générations : est-il des nôtres, peut-il le devenir ? mais il me semble que c’est la première fois qu’en France la question se pose en référence au national. – Rien à voir avec les thèmes européens ou atlantiques, voire même économiques, sociaux. Qu’est-ce que la France, que sont ses compatriotes relativement à lui ? Ses références de texte sont plaquées. – Et ce qui approfondit le drame, c’est qu’on ne peut dire à qui il serait ou d’où il serait, s’il n’est pas à nous, s’il n’est pas des nôtres.
Là, me semble-t-il, est la clé de notre désastre, du décalage de tout, du faussement de tout, non seulement dans les politiques gouvernementales ou dans l’ambiance générale du pays, mais dans tous les fonctionnements d’institutions, d’entreprises, dans ce qui devrait être des contre-pouvoirs, des médias, des oppositions, des représentations, tant il est vrai – de Gaulle en conférence de presse, le 31 Janvier 1964 – que du fait de l’élection présidentielle au suffrage universel direct « l’autorité indivisble de l’Etat es confiée tout entière au Président par le peuple qui l’a élu, qu’il n’en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui ne soit conférée et maintenue par lui ». Lors de son premier message de vœux aux Français, en tant que président de la République, François Mitterrand s’interrogeait à propos de nos institutions : « Elles étaient dangereuses avant moi. Elles le redeviendront après. ». Je le crois maintenant, pas tant à cause de ces institutions-mêmes, mais par cette obscur penchant français à se courber devant le chef, et si le chef n’a plus en référence sa conscience devant Dieu (le prince chrétien, qu’étudie d’abord Roland Dumas qui rappelle ce mot de celui de nos présidents qui dura le plus longtemps, d’affilée, à notre tête [2]) ou sa propre mise en cause devant le peuple (cette procédure référendaire que refusent Nicolas Sarkozy et l’U.M.P. de maintenant), alors, oui, « tout devient possible » et nous y sommes. Nous consentons à cette déteinte universelle chez nous d’une psychologie mal identifiée mais simpliste, nous consentons à une confusion sans précédent des pouvoirs, des fonctions, des métiers, nous consentons à des abus de position et de situation, car de la tête de l’Etat tout devient contagieux, tout peut se couvrir, tout peut se protéger et même la lumière ou l’évidence deviennent à charge de ceux qui les projettent. Deux sanctions seulement s’envisagent. La non-réélection … une inefficacité telle des politiques économiques et sociales que tout explose ou implose… mais l’engrenage dans lequel nous sommes et qu’expose bien l’impétrant à Versailles, est que « la crise » absout rétrospectivement et par avance, l’élu d’il y a deux ans et celui qui, depuis cette date, nous impose la recette unique d’un arrivisme auquel personne, encore, n’a pu résister. Et rien ne rend plus cynique que l’arrivisme puisqu’il se fonde sur l’expérience – celle du joueur de Dostoeiwski – de la psychologie humaine, tout homme, tout ce qui a position tout ce qui a position apparemment dominante, est un vaincu potentiel que ses pareils ne voient pas ainsi, ni ses subordonnés mais que l’homme d’un futur obsessif, faisant déjà sillage, a discerné. Là où le commun se sert des choses pour parvenir à commander les personnes, celui-ci est allé des personnes pour posséder toutes choses. Le livre bâclé mais anecdotique de Catherine Nay [3] montre chacune de ces remises en jeu d’un destin que le parieur veut toujours supérieur.
Il est vrai que depuis longtemps – sinon depuis Avril 1969, unique fois où un président, un homme au pouvoir le quitta parce qu’il n’avait plus le consentement populaire explicite pour sa personne et ses propositions – l’ambiance publique s’y prêtait de plus en plus. Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il toutes les excuses systémiques et circonstancielles.
[2] - Roland Dumas . Le peuple assemblé (Flammarion . Mars 1989 . 318 pages)
[3] - Catherine Nay . Un pouvoir nommé désir (Grasset . Janvier 2007 . 479 pages)
Inquiétude & Certitudes - mercredi 24 juin 2009
Prier… [1] je vais faire de toi la lumière des nations. Toute l’Ecriture judéo-chrétienne n’est qu’annonce au futur proche, les saints, les circonstances, le Christ Lui-même (le Royaume de Dieu est proche) ne sont qu’annonce. Notre époque (l’actuelle) au contraire cherche partout « du sens », de l’autorité morale, des valeurs, des repères et des références. Les dirigeants conduisent à l’esbrouffe, en fait au rétroviseur. L’évangile clame la lumière, le discernement. La seule interrogation réside dans la sensation que nous avons ou n’avons pas de notre relation à Dieu et à l’Histoire : Il m’a dit : ‘Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai’. Et moi, je disais : ‘Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que jai usé mes forces’… Commémoration de la naissance de Jean Baptiste, avec tout le mystère, les apocryphes et jusqu’à l’ingénieux roman Da Vinci code l’entourant, selon notre confusion matérialiste : raccorder le spirituel à notre propre vue de l’histoire, selon nos écritures à nous, si partielles et constamment revues d’une génération à l’autre, repentances et dénégations, rarement action de grâce. Que sera donc cet enfant ? Jean Baptiste répondait lui-même à ses contemporains et Paul le rappelle. Nous et les événements, nous et les prophètes, nous incroyants et moi manquant de foi au jour le jour. Ce qui est abandonner même l’espérance et les constats les plus sûrs : Etonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. M’incliner : le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales. Prier ainsi, les sandales, le voici
France. Rien mieux que la mise bout à bout du discours de Versailles et du « remaniement » ministériel, montre que le président régnant n’a plus de semblant ou de subterfuge en réserve. Les mises en scène politiques ont toutes été essayées répétitivement. L’opposition en est au même point. Personne n’a de dialectique, personne n’a d’autorité charismatique parmi les Français, personne ne donne un système de références et il n’y a pas non plus de grande livre ou de grande école qui propose un diagnostic et des perspectives. Naguère, les deux hebdomadaires que nous avions, l’Obs. et l’Express, le club Jean Moulin, l’Etat et le citoyen, les collectifs : A la recherche de la France ou Pour nationaliser l’Etat. Sartre et Mauriac. L’homme du 18 Juin. Raymond Aron. Paix et guerre entre les nations. Chacun au fil de l’eau : une tempête qu’on ne voit pas, les cadavres qu’on dissimule en faisant croire à la banalité, naguère la vacuité du slogan : l’Europe, l’Europe, qui aujourd’hui a enfin son actualité et sa nécessité, mais qu’on dissimule – notre cavalier seul, en tout – sous couvert d’un mot encore plus creux : les réformes. Ce qui fut pendant deux siècles plutôt positif a retrouvé chez nous, son sens premier : mise à la casse (service public, indépendance et imagination diplomatiques, séparation des pouvoirs et des fonctions, etc…)
Mauritanie – Un ami commente : à propos de cet islamisme présumé prêté à Sidi, je vous donne une information émanant de deux deputés. Sidi – selon ces deux deputés – ne voulait pas reconnaitre un parti islamiste. C'est sur forte pression de Mohamed Ould Abdel Aziz qu'il a reconnu ce parti. Sidi a expliqué qu'il a compris plus tard que Aziz voulait utiliser cet argument de reconnaissance du parti islamiste pour obtenir le soutien des Français au coup d'Etat. Devant ces deux députés, Sidi a aussi confirmé qu'il avait bien expliqué aux ambassadeurs francais et américains à l’époque que le dossier de la sûreté et des forces armées est toujours entre les mains de Aziz et que celui-ci est seul, par conséquence, à devoir assumer toute la responsabilité du dérapage sécuritaire que nous avons connu.
Il ne fait aucun doute que le terrorisme présumé en Mauritanie est etonnant pour n'importe quel observateur averti. Il s'agit exclusivement d'opérations ponctuelles liées a des situations bien précises. A titre d'exemple l'attentat malheureux d'Aleg qui a coûté la vie à une paisible famille francaise avait eu lieu juste à la veille du processus de déstabilisation de Sidi qui devrait conduire au coup d'Etat apres une longue période de déstabilisation savamment orchestrée (fronde des députés, chute de deux gouvernements puis coup d'Etat)
L'attentat de Tourine 30 kms au nord de Zoueratt septembre dernier et qui a coûté la vie à 12 militaires était à un moment jugé crucial au plus fort des pressions internationales sur la junte.
Quel est ce genre terrorisme?
En tout cas, la télévision vient d'annoncer tout de suite le décret présidentiel de convoquation du collège électoral ce qui veut dire – sauf information contraire – que l'accord de Dakar est enterré vivant et que Aziz entame désormais son processus d'élections unilatérales.
Un autre sur la conduite du président empêché : La cause de Sidi est entendue, il a dit aux Mauritaniens : " réunissez-vous autour d'une table, tout ce que vous décidez m'engage, à condition qu'il soit conforme avec la Constitution ". Donc, tant au niveau du HCE qu'au niveau du déroulement de sa démission volontaire, toutes ses demandes constituent le "minimum syndical", en deçà duquel il sera considéré, devant l'histoire, comme le complice des putschistes. Il doit donc tenir bon, et tous les démocrates doivent le soutenir.
Procès de Toulouse. Total n’est pas impliqué, AZF une somme de 250.000 euros et trois ans de prison avec sursis pour le président de Grande-Paroisse. Défenseur du pauvre et de l’orphelin, Jean Veil, fils de l’icône, et par ailleurs avocat de la Société générale. Plus de trente morts, on ne compte pas les blessés, ni les séquelles, ni l’ardoise de la reconstruction. Le code pénal, celui de la procédure pénale sont respectés. Tout va bien. Affaire du Mont-Saint-Odile, dix-sept ans de procédure pour aboutir à l’irresponsabilité de tous, sauf peut-être des morts…
Le remaniement ministériel, on le présente comme un « Fillon IV » pour un « Sarkozy II » (Le Monde notamment). Juridiquement, c’est faux. Le Premier ministre n’a pas présenté sa démission, il n’a pas été nommé à nouveau. On a fait le tri, on a joué la profession politique. Michèle Alliot-Marie, pas antipathique au public ni à moi, sauf sa voix et sa manie de se poser en femme de poids : j’ai décidé… je décide… une carrière de politicien, fille d’un maire de Biarritz, pilier du R P R, chiraquienne ne ralliant Nicolas Sarkozy qu’au dernier moment de la décence, ministre sans discontinuer depuis plus de sept ans après l’avoir été quelques mois en 1995, concurrente sur le papier pour la présidence dyu R P R du candidat de l’Elysée (Delevoye, au temps de Jacques Chirac). Sur le fond ? elle cautionne le virage atlantique, en connaissance de cause, elle avait le portefeuille avant 2007. De la Défense à l’Intérieur, où elle a dû contribuer à ce que la gendarmerie l’y suive. De l’Intérieur à la Justice pour quoi ? la répression plus nette ? ou bien l’expérience d’une gestion plus politique et plus parlementaire ? Frédéric Mitterrand a dû donner des gages pour Hadopi sinon Nicolas Sarkozy se dédirait et ferait de son projet celui de Christine Albanel ? la fille de Michaux-Chevry à l’Outre-Mer ? ou bien l’autonomie quasi-totale pour nos départements d’outre-mer ou bien une gestion qui ne soit pas tribale. Et l’Outre-Mer, ce n’est pas que les Antilles. Le risque pris en privant le portefeuille le plus névralgique, actuellement, l’Agriculture d’un homme de calme, de poids et d’expérience : Michel Barnier. Enfin, à contr-emploi total : Pierre Lellouche, atlantiste s’il en est, est enfin (pour lui) ministre. Les Affaires européennes…
Bien entendu, les électeurs du Parlement européen : équipes françaises, sont floués quand ils ont voté U.M.P. : Hortefeux, Dati, Barnier ne siègeront pas.
Rien de marquant, sinon que les mœurs – tenant principalement à l’élu de 2007 – ne changent pas. Comment alors prétendre imposer aux Français que ceux-ci changent ? âge de la retraite, consommation médicale, comportement fiscal, disciplines diverses en ville, en classe… Quant à l’« ouverture » redoutée par l’U.M.P., elle se limite au débauchage d’un MODEM et au patronyme du nouveau ministre de la Culture. Claude Allègre et Jack Lang, l’un faisant part à Pierre Moscovici de son entrée au gouvernement, il y a plusieurs semaines et Jack Lang la démentant depuis un an, sont une réserve pour le président régnant, ou un amusement ?
Mauritanie… l’hélicoptère transportant le général-candidat en campagne électorale aurait été contraint à un atterrissage forcé, on ne sait pas bien où : entre Tichitt et Oualata, plus de deux mille kilomètres à vol d’oiseau. Le président du Sénat, faisant inconstitutionnellement l’intérim du président de la République (le Sénat n’a pas été renouvelé au terme prévu par la Constitution, l’empêchement présidentiel n’a pas été reconnu selon les procédures et les saisines organisées par la Constitution) aurait été forcé par chantage à signer le décret de convocation des électeurs pour le 18 Juillet. S’il ne signait pas ce matin, il serait attaqué pour sa gestion douteuse des finances de son assemblée. Chantage juridiquement inexistant. Ou bien l’intérimaire est vraiment le président de la République et seule la Haute Cour peut le juger, ou bien il ne l’est pas, et il n’a donc pas qualité pour signer le décret électoral. Les candidats déclarés politiquement pour le scrutin du 18 Juillet ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel, dont plusieurs membres sont mécontents de la décision extorquée à l’intérimaire.
Pendant ce temps, censément, les « facilitateurs » de Dakar se déplacent de Dakar à Nouakchott.
Inquiétude & Certitudes - mardi 23 juin 2009
Personnage de … une passionnée de la Mauritanie, mais les passions ne se partagent pas et de l’extérieur (quoiqu’en l’occurrence, j’ai pourtant la même, mais l’histoire est différente, donc nous la vivons différemment), elles sont toujours un peu ridicules, paraissent excessives, mal fondées et servir de bouée à ceux qui en sont la proie. Mais cela amène à réfléchir sur l’image que l’on donne de soi et sur la vérité du regard que nous portons instinctivement sur les autres. L’amour n’est pas instinctif. – Prier…[1] tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux… entrez par la porte étroite. Elle est grande la porte, il est large le chemi qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux ceuxc qui s’y engagent. Mais elle est étroite la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie. La morale n’est pas évangélique, elle est celle du Christ, tout humainement, elle est le déblai qu’il nous suggère fermement d’entreprendre tout en commençant de regarder vers ce qui nous attire : Lui, nous appelant. Erreur sur nos passions, mais mansuétude du Christ enseignant (Gide dans La porte étroite précisément : je vous dirai comment cette interrogation s’empara de moi et fut toute ma vie). Aimer nos sœurs et frères de race, de condition, d’époque, de passion. Nous tous ramant et vivant comme nous le pouvons. Le partage sage qu’Abraham inspire à Loth. Une vie raisonnable que celle de notre père à tous, da,s la foi. Mais avec ses guerres et sa passion, la beauté ravageuse de Sara et les ennuis que cette beauté captivant les Egyptiens causent au mari, peureux. L’aboutissement est dans le psaume (la prière) : Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? celui qui se conduit parfaitement, qiui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. Nous sommes, dans la conduite de nous-mêmes, avec l’aide souveraine de Dieu et nos tentatives diverses, notre propre création : le travail des six jours, pour l’homme, c’est sa conduite vers Dieu et le septième jour, le repos en Lui, que l’Eglise a appelé commencement et premier jour. Qui fait ainsi demeure inébranlable.
Nicolas Sarkozy, en président de la République, gâte la classe politique mais la discrédite aux yeux des Français. Six mois d’attente d’un remaniement ministériel : jeux des dénégations, des espérances et des rumeurs, jeux à quelques-uns plus les bénéficiaires des confidences et des trahisons, des disgrâces et des faveurs inédites. Décorum pour un catalogue à débiter en salle de presse rue de Bercy : engagements de ne pas augmenter la pression fiscale, pas de refondation « sociétale » sur un « capitalisme débridé » alors que tout le contraire est continuellement et quotidiennement fait. Quant à un emprunt alors qu’on a fermé casernes et tribunaux pour diminuer la dette publique… et alors qu’EDF est sur le marché pour un milliard. Un emprunt qui au mieux compenserait la perte budgétaire annuelle causée par le maintien du « bouclier fiscal » ?
Je ne lirai qu’à temps perdu l’exhaustivité du discours du trône. Parcours d’un parvenu, on ne retient que cela du livre, superficiel, de Catherine Nay. La formation d’une pensée ? rien que le réseau et les étapes. Résultat à Versailles. Plus même besoin de culot, l’Etat sans moyen, le « populo. » est convaincu qu’on ne peut rien à la crise, donc le gros dos ou l’entraide familiale ou les divorces ou la clochardisation. La crise exonère Nicolas Sarkozy de toute responsabilité dans le gouvernement du pays : on ne peut être plus heureux que lui. L’œil tombant comme Jean Lefèvre, excellent pour les sketches de cancre. Grandes photos. aux unes des journaux de province.
Frédéric Mitterrand aurait fait ses adieux aux collaborateurs de la Villa Médicis : je suis demain après-midi ministre de la Culture. Il ne sera pas forcément mauvais. C’est un réalisateur et producteur de télévision, il est cultivé, lit et écrit : parfait. Rien à voir avec François Mitterrand ni avec les gouvernements de la gauche. Fils de Robert : Air Liquide et autres sociétés. J’ai bien connu ce dernier, fin. Il m’a introduit en 1977 auprès de son frère, un homme d’influence et pas de pouvoir. Frédéric, un homme de culture, de synthèse, de séduction : saura-t-il naviguer au Parlement puisque bien entendu il aura à défendre des projets sur ordre, tout l’audiovisuel notamment, ou l’internet ? puisque surtout l’U.M.P. se vengera sur lui d’obtenir un portefeuille dû à d’autres, les siens.
Arnaud Montebourg, interrogé » sur à peu près tout, laisse attendre les primaires pour la candidature socialiste à la présidence de la République : voteraient tous les sympathisants sans qu’il y ait d’ailleurs à justifier de cette sympathie. Ce qui se passe fort bien aux Etats-Unis et qui est à première vue une manière décisive de rapprocher la politique et la gauche des Français banaux et pas forcément militants, ne risque-t-elle pas chez nous d’être faussée. Ainsi, la droite a-t-elle toujours prisé le centre dans la gauche : Rocard en 1981, DSK depuis qu’on ne parle plus de la MNEF. Des électeurs « de droite » viendraient donc faire le lit de tels candidats alors que dans les urnes ils leur préfèreront tout de même et évidemment « leur » candidat : en l’occurrence, Nicolas Sarkozy s’il est candidat ou François Fillon si le président est mort entretemps de surdose.
Affaire Julien Dray – je croyais que pour poursuivre un parlementaire, il fallait que son immunité soit levée, ce qui suppose un débat au Palais-Bourbon.
Attentat à Nouakchott. Un Américain, enseignant et humanitaire, vivant en Mauritanie depuis six ans. Le crime pas revendiqué, tentative d’enlèvement à laquelle il résistait. Je l’apprends par un ami :
Les négociations continuent a dakar l'echeance du 18 n'est plus tenable. Cependant un Américain qui gère une boite informatique a été tué à Noualchott par deux balles ce matin devant la porte de sa maison. L'avis largement partagé ici est que toutes les pistes sont peut être explorables sauf celle du terrorisme : il n'y a pas de salafisme ou terrorisme ici. Il faut chercher d'autres pistes pour expliquer le meurtre des francais d'aleg ou des miltaires mauritaniens egorgés septembre dernier sur le lieu de tourine ou ils étaient envoyés peu auparavant
Ce que vous m'apprenez, triste et regrettable. Ce que vous généralisez me paraît très juste et correspond à une conversation accordée au Monde par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi - en Octobre 2007, si j'ai bonne mémoire - affirmation qui lui fut reproché à crime par l'appareil sécuritaire futurement putschiste, et qui probablement déterra la hâche de guerre. L'argument de la junte et de ceux qui inspirent le président français - et que ne partagent pas, je crois, les services spéciaux français - est ce salafisme et ce terrorisme. Je l'entendais aussi déjà en 2003 quand Taya se jusyifiait vers les Etats-Unis et la mossad. Si les pistes sont autres, l'argument tombe, et le soutien doit aussi tomber. Avec vous.
Taqadoumy consacre à cela trois dépêches qui alimentent un forum exceptionnellement vif : l’argument sécuritaire, jouant en faveur du Haut Conseil d’Etat (l’organe politique de la hiérarchie militaire dont tous les opposants, à commencer par le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, veulent la dissolution avant tout début d'un processus électoral) n’est repris qu’à un sur cinquante. La conviction générale est qu’effectivement d’autres pistes que le salafisme ou le terrorisme intégriste doivent être cherchés. Bien entendu, les internautes mauritaniens observent que la junte et les pays qui, selon eux, l’appuient : France et Espagne, pourraient, puisqu’ils existent et prétendent connaître tous réseaux et filières, assurer cette fameuse sécurité.
Mauritanie – J’apprends de Dakar où l’on renégocie censément depuis deux jours, que les Français préfèrent de loin le général-candidat Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef des putschistes au président élu le 25 Mars 2007. Il apparaît pour tous les protagonistes mauritaniens et pour leurs facilitateurs internationaux (Union africaine, Sénégal, Nations Unies) que les Français ont, au moins à certains niveaux, cautionné le renversement du président légitime. Pourquoi ? Les raisons invoquées (islamisme, laxisme dans la lutte contre le terrorisme) ne sont que des prétextes, sachant que les Français ne peuvent ignorer qui est celui qu’ils préfèrent et qui est celui qu’ils cherchent à enfoncer davantage. Avec sang-froid, Sidi Ould Cheikh Abdallahi ne se dépense pas à les convaincre qu’ils se trompent sur lui. Il le réserve à ses compatriotes et ne se commet pas à argumenter avec des étrangers.
A Dakar, donc, les Français qui disaient autour d’eux que c’est le Président Sidi qui bloque, qui prend le pays en otage et qui risque de tout faire foirer, par son entêtement à vouloir faire dissoudre la machine politique des putchistes (leur Haut Conseil d’Etat) ont dit s’orienter vers le soutien du processus unilatéral de la junte, et donc le maintien de la date du 18 Juillet pour l’élection présidentielle. La position de l’Espagne, moins déterminée, est tout de même contre la dissolution du Haut Conseil d’Etat (pêche et immigration clandestine obligent).
Les Mauritaniens – et le premier d’entre eux – sont donc aujourd’hui devant une France qui tient absolument à sortir du jeu le président légitime et qui conçoit et aide à l’exécution d’un projet permettant de légitimer le tombeur de ce président. Il y a deux jours, le représentant de Mohamed Ould Abdel Aziz a dit que la junte donnent quarante-huit heures aux négociateurs de Dakar. Faute d’accord n’est conclu d’ici là, les militaires envisageront, eux, leur propre sortie de crise. Il m’a été affirmé, que cette déclaration a été induite (coordonnée, inspirée) par la partie française.
Le résultat des négociations de Dakar sont attendus d’un moment à l’autre. Il s’agira de dire que la médiation continue et peut-être de mettre en garde le général-candidat contre la mise en œuvre d’un processus électoral unilatéral.
Une de mes anciennes étudiantes me courielle du Kurdistan irakien. En humanitaire. Cela vaut tout : des positions prises par les Etats-Unis à l’entrée un jour dans l’Union européenne. La langue de bois devient rare : elle n’est plus que celle des politiques et des chefs de grandes entreprises. Le reste de la planète parle humain.
Je n'ai que quelques minutes pour vous donner des mes nouvelles puisque la connexion internet va bientôt être interrompue.
Tout se passe bien pour le moment, je suis particulièrement touchée par la générosité des kurdes, par leur joie de vivre, par leur musique. Toutefois, je découvre avec stupeur les dégats d'une importation massive de produits chinois de très mauvaise qualité, d'une surconsomation d'eau et d'une forte pollution provenant de leurs énormes 4x4 et autres jeep. En conséquence, il est quasiment impossible de trouver les produits typiquement kurde et l'artisanat a totalement disparu...le commerce de tapis semble tenir le coup toutefois!
Le projet sur lequel je travaille se trouve integré à un hôpital de grands brulés specialisé en chirurgie plastique réparatrice. Nous travaillons en fait plutot sur le trauma et sur les cas d'immolation de jeunes femmes kurdes. C'est un phénomène très connu ici mais dont personne ne parle ouvertement, ces jeunes femmes s'expriment par la défiguration physique, elles sont souvent très jeunes. Aujourd'hui une jeune fille de 16 ans s'est immolée, je ne suis pas certaine qu'elle passe la nuit, il semble que son geste soit du à un refus de mariage de la part de son père. Je commence à entendre beaucoup d'histoires de ce genre autour de moi.
Nous avons quand même réussi, à l'occasion de la fête de la musique, à faire venir quelques musiciens français qui ont joué devant les patients les moins brûlés. Ils ont tous été très touchés.
Je suis également très surprise par le niveau de vie de la popuation. Leurs salaires sont élévés et comparable aux pays d'Europe Centrale et de l'Est. Les entreprises sont majoritairement américaines et ont pris le contrôle total de toutes les sources de pétrole du Kurdistan. On retrouve d'ailleurs ces même expats américains ou canadiens un peu partout dans la ville...ce sont généralement les seuls qui ne se déplacent qu'entourés de l'armée et gardes du corps!
Les déplacements se font sans aucun problèmes de sécurité, je me rends à l'hôpital tous les jours en marchant pendant une petite vingtaine de minutes. Je ne me sens jamais en danger même le soir. Je commence à m'inquieter un peu car mes collègues m'ont indiqué qu'il pouvait faire entre 35 et 40 degrés dès le matin durant l'été et plus de 45 degrés dans l'après-midi...ils ont d'ailleurs cette facheuse habitude de laisser la climatisation toute la journée dans les bureaux,les voitures,les restaurants où il fait très froid. C'est terriblement désagréable et j'ai réussi à attraper un rhume !
Je vois que l'heure tourne et que le générateur ne répond presque plus.
[1] - Genèse XIII 2 à 18 ; psaume XV ; évangile selon saint Matthieu VII 6 à 14
couriellé aux députés avant leur entrée au Congrès - lundi 22 juin 2009
Subject: paroxysme françafricain et panne d'imagination européenne
pièces jointes - lettre au président de la République sur l'Europe . 10 Juin 2009 & lettre sur la Mauritanie . 19 Juin 2009
Madame, Monsieur le député, chère élue, cher élu,
la monocratie n'est ni féconde ni efficace, chacune et chacun de vous le savez d'expérience quotidienne, les Français en ont conscience, cette conscience est maladroitement explicitée dans l'opposition et impossible à dire publiquement dans la majorité actuelle. Nous en souffrons tous, y compris - je le crois - le président de la République entraîné dans une spirale, l'aventure de sa vie selon une enfance et des ascendances pas simples, et celle de mauvais exemples dont sans doute son prédécesseur - quoi que celui-ci en ait.
Permettez-moi ce matin de vous donner en pièces jointes deux lettres que j'ai couriellées ces jours-ci au président de la République, aux bons soins du directeur de son cabinet.
L'une réitère ce que je lui ai confié avant son entrée en fonctions et que j'avais auparavant suggéré à ses compétiteurs pour l'élection présidentielle. Il n'y aura d'Europe bénéfique pour chacun de nous et utile aux équilibres et à une sagesse de la planète que si l'Union européenne a une institution véritable, suscitant un nouveau patriotisme, fort de tous les anciens, le patriotisme européen. Pour cela, l'élection au suffrage direct du président de l'Union par tous les citoyens de l'Union, et que ce président ait la possibilité d'appeler ses concitoyens au referendm dans les matières prévues par les traités, et par la Constitution, car il en faut une. Il n'y a pas eu de campagne pour le Parlement européen, parce que personne n'a proposé que celui-ci soit constituant. Il peut l'être et le sera, sans doute, de fait. Le foireux traité de Nice - concocté sous notre présidence et pendant la énième cohabitation - est toujours en vigueur et dont on espère sortir, mensongèrement, que moyennant de lamentables objurgations au seul pays qui ait le courage du suffrage universel direct, quand l'essentiel est en cause : l'Irlande.
L'autre est plus directe, elle traite d'un drame dont la France a pris la responsabilité - à la légère, car le président de la République, mal informé ou chambré en matière africaine, délègue sans témoin ni conseil son secrétaire général qui n'a pourtant aucune existence constitutionnelle ni gouvernementale ni élective.
Il s'agit de la Mauritanie qui sortait - au printemps de 2007 - de trente ans de dictature militaire ou tout comme (des démocraties de façade dont nous avons protégé avec Jacques Chirac le parangon) et qu'ont remise - dès l'été de 2008 - en cet état quelques sur-gradés qu'un président de la République, élu sans contestation nationale ni internationale - au contraire - avait tenté d'écarter de son propre bureau de travail.
On est depuis un mois à ravauder un soi-disant consensus qui ne correspond qu'à une espérance trompée dans le pays, qui reconnaît de fait le putsch et surtout qui permet à ce que l'on est convenu d'appeler "la communauté internationale" d'oublier ses condamnations initiales. Triste symétrie : la Libye sabote les décisions de l'Union africaine depuis Mars 2009, mais la France contrevient depuis Septembre 2008 aux décisions et aux unissons de l'Union européenne, en recevant continûment le numéro deux de la junte, et la semaine dernière le numéro un venu planquer chez nous de l'argent et qui a failli embarquer dans l'avion présidentiel français pour aller assister aux obsèques d'Oumar Bernard-Albert Bongo...
La dictature qui tente son plébiscite, laborieusement, a été contrainte d'élargir le Premier ministre en fonctions au moment du putsch : cela ne l'engageait guère, elle tabasse les manifestants, y compris les femmes, particulièrement motivées dans ce pays qui m'est cher depuis que j'y ai accompli mes obligations militaires en 1965-1966 : le temps d'une vérité franco-africaine, celle en l'espèce du général de Gaulle et de Moktar Ould Daddah. La junte, maintenant que l'heure est décisive, vient d'attaquer le site internet le plus visité de l'Ouest-africain et qui fait forum, lieu de démocratie et d'information s'il en est, lieu démontrant à tout tiers de bonne foi qu'une conscience civique et donc des révoltes pacifiques sont possibles en Afrique et peuvent tout changer. Il s'agit du directeur de la publication de Taqadoumy (accessible par Google), Hanevy Ould Dehah, en taule depuis maintenant quatre jours.
Quant à ce qui se reprend à Dakar et fait si bon marché de la légitimité d'un président de la République démocratiquement élu et que l'épreuve - j'en suis témoin direct - a fait grandir au possible, y compris dans l'estime de ses compatriotes comprenant enfin qu'il veut les débarrasser des juntes passées et à venir, voici le témoignage d'un ancien ministre du président-fondateur, familier de l'international africain, arabe et... français.
« Dakar 2 » a commencé hier soir, je n’en ai pas encore de nouvelles. A quoi peut-il aboutir? Les médiateurs et la CGI souhaitent la mise en œuvre effective de l’accord de Dakar. A quelles conditions et pour faire quoi ?
1 - Il semble que la fin doive plus que jamais justifier les moyens. Les organisations internationales, les grandes démocraties de ce monde iraient jusqu’à accepter (pour ne pas dire imposer) l’éviction d’un président démocratiquement élu et le maintien d’une structure politico-militaire anticonstitutionnelle, responsable du renversement d’un président élu et de l’exercice de ses fonctions. Pourvu que l’accord soit mis en œuvre.
2 - Il faut que les élections soient organisées le 18/07. Il ne faut surtout pas demander si politiquement et techniquement cela est possible. Si vous le faites vous êtes accusé de vouloir saboter et vous risquez d’être montré du doigt par la Communauté Internationale comme portant la responsabilité de l’échec de l’accord.
Il y a là quelque chose qui nous échappe, qui m’échappe et que je souhaite bien comprendre.
Sidi a raison : la dissolution du HCE comme condition préalable à sa démission, les négociations actuelles sur cette question ne pouvant être que d’ordre sémantique.
Manifestement, la communauté internationale essaie de se mouvoir dans des marécages qui séparent l’ordre constitutionnel, la légalité et le fait accompli d’un coup militaire qui a renversé un président démocratiquement élu. Tout ce beau monde est désormais bien installé dans ces marécages.
Puis-je compter sur vous ? sur vos propositions imaginatives à propos de l'Europe, et surtout sur votre efficace intervention de parlementaire contrôlant notre exécutif, pour que la liberté de la presse puis la démocratie soient rétablies en Mauritanie. Nous le pouvons, puisque pour le moment nous avons soutenu tout le contraire. D'homme à homme, et selon - enfin - ces valeurs républicaines à chanter en Congrès. La Mauritanie est exemplaire car la manière dont nous trahissons l'Union européenne pollue toutes les mises en oeuvre des traités liant celle-ci aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique : la crise malgache, si complexe, n'en trouvera pas plus vite sa solution, et ainsi de suite...
Avec confiance et dans l'espérance.
Evidemment à votre écoûte et à votre disposition : 06 ...
Inquiétude & Certitudes - lundi 22 juin 2009
Inquiétude & Certitudes - dimanche 21 juin 2009
Inquiétude & Certitudes - samedi 20 juin 2009
Prier … tant je vis. L’Eglise avec vénération, mais sans forcément le faire comprendre, quoique les textes qu’elle choisit sont adéquats, unit d’un jour à l’autre les Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur immaculé de sa mère. Images de première communion, désuétude des ornements liturgiques empesés de la fin du XIXème siècle jusqu’au second concile du Vatican, vitraux réalistes aux visages zoroastriens. Sans doute… mais une éducation de l’époque (que je reçus : l’action de grâces, silence dense, les yeux fermés, la tête dans les bras, une fois la messe finie, le célébrant rejoignait les communiants, cierges éteints, pénombre, et à l’élévation, on murmurait comme Thomas l’incrédule : mon Seigneur et mon Dieu – des réflexes pour la vie ? je ne sais pas. Cela m’en donna, je crois, sans me préserver de la dispersion, longtemps mais les disciples, rentrant par la route d’Emmaüs se dispersaient aussi… il y a toujours le temps du retour à l’essentiel). C’est chez mon Père que je dois être. Ces propos auraient pu être aussi ceux de Jésus prenant congé de ses apôtres à l’Ascension. Débordant d’affectivité, le Christ, en situation d’en faire preuve : angoisse des parents qui l’ont perdu de vue et le cherchent le temps exact de sa futur mise au tombeau, ne donne que des paroles sèches. Noli me tangere, dit-il à Marie-Madeleine. Thérèse de Lisieux, dans le noir absolu les trois dernières années de sa vie, Job sur son fumier. Vois comme nous avons souffert, ton père et moi. Mais il desendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Enseignement conclusif de Luc et de l’Eglise : le cœur, c’est d’abord la prière, la mémoire, le silence qui accueille. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Dieu nous dépasse, l’Enfant-Jésus : tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. C’est plus tard sur son autorité que ses contemporains s’interrogeront. Homélie courte, un petit matin dans une chapelle de l’abside de Notre-Dame à Paris, l’évêque émérite de Saint-Denis : l’autorité du Christ. Il parlait avec autorité. C’est le pendant du cœur, la reconnaissance mutuelle, amour de Dieu, disponibilité de l’homme, tout le contraire du refus au Paradis. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher. Nos distractions, puis nos instincts dans la recherche de l’essentiel pour notre vie. Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène. Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. De même que la terre fait éclore ses germes, et qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. Que de fois, dans l’histoire sainte ou contemporaine, antan ou aujourd’hui, Dieu inspire le Magnificat. Mais à quel prix, si souvent… ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. [1]
On tabasse à Téhéran, mais sans témoins ni journalistes, on n’a plus que la rumeur ou les on-dits des correspondants interdits d’accompagnement des manifestants. Mir Hossein Mussawi parvient à donner ses mots d’ordre sur le site internet de sa campagne. – J’ai deux opinions ou quasi-certitudes : la première est que le scrutin ne peut être transparent dans une société de surveillance totalitaire, mais je crois cependant que le régime a ses assises consensuelles, que la pétition de liberté appartient à des « élites » forcément décriées par la majorité : les politiques, les étudiants, le secteur « moderne » de la population est contre une part du régime, mais certainement pas contre le nationalisme, l’anti-Occident et l’anti-américanisme ; il n’est pas non plus laïc. Il me semble que les questions de personne doivent l’emporter sur les questions de principe, je peux me tromper. D’autre part, ce qui est, je le reconnais, contradictoire, je me souviens de la dogmatique de quarante-cinq ans d’une URSS vraie victorieuse du « fascisme », c’est-à-dire de l’Allemagne (autant Allemagne que nazisme) : impensable que s’ouvre le rideau de fer, sauf guerre mondiale, et encore. Impensable que Moscou consente à la réunification allemande, du moins à l’absorption d’une des République par l’autre. Et en quelques semaines, tout a craqué et sans effusion de sang. Dire que le régime iranien ne peut s’écrouler… non. Il s’écroulera, et imprévisiblement.
Un attentat-suicide à Téhéran, du moins publié. D’autres . Plus de quarante-cinq morts à Kirkouk (Kurdistan irakien). Autant en Afghanistan, civils, militaires, nationaux, étrangers : la mort confond tout le monde. Silence sur le Pakistan, depuis la soi-disant prise d’une des capitales des talibans en « zone tribale.
Mauritanie… on repart « négocier » à Dakar. Qui ? quoi ? selon moi, il n’y a pas de troisième voie. Ou le plébiscite de la dictature d’Abdel Aziz, ou le rétablissement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. L’élection reportée au 18 Juillet n’est pas plus contrôlable que celle du 6 Juin. Tous les candidats reconnaissent de fait le pustch, y compris ceux qui se proclamaient soit opposés au putsch en soi, soit opposés à toute candidature militaire. Il est faux de dire que le président empêché d’exercer ses fonctions par le putsch soit signataire de fait ou d’esprit – par le truchement de qui que ce soit – de l’accord de Dakar. Le président Sidi a simplement dit qu’il respecterait le consensus, s’il s’en dégage un.
Je lis une compilation de Bretécher : les planches dessinées sur Agrippine. Il fallait Françoise Sagan, puis Raymond Devos à l’Académie française, nous les avons manqués (Devos aurait refusé... ), il faut maintenant Claire Bretécher. Spécimen … (les conquérants in recueil Agrippine . Octobre 2000)
Moi, ce qui me caractérise en tant qu’individu agissant, c’est mon rapport à l’INTENSE. La plupart des gens sont des légumes… moi je veux sentir mes potentialités exploser chaque jour. Je veuxs auter de plénitude en paroxysme et de paroxysme en acmé… toutes mes facultés sont tendues à craquer… faut que çà pulse ! Je suis un être perdu d’excès… chaque instant doit bouillonner vers l’extrême pour déborder dans le délire. Si mes déceptions sobt insondables, mes espoirs d’en rebondiront que mieux… mais je vois : tu veux du concret… tu meurs que je te dise mes projets : un convoi humanitaire pour New-York, un plan d’anéantissement des caïds de la drogue par la prière et une auto-biographie érotique, le tout sur fond de grégorien-rap… et je ne te cause même pas de la réhabilitation des ordures ménagères en produits de beauté… tellement çà va vite parfois. J’ai l’impression d’avoir mille ans. Je veux que le monde dise : « Modern Mesclun EXISTE VRAIMENT » -- (Agrippine attentive et accablée : neuvième vignette de la planche en bas à droite) Si je mets bout à bout les moments de ma vie où je me suis senti vraiment exister, j’ai 2 ans ½ .
Expressions pour agrémenter une présentation de soi ou de l’ambiance en réception de mariage, de baptême ou de funérailles… Tu le prends douleur comme break ? C’est sature finish à ton avis ? Tu t’en peignes le cresson ? Tu te radoubes le fond ? … lâcher la membrane… raper la raie… Cà esclave trop ! Les pouffes, les biomanes, des vraies gueules d’inclus... Rien que d’y penser, çà me gratte les plis... Une excuse hyperbouygues... Vous êtes tous oinches... Même si c’est une mesure anti-chômage, je m’avoue désappointé et pourtant, je kiffe le social grave... Tu ne sais pas la marque de la meule que ton meuk s’est croûté avec ? Chez moi, ils sont one-mariage. Cà veut dire une seule chiée de cadeaux Noël et anniv… Je la lisais dans l’Obs. il y a trente ans et probablement plus : elle habite le VIIème, fut plutôt jolie à ce dont je me souviens et serait mariée plusieurs fois Elle parlait autrement, les dessins étaient plus intimistes, elle gagne au dialogue.
Je lis un retirage d’Edgard Pisani, publiant au début de 1946 (imprimé à Dijon, le 11 Janvier 1946 pour les éditions politiques, économiques et sociales, librairie de Médicis), après une relecture en groupe issu de la Résistance, un admirable projet de Déclaration (des droits).
Art. 28 – Chaque homme doit aide et assistance à l’homme qui est en danger.
Art. 30 – Il y a oppression contre le corps social tout entier lorsque la dignité d’une seule personne est atteinte. Il y a oppression de toute l’humanité lorsque la libre volonté d’une seule nation est violée. Toute victime peut en appeler à l’aide de ses semblables qui la lui doivent.
Voilà pour le fondement. Quant à l’actualité… art. 25 – L’Etat doit assurer le fonctionnement des services publics. Aucun particulier ne peut en tirer un profit.
Art. 24 - … La propriété privée des moyens de procuction impose, là où elle subsiste, une participation des travailleurs aux bénéfices.
Art. 9 - … La société a le droit de demander à tout fonctionnaire d’autorité, compte de sa gestion.
Art. 5 - … le sort des citoyens dépend des lois et des lois seules.
Nicolas Sarkozy, après vingt-cinq mois d’exercice de la fonction présidentielle, ne sait toujours pas le métier : il annonce qu’il faudra un successeur à Ariane V vers 2020, et que la France, etc… Que n’a-t-il d’abord consulté les partenaires réunis dans Arianespace ? ceux-ci sont au mieux vexés pour accaparement d’une direction et d’une souveraineté que nous n’avons plus sur cet ensemble et ses projets, au pire peu disposés à nous « suivre ».
[1] - Isaïe LXI 9 à 11 ; cantique de Samuel II 1 à 7 passim ; évangile selon saint Luc II 41 à 51
Publié par Bertrand Fessard de Foucault à 10:02 Aucun commentaire:
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References: Art. 28

Art. 30
 art. 25

Art. 24

Art. 9

Art. 5